Decision ID: 12aeeac6-5f27-5477-9850-9371d2e9e92d
Year: 2020
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_004
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law

EN FAIT
, le procès-verbal ACCBL/2_/2019 du 7 octobre 2019 de la Commission de conciliation en matière de baux et loyers, à teneur duquel A_ s'est engagée à restituer à B_ (ci-après : B_) l'appartement de 2 pièces situé au XX
ème
étage de l'immeuble sis avenue 1_ à C_ [GE] d'ici au 31 mai 2020, l'accord valant jugement d'évacuation dès le 1
er
juin 2020;
Que les locaux n'ont pas été restitués par A_;
Que, par requête adressée le 24 août 2020 au Tribunal des baux et loyers, B_ a requis l'exécution du procès-verbal de la Commission de conciliation en matière de baux et loyers suscité;
Qu'à l'audience du 13 octobre 2020 devant le Tribunal, B_ a persisté dans ses conclusions;
Que A_ s'est opposée à la requête et a sollicité l'octroi d'un délai humanitaire; qu'elle a déclaré vivre seule dans le logement et être prise en charge par l'Hospice général;
Que B_ s'est opposée à l'octroi d'un sursis;
Que la cause a été gardée à juger à l'issue de l'audience;
Que, par jugement
JTBL/737/2020
rendu le 13 octobre 2020, reçu par A_ le 20 octobre suivant, le Tribunal a autorisé B_ à faire exécuter par la force publique le procès-verbal de la Commission de conciliation en matière de baux et loyers du 7 octobre 2019 à l'encontre de A_ 30 jours après l'entrée en force du jugement (ch. 1 du dispositif), a débouté les parties de toutes autres conclusions (ch. 2) et a dit que la procédure était gratuite (ch. 3);
Vu le recours expédié le 30 octobre 2020 par A_ contre ce jugement;
Qu'elle a conclu à l'annulation des chiffres 1 et 2 de son dispositif et à ce qu'il soit sursis à l'exécution de cette décision huit mois après l'entrée en force de l'arrêt à rendre par la Cour;
Que A_ a préalablement requis la suspension du caractère exécutoire des mesures d'exécution ordonnées par le Tribunal des baux et loyers;
Qu'invitée à se déterminer, B_ a, par écritures du 9 novembre 2020, conclu au rejet de la requête d'effet suspensif;
Considérant,

EN DROIT
, que seule la voie du recours est ouverte contre les mesures d'exécution (art. 309 let. a et 319 let. a CPC);
Que le recours ne suspend pas la force de chose jugée, l'instance d'appel pouvant suspendre le caractère exécutoire (art. 325 al. 1 et 2 CPC);
Que l'instance de recours est habilitée à décider d'office ou sur requête de suspendre le caractère exécutoire (cf. JEANDIN, in Commentaire Romand, Code de procédure civile 2
ème
éd., n. 6 ad art. 325 CPC);
Qu'en la matière, l'instance d'appel dispose d'un large pouvoir d'appréciation
(ATF
137 III 475
consid. 4.1; arrêts du Tribunal fédéral
5A_403/2015
du 28 août 2015 consid. 5;
5A_419/2014
du 9 octobre 2014 consid. 7.1.2);
Que, selon les principes généraux, l'autorité procède à une pesée des intérêts en présence et doit se demander, en particulier, si la décision est de nature à provoquer une situation irréversible; qu'elle prend également en considération les chances de succès du recours (arrêts du Tribunal fédéral
4A_337/2014
du 14 juillet 2014 consid. 3.1;
4D_30/2010
du 25 mars 2010 consid. 2.3);
Considérant que seules les mesures d'exécution ont été remises en cause par la recourante, de sorte que seule la voie du recours est ouverte;
Qu'il ne se justifie pas de suspendre le caractère exécutoire du chiffre 1 du jugement entrepris;
Qu'en effet, le recours paraît,
prima facie
et sans préjudice de l'examen au fond, dénué de chance de succès;
Que la recourante allègue avoir recherché une solution de relogement, sans fournir la moindre preuve de cette allégation;
Que la recourante a bénéficié de fait de plus de cinq mois d'occupation des lieux depuis la date à laquelle l'appartement devait être restitué à l'intimée;
Qu'en conséquence, la requête de la recourante sera rejetée.
* * * * *