Decision ID: 65d4a2eb-ac6b-5e5d-b354-19df80eb96ce
Year: 2018
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_005
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 

EN FAIT
A.
a.
A_ (ci-après : le recourant) est l'administrateur unique de la société B_ SA (ci-après : la société), active dans le domaine de la gestion de fortune.![endif]>![if>
b.
Le 12 juillet 2013, C_ (ci-après : la cliente) a conclu avec la société un contrat de gestion - qui comprenait une clause compromissoire soumettant tout différend lié au contrat à un tribunal arbitral - par lequel cette dernière s'engageait à gérer ses avoirs.
c.
Par sentence arbitrale du 8 février 2016, la société a notamment été condamnée à verser à sa cliente un montant de GBP 25'331.25 (soit l'équivalent de 34'634 fr. 66) plus intérêts à 5% à compter du 27 août 2014 à titre de remboursement de factures non dues et l'a condamnée à lui rembourser le 75% des frais de l'arbitrage encourus soit 62'321 fr.
d.
Le recours interjeté par la société à l'encontre de la sentence arbitrale par-devant le Tribunal fédéral a été déclaré irrecevable le 12 avril 2016.
e.
Sur la base de la sentence arbitrale précitée, le Tribunal de première instance a prononcé le 18 avril 2016 une ordonnance de séquestre, dont l'exécution par l'Office des poursuites de Genève a conduit au blocage en mains de D_ SA de trois comptes détenus par la société dans cet établissement, dont un compte libellé en livres sterling n° 1_, sur lequel ont été séquestrés des avoirs bancaires à hauteur de GBP 76'695.94.
Les créances pour lesquelles la cliente avait obtenu le séquestre excédaient le montant total des avoirs crédités sur les trois comptes de sorte que le séquestre a porté sur l'intégralité des avoirs bancaires figurant sur ces comptes.
f.
Par acte expédié en date du 2 mai 2016, la société a formé opposition contre l'ordonnance de séquestre.
Elle a fait valoir que les clients de la société transféraient de manière occasionnelle, par l'intermédiaire des comptes bancaires de cette dernière, des actifs financiers appartenant à des tiers, ce dans le but de les investir. C'était à ce titre qu'elle avait "
déposé provisoirement la somme de GBP 54'160.27
". La somme en question n'était ainsi "
pas la propriété de la débitrice
[la société]
se devant d'être investie pour le compte d'un tiers
".
g.
Par courrier du 4 mai 2016, le recourant, en sa qualité d'administrateur de la société, a informé l'Office des poursuites de Genève que cette dernière avait fait opposition à l'ordonnance de séquestre.
Il a par ailleurs indiqué qu'il revendiquait "
à titre de tiers
" une somme de
GBP 54'160.27 sur le compte de la société n° 1_, renvoyant à ce sujet à l'exposé des faits contenus dans le mémoire d'opposition à séquestre.
h.
Par courrier adressé à l'Office des poursuites de Genève en date du 14 juin 2016, le recourant a réitéré sa déclaration de revendication en citant cette fois-ci expressément les art. 106 et 107 LP.
i.
Interpellée par l'Office des poursuites de Genève, la cliente, par pli du 8 juillet 2016, a contesté intégralement la revendication formulée par le recourant.
j.
Par courrier du 2 août 2016, l'Office des poursuites de Genève a imparti un délai de 20 jours au recourant pour ouvrir action en constatation de son droit contre la cliente.
k.
Le recourant a introduit ladite action dans le délai imparti, expliquant qu'il était non seulement administrateur unique de la société, mais également le client de cette dernière, puisqu'il avait conclu avec elle un contrat de gestion en date du 1
er
janvier 2016. C'était dans le cadre de ce contrat de gestion qu'il avait, en date du 31 décembre 2015, transféré de son compte personnel la somme de GBP 54'160.27 sur le compte clients de la société. Cette somme devait être investie pour son compte "
pour une période déterminée avant de lui être restituée
".
Pour preuve de ses allégations, le recourant a notamment versé à la procédure copie du contrat de gestion qu'il dit avoir conclu avec la société - la signature du recourant apparaissant deux fois, en qualité de mandant et en tant que directeur de la société - ainsi qu'un détail de transaction extrait du site internet de D_ SA attestant qu'un montant de GBP 54'160.27 a été crédité le 31 décembre 2015 sur le compte
n° 1_ en GBP de la société auprès de D_ SA
- portant ainsi son solde à GBP 76'695.94 - avec la mention "
Expéditeur: Mr A_ [...]Motif du paiement: Réf. Mr
A_
, raison économies
" ("
_
" dans la version originale).
l.
La cliente a conclu au déboutement du recourant de toutes ses conclusions.
m.
Par jugement du 6 octobre 2017, le Tribunal de première instance a débouté le recourant de ses conclusions.
Le Tribunal a considéré que c'était la créance de la société envers D_ SA qui avait été séquestrée et non un montant en espèces et que le recourant n'étant pas titulaire de cette créance, il ne pouvait être en "
possession des biens revendiqués
". Le recourant pourrait être titulaire d'une créance contre la société en restitution de l'argent qu'il dit lui avoir confié mais il ne s'agissait pas de la créance de la société envers D_ SA. En outre, même à considérer que les avoirs du compte correspondraient à un montant en espèces, le recourant en aurait perdu la propriété au profit de la société par suite de mélange avec les autres espèces en compte.
B.
a.
Le 1
er
novembre 2017, le recourant a sollicité l'assistance juridique pour appeler de cette décision, qu'il a reçue le 16 octobre 2017.![endif]>![if>
b.
Par courrier du 3 novembre 2017, le greffe de l'Assistance juridique a interpellé le recourant afin qu'il lui transmette d'ici au 23 novembre 2017 les motifs de son appel ainsi que les documents relatifs à sa situation financière.
c.
Par pli du 6 novembre 2017, le recourant a indiqué au greffe de l'Assistance juridique que son conseil lui communiquerait par courrier séparé les motifs de l'appel contre le jugement entrepris. Il a, par ailleurs, fourni les documents relatifs à sa situation financière.
d.
Par courrier du 10 novembre 2017, le conseil du recourant a indiqué que ce dernier souhaitait faire valoir dans son appel que la théorie du mélange était inapplicable en l'espèce car un compte bancaire d'une société de gestion de fortune ne pouvait contenir des fonds appartenant à la société et des fonds appartenant à un client. En outre, à la différence de la banque qui hébergeait le compte litigieux, la société de gestion de fortune disposait d'un mandat de gestion. Il a ainsi conclu que les chances de succès du recours lui paraissaient réelles.
e.
Par courrier du 13 novembre 2017, le recourant a demandé au greffe de l'Assistance juridique de se déterminer sur sa requête avant le 15 novembre suivant, date de l'échéance du délai de recours.
f.
Par acte déposé au greffe de la Cour de justice le 15 novembre 2017, le recourant a appelé du jugement du 6 octobre 2017.
Il a produit des pièces nouvelles, notamment une attestation datée du 14 novembre 2017 par laquelle il déclare, en sa qualité d'administrateur de la société, que l'intégralité de la somme de GBP 76'695.95 détenue sur le « compte client » auprès de D_ SA est sa propriété, ce montant étant constitué d'un dépôt de fond de GBP 54'160.27 et de remboursements de frais professionnels lui appartenant dans le cadre de son contrat avec la société.
C.
Par décision du 30 novembre 2017, reçue le 15 décembre suivant par le recourant, le Vice-président du Tribunal civil a rejeté la requête d'assistance juridique précitée, au motif que la cause du recourant était dénuée de chances de succès.![endif]>![if>
D.
a.
Recours est formé contre cette décision, par acte expédié le 8 janvier 2018 à la Présidence de la Cour de justice. Le recourant conclut à ce que l'assistance juridique lui soit accordée, à ce que le délai d'appel soit prolongé afin de lui permettre de préparer une requête d'appel sous les 10 jours suivant la décision sur recours et à ce que la décision d'avance de frais de la Cour de justice du 30 novembre 2017 soit annulée, l'autorité civile devant être condamnée en tous les frais et dépens de la présente procédure.![endif]>![if>
Le recourant produit des pièces nouvelles, notamment son acte d'appel et les pièces annexées à celui-ci.
b.
Par courrier du 10 janvier 2018, le Vice-président du Tribunal civil a fait valoir que le recours semblait avoir été formé hors délai. Il n'a pas formé d'observations pour le surplus.

EN DROIT
1.
1.1.
La décision entreprise, rendue en procédure sommaire (art. 119 al. 3 CPC), est sujette à recours auprès du Président de la Cour de justice en tant qu'elle refuse l'assistance juridique (art. 121 CPC et art. 21 al. 3 LaCC), compétence déléguée au Vice-président soussigné (art. 29 al. 5 LOJ; arrêt du Tribunal fédéral
2D_6/2012
du 31 juillet 2012 consid. 2). Le recours, écrit et motivé, est introduit auprès de l'instance de recours (art. 321 al. 1 CPC) dans un délai de dix jours (art. 321 al. 2 CPC et 11 RAJ).![endif]>![if>
L'art. 145 al. 1 let. c CPC prévoit que les délais légaux et les délais fixés judiciairement ne s'appliquent pas du 18 décembre au 2 janvier inclus. Cette suspension des délais ne s'applique pas à la procédure sommaire (art. 145 al. 2 let. b CPC). Cette exception de l'art. 145 al. 2 let. b CPC vaut également pour la procédure de recours contre les décisions rendues en procédure sommaire (ATF
139 III 78
consid. 4.5). Il faut toutefois pour cela que le juge ait respecté son devoir de rendre les parties attentives à ladite exception (art. 145 al. 3 CPC). S'il ne l'a pas fait, la sanction de cette omission est qu'un appel des parties est recevable comme si les suspensions de l'art. 145 al. 1 CPC s'appliquaient à la cause, sans qu'il y ait lieu de se demander si l'on pouvait attendre de la partie concernée qu'elle réalise que l'exception de l'al. 2 était applicable, notamment lorsqu'elle était représentée par un avocat (ATF
139 III 78
consid. 4 et 5, Colombini, Condensé de la jurisprudence fédérale et vaudoise relative à l'appel et au recours en matière civile,
in
JdT 2013 III p. 131 ss, 138).
1.2.
En l'espèce, la décision entreprise indique le délai de 10 jours pour former recours. Cependant, elle ne mentionne pas l'exception à la suspension des délais pendant les féries. La sanction de cette omission est l'application à la présente cause de la suspension des délais conformément à l'art. 145 al. 1 CPC.
Il s'ensuit que le recours interjeté le 8 janvier 2018 contre la décision qui a été reçue par le recourant le 15 décembre 2017 est recevable pour avoir été interjeté dans le délai utile et en la forme écrite prescrite par la loi.
1.3.
Lorsque la Cour est saisie d'un recours (art. 121 CPC), son pouvoir d'examen est limité à la violation du droit et à la constatation manifestement inexacte des faits (art. 320 CPC, applicable par renvoi de l'art. 8 al. 3 RAJ). Il appartient en particulier au recourant de motiver en droit son recours et de démontrer l'arbitraire des faits retenus par l'instance inférieure (Hohl, Procédure civile, tome II, 2
ème
éd., n. 2513-2515).
2.
Aux termes de l'art. 326 al. 1 CPC, les allégations de faits et les preuves nouvelles sont irrecevables dans le cadre d'un recours.
Par conséquent, les allégués de faits dont le recourant n'a pas fait état en première instance et les pièces nouvelles ne seront pas pris en considération.
3.