Decision ID: e0cb3b2d-ccf6-52ca-9466-f279f8c3d578
Year: 2015
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_001
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law

EN FAIT
, le jugement du Tribunal de première instance
JTPI/13124/2015
du
9 novembre 2015, notifié le 12 novembre 2015 à A_, rejetant sa requête en modification du jugement de mesures protectrices de l'union conjugale du 30 mai 2013;
Vu l'appel déposé le 23 novembre 2015 par A_ au greffe de la Cour de justice, par lequel il demande l'annulation du jugement du 9 novembre 2015 ainsi que la modification des chiffres 2 et 3 du dispositif de celui du 30 mai 2013, en tant que la jouissance exclusive du domicile conjugal lui soit attribuée et qu'il soit libéré de l'obligation d'entretien en faveur de son épouse à compter du 1
er
janvier 2015;
Vu la requête d'effet suspensif portant sur les conclusions relatives au paiement de la contribution d'entretien uniquement, l'appelant exposant qu'il ne souhaite pas s'acquitter de l'arriéré avant d'être au bénéfice d'un jugement définitif, que la liquidation du régime matrimonial dans laquelle il pourrait opposer un trop-perçu prendra des années, la demande en divorce n'ayant été déposée qu'en juillet 2015 et l'intimée disposant de ressources suffisantes pour attendre la fin de la procédure d'appel;
Qu'invitée à se déterminer sur la requête d'effet suspensif, l'intimée s'y oppose, expliquant qu'en présence d'une décision négative, l'effet suspensif ne peut être octroyé;
Considérant,

EN DROIT
, que la Cour est saisie d'un appel au sens de l'art. 308 CPC;
Que l'ordonnance querellée portant sur des mesures provisionnelles, l'appel n'a pas d'effet suspensif ex lege (art. 315 al. 4 let. b CPC);
Que la Présidente soussignée a compétence pour statuer sur la requête d'effet suspensif, vu la nature incidente et provisionnelle d'une telle décision et la délégation prévue à cet effet par l'art. 18 al. 2 LaCC, concrétisée par une décision de la Chambre civile siégeant en audience plénière et publiée sur le site Internet de la Cour;
Qu'à teneur de l'art. 315 al. 5 CPC, l'exécution de mesures provisionnelles peut exceptionnellement être suspendue si la partie concernée risque de subir un préjudice difficilement réparable, notion permettant de tenir compte également d'un préjudice de fait et s'examinant à l'aune de l'efficacité du jugement à rendre à l'issue de la procédure ordinaire, qui en serait compromise (arrêt du Tribunal fédéral
4P.5/2002
du 8 avril 2002 consid. 3a);
Que l'exécution immédiate demeure la règle et la suspension du caractère exécutoire l'exception et que le paiement de contributions d'entretien ne constitue en principe pas un dommage difficilement réparable (ATF
107 Ia 269
; arrêts du Tribunal fédéral
4D_26/2011
du 6 mai 2011 consid. 2;
5P.104/2005
du 18 juillet 2005 consid. 1.2);
Qu'en l'espèce, le Tribunal ayant rejeté la requête de l'appelant visant à modifier le jugement du 30 mai 2013, il ne peut y avoir de suspension des effets du jugement attaqué;
Qu'ainsi, il ne peut être fait droit à la requête d'effet suspensif;
Que, par ailleurs, quand bien même il conviendrait d'interpréter cette requête comme une demande de mesures provisionnelles visant à le libérer pendant la procédure d'appel de son obligation d'entretien, celle-ci devrait être rejetée;
Qu'aucune urgence n'est rendue vraisemblable quant à la nécessité d'une telle mesure;
Que les motifs invoqués par l'appelant à l'appui de sa requête ne rendent pas vraisemblable qu'il risquerait de subir un préjudice difficilement réparable s'il n'était pas d'ores et déjà libéré du paiement de la contribution d'entretien courante, dont il semble ne plus s'acquitter depuis le mois de juillet 2015;
Qu'en particulier, il reconnaît qu'il pourra, en cas d'arrêt lui étant favorable, opposer en compensation l'éventuel trop-perçu dans le cadre de la liquidation du régime matrimonial;
Que le fait que cette dernière prendra du temps n'est pas de nature à causer à l'appelant un préjudice difficilement réparable justifiant le prononcé de mesures provisionnelles (art. 261 CPC);
Que s'il craint de faire l'objet d'un séquestre de la part de l'intimée pour les arriérés de contribution, il n'appartient qu'à l'appelant de s'en acquitter;
Qu'enfin, en tant que l'appelant soutient ne vouloir s'exécuter que lorsqu'il sera en présence d'un jugement exécutoire, il perd de vue que le jugement du 30 mai 2013 est exécutoire;
Qu'au vu de ce qui précède, la requête d'effet suspensif, même si elle devait être comprise comme une requête de mesures provisionnelles, sera rejetée;
Qu'enfin et contrairement à ce que souhaite l'intimée, il sera statué sur les frais et dépens de l'incident avec la décision au fond (art. 104 al. 3 CPC);
Considérant enfin que la présente décision, de nature incidente, rendue dans le cadre d'une procédure dont la valeur litigeuse est supérieure à 30'000 fr., est susceptible d'un recours en matière civile au Tribunal fédéral, dans les limites de l'art. 93 LTF (ATF
137 III 475
consid. 1; arrêt du Tribunal fédéral
4D_26/2011
consid. 2 et 3) et de l'art. 98 LTF, seule la violation des droits constitutionnels pouvant être invoquée (ATF
137 III 475
consid. 2; arrêt du Tribunal fédéral
2C_8/2011
du 3 mars 2011 consid. 3.1).
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