Decision ID: d8bd74bb-0581-51bd-a04e-3e65ab5633a1
Year: 2015
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_003
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law

EN FAIT
A. Lors de son audience du 4 mars 2015, le Tribunal des prud'hommes (ci-après : le Tribunal) a rendu, sur le siège, une ordonnance d'instruction, notée au procès-verbal remis directement aux parties, par laquelle il a déclaré irrecevables le courrier et les pièces déposés le 16 septembre 2014 par A_ (ch. 1), dit que les pièces produites par B_ le 30 janvier 2015 ne seraient conservées que dans la mesure de la pertinence de l'incident soulevé (ch. 2), et averti les parties que les pièces ne remplissant pas strictement les exigences de l'article 229 CPC ne seraient pas acceptées (ch. 3).![endif]>![if>
Le Tribunal a retenu, en se référant à l'art. 229 al. 1 et 2 CPC, que le courrier et les pièces du 16 septembre 2014 avaient été remis tardivement et qu'il n'avait pas été démontré que ceux-ci remplissaient les conditions des faits et moyens de preuve nouveaux.
B. Par acte du 10 mars 2015, A_ a formé recours contre l'ordonnance précitée. Il a conclu implicitement à l'annulation du chiffre 1 du dispositif de celle-ci, cela fait à la recevabilité du courrier et des pièces qu'il avait déposés le
16 septembre 2014. Il a formé des allégués nouveaux. ![endif]>![if>
Par mémoire-réponse du 16 avril 2015, B_ (ci-après B_ ou la banque) a conclu au rejet du recours, avec suite de frais et dépens.
Le 30 avril 2015, A_ a déposé une réplique, persistant dans ses conclusions. En préambule de son acte, il a visé le "comportement inacceptable et grossier de Me C_ et de B_", relevant que l'avocate de l'intimée avait "violé l'article 124 CPC", eu "un comportement déplorable" qui avait conduit à ce qu'une note soit portée au procès-verbal, se permettait "des arguments mensongers" et des "termes vulgaires et grossiers, tels [...] "malade mental" ou encore "taisez-vous", tentait, avec son client, d'"induire la Chambre en erreur", et fait valoir qu'une plainte pénale serait déposée contre la banque et son avocate.
L'intimée a persisté dans ses conclusions par duplique du 18 mai 2015. A titre préalable, elle a requis la rectification des propos inconvenants contenus dans la réplique de A_. Elle a notamment relevé que A_ avait porté plainte par deux fois contre C_ devant le Bâtonnier de l'Ordre des avocats lequel avait classé les procédures, dont la deuxième le 20 mars 2015, après avoir pris connaissance du procès-verbal du 4 mars 2015, constatant que les règles de déontologie n'avaient pas été violées.
Le 13 mai 2015, A_ a déposé une pièce nouvelle.
Par avis du 19 mai 2015, les parties ont été informées de ce que la cause était gardée à juger.
C. Il résulte de la procédure de première instance les éléments pertinents suivants:![endif]>![if>
a. Le 4 novembre 2011, A_, représenté par avocat, a déposé au Tribunal une demande en paiement par laquelle il a conclu à ce que B_ soit condamnée à lui verser le montant brut de 1'506'497 fr. 30 et le montant net de 393'496 fr., avec intérêts moratoires à 5% l'an dès le 7 février 2011, ainsi qu'à lui remettre un certificat de travail et à lui restituer ses effets personnels.
Ses prétentions en montants bruts avaient trait à un solde de salaire (sur une année et onze mois dont à déduire un salaire reçu durant sept jours et des versement d'assurance perte de gain durant huit mois), à du salaire (durant sept mois), à des bonus 2010, 2011, et 2012, à 18 jours de vacances 2010 et 6 jours fériés religieux juifs imputés à tort sur le compte de jours de vacances, et à de l'écolage pour trois enfants pour 2011 et 2012, et ses prétentions en montants nets à une indemnité pour licenciement immédiat injustifié correspondant à six mois de salaire, à la réparation d'un dommage LPP (cotisation patronale annuelle pour 2011 et 2012) et à la réparation d'un tort moral.
A titre préalable, il a requis qu'il soit ordonné à B_ de lui donner accès à son dossier personnel, et de lui communiquer copie des bilans et comptes d'exploitation pour les années 2010 et dès que possible 2011 et 2012.
Par mémoire-réponse du 28 février 2012, B_ a conclu au déboutement de A_ de toutes ses conclusions. Elle a formé une demande reconventionnelle en paiement de 304'561 fr. 98, avec suite d'intérêts moratoires, correspondant aux frais des services de KPMG, d'une entreprise informatique, au remboursement d'heures supplémentaires et de billets d'avion.
A titre préalable, elle a requis qu'il soit ordonné à A_ de restituer l'original de son dossier personnel - dont l'original de son contrat de travail et l'amendement à son contrat de travail du 21 décembre 2007 - , ainsi que de remettre la preuve de tous les paiements de l'assurance-indemnité perte de gain maladie depuis le 7 février 2011.
Par réplique et réponse à la demande reconventionnelle du 4 mai 2012, A_ a persisté dans ses conclusions et conclu au déboutement de B_. Il a requis la production de diverses pièces, et produit de nouvelles pièces.
Par duplique du 13 août 2012, B_ a persisté dans ses conclusions. Elle a fait valoir des faits nouveaux et produit de nouvelles pièces.
Le 24 septembre 2012, A_ a fait valoir des faits nouveaux, et déposé de nouvelles pièces.
Le 25 septembre 2012, B_ a modifié ses conclusions, en ce sens qu'elle a conclu à l'irrecevabilité d'une partie des prétentions en tort moral, soit à concurrence de 25'000 fr., formulées par A_.
b. Lors de l'audience de débats d'instruction du 11 octobre 2012, le Tribunal a porté la note suivante au procès-verbal: "A_ à 21 h. 36 a perdu le contrôle de ses nerfs et toutes les personnes présentes à ce moment-là ont eu des craintes quant à la dangerosité de l'audience pour les personnes présentes. Il faudra réfléchir à un tel comportement s'il devait se reproduire pour la suite de la procédure et notamment lors des comparutions personnelles". Sur quoi, le conseil de A_ a prié le Tribunal d'excuser le comportement de son client, comportement qui s'expliquait par le fait que "il se trouve sous grave médicamentation du fait de l'atteinte de sa santé psychique". Le Tribunal a ensuite porté une nouvelle note en ces termes: "Le Tribunal doit réfléchir à la présence d'une sécurité lors des audiences à venir, à savoir la présence de la police. C_ a dit se sentir menacée".
Par courrier du 12 octobre 2012, A_ a présenté ses excuses au Tribunal, à l'avocate de B_ et à son conseil. Il a ajouté que son psychiatre lui prescrirait une médication supplémentaire afin que les audiences à venir puissent se dérouler dans le calme.
Par lettre du 23 novembre 2012, le conseil de B_ a réitéré s'être sentie menacée et a requis la mise en place d'une mesure de sécurité pour la suite de la procédure, relevant le comportement agressif et menaçant de A_, notamment à l'endroit du représentant de la banque, D_. B_ a déposé de nouvelles pièces.
Le 28 novembre 2012, A_ a déposé de nouvelles pièces.
A l'audience du 28 novembre 2012, le Tribunal a accordé des délais aux parties pour déposer de nouvelles déterminations. A_ a modifié ses conclusions, au montant de 1'150'096 fr. 65.
c. Le 14 décembre 2012, A_, qui n'était dès lors plus représenté par avocat, a déposé une écriture et des pièces nouvelles. Il a notamment indiqué qu'il n'était pas opposé à la présence d'agents de sécurité en audience, ce qui pourrait le rassurer contre les "harcèlements et mobbing [...] de la part de D_". Il a encore déposé de nouvelles pièces.
Le 17 décembre 2012, B_ a déposé des pièces complémentaires.
Le 30 décembre 2012, A_ a observé que B_ n'avait pas produit toutes les pièces requises par le Tribunal, a fait valoir une violation de la LPD et de la LB, et a prié le Tribunal de "prendre les mesures adéquates contre la défenderesse vu son comportement et ses violations des lois et de l'ordonnance du tribunal, constituant un outrage au tribunal".
Les deux parties ont contesté certains passages des traductions libres effectuées par leur partie adverse. Elles ont aussi fait remarquer au Tribunal qu'elles n'avaient pas reçu copie de toutes les correspondances, actes et pièces adressés aux juges.
Le 7 février 2013, B_ a déposé des déterminations sur les courriers de A_ des 12 octobre 2012, 14 et 30 décembre 2012. Elle a persisté dans ses conclusions principales et reconventionnelles. Elle a produit de nouvelles pièces.
Le 18 février 2013, A_ a requis que soient écartées ces déterminations, et a produit de nouvelles pièces.
Le 25 mars 2013, B_ a attiré l'attention du Tribunal sur les écritures et pièces nouvellement déposées par A_, et requis la tenue d'une nouvelle audience de débats d'instruction, aux fins de clarifier les conclusions du précité, les mesures d'instruction requises, les pièces déposées spontanément et une pièce non déposée par celui-ci, alors qu'il en avait été requis par le Tribunal.
Le 3 mai 2013, sous la plume de son conseil nouvellement constitué, A_ a requis la suspension de la procédure, en raison d'une action déposée par lui en Israël.
Le 1
er
octobre 2013, A_, agissant en personne, a réitéré sa requête de suspension, et a fait valoir diverses violations de la procédure et de la loi par B_. Il a demandé au Tribunal de condamner B_ pour "faux dans les titres et escroquerie au procès" et "menace grave lors de l'entretien téléphonique du 29 octobre 2010". Il a conclu au paiement de 1'856'169 fr. et à la remise d'un certificat de travail. Il a encore déposé de nouvelles pièces.
Le 11 octobre 2013, B_ s'est déterminée sur faits nouveaux. Elle a conclu au rejet de la requête de suspension. Elle a déposé de nouvelles pièces.
Le 17 octobre 2013, le Tribunal a tenu une nouvelle audience de débats d'instruction; deux agents de sécurité y assistaient. Le Tribunal a notamment porté au procès-verbal la note suivante: "Le Tribunal et le greffe veilleront à ce qu'aucun courrier d'aucune des parties ne soit accepté au dossier dès ce jour contrairement à ce qui a pu être accepté jusqu'à cette audience. Cela signifie que les seuls courriers admis seront ceux demandés par le Tribunal et dont le contenu correspondra avec précision avec ce qui a été demandé. Tout courrier ne respectant pas ces formes sera retourné à l'expéditeur afin [sic] de non-recevoir ou afin de modifier le courrier dans la mesure où il dérogerait à ce qui avait été demandé strictement". A_ a notamment précisé qu'il requérait le paiement de 10 jours de fêtes juives. B_ a conclu à l'irrecevabilité de l'acte de A_ du 1
er
octobre 2013, subsidiairement à son rejet et au défaut de compétence du Tribunal pour statuer sur les violations de la LPD, de la LB, ainsi que du CP.
Par lettre du 19 octobre 2013, A_ a fait part au Tribunal de ce qu'il n'avait pas reçu les déterminations de B_ du 11 octobre 2013, et requérait que celles-ci soient écartées, ainsi que les "annexes de la pièce 8 déf". Il a relevé que le conseil de B_ faisait en audience des remarques "saracastes" [sic], dénotant un manque de respect et du dédain envers le Tribunal et lui-même, lesquelles n'étaient pas portées au procès-verbal.
Par décision du 11 novembre 2013, le Tribunal a rejeté la requête de suspension de la procédure.
Par courrier du même jour, B_ a observé que son écriture du 11 octobre 2013, en tant qu'elle portait sur des faits nouveaux, était recevable, a requis que la lettre de A_ du 19 octobre 2013 soit retournée à son expéditeur, a fait valoir que la procédure ordinaire était "violée de manière crasse depuis plus d'une année", et que A_ avait un comportement inadmissible en audience.
Par lettre du 13 décembre 2013, B_ a conclu à ce qu'il soit ordonné à A_ de remettre la preuve de tous les paiements, les rentes et les indemnités reçus de l'assurance indemnité perte de gain maladie de même que de toute autre assurance ou institution ou de tout autre tiers, que ce soit en Suisse ou à l'étranger, depuis le 7 février 2011 jusqu'à la date où son contrat de travail aurait prétendument pris fin.
d. Le 20 mars 2014, le Tribunal a rendu une ordonnance de preuves (
OTPH/430/2014
), laquelle admettait notamment aux débats des pièces qui concernaient un processus de médiation en Israël, et une ordonnance d'instruction (
OTPH/431/2014
), dont le chiffre 5 portait sur la production par B_ de son courrier du 23 mai 2011 à la FINMA et du courrier de la FINMA du 13 juillet 2011 à son attention, et le chiffre 9 sur la production des enregistrements sonores des procès-verbaux du conseil d'administration des 12 mars 2008, 2 juillet 2009 et 1
er
décembre 2010.
Par arrêts du 25 août 2014, la Cour a déclaré irrecevable le recours formé par B_ contre la première de ces ordonnances, déclaré recevable le recours formé par B_ contre les chiffres 5 et 9 du dispositif de la seconde et irrecevable le recours joint formé par A_, annulé les chiffres précités et débouté les parties de toutes autres conclusions de recours.
Dans le premier des arrêts précités, la Cour a notamment retenu que les pièces litigieuses n'étaient pas de nature à causer un préjudice difficilement réparable à B_. Dans le second arrêt, la Cour a notamment retenu qu'il ne pouvait pas, en l'état, être requis de B_ qu'elle produise un échange de correspondance entre la FINMA et KPMG, qu'à supposer que l'instruction révèle des faits nouveaux, pertinents et contestés et que les parties formulent des réquisitions de preuve recevables, la situation pourrait être revue et la production des pièces ordonnée.
Entretemps, le 5 mai 2014, A_ a fait parvenir au Tribunal quatre courriers, et deux pièces nouvelles (versements d'honoraires à ses deux avocats successifs).
e. Le 16 septembre 2014, A_ a fait parvenir un acte au Tribunal, intitulé: "1. Faits et moyens de preuve nouveaux. 2. Jours de vacances dû au demandeur (Fêtes juives), 3. Expertise concernant le calcul du bonus selon formule de ROE". Il y développe divers allégués et arguments, formule une conclusion nouvelle non chiffrée correspondant à 60 jours de vacances, et requiert qu'une expertise concernant le bonus soit ordonnée.
Il a produit des pièces nouvelles, à savoir un document en hébreu dont il a allégué qu'il s'agissait d'un extrait d'un arrêt de la Cour de district de Tel-Aviv (Israël) du 15 mai 2014 ainsi qu'une traduction libre (pièce 100), un échange de courriers électroniques en hébreu entre lui-même, l'avocat israélien de B_ et un médiateur au sujet de l'accord de compromis signé le 6 octobre 2011 (pièce 101), un courrier de la FINMA à KPMG du 13 juillet 2011 (pièce 102), un courrier de KPMG à la FINMA (pièce 103), trois notes de restaurant et deux factures de taxis datant de 2008 et 2009 (pièces 104a-d), une liste de jours fériés juifs de 2000 à 2010 (pièce 105). Il n'a pas donné d'indication sur la date à laquelle il avait obtenu les pièces.
Le 20 octobre 2014, A_ a écrit au Tribunal pour l'informer de ce qu'il se réservait le droit de requérir des "sûretés appropriées" de la part de B_, selon les circonstances et les évolutions de la vente de celle-ci. Il a produit des articles de journaux à l'appui de sa lettre.
Le 25 novembre 2014, A_ a adressé au Tribunal des déterminations à la suite des pièces produites (ou non produites) par B_ en exécution de l'ordonnance d'instruction du 20 mars 2014, et a déposé des pièces nouvelles.
Par lettre du 27 novembre 2014, B_ s'est étonnée d'avoir reçu du Tribunal le
14 novembre précédent des déterminations de A_, et des bordereaux de pièces ainsi que des courriers versés depuis le printemps précédent. Elle a fait observer que cela n'était pas acceptable, et s'est prévalue de la violation de la loyauté des débats et du droit d'être entendu, notamment en lien avec la détermination et les pièces du 16 septembre 2014. Elle a requis que les courriers du 5 mai et du 20 octobre 2014, et les pièces, qui contrevenaient à la note portée au procès-verbal du Tribunal du 17 octobre 2013, soient retournés à leur auteur. Elle a sollicité du Tribunal qu'il prenne des renseignements écrits de la caisse de prévoyance au sujet des montants versés à A_. Elle a également requis que les pièces 102 et 103, couvertes par le secret bancaire et le secret professionnel, de surcroît illicites au sens de l'art. 152 al. 2 CPC, soient écartées de la procédure, et que les faits soient dénoncés au Procureur général. Elle a fait valoir que les prétentions de A_ antérieures au 19 mai 2006 étaient prescrites. Elle a enfin requis le droit de répondre aux déterminations de A_.
f. A l'audience du 27 novembre 2014, le Tribunal a ouvert les débats principaux. B_ a persisté dans les termes de son courrier du même jour cité ci-dessus, fait valoir que les pièces de A_ n° 102 et 203 étaient illicites au sens de l'art. 152 CPC. Elle a conclu à l'irrecevabilité des prétentions LPP et a requis la réduction du droit aux vacances de A_ sur la base de l'art. 329b CO. Elle a encore requis de pouvoir verser à la procédure "la décision de la Cour de Tel-Aviv déclarant irrecevable la demande de A_ car ce litige est porté devant un Tribunal suisse". A_ a, pour sa part indiqué qu'il avait reçu le 18 novembre 2014 les pièces déposées le 5 mai précédent, et a persisté à requérir une expertise quant au rendement des fonds propres en relation avec le bonus par objectifs; le Tribunal a fait figurer, au procès-verbal, la note suivante: "Si une expertise doit être demandée, elle devra être faite suite à une avance de frais de la partie qui en fait la demande. Le Tribunal comporte en son sein un expert-comptable et un comptable diplômé qui sont à même de comprendre la problématique de rendement des fonds propres. Si tel ne devait pas être le cas, la demande d'une expertise sera rouverte en réglant le problème de l'avance des frais". Interrogé au sujet de la provenance des pièces 102 et 103 qu'il avait produites, A_ a déclaré les avoir obtenues de sources capables de les fournir.
Le 28 novembre 2014, A_ a signalé au Tribunal les pièces produites par sa partie adverse dont il considérait qu'il y avait lieu de douter de l'authenticité.
Par lettre du 5 décembre 2014, B_ a notamment requis que la détermination et les pièces de A_ du 25 novembre 2014 soient écartées de la procédure.
Le 9 décembre 2014, A_ a adressé au Tribunal trois courriers, relevant que B_ avait porté sur une liste de témoin le nom d'un représentant de partie, qu'il s'opposait à toute dénonciation au Ministère public par le Tribunal, et qu'il modifiait ses conclusions pour introduire un montant lié aux fêtes juives et au tort moral. Il a déposé des pièces apparemment déjà versées le 29 avril 2014.
Par ordonnance du 19 décembre 2014, le Tribunal a écarté de la procédure le courrier et les pièces du 5 mai 2014, le courrier du 24 octobre 2014, le courrier du 25 novembre 2014 et les pièces complémentaires du 9 décembre 2014 déposés par A_, a imparti à B_ un délai pour se déterminer sur les faits nouveaux et les pièces de A_ du 16 septembre 2014, ordonné à B_ de se déterminer sur l'authenticité des pièces produites et caviardées, que A_ avait mise en doute, et rejeté la requête de modification des prétentions de A_ du 9 décembre 2014.
Le 12 janvier 2015, A_ a fait valoir que la banque n'avait pas déposé l'intégralité de la pièce 7 dont le Tribunal avait requis la production par ordonnance du 20 mars 2014 et produit une nouvelle pièce (n° 112), qu'il a indiqué avoir obtenue très récemment.
Par courriers du 13 janvier 2015, B_ a requis que les courriers de A_ du 9 décembre 2014 relatifs aux fêtes juives et à l'audition de témoin/représentant de partie soient écartés, de même que la "liste des pièces" déposée le même jour, et les pièces déjà produites.
Le 15 janvier 2015, le Tribunal a tenu une nouvelle audience de débats principaux. Deux agents de sécurité étaient présents. Le conseil de B_ s'est plaint de ne pas recevoir en temps opportun les pièces déposées par A_, et s'est étonné de que le Tribunal ne demande pas au précité à quelle date les pièces 102, 103 et 112 avaient été obtenues. A_ a, sur ce, déclaré qu'il avait reçu les pièces 102 et 103 dans le courant de l'été 2014.
Le Tribunal a rendu une ordonnance d'instruction sur le siège, par laquelle il a déclaré irrecevables le courrier du 12 janvier 2015 et la pièce 112 de A_, et averti les parties que les pièces ne remplissant pas "strictement" les exigences de l'art. 229 CPC ne seraient pas acceptées.
Le 16 janvier 2015, A_ a fait parvenir au Tribunal un courrier relatif à la circonstance que le représentant de la banque l'avait traité à la fin de l'audience précitée de "très petit voleur" en hébreux, et avait été rappelé à l'ordre par le président d'audience, qui l'avait averti que s'il continuait la police serait appelée.

Le 19 janvier 2015, une nouvelle audience de débats principaux a eu lieu, toujours en présence de deux agents de sécurité. Le représentant de la banque a admis avoir traité A_ des termes rapportés par celui-ci. A_ a déclaré avoir reçu une semaine auparavant "de sources officielles et compétentes en droit de le donner" le titre qu'il produisait sous n° 113; B_ en a requis le retrait. Le Tribunal, considérant que A_ n'avait notamment pas démontré avoir reçu la pièce produite récemment, a rendu sur le siège une ordonnance d'instruction, par laquelle, il a déclaré irrecevables un courrier de A_ du 16 janvier 2015 intitulé "faits et moyens de preuve nouveaux, projet _ de KPMG du 23 décembre 2010 ainsi qu'une pièce numérotée 113, documents restitués par le Tribunal au précité, et a à nouveau averti les parties que les pièces ne remplissant pas "strictement" les exigences de l'art. 229 CPC ne seraient pas acceptées.
Le 30 janvier 2015, B_ a déposé une détermination sur faits nouveaux de A_ du 16 septembre 2014, et des pièces complémentaires.
A l'audience du 2 février 2015, toujours tenue en présence de deux agents de sécurité, le Tribunal a porté au procès-verbal une note ainsi libellée: "C_ et D_ font remarquer que A_ vient de traiter D_ d'imbécile, ce que confirment les deux juges ainsi que A_ lui-même. Suite à des échanges de mots forts entre les parties, le président du Tribunal suite à la remarque de C_ signalant qu'elle allait faire part des problèmes de cette procédure au président du Tribunal des prud'hommes, le président a répondu qu'il était gêné par le fait que C_ était à la fois l'avocate de la défenderesse et qu'elle voulait également mener l'audience. J'ai fait part également à ce moment-là suite à un échange de propos vifs que je trouvais gênant qu'elle soit à la fois présidente d'un groupe prud'hommes et avocate d'une partie".