Decision ID: 54b8be4c-f549-5839-823b-74fc1f2d0369
Year: 2013
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_014
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: social_law

Attendu en fait
que Monsieur M_ (ci-après l’assuré), né en 1967, a subi un accident en date du 15 novembre 2011, pris en charge par l’assureur-accidents SUVA (ci-après l’intimée);
Que par décision du 21 mars 2012, l’intimée à mis fin aux prestations d’assurance au
31 mars 2012, considérant que l’accident du 15 novembre 2011 ne joue plus de rôle dans les troubles présentés au-delà de cette date ;
Que la caisse maladie de l’assuré, HELSANA ASSURANCES SA (ci-après HELSANA ou la recourante), a formé opposition, motif pris que selon son médecin-conseil, le Dr A_, l’assuré a présenté une lésion corporelle assimilée à un accident et qu’il était prématuré de fixer le statu quo sine au 31 mars 2012, faute de démonstration du caractère exclusivement dégénératif de l’atteinte méniscale à cette date ;
Que par décision du 29 juin 2012, l’intimée a rejeté l’opposition, se référant à l’avis de son médecin-conseil, le Dr B_, spécialiste FMH en chirurgie orthopédique, selon lequel l’IRM du 25 novembre 2011 n’avait pas démontré de lésion méniscale franche, mais témoignait d’une méniscose dégénérative et que les lésions décrites par le Dr C_ à l’arthroscopie relevaient également d’un état méniscal dégénératif et ne démontraient aucune lésion méniscale franche imputable au degré de la probabilité à un accident récent ;
Qu’HELSANA interjette recours en date du 19 juillet 2012, en concluant à l’annulation de la décision ainsi qu’à ce que l’intimée poursuive ses prestations LAA au-delà du
31 mars 2012 pour les troubles persistants au genou gauche de l’assuré ;
Que la recourante se fonde sur l’avis de son médecin-conseil, selon lequel il est impossible d’affirmer, au plan de la vraisemblance prépondérante, que l’événement du 15 novembre 2011 n’a pas aggravé la lésion méniscale gauche, même si le genou était déjà probablement dégénératif ;
Que dans sa réponse du 29 août 2012, l’intimée conclut au rejet du recours ;
Que par ordonnance du 13 septembre 2012, la Cour de céans a appelé en cause l’assuré ;
Que ce dernier, par écriture du 25 septembre 2012, déclare appuyer le recours formé par HELSANA ;
Que lors de l’audience de comparution personnelle du 31 octobre 2012, les parties ont constaté que les avis des médecins-conseils étaient contradictoires et convenu que le mandataire de l’intimée lui soumette à nouveau le dossier, afin qu’elle examine l’opportunité d’entreprendre des investigations complémentaires ;
Que par écriture du 26 novembre 2012, l’intimée informe la Cour de céans qu’elle renonce à requérir un nouvel avis médical interne et s’en remet à la proposition de mise en œuvre d’une expertise judiciaire ;
Qu’en date du 18 janvier 2013, la Cour de céans a informé les parties de son intention de mettre en œuvre une expertise judiciaire ;
Qu’elle leur a communiqué le nom de l’expert ainsi que les questions qu'elle avait l'intention de lui poser, en leur impartissant un délai pour faire valoir une éventuelle cause de récusation et se déterminer sur les questions posées ;
Que les parties n'ont fait valoir aucune cause de récusation à l’encontre de l’expert et n’ont pas formulé de questions complémentaires ;

Attendu en droit
quedès le 1
er
janvier 2011, la Chambre des assurances sociales est compétente en la matière (art.134 de la loi sur l’organisation judiciaire; LOJ - RS
E 2 05
) ;
Que la loi sur la partie générale des assurances sociales (LPGA), entrée en vigueur le 1
er
janvier 2003, est applicable au cas d’espèce ;
Que le recours, déposé dans les formes et délai prévus par la loi est recevable à la forme (art. 56 et 60 LPGA) ;
Que, selon le principe inquisitoire qui régit la procédure dans le domaine des assurances sociales, le juge doit établir (d'office) les faits déterminants pour la solution du litige, avec la collaboration des parties, administrer les preuves nécessaires et les apprécier librement (art. 61 let. c LPGA; cf. ATF
125 V 193
consid. 2) ;
Qu’il doit procéder à des investigations supplémentaires ou en ordonner lorsqu'il y a suffisamment de raisons pour le faire, eu égard aux griefs invoqués par les parties ou aux indices résultant du dossier ;
Qu’en particulier, il doit mettre en oeuvre une expertise lorsqu'il apparaît nécessaire de clarifier les aspects médicaux du cas (ATF
117 V 282
consid. 4a; RAMA 1985 p. 240 consid. 4 ; ATFA non publié I 751/03 du 19 mars 2004, consid. 3.3) ;
Que lorsque le juge des assurances sociales constate qu'une instruction est nécessaire, il doit en principe mettre lui-même en oeuvre une expertise (ATF
137 V 210
consid. 4.4.1.3 et 4.4.1.4) ;
Qu’un renvoi à l’administration reste possible, notamment lorsqu'il s'agit de préciser un point de l'expertise ordonnée par l'administration ou de demander un complément à l'expert (ATF
137 V 210
consid. 4.4.1.3 et 4.4.1.4 ; ATF non publié
8C_760/2011
du
26 janvier 2012, consid. 3) ;
Que les coûts de l'expertise peuvent être mis à la charge de l'assureur social (ATF
137 V 210
consid. 4.4.2) ;
Qu’en l’espèce, la recourante soutient en particulier que l’assuré a subi une lésion corporelle assimilée à un accident au sens de l’art. 9 al. 2 de l’ordonnance sur l'assurance-accidents du 20 décembre 1982 (OLAA ;
RS 832.202
), ce que conteste l’intimée ;
Qu’à teneur de l’art. 9 al. 2 LAA, certaines lésions corporelles sont assimilées à un accident, même si elles ne sont pas causées par un facteur extérieur de caractère extraordinaire, pour autant qu'elles ne soient pas manifestement imputables à une maladie ou à des phénomènes dégénératifs ;
Que ces lésions corporelles sont les suivantes :
a. Les fractures;
b. Les déboîtements d'articulations;
c. Les déchirures du ménisque;
d. Les déchirures de muscles;
e. Les élongations de muscles;
f. Les déchirures de tendons;
g. Les lésions de ligaments;
h. Les lésions du tympan.
Que cette liste est exhaustive (ATF
116 V 136
consid. 4a, 145 consid. 2b) ;
Que force est de constater que les avis des médecins-conseils de la SUVA et d’HELSANA, tous deux spécialistes en chirurgie orthopédique, sont totalement contradictoires, tant sur le plan du diagnostic que des suites de l’accident ;
Qu’en l’état actuel du dossier, la Cour de céans n’est pas en mesure de se prononcer et qu’elle n’a pas d’autre alternative que de mettre en oeuvre une expertise ;