Decision ID: 4418e949-f054-5fd7-90ee-294b9c1dd412
Year: 2019
Language: fr
Court: FR_TC
Chamber: FR_TC_001
Canton: FR
Region: Espace_Mittelland
Law Area: civil_law

considérant en fait
A. Le 10 février 2017, D._ Sàrl, en qualité d’acquéresse, et E._, en qualité de vendeur, ont conclu un contrat de vente à terme portant sur les art. fff, ggg, hhh, iii et jjj du registre foncier de la Commune de C._ et par lequel le vendeur a concédé un droit d’emption cessible à l’acquéresse. Ce droit d’emption a été cédé le 24 mars 2017 à D._ SA, devenue par la suite A._ SA (ci-après la recourante). Le 26 avril 2018, un nouveau contrat de vente à terme portant sur les mêmes immeubles a été conclu entre la recourante et E._, annulant et remplaçant celui du 10 février 2017, afin de prolonger la validité de la promesse de vente. Ce contrat prévoit une clause pénale/arrhes qui a la teneur suivante: « Au cas où le solde du prix de vente précité de CHF 11'500'000.- ne serait pas versé en mains du notaire soussigné valeur au plus au 31 juillet 2018, le présent acte serait réputé caduc, mise à part la présente clause, les divers acomptes d’un montant total de CHF 700'000.- versés par l’acquéresse restant acquis au vendeur, réputé qu’ils seraient alors avoir été versés à titre d’arrhes. Les frais d’établissement du présent acte seraient supportés, dans cette hypothèse par l’acquéresse. La société A._ SA s’engage en outre dans cette dernière hypothèse à remettre gratuitement les 34 permis de construire qu’elle a obtenus ce jour. » (cf. contrat p. 15 ch. IV.1).
En effet, la recourante avait requis de la Commune de C._ 34 permis de construire qui lui ont été délivrés les 27 février, 6, 7 et 8 mars 2018. Les factures correspondantes lui ont été adressées les 4, 11, 13 avril 2018 et 21 août 2018 pour un montant total de CHF 345'241.90.
Le 4 septembre 2017, au bénéfice d’une procuration délivrée par le propriétaire des immeubles objet du contrat de vente à terme, la recourante a également conclu une convention avec la Commune de C._, notamment pour régler certaines questions d’équipement du secteur ainsi que le financement des infrastructures. La recourante s’est engagée à verser la somme de CHF 118'000.- à la Commune de C._ à titre de participation aux infrastructures de base du périmètre, payable en plusieurs tranches. La facture n° 78616 de CHF 25'000.- correspondant au deuxième acompte prévu à l’art. 4.1 de cette convention a été adressée à la recourante le 18 juillet 2018.
Toutes ces factures n’ont pas fait l’objet d’une réclamation, conformément à l’attestation du Conseil communal de C._ du 21 novembre 2018. Néanmoins, elles n’ont pas été payées par la recourante qui a demandé à la Commune de C._, les 22 mai et 3 juillet 2018, de surseoir à leur encaissement jusqu’au début des travaux, prévus en octobre 2018. La Commune de C._ a répondu le 20 juillet 2018 que les factures pour les permis de construire devaient être réglées dans un délai de 20 jours et que le Conseil communal n’entrerait pas en matière pour une éventuelle négociation à ce sujet pour des raisons d’égalité de traitement. .
La recourante n’est pas parvenue à verser le solde du prix de vente à la date convenue à E._, de sorte qu’elle n’est pas devenue propriétaire des immeubles susmentionnés et n’a pas pu entreprendre les constructions envisagées.
B. Le 6 novembre 2018, l’Office des poursuites K._ a notifié à A._ SA le commandement de payer no lll, établi à l’instance de la Commune de C._ qui poursuit le recouvrement des factures portant sur les 34 permis de construire qui lui ont été délivrés et sur la participation aux infrastructures de base pour le montant en capital de CHF 370'241.90. A._ SA y a formé opposition totale le même jour.
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C. Le 22 novembre 2018, une requête de mainlevée a été déposée par la Commune de C._ qui a produit toutes les factures impayées. Par décision du 8 mars 2019, le Président du Tribunal civil de l’arrondissement de la Gruyère (ci-après: le Président) a prononcé la mainlevée définitive de l’opposition formée par A._ SA pour le montant de CHF 370'241.90, intérêts et frais de poursuite en sus.
D. A._ SA a recouru contre cette décision par mémoire du 18 mars 2019 complété par son mandataire le 25 mars 2019. Elle conclut à la modification de la décision attaquée en ce sens que la requête de mainlevée définitive formée le 22 novembre 2018 par la Commune de C._ soit rejetée, avec suite de frais et dépens; subsidiairement, elle conclut à l’annulation de la décision attaquée et au renvoi de la cause à l’autorité précédente pour nouvelle décision dans le sens des considérants.
L’effet suspensif a été accordé par arrêt présidentiel du 27 mars 2019.
Dans sa réponse du 23 avril 2019, la Commune de C._ conclut au rejet du recours avec suite de frais et dépens.
E. Le 14 mai 2019, A._ SA, qui a agi seule, a déposé une détermination accompagnée d’un lot de pièces. Le 16 mai 2019, elle a averti la Cour que son mandataire avait décidé de mettre un terme à son mandat et elle requiert de suspendre toute décision pour 30 jours afin d’avoir une représentation légale qui préserve ses droits. Le 24 mai 2019, la recourante, agissant à nouveau seule, a adressé à la Cour une détermination spontanée avec 37 pièces. Le 27 mai 2019, Me Jérôme Magnin a informé la Cour que toute élection de domicile en son étude était révoquée.

en droit
1.
1.1. Seule la voie du recours (art. 319 ss du Code de procédure civile du 19 décembre 2008 [CPC]) au Tribunal cantonal est ouverte (art. 319 lit. a CPC), l'appel n'étant pas recevable contre une décision de mainlevée (art. 309 lit. b ch. 3 CPC). La procédure sommaire étant applicable (art. 251 let. a CPC), le recours doit être déposé dans les dix jours à compter de la notification (art. 321 al. 2 CPC), délai que la recourante a respecté. La Cour statue sans débats (art. 327 al. 2 CPC). La cognition de la Cour d’appel est pleine et entière en droit; s’agissant des faits, elle est limitée à leur constatation manifestement inexacte (art. 320 CPC).
1.2. La valeur litigieuse est de CHF 370'241.90.
1.3. Conformément à l’art. 326 al. 1 CPC, les allégations de faits et les preuves nouvelles sont irrecevables. En effet, en procédure de recours, le tribunal de deuxième instance doit statuer sur un état de fait identique à celui examiné par le premier juge. Cette règle, stricte, s’explique par le fait que l’instance de recours a pour mission de contrôler la conformité au droit de la décision entreprise, mais pas de poursuivre la procédure de première instance; à l’instar du Tribunal fédéral, l’instance de recours doit contrôler la juste application du droit à un état de fait arrêté définitivement. Le deuxième alinéa de cette disposition réserve certes les dispositions spéciales de la loi, mais la procédure de mainlevée n’est pas visée par cette réserve. L’interdiction des faits nouveaux s’applique également à la partie adverse (cf. arrêt TF 5A_950/2014 du 16 avril 2015 consid. 3.5).
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La Cour statuera sur la base des allégués et des pièces produites en première instance. Les allégations et les pièces produites au stade du recours uniquement, en particulier les nombreux documents produits par la recourante avec son recours du 18 mars 2019 ainsi que les allégués contenus dans ses courriers des 14 et 24 mai 2019 ainsi que les pièces produites à leur appui, constituent de nouveaux moyens, lesquels sont tardifs au regard de l’art. 326 al. 1 CPC, et ainsi irrecevables. Il n’en sera dès lors pas tenu compte.