Decision ID: 2e670174-7fde-5e4b-8733-7cc65539cd3d
Year: 2015
Language: fr
Court: FR_TC
Chamber: FR_TC_004
Canton: FR
Region: Espace_Mittelland
Law Area: civil_law

considérant en fait
A. Depuis 2012, la situation de A._ et de son époux, B._, inquiète les intervenants du Service social du Réseau Santé et Social de la Gruyère (ci-après : Service social) qui ont requis par deux fois, soit le 24 août 2012 ainsi que le 9 mai 2014, auprès de la Justice de paix de l'arrondissement de la Gruyère (ci-après : la Justice de paix), l’instauration d’une mesure de protection en leur faveur, ces derniers se privant du droit à des prestations de l’aide sociale en refusant de signer les demandes de prestations et de cessions sans l’accord de leur avocat. Par décisions du 12 novembre 2012 et du 21 juillet 2014, la Justice de paix a cependant renoncé à prononcer une mesure de protection en leur faveur, concluant que les conditions nécessaires à son instauration n’étaient pas remplies dès lors que le soutien au niveau administratif apporté par leur mandataire en collaboration avec le Service social suffisait à faire valoir leur droits et à rétablir leur situation (DO 100 2012 142, p. 22 ss ; DO 100 2014 139, p. 19 ss).
B. Par courrier du 11 mai 2015, le médecin traitant de A._ et B._, Dr C._, psychiatre et psychothérapeute à Bulle, a signalé à la Justice de paix son inquiétude concernant la situation du couple de A._ et B._, soulignant qu’ils rencontraient des difficultés psychosociales importantes, en particulier en raison du fait que le Service social refusait de leur octroyer une aide financière suite à leur refus de signer les documents nécessaires, de sorte que le couple vivait avec des moyens financiers minimaux, ce qui avait engendré chez eux un épuisement psychique. Selon lui, les conjoints peineraient à comprendre les enjeux liés à certaines propositions émanant de divers organismes et leur situation sociale n’aurait guère évoluée si bien qu’il estime qu’une évaluation de leur situation par la Justice de paix en vue d’une éventuelle instauration d’une mesure de protection est nécessaire (DO 2 ss).
Le 3 juin 2015, A._ et B._ ont comparu devant la Justice de paix. A cette occasion, le couple a été interrogé sur sa situation personnelle et financière actuelle. A._ a pour sa part déclaré qu’elle acceptait l’instauration d’une mesure de curatelle en sa faveur, pour un certain temps, afin d’entreprendre certaines démarches administratives (DO 9 ss).
Le même jour, la Justice de paix a institué en faveur de A._ une curatelle de représentation avec gestion du patrimoine, au sens de l’art. 394 CC en lien avec l’art. 395 CC, ayant pour objet sa représentation, si nécessaire, dans le cadre du règlement de ses affaires administratives, mais aussi la gestion ses revenus et sa fortune. De plus, elle a pour mission de soutenir A._ dans ses recherches d’un logement approprié, d’assainir sa situation financière, et de lui apprendre à gérer seule et de manière satisfaisante ses affaires administratives et financières.
Par décision séparée du même jour, une mesure de protection a également été prononcée en faveur de B._.
C. Par mémoire du 9 juillet 2015, A._ a interjeté recours contre la décision de la Justice de paix du 3 juin 2015 instaurant une mesure de curatelle en sa faveur. Elle a conclu à son annulation et à ce qu’aucune mesure de curatelle ne soit instituée en sa faveur. Elle a également requis que cette décision soit rendue sans frais judiciaire et que ses dépens soient mis à la charge de l’Etat. Par la même occasion, elle a sollicité le bénéfice de l’assistance judiciaire pour la procédure de recours et la désignation de Me Bruno Kaufmann en qualité de défenseur d’office.
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Invitée à se déterminer, la Justice de paix s’est entièrement référée aux considérants de sa décision du 3 juin 2015, tout en précisant qu’elle avait également institué une mesure de curatelle en faveur du mari de la recourante (cf. courrier du 14 juillet 2015).

en droit
1. a) Selon l'art. 8 de la loi du 15 juin 2010 concernant la protection de l'enfant et de l'adulte (LPEA), le Tribunal cantonal connaît des recours contre les décisions rendues par l'autorité de protection - soit la Justice de paix (art. 2 al. 1 LPEA) - ou par son président ou sa présidente. La Cour de protection de l'enfant et de l'adulte (art. 14 al. 1 let. d du Règlement du Tribunal cantonal du 22 novembre 2012 précisant son organisation et son fonctionnement [RTC]) est compétente pour statuer.