Decision ID: d5686217-f3d0-5952-8191-3a656bacf410
Year: 2009
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_014
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: social_law

Attendu en fait
quel’Office cantonal de l’assurance-invalidité (ci-après : OCAI) a refusé l’octroi de toutes prestations à Madame O_ (ci-après la recourante), née en 1970, par décision du 5 septembre 2008, au motif qu'elle ne souffre d'aucune maladie psychiatrique à caractère invalidant et qu'une pleine capacité de travail est exigible d'elle ;
Que l'OCAI se base sur un examen clinique psychiatrique effectué par le SERVICE MÉDICAL RÉGIONAL DE L'ASSURANCE-INVALIDITÉ (ci-après SMR), le 22 mai 2008, qui retient comme diagnostics un trouble de la personnalité émotionnellement labile type borderline, non décompensé, des difficultés d'adaptation à une nouvelle étape de la vie, d'autres difficultés liées à une enfance malheureuse, des troubles mentaux et troubles du comportement liés à l'utilisation d'alcool, utilisation épisodique, à l'utilisation d'opiacés, actuellement sous substitution, à l'utilisation de dérivés du cannabis, utilisation continue, et à l'utilisation de la cocaïne, utilisation épisodique, tous diagnostics qui sont toutefois sans répercussion sur la capacité de travail de la recourante. En substance, le SMR considère que les différentes toxicomanies de la recourante ne sont pas la conséquence ou le symptôme d'une atteinte à la santé physique ou mentale engendrant une invalidité, et qu'elles ne sont pas à l'origine d'une atteinte à la santé physique ou mentale importante et durable. Il s'agit en d'autres termes d'une toxicomanie primaire qui n'est pas du ressort de l'AI. Le trouble de la personnalité n'est pas décompensé, de sorte qu'il n'a pas de valeur invalidante, et la symptomatologie dépressive est actuellement en rémission complète, et fait partie d'une instabilité de l'humeur qui caractérise habituellement le trouble de la personnalité émotionnellement labile type borderline;
Que l’assurée a interjeté recours contre cette décision en date du 6 octobre 2008, en concluant à l’annulation de la décision, à la constatation de son droit aux prestations d'assurance-invalidité, et au renvoi du dossier à l'OCAI pour calcul de la rente, subsidiairement à la mise en œuvre d'une expertise médicale, avec suite de dépens ; qu'elle se réfère notamment à l'appréciation de son médecin, le Dr A_;
Que dans sa réponse du 12 décembre 2008, l’OCAI a conclu au rejet du recours, observant que le médecin traitant de la recourante n'a pas de compétence psychiatrique, et que le SMR a fait un examen complet;
Que le Tribunal de céans a interrogé le médecin de la recourante sur le rapport du SMR;
Que par courrier du 12 mars 2009, celui-ci a indiqué en substance que si les diagnostics posés sont exacts, ils ne correspondent, dans leur interprétation, pas du tout à la situation de sa patiente, et qu'il ne peut accepter l'interprétation extraordinairement banalisante effectuée par ses confrères ; il relève l'extraordinaire capacité de sa patiente à mettre en échec toutes les tentatives de mise en place d'un cadre, à échapper à toute règle, à être dans le déni permanent et la projectivité constante ; toute tentative de reprise d'activité professionnelle dans ce contexte est vouée à l'échec, et il est un peu simpliste de déclarer, pour cette patiente en souffrance permanente, qu'elle n'a qu'à arrêter une toxicomanie qui n'aurait pas valeur de maladie, alors que celle-là correspond à une tentative inaboutie d'établir une barrière contre une réalité insupportable pour elle; l'importance du trouble de la personnalité et de sa toxicomanie ancienne n'est pas pris en compte, selon lui, par l'assurance-invalidité;
Que par courrier du 20 mars 2009, Tribunal a informé les parties qu'au vu de ces documents contradictoires, il ordonnait une expertise psychiatrique de la recourante, un délai étant fixé aux parties pour propositions de noms d’expert et de questions, au 6 avril 2009 ;
Que les parties se sont déterminées le dernier jour du délai ;
Que le greffe du Tribunal a interpellé les deux experts proposés par l'OCAI ainsi que le Dr B_, spécialiste en psychothérapie et psychiatrie, sur la question de savoir s'ils avaient des compétences en matière de toxicomanie, et s'il pouvait, cas échéant dans quel délai, effectuer l'expertise ;
Qu'au vu de leurs réponses, l'expertise psychiatrique sera confiée au Dr Panayotis B_;

Attendu en droit
quele Tribunal de céans est compétent en la matière (art.56 V de la loi sur l’organisation judiciaire - LOJ) ;
Que la loi sur la partie générale des assurances sociales (LPGA), entrée en vigueur le 1er janvier 2003, est applicable au cas d’espèce ;
Que le recours, déposé dans les formes et délai prévus par la loi est recevable à la forme (art. 56 et 60 LPGA) ;
Que la question préalable à l’examen d’éventuelles prestations de l'assurance-invalidité à résoudre est de savoir si la recourante souffre d'affections psychiatriques ou de toxicomanie ayant valeur de maladie invalidante au sens de l'assurance-invalidité ;
Que l’autorité administrative doit constater d’office les faits déterminants, c’est-à-dire toutes les circonstances dont dépend l’application des règles de droit (ATF
117 V 261
consid. 3 p. 263 ; T. LOCHER Grundriss des Sozialversicherungsrecht, Bern 2003, t.1, p. 443) ;
Qu’ainsi l’administration est tenue d’ordonner une instruction complémentaire lorsque les allégations des parties et les éléments ressortant du dossier requièrent une telle mesure, et qu’en particulier elle doit mettre en œuvre une expertise lorsqu’il paraît nécessaire de clarifier des aspects médicaux (ATF
117 V 282
consid. 4a, p. 283 ; RAMA 1985 p. 240 consid.4 ; LOCHER loc. cit.) ;
Que de son côté le juge qui considère que les faits ne sont pas suffisamment élucidés peut renvoyer la cause à l’administration pour complément d’instruction ou procéder lui-même à une telle instruction complémentaire (RAMA 1993 p. 136) ;
Qu'en l'occurrence, au vu des contradictions flagrantes entre le SMR et le médecin traitant de la recourante, une expertise psychiatrique s'impose;
Qu’en application de l’art. 39 de la loi sur la procédure administrative (LPA), un délai de 10 jours sera accordé aux parties pour éventuelle récusation de l’expert, ensuite de quoi la présente ordonnance lui sera communiquée.
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