Decision ID: 1c9a6ccb-4a40-5c0f-9e41-a102a7324347
Year: 2010
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_007
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 

EN FAIT
A. Le 21 décembre 2009, l'Office des poursuites (ci-après : l'Office) a enregistré une réquisition de poursuite dirigée par M. W_ contre M. C_, né le xx 1971, domicilié x, rue L_, Genève.
Le 13 janvier 2010, l'Office a établi un commandement de payer, poursuite n° 09 xxxx72 A, sur lequel figure le domicile de M. C_ tel qu'indiqué sur la réquisition de poursuite, ainsi que la remarque "
Autre adresse de notification : M. C_, rue C_ xx, Genève
".
Dit commandement de payer, qui avait été remis à La Poste pour notification, a été retourné à l'Office avec l'indication suivante : "
retour à l'expéditeur, changement d'adresse provisoire en dehors de l'arrondissement de poursuites
".
Le 22 janvier 2010, l'Office a communiqué à M. W_ l'exemplaire pour le créancier du commandement de payer, au verso duquel il était mentionné : "
NON-LIEU DE NOTIFICATION. Selon l'office de Poste, le débiteur a quitté l'adresse pour un lieu inconnu. L'Office ne peut dès lors que constater l'impossibilité de procéder à la notification du présent acte
".
Par courrier du 25 février 2010, le conseil de M. W_ a informé l'Office qu'il avait, le 22 février 2010, envoyé un pli recommandé à M. C_ au x, rue L_ et que ce dernier l'avait bien reçu. Il priait en conséquence l'Office de procéder sans délai à la notification de l'acte de poursuite à l'adresse précitée.
Suite à cette "réclamation", l'Office a établi un duplicata du commandement de payer dont l'exemplaire pour le créancier a été retourné à son destinataire le 12 mars 2010 avec, au verso, la mention : "
NON-LIEU DE NOTIFICATION. Selon l'enquête de l'agent notificateur responsable du secteur de la rue L_, le débiteur est inconnu. Concernant l'adresse Rue C_, xx, Genève, le débiteur est aussi inconnu. Aucun changement d'adresse n'a été annoncé à l'Office cantonal de la population. L'office ne peut dès lors que constater l'impossibilité de procéder à la notification du présent acte
".
B. Par acte déposé auprès du greffe de la Commission de céans le 15 mars 2010, M. W_, par l'entremise de son conseil, a porté plainte pour déni de justice. Il expose qu'il "
comprend mal comment l'OP a pu constater que le débiteur était inconnu à cette adresse
(xx, rue C_)
et rendre un non-lieu de notification. Cela est d'autant moins compréhensible que son nom figure en lettres capitales sur sa boîte aux lettres
" et ajoute : "
Il semblerait que l'OP commette un déni de justice formel à l'endroit du plaignant en ce sens qu'il y a un retard injustifié dans la notification du commandement de payer
". M. W_ conclut, avec suite de dépens, à ce que le déni de justice soit constaté et à ce qu'il soit ordonné à l'Office de procéder sans délai à la notification du commandement de payer, poursuite n° 09 xxxx72 A. Il produit notamment les photographies, prises le 15 mars 2010, d'une boîte aux lettres au, xx, rue C_, sur laquelle figure les noms suivants : "X_, Y_, C_".
Dans le délai qui lui avait été imparti pour présenter son rapport, l'Office a pris une décision, qu'il a communiquée aux parties le 8 avril 2010 et transmise à la Commission de céans, à teneur de laquelle il annule les deux non-lieux de notification du commandement de payer, poursuite n° 09 xxxx72 A, et retourne le duplicata de cet acte notifié sans opposition, à l'expiration du délai des art. 63 et 74 LP. L'Office expose que, suite à un téléphone à son ex-employeur, M. C_ s'est manifesté et l'a informé de son passage le 24 mars 2010. Ce jour-là, l'intéressé s'est présenté au guichet et le commandement de payer lui a été notifié.
Par courrier du 12 avril 2010, la Commission de céans a demandé à M. W_ s'il entendait retirer ou maintenir sa plainte et, dans ce dernier cas, pour quel(s) motif(s).
Le précité a répondu qu'il maintenait sa plainte. Il a déclaré que, premièrement, il entendait obtenir une décision sur les dépens ; deuxièmement, il constatait que, sur le duplicata du commandement de payer qui avait été notifié le 24 mars 2010, l'adresse xx, C_ avait été biffée et remplacée par celle du x, rue L_ alors qu'il avait été démontré que M. C_ résidait bel et bien à la première adresse ; troisièmement, il entendait que le retard injustifié soit constaté, cinq mois pour notifier cet acte de poursuite à un débiteur dont l'adresse était connue de l'Office lui paraissant extraordinaire.
Interpellé par la Commission de céans, l'Office a indiqué que, suite à la plainte, il avait procédé à de nouvelles investigations et constaté que le nom "C_" figurait sur une boîte aux lettres du xx, rue C_. Il précise toutefois que, lors d'un contact téléphonique avec la régie T_ le 7 avril 2010, cette dernière lui avait fait savoir que M. C_ était inconnu à cette adresse. S'agissant de l'adresse au x, rue L_, l'Office explique que le précité, avant son passage pour se voir notifier le commandement de payer, lui avait fait savoir que son adresse officielle était bien en ce lieu et non au xx, rue C_, et qu'elle allait d'ailleurs changer dans quelques temps.

EN DROIT
1.a. Au vu des conclusions prises par le plaignant, représenté par un avocat, la Commission retient que la présente plainte est formée pour déni de justice au sens de l’art. 17 al. 3 LP.
1.b. Seul constitue un déni de justice, en matière de poursuite, le déni de justice formel, soit le refus par l’office de procéder à une opération dûment requise ou à laquelle il était tenu de procéder sans autre ; il ne peut en être question en matière de déni de justice matériel, à savoir quand une mesure, susceptible d’être attaquée dans les dix jours, a été prise, fût-elle illégale ou irrégulière (Pierre-Robert
Gilliéron
, Commentaire ad art. 17 n° 238 ss ; ATF
101 III 68
consid. 1, JdT
1977 II 54
, 55 et les références ; ATF
101 III 1
consid. 2, JdT
1976 II 34
; ATF
97 III 28
consid. 3a, JdT
1971 II 120
, 123 ss ; cf. ég. relativement à l’ancien art. 19 al. 2 LP : ATF
7B.179/2003
du 22 août 2003 consid. 3.1 ; ATF
7B.253/2003
du 23 décembre 2003 consid. 3.2).
2. En l'espèce, il est constant que l'Office, saisi d'une réquisition de poursuite le 21 décembre 2009, a rendu une première décision de non-lieu de notification du commandement de payer qui a été communiquée au plaignant le 22 janvier 2010 et contre laquelle ce dernier n'a pas porté plainte. Suite à un courrier du plaignant l'informant que le poursuivi était domicilié au xx, rue C_, l'Office a établi un duplicata du commandement de payer aux fins de le notifier à l'adresse précitée. Le 12 mars 2010, l'Office a rendu une seconde décision de non-lieu de notification. Le 15 mars 2010, le plaignant, représenté par un avocat, a porté plainte pour déni de justice. Invité à indiquer à la Commission de céans si, suite à la notification, sans opposition, du commandement de commandement au poursuivi le 24 mars 2010, il entendait maintenir sa plainte, l'intéressé, toujours par l'entremise de son conseil, a répondu par l'affirmative, confirmant qu'il entendait que "
le retard injustifié soit constaté
".
Or, il découle du considérant rappelé ci-dessus, qu'il ne saurait, en l'espèce, être question d'un déni de justice.
3. La plainte doit en conséquence être déclarée irrecevable.
4. Au demeurant et à titre superfétatoire, la Commission de céans relèvera, que, si, au vu des motifs exposés, l'acte du plaignant devait être considéré comme une plainte au sens de l'art. 17 al. 2 LP, force serait de constater que celle-ci est devenue sans objet, l'Office ayant annulé sa décision de non-lieu de notification du 12 mars 2010 et notifié, en date du 24 mars 2010, le commandement de payer au poursuivi (cf. art. 17 al. 4 LP).
5. Au surplus, il sied de rappeler que, dans les procédures cantonales de plainte, l'allocation de dépens est exclue en vertu de l'art. 62 al. 2 OELP et que les conclusions tendant à cette fin sont irrecevables (ATF
5A_548/2008
du 7 octobre 2008 consid. 3.1).
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