Decision ID: dc8d7857-84e6-5f77-9e5c-b242e8319f29
Year: 2014
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_005
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 

EN FAIT
A.
Le 4 septembre 2013, A_ et B_ (ci-après : les recourants) ont sollicité l'assistance juridique pour former recours auprès de la Chambre administrative de la Cour de justice (ci-après : CACJ) à l'encontre d'une décision de l'Office du logement du 8 août 2013. Dans leur requête, ils ont demandé la nomination de l'ASLOCA en tant que conseil juridique.
B.
a.
Par décision du 6 septembre 2013, la Vice-présidente du Tribunal civil a rejeté la requête d'assistance juridique précitée, au motif que les conditions posées pour la nomination et la rémunération d'un mandataire professionnellement qualifié, soit en l'espèce l'ASLOCA, par l'Assistance juridique n'étaient manifestement pas réalisées, tant au regard de l'art. 10 al. 2 LPA qu'à celui de l'art. 68 al. 2 let. d CPC, applicable par renvoi de l'art. 8 al. 3 RAJ. Le fait que l'art. 9 LPA autorise une partie à se faire représenter par un mandataire personnellement qualifié dans le cadre d'une procédure administrative n'était pas pertinent sous l'angle des règles applicables en matière d'assistance juridique.
b.
Par acte du 27 septembre 2013, les recourants ont interjeté recours contre la décision précitée, concluant principalement à l'annulation de la décision entreprise, à l'octroi de l'assistance juridique et à la nomination de l'ASLOCA, subsidiairement de Pierre STASTNY, mandataire professionnellement qualifié auprès de l'ASLOCA, en tant que représentant d'office. À titre subsidiaire, les recourants sollicitaient l'octroi partiel de l'assistance juridique, limité à l'exonération de l'avance de frais requise par la CACJ et à l'exonération des frais de procédure dans l'hypothèse où ils devraient succomber dans la procédure administrative.
c.
Par nouvelle décision du 4 octobre 2013, la Vice-présidente du Tribunal civil a octroyé l'assistance juridique aux recourants, limitée à la prise en charge des frais de leur recours auprès de la CACJ, cause A/_.
C.
a.
Par décision DAAJ/_ du 1
er
novembre 2013, la Vice-présidente de la Cour a constaté que le recours formé par les recourants contre la décision de refus d'assistance juridique du 6 septembre 2013 était devenu sans objet et a rayé la cause du rôle.
b.
Par courrier du 11 novembre 2013, les recourants ont sollicité une révision de la décision DAAJ/_, faisant valoir que celle-ci consacrait un déni de justice, dès lors que la décision d'octroi de l'assistance juridique du 4 octobre 2013 était limitée à la prise en charge des frais du recours formé auprès de la CACJ, à l'exclusion des frais de défense des recourants.
c.
Par pli du 13 novembre 2013, la Vice-présidente de la Cour a indiqué que sa décision du 1
er
novembre 2013 serait annulée et qu'une nouvelle décision serait rendue.
d.
Par courrier du 15 novembre 2013, les recourants ont sollicité la suspension de la procédure AC/2143/2013, jusqu'à droit jugé sur les recours pendants devant le Tribunal fédéral dans des causes similaires portant sur la nomination d'office de l'ASLOCA en tant que mandataire professionnellement qualifié.
e.
Par décision du 21 novembre 2013, la Vice-présidente de la Cour a ordonné la suspension de la procédure de "révision" de sa décision DAAJ/_ du
1
er
novembre 2013, jusqu'à droit jugé sur les recours alors pendants devant le Tribunal fédéral dans les causes AC/_, AC/_ et AC/_.
D.
a.
Faisant suite aux arrêts rendus par le Tribunal fédéral les 27 mai 2014 et 11 juin 2014 dans les trois causes précitées, le Vice-président de la Cour a demandé aux recourants de se déterminer sur la question de la suspension de la procédure AC/2143/2013 ordonnée par décision du 21 novembre 2013, le Tribunal fédéral n'ayant pas tranché la question litigieuse sur le fond.
b.
Dans leurs déterminations du 14 juillet 2014, les recourants ont persisté dans leurs conclusions au fond, sollicitant ainsi implicitement la reprise de la présente procédure.

EN DROIT
1.
1.1.
Aux termes de l'art. 80 let. d LPA, il y a lieu à révision lorsque, dans une affaire réglée par une décision définitive, il apparaît que la juridiction n'a pas statué sur certaines conclusions des parties de manière à commettre un déni de justice formel.
La demande de révision doit être adressée par écrit à la juridiction qui a rendu la décision dans les trois mois dès la découverte du motif de révision (art. 81 al. 1 LPA).
1.2.
En l'espèce, la demande de révision est recevable. Par ailleurs, elle est fondée, dans la mesure où la décision DAAJ/_ déclare sans objet le recours formé contre la décision de refus d'assistance juridique du 6 septembre 2013, alors même que la nouvelle décision d'octroi de l'assistance juridique du 4 octobre 2013 était limitée à la prise en charge des frais de la procédure devant la CACJ, à l'exclusion des frais de défense des recourants.
La décision DAAJ/_ consacre ainsi un déni de justice formel, dès lors que les recourants avaient également conclu à la nomination d'office de l'ASLOCA.
Partant, ladite décision sera annulée.
L'examen de la recevabilité et du bien-fondé du recours formé le 27 septembre 2013 contre la décision de la Vice-présidente du Tribunal civil du 6 septembre 2013 doit ainsi être repris
ab ovo
.
2.
2.1.
La décision entreprise de la Vice-présidente du Tribunal civil est sujette à recours auprès du président de la Cour de justice (art. 10 al. 3 LPA), compétence déléguée au vice-président soussigné (art. 29 al. 5 LOJ ; arrêt du Tribunal fédéral
2D_6/2012
du 31 juillet 2012 consid. 2). Le recours, écrit et motivé, est introduit auprès de l'instance de recours dans un délai de 30 jours (art. 10 al. 3 LPA, 130, 131 et 321 al. 1 CPC, applicables par renvoi des art. 10 al. 4 LPA et 8 al. 3 RAJ ; arrêt du Tribunal fédéral
1B_171/2011
du 15 juin 2011 consid. 2.2).
2.2.
En l'espèce, le recours est recevable pour avoir été interjeté dans le délai utile et en la forme écrite prescrite par la loi.
2.3.
Lorsque la Cour est saisie d'un recours (art. 10 al. 3 LPA), son pouvoir d'examen est limité à la violation du droit et à la constatation manifestement inexacte des faits
(art. 320 CPC, applicable par renvoi de l'art. 8 al. 3 RAJ ; arrêt du Tribunal fédéral
1B_171/2011
précité). Il appartient en particulier au recourant de motiver en droit son recours et de démontrer l'arbitraire des faits retenus par l'instance inférieure (Hohl, Procédure civile, tome II, 2
ème
éd., n. 2513-2515).
2.4.
Il n'y a pas lieu d'entendre les recourants, ceux-ci ne le sollicitant pas et le dossier contenant suffisamment d'éléments pour statuer.
3.
L'assistance juridique limitée à la prise en charge des frais du recours formé auprès de la CACJ ayant été octroyée aux recourants, seule demeure litigieuse la question du refus de nommer d'office l'ASLOCA comme conseil juridique.
3.1.
Aux termes de l'art. 9 de la loi sur la procédure administrative (ci-après : LPA ; entrée en vigueur le 1
er
janvier 1986), les parties, à moins qu'elles ne doivent agir personnellement ou que l'urgence ne le permette pas, peuvent se faire représenter par un conjoint, un partenaire enregistré, un ascendant ou un descendant majeur, respectivement par un avocat ou par un autre mandataire professionnellement qualifié pour la cause dont il s'agit.
L'aptitude à agir comme mandataire professionnellement qualifié dans une procédure administrative doit être examinée de cas en cas, au regard de la cause, ainsi que de la formation et de la pratique de celui qui entend représenter une partie à la procédure. Il convient de se montrer exigeant quant à la preuve de la qualification requise d'un mandataire aux fins de représenter une partie devant la chambre administrative, dans l'intérêt bien compris de celle-ci et de la bonne administration de la justice (ATF
125 I 166
consid. 2b/bb ; arrêt du Tribunal fédéral
1P.416/2004
du 28 septembre 2004 consid. 2.2, confirmant l'
ATA/418/2004
du 18 mai 2004). Pour recevoir cette qualification, les mandataires doivent disposer de connaissances suffisantes dans le domaine du droit dans lequel ils prétendent être à même de représenter une partie (
ATA/14/2013
du 8 janvier 2013 consid. 2b ;
ATA/330/2005
du 10 mai 2005 consid. 1).