Decision ID: de66b9dc-963c-59ae-b231-a4e015e6c577
Year: 2020
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_014
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: social_law

EN FAIT
1. Par décision du 27 août 2020, la caisse cantonale genevoise de compensation (ci-après la caisse ou l'intimée) a fixé le montant de la taxe de formation professionnelle 2020 de la société A_Sàrl (ci-après la société ou la recourante) à CHF 899.-. Ce montant était calculé à raison de CHF 31.- par salarié, sur l'effectif de vingt-neuf salariés occupés par la société en décembre 2018.
2. Par acte du 29 août 2020, envoyé le 3 septembre 2020 à la chambre des assurances sociales de la Cour de justice, la société a interjeté recours contre la décision précitée, relevant que le nombre de collaborateurs attribué à l'entreprise servant de base à la calculation ne reflétait pas la réalité de l'entreprise, car le mois de décembre était un pic dans ses activités. Elle ajoutait que pour l'année 2020, elle enregistrait une baisse d'activité de 90% en raison des mesures sanitaires qui ne lui permettaient pas de travailler dans les commerces. Elle estimait par conséquent qu'une taxation sur la base de sept collaborateurs (équivalence 100%) était beaucoup plus proche de la réalité économique de d'entreprise.
3. Dans sa réponse du 16 septembre 2020, la caisse a conclu au rejet du recours. Afin de déterminer la taxe professionnelle de l'année 2020, il convenait de prendre en compte l'effectif engagé en décembre 2018. Après nouvel examen de l'attestation de salaires pour la période 2018, elle confirmait devoir prendre en considération vingt-neuf salariés afin de fixer la cotisation due par la recourante. Peu importait le taux d'occupation des salariés.
4. À teneur de l'attestation précitée, la société a effectivement déclaré vingt-neuf employés au 31décembre 2018.
5. Par courrier du 18 septembre 2020, la chambre de céans a octroyé un délai au 12 octobre 2020 à la recourante pour lui faire part de sa réplique.
6. Cette dernière ne s'étant pas déterminée dans le délai imparti, la cause a été gardée à juger.

EN DROIT
1. Conformément à l'art. 134 al. 2 let. c) de la loi sur l'organisation judiciaire, du 9 octobre 2009, entrée en vigueur le 1
er
janvier 2011, (LOJ ; RS
E 2 05
), la chambre des assurances sociales de la Cour de justice connaît, en instance unique, des contestations prévues à l'art. 66 al. 1 de la loi sur la formation professionnelle, du 15 juin 2007 (LFP -
C 2 05
).
Sa compétence pour juger du cas d'espèce est ainsi établie.
2. Le recours, interjeté dans les forme et délai prévus par la loi, est recevable (cf. art. 66 al. 1 LFP ; art. 89B de la loi sur procédure administrative, du 12 septembre 1985 LPA -
E 5 10
).
3. Le litige porte sur le bien-fondé de la cotisation de formation professionnelle pour l'année 2020 réclamée par la caisse à la société.
4. La LFP assure la mise en oeuvre de la loi fédérale sur la formation professionnelle, du 13 décembre 2002 et englobe tous les niveaux de qualification liés à la formation professionnelle (art. 1 al. 1 LFP). Elle régit en particulier tous les secteurs professionnels autres que ceux relevant des hautes écoles (art. 1 al. 3 phr. 1 LFP).
Le but de la LFP est de permettre aux individus d'acquérir des compétences, des connaissances générales et spécifiques ainsi que des savoir-faire, afin de s'intégrer dans la société et plus particulièrement dans le monde du travail tout en faisant preuve de flexibilité professionnelle. Elle tient compte de leurs aptitudes personnelles et développe leurs capacités intellectuelles ainsi que professionnelles (art. 3 al. 2 LFP).
5. À teneur de l'art. 60 al. 1 LFP, sous le nom de « Fondation en faveur de la formation professionnelle et continue » (ci-après : la fondation), il est créé une fondation de droit public destinée à participer financièrement aux actions en faveur de la formation professionnelle et de la formation continue des travailleurs et des travailleuses. Dotée de la personnalité juridique, la fondation est placée sous le contrôle du Conseil d'État.
Selon l'art. 61 al. 1 LFP, les ressources de la fondation sont constituées par une cotisation à la charge des employeurs, ainsi que par une subvention inscrite chaque année au budget de l'État.
Selon l'art. 62 LFP, sont astreints à la cotisation, au sens de l'art. 61 al. 1 let. a, les employeurs et les employeuses tenus de s'affilier à une caisse d'allocations familiales et astreints au paiement de contributions, conformément aux art. 23, al. 1 et 27 de la loi sur les allocations familiales du 1
er
mars 1996.
La cotisation est fixée chaque année par le Conseil d'État, en francs, par salarié. Toutes les personnes occupées par un employeur au mois de décembre de l'année précédant la fixation de la cotisation par le Conseil d'État sont considérées comme personnes salariées (art. 63 al. 1 et 2 LFP).
La cotisation est perçue par les caisses d'allocations familiales regroupant les employeurs et employeuses visés à l'art. 62 (art. 64 al. 1 LFP).
La cotisation annuelle 2020 a été fixée par le Conseil d'État dans sa séance du 11 septembre 2019 à CHF 31.- par travailleur-euse.
6. En l'occurrence, il n'est pas contesté que la recourante est affiliée à une caisse d'allocations familiales et tenue de payer des contributions, de sorte qu'elle est astreinte à la cotisation de la LFP.
La chambre de céans ne peut que constater que la recourante comptait bien vingt-neuf salariés en décembre 2018, ce qu'elle ne conteste au demeurant pas. C'est dès lors à juste titre que l'intimée lui a réclamé le paiement de CHF 899.- à titre de cotisation LFP pour l'année 2020 (soit 29 x CHF 31.-), quand bien même l'effectif du personnel a pu varier durant l'année (
ATAS/648/2016
du 23 août 2016).
7. Infondé, le recours sera rejeté.
8. La procédure est gratuite (art. 89H LPA).