Decision ID: bf192ab8-7ea0-5f27-95c1-1a2de0b3ddce
Year: 2005
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_014
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: social_law

Attendu en fait
que Madame B_ (ci-après la demanderesse) a saisi le Tribunal de céans par pli du 4 mars 2005, indiquant avoir travaillé pour le magasin X_ SA de juillet 1978 à juin 1981, période pendant laquelle 5% ont été retenus sur son salaire pour la caisse de pension des Grands magasins X_ SA, sans que ces retenues ne lui aient jamais été restituées;
Qu'elle indiquait avoir effectué vainement des recherches auprès du magasin X_ lui-même et auprès de diverses institutions, et produisait les attestations de salaire y relatives ainsi que copie du certificat de sortie;
Que dans sa réponse du 23 mai 2005, la Caisse de pension des Grands Magasins X_ SA indique avoir déjà répondu à deux reprises à la demanderesse selon copie de courriers joints, et que les dossiers de l'année 1981 n'existent plus, l'employeur n'étant tenu de conserver les dossiers que durant une période de 10 ans;
Que par pli du 30 mai 2005 dont elle a remis copie au Tribunal de céans, la demanderesse a interpellé à nouveau la Caisse de pension des Grands Magasins X_ SA, lui indiquant avoir quitté définitivement la Suisse après le 31 mai 1981 et n'avoir reçu aucun avis bancaire lui indiquant qu'une certaine somme serait à sa disposition, de sorte qu'elle sollicitait le versement des sommes par elle versées, soit 2'885 fr;
Que le Tribunal de céans a ordonné la comparution personnelle des parties, qui s'est tenue en date du 14 juin 2005;
Que bien que dûment convoquée, la demanderesse ne s'est ni présentée, ni excusée;
Que le représentant de la Caisse de pension des Grands Magasins X_ SA a précisé s'être occupé de celle-ci de 1985 à 1997, et qu'en août 1996, les dossiers avaient été tous transférés à la Caisse de Pension JELMOLI; que si donc de l'argent avait été dû à la demanderesse à cette époque, il est vraisemblable que l'argent lui aurait été transféré à cette occasion; que chaque employé sortant recevait un courrier lui demandant ce qu'il convenait de faire de l'argent cotisé, et qu'en cas de non réponse, l'argent lui était en principe versé;
Que selon vérification par le greffe auprès de la Fondation institution supplétive LPP à Zürich, aucun compte n'a été ouvert au nom de la demanderesse;

Considérant en droit
que, conformément à l'art. 56 V al. 1 let. b LOJ, le Tribunal cantonal des assurances sociales connaît en instance unique des contestations relatives à la prévoyance professionnelle opposant institutions de prévoyance, employeurs et ayants droit, y compris en cas de divorce, ainsi qu’aux prétentions en responsabilité (article 331 à 331e du code des obligations ; articles 52, 56a, alinéa 1, et article 73 de la loi fédérale sur la prévoyance professionnelle, vieillesse, survivants et invalidité du 25 juin 1982 ; article 142 code civil);
Que le Tribunal est donc compétent en la matière;
Que selon l'article 41 de la loi fédérale sur la prévoyance professionnelle vieillesse, survivants et invalidité, du 25 juin 1982 (ci-après LPP), les actions en recouvrement de créance se prescrivent par 5 ans quand elles portent sur des cotisations ou des prestations périodiques, et par 10 ans dans les autres cas;
Que cependant, la prescription doit être expressément soulevée, et ne peut être soulevée d'office, également dans le cas de l'article 41 LPP (cf. ATF du 1.5.2000 cause B 54/1999);
Qu’en l'occurrence, la demanderesse a prouvé avoir versé 5% de son salaire à la caisse de pension des Grands Magasins X_ SA pour la période concernée;
Qu’en revanche, la défenderesse n'a pu établir avoir versé cet argent sur un compte ou l'avoir restitué à la demanderesse, qui quittait la Suisse, en application de l'article 5 de la loi fédérale sur le libre passage du 17 décembre 1983;
Qu'elle sera en conséquence condamnée à lui restituer cette somme.