Decision ID: eac26dc4-285e-5e04-8f04-e46dc17b16a6
Year: 2019
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_001
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law

EN FAIT
, que par jugement du 11 novembre 2019, le Tribunal de première instance, statuant sur mesures provisionnelles, a notamment débouté A_ des fins de sa requête (ch. 1 du dispositif) et statuant sur mesures protectrices de l'union conjugale, attribué la jouissance exclusive du domicile conjugal situé 1_ à C_ (GE) à B_, de même que le mobilier le garnissant (ch. 5), condamné A_ à quitter le logement conjugal d'ici au 31 janvier 2020 (ch. 6) et donné acte à B_ de son engagement de verser, par mois et d'avance, une somme de 3'000 fr. par mois au titre de contribution à l'entretien de A_, avec effet au 1
er
août 2019, mais sous déduction de tout montant déjà versé à ce titre (ch. 8);
Que par acte expédié au greffe de la Cour le 25 novembre 2019, A_ a formé appel contre ce jugement; qu'elle a conclu à l'annulation des ch. 5, 6 et 8 de son dispositif et cela fait, notamment, à ce que le domicile conjugal lui soit attribué, subsidiairement, à ce qu'elle soit condamnée à le quitter d'ici le 30 juin 2020;
Qu'elle a également conclu à l'octroi de l'effet suspensif à son appel en ce qui concernait les ch. 5 et 6 du dispositif du jugement attaqué; qu'elle a invoqué qu'elle serait contrainte d'entreprendre des démarches pour se reloger, qui seraient difficilement réversibles et que son époux a quitté le domicile conjugal depuis le mois de juillet 2019;
Qu'invité à se déterminer B_ a conclu au rejet de la requête d'effet suspensif; qu'il a notamment indiqué qu'il était empêché de voir ses parents qui vivent dans l'immeuble dans lequel se situe le domicile conjugal et dont il a l'interdiction de s'approcher; qu'il a trouvé une petite chambre à louer à D_, laquelle est éloignée de son lieu de travail à E_;
Considérant,

EN DROIT
, que la Cour est saisie d'un appel au sens de l'art. 308 CPC;
Que le jugement querellé portant sur des mesures provisionnelles, l'appel n'a pas d'effet suspensif
ex lege
(art. 315 al. 4 let. b CPC);
Qu'à teneur de l'art. 315 al. 5 CPC, l'exécution de mesures provisionnelles peut exceptionnellement être suspendue si la partie concernée risque de subir un préjudice difficilement réparable;
Que selon les principes généraux applicables en matière d'effet suspensif, le juge procèdera à une pesée des intérêts en présence et se demandera en particulier si sa décision est de nature à provoquer une situation irréversible;
Que le préjudice difficilement réparable peut être de nature factuelle; il concerne tout préjudice, patrimonial ou immatériel, et peut même résulter du seul écoulement du temps pendant le procès; que le dommage est constitué, pour celui qui requiert les mesures provisionnelles, par le fait que, sans celles-ci, il serait lésé dans sa position juridique de fond et, pour celui qui recourt contre le prononcé de telles mesures, par les conséquences matérielles qu'elles engendrent;
Que l'autorité cantonale doit faire preuve de retenue et ne modifier la décision de première instance que dans des cas exceptionnels; elle dispose cependant d'un large pouvoir d'appréciation permettant de tenir compte des circonstances concrètes du cas d'espèce (ATF
137 III 475
consid. 4.1; arrêt du Tribunal fédéral
5A_941/2018
du
23 janvier 2019 consid. 5.3.2);
Qu'en l'espèce, concernant l'attribution du domicile conjugal, le maintien du caractère exécutoire du jugement contesté, qui condamne l'appelante à le quitter, contraindrait cette dernière à entreprendre des démarches (signature d'un nouveau contrat de bail, déménagement) qui ne seraient que difficilement réversibles dans l'hypothèse où elle obtiendrait gain de cause, ne serait-ce que sur ses conclusions subsidiaires, ce qui n'est pas d'emblée manifestement exclu à ce stade, et viderait de sa substance l'appel qu'elle a formé;
Que l'intimé ne rend pas vraisemblable qu'il ne pourrait pas voir sa famille hors de leur domicile situé dans l'immeuble dans lequel se trouve le domicile conjugal; que l'intimé se plaint de ne pas pouvoir passer les fêtes de fin d'année au domicile de ses parents; que cela étant, dans la mesure où l'appelante peut, à teneur du jugement attaqué, rester dans le domicile conjugal jusqu'au 31 janvier 2020, le refus de l'effet suspensif n'y changerait rien à cet égard; l'allongement du temps de trajet de l'intimé pour se rendre à son travail ne constitue pas un dommage difficilement réparable et il apparaît, en tout état de cause, que le domicile conjugal à C_ n'est pas situé nettement plus près de son lieu de travail que la chambre qu'il indique avoir louée à D_; que la procédure d'appel, soumise à la procédure sommaire, devrait être relativement brève;
Qu'au vu de ces circonstances, la requête d'effet suspensif sera admise;
Qu'il sera statué sur les frais et dépens liés à la présente décision avec l'arrêt au fond (art. 104 al. 3 CPC).
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