Decision ID: 1c14fc3a-c320-51bc-8a64-b0b5b483bb9b
Year: 2021
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_001
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law

EN FAIT
A.
a)
C_, né le _ 1972 à D_ (E_/Afrique du Sud), ressortissant des Pays-Bas et A_, née le _ 1977 à F_ (Genève), originaire de G_ (Genève), ont contracté mariage le _ 2007 à G_ (Genève).
C_ exerçait la profession de _. Ayant récemment perdu son emploi, il a débuté une formation afin de devenir fraiseur et de pouvoir se reconvertir professionnellement.
A_ travaille à plein temps pour la société H_
b)
A_ ne pouvant mener à terme une grossesse, le couple a décidé de recourir à une fécondation
in vitro
et à une mère porteuse aux Etats-Unis. Le _ 2015 est née, en I_ (Etats-Unis), l'enfant J_, laquelle a été inscrite aux Etats-Unis, puis auprès de l'état civil à Genève, comme étant la fille des époux A/C_. Elle est originaire de G_ (Genève).
c)
Ces derniers souhaitant accueillir un second enfant, ils ont une nouvelle fois recouru à une fécondation
in vitro
et à une mère porteuse aux Etats-Unis. Le _ 2018 est né, en I_ (Etats-Unis), l'enfant B_. Sur l'acte de naissance de ce dernier, délivré aux Etats-Unis, C_ a été inscrit comme étant le père et A_ comme étant la mère. A Genève, l'enfant a toutefois été enregistré auprès de l'état civil comme étant le fils du seul C_, A_ n'ayant pas pu présenter une attestation de son gynécologue confirmant qu'elle avait porté l'enfant. B_ est actuellement ressortissant, selon les documents produits, soit des Pays-Bas, soit des Etats-Unis.
B.
a)
Par requête adressée à la Cour de justice le 18 décembre 2019, A_ a demandé à pouvoir adopter l'enfant B_, exposant les circonstances de sa naissance.
b)
Par courrier du même jour, C_ a déclaré consentir à l'adoption de l'enfant B_ par son épouse, souhaitant qu'elle ait, à l'égard du mineur, les mêmes droits que lui. Les époux A/C_ ont par ailleurs indiqué souhaiter que sur tous les documents officiels l'enfant puisse porter les prénoms et nom suivants: B_.
c)
Une enquête psycho-sociale a été effectuée par le Service d'autorisation et de surveillance des lieux de placement et le rapport rendu le 14 décembre 2020.
Il en ressort que A_ partage la vie de l'enfant B_ depuis la naissance de celui-ci; tous deux sont liés par un fort lien d'attachement. Elle assume, au même titre que son époux, les soins et les diverses tâches éducatives à l'égard tant de J_ que de B_. Tous quatre forment d'ores et déjà une famille et l'adoption ne ferait qu'officialiser les liens déjà existants, ce d'autant plus que B_, tout comme J_, a été conçu grâce au matériel génétique des époux A/C_.

EN DROIT
1.
1.1
La cause présente des éléments d'extranéité en raison de la nationalité étrangère de l'enfant.
Les règles de la LDIP s'appliquent, aucune convention internationale n'entrant en considération, dans la mesure où l'enfant n'a pas été déplacé en Suisse dans le but d'y être adopté.
1.2
L'adoption est prononcée par l'autorité judiciaire ou administrative suisse du domicile de l'adoptant ou des époux adoptants (art. 75 al. 1 LDIP).
En l'espèce, l'adoptante, tout comme le mineur, est domiciliée à Genève.
La Chambre civile de la Cour de justice est par conséquent compétente, tant
ratione loci
que
ratione materiae
(art. 268 al. 1 CC et art. 120 al. 1 let. c LOJ).
2.
2.1
En application de l'art. 77 al. 1 LDIP, les conditions d'une adoption prononcée en Suisse sont régies par le droit suisse, soit les art. 264 ss CC.
La requérante a fourni des soins et pourvu de manière appropriée à l'éducation de l'enfant depuis la naissance de celui-ci, soit depuis le _ 2018, de sorte que la condition de la période minimale exigée par l'art. 264 al. 1 CC est remplie.
Une personne peut adopter l'enfant de son conjoint, à condition que le couple fasse ménage commun depuis au moins trois ans (art. 264c al. 1 ch. 1 et al. 2 CC), ce qui est le cas en l'espèce, les époux A/C_ faisant à tout le moins ménage commun depuis leur mariage, célébré en 2007.
La condition de l'écart d'âge maximum de 45 ans, imposée par l'art. 264d al. 1 CC, est également remplie, puisque 41 ans séparent l'adoptante de l'adopté.
C_ a déclaré soutenir la requête d'adoption formée par son épouse et il ressort du rapport psycho-social d'enquête, exigé par l'art. 268a CC, que le prononcé de celle-ci sert l'intérêt du mineur. Les époux A/C_ forment en effet d'ores et déjà une famille avec leurs deux enfants, et rien ne justifie le statut différent actuel des mineurs. Le prononcé de l'adoption permettra de créer une double filiation pour l'enfant B_ et donnera un statut légal à un lien d'ores et déjà existant dans les faits.
L'adoption sera dès lors prononcée.
Conformément à l'art. 267 al. 3 CC, les liens de filiation ne sont pas rompus avec C_.
Le prononcé de l'adoption n'aura aucun effet sur les prénoms et nom de l'enfant, qui s'appelle d'ores et déjà B_.
2.2
L'enfant étranger mineur acquiert, par l'adoption plénière par un citoyen suisse, la nationalité suisse (art. 4 LN).
L'adopté sera par conséquent originaire de G_ (Genève).
3.
Les frais de la procédure, arrêtés à 1'000 fr., sont mis à la charge de la requérante; ils sont entièrement couverts par l'avance de frais de même montant, laquelle est acquise à l'Etat (art. 2 RTFMC; art. 98, 101 et 111 CPC).
* * * * *