Decision ID: 87a0f477-b28c-4c99-a394-eb996236a3d1
Year: 2017
Language: fr
Court: VD_TC
Chamber: VD_TC_010
Canton: VD
Region: Région lémanique
Law Area: 

En fait :
A.
Par décision finale du 23 février 2016, adressée pour notification aux parties le 4 avril 2016, la Juge de paix du district de la Broye-Vully (ci-après : juge de paix) a rejeté les conclusions de la demande déposée le 22 octobre 2015 par R._ Sàrl contre D._ (I), a déclaré la poursuite n° [...] de l’Office des poursuites de la Broye-Vully sans fondement (II), a arrêté les frais judiciaires à 720 fr., sous réserve d’une demande de motivation qui les augmenterait à 900 fr., ceux-ci étant compensés avec l’avance de frais de la demanderesse (III), a mis les frais à la charge de la demanderesse (IV), n’a pas alloué de dépens (V) et a rejeté toutes autres et plus amples conclusions (VI).
Au pied de cette décision qui n’était pas motivée, figure l’indication que les parties peuvent requérir la motivation de la décision dans un délai de dix jours dès la réception du dispositif de la décision, à défaut de quoi celle-ci deviendra définitive.
B.
Par acte du 19 décembre 2016, R._ Sàrl a recouru contre la décision précitée. A l’appui de son recours, elle a produit onze pièces sous bordereau.
Il n’a pas été ordonné d’échange d’écritures.
C.
La Chambre des recours civile retient les faits suivants :
Par requête simplifiée déposé le 22 octobre 2015 devant le juge de paix, R._ Sàrl, représentée par son directeur P._, a conclu, sous suite de frais et dépens que D._ était son débiteur et lui devait paiement immédiat de la somme de 8'000 fr. plus intérêts à 5 % dès le 1
er
novembre 2013 et que l’opposition au commandement de payer dans la poursuite n° [...] de l’Office des poursuites du district de la Broye-Vully était nulle et non avenue.
Par réponse du 4 janvier 2016, D._ a conclu au rejet des conclusions de la requête.
La demanderesse a déposé une réplique.
Lors de l’audience d’instruction et de jugement qui s’est tenue le 23 février 2016, les deux parties ont été entendues. Tentée, la conciliation n’a pas abouti.
Le 4 avril 2016, le juge de paix a adressé le dispositif de la décision pour notification aux parties.
Par courrier recommandé du 11 avril 2016, la demanderesse a requis la motivation de la décision.
Par avis du 19 avril 2016, le juge de paix a informé le défendeur que motivation avait été requise.
Par courrier recommandé du 27 octobre 2016, la demanderesse s’est étonnée de n’avoir pas reçu la motivation de la décision et a requis de la recevoir.

En droit :
1.
1.1
Selon l’art. 319 let. a CPC, le recours est ouvert notamment contre les décisions finales de première instance qui ne peuvent pas faire l’objet d’un appel.
Tel est le cas en l’espèce, s’agissant d’un jugement final rendu dans une cause pécuniaire dont la valeur litigieuse est inférieure à 10'000 fr. (art. 308 al. 2 CPC).
1.2
Une décision finale rendue en application de l’art. 236 CPC (Code de procédure civile du 19 décembre 2008 ; RS 272) peut ne pas être motivée (art. 239 al. 1 CPC). Une motivation écrite est notifiée aux parties, à la demande de l’une d’elles, formée dans les dix jours dès la communication de la décision ; à défaut, les parties sont considérées avoir renoncé au recours (art. 239 al. 2 CPC).
Un recours prématuré dirigé contre le dispositif d’une décision non encore motivée doit être considéré comme une demande de motivation valable, pour autant qu’il ait été déposé en temps utile (Tappy, CPC commenté, 2011, n. 15 ad art. 239 CPC).
1.3
En l’espèce, la décision attaquée indique que la motivation peut être demandée dans un délai de dix jours dès la réception du dispositif. La recourante a requis la motivation dans le délai imparti. Le premier juge n’ayant pas encore notifié aux parties la motivation requise, le recours de R._ Sàrl est prématuré. La recourante ne formule aucun grief recevable au sujet du temps écoulé depuis la demande de motivation, mais la Cour de céans doit constater d’office que ce délai pour rendre une décision motivée est trop long. La Juge de paix du district de la Broye-Vully doit par conséquent être invitée à rendre dans les meilleurs délais une décision motivée sur la base du dispositif communiqué aux parties le 4 avril 2016.
2.
Au vu de ce qui précède, le recours est irrecevable.
L’arrêt peut être rendu sans frais judiciaires de deuxième instance (art. 11 TFJC [tarif du 28 septembre 2010 des frais judiciaires civils ; RSV 270.11.5]).