Decision ID: 20618cc3-fbef-4f13-b3e0-9b728dd8e224
Year: 2022
Language: fr
Court: FR_TC
Chamber: FR_TC_004
Canton: FR
Region: Espace_Mittelland
Law Area: civil_law

considérant en fait
A. Par décision du 30 janvier 2014, la Justice de paix de la Sarine (ci-après: la Justice de paix) a transformé la mesure de curatelle volontaire au sens de l'art. 394 aCC instituée en 1999 en faveur de A._, né en 1945, qui présente des troubles cognitifs sévères et dont la capacité de discernement est sévèrement limitée, en curatelle de représentation avec gestion du patrimoine au sens de l'art. 394 CC en lien avec l'art. 395 CC. Depuis l'institution de la curatelle, le mandat a été exercé par plusieurs curateurs successifs du Service des curatelles d'adultes de C._. Par décision de la Justice de paix du 16 décembre 2015, le fils de A._, B._, a été désigné à la fonction de curateur et exerce depuis lors ce mandat.
L'origine des multiples procédures introduites par B._, dont il sera fait l'économie ici de toutes les mentionner, a trait à des facturations prétendument illicites de la fondation D._ envers A._ durant son séjour auprès de l'établissement. L'on mentionnera tout de même, pour la bonne compréhension de la cause, que A._ et son épouse ont d'abord introduit une action en responsabilité contre l'Etat de Fribourg, dès lors que selon lui, le Service des curatelles d'adultes de C._ et la Justice de paix de la Sarine seraient impliqués dans des "malversations" dont aurait été victime A._. La Justice de paix a rejeté la demande d'autorisation de plaider formulée par B._ pour son père, rejet confirmé par le Tribunal cantonal le 18 juin 2019 (106 2019 18), puis par le Tribunal fédéral, le 23 décembre 2019 (5A_571/2019). En outre, par ordonnance du 24 mai 2019, le Ministère public a classé la procédure pénale introduite notamment contre la fondation D._ pour abus de confiance, escroquerie et gestion déloyale. Le 13 juin 2019, la Justice de paix a rejeté la demande d'autorisation de plaider déposée par B._ pour former un recours au Tribunal cantonal contre dite ordonnance de classement. Par arrêt du 16 décembre 2019 (502 2019 175), le Tribunal cantonal a déclaré irrecevable le recours que B._ a tout de même interjeté à l'encontre de l'ordonnance de classement. Le Tribunal fédéral en a fait de même le 28 avril 2020 (6B_70/2020).
B. Le 10 janvier 2020, la Présidente du Tribunal civil de la Sarine a accordé la mainlevée provisoire au commandement de payer no eee de l'Office des poursuites de la Sarine dirigé contre A._ à l'instance de la fondation D._ en lien avec la pension de A._ au sein de dite fondation pour les mois de janvier et février 2017, portant sur des sommes en capital de CHF 861.- et 558.- (état de faits résultant de l'arrêt de la Ie Cour d'appel civil du Tribunal cantonal du 1er avril 2020 [101 2020 64]).
Le 15 avril 2020, B._ a informé la Justice de paix avoir ouvert par-devant le Tribunal civil de la Sarine une action en reconnaissance de dette et une action en libération de dette en son nom et au nom de son père, A._. Auparavant, par décision du 4 février 2020, la Présidente du Tribunal civil de la Sarine avait ordonné la disjonction des causes, décision confirmée par la Ie Cour d'appel civil dans son arrêt du 1er avril 2020 (101 2020 64). B._ a dès lors informé la Justice de paix de son intention de retirer l'action en reconnaissance de dette déposée auprès du Tribunal civil de la Sarine pour la porter devant le Tribunal civil de la Gruyère, ne maintenant dans le district de la Sarine que son action en libération de dette.
Par courrier du 1er mai 2020, le Juge de paix de la Sarine a rappelé à B._ la teneur de l'art. 416 al. 1 ch. 9 et al. 2 CC et l'a prié de lui adresser, le cas échéant, une requête en bonne et due forme, laquelle ferait alors l'objet d'une décision.
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Le 11 mai 2020, B._ a sollicité de la Justice de paix qu'elle se prononce sur l'incapacité de discernement de son père et lui délivre, le cas échéant, une autorisation de plaider, son courrier du 15 avril 2020 devant être considéré comme une requête en ce sens.
Le 22 mai 2020, B._ a transmis à la Justice de paix le mémoire qu'il avait adressé au Tribunal civil de la Gruyère. En substance, il conclut à la reconnaissance d'une dette de CHF 52'213.- de la fondation D._ envers A._, estimant qu'en 2004, l'ancien curateur de son père avait payé, à tort, une facture illicite et illégitime à la fondation D._.
Le 10 août 2020, B._ a requis "l'instauration d'une autorité de substitution" en lieu et place de la Justice de paix.
Par décision du 16 septembre 2020, la Présidente du Tribunal civil de la Sarine a déclaré irrecevable l'action en libération de dette déposée le 1er février 2020 par A._ à l'encontre de la fondation D._, au motif qu'il n'avait pas établi avoir une pleine capacité de discernement et n'était pas au bénéfice d'une autorisation de plaider. Cette décision ne fait pas l'objet de la présente procédure de recours.
C. Par décision datée du 12 octobre 2020, envoyée le 21 février 2021, la Justice de paix a déclaré irrecevable la demande de récusation de la Justice de paix dans son ensemble ainsi que rejeté la demande d'autorisation de plaider formulée par B._ pour ouvrir action en reconnaissance de dette à l'encontre de la fondation D._, au nom et pour le compte de son père A._.
B._ ayant formé entre-temps un recours pour déni de justice, celui-ci a été traité en parallèle et la Cour de protection de l'enfant et de l'adulte a rendu son arrêt sur cette question le 23 mars 2021 (106 2021 11), arrêt confirmé par le Tribunal fédéral le 24 juin 2021 (5A_313/2021).
D. Par acte du 6 mars 2021, A._ a formé un recours contre la décision du 12 octobre 2020. Il formule diverses conclusions, soit que le Président du Tribunal civil de la Gruyère procède dans les meilleurs délais à la convocation pour la conciliation, que la décision attaquée soit annulée, une autorisation de plaider lui étant délivrée, à défaut sommer la DSAS (Direction de la santé et des affaires sociales) de produire une facturation définitive et, enfin, à défaut, annuler la décision attaquée au motif de la partialité du Juge de paix et décider de l'une des options suivantes, à savoir le libérer de l'obligation de requérir le consentement de l'autorité tutélaire, nommer une autorité de substitution pour rédiger une nouvelle décision ou octroyer l'autorisation pour la conciliation devant le Président du Tribunal civil de la Gruyère.
La Justice de paix s'est déterminée le 12 mars 2021, indiquant n'avoir pas de remarques particulières à formuler.
Le 14 juin 2021, A._ a informé la Cour d'échanges de vues entre lui et la Justice de paix, l'issue de ceux-ci pouvant avoir une influence sur la suite de la procédure. Il est ressorti de ces échanges que le Président du Tribunal civil de la Gruyère avait délivré à A._ l'autorisation de procéder pour ouvrir action au fond.
Par courrier du 4 août 2021, le Juge délégué de la Cour, au vu du contenu résultant des échanges d'écritures entre B._ et la Justice de paix, a imparti à ce dernier un délai pour lui indiquer s'il maintenait son recours, question à laquelle il a répondu positivement le 19 août 2021. Par courrier du 25 août 2021, la Justice de paix a indiqué ne pas reconsidérer sa décision du 12 octobre 2020.
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Le 31 août 2021, B._ a adressé à la Cour une copie du mémoire au fond relatif à l'action en reconnaissance de dette qu'il a déposée auprès du Tribunal civil de la Gruyère.
Le 1er mars 2022, B._ a déposé à la Cour une détermination complémentaire. Il fait notamment référence à un arrêt de la IIIe Cour administrative du Tribunal cantonal (ci-après: la IIIe Cour administrative) du 5 novembre 2021 (603 2021 54) ainsi qu'à l'arrêt du Tribunal fédéral rendu suite au recours interjeté, le 27 janvier 2022 (arrêt TF 8C_807/2021).

en droit
1.
1.1. Selon l'art. 8 de la loi du 15 juin 2012 concernant la protection de l'enfant et de l'adulte (LPEA), le Tribunal cantonal connaît des recours contre les décisions rendues par l'autorité de protection – soit la Justice de paix (art. 2 al. 1 LPEA) – ou par son président ou sa présidente. La Cour de protection de l'enfant et de l'adulte (ci-après: la Cour; art. 14 al. 1 let. c du Règlement du Tribunal cantonal du 22 novembre 2012 précisant son organisation et son fonctionnement [RTC]) est compétente pour statuer.
1.2. En l'absence de dispositions cantonales contraires, les dispositions de la procédure civile s'appliquent par analogie (art. 450f CC).