Decision ID: 84b74243-c5cd-44ad-aa8a-87b8fe963e93
Year: 2016
Language: fr
Court: CH_BSTG
Chamber: CH_BSTG_001
Canton: CH
Region: Federation
Law Area: penal_law

Vu:
- la mise en accusation par devant la Cour des affaires pénales du Tribunal pénal
fédéral (ci-après: la Cour) du 24 octobre 2013 par le Ministère public de la
Confédération (ci-après: le MPC) à l'encontre des prévenus A., B. et D. pour les
chefs d'accusation de dénonciation calomnieuse (art. 303 CP) et de séquestration
(art. 183 CP) sur la personne de C., partie plaignante, et de faux témoignage (art.
307 CP) s'agissant de B.;
- la décision rendue par la Cour en date du 19 mai 2015 ordonnant la disjonction de
la procédure pénale ouverte contre D. (SK.2015.26) d'avec celle dirigée contre A.
et B. (SK.2013.38);
- le jugement du 21 octobre 2015 rendu par la Cour dans la cause SK.2013.38 et
prononçant l'acquittement des prévenus A. et B. de tous les chefs d'accusation;
- le courrier du MPC du 11 avril 2016 par lequel il annonce à la Cour retirer l'acte
d'accusation contre le prévenu D. au motif que le jugement du 21 octobre 2015,
devenu définitif et exécutoire concernant l'acquittement, constitue un fait nouveau
depuis l'envoi de l'acte d'accusation du 24 octobre 2013, cancellant ainsi l'intérêt
public à soutenir l'accusation contre D.

Et considérant que:
- selon l'art. 328 CPP, la réception de l'acte d'accusation par le tribunal crée la
litispendance (al. 1) et, avec la naissance de la litispendance, les compétences
passent au tribunal (al. 2);
- selon l'art. 339 CPP, une fois les débats ouverts par la direction de la procédure,
le tribunal et les parties peuvent soulever les questions préjudicielles;
- l'art. 340 al. 1 let. b CPP prévoit que l'accusation ne peut plus être retirée ni
modifiée, l'art. 333 CPP étant réservé, après que les questions préjudicielles aient
été traitées; l'acte d'accusation pouvant dès lors encore être retiré aussi longtemps
que les questions préjudicielles ne sont pas encore traitées et que la décision y
relative n'est pas encore communiquée aux parties (Max HAURI, Basler
Kommentar, Schweizerische Strafprozessordnung, Bâle 2014, N 3 ad art. 340
CPP);
- le principe d'accusation impose que la procédure ne peut être dirigée que contre
la personne désignée dans l'acte d'accusation et le tribunal ne peut instruire et
- 3 -
juger que les agissements qui y sont décrits (Marcel Alexander NIGGLI/ Stefan
HEIMGARTNER, Basler Kommentar, Schweizerische Strafprozessordnung, Bâle
2014, N 1 ad art. 9 CPP; Michael DAPHINOFF, Das Strafbefehlsverfahren in der
Schweizerischen Strafprozessordnung, Zurich, Bâle, Genève, 2012, p. 648);
- la mise en accusation par devant le tribunal se concrétise par la décision
potestative du ministère publique de transmettre l'acte d'accusation à l'autorité de
jugement; la réception de l'acte d'accusation fondant la litispendance et, par
conséquent, la compétence du tribunal;
- en l'espèce, les débats de la cause SK.2015.26 n'ayant pas débuté, le MPC
dispose encore de la faculté de retirer l'accusation;
- l'existence d'une mise en accusation constituant une condition sine qua non à la
compétence de la Cour, le retrait valable de celle-ci en date du 11 avril 2016 par
le MPC enlève toute compétence fonctionnelle à la Cour de céans;
- il y a dès lors lieu de rayer la cause du rôle suite à l'absence de compétence
fonctionnelle.
- 4 -