Decision ID: d0dd6b43-1e74-571b-8303-83c8569e2f86
Year: 2020
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_004
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law

EN FAIT
, le contrat de sous-bail conclu entre O_ et A_, portant sur la location d'un appartement de 3 pièces au 4
ème
étage de l'immeuble sis 1_, à Genève;
Attendu que le loyer, charges comprises, a été fixé en dernier lieu à 1'900 fr. par mois;
Que le contrat de bail principal a été résilié par les propriétaires pour le
30 septembre 2019, pour défaut de paiement;
Que par accord conclu par devant la Commission de conciliation en matière de baux et loyers, le congé a été accepté par le sous-bailleur et une unique prolongation au
30 juin 2020 lui a été accordée, le procès-verbal valant jugement d'évacuation dès le
1
er
juillet 2020;
Que, par requête du 21 septembre 2020 au Tribunal des baux et loyers, les propriétaires ont requis l'évacuation de la sous-locataire, assortie de mesures d'exécution directes du jugement d'évacuation, par la procédure de protection de cas clair;
Qu'à l'audience du 10 novembre 2020 devant le Tribunal, les propriétaires ont persisté dans leurs conclusions, précisant que le montant de la dette s'élevait à 8'569 fr. 30; que la sous-locataire a déclaré avoir retrouvé un emploi et a sollicité l'octroi d'un délai de départ au 30 juin 2021, son enfant souffrant d'autisme; qu'elle a également exposé que des démarches étaient en cours en vue d'obtenir une autorisation de séjour en Suisse;
Que la cause a été gardée à juger à l'issue de l'audience;
Que, par jugement
JTBL/832/2020
rendu le 10 novembre 2020, expédié pour notification aux parties le lendemain, le Tribunal a condamné la sous-locataire à évacuer de sa personne et de ses biens ainsi que de toute autre personne faisant ménage commun avec elle l'appartement en cause (ch. 1 du dispositif), a autorisé les propriétaires à requérir l'évacuation par la force publique de la locataire dès le 1
er
février 2021 (ch. 2), a débouté les parties de toutes autres conclusions (ch. 3) et a dit que la procédure était
gratuite (ch. 4);
Vu le recours expédié le 23 novembre 2020 par A_ au greffe de la Cour de justice contre ce jugement;
Qu'elle a conclu à l'annulation du chiffre 2 de son dispositif et à ce que la Cour lui accorde un sursis à l'exécution de l'évacuation jusqu'au 30 juin 2021;
Que A_ a préalablement requis la suspension du caractère exécutoire des mesures d'exécution ordonnées par le Tribunal des baux et loyers;
Qu'invités à se déterminer, les propriétaires se sont, par écritures du 27 novembre 2020, opposés à l'octroi de l'effet suspensif;
Considérant,

EN DROIT
, que seule la voie du recours est ouverte contre les mesures d'exécution (art. 309 let. a et 319 let. a CPC);
Que le recours ne suspend pas la force de chose jugée, l'instance d'appel pouvant suspendre le caractère exécutoire (art. 325 al. 1 et 2 CPC);
Que l'instance de recours est habilitée à décider d'office ou sur requête de suspendre le caractère exécutoire (cf. jeandin, in Commentaire Romand, Code de procédure civile 2
ème
éd., n. 6 ad art. 325 CPC);
Qu'en la matière, l'instance d'appel dispose d'un large pouvoir d'appréciation
(ATF
137 III 475
consid. 4.1; arrêts du Tribunal fédéral
5A_403/2015
du 28 août 2015 consid. 5;
5A_419/2014
du 9 octobre 2014 consid. 7.1.2);
Que, selon les principes généraux, l'autorité procède à une pesée des intérêts en présence et doit se demander, en particulier, si la décision est de nature à provoquer une situation irréversible; qu'elle prend également en considération les chances de succès du recours (arrêts du Tribunal fédéral
4A_337/2014
du 14 juillet 2014 consid. 3.1;
4D_30/2010
du 25 mars 2010 consid. 2.3);
Considérant que seules les mesures d'exécution ont été remises en cause par la recourante, de sorte que seule la voie du recours est ouverte;
Qu'il ne se justifie pas de suspendre le caractère exécutoire du chiffre 2 du jugement entrepris;
Qu'en effet, le recours est,
prima facie
et sans préjudice de l'examen au fond, dénué de chance de succès;
Qu'un sursis à l'évacuation de près de trois mois a été accordé à la recourante par le Tribunal;
Que la recourante n'a ni allégué, ni rendu vraisemblable avoir recherché une solution de relogement;
Que la recourante dit avoir entrepris des démarches en vue de régulariser sa situation administrative, sans produire de pièces;
Que la recourante allègue avoir résorbé une partie de la dette, tout en admettant qu'un solde débiteur persiste;
Qu'en conséquence, la requête de la recourante sera rejetée.
* * * * *