Decision ID: 703e1a1c-f527-58dc-9820-94b00057ce66
Year: 2017
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_001
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law

EN FAIT
, que par jugement du 3 février 2017, le Tribunal de première instance, statuant sur mesures protectrices de l'union conjugale, a notamment autorisé les époux A_ et B_ à vivre séparés (ch. 1 du dispositif), attribué à A_ la jouissance exclusive du domicile conjugal, sis _ Genève (ch. 2), attribué à B_ la garde sur l'enfant D_, née le _ 2016 (ch. 3), réservé en faveur de A_ un droit de visite sur D_, qui s'exercera, à défaut d'accord entre les parties, les samedis de 9h00 à 19h00 ainsi qu'un après-midi par semaine, soit en l'état les jeudis de 14h00 à 19h00 (ch. 4) et condamné A_ à verser en mains de B_, par mois et d'avance, allocations familiales non comprises, le montant de 120 fr. de mars à avril 2017 puis 1'000 fr. dès mai 2017, réparti à raison de 500 fr. en faveur de l'enfant et 500 fr. en faveur de B_ (ch. 8);
Que le Tribunal a notamment considéré que A_ n'avait fourni aucune explication quant aux raisons pour lesquelles il avait quitté son emploi, se contentant d'affirmer vouloir trouver un poste en relation avec ses compétences, compte tenu de son
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en finance, et qu'il devait dès lors se voir imputer un revenu hypothétique équivalent à celui qu'il réalisait précédemment, soit 4'900 fr. par mois dès le mois de mars 2017, afin de lui accorder un certain délai;
Que par acte déposé au greffe de la Cour le 17 février 2017, A_ a formé appel contre ce jugement , concluant à l'annulation des ch. 4 et 8 de son dispositif, à une extension de son droit de visite dès le mois de juin 2017 au week-end ainsi qu'à deux fois deux semaines de vacances et à ce qu'il soit dit qu'il ne devait aucune contribution à l'entretien de B_ ou de D_, subsidiairement à ce que la contribution à l'entretien de cette dernière soit de 120 fr., puis de 500 fr. dès le mois de novembre 2017;
Qu'il a conclu, préalablement, à ce que l'effet suspensif soit accordé à son appel, expliquant que ses revenus étaient inférieurs à ceux retenus par le Tribunal et que le fait de devoir payer 1'000 fr. par mois dès le mois de mai 2017 portait une atteinte à son minimum vital et l'exposait à des poursuites pouvant lui causer des difficultés majeures dans ses recherches de logement et de travail;
Qu'il soutient qu'il n'est plus en mesure d'exercer sa profession de serveur pour des raisons médicales et produit à cet égard un certificat médical du 6 juin 2016 dont il ressort notamment que la demande fonctionnelle de son activité professionnelle est élevée pour une articulation du genou multi-opérée et qu'il est à même d'exercer toute activité professionnelle moins exigeante du point de vue physique;
Qu'invitée à se déterminer à cet égard, B_ a conclu au rejet de la demande de restitution de l'effet suspensif;
Considérant,

EN DROIT
, que la Cour est saisie d'un appel au sens de l'art. 308 CPC;
Que le jugement querellé portant sur des mesures provisionnelles, l'appel n'a pas d'effet suspensif ex lege (art. 315 al. 4 let. b CPC);
Qu'à teneur de l'art. 315 al. 5 CPC, l'exécution de mesures provisionnelles peut exceptionnellement être suspendue si la partie concernée risque de subir un préjudice difficilement réparable, notion permettant de tenir compte également d'un préjudice de fait et s'examinant à l'aune de l'efficacité du jugement à rendre à l'issue de la procédure ordinaire, qui en serait compromise (ATF
138 III 378
consid. 6.3; arrêt du Tribunal fédéral
4P.5/2002
du 8 avril 2002 consid. 3a);
Que l'autorité cantonale doit faire preuve de retenue et ne modifier la décision de première instance que dans des cas exceptionnels; elle dispose cependant d'un large pouvoir d'appréciation permettant de tenir compte des circonstances concrètes du cas d'espèce (ATF
137 III 475
consid. 4.1; arrêt du Tribunal fédéral
5A_403/2015
du 28 août 2015 consid. 5);
Qu'à teneur de la jurisprudence du Tribunal fédéral, la simple exécution de créances d'argent n'emporte pas en soi un dommage difficilement réparable dans la mesure où le poursuivi peut en obtenir la restitution s'il obtient finalement gain de cause (ATF
138 III 333
consid. 1.3.1; arrêts du Tribunal fédéral
5A_143/2012
du 9 mai 2012 consid. 2.2.1;
5D_52/2010
du 10 mai 2010 consid. 1.1.1 in SJ 2011 I p. 134);
Qu'il appartient donc à la partie recourante de démontrer qu'à défaut d'effet suspensif, elle est exposée à d'importantes difficultés financières ou qu'elle ne pourra pas obtenir le remboursement du montant payé au cas où elle obtiendrait gain de cause au fond (arrêt du Tribunal fédéral
5A_708/2013
du 14 mai 2014 consid. 1.1);
Qu'en l'espèce, le raisonnement du Tribunal qui a imputé à l'appelant un revenu hypothétique, d'un montant de 4'900 fr. par mois, ne paraît pas d'emblée erroné;
Qu'au vu notamment du certificat médical produit, il ne peut être considéré prima facie, à ce stade, qu'aucun revenu hypothétique ne peut être imputé à l'appelant ou alors qu'un revenu hypothétique ne lui permettant pas de s'acquitter de la contribution d'entretien contestée;
Que le montant de 1'000 fr. à titre de contribution d'entretien n'est dû qu'à partir du mois de mai 2017;
Que dans la mesure où les montants alloués sont destinés à couvrir le minimum vital de l'intimée et de l'enfant, ces dernières disposent d'un intérêt prépondérant au versement des contributions d'entretien fixées dans le jugement attaqué, qui l'emporte sur celui de l'appelant à ne pas verser des sommes qu'il pourrait, le cas échéant, avoir des difficultés à récupérer par la suite;
Que pour le surplus, l'appelant ne motive pas sa demande d'effet suspensif en relation avec son appel portant sur le ch. 4 du dispositif du jugement du Tribunal du 3 février 2017;
Qu'au vu de ces éléments, la requête de l'appelant tendant à la suspension du caractère exécutoire du jugement attaqué sera rejetée;
Qu'il sera statué sur les frais et dépens de l'incident avec la décision au fond (art. 104 al. 3 CPC).
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