Decision ID: dedd8778-7e82-50e8-b83e-96c690d3996d
Year: 2015
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_001
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law

EN FAIT
, l'ordonnance
OTPI/47/2015
du 20 janvier 2015, notifiée le 22 janvier 2015, aux termes de laquelle le Tribunal de première instance, statuant sur mesures provisionnelles dans le cadre de la procédure de divorce, a condamné A_ à verser à B_ à titre de provisio ad litem le montant de 2'000 fr. (ch. 1);
Vu l'appel déposé le 2 février 2015 par A_ au greffe de la Cour de justice par lequel il conclut à l'annulation de l'ordonnance précitée;
Qu'il conclut, à titre préalable, à l'octroi de l'effet suspensif, exposant que s'il était amené à devoir s'acquitter de la somme de 2'000 fr., il ne serait plus en mesure de couvrir ses charges courantes;
Qu'invitée à se déterminer sur la requête d'effet suspensif, l'intimée s'en rapporte à justice;
Considérant,

EN DROIT
, que la Cour est saisie d'un appel au sens de l'art. 308 CPC;
Que le jugement querellé portant sur des mesures provisionnelles, l'appel n'a pas d'effet suspensif
ex lege
(art. 315 al. 4 let. b CPC);
Que la Présidente soussignée a compétence pour statuer sur la requête d'effet suspensif, vu la nature incidente et provisionnelle d'une telle décision et la délégation prévue à cet effet par l'art. 18 al. 2 LaCC, concrétisée par une décision de la Chambre civile siégeant en audience plénière et publiée sur le site Internet de la Cour;
Qu'à teneur de l'art. 315 al. 5 CPC, l'exécution de mesures provisionnelles peut exceptionnellement être suspendue si la partie concernée risque de subir un préjudice difficilement réparable, notion se distinguant de celle de "préjudice irréparable" au sens notamment de l'art. 93 al. 1 let. a LTF (sur cette dernière notion, cf. arrêt du Tribunal fédéral
4A_458/2010
du 18 novembre 2010 consid. 1.1), permettant de tenir compte également d'un préjudice de fait et s'examinant à l'aune de l'efficacité du jugement à rendre à l'issue de la procédure ordinaire, qui en serait compromise (arrêt du Tribunal fédéral
4P.5/2002
du 8 avril 2002 consid. 3a);
Que la simple exécution de créances d'argent n'emporte pas en soi un tel dommage dans la mesure où l'intéressé pourra en obtenir la restitution s'il obtient finalement gain de cause (ATF
107 Ia 269
; arrêt du Tribunal fédéral
4D_26/2011
du 6 mai 2011 consid. 2);
Que la maxime de disposition est applicable à la provisio ad litem (art. 58 al. 1 CPC; cf. ATF
129 III 417
consid. 2.1.2; arrêts du Tribunal fédéral
5A_757/2013
du 14 juillet 2014 consid. 2.1 et
5A_574/2013
du 9 octobre 2013);
Qu'en l'espèce, au vu des pièces produites, le revenu de l'appelant s'est monté en 2014 en moyenne à environ 7'230 fr. et ses charges à 3'390 fr. 25 ainsi que celles de son épouse, dont il n'est pas contesté qu'il les acquitte, à 3'017 fr. par mois;
Qu'ainsi,
prima facie
et sans préjudice de l'examen au fond, son disponible mensuel devrait lui permettre de verser la provisio ad litem arrêtée par le Tribunal;
Que dans la mesure toutefois où, d'une part, il soutient que ses revenus ont baissé et que son épouse a bénéficié d'un héritage et que, d'autre part, cette dernière ne s'est pas opposée à l'octroi de l'effet suspensif, celui-ci sera accordé;
Qu'il sera statué sur les frais et dépens de l'incident avec la décision au fond (art. 104
al. 3 CPC);
Considérant enfin que la présente décision, de nature incidente, rendue dans le cadre d'une procédure dont la valeur litigeuse est supérieure à 30'000 fr., est susceptible d'un recours en matière civile au Tribunal fédéral, dans les limites de l'art. 93 LTF (ATF
137 III 475
consid. 1; arrêt du Tribunal fédéral
4D_26/2011
consid. 2 et 3) et que la décision relative à une requête d'effet suspensif étant une mesure provisionnelle au sens de
l'art. 98 LTF, seule peut être invoquée la violation des droits constitutionnels (art. 98 LTF; ATF
137 III 475
consid. 2; arrêt du Tribunal fédéral
2C_8/2011
du 3 mars 2011 consid. 3.1).
* * * * *