Decision ID: 5ad191d3-6ba4-4a20-b8b8-2e9aefd212d5
Year: 2022
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_001
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law

EN FAIT
, que par jugement
JTPI/16101/2021
du 23 décembre 2021, le Tribunal de première instance (ci-après : le Tribunal) a attribué à A_ la garde des mineurs C_ et D_ (chiffre 1 du dispositif), réservé à B_ un droit de visite dont les modalités ont été fixées (ch. 2), condamné B_ à verser en mains de A_, par mois et d’avances, allocations familiales non comprises, les sommes de : pour C_ : 700 fr. de décembre 2019 à août 2020, puis 600 fr. dès septembre 2020 et jusqu’à la majorité, voire au-delà et pour D_ : 430 fr. en décembre 2019, puis 630 fr. dès janvier 2020 et jusqu’à la majorité, voire au-delà, sous déduction des montants déjà versés à ce titre (ch. 3) et statué sur les frais judiciaires et les dépens (ch. 4 et 5);
Que le Tribunal a notamment retenu que les enfants étant confiés à leur mère, leur entretien devait être entièrement assumé par leur père, si sa situation financière le permettait; que tel était le cas, puisqu’il bénéficiait d’un solde disponible de 3'730 fr. par mois;
Que le 2 mars 2022, B_ a formé appel de ce jugement, concluant à l’annulation des chiffres 2, 3 et 4 de son dispositif et cela fait, il a sollicité un droit de visite sur les deux mineurs devant s’exercer selon des modalités différentes de celles fixées par le Tribunal; il a en outre conclu à ce qu’il lui soit donné acte de ce qu’il s’engageait à verser, pour l’entretien de C_ et de D_, la somme de 400 fr. chacun, par mois et jusqu’à leur majorité, voire au-delà et à ce qu’il soit dit que chacune des parties devra assumer les frais de base relatifs aux enfants lorsqu’ils seront chez eux, les allocations familiales devant être versées en mains de la mère;
Que dans sa réponse du 20 mai 2022, A_ a conclu au déboutement de l’appelant; que préalablement, elle a sollicité l’exécution anticipée du jugement attaqué;
Que sur ce point, elle a allégué que compte tenu de l’appel interjeté par B_, la procédure allait durer encore plusieurs mois, de sorte que les contributions d’entretien non payées s’accumulaient; que par ailleurs et en attendant l’issue de la procédure, les enfants continueraient d’aller chez leur père chaque jeudi et d’effectuer de nombreux trajets, contrairement à leur intérêt et à leur volonté; que les chances de succès de l’appel étaient au demeurant faibles;
Que dans sa réponse du 7 juin 2022 à la requête d’exécution anticipée, l’appelant a conclu à son rejet;
Considérant,

EN DROIT
, que la Cour est saisie d'un appel au sens de l'art. 308 CPC;
Que selon l'art. 315 CPC, l'appel suspend la force de chose jugée et le caractère exécutoire de la décision dans la mesure des conclusions prises en appel (al. 1), sauf dans les cas mentionnés à l'art. 315 al. 4 CPC, non pertinents en l'espèce;
Que selon l'art. 315 al. 2 CPC, l'instance d'appel peut autoriser l'exécution anticipée; elle ordonne au besoin des mesures conservatoires ou la fourniture de sûretés;
Que l'effet suspensif de l'appel constituant la règle, l'exécution anticipée ne doit être accordée qu'exceptionnellement, lorsque les circonstances l'exigent, notamment si une des parties est exposée, à défaut, à subir un préjudice difficilement réparable;
Qu'en la matière, l'instance d'appel dispose d'un large pouvoir d'appréciation (Jeandin, CR CPC 2
ème
éd. 2019, n. 4 ad art. 315 CPC);
Qu’en l’espèce, l’appel porte d’une part sur les modalités de l’exercice des relations personnelles entre le père et les deux mineurs et d’autre part sur le montant de la contribution à leur entretien;
Qu’en ce qui concerne le droit de visite, l’intérêt des enfants commande de maintenir le
statu quo
, dans l’attente que la Cour statue sur l’appel et ce afin d’éviter que les mineurs ne risquent de voir les modalités de leurs relations personnelles avec leur père changer à plusieurs reprises en peu de temps;
Que l’on ne saurait en effet retenir, à ce stade, que l’appel est dénué de chances de succès;
Que sur ce point, la requête d’exécution anticipée sera par conséquent rejetée;
Qu’en ce qui concerne la contribution à l’entretien des enfants, il y a lieu en revanche de donner une suite favorable à la requête, à concurrence du montant que l’appelant reconnaît devoir mensuellement;
Que rien ne justifie en effet que le montant de 400 fr. par mois et par enfant, que l’appelant admet devoir, ne soit pas versé à compter du prononcé du jugement attaqué, soit, par mesure de simplification, dès le 1
er
janvier 2022;
Qu'il sera statué sur les frais liés à la présente décision dans l'arrêt rendu sur le fond (art. 104 al. 3 CC).
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