Decision ID: 26308afc-cfb6-50e5-8807-6ace0129d8ba
Year: 2015
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_001
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law

EN FAIT
, le jugement
JTPI/7469/2015
du 24 juin 2015 par lequel le Tribunal de première instance, statuant sur mesures protectrices de l'union conjugale, a notamment autorisé les époux A_ et B_ à vivre séparés (ch. 1 du dispositif), attribué à A_ la garde sur l'enfant C_, née en 2012 (ch. 2), réservé à B_ un droit de visite devant s’exercer, à défaut d’accord contraire des parties, chaque semaine, du mardi de 13h00 à 18h00 et le vendredi matin de 10h00 au lendemain 18h00, B_ s'engageant à venir chercher sa fille et à la ramener au domicile de A_ en respectant strictement les horaires précités (ch. 3), condamné B_ à verser en mains de A_, par mois et d'avance, allocations familales éventuelles non comprises, une somme de 250 fr. à compter du 17 décembre 2014, au titre de contribution à l'entretien de l'enfant (ch. 4), attribué à A_ la jouissance exclusive du domicile conjugal (ch. 5) et condamné B_ à évacuer le domicile conjugal d'ici au 31 juillet 2015 (ch. 6);
Vu l'appel formé contre ce jugement par A_ le 15 juillet 2015, aux termes duquel elle a conclu à l'annulation des ch. 3 et 4 du dispositif du jugement attaqué et à ce qu'il soit dit que le droit de visite de B_ sur sa fille s'exerce, à défaut d'accord contraire entre les parties, chaque mardi entre 10h00 et 18h00, que le passage de l'enfant s'effectue par le Point Rencontre ou par toute autre structure protégée permettant d'éviter tout contact entre les époux, à ce que B_ soit condamné à verser, à titre de contribution à l'entretien de l'enfant, la somme de 500 fr. par mois dès le 17 décembre 2014, à ce qu'il soit fait interdiction à B_ d'approcher A_ à moins de 100 mètres et à moins de 300 mètres du domicile conjugal, du lieu où travaille A_, ainsi que de la crèche de l'enfant, à ce qu'il soit fait interdiction à B_ de prendre contact par tout moyen avec A_, sous la menace de la peine prévue à l'art. 292 CP;
Attendu qu'elle a requis, à titre préalable, l'octroi de l'effet suspensif attaché au ch. 3 du dispositif du jugement entrepris;
Qu'elle a invoqué à cet égard que son époux devant quitter le domicile conjugal d'ici au 31 juillet 2015, ses conditions de logement dès cette date étaient incertaines; que pour ce motif, les conditions d'accueil de l'enfant n'étaient également pas connues et étaient ainsi contraires à l'intérêt de l'enfant;
Qu'elle a indiqué, pour le surplus, que le Service de protection des mineurs avait préconisé un droit de visite restreint à une journée par semaine;
Qu'invité à se déterminer à cet égard, B_ a conclu au rejet de la requête, motif pris de l'absence de vraisemblance de préjudice difficilement réparable en raison du maintien du droit de visite tel que convenu par les parties en février 2015;
Qu'il a également indiqué que le droit de visite, tel que fixé par le Tribunal, était exercé depuis 5 mois sans problème; lors de l'audience du 4 juin 2015 devant le Tribunal, A_ avait d'ailleurs admis que l'exercice des relations personnelles entre le père et sa fille ne se passait pas mal;
Considérant,

EN DROIT
, que la Cour est saisie d'un appel au sens de l'art. 308 CPC;
Que les dispositions attaquées de mesures protectrices de l'union conjugale ayant été rendues par voie de procédure sommaire, sur mesures provisionnelles, l'appel n'a pas d'effet suspensif ex lege (art. 315 al. 4 let. b CPC);
Qu'à teneur de l'art. 315 al. 5 CPC, l'exécution de mesures provisionnelles peut exceptionnellement être suspendue si la partie concernée risque de subir un préjudice difficilement réparable, notion se distinguant de celle de "préjudice irréparable" au sens notamment de l'art. 93 al. 1 let. a LTF (sur cette dernière notion, cf. arrêt du Tribunal fédéral
4A_458/2010
du 18 novembre 2010 consid. 1.1), permettant de tenir compte également d'un préjudice de fait et s'examinant à l'aune de l'efficacité du jugement à rendre à l'issue de la procédure ordinaire, qui en serait compromise (arrêt du Tribunal fédéral
4P.5/2002
du 8 avril 2002 consid. 3a);
Que la présidente soussignée a compétence pour statuer sur la requête d'effet suspensif, vu la nature incidente et provisionnelle d'une telle décision et la délégation prévue à cet effet par l'art. 18 al. 2 LaCC, concrétisée par une décision de la Chambre civile siégeant en audience plénière et publiée sur le site Internet de la Cour;
Que, saisie d'une demande d'effet suspensif au sens de l'art. 315 al. 5 CPC, l'autorité cantonale d'appel doit ainsi procéder à une nouvelle pesée des intérêts entre les deux préjudices difficilement réparables, celui du demandeur à l'action si la mesure n'était pas exécutée immédiatement et celui qu'entraînerait pour le défendeur l'exécution de cette mesure (ATF
138 III 378
consid. 6.3 et les références citées;
137 III 475
consid. 4.1; arrêt du Tribunal fédéral
5A_514/2012
du 4 septembre 2012 consid. 3.2.2);
Que lorsque le juge de première instance statue sur la garde ou modifie celle-ci, de sorte que l'enfant devrait être séparé du parent qui prend actuellement soin de lui, le bien de l'enfant commande alors, dans la règle, de maintenir les choses en l'état et de laisser celui-ci auprès de la personne qui lui sert de référence. La requête d'effet suspensif du parent qui entend conserver la garde doit ainsi généralement être admise, sauf si l'appel paraît sur ce point d'emblée irrecevable ou manifestement infondé (ATF
138 III 565
consid. 4.3.2; arrêt du Tribunal fédéral
5A_194/2012
du 8 mai 2012 consid. 5.1.3);
Qu'au regard de cette jurisprudence, applicable
mutatis mutandis
aux relations personnelles, il y a lieu de maintenir, en principe, le
statu quo
pendant la procédure d'appel;
Que la Cour applique dans ce cadre les maximes inquisitoire et d'office, compte tenu de la présence d'un enfant mineur (art. 296 CPC);
Que la question de savoir s'il convient de suspendre l'effet exécutoire attaché au jugement de mesures protectrices doit être tranchée au regard de l'intérêt prépondérant de l'enfant;
Qu'en l'espèce, l'appelante conteste le droit de visite tel qu'il a été prévu par le Tribunal et requiert la suspension du caractère exécutoire attaché au ch. 3 du dispositif du jugement entrepris;
Qu'il convient de privilégier en la matière le maintien de la situation telle qu'elle prévalait jusqu'ici, afin de ne pas perturber l'enfant par des changements de rythme du droit de visite;
Que les parties sont en effet convenues, lors de l'audience du 23 février 2015 du Tribunal, d'un droit de visite devant s'exercer, chaque semaine, du mardi de 13h00 à 18h00 et du vendredi de 10h00 au lendemain à 18h00, le père devant chercher et ramener sa fille au domicile de la mère;
Qu'à la dernière audience du Tribunal du 4 juin 2014, le bon déroulement des relations personnelles entre le père et l'enfant n'a pas été contesté;
Qu'en l'état, le droit de visite tel que fixé par le Tribunal et exercé par l'intimé depuis
5 mois apparaît être dans l'intérêt de l'enfant;
Qu'en conséquence, la requête de l'appelante sera rejetée;
Qu'il sera statué sur les frais et dépens de l'incident avec la décision au fond (art. 104
al. 3 CPC).
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