Decision ID: 24b772e9-d8c1-586a-ad6d-59fe10f73a06
Year: 2015
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_001
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law

EN FAIT
, l'ordonnance
OTPI/1665/2014
rendue par le Tribunal de première instance le 18 décembre 2014, notifiée le 6 janvier 2015, dans la cause qui oppose A_ à B_, par laquelle le Tribunal a écarté des débats le courrier du 11 mai 2012 produit par ce dernier ainsi que le procès-verbal de l'audience de débats principaux du 7 avril 2014 et réservé la suite de la procédure;
Vu le recours déposé le 16 janvier 2015 au greffe de la Cour de justice par A_ contre cette ordonnance, qui conclut à ce que, celle-ci étant mise à néant, il soit dit que les pièces écartées soient maintenues aux débats "en tant qu'elles sont nécessaires à l'établissement des faits et à la recherche de la manifestation de la vérité ainsi qu'à la découverte d'infractions pénales connexes" commises par B_ et son épouse;
Que le recourant sollicite l'octroi de l'effet suspensif, exposant qu'il est impérieux que la question de l'admissibilité des pièces soit tranchée avant qu'une décision soit rendue sur le fond, celles-ci étant indispensables pour l'issue du litige;
Que l'intimé s'en rapporte à justice au sujet de la requête d'effet suspensif;
Considérant,

EN DROIT
, que le recours est recevable contre des décisions et ordonnances d'instruction de première instance, dans les cas prévus par la loi (art. 319 let. b ch. 1 CPC) ou lorsqu'elles peuvent causer un préjudice difficilement réparable (art. 319 let. b ch. 2 CPC);
Qu'en l'espèce, la décision querellée est à une ordonnance d'instruction, qui se rapporte à l'administration des preuves;
Qu'ainsi, la voie du recours n'est ouverte que si l'ordonnance est susceptible de causer un préjudice difficilement réparable au recourant;
Que dans le cadre d'un recours, la cognition de la Cour est limitée à la constatation manifestement inexacte des faits et à la violation du droit (art. 320 CPC);
Que selon l'art. 325 al. 2 CPC, l'instance de recours peut suspendre le caractère exécutoire de la décision attaquée, le recours ne déployant dans la règle (art. 325 al. 1 CPC) aucun effet suspensif;
Que la Présidente soussignée a compétence pour statuer sur la requête d'effet suspensif, vu la nature incidente et provisionnelle d'une telle décision et la délégation prévue à cet effet par l'art. 18 al. 2 LaCC, concrétisée par une décision de la Chambre civile siégeant en audience plénière et publiée sur le site Internet de la Cour;
Que l'instance de recours jouit d'un large pouvoir d'appréciation dans le cadre de la décision sur effet suspensif (Jeandin, in CPC, Code de procédure civile commenté, Bohnet/Haldy/ Jeandin/Schweizer/Tappy [éd.], 2011, n° 6 ad art. 325 CPC);
Que selon les principes généraux applicables en matière d'effet suspensif, le juge procèdera à une pesée des intérêts en présence et se demandera en particulier si sa décision est de nature à provoquer une situation irréversible;
Qu'en l'espèce, au vu de l'argumentation du recourant, le risque d'un préjudice difficilement réparable n'est pas manifeste;
Qu'en effet, le refus de tenir compte des pièces en question pourra, le cas échéant et en cas de jugement défavorable au recourant, être contesté en appel contre le jugement au fond, l'instance d'appel ayant en outre la possibilité d'administrer des preuves (art. 316 al. 3 CPC) ou de renvoyer la cause en première instance pour complément d'instruction (art. 318 al. 1
let. c CPC);
Qu'en outre, le seul prolongement de la procédure ne constitue pas un préjudice difficilement réparable;
Que le présent recours est donc,
prima facie
et sans préjudice de l'examen au fond, dénué de chances de succès, car irrecevable;
Que, par ailleurs, le recourant n'allègue ni a fortiori ne rend vraisemblable que le refus de l'octroi de l'effet suspensif serait de nature à créer une situation irréversible pour lui;
Qu'au vu de ce qui précède, la requête tendant à la suspension de l'effet exécutoire attaché à l'ordonnance querellée doit être rejetée;
Qu'il sera statué sur les frais et dépens de l'incident avec la décision au fond (art. 104 al. 3 CPC);
Considérant enfin que la présente décision, de nature incidente, est susceptible d'un recours en matière civile au Tribunal fédéral, dans les limites de l'art. 93 LTF (ATF
137 III 475
consid. 1; arrêt du Tribunal fédéral
4D_26/2011
consid. 2 et 3), et que la décision relative à une requête d'effet suspensif étant une mesure provisionnelle au sens de l'art. 98 LTF, seule peut être invoquée la violation des droits constitutionnels (art. 98 LTF; ATF
137 III 475
consid. 2; arrêt du Tribunal fédéral
2C_8/2011
du 3 mars 2011 consid. 3.1).
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