Decision ID: 84da119e-1054-559f-b027-fb0027c8b9e3
Year: 2018
Language: fr
Court: FR_TC
Chamber: FR_TC_004
Canton: FR
Region: Espace_Mittelland
Law Area: civil_law

considérant en fait
A. A._ et B._ se sont mariés en 2013 au Kosovo. Un enfant est issu de leur union, C._, né en 2016.
B. Une première procédure pénale pour violences conjugales a été ouverte contre A._ en 2015.
Par décision du 24 avril 2017, le Président du Tribunal civil de la Gruyère a rendu une décision de mesures superprovisionnelles dans le cadre des mesures protectrices de l'union conjugale, interdisant à A._ de prendre contact avec son épouse ou de l'approcher. Le 16 juin 2017, il a homologué la convention passée le 14 juin 2017 par les parties, les autorisant à vivre séparément, confiant la garde de l'enfant C._ à sa mère, le droit de visite du père étant réservé et devant s'exercer, dans un premier temps et aussi rapidement que possible, jusqu'à nouvelle décision de la Justice de paix, exclusivement au Point Rencontre Fribourgeois (ci-après: PRF), et instaurant une curatelle éducative et de surveillance des relations personnelles. D._, intervenant en protection de l'enfant auprès du Service de l'enfance et de la jeunesse (ci-après: SEJ) a été nommé en qualité de curateur de l'enfant. En raison de la surcharge de l'association, qui a été contrainte d'établir une liste d'attente, A._ a été dans l'impossibilité d'exercer son droit de visite durant l'année 2017 et au début de l'année 2018, malgré les démarches qu'il a entreprises auprès du PRF.
Par acte d'accusation du 12 juillet 2017, A._ a été renvoyé une nouvelle fois devant le Juge de police de la Gruyère pour des faits similaires à ceux pour lesquels il a été condamné par arrêt de la Cour d'appel pénal du 4 décembre 2017, confirmant intégralement le jugement du Juge de police de la Gruyère du 24 janvier 2017, reconnaissant A._ coupable de voies de fait réitérées (conjoint durant le mariage), lésions corporelles simples (conjoint durant le mariage) et menaces (conjoint durant le mariage), le condamnant à un travail d'intérêt général de 480 heures, ainsi qu'au paiement d'une amende de CHF 500.-.
Par courrier du 26 janvier 2018, le Procureur a informé le Juge de police de la Gruyère qu'une nouvelle procédure pénale pour violences conjugales avait été ouverte contre A._ et que celui-ci se trouvait désormais en détention provisoire. Il a demandé au magistrat précité d'attendre d'être saisi de l'entier des faits pour le juger. Par acte d'accusation du 2 août 2018, le prévenu a été renvoyé pour lésions corporelles simples (à l'encontre du conjoint), voies de fait, voies de fait aggravées (à l'encontre du conjoint), vol, injure, utilisation abusive d'une installation de télécommunication, menaces, menaces aggravées (à l'encontre du conjoint), et contrainte.
C. Le 20 mars 2018, A._ a déposé une requête auprès de la Justice de paix de la Gruyère (ci-après: la Justice de paix) tendant à pouvoir exercer son droit aux relations personnelles sur son enfant au sein de la Prison centrale, précisant qu'il n'avait pas revu son fils depuis le 18 mars 2017, que ce dernier lui manquait et que la visite pourrait se dérouler en présence d'un assistant social de la prison, cas échéant en présence d'un collaborateur du SEJ.
E._, D._ et F._, respectivement chef de secteur, curateur de C._ et intervenante stagiaire en protection de l'enfant, se sont déterminés sur la requête de A._ le 29 mars 2018. En substance, ils exposent qu'un droit de visite en présence d'un assistant social de la prison n'offre pas le même cadre de sécurité et d'accompagnement qu'un droit de visite au sein du PRF, que le SEJ ne peut pas offrir ce type de prestation et que les derniers contacts du père avec son enfant remontent à mars 2017. Ils relèvent la présence de
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l'enfant lors d'épisodes violents du père envers la mère, l'âge de l'enfant qui n'a que deux ans et les effets négatifs que peuvent engendrer les visites en prison. Compte tenu de ces éléments, ils proposent la reprise de l'exercice du droit de visite du père dans un milieu thérapeutique propre à assurer une préparation adéquate de l'enfant et le suivi étroit de ses comportements et réactions.
B._ s'est déterminée le 11 avril 2018 par l'intermédiaire de son avocate, relevant que l'exercice du droit de visite au sein de la Prison centrale n'était pas du tout adéquat et craignant la perturbation du bon développement de l'enfant.
Par courriel du 28 juin 2018, A._ a, par l'intermédiaire de son représentant, requis une décision de la part de la Justice de paix lui permettant de voir son fils, étant précisé que la mère de l'enfant avait refusé de lui donner des renseignements sur l'état de santé de son fils.
Par courrier du 4 juillet 2018, B._ a fait parvenir à la Justice de paix une copie de sa correspondance du 14 juin 2018 au Procureur en charge de la procédure pénale pendante au sujet de la création d'un compte Facebook au nom de C._, de la profération d'insultes à son encontre et envers sa famille sur le réseau social, ainsi que de l'appartenance de membres de la famille de A._ comme "amis" de l'enfant sur la page en question. Le Procureur a révoqué avec effet immédiat toutes les autorisations de visite et de téléphones octroyées en faveur de la famille de son époux et de tiers par courrier du 15 juin 2018.
D. Par décision du 10 juillet 2018, la Juge de paix a provisoirement suspendu le droit aux relations personnelles de A._ sur son fils C._, avec effet immédiat. Elle a invité le père à requérir une modification de son droit à l'exercice des relations personnelles en cas de faits nouveaux, en particulier dans l'hypothèse où son incarcération devait prendre fin et confié à D._ la mission de l'informer de l'état de santé de son enfant et de tout autre élément important le concernant.
E. Le 18 juillet 2018, A._ a recouru contre cette décision, concluant à son annulation. Principalement, il requiert la reprise de l'exercice de son droit aux relations personnelles dans un milieu thérapeutique à même d'assurer une préparation adéquate de l'enfant et de suivre étroitement ses comportements et réactions conformément à la détermination de E._, D._ et F._ du 29 mars 2018. Subsidiairement, il conclut à ce que l'affaire soit renvoyée à la Justice de paix pour nouvelle décision. Il requiert en outre l'octroi de l'effet suspensif à son recours et sollicite le bénéfice de l'assistance judiciaire pour la procédure de recours.
F. A._ se trouve actuellement toujours en détention, la Chambre pénale ayant admis, par arrêt du 28 août 2018 (arrêt TC FR 502 2018 175), le recours du 13 août 2018 du Ministère public contre l'ordonnance du Tribunal des mesures de contrainte du même jour prononçant sa libération immédiate avec mesures de substitution, et ordonné sa mise en détention pour des motifs de sûreté jusqu'au 8 novembre 2018.
G. Invitée à se déterminer, la Juge de paix a renoncé à déposer des observations.
H. Par mémoire de sa mandataire du 7 août 2018, B._ a conclu au rejet du recours. Elle a requis d'être mise au bénéfice de l'assistance judiciaire. S'agissant de la requête d'assistance judiciaire déposée par son époux, elle s'en remet à justice.
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en droit
1.
1.1. Selon l'art. 8 de la loi du 15 juin 2012 concernant la protection de l'enfant et de l'adulte (LPEA; RSF 212.5.1), le Tribunal cantonal connaît des recours contre les décisions rendues par l'autorité de protection – soit la Justice de paix (art. 2 al. 1 LPEA) – ou par son président ou sa présidente. La Cour de protection de l'enfant et de l'adulte (art. 14 al. 1 let. c du Règlement du Tribunal cantonal du 22 novembre 2012 précisant son organisation et son fonctionnement [RTC; RSF 131.11]) est compétente pour statuer.
1.2. Les dispositions de procédure devant l'autorité de protection de l'adulte sont applicables par analogie aux mesures de protection des enfants (art. 314 al. 1 du Code civil suisse du 10 décembre 1907 [CC; RS 210]). La procédure devant l'instance de recours est ainsi régie par les art. 450 à 450e CC (MEIER/STETTLER, Droit de la filiation, 5e éd., 2014, n. 589 p. 399).