Decision ID: a10d9d28-5e03-549b-be81-b8b568b3b6c9
Year: 2019
Language: fr
Court: FR_TC
Chamber: FR_TC_005
Canton: FR
Region: Espace_Mittelland
Law Area: penal_law

considérant en fait
A. Par ordonnance pénale du 30 septembre 2019, le Ministère public a condamné A._ pour lésions corporelles simples de peu de gravité à une peine pécuniaire de 10 jours-amende, avec sursis pendant deux ans, le montant du jour-amende étant fixé à CHF 30.-, et à une amende de CHF 300.-, frais en sus.
Le prévenu étant alors assisté d’une mandataire professionnelle, l’ordonnance pénale a été notifiée à cette dernière le 1er octobre 2019.
Le 18 octobre 2019, A._ a formé personnellement opposition et requis la restitution du délai pour ce faire, relevant n’avoir reçu l’ordonnance litigieuse que le 15 octobre 2019.
L’avocate s’est déterminée le 31 octobre 2019, soutenant que le délai d’opposition devait être restitué, son client, perturbé par la situation qu’il vivait alors, ayant omis de lui transmettre sa nouvelle adresse.
Par ordonnance du 12 novembre 2019, le Ministère public a refusé de restituer le délai, confirmant ainsi l’ordonnance pénale du 30 septembre 2019.
B. Le 20 novembre 2019, A._ a interjeté recours contre l’ordonnance du 12 novembre 2019.
Le 2 décembre 2019, le Ministère public a renoncé à déposer des observations sur le recours.

en droit
1.
Comme la Chambre pénale (ci-après: la Chambre) l’a rappelé à de nombreuses reprises, le Tribunal fédéral retient que le Ministère public doit suspendre une procédure de restitution jusqu'à ce que le tribunal de première instance ait statué sur la question de savoir si l'ordonnance pénale a été valablement notifiée et si le délai n'a pas été observé (ATF 142 IV 201 consid. 2 et les réf. citées).
En l’espèce, le Ministère public a directement statué sur la demande de restitution de délai, examinant lui-même la recevabilité de l’opposition, ce qui ne relevait pas de sa compétence. Cela étant, il faut constater que le recourant ne conteste pas que son opposition est en soi tardive, en d’autres termes que le délai de 10 jours de l’art. 354 al. 1 CPP n’a pas été respecté. La validité de la notification n’est pas remise en cause non plus. Seule l’existence d’un motif de restitution du délai doit être discutée, le recourant estimant qu’il n’est pas responsable des erreurs commises par son avocate, respectivement la stagiaire de cette dernière. Dans ces circonstances, renvoyer la cause au tribunal de première instance à seule fin qu'il constate formellement le non-respect du délai serait artificiel et inutilement formaliste.
Tribunal cantonal TC Page 3 de 4
2.
2.1. La Chambre est compétente pour examiner si le recourant peut se prévaloir de l'existence d'un cas de restitution du délai contrairement à ce qu’a considéré le Ministère public (art. 393 al. 1 let. a CPP).
2.2. Selon les art. 322 al. 2 et 396 al. 1 CPP, le recours est adressé par écrit, dans le délai de dix jours, à l’autorité de recours. En l'espèce, ce délai est respecté.
2.3. En tant que personne touchée par l'acte de procédure attaqué, le recourant a qualité pour recourir (art. 382 al. 1 CPP).