Decision ID: 08f94d1d-fabd-551a-9649-4e2cb77e119a
Year: 2019
Language: fr
Court: FR_TC
Chamber: FR_TC_004
Canton: FR
Region: Espace_Mittelland
Law Area: civil_law

considérant en fait
A. En date du 9 novembre 2018, B._, né en 1954, a subi un grave accident de la route qui l’a plongé dans un état de coma. A la requête de l’une de ses filles, A._, la Juge de paix de l’arrondissement de la Veveyse (ci-après: la Juge de paix) a institué, en date du 11 décembre 2018, une curatelle de portée générale provisoire en faveur de B._, ce dernier étant dans l’incapacité de gérer seul ses affaires administratives et financières. Elle a nommé A._ en qualité de curatrice de son père.
Le 25 avril 2019, le Dr C._, médecin chef de clinique auprès du Centre de soins hospitaliers du Réseau fribourgeois de santé mentale (ci-après: CSH Marsens), a fait part à la Justice de paix de l’arrondissement de la Veveyse (ci-après: la Justice de paix) de ses inquiétudes par rapport à la situation de son patient, B._, mettant en évidence des dysfonctionnements dans sa représentation et estimant qu’il serait préférable qu’un curateur professionnel soit nommé pour le représenter à la place de sa fille.
Le 13 juin 2019, B._ et A._ ont comparu à la séance de la Justice de paix.
En substance, B._ a déclaré qu’il se sentait actuellement bien et qu’il n’avait plus de douleurs ni de séquelles neuropsychologiques. L’intéressé a exposé être retourné vivre à domicile il y a quelques semaines. Il a également déclaré que la gestion de ses affaires par sa fille s’était bien passée au cours des derniers mois.
A._ a quant à elle fait état d’une évolution positive de l’état de santé de son père. Elle a, en substance, déclaré qu’il était désormais autonome au niveau de son état de santé, malgré le fait que le pronostic des médecins n’était pas encourageant. Il voit actuellement une neuropsychologue et une ergothérapeute et débutera prochainement un suivi psychiatrique. Il bénéficie également des soins à domicile à raison de trois fois par jour. Dans le cadre de son mandat, la curatrice a déclaré avoir fait recours contre la SUVA, contre l’AI et contre l’Etat de Fribourg, par l’entremise de Me D._, avocat, qu’elle a mandaté. Selon A._, l’intéressé a beaucoup de ressources. Il est très responsable et conscient qu’il ne doit pas s’alcooliser. Ainsi, la curatrice a déclaré qu’il ne nécessite, selon elle, plus de mesure de curatelle et qu’il est tout à fait capable de reprendre la gestion de ses affaires.
Le 24 juin 2019, la Juge de paix a abordé Me D._ pour qu’il l’informe de la nature et de l’historique des procédures en cours contre l’AI et la SUVA et, le cas échéant, pour qu’il se détermine sur l’éventuelle nécessité de lui accorder des autorisations de plaider.
Par courrier du 5 juillet 2019, Me D._, a détaillé la nature des procédures engagées au nom de B._, à savoir deux procédures pendantes devant la Cour des assurances sociales du Tribunal cantonal, l’une à l’encontre de la décision sur opposition rendue par la SUVA, le 25 janvier 2019, et l’autre à l’encontre de celle rendue par l’Office AI, le 2 avril 2019, ainsi qu’une procédure pénale à l’encontre de la conductrice du véhicule ayant heurté B._, le 9 novembre 2018. Il a requis l’autorisation de plaider dans le cadre de ces trois procédures, que la Justice de paix lui a accordée, par décision du 6 août 2019.
B. Par décision du 6 septembre 2019, la Justice de paix a confirmé la curatelle de portée générale instituée en faveur de B._ par décision superprovisonnelle du 11 décembre 2018. Elle a précisé qu’un nouveau point de situation serait effectué à l’issue d’une période de six mois afin de déterminer si la mesure est toujours adaptée à la situation de l’intéressé. De plus, elle
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a relevé A._ de ses fonctions de curatrice de B._, avec effet au 31 octobre 2019, et lui a nommé, avec effet au 1er novembre 2019, un nouveau curateur en la personne de E._, curateur professionnel auprès du Service officiel des curatelles de la Veveyse, frais judiciaires à la charge de B._.
C. Par courrier du 29 octobre 2019, A._ a interjeté recours contre cette décision, contestant uniquement la levée de son mandat de curatelle en faveur de son père.
D. Par courrier du 30 octobre 2019, B._ a également interjeté recours contre cette décision, s’opposant uniquement à ce que sa fille soit relevée de son mandat.
E. Invitée à se déterminer sur les recours, la Justice de paix a confirmé sa décision du 6 septembre 2019 et renoncé à se déterminer formellement.

en droit
1.
1.1. En l'absence de dispositions cantonales contraires, les dispositions de la procédure civile s'appliquent par analogie (art. 450f CC).
1.2. Dans la mesure où les recours de A._ et B._ portent sur la même décision, concernent la même personne, traitent du même complexe de faits et de la même question, il se justifie, à des fins de simplification du procès, de joindre les causes nos 106 2019 74 et 106 2019 83 et de statuer en un seul et même arrêt, en application de l'art. 125 let. c CPC.
1.3. Selon l'art. 8 de la loi du 15 juin 2012 concernant la protection de l'enfant et de l'adulte (LPEA), le Tribunal cantonal connaît des recours contre les décisions rendues par l'autorité de protection - soit la Justice de paix (art. 2 al. 1 LPEA) - ou par son président ou sa présidente. La Cour de protection de l'enfant et de l'adulte (ci-après: la Cour, art. 14 al. 1 let. c du Règlement du Tribunal cantonal du 22 novembre 2012 précisant son organisation et son fonctionnement [RTC]) est compétente pour statuer.