Decision ID: 2ed9d2de-fad0-4d41-90df-6becad1fc10f
Year: 2021
Language: fr
Court: VS_TC
Chamber: VS_TC_001
Canton: VS
Region: Région lémanique
Law Area: 

Faits
A. Par avis inséré au Bulletin officiel (B.O.) n° xxx du xxx 2017, la commune de
Z _ a mis à l’enquête publique une révision partielle de son plan d’affectation
des zones (PAZ) et de son règlement communal des constructions (RCC). La
modification porte sur une bande de terrains appartenant à la zone agricole de plaine et
figurant dans l’inventaire des surfaces d’assolement (SDA), au lieu-dit « A _ ».
Elle concerne les parcelles nos xx1 (partiellement), xx2, xx3 (partiellement), xx4
(partiellement) et xx5 et englobe une surface totale de 4587 m2. Ce périmètre doit être
nouvellement rangé en « zone de constructions et d’installations d’intérêt général des
centres sociaux-éducatifs » (ci-après : zone CSE), régie par l’article 80 RCC dans une
teneur modifiée.
La portion sud de la parcelle no xx1 supporte un bâtiment abritant le siège et le lieu
d’accueil résidentiel de la Fondation chez B _ (ci-après : la fondation). Cette
fondation reconnue d’utilité publique dispose d’un mandat de prestations accordé par le
Département cantonal en charge de la santé (cf. p. 3 ss du rapport selon l'article 47 de
l’ordonnance du 28 juin 2000 sur l’aménagement du territoire [OAT ; RS 700.1] ; dossier
du CE, p. 144). Créée en 1994 sous la forme initiale d’une association, l’institution offre
un lieu d’accueil aux adultes en difficultés sans possibilité de logement. Outre le site de
Z _, qui a été investi en 2003 dans une ancienne ferme, la fondation gère un
lieu d’accueil d’urgence, à Sion, ainsi que des ateliers socioprofessionnels implantés à
D _ (rapport selon art. 47 OAT, p. 5).
Selon ce même rapport (p. 3 et 7 ss), la structure de Z _ est vétuste et ne
répond plus aux besoins d’accueil ainsi qu’aux normes constructives et de sécurité. De
ce fait, la fondation envisage de démolir la maison existante et de construire un nouvel
édifice à proximité immédiate de celle-ci, sur les parcelles nos xx1, xx2 et xx5 lui
appartenant toutes trois (cf. l’esquisse d’implantation annexée audit rapport). La
modification du PAZ vise ainsi à permettre la réalisation de ce projet. La nouvelle zone
CSE doit s’étendre jusqu’en limite de la zone à bâtir existante, à l’est. L’article 80 alinéa
1 lettre b RCC modifié prévoit cependant que les surfaces des parcelles nos xx3 et xx4
incluses dans le périmètre révisé ne seront pas ouvertes à la construction et qu’elles
resteront réservées à une utilisation agricole.
B. Le 14 juillet 2017, W _ et X _ ainsi que Y _, qui sont
copropriétaires des parcelles nos xx6 et xx7 jouxtant le périmètre modifié (cf. dossier du
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CE, p. 54 et 55), se sont opposés à cette nouvelle planification. Le 13 décembre 2017,
l’Assemblée primaire de Z _ a adopté les modifications litigieuses en
entérinant le rejet de cette opposition par l’exécutif local, ce qu’un avis paru au B.O.
n° xxx du xxx 2018 a rendu notoire.
C. Par écriture du 26 janvier 2018, W _ et X _ ainsi que Y _
ont contesté cette décision auprès du Conseil d’Etat. Invoquant des difficultés de
cohabitation avec les résidents accueillis, ils faisaient notamment valoir que d’autres
parcelles se prêtaient mieux à accueillir le projet de la fondation et que ce dernier mettait
à contribution des surfaces qui ne jouxtaient pas la zone à bâtir, ce qui était pourtant
exigé de tout nouveau classement d’après les explications données lors de l’Assemblée
primaire du 13 décembre 2017.
Le 12 février 2018, les recourants ont complété leur recours en reprochant à la
planification litigieuse de ne pas respecter les règles prévues par la loi fédérale sur
l’aménagement du territoire du 22 juin 1979 (LAT ; RS 700), en particulier l’article 15, et
de violer le régime transitoire prévu par les articles 38a LAT et 52a OAT. Ils ont étayé et
complété leurs critiques dans leur réplique du 8 juin 2018.
Le 10 septembre 2019, le Service du développement territorial (SDT) a proposé de rejeter
le recours (dossier du CE, p. 75). Il a considéré que l’affectation nord des parcelles répondait
au principe de concentration, en se référant à ce propos au préavis positif émis le 3 juillet
2018 par le Service en charge des bâtiments (SBMA ; dossier du CE, p. 156). Celui-ci avait
relevé la problématique particulière liée à la proximité d’un centre socio-éducatif avec la zone
d’habitation et estimé que le positionnement excentré de l’établissement se justifiait. Le SDT
a aussi souligné que le projet de la fondation était d’intérêt public et qu’il présentait une
nécessité au plan cantonal d’après le préavis émis le 28 mai 2018 par le Service de l’action
sociale (SAS ; dossier du CE, p. 161).
Sur la base des différents préavis recueillis, tous positifs, dont les deux précités, le SDT
a, dans son rapport de synthèse daté du 10 septembre 2019 également, proposé au
Conseil d’Etat d’homologuer les modifications en cause (dossier du CE, p. 159). Il a
toutefois demandé de procéder à une correction concernant les SDA, les compensations
proposées ne couvrant pas intégralement (déficit de 98 m2) les surfaces perdues (cf. ch.
4.3 du préavis de synthèse)
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Le 16 janvier 2020, en réponse à cette demande, le conseil communal de Z _
a proposé à l’organe d’instruction d’ajouter aux surfaces des parcelles nos xx3 et xx4
réservées à une utilisation agricole une bande de 98 m2 comprise au nord des parcelles
nos xx2 et xx5 (dossier du CE, p. 177) et de modifier l’article 80 lettre b RCC en
conséquence. Un nouveau plan tenant compte de cette correction a été établi le 4 février
2020.
Au terme de son rapport de synthèse complémentaire du 2 mars 2020, le SDT a proposé
d’homologuer la modification partielle du PAZ et du RCCZ.
Le 20 avril 2020, les recourants ont contesté l’admissibilité de la correction effectuée en
lien avec les SDA au motif que celle-ci était, selon eux, du ressort exclusif de l’Assemblée
primaire. Ils ont aussi souligné que, dans son préavis du 3 juillet 2018, le SBMA avait
souligné que le projet visé par la modification du PAZ constituait « un îlot » au milieu de
la zone agricole. De l’avis des recourants, cette appréciation montrait que la contiguïté
créée avec la zone à bâtir n’était qu’illusoire et abusive et que, partant, les principes de
la LAT visant à créer un milieu bâti compact tourné vers l’intérieur et celui d’une utilisation
mesurée du sol étaient violés de manière crasse.
D. En séance du 13 janvier 2021, le Conseil d’Etat a homologué les modifications
partielles du PAZ et du RCCZ dans leur version datée du 4 février 2020, qui intégrait la
correction relative aux SDA.
Par décision séparée du même jour, il a rejeté le recours du 26 janvier 2018 en
constatant d’abord que le grief pris d’une violation des dispositions transitoires de la LAT
était devenu sans objet à la suite de l’approbation du nouveau plan directeur cantonal
(PDc), le 1er mai 2019. Sur le moyen tiré d’une violation de l’article 15 LAT et de l’article
75 alinéa 1 de la Constitution fédérale du 18 avril 1999 (Cst., RS 101), il a retenu que le
choix du législatif communal d’accepter une nouvelle zone d’intérêt général dans le
secteur considéré, en tenant compte, d’une part, « de la situation existante avec la zone
moyenne densité à l’est du centre et, d’autre part, les contingences liées à [la] structure
[de la FCP], qui doit s’implanter à l’écart des zones d’habitation, se justifi[ait] pleinement
et n’appara[issait] pas arbitraire ». Selon le Conseil d’Etat, cette modification respectait
le principe d’une utilisation judicieuse et mesurée du sol et contribuait à occuper
rationnellement les zones CSE sur le territoire communal. De plus, l’affectation des
parcelles allait retourner en zone agricole si la viabilité du projet ne s’était pas
concrétisée par des travaux dans les cinq ans, conformément à l’article 80 lettre b RCC.
Dans ces conditions, la décision de l’Assemblée primaire respectait les principes légaux
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de l’aménagement du territoire et devait être qualifiée de « soutenable » selon la
jurisprudence publiée aux ATF 121 I 245. L’adaptation opérée en cours de procédure
concernant les SDA ne nécessitait pas une nouvelle délibération au niveau de l’Assemblée
primaire, car cet organe avait déjà eu l’occasion de traiter cette problématique et il
apparaissait que la surface de 98 m2 n’avait, par erreur, pas été délimitée. Pour le reste, la
nouvelle zone avait été planifiée de manière non abusive et ne visait pas à assurer l’accès
aux terrains, qui allait rester tel qu’il existait selon les indications de la commune de
Z _. Sur ce point, le Conseil d’Etat a souligné que l’affectation des parcelles sises
à l’est de la zone CSE visait avant tout à assurer la contiguïté avec la zone moyenne densité.
Le Conseil d’Etat a finalement rejeté les griefs d’absence d’intérêt public et de violation du
principe de proportionnalité invoqué par les recourants, qui remettaient en cause la
localisation du projet. De l’avis de l’autorité précédente, la nouvelle structure prévue par la
fondation ne pouvait pas être déplacée à un autre endroit dans la commune. Ce centre
occupait, en effet, une position favorable, en dehors de la zone à bâtir, au milieu des vergers,
sans être trop éloigné des infrastructures villageoises. La création de la zone CSE à cet
endroit permettait donc à la fondation d’évoluer pour remplir sa mission d’entraide et n’allait
pas au-delà de ce qui était nécessaire à cette fin.
E. Par mémoire du 15 février 2021, W _ et X _ ainsi que
Y _ ont conjointement recouru céans en concluant principalement à
l’annulation des décisions rendues par le Conseil d’Etat et par l’Assemblée primaire de
Z _, subsidiairement au renvoi du dossier à l’autorité précédente pour nouvelle
décision au sens des considérants. A l’appui de leurs conclusions, ils maintiennent que
la modification apportée au stade de la procédure d’approbation aurait dû être soumise
au vote de l’Assemblée primaire (let. A du recours). D’un point de vue formel, ils
reprochent au Conseil d’Etat de ne pas avoir traité l’intégralité de leurs griefs et d’avoir,
de surcroît, indûment limité son pouvoir d’examen à l’arbitraire (let. B). Sur le fond
(let. C), les recourants maintiennent que la nouvelle zone ne respecte pas les principes
de LAT et que les conditions de mise en zone de l’article 15 LAT ne sont pas remplies.
Ils reprochent également aux autorités précédentes de ne pas avoir étudié d’autres
possibilités d’implantation de la structure. Ils persistent à arguer d’un non-respect du
régime transitoire accompagnant la révision de LAT et estiment que la compensation
des SDA n’est pas valable, les terrains ne pouvant être tout à la fois classés en zone à
bâtir et réservés à un usage agricole.
Le 14 avril 2021, le Conseil d’Etat a proposé de rejeter le recours en soulignant qu’à son
sens, la modification litigieuse contribuait à occuper rationnellement le secteur et en
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rappelant que l’affectation des parcelles retournerait en zone agricole si la viabilité du
projet ne s’était pas matérialisée par des travaux dans les cinq ans.
La commune de Z _ a proposé de rejeter le recours, le 22 avril 2021, sous
suite de frais et dépens. Elle a rappelé que la fondation poursuivait un projet pilote
reconnu par le canton du Valais et soutenu financièrement par la Confédération au sein
de son « Programme xxx », en précisant que ce projet nécessitait notamment la
construction d’une structure de jour adjacente et complémentaire à la maison d’accueil.
La commune de Z _ a en outre insisté sur le caractère inadapté du bâtiment
actuel et sur l’emplacement de son point de vue idéal du secteur concerné.
Les recourants ont émis des observations finales, le 4 mai 2021.
L’instruction s’est close le 5 mai 2021 par la communication de cette écriture au Conseil
d’Etat et à la commune de Z _.

Considérant en droit
1.1 Les recourants sont copropriétaires de parcelles adjacentes au périmètre réaffecté et
disposent ainsi de la qualité pour recourir (art. 80 al. 1 let. a et 44 al. 1 let. a de la loi du
6 octobre 1976 sur la procédure et la juridiction administratives [LPJA ; RS/VS 172.6]). Ils
ont régulièrement procédé au surplus, de sorte qu’il convient d’entrer en matière (art. 37 al.
4 et 38 al. 3 de la loi du 23 janvier 1987 concernant l’application de la LAT [LcAT ; RS/VS
701.1] ; art. 72, 78 let. a, 80 al. 1 let. b-c, 46 et 48 LPJA).
1.2 L’affaire peut être tranchée au vu dossier déposé par le Conseil d’Etat, ce que les
recourants, qui n’ont formulé aucune offre de preuve, concèdent implicitement.
2. Dans un premier grief, les recourants contestent les adaptations intervenues durant
la procédure cantonale d’homologation en vue de compenser l’intégralité des SDA
perdues. Invoquant une violation du principe du parallélisme des formes, de l’autonomie
communale et de leurs droits politiques, ils soutiennent que ces modifications auraient
dû être soumises à l'approbation de l'organe législatif.
2.1 L’article 26 alinéa 1 LAT exige que les plans d’affectation soient soumis à l’approbation
d’une autorité cantonale, qui doit vérifier s’ils sont conformes aux plans directeurs cantonaux
approuvés par le Conseil fédéral (al. 2). Plus globalement, même si l’article 26 alinéa 2 LAT
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ne le règle pas expressément, les plans d’affectation ne doivent pas violer le droit fédéral, la
tâche d’examiner cette question incombant à l’autorité d’approbation (Alexandre Ruch in :
Commentaire pratique LAT, Planifier l’affectation, Genève/Zurich/Bâle 2016, nos 30 et 40 ad
art. 26 LAT). L’article 38 LcAT, qui concrétise les exigences de l’article 26 LAT, désigne le
Conseil d’Etat en qualité d’autorité d’homologation chargée d’examiner les plans et
règlements du point de vue de la légalité et de la conformité au PDc. Dans ce contexte, il
est admis en jurisprudence que la décision d’approbation soit subordonnée à des conditions
que dicte l’examen de la légalité des plans à homologuer ou de leur conformité au PDc (RVJ
2007 p. 18 consid. 2b, 1998 p. 19 consid. 3). Dans ce contexte, le Tribunal a jugé à plusieurs
reprises que la production d'un texte acceptable en cours d'examen, en remplacement d'une
norme qui ne pourrait recevoir l'aval de l'autorité d'approbation, est a fortiori admissible (cf.
p. ex. A1 18 18/19/28 du 21 septembre 2018 consid. 3.2, ACDP A1 15 59/ 60 du
30 septembre 2016 consid. 3.3, A1 13 227 du 27 juin 2014 consid. 2.1).
2.2 En l’espèce, la modification intervenue devant le Conseil d’Etat a consisté à destiner
une bande supplémentaire de 98 m2 sur les parcelles nos xx2 et xx5 à une utilisation
agricole. Le projet adopté par l’Assemblée primaire avait déjà réservé la partie nord des
parcelles nos xx3 et xx4 à une telle utilisation (malgré son classement en zone CSE),
mais le SDT avait constaté que les SDA perdues n’étaient pas entièrement compensées.
Le Conseil d’Etat a considéré que la non-délimitation de la surface de 98 m2 relevait
d’une erreur susceptible d’être corrigée sans qu’il soit nécessaire de procéder à un
nouveau vote de l’Assemble primaire, qui avait déjà eu l’occasion de délibérer à ce sujet.
Cette appréciation est convaincante et doit être confirmée dans la mesure où la
correction a été effectuée afin de satisfaire aux exigences légales en matière de
compensation des SDA. Cette adaptation est, au demeurant, objectivement de faible
importance. Elle reste ainsi dans le cadre tracé par la jurisprudence et ne viole pas les
droits politiques des recourants ou les compétences dévolues à l’Assemblée primaire. Il
ne saurait non plus être question d’un procédé violant l’autonomie communale du
moment où la solution a été présentée à l’autorité cantonale d’approbation par la
commune de Z _ elle-même, par l’intermédiaire de son organe exécutif. Enfin,
l’invocation du principe de parallélisme des formes tombe à faux. Ce principe, qui est
concrétisé à l’article 39 LcAT, concerne la modification d'une réglementation en force et
non la procédure d’approbation d’un texte non encore homologué.
Ce premier grief doit donc être écarté.
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3. Les recourants reprochent ensuite au Conseil d'Etat d’avoir violé leur droit d’être entendus
en ne traitant pas correctement et de manière suffisamment motivée leurs moyens tirés
d’une violation du principe de séparation entre les parties constructibles et non constructibles
du territoire, et par là-même, de l’article 75 alinéa 1 Cst., de même que le grief de violation
de l’article 15 LAT. En outre, ils se plaignent du fait que l’autorité précédente ait, dans ce
cadre, à tort restreint son pouvoir d’examen à l’arbitraire.
3.1 Selon la jurisprudence (ATF 142 II 154 consid. 4.2), l'autorité qui ne traite pas un
grief relevant de sa compétence, motivé de façon suffisante et pertinent pour l'issue du
litige, commet un déni de justice formel proscrit par l'article 29 alinéa 1 Cst. De même,
la jurisprudence a déduit du droit d'être entendu de l'article 29 alinéa 2 Cst. l’obligation
pour l'autorité de motiver sa décision, afin que l'intéressé puisse se rendre compte de la
portée de celle-ci et l'attaquer en connaissance de cause (ATF 142 I 135 consid. 2.1).
La motivation d'une décision est suffisante lorsque l'autorité mentionne, au moins
brièvement, les motifs qui l'ont guidée et sur lesquels elle a fondé son raisonnement.
L'autorité ne doit toutefois pas se prononcer sur tous les moyens des parties ; elle peut
se limiter aux questions décisives (ATF 142 II 154 consid. 4.2).
En outre, l’article 33 LAT impose aux cantons d'instituer une protection juridique, en matière
de plans d'affectation, et de prévoir qu'une autorité de recours au moins ait un libre examen
(art. 33 al. 3 let. b LAT). Cette exigence a été retranscrite à l’article 37 alinéa 4 LcAT. Selon
la jurisprudence, ce libre examen ne se réduit pas à un contrôle complet de la constatation
des faits et de l'application du droit ; il comporte aussi un contrôle de l'opportunité. L'autorité
doit vérifier que la planification contestée devant elle est juste et adéquate. Dans ce cadre,
l'autorité cantonale de recours doit toutefois préserver la liberté d'appréciation dont les
communes ont besoin dans l'accomplissement de leurs tâches, conformément à ce que
prescrit l'article 2 al. 3 LAT. Cette liberté d'appréciation implique qu'une mesure
d'aménagement appropriée doit être confirmée ; l'autorité de recours n'est pas habilitée à lui
substituer une autre solution qui serait également appropriée. Le contrôle de l'opportunité
s'exerce donc avec retenue sur des points concernant principalement des intérêts locaux,
tandis que, au contraire, la prise en considération adéquate d'intérêts d'ordre supérieur, dont
la sauvegarde incombe au canton, doit être imposée par un contrôle strict (cf. p. ex. arrêts
du Tribunal fédéral 1C_629/2019 du 31 mars 2021 consid. 3.1 et 1C_253/2011 du 22 février
2012 consid. 2.1). La garantie d'une voie de recours répondant aux exigences de l'article 33
alinéa 3 LAT doit être considérée comme un droit essentiel de procédure dont la violation
équivaut à un déni de justice formel et viole ainsi l’article 29 Cst. (arrêt du Tribunal fédéral
1C_327/2019 du 11 juin 2020 consid. 5.1).
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3.2 En l’occurrence, force est de constater, à lecture du considérant 6 de la décision
attaquée, que le Conseil d’Etat s’est limité à vérifier, dans l’examen des critiques des
recourants fondées sur la violation du principe de séparation entre zone à bâtir et zone
inconstructible et les réquisits de l’article 15 LAT, que la modification litigieuse était
« soutenable » et « non arbitraire ». En restreignant de la sorte son pouvoir d’examen,
l’autorité précédente a violé les exigences des articles 33 alinéa 3 lettre b LAT et 37
alinéa 4 LcAT. Ainsi que le relèvent avec raison les recourants, le Conseil d’Etat ne
pouvait justifier cette limitation en se référant à l’ATF 121 I 245. Cette jurisprudence
concerne, en effet, le principe d’égalité de traitement en matière d’aménagement local
du territoire. Elle pose que ce principe n'a qu'une portée réduite dans ce domaine, de
sorte que le Tribunal fédéral ne sanctionne la décision entreprise devant lui que pour
autant que le plan d'affectation litigieux n'apparaisse pas objectivement soutenable,
c'est-à-dire arbitraire. Or, les recourants ne se sont nullement plaints d’inégalité de
traitement, mais ont invoqué un non-respect des principes de l’aménagement du
territoire – spécialement celui de la séparation du territoire bâti et non-bâti – et une
violation de l’article 15 LAT. Il incombait au Conseil d’Etat de se prononcer à cet égard
sans limiter son examen à l’arbitraire et sans se borner à constater que la planification
litigieuse était soutenable. Certes, la décision attaquée indique que la modification en
cause respecte les principes d’une utilisation judicieuse et mesurée du sol et contribue
à occuper rationnellement les zones concernées sur le territoire de Z _. L’on
ne parvient cependant pas à discerner, dans ce prononcé, les motifs étayant
concrètement cette conclusion de ce fait péremptoire.
3.3 Il résulte de ce qui précède que les recourants se plaignent avec raison d’une
violation de leur d’être entendus et d’une restriction injustifiée du pouvoir d’examen de
la part du Conseil d’Etat. Ces vices sont de nature formelle ; ils conduisent à eux seuls,
indépendamment des chances de succès du recours sur le fond (ATF 142 II 218 consid.
2.8.1,) à l’annulation de la décision attaquée et au renvoi du dossier à l’autorité
précédente pour qu’elle statue à nouveau, de façon motivée et avec un pouvoir de
cognition conforme aux exigences légales, sur les griefs des recourants.
4. Par économie de procédure, le Tribunal relève que la pesée d’intérêts effectuée en
l’espèce était de toute manière lacunaire et ne prenait pas en compte les exigences liées à
l’utilisation de terrains inventoriés comme SDA, ainsi que le soutiennent les recourants
céans en arguant d’une violation des articles 15 alinéa 3 LAT et 30 alinéa 1bis OAT.
4.1 Selon l'article 30 alinéa 1bis OAT, les surfaces d'assolement ne peuvent être
classées en zone à bâtir que lorsqu'un objectif que le canton estime important ne peut
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pas être atteint judicieusement sans recourir aux surfaces d'assolement (let. a) et
lorsqu'il peut être assuré que les surfaces sollicitées seront utilisées de manière optimale
selon l'état des connaissances (let. b). Cette disposition a pour but de tenir compte de
la nécessité de maintenir les SDA (art. 15 al. 3 LAT) en durcissant les exigences à
satisfaire lorsqu'il est question de recourir à des SDA pour créer des zones à bâtir (arrêt
du Tribunal fédéral 1C_15/2018 du 15 avril 2019 consid. 3.2). Elle s'applique à
l'ensemble des SDA, qu'elles soient ou non comprises dans la surface minimale fixée
dans le plan sectoriel (ATF 145 II 18 consid. 4.2). L’article 30 alinéa 1bis OAT impose
de s'assurer que le sacrifice de SDA est absolument nécessaire du point de vue du
canton et commande à l'autorité de planification d’examiner quelles alternatives
pourraient raisonnablement entrer en considération (AFT 145 II 18 consid. 4.2 ; arrêts
du Tribunal fédéral 1C_32/2020 du 29 décembre 2020 consid. 4.1, 1C_235/2020 du
16 décembre 2020 consid. 7.1). L’on observera que cette exigence a été expressément
reprise dans la fiche A.2 du nouveau PDc en tant que principe no 5. La recherche
d’alternatives implique une pesée d’intérêts qui doit être présentée de manière
compréhensible et transparente dans la motivation de la décision de l’autorité de
planification (Vincent Bays, Les surfaces d’assolement, thèse, Genève/Zurich/Bâle
2021, p. 403 et p. 502).
4.2 En l’espèce, le Conseil d’Etat a jugé que le projet de la fondation ne saurait être
déplacé à un autre endroit de la commune vu sa position favorable en dehors de la zone
à bâtir, au milieu des vergers, sans être trop éloigné des infrastructures villageoises.
Quant au rapport selon l’article 47 OAT, il indique, sous le chapitre traitant des SDA, que
l’emprise sur ces dernières doit être admise car « l’objectif de la Fondation ne peut
judicieusement être réalisé d’une autre manière [...] ». Ces considérations sommaires
ne satisfont pas aux exigences mises à la pesée des intérêts à laquelle doit se livrer
l’autorité de planification dans le cadre de la mise à contribution de SDA. Cette analyse
doit, en effet, être présentée de manière compréhensible et convaincante, ce qui n’a pas
été fait. Que l’emplacement actuel soit judicieux ne signifie pas encore qu’aucune autre
possibilité d’implantation ne puisse raisonnablement entrer en considération ou être
étudiée. Or, il ne ressort pas du dossier qu’une alternative ait même été envisagée. Cela
est d’autant moins soutenable que le projet de la fondation motivant la modification
préalable du PAZ implique, à teneur du dossier, de démolir le seul et unique bâtiment
présent actuellement sur le site – en raison de sa vétusté et au motif qu’il n’est plus
adapté aux besoins d’accueil et ne répond plus/pas aux normes – pour réaliser une
structure nouvelle. Par ailleurs, du moment où le dossier met en exergue l’importance
régionale, voire cantonale du projet porté par la fondation, qui gère du reste un site
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d’accueil d’urgence à C _ et des ateliers socioprofessionnels à D _,
l’on ne voit a priori pas pourquoi l’examen des possibilités d’implantation devrait se limiter
au seul territoire communal de Z _. Une analyse à une échelle élargie apparaît
bien plutôt nécessaire au regard de l’article 15 alinéa 3 LAT, qui prescrit expressément
que l’emplacement des zones à bâtir doit être coordonné au-delà des frontières
communales (cf. arrêt du Tribunal fédéral 1C_265/2019 du 26 mai 2020 consid. 4.3.3).
4.3 Cette analyse n’ayant pas été faite, le Tribunal n’a, pour ce motif supplémentaire,
pas d'autre choix que de renvoyer la cause à l’autorité précédente aux fins de compléter
l’instruction sur ce point – pour autant qu’il soit envisagé de maintenir la solution
proposée – et de vérifier le bien-fondé du recours aux SDA conformément aux exigences
légales rappelées ci-dessus.
5.1 Le recours doit être admis et la cause renvoyée au Conseil d’Etat pour nouvelle
décision à porter conformément aux considérants qui précèdent. Au vu des vices formels
et des lacunes relevés plus haut, la légalité (art. 37 al. 4 LcAT) de la planification
envisagée, point dont l’évidence n’est à tout le moins pas donnée, ne peut être tranchée
dans le cadre du présent arrêt.
5.2 L’arrêt est rendu sans frais (art. 89 al. 4 LPJA) et sans allocation de dépens à la
commune de Z _ (art. 91 al. 1 LPJA a contrario). Seule une indemnité de
partie, couvrant leurs débours, peut être allouée aux recourants, qui procèdent sans
avocat (art. 4 al. 1 et 2 le tarif des frais et dépens devant les autorités judiciaires ou
administratives [LTar ; RS/VS 173.8]). Cette indemnité, à verser par la commune de
Z _ solidairement aux recourants, sera arrêtée à 200 fr. pour les deux
instances de recours (art. 91 al. 1 LPJA), les intéressés n’ayant pas prétendu ni a fortiori
démontré avoir subi « une perte de temps ou de gain » (art. 4 al. 2 LTar).
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