Decision ID: d1e1403e-05bd-5fa2-b9f5-22d06d0a01f2
Year: 2008
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_014
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: social_law

EN FAIT
Par jugement du 17 avril 2008, la 3
ème
chambre du Tribunal de première instance a prononcé le divorce de Madame C_, née D_ en 1961, et Monsieur C_, né en 1960, mariés en date du 30 mai 1986.
Selon le chiffre 5 du dispositif du jugement précité, le Tribunal de première instance a ordonné le partage par moitié des avoirs de prévoyance professionnelle acquis par chacun des époux durant le mariage.
Le jugement de divorce est devenu définitif le 6 juin 2008 et a été transmis d'office au Tribunal de céans le 13 juin 2008 pour exécution du partage.
Le Tribunal de céans a sollicité des parties le nom de leur institution de prévoyance, puis a interpellé les institutions défenderesses en les priant de lui communiquer les montants des avoirs LPP des parties acquis durant le mariage, soit entre le 30 mai 1986 et le 6 juin 2008.
L'instruction menée par le Tribunal de céans a permis d'établir les faits suivants :
S'agissant de Madame C_:
Il résulte du courrier du 16 juillet 2008 de la CAISSE DE PENSIONS MIGROS, auprès de laquelle la demanderesse est affiliée depuis 1986, que sa prestation de sortie est de
112'405 fr. 65,
intérêts au 6 juin 2008 compris, et que ses avoirs accumulés à la date du mariage sont de
74 fr. 95
, intérêts au 6 juin 2008 compris.
S'agissant de Monsieur C_:
Selon le courrier du 16 septembre 2008 de la CAISSE INTER-ENTREPRISES DE PREVOYANCE PROFESSIONNELLE - CIEPP, le demandeur a été affilié auprès de la Caisse paritaire de prévoyance professionnelle de l'industrie automobile _ CPPIA (Institution reprise par la CIEPP au 1
er
janvier 2005), du 1
er
janvier 1981 au 31 mai 1990. La CIEPP a indiqué que les avoirs LPP relatifs à cette affiliation ont été transférés le 28 septembre 2004 à la FONDATION INSTITUTION SUPPLETIVE LPP, Administration des comptes de libre passage, étant précisé que le montant accumulé à la date du mariage était de
21'675 fr. 05
, intérêts au 6 juin 2008 compris.
Par courrier du 19 septembre 2008, la FONDATION INSTITUTION SUPPLETIVE LPP, Administration des comptes de libre passage, a confirmé que la prestation de libre passage du demandeur s'élevait à
46'004 fr. 75
, intérêts au 6 juin 2008 compris.
Selon les courriers des 2 et 18 septembre 2008 de la FONDATION DE PREVOYANCE DE LA METALLURGIE ET DU BATIMENT - FPMB, auprès de laquelle le demandeur est affilié depuis le 1
er
juillet 1990, les avoirs accumulés s'élèvent à
95'540 fr. 80
, intérêts au 7 juin 2008 compris.
Ces documents ont été transmis aux parties en date du 6 octobre 2008. La juridiction leur a indiqué qu'à défaut d'observations d'ici au 13 octobre 2008, un arrêt serait rendu sur cette base.
En l'absence d'objections dans le délai fixé, la cause a été gardée à juger.

EN DROIT
L'art. 25a de la loi fédérale sur le libre passage dans la prévoyance professionnelle, vieillesse, survivants et invalidité du 17 décembre 1993 (LFLP), entré en vigueur le 1er janvier 2000, règle la procédure en cas de divorce. Lorsque les conjoints ne sont pas d’accord sur la prestation de sortie à partager (art. 122 et 123 Code Civil - CC), le juge du lieu du divorce compétent au sens de l'art. 73 al. 1 de la loi fédérale sur la prévoyance professionnelle du 25 juin 1982 (LPP), soit à Genève le Tribunal cantonal des assurances sociales depuis le 1
er
août 2003, doit, après que l'affaire lui a été transmise (art. 142 CC), exécuter d'office le partage sur la base de la clé de répartition déterminée par le juge du divorce.
Selon l'art. 22 LFLP (nouvelle teneur en vigueur depuis le 1er janvier 2000), en cas de divorce, les prestations de sortie acquises durant le mariage sont partagées conformément aux art. 122, 123, 141 et 142 CC; les art. 3 à 5 LFLP s'appliquent par analogie au montant à transférer (al. 1). Pour chaque conjoint, la prestation de sortie à partager correspond à la différence entre la prestation de sortie, augmentée des avoirs de libre passage existant éventuellement au moment du divorce, et la prestation de sortie, augmentée des avoirs de libre passage existant éventuellement au moment de la conclusion du mariage (cf. art. 24 LFLP). Pour ce calcul, on ajoute à la prestation de sortie et à l'avoir de libre passage existant au moment de la conclusion du mariage les intérêts dus au moment du divorce (ATF
128 V 230
; ATF
129 V 444
).
En l’espèce, le juge de première instance a ordonné le partage par moitié des prestations de sortie acquises durant le mariage par les demandeurs. Les dates pertinentes sont, d’une part, celle du mariage, le 30 mai 1986, d’autre part le 6 juin 2008, date à laquelle le jugement de divorce est devenu exécutoire.
Selon les documents produits, la prestation acquise pendant le mariage par le demandeur est de
119'870 fr. 50 (46'004 fr. 75 + 95'540 fr. 80 - 21'675 fr. 05)
, tandis que celle acquise par la demanderesse est de
112'330 fr. 70 (112'405 fr. 65 - 74 fr. 95),
les intérêts ayant déjà été calculés par les institutions de prévoyance défenderesses. Ainsi le demandeur doit à son ex-épouse le montant de
59'935 fr. 25
(119'870 fr. 50 : 2)
et celle-ci lui doit le montant de
56'165 fr. 35 (112'330 fr. 70 : 2)
, de sorte que c’est le demandeur qui doit à son ex-épouse le montant de
3'769 fr. 90 (59'935 fr. 25 - 56'165 fr. 35).
Conformément à la jurisprudence, depuis le jour déterminant pour le partage jusqu'au moment du transfert de la prestation de sortie ou de la demeure, le conjoint divorcé bénéficiaire de cette prestation a droit à des intérêts compensatoires sur le montant de celle-ci. Ces intérêts sont calculés au taux minimum légal selon l'art. 12 OPP 2 ou selon le taux réglementaire, si celui-ci est supérieur ((ATF
129 V 255
consid. 3).
Aucun émolument ne sera perçu, la procédure étant gratuite (art. 73 al. 2 LPP et 89H al. 1 de la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 1985).