Decision ID: d791ce1b-5296-57de-ad96-6a7c59f76107
Year: 2011
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_014
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: social_law

Attendu en fait
quela ZURICH COMPAGNIE D'ASSURANCE SA (l'assurance ou l'intimée) a mis un terme à l’octroi de toutes prestations à Madame J_ (l'assurée ou la recourante), né en 1946, avec effet au 31 mars 2005, par décision du 20 mai 2005, confirmée par décision sur opposition du 10 septembre 2009, au motif que l'affection dont souffre l'assurée n'est plus en lien de causalité avec l'accident du 1
er
février 2000 ;
Que l’assurée a interjeté recours contre cette décision en date du 12 octobre 2009, en concluant à l’annulation de la décision ainsi qu’à l'octroi d'une rente entière d'invalidité dès le 1
er
avril 2005, subsidiairement à ce qu'une expertise judiciaire soit ordonnée;
Que dans sa réponse du 18 janvier 2010, l’intimée a conclu au rejet du recours ;
Que par arrêt du 1
er
juin 2010, le Tribunal cantonal des assurances sociales a rejeté le recours, estimant que l'expertise effectuée au CHUV par les Pr L_ et M_ et le Dr N_ a pleine valeur probante et écarte de façon convaincante celle effectuée aux HUG par le Pr O_, lequel admet un lien de causalité entre l'affection et l'accident de février 2000;
Que par arrêt du 11 juillet 2011, le Tribunal Fédéral a annulé l'arrêt susmentionné, au motif que d'autres médecins ont retenus un syndrome épaule-main, de sorte que l'avis du Dr O_ n'est pas isolé; que les avis médicaux et expertises ne sont entachés d'aucun défaut reconnaissable par le juge, mais que les observations cliniques, résultats des examens et références à la littérature font l'objet d'une interprétation diamétralement divergente, de sorte qu'au vu des contradictions importantes qui séparent les experts administratifs et privé, il convient d'ordonner une sur-expertise pluridisciplinaire (somatique/psychiatrique) intégrant une discussion de synthèse entre les divers experts consultés lesquels auront accès à l'intégralité du dossier médical de l'assurée;
Que lors de l’audience de comparution des mandataires du 20 septembre 2011, les conseils ont exclu le recours à un expert du CHUV, ont indiqué que le problème de la langue limitait le recours à l'Hôpital de Berne et admis que la Cour pouvait mandater un spécialiste de l'épaule ou de la main, à charge pour ce dernier de s'entourer de l'avis d'un autre spécialiste, un délai leur étant imparti pour proposer un expert et les questions à poser;
Que par pli du 3 octobre 2011, le conseil de l'assurée a proposé le Dr P_ et une liste de questions à poser;
Que par pli du 4 octobre 2011, le conseil de l'assurance a proposé le BREM ou la CRR ainsi qu'une liste de questions à poser;
Que par pli du 7 octobre 2011, le conseil de l'assurée s'est opposé à la désignation du BREM ou de la CRR, ces centres étant principalement rémunérés par les assureurs, citant la récente jurisprudence du TF (ATF
137 V 210
);
Que par pli du 25 octobre 2011, le conseil de l'assurance a estimé que la jurisprudence citée par l'assurée ne faisait pas obstacle, dans le cas d'espèce, à la désignation du BREM ou de la CRR;
Que la Cour de céans a transmis le 7 novembre 2011 aux parties le projet de mission d'expertise, leur impartissant un délai pour faire valoir une cause de récusation;
Que par pli du 18 novembre 2011, le conseil de l'assurance a indiqué n'avoir ni motif de récusation ni de remarques à faire valoir quant aux questions posées;

Attendu en droit
quejusqu’au 31 décembre 2010, le Tribunal cantonal des assurances sociales le Tribunal était compétent en la matière (art.56 V de la loi sur l’organisation judiciaire; LOJ - RS
E 2 05
);
Que, dès le 1
er
janvier 2011, cette compétence revient à la Chambre des assurances sociales de la Cour de justice, laquelle reprend la procédure pendante devant le Tribunal cantonal des assurances sociales (art. 143 al. 6 de la LOJ du 26 septembre 2010);
Que la loi sur la partie générale des assurances sociales (LPGA), entrée en vigueur le 1er janvier 2003, est applicable au cas d’espèce ;
Que le recours, déposé dans les formes et délai prévus par la loi est recevable à la forme (art. 56 et 60 LPGA) ;
Que la question préalable à l’examen d’éventuelles prestations de l'assureur-accident à résoudre est de savoir si les affections dont souffre l'assurée sont en lien de causalité avec l'accident du 1
er
février 2000;
Que la responsabilité de l'assureur-accident s'étend, en principe, à toutes les conséquences dommageables qui se trouvent dans un rapport de causalité naturelle (ATF
119 V 337
consid. 1,
118 V 289
consid. 1b et les références) et adéquate avec l'événement assuré (ATF
125 V 461
consid. 5a et les références);
Que l'exigence afférente au rapport de causalité naturelle est remplie lorsqu'il y a lieu d'admettre que, sans l'événement dommageable de caractère accidentel, le dommage ne se serait pas produit du tout, ou qu'il ne serait pas survenu de la même manière. Il n'est pas nécessaire, en revanche, que l'accident soit la cause unique ou immédiate de l'atteinte à la santé; il faut et il suffit que l'événement dommageable, associé éventuellement à d'autres facteurs, ait provoqué l'atteinte à la santé physique ou psychique de l'assuré, c'est-à-dire qu'il se présente comme la condition sine qua non de celle-ci;
Que savoir si l'événement assuré et l'atteinte à la santé sont liés par un rapport de causalité naturelle est une question de fait, que l'administration ou, le cas échéant, le juge examine en se fondant essentiellement sur des renseignements d'ordre médical, et qui doit être tranchée en se conformant à la règle du degré de vraisemblance prépondérante, appliquée généralement à l'appréciation des preuves dans l'assurance sociale. Ainsi, lorsque l'existence d'un rapport de cause à effet entre l'accident et le dommage paraît possible, mais qu'elle ne peut pas être qualifiée de probable dans le cas particulier, le droit à des prestations fondées sur l'accident assuré doit être nié (ATF
129 V 181
consid. 3.1, 406 consid. 4.3.1,
119 V 337
consid. 1,
118 V 289
consid. 1b et les références);
Que le droit à des prestations suppose en outre l'existence d'un lien de causalité adéquate, qui est une question de droit qu'il appartient à l'administration et, en cas de recours, au juge de trancher. La causalité est adéquate si, d'après le cours ordinaire des choses et l'expérience de la vie, le fait considéré était propre à entraîner un effet du genre de celui qui s'est produit, la survenance de ce résultat paraissant de façon générale favorisée par une telle circonstance (ATF
129 V 177
consid. 3.2, 402 consid. 2.2,
125 V 461
consid. 5a et les références);
Qu'en présence d’une atteinte à la santé physique, le problème de la causalité adéquate ne se pose guère, car l’assureur répond aussi des complications les plus singulières et les plus graves qui ne se produisent habituellement pas selon l’expérience médicale (ATF
118 V 291
consid. 3a);
Que par contre, en présence de troubles psychiques, le caractère adéquat du lien de causalité suppose que l'accident ait eu une importance déterminante dans leur déclenchement, ce qui ne relève toutefois pas de la seule appréciation médicale, la causalité adéquate étant une question de droit;
Que le Tribunal fédéral a décidé qu'une sur-expertise devait être ordonnée afin de déterminer le lien de causalité naturelle entre l'accident et l'état de santé de l'assurée;
Que le BREM ne peut pas être mandaté dès lors que la Dresse Q_ s'est déjà exprimée dans le cadre de l'expertise du CEMED, que les parties ont exclu pour ce même motif de mandater un spécialiste des HUG ou du CHUV, que la CRR à Sion est contestée par la recourante, qui estime que l'impartialité de cette clinique est mise en cause par le nombre de mandats des assureurs, tout en proposant le Prof P_, qui a été directeur de la CRR jusqu'en novembre 2010;
Que la Cour de céans a décidé de mandater le Dr R_, médecin chef adjoint à l'Hôpital de Fribourg, spécialiste en chirurgie orthopédique (épaule, coude et main), spécialiste en traumatologie de l'appareil locomoteur et spécialiste en chirurgie de la main ainsi que le Dr S_, spécialiste en psychiatrie également à Fribourg;
Qu’en application de l’art. 39 de la loi sur la procédure administrative (LPA), un délai de 10 jours a été accordé aux parties pour éventuelle récusation des experts, ensuite de quoi la présente ordonnance leur est communiquée.
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