Decision ID: 00d9abcc-7d66-5cdb-8815-a7b365e348ab
Year: 2019
Language: fr
Court: BE_VG
Chamber: BE_VG_001
Canton: BE
Region: Espace_Mittelland
Law Area: 

En fait:
A.
A._, né en 1957, souffre de paraplégie flasque sensitivo-motrice incomplète prédominant à droite à la suite d'un accident de vélomoteur subi en mai 1975. Bien qu'ayant dû interrompre ses études gymnasiales pendant plus d'un an, il a passé avec succès sa maturité, puis suivi une formation dans une école de pharmacie (entre 1979 et 1987). Il a obtenu le diplôme d'assistant-pharmacien, mais a échoué à l'examen final de pharmacien. En dernier lieu, il a été engagé en 1991 comme  dans une officine, reprise par un groupe pharmaceutique en 2002, à un taux de 100% jusqu'au 31 mars 2015, puis de 50% jusqu'au 22 juin 2016, date dès laquelle une incapacité de travail à 100% a été attestée médicalement. L'assurance-invalidité (AI) a notamment pris en charge, à plusieurs reprises, à titre de moyens auxiliaires, des coûts de transformation et des contributions d'amortissement de véhicules automobiles. Suite à une demande de prestations déposée le 30 juillet 2015, l'Office AI Berne a octroyé à l'assuré, par décision du 12 avril 2016, une demi-rente dès le 1er mars 2016 (degré d'invalidité retenu de 50%).
B.
Par entretien téléphonique du 12 juillet 2016, consécutif à son courrier du 5 juillet 2016, l'employeur a averti l'Office AI Berne de l'incapacité de travail à 100% de l'assuré depuis le 22 juin 2016. Une procédure de révision de rente a été ouverte. L'Office AI Berne a requis des informations auprès du médecin généraliste et d'un chirurgien orthopédique traitant l'intéressé, ainsi que de l'employeur, et a pris conseil à plusieurs reprises auprès du Service médical régional Berne/Fribourg/Soleure (SMR). Il a rendu une décision datée du 24 octobre 2016 refusant des mesures professionnelles et s'est encore procuré des rapports médicaux émanant du Centre suisse des paraplégiques. Sur la base de ces éléments médicaux, un préavis octroyant une rente entière dès le 1er septembre 2016, puis une demi-rente dès le 1er février 2017, a été adressé au recourant le 8 février 2017. Malgré
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les objections présentées le 7 mars 2017, puis complétées le 3 mai 2017, par un avocat agissant au nom du Centre suisse des paraplégiques, après avoir une nouvelle fois consulté son SMR, l'Office AI Berne a confirmé son préavis par décision du 7 septembre 2017 (le prononcé de cette décision ne réglait que le versement de la rente à partir du 1er octobre 2017, la décision concernant la période du 1er septembre 2016 au 30 septembre 2017 ayant été rendue le 25 septembre 2017).
C.
Le 9 octobre 2017, l'intéressé, représenté par l'avocat déjà intervenu précédemment, a porté la cause devant le Tribunal administratif du canton de Berne (TA). Il a conclu, sous suite de frais et dépens, à ce que la décision précitée soit annulée uniquement en ce qu'elle n'octroie qu'une demi-rente AI au recourant à partir du 1er février 2017 et à ce qu'une rente entière d'invalidité soit accordée avec effet rétroactif au 1er février 2017 ou, subsidiairement, à ce que le dossier soit renvoyé à l'Office AI Berne pour instruction complémentaire, notamment par le biais d'une expertise indépendante, et nouvelle décision. Dans sa réponse du 17 novembre 2017, l'Office AI Berne a conclu à ce que le recourant soit averti d'une possible reforme à son détriment et, dès lors, de son droit au retrait du recours. Dans l'hypothèse d'un maintien du recours, l'intimé a conclu au rejet de celui-ci et à la modification de la décision précitée au sens d'un remplacement de la demi-rente par un quart de rente dès le 1er février 2017, le tout sous suite de frais et dépens. Le recourant, rendu attentif aux risques d'une réforme ou d'un jugement cassatoire susceptibles de lui être plus défavorables que la décision contestée, a répliqué le 8 janvier 2018 et l'intimé a dupliqué le 30 janvier 2018, chaque partie maintenant et confirmant ses conclusions. Par courrier du 27 février 2018, le mandataire du recourant a transmis sa note d'honoraires et a requis l'audition de son client à titre de moyen de preuve complémentaire.
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En droit:
1.
1.1 Selon la jurisprudence du Tribunal fédéral, le prononcé d'octroi d'une rente échelonnée dans le temps par le biais de plusieurs décisions rendues à des dates sensiblement différentes est en principe prohibé (ATF 131 V 164 c. 2.3.). En l'occurrence, le règlement du rapport juridique au moyen de deux prononcés des 7 et 25 septembre 2017, l'un pour la rente courante (afin que l'assuré puisse en bénéficier le plus rapidement possible) et l'autre pour l'arriéré (comprenant les éventuelles compensation avec des versements de tiers) ne pose pas de problème procédural, tel la détermination de l'échéance du délai de recours, vu que l'assuré a d'emblée attaqué, dans les formes prescrites, le premier prononcé, qui, du reste, comprenait déjà une motivation couvrant l'ensemble de la période concernée par la demande de prestations. La question de la validité en tant que décision du second prononcé, dans la mesure où il se recoupe avec à tout le moins la motivation globale du premier, peut donc être laissée ouverte (nullité des secondes décisions portant sur un même objet litigieux: ATF 125 V 396 c. 1; SVR 2010 KV n° 6 c. 2.2). Il convient donc de partir du principe que la décision de l'Office AI Berne du 7 septembre 2017 représente l'objet de la contestation; elle ressortit au droit des assurances sociales et augmente la demi-rente du recourant versée depuis le 1er mars 2016 en une rente entière, mais seulement pour une période limitée, à savoir du 1er septembre 2016 au 31 janvier 2017. L'objet du litige porte sur l'annulation de cette décision dans la mesure où elle n'alloue pas la rente entière au-delà du 31 janvier 2017, subsidiairement, sur le renvoi du dossier pour instruction complémentaire et nouvelle décision. Sont particulièrement contestés, d'une part, les données médicales sur lesquelles la décision est fondée, à savoir essentiellement l'appréciation du SMR, ainsi que d'autre part et en tout état de cause, le caractère exigible d'une exploitation de l'éventuelle capacité de travail résiduelle sur le marché ordinaire de l'emploi.
1.2 Interjeté en temps utile et dans les formes prescrites, auprès de l'autorité de recours compétente, par une partie disposant de la qualité pour
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recourir et représentée par un mandataire dûment constitué, le recours est recevable (art. 56 ss de la loi fédérale du 6 octobre 2000 sur la partie générale du droit des assurances sociales [LPGA, RS 830.1], art. 69 al. 1 let. a de la loi fédérale du 19 juin 1959 sur l'assurance-invalidité [LAI, RS 831.20] et art. 15 et 74 ss de la loi cantonale du 23 mai 1989 sur la procédure et la juridiction administratives [LPJA, RSB 155.21]). D'emblée, il y a lieu de préciser que bien que la période d'octroi de la rente entière ne soit pas contestée, ce point de la décision n'entre pas pour autant en force de chose jugée. En effet, selon la jurisprudence, l'octroi rétroactif d'une rente d'invalidité dégressive et/ou temporaire règle un rapport juridique sous l'angle de l'objet de la contestation et de l'objet du litige. Lorsque seule la réduction ou la suppression des prestations est contestée, le pouvoir d'examen du juge n'est pas limité au point qu'il doive s'abstenir de se prononcer quant aux périodes à propos desquelles l'octroi de prestations n'est pas remis en cause (ATF 125 V 413; VSI 2001 p. 274 c. 1a).
1.3 Le jugement de la cause incombe à la Cour des affaires de langue française du TA dans sa composition ordinaire de trois juges (art. 54 al. 1 let. c et 56 al. 1 de la loi cantonale du 11 juin 2009 sur l'organisation des autorités judiciaires et du Ministère public [LOJM, RSB 161.1]).
1.4 Le TA examine librement la décision contestée et n'est pas lié par les conclusions des parties (art. 61 let. c et d LPGA; art. 80 let. c ch. 1 et 84 al. 3 LPJA). Dans ce contexte, il convient également de constater que le recourant a été rendu attentif au risque qu'il encourait d'une réforme à son détriment, voire d'une décision cassatoire débouchant sur le même résultat, et à sa possibilité de retirer le recours (art. 61 let. d LPGA; ATF 137 V 314 c. 3.2.4), ce à quoi il a renoncé.
2.
2.1 Est réputée invalidité l’incapacité de gain totale ou partielle qui est présumée permanente ou de longue durée (art. 8 al. 1 LPGA). Est réputée incapacité de gain toute diminution de l’ensemble ou d’une partie des possibilités de gain de l’assuré sur un marché du travail équilibré dans son
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domaine d’activité, si cette diminution résulte d’une atteinte à sa santé physique, mentale ou psychique et qu’elle persiste après les traitements et les mesures de réadaptation exigibles (art. 7 al. 1 LPGA). Contrairement à l’incapacité de travail, est déterminante ici, non pas l’aptitude de la personne assurée à accomplir un travail dans son domaine professionnel, mais la capacité de gain qui, après l’application des mesures de traitement et de réadaptation, subsiste, pour elle, dans une profession quelconque entrant en ligne de compte sur un marché équilibré du travail. La perte ou la réduction de cette capacité est considérée comme une incapacité de gain (ATF 130 V 343 c. 3.2.1).
2.2 Selon l'art. 28 al. 2 LAI, l'assuré a droit à une rente entière s'il est invalide à 70% au moins et à trois quarts de rente s'il est invalide à 60%. Pour un degré d'invalidité de 50% au moins, l'assuré a droit à une  et pour un degré d'invalidité de 40% au moins, il a droit à un quart de rente. Pour évaluer le taux d’invalidité, le revenu que l’assuré aurait pu obtenir s’il n’était pas invalide est comparé avec celui qu’il pourrait obtenir en exerçant l’activité qui peut raisonnablement être exigée de lui après les traitements et les mesures de réadaptation, sur un marché du travail équilibré (art. 16 LPGA).
2.3
2.3.1 Si le taux d'invalidité du bénéficiaire de la rente subit une modification notable, la rente est, d'office ou sur demande, révisée pour l'avenir, à savoir augmentée ou réduite en conséquence, ou encore supprimée (art. 17 al. 1 LPGA). Constitue un motif de révision tout changement sensible de la situation réelle propre à influencer le degré d'invalidité, donc le droit à la rente. La rente d'invalidité peut ainsi être révisée non seulement en cas de modification sensible de l'état de santé, mais également lorsque celui-ci est resté en soi le même, mais que ses conséquences sur la capacité de gain (ou l'accomplissement des travaux habituels) ont subi un changement notable. C'est notamment le cas d'une amélioration de la capacité de travail en raison de l'accoutumance ou de l'adaptation au handicap. Un motif de révision est, selon les circonstances, également donné lorsqu’une autre manière d’évaluer l’invalidité trouve application ou en cas d’évolution dans les travaux habituels (ATF 144 I 103
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c. 2.1, 141 V 9 c. 2.3; SVR 2018 UV n° 22 c. 2.2.1). Un autre diagnostic ou la suppression d'un diagnostic ne représentent une aggravation, respectivement, une amélioration de l'état de santé propres à motiver une révision que si ces changements de circonstances touchent le droit à la rente (ATF 141 V 9 c. 5.2). Lors de l'octroi rétroactif d'une rente d'invalidité échelonnée ou limitée dans le temps, les dispositions applicables à la révision s'appliquent par analogie (ATF 109 V 125 c. 4a; VSI 1998 p. 121 c. 1b).
2.3.2 Lorsqu'une modification notable de l'état de fait est donnée, le droit à la rente doit être examiné tant sous l'angle des faits que du droit de manière complète, c'est à-dire en tenant compte du spectre entier des éléments déterminant le droit à la prestation, ainsi qu’avec un regard neuf et sans être lié à de précédentes estimations de l’invalidité (ATF 141 V 9 c. 2.3, 117 V 198 c. 4b; SVR 2018 UV n° 22 c. 2.2.1). Il faut prendre en compte comme bases temporelles déterminantes pour la comparaison, d'une part, l'état de fait au moment de la décision d'octroi de rente initiale et, d'autre part, celui au moment de la décision de révision litigieuse (ATF 130 V 343 c. 3.5.2, 125 V 368 c. 2; SVR 2010 IV n° 53 c. 3.1).
2.3.3 Si la capacité de gain ou la capacité d'accomplir les travaux habituels d'un assuré s'améliore, il y a lieu de considérer que ce changement supprime, le cas échéant, tout ou partie de son droit aux prestations dès qu'on peut s'attendre à ce que l'amélioration constatée se maintienne durant une assez longue période. Il en va de même lorsqu'un tel changement déterminant a duré trois mois déjà, sans interruption notable et sans qu'une complication prochaine soit à craindre (art. 88a al. 1 RAI). Si l'incapacité de gain ou la capacité d'accomplir les travaux habituels d'un assuré s'aggrave, il y a lieu de considérer que ce changement accroît, le cas échéant, son droit aux prestations dès qu'il a duré trois mois sans interruption notable (art. 88a al. 2 RAI). Pour autant, à la différence de ce que prévoit l'art. 88a al. 1 RAI en cas d'amélioration de la capacité de gain, il n'est pas nécessaire que la modification, après qu'elle a duré trois mois sans interruption notable, perdure probablement encore dans le futur. L'exigence légale d'une modification d'une certaine durée est en principe
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réalisée une fois le délai d'attente de trois mois arrivé à échéance (SVR 2017 IV n° 71 c. 2.3.1).
2.4 Pour pouvoir évaluer le degré d'invalidité, l'administration (ou le juge, en cas de recours) a besoin de documents que le médecin et éventuellement aussi d'autres spécialistes, doivent lui fournir. La tâche du médecin consiste à porter un jugement sur l'état de santé et à indiquer dans quelle mesure et pour quelles activités l'assuré est incapable de travailler. En outre, les données fournies par le médecin constituent un élément utile pour déterminer quels travaux on peut encore exiger de l'assuré (ATF 140 V 193 c. 3.2, 132 V 93 c. 4; SVR 2018 IV n° 27 c. 4.2.1).
Il incombe tout d’abord au médecin (expert) d’évaluer l’état de santé et, si nécessaire, de décrire son évolution dans le temps, c’est-à-dire de réunir les résultats des investigations en procédant à un examen médical selon les règles de l’art, en tenant compte des plaintes subjectives, puis de poser un diagnostic en se fondant sur ces résultats. En cela, l’expert accomplit sa tâche spécifique, pour laquelle l’administration et les tribunaux ne sont pas compétents. Le médecin n’a en revanche pas la compétence de statuer en dernier ressort sur les conséquences de l’atteinte à la santé sur la capacité de travail. Il se contente bien plus de prendre position sur l’incapacité de travail, à savoir de procéder à une évaluation qu’il motive de son point de vue le plus substantiellement possible. En fin de compte, les données fournies par le médecin constituent un élément important pour l'appréhension juridique de la question des travaux pouvant encore être exigés de l’assuré. Au besoin, afin de déterminer la capacité économiquement exploitable, il convient, de recourir, en complément du dossier médical, aux spécialistes de l’intégration et du conseil professionnels (ATF 140 V 193 c. 3.2; SVR 2017 IV n° 75 c. 4.1.1). En revanche, il n'appartient pas au médecin de s'exprimer sur le degré d'une rente éventuelle, étant donné que la notion d'invalidité n'est pas seulement déterminée par des facteurs médicaux, mais également des facteurs économiques (cf. art. 16 LPGA).
2.5 Selon le principe de la libre appréciation des preuves, le juge des assurances sociales doit, quelle que soit leur provenance, examiner l'ensemble des moyens de preuve de manière objective et décider s'ils
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permettent de trancher la question des droits litigieux de manière sûre. En particulier, le juge ne saurait statuer, en présence de rapports médicaux contradictoires, sans avoir examiné l'ensemble des preuves disponibles et sans indiquer les motifs qui le conduisent à retenir un avis médical plutôt qu'un autre (ATF 143 V 124 c. 2.2.2, 125 V 351 c. 3a). La valeur probante d'un rapport médical dépend du fait que les points litigieux importants aient fait l'objet d'une étude fouillée, que le rapport se fonde sur des examens complets, qu'il prenne également en considération les plaintes exprimées, qu'il ait été établi en pleine connaissance du dossier (anamnèse), que la description du contexte médical soit claire et enfin que les conclusions de l'expert soient bien motivées. Ainsi, ni la provenance du moyen de preuve, ni l'appellation du mandat confié au médecin (rapport ou expertise) ne sont déterminantes pour la force probante d'un tel document (ATF 143 V 124 c. 2.2.2, 134 V 231 c. 5.1, 125 V 351 c. 3a).
3.
Les thèses des parties sont les suivantes:
3.1 Dans sa décision attaquée, en se fondant essentiellement sur l'appréciation médicale de son SMR, selon lui encore valable en dépit des rapports médicaux produits dans la procédure de préavis, l'intimé admet que l'exercice de l'activité habituelle du recourant n'est plus exigible dès le mois de juin 2016. Il reconnaît aussi qu'il existait une incapacité de travail totale jusqu'à fin octobre 2016, d'où la rente entière allouée du 1er septembre 2016 au 31 janvier 2017 (art. 88a RAI, voir c. 2.3.3). Il considère cependant, en suivant le dernier avis du SMR, que depuis novembre 2016, le recourant a récupéré une capacité de travail correspondant au profil d'exigibilité qui avait déjà été défini à fin 2015, lors de l'octroi de la demi-rente à compter du 1er mars 2016. L'intimé nie que l'âge du recourant exclut toute exploitation de cette capacité de travail résiduelle sur un marché du travail équilibré. Il concède toutefois qu'au vu de l'âge de 59 ans en septembre 2016 et de la nécessité d'un changement d'activité, l'estimation de l'invalidité à 50% qui avait justifié l'octroi de la demi-rente en 2016 peut être maintenue, quand bien même le profil du
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SMR aboutit à une exigibilité supérieure, à plein temps avec une diminution de rendement de (seulement) 30%. Dans sa réponse au recours, l'Office AI Berne confirme ses arguments mais revient sur la concession acceptée dans la décision. Il estime que le retour à une évaluation de l'invalidité à 50% après la détérioration est trop généreux. En effectuant une comparaison de revenus avec et sans invalidité sur la base stricte du profil d'exigibilité n'acceptant qu'une réduction de rendement de 30%, il arrive à un taux d'invalidité de 46% ne donnant plus droit qu'à un quart de rente. Il insiste également sur le fait que l'ancienne activité poursuivie, certes à 50%, mais au-delà de 2015, n'était pas compatible avec le profil déjà déterminé à cette époque et que même les spécialistes du Centre suisse de paraplégiques ne contestent pas qu'une activité en fauteuil roulant est exigible. Il défend encore son argumentation en duplique, en corrigeant une erreur de chiffres sans incidence figurant dans sa réponse.
3.2 Par son recours, l'assuré conteste l'appréciation du SMR dont il résulte qu'après une aggravation passagère de son état, il aurait récupéré la capacité de travail qu'il avait auparavant. Il invoque une détérioration majeure, définitive (tout nouvel acte chirurgical à ce niveau comportant trop de risques), intervenue dès juin 2016, à savoir l'impossibilité de se déplacer, même dans la pharmacie, sans béquilles, ce qui a été constaté par l'ensemble de ses médecins et spécialistes traitants. Il est d'avis que le profil d'exigibilité défini déjà en 2015 par le SMR, qui s'applique à une activité susceptible d'être exercée en fauteuil roulant, n'est pas décisif car incompatible avec l'activité d'aide-pharmacien, qui a été poursuivie à 50% avec le soutien de l'AI, puisque cette situation servait de fondement à l'octroi de la demi-rente. Il en résulte donc, selon le recourant, un changement irréversible déterminant qui justifie la continuation du versement de la rente entière au-delà de fin janvier 2017. A ses yeux, de toute façon, même s'il existait une capacité de travail résiduelle, elle ne pourrait pas être exploitée sur le marché ordinaire du travail ne serait-ce qu'au vu de son âge et de la paraplégie aiguë dont il souffre depuis plus de 40 ans. A titre subsidiaire, il retient que si les données médicales des spécialistes traitants ne suffisent pas à convaincre le TA de l'inexigibilité totale d'une activité lucrative, il convient de renvoyer la cause en vue de la mise en œuvre d'une expertise indépendante. Dans sa réplique du
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8 janvier 2018, le recourant maintient son recours (en dépit de la conclusion à son détriment formulée) en confirmant ses griefs, soit, premièrement, l'absence totale de caractère probant de l'appréciation, incomplète, sur dossier et effectuée par un non-spécialiste, du SMR et, deuxièmement, l'inexigibilité évidente d'une exploitation d'une capacité de travail résiduelle, de toute façon inexistante. Au surplus, il rejette le reproche de violation de son obligation de contribuer à sa réadaptation du fait de son refus d'utiliser un fauteuil roulant, utilisation, selon lui, totalement irréaliste dans sa situation. En passant, il demande au TA d'inviter l'intimé à expliquer de façon compréhensible son calcul de l'invalidité.
4.
4.1 Un rapport du 3 novembre 2015 d'un spécialiste FMH en médecine interne générale et en rhumatologie du SMR, qui synthétisait les avis du médecin traitant et de spécialistes du Centre suisse des paraplégiques, a précédé la décision initiale du 12 avril 2016 (qui n'a pas fait l'objet d'un recours). Avec répercussion sur la capacité de travail, étaient retenus les diagnostics suivants: 1) une fracture D12/L1 suite à un accident de moto en 1975 avec scoliose lombaire sinistroconvexe et hypocyphose, impliquant un état caractérisé par une tige de Harrington entre D11 et L3, une paraplégie (flasque) incomplète à prédominance droite à caractère sensitivo-moteur, une dysfonction autonome (de la vessie, des intestins, de la fonction sexuelle), des complications de lésion du décubitus en 1975, et un syndrome lombo-vertébral mécanique; 2) une lésion de type Charcot du genou droit avec épanchements récidivants depuis mai 2012; 3) une hypertension artérielle; 4) une amputation de l'orteil II droit sur ostéomyélite; 5) une amputation partielle du gros orteil droit vingt ans auparavant et 6) un abcès dans la région sacrée droite avec fistule et récidive de lésions de décubitus en 1996. Le spécialiste soulignait qu'en raison de risques de chute augmentés, l'activité professionnelle exercée n'était plus exigible en raison des problèmes de dos et neurologiques, mais surtout en raison du problème neuro-articulaire du genou droit. Pour lui, une activité effectuée strictement en position assise n'était pas exigible non plus, tout comme les activités en position debout prolongée sans
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mouvement ou le port et le transport de charges à bout de bras. En revanche, le spécialiste considérait qu'une activité légère exercée dans des positions changeantes mais surtout en position assise (+/- en fauteuil roulant) était exigible à 100% et que les activités de marche étaient possibles, mais pas de manière répétée et seulement en terrain plat stable à l'intérieur sur une distance de 50 m d'une traite au maximum (la marche dans les escaliers n'était pas considérée comme exigible). Il intégrait dans le profil une perte de rendement de 30% car l'assuré a besoin de davantage de pauses pour reposer son dos ou son genou droit ainsi qu'en raison de ses longs passages aux WC. En outre, le médecin mettait en garde contre le risque d'escarre. Ce profil d'exigibilité était valable au plus tôt depuis le mois de décembre 2012.
En possession de cette synthèse, après avoir communiqué, le 3 décembre 2015, qu'il prenait en charge 50% du salaire brut de l'assuré du 1er décembre 2015 au 30 avril 2016 et renoncé, le 25 janvier 2016, à des mesures professionnelles, l'Office AI Berne a octroyé à l'assuré une  AI. Dans ce prononcé il a expliqué qu'il tenait compte du revenu encore réalisable dans l'activité habituelle conservée et que, "eu égard aux limitations avérées dans le cadre d'une activité la plus adaptée possible ainsi qu'à l'âge avancé de la personne assurée, il est probable que la capacité de travail résiduelle existante ne peut plus ou plus complètement être utilisée à travers une activité de substitution exigible sur un marché du travail équilibré".
4.2
4.2.1 Après l'ouverture de la procédure de révision introduite en juillet 2016, l'intimé a recueilli des rapports du généraliste et d'un chirurgien orthopédiste traitants. Le 18 juillet 2016, le généraliste a signalé une dégradation de l'état de santé à raison (en plus de la paraplégie incomplète) d'un syndrome lombo-radiculaire gauche aigu, douloureux et de perte de sensibilité, par compression de la racine du nerf L4 et L5. Le 12 septembre 2016, il a décrit que les infiltrations pratiquées avaient diminué les douleurs mais que son patient restait désormais tributaire de l'utilisation de cannes ce qui impliquait, depuis le 22 juin 2016, qu'une reprise de l'activité d'aide-pharmacien était totalement irréaliste. Le
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chirurgien orthopédiste le 23 août 2016 a confirmé la présence de douleurs sciatiques gauches sur diagnostic de canal lombaire étroit subtotal entre L3/L4 et L4/L5 avec scoliose de torsion au même niveau. Il a fait part de ses doutes quant à l'existence d'une véritable solution chirurgicale. Il a estimé que la capacité de travail restait plafonnée à 50% mais qu'il fallait s'attendre à ce qu'elle baisse.
4.2.2 Dans son rapport du 25 octobre 2016, le spécialiste du SMR en charge du cas, après avoir actualisé son résumé des éléments au dossier et ses diagnostics, a renoncé à une évaluation en l'absence d'avis du Centre suisse des paraplégiques. Ce centre a établi un rapport le 7 novembre 2016. En comparaison avec les précédentes évaluations, la liste des diagnostics, notamment la paraplégie incomplète à prédominance droite (précisée par les caractéristiques de la cyphose lombaire gauche et de l'hypercyphose thoraco-lombaire) a été complétée par une dégénérescence multisegmentaire de la colonne lombaire inférieure et une sténose du recessus L4/5 gauche. Le spécialiste relate que l'assuré a décrit que les douleurs irradiant dans la jambe gauche s'étaient calmées grâce aux infiltrations mais que la perte de sensibilité s'était aggravée, la force restant toutefois conservée. Eu égard aux fonctions conservées dans la jambe gauche, le spécialiste nie toute indication opératoire, une telle intervention risquant d'engendrer une dépendance totale au fauteuil roulant.
4.2.3 Après avoir pris connaissance du rapport du 7 novembre 2016 émis par les médecins du Centre suisse des paraplégiques (voir c. 4.2.2), le médecin du SMR chargé du dossier s'est prononcé une nouvelle fois sur l'état de santé du recourant dans un rapport du 20 décembre 2016. Il a confirmé ses précédents diagnostics, sous réserve du diagnostic de canal lombaire étroit qu'il avait ajouté le 25 octobre 2016, mais qu'il a modifié dans le sens d'un syndrome lombo-spondylogène sur troubles dégénératifs vs syndrome lombo-radiculaire L5 gauche passager ayant répondu à deux infiltrations (IRM pas interprétable quant au contenu du canal rachidien en raison d'artefacts résultant du matériel métallique en place). En outre, le médecin a replacé le diagnostic d'abcès dans la région sacrée droite avec fistule et récidive de lésions de décubitus en 1996 dans les pathologies
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ayant une influence sur la capacité de travail (en tant que complication de la fracture D12/L1 susmentionnée), contrairement à ce qu'il avait retenu en octobre 2016. Seule l'hypertension artérielle a été qualifiée de sans influence sur la capacité de travail. En conclusion, le médecin a nié toute aggravation de l'état de santé par rapport à la situation de novembre 2015, le Centre suisse de paraplégie ayant démenti l'apparition de modifications morphologiques significatives de la colonne lombaire dans les quatre dernières années. Selon le médecin du SMR, l'irritation de la racine L5 à gauche n'a été que transitoire (de juin à octobre 2016) car ce syndrome irritatif a bien répondu à deux infiltrations. Il a donc renvoyé au profil d'exigibilité établi dans son rapport du 3 novembre 2015 (voir c. 4.1) et a tenu à préciser que ledit profil d'exigibilité ne correspondait pas à une activité d'assistant-pharmacien, mais que cette activité avait été continuée sur la base d'un accord entre l'employeur et l'assuré, en tenant compte de l'âge de ce dernier.
4.2.4 Plusieurs rapports médicaux ont été déposés à l'appui des observations et leurs compléments. Celui qui a été adressé le 23 février 2017 à l'avocat par le médecin traitant confirme les précédentes évaluations de ce dernier (c. 4.2.1). Ce praticien constate une dégradation nette depuis juin 2016 du fait du caractère désormais indispensable des cannes, dont le recourant ne peut toujours pas se passer. Il considère que même avant juin 2016, la capacité de travail n'atteignait pas 50% et qu'une révision de la demi-rente s'impose. Selon lui, au vu de l'âge de l'assuré, une reconversion professionnelle, dans une activité offrant la possibilité de changer de position (une position assise prolongée étant également exclue), serait illusoire. Des deux rapports du Centre suisse des paraplégiques du 13 (rédigé par un chirurgien et un orthopédiste déjà auteurs du rapport du 7 novembre 2016; voir c. 4.2.2) et du 19 avril 2017 (émanant d'un paraplégiologue) résulte une reprise des diagnostics précédemment posés avec le constat d'une aggravation des plaintes de lombalgies chroniques, de douleurs, perte accentuée de sensibilité et force dans la jambe gauche de nature peu claire et d'une détérioration de l'état musculaire des deux côtés, résultat très vraisemblable de la diminution de la capacité de marche, de caractère irréversible. Le spécialiste en paraplégiologie retient une incapacité de travail de 100% dans l'ancienne
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profession de pharmacien-assistant puisqu'une activité en position debout et en marchant n'est plus exigible. Il se pose la question de l'existence de postes de travail de pharmacien-assistant susceptibles d'être occupés par des personnes se déplaçant en fauteuil roulant, mais estime superflu d'y répondre car une reconversion du recourant, vu son âge (59 ans), n'est, selon lui, pas réaliste. Il mentionne également que son patient continue de refuser l'octroi d'un fauteuil roulant.
4.2.5 Invité à se prononcer sur ces nouveaux documents médicaux, le médecin du SMR en charge du cas a complété son appréciation médicale le 11 août 2017. En substance, les diagnostics posés sont identiques à ceux retenus dans le rapport du 20 décembre 2016 (voir c. 4.2.3). Le spécialiste confirme le profil d'exigibilité déjà défini en novembre 2015, y compris la diminution de rendement de 30% à y intégrer (voir à ce titre c. 4.1), la position semi-assise étant redevenue adaptée après la disparition du syndrome radiculaire irritatif décrit en juin 2016. Il constate que le spécialiste en paraplégie lui-même ne cite pas de limitations fonctionnelles objectives rendant inexigible l'usage d'un fauteuil roulant. Il répète que les interventions chirurgicales sur le genou droit, qui ne corrigeraient pas les affections neurologiques de base, ne sont pas exigibles, mais insiste sur le fait qu'en revanche, l'usage d'un fauteuil roulant l'est.
5.
5.1 On relèvera tout d'abord que l'octroi d'une rente entière allant du 1er septembre 2016 au 31 janvier 2017, n'est pas litigieux entre les parties. L'intimé n'émet pas de doutes sur la justification du droit à une rente entière pendant cette période. Le TA ne voit pas non plus de raison de s'écarter de la décision attaquée sur ce point, dès lors que les pièces au dossier mettent clairement en évidence, comme motif de révision, une détérioration de l'état de santé dès le mois de juin 2016, si bien qu'en application correcte de l'art. 88a al. 1 RAI, la rente entière a été octroyée depuis le mois de septembre 2016 (délai de trois mois selon l'art. 88a RAI, voir c. 2.3.3).
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5.2 Est en revanche contesté le retour à l'état antérieur dès novembre 2016 (sans compter le décalage de l'art. 88a al. 1 RAI). Pour cette période, force est de constater que sur le plan médical, contrairement à ce que le recourant invoque, il n'existe pas de véritable divergence entre, d'une part, la synthèse médicale et l'appréciation des limitations fonctionnelles opérées sur dossier par l'interniste et rhumatologue du SMR (art. 49 RAI), sur laquelle se fonde l'intimé, et, d'autre part, l'évaluation du généraliste et des spécialistes traitants. Tous admettent que l'exercice de l'ancienne profession d'assistant en pharmacie n'est plus exigible et que seule une activité susceptible d'être pratiquée en fauteuil roulant, permettant toutefois d'éviter d'être continuellement en position assise, reste envisageable après le soulagement sur le plan des douleurs apporté par les infiltrations. Tous les médecins s'accordent en effet sur le fait que la marche sans cannes n'est désormais plus possible, même à l'intérieur d'une pharmacie, puisque la jambe gauche, qui était moins affectée que la jambe droite par la paraplégie, est désormais aussi affaiblie en relation avec les atteintes dégénératives du rachis et de la perte musculaire résultant de la diminution des mouvements praticables. Le taux de capacité de travail proposé par le SMR n'est pas non plus véritablement contesté par les médecins traitants sur le plan strictement médico-théorique. Ces derniers n'ont pas véritablement chiffré la capacité de travail résiduelle dans une activité susceptible d'être exercée en fauteuil roulant, sans être toujours assis, car ils estiment qu'un emploi adapté n'existe de toute façon pas sur le marché du travail offert à leur patient, avis qui, cependant sort de l'évaluation médicale proprement dite (voir c. 2.4). Dans ces conditions, des investigations médicales supplémentaires, en particulier une expertise au sens de l'art. 44 LPGA, tout comme l'audition personnelle de l'assuré telle que demandée dans le courrier du 27 février 2018 de ce dernier sont superflues (appréciation anticipée des preuves: ATF 136 I 229 c. 5.3).
Le litige est en réalité issu du fait que, lors de l'octroi de la demi-rente, en 2016, le profil d'exigibilité défini par le SMR excluait déjà la profession encore exercée et se fondait sur une activité semi-assise compatible avec un fauteuil roulant. Compte tenu de ce profil déjà réduit pour tenir compte des atteintes graves du dos et du genou droit (risques de chute), au sens du droit de l'AI, il faut constater que la situation récupérée, grâce aux
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infiltrations, peut justifier un motif de révision (de nature médicale), au sens d'une amélioration, par rapport à l'état qui prévalait depuis le mois de juin 2016, mais qu'elle ne se distingue pas de la période antérieure pour laquelle la demi-rente avait été octroyée.
5.3 La différence entre l'état d'avant juin 2016 et celui dès fin octobre 2016 ne se situe pas au niveau médical mais au niveau économique. En effet, l'emploi d'assistant en pharmacie, continué à 50%, bien qu'il n'ait déjà plus correspondu au profil d'exigibilité valable au plus tôt depuis décembre 2012 défini dès 2015 par le SMR, n'est plus du tout envisageable depuis juin 2016. L'employeur du recourant a dû repourvoir le poste d'assistant en pharmacie non susceptible d'être adapté ergonomiquement. Le 8 septembre 2016, l'employeur mentionnait tout au plus l'éventualité à discuter ultérieurement d'engagements pour quelques heures comme auxiliaire (voir "Protokoll per 17.11.2017" p. 5). Or, la demi-rente accordée dès le 1er mars 2016 par décisions d'avril et juillet 2016 trouvait son fondement dans le maintien à 50% de l'emploi d'assistant en pharmacie. L'Office AI Berne en avait décidé ainsi, en connaissance du profil plus optimiste du SMR admettant une capacité de travail à 100% avec perte de rendement de (seulement) 30% dans un emploi semi-assis compatible avec un fauteuil roulant. En cela, l'Office AI Berne avait suivi les conseils de son service spécialisé dans la réadaptation professionnelle. Il avait mis en avant les limitations avérées ainsi que l'âge avancé pour conclure qu'il était probable que la capacité de travail résiduelle existante ne puisse plus ou plus complètement être utilisée dans une activité de substitution exigible sur un marché du travail équilibré. Le spécialiste en réadaptation chargé du dossier avait en effet considéré qu'une perte de rendement interviendrait aussi dans une activité théoriquement mieux adaptée et qu'il en résulterait une perte de gain plus considérable. Il en avait conclu que la conservation du poste de travail au taux réduit de 50% (à compléter par une rente) représentait la solution offrant la meilleure réadaptation envisageable et que des mesures professionnelles n'étaient ni possibles ni appropriées (voir "Protokoll per 17.11.2017", "20.01.2016", p. 4). En outre, en vue de la conservation du poste, l'Office AI Berne avait déjà pris en charge 50% du salaire brut du 1er décembre 2015 au 30 avril 2016 (communication du 3 décembre 2015, également postérieure à l'évaluation du 3 novembre
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2015 du SMR). Il résulte de ce qui précède que même s'il n'existe pas, juridiquement, de modification de nature médicale entre l'état récupéré en novembre 2016 et l'état compatible avec le profil déjà défini en novembre 2015, la situation économique quant à elle s'est modifiée de façon déterminante par le fait que la place de travail n'entrait plus en considération, définitivement, depuis juin 2016.
5.4 Dans cette situation, l'Office AI Berne ne pouvait pas, ainsi qu'il le fait dans la décision du 7 septembre 2017, prétexter l'amélioration médicale des troubles neurologiques lombaires intervenue dès novembre 2016 pour revenir à la demi-rente versée avant la détérioration de juin 2016. Cette demi-rente était en effet déduite de la simple comparaison de revenus dans l'ancien emploi aux taux de 100% et 50%, comparaison qui n'a plus cours au vu de la modification de nature économique que représente la perte de l'emploi en question.
5.5
5.5.1 Dans son mémoire de réponse, en se fondant sur la modification notable de l'état de fait que représentait l'amélioration médicale de fin octobre 2016, l'intimé a abandonné le concept du retour à l'état antérieur à la crise intervenue en juin 2016. Il a entrepris de réévaluer complètement la situation, en tenant compte du spectre entier des éléments déterminant le droit à la prestation, ainsi qu’avec un regard neuf et sans être lié à de précédentes estimations de l’invalidité. Un tel raisonnement est conforme à la jurisprudence (voir c. 2.3.2). En procédant à un nouveau calcul de l'invalidité, l'intimé est arrivé à un taux de 46%, en fonction du profil décrivant une capacité de travail de 100% avec une perte de rendement de 30%, en comparant (voir c. 2.2) le dernier revenu d'assuré valide à plein temps (indexé à 2016: Fr. 86'190.-) avec, comme revenu hypothétique d'assuré invalide, les 70% de la valeur "total" de la table TA1, hommes, niveau 1, de l'Enquête suisse sur la structure des salaires (ESS) publiée par l'Office fédéral de la statistique (OFS) en 2014, indexé à 2016 (Fr. 46'697.- selon la réponse au recours; pour l'utilisation de la table ESS: ATF 143 V 295 c. 2.2 et 2.3 [en réalité comme la modification prend effet en février 2017, la valeur statistique aurait dû être indexée à 2017 mais les
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chiffres n'étaient pas encore disponibles à la date de la décision], pour l'adaptation à la durée de travail hebdomadaire: ATF 126 V 75 c. 3b/bb).
5.5.2 Pour pouvoir pratiquer la comparaison des revenus (art. 16 LPGA), le revenu de l'activité raisonnablement exigible de l'assuré doit être déterminé en se référant aux conditions d'un marché du travail équilibré. Cette notion théorique et abstraite sert de critère de distinction entre les cas tombant sous le coup de l'assurance-chômage et ceux qui relèvent de l'assurance-invalidité. Le marché du travail équilibré se caractérise par un certain équilibre entre l'offre et la demande de main-d'œuvre et comprend un marché du travail qui présente un éventail des activités les plus diverses, en ce qui concerne aussi bien les exigences professionnelles et intellectuelles requises que l'engagement physique. Cette notion comprend également les emplois dits de niches, à savoir des offres de poste et de travail dans lesquelles les personnes handicapées peuvent compter sur une bienveillance sociale de la part de l'employeur. On ne saurait toutefois se fonder sur des possibilités de travail irréalistes. Le point de savoir si une mesure peut être exigée d'un assuré doit être examiné au regard de l'ensemble des circonstances objectives et subjectives du cas concret. Selon la jurisprudence, il ne faut pas subordonner la concrétisation des possibilités de travail et des perspectives de gain à des exigences excessives (ATF 138 V 457 c. 3.1; SVR 2017 IV n° 64 c. 4.1, 2008 IV n° 62 c. 5.1). Il s'ensuit que pour évaluer l'invalidité, il n'y a pas lieu d'examiner la question de savoir si une personne invalide peut être placée eu égard aux conditions concrètes du marché du travail, mais uniquement de se demander si elle pourrait encore exploiter économiquement sa capacité de travail résiduelle lorsque les places de travail disponibles correspondent à l'offre de la main-d'œuvre (SVR 2016 IV n° 2 c. 4.4). L'âge avancé, même s'il consiste en un facteur étranger à l'AI, est considéré comme un élément qui, associé à d'autres considérations personnelles et professionnelles, peut conduire à ce que la capacité de gain encore reconnue à une personne assurée ne soit réellement plus recherchée sur un marché du travail équilibré et à ce que sa mise à profit ne soit dès lors plus exigible de cette personne, même en vertu de son obligation de se réadapter personnellement. L'incidence de l'âge sur la possibilité d'exploiter la capacité de travail résiduelle sur un marché du travail équilibré ne peut pas
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être mesurée de manière générale mais dépend des circonstances concrètes. Peuvent être à cet égard déterminants, la nature de l'atteinte à la santé et ses conséquences, le temps nécessaire à la reconversion et à l'adaptation de la personne assurée dans une nouvelle activité et, dans ce contexte également, la structure de sa personnalité, ses talents et aptitudes, sa formation, son parcours professionnel ou la possibilité de mettre en pratique l’expérience professionnelle acquise dans le domaine d'origine. L’absence d’une capacité résiduelle de gain exploitable du point de vue économique conduit à une incapacité de gain totale fondant un droit à une rente entière d’invalidité (ATF 138 V 457 c. 3.1; TF 8C_892/2017 du 23 août 2018 c. 3.2). Le TF a fixé le seuil à partir duquel on peut parler d'âge "avancé" aux alentours de 60 ans (TF 9C_918/2008 du 28 mai 2009 c. 4.2.2, 9C_437/2008 du 19 mars 2009 c. 4 et 9C_612/2007 du 14 juillet 2008 c. 5.1).
5.5.3 Certes, la démarche proposée par l'intimé dans le mémoire de réponse correspond à la jurisprudence en matière de révision (c. 5.5.1). Pourtant, le calcul, tel qu'il a été pratiqué, ne peut pas être admis. En réévaluant complètement la situation, il ne peut être ignoré, sur le plan économique, qu'à l'occasion des décisions de 2016, l'Office AI Berne avait accepté le compromis que représentait la demi-rente (avec demi-salaire assumé par l'employeur), malgré les risques de détérioration des ressources de mobilité de l'assuré. Cette solution avait été décidée dès novembre 2015, en connaissance du profil défini par le SMR, en renonçant à une réadaptation professionnelle en raison des difficultés de trouver un travail mieux adapté sur le marché du travail eu égard aux nombreuses restrictions médico-théoriques et à l'âge du recourant (voir "Protokoll per 17.11.2017", p. 3 et 4: "27.11.2015-20.01.2016"). Après la survenance de la détérioration de juin 2016 et l'organisation d'un entretien réunissant, le 8 septembre 2016, l'assuré, son médecin traitant, trois personnes représentant l'employeur et le spécialiste en réadaptation de l'AI, ce dernier a conclu que des mesures d'ordre professionnel n'entraient plus en ligne de compte, qu'il était mis fin au mandat de réadaptation (ce qui a été confirmé par préavis du 12 septembre 2016 et par décision du 24 octobre 2016) et que le droit à la rente allait être évalué dans une procédure de révision. Par la suite, après consolidation de l'état récupéré grâce aux infiltrations, aucun
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nouveau mandat de réadaptation n'a été donné. L'intimé n'a pas davantage incité l'assuré à utiliser un fauteuil roulant au sens de l'obligation de ce dernier de diminuer le dommage. Au dossier ne figure aucun indice de mise en demeure de cet ordre (art. 21 al. 4 LPGA).
Au cas particulier, ce n'est pas le profil médico-théorique qui est litigieux (voir c. 5.2), mais, l'emploi d'assistant en pharmacie étant désormais exclu, l'existence d'une activité adaptée exigible sur le marché du travail équilibré. Or en la matière, l'appréciation du service de réadaptation, émise déjà à l'octroi de la demi-rente (dans le contexte de la continuation de l'emploi à 50%), puis confirmée après la dégradation de la situation, doit l'emporter sur les regrets exprimés à demi-mots par le médecin du SMR de n'avoir pas vu le profil qu'il avait déjà mis strictement en œuvre depuis 2015 (en contraignant l'assuré à abandonner son emploi en pharmacie, même exercé à temps partiel, avant la dégradation vertébrale prévisible). Vu la solution négociée avec l'employeur et acceptée par l'intimé début 2016, on ne peut reprocher au recourant (qui avait déjà 59 ans à l'époque) de ne pas avoir pris conscience de la nécessité pour lui d'envisager une activité plus en adéquation avec les restrictions imposées par son état de santé dès fin 2015 ou début 2016 (après la définition du profil par le SMR). Il serait totalement incohérent d'appliquer à la situation dès novembre 2016 (se répercutant sur le droit à la rente dès février 2017), le profil que le spécialiste en réadaptation en novembre 2015 avait déjà qualifié de partiellement, voire entièrement en inadéquation avec le marché du travail. En effet, même sous l'angle d'un marché du travail équilibré, il est irréaliste de renvoyer un assuré, souffrant d'une paraplégie importante depuis plus de quarante ans, à huit mois de son 60ème anniversaire en février 2017 (mais à 59 ans et 11 mois et demi au moment de décision litigieuse du 9 septembre 2017), à son obligation de se réadapter par lui-même dans un emploi désormais susceptible d'être exercé majoritairement en fauteuil roulant, tout en laissant aussi la possibilité de changer de position pour éviter les escarres, handicaps auxquels s'ajoutent encore les passages prolongés aux toilettes (ce qui implique une perte de rendement de 30%). Même en considération de l'expérience professionnelle et des ressources personnelles du recourant, qui a réussi à travailler à plein temps pendant de nombreuses années en dépit de handicaps déjà lourds, on peine à
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imaginer qu'un employeur, même faisant preuve de bienveillance sociale, accepte d'engager une personne dans cette situation (atteintes graves au dos, troubles neurologiques multiples et problème neuro-articulaire au genou droit). Les moyens à engager dans une réadaptation professionnelle et dans l'aménagement de la place de travail (notamment son accessibilité et l'existence de toilettes adaptées) apparaissent disproportionnés par rapport au genre d'activités envisageables (à première vue, par exemple, certaines activités exclusivement de bureau, sans manutention, entrant dans les compétences essentiellement pharmaceutiques du recourant et pouvant être interrompues de façon autonome). La capacité de travail résiduelle théorique du recourant dans la période le séparant de l'âge ordinaire de la retraite nécessiterait des concessions irréalistes de la part d'un employeur moyen (SVR 2017 IV n° 64 c. 4.1, 2011 IV n° 6 c. 4.2.4). Il en découle, ainsi que l'appréciation du service de réadaptation de l'intimé le laisse entrevoir depuis fin 2015, qu'un quelconque revenu d'invalide ne peut être confirmé à un degré de vraisemblance prépondérante (degré de preuve déterminant en droit des assurances sociales, voir ATF 144 V 427 c. 3.2, 138 V 218 c. 6). Un abattement (au sens de la jurisprudence publiée par ex. aux ATF 134 V 322 c. 5.2, 129 V 472 c. 4.2.3), même maximal de 25% (ATF 135 V 297 c. 5.2, 134 V 322 c. 5.2; SVR 2018 IV n° 46 c. 3.3) sur le revenu hypothétique avec invalidité ne suffirait pas à compenser, hormis les besoins de pause accrus, pour changer de position et dus aux passages aux WC, déjà pris en compte dans la perte de rendement, les obstacles (mobilité extrêmement réduite, déficiences et faiblesses neurologiques, risques d'absences non prévisibles, changement d'emploi et de cadre de travail, âge) défavorisant le recourant sur le marché du travail.
6.
6.1 Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que le recours doit être admis et la décision attaquée annulée dans la mesure où elle réduit la rente entière d'invalidité allouée à compter du 1er septembre 2016 à une demi-rente depuis le 1er février 2017. La rente entière doit être octroyée au recourant au-delà du 31 janvier 2017 et l’intimé procédera au calcul du montant de la rente et au versement du solde encore dû.
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6.2 Les frais de la procédure de recours, fixés forfaitairement à Fr. 800.- sont mis à la charge de l'intimé, qui succombe (art. 69 al. 1bis LAI et 108 al. 1 LPJA; JAB 2009 p. 186 c. 4). L'avance de frais versée par le recourant lui est restituée.
6.3 Le recourant, qui obtient gain de cause et qui est représenté par un mandataire professionnel, a droit à l'octroi de dépens (art. 61 let. g LPGA et art. 104 al. 1 LPJA). Après examen de la note d'honoraires du 27 février 2018, qui ne prête pas à discussion compte tenu de l'importance et de la complexité objectives de la procédure judiciaire, ainsi que de la pratique du TA dans des cas semblables, les dépens sont fixés à Fr. 3'171.55 (honoraires de Fr. 2'856.60, débours de Fr. 80.- et TVA de Fr. 234.95 [taux de 8%, activité facturée déployée en 2017])