Decision ID: e4bdb63f-51d4-519b-b99e-8ec28a5afddd
Year: 2019
Language: fr
Court: FR_TC
Chamber: FR_TC_004
Canton: FR
Region: Espace_Mittelland
Law Area: civil_law

considérant en fait
A. Par décision du 30 janvier 2014, la Justice de paix de l’arrondissement de la Sarine ( : la Justice de paix) a transformé la mesure de curatelle volontaire au sens de l’art. 394 aCC instituée en 1999 en faveur de A._, né en 1945, qui présente des troubles cognitifs sévères et dont la capacité de discernement est sévèrement limitée, en curatelle de représentation avec gestion du patrimoine au sens de l’art. 394 CC en lien avec l’art. 395 CC. Depuis l’institution de la curatelle, le mandat a été exercé par plusieurs curateurs successifs du Service des curatelles d’adultes de C._. Par décision de la Justice de paix du 16 décembre 2015, le fils de A._, B._, a été désigné à la fonction de curateur de son père et exerce depuis lors ce mandat.
B. Par courrier électronique du 6 juin 2018, B._ a informé la Justice de paix qu’il envisageait de déposer une action en dommages et intérêts contre l’Etat de Fribourg en vertu de l’art. 454 CC au nom de A._ et qu’il souhaitait connaître la position de la Justice de paix quant à la nécessité d’obtenir son consentement pour entamer la procédure en responsabilité, la capacité de discernement de son père étant sévèrement limitée.
Par courrier du 23 juillet 2018, B._ a précisé les faits qu’il avait l’intention d’alléguer dans son action en responsabilité contre l’Etat, soit le paiement, en 2004, d’une facture indue de CHF 38'665.-, ramenée à CHF 25'000.-, relative au Foyer D._ par le curateur de son père de l’époque, sans que la Justice de paix ne s’y soit opposée, la vente d’un bien immobilier de l’intéressé en dessous de la valeur du marché par l’ancien curateur sans nécessité et sans aucune autorisation de l’autorité de surveillance laquelle a validé l’acte a posteriori sans réel contrôle, ainsi que l’introduction, sans autorisation de l’autorité de surveillance, d’une procédure en modification de la contribution d’entretien par l’ancien curateur suite à l’impossibilité de payer la facture précitée et de subvenir à ses moyens, alors que la facture était en réalité indue et que A._ arrivait à subvenir à ses moyens, ce qui a porté préjudice au patrimoine de la famille. Là encore, la Justice de paix aurait donné son autorisation ultérieurement, sans vérifier diligemment. Il entend également se plaindre du fait qu’un correctif de taxe de séjour pour un montant de CHF 3'700.- n’aurait pas été versé à son père et de la non indexation des pensions alimentaires qu’il verse à son ex-épouse.
Le 15 septembre 2018, A._, représenté par son fils, et E._, ex-épouse de A._, ont introduit conjointement, devant le Président du Tribunal civil de l’arrondissement de la Sarine (ci-après : le Président), une requête de conciliation dans le cadre de l’action en dommages et intérêts qui les oppose à l’Etat de Fribourg. Ils ont conclu au versement d’une indemnité de CHF 30'000.- en faveur de A._ et de CHF 275'000.- en faveur de E._, intérêts moratoires compris, pour le préjudice subi en raison de faits reprochés au Service des curatelles de C._ et à la Justice de paix entre 1999 et 2004. Vu l’échec de la tentative de conciliation, le Président a délivré aux demandeurs une autorisation de procéder en date du 30 octobre 2018.
Par décision du 25 octobre 2018, la Justice de paix s’est récusée dans son ensemble s’agissant de la demande d’autorisation de plaider formulée par B._ et a invité le Tribunal cantonal à désigner une autorité collégiale de remplacement pour statuer sur la demande d’autorisation de plaider. Après échanges de vues avec la Cour, la Justice de paix l’a informée, le 21 décembre 2018, qu’elle renonçait à sa récusation, dès lors que son intérêt personnel dans la cause n’est pas évident (DO 106 2018 113).
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Le 8 janvier 2019, le Conseil d’Etat s’est déterminé sur les prétentions formulées par A._ et E._ et a conclu à leur rejet intégral, celles-ci étant infondées, respectivement tardives.
C. Par décision du 24 janvier 2019, la Justice de paix a rejeté la demande d’autorisation de plaider déposée par B._, faute de chance de succès de l’action au fond. Par mémoire du 28 février 2019, B._, en son nom propre et au nom de son père, a interjeté recours contre cette décision, concluant à son annulation. Il a en outre requis la mise en œuvre d’une expertise visant à déterminer la capacité de discernement de A._.
D. Le 15 février 2019, A._, représenté par son fils, et E._ ont ouvert action en responsabilité contre l’Etat de Fribourg devant le Tribunal de la Sarine. Ils ont conclu à ce que l’Etat de Fribourg soit astreint à leur verser respectivement CHF 30'000.- plus intérêts à 5 % l’an dès le 31 mars 2019 en faveur de A._, et CHF 150'000.- plus intérêts à 5 % l’an dès le 31 mars 2019 en faveur de E._, frais à la charge de l’Etat.
E. Invitée à se déterminer, la Justice de paix a indiqué, le 7 mars 2019, que le recours n’appelle aucune remarque particulière de sa part et s’est référée, pour le surplus, au dossier de la cause.
F. En date des 11 et 29 avril et 6 mai 2019, B._ a complété le recours.

en droit
1.
1.1. Selon l'art. 8 de la loi du 15 juin 2012 concernant la protection de l'enfant et de l'adulte (LPEA), le Tribunal cantonal connaît des recours contre les décisions rendues par l'autorité de protection - soit la Justice de paix (art. 2 al. 1 LPEA) - ou par son président ou sa présidente. La Cour de protection de l'enfant et de l'adulte (art. 14 al. 1 let. c du Règlement du Tribunal cantonal du 22 novembre 2012 précisant son organisation et son fonctionnement [RTC]) est compétente pour statuer.
1.2. En l'absence de dispositions cantonales contraires, les dispositions de la procédure civile s'appliquent par analogie (art. 450f CC).