Decision ID: d7c8316d-ee33-571e-bb4a-80ef1f8f0fb0
Year: 2020
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_013
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: public_law

EN FAIT
1) Monsieur A_, ressortissant pakistanais, né en 1956 et domicilié à B_, a vu la demande de visa qu'il avait déposée auprès de l'office cantonal de la population et des migrations (ci-après : OCPM), traitée comme une demande de reconsidération d'un refus antérieur, être écartée par courrier du 23 juillet 2019.
2) Par jugement du 29 novembre 2019, le Tribunal administratif de première instance (ci-après : TAPI) a déclaré irrecevable le recours interjeté par l'intéressé contre la décision précitée.
Une demande d'avance de frais avait été transmise par voie diplomatique et remise au recourant le 9 septembre 2019. Au jour du prononcé du jugement, l'avance de frais n'avait pas été versée.
3) Par acte mis à la poste le 16 décembre 2019 - soit le jour où le jugement a été remis à l'intéressé par l'ambassade de Suisse au Pakistan - M. A_ a recouru auprès de la chambre administrative de la Cour de justice contre le jugement précité. Dans la mesure où l'écrit de l'intéressé était compréhensible, il considérait que la décision de rejet de visa était contraire à la loi et aux faits du dossier, et que la décision était fantaisiste.
4) Le 7 janvier 2020, le TAPI a transmis son dossier, sans émettre d'observations.
5) Le 3 février 2020, l'OCPM a conclu au rejet du recours en se référant, au surplus, au jugement litigieux.
6)Sur ce, la cause a été gardée à juger.

EN DROIT
1) Interjeté en temps utile devant la juridiction compétente, le recours est recevable (art. 132 de la loi sur l'organisation judiciaire du 26 septembre 2010 - LOJ -
E 2 05
; art. 62 al. 1 let. a de la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 1985 - LPA -
E 5 10
).
2) a. L'exigence de l'avance de frais et les conséquences juridiques en cas de défaut de paiement de celle-ci relèvent du droit de procédure cantonal. Par conséquent, les cantons sont libres, dans le respect des garanties constitutionnelles, d'organiser cette matière à leur guise (
ATA/184/2019
du 26 février 2019
et la jurisprudence citée).
b. Selon l'art. 86 LPA, la juridiction saisie invite le recourant à payer une avance de frais destinée à couvrir les frais et émoluments présumables de la procédure. À cette fin, elle lui fixe un délai suffisant (al. 1). Si l'avance de frais n'est pas faite dans le délai imparti, la juridiction déclare le recours irrecevable (al. 2).
c. À rigueur de texte, l'art. 86 LPA ne laisse aucune place à des circonstances extraordinaires qui justifieraient que l'avance de frais n'intervienne pas dans le délai imparti. La référence au « délai suffisant » de l'al. 1 de cette disposition laisse une certaine marge d'appréciation à l'autorité judiciaire saisie. En outre, selon la jurisprudence, il convient d'appliquer par analogie la notion de cas de force majeure de l'art. 16 al. 1 LPA afin d'examiner si l'intéressé a été empêché sans sa faute de verser l'avance de frais dans le délai fixé (
ATA/916/2015
du 8 septembre 2015 et les références citées).
3) En l'espèce, le recourant n'a pas versé l'avance de frais dans le délai imparti, ni même après alors que la demande lui a été remise le 9 septembre 2019. Il n'a en outre invoqué dans son acte de recours aucun élément susceptible de justifier le défaut de paiement de l'avance de frais et permettant de retenir un cas de force majeure qui autoriserait une restitution de délai. Dans ces circonstances, le jugement d'irrecevabilité du TAPI ne peut qu'être confirmé.
4) Malgré l'issue du litige, et pour tenir compte des spécificités du dossier, aucun émolument ne sera mis à la charge du recourant (art. 87 al. 1 LPA), et aucune indemnité de procédure ne sera allouée (art. 87 al. 2 LPA).
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