Decision ID: 8fa244b5-a5c2-57bf-bd16-df3c1c4c4bb5
Year: 2020
Language: fr
Court: FR_TC
Chamber: FR_TC_003
Canton: FR
Region: Espace_Mittelland
Law Area: public_law

considérant en fait
A. A._ faisait l'objet de poursuites au stade de la saisie auprès de l'Office des poursuites de la Sarine pour un montant total de CHF 36'376.65, ainsi que d’actes de défaut de biens pour un total de CHF 705'268.70. Le 1er juillet 2018, il a déménagé avec sa famille dans le district du Lac.
B. Par avis de saisie du 26 avril 2019, l’Office des poursuites du Lac a ordonné une saisie de salaire d’un montant de CHF 750.- par mois dès le 1er juin 2019. Le calcul du minimum d’existence mentionnait la base mensuelle pour un couple et deux enfants de CHF 2'700.-, un loyer raisonnable de CHF 1'650.-, les primes de caisse-maladie pour toute la famille par CHF 1’040.-, ainsi que des frais médicaux supplémentaires pour le débiteur et son épouse par CHF 100.-.
Par courrier de son mandataire du 19 juillet 2019, le débiteur a sollicité une révision de la saisie de salaire, faisant valoir qu’en raison de ses charges médicales, il n’avait pas de quotité saisissable. Par décision du 11 février 2020, l’Office des poursuites a modifié le minimum d’existence du débiteur et fixé la quotité saisissable à CHF 830.- afin de tenir compte de primes de  de CHF 952.-, et de frais médicaux supplémentaires de CHF 260.- pour les quatre membres de la famille, soit CHF 100.- par adulte et CHF 30.- par enfant. Le 25 mars 2020, la procédure de saisie a été mise en attente en raison de la suspension des poursuites ordonnée par la Conseil fédéral à la suite de la pandémie de coronavirus.
Par courrier du 20 avril 2020, l’Office des poursuites a partiellement admis l’argumentation du débiteur et fixé la saisie de salaire à CHF 590.- après prise en compte des frais d’orthodontie de l’enfant B._ par CHF 269.- en lieu et place du montant de CHF 30.- pris en compte précédemment. Il a en outre informé le mandataire du poursuivi que la saisie avait pris fin le 5 novembre 2019 et que le créancier allait recevoir un acte de défaut de biens et un procès-verbal de distraction de biens, l’employeur du poursuivi – à savoir la société C._ Sàrl dont A._ est l’associé-gérant – n’ayant pas versé à l’Office les montants faisant l’objet de la saisie de salaire.
C. Par acte du 1er mai 2020, A._ dépose plainte contre la décision de l’Office des poursuites du Lac du 20 avril 2020. Il fait valoir que cette décision écarte de manière opportuniste plusieurs charges mensuelles incompressibles, à savoir les frais médicaux des membres de la famille, les frais de déplacement médicaux à Berne et les frais divers à hauteur de CHF 150.-. Il conclut ainsi à ce qu’il soit constaté qu’il ne dispose d’aucun montant saisissable du 1er juin au 5 novembre 2019.
Dans sa détermination du 14 mai 2020, l’Office des poursuites a conclu au rejet de la plainte.

en droit
1.
Sauf dans les cas où la loi prescrit la voie judiciaire, il peut être porté plainte à l'autorité de surveillance lorsqu'une mesure de l'office est contraire à la loi ou ne paraît pas justifiée en fait
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(art. 17 al. 1 LP). La plainte doit être déposée dans les dix jours de celui où le plaignant a eu connaissance de la mesure (art. 17 al. 2 LP).
En l’espèce, la décision du 20 avril 2020 a été notifiée au mandataire du plaignant le lendemain. Déposée le 1er mai 2020, la plainte est recevable
2.
Le plaignant conteste l'établissement de sa situation financière par l’Office des poursuites et fait valoir que différentes charges nécessaires n'ont pas été prises en compte.
2.1. L'art. 93 al. 1 LP prévoit que les biens relativement saisissables, tels que les revenus du travail, ne peuvent être saisis que déduction faite de ce que le préposé estime indispensable au débiteur et à sa famille. Cette disposition garantit à ces derniers la possibilité de mener une existence décente, sans toutefois les protéger contre la perte des commodités de la vie; elle vise à empêcher que l'exécution forcée ne porte atteinte à leurs intérêts fondamentaux, les menaces dans leur vie ou leur santé ou leur interdise tout contact avec le monde extérieur. Les besoins du poursuivi et de sa famille reconnus par la jurisprudence sont ceux d'un poursuivi moyen et des membres d'une famille moyenne, c'est-à-dire du type le plus courant. Ils doivent toutefois tenir compte des circonstances objectives, et non subjectives, particulières au poursuivi (cf. ATF 134 III 323 consid. 2). L'office des poursuites – qui a une marge d'appréciation – doit se référer aux Lignes directrices pour le calcul du minimum d'existence en matière de poursuite,  devant être fixé en fonction des circonstances de fait existant lors de l'exécution de la saisie.
En l'espèce, dans la décision attaquée, qui se réfère également à la décision du 11 février 2020, l'Office des poursuites a retenu que le poursuivi a un revenu mensuel de CHF 6'400.-, ce que le plaignant ne conteste pas, et des charges de CHF 5’831.-, soit la base mensuelle de CHF 1'700.- pour le couple et de respectivement CHF 600.- et CHF 400.- pour les deux enfants, un loyer de CHF 1’650.-, des primes de caisse-maladie de CHF 952.- pour la famille, ainsi que des frais médicaux supplémentaires de CHF 100.- pour le poursuivi et son épouse, de CHF 30.- pour l’enfant D._, et de CHF 269.- pour l’enfant B._.
2.2. Dans un premier grief, le plaignant fait valoir que l’Office des poursuites n’a pris en compte qu’un supplément pour frais médicaux de CHF 260.- pour la famille alors qu’il a prouvé, documents à l’appui, avoir payé la somme de CHF 507.20 par mois à ce titre pendant la période en cause. L’Office des poursuites s’y oppose au motif que les frais médicaux invoqués sont pour la majeure partie antérieurs à la période de saisie.
2.2.1. Selon la jurisprudence (cf. ATF 129 III 242 consid. 4), les cotisations sociales parmi lesquelles figurent également les primes pour l'assurance maladie (obligatoire) doivent être prises en compte comme supplément au montant de base mensuel. Le débiteur qui doit assumer immédiatement des frais importants pour des soins médicaux et pharmaceutiques doit en outre se voir accorder une augmentation appropriée temporaire de son minimum vital. Enfin, les coûts de la santé couverts par la franchise annuelle et effectivement à charge du débiteur doivent être pris intégralement en considération dans la détermination du minimum vital au même titre que les soins médicaux.
Aux termes de l'art. 93 al. 2 LP, les revenus du travail peuvent être saisis pour un an au plus à compter de l'exécution de la saisie. Si plusieurs créanciers participent à la saisie, le délai court à compter du jour de l'exécution de la première saisie effectuée à la requête d'un créancier de la
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