Decision ID: 9eff822d-fb88-5f80-b38c-8366c896f3e3
Year: 2017
Language: fr
Court: FR_TC
Chamber: FR_TC_001
Canton: FR
Region: Espace_Mittelland
Law Area: civil_law

considérant en fait
A. Le 15 novembre 2013, la société A._ Sàrl a déposé auprès du Président du Tribunal civil de la Broye (ci-après: le Président) une requête de mesures superprovisionnelles et de mesures provisionnelles contre B._ et C._, concluant à ce qu’ordre soit donné au Conservateur du Registre foncier de la Broye d’inscrire provisoirement en sa faveur, à charge de l’art. ddd du Registre foncier de la Broye, commune de E._, copropriété de B._ et C._ à raison d’une demie chacun, une hypothèque légale des artisans et entrepreneurs d’un montant de CHF 94'826.46, avec intérêts à 5% l’an dès le 15 novembre 2013 (10 2013 987, pces 1 s.).
Par décision de mesures superprovisionnelles du 18 novembre 2013, le Président a fait droit à cette requête. Après le dépôt de la détermination des époux B._ et C._ le 9 décembre 2013, concluant au rejet de la requête de mesures provisionnelles, et après avoir entendu les parties en séance du 29 avril 2014, il a rejeté la requête de mesures provisionnelles le 11 juin 2014 et ordonné au Conservateur du Registre foncier de la Broye de procéder à la radiation de l’hypothèque légale inscrite à titre superprovisionnel (10 2013 987, pces 3, 10 ss, 27 ss, 69 ss).
Saisi d’un appel de A._ Sàrl contre la décision du 11 juin 2014, le Tribunal cantonal a, par arrêt du 22 octobre 2014, admis le pourvoi, confirmé l’inscription provisoire de l’hypothèque légale et imparti un délai de 30 jours à cette société pour ouvrir action au fond (101 2014 167).
B. Par mémoire du 21 novembre 2014 déposé auprès du Tribunal civil de l’arrondissement de la Broye (ci-après: le Tribunal), A._ Sàrl a notamment requis, sous suite de frais, qu’ordre soit donné au Conservateur du Registre foncier de la Broye de procéder à l’inscription définitive de l’hypothèque légale des artisans et entrepreneurs déjà inscrite provisoirement (15 2014 70, pces 1 ss).
B._ et C._ ont conclu au rejet de cette demande le 23 avril 2015 et notamment à ce qu’ordre soit donné au Conservateur du Registre foncier de la Broye de radier l’hypothèque légale inscrite provisoirement sur leur propriété (15 2014 70, pces 44 ss).
Lors de l’audience du 24 novembre 2015, le Tribunal a rendu une ordonnance de preuves qui prévoit que la société A._ Sàrl établira les faits dont il ressort qu’elle remplit les conditions d’inscription d’une hypothèque légale des artisans et entrepreneurs à l’égard des époux B._ et C._ d’un montant de CHF 94'826.46, plus intérêts à 5% l’an dès le 15 novembre 2013, à savoir notamment qu’elle est un artisan ou un entrepreneur au sens de l’art. 837 al. 1 ch. 3 CC, qu’elle a fourni des prestations matérielles sur l’immeuble sis sur l’art. ddd du Registre foncier de la commune de E._ à hauteur de CHF 94'826.46 et qu’elle a agi dans le délai de péremption de l’art. 839 al. 2 CC, admettant les défendeurs à la contre-preuve. En vue de simplifier le procès, le Président a en outre ordonné la division de la cause et limité dans un premier temps l’objet aux questions de savoir si, eu égard à la nature du contrat qui la liait à B._ et C._, la société A._ Sàrl avait la qualité d’artisan et d’entrepreneur au sens de l’art. 837 al. 1 ch. 3 CC et si le délai péremptoire de quatre mois avait été respecté. Les parties ont été entendues. Le témoin F._, responsable de l’agence G._ qui a financé la construction de la villa, a également été interrogé. Au terme de l’audience, la procédure
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probatoire a été close, sous réserve de la production de diverses pièces, dont l’exemplaire original du contrat d’entreprise générale conclu entre les parties le 20 novembre 2012 (15 2014 70, pces 92 ss).
Le 22 décembre 2015, le Président a ordonné la réouverture de la procédure probatoire afin de faire expertiser l’authenticité des paraphes de B._ et C._ au bas de la page 5 du contrat d’entreprise générale produit le 3 décembre 2015. Du rapport d’expertise déposé le 18 janvier 2016, il ressort que les paraphes n’ont pas été apposés par les époux, mais qu’ils ont été imprimés au moyen d’un système électrophotographique couleur, comme par exemple une imprimante laser ou une photocopieuse. Les paraphes sont une reproduction de ceux apposés en original sur la 1ère page du descriptif pour la construction daté du 18 décembre 2012 (15 2014 70, pces 120 ss, en particulier pce 130). Après avoir reçu les déterminations des parties sur ledit rapport, le Président a prononcé la clôture de la procédure probatoire le 2 février 2016 (15 2014 70, pces 140 ss).
Par décision du 5 février 2016, le Tribunal a rejeté la demande en inscription définitive d’une hypothèque légale des artisans et entrepreneurs, ordonné la radiation de l’hypothèque légale inscrite provisoirement et mis les frais à la charge de A._ Sàrl (15 2014 70, pces 162 ss).
C. Le 18 août 2016, la société précitée a interjeté appel contre cette décision. Elle conclut, sous suite de frais, à l’admission de l’appel, à l’annulation de la décision attaquée et à la réforme de celle-ci en ce sens que sa légitimité, respectivement sa qualité pour agir en inscription définitive de l’hypothèque légale d’artisans et entrepreneurs au sens des art. 839 ss CC est admise, au renvoi de la cause à l’instance inférieure dans une composition différente pour instruction et nouveau jugement au sens des considérants.
Dans leur réponse du 8 février 2017, B._ et C._ concluent, également sous suite de frais, au rejet de l’appel.

en droit
1. a) L’appel est recevable contre les décisions finales et les décisions incidentes de première instance ainsi que contre les décisions de première instance sur les mesures provisionnelles. Dans les affaires patrimoniales, l’appel est recevable si la valeur litigieuse au dernier état des conclusions est de CHF 10'000.- au moins (art. 308 al. 1 et 2 CPC).
En application de l’art. 91 al. 1 CPC, la valeur litigieuse du cas d’espèce est de CHF 94'826.46. L’appel contre la décision attaquée est ainsi recevable.
Par ailleurs, la valeur litigieuse déterminante pour recourir au Tribunal fédéral est la même, de sorte que le recours en matière civile est ouvert contre le présent arrêt (art. 74 al. 1 let. b LTF).