Decision ID: e5df1ac4-28bb-57a9-83ce-8ba8ebaa2de6
Year: 2017
Language: fr
Court: FR_TC
Chamber: FR_TC_004
Canton: FR
Region: Espace_Mittelland
Law Area: civil_law

considérant en fait
A. C._, née en 1999, et D._, né en 2000, sont les enfants de A._ et B._, lesquels sont divorcés. A._ est détentrice de l’autorité parentale et du droit de garde sur ses enfants. Le père dispose quant à lui d’un droit de visite. Une curatelle de surveillance des relations personnelles et une curatelle éducative au sens des art. 308 al. 1 et 2 CC ont été instituées en faveur des enfants, respectivement les 5 avril 2012 et 16 mai 2013.
Au début de l’année 2013, C._ et D._ ont manifesté des réticences à se rendre chez leur père qu’ils considéraient trop sévère. Par courrier du 27 février 2015, ils ont informé la Justice de paix de l’arrondissement de la Veveyse (ci-après: la Justice de paix) du fait qu’ils n’avaient plus envie de voir leur père et qu’ils souhaitaient s’en éloigner.
Statuant sur les recours de C._ et D._ et de leur mère, la Cour de protection de l’enfant et de l’adulte a, par arrêt du 24 septembre 2015 (arrêt TC FR 106 2015 52 & 55 du 24 septembre 2015), modifié la décision rendue par la Justice de paix le 8 mai 2015 et a décidé que le droit de visite de B._ sur ses enfants s’exercerait de la manière la plus large possible, mais uniquement d’entente avec ces derniers.
B. En janvier 2016, le Service de l’enfance et de la jeunesse (ci-après: SEJ) a livré à la Justice de paix son rapport annuel 2015 sur la situation des enfants C._ et D._. Il a indiqué que depuis le mois de mai 2015, A._ ne lui donnait plus d’information sur ses enfants et que B._ n’exerçait plus son droit de visite, indépendamment de sa volonté. Estimant avoir atteint les limites de son intervention, le SEJ a proposé de lever les mesures de curatelle instituées en faveur des enfants.
Par courrier du 26 février 2016, B._ s’est opposé à la levée des mesures de curatelle et a demandé à la Justice de paix de faire respecter son droit à l’information sur la situation de ses enfants dans la mesure où la mère ne lui fournit plus aucune information.
Le 3 novembre 2016, B._, E._, intervenant en protection de l’enfant auprès du SEJ, ainsi que A._ et ses enfants assistés de leur mandataire respectif, ont comparu à la séance de la Justice de paix ayant pour objet la « levée des mesures de protection (curatelle éducative et curatelle de surveillance des relations personnelles) » des enfants. A._ a requis la levée des mesures de curatelle, estimant qu’elles ne sont plus nécessaires. Elle a en outre indiqué que D._ est sans occupation et qu’elle n’a pas pris contact avec le Centre de formation spécialisé PROF-in (ci-après: PROF-in) pour lui trouver une place de formation dès lors qu’elle attend que l’Office AI rende une décision concernant son fils. B._ a pour sa part indiqué que la situation de son fils l’inquiète et a demandé de maintenir la curatelle éducative instituée. S’agissant de la curatelle de surveillance des relations personnelles, il a indiqué qu’il accepte qu’elle soit levée étant donné qu’il ne voit plus ses enfants. Il a en outre demandé à la Justice de paix qu’elle statue sur son droit à l’information concernant la situation de ses enfants.
C. Par décision du 3 novembre 2016, la Justice de paix a levé la curatelle de surveillance des relations personnelles instaurée en faveur de C._ et D._ mais a maintenu la curatelle éducative. De plus, une curatelle de représentation a été instituée en faveur de D._ avec pour objet de l’aider à trouver une formation professionnelle adaptée et de signer, en son nom, les contrats nécessaires en matière de formation et d’hébergement auprès de toute institution adaptée, notamment auprès de PROF-in. L’autorité parentale de A._ sur son fils a été limitée dans cette mesure. Enfin, la Justice de paix a rappelé à A._ son
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obligation d’informer B._ des actes médicaux, des questions scolaires, religieuses et professionnelles, des projets de changement de domicile, voire des loisirs de leurs enfants. En cas d’inexécution, la Justice de paix s’est réservée le droit de faire usage des moyens prévus à l’art. 343 al. 1 lit. a à c CPC. Les frais judiciaires ont été mis à la charge des parents, par moitié chacun, sous réserve de l’assistance judiciaire accordée à la mère.
D. Par mémoire du 10 février 2017, A._ a interjeté recours contre cette décision concluant à l’annulation des points du dispositif portant sur la curatelle de représentation en faveur de D._ et la limitation de l’autorité parentale, sur le devoir d’information de A._ au père, sur le droit de faire usage des moyens prévus à l’art. 343 al. 1 lit. a à c CPC et sur la curatelle éducative en faveur des deux enfants, frais judiciaires de première instance à la charge de B._, respectivement de l’Etat. En outre, A._ a conclu, pour le cas où le dossier serait retourné à une autorité de première instance, qu’il soit retourné à une autre Justice de paix que celle de la Veveyse ou à cette Justice de paix, la Juge de paix F._ étant cependant dessaisie du dossier.
E. Invitée à se déterminer sur le recours, la Justice de paix a informé la Cour, en date du 23 février 2017, qu’elle envisageait de reconsidérer sa décision et a requis une prolongation de délai pour se déterminer afin de procéder à des mesures d’instruction complémentaires.
F. En date du 13 avril 2017, PROF-in a adressé à la Justice de paix un rapport sur le déroulement de la mesure d’orientation professionnelle effectuée par D._ duquel il ressort en substance qu’un soutien thérapeutique est à réactiver et qu’un encadrement par le SEJ est à maintenir pour la durée de la formation professionnelle.
G. Par courrier du 28 avril 2017, la Justice de paix a indiqué qu’elle renonçait à reconsidérer sa décision compte tenu du rapport de PROF-in.
H. Par courrier du 26 avril 2017 adressé à la Justice de paix, B._ s’est déterminé sur le rapport de PROF-in et a implicitement conclu au maintien de la mesure de curatelle en faveur de son fils.
I. Le 1er mai 2017, A._ s’est également déterminée sur le rapport de PROF-in.
J. Invité à se déterminer sur le recours, B._ ne s’est toutefois pas manifesté.
K. Par courrier du 11 mai 2017, C._ et D._ ont indiqué qu’ils s’opposent aux mesures instituées en leur faveur par la Justice de paix et ont conclu à l’admission du recours.

en droit
1. a) Selon l'art. 8 de la loi du 15 juin 2010 concernant la protection de l'enfant et de l'adulte (LPEA), le Tribunal cantonal connaît des recours contre les décisions rendues par l'autorité de protection, soit la Justice de paix (art. 2 al. 1 LPEA). La Cour de protection de l'enfant et de l'adulte (art. 14 al. 1 let. c du Règlement du Tribunal cantonal du 22 novembre 2012 précisant son organisation et son fonctionnement [RTC]) est compétente pour statuer.
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b) Les dispositions de la procédure devant l’autorité de protection de l’adulte sont applicables par analogie (art. 314 al. 1 CC) de sorte que la procédure de recours est ainsi régie par les art. 450 à 450e CC (MEIER/STETTLER, Droit de la filiation, 5ème éd., 2014, n. 589 p. 399).