Decision ID: b83839d5-c069-5f21-8a0d-9bab9ef4fb3d
Year: 2017
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_007
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 

EN FAIT
, la réquisition de poursuite, expédiée le 31 octobre 2016 à l’Office des poursuites (ci-après : l’Office) par A_ SA (ci-après : la créancière) à l’encontre de B_ SA (ci-après : la débitrice);
Attendu que par acte expédié le 26 juillet 2017 au greffe de la Chambre de surveillance des Offices des poursuites et des faillites (ci-après : la Chambre de surveillance), la créancière s’est plainte d'un retard injustifié dans le traitement de cette réquisition de poursuite, malgré ses rappels à l’Office;
Que dans ses observations du 4 août 2017, ledit Office s’en est rapporté à justice au sujet de la présente plainte;
Qu’il a expliqué avoir reçu la réquisition de poursuite en question le 2 novembre 2016 et l’avoir enregistrée sous le n° de poursuite 16 xxxx41 J, le 24 janvier 2017;
Que toutefois, le traitement de cette poursuite a eu du retard par la suite, à cause du changement de sa plate-forme informatique et des dysfonctionnements subséquents;
Qu’en définitive, une nouvelle convocation de l’organe responsable de la débitrice a été émise le 2 août 2017, la Chambre de surveillance ignorant la suite donnée à cette convocation;
Considérant,

EN DROIT
, que la Chambre de surveillance est compétente pour statuer sur les plaintes formées en application de la LP (art. 13 LP; art. 126 al. 2 let. c LOJ; art. 6 al. 1 et 3 et 7 al. 1 LaLP) contre des mesures non attaquables par la voie judiciaire ou, comme en l'espèce, pour un retard injustifié (art. 17 al. 1 et 2 LP);
Que le créancier poursuivant a qualité pour se plaindre en tout temps d'un retard injustifié dans le traitement de sa réquisition de poursuite à l’encontre du débiteur, sa présente plainte satisfaisant en outre aux exigences de forme légales (art. 17 al. 3 LP;
9 al. 1 et 2 LaLP);
Qu’elle est dès lors recevable à la forme;
Considérant qu'aux termes des art. 69 al. 1 et 71 LP, dès réception de la réquisition de poursuite, c'est-à-dire «
aussi vite que possible
», l’Office rédige le commandement de payer correspondant et le notifie au débiteur;
Qu'en l'espèce, la réquisition de poursuite visée a été expédiée le 31 octobre 2016 à l’Office par la créancière et que le 21 juillet 2017, soit près de neuf mois plus tard, ce dernier n’avait toujours pas notifié le commandement de payer correspondant, poursuite n° 16 xxxx41 J, à la débitrice poursuivie, étant toutefois souligné que l’adresse de cette dernière indiquée par la créancière poursuivante avait changé;
Que cette situation est, ce nonobstant, constitutive d’un retard inadmissible et injustifié de l’Office, lequel doit être constaté;
Qu’en effet, il appartient audit Office de faire diligence dans le traitement des actes de poursuite qui lui parviennent, de sorte qu’un délai de près de neuf mois entre la réception de la réquisition de poursuite et les premières mesures sérieuses prises par ledit Office en vue de notifier l’acte de poursuite en question n’est pas admissible, même face à une débitrice récalcitrante;
Qu’il est en outre rappelé à cet égard que la loi ne laisse aucune place à une surcharge de travail ou à une désorganisation dudit Office, même réelle, pour justifier une telle violation du principe de célérité;
Qu’en particulier, les problèmes informatiques soulevés par l’Office ne constituent en aucun cas des faits de nature à justifier le retard apporté par ce dernier à l'exécution des mesures qui lui incombent légalement (ATF
107 III 3
; SJ 1993 p. 291);
Que la présente décision sera transmise au Préposé de l’Office afin qu’il prenne les mesures nécessaires à éviter que les circonstances du cas d’espèce ne se reproduisent;
Qu’en application de l’art. 62 al. 2 OELP, il n’est alloué aucun frais ni dépens dans la procédure de plainte au sens de l'art. 17 LP.
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