Decision ID: f1681a0f-7961-5eef-aee9-f7711c892d31
Year: 2019
Language: fr
Court: FR_TC
Chamber: FR_TC_005
Canton: FR
Region: Espace_Mittelland
Law Area: penal_law

considérant en fait
A. Par courrier du 13 mai 2018, A._, domicilié à B._, a déposé une plainte pénale contre inconnu pour "modification illicite et violation des données personnelles protégées". En substance, il explique qu'une intrusion dans ses données personnelles par "un organe ayant un accès illimité" est intervenue en avril 2017 dans le registre des allocations familiales (ci-après: RAFam).
Il allègue notamment la mention soudaine, sur sa fiche de salaire du mois d'avril 2018, de déductions de la différence de l'allocation de formation de ses deux enfants. Selon lui, cette modification ferait suite à "l'altération illégale intervenue dans le fichier par l'autorité cantonal (sic) ayant accès en la matière". Il indique avoir réagi par courrier adressé le 27 avril 2018 à la Caisse de compensation du canton de Fribourg et à l'Office du personnel de l'Etat de Berne en alléguant être le seul bénéficiaire des allocations familiales. Une correction aurait ensuite été effectuée par décision du 7 mai 2018 du Service du personnel de l'Université de Berne.
B. Par ordonnance du 20 juin 2018, le Ministère public a refusé d'entrer en matière sur la plainte précitée. Il a considéré que dans la mesure où la Caisse de compensation du canton de Fribourg n'avait aucune compétence dans cette affaire et ne s'était nullement occupée du dossier du plaignant, les éléments au dossier ne permettaient pas de mettre en évidence la commission d'une quelconque infraction pénale.
C. Le 2 juillet 2018, A._ a recouru contre cette ordonnance en concluant à l'admission du recours, à ce qu'il soit reconnu victime de violation de ses données personnelles, au renvoi du dossier au Ministère public pour complément d'investigation, identification et condamnation de l'autorité ayant instigué ou participé à la violation de ses données personnelles et à ce qu'il ne soit pas perçu de frais de procédure.
D. Par courriers des 18 et 31 juillet, 20 août, 11 et 25 septembre 2018, A._ a complété son recours et produit de nouvelles pièces à l'appui de celui-ci.
E. A._ s'est acquitté par deux fois, les 11 et 12 septembre 2018, de l'avance de frais de CHF 500.- requise à titre de fourniture de sûretés par le Président d'alors de la Chambre.
F. Invité à déposé ses observations, le Ministère public s'est, par courrier du 24 septembre 2018, référé à son ordonnance de non-entrée en matière et a conclu au rejet du recours dans la mesure de sa recevabilité.
G. Le 24 octobre 2018, A._ a transmis à la Chambre ses données relatives à son identité.

en droit
1.
1.1. En application des art. 310 al. 2 et 322 al. 2 du code de procédure pénale suisse du 5 octobre 2007 (CPP; RS 312.0), la voie du recours à la Chambre pénale est ouverte contre une ordonnance de non-entrée en matière.
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1.2. Selon les art. 322 al. 2 et 396 al. 1 CPP, le recours est adressé par écrit, dans le délai de dix jours, à l'autorité de recours. En l'espèce, la date de notification de l'ordonnance du 20 juin 2018 ne ressort pas du dossier. Cependant, elle a été notifiée au plus tôt le 21 juin 2018, de sorte que le délai légal, qui arrivait à échéance le samedi 30 juin 2018, a été reporté au lundi 2 juillet 2018, soit le premier jour ouvrable suivant (art. 90 al. 2 CPP). Par conséquent, le recours déposé le 2 juillet 2018 l'a été en temps utile.
1.3.
1.3.1 Toute partie qui a un intérêt juridiquement protégé à l'annulation ou à la modification d'une décision a qualité pour recourir contre celle-ci (art. 382 al. 1 CPP). La partie plaignante a la qualité de partie (art. 104 al. 1 let. b CPP). On entend par partie plaignante le lésé qui déclare expressément vouloir participer à la procédure pénale comme demandeur au pénal et au civil. Une plainte pénale équivaut à une telle déclaration (art. 118 al. 1 et 2 CPP). On entend par lésé toute personne dont les droits ont été touchés directement par une infraction (art. 115 al. 1 CPP). Est directement touché dans ses droits au sens de l'art. 115 al. 1 CPP le titulaire du bien juridiquement protégé ou au moins celui coprotégé par la norme pénale (ATF 141 IV 454 consid. 2.3.1; 140 IV 155, JdT 2015 IV 107 consid. 3.2; arrêt TF 6B_799/2015 du 4 avril 2016 consid. 2.1).
La qualité pour recourir de la partie plaignante, du lésé ou du dénonciateur contre une ordonnance de classement ou de non-entrée en matière est ainsi subordonnée à la condition qu'ils soient directement touchés par l'infraction et puissent faire valoir un intérêt juridiquement protégé à l'annulation de la décision. En règle générale, seul peut se prévaloir d'une atteinte directe le titulaire du bien juridique protégé par la disposition pénale qui a été enfreinte (ATF 129 IV 95 consid. 3.1 et les références citées). Les droits touchés sont les biens juridiques individuels tels que la vie et l'intégrité corporelle, la propriété, l'honneur, etc. En revanche, lorsque l'infraction protège en première ligne l'intérêt collectif, les particuliers ne sont considérés comme lésés que si leurs intérêts privés ont été effectivement touchés par les actes en cause, de sorte que leur dommage apparaît comme la conséquence directe de l'acte dénoncé (ATF 141 IV 454 consid. 2.3.1 et les références citées; Message relatif à l'unification du droit de la procédure pénale du 21 décembre 2005, FF 2006 p. 1148).
1.3.2. En l'espèce, l'infraction de l'art. 144bis CP protège non seulement l'intégrité des données, mais également l'intérêt – individuel – de l'ayant droit à un usage sans perturbation. Par conséquent, la qualité pour recourir du recourant, qui explique autant que faire ce peut en quoi il serait lésé et directement atteint, doit être admise.
1.4.