Decision ID: 17604885-0a5a-5009-bebd-bdf8296a4739
Year: 2018
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_013
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: public_law

EN FAIT
1. Par jugement du 25 juillet 2018, le Tribunal administratif de première instance (ci-après : TAPI) a déclaré irrecevable le recours interjeté par Monsieur A_ contre la décision du 3 mai 2018 de l’administration fiscale cantonale (ci-après : AFC-GE) statuant sur sa réclamation relative à sa taxation cantonale 2016.![endif]>![if>
L’avance de frais n’avait pas été payée dans le délai échéant le 6 juillet 2018 imparti par courrier recommandé du 6 juin 2018, pour le retrait duquel il avait été avisé le 7 juin 2018. Dit courrier attirait l’attention de l’intéressé sur les conséquences de l’absence de paiement en temps utile, soit l’irrecevabilité du recours.
Le pli avait été retourné à son expéditeur avec la mention « non réclamé ».
2. Le jugement a été expédié à M. A_ par pli recommandé du 26 juillet 2018. L’intéressé a été avisé pour retrait de l’envoi le 27 juillet 2018. ![endif]>![if>
3. Le pli ayant été retourné à son expéditeur avec la mention « non réclamé », le TAPI a adressé le jugement à M. A_ par pli simple du 13 août 2018, en attirant son attention sur le fait qu’il lui avait été valablement notifié et que le délai de recours avait commencé à courir.![endif]>![if>
4. Le 3 septembre 2018, M. A_ a recouru auprès de la chambre administrative de la Cour de justice (ci-après : la chambre administrative) contre le jugement susmentionné.![endif]>![if>
Il ne pouvait expliquer ce qu’était devenu le courrier recommandé relatif à la demande d’avance de frais et pourquoi il n’avait pas été retiré, envisageant une erreur de la poste ou de l’un de ses enfants. Les raisons de sa réclamation contre sa taxation cantonale 2016 demeuraient.
5. Le 12 septembre 2018, le TAPI a produit son dossier.![endif]>![if>
6. Le 18 septembre 2018, les parties ont été informées que la cause était gardée à juger. ![endif]>![if>

EN DROIT
1. Interjeté en temps utile devant la juridiction compétente, le recours est recevable (art. 132 de la loi sur l'organisation judiciaire du 26 septembre 2010 - LOJ -
E 2 05
; art. 62 al. 1 let. a de la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 1985 - LPA -
E 5 10
).![endif]>![if>
2. Selon l’art. 86 LPA, la juridiction saisie invite le recourant à payer une avance de frais destinée à couvrir les frais et émoluments de procédure présumables. À cette fin, elle lui fixe un délai suffisant (al. 1). Si l’avance de frais n’est pas faite dans le délai imparti, la juridiction déclare le recours irrecevable (al. 2).![endif]>![if>
Il n'y a pas de rigueur excessive à ne pas entrer en matière sur un recours lorsque, conformément au droit de procédure applicable, la recevabilité de celui-ci est subordonnée au versement d'une avance de frais dans un délai déterminé. Il faut cependant que son auteur ait été averti de façon appropriée du montant à verser, du délai imparti pour le paiement et des conséquences de l'inobservation de ce délai (ATF
133 V 402
consid. 3.3 ;
104 Ia 105
consid. 5). La gravité des conséquences d'un retard dans le paiement de l'avance sur la situation du recourant n'est pas pertinente (arrêts du Tribunal fédéral
2C_703/2009
du 21 septembre 2010 consid. 4.4.2 ;
2C_645/2008
précité consid. 2.2).
Cependant, il convient de réserver les cas de force majeure. Selon la jurisprudence, il y a lieu d’appliquer par analogie à cette notion celle du cas de force majeure de l’art. 16 al. 1 LPA pour déterminer si l’intéressé a été empêché sans sa faute de verser l’avance de frais dans le délai fixé (
ATA/1376/2017
du 10 octobre 2017 consid. 5d et la jurisprudence citée). Entrent dans cette notion les événements extraordinaires et imprévisibles qui surviennent en dehors de la sphère d’activité de l’intéressé et qui s’imposent à lui de façon irrésistible (
ATA/1376/2017
précité ;
ATA/378/2014
du 20 mai 2014 consid. 3d).
3. En l’espèce, un délai de paiement au 6 juillet 2018 a été imparti au recourant par pli recommandé pour le retrait duquel il a été avisé le lendemain. Il disposait ainsi d’un délai raisonnable pour effectuer le paiement. Par ailleurs, les termes utilisés par le TAPI étaient clairs et attiraient expressément l’attention du recourant sur le fait que le défaut de paiement de l’avance de frais pouvait entraîner l’irrecevabilité de son recours.![endif]>![if>
L’avance de frais n’a pas été versée et le recourant ne fait valoir aucun motif pertinent permettant de restituer le délai échu, se limitant à émettre des hypothèses sans les étayer dans une quelconque mesure.
Dans ces circonstances, le TAPI était en droit de déclarer le recours irrecevable, vu l’absence de paiement dans le délai imparti. Manifestement mal fondé, le recours sera ainsi rejeté sans acte d'instruction complémentaire, conformément à l'art. 72 LPA.
4. Malgré l'issue du litige et conformément à sa pratique, la chambre de céans renoncera à percevoir un émolument (art. 87 al. 1 LPA). Aucune indemnité de procédure ne sera allouée (art. 87 al. 2 LPA).![endif]>![if>