Decision ID: 165e7fff-d16d-5f30-b56a-481c91ee7a8f
Year: 2017
Language: fr
Court: FR_TC
Chamber: FR_TC_004
Canton: FR
Region: Espace_Mittelland
Law Area: civil_law

considérant en fait
A. C._, née en 2015, est la fille de B._ et de A._; peu après sa naissance, des difficultés entre les parents sont survenues concernant l’autorité parentale et l’exercice du droit de visite du père, B._ ayant requis auprès de la Justice de paix de l’arrondissement de la Sarine (ci-après: la Justice de paix) que l’autorité parentale et le droit de visite de A._ lui soient retirés au motif qu’il existerait des risques d’enlèvements, d’abus sexuels, de violences et de mises en danger de C._ par son père (DO I 1 ss).
B. Par décision du 2 novembre 2015, la Justice de paix a suspendu la requête d’autorité parentale exclusive de la mère ainsi que les requêtes d’enquête sociale et d’expertise de A._ à l’encontre de B._ (ch. I.). Elle a également réglé le droit de visite de A._ sur sa fille en ce sens qu’à défaut d’entente entre les parties, il s’exercera, lorsqu’il est en Suisse, deux fois par mois au Point Rencontre fribourgeois (ci-après: PRF) jusqu’à décision contraire de l’autorité de protection de l’enfant et de l’adulte (ci-après: APEA), conformément au règlement de l’institution, et ce le plus tôt possible (ch. II. a), ainsi que deux fois par semaine, jours consécutifs, de 14h00 à 16h30 en présence de D._ ou de E._, intervenante en protection de l’enfant auprès du Service de l’enfance et de la jeunesse (ci-après: SEJ), dans un lieu approuvé par la curatrice ou au SEJ (ch. II. b), étant précisé que dans ces deux cas et pendant le temps du droit de visite, A._ remettra son passeport au personnel du PRF, à D._ ou à E._ (ch. II. c). En outre, lorsque A._ est à l’étranger, un contact via Skype aura lieu une fois par semaine ainsi que la transmission régulière de photos (ch. III). La Justice de paix a ordonné à B._, sous menace de la peine prévue à l’art. 292 CP, de respecter l’exercice du droit de visite prévu (ch. IV.). De plus, la Justice de paix a décidé qu’aucun droit de visite ne pourrait s’exercer ailleurs que sur le territoire suisse jusqu’à décision contraire de l’APEA (ch. V.). Elle a également confirmé la curatelle de surveillance du droit de visite au sens de l’art. 308 al. 2 CC et la nomination de E._, en tant que curatrice, prononcées par mesures superprovisionnelles des 13 et 18 août 2015 (ch. VI.). Enfin, la Justice de paix a retiré l’effet suspensif à un éventuel recours (DO III 655 ss).
C. Par décision du 9 novembre 2015, la Justice de paix a partiellement modifié sa décision du 2 novembre 2015, les ch. II. b et VI. de son dispositif ayant été réformés en ce sens que le droit de visite de A._ s’exerce deux fois par semaine, jours consécutifs, durant deux heures trente en présence de D._ ou de E._, ainsi que de F._ ou G._, personnes de confiance du père de l’intéressée, dans un lieu approuvé par la curatrice ou au SEJ. Pour le surplus la décision du 2 novembre 2015 reste valable. En outre, la Justice de paix a retiré l’effet suspensif à un éventuel recours (DO III 752 ss).
Par courriers des 12, 16 et 19 novembre 2015, A._ a informé la Justice de paix que B._ n’a pas respecté son droit de visite les 12 et 13 novembre 2015. Il a requis que la mère soit exhortée à respecter son droit de visite et que les décisions de la Justice de paix des 2 et 9 novembre 2015 soient complétées en ce sens qu’en cas de non respect du droit de visite par la mère, il soit autorisé à faire appel aux agents de la force publique pour faire exécuter son droit de visite (DO III 808, 825-826, 865-867).
Le 23 novembre 2015, le SEJ a informé la Justice de paix que dans la mesure où la mère refusait de se présenter aux rendez-vous prévus pour l’exercice du droit de visite, il était contraint
Tribunal cantonal TC Page 3 de 36
d’annuler les deux prochains et a invité la Justice de paix à examiner l’opportunité de prononcer des mesures coercitives (DO III 888).
D. Par ordonnance du 25 novembre 2015, la Juge de paix de l’arrondissement de la Sarine (ci-après: la Juge de paix) a ordonné au SEJ d’exécuter les décisions des 2 et 9 novembre 2015 et l’a habilité à requérir l’assistance de la police cantonale. Il a en outre été rappelé à B._ son devoir de se conformer aux modalités du droit de visite telles que fixées par décisions des 2 et 9 novembre 2015, sous la menace de la peine prévue à l’art. 292 CP (DO III 911 ss).
E. Le 7 janvier 2016, le SEJ a livré à la Justice de paix son rapport annuel 2015 sur la situation de l’enfant C._. Il en ressort, en substance, que B._ a déplacé son adresse de domicile ainsi que celle de sa fille chez D._, à H._ (NE). Le SEJ ignore toutefois où vit l’enfant. En effet, B._ est assez discrète sur sa vie, notamment sur son lieu de vie avec C._ et sur les noms des médecins de l’enfant. Elle craint que le père enlève sa fille et/ou commette des attouchements sexuels sur cette dernière. Elle a déposé en ce sens une plainte pénale à l’encontre de A._. Le SEJ a également relevé que C._ est bien soignée, bien entourée et bénéficie de tout le nécessaire pour un bébé de son âge. La mère est calme avec elle, maternelle et prévenante. De plus, le SEJ a indiqué que B._ avait trouvé un nouveau lieu où exécuter le droit de visite du père, soit au couvent I._, D._ ne souhaitant plus fonctionner comme personne de confiance. S’agissant du père, le SEJ a relevé qu’il était tendre et affectueux avec C._. Il est très heureux de pouvoir la voir et est très motivé (DO IV 1'120).
F. En date du 26 avril 2016, le père a informé la Justice de paix de ce que tous les droits de visite postérieurs au 10 mars 2016 n’avaient pas eu lieu et de ce que la mère refusait désormais de laisser la vidéo durant les droits de visite Skype (DO IV. 1'203 ss).
G. Par arrêt du 11 mai 2016, la Cour de protection de l’enfant et de l’adulte du Tribunal cantonal (ci-après: la Cour) a rejeté le recours de B._ contre les décisions de la Justice de paix des 2 et 9 novembre 2015 et contre l’ordonnance de la Juge de paix du 25 novembre 2015. En substance, la Cour a considéré que rien au dossier n’attestait de la prétendue dangerosité de A._ à l’égard de sa fille ni du prétendu risque d’enlèvement de cette dernière par son père (DO IV 1'244 ss; arrêt TC FR 106 2015 117 à 120 du 11 mai 2016).
H. Le 12 mai 2016, A._ a déposé une requête en modification des décisions de mesures provisionnelles des 2 et 9 novembre 2015. En bref, il a conclu à ce que mandat soit donné au SEJ de réaliser une enquête sociale au domicile réel de B._. Il a également proposé un planning du droit de visite. Le père a encore demandé à ce que la Justice de paix rappelle à E._ ses tâches de curatrice et à ce qu’en cas d’insoumission de la mère aux décisions de l’autorité, le SEJ ou le PRF requiert l’assistance de la force publique. Pour le surplus, A._ a conclu au maintien des décisions de la Justice de paix des 2 et 9 novembre 2015 (DO IV 1'256 ss).
A la demande de la Justice de paix, le SEJ a pris position sur la situation de l’enfant C._ en date du 10 juin 2016. En substance, il a indiqué qu’il n’y avait pas d’éléments prônant un retrait immédiat de l’autorité parentale à l’un ou l’autre des deux parents. Il a constaté que B._ a peur des comportements de A._ et que ce dernier est agacé des comportements d’évitement du droit de visite de la mère. Cela étant, chacun d’eux, lorsqu’il se trouve avec C._, est adéquat. Selon le SEJ, une médiation entre les parents serait indiquée. Il estime
Tribunal cantonal TC Page 4 de 36
également qu’une enquête sociale au domicile de C._ n’est pas justifiée en l’état. S’agissant de la mère, le SEJ a relevé qu’elle est très peu en confiance et a de très grandes craintes pour sa fille relativement à son père. Elle est également très méfiante vis-à-vis des autorités. Néanmoins, il estime qu’elle est rationnelle et ne semble pas avoir perdu la raison. En outre, le changement de domicile de C._ ne prétérite pas le droit de visite de A._ et le SEJ est d’avis qu’il devrait se poursuivre au PRF. Il a également indiqué qu’il n’est pas favorable à des contacts vidéo entre C._ et son père et préconise uniquement l’envoi de photos de l’enfant par la mère à A._. Le SEJ n’est en outre pas satisfait que B._ refuse de donner les noms des professionnels entourant sa fille. S’agissant du recours à la police pour forcer la mère à amener C._ au PRF, il n’y est pas favorable, celle-ci y venant de son plein gré (DO V 1'306 ss).
Par courrier du 13 juin 2016, A._ a complété sa requête. Il a allégué qu’il n’y a aucun fait nouveau justifiant une modification de l’attribution de l’autorité parentale conjointe. Il a réitéré sa demande relative à la mise en œuvre d’une enquête sociale au domicile de C._ dans la mesure où la curatrice n’a jamais pu y rencontrer la mère en présence de l’enfant. Il a également enjoint la Justice de paix à ordonner une expertise psychiatrique de B._. De plus, il a demandé à la Justice de paix de fixer un droit de visite usuel adapté au contexte international, y compris une communication audio et vidéo, via Skype. Il a également proposé un nouveau planning du droit de visite, avec la levée de l’interdiction faite d’exercer le droit de visite hors de Suisse (DO V 1'310 ss).
Le 21 juin 2016, E._ a transmis à la Justice de paix une attestation établie le 9 juin 2016 par le Dr J._, médecin FMH spécialiste en gynécologie et obstétrique, de laquelle il ressort qu’il a vu C._ le 30 mai 2016 et qu’elle présente un développement physiologique et psychomoteur tout à fait dans la norme (DO V 1'421).
Par courrier du 4 juillet 2016, B._ a déposé une détermination. Elle a conclu à l’octroi de l’autorité parentale exclusive sur sa fille et a demandé à ce qu’il soit constaté que la déclaration concernant l’autorité parentale conjointe avant la naissance de C._ est viciée. Elle a également conclu au maintien de sa garde exclusive sur sa fille. S’agissant du droit de visite du père, B._ a conclu à ce qu’il soit exercé deux fois par mois au PRF, sous surveillance et uniquement en Suisse au minimum jusqu’à l’âge de 12 ans, avec dépôt du passeport du père; subsidiairement, il pourra s’exercer dans un autre lieu, mais toujours sous surveillance. En outre, un contact téléphonique pourra s’opérer une fois par semaine, étant précisé que A._ ne peut exiger, en cas de contact par Skype, que la mère enclenche la caméra. A._ devra en outre donner suffisamment à l’avance les dates de ses passages en Suisse ainsi que ses disponibilités pour un droit de visite par téléphone. Elle a également demandé qu’interdiction soit faite au père d’obtenir des papiers d’identité de C._ ainsi que de lui donner la nationalité italienne. De plus, B._ a conclu à ce qu’elle soit libre de choisir le lieu de domicile de sa fille et que l’adresse reste confidentielle. Elle a également requis que A._ ne soit pas informé des lieux que fréquentes sa fille, ni des noms des différents intervenants qu’elle côtoie. Elle a en outre conclu au rejet des requêtes d’enquête sociale et d’expertise psychiatrique, subsidiairement elle a requis que A._ y soit également soumis. B._ s’est enfin plainte du fait qu’elle n’aurait pas eu accès à toutes les pièces du dossier judiciaire (DO V 1'445 ss).
Tribunal cantonal TC Page 5 de 36
Par ordonnance du 12 juillet 2016, le Ministère public n’est pas entré en matière sur la plainte pénale pour calomnie, induction de la justice en erreur, fausse déclaration d’une partie en justice, discrimination raciale, actes d’ordre sexuel avec des enfants, propagation d’une maladie de l’homme, exposition, violation du devoir d’assistance ou d’éducation, voies de fait réitérées, contrainte et tentative de contrainte, pornographie et tentative d’enlèvement déposée par B._ à l’encontre de A._ au motif que les allégations de la plaignante s’apparentaient à des peurs fondées sur des comportements supposés et non avérés de A._ ou alors que les reproches allégués par B._ ne reposent que sur des extrapolations et des raccourcis inquiétants quant à sa réelle bonne foi. Cette ordonnance fait actuellement l’objet d’un recours déposé par B._ devant la Chambre pénale du Tribunal cantonal (DO V 1'573 ss).
I. Par décision du 20 juillet 2016, la Justice de paix a constaté que le droit d’être entendu de B._ avait été respecté (ch. I.). Elle a rejeté les requêtes d’expertise psychiatrique et d’enquête sociale (ch. II. et III.). Elle a également rejeté celle de B._ tendant à l’attribution de l’autorité parentale exclusive en sa faveur et a maintenu l’autorité parentale conjointe (ch. V. et VI.). Elle a par ailleurs déclaré irrecevable la requête de la mère pour vice de consentement de la déclaration concernant l’autorité parentale conjointe avant la naissance (ch. IV.). Elle a vivement exhorté les parents de C._ à rétablir un dialogue afin de trouver une solution à leurs divergences (ch. VII.). Elle a en revanche renoncé à exhorter les parents à tenter une médiation (ch. VIII.). La garde de fait de C._ a été maintenue en mains de sa mère et les relations personnelles de A._ avec sa fille ont été fixées, à défaut d’entente, comme suit (ch. IX. et X.):
a. jusqu’à l’âge de deux ans révolus, le droit de visite s’exercera deux fois par mois au PRF, selon les modalités de cette institution, avec sorties;
b. jusqu’à cinq ans révolus, le droit de visite s’exercera le samedi de 9.00 heures à 19.00 heures et le dimanche de 9.00 heures à 19.00 heures, au minimum six fois par année, avec interdiction de quitter le territoire suisse. Le lieu de transfert de l’enfant devra se faire dans un lieu neutre. L’autorité parentale du père est limitée en conséquence;
c. jusqu’à sept ans révolus, le droit de visite s’exercera le samedi de 9.00 heures à 19.00 heures et le dimanche de 9.00 heures à 19.00 heures, au minimum six fois par année, avec interdiction de quitter le territoire européen. Le lieu de transfert de l’enfant devra se faire dans un lieu neutre. L’autorité parentale du père est limitée en conséquence;
d. jusqu’à huit ans révolus, et à condition que le père ait un lieu de visite adéquat pour les nuitées, le samedi de 9.00 heures au dimanche 19.00 heures, au minimum six fois par année, avec interdiction de quitter le territoire européen. Le lieu de transfert de l’enfant devra se faire dans un lieu neutre. L’autorité parentale du père est limitée en conséquence;
e. dès huit ans révolus, et à condition que le père ait un lieu de visite adéquat pour les nuitées, le samedi de 9.00 heures au dimanche 19.00 heures, au minimum six fois par année, ainsi que la moitié des vacances scolaires. Le père est autorisé à quitter le territoire européen et n’est pas limité dans son autorité parentale. Le lieu de transfert de l’enfant devra se faire dans un lieu neutre.
Tribunal cantonal TC Page 6 de 36
La Justice de paix a également décidé que lorsque A._ exercera son droit de visite, il n’aura pas à déposer son passeport et pourra passer du temps avec sa fille sans surveillance. Elle a renoncé à imposer une personne de confiance, ni en faveur de la mère, ni en faveur du père, lors des visites (ch. X.). Elle a prévu qu’à défaut d’entente entre les parties, une communication audio de 20 minutes au maximum, via Skype ou autre type semblable de moyen de communication à distance, à raison d’une fois par semaine, sera établie entre C._ et son père, lorsque ce dernier ne se trouve pas en Suisse, et jusqu’à ce qu’elle ait 5 ans révolus; dès 5 ans révolus, elle sera de 45 minutes au maximum, étant précisé que des enregistrements audio et/ou vidéo de la communication sont prohibés. B._ a été exhortée à organiser et faciliter ce type de communication tant que l’enfant n’est pas capable de l’établir seul (ch. XI.). L’autorité intimée a prié A._ de donner à la mère et à la curatrice, suffisamment à l’avance, les dates de ses passages en Suisse, ainsi que ses disponibilités pour un droit de visite par téléphone (ch. XII.). B._ fournira quant à elle, chaque semaine, à A._, une photo de leur fille ainsi que les informations importantes (médicales, scolaires, etc.) concernant cette dernière (ch. XIII.). Les premiers juges ont également maintenu la curatelle de surveillance des relations personnelles et la curatelle de compétences spécifiques instaurées en faveur de C._ (ch. XIV. et XV.). Ils ont en outre confirmé E._ dans son mandat de curatrice (ch. XVI.). La Justice de paix a par ailleurs renoncé à faire intervenir les services de l’ordre public pour faire respecter la présente décision de justice (art. 292 CP; ch. XVII.). De plus, il a été constaté que le domicile légal de C._ se trouve à H._ (NE), chez K._ et D._ et ordre a été donné à la mère de transmettre l’adresse du lieu de vie de facto de sa fille à A._ ainsi qu’à la Justice de paix si elle ne devait pas vivre à cette adresse (ch. XVIII). En outre, les requêtes de B._ de garder confidentiel l’adresse de sa fille ainsi que les noms des intervenants côtoyant sa fille ont été rejetées (ch. XIX. et XX.). Ordre a été donné à B._ de communiquer à A._ ainsi qu’à la curatrice les noms des intervenants côtoyant l’enfant, si ces derniers le lui demandent (ch. XX.). La requête de B._ tendant à interdire à A._ d’obtenir des papiers d’identité de C._ et de lui faire faire un passeport italien a été rejetée (ch. XXI.). La Justice de paix a renoncé à imposer un avocat d’office à B._ (ch. XXII.). Elle a en outre relevé que dès que la présente décision serait devenue définitive et exécutoire, une demande de transfert de for serait faite à l’autorité de protection de l’enfant compétente (ch. XXIII.). Elle a mis les frais de justice, par CHF 1'000.-, conjointement à la charge des parents (ch. XXIV.; DO V. 1'605 ss).
J. Une problématique étant survenue en rapport avec la possibilité ou non de sorties lors des visites au PRF dès lors que la mère refusait que le père puisse aller à l’extérieur du PRF avec leur fille, la Juge de paix a, par décision du 18 août 2016, interprété le ch. II. a du dispositif de la décision du 9 novembre 2015 en ce sens que le droit de visite de A._ s’exercera au PRF, deux fois par mois, avec sorties (DO V. 1'674 ss). Par arrêt du 8 septembre 2016, la Cour a rejeté le recours interjeté par B._ contre cette décision. Le Tribunal fédéral a confirmé cette décision par arrêt du 8 décembre 2016.
K. Par mémoire du 23 août 2016, A._ a interjeté recours contre la décision de la Justice de paix du 20 juillet 2016. En substance, il s’en prend aux modalités d’exercice du droit de visite et de communication audio et vidéo (ch. X. et XI.), à la renonciation à faire intervenir les services de l’ordre public pour faire respecter la décision attaquée (ch. XVII.), à la répartition des frais de justice (ch. XXIV.). Il requiert également que le SEJ de Fribourg, respectivement de tout autre canton auquel la compétence est transférée, soit habilité à requérir le concours de la force
Tribunal cantonal TC Page 7 de 36
publique afin de faire exécuter l’arrêt à intervenir (ch. XVIIbis). En outre, il conclut à la mise à la charge de la mère de frais de justice à concurrence de CHF 800.- et à ce qu’elle soit astreinte à lui verser une somme de CHF 10'000.- à titre de dépens de première instance (ch. XXIV. et XXV.). Pour le surplus, il conclut au maintien de la décision attaquée.
L. Le 26 août 2016, B._ a également déposé un recours contre cette décision. En substance, elle conteste la plupart des points de la décision attaquée, griefs qui seront détaillés . De plus, elle requiert l’octroi de l’assistance judiciaire partielle en ce sens qu’elle demande à être exonérée du paiement des frais judiciaires.
M. En raison du fait que B._ refuse d’amener sa fille au PRF pour l’exercice du droit de visite du père, ce dernier a, par courrier du 29 septembre 2016, demandé à la Justice de paix qu’elle donne instruction exprès au SEJ de requérir le concours de la force publique pour exercer les prochains droits de visite. Par décision de mesures superprovisionnelles du 30 septembre 2016, la Juge de paix a modifié le droit de visite de A._ en ce sens que les trois prochaines visites au PRF auront lieu sans sorties, l’enfant et son père restant à l’intérieur de l’enceinte durant toute la durée de la visite. Par arrêt du 13 octobre 2016, la Cour a déclaré irrecevable le recours de A._ contre cette décision.
N. Invitée à se déterminer sur le recours, la Juge de paix, par courriers des 26 août et 1er septembre 2016, y a renoncé et s’est référée, pour le surplus, au dossier de la cause.
O. En date du 29 septembre 2016, B._ s’est déterminée sur le recours de A._. Elle a, en substance, conclu à son rejet. Elle a également confirmé les conclusions de son propre recours.
P. Par mémoire du 7 octobre 2016, A._ a déposé sa réponse au recours de B._, concluant principalement à son irrecevabilité, subsidiairement à son rejet.
En date du 24 novembre 2016, il a informé la Cour qu’il n’a pu voir sa fille qu’à deux reprises depuis le 10 mars 2016, au PRF, sans sorties.
Q. Le 30 novembre 2016, B._ a répliqué à la réponse de A._. Elle a déposé une nouvelle détermination en date du 8 décembre 2016 ainsi que des pièces complémentaires, le 17 décembre 2016.
R. En date du 5 décembre 2016, le Dr L._, spécialiste FMH en médecine générale, a adressé une copie d'un courrier qu'il avait transmis au Président de la Chambre pénale concernant sa patiente, B._.
S. Une attestation de non présentation d'enfant lors de la visite du 7 janvier 2017 a été établie par le PRF. Le rapport annuel 2016 du SEJ a été établi le 29 décembre 2016 et joint au dossier le 13 janvier 2017. Le 19 janvier 2017, le Tribunal fédéral a informé la Cour que B._ avait déposé une demande de révision de son arrêt du 8 décembre 2016 (cf. supra J.).
Tribunal cantonal TC Page 8 de 36

en droit
1. a) A teneur de l’art. 442 al. 1 CC, l’autorité de protection compétente est celle du lieu de domicile de la personne concernée. Lorsqu’une procédure est en cours, la compétence demeure acquise jusqu’à son terme. Selon l'art. 8 de la loi du 15 juin 2010 concernant la protection de l'enfant et de l'adulte (LPEA), le Tribunal cantonal connaît des recours contre les décisions rendues par l'autorité de protection - soit la Justice de paix (art. 2 al. 1 LPEA) - ou par son président ou sa présidente.
Certes, la recourante et sa fille ont élu domicile dans le canton de Neuchâtel. Cependant, les autorités fribourgeoises demeurent compétentes jusqu’au terme de la présente procédure. Partant, contrairement à ce que soutient la recourante (cf. recours, p. 1 et 47), la Cour de protection de l'enfant et de l'adulte (art. 14 al. 1 let. c du Règlement du Tribunal cantonal du 22 novembre 2012 précisant son organisation et son fonctionnement [RTC]) est compétente pour statuer sur les recours déposés à l’encontre de la décision de la Justice de paix du 20 juillet 2016 et c’est à juste titre que l’autorité intimée a décidé que le dossier de C._ serait transféré à l’autorité de protection compétente dès que sa décision serait devenue définitive et exécutoire (art. 442 al. 5 CC; ch. XXIII du dispositif).
b) Les dispositions de la procédure devant l’autorité de protection de l’adulte sont applicables par analogie (art. 314 al. 1 CC). La procédure devant l’instance de recours est ainsi régie par les art. 450 à 450e CC (MEIER/STETTLER, Droit de la filiation, 5ème éd., 2014, n. 589 p. 399).