Decision ID: 543a0710-9d4f-582d-8aee-998b0c801792
Year: 2014
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_013
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: public_law

EN FAIT
1) Monsieur A_, ressortissant indien né en 1984, est arrivé en Suisse au mois de janvier 2010 après avoir reçu des autorités lucernoises une autorisation de séjour pour études d’une durée d’une année.![endif]>![if>
Cette autorisation a été prolongée par les autorités lucernoises, puis par les autorités genevoises, jusqu’au 30 septembre 2013.
2) Le 1
er
octobre 2013, M. A_ a demandé à ce que son autorisation de séjour soit renouvelée afin qu’il puisse poursuivre l’enseignement de la World Europe University afin d’obtenir une maîtrise en management. ![endif]>![if>
3) Le 13 janvier 2014, l’office cantonal de la population et des migrations (ci-après : OCPM) a refusé cette requête. L’intéressé avait obtenu le diplôme qu’il visait en 2012. Il ne disposait pas de moyens financiers suffisants. Il avait modifié à trois reprises son plan d’études et son retour dans son pays n’apparaissait pas garanti.![endif]>![if>
4) Le 29 janvier 2014, M. A_ a saisi le Tribunal administratif de première instance (ci-après : TAPI) d’un recours contre la décision précitée. ![endif]>![if>
5) Par jugement du 6 mai 2014, le TAPI a rejeté le recours. Le but initial du séjour en Suisse était atteint, l’intéressé n’était pas retourné dans son pays malgré l’engagement pris et avait, à plusieurs reprises, modifié son orientation et son plan d’études. Il était âgé de plus de trente ans révolus. Son renvoi était possible, licite et raisonnablement exigible.![endif]>![if>
6) Le 5 juin 2014, M. A_ a remis à la poste un courrier rédigé en anglais et non signé, adressé à la chambre administrative de la Cour de justice (ci-après : chambre administrative). ![endif]>![if>
7) Par courrier recommandé du 10 juin 2014, la chancellerie de la chambre administrative a invité l’intéressé à transmettre un acte de recours en français, répondant aux exigences légales, et ce, dans le délai légal du recours. ![endif]>![if>
8) Le 1
er
juillet 2014, la chambre administrative a transmis une copie du recours, pour information, à l’OCPM et a indiqué aux parties que la cause était gardée à juger.![endif]>![if>
9) Le 10 juillet 2014, M. A_ a déposé à la chancellerie de la chambre administrative un courrier en français, daté du 9 juillet 2014, non signé. Il demandait à ce que le jugement du TAPI soit revu, car sa carrière était en jeu. Il avait effectué la moitié de son programme et ne pourrait le poursuivre dans son pays d’origine, en Inde, dès lors que les crédits acquis ne pouvaient y être transférés. Depuis le décès de son père en 2011, il avait financé ses études grâce aux économies de sa famille, en vendant des titres et en effectuant des emprunts auprès de personnes privées. Il devait terminer sa formation afin d’avoir un avantage supplémentaire sur le marché du travail de son pays d’origine. ![endif]>![if>
10) Le courrier du 9 juillet 2014 a été transmis pour information à l’OCPM et il a été précisé aux parties que la cause restait gardée à juger.![endif]>![if>
11) Selon le système « track and trace » de la Poste, le jugement du TAPI a été reçu par l’intéressé le 7 mai 2014. ![endif]>![if>

EN DROIT
1) En vertu de l’art. 64 al. 1 de la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 1985 (LPA -
E 5 10
), le recours est formé par écrit et adressé à la juridiction administrative appelée à en connaître. ![endif]>![if>
2) Les cantons peuvent exiger que, dans leurs relations avec les autorités cantonales, les administrés se servent de la langue officielle du canton. De jurisprudence constante, un recours qui n'est pas rédigé dans la langue du canton peut donc être déclaré irrecevable, pour autant que la possibilité ait été donnée à l'intéressé de produire un acte rédigé dans la langue dudit canton (ATF
102 Ia 37
; arrêt du Tribunal fédéral
2P.192/2003
du 11 juillet 2003 confirmant l’
ATA/514/2003
du 24 juin 2003).![endif]>![if>
Sous réserve de dispositions particulières, le justiciable n’a en principe aucun droit de communiquer avec les autorités dans une autre langue que la langue officielle, fût-elle sa langue maternelle ou une autre langue nationale (ATF
136 I 149
consid. 4.3 ;
127 V 219
consid. 2b.aa ;
122 I 236
consid. 2c ;
108 V 208
; arrêt du Tribunal fédéral
1B_4/2012
du 11 janvier 2012 consid. 3).
À Genève, la langue officielle est le français (art. 5 al. 1 de la Constitution de la République et canton de Genève du 14 octobre 2012 - Cst-GE -
A 2 00
;
ATA/98/2013
du 19 février 2013 consid. 4 ;
ATA/128/2012
du 6 mars 2012 ;
ATA/102/2012
du 21 février 2012 consid. 4 et les références citées).
3) À teneur des art. 12 ss de la loi fédérale complétant le Code civil suisse du 30 mars 1911 (Livre cinquième : Droit des obligations - CO -
RS 220
) et notamment de l'art. 14 al. 1, la forme écrite implique que la signature doit être écrite à la main par celui qui s'oblige. ![endif]>![if>
De jurisprudence constante, la signature olographe originale est une condition nécessaire que doit respecter tout acte pour être considéré comme un recours (
ATA/277/2002
du 28 mai 2002 et références citées).
Selon le droit actuellement en vigueur, le défaut de signature est cependant un vice réparable pour autant que la signature soit ajoutée en temps voulu (ATF
125 I 166
/ art. 65 alinéa 3 LPA). Cette réglementation tend à éviter tout formalisme excessif en permettant à l’intéressé de réparer une omission.
4) En l’espèce, l’acte de recours reçu par la chambre administrative était rédigé en anglais. Malgré le courrier recommandé adressé au recourant, ce denier n’a pas transmis de traduction française dans le délai de recours de trente jours prévu par l'art. 62 al. 1 let. a LPA, lequel est arrivé à échéance le vendredi 6 juin 2014 (art. 17 al. 3 LPA). De plus, ni le courrier mis à la poste le 5 juin 2014, ni celui du 9 juillet 2014, ne portaient de signature manuscrite. ![endif]>![if>
5) Le recours sera dès lors déclaré irrecevable, sans autre acte d’instruction (art. 72 LPA).![endif]>![if>
Un émolument de CHF 400.- sera mis à la charge du recourant. Aucune indemnité de procédure ne lui sera allouée.
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