Decision ID: 424e132a-6bb5-4b44-8774-9ccbc0bfead8
Year: 2015
Language: fr
Court: VD_TC
Chamber: VD_TC_031
Canton: VD
Region: Région lémanique
Law Area: public_law

Vu les faits suivants
A. Titulaire d'un diplôme suisse de médecin et d'un titre postgrade fédéral de gynécologue-obstétricien, X._ pratique la médecine à titre indépendant dans le canton de Vaud depuis ********.
B. Par décision du 4 juin 2015, le Chef du Département de la santé et de l'action sociale, suite à plusieurs plaintes, a retiré provisoirement l'autorisation de pratiquer de l'intéressé jusqu'à ce que l'enquête administrative qui a été ouverte établisse de manière incontestable que son état de santé lui permette la reprise d'une activité dans le respect de ses devoirs professionnels; il a retiré par ailleurs l'effet suspensif à un éventuel recours.
C. Par acte daté du 9 juillet 2015, remis à un office postal le 13 juillet 2015, X._ a recouru contre cette décision devant la Cour de droit administratif et public du Tribunal cantonal (CDAP), en concluant à son annulation.
Invitée à indiquer à quelle date la décision attaquée avait été notifiée au recourant, l'autorité intimée a produit l'extrait "track and trace" de la poste. Il en ressort que la décision du 4 juin 2015 a été communiquée à l'intéressé le 8 juin 2015.
Le juge instructeur a rendu le recourant attentif au fait que son recours apparaissait tardif et lui a imparti un délai au 10 août 2015 pour fournir des explications à ce sujet ou pour retirer le recours.
Dans une lettre du 7 août 2015, le recourant a donné les explications suivantes:
"Afin de diminuer toute forme de stress durant la période de mon traitement (neuroréabilitation), j'ai mis en place un système de réception de mes courriers par mes enfants qui signaient tous les documents de la poste et me groupaient toutes mes correspondances pour que je les gère une fois dans les 10 à 12 jours."
La cour a statué par voie de circulation, selon la procédure simplifiée régie par l’art. 82 de la loi vaudoise du 28 octobre 2008 sur la procédure administrative (LPA-VD, RSV 173.36).

Considérant en droit
1. a) Aux termes de l'art. 95 LPA-VD, le recours au Tribunal cantonal s'exerce dans les 30 jours dès la notification de la décision ou du jugement attaqué.
La notification d'une décision est réputée effectuée le jour où l'envoi entre dans la sphère d'influence de son destinataire (ATF 118 II 42 consid. 3b). Les décisions sont en principe notifiées à leurs destinataires sous pli recommandé ou par acte judiciaire (art. 44 al. 1 LPA-VD).
Les délais fixés en jours commencent à courir le lendemain du jour de leur communication ou de l’évènement qui les déclenche; lorsqu'un délai échoit un samedi, un dimanche ou un jour férié, son échéance est reportée au jour ouvrable suivant (art. 19 al. 1 et 2 LPA-VD).
b) En l'espèce, il ressort de l'extrait "track and trace" produit par l'autorité intimée que la décision a été notifiée le 8 juin 2015. Le délai de recours de 30 jours de l'art. 95 LPA-VD arrivait ainsi à échéance le 8 juillet 2015. Remis à un office postal le 13 juillet 2015 seulement, le recours est tardif.
2. a) Aux termes de l'art. 22 LPA-VD, le délai peut être restitué lorsque la partie ou son mandataire établit qu'il a été empêché, sans faute de sa part, d'agir dans le délai fixé (al. 1). La demande motivée de restitution doit être présentée dans les dix jours à compter de celui où l'empêchement a cessé. Dans ce même délai, le requérant doit accomplir l'acte omis. Sur requête, un délai supplémentaire lui est accordé pour compléter cet acte, si des motifs suffisants le justifient (al. 2).
Par empêchement non fautif, il faut entendre non seulement l'impossibilité objective, comme la force majeure, mais aussi l'impossibilité subjective due à des circonstances personnelles ou à une erreur excusables (cf. TF 2C_734/2012 du 25 mars 2013 consid. 3.3). La partie qui désire obtenir une restitution de délai doit établir l'absence de toute faute de sa part; est non fautive toute circonstance qui aurait empêché un plaideur consciencieux d'agir dans le délai fixé (voir, entre autres, arrêt PE.2014.0056 du 17 mars 2014 consid. 2a et les références citées). Selon la jurisprudence, il n'y a pas matière à restitution lorsqu'une inobservation du délai est due à la faute de la partie elle-même, de son mandataire ou d'un auxiliaire (TF 2C_98/2008 du 12 mars 2008).
b) En l'espèce, le recourant a indiqué dans ses déterminations du 7 août 2015 que, pour minimiser toute forme de stress durant son traitement, il avait chargé ses enfants de réceptionner tout son courrier et de le lui transmettre tous les dix à douze jours afin qu'il le gère en une fois. La mise en place de ce système lui laissait ainsi suffisamment de temps pour contester la décision attaquée en temps utile et n'explique pas le retard constaté. Quoi qu'il en soit, si une négligence a été commise par les enfants du recourant, elle est imputable à l'intéressé lui-même et ne constitue ni un cas d'impossibilité objective, ni un cas d'impossibilité subjective dû à des circonstances personnelles excusables. Il n'y a dans ces conditions pas lieu de restituer le délai de recours.
3. Il s'ensuit que le recours doit être déclaré irrecevable pour cause de tardiveté. Compte tenu de l'issue de la procédure, il n'y a pas lieu de percevoir de frais de justice (art. 49 al. 1 et 50 LPA-VD), ni d'allouer de dépens (art. 55 LPA-VD).