Decision ID: 0c628228-7f1e-4616-bd60-96c3fe8e16f7
Year: 2015
Language: fr
Court: CH_BSTG
Chamber: CH_BSTG_001
Canton: CH
Region: Federation
Law Area: penal_law

Vu:
- le rapport adressé le 15 août 2014 par le Bureau de communication en ma-
tière de blanchiment d'argent (MROS) au Ministère public de la Confédéra-
tion (ci-après: MPC), duquel il ressort qu'A. pourrait être mêlé à une affaire
concernant des malversations effectuées dans le cadre d'un appel d'offres
(act. 4.1),
- l'instruction ouverte, à la suite du rapport précité, par le MPC le
4 septembre 2014 à l'encontre de A., de C. et inconnus pour blanchiment
d'argent (art. 305bis CP; act. 4.2),
- l'ordonnance de séquestre avec interdiction de communiquer rendue le
5 septembre 2014 par le MPC, adressée à la banque D., portant sur le blo-
cage des avoirs et la production, entre autres, de l'intégralité des docu-
ments d'ouverture de compte, du formulaire A actuel et tout formulaire A
antérieur, des procurations et cartes signatures, des extraits de compte et
relevés de dépôts, de l'ouverture de la relation jusqu'au 5 septembre 2014,
des comptes dont notamment A. est ou a été titulaire, ayant droit écono-
mique ou fondé de procuration (act. 1.1, p. 3 ss),
- le recours déposé le 3 novembre 2014 par A. par devant la Cour des
plaintes du Tribunal pénal fédéral (act. 1),
- la réponse du MPC du 21 novembre 2014 par laquelle il conclut à l'irrece-
vabilité du recours et subsidiairement à son rejet sous suite de frais (act. 4),
- la réplique du 22 décembre 2014 déposée par le recourant et la société B.
Ltd, par laquelle il est à nouveau conclu à l'annulation de l'ordonnance de
séquestre du 5 septembre 2014 sous suite de frais et dépens (act. 8),

et considérant :
- qu'en tant qu’autorité de recours, la Cour des plaintes examine avec plein
pouvoir de cognition en fait et en droit les recours qui lui sont soumis (Mes-
sage du 21 décembre 2005 relatif à l’unification du droit de la procédure
pénale, FF 2006 1057, p. 1296 i.f.; GUIDON, Commentaire bâlois, 2e éd.,
Bâle 2014, n° 15 ad art. 393 CPP; KELLER, Kommentar zur Schweize-
rischen Strafprozessordnung [StPO], 2e éd., Zurich/Bâle/Genève 2014,
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no 39 ad art. 393 CPP; SCHMID, Handbuch des schweizerischen
Strafprozessrechts, 2e éd., Zurich/Saint-Gall 2013, no 1512);
- que les décisions du MPC peuvent faire l'objet d'un recours devant la Cour
de céans (art. 393 al. 1 let. a CPP et 37 al. 1 de la loi fédérale du
19 mars 2010 sur l'organisation des autorités pénales [LOAP; RS 173.71]);
- qu'aux termes de l'art. 393 al. 2 CPP, le recours peut être formé pour viola-
tion du droit, y compris l'excès et l'abus du pouvoir d'appréciation, le déni
de justice et le retard injustifié (let. a), la constatation incomplète ou erro-
née des faits (let. b) ou l'inopportunité (let. c);
- que le recours contre les décisions notifiées par écrit ou oralement est mo-
tivé et adressé par écrit, dans le délai de dix jours, à l'autorité de recours
(art. 396 al. 1 CPP);
- que dispose de la qualité pour recourir toute partie qui a un intérêt juridi-
quement protégé à l'annulation ou à la modification d'une décision (art. 382
al. 1 CPP; arrêt du Tribunal fédéral 1B_458/2013 du 6 mars 2014, con-
sid. 2.1). Le recourant doit avoir subi une lésion, soit un préjudice causé
par l'acte qu'il attaque et doit avoir un intérêt à l'élimination de ce préjudice
(décision du Tribunal pénal fédéral BB.2012.148 du 10 avril 2013, con-
sid. 1.3). Cet intérêt doit être actuel et pratique (arrêt du Tribunal fédéral
1B_458/2013 précité, consid. 2.1; décisions du Tribunal pénal
fédéral BB.2013.89 du 24 octobre 2013, consid. 1.3; BB.2013.88 du
13 septembre 2013, consid. 1.4 et références citées);
- qu'un intérêt juridiquement protégé doit être reconnu à celui qui jouit sur les
valeurs confisquées d'un droit de propriété ou d'un droit réel limité (notam-
ment un droit de gage), le titulaire d'avoirs bancaires séquestrés pouvant
également se prévaloir d'un tel intérêt, car il jouit d'un droit personnel de
disposition sur un compte, équivalant économiquement à un droit réel sur
des espèces (ATF 133 IV 278 consid. 1.3; 108 IV 154 consid. 1a; arrêt du
Tribunal fédéral 1B_94/2012 du 2 avril 2012, consid. 2.1);
- que la qualité pour recourir est en revanche déniée au détenteur écono-
mique d'un compte, dans la mesure où il n'est qu'indirectement touché; la
qualité d'ayant droit économique ne fonde donc pas un intérêt juridique-
ment protégé (arrêts du Tribunal fédéral 1B_94/2012 du 2 avril 2012, con-
sid. 2.1; 6S.365/2005 du 8 février 2006, consid. 4.2.1);
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- qu'en l'espèce, la levée de l'interdiction de communiquer contenue dans
l'ordonnance du 5 septembre 2014 a été adressée à la banque D. par re-
commandé, anticipé par fax, le 14 octobre 2014 (act. 1.1, p. 2 et 6 et act.
4.6);
- que le recours contre l'ordonnance précitée a été interjeté par-devant la
Cour de céans au nom et pour le compte de A., le 3 novembre 2014 (act. 1
et act. 1.1);
- que la question du respect du délai de recours, en ce qui le concerne, peut
rester ouverte, vu ce qui suit;
- que nulle part dans le recours, la société B. Ltd n'a été mentionnée (act. 1);
- que A. affirme que la décision attaquée lui cause de grandes difficultés, ce-
lui-ci ne pouvant pas disposer de ses fonds et qu'il existe ainsi un risque
concret de dommages irréversibles (act. 1, p. 2);
- qu'à la lecture du recours il apparaît que celui-ci dit avoir déposé de l'argent
sur un compte en son propre nom (act. 1, p. 8 s.);
- que la société B. Ltd ne se manifeste pour la première fois que sur la page
de garde de la réplique du 22 décembre 2014 adressée à la Cour de céans
suite au délai imparti à A. pour ce faire (act. 7 et act. 8);
- que si on trouve une trace de "B. Limited" dans l'annexe A au recours, il
n'en ressort nullement que B. Ltd agit aux côtés de A. (act. 1 et act. 1.1);
- que les recourants expliquent avoir déposé le recours uniquement au nom
de A. parce qu'il était seul mentionné par l'ordonnance de séquestre du
5 septembre 2014;
- que la société B. Ltd n'étant elle pas désignée dans cette ordonnance, les
recourants n'ont pas évoqué sa raison sociale dans leur mémoire de re-
cours (act. 8, p. 2);
- que les recourants ont produit en annexe à la réplique une procuration
supplémentaire, cette fois signée par A. au nom et pour le compte de la so-
ciété B. Ltd (act. 1.2 et act. 8.1, Doc. H);
- que les recourants ne peuvent dès lors être suivis lorsqu'ils affirment que la
procuration annexée au recours du 3 novembre 2014, l'a été également au
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nom de la société B. Ltd, ceci après que le MPC s'est prononcé sur le dé-
faut de légitimation de A. (act. 8, p. 2 s.);
- qu'accepter une telle allégation équivaudrait de facto à prolonger artificiel-
lement le délai de recours fixé par le CPP (v. à ce sujet l'arrêt du Tribunal
pénal fédéral BB.2005.69 du 1er février 2006);
- qu'il doit dès lors être considéré que la société B. Ltd n'a attaqué l'ordon-
nance du MPC qu'en date du 22 décembre 2014 (act. 8);
- que la banque D. SA a, à tout le moins, communiqué l'ordonnance en
question le 22 octobre 2014 à A., lequel selon les allégués mêmes des re-
courants, est administrateur avec signature individuelle de la société B. Ltd
(act. 8, p. 3);
- que le délai de dix jours de l'art. 396 al. 1 CPP n'est ainsi pas respecté;
- que le recours déposé par la société B. Ltd est tardif et partant irrecevable;
- que pour ce qui concerne A., celui-ci est ayant droit économique de la rela-
tion bancaire n° 1 B. Limited et non pas titulaire (act. 1.1; act. 4, p. 2 s. et
act. 8, p. 2 s.);
- que bien qu'affirmant dans son recours ne pas pouvoir disposer de ses
fonds et laisser entendre qu'il n'aurait fait que déposer de l'argent sur un
compte à son propre nom, il n'allègue clairement ni dans son recours, ni
dans sa réplique être titulaire d'un autre compte visé par l'ordonnance de
séquestre du MPC du 5 septembre 2014 (act. 1 et act. 8);
- qu'il ne ressort pas non plus du dossier de la procédure que cela serait le
cas (v. dossier BB.2014.140, notamment act. 4.4 et act. 4.5);
- que la qualité pour recourir doit lui être refusée au vu de la jurisprudence
susmentionnée;
- qu'en conséquence, le recours déposé par A. est également irrecevable;
- qu'en tant que parties qui succombent, les recourants se voient mettre à
charge les frais, et ce en application de l’art. 428 al. 1 CPP, selon lequel les
frais de la procédure de recours sont mis à la charge des parties dans la
mesure où elles ont obtenu gain de cause ou succombé; la partie dont le
recours est irrecevable ou qui retire le recours étant également considérée
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avoir succombé. Ceux-ci se limitent en l’espèce à un émolument, qui, en
application des art. 5 et 8 al. 1 du règlement du Tribunal pénal fédéral du
31 août 2010 sur les frais, émoluments, dépens et indemnités de la procé-
dure pénale fédérale (RFPPF; RS 173.713.162), sera fixé à CHF 800.--, à
la charge solidaire des recourants.
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