Decision ID: 6ad07b1f-f744-5635-9b3e-a39ac82425e7
Year: 2016
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_001
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law

Vu, EN FAIT, le jugement JTPI/_ du 28 juin 2016, notifié le 30 juin 2016 à A_, aux termes duquel le Tribunal de première instance, statuant sur mesures protectrices de l'union conjugale, a notamment condamné A_ à verser à B_, par mois et d'avance, la somme de 670 fr. à titre de contribution à son entretien dès le
17 mars 2015 (ch. 3 du dispositif);
Vu l'appel déposé le 11 juillet 2016 par A_ au greffe de la Cour de justice par lequel il demande l'annulation du chiffre 3 du dispositif du jugement précité et conclut au déboutement de B_ de toutes autres conclusions;
Qu'il requiert l'octroi de l'effet suspensif en ce qui concerne le paiement de la contribution d'entretien, expliquant que sa situation financière ne lui permet pas de s'en acquitter;
Qu'invitée à se déterminer sur la requête d'effet suspensif, B_ s'y oppose;
Considérant,

EN DROIT
, que la Cour est saisie d'un appel au sens de l'art. 308 CPC;
Que le jugement querellé portant sur des mesures provisionnelles, l'appel n'a pas d'effet suspensif
ex lege
(art. 315 al. 4 let. b CPC);
Que la présidente de la Chambre civile a compétence pour statuer sur la requête d'effet suspensif, vu la nature incidente et provisionnelle d'une telle décision et la délégation prévue à cet effet par l'art. 18 al. 2 LaCC, concrétisée par une décision de la Chambre civile siégeant en audience plénière et publiée sur le site Internet de la Cour;
Qu'à teneur de l'art. 315 al. 5 CPC, l'exécution de mesures provisionnelles peut exceptionnellement être suspendue si la partie concernée risque de subir un préjudice difficilement réparable, notion permettant de tenir compte également d'un préjudice de fait et s'examinant à l'aune de l'efficacité du jugement à rendre à l'issue de la procédure ordinaire, qui en serait compromise (arrêt du Tribunal fédéral
4P.5/2002
du 8 avril 2002 consid. 3a);
Que, saisie d'une demande d'effet suspensif au sens de l'art. 315 al. 5 CPC, l'autorité cantonale d'appel doit ainsi procéder à une nouvelle pesée des intérêts entre les deux préjudices difficilement réparables, celui du demandeur à l'action si la mesure n'était pas exécutée immédiatement et celui qu'entraînerait pour le défendeur l'exécution de cette mesure (ATF
138 III 378
consid. 6.3 et les références citées;
137 III 475
consid. 4.1);
Que l'exécution immédiate demeure la règle et la suspension du caractère exécutoire l'exception et que le paiement de contributions d'entretien ne constitue en principe pas un dommage difficilement réparable (ATF
138 III 333
consid.1.3.1;
107 Ia 269
; arrêts du Tribunal fédéral
4D_26/2011
du 6 mai 2011 consid. 2;
5P.104/2005
du 18 juillet 2005 consid. 1.2);
Qu'en l'espèce, le Tribunal a retenu que le revenu brut de l'appelant s'élevait à 5'800 fr. et ses charges incompressibles à 4'565 fr., déduction faite d'un loyer reçu de 600 fr., la charge fiscale pour l'avenir étant estimée à 800 fr. par mois, soit un disponible de
1'235 fr.;
Que les revenus de l'intimée ont été arrêtés à 4'156 fr. et ses charges incompressibles à 4'265 fr., soit un déficit de 109 fr.;
Que l'appelant fait valoir qu'il ne reçoit plus le loyer de 600 fr. depuis janvier 2016, qu'il a conclu un arrangement de paiement avec les autorités fiscales concernant les impôts 2015, aux termes duquel il devra verser 840 fr. par mois dès le 30 septembre 2016 et que l'IFD est de 330 fr. en 2016;
Que l'intimée conteste que l'appelant ne perçoive plus le loyer de 600 fr. et fait valoir que ce fait aurait pu être invoqué devant le premier juge, de sorte qu'il n'est pas nouveau et, partant, irrecevable; qu'il n'y a pas lieu de tenir compte des arriérés d'impôts pour le calcul de la contribution d'entretien, le premier versement de 840 fr. ne devant de toute façon intervenir qu'en septembre 2016; que l'appelant est en mesure de payer la contribution fixée par le Tribunal sans que cela ne porte atteinte à son minimum vital;
Que s'agissant du loyer de 600 fr., les pièces produites par l'appelant sont en contradiction avec ses allégations; qu'en effet, il ressort des quittances produites que le loyer a été versé d'avril à octobre 2015 et non pas jusqu'en décembre comme allégué; que les réquisitions de poursuite de 4'200 fr. mentionnent comme cause de la créance "gérance libre _, 03.01.16"; qu'il s'agit donc de redevances antérieures à janvier 2016, sans que l'on sache quels mois elles concernent;
Qu'ainsi, il n'apparaît pas
prima facie
que l'appelant ne perçoit plus depuis janvier 2016 le loyer de 600 fr. pris en compte par le premier juge, sans qu'il y ait lieu de trancher si ce fait nouvellement allégué est recevable;
Que le solde disponible de l'appelant lui permet d'acquitter la contribution d'entretien de 670 fr., en sus des impôts courants tels qu'arrêtés par le premier juge et seuls pertinents, sans qu'il ne soit porté atteinte à son minimum vital;
Que la requête d'effet suspensif sera ainsi rejetée;
Qu'il sera statué sur les frais et dépens de l'incident avec la décision au fond (art. 104
al. 3 CPC);
Considérant, enfin, que la présente décision, de nature incidente, rendue dans le cadre d'une procédure dont la valeur litigeuse est supérieure à 30'000 fr., est susceptible d'un recours en matière civile au Tribunal fédéral, dans les limites de l'art. 93 LTF (ATF
137 III 475
consid. 1) et de l'art. 98 LTF (ATF
137 III 475
consid. 2).
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