Decision ID: c2f23276-7124-572b-a958-498d0e5c0fae
Year: 2021
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_004
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law

EN FAIT
, le contrat de bail conclu par les parties, portant sur la location d'un appartement de 3,5 pièces n° XX au 1
er
étage de l'immeuble sis rue 1_, à Genève;
Attendu que le loyer, charges comprises, a été fixé en dernier lieu à 1'650 fr. par mois;
Qu'à la suite d'une vaine mise en demeure du 15 juin 2020, la bailleresse a, par avis officiel du 20 juillet 2020, résilié le contrat de bail pour le 31 août 2020;
Que les locaux n'ont pas été restitués par la locataire;
Que, par requête déposée le 29 octobre 2020 au Tribunal des baux et loyers, la bailleresse a requis l'évacuation de la locataire, assortie de mesures d'exécution directes du jugement d'évacuation, par la procédure de protection de cas clair; qu'elle a également conclu à la condamnation de la locataire à lui verser 9'900 fr.;
Qu'à l'audience du 7 janvier 2021 devant le Tribunal, le représentant de la bailleresse a persisté dans ses conclusions et a indiqué que le montant de la dette s'élevait à 3'343 fr. du 30 au 31 janvier 2021, des versements étant récemment intervenus;
Que la locataire a produit des pièces relatives à sa situation financière et précisé bénéficier d'une rente AI ainsi que des prestations complémentaires, de 3'000 fr. mensuellement; qu'elle souffrait de troubles anxieux et de la personnalité; qu'elle a allégué vouloir entamer des démarches en vue d'obtenir des prestations complémentaires plus élevées; qu'elle a précisé vivre seule dans le logement en cause; qu'elle a requis l'octroi d'un sursis humanitaire jusqu'au 31 mars 2022;
Que d'entente entre les parties, une nouvelle audience serait convoquée, avec présence de la bailleresse;
Qu'à l'audience du Tribunal du 4 mars 2021, la bailleresse a déclaré que le montant de la dette était de 4'993 fr. 30 et a produit un décompte actualisé;
Que la locataire a conclu à l'irrecevabilité de la requête et a pour le surplus persisté dans ses conclusions en octroi d'un sursis;
Que la bailleresse s'est opposée à tout sursis à l'exécution de l'évacuation, dès lors qu'elle soupçonnait que la locataire n'occupait pas le logement;
Que la cause a été gardée à juger à l'issue de l'audience;
Que, par jugement
JTBL/257/2021
rendu le 4 mars 2021, reçu par la locataire le 12 avril 2021, le Tribunal a condamné la précitée à évacuer de sa personne et de ses biens et de toute autre personne faisant ménage commun avec elle l'appartement en cause (ch. 1 du dispositif), a autorisé la bailleresse à requérir l'évacuation par la force publique de la locataire 60 jours après l'entrée en force du jugement (ch. 2), a condamné la locataire à verser à la bailleresse 1'693 fr. 30, avec intérêts à 5% l'an dès le 1
er
janvier 2021 (ch. 3), a débouté les parties de toutes autres conclusions (ch. 4) et a dit que la procédure était gratuite (ch. 5);
Vu le recours expédié le 22 avril 2021 par A_ contre le chiffre 2 du dispositif de ce jugement;
Qu'elle a conclu à ce qu'il soit sursis à l'exécution de l'évacuation jusqu'au 31 mars 2022;
Que A_ a préalablement requis la suspension du caractère exécutoire des mesures d'exécution ordonnées par le Tribunal des baux et loyers;
Qu'invitée à se déterminer, la bailleresse a, par écritures du 27 avril 2021, conclu au rejet de la requête d'effet suspensif;
Considérant,

EN DROIT
, que seule la voie du recours est ouverte contre les mesures d'exécution (art. 309 let. a et 319 let. a CPC);
Que le recours ne suspend pas la force de chose jugée, l'instance d'appel pouvant suspendre le caractère exécutoire (art. 325 al. 1 et 2 CPC);
Que l'instance de recours est habilitée à décider d'office ou sur requête de suspendre le caractère exécutoire (cf. Jeandin, in Commentaire Romand, Code de procédure civile 2
ème
éd., n. 6 ad art. 325 CPC);
Qu'en la matière, l'instance d'appel dispose d'un large pouvoir d'appréciation
(ATF
137 III 475
consid. 4.1; arrêts du Tribunal fédéral
5A_403/2015
du 28 août 2015 consid. 5;
5A_419/2014
du 9 octobre 2014 consid. 7.1.2);
Que, selon les principes généraux, l'autorité procède à une pesée des intérêts en présence et doit se demander, en particulier, si la décision est de nature à provoquer une situation irréversible; qu'elle prend également en considération les chances de succès du recours (arrêts du Tribunal fédéral
4A_337/2014
du 14 juillet 2014 consid. 3.1;
4D_30/2010
du 25 mars 2010 consid. 2.3);
Considérant que seules les mesures d'exécution ont été remises en cause par la recourante, de sorte que seule la voie du recours est ouverte;
Qu'il ne se justifie pas de suspendre le caractère exécutoire du chiffre 2 du jugement entrepris;
Qu'en effet, le recours paraît,
prima facie
et sans préjudice de l'examen au fond, dénué de chance de succès;
Que le montant de la dette n'a pas été résorbé;
Que la locataire n'a pas rendu vraisemblable avoir entrepris des démarches sérieuses, depuis la résiliation du bail au 31 août 2020, en vue de trouver une solution de relogement; qu'elle n'a en effet versé à la procédure que deux inscriptions, toutes deux après du même établissement public, datant de respectivement janvier et décembre 2020;
Qu'elle allègue avoir des problèmes de santé, lesquels ne sont pas documentés;
Qu'enfin, la recourante a bénéficié, au jour de la présente décision, de près de huit mois d'occupation de l'appartement sans droit, étant relevé que le Tribunal lui a accordé un sursis de 60 jours;
Qu'en conséquence, la requête de la recourante sera rejetée.
* * * * *