Decision ID: 39623166-98a4-5624-96f3-042a6e158cba
Year: 2003
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_014
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: social_law

EN FAIT
Mme N_, née en 1977, a subi le 27 septembre 1995 une opération pratiquée à la Clinique X_ par le Docteur M_.
Par communication du 30 avril 1996, l’Office cantonal AI (ci-après l’OCAI) lui a confirmé qu’elle avait droit à la prise en charge des mesures médicales du 26 septembre au 4 octobre 1995, étant précisé toutefois que la convention conclue avec les assurances LAA/AM/AI et la Clinique X_ ayant été dénoncée, l’AI dès lors ne remboursait que le séjour hospitalier à concurrence du forfait journalier de l’Hôpital cantonal universitaire de Genève.
Le Docteur M_ avait établi une note d’honoraires le 27 octobre 1995 d’un montant de Fr. 5'375,--. L’OCAI s’est acquitté de cette somme le 3 juin 1996. Le 13 février 1997 cependant, la Centrale de compensation, constatant que l’AI avait remboursé à l’assurée les frais effectifs de la taxe forfaitaire en vigueur à l’Hôpital cantonal, soit neuf fois Fr. 842,--, a informé le Docteur M_ qu’il lui fallait rembourser les Fr. 5'375,--.
Le Docteur M_, représenté par Maître Olivier JORNOT, a contesté le bien-fondé d’une telle demande, rappelant que l’OCAI lui avait adressé une note le 29 avril 1996 aux termes de laquelle il prenait en charge l’entier de la note d’honoraires
.
Par décision du 2 juillet 1997, l’OCAI a réclamé le remboursement de la somme de Fr. 5'375,--. Il précise que :
« le document du 29 avril 1996 auquel se réfère Maître JORNOT n’est ni une décision, ni une communication, mais tout simplement la note établie en relation avec le paiement de votre facture du 27 octobre 1995 qui comporte une erreur de date dans la mesure où il fait état d’une décision du 29 avril 1996 alors que comme indiqué ci-dessus, la communication relative à l’intervention du 27 septembre 1995 a été rendue le 30 avril 1996. Ce document a été établi le 10 mai 1996, donc postérieurement à la communication du 30 avril 1996, lors de la transmission de la facture à la Centrale de compensation pour paiement ».
Le Docteur M_, toujours représenté par Maître JORNOT, a interjeté recours le 4 août 1997 contre ladite décision.
Se référant à un arrêt rendu par le TFA en 1986 (RCC 1986, p. 568), le Docteur M_rappelle que le lien juridique entre l’AI et le prestataire de soins est un contrat bilatéral fondé sur l’égalité des parties et une manifestation concordante des volontés. Aussi, ayant accepté le mandat et effectué l’opération alors que la convention entre l’AI et la Clinique X_ était encore en vigueur, n’est-il pas question de lui imposer un remboursement des prestations à concurrence du forfait journalier de l’Hôpital cantonal universitaire de Genève. Subsidiairement, il relève que les explications données par l’OCAI concernant une éventuelle erreur de date sont confuses et ne montrent pas en quoi la décision d’honorer sa facture serait postérieure au 29 avril 1996. Plus subsidiairement encore, il fait valoir les principes de bonne foi et d’égalité de traitement.
Dans son préavis du 14 janvier 1998, l’OCAI considère que l’arrêt du TFA sur lequel se fonde le Docteur M_ne saurait ici trouver application, les attributions relevant des compétences des caisses de compensation et des organes de l’AI ayant été redéfinies lors de la 3
ème
révision de la LAI entrée en vigueur le 1
er
janvier 1992. L’OCAI par ailleurs persiste à dire que la note établie en relation avec le paiement de la facture du 27 octobre 1995, dans la mesure où elle fait état d’une décision du 29 avril 1996 comporte une erreur de date. Il souligne enfin que le recourant ne saurait se prévaloir du principe de bonne foi puisqu’il ne pouvait ignorer au mois de septembre 1995 que la convention entre la Clinique X_ et les assurances LAA/AM/AI avait été dénoncée.
Invité à se déterminer, le recourant allègue que la 3
ème
révision de l’AI n’a en rien modifié la question spécifique des rapports entre les organes de l’assurance et les fournisseurs de soins puisqu’elle n’a porté que sur la réorganisation administrative de l’AI. Le Docteur M_s’indigne de ce qu’après avoir commis une série d’erreurs, l’OCAI n’hésite pas à mettre en doute sa bonne foi. Il nie avoir su, au moment où il procédait à l’intervention chirurgicale en septembre 1995, que la convention avait été dénoncée. Il relève à cet égard que l’OCAI n’a pas indiqué à quelle date ladite convention avait été dénoncée.

Les allégués des parties seront repris en tant que de besoin dans la partie « en droit » qui suit.
Le 26 juin 2000, Maître JORNOT a informé le greffe de la Commission cantonale de recours AVS-AI qu’il cessait de représenter le Docteur MOSER pour la défense de ses intérêts et que l’élection de domicile en son étude était révoquée.