Decision ID: 37b02be8-4be8-53e7-b4b2-f355120537f1
Year: 2017
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_011
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: penal_law

Attendu, en fait, que :
- A_, prévenu, a requis le 21 septembre 2017 une copie de pièces, sous la forme d'un DVD,
- le lendemain, son avocat a été informé par le greffe du Ministère public que le DVD était prêt mais que le compte de l'Etude n'était pas suffisamment provisionné pour permettre de débiter la somme de CHF 13'541.80,
- le compte a été provisionné le 25 septembre 2017 ; un premier DVD a été délivré le même jour, sur lequel manquait toutefois l'inventaire ; puis, sur demande du conseil de A_, deux DVD contenant l'intégralité de la procédure lui ont été envoyés le 27 septembre suivant,
- dans son ordonnance querellée, le Ministère public expose que le processus de numérisation, lancé dès réception de la demande précitée, a permis de numériser 15'012 pages sur 2 DVD,
- se fondant sur l'art. 4 RTFMP et l'arrêt de la Chambre constitutionnelle de la Cour de justice
ACST/19/2015
, consid. 15d, le Ministère public retient que l'émolument est de CHF 1.- dès la première page dont la copie numérisée est effectuée sur demande,
- en application de ces principes, l'ordonnance querellée a ordonné la remise au conseil de A_ d'une copie intégrale du dossier consultable, valeur au 25 septembre 2017, et arrêté l'émolument à CHF 13'541.80,
- le prévenu se plaint que la numérisation des copies qu'il a reçues a eu lieu pour la plus grande partie en février 2017, seules 2'094 pages ayant été numérisées le 21 septembre 2017, étant précisé qu'il n'avait requis la consultation que de ces derniers fichiers de sorte qu'il était inexact de retenir qu'il avait requis une copie de l'intégralité du dossier,
- partant, il ne pouvait être exigé de lui le paiement de l'entier de l'émolument de numérisation, qui plus est pour un dossier qui avait déjà été numérisé pour l'utilisation du Ministère public en février 2017,
- l'émolument devait donc, selon lui, être fixé à CHF 1'500.- au maximum pour les copies déjà numérisées et à CHF 1'047.- pour les 2'094 copies numérisées en septembre 2017.

Considérant, en droit, que :
- le recours a été formé dans le délai et les formes légales (art. 385 et 396 al. 1 CPP),![endif]>![if>
- à teneur de l'art. 393 al. 1 let. a CPP, le recours est ouvert contre les décisions et les actes de procédure de la police, du ministère public et des autorités pénales compétentes en matière de contraventions. Cependant, les décisions qualifiées de définitives ou de non sujettes à recours par le CPP ne peuvent pas être attaquées (art. 380 en lien avec les art. 379 et 393 CPP),![endif]>![if>
- selon l'art. 382 al. 1 CPP, toute partie qui a un intérêt juridiquement protégé à l'annulation ou à la modification d'une décision a qualité pour recourir contre celle-ci. Le recourant, quel qu'il soit, doit être directement atteint dans ses droits et doit établir que la décision attaquée viole une règle de droit qui a pour but de protéger ses intérêts et qu'il peut, par conséquent, en déduire un droit subjectif. Le recourant doit en outre avoir un intérêt à l'élimination de cette atteinte, c'est-à-dire à l'annulation ou à la modification de la décision dont provient l'atteinte. L’intérêt pour recourir relève de la recevabilité et non du bien-fondé du recours (A. KUHN/ Y. JEANNERET,
Commentaire romand : Code de procédure pénale suisse, Bâle 2011
, n. 2 et 3 ad art. 382),![endif]>![if>
- le droit de consulter le dossier fait partie du droit d'être entendu. L'étendue de ce droit se détermine en premier lieu selon le droit cantonal. On peut déduire du droit d'être entendu celui d'établir soi-même, sur un appareil de l'administration et moyennant paiement des frais, des photocopies de format normal ou d'autres qui peuvent être faites sans difficulté particulière, à condition que cela n'entraîne pas une mise à contribution excessive de l'administration (ATF
108 Ia 7
c. 2 = JdT
1984 I 32
),![endif]>![if>
- selon l'art. 102 al. 3 CPP, toute personne autorisée à consulter le dossier peut en demander une copie contre versement d'un émolument. Il n'existe encore aucune réelle pratique concernant l'émolument y relatif perçu (A. KUHN / Y. JEANNERET (éds),
op. cit.
, n. 3 ad art. 102 qui renvoie aux ATF
116 Ia 325
et
117 Ia 424
p. 429 consid. 28 ; A. KUHN / Y. JEANNERET,
Précis de procédure pénale
, Berne 2013 n. 4042 qui renvoie à l'ATF
118 Ia 349
),![endif]>![if>
- selon l'art. 422 al. 1 CPP, les frais de procédure se composent des émoluments visant à couvrir les frais et débours effectivement supportés. On entend notamment par débours les frais de port et de téléphone et d'autres frais analogues (art. 422 al. 2 let. e CPP),![endif]>![if>
- les frais sont laissés à la charge de l'État ou mis à la charge du prévenu, ou de la partie plaignante, en application des règles figurant aux art. 423 et ss CPP, ![endif]>![if>
- aux termes de l'art. 424 CPP, la Confédération et les cantons règlent le calcul des frais de procédure et fixent les émoluments (al. 1). Ils peuvent, dans les cas simples, prévoir des émoluments forfaitaires couvrant également les débours (al. 2),![endif]>![if>
- l'art. 4 al. 3 RTFMP, fixe l'émolument relatif à la numérisation d'actes et la remise d'un support électronique et l'alinéa 2 prévoit que les autorités pénales peuvent exiger l'avance des frais,![endif]>![if>
- aux termes de l'art. 81 al. 4 CPP, les jugements et autres prononcés clôturant la procédure contiennent un dispositif qui lui-même contient, dans un jugement, le prononcé relatif à la culpabilité et à la sanction, aux frais, aux indemnités et aux éventuelles conclusions civiles (let. b) et dans un autre prononcé de clôture, l'ordonnance concernant le règlement de la procédure (let. c),![endif]>![if>
- en l'espèce, l'ordonnance querellée porte uniquement sur une avance de frais pour la délivrance de copies numérisées, selon l'art. 4 al. 2 RTFMP,![endif]>![if>
- le recourant ne conteste pas le principe d'une avance de frais, mais le montant de l'émolument de photocopies,![endif]>![if>
- une décision finale sur ce point n'interviendra toutefois que dans le prononcé de la clôture de la procédure, comme le prévoit l'art. 81 al. 4 let. b et c CPP,![endif]>![if>
- le recourant n'a, en outre, pas d'intérêt juridiquement protégé à faire examiner, à ce stade de la procédure, le montant de l’avance demandé pour les photocopies, dès lors qu'il l'a payé et a reçu les copies en cause. Il n'invoque pas avoir été atteint dans ses droits et, en particulier, pas que l'avance demandée l'aurait concrètement entravé dans l'exercice de son droit de consulter le dossier pour préparer sa défense (
ACPR/174/2015
du 23 mars 2015).![endif]>![if>
- partant, le recours est irrecevable,![endif]>![if>
- le recourant, qui succombe, supportera les frais envers l'État, qui comprendront un émolument de CHF 700.- (art. 428 al. 1 CPP et 13 al. 1 RTFMP).![endif]>![if>
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