Decision ID: 0f6ddbff-a3a8-416d-ac11-a799dba17de7
Year: 2005
Language: fr
Court: VD_TC
Chamber: VD_TC_031
Canton: VD
Region: Région lémanique
Law Area: public_law

Vu les faits suivants
A. X._ a bénéficié de l’indemnité de chômage à compter du 20 décembre 2002. Par décision du 16 septembre 2003, la Caisse cantonale de chômage (CCH) lui a réclamé la restitution d’une somme de 1'151,25 francs correspondant à une indemnisation versée à tort pour la période du 23 décembre 2002 au 5 janvier 2003, durant laquelle il avait déclaré prendre des vacances, durant lesquelles il n’avait pas droit à des prestations, des « jours sans contrôles » ne pouvant lui être attribués qu’après 60 jours de chômage contrôlés.
Cette décision était désignée comme telle. Elle a été notifiée par lettre signature. Elle ne comportait pas l’indication de la voie et du délai de recours même si on lisait à son pied l’indication suivante : « Annexe pour l’assuré : indications des voies de droit ». On ignore si une telle annexe a été communiquée à l’assuré.
X._ a recouru contre cette décision par lettre du 8 décembre 2003. Il y déclarait notamment : « (...) je m’excuse pour le retard de mon courrier ». Il faisait valoir en résumé que, n’ayant pas pris de vacances durant la période en cause, son droit à l’indemnité n’avait pas à être réduit.
B. Par prononcé du 24 décembre 2004, le Service de l’emploi a déclaré ce recours irrecevable pour tardiveté.
X._ a saisi le Tribunal administratif par lettre du 27 janvier 2005 en faisant valoir en substance que l’annexe « Indications des voies de droit pour l’assuré » ne lui avait pas été adressée avec la décision de la CCH du 16 septembre 2003, qu’il avait tenté en vain d’obtenir des renseignements pour recourir et qu’il avait été de bonne foi.
Dans sa réponse du 16 février 2005, l’autorité intimée a conclu au rejet du recours.

Considérant en droit
1. Recevant une décision lui réclamant la restitution d’une somme d’argent, cela par lettre signature du 16 septembre 2003, le recourant, titulaire d’une maturité fédérale et ayant accompli sans les achever des études aux Universités de Berne et Fribourg, notamment en matière de littérature française, n’a formulé un recours que plus de deux mois plus tard, à savoir le 8 décembre 2003. L’autorité intimée a considéré à juste titre que, même si quelques jours avaient pu s’écouler d’une part entre le moment où la Caisse de chômage avait pris sa décision et celui auquel elle avait notifié celle-ci par lettre signature par la poste, d’autre part entre le moment de cet envoi et sa réception par le recourant, et que celui-ci n’avait par hypothèse pas reçu l’indication de la voie et du délai de recours, les règles de la bonne foi ne permettaient pas de considérer qu’il avait agi en temps utile. Celles-ci imposent en effet une limite à l’évocation d’un vice de forme tel le défaut de l’indication de la voie et du délai de recours. Ainsi, l’intéressé doit agir dans un délai raisonnable dès qu’il a connaissance, de quelque manière que ce soit, de la décision qu’il entend contester (ATF 122 I 99 consid. 3a/aa, 111 V 150 consid. 4c et les références ; RAMA 1997 n° U 288 p. 444 s. consid. 2b/bb ; ZBI 95/1994 p. 530 consid. 2 ; Jean-François Egli, La protection de la bonne foi dans le procès, in : Juridiction constitutionnelle et juridiction administrative, Zürich 1992, p. 231 s.). Cela signifie notamment qu’une décision, fût-elle notifiée de manière irrégulière, peut entrer en force si elle n’est pas déférée au juge dans un délai raisonnable (SJ 2000 I p. 118). Or, en laissant s’écouler un laps de temps de quelque deux mois entre la réception de la décision attaquée et sa contestation formelle, l’intéressé n’a pas pris les mesures que l’on pouvait raisonnablement attendre de lui pour sauvegarder ses droits. Partant, le prononcé d’irrecevabilité doit être confirmé.
2. Le recourant fait valoir apparemment à bon escient que, désormais étudiant à l’Université de Zurich, il pourrait bénéficier d’une remise de son obligation de restituer. La question d’une telle remise ne relève cependant pas de la présente procédure et devra être tranchée sur requête par le Service de l’emploi dans une décision séparée.