Decision ID: 7fdb0d23-2a05-447d-9fdf-15ec01d47402
Year: 2006
Language: fr
Court: CH_BGer
Chamber: CH_BGer_010
Canton: CH
Region: Federation
Law Area: civil_law

Vu:
la décision rendue par l'Office des faillites de Genève le 12 mai 2004, dans le cadre de la faillite de Y._, et mettant la taxe TVA résultant de la vente d'un immeuble de la faillie à la charge de X._ SA, créancière gagiste et adjudicataire dudit immeuble;
la plainte de celle-ci du 24 mai 2004, selon laquelle l'imposition litigieuse, due sur une "prestation à soi-même" au sens des art. 5 let. c et 9 al. 1 let. b LTVA, ne représentait pas des frais de réalisation du gage au sens de l'art. 262 al. 2 LP et devait être supportée par la masse en faillite;
la décision de la Commission cantonale de surveillance du 7 avril 2005 rejetant la plainte dans la mesure de sa recevabilité;
l'arrêt de la Chambre de céans du 12 août 2005 rejetant le recours de X._ dirigé contre la décision précitée et invitant l'administration de la faillite à lui impartir un délai convenable pour soumettre sa contestation aux autorités administratives compétentes;
la demande de révision formée le 9 juin 2006 par X._ et fondée sur l'art. 137 let. b OJ;

Considérant:
que la requérante invoque comme fait nouveau au sens de cette disposition la décision rendue le 9 mai 2006 par l'Administration fédérale des contributions (AFC-TVA) et fait valoir que cette décision examine uniquement si la dette fiscale incombe à la masse ou à la faillie, mais non si cette dette - incontestée dans sa qualification comme dette de la masse - est "générale" (art. 262 al. 1 LP) ou "spéciale" (art. 262 al. 2 LP), point que les autorités de surveillance peuvent examiner;
qu'il s'agirait là d'un "fait nouveau" remettant en cause l'appréciation du Tribunal fédéral sur sa compétence quant à la question de savoir si la dette de TVA litigieuse est "générale" ou "spéciale";
que la requérante se méprend sur ce point, la Chambre de céans ayant considéré que la question à soumettre aux autorités fiscales était celle de la qualification de la taxe TVA litigieuse soit comme dette de la masse en faillite (antérieure ou postérieure à l'ouverture de la faillite), soit comme frais de réalisation de l'immeuble selon l'art. 262 al. 2 LP;
que la requérante ne saurait, sous le couvert d'une demande de révision, remettre en cause la manière dont le Tribunal fédéral a compris la question litigieuse;
qu'en outre, l'art. 137 let. b OJ se rapporte aux faits qui existaient déjà lorsque l'arrêt fédéral a été rendu, la nouveauté visant la découverte du fait par le requérant et non le fait lui-même;
que, hormis le cas visé par l'art. 139a OJ (révision consécutive à une décision de la Cour européenne des droits de l'homme ou du Comité des Ministres du Conseil de l'Europe), la révision en raison d'une décision postérieure, en contradiction éventuellement avec l'arrêt dont la révision est requise, est exclue, la décision postérieure ne constituant pas un fait existant lorsque l'arrêt fédéral a été prononcé (Poudret/Sandoz-Monod, Commentaire de la loi fédérale d'organisation judiciaire, vol. V, Berne 1992, n. 2.2.3 ad art. 137 OJ et les nombreuses références);
que la requérante invoque à tort un conflit de compétence négatif, dès lors qu'il s'agissait en l'espèce d'une question de droit fiscal matériel, que seule l'autorité administrative, et non la Chambre de céans, était habilitée à trancher et a d'ailleurs résolue en ce sens que la créance fiscale en cause constituait une dette de la masse devant appartenir aux frais de réalisation de l'immeuble au sens de l'art. 262 al. 2 LP (décision AFC-TVA du 9 mai 2006, consid. 2, 3.2 et 4);
qu'il s'ensuit que la demande de révision doit être rejetée, aux frais de son auteur (art. 156 al. 1 OJ);