Decision ID: c6e63590-2960-5c05-a241-279555b43417
Year: 2021
Language: fr
Court: FR_TC
Chamber: FR_TC_011
Canton: FR
Region: Espace_Mittelland
Law Area: social_law

considérant en fait
A. A._ (ci-après: la recourante), domiciliée au Monténégro, était mariée avec B._. Ce dernier percevait une rente d'invalidité de 100% depuis le 1er janvier 1995 de la part de la SUVA pour un accident subi le 13 juillet 1991. Il est décédé le 26 décembre 2020. Le montant de la rente pour le mois de janvier 2021 a été versé à la recourante.
B. Par décision du 5 février 2021 adressée à la recourante, la SUVA a annoncé qu'elle mettait un terme au versement de la rente au 31 décembre 2020. Elle a également demandé la restitution de CHF 2'864.55 correspondant au montant de la rente versé pour le mois de janvier 2021.
C. La recourante a déposé deux requêtes de remise les 28 février et 23 mars 2021.
Ces requêtes ont été rejetées par décision du 24 mars 2021.
D. Par courrier non daté, la recourante a formé opposition contre cette décision.
Par décision sur opposition du 5 mai 2021, la SUVA a confirmé sa décision du 24 mars 2021.
E. Par courrier du 20 mai 2021 rédigé en monténégrin et adressé à la SUVA, la recourante interjette recours. Le 30 juin 2021, la SUVA transmet ce courrier au Tribunal cantonal de Fribourg comme objet de sa compétence expliquant que, selon les renseignements pris, le dernier domicile ainsi que le dernier employeur de B._ étaient situés dans le canton de Fribourg. La SUVA joint également "une traduction sommaire et non officielle du recours". Dans son acte, la recourante indique en substance qu'elle ignorait qu'elle n'avait pas le droit de percevoir le montant de la rente de janvier 2021 et qu'elle est dans une situation sanitaire et financière compliquée.
Le 8 septembre 2021, la SUVA répond au recours et conclut à son rejet.
Il sera fait état des arguments, développés par les parties à l'appui de leurs conclusions, dans les considérants de droit du présent arrêt, pour autant que cela soit utile à la solution du litige.

en droit
1.
1.1. Le recours a vraisemblablement été interjeté le 24 mai 2021 au Monténégro contre une décision datée de 5 mai 2021. Il est arrivé à la Poste suisse le 2 juin 2021 (selon le suivi postal), respectant ainsi le délai légal de trente jours (cf. art. 28 al. 1 du code fribourgeois du 23 mai 1991 de procédure et de juridiction administrative; CPJA; RSF 150.1).
1.2. S'agissant de la langue de la procédure, le recours est rédigé en monténégrin (l'une des variétés standards de la langue appelée "serbo-croate"), traduit sommairement en français et de manière non officielle par la SUVA, qui l'a réceptionné et transmis à l'Instance de céans compétente à raison du lieu et de la matière. Après vérification par une collaboratrice du Tribunal parlant le français et le serbo-croate, la traduction fournie par la SUVA représente fidèlement le texte du
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recours original en monténégrin. Par économie de procédure, il n'est donc pas nécessaire de le retourner à son auteure pour qu'elle procède dans la langue de la décision attaquée (cf. art. 39 CPJA).
1.3. Pour le reste, la recourante est directement touchée par la décision sur opposition et l'autorité intimée ne soulève aucun grief sur la recevabilité du recours, de sorte qu'il doit être considéré comme étant recevable.
Le Tribunal peut donc entrer en matière sur ses mérites.
2.
Selon l'art. 19 al. 2 LAA, le droit à la rente s’éteint lorsque celle-ci est remplacée en totalité par une indemnité en capital, lorsqu’elle est rachetée ou lorsque l’assuré décède.
3.
3.1. Selon l'art. 25 al. 1 et 2 de la loi du 6 octobre 2000 sur la partie générale du droit des assurances sociales (LPGA; RS 830.1), applicable au contentieux de l’assurance-accidents par le biais du renvoi de l’art. 1 al. 1 de la loi du 20 mars 1981 sur l'assurance-accidents (LAA; RS 832.20), les prestations indûment touchées doivent être restituées. La restitution ne peut être exigée lorsque l'intéressé était de bonne foi et qu'elle le mettrait dans une situation difficile (al. 1). Le droit de demander la restitution s’éteint trois ans après le moment où l’institution d’assurance a eu connaissance du fait, mais au plus tard cinq ans après le versement de la prestation. Si la créance naît d’un acte punissable pour lequel le droit pénal prévoit un délai de prescription plus long, celui-ci est déterminant (al. 2).
Les deux conditions matérielles de l'art. 25 al. 1 LPGA – bonne foi et situation difficile – sont cumulatives et leur réalisation est nécessaire pour que la remise de l'obligation de restituer soit accordée (arrêt TF 8C_203/2015 du 23 septembre 2015 consid. 4 et les références citées).
Pour le reste, en sus de l'art. 25 LPGA, l'obligation de restituer des prestations indûment touchées et sa remise sont régies par les art. 2 à 5 de l'ordonnance du 11 septembre 2002 sur la partie générale du droit des assurances sociales (OPGA; RS 830.11).
Aux termes de l'art. 2 al. 1 let. a OPGA, l'obligation de restituer incombe non seulement au bénéficiaire des prestations allouées indûment, mais également à ses héritiers en cas de décès du bénéficiaire. Selon cette disposition réglementaire, l'obligation de restituer incombe en principe à celui qui a effectivement perçu les prestations (arrêt TF 9C_564/2009 du 22 janvier 2010 consid. 6.5).