Decision ID: 56b46c64-4ac5-56f3-af57-8769e074d2d4
Year: 2019
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_004
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law

EN FAIT
, le contrat de bail conclu par les parties, portant sur la location d'un appartement de 4 pièces au 4
ème
étage de l'immeuble sis _, à Genève, ainsi que d'une cave n° 1_ située dans le même immeuble;
Attendu que le loyer, charges comprises, a été fixé en dernier lieu à 1'152 fr. par mois;
Qu'à la suite d'une vaine mise en demeure du 17 septembre 2018, la bailleresse a, par avis officiel du 31 octobre 2018, résilié le bail pour le 31 janvier 2019;
Que les locaux n'ont pas été restitués;
Que, par requête adressée le 25 février 2019 au Tribunal des baux et loyers, la bailleresse a requis l'évacuation des locataires, demande assortie de mesures d'exécution directes du jugement d'évacuation;
Qu'à l'audience du Tribunal du 11 avril 2019, la bailleresse a persisté dans ses conclusions;
Que la locataire a déclaré avoir quitté le logement en cause et vivre actuellement dans un foyer;
Que le locataire a exposé être dans une situation difficile et n'avoir entrepris aucune démarche en vue de trouver une solution de relogement;
Que le Tribunal a gardé la cause à juger à l'issue de l'audience;
Que, par jugement
JTBL/395/2019
rendu le 30 avril 2019, expédié pour notification aux parties le 2 mai 2019, le Tribunal des baux et loyers a condamné les locataires à évacuer immédiatement de leurs personnes et de leurs biens et de toute autre personne faisant ménage commun avec eux l'appartement en cause (ch. 1 du dispositif), a autorisé la bailleresse à requérir l'évacuation des locataires par la force publique dès le 31 mai 2019 (ch. 2), a débouté les parties de toutes autres conclusions (ch. 3) et a dit que la procédure était gratuite (ch. 4);
Vu le recours formé le 13 mai 2019 par le locataire contre ce jugement;
Attendu qu'il a conclu principalement au renvoi de la cause au Tribunal et subsidiaire-ment à l'annulation du chiffre 2 du dispositif du jugement;
Qu'il a également, préalablement, conclu à la suspension du caractère exécutoire des mesures d'exécution ordonnées par le Tribunal;
Qu'interpellée, la bailleresse n'a pas déposé de détermination concernant la requête de suspension du caractère exécutoire du chiffre 2 de la décision entreprise;
Qu'également interpellée, la locataire ne s'est pas déterminée;
Considérant,

EN DROIT
, que seule la voie du recours est ouverte contre les mesures d'exécution (art. 309 let. a et 319 let. a CPC);
Que le recours ne suspend pas la force de chose jugée, l'instance d'appel pouvant suspendre le caractère exécutoire (art. 325 al. 1 et 2 CPC);
Que l'instance de recours est habilitée à décider d'office ou sur requête de suspendre le caractère exécutoire (cf. Jeandin, in Code de procédure civile commenté, Bohnet/Haldy/Jeandin/ Schweizer, n. 5 ad art. 325 CPC);
Que la Présidente soussignée a compétence pour statuer sur la suspension du caractère exécutoire de la décision entreprise, vu la nature incidente et provisionnelle d'une telle décision et la délégation prévue à cet effet par l'art. 18 al. 2 LaCC, concrétisée par une décision de la Chambre civile siégeant en audience plénière et publiée sur le site Internet de la Cour;
Qu'en la matière, l'instance de recours dispose d'un large pouvoir d'appréciation
(cf. Jeandin, op. cit., n. 6 ad art. 325 CPC);
Que selon les principes généraux en matière d'effet suspensif, le juge procèdera à une pesée des intérêts en présence et se demandera en particulier si sa décision est de nature à provoquer une situation irréversible;
Considérant qu'en l'espèce seules les mesures d'exécution ont été remises en cause par le recourant, de sorte que seule la voie du recours est ouverte;
Qu'il se justifie de suspendre le caractère exécutoire du chiffre 2 du jugement entrepris, d'une part, afin de ne pas vider le recours de son objet, et, d'autre part, afin de ne pas porter indûment atteinte aux intérêts du recourant;
Que, par ailleurs, le recours n'est pas,
prima facie
, dénué de chance de succès;
Qu'il convient également de tenir compte de la courte durée présumable de la présente procédure, jugée selon la procédure sommaire (art. 339 al. 2 CPC);
Que la bailleresse a par ailleurs été invitée, par pli du 15 mai 2019, à répondre au recours dans un délai de dix jours;
Qu'en conséquence, la requête du recourant sera admise.
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