Decision ID: f318653d-070f-55a2-a97d-7933052c681e
Year: 2009
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_014
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: social_law

ATTENDU EN FAIT
Que Monsieur M_ (ci-après le recourant), né en 1955, a souffert de hernie discale et a été mis au bénéfice d'une rente entière d'invalidité à partir du mois de décembre 1991, puis d'une demie rente d'invalidité à partir du mois de décembre 2001 ;
Que plusieurs nouvelles demandes pour aggravation de l'état de santé ont été rejetées, la dernière fois par décision du 12 janvier 2009, par laquelle l'OFFICE CANTONAL DE L'ASSURANCE-INVALIDITE (ci-après OCAI) a refusé d'entrer en matière, au motif qu'il n'avait pas rendu plausible une modification notable de son état de santé ;
Que dans son recours du 16 février 2009, il fait valoir plusieurs rapports médicaux de ses médecins, selon lesquelles sa situation doit à tout prix être revue ; il conclut à l'annulation de la décision litigieuse, à ce qu'un taux d'invalidité supérieure à 52 % soit retenu, à ce qu'une rente entière d'invalidité lui soit accordée, subsidiairement à une expertise médicale neutre ;
Que dans sa réponse du 16 mars 2009, l'OCAI conclut au rejet du recours ;
Que par courriers du 27 mars 2009, Tribunal de céans a interpellé les Dr A_, et B_ ;
Que par courrier du 20 avril 2009, l'OCAI remet au Tribunal un avis médical du SMR, faisant état d'un entretien téléphonique avec le Dr A_ ;
Qu'il s'ensuit que selon le SMR il est illusoire de penser que l'assuré puisse travailler à 50 %, que son diabète est difficile à équilibrer, qu'il présente par ailleurs des épisodes infectieux, le dernier ayant nécessité une opération pour une appendicite, traduisant un état immunitaire affaibli, et qu'il convient de considérer que le recourant a une pleine incapacité de travail dans toute activité, et qu'il reste à déterminer depuis quelle date ;
Que sur cette base, l'OCAI conclut au renvoi du dossier pour instruction complémentaire;

CONSIDÉRANT EN DROIT
Que le Tribunal de céans est compétent en la matière (art. 56V al. 1 let. a ch. 2 de la loi genevoise sur l'organisation judiciaire (LOJ), la loi fédérale sur la partie générale du droit des assurances sociales du 6 octobre 2000 (LPGA) applicable cas d'espèce, et le recours recevable à la forme (art. 56 à 60 LPGA);
Que lorsqu’elle est saisie d’une nouvelle demande, l’administration doit commencer par examiner si les allégations de l’assuré sont, d’une manière générale, plausibles. Si tel n’est pas le cas, l’affaire est liquidée d’entrée de cause et sans autres investigations par un refus d’entrée en matière. À cet égard, l’administration se montrera d’autant plus exigeante pour apprécier le caractère plausible des allégations de l’assuré que le laps de temps qui s’est écoulé depuis sa décision antérieure est bref. Elle jouit sur ce point d’un certain pouvoir d’appréciation que le juge doit en principe respecter. Ainsi, le juge ne doit examiner comment l’administration a tranché la question de l’entrée en matière que lorsque ce point est litigieux, c’est-à-dire quand l’administration a refusé d’entrer en matière en se fondant sur l’art. 87 al. 4 RAI et que l’assuré a interjeté recours pour ce motif. Ce contrôle par l’autorité judiciaire n’est en revanche pas nécessaire lorsque l’administration est entrée en matière sur la nouvelle demande (ATF
109 V 114
consid. 2b);
Que selon l’art. 17 al. 1
er
LPGA, si le taux d’invalidité du bénéficiaire de la rente subit une modification notable, la rente est, d’office ou sur demande, révisée pour l’avenir, à savoir augmentée ou réduite en conséquence, ou encore supprimée;
Que l’autorité administrative doit constater d’office les faits déterminants, c’est-à-dire toutes les circonstances dont dépend l’application des règles de droit (ATF
117 V 261
consid. 3 p. 263 ; T. LOCHER Grundriss des Sozialversicherungsrecht, Bern 2003, t.1, p. 443) ;
Qu’ainsi l’administration est tenue d’ordonner une instruction complémentaire lorsque les allégations des parties et les éléments ressortant du dossier requièrent une telle mesure, et qu’en particulier elle doit mettre en œuvre une expertise lorsqu’il paraît nécessaire de clarifier des aspects médicaux (ATF
117 V 282
consid. 4a, p. 283 ; RAMA 1985 p. 240 consid.4 ; LOCHER loc. cit.) ;
Que de son côté le juge qui considère que les faits ne sont pas suffisamment élucidés peut renvoyer la cause à l’administration pour complément d’instruction ou procéder lui-même à une telle instruction complémentaire (RAMA 1993 p. 136) ;
Qu’en matière d’AI la première solution est en principe préférée (ATFA I 431/02 du 8 novembre 2002) ;
Qu'après avoir refusé d'entrer en matière, l'OCAI admet, sur la base de l'instruction générée par la demande du Tribunal, les informations communiquées par le médecin du recourant, et l'avis du SMR, qu'il y a non seulement lieu d'entrer en matière mais également de reconnaître au recourant une totale incapacité de travail dans toute activité, la seule question restant encore ouverte étant celle de la date de prise d'effet d'une rente entière ;
Que dans cette mesure le dossier sera renvoyé à l'OCAI pour instruction et nouvelle décision;
Que le recours sera dès lors admis, et la décision litigieuse annulée ;
Que le recourant, qui obtient gain de cause, a droit à des dépens, fixés en l'espèce à 2'000 fr.; qu'il sera en revanche renoncé à la perception d'un émolument.