Decision ID: 707220e1-1edf-58c0-8c27-099550a0c763
Year: 2015
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_014
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: social_law

EN FAIT
1. Monsieur B_ (ci-après : le père), né le _ 1961, habite dans le canton de Genève depuis septembre 1985. Il a été mis au bénéfice d'une rente d'invalidité, fondée sur un degré d'invalidité de 100 %, depuis le 1
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septembre 1991, par un prononcé du 5 novembre 1993. ![endif]>![if>
2. Il s'est marié le 25 octobre 1994 avec Madame A_ née E_ le _ 1968 (ci-après : l'assurée ou la recourante). Une fille est issue de leur union, C_, née le _ 1994. Une rente extraordinaire complémentaire pour épouse et une rente extraordinaire complémentaire simple enfant ont été allouées au père dès le 1
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octobre 1994, par une décision du 18 avril 1995. ![endif]>![if>
Les époux B_ et A_ se sont séparés le 1
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février 2005. La rente extraordinaire complémentaire simple enfant a été versée à la mère dès le mois de décembre 2005, sur requête de cette dernière du 7 novembre 2005. Les époux précités ont divorcé le 1
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février 2006.
Le 6 décembre 2006, Monsieur B_ a épousé en secondes noces Madame D_, née le _ 1980, d'origine marocaine. Les époux B_ et D_ ont eu deux enfants, F_, né le _ 2007, et G_, née le _ 2011.
3. Depuis au moins mars 2010, le service des prestations complémentaires (ci-après : le SPC) a alloué à l’assurée des prestations complémentaires fédérales et cantonales et un subside d’assurance-maladie en faveur de C_. ![endif]>![if>
4. Cette dernière a commencé une formation à l'École de culture générale en août 2011. Elle y a mis un terme à la mi-janvier 2012. ![endif]>![if>
Par courrier du 12 janvier 2012, l’assurée a informé le SPC que sa fille C_ n’était, dès cette date-ci, plus inscrite à l'École de culture générale et avait l’intention de rechercher activement divers stages pouvant déboucher sur un apprentissage. Elle restait à la disposition du SPC pour d’éventuelles questions.
Le SPC a continué à verser à l’assurée des prestations complémentaires fédérales et cantonales et un subside d’assurance-maladie en faveur de C_ au-delà du dix-huitième anniversaire de cette dernière (atteint le 28 octobre 2012).
C_ a cherché avec l'aide du service « Tremplin Jeunes » de l'Office d'orientation et de formation professionnelle à élaborer un projet de formation professionnelle. Elle a commencé une école d'esthéticienne le 5 novembre 2012, mais a quitté cette école le 7 janvier 2013, dans le contexte d'un conflit familial avec sa belle-mère et d'une grave maladie de son père.
L’assurée a informé le SPC, par courrier du 1
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avril 2013, que sa fille avait dû interrompre sa formation d'esthéticienne pour des raisons de santé. Elle se tenait à la disposition du SPC pour l’informer sur sa situation.
5. Après que la caisse cantonale genevoise de compensation avait été, le 18 juin 2013, informée par l’assurée de l’interruption de la formation de la fille de cette dernière et après instruction du dossier, l'office de l'assurance-invalidité du canton de Genève (ci-après : OAI), par décision du 20 septembre 2013, a supprimé avec effet rétroactif au 31 janvier 2013 la rente complémentaire pour enfant d'invalide versée en faveur de C_, et il a exigé de l’assurée le remboursement de CHF 1'250.- (5 x CHF 250.-) correspondant aux rentes complémentaires pour enfant d'invalide versées en faveur de C_ de février à juin 2013. ![endif]>![if>
L'assurée a formé recours contre cette décision le 24 septembre 2013 auprès de la chambre des assurances sociales de la Cour de justice (auprès de laquelle la cause a été enregistrée sous la référence A/3107/2013).
6. Le 10 octobre 2013, en consultant le registre des rentes, le SPC a découvert que la rente pour enfant d'invalide n'était plus versée en faveur de C_; il avait continué à verser à l’assurée mensuellement des prestations complémentaires et des subsides en faveur de sa fille C_, ce changement dans la situation de l'assurée ne lui ayant pas été annoncé, selon lui. ![endif]>![if>
Par décision du 17 octobre 2013 de prestations complémentaires et de subsides d’assurance-maladie, adressée à C_, le SPC a indiqué avoir appris que cette dernière n’était plus titulaire d’une rente AVS/AI et il a interrompu le versement des prestations en sa faveur dès le 31 janvier 2013. Il a par ailleurs exigé la restitution des montants perçus à tort de février à octobre 2013, à savoir CHF 10'170.- de prestations complémentaires fédérales et cantonales.
Le même jour, le SPC a prié le service de l’assurance-maladie (ci-après : SAM) de supprimer le droit au subside pour C_ dès le 31 janvier 2013, notant que les subsides réglés par le SAM du 1
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février au 31 octobre 2013 se montaient à CHF 3'733.20.
Par décision du 18 octobre 2013 de remboursement du subside de l’assurance-maladie, adressée à C_, le SPC a demandé le remboursement de CHF 3'733.20 de subsides.
7. Le 15 novembre 2013, l'assurée a formé opposition à l'encontre de ces deux décisions, en faisant mention du fait qu'elle avait recouru contre la décision de l'OAI lui supprimant la rente complémentaire de sa fille. Elle demandait un délai pour compléter son opposition. ![endif]>![if>
8. Par courrier du 9 décembre 2013, adressé à l’assurée, le SPC a indiqué que la somme de CHF 13'903.20 (CHF 10'170.- + CHF 3'733.20) dont le remboursement était réclamé correspondait aux prestations versées à tort pour la période du 1
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février au 31 octobre 2013. Le droit aux prestations complémentaires était subordonné à la condition du versement d'une rente de l'AVS ou de l'AI ; la fille de l'assurée ne pouvait plus prétendre à l'octroi d'une rente complémentaire pour enfant d'invalide dès le 31 janvier 2013 ; en conséquence, les prestations complémentaires versées depuis lors en sa faveur l’avaient été à tort et devaient être restituées. La fille de l'assurée n'avait pas tenu le SPC au courant, en violation de son obligation de le renseigner, du changement intervenu dans sa situation personnelle ou pécuniaire. En raison de son âge, une demande de pièces lui était envoyée chaque année pour la transmission de son contrat d’apprentissage ou de son attestation d’études ; à cette occasion, il consultait le registre des rentes. C’est en consultant ledit registre, le 10 octobre 2013, qu’il avait découvert la fin du droit à la rente de sa fille. Un délai au 6 janvier 2014 était imparti à l’assurée pour motiver son opposition et joindre tout justificatif utile. ![endif]>![if>
9. Par courrier recommandé du 4 janvier 2014, l’assurée a communiqué au SPC une copie de son écriture du 4 novembre 2013 à la chambre des assurances sociales dans la cause A/3107/2013, comportant le récit d’un conflit survenu avec la seconde épouse du père de sa fille, des problèmes de santé de ce dernier et des apprentissages interrompus par sa fille C_. ![endif]>![if>
10. Par décision du 10 janvier 2014, adressée à l’assurée, le SPC a rejeté l’opposition que cette dernière avait formée à ses décisions précitées et a confirmé sa demande de restitution de la somme de CHF 13'903.20. Le droit aux prestations complémentaires était subordonné à la condition du versement d'une rente de l'AVS ou de l'AI ; la fille de l'assurée ne pouvait plus prétendre à l'octroi d'une rente complémentaire pour enfant d'invalide dès le 31 janvier 2013 ; en conséquence, les prestations complémentaires versées depuis lors en sa faveur l’avaient été à tort et devaient être restituées. La fille de l'assurée n'avait pas tenu le SPC au courant, en violation de son obligation de le renseigner, de la décision prise par l’OAI de lui supprimer sa rente d’enfant invalide. C’est en consultant le registre des rentes, le 10 octobre 2013, qu’il avait découvert la fin du droit à la rente de la fille de l’assurée. Un recours interjeté contre la décision de l'OAI était sans incidence sur la situation en matière de prestations complémentaires, le SPC étant lié par les décisions des organes de l'AI. Seule l'admission de son recours et une nouvelle décision de rente complémentaire pour enfant de l'AI permettraient de rouvrir le droit aux prestations complémentaires en faveur de sa fille. Un recours pouvait être adressé contre cette décision à la chambre des assurances sociales de la Cour de justice, dans un délai de trente jours. ![endif]>![if>
11. Par courrier du 5 février 2014, l'assurée a déclaré s'opposer à cette décision du SPC du 10 janvier 2014, en lui envoyant copie des courriers qu'elle avait adressés à la chambre des assurances sociales dans la procédure A/3107/2013. ![endif]>![if>
Le 12 février 2014, le SPC a transmis cette « opposition » à la chambre des assurances sociales « comme objet de (sa) compétence », avec une copie de sa décision sur opposition du 10 janvier 2014. La chambre des assurances sociales a enregistré cette opposition comme un recours, sous le numéro A/439/2014.
Le 28 février 2014, déférant à l'invitation que le greffe de la chambre des assurances sociales lui avait adressée le 17 février 2014 sous peine d'irrecevabilité de son recours, l'assurée a complété son recours contre la décision sur opposition du SPC du 10 janvier 2014. Le SPC avait été informé, par un courrier du 1
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avril 2013, de l’interruption de la formation de sa fille, due à une situation familiale difficile et à l’état de santé de son père. Sa réponse, du 16 juillet 2013 seulement, avait été de lui retourner les documents qu’elle lui avait adressés, en lui disant d’informer d’abord sa caisse de compensation.
12. Ce complément de recours a été communiqué pour information au SPC le 4 mars 2014. ![endif]>![if>
Par arrêt incident du 4 mars 2014 dans la cause A/439/2014, la chambre des assurances sociales a suspendu l'instance jusqu'à droit connu dans la procédure A/3107/2013.
13. Par arrêt du 25 juin 2014, la chambre des assurances sociales a rejeté le recours A/3107/2013 de l'assurée en tant qu'il portait sur la rente d’enfant d’invalide dès le 31 janvier 2013 et le remboursement des prestations versées du 1
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février au 30 juin 2013 et a confirmé la décision attaquée sur ces points, mais elle a admis le recours en tant qu'il portait sur la suppression des prestations au-delà du 1
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mai 2014 et a renvoyé la cause à l'OAI pour instruction complémentaire et nouvelle décision sur cette question-ci. ![endif]>![if>
Cet arrêt n'a pas fait l'objet d'un recours au Tribunal fédéral. Il est donc entré en force de chose jugée à l'échéance du délai de recours au Tribunal fédéral.
14. Le 21 octobre 2014, la chambre des assurances sociales a repris l'instance et invité le SPC à lui communiquer sa réponse au recours A/439/2014. ![endif]>![if>
15. Dans sa détermination du 30 octobre 2014, le SPC a relevé qu’à teneur de l’arrêt précité du 25 juin 2014, la rente complémentaire pour enfant n’avait pas été rétablie pour la période litigieuse dans la procédure A/439/2014, allant du 1
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février au 31 octobre 2013 ; la restitution réclamée par la décision attaquée restait donc due. Le SPC s’est référé pour le surplus à ses précédentes écritures. ![endif]>![if>
16. Le 10 novembre 2014, l’assurée a indiqué à la chambre des assurances sociales qu’elle persistait à s’opposer à « la décision prise par l’AI à l’encontre de (sa) fille ». La souffrance de cette dernière était remise en question parce que la kinésiologue l’ayant suivie pendant un peu plus d’un an avait refusé d’établir un certificat médical ; sa fille n’avait pas été en mesure de poursuivre sa scolarité, mais elle était à nouveau en apprentissage, dans la vente, et scolarisée à l’École de commerce Émilie-Gourd pour l’année scolaire 2014-2015. L’assurée n’avait certes pas annoncé la situation de sa fille auprès de l’AI, mais « l’OCPA, lui (avait) bien été informé » ; il ne s’agissait que d’un oubli, et non d’une occultation de la situation. ![endif]>![if>

EN DROIT
1. a. Le présent recours porte sur la décision sur opposition du SPC du 10 janvier 2014 mettant fin, avec effet rétroactif au 31 janvier 2013, au versement des prestations complémentaires fédérales et cantonales et des subsides d’assurance-maladie effectué à la recourante en faveur de sa fille et imposant à la recourante l’obligation de rembourser CHF 13'903.20 correspondant aux prestations considérées versées du 1
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février au 31 octobre 2013, en confirmation de décisions des 17 et 18 octobre 2013. ![endif]>![if>
Les prestations complémentaires fédérales sont régies par la loi fédérale sur les prestations complémentaires à l’AVS et à l’AI, du 6 octobre 2006 (LPC -
RS 83.30
), et la loi genevoise du 14 octobre 1965 sur les prestations fédérales complémentaires à l’assurance-vieillesse et survivants et à l’assurance-invalidité (LPFC -
J 4 20
). Les prestations complémentaires cantonales le sont par la loi genevoise sur les prestations complémentaires cantonales, du 25 octobre 1968 (LPCC -
J 4 25
), et les subsides d’assurance-maladie par la loi fédérale sur l’assurance-maladie, du 18 mars 1994 (LAMal -
RS 832.19
), et la loi genevoise d’application de la loi fédérale sur l’assurance-maladie, du 29 mai 1997 (LaLAMal -
J 3 05
).
b. Conformément à l'art. 134 al. 1 let. a ch. 3 et 4 de la loi sur l'organisation judiciaire, du 26 septembre 2010 (LOJ -
E 2 05
), en vigueur dès le 1
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janvier 2011, la chambre des assurances sociales de la Cour de justice connaît en instance unique des contestations prévues à l’art. 56 de la loi fédérale sur la partie générale du droit des assurances sociales, du 6 octobre 2000 (LPGA -
RS 830.1
), relatives respectivement à la LPC et à la LAMal. Elle statue aussi, en vertu de l'art. 134 al. 3 let. a LOJ, sur les contestations prévues à l'art. 43 LPCC, ainsi que sur celles prévues à l’art. 36 LaLAMal. La chambre de céans est donc compétente pour connaître du présent recours.
c. La procédure devant la chambre de céans est régie par les dispositions de la LPGA et celles du titre IVA (soit les art. 89B à 89I) de la LPA, complétées par les autres dispositions de la LPA en tant que les articles précités de la LPA n'y dérogent pas (art. 89A LPA) ; les dispositions spécifiques que la LPC ou la LPCC ou encore la LAMal ou la LaLAMal contiennent le cas échéant sur la procédure restent réservées (art. 1 al. 1 LPC et art. 1 al. 1 LAMal).
d. Un recours adressé à une autorité incompétente doit être transmis d’office à la juridiction administrative compétente (art. 64 al. 2 phr. 1 LPA). C’est donc à juste titre que le SPC a transmis à la chambre de céans, pour raison de compétence, l’« opposition » que la recourante lui avait adressée le 5 février 2014 contre sa décision sur opposition du 10 janvier 2014. En effet, en matière de prestations complémentaires fédérales, les décisions sur opposition sont sujettes à recours dans un délai de 30 jours (art. 56 al. 1 et 60 al. 1 LPGA ; cf. également art. 9 LPFC). Il en va de même s’agissant des prestations complémentaires cantonales (art. 43 LPCC) et des subsides d’assurance-maladie (art. 36 al. 1 LaLAMal).
En cas de transmission d’un recours à la juridiction compétente, l’acte est réputé déposé à la date à laquelle il a été adressé à la première autorité. Déposé le 5 février 2014 contre une décision sur opposition du 10 janvier 2014, le recours a été interjeté en temps utile (art. 60 al. 1 LPGA).
Il satisfait aux exigences de forme et de contenu prescrites par l’art. 89B LPA.
e. Selon l'art. 59 LPGA, quiconque est touché par la décision ou la décision sur opposition et a un intérêt digne d'être protégé à ce qu'elle soit annulée ou modifiée a qualité pour recourir. L’intérêt requis peut n’être qu’un intérêt de fait ; il consiste en l’utilité pratique que l’admission du recours apporterait au recourant en lui évitant de subir un préjudice de nature économique, idéale, matérielle ou autre que la décision attaquée lui occasionnerait (
ATAS/2651/2012
du 11 juillet 2012 consid. 3). La recourante a qualité pour recourir contre la décision attaquée, en tant qu'elle met fin rétroactivement au versement de prestations lui ayant été versées de février à octobre 2013 en faveur de sa fille et lui impose l’obligation de rembourser lesdites prestations.
f. Le présent recours sera donc déclaré recevable.
2. a. Selon l’art. 2 LPC, la Confédération et les cantons accordent aux personnes qui remplissent les conditions fixées aux art. 4 à 6 des prestations complémentaires destinées à la couverture des besoins vitaux (al. 1). Les cantons peuvent allouer des prestations allant au-delà de celles qui sont prévues par la présente loi et fixer les conditions d’octroi de ces prestations (al. 2). ![endif]>![if>
D’après l’art. 4 al. 1 LPC, les personnes qui ont leur domicile et leur résidence habituelle en Suisse ont droit à des prestations complémentaires dès lors que, notamment, elles ont droit à certaines prestations d'assurances sociales, dont une rente de l’AI (art. 4 al. 1 let. c LPC). Sur le plan cantonal, les personnes qui ont leur domicile et leur résidence habituelle sur le territoire de la République et canton de Genève ont droit aux prestations complémentaires cantonales à la condition, notamment, d’être au bénéfice de certaines prestations d'assurances sociales, dont une rente de l'AI (art. 2 al. 1 let. a et b LPCC). Les bénéficiaires de prestations complémentaires (comme en l’espèce) à l’AVS/AI ont droit, sous réserve d’exceptions ici non pertinentes, à un subside d’assurance-maladie (art. 20 al. 1 let. b, 22 al. 6 et 23A LaLAMal).
Le droit aux prestations complémentaires fédérales et cantonales dépend donc directement du droit à certaines prestations sociales, dont une rente de l’AI, et le droit aux subsides d’assurance-maladie dépend directement du droit aux prestations complémentaires et ainsi indirectement du droit à certaines prestations sociales, dont une rente de l’AI.
b. La rente pour enfant prévue par l’art. 35 de la loi fédérale sur l’assurance-invalidité, du 19 juin 1959 (LAI –
RS 831.20
), est une rente de l’AI au sens des art. 4 al. 1 let. c LPC et 2 al. 1 let. b LPCC. Y ont droit les hommes et les femmes qui peuvent prétendre une rente d'invalidité pour chacun des enfants qui, au décès de ces personnes, auraient droit à la rente d’orphelin de l’assurance-vieillesse et survivants (art. 35 al. 1 LAI). Le droit à la rente d’orphelin, donc aussi à la rente d’enfant d'invalide, s’éteint au dix-huitième anniversaire de l’enfant, mais pour les enfants qui accomplissent une formation, le droit à la rente s’étend jusqu’au terme de cette formation, mais au plus jusqu’à l’âge de 25 ans révolus (art. 25 al. 4 et 5 de la loi fédérale sur l’assurance-vieillesse et survivants, du 20 décembre 1946 - LAVS -
RS 831.10
). Selon l’art. 49ter du règlement sur l’assurance-vieillesse et survivants, du 31 octobre 1947 (RAVS -
RS 831.101
), la formation est considérée comme terminée lorsqu’elle est abandonnée ou interrompue, sauf pour certains motifs, dont des raisons de santé jusqu’à une durée maximale de douze mois. Les Directives concernant les rentes de l’assurance-vieillesse, survivants et invalidité (ci-après : DR) précisent que si la formation professionnelle est interrompue prématurément, elle est considérée comme ayant pris fin ; l’enfant n’est plus considéré comme étant en formation jusqu’à une reprise éventuelle ultérieure de celle-ci ; il en est de même pour la période entre l’abandon d’un apprentissage et le début d’un nouvel apprentissage (DT n. 3368 à 3370).
c. Par son arrêt du 25 juin 2014 dans la cause A/3107/2014 (
ATAS/777/2014
), ayant acquis force de chose jugée, la chambre de céans a jugé qu’il n’avait pas été établi au degré de la vraisemblance prépondérante que la fille de la recourante avait interrompu sa formation en raison d’une incapacité médicale ; la recourante n’avait plus droit à la rente complémentaire de sa fille dès le 1
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février 2013 ; c’était à bon droit que l’OAI avait supprimé ladite rente complémentaire au-delà du 31 janvier 2013 (le dossier devant en revanche être instruit s’agissant de la situation de la fille de la recourante dès le mois de mai 2014).
Il est donc constant que, pour la période considérée en l’espèce (soit celle du 1
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février au 31 octobre 2013), l’une des conditions d’octroi de prestations complémentaires tant fédérales que cantonales n’était plus remplie, à savoir le fait d’être au bénéfice en l’occurrence d’une rente de l'AI, et qu’en conséquence l’une des conditions du droit à un subside d’assurance-maladie ne l’était plus non plus, à savoir le droit à des prestations complémentaires à l’AVS/AI.
Cette question ne saurait être rediscutée dans le cadre du présent recours, portant sur les prestations complémentaires fédérales et cantonales et les subsides d’assurance-maladie pour la période considérée. Le SPC est lié par les décisions entrées en force des organes en charge de l’application en l’espèce de la LAI. Dès l’instant que la suppression de la rente d’enfant d'invalide était entrée en force, le SPC était tenu de s'aligner sur cette décision, autrement dit de constater que les prestations complémentaires et les subsides d’assurance-maladie versés à la recourante en considération de cette rente d’enfant dfd'invalide n’étaient pas dus depuis février 2013, et donc déjà de mettre fin à leur versement. La suppression de la rente d’enfant d'invalide ayant été prononcée avec effet rétroactif au 1
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février 2013, c’est aussi depuis cette date que la modification des décisions d’octroi des prestations complémentaires et des subsides d’assurance-maladie devait être décidée.
C’était un cas de révision des décisions en application desquelles lesdites prestations avaient été versées, à savoir un cas dans lequel des faits nouveaux importants ou des nouveaux moyens de preuve qui ne pouvaient être produits auparavant avaient été découverts (art. 53 al. 1 LPGA). Dans un tel cas, l’administration est tenue de procéder à la révision de décisions ou de décisions sur opposition formellement passées en force, et ce dans un délai relatif de 90 jours dès la découverte du motif de révision et un délai absolu de 10 ans commençant à courir avec la notification de la décision (art. 67 de la loi fédérale sur la procédure administrative, du 20 décembre 1968 - PA –
RS 172.021
, applicable par renvoi de l’art. 55 al. 1 LPGA ; ATF
130 V 318
consid. 5 ; ATF
129 V 110
consid. 1.1 ; ATF
122 V 21
consid. 3a, 138 consid. 2c, 173 consid. 4a, 272 consid. 2,
121 V 4
consid. 6 et les références ; arrêt du Tribunal fédéral I.528/06 du 3 août 2007 consid. 4.2 et les références).
d. C’est donc à bon droit que le SPC a confirmé, le 10 janvier 2014, la suppression du droit aux prestations complémentaires fédérales et cantonales et aux subsides d’assurance-maladie, avec effet rétroactif au 1
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