Decision ID: d1afcf7c-af76-5667-a9b1-31bcfa1b3c52
Year: 2016
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_006
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 

EN FAIT
A.
Par ordonnance
DTAE/3272/2016
rendue le 15 juin 2016, le Tribunal de protection de l'adulte et de l'enfant (ci-après : le Tribunal de protection), statuant préparatoirement, a renoncé à ordonner l'expertise psychiatrique de A_ (ch. 1 du dispositif) et lui a désigné un curateur de représentation d'office (ch. 2). Statuant sur mesures provisionnelles (recte : sur mesures superprovisionnelles), il a institué une curatelle de portée générale au profit de A_ (ch. 3), désigné deux collaborateurs du Service de protection de l'adulte aux fonctions de curateurs en spécifiant qu'ils pourraient se substituer l'un à l'autre dans l'exercice de leur mandat, chacun avec les pleins pouvoirs de représentation (ch. 4 et 5), autorisé les curateurs à prendre connaissance de la correspondance de la personne concernée et à le représenter dans le cadre de la procédure pendante devant le Tribunal de première instance (ch. 6 et 7), fixé des délais aux parties pour se déterminer sur les mesures ordonnées (ch. 8), réservé le sort des frais judiciaires avec la décision au fond et déclaré la décision immédiatement exécutoire (art. 8 à 10).
Cette décision a été communiquée à A_ le 30 juin 2016.
B. a)
Par acte expédié au greffe de la Cour de justice le 11 juillet 2016, A_ a recouru contre cette ordonnance, dont il sollicite l'annulation. Il a pris des conclusions préalables tendant à l'audition de son médecin, à la transmission du rapport du Service de protection des mineurs du 7 juin 2016 et à l'octroi d'un délai pour se déterminer à ce sujet.
Il critique la mesure de curatelle de portée générale ordonnée à titre provisionnel, estimant n'avoir aucun besoin de protection. Il ne formule en revanche aucun grief à l'encontre de la désignation de Me Arnaud MOUTINOT aux fonctions de curateur de représentation d'office dans le cadre de la présente procédure. Il estime nécessaire d'ordonner une expertise, mais ne fait état d'aucun préjudice qu'il pourrait subir si cette question n'était examinée qu'au stade de la décision finale.
b)
La restitution de l'effet suspensif requise par le recourant dans son acte de recours a été refusée par décision du 8 août 2016.
c)
Le 4 août 2016, le Service de protection de l'adulte a indiqué que son intervention se justifiait, dans l'intérêt de son protégé et des enfants de ce dernier, au regard de l'aide que nécessite leur protégé dans ses démarches administratives, et de sa dépendance à l'égard de sa sœur aînée. Une expertise psychiatrique apparaissait nécessaire, en vue de déterminer ses capacités à appréhender sa situation familiale complexe.
d)
Le 10 août 2016, le Tribunal de protection a indiqué qu'il n'entendait pas reconsidérer sa décision.
e)
Par réponse du 22 août 2016, B_, épouse de A_, s'en est rapportée à justice sur la recevabilité du recours, et a conclu à la confirmation de l'ordonnance querellée.
C.
La décision entreprise s'inscrit dans le contexte suivant :
a)
Le Tribunal de protection suit la situation de A_ depuis janvier 2016, suite à deux signalements qui lui ont été adressés par l'Association pour la promotion des droits humains, consultée par B_, et par le Centre d'action sociale de _.
Ces deux entités ont indiqué que A_ était marié avec B_, dont il avait un enfant, C_, né le _ 2015, qu'il souffrait de troubles psychiques, qu'il était sous l'emprise de sa sœur aînée, auprès de laquelle il vivait et qui le poussait à divorcer contre son gré.
b)
Lors de l'audience tenue le 6 avril 2016, le Tribunal de protection a entendu A_, B_, ainsi que le Dr D_, psychiatre.
A l'issue de cette audience, le Tribunal de protection a ordonné une expertise psychiatrique de l'intéressé.
c)
B_ a requis des mesures protectrices de l'union conjugale par acte déposé au Tribunal de première instance le 12 avril 2016. Des procédures matrimoniales ont également été introduites en Algérie.
Elle a donné naissance à son second enfant, E_, le _ 2016.
d)
Le 7 juin 2016, le Service de protection des mineurs a demandé au Tribunal de protection de prononcer en urgence une mesure de protection en faveur de A_, dans son intérêt et dans celui de ses enfants.
e)
La décision entreprise a été rendue après réception de ce rapport, sans audition préalable des parties.
Le Tribunal de protection a relevé que l'expertise ordonnée à l'issue de l'audience du 6 avril 2016 n'avait pas pour objectif de déterminer la capacité de discernement de A_ ni son degré d'autonomie, mais tendait à définir la relation entre ce dernier et sa sœur aînée, et à déterminer les compétences personnelles et sociales de cette dernière pour assurer les tâches dans le cadre de la curatelle à instituer en faveur du concerné. Il a estimé que le rapport établi par le Service de protection des mineurs du 7 juin 2016 lui apportait un éclairage suffisant sur le contexte familial sans devoir recourir à une expertise.
Il a par ailleurs estimé nécessaire et urgent d'instituer une curatelle de portée générale pour protéger l'intéressé, qui accomplissait, malgré son incapacité de discernement, des actes juridiques dont il ne saisissait pas la portée, et qui apparaissaient préjudiciables à ses intérêts et à ceux de ses enfants.

EN DROIT
1. 1.1
Les décisions de l'autorité de protection relatives à des mesures provisionnelles peuvent faire l'objet d'un recours dans les dix jours à compter de leur notification (art. 445 al. 3 CC) auprès de la Chambre de surveillance de la Cour de justice (art. 53 al. 1 LaCC).