Decision ID: 05ce1e51-7f17-5317-af71-11ff6aa574bd
Year: 2016
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_006
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 

EN FAIT
A.
a)
B_, né le _ 1972, originaire de Genève et de _ (Vaud) et A_, née le _ 1972, originaire de Genève, _ (Vaud) et _ (Valais), ont contracté mariage le _ 1999 au _ (Genève).![endif]>![if>
B_ est directeur adjoint au sein de D_. A_ est enseignante au Cycle d'orientation E_.
Ils sont les parents de F_, né le _ 2009 à _ (Thaïlande).
b)
L'enfant C_ est née à _ (Thaïlande) le _ 2013. Elle est la fille de G_; l'identité de son père est demeurée inconnue. G_ ne pouvant prendre en charge son enfant en raison de sa situation sociale précaire et d'importants problèmes de santé, elle l'a confiée au Department of social Development and Welfare et a signé, le _ 2013, le consentement à son adoption.
C_ a été confiée à un orphelinat, dans lequel elle a séjourné jusqu'à son placement en vue d'adoption au sein de la famille de A_, B_ et F_.
c)
Le 5 janvier 2015, les époux A_ et B_ ont reçu du Service d'autorisation et de surveillance des lieux de placement l'agrément pour l'accueil d'un enfant en vue d'adoption.
Le lendemain, soit le 6 janvier 2015, ils ont reçu du même service l'autorisation de poursuivre la procédure et d'accueillir, en vue de son adoption, l'enfant C_.
Cette dernière est arrivée à Genève le _ 2015 et vit depuis lors au sein de la famille de A_, B_ et F_.
Par ordonnance du 24 février 2015, le Tribunal de protection de l'adulte et de l'enfant (ci-après : le Tribunal de protection) a désigné deux tutrices à la mineure C_.
B.
a)
Par requête datée du 10 février 2016 et adressée le 3 mai 2016 à la Cour de justice, les époux A_ et B_ ont demandé à pouvoir adopter l'enfant C_, indiquant qu'ils souhaitaient la prénommer H_, C_.![endif]>![if>
b)
Le 11 avril 2016, les tutrices ont rendu un rapport de levée de mandat, tout en recommandant l'adoption de l'enfant par le couple A_ et B_. Il ressort du rapport que l'intégration de C_ dans sa nouvelle famille s'est déroulée sans difficultés. Au fil des mois, elle a pris de l'aisance et de l'assurance et a noué une belle relation avec ses parents adoptifs ainsi qu'avec son frère, avec lequel elle aime partager des jeux. Elle fréquente un jardin d'enfants à raison de deux demi-journées par semaine depuis la rentrée scolaire 2015 et est prise en charge à raison de quelques heures par semaine par une maman de jour, qui s'était déjà occupée de F_, A_ ayant repris son activité d'enseignante à temps partiel, tout en réduisant son temps de travail à neuf heures par semaine. C_ est décrite comme une fillette souriante, attachante et facile à vivre. Son développement est conforme à son âge et elle est en bonne santé. Elle a été accueillie avec beaucoup de chaleur par la famille et les proches des époux A_ et B_.
Le 11 avril 2016 également, le Service d'autorisation et de surveillance des lieux de placement a sollicité du Tribunal de protection son consentement à l'adoption de C_ par les époux A_ et B_.
c)
Par ordonnance du 12 avril 2016, le Tribunal de protection a consenti à l'adoption demandée, a fait abstraction du consentement du père de l'enfant, demeuré inconnu et a transmis le dossier à la Cour de justice afin qu'elle prononce l'adoption.

EN DROIT
1.
1.1
La Suisse et la Thaïlande sont parties à la Convention de La Haye du 29 mai 1993 (ci-après : CLaH93) sur la protection des enfants et la coopération en matière d'adoption internationale. Cette Convention est entrée en vigueur, pour la Suisse, le 1
er
janvier 2003 et pour la Thaïlande le 1
er
août 2004.![endif]>![if>
L'art. 41 de la Convention prévoit que celle-ci s'applique chaque fois qu'une demande visée à l'art. 14 a été reçue après l'entrée en vigueur de la Convention dans l'Etat d'accueil et l'Etat d'origine.
L'art. 14 de la Convention prévoit que les personnes résidant habituellement dans un Etat contractant, qui désirent adopter un enfant dont la résidence habituelle est située dans un autre Etat contractant, doivent s'adresser à l'Autorité centrale de l'Etat de leur résidence habituelle.
1.2
Compte tenu du domicile des requérants à Genève, la Cour de justice civile est compétente pour prononcer l'adoption (art. 75 al. 1 LDIP; art. 120 al. 1 let. c LOJ). Le droit suisse est applicable (art. 77 al. 1 LDIP).
2.
Les requérants, mariés,
remplissent toutes les conditions exigées par la loi pour que l'adoption soit prononcée.![endif]>![if>
Ils sont en effet âgés de plus de trente-cinq et sont en outre mariés depuis plus de cinq ans (art. 264a al. 2 CC); l'écart d'âge entre eux-mêmes et l'enfant est supérieur à 16 ans (art. 265 al. 1 CC). Les requérants ont, en outre, pourvu de manière adéquate à l'éducation et à l'entretien de l'enfant pendant plus d'un an (art. 264 CC).
Il ressort par ailleurs de l'enquête exigée par l'art. 268a CC et effectuée par les services genevois compétents, que l'adoption de la mineure par les époux A_ et B_ sert son intérêt (art. 264 CC).
L'art. 264 CC prévoit en outre comme condition que l'adoption ne porte pas une atteinte inéquitable à la situation d'autres enfants des parents adoptifs, afin de sauvegarder l'harmonie familiale ainsi que les intérêts affectifs et pécuniaires des autres enfants de la famille adoptante (schoenenberger, Commentaire romand, Code civil I, pichonnaz/foëx (éd.), ad art. 264 n. 42 ss). Dans le cas d'espèce, l'adoption de C_ ne prétérite pas les intérêts de l'autre enfant du couple A_ et B_, également originaire de Thaïlande. La situation financière des requérants est saine et leur permet de subvenir aux besoins de deux enfants et il est enrichissant pour F_ de partager son quotidien avec une petite soeur.
Le Tribunal de protection a enfin donné son consentement à l'adoption sollicitée (art. 265 al. 3 CC). La mère biologique de l'enfant a quant à elle donné son consentement à l'adoption peu de temps après la naissance de sa fille et il sera fait abstraction de celui du père, demeuré inconnu (art. 265c ch. 1 CC).
Au vu de ces éléments et des liens affectifs qui unissent les requérants à l'enfant, tels qu'ils ressortent du rapport de fin de tutelle (art. 268a al. 1 CC), les conditions posées à l'adoption sont réunies. Celle-ci sera prononcée et l'enfant portera désormais les prénoms de H_, C_, conformément au souhait exprimé par les requérants.
3.
Les frais de la procédure, arrêtés à 1'000 fr. (art. 19 al. 1 et 3 let. a LaCC; art. 18 du Règlement fixant le tarif des frais en matière civile – RTFMC) sont mis à la charge des requérants, conjointement et solidairement. Ils sont entièrement compensés avec l'avance de frais de même montant d'ores et déjà versée, qui reste acquise à l'Etat (art. 2 RTFMC; art. 98, 101 et 111 CPC).![endif]>![if>
* * * * *