Decision ID: 8b757130-71e6-565b-bd3f-c7ff24de76d0
Year: 2018
Language: fr
Court: FR_TC
Chamber: FR_TC_001
Canton: FR
Region: Espace_Mittelland
Law Area: civil_law

considérant en fait
A. a) A._, née en 1991, et B._, né en 1984, ont contracté mariage en 2013. Une enfant est issue de leur union: C._, née en 2013.
b) Le 18 août 2016, B._ a déposé devant la Présidente du Tribunal civil de l'arrondissement de la Broye (ci-après: la Présidente) une requête commune de divorce avec accord complet, accompagnée d’une convention sur les effets du divorce, signée le 10 août 2016 par les deux époux. Par courrier du même jour, A._ a déposé une requête tendant à ce que la convention susmentionnée soit déclarée caduque en raison du fait qu’elle l’aurait signée sous pression et chantage de la part de son mari. Elle a également pris plusieurs conclusions urgentes relatives à sa fille et notamment à sa situation financière et, par courrier du 22 août 2016, elle a demandé que la garde sur l’enfant C._, qui était jusqu’alors exercée de manière alternée, lui soit exclusivement attribuée; ces requêtes de mesures provisionnelles urgentes ont été rejetées par décision du 23 août 2016.
Le 23 août 2016, le Service de l’enfance et de la jeunesse (ci-après le SEJ) a été chargé d'une enquête sociale d’urgence destinée à vérifier les conditions d’accueil de l’enfant C._ lorsqu’elle se trouvait chez son père ainsi que la capacité de prise en charge de l’enfant par ce dernier. Le 30 août 2016, le SEJ a transmis son rapport relatif aux constatations effectuées lors de la visite du domicile du père le 25 août 2016. Les parties ont pu se déterminer sur ce rapport. Le 31 octobre 2016, A._ a déposé ses conclusions relatives aux effets accessoires du divorce. A l’audience du 13 janvier 2017 ayant pour objet la procédure de divorce ainsi que les mesures provisionnelles, ces époux ont passé une nouvelle convention sur l’ensemble des effets accessoires du divorce. Il a également été convenu que les requêtes de mesures provisionnelles étaient devenues sans objet.
Par décision du 20 juin 2017, la Présidente a prononcé le divorce et a homologué la convention sur les effets accessoires. S’agissant de l’enfant C._, l’autorité parentale conjointe a été maintenue (ch. 2) et un système de garde partagée mis en place de la manière suivante (ch. 3): « une semaine chez chaque parent, du dimanche soir à 17 heures au dimanche suivant à la même heure; lorsque A._ travaille le samedi, B._ prend en charge l'enfant du vendredi soir au samedi soir; en contrepartie, A._ prend en charge l'enfant si elle a un jour de congé durant la semaine de garde du père; chaque parent prend C._ durant 4 semaines de vacances par année ». Quant à l’entretien de l’enfant chaque parent doit assumer la prise en charge des frais de logement, de nourriture et de première nécessité lorsqu’elle se trouve à son domicile (ch. 5, let. a). A partir de janvier 2017, les frais ordinaires, tels que les primes d'assurance-maladie, les frais médicaux et dentaires non pris en charge, les frais de scolarité obligatoire, les cotisations de l'enfant à des sociétés culturelles, sportives ou musicales, sont pris en charge par A._, les allocations familiales étant conservées par B._ (ch. 5, let. b). Les frais extraordinaires de l'enfant (traitements orthodontiques, frais d'étude hors obligatoires, séjours linguistiques) seront assumés par moitié par chacun des parents, à défaut d'un accord contraire et sous réserve de l'accord préalable de chacun à l'engagement de ces frais (ch. 5 let. c). La prise en charge de l'enfant en 2016 n'emporte aucune prétention de part et d'autre, les factures ayant été réglées, hormis une facture de D._ que A._ s'engage à prendre en charge (ch. 5, let. d). Les parties s'engagent mutuellement à se renseigner sur toute modification importante de leur situation financière (ch. 5, let. e).
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B. Le 23 août 2017, A._ a interjeté appel contre ce jugement, contestant uniquement le chiffre 5 du dispositif et invoquant des faits nouveaux. Elle a conclu, frais à charge de l'intimé, à ce que les frais ordinaires tels que les primes d'assurance-maladie, les frais médicaux et dentaires non pris en charge, les frais de scolarité obligatoire, les cotisations de l'enfant à des sociétés culturelles, sportives ou musicales soient acquittés par elle-même moyennant versement par le père d'une contribution d'entretien mensuelle pour l'enfant s'élevant à CHF 1'100.-, allocations familiales en sus, ce dès le 1er juin 2017. Elle a en outre sollicité d'être mise au bénéfice de l'assistance judiciaire, ce qui a été admis par décision du 31 août 2017.
Dans sa réponse du 28 septembre 2017, l'intimé a conclu au rejet de l'appel, frais et dépens à charge de l'appelante.
Les parties ont actualisé leur situation financière par correspondances des 13, 15, 26 mars et 18 avril 2018, comprenant en outre production des listes de frais des mandataires.

en droit
1.
1.1. L'appel est recevable notamment contre les décisions finales de première instance, pour autant que, dans les causes patrimoniales, la valeur litigieuse au dernier état des conclusions soit supérieure à CHF 10'000.- (art. 308 al. 1 let. a et al. 2 CPC).
En l’espèce, la Présidente a homologué la convention complète de divorce telle que passée lors de l’audience du 13 janvier 2017. Au dernier état, les conclusions des parties concordaient parfaitement, de sorte que la valeur litigieuse serait de CHF 0.- et que seule la voie du recours serait ouverte. Dans un arrêt récent (arrêt TC 101 2017 381 du 26.03.18 consid. 1.1), la Cour a retenu que cette manière de faire conduirait à l’exclusion systématique de l’appel et, en conséquence, de nova (cf. art. 326 CPC), lorsqu’une convention complète de divorce est remise en cause. De plus, cela ne serait guère cohérent en relation avec la valeur litigieuse valable pour un recours au Tribunal fédéral. Au vu de l’enjeu pour les parties à la procédure, une telle exclusion de l’appel ne peut manifestement pas avoir été l’intention du législateur. Cela est notamment confirmé par l’art. 1 CPC qui prévoit que celui-ci règle la procédure applicable devant les juridictions cantonales aux affaires civiles contentieuses (let. a). La procédure de divorce sur requête commune avec convention complète sur les effets accessoires n’est pas, à proprement parler, une affaire civile contentieuse. Il n’y a pas de demandeur et défendeur qui s’opposent mais plutôt des co-demandeurs qui prennent les mêmes conclusions. La règle de l’art. 308 al. 2 CPC n’ayant manifestement pas été conçue pour déterminer la valeur litigieuse dans une telle procédure matrimoniale, il convient de combler cette lacune en ce sens que ce sont les conclusions prises en deuxième instance qui déterminent la valeur litigieuse. Dans le résultat, la Cour a ainsi rejoint l’avis exprimé par FANKHAUSER (in SCHWENZER/FANKHAUSER (éd.), FamKomm, Scheidung, Band II: Anhänge, 3e éd. 2017, Anh. ZPO art. 29, n. 8).
En l'espèce l’appelante réclame de l’intimé le paiement en faveur de leur fille d’une contribution mensuelle de CHF 1'100.- dès le 1er juin 2017 pour une durée illimitée. La valeur litigieuse est ainsi
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largement supérieure à CHF 30'000.-, ce qui ouvre tant la voie de l'appel au niveau cantonal que par la suite celle du recours en matière civile au Tribunal fédéral.
1.2. Le délai d’appel en procédure ordinaire est de 30 jours (art. 311 al. 1 CPC) et est suspendu du 15 juillet au 15 août inclus (art. 145 al. 1 let. b CPC). En l’occurrence, la décision attaquée ayant été notifiée à l’appelante le 22 juin 2017, le mémoire d’appel remis à la poste le 23 août suivant a été adressé en temps utile.