Decision ID: bc7773f2-04dc-517f-bcf9-c4f2732b7fbf
Year: 2011
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_013
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: public_law

EN FAIT
1. Par décision du 10 mars 2011, l'office cantonal des automobiles et de la navigation (ci-après : OCAN) a retiré à Monsieur C_ son permis de conduire toute catégories et sous-catégories pour une durée de trois mois.
2. M. C_ a recouru contre cette décision auprès du Tribunal administratif de première instance (ci-après : TAPI), le 19 avril 2011.
3. Par lettre recommandée du 2 mai 2011 envoyée à l'adresse mentionnée dans l'acte de recours, le TAPI a imparti au recourant un délai échéant le vendredi 13 juin 2011 pour effectuer une avance de frais de CHF 400.-.
Il l'informait qu'à défaut de paiement dans ce délai ou de dépôt d'une demande d'assistance judiciaire, le recours serait déclaré irrecevable.
4. Ce courrier est revenu au TAPI le 12 mai 2011, avec la mention "non réclamé".
5. Par jugement du 11 juillet 2011, le TAPI a déclaré le recours de M. C_ irrecevable, pour défaut du paiement de l'avance de frais.
La lettre recommandée précitée n'ayant pas été retirée, elle était réputée avoir été notifiée le denier jour du délai de garde par la Poste Suisse, soit le 11 mai 2011. Le recourant était ainsi présumé en avoir pris connaissance à cette date.
6. M. C_ a adressé au TAPI une lettre le 10 août 2011.
Son épouse et lui-même avaient déménagé à deux reprises. Des problèmes de couple étaient ensuite survenus, rendant le relevé des avis postaux et le retrait des plis recommandés difficiles. A cela, s'étaient ajoutés des déplacements à l'étranger, qui avaient rendus impossible le retrait du pli l'invitant à payer une avance de frais.
7. Le TAPI a transmis ce courrier à la chambre administrative de la section administrative de la Cour de justice le 11 août 2011, pour raison de compétence.
8. Le TAPI a déposé son dossier le 16 août 2011.

EN DROIT
1. Transmis par le TAPI à la juridiction compétente et adressé dans le délai de trente jours prescrit par la loi, le recours est recevable.
2. Dans les procédures de recours en matière administrative, la juridiction saisie doit inviter le recourant à payer une avance de frais destinée à couvrir les frais et émoluments de procédure présumables. A cette fin, elle lui fixe un délai raisonnable (art. 86 al. 1 de la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 1985 - LPA
E 5 10
). Si l’avance de frais n’est pas faite dans le délai imparti, la juridiction déclare le recours irrecevable (art. 86 al. 2 LPA). La législation genevoise laisse aux juridictions administratives une grande liberté d’organiser la mise en pratique de cette disposition, elles peuvent choisir d’envoyer la demande d’avance de frais d’entrée de cause par pli recommandé (
ATA/594/2009
du 17 novembre 2009).
3. Selon l'art. 16 al. 2 LPA, un délai imparti par l’autorité peut être prolongé pour des motifs fondés si la partie en fait la demande avant son expiration.
En l'espèce, le recourant ne conteste pas ne pas avoir déposé de demande de prolongation de délai.
4. La restitution pour inobservation d’un délai imparti par l’autorité peut être accordée après cette échéance si le requérant ou son mandataire a été empêché sans sa faute d’agir dans le délai fixé. La demande motivée doit être présentée dans les dix jours à compter de celui où l’empêchement a cessé (art. 16 al. 3 LPA).
Selon une jurisprudence constante, tombent sous le coup de cette dernière disposition les événements extraordinaires et imprévisibles qui surviennent en dehors de la sphère d’activité de l’intéressé et qui s’imposent à lui de façon irrésistible (
ATA/398/2011
du 21 juin 2011 et références citées ; SJ 1999 I p. 119 ; RDAF 1991 p. 45 et les références citées ; T. GUHL, Das Schweizerische Obligationenrecht, 9ème éd., 2000, p. 229).
5. S’agissant d’un acte soumis à réception, telle une décision ou une communication de procédure, la notification est réputée faite au moment où l’envoi entre dans la sphère de pouvoir de son destinataire (P. MOOR, Droit administratif, vol. 2, 3ème éd., 2011 Droit administratif, pp. 302-303, n. 2.2.8.3). Il suffit que celui-ci puisse en prendre connaissance (ATF
118 II 42
consid. 3b p. 44 ; 115 Ia 12 consid. 3b p. 17 ; Arrêts du Tribunal fédéral
2P.259/2006
du 18 avril 2007 consid. 3.1 ; 2A 54/2000 du 23 juin 2000 consid. 2a et les références citées). Celui qui, pendant une procédure, omet de prendre les dispositions nécessaires pour que les envois postaux lui soient transmis ne peut se prévaloir de son absence lors de la tentative de notification d’une communication officielle à son adresse habituelle s’il devait s’attendre, avec une certaine vraisemblance, à recevoir une telle communication (ATF
130 III 396
consid. 1.2.3 p. 399 et références citées ; Arrêt du Tribunal fédéral
1C.549/2009
du 1
er
mars 2010 consid. 3.2.1). Un envoi est réputé notifié à la date à laquelle son destinataire le reçoit effectivement. Lorsque ce dernier ne peut pas être atteint et qu’une invitation à retirer l’envoi est déposée dans sa boîte aux lettres ou dans sa case postale, la date du retrait de l’envoi est déterminante. Toutefois, si l’envoi n’est pas retiré dans le délai de garde de sept jours, il est réputé avoir été communiqué le dernier jour de ce délai (ATF
123 III 493
;
119 II 149
consid. 2 ;
119 V 94
consid. 4b/aa et les références).
En l'espèce, le recourant n'invoque pas la survenance d'un événement extraordinaire et imprévisible qui soit survenu en dehors de sa sphère d’activité et se soit imposé à lui de façon irrésistible. En effet, les difficultés personnelles qu'il allègue ne constituent pas de tels événements, selon la jurisprudence précitée.
Ayant initié lui-même la procédure de recours, il devait en outre s'attendre à recevoir des courriers et actes de procédure du TAPI. Il était ainsi tenu de s'organiser pour assurer le relevé de sa boîte aux lettres et des plis recommandés qui pouvaient lui être adressés.
6. Selon l’art. 86 al. 2 LPA, si l'avance de frais n'est pas faite dans le délai imparti, la juridiction déclare le recours irrecevable.
Le jugement entrepris est ainsi exempt de critique.
7. Le recours, manifestement infondé, sera ainsi rejeté sans autre acte d'instruction (art. 72 LPA).
8. Aucun émolument ne sera perçu (art. 87 LPA).
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