Decision ID: 3d8c3d0f-3305-4809-b6f1-fb99ebc2f69e
Year: 2019
Language: fr
Court: CH_BSTG
Chamber: CH_BSTG_001
Canton: CH
Region: Federation
Law Area: penal_law

La Cour des plaintes, vu:
- la procédure pénale SV.17.0934-SCF menée par le Ministère public de la
Confédération (ci-après: MPC) contre B., depuis le 30 mars 2012, pour
blanchiment d’argent (art. 305bis CP) et corruption d’agents publics étrangers
(art. 322septies CP),
- l’admission de la A. Corp. (ci-après: A. Corp. ou la recourante) comme partie
plaignante (décision du Tribunal pénal fédéral BB.2017.149 du 7 mars 2018),
- le courrier du 30 août 2019 de la A. Corp. adressé au MPC et faisant office de
réquisition de preuves (act. 2.2),
- l’ordonnance pénale et de classement partiel à l’encontre de B. du MPC du
17 septembre 2019 (act. 1.1),
- le courrier recommandé du 1er octobre 2019 du MPC refusant les réquisitions
de preuves de la A. Corp., et lui communiquant l’ordonnance pénale précitée
(act. 2.1),
- le recours formé par la A. Corp. le 14 octobre 2019 devant la Cour de céans,
concluant à, préalablement, accorder l’effet suspensif au recours et,
principalement, à annuler l’ordonnance pénale et le classement partiel du
MPC, sous suite de frais et dépens (act. 1),
- la requête de la Cour de céans à la recourante de lui faire parvenir une copie
de la lettre susmentionnée du 1er octobre 2019 du MPC,
- le courrier recommandé du 15 octobre 2019 de la recourante faisant parvenir
une copie de ladite lettre (act. 2),

et considérant:
qu’à teneur de l’art. 390 al. 2 CPP, l’autorité de recours peut surseoir à procéder à
un échange d’écritures lorsque le recours est, comme en l’espèce, manifestement
irrecevable;
que les décisions du MPC peuvent faire l’objet d’un recours devant la Cour de
céans (art. 393 al. 1 let. a CPP et art. 37 al. 1 de la loi fédérale sur l’organisation
des autorités pénales de la Confédération [LOAP; RS 173.71]);
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que selon l’art. 393 al. 2 let. a CPP, le recours peut être formé pour violation du
droit, y compris l’excès et l’abus du pouvoir d’appréciation, le déni de justice et le
retard injustifié;
que la Cour des plaintes du Tribunal pénal fédéral examine d’office et en pleine
cognition la recevabilité des recours qui lui sont adressés (JdT 2012 IV 5 no 199);
qu’en l’espèce, le présent recours vise à contester l’ordonnance pénale du MPC
du 17 septembre 2019 dans la mesure où cette dernière a été rendue avant même
que le MPC ne statue sur les réquisitions de preuves de la recourante;
que, cependant, au sens de l’art. 354 al. 1 CPP, les personnes concernées par
l’ordonnance pénale peuvent former opposition contre celle-ci devant le MPC;
que la Cour de céans n’est donc pas compétente pour statuer sur le présent
recours en tant qu’il s’en prend à l’ordonnance pénale du MPC du 17 septembre
2019;
que le recours est donc irrecevable concernant l’opposition à l’ordonnance pénale;
que l’acte entrepris prévoit aussi le classement d’une partie de la procédure;
que l’art. 322 al. 2 CPP indique que les parties, au nombre desquelles la partie
plaignante (art. 104 al. 1 let. b CPP), peuvent attaquer l’ordonnance de classement
dans les dix jours devant la Cour des plaintes du Tribunal pénal fédéral;
qu’au sens de l’art. 382 al. 1 CPP, a qualité pour recourir toute partie qui a un
intérêt juridiquement protégé à l’annulation ou à la modification d’une décision;
que cet intérêt doit être actuel (décision du Tribunal pénal fédéral BB.2018.64 du
30 octobre 2018 consid. 2.5);
que dans la mesure où la recourante conteste le refus de réquisition de preuve, il
faut rappeler qu’à teneur de l’art. 318 al. 3 CPP, cela ne peut être sujet à recours;
que sur ce point, le recours est ainsi également irrecevable;
qu’à titre d’intérêt actuel, la recourante fait valoir sa possibilité de chiffrer ses
prétentions civiles;
que cependant, le classement partiel de la procédure à l’encontre de B. porte ici
sur l’infraction de blanchiment d’argent (art. 305bis al. 1 CP) pour des raisons de
prescription;
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que la recourante ne le conteste pas et ne démontre pas en quoi elle serait touchée
par cet abandon alors que l’incrimination relative au crime préalable de corruption
subsiste;
que sur ce point, la recourante n’a donc aucun intérêt actuel à s’opposer au
classement;
que le recours est ainsi également irrecevable sur ce point;
que le recours est donc en tout point irrecevable;
que la demande d’effet suspensif est dès lors devenue sans objet;
que conformément à l'art. 428 al. 1 CPP, les frais de la procédure de recours sont
mis à la charge des parties dans la mesure où elles ont obtenu gain de cause ou
succombé; la partie dont le recours est déclaré irrecevable étant également
considérée avoir succombé;
que les frais de justice doivent être calculés en application des art. 73 al. 2 LOAP,
ainsi que des art. 5 et 8 du règlement du Tribunal pénal fédéral sur les frais,
émoluments, dépens, et indemnités de la procédure pénale fédérale (RFPPF;
RS 173.713.162) et seront fixés à CHF 500.--.
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