Decision ID: 393a31fa-3d9a-5cf3-adf1-9b182d747d71
Year: 2017
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_001
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law

EN FAIT
, que par ordonnance du 21 juillet 2017, le Tribunal de première instance a modifié le dispositif de l'arrêt
ACJC/1308/2015
prononcé le 30 octobre 2015 par la Cour de justice dans la cause n° C/26486/2014 (sur mesures protectrices de l'union conjugale) en ce qu'il annule le chiffre 5 du dispositif du jugement
JTPI/7141/2015
rendu le 17 juin 2015 par le Tribunal de première instance (ch. 1 du dispositif) et, cela fait, et statuant à nouveau, condamné B_ à verser en mains de A_, par mois et d'avance dès le 24 février 2017, allocations familiales non comprises, les sommes de 630 fr. pour l'entretien de C_ et de 430 fr. pour celui de D_ (ch. 2), supprimé la contribution due par B_ à A_ pour son entretien à compter du 24 février 2017 (ch. 3), réservé la décision finale du Tribunal quant au sort des frais (ch. 4) et débouté les parties de toutes autres conclusions (ch. 5);
Que le Tribunal a relevé que B_ avait épuisé son droit à des indemnités de chômage depuis janvier 2017 et que depuis le 1
er
février 2017, il bénéficiait des prestations d'aide sociale versées par le Centre Régional Social (CSR) de _ (VD) à concurrence de 1'948 fr. par mois, qu'il avait effectué de nombreuses recherches d'emploi infructueuses et a retenu qu'il était en mesure de dégager un revenu moyen net de 3'800 fr. environ alors que ses charges s'élevaient à 2'741 fr.; qu'il bénéficiait ainsi d'un disponible de 1'060 fr.
Que par acte déposé au greffe de la Cour le 25 août 2017, A_ a formé appel de cette ordonnance; qu'elle a conclu à l'annulation des ch. 2, 3, 4 et 5 de son dispositif, à l'annulation de l'arrêt
ACJC/1308/2015
rendu par la Cour de justice le 30 octobre 2015 en ce qu'il fixe les pensions alimentaires des enfants D_ et C_ ainsi que d'elle-même – soit respectivement, en dernier lieu, 500 fr., 750 fr. et 1'100 fr. – puis, statuant à nouveau, condamne B_ à verser les sommes mensuelles à titre de contribution d'entretien de 1'040 fr. pour D_, 1'240 fr. pour C_ et 2'500 fr. pour elle-même; qu'elle fait valoir qu'il conviendrait d'imputer à B_ un revenu hypothétique de 8'000 fr., équivalant à celui qu'il percevait dans le cadre de son précédent emploi;
Qu'elle a conclu, préalablement, à la restitution de l'effet suspensif à son appel; qu'elle indique qu'elle risque de subir un préjudice difficilement réparable dans la mesure où elle ne sera pas en mesure de payer ses charges et ainsi prendre en charge son loyer, risquant de se retrouver à la rue; qu'en outre, elle bénéficie de l'aide du Service cantonal d'avance et recouvrement des pensions alimentaires (SCARPA) depuis le mois de mai 2017 qu'elle serait dès lors tenue de rembourser;
Qu'invité à se déterminer à cet égard, B_ a conclu au rejet de la requête d'effet suspensif; qu'il fait valoir que le SCARPA versera le montant fixé par sa décision de subrogation jusqu'à reddition de son arrêt par la Cour et que même si tel n'était plus le cas, le SCARPA versera l'éventuel rétroactif; qu'en tout état de cause, il ne dispose pas de liquidités qu'il pourrait lui verser;
Considérant,

EN DROIT
, que la Cour est saisie d'un appel au sens de l'art. 308 CPC;
Que le jugement querellé portant sur des mesures provisionnelles, l'appel n'a pas d'effet suspensif ex lege (art. 315 al. 4 let. b CPC);
Qu'à teneur de l'art. 315 al. 5 CPC, l'exécution de mesures provisionnelles peut exceptionnellement être suspendue si la partie concernée risque de subir un préjudice difficilement réparable;
Que le préjudice difficilement réparable peut être de nature factuelle; il concerne tout préjudice, patrimonial ou immatériel, et peut même résulter du seul écoulement du temps pendant le procès; que le dommage est constitué, pour celui qui requiert les mesures provisionnelles, par le fait que, sans celles-ci, il serait lésé dans sa position juridique de fond et, pour celui qui recourt contre le prononcé de telles mesures, par les conséquences matérielles qu'elles engendrent (ATF
138 III 378
consid. 6.3; arrêt
5A_978/2016
du 16 février 2017 consid. 4);
Que saisie d'une demande d'effet suspensif au sens de l'art. 315 al. 5 CPC, l'autorité cantonale d'appel doit ainsi procéder à une nouvelle pesée des intérêts entre les deux préjudices difficilement réparables, celui du demandeur à l'action si la mesure n'était pas exécutée immédiatement et celui qu'entraînerait pour le défendeur l'exécution de cette mesure (ATF
138 III 378
consid. 6.3; arrêt
5A_514/2012
du 4 septembre 2012 consid. 3.2);
Qu'elle doit faire preuve de retenue et ne modifier la décision de première instance que dans des cas exceptionnels; elle dispose cependant d'un large pouvoir d'appréciation permettant de tenir compte des circonstances concrètes du cas d'espèce (ATF
137 III 475
consid. 4.1);
Qu'en l'espèce, l'intimé a épuisé son droit à des indemnités de chômage et il est donc vraisemblable qu'il ne dispose pas actuellement de revenus supérieurs à ceux pris en compte par le Tribunal;
Que l'octroi de l'effet suspensif serait ainsi de nature entamer son minimum vital;
Qu'il ne peut être considéré, à ce stade, prima facie, que l'appel est manifestement fondé en tant qu'il tend à ce qu'un revenu hypothétique supérieur soit imputé à l'intimé;
Que l'appelante n'a par ailleurs pas allégué que le SCARPA lui avait d'ores et déjà demandé le remboursement de tout ou partie des montants qu'il avait versés;
Qu'au vu de ce qui précède, la requête tendant à suspendre l'effet exécutoire de l'ordonnance entreprise sera rejetée;
Qu'il sera statué sur les frais et dépens de l'incident avec la décision au fond (art. 104 al. 3 CPC).