Decision ID: ca8590b4-10e6-5fd3-ac49-cac25d0f6ace
Year: 2020
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_001
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law

Attendu, EN FAIT, que, par jugement du 17 septembre 2020, le Tribunal de première instance, statuant par voie de procédure sommaire, a notamment déclaré irrecevable la requête de modification de mesures protectrices de l'union conjugale déposée le 19 février 2020 par A_;
Que, le 24 septembre 2020, A_ a formé "appel/recours" contre cette décision, concluant à ce que la Cour l'annule, subsidiairement constate sa nullité et, statuant à nouveau, constate que l'ordonnance
OTPI/443/2020
rendue le 8 juillet 2020 sur mesures provisionnelles dans la présente cause est entrée en force;
Qu'elle a requis l'octroi de l'effet suspensif à son recours, faisant valoir que "la résurrection de la situation qui prévalait avant les ordonnances des 14 mai et 8 juillet 2020, prévoyant un droit de visite en présentiel et hors la présence de tiers de B_ sur les enfants du couple serait dangereuse" en raison du fait que celui-ci souffre d'une atteinte à sa santé mentale;
Que, par ordonnance de mesures provisionnelles du 14 octobre 2020, le Tribunal de première instance a instauré en faveur de B_ un droit de visite limité sur ses enfants C_ et D_, nés le _ 2013, à raison de trois séances hebdomadaires de vidéo conférence et une heure toutes les deux semaines au Point Rencontre;
Que le 20 octobre 2020, B_ a indiqué qu'il s'opposait à l'octroi de l'effet suspensif sollicité par son épouse au motif que celui-ci ne ferait pas renaître la situation qui prévalait avant les ordonnances des 14 mai et 8 juillet 2020;
Considérant,

EN DROIT
, que la Cour est saisie de ce qui semble être
prima facie
un appel au sens de l'art. 308 CPC;
Que l'appel n'a pas d'effet suspensif lorsqu'il a pour objet des décisions portant sur des mesures provisionnelles (art. 315 al. 4 let. b CPC), telles les mesures protectrices de l'union conjugale (ATF
134 III 667
consid. 1.1);
Que toutefois, l'exécution des mesures provisionnelles peut exceptionnellement être suspendue si la partie concernée risque de subir un préjudice difficilement réparable (art. 315 al. 5 CPC);
Que selon les principes généraux applicables en matière d'effet suspensif, le juge procèdera à une pesée des intérêts en présence et se demandera en particulier si sa décision est de nature à provoquer une situation irréversible;
Que l'autorité cantonale doit faire preuve de retenue et ne modifier la décision de première instance que dans des cas exceptionnels; elle dispose cependant d'un large pouvoir d'appréciation permettant de tenir compte des circonstances concrètes du cas d'espèce (ATF
137 III 475
consid. 4.1; arrêt du Tribunal fédéral
5A_941/2018
du 23 janvier 2019, consid. 5.3.2);
Qu'en l'espèce il n'apparaît pas qu'en l'absence d'octroi de l'effet suspensif à l'appel B_ bénéficierait d'un droit de visite d'un week-end sur deux hors présence d'un tiers, modalités qui mettraient ses enfants en danger;
Qu'en effet un droit de visite restreint a été instauré par ordonnance de mesures provisionnelles du 14 octobre 2020;
Qu'à cela s'ajoute que l'appelante elle-même relève que l'ordonnance du 8 juillet 2020 est définitive, de sorte que l'on ne voit pas en quoi l'octroi de l'effet suspensif qu'elle requiert lui serait utile;
Que, compte tenu de ce qui précède, la requête d'effet suspensif doit être rejetée;
Qu'il sera statué sur les frais et dépens liés à la présente décision avec l'arrêt au fond (art. 104 al. 3 CPC).
* * * *