Decision ID: 969cb123-c91c-5286-9c24-d506c5c07664
Year: 2010
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_007
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 

EN FAIT
A. Par acte posté le 31 mars 2010, Mme F_ a saisi la Commission de céans. Elle fait référence à un avis de saisie, poursuite n° 09 xxxx58 C, et produit un courrier qu'elle a adressé à la Commission cantonale de recours en matière administrative (CCRA) le 29 mars 2010 à teneur duquel elle demande à l'Etat de Genève, administration fiscale cantonale, poursuivante, de reconsidérer sa taxation. Mme F_ déclare contester le montant des impôts qui lui est réclamé et prie la Commission de céans de "
bien vouloir prononcer un effet suspensif préalable afin de pouvoir clarifier cette affaire
". Elle ajoute : "
Vu le délai très court (06.04.2010) imparti par l'Office des poursuites, je vous serais très reconnaissante d'agir au mieux afin de régler cette affaire
".
B. Par pli recommandé du 1
er
avril 2010, la Commission de céans a imparti à Mme F_ un délai au 13 pour produire l'avis de saisie considéré, sous peine d'irrecevabilité de sa plainte. Elle l'informait, par ailleurs, qu'il serait statué sur effet suspensif à réception de cet acte.
L'intéressée n'a pas donné suite à cette injonction.
Selon les données de La Poste (Track & Trace), elle n'a, en effet, pas retiré le pli recommandé.

EN DROIT
1. La Commission de céans est compétente, en tant qu’autorité cantonale de surveillance (art. 13 LP ; art. 10 al. 1 et 11 al. 2 LaLP ; art. 56R al. 3 LOJ), pour connaître des plaintes dirigées contre des mesures des organes de l’exécution forcée ne pouvant être contestées par la voie judiciaire ou formées pour déni de justice ou retard injustifié (art. 17 al. 1 et 3 LP).
2. Les cantons sont compétents pour organiser la procédure de plainte. Les règles qu’ils édictent à cette fin ne doivent rien renfermer de contraire à la lettre et à l’esprit des assez nombreuses règles que comporte le droit fédéral en la matière (art. 20a al. 3 LP ; Pierre-Robert
Gilliéron
, Commentaire, ad art. 20a n° 9 ss et 147 ss ; Flavio
Cometta
, in SchKG I, ad art. 20a n° 2 ss et 48 ; Franco
Lorandi
, Betreibungsrechtliche Beschwerde und Nichtigkeit. Kommentar zu den Artikeln 13-30 SchKG, ad art. 20a n° 92 ss). Il revient aux cantons de déterminer notamment la forme et le contenu auxquels doivent satisfaire les plaintes, étant précisé que l’on doit considérer comme de droit fédéral que la plainte doit contenir un exposé des motifs et des moyens invoqués, des conclusions et la signature du plaignant (Antoine
Favre
, Droit des poursuites, 3
ème
éd., p. 70).
Selon l’art. 13 al. 1 et 2 LaLP, les plaintes à la Commission de céans doivent être formulées par écrit, être rédigées en français, être accompagnées des pièces auxquelles elles renvoient, et être suffisamment motivées. Il est conforme à l’esprit du renvoi que l’art. 13 al. 5 LaLP fait à la LPA d’exiger par ailleurs que les plaintes, ne serait-ce qu’implicitement, désignent la mesure attaquée et comportent les conclusions du plaignant (art. 65 al. 1 LPA). A défaut, la Commission de céans doit impartir au plaignant un bref délai pour satisfaire à ces exigences, sous peine d’irrecevabilité (art. 13 al. 2 LaLP et art. 65 al. 2 phr. 3 LPA).
3. Dans le cas particulier, la Commission de céans a, par pli recommandé du 1
er
avril 2010, imparti à la plaignante un délai au 13 suivant pour produire l'acte attaqué. L'intéressée, qui n'a pas retiré ce pli, n'a pas donné suite.
Elle devait pourtant s'attendre à recevoir une communication de la Commission de céans à laquelle elle s'était adressée le 31 mars 2010.
Or, selon la jurisprudence, ce courrier, en tant qu'il avait été envoyé sous pli recommandé et qu'il avait fait l'objet d'une tentative infructueuse de notification par la poste, est réputé notifié le septième jour après cette tentative en cas de non retrait (ATF
127 I 31
consid. 2a/aa , ATF
117 III 4
consid. 2 ; ATF
5A_596/2008
du 10 décembre 2009).
4. La plainte doit en conséquence être déclarée irrecevable.
5. La Commission de céans rappellera ici qu'elle n'a pas pour fonction d'assister les justiciables dans leurs démêlés divers avec leurs créanciers, mais uniquement de veiller à l'application correcte de la LP.
6. La présente décision, prise en application des art. 72 LPA et 13 al. 5 LaLP, rend, par ailleurs, sans objet la demande d'effet suspensif. Elle sera toutefois communiquée à l'Office des poursuites.
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