Decision ID: 9fdaf23e-e7ec-53b2-86b3-f312aab45404
Year: 2012
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_007
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 

EN FAIT
A.
Dans le cadre d'une poursuite n° 12 xxxx47 D dirigée par E_ SA contre C_, société en nom collectif, l'Office des poursuites (ci-après : l'Office) a fait notifier à la précitée une commination de faillite en date du 28 septembre 2012. E_ SA réclame le paiement de 18'048 fr. 20 plus intérêts à 5 % dès le 18 juillet 2011 au titre de solde d'une facture du 14 juin 2011.
B. a.
Par acte posté le 5 octobre 2012, C_ (SNC) a saisi la Chambre de céans. Elle déclare s'opposer à la commination de faillite, expliquant qu'elle souhaite "
émettre une demande reconventionnelle pour non-exécution du contrat initial et défaut d'expertise du concessionnaire (le créditeur) en vertu des articles 191 et 192 CO
". C_ (SNC) conclut en ces termes : "
Afin d'établir clairement la liste exhaustive des dommages et des responsabilités des parties en présence, nous vous demandons de bien vouloir débouter, voir sursoir la commination de faillite
".
b.
A la demande de la Chambre de céans, l'Office lui a communiqué le jugement rendu par le Tribunal de première instance le 29 juin 2012, communiqué pour notification aux parties le 10 juillet 2012, prononçant la mainlevée provisoire de l'opposition formée au commandement de payer, poursuite n° 12 xxxx47 D, sur lequel figurent la mention "Pas d'instance en libération de dette déposée au Tribunal de première instance à ce jour" et la date du 4 septembre 2012.
c.
L'Office et la poursuivante n'ont pas été invités à se déterminer.

EN DROIT
1.
1.1
La Chambre de surveillance est compétente pour statuer sur les plaintes formées en application de la LP (art. 13 LP; art. 125 et 126 LOJ; art. 6 al. 1 et 3 et 7 al. 1 LaLP) contre des mesures non attaquables par la voie judiciaire (art. 17 al. 1 LP). La plainte doit être déposée dans les dix jours de celui où le plaignant a eu connaissance de la mesure (art. 17 al. 2 LP).
1.2
Une commination de faillite constitue une mesure sujette à plainte. La plaignante, poursuivie, a qualité pour agir par cette voie et a agi en temps utile.
2. 2.1
Sous réserve d’un abus de droit manifeste, il n’appartient ni aux offices des poursuites ni aux autorités de surveillance de décider si une prétention est exigée à bon droit ou non (ATF
115 III 18
consid. 3b; ATF non publié
7B.219/2006
et
7B.220/2006
du 16 avril 2007 consid. 3.3). La plainte ne peut donc jamais aboutir à un jugement sur le fond du droit qui fait l’objet de l’exécution forcée : un tel jugement relève exclusivement de la juridiction civile ou administrative (Pierre-Robert Gilliéron, Poursuite pour dettes, faillite et concordat, 4
ème
éd., p. 43).
2.2
En l’espèce, la plaignante, qui indique vouloir agir contre la poursuivante pour non-exécution du contrat initial
et défaut d'expertise, conteste le montant qui lui est réclamé. Ce moyen n’est cependant pas recevable dans le cadre de la présente plainte puisqu’il ne met pas en cause la violation d’une disposition propre à la législation sur l’exécution forcée. Par ailleurs, la plaignante ne soutient pas qu'elle n'a reçu ni la convocation à l'audience de mainlevée, ni le jugement de mainlevée du 29 juin 2012 (ATF
130 III 396
consid. 1.2.2, JdT
2005 II 87
).
La plainte sera par conséquent déclarée irrecevable, aucun abus manifeste de droit, sanctionné le cas échéant par la nullité de la poursuite, n’étant au demeurant établi.
Il sera au surplus rappelé que la poursuite se continue par voie de faillite lorsque, comme en l'espèce, la débitrice est inscrite au registre du commerce en qualité de société en nom collectif (art. 39 al. 1 ch. 6 LP) et qu'aucune des exceptions prévues à l'art. 43 LP n'est réalisée.
3.
La présente décision est rendue en application des art. 72 LPA et 9 al. 4 LaLP.
* * * * *