Decision ID: 9d9db4b0-b601-5cb8-96ba-709bcd97b722
Year: 2018
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_007
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 

EN FAIT
A.
a.
Dans le cadre des poursuites dirigées contre A_
et formant la série n° 81 17 xxxx60 K, A_
a été interrogé par l'Office des poursuites (ci-après: l'Office) le 13 septembre 2017.![endif]>![if>
Il ressort du procès-verbal d'audition que A_
est séparé, et père de filles qui vivent en France avec leur mère.
Suite à cette audition, le minimum vital de A_
a été calculé en prenant en compte des revenus mensuels de 2'974 fr. 15 (composés des prestations sociales de la Ville de Genève de 185 fr., de prestations de la SUVA de
1'140 fr. 15, de prestations du Service des Prestations Complémentaires de
1'195 fr. et d'une rente AI de 454 fr.), et des charges mensuelles de 1'877 fr. 95 (frais de logement: 607 fr. 95, frais de transport: 70 fr., minimum vital: 1'200 fr., aucun montant n'a été pris en compte au titre de prime d'assurance-maladie). La quotité mensuelle saisissable a été arrêtée par l'Office à 1'096 fr. 20.
b.
Par "avis concernant une saisie de rente" du 13 septembre 2017, l'Office a informé la SUVA de la saisie en ses mains, à hauteur de 1'090 fr. par mois, de la rente versée par cette dernière à A_.
A_
a également été informé de cette saisie à une date qui ne ressort pas du dossier.
B.
a.
Par acte expédié le 13 novembre 2017 au greffe de la Chambre de surveillance, A_ a formé plainte contre la saisie précitée, et conclu à la constatation de sa nullité au motif qu'elle portait atteinte à son minimum vital.![endif]>![if>
Par ordonnance du 29 novembre 2017, l'effet suspensif a été accordé à la plainte.
b.
Dans un rapport du 14 décembre 2017, l'Office s'en est rapporté à l'avis de la Chambre de surveillance, exposant que les prestations versées par la SUVA étaient relativement saisissables au sens de l'art. 93 LP.
c.
Ce rapport a été communiqué à A_
par courrier du 22 décembre 2017 et celui-ci n'a pas réagi.

EN DROIT
1.
1.1
La Chambre de surveillance est compétente pour statuer sur les plaintes formées en application de la LP (art. 13 LP; art. 125 et 126 al. 2 let. c LOJ; art. 6 al. 1 et 3 et 7 al. 1 LaLP) contre des mesures prises par l'office qui ne peuvent être attaquées par la voie judiciaire (art. 17 al. 1 LP).![endif]>![if>
La plainte contre une mesure de l'Office doit être déposée dans les dix jours suivant celui où le plaignant a eu connaissance de la décision attaquée (art. 17
al. 2 LP).
Le délai de plainte contre une saisie en mains de tiers ne commence à courir qu'à réception par le débiteur du procès-verbal de saisie (Ochsner, in CR-LP,
ad art. 93 n. 186).
Au surplus, la plainte est recevable en tout temps lorsque la mesure attaquée
porte atteinte au minimum vital du débiteur (art. 22 LP; ATF
114 III 78
consid. 3 = JdT
1990 II 162
).
1.2
En l'espèce, l'avis de saisie, reçu à une date indéterminée par le débiteur, n'a pas déclenché le délai de plainte, laquelle est de surcroît fondée sur une atteinte alléguée à son minimum vital, qu'il peut faire valoir en tout temps, de sorte que la présente plainte n'est pas tardive.
La plainte répond pour le surplus aux exigences minimales de forme (art. 9 al. 1 et 2 LaLP; art. 65 al. 1 et 2 LPA, applicable par renvoi de l'art. 9 al. 4 LaLP), de sorte qu'elle est recevable.
2.
Le plaignant se prévaut en premier lieu du caractère à son sens insaisissable de la rente d'invalidité versée par la SUVA dont il bénéficie.
2.1
Les prestations destinées à combler une perte de revenus sont en principe relativement saisissables au sens de l'art. 93 al. 1 LP, à l'exception de celles mentionnées à l'art. 92 al. 9a LP (rentes au sens des art. 20 LAVS ou 50 LAI, prestations au sens de l'art. 12 LPC et prestations versées par les caisses de compensation pour allocations familiales) (ATF
130 III 400
cons. 3.3; Ochsner, in CR LP, 2005, Dallèves/Foëx/Jeandin [éd.], n° 148 ad art. 92 LP). Il en va ainsi, en particulier, des prestations et indemnités destinées à couvrir un préjudice découlant d'une incapacité de travail passagère ou définitive (Ochsner, op. cit., n° 152 ad art. 92 LP). Or tel est bien le cas d'une rente d'invalidité octroyée en vertu de l'art. 18 al. 1 LAA, comme cela ressort des art. 19 et 20 LAA (ATF
134 III 182
cons. 4) : une telle rente est donc relativement saisissable au sens de l'art. 93 al. 1 LP (ATF
134 III 182
cons. 4; arrêt du Tribunal fédéral
5A_16/2010
du 16 mars 2010 cons. 3.2).
2.2
Dans le cas d'espèce, il est constant que les prestations versées mensuellement par la SUVA au plaignant le sont au titre de rente d'invalidité au sens de l'art. 18 al. 1 LAA. Conformément aux principes rappelés ci-dessus et à la jurisprudence citée, elles sont donc relativement saisissables au sens de l'art. 93 al. 1 LP, contrairement à ce que soutient le plaignant.
Concrètement, l'Office, devait donc, ainsi qu'il l'a fait, tenir compte de la rente AI versée par la Caisse cantonale genevoise de compensation – absolument insaisissable selon l'art. 92 al. 1 ch. 9a LP – , des autres prestations absolument insaississables (prestations complémentaires, prestations sociales de la Ville de Genève, art. 21 de loi cantonale sur les prestations cantonales complémentaires du 25 octobre 1968 (LPCC -
J 4 25
) - et de la rente LAA – relativement saisissable au sens de l'art. 93 al. 1 LP – revenant au débiteur pour calculer la quotité saisissable de ses revenus, le montant saisi ne pouvant cependant excéder celui de la rente LAA (ATF
134 III 182
cons. 5).
Dès lors, la plainte doit être rejetée.
3.
La procédure de plainte est gratuite (art. 20a al. 2 ch. 5 LP et art. 61 al. 2 let. a OELP) et il ne peut être alloué aucuns dépens dans cette procédure (art. 62 al. 2 OELP).
* * * * *