Decision ID: 39cb4d55-ff53-40cb-994b-307b202c3c01
Year: 2022
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_001
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law

EN FAIT
, que par jugement du 14 mars 2022, le Tribunal de première instance, statuant sur mesures protectrices de l'union conjugale, a notamment attribué à A_ la jouissance exclusive et personnelle du domicile conjugal sis 1_ Genève, jusqu'au 31 juillet 2022 (ch. 2 du dispositif), ordonné à A_ de quitter le domicile conjugal au plus tard le 31 juillet 2022 (ch. 3), autorisé B_, au cas où A_ ne se conforme pas au chiffre 3 précité, à recourir à l’intervention d’un huissier judiciaire et, au besoin, à la force publique pour en obtenir l’exécution dès le 1er août 2022 (ch. 4) et condamné B_ à verser en mains de A_, par mois et d’avance, le montant de 8'840 fr. à titre de contribution à son entretien, du 1
er
août 2020 au 31 juillet 2022, sous déduction des sommes déjà versées à ce titre (ch. 5);
Que le Tribunal a considéré que B_ avait apparemment quitté l'appartement familial au mois de juin 2019 et vivait depuis lors dans l'appartement de ses parents, que les parties n'avaient pas d'enfant, qu'il pouvait raisonnablement être demandé à A_, qui était jeune et en bonne santé, de déménager et que B_ était l'unique propriétaire de l'appartement, qu'il avait acquis en 2016, soit avant le mariage des parties en 2017.
Que par acte expédié à la Cour de justice le 28 mars 2022, A_ a formé appel contre ce jugement; qu'elle a conclu à l'annulation des ch. 2 à 5 de son dispositif et, cela fait, à ce que la jouissance exclusive du domicile conjugal lui soit attribuée et à ce que B_ soit condamné à lui verser une contribution d'entretien de 11'310 fr. par mois du 1
er
mars 2020 au 31 juillet 2023;
Qu'elle a conclu, sur effet suspensif, à ce que le caractère exécutoire des ch. 2 à 4 du dispositif du jugement attaqué soit suspendu; qu'elle a invoqué que le domicile conjugal devait lui être attribué même si son époux en était propriétaire et que le maintien du caractère exécutoire du jugement querellé la contraindrait à entreprendre des démarches importantes;
Qu'invité à se déterminer, B_ a conclu au rejet de cette requête; qu'il a soutenu que A_ n'avait aucun intérêt à rester dans l'appartement dont il était propriétaire, qu'il est urgent qu'il quitte le domicile de ses parents où il habite et que A_ n'aura pas de difficultés à trouver un nouveau logement;
Que B_ a également formé appel contre le ch. 5 du dispositif du jugement attaqué;
Considérant,

EN DROIT
, que l'appel n'a pas d'effet suspensif lorsqu'il a pour objet des décisions portant sur des mesures provisionnelles (art. 315 al. 4 let. b CPC), telles les mesures protectrices de l'union conjugale (ATF
134 III 667
consid. 1.1);
Que toutefois, l'exécution des mesures provisionnelles peut exceptionnellement être suspendue si la partie concernée risque de subir un préjudice difficilement réparable (art. 315 al. 5 CPC);
Que saisie d'une demande d'effet suspensif au sens de l'art. 315 al. 5 CPC, l'autorité cantonale d'appel doit ainsi procéder à une nouvelle pesée des intérêts entre les deux préjudices difficilement réparables, celui du demandeur à l'action si la mesure n'était pas exécutée immédiatement et celui qu'entraînerait pour le défendeur l'exécution de cette mesure (ATF
138 III 378
consid. 6.3 et les références citées;
137 III 475
consid. 4.1; arrêt du Tribunal fédéral
5A_514/2012
du 4 septembre 2012 consid. 3.2.2);
Que l'autorité cantonale doit faire preuve de retenue et ne modifier la décision de première instance que dans des cas exceptionnels; elle dispose cependant d'un large pouvoir d'appréciation permettant de tenir compte des circonstances concrètes du cas d'espèce (ATF
137 III 475
consid. 4.1; arrêt du Tribunal fédéral
5A_403/2015
du 28 août 2015 consid. 5);
Qu'en l'espèce, le maintien du caractère exécutoire des chiffres 2 à 4 du jugement contesté contraindrait l'appelante à entreprendre des démarches (signature d'un contrat de bail, déménagement) qui ne seraient que difficilement réversibles dans l'hypothèse, qui,
prima facie
, ne peut être d'emblée exclue, où elle obtenait gain de cause au fond;
Qu'à l'inverse, l'intimé ne subira vraisemblablement pas de préjudice difficilement réparable du fait du maintien, pour quelques semaines supplémentaires, de la situation actuelle qui perdure vraisemblablement depuis juin 2019; qu'en outre, le jugement attaqué prévoit que l'appelante peut disposer du domicile conjugal jusqu'au 31 juillet 2022 de sorte que, compte tenu du fait que l'appel soumis à la Cour est régi par la procédure sommaire et qu'une décision devrait être vraisemblablement rendue à relativement brève échéance, la durée pour laquelle la suspension du caractère exécutoire du jugement attaqué est requise devrait être relativement brève;
Que ladite requête de suspension sera donc admise;
Qu'il sera statué sur les frais et dépens liés à la présente décision avec l'arrêt au fond (art. 104 al. 3 CPC).
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