Decision ID: 3ed0874f-83a8-5f34-baa5-3bfbeef50e2b
Year: 2016
Language: fr
Court: FR_TC
Chamber: FR_TC_010
Canton: FR
Region: Espace_Mittelland
Law Area: public_law

considérant en fait
A. Les époux A._ et B._ (les recourants) sont propriétaires d’un immeuble situé sur le territoire de la Commune Le Flon, sur lequel se trouve une villa raccordée aux réseaux communaux de distribution d’eau et d’évacuation des eaux usées.
B. Par facture du 19 avril 2012 notifiée le 26 avril 2012 pour la période du 1er octobre 2011 au 31 mars 2012, la Commune a requis les recourants de s’acquitter d’un montant total de CHF 692.75 comprenant les éléments suivants: - sous les mentions « taxe épur. parcelle constr. RFD indiv. » et « épuration sur unité locative »,
une taxe de base comprenant les montants respectifs de CHF 114.50 (1'767 m2 au tarif de CHF 0.162/m2) et de CHF 287.- (2 unités locatives au taux de CHF 143.50 par unité);
- sous la mention « épuration sur la consommation », une taxe d’exploitation de CHF 114.85 (83 m3 au tarif de CHF 1.38375/ m3);
- sous la mention « eau », une taxe périodique relative à la distribution d’eau, pour un montant de CHF 102.10 correspondant à 83 m3 au tarif de CHF 1.23/m3;
- sous les mentions « location compteur » et « abonnement de base », des montants respectifs de CHF 12.80 et de CHF 61.50.
Par facture du 29 octobre 2012 notifiée le 2 novembre 2012 pour la période du 1er avril 2012 au 30 septembre 2012, la Commune a requis les recourants de s’acquitter d’un montant total de CHF 314.10 comprenant les montants suivants: - sous la mention « eau », une taxe périodique relative à la distribution d’eau, pour un montant de
CHF 104.55 correspondant à 85 m3 au tarif de CHF 1.23/m3; - sous les mentions « rattrapage TVA s/épuration consommation » et « rattrapage TVA
s/épuration par U.L. », des montants respectifs de CHF 6.15 et de CHF 15.40 correspondant à des corrections des montants facturés le 19 avril 2012;
- sous la mention « épuration sur la consommation », une taxe d’exploitation de CHF 113.70 (78 m3 au tarif de CHF 1.38375/ m3);
- sous les mentions « location compteur » et « abonnement de base », des montants respectifs de CHF 12.80 et de CHF 61.50.
C. Par courrier du 10 novembre 2012 adressé à la Commune, les recourants ont contesté la taxe de base concernant l’épuration des eaux en indiquant qu’ils n’étaient pas d’accord avec le calcul prenant en compte deux « unités locatives ». Ils ont fondé leur position en particulier sur le fait que le studio construit en bas de leur maison n’était plus occupé par leur fils et qu’ils désiraient garder ce logement vide.
Par décision du 15 novembre 2012, se référant à la législation fédérale sur les eaux et plus particulièrement au principe de causalité, la Commune a confirmé que les taxes facturées étaient légales et devaient être payées.
D. Agissant le 19 novembre 2012 auprès du Préfet du district de la Veveyse, les recourants ont contesté la décision de la Commune en indiquant que sur la base des indications figurant dans leur courrier du 10 novembre 2012, il leur semblait normal de « payer seulement une unité locative ».
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Dans sa détermination du 6 décembre 2012, la Commune a en particulier relevé que les taxes facturées étaient conformes au règlement communal applicable, que les modalités de fixation des taxes avaient été arrêtées en tenant compte de la totalité de la surface des zones à bâtir de la Commune et que, en cas de raccordement de deux appartements sur le réseau communal d’épuration, il était normal d’établir la facture en conséquence, indépendamment de leur occupation effective, puisque les collecteurs avaient été dimensionnés en fonction des possibilités de construction des logements.
Par décision du 25 mars 2014, le Préfet a rejeté le recours du 19 novembre 2012. Il a retenu pour l’essentiel que le règlement communal applicable en matière d’épuration des eaux prévoit la perception d’une taxe de base calculée en fonction du nombre d’unités locatives, que la villa des recourants et le studio qui s’y trouve doivent être considérés comme deux unités locatives et que le fait que celui-ci soit actuellement vacant n’y change rien.
E. Par recours du 11 avril 2014 adressé au Tribunal cantonal, les recourants contestent la décision préfectorale du 25 mars 2014. Précisant qu’ils n’ont qu’un seul compteur d’eau, ils confirment qu’ils ne veulent pas de locataires pour le petit appartement situé dans leur villa et qu’ils s’opposent dès lors à ce que la taxe de base en matière d’épuration des eaux soit calculée en tenant compte de deux unités locatives.
Les recourants se sont acquittés dans le délai imparti de l’avance de frais requise par courrier du 15 avril 2014.
Le Préfet a produit le dossier de la cause le 5 mai 2014, renonçant à formuler des remarques particulières.
Dans sa détermination déposée le 15 mai 2014, la Commune se réfère quant à elle à ses précédentes prises de position. Elle relève qu’il serait impraticable de fixer la taxe de base en tenant compte de l’utilisation effective de chaque logement et qu’en tout état de cause les charges financières relatives à la dette contractée pour la mise en place du réseau d’évacuation et d’épuration des eaux ne dépendent pas de l’usage des canalisations.
F. Par courrier du 22 mars 2016, le Président de la Cour fiscale a indiqué aux parties que l’examen du recours porterait également sur la problématique de la conformité du mode de calcul prévu par l’art. 37 al. 2 du règlement communal et son annexe n° 1 avec les principes d’égalité de traitement et d’équivalence applicables en matière de contributions causales.
Le 31 mars 2016, la Commune a fait part de son étonnement quant à l’éventuelle remise en question du mode de calcul prévu par son règlement, en relevant que celui-ci avait fait l’objet de préavis favorables des services concernés et avait été approuvé par la Direction de l’aménagement, de l’environnement et des constructions. Le 11 avril 2016, les recourants ont maintenu leur position. Enfin, le 10 mai 2016, le Préfet a renoncé à émettre des observations complémentaires et s’en est remis à justice.

en droit
1. a) Conformément à l’art. 114 al. 1 let. c du code de procédure et de juridiction administrative (CPJA; RSF 150.1), le Tribunal cantonal connaît en dernière instance des recours contre les décisions prises par les préfets.
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b) Le recours du 14 septembre 2012 contre la décision du Préfet du 31 juillet 2012 a été interjeté en temps utile ainsi que dans les formes requises (art. 79 et 81 CPJA), par des contribuables ayant qualité pour recourir (art. 76 let. b CPJA et art. 155 de la loi du 25 septembre 1980 sur les Communes [LCo ; RSF 140.1]). Partant, le recours est recevable.
c) L’art. 77 CPJA prévoit que le recours peut être formé pour violation du droit, y compris l’excès ou l’abus du pouvoir d’appréciation (let. a) et pour constatation inexacte ou incomplète des faits pertinents (let. b). Il peut aussi être formé pour inopportunité si l’affaire concerne le domaine des contributions publiques (art. 78 CPJA).