Decision ID: 1b657d86-b14a-5d27-a9e1-727701b91fab
Year: 2011
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_007
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 

EN FAIT
A.
En date du 17 mai 2010, le Tribunal de première instance a prononcé la faillite de V_ SARL à la demande de Mme L_. Ayant constaté que les créanciers n'avaient pas requis la liquidation de la faillite et n'avaient pas effectué l'avance de frais dans les délais impartis par l'Office des faillites (ci-après : l'Office), le même tribunal a, par jugement du 7 février 2011 clôturé la faillite de ladite société.
Par courrier du 16 février 2011 fondé sur l'art. 169 LP, l'Office a prié Mme L_ de s'acquitter de la somme de 1'198 fr. 45 correspondant aux frais et émoluments encourus par l'Office dans le cadre de la liquidation de la faillite de V_ SARL.
B.
Par acte du 1
er
mars 2011, Mme L_ a porté plainte auprès de la Chambre de céans contre la décision du 16 février 2011 qu'elle indique avoir reçue le 21 février 2011. Elle conclut à ce qu'elle soit exonérée du paiement des frais et émoluments précités. Elle explique que V_ SARL était sa débitrice à la suite d'un jugement du Tribunal des prud'hommes condamnant cette dernière à lui payer la somme de 6'064 fr. 10. Elle indique également qu'aucune avance de frais ne lui a été réclamée.
Pour Mme L_, la condamner à payer ces frais et émoluments ajouterait une injustice à l'injustice, l'associé-gérant de V_ SARL, qui habite selon elle dans le canton de Vaud, continuant d'exploiter en toute impunité des salariés à Genève.
C.
Dans son rapport du 21 mars 2011, l’Office conclut au rejet de la plainte. Il indique qu'à teneur de la loi sur les poursuites pour dettes et la faillite celui qui requiert la faillite répond des frais jusqu'à et y compris la suspension des opérations faute d'actif ou jusqu'à l'appel des créanciers. L'Office a joint à son rapport le décompte des frais et émolument de la faillite de V_ SARL.

EN DROIT
1.
La Chambre de céans est compétente pour connaître des plaintes dirigées contre des mesures prises par des organes de l’exécution forcée qui ne sont pas attaquables par la voie judiciaire ou des plaintes fondées sur un prétendu déni de justice ou retard injustifié (art. 13 LP ; art. 125 et 126 LOJ ; 7 al. 1 LaLP).
La décision de l’Office de mettre les frais de la faillite à la charge du plaignant est une mesure sujette à plainte.
En tant que destinataire de la décision attaquée, la plaignante a qualité pour former plainte.
Par ailleurs, elle a agi en temps utile (art. 17 al. 2 LP) et la plainte satisfaisait aux exigences de forme et de contenu prescrites par la loi (art. 9 al. 1 et 3 LaLP).
La présente plainte est par conséquent recevable.
2
. En vertu de l’art. 169 al. 1 LP, celui qui a requis la faillite répond des frais jusqu’à et y compris le jugement de clôture de la faillite faute d’actif (arrêt du Tribunal fédéral non publié
7B.87/2006
du 21 septembre 2006 consid. 2 citant Pierre-Robert
Gilliéron
, Commentaire, ad art. 230 LP n° 39). L’alinéa 2 de cette disposition précise encore que le juge de la faillite peut exiger qu’il en fasse l’avance.
Si le juge de la faillite a omis de requérir une telle avance, l’Office a le droit de l’exiger des personnes légalement responsables des frais à teneur de l’art. 169 LP (art. 35 OAOF).
Le créancier qui a requis la faillite n’est pas libéré de sa responsabilité pour le paiement des frais lorsqu’aucune avance ne lui a été demandée (Flavio
Cometta
, in CR-LP, ad art. 169 n° 8).
3.
En l'espèce, les frais comptabilisés par l'Office - dont le montant n'est en soi pas contesté par la plaignante - apparaissent conformes à la loi sur les poursuites pour dettes et la faillite et ses dispositions d'application qui sont clairs et n'autorisent pas d’être interprétés autrement que selon leur texte.
Au vu de ce qui précède, la plainte est malfondée et doit être rejetée.
* * * * *