Decision ID: ba5af2a4-e24d-47b6-89c1-1a55aa69b6a8
Year: 2021
Language: fr
Court: VS_BZG
Chamber: VS_BZG_999
Canton: VS
Region: Région lémanique
Law Area: 

II. Statuant en faits et considérant en droit
2. Au moment des faits, l’appelée était propriétaire de deux terrains non construits situés
à C _, dont de la parcelle no xxx d’une surface de 642 m2, située en bordure
de zone à bâtir (p. 5, all. no 5 et p. 6, all. no 7 ; p. 26-57). En avril 2016, le plan
d’aménagement était en cours de révision (p. 27).
Les appelants, parents de trois enfants mineurs, étaient à la recherche d’un terrain à
bâtir pour y construire une maison. Le demandeur en avait fait part à
D _. Celui-ci, qui possédait un terrain voisin à l’une des parcelles de l’appelée,
l’a contactée pour savoir si elle était d’accord de le vendre. Celle-ci lui a répondu
négativement en ce qui concerne ce fonds, mais lui a dit qu’elle était également
propriétaire de la parcelle no xxx qu’elle était disposée à vendre (Z _, p. 202,
rép. 9-10). D _ en a fait part à l’appelant.
En mars 2016, E _, frère du demandeur, a contacté Z _ (p. 81, all.
no 60-62 ; Z _, p. 202, rép. 9-10). L’appelant a ensuite rencontré l’appelée le
11 avril 2016, en compagnie de son frère E _ (p. 81, all. nos 64-65 ;
Z _, p. 202, rép. 9-10). La défenderesse a offert un prix de 130 fr./m2, soit un
montant total de 83'460 francs (p. 7, all. no 15). L’appelant a proposé à la défenderesse
de signer une promesse de vente pour le prix offert conditionnée à l’obtention d’un
permis de construire une villa (p. 7, all. no. 12). L’appelée a sollicité un délai de réflexion
(Z _, p. 202, rép. 9-10).
A la suite de l’entrevue, la défenderesse a fait part de son refus de conclure une
promesse de vente conditionnelle, tout en confirmant sa volonté de s’engager pour une
vente ferme pour le prix offert (p. 7, all. no 16), ce que les demandeurs ont accepté.
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3. Par la suite, la défenderesse n’a plus eu de contacts directs avec les demandeurs,
mais uniquement avec F _, père du demandeur (p. 84, all. no 90 et p. 106 dét.
ad all. no 90 ; X _, p. 201, rép. 1). Celui-ci est gérant de la société
G _ Sàrl, de siège social à H _, active dans toutes les opérations
immobilières, notamment la location, l’achat, la vente, la promotion, le courtage, ainsi
que l’exploitation d’un bureau immobilier. E _ en est l’associé unique (p. 25) et
l’administrateur (F _, p. 177, rép. 17). En procédure, la défenderesse a
expliqué n’avoir pas eu un bon feeling avec F _, sans toutefois lui signifier
qu’elle était dérangée par son attitude.
A la suite de l’entente trouvée, la défenderesse a eu deux contacts téléphoniques avec
F _ (p. 82, all. nos 68 et 73). Lors du second, celui-ci lui a demandé les papiers
relatifs à l’existence d’une servitude (p. 82, all. no 73). Le 26 avril ou le 2 mai 2016, la
défenderesse s’est rendue dans les locaux de G _ Sàrl (p. 8, all. no 19 ; p. 83,
all. no 77 ; Z _, p. 204, rép. 69-77). A cette occasion, elle a remis à
F _ l’original de la déclaration des charges daté du 15 avril 2016 (p. 8, all. no
20 ; p. 83, all. no 79 ; p. 29 ; p. 37). Celui-ci a prélevé du dossier de la défenderesse une
copie du procès-verbal de mutation no 2181 établi à la suite d’une modification de limite
et de la création d’un droit de passage (p. 83, all. no 80-81 ; p. 38ss).
4. Le 20 avril 2016, F _ s’est procuré l’extrait de cadastre (p. 83, all. no 78 ; p.
26).
En avril 2016, G _ Sàrl a sollicité de la commune de A _ une
attestation de zone établie le 22 avril 2016. Le commune a facturé à la société 40 fr. le
26 avril 2016 (p. 13-14, all. nos 39-40 ; p. 27 ; p. 64).
En mai 2016, F _, a pris contact avec le notaire I _ (I _,
p. 171, rép. 1 ; p. 173-174, rép. 8-10 ; F _, p. 182, rép. 36, p. 191, rép. 62 ; p.
47). L’homme de loi a établi un projet d’acte (p. 32ss), qu’il a adressé par mail en juin
2016 (p. 29) à F _ (F _, p. 182, rép. 35). Celui-ci a ensuite envoyé le
projet par courrier à l’appelée (F _, p. 183, rép. 39). Après en avoir pris
connaissance, elle a donné à la fin du mois de juin ou au début du mois de juillet 2016
à F _ son accord, en lui disant qu’il pouvait aller de l’avant, alors même que,
selon ses déclarations, elle avait des doutes et se sentait très mal (Z _, p. 203,
rép. 28).
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Le 18 juillet 2016, G _ Sàrl a demandé à J _ SA de lui fournir le plus
rapidement possible une copie du plan de situation officiel pour la parcelle no xxx (p. 65).
J _ SA a facturé le 5 août 2016 133 fr. 90 (p. 66).
G _ Sàrl a chargé l’atelier d’architecture K _ SA de réaliser un avant-
projet. Celui-ci a établi le 24 août 2016 un avant-projet (p. 48ss).
5. Le 27 juillet 2016, F _, après s’être concerté avec le notaire, a proposé à la
défenderesse la date du 25 août 2016 pour la signature de l’acte (p. 11, all. no. 33 ; p.
58). L’appelée n’étant pas disponible entre le 18 et le 27 août 2016, elle a proposé que
la conclusion du contrat intervienne avant ou après cette période (p. 11, all. no 34 ; p.
59). Il a été convenu que F _ la recontacte dès le 29 août 2016 (p. 12, all. nos
36-38 ; p. 60).
Le 26 août 2016, la défenderesse a téléphoné à F _ pour l’informer de sa
décision de renoncer à la vente, en raison du prix trop bas (p. 12, all. no 40 ;
F _, p. 185, rép. 44). En procédure, elle a motivé sa décision d’une part par le
fait qu’elle avait pris conscience que le prix offert était inférieur aux prix du marché et
d’autre part par le fait que E _ et F _, lequel avait fait faillite vingt ans
auparavant, avaient poursuivi les négociations à l’exclusion de l’appelant. Effectivement,
F _ a été mis en faillite en 1998 et la liquidation de sa faillite a laissé un
découvert de plusieurs millions de francs (p. 135 ss et annexe).
Par la suite, F _ a contacté L _, membre de la Commission de
taxation, pour s’informer de la valeur vénale du terrain (L _, p. 175, rép. 14 ;
F _, p. 185, rép. 45).
6. Pour ses services, l’atelier d’architecture K _ SA a établi le 13 septembre
2016 à l’intention de G _ Sàrl une situation d’honoraires de 10'000 fr. (p. 67)
et a transmis une facture de J _ SA du 9 septembre 2016 pour l’établissement
du plan topographique d’un montant de 378 francs (p. 67-68).
7. Dans un courrier recommandé du 20 septembre 2016 adressé à la défenderesse (p.
31) et rédigé à la première personne du pluriel, F _ a retracé la chronologie
des pourparlers et des démarches entreprises, a indiqué que, renseignements pris
auprès la commission de taxation de la commune de A _, le prix convenu était
légèrement supérieur aux prix pratiqués dans le voisinage et a chiffré à plus de 15'000
fr. les frais investis en vue de cette transaction. Il invitait la défenderesse à revoir sa
position en lui impartissant un délai de 10 jours avant d’introduire une action (p. 29-30).
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La défenderesse n’ayant pas répondu, F _, avec pour adresse
G _ Sàrl, l’a sommée le 18 octobre 2016 de s’acquitter de la somme de 12'204
fr. 30 en lui impartissant un délai de dix jours (p. 61-62).
Le 21 octobre 2016, le notaire I _ a envoyé à la défenderesse sa note
d’honoraires de 350 fr. 30 (p. 93-94).
Le 30 octobre 2016, G _ Sàrl a adressé aux demandeurs un décompte
comprenant sa propre rémunération et les frais engagés en vue du projet immobilier à
construire sur la parcelle no xxx, d’un montant de 15'704 fr. 30 (p. 69). Le courrier
précisait :
« Ce décompte vous ait transmis car vous nous avez informés que vous alliez introduire
une procédure à l’encontre de Z _ pour non-respect des engagements pris »
(p. 70).
Le 14 décembre 2016, Me O _, mandaté par les appelants a encore une fois
sommé l’appelée de s’acquitter du montant de 16'204 fr. 30, comprenant 500 fr. de frais
d’avocat, pour le 31 décembre 2016 au plus tard (p. 63). Par courrier du 10 janvier 2017,
le mandataire de la défenderesse a contesté ces prétentions (p. 95).
De son côté, le mandataire de l’appelée a établi le 3 octobre 2017 une note de frais et
d’honoraires de 1998 fr., avant déduction des provisions versées, pour les services
rendus du 7 novembre 2016 au 3 février 2017 (p. 96-97).

Considérant en droit
8. La premier juge a retenu à la charge de la défenderesse une culpa in contrahendo. Il
a néanmoins rejeté la demande au motif que ceux-ci n’avaient pas établi à satisfaction
le dommage invoqué. Outre le fait que les factures produites n’étaient pas adressées
aux demandeurs, le jugement relève que les demandeurs n’avaient ni allégué ni établi
avoir payé ces factures. Quant au décompte du 30 octobre 2016 de G _ Sàrl,
il ne renfermait ni invitation à payer, ni délai de paiement. Enfin, ce décompte était
improre à déterminer la valeur des prestations prétendument effectuées par
G _ Sàrl et l’Atelier d’architecture K _ SA.
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Les appelants contestent ce point de vue. Ils avancent qu’ils ont conclu avec
G _ Sàrl un contrat d’entreprise général et qu’ils doivent supporter les frais
avancés par cette société dans leur intérêt. Ils admettent n’avoir ni indemnisé
G _ Sàrl, ni payé sa rémunération, mais considèrent néanmoins avoir subi un
préjudice sous la forme d’une augmentation de leur passif. Ils critiquent le jugement en
tant qu’il retient que le décompte du 30 octobre 2016 est impropre à établir le dommage.
De son côté, la défenderesse conclut au rejet de l’appel au motif que sa responsabilité
précontractuelle n’est pas engagée et qu’en tout état de cause, le préjudice n’est pas
prouvé. Elle a également argué du fait que le projet de construction pouvait être réutilisé.
9. En droit, il convient de se référer à l’exposé très complet du jugement de première
instance.
10.1 A bon droit, le premier juge a considéré que la défenderesse avait violé ses
obligations précontractuelles. En effet, si celle-ci était fondée à renoncer à vendre
jusqu’à la signature de l’acte, elle n’a à aucun moment fait part aux demandeurs ou à
leur représentant de ses hésitations, ni n’a sollicité un délai de réflexion. Au contraire, à
réception du projet d’acte de vente, elle a donné son accord sans réserve en confirmant
à F _ qu’il pouvait aller de l’avant. Contactée pour fixer un rendez-vous avec
le notaire, elle a donné ses disponibilités sans chercher à reporter la transaction. Les
demandeurs n’avaient du reste aucune raison d’imaginer que la défenderesse
reviendrait sur l’accord donné oralement. Certes, l’appelée ne cherchait à l’origine pas à
vendre le fonds no xxx. C’est cependant elle qui, contactée par D _ concernant
une autre parcelle, a spontanément fait état du fait qu’elle était disposée à vendre le
fonds no xxx. Lorsque la défenderesse a refusé de conclure une promesse de vente
conditionnelle, tout en proposant une vente ferme, les demandeurs ont accepté ses
conditions sans chercher à la faire plier. C’est également la venderesse qui a fixé le prix
de 83'460 fr., que les demandeurs n’ont pas cherché à négocier. Les demandeurs n’ont
ainsi pas eu à déployer d’effort particulier pour inciter la défenderesse à conclure la
vente. Par son attitude, elle a ainsi fait naître chez les appelants l’assurance que la
transaction serait conclue.
10.2 Encore faut-il fixer dans le temps à partir de quel moment les demandeurs ne
devaient plus guère compter sur un revirement de la part de la partie adverse. Dès
l’accord de principe échangé oralement entre les parties en avril 2016, les demandeurs
ont délégué à E _ et F _, plus expérimentés en matière immobilière,
la suite des démarches. Selon les demandeurs, E _ et F _ sont dans
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un premier temps intervenus à titre privé (p. 104, réplique, dét. ad 63, 65 ; p. 104,
réplique, dét. ad 68 ; cf. aussi F _, p. 178, rép. 19). F _ a eu deux
entretiens téléphoniques et a rencontré la défenderesse dans ses locaux dans l’optique
de réunir les documents relatifs à la parcelle no xxx, à savoir l’état des charges et le
procès-verbal de mutation en relation avec une servitude. F _, respectivement
G _ Sàrl, s’est également procuré(e) l’attestation de zone. Ces documents
étaient utiles pour les acheteurs pour évaluer les possibilités de construire. Ils pouvaient
ainsi les amener à les conforter dans leur décision ou au contraire les dissuader
d’acheter. Par ailleurs, à cette date, la défenderesse n’avait pas encore reçu le projet
d’acte de vente. A ce stade, les deux parties devaient dès lors encore s’attendre à ce
que la transaction ne se concrétise pas. En mai 2016, F _, a pris contact avec
le notaire. Il n’est cependant ni allégué ni prouvé que la défenderesse a été informée au
préalable de cette démarche. Le notaire a déclaré n’avoir pas pris contact avec cette
dernière. Dans le projet d’acte, ses données personnelles sont en outre incomplètes.
Dans le courant du mois de juin 2016, F _ a transmis à la défenderesse le
projet d’acte. À une date inconnue que le demandeur situe le 27 juin 2016 et la
défenderesse en juillet 2016, celle-ci lui a donné son accord en disant qu’ils pouvaient
continuer (Z _, p. 203, rép. 28). C’est à partir de ce moment-là que les
demandeurs pouvaient légitimement escompter que la vente aurait lieu. Les
demandeurs l’admettent implicitement à l’allégué no 29 (« Dès cette date, le contrat de
vente étant arrivé à chef, (...) »
11. Les demandeurs se prévalent d’un préjudice de de 14'051 fr. 90 (p. 15, all. no 57),
composés des postes suivants :
1) 40 fr. pour l’obtention le 26 avril 2016 auprès de la commune de A _
d’une attestation de zone daté du 22 avril 2016 (p. 13-14, all. nos 39-40 ; p. 27 ;
p. 64) ;
2) 133 fr. 90 facturés par la société J _ SA à G _ Sàrl le 5 août
2016 pour l’établissement d’un plan de situation (p. 14, all. no 48-49 ; p. 65)
3) 10'000 fr. facturés le 13 septembre 2016 par l’atelier d’architecture
K _ SA à G _ Sàrl pour l’établissement d’un avant-projet (p.
14, all. no 50 ; p. 43 ss) ;
4) 378 fr. facturés à l’atelier d’architecture K _ SA le 9 septembre 2016
par J _ SA pour l’établissement d’un plan topographique (p. 14-15, all.
no 52-53) ;
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5) 3500 fr. d’honoraires de G _ Sàrl pour son activité de mars à septembre
2016 (p. 15, all. nos 54-56).
11.1 Le premier poste est antérieur à limite temporelle fixée ci-dessus, de sorte que
l’émolument de 40 fr. ne constitue en tout état de cause pas un dommage en lien de
causalité avec la violation par la défenderesse de ses devoirs précontractuelles.
11.2 Les postes 1-4 concernent des dettes qui n’ont pas été contractées directement
par les demandeurs, mais par G _ Sàrl. Tant J _ SA que l’atelier
d’architecture K _ SA ont en effet établi des factures au nom de G _
Sàrl (p. 66-67). F _ a également exposé qu’en raison des liens étroits qu’il
entretenait avec le bureau d’architecte il avait obtenu de celui-ci un prix de faveur. On
peut douter que l’architecte ait consenti un tel rabais si G _ Sàrl avait agi
uniquement à titre d’intermédiaire. Partant, seule G _ Sàrl était juridiquement
débitrice des émoluments de la Commune de A _, des factures de
J _ SA et des honoraires de l’atelier d’architecture K _ SA. Un
dommage, sous la forme d’une augmentation du passif des demandeurs, est dès lors
envisageable dans les deux cas de figures suivants :
 en cas de contrat de mandat ou d’entreprise, qui comporte pour l’un l’obligation
d’indemniser le mandataire pour les dépenses consenties dans l’exécution du
mandat (art. 402 CO) et pour l’autre l’obligation de payer le prix de l’ouvrage, ce
qui inclut les dépenses de l’entrepreneur (art. 374 CO) ;
 en cas de représentation indirecte, accompagnée d’une reprise de dette (sur
cette notion, cf. arrêt 4A_496/2014 du 11 février 2015 consid. 3.2).
11.2.1 Dans leur appel, les demandeurs ont invoqué avoir conclu avec G _
Sàrl un contrat d’entreprise général. Ce faisant, ils commettent une venire contra factum
proprium. En effet, en première instance, les demandeurs ont allégué avoir mandaté
G _ Sàrl uniquement pour la mise à l’enquête de leur projet (p. 107, all. no
106) et avoir mandaté eux-mêmes un architecte (p. 11, all. no 30).
Quoi qu’il en soit, il n’est pas établi que les demandeurs ont conclu un contrat avec
G _ Sàrl, qu’il s’agisse d’un mandat ou d’un contrat d’entreprise. Cette société
est une entreprise gérée par le père et le frère du demandeur. L’appelant a demandé
conseil à son frère et à son père en raison de leur expérience dans l’immobilier
(X _, p. 200, rép. 103-108). Dans un premier temps, ceux-ci sont intervenus,
de l’aveux même des demandeurs, à titre privé. Selon l’exposé et la chronologie des
faits, on ne comprend pas à partir de quel moment ou étape G _ Sàrl aurait
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pris le relais. Les courriers recommandés des 20 septembre et 18 octobre 2016 adressés
à la défenderesse sont signés par F _, sans mention de la société
G _ Sàrl. Ils ne sont pas non plus établis sur papier-entête de la société. Le
courrier du 20 septembre 2016, rédigé pour l’essentiel à la première personne du pluriel,
dresse la chronologie des différents contacts avec la défenderesse et démarches
entreprises et fixe les frais investis, sans faire de distinction entre les interventions des
membres de la famille X _ à titre privé ou de leur société (p. 29-31). Les
demandeurs n’ont pas conclu de contrat écrit avec G _ Sàrl. Celle-ci ne s’est
pas fait connaître comme telle auprès de la défenderesse. Elle ne semble pas avoir établi
un dossier au nom des demandeurs. F _ a certes déclaré que les demandeurs
avaient mandaté G _ Sàrl. Au vu de ses liens de parenté avec le demandeur,
de son implication dans la présente affaire et de l’intérêt de la société qu’il gère à l’issue
du procès, son témoignage a cependant une valeur probante très limitée. Si
G _ Sàrl était liée aux demandeurs par un contrat, elle aurait d’emblée dû leur
demander le remboursement de ses impenses. On ne comprend ainsi pas pour quelle
raison F _, avec pour adresse G _ Sàrl, a réclamé le 18 octobre
2016 à la défenderesse le remboursement de ses propres dépenses. G _ Sàrl
s’est contentée d’adresser aux demandeurs le 30 octobre 2016 un décompte, afin de
leur permettre de faire valoir des prétentions envers la défenderesse, mais sans
réclamer le paiement de ses honoraires et de ses dépenses. A ce jour, les demandeurs
n’ont du reste rien versé à G _ Sàrl, estimant, que les frais engagés ne
devaient pas être supportés par leurs soins, mais par l’appelée (appel, p. 6). Ce
décompte est la seule pièce établie sur papier-entête de G _ Sàrl. Il ne fait
référence à aucun numéro de dossier. Il ne chiffre pas la TVA. Il n’est ainsi pas prouvé
que les demandeurs ont chargé l’agence immobilière d’intervenir à titre professionnel.
Les appelants n’ont dès lors pas établi avec conclu un contrat avec G _ Sàrl.
11.2.2 Reste à déterminer si le dommage invoqué peut se fonder sur un rapport de
représentation indirecte. G _ Sàrl a manifestement contracté des
engagements auprès de J _ SA et de l’atelier d’architecture K _ SA
dans l’intérêt des demandeurs. Il eût dès lors paru logique qu’ils en supportent les coûts.
Les demandeurs n’ont cependant pas allégué s’être engagés vis-à-vis de
G _ Sàrl à reprendre les dettes contractées par celle-ci à son propre nom mais
dans leur intérêt exclusif. Ils n’en ont pas davantage apporté la preuve. Tout d’abord, le
18 octobre 2016, F _ a réclamé à la défenderesse en son propre nom le
remboursement des dépenses consenties pour le projet immobilier des demandeurs (p.
61-62). Ensuite, le décompte établi par G _ Sàrl le 30 octobre 2016 et envoyé
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aux demandeurs ne constitue pas la preuve d’une reprise de dette, en l’absence d’une
facture et d’un paiement des demandeurs en faveur de la société. Il n’est pas non plus
allégué ni établi que G _ Sàrl ou les demandeurs auraient informé
J _ SA et l’atelier d’architecture K _ SA d’une reprise de dette et/ou
sollicité leur accord (art. 176 CC).
11.3 En ce qui concerne le poste 5, pour les raisons déjà évoquées, les demandeurs
n’ont pas établi avoir conclu un mandat ou un contrat d’entreprise général avec
G _ Sàrl, de sorte que l’existence à leur charge d’une dette envers cette
société de 3500 fr. au titre de rémunération n’est pas établie. A cela s’ajoute que, même
s’il fallait admettre une relation contractuelle avec G _ Sàrl, la conclusion d’un
contrat onéreux n’est pas prouvée. Certes, lorsqu’on s’adresse à une agence
immobilière, on ne doit en principe pas s’attendre à ce qu’elle intervienne à titre gracieux.
En l’occurrence, il s’agissait cependant d’une agence détenue et gérée par les proches
du demandeur. G _ Sàrl n’a pas adressé de facture aux demandeurs, mais
s’est contentée de leur envoyer un décompte sans bulletin de versement, ni échéance
de paiement, dans l’optique de l’action qu’ils entendaient introduire. Partant, leur
prétention en lien avec le dernier poste est également rejetée.
En définitive, il n’est pas établi que les demandeurs ont contractés une dette à l’égard
de G _ Sàrl, de sorte que c’est à bon droit que le juge de première instance a
rejeté la demande, faute de préjudice.
11.4 A cela s’ajoute, comme relevé par le premier juge, que le bien-fondé d’une partie
des postes du dommage invoqué n’est pas établi, s’agissant des postes 3 et 5.
La rémunération de G _ Sàrl est arrêtée forfaitairement à 3500 fr., sans détails
précis des activités, de leur nombre et du temps consacré. Le courrier du 30 octobre
2016 valant décompte fait notamment état de contacts divers avec la défenderesse, soit
à son domicile à A _, soit au bureau de G _ Sàrl. Or, comme on l’a
vu, les demandeurs prétendent eux-mêmes que, lors de la rencontre du 11 avril 2016,
seule entrevue au domicile de la défenderesse, E _ est intervenu à titre privé.
Le décompte fait référence à des contacts divers avec des ingénieurs. Or, en procédure,
les demandeurs ne réclament apparemment pas les frais anticipés dans ce courrier de
810 fr. de P _ pour le calcul énergétique et de 842 fr. 40 de Q _ SA
pour l’étude parasismique. Si ces deux bureaux d’ingénieurs n’ont, selon toute
vraisemblance, pas facturé de frais, c’est que les démarches de G _ Sàrl
auprès de ceux-ci étaient inexistantes, ou à tout le moins insignifiantes. Enfin, on ne sait
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rien des « autres prestations non détaillées » mentionnées dans ce décompte. Les
demandeurs se fondent sur le pourcentage prévu dans le tarif SIA pour l’avant-projet,
voire le projet (p. 71), en alléguant un coût de construction de 650'000 francs. Ce coût
de construction n’a cependant pas été prouvé. Il n’est d’ailleurs pas établi que
G _ Sàrl a procédé à une estimation des coûts de construction, prestation
pourtant prévue au point 4.31 du tarif SIA invoqué.
En ce qui concerne la facture de l’atelier d’architecture K _ SA, le montant de
10'000 fr. est censé correspondre aux phase avant-projet et projet pour les plans au
1 :100 (cf. p. 67). Il ressort certes du dossier que ce bureau a établi des plans au 1 :100.
En revanche, il n’a pas effectué d’estimation des coûts, ni de devis, prestations pourtant
prévue dans le tarif SIA auquel les demandeurs se réfèrent. De plus, toujours pour le
motif que le coût de la construction projetée n’a pas été établi, il n’est pas non plus
possible de vérifier le bien-fondé du montant facturé, censé fixé selon un pourcentage
du coût de l’ouvrage.
12. En conclusion, l’appel est intégralement rejeté.
Vu le sort de l'appel, la répartition des frais de première instance est confirmée (art. 106
al. 1 CPC). Le montant des frais et dépens n'étant pas entrepris, les points 2 et 3 du
dispositif du jugement du 16 juillet 2019 sont confirmés.
En ce qui concerne la procédure d'appel, vu le sort du recours, l'intégralité des frais et
dépens sont mis à la charge des demandeurs, avec solidarité entre eux (art. 106 al. 1 et
3 CPC).
L'émolument d'appel est calculé par référence au barème applicable en première
instance, compte tenu d'un éventuel coefficient de réduction de 60 % au maximum (art.
19 LTar). Les critères de fixation des frais en première et en seconde instance sont
identiques (cf. art. 13 al. 1 LTar).
Vu la faible ampleur de la cause, son degré ordinaire de difficulté, la situation financière
des parties, ainsi que les principes de la couverture des frais et de l'équivalence des
prestations, l'émolument forfaitaire de décision (art. 95 al. 2 let. b CPC) est fixé à 1400
francs (art. 13 al. 1 et 2, 17 et 19 LTar).
Les honoraires en appel sont calculés par référence au barème applicable en première
instance, compte tenu d'un coefficient de réduction de 60 %.
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Vu l’ampleur de la cause et son degré de difficulté, mais aussi la valeur litigieuse et
l'activité utilement déployée par l'avocate de l'appelée, lequel a pris connaissance de
l'écriture d'appel et a déposé une détermination, ses dépens sont arrêtés à 800 fr., TVA
et débours compris (art. 27, 29 al. 2, 32 al. 1 et 35 al. 1 let. a LTar).