Decision ID: 9134e307-fd28-5f9a-8b5b-d8a465f687b2
Year: 2015
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_002
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law

EN FAIT
A.
a.
A_ et E_ sont les enfants des époux F_ et G_.
b.
F_ et G_ étaient propriétaires, pour une moitié chacun, des cinquante actions composant le capital de chacune des sociétés B_ et C_ (actions n° 1 à 25 pour le premier, et n° 26 à 50 pour la deuxième).
B_ est propriétaire de l'immeuble sis à cette adresse, dans lequel A_ exploite le café à l'enseigne "H_" (ci-après : H_).
C_ est propriétaire de l'immeuble sis Adresse 1_ à Genève, y compris des garages, dans lequel A_ et E_ ont leurs domiciles. A_ occupe deux appartements au 2
ème
étage de l'immeuble, de respectivement 4,5 pièces et 5,5 pièces.
D_ est en charge de la gestion de ces immeubles, antérieurement confiée à la I_ de 2004 à avril 2014.
Les statuts des deux sociétés prévoient que les décisions du conseil d'administration sont prises à la majorité des membres présents, pourvu que ceux-ci forment la majorité du conseil. En cas de partage égal des voix, celle du président est prépondérante.
c.
Par testament du 19 avril 1991, G_ a notamment institué ses deux enfants héritiers de tous ses biens, pour moitié chacun, F_ étant désigné usufruitier desdits biens.
G_ est décédée le _ 1992.
d.
Par testaments des 16 juillet et 20 novembre 2003, F_ a, notamment, donné à E_ la totalité des actions de la C_ et de la B_ lui appartenant, et partagé le reste de sa fortune entre ses deux enfants.
Le 12 octobre 2005, F_ a fait donation à E_ de ses actions des sociétés précitées, et l'a dispensée de toute obligation de rapport, se réservant cependant l'usufruit desdites actions durant son vivant.
F_ est décédé le _ 2012.
e.
Lors des assemblées générales de la C_ et de la B_ du 7 mai 2013, il a notamment été décidé à que le conseil d'administration serait dorénavant composé de E_, en qualité d'administratrice-présidente, avec signature individuelle, de A_, administrateur-membre et de J_, administrateur-secrétaire, tous deux avec signature collective à deux.
E_, pour 37,5 actions, A_ pour 12,5 actions, et J_, sans actions, sont inscrits sur la feuille de présence de cette assemblée. A_ y a porté la mention manuscrite suivante : "Je ne suis pas d'accord avec la répartition".
Le 24 mai 2013, E_ a été inscrite au Registre du commerce en qualité d'administratrice présidente, avec pouvoir de signature individuelle de la C_ et de la B_, les deux autres administrateurs de ces sociétés étant A_ et J_, avec signature collective à deux.
f.
Lors de sa séance du 1
er
mai 2014, le Conseil d'administration de la B_ a décidé, par deux voix (soit celles de E_ et de J_) contre une (celle de A_) de résilier le bail de l'arcade du H_ pour le prochain terme utile en vue de sa relocation au prix du marché.
Le même jour, le Conseil d'administration de la C_, a décidé, à la même majorité, de réattribuer les box n
o
1 et 2 du parking _, occupés par A_, et d'entreprendre toutes démarches pour que ce dernier paie les charges des deux appartements qu'il louait dans l'immeuble sis Adresse 1_ à Genève.
La mise en œuvre de ces décisions a été confiée au D_.
g.
Par avis officiels des 1
er
mai 2014 et 20 mai 2014 adressés à A_, les baux du H_ et des box ont été résiliés.
Le 25 juin 2014, un nouvel avis de résiliation concernant l'arcade occupée par le H_ a été envoyé à la succession de feu F_.
Toutes ces résiliations ont été contestées par A_, qui a subsidiairement sollicité la prolongation du bail relatif au H_, et font l'objet de procédures toujours pendantes devant le Tribunal des baux et loyers. Dans ce cadre, la B_ et E_ ont conclu, par mémoire du 18 février 2015, à la constatation de la validité du congé donné le 25 juin 2014, et, reconventionnellement, à l'évacuation de A_ de l'arcade utilisée pour l'exploitation du H_.
h.
Le 27 mai 2014 se sont tenues les assemblées générales ordinaires annuelles de la B_ et de la C_.
A_ s'est opposé au calcul des actions et voix représentées pour les deux sociétés, à savoir 37,5 actions pour E_ et 12,5 actions pour lui-même.
Des décisions identiques ont été prises pour les deux sociétés, à savoir, notamment :
- E_ a été réélue comme administratrice présidente, avec signature individuelle, à l'unanimité;
- J_ a été réélu comme administrateur secrétaire, à la majorité, par 37,5 voix, A_ s'y étant opposé par 12,5 voix;
- les mandats d'administrateur de A_ ont été révoqués par 37,5 voix contre 12,5; K_, fils de E_, a été élu, par la même majorité, aux fonctions d'administrateur avec signature collective à deux;
- la distribution de dividendes a été décidée par 37,5 voix pour (celles de E_) et 12,5 voix contre (celles de A_).
i.
Le 16 juin 2014, A_ a intenté une procédure en annulation de testament et de donation, en rapport, en réduction et en partage, qui vise les successions de ses deux parents, assortie d'une demande de mesures superprovisionnelles et provisionnelles.
Par ordonnance sur mesures provisionnelles du 30 septembre 2014, le Tribunal a, notamment, ordonné le blocage en mains du D_ des revenus des immeubles propriété de la B_ et de la C_, sous réserve des paiements nécessaires à la gestion courante de ces immeubles, fait interdiction à E_, au D_ et à la I_ de vendre les actions au porteur de la B_ et de la C_ en leur possession, et limité les droits d'actionnaire de E_ dans ces deux sociétés aux seuls actes de gestion et de disposition ne touchant pas directement ou indirectement les droits de A_.
Par arrêt du 20 février 2015, la Cour de justice, statuant sur recours contre cette ordonnance, a, notamment, ordonné le blocage en mains du D_ de la moitié des revenus des immeubles propriété de la B_ et de la C_, fait interdiction à E_, au D_ et à la I_ de vendre les actions au porteur n° 26 à 50 de la B_ et de la C_ en leur possession. La limitation des droits d'actionnaire de E_ a pour le surplus été confirmée.
La Cour a retenu, en substance, qu'il était vraisemblable que E_ était propriétaire des actions 1 à 25 de la B_ et de la C_, soit celles appartenant à F_ avant son décès. En revanche, il était vraisemblable que les actions 26 à 50 des sociétés (soit celle appartenant à G_ avant son décès) étaient encore en indivision et qu'elles devaient être partagées.
Par arrêt
5A_285/2015
du 30 juillet 2015, le Tribunal fédéral a déclaré irrecevable le recours formé par E_ contre l'arrêt de la Cour du 20 février 2015 statuant sur mesures provisionnelles.
La procédure au fond est toujours pendante.
j.
Le 21 juillet 2014, A_ a saisi le Tribunal de première instance d'une action en annulation des décisions des assemblées générales de la B_ et de la C_, prises le 27 mai 2014, en tant qu'elles approuvaient les rapports et comptes de l'exercice 2013, acceptaient la proposition de dividende et révoquaient son mandat d'administrateur à la majorité de 37,5 voix contre 12,5, et en tant qu'elles réélisaient E_ administratrice-présidente à l'unanimité, et a conclu à ce que soit ordonnée la convocation de nouvelles assemblées.
k.
Le 20 septembre 2014, un avis de majoration de loyer ou d'autres modifications du bail, fixant les frais accessoires de l'appartement de 5,5 pièces occupé par A_ au Adresse 1_ à 2'700 fr. par mois, selon procès-verbal du Conseil d'administration du 1
er
mai 2014, a été adressé par la C_ à ce dernier, qui l'a contesté. La procédure est toujours pendante devant le Tribunal des baux et loyers.
l.
Le 23 janvier 2015, le Département de l'Aménagement a autorisé des travaux dans un appartement de l'immeuble sis Adresse 1_, propriété de la C_, pour un montant de 180'500 fr.
Le même jour, A_ a saisi le Tribunal de première instance d'une requête d'exécution indirecte, par laquelle il a demandé que l'ordonnance provisionnelles du 14 septembre 2014 soit signifiée au D_ sous la menace des peines de l'art. 292 CP, en relation avec les travaux projetés, qui seraient contraires à ladite ordonnance.
Le 8 mai 2015, par ordonnance
OTPI/272/2015
, le Tribunal a rejeté la requête, au motif notamment que lesdits travaux ne paraissaient pas dépasser le cadre de la gestion usuelle et que l'atteinte aux droits d'actionnaire de A_ n'apparaissait pas disproportionnée, rien n'indiquant que le futur locataire K_ ne paierait pas de loyer.
m.
Les modifications décidées lors des assemblées des 27 mai 2014 ont été portées au Registre du commerce le 4 mars 2015, soit après l'arrêt de la Cour du 20 février 2015 sur mesures provisionnelles dans les actions successorales
(cf. let. i. ci-dessus).
n.
Le 20 mars 2015, A_ a déposé une requête de mesures superprovisionnelles et provisionnelles et conclu à ce que l'exécution des décisions des assemblées générales le révoquant et le remplaçant par K_ soient suspendues et à ce qu'il soit dit qu'il doit siéger aux conseils d'administration des deux sociétés jusqu'à droit jugé au fond, à la suspension de l'exécution des décisions des deux sociétés en tant qu'elles réélisent J_, à ce qu'il soit fait interdiction à E_, J_, K_ et/ou à D_ d'exécuter les décisions d'assemblées générales des 27 mai 2014 jusqu'à droit jugé au fond et au blocage en mains de J_ et/ou du D_ des dividendes fixés par les décisions des assemblées générales des 27 mai 2014, lesdites mesures provisionnelles devant être assorties de l'effet rétroactif au 27 mai 2014.
La requête de mesures superprovisionnelles a été rejetée par ordonnance du
23 mars 2015.
o.
Entre temps, le 31 mars 2015, la C_ a adressé à A_, un avis de majoration de loyer ou d'autres modifications du bail, fixant les frais accessoires de l'appartement de 4,5 pièces à 2'400 fr. par année, dès le 1
er
octobre 2015. A_ a contesté cette augmentation; la procédure est toujours pendante devant le Tribunal des baux et loyers.
p.
Le 11 juin 2015, la C_ a mis A_ en demeure d'acquitter des loyers impayés, ainsi que des provisions pour charges, des mois de mai et juin 2015, sous menace de résiliation du bail de l'appartement sis au Adresse 1_.
q.
Lors de l'audience devant le Tribunal du 18 juin 2015, à l'issue de laquelle la cause a été gardée à juger sur mesures provisionnelles, les parties ont persisté dans leurs conclusions.
B.
Par ordonnance
OTPI/415/2015
du 6 juillet 2015, le Tribunal a rejeté la requête de mesures provisionnelles du 20 mars 2015 (ch. 1 du dispositif), arrêté les frais judiciaires à 1'200 fr., compensés à hauteur de 200 fr. avec l'avance de frais fournie, mis à la charge de A_ et condamné ce dernier à payer 1'000 fr. à l'Etat de Genève, soit pour lui les Services financiers du Pouvoir judiciaire (ch. 2), condamné A_ à verser 750 fr. à C_ et B_, d'une part, 750 fr. à E_ d'autre part, à titre de dépens (ch. 3) et débouté les parties de toutes autres conclusions (ch. 4).
En substance, le Tribunal a retenu que les actes dont le requérant se plaignait, soit la résiliation des baux du H_ et des box, avaient eu lieu avant les décisions des assemblées générales dont il sollicitait l'annulation, et alors qu'il était encore membre du Conseil d'administration. L'urgence n'était pas donnée, le requérant ayant attendu plus de dix mois (soit entre le 27 mai 2014 et le 20 mars 2015) pour agir, sans utiliser de surcroît la voie prévue par l'art. 162 al. 1 à 3 ORC pour des inscriptions non encore opérées. Elle ne l'était pas non plus en ce qui concernait la réélection de J_, celui-ci siégeant au Conseil d'administration depuis plus de dix ans, sans contestation, ni l'approbation des rapports et comptes 2013 et/ou la décharge des administrateurs. Concernant le blocage des dividendes, la protection des intérêts financiers de A_ était garantie par l'arrêt de la Cour du 20 février 2015. Enfin, les travaux projetés dans l'appartement étaient compatibles avec le bénéfice à disposition de la société de sorte que l'atteinte aux droits de A_ n'était pas rendue vraisemblable. La question de la légitimation active de A_ pouvait rester indécise, dans la mesure où les autres conditions pour l'octroi de mesures provisionnelles n'étaient pas réalisées.
C. a.
Par acte du 16 juillet 2015, A_ forme appel contre cette ordonnance, dont il sollicite l'annulation. Cela fait, il conclut à la suspension de l'exécution des décisions de la C_ et de la B_ du 27 mai 2014, en ce qu'elles révoquent son mandat d'administrateur et le remplacent par K_, à ce qu'il soit dit en conséquence qu'il doit siéger au conseil d'administration des deux sociétés jusqu'à droit jugé au fond de la présente cause, à la suspension des décisions de la C_ et de la B_ du 27 mai 2014 en tant qu'elles réélisent J_ qui n'est pas actionnaire des deux sociétés immobilières et à ce que les mesures provisionnelles soient assorties de l'effet rétroactif au 27 mai 2014, avec suite de frais et dépens.
Il produit des pièces nouvelles.
b.
Par réponse du 6 août 2015, E_, C_ et B_ concluent à l'irrecevabilité de l'appel, subsidiairement à son rejet, avec suite de frais et dépens.
C_ et B_ produisent des pièces nouvelles.
Par réplique et dupliques des 20 août et 3 septembre 2015, les parties ont persisté dans leurs conclusions. A_ et E_ ont produit une pièce nouvelle.
c.
Les parties ont été informées par courrier du greffe de la Cour du 4 septembre 2015 de ce que la cause était gardée à juger.
d.
Par simplification, E_ sera désignée ci-après comme l'intimée, et la B_ et la C_ comme les sociétés intimées.
D.
Il ressort encore de la procédure les éléments de fait suivants :
a.
Le 31 juillet 2015, C_ a informé l'appelant de ce que la mise en demeure du 11 juin 2015 était retirée, les loyers ayant été acquittés et la procédure engagée suspendant l'exigibilité des acomptes de charges.
b.
Par jugement
JTPI/12630/2015
du 30 octobre 2015, le Tribunal a, notamment, dit que A_ disposait de la légitimation active pour agir en annulation des décisions prises par les assemblées générales du 27 mai 2014 de la C_ et de la B_, annulé l'essentiel desdites décisions, soit en ce qu'elles réélisent E_ et J_ et révoquent la mandat d'administrateur de A_, et ordonné la convocation de nouvelles assemblées générales ordinaires dans les 60 jours suivant l'entrée en force du jugement.

EN DROIT
1.
1.1
L'appel est recevable contre les décisions de première instance sur mesures provisionnelles. Dans les affaire patrimoniales, l'appel est recevable si la valeur litigieuse au dernier état des conclusions est de 10'000 fr. au moins (art. 308 al. 1 let. a et al. 2 CPC).
Pour déterminer la valeur litigieuse d'une action en annulation d'une décision de l'assemblée générale d'une société anonyme, il convient de prendre en compte l'intérêt de la société à cette annulation, et non l'intérêt personnel du demandeur, puisque la décision la prononçant produit effet à l'égard de tous les actionnaires en vertu de l'art. 706 al. 5 CO (consid. 1b non publié de l'ATF
116 II 713
; ATF
92 II 243
consid. 1b; Poudret, COJ II, n. 9.8 ad art. 36 OJ, p. 287; arrêt du Tribunal fédéral
4C_47/2006
du 30 mai 2006 consid. 1.2 non publié in ATF
132 III 555
).
La valeur litigieuse correspond à celle de l'intérêt de l'intimée et des sociétés intimées au maintien des décisions de leur assemblée générale. Il se justifie de présumer que cette valeur se trouve dans un ordre d'importance correspondant au montant du capital social, au minimum (soit, en l'espèce, 50'000 fr.), et qu'elle excède donc 10'000 francs. Il s'ensuit que la voie de l'appel est ouverte.
1.2
Interjeté dans les délai et forme utiles (art. 130, 131 et 314 al. 1 CPC), par une partie qui y a intérêt (art. 59 al. 2 let. a CPC), l'appel est recevable.
1.3
La Cour revoit le fond du litige avec un plein pouvoir d'examen
(art. 310 CPC).
Les mesures provisionnelles étant soumises à la procédure sommaire (art. 248
let. d CPC), avec administration restreinte des moyens de preuve (la preuve étant généralement apportée par titre, art. 254 CPC), la cognition du juge est limitée à la simple vraisemblance des faits et à un examen sommaire du droit (ATF
131 III 473
consid. 2.3; ATF
127 III 474
consid. 2b/bb; arrêt du Tribunal fédéral
5A_442/2013
du 24 juillet 2013 consid. 2.1 et 5.1). Ainsi, il n'est pas nécessaire que le juge soit persuadé de l'existence des faits; il suffit que, sur la base d'éléments objectifs, il acquière l'impression d'une certaine vraisemblance de l'existence des faits pertinents, sans pour autant qu'il doive exclure la possibilité que les faits aient pu se dérouler autrement (ATF
132 III 715
consid. 3.1; ATF
130 III 321
consid. 3.3, cité par Hohl, Procédure civile, tome II, 2010, p. 325
n. 1773).
2.
Selon l'art. 317 al. 1 CPC, les faits et moyens de preuve nouveaux ne sont pris en compte qu'aux conditions suivantes : ils sont invoqués ou produits sans retard
(let. a) et ils ne pouvaient être invoqués ou produits devant la première instance bien que la partie qui s'en prévaut ait fait preuve de la diligence requise (let. b).
En l'espèce, l'ensemble des pièces nouvelles produites par les parties sont postérieures à la date à laquelle le Tribunal a gardé la cause à juger (soit le 18 juin 2015) et ne pouvaient être produites avant. Dès lors, elles sont recevables.
3.
L'appelant reproche au Tribunal d'avoir retenu que la condition de l'urgence n'était pas réalisée, alors que la résiliation du 25 juin 2014, la demande reconventionnelle en évacuation du H_ et la menace de résiliation du bail de l'appartement qu'il occupe constituaient des éléments postérieurs aux décisions querellées, justifiant l'urgence et susceptibles de lui causer un dommage irréparable. L'arrêt de la Cour du 20 février 2015, qui reconnaissait son droit en indivision sur 50% du capital des sociétés intimées, limitait cependant la protection de ceux-ci dans cette mesure seulement, contrairement à la décision antérieure du Tribunal. Cet élément nouveau fondait également l'urgence.
3.1.1
L'art. 261 al. 1 CPC prévoit que le tribunal ordonne les mesures provisionnelles nécessaires lorsque la partie requérante rend vraisemblable qu'une prétention lui appartenant est l'objet d'une atteinte ou risque de l'être, et que cette atteinte risque de lui causer un préjudice difficilement réparable.
Il s'agit là de conditions cumulatives (
ACJC/1219/2014
publié du 10 octobre 2014 consid. 5.2; Bohnet, in CPC, Code de procédure civile commenté, Bâle, 2011,
n. 3 ad art. 261 CPC).
Le requérant doit rendre vraisemblables ou plausibles les conditions de la mesure provisionnelle; celles-ci n'ont pas à être prouvées de manière absolue. La preuve de la vraisemblance doit être apportée pour les conditions auxquelles sont soumises les mesures provisionnelles, à savoir : la prétention au fond, l'atteinte ou le risque d'une atteinte à la prétention au fond et le risque d'un préjudice difficilement réparable (Hohl, op. cit., n. 1773 et 1774).
Le juge doit évaluer les chances de succès de la demande au fond, et admettre ou refuser la mesure selon que l'existence du droit allégué apparaît plus vraisemblable que son inexistence. Lorsqu'il peut ainsi statuer sur la base de la simple vraisemblance, le juge n'a pas à être persuadé de l'exactitude des allégations du requérant, mais il suffit que, sur la base d'éléments objectifs, il acquière l'impression que les faits pertinents se sont produits, sans qu'il doive exclure pour autant la possibilité qu'ils se soient déroulés autrement; quant aux questions de droit, il peut se contenter d'un examen sommaire (arrêts du Tribunal fédéral
4A_508/2012
du 9 janvier 2013 consid. 4.2;
5P.422/2005
du 1er juin 2006 consid. 3 et les arrêts cités).
Le requérant doit également rendre vraisemblable la nécessité d'une protection immédiate en raison d'un danger imminent menaçant ses droits, soit qu'ils risquent de ne plus être consacrés, ou seulement tardivement (Bohnet, op. cit., n. 10 ad art. 261 CPC).
Il doit enfin rendre vraisemblable qu'il s'expose, en raison de la durée nécessaire pour rendre une décision définitive, à un préjudice qui ne pourrait pas être entièrement supprimé même si le jugement à intervenir devait lui donner gain de cause. En d'autres termes, il s'agit d'éviter d'être mis devant un fait accompli dont le jugement ne pourrait pas complètement supprimer les effets (Treis, in Schweizerische Zivilprozessordnung [ZPO], Baker & McKenzie, éd. 2010, n. 7 ad art. 261 CPC).
La non réalisation des conditions à l'octroi de mesures provisionnelles conduit au rejet de la requête (
ACJC/1610/2014
;
ACJC/1340/2014
;
ACJC/745/2014
).
3.1.2
A la fin du bail, le locataire doit restituer la chose dans l'état qui résulte d'un usage conforme au contrat (art. 267 al. 1 CO).
Le locataire peut demander la prolongation d'un bail lorsque la fin du contrat aurait pour lui et sa famille des conséquences pénibles sans que les intérêts du bailleur le justifient (art. 272 al. 1 CO).
Aucune prolongation n'est accordée lorsque l'un des cas visés par l'art. 272a CO est réalisé.
3.1.3