Decision ID: 8c79ebb3-75bc-5770-bf13-cd572cc46275
Year: 2018
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_001
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law

EN FAIT
, que par ordonnance du 12 mars 2018, le Tribunal de première instance a condamné A_LIMITED à fournir des sûretés en garantie des dépens d'un montant de 200'000 fr. (ch. 1 du dispositif) dans un délai de 45 jours à compter de la notification de ladite ordonnance (ch. 2) et dit que le délai pour répondre à la demande serait imparti à réception des sûretés (ch. 3);
Que le Tribunal a considéré que chaque codéfendeur devrait bénéficier d'une indemnisation individuelle, laquelle pourrait s'élever à 68'176 fr; que le montant total des dépens pourrait être ainsi de 273'444 fr., mais que les défendeurs avaient limité leurs prétentions en matière de sûretés à 200'000 fr.;
Que par acte expédié au greffe de la Cour le 26 mars 2018, A_LIMITED a formé recours contre cette ordonnance; qu'elle a conclu à son annulation et au renvoi de la cause au Tribunal, subsidiairement, à ce qu'un délai d'un mois et demi lui soit octroyé pour fournir des sûretés d'un montant de 78'000 fr.; qu'elle a invoqué que les défendeurs auront la même défense de sorte qu'il n'existait pas de raison d'octroyer plusieurs indemnités;
Que A_LIMITED a conclu, préalablement, à l'octroi de l'effet suspensif à son recours; qu'elle a invoqué à cet égard que si elle devait verser le montant de 200'000 fr. dans le délai imparti, elle serait empêchée d'investir cette somme et d'en tirer des revenus, que les intimés n'avaient pas encore, à ce stade, à déposer de réponse et que son recours paraissait,
prima facie
, fondé;
Qu'invités à se déterminer sur la requête d'effet suspensif, C_, D_, G_ et F_ SA ont conclu à son rejet;
Considérant,

EN DROIT
, que la Cour est saisie d'un recours au sens des art. 103 et 319 let. b ch. 1 CPC;
Que selon l'art. 325 CPC, le recours ne suspend pas la force de chose jugée et le caractère exécutoire de la décision entreprise (al. 1), l'instance de recours pouvant toutefois suspendre le caractère exécutoire de cette dernière en ordonnant au besoin des mesures conservatoires ou le dépôt de sûretés (al. 2);
Que selon les principes généraux applicables en matière d'effet suspensif, le juge procèdera à une pesée des intérêts en présence et se demandera en particulier si sa décision est de nature à provoquer une situation irréversible;
Que l'autorité cantonale doit faire preuve de retenue et ne modifier la décision de première instance que dans des cas exceptionnels; elle dispose cependant d'un large pouvoir d'appréciation permettant de tenir compte des circonstances concrètes du cas d'espèce (ATF
137 III 475
consid. 4.1; arrêt du Tribunal fédéral
5A_403/2015
du 28 août 2015 consid. 5);
Qu'en l'espèce, la recourante soutient que si elle devait verser la somme de 200'000 fr., elle serait empêchée de l'investir et d'en tirer des profits; qu'elle n'explique toutefois pas quel investissement concret elle envisage ni quel profit elle pourrait en retirer; qu'elle n'a dès lors pas rendu suffisamment vraisemblable qu'elle risquait de subir un préjudice si l'effet suspensif n'était pas octroyé, ni que celui-ci serait difficilement réparable;
Que le recours n'apparaît par ailleurs pas à ce stade,
prima facie
, manifestement fondé en tant qu'il soutient que les intimés devraient avoir une défense commune au vu de l'argumentation du Tribunal qui n'apparait pas d'emblée erronée;
Qu'au vu de ce qui précède, la demande tendant à suspendre le caractère exécutoire de l'ordonnance attaquée sera rejetée;
Qu'il sera statué sur les frais et dépens liés à la présente décision avec la décision au fond (art. 104 al. 3 CPC).
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