Decision ID: ce3918c1-77ec-58f9-9926-fc5c1dbd278e
Year: 2014
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_013
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: public_law

EN FAIT
1) Par décision du 18 juin 2014, la division de la formation et des étudiants de l’Université de Genève (ci-après : l’université), statuant sur opposition, a confirmé sa décision initiale du 11 avril 2014 de refuser la demande d’admission de Madame A_, la candidature de cette dernière ne répondant pas aux exigences en la matière. Ses études antérieures étaient en effet mixtes et abrégées. ![endif]>![if>
2) Le 10 juillet 2014, Mme A_ a recouru auprès de la chambre administrative de la Cour de justice (ci-après : la chambre administrative) contre la décision susmentionnée, concluant à son annulation et à ce qu’elle soit admise à l’université pour le semestre d’automne 2014-2015. Subsidiairement, elle a conclu à ce que la cause soit retournée à l’université pour nouvelle décision. ![endif]>![if>
L’université avait excédé son pouvoir d’appréciation en lui refusant l’accès à son enseignement car elle avait obtenu un baccalauréat français de la série L avec spécialité en mathématiques, avec une moyenne de 14,48/20, qui, selon les prescriptions publiées, devait être reconnu comme titre équivalent à un titre suisse, même si elle avait suivi la fin de son parcours en France. Les exigences semblaient avoir été modifiées entre le dépôt de la demande d’admission et la décision sur opposition, intervenue tardivement, ce qui ne saurait lui être opposé. Une partie de ces exigences n’était pas conforme à la convention de Lisbonne sur la reconnaissance des qualifications relatives à l’enseignement supérieur dans la région européenne du 11 avril 1997 (
RS 0.418.8
), à laquelle la Suisse et la France étaient parties, et ses dispositions d’application. La décision querellée violait ainsi le droit supérieur. Elle était arbitraire. Enfin, elle ne répondait pas à certains arguments soulevés dans l’opposition, de sorte qu’elle violait le droit d’être entendu.
3) Le 14 août 2014, après avoir pris connaissance du recours de Mme A_, l’université a conclu au renvoi de la cause auprès d’elle, afin qu’elle puisse revoir certaines circonstances auxquelles il n’avait pas été répondu dans le cadre de la décision sur opposition du 18 juin 2014, et puisse rendre une nouvelle décision après examen complet. En tout état, elle réservait sa position quant au fond. ![endif]>![if>
4) Le 18 août 2014, la détermination de l’université a été transmise à Mme A_ et les parties ont été informées que la cause était gardée à juger au vu des conclusions y figurant. ![endif]>![if>

EN DROIT
1) Interjeté en temps utile devant la juridiction compétente, le recours est recevable (art. 132 de la loi sur l'organisation judiciaire du 26 septembre 2010 LOJ -
E 2 05
; art. 62 al. 1 let. a de la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 1985 - LPA -
E 5 10
).![endif]>![if>
2) Le recours a effet dévolutif (art. 67 al. 1 LPA). L'autorité de première instance peut cependant, en cours de procédure, reconsidérer ou retirer sa décision. Elle doit alors notifier sans délai sa nouvelle décision aux parties et en donner connaissance à la juridiction saisie du recours contre la décision initiale, qui continue à le traiter dans la mesure où la nouvelle décision ne l'a pas rendu sans objet (art. 67 al. 2 et 3 LPA).![endif]>![if>
La juridiction administrative est liée par les conclusions des parties (art. 69 al. 1 LPA).
3) En l’espèce, l’intimée n’a pas retiré ni reconsidéré la décision querellée mais, ayant identifié des insuffisances dans l’instruction du cas et la motivation de ladite décision, a conclu à ce que la cause lui soit renvoyée pour nouvelle décision sur opposition après examen complet de toutes les circonstances. ![endif]>![if>
Ces conclusions rejoignent en partie celles de la recourante tendant notamment à l'annulation de la décision querellée. Elles sont de nature à lui permettre en outre de bénéficier d'un nouvel examen de la situation, dans le respect de ses droits procéduraux, par l'autorité intimée, dont elle pourra contester, cas échéant, la nouvelle décision par-devant la chambre de céans.
4. Au vu de ce qui précède, le recours sera admis partiellement. La décision querellée sera annulée et la cause renvoyée à l’autorité intimée pour complément d'instruction et nouvelle décision sur opposition.
Vu les motifs ayant conduit à l'issue du litige, aucun émolument ne sera perçu. Une indemnité de procédure de CHF 500.- sera allouée à la recourante, à charge de l'Université de Genève (art. 87 LPA).
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