Decision ID: 6e33fa25-d45e-4004-87d5-51245c348728
Year: 2013
Language: fr
Court: VD_TC
Chamber: VD_TC_031
Canton: VD
Region: Région lémanique
Law Area: public_law

Vu les faits suivants
A. Bruno Osvaldo Benge MateusX._, ressortissant portugais né le 3 octobre ********1978, est entré en Suisse le 27 décembre 2003. Il est au bénéfice d’un permis de séjour.
B. Le 3 décembre 2010, le prénommé a obtenu un permis de conduire de catégorie B au Portugal. Selon un duplicata versé au dossier, établi par une société d’auto-école portugaise, Bruno Osvaldo Benge MateusX._ a effectué 28 leçons théoriques et 32 leçons pratiques du 20 septembre 2010 au 11 novembre 2010..
C. En date du 23 octobre 2012, le Service des automobiles et de la navigation (ci-après : le SAN) lui a enjoint l’intéressé à d’échanger son permis de conduire portugais contre un permis de conduire suisse, compte tenu du fait qu’il séjournait en Suisse depuis plus de douze mois. Le 27 novembre 2012, Bruno Osvaldo Benge MateusX._ s’est adressé au SAN afin de procéder à l’échange requis.
Le 30 novembre 2012, le SAN a informé l’intéressé qu’il envisageait de prononcer une suspension mesure d’interdiction du droit de conduire en Suisse pour une durée indéterminée, laquelle serait révoquée à la condition de réussir l’examen pratique de conduite. Une décision dans ce sens a été rendue à l’encontre d’Osvaldo Benge Mateus X._ le 22 février 2013., au motif qu’il aurait tenté d’éluder les règles suisses de compétence en matière d’octroi du permis de conduire.
Par lettres des 10 et 21 décembre 2012, Bruno Osvaldo Benge MateusX._, sous la plume de son conseil, a expliqué qu’il ignorait que la Suisse exigeait l’échange d’un permis de conduire étranger par un permis de conduire suisse et a contesté avoir tenté d’éluder les règles suisses de compétence, en précisant qu’un permis d’élève-conducteur, valable du 18 janvier 2006 au 18 janvier 2008, lui avait été délivré par le SAN suite à la réussite de l’examen théorique.
Le 25 janvier 2013, le SAN a imparti à l’intéressé un délai au 25 février 2013 pour démontrer qu’il avait « séjourné de manière ininterrompue et pour une durée relativement longue au Portugal, pièces à l’appui ». Le 15 février 2013, Bruno Osvaldo Benge MateusX._ a fait savoir au SAN qu’il n’avait pas conservé ses billets d’avion et qu’il était dans l’impossibilité de fournir des factures d’hôtel ou d’autres documents analogues car il avait séjourné auprès de sa famille.
D. Par décision du 22 février 2013, le SAN a interdit à Bruno Osvaldo Benge MateusX._ la conduite de tout véhicule sur les territoires de la Confédération helvétique et de la Principauté du Liechtenstein, au motif « qu’il ressort des documents en notre possession que le permis de conduire portugais de votre client a été obtenu en éludant les règles suisses de compétence.». Il a subordonné la levée de cette mesure à la réussite des examens théorique et pratique de conduite et a retiré l'effet suspensif à une éventuelle réclamation.
Le 25 février 2013, Bruno Osvaldo Benge MateusX._ a demandé au SAN de préciser sa décision, à savoir s’il avait l’obligation de repasser intégralement les cours de premiers secours aux blessés ainsi que l’examen théorique de circulation. Le SAN lui a confirmé, le 6 mars 2013, que tel était le cas.
E. Le 29 avril 2013, le SAN a rejeté la demande de réclamation déposée le 18 mars 2013 par Bruno Osvaldo Benge MateusX._ et confirmé sa décision du 22 février 2013.
F. Le 29 mai 2013, Bruno Osvaldo Benge MateusX._ (ci-après : le recourant) a recouru contre cette décision auprès de la Cour de droit administratif et public du Tribunal cantonal (ci-après : le tribunal) et demandé la restitution de l’effet suspensif.
Dans sa réponse du 24 juin 2013, le SAN a conclu au rejet du recours et au maintien de la décision sur réclamation attaquée.
Par décision du 4 juillet 2013, le juge instructeur a restitué l’effet suspensif.

Considérant en droit
1. Déposé dans le délai de trente jours fixé par l'art. 95 de la loi vaudoise du 28 octobre 2008 sur la procédure administrative (LPA-VD; RSV 173.36), le recours est déposé en temps utile. Il respecte au surplus les exigences de forme prévues par l’art. 79 al. 1 LPA-VD. Il y a donc lieu d’entrer en matière sur le fond.
2. a) Nul ne peut conduire un véhicule automobile sans être titulaire d'un permis de conduire ou, s'il effectue une course d'apprentissage, d'un permis d'élève-conducteur (art. 10 al. 2 de la loi fédérale du 19 décembre 1958 sur la circulation routière [LCR; RS 741.01]). Le permis de conduire est délivré et retiré par l'autorité administrative du domicile du conducteur (art. 22 al. 1 LCR).
b) Les conducteurs de véhicules automobiles en provenance de l'étranger ne peuvent conduire des véhicules automobiles en Suisse que s'ils sont titulaires d'un permis de conduire national ou international valable (art. 42 al. 1 de l'ordonnance du 27 octobre 1976 réglant l'admission des personnes et des véhicules à la circulation routière [OAC; RS 741.51]). La validité d'un permis de conduire étranger sur le territoire suisse est limitée en ce sens que les conducteurs de véhicules automobiles en provenance de l'étranger qui résident en Suisse depuis plus de douze mois sans avoir séjourné « plus de trois mois » consécutifs à l'étranger sont tenus d'obtenir un permis de conduire suisse (art. 42 al. 3bis let. a OAC). Son obtention est régie par l'art. 44 OAC. Le titulaire d'un permis national étranger valable recevra un permis de conduire suisse pour la même catégorie de véhicules s'il apporte la preuve, lors d'une course de contrôle, qu'il connaît les règles de la circulation et qu'il est à même de conduire d'une façon sûre des véhicules des catégories pour lesquelles le permis devrait être valable (art. 44 al. 1 OAC). Selon l'art. 150 al. 5 let. e OAC, l'Office fédéral des routes (ci-après: l'OFROU) peut renoncer à la course de contrôle au sens de l'art. 44 al. 1 OAC et à l'examen théorique au sens de l'art. 44 al. 2 OAC pour les conducteurs de véhicules automobiles provenant de pays qui demandent en matière de formation et d'examen des exigences semblables à celles de la Suisse. Parmi ces pays figure notamment le Portugal (Circulaire du 26 septembre 2007 concernant les permis de conduire des personnes domiciliées à l'étranger de l'OFROU). Selon les directives de l'Association des services des automobiles (ASA), les permis de conduire ne doivent être reconnus que s'il ont été obtenus dans l'Etat de domicile; en cas de déménagement, on pourra tolérer aussi la reconnaissance de permis obtenus dans le précédent Etat de domicile durant les trois premiers mois suivant l'arrivée en Suisse (Directives no 1, Traitement des véhicules à moteur et des conducteurs en provenance de l’étranger, ch. 312).
c) Ne peut pas être utilisé en Suisse le permis de conduire étranger que le conducteur a obtenu en éludant les dispositions de l'OAC concernant l'obtention du permis de conduire suisse ou les règles de compétence valables dans son pays de domicile (art. 42 al. 4 OAC). L'usage du permis de conduire étranger doit être interdit pour une durée indéterminée si le titulaire a obtenu son permis à l'étranger en éludant les règles suisses ou étrangères de compétence (art. 45 al. 1, 2ème phrase, OAC).
Selon la jurisprudence, élude les règles suisses de compétence celui qui obtient un permis de conduire à l'étranger alors qu'il aurait dû l'obtenir en Suisse et qui, au regard des circonstances objectives du cas d'espèce, pourrait l'utiliser illicitement en Suisse (ATF 129 II 175, JdT 2003 I 478).
3. a) La Convention de Vienne sur la circulation routière (CVCR ; RS 0.741.10) est un traité multilatéral qui lie notamment la Suisse et le Portugal.
La Suisse est tenue de reconnaître un permis de conduire portugais à la double condition que son titulaire ait eu sa « résidence normale » au Portugal à l’époque où il a obtenu ce permis (art. 41 ch. 6 let. b CVCR), d’une part, et qu’il n’ait pas, dans l’intervalle, transféré sa «résidence normale » en Suisse (art. 41 ch. 2 let. b CVCR), d’autre part. Bien que cela ressorte déjà de cette règle-là, il est souligné que la Suisse n’est pas tenue de reconnaître un permis que le Portugal délivre à une personne dont la « résidence normale » se trouve en Suisse (art. 41 ch. 6 let. a CVCR).
b) En l’espèce, le recourant a sa « résidence normale » en Suisse depuis 2003, de sorte que son permis de conduire portugais, obtenu en 2010, n’est pas couvert par la CVCR.
4. En droit suisse, la compétence législative de régler l’utilisation du permis de conduire étrangers en Suisse est entièrement déléguée au Conseil fédéral (art. 25 al. 2 let. b LCR).
L’art. 45 al. 1 OAC prévoit que « l’usage du permis de conduire étranger doit être interdit pour une durée indéterminée si le titulaire a obtenu son permis à l’étranger en éludant les règles suisses ou étrangères de compétence ». C’est la base légale de la décision présentement attaquée.
Les « règles suisses de compétence » consistent surtout, sinon exclusivement, dans l’art. 22 al. 1 LCR prévoyant la compétence du canton de domicile pour les personnes domiciliées en Suisse. Aucune règle de droit suisse n’autorise une personne domiciliée en Suisse à aller « chercher » son permis de conduire à l’étranger. Cela correspond à l’art. 41 ch. 6 let. a CVCR, lequel est ainsi rigoureusement transposé en droit interne, sans dérogation ni exception.
L’art. 45 al. 1 OAC ne laisse aucun pouvoir d’appréciation à l’autorité administrative suisse ; au contraire, l’usage du permis étranger doit être interdit. Au surplus, l’usage abusif d’un permis étranger est une contravention pénale, réprimée par les art. 103 al. 1 LCR et 147 OAC.
Ces règles ont pour objet de protéger la souveraineté des Etats, à commencer par celle de la Suisse, en imposant le respect des règles de compétences suisses et étrangères. Elles tendent à une protection absolue ; il est donc sans importance que le titulaire du permis connaisse ou ignore le vice de sa situation, ni qu’il soit fautif ou au contraire excusable, ni qu’il soit bon ou piètre conducteur, ni que le permis étranger proviennent d’un pays exigeant, tel le Portugal selon une liste de l’Office fédéral des routes, ou au contraire laxiste en matière de permis de conduire.
Dans un arrêt du 30 décembre 2004 (CR.2002.0028), le Tribunal administratif du canton de Vaud a jugé que la compétence suisse n’était pas éludée dans le cas d’un permis étranger délivré deux mois après que le titulaire avait pris domicile en Suisse, à l’issue d’une formation à la conduite qui avait débuté longtemps avant. Or, les circonstances de la présente affaire ne sont pas comparables car le recourant, alors qu’il était domicilié en Suisse depuis de nombreuses années, a simplement mis à profit un séjour à l’étranger pour y passer son permis de conduire.
Force est par conséquent de retenir que le recourant a éludé les règles de compétences. Il y a donc lieu de prononcer à son encontre une mesure d’interdiction de conduire en Suisse pour une durée indéterminée. Peu importent à cet égard les motifs invoqués par le recourant, notamment que l’injonction qui lui est faite de repasser son permis de conduire selon les règles suisses serait contraire au principe de proportionnalité et arbitraire.
5. Les considérants qui précèdent conduisent au rejet du recours et au maintien de la décision attaquée. Le recourant, qui succombe, supportera les frais de justice (art. 49 al. 1 LPA-VD). Il n’aura par ailleurs pas droit à l’allocation de dépens (art. 55 LPA-VD).
A l’appui de son recours, le recourant fait valoir qu’il n’a pas volontairement cherché à contourner les règles suisses de compétence. Il invoque également que la décision attaquée n’est pas fondée sur des motifs de sécurité et que l’injonction qui lui est faite de repasser entièrement son permis de conduire selon les règles suisses est serait contraire au principe de proportionnalité et arbitraire.
a) En l’espèce, il apparaît que le recourant, qui réside en Suisse depuis décembre 2003, a débuté le 20 septembre 2010, à l’occasion de vacances dans son pays, sa formation de conducteur et l’a achevée le 11 novembre 2010. Il prétend avoir séjourné au Portugal de mi-août 2010 jusqu’à fin novembre 2010. Toutefois, ses allégations ne sont corroborées par aucun document, à l’exception d’un duplicata du relevé de ses heures de formation théorique et pratique, établi par une société d’auto-école portugaise, indiquant qu’il a suivi des cours du 20 septembre 2010 au 11 novembre 2010, ce qui correspond à une période de moins de deux mois. Par conséquent, en l’absence de toute autre pièce justificative, il y a lieu de constater que le recourant a séjourné moinsn’a pas apporté la preuve qu’il a séjourné plus de trois mois consécutifs à l’étranger, si bien qu’il a ainsi objectivement éludé les règles de compétence prévues par l’art. art. 42 al. 3bis let. a OAC qui lui imposaient d’obtenir un permis de conduire en Suisse. Le recourant n’explique pas d’ailleurs les raisons pour lesquelles il ne s’est jamais présenté à l’examen pratique de conduite après avoir réussi l’examen théorique en 2006 et bénéficié d’un permis de conduire provisoire du 18 janvier 2006 au 18 janvier 2008. et, qu’au regard de la jurisprudence précitée, les conditions d'une interdiction de faire usage de ce permis en Suisse sont réunies.
b) Les art. 28 et 29 OAC réglementent la question du nouvel examen de conduite et de la course de contrôle de la manière suivante :
« Art. 28 Décision imposant un nouvel examen de conduite
1 Si un conducteur a commis des infractions permettant de douter de sa connaissance des règles de la circulation, de ses capacités à les mettre en pratique ou de sa maîtrise des techniques de conduite, l'autorité d'admission ordonne un nouvel examen théorique ou pratique ou les deux. (...)
Art. 29 Course de contrôle
1 L'autorité ordonne une course de contrôle pour déterminer les mesures à prendre si l'aptitude du conducteur à conduire un véhicule automobile soulève des doutes.
2 Si la personne concernée ne réussit pas la course de contrôle:
a. le permis de conduire lui sera retiré ou l'usage du permis de conduire étranger lui sera interdit. La personne concernée peut demander un permis d'élève conducteur;
b. il est décidé une interdiction de circuler, lorsque la course de contrôle a été effectuée avec un véhicule automobile pour la conduite duquel il n'est pas nécessaire d'avoir un permis de conduire
3 La course de contrôle ne peut pas être répétée. (...) »
En outre, on a vu que l’art. 44 al. 1 OAC permet au titulaire d'un permis national étranger valable de recevoir un permis de conduire suisse pour la même catégorie de véhicules s'il apporte la preuve, lors d'une course de contrôle, qu'il connaît les règles de la circulation et qu'il est à même de conduire d'une façon sûre des véhicules des catégories pour lesquelles le permis devrait être valable.
Se pose toutefois la question de la portée de l’art. 45 OAC, dans la mesure où les conducteurs de véhicules en provenance de l’étranger, qui résident en Suisse depuis plus de douze mois, mais qui ont séjourné plus de trois mois consécutifs à l’étranger ne sont pas tenus d’obtenir un permis de conduire suisse contrairement à ceux qui y ont séjourné moins de trois mois. Il convient, par ailleurs, d’examiner quel est le niveau de connaissances et d’aptitudes exigées par les autorités du pays de provenance du recourant.
b) Dans un arrêt du 2 avril 2004, le Tribunal fédéral s'est prononcé sur le cas d'un étranger qui avait échoué à une course de contrôle effectuée dans le cadre d'une procédure d'échange de permis de conduire étranger contre un permis suisse selon l’art. 44 al. 1 OAC. Il a relevé que le niveau de connaissances et d'aptitudes atteint pouvait varier du tout au tout selon le pays où l'intéressé avait obtenu son permis de conduire étranger. Il n'était donc pas exclu que, dans certains cas, la course de contrôle fasse apparaître, en même temps qu'un niveau de connaissances et d'aptitudes satisfaisant de manière générale, quelques lacunes ponctuelles bien caractérisées. Le Tribunal fédéral s'est dès lors demandé si, dans des hypothèses de ce genre, l'exigence imposée au candidat de se soumettre néanmoins à la procédure complète d'obtention du permis de conduire n'était pas excessive et si le principe de proportionnalité ne commandait pas plutôt une application analogique de l'ancien art. 24 al. 2 OAC (actuellement art. 28 OAC), qui prévoit la possibilité d'ordonner un nouvel examen de conduite pouvant porter sur la partie théorique ou sur la partie pratique ou encore sur les deux. Il a toutefois laissé la question ouverte (Tribunal fédéral, arrêt 2A.479/2001 du 2 avril 2002, consid. 2.1).
Dans un arrêt du 30 décembre 2004 (CR.2002.0028), le Tribunal administratif du canton de Vaud a relevé que la réglementation était affectée d'une "contradiction interne flagrante". D'une part, l'autorité suisse reconnaissait, en vertu de ses engagements internationaux, la validité des permis de conduire délivrés dans un certain nombre de pays, pour le motif qu'ils attestent d'une formation équivalente à celle que procure un apprentissage effectué en Suisse. D'autre part, l'autorité suisse, considérant apparemment que certains conducteurs pourraient néanmoins tenter de bénéficier de conditions de délivrance plus favorables dans ces mêmes pays, se réservait de refuser de reconnaître ces mêmes permis de conduire dans les cas où les règles de compétence auraient impliqué la délivrance du permis de conduire en Suisse. Face à cette situation ambiguë, et s'inspirant des considérants de l'arrêt du Tribunal fédéral précité (ATF 2A.479/2001 ayant trait aux exigences à poser à la suite d'un échec à la course de contrôle), le Tribunal administratif a jugé qu'il fallait tenir compte du principe de la proportionnalité et ne pas imposer l'obligation de "refaire le permis" dans des conditions où la sécurité de la route n'était en réalité pas en cause (arrêt CR.2002.0028 du 30 décembre 2004, consid. 3).
c) En l’espèce, le recourant est titulaire d'un permis de conduire portugais. Or, les permis portugais bénéficient de l'exception prévue par l'art. 150 al. 5 lit. e OAC, qui permet de renoncer à la course de contrôle selon l’art. 44, al. 1 OAC, ainsi qu’à l’examen théorique selon l’art. 44, al. 2 OAC; cette exception vaut à l’égard des conducteurs dont le pays de provenance a des exigences équivalant à celles de la Suisse pour ce qui est de la formation et de l’examen; elle est concrétisée par une liste établie par l'Office fédéral des routes (v l’annexe 2 de la circulaire de l’Office fédéral des routes du 26 septembre 2007). le Portugal, pays de provenance du recourant, figure sur la liste des pays dont les exigences en matière de formation et d’examen sont semblables à celles de la Suisse (cf. annexe 2 de la circulaire de l’Office fédéral des routes du 26 septembre 2007). Par conséquent, il serait curieuxsemble excessif sous l’angle du principe de proportionnalité de soumettre le recourant à un nouvel examen de conduite qui placerait le recourant dans la même situation que les conducteurs ayant commis des infractions permettant de douter de leur connaissance des règles de la circulation, de leur capacités à les mettre en pratique, au sens de l’art. 28 OAC. En effet, les exigences de formation et concernant l’examen de conduite au Portugal sont jugées équivalentes à celles de la Suisse et il n’existe aucun autre élément objectif permettant de douter des capacités du recourant; en fait, seul un séjour de moins de trois mois au Portugal pour le passage de l’examen est à l’origine de la mesure contestée.
Il se pose aussi la question de savoir si l’autorité intimée pourrait exiger une course de contrôle au sens de l’art. 44 al. 1 OAC. Mais dans ce cas également, une telle exigence pourrait apparaître disproportionnée puis que précisément, le Portugal fait partie des pays de provenance dont les exigences sont considérées comme équivalentes à celles de la Suisse pour ce qui est de la formation et de l'examen (art 150 al. 5 let. e OAC et annexe 2 de la directive de l’OFROU du 26 septembre 2007). On peut donc se demander si l’exigence de l’art. 42 al. 3 bis OAC fixant la règle de compétence territoriale pour les conducteurs de véhicules automobiles en provenance de l'étranger qui résident depuis plus de douze mois en Suisse sans avoir séjourné plus de trois mois consécutifs à l'étranger - avec la conséquence de l’interdiction de l’usage du permis étranger en cas de non respect de l’art. 45 al. 1 OAC - concerne essentiellement les pays qui ne bénéficient pas de la reconnaissance de la formation et de l’examen selon l’art. 150 al. 5 let. c OAC.
En effet, la règle des art. 42 al. 3bis et 45 al. 1 OAC conservent tout leur sens si le permis de conduire est obtenu dans un pays pour lequel les exigences ne sont pas équivalentes à celles de la Suisse.
d) En définitive, Iil n’y a ainsi pas lieu de s’écarter de la solution retenue par la jurisprudence précitée (CR.2002.0028). Le tribunal juge dès lors qu'il est excessif d'imposer au recourant de "refaire le permis", au vu des arguments développés ci-dessus et compte tenu du fait que ce dernier n’a pas commis d’infraction à la sécurité routière et que ses connaissances et capacités de conduire n’ont pas été mise en doute par des faits objectifs. Le recours doit donc être admis et la décision attaquée annulée.
1.Vu l'issue du litige, le présent arrêt est rendu sans frais (art. 49 al. 1 LPA-VD) et le recourant, qui a procédé par l'intermédiaire d'un mandataire professionnel, et qui obtient gain de cause, a droit à l'allocation de dépens (art. 56 al. 1 LPA-VD).