Decision ID: e54ebd56-6e1d-584f-841f-cf7ca3c43a8a
Year: 2020
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_006
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 

EN FAIT
, l'ordonnance
DTAE/272/2020
rendue le 17 janvier 2020 par le Tribunal de protection de l'adulte et de l'enfant (ci-après : le Tribunal de protection) ordonnant, à titre préparatoire, une expertise psychiatrique familiale et confiant sa réalisation au [docteur] G_, Centre universitaire romand de médecine légale (lettres A et B du dispositif);
Attendu que ladite ordonnance a été expédiée pour notification aux parties le 22 janvier 2020;
Vu le recours interjeté le 3 février 2020 par A_ contre cette ordonnance, concluant à son annulation;
Vu la requête d'effet suspensif contenue dans le recours;
Attendu qu'à ce dernier propos, la recourante expose qu'une expertise psychiatrique, ayant conclu au maintien en sa faveur du droit de garde des mineurs H_ et I_, a d'ores et déjà été effectuée en janvier 2017 et qu'il apparaît dès lors inutilement délétère de recommencer ce processus alors même que le placement en foyer opéré à fin 2019 a été extrêmement traumatisant pour les mineurs;
Qu'elle produit à cet égard une attestation de mise en danger établie le 30 janvier 2020 par le Docteur J_, thérapeute des mineurs;
Que C_, nouveau curateur de représentation des mineurs nommé par le Tribunal de protection par décision
DTAE/495/2020
du 31 janvier 2020, déclare par observations du 13 février 2020 ne pas s'opposer à la restitution de l'effet suspensif au recours formé par la mère de ses protégés;
Que par observations du 13 février 2020, le Service de protection des mineurs s'en rapporte à justice concernant la demande de restitution de l'effet suspensif;
Que par détermination du 20 février 2020, B_ conclut au rejet de la requête de restitution de l'effet suspensif;
Qu'il allègue que seule la mise en oeuvre d'une expertise psychiatrique du groupe familiale serait à même de répondre à la question de "savoir quelle est l'origine de la souffrance des enfants et quelles mesures il conviendrait de prendre pour aménager le futur des relations personnelles" avec ses enfants;
Considérant,

EN DROIT
, que les ordonnances d'instruction sont susceptibles d'un recours dans un délai de dix jours (art. 321 al. 2 CPC, par renvoi de l'art. 31 al. 2 LaCC et applicable par analogie en vertu de l'art. 450f CC), dès leur notification;
Que le recours ne suspend pas le caractère exécutoire de la décision attaquée (art. 325 al. 1 CPC);
Que l'exécution de la décision peut exceptionnellement être suspendue si la partie concernée risque de subir un préjudice difficilement réparable (art. 315 al. 5 CPC par renvoi de l'art. 325 al. 2 CPC);
Que l'autorité de protection établit les faits d'office, les parties étant tenues de collaborer (art. 446 al. 1 et 448 al. 1 CC);
Que selon l'art. 307 al. 1 CC, l'autorité de protection de l'enfant prend les mesures nécessaires pour protéger l'enfant si son développement est menacé et que les père et mère n'y remédient pas d'eux-mêmes ou soient hors d'état de le faire;
Que l'autorité de protection de l'adulte ordonne un rapport d'expertise confié à un ou plusieurs experts, pour s'éclairer sur une question de fait qui requiert l'avis d'un spécialiste (art. 446 al. 1 et 2 CC et 44 al. 1 LaCC);
Que l'ordonnance d'une expertise psychiatrique familiale rendue dans le cadre des mesures d'instruction prises par le Tribunal de protection est susceptible de provoquer un dommage difficilement réparable (TF
5A_655/2013
c.2.3);
Qu'il ne ressort pas d'urgence particulière au dossier à ce que la mesure ordonnée soit exécutée;
Que l'intérêt des enfants, critère déterminant, n'est pas mis en péril par le report de l'exécution de la mesure d'instruction;
Que par conséquent la question de sa proportionnalité et de son fondement même sera examinée avec le fond du recours lequel sera tranché dans un délai raisonnable;
Que par conséquent, l'effet suspensif au recours sera octroyé;
Qu'il sera statué sur les frais avec le fond.
* * * * *