Decision ID: d30b1ef6-b202-4d8d-adaa-0f44597ac3e9
Year: 2020
Language: fr
Court: VD_TC
Chamber: VD_TC_031
Canton: VD
Region: Région lémanique
Law Area: public_law

Vu les faits suivants:
A. Le commerce X._ est au bénéfice d'une licence de débit de boissons alcooliques à l'emporter valable du 22 novembre 2018 au 31 octobre 2023, les autorisations d'exploiter et d'exercer ayant été respectivement concédées à la société A._ et à son associé président B._.
Le 17 mai 2019, une intervention policière a été sollicitée dans un parking lausannois, où un groupe de jeunes consommait de l'alcool en écoutant de la musique. Selon le rapport de police établi le 18 juin 2019 à ce sujet, l'une des membres du groupe, une adolescente âgée de 15 ans, aurait déclaré aux agents avoir acheté plus tôt dans la journée une bouteille de vodka rouge, une bouteille de vodka verte et un paquet de cigarettes au commerce X._. Elle aurait indiqué également qu'elle avait eu, sur son téléphone portable, la photo d'une carte d'identité d'une personne majeure lui permettant de se légitimer en cas de contrôle. Toujours aux termes du rapport de police, lesdits agents s'étaient rendus ultérieurement au commerce X._, afin de récupérer les images de vidéosurveillance. Ils y avaient rencontré le gérant de l'établissement, B._ qui, surpris de leur présence, leur aurait dit que ses employés étaient bien sensibilisés au problème de vente d'alcool aux mineurs et que sans pièce de légitimation officielle, la vente devait être refusée. Le rapport précisait encore que le visionnage des images de vidéosurveillance avait confirmé que l'adolescente en cause avait effectivement demandé deux bouteilles de vodka et un paquet de cigarettes à la caissière. Comme celle-ci lui demandait de présenter sa carte d'identité, la jeune fille lui avait montré son téléphone, "probablement pour se légitimer avec la photographie dont elle [...] avait parlé", manœuvre qui avait permis de conclure la transaction. Il était enfin mentionné que la vendeuse aurait reconnu avoir procédé au contrôle d'identité uniquement sur la base d'une photographie, mais que pour B._ (qui n'était autre que son frère), elle restait une employée modèle et assidue avec laquelle il n'avait jamais eu de souci.
Informée des événements qui précèdent, la Police cantonale du commerce a avisé les titulaires de la licence, par lettre du 18 juillet 2019, que la protection de la jeunesse devait représenter une priorité pour l'exploitant d'un commerce comme le leur et leur a rappelé les dispositions légales applicables en la matière. Elle les rendait particulièrement attentifs au fait que la quantité et la nature de l'alcool (distillé) vendu à l'adolescente précitée étaient propres à mettre en danger sa santé. Elle les invitait dès lors à se déterminer sur cette question, précisant que sans réponse de leur part en temps utile, elle statuerait en l'état du dossier.
Par lettre du 30 juillet 2019, B._ a allégué que la vendeuse concernée avait bien fait son travail en vérifiant la pièce d'identité de la cliente lors de la transaction, quoiqu'elle l'ait fait sur la base d'un smartphone, précisant encore qu'il "s'agissait bel et bien de la bonne personne". Il affirmait qu'il était très rigoureux et ne permettait en aucun cas de vendre de l'alcool ou du tabac à une personne mineure, comme en attestait le résultat positif des deux derniers "achats-tests" réalisés par le donneur de franchise les 6 février 2019 et 10 avril 2019, annexés à la missive. Il assurait enfin avoir rappelé à l'entier du personnel de vérifier l'âge uniquement sur présentation de pièces d'identité physiques et non numériques.
Par décision du 17 septembre 2019, le Chef de la Police cantonale du commerce a prononcé une interdiction de servir et de vendre des boissons alcooliques au sein du commerce X._ et des locaux attenants durant deux semaines, soit du 1er novembre au 14 novembre 2019, et ordonné le retrait des locaux de l'ensemble des boissons alcooliques pendant cette période, sous la menace de la peine prévue à l'art. 292 du code pénal. Dite décision retenait qu'un contrôle de l'âge d'un client qui souhaitait acquérir une boisson alcoolique ne pouvait être effectué valablement que sur présentation préalable d'une pièce d'identité et non d'une simple photographie, circonstance qui avait permis en l'occurrence à une mineure de 15 ans de se procurer de l'alcool distillé dans une quantité de nature à mettre gravement en danger sa santé. Il était toutefois relevé également que le commerce concerné était régulièrement soumis à des achats-tests, qui tendaient à démontrer que la vente de boissons alcooliques à des mineurs n'ayant pas atteint l'âge légal requis n'était pas habituelle dans ce magasin, raison pour laquelle la sanction prononcée était pondérée.
B. Par mémoire de son conseil du 18 octobre 2019, A._ a recouru à la Cour de céans contre cette décision, en concluant principalement à son annulation et au constat que la société ne s'est rendue coupable d'aucune violation de la loi sur les auberges et débits de boissons, subsidiairement au prononcé d'un avertissement. Elle souligne que le commerce X._ n'a aucun antécédent en la matière, qu'elle est soucieuse de ses obligations légales et qu'elle va même volontairement au-delà en refusant de vendre de l'alcool aux jeunes de moins de 18 ans. Elle estime que la transaction litigieuse n'est pas due à une faute de la vendeuse, qui a correctement cherché à vérifier l'âge de la cliente, mais d'une supercherie de cette dernière, qui s'est fait passer pour une personne majeure à l'aide d'une fausse identité. Elle soutient dès lors que la sanction prononcée est injustifiée ou, du moins, disproportionnée, d'autant que la vente de boissons alcooliques représente 10% de son chiffre d'affaires total et qu'elle risquerait donc de subir une perte sèche de quelque 50'000 francs. A l'appui de ses moyens, elle produit notamment plusieurs photographies du magasin montrant de nombreuses pancartes de prévention contre la vente d'alcool aux mineurs, une attestation non datée du donneur de franchise indiquant qu'elle a passé avec succès tous les achats-tests effectués inopinément depuis 2016, ainsi qu'une analyse de son chiffre d'affaires du mois de septembre 2019. Elle requiert enfin, à titre provisionnel, la restitution de l'effet suspensif au recours.
Le 21 octobre 2019, la Juge instructrice a restitué l'effet suspensif à titre provisoire.
Dans sa réponse du 19 novembre 2019, l'autorité intimée conclut au rejet du recours. Elle considère qu'à une époque où les applications informatiques permettent aisément de modifier une photographie, il est élémentaire d'exiger d'une personne dont on doute objectivement qu'elle ait l'âge requis pour acheter de l'alcool distillé la présentation d'une pièce d'identité officielle, a fortiori en présence d'une quantité d'alcool de nature à mettre en danger la santé du client. Elle est ainsi d'avis que la faute commise est grave et que la sanction infligée est équilibrée tant au regard de la jurisprudence que de la volonté du législateur de renforcer la protection de la jeunesse contre la surconsommation d'alcool.
Dans un mémoire complémentaire du 6 décembre 2019, la recourante confirme ses conclusions et persiste dans ses moyens.
La cour a ensuite statué par voie de circulation.

Considérant en droit:
1. Le recours a été déposé dans les forme et délai légaux auprès de l'autorité compétente, si bien qu'il y a lieu d'entrer en matière sur le fond (cf. art. 79 al. 1, 92 al. 1, 95 et 99 de la loi vaudoise du 28 octobre 2008 sur la procédure administrative [LPA-VD; BLV 173.36]).
2. La décision attaquée sanctionne la recourante pour avoir fautivement vendu de l'alcool distillé à une mineure de moins de 16 ans.
3. a) L'art. 41 al. 1 let. i de la loi fédérale du 21 juin 1932 sur l'alcool (LAlc; RS 680) érige en interdiction la remise de boissons distillées à des enfants et à des adolescents de moins de 18 ans. Ce principe est concrétisé au niveau cantonal à l'art. 50 al. 1 let. c de la loi vaudoise du 26 mars 2002 sur les auberges et les débits de boissons (LADB; BLV 935.31), qui interdit de servir et de vendre des boissons alcooliques aux personnes de moins de 18 ans révolus, s'il s'agit de boissons distillées ou considérées comme telles. L'art. 50 al. 1 let. b LADB dispose en outre qu'il est interdit de servir et de vendre des boissons alcooliques aux personnes de moins de 16 ans révolus.
En cas d'infraction aux dispositions de la LADB ou de la législation fédérale en rapport avec la vente et le service de boissons alcooliques ou la lutte contre l'abus d'alcool, la Police cantonale du commerce peut prononcer une interdiction, temporaire ou définitive, mais de sept jours consécutifs au minimum, de vendre et de servir des boissons alcooliques (cf. art. 61 LADB, 2 al. 2 et 67a du règlement vaudois du 9 décembre 2009 d'exécution de la LADB [RLADB; BLV 935.31.1]). Dans les cas d'infractions de peu de gravité, elle peut adresser un avertissement aux titulaires de la licence, de l'autorisation d'exercer ou de l'autorisation d'exploiter (cf. art. 62 LADB).
b) La version actuelle des dispositions cantonales précitées, adoptée le 13 janvier 2015, est entrée en vigueur le 1er juillet 2015. Cette révision était motivée par la volonté de lutter contre la surconsommation d'alcool en général et de mieux protéger la jeunesse en particulier, traduite dans l'Exposé des motifs et projet de loi de décembre 2013 en ces termes:
"La surconsommation de boissons alcooliques, constatée chez les mineurs et par les clients d'établissements et de commerces, entraîne des déprédations et des bagarres, ayant pour conséquences que l'ordre, la sécurité, la tranquillité et la santé publics ne sont plus assurés. Par ailleurs, une étude menée en 2011 par la Fondation vaudoise contre l'alcoolisme (FVA) démontre que l'interdiction de la vente d'alcool aux jeunes gens de moins de 16/18 ans n'est pas respectée. Les tests pratiqués lors de cette étude ont révélé que 93,9% des jeunes auraient pu acheter de l'alcool dans les établissements et 65% dans les magasins. La lutte contre la consommation d'alcool chez les jeunes est une préoccupation constante des pouvoirs publics et nécessite une attention sans faille de la part des professionnels responsables de la branche. Pour améliorer cette problématique, tout en tenant compte de la liberté économique, les objectifs de sécurité et de santé publiques à atteindre sont:
- diminution de la consommation d'alcool: restriction du nombre de points de ventes de boissons alcooliques, introduction d'horaires moins larges, introduction d'un double horaire ou encore limitation d'un certain type de vente (par exemple, vente à l'emporter depuis une certaine heure), voire augmentation du prix de l'alcool par l'augmentation des taxes,
- pacifier les nuits: imposer, en collaboration avec les communes, des prescriptions minimales de sécurité (concept de sécurité) aux établissements,
- améliorer les connaissances des responsables d'établissements: renforcer la formation des professionnels de la branche".
4. a) En l'espèce, la recourante ne conteste pas que son employée a vendu deux bouteilles de vodka à une adolescente de 15 ans. Elle allègue toutefois que la vendeuse a exigé la présentation de la carte d'identité de la cliente, qui lui a dit ne pas l'avoir sur elle et lui a donc montré une photographie de pièce d'identité sur son téléphone portable pour légitimer sa majorité. La recourante estime donc que son employée a pleinement respecté ses obligations en voulant s'assurer que l'alcool n'était pas vendu à une personne mineure et qu'il ne lui incombait pas d'enquêter sur la véracité du document présenté, quel que soit son support (physique ou numérique). Elle soutient en effet que le problème aurait été le même si l'acheteuse s'était prévalue d'une carte d'identité empruntée ou usurpée à une tierce personne majeure, voire d'une carte trafiquée, de sorte que la supercherie relègue au second plan les manquements reprochés. En d'autres termes, la recourante se défend de toute faute commise par son auxiliaire et conteste le principe même de la sanction infligée.
De son côté, l'autorité intimée se réfère à l'art. 45 al. 4 RLADB, qui prévoit, s'agissant plus particulièrement des conditions d'accès des mineurs aux établissements, que toute personne doit être en mesure d'établir son âge exact, au moyen d'un document officiel muni d'une photographie, tel qu'un passeport, une carte d'identité ou un permis de conduire. Elle considère que cette disposition ne fait que rappeler les règles élémentaires de contrôle d'identité, applicables à plus forte raison à la vente de boissons alcooliques. Elle est ainsi d'avis qu'en se contentant d'une simple photographie sur un téléphone portable, facilement modifiable à l'ère numérique actuelle, la vendeuse a fait preuve de laxisme, constitutif tout au moins d'une faute par négligence.
b) Le tribunal confirme l'appréciation de l'autorité intimée. Quoi qu'en dise la recourante, le simple fait de présenter une photographie sur son téléphone portable pour établir son identité ou son âge n'est assurément pas équivalent à la production d'un document physique officiel. Il est constant en effet qu'aujourd'hui, les applications téléphoniques et logiciels informatiques existants offrent maintes possibilités de retoucher ou de falsifier une image numérique à un large public, même profane. De plus, une pièce de légitimation officielle n'existe qu'à un seul exemplaire, détenu en principe exclusivement par son titulaire, alors que la photographie d'un tel document peut être reproduite aisément en grand nombre, même à l'insu de la personne concernée. Il est ainsi bien plus difficile d'obtenir la pièce d'identité physique d'un tiers qu'une photographie de celle-ci. La présentation de la seule photographie d'une pièce d'identité peut donc déjà constituer un indice d'usurpation, propre à alerter le vendeur.
Dans ces conditions, exiger la présentation d'un document officiel physique au sens de l'art. 45 al. 4 RLADB, qui s'intitule "Protection de la jeunesse", dans le but de s'assurer que le consommateur ait bien l'âge légal requis pour se procurer des boissons alcooliques semble aussi pertinent que judicieux. Ce constat s'impose d'autant plus lorsqu'il est question, comme en l'occurrence, de vendre des alcools forts (et des cigarettes) à une jeune personne dont l'aspect juvénile avait déjà laissé planer un doute sur son âge, autant de circonstances qui nécessitaient une vigilance accrue de la part de la vendeuse. Raisonner différemment risquerait du reste d'ouvrir la porte à de nombreux stratagèmes similaires, clairement contraires à l'objectif d'affermir la protection de la jeunesse ancré dans la loi.
Aussi est-ce à bon droit que l'autorité intimée a considéré que la recourante devait répondre d'une violation, par son auxiliaire, des art. 41 al. 1 let. i LAlc et 50 al. 1 let. c LADB, et qu'elle a prononcé, sur le principe, une mesure disciplinaire à son encontre.
5. La recourante soutient subsidiairement que la sanction prononcée est disproportionnée et qu'un simple avertissement aurait dû lui être signifié.
a) Le principe de la proportionnalité, applicable notamment en matière de sanction administrative, exige qu'une mesure restrictive soit apte à produire les résultats escomptés (règle de l'aptitude) et que ceux-ci ne puissent être atteints par une mesure moins incisive (règle de la nécessité); en outre, il interdit toute limitation allant au-delà du but visé et il exige un rapport raisonnable entre celui-ci et les intérêts publics ou privés compromis (principe de la proportionnalité au sens étroit, impliquant une pesée des intérêts – ATF 133 I 110 consid. 7.1; TF 2C_1090/2013 du 23 juin 2014 consid. 4.1 et les références citées).
b) En l'espèce, la recourante fait valoir qu'elle ne compte aucun antécédent, qu'elle est consciente de ses obligations en matière de protection de la jeunesse, qu'elle a toujours scrupuleusement respecté les exigences de la LADB et qu'elle n'a pas attendu la décision litigieuse pour rappeler ses employés à leurs devoirs. Elle insiste en outre sur le fait qu'une interdiction de vendre des boissons alcooliques pendant deux semaines lui causerait une perte financière par trop importante en comparaison des torts reprochés.
Les pièces produites à l'appui du recours démontrent effectivement que la recourante est généralement respectueuse de la législation, qu'elle sensibilise son personnel à la protection des mineurs contre la vente de boissons alcoolisées et de tabac, qu'elle a affiché plusieurs mises en garde dans le magasin à l'intention des jeunes consommateurs (conformément aux prescriptions de l'art. 44 RLADB) et qu'elle a passé avec succès tous les essais d'achats effectués inopinément par son donneur de franchise depuis 2016, soit dix-sept au total.
S'il s'agit certes d'un cas isolé, il n'est toutefois pas sans gravité. En effet, comme l'a déjà rappelé la jurisprudence à maintes reprises, la simple vente d'alcool à des mineurs constitue un fait grave (cf. notamment CDAP GE.2016.0120 du 11 avril 2017 consid. 3c; CDAP GE.2016.0195 du 22 février 2017 consid. 2c et les arrêts cités). Or, par son comportement, la recourante a permis en l'occurrence à une mineure de moins de 16 ans de se procurer deux bouteilles d'alcool distillé et un paquet de cigarettes, ce qui était potentiellement en mesure d'attenter gravement à sa santé. Comme l'a d'ailleurs aussi souligné la jurisprudence, en raison de leurs heures d'ouverture prolongées, les magasins du type de celui de la recourante sont particulièrement attirants pour les mineurs souhaitant se procurer facilement de l'alcool distillé, de sorte qu'il se justifie de faire preuve d'une sévérité particulière à leur égard (cf. CDAP GE.2008.0114 du 31 octobre 2008 consid. 5b/bb). Dans ces conditions, il est exclu de prononcer un simple avertissement sur la base de l'art. 62 LADB, réservé aux "infractions de peu de gravité". Il s'impose au contraire de prononcer une interdiction, temporaire ou définitive, de vendre et de servir des boissons alcooliques, conformément à l'art. 61 LADB.
S'il est indéniable que la suspension de deux semaines prononcée par l'autorité intimée causera un préjudice important à la recourante, sa durée reste néanmoins dans le bas de la fourchette prévue par la loi, étant encore relevé qu'elle n'est que d'une semaine supérieure au minimum de sept jours consécutifs imposé par l'art. 67a RLADB. Quand bien même la recourante cite plusieurs arrêts cantonaux au terme desquels une mesure plus clémente avait été prononcée, il s'agissait d'affaires antérieures à la révision de la LADB de 2015 qui, comme déjà dit, préconise désormais des sanctions administratives plus strictes (cf. Exposé des motifs, commentaire ad art. 61; voir également CDAP GE.2016.0120 du 11 avril 2017 consid. 3c et l'arrêt cité).
Il s'ensuit que la sanction prononcée est conforme au principe de la proportionnalité.
6. En définitive, le recours, mal fondé, doit être rejeté et la décision attaquée confirmée. Compte tenu du fait que l'effet suspensif a été restitué provisoirement au recours, il appartiendra à l'autorité intimée de fixer de nouvelles dates pour l'exécution de sa décision. Les frais de justice sont mis à la charge de la recourante, qui succombe et n'a donc pas droit à des dépens (cf. art. 49 al. 1 et 55 al. 1, a contrario, LPA-VD).