Decision ID: 54a81366-b7ce-56e8-a457-ff56c941625c
Year: 2020
Language: fr
Court: FR_TC
Chamber: FR_TC_005
Canton: FR
Region: Espace_Mittelland
Law Area: penal_law

considérant en fait
A. Par ordonnance pénale du 26 août 2019, A._ a été reconnu coupable de délit contre la loi fédérale sur les armes et condamné à une peine privative de liberté ferme de 30 jours, ainsi qu’au paiement des frais de procédure.
Dite ordonnance a été adressée le même jour à B._, mais a été retournée avec la mention « le destinataire est introuvable à l’adresse indiquée ». Un nouveau courrier recommandé a été envoyé le 5 septembre 2019 au prévenu, à l’adresse C._, qui a été retourné avec les mentions « s.d.c » et « inconnu ».
Par courrier daté du 17 décembre 2019, mais remis à la poste le 19 décembre 2019, A._ a indiqué au Ministère public qu’il n’avait plus de case postale, mais que le courrier qui lui avait été adressé avait été transmis à D._, à E._, son assistante sociale, qui ne le lui avait pas transmis. Dans son courrier, le prévenu a encore indiqué qu’il n’avait jamais commis les faits qui lui étaient reprochés et qu’il ne comprenait pas pourquoi il avait été condamné à une peine privative de liberté sans avoir au préalable pu se défendre.
Le 9 janvier 2020, le Ministère public a transmis le courrier de A._ au Juge de police de l’arrondissement de la Sarine (ci-après: le Juge de police).
B. Après avoir entendu A._ lors de son audience du 20 mai 2020, le Juge de police a rendu une ordonnance le même jour aux termes de laquelle il a déclaré non valable et irrecevable car tardive l’opposition postée le 19 décembre 2019, constaté que l’ordonnance pénale du 26 août 2019 entre en force à la date de son prononcé, indiqué qu’il renverra, à l’entrée en force de dite ordonnance, le dossier au Ministère public, comme objet de sa compétence, afin qu’il statue sur la demande de restitution de délai du 20 décembre 2019 et n’a pas perçu de frais de procédure. Dite ordonnance a principalement été motivée par le fait que le prévenu, qui devait s’attendre à recevoir une décision de l’autorité, a indiqué comme adresse C._, ainsi que B._, soit les adresses où l’ordonnance attaquée lui a été notifiée. Pour le Juge de police, il lui appartenait d’indiquer à quelle adresse des décisions pouvaient lui être communiquées avec succès; n’y ayant pas procédé, la notification fictive de l’ordonnance pénale à l’adresse indiquée était ainsi valable de sorte que l’opposition postée le 19 décembre 2019 était irrecevable car tardive.
C. Par acte daté du 5 juin 2020, mais reçu au Greffe du Tribunal cantonal le 8 juin 2020, A._ a interjeté recours contre l’ordonnance du Juge de police du 20 mai 2020.
Invité à se déterminer, le Juge de police a, par courrier du 15 juin 2020, indiqué n’avoir pas d’observation à formuler, si ce n’est de proposer le rejet du recours avec suite de frais.
Par courrier du 17 juin 2020, le Ministère public a signalé adhérer aux considérants de l’ordonnance attaquée et renoncer à déposer des observations. Il a conclu au rejet du recours dans la mesure de sa recevabilité.
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en droit
1.
1.1. Les parties peuvent attaquer les ordonnances, les décisions et les actes de procédure des tribunaux de première instance, sauf contre ceux de la direction de la procédure (art. 393 al. 1 let. b du code de procédure pénale suisse du 5 octobre 2007 [CPP; RS 312.0]) devant l'autorité de recours (art. 20 al. 1 let. b CPP), qui est, dans le canton de Fribourg, la Chambre pénale du Tribunal cantonal (ci-après: la Chambre pénale; art. 85 al. 1 de la loi sur la justice du 31 mai 2010 [LJ; RSF 130.1]).
1.2. Le délai de recours est de dix jours et commence à courir le lendemain du jour de la notification de la décision attaquée (art. 396 et 90 al. 1 CPP). In casu, le recours daté du vendredi 5 juin 2020 et reçu au Greffe du Tribunal cantonal le lundi 8 juin 2020 contre l'ordonnance du Juge de police du 20 mai 2020, notifiée le 26 mai 2020, semble respecter ce délai.
1.3. Ayant un intérêt juridiquement protégé à l’annulation ou la modification de l’ordonnance attaquée, A._ a indéniablement la qualité pour recourir (art. 382 al. 1 CPP).
1.4. Le recours fait l'objet d'une procédure écrite (art. 397 al. 1 CPP).