Decision ID: 956dd31a-6fe0-47ca-a190-29a70957e6c3
Year: 2012
Language: fr
Court: VD_TC
Chamber: VD_TC_017
Canton: VD
Region: Région lémanique
Law Area: 

En fait :
A.
Par décision du 21 octobre 2002, la Justice de paix du cercle de Vevey a prononcé l'interdiction civile volontaire à forme de l'art. 372 CC de S._, né le 20 septembre 1980. Le 2 décembre 2002, l'autorité tutélaire a nommé l'Office du tuteur général (ci-après: OTG) en qualité de tuteur du prénommé. Ces décisions ont été motivées par le fait que l'intéressé présentait d'importants troubles de la personnalité, tout en restant capable de discernement, qu'il émettait des propos suicidaires et qu'il s'isolait du monde extérieur, tout en refusant une assistance médicale. Il a été relevé que l'intéressé ne s'occupait pas de ses affaires financières et administratives, n'envisageant même pas un avenir professionnel, et qu'il avait eu des accès de violence à l'égard de son frère et de sa mère.
Le 16 octobre 2009, S._ a adressé à la Justice de paix du district de la Riviera-Pays-d'Enhaut une demande de levée de son interdiction civile, faisant valoir que sa situation avait évolué favorablement et qu'il se sentait prêt à s'occuper de ses affaires administratives et financières.
Par courrier du 30 octobre 2009, l'OTG a confirmé que son pupille travaillait bien, s'était bien intégré et ne faisait plus de décompensation. Il a dès lors préavisé favorablement à une telle levée, en proposant toutefois qu'une mesure de curatelle soit instituée.
Après audition du pupille et de son tuteur, le juge de paix a ouvert une enquête en mainlevée de la mesure de tutelle et ordonné la mise en œuvre d'une expertise.
Le 6 mai 2010, les Drs Isabelle Gothuey et Joachim Anders, respectivement directrice médicale et chef de clinique à la Fondation de Nant, secteur psychiatrique de l'Est vaudois, ont rendu leur rapport d'expertise concernant S._. Il en ressort que l'expertisé est atteint de schizophrénie résiduelle, ce qui signifie que sa maladie chronique s'est stabilisée mais est toujours présente "à bas bruit". Un risque de déstabilisation de son état psychique reste toutefois possible en cas d'exposition à des facteurs de stress ou à des exigences en terme d'autonomie de fonctionnement plus élevées. Cette évolution favorable de l'intéressé est à mettre sur le compte de l'encadrement dont il bénéficie, ainsi que sur la médication neuroleptique qu'il prend régulièrement. Un arrêt de l'un ou de l'autre pourrait faire craindre une résurgence d'une symptomatologie plus floride. Les experts ont relevé que cette affection ne l'empêche pas d'apprécier la portée de ses actes ni de gérer ses affaires sans les compromettre, tout en notant que le suivi thérapeutique le soutient fortement dans cette dimension de gestion de ses finances et de ses aspects administratifs. Sur ce point, l'expertisé n'apprécie qu'incomplètement leur importance dans la gestion de sa vie quotidienne. En l'absence de ses soins et de sa médication, une évolution symptomatologique délétère serait à craindre et pourrait compromettre cette capacité. Selon les experts, le pupille n'a acquis que partiellement une autonomie suffisante. Ses difficultés de calcul de base ainsi que de compréhension impliquent le besoin d'un accompagnement relativement soutenu. Si une tutelle n'est pas indispensable, les experts ont considéré comme extrêmement souhaitable que l'expertisé puisse bénéficier, à tout le moins transitoirement, d'une mesure de curatelle qui poursuivrait l'objectif de l'autonomiser. Ils ont indiqué qu'il s'agissait d'une mesure de prudence indispensable, un "filet de sécurité". Les experts ont encore relevé que la tutrice et les autres intervenants ne craignent pas des dépenses excessives ou irraisonnées, Jonathan Kollbrunner pouvant être qualifié d'extrêmement économe. Ils ont exposé que l'expertisé présente une intelligence moyenne inférieure, les scores les plus médiocres se situant au niveau du calcul et de la compréhension. Selon les experts, ces éléments - couplés à la maladie schizophrénique de l'expertisé – peuvent expliquer le développement d'une méfiance envers la façon dont l'OTG gère ses biens, la méfiance et la persécution résultant de son incapacité à comprendre ce qui lui est expliqué.
Par décision du 22 septembre 2010, la justice de paix a prononcé la mainlevée de la mesure de tutelle concernant S._, institué une mesure de curatelle de gestion à forme de l'art. 393 ch. 2 CC en sa faveur et désigné l'OTG en qualité de curateur, sa mission consistant à gérer les intérêts matériels du pupille. Cette décision a été confirmée par arrêt de la Chambre des tutelles du Tribunal cantonal du 14 janvier 2011, statuant sur recours du pupille.
Par courrier du 20 mars 2012, S._, par le biais de son conseil, a requis la levée de la mesure de curatelle instaurée en sa faveur. Il a fait valoir qu'il souhaitait désormais retrouver une pleine et entière autonomie, car les causes à l'origine de la curatelle n'existaient plus. Il s'est en outre prévalu d'un courriel d'Irène Röthlin, assistante sociale auprès de l'OTG, du 17 août 2011, qui déclarait soutenir la démarche de son pupille.
Le 20 avril 2012, le Tuteur général a indiqué qu'il ne partageait pas le point de vue d'Irène Röthlin compte tenu du fait que le pupille possédait près de 400'000 fr. de fortune ensuite d'un héritage. Il a précisé qu'une nouvelle succession était en cours et que la mesure de curatelle de gestion avait été instaurée pour l'aider et le soutenir face à cette importante fortune. Il a également fait valoir que le jeune âge et l'inexpérience de S._ en gestion de fortune lui paraissaient être des causes nécessitant le maintien de la mesure.
S._ a confirmé sa demande de levée de la mesure de curatelle en sa faveur par courrier du 16 mai 2012. Il a produit à l'appui de son écriture une lettre de sa mère Z._ du 4 mai 2012, soutenant sa demande au motif qu'il sait gérer ses revenus et ses dépenses et qu'il peut compter sur les conseils de son frère et d'elle même.
Dans son rapport du 20 juin 2012 pour la période du 1
er
janvier 2009 au 31 décembre 2011, Irène Röthlin a indiqué ce qui suit: "M. S._ est un jeune homme qui assure bien son travail et entretient bien son appartement. Il communique très peu et se met toujours dans une attitude d'exigence et de contrôle face à sa tutrice. Très psychorigide, il est peu abordable. Depuis 4 ans, nous n'avons jamais pu faire autre chose avec lui que de répondre à ses demandes. Il a hérité de son grand-père une somme importante. Il a indiqué au tuteur où cet argent doit être placé et venait régulièrement vérifier si tout était bien fait comme il l'avait demandé. A chaque fois nous faisions venir le chef comptable pour lui réexpliquer les choses. Si une demande n'est pas exaucée le plus rapidement possible il peut devenir très désagréable. S._ est très entouré par sa famille, particulièrement par sa mère. Il a perdu sa grand-mère (...). A la question de savoir comment il vivait ce décès, il nous a répondu que les meubles ne l'intéressaient pas, mais qu'il y aurait de l'argent à placer. Il demande la levée de curatelle. Nous précisons qu'il n'a jamais demandé un centime de plus qu'auparavant. Nous pensons qu'un agent d'affaires peut être envisagé." La tutrice a précisé que les principaux actes du mandat consistaient dans la gestion administrative, financière et des assurances.
Le 17 juillet 2012, la justice de paix a procédé à l'audition de S._, assisté de son conseil, et de Martine Clerc, responsable de mandats tutélaires à l'OTG, en remplacement d'Irène Röthlin, en vacances. S._ a expliqué que sa fortune s'élevait à 400'000 fr., que l'OTG lui versait 400 fr. tous les quinze jours pour son entretien et qu'il avait trouvé lui-même un emploi à 40% auprès d'un maraîcher. Nonobstant l'amélioration de la situation, Martine Clerc s'est interrogée sur l'opportunité de lever d'un coup toute mesure de protection en faveur du pupille, même si la mère de ce dernier est disposée à l'aider à titre privé. Le juge a relevé en audience l'absence de toute démarche d'autonomisation du pupille quant à sa gestion depuis la date d'institution de la curatelle.
Par décision du 17 juillet 2012, notifiée aux parties le même jour, la Justice de paix du district de la Riviera-Pays-d'Enhaut a levé la curatelle de gestion à forme de l'art. 393 ch. 2 CC concernant S._ (I), mis fin au mandat de curateur de l'OTG, sous réserve de la production, dans un délai de trente jours, des compte et rapport finaux (II), institué une mesure de conseil légal gérant provisoire au sens de l'art. 395 al. 2 CC à l'égard de S._ (III), nommé A._ en qualité de conseil légal provisoire, son mandat consistant à administrer la fortune du pupille, à l'exclusion de ses revenus (IV), dit que les compte et rapport finaux de l'OTG vaudront inventaire d'entrée après avoir été remis puis approuvés par la justice de paix (V), ordonné la publication des chiffres III et IV de la présente décision, une fois définitive et exécutoire, dans la Feuilles des avis officiels (VI), ouvert une enquête en interdiction civile à l'endroit de S._ (VII), nommé la Fondation de Nant en qualité d'expert (VIIII), mis les frais de la décision, par 150 fr., à la charge du pupille (IX) et dit que les frais d'enquête suivent le sort de la cause (X).
B.
Par acte du 4 septembre 2012, S._ a interjeté recours contre la décision précitée en concluant, avec suite de frais et dépens, à sa réforme en ce sens qu'il n'est pas ouvert d'enquête en interdiction civile à son encontre et qu'il n'est pas institué de conseil légal gérant provisoire en sa faveur, les chiffres III à X du dispositif étant dès lors annulés. Le recourant a requis l'effet suspensif au recours.
Par décision du 6 septembre 2012, le vice-président de la Chambre des tutelles a rejeté la requête d'effet suspensif.
Le recourant n'a pas déposé de mémoire ampliatif.
A._ s'est déterminé par mémoire du 8 novembre 2012.

En droit :
1.
Le recours est dirigé contre une décision de la justice de paix instituant une curatelle de conseil légal gérant provisoire au sens de l'art. 395 al. 2 CC (Code civil suisse du 10 décembre 1907, RS 210) en faveur de S._ et ordonnant l'ouverture d'une enquête en interdiction civile à son encontre.
1.1
La décision instituant un conseil légal provisoire est susceptible du recours prévu à l'art. 380b CPC-VD (Code de procédure civile du 14 décembre 1966, RSV 270.11, qui reste applicable conformément à l'art. 174 CDPJ, [Code de droit privé judiciaire vaudois du 12 janvier 2010, RSV 211.01]), adressé à l'autorité de surveillance dans un délai de dix jours dès sa communication (JT 1979 III 127). Ce recours, ouvert au dénoncé capable de discernement ainsi qu'à tout intéressé, s'instruit selon les formes du recours non contentieux prévues aux art. 489 ss CPC-VD (art. 380b al. 1 CPC-VD). La Chambre des tutelles, compétente en vertu de l'art. 76 LOJV (Loi d'organisation judiciaire du 12 décembre 1979, RSV 173.01), peut réformer la décision attaquée ou en prononcer la nullité (art. 498 al. 1 CPC-VD). Le recours étant pleinement dévolutif, elle revoit librement la cause en fait et en droit (JT 2005 III 51; JT 2003 III 35). Dans le cadre d'une mesure provisoire, comme en l'espèce, elle peut se limiter à un examen plus sommaire et statuer à première vue.
En l'espèce, déposé en temps utile par l'intéressé lui-même, le recours est recevable à la forme.
1.2
La décision d'ouvrir une enquête en interdiction civile à l'encontre du recourant est en revanche une mesure d'instruction, contre laquelle aucune voie de recours n'est ouverte (JT 1978 III 126; CTUT 25 juin 2012/178).
Le recours doit dès lors être déclaré irrecevable sur ce point.
2.
S'agissant d'une matière non contentieuse, la Chambre des tutelles, qui n'est pas tenue par les moyens et conclusions des parties, examine d'office si les règles essentielles de la procédure d'interdiction, dont la violation pourrait entraîner l'annulation du jugement attaqué, ont été respectées. Elle ne doit annuler une décision que s'il ne lui est pas possible de faire autrement, soit parce qu'elle est en présence d'une procédure informe, soit parce qu'elle constate la violation d'une règle essentielle de la procédure à laquelle elle ne peut elle-même remédier et qui est de nature à exercer une influence sur la solution de l'affaire (Poudret/Haldy/Tappy, Procédure civile vaudoise, 3
e
éd., Lausanne 2002, nn. 3 et 4 ad art. 492 CPC-VD, p. 763).
La procédure en matière de conseil légal suit les mêmes règles que celles de l’interdiction (Poudret/Haldy/Tappy, op. cit., n. 4 ad art. 379 CC, p. 587). L’application de l’art. 386 al. 2 CC suppose la réunion de plusieurs conditions formelles et matérielles. La justice de paix doit ordonner cette mesure avec retenue, étant donné le préjudice qui peut en résulter pour l’intéressé (Egger, Kommentar, n. 8 ad art. 386 CC, p. 252). D’un point de vue procédural, l’autorité tutélaire doit avoir au préalable ouvert une enquête formelle en interdiction. A défaut, cette décision doit être prise en même temps que le prononcé de retrait provisoire de l’exercice des droits civils, car celui-ci constitue en lui-même une interdiction anticipée (ATF 57 II 3 c. 4, JT 1932 I 14 ; CTUT 22 juillet 2009/168; Schnyder/Murer, Berner Kommentar, nn. 78 et 84 ad art. 386 CC, pp. 790 et 794). Selon l’art. 380a al. 1 CPC-VD, la justice de paix ne peut nommer un conseil légal provisoire en application de l’art. 386 CC qu’après avoir entendu ou dûment cité le dénoncé.
En l’espèce, le recourant étant domicilié à Vevey, la Justice de paix du district de La Riviera-Pays-d’Enhaut était compétente pour instituer la mesure querellée. Le recourant a été entendu par la justice de paix le 17 juillet 2012. La décision d’ouverture d’une enquête en interdiction civile à l’encontre de l’intéressé a été prise en même temps que la décision instituant la mesure de conseil légal provisoire. La décision entreprise est donc formellement correcte et il y a lieu d’examiner si elle est justifiée au fond.
3.
Le recourant conteste l’utilité d’un conseil légal gérant. Il explique qu’il ne s’est pas désintéressé de la gestion de son patrimoine, qu’il est capable de gérer seul ses affaires, qu’il a gagné en autonomie en travaillant, qu’il est toujours bien entouré, qu’il est soutenu par sa tutrice référente, que la seule présence de sa fortune ne justifie pas le prononcé d’une nouvelle mesure et que la curatelle de gestion a pleinement joué son rôle.
3.1
3.1.1
En matière de mesures provisoires, l’art. 386 al. 1 CC dispose que l’autorité tutélaire prend d’office les mesures nécessaires lorsqu’il y a lieu de procéder à quelque acte de gestion avant la nomination du tuteur.
La procédure d’interdiction pouvant être relativement longue, il est souvent nécessaire de prendre des mesures provisoires, de la compétence exclusive de l’autorité tutélaire qui a le devoir d’examiner si des mesures provisoires sont nécessaires. Elle peut prononcer une interdiction provisoire ou prendre des mesures particulières qui dépendront des circonstances. L’autorité tutélaire peut agir directement ou désigner un curateur ou un conseil légal (ATF 92 II 141, JT 1967 I 85 ; Deschenaux/Steinauer, Personnes physiques et tutelle, 4
e
éd., nn. 898-899 p. 350). Dans la mesure où l'urgence le justifie, il est possible, par exemple, de faire interner un malade mental, de s'opposer à un mariage, de prendre des mesures conservatoires pour sauver la fortune de la personne à interdire, telles le blocage d'un compte bancaire ou du registre foncier, l'établissement d'un inventaire (Deschenaux/Steinauer, loc. cit.; Zurbuchen, La procédure d'interdiction, Lausanne 1991, pp. 87-88). L'art. 380a CPC prévoit notamment expressément la possibilité de nommer un curateur au dénoncé.
Les mesures provisoires sont en outre soumises à la double condition de l'urgence et de la proportionnalité (Schnyder/Murer, op. cit., nn. 44 ss ad art. 386 CC).
3.1.2
La mise sous conseil légal (art. 395 CC) est une mesure analogue à l'interdiction, dont elle se rapproche sur plus d'un point. La curatelle de conseil légal vise une personne majeure et supprime sa capacité civile active pour un certain nombre d'actes. Dans une première approche, on peut donc dire que le conseil légal est une tutelle atténuée dont la portée est limitée à certains actes (Deschenaux/ Steinauer, op. cit., n. 173, p. 55 et les références jurisprudentielles citées). La mise sous conseil légal pourra être prononcée à deux conditions. Il faut d'abord qu'existe une cause retenue en matière d'interdiction (maladie mentale, prodigalité, etc.), mais que cette cause ne présente pas le degré de gravité retenu pour l'interdiction (Deschenaux/Steinauer, op. cit., n. 181, p. 57 et n. 197, pp. 60-61). L'institution d'un conseil légal, coopérant, gérant ou combiné suppose en outre l'existence d'un besoin de protection correspondant à l'une des conditions d'interdiction prévues aux art. 369 et 370 CC, à savoir l'incapacité durable de s'occuper convenablement de ses affaires, le besoin de soins et de secours permanents, le risque de tomber dans le besoin ou la menace pour la sécurité d'autrui.
3.2
En l'espèce, il résulte de la dernière expertise datée du 6 mai 2010 que le recourant est atteint de schizophrénie résiduelle, ce qui signifie que sa maladie chronique s'est stabilisée mais est toujours présente "à bas bruit". Un risque de déstabilisation de son état psychique reste toutefois possible en cas d'exposition à des facteurs de stress ou à des exigences en terme d'autonomie de fonctionnement plus élevées. Cette évolution favorable de l'intéressé est à mettre sur le compte de l'encadrement dont il bénéficie, ainsi que sur la médication neuroleptique qu'il prend régulièrement. Un arrêt de l'un ou de l'autre pourrait faire craindre une résurgence d'une symptomatologie plus floride.
Selon cette expertise, cette affection n'empêche pas le recourant d'apprécier la portée de ses actes ni de gérer ses affaires sans les compromettre. La mesure tutélaire et le suivi thérapeutique le soutiennent toutefois dans cette dimension de gestion de ses finances et de ses aspects administratifs. Les experts estiment que l'instauration d'une curatelle serait une mesure de prudence indispensable, un "filet de sécurité". En effet, le recourant n'apprécie qu'incomplètement l'importance de la gestion de ses finances et des aspects administratifs dans la gestion de sa vie quotidienne. Ses difficultés de calcul de base ainsi que de compréhension impliquent en outre le besoin d'un accompagnement relativement soutenu.
Suite à cette expertise, la tutelle du recourant a été levée, ce dernier bénéficiant – depuis le mois d'octobre 2010 – d'une curatelle de gestion à forme de l'art. 393 ch. 2 CC. Cette dernière mesure a d'ailleurs été confirmée par une décision de l'autorité de céans du 14 janvier 2011 qui avait alors relevé que l'instauration de la curatelle était envisagée de manière transitoire afin d'autonomiser progressivement le recourant et de vérifier sa capacité à se prendre en charge.
3.3
3.3.1
Selon le dernier rapport de compte du pupille établi par l'OTG, le recourant communique très peu et se met toujours dans une attitude d'exigence et de contrôle face à sa tutrice. Il est très psychorigide et peu abordable. Suite à son héritage, il a indiqué au tuteur où cet argent devait être placé et venait régulièrement vérifier si tout était bien fait comme il l'avait demandé. A chaque fois, le tuteur faisait venir le chef comptable pour lui réexpliquer les choses. Si une demande n'était pas exaucée le plus rapidement possible, il pouvait devenir très désagréable.
Il n'est pas exclu que ce comportement soit lié à sa schizophrénie résiduelle telle que diagnostiquée en mai 2010 par les experts, de sorte qu'il pourrait toujours subsister un risque de déstabilisation en cas d'exposition à des facteurs de stress ou à des exigences plus élevées en terme d'autonomie de fonctionnement. En l'état actuel et sans instruction complémentaire, il est impossible de savoir quels sont les risques de déstabilisation du pupille. Partant, on doit admettre qu'il existe une cause retenue en matière d'interdiction, sans toutefois que celle-ci ne présente le degré de gravité retenu pour l'interdiction.
3.3.2
Il ne résulte pas du dossier que le recourant aurait pris quelque autonomie depuis le prononcé de la curatelle et qu'il serait ainsi capable de se prendre en charge, plus particulièrement quant à la gestion de sa fortune. Il a certes trouvé un emploi à 40% auprès d'un maraîcher, mais n'a en réalité jamais géré ni ses revenus ni sa fortune. En effet, selon le rapport établi par l'OTG, les principaux actes du tuteur ont consisté à gérer les affaires administratives et financières du pupille. Pour sa part, celui-ci ne fait que gérer la somme de 400 fr. par quinzaine pour son ménage, ce qui ne constitue à l'évidence pas une capacité à gérer une fortune. Ainsi, en l'état du dossier, on ne sait absolument rien sur les capacités du recourant à s'occuper de son patrimoine, qui est très important, le recourant venant au surplus de recevoir un nouvel héritage proche de 600'000 francs.
Partant, il existe également un besoin de protection.
3.3.3
Sur le vu de ce qui précède, il convient d'admettre que la situation personnelle du recourant permet d'envisager un cas d'interdiction et un besoin spécial de protection, le recourant pouvant présenter une vulnérabilité particulière en raison de sa schizophrénie résiduelle et de sa fortune, qui est importante. La prise d'une mesure urgente de protection s'imposait dès lors. Une mesure de tutelle provisoire serait toutefois excessive. La curatelle de conseil légal gérant provisoire instituée par les premiers juges est proportionnée et de nature à apporter au recourant la protection nécessaire durant l'enquête en interdiction le concernant, en protégeant son patrimoine tout en lui permettant de continuer à gérer librement ses revenus.
4.
En définitive, le recours doit être rejeté dans la mesure où il est recevable (cf. chiffre 1.2 ci-dessus) et la décision entreprise confirmée.
Le présent arrêt peut être rendu sans frais, conformément à l'art. 236 al. 2 aTFJC (Tarif du 4 décembre 1984 des frais judiciaires en matière civile, RSV 270.11.5), qui continue à s'appliquer pour toutes les procédures visées à l'art. 174 CDPJ (art. 100 TFJC [Tarif du 28 septembre 2010 des frais judiciaires civils, RSV 270.11.5]).