Decision ID: 6be52f36-3622-567f-ac37-79f36f2ec71e
Year: 2011
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_013
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: public_law

EN FAIT
1. Par courrier du 11 février 2011 mis à la poste le 14 suivant, Madame D_ a adressé au « président du tribunal des administrations sociales » une « plainte » contre le service cantonal d’avances et de recouvrement des pensions alimentaires (ci-après : SCARPA).
Elle demandait à ce que le nécessaire soit fait auprès du Scarpa afin qu'elle puisse récupérer les montants qui lui seraient éventuellement dus par ce dernier.
Elle faisait état de sa situation personnelle et financière difficile, ayant neuf enfants à élever, ainsi que des démarches entreprises auprès du Scarpa et sur lesquelles ce dernier n’était pas encore entré en matière. Il n’était fait référence à aucune décision en particulier et aucun détail sur le type de démarche entreprise n’était mentionné.
2. Le 15 février 2011, interpellé par le greffe de la chambre administrative de la section administrative de la Cour de justice (ci-après : la chambre administrative) auquel le courrier susmentionné avait été acheminé, le Scarpa a transmis copie d’un échange de correspondance avec l’intéressée remontant à la période de janvier 2008 - mars 2009, au sujet d’une demande d’intervention. Il en ressortait que Mme D_ n'ayant pas fourni les documents qui lui étaient demandés ni donné suite à une invite afin de prendre contact avec ce service, sa demande d'intervention avait été classée, sans toutefois qu'une décision formelle ait été notifiée à l'intéressée.
3. La cause a été gardée à juger le 18 février 2011, ce dont les parties ont été informées.

EN DROIT
1. Selon l'art. 132 al. 2 de la loi sur l'organisation judiciaire du 26 septembre 2010 (LOJ -
E 2 05
), la chambre administrative connaît des recours contre les décisions des autorités et juridictions administratives au sens de l'art. 4 de la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 1985 (LPA -
E 5 10
).
2. L’art. 4 al. 1 LPA considère comme des décisions les mesures individuelles et concrètes prises par l’autorité dans les cas d’espèce fondés sur le droit public fédéral, cantonal ou communal et ayant pour objet de créer, de modifier ou d’annuler des droits et des obligations (let. a), de constater l’existence, l’inexistence ou l’étendue de droits, d’obligations ou de faits (let. b), de rejeter ou de déclarer irrecevables des demandes tendant à créer, modifier, annuler ou constater des droits ou des obligations (let. c). En droit genevois, la notion de décision est calquée sur le droit fédéral (art. 5 de la loi fédérale sur la procédure administrative du 20 décembre 1968 - PA -
RS 172.021
).
Le refus ou le fait de tarder à statuer après avoir été mis en demeure de le faire est assimilé à une décision (art. 4 al. 4 LPA).
En l'espèce, le courrier du 14 février 2011 ne mentionne ni ne vise aucune décision, faisant état de démarches entreprises sans succès. Les documents transmis par le Scarpa ne font pas non plus état d'une telle décision. Ils ne contiennent par ailleurs aucune mise en demeure formelle de statuer. A supposer qu'il y en ait eu une, Mme D_ aurait en tout état tardé à réagir, puisque l'échange de correspondance remonte à près de deux ans.
Ainsi, en tant que le courrier du 14 février 2011 peut être considéré comme un recours, ce dernier est irrecevable.
3. La chambre administrative connaît en instance cantonale unique des actions fondées sur le droit public qui ne peuvent pas faire l'objet d'une décision et qui découlent d'un contrat de droit public.
Dans le cas particulier, les prétentions de Mme D_ à l'encontre du Scarpa ne sont pas fondées sur un contrat de droit public et peuvent faire l'objet d'une décision.
Envisagée comme action contractuelle, la demande du 14 février 2011 n'est pas recevable.
4. Enfin, dans la mesure où la démarche de Mme D_ peut être considérée comme une demande de réexamen de sa situation, elle est également irrecevable, une telle demande devant être adressée au Scarpa, autorité compétente pour statuer en première instance (art. 48 al. 1 LPA). Elle sera ainsi transmise à ce service, pour raison de compétence, en application de l'art. 64 al. 2 LPA.
5. Quelle que soit sont interprétation, la demande de Mme D_ est irrecevable, sans qu'il y ait lieu de procéder à d'autres actes d'instruction (art. 72 LPA).
Vu la situation particulière de Mme D_, aucun émolument ne sera perçu (art. 87 LPA).
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