Decision ID: 28841169-b602-560b-a1e8-45d6a0f56c65
Year: 2022
Language: fr
Court: FR_TC
Chamber: FR_TC_005
Canton: FR
Region: Espace_Mittelland
Law Area: penal_law

considérant en fait
A. Par ordonnance pénale du 23 septembre 2021, le Ministère public a reconnu A._ coupable de lésions corporelles simples, d’injure (altercation avec sa mère du 2 février 2021) et de délit à la loi fédérale sur les armes (vente sans droit d’un couteau à lame symétrique de moins de 30 cm, vers Noël 2020). Il l’a condamné à une peine pécuniaire de 90 jours-amende, à CHF 30.- le jour, avec sursis pendant cinq ans et à une amende de CHF 600.-. Il a renoncé à révoquer le sursis assortissant la condamnation du 23 septembre 2019 et a mis les frais de la procédure à la charge du prévenu.
Le prévenu n’a pas retiré le pli recommandé contenant l’ordonnance pénale, qui a été retourné à l’autorité le 7 octobre 2021 avec la mention « non réclamé » ou « refusé ». Le 26 octobre 2021, le Procureur lui a transmis l’ordonnance pénale, sous pli simple, pour information, lui précisant que celle-ci était considérée comme valablement notifiée à l’échéance du délai de garde de sept jours et que le délai pour former opposition courait à partir de ce moment.
Par courriel du 27 octobre 2021, le prévenu a transmis son opposition au Procureur et l’a informé qu’elle lui parviendrait le lendemain par voie postale. Le Procureur l’a informé par courriel retour qu’une telle opposition ne respectait pas les exigences de forme et a en outre attiré son attention sur sa tardiveté.
Le 28 octobre 2021, le prévenu a déposé son opposition directement auprès de l’autorité. Il indiquait qu’il n’avait pas eu connaissance de l’ordonnance pénale avant, que sa boîte aux lettres avait été plusieurs fois « vidée intentionnellement de son contenu », qu’il commençait à se remettre d’une profonde dépression ayant débuté en septembre et qu’il était pour cette raison en arrêt de travail depuis le 19 août 2021. Pour le surplus, il plaidait le fond de la cause. Il a, à nouveau, transmis son opposition par courriel du 28 octobre 2021, avec des certificats médicaux.
Le 3 novembre 2021, soutenant que l’opposition était tardive, le Procureur a exprimé son intention de transmettre la cause au Juge de police de l’arrondissement de la Sarine (ci-après: le Juge de police), pour que celui-ci statue sur la validité de l’opposition. Il a rappelé au prévenu la possibilité de demander la restitution du délai d’opposition.
La cause a été effectivement transmise au Juge de police le 5 novembre 2021.
Le 5 novembre 2021, le prévenu s’est adressé au Juge de police et lui a transmis des certificats médicaux.
Par courrier du 13 décembre 2021 envoyé en recommandé, le Juge de police a invité le prévenu à se déterminer. Ce pli n’ayant pas été retiré, il a finalement pu être remis en mains du prévenu le 28 décembre 2021, accompagné d’une copie de l’accusé de réception. Par courrier du 29 décembre 2021, le prévenu a déposé ses déterminations, invoquant des vols dans sa boîte aux lettres, sa dépression ainsi que l’éventualité que l’avis de retrait, glissé entre plusieurs publicités, lui ait échappé.
B. Par ordonnance du 3 janvier 2022, constatant la tardiveté de l’opposition, le Juge de police l’a déclarée irrecevable. Il a renoncé exceptionnellement à percevoir des frais de procédure.
C. Le 17 janvier 2022, A._ a interjeté recours de l’ordonnance précitée.
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D. Le 25 janvier 2022, le Ministère public a indiqué faire sienne la motivation de la décision contestée, précisant qu’au vu du contenu de l’opposition, celle-ci devrait aussi être considérée comme une demande de restitution de délai, ce qu’il examinera une fois la question de la validité de l’opposition définitivement tranchée.
Par courrier du 25 janvier 2022, le Juge de police a indiqué qu’il renonçait à se déterminer.
Par courrier daté du 2 février 2022, le recourant a annoncé que sa médecin transmettra des renseignements médicaux.
Le 23 février 2022, la Dresse B._ a transmis son rapport médical.

en droit
1.
1.1. Le prononcé par lequel un tribunal de première instance – le Juge de police dans le canton de Fribourg (art. 75 al. 2 let. b loi sur la justice [LJ]) – statuant sur la validité de l'opposition formée par le prévenu contre une ordonnance pénale rendue par le ministère public (cf. art. 356 al. 2 CPP), déclare l'opposition irrecevable est susceptible de recours selon l’art. 393 al. 1 let. b CPP (CR /KILLIAS, 2e éd. 2019, art. 356, n. 5).