Decision ID: f7cd3c51-42cf-584f-9f83-c565500f4baf
Year: 2016
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_005
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 

EN FAIT
A.
a.
Par décisions des 21 août 2013 et 28 octobre 2013, la Vice-présidente du Tribunal civil a octroyé l'assistance juridique à B_, la première fois avec effet au 9 avril 2013, pour sa défense à une action en modification du jugement de divorce, cause C/1292/2013, et pour sa défense à un appel contre un jugement du Tribunal de première instance (ci-après : TPI) rendu le 26 août 2013 dans la même cause. M
e
A_ (ci-après : le recourant), avocat, a été désigné pour défendre les intérêts de l'intéressée.![endif]>![if>
b.
Dans le jugement précité du 26 août 2013 et dans l'arrêt rendu le 24 janvier 2014 dans la même cause, le TPI et la Cour de justice ont alloué un total de 1'100 fr. de dépens (600 fr. pour la première instance et 500 fr. de dépens d'appel) à la cliente du recourant, étant précisé que la partie adverse de cette dernière plaidait également au bénéfice de l'assistance juridique.
B.
a.
Par courrier du 29 juillet 2015 au greffe de l'Assistance juridique, le recourant a exposé que ses démarches (par voie de poursuite) en vue du recouvrement des dépens alloués à sa cliente étaient restées vaines. Il a donc transmis son état de frais à l'Assistance juridique, d'un montant total de 3'699 fr., TVA comprise, correspondant à un total de 11 heures et 25 minutes d'activité pour les deux instances, facturées au tarif horaire de chef d'étude de 200 fr., plus une majoration de 50% pour le forfait courriers et téléphone, TVA en sus.
b.
Par courrier du 30 juillet 2015, le greffe de l'Assistance juridique a invité le recourant à lui fournir le résultat final de la poursuite introduite en vue du recouvrement des dépens.
C.
a.
Par décision de taxation du 15 avril 2016, le greffe de l'Assistance juridique a indemnisé le recourant à hauteur de 1'100 fr. TTC, soit le montant des dépens alloués à sa cliente en première et seconde instance. Il était précisé que selon une jurisprudence zurichoise du 8 septembre 2014, le défenseur d'office n'avait pas droit à une indemnisation supérieure au montant des dépens ne pouvant être obtenus de la partie adverse, car la fixation des dépens opérée dans le jugement au fond liait aussi le juge pour la fixation de l'indemnité équitable selon l'art. 122 al. 2 CPC.
b.
Le 2 mai 2016, le recourant a adressé une demande de reconsidération à la Présidente du Tribunal civil. Il a notamment fait valoir que la pratique genevoise en matière de fixation des dépens est différente de la pratique zurichoise, de sorte que la jurisprudence du canton de Zurich ne pouvait pas être appliquée au cas d'espèce. Par ailleurs, il soutient que la légalité des tarifs appliqués aujourd'hui par l'assistance juridique est douteuse. Dans la mesure où le tarif horaire de 200 fr. ne permet déjà pas de couvrir les frais minimaux inhérents à une étude d'avocat, le tarif horaire retenu dans la décision litigieuse (estimé à 52 fr.) était manifestement insuffisant. Pour le surplus, il demandait que les frais de poursuite engagés en vue du recouvrement des dépens lui soient remboursés.
c.
Par décision du 19 mai 2016, le Vice-président du Tribunal civil a rejeté la demande de reconsidération. Il a été retenu que le libellé de l'art. 122 al. 2 CPC ne laissait pas de place à l'interprétation. Il ressortait de cette disposition que si les dépens pouvaient être obtenus de la partie adverse, le canton n'avait pas à indemniser du tout l'avocat pour son travail. Il serait donc incompréhensible que l'avocat qui ne touche pas les dépens de la part de la partie adverse soit indemnisé dans une plus large mesure que lesdits dépens. L'indemnité équitable était donc, au mieux, équivalente aux dépens qui n'ont pas pu être recouvrés. Par ailleurs, le libellé de l'art. 18 al. 4 RAJ laisse certes penser que les dépens ne valent que participation à l'indemnisation, mais cela n'est vrai que pour les affaires en matière de droit administratif, mais plus en matière de procédure civile, puisque le CPC prime le RAJ en vertu de la hiérarchie des normes. En outre, il n'appartenait pas au greffe de l'assistance juridique de juger du montant du tarif horaire fixé dans la règlementation en vigueur. Pour le surplus, les règles en matière d'assistance juridique ne s'appliquant pas aux procédures non judiciaires devant les autorités de poursuite, la demande tendant à la prise en charge des frais de commandement de payer et de procès-verbal de saisie était rejetée.
D. a.
Par acte expédié le 30 mai 2016 à la Présidence de la Cour de justice, recours est formé contre le refus de reconsidération. Le recourant conclut à ce que son recours soit déclaré recevable, que la décision de reconsidération du 19 mai 2016 soit annulée, que son indemnisation pour l'activité déployée en faveur de sa cliente soit fixée à 3'700 fr., TVA incluse, et que les frais de poursuite de 120 fr. 25 lui soient remboursés, avec suite de frais et dépens.
b.
Dans ses observations du 9 juin 2016, le Vice-président du Tribunal civil a déclaré s'en rapporter à justice s'agissant de la recevabilité du recours, dès lors que la législation cantonale genevoise ne prévoit pas de voie de recours spécifique contre les décisions de refus de reconsidération en matière d'indemnisation de l'activité de l'avocat. Par ailleurs, l'égalité de traitement invoquée par le recourant en lien avec les procédures administratives n'était pas pertinente, dès lors que ces procédures sont soumises à un autre paradigme que les procédures civiles.
c.
Le recourant n'a pas fait usage de son droit de réplique.

EN DROIT
1.
1.1.
Le conseil juridique dispose à titre personnel d'un droit de recours au sujet de la rémunération équitable accordée (ATF
131 V 153
consid. 1 ; Tappy, Code de procédure civile commenté, 2011, n. 22 ad art. 122 CPC).![endif]>![if>
Cependant, la loi ne se prononce pas sur la voie de recours ouverte contre la décision fixant la rémunération de l'avocat d'office ; la doctrine renvoie à l'art. 110 CPC, en vertu duquel les décisions sur les frais ne peuvent être entreprises séparément que par un recours selon l'art. 319 let. b ch. 1 CPC (arrêt du Tribunal fédéral
5A_120/2016
du 26 mai 2016 consid. 2.1 et les références citées).