Decision ID: f4d2e371-8965-59a8-bac3-d8ac4c695120
Year: 2017
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_006
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 

EN FAIT
A.
a)
B_ est née le _ 1933. Elle est de nationalité française, veuve et n'a pas d'enfant. ![endif]>![if>
b)
Par ordonnance du 7 octobre 2008, le Tribunal tutélaire (désormais le Tribunal de protection de l'adulte et de l'enfant, ci-après : le Tribunal de protection), a désigné E_ aux fonctions de curateur de sa tante B_, aux fins de gérer et administrer ses biens, encaisser ses revenus et ses rentes et pourvoir à leur gestion, ainsi que pour la représenter à l'égard de ses créanciers.
c)
Par courrier du 7 novembre 2014, E_ a informé le Tribunal de protection de ce qu'il allait s'installer à l'étranger, de sorte qu'il ne pourrait plus remplir son mandat de curateur. Il proposait de désigner, en ses lieu et place, sa sœur A_, laquelle était très proche de B_ et acceptait cette fonction.
Entendue le 18 décembre 2014 par le Tribunal de protection, A_ a confirmé être disposée à accepter la fonction de curatrice de sa tante, à titre gracieux, sous réserve des frais pour les tâches de comptabilité, qu'elle envisageait de déléguer.
d)
Par ordonnance du 18 décembre 2014, le Tribunal de protection a relevé E_ de ses fonctions de curateur de B_ et a désigné A_ aux mêmes fonctions, à titre gracieux, sous réserve des frais liés à la comptabilité.
e)
B_ a été admise au sein de l'EMS _.
f)

Par ordonnance du 25 juin 2015, le Tribunal de protection a dit que la mesure de protection de l'ancien droit instaurée en faveur de B_ était transformée en mesure de curatelle de représentation avec gestion et a confirmé A_ dans ses fonctions de curatrice. Elle l'a chargée des tâches suivantes : représenter B_ dans ses rapports juridiques avec les tiers, en particulier en matière de logement, d'affaires sociales, d'administration et d'affaires juridiques et sauvegarder au mieux ses intérêts; veiller à la gestion des revenus et de la fortune de B_, administrer ses biens et accomplir tous les actes juridiques liés à cette gestion; représenter B_ en matière d'assistance personnelle, notamment en matière de santé.
g)
Par courrier du 23 octobre 2016, A_ a informé le Tribunal de protection de ce que B_ ne disposait plus des fonds nécessaires pour couvrir les frais de pension de l'EMS _. La curatrice avait par conséquent déposé une demande d'allocation de prestations complémentaires.
L'allocation de prestations complémentaires a été refusée par décision du 15 février 2017.
h)
Le 8 mars 2017, l'EMS _ s'adressait à A_ afin de lui demander de bien vouloir faire le nécessaire afin que les rentes AVS, 2
ème
et 3
ème
piliers en faveur de B_ soient directement versées à l'EMS, la pensionnaire n'ayant pas de charges autres que le paiement de ses primes d'assurance.
A_ a répondu à l'EMS _ qu'il lui était impossible de donner suite à sa requête, dans la mesure où, en sa qualité de curatrice, elle était tenue de rendre des comptes au Tribunal de protection.
i)
Par courrier du 11 avril 2017, le Tribunal de protection a confirmé à A_ que la domiciliation des rentes auprès de l'EMS qui accueillait la personne protégée était une pratique usuelle et nécessaire. A_ était par conséquent priée de faire le nécessaire en ce sens.
j)
Par courrier du 7 juin 2017, l'EMS _ a informé le Tribunal de protection de ce que le solde qui lui était dû au 31 mai 2017 s'élevait à 32'353 fr. 15 et que les rentes versées en faveur de B_ n'étaient toujours pas domiciliées auprès de lui.
k)
Un délai au 30 juin 2017 a été imparti à A_ par le Tribunal de protection pour faire en sorte que les rentes perçues par B_ soient directement versées sur le compte de l'EMS _. Il lui a également été enjoint de solder, dans le même délai, la facture ouverte de cette institution. A_ a par ailleurs été informée du fait que, faute pour elle de se conformer aux instructions données, elle serait relevée de ses fonctions.
l)
Par courrier du 30 juin 2017, A_ a transmis au Tribunal de protection copie des lettres adressées le même jour à la Caisse cantonale genevoise de compensation et à Swiss Life, demandant que les rentes perçues par B_ soient versées sur le compte de l'EMS _. Elle mentionnait toutefois être en désaccord avec la position adoptée par le Tribunal de protection, qui était contraire au droit et à l'intérêt de la personne protégée. Par ailleurs, la somme de 32'353 fr. 15 n'était pas disponible sur le compte de sa tante et l'EMS _ disposait d'une garantie à hauteur de 32'000 fr., correspondant à la quasi-totalité de la somme due. A_ reprochait par ailleurs au Tribunal de protection de ne pas être intervenu auprès de l'OCPA, ce qui aurait "sûrement permis de régulariser la situation" de sa protégée. A_ déclarait enfin renoncer, avec effet au 1
er
juillet 2017, à sa fonction de curatrice.
B.
Par ordonnance
DTAE/3343/2017
du 3 juillet 2017, le Tribunal de protection a libéré avec effet immédiat A_ de ses fonctions de curatrice de B_ (ch. 1 du dispositif), réservé l'approbation de ses rapport et comptes finaux
(ch. 2), désigné C_ et D_, respectivement cheffe de secteur et intervenant en protection de l'adulte auprès du Service de protection de l'adulte, aux fonctions de curateurs, avec droit de substitution (ch. 3 et 4), rappelé les tâches confiées aux curateurs (ch. 5), rappelé que la personne concernée était limitée dans l'exercice de ses droits civils en matière contractuelle et était privée de la faculté d'accéder à ses comptes bancaires (ch. 6 et 7), laissé les frais à la charge de l'Etat (ch. 8) et déclaré la décision immédiatement exécutoire (ch. 9).
C. a)
Le 27 juillet 2017, A_ a formé recours contre l'ordonnance du 3 juillet 2017. Elle a indiqué que sa volonté de démissionner de ses fonctions de curatrice ne concernait que la gestion patrimoniale et non ses fonctions de représentation, notamment s'agissant des questions médicales. Pour le surplus, elle a indiqué que compte tenu de la situation patrimoniale difficile de B_, elle avait fait le choix d'honorer les factures courantes d'autres créanciers, notamment les médecins, dans l'attente d'une décision définitive de l'OCPA, considérant que le paiement des frais de pension était secondaire puisque ceux-ci étaient couverts par un fonds de garantie et qu'à sa connaissance, les frais de pension ne bénéficiaient d'aucun privilège au sens de la LP.
b)
Le Tribunal de protection n'a pas souhaité reconsidérer sa décision.
c)
La cause a été mise en délibération le 21 septembre 2017.
EN DROIT
1.
1.1
Les décisions de l'autorité de protection de l'adulte peuvent faire l'objet, dans les trente jours, d'un recours écrit et motivé, devant le juge compétent, à savoir la Chambre de surveillance de la Cour de justice (art. 450 al. 1 et al. 3 et 450b CC; art. 126 al. 3 LOJ; art. 53 al. 1 et 2 LaCC).