Decision ID: 292841a3-08e1-5c02-976e-d3ebfe38e052
Year: 2005
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_003
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law

EN FAIT
, la demande de T_, déposée le 20 avril 2004 au greffe de la Juridiction des prud’hommes, contre E_ SA, en paiement de fr. 253'757.- plus intérêts à 5% l’an dès le 10 novembre 2003, à titre d’indemnité pour tort moral, d’indemnité pour congé abusif, d’indemnité de licenciement, de versements au fond de pension et à titre de salaire, ainsi qu’en délivrance d’un certificat de travail;
Vu le jugement du 21 mars 2005, expédié pour notification par pli recommandé du 22 mars 2005, aux termes duquel le Tribunal des prud’hommes, groupe 3, a déclaré irrecevable ladite demande en tant qu’elle tendait à la condamnation de cette société au paiement de cotisations LPP et, pour le surplus, condamné E_ SA à payer à T_ la somme nette de fr. 30'000.-, plus intérêts moratoires au taux de 5% l’an dès le 10 novembre 2003, ainsi qu’à lui délivrer un certificat de travail;
Vu l’appel interjeté contre ce jugement par T_ par acte expédié par pli LSI le 3 mai 2005 et reçu au greffe de la Juridiction des prud’hommes le 6 mai 2005, précisant sur sa page de garde que le jugement a été reçu utilement le 23 mars 2005;
Vu les conclusions de l’appel, tendant préalablement à la réouverture des enquêtes et à l’audition de témoins, principalement à l’annulation du jugement en tant qu’il déboutait l’appelant de ses prétentions en paiement de fr. 177'500.- à titre d’indemnité pour licenciement abusif et d’indemnité de licenciement, ainsi qu’à la condamnation de E_ SA au paiement de ces sommes;
Considérant,

EN DROIT
, qu’à teneur de l’art. 57 al. 1
er
de la Loi sur la juridiction des prud’hommes (ci-après LJP), le président de la Cour d’appel statue seul et sans audience sur les appels portant sur toute question de nature procédurale, à savoir, comme en l’espèce, sur les questions de respect du délai d’appel;
Attendu que, comme tout autre délai, le délai d’appel est de droit strict, d’ordre public et de déchéance (SJ 1988, p. 101), et qu’il appartient à la Cour de rechercher d’office si le délai a été observé (SJ 1978, p. 133);
Que l’art. 11 LJP prévoit que les dispositions générales de la Loi de procédure civile (ci-après LPC) et de la Loi sur l’organisation judiciaire (ci-après LOJ) sont applicables à titre supplétif, dans la mesure compatible avec les exigences de simplicité et de rapidité propres à la procédure prud’homale;
Qu’aux termes de l’art. 343 al. 2 du Code des obligations, les cantons sont tenus de soumettre à une procédure simple et rapide tous les litiges résultant du contrat de travail dont la valeur litigieuse ne dépasse pas fr. 30'000.-;
Qu’il s’agit d’une exigence de droit fédéral, que l’art. 11 LJP a étendu à l’ensemble des litiges relevant du droit du travail;
Que l’art. 59 al. 1
er
LJP prévoit que l’appel doit être déposé dans les trente jours qui suivent la notification de la décision du Tribunal;
Que la LJP ne connaît pas de dispositions relatives aux féries judiciaires;
Que, selon l’art. 79A al. 1
er
LOJ, la Commission de gestion fixe la durée et l’époque des féries pour la Cour de justice civile, le Tribunal de première instance et le Tribunal des baux et loyers;
Que cette disposition ne prévoit ainsi pas de féries judiciaires pour la Juridiction des prud’hommes;
Que l’art. 30 al. 1
er
LPC relatif à la « suspension des délais » indique, notamment, que les délais fixés «
par la présente loi
» ne courent pas du septième jour avant Pâques au septième jour après Pâques inclusivement;
Que les suspensions de délais sont liées aux féries judiciaires, institution inconnue de la Juridiction des prud’hommes;
Qu’il est de jurisprudence constante, que les féries judiciaires ou la suspension des délais prévus à l’art. 30 LPC ne s’appliquent pas par analogie à la procédure prud’homale (CAPH du 14 mars 2001 en la cause C/8071/2000 – 4; CAPH du 2 août 2000 en la cause C/28127/1999 – 2, et les références citées);
Que la non-application de l’art. 30 al. 1
er
LPC à la procédure prud’homale s’inscrit dans le contexte de célérité voulue par le législateur genevois, et a été approuvée par le Tribunal fédéral (ATF du 8 février 2001 en la cause
4P.239/2000
; cf. également ATF du 2 juillet 2001 en la cause
4P.107/2001
);
Qu’en l’espèce, le jugement attaqué a été reçu par l’appelant le 23 mars 2005;
Que le dernier jour utile pour interjeter appel était le 22 avril 2005;
Que l’appel, expédié le 3 mai 2005, est dès lors tardif et, partant, irrecevable;
Qu’à teneur de l’art. 60 al. 1
er
LJP, lorsque le montant encore litigieux excède fr. 30'000.-, l’appelant est astreint à un émolument de mise au rôle, conformément au tarif fixé par le Conseil d’État;
Que l’art. 78 al. 1
er
LJP prévoit que l’émolument est mis à la charge de la partie qui succombe, soit, en l’occurrence, l’appelant;
Que ce dernier s’est acquitté d’un émolument de fr. 2'000.-, le montant encore litigieux en appel s’élevant à fr. 177'500.-,;
Qu’en raison de la nature de la présente décision, il ne sera mis à la charge de l’appelant qu’un émolument de fr. 500.-, la différence lui étant restituée;