Decision ID: 44afced0-b739-4a43-8580-d738f6c1e26e
Year: 2022
Language: fr
Court: CH_BSTG
Chamber: CH_BSTG_001
Canton: CH
Region: Federation
Law Area: penal_law

La Cour des plaintes, vu:
- la plainte pénale du 19 avril 2022 déposée par A. « contre la Confédération,
respectivement contre trois juges du Tribunal fédéral », auxquels il reproche
des infractions d’appropriation illégitime (art. 137 CP), de vol (art. 139 CP),
de soustraction d’une chose mobilière (art. 141 CP), d’obtention illicite de
prestations d’une assurance sociale ou de l’aide sociale (art. 148a CP), des
délits contre l’honneur (art. 173, 174 et 177 CP), de contrainte (art. 181 CP),
d’abus de fonction (art. 312 CP) et de corruption d’agents publics (art. 322ter
et 322quater CP), lors des prononcés  d’irrecevabilité et de rejet des recours
et requêtes du plaignant  rendus dans le cadre de procédures jugées par le
Tribunal fédéral (act. 1.2),
- l'ordonnance de non-entrée en matière rendue par le Ministère public de la
Confédération (ci-après: MPC) le 4 août 2022 (act. 1.1),
- le recours formé par A. (ci-après: le recourant) contre cette ordonnance
auprès de la Cour des plaintes du Tribunal pénal fédéral (ci-après: la Cour
de céans; act. 1),

et considérant que:
la Cour des plaintes du Tribunal pénal fédéral examine d’office et avec pleine
cognition la recevabilité des recours qui lui sont adressés (v. notamment TPF
2021 97 consid. 1.1; MOREILLON/DUPUIS/MAZOU, La pratique judiciaire du
Tribunal pénal fédéral en 2011, in Journal des Tribunaux 2012, p. 2 ss, p. 52
n. 199 et références citées);
les décisions de non-entrée en matière du MPC peuvent faire l’objet d’un
recours devant la Cour de céans (art. 322 al. 2 du Code de procédure pénale
du 5 octobre 2007 [CPP; RS 312.0], applicable par renvoi de l’art. 310
al. 2 CPP; art. 393 al. 1 let. a CPP et art. 37 al. 1 de la loi fédérale sur
l’organisation des autorités pénales de la Confédération [LOAP; RS 173.71]);
le recours contre les décisions notifiées par écrit ou oralement doit être
motivé et formé par écrit à l’autorité de recours, dans un délai de dix jours
(art. 396 al. 1 CPP);
il ressort de l’ordonnance du 4 août 2022 que la non-entrée en matière
prononcée l’a été au motif que « les conditions d’ouverture d’une procédure
pénale ne sont manifestement pas remplies », faute de soupçons suffisants
de commission d’infraction (act. 1.1);
dans ses conclusions, le recourant reproche au MPC une constatation
incomplète ou erronée des faits pertinents (art. 393 al. 2 CPP), renvoyant au
chiffre I de son recours (« Les critiques des considérants du MPC »), auquel
il commente chaque paragraphe (ou tiret) de l’ordonnance entreprise (act. 1,
p. 2, 3 et 7);
vu les considérations formulées sous ce chiffre, il semble que le recourant
reproche au MPC de n’avoir pas pris en considération que certaines des
infractions reprochées aux trois juges l’aient été en qualité de complices et
non de (co)auteurs et à l’occasion également d’autres prononcés que les
trois mentionnés par le MPC;
même à les prendre en compte, ces éléments ne sauraient avoir d’incidence
sur la motivation de l’ordonnance entreprise et le recourant ne prétend pas
qu’ils puissent en avoir;
le recourant ne fait en effet valoir aucun  autre  argument susceptible de
remettre en cause l’argumentation du MPC, se limitant à « reformuler » le
contenu de sa plainte, « afin de mettre en évidence les soupçons qui sont
suffisants », dans la mesure où il estime « surprenant » que le MPC n’en ait
pas trouvé dans sa plainte pourtant « détaillée sur six pages » (act. 1, p. 4 à
6);
il s’ensuit que le recours doit être déclaré irrecevable, sans procéder à un
échange d’écriture (art. 390 al. 2 CPP a contrario);
le recourant a demandé l’assistance judiciaire;
en vertu des art. 29 al. 3 Cst. et 6 par. 3 let. c CEDH, toute personne qui ne
dispose pas de ressources suffisantes a droit, à moins que sa cause
paraisse dépourvue de toute chance de succès, à l’assistance judiciaire
gratuite (ATF 129 I 129 consid. 2.1 p. 133; 128 I 225 consid. 2.3 p. 227;
127 I 202 consid. 3b p. 205; décision du Tribunal pénal fédéral
BB.2014.83 + BB.2014.86 du 12 février 2015 consid. 3.8);
au vu de ce qui précède, le recours était d’emblée voué à l’échec et donc
dépourvu de toute chance de succès, de sorte que l’assistance judiciaire
gratuite doit être rejetée à la lumière des dispositions susmentionnées;
conformément à l’art. 428 al. 1 CPP, les frais de la procédure de recours sont
mis à la charge des parties dans la mesure où elles ont obtenu gain de cause
ou succombé; que la partie dont le recours est déclaré irrecevable est
également considérée avoir succombé;
en l’espèce les frais de la présente procédure sont fixés au minimum légal
de CHF 200.-- et mis à la charge du recourant (art. 5 et 8 al. 1 du règlement
du Tribunal pénal fédéral sur les frais, émoluments, dépens et indemnités de
la procédure pénale fédérale [RFPPF; RS 173.713.162]).