Decision ID: 555b6716-6b34-590c-96ec-bdd6c837daf6
Year: 2015
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_002
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law

EN FAIT
A.
a.
Par arrêt
ACJC/817/2015
rendu le 3 juillet 2015, expédié pour notification aux parties le 9 juillet suivant, la Cour de justice a déclaré irrecevable le recours formé le 15 mai 2015 par A_ contre le jugement
JTPI/4899/2015
rendu le 30 avril 1015 par le Tribunal de première instance dans la cause C/2510/2015-9 SFC. Malgré les décisions des 15 mai et 4 juin 2015, l'avance de frais de 220 fr. sollicitée n'avait pas été versée par A_, entraînant l'irrecevabilité de l'appel.
b.
Le 10 juillet 2015, A_ a déposé au greffe de la Cour un courrier, sollicitant l'annulation de cet arrêt. Elle a indiqué avoir versé par erreur l'avance de frais au Service des contraventions le 5 juin 2015, ce dont elle s'était rendue compte à réception de l'arrêt rendu par la Cour le 3 juillet 2015 et produit un avis de virement en faveur du compte de l'Etat de Genève, d'un montant de 220 fr., avec la mention Service des Contraventions.
c.
Par arrêt
ACJC/851/2015
, la Cour a imparti un délai à B_ pour se déterminer sur la demande de restitution de délai pour verser l'avance de frais formée par A_.
d.
Par courrier adressé au Tribunal de première instance le 25 juillet 2015 et transmis au greffe de la Cour le 29 juillet suivant, B_ a déclaré "accepter la demande de restitution de délai pour verser l'avance de frais".
e.
Les parties ont été avisées par courrier du greffe du 29 juillet 2015 de ce que la cause était gardée à juger.
f.
Le paiement de l'avance de frais de 220 fr. est parvenu à la Cour de justice le
10 juillet 2015.
B.
Les faits pertinents sont les suivants :
a.
C_, société en nom collectif inscrite au Registre du commerce de Genève le _ 2009, a pour but l'exploitation d'une entreprise de nettoyage et services.
Cette société a été radiée le _ 2015, radiation publiée dans la FOSC le _ 2015.
b.
Le 12 mai 2014, B_ a fait notifier à A_ un commandement de payer, poursuite n
o
1_, pour les sommes de 1'493 fr. 55, avec intérêts à 5% dès le 30 septembre 2013 et 100 fr. Dans la rubrique titre et date de la créance, B_ a indiqué diverses primes LAMal et privées dues par A_ pour les mois d'août, septembre et octobre 2013, ainsi que des frais administratifs.
La poursuivie n'a pas formé opposition.
Le 27 novembre 2014, une commination de faillite a été notifiée à A_.
c.
Par requête expédiée le 9 février 2015 au greffe du Tribunal de première instance, B_ a requis la faillite de A_.
d.
Par courrier daté du 1
er
avril, mais reçu le 8 avril 2015 par le Tribunal, A_ a indiqué qu'elle n'était pas soumise à la voie de la faillite, de sorte que la commination de faillite qui lui avait été notifiée était sans objet.
e.
A l'audience du 23 avril 2015, devant le Tribunal, aucune des parties ne s'est présentée ni fait représenter.
La cause a été gardée à juger.
f.
Par jugement
JTPI/4899/2015
, du 30 avril 2015, expédié pour notification aux parties le même jour, le Tribunal de première instance a prononcé la faillite de A_ dès le même jour à 14h15 (ch. 1 du dispositif), mis les frais à sa charge (ch. 2), arrêté les frais judiciaires à 150 fr., compensés avec l'avance de frais fournie, acquise à l'Etat (ch. 3), condamné A_ à payer à B_ la somme de 150 fr. à titre de restitution de l'avance de frais fournie (ch. 4), dit qu'il n'était pas alloué de dépens (ch. 5) et débouté les parties de toutes autres conclusions.
En substance, le Tribunal a retenu que la poursuite se continuait par voie de faillite, dans le cas d'un débiteur inscrit au Registre du commerce en qualité d'associé dans une société en nom collectif, lorsque, avant l'expiration d'un délai de six mois à compter de la publication de la radiation, le créancier avait requis la continuation de la poursuite. Tel était le cas en l'espèce.
g.
Par acte déposé le 15 mai 2015 au greffe de la Cour, A_ a formé recours contre ledit jugement, sollicitant son annulation.
Elle a produit la quittance de paiement du même jour de l'intégralité de la créance due à B_, en capital, frais et intérêts, objet de la poursuite.
h.
Par décision présidentielle du 15 mai 2015, la suspension de l'effet exécutoire attaché au jugement a été accordée, compte tenu de l'existence d'un préjudice difficilement réparable.
i.
Par décision du 15 mai 2015, la Cour a sollicité de A_ le paiement de 220 fr. à titre d'avance de frais au 28 mai 2015.
Le versement n'étant pas intervenu dans le délai imparti, la Cour a accordé à A_ un délai supplémentaire au 15 juin 2015, par décision du 4 juin 2015, pour régler l'avance de frais. Son attention a été attirée sur le fait qu'à défaut de paiement, le recours serait déclaré irrecevable.

EN DROIT
1.
La requérante a saisi la Cour d'une demande d'annulation du jugement. Celle-ci doit être traitée comme une requête de restitution de délai de paiement de l'avance de frais, au sens des art. 148 ss CPC.
1.1
Le tribunal impartit un délai pour la fourniture des avances et des sûretés
(art. 101 al. 1 CPC). Si les avances ou les sûretés ne sont pas fournies à l'échéance d'un délai supplémentaire, le tribunal n'entre pas en matière sur la demande ou la requête (art. 101 al. 3 CPC).
Le demandeur peut solliciter la restitution du délai supplémentaire de l'art. 101
al. 3 CPC, en cas d'irrecevabilité de la demande faute de fourniture des avances (Tappy, Code de procédure civile commenté, Bâle, 2011, n. 34 ad art. 101 CPC et n. 12 ad art. 148 CPC).
Aux termes de l'art. 148 CPC, le tribunal peut accorder un délai supplémentaire ou citer les parties à une nouvelle audience lorsque la partie défaillante en fait la requête et rend vraisemblable que le défaut ne lui est pas imputable ou n'est imputable qu'à une faute légère. La requête doit être présentée dans les dix jours qui suivent celui où la cause du défaut a disparu.
A été jugée non fautive l'inobservation d'un délai due à un accident ou une maladie subite qui a empêché la partie ou son mandataire d'agir le dernier jour (ATF
114 Ib 56
consid. 2 = JdT
1988 IV 150
;
87 IV 147
consid. 2 = JdT 1962
IV 29), mais non si l'empêchement n'a pas duré jusqu'à l'échéance (ATF
108 V 109
consid. 2) ou n'empêcherait pas l'intéressé de prendre les dispositions nécessaires (RSPC 2009 36; 2005 23 et 156). La surcharge de travail ne constitue pas un empêchement non fautif car il appartient à la partie ou à l'avocat concerné de s'organiser pour faire face à ses obligations (ATF
99 II 349
consid. 4, rés.
in
JdT
1974 I 189
) (Tappy, op. cit., n. 14 ad art. 148 CPC).
1.2
En l'espèce, la requérante a fait valoir qu'elle avait versé par erreur l'avance de frais requise par la Cour au Service des Contraventions. Elle a produit un ordre de virement du 5 juin 2015 d'un montant de 220 fr., sur le compte bancaire de l'Etat de Genève. Compte tenu de ces éléments, la Cour considère que la requérante a rendu vraisemblable que son omission est non fautive ou résulte d'une faute légère.
Par ailleurs, la défenderesse a consenti à la restitution de délai pour permettre à la demanderesse de régler l'avance de frais concernant le recours formé contre le jugement prononçant sa faillite.
Les considérations qui précèdent conduisent à l'admission de la requête de restitution.
L'arrêt rendu par la Cour de justice le 3 juillet 2015, déclarant l'appel irrecevable, sera par conséquent annulé.
2.
Il sera exceptionnellement renoncé à la perception de frais judiciaires pour la présente procédure de restitution (art. 7 a. 2 RTFMC).
Pour les mêmes motifs, il ne se justifie pas d'allouer de dépens.
* * * * *