Decision ID: c2076a5a-619d-5449-a5ca-4b561be469c5
Year: 2019
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_001
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law

EN FAIT
A.
Par jugement
JTPI/18211/2018
du 20 novembre 2018, reçu par les parties le
23 novembre 2018, le Tribunal de première instance a débouté A_ de sa demande en reddition de compte à l'encontre de C_ SA - C_ (ci-après : C_ SA) (chiffre 1 du dispositif), arrêté les frais judiciaires à 2'285 fr., en les compensant avec les avances fournies par A_ (ch. 2) et en les mettant à sa charge (ch. 3), ordonné aux Services financiers du Pouvoir judiciaire de restituer à ce dernier la somme de 715 fr.
(ch. 4), condamné A_ à verser à C_ SA la somme de 6'000 fr. à titre de dépens (ch. 5), ordonné en conséquence la libération des sûretés en garantie des dépens en faveur de C_ SA à hauteur de 6'000 fr. (ch. 6), ordonné aux Services financiers du Pouvoir judiciaire de restituer la somme de 4'000 fr. à
A_ (ch. 7) et débouté les parties de toutes autres conclusions (ch. 8).
B.
a.
Par acte expédié le 8 janvier 2019 au greffe de la Cour de justice,
A_ appelle de ce jugement, dont il sollicite l'annulation. Cela fait, il conclut à la condamnation de C_ SA à lui fournir, dans un délai de 10 jours dès jugement définitif et exécutoire, un rapport, détaillé et chronologique, sur les faits et actes entrepris dans l'exercice de tout mandat exécuté pour le compte de feu D_, les notes internes établies dans le cadre de l'exécution d'un tel mandat, de même que toute correspondance échangée avec cette dernière à ce sujet, ainsi que toute documentation concernant la constitution du E_ Trust - y compris son acte constitutif et le détail des versements effectués par ou au nom de feu D_ en sa faveur -, respectivement toutes autres sociétés ou entités dans le cadre de la création desquels C_ SA a fourni son activité de mandat/conseil en faveur de la défunte et dans lesquels cette dernière détenait des participations et/ou dont elle était l'ayant droit économique, sous la menace de la peine prévue à l'art. 292 CP. A défaut d'une telle exécution, A_ sollicite la condamnation de C_ SA à payer une amende d'ordre de 1'000 fr. pour chaque jour d'inexécution, sous suite de frais et dépens.
Dans le corps de son écriture, il requiert l'audition de F_, en qualité de témoin.
b.
Le 31 janvier 2019, C_ SA a formé une requête de sûretés en garantie des dépens à l'encontre de A_.
Par arrêt
ACJC/530/2019
du 8 avril 2019, la Cour a imparti à A_ un délai de 30 jours dès la notification de la décision pour verser aux Services financiers du Pouvoir judiciaire des sûretés à hauteur de 5'000 fr. et dit qu'il serait statué sur les frais et dépens dans la décision au fond.
c.
Dans sa réponse, C_ SA conclut au rejet de l'appel, sous suite de frais et dépens.
d.
Dans leurs réplique et duplique, les parties ont persisté dans leurs conclusions.
e.
Par avis du greffe du 17 juillet 2019, les parties ont été informées de ce que la cause était gardée à juger.
C.
Les faits pertinents suivants ressortent de la procédure :
a.
C_ SA est une société anonyme inscrite au Registre du commerce de Genève proposant des prestations de services dans le domaine du conseil en matière de constitution, contrôle et gestion de trusts, fondations et sociétés dans différentes juridictions, ainsi que des prestations de services et conseils juridiques, comptables et administratifs y relatifs.
b.
D_, née _ [nom de jeune fille] le _ 1936 au Bélize, a épousé
G_ en 1974; celui-ci est décédé le _ 2004.
Aucun enfant n'est issu de cette union.
c.
Par testament du 1
er
mars 2010, D_ a institué en qualité d'héritiers son frère, H_, ainsi que sa nièce, I_, et a désigné A_ en qualité d'exécuteur testamentaire.
d.
D_, domiciliée à Zoug, est décédée le _ 2014 à J_ en Floride (Etats-Unis).
H_ est décédé le _ 2015, laissant comme héritières son épouse, K_, et leur fille, I_.
e.
Par courriers des 8 juin et 30 novembre 2015, A_ a indiqué à
C_ SA avoir appris de K_ que son défunt mari était bénéficiaire d'un trust, soit le E_ Trust, constitué par feu D_ et administré par C_ SA. En sa qualité d'exécuteur testamentaire, il souhaitait obtenir tous les documents en lien avec ce trust, afin de déterminer si les biens transférés en faveur de celui-ci devaient ou non entrer dans la masse successorale.
Par courrier du 6 août 2015, C_ SA a répondu à A_ ne pas pouvoir lui transmettre les documents sollicités.
f.
Par courrier du 17 août 2015, L_
LIMITED (ci-après : L_), sise en Nouvelle Zélande, a informé K_ être en charge de l'administration du E_ Trust et lui a proposé un entretien dans les locaux de C_ SA.
Cet entretien, dont un bref compte-rendu a été dressé, s'est déroulé le
15 octobre 2015. K_ était accompagnée de son représentant, M_, tandis que N_ et F_ représentaient C_ SA.
g.
Entre le 21 octobre et le 12 novembre 2015, M_ a échangé des courriels avec N_ et O_, autre collaboratrice de C_ SA. F_ recevait copie de certains de ces courriels.
h.
Par courrier du 28 décembre 2015, C_ SA a indiqué à A_ qu'elle n'était pas en charge de l'administration du E_ Trust. Elle avait uniquement fourni des conseils à feu D_ en vue de la constitution de celui-ci.
i.
Par acte du 26 août 2016, A_ a requis du Tribunal la condamnation de C_ SA à lui fournir, dans un délai de 10 jours dès jugement définitif et exécutoire, un rapport écrit, détaillé et chronologique sur les faits et actes entrepris dans l'exercice de tout mandat exécuté pour le compte de feu D_, les notes internes établies dans le cadre de l'exécution du mandat, de même que toute correspondance échangée avec cette dernière à ce sujet, ainsi que toute documentation concernant la constitution de E_ Trust - y compris son acte constitutif et le détail des versements effectués par ou au nom de feu D_ en sa faveur -, respectivement toutes autres sociétés ou entités/trusts dans le cadre de la création desquels C_ SA avait fourni son activité de mandat/conseil en faveur de la défunte et dans lesquels cette dernière détenait des participations et/ou dont elle était l'ayant droit économique, sous la menace de la peine prévue à l'art. 292 CP. A défaut, il a sollicité la condamnation de C_ SA à payer une amende d'ordre de 1'000 fr. par jour d'inexécution.
En substance, A_ a allégué que feu D_ avait conclu avec C_ SA un contrat de mandat visant la fourniture de conseils, la constitution de trusts et la gestion de ceux-ci, en particulier le E_ Trust, dont elle était la bénéficiaire. Au décès de D_, son frère et un tiers inconnu avaient acquis la qualité de bénéficiaires de ce trust. A ce moment, les montants transférés au trust s'élevaient à 11'040'127 USD. A ce jour, C_ SA continuait à gérer les fonds investis par la défunte dans ce véhicule financier. La succession de cette dernière étant soumise au droit suisse, il avait le droit, en sa qualité d'exécuteur testamentaire, d'obtenir toutes les informations sur le E_ Trust, afin de vérifier la bonne exécution du mandat confié à C_ SA. Il devait également inventorier les biens entrant dans la succession de feu D_.
A l'appui de sa requête, il a notamment produit, sans autre précision, des avis de crédit établis entre le 14 octobre 2011 et le 27 janvier 2014, portant la mention "
L_ /AS E_ TRUST
" ou "
BY ORDER OF/PAYMENT FROM L_/ E_ TRUST
".
j.
Le 15 décembre 2016, C_ SA a formé une requête de sûretés en garantie des dépens à l'encontre de A_.
Par ordonnance
OTPI/120/2017
du 14 mars 2017, le Tribunal a condamné ce dernier à fournir des sûretés à hauteur de 10'000 fr., dès lors qu'il était domicilié aux Etats-Unis et que la valeur litigieuse était fixée à 30'000 fr.
k.
Dans sa réponse, C_ SA a conclu au déboutement de A_ de toutes ses conclusions.
Elle a allégué n'avoir été liée à feu D_ que par un contrat de conseils ponctuels, en vue de la constitution du E_ Trust. Aucun contrat écrit n'avait été signé. C_ SA ne s'était pas chargée de la constitution dudit trust, ni de la gestion de celui-ci, ces démarches ayant été effectuées par le
trustee
, soit L_. Le 1
er
mai 2011, C_ SA et L_ avaient conclu un contrat de services d'ordre général intitulé "
Marketing and administration services agreement
". Dans le cadre de ce contrat, C_ SA fournissait un soutien administratif à L_. Elle était donc intervenue comme "
relais
" entre feu D_ et le
trustee
, notamment en réceptionnant des documents, en transmettant des informations ou en exécutant des démarches administratives pour le compte de ce dernier. Cette activité déployée pour le E_ Trust avait cessé début 2016, à la demande du
trustee
; elle lui avait alors retourné tous les documents en sa possession. La requête en reddition de compte de A_ n'était donc pas fondée. Le contrat de conseils ponctuels en faveur de feu D_ avait été exécuté plusieurs années auparavant et était sans incidence sur la mission de A_.
Elle a produit un extrait du contrat "
Marketing and administration services agreement
", soit la clause n° 5 intitulée "C
onfidentiality & Proprietary Information
", dont il ressort que chaque partie s'engageait à garder confidentiel les informations dont elle avait eu connaissance dans le cadre de l'exécution du contrat et à retourner ces informations à celui qui les avait communiquées, notamment une fois le contrat terminé (traduction libre de "
Either party to this Agreement will keep in absolute confidence all information provided under this clause
[...].
All such information will be subject to the confidentiality provisions below and will be returned to the party providing it on completion of the project
[...]").
l.
Le 14 juin 2017, A_ a adressé au Tribunal une liste de témoins, comprenant notamment le nom de F_.
Par ordonnance de preuve du 27 juillet 2017, le Tribunal a refusé l'audition du précité, au motif que A_ n'avait pas précisé le rôle joué par F_, qui n'apparaissait dans les pièces produites qu'en copie d'un échange de courriels.
A_ n'a pas recouru contre cette ordonnance.
m.
Le Tribunal a entendu des témoins.
M_, représentant de K_ et I_ dans le cadre de la succession de H_, a déclaré que l'objectif de ces dernières était d'identifier les bénéficiaires du E_ Trust et de déterminer ce qu'il était advenu de la fortune de feu D_. De son vivant, cette dernière lui avait dit avoir été conseillée par C_ SA, en particulier par F_, pour la constitution de deux trusts, dans lesquels elle avait transféré son patrimoine. Elle était avisée en affaires et était une bonne négociatrice. Suite à son décès, H_ avait informé son épouse recevoir chaque année de C_ SA un montant provenant du E_ Trust, constitué par sa défunte soeur. Lui-même n'avait jamais vu de documents attestant de ces versements et il ne connaissait pas les conditions dans lesquelles feu D_ avait constitué ce trust. Il n'avait jamais vu le contrat conclu entre la précitée et C_ SA. K_ souhaitait, suite au décès de son époux, pouvoir bénéficier des versements provenant du E_ Trust. Lors de l'entretien du 15 octobre 2015, dont il avait rédigé un compte-rendu, les représentants de C_ SA s'étaient présentés comme étant les gestionnaires effectifs du E_ Trust. C_ SA disposait de toutes les informations concernant ce trust et en avait la maîtrise. K_ lui avait répété maintes fois que F_ avait la maîtrise complète du trust.
P_, banquier et proche des époux D/G_, a déclaré que ces derniers étaient en litige avec les neveux de G_, qui avaient obtenu le blocage de leurs fonds par voie judiciaire. Après le déblocage des fonds, feu D_ avait décidé de transférer son patrimoine à l'étranger, afin de compliquer un éventuel nouveau blocage. Cette dernière, qui possédait de très bonnes connaissances financières, avait donc décidé de constituer un trust. Elle souhaitait mettre "
en place un trust en béton contre la famille Q_ le temps de la procédure, mais en carton pour qu'elle puisse reprendre la pleine possession de son argent après le gain éventuel de ladite procédure
". Il l'avait mise en relation avec C_ SA, société qui aidait à organiser et planifier des patrimoines. Un entretien avait eu lieu avec F_, qui animait alors celle-ci, en sa présence. Selon sa propre compréhension, C_ SA représentait à Genève L_, avec laquelle feu D_ n'avait jamais eu de contact. Selon son souvenir, les bénéficiaires du E_ Trust étaient
H_ ou, à défaut, sa fille I_, ainsi que K_, la filleule de feu D_ et une université publique allemande.
N_, "
trust officer
" auprès de C_ SA depuis le 1
er
janvier 2008, a déclaré avoir procédé à deux ouvertures de comptes bancaires pour le E_ Trust. Il avait effectué les formalités nécessaires, puis demandé au
trustee
, soit L_, de signer les documents. Il n'avait pas participé aux discussions concernant la constitution du trust, lesquelles avaient eu lieu entre feu D_ et son supérieur hiérarchique, F_. A l'époque de la constitution du trust, ce dernier avait les contacts avec le
trustee
en charge des décisions. Dans le cadre de son activité, il était chargé de recevoir les demandes de feu D_ et de les transmettre au
trustee
. La gestion du E_ Trust était effectuée en Nouvelle-Zélande. Lorsque des paiements devaient être effectués par le trust, le
trustee
lui transmettait les ordres, afin qu'il les remette aux banques. Cette activité pouvait être qualifiée de "
passe-plats
". Il avait connaissance du contenu du E_ Trust, discrétionnaire et irrévocable. Feu D_ avait rédigé une lettre de voeux, prévoyant qu'elle était, de son vivant, la bénéficiaire du E_ Trust. Après son décès, les bénéficiaires étaient son frère et sa filleule domiciliée aux Etats-Unis. Les personnes "
représentées
" par A_ n'étaient pas bénéficiaires de ce trust. Feu D_ avait également pris une option pour la création d'une fondation caritative à son décès. Celle-ci n'avait toutefois pas été créée, car toutes les conditions n'étaient pas réunies. Le E_ Trust avait été transféré en 2016 à la société R_ SA, laquelle avait racheté C_ SA. Le compte-rendu de la séance du 15 octobre 2015 a été soumis au témoin; le contenu lui est apparu conforme aux propos échangés, sous une réserve relative aux bénéficiaires du trust qui n'avaient droit qu'aux intérêts du capital.
O_, directrice adjointe en charge des aspects juridiques, d'une partie du compliance et en appui des "
trust officer
" de C_ SA de 2012 à 2017, a déclaré avoir travaillé étroitement avec F_. Elle avait été impliquée dans le E_ Trust au décès de D_. Ce trust était directement géré par le
trustee
en Nouvelle-Zélande, C_ SA n'étant qu'un bureau de marketing et de représentation. C_ SA s'occupait de la promotion du
trustee
et recevait des clients ou des documents pour le compte de celui-ci. Ensuite, ces documents étaient transmis au
trustee
. Il n'existait, à sa connaissance, pas de mandat entre C_ SA et feu D_. Le E_ Trust était discrétionnaire et irrévocable. Il contenait une lettre de voeux de la défunte, non contraignante, qui prévoyait trois bénéficiaires après son décès, à savoir son frère, une filleule de coeur, ainsi qu'une fondation caritative à créer. Le courrier de
C_ SA du 28 décembre 2015 a été soumis au témoin; elle a indiqué que F_ avait préparé ce courrier, étant précisé qu'elle-même n'était pas là lors de la constitution de celui-ci et qu'elle ignorait quel type de conseils avait été fourni.
n.
Par courrier du 12 novembre 2017 adressé au Tribunal, P_ a complété son témoignage, précisant que feu D_ avait prévu une disposition testamentaire dans la construction du E_ Trust, selon laquelle, à son décès, une fondation caritative devait être créée. Ce trust était donc "
permanent, solide et indiscutable
".
Ce courrier a été adressé aux parties.
o.
Le 14 décembre 2017, A_ a persisté à requérir l'audition de F_, au motif que celui-ci était le seul à avoir eu des contacts directs avec feu D_ en vue de la constitution et la gestion du E_ Trust et disposait donc de "
renseignements cruciaux
" sur l'activité déployée par C_ SA dans le cadre du mandat.
Par ordonnance de preuve du 21 décembre 2017, le Tribunal a, par appréciation anticipée des preuves, refusé cette audition, au motif que les collaborateurs de C_ SA avaient détaillé les activités déployées par celle-ci et qu'il n'était pas contesté que l'activité de F_ auprès de feu D_ avait débouché sur la mise en relation avec L_, soit une entité juridique distincte de C_ SA, pour la création du E_ Trust. Il a clos les enquêtes.
Par arrêt
ACJC/838/2018
du 26 juin 2018, la Cour a déclaré irrecevable le recours formé par A_ à l'encontre de cette ordonnance, faute de préjudice irréparable. Elle a notamment relevé qu'afin de préserver son droit à obtenir l'audition de F_ devant l'instance d'appel, il suffisait à A_ de persister dans sa requête jusqu'à ce que la cause soit gardée à juger au fond.
p.
Dans leurs plaidoiries finales écrites, les parties ont persisté dans leurs conclusions, A_ n'ayant toutefois plus sollicité l'audition de F_, tout en relevant dans le corps de son écriture qu'il avait réitéré à plusieurs reprises sa requête d'audition jusqu'à ce que la cause soit gardée à juger sur le fond.
Le Tribunal a gardé la cause à juger à réception de ces écritures.
D.
Dans le jugement entrepris, le Tribunal a retenu que A_ n'avait pas démontré l'existence d'un contrat de mandat entre feu D_ et
C_ SA portant sur la création et la gestion du E_ Trust. Seule une activité de conseil de la part de C_ SA en faveur de la défunte avait été établie. Or, A_ ne formulait aucune critique concernant les conseils fournis, en particulier la mise en relation de la défunte avec L_, soit le
trustee
de E_ Trust. Il était, en outre, établi que C_ SA effectuait des activités de représentation et des mandats d'exécution pour ledit
trustee
.
C_ SA détenait des informations sur la situation financière de feu D_ utiles à A_ pour déterminer les biens entrant dans la masse successorale de cette dernière. Toutefois, A_ avait expressément sollicité les renseignements et/ou documents détenus par C_ SA à titre de mandataire, ce qu'elle n'était pas. Il devait donc être débouté de sa demande en reddition de compte, le Tribunal ne pouvant pas statuer
ultra petita
.
En tous les cas, dès lors que la défunte n'avait pas laissé d'héritier réservataire, A_ n'était pas autorisé à obtenir les informations sur le E_ Trust, reçues ou traitées par C_ SA en sa qualité d'intermédiaire entre le
trustee
et la défunte.

EN DROIT
1.
1.1
L'appel est recevable contre les décisions finales de première instance, dans les causes non patrimoniales ou dont la valeur litigieuse, au dernier état des conclusions devant l'autorité inférieure, est supérieure à 10'000 fr. (art. 308 al. 1 let. a et al. 2 CPC).
La reddition de compte est un litige de nature pécuniaire, les renseignements demandés étant susceptibles de fournir le fondement d'une contestation civile de cette nature (ATF
126 III 445
consid. 3b; arrêt du Tribunal fédéral
5A_479/2008
du 11 août 2009 consid. 3.2). Le demandeur est toutefois dispensé d'en chiffrer exactement la valeur litigieuse (ATF
127 III 396
consid. 1b/cc; arrêt du Tribunal fédéral
5A_551/2009
du 26 février 2010 consid. 1).
En l'occurrence, le Tribunal a, par ordonnance
OTPI/120/2017
du 14 mars 2017, fixé la valeur litigieuse de la présente cause à 30'000 fr., ce qui n'a pas été remis en cause par les parties.
La voie de l'appel est par conséquent ouverte.
1.2
Déposé en temps utile (art. 311 al. 1 et 145 al. 1 let. c CPC) et selon la forme prescrite (art. 130 et 131 CPC), l'appel est recevable.
2.
La Cour revoit la cause en fait et en droit avec un plein pouvoir d'examen
(art. 310 CPC), dans les limites posées par les maximes des débats et de disposition applicables au litige (art. 55 al. 1 et 58 al. 1 CPC).
Le juge d'appel contrôle librement l'appréciation des preuves effectuée par le juge de première instance (art. 157 CPC en lien avec l'art. 310 let. b CPC) et vérifie si celui-ci pouvait admettre les faits qu'il a retenus (ATF
138 III 374
consid. 4.3.1).
3.
La compétence des tribunaux genevois pour connaître de la demande formée par l'appelant, de même que l'application du droit suisse, ne sont pas contestées par les parties.
4.
L'appelant fait grief au premier juge d'avoir violé son droit à la preuve en ne procédant pas à l'audition de F_, en qualité de témoin. Il requiert que ce dernier soit entendu par la Cour, sans y conclure formellement.
4.1.1
Toute partie a droit à ce que le Tribunal administre les moyens de preuve adéquats proposés régulièrement et en temps utile (art. 152 al. 1 CPC). Le droit d'être entendu (art. 29 al. 2 Cst.) garantit le droit de fournir des preuves quant aux faits de nature à influer sur le sort de la décision (ATF
132 V 368
consid. 3.1).
L'autorité a l'obligation de donner suite aux offres de preuves présentées en temps utile et dans les formes requises, à moins qu'elles ne soient inaptes à apporter la preuve ou qu'il s'agisse de prouver un fait sans pertinence (ATF
131 I 153
consid. 3;
124 I 241
consid. 2;
121 I 306
consid. 1b). L'art. 8 CC garantit également ce droit. Le juge l'enfreint s'il refuse d'administrer une preuve offerte régulièrement, dans les formes et les délais prévus, et portant sur un fait pertinent (ATF
133 III 189
consid. 5.2.2 et 7.1). Il ne l'enfreint pas si une mesure probatoire est refusée à la suite d'une appréciation anticipée des preuves (ATF
127 III 519
consid. 2a), c'est-à-dire lorsqu'il est d'avis que le moyen requis ne peut pas fournir la preuve attendue ou ne peut pas modifier sa conviction fondée sur les preuves administrées (ATF
129 III 18
consid. 2.6; arrêts du Tribunal fédéral
4C.66/2007
et
4A_382/2007
du 9 janvier 2008 consid. 3.1).
4.1.2
Conformément à l'art. 316 al. 3 CPC, l'instance d'appel peut librement décider d'administrer des preuves. Elle peut ainsi ordonner que des preuves administrées en première instance le soient à nouveau devant elle, faire administrer des preuves écartées par le Tribunal ou encore décider l'administration de toutes autres preuves. Comme indiqué
supra
, le droit à la preuve, comme le droit à la contre-preuve, découlent de l'art. 8 CC ou, dans certains cas, de l'art. 29 al. 2 Cst., dispositions qui n'excluent pas l'appréciation anticipée des preuves (ATF
138 III 374
consid. 4.3.1 et 4.3.2).
4.2
En l'espèce, l'appelant soutient que le témoignage de F_ serait essentiel pour déterminer l'importance de l'activité déployée par l'intimée dans le cadre du mandat conféré par feu D_, en ce qu'il aurait recueilli ses instructions en vue de la "
constitution et la gestion du/des trust(s)
". Il reproche au premier juge d'avoir commis une violation de son droit à la preuve.
Ce grief est infondé puisque c'est par appréciation anticipée des preuves que le premier juge a considéré que les pièces produites et les témoignages déjà recueillis, en particulier ceux de N_, O_ et P_, étaient suffisants pour déterminer l'activité déployée par l'intimée en lien avec le E_ Trust.
La Cour fait sienne cette appréciation, étant rappelé qu'elle a déjà retenu dans son arrêt du 24 juin 2018 qu'il résultait des témoignages recueillis que le trust n'était pas géré par l'intimée. Pareille conclusion résulte au demeurant du courrier de l'intimée du 28 décembre 2015, dont le témoin O_ a déclaré que F_ l'avait préparé; aucun élément de la procédure ne permet de remettre en cause ce dernier témoignage, ni de retenir qu'un autre trust que le E_ Trust aurait été constitué à cette époque.
Partant, il ne sera pas donné suite à la requête de l'appelant.
5.
L'appelant reproche au premier juge de ne pas avoir retenu l'existence d'un contrat de mandat entre l'intimée et feu D_ portant sur la création et la gestion du E_ Trust. Compte tenu de ce mandat, il était en droit d'obtenir les renseignements, détenus par l'intimée, sur les éléments de fortune de la défunte transférés dans ce trust. Ces informations étaient nécessaires pour déterminer la masse successorale de cette dernière et pour évaluer le respect et la bonne exécution des instructions données par elle, ainsi que la validité et la légalité des trusts mis en place par et sur conseils de l'intimée. En tous les cas, en sa qualité d'exécuteur testamentaire, il avait le droit d'obtenir ces informations.
5.1.1
Le mandat est un contrat par lequel le mandataire s'oblige, dans les termes de la convention, à gérer l'affaire dont il s'est chargé ou à rendre les services qu'il a promis (art. 394 al. 1 CO).
L'art. 400 al. 1 CO oblige le mandataire à rendre compte de sa gestion au mandant, en tout temps et à la demande de celui-ci, et de lui restituer tout ce qu'il a reçu du chef de cette gestion, à quelque titre que ce soit. Le droit à l'information doit permettre au mandant de vérifier si les activités du mandataire correspondent à une bonne et fidèle exécution du mandat et, le cas échéant, de réclamer des dommages-intérêts fondés sur la responsabilité du mandataire (ATF
110 II 181
consid. 2;
138 III 425
consid. 6.4).
L'étendue de l'obligation de rendre compte est limitée aux opérations concernant le rapport de mandat. Le mandataire doit informer le mandant de manière complète et véridique et lui remettre tous les documents concernant les affaires traitées dans l'intérêt du mandant. Le devoir de renseigner peut même porter sur la teneur de documents internes pour autant qu'elle soit pertinente pour contrôler les activités du mandataire (ATF
139 III 49
consid. 4.1.3, in JdT 2014 II p. 217 ss).
En règle générale, selon l'art. 405 al. 1 CO, le mandat se termine à la mort du mandant. Néanmoins, le droit à la reddition de compte subsiste après la fin du mandat et il se transmet aux héritiers du mandant (ATF
135 III 597
consid. 3;
133 III 664
consid. 2.5). Ces derniers doivent donc prouver qu'il existait un mandat entre le
de cujus
et le(s) mandataire(s) défendeur(s) (art. 8 CC). En effet, en raison de l'universalité de la succession, les héritiers sont subrogés au défunt dans tous les droits et toutes les obligations patrimoniales de celui-ci et par conséquent également dans le droit d'obtenir la reddition de compte relative aux rapports contractuels, pour autant que ces rapports n'aient pas eu un caractère strictement personnel (art. 560 CC).
5.1.2
A teneur de l'art. 518 al. 2 CC, les exécuteurs testamentaires sont chargés de faire respecter la volonté du défunt, notamment de gérer la succession, de payer les dettes, d'acquitter les legs et de procéder au partage conformément aux ordres du disposant ou suivant la loi (art. 518 al. 2 CC).
Comme les héritiers, l'exécuteur testamentaire a le même droit d'obtenir des informations de tout tiers et ce, par la voie judiciaire (Piller, Commentaire romand CC II, 2016, n° 21 et 142 ad. art. 518 CC). En effet, le droit successoral à l'information découle des art. 607 al. 3 et 610 al. 2 CC. A rigueur de texte, ces deux dispositions visent l'échange d'informations entre cohéritiers. Toutefois, la jurisprudence a jugé que les héritiers peuvent tirer de ces dispositions un droit à l'information à l'égard de tiers, notamment des banques (ATF
132 III 677
consid. 4.2.4).
5.1.3
Selon l'art. 2 de la Convention de La Haye du 1
er
juillet 1985, entrée en vigueur en Suisse le 1
er
juillet 2007, relative à la loi applicable au trust et à sa reconnaissance, le terme "trust" vise les relations juridiques créées par une personne, le constituant (
settlor
) - par acte entre vifs ou à cause de mort - lorsque des biens ont été placés sous le contrôle d'une ou plusieurs personnes (
trustees
), chargées de les administrer et d'en disposer, dans l'intérêt d'un bénéficiaire ou dans un but déterminé (cf. également Message du Conseil fédéral concernant l'approbation et l'exécution de la Convention de La Haye relative à la loi applicable au trust et à sa reconnaissance, FF 2006 561, p. 568).
Il s'ensuit qu'un trust n'est pas fondé sur un contrat, mais sur un acte juridique unilatéral émanant du
settlor
(Message, op.cit., FF 2006 561, p. 569).
Selon la doctrine qui s'est attachée à examiner cette institution, le régime de propriété ("
ownership
") du trust est complexe. Quoi qu'il en soit, les opinions semblent converger pour accorder au
trustee
le titre juridique, soit le "
legal title
" constituant le "
legal ownership
" et au bénéficiaire l'"
equitable title
" constituant l'"
equitable ownership
". Le "
legal title
" du
trustee
le légitime en tant que plein propriétaire à l'égard du monde extérieur et lui confère les pouvoirs d'un propriétaire, tandis que l'"
equitable title
" du bénéficiaire lui confère la pleine jouissance économique des avoirs du trust (ATF
143 II 350
du 7 mars 2017 consid. 4.1 et les références citées).
Le constituant d'un trust peut prévoir des prestations pour lui-même - devenant ainsi le bénéficiaire du trust - ou encore se réserver le droit de dissoudre le trust pour en récupérer le patrimoine. Dans le cas d'un trust révocable, le constituant conserve l'accès au patrimoine du trust. Il ne se dessaisit donc pas définitivement de son patrimoine. Dans le cas d'un trust irrévocable, il convient d'établir une distinction entre le trust non discrétionnaire et celui discrétionnaire. Tandis que les bénéficiaires sont déjà désignés dans le trust non discrétionnaire, dans le trust discrétionnaire, les bénéficiaires n'ont aucun droit ferme de requérir du
trustee
le paiement de revenus ou de parts de capital du trust (arrêt du Tribunal administratif fédéral A-4153/2017 du 11 octobre 2018 consid. 7.1.1.2).
5.1.4
Comme indiqué sous consid. 5.1.1 et 5.1.2, le droit de l'héritier à obtenir des informations peut avoir un fondement contractuel ou successoral. Lorsque l'héritier exerce par une action séparée une prétention de nature contractuelle fondée sur les contrats conclus par le
de cujus
, il doit établir d'une part la relation contractuelle du défunt avec les tiers intimés, d'autre part l'acquisition de cette prétention par voie successorale. Même si la prétention a un fondement contractuel, il n'en demeure pas moins que la légitimation pour faire valoir ce droit relève, elle, du droit successoral (ATF
138 III 728
consid. 3.5).
Lorsque l'héritier se prévaut d'un droit à l'information sur des avoirs dont le défunt était seulement l'ayant droit économique, il fait valoir un droit successoral, et non pas contractuel (arrêt du Tribunal fédéral
4A_288/2012
du 9 octobre 2012
consid. 3.5). En effet, dès lors que l'ayant droit économique n'est pas partie à la relation contractuelle avec la banque, et que, pour la banque, les rapports entre le titulaire du compte et l'ayant droit économique sont des
res inter alios acta
, l'héritier n'a pas de droit contractuel aux renseignements en ce qui concerne ces valeurs patrimoniales dont le défunt n'était qu'ayant droit économique. Il n'a ainsi pas de droit à l'égard d'institutions tels que des trusts ou des fondations du Liechtenstein (arrêt du Tribunal fédéral
4A_522/2018
du 18 juillet 2019
consid. 4.2.2.2).
En d'autres termes, le droit aux renseignements des successeurs de l'ayant droit économique des biens appartenant à un véhicule successoral - tel un trust, comme en l'espèce - ne peut être invoqué sans autre en cas de transfert des avoirs du
de cujus
à des véhicules successoraux. Les conditions auxquelles la doctrine reconnaît un droit aux renseignements des héritiers varient de manière substantielle selon les auteurs. Il ressort toutefois de manière unanime que ce droit n'est reconnu qu'aux héritiers réservataires et qu'il est soumis à une pesée d'intérêts entre le secret bancaire dont le véhicule successoral, détenteur du compte, peut se prévaloir et le droit des héritiers réservataires à faire valoir leurs droits successoraux (Chappuis, L'utilisation de véhicules successoraux dans un contexte international et la lésion de la réserve successorale, in SJ
2005 II 37
,
p. 56 et 57).
En effet, le Tribunal fédéral a considéré que, dès lors que toute action est subordonnée à l'existence d'un intérêt juridique du demandeur, [...] seul l'héritier réservataire, dont la réserve est lésée et dont l'action en réduction n'est pas périmée, ou l'héritier légal, qui dispose d'un droit au rapport et au partage, sont en droit d'obtenir des renseignements sur les opérations effectuées par le défunt de son vivant. En revanche, l'intérêt du défunt à la confidentialité de ses décisions économiques doit prévaloir sur l'intérêt de l'héritier qui ne dispose d'aucun de ces droits (arrêt du Tribunal fédéral
4A_522/2018
précité consid. 4.5.2).
5.2.1
En l'espèce, l'appelant soutient que feu D_ et l'intimée étaient liées par un contrat de mandat portant sur des conseils en vue de la constitution de trusts, ainsi que sur la constitution et la gestion de ceux-ci.
L'intimée, quant à elle, reconnait avoir fourni des conseils à la défunte, ayant conduit à la mise en relation avec L_, en vue de la constitution du E_ Trust. En revanche, elle nie toute implication dans la constitution et la gestion concrète de celui-ci.
A teneur du dossier, les allégations de l'intimée sont corroborées. En effet, aucun élément ne permet de prouver l'existence d'un contrat de mandat visant la constitution et la gestion de trusts entre la défunte et l'intimée. Au contraire, les témoins N_ et O_ ont affirmé que le
trustee
du E_ Trust, soit l'entité chargée de le gérer, n'était pas l'intimée, mais L_, une société juridiquement distincte sise en Nouvelle Zélande. Celle-ci a d'ailleurs confirmé sa qualité de
trustee
par courrier du
17 août 2015 adressé à K_. Il ressort également des avis de crédit produits par l'appelant que les ordres afférents étaient donnés par L_.
Contrairement à ce que soutient l'appelant, le fait que feu D_ n'ait eu des contacts qu'avec l'intimée n'est pas déterminant. En effet, il est établi que cette dernière a officié en qualité d'intermédiaire entre la défunte et le
trustee
. Les témoins N_ et O_ ont affirmé que l'intimée ne déployait qu'une activité de soutien administratif pour le
trustee
. Le témoin P_ a d'ailleurs déclaré avoir compris que l'intimée "
représentait à Genève
" le
trustee
. Compte tenu de ses connaissances en matière financière, la défunte a pu, elle aussi, comprendre et accepter le rôle intermédiaire de l'intimée. Le contrat de "
marketing and administration services agreement
" conclu entre L_ et l'intimée démontre également l'activité de soutien administratif de cette dernière. Le témoignage de M_, selon lequel sa mandante K_ lui avait dit que l'intimée avait la maîtrise du E_ Trust, n'est pas propre à mettre en doute ce qui précède. En effet, ce témoin n'était pas présent à l'époque des faits litigieux, contrairement à P_, qui a assisté au premier entretien entre feu D_ et l'intimée, et n'a fait que rapporter des dires indirects.
Contrairement à ce que l'appelant soutient, rien de pertinent ne peut être déduit de ce qu'il n'existe pas de contrat entre feu D_ et L_, dès lors qu'un
settlor
et un
trustee
ne sont pas liés juridiquement. Pour rappel, un trust n'est pas fondé sur un contrat, mais sur un acte juridique unilatéral émanant du
settlor
. En revanche, la représentation d'un
trustee
par un tiers n'est pas inenvisageable, ce qui ne fait pas pour autant dudit tiers un mandataire du
settlor
.
Au regard de ces éléments, le premier juge a, à juste titre, considéré que l'appelant n'avait pas démontré l'existence d'un contrat de mandat entre la défunte et l'intimée portant sur la constitution et encore moins sur la gestion de trusts, en particulier le E_ Trust. L'instruction de la cause n'a d'ailleurs porté que sur le trust précité, aucun élément de la procédure ne permettant de retenir l'existence d'autres trusts, dont pourtant l'appelant persiste à alléguer, sans fournir aucun élément à ce propos, qu'ils auraient été créés.
Il s'ensuit que l'appelant ne bénéficie pas d'un droit contractuel à l'information à l'encontre de l'intimée s'agissant des avoirs de feu D_ détenus par le E_ Trust.
Seule une activité de conseil entre la défunte et l'intimée a été établie, à propos de laquelle l'appelant ne fait pas valoir qu'il devait vérifier la bonne ou mauvaise exécution de ce mandat. L'appelant n'a donc pas intérêt à une reddition de compte sur ce point.
5.2.2
Même à admettre la création et la gestion d'un trust par l'intimée, dont feu D_ était bénéficiaire, une prétention de l'appelant en reddition de compte ne saurait être admise.
En effet, les témoins N_ et O_ ont affirmé que le E_ Trust était irrévocable et discrétionnaire. Le témoin P_ a d'ailleurs confirmé le caractère "
permanent, solide et indiscutable
" de ce trust. Feu D_ a ainsi perdu tout droit sur les biens transférés au E_ Trust et est uniquement devenue l'ayant droit économique de ceux-ci.
Or, cette dernière est décédée sans laisser d'héritier réservataire, ce qui n'est pas contesté par l'appelant. Conformément aux principes rappelés
supra
, l'appelant ne peut donc pas faire valoir de droit successoral aux renseignements concernant des véhicules successoraux, auxquels la défunte a transféré une partie de ses avoirs, faute d'intérêt juridique, comme l'a retenu le premier juge.
Le jugement attaqué sera donc confirmé.
6.
Les frais judiciaires d'appel, comprenant les frais afférents à la demande principale et à la requête de sûretés en garantie des dépens, seront fixés à 2'500 fr. (art. 95 al. 1 let. a et al. 2 let. b et 105 al. 1 CPC; art. 5, 17, 21 et 35 RTFMC). Ils seront mis à la charge de l'appelant, qui succombe (art. 95 et 106 al. 1 CPC) et compensé avec l'avance de frais de 2'000 fr. versée par lui, qui reste acquise à l'Etat (art. 111 al. 1 CPC). L'appelant sera donc condamné à verser la somme de 500 fr. à titre de solde de frais judiciaires d'appel.
L'appelant sera également condamné à verser à l'intimée la somme de 3'000 fr., débours et TVA compris, à titre de dépens d'appel et ceux afférents à la requête en versement de sûretés (art 84, 85 et 90 RTFMC, art. 25 et 26 LaCC). Les Services financiers du Pouvoir judiciaire seront, par conséquent, invités à libérer les sûretés en garantie des dépens fournies, à due concurrence, en faveur de l'intimée et à restituer le solde à l'appelant.
* * * * *