Decision ID: a8165cec-737c-49c7-9953-27892f5fbc57
Year: 2022
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_001
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law

EN FAIT
, que dans le jugement attaqué le Tribunal a retenu que les époux vivaient séparés depuis l'été 2018; que A_, après avoir travaillé dans le domaine informatique, avait créé à deux reprises une entreprise individuelle, toutes deux ayant été radiées, la dernière le 20 novembre 2018; depuis lors, il est au bénéfice de l'aide sociale, alléguant ne pas avoir retrouvé d'emploi en dépit de ses recherches; il n'a pas de fortune et est âgé de 56 ans; que le premier juge a considéré que A_ n'avait pas fourni tous les efforts que l'on pouvait raisonnablement exiger de lui pour exploiter au mieux sa capacité de gain et assumer son obligation d'entretien; qu'il convenait de lui imputer un revenu hypothétique de 5'100 fr. nets par mois à l'expiration d'un délai de six mois à compter du prononcé du jugement, délai devant lui permettre de se réinsérer professionnellement;
Considérant,

EN DROIT
, que la Cour est saisie d'un appel au sens de l'art. 308 CPC;
Que selon l'art. 315 CPC, l'appel suspend la force de chose jugée et le caractère exécutoire de la décision dans la mesure des conclusions prises en appel (al. 1), sauf dans les cas mentionnés à l'art. 315 al. 4 CPC, non pertinents en l'espèce;
Que selon l'art. 315 al. 2 CPC, l'instance d'appel peut autoriser l'exécution anticipée; elle ordonne au besoin des mesures conservatoires ou la fourniture de sûretés;
Que l'effet suspensif de l'appel constituant la règle, l'exécution anticipée ne doit être accordée qu'exceptionnellement, lorsque les circonstances l'exigent, notamment si une des parties est exposée, à défaut, à subir un préjudice difficilement réparable;
Qu'en la matière, l'instance d'appel dispose d'un large pouvoir d'appréciation (Jeandin, CR CPC 2
ème
éd. 2019, n. 4 ad art. 315 CPC);
Qu'en l'espèce, il ressort du chiffre 8 du dispositif du jugement attaqué que l'appelant n'a été astreint à contribuer à l'entretien de ses deux enfants qu'à l'expiration d'un délai de six mois à compter du prononcé du jugement, ce délai devant lui permettre de se réinsérer dans la vie professionnelle, étant précisé qu'il émarge à l'assistance sociale depuis plusieurs années;
Qu'il semble dès lors avoir échappé à l'intimée, requérante sur exécution anticipée, que même si celle-ci était ordonnée, l'appelant ne serait tenu de contribuer à l'entretien de ses enfants qu'à compter du mois de septembre prochain;
Que dès lors, la mesure requise ne déploierait aucun effet immédiat;
Que par ailleurs, la cause sera très vraisemblablement en état d'être jugée au fond à l'échéance dudit délai;
Que la requête apparaît ainsi non seulement infondée, mais également téméraire;
Qu'elle sera rejetée;
Qu'il sera statué sur les frais de la présente décision dans le cadre de l'arrêt au fond (art. 104 al. 3 CPC).
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