Decision ID: ad717273-5370-5b1a-b5c3-1e24d8888040
Year: 2015
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_013
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: public_law

EN FAIT
1) Le 23 avril 2015, l’office cantonal de la population et des migrations (ci-après : l’OCPM) a refusé de renouveler l’autorisation de séjour de Monsieur A_, né le _ 1980, ressortissant du Cameroun. Il a également prononcé son renvoi de Suisse d’ici au 30 juillet 2015. La décision mentionnait que l’intéressé pouvait interjeter un recours contre cette décision dans un délai de trente jours auprès du Tribunal administratif de première instance. ![endif]>![if>
2) Selon les renseignements donnés par le site de la poste (www.laposte.ch), cette décision a été notifiée à M. A_ par pli recommandé au domicile élu de son avocat qui l’a réceptionné le 28 avril 2015. ![endif]>![if>
3) M. A_, dont l’avocat a entretemps cessé d’occuper, a interjeté un recours auprès du TAPI par pli posté le 29 mai 2015. ![endif]>![if>
4) Par jugement du 6 juillet 2015, le TAPI a déclaré irrecevable le recours de M. A_. Celui-ci avait été interjeté tardivement, le délai de recours échéant le jeudi 28 mai 2015. ![endif]>![if>
5) Par pli posté le 9 septembre 2015, M. A_ a interjeté un recours auprès de la chambre administrative de la Cour de justice (ci-après : la chambre administrative) contre le jugement du TAPI précité, qu’il avait reçu le 10 juillet 2015, concluant à son annulation.![endif]>![if>
6) Il faisait état de sa situation personnelle. Il avait reçu la décision de l’OCPM par le biais de son avocat qui lui avait mentionné la possibilité de recourir à trente jours à compter du 29 avril 2015. Il admettait avoir mal calculé le délai pour le recours en comptant trente jours depuis la date de la réception du courrier de son avocat. Il espérait une restitution de délai pour pouvoir faire valoir sa position devant la première instance. ![endif]>![if>
7) Sur requête du juge délégué, le TAPI a transmis le 25 septembre 2015 son dossier, sans formuler d’observations.![endif]>![if>
Sur ce, la cause a été gardée à juger, le recours ayant été transmis à l’OCPM pour information.

EN DROIT
1) Interjeté en temps utile et devant la juridiction compétente, le recours est recevable (art. 132 de la loi sur l’organisation judiciaire du 26 septembre 2010 - LOJ -
E 2 05
; art. 62 al. 1 let. a de la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 1985 - LPA -
E 5 10
).![endif]>![if>
2) a. Aux termes de l’art. 62 LPA, le délai de recours devant le TAPI est de trente jours, s’il s’agit d’une décision finale ou d’une décision en matière de compétence (art. 62 al. 1 let. a LPA) ; le délai court dès le lendemain de la notification de la décision (art. 62 al. 3 LPA).![endif]>![if>
b. Lorsque le dernier jour du délai tombe un samedi, un dimanche ou sur un jour légalement férié, le délai expire le premier jour utile (art. 17 al. 3 LPA). En outre, les délais légaux fixés en jour par la loi ou l’autorité ne courent pas durant certaines périodes légales, notamment du 7
ème
jour avant Pâques au 7
ème
jour après Pâques inclusivement (art. 63 al. 1 let. a LPA) ou du 15 juillet au 15 août inclusivement (art. 63 al. 1 let. b LPA).
c. Les écrits doivent parvenir à l’autorité ou être remis à son adresse à un bureau de poste suisse ou à une représentation diplomatique ou consulaire suisse au plus tard le dernier jour du délai avant minuit (art. 17 al. 4 LPA). Les délais sont réputés observés lorsqu’une partie s’adresse par erreur en temps utile à une autorité incompétente (art. 17 al. 5 LPA).
Selon l’art. 63 al. 1 LPA, sauf certaines exceptions qui ne concernent pas le présent cas, les délais, en jours ou en mois, fixés par la loi ou par l’autorité ne courent pas pendant certaines périodes, parmi lesquelles celle allant du 15 juillet au 15 août. Si une décision est notifiée durant la période de suspension, le délai de recours ne commence à courir que le premier jour suivant la fin de celle-ci. Pour les décisions notifiées avant le début de la période de suspension, le délai est suspendu pendant celle-ci et recommence à courir à son issue.
3) Les délais de réclamation et de recours fixés par la loi sont des dispositions impératives de droit public. Ils ne sont, en principe, pas susceptibles d’être prolongés (art. 16 al. 1 1
ère
phr. LPA), restitués ou suspendus, si ce n’est par le législateur lui-même (
ATA/212/2014
du 1
er
avril 2014 et la jurisprudence citée). Ainsi, celui qui n’agit pas dans le délai prescrit est forclos et la décision en cause acquiert force obligatoire (
ATA/677/2013
du 8 octobre 2013 consid. 3a ;
ATA/712/2010
du 19 octobre 2010 et les références citées).![endif]>![if>
Les cas de force majeure sont réservés, conformément à l’art. 16 al. 1 2
ème
phr. LPA. Tombent sous cette notion, les événements extraordinaires et imprévisibles qui surviennent en dehors de la sphère d’activité de l’intéressé et qui s’imposent à lui de façon irrésistible (
ATA/212/2014
précité et les références citées).
Les conditions pour admettre un empêchement de procéder à temps sont très strictes. La restitution du délai suppose que l’intéressé n’a pas respecté le délai légal en raison d’un empêchement imprévisible dont la survenance ne lui est pas imputable à faute (ATF
119 II 86
;
112 V 255
;
ATA/251/2014
du 13 mai 2014 ; Thierry TANQUEREL, Manuel de droit administratif, 2011, p. 444 n. 1348). Celui-ci peut résulter d’une impossibilité objective ou subjective. L’empêchement doit être de nature telle que le respect des délais aurait impliqué la prise de dispositions que l’on ne peut raisonnablement attendre de la part d’un homme d’affaires avisé (
ATA/397/2013
du 25 juin 2013 consid. 9 ;
ATA/744/2012
du 30 octobre 2012 ;
ATA/38/2011
du 25 janvier 2011).
4) La notification d’un acte soumis à réception, comme un jugement, une décision ou une communication de procédure, est réputée faite au moment où l’envoi entre dans la sphère de pouvoir de son destinataire (Pierre MOOR/Étienne POLTIER, Droit administratif, vol. II, 3
ème
éd., 2011, n. 2.2.8.3 p. 353 s). Il suffit que celui-ci puisse en prendre connaissance (ATF
137 III 308
consid. 3.1.2 ;
118 II 42
consid. 3b ;
115 Ia 12
consid. 3b ; arrêts du Tribunal fédéral
2P.259/2006
du 18 avril 2007 consid. 3.1 ;
2A.54/2000
du 23 juin 2000 consid. 2a et les références citées). Le destinataire d’une décision administrative est censé avoir été atteint si la communication qui lui est faite lui est notifiée à l’adresse de son mandataire s’il y a fait élection de domicile (art. 46 al. 2 LPA). ![endif]>![if>
5. En l’occurrence, la décision de l’OCPM du 23 avril 2015 est arrivée le 28 avril 2015 en l’étude de l’avocat du recourant auprès duquel le recourant avait fait élection de domicile, selon courrier dudit mandataire du 18 juillet 2014. Cette élection de domicile n’ayant pas encore été révoquée au moment de la notification de la décision attaquée, dite décision est censée être arrivée à la connaissance du recourant le 28 avril 2015. En l’absence de toute suspension légale des délais, le délai de recours, qui avait commencé à courir le 29 avril 2015, est arrivé à échéance le jeudi 28 mai 2015. En postant son courrier le 29 mai 2015, le recourant a agi hors délai.
Devant la chambre administrative, le recourant admet le retard d’un jour dans le dépôt de son recours. Il n’expose cependant aucun motif relevant de la force majeure, qui justifierait ce retard et autoriserait une restitution du délai légal. Dans ces circonstances, la chambre administrative qui se doit, à l’instar du TAPI, au nom du respect du principe de la légalité et de l’égalité de traitement entre administrés, d’être stricte dans l’appréciation du respect des délais légaux accordés aux parties pour agir, ne peut entrer en matière sur une telle restitution.
Le recours sera rejeté et le jugement du TAPI sera confirmé.
6. Vu l’issue du recours, un émolument de CHF 250.- sera mis à la charge du recourant qui succombe (art. 87 al. 1 LPA). Aucune indemnité de procédure ne sera allouée (art. 87 al. 2 LPA).
* * * * *