Decision ID: 992467ec-4452-50f9-917c-e6c6fcb8ee9c
Year: 2007
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_014
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: social_law

EN FAIT
Par jugement du 11 septembre 2007, la 13
ème
chambre du Tribunal de première instance a prononcé le divorce de Madame M_, née G_ en mai 1972 et Monsieur M_, né en mars 1964, lesquels s'étaient mariés en date du 19 mai 2000.
Au chiffre 3 du dispositif du jugement précité, le Tribunal de première instance a donné acte aux parties de leur accord de se partager par moitié la totalité des avoirs de prévoyance professionnelle acquis par chacun des époux durant le mariage.
Le jugement de divorce, devenu définitif le 16 octobre 2007, a été transmis d'office au Tribunal de céans le 26 octobre 2007 pour exécution du partage.
Le Tribunal de céans a sollicité des parties le nom de leur(s) institution(s) de prévoyance, puis a interpellé les institutions défenderesses en les priant de lui communiquer les montants des avoirs LPP acquis par les intéressés durant le mariage, soit entre le 19 mai 2000 et le 16 octobre 2007.
S'agissant du demandeur, il est apparu qu'il est affilié WINTERTHUR COLUMNA depuis le 1er janvier 1992, que son avoir s'élevait, au moment du mariage, à 37'700 fr. 25 - ce qui représentait, compte tenu des intérêts, un montant de 47'264 fr. 85 le 16 octobre 2007 - et que son avoir total au 16 octobre 2007 était de 92'224 fr. 85.
Quant à la demanderesse, il s'est avéré :
-qu'elle n'a commencé à travailler qu'en 2001; qu'elle a alors été affiliée à la CAISSE DE PENSIONS DE JET AVIATION du 1er octobre 2001 au 28 février 2007 postérieurement à son mariage; qu'aucune prestation de libre passage n'a été transférée à cette fondation qui a transféré l'avoir de la demanderesse à la FONDATION DE LIBRE PASSAGE DE L'UBS à Bâle le 30 mars 2007;
-que cet avoir s'élevait, au moment du divorce, à 18'952 fr. 40.
Ces documents ont été transmis aux parties et il leur a été indiqué qu'à défaut d'observations de leur part, un arrêt serait rendu sur cette base.
En l'absence d'objections dans le délai fixé, la cause a été gardée à juger.

EN DROIT
L'art. 25a de la loi fédérale sur le libre passage dans la prévoyance professionnelle, vieillesse, survivants et invalidité du 17 décembre 1993 (LFLP), entré en vigueur le 1er janvier 2000, règle la procédure en cas de divorce. Lorsque les conjoints ne sont pas d’accord sur la prestation de sortie à partager (art. 122 et 123 Code Civil - CC), le juge du lieu du divorce compétent au sens de l'art. 73 al. 1 de la loi fédérale sur la prévoyance professionnelle du 25 juin 1982 (LPP), soit à Genève le Tribunal cantonal des assurances sociales depuis le 1
er
août 2003, doit, après que l'affaire lui a été transmise (art. 142 CC), exécuter d'office le partage sur la base de la clé de répartition déterminée par le juge du divorce.
Selon l'art. 22 LFLP (nouvelle teneur en vigueur depuis le 1er janvier 2000), en cas de divorce, les prestations de sortie acquises durant le mariage sont partagées conformément aux art. 122, 123, 141 et 142 CC; les art. 3 à 5 LFLP s'appliquent par analogie au montant à transférer (al. 1). Pour chaque conjoint, la prestation de sortie à partager correspond à la différence entre la prestation de sortie, augmentée des avoirs de libre passage existant éventuellement au moment du divorce, et la prestation de sortie, augmentée des avoirs de libre passage existant éventuellement au moment de la conclusion du mariage (cf. art. 24 LFLP). Pour ce calcul, on ajoute à la prestation de sortie et à l'avoir de libre passage existant au moment de la conclusion du mariage les intérêts dus au moment du divorce (ATF
128 V 230
; ATF
129 V 444
).
En l’espèce, le juge de première instance a ordonné le partage par moitié des prestations de sortie acquises durant le mariage par les demandeurs. Les dates pertinentes sont, d’une part, celle du mariage, le 19 mai 2000, d’autre part le 16 octobre 2007, date à laquelle le jugement de divorce est devenu exécutoire.
Selon les documents produits, la prestation acquise pendant le mariage par le demandeur s'élève à 44'960 fr. (92'224.85 - 47'264.85) tandis que celle acquise par la demanderesse atteint la somme de 18'952 fr. 40, les intérêts ayant déjà été calculés par les institutions de prévoyance défenderesses. Ainsi le demandeur doit à son ex-épouse le montant de 22'480 fr. alors qu'elle lui doit celui de 9'476 fr. 20 de sorte que c’est en définitive le demandeur qui doit à son ex-épouse le montant de 13'003 fr. 80.
Conformément à la jurisprudence, depuis le jour déterminant pour le partage jusqu'au moment du transfert de la prestation de sortie ou de la demeure, le conjoint divorcé bénéficiaire de cette prestation a droit à des intérêts compensatoires sur le montant de celle-ci. Ces intérêts sont calculés au taux minimum légal selon l'art. 12 de l'ordonnance sur la prévoyance professionnelle vieillesse, survivants et invalidité du 18 avril 1984 (OPP 2) ou selon le taux réglementaire, si celui-ci est supérieur (ATF non publié B 36/02 du 18 juillet 2003).
Aucun émolument ne sera perçu, la procédure étant gratuite (art. 73 al. 2 LPP et 89H al. 1 de la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 1985).