Decision ID: 8ef91e31-6eed-58f5-b3ce-4085f5ef24b1
Year: 2019
Language: fr
Court: FR_TC
Chamber: FR_TC_007
Canton: FR
Region: Espace_Mittelland
Law Area: public_law

considérant en fait
A. Le 27 janvier 2015, le Service de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (ci-après: SAAV) a procédé à une inspection de la conformité de la détention des chevaux de A._, à B._ et à C._. Il ressort du rapport établi à cette occasion que la hauteur des box était trop faible, que l'aire de repos et la surface de litière étaient insuffisantes, qu'il manquait de la litière propre et sèche, que les soins des chevaux n'étaient pas suivis, que les passeports de ces derniers faisaient défaut et que les données inscrites dans la banque de données sur le trafic des animaux (ci-après: BDTA) n'étaient pas à jour. Par courrier du 28 janvier 2015, le SAAV a imposé une série de mesures de corrections à l'intéressée et lui a imparti un délai pour se déterminer par écrit.
B. Le 20 février 2015, le SAAV a procédé à un nouveau contrôle en présence de la précitée. Il ressort du rapport établi à l'issue de l'inspection que tous les points non conformes avaient été corrigés, à l'exception des passeports manquants et des données inscrites dans la BDTA. Par courrier du 10 mars 2015, un délai échéant au 15 avril 2015 a été accordé à l'intéressée pour y remédier et présenter d'éventuelles observations. Par missive du 3 septembre suivant, le SAAV a réitéré cette exigence avec un délai au 30 septembre 2015, octroyant à nouveau l'occasion à cette dernière de se déterminer. Il s'est en outre référé à un entretien téléphonique qu'il avait eu avec elle, portant sur la nécessité d'offrir un abri aux animaux détenus en permanence à l'extérieur, ainsi que sur l'importance de tenir à jour la BDTA.
C. Le 1er octobre 2015, à la suite d'une dénonciation, un nouveau contrôle a eu lieu à C._. Par courrier du 8 octobre suivant, le SAAV a enjoint A._ à suspendre une bâche pour assurer une possibilité d'évitement dans le box du pâturage, à assurer un abri pour tous les équidés en cas d'intempéries persistantes et à soigner ou faire soigner une des pouliches. Il ressort également du rapport de cette inspection que les chevaux devaient être relogés. La possibilité était donnée à l'intéressée de se déterminer par écrit.
Le 9 novembre, le SAAV a effectué un contrôle à C._. Le rapport établi à cette occasion fait état d'un retour de la pouliche à un bon état de santé, mais relève cependant l'absence d'un abri suffisant pour permettre aux équidés de se coucher et d'une bâche assurant les possibilités d'évitement dans le box du pâturage, de même qu'un râtelier trop petit. Il relève également d'autres manquements constatés sur le site de détention de D._. Il ressort du rapport de cette inspection que, dans le hangar, le sol était partiellement déblayé mais qu'aucune installation n'était posée (séparations, auges, abreuvoirs) et qu'aucune sortie n'était aménagée. En outre, autour du hangar, les piquets étaient plantés mais les fils n'étaient pas posés.
Constatant que les mesures exigées le 8 octobre 2015 n'avaient pas toutes été prises, le SAAV a prononcé un avertissement à l'endroit de A._, par décision du 12 novembre 2015, et lui a imparti un ultime délai au 18 novembre 2015 pour reloger les chevaux conformément à la législation, chaque équidé devant disposer d'une aire de repos, d'une place à la crèche et d'une sortie. En outre, il lui a signifié que le sol de l'aire de repos devait être couvert de litière de manière à absorber l'humidité et que les autres points de la législation concernant la détention de chevaux devaient être respectés. Un nouveau contrôle de conformité était d'ores et déjà annoncé.
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D. Le 24 décembre 2015, le SAAV a donné suite à une nouvelle dénonciation et a constaté que neuf chevaux étaient détenus à E._. Après avoir précisé qu'ils semblaient être dans un bon état d'embonpoint, il a toutefois relevé que le support à pierre à sel et la fontaine étaient vides et qu'il n'y avait pas d'auge.
E. Les 13 et 14 janvier 2016, une nouvelle inspection a eu lieu à D._. Le rapport de cette inspection fait notamment état d'un abreuvoir vide et sec, de litière sale et mouillée et en quantité insuffisante, de parois déclouées à plusieurs endroits avec des clous apparents présentant un risque de blessures, d'un risque d'effondrement d'une partie du toit, d'un rideau d'évitement inopérant et de l'absence de marques indiquant que les chevaux étaient sortis durant les dernières 72 heures. Quant à la BDTA, elle n'était toujours pas à jour.
Par courrier du 15 janvier 2016, le SAAV a transmis ce rapport à A._ ainsi qu'une liste des manquements auxquels elle devait remédier sans délai. Il lui a imparti un délai de 10 jours pour prendre position sur ces différents éléments, l'informant qu'il rendrait ensuite une décision pouvant aller jusqu'à l'interdiction de détenir des chevaux.
Le 20 janvier, ainsi que les 4, 12 et 23 février 2016, le SAAV a procédé à de nouvelles inspections à E._, à D._ et à C._.
Dans sa détermination du 9 février 2016, A._ a indiqué être arrivée à E._ moins de trois mois auparavant et mettre tout en œuvre pour que les installations soient conformes. Réfutant les constatations du SAAV selon lesquelles les chevaux auraient été privés d'eau et de possibilité de sortir pendant 72 heures, elle a exposé qu'elle rencontrait des difficultés avec des personnes venant ouvrir le parc en son absence, ce qui expliquait que les chevaux ne sortaient qu'en sa présence. Elle a en outre fait valoir que des réparations étaient en cours et qu'aucun cheval n'avait été négligé, comme l'atteste leur bonne santé et leur participation à divers événements. Elle a finalement déclaré que F._, personne en charge des contrôles pour le SAAV, avait "un problème particulier" avec elle et a demandé à ce que quelqu'un d'autre soit désigné.
Par courrier du 26 février 2016, le SAAV a pris position sur les observations de l'intéressée, confirmant pour l'essentiel les constatations déjà effectuées. Il a en outre souligné que, quand bien même l'intéressée avait annoncé, dans son courrier du 9 février 2016, qu'un charpentier viendrait faire les travaux nécessaires s'agissant des poutres, il a été constaté lors de la visite du 23 février 2016 que rien n'avait changé. Enfin, le SAAV a refusé de charger une autre personne de son dossier, arguant que F._ n'avait pas de parti pris et qu'il agissait en toute objectivité, comme le confirmait du reste la concordance des constats faits par une de ses collègues.
F. Par décision du 26 février 2016, le SAAV s'est référé aux inspections effectuées en janvier et février 2016 et a ordonné à l'intéressée de veiller à ce que les chevaux aient de l'eau propre en suffisance tous les jours, de leur assurer une sortie de deux heures quotidiennes au moins, d'éviter les espaces en cul de sac dans la stabulation libre à l'intérieur du bâtiment, de consolider les parois et de supprimer les risques de blessure et de fuite, d'installer un dispositif permettant l'évitement des chevaux lors des luttes hiérarchiques, d'assurer un apport de sel couvrant les besoins en tout temps et de mettre à jour le dossier BDTA. Un délai au 14 mars 2016 lui a été imparti pour remédier à ces manquements, sauf pour ceux qui devaient être corrigés séance tenante. A._ a été formellement avertie qu'en cas de non-respect, des mesures plus
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incisives pourraient être ordonnées, pouvant aller jusqu'au séquestre des animaux détenus ou à l'interdiction de détenir des chevaux.
A la suite de cette décision, le SAAV a procédé le 17 mars 2016 à un nouveau contrôle à E._, en l'absence de A._. Divers manquements ont encore été constatés à cette occasion, notamment des clous apparents, une absence d'eau, un rideau inefficace et des soins aux sabots insuffisants. Cette inspection a été complétée par une audition de l'intéressée, le 8 avril 2016, en présence de F._ et du vétérinaire cantonal adjoint. A cette occasion, l'intéressée a répondu, s'agissant de l'apport en eau aux chevaux: "[j]'avoue qu'on a mal géré. On n'a pas assez de stock d'eau en haut. Ça va changer, on n'a pas le choix". S'agissant des soins aux sabots, elle a déclaré qu'ils étaient faits tous les deux à trois mois en principe mais que cette fois, ça faisait quatre à cinq mois que plus rien n'avait été fait.
G. Par décision du 25 avril 2016, le SAAV a prononcé à l'encontre de A._ une interdiction partielle de détenir plus de cinq chevaux pour la durée de cinq ans, avec un délai de soixante jours pour se séparer des équidés surnuméraires, étant précisé qu'elle n'était pas autorisée à détenir elle-même ses chevaux dans un groupe commun avec un ou plusieurs autres détenteurs. Le SAAV a ajouté qu'à l'échéance du délai de cinq ans, A._ aurait la possibilité de déposer une demande d'autorisation de détenir plus de chevaux, à condition d'avoir suivi une formation complémentaire adéquate.
Non contestée, cette décision est entrée en force. Son exécution a fait l'objet d'un contrôle par le SAAV en date du 30 juin 2016, lequel a débouché sur le constat que l'accès au parc des chevaux devait être amélioré et que le dossier BDTA de l'intéressée devait être mis à jour. Invitée à se déterminer à deux reprises, l'intéressée n'a pas présenté d'observations.
Un nouveau contrôle effectué à E._ le 17 août 2016 a permis de constater que les mesures exigées avaient été prises, à l'exception de la mise à jour de la BDTA, pour laquelle un délai au 9 septembre 2016 a été imparti à l'intéressée.
H. Le 20 octobre 2016, le SAAV a procédé à un contrôle de la détention des chevaux et des autres animaux détenus par A._ (notamment chiens, poules, lapins, cailles, cobayes), en l'absence de celle-ci, à E._, G._ et H._.
Sur la base de cette inspection, il a été demandé à l'intéressée d'installer un nid et des perchoirs pour les poules, de séparer le lapin qui attaque les autres, de mettre à disposition des cailles suffisamment de cachettes, d'annoncer les effectifs de volaille auprès du service compétent, de mettre à disposition des cobayes du bois tendre à ronger et de veiller à ce que leur alimentation soit riche en vitamines. S'agissant des chevaux, elle a été enjointe d'assurer une possibilité de mouvement en liberté quotidienne à l'un des poulains, de prendre les mesures afin d'assurer un accès permanent à l'aire d'exercice, d'enlever les objets dangereux présentant des risques de blessures et de mettre à jour les enregistrements dans la BDTA. Le SAAV a également requis de l'intéressée qu'elle produise une liste des chevaux qu'elle détenait de même que ceux détenus par son compagnon ou d'autres personnes, ainsi que le lieu de leur détention.
S'agissant des chiens, le SAAV s'est adressé à l'intéressée par courrier séparé et lui a rappelé les obligations qui incombaient à leur détenteur.
Lors de l'inspection du 9 novembre 2016, suite à une nouvelle dénonciation, le service a constaté, en plus de nouveaux manquements, que certaines mesures ordonnées le 20 octobre 2016
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n'avaient pas été prises. Concernant les chiens en particulier, il a été relevé que l'alimentation et l'eau étaient partiellement inaccessibles pour l'un d'eux, plus petit, qu'il n'y avait pas d'accès à une surface en hauteur et que le sol était jonché de crottes.
Le 30 novembre 2016, une nouvelle visite a eu lieu, confirmant pour l'essentiel ce qui précède. Lors de son audition du même jour, à la question "en ne réduisant pas votre cheptel, mais en l'augmentant, n'avez-vous pas l'impression de vous moquer de la décision prise à votre encontre", l'intéressée a répondu "c'est vous qui le prenez comme ça, mais pour nous, il ne s'agissait pas de faire plus que un ou deux poulains et de faire des saillies extérieures. Pour gagner de l'argent". S'agissant des chiens en particulier, elle a notamment déclaré que "[l]es crottes ne sont pas vidées régulièrement".
I. Par décision du 23 décembre 2016, le SAAV a prononcé à l'endroit de A._ une interdiction de détention, de commerce et d'élevage d'animaux sur tout le territoire suisse pour la durée minimale de cinq ans, avec un délai au 1er mars 2017 pour se séparer de tous les animaux détenus. Cette décision a été assortie d'une menace d'exécution, fondée sur l'art. 73 du code fribourgeois du 23 mai 1991 de procédure et de juridiction administrative (CPJA; RSF 150.1), et de séquestre des animaux.
Le 28 décembre 2016, le SAAV a dénoncé A._ au Ministère public du canton de Fribourg, lequel l'a condamnée à une amende de CHF 1'000.-, par ordonnance pénale du 11 août 2017. Une opposition été formée à l'encontre de cette ordonnance devant le juge de police, lequel a suspendu la procédure jusqu'à droit connu sur le plan administratif.
J. Agissant le 10 janvier 2017, A._ a interjeté recours contre la décision du SAAV auprès de la Direction des institutions, de l'agriculture et des forêts (ci-après: DIAF). En substance, l'intéressée a contesté l'établissement des faits par le SAAV, s'estimant notamment victime d'un acharnement de F._ et indiquant qu'une plainte pénale allait être déposée contre lui. Elle a également fourni des explications quant aux différents manquements identifiés, relevant pour le reste que les chevaux qu'elle détenait étaient en bonne santé.
Par décision du 30 octobre 2017, la DIAF a rejeté le recours. Elle a retenu que les manquements répétés à la législation en matière de protection des animaux, constatés lors de chacune des inspections réalisées entre janvier 2015 et novembre 2016 malgré les nombreux rappels et délais impartis par le SAAV pour y remédier, démontraient une incapacité objective de la recourante de détenir des animaux au sens de l'art. 23 al. 1 let. b de la loi du 16 décembre 2005 sur la protection des animaux (LPA; RS 455). Elle a en outre considéré que la durée de la mesure était conforme au principe de proportionnalité, en ce sens qu'elle était seule apte à sauvegarder les intérêts des animaux et que ceux-ci devaient l'emporter sur l'intérêt privé de l'intéressée à pouvoir en détenir. Compte tenu de l'imperméabilité de la recourante aux demandes, avertissements et décisions du SAAV, l'autorité intimée a considéré qu'il y avait lieu de douter de sa volonté de se conformer aux normes applicables à la détention d'animaux, de sorte qu'il se justifiait de prononcer une interdiction d'une durée suffisante pour lui permettre de se renseigner et de se former à ce sujet, respectivement de préparer des installations conformes.
K. Par courriers des 29 novembre, 1er et 18 décembre 2017, A._ a recouru auprès du Tribunal cantonal contre cette décision, en concluant, sous suite de frais et dépens, à son annulation. A l'appui de son recours, elle fait valoir que la décision entreprise viole le principe de la proportionnalité, dès lors que les manquements constatés par le SAAV n'ont pas eu de
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conséquences sur la santé des animaux concernés, ce que le vétérinaire et le maréchal-ferrant qui suivaient les chevaux attestent. En outre, ses animaux n'ont jamais été confrontés à une quelconque épidémie ou incident impliquant des blessures ou des maladies graves. Au contraire, ils ont participé à des concours et ont obtenu des distinctions, ce qui démontre leur bon état physique. Si la recourante admet que les conditions de leur détention n'étaient pas idéales lors de l'emménagement dans ses nouveaux locaux, elle relève que, après un temps d'adaptation, les travaux ont pu être terminés pour que les animaux puissent être détenus dans des conditions conformes aux normes. Pour le reste, elle précise qu'elle s'est immédiatement conformée à la décision initiale prise à son endroit et qu'elle ne détient plus aucun animal depuis son prononcé. Durant cette période, les manquements ont tous été corrigés et rien ne justifie dès lors le maintien de l'interdiction. La mesure est dès lors disproportionnée et viole sa liberté économique, étant rappelé qu'elle vit de la détention d'animaux et de l'agriculture.
La recourante sollicite en outre d'être mise au bénéfice de l'assistance judiciaire totale et que Me Bernard Ayer soit désigné comme défenseur d'office.
L. Dans ses observations du 31 janvier 2018, la DIAF s'est référée à sa décision contestée et a conclu au rejet du recours.
Dans sa prise de position du 29 janvier 2018, le SAAV a en substance relevé que l'interdiction de détention avait été motivée principalement par la répétition des manquements constatés, à laquelle s'ajoutait le manque chronique de temps de la recourante à s'occuper de ses animaux, de même que la difficulté de celle-ci à percevoir et à observer les notions élémentaires mises à la détention convenable des chevaux.
Dans ses contre-observations du 13 juillet 2018, la recourante a demandé l'administration de preuves complémentaires (inspection des lieux et auditions) et sollicité la restitution de l'effet suspensif au recours. Elle réitère que les chevaux ont toujours été bien traités et que l'autorité intimée a établi les faits pertinents de manière erronée. Elle produit un document établi par le maréchal-ferrant attestant du bon état de santé des équidés, notamment des sabots, sains et entretenus, ainsi qu'une une copie de la plainte pénale qu'elle a déposée contre F._ et inconnu.
Par courrier du 28 août 2018, la DIAF a produit les ultimes remarques du SAAV du 20 août 2018 et indiqué qu'elle s'y ralliait. Ce dernier expose que la procédure du recours et de la plainte sont distinctes et qu'au demeurant, le collaborateur incriminé F._ n'est pas le seul à avoir inspecté l'exploitation de la recourante. Pour le reste, les arguments que celle-ci avance concernant les conditions actuelles de garde des chevaux par son concubin ne sauraient - outre tendre à indiquer qu'elle ne se conforme pas à l'interdiction dont elle est frappée - remettre en cause le bien-fondé de la décision au moment où elle a été prise.
Il sera fait état des arguments développés par les parties à l'appui de leurs conclusions, dans les considérants en droit du présent arrêt, pour autant que cela soit utile à la résolution du litige.
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en droit
1.
Déposé dans le délai et les formes prescrits, le recours est recevable en vertu de l'art. 11 al. 1 de la loi fribourgeoise du 20 mars 2012 sur la protection des animaux (LCPA; RSF 725.1) et de l'art. 114 al. 1 let. a CPJA. Le Tribunal cantonal peut donc entrer en matière sur ses mérites.
Selon l’art. 77 CPJA, le recours devant le Tribunal cantonal peut être formé pour violation du droit, y compris l’excès ou l’abus du pouvoir d’appréciation (let. a) et pour constatation inexacte ou incomplète des faits pertinents (let. b). En revanche, à défaut d’habilitation légale expresse, le Tribunal cantonal ne peut pas examiner en l'espèce le grief d’inopportunité (art. 78 al. 2 CPJA).
2.
2.1. La loi du 16 décembre 2005 sur la protection des animaux (LPA; RS 455) vise à protéger la dignité et le bien-être de l'animal (art. 1 LPA).
On entend par dignité, au sens de l’art. 3 let. a LPA, la valeur propre de l’animal, qui doit être respectée par les personnes qui s’en occupent; il y a atteinte à la dignité de l’animal lorsque la contrainte qui lui est imposée ne peut être justifiée par des intérêts prépondérants; il y a contrainte notamment lorsque des douleurs, des maux ou des dommages sont causés à l’animal, lorsqu’il est mis dans un état d’anxiété ou avili, lorsqu’on lui fait subir des interventions modifiant profondément son phénotype ou ses capacités, ou encore lorsqu’il est instrumentalisé de manière excessive.
D'après l’art. 3 let. b LPA, le bien-être des animaux est notamment réalisé lorsque leur détention et leur alimentation sont telles que leurs fonctions corporelles et leur comportement ne sont pas perturbés et que leur capacité d’adaptation n’est pas sollicitée de manière excessive (ch. 1), lorsqu’ils ont la possibilité de se comporter conformément à leur espèce dans les limites de leur capacité d’adaptation biologique (ch. 2), lorsqu’ils sont cliniquement sains (ch. 3) et lorsque les douleurs, les maux, les dommages et l’anxiété leur sont épargnés (ch. 4). Aux termes de l’art. 4 al. 1 et 2 LPA, toute personne qui s’occupe d’animaux doit tenir compte au mieux de leurs besoins (al. 1 let. a) et veiller à leur bien-être dans la mesure où le but de leur utilisation le permet (al. 1 let. b). La personne ne doit pas de façon injustifiée causer à des animaux des douleurs, des maux ou des dommages, les mettre dans un état d’anxiété ou porter atteinte à leur dignité d’une autre manière. Il est interdit de maltraiter les animaux, de les négliger ou de les surmener inutilement (al. 2).
Ainsi, de manière générale, toute personne qui détient des animaux ou en assume la garde doit, d’une manière appropriée, les nourrir, en prendre soin, leur garantir l’activité et la liberté de mouvement nécessaires à leur bien-être et, s’il le faut, leur fournir un gîte (art. 6 al. 1 LPA).
2.2. L'ordonnance du 23 avril 2008 sur la protection des animaux (aOPAn; RS 455.1), dans sa teneur en vigueur jusqu'au 28 février 2018, fixe les exigences minimales en matière de détention, d’alimentation, de soins, de logement ou d’enclos des animaux. Plus spécifiquement, les logements et les enclos doivent être munis de mangeoires, d’abreuvoirs, d’emplacements de défécation et d’urinement, de lieux de repos et de retraite couverts, de possibilités d’occupation, de dispositifs pour les soins corporels et d’aires climatisées adéquats (art. 3 al. 2 aOPAn). L’alimentation et les soins sont appropriés s’ils répondent aux besoins des animaux à la lumière de
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l’expérience acquise et des connaissances en physiologie, éthologie et hygiène (art. 3 al. 3 aOPAn). Lorsque des animaux sont détenus en groupe, le détenteur doit veiller à ce que chacun d’eux reçoive suffisamment d’eau et de nourriture (art. 4 al. 1, 2ème phrase, aOPAn). Le détenteur d’animaux doit contrôler aussi souvent que nécessaire le bien-être de ses animaux et l’état des installations. Si celles-ci sont défectueuses et diminuent le bien-être des animaux, il doit les réparer sans délai ou prendre les mesures propres à assurer la protection des animaux (art. 5 al. 1 aOPAn). Il doit également veiller à ce que les sabots, onglons, ongles et griffes soient soignés et coupés correctement et aussi souvent que nécessaire (art. 5 al. 4, 1ère phrase, aOPAn). L’art. 7 aOPAn précise que les logements et les enclos doivent être construits et équipés de façon à ce que le risque de blessure pour les animaux soit faible (let. a), les animaux ne soient pas atteints dans leur santé (let. b), et ne puissent s’en échapper (let. c) (al. 1). Les logements et les enclos doivent être construits, équipés et pourvus d’un espace suffisant de façon que les animaux puissent y exprimer les comportements propres à l’espèce (al. 2). Les couches, les box et les dispositifs d'attache doivent être conçus de telle façon qu'ils n'occasionnent pas de blessures et que les animaux puissent se tenir debout, se coucher, se reposer et se lever de la manière qui est propre à l'espèce (art. 8 al. 1 aOPAn). Lorsqu'il y a détention en groupe, le détenteur d'animaux doit prévoir des possibilités d'évitement et de retraite si nécessaire (art. 9 al. 2 let. b aOPAn). Selon l’art. 10 aOPAn, les logements et les enclos doivent satisfaire aux exigences minimales fixées dans les annexes 1 à 3.
En ce qui concerne plus spécifiquement les chevaux, l'art. 59 al. 2 aOPAn prescrit que les aires de repos des logements doivent être recouvertes d’une litière suffisante, appropriée, propre et sèche. Des aménagements leur permettant de s’éviter ou de se retirer doivent en outre être à leur disposition s'ils sont détenus en groupes (cf. al. 5). A teneur de l'art. 60 aOPAn, les chevaux doivent avoir suffisamment de fourrage grossier, comme de la paille fourragère, à leur disposition pour satisfaire le besoin d'occupation propre à l'espèce, sauf quand ils sont au pâturage (al. 1). Les sabots doivent être soignés de façon à ce que l'équidé puisse se tenir dans une position anatomique correcte et à ce que ses mouvements ne soient pas entravés, et de manière à prévenir les maladies du sabot (al. 2). L'art. 61 aOPAn prescrit encore que les chevaux doivent pouvoir prendre suffisamment de mouvement tous les jours. L'utilisation ou la sortie du cheval sont également considérées comme du mouvement (al. 1). L'aire de sortie doit avoir les dimensions minimales fixées à l'annexe 1, tableau 7, ch. 3. Il faut, dans la mesure du possible, mettre à la disposition des chevaux les surfaces de sortie recommandées figurant à l'annexe 1, tableau 7, ch. 4 (al. 2). Lorsque les conditions météorologiques ou l'état du sol sont extrêmement défavorables, une surface couverte peut être exceptionnellement utilisée pour la sortie des chevaux (al. 3). Les juments poulinières avec leur poulain, les jeunes chevaux et les autres chevaux qui ne font pas l'objet d'une utilisation doivent pouvoir bénéficier de sorties tous les jours pendant au moins deux heures (al. 4). Les sorties doivent être inscrites dans un journal (al. 7).
Pour la volaille et les pigeons domestiques, l'art. 66 aOPAn prévoit qu'ils doivent disposer de suffisamment de dispositifs d’alimentation et d’abreuvement (al. 1). La volaille domestique doit disposer durant toute la phase lumineuse d’une surface au sol recouverte d’une litière appropriée de dimensions égales à au moins 20 % de la surface sur laquelle les animaux peuvent se déplacer. Cette règle ne s’applique pas à la volaille domestique durant leurs deux premières semaines de vie. La litière doit être fournie à même le sol du poulailler (al. 2). L'art. 66 al. 3 aOPAn ajoute qu'il faut prévoir en outre pour les pondeuses de toutes les espèces de volaille domestique et pour les pigeons domestiques: des nids appropriés (let. a); pour les poules domestiques: des
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nids individuels ou collectifs appropriés et protégés, pourvus d’une litière ou d’un revêtement mou comme du gazon synthétique ou un tapis en nopes de caoutchouc; des coquilles en matière synthétique sont admises comme nids individuels (let. b); pour les animaux d’élevage, les pondeuses et les parents de poules domestiques ainsi que pour les pintades et les pigeons domestiques, des possibilités de se percher à différentes hauteurs en fonction de l’âge et du comportement des animaux (let. c); pour les canards et les oies: une possibilité de nager (let. d); pour les pigeons domestiques qui n’ont pas un espace de vol libre accessible en permanence: une possibilité de prendre un bain d’eau fraîche au moins une fois par semaine (let. e). Ces équipements doivent être facilement accessibles aux animaux (al. 4).
Pour les chiens, un logement et une place de repos appropriée doivent être assurés s'ils sont détenus en extérieur. Cette surface de repos doit être surélevée si la détention a lieu en box (art. 72 al. 1 et 4bis OPAn).
2.3. D'après l'art. 15c al. 1 de l'ordonnance du 27 juin 1995 sur les épizooties (OFE; RS 916.401), le propriétaire d’un équidé doit faire établir un passeport équin pour son animal au plus tard le 31 décembre de l’année de naissance de ce dernier. Pour les équidés nés en novembre ou en décembre, un passeport équin doit être établi au plus tard le 31 décembre de l’année suivante.