Decision ID: d40adc27-3fd1-5022-8ce8-9319af12bfdb
Year: 2019
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_007
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 

EN FAIT
A.
a.
Le 18 avril 2018, A_ (ci-après : la FONDATION) a requis, à hauteur d'un montant total de 39'058 fr. 74, la continuation de la poursuite n° 2_engagée à l'encontre de D_.![endif]>![if>
Par courrier daté du 24 juillet 2018, la FONDATION s'est enquise auprès de l'Office des poursuites (ci-après : l'Office) de l'avancement de la procédure de saisie. Il lui a été répondu le 9 octobre 2018 que l'Office demeurait dans l'attente de renseignements de tiers.
b.
A réception de la réquisition de continuer la poursuite, l'Office a établi et adressé au poursuivi un avis de saisie l'invitant à se présenter le 31 mai 2018 dans ses locaux, ce qu'il n'a pas fait.
Le 15 août 2018, un collaborateur de l'Office s'est rendu au domicile du poursuivi pour y procéder à la saisie. Celui-ci étant absent, un avis lui intimant de se présenter le lendemain dans les locaux de l'Office a été laissé dans sa boîte aux lettres, sans résultat.
Le 4 octobre 2018, l'Office a adressé aux principales banques et institutions financières de la place un avis au débiteur, au sens de l'art. 99 LP, les informant de la saisie en leurs mains des droits dont le poursuivi serait titulaire à leur encontre. Cette démarche a permis la découverte d'un montant de 26'500 fr. déposé auprès de E_, que l'Office s'est fait remettre conformément à l'art. 100 LP.
Le 19 novembre 2018, l'Office a établi le procès-verbal de saisie et l'a adressé au poursuivi et aux créanciers.
B. a.
Par acte adressé le 7 novembre 2018 à la Chambre de surveillance, la FONDATION a formé une plainte au sens de l'art. 17 LP pour retard non justifié de la part de l'Office dans la procédure de continuation de la poursuite.
b.
Dans ses observations datées du 29 novembre 2018, l'Office a conclu au rejet de la plainte.
c.
La cause a été gardée à juger le 3 décembre 2018, ce dont les parties ont été informées par avis du même jour.

EN DROIT
1.
1.1
La voie de la plainte au sens de l'art. 17 LP est ouverte contre les mesures de l'Office ne pouvant être contestées par la voie judiciaire (al. 1), ainsi qu'en cas de déni de justice ou de retard à statuer (al. 3). La plainte doit être déposée, sous forme écrite et motivée (art. 9 al. 1 et 2 LaLP; art. 65 al. 1 et 2 LPA, applicable par renvoi de l'art. 9 al. 4 LaLP), dans les dix jours de celui où le plaignant a eu connaissance de la mesure (art. 17 al. 2 LP). Elle peut également être déposée en tout temps en cas de retard à statuer et de déni de justice (art. 17 al. 3 LP).![endif]>![if>
1.2
La plainte respecte en l'occurrence les exigences de forme prévues par la loi. Reprochant à l'Office un retard non justifié, elle pouvait par ailleurs être déposée en tout temps.
Elle est donc recevable.
2. 2.1
Il y a retard non justifié, au sens de l'art. 17 al. 3 LP, lorsqu'un organe de l'exécution forcée n'accomplit pas un acte qui lui incombe – d'office ou à la suite d'une requête régulière – dans le délai prévu par la loi ou dans un délai raisonnable compte tenu de l'ensemble des circonstances (Cometta/Möckli, in BAK SchKG I, 2
ème
édition, 2010, n° 31-32 ad art. 17 LP; Dieth/Wohl, in KUKO SchKG, 2
ème
édition, 2014, n° 32 ad art. 17 LP; Erard, in CR LP, 2005, n° 55 ad art. 17 LP).
2.2
A réception d'une réquisition de continuer la poursuite, l'Office des poursuites vérifie sa compétence à raison du lieu, la validité formelle de la réquisition, l'existence d'un commandement de payer entré en force et le respect des délais prévus par l'art. 88 al. 1 et 2 LP. Si ces vérifications ne le conduisent pas à refuser de donner suite à la réquisition, il détermine le mode de continuation de la poursuite et, si le débiteur est sujet à la poursuite par voie de saisie, est tenu de procéder
"sans retard"
à la saisie. Il s'agit là d'une prescription d'ordre, qui impose à l'Office d'agir sans désemparer mais en tenant compte de l'ensemble des circonstances, tout en respectant les délais fixés par la loi (art. 90 LP) ainsi que les temps prohibés, féries et suspensions prévus par les art. 56 et suivants LP (art. 89 LP; Winkler, in KUKO SchKG, n° 4 ad art. 89 LP; Foëx, in CR LP, 2005, n° 15 ad art. 89 LP).
2.3
Il ressort en l'occurrence des pièces du dossier ainsi que des explications de l'Office que plus de deux mois se sont écoulés entre le moment auquel le débiteur aurait dû se présenter pour qu'il soit procédé à l'exécution de la saisie et celui auquel un agent de l'Office s'est rendu à son domicile pour exécuter la saisie. Même en tenant compte des féries prévues par l'art. 56 LP, un tel délai ne satisfait manifestement pas à l'exigence de célérité résultant de l'art. 89 LP, de telle sorte qu'un retard non justifié doit être constaté. Il en va de même du délai d'environ un mois et demi qui s'est ensuite écoulé jusqu'à l'envoi aux banques et institutions financières de la place d'avis au tiers débiteur au sens de l'art. 99 LP.
Le procès-verbal de saisie ayant depuis lors été établi et adressé aux débiteur et créanciers, la plainte a pour le surplus perdu son objet, ce qui sera de même constaté.
3.
La procédure de plainte est gratuite (art. 20a al. 2 ch. 5 LP et art. 61 al. 2 let. a OELP) et il ne peut être alloué aucuns dépens dans cette procédure (art. 62 al. 2 OELP).
* * * * *