Decision ID: cebea548-d909-57cf-8bc2-3a3d72a31ebe
Year: 2008
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_007
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 

EN FAIT
A. A la requête de Mme F_, le Président du Tribunal de première instance a, en date du 14 novembre 2007, ordonné le séquestre de "
Tous comptes, dépôts, créances, avoirs, contenus de coffres-forts et autres titres détenus, au nom ou pour le compte de Monsieur A_, par la BANQUE P_ SA, la BANQUE C_, UBS S.A., au CREDIT SUISSE
".
Dite ordonnance a été remise à l'Office des poursuites (ci-après : l'Office) le 8 janvier 2008.
Le 9 janvier 2008, l'Office a communiqué à la Banque P_ SA (ci-après : B_ SA) un avis concernant l'exécution d'un séquestre (n° 08 xxxx03 G), les actifs séquestrés mentionnés étant : "
Tous comptes, dépôts, créances, avoirs, contenus de coffres-forts et autres titres détenus, au nom ou pour le compte de Monsieur A_
".
Par télécopie du 10 janvier 2008, B_ SA a demandé à l'Office de lui confirmer que, nonobstant l'emploi de la locution "
pour le compte de
" dans l'avis précité, le séquestre n'était en l'espèce pas exécutable en tant qu'il viserait des droits patrimoniaux ayant pour titulaire formel dans ses livres une personne tierce dont le nom n'est pas mentionné.
Le 11 janvier 2008, l'Office a transmis au conseil de Mme F_ un tirage de cette télécopie et l'a invité à lui faire part de ses observations et à lui communiquer les noms d'éventuels tiers détenteurs d'actifs pour le compte du débiteur de sa mandante. Le même jour, il a informé B_ SA de sa démarche.
B. Par acte posté le 14 janvier 2008, B_ SA a formé plainte contre l'avis concernant l'exécution du séquestre n° 08 xxxx03 G et contre la décision de l'Office du 11 janvier 2008 d'autoriser Mme F_ à compléter la désignation des objets à séquestrer par communication des noms des éventuels tiers détenteurs d'actifs pour le compte du débiteur. Cette plainte a été enregistrée sous cause A/96/2008. B_ SA conclut à ce qu'il soit dit que le séquestre n'est pas exécutable en tant qu'il désigne les valeurs à séquestrer au moyen de la formulation alternative "
pour le compte de M.A_
"
et à l'annulation du séquestre en ce qu'il porterait sur toute valeur détenue auprès d'elle dont M. A_ ne serait pas lui-même titulaire dans ses livres.
Par décision du 22 janvier 2008, l'Office a révoqué l'exécution du séquestre n° 08 xxxx03 G auprès de B_ SA, Banque C_, UBS SA et Crédit Suisse dans la mesure où elle vise les avoirs inscrits "
ou pour le compte de Monsieur A_
" qui ne sont pas nommément désignés et maintenu l'exécution du séquestre dans la mesure où il vise uniquement les avoirs du débiteur.
M. A_ et Mme F_ ont été invités à se déterminer. Le premier a déclaré appuyer la plainte, la seconde a répondu que, vu la nouvelle décision prise par l'Office, la plainte était devenue sans objet.
Interpellée par la Commission de céans, B_ SA a indiqué qu'elle entendait maintenir sa plainte du 14 janvier 2008.
C. Par acte posté le 4 février 2008, Mme F_ a formé plainte, assortie d'une demande d'effet suspensif, contre la décision de l'Office du 22 janvier 2008, qui lui a été communiquée le 24 du même mois. Cette plainte a été enregistrée sous cause A/330/2008.
Par ordonnance du 5 février 2008, la Commission de céans a attribué l'effet suspensif à la plainte A/330/2008. Un délai au 26 février 2008 a été imparti aux intimés pour se déterminer, pièces justificatives à l'appui.

EN DROIT
1.a. La Commission de céans est compétente pour connaître des plaintes dirigées contre des mesures prises par des organes de l’exécution forcée qui ne sont pas attaquables par la voie judiciaire ou des plaintes fondées sur un prétendu déni de justice ou retard injustifié (art. 17 LP ; art. 10 al. 1 et art. 11 al. 2 LaLP ; art. 56R al. 3 LOJ).
La plainte doit être déposée dans les dix jours de celui où le plaignant a eu connaissance de la mesure (art. 17 al. 2 LP).
1.b. L’avis concernant l’exécution d’un séquestre est un acte sujet à plainte (art. 17 al. 1 LP).
En tant que tierce séquestrée, la plaignante a qualité pour agir par cette voie ( ATF
130 III 579
, JdT
2005 II 99
; ATF
103 III 36
, résumé
in
JdT
1988 II 156
).
Formée dans le délai de dix jours à compter de celui où la plaignante a eu connaissance de la mesure (art. 17 al. 2 LP) et satisfaisant aux exigences de forme et de contenu prescrites par la loi (art. 13 al. 1 et 2 LaLP), la présente plainte sera déclarée recevable.
2.a. En cas de plainte, l’Office peut, jusqu’à l’envoi de sa réponse, procéder à un nouvel examen de la décision attaquée. S’il prend une nouvelle mesure, il la notifie sans délai aux parties et en donne connaissance à l’autorité de surveillance (art. 17 al. 4 LP). L’effet dévolutif d’une plainte ne se produit qu’à l’échéance du délai imparti à l’Office pour envoyer sa réponse. Si l’Office prend une nouvelle mesure, la Commission de céans continue à traiter la plainte dans la mesure où la nouvelle décision ne l’a pas rendue sans objet (art. 67 al. 3 LPA par renvoi de l’art. 13 al. 5 LaLP).
2.b. En l'espèce, suite au dépôt de la plainte, l'Office a décidé de révoquer l'exécution du séquestre n° 08 xxxx03 G auprès de la plaignante -et des autres établissements bancaires - dans la mesure où elle vise les avoirs inscrits pour le compte du poursuivi qui ne sont pas nommément désignés et de ne la maintenir que dans la mesure où elle vise uniquement les avoirs du débiteur.
Force est donc de constater que cette décision a rendu sans objet la présente plainte, la plaignante concluant précisément à ce qu'il soit dit que le séquestre n'est pas exécutable en tant qu'il désigne les valeurs à séquestrer au moyen de la formulation alternative "
pour le compte de M. A_
"
et
à l'annulation du séquestre en ce qu'il porterait sur toute valeur détenue auprès d'elle dont M. A_ ne serait pas lui-même titulaire dans ses livres.
3. La cause A/96/2008 sera en conséquence rayée du rôle.
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