Decision ID: eddb638f-ef40-44a2-841d-1150119dabe6
Year: 2022
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_004
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law

EN FAIT
A.
Par jugement
JTBL/490/2021
du 1
er
juin 2021, expdi par pli recommand le 7 juin 2021, le Tribunal des baux et loyers a principalement ordonn  A_ SA de procder, dans un dlai de 3 mois ds l'entre en force du jugement, au nettoyage suffisant de l'immeuble sis 1_  Genve, ainsi qu'aux travaux permettant de supprimer les dfauts lis  la prsence d'odeurs nausabondes provenant du local poubelles et  la prsence d'infiltrations d'eau et d'humidit dans la salle de bains et le salon de l'appartement de 4 pices lou par B_ et C_ au 8
me
tage de l'immeuble concern (ch. 1 du dispositif), rduit le loyer de l'appartement en question de 10% du 1
er
fvrier 2016 au 29 janvier 2017, de 15% du 30 janvier 2017 au 1
er
septembre 2019 et de 10% du 2 septembre 2019 jusqu' excution complte des travaux mentionns au chiffre 1 du dispositif (ch. 2). Le Tribunal a ordonn aux Services financiers du Pouvoir judiciaire de librer les loyers consigns en faveur de A_ SA (compte 2_) (ch. 3), a dbout les parties de toutes autres conclusions (ch. 4) et a dit que la procdure tait gratuite pour le surplus (ch. 5).
En substance, les premiers juges ont considr que l'existence de dfauts relatifs au nettoyage de l'immeuble et  la prsence de mauvaises odeurs, ainsi qu' des infiltrations et problmes d'humidit avait t prouve, au contraire des autres dfauts allgus (chauffage, scurit notamment). Le Tribunal a octroy  B_ et C_ une baisse de loyer en consquence jusqu' limination des dfauts. Il a par ailleurs considr que les conditions permettant la consignation du loyer n'taient pas runies et ordonn la libration de ce dernier.
B. a.
Par acte dpos le 6 juillet 2021  la Cour de justice, A_ SA forme appel contre ce jugement, dont elle sollicite l'annulation. Elle conclut  ce que la Cour, ceci fait, renvoie la cause au Tribunal pour complment d'instruction. Subsidiairement, elle conclut  la libration des loyers consigns.
b.
Par acte dpos le 8 juillet 2021, B_ et C_ concluent  l'annulation du chiffre 3 du dispositif et sollicitent que les chiffres 1 et 2 du dispositif soient complts de sorte que des travaux en vue de supprimer le dfaut relatif  l'insuffisance du chauffage soient ordonns et qu'une rduction de 20% de loyer leur soit concde  compter de janvier 2016 pendant les saisons de chauffage et jusqu' complte et parfaite excution des travaux ncessaires  supprimer le dfaut relatif  l'insuffisance de chauffage. B_ et C_ concluent galement  la validation de la consignation de loyer no 2_ ds fvrier 2018 et  ce que l'intgralit du loyer puisse tre consigne jusqu' complte et parfaite excution des travaux demands.
c.
Dans leur rponse du 8 septembre 2021, B_ et C_ persistent dans leurs conclusions sur appel et concluent au dboutement de A_ SA.
d.
Dans sa rponse du 13 septembre 2021, A_ SA persiste dans ses conclusions sur appel et conclut au dboutement de B_ et C_.
e.
Les parties ont rpliqu le 6 octobre 2021. A_ SA a dupliqu le 28 octobre 2021.
f.
Les parties ont t avises le 17 novembre 2021 par le greffe de la Cour de ce que la cause tait garde  juger.
C.
Les faits pertinents suivants rsultent de la procdure :
a.
A_ SA est propritaire de l'immeuble sis 1_  Genve.
L'cole D_, qui compte environ _ tudiants, occupe des locaux au premier tage de l'immeuble depuis 2006.
b.
B_ et C_ sont locataires d'un appartement de 4 pices au 8
me
tage de l'immeuble concern.
Le loyer mensuel a t fix en dernier lieu  1'264 fr. charges non comprises, ds le 1
er
septembre 2010.
c.
A compter du 28 avril 2014, B_ s'est rgulirement plaint 
A_ SA d'odeurs de putrfaction provenant du local  poubelles, causes par les dchets du restaurant se trouvant au rez-de-chausse de l'immeuble.
d.
Par courriel du 7 janvier 2016, plusieurs locataires, dont B_, se sont plaints auprs de A_ SA d'une temprature trop basse dans leurs appartements, les radiateurs tant par ailleurs arrts de 22h  6h, d'un dfaut de propret dans le btiment et d'un problme li aux poubelles du restaurant.
Ces plaintes ont t ritres s'agissant du chauffage insuffisant par courriers des 26 janvier 2016 et 5 janvier 2017.
e.
A_ SA a rpondu le 8 fvrier 2016 que l'immeuble tait suffisamment chauff, le relev des tempratures effectu au dernier tage faisant tat de tempratures oscillant, de jour comme de nuit, entre 20,8 et 26,5 degrs.
f.
Par courriels des 30 janvier, 9 et 22 fvrier 2017, B_ a avis la rgie de la prsence de moisissures au plafond, dans la chambre  coucher, la salle de bains et les WC de son appartement.
g.
Le 19 aot 2017, le Service d'incendie et de secours de la Ville de Genve et la Police municipale sont intervenus dans l'immeuble concern pour une odeur suspecte et ont constat qu'il s'agissait d'une trs forte odeur de poubelles.
h.
De nouvelles plaintes collectives ont t adresses  A_ SA les 12 et 14 dcembre 2017 au sujet du chauffage. Les signataires, dont B_ et C_ ne faisaient pas partie, menaaient de consigner leur loyer de fvrier 2018 en cas d'inaction avant le 20 janvier 2018.
Des courriers de mise en demeure avec menace de consignation du loyer ont t adresss  la rgie les 29 dcembre 2017 et 6 janvier 2018 par B_ et C_, visant  ce que le chauffage soit suffisant avant le 20 janvier 2018.
i.
La rgie leur a notamment rpondu le 11 janvier 2018 qu'elle avait mandat une entreprise spcialise en ferblanterie-couverture afin d'investiguer au niveau de la toiture.
j.
Le 25 janvier 2018, B_ et C_ ont consign le loyer ds le mois de fvrier 2018 (compte 2_).
k.
Par requte adresse le 26 fvrier 2018  la Commission de conciliation en matire de baux et loyers, B_ et C_ ont assign A_ SA en validation de la consignation du loyer, en excution des travaux permettant de rtablir un chauffage suffisant et en rduction de loyer  raison de 30% pendant la priode hivernale depuis octobre 2014 (cause C/4426/2018).
l.
Suite  une plainte du 16 avril 2018 de B_ en relation avec la prsence de moisissures dans le hall d'entre de son appartement, la rgie a sollicit le 18 avril 2018 l'tablissement de devis en relation avec un dgt d'eau et la rfection des peintures, notamment dans l'appartement de B_ et C_.
m.
Par courriel du 4 juin 2018, B_ a inform la rgie de la prsence d'une flaque d'eau dans son salon le 31 mai 2018 et de moisissures sous le plan de travail de la cuisine.
Dans le courant du mois de septembre 2018, des mesures d'asschement ont t prises depuis un appartement du 7
me
tage. Au mois d'octobre 2018, les murs du salon et du hall, ainsi que les plafonds de la salle de bains, des WC et d'une chambre de l'appartement des locataires ont t refaits par l'entreprise E_.
n.
Le 20 aot 2018, la rgie a demand  l'entreprise en charge de la ventilation et du chauffage de modifier les horaires de ventilation, notamment pour l'enclencher la nuit, et d'augmenter le chauffage pour garantir au minimum 17 degrs la nuit.
o.
Plusieurs courriels ont t adresss  la rgie, notamment par B_, les 21 aot, 18 et 19 octobre 2018, pour l'informer d'odeurs nausabondes provenant des poubelles.
p.
Par courrier du 24 octobre 2018, B_ et C_ ont sollicit de A_ SA qu'elle remdie aux dfauts existants, ou  tout le moins qu'elle prenne des engagements fermes dans ce sens avant le 30 octobre 2018. Il s'agissait notamment des dfauts relatifs au chauffage, aux odeurs nausabondes, au nettoyage du btiment et  la prsence d'humidit, aux travaux de peinture et  la ventilation.
q.
Par courriel du 29 octobre 2018, B_ s'est plaint  la rgie du fait qu'il n'avait pas de chauffage depuis le 15 octobre 2018.
r.
Des mesures de temprature et humidit ont t effectues dans l'appartement concern entre le 7 et le 12 novembre 2018. Simultanment, des relevs ont t effectus dans trois autres appartements, dont celui de F_ et un logement vacant. Ces mesures ont t effectues par l'entreprise charge de l'entretien de la chaufferie et du btiment concern, ainsi que par G_, dans le cadre d'un suivi nergtique du btiment dont il rsultait que les appartements taient trs bien chauffs.
Un boitier de la taille d'une pellicule photographique a t install dans la pice  vivre, sur un meuble dans le salon contre le mur ct cuisine.
Juste aprs le dpart des personnes venues les installer, B_ a dplac les capteurs pour les mettre dans sa chambre, sur la table basse, contre l'armoire ct nord. Il ne les a ensuite plus touchs.
s.
Non concilie le 13 novembre 2018, la cause C/4426/2018 a t porte devant le Tribunal le 13 dcembre 2018.
B_ et C_ ont notamment conclu  la validation de la consignation,  ce qu'il soit ordonn  A_ SA de procder,  ses frais et dans les rgles de l'art,  tous les travaux permettant de supprimer le dfaut relatif  l'insuffisance de chauffage, et ce dans les 30 jours ds la rception du jugement,  une rduction de loyer de 30% pendant les saisons de chauffage, depuis octobre 2014 jusqu' parfaite excution des travaux, et  la dconsignation des loyers en faveur de A_ SA une fois les travaux effectus, sous dduction de la somme correspondant  la rduction de loyer due aux locataires.
t.
Par contrat prenant effet au 1
er
janvier 2019, l'entreprise H_ SA a t charge de la conciergerie de l'immeuble concern, selon un cahier des charges dfini. Ce dernier prvoit notamment un nettoyage bi-hebdomadaire du hall d'entre et hebdomadaire des escaliers et paliers.
u.
Par courrier du 1
er
fvrier 2019, B_ et C_ ont mis en demeure
A_ SA de supprimer les dfauts avant le 25 fvrier 2019, notamment ceux ayant trait aux odeurs nausabondes Ð en dpit du fait que les dchets du restaurant avaient t retirs du local poubelles Ð, au caractre insuffisant du nettoyage des parties communes, aux infiltrations d'eau et  l'humidit (notamment baignoire et carrelage mural de la salle de bains) et  l'insuffisance des travaux de peinture effectus.
v.
Le 15 mars 2019, huit habitants de l'immeuble, dont B_, se sont plaints de tempratures trop froides dans leur logement, la baisse de tempratures tant d'autant plus importante ds minuit car les radiateurs taient pratiquement teints.
w.
Par requte du 1
er
avril 2019, dclare non concilie  l'audience de la Commission de conciliation du 17 mai 2019 et porte devant le Tribunal le 17 juin 2019 (cause C/4_/2019), B_ et C_ ont notamment conclu  la validation de la consignation de loyer no 2_ ds mars 2019,  ce qu'il soit ordonn  A_ SA de procder,  ses frais et dans les rgles de l'art, dans les 30 jours ds rception du jugement,  tous les travaux permettant de supprimer les dfauts suivants : problmes de scurit du btiment, prsence d'odeurs nausabondes provenant du local poubelle, nettoyage insuffisant du btiment, prsence d'infiltrations d'eau et d'humidit dans la salle de bains et dgts sur les murs et carrelage, dysfonctionnement de la ventilation de l'immeuble et de l'appartement et insuffisance de l'approvisionnement en eau chaude,  ce qu'elle y soit condamne en tant que de besoin,  ce qu'il soit dit que l'intgralit du loyer pourra tre consigne jusqu' complte et parfaite excution des travaux susmentionns,  une rduction de loyer de 25% ds fvrier 2016 et jusqu' parfaite excution des travaux et  la dconsignation des loyers en faveur de A_ SA une fois les travaux effectus, sous dduction de la somme correspondant  la rduction de loyer due aux locataires.
x.
Dans sa rponse du 29 avril 2019 (cause C/4426/2018),
A_ SA a conclu, principalement,  la libration des loyers consigns en sa faveur et au dboutement de B_ et C_ de toutes autres conclusions.
y.
Lors de l'audience du Tribunal du 3 mai 2019 dans la cause C/4426/2018, le conseil de B_ et C_ a sollicit une expertise par thermographie de l'immeuble, idalement au mois de dcembre, ainsi que sur le fonctionnement de la chaudire.
Les parties ont persist dans leurs conclusions et ont t interroges par le Tribunal.
B_ a expos que les problmes de chauffage taient apparus durant l'hiver 2014/2015 et qu'ils avaient t annoncs ds leur apparition. Il ressortait des mesures qu'il avait effectues en fvrier 2018 au moyen d'un appareil de mesures professionnel et d'une application pour smartphone que la temprature s'levait  16 degrs pour un taux d'humidit de 60%. Il utilisait un chauffage lectrique dans la pice o il se trouvait et le dplaait avec lui. Il l'arrtait quand il estimait que la temprature tait agrable, probablement vers les 22-25 degrs. Il lui arrivait de l'utiliser pendant la nuit. Il tait prsent durant toute la priode des relevs effectues en novembre 2018. Il avait dplac les capteurs car les personnes qui les avaient poses avaient refus de les mettre dans la chambre, l o il faisait le plus froid. Il les avait donc mis l o il souhaitait qu'ils soient poss,  1,5 m. d'un radiateur, alors que dans le hall ils taient initialement  proximit de trois radiateurs.
Le reprsentant de A_ SA a dclar qu' sa connaissance, l'installation de chauffage n'avait pas t modifie en 2014.
z.
Le 16 juin 2019, B_ a signal  A_ SA des infiltrations d'eau survenues dans le salon depuis le balcon et dans la salle de bains par la toiture.
Une entreprise est intervenue le 21 juin 2019 pour dterminer l'origine des fuites.
B_ a indiqu  la rgie le 2 aot 2019 avoir dcouvert une nouvelle tche de moisissure derrire un meuble dans le salon.
Un bon de travail a t tabli le 27 aot 2019 visant la rfection des joints de carrelage au-dessus de la baignoire qui semblaient laisser l'eau s'infiltrer.
aa
.
Dans sa rponse du 2 septembre 2019 (dans la cause C/4_/2019), A_ SA a conclu, principalement,  la libration des loyers consigns en sa faveur et au dboutement de B_ et C_ de toutes autres conclusions.
Elle a notamment indiqu que l'entreprise en charge de l'entretien du btiment intervenait une  deux fois par semaine.
bb
.
Par courriel du 4 octobre 2019, B_ a notamment inform la rgie de la prsence de fortes odeurs d'oignons dans son appartement et de l'absence d'eau chaude depuis le milieu de l'aprs-midi.
cc.
Suite  une nouvelle infiltration d'eau dans le salon des locataires survenue le 15 octobre 2019, la Police du feu est intervenue auprs de A_ SA les 18 octobre et 28 novembre 2019 afin que cette dernire identifie la cause des infiltrations d'eau et procde aux travaux ncessaires pour y remdier.
dd.
Lors de l'audience du 22 novembre 2019 dans la cause C/4_/2019, B_ et C_ ont galement conclu  la suppression du problme d'humidit sur le mur du salon et  ce qu'il soit ordonn  A_ SA de procder  ses frais et dans les rgles de l'art aux travaux ncessaires. Pour le surplus, les parties ont persist dans leurs conclusions et ont t interroges par le Tribunal.
B_ a dclar que les containers n'taient jamais nettoys, les odeurs persistaient au fond. Elles taient prsentes dans le local et se rpandaient dans l'immeuble, y compris au 8
me
tage, o elles se concentraient. Parfois, lorsqu'il rentrait  midi, il sentait des odeurs d'oignons, dont il ignorait la provenance. S'agissant de la propret, des amliorations s'taient fait sentir depuis juillet 2019 et le changement d'entreprise. Le trou prsent dans sa baignoire, suite aux travaux effectus conscutivement aux infiltrations d'eau de dcembre 2017, n'avait toujours pas t rpar. Les joints devaient galement tre refaits. Il y avait de la moisissure sur le mur entre le salon et la cuisine. Durant l'anne coule, trois infiltrations d'eau taient survenues au salon depuis le balcon, ce qui avait t constat par une entreprise venue sur place. Au jour de l'audience, les autres moisissures avaient t supprimes mais celles de la salle de bain revenaient.
F_, demanderesse dans les causes parallles C/3_/2018 et C/5_/2019, a dclar que la problmatique des odeurs s'tait amliore, notamment s'agissant des odeurs de poubelles, mais que le nettoyage n'tait pas optimal. Une colonne d'eaux uses s'tait trs rcemment perce au niveau de l'cole, entranant des odeurs trs fortes aux 1
er
et 2
me
tages.
Le nettoyage n'tait pas conforme  ce qui tait prvu par le contrat y relatif. Un seul passage par semaine avait t constat au lieu de deux et des objets se trouvant par terre n'taient pas ramasss. Le concierge ne nettoyait pas les sonnettes, de sorte qu'elle nettoyait la sienne elle-mme.
Elle rencontrait des problmes d'humidit dans la cuisine et une infiltration d'eau tait apparue en t, dans une des chambres. La ventilation avait t rtablie mais pas dans le local poubelles o il n'y avait pas de ventilation.
I_, chauffagiste auprs de J_ SA, en charge du contrat d'entretien de la chaufferie et du btiment concern, entendu comme tmoin, a dclar qu'il n'avait jamais eu de souci dans le btiment,  l'exception de B_ qui se plaignait d'avoir des tempratures non conformes. En cas de problmes de temprature, l'entreprise faisait des enregistrements de tempratures et en fonction de ceux-ci, contrlait l'immeuble au moyen d'une camra thermique. L'utilisation d'une camra sur cet immeuble n'avait pas eu lieu car des enregistreurs avaient dj t poss deux ou trois ans auparavant chez B_ et des tempratures de 22  22,5 degrs avaient t releves. A l'poque de la ptition lance par B_, l'entreprise avait contrl quasiment tous les appartements de l'immeuble; les tempratures taient conformes partout. En principe, lors d'un problme de temprature, l'entreprise vrifiait l'tanchit des fentres. Le tmoin ignorait qui avait pu procder au contrle en l'espce mais aucun problme d'tanchit n'avait t constat et,  chaque prise de mesures, au minimum 21 degrs, temprature de l'atmosphre des pices et non celle des murs, avaient t mesurs.
Le tmoin a dclar que l'volution de l'indice nergtique depuis 2011 tait due  l'volution de diffrents paramtres visant  limiter la consommation du btiment (rglage de la chaudire  la bonne puissance pour qu'elle ne soit pas en surconsommation). Dans le mme temps, l'entreprise avait surveill le btiment pour s'assurer qu'il n'y avait pas de problme et avaient fait des contrles de temprature au moyen d'enregistreurs. Aucun contrle de la temprature des murs extrieurs n'avait eu lieu, car ce n'tait pas quelque chose que l'entreprise faisait habituellement avec des tempratures suprieures  20 degrs.
Les sondes taient toujours places dans les pices  vivre, l o il tait important d'avoir de la chaleur, entre 80 et 100 cm du sol.
S'agissant des courbes de tempratures releves, il n'tait pas normal que celles de l'appartement de B_ bougent si peu. La rduction nocturne et l'augmentation due  l'apport solaire auraient d tre visibles. Le tmoin n'avait jamais connu Ç de plateaux de tempratures È pareils. La temprature releve chez B_ tait de 20 degrs, soit dans les normes. La courbe de l'appartement de la locataire K_ tait normale, mesurant notamment les apports solaires, tout comme dans l'appartement vacant, lesquels n'taient pas prsents chez B_. Les tempratures releves dans les communs, non chauffs, taient similaires  celles de l'appartement de la locataire K_ et laissaient entrevoir des variations de tempratures. S'agissant de l'appartement de F_, le tmoin n'avait pas constat de rduction de nuit ou de variations, ce qui n'tait pas normal. Il ne pouvait pas s'expliquer la courbe plate, il n'avait jamais vu a. Lorsqu'il avait pos l'enregistreur, il avait mesur la temprature de la pice au laser, de 21,5 degrs, temprature qui n'apparaissait jamais sur les relevs. Ë son sens, la seule manire d'obtenir une courbe aussi plate tait de mettre l'enregistreur dans une pice, de fermer le radiateur et d'attendre que le temps passe.
L'humidit chez B_ tait un peu plus leve que chez les autres locataires, alors que celle chez F_ tait similaire  celle de l'appartement vacant.
M_, ingnieur auprs de G_, entendu comme tmoin, a expos qu'en novembre 2018 il avait t amen  intervenir dans l'immeuble concern, lequel tait suivi nergtiquement, sous contrat d'optimisation nergtique, dans le cadre de l'action "L_" (triptyque SIG, chauffagistes et G_). Deux ans auparavant, l'entreprise avait ralis un audit de la chaufferie de l'immeuble; le chauffagiste avait eu un avenant  son contrat d'entretien, soit un avenant d'optimisation avec des objectifs d'conomies  raliser en cherchant un point d'quilibre entre consommation et confort. Suite  des plaintes lies au confort, G_ avait t sollicite dans le cadre d'une task force avec le chauffagiste, avec lequel ils avaient fait des mesures de la temprature et l'humidit dans certains appartements, dont il rsultait,  leur surprise, que les appartements taient trs bien chauffs. Dans les appartements de B_ et F_, la temprature diurne descendait en dessous de 21 degrs. Ces deux courbes ne correspondaient toutefois pas du tout  ce qu'il observait dans un appartement utilis de manire standard prsentant des variations de tempratures (soleil, prsence ou activit de personnes), ce qui s'observait dans l'appartement vacant ou celui de la locataire K_. Chez B_, les tempratures ne variaient quasiment pas pendant 8h les trois premiers jours alors que les appareils faisaient des mesures toutes les 10 minutes, au 10
me
de degr, ce qui tait physiquement difficile  expliquer, sauf dans des atmosphres contrles. L'humidit tait plus leve chez B_ que dans les autres appartements (entre 60% et 70% au lieu de 50%), pouvant s'expliquer soit par un nombre lev de personnes dans l'appartement, soit par la prsence d'un humidificateur, ce que B_ a contest avoir chez lui. Il lui semblait avoir choisi de placer la sonde dans le salon, et non dans le couloir chauff par trois radiateurs, si possible sur un meuble,  environ 120 cm de hauteur et loin d'un vitrage.
Le tmoin ne comprenait pas les rsultats des mesures faites dans l'appartement de F_, car un btiment Ç vivait È entre le jour et la nuit. Il observait galement qu' la fin de la priode de mesure, quelques heures avant la rcupration des appareils, la temprature augmentait et l'humidit diminuait. La temprature releve pouvait correspondre  celle d'une cave, mais ce n'tait qu'une hypothse pouvant expliquer que la temprature et l'humidit ne variaient pas et n'taient pas influences par des prsences. Mme lorsqu'un appartement tait vide, ils observaient des variations notamment influences par les appartements voisins et le climat extrieur. Une telle courbe ne pouvait pas s'expliquer, mme avec les stores ferms pendant toute la priode, tant prcis que dans l'appartement vacant, la temprature oscillait entre 22 et 25 degrs avec 50% d'humidit.
Les appareils utiliss avaient  peine une anne et fonctionnaient bien, de sorte que les mesures n'avaient pas t rptes. Dans le cadre de son mandat, l'entreprise n'avait pas t amene  valuer l'isolation extrieure du btiment.
ee
.
A l'issue de l'audience du 29 novembre 2019, le Tribunal a joint la cause C/4_/2019  la cause C/4426/2018.
ff
.
En date du 11 dcembre 2019, B_ et C_ ont produit un charg de pices complmentaire comprenant notamment des extraits SITG de l'indice nergtique de l'immeuble entre 1993 et 2017 et du rayonnement de la toiture de l'immeuble concern, dont il rsulte que l'indice nergtique de l'immeuble a baiss  partir de 2014.
gg
.
Un bon de travail a t mis par la rgie le 25 fvrier 2020, visant la rfection de la toiture et des terrasses de l'immeuble.
hh
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Suite  l'annonce par B_ le 9 mars 2020 de la survenance d'une nouvelle infiltration d'eau par le balcon conscutivement  des pluies le 5 mars 2020, la rgie a mis un bon de travail le 10 mars 2020 visant  contrler l'tanchit de la fentre du sjour.
Un bon de travail portant sur la rfection du mur du salon touch par la moisissure a t dlivr le 26 juin 2020.
B_ a ensuite refus que les travaux prconiss, soit la modification du joint de la porte-fentre du salon afin de permettre l'aration du logement, soient effectus, au motif qu'ils entraneraient des infiltrations d'odeurs de fume provenant de la pizzeria.
ii.
Par courriel du 3 aot 2020, B_ s'est plaint  la rgie de la prsence d'odeurs nausabondes provenant du local  poubelles.
jj
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En date du 28 aot 2020, B_ a inform la rgie de la survenance d'infiltrations d'eau, le 13 aot 2020, dans le salon, en provenance du balcon, et dans la salle de bains, depuis le toit.
kk
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Lors des audiences des 25 septembre et 6 novembre 2020, le Tribunal a procd  l'audition de onze tmoins.
S'agissant du chauffage
Les tmoins N_, habitant de l'immeuble concern, et O_, directeur de l'cole D_, n'ont pas fait tat de problmes lis au chauffage.
Les tmoins P_, Q_, R_ et S_, tous habitants de l'immeuble concern, ont dclar rencontrer des problmes de chauffage, dans leur appartement ou dans une des pices de celui-ci. P_ et R_ n'avaient jamais mesur la temprature. La premire a expos avoir froid chez elle le matin et le second a prcis qu'il ne pouvait pas se tenir en t-shirt chez lui.
Q_ a dclar qu'il faisait froid dans son appartement, pas plus de 20 ou 21 degrs.
S_ a expos que,  la demande de la rgie, des mesures de temprature avaient t effectues dans sa chambre o il faisait froid. Celles-ci rvlaient une temprature suffisante selon la rgie mais insuffisante  son sens.
Les tmoins prcits avaient tous sign une ou plusieurs ptitions  l'attention de la rgie concernant l'insuffisance du chauffage.
T_, ami de B_, se rendant rgulirement chez ce dernier, avait constat un problme de chauffage et eu un sentiment de froid en dcembre 2018 en dormant dans le salon tout habill avec une couverture. Il n'avait alors pas mesur la temprature. Lors d'une visite en soire en dcembre 2019, il avait ressenti le froid dans la chambre de B_, alors mme qu'il portait une veste.
U_, grant auprs de la rgie en charge de l'immeuble de janvier 2018  l'automne 2019 a indiqu que, pendant cette priode, il avait reu normment de plaintes relatives au chauffage et  l'eau chaude, essentiellement de B_ et F_. Ë chaque fois le chauffage et l'eau chaude fonctionnaient correctement. Pour le chauffage, ils avaient procd  des relevs de temprature dans les appartements mais pas effectu d'investigations plus pousses en lien avec un ventuel problme d'isolation ou d'ventuels ponts de froid.
S'agissant de la propret et des odeurs
Les tmoins O_, P_, Q_, R_ et S_ ont tous fait tat d'un problme de fortes odeurs de poubelles dans l'entre de l'immeuble, qui se rpandaient parfois dans l'ascenseur et les couloirs des premiers tages de l'immeuble,  tout le moins.
T_ avait constat des odeurs d'ordures assez fortes en rentrant dans l'ascenseur de l'immeuble, dj perceptibles en ouvrant la porte d'entre de l'immeuble.
P_ n'avait pas constat de problme de propret de l'immeuble et voyait des gens nettoyer.
Les tmoins Q_, R_ et S_ ont fait tat de problmes de propret dans l'immeuble, bien que ce dernier tmoin ait prcis que la situation s'tait amliore.
Le tmoin O_ a expos s'tre plaint auprs de la rgie de problmes de propret de l'immeuble. Devant l'cole au 1
er
tage et dans l'entre au rez-de-chausse, des luminaires taient dfectueux. Il se dgageait parfois une impression que l'immeuble n'tait pas entretenu et sale, notamment en raison de la prsence de miettes et papiers par terre dans l'ascenseur, ce dernier n'tant manifestement pas lav.
U_ a expos que, dans le cadre de son activit et suite  une ptition signe par plusieurs locataires concernant la propret et la scurit de l'immeuble, il s'tait rendu assez rgulirement sur place mais n'avait constat aucun problme de salet ou d'odeurs, mme s'il tait vident qu'en fin de journe, aprs le passage d'une centaine d'lves, des traces persistaient jusqu'au 1
er
tage. Les plaintes lies  la propret et la scurit provenaient de F_ et B_ exclusivement,  l'exception de l'cole D_ pour les aspects relatifs  sa propre entre. L'entreprise en charge du nettoyage intervenait deux fois par semaine pour nettoyer les parties communes de l'immeuble conformment au contrat de conciergerie applicable. Il n'avait pas constat de mauvaises odeurs manant du local poubelles, lequel tait ferm.
V_, responsable de site auprs de H_ SA, a expos avoir d intervenir une fois pour un problme de poubelles suite  une modification du jour de collecte des dchets par la Ville de Genve, laquelle n'avait plus lieu les jours fris depuis deux ou trois ans. Ce changement avait engendr des problmes d'odeurs et d'encombrement du local poubelles de l'immeuble. Suite  des remarques de la part de la grance concernant la propret de l'immeuble, il avait envoy ses quipes sur place pour faire le nettoyage. L'employ charg du nettoyage de l'immeuble au dbut du contrat lui avait rapport que des gens dormaient au premier tage de l'immeuble vers l'cole, de sorte qu'il passait quotidiennement nettoyer avant l'ouverture de l'cole.
S'agissant des infiltrations d'eau
U_ a confirm que d'autres pices en plus de la salle de bains taient touches par des infiltrations d'eau. Le mur du hall attenant  la salle de bains tait plus touch que les autres. B_ l'avait couvert avec du journal, ce qui avait entran des moisissures. A son sens, pour ce mur-l, la cause des infiltrations d'eau tait lie aux joints de la baignoire. L'intervention de l'entreprise E_ en octobre 2018 n'avait pas suffi  rgler le problme de dgts d'eau chez B_ qui continuait  signaler  la rgie des infiltrations, principalement dans la zone vers la porte-fentre du balcon. De nombreux travaux avaient t entrepris chez la voisine de B_, la locataire K_, laquelle avait t particulirement touche. A cette occasion, la rgie avait fait contrler l'tanchit de la terrasse de la prcite, de mme que celle de B_ et tout tait en ordre chez ce dernier. Pour plus de scurit, vu que les terrasses taient orientes sud-ouest, la rgie avait fait poser des pares-temptes au bas des portes fentres pour empcher l'eau de rentrer. Il ne se souvenait pas avoir vu un revtement pos par B_ sur les dalles de la terrasse.
O_ a fait tat de frquents problmes d'infiltration d'eau. Le plafond s'effondrait chaque anne  plusieurs endroits. Il avait signal un gros dgt des eaux en novembre 2019, mais la situation s'tait amliore depuis lors.
P_ a dclar que depuis sept ans, elle signalait  la rgie la prsence de moisissures dans la chambre de sa fille. Au salon, elle avait moins de moisissures mais en cas de forts orages, de l'eau coulait depuis le toit. Les dernires infiltrations remontaient au 15 juin 2019, puis au 13 aot 2020, mais de manire moins importante pour cette dernire fois mme s'il y avait une flaque au milieu du salon.
Q_ n'avait pas eu de problmes d'infiltration d'eau.
W_, directeur de l'entreprise E_, a expos que lors des travaux de remplacement du papier peint et de rfection des peintures effectus dans l'appartement concern en octobre 2018, les murs taient secs. L'appartement avait t remis totalement en tat suite  l'infiltration et il n'avait pas t procd  des retouches ou des reprises de ces travaux.
ll
.
Le Tribunal a imparti un dlai  B_ et C_ pour produire des pices et a annonc qu'il clturerait l'administration des preuves  leur rception. Il a galement imparti un dlai aux parties pour dposer leurs plaidoiries finales crites.
mm.
Par critures du 15 janvier 2021, A_ SA a conclu, principalement,  la libration des loyers consigns en sa faveur et au dboutement de B_ et C_ de toutes autres ou contraires conclusions.
Elle a notamment allgu que les infiltrations en provenance du balcon taient exclusivement causes par la prsence d'un revtement pos par B_ et C_ sur leurs deux balcons, lequel empchait manifestement l'coulement normal de l'eau dans les grilles d'vacuation prvues  cet effet.
nn
.
Par critures du 2 fvrier 2021, B_ et C_ ont conclu, principalement,  la validation de la consignation,  ce qu'il soit ordonn  A_ SA de procder,  ses frais et dans les rgles de l'art, dans les 30 jours ds la rception du jugement,  tous les travaux permettant de supprimer le dfaut relatif  l'insuffisance de chauffage et  tous les travaux permettant de supprimer notamment les dfauts suivants : prsence d'odeurs nausabondes provenant du local poubelles, nettoyage insuffisant du btiment, prsence d'infiltrations d'eau et d'humidit dans la salle de bains et le salon,  ce qu'il soit dit que l'intgralit du loyer pourra tre consigne jusqu' complte et parfaite excution des travaux susmentionns,  une rduction de loyer de 30% pendant les saisons de chauffage, depuis janvier 2016 et jusqu' complte et parfaite excution des travaux sollicits, et  une rduction de loyer de 25% ds fvrier 2016 et jusqu' complte et parfaite excution des autres travaux sollicits.
oo
.
A_ SA a rpliqu par critures du 24 fvrier 2021.
pp.
Par critures du 24 fvrier 2021, B_ et C_ ont rpliqu.
A l'appui de leurs conclusions, ils ont notamment prcis que des infiltrations d'eau taient survenues en aot et octobre 2020, alors mme que le revtement litigieux des balcons avait t enlev.
qq
.
Le Tribunal a ensuite gard la cause  juger.

EN DROIT
1.
1.1
La dcision attaque est une dcision finale de premire instance.
Selon la jurisprudence constante du Tribunal fdral, les contestations portant sur l'usage d'une chose loue sont de nature pcuniaire (arrt du Tribunal fdral
4A_388/2016
du 15 mars 2017 consid. 1).
L'appel est recevable si la valeur litigieuse au dernier tat des conclusions est de 10'000 fr. au moins (art. 308 al. 1 lit. a et al. 2 CPC).
En l'espce, les intims ont conclu  une baisse de loyer de 30% ds janvier 2016 pour les saisons de chauffage et  une baisse de loyer supplmentaire de 25% ds fvrier 2016. La rduction de loyer relative au chauffage reprsente, annuellement,  tout le moins, un montant de 1'896 fr. (15'168 fr. x 25% /
12 X 6
= 1'896 fr.), de sorte qu'elle permet dj d'atteindre le seuil fix par la loi. La valeur litigieuse est ainsi suprieure  10'000 fr. La voie de l'appel est ouverte.
1.2
Les appels ont t interjets dans le dlai et suivant la forme prescrits par la loi (art. 130, 131, 311 al. 1 CPC). Ils sont ainsi recevables.
Dirigs contre le mme jugement, ils seront traits dans le mme arrt. Pour des raisons de simplification et clart, A_ SA sera dsigne comme l'appelante et B_ et C_ comme les intims.
1.3
L'appel peut tre form pour violation du droit (art. 310 let. a CPC) et constatation inexacte des faits (art. 310 let. b CPC). L'instance d'appel dispose ainsi d'un plein pouvoir d'examen de la cause en fait et en droit; en particulier, le juge d'appel contrle librement l'apprciation des preuves effectue par le juge de premire instance (art. 157 CPC en relation avec l'art. 310 let. b CPC) et vrifie si celui-ci pouvait admettre les faits qu'il a retenus (ATF
138 III 374
consid. 4.3.1).
1.4
Selon l'art. 243 al. 2 let. c CPC, la procdure simplifie s'applique aux litiges portant sur des baux  loyer d'habitations et de locaux commerciaux en ce qui concerne la consignation du loyer, la protection contre les loyers abusifs, la protection contre les congs ou la prolongation du bail. La maxime inquisitoire sociale rgit la procdure (art. 247 al. 2 let. a CPC).
2.
L'appelante a produit une pice nouvelle.
2.1
Aux termes de l'art. 317 al. 1 CPC, les faits et moyens de preuve nouveaux ne sont pris en compte que s'ils sont invoqus ou produits sans retard (let. a) et s'ils ne pouvaient pas tre invoqus ou produits devant la premire instance bien que la partie qui s'en prvaut ait fait preuve de la diligence requise (let. b). Les deux conditions sont cumulatives (Jeandin, Code de procdure civile comment, Ble, 2011, n. 6 ad art. 317 CPC). S'agissant des vrais novas, soit les faits et moyens de preuve postrieurs  la fin des dbats principaux de premire instance (cf. art. 229 CPC), ils sont en principe toujours admissibles en appel, pourvu qu'ils soient invoqus sans retard ds leur dcouverte. Quant aux pseudo nova, soit les faits et moyens de preuve qui existaient dj au dbut des dlibrations de premire instance, leur admissibilit est largement limite en appel : ils sont irrecevables lorsque le plaideur aurait dj pu les introduire dans la procdure de premire instance s'il avait t diligent (ATF
143 III 42
consid. 4.1; arrt du Tribunal fdral
4A_508/2016
du 16 juin 2017 consid. 4.1). Le plaideur qui fait valoir des pseudo nova devant l'instance d'appel doit exposer prcisment les raisons pour lesquelles il ne les a pas invoqus en premire instance (ATF
144 III 349
consid. 4.2.1 p. 351).
2.2
En l'espce, l'appelante a produit un constat d'huissier portant sur diverses visites  l'immeuble litigieux et certifiant l'absence de mauvaises odeurs provenant du local poubelle en dates des 2 et 7 juillet, 10, 16 et 19 aot 2021.
Dans la mesure o la pice nouvelle se rapporte  la continuit de l'tat de fait au moment du dpt de l'appel, elle ne pouvait tre dpose antrieurement. Elle a par ailleurs t produite immdiatement, de sorte qu'elle sera recevable sans prjudice de sa pertinence.
3.
L'appelante reproche au Tribunal d'avoir viol le droit  la preuve en ne tenant pas compte des pices qu'elle avait produites, en refusant la tenue d'une inspection locale, propre  son sens  dmontrer l'absence d'infiltrations d'eau dans le logement des intims et en considrant que l'existence desdites infiltrations avait t prouve par les intims.
3.1
Garanti aux art. 29 al. 2 Cst. et 53 CPC, le droit d'tre entendu comprend en particulier le droit pour le justiciable de s'expliquer avant qu'une dcision ne soit prise  son dtriment, de fournir des preuves quant aux faits de nature  influer sur la dcision, d'avoir accs au dossier, de participer  l'administration des preuves, d'en prendre connaissance et de se dterminer  leur propos (ATF
135 II 286
consid. 5.1;
135 I 187
consid. 2.20;
129 II 497
consid. 2.2). Lorsqu'une prtention relve du droit fdral, le droit  la preuve est rgi de manire spciale par l'art. 8 CC, et non par l'art. 29 al. 2 Cst. (arrts du Tribunal fdral
4A_629/2010
du 2 fvrier 2011 consid. 2.2;
5A_726/2009
du 30 avril 2010 consid. 3.1 et la rfrence cite).
3.2
La preuve a pour objet les faits pertinents et contests (art. 150 al. 1 CPC). Toute partie a droit  ce que le tribunal administre les moyens de preuve adquats proposs rgulirement et en temps utile (art. 152 al. 1 CPC).
A teneur de l'art. 8 CC, chaque partie doit, si la loi ne prescrit le contraire, prouver les faits qu'elle allgue pour en dduire son droit. L'art. 8 CC consacre un droit des parties, dans les matires rgles par le droit civil fdral,  l'administration des preuves sur les faits pertinents (ATF
133 III 295
consid. 7.1).
L'art. 8 CC confre un droit  la preuve pour autant que le justiciable cherche  tablir un fait pertinent pour l'apprciation juridique de la cause et qu'il propose une mesure probatoire adquate, rgulirement offerte dans les formes et dlais prvus par la loi de procdure applicable. Le juge peut refuser une mesure probatoire lorsqu'il est parvenu  se forger une conviction exempte d'arbitraire sur la base des preuves dj recueillies et qu'il conclut sans arbitraire que la mesure requise ne conduirait pas  modifier sa conviction (arrt du Tribunal fdral
4A_390/2012
du 13 novembre 2012 consid. 2.2 et les arrts cits).
L'art. 8 CC n'est pas viol lorsque le juge refuse une mesure probatoire  la suite d'une apprciation anticipe des preuves ou pour le motif qu'il s'agirait de prouver un fait dj tabli ou un fait sans pertinence (ATF
129 III 18
consid. 2.6 p. 24 ss et les arrts cits).
Un fait n'est tabli que si le juge en est convaincu (arrts du Tribunal fdral
4A_491/2008
du 4 fvrier 2009 consid. 3;
5C_63/2002
du 13 mai 2002 consid. 2). Le tribunal tablit sa conviction par une libre apprciation des preuves administres (art. 157 CPC). Ce faisant, le tribunal dcide d'aprs sa conviction subjective personnelle si les faits se sont produits ou non, c'est--dire s'ils sont prouvs ou non (Hohl, Procdure civile, Tome I, 2001, n. 1105). Le juge forge sa conviction sur la base de sa seule apprciation de toutes les preuves qui auront t runies au cours de la phase probatoire (ATF
132 III 109
consid. 2; Jeandin, L'administration des preuves, in Le Code de procdure civile, aspects choisis, 2011, p. 93).
L'apprciation des preuves par le juge consiste, en tenant compte du degr de la preuve exig,  soupeser le rsultat des diffrents moyens de preuves administrs et  dcider s'il est intimement convaincu que le fait s'est produit, et partant, s'il peut le retenir comme prouv (arrt du Tribunal fdral
5A_812/2015
du 6 septembre 2015 consid. 5.2).
Selon la jurisprudence, il n'y a violation du principe de la libre apprciation des preuves que si le juge dnie d'emble toute force probante  un moyen de preuve ou s'il retient un fait contre son intime conviction; en revanche, une apprciation des preuves fausse, voire arbitraire, ne viole pas le principe de la libre apprciation des preuves (ATF
143 III 297
consid. 9.3.2; arrts du Tribunal fdral
4A_607/2015
du 4 juillet 2016 consid. 3.2.2.2;
4A_165/2009
du 15 juin 2009 consid. 5).
3.3
S'agissant des odeurs de poubelles et concernant le nettoyage de l'immeuble, l'appelante soutient que le Tribunal n'aurait pas d se fonder sur les tmoignages des habitants de l'immeuble, ni apprcier celui du grant avec retenue, et tait tenu de procder  une inspection locale.
Les plaintes manant des locataires de l'immeuble concernant les odeurs provenant du local  poubelles, ainsi que du nettoyage insuffisant datent des 28 avril et 22 juillet 2014, 7 janvier 2016, 8 fvrier, 21 aot, 18, 19 et 24 octobre 2018, 1
er
fvrier et 4 octobre 2019 et 3 aot 2020 signalant cette problmatique et sollicitant que des mesures soient prises afin d'y remdier.
A cela s'ajoute l'intervention du Service d'incendie et de secours de la Ville de Genve intervenu dans l'immeuble en raison d'une odeur suspecte qui s'tait avre provenir du local  poubelles.
Les tmoins habitant l'immeuble ont confirm l'existence d'odeurs de poubelles. Quand bien mme la perception des odeurs peut tre considre comme subjective et propre  chacun, ainsi que le relve l'appelante, les divers tmoignages concordent quant  la prsence rcurrente d'odeurs de poubelle. Le fait que le tmoignage de U_, ancien employ de la rgie et se rendant occasionnellement sur place, doit tre considr avec retenue et n'emporte pas la conviction. Le tmoin V_, responsable de nettoyage de l'immeuble, a, quant  lui, galement admis qu'il y avait eu des problmes d'odeurs et d'encombrement du local poubelles de l'immeuble.
Plusieurs habitants de l'immeuble ont galement confirm des carences de nettoyage, notamment des containers  poubelles, bien que des amliorations aient t constates. Si le tmoin U_ a au contraire attest de l'absence de problmes de nettoyage, il a reconnu l'existence de salet parfois jusqu'au premier tage. Il n'apparat toutefois pas que son tmoignage soit dterminant, dans la mesure o il ne procdait qu' des visites ponctuelles dans l'immeuble et n'avait pas constat les odeurs de poubelles dont faisaient tat tous les autres tmoins.
Au vu des lments qui prcdent, le constat du Tribunal selon lequel des problmes d'odeurs de poubelles et de nettoyage affectent l'immeuble est fond. Une inspection locale n'aurait rien ajout de pertinent  ce qui prcde.
Enfin, le constat d'huissier produit par l'appelante n'est pas propre  remettre en cause ce qui prcde. En effet, si les quelques visites effectues par l'huissier n'ont pas permis de constater l'existence des dfauts lis  la propret et aux odeurs dans l'immeuble, elles ne suffisent pas  en conclure qu'ils seraient entirement rsorbs et que le nettoyage de l'immeuble serait  ce jour suffisant et satisfaisant.
3.4
S'agissant des infiltrations d'eau, l'appelante fait valoir que le Tribunal s'est essentiellement fond sur les allgations des intims, au dtriment des offres de preuves de l'appelante, les cartant de manire contraire au droit.
Le Tribunal a retenu l'existence de moisissures dans plusieurs pices et d'infiltrations d'eau principalement au salon les jours de fortes pluies sur la base des pices produites. Il a galement considr que l'appelante tait intervenue  plusieurs reprises afin de rechercher l'origine des fuites et avait fait rparer les murs et plafonds touchs, notamment  l'automne 2018, ce qui n'est au demeurant pas contest par les parties. Le tmoin U_ a par ailleurs confirm que l'intervention de l'automne 2018 n'avait pas rgl le problme, puisque de nouvelles infiltrations et moisissures avaient par la suite t rapportes. Les intims se sont en effet plaints d'infiltrations et de moisissures  plusieurs reprises, la dernire fois durant l't 2020. Il ne ressort par ailleurs pas de l'audition du tmoin W_ que son intervention avait pour but de trouver la source du problme d'infiltration et d'humidit et de le rgler.
Il ne ressort par ailleurs ni des pices verses  la procdure ni des dclarations du tmoin U_ que le revtement pos sur la terrasse par les intims obstruait les vacuations d'eau, de sorte que rien ne dmontre que tel aurait t le cas. Ledit revtement ne peut ds lors tre considr comme la cause des problmes d'humidit Ð au demeurant multiples et rcurrentes tant chez les intims que dans les appartements voisins.
Les tmoins O_, P_ et F_, ont confirm avoir subi ou subir des dgts lis  des infiltrations d'eau. Certes, ces tmoins pourraient potentiellement avoir un intrt  l'issue de la prsente procdure ; ce seul fait n'est toutefois pas suffisant pour questionner leurs tmoignages dans la mesure o ils apparaissent conformes et en adquation avec d'autres lments de fait. De plus, le tmoin U_ a, lui aussi, fait tat de problmatiques d'infiltration dans un autre appartement de l'immeuble.
Mme si le Tribunal n'a pas dtaill les preuves retenues et sur lesquelles il a fond sa conviction, l'existence d'inondations et de moisissures est prouve tant par les pices que par les tmoignages qui la corroborent, mme apprcis avec retenue. Il n'a par ailleurs pas t dmontr que le problme aurait t rsolu, dans la mesure o aucune pice, ni aucune dclaration ne le confirme, contrairement  ce que prtend l'appelante. Si la survenance plus rcente d'infiltrations n'est pas tablie, cela ne signifie pas encore que le problme serait rgl et n'est plus susceptible de se reproduire lors d'un prochain pisode pluvieux. Il dcoule de ce qui prcde que tant l'administration que l'apprciation des preuves qui ont t faites par les premiers juges ne prtent le flanc  la critique.
Le Tribunal tait fond  refuser l'inspection locale sollicite par l'appelante, cette mesure d'instruction n'tant pas propre  remettre en cause sa conviction.
Infonds, les griefs de l'appelante seront rejets.
4.
L'appelante reproche au Tribunal d'avoir octroy aux intims une rduction de loyer en retenant  tort l'existence de dfauts. Toutefois, au-del du titre de ce grief, elle ne discute pas la quotit de la rduction accorde, mais uniquement son principe, arguant de l'absence de dfauts lis aux odeurs, au nettoyage de l'immeuble et aux infiltrations d'eau. L'appelante ne discute pas davantage la qualification de dfauts que le Tribunal a retenue quant aux problmatiques constates.
Ainsi, au vu du raisonnement qui prcde et compte tenu du constat de l'existence desdits dfauts, le grief formul est infond.
5.
Les intims reprochent au Tribunal d'avoir viol le droit  la preuve et d'avoir constat les faits de manire inexacte en considrant que l'immeuble ne prsentait pas de dfaut en lien avec le chauffage. En ne tenant pas compte des relevs de tempratures, des extraits SITG et des diverses ptitions de locataires produits  la procdure, le Tribunal aurait viol le droit.
5.1
Lorsqu'apparaissent des dfauts de la chose loue qui ne sont pas imputables au locataire et auxquels il n'est pas tenu de remdier  ses frais ou lorsque le locataire est empch d'user de la chose conformment au contrat, il peut exiger du bailleur la remise en tat de la chose, une rduction proportionnelle du loyer, des dommages-intrts et la prise en charge du procs contre un tiers. Le locataire d'un immeuble peut en outre consigner le loyer (art. 259a al. 1 et 2 CO).
Le dfaut de la chose loue est une notion relative; son existence dpendra des circonstances du cas particulier; il convient de prendre en compte notamment la destination de l'objet lou, l'ge et le type de la construction, ainsi que le montant du loyer (arrt du Tribunal fdral
4A_281/2009
du 31 juillet 2009 consid. 3.2;
ACJC/181/2010
du 15 fvrier 2010 consid. 2; Wessner, Le bail  loyer et les nuisances causes par des tiers en droit priv, in 12
me
Sminaire sur le droit du bail, 2002, p. 23s.; Higi, Zrcher Kommentar, no 28 ad art. 258 CO).
Un dfaut li au chauffage des locaux lous ne peut donner lieu  une rduction de loyer que pendant les priodes de chauffage (arrt du Tribunal fdral
4A_174/2009
du 8 juillet 2009 consid. 4.2). En principe, une temprature de 18 degrs constitue la limite minimale dans les conditions actuelles d'habitat en de de laquelle on peut voquer une notable diminution de la jouissance des locaux (
ACJC/290/2005
du 14 mars 2005; arrt du Tribunal cantonal vaudois du 15 dcembre 1992, publi in CdB 1995 p. 121). Il y a une part de subjectivit dans la perception du froid, lie aux caractristiques propres  chaque individu. A cet gard, une personne dont la sensibilit au froid n'est pas hors du commun devrait pouvoir se tenir dans son logement sans avoir  revtir des habits particulirement chauds. La Cour a considr qu'il n'tait pas normal pour un logement avec confort que la temprature ne soit que de 17  18 degrs, de sorte que les visiteurs doivent garder leur manteau ou leur veste. L'exprience gnrale de la vie enseignait qu'il s'agit l d'une temprature au-dessous de laquelle l'occupation d'un appartement est inconfortable, mises  part les priodes d'activits mnagres (
ACJC/719/2002
du 31 mai 2002 consid. 3).
Le locataire doit compter, selon le cours ordinaire des choses, avec la possibilit de certaines entraves mineures inhrentes  l'usage de la chose qui ne constituent pas un dfaut. En revanche, si l'entrave est plus importante et sort du cadre raisonnable des prvisions, elle devient un dfaut (
ACJC/1023/2013
).
Le fardeau de la preuve de l'existence du dfaut, de l'avis du dfaut et de la diminution de l'usage de l'objet lou appartient au locataire (art. 8 CC;
ACJC/861/2020
du 22 juin 2020 consid. 3.1.2). Pour le surplus, les rgles relatives  l'tablissement des faits et  la preuve figurent ci-dessus sous considrant 3, de sorte qu'il convient de s'y rfrer.
5.2
En l'espce, la temprature de l'immeuble a t modifie dans le cadre d'un contrat d'optimisation d'nergie mis en place ds 2016 et qui a impliqu des rglages entranant une baisse globale du chauffage. Ces modifications ont t suivies de plaintes de plusieurs locataires, dont les intims, en janvier 2016, janvier et dcembre 2017 et mars 2019. Les intims se sont galement plaints du chauffage insuffisant les 24 et 29 octobre 2018. Les tmoins P_, Q_, R_ et S_ ont attest de ce que le chauffage tait,  leur sens, insuffisant, sans avoir procd  des mesures de tempratures. Ces dclarations doivent ainsi tre relativises dans la mesure o ces ressentis sont subjectifs : le tmoin Q_ a estim la temprature de son logement  environ 20-21 degrs insuffisante et le tmoin R_ a prcis ne pas pouvoir se tenir en t-shirt dans son canap. Le tmoin T_ a attest de tempratures ressenties  deux occurrences, ce qui ne saurait tre reprsentatif. Les tmoins N_ et O_ ont dclar ne pas avoir de problmes de chauffage.
Ces tmoignages, tout comme les pices figurant  la procdure, notamment les courriers adresss par plusieurs locataires  la rgie et mentionns ci-dessus dmontrent une insatisfaction quant au chauffage qui aurait baiss quelques annes auparavant. Toutefois, ni les tmoignages, ni les plaintes des locataires, ni les relevs SITG ne permettent de dmontrer que le chauffage serait objectivement insuffisant et constitutif d'un dfaut selon les critres tablis par la loi et la jurisprudence et rappels ci-dessus.
Le tmoin I_, en charge du chauffage de l'immeuble, a expos avoir procd  des mesures deux ou trois ans avant son audition et n'avoir pas observ d'anomalies, les tempratures tant de 21 degrs minimum.
Des mesures de tempratures ont t effectues dans l'appartement des intims et trois autres situs dans l'immeuble litigieux, dont un appartement vacant, en novembre 2018 par l'entreprise charge de l'entretien de la chaufferie et du btiment concern, ainsi que par G_. Certes, ces mesures ont enregistr des tempratures infrieures  20 degrs dans l'appartement des intims et celui de leur voisine F_. Toutefois, ainsi que l'a expliqu le tmoin I_, la variation de temprature dans l'appartement des intims et de leur voisine prcite tait quasi nulle et ne correspondait pas  la courbe normale et aux variations de temprature entre le jour et la nuit. Chez F_ le relev de la temprature de la pice au laser faisait tat de 21,5 degrs. Dans l'appartement vacant, la temprature oscillait entre 22 et 25 degrs avec 50% d'humidit.
Le tmoin M_ s'est montr tonn des rsultats prcits dans les appartements des intimes et de leur voisine F_, qu'il ne parvenait pas  s'expliquer. Les appareils utiliss taient peu usags et fonctionnaient bien, raison pour laquelle les mesures n'avaient pas t rptes. B_ a quant  lui expliqu avoir dplac un des capteurs de son appartement, de sorte qu'il n'apparat pas contraire au droit que le Tribunal ait retenu que les mesures y relatives ne pouvaient tre considres comme dmontrant un chauffage insuffisant.
Il ne ressort pas de ces lments que la temprature de l'appartement des intims serait trop basse et partant constitutive d'un dfaut, quand bien mme elle ne serait pas pleinement satisfaisante. Les difficults rencontres  la lecture des rsultats des relevs prcits ne dmontrent pas encore de problme de chauffage constitutif de dfaut. Quand bien mme ces mesures devaient tre prises avec prudence compte tenu de leurs rsultats inhabituels, il appartenait aux intims d'apporter la preuve du dfaut, ce qu'ils n'ont pas fait.
A cet gard, les photographies de relevs verses  la procdure par les intims ne suffisent pas  contredire les lments qui prcdent, ni  estimer que l'intime conviction des premiers juges reposerait sur une apprciation arbitraire des preuves. C'est ainsi  bon droit qu'ils ont retenu, sur la base des lments figurant  la procdure, que les intims n'avaient pas dmontr que le chauffage de leur appartement tait insuffisant et,  cet gard, constitutif d'un dfaut.
Partant, le jugement entrepris sera confirm sur ce point galement.
6.
Enfin, les intims considrent que le Tribunal a viol la loi en estimant que les conditions d'une consignation du loyer  compter de fvrier 2018 n'taient pas runies au vu de l'absence de dfaut en matire de chauffage. Ils relvent que la mise en demeure du 1
er
fvrier 2019 pour les autres dfauts relevs tait valable et que la consignation du loyer aurait d tre valide  compter du 1
er
mars 2019 pour les dfauts admis par le Tribunal.
6.1
Aux termes de l'art. 259g al. 1 CO, le locataire d'un immeuble qui exige la rparation d'un dfaut doit fixer par crit au bailleur un dlai raisonnable  cet effet; il peut lui signifier qu' dfaut de rparation dans ce dlai, il consignera auprs d'un office dsign par le canton les loyers  choir. Le locataire avisera par crit le bailleur de son intention de consigner les loyers. Cette disposition subordonne la validit formelle de la consignation  l'observation des deux conditions cumulatives suivantes : d'une part, le locataire doit demander au bailleur de rparer le dfaut, en lui impartissant par crit un dlai raisonnable pour le faire; d'autre part, il doit le menacer par crit de consigner le loyer, si le dfaut n'est pas rpar dans le dlai imparti (arrt du Tribunal fdral
4A_565/2009
du 21 janvier 2010 consid. 4.2 et les rfrences cites).
6.2
En l'occurrence, l'absence de dfaut relatif au chauffage entrane la libration des loyers consigns en ce qui concerne la mise en demeure du 6 janvier 2018 et la consignation du 25 janvier 2018. Dans la mise en demeure du 1
er
fvrier 2019, les intims ont sollicit la rparation des dfauts moyennant fixation d'un dlai pour ce faire et menace de consignation du loyer. Dans la mesure o les conditions requises par la loi ont t respectes et o l'existence de dfauts a t admise, la consignation de loyers est valable.
Les loyers ont ds lors t valablement consigns  compter du 1
er
mars 2019 et le seront jusqu' suppression des dfauts relatifs au nettoyage insuffisant, aux odeurs et aux infiltrations d'eau et d'humidit dans l'appartement lou par les intims.
Le chiffre 3 du dispositif du jugement entrepris sera par consquent annul et il sera  nouveau statu dans le sens qui prcde (art. 318 CPC).
7.
A teneur de l'art. 22 al. 1 LaCC, il n'est pas prlev de frais dans les causes soumises  la juridiction des baux et loyers (ATF
139 III 182
consid. 2.6).
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