Decision ID: 3e2a6161-e619-439d-8d39-bf4acf7883cc
Year: 2010
Language: fr
Court: CH_BSTG
Chamber: CH_BSTG_001
Canton: CH
Region: Federation
Law Area: penal_law

Le Président, vu:
- la décision du 7 octobre 2010 par laquelle le Ministère public de la Confédé-
ration (ci-après: MPC) a interdit à Me A. de représenter B. ainsi que C. SA, la fondation D., E. Ltd, F. Ltd, G. Ltd, H. Ltd, I. Ltd et J. Ltd dans la procédure pénale fédérale ouverte à l’encontre du premier cité,
- la plainte de Me A. du 13 octobre 2010 dirigée contre la décision précitée, par
laquelle il conclut sous suite de frais et dépens à ce qu’il plaise au Tribunal pénal fédéral:
« A la forme
Déclarer la présente plainte recevable.
Préalablement
Ordonner au Ministère public de la Confédération de verser aux débats la décision de levée du séquestre du compte de la ou des sociétés dont Monsieur K. est ayant droit économique.
Au fond Principalement
Constater la nullité de la décision du Ministère public de la Confédération du 7  2010, pour incompétence de cette autorité.
Constater que le plaignant, A., avocat, n’a aucun conflit d’intérêts à représenter à la fois B. et les sociétés C. SA, D., E. Ltd, F. Ltd, G. Ltd, H. Ltd, I. Ltd et J. Ltd.
Subsidiairement
Annuler la décision du Ministère public de la Confédération du 7 octobre 2010.
Dans tous les cas
Débouter tout opposant de toute autre conclusion.
Mettre les frais de procédure à charge de la Confédération.
Condamner la Confédération à indemniser le plaignant pour le temps que le  public de la Confédération lui a inutilement fait perdre en prétendant de  foi qu’il aurait un conflit d’intérêts. »,
- le courrier de Me A. daté du 5 novembre 2010, mais adressé le 4 novembre 2010 à l’autorité de céans dont la teneur est la suivante:
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« Monsieur le Président, Messieurs,
Le 13 octobre 2010, lorsque j’ai déposé plainte contre la pseudo-décision du MPC du 7 octobre 2010, jamais il ne me serait venu à l’idée que cette autorité se permettrait de mettre cette “décision” à exécution en désignant un avocat d’office pour mon client.
Dans la mesure où c’est désormais chose faite (cf. courrier annexé, adressé le 3  2010 à Me L.), je vous prie de bien vouloir accorder à votre plus proche convenance l’effet suspensif à la plainte que j’ai déposée le 13 octobre 2010.
Vous remerciant d’avance, je vous prie de croire, Monsieur le Président, Messieurs, à l’assurance de ma haute considération. »,
- l’annexe audit courrier, soit la décision de désignation de Me L. comme dé-
fenseur d’office de B. rendue le 3 novembre 2010 par la MPC,

Et considérant:
que l’ordonnance attaquée ayant été reçue le 8 octobre 2010, la recevabilité de la demande d’effet suspensif formée le 4 novembre 2010 apparaît déjà douteuse au regard du délai pour agir, et ce quand bien même la plainte au fond a été  en temps utile (art. 217 PPF);
que, en effet, le délai de cinq jours prévu par l’art. 217 PPF (applicable en l’espèce par renvoi de l’art. 105bis al. 2 PPF) pour former les conclusions  s’applique aussi aux conclusions accessoires, si tous les éléments de faits pertinents y relatifs sont connus du plaignant;
que cette question peut en l’état demeurer indécise dans la mesure où la requête doit de toute manière être rejetée pour les raisons qui suivent;
que, en effet, selon l’art. 218 PPF, la plainte ne suspend l’exécution de la  entreprise que si la Cour des plaintes ou son président l’ordonne;
que le but premier d’une telle mesure est le maintien d’un état qui garantit l’efficacité de la décision ultérieure, quel que soit son contenu;
que l’octroi ou le refus de l’effet suspensif dépend de la pesée des intérêts en présence et doit être fonction de chaque cas d’espèce (ATF 107 Ia 269 consid. 1);
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que, selon la jurisprudence et la doctrine, il appartient au requérant de démontrer qu’il est sur le point de subir un préjudice important et – sinon irréparable – à tout le moins difficilement réparable (cf. notamment les ordonnances présidentielles des 10 février et 11 juin 2010, BP.2010.6 et BP.2010.18-23; JdT 2008 IV 66, no 312 p. 161; KOLLY, Le pourvoi en nullité à la Cour de cassation pénale du  fédéral: un aperçu de la pratique, Berne 2004, p. 58 s. no 5.3.6; CORBOZ, Commentaire de la LTF, Berne 2009, no 28 ad art. 103);
qu’en l’espèce, le requérant se contente de requérir l’octroi de l’effet suspensif, sans même aborder la question du préjudice qu’il serait sur le point de subir, et encore moins la nature de ce dernier (supra, p. 3);
que, partant – et au vu des principes qui viennent d’être rappelés –, force est de constater que le requérant n’a pas démontré à satisfaction de droit le caractère irréparable, à tout le moins difficilement réparable, du préjudice qu’il serait sur le point de subir;
que la requête d’effet suspensif apparaît ainsi d’emblée mal fondée, et ce dans la faible mesure de sa recevabilité;
que, compte tenu de l’issue de la requête, il a été renoncé à procéder à un échange d’écritures (art. 219 al. 1 PPF a contrario par analogie);
qu’il y a lieu de percevoir un émolument qui sera fixé à Fr. 200.-- mis à la charge du requérant (art. 66 al. 1 LTF en lien avec l'art. 245 al. 1 PPF et l'art. 3 du  du 11 février 2004 fixant les émoluments judiciaires perçus par le  pénal fédéral; RS 173.711.32).
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