Decision ID: 49198b6c-20bb-5823-9b0a-ab3a8013e97a
Year: 2021
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_002
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law

EN FAIT
A.
Par jugement
JTPI/3874/2021
du 19 mars 2021, reçu par A_ le 25 mars 2021, le Tribunal de première instance, statuant par voie de procédure sommaire, a prononcé la mainlevée provisoire de l'opposition formée par ce dernier au commandement de payer, poursuite n° 1_, à hauteur de 49'278 fr. 40 (ch. 1), l'a condamné à verser à l'ETAT DE GENEVE, soit pour lui le Service cantonal d'avance et de recouvrement des pensions alimentaire (ci-après : SCARPA) 400 fr. au titre des frais judiciaires (ch. 2 du dispositif) et a débouté les parties de toutes autres conclusions (ch. 3).
B. a.
Le 6 avril 2021, A_ a formé recours contre ce jugement, concluant à ce que la Cour l'annule et déboute sa partie adverse de toutes ses conclusions.
Il a produit une pièce nouvelle.
b.
Le SCARPA a conclu au rejet du recours.
c.
A_ a dupliqué et persisté dans ses conclusions.
d.
Les parties ont été informées le 12 octobre 2021 de ce que la cause était gardée à juger.
C.
Les faits pertinents suivants résultent du dossier.
a.
Le 13 juillet 2020, le Tribunal a ordonné, à la demande du SCARPA, le séquestre du compte bancaire de A_ auprès de la Banque B_, à hauteur de 49'278 fr. 40 pour une créance résultant de treize actes de défaut de biens après saisie rendus entre 2001 et 2007.
b.
Le 12 août 2020, un commandement de payer, poursuite n° 1_, a été notifié par le SCARPA à A_, portant sur le montant de
49'278 fr. 40 au titre des actes de défaut de biens précités.
A_ y a formé opposition.
c.
Le 27 août 2020, le SCARPA a requis la mainlevée provisoire de cette opposition.
d.
Lors de l'audience du Tribunal du 22 janvier 2021, A_ a conclu au déboutement de sa partie adverse de toutes ses conclusions, faisant valoir qu'il contestait les montants réclamés.
Le SCARPA n'était ni présent ni représenté.
Le Tribunal a gardé la cause à juger à l'issue de l'audience.

EN DROIT
1.
1.1
S'agissant d'une procédure de mainlevée, seule la voie du recours est ouverte (art. 319 let. b et 309 let. b ch. 3 CPC). La procédure sommaire s'applique (art. 251 let. a CPC).
1.2
Le recours, écrit et motivé, doit être introduit auprès de l'instance de recours dans les dix jours à compter de la notification de la décision motivée (art. 251 let. a CPC et 321 al. 1 et 2 CPC).
En l'espèce, le recours a été interjeté dans le délai légal et selon la forme prescrite. Il est donc recevable.
1.3
Dans le cadre d'un recours, l'autorité a un plein pouvoir d'examen en droit, mais un pouvoir limité à l'arbitraire en fait (art. 320 CPC; Hohl, Procédure civile, Tome II, 2
e
éd., 2010, n. 2307).
2.
Selon l'art. 326 al. 1 CPC, les conclusions, allégations de faits et preuves nouvelles sont irrecevables dans le cadre d'un recours.
La pièce nouvelle déposée par le recourant est dès lors irrecevable.
3.
Le Tribunal a considéré que les actes de défaut de biens produits par l'intimé étaient des titres de mainlevée provisoire de l'opposition formée au commandement de payer.
Le recourant fait valoir que le Tribunal a prononcé à tort la mainlevéede l'opposition car les sommes séquestrées sur son compte bancaire étaient des montants versés à titre rétroactif par le Service des prestations complémentaires.
3.1
Le créancier dont la poursuite se fonde sur une reconnaissance de dette constatée par acte authentique ou sous seing privé peut requérir la mainlevée provisoire (art. 82 al. 1 LP). Le juge la prononce si le débiteur ne rend pas immédiatement vraisemblable sa libération (art. 82 al. 2 LP).
Selon l'art. 149 al. 2 LP, l'acte de défaut de bien après saisie vaut comme reconnaissance de dette dans le sens de l'art. 82 LP.
3.2
En l'espèce, le recourant fait valoir pour la première fois devant la Cour que le séquestre a porté sur des montants rétroactifs de prestations complémentaires qui sont insaisissables.
Cet allégué de fait nouveau est irrecevable car tardif.
En tout état de cause, la question de savoir si le débiteur possède des biens saisissables n'a pas à être examinée par le juge de la mainlevée.
Il s'agit d'une question d'exécution de la poursuite, qui est de la compétence de l'autorité de surveillance, laquelle peut être saisie par la voie de la plainte de l'art. 17 LP (Dalleves, Commentaire romand, n. 8 ad art. 17 LP).
Le recours doit par conséquent être rejeté.
4.
Les frais judiciaires de recours, arrêtés à 600 fr. (art. 48 et 61 OELP) et compensés avec l'avance versée, seront laissés à la charge du recourant, qui succombe (art. 106 al. 1 et 111 CPC).
Il n'y a pas lieu d'allouer de dépens à l'intimé qui plaide en personne et qui n'a pas effectué de démarches justifiant leur allocation (art. 95 al. 3 let. c CPC).
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