Decision ID: 7d1ff1dc-9969-4e07-90be-3f571abd64d2
Year: 2022
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_004
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law

EN FAIT
, que B_ a sous-loué à A_ une chambre dans un appartement situé au 2
ème
étage de l'immeuble sis 1_ à C_[GE], à partir du mois de septembre 2019, pour un sous-loyer mensuel de 400 fr.;
Que le 27 mars 2022, B_ a informé A_ qu'elle avait trouvé un nouveau logement et qu'elle souhaitait résilier le contrat de sous-location pour le 20 avril 2022, ce qu'elle a confirmé par courrier du 2 avril 2022;
Que le 11 avril 2022, A_ a saisi la Commission de conciliation en matière de baux et loyers (ci-après : la Commission) d'une requête de conciliation, sollicitant le remboursement des sous-loyers versés à B_, au motif que les quittances signées par cette dernière n'étaient "
pas valables
";
Que lors de l'audience du 20 juin 2022 devant la Commission, les parties ont signé un procès-verbal de conciliation, aux termes duquel A_ s'est engagée à libérer la chambre sous-louée d'ici le 24 juin 2022, le procès-verbal valant jugement d'évacuation dès le 25 juin 2022; que de son côté, B_ a reconnu que "
les loyers étaient à jour à fin juin 2022
";
Que par acte expédié le 22 juin 2022 à la Cour de justice, A_ a formé recours contre le procès-verbal de conciliation du 20 juin 2022, concluant à son annulation et au renvoi de la cause à la Commission "
pour qu'une nouvelle audience soit convoquée
"; qu'à l'appui de ses conclusions, elle a fait valoir ce qui suit : "
Je ne dispose d'aucune solution de relogement et ne peut absolument pas rendre ma chambre aussi vite. En signant cet accord, j'étais dans l'erreur, et je souhaite donc l'invalider
";
Que dans sa réponse du 11 juillet 2022, B_ a conclu à l'irrecevabilité du recours;
Que la cause a été gardée à juger le 5 août 2022;
Considérant,

EN DROIT
, que selon l'art. 208 al. 1 CPC, la transaction (judiciaire) passée durant la procédure de conciliation est consignée au procès-verbal et signée par les parties; qu'en vertu de l'art. 208 al. 2 CPC, elle a les effets d'une décision entrée en force : elle a force exécutoire (art. 80 al. 2 ch. 1 LP) et est revêtue de l'autorité de la chose jugée; que les mêmes règles sont prévues pour la transaction passée en procédure ordinaire devant le tribunal (art. 241 CPC) (arrêt du Tribunal fédéral
4A_254/2016
du 10 juillet 2017 consid. 4.1.1);
Que la transaction judiciaire elle-même, en tant qu'acte juridique des parties, met fin au procès; que l'autorité ou le juge se bornent à en prendre acte : ils ne rendent pas de décision judiciaire, même si, formellement, ils rayent la cause du rôle (art. 241 al. 3 CPC); que, toutefois, l'invalidité de la transaction judiciaire ne peut être invoquée, notamment pour vices du consentement (art. 23 ss CO), que comme celle d'un jugement, par la voie de la révision (art. 328 al. 1 let. c CPC; arrêt du Tribunal fédéral
4A_254/2016
précité consid. 4.1.1 et les références citées), l'appel et le recours limité au droit étant exclus (ATF
139 III 133
consid. 1.3; HOHL, Procédure civile, Tome I, 2
ème
éd. 2016, n. 2408);
Que selon l'art. 328 al. 1 let. c CPC, une partie peut demander la révision d'une décision entrée en force au tribunal qui a statué en dernière instance lorsqu'elle fait valoir que le désistement d'action, l'acquiescement ou la transaction judiciaire n'est pas valable;
Que s'agissant d'une transaction passée selon l'art. 208 CPC, la demande de révision doit être adressée à l'autorité de conciliation (LACHAT, Procédure civile en matière de baux et loyers, 2
ème
éd. 2019, p. 158; BOHNET, CR CPC, 2
ème
éd. 2019, n. 12 ad art. 208 CPC);
Qu'en l'espèce, en signant le procès-verbal de conciliation du 20 juin 2022, les parties ont conclu une transaction judiciaire au sens de l'art. 208 CPC;
Que, conformément à la jurisprudence précitée, l'invalidité de cette transaction - qui a les effets d'une décision entrée en force - ne peut être invoquée, notamment pour vices du consentement, que par la voie de la révision;
Qu'il ne s'agit pas d'une décision sujette à appel (art. 308 CPC) ou recours (art. 319 CPC);
Qu'au surplus, la Cour de céans n'est pas l'autorité compétente pour connaître d'une demande de révision au sens de l'art. 328 al. 1 let. c CPC;
Qu'en conséquence, le recours sera déclaré irrecevable;
Que la procédure est gratuite (art. 22 al. 1 LaCC; ATF
139 III 182
consid. 2.6).
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