Decision ID: 4173dbda-8bef-440c-a5be-51d2bf833638
Year: 2022
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_006
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 

EN FAIT
que A_, né le _ 1968 à E_ (Turquie), de nationalité italienne, domicilié 1_ (Genève) est décédé à _ le _ 2021;
Que par requête adressée le 14 mai 2021 à la Justice de paix, B_, épouse du de cujus, et ses deux enfants, C_ et D_, en qualité d'héritiers légaux, ont réclamé le bénéfice d'inventaire;
Que par décision
DJP/314/2021
du 15 juin 2021, la Justice de paix a ordonné l'ouverture du bénéfice d'inventaire et commis à cette fin G_, notaire, un délai de six mois lui étant imparti pour son dépôt;
Que par décision
DJP/283/2022
du 9 juin 2022, la Justice de paix a rejeté la requête de l'Hoirie tendant à la production par la Société H_ SA de divers documents et a invité G_ à déposer l'inventaire de la succession dans les meilleurs délais;
Que par acte du 24 juin 2022, l'Hoirie de feu A_, composée de B_ et C_ et de D_, a formé recours contre cette décision, sollicitant préalablement l'octroi de l'effet suspensif au recours;
Qu'elle expose que les démarches entreprises par le notaire pour dresser l'inventaire sont insuffisantes, notamment en ce qui concerne les documents et renseignements à obtenir de la Société H_ SA, respectivement du Registre du commerce de Genève, qui permettront de clarifier la titularité des parts de feu A_ dans le capital-actions de ladite société;
Que selon la recourante, le notaire commis aux fins de dresser l'inventaire a mené des investigations plus que sommaires, se contentant de déclarations du conseil d'administration de ladite société;
Que le refus de l'octroi de l'effet suspensif pourrait aboutir à ce que le recours devienne sans objet, la procédure de bénéfice d'inventaire pouvant se clore avant même que la Cour n'ait statué sur le fond;
Considérant

EN DROIT
que les décisions du juge de paix, qui relèvent de la juridiction gracieuse et sont soumises à la procédure sommaire (art. 248 let e CPC), sont susceptibles d'un appel, dans le délai de dix jours (art. 314 al. 1 CPC) à la Chambre civile de la Cour de justice (art. 120 al. 2 LOJ), si la valeur litigieuse est égale ou supérieure à 10'000 fr. (art. 308 al. 2 CPC) ou d'un recours (art. 319 CPC);
Qu'en l'espèce, l'Hoirie a interjeté un recours contre une ordonnance d'instruction de la Justice de paix, refusant des investigations complémentaires sollicitées;
Que pour qu'un tel recours soit recevable, la décision doit être susceptible de causer un préjudice difficilement réparable (art. 319 lit. b ch. 2 CPC);
Que la recevabilité du recours apparaît
prima facie
douteuse, question qui peut rester ouverte en l'état;
Que selon l'art. 325 al. 1 CPC, le recours ne suspend pas la force de chose jugée et le caractère exécutoire de la décision attaquée, l'instance de recours pouvant suspendre ce caractère (al. 2) aux conditions de l'art. 315 al. 5 CPC;
Qu'en l'espèce, dans la mesure où si le recours ne devait pas être assorti de l'effet suspensif, il pourrait devenir sans objet avant que la Cour n'ait pu statuer sur sa recevabilité et, le cas échéant, son bienfondé, la suspension du caractère exécutoire de la décision sera prononcée en tant que celle-ci vise en particulier à inviter le notaire à déposer l'inventaire dans les meilleurs délais;
Qu'aucun droit de qui que ce soit n'est prétérité par une telle décision;
Que par conséquent, l'effet suspensif sera accordé au recours, sans préjudice de son sort;
Qu'il sera statué sur les frais du présent arrêt dans la décision sur le fond.
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