Decision ID: 5dabbb40-ef38-4561-a05a-8f9e10c7a576
Year: 2010
Language: fr
Court: VD_TC
Chamber: VD_TC_031
Canton: VD
Region: Région lémanique
Law Area: public_law

Vu les faits suivants
A. La société Rütti Bau AG, à Saanen, est propriétaire au lieu-dit de "La Frasse", de la parcelle n° 4243 du cadastre de la Commune de Château-d'Oex. D’une surface totale de 3'897 m2 , ce bien-fonds supporte un bâtiment agricole (grange n° ECA 72).
Cette parcelle est colloquée dans la zone de chalets, régie par les art. 14 et ss du Règlement communal sur le plan d'extension et la police des constructions (ci-après: RPE), approuvé par le Conseil d'Etat le 19 septembre 1980 et modifié la dernière fois en 2009.
B. Le 18 mars 2009, Rütti Bau AG a présenté une demande de permis de construire portant sur deux chalets à plusieurs niveaux (comprenant neuf, respectivement six logements), un garage souterrain de 24 places avec rampe d'accès et six places de parc extérieures; ce projet impliquait la démolition de la grange (n° ECA 72), qui a reçu la note *4* (objet bien intégré) au recensement architectural du Canton de Vaud. Mis à l'enquête publique du 27 mai au 25 juin 2009, le projet a suscité des oppositions de plusieurs propriétaires voisins, dont Luke et Silke Hastings, propriétaires notamment de la parcelle n° 30 contiguë à celle de la constructrice.
C. Toutes les autorisations spéciales et préavis cantonaux requis ayant été délivrés (cf. Synthèse de la Centrale des autorisations, CAMAC, du 4 juin 2009), la Municipalité de Château-d'Oex (ci-après: la municipalité) a, par décision du 7 août 2009, levé les oppositions et délivré le permis de construire requis.
D. Le 14 septembre 2009, les opposants Luke et Silke Hastings, Huibert et Annick Vigeveno-Verbunt et Jean-Jacques von Wattenwyl ont interjeté recours devant le Tribunal cantonal, Cour de droit administratif et public (CDAP), à l'encontre de la décision municipale du 7 août 2009, dont ils demandent l'annulation (cause AC. 2009.0206).
Le 9 novembre 2009, la municipalité a conclu au rejet du recours. Le 14 janvier 2010, la constructrice, représentée par Me Philippe Reymond, a conclu au rejet du recours, avec suite de frais et dépens. Lors d’un deuxième échange d’écritures, les parties ont confirmé leurs conclusions respectives. Me de Braun et Me Reymond ont ensuite adressé spontanément au tribunal un grand nombre de requêtes et courriers, qui n'ont pas à être prises en considération. Par décision du 7 juillet 2010, la requête de levée de l’effet suspensif présentée par la constructrice a été rejetée.
Une audience avec inspection locale a eu lieu le 13 septembre 2010 en présence des parties qui ont été entendues dans leurs explications.
E. Parallèlement, le 15 septembre 2009, vingt-six propriétaires voisins de la constructrice, dont Jean-François, Marie-Jeanne et Pierre Henchoz, avaient requis de la Commune de Château-d'Oex l'élaboration d'un plan de quartier intitulé "La Frasse-Dessous" afin de limiter la construction de résidences secondaires dans un périmètre donné incluant notamment la parcelle n° 4243. Ils lui demandaient de surseoir à l'octroi du permis de construire délivré le 7 août 2009 qui, selon eux, serait susceptible de compromettre le développement futur du quartier.
Le 22 octobre 2009, la municipalité a formellement décidé de ne pas faire droit à cette requête. Agissant par l'intermédiaire de Me Edmond de Braun, Jean-François, Marie-Jeanne et Pierre Henchoz ont formé recours devant la CDAP à l'encontre de la décision municipale du 22 octobre 2009, en concluant à l'annulation de celle-ci et à ce que le dossier soit renvoyé à la commune pour qu'elle procède à l'étude du plan de quartier requis (cause AC.2009.0249). Par arrêt du 24 août 2010, la CDAP a rejeté le recours en considérant en bref que si le but poursuivi, à savoir la limitation de la prolifération des résidences secondaires (problématique dite des "lits froids") s’inscrivait bien dans le cadre des objectifs d’aménagement du territoire du canton et de la commune, il n’en demeurait pas moins que l’établissement d’un plan de quartier limité au seul secteur de la "Frasse-Dessous" ne constituait pas l’instrument approprié pour atteindre l’objectif visé, la question devant être réglée à l'échelle de la commune, ou mieux de la région.

Considérant en droit
1. Dans la mesure où les recourants reviennent sur la problématique dite "des lits froids" dans le cadre du présent recours, il y a lieu de renvoyer à l’arrêt précité du 24 août 2010 (AC.2009.0249).
2. C'est à tort que les recourants s'opposent à la démolition de la grange (bâtiment agricole n° ECA 72) pour le motif que celle-ci serait digne d'être sauvegardée. Si son volume important et les matériaux qui le composent lui confèrent de bonnes qualités d'intégration au paysage environnant, cet édifice a reçu la note *4* au recensement architectural, ce qui ne justifie l'adoption d'aucune mesure de protection particulière (cf. avis du 8 décembre 2009 du Service Immeubles, Patrimoine et Logistique). En conséquence, le permis de démolir ladite grange pouvait être délivré.
3. Les recourants font valoir pour l'essentiel que, de par leurs grandes dimensions, les deux chalets projetés ne s’intégreraient pas à l’environnement bâti composé de chalets plus modestes
a) En vertu de l'art. 86 de la loi cantonale du 4 décembre 1985 sur l'aménagement du territoire et les constructions (LATC; RSV 700.11), la municipalité veille à ce que les constructions, quelle que soit leur destination, ainsi que les aménagements qui leur sont liés, présentent un aspect architectural satisfaisant et s'intègrent à l'environnement. Elle refuse le permis pour les constructions ou les démolitions susceptibles de compromettre l'aspect et le caractère d'un site, d'une localité, d'un quartier ou d'une rue, ou de nuire à l'aspect d'un édifice de valeur historique, artistique ou culturelle. Selon la jurisprudence du Tribunal fédéral, il incombe au premier chef aux autorités municipales de veiller à l'aspect architectural des constructions, qui disposent à cet égard d'un large pouvoir d'appréciation (voir notamment ATF 115 Ia 370 consid. 3; 115 Ia 363 consid. 2 c; 115 Ia 114 consid. 3d; ATF 101 Ia 213 consid. 6a, RDAF 1987, 155; voir aussi, Bovay / Didisheim / Sulliger / Thonney, Droit fédéral et vaudois de la construction, 4ème éd., 2010, n. 2 ad art. 86 LATC). Dans ce cadre, l'autorité doit néanmoins prendre garde à ce que la clause d'esthétique ne vide pas pratiquement de sa substance la réglementation de la zone en vigueur (ATF 115 Ia 114; 114 Ia 345 consid. 4 b). Certes, un projet peut être interdit sur la base de l'art. 86 LATC quand bien même il satisferait par ailleurs à toutes les dispositions cantonales et communales en matière de construction. Toutefois, lorsque la réglementation applicable prévoit que des constructions d'un certain volume peuvent être édifiées, une interdiction de construire fondée sur l'art. 86 LATC, en raison - par exemple - du contraste formé par le volume du bâtiment projeté avec les constructions existantes, ne peut se justifier que par un intérêt public prépondérant, notamment s'il s'agit de protéger un site, un bâtiment ou un ensemble de bâtiments présentant des qualités esthétiques remarquables qui font défaut à l'ouvrage projeté ou que mettrait en péril sa construction (ATF 101 Ia 223 consid. 6). Il faut alors que l'utilisation des possibilités de construire réglementaires apparaisse déraisonnable et irrationnelle (ATF M. c/ Ormont-Dessus, du 1er novembre 1989; ATF 115 Ia 114; 115 Ia 345; 114 Ia 345; ATF 101 Ia 213; AC.1993.0125 du 2 mai 1994). Dès lors que l'autorité municipale dispose dans ce domaine d'un large pouvoir d'appréciation, le Tribunal administratif observe une certaine retenue dans l'examen du problème, en ce sens qu'il ne substitue pas sans autre son propre pouvoir d'appréciation à celui de l'autorité municipale (AC.1993.0034 du 29 décembre 1993). En effet, l'autorité de recours ne revoit que l'abus ou l'excès du pouvoir d'appréciation, dans la mesure où il s'agit de questions dont la solution dépend étroitement des circonstances locales (AC.1992.0101, du 7 avril 1993). L'examen de l'esthétique interviendra sur la base de critères objectifs généralement reçus et sans sacrifier à un goût ou à un sens esthétique particulièrement aigu, de manière que le poids de la subjectivité, inévitable dans toute appréciation, n'influe que dans les limites de principes éprouvés et par référence à des notions communément admises (AC.1993.0240 du 19 avril 1994; AC.1993.0257 du 10 mai 1994; AC.1995.0268 du 1er mars 1996; AC.1999.0228 du 18 juillet 2000; AC.1998.0166 du 20 avril 2001).
Fondé sur l'art. 86 al. 3 LATC, l'art. 50 RPE, applicable à toutes les zones, prévoit que la municipalité peut prendre toutes mesures pour éviter l’enlaidissement du territoire communal (al. 1) ; la municipalité interdit les installations dont l’architecture n'est pas en harmonie avec le site ou le quartier (al. 2) ; les constructions, agrandissements, transformations de toutes espèces, de nature à nuire au bon aspect d’un lieu, sont interdits (al. 3). L’art. 51 RPE précise que les transformations ou constructions nouvelles devront s’harmoniser avec les constructions existantes et respecter dans l’esprit le style de l’architecture traditionnelle de la région. Dans le cas particulier, les chalets litigieux devraient prendre place dans la zone de chalets, soit une zone destinée aux habitations genre "chalets" (art. 14 RPE). Les constructions seront en bois ou revêtues de bois ; les sous-sols et d’autres parties des bâtiments peuvent être construits en maçonnerie ; extérieurement, le bois sera toujours le matériau prédominant (art. 15 RPE).
b) A titre liminaire, il est constaté que, compte tenu de la surface bâtie totale des deux chalets projetés (576 m2) et de la surface totale de la parcelle (3'897 m2), le coefficient d’occupation du sol (COS) maximum de 1/6 fixé par l'art. 19 al. 1 RPE (nouveau) est en l'espèce largement respecté, puisqu'il ne dépassera pas l'indice de 1/7, après démolition de la grange. Contrairement à ce que laissent entendre les recourants, les garages souterrains n'entrent pas en ligne de compte pour le calcul de la surface bâtie (art. 19 al. 1 in fine RPE). Par ailleurs, la longueur de la façade la plus grande de chaque chalet projeté n'excèdera pas 24 m, conformément à l'art. 20 al. 5 RPE. En outre, le projet ne contrevient pas à l'art. 20 al. 6 RPE, prévoyant que la hauteur au faîte de la façade pignon aval ou de la façade principale est au maximum de 13, 35 m hors tout. Il ressort en effet des plans mis à l'enquête que la hauteur au faîte atteindrait la cote de 12,56 m. De plus, l'aménagement de saunas et/ou fitness en sous-sol ne viole pas l'art. 59 RPE, qui ne proscrit que les locaux affectés à l'habitation. A priori, il n'y a pas eu utilisation trop intensive des possibilités réglementaires de bâtir.
Les recourants affirment que, de par leurs dimensions très importantes, les chalets projetés ne s'intégreraient pas à l'environnement bâti composé de chalets de plus petite taille. L'inspection des lieux a permis de constater que si les constructions directement voisines de la parcelle de la constructrice sont effectivement moins imposantes que les chalets projetés, il se trouve, dans le même secteur, en amont et à l'arrière-plan, deux édifices (un ancien hôtel et un chalet d'habitation) au moins aussi volumineux que les bâtiments projetés. Même si le gabarit de chacun des deux chalets projetés est relativement important, il ne forme néanmoins pas une disproportion flagrante et insolite entre les chalets projetés et les constructions existantes (cf. RDAF 2009 I 39 n° 51; voire aussi RDAF 1986 p. 337; 1987 p. 448; 1989 p. 309). La vision locale a montré du reste que l'on ne se trouvait pas dans un secteur composé de chalets formant une unité architecturale de qualité. Au contraire, bon nombre de chalets environnants ne présentaient pas de qualités esthétiques remarquables; le tribunal a pu observer que certaines constructions n'étaient pas en bois ni même revêtues de bois. Contrairement à ce que soutiennent les recourants, les bâtiments projetés entrent dans la catégorie des constructions "genre chalet", qui sont exclusivement définies par leur aspect architectural extérieur (utilisation prépondérante du bois sur les façades) et n'impliquent pas – comme le prétendent les recourants - une affectation déterminée, caractérisée par un nombre restreint de logements, à défaut de dispositions réglementaires contraires (cf. RDAF 1985 p. 424).
En résumé, l'autorité intimée n'a pas commis un abus ni un excès de son large pouvoir d'appréciation en délivrant le permis de construire pour un projet n'impliquant pas une utilisation trop intensive des possibilités réglementaires de bâtir. Force est d'admettre que la constructrice n'a pas tenté de tirer un parti excessif d'un espace constructible exigu, qui aurait fait apparaître des proportions insolites ou un effet de promiscuité inacceptable. Le projet litigieux ne viole pas la clause d'esthétique et s'intègre à son environnement architectural et paysager.
c) Selon les recourants, les lucarnes "énormes" prévues ne sauraient être admises du point de vue de l'esthétique, sans toutefois expliquer précisément en quoi elles ne s'harmoniseraient pas avec le caractère général du bâtiment selon l'art. 20 al. 9 RPE ou avec les chalets environnants. A noter qu'il n'existe pas de prescriptions communales sur la hauteur et la largeur maximales des lucarnes. Et les recourants ne prétendent pas à juste titre que leurs largeurs additionnées dépasseraient la moitié de la longueur de la façade au sens de l'art. 20 al. 9 deuxième phrase RPE. Ce grief doit ainsi être rejeté, d'autant que la notion de "genre chalet" n'exclut pas quelques touches contemporaines (cf. RDAF 2007 I 128 n° 41).
4. Les recourants se plaignent encore de ce que les constructions litigieuses vont masquer la vue sur les montagnes, dont ils bénéficient depuis leur chalet.
a) Selon la jurisprudence constante, la vue est une situation de fait dont la privation ou la restriction au moment de la construction d’un bâtiment réglementaire sur un bien-fonds voisin constructible ne peut être invoquée que si l’intérêt des voisins au maintien de la vue est protégé par une norme spéciale du droit communal. En d’autres termes, le droit à la vue n’est pas protégé en droit public, si ce n’est indirectement, au travers des règles de police des constructions fixant, soit la distance à respecter entre les bâtiments et la limite de propriété voisine, soit la hauteur des bâtiments (arrêts AC.2006.0073 du 23 juin 2006 ; AC.2004.0194 du 28 juillet 2005 ; AC.2003.0245 du 30 avril 2004 ; AC.1997.0021 du 2 avril 1998). En effet, si l'existence d'un droit à la vue devait être reconnue, il serait difficile sinon impossible de mener à bien des mesures d'urbanisation, tant il est vrai que la réalisation de nouvelles constructions a souvent pour conséquence de porter atteinte à la vue dont jouissent les voisins. Lorsqu'une vue résulte d'une situation provisoire, soit du fait que les propriétaires des parcelles voisines n'ont pas exploité tout ou partie du potentiel constructible prévu par la réglementation communale, sa perte n’est protégée d’aucune manière par le droit public. Tout propriétaire qui acquiert un bien-fonds dans une zone à bâtir doit s’attendre à ce que les parcelles voisines puissent être construites selon les mêmes possibilités réglementaires dont il bénéficie, même si ces possibilités sont ultérieurement modifiées pour prévoir une densification (v. AC.2006.0165 du 15 février 2007 et les références citées). Ainsi, les voisins ne peuvent réclamer le maintien de la vue dont ils jouissent que si leur intérêt à ce maintien est protégé par une norme spéciale du droit communal (AC. 2009.0199 du 7 décembre 2009).
b) En l’espèce, le recourants n’allèguent pas la violation d’une disposition du règlement communal sur la police des constructions qui serait susceptible de protéger leur droit à la vue. Partant, ce grief doit être écarté. A noter que la recourante Silke Hastings bénéficiera depuis son chalet qui se trouve à proximité immédiate de la grange, d'un meilleur dégagement et d'un plus grand ensoleillement après la démolition de celle-ci, ce qui compensera largement la perte de vue (oblique) résultant de la construction des chalets en cause.
5. Les recourants critiquent le projet en tant qu'il prévoit des balcons aux surcombles (sur la façade pignon), alors que l'art. 20 al. 4 RPE interdit précisément les balcons aux surcombles. En audience, la municipalité a indiqué que, selon une pratique constante instaurée il y a près trois ans, elle autorisait de tels balcons sur tout le territoire communal (y compris dans la zone de chalets) pour des motifs d'harmonie et d'esthétique. La constructrice, qui a produit plusieurs photographies de chalets comportant des balcons aux surcombles, invoque le principe d'égalité dans l'illégalité.
D'une façon générale, le principe de la légalité l'emporte sur celui de l'égalité. Un administré ne peut pas invoquer le principe de l'égalité de traitement pour bénéficier d'un traitement accordé illégalement à des tiers. En d'autres termes, il n'y a pas d'égalité dans l'illégalité. Si toutefois l'autorité ne paraît pas disposée à renoncer à sa pratique contraire à la loi, l'intérêt du justiciable à l'égalité de traitement l'emporte sur le respect de la légalité; encore faut-il, en ce cas, qu'aucun intérêt public ou privé prépondérant ne s'y oppose. Tout dépend donc de l'attitude de l'autorité (cf. ATF 126 V 390 consid. 6a p. 392; 125 II 152 consid. 5 p. 166; 122 II 446 consid. 4a p. 451/452 et les arrêts cités).
En l'espèce, les conditions posées par la jurisprudence sont réalisées, si bien que la constructrice est fondée à se prévaloir du principe d'égalité en ce qui concerne les balcons aux surcombles.
6. Les recourants s'en prennent encore à la rampe d’accès au parking des chalets projetés et considèrent que le débouché sur la route de la Frasse (DP 1007) serait dangereux compte tenu de l’impossibilité de croiser.
a) Selon les art. 22 al. 2 let. b de la loi fédérale du 22 juin 1979 sur l'aménagement du territoire (LAT; RS 700) et 104 al. 3 LATC, une autorisation de construire ne peut être délivrée que si le terrain est équipé et les équipements empruntant la propriété d'autrui sont au bénéfice d'un titre juridique. L'art. 19 LAT exige à cet égard qu'un terrain soit desservi par des voies d'accès adaptées à l'utilisation prévue. Pour une desserte routière, il faut que la sécurité des usagers soit garantie, que la visibilité et les possibilités de croisements soient suffisantes, que l'accès des services de secours soit assuré et que l'utilisation ne provoque pas des atteintes excessives pour le voisinage (voir AC.2005.0159 du 15 décembre 2005).
b) Actuellement, le tronçon de route qui se trouve au droit de la rampe d'accès au parking souterrain a une largeur de 3,10 m. Le projet prévoit à cet endroit un élargissement de la route à 4,5 m afin de créer une zone de croisement/évitement. L'inspection des lieux a permis de constater que l'espace supplémentaire offert par ce dégagement permettra également une sortie sécurisée des véhicules en un lieu qui ne pose par ailleurs pas de problème de visibilité, aucun obstacle n’obstruant la vue sur la route à cet endroit. De tels aménagements sont du reste conformes au plan de circulation de la commune qui prévoit, pour le quartier de la Frasse, la "création de places d'évitement" et "éventuellement la mise en sens unique du nord de la boucle (de la route de la Frasse), selon le plan établi le 25 octobre 2004 concernant les "Propositions de mesures – Réseau routier – Itinéraires piétonniers". Il ressort de la configuration des lieux que, sur cette route, déjà empruntées par de nombreux propriétaires de résidences secondaires du quartier, le trafic supplémentaire généré par 15 nouveaux logements de vacances n'aura pas de conséquences négatives sur la sécurité des usagers ou la fluidité du trafic, d'autant moins que la route de la Frasse forme une boucle, si bien que le quartier est accessible aussi bien par le nord que par le sud de la route.
7. Vu ce qui précède, le recours doit être rejeté avec suite de frais et dépens à la charge des recourants, solidairement entre eux. Obtenant gain de cause, la constructrice, représentée par un mandataire professionnel, a droit à des dépens. Quant à la commune, agissant seule, elle n'y a pas droit.