Decision ID: baed107c-0d86-5cd7-95d2-2e8addf702d6
Year: 2016
Language: fr
Court: FR_TC
Chamber: FR_TC_004
Canton: FR
Region: Espace_Mittelland
Law Area: civil_law

considérant en fait
A. C._, née en 2015, est la fille de A._ et de B._. Peu après sa naissance des difficultés entre les parents sont survenues concernant l’autorité parentale et l’exercice du droit de visite du père, A._ ayant requis auprès de la Justice de paix de l’arrondissement de la Sarine (ci-après: la Justice de paix) que l’autorité parentale et le droit de visite de B._ lui soient retirés au motif qu’il existerait des risques d’enlèvements, d’abus sexuels, de violences et de mises en danger de C._ par son père (DO I 1 ss).
Par décision de mesures superprovisionnelles du 13 août 2015, la Juge de paix de l’arrondissement de la Sarine (ci-après : la Juge de paix) a confié la garde de l’enfant C._ à sa mère, réglé le droit de visite du père et institué une curatelle de surveillance des relations personnelles au sens de l’art. 308 al. 2 CC en faveur de C._. Le 18 août 2015, une nouvelle décision urgente relative à l’exercice du droit de visite du père a été rendue par la Juge de paix et le mandat de curatelle de surveillance des relations personnelles a été confié à D._, intervenante en protection de l’enfant auprès du Service de l’enfance et de la jeunesse, laquelle a été chargée d’organiser l’exercice du droit de visite (ci-après : SEJ ; DO I 233 ss; 264 ss).
En date du 2 novembre 2015, les parties ont comparu à la séance de la Justice de paix qui avait pour objet le règlement de l’autorité parentale, la garde et le droit de visite sur l’enfant C._. Lors de cette séance, A._ a refusé de s’exprimer (DO III 647 ss).
B. Par décision du même jour, la Justice de paix a suspendu la requête d’autorité parentale exclusive de la mère ainsi que les requêtes d’enquête sociale et d’expertise de B._ à l’encontre de A._. Elle a également réglé le droit de visite de B._ sur sa fille en ce sens qu’à défaut d’entente entre les parties, il s’exercerait, lorsqu’il est en Suisse, deux fois par mois au Point Rencontre fribourgeois jusqu’à décision contraire de l’APEA conformément au règlement de l’institution, et ce le plus tôt possible, ainsi que deux fois par semaine, jours consécutifs, de 14h00 à 16h30 en présence de E._ ou de D._ dans un lieu approuvé par la curatrice ou au SEJ, étant précisé que dans ces deux cas et pendant le temps du droit de visite, B._ remettra son passeport au personnel du PRF, à E._ ou à D._. De plus, la Justice de paix a prévu que lorsque B._ serait à l’étranger, un contact via skype ou tout autre moyen de communication directe aura lieu une fois par semaine ainsi que la transmission régulière de photos. La Justice de paix a en outre ordonné à A._, sous menace de la peine prévue à l’art. 292 CP, de respecter l’exercice du droit de visite prévu en remettant sa fille à B._ selon l’horaire prévu. De plus, la Justice de paix a décidé qu’aucun droit de visite ne pourrait s’exercer ailleurs que sur le territoire suisse jusqu’à décision contraire de l’APEA. Finalement, elle a confirmé l’institution de la curatelle de surveillance du droit de visite au sens de l’art. 308 al. 2 CC et la nomination de D._ en tant que curatrice. En outre, la Justice de paix a retiré l’effet suspensif à un éventuel recours (DO III 655 ss).
Par courriel des 5 et 6 novembre 2015, D._ a informé la Justice de paix que B._ avait souhaité également être accompagné d’une personne de confiance lors de l’exercice de son droit de visite et qu’il avait proposé deux personnes, soit F._ et G._, psychothérapeutes à H._, en I._, dans la mesure où il craignait que E._
Tribunal cantonal TC Page 3 de 15
ne l’accuse à tort de gestes inadéquats envers sa fille. La curatrice a cependant relevé que A._ s’opposait à la présence de ses deux personnes lors de l’exercice du droit de visite. Elle a également indiqué que le SEJ ne voyait pas d’objections à ce que le père puisse aussi être accompagné d’une personne de confiance, ce qui permettrait l’exercice d’un droit de visite serein (DO III 720, 726).
C. Par décision du 9 novembre 2015, la Justice de paix a partiellement modifié sa décision du 2 novembre 2015 en ce sens qu’à défaut d’entente entre les parties, le droit de visite de B._ sur sa fille C._, lorsqu’il est en Suisse, s’exercera deux fois par mois au Point Rencontre fribourgeois jusqu’à décision contraire de l’APEA conformément au règlement de l’institution, et ce le plus tôt possible, ainsi que deux fois par semaine, jours consécutifs, durant deux heures trente en présence de E._ ou de D._, ainsi que de F._ ou de G._, personnes de confiance du père de l’intéressée, dans un lieu approuvé par la curatrice ou au SEJ, étant précisé que dans ces deux cas et pendant le temps du droit de visite, B._ remettra son passeport au personnel du PRF, à E._ ou à D._. Pour le surplus la décision du 2 novembre 2015 reste valable. En outre, la Justice de paix a retiré l’effet suspensif à un éventuel recours (DO III 752 ss).
Par arrêt du 12 novembre 2015, le Vice-Président de la Cour de protection de l’enfant et de l’adulte du Tribunal cantonal (ci-après : la Cour) a rejeté la requête de restitution de l’effet suspensif au recours que A._ disait vouloir déposer contre la décision du 9 novembre 2015 de la Justice de paix au motif qu’il est dans l’intérêt de C._ que son père puisse exercer son droit de visite en présence de l’une de ses deux personnes de confiance si cela permet l’exercice d’un droit de visite serein (arrêt TC 106 2015 104 du 12 novembre 2015).
En date des 11 et 12 novembre 2015, A._ a fait savoir à B._ qu’elle refusait que son droit de visite s’exerce en présence de la personne de confiance qu’il a choisie. Par courriel du 12 novembre 2015, la mère a fait part de sa position à D._, laquelle lui a répondu qu’elle devait se conformer à la décision du 9 novembre 2015 prévoyant la présence d’une personne de confiance choisie par chacun des parents (DO III 788 à 796).
Par courriers des 12, 16 et 19 novembre 2015, B._ a informé la Justice de paix que A._ n’avait pas respecté son droit de visite les 12 et 13 novembre 2015. Il a indiqué qu’elle avait refusé de se présenter en raison de la présence de sa personne de confiance, G._. Il a donc requis que la Justice de paix exhorte la mère à respecter son droit de visite. Il a également demandé à ce que les décisions de la Justice de paix des 2 et 9 novembre 2015 soient complétées en ce sens qu’en cas de non respect du droit de visite par la mère, il soit autorisé à faire appel aux agents de la force publique pour faire exécuter son droit de visite (DO III 808, 825-826, 865-867).
Par courriel du 19 novembre 2015, A._ a exigé de B._ qu’il choisisse une autre personne de confiance que celles prévues par la décision de la Justice de paix du 9 novembre 2015, faute de quoi elle ne se présenterait plus avec C._ lors de l’exercice de son droit de visite. A l’appui de cette exigence, elle a allégué que B._ avait désigné ces deux personnes, toutes deux psychothérapeutes, dans le but d’appuyer sa thèse selon laquelle elle aurait des problèmes psychiques (DO III 876 ss).
Par courrier du 20 novembre 2015, B._ a informé la Justice de paix de la position de la mère, indiquant qu’il devait se résoudre à ne pas exercer son prochain droit de visite (DO III 879).
Tribunal cantonal TC Page 4 de 15
Le 23 novembre 2015, le SEJ a informé la Justice de paix que dans la mesure où la mère refusait de se présenter aux rendez-vous prévus pour l’exercice du droit de visite, il ne pouvait apporter d’avantage d’aide à cette famille de sorte qu’il a annulé les deux prochains rendez-vous prévus et a invité la Justice de paix a examiner l’opportunité de prononcer des mesures coercitives (DO III 888)
D. Par ordonnance du 25 novembre 2015, la Juge de paix a ordonné au SEJ d’exécuter les décisions des 2 et 9 novembre 2015 et l’a habilité à requérir l’assistance de la police cantonale. Il a en outre été rappelé à A._ son devoir de se conformer aux modalités du droit de visite telles que fixées par décisions de 2 et 9 novembre 2015, sous la menace de la peine prévue à l’art. 292 CP (DO III 911 ss).
E. Par acte du 9 décembre 2015, complété le 2 janvier 2016, A._ a interjeté recours contre les décisions de la Justice de paix des 2 et 9 novembre 2015 ainsi que contre l’ordonnance de la Juge de paix du 25 novembre 2015, concluant en substance à leur annulation et, principalement, au maintien du droit de garde à la mère, à l’attribution de l’autorité parentale exclusive à la mère, au rejet de la requête tendant à la mise en œuvre d’une enquête sociale et d’une expertise psychiatrique sur la mère, à ce que le droit de visite du père ne puisse s’exercer ailleurs que sur le territoire suisse au moins jusqu’aux 12 ans de C._, à ce qu’ordre soit donné à B._ de déposer ses documents d’identité lors de ses visites à C._, à ce qu’il soit interdit au père d’obtenir des documents d’identité pour C._ et de lui transmettre la nationalité J._ avant sa majorité, à ce que l’adresse de la mère reste confidentielle, à la suspension du droit de visite jusqu’à droit connu sur la procédure pénale, à la levée de la curatelle de surveillance des relations personnelles ; subsidiairement, à ce que le droit de visite du père s’exerce durant ses séjours en Europe une fois par semaine pour une durée minimale de 1h et maximale de 2h30, dans la mesure du possible au Point Rencontre mais en aucun cas sans surveillance, étant précisé que le père devra remettre son passeport durant toute la durée de l’exercice du droit de visite au personnel du PRF ou à la personne mettant à disposition le lieu où se déroule le droit de visite. A._ a en outre requis la restitution, respectivement l’octroi de l’effet suspensif à ses recours.
F. Invitée à se déterminer, la Justice de paix a renoncé à déposer des observations et s’est référée au dossier de la cause.
G. Par arrêt du 19 janvier 2016, le Vice-Président de la Cour a rejeté la requête de restitution, respectivement d’octroi de l’effet suspensif aux recours contres les décisions de la Justice de paix des 2 et 9 novembre 2015 et de la Juge de paix du 25 novembre 2015 de sorte qu’elles sont applicables jusqu’à droit connu sur les recours (arrêt TC 106 2016 4 du 19 janvier 2016).
Tribunal cantonal TC Page 5 de 15

en droit
1. a) Les décisions de l’autorité de la protection, soit la Justice de paix, et celles rendues par son Président ou sa Présidente sont sujettes à recours auprès du Tribunal cantonal, plus précisément de la Cour de protection de l'enfant et de l'adulte (art. 450 al. 1 du Code civil [CC], 8 de la loi du 15 juin 2010 concernant la protection de l'enfant et de l'adulte [LPEA, RSF 212.5.1] et 14 al. 1 let. c du Règlement du Tribunal cantonal du 22 novembre 2012 précisant son organisation et son fonctionnement [RTC]).
b) Les dispositions de la procédure devant l’autorité de protection de l’adulte sont applicables par analogie (art. 314 al. 1 CC). La procédure devant l’instance de recours est ainsi régie par les art. 450 à 450e CC (MEIER/STETTLER, Droit de la filiation, 5ème éd., 2014, n. 589 p. 399).
c) En l'absence de dispositions cantonales contraires, les dispositions de la procédure civile s'appliquent par analogie (art. 450f CC).