Decision ID: 84d3b7b8-d5fe-4b40-801b-49ab3d6596f8
Year: 2019
Language: fr
Court: VD_TC
Chamber: VD_TC_031
Canton: VD
Region: Région lémanique
Law Area: public_law

Vu les faits suivants:
A. Ressortissant tunisien, A._ est né le ******** 1982 en France, pays dans lequel il a grandi jusqu'à l'âge de 13 ans avant de retourner vivre en Tunisie avec sa famille.
Le 13 juillet 2013, A._ et B._ (actuellement B._), ressortissante brésilienne séjournant en Suisse depuis 2003 au bénéfice d'une autorisation de séjour (permis B), se sont mariés en Tunisie. L'époux est resté vivre en Tunisie durant les mois qui ont suivi le mariage, tandis que l'épouse séjournait en Suisse. Le 11 septembre 2013, A._ a déposé une demande de visa de long séjour afin de rejoindre son épouse en Suisse. Il ressort du dossier .abli par le Service de la population du Canton de Vaud (SPOP) que l'intéressé est entré dans notre pays le 21 décembre 2013 au bénéfice d'un visa établi par l'ambassade suisse à Tunis le 17 décembre 2013 pour "raisons familiales" et valable du 20 décembre 2013 au 19 mars 2014. Le Registre cantonal des personnes indique que l'intéressé a annoncé son arrivée aux autorités communales le jour même de son arrivée. Le 23 décembre 2013, B._ a rédigé une attestation de logeur indiquant que son époux avait emménagé dans son studio de Lausanne le 21 décembre 2013. Par décision du 8 janvier 2014, le SPOP lui a octroyé une autorisation de séjour (permis B) pour regroupement familial valable jusqu'au 20 décembre 2014. Le 1er février 2014, les époux ont quitté le studio à Lausanne pour s'installer dans un logement plus grand à Echandens (VD).
Le 2 septembre 2014, le SPOP a délivré à B._ une autorisation d'établissement (permis C).
B. Par courrier du 12 décembre 2016, l'épouse de A._ a informé le Contrôle des habitants d'Echandens (VD) que son mari avait quitté le domicile conjugal en janvier 2015. Elle sollicitait cependant que leur séparation soit enregistrée à la date du 8 décembre 2016. Ce courrier a été transmis au SPOP le 8 mars 2017.
Auditionnée par la police le 17 janvier 2017 dans le cadre de la procédure d'autorisation de séjour de son mari, B._ a indiqué que son mari était "arrivé vers le 22-23 décembre" et confirmé la date de séparation du couple le 25 janvier 2015. Par courrier du 2 février 2017, des voisins du couple ont confirmé aux autorités communales que A._ avait quitté le domicile conjugal en janvier 2015.
C. Suite au dépôt d'une requête de mesures protectrices de l'union conjugale auprès du Tribunal d'arrondissement de la Côte, une audience s'est tenue le 8 juin 2017 en présence des époux. Dans ce cadre, ils ont notamment convenu "de vivre séparés pour une durée indéterminée, étant précisé que la séparation date du 8 décembre 2016".
D. A la demande du SPOP, les époux ont été auditionnés séparément par la police cantonale le 7 février 2018.
A cette occasion, A._ a indiqué être entré en Suisse en décembre 2013 et avoir déclaré son arrivée au Contrôle des habitants d'Echandens (VD). Il a ajouté que durant la vie commune, soit de décembre 2013 à la mi-décembre 2016, date à laquelle il s'est installé à Yverdon-les-Bains (VD), il avait "quitté" son épouse "à de nombreuses reprises [et] allai[t] à l'hôtel ou chez des amis". Dans ce cadre, il a également indiqué avoir une amie à Neuchâtel, C._, qu'il voit régulièrement. Il a précisé ne plus sortir à Yverdon-les-Bains (VD) et ne connaître personne dans cette ville, mais se rendre à Fribourg ou Neuchâtel, [s]a vie se résum[ant] entre le travail et la maison sur le territoire d'Yverdon". A._ a ajouté n'avoir, en raison de son travail, pas le temps de faire partie d'une association, mais avoir des amis suisses et portugais et être souvent invité à Fribourg par des amis. Enfin, il a mentionné qu'à part son travail et son épouse, il n'a pas d'attaches en Suisse. Ses parents habitent en France, où il est né et a grandi jusqu'à l'âge de treize ans, et en Tunisie, où il a vécu à partir de treize ans et jusqu'à son arrivé en Suisse.
Pour sa part, B._ a notamment déclaré que A._ ne vivait plus avec elle depuis le mois de janvier 2015. Elle a également précisé qu'avant de venir en Suisse, son époux travaillait dans l'oliveraie familiale en tant que chauffeur.
E. Par courrier du 23 février 2018, le SPOP a informé A._ qu'il entendait révoquer son autorisation, au motif que les conditions à la poursuite de son séjour après dissolution de la famille n'étaient pas réunies. Un délai lui était imparti pour se déterminer à cet égard.
Le 17 mai 2018, A._ a indiqué au SPOP que le couple s'était effectivement séparé le 8 décembre 2016, comme indiqué dans le procès-verbal d'audience de mesures protectrices de l'union conjugale du 8 juin 2017 et non en janvier 2015 comme l'avait, par erreur, initialement mentionné son épouse. De plus, il exposait être parfaitement intégré professionnellement, bénéficier de revenus suffisants, rembourser régulièrement l'emprunt contracté auprès d'un établissement de crédit pour acheter une véhicule et n'avoir fait l'objet d'aucune poursuite. Il ajoutait être socialement bien intégré. De nombreux documents étaient produits au soutien de ses explications. Pour ces raisons, il estimait remplir les conditions nécessaires à la prolongation de son autorisation de séjour après dissolution de la vie familiale dont il sollicitait le renouvellement.
A la demande du SPOP qui souhaitait obtenir la confirmation de la date à laquelle son époux avait quitté le domicile conjugal, B._ a une nouvelle fois, le 25 juin 2018, confirmé par écrit qu'il s'agissait du 25 janvier 2015. Elle a ajouté qu'elle avait alors encore l'espoir d'une réconciliation; ce n'était que le 8 décembre 2016 qu'ils avaient décidé de se séparer en s'adressant au tribunal.
F. Par décision du 5 juillet 2018, le SPOP a révoqué l'autorisation de séjour de A._ et prononcé son renvoi de Suisse. A l'appui de sa décision, il a retenu que le couple s'était séparé en janvier 2015 et qu'aucune reprise de la vie commune n'était intervenue depuis lors, de sorte que le délai de trois ans permettant la prolongation de l'autorisation de séjour après dissolution de l'union conjugale n'était pas respecté. De plus, aucun enfant n'était né de l'union des époux et A._ ne faisait pas état de qualifications professionnelles particulières. Dans ces conditions, la prolongation de son autorisation de séjour ne se justifiait pas.
G. Par acte du 6 août 2018, A._ (ci-après: le recourant) a recouru contre cette décision auprès de la Cour de droit administratif et public du Tribunal cantonal (CDAP), concluant principalement à l'annulation de la décision du 5 juillet 2018 et à la prolongation de son autorisation de séjour et, subsidiairement, à l'annulation de la décision et au renvoi de la cause au SPOP (ci-après: l'autorité intimée) pour nouvelle décision dans le sens des considérants. En substance, il invoque l'arbitraire de la décision entreprise qui retiendrait à tort que la séparation du couple remonterait au 25 janvier 2015 et non au 8 décembre 2016. Il en résulterait que les conditions ouvrant le droit au renouvellement de son autorisation de séjour seraient réunies puisque l'union conjugale aurait en réalité duré plus de trois ans, soit de décembre 2013 à décembre 2016, et que son intégration serait parfaitement réussie. En tout état de cause, la prolongation de son autorisation se justifierait en application du droit au respect de la vie privée.
A titre de mesures d'instruction, le recourant a sollicité son audition personnelle afin de renseigner le tribunal sur son intégration professionnelle et sociale, ainsi que sur les difficultés qui accompagneraient sa réintégration en Tunisie. De même, il a requis l'audition d'C._ et de sa fille pour attester de son excellente intégration et du rôle important qu'il occupe au sein de leur famille.
H. Dans l'accusé de réception du recours du 7 août 2018, le juge instructeur a invité le recourant à produire un certain nombre de documents, soit notamment un curriculum vitae détaillé, ainsi qu'un extrait de son compte individuel auprès de la caisse de compensation AVS. Il l'invitait par ailleurs à informer le tribunal, immédiatement et spontanément, de toute modification dans sa situation.
L'intéressé a versé les documents sollicités à la procédure par envoi du 6 septembre 2018.
I. Dans sa réponse du 25 septembre 2018, l'autorité intimée a conclu au rejet du recours et à la confirmation de la décision attaquée. Elle expose que c'est en vain que le recourant conteste la date de séparation du couple, laquelle serait attestée par de nombreuses pièces au dossier.
J. Le recourant a répliqué le 11 octobre 2018. Dans ce cadre, il a étayé l'argumentation présentée dans son mémoire de recours et persisté dans ses conclusions.
Le 8 janvier 2019, le recourant a encore produit une confirmation d'engagement pour l'année 2019.
K. Le tribunal a statué par voie de circulation. Les arguments des parties seront repris ci-dessous dans la mesure utile.

Considérant en droit:
1. a) Déposé en temps utile (cf. art. 95 de la loi vaudoise du 28 octobre 2008 sur la procédure administrative [LPA-VD; BLV 173.36]), le recours satisfait par ailleurs aux autres conditions formelles de recevabilité (cf. en particulier art. 79 al. 1 LPA-VD, applicable par renvoi de l'art. 99 LPA-VD), de sorte qu'il y a lieu d'entrer en matière sur le fond.
b) Contrairement à un recours administratif (art. 73 LPA-VD), où le recourant peut invoquer la violation du droit, la constatation inexacte ou incomplète des faits pertinents et aussi l'inopportunité (art. 76 LPA-VD), le recourant ne peut pas invoquer l'inopportunité dans une procédure de recours de droit administratif devant la CDAP (art. 98 LPA-VD). Dès lors, le tribunal ne peut pas non plus revoir la décision de l'autorité sous l'angle de l'opportunité. Il peut seulement examiner si l'autorité a violé le droit ou constaté les faits pertinents de manière inexacte ou incomplète.
2. Le 1er janvier 2019 est entrée en vigueur la modification du 16 décembre 2016 de la loi fédérale du 16 décembre 2005 sur les étrangers (LEtr; RS 142.20), dont le titre est désormais loi fédérale sur les étrangers et l'intégration (LEI; cf. RO 2017 6521). La légalité d'un acte administratif doit toutefois en principe être examinée en fonction de l'état de droit prévalant au moment de son prononcé, sous réserve de l'existence de dispositions transitoires (ATF 144 II 326 consid. 2.1.1 et les références); il est fait exception à ce principe lorsqu'une application immédiate du nouveau droit s'impose pour des motifs impératifs, par exemple pour des raisons d'ordre public ou pour la sauvegarde d'intérêts publics prépondérants (ATF 139 II 243 consid. 11.1, 129 II 497 consid. 5.3.2 et les références; Tribunal fédéral [TF] 2C_29/2016 du 3 novembre 2016 consid. 3.2). En l'occurrence et sous cette réserve, il convient ainsi en principe d'appliquer la LEI dans sa teneur en vigueur jusqu'au 31 décembre 2018 (cf. ég. la disposition transitoire de l'art. 126 al. 1 LEI).
3. a) A titre liminaire, il convient de statuer sur les requêtes tendant à l'audition du recourant et de deux personnes dont il allègue être très proche.
b) Le droit d’être entendu tel que garanti par l’art. 29 al. 2 de la Constitution fédérale de la Confédération suisse du 18 avril 1999 (Cst.; RS 101) comprend le droit pour chaque intéressé de s’expliquer avant qu’une décision ne soit prise à son détriment, celui de fournir des preuves quant aux faits de nature à influer sur le sort de la décision, celui d’avoir accès au dossier, de participer à l’administration des preuves essentielles et de se déterminer sur son résultat lorsque cela est de nature à influer sur la décision à rendre (ATF 145 I 167 consid. 4.1; 137 II 266 consid. 3.2 et 137 IV 33 consid. 9.2). Le droit de faire administrer les preuves suppose notamment que le fait à prouver soit pertinent et que le moyen de preuve proposé soit apte et nécessaire à prouver ce fait. Il ne comprend en revanche pas le droit d'être entendu oralement, ni celui d'obtenir l'audition de témoins (ATF 134 I 140 consid. 5.3 et 130 II 425 consid. 2.1). L’autorité peut donc mettre un terme à l’instruction lorsque les preuves administrées lui ont permis de forger sa conviction et que, procédant d’une manière non arbitraire à une appréciation anticipée des preuves proposées, elle a acquis la certitude qu’elles ne pourraient pas l’amener à modifier sa décision (ATF 140 I 285 consid. 6.3.1; 136 I 229 consid. 5.3 et 134 I 140 consid. 5.3 et réf. cit.).
c) Devant la cour de céans, la procédure est en principe écrite (art. 27 LPA-VD). Aux termes de l'art. 34 LPA-VD, les parties participent à l'administration des preuves (al. 1) et peuvent notamment présenter des offres de preuve (al. 2 let. d) – telles que leur audition (cf. art. 29 al. 1 let. a LPA-VD) ou encore des témoignages (cf. art. 29 al. 1 let. f LPA-VD). L'autorité n'est toutefois pas liée par les offres de preuve formulées par les parties (art. 28 al. 2 LPA-VD; cf. ég. art. 34 al. 3 LPA-VD) Il lui incombe d'examiner les allégués de fait et de droit et d'administrer les preuves requises, si ces moyens n'apparaissent pas d'emblée dénués de pertinence (art. 34 al. 3 LPA-VD).
d) En l'espèce, le recourant sollicite son audition personnelle, ainsi que celle d'C._ et de sa fille, afin de démontrer son intégration professionnelle et sociale, ainsi que les difficultés liées à un retour dans son pays d'origine. Cela étant, l'intéressé a eu l'occasion d'exposer ces éléments dans le cadre du double échange d'écritures ordonné. Au soutien de ses explications, il a en outre fourni nombre d'élément (contrats de travail et certificats de travail, lettres de soutien, etc.) attestant de sa bonne intégration. Deux lettres ont en particulier été versées à la procédure par le recourant, dans lesquelles C._ et sa fille exposent l'importance de la relation qu'elles entretiennent avec A._ au point de le considérer comme un membre de leur famille. Il sera tenu compte de ces documents dans toute la mesure utile lors de l'examen du litige au fond. Par conséquent, le tribunal ne discerne pas en quoi l'audition personnelle des précités pourrait apporter des éléments déterminants supplémentaires qui ne ressortiraient pas déjà de leurs déclarations écrites respectives versées au dossier.
Sur la base d'une appréciation anticipée des preuves, le tribunal s'estime ainsi suffisamment renseigné et considère que les auditions sollicitées ne l'amèneraient pas à modifier sa décision et s'avèrent ainsi non pertinentes. Pour le surplus, vu ce qui suit, le témoignage d'C._ et de sa fille concernant son intégration et son rôle dans cette famille ne s'avère pas déterminant. Partant, c'est sans violer le droit d'être entendu du recourant qu'il ne sera pas donné suite à ses requêtes.
4. a) Dans un premier grief, le recourant considère que l'autorité intimée aurait arbitrairement retenu le 25 janvier 2015 comme date de séparation du couple. De son point de vue, c'est en effet le 8 décembre 2016 que les époux se seraient séparés, ce qui aurait pour conséquence que le délai de trois ans de l'art. 50 al. 1 let. a LEI serait respecté. Cette question souffre toutefois de demeurer indécise. En effet, même à supposer que la date du 8 décembre 2016 soit effectivement celle de la séparation du couple – ce qui est loin d'être évident au vu du dossier –, il n'en demeurerait pas moins que la durée de l'union conjugale serait, en tout état de cause, inférieure à trois ans pour les motifs qui suivent.
b) Vu que le SPOP a délivré à l'épouse une autorisation d'établissement le 2 septembre 2014, donc encore pendant que l'union conjugale existait, il y a lieu d'appliquer l'art. 50 LEI et non pas l'art. 77 al. 1 de l'ordonnance du Conseil fédéral du 24 octobre 2007 relative à l'admission, au séjour et à l'exercice d'une activité lucrative (OASA; RS 142.201) qui ne confère pas un droit (cf. la forme potestative de l'art. 77 al. 1 OASA: "peut").
L'art. 50 al. 1 let. a LEI, dans sa teneur au 31 décembre 2018, dispose qu'après dissolution de la famille, le droit du conjoint et des enfants à l'octroi d'une autorisation de séjour et à la prolongation de sa durée de validité en vertu des art. 42 et 43 LEI subsiste lorsque l'union conjugale a duré au moins trois ans et que l'intégration est réussie.
Il s'agit de deux conditions cumulatives (durée de l'union conjugale et intégration). La période minimale de trois ans de l'union conjugale commence à courir dès le début de la cohabitation effective des époux en Suisse et s'achève au moment où ceux-ci cessent de faire ménage commun (ATF 140 II 345 consid. 4; 136 II 113 consid. 3.3.3; TF 2C_1111/2015 du 9 mai 2016 consid. 4.1 et 2C_430/2011 du 11 octobre 2011 consid. 4.1). La notion d'union conjugale de l'art. 50 al. 1 let. a LEtr ne se confond pas avec celle du mariage. Alors que celui-ci peut n'être plus que formel, l'union conjugale implique une vie conjugale effective, sous réserve des exceptions mentionnées à l'art. 49 LEI (ATF 137 II 345 consid. 3.1.2; 136 II 113 consid. 3.2; TF 2C_748/2011 du 11 février 2014 consid. 2.1). La durée de trois ans vaut de façon absolue, quand bien même la fin de la vie conjugale serait intervenue quelques jours ou semaines seulement avant l'expiration du délai (TF 2C_465/2017 du 5 mars 2018 consid. 3.1; 2C_30/2016 du 1er juin 2016 consid. 3.1; 2C_1111/2015 du 9 mai 2016 consid. 4.1).
c) En l'espèce et contrairement à ce que semble penser le recourant, on ne saurait déduire le respect de la durée minimale de trois ans du seul fait que les époux se sont mariés en juillet 2013 et se seraient séparés le 8 décembre 2016. En effet seule la vie conjugale effective en Suisse doit être prise en considération, c'est-à-dire la période écoulée entre le moment auquel l'intéressé a rejoint son épouse en Suisse pour y mener une vie conjugale effective et la date de leur séparation soit, selon lui, le 8 décembre 2016. Or, le recourant est entrée en Suisse le 21 décembre 2013 pour y rejoindre son épouse.
Sur ce point, on relèvera que le recourant ne peut être suivi lorsqu'il affirme être entré en Suisse en décembre 2013, bien que "[l]a date exacte de leur [recte: son] arrivée [soit] toutefois inconnue". Le dossier de l'autorité intimée mentionne en effet expressément le 21 décembre 2013 comme date d'entrée en Suisse, indication qui est corroborée par l'annonce d'arrivée du recourant auprès des autorités communales et qui ressort du Registre cantonal des personnes. L'attestation de logeur rédigée le 23 décembre 2013 par son épouse à l'intention des autorités communales précise également que l'intéressé a emménagé le 21 décembre 2013 dans le studio de Lausanne. Cette date d'arrivée coïncide approximativement avec celle mentionnée (le "22 ou 23 décembre 2013") par l'épouse du recourant lors de son audition par la police le 17 janvier 2017. Enfin, le visa requis pour son entrée en Suisse a été délivré au recourant le 17 décembre 2013, avec durée de validité dès le 20 décembre 2013.
Ainsi, même à retenir que les époux se seraient séparés le 8 décembre 2016 seulement, l'union conjugale aurait duré moins de trois ans, soit du 21 décembre 2013 au 8 décembre 2016. Comme rappelé (cf. consid. 4b ci-dessus), le délai de l'art. 50 al. 1 let. a LEI est un délai absolu. Partant, le fait que la vie conjugale ait cessé treize jours seulement avant l'expiration du délai n'est pas de nature à remettre en cause l'appréciation qui précède. C'est ainsi à bon droit que l'autorité intimée a considéré que la prolongation de l'autorisation de séjour de l'intéressé ne se justifiait pas sur la base de la disposition précitée. Par conséquent, la question de savoir si le recourant présente une intégration réussie n'est plus déterminante.
Au vu des considérants qui précèdent, le grief de violation de l'art. 50 al. 1 let. a LEI doit être rejeté.
5. a) Dans un second grief, le recourant expose que la révocation de son autorisation de séjour consacrerait une violation de son droit à la vie privée garanti par les art. 13 de la Constitution fédérale du 18 avril 1999 (Cst.; RS 101) et 8 de la Convention du 4 novembre 1950 de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales (CEDH; RS 0.101). Il se prévaut à cet égard de la durée de son séjour en Suisse de près de cinq ans et de son excellente intégration professionnelle qui lui assure un revenu largement suffisant pour subvenir à ses besoins et ne pas émarger à l'aide sociale. Il ajoute rembourser régulièrement l'emprunt contracté pour l'achat d'un véhicule et n'avoir jamais fait l'objet de poursuites. Il invoque également sa parfaite intégration sociale puisqu'il serait très apprécié de ses collègues et supérieurs et aurait de plus noué des liens très solides avec une amie de Neuchâtel, C._, et sa fille, qui le considèreraient comme un membre de leur famille. Décrit comme respectueux par les personnes qui le connaissent, il expose avoir toujours respecté l'ordre public suisse, ce dont attesterait son casier judiciaire vierge. Il souligne enfin qu'il maîtrise parfaitement le français, tant à l'écrit qu'à l'oral. Dans ces conditions, un renvoi en Tunisie le couperait de ses proches et lui ferait perdre l'intégralité de ses repères au point de constituer un véritable traumatisme.
Sur la base de ces divers éléments, la décision entreprise s'avèrerait en tout état de cause disproportionnée et porterait atteinte à l'art. 96 LEI, puisque son intérêt privé à demeurer en Suisse l'emporterait, dans la pesée des intérêts à effectuer, sur l'intérêt public à son éloignement.
b) Bien que le recourant ne le mentionne pas expressément, son argumentation – singulièrement le caractère prétendument traumatique de sa réintégration en Tunisie – tend implicitement à démontrer l'existence de raisons personnelles majeures au sens de l'art. 50 al. 1 let. b LEI, ce qui justifierait la poursuite de son séjour en Suisse. Cet argument sera examiné préalablement à la prétendue violation de son droit à la vie privée.
6. a) L'art. 50 al. 1 let. b LEI vise à régler les situations qui échappent aux dispositions de l'art. 50 al. 1 let. a LEI, mais où – eu égard à l'ensemble des circonstances – l'étranger se trouve dans un cas de rigueur après la dissolution de la famille (cf. ATF 138 II 393 consid. 3.1; 137 II 345 consid. 3.2.1). Cet article dispose que la prolongation de l'autorisation de séjour suite à la dissolution de la famille subsiste lorsque la poursuite du séjour en Suisse s'impose pour des raisons personnelles majeures. Tel est notamment le cas, en vertu de l'al. 2 de l'art. 50 LEI, lorsque la réintégration sociale dans le pays de provenance semble fortement compromise.
Dans cette hypothèse, la question n'est pas de savoir s'il est plus facile pour la personne concernée de vivre en Suisse, mais uniquement d'examiner si, en cas de retour dans le pays d'origine, les conditions de sa réintégration sociale, au regard de sa situation personnelle, professionnelle et familiale, seraient gravement compromises (cf. ATF 138 II 229 consid. 3.1; 137 II 345; TF 2C_201/2019 du 16 avril 2019 consid. 5.1; 2C_301/2018 du 24 septembre 2018 consid. 5.1). Le simple fait que l'étranger doive retrouver des conditions de vie qui sont usuelles dans son pays de provenance, ne constitue pas une raison personnelle majeure au sens de l'art. 50 LEI, même si ces conditions de vie sont moins avantageuses que celles dont cette personne bénéficie en Suisse (cf. TF 2C_12/2018 du 28 novembre 2018 consid. 3.4). En tout état de cause, le fait qu'un étranger ait séjourné en Suisse pendant une assez longue période, qu'il s'y soit bien intégré, socialement et professionnellement, et que son comportement n'ait pas fait l'objet de plaintes ne suffit pas, à lui seul, à constituer un cas personnel d'extrême gravité; il faut encore que la relation du requérant avec la Suisse soit si étroite qu'on ne puisse pas exiger qu'il aille vivre dans un autre pays, notamment dans son pays d'origine, ou que d'autres motifs du genre de ceux qui sont évoqués à l'art. 50 al. 2 LEI se présentent. Les relations de travail, d'amitié ou de voisinage que le requérant a pu nouer pendant son séjour ne constituent normalement pas des liens si étroits avec la Suisse qu'ils justifieraient d'admettre un cas de rigueur (ATF 130 II 39 consid. 3; 124 II 110 consid. 2; 123 II 125 consid. 2; CDAP PE.2018.0444 du 27 février 2019 consid. 2c/bb et PE.2018.0257 du 12 novembre 2018 consid. 2a).
b) En l'espèce, il n'est pas contestable que le recourant est aujourd'hui professionnellement intégré, ce qui ressort des certificats qu'il a fournis, et qu'il a toujours pu subvenir à ses besoins sans recourir à l'aide sociale. Il n'a pas fait l'objet de poursuites et son casier judiciaire est vierge. Il ressort néanmoins de l'extrait du compte individuel AVS que le recourant n'exerce une activité stable par laquelle il cotise aux assurances sociales que depuis mars 2015. Hormis un emploi lors des vendanges en 2014 (cf. aussi le CV), le recourant était resté quasiment sans emploi pendant plus d'une année après son arrivée en Suisse. De plus, de l'aveu même du recourant, son intégration sociale est nettement moins aboutie. Lors de son audition du 7 février 2018, il a précisé n'avoir pas le temps de prendre part à la vie associative, étant précisé que sa vie se résumait "entre le travail et la maison". Par la suite, il a produit à l'appui de son recours, des lettres de soutien émanant de connaissances. S'il convient certes de ne pas en relativiser la portée, on ne saurait déduire du contenu de ces lettres que son intégration sociale serait particulièrement poussée dans la mesure où leurs auteurs mentionnent uniquement connaître le recourant et énumèrent ses qualités. Lors de son audition du 7 février 2018, le recourant a d'ailleurs expressément reconnu n'avoir pas d'attaches en Suisse hormis son travail et son épouse. Il convient d'ajouter qu'arrivé en Suisse le 21 décembre 2013, soit à l'âge de 31 ans, le recourant y a vécu environ quatre ans et demi avant de se voir notifier la révocation de son autorisation de séjour. Cette durée s'avère modeste en comparaison des 18 années qu'il a passées en Tunisie dès l'âge de 13 ans et où il a travaillé dans l'exploitation familiale (oliveraie) en qualité de chauffeur. A l'exception de ses parents qui séjournent en France, la majorité de sa famille vit d'ailleurs toujours en Tunisie.
c) Dans ces conditions, la réintégration du recourant en Tunisie n'apparaît – et de loin – pas compromise. S'il rencontrera peut-être quelques difficultés, son retour ne saurait être assimilé à un traumatisme. Au contraire, eu égard à la brève durée de son séjour en Suisse, à la présence de sa famille dans son pays d'origine et au fait qu'il occupait un poste dans l'entreprise familiale avant son arrivée en Suisse, le recourant qui est encore jeune et en bonne santé disposera des outils nécessaires à une rapide réinsertion.
Pour le reste, le recourant n'exerce notamment pas une activité qui sert particulièrement les intérêts économiques du pays, le recourant n'étant en particulier pas un spécialiste ou un travailleur qualifié (cf. art. 3 et 18 ss, et plus spécialement art. 23 LEI). Tout autre travailleur peut acquérir la formation continue dont il a bénéficié en Suisse par son employeur dans le domaine de la sécurité des chantiers. Le recourant n'a pas apporté de formation spéciale qui était une condition à l'accès à la formation qu'il a pu suivre en Suisse. Par ailleurs, il appartiendra, le cas échéant, à l'employeur de déposer une demande d'autorisation de travail auprès des autorités compétentes s'il remplit les conditions (cf. notamment l'ordre de priorité selon l'art. 21 LEI).
7. a) S'agissant de l'application de l'art. 8 CEDH qui protège, à l'instar de l'art. 13 Cst., le droit à la vie privée, il convient de rappeler que selon une jurisprudence constante, cette disposition ne confère pas un droit inconditionnel à une autorisation (cf. ATF 144 I 266 consid. 3.2; 140 I 145 consid. 3.1; TF 2C_330/2018 du 27 mai 2019 consid. 3.1; CDAP PE.2018.0342 du 12 juillet 2019 consid. 4b). Un étranger peut néanmoins, selon les circonstances, invoquer l'art. 8 CEDH au soutien de sa demande d'autorisation. A cet égard, l'examen sous l'angle de l'art. 8 par. 2 CEDH se confond avec celui imposé par l'art. 96 LEI et suppose une pesée de tous les intérêts en présence (ATF 139 I 16 consid. 2.2.2; TF 2C_20/2019 du 13 mai 2019 consid. 7 et 2C_812/2017 du 30 janvier 2018 consid. 5 et réf. cit.).
b) La jurisprudence fédérale en lien avec l'art. 8 CEDH a récemment évolué. Dans l'ATF 144 I 266 et après avoir rappelé la position de la Cour européenne des droits de l'homme sur le droit au respect de la vie familiale et le droit au respect de la vie privée, le Tribunal fédéral a précisé et structuré sa jurisprudence relative au droit à une autorisation de séjour fondée sur l'art. 8 CEDH en établissant des lignes directrices applicables dans le cadre de la pesée des intérêts à effectuer. A cet égard, la durée de résidence en Suisse de l'étranger constitue un critère très important (ATF 144 I 266 consid. 3.9). Il doit néanmoins s'agir d'un séjour légal, étant rappelé que les années passées en Suisse dans l'illégalité ou au bénéfice d'une simple tolérance – par exemple en raison de l'effet suspensif attaché à des procédures de recours – ne revêtent que peu de poids et ne sont par conséquent pas déterminantes (ATF 137 II 1 consid. 4.3; 134 II 10 consid. 4.3; TF 2C_72/2019 du 7 juin 2019 consid. 7.1 et 2C_20/2019 du 13 mai 2019 consid. 7.1; CDAP PE.2018.0400 du 26 février 2019 consid. 4b).
Désormais, lorsque l'étranger réside légalement en Suisse depuis plus de dix ans, ce qui correspond en droit suisse au délai pour obtenir une autorisation d'établissement ou la naturalisation, il y a lieu de partir de l'idée que les liens sociaux qu'il a développés avec le pays dans lequel il réside sont suffisamment étroits pour que le refus de prolonger ou la révocation de l'autorisation de rester en Suisse doivent n'être prononcés que pour des motifs sérieux. Lorsque la durée de la résidence est inférieure à dix ans mais que l'étranger fait preuve d'une intégration particulièrement poussée en Suisse (non seulement sous l'angle des relations sociales, mais aussi d'un point de vue professionnel, économique et linguistique), le refus de prolonger ou la révocation de l'autorisation de rester en Suisse peut également porter atteinte au droit au respect de la vie privée garanti par l'art. 8 par. 1 CEDH (ATF 144 I 266 consid. 3.9; TF 2C_786/2018 du 27 mai 2019 consid. 3; 2C_1042/2018 du 26 novembre 2018 consid. 4.1; 2C_436/2018 du 8 novembre 2018 consid. 2.3; 2C_757/2018 du 18 septembre 2018 consid. 6.1). Si les conditions de l'intégration particulièrement poussée sont remplies, l'intérêt public à une politique restrictive en matière de séjour des étrangers, bien que légitime, n'est pas suffisant pour refuser la prolongation de l'autorisation de l'étranger (ATF 144 I 266 consid. 3.9 in fine).
c) En l'espèce, la durée du séjour du recourant en Suisse atteint environ quatre ans et demi, hors tolérance liée à la présente procédure. On est ainsi loin de la limite de 10 ans posée par le Tribunal fédéral et qui permet de présumer, en principe, l'existence de liens étroits. Dès lors qu'il ne vit plus avec son épouse et n'a pas d'enfant, le recourant ne peut se prévaloir du droit à la vie familiale de l'art. 8 CEDH mais seulement du droit au respect de sa vie privée au sens de cette disposition. Partant, il est nécessaire de procéder à une pesée des intérêts et d'examiner si son intégration est à ce point réussie que la révocation de son autorisation de séjour porterait atteinte à sa vie privée, conformément à la jurisprudence rappelée ci-dessus (cf. consid. 7b ci-avant).
Pour les motifs déjà exposés, il ne fait aucun doute que le recourant est aujourd'hui bien intégré en Suisse d'un point de vue professionnel, économique et linguistique (le français étant en réalité l'une de ses langues maternelles). Il dispose d'un travail et de revenus stables, n'a jamais émargé à l'aide sociale ni fait l'objet de poursuites ou occupé les autorités pénales. On ne saurait cependant déduire de ce qui précède que son intégration serait particulièrement poussée, comme l'exige la jurisprudence relative à l'art. 8 CEDH. Quoi qu'il en soit, l'intégration sociale du recourant s'avère en revanche limitée, comme il l'a au demeurant expressément reconnu lors de son audition. A l'exception de son amie de Neuchâtel et de sa fille, il ne prétend pas avoir tissé de liens étroits avec des personnes en Suisse. Les lettres de soutien versées au dossier ne contredisent au demeurant pas ce constat. Relativement brèves et rédigées en des termes généraux, elles attestent que leurs auteurs connaissent le recourant qu'ils décrivent comme une personne respectueuse et serviable. On ne saurait cependant en déduire l'existence de liens amicaux forts ou étroits entre les intéressés de nature à remettre en cause l'appréciation selon laquelle l'intégration sociale du recourant est limitée. Enfin et comme déjà mentionné, la famille du recourant vit en Tunisie ou en France, de sorte que ses attaches familiales ne se trouvent pas en Suisse. Sa réintégration dans son pays d'origine n'est de plus pas compromise (cf. consid. 6b et 6c ci-dessus).
En l'absence d'intégration particulièrement poussée et d'un intérêt privé important à demeurer en Suisse, c'est à bon droit que l'autorité intimée a considéré, à l'issue d'une pesée de l'ensemble des intérêts en présence, que l'intérêt public à la mise en œuvre d'une politique restrictive en matière de séjour des étrangers devait l'emporter dans les présentes circonstances.
Pour ces motifs, le grief doit être rejeté.
8. Il résulte des considérants qui précèdent que c'est à bon droit que l'autorité intimée a refusé le renouvellement de l'autorisation de séjour du recourant. Comme exposé (cf. ci-dessus consid. 1b), il n'appartient pas au tribunal de céans de revoir la décision du SPOP sous l'angle de l'opportunité. Mal fondé, le recours doit dès lors être rejeté et la décision attaquée confirmée.
Succombant, le recourant supportera les frais judiciaires (art. 49 LPA-VD). Il n'y a pas lieu d'allouer des dépens (art. 55, 91 et 99 LPA-VD).