Decision ID: 3a6fc044-fdb3-4b4c-9658-dbc848ed1e08
Year: 2017
Language: fr
Court: CH_BSTG
Chamber: CH_BSTG_001
Canton: CH
Region: Federation
Law Area: penal_law

Faits:
A. Le 26 octobre 2015, le Ministère public de la Haute cour de cassation de
Roumanie a déposé une demande d’entraide auprès des autorités suisses.
Il a exposé qu'il avait ouvert une procédure pénale contre C. et D.
notamment, pour des faits de corruption passive. Il a requis en substance la
transmission de documentation bancaire relative à des comptes ouverts en
Suisse par A., laquelle est suspecté d'avoir blanchi des fonds issus des
infractions en cause (causes RR.2016.305-306 et RR.2016.307, act. 1.4).
B. Le 18 janvier 2016, le Ministère public de la Confédération (ci-après: MPC),
à qui l’Office fédéral de la justice (ci-après: OFJ) avait délégué la cause pour
traitement, est entré en matière sur la demande (causes RR.2016.305-306
et RR.2016.307, act. 1.6).
C. Par décisions de clôture du 31 octobre 2016, le MPC a ordonné la
transmission à l’Etat requérant de la documentation relative aux comptes
nos 1 et 2, ouverts par A., respectivement par cette dernière et son époux B.,
auprès de la banque E. (causes RR.2016.305-306 et RR.2016.307, act. 1.1).
D. Par mémoires du 2 décembre 2016, la prénommée (cause RR.2016.307),
respectivement celle-ci et son époux (cause RR.2016.335-336), défèrent
dites décisions, dont ils demandent l'annulation, devant la Cour des plaintes
du Tribunal pénal fédéral. Ils concluent au rejet de la demande d'entraide
(causes RR.2016.305-306 et RR.2016.307, act. 1).
E. Dans le cadre de l'échange d'écritures ordonné par la Cour de céans, l'OFJ
et le MPC concluent au rejet du recours, tandis que les recourants persistent
dans leurs conclusions (cause RR.2016.305-306, act. 8, 9, 11, 13 et 14;
cause RR.2016.307, act. 8, 10, 12, 14 et 15).
Les arguments et moyens de preuve invoqués par les parties seront repris,
si nécessaire, dans les considérants en droit.
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La Cour considère en droit:
1.
1.1 L’entraide judiciaire entre la Roumanie et la Confédération suisse est régie
par la Convention européenne d’entraide judiciaire en matière pénale (CEEJ;
RS 0.351.1), entrée en vigueur pour la Suisse le 20 mars 1967 et pour la
Roumanie le 15 juin 1999, ainsi que par le Deuxième Protocole additionnel
à la Convention (RS 0.351.12), entré en vigueur pour la Suisse le 1er février
2005 et pour la Roumanie le 1er mars 2005. Le droit interne pertinent, soit en
l’occurrence la loi fédérale sur l’entraide pénale internationale en matière
pénale (EIMP; RS 351.1) et son ordonnance d’exécution (OEIMP;
RS 351.11), reste applicable aux questions qui ne sont réglées ni
explicitement ni implicitement par les traités, ou lorsqu’il est plus favorable à
l’entraide, sous réserve du respect des droits fondamentaux (ATF 142 IV 250
consid. 3; 140 IV 123 consid. 2; 135 IV 212 consid. 2.3; 123 II 595
consid. 7c).
1.2 Aux termes de l'art. 80e al. 1 EIMP, mis en relation avec l’art. 37 al. 2 let. a
ch. 1 de la loi fédérale sur l’organisation des autorités pénales de la
Confédération (LOAP; RS 173.71), peuvent faire l'objet d'un recours devant
l'autorité de céans la décision de l'autorité d'exécution relative à la clôture de
la procédure d'entraide et, conjointement, les décisions incidentes.
1.3 L’économie de procédure peut commander à l’autorité saisie de plusieurs
requêtes individuelles de les joindre ou, inversement, à l’autorité saisie d’une
requête commune par plusieurs administrés (consorts) ou, saisie de
prétentions étrangères entre elles par un même administré, de les diviser;
c’est le droit de procédure qui régit les conditions d’admission de la jonction
et de la disjonction des causes (BOVAY, Procédure administrative,
2e éd. 2015, p. 218 s.). Bien qu’elle ne soit pas prévue par la loi fédérale sur
la procédure administrative du 20 décembre 1968 [PA; RS 172.021],
l'institution de la jonction des causes est néanmoins admise en pratique
(cf. arrêts du Tribunal pénal fédéral RR.2008.190 du 26 février 2009,
consid. 1; RR.2008.216 + RR.2008.225-230 du 20 novembre 2008,
consid. 1.2; MOSER/BEUSCH/KNEUBÜHLER, Prozessieren vor dem
Bundesverwaltungsgericht, 2e éd. 2013, § 3.17, p. 144 s.).
1.4 Les causes RR.2016.305-306 et RR.2016.307 concernent le même
complexe de fait. Les considérants et le dispositif des actes attaqués, ainsi
que les griefs soulevés par les recourants et les conclusions prises par ceux-
ci, sont en substance identiques. De plus, les intéressés sont représentés
par le même avocat. Dans ces conditions, il y a lieu de joindre les deux
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causes.
1.5 Aux termes de l’art. 80h let. b EIMP, a qualité pour recourir en matière
d’entraide quiconque est personnellement et directement touché par une
mesure d’entraide et a un intérêt digne de protection à ce que celle-ci soit
annulée ou modifiée. Précisant cette disposition, l’art. 9a let. a OEIMP
reconnaît au titulaire d’un compte bancaire la qualité pour recourir contre la
remise à l’Etat requérant d’informations relatives à ce compte
(cf. ATF 137 IV 134 consid. 5 et 118 Ib 547 consid. 1d).
Les recourants sont titulaires des comptes dont la transmission de la
documentation a été ordonnée dans les actes litigieux, de sorte qu'ils ont
qualité pour attaquer ceux-ci.
1.6 Formés le 2 décembre 2016 contre des décisions notifiées le 2 novembre
précédent, les recours l'ont été dans le délai de 30 jours institué par l'art. 80k
EIMP.
1.7 Compte tenu de ce qui précède, il y a lieu d'entrer en matière.
2. Les recourants dénoncent en substance une violation des art. 28 et 80b
EIMP, ainsi que des principes de la double incrimination et de la
proportionnalité. La copie de la demande d'entraide qui leur a été remise
aurait été à tel point caviardée par l'autorité d'exécution qu'ils ne
disposeraient pas d'informations suffisantes pour exercer efficacement leurs
droits dans la présente procédure, respectivement que les exigences posées
par la seconde disposition légale précitée ne seraient en l'occurrence pas
remplies. En outre, l'existence de faits constitutifs en droit suisse d'infractions
n'aurait pas été démontrée et les documents dont la transmission a été
ordonnée ne présenteraient aucun lien avec la procédure pénale ouverte en
Roumanie.
3.
3.1 Le droit de consulter le dossier s’étend à toutes les pièces décisives pour
l’issue de la cause; a contrario, la consultation des pièces non pertinentes
peut être refusée (cf. HATF 132 II 485 consid. 3.2; 121 I 225H consid. 2a p. 227).
En matière d’entraide judiciaire, le droit d’être entendu est mis en oeuvre par
l’art. 80b EIMP et par les art. 26 et 27 PA (par renvoi de l’art. 12 al. 1 EIMP).
Ces dispositions permettent à l’ayant droit, à moins que certains intérêts ne
s’y opposent (art. 80b al. 2 EIMP), de consulter le dossier de la procédure,
la demande d’entraide et les pièces annexées. La consultation ne s’étend en
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tout cas qu’aux pièces pertinentes (art. 26 al. 1 let. a, b et c PA; HATF 119 Ia
139H consid. 2d; 118 Ib 438 consid. 3) et, selon l’art. 80b al. 1 EIMP a
contrario, qu’aux pièces fournies par l’autorité requérante.
3.2 Selon l'art. 14 CEEJ, la demande d'entraide doit notamment indiquer son
objet et son but (ch. 1 let. b), ainsi que l'inculpation et un exposé sommaire
des faits (ch. 2). Ces indications doivent permettre à l'autorité requise de
s'assurer que l'acte pour lequel l'entraide est demandée est punissable selon
le droit des parties requérante et requise (art. 5 ch. 1 let. a CEEJ), qu'il ne
constitue pas un délit politique ou fiscal (art. 2 let. a CEEJ) et que le principe
de la proportionnalité est respecté (ATF 118 Ib 111 consid. 5b et les arrêts
cités). Le droit interne (art. 28 EIMP) pose des exigences équivalentes,
encore précisées par l'art. 10 al. 2 OEIMP selon lequel doivent en tout cas
figurer le lieu, la date et le mode de commission de l'infraction (arrêt du
Tribunal fédéral 1A.145/2006 du 15 septembre 2006, consid. 2.1). Cela
étant, on ne saurait exiger de l'Etat requérant un exposé complet et exempt
de toute lacune, puisque la procédure d'entraide a précisément pour but
d'apporter aux autorités de l'Etat requérant des renseignements au sujet des
points demeurés obscurs (ATF 117 Ib 64 consid. 5c et les arrêts cités).
3.3 La condition de la double incrimination est satisfaite lorsque l'état de fait
exposé dans la demande correspond, prima facie, aux éléments constitutifs
objectifs d'une infraction réprimée par le droit suisse, à l'exclusion des
conditions particulières en matière de culpabilité et de répression, et donnant
lieu ordinairement à la coopération internationale (cf. art. 64 al. 1 EIMP cum
art. 5 ch. 1 let. a CEEJ; ATF 124 II 184 consid. 4b; 122 II 422 consid. 2a;
424; 118 Ib 448 consid. 3a; 117 Ib 337 consid. 4a; 117 Ib 64 consid. 5c; 116
Ib 89 consid. 3c/bb; 112 Ib 576 consid. 11 b/bb; 112 Ib 225 consid. 3c et la
jurisprudence citée). La condition de la double incrimination s’examine selon
le droit en vigueur dans l’Etat requis au moment où est prise la décision
relative à la coopération, et non selon celui en vigueur au moment de la
commission de l'éventuelle infraction ou à la date de la commission rogatoire
(ATF 129 II 462, consid. 4.3; 122 II 422 consid. 2a; 112 Ib 576 consid. 2;
arrêt du Tribunal fédéral 1A.96/2003 du 25 juin 2003, consid. 2.2; arrêts du
Tribunal pénal fédéral RR.2012.262-263 du 28 juin 2013 consid. 2.1;
RR.2011.246 du 30 novembre 2011, consid. 3.2; RR.2007.178 du
29 novembre 2007, consid. 4.3; cf. aussi. ZIMMERMANN, La coopération
judiciaire internationale en matière pénale, 4e éd. 2014 n° 581). Il n'est pas
nécessaire que les faits incriminés revêtent, dans les deux législations
concernées, la même qualification juridique, qu'ils soient soumis aux mêmes
conditions de punissabilité ou passibles de peines équivalentes; il suffit qu'ils
soient réprimés, dans les deux Etats, comme des délits donnant lieu
ordinairement à la coopération internationale (ATF 124 II 184 consid. 4b/cc;
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117 Ib 337 consid. 4a; 112 Ib 225 consid. 3c et les arrêts cités; arrêt du
Tribunal fédéral 1C_123/2007 du 25 mai 2007, consid. 1.3), et pour autant
qu'il ne s'agisse pas d'un délit politique ou fiscal (art. 2 let. a CEEJ).
Contrairement à ce qui prévaut en matière d'extradition, il n'est pas
nécessaire, en matière de "petite entraide", que la condition de la double
incrimination soit réalisée pour chacun des chefs à raison desquels les
prévenus sont poursuivis dans l'Etat requérant (ATF 125 II 569 consid. 6;
arrêts du Tribunal fédéral 1C_138/2007 du 17 juillet 2007, consid. 2.3.2;
1A.212/2001 du 21 mars 2002, consid. 7). Pour répondre à cette question,
le juge de l'entraide se fonde sur l'exposé des faits contenu dans la requête.
Il est rappelé que l'autorité suisse saisie d'une requête n'a pas à se
prononcer sur la réalité des faits. Elle ne s'écarte des faits décrits par
l'autorité requérante qu'en cas d'erreurs, lacunes ou contradictions évidentes
et immédiatement établies (ATF 107 Ib 264 consid. 3a; arrêt du Tribunal
fédéral 1A.270/2006 du 13 mars 2007, consid. 2.1; arrêts du Tribunal pénal
fédéral RR. 2015.182 du 11 novembre 2015, consid. 2.1; RR.2008.69 du
14 août 2008, consid. 3).
3.4 Selon le principe de la proportionnalité, la question de savoir si les
renseignements demandés sont nécessaires ou simplement utiles à la
procédure pénale est en principe laissée à l’appréciation des autorités de
poursuite de l’Etat requérant. L’Etat requis ne disposant généralement pas
des moyens qui lui permettraient de se prononcer sur l’opportunité de
l’administration des preuves acquises au cours de l’instruction étrangère, il
ne saurait substituer sur ce point sa propre appréciation à celle des
magistrats chargés de l’instruction. La coopération ne peut dès lors être
refusée que si les actes requis sont manifestement sans rapport avec
l’infraction poursuivie et impropres à faire progresser l’enquête, de sorte que
la demande apparaît comme le prétexte à une recherche indéterminée de
moyens de preuve (ATF 122 II 367 consid. 2c; arrêt du Tribunal pénal fédéral
RR.2009.33-36 du 25 juin 2009, consid. 3.1). Le principe de la
proportionnalité interdit en outre à l’autorité suisse d’aller au-delà des
requêtes qui lui sont adressées et d’accorder à l’Etat requérant plus qu’il n’a
demandé. Cela n’empêche pas d’interpréter la demande selon le sens que
l’on peut raisonnablement lui donner. Le cas échéant, une interprétation
large est admissible s’il est établi que toutes les conditions à l’octroi de
l’entraide sont remplies; ce mode de procéder permet aussi d’éviter
d’éventuelles demandes complémentaires (ATF 121 II 241 consid. 3a; arrêt
du Tribunal pénal fédéral RR.2009.286-287 du 10 février 2010, consid. 4.1).
Lorsque la demande vise à éclaircir le cheminement de fonds d’origine
délictueuse, il convient en principe d’informer l’Etat requérant de toutes les
transactions opérées au nom des entités (personnes physiques ou morales)
et par le biais des comptes impliqués dans l’affaire, même sur une période
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relativement étendue (ATF 121 II 241 consid. 3c).
Certes, il se peut également que les comptes litigieux n’aient pas servi à
recevoir le produit d’infractions pénales, ni à opérer des virements illicites ou
à blanchir des fonds. L’autorité requérante n’en dispose pas moins d’un
intérêt à pouvoir le vérifier elle-même, sur le vu d’une documentation
complète, étant rappelé que l’entraide vise non seulement à recueillir des
preuves à charge, mais également à décharge (ATF 118 Ib 547 consid. 3a;
arrêt du Tribunal fédéral 1A.88/2006 du 22 juin 2006, consid. 5.3; arrêt du
Tribunal pénal fédéral RR.2007.29 du 30 mai 2007, consid. 4.2). Selon la
jurisprudence, le principe de l’utilité potentielle joue un rôle crucial dans
l’application du principe de la proportionnalité en matière d’entraide pénale
internationale. C’est le propre de l’entraide de favoriser la découverte de
faits, d’informations et de moyens de preuve, y compris ceux dont l’autorité
de poursuite étrangère ne soupçonne pas l’existence. Il ne s’agit pas
seulement d’aider l’Etat requérant à prouver des faits révélés par l’enquête
qu’il conduit, mais d’en dévoiler d’autres, s’ils existent. Il en découle, pour
l’autorité d’exécution, un devoir d’exhaustivité qui justifie de communiquer
tous les éléments qu’elle a réunis, propres à servir l’enquête étrangère, afin
d’éclairer dans tous ses aspects les rouages du mécanisme délictueux
poursuivi dans l’Etat requérant (arrêts du Tribunal pénal fédéral
RR.2010.173 du 13 octobre 2010, consid. 4.2.4/a et RR.2009.320 du
2 février 2010, consid. 4.1; op. cit., p. 748 ss).
3.5 La demande d'entraide du 26 octobre 2015, telle que remise aux recourants,
indique notamment qu'entre 2010 et 2012, D. a été l'assistant personnel de
C., laquelle était alors ministre (...). En 2010 et 2011, la prénommée aurait
reçu des sommes importantes en échange de la promesse que certaines
entités recevraient, dans délai déterminé, un financement étatique. Il ressort
aussi de ce document que, selon l'autorité roumaine pour la prévention et la
répression du blanchiment d'argent, la recourante, proche de C., a procédé
entre 2007 et 2012 à de nombreuses transactions, effectuées avec de
l'argent liquide et portant sur des montants qui dépassent largement ses
revenus. Certaines d'entre elles seraient liées aux sommes précitées reçues
par l'ancienne ministre.
3.6 Ainsi, la version de la demande d'entraide remise aux recourants décrit
clairement le mécanisme litigieux qui aurait été mis en place, respectivement
le rôle qu'auraient joué ceux-ci, ainsi que C. et D. Elle contient des indications
répondant aux réquisits posés aux art. 14 CEEJ et 28 EIMP, étant précisé
qu'au moment du dépôt de ladite demande, six mois à peine s'étaient
écoulés depuis l'ouverture de la procédure pénale en Roumanie et que dès
lors, compte tenu de la nature des infractions en cause, on ne saurait exiger
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de l'Etat requérant la communication d'indications précises quant aux lieux
et dates pertinents. Les éléments portés à la connaissance des recourants
leur permettaient donc de comprendre les faits essentiels sur lesquels
repose la demande des autorités roumaines et de s'y opposer valablement,
nonobstant le caviardage effectué par le MPC – opération qui n'est pas
critiquable quant à son principe (ZIMMERMANN, op cit., n° 479). Le grief tiré
d'une violation des art. 80b et 28 EIMP est donc mal fondé.
En outre, les recourants n'avancent aucun élément propre à établir
immédiatement que la demande d'entraide serait entachée d'erreurs,
lacunes ou contradictions évidentes. Ils ne démontrent en particulier pas qu'il
n'existe, comme ils l'affirment, aucun lien entre des opérations effectuées sur
les comptes bancaires objet de la décision litigieuse et les faits reprochés à
C. et D.; à cet égard, les intéressés reprochent en vain à l'autorité requérante
de ne pas avoir clairement identifié des transactions passées entre eux-
mêmes et les deux prénommés, dès lors que le modus operandi décrit – le
retrait, respectivement le versement, de valeurs en espèce, qu'aurait opérés
la recourante – tend précisément à compliquer une telle démarche. Aussi, la
transmission de la documentation bancaire ordonnée par le MPC n'est-elle
pas manifestement impropre à faire progresser l'enquête roumaine. Partant,
le grief de violation du principe de proportionnalité est mal fondé.
Finalement, la perception par un ministre de sommes d'argent en échange
de la promesse d'octroyer à une personne un financement public constitue
à première vue un avantage indu, pour l’exécution ou l’omission d’un acte en
relation avec l'activité officielle de l'intéressé, contraire à ses devoirs ou
dépendant de son pouvoir d’appréciation. Partant, le comportement qu'a
adopté C. selon l'autorité requérante correspond prima facie aux éléments
constitutifs de la corruption passive, au sens de l'art. 322quater CP. La
transmission de documentation bancaire à la Roumanie ordonnée par le
MPC n'est donc pas non plus contraire au principe de double incrimination.
4. Compte tenu de ce qui précède, les recours sont mal fondés.
En règle générale, les frais de procédure, comprenant l’émolument d’arrêté,
les émoluments de chancellerie et les débours, sont mis à la charge de la
partie qui succombe (art. 63 al. 1 PA, applicable par renvoi de l’art. 39 al. 2
let. b LOAP). Le montant de l’émolument est calculé en fonction de l’ampleur
et de la difficulté de la cause, de la façon de procéder des parties, de leur
situation financière et des frais de chancellerie (art. 73 al. 2 LOAP). Les
recourants, qui succombent, supporteront solidairement les frais du présent
arrêt, lesquels se limitent compte tenu des circonstances, notamment de la
jonction des causes, à un émolument fixé à CHF 4'000.-- (art. 73 al. 2 LOAP
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et art. 8 al. 3 du règlement du Tribunal pénal fédéral sur les frais,
émoluments, dépens et indemnités de la procédure pénale fédérale du
31 août 2010 [RFPPF; RS 173.713.162] et art. 63 al. 5 PA), couvert par les
avances de frais déjà versées. Le solde de ces dernières, soit CHF 2'000.-,
est restitué aux recourants.
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