Decision ID: 22f7723d-2393-509e-947f-19ce9f1f9112
Year: 2019
Language: fr
Court: FR_TC
Chamber: FR_TC_005
Canton: FR
Region: Espace_Mittelland
Law Area: penal_law

considérant en fait
A. Le 12 novembre 2015, B._ et l’association C._ ont déposé une plainte et dénonciation pénale contre A._, en particulier pour calomnie, subsidiairement diffamation, tentative d’extorsion et chantage, subsidiairement menaces, et infractions à la loi fédérale contre la concurrence déloyale.
Par ordonnance pénale du 14 février 2018, le Ministère public a reconnu A._ coupable de diffamation, menaces, tentative de contrainte et délit contre la loi fédérale contre la concurrence déloyale. Le 16 février 2018, celui-ci a formé opposition contre cette décision. Le 22 février 2018, le Ministère public a transmis le dossier à la Juge de police de l’arrondissement de la Broye (: la Juge de police). Le dossier a par la suite dû être remis à plusieurs reprises au Tribunal cantonal, notamment du 13 juillet au 27 décembre 2018, suite aux recours et demandes de récusation déposés par A._.
Le 10 janvier 2019, la Juge de police a informé A._ qu’une défense obligatoire s’impose en application de l’art. 130 let. c CPP, malgré la formation juridique du précité, ceci dans la mesure où il a rédigé ses courriers et déterminations en allemand durant la procédure d’instruction, qu’il a déclaré ne pas maîtriser le français, que les plaidoiries devront avoir lieu en français, une traduction de celles-ci étant laborieuse, et qu’il apparaît que les conclusions civiles annoncées s’avèrent élevées. Elle a dès lors imparti à A._ un délai non prolongeable expirant le 21 janvier 2019 pour lui communiquer le nom de son avocat, relevant que passé ce délai, elle lui désignerait d’office un défenseur.
Le 21 janvier 2019, A._ a demandé que le délai soit prolongé jusqu’au 28 février 2019, relevant notamment n’avoir reçu le courrier du 10 janvier 2019 que le 18 janvier 2019 et vouloir faire usage de son droit d’être entendu. Le 22 janvier 2019, la Juge de police a d’office prolongé au 11 février 2019, dernier délai, le délai imparti pour indiquer le nom d’un avocat, relevant que passé ce délai non prolongeable, elle nommerait d’office un défenseur nécessaire en application de l’art. 130 let. c CPP. Le 3 février 2019, A._ a demandé une prolongation de délai jusqu’au 28 février 2019. Par courrier du 5 février 2019, la Juge de police a maintenu le délai expirant le 11 février 2019, rappelant encore une fois que passé ce délai non prolongeable, elle nommerait d’office un défenseur nécessaire.
Par décision du 15 février 2019, la Juge de police a nommé un défenseur d’office à A._ en la personne de Me D._, avocat.
B. Le 6 mars 2019, A._ a interjeté recours contre cette décision, concluant, sous suite de frais à la charge de l’Etat, à ce que la procédure de recours ait lieu en allemand, à ce que les plaignants soient exclus de la procédure de recours, à ce qu’il soit constaté que la décision du 15 février 2019 a été rendue en violation de son droit d’être entendu et du principe de la bonne foi, et à ce qu’elle soit annulée.
La Juge de police s’est déterminée le 12 mars 2019, renonçant à déposer des observations et renvoyant à sa décision du 15 février 2019. Le Ministère public a quant à lui conclu au rejet du recours dans la mesure de sa recevabilité par courrier déposé le 14 mars 2019.
Le 20 mars 2019, A._ a déposé une détermination spontanée en relation avec la présente procédure, mais également avec la procédure 502 2019 48, close par arrêt du 18 mars 2019. Il y requiert des mesures provisionnelles au sens de l’art. 388 CPP, produit une nouvelle pièce en relation avec le grief soulevé dans la procédure 502 2019 48 concernant la constatation de la
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violation du droit à la confrontation et à l’égalité de traitement, et demande que la procédure de recours ait lieu en allemand.

en droit
1.
Le recourant conclut à ce que la procédure de recours ait lieu en allemand. Il ne motive pas sa requête.
Dans l’arrondissement de la Broye, la procédure a lieu en français. Devant les autorités dont la compétence n'est pas liée à un arrondissement, la langue est celle qu'utiliserait le tribunal d'arrondissement compétent. En seconde instance, la procédure a lieu dans la langue de la décision attaquée (art. 115 al. 2 let. a, al. 3 et 4 LJ). Les autorités dont la compétence s'étend à l'ensemble du canton peuvent déroger aux règles de l’art. 115 al. 2 à 4 LJ s'il n'en résulte aucun inconvénient grave pour les parties et si, dans une procédure pénale, le prévenu donne son accord (art. 118 al. 1 LJ). Les autorités jouissent à cet égard d'une grande marge d'appréciation.
En l’espèce, la procédure pénale a incontestablement lieu en français. La Chambre pénale a jusqu’à présent rendu tous les arrêts concernant le recourant – que ce soit en qualité de prévenu ou de partie plaignante – en français (cf. dossiers TC 502 2018 49, 50, 51, 61, 93, 100, 101, 102, 138, 139, 140, 141, 207, 208, 235, 502 2019 48, 71), conformément à l’art. 115 al. 4 LJ. A l’instar du Tribunal fédéral dans un arrêt 6B_851/2018 du 7 décembre 2018 consid. 1 qui concerne le recourant, la Chambre pénale constate que les déterminations, requêtes et recours déposés par ce dernier – comme en l’occurrence le recours du 6 mars 2019 – montrent qu’il saisit le sens des correspondances, décisions et arrêts, et qu'il comprend donc cette langue, de sorte qu'il n'y a pas lieu de déroger à la règle de l’art. 115 al. 4 LJ, ce d’autant moins qu’il ne motive pas sa requête. Cette dernière est ainsi rejetée.
2.
Le recourant requiert que les plaignants ne soient pas autorisés à participer à la procédure de recours. Il ne motive pas sa requête. Peu importe puisque les plaignants ne sont en l’occurrence pas partie à la procédure de recours, de sorte que l’acte du 6 mars 2019 et les déterminations qui s’en sont suivis ne leur ont pas été communiqués (cf. not. correspondance du 11 mars 2019 à la Juge de police et au Ministère public, avec copie au recourant). Faute d’intérêt et de motivation, la requête est irrecevable.
3.
Le recourant requiert la suspension de la procédure de recours au motif qu’un recours pour déni de justice serait pendant, respectivement qu’aucune décision définitive n’aurait été rendue à ce sujet (cf. dossier 502 2019 48-71). Il est d’avis que le classement de la procédure pénale – requis dans le recours pour déni de justice – rendrait la présente procédure sans objet et qu’il convient ainsi, par économie de procédure, de suspendre cette dernière. La Chambre pénale a statué sur le recours pour déni de justice par arrêt du 18 mars 2019. Cet arrêt n’est certes pas encore définitif, mais la Chambre y a déjà signalé qu’elle n’a pas la compétence, à ce stade de la procédure, de classer la procédure pénale. Il ne se justifie dès lors pas de suspendre la procédure de recours. La requête est ainsi rejetée.
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4.
4.1.
4.1.1. En application de l’art. 393 al. 1 let. b CPP ainsi que de l’art. 85 al. 1 LJ, la voie du recours à la Chambre pénale est ouverte contre une ordonnance de la Juge de police, autorité de première instance, ordonnant une défense d’office à un prévenu.
4.1.2. Selon l’art. 396 al. 1 CPP, le recours est adressé par écrit, dans le délai de dix jours, à l’autorité de recours. L’ordonnance querellée a été notifiée au recourant le 25 février 2019, si bien que le mémoire de recours, posté le 6 mars 2019, a été adressé à l’autorité en temps utile.
4.1.3. L’ordonnance querellée ordonne une défense obligatoire et nomme un défenseur d’office au prévenu. Ce dernier est ainsi directement touché par la décision et a la qualité pour recourir (art. 104 al. 1 let. a et 382 al. 1 CPP).
4.1.4. Le recours fait l’objet d’une procédure écrite (art. 397 al. 1 CPP).
4.1.5. Dans la mesure où le recourant fait valoir des griefs, respectivement produit une pièce en relation avec la procédure de recours 502 2019 48-71, close par arrêt du 18 mars 2019, ses recours et requêtes sont irrecevables.