Decision ID: 8b601226-c080-583e-8ba2-f2c4bc83fe0d
Year: 2017
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_007
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 

EN FAIT
, la réquisition de poursuite à l'encontre de C_ (ci-après : le débiteur), fondée sur un acte de défaut de biens après saisie et expédiée le 11 janvier 2016 à l’Office des poursuites (ci-après : l’Office) par A_ SA (ci-après : la créancière);
Attendu que par nouvel acte expédié le 22 décembre 2016 au greffe de la Chambre de surveillance des Offices des poursuites et des faillites (ci-après : la Chambre de surveillance), la créancière s’est plainte d'un retard injustifié dans le traitement de cette réquisition de poursuite;
Qu’elle a sollicité que la Chambre de surveillance intervienne auprès de l'Office afin que le commandement de payer devant faire suite à cette réquisition de poursuite soit notifié au débiteur et lui soit retourné;
Que dans le délai imparti pour déposer ses observations au sujet de cette plainte, l'Office a indiqué qu’il avait bien reçu la réquisition de poursuite en question et que le commandement de payer correspondant, poursuite n° 16 xxxx06 J, avait été édité le
24 mars 2016 puis notifié sans opposition au débiteur le 14 juillet 2016;
Que toutefois, suite à des problèmes informatiques, l’exemplaire « créancier » de cet acte de poursuite n’a pas été automatiquement retourné à la créancière plaignante, de sorte qu’il lui avait été envoyé manuellement le 24 janvier 2017, cela après le dépôt de sa présente plainte;
Considérant,

EN DROIT
, que la Chambre de surveillance est compétente pour statuer sur les plaintes formées en application de la LP (art. 13 LP; art. 126 al. 2 let. c LOJ; art. 6 al. 1 et 3 et 7 al. 1 LaLP) contre des mesures non attaquables par la voie judiciaire ou, comme en l'espèce, pour un retard injustifié (art. 17 al. 1 et 2 LP);
Que la créancière poursuivante a qualité pour se plaindre d'un retard injustifié dans le traitement de sa réquisition de poursuite à l’encontre du débiteur et que sa plainte satisfait aux exigences de forme (art. 9 al. 1 et 2 LaLP);
Qu’elle est dès lors recevable à la forme;
Considérant qu'aux termes des art. 69 al. 1 et 71 LP, dès réception de la réquisition de poursuite, c'est-à-dire «
aussi vite que possible
», l’Office rédige le commandement de payer et le notifie au débiteur;
Qu'en l'espèce, la réquisition de poursuite en cause a été reçue par l’Office le 11 janvier 2016, qui n’a édité le commandement de payer correspondant, poursuite n° 16 xxxx06 J, qu’un mois et demi plus tard et qui, surtout, a encore attendu plus de trois mois pour le notifier au débiteur et encore près de six mois pour l’envoyer manuellement à la créancière plaignante;
Que ces circonstances sont constitutives d’un retard injustifié inadmissible, lequel doit être constaté;
Qu’en effet, il appartient à l’Office de faire diligence dans le traitement des actes de poursuite, la loi ne laissant pas place à une surcharge de travail dudit Office, même réelle, pour justifier une telle violation du principe de célérité précité applicable en la matière;
Qu’en particulier, des problèmes informatiques ne constituent en aucun cas des faits de nature à justifier le retard apporté par l'Office à l'exécution des mesures qui lui incombent légalement (ATF
107 III 3
; SJ 1993 p. 291);
Que la présente décision sera transmise en copie au Préposé de l’Office aux fins de l’informer des circonstances sus-évoquées et de l'inviter à y mettre un terme dans les délais les plus brefs;
Que cela étant, l’acte de poursuite réclamé par la créancière plaignante lui ayant été retourné par l’Office le 24 janvier 2017, sa présente plainte tendant précisément à obtenir cet acte de poursuite est devenue sans objet en cours de procédure, ce qu’il y a également lieu de constater;
Que la présente cause sera dès lors rayée du rôle;
Qu’en application de l’art. 62 al. 2 OELP, il n’est alloué aucuns frais ni dépens dans la procédure de plainte au sens de l'art. 17 LP.
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