Decision ID: 014e3a0f-96a0-5583-8fc4-e49bd02115e7
Year: 2019
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_013
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: public_law

EN FAIT
1. Par décision du 1
er
décembre 2017, le doyen de la faculté _ (ci-après : la faculté) de l’université de Genève (ci-après : l’université) a rejeté l’opposition formée par Monsieur A_ (ci-après : l’étudiant) contre son élimination de la faculté en raison d’un échec définitif dans deux enseignement obligatoires. L’étudiant ne pouvait se prévaloir d’une situation exceptionnelle, qu’il s’agisse des difficultés financières ou des problèmes de santé allégués, mais non démontrés à satisfaction de droit, faute de justificatifs.![endif]>![if>
2. Par acte du 22 janvier 2018, l’étudiant a recouru auprès de la chambre administrative de la Cour de justice (ci-après : la chambre administrative) contre la décision susmentionnée, concluant à son annulation et au renvoi de la cause à la faculté pour nouvelle décision. Il produirait prochainement un certificat médical attestant de son état dépressif lors de la session d’examens d’août 2017. La faculté n’avait pas tenu compte de la gravité de sa situation à la période précitée. ![endif]>![if>
3. L’acte de recours susmentionné n’étant pas signé, l’étudiant a été invité à rectifier cette informalité dans les dix jours suivant la réception du courrier de rappel adressé par la chambre administrative, par plis simple et recommandé du 23 janvier 2018. Il était en outre invité à régler une avance de frais de CHF 400.- jusqu’au 22 février 2018. ![endif]>![if>
4. Le 31 janvier 2018, l’étudiant a adressé à la chambre administrative un exemplaire dûment signé de son recours du 22 janvier 2018. ![endif]>![if>
5. Le 28 février 2018, l’université a conclu à l’irrecevabilité du recours en raison de sa tardiveté et a demandé à pouvoir compléter ses écritures au fond au cas où le recours serait recevable. ![endif]>![if>
6. Le 8 mars 2018, un rappel pour le versement de l’avance de frais a été adressé à l’étudiant par la chambre administrative, par pli recommandé.![endif]>![if>
Le même jour, par pli simple, la chambre de céans a demandé à l’étudiant de se déterminer sur la réponse de l’université.
7. Après avoir informé la chambre administrative le 17 mars 2018 que le courrier recommandé précité demeurait poste restante jusqu’au 30 mars 2018, la Poste l’a retourné à son expéditrice début avril 2018 avec la mention « non réclamé ». ![endif]>![if>
8. L’étudiant a payé l’avance de frais mais n’a pas transmis sa détermination sur la réponse de l’université.![endif]>![if>
9. Le 13 avril 2018, les parties ont été informées que la cause était gardée à juger. ![endif]>![if>

EN DROIT
1. Interjeté en temps utile devant la juridiction compétente, le recours est recevable de ce point de vue (art. 132 de la loi sur l'organisation judiciaire du 26 septembre 2010 - LOJ -
E 2 05
; art. 62 al. 1 let. a de la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 1985 - LPA -
E 5 10
). Dit recours a en effet été posté le 22 janvier 2018, soit le dernier jour du délai légal, et complété dans le délai imparti par la chambre de céans.![endif]>![if>
2. Le recourant se prévaut de circonstances exceptionnelles justifiant qu’il soit autorisé à passer une nouvelle fois les deux examens obligatoires auxquels il a échoué, ce qui a entrainé son élimination de la faculté.![endif]>![if>
a. Aux termes de l’art. 58 al. 4 du statut de l’Université du 22 juin 2011, la décision d’élimination est prise par le doyen de la faculté, lequel tient compte des situations exceptionnelles.
N’est exceptionnelle que la situation particulièrement grave et difficile pour l’étudiant, tant d’un point de vue subjectif qu’objectif (
ATA/673/2018
du 26 juin 2018 consid. 9b).
b. Les candidats qui ne se sentent pas aptes, pour des raisons de santé, à se présenter à un examen doivent l’annoncer avant le début de celui-ci. À défaut, l’étudiant accepte le risque de se présenter dans un état déficient qui ne peut justifier par la suite l’annulation des résultats obtenus (
ATA/443/2015
du 12 mai 2015 consid. 5b et les références citées), ce d'autant plus s'il s'agit de l'annulation de l'ensemble d'une session d'examens.
c. D’après la jurisprudence, un motif d’empêchement ne peut, en principe, être invoqué par le candidat qu’avant ou pendant l’examen (arrêt du Tribunal administratif fédéral B-6593/2013 du 7 août 2014 consid. 4.2 ;
ATA/443/2015
précité consid. 5c et les références citées). La production ultérieure d’un certificat médical ne peut remettre en cause le résultat obtenu lors d’un examen. Il est en effet difficile de concevoir un système d’examen efficace si des certificats médicaux produits après l’examen peuvent annuler une épreuve passée (arrêt du Tribunal administratif fédéral B-6593/2013 précité consid. 4.2). Ainsi, les candidats à un examen qui se sentent malades, qui souffrent des suites d’un accident, qui font face à des problèmes psychologiques, qui sont confrontés à des difficultés d’ordre familial graves ou qui sont saisis d’une peur démesurée de l’examen doivent, lorsqu’ils estiment que ces circonstances sont propres à les empêcher de subir l’examen normalement, les annoncer avant le début de celui-ci (arrêt du Tribunal administratif fédéral B-6593/2013 précité consid. 4.2 ;
ATA/443/2015
précité consid. 5c). Il s'ensuit qu'en cas d'annonce tardive du motif d'empêchement, l'examen (insuffisant) est en général réputé non réussi (arrêt du Tribunal administratif fédéral B-6593/2013 précité consid. 4.2).
d. Des exceptions au principe évoqué ci-dessus permettant de prendre en compte un certificat médical présenté après que l’examen a été passé ne peuvent être admises que si cinq conditions sont cumulativement remplies (arrêts du Tribunal administratif fédéral B-6593/2013 précité consid. 5d et les références citées ;
ATA/443/2015
précité consid. 5d) :
- la maladie n’apparaît qu’au moment de l’examen, sans qu’il ait été constaté de symptômes auparavant, le candidat à l’examen acceptant, dans le cas contraire, un risque de se présenter dans un état déficient, ce qui ne saurait justifier après coup l’annulation des résultats d’examens ;
- aucun symptôme n’est visible durant l’examen ;
- le candidat consulte un médecin immédiatement après l’examen ;
- le médecin constate immédiatement une maladie grave et soudaine qui, malgré l’absence de symptômes visibles, permet à l’évidence de conclure à l’existence d’un rapport de causalité avec l’échec à l’examen ;
- l’échec doit avoir une influence sur la réussite ou non de la session d’examens dans son ensemble.
3. En l’espèce, le recourant se limite à évoquer des difficultés financières ainsi qu’un état dépressif au moment de la dernière session d’examens, qui seraient à l’origine de son ultime échec dans les deux branches obligatoires. Toutefois, et alors même que cela constitue le motif du rejet de son opposition, il ne fournit aucun justificatif de son état de santé durant la session d’examen, se contentant d’annoncer la production d’un certificat médical qui n’a jamais été remis à la chambre de céans.![endif]>![if>
Dans ces circonstances, le recours ne peut qu’être rejeté, sans instruction complémentaire (art. 72 LPA).
4. Vu l’issue du litige, un émolument de CHF 400.- sera mis à la charge du recourant qui succombe (art. 87 al. 1 LPA) et aucune indemnité de procédure ne lui sera versée (art. 87 al. 2 LPA).![endif]>![if>
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