Decision ID: 4e823b2f-a475-4e35-a044-e8cfc665182d
Year: 2021
Language: fr
Court: VD_TC
Chamber: VD_TC_013
Canton: VD
Region: Région lémanique
Law Area: penal_law

En fait :
A. a)
E._, né en 1987, ressortissant de Roumanie, fait l’objet d’une instruction pénale, diligentée par le Ministère public cantonal Strada (ci-après : le Ministère public), sous les préventions de vol, de dommages à la propriété et de violation de domicile.
b)
Le prévenu a été interpellé le 5 octobre 2020.
c)
Par ordonnance du 8 octobre 2020, le Tribunal des mesures de contrainte a prononcé la détention provisoire du prévenu pour une durée initiale de trois mois, soit au plus tard jusqu’au 5 janvier 2021. Le tribunal a retenu l’existence de soupçons suffisants, ainsi que des risques de fuite et de collusion.
B.
a)
Par demande motivée du 9 décembre 2020, adressée au Ministère public, le prévenu a requis sa libération immédiate.
Dans ses déterminations, le Ministère public a conclu au rejet de la demande de libération. Par le même procédé, il a requis le Tribunal des mesures de contrainte d’ordonner la prolongation de la détention provisoire du prévenu pour une durée d’un mois
Dans ses déterminations du 15 décembre 2020, le prévenu a conclu au rejet de la demande de prolongation de la détention provisoire.
Entendu le 17 décembre 2020 par le Tribunal des mesures de contrainte, en présence de son défenseur, le prévenu a confirmé ses conclusions. Contestant toute implication dans les faits incriminés, il a en particulier fait valoir qu’il avait d’emblée collaboré à l’enquête.
b)
Par ordonnance du 17 décembre 2020, le Tribunal des mesures de contrainte a rejeté la demande de libération de la détention provisoire de E._ du 9 décembre 2020 (I), a ordonné la prolongation de la détention provisoire du prévenu (II), a fixé la durée maximale de celle-ci à un mois, soit au plus tard jusqu’au 5 février 2021 (III), et a dit que les frais de cette décision, par 750 fr., suivaient le sort de la cause (IV).
C.
Par acte du 22 décembre 2020, E._, par son défenseur d’office, a recouru auprès de la Chambre des recours pénale contre l’ordonnance précitée, en concluant, avec suite de frais et dépens, à sa réforme en ce sens que sa libération immédiate soit ordonnée. Subsidiairement, il a conclu à l’annulation de l’ordonnance et au renvoi de la cause pour reprise de l’instruction et nouvelle décision dans le sens des considérants.
Invité à se déterminer sur le recours, le Ministère public a, par lettre du 6 janvier 2021, fait savoir que le prévenu avait été libéré par ordre de relaxation du même jour. Le Procureur a ainsi considéré que le recours était devenu sans objet.

En droit :
1.
1.1
Interjeté dans le délai légal (art. 396 al. 1 CPP) contre une décision du Tribunal des mesures de contrainte dans un cas prévu par le CPP (art. 393 al. 1 let. c CPP) et dans les formes prescrites (art. 385 al. 1 CPP), le recours est recevable, sous la réserve de ce qui suit.
1.2
Aux termes de l'art. 382 al. 1 CPP, le recourant doit en outre disposer d'un intérêt juridiquement protégé à l'annulation ou à la modification de la décision entreprise. En droit pénal, la recevabilité d'un recours dépend ainsi en particulier de l'existence d'un intérêt actuel à l'annulation de la décision entreprise. Cet intérêt doit exister non seulement au moment du dépôt du recours, mais encore au moment où l'arrêt est rendu (cf. ATF 137 I 296 consid. 4.2). Lorsque l'intérêt pour recourir fait défaut au moment du dépôt du recours, l'autorité pénale n'entre pas en matière sur celui-ci et elle le déclare irrecevable. En revanche, si l'intérêt actuel disparaît en cours de procédure, le litige est déclaré sans objet et la cause est radiée du rôle (ATF 139 I 206 consid. 1.1).
1.3
En l'espèce, le recours a été privé de son objet dès lors que le prévenu a été relaxé le 6 janvier 2021, s’agissant tant de la requête de libération immédiate de la défense que de la demande de prolongation de la détention provisoire présentée par le Ministère public.
2.
Il résulte de ce qui précède que le recours doit être déclaré sans objet, faute d’intérêt actuel, et que la cause doit être rayée du rôle (cf. not. CREP 19 janvier 2018/36).
Vu l’issue de la cause, les frais de la procédure de recours, constitués de l’émolument d’arrêt, par 440 fr. (art. 20 al. 1 TFIP [tarif des frais de procédure et indemnités en matière pénale du 28 septembre 2010; BLV 312.03.1]), ainsi que des frais imputables à la défense d’office (art. 422 al. 1 et 2 let. a CPP), fixés à 593 fr. – qui comprennent des honoraires par 540 fr., pour trois heures d’activité d’avocat à 180 fr. l’heure, des débours forfaitaires par 10 fr. 80 (cf. art. 26b TFIP qui renvoie à l'art. 3
bis
RAJ [règlement sur l’assistance judiciaire en matière civile du 7 décembre 2010; BLV 211.02.3]) et la TVA sur le tout, au taux de 7,7%, par 42 fr. 40, le tout arrondi au franc inférieur –, seront laissés à la charge de l’Etat (art. 423 al. 1 CPP).