Decision ID: a62f51db-84d1-5d39-8772-f172ca58287e
Year: 2020
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_002
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law

EN FAIT
A.
a.
Le 23 avril 2019, l'ETAT DE GENEVE soit pour lui l'Administration fiscale cantonale, a saisi le Tribunal de première instance d'une requête d'expertise judiciaire au sens de l'art. 15 al. 4 de la loi sur les droits de succession (LDS) dans le cadre de la procédure de taxation des droits à charge de A_, liés à la succession de feu la tante de celle-ci, B_ (quand vivait propriétaire des parcelles n° 1_ et 2_ de la commune de C_ [GE]).
Il exposait, pièce à l'appui, que, par jugement du 11 mars 2019, le Tribunal administratif de première instance avait partiellement admis le recours formé par A_ contre la décision qu'il avait rendue sur réclamation le 18 avril 2017, et lui avait renvoyé le dossier pour que soit engagée la procédure judiciaire d'estimation au sens de l'art. 15 al. 4 LDS et pour nouvelle décision de taxation.
b.
Il résulte dudit jugement que la déclaration de succession de B_, déposée le 14 janvier 2016 par l'administrateur d'office de la succession, mentionnait, au titre de la valeur vénale des parcelles susmentionnées, les montants de 62'188 fr. et 9'005 fr. respectivement (ce qui correspondait aux valeurs résultant du procès-verbal d'inventaire dressé par le Service des estimations immobilières et des inventaires successoraux de l'Administration fiscale cantonale le 18 mai 2015), tandis que les droits de succession avaient été calculés notamment sur des valeurs desdites parcelles fixées à 1'400'000 fr. et 730'000 fr. selon une expertise privée du 31 mars 2015 requise par l'administrateur d'office et communiquée par ses soins à l'Administration fiscale le 16 novembre 2015.
Le Tribunal administratif de première instance a notamment relevé que l'Administration fiscale était elle-même revenue sur cette expertise privée, retenue pour l'établissement du bordereau de succession et avait proposé une expertise amiable, laquelle avait été refusée par B_, ce qui n'était pas contraire au droit, de sorte qu'il était nécessaire que l'Administration fiscale engage la procédure judiciaire prévue à l'art. 15 al. 4 LDS.
c.
Après avoir convoqué les parties à une audience tenue le 27 mai 2019, au cours de laquelle celles-ci ont déclaré, à teneur du procès-verbal, ne pas s'opposer à la nomination d'un expert, le Tribunal a, par ordonnance du 24 juin 2019, commis en qualité d'expert l'architecte D_, avec mission d'estimer la valeur vénale des parcelles n° 1_ et 2_ de la commune de C_, et sursis en l'état à percevoir des frais. Dans le corps de sa décision, le Tribunal relevait que les frais seraient mis à la charge de l'une ou l'autre des parties en fonction du résultat de l'expertise, ceux-ci incombant aux ayants droits si l'expertise donnait un résultat supérieur au prix indiqué dans la déclaration de succession et à l'Etat dans les autres cas, selon l'art. 15 al. 10 LDS.
d.
Aux termes de son rapport du 26 août 2019, l'expert a fixé la valeur vénale de la parcelle n° 1_ précitée à 1'290'000 fr. et celle de la parcelle n° 2_ à 630'000 fr.
B.
Par ordonnance
OTPI/557/2019
du 9 septembre 2019, expédiée pour notification aux parties le lendemain et reçue par A_ le 18 septembre 2019, le Tribunal de première instance, retenant que l'expert judiciaire avait fixé des valeurs supérieures à celles indiqués dans la déclaration de succession, a, sur la base des art. 95 al. 2 let. b CPC et 26 RTFMC, arrêté les frais judiciaires à 400 fr., mis à la charge de A_ (ch. 1), condamné celle-ci à les verser à l'Etat de Genève, soit pour lui les Services financiers du Pouvoir judiciaire (ch. 2), dit qu'il ne serait pas alloué de dépens (ch. 3), et débouté les parties de toutes autres conclusions (ch. 4).
C.
Par acte du 29 septembre 2019, A_ a formé recours contre la décision précitée. Elle a conclu à l'annulation de celle-ci, avec suite de frais et dépens. Elle a produit des pièces nouvelles.
A bien la comprendre, ses griefs étaient liés aux faits qu'elle n'avait pas reçu copie de l'expertise judiciaire et que les montants portés dans la déclaration de succession par l'administrateur d'office provenaient d'un service de l'Administration fiscale, de sorte qu'ils avaient été indiqués "d'entente entre les parties présentes".
L'ETAT DE GENEVE a conclu au rejet du recours, avec suite de frais. Il a produit des pièces nouvelles, dont la déclaration de succession susvisée, déposée le 14 janvier 2016 par l'administrateur d'office. Il a allégué avoir communiqué à A_ l'expertise judiciaire en date du 8 octobre 2019.
Par réplique du 15 novembre 2019, A_ a persisté dans ses conclusions, observant notamment que les montants retenus par l'Administration fiscale cantonale étaient supérieurs à ceux figurant dans l'expertise judiciaire, laquelle ne lui avait au demeurant toujours pas été communiquée.
Par duplique du 3 décembre 2019, l'ETAT DE GENEVE a persisté dans ses conclusions, rappelant que le résultat de l'expertise était bien supérieur au prix indiqué dans la déclaration de succession.
Par avis du 4 décembre 2019, les parties ont été informées de ce que la cause était gardée à juger.

EN DROIT
1.
La décision sur les frais peut être attaquée séparément du fond par la voie du recours (art. 110 CPC).
Déposé en temps utile et selon la forme prescrite par la loi (art. 321 al. 1 CPC), le recours, formé par une justiciable agissant en personne, sera considéré comme recevable.
2.
Selon l'art. 320 CPC, le recours est recevable pour violation du droit (let. a) ou constatation manifestement inexacte des faits (let. b).
3.
Les conclusions, les allégations de fait et les preuves nouvelles sont irrecevables (art. 326 CPC).
Les faits nouveaux et les pièces nouvelles des parties ne sont donc pas recevables.
4.
La recourante reproche au Tribunal d'avoir mis à sa charge les frais de l'expertise judiciaire requise par l'intimée.
4.1