Decision ID: 15cd53b8-7864-5ae0-a867-27e34d982f1b
Year: 2011
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_014
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: social_law

Attendu en fait
que par décision du 17 juin 2010, le service du revenu minimum cantonal d'aide sociale (ci-après le RMCAS) a réclamé à Monsieur P_ le remboursement de la somme de 5'167 fr. 50, représentant les prestations des mois de septembre 2009, et de décembre 2009 à février 2010 ;
Que l'intéressé a formé opposition le 24 juin 2010 concluant notamment à la suspension immédiate de la décision litigieuse ;
Que le 1
er
juillet 2010, le Conseil d'administration de l'Hospice général, instance d'opposition (ci-après l'Hospice général), a attiré son attention sur le fait que ladite décision n'était pas exécutoire ;
Que par décision du 3 février 2011, l'Hospice général a partiellement admis l'opposition en ce sens qu'il a réduit le montant à restituer à 2'000 fr. ; qu'il s'est par ailleurs d'ores et déjà prononcé sur la demande de remise ; qu'il l'a rejetée, considérant que la condition de bonne foi n'était pas réalisée ;
Que l'intéressé a interjeté recours le 4 mars 2011 contre la décision sur opposition ; qu'il demande à ce que son recours suspende immédiatement la décision attaquée ;
Qu'invité à se déterminer sur cette question, l'Hospice général a relevé, le 22 mars 2011, qu'il n'avait pas retiré l'effet suspensif ;
Que la cause a été gardée à juger s'agissant de l'effet suspensif ;

Considérant en droit
que conformément à l'art. 134 al. 3 let. d de la loi sur l'organisation judiciaire, du 26 septembre 2010 (LOJ; RS
E 2 05
) en vigueur dès le 1
er
janvier 2011, la Chambre des assurances sociales de la Cour de justice connaît en instance unique des contestations prévues à l'art. 38 de la loi cantonale sur les prestations cantonales accordées aux chômeurs en fin de droit, du 18 novembre 1994 (LRMCAS; RS
J 2 25
) ;
Que sa compétence pour juger du cas d’espèce est ainsi établie ;
Que le litige porte sur la remise de l'obligation de rembourser la somme de 2'000 fr. ;
Que le recourant sollicite préalablement la restitution de l’effet suspensif ;
Que la LPGA ne contient pas de dispositions propres sur l'effet suspensif ; que selon l'art. 55 al. 1 LPGA, les points de procédure qui ne sont pas réglés de manière exhaustive aux art. 27 à 54 LPGA ou par les dispositions des lois spéciales sont régis par la loi fédérale du 20 décembre 1968 sur la procédure administrative (PA) ; que l'art. 61 LPGA pose des exigences auxquelles doit satisfaire la procédure devant le tribunal cantonal des assurances, laquelle est réglée par le droit cantonal, sous réserve de l'art. 1 al. 3 PA ; que l'art. 56 LPGA, qui concerne le droit de recours, ne règle pas l'effet suspensif éventuel du recours (Ueli KIESER, ATSG-Kommentar, p. 562 ch. m. 16 ad art. 56 et la référence; ATF
129 V 376
consid. 4.3 in fine) ; que par renvoi de l'art. 1 al. 3 PA, l'art. 55 al. 2 et 4 PA, concernant le retrait de l'effet suspensif, s'applique à la procédure devant les autorités cantonales de dernière instance qui ne statuent pas définitivement en vertu du droit public fédéral ;
Que l'entrée en vigueur de la LPGA et de l'OPGA n'a rien changé à la jurisprudence en matière de retrait par l'administration de l'effet suspensif à une opposition ou à un recours ou de restitution de l'effet suspensif (arrêt précité P. du 24 février 2004) ; qu'ainsi, la possibilité de retirer l'effet suspensif à l'opposition (cf. art. 11 al. 1 et 2 OPGA) n'est pas subordonnée à la condition qu'il existe, dans le cas particulier, des circonstances tout à fait exceptionnelles qui justifient cette mesure ; qu'il incombe bien plutôt à l'autorité appelée à statuer d'examiner si les motifs qui parlent en faveur de l'exécution immédiate de la décision l'emportent sur ceux qui peuvent être invoqués à l'appui de la solution contraire (cf. RAMA 2004 no U 521 p. 447 et les références) ; que l'autorité dispose sur ce point d'une certaine liberté d'appréciation ; qu'en général, elle se fondera sur l'état de fait tel qu'il résulte du dossier, sans effectuer de longues investigations supplémentaires ; qu'en procédant à la pesée des intérêts en présence, les prévisions sur l'issue du litige au fond peuvent également être prises en considération ; qu'il faut cependant qu'elles ne fassent aucun doute ; que par ailleurs, l'autorité ne saurait retirer l'effet suspensif au recours lorsqu'elle n'a pas de raisons convaincantes pour le faire (ATF
124 V 88
s. consid. 6a,
117 V 191
consid. 2b et les références) ;
Qu'en l'espèce, force est de constater que l'Hospice général n'a pas retiré l'effet suspensif au recours ; que la demande visant à obtenir son rétablissement est dès lors sans objet ;