Decision ID: 8fe87568-73b1-575f-a75d-988a93468eb2
Year: 2021
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_003
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law

Attendu, EN FAIT, que, par jugement
JTPH/238/2021
du 25 juin 2021, le Tribunal des prud'hommes a notamment condamné B_ SARL à verser 10'964 fr. à A_ et condamné ce dernier à verser à B_ SARL 10'771 fr. 75, intérêts en sus, statué sur les frais et débouté les parties de toutes autres conclusions;
Que, le 30 août 2021, A_ a formé recours contre ce jugement, concluant à ce que la Cour l'annule, renvoie la procédure au Tribunal "pour nouvelle décision, respectivement pour continuer l'instruction" et lui ordonne de "suspendre l'instruction de la cause jusqu'aux jugements définitifs dans les procédures pénales et civiles entre les parties", avec suite de frais et dépens;
Qu'il n'a, dans son acte de recours, indiqué aucune partie adverse;

Considérant, EN DROIT, que, selon l'art. 321 al. 1 CPC, le recours doit être écrit et motivé;
Que, selon la jurisprudence, l'art. 321 CPC ne régit pas expressément le contenu de l'acte. Il faut cependant admettre qu'il s'agit d'une forme de demande adressée au juge et qu'il faut donc appliquer par analogie les art. 221 et 244 CPC. On en déduit donc que l'acte d'appel doit contenir la désignation des parties (ATF
138 III 213
consid. 2.3);
Qu'il n'y a en soi aucun formalisme excessif à exiger d'un recourant qu'il indique avec précision l'identité des personnes qu'il met en cause. Cette mention est nécessaire pour que l'autorité puisse envoyer aux parties une copie de l'acte, les éventuelles convocations, puis le jugement rendu. En désignant ses parties adverses, le recourant détermine ainsi à l'égard de quelle personne il pourrait être, le cas échéant, condamné à payer des dépens. L'exigence de la désignation des parties dans l'acte répond donc à un intérêt légitime (ATF
138 III 213
consid. 2.5);
Qu'il incombe en outre au recourant de motiver son recours, c'est-à-dire de démontrer le caractère erroné de la motivation attaquée. Les exigences posées par le CPC à ce titre sont identiques en procédure d'appel et de recours (arrêt du Tribunal fédéral
5D_190/2014
du 12 mai 2015 consid. 2), de sorte que pour satisfaire à cette exigence, il ne lui suffit pas de renvoyer à une écriture antérieure, ni de se livrer à des critiques toutes générales de la décision attaquée; que sa motivation doit être suffisamment explicite pour que l'instance d'appel puisse la comprendre aisément, ce qui suppose une désignation précise des passages de la décision que le recourant attaque et des pièces du dossier sur lesquelles repose sa critique (ATF
141 III 569
consid. 2.3.3 ;
138 III 374
consid. 4.3.1; arrêt du Tribunal fédéral
5D_65/2014
du 9 septembre 2014 consid. 5.4.1);
Que le mémoire de recours doit indiquer que le justiciable attaque la décision, pourquoi il le fait et dans quelle mesure celle-ci doit être modifiée ou annulée. Il doit contenir des
conclusions, qui doiven
t être
formulées de telle sorte qu’en cas d’admission de la demande, elles puissent être reprises dans le jugement
sans modification; si elles tendent au versement d’une somme d’argent, elles doivent être
chiffrées
(arrêt du Tribunal fédéral
4A_383/2013
du 2 décembre 2013 consid. 3.2.1; ATF
137 III 617
, consid. 4 - 6, JdT
2014 II 187
, SJ
2012 I 373
);
Que, malgré son caractère formel, la garantie du droit d’être entendu n’est pas une fin en soi.
En particulier dans le domaine de l’administration et de l’appréciation des preuves
dans le procès civil, le droit d’être entendu vise à assurer qu’aucune partie ne soit affectée par une décision qui en raison de la violation de son droit de participer à la procédure, a abouti à un résultat incorrect. Si l’on ne voit pas en quoi la procédure, si elle avait été menée conformément à la Constitution, aurait pris un autre tour, l’on peut renoncer à annuler la décision attaquée. Dès lors,
l’admission du grief
de refus du droit d’être entendu
suppose que
dans sa motivation
,
le recourant indique quels arguments il aurait fait valoir dans la procédure cantonale et en quoi ceux-ci auraient été pertinents
.
A défaut, le renvoi de la cause au juge précédent, en raison de la seule violation du droit d’être entendu, risquerait de conduire à une vaine formalité et à prolonger inutilement la procédure (arrêt du Tribunal fédéral
4A_453/2016
du 16 février 2017 consid. 4.2.3 et 4.2.4);
Qu'en l'espèce, le recourant, représenté par avocat, n'a pas désigné de partie adverse dans son acte de recours, contrairement aux exigences précitées;
Que cette omission ne saurait être rectifiée d'office par la Cour et entraîne l'irrecevabilité du recours, ce d'autant plus qu'une demande d'intervention a été formée devant le Tribunal;
Qu'à cela s'ajoute que le recours ne respecte pas les exigences de motivation rappelées ci-dessus;
Qu'en effet, le recourant, qui ne présente aucun état de fait ni aucune motivation juridique, ne critique pas de manière explicite, pièces à l'appui, les considérants du Tribunal;
Qu'il reproche notamment à ce dernier d'avoir commis un déni de justice dans la mesure où il aurait omis d'examiner "la légalité de l'installation et de l'utilisation du logiciel C_" mais il n'explique pas en quoi un tel examen aurait été susceptible de modifier l'issue du litige;
Qu'il fait de plus valoir que le Tribunal a arbitrairement refusé la production d'un enregistrement sans expliquer concrètement en quoi cet enregistrement était pertinent pour l'issue du litige
Qu'il requiert la suspension de la présente cause dans l'attente de l'issue de la procédure pénale, sans indiquer en quoi cette procédure pénale aurait une portée préjudicielle par rapport au présent litige;
Que ses conclusions sont en outre défaillantes dans la mesure où il ne fournit aucune indication permettant d'identifier les procédures pénales et civiles auxquelles elles se réfèrent;
Qu'elles sont de plus contradictoires, car l'on ne comprend pas à leur lecture si le recourant souhaite que le Tribunal rende une nouvelle décision, continue l'instruction ou suspende celle-ci;
Que le recours sera par conséquent déclaré irrecevable d'entrée de cause;
Que les frais judiciaires de recours, arrêtés à 300 fr. seront mis à charge du recourant et compensés avec l'avance de 500 fr. fournie par ses soins, acquise à l'Etat de Genève (art. 7, 41 et 71 RTFMC; 111 CPC);
Que le solde de l'avance en 200 fr. lui sera restitué;
Qu'il ne sera pas alloué de dépens.
* * * * *