Decision ID: a35fdf45-c70a-50cb-a288-a8decf7b82f4
Year: 2016
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_001
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law

EN FAIT
, que par jugement du 29 septembre 2016, le Tribunal de première instance a restreint l'autorité parentale de D_ en ce qui concerne le droit de déterminer le lieu de résidence et de scolarisation des enfants B_, né le _ 2005, et A_, né le _ 2007 (ch. 1 du dispositif), donné acte à C_ de son accord à ce que les enfants A_ et B_ poursuivent leur scolarité 2016/2017, en internat, au sein de l'établissement scolaire E_, à _ (BE), l'ordonnant en tant que de besoin (ch. 2), ordonné la mise en place de curatelles d'assistance éducative et d'organisation et de suivi des relations personnelles et transmis son jugement au Tribunal de protection de l'adulte et de l'enfant en vue de la nomination d'un curateur à ces fins (ch. 3), condamné C_ et D_ à prendre en charge, pour moitié chacun, les frais des curatelles d'assistance éducative et d'organisation et de suivi des relations personnelles (ch. 4), attribué à C_ la garde sur les enfants A_ et B_ (ch. 5), réservé à D_ un droit de visite à exercer en accord avec le curateur des enfants ou, à défaut, à raison d'un samedi par semaine de 09h00 à 18h00 en présence d'un tiers de confiance agréé par le curateur des enfants, avec au besoin échange des enfants dans un Point Rencontre (ch. 6), donné acte à C_ de son accord à prendre en charge la totalité des frais courants et extraordinaires d'entretien des enfants A_ et B_, en particulier leurs frais d'écolage au sein de l'établissement scolaire E_, l'y condamnant en tant que de besoin (ch. 7), condamné C_ à verser à D_, par mois et d'avance, la somme de 15'000 fr. à titre de contribution d'entretien (ch. 8), levé la curatelle de représentation des enfants A_ et B_ à la procédure, et libéré la curatrice concernée du mandat afférent (ch. 9), statué sur les frais (ch. 10 et 11) et condamné C_ et D_ à respecter les dispositions du jugement (ch. 12);
Vu l'appel, expédié à la Cour le 31 octobre 2016 et réceptionné le 2 novembre 2016, formé contre ce jugement par A_ et B_ aux termes duquel ils concluent, notamment, préalablement, à ce qu'une expertise familiale soit mise en œuvre et, principalement, à l'annulation du ch. 10 du dispositif du jugement attaqué et, cela fait, à ce que l'autorité parentale de D_ soit restreinte en ce qui concerne leur suivi psychologique, soit le droit de décider du choix du thérapeute et de la fréquence du suivi, et à ce qu'il soit donné acte à C_ de son accord qu'ils poursuivent leur suivi thérapeutique avec F_;
Attendu qu'ils ont conclu, préalablement, à la restitution de l'effet suspensif à leur appel concernant le ch. 9 du dispositif du jugement attaqué;
Qu'ils font valoir à cet égard qu'il est indispensable que leur curatrice de représentation puisse participer à la procédure de seconde instance, ce d'autant que la situation est très conflictuelle entre les parents;
Qu'invité à se déterminer à cet égard, C_ a conclu à l'admission de cette requête, qui était conforme à l'intérêt des enfants, se réservant le droit de solliciter le cas échéant la désignation d'un nouveau curateur;
Que D_ s'est opposée à la requête d'effet suspensif au vu de la relation conflictuelle qu'elle entretient avec la curatrice des enfants;
Considérant,

EN DROIT
, que la Cour est saisie d'un appel au sens de l'art. 308 CPC;
Que le jugement querellé portant sur des mesures provisionnelles, l'appel n'a pas d'effet suspensif ex lege (art. 315 al. 4 let. b CPC);
Qu'à teneur de l'art. 315 al. 5 CPC, l'exécution de mesures provisionnelles peut exceptionnellement être suspendue si la partie concernée risque de subir un préjudice difficilement réparable, notion permettant de tenir compte également d'un préjudice de fait et s'examinant à l'aune de l'efficacité du jugement à rendre à l'issue de la procédure ordinaire, qui en serait compromise (ATF
138 III 378
consid. 6.3; arrêt du Tribunal fédéral
4P.5/2002
du 8 avril 2002 consid. 3a);
Que, saisie d'une demande d'effet suspensif au sens de l'art. 315 al. 5 CPC, l'autorité cantonale d'appel doit ainsi procéder à une nouvelle pesée des intérêts entre les deux préjudices difficilement réparables, celui du demandeur à l'action si la mesure n'était pas exécutée immédiatement et celui qu'entraînerait pour le défendeur l'exécution de cette mesure (ATF
138 III 378
consid. 6.3 et les références citées;
137 III 475
consid. 4.1; arrêt du Tribunal fédéral
5A_514/2012
du 4 septembre 2012 consid. 3.2.2);
Qu'elle dispose d'un large pouvoir d'appréciation permettant de tenir compte des circonstances concrètes du cas d'espèce (ATF
137 III 475
consid. 4.1 p. 478;
5A_403/2015
du 28 août 2015 consid. 5);
Qu'en l'espèce, il apparaît contraire à l'intérêt des enfants de ne pas être représentés par un curateur dans le cadre de la présente procédure;
Qu'il sera dès lors fait droit à la requête tendant à la suspension du caractère exécutoire du ch. 9 du dispositif du jugement attaqué;
Que la présente décision ne préjuge pas du sort d'une requête qui tendrait à la désignation d'un autre curateur que celui qui représentait les enfants devant le Tribunal;
Que la question des frais sera tranchée avec la décision sur le fond (art. 104 al 3 CPC).
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