Decision ID: 30297a4d-f0a4-594f-94b0-d1d4643e912c
Year: 2017
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_006
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 

EN FAIT
A.
a) A_
, né le _ 1951, est l'époux de D_, née le _ 1954. Tous deux vivent avec leur fils, âgé de _ ans.![endif]>![if>
Une mesure de protection en faveur de D_ a été prononcée à une date indéterminée et le Service de protection de l'adulte s'occupe de la gestion de ses affaires administratives.
b)
Par courrier du 15 août 2016, le Service de protection de l'adulte a informé le Tribunal de protection de l'adulte et de l'enfant (ci-après : le Tribunal de protection) des difficultés rencontrées dans l'exécution de son mandat en faveur de D_. Cette dernière était en effet co-titulaire, avec son époux, d'un compte postal, sur lequel étaient versées les rentes perçues par A_. Sans une autorisation de celui-ci, le Service de protection de l'adulte ne pouvait y avoir accès; le couple avait par ailleurs accumulé des arriérés de loyer et un délai d'épreuve lui avait été imparti par le bailleur. Le Service de protection de l'adulte avait en outre constaté que les factures concernant A_ s'accumulaient et qu'il faisait l'objet de poursuites.
Il ressort par ailleurs des pièces figurant au dossier que des actes de défaut de biens pour environ 115'000 fr. ont été délivrés à divers créanciers de A_, dont principalement l'administration fiscale.
c)
Dans un courrier du 11 août 2016 adressé au Tribunal de protection, les Drs E_ et F_, de la clinique et permanence d'1_, ont sollicité, en accord avec A_, lequel avait accepté de lever leur secret médical, la mise en place en sa faveur d'une curatelle de soins. Ils ont exposé que A_ était connu pour une dépendance à l'alcool et une consommation de benzodiazépines, un sevrage ayant été effectué au mois d'août 2016. Il souffrait d'une cirrhose _ d'origine alcoolique, compliquée de varices oesophagiennes et d'ectasies vasculaires gastriques, nécessitant des traitements médicamenteux, parfois des ponctions, ainsi que des gastroscopies aux fins de ligaturer les varices. A_ présentait des difficultés à comprendre et à retenir les informations concernant sa maladie hépatique, ainsi que la chronicité et la gravité de celle-ci, ce qui faisait suspecter l'existence de troubles cognitifs débutants. Selon les Drs E_et F_, les difficultés rencontrées seront vraisemblablement durables et pourraient s'aggraver en cas de péjoration de la fonction hépatique. Les relations de A_ avec son épouse et son fils étaient mauvaises et il refusait qu'ils soient impliqués dans la prise des décisions médicales le concernant; il n'avait par ailleurs aucune personne de confiance dans son entourage. Il s'en remettait par conséquent au choix du Tribunal de protection pour la désignation d'un curateur, mais souhaitait qu'il s'agisse d'une femme.
d)
Le Tribunal de protection a tenu une audience le 11 novembre 2016.
La Dresse G_, qui a remplacé la Dresse F_ dans le suivi de A_, a été entendue. Elle a précisé n'avoir vu son patient qu'à trois reprises et n'avoir pas personnellement constaté de problèmes particuliers en relation avec sa capacité de discernement, ni une absence de compliance au traitement. A sa connaissance, A_ avait toutefois à une reprise quitté l'hôpital sans l'accord des médecins. Son épouse préparait ses médicaments et la Dresse G_ entendait mettre en place un système de semainier auprès de la pharmacie.
A_ a confirmé qu'il ne souhaitait pas que son épouse et son fils puissent être considérés comme ses représentants thérapeutiques et il désirait que cette tâche soit confiée à une personne neutre. Il a par ailleurs précisé n'avoir aucune tendance à procéder à des achats compulsifs ou à signer des engagements et être plutôt de nature méfiante. Il était désireux d'une curatelle dans le domaine médical, mais était par contre opposé à une curatelle portant sur les questions administratives et financières, tout en acceptant que le curateur ait accès à sa correspondance. Il a enfin allégué que son épouse avait fait "des bêtises" dans la gestion des factures.
La curatrice de l'épouse de A_, entendue lors de la même audience, a confirmé que de nombreuses factures concernant ce dernier n'étaient pas traitées; ses primes d'assurance-maladie n'étaient plus payées depuis longtemps. A_ était au bénéfice de rentes AVS et LPP; son épouse recevait pour sa part des indemnités de l'assurance chômage. L'épouse de A_ espérait, lorsqu'elle avait elle-même été mise au bénéfice d'une mesure de protection, que le curateur puisse également prendre en charge la gestion des factures concernant son époux.
B.
Par ordonnance
DTAE/5486/2016
du 11 novembre 2016, communiquée pour notification le 18 novembre 2016, le Tribunal de protection a institué une curatelle de représentation avec gestion en faveur de A_ (ch. 1 du dispositif), désigné deux intervenants en protection de l'adulte aux fonctions de curateurs, l'un pouvant se substituer à l'autre (ch. 2 et 3), confié aux curateurs les tâches suivantes : représenter la personne concernée dans ses rapports avec les tiers, en particulier en matière d'affaires administratives et juridiques, ainsi que de logement; gérer les revenus et biens de la personne concernée et administrer ses affaires courantes; veiller au bien-être social de la personne concernée et la représenter pour tous les actes nécessaires dans ce cadre; veiller à l'état de santé de la personne concernée, mettre en place les soins nécessaires et, en cas d'incapacité de discernement, la représenter dans le domaine médical (ch. 4), autorisé les curateurs à prendre connaissance de la correspondance de A_, dans les limites du mandat (ch. 5), arrêté les frais judiciaires à 200 fr. et mis ceux-ci à la charge de A_ (ch. 6).![endif]>![if>
En substance, le Tribunal de protection a retenu que A_ souhaitait être représenté dans le domaine médical par un tiers neutre. La gestion administrative et financière de ses affaires était à la charge de son épouse, elle-même au bénéfice d'une mesure de protection et de nombreuses factures étaient en souffrance. Il convenait dès lors de charger un curateur non seulement du domaine médical, mais également de la gestion administrative et financière.
C. a)
Le 14 décembre 2016, A_ a formé recours contre l'ordonnance du 11 novembre 2016. Il a indiqué accepter la "curatelle médicale", mais la refuser en tant qu'elle concernait la gestion, dans la mesure où il ne faisait plus l'objet de retenues de salaire et avait pris des engagements à l'égard des créanciers auxquels il devait encore de l'argent.
Il a versé à la procédure un courrier adressé par l'Office des poursuites à la H_ du 7 novembre 2016 faisant état du fait que la saisie de rentes était levée.
b)
Le Tribunal de protection a persisté dans les termes de sa décision.
c)
Les participants à la procédure ont été informés de ce que la cause était mise en délibération par avis du 12 janvier 2017.

EN DROIT
1. 1.1
Les décisions de l'autorité de protection peuvent faire l'objet d'un recours (art. 450 al. 1 CC) dans les trente jours à compter de leur notification (art. 450b al. 1 CC), auprès de la Chambre de surveillance de la Cour de justice (art. 53 al. 1 LaCC).