Decision ID: 4d50df40-ce79-586c-81d3-93e8bc90ead0
Year: 2017
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_006
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 

EN FAIT
A.
a)
A_ est né le _ 1946.
Sa sœur et lui sont les héritiers légaux de leur mère, C_, décédée le _ 2010. Parmi les biens faisant partie de la succession figure notamment un immeuble situé à X_ (Genève), dans lequel vit A_.
b)
Par courrier du 12 février 2013 adressé à la Justice de paix, A_ a sollicité qu’un curateur soit désigné pour le représenter dans le cadre de la succession de sa mère.
A la demande du Tribunal de protection de l’adulte et de l’enfant (ci-après : le Tribunal de protection), auquel la Justice de paix avait transmis la demande, A_ a produit une attestation de son médecin de famille, le Dr D_, établie le 31 mai 2013, de laquelle il résultait qu’il était capable et apte à désigner un mandataire, ainsi qu’à en contrôler l’activité et qu’il ne nécessitait pas de mesure de protection.
Sur cette base, le 11 juin 2013, le Tribunal de protection a informé A_ de ce qu’il classait sa requête sans suite, étant précisé qu’il pourrait revoir sa situation en cas de survenance de faits nouveaux.
c)
Le 2 mai 2014, le Ministère public a adressé un courrier au Tribunal de protection, auquel étaient joints deux procès-verbaux relatifs à une procédure pénale initiée par A_, ainsi que des pièces annexes, dont un rapport d'intervention psychiatrique d'urgence des HUG datant du 29 décembre 2013. Selon le Ministère public, il semblait,
a priori
, que la question du prononcé d'une mesure de protection en faveur de A_ devait être examinée. En effet, il présentait des traits de personnalité schizoïde, affirmait que des tiers venaient le photographier durant la nuit dans son lit, pouvait être la victime de tiers mal intentionnés profitant de lui et semblait avoir de la difficulté à gérer ses biens, notamment la villa sise à X_ (Genève).
Interpellé par le Tribunal de protection, le Dr D_ a confirmé, le 16 juillet 2014, que A_ n’avait pas besoin d’une mesure de protection et ne souffrait pas d’une incapacité durable de discernement; il était apte à désigner un mandataire et capable d'en contrôler l'activité.
Aucun autre médecin consulté par A_ n'ayant fourni d'éléments permettant de penser qu'il nécessitait une mesure de protection, le Tribunal de protection n'a pas donné suite au signalement du Ministère public.
B. a)
Par courrier du 11 novembre 2016, E_, exécuteur testamentaire de la succession de feu C_, a sollicité du Tribunal de protection la nomination d'un curateur ad hoc en faveur de A_, pour l’aider, le protéger et le représenter dans le cadre de la liquidation de la succession de sa mère. E_ expliquait que A_, qui avait "certainement toutes ses capacités de discernement", ne faisait confiance à personne et avait déjà eu six avocats successifs. Il s'opposait à tout, ne répondait pas aux courriers et adoptait un comportement imprévisible, contraire à ses intérêts. Il était par ailleurs entouré de personnes qui profitaient de lui et continuait d'occuper la maison de feu sa mère sans payer aucun loyer à sa sœur, qui souhaitait percevoir sa part de la succession. Il existait par ailleurs un risque important que la villa de X_ (Genève) fasse l'objet d'une réalisation forcée, à la demande de la banque créancière hypothécaire, qui avait entrepris des poursuites.
b)
Par décision
DTAE/6057/2016
du 20 décembre 2016, le Tribunal de protection a désigné B_, avocat, en qualité de curateur d'office de A_, son mandat étant limité à la représentation de ce dernier dans la procédure relative au prononcé éventuel d'une mesure de protection.
c)
Le Tribunal de protection a tenu une audience le 17 janvier 2017, à l'issue de laquelle il a ordonné l'expertise de A_.
C. a)
Par acte expédié le 19 janvier 2017 à la Chambre de surveillance, A_ recourt contre la décision
DTAE/6057/2016
du 20 décembre 2016, communiquée pour notification le même jour. Il conclut à ce que la curatelle d'office soit levée, dès lors qu’il s’estime «
tout à fait normal
». Il précise ne pas souffrir de démence sénile et être capable de gérer lui-même ses affaires.
b)
Le Tribunal de protection n’a pas souhaité reconsidérer sa décision.
c)
Par avis du greffe de la Cour du 17 février 2017, les participants à la procédure ont été informés de ce que la cause était mise en délibération.

EN DROIT
1.
1.1
Les décisions de l'autorité de protection peuvent faire l'objet d'un recours (art. 450 al. 1 CC) dans les trente jours à compter de leur notification (art. 450b al. 1 CC), auprès de la Chambre de surveillance de la Cour de justice (art. 53 al. 1 LaCC).