Decision ID: 41246fc9-c827-4981-a86d-870153fc1145
Year: 2013
Language: fr
Court: VD_TC
Chamber: VD_TC_009
Canton: VD
Region: Région lémanique
Law Area: 

En fait :
1.
a)
Le 28 août 2012, à la réquisition de G._ SA, l’Office des poursuites du district de l’Ouest lausannois a notifié à A._, dans le cadre de la poursuite n° 6'205’692, un commandement de payer les sommes de 350 fr., avec intérêt à 8 % l’an dès le 6 décembre 2011, 25 fr. et 80 fr., sans intérêt.
La cause de l’obligation invoquée était la suivante : « Montant dû selon reconnaissance de dette du 06.12.11; frais de rappels; frais d’intervention selon art. 106 CO ».
La poursuivie a fait opposition totale.
b)
Le 31 octobre 2012, la poursuivante, représentée par l’agent d’affaires breveté J._, a requis la mainlevée provisoire de l’opposition à concurrence de 350 fr., plus intérêt à 5 % l’an dès le 6 décembre 2011. A l’appui de sa requête, elle a produit, outre l’original du commandement de payer, la pièce suivante :
-
un document signé le 6 décembre 2011 par la poursuivie reconnaissant devoir à la poursuivante « la somme de 350 fr. correspondant au solde du traitement dont j’ai bénéficié ce jour », montant qu’elle s’engageait à régler « sous 10 jours, soit au plus tard le 16 décembre 2011 ».
Par courrier du 19 janvier 2013 adressé au juge de paix, la poursuivie a déclaré avoir payé le montant réclamé en deux fois; elle a joint à son courrier les photocopies de deux récépissés postaux attestant de paiements en faveur de la poursuivante, l’un de 150 fr. effectué le 26 novembre 2012 et l’autre de 200 fr. effectué le 19 janvier 2013.
2.
Par prononcé du 30 janvier 2013, rendu à la suite de l’audience du 24 janvier 2013, à laquelle les parties ont fait défaut, le Juge de paix du district de l’Ouest lausannois a prononcé la mainlevée provisoire de l’opposition à concurrence de 350 fr. plus intérêt à 5 % l’an dès le 17 décembre 2011, arrêté à 90 fr. les frais judiciaires mis à la charge de la partie poursuivie et dit que celle-ci rembourserait à la partie poursuivante son avance de frais à concurrence de 90 fr. et lui verserait la somme de 200 fr. à titre de défraiement de son représentant professionnel.
Par lettre du 31 janvier 2013, valant requête de motivation, la poursuivie s’est opposée au prononcé, déclarant avoir payé le montant réclamé et ne plus rien devoir.
La décision motivée a été adressée pour notification aux parties le 18 février 2013 et distribuée à la poursuivie le lendemain. Le premier juge a en substance considéré que la poursuivie, qui avait signé une reconnaissance de dette, n’apportait pas la preuve de sa libération.
La poursuivie n’a pas déposé de nouvel acte après la notification des motifs de la décision.
Par lettre du 22 mars 2013, l’intimée a déclaré renoncer à déposer une réponse.

En droit :
I.
L’écriture du 31 janvier 2013, déposée dans le délai de demande de motivation, constitue un recours. L’opposition à la décision de mainlevée est motivée. La recourante, qui invoque le paiement intégral de la créance en poursuite et conteste devoir encore quoi que ce soit, conclut implicitement au maintien de son opposition. Son recours est dès lors recevable (art. 239 al. 2 et 321 al. 1 et 2 CPC [Code de procédure civile du 19 décembre 2008; RS 272]).
II. a)
Selon l’art. 82 al. 1 LP (loi fédérale du 11 avril 1889 sur la poursuite pour dettes et la faillite; RS 281.1), le créancier au bénéfice d’une reconnaissance de dette peut requérir du juge la mainlevée provisoire de l’opposition. Constitue une reconnaissance de dette l’acte authentique ou sous seing privé d’où résulte la volonté du poursuivi de payer au poursuivant, sans réserve ni condition, une somme déterminée, ou aisément déterminable, et échue (Panchaud/Caprez, La mainlevée d’opposition, § 1; Gilliéron, Commentaire de la loi fédérale sur la poursuite pour dettes et la faillite, n. 29 ad art. 82 LP; ATF 136 III 627 c. 2; ATF 136 III 624 c. 4.2.2; ATF 132 III 480 c. 4.1, JT 2007 II 75; ATF 130 III 87 c. 3.1, JT 2004 II 118; ATF 122 III 125 c. 2, JT 1998 II 82).
En présence d’une reconnaissance de dette, le juge prononce la mainlevée si le poursuivi ne rend pas immédiatement vraisemblables des moyens libératoires (ATF 132 III 140c. 4.1.1, rés. in JT 2006 II 187; art. 82 al. 2 LP).
b)
En l’espèce, il ne fait pas de doute que le document signé par la recourante le 6 décembre 2011 constitue une reconnaissance de dette au sens de l’art. 82 LP.
La recourante a toutefois établi en première instance, par la production des copies de deux récépissés de paiements postaux, s’être acquittée du montant réclamé en deux versements effectués les 26 novembre 2012 et 19 janvier 2013. Ces paiements doivent ainsi être déduits du capital.
Les paiements des 26 novembre 2012 et 19 janvier 2013 ont été effectués après le dépôt de la requête de mainlevée du 31 octobre 2012, laquelle était ainsi justifiée. En outre, la recourante ne s’est pas acquittée des intérêts de retard, qui sont dus dès le 17 décembre 2011, lendemain de l’échéance convenue, dont la seule survenance valait mise en demeure (art. 102 al. 2 CO). La recourante, qui invoque un arrangement de paiement, n’a toutefois pas rendu vraisemblable que des délais de paiement lui auraient été accordés par l’intimée après la signature de la reconnaissance de dette. L’intérêt de retard peut être alloué au taux réclamé de 5 %, qui est le taux légal (art. 104 al. 1 CO).
III.
En définitive, le recours doit être partiellement admis et le prononcé réformé en ce sens que l’opposition formée par la recourante est levée provisoirement à concurrence de 350 fr. plus intérêt à 5 % dès le 17 décembre 2011, sous déduction de 150 fr. valeur au 26 novembre 2012 et de 200 fr. valeur au 19 janvier 2013. La requête de mainlevée étant justifiée, la réforme n’a pas d’incidence sur le montant ou le sort des frais et dépens, de sorte que le prononcé peut être maintenu pour le surplus.
Les frais de deuxième instance, arrêtés à 135 fr., sont mis par 10 fr. à la charge de la recourante et par 125 fr. à la charge de l’intimée, qui ne fait aucun cas des deux paiements reçus entre-temps, seul l’intérêt moratoire durant un an – soit 5 % du capital – restant dû.