Decision ID: 9a8f239b-f774-5146-ac3f-7f1f8e99548a
Year: 2017
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_006
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 

EN FAIT
A.
a)
B_, originaire de _ (Genève) et _ (_) est né le _ 1929 à Genève. Il a épousé le _ 1960, D_, originaire de _ (Genève), née le _ 1935 à Genève. Ils ont eu deux enfants soit E_, né le _ 1961 et F_ née le _ 1964. Les époux ont divorcé le _ 2001 à Genève.![endif]>![if>
b)
B_ a épousé en secondes noces, le _ 2005 à _ (_), G_, originaire de _, née le _ 1945 à _ (_). Ils sont domiciliés 1_ à Genève. B_ passe une partie de la semaine au H_ à 3_(Genève).
c)
Le 13 février 2017, E_ et F_ ont sollicité du Tribunal de protection de l'adulte et de l'enfant (ci-après : le Tribunal de protection), l'instauration de mesures de protection en faveur de leur père. Ils ont indiqué que ce dernier, âgé de 88 ans, était atteint depuis plusieurs années des maladies d'Alzheimer et de Parkinson. Leur belle-mère, avec laquelle ils ne s'entendaient pas, ne les renseignait pas sur l'état général de santé de leur père. Ils s'inquiétaient également de la situation financière de ce dernier, ayant appris que leur belle-mère avait entrepris des démarches en vue de vendre un bien immobilier lui appartenant, lequel constituait la principale source de ses revenus et que le compte bancaire de leur père ouvert auprès de I_, sur lequel il détenait une somme d'environ un million de francs, avait été clôturé. Ils ignoraient le sort réservé à cet argent, que leur père avait indiqué vouloir répartir en leur faveur en deux parts égales à hauteur de 70% et réserver 30% en faveur de leur belle-mère, à son décès. Ils craignaient ainsi que leur belle-mère ne profite de la faiblesse de leur père pour disposer de son patrimoine.
Ils joignaient à leur courrier une copie des "souhaits" de leur père, soit un courrier manuscrit du 20 mai 2005 qui indiquait le mode de répartition ci-dessus décrit des avoirs de leur père, signé par ce dernier et pour accord par A_, E_ et F_, document qui précisait qu'un testament allait être établi et que B_ se réservait de modifier la répartition.
Ils remettaient également au Tribunal de protection un courrier de I_ du 27 janvier 2017, précisant que E_ n'était pas co-titulaire du compte ouvert en leurs livres par B_, mais uniquement au bénéfice d'une procuration avec signature collective à deux, dont les effets s'étaient éteints par la clôture du compte précité.
B.
Par décision
DTAE/1030/2017
rendue le 7 mars 2017 et déclarée immédiatement exécutoire, le Tribunal de protection a désigné un curateur d'office à B_, en la personne de C_, avocat, dont le mandat était limité à la représentation de ce dernier dans le cadre de la procédure pendante devant l'autorité de protection.![endif]>![if>
Cette décision a été communiquée pour notification aux parties en date du 7 mars 2017. Le pli recommandé n'a pas été retiré par B_.
C.
a)
A_, épouse de B_, a formé recours contre cette décision auprès de la Chambre de surveillance de la Cour de justice le 30 mars 2017. Elle a sollicité l'annulation de la décision entreprise. Elle indiquait avoir 72 ans, être _, exercer encore cette profession avec l'autorisation du canton et gérer la vie de son époux et la sienne sans problème. Elle souhaitait continuer ainsi sans l'intervention d'un curateur. ![endif]>![if>
b)
Le 12 avril 2017, A_ a déposé un complément de recours par l'entremise de son conseil. Elle a conclu, outre le prononcé préalable de l'effet suspensif, à l'annulation de la décision rendue le 7 mars 2017 et à la révocation du curateur d'office nommé par le Tribunal de protection ou, si mieux n'aime, au renvoi de la cause au Tribunal de protection afin qu'il reconsidère sa position. Cela fait, elle a conclu à ce qu'elle soit nommée curatrice de son époux B_, dans l'intérêt de ce dernier, au déboutement de E_ et F_ de toutes leurs conclusions et à leur condamnation en tous les frais et dépens de la procédure, avec indemnité équitable en sa faveur.
Elle a produit notamment deux procurations manuscrites de son époux en sa faveur, datées respectivement des 7 mars 2013 et 8 novembre 2014 (pièces 4 et 5), la copie du testament public de B_ du _ 2014 instituant son épouse héritière pour moitié aux côtés de ses deux enfants pour un quart chacun (pièce 6), une copie de la donation immobilière du _ 2014, en sa faveur, du bien immobilier dont son époux était seul propriétaire dans le quartier 4_ à Genève (pièce 7) ainsi que les relevés fiscaux 2015 et 2016 du compte ouvert auprès de J_, ayant recueilli les avoirs de B_, après fermeture du compte auprès de I_ (pièces 9 et 10).
Elle considère que le Tribunal de protection a rendu sa décision sur la base d'une requête partiale, lacunaire et infondée déposée par les enfants de B_, sans avoir eu connaissance de l'existence de mandats pour cause d'inaptitude établis par B_ en sa faveur, soit les pièces 4 et 5 qu'elle a produites. Par ailleurs, elle estime qu'elle est parfaitement capable d'exercer le rôle de curatrice dans l'intérêt de son époux, puisqu'elle a toujours assuré la gestion de son quotidien et de ses intérêts. Son époux est atteint de la maladie de Parkinson depuis de nombreuses années, sans que celle-ci n'ait altéré sa capacité de discernement. Ce n'est que depuis environ un an et demi qu'il a commencé à développer une démence dite "_", laquelle se caractérise par des troubles de la mémoire et qu'elle a ainsi dû prendre en charge la totalité de la gestion administrative des affaires de son époux.
c)
Par décision
DAS/72/2017
du 25 avril 2017, la Chambre de surveillance a déclaré irrecevable la requête d'effet suspensif sollicité, subsidiairement l'a rejetée.
d)
Le Tribunal de protection n'a pas souhaité reconsidérer sa position.
e)
Le curateur de représentation a conclu, en date du 29 mai 2017, au rejet du recours. Les arguments soulevés par la recourante intéressent le fond de la procédure mais non la nomination du curateur de représentation professionnel, nécessaire dans le cas d'espèce.

EN DROIT
1.
1.1
Les décisions de l'autorité de protection peuvent faire l'objet d'un recours (art. 450 al. 1 CC) dans les trente jours à compter de leur notification (art. 450b al. 1 CC), auprès de la Chambre de surveillance de la Cour de justice (art. 53 al. 1 LaCC).