Decision ID: 3b29dc82-2ea1-4fff-8db3-f8132189724a
Year: 2021
Language: fr
Court: CH_BSTG
Chamber: CH_BSTG_001
Canton: CH
Region: Federation
Law Area: penal_law

Vu:
- la procédure SK.2020.46 et plus précisément,
- l’acte d’accusation du 6 octobre 2020 par lequel le Ministère public de la
Confédération (ci-après: MPC) reproche à A. (ci-après: le prévenu) d’avoir commis
les infractions de fabrication de fausse monnaie (art. 240 CP), de mise en
circulation de fausse monnaie (art. 242 CP), d’escroquerie d’importance mineure
(art. 146 al. 1 CP en relation avec l’art. 172ter CP), de vol d’importance mineure
(art. 139 CP en relation avec l’art. 172ter CP), de violation de domicile (art. 186 CP),
d’acquisition, de consommation et de fabrication de stupéfiants (art. 19a ch. 1
LStup en relation avec l’art. 19 al. 1 LStup),
- les citations à comparaître du 11 août 2021 notifiées aux parties et au défenseur
du prévenu et fixant l’audience des débats principaux au 9 novembre 2021,
- l’écriture du MPC du 13 octobre 2021 par laquelle celui-ci explique, d’une part,
qu’une instruction référencée sous numéro SV.21.1304-GIG est actuellement
pendante contre le prévenu pour fabrication de fausse monnaie (art. 240 CP) et
mise en circulation de fausse monnaie (art. 242 CP), respectivement importation,
acquisition et prise en dépôt de fausse monnaie (art. 244 CP) suite à la découverte
de billets prétendument fabriqués en octobre 2019 déjà, et pour infractions à la loi
fédérale sur les stupéfiants (art. 19a ch. 1 en relation avec l’art. 19 al. 1 LStup)
ainsi que pour infractions à la loi fédérale sur les armes (art. 33 LArm) et sollicite,
d’autre part, un report des débats au début mars 2022, ceci afin de terminer
l’instruction en cours et de déposer prochainement l’acte d’accusation y relatif,
dans l’optique de joindre des deux procédures contre le prévenu.

Considérant que:
- eu égard au principe de célérité consacré à l’art. 5 CPP, les autorités pénales,
auxquelles sont rattachés les tribunaux de première instance (art. 13 lit. b CPP),
engagent les procédures pénales sans délai et les mènent à terme sans retard
justifié,
- en vertu du principe d’unité de la procédure pénale, il y a lieu de poursuivre et
juger, en une seule et même procédure, l’ensemble des infractions reprochées à
un même prévenu (art. 29 al. 1 lit. a CPP), et ce afin d’éviter, d’une part, les
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jugements contradictoires, et d’autre part, de servir l’économie de la procédure
(arrêt du Tribunal fédéral 6B_891/2018 du 31 octobre 2018 consid. 1.1; ATF 138
IV 29 consid. 3.2),
- en l’occurrence, les faits nouvellement reprochés au prévenu dans le cadre de la
procédure SV.21.1304-GIG sont intrinsèquement liés à ceux reprochés dans le
cadre de la procédure SV.17.1832-GIG, respectivement SK.2020.46, dès lors que,
matériellement, ils concernent des cas de fausse monnaie (art. 240 CP, art. 242
CP, voire art. 244 CP) et temporellement, l’instruction menée dans la procédure
SV.21.1304-GIG porte sur des soupçons de fabrication de fausse monnaie qui
auraient eu lieu en octobre 2019 déjà, soit à l’époque des faits qui ont concouru à
la procédure SK.2020.46,
- dans la mesure où le MPC entend consulter une fois encore l’expert psychiatre
dans le cadre de la procédure SV.21.1304-GIG, il est éminemment utile que le
MPC puisse demander à l’expert de prendre en compte des éléments contenus
dans le dossier SK.2020.46 et plus précisément l’expertise qui a récemment été
versée au dossier. Aussi, est-il nécessaire que le MPC puisse disposer du dossier
SK.2020.46 en tant que direction de la procédure. En effet, en restant partie à la
procédure SK.2020.46, le MPC ne pourrait prendre l’initiative de soumettre le
dossier ou parties de celui-ci à un expert,
- enfin, le MPC sollicite le report des débats à début mars 2022 afin de pouvoir
terminer l’instruction diligentée dans la procédure SV.21.1304-GIG et déposer
prochainement l’acte d’accusation corrélatif, si bien que la suspension et le renvoi,
à ce stade de la procédure, ne privent pas le prévenu de son droit à pouvoir être
jugé dans un délai raisonnable,
- eu égard aux principes d’unité, d’économie et de célérité de la procédure, il se
justifie par conséquent de suspendre la procédure SK.2020.46 et de renvoyer la
cause ainsi que le dossier pénal SV.17.1832-GIG au MPC, sans que la cause
suspendue ne reste pendante devant le Tribunal pénal fédéral.
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