Decision ID: 54ca2022-6bc2-5cca-bf9f-80f39c4d92db
Year: 2015
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_013
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: public_law

EN FAIT
1) Les héritiers de Feu Monsieur A_, décédé le _ 2006, sont sa veuve, Madame B_, ainsi que leurs enfants communs, soit Madame C_ ainsi que Messieurs D_ et E_.![endif]>![if>
2) Au cours du mois de janvier 2013, le mandataire commun des héritiers a informé l’administration fiscale cantonale (ci-après : AFC) de l’existence d’avoirs qui n’avaient pas été déclarés par le défunt, au sujet desquels ils déposaient une déclaration spontanée. ![endif]>![if>
Mme B_ avait renoncé, dès le décès de son époux, à sa part successorale concernant ces avoirs.
3) Au terme de la procédure de rappel d’impôts quelle avait ouverte, l’AFC a notifié ![endif]>![if>
- à la veuve du défunt et à l’ensemble de ses héritiers, des bordereaux de rappel d’impôts concernant l’impôt cantonal et communal (ci-après : ICC) ainsi que l’impôt fédéral direct (ci-après : IFD) des années 2003, 2004 et 2005 ; ![endif]>![if>
- à chacun des enfants de ce dernier des bordereaux de rappel d’impôt ICC et IFD concernant les années 2006, 2007, 2008, 2009 et 2010.![endif]>![if>
4) Mmes B_ et C_ et MM. E_ et D_ ayant, ensemble, formé une réclamation contre les bordereaux concernant les années 2004 à 2005 et chacun des enfants ayant contesté les bordereaux des années 2006 à 2010, l’AFC a maintenu sa position par décisions sur réclamation du 31 mai 2013.![endif]>![if>
5) Le 28 juin 2013, Mmes B_ et C_ et MM. E_ et D_ ont saisi le Tribunal administratif de première instance (ci-après : TAPI) d’un recours contre la décision sur réclamation concernant les années 2003 à 2005.![endif]>![if>
L’AFC aurait dû fixer un forfait pour les frais bancaires, à 0,75 % de la valeur de la fortune. Les dettes fiscales devaient être prises en compte au cours des années successives.
6) Après avoir recueilli les observations de l’autorité intimée, le TAPI a admis le recours, par jugement du 16 juin 2014.![endif]>![if>
Les frais bancaires devaient être déduits, ce que l’AFC ne contestait plus.
Les dettes fiscales résultant des rappels d’impôt devaient être prises en compte en diminution des reprises successives.
7) Par acte déposé au guichet de la chambre administrative de la Cour de justice (ci-après : la chambre administrative) le 16 juillet 2014, l’AFC a formé recours du jugement précité. Les contribuables ne devaient pas être autorisés à faire valoir en diminution des reprises qui leur avaient été notifiées, les suppléments d’impôts découlant des rappels dont ils avaient fait l’objet.![endif]>![if>
La chambre administrative était déjà saisie d’un litige similaire dans une procédure en cours d’instruction.
8) Le 17 septembre 2014, Mmes B_ et C_ et MM. E_ et D_ ont conclu au rejet du recours.![endif]>![if>
9) À la demande de l’autorité recourante, un deuxième échange d’écritures a été autorisé.![endif]>![if>
Le 7 novembre 2014, l’AFC a relevé que la chambre administrative avait, dans l’
ATA/749/2014
du 23 septembre 2014, tranché une problématique identique ; cet arrêt était définitif et la solution qu’il avait retenu devait être appliquée à la présente espèce.
10) Le 5 décembre 2014, Mmes B_ et C_ et MM. E_ et D_ ont dupliqué. L’
ATA/749/2014
confirmait la déductibilité de la dette fiscale. Ils prenaient acte de l’acquiescement de l’AFC. Seule la question des frais et émolument devait encore être réglée par la chambre administrative.![endif]>![if>
11) Sur quoi la cause a été gardée à juger.![endif]>![if>

EN DROIT
1) Interjeté en temps utile devant la juridiction compétente, le recours est recevable (art. 132 de la loi sur l'organisation judiciaire du 26 septembre 2010 - LOJ -
E 2 05
; art. 62 al. 1 let. a de la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 1985 - LPA -
E 5 10
).![endif]>![if>
2) a. Le litige porte sur la déduction des rappels d’impôts de la fortune imposable pour les années 2003 à 2005, tant en matière d’ICC que d’IFD.![endif]>![if>
b. S’agissant du droit applicable, les questions de droit matériel sont résolues en fonction du droit en vigueur lors des périodes fiscales litigieuses (
ATA/406/2014
du 3 juin 2014).
Le 1
er
janvier 2010 est entré en vigueur la loi genevoise sur l'imposition des personnes physiques du 27 septembre 2009 (LIPP -
D 3 08
) dont l’art. 69 a abrogé les cinq anciennes lois sur l’imposition des personnes physiques (aLIPP-I à aLIPP-V).
L’art. 72 al. 1 LIPP prévoit que cette loi s’applique pour la première fois pour les impôts de la période fiscale 2010 et que les impôts relatifs aux périodes fiscales antérieures demeurent régis par les dispositions de l’ancien droit, même après l’entrée en vigueur de la nouvelle loi.
c. En l’espèce, le recours est donc soumis à l’ancien droit, les périodes fiscales concernées étant toutes antérieures à l’année 2010.
3) Il ressort de l’
ATA/749/2014
du 23 septembre 2014 que les créances résultant de rappels d’impôts sont à rapprocher des impôts ordinaires. Même si la fixation du montant dû intervient lors de la taxation du rappel, l’obligation fiscale existait auparavant. En conséquence, les créances représentant un rappel d’impôts doivent être considérées comme des charges lors de la fixation de la fortune nette imposable, et ce même si elle n’était pas fixée à la date déterminante (cf. ATA précité ad. consid. 3 let. c, ainsi que la jurisprudence et les références citées).![endif]>![if>
Au vu de ce qui précède, c’est à juste titre que le TAPI a admis la déduction des rappels d’impôts de la fortune, ce qui implique le rejet du recours.
4) Malgré l’issue du litige, aucun émolument ne sera perçu (art. 12 al. 2 du règlement sur les frais, émoluments et indemnités en procédure administrative du 30 juillet 1986 - RFPA -
E 5 10.03
). Une indemnité de procédure de CHF 500.- sera allouée - conjointement et solidairement - à Mme B_et à l’hoirie de feu M.A_, en application de l’art. 87 al. 2 LPA.![endif]>![if>
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