Decision ID: 87bbb411-802e-511d-8044-ec2adf0d626c
Year: 2021
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_013
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: public_law

EN FAIT
1) Par courrier expédié le 5 janvier 2021 à la Cour de droit public, « Cour civile chambre administrative », intitulé « recours en matière administrative et constitutionnel », Madame A_, agissant pour sa fille B_, a assigné le service de l'enseignement privé (ci-après : SEP), Madame D_ en sa qualité de directrice du C_ et ce dernier.
À bien comprendre ses explications, sa fille avait été scolarisée au C_ (ci-après : C_). La séparation entre Mme A_ et le père de l'enfant, Monsieur E_, était très conflictuelle et avait donné lieu à plusieurs procédures. Le père avait refusé que B_ poursuive sa scolarité au C_. Il en allait de même de la directrice du C_, contre qui Mme A_ avait déposé plainte pénale dans le canton de Vaud pour avoir refusé de lui communiquer le dossier d'infirmerie de sa fille et d'autoriser la conductrice du bus à témoigner, d'être « complice d'abus et de maltraitance » commise par la grand-mère paternelle de l'enfant, d'avoir remis sa fille au père le 12 décembre 2018 sans l'avertir et avant la décision judiciaire, de ne pas l'avoir avertie de l'absence de sa fille à l'école le 13 décembre 2018, d'avoir ordonné la conclusion d'un accord avec le père, d'avoir refusé la réinscription de B_ et d'être « coupable de mise en danger d'une mineure, traumatisme complémentaire et mise en danger du développement, contre la stabilité et également celle a dissimulé des preuves ».
Elle a demandé qu'il soit « jugé d'office sur la violation de la constitution fédérale, [...] de la convention de droit de l'enfant et [...] de la législation genevoise sur l'enseignement et protéger les intérêts de l'enfant de du citoyen (sic) ».
2) Invitée par la chambre administrative de la Cour de justice (ci-après : la chambre administrative) à produire la décision querellée et prendre des conclusions, Mme A_ a produit un courrier du 25 août 2020 du SEP. Celui-ci faisait suite au courriel de la précitée du 3 août 2020 demandant l'intervention du SEP auprès de la direction du C_ afin qu'elle réintègre sa fille. Il rappelait que sa mission consistait à octroyer les autorisations d'exploiter des écoles privées et à les surveiller. Il n'appartenait pas au SEP d'intégrer ou de réintégrer un élève dans une école privée. Le rapport d'écolage entre la famille et l'école privée relevait du droit contractuel privé. Le SEP confirmait ce qu'il avait déjà indiqué le 16 juin 2020, à savoir qu'il ne pouvait donner suite à la demande d'ouverture d'une procédure de dénonciation à l'encontre du C_.
Mme A_ précisait qu'il s'agissait d'un déni de justice du SEP, le C_ ne pouvant refuser sans raison l'inscription de sa fille.
3) Par courrier du 21 janvier 2021, Mme A_ a indiqué que ses conclusions étaient les suivantes : ordonner la réintégration de sa fille au C_, ordonner le remboursement des frais de scolarité 2019-2020 et condamner le C_ à offrir une année d'écolage, transport en bus et activités parascolaires compris.
4) Sur ce, les parties à qui les écrits de Mme A_ ont été transmis, ont été informées que la cause était gardée à juger.

EN DROIT
1) Se pose la question de la recevabilité de l'acte de Mme A_.
a. Selon l'art. 86 al. 1 de la loi sur l'organisation judiciaire du 26 septembre 2010 (LOJ -
E 2 05
), le Tribunal civil de première instance est compétent pour connaître de « tous les actes de la juridiction civile contentieuse ou non contentieuse que la loi n'attribue pas à une autre autorité judiciaire ou administrative ».
Aux termes de l'art. 132 al. 1 LOJ, la chambre administrative est, quant à elle, l'autorité supérieure ordinaire de recours « en matière administrative » (art. 132 al. 1 LOJ). Elle revoit le bien-fondé de décisions émanant d'autorités administratives « fondées sur le droit public fédéral, cantonal, communal » (art. 4 de la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 1985 - LPA -
E 5 10
, applicable par renvoi de l'art. 132 al. 2 LOJ).
La chambre constitutionnelle de la Cour de justice connaît des recours contre les lois constitutionnelles, les lois et les règlements du Conseil d'État, en matière de votations et d'élections et en matière de validité des initiatives populaires (art. 130B al. 1 LOJ).
b. En l'espèce, la justiciable demande à ce que sa fille soit réadmise au C_ et prend des conclusions d'ordre pécuniaire à l'encontre de cet établissement. Or, la relation que Mme A_ a ou a eue avec cette école privée relève exclusivement du droit privé. Ni la chambre administrative ni la chambre constitutionnelle ne sont compétentes, à raison de la matière, pour se prononcer sur des questions ressortissant au droit privé.
Partant, faute de compétence pour traiter la demande, celle-ci doit être déclarée irrecevable, sans échange d'écritures (art. 72 LPA).
La chambre administrative précise à, toutes fins utiles, que même s'il fallait comprendre l'acte du 5 janvier 2021 comme un recours pour déni de justice - ce qui ne correspond cependant pas aux conclusions précisées le 21 janvier 2021 -, celui-ci serait irrecevable. En effet, le SEP ne peut se prononcer sur la réintégration de l'enfant au C_ ou les rapports financiers liés à une scolarité privée, la relation entre ce dernier et les parents relevant - comme cela vient d'être évoqué - exclusivement du droit privé. N'étant pas compétent pour prendre une telle décision, un recours contre un éventuel refus de statuer du SEP serait ainsi également irrecevable.
2) Il ne sera, à titre exceptionnel, pas perçu d'émolument. L'issue du litige ne justifie pas l'octroi d'une indemnité de procédure (art. 87 LPA).
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