Decision ID: e38f7917-8a12-57b4-8c60-b98631480a0f
Year: 2017
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_007
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 

EN FAIT
, la réquisition de poursuite expédiée le 10 octobre 2016 à l’Office des poursuites (ci-après : l’Office) par A_ AG (ci-après : la créancière) à l’encontre de B_ SA (ci-après : la débitrice);
Attendu que par acte expédié le 28 juillet 2017 au greffe de la Chambre de surveillance des Offices des poursuites et des faillites (ci-après : la Chambre de surveillance), la créancière s’est plainte d'un retard injustifié dans le traitement de cette réquisition de poursuite, malgré ses nombreuses relances à l’Office entre le 27 décembre 2016 et le
13 mars 2017, ledit Office lui ayant toutefois indiqué par courrier du 24 mars 2017 que le commandement de payer correspondant, poursuite n° 16 xxxx40 H, était en cours de notification par la Poste;
Que dans ses observations du 3 août 2017, ce dernier s’en est rapporté à justice;
Qu’il a expliqué avoir reçu la réquisition de poursuite en question le 11 octobre 2016, l’avoir enregistrée le 22 décembre 2016 et remis à la Poste pour notification;
Que cet acte a été retourné le 10 janvier 2017 à l’Office, la débitrice étant introuvable à l’adresse indiquée, la même mention figurant sur une convocation expédiée à cette adresse par ledit Office et également retournée à ce dernier le 3 mars 2017;
Que par ailleurs, selon le Registre du commerce du canton de Bâle, le seul organe de la société en Suisse, soit C_, était domicilié dans ce canton, de sorte que l’Office a tenté de lui notifier le commandement de payer en cause par la Poste à cette adresse, à nouveau sans succès;
Qu’en définitive, l’Office des poursuites bâlois compétent a retourné cet acte de poursuite à l’Office genevois, la police n’ayant pas pu déterminer l’adresse réelle dudit organe à Bâle;
Que l’Office a encore ajouté que le 3 août 2017, date de l’établissement de ses présentes observations, il a expédié à la créancière un courrier lui demandant une nouvelle adresse à laquelle il pourrait procéder à la notification du commandement de payer en question à la débitrice poursuivie;
Considérant,

EN DROIT
, que la Chambre de surveillance est compétente pour statuer sur les plaintes formées en application de la LP (art. 13 LP; art. 126 al. 2 let. c LOJ; art. 6 al. 1 et 3 et 7 al. 1 LaLP) contre des mesures de l’Office non attaquables par la voie judiciaire ou, comme en l'espèce, pour un retard injustifié (art. 17 al. 1 et 2 LP);
Que le créancier poursuivant a qualité pour se plaindre en tout temps d'un retard injustifié dans le traitement de sa réquisition de poursuite à l’encontre du débiteur, sa présente plainte satisfaisant en outre aux exigences de forme légales (art. 17 al. 3 LP;
9 al. 1 et 2 LaLP);
Qu’elle est dès lors recevable à la forme;
Considérant qu'aux termes des art. 69 al. 1 et 71 LP, dès réception de la réquisition de poursuite, c'est-à-dire «
aussi vite que possible
», l’Office rédige le commandement de payer correspondant et le notifie au débiteur;
Qu'en l'espèce, la réquisition de poursuite visée a été expédiée à l’Office par la créancière le 10 octobre 2016, qu’il ressort des pièces produites par ledit Office que le commandement de payer correspondant, poursuite n° 16 xxxx40 H, a été édité le
22 décembre 2016, soit plus de deux mois plus tard, qu’à la suite des difficultés rencontrées par l’Office pour notifier cet acte de poursuite à la débitrice poursuivie, qui ne se trouvait plus à l’adresse à Genève indiquée par la créancière, l’Office a tenté de notifier ce commandement de payer à l’organe de ladite débitrice à Bâle, sans plus de succès, cet acte de poursuite ayant été retourné audit Office par les autorités bâloises le 31 mai 2017;
Que ce dernier est alors resté sans réaction pendant deux mois, soit jusqu’à la réception de la présente plainte et qu’il n’a expédié que le 3 août 2017, un courrier à la créancière poursuivante lui demandant une nouvelle adresse de notification;
Que le retard injustifié pris par l’Office, d’abord dans l’enregistrement de la réquisition de poursuite, puis dans l’interpellation de la créancière poursuivante en vue d’obtenir une nouvelle adresse de notification, doit être constaté;
Qu’il sera rappelé à l’Office que la loi ne laisse aucune place à une surcharge de travail ou à une désorganisation dudit Office, même réelle, pour justifier une telle violation du principe de célérité;
Qu’il y a lieu pour le surplus de constater que le délai écoulé depuis l’enregistrement de la poursuite, le 22 décembre 2016, jusqu’à l’interpellation de la créancière par l’Office, le 3 août 2017, n’est en revanche pas imputable à ce dernier, puisqu’il a été dû au fait que la créancière poursuivante lui a fourni une adresse incorrecte de la débitrice poursuivie;
Que la présente décision sera pour le surplus transmise au Préposé de l’Office afin qu’il prenne les mesures nécessaires à éviter que les circonstances du cas d’espèce ne se reproduisent;
Qu’en application de l’art. 62 al. 2 OELP, il n’est alloué aucuns frais ni dépens dans la procédure de plainte au sens de l'art. 17 LP.
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