Decision ID: 45691cb1-1066-5e03-874b-fb79a14ce78a
Year: 2014
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_009
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: penal_law

EN FAIT
:
A.
a.
Par courrier déposé le 2 septembre 2013, A_ a annoncé appeler du jugement rendu par le Tribunal correctionnel le 23 août 2013, dont les motifs lui ont été notifiés le 16 octobre 2013, par lequel le tribunal de première instance l'a :![endif]>![if>
- acquitté des faits visés sous chiffres B.I.1.11), B.III.3.36) et B.IV.4.54) de l'acte d'accusation [plainte pénale O_],![endif]>![if>
- déclaré coupable de vols par métier (art. 139 ch. 1 et 2 du Code pénal suisse, du 21 décembre 1937 [CP ;
RS 311.0
]), de dommages à la propriété (art. 144 al. 1 CP) et de violations de domicile (art. 186 CP), ![endif]>![if>
- condamné à une peine privative de liberté de 3 ans et 6 mois, sous déduction de 337 jours de détention avant jugement,![endif]>![if>
- condamné à payer à T_ la somme de CHF 9'982.30, plus intérêts à 5% l'an dès le 29 novembre 2012, et à Y_ la somme de CHF 560.-, plus intérêts à 5% l'an dès le 5 décembre 2012, Y_ étant déboutée pour le surplus, ![endif]>![if>
- condamné à payer à U_ la somme de CHF 200.- et à L_ les montants de CHF 4'338.- et EUR 600.-,![endif]>![if>
- condamné aux frais de la procédure, qui s'élèvent à CHF 9'512.75, y compris un émolument de jugement de CHF 1'500.-. ![endif]>![if>
Le Tribunal correctionnel a encore :
- dit que la peine est partiellement complémentaire à celle prononcée par le Tribunal correctionnel de Thonon-les-Bains le 18 septembre 2012,![endif]>![if>
- ordonné, par décision séparée, le maintien en détention de sûreté de A_, ![endif]>![if>
- débouté O_ de ses conclusions civiles, ![endif]>![if>
- pris diverses mesures de confiscation, de destruction, de restitution et de dévolution à l'Etat des valeurs saisies et des objets non restitués.![endif]>![if>
b.a
A_ a déposé le 5 novembre 2013 une déclaration d'appel devant la Chambre pénale d'appel et de révision (ci-après : CPAR ou la juridiction d'appel), aux termes de laquelle il conteste une partie de sa culpabilité, la quotité de la peine et certaines conséquences accessoires du jugement.
Il sollicite son acquittement pour les infractions faisant l'objet des plaintes pénales F_, G_, V_, N_, M_, B_, L_ et W_, sous l'angle des trois infractions réprimant le cambriolage. Il conclut au prononcé d'une peine privative de liberté n'excédant pas 30 mois, avec sursis partiel, la partie ferme de la peine ne devant pas dépasser la durée de la détention avant jugement, avec un délai d'épreuve fixé à cinq ans. A_ sollicite enfin que divers objets lui soient restitués, soit ceux figurant sous chiffres 2, 3, 5, 7 à 9, 11 et 12 de l'inventaire du 21 septembre 2012 et sous chiffre 8 de l'inventaire du 23 octobre 2012.
A_ présente des réquisitions de preuves, consistant en l'audition de Z_ qui le met notamment en cause pour le cambriolage commis à l'encontre de B_, et en l'apport de la P/11870/2012 ouverte à l'encontre de Z_, voire à tout le moins la production de diverses pièces le concernant.
b.b
Par
acte expédié par messagerie sécurisée le 20 décembre 2013, le Ministère public déclare former un appel joint concluant au prononcé d'un verdict de culpabilité pour les infractions commises au préjudice de O_ [ch. B.I.11), B.III.36) et B.IV.54) de l'acte d'accusation] et à ce que la peine privative de liberté soit portée à 4 ans et 6 mois.
c.
Par acte d'accusation du 6 juin 2013, il est reproché à A_ d'avoir commis, entre le 8 avril 2012 et le 21 septembre 2012, 18 vols, 4 tentatives de vol, 21 dommages à la propriété et 18 violations de domicile, agissant soit seul ou, à quatre reprises, de concert avec AA_ou, à une reprise, avec Z_, la valeur des objets dérobés s'élevant à plus de CHF 135'090.- et EUR 11'000.-, et le montant des dommages causés à CHF 8'296.80 à teneur du dossier.
B.
Les faits encore pertinents pour l'issue du litige sont les suivants :
a.
A_ a été arrêté à Genève le 21 septembre 2012 alors qu'il se trouvait au volant d'un véhicule de marque RENAULT LAGUNA.
a.a
La fouille de son véhicule a permis la découverte, dans le vide-poche de la porte conducteur, de deux mèches à bois de 8 et 10 mm et d'un outil permettant de fixer les mèches. Ont encore été découverts :
- dans la console centrale, une facture de l'hôtel AB_ à AC_/F (cf.
infra
let. B.b.), une quittance pour un appartement sis à AD_/F et un iPod, qui s'est avéré être celui volé la nuit même à J_ dans le canton de Vaud,
- au sol, devant le siège passager, un sac contenant deux appareils photos numériques,
- sur le siège passager, une carte d'identité suisse et des cartes bancaires au nom de K_lequel s'est avéré être la victime d'un cambriolage au cours duquel des documents à son nom lui avaient été dérobés la nuit précédente à AE_/VD.
a.b
Divers objets et valeurs ont en outre été saisis sur la personne de A_, soit notamment deux chaînes en métal doré (dont l'une avec un pendentif) qu'il portait autour du cou (ch. 2 et 3 de l'inventaire du 21 septembre 2012), un portemonnaie de marque MONT-BLANC que A_ portait dans la poche de sa veste (ch. 5), trois cartes SIM (ch. 7 à 9), diverses quittances provenant de la AF_de AD_ (ch. 11) et de AG_(ch. 12) que contenait ledit portemonnaie. Dans l'inventaire dressé par la police ces objets ont été répertoriés avec la mention dactylographiée "
appartient"
. A_ a revendiqué la restitution de ces objets le 3 décembre 2012 devant le Ministère public, sans suite apparente.
b.
Une perquisition a été opérée dans la chambre n° 118 de l'hôtel AB_ de AC_. Divers objets y ont été saisis à cette occasion.
Interrogé sur leur provenance, A_ a
revendiqué la propriété de treize objets (télécommande, station d'écoute PHILIPS, téléphone portable SAMSUNG, argent croate, deux colliers, lecteur et télécommande de lecteur de musique BMW, trousseau de clés, paire de gants et pince coupante), les autres provenant de vols ou ayant été achetés dans la rue à des inconnus. Au cours de la procédure, il dira que les objets retrouvés dans sa chambre provenaient de cambriolages, dont il était le seul auteur ou qu'il avait commis avec AA_, soit encore de cambriolages qu'il n'avait pas commis lui-même mais dont le butin lui avait été remis par l'auteur BN_. Parmi les objets saisis et ultérieurement admis comme volés figuraient notamment trois téléphones portables de marque NOKIA et une fourre d'iPhone.
Un inventaire a été dressé par la police genevoise le 23 octobre 2012. Sous chiffre 8 figurent cinq clés USB contenant la mention dactylographiée
"appartient"
. Est inscrit à la main pour quatre des cinq clés USB
"à lui"
, contrairement à la dernière clé à côté de laquelle est mentionné
"ne lui appartient pas".
Une brève observation des autres indications manuscrites figurant sur ce document [
"BN_"
pour la pierre saisie sous ch. 6,
" ? ne sait pas"
pour les objets répertoriés sous ch. 7, "
cambriolage en France les a achetés en voulant les revendre"
pour divers bijoux (ch. 9)] démontre que les commentaires apposés sont le reflet des réponses apportées par A_ aux questions des policiers. Celui-là a d'ailleurs confirmé en audience que seules les quatre premières clés USB lui appartenaient.
c.
La police a procédé à une analyse du passeport dont A_ était porteur, ce qui lui a permis de retracer une partie de ses déplacements dans la période où il était susceptible d'avoir commis des infractions dans la région lémanique.
De cet examen il ressort que
A_ :
- a quitté le AH_ le AI_2012 à destination de Francfort en Allemagne, où il est arrivé le même jour, ![endif]>![if>
- est parti de Genève par avion le AL_2012 pour aller à AJ_(AK_), d'où il s'est immédiatement rendu dans une ville sise à l'est de l'Albanie,![endif]>![if>
- a quitté le AH_ le AM_2012 à destination de Francfort le même jour, ![endif]>![if>
- est retourné en Albanie par avion le AN_2012,![endif]>![if>
- a quitté le AH_ le 26 mai 2012 pour se retrouver en déplacement le 15 juin 2012 en voiture entre la Croatie et la Slovénie,![endif]>![if>
- le AO_2012, il est parti en avion du AH_, ![endif]>![if>
- s'est encore déplacé en voiture entre le 28 et le 31 juillet 2012 dans les pays de l'est européen, notamment en Slovénie, Bulgarie et au AH_, ![endif]>![if>
- a quitté le AH_ le 14 août 2012 à destination de Paris, ![endif]>![if>
- le 24 août 2012, il se trouvait en Croatie et![endif]>![if>
- le AP_2012, il a à nouveau voyagé du AH_ en France en avion.![endif]>![if>
d.
Interrogé par la police, A_ a déclaré être arrivé dans la région valdo-genevoise le AP_2012 sans avoir commis de cambriolages avant la nuit où il avait été arrêté. Il était venu en Suisse dans le cadre de son commerce de véhicules et logeait depuis le AQ_2012 dans une chambre d'hôtel à AC_ qu'il était seul à occuper, ce qu'il a d'ailleurs confirmé ultérieurement devant le Ministère public. Ainsi qu'il l'avait dit à la police vaudoise, la chambre était munie d'un code qu'il n'avait transmis à personne. Il était le seul à se rendre dans cette chambre où personne d'autre n'avait dormi ni séjourné. Il n'était pas exclu qu'il ait commis d'autres cambriolages que ceux pour lesquels il était interrogé mais il ne s'en souvenait plus. Il a admis que son commerce de réparation de voitures en Albanie ne suffisait pas pour subvenir à ses besoins et qu'il s'était rendu dans la région genevoise pour y commettre des cambriolages.
A l'audience de jugement, A_ a indiqué qu'il reconnaissait uniquement les cas dont il se souvenait avec précision, car il n'avait pas tenu une
"comptabilité"
de ses agissements. Il avait vendu le produit de ses forfaits, à savoir des ordinateurs et des téléphones portables, au prix unitaire d'EUR 80.-. Il a maintenu la teneur de ses déclarations, en ce sens qu'il reconnaissait les cambriolages dont il avait admis être l'auteur au cours de la procédure, précisant avoir commis 14 cambriolages en 2012. Il a répété, à l'instar de ses déclarations devant la police vaudoise, qu'il était
"venu dans la région pour commettre des cambriolages".
e.a
Diverses preuves scientifiques ont pu être recueillies par les services de police, qu'il s'agisse de traces de semelles ou de traces ADN.
e.b
Parallèlement aux actes d'enquête exécutés à Genève, les services de police français ont découvert le 5 novembre 2012, dans un pré à proximité de l'hôtel où A_ logeait, un sac à dos comprenant de nombreux téléphones portables, des clés USB, des bijoux, des montres, des appareils photos et appareils numériques, dont notamment des objets provenant des cambriolages commis à l'encontre de M_ (appareil photo CANON) et de N_ (téléphone NOKIA) dans le canton de Vaud en septembre 2012.
e.c
Le nommé Z_ a été arrêté par la police genevoise le 4 décembre 2012, étant soupçonné d'être l'auteur de cinq cambriolages commis dans le canton au cours du 2
ème
semestre 2012, selon un mode opératoire similaire à celui pratiqué par A_. Interrogé par la police, Z_ a reconnu connaître ce dernier pour avoir commis avec lui quatre cambriolages à Genève. A_ était un spécialiste reconnu dans le domaine des cambriolages "à la chignole" et tous les Albanais qui venaient à AD_ le payaient pour apprendre cette méthode. A_ changeait régulièrement de véhicule, ayant possédé une FORD, une MERCEDES, une BMW et une RENAUT LAGUNA noire. Z_ a décrit à la police le rôle des différents membres de la famille AR_ dans les vols et le recyclage des objets volés, avec un rôle prépondérant dévolu à A_. Z_ a exprimé aussi ses craintes pour sa sécurité au vu de la "puissance" de son comparse.
Confronté à A_, Z_ a dans un premier temps confirmé ses déclarations pour ensuite le dédouaner, excepté en ce qui concerne le cambriolage commis au détriment de B_ qu'ils avaient exécuté ensemble. Un climat très tendu ressort du procès-verbal de confrontation au cours de laquelle Z_ témoigne d'une gêne et d'une nervosité croissantes à la confirmation de certains faits à charge de A_, allant jusqu'à mettre en doute la véracité du procès-verbal dressé par la police.
f.
Les cambriolages (réussis ou tentés) dans lesquels A_ est impliqué sont les suivants :
A. Cas reconnus par A_ (pas ou plus contestés)
° Le AS_2012, tentative de vol au préjudice d'D_ dans sa villa de AT_/GE (
modus operandi
: percement du montant de la fenêtre de la cuisine). L'ADN de A_ a été prélevé sur le pourtour du trou effectué à la chignole.
Selon ses déclaration en appel, A_ n'avait pas agi en étant motorisé, contrairement aux autres cas où il disposait d'une voiture. AT_, village proche de la frontière, était en effet facilement atteignable à pied.
° Entre le 15 et le 16 mai 2012, tentative de vol au préjudice de U_ dans sa villa sise à AU_/GE (percement de trous dans le PVC autour de la poignée de la porte-fenêtre du salon). Les services de police ont prélevé sur le contour du trou effectué à la chignole un profil ADN de mélange comprenant des fractions majeures de celui du prévenu.
° Le 16 mai 2012, vol au préjudice de I_ dans sa villa de AV_/GE (ouverture de la porte-fenêtre du jardin en actionnant la poignée intérieure depuis l'extérieur à travers un trou effectué dans le montant de la porte en bois). Les services de police ont prélevé l'ADN de A_ sur le pourtour du trou effectué à la chignole.
° Le 30 mai 2012, vol au préjudice de X_, toujours à AV_/GE (percement d'un trou à l'aide d'une mèche dans le montant d'une fenêtre). L'ADN de A_ a été prélevé sur place.
° Le 4 juin 2012, vol au préjudice de E_ dans son appartement d'AW_/GE (percement de deux trous dans le cadre de la porte extérieure de la cuisine). L'ADN de A_ a été prélevé dans les trous effectués à la chignole.
° Le 11 juin 2012, vol au préjudice de Y_ dans son appartement de AU_/GE (percement d'un trou à l'aide d'une mèche dans le montant d'une fenêtre). L'ADN de A_ a été prélevé sur le trou effectué à la chignole.
° Entre le 1er et la nuit du 11 au 12 juillet 2012 [entre 23:00 et 06:00], vol au préjudice de C_, dans les bureaux de la AX_, sis AY_, à AZ_/GE (percement d'un trou à l'aide d'une mèche dans le montant d'une fenêtre). Les services de police ont prélevé un profil ADN de mélange comprenant des fractions majeures de celui de A_ sur le trou effectué à la chignole.
° Le 15 juillet 2012, vol au préjudice de S_ dans son appartement de AU_/GE (percement d'un trou à l'aide d'une mèche dans le montant d'une porte-fenêtre). L'ADN de A_ a été prélevé sur le pourtour du trou de 10 mm effectué dans la porte-fenêtre de l'appartement.
° Le 18 août 2012, tentative de vol au préjudice de H_ dans son appartement de BA_/GE (percement du cadre de la fenêtre, sous la poignée, pour pousser le manche de la poignée). L'ADN de A_ a été prélevé dans le trou effectué à la chignole.
° Le 19 août 2012, vol au préjudice d'R_ dans sa villa de BB_/VD (percement du cadre de la fenêtre de la cuisine, introduction d'une tige et ouverture subséquente de la porte). Outre la présence d'images issues du système de vidéosurveillance dont était équipée la villa, la police vaudoise avait procédé à la comparaison des traces de chaussures qui avait révélé une correspondance significative avec celles des chaussures portées par A_ à son interpellation.
A_ a d'abord contesté être l'auteur de ce cambriolage. Il a fini par l'admettre lorsque les images issues de la vidéosurveillance sur lesquelles il apparaissait lui ont été présentées. Il s'était introduit dans la maison en perçant un trou dans le cadre de la porte-fenêtre au moyen d'une mèche de perceuse. Les objets qu'il avait dérobés avaient été vendus "
à des Arabes à AD_
" pour une somme de l'ordre d'EUR 80.-.
° Le 14 septembre 2012 vers 05:30, tentative de vol au préjudice de Q_ dans sa villa de BC_/VD (percement du cadre de la porte-fenêtre de la cuisine pour tenter de pénétrer dans le logement). L'auteur ou les auteurs a/ont été dérangé/s par son chien et a/ont fui sans rien emporter.
A_ s'était rappelé ce cambriolage à la police, insistant spontanément sur le fait qu'il ne s'agissait-là que d'une tentative. Il avait été mis en fuite par la présence d'un chien.
° Dans la nuit du 20 au 21 septembre 2012, vol au préjudice de J_ dans sa villa de BD_/VD (durant son sommeil, la fenêtre de la salle de jeux a été forcée au moyen d'un outil plat). La victime a reconnu divers objets et des valeurs en USD saisis sur A_ lors de son interpellation.
A_ a admis sa participation à ce vol commis en compagnie de AA_, son rôle se limitant à faire le guet pendant que son complice fracturait la maison. Dans un premier temps, il était resté à l'extérieur mais il était finalement entré, sans rien voler. Ils avaient été surpris lors du deuxième cambriolage (cf.
infra,
cas K_) par un homme et ils avaient pris la fuite chacun de son côté. AA_, qu'il connaissait depuis l'Albanie, habitait à BE_.
° Le 21 septembre 2012, vol au préjudice de K_ dans sa villa située à AE_/VD (percement du cadre de la porte-fenêtre du salon à l'aide d'une mèche). Les cambrioleurs avaient été mis en fuite par son fils. K_ a reconnu divers objets, dont sa carte d'identité et une carte de crédit, et des valeurs en plusieurs monnaies saisis sur A_ lors de son interpellation.
A_ a dit avoir agi de la même manière que celle décrite pour le cambriolage commis au préjudice de J_.
B. Cas contestés par l'appelant
° Le 12 juillet 2012 vers 04:00, vol au préjudice d'F_ dans sa villa sise BF_, à Satigny/GE (
modus operandi
: ouverture de la porte-fenêtre du salon par deux pesées au tournevis). Il ressort de la procédure que cette villa est située entre celle d'G_ (cf.
infra
) et les locaux de C_ (cf.
supra,
let B.f.A).
° Le 12 juillet 2012 entre 05:00 et 05:30, vol au préjudice d'G_ dans sa villa sise BG_, à Satigny/GE (percement d'un trou à l'aide d'une mèche dans le montant d'une fenêtre). Selon le rapport de police du 17 septembre 2012, la maison cambriolée se situe à proximité de la villa et des bureaux de C_
Selon les explications fournies durant les débats d'appel, pour ce cas comme celui
supra
du cambriolage F_, A_ avait conduit des personnes dans ce lieu aux fins qu'elles y commettent des cambriolages. En attendant, il avait tenté de forcer un coffre-fort qu'il avait repéré dans des locaux administratifs (cf.
cambriolage C_
supra)
. Les autres l'avaient ensuite rejoint à la voiture, avec un sac à la main dont A_ ignorait le contenu. Il les avait ramenés à la gare de AD_/F. A_ avait été rémunéré pour le service rendu à hauteur de CHF 100.-.
° Le BT_, vol au préjudice de V_ dans sa villa sise à BH_/VD (percement d'un trou à l'aide d'une mèche dans la porte-fenêtre du salon). V_ a reconnu parmi les objets saisis le 21 septembre 2012 un sac de sport et un téléphone portable de marque NOKIA qui lui avaient été dérobés.
A_ n'avait pas de souvenirs précis de ce cambriolage, voire n'en avait même aucune idée. Devant le Ministère public, il a persisté, avouant que "[tous]
ces cambriolages
[lui tournaient]
la tête".
Il a cependant admis devant la police vaudoise que les trois téléphones portables de marque NOKIA saisis dans sa chambre d'hôtel étaient des objets volés, contrairement à un autre portable SAMSUNG qui lui appartenait.
° Le 11 septembre 2012 entre 01:00 et 07:30, vol au préjudice de N_ dans sa villa de BI_/VD près de BJ_ (percement de la porte-fenêtre du salon). Le sac découvert le 5 novembre 2012 près de l'hôtel AB_ de AC_ contenait le téléphone portable NOKIA de la victime.
A_ n'avait pas plus de souvenirs que pour le cas V_ (cf.
supra
).
° Le 11 septembre 2012 entre 06:45 et 06:50, vol au préjudice de M_ dans sa villa sise à BK_/VD (les auteurs – au nombre de deux - avaient percé et brûlé le cadre de la porte-fenêtre de la cuisine puis actionné la poignée intérieure. Dérangés pendant leur forfait, ils avaient pris la fuite). M_ a notamment reconnu parmi les objets saisis le 21 septembre 2012 un téléphone portable de marque NOKIA, une fourre d'iPhone et le sac à main de son épouse qui lui avaient été dérobés. Le 15 mars 2013, il a également reconnu un appareil photo retrouvé le 5 novembre 2012 par la police française dans le sac à proximité de l'hôtel où A_ avait logé. Cet appareil était clairement identifiable par une griffure spécifique au-dessous du flash.
Selon sa déclaration à la police vaudoise, A_ a dit ne pas avoir de souvenirs précis de ce cambriolage même s'il était possible qu'il en soit l'auteur. Devant le Ministère public, il l'a reconnu, fournissant des détails [présence conjointe de BN_,
" (...) je ne suis même pas entré. Je suis resté dans le jardin de cette villa"
], avant de le contester formellement à l'audience de jugement, au motif qu'il ne s'était pas rendu à plusieurs reprises à BK_. Selon ses explications fournies durant les débats d'appel, A_ avait avoué ce vol par lassitude d'être en prison, espérant de la sorte accélérer la procédure.
° Entre le 11 et le 13 septembre 2012, vol au préjudice de B_ dans sa villa d'BL_/GE (porte-fenêtre du salon forcée par pesées à l'aide d'un outil plat). Auditionné le 11 décembre 2012 par la police française, B_ a reconnu parmi les objets qui lui avaient été présentés un téléphone portable, des clés USB dont l'une portait une étiquette avec son prénom, trois montres, un cardiomètre et un iPod, tous objets provenant du sac retrouvé dans un pré le 5 novembre 2012 à AC_/F.
Le profil ADN de Z_ a été mis en évidence par la police sur la prise d'un iMac débranché par le ou les auteur/s. L'intéressé n'a pas nié avoir commis ce cambriolage pour lequel A_ et lui s'étaient rendus sur place avec une RENAULT LAGUNA noire. Il a confirmé la présence à ses côtés de A_ en audience de confrontation le 20 décembre 2012, tout en le mettant hors de cause pour d'autres cambriolages pour lesquels il avait préalablement dit avoir agi avec lui. A_ a toujours contesté avoir participé à ce cambriolage. Il n'avait pas agi avec Z_, qui le mettait en cause
"peut-être pour sauver sa peau".
Son comparse avait été AA_, étant précisé qu'il ne s'agissait pas là de sa véritable identité et que celui-ci programmait leurs agissements. Selon ses explications fournies en audience d'appel, A_ n'avait pu agir en utilisant la RENAULT LAGUNA qu'il n'avait achetée que le 14 septembre 2012.
° Le 14 septembre 2012 entre 04:30 et 07:00, vol au préjudice de L_ dans son appartement sis à BJ_/VD (escalade jusqu'à son balcon au 2
ème
étage et introduction par la fenêtre du salon ouverte). La victime a reconnu un téléphone portable de marque NOKIA dérobé.
A_ a dit ne pas avoir de souvenirs précis de ce cambriolage. Devant le Ministère public, il a persisté à le contester, car il était rentré chez lui après la tentative dont avait été victime Q_ (cf.
supra
). Le téléphone portable de la victime dont il était détenteur lui avait été remis par AA_.
° Dans la nuit du 17 au 18 septembre 2012 à 06:15, vol au préjudice de W_ dans sa villa de BB_/VD (percement de la porte-fenêtre). La femme de la victime a reconnu parmi les objets présentés une valise, un portemonnaie et éventuellement un peigne de voyage, tous objets saisis dans la chambre d'hôtel occupée par A_ en France voisine.
Devant le Ministère public, A_ a contesté ce cambriolage, au motif qu'il avait dû se présenter le 18 septembre 2012 devant le Tribunal de Grande Instance de Thonon-les-Bains. La valise saisie lui avait été remise par AA_. D'ailleurs, ainsi qu'il l'a expliqué durant les débats d'appel, les caméras de surveillance de l'hôtel où il avait pris une chambre pouvaient aisément démontrer qu'il n'était pas sorti de sa chambre ce soir-là.
C. Acquittement contesté par le Ministère public en appel
° Dans la nuit du 11 au 12 septembre 2012 vers 06:15, vol au préjudice de O_ dans sa villa sise à BM_/VD (
modus operandi
: percement d'un trou à la hauteur de la porte-fenêtre du salon avant d'actionner ladite poignée de l'extérieur). Selon le fils de la victime, entendu par la police, il s'était trouvé en présence d'un voleur qui avait pris la fuite. Il n'a pas pu formellement le reconnaître sur planche photographique, même s'il n'a pas exclu que ce fût A_, de par la forme de son visage.
A_ n'avait aucun souvenir précis de ce cambriolage.
C. a.
A_ conclut au rejet de l'appel joint du Ministère public et persiste dans ses conclusions prises en appel. Les parties plaignantes ne se sont pas déterminées sur l'appel principal et l'appel joint dans le délai de 20 jours de l'art. 400 al. 3 du Code de procédure pénale du 5 octobre 2007 (CPP ;
RS 312.0
).
b.
Par ordonnance
OARP/52/2014
de la CPAR, A_ et le Ministère public ont été cités aux débats d'appel. Les réquisitions de preuves relatives à Z_ ont été rejetées selon des motifs figurant dans l'ordonnance précitée.
c.
Devant la juridiction d'appel, A_ persiste dans ses conclusions découlant de sa déclaration d'appel, sous réserve des cas G_ et F_ pour lesquels il sollicite une requalification juridique en complicité. Il s'en rapporte à la sagesse de la CPAR s'agissant de son indemnisation en application de l'art. 429 CPP.
A_ s'appelait initialement BN_. Il avait profité de la législation en vigueur en Albanie pour prendre le patronyme de son grand-père, un changement de nom étant possible une fois dans la vie d'un Albanais. Il avait régulièrement pris l'avion depuis le AH_, car l'aéroport est plus proche de son domicile BO_ (10 km) que l'aéroport de BP_, distant de 200 kilomètres. La commission d'infractions en Suisse était liée à une situation financière difficile consécutive à de graves inondations qui avaient dévasté l'économie de son pays. A partir de Francfort ou de Paris, A_ avait rejoint la Suisse, où, plutôt que de se livrer à un trafic de stupéfiants, il avait opté pour la commission de cambriolages, moins dommageables à ses yeux. Contrairement à ses déclarations antérieures, il avait toujours agi seul, inventant la présence d'un comparse au nom de AA_. Cette personne existait mais elle ne l'avait pas accompagné pour les cambriolages. Z_ avait en revanche effectué des cambriolages ; il était notamment l'auteur du vol d'un mini-ordinateur pour lequel son ADN avait été retrouvé sur place. Z_ avait aussi volé plusieurs téléphones portables. Plutôt que de les jeter, A_ avait proposé de les vendre en se répartissant les bénéfices, selon une clé de répartition de 70 % pour Z_ et le solde pour lui-même. A_ n'avait rien révélé jusqu'à ce jour du rôle joué par Z_ dans les cambriolages par crainte de représailles. C'était la seule fois où il avait menti.
D.
A_ est né le BQ_à BR_, en Albanie. Il est le cadet d'une fratrie de 4 personnes qui vivent principalement en Albanie. Il s'est marié religieusement - selon le rite catholique - et est père d'un garçon âgé de deux ans et deux mois qui vit en Albanie avec sa mère. Il a effectué son école obligatoire dans son pays d'origine, puis s'est rendu en Italie pour achever une formation de mécanicien. Il est retourné en Albanie où il a travaillé en tant que mécanicien jusqu'en 2012 pour des revenus de CHF 250.- à CHF 500.-. Il est titulaire en France d'une licence décernée par la préfecture pour acheter des voitures et des pièces d'occasion dont il se sert pour son commerce en Albanie. A sa sortie de prison, il entend retourner dans son pays d'origine.
Selon l'extrait du casier judiciaire suisse, A_ n'a pas d'antécédents judiciaires. Il a par contre été condamné par le Tribunal des mineurs de Turin/I le 3 février 2003, sous l'identité de BS_, à une peine d'emprisonnement de 10 mois et 20 jours pour tentative de vol avec violence ou menace, fausse déclaration d'identité à une autorité, vols et tentative de vol en coactivité. Selon les précisions apportées par A_ en audience d'appel, il aurait passé 24 heures dans les locaux de la police puis été astreint aux arrêts domiciliaires dans une communauté catholique. Il affirme avoir quitté l'Italie en 2004 et ne pas avoir pu être condamné une seconde fois dans ce pays ainsi que cela ressort pourtant du casier judiciaire italien (condamnation le 20 juin 2005 par la Cour d'appel de Turin à une peine d'emprisonnement d'un an, 10 mois et 15 jours et à une amende d'EUR 600.- pour recel en coactivité, tentatives de vol en coactivité et possession injustifiée d'outils destinés aux cambriolages).
A_ ne conteste pas sa condamnation de Thonon-les-Bains datant du 18 septembre 2012 où le Tribunal correctionnel l'a reconnu coupable de recel d'un bien provenant d'un vol par effraction dans un local d'habitation ou un lieu d'entrepôt commis le 11 mai 2012 et l'a sanctionné d'une peine d'un mois d'emprisonnement avec sursis.

EN DROIT
:
1.
L'appel principal est recevable pour avoir été interjeté et motivé selon la forme et dans les délais prescrits (art. 398 et 399 CPP). Il en est de même pour l'appel joint (art. 401 et 403 al. 1 CPP).![endif]>![if>
La partie qui attaque seulement certaines parties du jugement est tenue d'indiquer dans la déclaration d'appel, de manière définitive, sur quelles parties porte l'appel, à savoir (art. 399 al. 4 CPP) : la question de la culpabilité, le cas échéant en rapport avec chacun des actes (let. a) ; la quotité de la peine (let. b) ; les mesures qui ont été ordonnées (let. c) ; les prétentions civiles ou certaines d'entre elles (let. d) ; les conséquences accessoires du jugement (let. e) ; les frais, les indemnités et la réparation du tort moral (let. f) ; les décisions judiciaires ultérieures (let. g).
La Chambre limite son examen aux violations décrites dans l'acte d'appel (art. 404 al. 1 CPP), sauf en cas de décisions illégales ou inéquitables (art. 404 al. 2 CPP).
2.
2.1
Le principe
in dubio pro reo
, qui découle de la présomption d'innocence, garantie par l'art. 6 ch. 2 de la Convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 [CEDH ;
RS 0.101
] et, sur le plan interne, par les art. 32 al. 1 de la Constitution fédérale de la Confédération suisse du 18 avril 1999 [Cst.;
RS 101
] et 10 al. 3 CPP, concerne tant le fardeau de la preuve que l'appréciation des preuves.![endif]>![if>
En tant que règle sur le fardeau de la preuve, ce principe signifie qu'il incombe à l'accusation d'établir la culpabilité de l'accusé, et non à ce dernier de démontrer son innocence. Il est violé lorsque le juge rend un verdict de culpabilité au seul motif que l'accusé n'a pas prouvé son innocence, mais aussi lorsqu'il résulte du jugement que, pour être parti de la fausse prémisse qu'il incombait à l'accusé de prouver son innocence, le juge l'a condamné parce qu'il n'avait pas apporté cette preuve (ATF
127 I 38
consid. 2a p. 40 et les arrêts cités).
Comme règle de l'appréciation des preuves, le principe
in dubio pro reo
interdit au juge de se déclarer convaincu d'un état de fait défavorable à l'accusé, lorsqu'une appréciation objective des éléments de preuve recueillis laisse subsister un doute sérieux et insurmontable quant à l'existence de cet état de fait. Des doutes abstraits ou théoriques, qui sont toujours possibles, ne suffisent certes pas à exclure une condamnation. La présomption d'innocence n'est invoquée avec succès que si le recourant démontre qu'à l'issue d'une appréciation exempte d'arbitraire de l'ensemble des preuves, le juge aurait dû éprouver des doutes sérieux et irréductibles sur sa culpabilité (ATF
120 Ia 31
consid. 2 p. 33 ss, ATF
124 IV 86
consid. 2a p. 87 ss).
2.2.1
Est un coauteur celui qui collabore, intentionnellement et de manière déterminante, avec d'autres personnes à la décision de commettre une infraction, à son organisation ou à son exécution, au point d'apparaître comme l'un des participants principaux. Il faut que, d'après les circonstances du cas concret, la contribution du coauteur apparaisse essentielle à l'exécution de l'infraction. La seule volonté quant à l'acte ne suffit pas. Il n'est toutefois pas nécessaire que le coauteur ait effectivement participé à l'exécution de l'acte ou qu'il ait pu l'influencer. La coactivité suppose une décision commune, qui ne doit cependant pas obligatoirement être expresse, mais peut aussi résulter d'actes concluants, le dol éventuel quant au résultat étant suffisant. Il n'est pas nécessaire que le coauteur participe à la conception du projet ; il peut y adhérer ultérieurement. Il n'est pas non plus nécessaire que l'acte soit prémédité ; le coauteur peut s'y associer en cours d'exécution. Il est déterminant que le coauteur se soit associé à la décision dont est issue l'infraction ou à la réalisation de cette dernière, dans des conditions ou dans une mesure qui le font apparaître comme un participant non pas secondaire, mais principal (ATF
130 IV 58
consid. 9.2.1 p. 66 ;
125 IV 134
consid. 3a p. 136 ; ATF
135 IV 152
consid. 2.3.1 p. 155 ; SJ
2008 I 373
consid. 7.3.4.5 p. 382-383). La jurisprudence exige même que le coauteur ait une certaine maîtrise des opérations et que son rôle soit plus ou moins indispensable (ATF
120 IV 17
consid. 2d p. 23 ; 136 consid. 2b p. 141 ; 265 consid. 2c/aa p. 271 s. ;
118 IV 397
consid. 2b p. 399).
Ce concept de coactivité montre qu'une personne peut être considérée comme auteur d'une infraction, même si elle n'en est pas l'auteur direct, c'est-à-dire si elle n'a pas accompli elle-même tous les actes décrits dans la disposition pénale (ATF
120 IV 17
consid. 2d p. 23 s.).
2.2.2
Agit comme complice, celui qui prête intentionnellement assistance à l'auteur pour commettre un crime ou un délit (cf. art. 25 CP).
Objectivement, la complicité, qui est une forme de participation accessoire à l'infraction, suppose que le complice ait apporté à l'auteur principal une contribution causale à la réalisation de l'infraction, de telle sorte que les événements ne se seraient pas déroulés de la même manière sans cette contribution. La contribution du complice est subordonnée : il facilite et encourage l'infraction. Il n'est pas nécessaire que l'assistance du complice ait été une condition
sine qua non
de la réalisation de l'infraction. Il suffit qu'elle l'ait favorisée (...) (ATF
132 IV 49
consid. 1.1 p. 51-52 ;
121 IV 109
consid. 3a p. 119-120 ; arrêt du Tribunal fédéral
6B_72/2009
du 20 mai 2009 consid. 2.1.).
Subjectivement, le complice doit avoir l'intention de favoriser la commission, mais le dol éventuel suffit (ATF
121 IV 109
consid. 3a p. 119 ss ;
118 IV 309
consid. 1a p. 312). Il faut qu'il sache ou se rende compte qu'il apporte son concours à un acte délictueux déterminé et qu'il le veuille ou l'accepte. A cet égard, il suffit qu'il connaisse les principaux traits de l'activité délictueuse qu'aura l'auteur, lequel doit donc avoir pris la décision de l'acte (ATF
132 IV 49
consid. 1.1 p. 51-52 ;
121 IV 109
consid. 3a p. 119-120 ; arrêt du Tribunal fédéral
6B_72/2009
du 20 mai 2009 consid. 2.1.).
Contrairement au coauteur, le complice ne veut pas l'infraction pour sienne et n'est pas prêt à en assumer la responsabilité. En règle générale, celui qui se borne à faire le guet agit en qualité de complice et non de coauteur (arrêt du Tribunal fédéral
6B_681/2007
du 25 janvier 2008 consid. 2.3.).
2.3
Il y a lieu d'examiner, pour chacun des cas contestés par l'appelant principal ou l'appelant joint, les indices à charge ou à décharge, aux fins de confirmer ou non la culpabilité retenue par les premiers juges ou l'acquittement dont le prévenu a bénéficié.
2.3.1
La proximité des lieux des cambriolages G_ et F_ avec celui commis au préjudice de C_ a permis au Tribunal correctionnel, outre le créneau horaire et le mode opératoire, de retenir la culpabilité de l'appelant principal.
En l'espèce, le mode opératoire n'est
de facto
pas identique dans le cas F_ où seules des pesées au tournevis ont été utilisées, ce
modus
n'étant par ailleurs pas étranger à l'appelant (cas J_ reconnu) même s'il était moins usuel. Cette inadvertance est sans conséquence, dès lors que les explications fournies par l'appelant principal en audience d'appel ont valeur de culpabilité pour ces deux occurrences, nonobstant le crédit limité qu'il convient de leur apporter. A suivre l'appelant principal, le fait de conduire des tiers sur des lieux de cambriolages (BF_et BG_), en connaissant leurs intentions, constitue déjà un acte qui a valeur de coactivité. Le prévenu était d'autant plus prêt à en assumer la responsabilité qu'il n'a pas sourcillé quand ses comparses sont revenus à la voiture avec un sac à la main ni quand il a été rémunéré pour sa tâche. Affirmer ne pas avoir su que le sac contenait le butin des infractions tient de la galéjade, quand on sait quelle a été l'activité parallèle de l'appelant principal à proximité géographique immédiate (AY_ pour les locaux administratifs cambriolés). Il importe peu dans ces conditions qu'il n'ait, par hypothèse, pas pénétré dans les villas cambriolées, son comportement ressemblant d'ailleurs assez à celui décrit pour le cambriolage reconnu J_ (cf.
supra
B.f.A).
Que ce soit sur la base des indices convergents retenus par le Tribunal correctionnel, hors le mode opératoire, ou en se fondant sur les dernières explications du prévenu, sa culpabilité doit en tout état être confirmée pour ces deux infractions.
2.3.2
Pour le cambriolage V_, il est établi que l'appelant principal pouvait se trouver en Suisse le BT_, puisqu'il avait pris l'avion pour Paris trois jours auparavant et qu'il opérait généralement en Suisse à partir de Paris ou de Francfort. Le mode opératoire est commun à de nombreux cambriolages reconnus (cas X_, Y_, C_, S_, K_), sans compter que deux mèches et l'outil permettant de les fixer ont été découverts dans la RENAULT LAGUNA, ce qui tend à renforcer sa culpabilité même s'il est vrai que le prévenu n'était pas le seul à opérer par chignole en 2012. A ces éléments s'ajoute l'indice probant selon lequel la victime a reconnu sur photographie un sac de sport et un téléphone portable de marque NOKIA lui appartenant. S'il est possible que des cambrioleurs s'échangent des objets volés, le fait que deux objets appartenant à la victime aient été découverts dans la chambre d'hôtel que l'appelant principal occupait seul tend à conforter sa culpabilité, aux côtés des autres éléments déjà réunis à charge. C'est d'autant plus le cas que le prévenu était seul à en connaître le code d'accès. L'appelant principal n'a d'ailleurs pas formellement contesté être l'auteur de ce cambriolage au cours de l'instruction, se retranchant derrière une formule peu convaincante exprimant sa lassitude. Auparavant, il avait même reconnu que le téléphone NOKIA faisait partie des objets qu'il avait volés. La culpabilité de l'appelant principal sera ainsi confirmée.
2.3.3
S'agissant de la participation du prévenu aux cambriolages N_ et M_, la date du 11 septembre 2012, comme pour le cas précédent, s'inscrit dans un créneau compatible avec sa présence en Suisse, étant rappelé que celui-ci n'a pas caché être venu dans l'arc lémanique avec l'intention d'y commettre des cambriolages. Dans les deux cas présents, le cambriolage a eu lieu de nuit à des heures compatibles avec une visite successive des deux villas. M_ a notamment reconnu parmi les objets saisis dans la chambre occupée par l'appelant principal un téléphone portable de marque NOKIA et une fourre d'iPhone. En plus des remarques déjà formulées (cf.
supra,
cas V_) qui sont applicables au cas M_
mutatis mutandis,
l'appelant principal a formellement reconnu devant le Ministère public être l'auteur de ce cambriolage avant de se rétracter en audience de jugement. Les motivations liées à un faux aveu sont dépourvues de toute crédibilité, car sa reconnaissance des faits est intervenue le 23 novembre 2012, soit moins de trois mois après son interpellation, en plus du fait que le prévenu avait mentionné des détails qui accréditent la thèse de sa présence sur place. La victime n'a au surplus pas manqué de relever la présence conjointe de deux auteurs, ce que l'appelant principal avait initialement admis.
A ces éléments s'ajoute pour les cas N_ et M_ la saisie d'objets dérobés dans le sac retrouvé à proximité de l'hôtel AB_ de AC_. Certes, s'il était isolé, cet indice serait insuffisant à établir une charge probante pour fonder la culpabilité du prévenu. Ajoutée aux autres éléments connus, la saisie d'objets volés au préjudice des victimes N_ et M_ vient cependant conforter les indices à sa charge, de sorte que sa culpabilité sur ces deux cas sera confirmée.
2.3.4
Le cas O_ est particulier, car aucun objet volé n'a été saisi, que ce soit dans la voiture de l'appelant principal, dans sa chambre d'hôtel ou dans le sac retrouvé par la police française le 5 novembre 2012. Aucune trace n'y a davantage été prélevée.
Les indices à charge n'en existent pas moins, à commencer par la date, l'heure et le lieu du cambriolage. BM_ se situe à proximité de BK_ (cambriolage M_) et de BJ_ (cambriolage N_). La mise en fuite des cambrioleurs à BM_ à 06:15 n'est pas incompatible avec leur présence à BK_ une demi-heure plus tard. Le mode opératoire, s'il n'est pas habituel, n'est pas étranger à l'appelant principal, qui plus est pour des cas reconnus (I_, H_ et U_). Enfin, le fils de la victime n'a pas exclu que le prévenu ait pu avoir une ressemblance avec l'auteur qu'il avait fait fuir.
Cela étant, si ces éléments sont suffisants à fonder une prévention à l'encontre de l'appelant principal, ils ne permettent pas à eux seuls de retenir sa culpabilité. L'acquittement prononcé par le Tribunal correctionnel sera ainsi confirmé et, partant, le Ministère public débouté sur ce point de son appel joint.
2.3.5
Pour le cambriolage dont a été victime B_, la mise en cause de l'appelant principal se fonde sur deux bases distinctes, ce qui la rend d'autant plus probante. Le fait que Z_, nonobstant ses craintes visibles, ait persisté à accuser le prévenu de la commission de ce cambriolage représente un élément de poids, surtout quand on sait par l'appelant principal lui-même qu'il a pu agir avec Z_, ainsi qu'il l'a reconnu tardivement à l'audience d'appel, admettant ce faisant avoir menti quant à la personne qui l'avait accompagné sur des lieux de cambriolages. Ce nouvel élément valide d'autant les accusations de Z_, dont la présence sur les lieux du cambriolage est confirmée par les prélèvements ADN opérés. La précision apportée quant au véhicule utilisé pour se déplacer dans la campagne genevoise va dans le même sens. Il est observé à cet égard que A_ n'a pas documenté avoir procédé à l'acquisition de la RENAULT LAGUNA noire le 14 septembre 2012 seulement. Il est même douteux qu'il ait attendu si longtemps alors qu'il a atterri en France une bonne semaine auparavant et qu'il a eu besoin d'un véhicule pour se déplacer jusqu'en Suisse. Il devait d'ailleurs être motorisé pour la tentative de cambriolage commise au préjudice de Q_ le 14 septembre 2012 vers 05:30, ce qui rend improbable qu'il ait acquis un autre véhicule le jour même.
Un autre indice est la reconnaissance par la victime de plusieurs objets volés parmi ceux saisis dans le sac découvert le 5 novembre 2012. Comme déjà dit (cf.
supra
cas N_ et M_), ce seul élément serait insuffisant s'il était isolé. En l'espèce au contraire, la saisie d'objets volés au préjudice de B_ vient conforter les indices à charge de l'appelant principal dont la culpabilité sur ce cas sera confirmée.
2.3.6
Le cas L_ est à rapprocher du cas Q_ (cf.
supra,
let. B.f.a), dont la tentative de cambriolage a été spontanément admise par l'appelant principal. Sont à mettre en exergue la proximité géographique de ces deux infractions, les localités de BJ_ et de BC_ étant très proches, ainsi que le créneau horaire, la tentative exécutée vers 05:30 n'empêchant pas le cambriolage L_ avant ou après. L'élément déterminant est constitué par la découverte du téléphone portable de la victime dans les objets saisis dans la chambre d'hôtel de AC_. Les développements qui figurent
supra
pour les cas V_, N_ et M_ sont applicables
mutatis mutandis
pour le cas L_
.
Dans ces circonstances, le seul fait que ce cambriolage sorte de l'ordinaire, en tant qu'il a été commis par introduction furtive dans un appartement situé au 2
ème
étage, ne suffit pas à renverser le faisceau d'indices probant. Il est possible au demeurant que l'appelant principal, seul ou avec un comparse, ait opté pour un autre mode opératoire à la faveur d'une opportunité après le constat de ce qu'une fenêtre était ouverte. Une telle conclusion s'impose d'autant plus que le recel allégué en provenance de AA_ a perdu toute sa pertinence au regard des dernières explications fournies par le prévenu en audience d'appel. La culpabilité de l'appelant principal sera ainsi confirmée.
2.3.7
Le cambriolage dont a été victime W_ a eu lieu à une date où la présence de l'appelant principal sur les bords du Léman est établie. Le mode opératoire du ou des auteur/s se retrouve dans nombre de cambriolages ou de tentatives commis par le prévenu qu'il a d'ailleurs reconnus (cas D_, I_, H_ et U_). L'indice déterminant est la reconnaissance, par la femme de la partie plaignante, de deux objets en tout cas sur lesquels l'appelant exerçait la mainmise exclusive, s'agissant d'une valise et d'un portemonnaie saisis dans la chambre d'hôtel de AC_. Les développements susmentionnés au sujet de la force probante qui se rattache à cet indice sont valables ici
mutatis mutandis
(cf.
supra,
cas V_, let. B.f.A,)
.
Face à ces éléments à charge, les dénégations de l'appelant principal ne font pas le poids. L'argument de la présence le lendemain à une audience à Thonon-les-Bains n'est pas d'un grand secours, tant que l'heure de l'audience n'est pas connue. Aurait-il été convoqué à la première heure, soit 09:00 au plus tôt selon les usages en France, que l'appelant aurait eu le temps de traverser le lac au moyen d'une navette qui relie la côte vaudoise à Thonon-les-Bains voire même de contourner le lac en passant par Genève. L'argument du recours à la vidéosurveillance de l'hôtel est inopérant, dès lors qu'aucune démarche n'a été initiée en ce sens.
La culpabilité de l'appelant principal sera ainsi confirmée pour ce cas également.
3.
3.1
Selon l'art. 47 CP, le juge fixe la peine d'après la culpabilité de l'auteur. Il prend en considération les antécédents et la situation personnelle de ce dernier ainsi que l'effet de la peine sur son avenir (al. 1). La culpabilité est déterminée par la gravité de la lésion ou de la mise en danger du bien juridique concerné, par le caractère répréhensible de l'acte, par les motivations et les buts de l'auteur et par la mesure dans laquelle celui-ci aurait pu éviter la mise en danger ou la lésion, compte tenu de sa situation personnelle et des circonstances extérieures (al. 2). Comme sous l'ancien droit, le facteur essentiel est celui de la faute.![endif]>![if>
Les critères énumérés, de manière non exhaustive, par cette disposition légale correspondent à ceux fixés par l'art. 63 aCP et la jurisprudence élaborée en application de cette ancienne disposition conserve toute sa valeur, de sorte que l'on peut continuer à s'y référer (arrêt du Tribunal fédéral
6B_992/2008
du 5 mars 2009 consid. 5.1).
47.18 La culpabilité de l'auteur doit être évaluée en fonction de tous les éléments objectifs pertinents, qui ont trait à l'acte lui-même, à savoir notamment la gravité de la lésion, le caractère répréhensible de l'acte et son mode d'exécution (
objektive Tatkomponente
). Du point de vue subjectif, sont pris en compte l'intensité de la volonté délictuelle, ainsi que les motivations et les buts de l'auteur (
subjektive Tatkomponente
). À ces composantes de la culpabilité, il faut ajouter les facteurs liés à l'auteur lui-même (
Täterkomponente
), à savoir les antécédents, la réputation, la situation personnelle (état de santé, âge, obligations familiales, situation professionnelle, risque de récidive, etc.), la vulnérabilité face à la peine, de même que le comportement après l'acte et au cours de la procédure pénale (ATF
134 IV 17
consid. 2.1 p. 19 ss ; ATF
129 IV 6
consid. 6.1 p. 20 ; arrêt du Tribunal fédéral
6B_198/2013
du 3 juin 2013 consid. 1.1.1).
D'après l'art. 49 al. 1 CP, si, en raison d'un ou de plusieurs actes, l'auteur remplit les conditions de plusieurs peines de même genre, le juge le condamne à la peine de l'infraction la plus grave et l'augmente dans une juste proportion.
3.2
La faute de l'appelant principal est lourde. Sa capacité d'introspection reste limitée, tant il est apparu au cours de l'instruction sur la défensive, reconnaissant certes des faits isolés mais sans une remise en question qui puisse être qualifiée de sérieuse. Son refus d'admettre sa responsabilité, ses revirements constants et ses dénégations partielles, jusqu'à la procédure d'appel pour une dizaine d'occurrences, témoignent d'une réelle incapacité à prendre conscience de l'illicéité de son comportement déviant. Il n'a finalement admis sa participation aux infractions que dans les cas où il ne pouvait faire autrement, les traces ADN ou les images de vidéosurveillance étant irréfutables. Ses motivations sont égoïstes, dans le sens où il n'a agi que par appât du gain, alors même qu'il disposait d'une source de revenus légale en Albanie, certes modeste, ainsi que d'une formation qu'il avait pu parfaire à l'étranger. Il a agi avec une forte intensité délictueuse pendant la durée de ses séjours en Suisse, ainsi qu'en attestent les neuf cambriolages ou tentatives dans les quinze jours qui ont précédé son interpellation. Il y a concours réel entre les infractions qui lui sont reprochées, s'agissant des dommages à la propriété et des violations de domicile, ce qui conduit à une aggravation de la peine. L'appelant principal a persisté à revenir à réitérées reprises en Suisse sans que la situation délicate vécue dans son pays d'origine ne l'y contraignît, nonobstant les difficultés matérielles rencontrées. Ses antécédents sont spécifiques, ce qui témoigne de son enracinement dans la délinquance depuis de nombreuses années. A cet égard, aucune raison ne commande de ne pas tenir compte de sa seconde condamnation en Italie, les explications fournies n'étant guère crédibles au regard de la force qu'il convient de donner à un document officiel. Tous les éléments susmentionnés ne plaident pas en faveur d'une peine clémente.
La quotité de la peine de base de trois ans et six mois est adéquate eu égard à l'ensemble des critères posés par l'art. 47 CP. Cette peine est complémentaire à celle prononcée à Thonon-les-Bains (un mois de peine privative de liberté avec sursis), comme l'a retenu à juste escient le Tribunal correctionnel. Ainsi la sanction infligée, qui tient compte de manière appropriée de la culpabilité de l'appelant principal, ne saurait être réduite, mais il n'apparaît pas non plus nécessaire de l'augmenter comme le sollicite le Ministère public, dans la mesure où une peine ferme constitue en soi un signal fort, de nature à convaincre le condamné de modifier à l'avenir son comportement délictuel, étant rappelé au surplus que l'appelant joint a échoué à faire reconnaître la culpabilité du prévenu pour le cambriolage O_.
3.3
Vu l'issue de la procédure d'appel s'agissant de la culpabilité de l'appelant principal, il n'y a pas lieu d'entrer en matière sur sa demande d'indemnisation.
4. 4.1
Au sens de l'art. 69 CP, les objets susceptibles d'être confisqués sont soit des
instrumenta sceleris
, à savoir des objets qui ont servi ou devaient servir à commettre une infraction, soit des
producta sceleris
, c'est-à-dire des objets qui sont le produit de l'infraction (M. VOUILLOZ,
"Le nouveau droit suisse de la confiscation pénale et de la créance compensatrice,
art. 69 à 73 CP",
PJA
2007 p. 1379).
La confiscation ne peut porter que sur des objets corporels matériels, que cela soit des choses mobilières ou des immeubles (M. VOUILLOZ,
op. cit
., PJA 2007 p. 1380).
70.1. La confiscation d'objets ou de valeurs patrimoniales ne constitue pas une sanction
in personam
, mais une mesure réelle (
in rem
), dont le but premier consiste à éviter le maintien d'un avantage consécutif à un acte pénalement punissable (G. STRATENWERTH,
Schweizerisches Strafrecht, AT II
, 2
e
éd., Berne 2006, § 13, n. 86 ; M. VOUILLOZ,
op. cit.,
p. 1388 et 1391). Dès lors qu'il s'agit d'une mesure qui porte gravement atteinte à la propriété, elle doit respecter le principe de la proportionnalité (ATF
125 IV 185
consid. 2a) p. 187 ; ATF
116 IV 117
consid. 2a) p. 121).
4.2
A prendre connaissance des inventaires concernés, la revendication de l'appelant principal ne saurait représenter une surprise. Il avait d'ailleurs déjà sollicité la remise de ces objets en audience d'instruction, sans que le Ministère public n'y donne apparemment suite. La lecture du jugement entrepris ne permet pas de comprendre pour quels motifs la confiscation des objets visés a été ordonnée, sinon qu'elle répond à une raison d'ordre général selon laquelle ils seraient
"d'origine illicite"
,
sans autre démonstration
.
Or, si nombre de bijoux, de valeurs, d'appareils électroniques ou d'autres objets peuvent être jugés d'origine douteuse, il n'en est rien, à tout le moins à teneur des éléments connus, des deux chaînes en métal doré que le prévenu portait autour du cou (ch. 2 et 3 de l'inventaire du 21 septembre 2012), du portemonnaie (ch. 5) et d'une partie de son contenu, à savoir trois cartes SIM (ch. 7 à 9) et des quittances bancaires (ch. 11 et 12), tous objets munis d'une mention attestant de leur appartenance à l'appelant principal. Il en est de même
mutatis mutandis
des quatre clés USB figurant sur l'inventaire du 23 octobre 2012. Aussi ces objets seront-ils restitués à l'appelant principal et le jugement du Tribunal correctionnel modifié en conséquence sur ce point.
5.
L’appelant principal, qui n'obtient que très partiellement gain de cause, supportera les deux tiers des frais de la procédure d'appel, comprenant dans leur totalité un émolument de CHF 2'500.-, le solde étant laissé à la charge de l’Etat (art. 428 CPP et art. 14 al. 1 let. e du Règlement fixant le tarif des frais en matière pénale [RTFMP ; RS
E 4 10.03
]), la répartition des frais tenant aussi compte de la qualité de l'appelant joint qui succombe entièrement. ![endif]>![if>
* * * * *