Decision ID: 6b3c200d-89a2-5813-8107-6c2b460f56ec
Year: 2016
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_013
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: public_law

EN FAIT
1. Le 7 mars 2014, Monsieur A_ a demandé au Ministère public (ci-après : MP) l’accès « aux directives internes au MP qui déterminaient les cadres et les conditions des peines à infliger aux auteurs de certains délits » (ci-après : les directives) « précisant la politique pénale à l’égard des étrangers multirécidivistes en situation irrégulière » (ci-après : la directive).![endif]>![if>
Cette demande était fondée sur l’art. 24 al. 1 de la loi sur l’information du public, l’accès aux documents et la protection des données personnelles du 5 octobre 2001 (LIPAD -
A 2 08
).
2. Le 3 juin 2014, le MP a refusé la demande d’accès à la directive en raison de l’intérêt public prépondérant à préserver le bon exercice de l’action publique en matière de procédures à forte occurrence. ![endif]>![if>
3. Le 13 juin 2014, M. A_ a saisi le Préposé cantonal à la protection des données et à la transparence (ci-après : PPDT) suite à ce refus.![endif]>![if>
4. Le 29 juillet 2014, le PPDT a recommandé au MP de communiquer les directives en cause et a requis l'autorité compétente de rendre une décision sur la communication de ces documents. ![endif]>![if>
5. Par décision du 16 septembre 2014, le MP a refusé la demande d’accès aux directives. Celles-ci ne liaient ni les procureurs, ni les tribunaux. Elles étaient dépourvues d’effets externes et étaient assimilables à des documents à caractère juridique internes. Enfin, le MP serait placé dans une situation d’infériorité vis-à-vis des prévenus et de leurs avocats si ces derniers devaient connaître par avance les sanctions envisagées pour certaines infractions. ![endif]>![if>
6. Statuant sur recours de M. A_, la chambre administrative a, par arrêt du 6 octobre 2015 (
ATA/1060/2015
) rejeté ledit recours. Les directives n’étaient pas des documents relatifs à l’accomplissement d’une tâche publique. Le seraient-elles qu’elles devraient être considérées comme aide à la décision des procureurs, qui demeuraient libre de s’en écarter. Leur publication risquerait de leur conférer une portée contraignante qu’elle n’avait pas. ![endif]>![if>
7. Par arrêt du 13 juin 2016 (
1C_604/2015
), le Tribunal fédéral a admis le recours formé par M. A_ contre l’
ATA/1060/2015
et a annulé l’arrêt attaqué.![endif]>![if>
Il a renvoyé la cause à la chambre administrative afin qu’elle ordonne au MP de communiquer au recourant la directive précisant la « politique pénale à l’égard d’étrangers multirécidivistes en situation irrégulière ». Préalablement, il lui appartenait encore d’examiner si certaines parties de cette directive devaient éventuellement demeurer secrètes en application de l’art. 26 al. 2 let. g. LIPAD. Elle devait enfin statuer à nouveau sur les frais et dépens de la procédure cantonale.
8. Le 1
er
juillet 2016, la chambre administrative a invité le MP à indiquer jusqu’au 22 juillet 2016 s’il estimait que certaines parties de la directive contenaient des éléments devant demeurer secrets en application de l’art. 26 al. 2 let. g LIPAD.![endif]>![if>
9. Le 21 juillet 2016, le MP a indiqué qu’il ne faisait pas valoir de nouvelle objection à la communication de sa directive B3 « Infractions à la loi sur les étrangers » au recourant. ![endif]>![if>
10. Le 2 août 2016, M. A_ a indiqué que son recours n’était pas limité à la directive B3 mais portait sur toutes les directives du MP prévoyant des barèmes de peine et persistait dans son recours à cet égard. ![endif]>![if>
11. Le 5 août 2016, la détermination du MP a été transmise au recourant. ![endif]>![if>
12. Sur quoi, la cause a été gardée à juger. ![endif]>![if>

EN DROIT
1. La recevabilité du recours a été admise par la chambre administrative dans l’
ATA/1060/2015
et n’a pas été remise en cause. ![endif]>![if>
2. Par arrêt du 13 juin 2016 (
1C_606/2015
), le Tribunal fédéral a renvoyé la cause à la chambre de céans pour qu’elle ordonne au MP de communiquer au recourant la directive « précisant la politique pénale à l’égard des étrangers multirécidivistes en situation irrégulière », après avoir examiné si certaines parties de cette directive devaient éventuellement demeurer secrètes en application de l’art. 26 al. 2 let. g LIPAD.![endif]>![if>
Le présent litige se limite à ce seul objet. Il ne peut en particulier être étendu à la production de toutes les directives du MP prévoyant des barèmes de peine. À ce stade, il ne peut plus être entré en matière sur les conclusions en ce sens du recourant.
3. Le 21 juillet 2016, le MP a indiqué qu’il ne faisait pas valoir de nouvelle objection à la communication de la directive en cause. Dès lors, il y a lieu d’admettre le recours, d’annuler la décision querellée et d’ordonner au Ministère public de communiquer au recourant la directive. ![endif]>![if>
4. Vu cette nouvelle issue, aucun émolument ne sera perçu (art. 87 al. 1 LPA). Aucune indemnité de procédure ne sera allouée au recourant qui agit en personne et n'y a pas conclu. ![endif]>![if>
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