Decision ID: 7a84a578-4015-55e5-b4d0-49926c2150ec
Year: 2018
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_007
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 

EN FAIT
, que par acte expédié le 30 octobre 2017 au greffe de la Chambre de surveillance, A_ SA s'est plainte d'un retard injustifié de la part de l'Office des poursuites (ci-après : l'Office) dans le traitement de la poursuite requise le 7 juin 2017 contre B_, concluant à ce qu'il soit ordonné à l'Office d'établir un commandement de payer conforme à cette réquisition, "
sans avance de frais complémentaire
";
Que dans son rapport du 15 novembre 2017, l'Office s'en est rapporté à justice sur le bien-fondé de la plainte, en exposant ce qui suit : la réquisition lui était parvenue le
8 juin 2017; le commandement de payer, poursuite n° 17 xxxx07 R, a été édité le 3 juillet 2017 et remis à la poste pour notification au débiteur, à l'adresse figurant sur la réquisition; la poste avait retourné l'acte à l'Office le 24 août 2017, après avoir effectué trois passages infructueux et déposé une convocation; à une date non spécifiée, mais vraisemblablement à fin septembre 2017, un collaborateur de l'Office s'est rendu sur place et a constaté que le nom de la débitrice figurait sur la boîte aux lettres, mais pas sur la porte; un deuxième passage a été effectué le 11 novembre 2017 et un avis jaune a été déposé, le doute quant au domicile de la débitrice subsistant; le 13 novembre 2017, le dossier a été transmis au gestionnaire interne afin d'établir un mandat de conduite;
Que par avis du 17 novembre 2017, les parties ont été informées que l'instruction de la cause était close.
Considérant,

EN DROIT
, que la Chambre de surveillance est compétente pour statuer sur les plaintes formées en application de la LP (art. 13 LP; 125 et 126 al. 2 let. c LOJ; 6 al. 1 et 3 et 7 al. 1 LaLP) contre des mesures prises par l'Office qui ne peuvent être attaquées par la voie judiciaire (art. 17 al. 1 LP);
Que la plainte peut être déposée en tout temps lorsque le plaignant fait valoir un déni de justice ou un retard à statuer (art. 17 al. 3 LP);
Que la plaignante faisant valoir un retard injustifié, sa plainte, qui répond par ailleurs aux exigences minimales de forme (art. 9 al. 1 et 2 LaLP; 65 al. 1 et 2 LPA, applicable par renvoi de l'art. 9 al. 4 LaLP), est recevable;
Qu'il y a retard non justifié, au sens de l'art. 17 al. 3 LP, lorsqu'un organe de l'exécution forcée n'accomplit pas un acte qui lui incombe – d'office ou à la suite d'une requête régulière – dans le délai prévu par la loi ou dans un délai raisonnable compte tenu de l'ensemble des circonstances (Cometta/Möckli, BAK SchKG I, 2
ème
éd., 2010, n. 31-32 ad art. 17 LP; Dieth/Wohl, KUKO SchKG, 2
ème
éd., 2014, n. 32 ad art. 17 LP; Erard, CR LP, 2005, n. 55 ad art. 17 LP);
Qu'à réception d'une réquisition de poursuite, l'Office vérifie que celle-ci est conforme aux prescriptions de l'art. 67 al. 1 et 2 LP ainsi que, sur la base des indications données par le créancier et de ses propres vérifications, sa compétence à raison du lieu. Si la réquisition de poursuite répond aux exigences de l'art. 67 al. 1 et 2 LP et n'est pas nulle pour un autre motif, l'Office rédige (art. 69 al. 1 LP) et notifie (art. 71 al. 1 LP) sans attendre le commandement de payer. Ces dispositions constituent des prescriptions d'ordre imposant à l'Office d'agir sans délai, "aussi vite que possible"; leur éventuelle violation est toutefois sans effet sur la validité du commandement de payer (GILLIERON, Commentaire LP, n. 14 ad art. 71 LP; MALACRIDA/ROESLER, KUKO SchKG, n. 3
ad art. 71 LP);
Qu'en l'espèce, moins d'un mois s'est écoulé entre la réception par l'Office de la réquisition de poursuite et l'établissement du commandement de payer; si un délai de dix à quinze jours est souhaitable, cette lenteur, prise isolément, n'est pas encore suffisante pour retenir que l'Office aurait tardé de façon injustifiée;
Que suite à la première tentative de notification par la poste, un collaborateur s'est rendu sur place à deux reprises et, lorsque l'instruction de la plainte a été clôturée, un mandat de conduite était en voie d'élaboration. Dans la mesure où ces démarches ont été effectuées à plus d'un mois d'intervalle l'une de l'autre (en particulier, le premier passage est survenu aux alentours de fin septembre et le second à mi-novembre seulement), ces lenteurs – qui s'additionnent à celle déjà relevée ci-dessus – ne permettent pas de retenir que l'Office a traité la réquisition de poursuite avec la célérité et la diligence requises;
Qu'en conséquence, la plainte sera admise et l'Office enjoint à poursuivre sans désemparer la procédure de notification du commandement de payer jusqu'à son terme;
Que la plaignante a également conclu à ce que la plainte soit admise "
sans avance de frais complémentaire
";
Que s'agissant de l'avance des frais de poursuite qui échoit au créancier (art. 68 al. 1 LP; art. 1 ss OELP, notamment art. 13 al. 1 OELP), sa quotité dépendra des débours, démarches, opérations, etc., rendus nécessaires au cours de la procédure d'exécution forcée, laquelle n'est pas terminée;
Qu'en conséquence, la Chambre de céans n'est pas en mesure de se prononcer abstraitement sur ce point;
Que pour le surplus, la procédure de plainte est gratuite (art. 20a al. 2 ch. 5 LP; 61 al. 2 let. a OELP) et il n'est pas alloué de dépens (art. 62 al. 2 OELP).
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