Decision ID: 38fa84bd-fa1b-5641-afdb-7dccddc330df
Year: 2018
Language: fr
Court: FR_TC
Chamber: FR_TC_004
Canton: FR
Region: Espace_Mittelland
Law Area: civil_law

considérant en fait
A. Par courrier du 30 avril 2017, B._ a signalé à la Justice de paix de l’arrondissement de la Sarine (ci-après: la Justice de paix) la situation de sa fille, A._, née en 1977, divorcée et mère de trois enfants, qu’il estime incapable de se gérer. Il a indiqué devoir régulièrement régler ses factures, notamment son loyer dont il est codébiteur solidairement responsable, alors qu’ils n’ont presque plus de contact. Il a dès lors demandé l’institution d’une curatelle d’accompagnement en sa faveur.
L’extrait du registre des poursuites de A._ du 26 mai 2017 a révélé que celle-ci faisait l’objet de poursuites à hauteur de CHF 38'771.85 ainsi que d’actes de défaut de biens pour un montant de CHF 10'372.90.
Le 30 juin 2017, A._ et B._ ont comparu à la séance de la Justice de paix, où ils ont été entendus séparément. A cette occasion, B._ a produit une liste des paiements qu’il a effectués en sa qualité de caution pour l’appartement de sa fille. Il a déclaré l’avoir aidée à trouver un appartement suite à son divorce, compte tenu de ses dettes, qui avaient été causées en bonne partie par son ex-mari. Il a indiqué que sa fille travaillait à C._ comme auxiliaire de santé et qu’elle était mère de trois enfants, dont deux dont elle avait la garde, mais qu’il ne les voyait pratiquement jamais. Il a affirmé que sa fille ne savait pas mettre des priorités à ses dépenses et qu’il devait régulièrement payer ses factures ou lui prêter de l’argent, en particulier pour son loyer ou l’assurance-maladie. Il a expliqué qu’il était à la retraite, qu’il avait des problèmes de santé et qu’il ne pouvait pas continuer à couvrir les dépenses de sa fille. Il a confirmé sa demande visant à ce qu’un curateur soit nommé afin de seconder sa fille dans la gestion de son budget et de ses paiements, la jugeant incapable de le faire seule, et a précisé ne pas souhaiter s’en occuper lui-même.
A._, quant à elle, a expliqué que son ex-mari n’avait pas payé les pensions alimentaires des enfants, ce qui avait causé des factures en retard et qu’au final, elle avait eu de gros problèmes financiers mais qu’elle pensait pouvoir rattraper tout cela prochainement et que sa situation allait s’améliorer. Elle a déclaré qu’elle gagnait CHF 3'900.- par mois avec les allocations familiales, de sorte qu’elle n’avait pas droit à l’aide sociale, et qu’elle était en bonne santé, malgré un long arrêt maladie précédemment. Enfin, elle a répété que sa situation allait s’améliorer, qu’elle était en mesure de gérer ses affaires elle-même et qu’elle n’allait désormais plus demander de l’argent à son père.
Lors d’un entretien téléphonique du 2 août 2017, B._ a indiqué à la Justice de paix qu’il avait encore reçu une facture relative au loyer de sa fille. Suite à cela, le Juge de paix a exhorté A._ à payer son loyer de manière régulière.
Par téléphone du 7 août 2017, A._ a expliqué à la Justice de paix qu’elle allait rembourser son père, qu’elle avait contacté le Service social mais qu’aucune aide ne pouvait lui être fournie, compte tenu de ses revenus, et qu’elle envisageait de réclamer une pension alimentaire pour  à son ex-mari.
Par courrier du 5 septembre 2017, B._ a informé la Justice de paix du fait que rien n’avait changé, qu’il avait encore dû payer pour le loyer de l’appartement de sa fille ainsi que pour les primes d’assurance-maladie, et a produit divers factures et courriers y relatifs.
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A la demande de la Justice de paix, A._ a expliqué, par courriel du 29 septembre 2017, qu’elle allait désormais bénéficier d’une aide financière du Service social. Elle a déclaré que son revenu de CHF 3'000.- était insuffisant pour subvenir à ses besoins et à ceux de ses deux fils dont elle a la garde, mais que le fait de connaître des difficultés financières ne justifiait pas l’institution d’une mesure de curatelle.
Par courrier du 19 octobre 2017, le Service social de la Haute-Sarine a confirmé à la Justice de paix le fait que A._ allait bénéficier d’une aide matérielle depuis le mois d’octobre 2017 et qu’elle avait démissionné de son travail à la fin du mois de septembre 2017.
Par téléphones et courrier des 15 septembre, 3 et 24 octobre et 1er novembre 2017, B._ a exhorté la Justice de paix à prendre des mesures, en indiquant qu’il continuait à rembourser des factures impayées de sa fille et qu’il était à bout.
Entendue à nouveau par le Juge de paix le 7 décembre 2017, A._ a expliqué qu’elle avait démissionné de son travail et qu’elle était en attente d’une décision de l’assurance-chômage relative à son projet de formation en vue de débuter une activité indépendante en coaching et en soins énergétiques. Actuellement, elle travaille pour une entreprise de voyance en ligne, grâce à laquelle elle avait gagné environ CHF 500.- pour deux mois. Elle bénéficie de l’aide sociale, qui n’a toutefois pas pris en compte la dernière augmentation de loyer. Elle a indiqué qu’elle ne touchait toujours pas de pension alimentaire de son ex-mari et qu’elle allait déposer une requête en modification du jugement de divorce. Elle a répété ne pas avoir besoin d’une mesure de protection, a affirmé avoir commencé à rembourser ses dettes, et s’est engagée à ne plus faire appel à son père pour ses problèmes financiers.
Par téléphone du 4 janvier 2018, confirmé par courrier du 8 janvier 2018, B._ a informé la Justice de paix que sa fille lui avait à nouveau adressé des factures afin qu’il les paie à sa place. Il a proposé de mettre l’appartement de sa mère, décédée récemment, à disposition de sa fille, moyennant le seul paiement des frais de chauffage et d’électricité.
A la demande de la Justice de paix, le Service social de la Haute-Sarine a déclaré par courrier du 11 janvier 2018 que A._ avait de la difficulté à gérer les questions administratives relatives à sa situation, qu’elle avait besoin du soutien financier et administratif du Service social, et que la Caisse de chômage n’avait pas encore pu statuer sur son droit au chômage, faute d’avoir reçu tous les documents nécessaires pour compléter son dossier. Les problèmes de santé rencontrés par l’un des fils de A._ pourraient être à l’origine de ses difficultés à suivre les démarches administratives. Dans ces conditions, le Service social a considéré que le soutien fourni actuellement était insuffisant.
Selon l’extrait du 12 janvier 2018, le montant des poursuites de A._ s’élevait désormais à CHF 7'972.15 et les actes de défauts de biens à CHF 48'604.50.
Par courriel du 12 février 2018, A._ s’est expliquée sur sa situation. Elle a indiqué qu’elle ne touchait toujours pas les indemnités de chômage et qu’elle avait fait l’objet d’une pénalité de la part du Service social à ce propos. S’agissant de la proposition de son père de mettre à sa disposition l’appartement de sa défunte grand-mère, elle a expliqué quelle était la configuration de cette maison, dont l’étage est actuellement loué, et a indiqué souhaiter occuper la maison dans sa totalité, moyennant le départ des locataires actuels et la réalisation de quelques travaux d’entretien, afin d’avoir suffisamment de place pour elle et ses enfants.
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Par courrier du 8 mars 2018, B._ s’est prononcé sur la proposition de sa fille, estimant qu’il n’était pas raisonnable d’exiger la résiliation du bail des locataires pour disposer de la maison entière, et a rappelé qu’il devait encore payer de nombreuses factures pour sa fille.
B. Par décision du 22 mars 2018, la Justice de paix a institué une curatelle de représentation avec gestion du patrimoine au sens des art. 394 al. 1 et 395 CC en faveur de A._, ayant pour objet de la représenter dans le cadre de ses affaires administratives et financières, de gérer avec toute la diligence requise ses revenus et sa fortune, de la soutenir dans les démarches à entreprendre pour suivre une formation et trouver un emploi, ainsi que de veiller à son bien-être social. D._, curatrice professionnelle au sein du Service officiel des curatelles du Mouret, a été désignée à la fonction de curatrice.
C. Le 10 juillet 2018, A._, représentée par Me Philippe Maridor, avocat, a interjeté recours contre cette décision, concluant principalement à l’annulation de la décision attaquée et, subsidiairement, à l’institution d’une curatelle d’accompagnement en lieu et place de la curatelle de représentation avec gestion du patrimoine. En parallèle, elle a requis l’assistance judiciaire totale.
D. Invitée à se déterminer sur le recours, la Justice de paix a déclaré le 17 juillet 2018 se référer intégralement au dossier de la cause et au contenu de sa décision.
E. Par arrêt du 3 août 2018, A._ a été mise au bénéfice de l’assistance judiciaire. Me Philippe Maridor, avocat, a été désigné défenseur d’office.

en droit
1.
1.1. Selon l'art. 8 de la loi du 15 juin 2010 concernant la protection de l'enfant et de l'adulte (LPEA), le Tribunal cantonal connaît des recours contre les décisions rendues par l'autorité de protection - soit la Justice de paix (art. 2 al. 1 LPEA) - ou par son président ou sa présidente. La Cour de protection de l'enfant et de l'adulte (art. 14 al. 1 let. c du Règlement du Tribunal cantonal du 22 novembre 2012 précisant son organisation et son fonctionnement [RTC]) est compétente pour statuer.
1.2. En l'absence de dispositions cantonales contraires, les dispositions de la procédure civile s'appliquent par analogie (art. 450f CC).