Decision ID: 0ee843b6-a226-5732-b1ea-f3f992d046ef
Year: 2017
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_011
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: penal_law

EN FAIT
:
A.
Par acte daté du 3 décembre 2017 parvenu le lendemain à la direction de la prison de Champ-Dollon qui l'a fait suivre au greffe du Tribunal d'application des peines et des mesures (ci-après : TAPEM) – lequel l'a transmis à la Chambre de céans – A_ recourt contre le jugement du 30 novembre 2017, notifié le lendemain, par lequel le TAPEM a notamment ordonné sa libération conditionnelle sitôt que son renvoi de Suisse pourra être exécuté.
Le recourant s'oppose à son expulsion.
B.
Les faits pertinents suivants ressortent du dossier :
a.
A_, ressortissant italien né le _ 1975, a été condamné par le Tribunal de police, le 19 octobre 2017, à une peine privative de liberté de 6 mois, sous déduction de 134 jours de détention avant jugement, pour vols, utilisation frauduleuse d'un ordinateur, entrée illégale et séjour illégal.
En sus de la peine, une expulsion du territoire suisse, au sens de l'art. 66a CP a été prononcée à son encontre pour une durée de 5 ans.
b.
Il est incarcéré depuis le 9 juin 2017 à la prison de Champ-Dollon.
c.
Les deux tiers de sa peine ont été atteints le 7 octobre 2017, la fin de la détention étant fixée au 7 décembre 2017.
d.
Le casier judiciaire d'A_comporte une autre condamnation pour vol, faux dans les certificats et séjour illégal.
e.
Selon un courriel de l'Office cantonal de la population et des migrations du 23 novembre 2017, une demande de soutien en vue du renvoi d'A_a été adressée au Secrétariat d'État aux migrations. À ce jour, ladite autorité reste dans l'attente de nouvelles de la part des autorités italiennes.
C.
Dans le jugement querellé, le TAPEM s'est rangé aux préavis favorables du Service de l'application des peines et mesures, de la prison de Champ-Dollon et du Ministère public. Il a, en conséquence, ordonné la libération conditionnelle du condamné dès que le renvoi pourrait être exécuté et a imposé à ce dernier, au titre de règle de conduite, de quitter le territoire suisse et de collaborer avec les autorités compétentes en vue de son renvoi en Italie.
D.
a.
À l'appui de son recours, A_déclare former recours contre une expulsion du territoire suisse, sans plus amples précisions.
b.
À réception du recours, la cause a été gardée à juger, sans échange d'écriture ni débats.

EN DROIT
:
1.
La Chambre pénale de recours peut décider d'emblée de traiter sans échange d'écritures ni débats les recours manifestement irrecevables (art. 390 al. 2 et 5
a contrario
CPP). Tel est le cas en l'occurrence, au vu des considérations qui suivent.![endif]>![if>
2.
L'on déduit du recours interjeté par A_ que ce dernier conteste le jugement du Tribunal de police du 19 octobre 2017 en tant qu'il prononce son expulsion de Suisse pour une durée de 5 ans.
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La première question à examiner au titre de la recevabilité consiste donc à déterminer la nature de l'acte qui fait l'objet du recours.
3.
À teneur de l'art. 393 al. 1 let. b CPP, le recours est recevable contre les ordonnances, les décisions et les actes de procédure des tribunaux de première instance, sauf contre ceux de la direction de la procédure. ![endif]>![if>
4.
4.1.
Selon l'art. 394 let. a CPP, le recours est irrecevable, lorsque l'appel est recevable. Les décisions des tribunaux de première instance peuvent faire l'objet d'un recours dans les cas prévus par la loi (art. 393 al. 1 let. b CPP). À Genève, le Tribunal de police est une juridiction de première instance, au sens de l'art. 19 al. 1 CPP (cf. art. 1 let. c, 2°, et 96 al. 1 LOJ). Comme l'indique la version allemande du CPP, l'exception prévue à l'art. 393 al. 1 let. b, 2e phrase, CPP ne vise pas les décisions de «
la
» direction de la procédure, au sens d'autorité investie de la direction de la procédure (cf. art. 61 let. c CPP), mais les décisions «
de
» direction de la procédure rendues par le tribunal lui-même («
verfahrensleitende Entscheide
»). Le recours doit ainsi être dirigé contre une décision spécifique des tribunaux de première instance.
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4.2.
En l'espèce, même si formellement, le recourant désigne dans son acte de recours la cause PM/1278/2017, soit le jugement du 30 novembre 2017 rendu par le TAPEM, on comprend que sa contestation n'est pas dirigée contre ce dernier, puisque celui-ci prononce sa libération conditionnelle. Cette décision lui est, en effet, favorable.
On déduit de l'acte de recours qu'A_s'en prend à son expulsion.
Or, ce n'est pas le TAPEM, dans son jugement du 30 novembre 2017 qui a prononcé son expulsion, mais bien le Tribunal de police dans son jugement du 19 octobre 2017. L'octroi de la libération conditionnelle entraîne simplement la mise à exécution de l'expulsion (art. 66
c
al. 3 CP).
Le jugement par le Tribunal de police précité mentionne clairement qu'il peut être revu par la voie de l'appel auprès de la Chambre pénale d'appel et de révision de la Cour de justice. Il ne contient matériellement pas de prononcé susceptible de recours.
Il s'ensuit que le recours contre la décision du TAPEM est irrecevable, faute d'être remise en cause. Par ailleurs, la fin de peine est intervenue le 7 décembre 2017.
Il n'y a pas lieu considérer l'acte de recours comme un appel et de le transmettre à l'autorité compétente, le délai fixé par les art. 399 et 384 let. a CPP étant largement dépassé et le recourant ayant montré – par l'envoi de son acte de recours au TAPEM – qu'il réagissait au jugement de cette autorité quand bien même elle n'a pas prononcé son expulsion.
5.
Au vu de ce qui précède, le recours est irrecevable.![endif]>![if>
6.
Le recourant, qui succombe, supportera les frais envers l'État, qui comprendront un émolument de CHF 600.- (art. 428 al. 1 CPP et 13 al. 1 du Règlement fixant le tarif des frais en matière pénale, RTFMP ;
E 4 10.03
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