Decision ID: bafaf907-b5d8-52f0-ae71-5f11825541c4
Year: 2016
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_002
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law

EN FAIT
A.
Par ordonnance du 15 août 2015, expédiée pour notification à A_ le lendemain, le Tribunal de première instance a déclaré la requête de celle-ci irrecevable, a arrêté à 300 fr. le montant des frais judiciaires, compensés avec l'avance déjà opérée, et les a mis à la charge de la précitée.![endif]>![if>
Le Tribunal a retenu que la vraisemblance de la quotité de la créance n'était pas suffisante pour permettre le prononcé du séquestre. Il a en outre procédé à des constatations supplémentaires, fondées sur des procédures ouvertes à la suite de précédentes requêtes de séquestre déposées par A_, qui l'on conduit à considérer que celle-ci procédait de manière abusive, par le dépôt d'actes à caractère abscons, ce qui violait en outre l'art. 132 CPC.
B.
Par acte du 2 septembre 2016, A_ a formé recours contre cette décision, concluant à l'annulation de celle-ci, cela fait a repris ses conclusions de première instance.![endif]>![if>
Le 13 septembre 2016, elle a été informée de ce que la cause était gardée à juger.
C.
Il résulte du dossier les faits pertinents suivants :![endif]>![if>
a.
Par jugement de divorce du 11 avril 2006, exécutoire, B_ a été condamné à verser 2'000 fr. par mois jusqu'à l'âge de quinze ans, puis 2'500 fr. par mois à titre de contribution à l'entretien de l'enfant C_, né le _ 1999.
A_ allègue que les contributions d'entretien ne sont pas versées.
b.
A_ a requis, en 2015, et obtenu à la suite de plusieurs procédures (1_, 2_, 3_) le séquestre de biens de B_, en raison de créances fondées sur le jugement précité.
c.
Le 18 août 2016, elle a déposé au Tribunal une requête de séquestre dirigée contre B_, fondée sur l'art. 271 al. 1 ch. 6 LP, portant sur les avoirs soumis à la mainmise de l'Office des poursuites en exécution du procès-verbal de séquestre (caduc mais non encore levé) n° 4_à concurrence de 11'650 fr. avec intérêts moratoires à 5% l'an dès le 1
er
mai 2015, 733 fr. et 200 fr.
Elle allègue qu'à tout le moins 12'383 fr. seraient en mains de l'Office des poursuites, dans le cadre de la procédure du séquestre autorisé le 22 décembre 2015 (5_), non validé à temps mais non encore levé.
Elle produit notamment un courrier de l'Office des poursuites du 9 août 2016, lequel annonçait que le séquestre précité paraissait caduc, sans justification par elle "d'un autre motif d'interruption des délais" au 20 août 2016.
Elle ne donne aucune explication ni ne dépose aucun décompte relatifs aux montants énoncés à titre de créance.

EN DROIT
1.
1.1
En matière de séquestre, la procédure sommaire est applicable (art. 251
let. a CPC).
Contre une décision refusant un séquestre, qui est une décision finale en tant qu'elle met fin à l'instance d’un point de vue procédural, seul le recours est ouvert (art. 309 let. b ch. 6 et 319 let. a CPC; arrêt du Tribunal fédéral
5A_508/2012
du 28 août 2012 consid. 3.2; HOHL, Procédure civile, tome II, 2ème éd., 2010, n. 1646, cf. consid.2.1).
1.2
Le recours, écrit et motivé, doit être formé dans un délai de dix jours à compter de la notification de la décision (art. 321 al. 1 et 2 CPC).
Déposé selon la forme et dans le délai prescrits, le recours est recevable.
2. 2.1
Le recours est recevable pour violation du droit et pour constatation manifestement inexacte des faits (art. 320 CPC). L'instance de recours examine les questions de droit avec le même pouvoir d'examen que l'instance précédente, y compris en ce qui concerne l'appréciation des preuves administrées (art. 157 CPC) et l'application du degré de preuve (cf. JEANDIN, in CPC, Code de procédure civile commenté, 2011, n° 2 ad art. 321 CPC; Message du Conseil fédéral du 28 juin 2006 relatif au code de procédure civile suisse (CPC), FF 2006 6841, p. 6984).
2.2
La procédure de séquestre est soumise dans toutes ses phases à la maxime de disposition et à la maxime des débats (art. 58 al. 2 CPC; art. 255 CPC a contrario).
2.3
Au stade de la requête et de l'ordonnance de séquestre, la procédure est unilatérale et le débiteur n'est pas entendu (art. 272 LP; ATF
133 III 589
consid.1; HOHL, op. cit., n. 1637 p. 299).
Dans le cadre du recours contre l'ordonnance de refus de séquestre, la procédure conserve ce caractère unilatéral, car, pour assurer son efficacité, le séquestre doit être exécuté à l'improviste; partant, il n'y a pas lieu d'inviter B_ à présenter ses observations, ce qui ne constitue pas une violation de son droit d'être entendu (ATF
107 III 29
consid. 2 et 3; arrêt du Tribunal fédéral
5A_344/2010
du 8 juin 2010 consid. 5, in RSPC 2010 p. 400, et
5A_279/2010
du 24 juin 2010 consid. 4).
L'art. 322 CPC est par conséquent inapplicable dans un tel cas.
3.
Dans le cadre d'un recours contre une ordonnance de rejet de séquestre, les conclusions, les allégations de fait et les preuves nouvelles sont irrecevables (art. 326 CPC). La juridiction de recours doit statuer sur l'état de fait identique à celui soumis au premier juge (CHAIX, Introduction au recours de la nouvelle procédure civile fédérale in SJ 2009 II p. 267; HOFMANN/LUSCHER, Le Code de procédure civile, 2015 p. 304).
4.
La recourante reproche au premier juge d'avoir procédé à une constatation manifestement inexacte des faits et d'avoir violé son droit d'être entendue en retenant des faits qu'elle n'alléguait pas dans sa requête.
4.1
Le créancier d'une dette échue et non garantie par gage peut requérir le séquestre des biens du débiteur qui se trouvent en Suisse, lorsqu'il possède contre celui-ci un titre de mainlevée définitive (art. 271 al. 1 ch. 6 LP).
Le séquestre est autorisé à condition que le créancier rende vraisemblable que sa créance existe, qu'on est en présence d'un cas de séquestre et qu'il existe des biens appartenant au débiteur (art. 272 al. 1 ch. 1 à 3 LP).
Le séquestre est une mesure conservatoire urgente, qui a pour but d'éviter que le débiteur ne dispose de ses biens pour les soustraire à la poursuite pendante ou future de son créancier (ATF
133 III 589
consid. 1;
116 III 111
consid. 3a;
107 III 33
consid. 2). Le juge du séquestre statue en procédure sommaire (art. 251
let. a CPC), sans entendre préalablement le débiteur (ATF
133 III 589
consid. 1;
107 III 29
consid. 2), en se basant sur la simple vraisemblance des faits (ATF
138 III 232
consid. 4.1.1; arrêt du Tribunal fédéral
5A_870/2010
du 15 mars 2011 consid. 3.2; sur la simple vraisemblance en général, cf. ATF
130 III 321
consid. 3.3) et après un examen sommaire du droit (ATF
138 III 232
consid. 4.1.1; arrêt du Tribunal fédéral
5A_508/2012
28 août 2012 consid. 3.1).
Pour admettre la simple vraisemblance des faits, il suffit que, se fondant sur des éléments objectifs, le juge ait l'impression que les faits pertinents se sont produits, mais sans qu'il doive exclure pour autant la possibilité qu'ils se soient déroulés autrement (ATF
132 III 715
consid. 3.1;
130 III 321
consid. 3.3; arrêts du Tribunal fédéral
5A_877/2011
du 5 mars 2012 consid. 2.1;
5A_870/2010
du 15 mars 2011 consid. 3.2).
En relation avec la vraisemblance de l'existence d'une créance, le Tribunal fédéral a eu l'occasion de relever que si les conditions posées au degré de vraisemblance ne doivent pas être trop élevées, un début de preuve doit cependant exister. Le créancier séquestrant doit alléguer les faits et, pratiquement, produire une pièce ou un ensemble de pièces qui permettent au juge du séquestre d'acquérir, sur le plan de la simple vraisemblance, la conviction que la prétention existe pour le montant énoncé et qu'elle est exigible (arrêt du Tribunal fédéral
5A_877/2011
du 5 mars 2012 consid. 2.1).
4.2
En l'espèce, il est constant que la recourante est au bénéfice d'un titre de mainlevée définitive, relatif à une prestation périodique.
Dans sa requête, elle ne consacre pas une ligne au montant énoncé dont elle allègue être créancière, ni ne fournit le moindre décompte de nature à rendre vraisemblable la quotité de sa créance.
Le Tribunal a procédé à bon droit à un raisonnement identique à celui qui précède, lequel emporte le rejet de la requête de séquestre.
Il a cependant encore relevé certains autres éléments, fondés sur son apparente connaissance des précédentes requêtes de séquestre déposées par la recourante sur la base du même titre de mainlevée définitive, et des décisions judiciaires dans ce cadre; sur la foi de cet examen, il a retenu que la recourante procédait de façon abusive et en violation de l'art. 132 CPC, ce qui l'a conduit à ne pas entrer en matière sur la requête de la recourante.
Le dossier soumis au Tribunal dans la présente procédure, indépendamment de toute autre, ne comportait toutefois pas d'éléments suffisants pour parvenir à pareille conclusion.
Il s'ensuit que la décision sera annulée. La cause étant en état d'être jugée, il sera statué dans le sens de ce qui a été développé plus haut, à savoir que la requête de la recourante sera rejetée.
5.
Les frais judiciaires du recours seront arrêtés à 600 fr. (art. 48 et 61 OELP), et compensés avec l'avance déjà effectuée, acquise à l'Etat de Genève (art. 111
al. 1 CPC). Ils seront supportés par la recourante, qui succombe (art. 106
al. 1 CPC).
* * * * *