Decision ID: 5cebf57c-13a3-5ec7-81a5-96be97ae1454
Year: 2022
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_006
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 

EN FAIT
que par décision
DJP/98/2022
rendue le 2 mars 2022, la Justice de paix a autorisé les travaux de rénovation de lots appartenant à la succession de feue E_, décédée le _ 2015, autorisé le relogement temporaire du locataire du lot 1_ dans un local analogue et déclaré que les frais de déménagement et les excès de charges seront à supporter par la succession en sa qualité de bailleresse. En outre, elle a prescrit que les meubles appartenant à la défunte garnissant les lots 2_ et 1_ seront déplacés pour permettre la restitution du lot 2_ à F_ et que de ce fait, le loyer du lot 1_, après rénovation, pourra échoir à la succession, la place de stationnement mise à disposition du locataire du lot 1_ devant faire l’objet d’un loyer contractuel à fixer selon le prix du marché ;
Qu’il est mentionné au bas de ladite décision, qu’elle peut faire l’objet d’un recours formé par écrit dans les 10 jours dès sa notification (art. 319 ss CPC) ;
Que par courrier du 21 mars 2022, A_, fils de feue E_, a déposé un acte intitulé « appel/recours » en demandant que la Cour déclare recevable son appel contre cette décision et en concluant « à titre subsidiaire, pour le cas où l'appel serait traité comme un recours, à accorder l'effet suspensif à celui-ci » ;
Qu’il a précisé que son acte ne portait que sur l’ordonnance de relogement temporaire du locataire du lot 1_ dans un local analogue, ainsi que sur les frais et charges en découlant ;
Que par mémoire de réponse du 28 mars 2022, C_, administrateur d’office de la succession, a conclu au déboutement de A_ de ses conclusions en demande d’effet suspensif considérant « qu’il ne relève pas en soi d’un préjudice difficilement réparable, qui serait en l’état inexistant » ;
Que par déterminations du 31 mars 2022, les autres héritiers légaux de la succession considèrent que « la décision attaquée est sujette à appel et non pas à recours, suspendant la force de chose jugée et le caractère exécutoire de la décision », de sorte qu’il n’y a pas matière à restitution d’effet suspensif, celui-ci devant être restitué au cas où la Cour devait considérer l’acte comme un recours ;
Considérant

EN DROIT
que les décisions du juge de paix, qui relèvent de la juridiction gracieuse et sont soumises à la procédure sommaire (art. 248 let e CPC), sont susceptibles d'un appel, dans le délai de dix jours (art. 314 al. 1 CPC) à la Chambre civile de la Cour de justice (art. 120 al. 2 LOJ), si la valeur litigieuse est égale ou supérieure à 10'000 fr. (art. 308 al. 2 CPC);
Qu'en l'espèce, lesdites conditions sont en principe remplies;
Que le juge de paix a toutefois considéré que sa décision pouvait faire l’objet d’un recours ;
Que si l’appel suspend le caractère exécutoire de la décision attaquée (art. 315 al. 1 CPC), tel n’est pas le cas des recours (art. 325 al. CPC) ;
Qu’il appartiendra à la Cour dans le cadre de l’examen du fond du recours, de déterminer si la voie de recours est celle de l’appel ou du recours ;
Qu’en l’état,
prima facie
l’on peut considérer au vu de ce qui précède que la voie de droit ouverte est celle de l’appel qui suspend le caractère exécutoire de la décision, celle-ci n’étant pas qualifiée de provisionnelle (art. 315 al. 4 lit b CPC) ;
Que l’effet suspensif sera, en tant que de besoin, et si la voie de droit ouverte devait être effectivement celle du recours, restitué en l’absence d’urgence à l’exécution de celle-ci ;
Que les héritiers sont tous d’accord sur la question ;
Qu'il sera statué sur les frais de la présente décision dans la décision sur le fond.
* * * * *