Decision ID: 0bfaa954-a445-53ab-82b1-88181191af3c
Year: 2014
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_001
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law

EN FAIT
, le jugement
JTPI/5668/2014
du 12 mai 2014, notifié à A_ le 14 mai 2014, aux termes duquel le Tribunal de première instance, statuant sur requête de mesures protectrices de l'union conjugale, a autorisé A_ et B_ à vivre séparés, attribué la jouissance exclusive du domicile conjugal au mari et condamné celui-ci à verser à son épouse une contribution mensuelle de 695 fr. dès le 1er octobre 2013 (ch. 3);
Vu l'appel déposé le 26 mai 2014 par A_ au greffe de la Cour de justice par lequel il conteste ce dernier point, concluant à ce qu'il soit constaté qu'aucune contribution d'entretien ne doit être versée en faveur de l'un ou l'autre des époux;
Vu la demande d'octroi de l'effet suspensif formée par l'appelant, celui-ci expliquant que la contribution d'entretien fixée par le Tribunal le réduit à son minimum vital, alors que son épouse devrait, selon toute vraisemblance, obtenir un travail à C_ dès le 15 juin 2014 lui permettant de réaliser un salaire mensuel de 4'029 fr. 10;
Que l'intimée conclut au rejet de la requête d'effet suspensif, relevant que son mari ne lui a versé aucun montant depuis le prononcé du jugement querellé, que si la Cour devait réduire le montant de la contribution d'entretien, le trop-perçu pourrait être compensé et qu'en cas d'exécution forcée de l'obligation d'entretien, le minimum vital de l'appelant serait en toute hypothèse préservé, de sorte que celui-ci ne risque pas de subir un préjudice difficilement réparable si la suspension de l'effet exécutoire du jugement n'était pas prononcée;
Considérant,

EN DROIT
, que la Cour est saisie d'un appel au sens de l'art. 308 CPC;
Que le jugement querellé portant sur des mesures provisionnelles, l'appel n'a pas d'effet suspensif
ex lege
(art. 315 al. 4 let. b CPC);
Que la Présidente soussignée a compétence pour statuer sur la requête d'effet suspensif, vu la nature incidente et provisionnelle d'une telle décision et la délégation prévue à cet effet par l'art. 18 al. 2 LaCC, concrétisée par une décision de la Chambre civile siégeant en audience plénière et publiée sur le site Internet de la Cour;
Qu'à teneur de l'art. 315 al. 5 CPC, l'exécution de mesures provisionnelles peut exceptionnellement être suspendue si la partie concernée risque de subir un préjudice difficilement réparable, notion se distinguant de celle de "préjudice irréparable" au sens notamment de l'art. 93 al. 1 let. a LTF (sur cette dernière notion, cf. arrêt du Tribunal fédéral
4A_458/2010
du 18 novembre 2010 consid. 1.1), permettant de tenir compte également d'un préjudice de fait et s'examinant à l'aune de l'efficacité du jugement à rendre à l'issue de la procédure ordinaire, qui en serait compromise (arrêt du Tribunal fédéral
4P.5/2002
du 8 avril 2002 consid. 3a);
Que, saisie d'une demande d'effet suspensif au sens de l'art. 315 al. 5 CPC, l'autorité cantonale d'appel doit ainsi procéder à une nouvelle pesée des intérêts entre les deux préjudices difficilement réparables, celui du demandeur à l'action si la mesure n'était pas exécutée immédiatement et celui qu'entraînerait pour le défendeur l'exécution de cette mesure (ATF
138 III 378
consid. 6.3 et les références citées;
137 III 475
consid. 4.1; arrêt du Tribunal fédéral
5A_514/2012
du 4 septembre 2012 consid. 3.2.2);
Que l'exécution immédiate demeure la règle et la suspension du caractère exécutoire l'exception et que le paiement de contributions d'entretien ne constitue en principe pas un dommage difficilement réparable (ATF
107 Ia 269
; arrêts du Tribunal fédéral
4D_26/2011
du 6 mai 2011 consid. 2;
5P.104/2005
du 18 juillet 2005 consid. 1.2);
Que concernant la contribution d'entretien, le refus de l'effet suspensif ne cause en principe pas de préjudice difficilement réparable à celui qui est condamné à la payer, la simple exécution de créances d'argent n'emportant pas en soi un tel dommage dans la mesure où l'intéressé pourra en obtenir la restitution s'il obtient finalement gain de cause (arrêt du Tribunal fédéral
5D_52/2010
du 10 mai 2010 consid. 1.1.1 in SJ 2011 I
p. 134);
Qu'en l'espèce, l'appelant allègue que son disponible mensuel se monte à 798 fr. 90;
Qu'au vu de ce montant et de la contribution d'entretien fixée par le Tribunal à 695 fr. par mois, il n'apparaît pas que le minimum vital de l'appelant soit atteint, de sorte que le risque d'un préjudice difficilement réparable doit être nié;
Que, par ailleurs, si la Cour devait réduire la contribution d'entretien, l'appelant pourra compenser le montant versé en trop, comme l'indique l'intimée;
Qu'au vu de ce qui précède, il ne se justifie pas de suspendre l'effet exécutoire du jugement querellé;
Qu'il sera statué sur les frais et dépens de l'incident avec la décision au fond (art. 104
al. 3 CPC);
Considérant enfin que la présente décision, de nature incidente, rendue dans le cadre d'une procédure dont la valeur litigeuse est supérieure à 30'000 fr., est susceptible d'un recours en matière civile au Tribunal fédéral, dans les limites de l'art. 93 LTF (ATF
137 III 475
consid. 1; arrêt du Tribunal fédéral
4D_26/2011
consid. 2 et 3) et que la décision relative à une requête d'effet suspensif étant une mesure provisionnelle au sens de l'art. 98 LTF, seule peut être invoquée la violation des droits constitutionnels (art. 98 LTF; ATF
137 III 475
consid. 2; arrêt du Tribunal fédéral
2C_8/2011
du 3 mars 2011 consid. 3.1).
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