Decision ID: 85dffd26-663c-57a7-b813-a0993edbd9d9
Year: 2013
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_004
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law

EN FAIT
A.
Par requête du 2 mai 2013, la FONDATION sollicite l’interprétation et la rectification de l’arrêt
ACJC/499/2013
rendu le 22 avril 2013 par la Chambre des baux et loyers de la Cour de justice, arrêt dont le dispositif prévoit l'annulation du jugement de première instance et le déboutement de la locataire A._ de son action en libération de dette.
La requérante soutient en bref que, dans les considérants de l'arrêt précité, la Cour de céans a reconnu que A._ était la débitrice de loyers et d'indemnités pour occupation illicite jusqu'à fin juin 2010. Toutefois, le dispositif ne contient aucune condamnation correspondante, en dépit des conclusions prises en ce sens pendant la procédure d'appel.
B.
La requête d'interprétation et de rectification a été transmise par avis du 16 mai 2013 à A._, avec un délai de trente jours pour se déterminer.
Aucune détermination n'a été déposée dans le délai imparti. Par avis du 8 août 2013, les parties ont été informées de ce que la cause était mise en délibération.

EN DROIT
1.
A l'examen de l'arrêt susmentionné, il apparaît que la Cour, dans la motivation de son arrêt, a considéré que A._ était restée la colocataire, avec B._, du logement de cinq pièces situé _ (GE), en dépit notamment du fait qu'elle avait quitté ce logement depuis octobre 2008. La restitution des clés par les deux colocataires étant intervenue en juin 2010, l'intéressée était, selon la motivation retenue, débitrice solidaire des loyers et indemnités correspondantes jusqu'à la fin de ce mois (consid. 4.2).
Le dispositif de l'arrêt ne reprend toutefois pas cette constatation et se limite à débouter A._ de son action en libération de dette, sans statuer sur les conclusions reconventionnelles de la bailleresse.
2.
Selon l'art. 334 al. 1 CPC, une décision peut être rectifiée ou interprétée, d'office ou sur requête d'une partie, notamment lorsque son dispositif ne correspond pas à la motivation. Le Tribunal est ainsi autorisé à expliciter sa pensée lorsqu'elle est formulée de façon peu claire, lacunaire ou contradictoire, ou encore quand une inadvertance lui fait dire autre chose que ce qu'il voulait exprimer (SCHWEIZER in Code de procédure civile commenté, Bâle 2011, n° 2 ad art. 334 CPC). Il y a matière à interprétation non seulement quand le dispositif est contradictoire en lui-même, mais aussi quand le dispositif, apparemment univoque, entre en contradiction avec les motifs qui le sous-tendent.
En l'espèce, il y a lieu d'admettre que l'omission de statuer sur les conclusions en paiement de la bailleresse constitue un oubli manifeste, qui doit conduire à une rectification. Ainsi, le dispositif de l'arrêt susvisé est rectifié et complété en ce sens que A._ est condamnée à payer à la requérante, d'une part la somme de 13'785 fr. 35, avec intérêts à 5% l’an dès le 1
er
janvier 2010, et d'autre part des intérêts de 5% l'an sur la somme de 7'664 fr. 85 du 1
er
janvier 2010 au 10 mai 2011, conformément au contenu matériel des conclusions de la bailleresse durant la procédure d'appel. De même, la poursuite engagée contre la locataire peut continuer sa voie.
3.
Il n'est pas prélevé de frais ni alloué de dépens (art. 22 LaCC et art. 107 al. 2 CPC).
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