Decision ID: 7d46f24b-b4ea-50ba-b371-9cce9e16d7cb
Year: 2021
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_001
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law

EN FAIT
, que par acte porté le 12 février 2018 devant le Tribunal de première instance, le mineur B_, né le _ 2010, réclame, conjointement et solidairement, à A_ (SUISSE) SA, qui a mis sur le marché suisse le médicament antiépileptique "Dépakine" et à F_, le médecin traitant neurologue de sa mère E_, le paiement de divers montants à titre d'indemnités pour perte de gain, préjudice ménager futur et tort moral;
Qu'il reproche à A_ (SUISSE) SA et F_ de ne pas avoir informé sa mère de l'étendue des risques liés à la prise de la "Dépakine" durant la grossesse;
Qu'il soutient que la prise du médicament en question par sa mère durant la grossesse a causé diverses atteintes, encore évolutives, à sa santé physique et psychique;
Qu'il agit en responsabilité contre le producteur sur la base de la loi fédérale du 18 juin 1993 sur la responsabilité du fait des produits (LRFP) et contre le médecin sur la base des art. 41 ss, 97 ss et 394 ss CO;
Que la cause a été enregistrée sous le sous le n° C/19246/2017-1;
Que par acte porté le 30 novembre 2020 devant le Tribunal, la CONFEDERATION SUISSE a formé à l'encontre de A_ (SUISSE) SA et F_, pris conjointement et solidairement, une action subrogatoire de l'assureur social en paiement de 3'000'000 fr. plus intérêts;
Que la cause a été enregistrée sous le sous le n° C/1_/2020-1;
Que par ordonnance du 26 janvier 2021, le Tribunal a ordonné la jonction des causes C/19246/2017-1 et C/1_/2020-1, sous le n° C/19246/2017-1;
Que A_ (SUISSE) SA et F_ concluent au rejet de toutes les conclusions prises à leur encontre;
Que le mineur B_, A_ (SUISSE) SA et F_ ont requis la mise en œuvre d'expertises judiciaires;
Que par ordonnance
ORTPI/1242/2021
du 16 novembre 2021, reçue par les parties le 19 novembre 2021, le Tribunal a ordonné la division de la cause C/19246/2017-1 en deux procédures distinctes, soit une cause opposant le mineur B_ et la CONFEDERATION SUISSE à A_ (SUISSE) SA sous le n° C/19246/2017-1 et une cause opposant le mineur B_ et la CONFEDERATION SUISSE à F_ sous le n° C/2_/2021-1;
Que par acte expédié le 29 novembre 2021 à la Cour de justice, A_ (SUISSE) SA recourt contre l'ordonnance précitée, dont elle requiert l'annulation;
Qu'elle conclut, avec suite des frais, à ce que la Cour, principalement, ordonne que l'instruction de la cause C/19246/2017 concernant, d'une part, la demande formée le 12 février 2018 par le mineur B_ contre A_ (SUISSE) SA et F_ et, d'autre part, la demande formée le 30 novembre 2020 par la CONFEDERATION SUISSE contre A_ (SUISSE) SA et F_ se poursuive de façon conjointe et sans limitation de l'instruction, et, subsidiairement, renvoie la cause au Tribunal pour nouvelle décision;
Qu'elle sollicite, préalablement, l'octroi de l'effet suspensif à son recours;
Que le mineur B_, la CONFEDERATION SUISSE et F_ s'en rapportent à justice sur la requête d'effet suspensif;
Considérant,

EN DROIT
, que la Cour est saisie d'un recours au sens des
art. 319 ss CPC;
Que le recours ne suspend pas la force de chose jugée et le caractère exécutoire de la décision attaquée (art. 325 al. 1 CPC);
Que toutefois, l'instance de recours peut suspendre le caractère exécutoire (art. 325 al. 2 CPC);
Que l'instance de recours dispose d'un large pouvoir d'appréciation;
Que l'on devrait à tout le moins admettre que l'effet suspensif soit restitué lorsque la partie concernée risque de subir un préjudice difficilement réparable (Jeandin, CR, CPC, 2
ème
éd. 2019, ad art. 325 n. 6);
Qu'il convient de procéder à une pesée des intérêts en cause à la lumière du cas concret, à savoir celui de la partie recourante à ne pas subir les inconvénients d'une exécution immédiate de la décision querellée et celui de l'intimé à ne pas différer ladite exécution, les chances du succès du recours devant aussi être prises en compte (Jeandin, op. cit. ad art. 325 n. 6a);
Qu'en l'espèce, les parties intimées ne s'opposent pas à la suspension du caractère exécutoire de l'ordonnance attaquée, mais s'en rapportent à justice sur ce point;
Que dans ces conditions, il se justifie de restituer l'effet suspensif au recours, étant précisé que celui-ci devrait être tranché rapidement, de sorte que l'absence de mise en œuvre immédiate de l'ordonnance attaquée ne devrait pas être préjudiciable aux parties;
Que la recevabilité du recours sera examinée ultérieurement;
Qu'il sera statué sur les frais de la présente décision dans le cadre de l'arrêt au fond.
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