Decision ID: 41d5937f-cab5-51b0-a78b-83198ee94da1
Year: 2010
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_013
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: public_law

EN FAIT
1. Le 8 décembre 2009, le conseil municipal de la ville d'Onex a adopté deux délibérations, l'une refusant d'accorder une dérogation au rapport de surface dans le cadre de la requête en autorisation de construire DD _ et l'autre approuvant cette même dérogation
2. Madame et Monsieur B_, Monsieur R_, Madame et Monsieur S_ et Messieurs Z_ et W_ ont recouru auprès du Tribunal administratif, le 21 décembre 2009, contre l'une de ces délibérations.
3. En application de l'art. 86 al. 1 et 2 de la loi sur l’administration des communes du 13 avril 1984 (LAC -
B 6 05
), le Tribunal administratif a transmis le recours au Conseil d'Etat, lui impartissant un délai pour décider s’il entendait annuler l'acte attaqué.
Parallèlement, les recourants ont directement saisi le Conseil d'Etat d'une plainte contre cette délibération.
4. Par arrêté du 24 mars 2010, le Conseil d'Etat a annulé les deux délibérations. La volonté du Conseil municipal de la ville d'Onex ne ressortait pas clairement et l'acceptation consécutive de deux délibérations contradictoires, sans que la seconde n'annule formellement la première, ne permettait pas d'établir la réelle volonté de l’autorité municipale.
5. Le 26 mars 2010, le Tribunal administratif a rayé la cause du rôle, le recours étant devenu sans objet. Une indemnité de procédure de CHF 750.- était allouée aux recourants, à la charge de la ville d'Onex.
6. La ville d'Onex a saisi le Tribunal administratif d'une réclamation sur indemnité, le 27 avril 2010. Ce dernier avait supputé les chances de succès des recourants de manière inadmissible en accordant une telle indemnité. L'arrêté du Conseil d'Etat, rendu en qualité d'autorité de surveillance, ne pouvait fonder le droit à une indemnité dans le cadre d'une procédure administrative parallèle. La qualité pour recourir des recourants était douteuse.
7. Les parties ont été informées que la cause était gardée à juger le 27 mai 2010.

EN DROIT
1. Interjetée en temps utile devant la juridiction compétente, la réclamation sur indemnité est recevable (art. 87 al. 4 de la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 1985 - LPA -
E 5 10
).
2. La juridiction administrative qui rend la décision statue sur les frais de procédure et émolument dans les limites établies par le règlement du Conseil d’Etat et cela conformément au principe de proportionnalité (art. 87 al. 1 et 3 LPA). Elle peut allouer à la partie ayant entièrement ou partiellement gain de cause une indemnité pour les frais indispensables causés par le recours (art. 87 al. 2 LPA). Selon le règlement sur les frais, émoluments et indemnités en procédure administrative du 30 juillet 1986 (RFPA -
E 5 10.03
), l’indemnité fixée varie de CHF 200.- à CHF 10’000.-.
La juridiction dispose d’un large pouvoir d’appréciation, non seulement quant au principe de l’octroi d’une indemnité, mais aussi quant à sa quotité. La décision fixant le montant des dépens n’a en principe pas besoin d’être motivée. Cependant, elle doit échapper au grief d’arbitraire (ATF
114 Ia 332
).
3. En l’espèce, le recours initial est devenu sans objet en raison de l’annulation de la décision querellée par le Conseil d'Etat, en sa qualité d'autorité de surveillance des communes.
Les recourants, qui ont par ce biais obtenu le plein de leurs conclusions, avaient procédé par avocat et pris des conclusions express en allocation de dépens, comprenant notamment une indemnité de procédure valant participation aux honoraires d’avocat.
4. Dans ces circonstance, l'indemnité accordée sera maintenue et la réclamation sur indemnité sera ainsi rejetée. Il ne sera pas perçu d’émolument pour la présente cause (art. 87 LPA).
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