Decision ID: a6421863-4aa3-56df-82a4-811916b3425c
Year: 2017
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_006
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 

EN FAIT
A.
a)
B_ est né le _ 1941; il est originaire de Saint-Gall. Il est marié depuis le _ 2007 avec A_, née le _ 1978. Le couple a donné naissance à un fils, D_, né le _ 2010.![endif]>![if>
B_ est par ailleurs le père de deux autres enfants, E_, née le _ 1961 et F_, né le _ 1986, issus de précédentes unions.
b)
Par courrier du 3 avril 2017, F_ s'est adressé au Tribunal de protection de l'adulte et de l'enfant (ci-après : le Tribunal de protection), indiquant se faire beaucoup de soucis au sujet de la santé et des conditions de vie de son père. Selon lui, ce dernier vivait dans une pièce sombre d'un appartement situé au-dessus du restaurant "_", exploité par A_, passant du lit à un fauteuil, en raison de graves problèmes de santé (en particulier du diabète), qui l'empêchaient de marcher. F_ ajoutait avoir été empêché par A_, de même que d'autres personnes, de voir son père, ce dernier ne répondant par ailleurs plus au téléphone. Selon F_, le placement de son père dans un EMS lui serait profitable.
c)
Le Tribunal de protection a ouvert une procédure et sollicité des renseignements auprès de tiers concernant notamment la situation financière de B_.
d)
Par décision
DTAE/1842/2017
du 20 avril 2017, le Tribunal de protection a désigné X_, avocat stagiaire, en qualité de curateur d'office de B_, le mandat étant limité à la représentation de celui-ci dans la procédure civile pendante devant le Tribunal de protection.
B.
a)
Le 3 mai 2017, A_ a formé recours contre la décision du 20 avril 2017, dont elle a conclu à l'annulation. Préalablement, elle a sollicité la restitution de l'effet suspensif.
Elle a allégué que son époux ayant des difficultés à se déplacer, elle l'avait conduit à l'Hôpital _ le 5 avril 2017. Elle a contesté l'existence d'une maladie psychique ou d'une déficience mentale. Elle a confirmé s'occuper seule de tous les frais de la famille, étant au bénéfice d'une procuration sur le compte bancaire de son époux, lequel n'avait aucun besoin d'une mesure de protection.
A l'appui de son recours, elle a produit un certificat établi par la Dresse G_, médecin interne au sein de l'hôpital _, laquelle atteste du fait que B_ y est hospitalisé depuis le 5 avril 2017 et ne peut se déplacer.
b)
B_, représenté par son curateur, a pour sa part conclu au rejet du recours et à l'audition de plusieurs témoins. Il ressort de cette écriture que le curateur a pu rencontrer B_ à l'hôpital _, au sein duquel il était hospitalisé, notamment en raison de problèmes moteurs et au foie. Le curateur a relevé les propos confus de B_ et a rapporté les dires du Dr H_, selon lequel le patient ne disposait de la capacité de discernement que de manière ponctuelle.
c)
Le Tribunal de protection a persisté dans les termes de la décision attaquée.
d)
Par décision
DAS/80/2017
du 9 mai 2017, la Chambre de surveillance a rejeté la requête de restitution de l'effet suspensif au recours formé le 3 mai 2017 par A_.
e)
Les participants à la procédure ont été informés par avis du 22 juin 2017 de ce que la cause était mise en délibération.
C.
Les éléments suivants ressortent également de la procédure.
a)
Dans un rapport d'évaluation adressé au Tribunal de protection le 26 avril 2017, le curateur a indiqué qu'il lui avait été impossible de rencontrer ou de parler à B_, en dépit des tentatives de lui téléphoner, des passages à son domicile et au restaurant exploité par son épouse, ainsi que de l'envoi d'un courrier. Selon les informations qu'il était parvenu à recueillir, F_, qui avait toujours entretenu des contacts réguliers avec son père, n'était plus parvenu à le joindre depuis le mois de novembre 2016, toute prise de contact ayant été entravée par A_, laquelle alléguait que son époux ne souhaitait plus recevoir aucune communication de sa famille ou de ses amis. Le Dr I_, médecin de B_, avait rencontré celui-ci pour la dernière fois au mois de novembre 2016. Il a confirmé que son patient avait d'importants problèmes de mobilité, en raison d'un diabète avancé, d'un infarctus du myocarde, ainsi que d'un accident vasculaire cérébral, événements survenus il y a plusieurs années. Selon le curateur, le Dr I_ aurait par ailleurs indiqué avoir constaté de nombreuses incohérences dans les propos de B_, avec une possible perte de la capacité de discernement. Deux amis de longue date de B_ avaient confirmé l'impossibilité d'entrer en contact avec ce dernier.
b)
Le Dr I_ a indiqué au Tribunal de protection, dans un courrier du 1
er
mai 2017, suivre épisodiquement B_ depuis 2013. Les dernières consultations remontaient au mois de novembre 2015 et novembre 2016. Il avait examiné son patient sur le plan physique et n'avait "pas eu connaissance de déficiences mentales ou de troubles psychiques". Un examen chez un psychiatre lui semblait justifié, afin d'éclaircir la situation.
c)
A_, représentée par son conseil, a adressé plusieurs courriers à la Chambre de céans, accompagnés de pièces figurant déjà à la procédure, ainsi que copie d'échanges intervenus avec le curateur de son époux. La teneur desdits courriers, non pertinente pour l'issue de la présente procédure, ne nécessite pas d'être reprise de manière détaillée. Il en ressort, en substance, que A_ s'oppose fermement à l'instauration d'une mesure de curatelle en faveur de son époux et, subsidiairement, souhaite être désignée à cette fonction.

EN DROIT
1.
1.1
Les décisions de l'autorité de protection peuvent faire l'objet d'un recours (art. 450 al. 1 CC) dans les trente jours à compter de leur notification (art. 450b al. 1 CC), auprès de la Chambre de surveillance de la Cour de justice (art. 53 al. 1 LaCC).![endif]>![if>
Ont notamment qualité pour recourir les proches de la personne concernée (art. 450 al. 2 ch. 2 CC).