Decision ID: 0c07c015-0ef4-4669-bb10-a12eaef6f7b9
Year: 2017
Language: fr
Court: CH_BSTG
Chamber: CH_BSTG_001
Canton: CH
Region: Federation
Law Area: penal_law

Faits:
A. Le 17 février 2003, l'Ambassade de la République fédérative du Brésil à
Berne a adressé à l'Office fédéral de la justice (ci-après: l'OFJ) une demande
d'entraide judiciaire datée du 14 février 2003, présentée par un juge de l'Etat
de Rio de Janeiro pour les besoins de la procédure pénale ouverte au Brésil
contre plusieurs personnes soupçonnées de corruption et de blanchiment
d'argent. Cette demande, suivie de requêtes complémentaires connexes
(v. demandes du 16 juillet 2003, 12 février 2004, 17 novembre 2004, avec
compléments du 16 novembre et 12 décembre 2005; rubrique 1 du dossier
du Ministère public de la Confédération, ci-après: MPC), était fondée sur des
renseignements transmis aux autorités brésiliennes par le MPC dans le
cadre d'une enquête dirigée pour blanchiment d'argent à l’encontre d’agents
du fisc brésilien. En effet, le 29 octobre 2002, le MPC avait adressé une
demande d'entraide au Brésil en exposant que les suspects, agents du fisc
brésilien, disposaient de plusieurs comptes auprès de l'ex banque C.,
actuellement banque D., pour environ 48 millions de francs; ils prétendaient
que ces fonds provenaient d'honoraires remis de main à main en guise de
rémunération pour des conseils fiscaux donnés à de grandes entreprises
actives au Brésil. En octobre 2002, plusieurs représentants du MPC s'étaient
rendus au Brésil pour s’entretenir de l'affaire avec les autorités brésiliennes.
Le 12 février 2003, le MPC avait présenté une demande d'entraide exposant,
en détail, différents mouvements opérés sur les comptes saisis. La demande
d'entraide brésilienne faisait état des renseignements fournis par le MPC.
Pour les autorités brésiliennes, les fonds saisis en Suisse ne pouvaient
provenir que de la corruption ou de la concussion des prévenus. La demande
tendait à la saisie des fonds, à la remise de la documentation relative aux
comptes pour les cinq dernières années, ainsi qu'à la transmission de toute
la documentation contenue dans les dossiers des procédures pénales
ouvertes en Suisse contre les mêmes personnes (v. rubrique 1 dossier MPC;
arrêt du Tribunal fédéral 1A.333/2005 et 1A.337/2005 du 20 février 2006).
B. Par ordonnances du 11 et 16 novembre 2005, le Juge d'instruction fédéral
(JIF, compétent pour exécuter l'entraide) est entré en matière sur la
demande initiale et ses compléments et a ordonné la transmission à l'autorité
requérante de la documentation relative aux comptes bancaires détenus par
A. ainsi que B. auprès de la banque D. La saisie des avoirs disponibles a en
outre été ordonnée (v. rubrique 4 dossier MPC).
C. Par arrêts du 20 février 2006, le Tribunal fédéral a rejeté, dans la mesure de
leur recevabilité, les recours interjetés par A. et B. contre les ordonnances
- 4 -
susmentionnées (v. 1A.333/2005 et 1A.337/2005).
D. Le 22 mars 2016 A. a présenté au MPC une demande de levée de la saisie
des avoirs déposés sur son compte n. 1 auprès de la banque D. (v. rubrique
14.5 dossier MPC). Une requête identique a été présentée le 9 juin 2016
par B. en relation avec son compte n. 2 auprès de la banque D. (v. rubrique
14.7 dossier MPC).
E. Interpellées par le MPC, les autorités brésiliennes (v. écrits du 29 juin,
18 octobre, 16 et 23 décembre 2016) et l'OFJ (v. écrit du 14 mars 2017) ont
conclu au maintien des blocages (v. rubrique 5.1 dossier MPC).
F. Par ordonnance du 18 mai 2017, le MPC a ordonné le maintien des
séquestres conservatoires portant sur les comptes susmentionnés
(v. RR.2017.159 et RR.2017.160, act. 1.1).
G. Par acte du 19 juin 2017, A. et B., assistés par le même avocat, forment
séparément recours à la Cour des plaintes du Tribunal pénal fédéral. Leurs
conclusions tendant, préalablement, à l'octroi de l'assistance juridique et à la
nomination de Me Pedro Da Silva Neves comme défenseur d’office et,
subsidiairement, à la dispense de l'avance de frais; principalement, à
l'admission du recours, à l’annulation de la décision susmentionnée et à la
levée du séquestre (v. RR.2017.159 et RR.2017.160, act. 1).
H. Par observations du 17 juillet 2017, l'OFJ conclut à la jonction des causes
RR.2017.159, concernant A., et RR.2017.160, concernant B., et au rejet des
deux recours dans la mesure de leur recevabilité (v. RR.2017.159 et
RR.2017.160, act. 8). Par écrits du 21 juillet 2017, le MPC s'en remet à dire
de justice (v. RR.2017.159 et RR.2017.160, act.9). Ces prises de position
ont été transmises aux recourants pour information (v. act. 11).
Les arguments et moyens de preuve invoqués par les parties seront repris,
si nécessaire, dans les considérants en droit.
- 5 -

La Cour considère en droit:
1.
1.1 Le 12 mai 2004, la République fédérative du Brésil et la Confédération suisse
ont conclu un traité d'entraide judiciaire en matière pénale
(RS 0.351.919.81; ci-après: TEJBré), entré en vigueur le 27 juillet 2009. Les
dispositions de ce traité l'emportent sur le droit autonome qui régit la matière,
soit l'EIMP et son ordonnance d'exécution (OEIMP; RS 351.11). Le droit
interne reste toutefois applicable aux questions non réglées, explicitement
ou implicitement, par le traité et lorsqu'il est plus favorable à l'entraide
(ATF 140 IV 123 consid. 2; 137 IV 33 consid. 2.2.2; 136 IV 82 consid. 3.1;
129 II 462 consid. 1.1; 124 II 180 consid. 1.3). L'application de la norme la
plus favorable doit avoir lieu dans le respect des droits fondamentaux (ATF
135 IV 212 consid. 2.3; 123 II 595 consid. 7c).
1.2 En vertu de l’art. 37 al. 2 let. a de la loi fédérale sur l’organisation des
autorités pénales de la Confédération (LOAP; RS 173.71) mis en relation
avec les art. 25 al. 1 et 80e EIMP, la Cour des plaintes du Tribunal pénal
fédéral est compétente pour connaître des recours en matière d’entraide
pénale internationale.
1.3 Aux termes de l'art. 80e al. 1 EIMP, peuvent faire l'objet d'un recours devant
l'autorité de céans la décision de l'autorité d'exécution relative à la clôture de
la procédure d'entraide et, conjointement, les décisions incidentes. En vertu
de l'art. 80e al. 2 EIMP, les décisions incidentes antérieures à la décision de
clôture peuvent faire l’objet d’un recours séparé uniquement si elles causent
un préjudice immédiat et irréparable en raison de la saisie d’objets ou de
valeurs (let. a), ou de la présence de personnes qui participent à la procédure
à l’étranger (let. b).
1.3.1 L'autorité chargée de l'exécution d'une demande d'entraide procède en deux
temps. Elle ouvre la procédure par une décision d'entrée en matière
destinée, au terme d'un examen sommaire, à s'assurer qu'aucun motif
d'exclusion de l'entraide ne fait manifestement obstacle à la demande, puis
exécute les actes requis par l'autorité étrangère (art. 80a EIMP). Cela fait,
elle statue sur l'octroi et l'étendue de l'entraide, rendant à cet effet une
décision de clôture (art. 80d EIMP) attaquable – comme énoncé au
considérant précédent – devant la Cour des plaintes (art. 80e al. 1 EIMP).
S'agissant des décisions incidentes rendues antérieurement à la décision de
clôture, elles peuvent être entreprises conjointement à celle-ci. Un recours
séparé à leur encontre n'est toutefois recevable qu'en cas de préjudice
immédiat et irréparable découlant de la saisie d'objets ou de valeurs ou de
http://links.weblaw.ch/ATF-129-II-462 http://links.weblaw.ch/ATF-124-II-180 http://links.weblaw.ch/ATF-123-II-595
- 6 -
la présence de personnes participant à la procédure à l'étranger (v. supra
consid. 1.3).
1.3.2 En l'espèce, il est constant que la décision du MPC ici entreprise, soit celle
du 18 mai 2017 par laquelle cette autorité a ordonné le maintien des
séquestres sur les comptes des recourants est de nature incidente. Selon
les règles légales qui viennent d'être rappelées, la recevabilité des présents
recours devrait – en principe – être subordonnée à l'existence d'un préjudice
immédiat et irréparable, à charge pour les recourants de l'alléguer et le
rendre vraisemblable.
1.3.3 Il est toutefois des hypothèses dans lesquelles la réglementation légale peut,
selon la jurisprudence, mener à des situations procédurales insatisfaisantes,
dans des procédures atypiques où des décisions attaquables sont soit
rendues après la décision de clôture, soit dans un ordre qui n'est pas celui
prévu par loi. Tel est notamment le cas lorsqu'un délai relativement long
s'écoule à compter du prononcé de la saisie jusqu'à la clôture de la
procédure par une ordonnance de levée ou de transmission des fonds à
l'Etat requérant (TPF 2007 124 consid. 2; arrêts du Tribunal pénal fédéral
RR.2011.70-75 du 12 octobre 2011, consid. 2.2.2; RR.2010.135 du 4 octobre
2010, consid. 2.3). En pareille situation, la jurisprudence admet la possibilité
d'un contrôle judiciaire du maintien de la saisie sans exiger la démonstration
d'un préjudice immédiat et irréparable pour entrer en matière, et considère,
sous l’angle procédural, la décision attaquée comme une décision de clôture
(v. TPF 2007 124 précité).
En l'état du dossier soumis à la Cour de céans, les séquestres querellés,
prononcés dans le cadre de l’entraide judiciaire avec le Brésil, sont en
vigueur depuis presque douze ans, de sorte que l'on se trouve précisément
dans l'hypothèse évoquée plus haut. En conséquence, la recevabilité des
recours n'est pas subordonnée à l'exigence de la démonstration d'un
préjudice immédiat et irréparable, d'une part, et le délai pour recourir n'est
pas celui prévu pour les décisions incidentes (art. 80k EIMP), d'autre part.
Les recours ayant été formés le 19 juin 2017, force est de constater que le
délai légal de 30 jours est en l'espèce respecté.
1.4 Les recours sont recevables et il y a lieu d'entrer en matière.
2. L’économie de procédure peut commander à l’autorité saisie de plusieurs
requêtes individuelles de les joindre ou, inversement, à l’autorité saisie d’une
- 7 -
requête commune par plusieurs administrés (consorts) ou, saisie de
prétentions étrangères entre elles par un même administré, de les diviser;
c’est le droit de procédure qui régit les conditions d’admission de la jonction
et de la disjonction des causes (BOVAY, Procédure administrative, 2e éd.,
Berne 2015, p. 218 s). Bien qu’elle ne soit pas prévue par la PA, l'institution
de la jonction des causes est néanmoins admise en pratique (cf. arrêts du
Tribunal pénal fédéral RR.2008.190 du 26 février 2009, consid. 1;
RR.2008.216 + RR.2008.225-230 du 20 novembre 2008, consid. 1.2;
MOSER/BEUSCH/KNEUBÜHLER, Prozessieren vor dem Bundesverwaltungs-
gericht, 2e éd., Bâle 2013, § 3.17, p. 144 s). Vu la connexité évidente entre
les deux recours interjetés par A. et B., rédigés par le même avocat, au
contenu presque identique, dirigés contre la même ordonnance de refus de
levée des séquestres et qui concernent les mêmes faits objet de la demande
d'entraide brésilienne, il y a lieu de joindre les causes RR.2017.159 et
RR.2017.160.
3. Dans un premier grief, les recourants invoquent que la procédure pour les
besoins de laquelle la demande d'entraide brésilienne a été formée ne revêt
pas un caractère pénal. L'entraide ne saurait donc être accordée.
3.1 La coopération judiciaire internationale en matière pénale ne peut être
accordée, par définition, que pour la poursuite d'infractions pénales dont la
répression relève de la compétence des autorités judiciaires de l'Etat
requérant (art. 1 al. 3 EIMP; ZIMMERMANN, La coopération judiciaire
internationale en matière pénale, 4ème éd., Berne 2014, n. 560). Il faut, en
d'autres termes, qu'une action pénale soit ouverte dans l'Etat requérant
(arrêt du Tribunal fédéral 1A.32/2000 du 19 juin 2000, consid. 7 non publié
à l'ATF 126 II 258). La formulation de l'art. 63 al. 1 EIMP et le caractère
exemplatif de l'art. 63 al. 3 EIMP font clairement ressortir que la notion de
procédure "liée à une cause pénale" doit être comprise dans un sens élargi
(ATF 136 IV 82 consid. 3.3). La collaboration judiciaire de la Suisse a ainsi
pu être accordée pour des enquêtes menées par des autorités
administratives, dans la mesure où celles-ci constituaient le préalable à la
saisine des autorités judiciaires compétentes pour procéder à une mise en
accusation (ATF 109 Ib 50 consid. 3 concernant la Securities and Exchange
Commission) et pouvaient aboutir au renvoi devant un juge pénal (ATF 121
II 153). L'entraide est aussi accordée pour des procédures préliminaires,
lorsque l'Etat requérant déclare d'emblée et clairement qu'il a la volonté
d'ouvrir une procédure pénale (ATF 132 II 178 consid. 2.2; 113 Ib 257
consid. 5). Les renseignements transmis par la Suisse peuvent également
servir à des procédures connexes à la procédure pénale, par exemple une
http://links.weblaw.ch/1A.32/2000 http://links.weblaw.ch/ATF-126-II-258 http://jumpcgi.bger.ch/php/clir/http/index.php?lang=fr&type=show_document&page=1&from_date=&to_date=&from_year=1954&to_year=2014&sort=relevance&insertion_date=&from_date_push=&top_subcollection_clir=bge&query_words=&part=all&de_fr=&de_it=&fr_de=&fr_it=&it_de=&it_fr=&orig=&translation=&rank=0&highlight_docid=atf%3A%2F%2F109-IB-47%3Afr&number_of_ranks=0&azaclir=clir#page50 http://jumpcgi.bger.ch/php/clir/http/index.php?lang=fr&type=show_document&page=1&from_date=&to_date=&from_year=1954&to_year=2014&sort=relevance&insertion_date=&from_date_push=&top_subcollection_clir=bge&query_words=&part=all&de_fr=&de_it=&fr_de=&fr_it=&it_de=&it_fr=&orig=&translation=&rank=0&highlight_docid=atf%3A%2F%2F121-II-153%3Afr&number_of_ranks=0&azaclir=clir#page153 http://jumpcgi.bger.ch/php/clir/http/index.php?lang=fr&type=show_document&page=1&from_date=&to_date=&from_year=1954&to_year=2014&sort=relevance&insertion_date=&from_date_push=&top_subcollection_clir=bge&query_words=&part=all&de_fr=&de_it=&fr_de=&fr_it=&it_de=&it_fr=&orig=&translation=&rank=0&highlight_docid=atf%3A%2F%2F121-II-153%3Afr&number_of_ranks=0&azaclir=clir#page153 http://jumpcgi.bger.ch/php/clir/http/index.php?lang=fr&type=show_document&page=1&from_date=&to_date=&from_year=1954&to_year=2014&sort=relevance&insertion_date=&from_date_push=&top_subcollection_clir=bge&query_words=&part=all&de_fr=&de_it=&fr_de=&fr_it=&it_de=&it_fr=&orig=&translation=&rank=0&highlight_docid=atf%3A%2F%2F132-II-178%3Afr&number_of_ranks=0&azaclir=clir#page178 http://jumpcgi.bger.ch/php/clir/http/index.php?lang=fr&type=show_document&page=1&from_date=&to_date=&from_year=1954&to_year=2014&sort=relevance&insertion_date=&from_date_push=&top_subcollection_clir=bge&query_words=&part=all&de_fr=&de_it=&fr_de=&fr_it=&it_de=&it_fr=&orig=&translation=&rank=0&highlight_docid=atf%3A%2F%2F113-IB-257%3Afr&number_of_ranks=0&azaclir=clir#page257
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procédure civile destinée à indemniser la victime de l'infraction (ATF 122 II
134 consid. 7) ou à confisquer civilement le produit de l'infraction (ATF 132
II 178), une enquête menée par une commission parlementaire (ATF 126 II
316 consid. 4), voire une procédure administrative destinée à résoudre une
question préjudicielle décisive pour le procès pénal (ATF 128 II 305). La
question de savoir si la procédure étrangère a un caractère pénal au sens
des art. 1 al. 3 et 63 EIMP, doit être résolue selon les conceptions du droit
suisse. A cet égard, la dénomination de la procédure étrangère n'est pas
déterminante (ATF 132 II 178 consid. 3).
3.2 Dans les relations avec le Brésil, le TEJBré précise en son article 13 que les
renseignements, documents ou objets obtenus par voie d'entraide judiciaire
ne peuvent, dans l'Etat requérant, ni être utilisés aux fins d'enquêtes, ni être
produits comme moyens de preuve dans toute procédure pénale relative à
une infraction pour laquelle l'entraide judiciaire ne peut être fournie (al. 1).
Toute autre utilisation est subordonnée à l'approbation préalable de l'Autorité
centrale de l'Etat requis. Cependant, cette approbation n'est notamment pas
nécessaire lorsque le matériel est utilisé pour une enquête ou une procédure
concernant le paiement de dommages-intérêts en relation avec une
procédure pour laquelle l'entraide judiciaire a été accordée (let. c).
3.3 En l'occurrence, il faut avant tout relever qu'en ce qui concerne les faits objet
de la demande d'entraide présentée en 2003, avec tous ses compléments
(v. supra Faits let. A), le Tribunal Supérieur de Justice brésilien, par jugement
du 27 octobre 2015 entré en force le 19 janvier 2016, a déclaré prescrites
les infractions de crime en bande organisée et de blanchiment d'argent dont
les recourants ont été reconnus coupables en deuxième instance, ce qui a
également amené à l'annulation de la confiscation pénale de leur biens
(v. rubrique 5 dossier MPC; act. 1.11). Interpellées afin de se déterminer sur
la fin de la procédure d'entraide et la levée des séquestres pénaux en Suisse,
les autorités brésiliennes ont confirmé ces informations, mais, par courriers
du 18 octobre, 16 et 23 décembre 2016 (v. rubrique 5 dossier MPC), elles
ont demandé à la Suisse de maintenir le séquestre des relations bancaires
des recourants sur une nouvelle base. À leurs dires, selon la législation
brésilienne, "la suppression de la perte de biens dans la procédure pénale
n'empêche pas la rediscussion de cette question dans la procédure civile,
parce qu'il y a eu la reconnaissance par la Justice brésilienne que les
comportements criminels ont été pratiqués permettant l'enrichissement
illicite des accusés" (v. demande d'entraide judiciaire en matière civile du
9 décembre 2016 présentée par le Barreau Général de l'Union, rubrique 5
dossier MPC). En tant que lésé par les agissements des recourants, l'Etat
du Brésil a donc ouvert une action civile en enrichissement illégitime à leur
http://relevancy.bger.ch/php/clir/http/index.php?lang=it&type=show_document&page=1&from_date=&to_date=&from_year=1954&to_year=2014&sort=relevance&insertion_date=&from_date_push=&top_subcollection_clir=bge&query_words=&part=all&de_fr=&de_it=&fr_de=&fr_it=&it_de=&it_fr=&orig=&translation=&rank=0&highlight_docid=atf%3A%2F%2F122-II-134%3Ait&number_of_ranks=0&azaclir=clir#page134 http://relevancy.bger.ch/php/clir/http/index.php?lang=it&type=show_document&page=1&from_date=&to_date=&from_year=1954&to_year=2014&sort=relevance&insertion_date=&from_date_push=&top_subcollection_clir=bge&query_words=&part=all&de_fr=&de_it=&fr_de=&fr_it=&it_de=&it_fr=&orig=&translation=&rank=0&highlight_docid=atf%3A%2F%2F122-II-134%3Ait&number_of_ranks=0&azaclir=clir#page134 http://relevancy.bger.ch/php/clir/http/index.php?lang=it&type=show_document&page=1&from_date=&to_date=&from_year=1954&to_year=2014&sort=relevance&insertion_date=&from_date_push=&top_subcollection_clir=bge&query_words=&part=all&de_fr=&de_it=&fr_de=&fr_it=&it_de=&it_fr=&orig=&translation=&rank=0&highlight_docid=atf%3A%2F%2F132-II-178%3Ait&number_of_ranks=0&azaclir=clir#page178 http://relevancy.bger.ch/php/clir/http/index.php?lang=it&type=show_document&page=1&from_date=&to_date=&from_year=1954&to_year=2014&sort=relevance&insertion_date=&from_date_push=&top_subcollection_clir=bge&query_words=&part=all&de_fr=&de_it=&fr_de=&fr_it=&it_de=&it_fr=&orig=&translation=&rank=0&highlight_docid=atf%3A%2F%2F132-II-178%3Ait&number_of_ranks=0&azaclir=clir#page178 http://relevancy.bger.ch/php/clir/http/index.php?lang=it&type=show_document&page=1&from_date=&to_date=&from_year=1954&to_year=2014&sort=relevance&insertion_date=&from_date_push=&top_subcollection_clir=bge&query_words=&part=all&de_fr=&de_it=&fr_de=&fr_it=&it_de=&it_fr=&orig=&translation=&rank=0&highlight_docid=atf%3A%2F%2F126-II-316%3Ait&number_of_ranks=0&azaclir=clir#page316 http://relevancy.bger.ch/php/clir/http/index.php?lang=it&type=show_document&page=1&from_date=&to_date=&from_year=1954&to_year=2014&sort=relevance&insertion_date=&from_date_push=&top_subcollection_clir=bge&query_words=&part=all&de_fr=&de_it=&fr_de=&fr_it=&it_de=&it_fr=&orig=&translation=&rank=0&highlight_docid=atf%3A%2F%2F126-II-316%3Ait&number_of_ranks=0&azaclir=clir#page316 http://relevancy.bger.ch/php/clir/http/index.php?lang=it&type=show_document&page=1&from_date=&to_date=&from_year=1954&to_year=2014&sort=relevance&insertion_date=&from_date_push=&top_subcollection_clir=bge&query_words=&part=all&de_fr=&de_it=&fr_de=&fr_it=&it_de=&it_fr=&orig=&translation=&rank=0&highlight_docid=atf%3A%2F%2F128-II-305%3Ait&number_of_ranks=0&azaclir=clir#page305
- 9 -
encontre. Dans le cadre de cette procédure, le juge de la 17ème Cour fédérale
de Rio de Janeiro a donné suite aux demandes brésiliennes et a ordonné le
blocage de valeurs détenues sur les comptes en Suisse (v. rubrique 5
dossier MPC; act. 1.11 p. 2). Cette procédure s'appuie sur la loi fédérale
n°.8429/1992 aux termes de laquelle la conduite des prévenus pourrait être
qualifiée "d'inconduite administrative" (art. 9 de la loi no 8429/1992) laquelle
pourrait entraîner entre autres "la perte des biens" acquis par l'improbité.
L'action a pour but notamment d'obtenir réparation du dommage subi par
l'Etat; d'obtenir la perte des biens ou des valeurs acquis illicitement; de
déchoir ou d'interdire le coupable de toute fonction publique; de l'empêcher
de contracter à l'avenir avec les autorités publiques et de lui imposer des
amendes civiles trois fois supérieures aux biens acquis illicitement. Ces
sanctions peuvent être prises indépendamment des poursuites pénales,
civiles et administratives prévues par d'autres lois (art. 12 de la loi
no 8429/1992).
3.4 La Cour de céans s'est déjà penchée sur la procédure en question (v. arrêt
du Tribunal pénal fédéral RR.2013.209 du 14 mars 2014, consid. 6) et a pu
constater que l'action préventive de séquestre dans laquelle s'inscrit la
demande d'entraide en cause porte "en présence d'indices fondés de
responsabilité, sur le séquestre des biens de l'agent ou du tiers qui s'est
enrichi illégalement ou a causé des dommages au patrimoine public" (art. 16
de la loi 8429/1992). Cette procédure a un caractère préventif et doit être
considérée comme une mesure préparatoire cherchant à assurer le résultat
de la future action principale consistant en une "action pour acte d'improbité
administrative". Ainsi que précisé ci-dessus, cette dernière prévoit, entre
autres, à titre de mesure, "la perte des biens ou des valeurs ajoutés
illégalement au patrimoine des défendeurs" (v. RR.2013.209 consid. 6.3.2).
S'il est vrai que la procédure en question a une connotation civile, il apparaît
en revanche que la saisie des biens l'a été en raison d'actes de nature pénale
comme la corruption et le blanchiment d'argent commis par les recourants,
dont a été victime l'Etat brésilien (v. demande d'entraide judiciaire en matière
civile du 9 décembre 2016 présentée par le Barreau Général de l'Union,
rubrique 5 dossier MPC; act 1.11). Il est à cet égard rappelé que la
prescription n'est pas une cause de refus de l'entraide si elle n'est pas
expressément prévue comme telle dans le traité applicable aux parties,
comme c'est ici le cas pour le TEJBré (v. ATF 117 Ib 53 consid. 3; arrêt du
Tribunal pénal fédéral RR.2010.193 du 7 mars 2011, consid. 3.4;
ZIMMERMANN, op. cit., n. 670 p. 686). C'est dès lors à bon droit que le MPC
a retenu que cette mesure est assimilable à la confiscation en droit suisse,
dès lors qu'elle a pour but de confisquer des biens provenant d'une infraction
et requiert un lien entre cette dernière et les objets et valeurs à confisquer
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(v. écrits des autorités brésiliennes du 29 juin, 18 octobre, 16 et 23 décembre
2016 et du OFJ du 14 mars 2017, rubrique 5 dossier MPC; RR.2013.209
consid. 6.3.2). Le grief doit ainsi être rejeté.
4. Dans un deuxième grief, les recourants affirment que la décision attaquée
violerait le principe du ne bis in idem, qui interdit que l'on juge un individu (ou
l'on statue sur ses biens) deux fois pour les mêmes faits. Le Tribunal pénal
fédéral aurait déjà rejeté la requête de confiscation des biens des recourants
en 2008, dans le cadre d'une procédure pénale suisse, jugement entre-
temps devenu définitif car non attaqué par le MPC (v. jugement de la Cour
des affaires pénale SK.2007.28 et SK.2008.16 du 18 septembre 2008).
4.1 Le principe ne bis in idem, consacré également à l'art. 4 TEJBré, signifie que
nul ne peut être poursuivi ou puni à raison de faits pour lesquels il a déjà été
acquitté ou condamné par un jugement définitif (ZIMMERMANN, op. cit.,
n. 662). Cette disposition spécifie que l'entraide judiciaire est refusée si la
demande vise des faits sur la base desquels la personne poursuivie a été
définitivement acquittée quant au fond ou condamnée dans l'Etat requis pour
une infraction correspondante quant à l'essentiel, à condition que la sanction
pénale éventuellement prononcée soit en cours d'exécution ou ait été déjà
exécutée (al. 1). Pour que des motifs d'exclusion, liés à l'autorité de chose
jugée attachée à une décision rendue dans la même affaire, puissent être
pris en compte, il importe que la situation soit limpide, notamment que les
faits et les personnes soient identiques. En cas de doute, la coopération est
accordée.
4.2 Or, en l'espèce, il suffit de relever que dans la procédure pénale suisse
évoquée les recourants n'étaient pas accusés mais seulement tiers saisis.
Ils n'ont donc pas fait l'objet du jugement de la Cour des affaires pénale en
tant que accusés condamnés ou acquittés. Le grief doit par conséquent être
rejeté.
5. Enfin, selon les recourants, le maintien des séquestres, prononcés en 2003,
constituerait une violation manifeste du principe de proportionnalité.
5.1 En droit international comme en droit interne, la saisie est une mesure
préalable qui entraîne nécessairement une décision subséquente (ATF 120
IV 164 consid. 1c; 117 Ia 424 consid. 20a). La requête de saisie n'équivaut
pas, en elle-même, à une demande de remise (TPF 2007 70 consid. 4;
HARARI, Remise internationale d'objets et valeurs, in: Etude en l'honneur de
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Dominique Poncet, 1997, p. 171). Dans le même sens, l'art. 33a OEIMP
précise que les objets et valeurs, dont la remise est, en règle générale,
subordonnée à une décision définitive et exécutoire de l'Etat requérant
(art. 74a al. 3 EIMP), demeurent saisis jusqu'à réception de ladite décision
ou jusqu'à ce que l'Etat requérant fasse savoir qu'une telle décision n'est plus
possible. La question à résoudre à ce stade de la procédure est, par
conséquent, celle de savoir s'il y a lieu de maintenir la saisie ou s'il apparaît
d'emblée impossible que les valeurs séquestrées puissent être remises au
terme de la procédure d'entraide. Si tel devait être le cas, la saisie provisoire
devrait être levée (ATF 123 II 268 consid. 4b/dd; arrêts du Tribunal fédéral
1A.89/2004 du 10 juin 2004, consid. 7; 1A.218/2000 du 6 novembre 2000,
consid. 2c; TPF 2007 70 consid. 5; MOREILLON [Edit.], Entraide internationale
en matière pénale, Bâle 2004, n° 13 ad art. 74a EIMP). La saisie d'objets ou
de valeurs dans une procédure d'entraide n'a en effet de sens que lorsque
ceux-ci peuvent être remis à l'Etat requérant, lequel peut, dans le cadre d'une
procédure en cours devant ses propres autorités, prononcer soit la
confiscation, soit la restitution des biens saisis (cf. art. 74a al. 1 EIMP; FF
1995 III 26).
5.2 En l'espèce, comme on l'a vu, les autorités brésiliennes, suite à la décision
du Tribunal Supérieur de Justice brésilien du 27 octobre 2015, et plus
particulièrement à la prescription des infractions commises par les
recourants, ont ouvert contre ceux-ci une action sur le plan civil en
enrichissement illégitime. Dans sa décision préliminaire du 1er décembre
2016, à la base de la demande d'entraide judiciaire en matière civile du
9 décembre 2016 adressée à la Suisse, le juge de la 17ème Cour fédérale de
Rio de Janeiro a précisé que "l'extinction de punissabilité des accusés n'ont
pas le pouvoir d'écarter l'obligation de réparation des dommages causés au
trésor public. (...) De cette façon, le risque de dilapidation de la levée du
blocage rendu par le juge criminel rend urgente l'adoption de mesure
alternatives afin d'assurer la satisfaction du dommage au Trésor découlant
des actes commis par les accusés, qui, il convient de souligner, dûment
reconnue en matière pénale en dépit de la survenance de la prescription de
revendication punitive. (...) En outre, le STJ (soit le Tribunal Supérieur de
Justice) assure la compréhension, selon laquelle l'action de réparation,
quand provient des actes d'improbité ou des infractions pénales, ne se
soumis pas à prescription; selon la jurisprudence du STJ, c'est
imprescriptible l'action de remboursement au Trésor public en raison de la
pratique des actes d'improbité administrative (...) y compris les valeurs
monétaires bloquées dans les institutions suisses, en tant que mesure
d'assurer le résultat utile de l'action de remboursement au Trésor, devant
être exercée le cas échéant" (v. rubrique 5 dossier MPC).
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Or, dans la mesure où le Tribunal Supérieur de Justice brésilien a constaté,
par un jugement pénal entré en force, que les recourants ont commis les
infractions – maintenant prescrites - de corruption et de blanchiment qui leur
étaient reprochées, que l'action en réparation du dommage causé à l'Etat
brésilien n'est pas soumise à un délai de prescription et que l'autorité
requérante a demandé le séquestre de toutes les valeurs déposées sur les
comptes bancaire des recourants afin de couvrir le dommage subi par l'Etat
brésilien, il faut conclure que la décision attaquée, conforme à l'art. 33a
OEIMP, ne viole pas le principe de la proportionnalité. Les séquestres
contestés doivent être maintenus jusqu’au terme de la procédure étrangère
en question, le cas échéant, jusqu’au moment où l’Etat requérant présentera
une demande de remise des avoirs saisis, en vue de restitution ou de
confiscation fondée sur une décision définitive et exécutoire ou qu’il
communiquera ne plus être en mesure de prononcer une telle décision
(cf. art. 74a EIMP, mis en relation avec l’art. 33a OEIMP; cf. également ATF
126 II 462 consid. 5). L'autorité d'exécution devra donc encore statuer au
sujet des fonds litigieux lorsqu'elle connaîtra l'issue de la procédure
brésilienne. Au besoin elle interviendra auprès des autorités brésiliennes en
leur fixant un délai pour se déterminer sur l'état d'avancement de la
procédure de confiscation. Les recourants pourront pour leur part intervenir
auprès de l'autorité d'exécution si la mesure devait, au fil du temps,
apparaître disproportionnée (v. TPF 2007 124 consid. 8).
6. Au vu de ce qui précède, les recours se révèlent mal fondés et doivent être
rejetés.
7. Les recourants demandent à être mis au bénéfice de l'assistance judiciaire.
Après le dépôt du recours, la partie qui ne dispose pas de ressources
suffisantes et dont les conclusions ne paraissent pas d'emblée vouées à
l'échec est, à sa demande, dispensée par l'autorité de recours, son président
ou le juge instructeur de payer les frais de procédure (art. 65 al. 1 de la loi
fédérale sur la procédure administrative [PA; RS 172.021]). S'agissant des
conclusions, on rappellera qu'elles doivent être considérées comme vouées
à l'échec lorsque les risques de perdre l'emportent nettement sur les chances
de gagner, alors même qu'elles ne seraient pas manifestement mal fondées
ou abusives (arrêts du Tribunal pénal fédéral RR.2007.176 du 11 décembre
2007, consid. 3; RR.2007.31 du 21 mars 2007, consid. 3). Tel est le cas en
l'espèce. Les motifs fournis à l'appui des recours se sont en effet avérés
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infondés eu égard à la jurisprudence constante en la matière. L'assistance
judiciaire doit partant être refusée.
8. Les frais de procédure sont mis à la charge des recourants qui succombent
(art. 63 al. 1 PA). L'émolument judiciaire est fixé, conformément aux art. 5 et
8 al. 3 du règlement sur les frais, émoluments, dépens et indemnités de la
procédure pénale fédérale (RFPPF; RS 173.713.162; v. art. 63 al. 5 PA) et
compte tenu de la situation financière des recourants, à CHF 4'000.–.
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