Decision ID: 8ad73ad4-1ccc-5f7b-948f-9a41aa16a4c1
Year: 2017
Language: fr
Court: FR_TC
Chamber: FR_TC_005
Canton: FR
Region: Espace_Mittelland
Law Area: penal_law

considérant en fait
A. Le 15 septembre 2008, E._, par l’intermédiaire de son avocat, a dénoncé auprès de l’Office des Juges d’instruction les agissements des organes des sociétés F._ Sàrl et G._ Sàrl en liquidation, dont C._ et D._ étaient les associés-gérants. A l’appui de sa dénonciation, il a allégué avoir versé trois acomptes de CHF 35'000.- chacun à la société G._ Sàrl pour la fabrication d’éléments en béton de sa maison que la société F._ Sàrl s’était engagée à réaliser par contrat du 26 mai 2007 pour un coût de CHF 529'055.55, certains prix ayant été fixés à forfait. Or, la société H._ Sàrl avait déposé une requête d’inscription provisoire d’une hypothèque légale des artisans et des entrepreneurs pour l’exécution de divers éléments de construction préfabriqués en béton armé en sous-traitance de la société F._ Sàrl sans avoir été payée. E._ s’est dès lors aperçu que la société G._ Sàrl, à laquelle il avait versé CHF 105'000.- d’acomptes, n’était pas intervenue sur son chantier et n’avait pas versé la totalité de l’argent reçu à H._ Sàrl.
Une dénonciation similaire a été déposée par I._ et J._ le 22 septembre 2008 et une instruction pénale a été ouverte à l’encontre de C._ et D._ pour escroquerie, éventuellement par métier, éventuellement gestion déloyale, gestion fautive, abus de confiance, infraction à la loi fédérale sur l’assurance-vieillesse et survivants. Dans le cadre de cette enquête, plusieurs missions ont été attribuées au conseiller économique de l’Office des Juges d’instruction ainsi qu’à la brigade financière de la police cantonale. L’autorité de poursuite pénale a en outre requis d’autres clients de la société F._ Sàrl la production de documents en lien avec la construction de leur maison, à l’instar de A._ et B._, lesquels se sont constitués parties plaignantes comme demandeurs au pénal et au civil le 25 janvier 2013.
Auditionnés sur les faits, C._ et D._ ont reconnu avoir utilisé les fonds provenant de certains de leurs clients à d’autres fins que le paiement des factures liées au chantier respectif de chacun d’entre eux, soit notamment au paiement de frais généraux de la société K._ Sàrl et de factures relatives aux travaux d’autres clients.
B. Par ordonnance du 12 mai 2017, le Ministère public a classé la procédure pénale ouverte à l’encontre de C._ et D._ au motif que les conditions d’application de l’art. 53 CP étaient réalisées s’agissant de l’infraction d’abus de confiance et que les éléments constitutifs des autres infractions n’étaient pour le surplus pas réunis.
C. Par courrier du 16 mai 2017 adressé au Ministère public, A._ et B._ ont interjeté recours contre l’ordonnance de classement.
Le 26 mai 2017, le Ministère public a transmis le recours à la Chambre pénale comme objet de sa compétence.
A._ et B._ ont indiqué, par courrier du 3 juin 2017, ne pas être financièrement en mesure de s’acquitter de l’avance de frais requise pour la procédure de recours. Le Président de la Chambre de céans a donc considéré ce courrier comme une demande d’assistance judiciaire et a révoqué la demande de sûretés qui leur avait été adressée. Par courrier du 20 juin 2017, dite autorité a fait suite à la requête des époux A._ et B._ du 12 juin 2017 indiquant ne pas demander le bénéfice de l’assistance judiciaire et requérant de pouvoir s’acquitter mensuellement d’un montant de sûretés de CHF 100.- jusqu’à concurrence de CHF 600.-. La
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demande de sûretés initiale de CHF 600.- a finalement été révoquée le 26 juillet 2017, A._ et B._ ayant exposé être confrontés à des frais dentaires imprévus et urgents.
Invité à se déterminer sur le recours, le Ministère public a conclu, par courrier du 19 juin 2017, à ce que le recours de A._ et B._ soit déclaré irrecevable, subsidiairement à ce qu’il soit rejeté, avec suite de frais.
Le 21 juin 2017, A._ et B._ ont fait parvenir une détermination spontanée au Ministère public dont une copie a été adressée à la Chambre de céans.
C._ s’est déterminé sur le recours le 29 septembre 2017 et D._ le 9 octobre 2017. Tous deux concluent au rejet du recours avec suite de frais, invoquant en substance que les exigences de motivation du recours ne sont pas respectées, que les griefs soulevés par A._ et B._ relèvent non pas du droit pénal mais du droit civil, et que l’enquête pénale a clairement démontré qu’aucun transfert d’argent leur appartenant n’est intervenu entre les sociétés dont ils étaient les organes et d’autres clients.

en droit
1. 1.1 Aux termes des art. 322 al. 2 et 20 al. 1 let. b du code de procédure pénale suisse du 5 octobre 2007 (CPP; RS 312.0) et 85 al. 1 de la loi du 31 mai 2010 sur la justice (LJ; RSF 130.1), la voie du recours à la Chambre pénale est ouverte contre une ordonnance de classement. Le délai de recours est de dix jours (art. 322 al. 2 et 396 al. 1 CPP). Conformément à l’art. 91 al. 1 CPP, le délai est réputé observé si l’acte de procédure est accompli auprès de l’autorité compétente au plus tard le dernier jour du délai. Le délai est également réputé observé si l’écrit parvient au plus tard le dernier jour du délai à une autorité suisse non compétente. Celle-ci transmet l’écrit sans retard à l’autorité pénale compétente (art. 91 al. 4 CPP).
En l’espèce, l’ordonnance querellée a été notifiée le 15 mai 2017 et le recours, déposé auprès d’un office de poste suisse le 16 mai 2017 et adressé au Ministère public, a été transmis par celui-ci à la Chambre de céans le 29 mai 2017. Il s’ensuit que le délai de recours a été respecté.
1.2 A._ et B._ ont indubitablement qualité pour recourir (art. 382 al. 1 CPP).
1.3 La Chambre statue sans débats (art. 397 al. 1 CPP).