Decision ID: 329bbe00-75df-43fe-bd92-cc9d2f501b50
Year: 2012
Language: fr
Court: VD_TC
Chamber: VD_TC_010
Canton: VD
Region: Région lémanique
Law Area: 

En fait :
A.
Par prononcé du 12 septembre 2011, le Président du Tribunal civil de l'arrondissement de l'Est vaudois a pris acte pour valoir jugement définitif et exécutoire de l'acquiescement (passé-expédient) de la défenderesse B._ aux conclusions prises par la demanderesse PPE Z._ (I), arrêté les frais judiciaires de première instance à 500 fr., compensé ces frais judiciaires avec l'avance effectuée par la demanderesse, ordonné le remboursement par la caisse du tribunal à celle-ci de la somme de 700 francs, dit que la défenderesse doit rembourser à la demanderesse la somme de 500 francs correspondant à l'avance de frais de celle-ci non remboursée par la caisse du tribunal (II) et rayé la cause du rôle (III).
B.
PPE Z._ a recouru le 16 septembre 2011 contre ce prononcé en concluant, avec dépens, à sa réforme en ce sens que des dépens fixé à dire de justice lui sont alloués en sus du remboursement de son avance de frais de 500 francs.
L'intimée B._ ne s'est pas déterminée dans le délai qui lui a été imparti.
C.
La Chambre des recours civile fait sien dans son entier l'état de fait du jugement, complété par les pièces du dossier, dont il ressort notamment ce qui suit :
Par requête de mesures superprovisionnelles et provisionnelles du 8 juillet 2011, la demanderesse PPE Z._, représentée par l'agent d'affaires breveté François Chabloz, a requis, avec dépens, du Tribunal civil de l'arrondissement de l'Est vaudois l'inscription d'un hypothèque légale d'un montant de 11'961 fr. 70 sur la part de copropriété par étage n° [...] de la défenderesse B._.
Par ordonnance de mesures superprovisionnelles du 11 juillet 2011, le Président du Tribunal civil de l'arrondissement de l'Est vaudois a admis dite requête.
Le 1
er
septembre 2011, la défenderesse a signé une déclaration de passé-expédient sur les conclusions de la requête du 8 juillet 2011, par laquelle elle a déclaré accepter l'inscription définitive d'une hypothèque légale de 11'961 fr. 70 sur sa part de propriété par étages et supporter les frais de justice et les dépens arrêtés par le tribunal.

En droit :
1.
L'art. 110 CPC (Code de procédure civile suisse du 19 décembre 2008; RS 272) ouvre la voie du recours de l'art. 319 let. b ch. 1 CPC contre les décisions en matière de frais.
Interjeté en temps utile par une partie qui y a intérêt, le recours est recevable en la forme.
2.
Le recours est recevable pour violation du droit (art. 320 let. a CPC) et constatation manifestement inexacte des faits (art. 320 let. b CPC). L'autorité de recours dispose d'un plein pouvoir d'examen s'agissant de la violation du droit (Spühler, Commentaire bâlois, 2010, n. 12 ad art. 319 CPC, p. 1504). Elle revoit librement les questions de droit soulevées par le recourant et peut substituer ses propres motifs à ceux de l'autorité précédente ou du recourant (Hohl, Procédure civile, tome II, 2
e
éd., 2010, n. 2508, p. 452).
3.
La recourante fait grief au premier juge de ne pas lui avoir alloué de dépens, alors qu'elle a été représentée par un mandataire professionnel.
Selon l'art. 106 al. 1 CPC, les frais sont mis à la charge de la partie succombante. La partie succombante est notamment le défendeur en cas d'acquiescement.
L'article 95 al. 1 CPC, indique que les frais comprennent les frais judiciaires (let. a) et les dépens (let. b).
L'acquiescement est l'acte unilatéral par lequel une partie reconnaît le bien-fondé de la prétention adverse et admet ses conclusions (Tappy, CPC Commenté, 2011, n. 19 ad art. 241 CPC, p. 937).
En l'espèce, l'acquiescement de l'intimée aux conclusions de première instance de la recourante est total. Cet acquiescement entraîne la condamnation de l'intimée aux frais. La recourante ayant agi par l'intermédiaire d'un mandataire professionnel et ayant requis l'allocation de dépens, elle a droit au paiement des débours nécessaires et au défraiement de celui-ci (art. 95 al. 3 let. a et b CPC).
Le recours doit être admis sur ce point.
4.
La recourante s'en remet à justice sur le montant des dépens.
Selon l'art. 11 TDC (tarif du 23 novembre 2010 des dépens en matière civile; RSV 270.11.6), il est prévu un défraiement allant de 750 fr. à 2'250 fr. pour l'agent d'affaires breveté qui procède pour son mandant en procédure sommaire de première instance quand la valeur litigieuse pour une affaire patrimoniale se situe entre 10'000 fr. et 30'000 francs.
Pour déterminer le défraiement dans le cadre de cette fourchette, sont pris en considération l'importance de la cause, ses difficultés, l'ampleur du travail et le temps consacré par l'avocat ou l'agent d'affaires breveté. A cet égard, le juge apprécie l'étendue des opérations nécessaires pour la conduite du procès et se fonde, en règle générale, sur le tarif horaire moyen usuellement admis, réduit de 15% dans les causes dont la valeur litigieuse ne dépasse pas 30'000 francs et augmenté de manière adéquate dans les causes dont la valeur litigieuse est supérieure à 300'000 francs (art. 3 al. 2 TDC).
En l'espèce, la valeur litigieuse était de 11'961 fr. 70. Le passé-expédient est intervenu après le dépôt de la requête de mesures provisionnelles. Il n'y a pas eu d'audience. Au vu de ces éléments, le montant minimum de 750 fr. apparaît équitable, auquel il convient d'ajouter les débours, par 50 fr., soit une indemnité totale de dépens de 800 francs.
5.
En conclusion, le recours doit être admis et le prononcé réformé en ce sens que la défenderesse doit payer à la demanderesse la somme de 800 fr. à titre de dépens, en sus du remboursement de son avance de frais, par 500 francs.
Les frais judiciaires de deuxième instance peuvent être laissés à la charge de l'Etat (art. 107 al. 2 CPC).
L'intimée ne s'étant pas déterminée, il n'y a pas lieu de mettre à sa charge des dépens de deuxième instance (art. 106 al. 1 CPC a contrario).