Decision ID: 1b338b4f-ee52-54ca-9ccb-471682f7e0d8
Year: 2011
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_005
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 

EN FAIT
A.
Le 7 mars 2011, W_ a sollicité une assistance juridique civile complète pour diverses démarches extrajudiciaires ainsi que pour déposer une plainte pénale à l'encontre B_.
B.
Par décision du 21 mars 2011, communiquée pour notification le 23 mars 2011, le
Vice-président du Tribunal civil a octroyé l'assistance juridique sollicitée à W_ pour les diverses démarches extrajudiciaires (ch. 1) ; subordonné cet octroi au paiement d'une participation mensuelle de 250 fr. dès le 1
er
avril 2011
(ch. 2) ; limité cet octroi à 15 heures d'activité maximum en l'état (ch. 3) ; nommé
M
e
Monica FAVRE, avocate, pour la défense des intérêts de W_ (ch. 5). S'agissant de la plainte pénale, le Vice-président du Tribunal civil a rejeté la requête (ch. 4) au motif que cette plainte avait été déposée le 25 octobre 2010, la requête d'assistance juridique étant dès lors sans objet.
C.
Par acte déposé le 1
er
avril 2011 au greffe de la Cour de justice, W_, par l'intermédiaire de son conseil, a recouru contre cette décision, en particulier contre le rejet de la requête concernant la plainte pénale. En substance, elle a soutenu que l'autorité de première instance avait constaté de manière manifestement inexacte les faits. Cette autorité n'avait pas retenu que la plainte pénale déposée le 25 octobre 2010 auprès de la police n'était qu'une déclaration de vol et qu'il était nécessaire de déposer une plainte complémentaire. En effet, à cette date, W_ n'avait pas encore connaissance du fait qu'elle était également victime d'usure et de faux dans les titres, B_ ayant également contracté des contrats de leasing et d'assurance ainsi qu'immatriculé une voiture au nom de cette dernière, en imitant sa signature.

EN DROIT
1.
Le recours est recevable pour avoir été déposé dans le délai utile (art. 119 al. 3 et 321
al. 2 CPC ; 11 RAJ) et selon la forme prescrite par la loi (art. 130, 131, 321 al. 1 CPC).
S'agissant d'un recours (art. 121 CPC), le pouvoir d'examen de la Cour est limité à la violation du droit et à la constatation manifestement inexacte des faits (art. 320 CPC). Il appartient en particulier au recourant de motiver en droit son recours et de démontrer l'arbitraire des faits retenus par l'instance inférieure (Hohl, Procédure civile, tome II, 2
ème
éd., n. 2513-2515).
2. 2.1.
Il appartient au recourant d'expliquer avec précision en quoi un point de fait a été établi de façon manifestement inexacte. Il ne suffit pas d'affirmer que l'instance inférieure a retenu un fait de manière arbitraire ; il faut au contraire décrire l'élément de fait taxé d'arbitraire, se référer aux pièces du dossier de première instance (cf. art. 326
al. 1 CPC) qui contredisent l'état de fait retenu et, enfin, démontrer que le tribunal a omis, sans raison impérieuse, de prendre en compte un élément de preuve propre à modifier la décision attaquée ou s'est manifestement trompé sur le sens et la portée de cette preuve ou, encore, en a tiré des constatations insoutenables.
2.2.
En l'espèce, il ressort des pièces déposées à l'appui de la requête d'assistance juridique que, le 25 octobre 2010, la recourante a bel et bien déposé, en personne, une plainte pénale à la police. Aussi, compte tenu du fait que la demande d'assistance juridique a été déposée le 7 mars 2011, il n'est pas arbitraire de déclarer cette plainte sans objet, compte tenu du fait que cette plainte pénale a été déposée plusieurs mois avant le dépôt de la demande d'assistance juridique.
3.
Cela étant, il convient d'examiner, question qui relève du droit, si l'assistance juridique est justifiée pour le dépôt d'une plainte pénale complémentaire pour usure et faux dans les titres.
3.1.
La rédaction et le dépôt d'une plainte pénale, avec ou sans constitution de partie civile, peuvent en règle générale s'effectuer sans l'aide d'un avocat. De même, la simple participation, comme partie civile, à une procédure pénale ne nécessite en règle générale pas l'assistance d'un avocat, s'agissant pour l'essentiel d'annoncer, sans formalisme particulier, un dommage et des prétentions en remboursement, de prendre part à des auditions de témoins, voire de poser quelques questions particulières, ce qui est à la portée de tout un chacun (ATF
123 I 145
).
3.2.
En l'espèce, le 25 octobre 2010, la recourante a déposé, sans l'assistance d'un avocat, une première plainte pénale au poste de police. Cette plainte énonçait clairement les faits reprochés à B_. De plus, les actes pour lesquels la recourante se considère victime ne semblent pas présenter de difficulté de fait et de droit. On ne discerne dès lors pas en quoi le fait de s'exprimer seule et directement, plutôt que par la bouche d'un avocat, serait susceptible de prétériter ses droits, alors qu'elle a déjà été en mesure de déposer une plainte pénale contre B_ le 25 octobre 2010.
Au vu de ce qui précède, l'autorité de première instance n'a pas violé le droit en retenant que la recourante n'avait pas besoin de l'assistance d'un avocat pour déposer une plainte pénale complémentaire, après avoir découvert des éléments nouveaux constituant des actes répréhensibles pénalement.
Par conséquent, le recours doit être rejeté.
* * * * *