Decision ID: b3a5e417-5815-567a-8183-f2bce5d42107
Year: 2017
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_007
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 

EN FAIT
, que A_ a adressé à l'Office des poursuites (ci-après : l'Office) une réquisition de poursuite dirigée contre B_, domicilié C_, 1_ Genève;
Qu'en date du 23 août 2017, l'Office a rendu une décision de non-lieu de notification, reçue le 29 août 2017 par la poursuivante, exposant que le débiteur était introuvable à l'adresse susvisée, de sorte que le commandement de payer, poursuite n° 16 xxxx02 D, n'avait pas pu lui être notifié et qu'en dépit de ses recherches, l'Office n'avait pas été en mesure de procéder une tentative de notification à une autre adresse;
Que le même jour, l'Office a établi un relevé des frais de poursuite, dont il ressort qu'un montant de 13 fr. 30 a été facturé le 23 août 2017, à titre d'émoluments et débours pour l'édition et l'envoi de la décision de non-lieu de notification;
Que par courrier expédié à la Chambre de céans le 7 septembre 2017, A_ a formé une plainte, au sens de l'article 17 LP, contre la décision susvisée et contre la "
facture de frais (23 août 2017)
", concluant à leur annulation et à une nouvelle notification du commandement de payer;
Qu'à l'appui de sa plainte, elle a exposé qu'il y avait lieu "
de constater des irrégularités au niveau de la recherche du débiteur ainsi que sur les délais d'action de l'Office
";
Que dans son rapport du 25 septembre 2017, l'Office a précisé que le commandement de payer avait été édité et remis à la Poste pour notification le 17 février 2017; que celle-ci l'avait retourné à l'Office avec la mention "
Indistribuable
" le 17 mars 2017; qu'une convocation a été envoyée au débiteur le 27 avril 2017 et une sommation le 26 mai 2017; qu'un collaborateur de l'Office avait tenté de notifier l'acte de poursuite au domicile du débiteur le 22 août 2017, sans succès; que la régie avait confirmé que le débiteur ne résidait pas à cette adresse; qu'enfin, selon le fichier informatique de l'Office cantonal de la population, le débiteur était actuellement sans domicile connu;
Qu'en outre, par courrier du 25 septembre 2017 adressé à A_, l'Office avait reconsidéré sa décision de non-lieu, conformément à l'art. 17 al. 4 LP, annulé les frais de poursuite facturés le 23 août 2017 et invité la créancière à lui fournir une autre adresse de notification, étant précisé que sans nouvelles de sa part dans un délai de
20 jours, une décision de non-lieu de notification lui serait communiquée;
Que par courrier du 2 octobre 2017, la Chambre de céans a imparti à A_ un délai au 13 octobre 2017 pour lui faire savoir si elle entendait retirer ou maintenir sa plainte et, dans ce dernier cas, pour quel(s) motif(s);
Que la plaignante n'a pas donné suite à ce courrier.
Considérant,

EN DROIT
, que la plainte est recevable pour avoir été formée auprès de l'autorité compétente (art. 125 et 126 al. 2 let. c LOJ; 6 al. 1 et 3 LaLP; 13 et 17 al. 1 LP), par une partie lésée dans ses intérêts (ATF
138 III 219
consid. 2.3;
129 III 595
consid. 3;
120 III 42
consid. 3), dans le délai utile de 10 jours (art. 17 al. 2 LP) et selon la forme prescrite par la loi (art. 9 al. 1 et 2 LaLP; 65 al. 1 LPA applicable par renvoi de l'art. 9 al. 4 LaLP), à l'encontre d'une décision de non-lieu de notification, soit d'une mesure sujette à plainte (art. 17 al. 1 LP);
Que selon l'art. 17 al. 4 LP, l'Office peut, jusqu'à l'envoi de sa réponse à une plainte, procéder à un nouvel examen de la décision attaquée, à charge pour lui, s'il prend une nouvelle décision, de la notifier sans délai aux parties et d'en donner connaissance à l'autorité de surveillance;
Que si l'Office a reconsidéré sa décision alors qu'un recours était pendant, l'autorité de surveillance doit examiner le recours, pour autant toutefois que la décision de reconsidération n'a pas rendu sans objet les conclusions de ce dernier (ATF
126 III 85
consid. 2b = JdT
2000 II 16
);
Qu'en l'occurrence, faisant application de l'art. 17 al. 4 LP, l'Office a révoqué sa décision de non-lieu du 23 août 2017 et annulé les frais de poursuite s'y rapportant;
Qu'il s'ensuit que la plainte est devenue sans objet sur ces deux points;
Considérant, par ailleurs, que si la réquisition de poursuite répond aux exigences de l'art. 67 al. 1 et 2 LP et n'est pas nulle pour un autre motif, l'Office rédige (art. 69 al. 1 LP) et notifie (art. 71 al. 1 LP) sans attendre le commandement de payer. Ces dispositions constituent des prescriptions d'ordre imposant à l'Office d'agir sans délai, "aussi vite que possible"; leur éventuelle violation est toutefois sans effet sur la validité du commandement de payer (GILLIERON, Commentaire LP, n. 14 ad art. 71 LP; MALACRIDA/ROESLER, in KUKO SchKG, n. 3 ad art. 71 LP);
Qu'en l'occurrence, la procédure de notification du commandement de payer a connu des lenteurs non justifiées;
Qu'en effet, même en tenant compte des féries, un délai d'environ quatre mois (mi-mars à mi-août) consacré à l'envoi d'une convocation, puis d'une sommation, précédant le passage effectif d'un agent notificateur au domicile du débiteur, n'est pas conforme à l'exigence de célérité découlant de l'art. 71 al. 1 LP;
Qu'invitée à le faire, la plaignante ne s'est toutefois pas prononcée sur les suites à donner à sa plainte, concernant notamment les "irrégularités" qu'elle a soulevées "sur les délais d'action" de l'Office;
Qu'il convient dès lors d'admettre que la plainte est également privée d'objet à cet égard;
Que la cause sera par conséquent rayée du rôle.
Que la procédure de plainte est gratuite (art. 20a al. 2 ch. 5 LP et art. 61 al. 2 let. a OELP) et il ne peut être alloué de dépens (art. 62 al. 2 OELP).
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