Decision ID: 228fce46-1a04-5c46-aa59-dc840d6f437e
Year: 2017
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_007
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 

EN FAIT
A.
a.
A_ a requis trois poursuites contre B_, deux le 30 juin 2014 et une le 22 septembre 2014.![endif]>![if>
b.
Une des réquisitions de poursuite du 30 juin 2014 a donné lieu au commandement de payer n° 14 xxxx20 D, l'autre a fait l'objet d'un rejet de la réquisition (poursuite n° 14 xxxx61 H) et celle du 22 septembre 2014 au commandement de payer n° 14 xxxx53 V.![endif]>![if>
c.
L'Office des poursuites (ci-après: l'Office) a adressé à A_ le 23 juillet 2014 la facture n° 1_ de 13 fr. relative à la poursuite n° 14 xxxx61 H, le 19 septembre 2014 la facture n° 2_ de 113 fr. 15 relative à la poursuite n° 14 xxxx20 D et le 24 novembre 2014 la facture n° 3_ de 70 fr. 30 relative à la poursuite n° 14 xxxx53 V.![endif]>![if>
d.
Des rappels ont été envoyés à A_ pour chaque facture, respectivement les 18 décembre 2014, 6 février 2015 et 26 mars 2015.![endif]>![if>
e.
Le 3 juillet 2017, l'Office a adressé à A_ un ultime rappel relatif aux trois factures totalisant 196 fr. 45.![endif]>![if>
Le courrier du 3 juillet 2017 précise qu'en application de l'art. 55 al. 1 et 5 LPA, la décision, une fois devenue définitive, serait assimilée à un jugement et vaudrait tire de mainlevée définitive au sens de l'art. 80 LP. Les trois factures ainsi qu'un bulletin de versement pour chacune d'elles étaient annexés à la décision.
B.
Par plainte expédiée le 13 juillet 2017, A_ expose ne jamais avoir reçu les factures. Elle ne comprenait pas pourquoi l'Office avait attendu trois ans avant de lui réclamer le paiement. Elle était très pauvre et ne pouvait s'en acquitter.![endif]>![if>
L'Office conclut au rejet de la plainte.

EN DROIT
1.
La Chambre de surveillance est compétente pour statuer sur les plaintes formées en application de la LP (art. 13 LP, 126 al. 2 let. c LOJ, 6 al. 1 et 3 et 7 al. 1 LaLP) contre des mesures de l'Office non attaquables par la voie judiciaire (art. 17 al. 1 LP), telle une facture relative à des actes de poursuites.
La plainte, déposée dans les dix jours dès réception de la décision querellée
(art. 17 al. 2 LP), répond aux exigences de forme (art. 9 al. 1 et 2 LaLP; art. 65
al. 1 et 2 LPA, applicable par renvoi de l'art. 9 al. 4 LaLP); elle est donc recevable.
2.
La plaignante soutient qu'elle n'a pas reçu les factures et fait valoir qu'elle n'a pas les moyens de les régler. Elle ne conteste en revanche pas les montants mis à sa charge.
2.1
Selon l'art. 68 al. 1 LP, le créancier doit faire l'avance des frais de poursuite. Ceux-ci comprennent les frais, débours, émoluments et indemnités fixés, au cours de la procédure d'exécution forcée, par les autorités de poursuite, les tribunaux et les autres organes de l'exécution forcée en vertu de l'Ordonnance sur les émoluments perçus en application de la loi fédérale sur la poursuite pour dettes et la faillite (
RS 281.35
; ci-après: OELP; ATF
119 III 63
cons. 4a). Tous les débours, tels les frais administratifs, les taxes de télécommunications et les taxes postales doivent être remboursés (art. 13 al. 1 OELP).
2.2
Au vu des dispositions précitées claires, il appartient à la plaignante, qui a requis les trois poursuites auxquelles se rapportent les factures, d'assumer les frais y relatifs. En tant qu'elle soutient qu'elle n'aurait pas reçu les factures ni les rappels, cette éventuelle omission – si tant est qu'elle soit avérée - a été réparée, dès lors que l'Office a annexé à sa décision du 3 juillet 2017 les trois factures. Par ailleurs, s'il apparaît que l'Office a tardé à réclamer les montants qui lui sont dus, puisqu'aucun rappel n'a été émis depuis mars 2015, ses créances ne sont pas périmées pour autant. En effet, ni la LP ni l'OELP ne prévoient une péremption de la créance de l'Office en paiement des émoluments. Enfin, les difficultés financières dont fait état la plaignante ne permettent pas de retenir que les montants qui lui sont réclamés à bon droit ne seraient pas dus. Il lui appartient ainsi de s'en acquitter. Le délai imparti dans la décision querellée étant échu, un nouveau délai sera fixé à la plaignante pour verser les montants litigieux.
Au vu de ce qui précède, la plainte sera donc rejetée et la plaignante invitée à payer à l'Office la somme de 196 fr. 45.
3
. La procédure est gratuite (art. 20a al. 2 ch. 5 LP).
* * * * *