Decision ID: 69f94020-190e-5fe0-86d9-f6fe7801ed5a
Year: 2012
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_002
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law

EN FAIT
A.
a.
Le 16 mai 2012, A_INC a requis du Tribunal de première instance le séquestre de tous les avoirs de B_LTD, en mains de BNP Paribas (Suisse) SA, à concurrence de 281'274 fr. et 7'134 fr. 41, avec suite de frais et dépens. Elle a également sollicité d'être dispensée de fournir des sûretés.
b.
Par ordonnance du 18 mai 2012, le Tribunal de première instance a admis le séquestre au profit de A_INC à concurrence de 281'274 fr. au taux de change du jour du dépôt de la requête (contrevaleur de USD 300'000) en capital, avec intérêts à 5% par an composés à trois mois, dès le 1
er
janvier 2011, de 7'153 fr. 41 au taux de change du jour du dépôt de la requête (contrevaleur de GPB 4'750.-) en capital, avec intérêts à 5% par an composés à trois mois, dès le 10 avril 2012, de tous les avoirs, espèces, valeurs, objets, titre, créances, droit et autres biens de quelque nature et quelque monnaie qu'ils soient, en compte, placement dépôt, coffre-fort, sous désignation conventionnelle, fiduciaire, numérique ou pseudonymique, appartenant à B_LTD, en mains de BNP Paribas (Suisse) SA, 2, place de Hollande, 1204 Genève.
Les frais judiciaires ont été arrêtés à 750 fr. Aucune mention ne figure dans la rubrique "dépens" de l'ordonnance.
B. a.
Par acte déposé le 8 juin 2012 au greffe de la Cour de justice, A_INC a formé un recours limité aux dépens contre cette ordonnance. Elle se plaint d'un déni de justice, en tant que le premier juge n'a pas statué sur sa conclusion en condamnation de sa partie adverse aux dépens, subsidiairement, si la Cour devait retenir que le Tribunal n'a pas accordé de dépens, d'une violation de son droit d'être entendu, en raison de l'absence de motivation.
Elle conclut à l'annulation de l'ordonnance de séquestre sur ce point et à ce que la Cour condamne B_LTD à lui payer 16'000 fr. à titre de dépens de première instance, subsidiairement au renvoi de la cause au premier juge.
b.
Invitée à répondre au recours, et malgré deux prolongations du délai, B_LTD n'a pas déposé d'écriture, ni ultérieurement.
c.
Les parties ont été informées le 27 août 2012 de la mise en délibération de la cause.

EN DROIT
1.
S'agissant d'une opposition aux frais et dépens, seule la voie du recours est ouverte (art. 110 et 319 let. b al. 1 CPC).
Aux termes de l'art. 321 al. 1 et 2 CPC, le recours, écrit et motivé, doit être introduit auprès de l'instance de recours dans les 10 jours à compter de la notification de la décision motivée, pour les décisions prises en procédure sommaire (art. 251 let. a CPC).
A Genève, la Chambre civile de la Cour de justice est l'instance compétente pour connaître d'un recours (art. 120 al. 1 let. a LOJ).
Le recours ayant été interjeté dans le délai et les formes prévus par la loi, il est par conséquent recevable.
2.
Dans le cadre d'un recours, le pouvoir d'examen de la Cour est limité à la violation du droit et à la constatation manifestement inexacte des faits (art. 320 CPC). Les conclusions, les allégations de faits et les preuves nouvelles sont irrecevables (art. 326 al. 1 CPC). Partant, pour examiner si la loi a été violée, la Cour de justice doit se placer dans la situation où se trouvait le premier juge lorsque celui-ci a rendu la décision attaquée.
3.
3.1
Les frais comprennent les frais judiciaires et les dépens (art. 95 al. 1 CPC).
Le tribunal statue sur les frais en règle générale dans la décision finale (art. 104 al. 1 CPC). Les frais judiciaires sont fixés et répartis d'office (art. 105 al. 1 CPC). Le tribunal fixe les dépens selon le tarif (art. 105 al. 2 CPC).
L'omission de statuer sur une conclusion de la demande constitue un déni de justice formel prohibé par l'art. 29 al. 1 Cst. (arrêt du Tribunal fédéral
4A_487/2007
du 19 juin 2009 consid. 8.1).
3.2
En l'espèce, la recourante a requis le séquestre des avoirs de l'intimée, avec suite de frais et dépens. Le premier juge a fait droit à la demande et a arrêté les frais judiciaires. Il n'a toutefois pas statué sur les dépens.
Le recours est dès lors fondé.
3.3
Si l'instance de recours admet le recours, elle annule la décision et renvoie la cause à l'instance précédente ou rend une nouvelle décision, si la cause est en l'état d'être jugée (art. 327 al. 3 CPC).
A teneur de l'art. 95 al. 3 CPC, les dépens comprennent les débours nécessaires et le défraiement d'un représentant professionnel.
Dans les affaires pécuniaires, le défraiement s'élève à 14'500 fr. plus 3,5% de la valeur litigieuse dépassant 160'000 fr. (art. 85 du Règlement fixant le tarif des greffes en matières civile du 22 décembre 2010 RTFMC,
E 1 05.10
). Pour les affaires relevant de la LP, le défraiement est, dans la règle, réduit à deux tiers et au plus à un cinquième du tarif de l'art. 85 (art. 89 RTFMC).
Les débours nécessaires sont estimés à 3% du défraiement et s'ajoutent à celui-ci (art. 20 LaCC). La juridiction fixe les dépens d'après le dossier en chiffres ronds incluant la taxe sur la valeur ajoutée (art. 21 al. 1 LaCC).
3.4
In casu, l'affaire est en état d'être jugée, de sorte que la Cour de céans rendra une nouvelle décision sur les dépens.
La valeur litigieuse des prétentions pécuniaires s'élève à 288'427 fr. 41. Conformément au tarif, les dépens seront fixés à 4'700 fr., débours et TVA compris. L'intimée sera en conséquence condamnée à verser ce montant à la recourante.
4.
L'intimée, qui succombe, sera condamnée aux frais du recours (art. 106 al. 1 et 3 CPC).
En vertu de l'art. 61 al. 1 OELP, la juridiction supérieure à laquelle sont déférées les décisions rendues dans une procédure sommaire en matière de poursuite (art. 251 CPC) peut prélever un émolument n'excédant pas une fois et demie l'émolument que peut prélever l'autorité de première instance.
Partant, l'émolument de décision sera fixé à 600 fr. et mis à la charge de l'intimée, compensé avec l'avance de frais opérée par la recourante (art. 111 CPC). L'intimée sera condamnée à payer cette somme à la recourante.
L'intimée sera également condamnée aux dépens de la recourante assistée d'un conseil devant la Cour, arrêtés à 500 fr., débours et TVA compris (art. 96 et 105 al. 2 CPC; art. 85 et 90 RTFMC).
5.
La valeur litigieuse, au sens de l'art. 51 LTF, est inférieure à 30'000 fr.
* * * * *