Decision ID: 003b494e-7491-54c2-aba1-07561fa225a9
Year: 2020
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_001
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law

EN FAIT
A.
Par jugement
JCTPI/449/2019
du 7 novembre 2019, reçu par A_ AG le
12 novembre 2019, le Tribunal de première instance a condamné B_ à verser à A_ AG 903 fr. 55 avec intérêts à 5% l'an dès le 1
er
septembre 2015 (ch. 1 du dispositif), prononcé à due concurrence la mainlevée définitive de l'opposition formée au commandement de payer poursuite n° 1_ (ch. 2), dit qu'il n'était pas perçu de frais judiciaires, ni alloué de dépens (ch. 3) et débouté les parties de toutes autres conclusions (ch. 4).
B. a.
Le 7 décembre 2019, A_ AG a formé recours contre ce jugement, concluant à ce que la Cour de justice l'annule, condamne sa partie adverse à lui verser 1'667 fr. 45 avec intérêts à 5% dès le 1
er
septembre 2015 et lève à concurrence du montant précité l'opposition formée au commandement de payer poursuite n° 1_, avec suite de frais et dépens.
b.
Le 27 janvier 2019, B_ a fait valoir qu'elle n'était pas en possession de son téléphone pour la période où les factures litigieuses avaient été émise et a produit une pièce nouvelle. Elle a conclu, "subsidiairement", à la confirmation du jugement.
c.
Le 31 mars 2020, A_ AG a relevé que la pièce nouvelle produite par sa partie adverse et les allégations y relatives étaient irrecevables et a persisté dans ses conclusions.
d.
Les parties ont été informées le 15 juin 2020 de ce que la cause était gardée à juger.
C.
Les faits pertinents suivants résultent du dossier.
a.
B_ a conclu le 18 janvier 2011 un contrat d'abonnement téléphonique avec C_ SA (précédemment D_ SA). Le numéro de téléphone concerné était le
2_.
Le contrat a été conclu initialement pour une durée minimale de 12 mois. Le
1
er
octobre 2011, il a été renouvelé pour une durée de 24 mois. Le contrat prévoyait que la taxe de résiliation anticipée était de 500 fr. pour les contrats de
24 mois. A défaut de résiliation à l'expiration du délai convenu, le contrat était automatiquement renouvelé par périodes successives d'un an.
b.
B_ ne s'est pas acquittée de l'intégralité des factures émises par C_ SA en relation avec ce contrat.
Le contrat a été résilié de manière anticipée par C_ SA avec effet au 29 juillet 2015.
c.
Le 18 septembre 2015, C_ SA a cédé à A_ AG sa créance à l'égard de B_, en lien avec le solde ouvert au 29 juillet 2015 des factures relatives au numéro de téléphone 2_.
Le 4 octobre 2018, A_ AG a cédé cette créance à A_ AG.
d.
Le 10 janvier 2019, A_ AG a fait notifier à B_ un commandement de payer, poursuite n° 1_ portant sur 1'667 fr. 45 avec intérêts à 5% dès le 13 décembre 2018 au titre de solde ouvert de factures au 29 juillet 2015 pour le téléphone 2_ (poste n° 1), plus
280 fr. d'intérêts (poste n° 2), 355 fr. de frais de retard (poste n° 3), 73 fr. 30 de frais de poursuite (poste n° 4) et 125 fr. de "frais divers" (poste n° 5). Il a été formé opposition à ce commandement de payer.
e.
Le 19 juin 2019, A_ AG a formé à l'encontre de B_ une requête de conciliation, concluant à ce que le Tribunal la condamne à lui verser 1'667 fr. 45 avec à intérêts à 5% dès le 13 décembre 2018, plus 280 fr. d'intérêts au 12 décembre 2018, 200 fr. de "frais de gestion du dossier" et 73 fr. de frais de poursuite. Relevant que la valeur litigieuse était inférieure à 2'000 fr., elle a requis le prononcé d'un jugement.
A_ AG a notamment produit à l'appui de sa demande un lot de factures, ainsi qu'un décompte daté du 25 janvier 2019, duquel il ressort que le montant dû par B_ est de 1'667 fr. 45 au 2 décembre 2015 (pièce 14 dem.).
f.
B_ ne s'est pas présentée à l'audience de conciliation du 3 octobre 2019.
Lors de cette audience, A_ AG a persisté dans ses conclusions.
La cause a été gardée à juger à l'issue de l'audience.
g.
Par courrier reçu par le Tribunal le 7 octobre 2019, B_ a informé celui-ci, certificat médical à l'appui, du fait qu'elle n'avait pas pu se présenter à l'audience en raison d'une maladie. Elle n'a pas requis la convocation d'une nouvelle audience.
Sur le fond, B_ a fait valoir qu'elle n'était pas en Suisse pour la période relative aux factures litigieuses et qu'une tierce personne avait utilisé son téléphone à son insu. Elle n'était pas débitrice des sommes réclamées. Elle a produit une copie de son passeport.

EN DROIT
1.
1.1
La valeur litigieuse étant inférieure à 10'000 fr., seule la voie du recours est ouverte contre la décision querellée (art. 319 let. a et 308 al. 2 CPC).
Le recours a été formé dans la forme et le délai légal, de sorte qu'il est recevable (art. 321 CPC).
1.2
Selon l'art. 326 al. 1 CPC, les conclusions, allégations de fait et preuves nouvelles sont irrecevables dans le cadre d'un recours.
La pièce nouvelle déposée par l'intimée, de même que les allégations qui s'y rapportent, sont par conséquent irrecevables.
2. 2.1
Le Tribunal a retenu que des services de téléphonie avaient été rendus à l'intimée et que celle-ci n'avait pas établi que son téléphone avait été utilisé par un tiers. Les factures produites n'avaient pas été contestées. Il devait par conséquent être fait droit à la demande "s'agissant du montant des factures avec intérêts, cela toutefois dans la mesure uniquement du montant qui découle de l'extrait de compte que "la recourante a" produit en pièce 14, soit CHF 903.55 avec intérêts à 5% dès l'échéance de la dernière facture concernée par ce décompte, soit dès le
1
er
septembre 2015". La recourante devait en outre être déboutée de ses conclusions tendant au paiement des frais de gestion du dossier, non établis, et des frais de poursuite qui suivaient le sort de cette dernière.
La recourante fait valoir que, contrairement à ce qu'a retenu le Tribunal, le solde découlant de l'extrait de compte du 25 janvier 2019 est de 1'667 fr. 45, et non de 903 fr. 55.
2.2
En l'espèce, le grief de la recourante est fondé, en ce sens qu'il ressort effectivement de l'extrait de compte du 25 janvier 2019 que le solde des factures de téléphonie encore dû par l'intimée est de 1'667 fr. 45 et non de 903 fr. 55.
Ce dernier montant figure sur l'extrait de compte en tant que paiement effectué par l'intimée le 2 décembre 2015, mais non en tant que solde des factures ouvertes.
C'est par ailleurs à juste titre que le Tribunal a retenu que l'intimée n'avait pas démontré qu'elle était déliée de l'obligation du paiement des factures en raison du fait que son téléphone avait été utilisé par un tiers non autorisé en son absence.
Le chiffre 1 du jugement querellé sera par conséquent modifié en ce sens que l'intimée sera condamnée à verser à sa partie adverse 1'667 fr. 45 avec intérêts moratoires à 5% l'an dès le 1
er
septembre 2015.
Le jugement querellé sera confirmé pour le surplus.
3.
L'intimée, qui succombe, sera condamnée aux frais judiciaires de recours, arrêtés à 300 fr. et compensés avec l'avance de 500 fr. versée par la recourante (art. 106 al. 1 et 111 al. 1 CPC, 17 et 28 RTFMC).
Le solde de l'avance en 200 fr. sera restitué à la recourante.
Il ne sera pas alloué de dépens à la recourante, qui plaide en personne, et qui n'a pas effectué de démarches justifiant leur allocation (art. 95 al. 3 let. c CPC).
* * * * *