Decision ID: 21a14084-1efe-500e-9d0c-d14fa5aac45c
Year: 2014
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_006
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 

EN FAIT
A.
Par décision du 26 mai 2014 relative à la situation de A_, née le 20 septembre 1938, originaire de La Rue (Fribourg), le Tribunal de protection de l'adulte et de l'enfant (ci-après : le Tribunal de protection) a libéré l'avocat C_ de ses fonctions de curateur de portée générale de A_, hospitalisée à la Clinique de Belle-Idée et réservé l'approbation de ses rapports finaux (ch. 1 et 2 du dispositif), et désigné en ses lieu et place D_, avocate, aux fonctions de curatrice de portée générale (ch. 3). Un émolument de 500 fr. a été mis à la charge de A_ (ch. 4).
Par acte expédié le 25 juin 2014, et reçu par la greffe de la Cour de justice le 26 juin 2014, A_ recourt contre cette décision concluant à l'annulation des chiffres 3 et 4 de l'ordonnance et à la désignation d'E_ aux fonctions de sa curatrice de portée générale, subsidiairement à ce qu'une tierce personne soit désignée. Elle fait grief au Tribunal de protection de ne pas avoir pris en compte son choix et de ne pas avoir tenu compte de son objection à la désignation de D_ aux fonctions de sa curatrice, dans la mesure où elle n'aurait pas eu "le feeling" avec elle. Le recours a été formé par un avocat (Me B_) agissant sur la base d'une procuration au nom de "A_", munie d'une signature illisible.
En date du 24 juillet 2014, le Tribunal de protection a déclaré persister dans son ordonnance.
Par détermination du 11 août 2014, C_ a conclu au rejet du recours, dans la mesure de sa recevabilité. Il expose d'une part, qu'il s'agit de douter de la validité de la constitution de l'avocat B_ pour représenter sa protégée, dans la mesure où celle-ci n'a pas la capacité de discernement pour choisir un représentant légal et que la procuration, soit disant signée par elle, orthographie son prénom de manière inexacte. Il expose d'autre part, que sa protégée n'est pas en mesure de comprendre les termes du mandat prétendument confié. Sur le fond, il relève que la personne concernée est incapable de discernement, de sorte qu'il n'y a pas lieu à application de l'art. 401 CC puisqu'elle ne peut pas faire de choix du mandataire. La prétendue volonté de voir désignée E_ ne peut être prise en compte et quoi qu'il en soit E_ n'est pas le bon choix conformément à ce qu'a retenu le Tribunal de protection. Enfin il n'existe aucune critique concrète à l'égard de la curatrice nouvellement désignée.
B.
A_, a été interdite par ordonnance du Tribunal tutélaire du 31 août 2011, C_, avocat, ayant été désigné aux fonctions de son tuteur. Ce tuteur exerçait déjà les fonctions de représentant légal provisoire depuis la privation provisoire de l'exercice des droits civils de A_ du 4 mars 2010. Suite à la retraite annoncée de C_, celui-ci a informé le Tribunal de protection en date du 18 octobre 2013, qu'il souhaitait être relevé de ses fonctions et proposait D_, avocate, sa collaboratrice, en ses lieu et place, celle-ci l'ayant déjà assisté dans ses tâches relatives aux curatelles exercées au cours des années précédentes.
En date du 19 décembre 2013, un placement à des fins d'assistance de A_ a été ordonné par un médecin auprès de la Clinique de Belle-Idée, placement que le Tribunal de protection a prolongé en date du 23 janvier 2014, constatant que l'intéressée souffrait de troubles délirants et dépressifs et refusait toute médication psychiatrique étant anosognosique de ses troubles, alors qu'ils nécessitent des soins et un encadrement.
A teneur d'un certificat médical établi le 9 mai 2014 par le Docteur F_, médecin chef de clinique auprès de l'Unité de psychiatrie gériatrique de la Clinique de Belle-Idée, A_ n'a pas sa capacité de discernement pour choisir un représentant légal.
Dans le cadre de la procédure, le Tribunal de protection avait procédé à l'audition de A_ qui avait déclaré avoir rencontré D_ à la Clinique de Belle-Idée et n'avoir eu "aucun feeling" avec elle. Elle avait également rencontré E_ à plusieurs reprises à la Clinique de Belle-Idée, personne qu'elle estimait humaine. Celle-ci s'était déclarée d'accord d'assumer le mandat de curatrice.
La décision querellée a été prononcée à l'issue de l'audience.

EN DROIT
1.
Les décisions de l'autorité de protection de l'adulte peuvent faire l'objet dans les trente jours d'un recours écrit et motivé devant le juge compétent, à savoir à Genève la Chambre de surveillance de la Cour de justice (art. 450 al. 1 et 3 et 450b CC; art. 53 al. 1 et 2 LaCC et 126 al. 3 LOJ).![endif]>![if>