Decision ID: 24371e95-06f7-5fcd-8558-20a80df690db
Year: 2001
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_013
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: public_law

EN FAIT
1. Monsieur L. G. est propriétaire des parcelles nos X et X du cadastre de la commune de Bardonnex.
Sur la parcelle no X est édifié un bâtiment, qui constitue le domicile de M. G., à l'adresse X, chemin de X, 1257 Croix-de-Rozon. La parcelle no X est directement attenante à la précédente, les deux terrains réunis sont ceints d'une haie constituant le jardin de l'intéressé.
Ces terrains sont situés en zone agricole.
2. En date du 22 juillet 1999, M. G., agissant par la plume de Me Denis Keller, notaire, a sollicité de la Commission foncière agricole (ci-après : la commission foncière) le non-assujettissement desdits terrains à la loi fédérale sur le droit foncier rural du 4 octobre 1991 (LDFR -
RS 211.412.11
). Ces parcelles n'étaient pas affectées à l'agriculture, ni exploitées comme telles, mais correspondaient à une villa familiale avec jardin d'agrément.
3. Par décision du 10 août 1999, la commission foncière a décidé que la parcelle no X n'était pas soumise à la LDFR et n'était pas assujettie. La parcelle no X restait assujettie car il n'y avait pas de motif de non-assujettissement. Elle était appropriée à l'agriculture.
Non contestée, cette décision est devenue définitive et exécutoire.
4. Le 3 avril 2001, M. G. a saisi la commission foncière d'une nouvelle requête en non-assujettissement de la parcelle no X. Ce terrain, d'une surface de 2'780 m2, dépassait de 280 m2 la surface au-dessous de laquelle la loi ne s'appliquait pas. Depuis un demi-siècle, elle n'avait jamais été affectée à l'agriculture. Deux constructions, d'une surface de 25 m2 pour l'une et de 35 m2 pour l'autre, étaient cadastrées. Des arbres bordaient la parcelle, alors qu'un noyer occupait le centre du terrain. Un chabouris était disposé au centre du jardin, pour délimiter le périmètre accessible au chien. Une haie d'environ 3 m de hauteur, constituant une réserve idéale d'oiseaux, bordait la parcelle côté campagne. Un éventuel retour à l'agriculture impliquerait un véritable chantier d'arrachage de nombreuses plantations.
5. Par décision du 10 avril 2001, la commission foncière a rejeté la requête. Elle maintenait sa décision du 10 août 1999, car il n'y avait pas de faits nouveaux.
6. a. M. G. a alors saisi le Tribunal administratif d'un recours, reprenant et développant l'argumentation présentée à la commission foncière. L'immeuble était impropre à l'agriculture.
b. La commission foncière a conclu à ce que M. G. soit débouté de ses conclusions. La requête déposée le 3 avril 2001 était irrecevable, car la décision du 10 août 1999 était devenue définitive et qu'il n'y avait pas eu de faits nouveaux. Subsidiairement, la commission foncière concluait au rejet du recours sur le fond.
7. Le 8 octobre 2001, le Tribunal administratif a procédé à un transport sur place, qui lui a permis de se rendre compte de la situation de la parcelle, et des terrains environnants.

EN DROIT
1. Interjeté en temps utile devant la juridiction compétente, le recours est recevable de ce point de vue (art. 56A de la loi sur l'organisation judiciaire du 22 novembre 1941 - LOJ -
E 2 05
).
2. La force de chose jugée est le trait distinctif des décisions qui ne sont pas ou ne sont plus susceptibles d'être attaquées par un moyen juridictionnel ordinaire, c'est-à-dire, par un recours ou une opposition, ou bien par un moyen juridictionnel extraordinaire tel qu'une demande de révision ou d'interprétation (ATA C. du 27 août 1996; G. du 2 mars 1988; DTPE (DAEL) c/ B. du 20 mai 1987).
3. Aux termes de l'article 48 de la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 1985 (LPA - E 5 10), les demandes en reconsidération des décisions prises par les autorités administratives sont recevables lorsqu'un motif de révision au sens de l'article 80 LPA existe ou lorsque les circonstances se sont modifiées dans une mesure notable depuis la première décision.
La jurisprudence a précisé qu'une décision rejetant une demande en reconsidération n'est pas sujette à recours lorsqu'elle a été rendue après qu'un examen sommaire de la demande ayant permis de constater qu'elle n'apportait aucun fait nouveau par rapport à la situation existante, ni aucune preuve nouvelle (ATA H. du 8 mars 1994). Dans ce cas, la demande en reconsidération, qui n'a manifestement pas d'autre but que d'obtenir une nouvelle possibilité de recourir, doit être déclarée irrecevable.
4. En l'espèce, il ressort du dossier que la première décision de la commission foncière n'a pas fait l'objet d'un recours. Lors du transport sur place, M. G. a indiqué qu'il n'avait pas recouru contre la première décision, car il ne savait pas qu'il y avait un délai à respecter et qu'il avait laissé passer le temps. Aucun fait nouveau n'est invoqué à l'appui de la nouvelle requête.
Dans ces circonstances, la commission foncière s'est, à juste titre, contentée de confirmer sa première décision. Aucun motif de reconsidération n'étant réalisé, le recours sera déclaré irrecevable.
5. Au vu de l'issue du litige, un émolument de CHF 1'000.- sera mis à la charge du recourant.