Decision ID: 21c29b53-17fe-44f8-9368-5eb39d0115be
Year: 2022
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_001
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law

EN FAIT
, que par jugement
JTPI/8409/2022
du 30 juin 2022, le Tribunal de première instance, statuant sur mesures provisionnelles, a notamment, après avoir autorisé les époux A/B_ à vivre séparés, attribué à A_ la garde de l'enfant C_ né le _ 2019 et réservé à B_ un droit de visite selon des modalités déterminées (ch. 2 et 3), instauré une curatelle d'organisation et de surveillance du droit de visite (ch. 5 et 6), condamné B_ à verser à A_, à titre de contribution à l'entretien de l'enfant C_, allocations familiales non comprises, 23'517 fr. 55 pour la période allant du 1
er
juillet 2020 au 30 juin 2022 (ch. 8) et 1'700 fr. par mois d'avance, allocations familiales ou d'études non comprises, dès le 1
er
juillet 2022;
Vu l'appel formé le 21 juillet 2022 par B_ contre ce jugement, concluant à l'annulation des chiffres 2 et 3, 5 et 6, 8 à 10 du dispositif de celle-ci, cela fait à l'instauration d'une garde alternée selon certaines modalités, à ce qu'il soit constaté qu'il ne devait aucun arriéré au titre de la contribution d'entretien à l'enfant C_ du
1
er
juillet 2020 au 30 juin 2022 et à ce qu'il lui soit donné acte de ce qu'il s'engageait à verser 450 fr. à titre de contribution à l'entretien de son fils jusqu'à instauration de la garde alternée;
Vu la requête d'octroi de l'effet suspensif que comporte l'appel, s'agissant des chiffres 8 et 9 du dispositif de la décision attaquée;
Attendu que sur ce point l'appelant a exposé que depuis la séparation des parties, il versait une contribution d'entretien de 662 fr. mensuels en moyenne, ce qui excédait largement son disponible, lequel ne lui permettait pas de payer davantage que 450 fr. par mois, alors que l'intimée avait un disponible "confortable" couvrant ses besoins courants et ceux de l'enfant;
Que son intérêt à ne pas s'acquitter immédiatement de montants arriérés, dont il ne disposait d'ailleurs pas, primait ceux de l'intimée et de l'enfant à en obtenir le paiement sans délai;
Qu'il n'a pas développé plus avant d'argument s'agissant de la contribution d'entretien courante;
Que A_ a conclu au rejet de la requête d'effet suspensif, avec suite de frais et dépens;
Qu'elle a allégué avoir perçu au total 13'490 fr.10 depuis juillet 2020, alors que les parties s'étaient séparées en janvier 2020;
Considérant,

EN DROIT
, que la Cour est saisie d'un appel au sens de l'art. 308 CPC;
Que le jugement querellé portant sur des mesures provisionnelles, l'appel n'a pas d'effet suspensif
ex lege
(art. 315 al. 4 let. b CPC);
Qu'à teneur de l'art. 315 al. 5 CPC, l'exécution de mesures provisionnelles peut exceptionnellement être suspendue si la partie concernée risque de subir un préjudice difficilement réparable;
Que, saisie d'une demande d'effet suspensif, l'autorité de recours doit faire preuve de retenue et ne modifier la décision de première instance que dans des cas exceptionnels; elle dispose cependant d'un large pouvoir d'appréciation permettant de tenir compte des circonstances concrètes du cas d'espèce (ATF
137 III 475
consid. 4.1; arrêts du Tribunal fédéral
5A_853/2021
du 8 novembre 2021 consid. 5.1;
5A_792/2018
du 6 février 2019 consid. 3.2.2);
Qu'elle doit procéder à une pesée des intérêts entre les deux préjudices difficilement réparables (ATF
138 III 378
consid. 6.3 et les références citées;
137 III 475
consid. 4.1);
Que s'agissant du paiement de sommes d'argent, il appartient à la partie recourante qui requiert la restitution de l'effet suspensif de démontrer qu'à défaut de son prononcé elle serait exposée à d'importantes difficultés financières ou qu'elle ne pourrait pas obtenir le remboursement du montant payé au cas où elle obtiendrait gain de cause au fond
(ATF
138 III 333
consid. 1.3.1;
137 III 637
consid. 1.2);
Que le Tribunal fédéral accorde généralement l'effet suspensif pour le paiement des arriérés de pensions (arrêts du Tribunal fédéral
5A_954/2012
du 30 janvier 2013
consid. 4;
5A_783/2010
du 8 avril 2011 let. D);
Qu'en l'espèce, au vu des principes rappelés ci-dessus, la suspension de l'effet exécutoire ne sera pas accordée s'agissant des contributions d'entretien courantes;
Qu'en revanche, le paiement de l'arriéré de contributions d'entretien, qui représente un montant non négligeable, est destiné à couvrir des besoins pour une période révolue;
Que l'intimée n'invoque pas de dommage difficilement réparable si le paiement de cet arriéré n'était pas immédiat;
Qu'ainsi ce paiement souffre d'attendre l'issue de la procédure au fond devant la Cour;
Qu'en définitive, la requête d'effet suspensif sera admise en tant qu'elle porte sur le paiement des arriérés de contributions d'entretien et rejetée pour le surplus;
Qu'il sera statué sur les frais et dépens liés à la présente décision dans l'arrêt au fond (art. 104 al. 3 CPC).
* * * * *