Decision ID: 4a50fcf7-3bae-5673-9a8f-4a21cf1d8d29
Year: 2019
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_013
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: public_law

attendu, en fait, que Mme A_ conteste l’existence d’un motif fondé de résiliation et reproche aux intimés de ne pas avoir conduit la procédure de reclassement conformément aux exigences légales, son non-reclassement au sein des HUG malgré les opportunités et le besoin de personnel dénotant une volonté manifeste de l’évincer ;
qu’elle conclut ainsi, « avec dépens », principalement, à la constatation que la résiliation des rapports de service ne repose sur aucun motif fondé et à sa réintégration, subsidiairement à ce que la chambre administrative propose sa réintégration au poste d’aide-soignante et, en cas de refus des HUG, condamne ces derniers à lui verser une indemnité de CHF 59’084.- brut correspondant à douze mois de son dernier traitement, avec intérêt à 5 % l’an dès le 28 février 2019 ;

considérant, en droit, qu’aux termes de l’art. 66 de la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 1985 (LPA -
E 5 10
), sauf disposition légale contraire, le recours a effet suspensif à moins que l’autorité qui a pris la décision attaquée n’ait ordonné l’exécution nonobstant recours (al. 1) ; que toutefois, lorsque aucun intérêt public ou privé prépondérant ne s’y oppose, la juridiction de recours peut, sur la demande de la partie dont les intérêts sont gravement menacés, retirer ou restituer l’effet suspensif (al. 3) ;
qu’en vertu de l’art. 21 LPA, l’autorité peut d’office ou sur requête ordonner des mesures provisionnelles en exigeant au besoin des sûretés (al. 1) ; que ces mesures sont ordonnées par le président s’il s’agit d’une autorité collégiale ou d’une juridiction administrative (al. 2) ;
que selon la jurisprudence constante de la chambre administrative, des mesures provisionnelles – au nombre desquelles compte la restitution de l’effet suspensif – ne sont légitimes que si elles s’avèrent indispensables au maintien d’un état de fait ou à la sauvegarde d’intérêts compromis (ATF
119 V 503
consid. 3 ;
ATA/503/2018
du 23 mai 2018 ;
ATA/955/2016
du 9 novembre 2016 consid. 4 ;
ATA/1244/2015
du 17 novembre 2015 consid. 2) ; qu’elles ne sauraient, en principe, anticiper le jugement définitif (Isabelle HÄNER, Vorsorgliche Massnahmen in Verwaltungsverfahren und Verwaltungsprozess in RDS
1997 II 253
-420, spéc. 265) ;
que, par ailleurs, l’octroi de mesures provisionnelles présuppose l’urgence, à savoir que le refus de les ordonner crée pour l’intéressé la menace d’un dommage difficile à réparer (ATF
130 II 149
consid. 2.2 ;
127 II 132
consid. 3 = RDAF
2002 I 405
;
ATA/941/2018
du 18 septembre 2018) ;
que la restitution de l’effet suspensif est subordonnée à l’existence de justes motifs, qui résident dans un intérêt public ou privé prépondérant à l’absence d’exécution immédiate de la décision (arrêt du Tribunal fédéral
2C_1161/2013
du 27 février 2014 consid. 5.5.1) ;
que pour effectuer la pesée des intérêts en présence qu’un tel examen implique, l’autorité de recours n’est pas tenue de procéder à des investigations supplémentaires, mais peut statuer sur la base des pièces en sa possession (ATF
117 V 185
consid. 2b ; arrêt du Tribunal fédéral
1C_435/2008
du 6 février 2009 consid. 2.3 et les arrêts cités ;
ATA/812/2018
du 8 août 2018) ;
que la chambre de céans dispose dans l’octroi de mesures provisionnelles d’un large pouvoir d’appréciation (arrêt du Tribunal fédéral
2C_1161/2013
précité consid. 5.5.1 ;
ATA/941/2018
précité) ;
qu’en l’espèce, la recourante n’expose pas en quoi, à défaut de restitution de l’effet suspensif à son recours dirigé contre la décision de résiliation des rapports de service, ses intérêts seraient gravement menacés ;
que contrairement à ce qu’elle semble croire, la non-restitution de l’effet suspensif n’exclurait pas en soi son éventuelle réintégration au sein des HUG si la chambre de céans devait considérer que la résiliation des rapports de service ne repose pas sur un motif fondé (art. 31 al. 2 de la loi générale relative au personnel de l’administration cantonale, du pouvoir judiciaire et des établissements publics médicaux du 4 décembre 1997 - LPAC -
B 5 05
) ;
qu’en outre, aucun élément du dossier ne permet de retenir que la recourante aurait la capacité de rembourser les traitements perçus en cas de confirmation de la décision querellée, ce qu’elle ne soutient d’ailleurs pas ;
qu’en revanche, les HUG seraient à même de verser les montants qui seraient mis à sa charge en cas d’issue favorable pour celle-là ;
qu’ainsi, conformément à la jurisprudence de la chambre de céans, l’intérêt privé de la recourante à conserver son activité professionnelle et les revenus y relatifs doit céder le pas à l’intérêt public à la préservation des finances de l’État (
ATA/941/2018
précité ;
ATA/826/2018
du 15 août 2018) ;
qu’ainsi l’intérêt des HUG à l’exécution immédiate de la décision querellée l’emporte sur celui de la recourante à obtenir la restitution de l’effet suspensif ;
que par ailleurs, l’admission de la requête reviendrait à maintenir les rapports de service, soit à donner suite de manière anticipée aux conclusions prises par la recourante ;
que, partant, la requête de restitution de l’effet suspensif sera rejetée, le sort des frais de la procédure étant réservé jusqu’à droit jugé au fond.