Decision ID: 62b2cabe-21ff-489c-87cb-9fe7bb63d5dc
Year: 2006
Language: fr
Court: VD_TC
Chamber: VD_TC_031
Canton: VD
Region: Région lémanique
Law Area: public_law

Vu les faits suivants
A.
A.X._ a travaillé en Suisse au service de la société Y._, établie à Londres, en qualité de « business developper » à compter du 1
er
juin 2003. Le contrat conclu par les parties stipulant que les cotisations et charges sociales étaient à la charge exclusive du travailleur, l’agence d’assurances sociales de la Commune de Lausanne a procédé, le 11 juin 2004, à l’affiliation de l’intéressé en qualité de salarié d’un employeur établi à l’étranger. Les rapports de travail ont pris fin le 31 octobre 2004. A.X._ a revendiqué l’indemnité de chômage à compter du 20 mai 2005 ; il a bénéficié de l’ouverture d’un délai-cadre d’indemnisation dès cette date.
B.
Par décision du 28 juillet 2005, la Caisse cantonale de chômage (ci-après : la caisse) a dénié à l’assuré le droit à l’indemnité au motif qu’il ne justifiait d’aucune activité soumise à cotisation durant le délai-cadre de cotisation courant du 20 mai 2003 au 19 mai 2005. L’assuré a formé opposition contre ce prononcé, invoquant l’activité salariée qu’il avait exercée durant 16 mois au service de l’entreprise Y._. Par décision sur opposition du 20 mars 2006, la caisse a confirmé son prononcé au motif que l’intéressé ne pouvait bénéficier des prestations de l’assurance-chômage avant de s’être entièrement acquitté des cotisations de cette assurance afférentes à l’activité lucrative invoquée.
C.
L’assuré a recouru contre cette décision devant le Tribunal administratif par acte du 20 avril 2006, complété le 1
er
juillet 2006. Il conclut à l’octroi de l’indemnité sollicitée, faisant en substance valoir qu’il s’acquitte de l’arriéré de cotisations conformément au plan de recouvrement qu’a dressé pour lui la caisse de compensation compétente. L’autorité intimée a conclu au rejet du pourvoi par réponse du 19 juillet 2006. Les arguments des parties seront repris ci-après dans la mesure utile.

Considérant en droit
1.
L’art. 8 al. 1
er
lit. e LACI prévoit que l’assuré a droit à l’indemnité notamment s’il remplit les conditions relatives à la période de cotisation, ceci au sens de l’art. 13 LACI. A teneur de l’alinéa 1
er
de cette disposition, celui qui, dans les limites du délai-cadre de cotisation, a exercé durant douze mois au moins une activité soumise à cotisation remplit les conditions relatives à la période de cotisation.
Selon la jurisprudence, pour satisfaire à ces conditions, est seul déterminant l’exercice effectif d’une activité soumise à cotisation, à l’exclusion de l’exécution de l’obligation de cotiser et sans qu’il y ait à exiger de preuve du versement d’un salaire (ATF 131 V 44 consid. 3.1.1 ; ATF 113 V 352 ; Tribunal administratif, arrêt PS 1991/0095 du 29 juillet 1992). La reconnaissance d’une activité soumise à cotisation tient quant à elle à la qualité de travailleur salarié soumis à cotisation telle que définie par le statut de cotisant selon la législation sur l’AVS. Cette qualité est conférée par la caisse de compensation de l’AVS, dont la décision - soit l’enregistrement de l’intéressé en qualité de salarié - s’impose aux organes de l’assurance-chômage (ATF 158/03 du 30 avril 2004 ; Rubin, Assurance-chômage, ch. 2.4.2). Quant à la perception des cotisations de l’assurance-chômage - qui sont à verser à la caisse de compensation de l’AVS (art. 5 LACI) -, elle est régie par la législation sur l’AVS et relève de la compétente des organes de cette assurance (art. 14 ss LAVS et 34 ss RAVS, par renvoi de l’art. 6 LACI).
2.
En l’espèce, l’enregistrement du recourant par l’agence d’assurances sociales de la commune de Lausanne en qualité de salarié de l’entreprise Y._ induisait le constat de l’exercice effectif d’une activité soumise à cotisation durant la période de juin 2004 à octobre 2005. Ce constat s’imposait dès lors à la caisse intimée, qui ne pouvait, selon la jurisprudence rappelée ci-dessus, en subordonner la reconnaissance à l’exécution préalable de l’obligation de s’acquitter d’un arriéré de cotisation. L’activité en question ayant été exercée durant plus de 12 mois à l’intérieur du délai-cadre de cotisation, le recourant satisfait donc aux conditions de l’art. 13 al. 1
er
LACI.
Mal fondée, la décision attaquée doit être annulée et le recours admis en conséquence. La cause est renvoyée à l’autorité intimée afin qu’elle procède à l’indemnisation du recourant.