Decision ID: cdf31cc8-1c93-541c-9325-f4f6c1a40af7
Year: 2019
Language: fr
Court: FR_TC
Chamber: FR_TC_004
Canton: FR
Region: Espace_Mittelland
Law Area: civil_law

considérant en fait
A. A._ et B._ se sont mariés en septembre 2007 à D._. Un enfant, C._, est né en 2007 de leur union. Par jugement de mesures protectrices de l'union conjugale du 11 mai 2010, le Président du Tribunal civil de l'arrondissement de la Gruyère (ci-après: le Président du Tribunal civil) a notamment attribué à A._ la garde et l'entretien de l'enfant, le droit de visite du père étant réservé.
Par jugement du 20 janvier 2014, le Président du Tribunal civil a prononcé la dissolution du mariage entre A._ et B._ par le divorce ; l'autorité parentale, la garde et l'entretien de C._ ont été confiés à la mère. Le droit de visite du père a été réglé à défaut d’entente (un week-end sur deux et quatre semaines durant les vacances).
Sur requête du 19 juin 2014 formulée par B._, la Justice de paix de l'arrondissement de la Gruyère (ci-après: la Justice de paix) a, par décision du 8 septembre 2014, institué une curatelle éducative et de surveillance des relations personnelles (art. 308 al. 1 et al. 2 CC) en faveur de l'enfant avec pour mission notamment pour la curatrice d'organiser la reprise progressive du droit de visite du père sur son fils, en fixant rapidement une rencontre médiatisée avec, d'une part, la mère et l'enfant, puis d'organiser le droit de visite du père sur son fils durant une journée entière, à deux ou trois reprises, avant une reprise, sauf contre-indication de la curatrice, de l'exercice du droit de visite tel que fixé dans le jugement de divorce du 20 janvier 2014. Ont été également confiées à la curatrice les missions d'instaurer dans les meilleurs délais un suivi psychologique en faveur de C._ auprès d'un spécialiste ne traitant pas l'un ou l'autre parent, de veiller à la mise en route d'une procédure de médiation auprès de E._ portant sur l'exercice et les modalités du droit de visite ainsi que sur les valeurs éducatives et culturelles de chaque parent, et de veiller à l'établissement d'un calendrier fixant le droit de visite de B._ sur son fils pour les vacances et les week-ends.
Par courriel du 13 février 2015 et courrier du 23 février 2015, la médiatrice de E._ a informé la Justice de paix de l'échec du processus de médiation entre les parents et par conséquent la décision de l'interrompre.
Par décision du 24 août 2015, la Justice de paix, constatant que la reprise des relations personnelles avec son père représentait une charge psychique importante pour C._ et la nécessité d'une reprise en douceur dans un endroit médiatisé, a confié à la curatrice de l’enfant la mission d'organiser la reprise progressive du droit de visite auprès du Point Rencontre (ci-après : le Point Rencontre) et de veiller à la continuation du suivi psychologique de l'enfant.
Sur la base du rapport annuel 2015 du Service de l'enfance et de la jeunesse (SEJ), la Justice de paix a, par décision du 7 mars 2016, ordonné la reprise d'un suivi pédopsychiatrique régulier pour C._ ainsi que la poursuite des relations personnelles avec le père au Point Rencontre fribourgeois. Elle a également exhorté les parents à assumer leurs responsabilités de parents et à placer au centre de leurs préoccupations l'intérêt de leur fils.
Alertée de l'arrêt du suivi thérapeutique de C._ par courrier du 27 juin 2016 du SEJ, la Juge de paix a donné ordre, par décision de mesures superprovisionnelles du 28 juillet 2016, à B._ et A._ de réinstaurer, dans les plus brefs délais, un suivi pédopsychiatrique régulier pour leur fils C._ auprès de F._, psychologue spécialisée FSP en psychiatrie et pédopsychiatrie pour enfants, adolescents et adultes.
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Par décision du 12 septembre 2016 consécutive à une séance du même jour, la Justice de paix a notamment prononcé la poursuite de l'exercice des relations personnelles de B._ sur son fils au Point Rencontre, ainsi que la poursuite du suivi pédopsychiatrique de C._ auprès de F._.
Lors d'une séance du 30 octobre 2017 dans les locaux de la Justice de paix, A._ a déclaré qu'il fallait mettre fin à l'exercice des relations personnelles au Point Rencontre, son fils émettant le souhait de ne plus y retourner. En revanche, elle a déclaré être favorable à la mise en place de visites médiatisées. Interrogée sur la mise en place d'une expertise familiale, elle a répondu espérer que l'expertise permette de "poser les choses". B._ a, quant à lui, déclaré que supprimer l'exercice du droit de visite au Point Rencontre équivaudrait à la suppression des relations personnelles avec son fils. En ce qui concerne l'expertise familiale, il s'est montré favorable à sa mise en place. Interrogée à son tour, la curatrice a estimé que l'expertise familiale était une mesure adéquate compte tenu de la souffrance ressentie par l'enfant dans cette situation.
Par décision de mesures superprovisonnelles du 15 mars 2018, la Juge de paix a suspendu le droit de visite de B._ jusqu'à la reddition d'une expertise familiale.
Le Réseau fribourgeois de santé mentale a remis à la Justice de paix son expertise familiale le 22 novembre 2018. Il en ressort notamment que l'exercice des relations personnelles au Point Rencontre de B._ sur son fils est recommandé, qu'il est nécessaire que le suivi individuel de C._ se poursuive de manière régulière auprès de sa thérapeute, et que la mise en place d'une thérapie familiale avec les deux parents est préconisée.
Lors d'une séance du 11 février 2019 à la Justice de paix, A._ a notamment déclaré être favorable à la poursuite du suivi de son fils auprès de sa thérapeute. En revanche, elle s'est opposée à la reprise des relations personnelles au Point Rencontre, mais a proposé d'organiser des visites médiatisées père-enfant par le biais du SEJ. Enfin, elle s'est montrée favorable à la mise en place d'une thérapie familiale. B._ s'est montré favorable à la poursuite du suivi de son fils auprès de sa thérapeute, ainsi qu'à la reprise de l'exercice des relations personnelles sur son fils au Point Rencontre. S'agissant de la mise en place d'une thérapie familiale, il ne s'y est pas opposé, sans pour autant être convaincu d'une telle démarche.
Appelées à se déterminer sur l'expertise pédopsychiatrique, la Dre G._, pédopsychiatre FMH, et F._, psychologue-psychothérapeute FSP, ont notamment indiqué qu'elles venaient à se demander s'il n'était pas indiqué, en l'état, de suspendre la logique des démarches déjà tentées et d'observer ce que cela pouvait engendrer chez C._. Elles ont ajouté que dans cette perspective, le maintien d'un lien par voie manuscrite (courriers ou courriels) constituait une piste.
B. Par décision du 28 mai 2019, la Justice de paix a décidé en particulier la reprise immédiate de l'exercice des relations personnelles auprès du Point Rencontre à raison d'une fois par mois, les trois premières visites n'excédant pas 1h30 et se déroulant dans l'enceinte du Point Rencontre. Dès la quatrième visite, celle-ci pourra s'étendre selon la situation au maximum possible, à savoir à 2h00 si les visites se passent à l'intérieur, ou à 3h45 si la sortie est autorisée. Elle a également ordonné la mise en place d'une thérapie familiale principalement axée sur la relation père-fils et la poursuite du suivi pédopsychiatrique de C._ par sa thérapeute F._. Elle a exhorté les parents de C._ à assumer leurs responsabilités de parents et à placer au centre de leurs préoccupations l'intérêt de leur fils C._, impliquant notamment un engagement sans faille dans la recherche d'un compromis pouvant permettre à ce dernier d'entretenir des relations
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saines et régulières avec l'autre parent. Elle a également maintenu les curatelles éducatives et de surveillance des relations personnelles au sens des art. 308 al. 1 et 2 CC.
C. Par mémoire posté le 16 juillet 2019, A._ a interjeté recours contre la décision de la Justice de paix du 28 mai 2019. Elle a conclu à l'admission du recours, au renvoi de la cause à l'autorité intimée pour qu'elle rende une nouvelle décision dans le sens des considérants, à ce que le droit de visite de B._ soit suspendu dans l'intervalle, à ce qu'il soit ordonné à B._ et à A._ de poursuivre le suivi pédopsychiatrique de C._ auprès de F._, à ce que les frais de procédure de recours soient mis à la charge de l'Etat et qu'une équitable indemnité de partie lui soit allouée pour ses frais de défense. Subsidiairement, elle a conclu à ce que la décision querellée soit modifiée en ce sens que l'exercice des relations personnelles de B._ sur son fils C._ soit rétabli et s'exerce, avec effet immédiat, sous forme de visites médiatisées à raison de 1h30 une fois tous les 3 mois dans les locaux du SEJ en présence de la curatrice de C._ et que la curatrice soit chargée de veiller au bon déroulement et à la poursuite des relations personnelles de B._ sur son fils C._ dans le cadre des visites médiatisées, à ce que les frais de procédure soient mis à la charge de l'Etat et à ce qu'une équitable indemnité de partie lui soit allouée pour ses frais et dépens.
Appelée à se déterminer, la Justice de paix a conclu au rejet du recours et remis ses dossiers par courrier du 23 juillet 2019.
B._ a requis le 5 août 2019 la suppression de l'effet suspensif au recours de A._. Invitée à se déterminer sur cette requête, la mère a conclu à son rejet le 19 août 2019. Elle a cependant suggéré, à titre subsidiaire, la mise en place de visites médiatisées dans les locaux du SEJ, déjà durant la procédure de recours.
Par mémoire posté le 28 août 2019, B._ a conclu au rejet du recours, à la confirmation intégrale de la décision du 28 mai 2019 de la Justice de paix, à ce que les frais de la procédure de recours soient mis à charge de A._ et à ce qu'une indemnité équitable lui soit allouée pour la procédure.
Abordé par le Juge délégué sur la possibilité de mettre en place des visites médiatisées dans les locaux du SEJ durant la procédure de recours, le SEJ a indiqué par courrier du 13 septembre 2019, qu'il pouvait de manière provisoire organiser au maximum trois visites médiatisées entre B._ et son fils dans ses locaux.
Invitée à se déterminer sur la proposition du SEJ, A._ a affirmé y être favorable par courrier du 26 septembre 2019, soulignant que son fils l’acceptait. En revanche, B._ a, par courrier du 26 septembre 2019, rejeté la proposition du SEJ et a confirmé son mémoire du 28 août 2019 ainsi que sa requête de retrait de l'effet suspensif du recours.
Par décision du 1er octobre 2019, le Juge délégué a rejeté la requête de retrait de l'effet suspensif du 5 août 2019, estimant en substance que ce retrait reviendrait à préjuger de l'issue du recours.
B._ a adressé une ultime détermination le 8 octobre 2019.
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en droit
1.
1.1. Selon l'art. 8 de la loi du 15 juin 2012 concernant la protection de l'enfant et de l'adulte (LPEA ; RSF 212.5.1), le Tribunal cantonal connaît des recours contre les décisions rendues par l'autorité de protection, soit la Justice de paix (art. 2 al. 1 LPEA). La Cour de protection de l'enfant et de l'adulte (art. 14 al. 1 let. c du Règlement du Tribunal cantonal du 22 novembre 2012 précisant son organisation et son fonctionnement [RTC ; RSF 131.11]) est compétente pour statuer.
1.2. Les dispositions de procédure devant l'autorité de protection de l'adulte sont applicables par analogie aux mesures de protection des enfants (art. 314 al. 1 CC). La procédure devant l'instance de recours est ainsi régie par les art. 450 à 450e CC (MEIER/STETTLER, Droit de la filiation, 5e éd., 2014, p. 399 n. 589).