Decision ID: fb758c55-fecb-4e7a-9c6d-41fdde42cd1d
Year: 2006
Language: fr
Court: VD_TC
Chamber: VD_TC_031
Canton: VD
Region: Région lémanique
Law Area: public_law

Vu les faits suivants
A.
A._, né le 2********, ressortissant marocain, est entré en Suisse pour se marier le 16 avril 2004 avec une compatriote au bénéfice d'une autorisation d'établissement. Il a obtenu de ce fait une autorisation de séjour pour vivre auprès de son épouse. Le couple s'est séparé au mois de mars 2005 et n'a jamais repris la vie commune depuis lors. Aucun enfant n'est issu de cette union. Selon un rapport de police de la Ville de 1******** du 15 septembre 2005, A._ a expliqué, dans un premier temps, qu'il était séparé de sa femme depuis le 1
er
avril 2005. Il est ensuite revenu sur sa déclaration en prétendant que lui et son épouse étaient toujours ensemble, bien qu'ils ne se soient pas revus depuis cette date. Dans une lettre du 22 août 2005, l'épouse de l'intéressé a déclaré qu'il ne lui était pas possible de reprendre la vie commune avec son mari; le climat était insupportable, son mari l'insultait; pour elle, la seule chose qui importait était qu'elle puisse divorcer.
B.
Par décision du 7 novembre 2005, le Service de la population du canton de Vaud (SPOP) a refusé de renouveler l'autorisation de séjour de A._ au motif que le mariage était vidé de toute substance.
Le 17 novembre 2005, A._ a interjeté recours auprès du Tribunal administratif contre cette décision dont il demande l'annulation.
Par décision incidente du 24 novembre 2005, le recourant a été autorisé à poursuivre son séjour dans le canton de Vaud jusqu'à ce que la procédure de recours cantonale soit terminée.
Le 21 décembre 2005, le recourant a déposé un lot de pièces.
Par lettre du 28 février 2006 adressée au Tribunal administratif, le recourant a indiqué qu'il avait noué une brève relation avec une femme mariée et titulaire d’un permis d’établissement ; celle-ci qui a accouché d'un enfant, né le 10 janvier 2006, dont il prétend être le père biologique. Par lettre du 27 mars 2006, le recourant a expliqué que son épouse n'avait pas encore ouvert action en divorce et que si elle ne le faisait pas sous peu, c'est lui qui allait entamer une procédure de divorce.
Dans ses déterminations du 20 avril 2006, le Service de la population a conclu au rejet du recours.

Considérant en droit
1.
Selon l'article 17 al. 2 1
ère
phrase de la loi fédérale du 26 mars 1931 sur le séjour et l'établissement des étrangers (LSEE; RS 142.20), le conjoint étranger d'un ressortissant étranger possédant un permis d'établissement a le droit à une autorisation de séjour aussi longtemps que les époux vivent ensemble. Une séparation entraîne donc la déchéance de ce droit indépendamment de ses motifs, à moins que la rupture ne soit que de très courte durée et qu’une reprise de la vie commune ne soit sérieusement envisagée à brève échéance (ATF 130 II 113 consid. 4.1 p. 116 et les références citées).
En l'espèce, il n'est pas contesté que le recourant vit séparé de son épouse depuis plus d'une année et que toute reprise de la vie commune est exclue, selon les propres dires du recourant. Celui-ci ne peut donc pas invoquer l'article 17 LSEE pour obtenir la prolongation de son autorisation de séjour. La communauté conjugale est en effet vidée de toute substance. Statuant librement sous l'angle de l'article 4 LSEE, le SPOP n'a pas commis un abus ou un excès de son très large pouvoir d'appréciation en refusant de prolonger l'autorisation de séjour du recourant sous l'angle des Directives LSEE (état janvier 2004) no 654, prévoyant que dans certains cas, notamment pour éviter des situations d'extrême rigueur, l'autorisation peut être renouvelée après dissolution de la communauté conjugale. En effet, force est de constater que le recourant, dont le séjour en Suisse est relativement bref (2 ans), n'a obtenu une autorisation de séjour qu'à la suite de son mariage avec une étrangère titulaire d'un permis d'établissement, avec laquelle il n'a pas eu d’enfant. Compte tenu de l'absence de liens très étroits avec notre pays, le recourant ne saurait prétendre à une autorisation de séjour. Au demeurant, son intégration socioprofessionnelle n'est pas particulièrement réussie et son comportement n’a pas été exempt de tout reproche.
Certes le recourant prétend avoir noué une relation avec une femme mariée, titulaire d’un permis d’établissement, qui a toutefois rompu avec lui. Il allègue être le père biologique de l’enfant né de cette brève relation, sans toutefois en apporter la moindre preuve. Contrairement à ce que soutient le recourant, la poursuite de son séjour en Suisse n’est pas indispensable pour entamer et suivre une éventuelle action en reconnaissance de paternité. Il peut attendre l’issue de cette procédure à l’étranger. Il a la possibilité de solliciter et d’obtenir un visa d’entrée en Suisse pour le cas où sa comparution personnelle devant un tribunal civil suisse s’avèrerait nécessaire.
2.
Vu ce qui précède, le recours doit être rejeté, sous suite de frais à la charge du recourant qui n'a pas droit à des dépens.
Suite à une séance de coordination de la chambre de police des étrangers (art. 21 al. 1 ROTA), il a été décidé qu'en cas de rejet de recours et de confirmation de la décision attaquée, un nouveau délai de départ serait désormais, et sauf exception, fixé par l'autorité intimée et non plus par le Tribunal administratif. En sa qualité d'autorité d'exécution des arrêts du tribunal, le SPOP est en effet mieux à même d'apprécier toutes les circonstances du cas d'espèce, tant dans la fixation du délai de départ que dans le contrôle du respect de ce dernier.