Decision ID: 9cbaec15-39f7-566a-8bea-88ef7b505714
Year: 2018
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_013
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: public_law

EN FAIT
1. Par décision du 17 mars 2016, l'Aéroport International de Genève (ci-après : AIG) a retiré la carte d'identité aéroportuaire (ci-après : CIA) de Monsieur A_, employé d'une société de service indépendante de l'Aéroport. Cette carte, qui lui avait dans les faits été retirée dès le 23 décembre 2015, permettait à l'intéressé d'accéder aux zones sécurisées situées sur le site. L'AIG a motivé ce retrait en expliquant que, dans le cadre d'un contrôle, les services de police genevois avaient indiqué posséder des renseignements défavorables au sujet de M. A_. Ceux-ci entraient en conflit avec les critères du Programme national de sûreté de l'aviation civile (aussi appelé NASP) qui prévalaient pour l'octroi de la carte d'identité aéroportuaire. Une voie de recours auprès du Tribunal administratif fédéral (ci-après : TAF) était mentionnée.![endif]>![if>
2. Le 3 mai 2016, M. A_ a interjeté recours auprès du TAF contre cette décision.![endif]>![if>
3. Par arrêt du 21 juillet 2016, le TAF a déclaré le recours irrecevable. Il a considéré en substance que l'Aéroport n'était pas habilité à rendre des décisions et que, partant, comme il n'existait pas de décision attaquable, le Tribunal administratif fédéral était incompétent pour traiter du recours.![endif]>![if>
4. Le 14 septembre 2016, M. A_ a interjeté recours en matière de droit public auprès du Tribunal fédéral contre l'arrêt précité.![endif]>![if>
5. Le 19 août 2016, M. A_ a interjeté recours auprès de la chambre administrative de la Cour de justice (ci-après : la chambre administrative) contre la décision de l'AIG, concluant principalement à son annulation.![endif]>![if>
6. Par décision du 1
er
novembre 2016, la chambre administrative a prononcé la suspension de la procédure jusqu'à droit jugé devant le Tribunal fédéral, étant précisé qu'elle était saisie de plusieurs dossiers de personnes dans la même situation que M. A_.![endif]>![if>
7. Par ordonnance du 4 novembre 2016, le Tribunal fédéral a pris acte du retrait du recours de M. A_.![endif]>![if>
8. Par arrêts du 31 juillet 2018 dans trois des causes similaires susmentionnées (
2C_855/2016
,
2C_857/2016
et
2C_859/2016
), le Tribunal fédéral a admis les recours, annulé les arrêts du TAF et renvoyé les causes à ce dernier afin qu'il se prononce sur le bien-fondé des décisions de l'AIG.![endif]>![if>
9. Le 15 août 2018, M. A_ a signalé la notification des trois arrêts précités du Tribunal fédéral. Il n'était partie à aucune de ces trois procédures, et demandait que son dossier soit transmis, pour raison de compétence, au TAF.![endif]>![if>
10. Le 22 août 2018, le juge délégué a invité les parties à se déterminer sur la suite de la procédure.![endif]>![if>
11. Le 29 août 2018, l'AIG a indiqué que dans la mesure où l'intéressé avait retiré son recours au Tribunal fédéral, et que le retrait du recours valait désistement d'action ou tout du moins d'instance, son recours devait être déclaré irrecevable, et ne pouvait être transmis au TAF.![endif]>![if>
12. Le 30 août 2018, M. A_ s'est également déterminé. Le retrait de son recours auprès du Tribunal fédéral ne valait nullement désistement d'action, puisque dans l'intervalle l'action avait été transmise par ses soins à la chambre administrative. Il était aujourd'hui admis que la chambre administrative n'était pas compétente pour trancher le recours déposé devant elle. En conséquence, elle devait transmettre le dossier au TAF, qui statuerait sur la recevabilité du recours.![endif]>![if>
13. Sur ce, la cause a été gardée à juger.![endif]>![if>

EN DROIT
1. La chambre administrative est l’autorité supérieure ordinaire de recours en matière administrative (art. 132 al. 1 de la loi sur l’organisation judiciaire du 26 septembre 2010 - LOJ -
E 2 05
). Elle examine d’office sa compétence, qui est déterminée par la loi et ne peut être créée par accord entre les parties (art. 11 al. 1 et 2 LPA. ![endif]>![if>
Sauf exceptions prévues par la loi ou lorsque le droit fédéral ou une loi cantonale prévoit une autre voie de recours (art. 132 al. 8 LOJ), elle statue sur les recours formés contre les décisions des autorités et juridictions administratives au sens des art. 4, 4A, 5, 6 al. 1 let. d et 57 LPA (art. 132 al. 2 LOJ).
2. Dans ses arrêts du 31 juillet 2018, le Tribunal fédéral a jugé que la compétence décisionnelle de l’intimé en matière de retrait de cartes d'identité aéroportuaires devait être admise en vertu du droit fédéral ; par conséquent, le TAF ne pouvait refuser d'entrer en matière sur le recours au motif que l'acte de retrait du 17 mars 2016 n'était pas une décision (arrêts du Tribunal fédéral
2C_855/2016
,
2C_857/2016
et
2C_859/2016
du 31 juillet 2018 consid. 9.7). Il n'y avait pas lieu de se prononcer sur les arguments subsidiaires développés par le recourant au cas où l'autorité précédente aurait dû transmettre l'affaire à une autorité cantonale compétente (arrêts du Tribunal fédéral
2C_855/2016
,
2C_857/2016
et
2C_859/2016
précités consid. 10).![endif]>![if>
3. Il découle de ce qui précède que la chambre de céans est incompétente pour traiter du litige, ce que les parties admettent.![endif]>![if>
Le recours sera ainsi déclaré irrecevable.
4. a. Selon l’art. 64 al. 2 LPA, le recours adressé à une autorité incompétente est transmis d’office à la juridiction administrative compétente et le recourant en est averti ; l’acte est réputé déposé à la date à laquelle il a été adressé à la première autorité. La jurisprudence n'a jusqu'à présent jamais examiné la question de la transmission à une juridiction administrative fédérale.![endif]>![if>
b. En procédure fédérale, l'autorité qui se tient pour incompétente transmet sans délai l'affaire à l'autorité compétente (art. 8 al. 1 de la loi fédérale sur la procédure administrative du 20 décembre 1968 - PA -
RS 172.021
).
Cette disposition s'adresse à l'autorité fédérale soumise à la PA (ATF
101 Ib 99
consid. 2b ; Bernhard WALDMANN/Philipp WEISSENBERGER, Praxiskommentar Verwaltungsverfahrensgesetz, 2
ème
éd., 2016, n. 14 ad art. 8 PA). Le renvoi se fait à l'autorité compétente, avant tout fédérale, mais aussi, au besoin, cantonale ou communale (ATF
97 I 852
consid. 3b ; Bernhard WALDMANN/Philipp WEISSENBERGER, op. cit., n. 17 ad art. 8 PA).
c. Plus généralement, le devoir de transmission découle selon le Tribunal fédéral d'un principe général du droit (administratif) (ATF
127 III 567
consid. 3b ;
123 II 231
consid. 8b ; Alfred KÖLZ/Isabelle HÄNER/Martin BERTSCHI, Verwaltungsverfahren und Verwaltungsrechtspflege des Bundes, 3
ème
éd., 2013, n. 398 et les références citées) ; selon la jurisprudence, il faut entendre par «autorité incompétente» toute autorité fédérale, cantonale ou communale, indépendamment du point de savoir si celle à qui l'on s'adresse se trouve ou non dans un rapport direct avec le litige (ATF
97 I 852
consid. 3 p. 857 s. ; arrêt du Tribunal fédéral
9C_885/2009
du 1
er
février 2010 consid. 4.2 = SJ
2010 I 488
, 490).
5. En l'espèce, force est de constater que le recourant a retiré son recours au Tribunal fédéral, si bien que l'arrêt du TAF est probablement entré en force à son égard.![endif]>![if>
Quoi qu'il en soit, au vu d'une part du caractère très particulier de la cause et d'autre part du fait que le TAF sera de toute façon nanti de l'affaire puisque les trois dossiers jugés par le Tribunal fédéral lui sont retournés, il y a lieu de transmettre le dossier de la présente cause au TAF, qui examinera sa compétence comme le prescrit la procédure fédérale (art. 7 al. 1 PA, applicable par le biais de l'art. 37 de la loi sur le Tribunal administratif fédéral, du 17 juin 2005 - LTAF -
RS 173.32
).
6. Il ne sera pas perçu d'émolument, le recourant plaidant au bénéfice de l'assistance juridique (art. 87 al. 1 LPA et 13 du règlement sur les frais, émoluments et indemnités en procédure administrative du 30 juillet 1986 – RFPA -
E 5 10.03
). Vu l'issue du recours, il ne sera pas alloué d'indemnité de procédure (art. 87 al. 2 LPA).![endif]>![if>
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