Decision ID: 4ec9e027-9a56-5a18-b0aa-81a57ab7b563
Year: 2021
Language: fr
Court: FR_TC
Chamber: FR_TC_001
Canton: FR
Region: Espace_Mittelland
Law Area: civil_law

considérant en fait
A. B._, A._ et C._ sont les enfants de feu D._ et feue E._.
Le père est décédé en 1968. Les trois enfants ont hérité à parts égales de la propriété familiale, sise route F._ à G._ (ci-après : la villa). La mère avait quant à elle la l’usufruit de la moitié de la succession. Elle est décédée en 2016.
B. Par courrier du 24 mars 1988, B._ a informé Me H._, notaire, de la volonté de la famille de procéder à un échange de propriété, de façon à ce que A._ devienne l’unique propriétaire d’un chalet situé à I._ (ci-après : le chalet), jusqu’alors propriété de feue E._, et qu’en échange, il cède à cette dernière sa part héréditaire d’un tiers sur la villa.
Le 13 avril 1988, le notaire a notamment répondu que les deux transferts de propriété doivent être traités par actes séparés.
Par contrat de cession de droits successifs du 18 juillet 1988, A._ a cédé à feue E._ sa part héréditaire indivise d’un tiers sur la villa, sortant ainsi définitivement de la communauté héréditaire. L’article 5 du contrat retient que « [l]es parties contractantes renoncent à estimer ici la valeur de la part cédée. Cédant et cessionnaire règlent le problème de la  hors contrat, dans le cadre de la liquidation générale de la succession paternelle et de la succession maternelle future ».
A une date indéterminée, A._ est pour sa part devenu propriétaire du chalet, dans lequel il vivait d’ailleurs depuis 1986.
Entre 1990 et novembre 2000, feue E._ a remis à son fils A._ diverses sommes d’argent pour un montant total de plus de CHF 194'000.-, hors intérêts, dont une donation de CHF 50'000.-. Elle a en outre fait donation d’un montant de CHF 50'000.- à B._ et CHF 20'000.- à sa fille.
Le 5 juin 2000, feue E._, B._ et C._ ont accepté qu’une cédule hypothécaire au porteur, constituée par A._ pour un montant de CHF 140'000.- auprès de la banque J._ (ci-après : la banque), grève la villa.
Dans un récapitulatif du 21 février 2006, A._ a reconnu avoir reçu de sa mère un montant de CHF 147'844.60, hors donation de CHF 50'000.-.
Le 28 mars 2007, feue E._ a cédé sa part sur la villa à B._ et C._, par avancement d’hoirie.
Par courrier du 11 septembre 2007, A._ a confirmé être disposé à rembourser le prêt contracté auprès de la banque et à « renoncer à toute part d’héritage futur de la part de [la] mère », sous réserve que les sommes perçues entre 1992 et 2000 soient « oubliées ».
Au début de l’année 2014, il a renouvelé le prêt hypothécaire contracté en 2000, avec l’accord de ses frère et sœur.
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Par courrier du 18 juin 2014, il a été informé que B._ et C._ souhaitaient vendre la villa. Il a alors été invité à étendre la cédule hypothécaire sur un autre immeuble ou à rembourser le crédit.
Le 18 juillet 2014, le mandataire de A._ a indiqué qu’il se déterminerait dans la première quinzaine d’août.
Le 21 juillet 2014, la banque a informé A._ de la vente de la villa pour le 30 août 2014 et l’a invité à rembourser le montant de CHF 139'400.- ainsi que les intérêts courus à cette même date.
Le 4 août 2014, le mandataire de B._ et C._ a informé la banque que l’acquéreur allait rembourser le compte hypothécaire ouvert auprès de celle-ci. Il l’a invitée à lui faire parvenir un décompte de remboursement arrêté au 1er septembre 2014 ainsi que les divers titres.
Sans réponse de la part de A._ et afin d’éviter un blocage de la vente, les propriétaires ont ordonné au notaire de désintéresser la banque en prélevant sur le produit de la vente le montant dû par celui-là. Le montant a été versé le 1er septembre 2014.
Le 1er septembre 2014, B._ et C._ ont informé A._ qu’ils s’étaient acquittés de la dette hypothécaire et l’ont mis en demeure de leur rembourser le montant de CHF 140'347.80 au plus tard le 1er octobre 2014.
Par courrier du 1er octobre 2014, le mandataire de A._ a contesté la créance.
S’en sont suivis plusieurs échanges d’écritures entre les mandataires des parties. B._ et C._ ont notamment tenté d’obtenir le montant querellé par la voie de la poursuite, mais leur requête de mainlevée a été rejetée à deux reprises. Quant à la banque, elle leur a adressé, le 21 mai 2015, une déclaration de subrogation/cession, par laquelle elle déclarait les subroger dans tous ses droits à l’encontre de A._, à hauteur de CHF 140'347.80 ensuite de leur remboursement intégral, le 1er septembre 2014, en capital, intérêts et frais du financement hypothécaire qu’elle avait consenti au précité. A la même date, la banque confirmait que la subrogation dans tous ses droits à l’encontre de A._ concernait à la fois ses droits se rapportant à la créance abstraite que ceux relatifs à la créance causale découlant du financement hypothécaire. Le 4 octobre 2017, elle a encore précisé que la déclaration du 21 mai 2015 confère également à B._ et C._ les pouvoirs de dénoncer au remboursement la créance découlant du prêt hypothécaire, si nécessaire.
C. Par requête de conciliation du 8 janvier 2018, B._ et C._ ont ouvert action contre A._. Ils ont pris les conclusions suivantes :
1. La demande est admise.
2. A._ est condamné à payer à B._ et C._ la somme de CHF 140'347.80, avec intérêts à 5% l’an principalement dès le 1er octobre 2014, subsidiairement dès le 26 décembre 2017.
3. Les frais sont mis à la charge de A._.
La conciliation ayant échoué, B._ et C._ ont déposé le 12 juin 2018, auprès du Tribunal civil de l’arrondissement de la Sarine (ci-après : le Tribunal), une demande en paiement à l’encontre de leur frère sur la base de l’art. 827 CC, subsidiairement en se référant aux dispositions
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sur l’enrichissement illégitime. A._ y a répondu le 22 novembre 2018 en concluant au rejet de la demande.
Lors de la séance du Tribunal du 7 février 2019, les parties ont été interrogées. La séance des plaidoiries a quant à elle eu lieu le 23 septembre 2019.
Par décision du 6 mars 2020, le Tribunal a admis la demande en paiement, condamné A._ à verser à B._ et C._ le montant de CHF 140'347.80, avec intérêts à 5% l’an dès le 1er octobre 2014, et mis les frais (dépens par CHF 14'515.25 et frais judiciaires par CHF 4'000.-) à la charge de A._.
D. Par mémoire du 14 mai 2020, A._ a interjeté appel contre cette décision et conclu, sous suite de frais, à l’admission de l’appel et à la modification de la décision attaquée en ce sens que la demande en paiement est rejetée, B._ et C._ étant déboutés de l’ensemble de leurs conclusions. A titre subsidiaire, il a conclu au renvoi de la cause à l’autorité précédente pour nouvelle décision dans le sens des considérants.
Dans leur réponse du 25 août 2020, les intimés ont conclu, sous suite de frais, au rejet de l’appel.
Les 24 et 25 mars 2021, les mandataires des parties ont produit leur liste de frais respective pour la procédure d’appel.

en droit
1.
1.1. L’appel est notamment recevable contre les décisions finales de première instance. Dans les affaires patrimoniales, l’appel est recevable si la valeur litigieuse au dernier état des conclusions est de CHF 10'000.- au moins (art. 308 al. 1 et 2 CPC).
La valeur litigieuse s’élève en l’espèce à CHF 140'347.80. La voie de l’appel est ainsi ouverte.
Par ailleurs, la valeur litigieuse déterminante pour recourir au Tribunal fédéral est la même, de sorte que la voie du recours en matière civile est ouverte contre le présent arrêt (art. 74 al. 1 let. b LTF).