Decision ID: 8894cd28-c751-588b-a0f4-5350e7222172
Year: 2015
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_014
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: social_law

Attendu en fait que Monsieur A_, né le _ 1962, travaillait en qualité de mandataire commercial auprès de la banque B_ (SUISSE) SA ; qu’à ce titre il était assuré contre les accidents professionnels et non professionnels conformément à la loi fédérale sur l’assurance-accidents du 20 mars 1981 (LAA) à la WINTERTHUR, devenue AXA WINTERTHUR (ci-après l’assureur) ;
Qu’il a été victime d’un accident le 1
er
novembre 2000, à la suite duquel il a souffert notamment d'une rupture traumatique de la coiffe des rotateurs de l'épaule droite ;
Que par décision du 10 juin 2005, l’office de l’assurance-invalidité du canton de Genève (OAI) a rejeté la demande de prestations déposée par l’assuré ; que par décision sur opposition du 16 avril 2008 toutefois, il lui a reconnu le droit à une demi-rente d’invalidité ;
Que par décision du 29 janvier 2007, confirmée sur opposition le 19 mars 2007, l’assureur lui a alloué une rente de 50% ; que le Tribunal cantonal des assurances sociales, alors compétent, a rejeté le recours interjeté par l’assuré, lequel considérait qu’il présentait une incapacité totale de travailler (
ATAS/627/2008
du 27 mai 2008) ;
Que dans le cadre d’une révision initiée par l’assureur, celui-ci a, par décision du 15 juin 2015, informé l’assuré qu’il suspendait avec effet immédiat le versement de la rente et retirait l’effet suspensif d’un éventuel recours ; qu’il a expliqué en effet avoir eu connaissance de nouveaux éléments par la ZURICH Assurances, assureur du tiers responsable, selon lesquels le bien-fondé du droit à la rente d’invalidité était très sérieusement remis en question ;
Que l’assuré, représenté par Me Christian VAN GESSEL, a interjeté recours le 22 juin 2015 contre ladite décision ; qu’il conclut, préalablement, à la restitution de l’effet suspensif, principalement, à l’annulation de la décision du 15 juin 2015, et, subsidiairement, à ce qu’un mandat d’expertise soit confié à la Policlinique médicale universitaire de Lausanne ou au Professeur C_ à Genève ;
Qu’invité à se déterminer sur la question de l’effet suspensif, l’assureur, représenté par Mes D_ et E_, a, dans des écritures du 7 juillet 2015, déclaré qu’il annulait la partie de sa décision du 15 juin 2005 (recte 2015) portant sur ce point, mais maintenait sa décision sur le fond ;

Considérant en droit que conformément à l'art. 134 al. 1 let. a ch. 5 de la loi sur l'organisation judiciaire, du 26 septembre 2010 (LOJ -
E 2 05
) en vigueur dès le 1
er
janvier 2011, la chambre des assurances sociales de la Cour de justice connaît en instance unique des contestations prévues à l’art. 56 de la loi fédérale sur la partie générale du droit des assurances sociales, du 6 octobre 2000 (LPGA -
RS 830.1
) relatives à la loi fédérale sur l'assurance-accidents, du 20 mars 1981 (LAA -
RS 832.20
) ;
Que sa compétence pour juger du cas d’espèce est ainsi établie ;
Qu’interjeté dans le délai légal et la forme prescrite, le recours est recevable (art. 56 et 60 LPGA ; art. 89B de la loi sur la procédure administrative, du 12 septembre 1985 - LPA ; RS
E 5 10
) ;
Que le litige porte sur le droit de l'assuré au maintien de sa rente d’invalidité ;
Que l'assuré sollicite préalablement la restitution de l’effet suspensif ;
Que la LPGA ne contient pas de dispositions propres sur l'effet suspensif ; que selon l'art. 55 al. 1 LPGA, les points de procédure qui ne sont pas réglés de manière exhaustive aux art. 27 à 54 LPGA ou par les dispositions des lois spéciales sont régis par la loi fédérale du 20 décembre 1968 sur la procédure administrative (PA;
RS 172.021
) ; que l'art. 56 LPGA, qui concerne le droit de recours, ne règle pas l'effet suspensif éventuel du recours (Ueli KIESER, ATSG-Kommentar, p. 562 ch. m. 16 ad art. 56 et la référence; ATF
129 V 376
consid. 4.3 in fine) ; que l'art. 61 LPGA pose des exigences auxquelles doit satisfaire la procédure devant le tribunal cantonal des assurances, laquelle est réglée par le droit cantonal, sous réserve de l'art. 1 al. 3 PA ; que selon l'art. 1 al. 3 PA, l'art. 55 al. 2 et 4 PA, concernant le retrait de l'effet suspensif, s'applique à la procédure devant les autorités cantonales de dernière instance qui ne statuent pas définitivement en vertu du droit public fédéral ; qu’est réservé l'art. 97 LAVS relatif au retrait de l'effet suspensif pour les recours formés contre les décisions des caisses de compensation ; qu'aux termes de l'art. 97 LAVS, applicable par analogie à l'assurance-invalidité en vertu de l'art. 66 LAI (dispositions applicables en l'espèce, dans leur nouvelle teneur en vigueur depuis le 1er janvier 2003 [arrêt P.-S. du 24 février
2004 I 46
/04]), la caisse de compensation peut, dans sa décision, prévoir qu'un recours éventuel n'aura pas d'effet suspensif, même si la décision porte sur une prestation pécuniaire; qu'au surplus, l'art. 55 al. 2 à 4 PA est applicable ;
Que selon l'art. 11 al. 2 OPGA, l'assureur peut, sur requête ou d'office, retirer l'effet suspensif ou rétablir l'effet suspensif retiré dans la décision ; qu’une telle requête doit être traitée sans délai ; que l'art. 55 al. 3 PA prévoit que l'autorité de recours ou son président peut restituer l'effet suspensif à un recours auquel l'autorité inférieure l'avait retiré ; que la demande de restitution de l'effet suspensif est traitée sans délai ;
Que s'agissant du retrait par l'administration de l'effet suspensif à une opposition ou à un recours ou de la restitution de l'effet suspensif, l'entrée en vigueur de la LPGA et de l'OPGA n'a rien changé à la jurisprudence en la matière (arrêt précité P.-S. du 24 février 2004) ; que d'après la jurisprudence, la possibilité de retirer l'effet suspensif au recours n'est pas subordonnée à la condition qu'il existe, dans le cas particulier, des circonstances tout à fait exceptionnelles qui justifient cette mesure ; qu’il incombe bien plutôt à l'autorité appelée à statuer, en application de l'art. 55 PA, d'examiner si les motifs qui parlent en faveur de l'exécution immédiate de la décision l'emportent sur ceux qui peuvent être invoqués à l'appui de la solution contraire ; que l'autorité dispose sur ce point d'une certaine liberté d'appréciation; qu'en général, elle se fondera sur l'état de fait tel qu'il résulte du dossier, sans effectuer de longues investigations supplémentaires ; qu’en procédant à la pesée des intérêts en présence, les prévisions sur l'issue du litige au fond peuvent également être prises en considération ; qu'il faut cependant qu'elles ne fassent aucun doute ; que par ailleurs, l'autorité ne saurait retirer l'effet suspensif au recours lorsqu'elle n'a pas de raisons convaincantes pour le faire (ATF
124 V 88
s. consid. 6a,
117 V 191
consid. 2b et les références) ; que ces principes s'appliquaient également dans le cadre de l'art. 97 al. 2 LAVS (teneur en vigueur jusqu'au 31 décembre 2002 ; ATF
110 V 46
), applicable par analogie à l'assurance-invalidité en vertu de l'art. 81 LAI (abrogé par la LPGA) ;
Qu’en l’espèce, l’assureur a, par courrier du 7 juillet 2015 adressé à la chambre de céans, expressément renoncé au retrait de l’effet suspensif, de sorte que l’assuré continuera à percevoir sa rente en l’état ;
Qu’il convient d’en prendre acte ;
Que l’assuré obtient ainsi satisfaction ;
Qu’il se justifie dès lors d’admettre le recours, en tant qu’il porte sur le rétablissement de l’effet suspensif ;