Decision ID: bf798dbc-899c-5215-a1f7-26060ed820bb
Year: 2018
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_001
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law

EN FAIT
, que par ordonnance du 1
er
juin 2018, le Tribunal de première instance a ordonné à BANQUE C_ SA de produire diverses pièces qu'il a énumérées et a débouté les parties de leurs autres conclusions en production de pièces formulées pour A_LTD les 9 janvier, 31 mars et 24 juillet 2017 pour BANQUE C_ SA le 12 décembre 2017;
Que, par acte du 18 juin 2018, A_LTD a recouru contre la décision précitée, concluant à l'annulation de celle-ci, cela fait à ce qu'il soit ordonné la production des pièces qu'elle a énumérées, subsidiairement au renvoi de la cause en première instance, avec suite de frais;
Qu'à titre préalable, elle a requis l'octroi suspensif à son recours ou la suspension de la procédure jusqu'à droit jugé sur le recours et l'annulation d'une audience fixée le 13 septembre 2018;
Qu'elle fait valoir, à bien la comprendre, que la décision attaquée trancherait non pas une requête de production de pièces mais une demande de reddition de comptes, de sorte qu'elle devrait être objet d'un appel et non d'un recours, qu'en tout état elle subirait un préjudice «difficilement irréparable» dans la mesure où d'une part certains des documents requis dateraient de la fin de l'année 2008, d'autre part ses allégués de fond ne pourraient être formulés et encore moins démontrés tant que l'action en reddition de comptes ne serait pas tranchée ;
Qu'invitée à se déterminer sur la demande d'effet suspensif, BANQUE C_ SA a conclu au rejet de la requête;
Qu'elle fait notamment valoir que la décision attaquée est soumise à recours, dont la recevabilité au fond n'est pas donnée, et qu'elle relève au surplus elle ne détruirait pas des pièces relatives à des procédures pendantes, que l'audience déjà fixée par le Tribunal ne serait pas liée à l'ordonnance attaquée;
Que les parties ont été informées par avis du 31 juillet 2018 du greffe de la Cour de justice de ce que la cause était gardée à juger sur effet suspensif;
Considérant,

EN DROIT
, que selon l'art. 325 CPC le recours ne suspend pas la force de chose jugée et le caractère exécutoire de la décision entreprise (al. 1), l'instance de recours pouvant cependant suspendre le caractère exécutoire en ordonnant au besoin des mesures conservatoires ou le dépôt de sûretés (al. 2);
Que l'appel n'a pas d'effet suspensif lorsqu'il a pour objet des décisions portant sur des mesures provisionnelles, dont l'exécution peut exceptionnellement être suspendue si la partie concernée risque de subir un préjudice difficilement réparable (art. 315 al. 4 let. b et 5 CPC);
Qu'une simple prolongation de la procédure ou un accroissement des frais ne constitue pas un préjudice difficilement réparable (
ACJC/1244/2015
du 16 octobre 2015 consid. 3.1,
ACJC/122/2015
du 6 janvier 2015 consid. 5.1 et
ACJC/1089/2014
du 12 septembre 2014 consid. 1.1.1; Haldy, Procédure civile suisse, 2014, p. 193; Spühler, Basler Kommentar zur Schweizerischen Zivilprozessordung, 2013, n. 7 ad art. 319 CPC);
Qu'il appartient à la partie recourante d'alléguer et d'établir la possibilité que la décision querellée lui cause un préjudice difficilement réparable (ATF
134 III 426
consid. 1.2), à moins que cela ne fasse d'emblée aucun doute (ATF
136 IV 92
consid. 4;
133 III 629
consid. 2.3.1 in fine);
Qu'en l'espèce, la recourante se réfère à un hypothétique risque de disparition de certaines des pièces requises au terme d'un délai de dix ans, sans référence à des éléments dont il y aurait lieu de déduire une concrétisation dudit risque;
Qu'elle soutient pour le surplus qu'elle ne pourrait pas faire valoir ses droits avant que ne soit tranché le fond de ses conclusions et que la procédure se poursuivra, en particulier lors de l'audience déjà agendée par le Tribunal, conduisant, par hypothèse, à la nécessaire répétition d'actes de procédure;
Que la recourante ne démontre pas que ces circonstances ne sont pas de nature à fonder un préjudice difficilement réparable, à tout le moins avant que le mérite du fond de l'acte soumis à la Cour ne soit tranché;
Qu'en particulier, on ne voit pas en quoi la tenue de l'audience fixée par le premier juge dont la recourante se prévaut, laquelle ne résulte au demeurant pas de la décision attaquée, serait propre à causer un préjudice difficilement réparable, puisqu'au cas où la recourante obtiendrait gain de cause, elle pourrait être soit reportée, soit répétée;
Que, dès lors, la requête sera rejetée;
Qu'il sera statué sur les frais liés à la présente décision dans l'arrêt au fond (art. 104
al. 3 CC);
Vu l'art. 18 al. 2 LaCC, concrétisé par une décision de la Chambre civile siégeant en audience plénière et publiée sur le site Internet de la Cour.
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