Decision ID: d0d43553-e2e5-52b1-b9e9-d733860e232a
Year: 2017
Language: fr
Court: FR_TC
Chamber: FR_TC_005
Canton: FR
Region: Espace_Mittelland
Law Area: penal_law

considérant en fait
A. B._ a été le gérant du bar C._ à Fribourg jusqu’au 31 décembre 2013. Cet établissement organise notamment des soirées dansantes à thèmes avec de la musique proposée par un DJ.
Le 3 novembre 2016, A._ a déposé une plainte pénale à l’encontre de B._ pour diffamation, calomnie, menaces, contrainte, traite d’êtres humains, menace de séquestration et enlèvement, tentative d’assassinat, lésions corporelles graves, lésions corporelles simples, voies de fait, vol, mise en danger de la vie d’autrui, brigandage, abus de confiance, escroquerie et gestion déloyale. Une seconde plainte pénale, complétant la première, a été déposée par A._ le 24 décembre 2016 à l’encontre de la même personne. En bref, il a expliqué qu’il avait travaillé au sein de l’établissement C._ en qualité de DJ, serveur et nettoyeur entre le 20 janvier et fin avril 2010, sans aucun contrat de travail et sans avoir été rémunéré pour son travail, à l’exception des trois premiers jours. Il a déclaré avoir été victime de voies de fait et de lésions corporelles de la part de B._, lequel l’a par ailleurs menacé de le séquestrer et de le tuer s’il le dénonçait à la police et ne venait plus travailler.
B. Le 14 février 2017, le Ministère public a rendu une ordonnance de non-entrée en matière à l’égard de B._, considérant que les déclarations des parties étaient divergentes et que les faits n’avaient pas pu être clairement établis, en raison notamment du handicap mental de A._. Il a relevé que l’enquête effectuée n’avait pas permis de réunir suffisamment d’éléments à la charge de B._ et qu’une condamnation devant le juge de répression paraissait exclue.
C. Par courrier du 22 juillet 2017 remis à la Poste suisse le 24 juillet 2017, A._ a interjeté recours contre l’ordonnance de non-entrée en matière rendue en faveur de B._. Le recourant a complété son recours par courrier du 27 juillet 2017 remis à un office de poste le 31 juillet 2017. En substance, il conteste les déclarations de B._ et expose qu’une série de témoins dont il indique les noms peuvent attester de son activité au sein de l’établissement. Les déclarations de l’ancien gérant du bar relèvent, selon lui, de la calomnie et de l’induction de la justice en erreur.
Invité à déposer ses observations, le Ministère public a, par missive du 11 août 2017, renoncé à en formuler. Au surplus, il a indiqué se référer intégralement à la teneur des considérants de l’ordonnance querellée.
Par courrier du 11 septembre 2017 de Me Xavier Rubli, mandaté dans l’intervalle, A._ a informé la Chambre de céans avoir confié la défense de ses intérêts à celui-ci. Il a, par courrier du 26 septembre 2017, indiqué que les courriers des 22 et 27 juillet de son mandant devaient être considérés comme une demande de restitution de délai doublée d’un recours contre l’ordonnance de non-entrée en matière rendue par le Ministère public le 14 février 2017. A l’appui de sa requête, il allègue qu’en raison de son incarcération et des troubles psychiques dont souffre A._, celui-ci n’a été en mesure de prendre connaissance de l’ordonnance querellée que tardivement. Il précise que le défaut ne lui est pas imputable et que le préjudice qu’il pourrait subir est important.
Tribunal cantonal TC Page 3 de 7

en droit
1. 1.1 En application des art. 310 al. 2, 322 al. 2 et 393 al. 1 let. a du code de procédure pénale suisse du 5 octobre 2007 (CPP), ainsi que de l’art. 85 al. 1 de la loi du 31 mai 2010 sur la justice (LJ), la voie du recours à la Chambre pénale est ouverte contre une ordonnance de non-entrée en matière.
1.2 L’acte doit être adressé par écrit, dans le délai de dix jours, à l’autorité de recours, soit, dans le canton de Fribourg, la Chambre pénale du Tribunal cantonal (art. 322 al. 2, 396 al. 1 CPP et 85 al. 1 LJ).
En l’espèce, son respect ne peut être contesté dans la mesure où l’ordonnance querellée a été envoyée au domicile du recourant, à D._ (DO 10003), alors que celui-ci était incarcéré à E._. Une tentative de notification de l’ordonnance de non-entrée en matière par envoi recommandé a certes été effectuée le 15 février 2017 au domicile de A._ et le délai de garde a couru jusqu'au 22 du même mois (DO 10003). Cela étant, il ressort du dossier que lors de son audition par-devant la police le 31 janvier 2017, le recourant a mentionné qu’il était en prison depuis un an et demi, « en attente de [son] jugement » (DO 2055). Or, le séjour dans un établissement pénitencier répond aux conditions d’une résidence habituelle au sens de l’art. 87 al. 1 CPP (MOREILLON/PAREIN-REYMOND, PC CPP, 2e édition, 2016, art. 87 n. 5). Il en résulte que tant au moment de la tentative de notification que durant le délai de garde, l'envoi ne se trouvait pas dans la sphère d'influence du recourant et que celui-ci n'était pas à même d'en prendre connaissance ou d'y accéder (arrêts TF 6B_675/2011 du 7 février 2012 consid. 2.2; 1C_145/2014 du 1er mai 2014 consid. 3.3). Etant donné qu'il ne ressort par ailleurs pas du dossier quand le recourant a pris connaissance de l’ordonnance, l’opposition exprimée le 24 juillet 2017 est recevable, ce qui rend sans objet la requête de restitution de délai, l’acte ayant été sans effet jusqu’à sa réception en prison.
1.3 L’ordonnance querellée prononce la non-entrée en matière sur les faits objets de la plainte pénale. Le recourant est directement touché par cette décision et a la qualité pour recourir (art. 104 al. 1 let. b et 382 al. 1 CPP).