Decision ID: b946ce9d-f46f-55b9-8704-d312fbc8d286
Year: 2019
Language: fr
Court: FR_TC
Chamber: FR_TC_001
Canton: FR
Region: Espace_Mittelland
Law Area: civil_law

considérant en fait
A. B._ et A._ sont les parents de C._, né en 2006. Ils sont divorcés par jugement du Tribunal civil de l’arrondissement du Lac du 14 mars 2012 (ci-après : le Tribunal). L’autorité parentale et la garde de l’enfant ont été confiées à la mère ; le droit de visite du père a été réglé. Par ailleurs, une curatelle éducative, déjà précédemment instaurée, a été maintenue. Enfin, la pension de l’enfant due par le père a été fixée à CHF 800.- par mois.
Invoquant le fait qu’il était sans emploi et sans revenu, B._ a saisi le 29 juillet 2013 le Tribunal d’une demande en suspension de la pension, à laquelle la mère s’est opposée le 26 novembre 2013. A cette occasion, elle a requis une modification des modalités du droit de visite du père (un week-end sur deux ainsi qu’une partie des vacances), celles précédemment convenues n’étant à ses yeux plus adaptées.
Le 13 octobre 2014, la Justice de paix de l’arrondissement de la Sarine (ci-après : la Justice de paix) est intervenue à son tour, maintenant la curatelle éducative et instituant une curatelle de surveillance des relations personnelles, soulignant l’absence de communication entre les parents qui mettait en danger le bien de l’enfant.
Après l’échec de la conciliation le 18 décembre 2014, B._ a maintenu sa demande de suspension de la pension le 2 février 2015. Le 5 mars 2015, A._ s’y est opposée et a reconventionnellement sollicité la mise en place d’un droit de visite un week-end sur deux et la suppression de la curatelle éducative.
Dans sa réplique du 6 mai 2015, B._ a conclu à ce que l’autorité parentale conjointe soit instaurée, et à la mise en place d’une garde alternée, la pension de l’enfant étant en conséquence supprimée. A._ s’y est opposée le 19 août 2015.
Les parties ont comparu devant le Tribunal le 14 janvier 2016, lequel a alors ordonné l’établissement d’un rapport circonstancié sur la situation de l’enfant par le Service de l’enfance et de la jeunesse (ci-après : SEJ). Cela fut fait le 16 mars 2016. Le SEJ y a notamment relevé que les deux parents s’impliquaient énormément dans l’éducation de leur enfant, mais que leur conflit était toujours si important qu’il entravait une communication satisfaisante. Il a relevé qu’une garde alternée pourrait constituer une bonne solution, mais s’est inquiété, outre des difficultés de dialogue récurrentes entre les parents, de la pénibilité liée au fait que les domiciles des parents étaient relativement éloignés. Il a insisté sur la nécessité d’un planning clairement établi.
Le 5 avril 2016, la Juge de paix, qui avait entendu l’enfant dans le cadre d’une procédure de protection (orientation de l’enfant vers une classe pilote de D._ à Fribourg), a indiqué que celui-ci souhaitait la mise en place d’une garde alternée.
Le 13 mai 2016, la mère s’est opposée au partage de l’autorité parentale et à la mise en place d’une garde alternée.
Le Tribunal a tenu une séance le 14 novembre 2016. Il a alors entendu les parties mais a renoncé à entendre l’enfant, ce que la mère demandait. Cette décision a été communiquée aux parties le 12 décembre 2016. La Juge de paix a entendu l’enfant le 26 janvier 2017 et a communiqué aux parties et au Tribunal le contenu de cette audition. L’enfant a alors indiqué ne plus souhaiter le maintien de la garde alternée, vouloir vivre chez sa mère et aller chez son père un week-end sur deux. Les parties ont réagi à ce courrier les 2 février et 1er mars 2017.
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B. Par décision du 3 juillet 2017, le Tribunal a attribué l’autorité parentale conjointement aux deux parents et mis en place une garde alternée à compter du 1er juillet 2017. Il a également statué sur la modification de la pension due par le père, la supprimant à compter de la date précitée.
Adressant plusieurs reproches à la mère, laquelle essaie par tous les moyens de tenir B._ à l’écart des informations concernant son fils, utilise à son avantage le fait que celui-ci ne dispose pas de l’autorité parentale, et adopte un comportement inadapté envers la nouvelle école de son fils dont elle conteste la nécessité, le Tribunal a estimé que le père ne pouvait continuer à être privé de son autorité parentale. Les tensions très vives n’empêchaient par ailleurs pas la mise en place d’une autorité parentale conjointe. Ensuite, le Tribunal a jugé que, dans les faits, les parties exerçaient déjà quasiment une garde alternée, l’enfant dormant chez son père plusieurs nuits par semaine, sans que le conflit persistant entre les parents ne pose problème sur ce point. Soulignant en outre les capacités éducatives équivalentes des parents, la plus grande disponibilité du père et le souhait de C._, le Tribunal a décidé que celui-ci vivrait une semaine chez chaque parent du dimanche 18 heures au dimanche 18 heures.
C.
C.1. Le 21 septembre 2017, A._ a déposé un appel contre cette décision. Elle ne s’est pas opposée à la mise en place d’une autorité parentale conjointe mais a sollicité la garde de son enfant, un droit de visite un week-end sur deux ainsi que durant certaines périodes de vacances étant accordé au père, et les pensions étant maintenues. Subsidiairement, elle a conclu au maintien de la garde alternée, B._ versant une pension de CHF 450.- dès l’entrée en force de l’arrêt d’appel, et CHF 800.- auparavant. Elle a allégué que C._ avait fugué du domicile du père le 19 août 2017, s’était réfugié chez elle et avait catégoriquement refusé de suivre son père. Entendu par le SEJ les 24 août et 4 septembre 2017, l’enfant a réitéré son souhait de vivre chez sa mère, s’ennuyant chez son père. Elle a sollicité la mise en place d’une expertise psychiatrique visant à établir si l’avis de l’enfant reflète réellement son souhait, et si la garde alternée est en définitive compatible avec le bien de l’enfant. Par ailleurs, elle a remis en cause la garde alternée décidée par les premiers Juges, sollicitant que le père produise son planning de travail de novembre 2016 à août 2017 (taux d’activité à 90%), afin de vérifier s’il est suffisamment disponible pour s’occuper convenablement de son fils.
Elle a sollicité d’être mise au bénéfice de l’assistance judiciaire, qui lui a été accordée par décision présidentielle du 6 novembre 2017.
Le 7 décembre 2017, B._ a déposé sa réponse, concluant au rejet de l’appel sous suite de frais et dépens. Il a aussi requis d’être mis au bénéfice de l’assistance judiciaire, qui lui a été accordée le 12 octobre 2018.
C.2. Sur intervention du SEJ du 27 mars 2018, la Juge de paix a ordonné par décision superprovisionnelle du 29 mars 2018 le placement de C._ à la Fondation E._ à F._ pour une durée de trois mois. Elle a relevé que l’enfant tenait un discours très inquiétant, avec des remarques morbides.
Le 3 avril 2018, le Président de la Cour a suspendu la procédure d’appel jusqu’à droit connu sur la procédure de protection de l’enfant menée par la Justice de paix.
Le placement de l’enfant a été confirmé par la Juge de paix par ordonnance de mesures provisionnelles du 31 juillet 2018 ; auparavant, soit le 27 juillet 2018, elle avait suspendu provisoirement le droit de visite de la mère, mesure qu’elle a confirmée le 31 juillet suivant. Le
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recours de la mère contre la décision du 31 juillet 2018 a été rejeté le 9 octobre 2018 par la Cour de protection de l’enfant et de l’adulte du Tribunal cantonal (106 2018 74).
C.3. Le Président de la Cour a ordonné la reprise de la procédure le 10 octobre 2018. Ce même jour, il a instauré en faveur de C._ une curatelle de représentation au sens de l’art. 299 CPC, qu’il a confiée à Me Jérôme Magnin, avocat, qui avait été chargé d’un mandat similaire par la Juge de paix.
La Fondation E._ a déposé son rapport le 16 octobre 2018.
Par décision de mesures superprovisionnelles du 25 octobre 2018, le Président de la Cour a confié la garde de l’enfant, que chaque parent revendiquait, au père.
Une audience de mesures provisionnelles s’est tenue le 5 décembre 2018, où ont comparu les parents, et le curateur de représentation. G._, intervenante au SEJ et curatrice de C._, a été entendue, de même que les parties.
Par décision de mesures provisionnelles du 23 janvier 2019, le Président de la Cour a confié la garde de C._ à son père et réglé le droit de visite de la mère de telle sorte qu’il s’exerce un week-end sur deux du vendredi soir 18 heures au dimanche soir 18 heures. A._ a été astreinte à verser pour son fils une pension de CHF 430.- par mois, allocations familiales en sus.
C.4. Le 12 mars 2019, B._ a modifié ses conclusions au fond, requérant l’autorité parentale exclusive sur l’enfant, de même que la garde et l’entretien de celui-ci. Il a requis que le droit de visite de la mère s’exerce à dire de justice, et qu’elle verse une pension mensuelle de CHF 600.- plus allocations. Il a enfin conclu à ce que les frais des deux instances soient mis à la charge de l’appelante.
A._ a conclu au rejet de ces nouvelles conclusions le 30 avril 2019.
Le curateur de représentation s’en est remis à justice sur les nouvelles conclusions du père le 8 mai 2019. Il a précisé que C._ souhaitait être entendu. Le Président de la Cour a dès lors entendu l’enfant le 22 mai 2019. Le 23 mai 2019, il a transmis aux parties un compte-rendu de cette audition.
La curatrice G._ a déposé un rapport le 14 mai 2019.
La mère a adressé des déterminations les 17 juin et 4 juillet 2019. Le père a également déposé des observations les 21 mai 2019 et 11 juillet 2019.
Le 8 juillet 2019, le Président de la Cour a refusé de régler par mesures superprovisionnelles les vacances d’été de la mère, laquelle n’acceptait pas le planning établi par la curatrice.
Chaque avocat a par ailleurs produit sa liste de frais.

en droit
1.
1.1. L'appel est recevable notamment contre les décisions finales de première instance, pour autant que, dans les causes patrimoniales, la valeur litigieuse au dernier état des conclusions soit
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supérieure à CHF 10'000.- (art. 308 al. 1 let. a et al. 2 du Code de procédure civile [CPC ; RS 272]). En tant que le litige porte essentiellement sur l’autorité parentale sur l’enfant, accessoirement sur les conséquences financières de cette question, l'affaire est de nature non pécuniaire dans son ensemble (arrêts TF 5A_837/2017 consid. 1 et 5A_425/2016 du 15 décembre 2016 consid. 1 et les réf. citées). Le recours en matière civile au Tribunal fédéral est également ouvert (art. 72 al. 1 loi sur le Tribunal fédéral [LTF ; RS 173.10]).