Decision ID: 168e95b7-f7bb-580f-b777-d2c66ba049b7
Year: 2017
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_014
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: social_law

Vu en fait
l’inscription de Madame A_ (ci-après : l’assurée), née le _ 1988, originaire de Grande-Bretagne, à l’Office régional du placement le 1
er
novembre 2016 ;
Vu la décision du 17 janvier 2017 de l’Office cantonal de l’emploi (ci-après : OCE) prononçant à l’encontre de l’assurée une suspension de son droit à l’indemnité de cinq jours au motif que ses recherches personnelles d’emploi pour le mois de décembre 2016 avaient été remises avec un léger retard le 6 janvier 2017 et qu’il s’agissait du second manquement ;
Vu le courriel de l’assurée du 3 mars 2017, rédigé en anglais, expliquant qu’elle avait remis ses recherches avec un retard d’un jour car elle était perturbée par le décès de son père, survenu quelques jours avant ;
Vu le courrier du 7 mars 2017 de l’OCE requérant de l’assurée une opposition rédigée en français et dûment signée d’ici au 22 mars 2017, sous peine d’irrecevabilité ;
Vu le courriel de l’assurée du 5 mai 2017, rédigé en français, par lequel elle indique souffrir de TDAH et de dyslexie ce qui rendait les démarche administratives difficiles, qu’elle ne savait pas que le délai de remise était fixé au 5 du mois et qu’elle était à ce moment-là en état de choc et de deuil en raison du décès de son père quelques jours plus tôt ;
Vu le renvoi du courriel du 5 mai 2017 par l’assurée au département de l’emploi, des affaires sociales et de la santé le 10 mai 2017 ;
Vu la décision de l’OCE du 24 mai 2017 déclarant l’opposition de l’assurée irrecevable au motif que celle-ci n’avait pas transmis une opposition dûment signée, malgré le courrier du 7 mars 2017 ;
Vu le recours de l’assurée du 16 juin 2017 auprès de la chambre des assurances sociales de la Cour de justice, reprenant les arguments de son opposition et faisant valoir une situation financière difficile ;
Vu la réponse de l’OCE du 4 juillet 2017 concluant au rejet du recours ;

Attendu en droit
que conformément à l'art. 134 al. 1 let. a ch. 8 de la loi sur l'organisation judiciaire, du 26 septembre 2010 (LOJ -
E 2 05
) en vigueur dès le 1er janvier 2011, la chambre des assurances sociales de la Cour de justice connaît, en instance unique, des contestations prévues à l'art. 56 de la loi fédérale sur la partie générale du droit des assurances sociales, du 6 octobre 2000 (LPGA -
RS 830.1
) relatives à la loi fédérale sur l'assurance-chômage obligatoire et l'indemnité en cas d'insolvabilité, du 25 juin 1982 (loi sur l’assurance-chômage, LACI -
RS 837.0
) ;
Que sa compétence pour juger du cas d’espèce est ainsi établie ;
Qu’interjeté en temps utile, le recours est recevable (art. 60 LPGA) ;
Que l’objet du litige porte sur le bien-fondé de l’irrecevabilité de l’opposition de la recourante mais non pas sur le bien-fondé de la suspension de cinq jours du droit à l’indemnité de la recourante ;
Que selon l’art. 10 al. 1, 4 et 5 de l’ordonnance sur la partie générale du droit des assurances sociales du 11 septembre 2002 (OPGA –
RS 830.11
) l'opposition doit contenir des conclusions et être motivée (al. 1) ; que l'opposition écrite doit être signée par l'opposant ou par son représentant légal ; qu’en cas d'opposition orale, l'assureur consigne l'opposition dans un procès-verbal signé par l'opposant ou son représentant légal (al. 4) ; que si l'opposition ne satisfait pas aux exigences de l'al. 1 ou si elle n'est pas signée, l'assureur impartit un délai convenable pour réparer le vice, avec l'avertissement qu'à défaut, l'opposition ne sera pas recevable (al. 5) ;
Qu’une opposition formée par e-mail n’est pas admissible (ATF
142 V 152
) ;
Que dans les rapports avec les autorités, la liberté de la langue est limitée par le principe de la langue officielle ; qu’en effet, sous réserve de dispositions particulières (par ex. les art. 5 par. 2 et 6 par. 3 let. a de la Convention européenne des droits de l’homme [CEDH]), il n’existe en principe aucun droit à communiquer avec les autorités dans une autre langue que la langue officielle ; que celle-ci est elle-même liée au principe de la territorialité, au sens où elle correspond normalement à la langue qui est parlée dans le territoire concerné ; que ces principes ont été formalisés dans la Constitution fédérale, notamment aux art. 18 et 70 (ATF
128 V 37
consid. 2b/aa). Que le principe de la territorialité des langues a pour conséquence que les parties doivent s’adresser aux autorités judiciaires cantonales dans la langue officielle du canton ; que dans les relations avec les autorités, les cantons peuvent imposer leur langue officielle comme langue judiciaire et exiger la traduction des actes de procédure rédigés dans une autre langue, fût-elle l’une des langues officielles de la Confédération (ATF
128 V 38
consid. 2b/bb).
Qu’en l’espèce, la recourante a transmis un courriel d’opposition, rédigé en français le 10 mai 2017, voire au plus tôt le 5 mai 2017 à l’intimé ;
Que ce faisant, elle n’a pas respecté la condition posée par l’intimé de lui faire parvenir d’ici au 22 mars 2017, sous peine d’irrecevabilité une opposition signée et rédigée en français ;
Que, par ailleurs, les raisons médicales invoquées par la recourante ne sauraient justifier une restitution de délai au sens de l’art. 41 LPGA ;
Qu’au vu de ce qui précède, la décision de l’intimé déclarant l’opposition de la recourante irrecevable, ne peut qu’être confirmée ;
Que, partant, le recours sera rejeté ;
Qu’au surplus la procédure est gratuite.