Decision ID: d5e886f2-bc14-5754-9cbf-1e3b785ee526
Year: 2018
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_013
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: public_law

EN FAIT
1) Par arrêt du 10 octobre 2017 (
ATA/1367/2017
), la chambre administrative de la Cour de justice (ci-après : la chambre administrative) a admis partiellement le recours formé par A_ et Monsieur B_ contre la décision du service de police du commerce et de la lutte contre le travail au noir (ci-après : PCTN) du 21 juin 2016, annulé cette décision et renvoyé la cause au PCTN au sens des considérants.![endif]>![if>
La chambre administrative a, en particulier, retenu que la décision avait été rendue en violation de la procédure instaurée par la loi sur les taxis et limousines (transport professionnel de personnes au moyen de voitures automobiles) du 21 janvier 2005 (LTaxis -
H 1 30
), le préavis de la commission de discipline préalable à une décision de mesure ou sanction administrative, n’ayant pas été valablement recueilli. Par ailleurs, les infractions reprochées étant contestées, le PCTN ne pouvait pas retenir comme déterminante la version du dénonciateur, sans procéder à des vérifications supplémentaires.
La décision litigieuse était ainsi annulée et la cause renvoyée au PCTN pour nouvelle décision au sens des considérants.
2) Le 17 novembre 2017, le PCTN a saisi la chambre administrative d’une requête en interprétation de l’arrêt susmentionné. ![endif]>![if>
Il a conclu à ce qu’il soit dit si, conformément à l’arrêt précité et « compte tenu de ce que tous les faits de la cause se sont passés avant le 1
er
juillet 2017 », le PCTN devait renoncer à prononcer contre M. B_ conjointement une amende et une suspension de la carte professionnelle de chauffeur, renoncer à prononcer contre M. B_ et A_ une amende ou, le cas échéant, la prononcer sans consulter la commission de discipline visée à l’art. 48 LTaxis, voire s’il devait renoncer à prononcer contre M. B_ une suspension de la carte professionnelle de chauffeur ou, le cas échéant, la prononcer sans consulter la commission de discipline visée à l’art. 48 LTaxis.
3) M. B_ et A_ ont conclu à l’irrecevabilité de la demande en interprétation. Si celle-ci était déclarée recevable, ils ont pris plusieurs conclusions subsidiaires, précédées de celle, préalable à ces dernières, tendant à ce qu’il soit ordonné au PCTN de statuer sur la question de la récusation de son directeur. ![endif]>![if>
4) Le 24 janvier 2018, les parties ont été informées que la cause était gardée à juger.![endif]>![if>

EN DROIT
1) À la demande d’une partie, la juridiction qui a statué interprète sa décision, lorsqu’elle contient des obscurités ou des contradictions dans le dispositif ou entre le dispositif et les considérants (art. 84 al. 1 de la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 1985 - LPA -
E 5 10
). Le délai pour déposer une demande en interprétation est de trente jours dès réception de l’arrêt dont l’interprétation est requise (art. 84 al. 2 et 63 al. 1 let. a LPA).![endif]>![if>
En l’espèce, la demande a été formée dans le délai légal, devant la juridiction compétente.
2) L'interprétation est une voie de recours extraordinaire dont le résultat ne constitue pas une modification, une révision ou un réexamen du jugement dont l'interprétation est demandée. Elle ne conduit qu'à préciser un point du dispositif, voire à comprendre un dispositif peu explicite (
ATA/432/2010
du 22 juin 2010 consid. 2 ; Blaise KNAPP, Précis de droit administratif, 4
ème
éd., 1991, p. 253 n. 1146 ss et p. 428 n. 2069 ss).![endif]>![if>
L'interprétation tend à remédier à une formulation peu claire, incomplète, équivoque ou en elle-même contradictoire du dispositif de la décision rendue. Elle peut, en outre, se rapporter à des contradictions existant entre les motifs de la décision et le dispositif. Les considérants ne peuvent faire l'objet d'une interprétation que si et dans la mesure où il n'est possible de déterminer le sens du dispositif de la décision qu'en ayant recours aux motifs (ATF
130 V 320
consid. 3.1 ;
110 V 222
consid. 1 et les références citées ;
ATA/391/2011
du 21 juin 2011 consid. 4).
3) Dans le cas particulier, le dispositif de l’arrêt en cause est sans équivoque. Il annule la décision querellée et renvoie la cause au PCTN pour nouvelle décision, au sens des considérants. Ces derniers exposent que la décision attaquée était viciée dès lors que le préavis de la commission de discipline préalable à la sanction contestée n’avait pas été valablement recueilli et que l’instruction des faits reprochés était insuffisante.![endif]>![if>
Par ailleurs, le dispositif en question ne contient aucune contradiction ni obscurité en regard des considérants. Ce que souhaite en réalité le PCTN, c’est à ce que la chambre de céans trace l’articulation éventuelle entre la LTaxis, sous l’empire de laquelle les faits reprochés se sont déroulés, et la loi sur les taxis et les voitures de transport avec chauffeur du 13 octobre 2016 (LTVTC -
H 1 31
) qui lui a succédé le 1
er
juillet 2017.
Cela ne relève pas de l’interprétation mais du conseil juridique, et dépasse tant le cadre de l’art. 84 al. 1 LPA que le rôle d’une juridiction de recours.
Dans ces circonstances, la demande d’interprétation sera déclarée irrecevable.
4) Aucun émolument ne sera perçu (art. 87 al. 1 LPA). Une indemnité de procédure de CHF 500.- sera allouée solidairement aux intimés, qui y ont expressément conclu (art. 87 al. 2 LPA).![endif]>![if>