Decision ID: 72a86369-156f-57ab-a2db-018fc94529ab
Year: 2021
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_004
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law

EN FAIT
, le contrat de bail conclu par les parties, portant sur la location d'un appartement de 5 pièces au 3
ème
étage de l'immeuble sis 1_, à Genève;
Attendu que le loyer, charges comprises, a été fixé en dernier lieu à 3'720 fr. par mois;
Qu'à la suite d'une vaine mise en demeure, la bailleresse a, par avis officiel du 28 septembre 2020, résilié le contrat de bail pour le 31 octobre 2020;
Que les locaux n'ont pas été restitués par les locataires;
Que, par requête du 12 novembre 2020 au Tribunal des baux et loyers, la bailleresse a requis l'évacuation des locataires, assortie de mesures d'exécution directes du jugement d'évacuation, par la procédure de protection de cas clair; qu'elle a également conclu à la condamnation des locataires à lui verser la somme de 18'600 fr. plus intérêts à 5% l'an dès le 15 septembre 2020 et à la libération en sa faveur de la garantie de loyer constituée;
Qu'à l'audience du 2 février 2021 devant le Tribunal, la bailleresse a persisté dans ses conclusions; qu'elle a précisé que le montant de la dette s'élevait toujours à 18'600 fr.;
Que la locataire a déclaré vivre seule dans le logement; qu'elle a acquiescé aux conclusions en évacuation et a sollicité un délai au 31 mai 2021 pour quitter l'appartement;
Que le représentant du locataire, en détention, s'est opposé à l'évacuation et a sollicité l'octroi d'un délai humanitaire de six mois, afin de disposer d'un logement à sa libération;
Que la cause a été gardée à juger à l'issue de l'audience;
Que, par jugement
JTBL/85/2021
rendu le 2 février 2021, le Tribunal a condamné les locataires à évacuer de leurs personnes et de leurs biens et de toute autre personne faisant ménage commun avec eux l'appartement en cause (ch. 1 du dispositif), a autorisé la bailleresse à requérir l'évacuation par la force publique des locataires dès le 1
er
juin 2021 (ch. 2), a condamné les locataires, pris conjointement et solidairement, à verser à la bailleresse 18'600 fr. avec intérêts à 5% l'an dès le 1
er
décembre 2020 (ch. 3), a donné acte aux parties de ce que la bailleresse était autorisée à prélever le montant précité sur la garantie de loyer (ch. 4), a débouté les parties de toutes autres conclusions (ch. 5) et a dit que la procédure était gratuite (ch. 6);
Vu l'appel, respectivement le recours, reçu au greffe universel le 17 février 2021, formé à la Cour de justice par A_ contre ce jugement;
Qu'il a conclu à ce qu'il soit sursis à l'exécution de l'évacuation durant six mois;
Que A_ a préalablement requis la suspension du caractère exécutoire des mesures d'exécution ordonnées par le Tribunal des baux et loyers;
Qu'invitée à se déterminer, la bailleresse a, par écritures du 19 février 2021, conclu au rejet de la requête d'effet suspensif;
Que la locataire s'est, par déterminations du 22 février 2021, opposée à la requête d'effet suspensif;
Considérant,

EN DROIT
, que seule la voie du recours est ouverte contre les mesures d'exécution (art. 309 let. a et 319 let. a CPC);
Que le recours ne suspend pas la force de chose jugée, l'instance d'appel pouvant suspendre le caractère exécutoire (art. 325 al. 1 et 2 CPC);
Que l'instance de recours est habilitée à décider d'office ou sur requête de suspendre le caractère exécutoire (cf. Jeandin, in Commentaire Romand, Code de procédure civile 2
ème
éd., n. 6 ad art. 325 CPC);
Qu'en la matière, l'instance d'appel dispose d'un large pouvoir d'appréciation
(ATF
137 III 475
consid. 4.1; arrêts du Tribunal fédéral
5A_403/2015
du 28 août 2015 consid. 5;
5A_419/2014
du 9 octobre 2014 consid. 7.1.2);
Que, selon les principes généraux, l'autorité procède à une pesée des intérêts en présence et doit se demander, en particulier, si la décision est de nature à provoquer une situation irréversible; qu'elle prend également en considération les chances de succès du recours (arrêts du Tribunal fédéral
4A_337/2014
du 14 juillet 2014 consid. 3.1;
4D_30/2010
du 25 mars 2010 consid. 2.3);
Considérant que seules les mesures d'exécution ont été remises en cause par le recourant de sorte que seule la voie du recours est ouverte; qu'en effet, l'acte ne comporte de motivation que s'agissant des mesures d'exécution ordonnées par les premiers juges; que l'acte ne contient en revanche aucune critique ni aucune conclusion concernant le prononcé de l'évacuation;
Qu'en conséquence, l'appel est irrecevable;
Qu'il ne se justifie pas de suspendre le caractère exécutoire du chiffre 2 du dispositif du jugement entrepris;
Qu'en effet, le recours est,
prima facie
et sans préjudice de l'examen au fond, dénué de chance de succès;
Que le recourant n'a en effet ni allégué ni rendu vraisemblable avoir effectué des recherches en vue de se reloger;
Que le recourant est de surcroît actuellement en détention, dont la durée n'est pas connue;
Qu'en conséquence, la requête du recourant sera rejetée.
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