Decision ID: 19df84e7-c37c-5f85-a8d0-6f0ae8afec1d
Year: 2015
Language: fr
Court: FR_TC
Chamber: FR_TC_004
Canton: FR
Region: Espace_Mittelland
Law Area: civil_law

considérant en fait
A. Par décision du 30 octobre 2013, la Justice de paix de l'arrondissement de la Sarine (: la Justice de paix) a institué une curatelle de représentation avec gestion du patrimoine au sens de l’art. 394 CC en lien avec l’art. 395 CC en faveur de B._, avec pour objet, en particulier, la gestion de ses affaires administratives et financières, au motif que ce dernier souffre de troubles de la personnalité graves, d’un état dépressif chronique et d’une phobie sociale qui ne lui permettent pas de gérer ses affaires lui-même. Ce mandat a été confié à C._, assistante sociale auprès du Service des curatelles d’adultes de D._ (DO 60 ss).
B. Par courriers des 30 janvier et 12 février 2013, B._ et son épouse, E._, ont sollicité le transfert du mandat de curatelle exercé par C._ en faveur de B._ à E._ (DO 68 et 72).
En date du 6 mars 2013, C._ s’est déterminée sur cette requête, indiquant, en substance, que sur la base du peu d’éléments en sa possession, elle ne s’opposait pas au transfert du mandat de curatelle à E._ pour autant que la relation entre les époux soit bonne et que l’épouse se sente capable de reprendre la gestion des affaires de son mari (DO 74).
Suite à l’audition des époux B._ et E._, la Justice de paix a suspendu, par décision du 27 mars 2014, la procédure de demande de changement de curateur jusqu’au 28 septembre 2014 et confirmé le mandat de curatelle confié à C._, les parties ayant accepté de réfléchir à leur requête et à faire leurs preuves durant cette période (DO 86 ss, 91 ss).
Par courrier du 29 septembre 2014, C._ a fait parvenir à la Justice de paix un rapport concernant la situation de B._ en relation avec sa requête de changement de porteur de mandat de curatelle. Elle a en particulier indiqué qu’elle doutait de la capacité de E._ à gérer les affaires administratives de son époux dès lors qu’elle ne parlait, n’écrivait et ne lisait pas le français (DO 99 ss).
En date du 17 novembre 2014, B._ et E._ ainsi que C._ ont été entendus par la Juge de paix, en présence d’un interprète. A cette occasion, B._ et son épouse ont maintenu leur demande de transfert de mandat de curatelle à E._ qui s’est quant à elle déclarée capable de gérer la situation financière de son mari, malgré l’absence de connaissance de la langue française, son fils pouvant l’assister. C._ a, pour sa part, indiqué être régulièrement sollicitée par le couple B._ et E._ pour le paiement de factures de l’épouse (DO 111 ss).
Sur requête de la Justice de paix, le Dr F._, spécialiste FMH en psychiatrie et psychothérapie, lui a fait parvenir, en date du 1er décembre 2014, un rapport sur l’état de santé de son patient, B._, déclarant, en substance, qu’il était mauvais en ce sens que B._ était très rapidement irritable et agressif, en particulier lorsque l’on parle de sa situation financière, et qu’il pourrait perdre la maîtrise de soi (DO 120 ss).
C. Par décision du 5 décembre 2014, la Justice de paix a maintenu la curatelle de représentation et de gestion au sens des art. 394 et 395 CC instituée le 30 octobre 2013 en faveur de B._ et a confié le mandat de curatelle à G._, responsable du Service des curatelles d’adultes, à Fribourg. Elle a en outre relevé C._ de ses fonctions de curatrice.
Tribunal cantonal TC Page 3 de 7
De plus, la Justice de paix a rejeté la requête de B._ visant à nommer son épouse en tant que curatrice. Elle a également institué une curatelle de coopération au sens de l’art. 396 CC, avec pour effet de subordonner la validité juridique des contrats, d’abonnements, d’arrangements financiers, de prêts ou d’emprunts au consentement de la curatrice, et a privé B._ de l’exercice de ses droits civils pour ces actes juridiques dont la validité sera subordonnée au concours et au consentement de sa curatrice (DO 156 ss).
D. Suite aux diverses menaces de mort proférées par B._ en particulier à l’encontre de sa curatrice durant le mois de janvier 2015, la Justice de paix a requis du Lieutenant de préfet de la Préfecture de la H._ la délivrance d’un mandat d’amener à l’encontre de B._ en vue d’une évaluation psychiatrique au Centre psychosocial, à Fribourg, et le cas échéant, le prononcé d’un placement aux fins d’assistance (DO 143 ss).
En date du 14 janvier 2015, le placement à des fins d’assistance de B._ au Centre de soins hospitaliers du Réseau fribourgeois de santé mentale, à Marsens (ci-après: CSH Marsens) a été ordonné par la Dresse I._, médecin assistante auprès du CSH Marsens, en raison d’un risque hétéro-agressif élevé et d’un risque de suicide. Le 4 février 2015, son placement a été prolongé par la Justice de paix pour une durée indéterminée, aussi longtemps que son état de santé l’exigeait et tant que le risque hétéro-agressif n’aura pas disparu. Il a également été placé à des fins d’expertise au sens de l’art. 449 CC.
E. Par courrier du 16 février 2015, le fils de B._, A._, a interjeté recours contre la décision de la Justice de paix du 5 décembre 2014, contestant le rejet de la requête visant à nommer E._ en tant que curatrice de son époux.
Par courrier du 18 février 2015, la Juge de paix a renoncé à se déterminer sur le recours.

en droit
1. a) Selon l'art. 8 de la loi du 15 juin 2010 concernant la protection de l'enfant et de l'adulte (LPEA, RSF 212.5.1), le Tribunal cantonal connaît des recours contre les décisions rendues par l'autorité de protection - soit la Justice de paix (art. 2 al. 1 LPEA) - ou par son président ou sa présidente. La Cour de protection de l'enfant et de l'adulte (art. 14 al. 1 let. d du Règlement du Tribunal cantonal du 22 novembre 2012 précisant son organisation et son fonctionnement [RTC]) est compétente pour statuer.