Decision ID: a7262c61-f283-54ce-91d8-9c48680d393e
Year: 2016
Language: fr
Court: FR_TC
Chamber: FR_TC_004
Canton: FR
Region: Espace_Mittelland
Law Area: civil_law

considérant en fait
A. Par décision du 21 janvier 2014, la Justice de paix de l’arrondissement de la Gruyère ( : la Justice de paix) a instauré en faveur de A._ une curatelle de représentation avec gestion du patrimoine au sens des art. 394 al. 1 et 395 CC avec pour objet de lui trouver un lieu de vie, de le représenter dans ses affaires administratives, de gérer ses revenus et sa fortune et de le soutenir dans les démarches visant à récupérer son permis de conduire, dans ses recherches d’emploi et dans le cadre de son suivi médical en vue de l’arrêt de sa consommation de stupéfiants. Le 10 avril 2014, la Justice de paix a levé la curatelle au motif que les conditions et les motifs ayant mené à son instauration n’étaient plus réunis et qu’en outre, A._ n’était pas disposé à collaborer avec son curateur, avait contracté sans le consulter, et l’avait menacé.
B. Par décision du 3 novembre 2014, la Justice de paix a réinstauré une curatelle de représentation et de gestion du patrimoine au sens des art. 394 et 395 CC en faveur de A._ avec pour objet de le représenter dans le cadre de ses affaires administratives, de gérer ses revenus et sa fortune, de lui trouver un lieu de vie, de veiller à ce qu’un traitement psychologique soit mis en place à sa sortie du Centre de soins hospitaliers du Réseau fribourgeois de santé mentale (ci-après : CSH Marsens), et de le soutenir dans ses recherches d’emploi. En outre, B._, curateur auprès du Service des curatelles des communes de C._, D._ et E._, lui a été désigné en tant que curateur. L’instauration de cette mesure a été motivée par le fait que A._ souffrait de problèmes psychiques provoqués notamment par sa consommation régulière de stupéfiants, qu’il a tenté de mettre fin à ses jours et a dû être hospitalisé au CSH Marsens pour être traité pour son addiction à l’héroïne. De plus, A._ rencontrait des difficultés financières et des carences d’organisation dans la gestion de ses affaires.
Par courrier du 12 octobre 2015, B._ a requis le transfert du mandat de curatelle en raison du changement de domicile de l’intéressé à F._, depuis le 1er août 2015, dans un appartement mis à disposition par son père et son oncle. Il a en particulier indiqué que A._ avait commencé une mission temporaire auprès de G._ SA, le 21 septembre 2015 qui a cependant dû être interrompue pour cause de maladie et qu’il était dans l’attente d’une nouvelle mission. De plus, il a relevé que A._ avait récupéré son permis de conduire.
Par décision du 15 octobre 2015, la Justice de paix a relevé B._ de son mandat de curateur de l’intéressé et a nommé H._, curatrice auprès du Service des curatelles I._, à cette fonction.
Le 26 novembre 2015, A._ a informé le Greffe de la Justice de paix qu’il souhaitait que B._ lui soit à nouveau désigné comme curateur, sa nouvelle curatrice étant selon lui incompétente. Informé par le Greffe de la Justice de paix qu’un tel changement est impossible du fait qu’il n’est plus domicilié dans l’une des communes couvertes par le service dans lequel travaille B._, A._ a modifié son adresse de domicile chez sa mère, à C._.
Par courriel du 5 décembre 2015, H._ a communiqué un état de la situation de A._ à la Justice de paix. Elle a en particulier indiqué que A._ lui avait confié qu’il « allait casser la gueule » à son ancien curateur, lorsqu’elle lui a fait part de l’état de ses dettes, et
Tribunal cantonal TC Page 3 de 9
qu’il effectuait des emplois non déclarés. S’agissant de l’utilité de la mesure de protection, elle a rapporté que l’intéressé lui avait indiqué qu’elle ne lui servait que comme « barrière » de protection face à ses créanciers et que sa situation était plus confortable ainsi.
Par courrier du 7 décembre 2015, B._ a relevé que selon lui, A._ utilisait à sa guise son curateur comme un secrétaire particulier et qu’il profitait du système, laissant entendre que la curatelle en place n’était pas justifiée.
C. Le 4 janvier 2016, A._ et H._ ont comparu devant la Justice de paix. A._ a confirmé qu’il souhaitait que B._ soit à nouveau son curateur. Il a ajouté qu’il avait séjourné au CSH Marsens jusqu’au 15 décembre 2015 car il avait avalé des médicaments et des stupéfiants afin de ne pas devoir comparaître devant le Procureur. De surcroît, il a indiqué qu’il s’était cassé la main durant son hospitalisation, prolongeant ainsi son empêchement de travailler. Il a déclaré qu’il vivait à F._ mais qu’il irait dormir la semaine chez sa mère, à C._. Il a en outre admis qu’il avait travaillé « au noir » dans le domaine de l’électricité et en tant que livreur pour un restaurant car il ne voulait pas être assisté par le service social. Selon lui, sa situation nécessite encore une mesure de protection. Pour sa part, la curatrice a confirmé que l’intéressé avait élu domicile à C._ et qu’il lui avait confié qu’il avait travaillé « au noir ». Elle a ajouté qu’il avait des dettes et des factures impayées mais qu’il n’avait plus d’économies. Selon elle, la mesure de protection en faveur de A._ doit être levée car il est impossible d’exercer son mandat étant donné qu’il lui cache ses revenus.
Par décision du même jour, la Justice de paix a levé la curatelle de représentation avec gestion du patrimoine instaurée en faveur de A._ le 3 novembre 2014 et a relevé H._ de son mandat, considérant que l’intéressé n’était plus empêché d’assurer la sauvegarde de ses intérêts.
D. Par courrier du 6 février 2016, A._ a interjeté recours contre cette décision, concluant au maintien de sa mesure de protection.
Invitée à se déterminer, la Justice de paix a maintenu sa décision, soutenant en substance que l’intéressé n’a plus besoin de protection et que la mesure serait inefficace vu le comportement de A._ à l’égard de ses curateurs successifs.

en droit
1. a) Selon l'art. 8 de la loi du 15 juin 2010 concernant la protection de l'enfant et de l'adulte (LPEA), le Tribunal cantonal connaît des recours contre les décisions rendues par l'autorité de protection - soit la Justice de paix (art. 2 al. 1 LPEA) - ou par son président ou sa présidente. La Cour de protection de l'enfant et de l'adulte (art. 14 al. 1 let. c du Règlement du Tribunal cantonal du 22 novembre 2012 précisant son organisation et son fonctionnement [RTC]) est compétente pour statuer.