Decision ID: 03e496f3-52c0-4636-bd73-603ba9fb1c3e
Year: 2021
Language: fr
Court: VD_TC
Chamber: VD_TC_031
Canton: VD
Region: Région lémanique
Law Area: public_law

Vu les faits suivants:
A. Le Dr A._ a été nommé médecin-associé en ******** au Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV) en 2010. Il est passé médecin-adjoint en 2011 et a ensuite été désigné médecin-chef du Service de ******** de l'Hôpital Riviera-Chablais (HRC) en 2013. Il est demeuré médecin agréé du CHUV.
Courant 2011, le Dr A._ a été nommé privat-docent auprès de la Faculté de biologie et de médecine (FBM) de l'Université de Lausanne (UNIL).
B. a) Le 22 avril 2015, le CHUV, la FBM et l'HRC ont signé une "convention-cadre de collaboration", destinée à donner un cadre et une cohérence aux échanges proposés entre ces trois institutions, concernant notamment l'enseignement, la recherche et la clinique. Cette convention, qui remplaçait une convention antérieure, visait en particulier à faire bénéficier l'HRC des compétences du CHUV dans des domaines spécifiques et à améliorer l'enseignement et la recherche, grâce à un collectif de patients plus important et à une expérience clinique plus vaste. Elle disposait notamment que l'HRC participait aux programmes d'enseignement et de recherche de la FBM.
Le 12 mai 2015, le CHUV et l'HRC ont conclu, au titre de convention d'exécution de la nouvelle convention-cadre précitée, une "convention de collaboration dans le domaine de la ********", relative au Dr A._, médecin-chef du Service de ******** de l'HRC. Elle avait notamment pour objet de fixer les modalités de collaboration concernant les activités de ******** aussi bien dans la pratique clinique que dans l'enseignement et la recherche, ainsi que de développer toutes les synergies dans la prise en charge des patients (art. 1 let. a et b). S'agissant de l'activité clinique, la convention prévoyait que le Dr A._ serait mis à disposition du CHUV - à un taux d'activité de 10% - pour y assurer des prestations relevant du domaine de la ******** (art. 5). Sur le plan de la formation, le médecin-chef participerait aux colloques du CHUV et y enseignerait. Les cours donnés seraient définis annuellement avec le chef de service du CHUV (art. 12). Quant à la recherche, le Service de ******** du CHUV s'engageait à associer le médecin-chef concerné aux travaux de recherche et à soutenir sa carrière académique (art. 13).
b) Le 6 janvier 2016, la Direction de l'UNIL a informé le Dr A._ avoir décidé, dans sa séance du 16 décembre 2015, de lui conférer le grade de Professeur titulaire auprès de l'Unité de ******** de l'HRC, du 1er février 2016 au 31 juillet 2021. La commission qui avait proposé sa nomination avait notamment relevé ceci en lien avec son activité d'enseignement:
"Le Dr A._ participe à l'enseignement pré-gradué (********) et l'ELM [note du tribunal: enseignement au lit du malade]. Il a également un enseignement à l'école HES en filière ******** [note du tribunal: ********].
Sur le plan post-gradué, il est très actif au sein de l'Hôpital Riviera-Chablais, où il a réussi à faire connaître son service comme centre de formation en ********.
Enfin, il est souvent appelé comme expert en ******** au niveau suisse."
c) En mars 2016, le Dr A._ a été nommé médecin-chef du Service interdisciplinaire de cancérologie et de l'unité de ******** de l'HRC.
C. A l'automne 2018, le Dr A._ a annoncé à la Direction générale de l'HRC son intention de quitter son poste de médecin-chef de service pour le 31 mars 2019.
Par courrier du 16 janvier 2019, la Direction générale de l'HRC a informé le CHUV et la FBM qu'au vu de cette démission, la convention de collaboration du 12 mai 2015 devenait sans objet. Celle-ci était résiliée pour la bonne forme.
Suite à cette correspondance, la Direction de l'UNIL a avisé le Dr A._, par lettre du 23 janvier 2019, que le titre académique de Professeur titulaire, qui lui avait été attribué en lien avec sa fonction par le biais de la convention du 12 mai 2015, "s'éteindra[it] à la date de [son] départ de HRC, soit au 31 mars 2019". La Direction de l'UNIL ajoutait:
"Nous nous permettons de vous rappeler qu'à cette échéance, afin de respecter les différentes législations fédérales pénales et civiles, il ne vous sera plus possible d'utiliser la mention de ce titre dans tous vos documents, en-tête de lettre ou signature de courriel. L'Université admet toutefois que vous le précédiez de la mention « ancien » et suivi des années pendant lesquelles vous avez eu ce titre, par ex : Dr Jean DUPONT, ancien privat-docent UNIL (1994-2014)".
Sur interpellation du conseil du Dr A._, la Direction de l'UNIL a confirmé et précisé sa position par courrier du 15 mars 2019. Elle estimait en bref que dans la mesure où l'intéressé ne participerait plus de manière durable à la recherche et à l'enseignement dans le cadre d'un plan d'études de la FBM, il ne remplirait plus les conditions lui permettant de se prévaloir du titre de Professeur titulaire. Elle invitait par conséquent le Dr A._ à se conformer à l'information précédemment donnée.
D. Le 26 mars 2019, le Dr A._ a recouru auprès de la Commission de recours de l'Université de Lausanne (CRUL) contre la décision du 15 mars 2019, concluant en substance à l'annulation de ce prononcé et à ce qu'il soit autorisé à porter le titre de Professeur titulaire jusqu'en 2021.
Par courriel du 17 mai 2019, le Doyen de la FBM a confirmé que suite à la démission du Dr A._ de son poste de médecin-chef de service de l'HRC, la faculté ne souhaitait plus lui confier d'enseignement, d'encadrement d'étudiants et/ou de participation à un jury de thèse.
La CRUL a rejeté le recours par dispositif du 23 octobre 2019 et a notifié la motivation de sa décision le 10 mars 2020. Elle a considéré en bref, d'une part, que la lettre de la Direction de l'UNIL du 15 mars 2019 constituait une décision retirant le titre de Professeur titulaire ou, à tout le moins, constatant qu'il ne pouvait plus être utilisé et, d'autre part, que ce prononcé était bien fondé, du moment que l'intéressé ne participait plus de manière durable à l'enseignement et à la recherche dans le cadre d'un plan d'études de la FBM.
E. Agissant le 14 avril 2020 par l'intermédiaire de son conseil, le Dr A._ a déféré la décision de la CRUL devant la Cour de droit administratif et public du Tribunal cantonal (CDAP), concluant principalement à la réforme de celle-ci en ce sens qu'il est autorisé à porter son titre de Professeur titulaire jusqu'à la fin de la période réglementaire de six ans, soit jusqu'au 31 janvier 2022, subsidiairement à l'annulation du prononcé attaqué et au renvoi de la cause à la CRUL pour nouvelle décision dans le sens des considérants.
Le 2 juin 2020, la CRUL a renoncé à formuler des déterminations en se référant entièrement à l'arrêt rendu.
La Direction de l'UNIL a déposé ses observations le 11 juin 2020, concluant au rejet du recours dans la mesure où il était recevable.
Le recourant a communiqué un mémoire complémentaire le 17 septembre 2020, modifiant ses conclusions en ce sens qu'il requiert à titre subsidiaire à ce que la décision rendue le 15 mars 2019 soit considérée comme nulle.
Le tribunal a ensuite statué.

Considérant en droit:
1. a) Ni la loi vaudoise du 6 juillet 2004 sur l'Université de Lausanne (LUL; BLV 414.11), ni son règlement d'application du 18 décembre 2013 (RLUL; BLV 414.11.1) ne prévoient expressément de voie de recours contre les décisions de la CRUL. Le présent recours relève dès lors de la compétence du Tribunal cantonal, respectivement de la CDAP, conformément à la clause générale de compétence de l'art. 92 al. 1 de la loi vaudoise du 28 octobre 2008 sur la procédure administrative (LPA-VD; BLV 173.36).
b) Déposé en temps utile (cf. art. 95 LPA-VD), le recours satisfait en outre aux autres conditions formelles de recevabilité, si bien qu'il y a lieu d'entrer en matière.
2. L'arrêt contesté de la CRUL tient pour une décision le courrier de la Direction de l'UNIL du 15 mars 2019, qui considère que le titre de Professeur titulaire conféré au recourant s'éteint avec le départ de celui-ci de l'HRC.
a) Aux termes de l’art. 3 al. 1 LPA-VD est une décision toute mesure prise par une autorité dans un cas d'espèce, en application du droit public, et ayant pour objet de créer, de modifier ou d'annuler des droits et obligations (let. a); de constater l'existence, l'inexistence ou l'étendue de droits et obligations (let. b); de rejeter ou de déclarer irrecevables des demandes tendant à créer, modifier, annuler ou constater des droits et obligations (let. c). La décision est un acte de souveraineté individuel, qui s'adresse à un particulier, et qui règle de manière obligatoire et contraignante, à titre formateur ou constatatoire, un rapport juridique concret relevant du droit administratif. En d'autres termes, elle constitue un acte étatique qui touche la situation juridique de l'intéressé, l'astreignant à faire, à s'abstenir ou à tolérer quelque chose, ou qui règle d'une autre manière obligatoire ses rapports juridiques avec l'Etat (ATF 141 I 201 consid. 4.2 p. 204; 135 II 38 consid. 4.3 p. 45; 135 II 22 consid. 1.2 p. 24; 121 II 473 consid. 2a p. 477; 121 I 173 consid. 2a p. 174).
b) Par décision du 16 décembre 2015, la Direction de l'UNIL a nommé le recourant au titre de Professeur titulaire pour la période allant du 1er février 2016 au 31 juillet 2021. Les courriers des 23 janvier et 15 mars 2019, par lesquels la Direction de l'UNIL considère que le titre accordé "s'éteindra" avec le départ du recourant de l'HRC, présente bien les traits d'une décision. En effet, le refus de reconnaître au recourant le droit de conserver son titre jusqu'à son échéance, expressément fixée par la décision d'octroi au 31 juillet 2021, équivaut à un retrait de titre. Ce retrait affecte de surcroît la situation juridique du recourant, qui n'est plus habilité à se prévaloir du titre en cause (voir également, s'agissant de refus de nomination ou d'octroi de titres, arrêts GE.2010.0050 du 4 novembre 2010, GE.2001.0069 du 8 juillet 2004 consid. 1, TAF A-2757/2009 du 12 octobre 2010 publié in ATAF 2010/53).
L'arrêt de la CRUL doit par conséquent être confirmé sous cet angle.
c) Pour le surplus, il n'est pas inutile de confirmer que la décision de l'UNIL du 15 mars 2019 est bel et bien sujette à effet suspensif au sens de l'art. 80 LPA-VD, non pas à mesures provisionnelles selon l'art. 86 LPA-VD. Elle est en effet assimilable à une "décision positive défavorable à son destinataire", retirant une prérogative ou supprimant une relation juridique, non pas à une décision négative rejetant une requête (sur ce sujet, Cléa Bouchat, L'effet suspensif en procédure administrative, 2015, n. 278 ss p. 104 ss, spéc. n. 282.2 p. 106).
3. La Direction de l'UNIL soutient dans son écriture du 11 juin 2020 qu'elle ne serait pas l'autorité compétente pour retirer le titre de Professeur titulaire, à savoir pour rendre un prononcé relatif à l'un des postes du personnel de l'UNIL. Au demeurant, à supposer même que sa compétence soit donnée, sa décision serait sujette à recours auprès non pas de la CRUL, mais du Tribunal des Prud'hommes de l'Administration Cantonale (TRIPAC). Le recourant déduit de cette argumentation que la décision du 15 mars 2019 serait frappée de nullité absolue.
a) Le corps enseignant de l'UNIL est régi par les art. 52 à 69 LUL. L'art. 52 en définit la composition ainsi qu'il suit:
Art. 52 Composition
1 Le corps enseignant de l'Université se compose :
a. du corps professoral : professeurs ordinaires, professeurs associés et professeurs assistants;
b. du corps intermédiaire :
- maîtres d'enseignement et de recherche et maîtres assistants;
- assistants.
2 Participent en outre à l'enseignement les privat-docents, les professeurs titulaires, les professeurs invités et les chargés de cours, dont le RLUL définit les fonctions et précise les conditions d'engagement et de résiliation.
Le RLUL, auquel renvoie l'art. 52 al. 2 LUL, précise les conditions d'attribution du titre de Professeur titulaire dans les termes suivants:
Art. 39 Professeur titulaire
1 Le titre de professeur titulaire peut être conféré, à titre exceptionnel, à un maître d'enseignement et de recherche, un privat-docent ou un praticien de haut niveau qui participe de manière durable à la recherche et à l'enseignement dans le cadre d'un plan d'études de la faculté.
2 Ce titre ne donne droit à aucune rémunération. Il est conféré pour une durée de six ans, renouvelable.
Il découle ainsi de l'art. 52 LUL que les professeurs titulaires "participent" à l'enseignement, mais ne font pas partie du corps enseignant de l'Université. En outre, le titre de Professeur titulaire ne donne droit à aucune rémunération (cf. art. 39 al. 2 RLUL), ni poste particulier. Il s'agit d'un titre honorifique (sur cette notion, consid. 4c infra), conféré pour une durée de six ans renouvelable, non pas d'une fonction.
b) La Direction de l'UNIL a notamment pour attribution de conférer les grades universitaires et titres honorifiques (art. 24 al. 1 let. o LUL); elle est en outre compétente pour toutes les décisions relatives au fonctionnement de l'Université que la loi, le RLUL, le règlement interne de l'UNIL ou tout autre règlement fondé sur la LUL loi ne confient pas à un autre organe ou qu'elle n'a pas elle-même déléguées (art. 24 al. 2 LUL).
Autrement dit, la Direction de l'UNIL est l'autorité compétente pour conférer le titre de Professeur titulaire (cf. aussi art. 60 RLUL), ainsi que l'atteste du reste sa décision du 16 décembre 2015 prononcée à l'égard du recourant. Au vu du principe du parallélisme des formes (selon lequel une décision ne peut en principe être révoquée que par l'autorité qui a pris la décision initiale) et faute de disposition contraire, la Direction de l'UNIL est également l'autorité compétente pour retirer ce titre.
Il convient par conséquent de confirmer que la Direction de l'UNIL disposait de la compétence pour rendre la décision de retrait litigieuse, de sorte que celle-ci n'est pas frappée de nullité.
c) Il sied d'examiner la voie du recours contre la décision litigieuse de la Direction de l'UNIL.
aa) Selon l'art. 2 de la loi du 12 novembre 2001 sur le personnel de l'Etat de Vaud (LPers-VD; BLV 172.31), ladite loi s'applique à toute personne qui exerce une activité régulière, dans une fonction non éligible, pour laquelle elle perçoit de l'Etat un salaire (al. 1). Sauf dispositions contraires, elle s'applique également, à l'exception du chapitre IV, section I, aux personnes rétribuées par indemnités ou émoluments, qui exercent une activité régulière à titre principal ou accessoire (al. 2). Sont réservées les dispositions particulières des lois spéciales ainsi que des conventions collectives (al. 3). A teneur de l'art. 14 LPers-VD, sauf dispositions contraires de ladite loi ou des lois spéciales, le TRIPAC connaît, à l'exclusion de toute autre juridiction, de toute contestation relative à l'application de la LPers.
D'après l'art. 48 al. 1 LUL, le personnel de l'Université est soumis à la LPers-VD, sous réserve des dispositions particulières de la présente loi et du RLUL, à l'exception du personnel rétribué par des fonds extérieurs à l'Etat, qui est soumis au Code des obligations. Selon l'art. 83 al. 1 LUL, dans les 10 jours dès leur notification, les décisions de la Direction peuvent faire l'objet d'un recours auprès de la Commission de recours. L'al. 2 de la disposition précise que sont réservées les compétences du TRIPAC.
bb) La lecture de ces dispositions ne permet pas de séparer aisément les compétences de la CRUL de celles du TRIPAC. Ce qui apparaît néanmoins décisif est qu'en vertu de l'art. 14 LPers-VD, les litiges pouvant être portés devant le TRIPAC doivent concerner une contestation relative à l'application de la LPers (Novier/Carreira, Le contentieux devant le Tribunal de Prud’hommes de l’Administration cantonale, in JT 2007 III p. 3 ss, spéc. p. 10). En l'occurrence, tel n'est précisément pas le cas. Seules sont en effet en jeu les dispositions de la LUL et du RLUL. En particulier, la décision de la Direction de l'UNIL ne prononce pas la fin des rapports de travail au sens des art. 54 ss LPers-VD, mais uniquement le retrait d'un titre de nature purement universitaire et honorifique. Le retrait du titre n'est qu'une conséquence, relevant exclusivement de la législation de l'UNIL, de la démission du recourant de l'HRC.
La CRUL était ainsi fondée à se saisir du recours dirigé contre la décision de la Direction de l'UNIL du 15 mars 2019.
4. Il reste à déterminer si, sur le fond, c'est à juste titre que la Direction de l'UNIL a retiré le titre de Professeur titulaire au recourant.
a) Le recourant soutient qu'il pourrait se prévaloir du titre de Professeur titulaire jusqu'au 31 janvier 2022, nonobstant la fin des rapports conventionnels avec I'HRC, le CHUV et la FBM.
A l'appui, le recourant affirme que les conditions d'octroi du titre de Professeur titulaire ne seraient pas liées à une participation durable à l'enseignement et à la recherche dans le cadre d'un plan d'études de la faculté. A ses yeux, s'il est exact que l'art. 39 RLUL suppose qu'un candidat doive participer, au moment de l'octroi du titre, "de manière durable" à l'enseignement et à la recherche dans le cadre d'un plan d'études de la faculté, il s'agirait uniquement "d'exiger l'écoulement d'un certain laps de temps avant de pouvoir juger de la contribution du candidat et de le faire, cas échéant, bénéficier du titre de Professeur titulaire". De son avis, rien ne permettrait de retenir qu'un Professeur titulaire doive participer à l'enseignement de manière continue durant les six années de validité du titre. Au contraire, le titre de Professeur titulaire serait une distinction destinée à récompenser son titulaire des services déjà fournis en faveur de l'UNIL. Ni son octroi, ni son maintien ne dépendraient d'une participation à l'enseignement. Ainsi, même s'il ne participait plus à l'enseignement et à la recherche dans le cadre d'un plan d'études de la FBM en raison de la cessation de ses rapports conventionnels avec l'Université, le titre accordé ne pourrait pas lui être retiré avant l'échéance du délai de six ans. Dans son mémoire complémentaire, le recourant ajoute que la décision de la FBM du 15 mai 2019 - postérieure à la décision attaquée -, de ne plus lui confier d'enseignement, contrairement à son propre souhait, aurait permis aux autorités académiques de se constituer des arguments supplémentaires en cours de procédure. A ses yeux, le changement d'employeur ne pourrait pas servir de prétexte pour le priver de ses activités académiques, dès lors qu'il continuerait à être en mesure de les exercer malgré un tel changement.
b) L'ancienne loi sur l'Université de Lausanne du 6 décembre 1977 comportait à son art. 33 une disposition identique à celle de l'art. 52 al. 2 actuel, l'énumération des personnes participant à l'enseignement ne mentionnant toutefois pas les Professeurs titulaires. Ce titre a en effet été introduit dans la loi actuelle du 6 juillet 2004 lors de son adoption. Dans son exposé des motifs, le Conseil d'Etat indiquait sur ce point (Bulletin des séances du Grand Conseil [BGC] du Canton de Vaud n° 71, session de juin 2004, p. 925):
"La fonction de professeur titulaire est nouvelle. Elle est actuellement utilisée à titre expérimental en Faculté de biologie et de médecine, exclusivement pour les médecins cliniciens du CHUV ou des hôpitaux périphériques qui assument, depuis quatre ans au moins, une charge d'enseignements à titre de privat-docent. La fonction de professeur titulaire sera conférée à des praticiens de haut niveau qui participent à l'enseignement dans le cadre d'un plan d'études reconnu par la faculté. Elle correspondra à un titre honorifique et ne donnera accès à aucun droit académique ou avantage salarial particulier".
La Direction de l'UNIL a édicté une Directive 1.7 en application des art. 39 et 60 RLUL, intitulée "Procédure d'attribution du titre de Professeur titulaire". Dans sa version du 23 avril 2014, l'art. 1.7.2 traitant du cas particulier de la Section des sciences cliniques de la FBM dispose, en reprenant l'exposé des motifs précités:
"En Section des sciences cliniques de la Faculté de biologie et de médecine, le titre de professeur titulaire ne peut être attribué qu'à un médecin chef d'un hôpital périphérique ayant des rapports conventionnels avec le CHUV ou l'UNIL, à condition qu'il soit porteur du titre de privat-docent de l'UNIL ou exceptionnellement qu'il ait des qualifications académiques jugées équivalentes par la Direction de l'UNIL. Cette attribution de titre ne peut avoir lieu que si la qualité de l'activité clinique et de l'activité académique est comparable à celle attendue d'un professeur associé retenu pour ses compétences en matière d'enseignement et de pratique clinique. Dans ce cas, le cahier des charges du professeur titulaire doit inclure un enseignement au niveau bachelor ou master de la Faculté de biologie et de médecine. L'attribution du titre de professeur titulaire implique l'abandon de tout autre titre de l'UNIL (MER clinique ou privat-docent)".
c) aa) Il ressort ainsi de l'art. 52 al. 2 LUL et de ses travaux préparatoires, de l'art. 39 RLUL ainsi que de la Directive 1.7 que le titre de Professeur titulaire entend consacrer, à titre exceptionnel, une double activité de haut niveau exercée d'une part dans le domaine clinique, le candidat devant être médecin-chef d'un établissement hospitalier et d'autre part dans le domaine académique, le candidat devant être un privat-docent ou un praticien de haut niveau participant de manière durable à l'enseignement et à la recherche dans le cadre d'un plan d'études de la FBM.
S'agissant plus précisément du volet de l'enseignement et de la recherche, les Professeurs titulaires ne font certes pas partie du corps enseignant, selon la systématique de l'art. 52 al. 2 LUL (cf. consid. 3a supra), mais ils doivent néanmoins "participer" à l'enseignement, à savoir, selon la lettre, activement et effectivement enseigner, non pas avoir enseigné à une période ou une autre de leur vie professionnelle.
Une interprétation téléologique ne conduit pas à une autre conclusion. Le titre de Professeur titulaire s'inscrit dans une volonté de synergie et de collaboration entre la pratique clinique des établissements hospitaliers du canton et l'activité académique de la FBM. C'est pourquoi il ne peut être accordé qu'à un médecin-chef qui exerce (à titre principal) dans un hôpital périphérique ayant des rapports conventionnels avec le CHUV ou l'UNIL (les médecins-chefs du CHUV et de ses établissements affiliés pouvant être nommés professeurs associés ou ordinaires) et qui simultanément enseigne (à titre accessoire) à la FBM (cf. ch. 5 et 6 du Rapport du 6 février 2013 au Conseil d'Etat du Conseil de direction UNIL-CHUV: proposition d'attribution de titres et fonctions académiques pour les personnes actives en clinique [au dossier]).
La teneur de la convention de collaboration du 22 avril 2015 illustrait du reste le caractère indissociablement lié des deux activités, dès lors qu'elle prévoyait la mise à disposition du recourant par l'HRC au CHUV - à raison d'un taux d'activité de 10% - ainsi que la participation de ce médecin à l'enseignement; en échange, le service de ******** du CHUV s'engageait à l'associer aux travaux de recherche et à soutenir sa carrière académique.
bb) Par ailleurs, s'il est exact que le titre de Professeur titulaire est "honorifique", dans le sens où il ne donne pas droit à une rémunération, une fonction ou un poste particulier, il ne s'agit pas pour autant d'un titre visant à récompenser un enseignant pour sa carrière passée et perdurant après la fin de l'activité. En cela, le titre de Professeur titulaire doit clairement être distingué du titre de Professeur "honoraire" réservé aux professeurs ordinaires ou associés cessant leur enseignement (art. 79 LUL) ou du titre de "Docteur honoris causa" destiné aux personnes ayant acquis des mérites particuliers dans les sciences, les lettres ou les arts (art. 80 LUL).
cc) Le recourant ne conteste pas que la convention du 22 avril 2015 s'est éteinte après son départ de l'HRC. Il n'exerce plus d'activité clinique avec un hôpital conventionné, contrairement aux exigences de la Directive 1.7 fondée sur l'exposé des motifs. Pour le surplus, de fait, il ne participe plus à l'enseignement, la FBM ayant choisi de ne plus l'intégrer dans son plan d'études.
Le recourant ne remplit donc plus les conditions dont dépend l'octroi du titre de Professeur titulaire.
d) Le recourant affirme qu'il serait en droit de conserver le titre litigieux, quand bien même il ne satisferait plus aux exigences d'octroi.
En règle générale les décisions administratives ne sont pas immuables et peuvent faire l'objet de modification ou de révocation. Ainsi, une décision assortie d'effets durables peut être révoquée lorsque l'état de fait a évolué et que les conditions posées à l'octroi de l'autorisation ne sont plus réunies, ou en raison d'une modification législative, mais en l'absence de droit acquis créé par la décision à révoquer (ATF 143 II 1 consid. 5.1; Dubey/Zufferey, Droit administratif général, Bâle 2014, n. 1023 ss; Moor/Poltier, Droit administratif, vol. II, 3e éd. 2011, p. 386).
Le recourant ne réunit plus les exigences posées à l'octroi du titre de Professeur titulaire, de sorte qu'en principe celui-ci doit lui être retiré. Or, on ne voit pas quelle circonstance exceptionnelle permettrait de déroger à ce principe. Le recourant n'est plus en mesure de participer à la coopération entre institutions que le titre de Professeur titulaire entend précisément consacrer. Le titre est ainsi vidé de son sens et de sa portée. Peu importe à cet égard qu'il ait été conféré pour une durée de six ans, une telle durée conférant certes un caractère durable à la décision d'octroi, mais ne créant pas pour autant un droit acquis. En outre, comme déjà exposé ci-dessus, le titre de Professeur titulaire est certes "honorifique", mais n'est pas "honoraire". Il est destiné à consacrer une collaboration effective, non pas à récompenser une activité passée.
e) Pour le surplus, sous l'angle d'une restriction à la liberté économique (cf. art. 27 Cst. et 36 Cst.), l'intérêt privé du recourant à conserver son titre ne l'emporte pas sur l'intérêt public à ce qu'il ne puisse plus s'en prévaloir. Il convient en effet d'éviter que le recourant continue de porter un titre de "Professeur titulaire" qui laisserait paraître qu'il enseignerait toujours à la FBM, ce qui est erroné. On ajoutera que l'intérêt privé du recourant n'est que peu lésé puisqu'il peut utiliser ce titre en le précédant de la mention "ancien", suivi des années pendant lesquelles a exercé les fonctions lui permettant de se prévaloir de son titre.
5. Vu ce qui précède le recours doit être rejeté et la décision attaquée doit être confirmée, aux frais du recourant qui succombe. Il n'y a pas lieu d'allouer de dépens.