Decision ID: e4a7affd-a61e-52b6-a198-b9d62a8ab5da
Year: 2019
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_011
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: penal_law

EN FAIT
:
A.
Par acte déposé au greffe de la Chambre de céans le 7 juin 2019, A_ recourt
contre l'ordonnance
du 24 mai 2019, notifiée le 28 suivant, dans la cause P/11108/2019, par laquelle le Tribunal des mesures de contrainte (ci-après : TMC) a ordonné sa mise en détention jusqu'au 24 août 2019.
Le recourant conclut, sous suite de frais, à son annulation et à ce que sa mise en détention ne soit prononcée au maximum que jusqu'au 24 juin 2019, soit 31 jours depuis la décision du TMC.
B.
Les faits pertinents suivants ressortent de la procédure :
a.
A_, interpellé le 23 mai 2019, est prévenu de vol (art. 139 CP), dommages à la propriété (art. 144 CP), violation de domicile (art. 186 C), empêchement d'accomplir un acte officiel (art. 286 CP) et conduite sans autorisation et sous interdiction de circuler (art. 95 LCR), pour avoir à Genève, de concert avec C_ :
- le 23 mai 2019 aux environs de 02h26, pénétré par effraction dans la pharmacie de D_ sise _ (GE), et d'y avoir dérobé de l'argent liquide ainsi que des produits cosmétiques, en vue de se les approprier et s'enrichir illégitimement;
- le 23 mai 2019 entre 19h00 et 02h30, tenté de pénétrer par effraction dans le salon de coiffure E_ sis _ (GE), en vue d'y dérober les valeurs pouvant s'y trouver, afin de se les approprier et s'enrichir illégitimement;
- entre le 22 mai 2019 à 19h00 et le 23 mai 2019 à 06h20, pénétré par effraction dans la boulangerie F_ sise _ (GE), et d'y avoir dérobé de l'argent liquide, en vue de se l'approprier et s'enrichir illégitimement;
- entre le 20 mai 2019 à 19h20 et le 21 mai 2019 à 06h40, pénétré dans le parking souterrain de l'immeuble sis route _ à _ (GE), et d'avoir brisé la vitre arrière du véhicule de marque G_ immatriculé GE 1_ avant d'y dérober les effets qui s'y trouvaient, en vue de se les approprier et s'enrichir illégitimement;
- entre le 19 mai 2019 à 16h00 et le 21 mai 2019 à 14h00, pénétré dans le parking souterrain de l'immeuble sis route _ à _ (GE), et d'avoir brisé la vitre arrière du véhicule de marque H_ immatriculé GE 2_ avant d'y dérober les effets qui s'y trouvaient, en vue de se les approprier et s'enrichir illégitimement;
- entre le 20 mai 2019 à 21h00 et le 21 mai 2019 à 05h30, tenté de pénétrer par effraction dans la station-service I_ et son cabanon sise route _ (GE), en vue d'y dérober les valeurs pouvant s'y trouver, afin de se les approprier et s'enrichir illégitimement;
- le 23 mai 2019 aux environs de 02h30, après avoir cambriolé la pharmacie de D_ sise chemin _ (GE), alors qu'un véhicule de police intervenait sur place avec les feux bleus enclenchés, tenté de prendre la fuite au volant du véhicule automobile de marque et type J_ immatriculé en France 3_, sans succès et qu'il fait l'objet d'une interdiction de circuler en Suisse.
b.
Il ressort du rapport d'arrestation du 23 mai 2019 que le prévenu et son comparse ont été interpellés, le jour en question à 2h29, alors qu'ils tentaient de prendre la fuite au volant d'un véhicule immatriculé en France après avoir été vus en train de sortir de la pharmacie de D_, laquelle avait été cambriolée. Un grand nombre d'objets ont été retrouvés dans le véhicule, dont quarante-six t-shirts rouges et un polo noir avec l'inscription
"_"
, un club de mini-golf, des crèmes K_ et des soins pour le corps L_, un porte-clé avec une clé électronique et une télécommande M_, un trousseau de clé portant l'inscription
"SARL _, _"
ainsi que divers outils (tournevis, clé à molette, marteau, scie, gants de travail), cagoule et tiges servant à crocheter les portières de véhicule.
Le prévenu et son comparse sont défavorablement connus des services de police français pour, notamment, des vols et cambriolages.
C.
Dans son ordonnance, le TMC a considéré que les charges étaient suffisantes et graves. Le prévenu reconnaissait partiellement le premier cambriolage, tout comme son comparse, mais contestait les autres infractions. À cela s'ajoutaient les constatations et saisies policières, notamment le butin retrouvé dans le véhicule des prévenus, issu de plusieurs cambriolages, et le matériel servant à les commettre. L'instruction ne faisait que commencer. Il convenait de circonscrire l'ampleur et l'activité criminelle du prévenu et de son comparse, diverses analyses, notamment ADN, étant actuellement en cours. Il existait en outre des risques de fuite, collusion et réitération qu'aucune mesure de substitution n'était apte à pallier. Une mise en détention provisoire pour une durée de trois mois apparaissait nécessaire pour permettre au Ministère public d'opérer les actes d'instruction qu'il annonçait et de renvoyer ensuite le prévenu en jugement.
D.
a.
À l'appui de son recours, A_ dit expressément renoncer à contester l'ordonnance attaquée en tant qu'elle a retenu les risques de fuite, collusion et réitération, même s'il n'est pas d'accord. Il estime que la durée de trois mois prononcée est excessive pour opérer les actes d'instruction annoncés. Les actes d'enquête à effectuer étaient peu nombreux et devaient pouvoir l'être dans un délai inférieur au délai de trois mois. La décision critiquée était ainsi disproportionnée. La durée de la détention provisoire proposée, de 31 jours à compter du prononcé de l'ordonnance entreprise, était amplement suffisante pour permettre au Ministère public d'obtenir les résultats d'analyse ADN et d'organiser des audiences complémentaires. Cas échéant, le Ministère public pouvait toujours requérir une prolongation de la détention provisoire.
b.
Le TMC maintient les termes de son ordonnance, sans autre observation.
c.
Le Ministère public conclut au rejet du recours et se réfère à l'ordonnance querellée. Il considère au surplus que les délais formulés par le prévenu ne sont pas réalistes eu égard aux actes d'enquête entrepris.
d.
A_, dans sa réplique, renonce à formuler des observations complémentaires et persiste dans son recours.

EN DROIT
:
1.
Le recours est recevable pour avoir été déposé selon la forme et dans le délai prescrits (art. 385 al. 1 et 396 al. 1 CPP), concerner une ordonnance sujette à recours auprès de la Chambre de céans (art. 222 et 393 al. 1 let. c CPP) et émaner du prévenu qui, partie à la procédure (art. 104 al. 1 let. a CPP), a qualité pour agir, ayant un intérêt juridiquement protégé à la modification ou à l'annulation de la décision querellée (art. 382 al. 1 CPP).
2.
Le prévenu ne conteste ni les charges - suffisantes - ni les risques de fuite, collusion et réitération retenus par le premier juge, de sorte qu'il n'y a pas lieu de s'y attarder.
3.
Il invoque exclusivement une violation du principe de la proportionnalité.
3.1.
À teneur des art. 197 al. 1 et 212 al. 3 CPP, les autorités pénales doivent respecter le principe de la proportionnalité lorsqu'elles appliquent des mesures de contrainte, afin que la détention provisoire ne dure pas plus longtemps que la peine privative de liberté prévisible. Selon une jurisprudence constante, la possibilité d'un sursis, voire d'un sursis partiel, n'a en principe pas à être prise en considération dans l'examen de la proportionnalité de la détention préventive (ATF
133 I 270
consid. 3.4.2 p. 281-282 ;
125 I 60
; arrêts du Tribunal fédéral
1B_750/2012
du 16 janvier 2013 consid. 2,
1B_624/2011
du 29 novembre 2011 consid. 3.1 et
1B_9/2011
du 7 février 2011 consid. 7.2).
3.2.
En l'espèce, le recourant estime que la durée de sa mise en détention ne devrait pas excéder 31 jours à compter du prononcé de l'ordonnance querellée, quitte à ce que le Ministère public sollicite dans l'intervalle une nouvelle prolongation.
Ce raisonnement ne convainc pas.
Le recourant a été interpellé le 23 mai 2019, pour des faits d'une gravité certaine.
Les actes d'enquête à entreprendre et rappelés par le TMC dans son ordonnance ne peuvent à l'évidence être accomplis en l'espace d'un mois. L'instruction ne fait que commencer et devra déterminer l'ampleur de l'activité criminelle exercée qui, au vu des objets découverts dans le véhicule du prévenu et de son comparse, ne semble pas se limiter aux seuls cas répertoriés à ce jour.
La durée de la mise en détention provisoire ordonnée par le premier juge n'apparaît ainsi pas critiquable.
4.
Le recours, infondé, sera par conséquent rejeté.
5.
Le recourant, qui succombe, supportera les frais envers l'État, qui comprendront un émolument de CHF 900.- (art. 428 al. 1 CPP et 13 al. 1 du Règlement fixant le tarif des frais en matière pénale, RTFMP;
E 4 10.03
).
* * * * *