Decision ID: 382707fc-33c8-5b77-81f8-6eb36daf3589
Year: 2020
Language: fr
Court: FR_TC
Chamber: FR_TC_005
Canton: FR
Region: Espace_Mittelland
Law Area: penal_law

considérant en fait
A. Par ordonnance pénale du 1er octobre 2019, le Ministère public a condamné A._ à une peine pécuniaire de 5 jours-amende avec sursis durant deux ans et à une amende de CHF 300.-, pour délit et contravention à la loi fédérale sur les denrées alimentaires et les objets usuels.
Cette ordonnance pénale faisait suite à une dénonciation du Service de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (ci-après: SAAV) du 21 février 2019. Cette ordonnance n'a pas été notifiée au SAAV, le Ministère public estimant que le SAAV revêtait la qualité de dénonciateur dans la procédure au sens de l'art. 301 CPP et non de partie au sens de l'art. 104 al. 2 CPP.
B. Le 10 octobre 2019, A._ a formé opposition à l'ordonnance pénale du 1er octobre 2019.
C. Par courriers des 29 octobre et 14 novembre 2019, le Juge de police de la Broye (ci-après: le Juge de police) a cité à comparaître aux débats de première instance B._ et C._ du SAAV en qualité de dénonciateurs, et, à la demande de ces derniers, leur a transmis une copie de l'ordonnance pénale du 1er octobre 2019.
D. Par courrier du 11 décembre 2019, A._, par l'intermédiaire de son conseil, a invité le Juge de police à clarifier la position procédurale de B._ et C._, ceux-ci ayant été cités à comparaître en qualité de dénonciateurs, mais ayant eu accès à l'ordonnance pénale alors que celle-ci n'était pas encore entrée en force car frappée d'opposition.
E. Par courrier du 16 décembre 2019, le Juge de police a indiqué que le SAAV devait se voir reconnaître la qualité de partie et pouvait ainsi consulter toutes les pièces du dossier. Il a en outre octroyé un délai de dix jours à A._ pour réclamer la rédaction formelle de l'ordonnance.
Par courrier du 20 décembre 2019, A._ a requis du Juge de police une décision formelle.
F. Par ordonnance du Juge de police du 9 janvier 2020, la qualité de partie au sens des art. 104 al. 2 et 105 al. 1 let. b CPP a été reconnue au SAAV.
G. Par acte du 23 janvier 2020, A._ a déposé un recours auprès de la Chambre pénale contre l'ordonnance du Juge de police du 9 janvier 2020 et a requis l'effet suspensif.
H. Par courriel et recommandé du 27 janvier 2020, le Président de la Chambre pénale (: le Président) a transmis le recours et son bordereau au Juge de police, au Ministère public et au SAAV. Le Président leur a octroyé un délai expirant le jeudi 30 janvier 2020 pour le dépôt d'observations sur la requête d'effet suspensif. Il a, par ailleurs, requis du Juge de police qu'il lui transmette le dossier physique de la cause dans le même délai.
Par courriers du 27 janvier 2020 adressés à la recourante et au SAAV, le Juge de police a annulé les débats prévus le 11 février 2020 et suspendu la cause jusqu'à connaissance de l'issue définitive du recours.
Par courrier du 28 janvier 2020, le Juge de police a transmis le dossier de la cause au Président et l'a informé qu'il avait lui-même annulé les débats du 11 février et suspendu la cause jusqu'à droit connu sur son recours.
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Par missive du 29 janvier 2020, le Ministère public s'est déterminé sur l'effet suspensif en indiquant que la séance initialement prévue avait été annulée, rendant la requête d'effet suspensif sans objet.
Par courriers du 31 janvier 2020 adressés au Juge de police et au Ministère public, le Président leur a fixé un délai de dix jours pour déposer une éventuelle détermination sur le recours du 23 janvier 2020.
Par courrier du 3 février 2020, le Juge de police a informé le Président qu'il ne souhaitait pas déposer de détermination sur le recours du 23 janvier 2020 et a renvoyé à la motivation de l'ordonnance attaquée.
Par courrier interne du 4 février 2020, le Ministère public a informé le Président qu'il n'entendait pas déposer de détermination.
Par recommandé du 5 février 2020, le Président a octroyé un délai de dix jours au SAAV pour déposer une éventuelle détermination sur le recours du 23 janvier 2020.
Par missive du 12 février 2020, le SAAV a renoncé à déposer une telle détermination et a, au surplus, renvoyé à la motivation de la décision entreprise.

en droit
1.
1.1. Aux termes de l'art. 393 al. 1 let. b CPP, le recours est recevable contres les ordonnances, les décisions et les actes de procédure des tribunaux de première instance, sauf contre ceux de la direction de la procédure.
Le Tribunal fédéral précise que cette disposition doit être lue en corrélation avec l’art. 65 al. 1 CPP selon lequel « les ordonnances rendues par les tribunaux » ne peuvent être attaquées qu’avec la décision finale (ATF 138 IV 193, consid. 4.3.1). Par le terme « direction de la procédure », il ne faut pas entendre l’entité judiciaire dont émane l’acte, mais bien l’objet de la décision, soit la « conduite de la procédure » (PC CPP, 2ème éd. 2016, art. 393 n. 16). Une partie de la doctrine fait la distinction selon laquelle il est justifié de distinguer les décisions procédurales rendues avant l’ouverture des débats et celles qui interviennent au cours des débats ; les secondes doivent être attaquées au fond avec la décision finale, mais les premières devraient pouvoir être attaquées immédiatement, dans un souci d’économie de procédure. Pratiquement, si la décision rendue avant l’ouverture des débats est susceptible de causer un préjudice irréparable, elle peut faire l’objet d’un recours selon le CPP comme d’un recours immédiat auprès du Tribunal fédéral, conformément à l’art. 93 al. 1 et 2 LTF (PC CPP, art. 393 n. 17 ; arrêt TF 1B_569/2011 du 23 décembre 2011 consid. 2). L’admission ou le refus de reconnaître la qualité de partie à la procédure au sens de l’art. 104 CPP est une décision susceptible de causer un préjudice irréparable selon un courant de la doctrine (PC CPP, art. 393 n. 17).
Dans le cas d’espèce, il s’agit d’une décision rendue avant l’ouverture des débats et il faut reconnaître que celle-ci est susceptible de causer un préjudice irréparable à la recourante. En effet, la question de savoir si le SAAV dispose de la qualité de partie ou seulement de celle de
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dénonciateur est notamment déterminante s’agissant de l’étendue du droit d’accès au dossier et aux données que celui-ci contient. La voie du recours au sens de l’art. 393 al. 1 let. b CPP est ainsi ouverte contre l’ordonnance querellée.
La Chambre pénale est compétente pour statuer sur le recours selon les art. 20 al. 1 let. a CPP, 21 du règlement du Tribunal cantonal précisant son organisation et son fonctionnement (ci-après: RTC, RSF 131.11) et 85 al. 1 de la loi sur la justice (ci-après: LJ, RSF 130.1).