Decision ID: 70f2ab51-b2c7-58cf-a999-d36a5c5203bc
Year: 2012
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_007
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 

EN FAIT
a)
Le 18 juillet 2011, G_ SA a rédigé et transmis à l'Office des poursuites (ci-après : l'Office), qui l'a enregistrée le 4 août 2011, une réquisition de continuer la poursuite n° 11 xxx48 V par la voie de la saisie à l’encontre de la société A_ SA.
b)
Par courriers des 19 octobre et 18 novembre 2011, ainsi que 12 janvier 2012, G_ SA a demandé à l'Office de lui transmettre le procès-verbal de saisie subséquent à la réquisition précitée.
c)
L'Office lui a répondu les 4 novembre et 9 décembre 2011, respectivement, que le débiteur avait été convoqué dans ses locaux le 14 octobre 2011 et que ledit Office était dans l’attente de renseignements de tiers (demandes bancaires, blocage de comptes).
Il n'a en revanche pas répondu au courrier de G_ SA du 12 janvier 2012.
a)
Par acte déposé le 16 février 2012 au greffe de la Chambre de surveillance des Offices des poursuites et des faillites (ci-après : la Chambre de céans), G_ SA a porté plainte contre l'Office pour retard injustifié.
Elle a conclu à ce qu'il soit ordonné à l'Office de lui transmettre immédiatement le procès-verbal de la saisie exécuté à l’encontre d’A_ SA.
b)
La Chambre de céans a invité l'Office à lui faire part de ses observations au sujet de cette plainte dans un délai échéant au 14 mars 2012, par courrier expédié le 22 février 2012.
Du rapport de l'Office, daté du 12 mars et reçu le 14 mars 2012 par la Chambre de céans, par lequel il a conclu à ce qu’il soit constaté que la plainte formée par G_ SA était devenue sans objet, il ressort ce qui suit :
- après avoir convoqué en vain un représentant d’A_ SA puis l'avoir sommé de se présenter dans ses locaux, l'Office a procédé à diverses demandes bancaires, lesquelles ont abouti, le 8 décembre 2011, à la saisie en main de la Banque MIGROS SA d'une somme de 936 fr. 22 sur le compte de la société précitée.
L'Office a versé au dossier la copie du procès-verbal de saisie, série
n° 11 xxxx38 R, établi le même jour, mais qui n'a manifestement pas été transmis à la créancière plaignante avant le 8 mars 2012 (cf. infra).
- L'Office explique en outre n'avoir pu rencontrer l'administrateur d’A_ SA que lors d'un passage à l'improviste dans les locaux de cette société, le 21 février 2012, date à laquelle une saisie mobilière portant sur différents stocks de l'établissement public exploité par A_ SA a pu être effectuée.
Cette nouvelle saisie a donné lieu à un complément de procès-verbal, série
n° 11 xxxx38 R, établi le même jour.
- Ce procès-verbal ainsi complété a été transmis le 8 mars 2012 aux parties, dont la plaignante; toutefois, du fait d'un problème de présentation, l'Office l'a annulé et remplacé spontanément par un nouveau procès-verbal de saisie, envoyé le 12 mars 2012 aux parties.
c)
Il ressort par ailleurs de l’historique informatique de la poursuite
n° 11 xxxx48 V que l'Office a ensuite reçu, le 22 mars 2012, une réquisition de vente mobilière des objets saisis en mains d’A_ SA, que le 27 mars 2012, cette dernière a spontanément payé à l'Office un acompte de 3'635 fr. 20, émolument non compris, que cet acompte a servi à désintéresser intégralement G_ SA le 28 mars 2012, et qu'en conséquence, cette poursuite a été clôturée le 30 mars 2012.

EN DROIT
1.
La Chambre de surveillance est compétente pour statuer sur les plaintes formées en application de la LP (art. 13 LP; art. 125 et 126 LOJ; art. 6 al. 1 et 3 et 7 al. 1 LaLP) contre des mesures non attaquables par la voie judiciaire ou, comme en l’espèce, pour retard injustifié (art. 17 al. 1 et 2 LP).
Une plainte pour déni de justice ou retard injustifié peut être formée en tout temps (art. 17 al. 3 LP).
En tant que créancière poursuivante, la plaignante a qualité pour se plaindre d’un retard injustifié dans le traitement de sa réquisition de continuer la poursuite par la voie de la saisie.
Sa plainte satisfait aux exigences de forme et de contenu prescrites par la loi (art. 9 al. 1 et 2 LaLP).
Elle est donc recevable.
2.
A teneur de l’art. 89 LP, lorsque le débiteur est sujet à la poursuite par voie de saisie, l’Office, après réception de la réquisition de continuer la poursuite, procède sans retard à la saisie ou y fait procéder par l’office du lieu où se trouvent les biens à saisir.
Le non-respect de cette prescription de procéder
"sans retard"
, qui signifie que l'Office doit agir sans désemparer mais en tenant compte de toutes les circonstances, soit en principe dans un délai de quelques jours, peut donner lieu à une plainte pour retard injustifié, et, en cas de dommage, entraîner la responsabilité du canton (art. 5 LP). Ce non-respect ne constitue en revanche pas une cause d'annulation ou de nullité de la saisie. (Walter A. Stoffel,
Voies d'exécution, § 3 n° 57 ss; Pierre-Robert Gilliéron, Commentaire,
ad art. 89 n° 40 ss; Bénédict Foëx, Commentaire romand de la LP ad art. 89 n° 15 ss).
3.
En l'espèce, la réquisition de continuer la poursuite visée a été enregistrée le
4 août 2011 par l'Office, qui a tenté en vain de joindre et de convoquer l'administrateur de la débitrice poursuivie et qui a tout de même pu procéder, à la suite d'investigations bancaires, le 8 décembre 2011, à la saisie d'un montant appartenant à cette débitrice.
En outre, le 21 février 2012, l'Office a pu, lors d'un passage à l'improviste dans les locaux de la débitrice, procéder à une saisie mobilière.
Le procès-verbal de saisie établi le 8 décembre 2011 a ainsi été complété et a pu être expédié à la créancière plaignante le 8 mars 2012, puis à nouveau, après correction de la présentation de ce procès-verbal, le 12 mars 2012.
Finalement, cette poursuite a été clôturée à fin mars 2012, à la suite du paiement intégral du montant dû à la plaignante par la citée.
Il découle de ce qui précède que l'on ne peut reprocher un retard injustifié à l'Office dans le traitement de la réquisition de continuer la poursuite visée.
Il apparaît en effet que ledit Office a eu toutes les peines du monde à entendre l'administrateur de la citée et qu'il a, dès que possible selon le résultat de ses investigations, procédé à une saisie bancaire puis mobilière, enfin, qu'il a envoyé le procès-verbal de saisie à la créancière plaignante avant le dépôt de ses observations au sujet de sa plainte, le 14 mars 2012.
Pour le surplus, la poursuite considérée a été intégralement réglée à la créancière plaignante à fin mars 2012.
La Chambre de céans constatera en conséquence que l'Office a pris en charge avec la diligence que l'on pouvait attendre de lui le traitement de la réquisition de continuer la poursuite n° 11 xxxx48 V par la voie de la saisie, de sorte qu'il n'en est pas résulté un retard injustifié dans ce traitement.
Pour le surplus, la plainte est devenue sans objet, le procès-verbal requis ayant été transmis à la créancière plaignante, dont la créance a en outre été intégralement réglée spontanément par la débitrice avant le prononcé de la présente décision.
La cause A/578/2012 sera en conséquence rayée du rôle.
4.
Il n'est pas perçu de dépens (art. 62 al. OELP).
* * * * *