Decision ID: d64be837-20fc-53b6-9df9-0a652d3fdb78
Year: 2018
Language: fr
Court: FR_TC
Chamber: FR_TC_011
Canton: FR
Region: Espace_Mittelland
Law Area: social_law

considérant en fait
A. A._, née en 1972, domiciliée à B._, divorcée et mère d'un enfant mineur, travaillait en tant que juriste entre 50% et 70% au sein de C._.
Une incapacité de travail totale est médicalement attestée dès le 23 septembre 2015 après de multiples arrêts maladie de courte durée depuis mai 2014 et des périodes de capacité de travail variables depuis le 27 juillet 2015.
Son contrat de travail a été résilié avec effet au 25 septembre 2015.
B. Le 17 septembre 2015, elle a déposé une demande de prestations auprès de l'Office de l'assurance-invalidité du canton de Fribourg (ci-après: OAI), indiquant souffrir de burn-out, de troubles du sommeil, de dépression et de crises d'épilepsie.
Ses médecins traitants font également état de troubles mentaux et du comportement liés à l'utilisation d'alcool avec syndrome de dépendance.
C. Sur proposition du médecin de son Service médical régional (ci-après: SMR), l'OAI a mandaté le Dr D._, spécialiste en psychiatrie et psychothérapie, pour expertise.
Dans son rapport du 9 mai 2018, le psychiatre retient notamment que l'assurée souffre de "F10.2 Trouble lié à l'utilisation de l'alcool, actuellement abstinente" – syndrome selon lui lié à des troubles préalables –, de "F33.4 Trouble dépressif récurrent, actuellement en rémission, avec des éléments résiduels", de "F62.9 Modification durable de la personnalité" et de "F41.1 Trouble anxiété généralisée". Il estime qu'aucune activité ne peut être exigée d'elle, de façon définitive.
Interrogé, le médecin du SMR considère que cette expertise n'est "pas recevable" et que le "dossier médical n'est pas suffisamment instruit", proposant de mettre sur pied une expertise pluridisciplinaire (neurologie, psychiatrie et médecine interne).
D. Les 16 mai et 6 juin 2018, l'OAI a informé l'assurée qu'il estimait nécessaire qu'elle se soumette à un examen médical approfondi (médecine interne, neurologie, psychiatrie et rhumatologie) et lui transmettait ses questions aux experts.
Le 19 juin 2018, l'assurée s'est opposée à la mise sur pied d'une nouvelle expertise, proposant que l'OAI pose plutôt des questions complémentaires au Dr D._.
Par décision incidente du 28 juin 2018, l'OAI a maintenu l'expertise.
E. Contre cette décision, l'assurée, représentée par Me Hervé Bovet, avocat, interjette recours (608 2018 182) devant le Tribunal cantonal le 13 juillet 2018, concluant à l'annulation de la décision, au constat que l'expertise du Dr D._ est valable et à la renonciation à la mise sur pied d'une nouvelle expertise.
A l'appui de ses conclusions, il se plaint de ce que l'OAI ne se fonde que sur un rapport insuffisamment argumenté du médecin du SMR pour dénier toute valeur probante à l'expertise du Dr D._. Or, selon elle, cette expertise remplit les critères formels et matériels nécessaires pour s'y référer, de sorte qu'il n'est pas nécessaire d'en diligenter une nouvelle. En outre, elle
Tribunal cantonal TC Page 3 de 7
conteste les critiques du médecin du SMR, relevant que ses troubles interagissent entre eux, ce qui rend sa prise en charge plus difficile et l'évolution plus lente.
Parallèlement à ce recours (608 2018 183), l'assurée demande que son recours soit assorti de l'effet suspensif.
Le 25 juillet 2018, la recourante s'acquitte de l'avance de frais de CHF 400.- requise.
Dans ses observations du 23 août 2018, l'OAI propose le rejet du recours, se référant à l'avis du médecin du SMR.
Il sera fait état des arguments développés par les parties à l'appui de leurs conclusions dans les considérants de droit du présent arrêt, pour autant que cela soit utile à la solution du litige.

en droit
1.
1.1. Le recours contre la décision incidente rendue par l’OAI a été interjeté en temps utile et dans les formes légales auprès de l'autorité judiciaire compétente à raison du lieu, ainsi que de la matière.
1.2. En vertu de l'art. 120 du code cantonal du 23 mai 1991 de procédure et de juridiction administrative (CPJA; RSF 150.1), applicable par le renvoi de l'art. 61, 1ère phrase de la loi du 6 octobre 2000 sur la partie générale du droit des assurances sociales (LPGA; RS 830.1),  applicable par le biais de l'art. 1 al. 1 de la loi du 19 juin 1959 sur l'assurance-invalidité (LAI; RS 831.20), les décisions incidentes sont susceptibles d’un recours séparé lorsqu’elles concernent la compétence, la récusation, la langue de la procédure, l’effet suspensif et l’assistance judiciaire gratuite (al. 1).
Dans les autres cas, les décisions incidentes ne sont susceptibles d’un recours séparé que si elles sont de nature à causer un préjudice irréparable à une partie ou si l’admission du recours peut conduire immédiatement à une décision finale qui permet d’éviter une procédure probatoire longue et coûteuse (al. 2).