Decision ID: 2180fa44-a2f0-5606-b0a8-51abf306a377
Year: 2017
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_007
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 

EN FAIT
A.
a
. Par jugement du 26 mars 2015, le Tribunal de police a alloué à A_ la créance compensatrice de 8'000 fr. en faveur de l'Etat de Genève, garantie par le maintien du séquestre de trois comptes ouverts au nom de B_ auprès de C_ SA.![endif]>![if>
b
. Dans le cadre de la poursuite n° 15 xxxx95 U intentée par la créancière sur la base de ce jugement, l'Office des poursuites (ci-après: l'Office) a procédé, le
18 novembre 2016, à l'audition du débiteur. Considérant que les rentes AI et les prestations complémentaires que percevait le débiteur étaient insaisissables, l'Office a rendu un procès-verbal de saisie n° 23 15 xxxx95 U, valant acte de défaut de biens, notifié le 13 mars 2017 à la créancière.
B.
Par acte expédié le 23 mars 2017 à la Cour de justice, A_ requiert l'annulation de ce procès-verbal. Les créances déduites en poursuite étaient garanties par le séquestre de comptes n
os
1_, 2_ et 3_ ouverts au nom du débiteur auprès de C_ SA. Elle demandait donc que le procès-verbal soit rectifié en ce sens et que la somme de 8'000 fr. qui lui est due soit réalisée.![endif]>![if>
L'Office indique qu'à la suite de la plainte, il a saisi la créance que B_ détient à l'égard de la Direction des finances du pouvoir judiciaire portant sur les avoirs déposés sur les trois comptes séquestrés. Dès qu'il sera en possession des fonds, il annulera l'acte de défaut de biens et établira un nouveau procès-verbal de saisie.
B_ ne s'est pas déterminé dans le délai imparti à cet effet.

EN DROIT
1.
La Chambre de surveillance est compétente pour statuer sur les plaintes formées en application de la LP par une personne ayant qualité pour agir (art. 13 al. 1 LP; art. 6 al. 1 et 3 et 7 al. 1 LaLP; art. 125 et 126 al. 1 let. a et al. 2 let. c LOJ), contre des mesures de l'Office non attaquables par la voie judiciaire (art. 17 al. 1 LP), tel le procès-verbal de saisie.
La plainte, écrite et motivée (art. 9 al. 1 et 2 LaLP; art. 65 al. 1 et 2 LPA, applicable par renvoi de l'art. 9 al. 4 LaLP), a été déposée dans un délai de dix jours à compter du moment où la plaignante a eu connaissance du procès-verbal contesté (art. 17 al. 2 LP); elle est donc recevable.
2
. Lorsque le débiteur est sujet à la poursuite par voie de saisie, l'Office, après réception de la réquisition de continuer la poursuite, procède sans retard à la saisie (art. 89 LP). Il détermine d'office les faits pertinents pour son exécution (ATF
108 III 10
). Afin de pourvoir au meilleur désintéressement possible des créanciers, l'Office doit procéder avec diligence, autorité et souci de découvrir les droits patrimoniaux du poursuivi, qui ne sont pas insaisissables en vertu des art. 92 et 93 LP. Il est doté à cette fin de pouvoirs d'investigation et de coercition étendus, "à l'instar d'un juge chargé d'instruire une enquête pénale ou d'un officier de police judiciaire" (Gilliéron, Commentaire de la LP, articles 89-158, 1999, n. 12
ad art. 91). Les tiers peuvent également être sollicités, dès lors que la loi leur impose la même obligation de renseigner qu'au débiteur (art. 91 al. 4 LP; Ochsner, Commentaire romand LP, 2005, n. 25 ad art. 93; Jeandin, CR LP, 2005, n. 15 ad art. 91).
La question de savoir si et dans quelle mesure l'enquête officielle menée par l'Office est défectueuse et son résultat inexact ne doit être examinée qu'en ce qui concerne les éléments critiqués par le créancier dans sa plainte (cf. ATF
127 III 572
consid. 3c).
3.
En l'espèce, le procès-verbal litigieux fait, certes, état de la créance compensatrice allouée à la plaignante dans le jugement du Tribunal de police de 2015. Toutefois, il apparaît que l'Office ne s'est pas enquis plus avant sur cette créance. Or, de telles créances sont fréquemment allouées sur des biens existants appartenant au débiteur et qui ont pu faire l'objet d'une mesure de saisie pénale, d'un séquestre pénal ou d'une confiscation. Il aurait donc appartenu à l'Office d'interpeller le poursuivi et/ou la créancière sur ce point, afin de recueillir les informations lui permettant de déterminer si la créance compensatrice était fondée sur des avoirs confisqués dans le cadre de la procédure pénale.
La créancière a apporté ces éléments dans la présente plainte et l'Office a, dans le délai de réponse à celle-ci, procédé à la saisie des avoirs dont le séquestre pénal a été maintenu par le Tribunal de police, en garantie de la créance compensatrice qu'il a allouée à la créancière. La plainte sera donc admise, le procès-verbal de saisie annulé et l'Office invité à dresser un nouveau procès-verbal de saisie, qui inclut les avoirs détenus par le débiteur auprès de C_ SA.
La décision querellée n'ayant pas statué sur la réalisation de ces avoirs, la Chambre de céans ne peut se prononcer sur ce point.
4.
La procédure de plainte est gratuite (art. 20a al. 2 ch. 5 LP et art. 61 al. 2 let. a OELP) et il ne peut être alloué aucuns dépens (art. 62 al. 2 OELP).
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