Decision ID: d53b354b-b8f3-5501-9e96-c4b76c41a4f8
Year: 2016
Language: fr
Court: FR_TC
Chamber: FR_TC_004
Canton: FR
Region: Espace_Mittelland
Law Area: civil_law

considérant en fait
A. C._ et G._ sont les parents de D._, née en 2001 de leur union.
En 2002, le couple a quitté la Suisse pour s’installer au E._, puis, en 2004, au F._, chez les parents de G._, A._ et B._. En mars 2005, G._ a été incarcéré au E._ pour un double homicide et a été condamné en 2008 à une peine privative de liberté de 25 ans qu’il est en train de purger.
En janvier 2007, C._ et sa fille ont quitté le F._ pour se réinstaller en Suisse où elles vivent actuellement.
En date du 15 août 2014, le divorce de C._ et de G._ a été prononcé et la garde et l’autorité parentale exclusive sur l’enfant D._ ont été attribuées à la mère. Le droit de visite du père a été limité à des appels téléphoniques de 10 à 15 minutes tous les 15 jours et à des lettres.
B. Par acte du 11 juin 2012, A._ et B._ ont requis auprès de la Justice de paix de l’arrondissement de la Broye (ci-après: la Justice de paix), le droit de pouvoir contacter téléphoniquement leur petite-fille un samedi sur deux ainsi que de lui rendre visite au minimum deux fois par année (DO 1 ss). Le 9 août 2012, C._ a déclaré qu’elle ne s’opposait pas à ce que sa fille revoit ses grands-parents mais qu’elle ne souhaitait pas que cela la perturbe (DO 12 ss).
C. Par décision du 4 septembre 2012, la Justice de paix a instauré une curatelle de surveillance des relations personnelles au sens de l’art. 308 al. 2 CC en faveur de D._ ayant pour objet notamment d’organiser, respectivement de planifier les relations personnelles entre D._ et ses grands-parents paternels, de veiller à leur bon déroulement et de faire toute proposition utile en lien avec ces relations personnelles. Ce mandat de curatelle a été confié à H._, intervenante en protection de l’enfant auprès du Service de l’enfance et de la jeunesse (ci-après: SEJ), à Fribourg (DO 24 ss).
Par courrier du 4 janvier 2013, le SEJ a indiqué à la Justice de paix que D._ n’était pas prête à reprendre contact avec ses grands-parents et qu’il serait contre-indiqué de l’astreindre à les revoir. Selon le SEJ, la mise en place de visites, même encadrées, représenterait une source d’angoisse pour l’enfant, et de ce fait, serait peu bénéfique à son développement. Partant, le SEJ a proposé à la Justice de paix de lever la mesure de curatelle instituée (DO 46 ss).
Le 4 mars 2013, le SEJ a confirmé sa position. Il a relevé que les demandes des grands-parents généraient des tensions chez D._ et qu’elle vivait mal leurs sollicitations. Selon le SEJ, D._ ne ressent pas le besoin de rester en contact avec ses grands-parents paternels et les démarches qu’ils entreprennent pour la voir l’inquiètent et la perturbent. Compte tenu de ces éléments, le SEJ a proposé que les contacts avec les grands-parents soient maintenus par l’intermédiaire de relations épistolaires lors d’évènements particuliers (anniversaire de D._, Noël, etc.) et que D._ soit en droit de répondre ou non à ces courriers. En outre, le SEJ a maintenu sa proposition de levée de la mesure de curatelle et a proposé qu’elle soit remplacée par un droit de regard et d’information au sens de l’art. 307 al. 3 CC (DO 67).
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En date du 14 juin 2013, le SEJ s’est entretenu avec A._ et B._. Par courrier du 8 juillet 2013, il a renouvelé sa proposition tendant à ce que les contacts avec les grands-parents paternels soient maintenus par l’intermédiaire de relations épistolaires, étant précisé que D._ demeurerait libre de ne pas répondre à leurs courriers (DO 82 ss).
Dans le cadre de son rapport annuel 2013, le SEJ a indiqué que les grands-parents paternels avaient adressé un courrier à D._, en septembre 2013, auquel cette dernière n’avait pas répondu. Le SEJ a également fait part des inquiétudes des grands-parents quant à l’influence de C._ sur sa fille s’agissant du maintien de leurs contacts. Partant, le SEJ a proposé de maintenir la curatelle au sens de l’art. 308 al. 2 CC en faveur de D._ pour une année encore (DO 98).
Le 10 juin 2015, le SEJ a déposé son rapport annuel 2014 dans lequel il a proposé la levée de la mesure de protection instaurée en faveur de D._. Il a relevé que les grands-parents paternels n’avaient plus cherché à contacter D._ et que cette dernière pensait leur écrire sans pour autant souhaiter les voir (DO 104).
Invités à se déterminer sur cette proposition, A._ et B._ ont indiqué, par courrier du 20 novembre 2015, que bien qu’ils regrettaient le choix de leur petite-fille de ne plus les voir, ils s’en remettaient à sa volonté et respectaient son droit de ne plus entretenir de relation avec eux (DO 115 ss).
D. Par décision du 21 janvier 2016, la Justice de paix a levé la curatelle au sens de l’art. 308 al. 2 CC instituée en faveur de D._ et H._ a été relevée de son mandat de curatrice.
E. Par courrier déposé au Consulat de I._ en date du 18 mars 2016 et transmis par ce dernier au Tribunal cantonal le 29 mars 2016, A._ et B._ ont interjeté recours contre cette décision concluant implicitement à son annulation et au maintien de la curatelle.
F. Invitée à se déterminer, la Justice de paix y a renoncé.

en droit
1. a) Selon l'art. 8 de la loi du 15 juin 2010 concernant la protection de l'enfant et de l'adulte (LPEA), le Tribunal cantonal connaît des recours contre les décisions rendues par l'autorité de protection - soit la Justice de paix (art. 2 al. 1 LPEA) - ou par son président ou sa présidente. La Cour de protection de l'enfant et de l'adulte (art. 14 al. 1 let. c du Règlement du Tribunal cantonal du 22 novembre 2012 précisant son organisation et son fonctionnement [RTC]) est compétente pour statuer.
b) Les dispositions de la procédure devant l’autorité de protection de l’adulte sont applicables par analogie (art. 314 al. 1 CC). La procédure devant l’instance de recours est ainsi régie par les art. 450 à 450e CC (MEIER/STETTLER, Droit de la filiation, 5e éd., 2014, n. 589 p. 399).
c) En l'absence de dispositions cantonales contraires, les dispositions de la procédure civile s'appliquent par analogie (art. 450f CC).
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