Decision ID: 230b8f0e-068e-59b2-a8d7-91ef263ee9fe
Year: 2020
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_004
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law

EN FAIT
, le contrat de bail conclu par les parties, portant sur la location d'un appartement de 4 pièces au 4
ème
étage de l'immeuble sis 1_, à F_ (GE);
Attendu que le loyer, charges comprises, a été fixé en dernier lieu à 1'232 fr. par mois;
Qu'à la suite d'une vaine mise en demeure du 17 mai 2019, la bailleresse a, par avis du 27 juin 2019, résilié le contrat de bail pour le 31 juillet 2019;
Que les locaux n'ont pas été restitués par les locataires;
Que, par requête déposée le 20 février 2020 au Tribunal des baux et loyers, la bailleresse a requis l'évacuation des locataires, assortie de mesures d'exécution directes du jugement d'évacuation, par la procédure de protection de cas clair;
Qu'à l'audience du 25 juin 2020 devant le Tribunal, les locataires ne se sont pas présentés; qu'avec l'accord de la bailleresse, leur fils a participé à l'audience; qu'il a indiqué vivre dans le logement en cause avec sa compagne et leur fils; que la bailleresse a invité C_ à régulariser sa situation et effectuer les démarches en vue d'une reprise du contrat de bail de ses parents;
Qu'à l'audience du 29 octobre 2020, la bailleresse a indiqué que la reprise du bail n'avait pas pu se faire en raison des poursuites inscrites à l'encontre de C_; qu'elle a persisté dans ses conclusions, tout en soulignant que les loyers étaient à jour;
Que les locataires ne se sont pas présentés ni fait représenter;
Que la cause a été gardée à juger à l'issue de l'audience;
Que, par jugement
JTBL/814/2020
rendu le 29 octobre 2020, expédié pour notification aux parties le 10 novembre 2020, le Tribunal a condamné les locataires à évacuer de leurs personnes et de leurs biens et de toute autre personne faisant ménage commun avec eux l'appartement en cause (ch. 1 du dispositif), a autorisé la bailleresse à requérir l'évacuation par la force publique des locataires dès l'entrée en force du jugement (ch. 2), a débouté les parties de toutes autres conclusions (ch. 3) et a dit que la procédure était gratuite (ch. 4);
Vu l'appel et le recours expédiés le 19 novembre 2020 par les locataires contre ce jugement;
Qu'ils ont conclu à son annulation et au rejet de la requête d'évacuation; qu'ils ont subsidiairement requis qu'il soit sursis à l'exécution de l'évacuation jusqu'au 30 juin 2021;
Qu'invitée à se déterminer sur la suspension du caractère exécutoire des mesures d'exécution ordonnées par le Tribunal, la bailleresse a conclu, par écritures du 25 novembre 2020, à son rejet;
Considérant,

EN DROIT
, que seule la voie du recours est ouverte contre les mesures d'exécution (art. 309 let. a et 319 let. a CPC);
Que le recours ne suspend pas la force de chose jugée, l'instance d'appel pouvant suspendre le caractère exécutoire (art. 325 al. 1 et 2 CPC);
Que l'instance de recours est habilitée à décider d'office ou sur requête de suspendre le caractère exécutoire (cf. Jeandin, in Commentaire Romand, Code de procédure civile 2
ème
éd., n. 6 ad art. 325 CPC);
Qu'en la matière, l'instance d'appel dispose d'un large pouvoir d'appréciation
(ATF
137 III 475
consid. 4.1; arrêts du Tribunal fédéral
5A_403/2015
du 28 août 2015 consid. 5;
5A_419/2014
du 9 octobre 2014 consid. 7.1.2);
Que, selon les principes généraux, l'autorité procède à une pesée des intérêts en présence et doit se demander, en particulier, si la décision est de nature à provoquer une situation irréversible; qu'elle prend également en considération les chances de succès du recours (arrêts du Tribunal fédéral
4A_337/2014
du 14 juillet 2014 consid. 3.1;
4D_30/2010
du 25 mars 2010 consid. 2.3);
Considérant que seules les mesures d'exécution ont été remises en cause par les recourants, de sorte que seule la voie du recours est ouverte; qu'en effet, ils se plaignent d'une violation du droit au logement, une expulsion ne pouvant, à leur sens, pas être ordonnée sans solution de relogement; qu'ils font également grief au premier juge de ne pas leur avoir accordé de délai humanitaire; qu'ainsi, en dépit de son intitulé, l'acte sera considéré comme un recours;
Qu'il ne se justifie pas de suspendre le caractère exécutoire du chiffre 2 du dispositif du jugement entrepris;
Qu'en effet, le recours est,
prima facie
et sans préjudice de l'examen au fond, dénué de chance de succès;
Que les locataires n'ont pas pris de conclusions devant le Tribunal, de sorte que leur conclusion visant à l'octroi d'un délai humanitaire est nouvelle et partant irrecevable (art. 326 al. 1 CPC);
Que leur intérêt à requérir un sursis est douteux, dès lors que les recourants vivent au Portugal et n'occupent plus l'appartement en cause;
Que les locataires n'ont pas allégué avoir entrepris des démarches en vue de trouver une solution de relogement;
Qu'enfin, ils ont déjà bénéficié, de fait, de plus d'un an d'occupation du logement depuis la résiliation du bail au 31 juillet 2019;
Qu'en conséquence, l'effet suspensif au recours ne sera pas ordonné.
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