Decision ID: e9992ea9-e070-4b08-b9c9-df3565b0dcad
Year: 2008
Language: fr
Court: VD_TC
Chamber: VD_TC_031
Canton: VD
Region: Région lémanique
Law Area: public_law

Vu les faits suivants
A.
A.X._ est né le 2 août 1954. Il s'est marié le 24 mai 1995 avec B.X._, dont il vit séparé depuis juin 2006. Trois enfants sont nés de cette union, dont deux hors mariage. A.X._ est encore père d'un premier enfant, né d'un précédent mariage.
B.
De 1997 à avril 2000, A.X._ a bénéficié du Revenu minimum de réinsertion.
C.
L'intéressé a ensuite reçu l'Aide sociale vaudoise entre octobre 2003 et décembre 2003, puis entre octobre 2005 et décembre 2005.
A l'effet de déterminer le montant de l'aide sociale devant lui être versée, A.X._ a rempli chaque mois une déclaration de revenu mensuel. Au bas de ce document figurait le passage suivant:
"
En signant ce document, je m'engage à y avoir indiqué tous les revenus concernant m
o
n
foyer, susceptibles d'influencer le montant de l'aide financière allouée dans le cadre du CSR."
Pour la période courant d'octobre à décembre 2005, A.X._ a déclaré les revenus suivants:
- octobre 2005: 300 fr. (à titre de commission sur voiture d'occasion),
- novembre 2005: 550 fr. (à titre de commissions sur pneus et voiture d'occasion),
- décembre 2005: néant.
D.
Depuis janvier 2006, A.X._ est au bénéfice du Revenu d'insertion (RI). Dans ce cadre, le prénommé a également été tenu de remplir une déclaration mensuelle de revenus dans laquelle il certifiait que
" tous [ses] revenus figur[ai]ent sur ce document et qu'aucun changement de fortune n'[était] intervenu"
. Les déclarations remises au CSR entre janvier 2006 et mars 2007 ne comportent aucune annonce de revenu pour A.X._ durant cette période.
E.
Depuis la séparation du couple en juin 2006, A.X._ a indiqué au CSR les jours où il gardait ses enfants afin de toucher le montant afférent à leur présence à son domicile. Il a régulièrement effectué ces annonces aux dates suivantes:
- 21 août 2006,
- 6 octobre 2006,
- 22 décembre 2006,
- 3 janvier 2007,
- 6 février 2007,
- 15 mars 2007.
Durant cette période, il a également transmis au Centre social régional de l'Est lausannois-Oron-Lavaux (CSR) des factures relatives au remboursement de frais dentaires (septembre 2006) et à son assurance RC (octobre 2006); il a aussi requis paiement d'une avance pour des frais engendrés par les cours de danse de sa fille (mars 2006).
F.
En novembre 2005, A.X._ a été victime d'un premier infarctus du myocarde qui a nécessité une hospitalisation au CHUV, puis une réhabilitation cardiovasculaire à la Clinique de Genolier jusqu'en décembre 2005. A la même période, son épouse lui a annoncé qu'elle envisageait une séparation.
Dans ce contexte chargé, A.X._ a développé des symptômes dépressifs.
Selon les certificats médicaux réguliers émis par son médecin traitant, dont le premier date du 6 février 2006, A.X._ présente une incapacité de travail à 100% qui aurait débuté le 5 janvier 2006 et s'est prolongée jusqu'à ce jour.
Le 10 mai 2006, A.X._ a été victime d'un second infarctus du myocarde en relation directe avec le stress généré par la procédure de séparation du couple.
Un certificat médical de son médecin traitant du 26 novembre 2006 atteste de l'effondrement psychologique de A.X._ et de troubles de la personnalité sous forme de traits paranoïaques.
Le concilium psychiatrique du 10 janvier 2007 effectuée par le CHUV a confirmé l'appréciation du médecin traitant. Il a révélé que A.X._ présentait des symptômes dépressifs francs, à savoir une humeur abaissée, une anhédonie, des troubles de la concentration, de la mémoire et du sommeil, une perte d'espoir et une irritabilité. Elle a également dévoilé une personnalité paranoïaque probable. Il a souligné la pertinence d'une demande de rente AI pour ce patient.
Le 6 novembre 2007, le médecin traitant a attesté de l'incapacité totale de travail et d'une décompensation psychologique préoccupante de A.X._ depuis le 25 novembre 2005 déjà
.
G.
Le 28 mars 2007, la société Y._ avec laquelle A.X._ collaborait a indiqué au CSR qu'elle avait versé à l'intéressé divers montants entre 2005 et 2006, à savoir 15'049 fr. 75 en 2005 et 16'500 fr. en 2006 à titre d'avances sur commissions ou commissions dues, ainsi que 13'000 fr. entre 2005 et 2006 provenant de son compte de caution (compte constitué par un prélèvement sur chaque affaire commissionnée au collaborateur destiné à couvrir d'éventuelles ristournes). A fin mars 2007, le compte caution de A.X._ affichait encore un solde positif de 934 fr. 30.
Le 30 mai 2007, le CSR a interpellé A.X._ notamment sur les versements précités en réservant toutes démarches ultérieures en raison des manquements constatés à son devoir d¿annonce, et a suspendu tout versement du RI au prénommé.
A.X._ s'est déterminé le 13 juin 2007 par l'intermédiaire de son conseil. Il a admis avoir touché des montants non déclarés en 2005 et 2006, mais a prétendu s'en être servi immédiatement pour rembourser des dettes contractées auprès d'amis avant d'être au bénéfice de l'aide sociale. Ces montants n'auraient donc pas servi à améliorer sa situation matérielle. Il a demandé au CSR de revoir sa position ou, à défaut, de transmettre son courrier à l'autorité supérieure pour valoir recours, requérant par mesures provisionnelles le rétablissement du versement du RI. A preuve de ses allégations, A.X._ a produit le 13 juin 2007 une attestation d'un ami du 12 juin 2007 selon laquelle celui-ci lui aurait prêté 35'000 fr. entre 2004 et octobre 2005 pour l'aider à s'occuper de sa famille. Divers montants lui ont été remboursés en plusieurs fois jusqu'en mai 2006. Sa dette actuelle s'élèverait encore à 11'000 francs.
Le 22 juin 2007, A.X._ a recouru directement au Service de prévoyance et d'aide sociale (SPAS) à l'encontre de la décision du CSR du 30 mai 2007.
Le 4 juillet 2007, le CSR a décidé de reconnaître à nouveau le droit du précité aux prestations RI depuis le 1
er
mai 2007, mais l'a soumis à l'obligation de restituer les montants indûment perçus à raison de 70 fr. par mois une fois la sanction épuisée. Il a de plus sanctionné son comportement par une réduction du forfait RI de 15% pour une durée de 4 mois à partir du 1
er
mai 2007.
Le 17 juillet 2007, A.X._ a recouru au SPAS à l'encontre de cette nouvelle décision et a conclu à ce qu'aucune sanction ne soit prononcée contre lui et que la demande de remboursement soit abandonnée.
H.
Le 30 août 2007, le SPAS a admis partiellement ce recours et reformé la décision du 4 juillet 2007 en ce sens qu'il n'y avait pas lieu, en l'état, de fixer les modalités de remboursement d'une dette indéterminée, la décision étant confirmée pour le surplus. Dans une seconde décision du 30 août 2007, il a déclaré le recours contre la décision du 30 mai 2007 sans objet.
I.
A.X._ a recouru le 1
er
octobre 2007 contre la première des deux décisions précitées du 30 août 2007 et a conclu, principalement, à son annulation, aucune sanction n'étant prononcée ni aucune demande de restitution; subsidiairement, au renvoi de la cause à l'autorité intimée pour nouvelle décision. A l'appui de son recours, il invoque notamment s'être trouvé au moment des faits dans l'incapacité d'agir avec discernement.
Par avis du 2 octobre 2007, le juge instructeur a octroyé l'effet suspensif préprovisionnel au recours.
Le SPAS a répondu le 12 octobre 2007. Il a estimé que la conclusion du recourant tendant à faire déclarer qu'il n'était tenu à aucun remboursement était prématurée et irrecevable étant donné que la décision attaquée annulait la décision du CSR sur ce point. Pour le surplus, il a conclu au rejet du recours.
Le 29 octobre 2007, le juge instructeur a levé l'effet suspensif au recours.
Le recourant a répliqué le 25 janvier 2008. Il a produit à cette occasion une déclaration du 30 octobre 2007 de Y._ attestant que A.X._ était en incapacité de travail depuis le 25 novembre 2005, que la collaboration avait cessé en septembre 2006 et que le décompte de caution présentait à ce jour un solde négatif de 3'091 fr. 70.
L'autorité intimée a déposé des déterminations supplémentaires sur le recours le 8 février 2008.
Le 25 février 2008, le juge instructeur a interpellé le SPAS et le CSR sur la validité de la décision constatant l'existence d'une dette indéterminée eu égard à la loi sur l'action sociale vaudoise.
Les 27 février et 6 mars 2008, le CSR a produit des écritures complémentaires.
L'autorité intimée a confirmé le 12 mars 2008 qu'elle estimait que le recours n'était dirigé que contre la sanction infligée au recourant et non contre une décision de constatation de dette ou de restitution.
Le 14 mars 2008, le juge instructeur a constaté que le recours ne portait que sur la décision de confirmer la sanction prononcée à l'encontre du recourant (réduction du forfait RI limitée à une durée de 4 mois).
A la requête du recourant, le tribunal a tenu audience le 30 mai 2008 et les parties ont été entendues dans leurs explications. A cette occasion, un témoin, l¿assistant social du CSR ayant suivi le recourant, a été entendu et a confirmé que ce dernier lui avait toujours paru cohérent. Un compte-rendu d'audience a été communiqué aux parties le 6 juin 2008.
J.
Le CSR a pris une nouvelle décision le 28 janvier 2008 constatant que le montant de l'indu s'élevait à 21'410 fr. 20 et condamnant A.X._ à restituer cette somme sous forme de retenue de 70 fr. opérée chaque mois sur le forfait RI dès février 2008. Un recours est actuellement pendant devant le SPAS contre cette décision.
Suite à la fusion entre le Tribunal cantonal et le Tribunal administratif, effective dès le 1
er
janvier 2008, la cause a été reprise par la Cour de droit administratif et public du Tribunal cantonal.
Le tribunal a délibéré à l'issue de l'audience du 30 mai 2008. Les arguments des parties sont repris ci-après dans la mesure utile.

Considérant en droit
1.
Déposé en temps utile, le recours satisfait aux conditions formelles énoncées à l'art. 31 de la loi du 18 décembre 1989 sur la juridiction et la procédure administratives (LJPA; RSV 173.36), de telle sorte qu'il y a lieu d'entrer en matière sur le fond.
2.
Le recourant conclut à l'annulation de la décision du SPAS du 30 août 2007, aucune sanction n'étant prononcée, ni aucune demande de restitution. Ce faisant, il se réfère à la décision du 4 juillet 2007 du CSR prononçant d'une part une sanction consistant en une réduction du forfait mensuel RI de 15% pour une durée de quatre mois à partir du 1
er
mai 2007, d'autre part une décision de retenue mensuelle de 70 fr. sur le forfait RI, une fois le montant de l'indu déterminé. Or, la décision attaquée dans le cadre de la présente procédure, soit celle du SPAS du 30 août 2007, admet partiellement le recours contre la décision du CSR, selon le dispositif suivant : "
la décision rendue le 4 juillet 2007 par le Centre social régional de l'Est-lausannois-Oron-Lavaux est réformée en ce sens qu'il n'y a pas lieu, en l'état, de fixer les modalités de remboursement d'une dette indéterminée; elle est confirmée pour le surplus.
» En cours de procédure, l'autorité intimée a encore confirmé que la question d'un éventuel remboursement d'un indu ferait l'objet d'une nouvelle décision et n'était dès lors pas l'objet de la présente procédure. Le tribunal constate, au vu du dispositif de la décision attaquée, que la question du remboursement d'un éventuel indu n'a pas été tranchée par l'instance inférieure, de sorte qu'il ne saurait faire l'objet d'un recours en l'état. Seule reste dès lors litigieuse la question de la sanction sous forme d'une réduction du forfait mensuel RI du recourant de 15% pour une durée de quatre mois à partir du 1
er
mai 2007.
3.
Le recourant a été mis au bénéfice de l'aide sociale vaudoise dès le mois d'octobre 2005. Depuis le 1
er
janvier 2006, il est au bénéfice du RI. Pour la période d'octobre à décembre 2005, la situation est régie par l¿ancienne loi du 25 mai 1977 sur la prévoyance et l'aide sociales (RSV 5.17; LPAS) puis, dès le 1
er
janvier 2006, par la loi du 2 décembre 2003 sur l'action sociale vaudoise (RSV 850.051; LASV) qui a abrogé et remplacé la LPAS.
L'autorité intimée reproche au recourant de ne pas avoir déclaré les montants qu'il a touchés de Y._ pendant les périodes litigieuses, à savoir entre octobre 2005 et mai 2006. Le recourant ne conteste pas ne pas avoir déclaré ces montants, ni avoir rempli faussement les questionnaires mensuels. Il soutient cependant que son état de santé à l'époque rendait compréhensible cette omission et qu'il ne se serait par ailleurs pas enrichi puisqu'il aurait utilisé ces montants non déclarés pour rembourser des dettes.
a) L'art. 23 LPAS dispose :
La personne aidée est tenue, sous peine de refus des prestations
- de donner aux organes qui appliquent l'aide sociale les informations utiles sur sa situation personnelle et financière ainsi que de leur communiquer immédiatement tout changement de nature à modifier les prestations dont elle bénéficie ;¿
Sous le titre « obligation de renseigner », l'art. 38 al. 1 LASV dispose :
La personne qui sollicite une aide est tenue de fournir les renseignements complets sur sa situation personnelle et financière et d'autoriser l'autorité compétente à prendre des informations à son sujet. Elle doit signaler sans retard tout changement de sa situation pouvant entraîner la réduction ou la suppression des prestations.
L'art. 40 LASV précise encore une obligation de collaboration de la personne assistée:
La personne au bénéfice d'une aide doit collaborer avec l'autorité d'application.
Ainsi, tant l¿ancien que le nouveau droit consacrent un devoir d¿information et de collaboration des personnes bénéficiant de prestations d¿aide sociale, notamment s¿agissant de leur situation financière.
b) Dans le cas présent, le fait de percevoir sur une base régulière divers montants de Y._, en particulier des avances sur commissions, permet de conclure que la collaboration avec la société précitée s¿est poursuivie même pendant la période d'incapacité de travail du recourant, peu importe que ce dernier ait ou non effectivement travaillé pendant celle-ci. Ce point est d¿ailleurs confirmé par l'attestation de Y._ du 30 octobre 2007 constatant que la collaboration avec le recourant avait cessé seulement en septembre 2006. Le recourant doit dès lors se laisser opposer et ne conteste d¿ailleurs pas le fait qu'il n¿a pas renseigné les autorités concernées sur sa relation avec l'entreprise Y._ ni sur les montants reçus de cette dernière entre octobre 2005 et mai 2006 qui ont trait à sa situation financière. Il a en conséquence violé ses obligations légales de renseigner les autorités d'aide sociale et de collaborer avec elles.
4.
Déjà sous l'angle de la législation antérieure (LPAS), la jurisprudence a admis que le défaut de collaboration de la personne assistée constituait un manquement susceptible de déboucher sur des sanctions (voir notamment Tribunal administratif, PS.2005.0056, du 7 juin 2005 et références citées et PS.2003.0209 du 24 août 2006). La législation actuelle prévoit expressément la possibilité de sanctionner le bénéficiaire de prestations. Ainsi, l'art. 45 LASV prévoit les sanctions suivantes:
1. La violation par le bénéficiaire des obligations liées à l'octroi des prestations financières, intentionnelle ou par négligence, peut donner lieu à une réduction, voire à la suppression de l'aide.
2. Un manque de collaboration du bénéficiaire, l'insuffisance de ses efforts pour retrouver une autonomie ou pour limiter sa prise en charge peuvent donner lieu à une réduction des prestations financières.
a) Le recourant conteste toute sanction eu égard à son état de santé à l'époque des faits qui aurait passagèrement affecté sa capacité de discernement.
Il n'est pas contesté que le recourant est tombé gravement malade et a subi deux infarctus pendant la période litigieuse, ni qu'il a été particulièrement affecté par l'échec de sa relation conjugale, ce qui a pu occasionner un effondrement psychologique. A aucun moment toutefois, les certificats médicaux présentés ne font état d'une quelconque incapacité de discernement occasionnée par la maladie et empêchant le recourant d'agir raisonnablement et d'apprécier le sens et les effets de ses actes ainsi que d'agir en fonction de cette compréhension. En d'autres termes, il n'est pas établi qu'il aurait perdu, même partiellement, la capacité de discernement telle que définie à l'art. 16 du CC (ATF 117 II 231; 111 V 58). Dans le doute, la capacité de discernement est présumée (Pierre
Tuor
, Le Code civil suisse, 2
ème
éd. française traduite par Henri
Deschenaux
, Zurich 1950, p. 61).
Il sied de rappeler que le recourant a déjà bénéficié auparavant de l'aide sociale. Il était donc parfaitement au courant de ses obligations légales d'information et de collaboration. Il a d¿ailleurs déclaré des revenus de 300 fr. pour le mois d'octobre 2005 et de 550 fr. pour le mois de novembre 2005. De surcroît, même à supposer un oubli excusable de la part du recourant en raison de sa maladie pendant la période litigieuse, ce dernier a confirmé, au cours de l'audience du 30 mai 2008, que sa relation avec Y._ était préexistante à sa demande d¿aide sociale. Cette relation aurait dû dès lors être signalée dès la requête de prestations d¿aide sociale en 2005, soit avant sa maladie. De plus, le recourant a régulièrement sollicité en 2006 des montants complémentaires, en relation notamment avec des frais engendrés par les cours de danse de sa fille, en mars 2006, ainsi qu¿à des jours de garde de ses enfants, ce dès le mois d'août 2006. Force est dès lors de constater que, à supposer un empêchement temporaire justifié par la maladie du recourant pendant la période litigieuse, celui-ci a en tout cas disparu courant 2006 et qu'il incombait alors au recourant de signaler sans tarder toute irrégularité antérieure. Au vu de ce qui précède, l'état de santé du recourant ne saurait justifier la violation de son devoir de collaboration au sens des art. 23 LPAS, 38 et 40 LASV. Cette violation a été commise en tout cas par une négligence grave et justifie partant une sanction au sens de l'art. 45 LASV.
b) Le recourant tente encore de justifier son omission par le fait qu¿il n¿aurait subi aucun enrichissement, dans la mesure où les montants non déclarés auraient été immédiatement versés à un tiers en remboursement d'un prêt. Cette argumentation n'est pas pertinente. D'une part un enrichissement au sens des art. 62ss CO peut consister dans la libération d'une dette (ATF 87 II 137 consid. 7d traduit in JdT 1961 I p. 604). D'autre part cette argumentation perd de vue le caractère subsidiaire de l'aide sociale qui figure expressément à l'art. 3 LASV:
1. L'aide financière aux personnes est subsidiaire à l'entretien prodigué par la famille à ses membres, aux prestations des assurances sociales et aux autres prestations sociales, fédérales, cantonales, communales ou privées; elle peut, le cas échéant, être accordée en complément de revenu ou à titre d'avance sur prestations sociales.
2. La subsidiarité de l'aide implique pour les requérants l'obligation d'entreprendre toutes démarches utiles auprès des personnes ou organismes concernés pour éviter ou limiter leur prise en charge financière.
En conséquence, à partir du moment où le recourant recevait des montants d'une entité pour laquelle il travaillait, que ce soit à titre de salarié ou d'indépendant, il était tenu de déclarer ces montants aux autorités d'application de l'aide sociale, indépendamment de l'usage qu'il entendait en faire. Cet argument ne saurait non plus remettre en cause la violation fautive de son devoir de renseigner au sens des art. 23 LPAS, 38 et 40 LASV.
Au vu de l'ensemble des circonstances, notamment la négligence grave du recourant qui est familier avec les prescriptions en matière d¿aide sociale et l¿importance des montants dissimulés, la sanction consistant à réduire de 15% son forfait RI pendant une période limitée à quatre mois apparaît proportionnée à la faute commise. En conséquence le recours contre la décision du 30 août 2007 doit être rejeté et dite décision confirmée.
L'arrêt est rendu sans frais. Le recourant étant assisté mais ayant succombé, il ne sera pas alloué de dépens (art. 55 al. 1 LJPA).