Decision ID: f0c01416-6c0c-5572-bb12-a46e84439912
Year: 2021
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_001
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law

EN FAIT
, que par acte porté le 12 février 2018 devant le Tribunal de première instance, la mineure B_, née le _ 2004, réclame, conjointement et solidairement, à A_ (SUISSE) SA, qui a mis sur le marché suisse le médicament antiépileptique "Dépakine" et à E_, le médecin traitant neurologue de sa mère D_, le paiement de divers montants à titre d'indemnités pour perte de gain, préjudice ménager futur et tort moral;
Qu'elle reproche à A_ (SUISSE) SA et E_ de ne pas avoir informé sa mère de l'étendue des risques liés à la prise de la "Dépakine" durant la grossesse;
Qu'elle soutient que la prise du médicament en question par sa mère durant la grossesse a causé diverses atteintes, encore évolutives, à sa santé physique et psychique;
Qu'elle agit en responsabilité contre le producteur sur la base de la loi fédérale du 18 juin 1993 sur la responsabilité du fait des produits (LRFP) et contre le médecin sur la base des art. 41 ss, 97 ss et 394 ss CO;
Que la cause a été enregistrée sous le sous le n° C/19244/2017-1;
Que A_ (SUISSE) SA et E_ concluent au rejet de l'action;
Que les parties ont requis la mise en œuvre d'expertises judiciaires;
Que par ordonnance
ORTPI/1241/2021
du 16 novembre 2021, reçue par les parties le 19 novembre 2021, le Tribunal a ordonné la division de la cause en deux procédures distinctes, soit une cause opposant la mineure B_ à A_ (SUISSE) SA sous le n° C/19244/2017-1 et une cause opposant la mineure B_ à E_ sous le n° C/1_/2021-1;
Que par acte expédié le 29 novembre 2021 à la Cour de justice, A_ (SUISSE) SA recourt contre l'ordonnance précitée, dont elle requiert l'annulation;
Qu'elle conclut, avec suite des frais, à ce que la Cour, principalement, ordonne que l'instruction de la cause C/19244/2017 concernant la demande formée le 12 février 2018 par la mineure B_ contre A_ (SUISSE) SA et E_ se poursuive de façon conjointe et sans limitation de l'instruction, et, subsidiairement, renvoie la cause au Tribunal pour nouvelle décision;
Qu'elle sollicite, préalablement, l'octroi de l'effet suspensif à son recours;
Que la mineure B_ et E_ s'en rapportent à justice sur la requête d'effet suspensif;
Considérant,

EN DROIT
, que la Cour est saisie d'un recours au sens des
art. 319 ss CPC;
Que le recours ne suspend pas la force de chose jugée et le caractère exécutoire de la décision attaquée (art. 325 al. 1 CPC);
Que toutefois, l'instance de recours peut suspendre le caractère exécutoire (art. 325 al. 2 CPC);
Que l'instance de recours dispose d'un large pouvoir d'appréciation;
Que l'on devrait à tout le moins admettre que l'effet suspensif soit restitué lorsque la partie concernée risque de subir un préjudice difficilement réparable (Jeandin, CR, CPC, 2
ème
éd. 2019, ad art. 325 n. 6);
Qu'il convient de procéder à une pesée des intérêts en cause à la lumière du cas concret, à savoir celui de la partie recourante à ne pas subir les inconvénients d'une exécution immédiate de la décision querellée et celui de l'intimé à ne pas différer ladite exécution, les chances du succès du recours devant aussi être prises en compte (Jeandin, op. cit. ad art. 325 n. 6a);
Qu'en l'espèce, les parties intimées ne s'opposent pas à la suspension du caractère exécutoire de l'ordonnance attaquée, mais s'en rapportent à justice sur ce point;
Que dans ces conditions, il se justifie de restituer l'effet suspensif au recours, étant précisé que celui-ci devrait être tranché rapidement, de sorte que l'absence de mise en œuvre immédiate de l'ordonnance attaquée ne devrait pas être préjudiciable aux parties;
Que la recevabilité du recours sera examinée ultérieurement;
Qu'il sera statué sur les frais de la présente décision dans le cadre de l'arrêt au fond.
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