Decision ID: 9b989b34-2a42-4fb2-8220-13056cee0b4b
Year: 2020
Language: fr
Court: VD_TC
Chamber: VD_TC_013
Canton: VD
Region: Région lémanique
Law Area: penal_law

En fait :
A.
a)
Par ordonnance pénale rendue le 28 avril 2016, le Ministère public de l’arrondissement du Nord vaudois (ci-après : le Ministère public), a condamné B._ à une peine pécuniaire de nonante jours-amende à 30 fr. et à une amende de 300 fr., peine convertible en trois jours de peine privative de liberté de substitution en cas de non-paiement fautif de l’amende, a révoqué le sursis accordé à B._ le 3 novembre 2014 et a ordonné l’exécution de la peine pécuniaire de trente jours-amende à 30 fr., pour des infractions à la LCR (loi fédérale sur la circulation routière du 19 décembre 1958 ; RS 741.01) et à la LStup (loi fédérale sur les stupéfiants et les substances psychotropes du 3 octobre 1951 ; RS 812.121).
Par ordonnance pénale du 23 juin 2016, le Ministère public a condamné B._, pour des infractions similaires, à nonante jours-amende à 30 fr. et à une amende de 300 fr., peine convertible en trois jours de peine privative de liberté de substitution en cas de non-paiement fautif de l’amende, et a dit que la peine était complémentaire à celle prononcée le 28 avril 2016.
b)
Par décision judiciaire ultérieure indépendante du 8 février 2018, le Ministère public a accordé à B._ un délai maximum de vingt-quatre mois pour régler les montants dont il devait s’acquitter.
c)
Le 4 février 2020, l’Office d’exécution des peines (ci-après : l’OEP) a adressé à B._ un ordre d’exécution de peine(s) et lui a imparti un délai au 29 février 2020 pour s’acquitter de la somme de 6'300 fr., à défaut de quoi il serait tenu de se présenter le 13 mars 2020 avant 10 h 00 à la prison de la Croisée pour exécuter une peine privative de liberté de substitution de deux cent dix jours résultant de la conversion de trois peines pécuniaires totalisant 6'300 fr., sous le régime de la détention ordinaire.
d)
Par courrier du 3 mars 2020 adressé à l’OEP, B._ a demandé à pouvoir exécuter sa peine sous le régime de la surveillance électronique au motif qu’il avait un nouvel emploi à 100 % depuis le 10 février 2020 et qu’il souffrait de graves problèmes de santé.
Le 6 mars 2020, l’OEP a imparti à B._ un délai au 11 mars 2020 pour produire notamment une preuve récente de son activité professionnelle.
Dans un courriel du 11 mars 2020 adressé à l’OEP, B._ a fait valoir qu’il exerçait une garde partagée sur sa fille de dix-huit mois et qu’il souffrait d’une maladie pulmonaire rare, réitérant ainsi sa demande de pouvoir exécuter sa peine sous le régime de la surveillance électronique. Il n’a pas produit la copie de son contrat de travail.
Après avoir reçu de la part du Centre social régional Jura-Nord vaudois la copie du contrat de travail de B._, lequel est daté du 10 février 2020 et prévoit un engagement d’une durée de trois mois, l’OEP a, par courriel du 12 mars 2020, annulé l’ordre d’exécution de peine(s) du 4 février 2020.
e)
Par avis du 12 mars 2020, l’OEP a imparti à B._ un délai au 27 mars 2020 pour produire un document attestant de son taux d’activité professionnelle, un document attestant de la garde sa fille de dix-huit mois et un planning d’une « journée type ». L’office a également demandé à B._ de le renseigner sur le temps passé à l’extérieur de son domicile lorsqu’il travaille.
Par avis du 6 avril 2020, l’OEP a imparti à B._ un ultime délai au 29 avril 2020 pour fournir les documents et les renseignements requis le 12 mars 2020. Au pied de cet avis, il était indiqué qu’en l’absence de nouvelles de la part de B._ dans le délai précité, l’office considérerait qu’il avait renoncé à un régime alternatif à la détention et il serait convoqué en régime ordinaire, en milieu carcéral.
f)
Le 25 avril 2020, B._ a adressé à l’OEP un courrier, censé avoir été rédigé par son ex-compagne, dans lequel il est mentionné qu’il prend en charge sa fille un jour par semaine en plus d’un week-end sur deux, respectivement environ trois jours par semaine en plus d’un week-end sur deux ou trois depuis le « confinement », la mère étant auxiliaire de santé. Il a également produit une copie de la communication d’une reconnaissance après la naissance relative à sa fille. Il a décrit le déroulement de ses journées.
g)
Le 5 mai 2020, l’OEP a imparti à B._ un délai de dix jours pour prendre contact avec la Fondation vaudoise de probation et l’a informé qu’à défaut, le régime de la surveillance électronique pourrait lui être refusé.
Sans nouvelles de B._, la Fondation vaudoise de probation a, par courrier du 26 mai 2020, convoqué le prénommé à un entretien le 4 juin 2020 à 10 h 30.
h)
Dans un rapport du 8 juin 2020 adressé à l’OEP, la Fondation vaudoise de probation a préavisé négativement à l’accès de B._ au régime de la surveillance électronique. Elle a relevé qu’à part un courrier non daté reçu de B._ le 25 mai 2020, dans lequel il mentionnait notamment « merci de me tenir au courant de la suite », l’intéressé ne s’était pas présenté à l’entretien fixé, n’avait pas rappelé après une tentative de contact par téléphone et n’avait pas donné de nouvelles.
i)
Le 8 juin 2020, l’OEP a imparti à B._ un délai de trois jours pour se déterminer.
Le 12 juin 2020, B._ a adressé à l’office précité un courrier, en faisant valoir qu’il travaillait sur un nouveau projet, dans lequel il investissait beaucoup de temps, bien qu’il soit payé à la commission. Il a réitéré sa demande d’exécuter sa peine sous le régime de la surveillance électronique, afin de pouvoir continuer à développer son activité professionnelle et s’occuper de sa fille. Il s’est par ailleurs excusé pour les « désagréments et la perte de temps occasionné[s] par son retard de prise de contact » et s’est prévalu d’une erreur d’agenda s’agissant de l’entretien fixé au 4 juin 2020.
j)
Le 24 juin 2020, l’OEP a imparti à B._ un ultime délai de dix jours pour contacter la Fondation vaudoise de probation afin de fixer un entretien et fournir une preuve réactualisée de son activité professionnelle. L’office a relevé que B._ n’avait pas respecté son obligation de collaborer avec la fondation précitée.
Ensuite d’un téléphone du 6 juillet 2020 de B._, un entretien a été agendé au 15 juillet 2020 par la Fondation vaudoise de probation.
Le 24 juillet 2020, la Fondation vaudoise de probation a maintenu son préavis négatif, au motif que B._, lors de l’entretien du 15 juillet 2020, n’avait pas été en mesure de justifier sa prétendue activité professionnelle et avait indiqué travailler deux heures par jour. Bien qu’il avait mentionné qu’il allait recevoir un nouveau contrat de travail, B._ avait, le 22 juillet 2020, informé la fondation que le contrat n’était pas encore fait.
Dans un courriel du même jour adressé à la Fondation vaudoise de probation, B._ a en substance fait valoir qu’il ne lui restait que six mois à vivre et que son patron prenait du temps à établir un contrat écrit.
B. a)
Un délai de déterminations de trois jours a été imparti à B._ par avis de l’OEP du 24 juillet 2020.
b)
Par courriel du 11 août 2020 adressé à l’OEP, B._ a requis de pouvoir exécuter sa peine sous la forme d’un travail d’intérêt général, dès lors qu’il pensait que le régime de la surveillance électronique lui avait été refusé.
c)
Par décision du 14 août 2020, l’Office d’exécution des peines a refusé d’accorder à B._ le régime de la surveillance électronique, de même que le régime du travail d’intérêt général. L’office a considéré que, après avoir manqué à son obligation de collaborer dans un premier temps et malgré l’ultime opportunité qui lui avait été offerte de se présenter auprès de la Fondation vaudoise de probation avec toutes les preuves justifiant son actuelle activité professionnelle, B._ n’avait pas démontré qu’il était actuellement au bénéfice d’une activité. Il n’avait par ailleurs fourni aucun rapport médical en lien avec son état de santé. Pour le surplus, l’office a rappelé que les peines privatives de liberté de substitution ne pouvaient pas être exécutées sous la forme du travail d’intérêt général. Par conséquent, l’office a informé B._ qu’il serait convoqué pour effectuer sa peine en régime ordinaire.
C.
Le 25 août 2020, B._ a adressé à la Chambre des recours pénale du Tribunal cantonal un recours daté du 24 août 2020 contre la décision du 14 août 2020, en concluant implicitement à sa réforme en ce sens que le régime de la surveillance électronique, subsidiairement du travail d’intérêt général, lui soit accordé.

En droit :
1.
Selon l'art. 38 LEP (loi sur l'exécution des condamnations pénales du 4 juillet 2006 ; BLV 340.01), les décisions rendues par l’OEP peuvent faire l'objet d'un recours auprès du Tribunal cantonal (al. 1). La procédure est régie par les dispositions du CPP (Code de procédure pénale suisse du 5 octobre 2007 ; RS 312.0) relatives au recours (al. 2).
Interjeté en temps utile (art. 396 al. 1 CPP) auprès de l'autorité compétente (art. 13 LVCPP [loi vaudoise d’introduction du Code de procédure pénale suisse du 19 mai 2009 ; BLV 312.01] ; art. 80 LOJV [loi d'organisation judiciaire du 12 septembre 1979 ; BLV 173.01]) par le condamné dont la requête a été rejetée et qui a donc qualité pour recourir (art. 382 al. 1 CPP), selon les formes prescrites (art. 385 al. 1 CPP), le recours est recevable.
2.
2.1
B._ (ci-après : le recourant) fait en substance valoir qu’il ne savait pas qu’il devait fournir à l’OEP un rapport relatif à son état de santé. Il aurait par ailleurs fourni la preuve de son activité professionnelle. Il requiert ainsi de pouvoir travailler pour payer sa dette plutôt que d’être incarcéré.
2.2
2.2.1
L’art. 79b al. 1 let. a CP (Code pénal suisse du 21 décembre 1937 ; RS 311.0) prévoit qu’à la demande du condamné, l'autorité d'exécution peut ordonner l'utilisation d'un appareil électronique fixé au condamné (surveillance électronique) au titre de l'exécution d'une peine privative de liberté ou d'une peine privative de liberté de substitution de vingt jours à douze mois. Selon l’art. 79b al. 2 CP, l’autorité compétente – dans le canton de Vaud, l’OEP (art. 20 al. 2 let. a LEP) – ne peut ordonner la surveillance électronique que s'il n'y a pas lieu de craindre que le condamné s'enfuie ou commette d'autres infractions (let. a), si le condamné dispose d'un logement fixe (let. b), si le condamné exerce une activité régulière, qu'il s'agisse d'un travail, d'une formation ou d'une occupation, pendant au moins vingt heures par semaine, ou s'il est possible de l'y assigner (let. c), si les personnes adultes faisant ménage commun avec le condamné y consentent (let. d) et si le condamné approuve le plan d'exécution établi à son intention (let. e).
En droit cantonal, les conditions de ce mode d’exécution font l’objet du RESE (règlement concordataire sur l’exécution des peines privatives de liberté sous surveillance électronique du 20 décembre 2017 ; BLV 340.95.5), entré en vigueur le 1
er
janvier 2018, qui précise les conditions découlant du droit fédéral. Aux termes de l’art. 4 al. 1 let. f RESE, le travail domestique, le travail éducatif, la participation à un programme d'occupation ou tout autre occupation structurée sont réputés équivalents à la poursuite d’une activité professionnelle.
Il appartient au condamné qui requiert de bénéficier du régime de la surveillance électronique de collaborer avec l’autorité (cf. CREP 31 janvier 2020/73 consid. 2.3).
2.2.2
Selon l’art. 79a al. 2 CP, une peine privative de liberté de substitution ne peut pas être exécutée sous forme de travail d’intérêt général. Ainsi, le travail d’intérêt général n'est pas admis si l'amende ou la peine pécuniaire n'a pas été payée et que l'exécution d'une peine privative de liberté de substitution a été ordonnée (cf. art. 1 al. 3 RTIG [règlement concordataire sur l'exécution des peines sous la forme du travail d'intérêt général du 20 décembre 2017 ; BLV 340.95.4).
2.3
En l’espèce, force est tout d’abord de relever que le recourant n’a, à réitérées reprises, pas respecté les délais lui ayant été impartis. En particulier, bien qu’invité à le faire par avis du 5 mai 2020 de l’OEP, le recourant n’a pas pris contact avec la Fondation vaudoise de probation afin de fixer un entretien. Il ne s’est par la suite pas présenté à l’entretien auquel il avait été convoqué par courrier du 26 mai 2020, sans donner de nouvelles, prétextant une erreur d’agenda. Il n’a par ailleurs pas rappelé la Fondation vaudoise de probation qui avait tenté de le joindre par téléphone. La collaboration du recourant a dès lors été insuffisante.
Le recourant a fait valoir qu’il exerçait une activité professionnelle et qu’il s’occupait à mi-temps de sa fille. Bien qu’invité le faire à plusieurs occasions, il n’a pas produit de document qui rendrait ces affirmations vraisemblables. En particulier, le courrier censé avoir été rédigé par la mère de sa fille – qui paraît avoir été écrit par le recourant lui-même – mentionne qu’usuellement, le recourant prend en charge sa fille à raison d’un jour par semaine en plus d’un week-end sur deux. Un tel régime ne correspond pas à une garde alternée. Pour ce qui est de son activité professionnelle, le recourant n’a pas été en mesure de produire son nouveau contrat de stage. Le contrat du 10 février 2020, qui prévoyait un engagement d’une durée de trois mois, n’est pas suffisant. Par ailleurs, le recourant a déclaré, lors de l’entretien du 15 juillet 2020, qu’il travaillait deux heures par jour. Il n’a dès lors pas apporté la preuve qu’il exerçait une activité à raison de 20 heures par semaine, condition nécessaire à la mise en œuvre d’une surveillance électronique. Quant à son état de santé, le recourant n’a produit aucun rapport médical qui attesterait d’une éventuelle maladie. A l’appui de son recours, il plaide les mêmes éléments que devant l’autorité précédente, en particulier sa maladie, qui serait incurable. Il fait valoir qu’il ne lui avait pas été demandé de fournir des rapports médicaux. Or, il ne fournit toujours pas de tels documents, alors même que l’OEP a expressément relevé, dans sa décision du 14 août 2020, que de tels documents auraient pu être fournis. Le recourant ne produit aucune pièce probante à l’appui de son recours, ce qui confirme son manque de collaboration. Il ne saurait être question de le croire sur parole alors même qu’il pouvait produire des documents depuis plusieurs semaines.
C’est dès lors à raison que l’OEP a considéré que le recourant ne remplissait pas les conditions permettant la mise en œuvre d’une surveillance électronique.
Quant au travail d’intérêt général, les conditions objectives de ce mode d’exécution ne sont pas réalisées. En effet, le travail d’intérêt général n’est pas possible lorsque, comme dans le cas présent, c’est une peine de substitution qui doit être exécutée par le condamné, après défaut de paiement de l'amende ou de la peine pécuniaire.
3.
3.1
Au vu de ce qui précède, le recours, manifestement mal fondé, doit être rejeté sans échange d’écritures (art. 390 al. 2 CPP) et la décision entreprise confirmée.
3.2
Les frais de la procédure de recours, constitués des frais d’arrêt par 990 fr. (art. 20 al. 1 TFIP [tarif des frais de procédure et indemnités en matière pénale du 28 septembre 2010 ; BLV 312.03.1]), seront mis à la charge du recourant, qui succombe (art. 428 al. 1 CPP).