Decision ID: 940d02c3-f67f-5efb-8175-a0342f38cb7d
Year: 2019
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_003
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law

Vu, EN FAIT, la demande en paiement formée devant le Tribunal des prud'hommes le 26 janvier 2018 par B_ à l'encontre de la société A_ SA;
Que B_ réclame à sa partie adverse le paiement d'un montant total, en capital et en chiffres ronds, de 80'225 fr. avec intérêts, sous déduction de 9'530 fr., ainsi que la production, à titre préalable, de documents (notamment contrats, procès-verbaux, échanges de courriers) liés à la reprise des activités de C_ SA par A_ SA;
Qu'en substance, B_ a allégué avoir travaillé pour la société D_ SA, devenue par la suite C_ SA, à compter du 1
er
février 2013;
Que les activités et les employés de C_ SA avaient été repris par la suite par A_ SA;
Que le 27 janvier 2017, elle avait été licenciée pour le 28 février 2017, au motif qu'elle n'avait pas respecté l'horaire spécial de travail qui avait été convenu avec son employeur, destiné à lui permettre de s'occuper de sa fille en bas âge;
Que B_ a fait opposition à son licenciement et en a contesté le motif;
Qu'elle considère le congé abusif;
Que B_ allègue ne pas avoir perçu l'intégralité des salaires qui lui étaient dus, ni son certificat de travail;
Que le 7 juin 2017, elle avait fondé, avec le dénommé E_, la société F_ Sàrl, ce qui lui a été reproché par A_ SA, laquelle a requis le versement de la peine conventionnelle prévue par la clause de non-concurrence du contrat de travail qui liait les parties;
Que A_ SA a allégué que B_ avait organisé une activité concurrente bien avant la fin des rapports de travail;
Que A_ SA a répondu le 19 juin 2018 et formé une demande reconventionnelle;
Qu'elle a conclu au déboutement de B_ de ses conclusions et, reconventionnelle-ment, à sa condamnation à lui verser la somme de 42'000 fr. avec intérêts;
Que A_ SA a allégué, en substance, que B_ allait et venait au travail comme bon lui semblait, alors que ses horaires avaient été aménagés à sa demande;
Que dans la mesure où elle ne s'y conformait pas, elle avait été licenciée;
Que A_ SA avait par ailleurs découvert, en septembre 2017, que B_ avait développé une activité concurrente, projet qui devait avoir été mis sur pied alors qu'elle travaillait encore pour A_ SA;
Que B_ a conclu au déboutement de sa partie adverse de ses conclusions sur demande reconventionnelle;
Qu'à l'issue de l'audience de débats d'instruction du 18 février 2019, le Tribunal des prud'hommes, statuant sur ordonnance d'instruction, a ordonné la production des pièces requises par B_ (chiffres 1 à 12 du dispositif de l'ordonnance d'instruction);
Que le 26 février 2019, A_ SA a formé recours contre l'ordonnance d'instruction du 18 février 2019, concluant à l'annulation des chiffres 1 à 6 et 8 à 12 de son dispositif;
Que préalablement, elle a sollicité la suspension du caractère exécutoire de l'ordonnance d'instruction attaquée;
Que sur ce point, elle a exposé qu'elle subirait un préjudice irréparable si elle devait donner suite à l'injonction du Tribunal des prud'hommes et produire les pièces requises, dans la mesure où certains de ses secrets d'affaires seraient alors livrés à sa partie adverse, soit à une concurrente directe sur un marché limité, à savoir celui du commerce de vins, champagnes et autres spiritueux;
Que B_ s'en est rapportée à justice sur la question de l'effet suspensif;
Considérant,

EN DROIT
, que selon l'art. 325 al. 1 CPC le recours (formé en l'espèce contre une ordonnance d'instruction), ne suspend pas la force de chose jugée et le caractère exécutoire de la décision attaquée;
Que l'instance de recours peut toutefois suspendre le caractère exécutoire de la décision (art. 325 al. 2 CPC);
Que l'instance de recours jouit d'un large pouvoir d'appréciation dans le cadre de la décision sur effet suspensif (Jeandin, Code de procédure civile commenté, Bohnet/
Haldy/Jeandin/Schweizer/Tappy [éd.], 2011, n° 6 ad art. 325 CPC);
Que selon les principes généraux applicables en matière d'effet suspensif, le juge procède à une pesée des intérêts en présence et se demandera en particulier si sa décision est de nature à provoquer une situation irréversible;
Qu'en l'espèce, le Tribunal des prud'hommes a ordonné la production d'un grand nombre de pièces, production qui causerait à la recourante, selon ses allégations, un préjudice irréparable;
Qu'il se justifie en l'espèce de donner suite à la requête de suspension du caractère exécutoire de l'ordonnance d'instruction rendue le 18 février 2019 par le Tribunal des prud'hommes;
Qu'en effet et à défaut, la recourante devrait produire les pièces visées par l'ordonnance d'instruction, ce qui rendrait sans objet son recours;
Qu'il sera statué sur les frais et dépens de l'incident avec la décision au fond (art. 104 al. 3 CPC).
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