Decision ID: dc0e3c28-3fa7-5fce-b24e-de2e67037619
Year: 2016
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_001
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law

Vu, EN FAIT, le jugement
JTPI/7804/2016
du 15 juin 2016, communiqué pour notification aux parties le même jour, reçu par A_ le 16 juin 2016 et par B_ le 17 juin 2016, aux termes duquel le Tribunal de première instance, statuant sur mesures protectrices de l'union conjugale, a notamment autorisé les époux A_ et B_ à vivre séparés (ch. 1 du dispositif), a retiré avec effet immédiat la garde des mineures C_, née le _ 2002, E_, née le _ 2004, D_, née le _ 2007 et F_, née le _ 2010 à leurs deux parents (ch. 2), a ordonné leur placement en famille d'accueil et a dit qu'en attendant, les enfants seraient placées provisoirement dans deux foyers différents (ch. 3), a dit que le Service de protection des mineurs était chargé de l'exécution avec l'aide de la force publique (ch. 4), a réservé un droit de visite en faveur d'A_ et de B_ (ch. 5 et 6), et a ordonné la mise en place d'un traitement thérapeutique approprié pour chaque enfant (ch. 7) et a instauré diverses curatelles (ch. 8 à 12);
Attendu que le 24 juin 2016, B_ a formé appel contre le jugement du 15 juin 2016;
Que le 27 juin 2016, A_ a également formé appel contre le jugement du 15 juin 2016;
Que, par décision du 1er juillet 2016, la Cour a rejeté la requête formée par A_ tendant à la suspension de l'effet exécutoire attaché au dispositif du jugement attaqué;
Qu'en exécution du jugement précité, le SPMi a placé C_ et E_ au foyer d'urgence G_ depuis le 5 juillet 2016, tandis que, faute de places en institutions genevoises, F_ et D_ l'ont été en hospitalisation sociale depuis le 4 juillet 2016;
Que le 25 juillet 2016, le SPMi a formé une requête urgente, auprès du Tribunal (qui l'a transmise le lendemain à la Cour), tendant à être autorisé à placer les enfants F_ et D_ auprès du foyer G_, dès le 27 juillet 2016;
Qu'il a exposé qu'à compter de cette date, deux places s'étaient libérées au foyer précité;
Que, par ordonnance du 27 juillet 2016, la Cour a autorisé, à titre superprovisionnel, le Service de protection des mineurs à placer immédiatement les enfants F_ et D_ auprès du foyer G_ et imparti aux parties un délai de trois jours pour se déterminer sur la requête du 25 juillet 2016 du SPMi;
Que par courrier du 28 juillet 2016, la curatrice de représentation des enfants, ne s'est pas opposée à ce que F_ et D_ soient placées auprès du foyer G_, dans l'attente d'une décision sur le fond;
Que A_ en a fait de même par courrier du 2 août 2016;
Que B_ ne s'est pas déterminé dans le délai imparti;
Que les parties ont été informées par courrier du greffe de la Cour du 10 août 2016 de ce que la cause était gardée à juger sur mesures provisionnelles;
Considérant,

EN DROIT
, que la Cour est saisie d'un appel au sens de l'art. 308 al. 1 let. b CPC;
Que dans les causes de droit matrimonial concernant des enfants mineurs, dans lesquelles les maximes d'office et inquisitoire illimitée s'appliquent, la Cour admet tous les novas (
ACJC/244/2015
du 6 mars 2015 consid. 3.3.1,
ACJC/798/2014
du 27 juin 2014 consid. 2.2;
ACJC/480/2014
du 11 avril 2014 consid. 1.4; dans le même sens : Trezzini, in Commentario al Codice di diritto processuale civile svizzero (CPC), Cocchi/Trezzini/Bernasconi [éd.], 2011, p. 1394; Tappy, Les voies de droit du nouveau code de procédure civile, in JdT 2010 III p. 139);
Qu'ainsi les faits nouveaux invoqués par le SPMi sont recevables;
Que la Cour considère que des mesures provisionnelles peuvent valablement être prononcées dans le cadre d'une procédure de mesures protectrices de l'union conjugale, notamment lorsque cette procédure risque de se prolonger (
ACJC/154/2014
du 7 février 2014 consid. 3; arrêt du Tribunal fédéral
5A_870/2013
du 28 octobre 2014 consid. 5);
Qu'en l'espèce, comme retenu dans l'ordonnance du 27 juillet 2016, la requête du SPMi dans le cadre de l'exécution de la décision du Tribunal du 15 juin 2016, comporte une part de modification des conditions fixées par l'autorité judiciaire, et présente un caractère d'urgence manifeste qui justifie le prononcé de mesures provisionnelles, l'instruction des appels étant en cours, de sorte qu'une décision sur le fond ne sera pas rendue avant plusieurs semaines;
Que les mesures provisionnelles sont soumises à la procédure sommaire au sens propre (art. 248 let. d CPC), la cognition du juge étant limitée à la simple vraisemblance des faits et à un examen sommaire du droit (Hohl, Procédure civile, Tome II, 2ème éd., 2010, n. 1556 et 1900 et ss., p. 283 et 349);
Que, selon l'art. 261 al. 1 CPC, le juge ordonne les mesures provisionnelles nécessaires lorsque le requérant rend vraisemblable, d'une part, qu'une prétention dont il est titulaire est l'objet d'une atteinte ou risque de l'être (let. a) et, d'autre part, que cette atteinte risque de lui causer un préjudice difficilement réparable (let. b);
Qu'en vertu de l'art. 176 al. 3 CC, relatif à l'organisation de la vie séparée, lorsque les époux ont des enfants mineurs, le juge ordonne les mesures nécessaires d'après les dispositions sur les effets de la filiation (cf. art. 273 ss CC);
Que le principe fondamental en ce domaine est l'intérêt de l'enfant, celui des parents étant relégué à l'arrière-plan;
Que lorsqu'elle ne peut éviter autrement que le développement de l'enfant ne soit compromis, l'autorité tutélaire, respectivement le juge du divorce ou celui de la protection de l'union conjugale (art. 315a al. 1 CC) retire l'enfant aux père et mère et le place de façon appropriée (art. 310 al. 1 CC);
Qu'en l'espèce, le bien des enfants F_ et D_ commande que leur placement auprès du foyer G_ soit confirmé à ce stade, ce à quoi la mère et la curatrice des enfants ne s'opposent pas;
Qu'en conséquence, le SPMi sera autorisé à poursuivre le placement;
Que les frais de la présente décision ainsi que de celle sur mesures superprovisionnelles, arrêtés à 1'000 fr., seront mis par parts égales à la charge de A_ et B_;
Qu'au vu de la nature du litige, il n'y a pas lieu à l'allocation de dépens.
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