Decision ID: deaf6bda-88fc-5fe6-90da-40b0dcfc93d9
Year: 2018
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_007
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 

EN FAIT
, que par actes expédiés le 22 mars 2018 au greffe de la Chambre de surveillance, l'ETAT DE VAUD s'est plaint d'un déni de justice et/ou d'un retard injustifié de la part de l'Office des poursuites (ci-après : l'Office) dans le traitement des poursuites requises respectivement les 6 et 17 février 2017 contre A_;
Que la plainte relative à la première poursuite, n° 17 xxxx62 F, a été référencée sous A/997/2018 et celle relative à la seconde poursuite, n° 17 xxxx31 L, sous A/998/2018;
Que dans ses observations du 9 avril 2018, l'Office s'en est rapporté à justice sur le bien-fondé des plaintes et a exposé ce qui suit :
- le commandement de payer, poursuite n°17 xxxx62 F, a été édité le 12 avril 2017 et remis le même jour à la Poste en vue de sa notification à l'adresse indiquée sur la réquisition (B_, C_); l'acte a été retourné par la Poste le 23 mai 2017, avec la mention "
destinataire introuvable; pas de boîte aux lettres, inconnu
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- le commandement de payer, poursuite n°17 xxxx31 L, a été édité le 13 avril 2017 et remis le même jour à la Poste en vue de sa notification à l'adresse indiquée sur la réquisition (c/o D_, E_, C_); l'acte a été retourné par la Poste le 2 mai 2017, avec la mention "
destinataire introuvable; n'est plus à cette adresse
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- une convocation a été expédiée au débiteur le 6 juin 2017, à E_, suivie d'une sommation le 2 août 2017;![endif]>![if>
- un collaborateur de l'Office s'est rendu le 26 octobre 2017 à l'adresse précitée et a constaté que le débiteur n'habitait pas dans l'immeuble concerné; ![endif]>![if>
- une convocation a été expédiée au débiteur le 24 novembre 2017, cette fois à l'avenue B_, "
c/o F_
", suivie d'une sommation le 6 décembre 2017; la convocation et la sommation ont été retournées par la Poste respectivement les 11 décembre 2017 et 15 janvier 2018, chacune avec la mention "
changement d'adresse
";![endif]>![if>
- un collaborateur de l'Office s'est rendu le 26 janvier 2018 à B_ et a constaté que le nom du débiteur ne figurait pas sur la porte ni sur la boîte aux lettres; selon l'agent notificateur, "
le doute persistait, le débiteur étant chez quelqu'un
", de sorte qu'un avis vert a été déposé en vue d'un deuxième passage;![endif]>![if>
- un second passage a été effectué le 16 février 2018 et un avis jaune a été déposé "
informant le débiteur de l'éventuel établissement d'un mandat de conduite
"; ![endif]>![if>
- un mandat de conduite a été rédigé par l'Office le 19 mars 2018;![endif]>![if>
Que par avis du 12 avril 2018, les parties ont été informées que l'instruction de la cause était close.
Considérant,

EN DROIT
, que la Chambre de surveillance est compétente pour statuer sur les plaintes formées en application de la LP (art. 13 LP; 125 et 126 al. 2 let. c LOJ;
6 al. 1 et 3 et 7 al. 1 LaLP) contre des mesures prises par l'Office qui ne peuvent être attaquées par la voie judiciaire (art. 17 al. 1 LP);
Que la plainte peut être déposée en tout temps lorsque le plaignant fait valoir un déni de justice ou un retard à statuer (art. 17 al. 3 LP);
Qu'en l'espèce, la plaignante faisant valoir un retard injustifié, ses plaintes, qui répondent par ailleurs aux exigences minimales de forme (art. 9 al. 1 et 2 LaLP; 65 al. 1 et 2 LPA, applicable par renvoi de l'art. 9 al. 4 LaLP), sont recevables;
Que dans la mesure où elles reposent sur un même état de fait et des fondements juridiques identiques, il y a lieu de les joindre en une même procédure (art. 70 LPA
cum
art. 9 al. 4 LaLP);
Qu'il y a retard non justifié, au sens de l'art. 17 al. 3 LP, lorsqu'un organe de l'exécution forcée n'accomplit pas un acte qui lui incombe – d'office ou à la suite d'une requête régulière – dans le délai prévu par la loi ou dans un délai raisonnable compte tenu de l'ensemble des circonstances (Cometta/Möckli, BAK SchKG I, 2
ème
éd., 2010, n. 31-32 ad art. 17 LP; Dieth/Wohl, KUKO SchKG, 2
ème
éd., 2014, n. 32 ad art. 17 LP; Erard, CR LP, 2005, n. 55 ad art. 17 LP);
Qu'à réception d'une réquisition de poursuite, l'Office vérifie que celle-ci est conforme aux prescriptions de l'art. 67 al. 1 et 2 LP ainsi que, sur la base des indications données par le créancier et de ses propres vérifications, sa compétence à raison du lieu. Si la réquisition de poursuite répond aux exigences de l'art. 67 al. 1 et 2 LP et n'est pas nulle pour un autre motif, l'Office rédige (art. 69 al. 1 LP) et notifie (art. 71 al. 1 LP) sans attendre le commandement de payer. Ces dispositions constituent des prescriptions d'ordre imposant à l'Office d'agir sans délai, "aussi vite que possible"; leur éventuelle violation est toutefois sans effet sur la validité du commandement de payer (Gillieron, Commentaire LP, n. 14 ad art. 71 LP; Malacrida/Roesler, in KUKO SchKG,
n. 3 ad art. 71 LP);
Qu'en l'espèce, plusieurs semaines se sont écoulées entre le dépôt des réquisitions de poursuite et l'édition des commandements de payer correspondants (environ 2 mois pour la première et 1.5 mois pour la seconde), ce qui est excessif au regard de l'exigence de célérité fixée à l'art. 69 al. 1 LP;
Qu'après avoir été informé par la Poste que le débiteur était introuvable aux deux adresses indiquées (B_ et E_), l'Office a patienté respectivement cinq et neuf mois avant d'envoyer un agent notificateur vérifier sur place si le débiteur logeait dans l'un ou l'autre de ces deux immeubles voisins;
Que dans la mesure où le débiteur n'était –
a priori
– pas domicilié aux adresses indiquées, il semblait pourtant judicieux de prévoir derechef un passage sur place plutôt que d'envoyer des convocations et des sommations à un destinataire peu susceptible de les recevoir;
Que même en tenant compte des féries et de la difficulté à localiser le débiteur, les délais susvisés ne sont manifestement pas compatibles avec l'exigence de célérité et de diligence imposée par l'art. 71 al. 1 LP;
Qu'au vu de ces retards injustifiés, les plaintes seront par conséquent admises;
Que dans la mesure où les commandements de payer n'avaient toujours pas été notifiés lorsque les causes ont été gardées à juger, ordre sera donné à l'Office de poursuivre sans désemparer et jusqu'à son terme la procédure de notification de ces actes;
Que pour le surplus, la procédure de plainte est gratuite (art. 20a al. 2 ch. 5 LP; 61 al. 2 let. a OELP) et il n'est pas alloué de dépens (art. 62 al. 2 OELP).
* * * * *