Decision ID: 091654a8-d0c7-5ad2-ab79-971fbd27f003
Year: 2016
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_006
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 

EN FAIT
A.
a)
A_ est née le _ 1957 au Maroc; elle est originaire de Genève et a conservé sa nationalité marocaine. Elle était l'épouse de C_, né le _ 1969, également de nationalité marocaine. Le divorce du couple a toutefois été prononcé par jugement JTPI/1_ du 1
er
décembre 2014, rendu par le Tribunal de première instance.![endif]>![if>
Le couple A_ et C_ n'a pas eu d'enfant.
b)
L'enfant B_ est né le _ 2004 à D_ (Maroc); il est de nationalité marocaine. Il a été abandonné par sa mère immédiatement après sa naissance, celle-ci l'ayant confié à A_, selon un document établi à D_ le 1
er
septembre 2004, mentionnant le fait que la mère biologique se désiste "définitivement et irrévocablement". Le 9 octobre 2006, le Tribunal de première instance de D_ a établi un "acte de kafala", à teneur duquel les époux A_ et C_ entendaient pourvoir à l'éducation et subvenir aux besoins de l'enfant B_.
Le père de B_ est pour sa part demeuré inconnu.
B_ est dans un premier temps demeuré au Maroc et a été confié à la mère de A_.
c)
Le 4 mai 2009, le Service d'évaluation des lieux de placement à Genève a délivré aux époux A_ et C_ une autorisation pour l'accueil et l'hébergement, voire pour l'accueil définitif en vue d'adoption, de l'enfant B_.
Ce dernier est arrivé à Genève le 22 août 2009.
Par ordonnance du 29 septembre 2009, le Tribunal tutélaire (désormais le Tribunal de protection de l'adulte et de l'enfant, ci-après : le Tribunal de protection) a désigné une tutrice à l'enfant B_.
d)
Il ressort du dossier qu'à partir de l'année 2010 le couple A_ et C_ a connu d'importantes difficultés conjugales et s'est séparé au début de l'année 2013, B_ continuant de vivre auprès de A_. Le divorce du couple a été prononcé le 1
er
décembre 2014.
Il a par ailleurs été mis un terme à la procédure d'adoption conjointe de B_ que les époux A_ et C_ avaient entreprise.
e)
Le 25 juin 2015, le Service d'autorisation et de surveillance des lieux de placement a délivré à A_ l'agrément pour accueillir l'enfant B_ en vue d'adoption.
f)
Le 25 juin 2015 également, ce même service a rendu un rapport d'évaluation psycho-sociale dont il ressort que A_ travaille à 80% au sein de E_ en qualité d'aide-soignante. Sa situation financière est saine et elle est à même de pourvoir seule à l'entretien de B_. Le parcours de ce dernier, depuis son arrivée à Genève, est décrit comme complexe. Il s'était montré très agité dans le cadre scolaire et en opposition à la maison, face à tous les actes éducatifs de A_. La séparation des époux A_ et C_ avait également engendré beaucoup de souffrance chez lui. Grâce à la mise en place d'une action éducative en milieu ouvert à domicile (AEMO), A_ avait peu à peu pu reprendre une place reconnue par B_ et la situation s'était apaisée. L'enfant avait également, à certains moments, bénéficié d'une aide psychothérapeutique. Au moment où le rapport a été rendu, il fréquentait la 7
ème
année et rencontrait toujours des difficultés d'apprentissage, malgré les aides mises en place par A_ à domicile. Il pratiquait plusieurs activités extra-scolaires. Selon le Service d'autorisation et de surveillance des lieux de placement, il était dans l'intérêt de B_ d'être adopté par A_, tous deux ayant développé un fort lien d'attachement en dépit des difficultés rencontrées.
Ce rapport a été complété par un nouveau rapport du 3 décembre 2015 du même service, qui proposait la levée du mandat de tutelle et recommandait l'adoption de B_ par A_, en précisant qu'aucun changement de prénom n'était sollicité.
B. a)
Par ordonnance du 17 décembre 2015, le Tribunal de protection a consenti à l'adoption du mineur B_ par A_ et a fait abstraction du consentement du père de l'enfant, demeuré inconnu, le dossier étant transmis à la Cour de justice afin qu'elle prononce l'adoption.
b)
Par requête du 11 novembre 2015 adressée à la Cour, A_ a déclaré souhaiter adopter B_ et n'a pas sollicité de changement de prénom. B_ a également rédigé un mot à l'attention de la Cour, dans lequel il déclare souhaiter rester avec sa mère et que celle-ci l'adopte.
c)
Entendu par le juge délégué le 24 février 2016, B_ a confirmé souhaiter être adopté par A_, qu'il a déclaré "adorer". Il a par ailleurs fourni des explications qui attestent du fait qu'il a bien compris la notion d'adoption.

EN DROIT
1.
La présente cause présente un élément d'extranéité, dans la mesure où le mineur est de nationalité marocaine.![endif]>![if>
Le Maroc n'est pas partie à la Convention de La Haye du 29 mai 1993 sur la protection des enfants et la coopération en matière d'adoption internationale (CLaH93), de sorte que la présente adoption est régie par les règles de la LDIP.
En vertu de l'art. 75 al. 1 LDIP, sont compétentes pour prononcer l'adoption les autorités judiciaires ou administratives suisses du domicile de l'adoptant. Les conditions de l'adoption prononcée en Suisse sont régies par le droit suisse (art. 77 al. 1 LDIP).
Compte tenu du domicile à Genève de la requérante et du mineur concerné, la Cour de justice est compétente pour connaître de la requête (art. 268 al. 1 CC; art. 120 al. 1 let. c LOJ).
2.
2.1
En l'espèce, la requérante remplit toutes les conditions exigées par la loi pour que l'adoption soit prononcée. A_, qui adopte seule, est en effet divorcée et âgée de plus de 35 ans (art. 264b al. 1 CC). L'écart d'âge entre elle-même et l'enfant est par ailleurs respecté (art. 265 al. 1 CC) et elle a pourvu de manière adéquate à l'éducation et à l'entretien de B_ pendant plus d'une année (art. 264 CC). Il ressort par ailleurs de l'enquête exigée par l'art. 268a CC, effectuée par les services genevois compétents, que l'adoption du mineur par la requérante sert son intérêt (art. 264 CC). ![endif]>![if>
Le Tribunal de protection a enfin donné son consentement à l'adoption sollicitée (art. 265 al. 3 CC).
Au vu de ces éléments et des liens affectifs qui unissent la requérante et B_, tels qu'ils ressortent du rapport de fin de tutelle (art. 268a al. 1 CC), les conditions posées à l'adoption sont réunies, étant relevé que l'enfant, âgé de bientôt douze ans, a consenti à l'adoption (art. 265 al. 2 CC).
Il sera fait abstraction du consentement du père biologique, demeuré inconnu (art. 265c ch. 1 CC). Quant à la mère, elle a donné valablement son consentement à l'adoption en renonçant "définitivement et irrévocablement" à ses droits.
3.
Les frais de la procédure, arrêtés à 1'000 fr. (art. 19 al. 1 et 3 let. a LaCC; 26 du Règlement fixant le tarif des frais en matière civile – RTFMC) sont mis à la charge de la requérante. Ils sont entièrement compensés avec l'avance de frais de même montant, qui reste acquise à l'Etat (art. 98, 101 et 111 CPC).![endif]>![if>
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