Decision ID: 78eddaf9-8e21-5a23-baa8-7cfd31b63fbc
Year: 2021
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_009
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: penal_law

EN FAIT
, la demande de révision interjetée par le Ministère public (MP) en date du 31 mars 2021 dans la procédure P/20762/2020 dirigée contre B_, supposément né le 1_ 2004, pour des faits commis les 2 et 3 novembre 2020 ;
Attendu que le MP expose que, postérieurement à la condamnation prononcée par le Tribunal des mineurs dans la susdite procédure, B_ a été identifié par la police, mise en œuvre dans le cadre de la cause P/2_/2021 sur la base d'informations reçues de la cellule des requérants d'asile le 5 mars 2021, selon lesquelles il était connu des autorités algériennes, comme étant en réalité D_, né le 3_ 1996, de sorte qu'il était majeur à la date de la commission des infractions pour lesquelles il a été jugé selon la procédure et le droit applicables aux mineurs ;
Qu’il résulte de l’extrait de son casier judiciaire que le prévenu est connu sous huit identités, avec trois dates de naissance, soit celles du 3_ 1996 (D_), 1_ 2003 (E_ / F_ / G_) et 1_ 2004 (H_) ;
Que par courrier du 5 mai 2021, il s’oppose à la révision de l'ordonnance pénale du 13 janvier 2021 ;
Qu’il expose que rien n'indique formellement qu'il serait en réalité D_, né le 3_ 1996, les informations communiquées par Interpol Algérie ne suffisant pas à le prouver et qu'en cas de doute sur son âge, le Tribunal des mineurs aurait dû ordonner une expertise médicale ;
Que son défenseur d'office dépose un état de frais facturant trois heures d’activité ;

Considérant, EN DROIT, que la Chambre pénale d'appel et de révision (CPAR) est l'autorité compétente en matière de révision (art. 21 al. 1 let. b du code de procédure pénale [CPP]
cum
art. 130 al. 1 let. a de la loi sur l'organisation judiciaire [LOJ]) ;
Que la demande de révision a été formée par devant l'autorité compétente et selon la forme prévue par la loi ;
Que, l'art. 410 al. 1 let. a CPP permet à toute personne lésée par un jugement entré en force d'en demander la révision s'il existe des faits ou des moyens de preuve qui étaient inconnus de l'autorité inférieure et qui sont de nature à motiver l'acquittement ou une condamnation sensiblement moins sévère du condamné ;
Qu'aux termes de l'art. 413 al. 2 CPP, si la juridiction d'appel constate que les motifs de révision sont fondés, elle annule partiellement ou entièrement la décision attaquée ; elle renvoie la cause pour nouveau traitement et nouveau jugement à l'autorité qu'elle désigne (let. a) ou elle rend elle-même une nouvelle décision si l'état du dossier le permet (let. b) ;
Qu'il s'agit d'examiner dans chaque cas, au regard des circonstances de l'espèce, si la demande de révision est abusive, soit notamment si elle tend à contourner les voies de droit ordinaires (ATF
145 IV 197
consid. 1.1) ;
Que rien ne permet de douter de l’exactitude des données recueillies par la police dans le cadre de la procédure P/2_/2021 fournies par la CPAR ;
Que du reste, le cité ne fournit aucun élément concret de nature à étayer sa contestation, étant observé qu'il ressort de son casier judiciaire suisse qu'il a donné plusieurs fausses identités lors de ses diverses interpellations, ce qui rend ses dénégations particulièrement peu crédibles ;
Que la CPAR considère qu'il est établi que le défendeur était en réalité majeur lorsque les faits jugés selon les règles applicables aux mineurs ont été commis, soit alors qu'il avait prétendu être né le 1_ 2004 ;
Que le MP et la juridiction des mineurs ignoraient cette circonstance ;
Qu'il s'avère ainsi que ladite juridiction n'était pas compétente ;
Qu'il convient partant d'admettre la demande de révision, d'annuler l'ordonnance pénale du 13 janvier 2021 et de renvoyer la cause au Tribunal de mineurs pour dessaisissement en faveur du MP ;
Que les frais de la procédure, comprenant un émolument de CHF 1'000.- (art. 428 al. 1 CPP et art. 14 al. 1 let. e du Règlement fixant le tarif des frais en matière pénale [RTFMP]), seront mis à la charge du défendeur qui succombe ;
Que le temps facturé par le défenseur d'office pour la procédure paraît répondre aux exigences régissant l'assistance judiciaire en matière pénale ;
Que ledit avocat sera partant rémunéré par CHF 775.45 (CHF 600.- + le forfait couvrant les activités diverses au taux de 20% [CHF 120.-] + la TVA au taux de 7.7% [CHF 55.45]).
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