Decision ID: 92b8f881-5134-5a76-bbd1-1db13cd6a2c3
Year: 2015
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_005
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 

EN FAIT
A.
Le 12 décembre 2014, A_ (ci-après : le recourant) a sollicité l'extension de l'assistance juridique dont il avait bénéficié en première instance, pour former appel contre un jugement
JTPI/15457/2014
rendu le 2 décembre 2014 par le Tribunal de première instance.
B. a.
Par décision prononcée le 14 janvier 2015, notifiée le 19 janvier 2015 en mains de l'avocate du recourant, le Vice-président du Tribunal civil a rejeté cette requête d'extension, au motif que les chances de succès de l'appel envisagé paraissaient faibles, voire inexistantes.
b.
Au bas de cette décision, il est indiqué que celle-ci peut faire l'objet d'un recours auprès de la Présidence de la Cour de justice dans un délai de 30 jours dès sa notification.
C. a.
Recours est formé contre cette décision, par acte expédié le 13 février 2015 à la Présidence de la Cour de justice. Le recourant, représenté par son avocate, conclut à l'octroi de l'assistance juridique pour l'appel susmentionné.
b.
Le Vice-président du Tribunal civil a renoncé à formuler des observations.

EN DROIT
1.
1.1.
La décision entreprise, rendue en procédure sommaire (art. 119 al. 3 CPC), est sujette à recours auprès du président de la Cour de justice en tant qu'elle refuse l'assistance juridique (art. 121 CPC et art. 21 al. 3 LaCC), compétence déléguée au vice-président soussigné (art. 29 al. 5 LOJ ; arrêt du Tribunal fédéral
2D_6/2012
du 31 juillet 2012 consid. 2). ![endif]>![if>
Le recours, écrit et motivé, est introduit auprès de l'instance de recours (art. 321 al. 1 CPC) dans un délai de dix jours (art. 321 al. 2 CPC et 11 RAJ).
En l'espèce, l'indication d'un délai de recours de 30 jours dans la décision querellée est donc erronée.
1.2.
On déduit du principe général de la bonne foi, consacré à l'art. 5 al. 3 Cst., que les parties ne doivent subir aucun préjudice en raison d'une indication inexacte des voies de droit. Seul peut toutefois bénéficier de la protection de la bonne foi celui qui ne pouvait pas constater l'inexactitude de la voie de droit indiquée, même avec la diligence qu'on pouvait attendre de lui. Seule une négligence procédurale grossière peut faire échec à la protection de la bonne foi. Celle-ci cesse uniquement si une partie ou son avocat aurait pu se rendre compte de l'inexactitude de l'indication des voies de droit en lisant simplement la législation applicable. En revanche, il n'est pas attendu d'eux qu'outre les textes de loi, ils consultent encore la jurisprudence ou la doctrine y relatives. Déterminer si la négligence commise est grossière s'apprécie selon les circonstances concrètes et les connaissances juridiques de la personne en cause. Les exigences envers les avocats sont naturellement plus élevées: on attend dans tous les cas de ces derniers qu'ils procèdent à un contrôle sommaire ("Grobkontrolle") des indications sur la voie de droit (arrêt du Tribunal fédéral
5A_614/2014
du 20 novembre 2014 consid. 4.1, ATF
138 I 49
consid. 8.3.2).
1.3.
En l'espèce, le délai de recours a commencé à courir le 20 janvier 2015, soit le lendemain de la notification de la décision querellée (142 al. 1 CPC et art. 11 RAJ). Il est arrivé à échéance dix jours plus tard, à savoir le 29 janvier 2015.
Par conséquent, le recours expédié le 13 février 2015 à la Présidence de la Cour de justice par le recourant, représenté par son avocate, est tardif.
Ce recours est, dès lors, irrecevable, nonobstant l'indication erronée du délai de recours dans la décision querellée. En effet, l'avocate du recourant pouvait, en lisant simplement l'art. 11 RAJ, respectivement l'art. 321 al. 2 CPC en lien avec l'art. 119 al. 3 CPC, se rendre compte de l'inexactitude de cette indication.
2.
Sauf exceptions non réalisées en l'espèce, il n'est pas perçu de frais judiciaires pour la procédure d'assistance juridique (art. 119 al. 6 CPC).![endif]>![if>
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