Decision ID: fb72dda4-2d56-5c27-8c73-4c18bf3cd7ae
Year: 2017
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_006
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 

EN FAIT
A.
a)
A_ et B_ se sont mariés à Las Vegas (Nevada/USA) le _ 2002. Ce mariage a fait l'objet d'une demande de A_ de transcription dans les registres d'état civil suisses dans le courant de l'année 2016, laquelle est en cours.
De cette relation sont issus les enfants C_, née le _ 2003, et D_, né le _ 2004, lesquels ont été reconnus à leur naissance par B_.
b)
A_ vit avec les deux enfants à Genève dans une maison dont B_ est propriétaire et qu'il met à leur disposition. Le père vit, quant à lui, à Wollerau dans le canton de Schwyz.
c)
L'enfant D_ souffre d'un trouble de l'autisme diagnostiqué en 2008.
B. a)
Par ordonnance du 12 avril 2012, le Tribunal de protection de l'adulte et de l'enfant (ci-après : le Tribunal de protection) a ratifié la convention du 27 février 2012 soumise par A_ et B_ prévoyant l'autorité parentale conjointe sur leurs enfants et fixant une contribution à leur entretien à verser par le père, ainsi qu'un droit de visite en faveur de celui-ci, devant s'exercer, sauf accord contraire entre les parents, sans restriction au domicile des mineurs, à l'exception des vacances avec la mère, un week-end sur deux et la moitié des vacances scolaires à l'endroit choisi.
b)
Par courrier du 8 février 2016, B_ a fait part au Tribunal de protection de ses inquiétudes s'agissant de la prise en charge de ses enfants par leur mère, en particulier des décisions qu'elle avait prises unilatéralement concernant les suivis mis en place pour son fils.
c)
Dans un rapport du 22 avril 2016 sollicité par le Tribunal de protection, le Service de protection des mineurs (ci-après : le SPMi) a préconisé l'instauration d'une curatelle d'assistance éducative en faveur des deux mineurs.
Selon le SPMi, cette mesure de protection apparaissait indispensable au vu de la situation, permettant tant un accès à la scolarité des deux enfants qu'à l'organisation de la prise en charge thérapeutique d'D_. La relation très conflictuelle des parents prenait le pas sur l'intérêt des enfants, les premiers étant incapables de se décentrer et de remédier à la situation.
d)
Par ordonnance du 11 juillet 2016, le Tribunal de protection a instauré une curatelle d'assistance éducative en faveur des deux mineurs.
e)
A la suite d'un épisode aigu du conflit opposant les parents des mineurs, ayant nécessité l'intervention de la police, le SPMi, dans un rapport complémentaire du 26 septembre 2016, a préconisé l'instauration d'une mesure de curatelle d'organisation et de surveillance des relations personnelles.
Ledit service a relevé l'existence de différends massifs et récurrents qui perduraient depuis de nombreuses années entre les parents. Toutefois, malgré ce conflit aigu, les deux enfants évoluaient positivement. Les modalités de leur prise en charge étaient source d'importantes difficultés en particulier pour leur mère, laquelle refusait de quitter son domicile lorsque le père venait y exercer son droit de visite. Les litiges financiers constituaient également une source de vives tensions qui entravaient le bon déroulement du droit de visite et une parentalité sereine.
f)
Par courrier adressé le 3 novembre 2016 au Tribunal de protection, B_
a sollicité l'attribution en sa faveur de la garde des enfants et s'est opposé à toute restriction de son droit de visite.
g)
Par courrier du 6 novembre 2016, A_ a requis la modification des modalités du droit de visite du père des enfants, afin qu'il ne soit plus exercé au domicile familial en raison des conflits que cela engendrait.
h)
Lors de l'audience tenue le 28 novembre 2016 par le Tribunal de protection, le SPMi a confirmé son dernier rapport, précisant que le droit de visite du père - qui constituait une ressource pour les deux enfants - s'exerçait actuellement au lieu de résidence des enfants sans que la mère ne quitte les lieux, contrairement à ce qui avait été convenu avec elle. La mesure de curatelle préconisée visait à trouver des solutions d'apaisement de la situation, bien que la collaboration avec la mère ne semblait pas acquise.
B_ a expliqué venir à Genève tous les quinze jours le week-end pour voir les enfants. Il les emmenait à diverses activités, auxquelles en général l'enfant C_ refusait de l'accompagner, ou restait à leur domicile en cas de mauvais temps, préparait le repas de midi pour les trois, pendant que la mère restait dans une autre pièce, et passait la nuit sur place. Il venait à Genève également chaque lundi chercher l'enfant D_ à l'école pour le conduire à son cours d'informatique et le ramener chez lui, ainsi que chaque mercredi pour emmener l'enfant D_ et un camarade à leurs activités sportives spécialisées, chercher l'enfant C_ à l'école et aller aux éventuels rendez-vous médicaux des enfants.
A_ a contesté la validité de la convention d'entretien du 12 avril 2012. Elle a également exprimé le souhait de bénéficier d'un mercredi sur deux avec les enfants et son accord pour que le droit de visite du père soit exercé le week-end au domicile de celui-ci.
Ce dernier n'était, quant à lui, pas sûr que cette dernière solution soit dans l'intérêt des enfants. Il a précisé qu'à moins d'obtenir la garde exclusive sur les enfants, il n'entendait pas s'installer durablement dans la région genevoise souhaitant être éloigné de la mère des enfants.
Les parties se sont, enfin, accordées sur le dépôt des documents d'identité des enfants auprès du SPMi, à charge pour la curatrice de les confier au parent concerné par les vacances scolaires.
C. a)
Par ordonnance
DTAE/6097/2016
rendue le 28 novembre 2016 et notifiée à A_ le 23 décembre 2016, le Tribunal de protection a, sur mesures provisionnelles, modifié le droit de visite de B_, devant dorénavant s'exercer à raison du lundi pour D_, dès la sortie de l'école jusqu'à la fin de son cours d'informatique, du mercredi pour les deux enfants de 10h30 à 18h00 et d'un week-end sur deux sans les nuits, au domicile des enfants, du samedi de 10h30 à 21h00 et le dimanche de 10h00 à 19h00, dit qu'en l'état, ces relations personnelles interviendraient dans les limites de la nécessité pour D_ de se reposer à son domicile, invité A_ à organiser ses week-ends de façon à ne pas se trouver à son domicile pendant le droit de visite du père des enfants, l'y condamnant en tant que de besoin (ch. 1 du dispositif sur mesures provisionnelles), donné acte aux parents de ce qu'ils s'engageaient à remettre les documents d'identité des enfants en mains du SPMi, qui se chargerait de les remettre au parent concerné par les vacances scolaires, les y condamnant en tant que de besoin (ch. 2), instauré une curatelle d'organisation et de surveillance des relations personnelles (ch. 3), étendu à cet effet le mandat des curatrices (ch. 4), confirmé la curatelle d'assistance éducative existante (ch. 5) et débouté les parties de toutes autres conclusions (ch. 6).
Sur le fond, le Tribunal de protection a également invité le SPMi à préaviser d'ici le 31 mars 2017 toute autre mesure de protection utile, ainsi que l'attribution des droits parentaux, notamment après avoir pris contact avec les médecins et autres intervenants auprès de D_ (ch. 1 du dispositif sur le fond), et réservé la suite de la procédure (ch. 2).
Le Tribunal de protection a, notamment, retenu que, malgré l'instauration en juillet 2016 d'une curatelle d'assistance éducative, les différends parentaux restaient nombreux, massifs et récurrents. Les relations personnelles, exercées actuellement par le père un week-end sur deux, le mercredi et le lundi étaient une source d'importantes difficultés en raison du fait qu'elles se déroulaient au lieu de résidence de la mère. Les enfants devaient néanmoins pouvoir continuer à voir leur père, qui était pour eux une bonne ressource. Il n'était pas possible de déterminer, sans l'avis d'un spécialiste, si l'enfant D_ était en état, sur le plan médical, de passer des week-ends entiers ailleurs que chez lui, de sorte que les relations personnelles des enfants avec leur père devaient être fixées provisoirement afin de limiter autant que possible les contacts entre les parents, la mère étant invitée, durant les week-ends concernés, à ne pas rester chez elle.
Sur le fond, il appartenait au SPMi d'évaluer quelles dispositions pourraient être prises quant à la prise en charge des enfants, au regard de la demande de leur père de se voir attribuer leur garde exclusive et de celle de leur mère de mettre fin à l'exercice du droit de visite à son domicile, en se fondant notamment sur l'avis d'un pédiatre s'agissant de l'enfant D_.
Cette ordonnance indique pouvoir faire l'objet d'un recours dans un délai de trente jours.
b)
Par acte expédié le 18 janvier 2017 à la Cour de justice, A_ recourt contre cette ordonnance en tant qu'elle fixe l’exercice du droit de visite du père au domicile des enfants et l’invite à organiser ses week-ends de façon à ne pas se trouver à son domicile pendant celui-ci, à savoir contre le ch. 1 de son dispositif.
Elle invoque également le fait qu’elle n’a jamais signé la convention du 27 février 2012 (cf. supra let. B.a) et que sa signature sur ce document a été falsifiée.
c)
Le Tribunal de protection n'a pas souhaité revoir sa décision.
d)
Par courrier du 28 février 2017, le SPMi a indiqué ne pas avoir de nouvelles observations à soumettre en réponse au recours.
e)
B_ a conclu à la confirmation de l’ordonnance attaquée.
f)
Par courriers adressés à la Cour les 30 janvier et 28 février 2017, A_ a sollicité l’annulation de la convention du 27 février 2012.
g)
Par avis du 1
er
mars 2017, les parties et participants à la procédure ont été informés de ce que la cause était mise en délibération.
h)
Par courrier adressé le 8 mars 2017 à la Cour, B_ a contesté les accusations de A_ à son encontre et indiqué avoir déposé plainte contre celle-ci pour dénonciation calomnieuse.

EN DROIT
1.
1.1
Les dispositions de la procédure devant l'autorité de protection de l'adulte sont applicables par analogie aux mesures de protection de l'enfant (art. 314 al. 1 CC).
1.2
Les décisions de l'autorité de protection relatives à des mesures provisionnelles peuvent faire l'objet d'un recours dans les dix jours à compter de leur notification (art. 445 al. 3 CC) auprès de la Chambre de surveillance de la Cour de justice (art. 53 al. 1 LaCC).