Decision ID: 6adcb395-278f-557d-9026-a1a02e53538a
Year: 2017
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_001
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law

EN FAIT
, que par ordonnance du 24 octobre 2017, le Tribunal de première instance, statuant sur mesures provisionnelles, a notamment attribué à B_ la garde sur les enfants D_ et C_, nées le _ 2001 (ch. 2 du dispositif), dit que le domicile légal des enfants serait chez B_ (ch. 2), réservé à A_ un droit de visite usuel devant s'exercer, à défaut d'accord contraire des parties, à raison d'un week-end sur deux ainsi que durant la moitié des vacances scolaires (ch. 3) et dit que la situation serait réévaluée par le Tribunal à réception du rapport d'évaluation sociale du SPMi (ch. 4);
Que par acte adressé à la Cour de justice le 6 novembre 2017, A_ a formé appel de ce jugement; qu'il a conclu, principalement, à l'annulation des ch. 1 à 4 précités et, cela fait, à ce que la garde sur les enfants D_ et C_ lui soit attribuée, à ce qu'il soit dit que leur domicile légal serait chez lui, subsidiairement à l'Institut _ et plus subsidiairement en l'étude de leur curatrice, à ce qu'un droit de visite usuel devant s'exercer, à défaut d'accord contraire des parties, d'entente avec les enfants, soit réservé à B_, à ce qu'il soit constaté qu'il n'y avait plus de domicile conjugal, subsidiairement, à ce qu'il lui soit attribué et à ce que B_ soit condamnée à libérer de tout bien et de toute personne l'immeuble sis _ (GE) dans un délai de dix jours après entrée en force de la décision;
Qu'il a conclu, préalablement à l'octroi de l'effet suspensif à son appel au motif qu'il était contraire aux intérêts des enfants d'en confier la garde à leur mère; que D_ et C_ voulaient que ce soit lui qui ait leur garde et que D_ refusait tout contact avec sa mère;
Qu'invitée à se déterminer à cet égard, B_ s'est opposée à l'octroi de l'effet suspensif; qu'elle a soutenu que la décision attaquée n'emportait aucune modification dans la vie quotidienne des enfants, qu'elle réglait la situation de la garde alors que la situation était extrêmement floue jusque-là, aucune décision n'ayant été rendue sur mesures protectrices, qu'elle avait toujours tout mis en œuvre pour maintenir les relations entre les enfants et leur père et que celui-ci les plaçait dans un conflit de loyauté;
Que la curatrice de représentation des enfants a conclu à ce que l'effet suspensif soit accordé en rapport avec les chiffres 1 à 3 du dispositif de la décision attaquée; qu'elle avait rencontré les enfants à deux reprises, les 22 et 29 novembre 2017; que D_ ne voyait plus B_ depuis le mois de janvier 2017 alors que C_ la voyait régulièrement un week-end sur deux; qu'aucune décision judiciaire n'avait été rendue à ce jour concernant la garde des enfants mais que, dans les faits, une garde alternée avait été instaurée en 2016 et que depuis 2017, A_ exerçait seul la garde de fait sur D_; que l'ordonnance attaquée constituait une modification du système de garde qui s'était appliqué de fait;
Considérant,

EN DROIT
, que la Cour est saisie d'un appel (art. 308 CPC);
Que l'appel n'a en principe pas d'effet suspensif lorsqu'il a pour objet des décisions portant sur des mesures provisionnelles (art. 315 al. 4 let. b CPC) mais qu'en vertu de l'art. 315 al. 5 CPC, l'exécution des mesures provisionnelles peut toutefois être exceptionnellement suspendue si la partie concernée risque de subir un préjudice difficilement réparable.
Que le préjudice difficilement réparable peut être de nature factuelle; il concerne tout préjudice, patrimonial ou immatériel, et peut même résulter du seul écoulement du temps pendant le procès.
Que l'octroi ou le refus de l'effet suspensif doit, sauf motifs sérieux, éviter aux enfants des changements successifs à court terme, le bien de l'enfant commandant, dans la règle, de maintenir les choses en l'état et de laisser celui-ci auprès de la personne qui lui sert de référence (ATF
138 III 565
consid. 4.3.2; arrêts du Tribunal fédéral
5A_419/2014
du 9 octobre 2014 consid. 7.1;
5A_648/2014
du 3 octobre 2014 consid. 3.2.2;
5A_556/2013
du 7 octobre 2013 consid. 3.2.2;
5A_780/2012
du 8 novembre 2012 consid. 3.3.2);
Qu'en l'espèce, il ressort des explications de la curatrice de représentation des enfants, qui a rencontré ces derniers très récemment, que l'une des filles n'a pas vu sa mère depuis le début de l'année;
Qu'il n'est pas dans l'intérêt de celle-ci de modifier cette situation de fait et que sa garde soit confiée à sa mère pour une durée qui serait limitée à la procédure d'appel, dans l'hypothèse où l'appelant obtenait gain de cause, ce qui ne peut être d'emblée manifestement exclu à ce stade;
Qu'il apparaît par ailleurs adéquat de traiter de manière identique les deux sœurs;
Que même si la décision attaquée a le mérite de régler juridiquement le sort des enfants, il n'est pas rendu vraisemblable qu'une quelconque urgence rende nécessaire que la garde soit immédiatement confiée à la mère, sans attendre qu'il soit statué sur l'appel, étant rappelé que les enfants vivent en internat et ne voient donc pas quotidiennement leurs parents, et notamment leur parent gardien;
Que la requête d'effet suspensif sera dès lors admise;
Qu'il sera statué sur les frais et dépens de l'incident avec la décision au fond (art. 104 al. 3 CPC).
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