Decision ID: 145b5a0d-c316-52f2-8c8d-44bcb92ce51f
Year: 2021
Language: fr
Court: FR_TC
Chamber: FR_TC_004
Canton: FR
Region: Espace_Mittelland
Law Area: civil_law

considérant en fait
A. Par courrier du 3 février 2020, A._ a demandé à la Justice de paix de l’arrondissement de la Sarine (ci-après: la Justice de paix) l’institution d’une mesure de curatelle volontaire à son encontre (DO 0001 s.).
Par décision du 5 août 2020, la Justice de paix a institué une curatelle de représentation avec gestion du patrimoine en faveur de A._, avec pour objet de le représenter dans le cadre de ses affaires administratives et financières, de gérer avec toute la diligence requise ses revenus et sa fortune, de prendre connaissance de sa correspondance et de veiller à son bien-être médical et social. B._, cheffe de service au Service officiel des curatelles de C._, a été nommée en qualité de curatrice. A._ a également été privé de l’accès à ses comptes bancaires (DO 0026-0029).
Par lettre datée du 27 novembre 2020, adressée par courriel, A._ a demandé la levée de la curatelle instituée en sa faveur (DO 0060-0061).
Par courrier du 3 décembre 2020, B._ a indiqué avoir rencontré A._ pour la première fois en septembre 2020 afin de mettre en place leur collaboration; l'intéressé s'était alors montré réticent à collaborer avec elle et avait indiqué être en désaccord avec la mesure qui avait été instituée en sa faveur par décision du 5 août 2020. B._ a estimé que la demande de levée de la mesure était principalement motivée par le blocage du compte de l'intéressé auprès de D._, tout en réservant le fait qu'elle ne connaissait pas encore suffisamment A._ pour se déterminer sur sa demande du 27 novembre 2020 (DO 0064).
Par lettre non-datée, mais remise par courriel du 13 décembre 2020, A._ a réitéré sa demande de levée de la curatelle instituée en sa faveur (DO 0066-0067).
Lors d’un entretien téléphonique du 17 décembre 2020, B._ a expliqué à la Justice de paix, en substance, que A._ refusait de lui parler et ne communiquait que par courrier électronique. Elle a également relevé que ce dernier ne collaborait que partiellement puisqu'il refusait de signer l'inventaire qu'elle avait établi et qu'il ne lui avait pas indiqué qu'il possédait un compte auprès de D._, dédié à son projet de société de nettoyage. A._ avait également contacté à plusieurs reprises sa curatrice afin d'obtenir une avance sur son entretien, avance qu'il avait obtenue la veille (DO 0071).
A._ a été entendu par la Juge de paix de l’arrondissement de la Sarine (ci-après: la Juge de paix) le 5 janvier 2021. A cette occasion, A._ a déclaré, en substance, qu'il admettait avoir commis des erreurs par le passé mais qu'il ne s'expliquait pas l'institution d'une mesure de curatelle en sa faveur, estimant être à même de s'occuper lui-même entièrement de sa gestion et expliquant vivre cette mesure de protection comme une honte. ll a également indiqué pouvoir compter sur le soutien de sa famille, en particulier de sa mère et de son frère, en proposant notamment que ce dernier l’aide dans sa gestion à titre privé. En sus, l’intéressé a relevé que ses enfants étaient au bénéfice d'une AEMO et que cette mesure l’avait aidé non seulement dans la prise en charge de ses enfants, mais également pour gagner lui-même en maturité. A._ a finalement maintenu sa demande de levée de la curatelle instituée en sa faveur, mais s'est montré ouvert à une levée progressive, voire à une curatelle d'accompagnement, s'engageant alors à collaborer avec sa curatrice (DO 0073-0074).
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Sur demande de la Justice de paix, le Dr E._, psychiatre et psychothérapeute, et F._, psychologue, auprès du Centre G._, ont déposé leur rapport médical le 1er mars 2021. Il en ressort que A._ souffre de divers troubles psychiques, notamment d'une personnalité émotionnellement labile de type impulsif, d'un retard mental moyen, avec présence de symptômes psychotiques, d'un trouble de I'adaptation, entraînant des réactions dépressives et anxieuses mixtes, et d'un état de stress post traumatique. ll apparaît également dans ledit rapport que l'intéressé était suivi au Centre G._ depuis fin 2017 pour un suivi durant l'année 2018, interrompu puis repris en juillet 2020 sur demande de A._ pour être à nouveau suspendu en octobre 2020. Suite à la séance du 5 janvier 2021 avec la Juge de paix, I'intéressé reprit contact avec F._, dans le cadre de sa demande de levée de la curatelle instituée en sa faveur. Relativement à la capacité de discernement de A._, le Dr E._ et F._ ont indiqué ne pas pouvoir l'évaluer de manière globale mais toutefois relever que lors de périodes de souffrance psychologique importante, l'intéressé adoptait des comportements délétères. En sus, lors de la reprise de ces éléments avec A._, il est apparu que ce dernier se montrait anosognosique et déployait des défenses narcissiques importantes. Finalement, il ressort dudit rapport médical que la question de la gestion de ses affaires est une thématique sensible pour I'intéressé, qui avait pu de plus faire état de comportements de dépenses excessives précédemment (DO 0084).
Par courrier du 6 avril 2021, adressé par courriel, A._ est revenu sur sa demande de levée de curatelle en indiquant qu’il ne coopérerait pas avec sa curatrice puisqu’il n’en avait pas besoin et qu’il allait se concentrer sur ses rendez-vous au Centre G._ (DO 0089-0090).
Lors d’un entretien téléphonique du 7 avril 2021, B._ a expliqué à la Justice de paix que la situation de A._ était particulière. En substance, elle a relevé que I'intéressé avait indiqué pouvoir compter sur son frère pour le soutenir dans sa gestion et sa future entreprise. Elle a indiqué avoir pris contact avec le frère de l'intéressé qui lui a signifié n'avoir aucune idée des projets de son frère relativement à la création d'une entreprise et soutenir la mesure de curatelle instituée en faveur de celui-ci. Par rapport à ce projet d'entreprise, la curatrice a précisé que A._ avait par ailleurs déjà entrepris des démarches afin de renoncer à sa rente de l'Assurance invalidité (ci-après: Al). B._ a encore indiqué qu'elle continuait de se charger de la gestion des affaires de A._, bien que ce dernier l'évite au téléphone et se montre difficile à contacter. Elle a de plus relevé que si elle versait l'entretien de I'intéressé pour un mois il dilapidait tout en quelques jours et qu'elle lui versait désormais un montant par semaine, en espérant que lorsque sa situation financière serait stabilisée, il se rendrait compte des bénéfices de la curatelle instituée en sa faveur. Finalement, B._ a souligné que A._ se sentait inférieur et était hors réalité, ce qui le poussait à prendre des initiatives afin de prouver qu'il pouvait et savait faire des choses, et a indiqué souhaiter que la stabilisation de sa situation financière puisse le valoriser (DO 0092).
Par courriel du 26 mai 2021, B._ a informé la Justice de paix qu'elle se rendait compte que A._ n'avait pas la capacité de se gérer. Elle a indiqué que ce dernier avait pour projet de fonder sa propre entreprise de nettoyage et qu'il avait, dans ce cadre, conclu un contrat avec H._ pour assurer cette entreprise, sans qu'aucune prime n'ait pu être payée. Elle a rapporté que I'intéressé ne l’avait pas informée de ses démarches. Au vu de ces évènements, B._ a proposé de limiter la capacité de s'engager par acte juridique de A._ (DO 0095).
Lors d’un entretien téléphonique du 1er juillet 2021, B._ a expliqué à la Justice de paix que A._ avait tenté de conclure un nouveau contrat d’assurance et qu’il persévérait dans son projet d’entreprise de nettoyage alors qu’il a déjà plus de CHF 100'000.- de dettes. Elle a également souligné que l’intéressé a essayé de résilier sa rente AI, mais qu’elle avait pu intervenir à temps.
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Elle a confirmé que son courriel du 26 mai 2021 devait être interprété comme un signalement pour l’institution d’une curatelle de coopération. Enfin, elle a demandé à être citée à la prochaine séance de la Justice de paix lors de laquelle A._ sera entendu (DO 0096).
A._ et B._ ont été entendus par la Juge de paix le 21 juin 2021. A cette occasion, A._ a déclaré, en substance, maintenir sa demande de levée de curatelle, souhaitant se concentrer désormais sur l'éducation de ses enfants et son suivi au Centre G._. ll a notamment indiqué qu'il pensait qu'il s'agissait du bon moment pour la levée de la mesure, puisqu'il se sentait bien soutenu par sa famille et qu'il refusait de collaborer avec sa curatrice. B._ a déclaré qu'elle ne parvenait à communiquer avec l'intéressé que par courrier électronique, qu'il faisait des dépenses dans le cadre de son projet d'entreprise de nettoyage qui n'étaient pas raisonnables au regard de sa situation financière et qu'elle n'était quasiment pas informée des démarches et des avoirs de A._, ce qui l'empêchait de le soutenir efficacement. En conclusion, B._ a maintenu sa demande d'institution d'une curatelle de coopération en faveur de A._, en sus de la curatelle de représentation avec gestion du patrimoine avec limitation du pouvoir de disposer déjà instituée en faveur de I'intéressé (DO 0100-01001).
Contactée par la Justice de paix, F._ a, lors d’un entretien téléphonique du 30 juin 2021, rapporté qu'elle avait I’impression que A._ instrumentalisait sa thérapie dans le but d'obtenir la levée de sa curatelle et qu'il ne se fixait que peu d'objectifs thérapeutiques. Elle a également indiqué que A._ souffrait d'une certaine fragilité relativement à ses difficultés psychiques et qu'il ne formulait que des projets vagues relativement à la reprise de sa gestion, peinant à réaliser ce qu'il était possible de faire dans la réalité. F._ a finalement souligné qu'elle craignait que A._ ne demande pas d'aide s'il venait à en avoir besoin et que sa volonté de gagner en autonomie aille parfois à l'encontre d'une stabilité lui étant pourtant bénéfique. Elle a toutefois précisé qu’elle ne peut pas se prononcer sur un éventuel risque que A._ conclue des contrats ou fasse des dépenses contraires à ses intérêts (DO 0102).
B. Par décision du 7 juillet 2021, la Justice de paix a rejeté la demande de levée de la curatelle de représentation avec gestion du patrimoine avec limitation de disposer déposée par A._ le 27 novembre 2020, a maintenu dite mesure, a institué une curatelle de coopération – précisant que A._ est privé de l’exercice de ses droits civils par rapport aux actes subordonnés au consentement de la curatrice, soit pour tous les contrats et engagements financiers en tout genre au-delà de la somme de CHF 200.- et/ou d’un engagement sur une période supérieure à trois mois - et a confié dit mandat à B._ (DO 0103-0107).
C. Par acte du 31 août 2021, A._ a interjeté recours contre la décision du 7 juillet 2021, concluant à la levée de sa curatelle. En substance, il a rapporté que, depuis le mois de mai 2021, il travaille en indépendant dans le service de nettoyage privé et de conciergerie d’immeubles et qu’il a entamé des démarches pour une assistance fiduciaire, pour l’inscription à l’AVS et au registre du commerce. Il a précisé qu’il ne voit plus d’intérêt à être aidé par le service des curatelles et souhaite retrouver son autonomie financière rapidement. Il a encore souligné qu’il a annulé ses rendez-vous au Centre G._ auprès de la psychologue F._, n’y voyant plus d’intérêt. Il a enfin indiqué qu’il n’est pas acceptable qu’il soit relevé dans le courrier reçu le 18 août 2021 qu’il avait un retard mental dès lors que, lors des tests, il était sous médication et en état de somnolence, demandant de refaire lesdits tests.
D. Invitée à se déterminer, la Justice de paix a, par courrier du 7 septembre 2021, indiqué n’avoir aucune observation à formuler et précisé que la décision attaquée a été notifiée le 19 août 2021 au recourant.
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en droit
1.
1.1. Selon l'art. 8 de la loi du 15 juin 2012 concernant la protection de l'enfant et de l'adulte (LPEA; RSF 212.5.1), le Tribunal cantonal connaît des recours contre les décisions rendues par l'autorité de protection - soit la Justice de paix (art. 2 al. 1 LPEA) - ou par son président ou sa présidente. La Cour de protection de l'enfant et de l'adulte (ci-après: la Cour ; art. 14 al. 1 let. c du Règlement du Tribunal cantonal du 22 novembre 2012 précisant son organisation et son fonctionnement [RTC; RSF 131.11]) est compétente pour statuer.
1.2. En l'absence de dispositions cantonales contraires, les dispositions de la procédure civile s'appliquent par analogie (art. 450f CC).