Decision ID: 827da0d1-55dd-5b10-adc8-9f9f82346db0
Year: 2009
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_014
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: social_law

Vu en fait
les décisions de l'Office cantonal de l'assurance-invalidité (ci-après : l'OCAI) du 6 mars 2009 rejetant pour l'une la demande de rente et pour l'autre la demande d'une allocation pour impotent de Mme P_;
Vu le recours de Mme P_, représentée par son époux M. P_, interjeté le 11 juin 2009 auprès du Tribunal de céans à l'encontre des deux décisions précitées;
Vu l'écriture de M. P_ du 22 juin 2009 dans laquelle celui-ci indique que son recours est tardif en raison de la fatigue psychologique et du surmenage subi depuis une année, ayant conduit à une mauvaise appréciation des décisions de l'OCAI, tout en précisant qu'il ne s'était pas senti le courage d'entamer une lutte juridique qui lui semblait perdue d'avance et qu'il avait finalement décidé de faire recours à la suite de l'avis donné par le psychiatre de son épouse;
Vu l'écriture de l'OCAI du 21 juillet 2009 concluant à l'irrecevabilité du recours;

Attendu en droit
que selon l'art. 60 al. 1 de la loi fédérale sur la partie générale du droit des assurances sociales du 6 octobre 2000 (LPGA) le recours doit être déposé dans les trente jours suivant la notification de la décision sujette à recours;
Que les art. 38 à 41 LPGA qui ont trait au calcul, à la suspension, à l'observation, à la prolongation et à la restitution des délais sont applicables par analogie devant la juridiction cantonale (cf. art. 60 al. 2 LPGA);
Qu'ainsi, le délai de recours commence à courir le lendemain de la communication (art. 38 al. 1 LPGA);
Qu'en tant que délai légal, il ne peut pas être prolongé (art 40 al. 1 LPGA);
Que si le requérant ou son mandataire a été empêché, sans faute de sa part, d’agir dans le délai fixé, le délai est restitué si la demande en est présentée avec indication du motif dans les 10 jours à compter de celui où l’empêchement a cessé (art. 41 al. 1 LPGA);
Qu'aucun reproche ne doit pouvoir être adressé au requérant pour ce retard;
Que par empêchement non fautif, il faut entendre aussi bien l'impossibilité objective ou la force majeure que l'impossibilité due à des circonstances personnelles ou une erreur excusables;
Que ces circonstances doivent toutefois être appréciées objectivement, qu' en définitive, il ne faut pas que l'on puisse reprocher au requérant une négligence (POUDRET, Commentaire de la loi fédérale d'organisation judiciaire ad. art. 35 OJ, n° 2.3sv; Kölz/Häner, Verwaltungsverfahren und Verwaltungsrechtspflege des Bundes, n° 151);
Que par ailleurs une surcharge de travail ne saurait constituer un empêchement non fautif qui pourrait justifier une restitution du délai (ATF
96 II 262
);
Qu'en l'espèce, le recours du 11 juin 2009 a été interjeté au-delà du délai légal de 30 jours, les décisions de l'intimé étant datées du 6 mars 2009;
Que le recours du 11 juin 2009 est ainsi tardif, ce que la recourante admet;
Que l'époux de la recourante invoque un état de santé diminué l'ayant lui-même empêché d'apprécier correctement les décision litigieuses;
Qu'il admet cependant aussi avoir, à l'époque, renoncé à entamer une "lutte juridique";
Que dans ces circonstances, le Tribunal de céans ne peut que constater que les conditions pour admettre un empêchement non fautif au sens de l'art. 41 LPGA ne sont pas remplies;
Qu'en conséquence, le recours doit être déclaré irrecevable.