Decision ID: 8f525a49-c1f0-455d-adde-a69f304a493c
Year: 2022
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_004
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law

EN FAIT
, que, par requête du 2 juin 2022 au Tribunal des baux et loyers, la bailleresse a requis, par la procédure en protection du cas clair, l'évacuation des locataires, demande assortie de mesures d'exécution directes du jugement d'évacuation;
Que, par jugement
JTBL/539/2022
rendu le 30 juin 2022, le Tribunal des baux et loyers, statuant par voie de procédure sommaire, a condamné B_ et A_ à évacuer immédiatement de leur personne et de leurs biens ainsi que toute autre personne faisant ménage commun avec eux l'appartement de quatre pièces situé au 5
ème
étage de l'immeuble sis 1_ à Genève (ch. 1 du dispositif), autorisé C_ SA à requérir l'évacuation par la force publique de B_ et A_ et de toute autre personne faisant ménage commun avec eux dès le 1
er
octobre 2022 (ch. 2), condamné B_ et A_ à verser à C_ SA la somme de 6'749 fr. 65 avec intérêts à 5% à compter du 15 mars 2022 (ch. 3), ordonné la libération, en faveur de C_ SA, des montants consignés par B_ et A_ auprès des Services financiers du Pouvoir judiciaire, à l'exception de la somme de 2'150 fr. consignée le 25 avril 2022 (réf. : 2_ MAI 2022) (ch. 4), déclaré irrecevable la requête pour le surplus (ch. 5), débouté les parties de toutes autres conclusions (ch. 6) et dit que la procédure était gratuite (ch. 7);
Que le 21 juillet 2022 les locataires ont formé appel et recours contre ce jugement;
Qu'ils ont conclu à l'annulation des chiffres 1 à 4 du dispositif du jugement entrepris et, notamment, à ce que soit déclarée irrecevable la requête de l'intimée du 2 juin 2022;
Qu'ils ont, préalablement, conclu à la restitution de l'effet suspensif au recours;
Qu'interpellée, la bailleresse a, par écriture du 28 juillet 2022, conclu au rejet de la requête;
Considérant,

EN DROIT
, que la voie de l'appel est ouverte contre le prononcé de l'évacuation, pour autant que la valeur litigieuse soit supérieure à 10'000 fr. (art. 308 al. 2 CPC);
Que selon la jurisprudence constante du Tribunal fédéral, les contestations portant sur l'usage d'une chose louée sont de nature pécuniaire (arrêts du Tribunal fédéral
4A_388/2016
du 15 mars 2017 consid. 1;
4A_479/2013
du 20 novembre 2013 consid. 1);
Que si les conditions pour ordonner une expulsion selon la procédure sommaire en protection des cas clairs sont contestées, la valeur litigieuse équivaut au dommage présumé, si les conditions d'une expulsion selon l'art. 257 CPC ne sont pas remplies, correspondant à la valeur locative ou la valeur d'usage hypothétiquement perdue pendant la durée prévisible d'un procès en procédure ordinaire permettant d'obtenir une décision d'expulsion, laquelle a été estimée à six mois (ATF
144 III 346
consid. 1.2; arrêt du Tribunal fédéral
4A_565/2017
du 11 juillet 2018 consid. 1.2.1);
Qu'en l'espèce, la valeur litigieuse est supérieure à 10'000 fr., de sorte que la voie de l'appel est ouverte;
Que l'appel suspend la force de chose jugée et le caractère exécutoire de la décision (art. 315 al. 1 CPC);
Qu'en revanche, seule la voie du recours est ouverte contre les mesures d'exécution (art. 309 let. a et 319 let. a CPC);
Que les locataires forment également recours contre l'exécution de l'évacuation;
Que le recours ne suspend pas la force de chose jugée, l'instance d'appel pouvant suspendre le caractère exécutoire (art. 325 al. 1 et 2 CPC);
Que l'appel et le recours seront traités dans la même décision (art. 125 CPC);
Que, dans la mesure où l'appel suspend les effets de la décision, cette suspension s'étend également aux mesures d'exécution;
Qu'ainsi, la requête de restitution de l'effet suspensif est sans objet.
* * * * *