Decision ID: 2f90bab5-5cf1-5278-9994-2658757aa769
Year: 2009
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_014
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: social_law

Vu en fait
la décision rendue par l'OFFICE CANTONAL DE L'ASSURANCE-INVALIDITE (ci-après OCAI) le 15 septembre 2008, refusant toutes prestations, en particulier un droit au reclassement,
à
Monsieur M_ (ci-après le recourant), au motif que le taux d'invalidité est insuffisant ;
Vu le recours du 13 octobre 2008, la réponse de l'OCAI du 20 novembre 2008, le complément de recours du 15 décembre 2008, et les pièces au dossier ;
Attendu que le recourant allègue que le trouble dépressif dont il souffre n'a pas fait l'objet d'investigations, pas plus d'ailleurs que son état de santé en général et qu'il sollicite qu'une expertise pluridisciplinaire soit effectuée ;
Vu par ailleurs la communication de l'OCAI du 11 novembre 2008, intitulée «inaptitude à la réadaptation-annulation du mandat de placement », en raison du recours susmentionné déposé par le recourant ;
Vu le recours contre cette communication du 15 décembre 2008, et la réponse de l'OCAI du 2 février 2009 ;
Vu la convocation des parties pour une audience de comparution personnelle, fixée au 3 mars 2009 ;
Vu le courrier de l'épouse du recourant, et la production d'un rapport d'hospitalisation de la clinique genevoise de Montana, aux termes duquel le recourant souffre, entre autres, d'un trouble dépressif sévère depuis le mois d'août 2008 ;
Attendu qu'à l'audience les deux causes ont été jointes sous le numéro de la présente procédure, que l'OCAI a confirmé que la communication concernait non l'annulation de la mesure mais sa suspension, et que l'OCAI a admis la nécessité d'une investigation de l'état de santé du recourant, tant psychique que physique, mais a déclaré ne pas pouvoir annuler lui-même la décision litigieuse ;

Considérant en droit
que le Tribunal a délibéré sur le siège, et annulé la décision litigieuse, renvoyé le dossier à l'OCAI pour investigations médicales tant sur l'aspect physique que psychique, déclaré que le deuxième recours était devenu sans objet, fixé les dépens à la somme de 2’000 fr., et dit qu'il était renoncé à la perception d'un émolument;
Qu'en effet selon la jurisprudence (DTA 2001 p. 169), le juge cantonal qui estime que les faits ne sont pas suffisamment élucidés a en principe le choix entre deux solutions : soit renvoyer la cause à l’administration pour complément d’instruction, soit procéder lui-même à une telle instruction complémentaire. Un renvoi à l’administration, lorsqu’il a pour but d’établir l’état de fait, ne viole ni le principe de simplicité et de rapidité de la procédure, ni la maxime inquisitoire. Il en va autrement quand un renvoi constitue en soi un déni de justice (par exemple, lorsque, en raison des circonstances, seule une expertise judiciaire ou une autre mesure probatoire judiciaire serait propre à établir l’état de fait), ou si un renvoi apparaît disproportionné dans le cas particulier (RAMA 1993 n° U 170 p. 136). À l’inverse, le renvoi à l’administration apparaît en général justifié si celle-ci a constaté les faits de façon sommaire, dans l’idée que le Tribunal les éclaircirait comme il convient en cas de recours (voir RAMA 1986 n° K 665 p. 87);
Que tel est le cas en l'espèce;
Qu'en outre, le juge des assurances sociales apprécie la légalité des décisions attaquées, en règle générale, d’après l’état de fait existant au moment où la décision litigieuse a été rendue (ATF
121 V 366
consid. 1b et les références), et qu'en l'occurrence le trouble dépressif sévère remonte au mois d'août 2008, date qui est antérieure à celle de la décision litigieuse.