Decision ID: 2cc877ca-0a55-5358-b50e-02b8b0f1597c
Year: 2021
Language: fr
Court: GE_TAPI
Chamber: GE_TAPI_001
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: public_law

EN FAIT
1. Madame Hélène et Monsieur Constantin POURNARAS sont propriétaires de la parcelle n° 1'519, feuille 24 de la commune de Chêne-Bougeries à l'adresse
J.-F. Dupuy, 6, sur laquelle est érigée leur maison d'habitation.
2. Madame Tanya et Monsieur Odorico VON SUSANI habitent une maison située sur la parcelle n° 1'348 de la même commune, à l'adresse chemin de la Paumière, 21bis, dont ils sont propriétaires.
3. Les parcelles précitées sont séparées par un alignement d'arbres.
4. En date du 6 octobre 2020, M. POURNARAS a déposé, par l'intermédiaire de son mandataire, une demande d'autorisation de construire par voie de procédure accélérée (APA 310'013) auprès du département du territoire (ci-après : DT ou le département), portant sur le remplacement d'une installation de chauffage à mazout, tombée en panne, par une pompe à chaleur air/eau (ci-après : PAC).
5. Il ressort des plans que la PAC comprenait une unité extérieure ayant une puissance acoustique de 60 dB(A), tandis que le premier local à usage sensible aux bruits se trouvait à 14 m (sur la parcelle voisine n° 1'623). Le formulaire « cercle bruit » avait été complété et joint au dossier. Il y était conclu que la valeur limite de 45 dB(A) était respectée (le calcul indiquait 41.1 dB(A) et que le principe de prévention avait été pris en compte.
6. Dans le cadre de l'instruction de la demande, les préavis usuels ont été requis. En particulier, le service de l'air du bruit et des rayonnements non ionisants (ci-après : SABRA) a rendu un préavis favorable sous conditions du respect de l'art. 11 de la loi fédérale sur la protection de l’environnement du 7 octobre 1983 (loi sur la protection de l’environnement, LPE -
RS 814.01
) ainsi que du respect des valeurs de planification. Il rappelait qu'un degré de sensibilité DS II avait été attribué à la parcelle, que selon les données du constructeur, l'unité extérieure de la PAC avait un niveau de puissance sonore de 60 dB(A), et que les valeurs de planification de Lr (jour) 55dB(A) et Lr (nuit) 45dB(A) devaient être respectées en tout temps pour le voisinage. Enfin, bien que la PAC respectait les valeurs de planification au niveau du logement le plus exposé, par mesure de prévention, le bruit de l'installation devait également être évalué en regard de la charge sonore environnementale actuelle. Par conséquent, la PAC devait respecter l'art. 11 LPE.
7. Par décision du 3 décembre 2020, le département a délivré l'autorisation requise, laquelle a été publiée dans la Feuille d'avis officielle du même jour.
8. En date du 15 décembre 2020, M. VON SUSANI a informé le département du fait que le chantier sur la parcelle des époux POURNARAS avait été ouvert avant l'échéance du délai de recours et qu'il allait contester la décision précitée.
9. En date du 18 janvier 2021, les époux VON SUSANI ont saisi le Tribunal administratif de première instance (ci-après : le tribunal) d'un recours contre la décision du 3 décembre 2020. Ils ont conclu préalablement, à ce que le tribunal prononce l'interdiction aux intimés d'utiliser le compresseur/évaporateur extérieur de l'installation sous la menace des sanctions prévues par l'art. 292 du Code pénal suisse du 21 décembre 1937 (CP -
RS 311.0
), et principalement, à l'annulation de l'autorisation de construire, le tout sous suite de frais et dépens.
Le département avait contrevenu à la loi instituant une commission consultative de la diversité biologique du 20 mai 1999 (LCCDB –
M 5 38
), en ne consultant pas la commission alors qu'il existait un corridor biologique constitué notamment par la haie bocagère située entre les parcelles n
os
1'348 et 1'519 et sa décision violait le règlement sur la conservation de la végétation arborée du 27 octobre 1999 (RCVA -
L 4 05.04
). Il ressortait des pièces du dossier que le compresseur extérieur posé sur une dalle, de même que la tranchée ayant permis d'enfouir le tube nécessaire aux fonctionnalités du compresseur ne respectaient pas la directive départementale concernant les mesures à prendre lors de travaux à proximité des arbres en violation du règlement sur la végétation arborée.
Enfin, l'installation contrevenait au principe de prévention des émissions au sens de l'art. 11 LPE. L'intimé n'avait pas choisi l'emplacement le moins bruyant pour placer le compresseur extérieur nécessaire au fonctionnement de la PAC. L'emplacement avait été déterminé pour des motifs de convenance personnelle des requérants, à proximité immédiate du bâtiment cadastré C733 sur la parcelle n° 1'623, augmentant la réflexion du bruit vers leurs locaux sensibles au bruit.
10. Le 5 février 2021, les époux POURNARAS se sont déterminés, concluant à ce que le tribunal ordonne le retrait de l'effet suspensif, dise que la décision est exécutoire nonobstant recours et les autorise à utiliser le compresseur/évaporateur extérieur de l'installation.
Leur chaudière à mazout ayant subi une panne majeure et irréparable, ils avaient été contraints d'installer la PAC en urgence dans le courant du mois de décembre 2020. L'ouverture du chantier avait été annoncée le 15 décembre 2020 pour le 16 décembre 2020 ce que l'architecte avait signalé le 21 décembre 2020 à l'OAC.
Faisant suite au courrier des recourants du 17 décembre 2020, ils avaient accepté le 18 décembre 2020 de temporiser l'activation de la PAC dans la mesure où ils s'absentaient deux semaines pour les fêtes de fin d'année.
Dans la semaine du 4 au 10 janvier 2021, ils n'avaient eu d'autre choix que d'autoriser l'entreprise d'installation à mettre en marche le chauffage central, vu le froid du mois de janvier. La PAC avait été programmée pour ne pas fonctionner entre minuit et six heures du matin.
Partant, maintenir l'effet suspensif au recours porterait gravement atteinte à leurs intérêts, puisqu'ils se trouveraient privés de chauffage central en plein hiver. À l'opposé, les recourants ne faisaient pas valoir d'intérêts contraires prépondérants, étant notamment relevé que la PAC ne fonctionnait pas entre minuit et six heures du matin, et qu'une distance non négligeable séparait la maison des recourants de leur parcelle.
11. Le 23 février 2021, les parties ont été entendues par le tribunal.
Le recourant qui confirmait les termes de son recours a précisé qu'il était actuellement dérangé par le bruit de la PAC. Le compresseur était installé à côté du mur d'un garage, lequel provoquait un effet de réverbération du bruit sur sa parcelle.
Le représentant du département a expliqué que selon les éléments du dossier et les données du formulaire contrôlé par le SABRA, les maximas de 45 dB(A) la nuit étaient respectés pour la parcelle voisine la plus proche. Il a précisé que cette PAC pouvait être installée n'importe où pour autant qu'elle se situe à 14 m de la première pièce sensible au bruit. Cette installation pourrait être isolée par un caisson ce qui permettrait de réduire la distance par rapport à la première pièce sensible au bruit. Cette construction de peu d'importance devait pouvoir être installée sans objection du département.
L'intimé a indiqué qu'il n'était pas opposé à déplacer l'unité de ventilation pour autant qu'elle puisse être installée dans la distance limite d'efficacité de la PAC, c'est-à-dire 14 m. Il pouvait ainsi faire placer cette ventilation presque contre sa maison juste à côté du local technique, soit à l'arrière de sa maison. Il était également d'accord d'isoler l'unité de ventilation par un caisson isolant.
Le conseil des recourants a relevé que la solution proposée par l'intimé permettrait d'éviter l'actuelle réverbération du bruit depuis le mur du garage sur la parcelle n° 1'623. Si cette solution devait donner satisfaction à ses mandants, le recours deviendrait vraisemblablement sans objet.
Le représentant du département a suggéré au requérant d'attendre d'avoir la confirmation que cette solution satisfasse le recourant avant de déposer une demande complémentaire, laquelle devrait être étayée par l'avis d'un acousticien. Dans l'intervalle, le département tolérerait ce déplacement sans autorisation, vu la présomption d'absence d'aggravation du bruit pour les voisins.
Le conseil de l'intimé a ajouté que dès le 4 mars 2021, son client informerait le tribunal du dépôt d'une demande d'autorisation complémentaire concernant le déplacement de l'installation de ventilation et de la réalisation d'un caisson isolant, laquelle serait accompagnée d'un rapport de l'acousticien.
Le recourant s'est encore déclaré d'accord de prendre pour moitié à sa charge les frais de la demande complémentaire, à savoir l'émolument d'autorisation de même que la moitié de la facture de l'acousticien pour son rapport.
Le tribunal a enfin pris acte de l'accord provisoire des parties, aux termes duquel, jusqu'au 4 mars 2021, les intimés pourraient utiliser leur installation à condition qu'ils la déplacent selon la proposition de l'intimé dans ce délai. Il ne statuerait ainsi éventuellement sur l'effet suspensif qu'à cette échéance.
12. Par courrier du 26 février 2021, les intimés ont indiqué au tribunal qu'ils procéderaient au déplacement de l'unité extérieure de la PAC, le 3 mars 2021. Une fois l'opération effectuée, une étude acoustique serait conduite, à la suite de quoi les recourants seraient invités à se déterminer sur cette solution. Ils précisaient également que le nouvel emplacement choisi avait été temporairement approuvé par le département ainsi que par un membre du SABRA, sous réserve de l'octroi ultérieur d'une autorisation complémentaire.
13. Le 10 mars 2021, les intimés ont informé le tribunal que les parties tentaient de trouver une issue amiable, de sorte qu'ils sollicitaient une prolongation du délai pour la transmission de leurs observations sur le recours.
14. Le 30 mars 2021, dès lors que les recourants devaient encore prendre position sur la solution provisoire à laquelle les parties étaient parvenues lors de l'audience du 23 février 2021, les intimés ont sollicité un nouveau délai pour se déterminer sur le recours.
15. Par courrier du 13 avril 2021, les recourants ont réitéré leur conclusion préalable prise dans le cadre de leur recours et aux termes de laquelle ils sollicitaient qu'il soit fait interdiction aux intimés, jusqu'à droit jugé, d'utiliser le compresseur/évaporateur extérieur de l'installation sous la menace des sanctions prévues par l'art. 292 CP.
À la suite du déplacement de l'unité extérieure de la PAC, le bureau BATJ, acousticien mandaté par les intimés, s'était rendu le 12 mars 2021 sur les propriétés des parties aux fins d'analyser et mesurer le bruit généré dans l'environnement par l'installation (déplacée) et perçu depuis leur villa.
Après avoir reçu le rapport d'expertise acoustique établi par le bureau BATJ le 17 mars 2021, ils avaient décidé de soumettre ce rapport à leur propre expert acousticien.
À cette date, comme à l'heure actuelle, ils étaient passablement dérangés par les bruits générés par l'installation, malgré son déplacement provisoire.
Les 6 et 9 avril 2021, le bureau Architecture & Acoustique qu'ils avaient mandaté avait rendu deux rapports d'expertise qu'ils produisaient en annexe.
Compte tenu de la gêne persistante engendrée par le fonctionnement de l'unité extérieure déplacée de la PAC et des conclusions des différents rapports d'expertise, ils ne pouvaient se satisfaire de cette solution provisoire.
En effet, l'emplacement provisoire du bloc extérieur n'était pas celui qui générait le moins de nuisances pour les riverains de la villa des intimés. L'emplacement proposé dans l'étude du bureau Architecture & Acoustique, soit au bas de la rampe du garage de la villa des intimés permettrait d'abaisser le bruit maximal pouvant être perçu par un riverain, que ce soit par rapport à l'emplacement initial ou par rapport à l'emplacement provisoire. De plus, alternativement, les intimés pourraient choisir une solution économiquement supportable limitant bien plus le bruit généré par une nouvelle installation d'une PAC, comme d'opter pour un choix d'installation d'une PAC dont le compresseur et le ventilateur se trouveraient dans le local technique et non à l'extérieur de la maison, ce qui limiterait fortement les nuisances en termes de bruit pour les riverains et permettrait d'assurer le respect du principe de prévention de la LPE.
16. Par courrier du 22 avril 2021, le département a conclu au rejet de la conclusion préalable des recourants visant l'interdiction d'utiliser le compresseur/évaporateur extérieur de l'installation jusqu'à droit jugé.
En effet, la modification apportée à l'emplacement de l'installation litigieuse était plus favorable aux recourants comme le relevait le diagnostic acoustique du 17 mars 2021. Celui-ci concluait d'ailleurs que le bruit du fonctionnement de la PAC n'était pas perceptible au droit des fenêtres de l'habitation des recourants et que les exigences définies à l'annexe 6 de l'ordonnance sur la protection contre le bruit du 15 décembre 1986 (OPB -
RS 814.41
) étaient largement respectées de jour et de nuit. En outre, l'analyse du 6 avril 2021 du bureau Architecture & Acoustique produite par les recourants démontrait que le nouvel emplacement s'avérait moins péjorant que l'initial, tandis qu'aucune des positions étudiées ne permettait de garantir un égal niveau de confort pour l'ensemble des points d'immissions mais que les bruits d'immissions étaient relativement bas. Par ailleurs, au vu de la période de l'année actuelle, il était peu probable que la PAC ait à fonctionner à plein régime, respectivement à longueur de journée mais que les températures nocturnes justifiaient que les intimés puissent bénéficier d'un système de chauffage. Partant, les intérêts des intimés à pouvoir bénéficier de la PAC primaient largement sur ceux des recourants à une interdiction de l'utilisation de cette installation dont ils n'étaient, compte tenu de ce qui précédait, pas censés pouvoir percevoir le fonctionnement.
Enfin, le département considérait qu'il y avait lieu de suspendre l'instruction de la présente cause, le temps que soit déposée une nouvelle APA.
17. Le même jour les intimés ont une nouvelle fois conclu à ce que le tribunal ordonne le retrait de l'effet suspensif au recours du 18 janvier 2021 et qu'il les autorise ainsi à utiliser le compresseur/évaporateur extérieur de l'installation. Ils disposaient en effet d'un intérêt largement supérieur à pouvoir continuer à bénéficier de leur chauffage central, étant rappelé que la PAC ne fonctionnait pas entre minuit et six heures du matin, et qu'une distance conséquente séparait la maison des recourants de l'emplacement actuel de l'installation.
18. Lors de l'audience du 5 mai 2021 devant le tribunal, les recourants ont pour l'essentiel persisté dans leur demande d'interdiction immédiate de l'utilisation de la PAC. En effet, M. VON SUSANI avait récemment été réveillé, tôt le matin, par le bruit de la PAC.
M. POURNARAS a indiqué être opposé à la proposition des recourants consistant à installer la PAC à l'endroit de la rampe du garage qui constituait une parfaite caisse de résonnance et allait à l'encontre du but recherché qui était de faire le moins de bruit possible. Il signalait également que son voisin qui habitait au 3, chemin Dupuy avait indiqué au département qu'il s'opposerait à l'installation d'une PAC à cet endroit.
Le représentant du département a proposé la suspension de la procédure, dès lors que l'autorisation de construire délivrée et contestée n'était plus entièrement mise en œuvre, puisque le compresseur de l'installation avait d'ores et déjà été déplacé de manière provisoire suite à l'audience du 23 février 2021. Une demande d'autorisation complémentaire devait être déposée par M. POURNARAS aux fins de régulariser cette situation, laquelle devrait être examinée par le SABRA.
M. POURNARAS a souligné que selon les mesures effectuées par l'acousticien qu'il avait mandaté concernant l'installation provisoire, il n'était pas possible, depuis la fenêtre de la maison des recourants, de détecter si elle était enclenchée ou non, alors qu'elle avait été réglée à son maximum.
M. VON SUSANI a relevé qu'il peinait à suivre M. POURNARAS qui déclarait que le compresseur ne faisait aucun bruit, mais qui s'opposait à son installation à l'endroit suggéré par l'acousticien spécialiste qu'ils avaient mandaté (rampe du garage).
Il a précisé que les mesures évoquées par l'intimé avaient été réalisées un vendredi matin à 8h30, alors que le bruit ambiant est élevé.
Il a ajouté qu'il existait des modèles de PAC totalement insonores.
Mme VON SUSANI a confirmé que son mari avait récemment été réveillé par le bruit de la PAC tôt le matin. Ils s'étaient dirigés vers cette installation et elle pouvait assurer que le bruit était parfaitement audible.
M. POURNARAS a répondu, concernant la suggestion des recourants d'installer un modèle totalement inaudible, que son mandataire lui avait conseillé un modèle en fonction de la maison qu'il occupait et il considérait que ce dernier avait dû bien le conseiller. Concernant la demande d'effet suspensif, il tenait également à mentionner que son état de santé, qu'il se déclarait prêt à faire attester par certificat médical, le contraignait à habiter un logement chauffé. Il était donc exclu qu'il renonce à l'utilisation de son chauffage quand il en avait besoin.
Mme VON SUSANI a demandé qu'il soit noté que M. POURNARAS leur avait indiqué, après avoir modifié l'emplacement du compresseur, que depuis il n'était plus gêné par le bruit. Ceci démontrait que la PAC émettait bien un certain bruit.
M. POURNARAS a répété que le chauffage ne fonctionnait pas entre minuit et six heures du matin et qu'il ne s'opposait pas à l'installation d'un caisson isolant.
Le tribunal a invité le département à requérir du SABRA qu'il confirme que le préavis rendu dans le cadre de l'autorisation querellée avait pris en compte le principe de prévention et qu'il en explique les raisons d'ici au 20 mai 2021. Dans le même délai, le DT produirait sa réponse sur le fond.
19. Par décision du 10 mai 2021 (
DITAI/218/2021
), le tribunal a constaté que le recours du 18 janvier 2021 contre la décision du 3 décembre 2020 avait un effet suspensif
ex lege
, il a rejeté la demande de retrait de l'effet suspensif des intimés et fait interdiction à ces derniers d'utiliser le compresseur/évaporateur de la PAC jusqu'à droit jugé au fond.
20. Le 18 mai 2021, les intimés se sont déterminés sur le recours. Ils ont conclu à son irrecevabilité, voire à son rejet et à la condamnation des recourants au paiement d'une indemnité couvrant leurs frais d'avocat.
Ils avaient déposé une demande d'autorisation visant à remplacer leur chauffage à mazout qui était tombé en panne par une PAC, dont l'unité extérieure avait initialement été installée dans un bosquet aménagé par leurs soins, et non dans un corridor biologique, à une vingtaine de mètres de la maison des recourants. Cette PAC fonctionnait de façon limitée, s'arrêtant de minuit à six heures du matin.
Suite à l'audience du 23 février 2021, ils avaient consenti à déplacer l'élément extérieur de la PAC vers la paroi nord de leur bâtiment. Or, le nouvel emplacement n'avait pas donné satisfaction aux recourants.
En outre, ils avaient accepté, moyennant la prise en charge de la moitié des frais par les recourants, de mandater un acousticien en vue de l'établissement d'un diagnostic acoustique. Des mesures avaient ainsi été réalisées le 12 mars 2021. La PAC avait été enclenchée et réglée sur son régime maximum jusqu'au dégel du circuit par une température ambiante de 5°. Selon le diagnostic acoustique, le bruit de fonctionnement de la PAC n'était pas perceptible depuis l'immeuble occupé par les recourants. En outre, le bruit induit par l'installation, soit 27 dB était largement en deçà des seuils admis et autorisés, soit 55 dB (jour) et 45 dB (nuit).
Le diagnostic acoustique produit par les recourants le 17 mars 2021 ne disait pas autre chose et confirmait ainsi que les bruits d'immissions étaient relativement bas et non perceptibles par les recourants. La société mandatée par ces derniers avait en effet conclu que l'analyse réalisée montrait que toutes les positions étudiées pour la PAC (initiale, actuelle ou envisagée) permettaient de respecter les exigences de l'OPB pour la période nocturne.
Ainsi le bruit généré par la PAC était inaudible, de sorte qu'à ce stade déjà le principe de prévention était respecté.
Ils peinaient à suivre le recourant qui prétendait avoir été réveillé par la PAC à six heures du matin puisqu'à cette heure-ci elle ne fonctionnait pas (l'arrêt de la PAC était alors décalé d'une heure en raison de l'heure d'été entre 1h00 et 7h00 du matin).
Ils s'opposaient à l'emplacement suggéré par les recourants au niveau de la rampe du garage, laquelle constituait une parfaite caisse de résonance allant à l'encontre du but recherché. Par ailleurs, l'humidité dégagée par cet élément extérieur pourrait durant l'hiver créer des plaques de glace au niveau du sol ce qui rendrait impossible l'accès à leur garage. De plus, leur voisin d'en face leur avait déjà indiqué qu'il ferait recours dans l'hypothèse d'une demande d'autorisation de construire en vue de l'installation de la PAC à cet emplacement.
Concernant le choix du modèle de l'installation, ils relevaient que le département n'avait rien trouvé à redire à ce sujet et qu'eux-mêmes s'étaient fiés à leur mandataire sur ce point.
Au vu de la position rigide adoptée par les recourants, ils n'avaient pas d'autre choix que de déplacer à nouveau l'élément extérieur de la PAC sur son emplacement initial, conformément à l'autorisation de construire délivrée.
Ils demeuraient toutefois toujours prêts à trouver une solution amiable pour autant que les recourants s'engagent à ne pas déposer un recours contre une nouvelle demande d'autorisation ainsi qu'à recouvrir l'élément extérieur de l'installation par un caisson isolant.
21. En date du 20 mai 2021, le département a transmis ses observations au tribunal, accompagné de son dossier et de la prise de position du SABRA du 12 mai 2021 concernant son préavis. Il a conclu au rejet du recours et à la condamnation des recourants aux dépens de l'instance.
Le projet n'était en aucun cas susceptible d'avoir une incidence sur la flore, la faune, ainsi que sur les sites et biotopes favorables à la diversité biologique. C'était donc à juste titre que la commission consultative de la diversité biologique (ci-après : CCDB) n'avait pas été consultée.
Le projet querellé ne prévoyait aucune intervention risquant d'endommager les arbres existants, de sorte que le grief relatif à la violation du RCVA devait être rejeté.
Contrairement à ce que soutenaient les recourants, l'emplacement choisi pour l'installation permettait de protéger le local sensible au bruit le plus proche, par la présence d'un garage faisant écran, en application du principe de prévention. Par ailleurs, à teneur de l'étude produite par les recourants, n'importe quel emplacement de la PAC péjorerait l'un ou l'autre des voisins au profit des autres, sachant que ladite étude concluait que tout emplacement permettait de respecter les exigences de l'OPB pour la période nocturne. Les recourants souhaitaient en réalité, non pas la localisation de l'installation la moins dérangeante pour le voisinage, mais être eux-mêmes le moins impactés.
Il convenait de constater que l'emplacement autorisé ne portait pas atteinte aux recourants, étant donné que les valeurs limites étaient largement respectées (bruit perçu de 24.1 dB(A) selon leur propre étude du 9 avril 2021 et d'environ 25 dB (A) selon la position du SABRA du 12 mai 2021. En outre, il ressortait de l'analyse du 12 mai 2021 de ce service que selon son expérience, vu la distance de 22 m existante avec leur maison, le bruit perceptible depuis le domicile des recourants serait proche d'un bruit de fond dans un milieu périurbain. Le SABRA précisait également que le garage existant n'avait aucun impact sur le bruit perceptible depuis la villa des recourants. Finalement, cette instance relevait qu'il avait été répondu « oui » à la case du formulaire quant au respect du principe de précaution. À ce titre, le SABRA considérait que le choix de l'emplacement, qui permettait une protection par un garage du local sensible au bruit le plus proche, démontrait le respect du principe de prévention (protection supplémentaire vis-à-vis du local sensible au bruit le plus proche). Partant c'était à juste titre que l'autorisation avait été délivrée, l'emplacement choisi s'avérant judicieux et opportun.
22. Dans le délai prolongé à leur demande, les recourants ont répliqué.
Malgré le déplacement de l'unité extérieure de la PAC, ils avaient continué d’être passablement dérangés par le bruit généré par cette installation.
Conformément à la jurisprudence du Tribunal fédéral, le fait que les valeurs de planification soient respectées n'entrainait pas, à lui seul, que le principe de prévention soit lui-même respecté : ainsi, même si un projet était conforme aux valeurs de planification, cela ne signifiait pas encore que toutes les mesures préventives nécessaires pour limiter les émissions aient été prises. L'autorité chargée de délivrer le permis de construire ne pouvait pas se limiter à accorder au requérant le choix entre différentes variantes de PAC conformes aux valeurs de planification. Elle devait plutôt déterminer la mesure qui garantissait la meilleure protection contre le bruit dans le cadre du principe de prévention et du principe de proportionnalité.
En l'espèce, il ressortait des calculs réalisés par Architecture & Acoustique dans son expertise du 9 avril 2021 qu'en l'absence de mesures de bruit de fond, il n'était en l'état pas possible de déterminer si le principe de prévention était satisfait pour les trois positions de la PAC analysées. S'il s'avérait, suite aux mesures du bruit de fond qui devraient être entreprises, que le principe de prévention n'était pas respecté, la limitation des nuisances devrait, en fonction de la jurisprudence, passer soit par l'installation d'une PAC moins bruyante, soit encore par la mise en œuvre de solutions techniques permettant de limiter ces nuisances (déplacement de l'unité extérieure, écran de protection, capot ).
Lors de l'instruction de la requête, la mise en œuvre de toutes ces solutions n'avait pas été examinée ni par le SABRA ni par le DT, ce dernier ayant pour ce motif manifestement violé le principe de prévention au sens de la jurisprudence qui exigeait que ledit principe soit appliqué avec rigueur surtout dans la mesure où la PAC en cause était une installation entièrement nouvelle, érigée de surcroît avant que l'autorisation de construire ne soit en force.
Au surplus, et dans la mesure où l'ensemble des parcelles adjacentes à celle des intimés étaient toutes construites, le département et le SABRA auraient dû procéder à l'examen portant sur la possibilité d'installer l'ensemble de l'installation litigieuse à l'intérieur de la villa des intimés.
En délivrant l'autorisation contestée, sans exiger l'étude de faisabilité technique et de la viabilité économique d'emplacements alternatifs extérieurs et d'emplacements intérieurs de la PAC, le département avait violé le principe de prévention.
Pour le surplus, ils ont persisté dans leur grief en lien avec la LCCDB et le RCVA.
Enfin, ils ont requis l'audition de Monsieur Thierry K'BOURCH, adjoint scientifique auprès du SABRA ainsi que celle de Monsieur Denis PASQUIER, préaviseur auprès de l'OCAN. Ils ont également conclu à ce qu'une expertise soit ordonnée et qu'un ingénieur-acousticien soit désigné aux fins de déterminer si la décision querellée respectait le principe de prévention des émissions de bruit à la source engendrées par la PAC.
23. Le 26 août 2021, les intimés ont dupliqué et ils ont sollicité le retrait de l'effet suspensif du recours. Ils ont conclu sur le fond à ce que le tribunal dise que l'autorisation querellée était valable, en force et exécutoire, et à ce que les recourants soient condamnés au remboursement de la moitié des frais de déplacement de la PAC, tel que convenu à l'audience du 23 février 2021 qui s'élèvaient à CHF 2'650.-. Ils ont enfin sollicité la tenue d'un transport sur place, l'audition de Monsieur Julien MESSL, directeur d'AFM et de Monsieur Nikola RADOVANOVIC, architecte.
Ils ont précisé à cette occasion que contrairement aux allégations des recourants, la possibilité d'installer l'ensemble de la PAC à l'intérieur de leur villa avait été envisagée mais comme le confirmait un courrier de l'entreprise AFM du 25 août 2021, le local de la chaufferie était trop petit pour recevoir l'intégralité de l'installation, une distance de 3 m étant nécessaire entre la grille de refoulement et celle d'aspiration. Cette installation aurait de plus nécessité d'intervenir sur la structure des murs porteurs de la maison (création de deux sauts de loup, carottage). Enfin, ces travaux auraient entrainé un surcoût financier. Partant, vu les contraintes techniques et économiques, la solution consistant à placer la PAC à l'extérieur de la maison avait été privilégiée.
24. Le même jour, le département a dupliqué. Les recourants admettaient que l'installation respectait les valeurs de planification. S'agissant de la question de savoir si le choix d'un autre emplacement minimisant les nuisances sonores était techniquement possible et économiquement supportable, il ressortait de l'étude acoustique du 9 avril 2021 qu'aucune des trois variantes étudiées ne modifiait globalement le bruit pour les locaux sensibles au bruit voisins, ne faisant que l'augmenter ou diminuer en certains points au détriment ou au profit d'autres. L'emplacement choisi s'avérait judicieux vu l'effet de protection du garage voisin, sachant qu'aucun emplacement alternatif ne sortait du lot en matière de protection contre le bruit (pris dans sa globalité). S'agissant de mesures techniques (supplémentaires à l'effet protecteur du garage voisin existant) sur l'installation litigieuse ou autour d'elle (caissons, palissades etc.), elles s'avéraient économiquement disproportionnées au vu des importantes marges sonores (8 dB la nuit, 23 dB la journée), raison pour laquelle le DT n'avait pas exigé la mise en place de mesures de protection supplémentaires dans le cas d'espèce. Cela d'autant plus que le bruit de l'installation s'avérait en dessous ou très proche du bruit de fond, le rendant déjà, sans mesures supplémentaires, imperceptible ou seulement faiblement perceptible (fenêtre ouverte). Sachant que l'utilisation d'une PAC se faisait durant les périodes de l'année où les fenêtres étaient la plupart du temps fermées, la mise en place de mesures d'insonorisation n'apporterait aucune plus-value pour le voisinage dans le cas d'espèce.
Concernant le respect de la LCCDB et du RCVA, l'autorisation ne prévoyait aucuns travaux tels que la réalisation d'une dalle. Ainsi, si des interventions devaient avoir été réalisées dans le domaine vital des arbres, il s'agirait d'une violation de l'autorisation de construire délivrée, problématique qui dépassait l'objet du litige, respectivement s'avérait prématurée.
25. Le 15 septembre 2021 le département s'en est rapporté à justice quant à la demande de retrait de l'effet suspensif.
26. Le même jour, les recourants se sont déterminés sur la nouvelle demande de retrait de l'effet suspensif.
27. En date du 15 septembre 2021 également, le tribunal a procédé à l'audition des mandataires des parties ainsi que du représentant du département.
L'avocate des intimés a confirmé que, pour l'heure, la PAC était installée à l'emplacement n°2, lequel n'était pas formellement autorisé mais toléré conformément aux audiences précédentes. Elle a ajouté que son mandant ne déposerait une demande d'autorisation complémentaire que si les recourants se déclaraient d'accord avec l'installation de la PAC à ce deuxième emplacement. Elle a ajouté que M. POURNARAS était toujours d'accord d'installer un caisson isolant autour de la PAC, quel que soit son emplacement final.
Le conseil des recourants a exposé que ces derniers considéraient que les deux emplacements envisagés ne respectaient pas le principe de prévention et qu'ils redoutaient par ailleurs que l'installation d'un caisson isolant ne soit en définitive pas réalisée par les intimés puisque, à ce jour, rien ne l'obligeait à s'exécuter.
Le département a souligné qu'avec l'instance spécialisée, il considérait que l'installation telle qu'autorisée respectait le principe de prévention. Il n'était pas opposé à conditionner l'autorisation complémentaire à la pose d'un caisson isolant.
Il a précisé à ce sujet que l'installation d'un caisson à l'emplacement autorisé ne nécessiterait pas de nouvelle publication dans la FAO, ce qui serait en revanche le cas si une demande d'autorisation complémentaire visant l'emplacement n°2, ainsi que le caisson, devait être déposée. Enfin, il estimait qu'une expertise judiciaire ne se justifiait pas, compte tenu en particulier de la position très claire du SABRA.
Le conseil des recourants a observé que le SABRA n'avait pas analysé le respect du principe de prévention quant aux affirmations de l'entreprise Air Froid SA concernant l'impossibilité d'installer la PAC à l'intérieur de la maison. Seule une expertise judiciaire permettrait d'avoir des certitudes.
Concernant la levée de l'effet suspensif requise par les intimés, ses clients s'y opposaient.
Le représentant du département a précisé que si l'installation d'un chauffage d'appoint tel qu'un radiateur électrique n'était ni souhaitée ni encouragée, elle ne faisait pas l'objet d'autorisation et n'était pas contrôlée par le département.
L'avocate des intimés a indiqué que, selon son client, malgré le chauffage d'appoint installé dans sa maison, celui-ci avait eu de la peine à se chauffer durant les périodes les plus fraîches du printemps passé.
Elle a enfin ajouté qu'à la demande du tribunal, ses clients verseraient au dossier un plan du sous-sol de sa maison, ainsi que des photographies du local technique et préciseraient si l'installation au mazout préexistante aurait pu durer le temps que l'autorisation contestée soit entrée en force.
Pour le surplus, elle a confirmé que ses clients persistaient dans leur position, qu'ils s'opposaient aux mesures d'instruction requises par les recourants et réitéraient leur offre de preuve par l'audition du directeur d'AFM SA et de l'architecte.
28. Le 21 septembre 2021, les intimés ont transmis au tribunal un plan du sous-sol de de leur maison ainsi que diverses photographies du local technique. Ils ont répété que l'ancienne installation au mazout présentait de graves dysfonctionnements pour lesquels les tentatives de réparation s'étaient avérées vaines.
29. Le 4 octobre 2021, les recourants se sont déterminés. Le plan produit par les intimés attestait que leur villa disposait d'un sous-sol d'une surface de plus de 140 m
2
au sol et de plusieurs pièces dont certaines de grandes dimensions dans l'une desquelles l'installation d'une PAC, exclusivement intérieure, aurait pu être envisagée.
30. Les intimés ont également déposé une écriture le 6 octobre 2021.

EN DROIT
1. Le Tribunal administratif de première instance connaît des recours dirigés, comme en l’espèce, contre les décisions prises par le département en application de la loi sur les constructions et les installations diverses du 14 avril 1988 (LCI -
L 5 05
) (art. 115 al. 2 et 116 al. 1 de la loi sur l’organisation judiciaire du 26 septembre 2010 - LOJ -
E 2 05
; art. 143 et 145 al. 1 LCI).
2. Les intimés remettent en question la recevabilité du recours.
3. S'agissant de la recevabilité
ratione temporis
, le délai de recours contre une décision finale est de trente jours (art. 62 al. 1 let. a de la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 1985 - LPA-GE -
E 5 10
). Il commence à courir le lendemain de la notification de la décision (art. 62 al. 3 LPA), étant précisé que les délais ne courent pas du 18 décembre au 2 janvier inclusivement (art. 63 al. 1 let. c LPA).
4. Les délais sont réputés observés lorsque l’acte de recours est parvenu à l’autorité ou a été remis à son adresse à un bureau de poste suisse ou à une représentation diplomatique ou consulaire suisse au plus tard le dernier jour du délai avant minuit (art. 17 al. 4 LPA).
5. En l'espèce, le délai de recours a commencé à courir le lendemain de la publication de la décision querellée dans la FAO, soit le 4 décembre 2020, il a été suspendu du 18 décembre 2020 au 2 janvier 2021, de sorte qu'il est venu à échéance le 18 janvier 2021.
Dans ces conditions, le recours déposé auprès d'un office postal suisse le 18 janvier 2021 l'a été dans le délai.
Le grief de la tardiveté du recours doit être écarté.
6. Par ailleurs, les recourants, propriétaires d'une parcelle directement voisine de celle qui doit accueillir l'installation querellée et qui soulèvent des griefs issus de du droit de la construction ont un intérêt digne de protection au sens de l'art. 60 al. 1 let. b LPA qui leur confère la qualité pour recourir.
Partant, le recours est recevable.
7. Préalablement, les recourants sollicitent un transport sur place ainsi qu'une expertise, à confier à un ingénieur acousticien. Ils sollicitent en outre l'audition de M. K'BOURCH, adjoint scientifique auprès du SABRA ainsi que de M. PASQUIER, préaviseur auprès de l'OCAN. Quant aux intimés ils sollicitent l'audition de leur architecte et celle du directeur d'AFM SA.
8. Le droit d'être entendu, garanti par l'art. 29 al. 2 de la Constitution fédérale de la Confédération suisse du 18 avril 1999 (Cst. -
RS 10
), comprend notamment le droit pour les parties de faire valoir leur point de vue avant qu'une décision ne soit prise, de fournir des preuves pertinentes quant aux faits de nature à influer sur la décision, d'avoir accès au dossier, de participer à l'administration des preuves, d'en prendre connaissance et de se déterminer à leur propos (
138 II 252
consid. 2.2 ; arrêts du Tribunal fédéral
8C_472/2014
du 3 septembre 2015 consid. 4.1 ;
ATA/80/2016
du 26 janvier 2016 consid. 2).
Ce droit ne s'étend toutefois qu'aux éléments pertinents pour décider de l'issue du litige et le droit de faire administrer des preuves n'empêche pas le juge de renoncer à l'administration de certaines preuves offertes et de procéder à une appréciation anticipée de ces dernières, en particulier s'il acquiert la certitude que celles-ci ne l'amèneront pas à modifier son opinion ou si le fait à établir résulte déjà des constatations ressortant du dossier (ATF
138 III 374
consid. 4.3.2 ;
131 I 153
consid. 3). En outre, il n'implique pas le droit d'être entendu oralement, ni celui d'obtenir l'audition de témoins (
ATA/1350/2020
du 22 décembre 2020 consid. 2 et les nombreux arrêts cités). Ces principes s'appliquent également à la tenue d'une inspection locale, en l'absence d'une disposition cantonale qui imposerait une telle mesure d'instruction, étant précisé qu'une telle disposition n'existe pas en droit genevois (ATF
120 Ib 224
consid. 2b ; arrêt du Tribunal fédéral
1C_243/2013
du 27 septembre 2013 consid. 3.2.1 ;
ATA/720/2012
du 30 octobre 2012 consid. 3).
9. En l’espèce, les pièces et les écritures versées à la procédure de même que les procès-verbaux des audiences devant le tribunal le renseignent suffisamment pour résoudre le présent litige. Dès lors qu’ils n’apparaissent pas comme nécessaires, il ne sera donc pas donné suite à la demande d’actes d’instruction supplémentaires des recourants et des intimés. Les conclusions préalables dans ce sens seront donc rejetées.
10. Selon l’art. 61 al. 1 LPA, le recours peut être formé pour violation du droit, y compris l’excès et l’abus du pouvoir d’appréciation (let. a), ou pour constatation inexacte ou incomplète des faits pertinents (let. b). En revanche, les juridictions administratives n’ont pas compétence pour apprécier l’opportunité de la décision attaquée, sauf exception prévue par la loi (art. 61 al. 2 LPA), non réalisée dans le cas d’espèce. Il n’en résulte toutefois pas que l’autorité est libre d’agir comme bon lui semble, puisqu’elle ne peut pas faire abstraction des principes constitutionnels régissant le droit administratif, notamment la légalité, la bonne foi, l’égalité de traitement, la proportionnalité et l’interdiction de l’arbitraire (
ATA/366/2013
du 11 juin 2013 consid. 3a et la référence citée).
11. Dans un premier grief, les recourants reprochent à l'autorité intimée de ne pas avoir consulté la CCDB alors que selon eux, l'installation litigieuse prendrait place dans un corridor biologique que constituerait la haie bocagère située entre les parcelles n
os
1'348 et 1'519.
12. La LCCDB prévoit la consultation de cette commission sur tous les projets susceptibles d’avoir une incidence sur la flore, la faune et les sites et biotopes favorables à la diversité biologique (art. 3 al. 3).
L'art. 3 al. 5 LCCDB expose qu'en matière d'autorisations de construire instruites selon la procédure accélérée, sauf exception, le préavis de la commission est exprimé, sur délégation, par le service spécialisé concerné – à savoir l'OCAN (art. 5 al. 3 LCCDB). Si nécessaire, les exceptions sont définies par ladite commission (art. 3 al. 5 LCCDB).
13. En l'espèce, il n'est pas contesté que le département a suivi la procédure accélérée comme la loi le permet (art. 3 al. 7 let. a LCI). Il ressort par ailleurs du dossier que l'OCAN, instance spécialisée chargée de veiller à la protection de la nature et du paysage, a préavisé favorablement le projet, moyennant le respect de conditions ayant été reprises et faisant partie intégrante de l'autorisation querellée. S'il peut être regretté que cette instance n'ait pas spécifié les objets sur lesquels porte son préavis, mais compte tenu de la jurisprudence selon laquelle les préavis favorables n'ont pas à être motivés
(
ATA/724/2020
du 4 août 2020 consid. 3g), rien ne permet au tribunal de conclure que l'OCAN, sur délégation de la CCDB, n'a pas examiné le projet sous l'angle de la LCCDB.
Partant, le grief des recourants sera rejeté.
14. Les recourants font valoir une violation du RCVA dans la mesure où le compresseur extérieur posé sur une dalle, de même que la tranchée ayant permis d'enfouir le tube nécessaire aux fonctionnalités du compresseur se situeraient dans le domaine vital des arbres.
Dans ses observations, le DT a souligné que l'autorisation ne prévoyait nullement la réalisation d'une dalle. Aussi, dès lors que l'installation est simplement posée sur le sol, sans excavation profonde, rien ne permet au tribunal de considérer que le département aurait mésusé de son pouvoir d'appréciation ou violé les dispositions légales en fondant sa décision sur le préavis favorable, sous conditions de l'OCAN
et a considéré que l'installation n'aurait pas d'impact sur la végétation.
Partant ce grief doit également être écarté.
15. À teneur de l’art. 1 al. 1 let. a LCI, sur tout le territoire du canton nul ne peut, sans y avoir été autorisé, élever en tout ou partie une construction ou une installation. Au sens de l’art. 1 let. d du règlement d’application de la loi sur les constructions et les installations diverses du 27 février 1978 (RCI –
L 5 05.01
), sont réputées constructions ou installations toutes choses immobilières ou mobilières édifiées au-dessus ou au-dessous du sol ainsi que toutes leurs parties intégrantes et accessoires, soit notamment les ascenseurs et monte-charges, les installations de chauffage, de distribution d’eau, de gaz ou d’électricité et les antennes électromagnétiques.
16. L’art. 14 al. 1 LCI prévoit que le département peut refuser les autorisations prévues à l’art. 1 lorsqu’une construction ou installation peut être la cause d’inconvénients graves pour les usagers, le voisinage ou le public (let. a) ; ne remplit pas les conditions de sécurité et de salubrité qu’exige son exploitation ou son utilisation (let. b) ; ne remplit pas des conditions de sécurité et de salubrité suffisantes à l’égard des voisins ou du public (let. c) ; offre des dangers particuliers (notamment incendie, émanations nocives ou explosions), si la surface de la parcelle sur laquelle elle est établie est insuffisante pour constituer une zone de protection (let. d) ; peut créer, par sa nature, sa situation ou le trafic que provoque sa destination ou son exploitation, un danger ou une gêne durable pour la circulation (let. e). L’art. 14 al. 2 LCI réserve l’application de l’OPB.
17. Le bruit constitue une atteinte au sens de l'art. 1 al. 1 LPE (art. 7 al. 1 LPE). Le bruit est dénommé émission au sortir de l'installation et immission au lieu de son effet (art. 7 al. 2 LPE).
18. L'art. 11 al. 1 LPE prévoit que les pollutions atmosphériques, le bruit, les vibrations et les rayons doivent être limités par des mesures prises à la source (limitation des émissions).
19. Selon l'art. 13 al. 1 LPE, le Conseil fédéral édicte par voie d'ordonnance des valeurs limites d'immissions applicables à l'évaluation des atteintes nuisibles ou incommodantes. Pour ce qui est du bruit, ces valeurs limites d'immissions figurent aux annexes 3 et suivantes de l'OPB. L'art. 23 LPE prévoit que, aux fins d'assurer la protection contre le bruit causé par de nouvelles installations fixes et en vue de la planification de nouvelles zones à bâtir, le Conseil fédéral établit des valeurs limites de planification inférieures aux valeurs limites d'immissions.
20. Les valeurs limites d’immissions s’appliquant au bruit et aux vibrations sont fixées de manière que, selon l’état de la science et l’expérience, les immissions inférieures à ces valeurs ne gênent pas de manière sensible la population dans son bien-être (art. 15 LPE). De nouvelles installations fixes ne peuvent être construites que si les immissions causées par le bruit de ces seules installations ne dépassent pas les valeurs de planification dans le voisinage ; l’autorité qui délivre l’autorisation peut exiger un pronostic de bruit (art. 25 al. 1 LPE).
21. L’OPB a pour but de protéger contre le bruit nuisible ou incommodant (art. 1 al. 1). Elle régit, entre autres, la limitation des émissions de bruit extérieur produites par l’exploitation d’installations nouvelles ou existantes au sens de l’art. 7 de la LPE (art. 1 al. 2 let. a).
22. L’art. 2 OPB prévoit que les installations fixes sont les constructions, les infrastructures destinées au trafic, les équipements des bâtiments et les autres installations non mobiles dont l’exploitation produit du bruit extérieur (al. 1 1
ère
phr). Les limitations d’émissions sont des mesures techniques, de construction, d’exploitation, ainsi que d’orientation, de répartition, de restriction ou de modération du trafic, appliquées aux installations, ou des mesures de construction prises sur le chemin de propagation des émissions. Elles sont destinées à empêcher ou à réduire la formation ou la propagation du bruit extérieur (al. 3). Les valeurs limites d’exposition sont des valeurs limites d’immission, des valeurs de planification et des valeurs d’alarme. Elles sont fixées en fonction du genre de bruit, de la période de la journée, de l’affectation du bâtiment et du secteur à protéger (al. 5). Les locaux à usage sensible au bruit sont notamment les pièces des habitations, à l’exclusion des cuisines sans partie habitable, des locaux sanitaires et des réduits.
23. Selon l’art. 7 al. 1 OPB, les émissions de bruit d’une nouvelle installation fixe seront limitées conformément aux dispositions de l’autorité d’exécution : dans la mesure où cela est réalisable sur le plan de la technique et de l’exploitation et économiquement supportable, et (let. a) de telle façon que les immissions de bruit dues exclusivement à l’installation en cause ne dépassent pas les valeurs de planification (let. b).
24. Les immissions de bruit sont déterminées sous forme de niveau d’évaluation Lr ou de niveau maximum Lmax sur la base de calculs ou de mesures (art. 38 al. 1 OPB). Pour les bâtiments, les immissions de bruit seront déterminées au milieu de la fenêtre ouverte des locaux à usage sensible au bruit. Les immissions de bruit des avions peuvent aussi être déterminées à proximité des bâtiments (art. 39 al. 1 OPB).
25. À teneur de l’art. 40 al. 1 OPB, l’autorité d’exécution évalue les immissions de bruit extérieur produites par les installations fixes sur la base des valeurs limites d’exposition selon les annexes 3 et suivantes. Les valeurs limites d’exposition sont valables pour les bâtiments comprenant des locaux à usage sensible au bruit (art. 41 al. 1 OPB).
26. L’art. 43 al. 1 let. b OPB dispose que le degré de sensibilité II est à appliquer dans les zones où aucune entreprise gênante n’est autorisée, notamment dans les zones d’habitation ainsi que celles réservées à des constructions et installations publiques.
27. Pour le bruit produit par les installations de chauffage, de ventilation et de climatisation dans une zone où s’applique le degré de sensibilité II, l’annexe 6 de l’OPB fixe la valeur de planification Lr à 55 dB(A) de jour et 45 dB(A) de nuit. La valeur limite d’immission est de Lr 60 dB(A) de jour et de Lr 50 dB(A) de nuit.
28. Il est constant que la PAC litigieuse est une installation fixe nouvelle et que la parcelle sur laquelle il est prévu qu'elle prenne place se trouve en 5
ème
zone avec un DS II, de sorte que les valeurs limites d'immission - à savoir du bruit au lieu de ses effets - sont de Lr jour 60 dB(A) et de Lr nuit 50 dB(A). Quant aux valeurs de planification, elles ne doivent pas dépasser 55 dB(A) de jour et 45 dB(A) de nuit.
29. Les recourants ne contestent pas que l'installation litigieuse respecte les valeurs de planification. Toutefois, se référant à la jurisprudence du Tribunal fédéral, ils soutiennent que le principe de prévention n'est pas respecté. Selon eux, les bénéficiaires de l'autorisation querellée n'auraient pas choisi l'emplacements du compresseur/évaporateur de l'installation le moins bruyant pout leurs voisins et le département aurait violé le principe de prévention en n'exigeant pas l'étude de faisabilité technique et de la viabilité économique d'emplacements alternatifs extérieurs et intérieurs de la PAC.
30. Dans l'arrêt cité par les recourants (ATF
141 II 476
), le Tribunal fédéral rappelle (consid. 3.2) qu'une PAC ne peut être construite, en vertu des art. 25 al. 1 LPE et 7 al. 1 let. b OPB, que si les immissions sonores (cf. art. 7 al. 2
in fine
LPE: bruit au lieu de son effet) qu'elle engendre ne dépassent pas les valeurs de planification fixées à l'annexe 6 de l'OPB, ce qui est le cas en l'espèce et n'est pas contesté par les recourants. Dans le même arrêt, le Tribunal fédéral souligne ensuite que les émissions de bruit, à savoir celles au sortir de l'installation, doivent être limitées par des mesures préventives en tant que cela est réalisable sur le plan de la technique et de l'exploitation et économiquement supportable au sens des art. 11 al. 2 LPE et 7 al. 1 let. a OPB. Le Tribunal fédéral précise que la protection contre le bruit est assurée par l'application cumulative des valeurs de planification et du principe de la limitation préventive des émissions. Dès lors que les valeurs de planification ne constituent pas des valeurs limites d'émissions au sens de l'art. 12 al. 1 let. a LPE, leur respect ne signifie pas à lui seul que toutes les mesures de limitation imposées par le principe de prévention des émissions ont été prises et que le projet en cause satisfait à la législation sur la protection de l'environnement. Selon la Haute Cour, il faut bien davantage examiner chaque cas d'espèce à la lumière des critères définis par les art. 11 al. 2 LPE et 7 al. 1 let. a OPB pour déterminer si le principe de prévention exige une limitation supplémentaire des émissions (cf ATF
124 II 517
consid. 4b). Dans ce cadre, le principe de la prévention impose, lors du choix de l'emplacement d'une nouvelle installation, de tenir compte des émissions que celle-ci produira et de la protection des tiers contre les atteintes nuisibles et incommodantes ; il commande ainsi de choisir l'emplacement le moins bruyant. Alors même que les valeurs de planification sont respectées, une réduction supérieure des émissions peut toutefois être exigée, à titre préventif dans la mesure où l'état de la technique le permet (consid. 3.4.1).
31. Dans un récent arrêt (
1C_418/2019
du 16 juillet 2020 in DEP 2021-1 p. 89), le Tribunal fédéral a encore souligné que "concernant les installations respectant les valeurs de planification prévues par la législation sur la protection contre le bruit, des mesures supplémentaires de protection contre le bruit à titre préventif n'entrent en considération que si un investissement relativement faible permet d'obtenir une réduction supplémentaire substantielle des émissions. Dans le cas qu'il avait à juger, il a considéré que les investigations entreprises par les autorités cantonales spécialisées concernant l'emplacement de la pompe à chaleur air/eau semblaient plausible ; dès lors, le refus par l'instance inférieure d'un emplacement à l'intérieur du bâtiment en raison de la hauteur des frais d'installation n'avait pas à être critiqué. En revanche, le fait que l'instance inférieure ait généralement considéré comme disproportionnées des mesures visant à réduire le bruit prises sur l'installation elle-même, sans étudier plus avant les mesures concrètes et leurs coûts, n'est pas compatible avec le principe de prévention. C'est pourquoi il appartenait à la première instance d'examiner si une limitation de la durée d'exploitation, l'installation d'une pompe munie d'un mode silencieux ou d'autres mesures techniques étaient économiquement supportables (consid.5.2 et 5.3).
32. Enfin, la chambre administrative de la Cour de justice a récemment jugé qu’à défaut d’avoir démontré que dans la mesure que permettent l’état de la technique et les conditions d’exploitation et pour autant que cela soit économiquement supportable, il n’était en l’espèce pas possible d’exiger une réduction supérieure des émissions, le département a violé le principe de prévention et partant annulé l'autorisation de construire concernant la PAC (
ATA/309/2021
du 9 mars 2021).
33. Dans la présente procédure, le DT, se référant en particulier au rapport du 12 mai 2021 rédigé par le SABRA, soutient que le principe de prévention est respecté.
À ce sujet, le SABRA a confirmé dans le rapport précité avoir examiné si le principe de prévention était respecté au moment de l'émission de son préavis, rappelant que l'évaluation à laquelle il avait procédé avait été faite par rapport au local sensible au bruit le plus proche/le plus exposé situé à 14 m de l'unité extérieure de la PAC, considérant à ce sujet que les fenêtres les plus exposées étaient celles du logement sis ch. J.-F. DUPUY, 8 (parcelle n°1'623). Il a ainsi estimé que comme le niveau sonore équivalent à une distance de 14 m de l'unité extérieure de la PAC était de 29 dB(A), le bruit perceptible depuis le domicile des recourants, situé à environ 22 m de l'installation, serait proche d'un bruit de fond dans un milieu périurbain soit d'environ 25 dB(A). Cette instance assurait, au surplus, que le garage existant n'avait aucun impact sur le bruit perceptible depuis la villa des recourants. Elle a également relevé que selon le formulaire « cercle bruit » déposé avec l'APA 310'013, sous la mention prise en compte du principe de prévention, la case « oui » avait été cochée. À ce titre, le SABRA considérait que le choix de l'emplacement, qui permettait une protection par un garage du local sensible au bruit le plus proche, démontrait le respect du principe de prévention (protection supplémentaire vis-à-vis du local sensible au bruit le plus proche).
Ce rapport ne permet toutefois pas de conclure que le SABRA, puis le département, se sont assurés qu'une réduction des émissions pouvait ou non être exigée dans les limites des art. 11 al. 2 LPE et 7 al. 1 let. a OPB. Aucun élément du dossier ne permet d'affirmer que le SABRA a vérifié si d'autres emplacements étaient possibles voire plus appropriés pour la PAC ni qu'il a exclu, mesures à l'appui, le risque d'une augmentation des nuisances - pour les autres voisins que ceux vivant au ch. J.-F. DUPUY, 8 - du fait de la présence d'un garage à côté de l'installation autorisée.
Pourtant, en application du principe de prévention dont le Tribunal fédéral a confirmé que les exigences étaient élevées et devaient être appliquées avec rigueur, et afin d'obtenir une réduction supérieure du niveau des émissions, il revenait au département d'examiner si un autre emplacement pour la PAC ou des mesures techniques visant à limiter le bruit émis par la PAC pouvaient ou non être exigées des intimés, ce dont il s'est abstenu.
Certes, il ressort des explications fournies par les intimés que la solution d'installer la PAC dans le sous-sol de leur maison a été envisagée avec leur mandataire, puis écartée au motif qu'elle aurait nécessité d'importants travaux sur la structure des murs porteurs de leur villa, dont notamment la création de saut de loups et un carottage entrainant un important coup financier. Il n'apparait toutefois pas que l'instance spécialisée aurait procédé à des investigations sur cette question et notamment si d'autres pièces du sous-sol pouvaient accueillir l'installation moyennant un coût supportable.
Par ailleurs, en cours de procédure le département a admis que l'implantation de la PAC proche de la paroi nord de la maison des intimés (solution provisoire adoptée suite à l'audience du 23 février 2021 devant le tribunal) était une possibilité qui pouvait être favorable aux recourants, réservant toutefois la position du SABRA quant aux autres voisins. Enfin, il n'a nullement examiné si, moyennant un investissement relativement faible, des mesures permettaient d'obtenir une réduction supplémentaire significative des émissions comme l'installation d'un caisson isolant. À ce sujet, on peine à suivre son argumentation lorsqu'il affirme, s'agissant de mesures techniques (supplémentaires à l'effet protecteur du garage voisin existant) sur l'installation litigieuse ou autour d'elle (caissons, palissades etc.), qu'elles s'avéraient économiquement disproportionnées au vu des importantes marges sonores (8 dB la nuit, 23 dB la journée) sans toutefois étayer cet argument et quand bien même les intimés se sont déclarés d'accord avec une telle mesure, ce qui plaide en faveur d'une mesure économiquement supportable, puis en concluant qu'il ne serait pas opposé à conditionner l'autorisation complémentaire à la pose d'un caisson isolant.
Il découle de ce qui précède, qu'à défaut d'avoir établi que des mesures supplémentaires de protection contre le bruit à titre préventif n'entraient pas en considération en l'espèce au sens de la jurisprudence précitée, le département a violé le principe de prévention.
34. Il résulte de ce qui précède que le recours sera admis et la décision entreprise annulée.
35. Dans ces circonstances, la demande de retrait de l'effet suspensif au recours est sans objet.
36. Vu cette issue, un émolument de CHF 2'000.- sera mis à la charge des intimés, qui succombent (art. 87 al. 1 et 3 LPA et 1 s. du règlement sur les frais, émoluments et indemnités en procédure administrative du 30 juillet 1986 - RFPA -
E 5 10.03
).
37. L'avance de frais des recourants, qui obtiennent gain de cause, leur sera restituée. Ayant eu recours au service d'un avocat pour les besoins de la procédure et conclu à l'allocation de dépens, ces derniers se verront en outre allouer à ce titre une indemnité de procédure de CHF 2'500.- (art. 87 al. 2 à 4 LPA et 6 RFPA), valant participation aux honoraires de ce dernier (cf.
ATA/1089/2016
du 20 décembre 2016 consid. 12h ;
ATA/546/2016
du 28 juin 2016 consid. 2c ;
ATA/329/2016
du 19 avril 2016 consid. 3b ;
ATA/154/2016
du 23 février 2016 consid. 8a), pour moitié à la charge du DT et pour moitié à celle des intimés.