Decision ID: 1e6d408e-ed75-51fa-bff3-2e0dc4a105e0
Year: 2017
Language: fr
Court: FR_TC
Chamber: FR_TC_010
Canton: FR
Region: Espace_Mittelland
Law Area: public_law

considérant en fait
A. B._ et son épouse, ainsi que leurs deux enfants à charge, étaient domiciliés à C._ jusqu'au 31 décembre 2011. Dès le début de l'année suivante, ils se sont installés dans la maison qu'ils avaient acquise et rénovée en 2011 à D._.
Le 5 décembre 2012, ils ont rempli leur déclaration d'impôt pour la période fiscale 2011. L'annexe 04 "Etat des immeubles au 31.12.2011" a été complétée de la manière suivante:
(...)
GENERALITES Immeuble 1 Immeuble 2 Immeuble 3
3. Canton ou Etat étranger FR FR VD
4. Commune de situation E._ F._ D._
5. Numéro ou lieu-dit G._ H._
6. Genre d'immeuble A [maison familiale (villa)] B [résidence secondaire] A [maison familiale (villa)]
7. Superficie du terrain 1180 1110
8. Année de construction
(fin des travaux)
(...) 1967
VALEURS FISCALES FORTUNE CODE
9. Immeuble privé 554'000 309'000 2'578'505 3'441'505 3.310
(...)
RENDEMENTS / FRAIS REVENU CODE
11. Valeur locative 2011 19'764 13'548 33'312 3.310
(...)
17. Frais d'entretien 2011
Type | Immeuble privé FF | 3'959 FF | 2'710 6'663 4.310
Pour leur immeuble de D._, les contribuables n'ont ainsi revendiqué aucune déduction de frais d'entretien; ils ont en revanche annoncé, dans l'annexe 02 "Etat des dettes" CHF 20'187.- d'intérêts pour la dette hypothécaire grevant cet immeuble.
Par taxation ordinaire du 16 mai 2013 (rectifiée à la suite de la communication interne du 18 avril 2013 indiquant que devait être opérée une reprise de CHF 3'000.- au titre de part privée sur frais généraux et de représentation à considérer comme distribution dissimulée de dividendes), le Service cantonal des contributions a refusé la déduction de ces intérêts en précisant que: "Les intérêts sur crédit de construction ne sont pas déductibles. Il en est de même en ce qui concerne les intérêts pour un compte d'hypothèque consolidé si aucun rendement de l'immeuble n'est imposé". L'impôt fédéral direct dû par B._ et son épouse a été fixé à CHF 142'485.- (après déduction sur impôt de CHF 500.-) sur la base d'un revenu imposable de CHF 1'239'089.-, et leur impôt cantonal sur le revenu à CHF 146'569.50 pour un revenu imposable de CHF 1'085'729.-. Leur impôt sur la fortune a été arrêté à CHF 6'258.45 sur la base d'une fortune imposable de CHF 1'896'599.-.
Cette taxation est entrée en force sans avoir été contestée.
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B. Le 29 octobre 2013, la fiduciaire mandatée par B._ et son épouse s'est adressée au Service cantonal des contributions en indiquant que durant l'année 2011, ceux-ci avaient entrepris d'importants travaux de rénovation et d'entretien sur leur villa de D._, et que "dans la déclaration fiscale 2011 établie dans le canton de Fribourg, la valeur de cet immeuble et la dette hypothécaire y relative ont été déclarés mais les frais d'entretien, qui nous ont été remis avec les attestations concernant la déclaration 2012, n'ont pas été déduits du revenu fiscal 2011. A ce jour, la taxation 2011 du canton de Vaud n'a pas été encore établie. Par conséquent, nous allons faire parvenir au fisc vaudois, dans les plus brefs délais, le décompte des frais de transformation et d'entretien relatifs à la villa de nos clients, H._ à D._. Dès que la taxation 2011 du canton de Vaud nous sera parvenue, nous vous la transmettrons et vous prierons de bien vouloir rouvrir la taxation 2011 en tenant compte de ces éléments".
Par lettre du 19 novembre 2013, le Service cantonal des contributions a informé la fiduciaire que la taxation notifiée le 16 mai 2013 n'avait pas fait l'objet d'une réclamation dans le délai prévu à cet effet et qu'elle était donc devenue définitive et exécutoire.
C. Le 3 mai 2016, B._ et son épouse ont formé une "Réclamation contre les taxations fiscales 2011 - 2012". Ils ont relevé que la taxation fiscale 2012 étant datée du 21 avril 2016, leur réclamation était recevable. Quant à la taxation pour la période fiscale 2011, ils ont exposé ce qui suit: "Conformément au courrier que nous vous avons adressé le 4 décembre 2013 et selon l'article 100 al. 5 de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF; RS 173.110) en matière de recours pour conflit entre deux cantons, le délai de recours commence à courir au plus tard le jour où chaque canton a pris une décision pouvant faire l'objet d'un recours devant le Tribunal fédéral. Or, les taxations fiscales vaudoises 2011 et 2012 ont été établies à la date du 8 juillet 2015 et nous avons fait recours contre ces taxations vaudoises 2011 et 2012 en date du 7 août 2015". Ils ont ajouté qu'ils contestaient "les taxations fiscales vaudoises du 8 juillet 2015 relatives aux années 2011 et 2012, sur lesquelles sont basées la taxation du canton de Fribourg du 21 avril 2016 pour l'année 2012 et la taxation fiscale fribourgeoise 2011 datée du 16 mai 2013, comme indiqué ci-dessus. La contestation porte sur le refus du fisc vaudois d'accepter en déduction les frais d'entretien de la villa (...) à D._, déclarés en 2011 et 2012", ainsi que "la non prise en compte de la déduction des intérêts de capitaux d'épargne déclarés en déduction du revenu 2012". Ils ont joint une copie de leur réclamation du 7 août 2015 adressée au fisc vaudois à l'encontre des taxations fiscales 2011 et 2012, en précisant que cette réclamation n'avait pas été acceptée et qu'ils attendaient une réponse suite au recours déposé.
Par décision du 9 juin 2016, pour la période fiscale 2011 uniquement, le Service cantonal des contributions a déclaré irrecevable la réclamation précitée, aucun motif d'empêchement n'ayant été invoqué pour justifier la tardiveté de leur intervention à l'encontre de la taxation du 16 mai 2013.
D. Le 5 juillet 2016, B._ et son épouse, toujours représentés par leur fiduciaire, ont interjeté recours à l'encontre de la décision précitée en concluant au réexamen de leur taxation pour la période fiscale 2011 "dès que l'Autorité fiscale vaudoise aura pris une décision". Ils se réfèrent notamment à l'arrêt du Tribunal fédéral traduit dans la RDAF 2016 II 1 (139 II 373), qui mentionne que: "selon la jurisprudence et la doctrine, lorsque la double imposition n'apparaît qu'ultérieurement, le droit d'utiliser la voie de la révision doit être accordé sur la base de l'art. 127 al. 3 Cst. féd., même si aucune disposition légale ne mentionne expressément cette voie".
http://www.admin.ch/ch/f/rs/173.110/a100.html http://www.rdaf.ch/arret.php?idarret=6500&arstring= http://www.admin.ch/ch/f/rs/101/a127.html
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L'avance de frais fixée à CHF 600.- par ordonnance du 7 juillet 2016 a été versée dans le délai imparti.
Dans ses observations du 22 septembre 2016, le Service cantonal des contributions a conclu au rejet du recours. Il maintient que la taxation en cause, notifiée le 16 mai 2013, n'a pas été contestée de sorte qu'elle est entrée en force et que les recourants doivent soulever la question d'une éventuelle double imposition dans leur recours contre la décision vaudoise.
Une copie de cette détermination a été communiquée aux recourants pour information le 29 septembre 2016.
L'Administration fédérale des contributions a renoncé à se déterminer sur le recours.

en droit
1. Le recours, posté le 5 juillet 2016 contre une décision du 9 juin 2016, a été déposé dans le délai et les formes prévus aux art. 140 ss de la loi du 14 décembre 1990 sur l'impôt fédéral direct (LIFD; RS 642.11), 50 al. 1 de la loi fédérale du 14 décembre 1990 sur l’harmonisation des impôts directs des cantons et des communes (LHID; RS 642.14), 180 de la loi fribourgeoise du 6 juin 2000 sur les impôts cantonaux directs (LICD; RSF 631.1) ainsi que 79 ss du code fribourgeois du 23 mai 1991 de procédure et de juridiction administrative (CPJA; RSF 150.1). Par ailleurs, l'avance des frais de procédure a été versée en temps utile. Partant, le recours est recevable.
I. Impôt cantonal (607 2016 98)
2. a) L'art. 175 al. 1 phr. 1 LICD (qui correspond à l'art. 48 al. 1 LHID) dispose que le contribuable peut adresser au Service cantonal des contributions une réclamation écrite dans les trente jours à compter de la notification contre la décision de taxation.
Les délais fixés en jours commencent à courir le lendemain du jour de leur communication ou de l’événement qui les déclenche; l'échéance du délai est reportée au premier jour utile qui suit lorsqu'elle tombe notamment sur un samedi, un dimanche (art. 27 al. 1 et 2 CPJA). Le délai est réputé observé lorsque l’écrit est remis à l’autorité ou, à son adresse, à un bureau de poste suisse ou à une représentation diplomatique ou consulaire suisse, le dernier jour du délai au plus tard (art. 28 al. 1 CPJA).