Decision ID: 1e9bbdcc-06d2-5d36-adb5-7c4ee9157727
Year: 2014
Language: fr
Court: FR_TC
Chamber: FR_TC_004
Canton: FR
Region: Espace_Mittelland
Law Area: civil_law

considérant en fait
A. Par décision du 3 novembre 2008, la Justice de paix de l’arrondissement de la Sarine a institué une curatelle volontaire en faveur de B._ et a nommé curateur C._, alors tuteur général à D._. Selon décision du 26 juillet 2010, c’est désormais A._ qui exerce ce mandat.
Le 20 décembre 2010, A._ a abordé la justice de paix pour être informée sur la manière dont elle serait défrayée. Se référant à l’art. 416 aCC, la justice de paix lui a répondu que sa rémunération serait fixée pour chaque période comptable.
Le 14 octobre 2012, la curatrice a transmis à la justice de paix son rapport sur la situation de son pupille jusqu’au 31 décembre 2011, ainsi que les comptes aux 30 juin et 31 décembre 2011. Elle sollicitait une rémunération de 1480 fr. pour la période du 3 septembre 2010 au 30 juin 2011, et de 700 fr. pour celle du 1er juillet au 31 décembre 2011, soit 2180 fr. au total.
B. Par décision du 13 mai 2013, la justice de paix a approuvé les rapports et comptes 2010 et 2011. Après avoir annoté les listes de frais de la curatrice, elle a fixé sa rémunération à 1135 fr. pour les mois de septembre 2010 à juin 2011, et à 700 fr. pour ceux de juillet à décembre 2011, soit 1835 fr. au total.
C. Le 11 juillet 2013, la curatrice a recouru à la Cour de protection de l’enfant et de l’adulte contre cette décision dans la mesure où elle fixait à 1135 fr. sa rémunération pour la période de septembre 2010 à juin 2011. Elle sollicitait une rémunération globale de 2380 fr. (1630 fr. + 750 fr. de frais fixes) pour la période en question. Par arrêt du 17 février 2014, la Cour a admis le recours, annulé la rémunération allouée pour les périodes de septembre 2010 à juin 2011 et de juillet à décembre 2011, fixée selon les règles applicables dès le 1er janvier 2013, et renvoyé la cause à la justice de paix pour nouvelle fixation sur la base des règles applicables avant l'entrée en vigueur du droit de la protection de l'enfant et de l'adulte.
D. Par décision du 24 mars 2014, la justice de paix a fixé la rémunération de la curatrice à 1150 fr. pour les mois de septembre 2010 à juin 2011, et à 500 fr. pour ceux de juillet à décembre 2011, soit 1650 fr. au total.
E. Par mémoire du 22 avril 2014, la curatrice recourt contre la décision du 24 mars 2014. Elle reprend les conclusions de son recours du 11 juillet 2013, sous réserve de la rémunération pour la gestion de fortune, qu'elle laisse le soin à la Cour de fixer. La justice de paix s'est déterminée sur le recours le 8 mai 2014. La recourante a fait parvenir à la Cour en date du 28 mai 2014 un lot de pièces relatives à la rémunération de son prédécesseur ainsi que de nouvelles observations le 24 juillet 2014.

en droit
1. a) Le recours est dirigé contre une décision de la justice de paix fixant les indemnités dues à la curatrice.
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Contre une telle décision, un recours est ouvert auprès du Tribunal cantonal, plus précisément de la Cour de protection de l'enfant et de l'adulte (art. 450 al. 1 CC, 8 LPEA et 14 al. 1 let. d du Règlement du Tribunal cantonal du 22 novembre 2012 précisant son organisation et son fonctionnement [RTC]).
b) La valeur litigieuse est de 1230 fr. (2380 – 1150).
c) Le recours ayant été interjeté le 24 avril 2014 contre la décision du 24 mars 2014, notifiée au plus tôt le lendemain, le délai de recours de trente jours (art. 450b al. 1 CC) a été respecté.
d) Le recours est motivé (art. 450 al. 3 CC), étant précisé que les exigences sur ce point sont peu élevées, puisqu’il suffit que la personne concernée signe un texte écrit et brièvement motivé qui fasse ressortir l'objet du recours et dont on peut déduire la volonté de contester, en tout ou en partie, la décision prise par l'autorité de protection de l'enfant et de l'adulte (Message concernant la révision du code civil suisse (Protection de l'adulte, droit des personnes et droit de la filiation) du 28 juin 2006 in FF 2006 6635/6716). Il est dès lors recevable.
e) La Cour de protection de l’enfant et de l’adulte doit procéder à un examen complet de la décision attaquée, en fait, en droit et en opportunité (art. 450a CC), conformément à la maxime d'office et à la maxime inquisitoire, puisque ces principes de la procédure de première instance s'appliquent aussi devant l'instance judiciaire de recours (Droit de la protection de l'adulte, Guide pratique COPMA, 2012, p. 289 n° 12.34; CommFam Protection de l'adulte, D. STECK, art. 450 CC N 8). Toutefois, lorsque la protection de l'enfant et de l'adulte proprement dite n'est pas en jeu, par exemple lorsque la cause concerne uniquement un point accessoire comme l'attribution des frais, la maxime d'office ne s'applique pas (BSK Erwachsenenschutz-AUER/MARTI, art. 446 N 38).
f) A défaut de dispositions contraires du droit cantonal, la Cour peut statuer sans débats (art. 450f CC, 316 al. 1 et 327 al. 2 CPC).
2. La recourante relève que ses recours n'ont jamais porté sur la période du 1er juillet au 31 décembre 2011 (ch. 4 de la décision du 13 mai 2013 et ch. 3 de la décision du 24 mars 2014; recours, p. 2 i.i., ch. 2). Ne s'agissant pas là de la concrétisation de la protection de l'adulte, mais seulement de la rémunération du curateur, la Cour est - et était, lors du prononcé du 17 février 2014 - liée par les conclusions de la recourante. Cette dernière n'a pas à subir une péjoration de sa situation du fait de l'annulation opérée par inadvertance par la Cour et la rémunération fixée initialement (chiffre 4 de la décision de la justice de paix du 13 mai 2013) doit être maintenue.
3. Selon l'art. 416 aCC, en vigueur durant la période litigieuse du 3 septembre 2010 au 30 juin 2011, le tuteur a droit à une rémunération prélevée sur les biens du pupille; cette rémunération est fixée par l’autorité tutélaire pour chaque période comptable, eu égard au travail du tuteur et aux revenus du pupille. La tâche du curateur sera en général plus lourde dans les mois qui suivent l'institution de la mesure que par la suite. Le curateur a droit au remboursement de toutes les dépenses faites dans l'exercice régulier de sa fonction (DESCHNEAUX/STEINAUER, Personnes physiques et tutelle, Berne 2001, n. 953; BSK-BIDERBOST, art. 416 CC N 11).
Le 30 avril 2010, la Justice de paix de l'arrondissement de la Sarine a adopté des lignes directrices concernant la rémunération des tuteurs (et curateurs) de l'arrondissement. Selon celles-ci, les différents actes et activités des porteurs de mandat sont tarifés.
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4. La recourante demandait 200 fr. pour les opérations relatives à un nouveau mandat, telles que l'ouverture du dossier, le premier entretien et la correspondance. Ce montant n'a pas été retenu par la justice de paix, selon laquelle il n'appartient pas au pupille de pâtir financièrement du changement de curateur.
La recourante fait valoir que le transfert d'un mandat nécessite l'envoi en moyenne de vingt à trente courriers à différents organes et services aux fins d'information. De plus, chaque transfert requiert l'ouverture de classeurs, l'organisation d'un système de classement et d'archivage pour les anciennes données existantes. Sur demande de la juge de paix, la curatrice aurait rendu visite à son pupille à son domicile, en compagnie de l'ancien curateur, pour se présenter et faire sa connaissance. Elle aurait ensuite rencontré son pupille pour lui donner accès au bilan de sa situation financière, à ses comptes bancaires, et pour établir avec lui les premiers objectifs de leur collaboration. Cette démarche avait été précédée d'une rencontre avec le précédent curateur, afin que celui-ci puisse lui transmettre les informations qu'il jugeait importantes au sujet du pupille. La recourante a ensuite dû prendre connaissance, d'une part, de l'entier du dossier transmis par la justice de paix, d'autre part, de l'ensemble des classeurs remis par le précédent curateur. Cet important travail de recueil de données et d'analyse a permis à la recourante d'identifier les ressources financières et psycho-sociales de son pupille. Dès ce moment, elle a pu ébaucher des objectifs de collaboration en vue de mobiliser ses ressources personnelles (recours du 11.7.2013, p. 2).