Decision ID: 126e9195-3c97-5811-b41e-2998827c277e
Year: 2012
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_014
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: social_law

Attendu en fait
quepar décision du 17 décembre 2001, l’Office cantonal de l’assurance-invalidité (ci-après l’OAI ou l’intimé), se fondant sur les rapports de La CLINIQUE GENEVOISE DE MONTANA ainsi que des Drs A_, spécialiste FMH en rhumatologie, et B_, spécialise FMH en psychiatrie et psychothérapie,a octroyé à Madame M_ (ci-après l’assurée ou la recourante), née le 5 juillet 1963, une rente entière d’invalidité dès le 1
er
septembre 2001, fondée sur un degré d’invalidité de 100 % ;
Qu’en juillet 2005, l’OAI a initié une procédure de révision ;
Qu’interrogé par l’OAI, le Dr A_ a indiqué que l’état de santé psychologique de l’assurée s’était aggravé et qu’une expertise psychiatrique était nécessaire ;
Que selon le Dr B_, l’état de santé était resté stationnaire, avec un état dépressif sévère et des symptômes psychotiques ;
Que dans son rapport d’expertise du 4 janvier 2007, la Dresse C_, spécialiste FMH en psychiatrie et psychothérapie, a diagnostiqué un trouble dépressif récurrent, actuellement en rémission, présent depuis environ septembre 2001 et indiqué que l’incapacité de travail était d’environ 70% pour la période de septembre 2000 à fin 2002, de 50 % de 2003 à fin 2005 et de 25 % tout au plus depuis début 2006, tant dans l’activité habituelle que dans une activité adaptée, la capacité de travail dans l’activité de ménagère étant entière ;
Que l’assurée a été hospitalisée du 28 août au 17 septembre 2007 à la Clinique de Belle-Idée en raison d’une péjoration thymique marquée, avec des menaces suicidaires ;
Que par décision du 5 mars 2008, assortie du retrait de l’effet suspensif, l’OAI a supprimé la rente d’invalidité de la recourante ;
Que l’assurée a interjeté recours contre cette décision en date du 18 avril 2008, en concluant à l’annulation de la décision ;
Qu’elle a produit les rapports d’intervention du CTB des 19 octobre 2007 et 28 août 2008 ;
Que par arrêt du 8 juillet 2009, le Tribunal cantonal des assurances sociales, alors comptent, a admis partiellement le recours, confirmé la suppression de la rente au motif que l’état de santé psychique de la recourante s’était amélioré, et renvoyé la cause à l’intimé pour examen des mesures de réadaptation ;
Que par arrêt du 13 avril 2010, le Tribunal fédéral (TF) a admis le recours de l’assurée, considérant que l’experte n’avait pas examiné de façon détaillée l’évolution de la maladie, relevé que les éléments objectifs permettant d’établir l’existence d’une évolution clinique notable susceptible de contredire le point de vue des médecins traitants faisaient défaut et qu’à l’inverse, les hospitalisations vécues semblent être les signes manifestes et objectifs de décompensations psychiques et du caractère apparemment précaire de la rémission observée par l’experte ; qu’il apparaissait à tout le moins judicieux d’interroger les médecins traitants au sujet de l’évolution de la pathologie et de l’intensité du traitement ;
Que le TF a annulé l’arrêt du TCAS ainsi que la décision de l’OAI et renvoyé la cause audit office pour complément d’instruction sous la forme d’une nouvelle expertise psychiatrique ;
Que l’intimé a mandaté le Dr D_, spécialiste FMH en psychiatrie et psychothérapie;
Que dans son rapport du 13 janvier 2011, l’expert, après avoir examiné l’assurée et pris contact téléphoniquement avec le Dr B_, relate les plaintes de l’assurée et le fait qu’elle rapporte des préparatifs de suicide inquiétants, et retient les diagnostics de trouble somatoforme persistant, trouble dépressif majeur récurrent, état actuel moyen, et de trouble mixte de la personnalité ; qu’au vu de ce dernier trouble, le pronostic à long terme pourrait être réservé ;
Que le Dr D_, se fondant sur l’expertise de la Dresse C_ indique que l’évolution a été favorable depuis le 1
er
mars 2007, malgré la notion de crise transitoire avec hospitalisation, et qu’en l’état actuel il n’y a pas d’incapacité de travail psychiatrique ;
Qu’à la demande du Service médical régional AI (SMR), l’expert a précisé, par rapport du 26 juillet 2011, ses conclusions, notamment quant au trouble mixte de la personnalité et au trouble dépressif;
Que par décision du 25 août 2011, assortie du retrait de l’effet suspensif, l’intimé a supprimé la rente d’invalidité de la recourante ;
Que l’assurée, par l’intermédiaire de sa mandataire, interjette recours en date du 26 septembre 2011, contestant la valeur probante de l’expertise, dès lors que le diagnostic de trouble dépressif doit être séparé du trouble somatoforme douloureux persistant ; qu’elle soutient que l’expert nie, de manière incompréhensible, le caractère invalidant de ses troubles psychiques, malgré l’importance des troubles psychiatriques constatés tout au long de l’expertise, les préparatifs de suicide inquiétants, les automutilations dûment constatées qui constituent un facteur de risque suicidaire et le trouble mixte de la personnalité qui réserve le pronostic à long terme ; qu’elle produit un rapport de la Clinique genevoise de Montana du 2 août 2010 au terme duquel elle a été hospitalisée du 10 au 20 juin 2010 pour un trouble dépressif récurrent, épisode actuel sévère, avec symptômes psychotiques ; qu’elle conclut au maintien de sa rente entière d’invalidité, subsidiairement à l’octroi d’un quart de rente ;
Que dans sa réponse du 18 octobre 2011, l’intimé conclut au rejet du recours, compte tenu de l’amélioration de l’état de santé psychique de l’assurée ;
Que la Cour de céans a informé les parties par courrier du 3 avril 2012, de son intention de mettre en œuvre une expertise psychiatrique et leur a communiqué le nom de l’expert ainsi que les questions qu’il avait l’intention de poser à l’expert ;
Qu’un délai a été imparti aux parties pour faire valoir d’éventuels motifs de récusation à l’encontre de l’expert et communiquer les questions complémentaires éventuelles à lui poser ;

Attendu en droit
que conformément à l’art. 134 al. 1 let. a ch. 2 de la loi sur l’organisation judiciaire, du 26 septembre 2010 (LOJ ; RS E 2 o5), en vigueur dès le 1
er
janvier 2011, la Chambre des assurances sociales de la Cour de justice connaît, en instance unique, des contestations prévues à l’art. 56 de la loi fédérale sur la partie générale du droit des assurances sociales, du 6 octobre 2000 (LPGA ;
RS 830.1
) relatives à la loi fédérale sur l’assurance-invalidité du 19 juin 1959 (LAI ;
RS 831.20
) ;
Que sa compétence pour juger du cas d’espèce est établie ;
Que le recours, déposé dans les formes et délai prévus par la loi est recevable à la forme (art. 56 et 60 LPGA) ;
Que l’autorité administrative doit constater d’office les faits déterminants, c’est-à-dire toutes les circonstances dont dépend l’application des règles de droit (ATF
117 V 261
consid. 3 p. 263 ; T. LOCHER Grundriss des Sozialversicherungsrecht, Bern 2003, t.1, p. 443) ;
Qu’ainsi l’administration est tenue d’ordonner une instruction complémentaire lorsque les allégations des parties et les éléments ressortant du dossier requièrent une telle mesure, et qu’en particulier elle doit mettre en œuvre une expertise lorsqu’il paraît nécessaire de clarifier des aspects médicaux (ATF
117 V 282
consid. 4a, p. 283 ; RAMA 1985 p. 240 consid.4 ; LOCHER loc. cit.) ;
Que le TF a renvoyé la cause à l’intimé afin qu’il mette en œuvre une nouvelle expertise psychiatrique, dès lors que des indices sérieux quant au fait d’assimiler la symptomatologie développée par la recourante à une simple réaction dépressive consécutive à un événement stressant faisaient défaut ;
Que dans ses considérants, le TF a relevé qu’il apparaissait à tout le moins judicieux d’interroger les médecins traitants au sujet de l’évolution de la pathologie et de l’intensité du traitement ;
Qu’en l’occurrence, l’expert mandaté par l’intimé, s’il fait état d’un entretien téléphonique avec le Dr B_, n’a pas consigné les déclarations du médecin traitant, de sorte que l’on ignore sur quoi ledit entretien a porté ;
Qu’il apparaît au surplus que l’expert n’a pas pris contact avec les autres médecins ayant soigné la recourante durant la période litigieuse, en particulier le CTB, afin de connaître l’évolution de la pathologie et l’intensité du traitement ;
Qu’il apparaît nécessaire de clarifier les aspects médicaux du cas (ATF
117 V 283
consid. 4a ; ATFA non publié I 715703 du 19 mars 2004) ;
Que lorsque le juge des assurances sociales constate qu’une instruction est nécessaire, il doit en principe mettre lui-même en œuvre une expertise (ATF
137 V 210
) ;
Qu’un renvoi à l’administration reste possible, notamment lorsqu’il s’agit de préciser un point de l’expertise ordonnée par l’administration ou de demander un complément à l’epert (ATF 137 V consid. 4.4.1.3 et 4l4. 1.3 ; ATF non publié
8C_760/2011
du 26 janvier 2012, consid. 3) ;
Que les coûts de l’expertise peuvent être mis à la charge de l’assureur social (ATF
137 V 210
consid. 4.4.2) ;
Qu’en l’espèce, il convient d’ordonner une telle expertise ;
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