Decision ID: c4a09bdd-37a8-5641-a27c-3495010f3101
Year: 2018
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_001
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law

EN FAIT
, que par ordonnance du 14 décembre 2017, le Tribunal de première instance, statuant sur mesures provisionnelles, a condamné B_ à verser à A_ par mois et d'avance, dès le 1
er
octobre 2017, 1'900 fr. par mois au titre de contribution à son entretien (ch. 1 du dispositif) et 950 fr. par mois au titre de contribution à l'entretien de C_, allocations familiales non comprises (ch. 2), statué sur les frais (ch. 3 et 4) et débouté les parties de toutes autres conclusions (ch. 5);
Que le Tribunal a notamment considéré que les relations entre les parties avaient été réglées lors de la procédure de mesures protectrices, en 2011, mais que depuis lors, D_, née le _ 1998, était devenue majeure et que l'épouse avait retrouvé un emploi, de sorte que la situation de la famille s'étant modifiée, les mesures provisionnelles sollicitées par B_ s'avéraient nécessaires et seraient ordonnées; que les revenus mensuels nets de B_ s'élevaient à 8'250 fr. et ses charges à quelques 3'300 fr., ce qui lui laissait un disponible de 4'950 fr. par mois avec lequel il s'était engagé à participer à la prise en charge financière de D_, soit environ 700 fr., allocations d'études déduites, sans compter ses frais extraordinaires (frais d'orthodontie); que les revenus de A_ étaient de 2'050 fr. et ses charges de 2'930 fr. de sorte que son budget était déficitaire de quelques 900 fr. par mois; qu'enfin, les frais de C_ à charge de ses parents s'élevaient à environ 500 fr. par mois, allocations familiales déduites et sans compter d'activités extrascolaires, non invoquées; que le budget familial était ainsi excédentaire de quelques 2'900 fr. par mois, montant à répartir à raison de 1'000 fr. pour chacun des époux et de 450 fr. pour chacun des enfants; que la contribution d'entretien pour C_ sera dès lors fixée à 950 fr. par mois (500 fr. + 450 fr.) et celle de A_ à 1'900 fr. par mois (900 fr. + 1'000 fr.);
Que par acte expédié au greffe de la Cour le 28 décembre 2017, A_ a formé appel contre cette ordonnance, concluant à son annulation et à la confirmation de l'ordonnance sur mesures protectrices du 2 novembre 2011 et au déboutement de B_ de toutes ses conclusions, subsidiairement, à ce que ce dernier soit condamné à lui verser la somme de 1'720 fr. à titre de contribution à l'entretien de l'enfant C_ et 2'580 fr. à titre de contribution à son propre entretien;
Qu'elle a préalablement conclu à ce que l'effet suspensif soit accordé à son appel; qu'elle fait valoir à cet égard que la situation ne s'est pas modifiée d'une manière telle que la décision sur mesures protectrices de l'union conjugale aurait dû être modifiée; qu'en réduisant la contribution à l'entretien de la famille de 4'500 fr. à 2'850 fr., le Tribunal l'avait placée dans une situation gravement précaire; que compte tenu du disponible de B_, le paiement du montant de 4'500 fr. ne lui causait aucune préjudice difficilement réparable;
Qu'invité à se déterminer à cet égard, B_ a conclu au rejet de la requête d'effet suspensif; qu'il a fait valoir que les contributions d'entretien fixées par le Tribunal permettaient à A_ et à C_ de couvrir leur minimum vital et que l'entretien de D_, majeure, ne faisait pas l'objet de la procédure, l'intéressée devant agir par le biais d'une action alimentaire;
Considérant,

EN DROIT
, que la Cour est saisie d'un appel au sens de l'art. 308 CPC;
Que le jugement querellé portant sur des mesures provisionnelles, l'appel n'a pas d'effet suspensif ex lege (art. 315 al. 4 let. b CPC);
Qu'à teneur de l'art. 315 al. 5 CPC, l'exécution de mesures provisionnelles peut exceptionnellement être suspendue si la partie concernée risque de subir un préjudice difficilement réparable, notion permettant de tenir compte également d'un préjudice de fait et s'examinant à l'aune de l'efficacité du jugement à rendre à l'issue de la procédure ordinaire, qui en serait compromise (ATF
138 III 378
consid. 6.3; arrêt du Tribunal fédéral
4P.5/2002
du 8 avril 2002 consid. 3a);
Que, saisie d'une demande d'effet suspensif au sens de l'art. 315 al. 5 CPC, l'autorité cantonale d'appel doit ainsi procéder à une nouvelle pesée des intérêts entre les deux préjudices difficilement réparables, celui du demandeur à l'action si la mesure n'était pas exécutée immédiatement et celui qu'entraînerait pour le défendeur l'exécution de cette mesure (ATF
138 III 378
consid. 6.3 et les références citées;
137 III 475
consid. 4.1; arrêt du Tribunal fédéral
5A_514/2012
du 4 septembre 2012 consid. 3.2.2);
Qu'en l'espèce, l'appelante conteste que les circonstances se sont modifiées depuis le prononcé des mesures protectrices de l'union conjugale;
Qu'une réduction du montant de la contribution d'entretien pourrait, le cas échéant, causer un préjudice difficilement réparable à l'appelante si elle avait pour conséquence que son minimum vital était atteint;
Qu'en ce qui concerne l'intimé, au vu de ses revenus (8'250 fr.) et charges (3'300 fr.) retenus par le Tribunal, le paiement d'une contribution d'entretien de 4'500 fr. durant la procédure d'appel n'entame pas son minimum vital;
Qu'il ne peut être considéré, à ce stade,
prima facie
, que l'appel est manifestement dépourvu de toute chance de succès et il convient de privilégier le maintien de la situation telle qu'elle était réglée jusqu'à ce que le Tribunal rende l'ordonnance attaquée;
Que la requête tendant à la suspension du caractère exécutoire de l'ordonnance attaquée sera donc admise;
Qu'il sera statué sur les frais et dépens liés à la présente décision avec la décision au fond (art. 104 al. 3 CPC).
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