Decision ID: da37d19f-198c-54bf-abf6-2461e7abd2db
Year: 2015
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_013
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: public_law

EN FAIT
1) Le 6 mars 2015, M. A_ a été écroué en détention préventive à la prison de Champ-Dollon (ci-après : la prison).![endif]>![if>
Procédure A/1068/2015
2) Le 7 mars 2015 à 18h30, M. A_ a été placé à la cellule 257 avec un codétenu. Il a immédiatement formulé des plaintes et a dû être repoussé dans la cellule (sans échange de coups) dès lors qu'il voulait en sortir sans autorisation.![endif]>![if>
3) Par décision du 8 mars 2015, après que M. A_ ait été entendu, la direction de la prison lui a notifié, oralement à 10h45 et par écrit à 18h30, une punition consistant en son placement de trois jours en cellule forte pour trouble à l'ordre de l'établissement et refus d'obtempérer. Cette sanction, déclarée exécutoire nonobstant recours, a été exécutée du 7 mars 2015 à 19h18 au 10 mars 2015 à 19h18. ![endif]>![if>
M. A_ avait abusé de la sonnette en peu de temps afin de pouvoir s’entretenir avec le service médical. Suite au refus du gardien, le détenu avait frappé violemment contre la porte.
4) Par décision du 10 mars 2015, après que M. A_ ait été entendu, la direction de la prison lui a notifié, oralement à 13h35 et par écrit à 18h30, une punition de cinq jours de cellule forte pour injures envers le personnel. Cette sanction, déclarée exécutoire nonobstant recours, a été exécutée du 10 mars 2015 à 19h18 au 15 mars 2015 à 19h18. ![endif]>![if>
Le détenu avait insulté, menacé et provoqué un gardien.
5) Par acte du 17 mars 2015, M. A_ a recouru contre ces deux décisions datés du 8 mars et 10 mars 2015 auprès de la Chambre administrative de la Cour de justice (ci-après : la chambre administrative).![endif]>![if>
Il ne voulait pas rester dans sa cellule car il avait peur de son codétenu et avait fait appel aux gardiens, ces derniers l'avaient agressé physiquement et verbalement, ils avaient aussi refusé d'appeler le service médical tout en le plaçant directement en cellule forte.
6) Dans sa réponse du 30 avril 2015, la prison a conclu au rejet du recours « avec suite de frais ».![endif]>![if>
Procédure A/1025/2015
7) Par décision du 18 mars 2015, après que M. A_ eut été entendu, la direction de la prison lui a notifié, oralement à 9h05 et par écrit à 18h30, une punition de cinq jours de cellule forte pour injures et menaces envers le personnel. Cette sanction, déclarée exécutoire nonobstant recours, a été exécutée du 17 mars 2015 à 18h10 au 22 mars 2015 à 18h10.![endif]>![if>
8) Par acte du 23 mars 2015, M. A_ a recouru contre la décision du 18 mars 2015 auprès de la chambre administrative.![endif]>![if>
Le recourant a expliqué que les gardiens avaient cru qu'il s'adressait à eux alors qu'en réalité, il parlait à un autre codétenu.
9) Dans sa réponse du 29 avril 2015, la prison a conclu au rejet du recours avec suite de frais.![endif]>![if>
10) Par courrier du 4 juin 2015, le directeur de la prison avait informé la chambre administrative que M. A_ avait été libéré le 3 juin 2015. ![endif]>![if>
11) Le 17 juin 2015, les parties ont été informées que la cause était gardée à juger. ![endif]>![if>

EN DROIT
1) Interjeté en temps utile devant la juridiction compétente, le recours est recevable (art. 132 de la loi sur l'organisation judiciaire du 26 septembre 2010 - LOJ -
E 2 05
; art. 62 al. 1 let. a de la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 1985 - LPA -
E 5 10
).![endif]>![if>
2) Les causes A/1025/2015 et A/1068/2015 se rapportant à une situation identique concernant la même personne, elles seront jointes en application de l'art. 70 LPA sous le n° de cause A/1025/2015.![endif]>![if>
3) a. À teneur de l’art. 60 LPA, ont qualité pour recourir les parties à la procédure qui a abouti à la décision attaquée (let. a) et toute personne qui est touchée directement par une décision et a un intérêt personnel digne de protection à ce qu’elle soit annulée ou modifiée (let. b). ![endif]>![if>
La chambre administrative a déjà jugé que les let. a et b de la disposition précitée doivent se lire en parallèle : ainsi, le particulier qui ne peut faire valoir un intérêt digne de protection ne saurait être admis comme partie recourante, même s’il était partie à la procédure de première instance (
ATA/577/2014
du 29 juillet 2014 consid. 5a ;
ATA/790/2012
du 20 novembre 2012 ;
ATA/281/2012
du 8 mai 2012 ;
ATA/5/2009
du 13 janvier 2009 et les références citées).
b. Concernant la let. b de l’art. 60 LPA, selon la jurisprudence, le recourant doit avoir un intérêt pratique à l'admission du recours, soit que cette admission soit propre à lui procurer un avantage, de nature économique, matérielle ou idéale (ATF
121 II 39
consid. 2 c/aa p. 43 ; arrêt du tribunal fédéral
1A.47/2002
du 16 avril 2002 consid. 3 ;
ATA/307/2013
du 14 mai 2013 ;
ATA/759/2012
du 6 novembre 2012 ;
ATA/188/2011
du 22 mars 2011).
Un intérêt digne de protection suppose un intérêt actuel à obtenir l’annulation de la décision attaquée (ATF
138 II 42
consid. 1 p. 44 ;
137 I 23
consid. 1.3 p. 24-25 ;
135 I 79
consid. 1 p. 82 ; arrêts du Tribunal fédéral
2C_892/2011
du 17 mars 2012 consid. 1.2 ;
2C_811/2011
du 5 janvier 2012 consid. 1 ;
ATA/245/2012
du 24 avril 2012 ; Pierre MOOR/Etienne POLTIER, Droit administratif, vol. 2, 3
ème
éd., 2011, n. 5.7.2.3 ; Thierry TANQUEREL, Manuel de droit administratif, 2011, n. 1367). L’existence d’un intérêt actuel s’apprécie non seulement au moment du dépôt du recours, mais aussi lors du prononcé de la décision sur recours (ATF
137 I 296
consid. 4.2 p. 299 ;
136 II 101
consid. 1.1 p. 103). Si l'intérêt actuel fait défaut lors du dépôt du recours, ce dernier est déclaré irrecevable (ATF
123 II 285
consid. 4 p. 286 et ss. ;
118 Ia 46
consid. 3c p. 53 ; arrêts du Tribunal fédéral
8C_745/2011
du 6 juin 2012
consid. 1.2 ;
8C_696/2011
du 2 mai 2012 consid. 5.1 ;
8C_194/2011
du 8 février 2012 consid. 2.2 ;
ATA/192/2009
du 21 avril 2009 ;
ATA/195/2007
du 24 avril 2007 ;
ATA/640/2005
du 27 septembre 2005) ; s’il s’éteint pendant la procédure, le recours, devenu sans objet, doit être simplement radié du rôle (ATF
125 V 373
consid. 1 p. 374 ;
118 Ia 488
consid. 1a p. 490 ;
118 Ib 1
consid. 2 p. 7 ; arrêts du Tribunal fédéral
8C_745/2011
précité consid. 1.2 ;
8C_194/2011
consid. 2.2 ;
1C_76/2009
du 30 avril 2009 consid. 2 ;
ATA/195/2007
précité ;
ATA/175/2007
du 17 avril 2007 ;
ATA/915/2004
du 23 novembre 2004) ou déclaré irrecevable (ATF
118 Ia 46
consid. 3c ; arrêt du Tribunal fédéral
1C_69/2007
du 11 juin 2007 consid. 2.3 ;
ATA/514/2009
du 13 octobre 2009 ;
ATA/195/2007
du 24 avril
2007 ;
ATA/640/2005
du 27 septembre 2005 ;
ATA/552/2005
du 16 août 2005).
c. Il est toutefois renoncé à l’exigence d’un intérêt actuel lorsque cette condition de recours fait obstacle au contrôle de légalité d’un acte qui pourrait se reproduire en tout temps, dans des circonstances semblables, et qui, en raison de sa brève durée ou de ses effets limités dans le temps, échapperait ainsi toujours à la censure de l’autorité de recours (ATF
136 II 101
consid. 1.1 p. 103 ;
135 I 79
consid. 1 p. 82 ;
131 II 361
consid. 1.2 p. 365 ;
129 I 113
consid. 1.7 p. 119 ;
128 II 34
consid. 1b p. 36 ; arrêts du Tribunal fédéral
1C_477/2012
du 27 mars 2013 consid. 2.3 ;
1C_9/2012
du 7 mai 2012 consid. 1.2 ;
6B_34/2009
du 20 avril 2009 consid. 3 ;
ATA/253/2013
du 23 avril 2013 ;
ATA/153/2013
du 19 mars 2013 ;
ATA/224/2012
du 17 avril 2012 ;
ATA/365/2009
du 28 juillet 2009). Cela étant, l’obligation d’entrer en matière sur un recours, dans certaines circonstances, nonobstant l’absence d’un intérêt actuel, ne saurait avoir pour effet de créer une voie de recours non prévue par le droit cantonal (ATF
135 I 79
consid. 1 p. 82 ;
131 II 361
consid. 1.2 p. 365 ;
128 II 34
consid. 1b p. 36 ; arrêts du Tribunal fédéral
1C_133/2009
du 4 juin 2009 consid. 3 ;
1C_76/2009
du 30 avril 2009 consid. 2 ;
6B_34/2009
précité consid. 1.3).
d. Concernant le placement d'un prisonnier en cellule forte, compte tenu de la brièveté de la sanction, lorsque le recourant est encore en détention au moment du prononcé de l'arrêt, la chambre administrative fait en principe abstraction de l'exigence de l'intérêt actuel, faute de quoi une telle mesure échapperait systématiquement à son contrôle (
ATA/510/2014
du 1
er
juillet 2014 consid. 3b ;
ATA/183/2013
du 19 mars 2013 ;
ATA/775/2012
du 13 novembre 2012 ;
ATA/134/2009
du 17 mars 2009).
4) a. En l'espèce, le recourant, alors détenu à la prison a fait l'objet de trois sanctions sous forme de placement en cellule forte les 8, 10 et 18 mars 2015. La durée de ces placements était d'une fois trois jours, puis deux fois cinq jours. Ces punitions ont été immédiatement exécutées. ![endif]>![if>
b. Il ressort de la procédure que le recourant a été mis en liberté le 3 juin 2014 après exécution complète de ses sanctions. Aucun élément du dossier ne laisse à penser qu'il est susceptible d'être incarcéré à nouveau, et par voie de conséquence d'être encore une fois sanctionné par un placement en cellule forte.
Il n'y a dès lors aucune raison de passer outre l'exigence de l'intérêt actuel (
ATA/510/2014
précité ;
ATA/441/2013
du 30 juillet 2013 ;
ATA/775/2012
précité ;
ATA/541/2010
du 4 août 2010, confirmé par arrêt du Tribunal fédéral
1B_295/2010
du 14 septembre 2010).
5) Vu ce qui précède, le recours sera déclaré irrecevable.![endif]>![if>
6) Vu la nature du litige, aucun émolument ne sera perçu (art. 12 al. 1 du règlement sur les frais, émoluments et indemnités en procédure administrative du 30 juillet 1986 - RFPA -
E 5 10.03
). Aucune indemnité de procédure ne sera allouée (art. 87 LPA).![endif]>![if>
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