Decision ID: cfbc06e1-50f5-5efe-8600-796d2450b4ac
Year: 2010
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_013
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: public_law

EN FAIT
1. Par courrier daté du 26 mars 2010, mis à la poste le 8 avril 2010 et reçu au Tribunal administratif le 12 du même mois, Monsieur N_ et Mesdames E_ et N_ ont transmis une « plainte contre la mairie de la commune de Lancy », sollicitant la condamnation immédiate de cette dernière, qui aurait falsifié les données informatiques et administratives de la Confédération helvétique concernant Mme E_.
De plus, les données concernant cette personne qui ne s’appelait plus Mme N_, devaient être mises à jour.
2. Le 14 avril 2010, le Tribunal administratif a écrit à M. N_, lui rappelant la teneur des art. 64 et 65 de la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 1985 (LPA -
E 5 10
).
3. Le 29 avril 2010, M. N_ a transmis au tribunal de céans une copie d’une facture qu’il avait adressée aux services industriels de Delémont. Cette dernière lui a été retournée car elle n’apparaissait pas concerner le dossier pendant devant cette juridiction.
4. Le 5 mai 2010, M. N_ a contacté téléphoniquement le Tribunal administratif. La copie de la facture transmise était destinée au Tribunal cantonal des assurances sociales.
5.
Le même jour, M. N_ a écrit au Tribunal administratif. Il demandait qu'un délai lui soit accordé pour se déterminer sur le choix d'un éventuel avocat, ainsi que sur une éventuelle demande d'assistance juridique. Il avait versé l'avance de frais requise. Sa plainte était fondée sur l'art. 12 de la loi fédérale sur la protection des données du 19 juin 1992 (LPD -
RS 235.1
).

EN DROIT
1. Selon l’art. 57 LPA, seules les décisions finales, les décisions par lesquelles les autorités admettent ou déclinent leur compétence ainsi que les décisions incidentes lorsque ces dernières peuvent causer un préjudice irréparable ou lorsque l’admission du recours peut conduire immédiatement à une décision finale, sont susceptibles de recours.
L’art. 4 LPA indique qu’une décision est une mesure individuelle et concrète prise par l’autorité dans un cas d’espèce, ayant pour objet de créer, de modifier ou d’annuler des droits et des obligations, de constater l’existence, l’inexistence ou l’étendue de droits, d’obligations ou de faits ou de rejeter ou de déclarer irrecevable des demandes tendant à modifier, à créer, à annuler ou à constater des droits et des obligations.
Le silence d’une autorité est assimilé à une décision lorsque cette dernière a été mise en demeure et refuse son droit de statuer (art. 4 al. 4 LPA).
L’art. 65 al. 1 LPA indique que l’acte de recours doit contenir, sous peine d’irrecevabilité, la désignation de la décision attaquée ainsi que les conclusions du recourant.
2. En l’espèce, l’acte transmis par M. N_ ne désigne aucune décision. De plus, plus de trente jours se sont écoulés depuis que ce document a été mis à la poste, ce qui interdit à son auteur de le compléter.
En conséquence, il sera déclaré irrecevable sans autre instruction (art. 72 LPA).
3. Le Tribunal administratif relèvera encore que, selon l’art. 64 al. 2 LPA, le recours adressé à une autorité incompétente est transmis d’office à la juridiction compétente.
En l’espèce, une telle transmission ne peut avoir lieu, car à défaut d’indications au sujet de la décision attaquée, il est impossible de déterminer l’autorité qui serait compétente.
4. M. N_ invoque l'art. 12 LPD. Toutefois, selon son art. 2, cette loi ne régit que le traitement de données concernant des personnes physiques et morales effectué par des personnes privées ou par des organes fédéraux. De plus, aucune disposition légale ne donne au Tribunal administratif le pouvoir de traiter une plainte concernant des « négligences administratives ».
5. Au vu de l’issue de la procédure, un émolument de CHF 250.- sera mis à la charge conjointe et solidaire des recourants (art. 87 LPA).
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