Decision ID: aa01b4e4-13e7-5bce-9d7b-0a54df12266b
Year: 2008
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_014
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: social_law

EN FAIT
Par jugement du 22 mai 2008, la 8
ème
chambre du Tribunal de première instance a prononcé la dissolution du mariage contracté le 19 mars 2003 à Recife (Pernambuco/Brésil) par Madame B_, née C_ en 1965, et Monsieur B_, né en 1973.
Selon le chiffre 6 du dispositif du jugement précité, le Tribunal de première instance a ordonné le partage par moitié des avoirs de prévoyance professionnelle acquis par chacun des époux durant le mariage.
Le jugement de divorce est devenu définitif le 19 août 2008 et a été transmis d'office au Tribunal de céans le 1
er
septembre 2008 pour exécution du partage.
Le Tribunal de céans a interpellé les institutions défenderesses en les priant de lui communiquer les montants des avoirs LPP des parties acquis durant le mariage, soit entre le 19 mars 2003 et le 19 août 2008.
L'instruction menée par le Tribunal de céans a permis d'établir les faits suivants:
a)
S'agissant des avoirs de prévoyance de la demanderesse
:
Par courrier du 8 octobre 2008, SWISSLIFE a indiqué que la prestation de sortie de la demanderesse à partager se monte à 30'545 fr. Elle a précisé que sa prestation de sortie au moment du mariage se montait à 17'663 fr., intérêts compris jusqu'au 19 août 2008, et que sa prestation de sortie au 19 août 2008 était de 48'208 fr.
b)
S'agissant des avoirs de prévoyance du demandeur
:
Par courrier du 16 septembre 2008, la Fondation institution supplétive LPP de Lausanne a indiqué que le demandeur était sorti de leur institution de prévoyance le 30 juin 2006, qu'il avait cotisé du 1er juin 2006 au 30 juin 2006 et qu'un montant de 100 fr. avait été transféré le 28 février 2008 à l'Institution supplétive LPP à Zurich.
Par courrier du 14 octobre 2008, la Fondation institution supplétive LPP de Zurich a indiqué avoir reçu en date du 9 novembre 2004 un montant de 568 fr. 90 de x_ SA et en date du 28 février 2008 le montant de 100 fr. de la Fondation institution supplétive LPP de Lausanne. Le 19 août 2008, l' avoir de prévoyance du demandeur se montait à 655 fr. 95.
Ces documents ont été transmis aux parties en date des 15 septembre, 6 octobre et 28 octobre 2008. La juridiction leur a indiqué que, selon les informations recueillies, la prestation de libre passage à partager s'élève à 655 fr. 95 pour le demandeur et 30'545 fr. pour la demanderesse. Le Tribunal a invité le demandeur à ouvrir un compte de libre passage, à défaut de quoi la prestation de libre passage lui revenant sera versée à l'institution supplétive.
En l'absence d'objections dans le délai fixé, la cause a été gardée à juger.

EN DROIT
L'art. 25a de la loi fédérale sur le libre passage dans la prévoyance professionnelle, vieillesse, survivants et invalidité du 17 décembre 1993 (LFLP), entré en vigueur le 1er janvier 2000, règle la procédure en cas de divorce. Lorsque les conjoints ne sont pas d’accord sur la prestation de sortie à partager (art. 122 et 123 Code Civil - CC), le juge du lieu du divorce compétent au sens de l'art. 73 al. 1 de la loi fédérale sur la prévoyance professionnelle du 25 juin 1982 (LPP), soit à Genève le Tribunal cantonal des assurances sociales depuis le 1
er
août 2003, doit, après que l'affaire lui a été transmise (art. 142 CC), exécuter d'office le partage sur la base de la clé de répartition déterminée par le juge du divorce.
Selon l'art. 22 LFLP (nouvelle teneur en vigueur depuis le 1er janvier 2000), en cas de divorce, les prestations de sortie acquises durant le mariage sont partagées conformément aux art. 122, 123, 141 et 142 CC; les art. 3 à 5 LFLP s'appliquent par analogie au montant à transférer (al. 1). Pour chaque conjoint, la prestation de sortie à partager correspond à la différence entre la prestation de sortie, augmentée des avoirs de libre passage existant éventuellement au moment du divorce, et la prestation de sortie, augmentée des avoirs de libre passage existant éventuellement au moment de la conclusion du mariage (cf. art. 24 LFLP). Pour ce calcul, on ajoute à la prestation de sortie et à l'avoir de libre passage existant au moment de la conclusion du mariage les intérêts dus au moment du divorce (ATF
128 V 230
; ATF
129 V 444
).
Par ailleurs, selon les art. 8a de l'ordonnance fédérale sur le libre passage dans la prévoyance professionnelle, vieillesse, survivants et invalidité (OLP) et 12 de l'ordonnance fédérale sur la prévoyance professionnelle, vieillesse, survivants et invalidité du 18 avril 1984 sur la prévoyance professionnelle vieillesse, survivants et invalidité (OPP 2), le taux d'intérêt applicable à la prestation de sortie acquise avant le mariage est de 4% jusqu' au 31 décembre 2002, 3,25% en 2003, 2,25% en 2004, 2,5% dès le 1er janvier 2005, et 2,75% dès le 1er janvier 2008.
En l’espèce, le juge de première instance a ordonné le partage par moitié des prestations de sortie acquises durant le mariage par les demandeurs. Les dates pertinentes sont, d’une part, celle du mariage, le 19 mars 2003, d’autre part le 19 août 2008, date à laquelle le jugement de divorce est devenu exécutoire.
Selon les documents produits, la prestation acquise pendant le mariage par le demandeur est de fr. tandis que celle acquise par la demanderesse est de 30'545 fr., les intérêts ayant déjà été calculés par les institutions de prévoyance défenderesses. Ainsi la demanderesse doit à son ex-époux le montant de 15'272 fr. 50 ( 30'545 fr. : 2) et celui-ci doit à celle-là le montant de 328 fr. (655 fr. 95 : 2), de sorte que c’est la demanderesse qui doit au demandeur le montant de 14'944 fr. 50.
Conformément à la jurisprudence, depuis le jour déterminant pour le partage jusqu'au moment du transfert de la prestation de sortie ou de la demeure, le conjoint divorcé bénéficiaire de cette prestation a droit à des intérêts compensatoires sur le montant de celle-ci. Ces intérêts sont calculés au taux minimum légal selon l'art. 12 OPP 2 ou selon le taux réglementaire, si celui-ci est supérieur (ATF
129 V 255
consid. 3).
Aucun émolument ne sera perçu, la procédure étant gratuite (art. 73 al. 2 LPP et 89H al. 1 de la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 1985).
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