Decision ID: 438f2f34-2b4a-59ff-ae95-564c5abdd347
Year: 2017
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_007
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 

EN FAIT
, la réquisition de poursuite, expédiée le 28 avril 2016 à l’Office des poursuites (ci-après : l’Office) par l’ETAT DE VAUD (ci-après : le créancier) à l’encontre de A_ (ci-après : la débitrice);
Attendu que par acte expédié le 18 avril 2017 au greffe de la Chambre de surveillance des Offices des poursuites et des faillites (ci-après : la Chambre de surveillance), le créancier s’est plaint d'un retard injustifié dans le traitement de cette réquisition de poursuite;
Qu’il a expliqué avoir envoyé trois relances à l’Office au sujet de cette réquisition de poursuite, sans réaction dudit Office;
Que dans ses observations déposées le 5 mai 2017, ce dernier a fait valoir, sans autre explication, que cette plainte était devenue sans objet en cours de procédure, dès lors qu'il avait notifié à la débitrice, sans opposition de cette dernière, le 13 avril 2017, le commandement de payer édité dans la poursuite n° 16 xxxx82 N;
Qu'en outre, à l'échéance du délai d'opposition, cet acte de poursuite serait transmis au créancier;
Considérant,

EN DROIT
, que la Chambre de surveillance est compétente pour statuer sur les plaintes formées en application de la LP (art. 13 LP; art. 126 al. 2 let. c LOJ; art. 6 al. 1 et 3 et 7 al. 1 LaLP) contre des mesures non attaquables par la voie judiciaire ou, comme en l'espèce, pour un retard injustifié (art. 17 al. 1 et 2 LP);
Que le créancier poursuivant a qualité pour se plaindre en tout temps d'un retard injustifié dans le traitement de sa réquisition de poursuite à l’encontre du débiteur, sa présente plainte satisfaisant en outre aux exigences de forme légales (art. 17 al. 3 LP ; 9 al. 1 et 2 LaLP) est dès lors recevable à la forme;
Considérant qu'aux termes des art. 69 al. 1 et 71 LP, dès réception de la réquisition de poursuite, c'est-à-dire «
aussi vite que possible
», l’Office rédige le commandement de payer correspondant et le notifie au débiteur;
Qu'en l'espèce, la réquisition de poursuite visée a été expédiée à l’Office par le créancier le 28 avril 2016;
Que ledit Office a alors mis douze mois pour notifier à la débitrice, le 13 avril 2017, le commandement de payer correspondant, poursuite n° 16 xxxx82 N;
Qu'il a en outre dit avoir l'intention de transmettre cet acte de poursuite aux créanciers à l'issue du délai d'opposition dont bénéficiait la débitrice à compter du 13 avril 2017;
Qu'en l'état toutefois, la Chambre de surveillance ignore si ce commandement de payer a effectivement été transmis audit créancier, de sorte que l'Office sera invité à procéder à cet envoi, en tant que de besoin;
Que, quoi qu’il en soit, les circonstances du cas d'espèce sont constitutives d’un retard inadmissible et injustifié de l’Office, qui ne se donne même que la peine d'expliquer les conditions ayant présidé à ce retard;
Que ce retard injustifié doit être constaté;
Qu’en effet, il appartient audit Office de faire diligence dans le traitement des actes de poursuite qui lui parviennent, de sorte qu’un délai de dix mois entre la réception de la réquisition de poursuite et la notification du commandement de payer correspondant au débiteur n’est pas admissible;
Qu’il est en outre rappelé à cet égard que la loi ne laisse aucune place à une surcharge de travail ou à une désorganisation dudit Office, même réelle, pour justifier une telle violation du principe de célérité;
Qu’en particulier, des problèmes informatiques, le cas échéant, ne constituent pas des faits de nature à justifier le retard apporté par l'Office à l'exécution des mesures qui lui incombent légalement (ATF
107 III 3
; SJ 1993 p. 291);
Que la présente décision sera transmise au Préposé de l’Office afin qu’il prenne les mesures nécessaires à éviter que les circonstances du cas d’espèce ne se reproduisent;
Qu’en application de l’art. 62 al. 2 OELP, il n’est alloué aucun frais ni dépens dans la procédure de plainte au sens de l'art. 17 LP.
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