Decision ID: d5ef29ee-6ff7-53f4-98a8-323b8c5852b3
Year: 2014
Language: fr
Court: GE_CAPJ
Chamber: GE_CAPJ_001
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: public_law

EN FAITS :
1. Par pli posté le 2 juin 2014, M. X
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, domicilié à Genève, a adressé au président de la Cour d'appel du pouvoir judiciaire (ci-après : la Cour d'appel) «une plainte au sujet des dysfonctionnements à la Cour de justice par rapport à mon (son) recours contre l’ordonnance de non-entrée» en matière du Procureur général A du 27 mai 2013, suite à sa propre plainte pénale (cause P/_).![endif]>![if>
Était jointe une lettre envoyée le 30 mai 2014 par M. X
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à M. P
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, président de la Chambre pénale de recours de la Cour de Justice (ci-après : la Chambre pénale).
Il en résultait que M. X
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avait recouru auprès de la Chambre pénale contre l'ordonnance du Procureur A
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mais que son recours avait été déclaré irrecevable sans avoir été examiné au fond, motif pris du fait que les sûretés réclamées n'avaient pas été versées dans le délai imparti. Des frais avaient malgré tout été mis à la charge du recourant. M. X
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réclamait justice. Le conflit qui l'opposait au juge P
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résultait du fait que ce dernier n'avait pas appliqué le processus de la justice à ma (sa) demande d'un recours. C'est (C'était) donc une affaire de corruption de ma (sa) demande. Il attendait d'urgence le positionnement de la Cour d'appel à ce sujet, «l'irresponsabilité du juge P
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» ayant assez duré.
2. A réception de cette plainte, la présidente de la Cour d'appel a écrit le 5 juin 2014 à M. X
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en le priant de produire par retour du courrier l'ordonnance de non-entrée en matière en question et l’arrêt de la Chambre pénale rendu sous la présidence de M. P
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.
3. Le 6 juin 2014, M. X
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a fait parvenir à la Cour d'appel copies des courriers qu'il avait envoyés les 4 juin à M. P
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et 30 mai 2014 au Ministère public mais pas les deux décisions judiciaires qu'il avait été invité à communiquer.
Aussi, la présidente de la Cour d'appel a-t-elle sollicité, le 11 juin 2014, de M. P
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, copie de l’arrêt en question qui lui a été transmis et dont un exemplaire a été envoyé au plaignant.
Il apparaît que le mardi 2 juillet 2013, la Chambre pénale avait refusé d’entrer en matière sur le recours déposé le 4 juin 2013 par M. X
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contre l'ordonnance de non-entrée en matière rendue le 27 mai 2013 par le Ministère public, alors que la direction de la procédure pénale avait invité l'intéressé à corriger son acte de recours et à fournir, avant le 20 juin 2013, CHF 500.- à titre de sûretés au sens de l’art. 383 al. 1 du code de procédure pénale suisse du 5 octobre 2007 (CPP -
RS 312.0
).
Par ce même arrêt, la Chambre pénale avait mis à charge de M. X
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un émolument de CHF 250.-.
Cet arrêt comportait la mention selon laquelle il pouvait faire l’objet d'un recours en matière pénale auprès du Tribunal fédéral, dans les trente jours suivant la réception du texte intégral de l'arrêt attaqué.
4. Le 13 juin 2014, la présidente de la Cour d'appel a écrit à M. X
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pour l'informer que la cause était gardée à juger et elle a transmis à M. P
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, pour information, la plainte en question.![endif]>![if>

EN DROIT :
1. La Cour d'appel - comme toute juridiction ou autorité administrative - examine d'office sa compétence (ATA/_ du 1er avril 2014 ; ATA/_ du 14 juillet 2011).
2. Selon la loi sur l'organisation judiciaire du 26 septembre 2010 (LOJ - E 2 O5), la Cour d'appel est compétente pour statuer sur la levée du secret de fonction auquel sont tenus les membres du Conseil supérieur de la magistrature et les magistrats qui la composent (art. 58A LOJ). De plus, à teneur de l'art. 138 LOJ, elle «connaît des recours dirigés contre les décisions :
a) du Conseil supérieur de la magistrature;
b) de la commission de gestion et du secrétaire général du pouvoir judiciaire en tant qu'elles touchent aux droits et obligations des membres du personnel du pouvoir judiciaire;
c) de la Cour de justice lorsque la loi le prévoit».
3. La Cour d'appel applique la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 1985 (LPA
E 5 10
) conformément à l'art. 139 al. 1 LOJ.
4. Selon l'art. 64 LPA, le recours est formé par écrit et adressé à la juridiction administrative appelée à en connaître. Le recours adressé à une autorité incompétente est transmis d'office à la juridiction administrative compétente et le recourant en est averti.
5. En l'espèce, et au vu de ce qui précède, l'arrêt de la Chambre pénale de recours pouvait, selon son libellé, être attaqué par M. X
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devant le Tribunal fédéral mais le plaignant n'allègue pas l'avoir fait.
La Cour d'appel n'est pas compétente pour connaître de la plainte de M. X
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, aucun des cas de figure cités aux art. 58A et 138 LOJ n'étant réalisé, aucune des autorités et juridiction susmentionnées n'ayant rendu de décision. Il n'est dès lors pas nécessaire d'examiner si les autres conditions de recevabilité du recours sont satisfaites.
Si le Conseil supérieur de la magistrature exerce un pouvoir de surveillance sur les magistrats et veille au bon fonctionnement des juridictions (art. 15 et 16 al. 1 LOJ), il est une autorité - et non une juridiction - administrative, de sorte que la Cour d'appel n'a pas à lui transmettre d'office la plainte que M. X
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lui a adressée le 2 juin 2014 (art. 64 al. 2 LPA;
ATA/119/2014
du 25 février 2014).
6. En l'espèce, la plainte de M. X
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- traitée comme un recours - sera donc déclarée irrecevable conformément à l'art. 72 LPA, selon lequel « l'autorité de recours peut, sans instruction préalable, par une décision sommairement motivée, écarter un recours manifestement irrecevable ou rejeter un recours manifestement mal fondé ».
7. Vu les circonstances du cas d'espèce, il sera statué sans frais (art. 87 LPA a contrario).