Decision ID: b589952f-044a-5787-9bca-0d7322eb6469
Year: 2021
Language: fr
Court: FR_TC
Chamber: FR_TC_001
Canton: FR
Region: Espace_Mittelland
Law Area: civil_law

considérant en fait
A. B._ Sàrl a adressé le 12 mai 2017 à A._ une offre relative à la pose de balustrades dans la maison de ce dernier, sise Route C._ à D._. Après la réalisation des travaux, à la fin du mois d’octobre 2017, la demanderesse a adressé le 12 décembre 2017 sa facture n°eee au défendeur pour un montant total de CHF 10'074.90.
Le 22 février 2018, B._ Sàrl a mis A._ en demeure de lui payer sa facture du 12 décembre 2017 dans les 10 jours. Ayant reçu un montant de CHF 5'275.30 du défendeur, B._ Sàrl a requis par courrier du 6 mars 2018 le paiement par A._ du solde de CHF 4'799.60 dans les 10 jours, annexant une facture datée du 6 mars 2018 à son courrier.
Après avoir adressé deux rappels à A._, en date des 13 et 20 mars 2018, B._ Sàrl a reçu de ce dernier une copie de sa facture n°eee du 12 décembre 2017 avec des annotations manuscrites en modifiant les montants et portant les mentions suivantes : « - dégât marche 500.- », « - peinture tête escalier 300.- », « - dois à A._ 1'372.- », « dégât carrelage 630.- », d’où un « total à payé 5'275.30 ».
Par courrier daté du 19 mars 2017 mais vraisemblablement envoyé le 19 mars 2018, adressé à la demanderesse, A._ a exposé à cette dernière les raisons pour lesquelles il estimait ne pas devoir lui verser le solde de sa facture, à savoir le fait que le certificat de garantie ne lui avait pas été transmis, qu’un rabais de 3% et un escompte de 2% avaient été convenus, une compensation pour des travaux qu’il aurait exécutés antérieurement pour le responsable de la demanderesse, différents dégâts causés pendant l’exécution des travaux, un défaut relatif au fait que les verres posés sont gras et impossibles à nettoyer et le fait que la plus-value demandée pour la main courante n’était pas acceptable.
B._ Sàrl a répondu par courriel du 29 mars 2018 au courrier précité du défendeur, réfutant les arguments de ce dernier.
Les parties n’ayant pu s’entendre sur la suite à donner à leur litige, B._ Sàrl a formulé en date du 8 novembre 2018 une requête de conciliation dirigée contre A._, puis, la conciliation n’ayant pu aboutir, a déposé sa demande en justice du 12 février 2019. Elle concluait notamment à ce que ce dernier soit condamné à lui verser un montant de CHF 4'799.60, avec intérêt à 5% l’an dès le 12 décembre 2017.
Par mémoire du 8 avril 2019, A._ a déposé une réponse, concluant à ce que la demande soit rejetée.
Par décision du 21 juin 2019, la Présidente du Tribunal civil de l’arrondissement du Lac (ci-après : la Présidente) a limité la procédure aux questions relatives à l’avis des défauts, à la détermination du régime juridique de la responsabilité applicable aux dommages allégués comme provoqués lors de l’exécution du contrat, en particulier sous l’angle de la prescription, ainsi qu’au rabais et à l’escompte. Elle a en outre constaté que, dans le cadre de la procédure limitée, il n’y avait pas lieu d’ordonner l’expertise sollicitée par le défendeur, celle-ci portant sur la constatation et l’étendue des défauts, qui n’ont pas à être résolus dans le cadre de la procédure limitée. Enfin, elle a indiqué que, dans le cadre de la procédure limitée, une audience serait assignée ayant pour objet l’interrogatoire des parties. Dite décision n’a pas fait l’objet d’un recours.
Lors de l’audience du 5 novembre 2019, les parties ont été entendues, un délai leur a été imparti pour fournir divers renseignements ressortant du procès-verbal ou pour formuler d’ultimes
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réquisitions de preuves et indiquer si la procédure probatoire pouvait être close dans le cadre de la procédure limitée. Enfin, les mandataires des parties ont plaidé l’incident.
Par décision du 19 octobre 2020, la Présidente a constaté que A._ a perdu ses droits à faire valoir la garantie pour les défauts vis-à-vis de B._ Sàrl en lien avec ses griefs relatifs à la main courante et aux verres gras (ch. 1.1), constaté que le grief relatif au retard causé par la fausse commande des verres ne constitue pas un défaut (ch. 1.2), constaté que les dégâts prétendument provoqués lors de l’exécution du contrat et ne concernant pas l’objet travaillé sont soumis au régime juridique de la responsabilité contractuelle au sens de l’art. 101 CO et que les prétentions élevées par le défendeur ne sont pas prescrites (ch. 1.3) et constaté que B._ Sàrl a accepté tacitement un escompte de 2% et un rabais de 3% en faveur de A._ dans le cadre du contrat d’entreprise liant ces derniers. Elle a renvoyé les frais à la décision finale.
C. Le 2 novembre 2020, A._ a interjeté recours contre la décision du 19 octobre 2020. Il conclut, sous suite de frais et dépens, principalement à ce que la décision rendue le 19 octobre 2020 par la Présidente soit annulée et modifiée en ce sens qu’il est constaté que A._ n’est pas déchu de ses droits contre B._ Sàrl en lien avec les créances compensatrices relatives à la main courante et aux verres gras et que partant la demande déposée le 12 février 2019 par B._ Sàrl contre lui soit rejetée; les frais et dépens étant mis à la charge de B._ Sàrl. Subsidiairement, il conclut à ce que la décision rendue le 19 octobre 2020 par la Présidente soit annulée et renvoyée pour nouvelle décision dans le sens des considérants.
Dans sa réponse du 30 novembre 2020, B._ Sàrl conclut principalement à ce que le recours soit déclaré irrecevable, frais judiciaires et dépens à la charge de A._, subsidiairement à ce que le recours soit rejeté, frais judiciaires et dépens à la charge de A._, et plus subsidiairement à ce que le recours soit déclaré irrecevable, frais judiciaires et dépens à la charge de l’Etat.
Par mémoire du 4 décembre 2020, A._ a déposé une détermination spontanée. B._ Sàrl a adressé des brèves observations par écrit du 22 janvier 2021.

en droit
1.
1.1. Le recours est recevable contre les décisions finales, incidentes et provisionnelles de première instance qui ne peuvent pas faire l’objet d’un appel (art. 319 let. a CPC), les autres décisions et ordonnances d’instruction de première instance dans les cas prévus par la loi (art. 319 let. b ch. 1 CPC) ou lorsqu’elles peuvent causer un préjudice difficilement réparable (art. 319 let. b ch. 2 CPC) et le retard injustifié du tribunal (art. 319 let. c CPC).
En l’espèce, la Présidente a arrêté que la décision du 19 octobre 2020 constitue une ordonnance d’instruction qui ne peut faire l’objet d’un recours que pour autant qu’elle puisse causer un préjudice difficilement réparable (décision attaquée, ch. VII, p. 24).
Le recourant estime que ladite décision, du moins sur les objets contestée dans le cadre de son recours, tranche définitivement au fond deux créances compensatrices qu’il a soulevés en première instance. Il est ainsi pour lui douteux que la décision attaquée puisse être qualifiée d’ordonnance d’instruction (recours, ch. V., p. 2 s.).
Cette question sera abordée ci-après (infra consid. 2).
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1.2. La valeur litigieuse est de CHF 4'799.60, ce qui exclut la voie de l’appel (art. 308 al. 2 CPC).
1.3. Le délai de recours est de 30 jours (art. 321 al. 1 CPC). Il est de 10 jours pour les décisions prises en procédure sommaire et les ordonnances d’instruction, à moins que la loi n’en dispose autrement (art. 321 al. 2 CPC). Bien qu’il conteste que la décision attaquée soit une ordonnance d’instruction, le recourant a déposé son écrit le 2 novembre 2020, soit dans les 10 jours dès la notification survenue le 23 octobre 2020.