Decision ID: 01ff0d31-64a3-40b0-95e7-a60c88287bd3
Year: 2009
Language: fr
Court: VD_TC
Chamber: VD_TC_006
Canton: VD
Region: Région lémanique
Law Area: penal_law

En fait :
A.
Par jugement du 23 septembre 2009 le Tribunal de police de l'arrondissement de Lausanne a pris acte du retrait des plaintes et ordonné la cessation des poursuites pénales dirigées contre A._ pour diffamation, calomnie et injure (I), dit qu'A._ est le débiteur d'E._ du montant de 4'500 fr. à titre de dépens pénaux (II), mis une part des frais de la cause arrêtée à 705 fr. à la charge d'A._, le solde étant laissé à la charge de l'Etat (III).
B.
Ce jugement retient en substance ce qui suit, la cour de céans se référant pour le surplus à l'état de fait dans son intégralité :
1.
Le conseil du plaignant E._, Me Lavrov, a été constitué avocat lors du dépôt d'un recours contre l'ordonnance de non-lieu du 26 septembre 2007, soit dès le 11 octobre 2007.
2.
Lors de l'audience du 23 septembre 2009, les parties ont signé une convention judiciaire en ces termes :
« I. A._ prend acte de ce que E._ a reçu comme une injure la lettre qu'il lui a adressée le 17 octobre 2007 et, dans cette mesure, le regrette et s'en excuse.
II.
A._ s'engage à retirer la poursuite no. 06 172586 S de l'Office des poursuites de Genève ainsi qu'à ne plus requérir de poursuites contre E._ dont la cause serait fondée sur la responsabilité d'E._ en relation avec l'affaire [...], sous réserve de la situation dans laquelle A._ serait au bénéfice d'un jugement définitif et exécutoire.
III.
A._ versera à E._ une indemnité pour ses frais d'intervention pénale dont le montant est laissé à l'appréciation du président du Tribunal de céans.
IV.
E._ retire les plaintes déposées contre A._ le 6 novembre 2006 et le 18 octobre 2007.
V.
Les parties s'engagent à ne pas faire état de la présente convention, hormis dans le cas de l'ouverture d'une procédure par l'une des parties. »
C.
En temps utile, A._ a recouru contre le jugement précité. Dans le délai imparti à cet effet, il a déposé un mémoire concluant à sa réforme, en ce sens que les dépens pénaux mis à sa charge en faveur d'E._ sont arrêtés à 1'500 francs.

En droit :
1.
Le recours est en réforme uniquement. En pareil cas, la cour de céans examine librement les questions de droit sans être limitée aux moyens que les parties invoquent (art. 447 al. 1 CPP). Elle est cependant liée par les faits constatés dans le jugement attaqué, sous réserve des inadvertances manifestes qu'elle rectifie d'office (art. 447 al. 2 CPP).
2.
Le recourant considère que le montant des dépens alloués à E._ est trop élevé.
b)
Aux termes de l'art. 163 CPP, les dépens comprennent les honoraires d'avocat, la perte de gain et les débours divers qu'une partie a assumés pour participer au procès pénal ou à l'action civile jointe au procès pénal, et dont elle peut réclamer le remboursement à une autre partie, sauf au Ministère public.
La fixation des dépens dus à la partie civile relève du pouvoir d'appréciation du premier juge, la Cour de cassation n'intervenant dans ce domaine qu'en cas de fausse application manifeste de la loi ou d'abus du pouvoir d'appréciation (Cass., 14 septembre 2009, n° 378).
c)
En l'espèce, n'ayant pas d'éléments suffisants pour évaluer les pertes de gains et déplacements du client, le premier juge a limité le montant des dépens à la seule couverture des honoraires et débours du conseil dès son intervention.
La première intervention du conseil d'E._, Me Lavrov, remonte au 11 octobre 2007. Il s'agit d'un recours au Tribunal d'accusation visant à un complément d'instruction ensuite d'un non-lieu [pce 17]. Le recours fait huit pages et a dû être précédé d'une étude du dossier. Or, les faits ne sont pas simples. S'ensuivent diverses correspondances [pces 24, 26, 29 et 31], puis un mémoire d'intimé de six pages au Tribunal d'accusation [pce 38], la préparation de l'audience et enfin l'audience même, qui a duré un peu plus d'une heure. A cela s'ajoutent des conférences avec le client et la lecture de la volumineuse correspondance du premier conseil d'A._, Me [...].
Au vu de ces opérations, le montant de 4'500 fr., certes assez généreux, n'est pas arbitraire. Partant, il y a lieu de le confirmer.
3.
En conclusion, le recours d'A._ doit être rejeté. Les frais de deuxième instance sont mis à la charge du recourant, qui succombe (art. 450 al. 1 CPP).