Decision ID: 673e74f9-f48d-5417-b0d7-033105c01d68
Year: 2021
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_001
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law

EN FAIT
, l'ordonnance
OTPI/209/2021
du 4 mars 2021 par laquelle le Tribunal de première instance (ci-après: le Tribunal), statuant sur mesures provisionnelles, a rejeté la requête tendant à la suspension provisoire de la poursuite n° 1_ (chiffre 1 du dispositif), révoqué en conséquence et mis à néant avec effet immédiat l'ordonnance C/24196/2020 SP rendue le 27 novembre 2020 sur mesures superprovisionnelles ordonnant la suspension provisoire de la poursuite n° 1_ initiée par B_ SA à l'encontre de A_, arrêté les frais judiciaires à 1'000 fr., compensés avec l'avance fournie par A_ et les a mis à la charge de ce dernier (ch. 2, 1
er
et 2
ème
paragraphes), dit qu'il n'y avait pas lieu à l'allocation de dépens (ch. 3) et débouté les parties de toutes autres conclusions (ch. 4);
Vu l'appel formé le 15 mars 2021 par A_ contre l'ordonnance du 4 mars 2021, concluant à son annulation et, cela fait, au prononcé de la suspension provisoire de la poursuite n° 1_ au sens de l'art. 85a al. 2 LP, à ce qu'il soit fait interdiction à l'Office des faillites de Genève de prononcer sa faillite avant que ne soit rendue une décision au fond dans la présente procédure, avec suite de frais et dépens à la charge de sa partie adverse;
Vu la conclusion préalable tendant à l'octroi de l'effet suspensif;
Que sur ce point, A_ a exposé faire l'objet d'une poursuite infondée, une requête de faillite ayant été déposée à son encontre alors que le commandement de payer ne lui avait pas été notifié valablement;
Qu'il avait dès lors introduit une action en annulation de poursuite (n° 1_ portant sur un montant de 9'772 fr. 85), assortie de mesures superprovisionnelles et provisionnelles;
Que par ordonnance du 27 novembre 2020, le Tribunal avait suspendu, à titre superprovisionnel, la poursuite litigieuse;
Que toutefois, dans son ordonnance sur mesures provisionnelles du 4 mars 2021, le Tribunal avait rejeté la requête tendant à la suspension de la poursuite en cause, au motif que ses chances d'obtenir gain de cause au fond n'apparaissaient pas nettement meilleures que celles de B_ SA;
Que si la poursuite devait suivre son cours, il risquait d'être mis en faillite, ce qui lui causerait un préjudice irréparable et priverait l'appel de son objet;
Qu'en cas d'octroi de l'effet suspensif, la partie intimée ne subirait aucun préjudice;
Que le 22 mars 2021, B_ SA a allégué que l'action en annulation de la poursuite était purement dilatoire;
Qu'elle a conclu au rejet de la requête d'effet suspensif et, sur le fond, au rejet de l'appel;
Considérant,

EN DROIT
, que l'appel est recevable contre les décisions de première instance sur les mesures provisionnelles (art. 308 al. 1 let. b CPC);
Que dans les affaires patrimoniales, l'appel est recevable si la valeur litigieuse au dernier état des conclusions est de 10'000 fr. au moins (art. 308 al. 2 CPC);
Que le recours est notamment recevable contre les décisions provisionnelles de première instance qui ne peuvent faire l'objet d'un appel (art. 319 let. a CPC);
Que l'appel n'a pas d'effet suspensif lorsqu'il a pour objet des décisions portant sur des mesures provisionnelles (art. 315 al. 4 let. b CPC);
Que l'exécution des mesures provisionnelles peut exceptionnellement être suspendue si la partie concernée risque de subir un préjudice difficilement réparable (art. 315 al. 5 CPC);
Que le recours ne suspend pas la force de chose jugée et le caractère exécutoire de la décision attaquée (art. 325 al. 1 CPC);
Que l'instance de recours peut suspendre le caractère exécutoire (art. 325 al. 2 CPC);
Qu'en l'espèce, la question de savoir si la Cour a été saisie d'un appel ou d'un recours, compte tenu de la valeur litigieuse de la cause, peut demeurer indécise à ce stade de la procédure;
Qu'en effet, l'appel contre une décision rendue sur mesures provisionnelles n'a pas d'effet suspensif;
Que le recours ne déploie pas non plus un effet suspensif automatique;
Que la Cour peut, dans les deux cas, suspendre le caractère exécutoire de la décision attaquée, si la partie qui s'oppose à la décision de première instance risque de subir un préjudice difficilement réparable;
Qu'en l'espèce, si la poursuite devait aller sa voie, la faillite de A_ risquerait d'être prononcée, ce qui correspond à la définition du préjudice difficilement réparable;
Qu'à l'inverse, la suspension du caractère exécutoire de l'ordonnance entreprise et par conséquent le maintien de l'ordonnance rendue sur mesures superprovisionnelles, ne causera pas un tel préjudice à la partie intimée, étant relevé que cette dernière ayant déjà répondu sur le fond, la Cour devrait être en mesure de rendre rapidement son arrêt;
Qu'en l'état, il ne serait être retenu que l'appel/recours formé par A_ est totalement dépourvu de chances de succès;
Qu'au vu de ce qui précède, il sera fait droit à la requête;
Qu'il sera statué sur les frais de la présente décision dans l'arrêt qui sera rendu au fond.
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