Decision ID: 8e5b5c17-489a-44c7-9a80-948bccaea7f9
Year: 2010
Language: fr
Court: VD_TC
Chamber: VD_TC_031
Canton: VD
Region: Région lémanique
Law Area: public_law

Vu les faits suivants
A. A.X._, née en 1974, est séparée judiciairement du père de ses enfants, B._ né en 1997 et C._ née en 2000. Elle est mère d’un troisième enfant, D._ né en 2006, dont le père est E.Y._. Elle est assistée depuis le mois de janvier 2001, par l’aide sociale vaudoise. Depuis le mois de janvier 2006, elle bénéficie du revenu de réinsertion (RI).
B. Jusqu’en décembre 2008, A.X._ était suivie par le Centre social régional de l’Ouest lausannois (CSR OL). Le suivi par le CSR Prilly-Echallens a débuté en janvier 2009, suite à son déménagement sur la commune du Mont-sur-Lausanne.
C. En avril 2009, le CSR Prilly-Echallens a reçu une copie du rapport d’enquête administrative effectuée par le CSR OL. Il en ressortait notamment que E.Y._ passait souvent son temps et ses nuits chez A.X._, que des contrôles effectués entre le 5 février et le 5 mars 2009 avaient montré qu’aucun des véhicules de E.Y._ n’avait jamais été aperçu à proximité de son prétendu domicile de 2********, tandis que sa Smart avait été trouvée stationnée une vingtaine de fois à 1********, soit sur une place de parc privée de l’immeuble où résidait A.X._, soit en zone bleue à proximité immédiate. Par ailleurs, un autre véhicule de E.Y._ avait été aperçu dans le garage souterrain dudit immeuble. Il en ressortait aussi que le numéro de téléphone fixe d’A.X._ était au nom de E.Y._. En outre, lors d’une rencontre au domicile d’A.X._ entre le couple et l’enquêteur, E.Y._ avait reconnu contribuer financièrement à l’entretien de leur fils D._ en achetant divers effets et en versant à sa mère 500 fr. par mois. L’enquêteur avait également mis en évidence le versement d’importants montants en 2005 et 2006 sur un compte d’A.X._, pouvant correspondre à des salaires de E.Y._.
A la même date, le CSR OL a transmis une copie de la décision de suppression des prestations RI octroyées à E.Y._, en raison de « dissimulation de domiciliation, dissimulation de la composition du ménage ». Dans ses conclusions, le CSR OL recommandait à E.Y._ de prendre contact avec le CSR Prilly-Echallens afin qu’iI soit procédé à un réexamen de l’ensemble de la situation du couple (E.Y._ et A.X._). Aucun recours n’a été interjeté contre cette décision.
D. E.Y._ et A.X._ ont été convoqués le 29 mai 2009 par le CSR Prilly-Echallens. Les objets de la convocation étaient les suivants: clarifier les éléments contenus dans le rapport d’enquête menée par le CSR OL, entendre les intéressés sur le sujet et cas échéant ouvrir un dossier RI commun.
Le 29 mai 2009, E.Y._ et A.X._ se sont présentés au rendez-vous. Selon le CSR Prilly-Echallens, les intéressés n’ont pas répondu à la question de savoir s’ils vivaient ensemble ou pas et, en l’espace d’une heure d’entretien, ils ont présenté des versions contradictoires de leur situation de coupIe et de cohabitation. Le CSR Prilly-Echallens rapporte qu’à la fin de l’entretien, E.Y._ et A.X._ s’étaient, oralement, engagés à transmettre les documents concernant la situation de E.Y._ en vue de l’ouverture d’un dossier RI de concubins.
E. Le 8 juin 2009, A.X._ a contacté le CSR Prilly-Echallens pour l’informer que E.Y._ renonçait à déposer une demande RI, qu’ils étaient séparés (mais qu’elle n’avait pas d’information sur son domicile) et que E.Y._ avait un droit de visite sur son fils illimité.
F. En juillet 2009, le CSR Prilly-Echallens a demandé une nouvelle enquête. En octobre 2009, le CSR Prilly-Echallens a reçu le rapport d’enquête. Ce dernier confirme, d’une part, le premier rapport d’enquête fait par le CSR OL. D’autre part, il établit que E.Y._ et A.X._ vivent ensemble de fait. Il contient les constations suivantes (opérations d’enquête entre le 14 août et le 25 septembre 2009):
– depuis son arrivée en Suisse en avril 2004, les adresses auxquelles E.Y._ a déclaré habiter ont correspondu soit aux adresses auxquelles logeait A.X._ (E.Y._ logeant chez des tiers habitant à dite adresse), soit à des adresses de proches d’A.X._;
– le domicile de E.Y._ annoncé au SAN depuis 2009 est route de la F._ 7, à 1********, comme celui d’A.X._;
– G.Z._, domiciliée route de la F._ 7, à 1********, épouse de H.Z._, chez lequel E.Y._ avait annoncé résider a signé la déclaration suivante le 25 septembre 2009: « Je reconnais que nous avons été d’accord que M. E.Y._ prenne résidence chez nous depuis le printemps 2009. Mon mari est d’ailleurs allé s’expliquer au contrôle des habitants à ce propos. Vous avez pu voir la chambre qu’il occupe de temps en temps. Pour vous répondre, je ne peux pas vous dire combien de nuits il a passé chez nous, j’estime sa présence à au maximum 2 nuits par semaine. Je ne sais pas où il loge le reste du temps. Il est exact qu’il va de temps à autre chez son amie qui habite au rez-de-chaussée de l’immeuble. Pour vous répondre, je ne sais pas exactement où se trouvent ses affaires personnelles, peut-être chez son amie. Il est exact qu’il n’a pas d’affaires ici. J’ajoute que nous ne demandons aucun loyer à M. E.Y._ »;
– l’enquêteur a pris des clichés dont il ressort qu’une étiquette avec le nom de E.Y._ est apposée sur la boîte aux lettres d’A.X._ et non pas sur celle du couple Z._.
G. Le 25 novembre 2009, le CSR Prilly-Echallens a informé A.X._ que son droit au RI serait modifié dès lors qu’elle vivait avec E.Y._. Il lui a transmis une nouvelle demande de RI à signer par elle-même et son concubin. Il l’a avertie du fait que si la demande n’était pas retournée d’ici le 15 décembre 2009, une décision de suspension provisoire du droit aux prestations RI serait rendue.
H. Le 15 décembre 2009, le CSR Prilly-Echallens a rendu à l’encontre d’A.X._ une décision de suppression des prestations du RI à partir du 1er décembre 2009 (forfait du mois 12 pour vivre en janvier). Il motivait cette décision par le fait qu’il n’était plus en mesure d’estimer le montant des prestations RI à lui octroyer, vu qu’elle n’avait pas transmis la demande RI signée par elle-même et son concubin.
I. Le 21 décembre 2009, A.X._ a recouru contre la décision du CSR Prilly-Echallens du 15 décembre 2009, au motif qu’elle ne vivait pas avec E.Y._. Le 8 avril 2010, le Service de prévoyance et d'aide sociales (SPAS) a rejeté le recours déposé par A.X._ contre la décision du CSR Prilly-Echallens du 15 décembre 2009.
J. Le 14 mai 2010, A.X._ (ci-après: la recourante) a recouru contre cette décision devant la Cour de droit administratif et public du Tribunal cantonal (ci-après: le tribunal). Elle conclut: I. à l’octroi de l’effet suspensif; II. au versement sans délai du forfait RI du mois de mai 2010 sur son compte; III. à l’annulation de la décision attaquée; IV. à l’admission de son droit et de celui de ses enfants au RI dès le mois de janvier 2006 sans interruption depuis le mois de janvier 2010. Elle explique qu’elle est séparée de E.Y._ et qu’elle ne connaît pas sa nouvelle adresse.
K. Le 28 mai 2010, le SPAS a conclu au rejet du recours. Le CSR Prilly-Echallens a fait de même en date du 15 juin 2010, en relevant que la recourante avait déjà déclaré en mai 2009 s’être séparée de E.Y._, alors qu’il n’en était rien. La recourante ne s’est pas déterminée dans le délai imparti.
L. Les arguments respectifs des parties seront repris ci-dessous dans la mesure utile.

Considérant en droit
1. a) La loi du 2 décembre 2003 sur l'action sociale vaudoise (LASV; RSV 850.051), entrée en vigueur le 1er janvier 2006, a abrogé et remplacé la loi du 25 mai 1977 sur la prévoyance et l'aide sociales (LPAS). Selon l’art. 1er LASV, la loi a pour but de venir en aide aux personnes ayant des difficultés sociales ou dépourvues des moyens nécessaires à la satisfaction de leurs besoins indispensables pour mener une existence conforme à la dignité humaine (al. 1); elle règle l'action sociale cantonale, qui comprend la prévention, l'appui social et le revenu d'insertion (al. 2).
b) Le revenu d’insertion (RI) comprend une prestation financière et peut, cas échéant, également comprendre des prestations sous forme de mesures d’insertion sociale ou professionnelle (art. 27 LASV). Cette prestation financière est composée d’un montant forfaitaire et d’un supplément correspondant au loyer effectif, dans les limites fixées par le règlement d’application de la loi; elle est accordée dans les limites d’un barème établi par le règlement, après déduction des ressources du requérant, de son conjoint ou partenaire enregistré ou de la personne qui mène de fait une vie de couple avec lui et de ses enfants à charge (art. 31 al. 1 et 2 LASV). Une franchise est prise en compte lors de la déduction de ces ressources lorsque celles-ci proviennent d'une activité lucrative (art. 31 al. 3 LASV). Selon l'art. 22 al. 1 du règlement d'application du 26 octobre 2005 de la loi sur l'action sociale vaudoise (RLASV; RSV 850.051.1), un barème des normes fixant les montants maximums pouvant être alloués aux bénéficiaires du RI est annexé au règlement; ce barème comprend le forfait pour l'entretien et l'intégration sociale adapté à la taille du ménage (let. a) et les frais de logement plafonnés, charges en sus (let. b). Après déduction de la franchise, le solde des ressources du requérant, de son conjoint, de son partenaire enregistré ou concubin faisant ménage commun avec lui et de ses enfants à charge est porté en déduction du montant alloué au titre du RI (art. 26 al. 1 RLASV).
c) Aux termes de l'art. 28 RLASV, lorsqu'un ménage bénéficiant du RI vit avec une ou plusieurs personnes non à charge, la prestation financière du RI est réduite en tenant compte d'une contribution de cette ou de ces personnes aux frais (al. 1). Si le ménage élargi forme une communauté économique de type familial finançant les fonctions ménagères conventionnelles (gîte, couvert, lessive, entretien, télécommunications, etc.), la contribution consiste en un partage proportionnel des frais de logement et en une fraction du forfait selon le nombre total de personnes majeures et mineures dans le ménage (al. 2). En revanche, si le ménage élargi ne forme pas une communauté de type familial, la contribution se limite au partage proportionnel des frais de logement et charges selon le nombre total de personnes (al. 3).
Cela étant, l'existence d'union libre stable n'est admise qu'avec retenue par la jurisprudence. Ainsi, il ne suffit pas de constater que le requérant partage son habitation avec une personne de l'autre sexe et crée une apparence de communauté de vie semblable au mariage ou même que les concubins reconnaissent qu'ils forment un couple. Le concubinage qualifié, assimilable au mariage, ne s'entend que d'une communauté de vie d'une certaine durée, voire durable, de deux personnes de sexe opposé, à caractère exclusif, qui présente une composante spirituelle et corporelle, mais également économique. Ainsi, pour admettre une communauté de vie assimilable au mariage, joue un rôle décisif, outre le fait que les affinités des partenaires sont vécues comme dans le mariage, le fait que le concubin dont la situation économique le permet assure effectivement la couverture des besoins vitaux et personnels de son partenaire (ATF 129 I 1 consid. 3.2.3 et 3.2.4 p. 5 ss; Tribunal administratif, arrêts PS.2005.0181 du 20 janvier 2006 consid. 2a et les références citées, PS.1996.0152 du 23 septembre 1996, et les renvois à la jurisprudence fédérale, en particulier aux ATF 118 II 235, 114 Ia 321 et 112 Ia 251; Félix Wolffers, Grundriss des Sozialhilferechts, Berne 1993, p. 161; Peter Stalder, Unterstützung von Konkubinatspartnern, in Zeitschrift für Sozialhilfe (ZeSo) 1999, p. 29 ss). Ainsi, lorsque le concubinage est contesté par les intéressés, respectivement lorsque ceux-ci n'admettent pas ou plus d'être traités comme tels, il convient de prendre en compte toutes les circonstances permettant d'apprécier, à un degré de vraisemblance suffisant, la qualité de la communauté de vie.
2. Pour la période antérieure à 2006, la situation est régie par l’ancienne loi (LPAS) puis, dès le 1er janvier 2006, par la LASV qui a abrogé et remplacé la LPAS. Tant l’ancien que le nouveau droit consacrent un devoir d’information et de collaboration des personnes bénéficiant de prestations d’aide sociale, notamment s’agissant de leur situation financière.
L'art. 23 LPAS disposait:
« La personne aidée est tenue, sous peine de refus des prestations
- de donner aux organes qui appliquent l'aide sociale les informations utiles sur sa situation personnelle et financière ainsi que de leur communiquer immédiatement tout changement de nature à modifier les prestations dont elle bénéficie;... ».
Sous le titre « obligation de renseigner », l'art. 38 al. 1 LASV dispose:
« La personne qui sollicite une aide est tenue de fournir les renseignements complets sur sa situation personnelle et financière et d'autoriser l'autorité compétente à prendre des informations à son sujet. Elle doit signaler sans retard tout changement de sa situation pouvant entraîner la réduction ou la suppression des prestations ».
L'art. 38 LASV pose clairement l'obligation pour le requérant de collaborer à l'établissement des faits propres à rendre au moins vraisemblable le besoin d'aide qu'il fait valoir. Il n'appartient en effet pas à l'autorité d'application de l’aide sociale d'établir un tel besoin d'aide. Si la procédure administrative fait prévaloir la maxime inquisitoriale impliquant que l'autorité doit se fonder sur des faits réels qu'elle est tenue de rechercher, ce principe n'est pas absolu. Ainsi, lorsqu'il adresse une demande à l'autorité dans son propre intérêt, l'administré, libre de la présenter ou d'y renoncer (respectivement, le cas échéant, de la confirmer), doit la motiver et apporter les éléments établissant l'intensité de son besoin, ainsi que son concours à l'établissement de faits ayant trait à sa situation personnelle, qu'il est mieux à même de connaître. La sanction pour un tel défaut de collaboration consiste en ce que l'autorité statue en l'état du dossier constitué, considérant que le fait en cause n'a pas été prouvé (Pierre Moor, Droit administratif, vol. II, 2e éd., Berne 2002, ch. 2.2.6.3 p. 260 et les références; CDAP, arrêt PS.2007.0165 du 3 septembre 2008 consid. 2c; Tribunal administratif, arrêts PS.2005.0274 du 3 août 2006, PS.2005.0176 du 22 décembre 2005, PS.2001.017 du 25 juin 2001, confirmé par un arrêt du Tribunal fédéral des assurances du 19 février 2002 dans la cause C. 219/01). L’autorité sera ainsi amenée cas échéant à considérer que l’intéressé n’a pas prouvé qu’il était dépourvu des moyens nécessaires pour satisfaire ses besoins vitaux et à prononcer une décision de suspension ou de suppression des prestations (arrêts PS.2008.0027 du 12 décembre 2008, PS.2008.0032 du 25 août 2008, PS.2007.0006 du 21 janvier 2008).
3. En l’espèce, le concubinage de la recourante et de E.Y._ a été établi par une enquête réalisée entre février et mars 2009, ayant abouti à une décision de suppression du RI notifiée à E.Y._, non contestée par celui-ci. Certes, la recourante n’était pas partie à dite procédure. Toutefois, les constatations faites dans ce cadre par l’enquêteur gardent toute leur pertinence pour la présente affaire. Durant les mois d’août et septembre 2009, une seconde enquête menée sur mandat d’un autre CSR a également établi le concubinage de la recourante et de E.Y._. Il ressort du dossier que le concubinage dure à tout le moins depuis 2004. En effet, depuis cette date, les adresses (fictives selon le rapport d’enquête) auxquelles E.Y._ a déclaré habiter ont correspondu soit aux adresses auxquelles logeait A.X._ (E.Y._ logeant chez des tiers habitant dans le même immeuble), soit à des adresses de proches d’A.X._ (2005-2006 chez J._frère de la recourante; 2006-2007 chez K._, marié à la fille de la quasi belle-sœur de la recourante; 2007-2008 [annulé rétroactivement suite à une enquête du contrôle des habitants de Lausanne démontrant l’absence de résidence] local d’une entreprise de peinture appartenant à L._, frère de la recourante; 2008-2009 chez M._, sœur de la recourante). Il apparaît ainsi que la recourante et son ami ont échafaudé depuis plusieurs années un système devant permettre à ce concubinage de passer inaperçu et à la recourante de percevoir les montants RI destinés à une femme élevant seule trois enfants. Cette manière d’agir ne doit pas être protégée. Il ressort en outre du dossier que la recourante occupe un logement à 1******** qui dépasse les barèmes RI à hauteur de fr. 450 et qu’à 3******** le dépassement est de 300 fr. Cet élément confirme l’existence de ressources inconnues, puisque le RI versé ne permet pas à lui seul d’assumer un tel loyer. Compte tenu notamment de la mise en évidence dans la première enquête du versement d’importants montants en 2005 et 2006 sur un compte d’A.X._, pouvant correspondre à des salaires de E.Y._, on peut légitimement se poser la question de la participation de celui-ci aux frais du ménage de la recourante.
Face à une telle situation, le CSR et le SPAS ne pouvaient se satisfaire des réponses évasives de la recourante. En particulier, les déclarations de la recourante relatives à une séparation du couple sont d'autant plus sujettes à caution qu’elles les avait déjà formulées au mois de mai 2009 et que l’enquête effectuée en août-septembre 2009 avait révélé qu’elles étaient mensongères. La recourante n’a par ailleurs fourni aucune preuve apte à établir ses déclarations, notamment en rapport avec le nouveau domicile de E.Y._. Il paraît pour le moins surprenant qu’elle ne puisse fournir aucune information en ce qui concerne une personne qui se trouve être le père de son enfant, qui dispose d’un droit de visite illimité à l’égard de cet enfant et qui se rend quasiment tous les jours chez elle.
Le comportement de la recourante est ainsi objectivement de nature à nourrir le soupçon de dissimulation d’informations. A raison de ce refus de collaborer de la recourante dans l’établissement de sa situation financière exacte, l’autorité intimée n’a pas violé la loi en confirmant la suspension des prestations du RI, au regard des art. 38 al. 1 et 40 al. 1 LASV (cf. arrêt PS.2008.0032 du 25 août 2008 et les références citées). Si la recourante devait estimer qu’elle ne dispose pas de ressources suffisantes pour faire face à ses besoins, elle est libre de présenter une nouvelle demande d’aide, dont l’octroi serait subordonné à la remise de l’intégralité de la documentation relative à ses sources de revenu et à celles de son partenaire. L’autorité sera alors tenue de statuer à nouveau sur la base des documents fournis.
4. Il résulte des considérants qui précèdent que le recours doit être rejeté et la décision de l'autorité intimée confirmée. Le présent recours est rendu sans frais (art. 4 al. 2 du Tarif du 11 décembre 2007 des frais judiciaires en matière de droit administratif et public [RSV 173.36.5.1]).