Decision ID: de1bc76a-fa8a-53e5-b992-c95d4ff10959
Year: 2016
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_014
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: social_law

Considérant, en fait, que le jugement du Tribunal de première instance du 7 janvier 2015 prononçant le divorce de Madame A_ et de Monsieur A_, devenu définitif le 17 février 2015, a été transmis le 9 mars 2015 à la chambre des assurances sociales de la Cour de justice (ci-après : la chambre de céans) pour exécution du partage par moitié des avoirs de prévoyance accumulés par les parties durant le mariage ;
Que dans le cadre de l’instruction de la cause, ayant comporté l’interpellation des institutions de prévoyance des ex-époux précités, la Caisse de prévoyance de l’État de Genève (ci-après : CPEG) a indiqué à la chambre de céans que la prestation de sortie de l’épouse au 28 février 2015 s’élevait à CHF 24'374.10, mais qu’elle n’était pas en mesure de calculer le montant exact de la prestation de sortie de son assurée au 17 février 2015, du fait qu’elle fonctionnait sous le système de la primauté des prestations, étant cependant précisé que la prime mensuelle s’élevait à CHF 1'424.40 ;
Que par arrêt du 18 août 2015 (
ATAS/588/2015
), la chambre de céans a retenu que, selon les documents produits, la prestation acquise pendant le mariage par l’époux était de CHF 9'072.70, tandis que celle acquise par l’épouse durant le mariage était au total de CHF 107'051.85, à savoir d’un montant de CHF 23'756.85 en possession de la CPEG, auquel s’ajoutait CHF 83'295.- correspondant au montant d’un retrait anticipé effectué le 29 juillet 2013 au titre de l’encouragement à la propriété du logement ;
Qu’elle a établi le montant précité de CHF 23'756.85 en soustrayant du montant communiqué par la CPEG de CHF 24'374.10 au 28 février 2015 un montant de CHF 617.25 (produit de la multiplication du montant de la prime mensuelle de CHF 1'424.40 par 13/30) ;
Que le partage des avoirs de prévoyance des ex-époux avait ainsi pour résultat que l’épouse devait un montant de CHF 48'989.55 à son ex-époux, non compris les intérêts dus depuis le 17 février 2015 ;
Que dans la mesure où l’ex-épouse disposait auprès de la CPEG, au 28 février 2015, d’une prestation de sortie de CHF 24'374.10, il y avait lieu - a estimé la chambre de céans – d’ordonner à la CPEG de transférer cette somme-ci, augmentée des cotisations d’épargne employeur-employé accumulées depuis lors et des intérêts dus depuis le 17 février 2015 jusqu’au moment du transfert, à la caisse inter-entreprises de prévoyance professionnelle (ci-après : CIEPP) en faveur de A_ ;
Qu’elle a condamné la CPEG à effectuer ce transfert, en précisant que le solde restant constituerait une créance de l’ex-époux à l’encontre de son ex-épouse ;
Que par courrier du 25 janvier 2016, la CPEG a rappelé à la chambre de céans qu’appliquant le principe de primauté des prestations, elle ne pouvait pas exécuter cette arrêt à la lettre en tant qu’il prévoyait un transfert de la somme de CHF 24'374.10 « augmentée des cotisations d’épargne d’employeur-employé accumulées depuis lors et des intérêts dus depuis le 17 février 2015 », étant précisé que, dans une caisse en primauté des prestations, la prestation de sortie n’était pas égale à la somme des cotisations de l’employé et des cotisations de l’employeur, mais à la réserve mathématique nécessaire au financement des prestations futures ;
Que selon son interprétation de l’arrêt précité, il lui fallait recalculer le montant de la prestation de sortie de Madame A_ au moment du transfert à la CIEPP, plus précisément à la fin du mois précédent ledit transfert, en ajoutant les intérêts dus jusqu’à la date effective du versement ;
Que cette demande a été enregistrée comme une demande d’interprétation de l’
ATAS/588/2015
du 18 août 2015 ;
Qu’invités à se déterminer sur cette demande, tant par plis recommandés que par courriers simples du 5 février 2016, ni Madame A_, ni Monsieur A_ n’ont pris position ;

Considérant, en droit, que l’
ATAS/588/2015
contient des obscurités, voire des contradictions entre son dispositif et ses considérants, dans la mesure où il ne tient pas compte du fait que la CPEG lui avait dûment signalé qu’elle fonctionnait sous le système de primauté des prestations, ce qui impliquait qu’elle recalcule la prestation de sortie au dernier jour du mois précédant la date effective du transfert, ainsi que les intérêts jusqu’à cette date, plutôt que d’augmenter le montant de la prestation de sortie arrêté au 28 février 2015 du montant des cotisations d’épargne employeur-employé accumulées depuis lors et des intérêts dus depuis le 17 février 2015 jusqu’au moment du transfert ;
Qu’il s’agit d’un motif d’interprétation de l’arrêt précité, selon l’art. 84 de la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 1985 (LPA -
E 5 10
) ;
Que, subsidiairement, il s’agirait d’un motif de révision dudit arrêt, dans la mesure où celui-ci ne tient pas compte, par inadvertance, de faits invoqués et établis par pièce (art. 80 let. c LPA) ;
Qu’il y a lieu de déclarer la demande en interprétation bien fondée et de substituer au chiffre 2 du dispositif de l’
ATAS/588/2015
un chiffre 2 invitant la CPEG à transférer à la CIEPP, en faveur de Monsieur A_, non la somme de CHF 24'374.10, augmentée des cotisations d’épargne employeur-employé accumulées depuis lors et des intérêts dus depuis le 17 février 2015 jusqu’au moment du transfert, mais le montant de la prestation de sortie, à recalculer par la CPEG, de Madame A_ au dernier jour du mois précédent le transfert, augmenté des intérêts dus jusqu’à la date effective du versement ;
Que la procédure est gratuite.