Decision ID: d451efa8-e661-58e2-9a22-e0c4da10af3d
Year: 2004
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_014
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: social_law

EN FAIT
Par décision du 8 janvier 1970, Monsieur S_ a été mis au bénéfice d’une rente entière simple d’invalidité avec effet au 1
er
novembre 1969, assortie de rentes complémentaires pour son épouse et ses deux enfants.
Au printemps 2002, l’épouse de l’assuré a demandé l’anticipation d’une année de sa rente simple de vieillesse, laquelle lui a été octroyée à compter du 1
er
mai 2002. Dès lors, la rente d’invalidité de son conjoint a été recalculée. Par décision du 23 mai 2002, la Caisse interprofessionnelle d'assurance vieillesse et survivants de la Fédération romande des syndicats patronaux - devenue depuis lors la Caisse interprofessionnelle d’AVS de la Fédération des entreprises romandes - a octroyé à Monsieur S_ une rente simple d’invalidité de 1'409 francs par mois et à son épouse, une rente simple de vieillesse de 1'488 francs par mois. Cette décision est entrée en force.
Le 11 août 2002, l’assuré a atteint à son tour l’âge lui ouvrant droit à une rente de vieillesse. Partant, sa rente d’invalidité a été supprimée. Par décision du 13 septembre 2002, il a été mis au bénéfice d’une rente simple de vieillesse de 1'315 francs par mois à compter du 1
er
septembre 2002. Le montant de cette rente a été calculé sur la base d’un revenu annuel moyen de 34'608 francs et d’une durée de cotisations de 42 ans et 7 mois, entraînant l’application de l’échelle de rente 43. Ont été prises en compte 21 années de bonifications pour tâches éducatives. Son épouse s’est vu octroyer pour sa part une rente mensuelle de 1'647 francs, sur la base d’un revenu annuel moyen de 66'744 francs et d’une durée de cotisations de 39 années et 10 mois, entraînant l’application de l’échelle de rente 43. Ont été prises en comptes 20 années de bonifications pour tâches éducatives.
Par courrier du 30 septembre 2002, l’assuré a interjeté recours contre cette décision en demandant des explications quant à la diminution de sa rente.
Invitée à se prononcer, la caisse, dans son préavis du 17 janvier 2003, a conclu au rejet du recours. Elle explique que dans le cas de l’assuré et de son épouse, ce sont les bases de calcul correspondant au montant globalement le plus favorable pour le couple qui ont été appliquées. En effet, selon les règles de l’assurance-invalidité, la somme des rentes mensuelles du couple s’élèverait - après application des règles de plafonnement - à 2'949 francs alors que selon les règles de l’assurance-vieillesse et survivants, la somme des rentes mensuelles - avant réduction de la prestation de l’épouse pour cause d’anticipation mais après plafonnement - se monte à 3'020 francs (1'705 + 1'315).

EN DROIT
a. La loi du 14 novembre 2002 modifiant la loi genevoise sur l’organisation judiciaire (LOJ ;
E 2 05
), entrée en vigueur le 1er août 2003, a institué un Tribunal cantonal des assurances sociales statuant en instance unique, notamment sur les contestations relatives à la loi fédérale du 20 décembre 1946 sur l’assurance-vieillesse et survivants (ci-après LAVS [RS 831.10] ; cf. art. 1, let. r et 56V al. 1, let. a ch. 1 LOJ). Conformément à l’art. 3 al. 3 des dispositions transitoires, les causes introduites avant l’entrée en vigueur de la loi précitée et pendantes devant la Commission cantonale de recours en matière d’assurance-vieillesse ont été transmises d’office au Tribunal cantonal des assurances sociales. La compétence du Tribunal de céans est dès lors établie pour connaître du présent litige.
b. La loi fédérale sur la partie générale du droit des assurances sociales du 6 octobre 2000 (LPGA ;
RS 830.1
) est entrée en vigueur le 1er janvier 2003, entraînant de nombreuses modifications dans le domaine de l’assurance-vieillesse et survivants. Le cas d’espèce demeure toutefois régi par les dispositions en vigueur jusqu’au 31 décembre 2002, eu égard au principe selon lequel le juge des assurances sociales n’a pas à prendre en considération les modifications du droit ou de l’état de fait postérieures à la date déterminante de la décision litigieuse (ATF
127 V 467
, consid. 1,
121 V 386
, consid. 1b ; cf. également dispositions transitoires, art. 82 al. 1 LPGA). Le présent litige sera en conséquence examiné à la lumière des dispositions de la loi sur l’assurance-vieillesse et de son règlement en vigueur jusqu’au 31 décembre 2002. Les dispositions légales seront dès lors citées dans leur ancienne teneur.
c. Le Tribunal de céans constate que le recours, interjeté en temps utile (art. 84 LAVS), est recevable en la forme.
2. Il convient de relever si les deux conjoints ont droit à une rente – comme c’est le cas en l’espèce, la somme des deux rentes est plafonnée, en ce sens qu'elle s'élève au plus à 150% du montant maximum de la rente de vieillesse (art. 35 al. 1 LAVS). Les deux rentes sont ainsi réduites en proportion de leur quote-part à la somme des rentes non réduites (art. 35 al. 3 LAVS). En d’autres termes, si les deux conjoints comptent une durée de cotisations complète, la formule de plafonnement suivante s'applique à chacune des rentes individuelles (cf. ch. 5521ss des directives concernant les rentes de l'AVS/AI édictées par l'Office fédéral des assurances sociales [DR] applicables alors) :
Si l'un des deux conjoints ne présente pas une durée de cotisations complète, le montant maximum des deux rentes correspond alors à un pourcentage du montant maximum en cas de rente complète. Ce montant est déterminé en additionnant le pourcentage correspondant à l'échelle de rente la plus basse et le double du pourcentage correspondant à l'échelle de rente la plus élevée. Ce total doit être divisé par trois, ce qui permet d'obtenir l'échelle pondérée (art. 53bis du règlement du 31 octobre 1947 sur l'assurance-vieillesse et survivants [RAVS;
RS 831.101
]).
C’est ce qui explique que la rente de l’assuré ait été légèrement réduite. Au surplus, l'examen du dossier permet de constater qu'en l'occurrence la caisse de compensation a correctement appliqué les dispositions légales et réglementaires pour calculer le montant des rentes dues aux époux. Elle a en effet examiné laquelle des deux bases de calcul (AVS ou AI) était la plus favorable pour le couple. Il s’avère que selon les règles d’assurance-invalidité, la somme des rentes mensuelles pour le couple après application des règles de plafonnement se serait élevée à 2'949 francs alors que selon les règles de l’assurance-vieillesse, elle se monte à 3'020 francs (1'705 + 1'315). La rente de l’épouse de l’assuré a ensuite été réduite pour tenir compte de l’anticipation de sa rente.
3. Eu égard aux considérations qui précèdent, il convient de rejeter le recours.
* * *