Decision ID: 35198f6b-7ba8-58be-a977-4d29c523dfdf
Year: 2012
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_014
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: social_law

ATTENDU EN FAIT
Que par décision du 8 mai 2012, l'Office de l'assurance-invalidité du canton de Genève (ci-après: l'OAI) a refusé toutes prestations à Monsieur A_ (ci-après: l'assuré ou le recourant);
Que la décision est motivée par l'absence de toute aggravation de l'état de santé, ce qui exclut la révision, sur la base de l'avis du SMR;
Que par recours du 11 juin 2012, l'assuré fait valoir que suite à la première décision du 23 août 2011, son état de santé s'est aggravé, ce qui a motivé le dépôt d'une nouvelle demande le 11 novembre 2011, l'aggravation de l’état de santé, tant sur le plan psychique que sur le plan somatique, étant attestée par plusieurs médecins;
Que l'assuré conclut, préalablement, à ce qu'une expertise bidisciplinaire soit ordonnée et, principalement, à l'octroi d'une rente entière, subsidiairement au renvoi de la cause à l'OAI pour instruction complémentaire;
Que par préavis du 30 juillet 2012, l'OAI conclut au renvoi de la cause pour instruction complémentaire, le SMR admettant, par avis du 12 juillet 2012, que l'état de santé s'est clairement aggravé et qu'il convient de reprendre l'instruction médicale;

CONSIDERANT EN DROIT
Que selon l'art. 134 al. 1 let. a ch. 2 de la loi sur l'organisation judiciaire, du
26 septembre 2010 (LOJ; RS
E 2 05
) en vigueur dès le 1
er
janvier 2011, la Chambre des assurances sociales de la Cour de justice connaît, en instance unique, des contestations prévues à l'art. 56 de la loi fédérale sur la partie générale du droit des assurances sociales, du 6 octobre 2000 (LPGA;
RS 830.1
) relatives à la loi fédérale sur l’assurance-invalidité du 19 juin 1959 (LAI;
RS 831.20
).
Que sa compétence pour juger du cas d’espèce est ainsi établie.
Que selon la jurisprudence (DTA 2001 p. 169), le juge cantonal qui estime que les faits ne sont pas suffisamment élucidés a en principe le choix entre deux solutions : soit renvoyer la cause à l’administration pour complément d’instruction, soit procéder lui-même à une telle instruction complémentaire. Un renvoi à l’administration, lorsqu’il a pour but d’établir l’état de fait, ne viole ni le principe de simplicité et de rapidité de la procédure, ni la maxime inquisitoire. Il en va cependant autrement quand un renvoi constitue en soi un déni de justice (par exemple, lorsque, en raison des circonstances, seule une expertise judiciaire ou une autre mesure probatoire judiciaire serait propre à établir l’état de fait), ou si un renvoi apparaît disproportionné dans le cas particulier (RAMA 1993 n° U 170 p. 136). À l’inverse, le renvoi à l’administration apparaît en général justifié si
celle-ci a constaté les faits de façon sommaire, dans l’idée que le tribunal les éclaircirait comme il convient en cas de recours (voir RAMA 1986 n° K 665 p. 87). La récente jurisprudence du Tribunal Fédéral prévoyant que la Cour ordonne une expertise au besoin ne saurait en effet permettre à l'assurance de se soustraire à son obligation d'instruire (ATF
137 V 210
).
Qu'en l'espèce, l'OAI a rejeté la demande de révision de l'assuré sur la base d'une motivation sommaire, le SMR admettant une aggravation de l'état de santé qui exige une instruction médicale complète;
Que l'OAI devra aussi procéder à une instruction médicale pluridisciplinaire, par le biais d'une expertise, ou en tout les cas d'un examen par des médecins spécialisés sur le plan psychiatrique, cardiologique et pulmonaire;
Qu'au vu de ce qui précède, la décision du 8 mai 2012 sera annulée et le recours partiellement admis, en ce sens que le dossier est renvoyé à l'OAI pour instruction complémentaire au sens des considérants et nouvelle décision;
Que le recourant obtenant partiellement gain de cause, une indemnité de 1'500 fr. lui est allouée à titre de dépens;