Decision ID: 37cd8214-c901-435d-ba04-1cdbe95ee8b3
Year: 2022
Language: fr
Court: VD_TC
Chamber: VD_TC_031
Canton: VD
Region: Région lémanique
Law Area: public_law

Vu les faits suivants:
A.
Par acte du 24 juin 2020, A._ a vendu la parcelle no ******** du cadastre de la Commune de ********, dont il est propriétaire.
B.
Par décision de taxation du 21 janvier 2021, l'Office d'impôt des districts de Nyon et Morges (ci-après: l'office d'impôt) a arrêté le gain immobilier relatif à cette vente à 609'534 fr. et fixé sur cette base l'impôt cantonal à 79'239 fr. 40.
C.
Par lettre du 19 février 2021, A._ a formé une réclamation contre cette décision. Il a contesté en particulier le prix de revient retenu par l'autorité de taxation.
L'intéressé a refusé les propositions de règlement établies par l'office d'impôt, puis l'Administration cantonale des impôts (ACI), respectivement les 1
er
avril 2021 et 28 février 2022.
Par décision du 2 mars 2022, l'ACI a rejeté la réclamation formée par A._ et réformé la décision attaquée comme il suit: "
Le gain immobilier imposable relatif à l'aliénation de la parcelle ******** de ******** est de CHF 841'397.- au taux de 13%, soit un impôt cantonal de CHF 109'381.60
". S'agissant de la motivation, elle s'est référée intégralement à la proposition de règlement qu'elle avait adressée à l'intéressé.
D.
Par acte du 29 avril 2022, A._ a contesté cette décision devant la Cour de droit administratif et public du Tribunal cantonal (CDAP), relevant:
"C'est un citoyen au bord de la dépression qui vous fait parvenir ce courrier.
En effet, suite à la contestation de l'impôt sur le gain immobilier, je me vois contraint aujourd'hui de régler une somme qui dépasse de CHF 30'000.- le montant initial calculé par l'administration et ceci sans avoir eu de réponse sur le fond. Tout ceci parce que j'ai loupé un délai de douze jours. Délai qui coïncide avec le suicide de l'un de mes meilleurs amis.
Pour étayer mes propos, je vous laisse le soin de prendre connaissance de mon courrier du 28 février 2022 qui résume très bien la situation dans laquelle je me trouve [...]."
Dans sa réponse du 30 mai 2022, l'ACI a conclu à l'irrecevabilité du recours pour cause de tardiveté. Elle a joint à son écriture l'extrait
track and trace
de la Poste suisse, dont il ressort que le pli comportant la décision attaquée a été distribué au guichet le 4 mars 2022. L'Administration fédérale des contributions (AFC), pour sa part, n'a pas procédé dans le délai imparti.
Le recourant a déposé un mémoire complémentaire le 18 juin 2022. Il ne s'est pas véritablement expliqué sur son retard, se limitant à signaler un article sur internet faisant état de la disparition de son ami évoquée dans le cadre de son acte de recours.

Considérant en droit:
1.
a) En matière d'impôt fédéral direct, aux termes de l'
art. 140 al. 1
de la loi fédérale du 14 décembre 1990 sur l'impôt fédéral direct (LIFD; RS 642.11)
, le contribuable peut s'opposer à la décision sur réclamation de l'autorité de taxation en s'adressant, dans les 30 jours à compter de la notification de la décision attaquée, à une commission de recours indépendante des autorités fiscales, tel, dans le canton de Vaud, le Tribunal cantonal.
Sur le plan cantonal, l'art. 95 de la loi vaudoise du 28 octobre 2008 sur la procédure administrative (LPA-VD; BLV 173.36), applicable par renvoi de l'art. 199 de la loi cantonale du 4 juillet 2000 sur les impôts directs cantonaux (LI; BLV 642.11), dispose que le recours au Tribunal cantonal s'exerce dans les 30 jours dès la notification de la décision ou du jugement attaqués.
Le délai de recours commence à courir le lendemain de la notification. Il est considéré comme respecté si le recours a été remis à un office de poste suisse ou à une représentation diplomatique ou consulaire suisse à l'étranger le dernier jour ouvrable du délai au plus tard. Lorsque le dernier jour du délai tombe un samedi, un dimanche ou un jour férié officiel, le délai expire le premier jour ouvrable qui suit (cf. art. 133 al. 1 LIFD, applicable par renvoi de l'art. 140 al. 4 LIFD; art. 19 et 20 al. 1 LPA-VD).
b) En droit fédéral comme en droit cantonal, le délai de recours peut être restitué, si le contribuable et son éventuel représentant ont été empêchés d'agir dans le délai, sans faute de leur part (cf. art. 133 al. 3 LIFD, applicable par renvoi de l'art. 140 al. 4 LIFD; art. 22 al. 1 LPA-VD).
Par empêchement non fautif, il faut entendre non seulement l'impossibilité objective, mais également l'impossibilité subjective, l'empêchement ne devant toutefois pas avoir été prévisible et devant être de nature telle que le respect du délai aurait exigé la prise de dispositions que l'on ne peut raisonnablement attendre de la part d'un homme d'affaire avisé (cf. récemment TF 2C_183/2022 du 31 mai 2022 consid. 3.2). La maladie ou l'accident peuvent, à titre d'exemples, être considérés comme des empêchements non fautifs et, par conséquent, permettre une restitution d'un délai, s'ils mettent la partie recourante ou son représentant légal objectivement ou subjectivement dans l'impossibilité d'agir par soi-même ou de charger une tierce personne d'agir en son nom dans le délai (cf. ATF 119 II 86 consid. 2a; TF 2C_349/2019 du 27 juin 2019 consid. 7.2 et les références). La jurisprudence admet également que le décès d'un proche peut constituer un empêchement non fautif d'agir à temps et justifier une restitution du délai s'il survient peu avant l'échéance de celui-ci (cf. TF 9C_54/2017 du 2 juin 2017 consid. 2.2 et les références).
c) En l'espèce, il ressort de l'extrait
track and trace
de la poste figurant au dossier que le pli contenant la décision attaquée a été distribué au recourant le 4 mars 2022. Le délai de recours arrivait dès lors à échéance le 4 avril 2022, le 3 avril 2022 étant un dimanche. Remis à un office postal le 29 avril 2022, l'acte de recours est dès lors manifestement tardif.
Le recourant semble invoquer le suicide d'un de ses meilleurs amis pour expliquer ce retard. Il n'a pas donné beaucoup d'explications à cet égard, se limitant à mentionner un article sur internet évoquant cette disparition. Selon les informations figurant dans cet article, le décès de son ami est intervenu le 23 mars 2022. Il ne fait pas de doute que cet événement a pu le perturber. Le recourant bénéficiait néanmoins d'encore plus de dix jours pour recourir. Un tel délai devait lui laisser le temps de s'organiser. A tout le moins, aucun élément du dossier ne permet de retenir qu'il se trouvait dans un état psychologique tel qu'il était dans l'impossibilité d'agir personnellement dans le délai de recours ou de charger un tiers d'accomplir les actes de procédure nécessaires. On relève en outre que, dans la mesure où la décision attaquée se référait intégralement à la proposition de règlement émise, l'intéressé pouvait se contenter de reprendre les déterminations qu'il avait faites sur cette dernière ou de s'y référer, ce qu'il a fait finalement.
Les conditions restrictives posées par la jurisprudence pour admettre une restitution du délai ne sont dès lors pas réalisées.
2.
Le recours doit par conséquent être déclaré irrecevable pour cause de tardiveté. Il s'agit d'un cas qui relève de la compétence du juge unique (art. 94 al. 1 let. d LPA-VD).
Le recourant, qui succombe, devrait supporter les frais de justice cf. art. 49 al. 1 LPA-VD). Il y est toutefois renoncé (cf. 50 LPA-VD).
Il n'y a pas lieu d'allouer de dépens (cf. art. 55 al. 1
a contrario
LPA-VD).