Decision ID: 17ca3e47-4c75-475a-9d85-8a4ece8b54ba
Year: 2019
Language: fr
Court: CH_BSTG
Chamber: CH_BSTG_001
Canton: CH
Region: Federation
Law Area: penal_law

La Cour des plaintes, vu:
- l’enquête fiscale spéciale que l’Administration fédérale des contributions (ci-
après: AFC) mène, sur la base de l’autorisation du Chef du Département
fédéral des finances du 18 avril 2019, à l’encontre de B., C. et D. pour
soupçons de graves infractions fiscales et de participation à celles-ci (art. 175
et 176 de la loi fédérale sur l’impôt fédéral direct [LIFD; RS 642.11] en lien
avec l’art. 190 ss LIFD [act. 2.1]),
- l’ordonnance de l’AFC du 1er mai 2019 ordonnant, entre autres, la perquisition
des locaux de l’entreprise individuelle E. sise à Genève et qui a été l’organe
de révision de la société A. SA entre le 7 mars 2008 et le 8 octobre 2018
(act. 2.2),
- la perquisition des locaux de E. le 8 mai 2019 et le séquestre de divers
documents au nom de A. SA (act. 2.3, 2.4),
- la décision de l’AFC du 28 juin 2019 rejetant les requêtes de A. SA tendant à
ce que les pièces saisies dans les bureaux de E. soient mises sous scellés
(act. 2.5, 2.6, 2.7),
- la plainte adressée au directeur de l’AFC en date du 4 juillet 2019 par A. SA
qui conclut, entre autres, à l’annulation de la décision de l’AFC qui refuse la
mise sous scellés des papiers séquestrés auprès de E.,
- les déterminations du directeur de l’AFC du 11 juillet 2019 concluant
principalement à l’irrecevabilité de la plainte et subsidiairement au rejet de
celle-ci, ainsi que la transmission du dossier, à cette même date, à la Cour
des plaintes du Tribunal pénal fédéral (act. 2),
- les courriers du 12 juillet 2019, par lesquels la Cour des plaintes a imparti à la
plaignante un délai au 25 juillet suivant pour, d’une part, s’acquitter d’une
avance de frais d’un montant de CHF 2'000.-- et transmettre une procuration
récente permettant à Me Mohamed Mardam Bey (ci-après: Me Mardam) de
représenter la plaignante auprès de la Cour de céans et, d’autre part, pour
répliquer aux conclusions de l’AFC,
- la prolongation de délai accordée à Me Mardam jusqu’au 6 août 2019 afin de
« déposer sa réplique », conformément à sa requête du 19 juillet 2019 (act. 5),
- le paiement de l’avance de frais effectué dans le délai imparti (act. 6),
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- la réplique de A. SA du 6 août 2019 dans laquelle cette société renvoie aux
considérants de sa plainte du 4 juillet 2019 (act. 7),

et considérant :
- que les mesures de contrainte au sens des art. 45 ss de la loi fédérale sur le
droit pénal administratif (DPA; RS 313.0) ainsi que les actes et les omissions
qui s'y rapportent peuvent faire l'objet d'une plainte devant la Cour des plaintes
du Tribunal pénal fédéral (art. 26 al. 1 DPA en lien avec l'art. 37 al. 2 let. b de
la loi fédérale sur l'organisation des autorités pénales de la Confédération
[LOAP; RS 173.71]);
- que lorsque la décision contestée n’émane pas du directeur de
l’administration, la plainte est adressée audit directeur qui la transmet, avec
ses observations, à la Cour de plaintes s'il n'entend pas y donner suite
(art. 26 al. 2 let. b DPA);
- qu’en l’occurrence, l’acte attaqué, daté du 28 juin 2019, a été reçu par la
plaignante le 1er juillet 2019 (act. 2.8) et que cette dernière a adressé une
plainte au directeur de l’AFC, lequel l’a reçue le 5 juillet 2019 et transmise le
10 juillet 2019 à la Cour de céans (act. 2);
- que la Cour des plaintes du Tribunal pénal fédéral est compétente pour statuer
sur les plaintes qui lui sont soumises en vertu du DPA (art. 37 al. 2 let. b
LOAP);
- que la procédure applicable auprès de la Cour de céans est, s’agissant de la
plainte, celle prévue par le DPA (art. 39 al. 2 let. a LOAP);
- que les art. art. 26 et 73 à 81 DPA ne prévoient pas les conséquences de
l’omission de produire une procuration;
- que l’art. 82 DPA prévoit que, sauf dispositions contraires (art. 73 à 81 DPA),
la procédure judiciaire devant le Tribunal pénal fédéral est régie par les
dispositions pertinentes du Code de procédure pénale (CPP; RS 312.0);
- que les dispositions du CPP sont donc applicables sur ce point;
- que d’après l’art. 129 al. 2 CPP, l’exercice de la défense privée exige une
procuration écrite ou une déclaration du prévenu consignée au procès-verbal;
- que l’existence d’une procuration est une prescription d’ordre
(Ordnungsvorschrift) qui peut être rectifiée (LIEBER, Kommentar zur
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Schweizerischen Strafprozessordnung, Donatsch/Hansjakob/Lieber [édit.], 2e
éd. 2014, n° 8 ad art. 129 CPP ; MOREILLON/PAREIN-REYMOND, Petit
commentaire, Code de procédure pénale, 2e éd. 2016, n° 6 ad art. 129;
RUCKSTUHL, Basler Kommentar, Schweizerische Strafprozessordnung,
Niggli/Heer/Wiprächtiger, 2e éd. 2014, n° 7a ad art. 129 CPP), la procuration
écrite pouvant être transmise à l’autorité pénale dans un deuxième temps
(GALLIANI/MARCELLINI, Codice svizzero di procedure penale [CPP],
Commentario, Bernasconi/Galliani/Marcellini/Meli/Mini/Noseda, 2010, n° 7 ad
art. 129 CPP);
- que nonobstant le fait que la procuration écrite signée en faveur du défenseur
n’est qu’une prescription d’ordre, il s’agit du moyen permettant d’établir que
l’avocat est habilité à agir au nom et dans les limites fixées par le mandant
(HARARI/ALIBERTI, Commentaire romand, Code de procédure pénale suisse,
2011, n° 21 ad art. 129);
- que même dans l’hypothèse où l’avocat a participé, aux côtés de son client, à
des mesures d’instruction auprès de l’administration, une procuration écrite
doit être, par la suite, versée au dossier (v. MOREILLON/PAREIN-REYMOND,
op. cit., n° 6 ad art. 129);
- que, selon l’art. 385 al. 1 CPP la personne ou l’autorité qui recourt indique
précisément les points de la décision qu'elle attaque (let. a), les motifs qui
commandent une autre décision (let. b) et les moyens de preuve qu'elle
invoque (let. c);
- que lorsque le mémoire ne satisfait pas les exigences précitées, l’autorité le
renvoie au recourant pour qu’il soit complété en lui octroyant un bref
délai supplémentaire (art. 385 al. 2, 1re phrase CPP);
- que l’autorité de recours n’entre pas en matière lorsque le mémoire ne satisfait
pas aux exigences même après la fin du délai supplémentaire (art. 385 al. 2,
2e phrase CPP);
- que ce qui précède s’applique également en cas d’absence d’une procuration
valable (BB.2018.78 et les références citées);
- que l’interdiction du formalisme excessif impose à l’autorité, en présence d’un
mémoire signé par un mandataire ne justifiant pas de ses pouvoirs, d’octroyer
un délai convenable pour réparer ce vice (v. arrêt du Tribunal fédéral
1C_273/2019 du 23 mai 2019 consid. 2.1);
- que par courrier du 12 juillet 2019 il a été imparti à Me Mardam un délai au
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25 juillet 2019 pour transmettre une procuration récente dûment datée et
signée lui permettant de représenter la plaignante auprès de la Cour des
plaintes (act. 3);
- qu’aucune procuration n’est parvenue à la Cour de céans dans le délai fixé;
- qu’une demande de prolongation du délai pour présenter la procuration aurait
pu être requise et que lorsque ce n’est pas le cas, la plaignante ne peut s’en
prendre qu’à elle-même (v. arrêt du Tribunal fédéral 1C_407/2018 du
31 août 2019 consid. 2.2);
- que, par surabondance, il incombe au mandataire de justifier ses pouvoirs de
représentation, sous peine d’irrecevabilité de la plainte déposée;
- que l’absence de justification dans le délai imparti entraîne l’irrecevabilité de
la plainte du 4 juillet 2019;
- qu’il y a lieu de percevoir un émolument qui sera fixé à Fr. 400.-- (art. 73 LOAP
applicable par renvoi de l'art. 25 al. 4 DPA; art. 5 et 8 du règlement du Tribunal
pénal fédéral du 31 août 2010 sur les frais, émoluments, dépens et indemnités
de la procédure pénale fédérale [RFPPF; RS 173.713.162]), réputé couvert
par l'avance de frais acquittée. La caisse du Tribunal pénal fédéral restituera
à la plaignante le solde par CHF 1'600.--.
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