Decision ID: 2bd62649-55b3-5649-a72d-171ab4198962
Year: 2019
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_006
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 

EN FAIT
, la procédure C/26767/2011;
Vu l'ordonnance
DTAE/7342/2018
du Tribunal de protection de l'adulte et de l'enfant du 11 décembre 2018, notifiée le 12 décembre 2018 aux parties, relative au mineur F_, né le _ 2011, par laquelle le Tribunal de protection modifie les modalités du droit de visite de B_ sur son fils F_, né le _ 2011, telles que fixées par ordonnance du Tribunal de protection du 25 avril 2018 (ch. 1 du dispositif), accorde à B_ un droit de visite sur son fils s'exerçant en l'état à raison d'1h30 à quinzaine au Point rencontre et ce pour la première fois dans le courant du mois d'avril 2019 au plus tard (ch. 2), ordonne la mise en place d'un suivi thérapeutique et charge les curateurs d'ores et déjà en charge de la mise en place de ce suivi (ch. 3), fait instruction à A_ de faire revenir l'enfant en Suisse et de le réintégrer à l'école d'ici le 25 février 2019 et l'invite à entreprendre un suivi thérapeutique individuel (ch. 4 et 5), confirme une curatelle d'organisation et de surveillance des relations personnelles et charge les curateurs de mettre en place la reprise des droits de visite (ch. 9 et 10), notamment, la décision étant déclarée exécutoire nonobstant recours;
Vu le recours formé par A_ contre ladite ordonnance, expédié le 8 janvier 2019, reçu le 9 janvier 2019 au greffe de la Cour de justice, faisant valoir que l'enfant et elle-même sont domiciliés en France, l'enfant commençant l'école dans le village de sa nouvelle résidence;
Attendu qu'elle demande la "révision de l'affaire", tout en se déclarant disposée à favoriser les relations entre le père et l'enfant;
Que par mémoire réponse déposé le 25 février 2019 au greffe de la Cour, B_ conclut au rejet du recours et à la confirmation de l'ordonnance attaquée;
Que préalablement il requiert le prononcé de mesures superprovisionnelles et provisionnelles visant à ce que soit ordonné à A_ de ramener l'enfant à Genève d'ici au 1
er
mars 2019, notamment;
Attendu en outre qu'il ressort de la procédure que le mineur F_ est né le _ 2011 des oeuvres hors mariage de A_ et B_;
Que la mère est seule titulaire de l'autorité parentale sur l'enfant;
Que B_ est titulaire d'un droit de visite restreint sur celui-ci;
Qu'à fin 2018, la mère et l'enfant ont quitté la Suisse pour la France, situation enregistrée par l'Office cantonal de la population le 20 janvier 2019;
Considérant,

EN DROIT
, que la compétence internationale est réglée par la Convention de La Haye du 19 octobre 1996 (CLaH96,
RS 0.211.231.011
) en matière de responsabilité parentale et de mesures de protection des enfants;
Que la Suisse et la France sont parties à cette convention;
Que selon la jurisprudence du Tribunal fédéral, la CLaH96 présente une exception au principe de la
perpetuatio fori
(arrêts
5A_146/2014
du 19 juin 2014 consid. 3.1.1;
5A_809/2012
du 8 janvier 2013 consid. 2.3.2);
Que selon l'art. 5 CLaH96, les autorités tant judiciaires qu'administratives de l'Etat contractant de la résidence habituelle de l'enfant, sont compétentes pour prendre les mesures tendant à la protection de sa personne et de ses biens (al. 1);
Qu'en cas de changement de la résidence habituelle de l'enfant dans un autre Etat contractant, sont compétentes les autorités de l'Etat de la nouvelle résidence habituelle sous réserve d'un déplacement ou d'un non-retour illicite au sens de l'art. 7 CLaH96 (al. 2);
Que le principe de la
perpetuatio fori
ne s'applique dès lors pas, de sorte qu'il s'ensuit que dans les relations entre Etats contractants, le changement licite de résidence habituelle du mineur entraîne un changement simultané de la compétence (arrêt
5A_146/2014
du 19 juin 2014 consid. 3.1.1);
Que le transfert de la résidence dans un autre Etat contractant produit le même effet lorsque le mineur déplace sa résidence habituelle postérieurement au commencement de la procédure, même si l'instance est pendante en appel;
Que cette autorité perd la compétence pour statuer sur les mesures de protection au sens large (arrêt
5A_622/2010
du 21 juin 2011 consid. 3);
Que dans le cas présent, la mère de l'enfant étant seule détentrice de l'autorité parentale, elle pouvait valablement et de manière licite prendre la décision de s'établir à l'étranger avec l'enfant;
Que par conséquent vu la résidence habituelle nouvelle de l'enfant à l'étranger, la Cour, comme les juridictions genevoises en général, n'est plus compétente pour statuer dans la présente cause;
Que la présente décision sera communiquée au Service de protection des mineurs de manière à ce qu'il entame la procédure nécessaire en vue d'un transfert de for dans le pays de nouvelle résidence de l'enfant;
Que la procédure n'étant pas gratuite, les frais de la procédure sont fixés à 400 fr. et compensés intégralement avec l'avance de frais versée par la recourante qui reste acquise à l'Etat de Genève;
Qu'ils seront toutefois répartis par moitié au vu des demandes formulées par l'une et l'autre des parties, de sorte que B_ sera condamné à rembourser à A_ la somme de 200 fr. de ce chef (art. 106 al.1 et 2, 107 al.1 lit. c CPC).
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