Decision ID: c4dfe5eb-e98f-47fb-8094-4da0409769c1
Year: 2022
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_002
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law

EN FAIT
, que le premier juge a notamment considéré qu'il n'était pas en mesure, sur la base de la procuration produite, de vérifier si cette dernière avait été donnée par une personne habilitée à représenter C_ LTD, B_ contestant la validité de dite procuration;
Que le jugement a été notifié à C_ LTD, soit en l'Etude de Me D_ à H_[VD], par pli recommandé du 15 novembre 2021, reçu le 17 novembre 2021;
Que par acte expédié à la Cour le 26 novembre 2021, B_ a formé recours contre ce jugement, concluant à son annulation et au prononcé de la mainlevée provisoire de l'opposition formée au commandement de payer, poursuite
n° 1_, sous suite de frais et dépens;
Que par courrier du 14 décembre 2021, notifié à C_ LTD à son siège à E_ (Iles Vierges Britanniques) le 30 mars 2022, selon le Track and Trace de La Poste, la Cour lui a imparti un délai de 10 jours pour se déterminer sur le recours et pour faire élection de domicile en Suisse pour la notification des actes de procédure;
Que par requête du 12 mai 2022, Me D_ a exposé être mandatée par C_ LTD, produisant à cet égard une procuration du 14 janvier 2022 signée par F_, confirmant une précédente procuration signée par G_ le 10 septembre 2020, s'être vue transmettre l'acte de recours "qui aurait été notifié en décembre 2021" et a sollicité la restitution du délai pour se déterminer sur le recours; qu'elle ne fait valoir aucun motif à l'appui de sa requête;
Que par courrier du 20 mai 2022, B_, devenue A_ (suite à son mariage et après demande de changement de prénom), s'est opposée à la requête, au motif que celle-ci n'était pas motivée, contestant pour le surplus l'existence d'un tel motif; qu'elle a relevé que la procuration produite datait du 14 janvier 2022, démontrant par là que C_ LTD aurait été en mesure de mandater un conseil en Suisse dans le délai imparti; qu'elle a encore exposé qu'au moment du dépôt de recours, Me D_ n'était pas au bénéfice d'une procuration valable;
Que les parties ont été informées de ce que la cause était gardée à juger sur restitution de délai par courrier du greffe de la Cour du14 juin 2022;
Considérant,

EN DROIT
,
que, préalablement, la qualité de la recourante sera rectifiée;
Qu'aux termes de l'art. 148 al. 1 CPC, le tribunal peut accorder un délai supplémentaire ou citer les parties à une nouvelle audience lorsque la partie défaillante en fait la requête et rend vraisemblable que le défaut ne lui est pas imputable ou n'est imputable qu'à une faute légère;
Que la faute légère vise tout comportement ou manquement qui, sans être acceptable ou excusable, n'est pas particulièrement répréhensible, tandis que la faute grave suppose la violation de règles de prudence vraiment élémentaires qui s'imposent impérieusement à toute personne raisonnable (arrêts du Tribunal fédéral
4A_52/2019
du 20 mars 2019 consid. 3.1;
5A_927/2015
du 22 décembre 2015 consid. 5.1 et les références);
Qu'il suffit que les conditions (matérielles) d'application de l'art. 148 CPC soient rendues vraisemblables par le requérant, qui supporte le fardeau de la preuve. Que la requête de restitution doit ainsi être motivée, c'est-à-dire indiquer l'empêchement, et accompagnée des moyens de preuve disponibles (arrêt du Tribunal fédéral
5A_927/2015
du 22 décembre 2015 consid. 5.1 et les références);
Que la requête est présentée dans les dix jours qui suivent celui où la cause du défaut a disparu (art. 148 al. 2 CPC). Que si une décision a été communiquée, la restitution ne peut être requise que dans les six mois qui suivent l'entrée en force de la décision (art. 148 al. 2 et 3 CPC);
Qu'en l'espèce, C_ LTD n'a pas motivé sa requête;
Qu'elle allègue avoir eu connaissance du recours en décembre 2021, qu'elle a donné procuration à Me D_ en janvier 2022, mais n'a sollicité la restitution du délai que le 12 mai 2022, soit manifestement plus de dix jours après un éventuel empêchement;
Que même à considérer la date à laquelle le recours lui a été notifié et le délai imparti pour répondre, soit le 30 mars 2022, C_ LTD ne justifie pas d'un empêchement d'y donner suite en temps voulu;
Qu'au vu de ce qui précède, la requête doit être déclarée irrecevable;
Que C_ LTD qui succombe, sera condamnée aux frais de la présente décision, fixés à 500 fr. (art. 106 al. 1 CPC); qu'elle sera en outre condamnée au paiement de la somme de 500 fr. à A_, à titre de dépens.
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