Decision ID: 1b9bba85-2fd2-4d8b-9924-63a291acf8f5
Year: 2017
Language: fr
Court: CH_BSTG
Chamber: CH_BSTG_001
Canton: CH
Region: Federation
Law Area: penal_law

La Cour, vu:
- l’ordonnance de perquisition et de séquestre du 14 décembre 2016
portant sur une pièce de monnaie d’or antique vraisemblablement
provenant d’une fouille sous-marine, rendue par le Ministère public
genevois (ci-après: MP-GE) suite à une commission rogatoire
internationale adressée à la Suisse le 6 juillet 2016 par le Juge
d’instruction de Marseille (France) et décidant d’une perquisition auprès
de A., à Genève (act. 1.1) et indiquant comme autorité de recours la
Chambre pénale de recours genevoise (ci-après: Chambre pénale),
- le fait qu’à ce jour aucune perquisition n’a été réalisée, A. étant absent
lorsque la police s’est présentée à son domicile le 21 décembre 2016
(act. 1 p. 5 points 29-30),
- l’invitation faite par le MP-GE à A. moyennant courrier du 7 février 2017,
reçu le 8 février 2017 (act. 3), lui demandant de remettre la monnaie
litigieuse à l’autorité sous un délai de trente jours (act. 3.1),
- le recours interjeté le 20 février 2017 contre le prononcé du 7 février
2017 par A. auprès de la Chambre pénale concluant à l’annulation de
l’ordonnance de perquisition et de séquestre prononcée le 14 décembre
2016, sous suite de frais et dépens, l’effet suspensif devant être
préalablement octroyé à son recours (act. 1),
- la transmission du dossier à la Cour des plaintes du Tribunal pénal
fédéral pour des raisons de compétence par la Chambre pénale en date
du 21 février 2017 (act. 1a),
- le courrier du recourant du 22 février 2017 à la Cour de céans, courrier
anticipé par télécopie (act. 3) ainsi que son annexe (act. 3.1),

et considérant:
que la Cour des plaintes du Tribunal pénal fédéral est compétente pour
connaître des recours dirigés contre les décisions de clôture de la procédure
d’entraide rendues par les autorités cantonales ou fédérales d’exécution et
conjointement, contre les décisions incidentes (art. 25 al.1 et 80e al. 1 de la
loi fédérale sur l’entraide internationale en matière pénale [EIMP;RS 351.1],
mis en relation avec l’art. 37 al. 2 let. a ch. 1 de la loi fédérale sur
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l’organisation des autorité pénales de la Confédération [LOAP;RS 173.71]);
qu’en l’espèce, le recourant s’en prend certes à l'ordonnance de perquisition
et de séquestre du 14 décembre 2016, mais conteste essentiellement devoir
remettre la pièce de monnaie concernée à l’autorité d’exécution;
qu’il faut admettre que ce faisant, il s’oppose principalement à l’ordre de
production qui lui a été signifié le 7 février 2017 (act. 3.1);
qu’un tel prononcé constitue une décision incidente antérieure à la décision
de clôture (art. 80e al. 1 EIMP);
qu'aux termes de l'art. 80e al. 1 EIMP, peuvent faire l'objet d'un recours à la
Cour des plaintes du Tribunal pénal fédéral, la décision de l'autorité
cantonale ou fédérale d'exécution relative à la clôture de la procédure
d'entraide et, conjointement, les décisions incidentes;
que selon l'art. 80e al. 2 EIMP, les décisions incidentes antérieures à la
décision de clôture peuvent faire l'objet d'un recours séparé si elles causent
un préjudice immédiat et irréparable en raison de la saisie d'objets ou de
valeurs (let. a), ou de la présence de personnes qui participent à la procédure
à l'étranger (let. b);
qu'il ressort ainsi du texte même de la loi que, dans le domaine de l'entraide,
les possibilités de recourir contre des décisions incidentes avant que ne soit
rendue une décision de clôture sont très limitées;
que pareille solution correspond à une volonté expresse du législateur
(v. TPF 2011 205, consid. 1.4; ZIMMERMANN, La coopération judiciaire
internationale en matière pénale, 4e éd., Berne 2014, no 512);
qu'en l'espèce, l'ordonnance entreprise n'entre dans aucune des catégories
susmentionnées, et ce dans la mesure où il s'agit là d'une ordonnance
d'édition d’objet rendue sur la base de l'obligation de dépôt prévue à
l'art. 265 CPP, applicable par renvoi de l'art. 12 al. 1 EIMP;
qu'en effet, la production d’objets – destinée à remplacer leur remise sous la
contrainte – ne constitue pas un séquestre, mais sert essentiellement à les
mettre en sûreté, le contrôle physique passant ainsi de leur détenteur à
l'autorité d'exécution (v. TPF 2006 218);
que ce n'est que dans la suite de la procédure que l’autorité d’exécution
devra se prononcer sur la saisie conservatoire et le sort de l’objet litigieux,
http://links.weblaw.ch/TPF_2011_205 http://links.weblaw.ch/TPF_2006_218
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notamment par l’émission d’une décision de clôture ordonnant la remise de
l’objet litigieux à l’autorité requérante, décision qui pourra être entreprise par
les personnes directement touchées par une telle décision;
qu’au vu de ce qui précède, de manière générale selon l’EIMP, l’obligation
de dépôt ne rentre pas dans la catégorie des décisions incidentes sujettes à
recours séparé (v. arrêt du Tribunal pénal fédéral RR.2013.61 du 6 mars
2013);
que, même en voulant considérer l’invitation à déposer la pièce en main du
MP-GE comme une décision de saisie d’objet aux sens de l’art. 80e al. 2
EIMP let. a, le recourant ne démontre pas en quoi une telle décision lui
causerait un préjudice immédiat et irréparable;
que le recours est partant manifestement irrecevable;
que, vu le sort du recours, la demande d'effet suspensif est sans objet;
que, le recours étant d'emblée irrecevable, la Cour de céans a renoncé à
procéder à un échange d'écritures (art. 57 al. 1 PA a contrario, applicable
par renvoi de l'art. 39 al. 2 let. b LOAP) et à percevoir une avance de frais
(art. 63 al. 4 in fine PA);
qu'en tant que partie qui succombe, le recourant devrait, selon la règle,
supporter les frais du présent arrêt (art. 63 al. 1 PA);
que, toutefois, et au vu du fait que l'indication des voies de recours figurant
au pied de l'acte attaqué pouvait laisser croire au recourant qu'il était en droit
de s'en plaindre, il y a lieu en l'espèce de renoncer exceptionnellement à
percevoir des frais (art. 63 al. 1 in fine PA).
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