Decision ID: d1da5aa5-226b-43af-82d9-75c88cefd5c9
Year: 2016
Language: fr
Court: CH_BSTG
Chamber: CH_BSTG_001
Canton: CH
Region: Federation
Law Area: penal_law

Vu:
- la mise en accusation devant la Cour des affaires pénales du Tribunal pénal fédé-
ral (ci-après: la Cour) par la transmission d’un acte d’accusation dressé selon
l’art. 355 al. 3 let. d CPP, en date du 25 avril 2016, par le Ministère public de la
Confédération (ci-après: le MPC) - en lieu et place du maintien de l’ordonnance
pénale du 22 mars 2016, contre laquelle le prévenu A. avait formé opposition -
pour le chef d'accusation de complicité de corruption d’agents publics étrangers
(art. 322 septies CP);
- l’organisation des débats de la cause en dates des 7, 8 et 9 novembre 2016 par
devant le Tribunal pénal fédéral;
- le courrier du MPC du 23 septembre 2016 par lequel il annonce à la Cour retirer
l'acte d'accusation contre le prévenu A. en application de l’art. 340 al. 1 let. b CPP
a contrario;

Et considérant que:
- selon l'art. 328 CPP, la réception de l'acte d'accusation par le tribunal crée la litis-
pendance (al. 1) et, avec la naissance de la litispendance, les compétences pas-
sent au tribunal (al. 2);
- selon l'art. 339 CPP, une fois les débats ouverts par la direction de la procédure,
le tribunal et les parties peuvent soulever les questions préjudicielles;
- l'art. 340 al. 1 let. b CPP prévoit que l'accusation ne peut plus être retirée ni modi-
fiée, l'art. 333 CPP étant réservé, après que les questions préjudicielles aient été
traitées; l'acte d'accusation pouvant dès lors encore être retiré aussi longtemps
que les questions préjudicielles ne sont pas encore traitées et que la décision y
relative n'est pas encore communiquée aux parties (Max HAURI, Basler Kommen-
tar, Schweizerische Strafprozessordnung, Bâle 2014, N 3 ad art. 340 CPP);
- le principe d'accusation impose que la procédure ne peut être dirigée que contre
la personne désignée dans l'acte d'accusation et le tribunal ne peut instruire et
juger que les agissements qui y sont décrits (Marcel Alexander NIGGLI/Stefan
HEIMGARTNER, Basler Kommentar, Schweizerische Strafprozessordnung, Bâle
2014, N 1 ad art. 9 CPP; Michael DAPHINOFF, Das Strafbefehlsverfahren in der
Schweizerischen Strafprozessordnung, Zurich, Bâle, Genève, 2012, p. 648);
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- la mise en accusation par devant le tribunal se concrétise par la décision potesta-
tive du ministère public de transmettre l'acte d'accusation à l'autorité de jugement;
la réception de l'acte d'accusation fondant la litispendance et, par conséquent, la
compétence du tribunal;
- en l'espèce, les débats de la cause SK.2016.21 n'ayant pas débuté, le MPC dis-
pose encore de la faculté de retirer l'accusation;
- l'existence d'une mise en accusation constituant une condition sine qua non à la
compétence de la Cour, le retrait valable de celle-ci en date du 23 septembre 2016
par le MPC enlève toute compétence fonctionnelle à la Cour de céans;
- il y a dès lors lieu de rayer la cause du rôle suite à l'absence de compétence fonc-
tionnelle;
- la question de savoir si les droits de la défense sont respectés lorsqu’un acte d’ac-
cusation est dressé selon l’art. 355 al. 3 let. d CPP alors qu’un changement de fait
ou de droit n’est pas intervenu peut dès lors rester ouverte.
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