Decision ID: 4c3e0388-16fe-5e18-8872-98a4a86f6992
Year: 2014
Language: fr
Court: FR_TC
Chamber: FR_TC_010
Canton: FR
Region: Espace_Mittelland
Law Area: public_law

considérant en fait
A. B._ est le père de deux enfants nés d'un premier mariage en 1996 et en 2000. Dans la déclaration d'impôt qu'il a signée le 14 avril 2013 avec son épouse actuelle, il a revendiqué la déduction des pensions alimentaires qu'il a payées en 2012. Sous la rubrique "Observations" figurant sur la dernière page de la déclaration d'impôt, ils ont indiqué "Pension alimentaire : sans changement selon pièce justificative envoyée l'an dernier. (...)".
Par taxation ordinaire du 16 mai 2013 pour la période fiscale 2012, le Service cantonal des contributions n'en a pas admis la déduction. Il a fixé l'impôt cantonal sur le revenu de B._ et son épouse à 17'940 fr. 30 sur la base d'un revenu imposable de 173'407 francs, et leur impôt fédéral direct à 7'947 francs pour un revenu imposable de 164'585 francs. Aucun impôt sur la fortune n'a été prélevé. L'avis de taxation indiquait notamment "Voir remarques sur l'avis de taxation 2011".
B. Par courriel du 27 juin 2013, B._ s'est adressé au Service cantonal des contributions en ces termes : "Veuillez trouver en annexe la pièce justificative à ma déclaration d'impôt 2012. Pourriez-vous me confirmer la réception de ce mail". Il y a joint un scan d'une attestation de sa banque confirmant que durant l'année 2012 des montants de 10 fois 1'850 francs et 2 fois 1'800 francs avaient été versés à la mère de ses enfants.
Le lendemain, soit le 28 juin 2013, le Service cantonal des contributions a considéré le courriel précité comme une réclamation et a prononcé son irrecevabilité pour les motifs suivants:
"Les contribuables sont rendus attentifs au fait, qu'en vertu des dispositions de l'art. 175, al. 1 de la loi du 6 juin 2000 sur les impôts cantonaux directs (LICD) et de l'article 132, al. 1 de la loi fédérale sur l'impôt fédéral direct du 14 décembre 1990 (LIFD), ils disposaient d'un délai de 30 jours, dès réception de l'avis de taxation, pour adresser une éventuelle réclamation contre la taxation, au Service cantonal des contributions, ci-après SCC. Or, il ressort du dossier que le détail de la taxation concernant la période fiscale 2012 a été notifié aux intéressés en date du 16 mai 2013. Ils avaient dès lors 30 jours, à compter de cette date, pour formuler leur réclamation. Ce délai n'ayant pas été utilisé, la taxation est devenue définitive et exécutoire. Conformément aux dispositions des articles 150, al. 3 LICD et 133, al. 3 LIFD, un délai ne peut être restitué que si les contribuables ont été empêchés d'agir dans le délai fixé, pour cause de maladie, de décès, de service militaire, d'absence du pays ou pour d'autres motifs sérieux. Dans le cas présent, le SCC constate que le requérant n'invoque aucune raison dans son courriel au sujet de la transmission tardive de l'attestation de la Banque C._. Au vu de ce qui précède et conformément aux dispositions légales en vigueur, leur requête du 27 juin 2013 dit être considérée comme tardive".
C. Par acte posté le 25 juillet 2013, B._ et son épouse ont interjeté recours à l'encontre de la décision précitée. Ils font valoir que "malgré le léger retard pour la transmission d'un document qui ne (lui) a jamais été demandé durant de nombreuses années, nous nous voyons supprimer la déduction de CHF 22'100.00 représentant la pension alimentaire que je verse à la mère de mes enfants depuis plus de 10 ans". Le recourant explique qu'avec toutes ses déclarations d'impôt de même que celle de 2011, il avait remis au taxateur le jugement de divorce avec les montants dont il doit s'acquitter et qu'il a pu en obtenir la déduction. Il ajoute ce qui suit:
"Il m'a été demandé le 16 mai 2013 de fournir en complément un extrait prouvant le versement des pensions alimentaires, chose que je n'ai jamais faite avant. Ne l'ayant jamais fait, j'ai dû chercher le moyen de fournir
Tribunal cantonal TC Page 3 de 6
ce document car tous mes paiements ou virements se font via e-banking. Il ne m'était pas possible de fournir de tels justificatifs avec des extraits de comptes en ma possession et initialement, en passant au guichet de ma banque régionale, il m'avait été répondu qu'ils ne pouvaient pas m'aider car les virements via e-banking ne les concernaient pas. Nous avons pris durant ce laps de temps deux semaines de vacances. Voulant prouver ma bonne foi au taxateur et surtout surpris que le jugement de divorce ne suffise plus, j'ai contacté la direction de la banque C._ qui après réflexion, m'a envoyé le document que j'ai immédiatement envoyé au taxateur par mail et courrier (...) Je vous prie de bien vouloir réétudier la décision du Service cantonal des contributions car celle-ci augmenterait nos impôts de plusieurs milliers de francs. Montant que je trouve disproportionné surtout que vous pourrez constater qu'aucune malversation n'a été commise".
L'avance de frais fixée à 600 francs par ordonnance du 30 juillet 2013 a été acquittée dans le délai imparti.
Dans ses observations déposées le 19 septembre 2013, le Service cantonal des contributions conclut au rejet du recours en maintenant ses conclusions; il relève pour le surplus que les recourants ont transmis l'attestation bancaire, datée du 7 juin 2013, le 27 juin 2013, et non pas immédiatement comme ils l'affirment.
Le 19 septembre 2013, une copie de cette détermination a été transmise aux recourants pour information.

en droit
I. Impôt fédéral direct (604 2013 68)
1. a) Le recours, déposé le 25 juillet 2013 contre une décision du 28 juin 2013, l’a été dans le délai et les formes prévus aux art. 140 ss de la loi du 14 décembre 1990 sur l'impôt fédéral direct (LIFD; RS 642.11). Partant, il est recevable s’agissant de l’impôt fédéral direct.
b) La décision attaquée est un prononcé d'irrecevabilité. L'objet de la présente procédure de recours se limite donc à la seule question de savoir si l'autorité inférieure était fondée à déclarer irrecevable la réclamation par courriel du 27 juin 2013. C'est pourquoi, dans la mesure où les recourants prennent des conclusions au fond, ces dernières doivent être déclarées irrecevables.