Decision ID: 4e1a76f8-bbe1-5c15-aa3d-3b4a8cabc7f9
Year: 2013
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_013
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: public_law

EN FAIT
1. Monsieur X_, né le _ 1966, ressortissant du Soudan, est arrivé en Suisse en 1996. La demande d’asile qu’il a déposée le 3 mars 1997 a été rejetée le 28 avril 1997.
2. Le 1
er
février 2002, il a épousé à Fribourg Madame Y_ et, résidant à Genève, a obtenu un permis de séjour de la part de l’office cantonal de la population de Genève (ci-après : OCP) dans le cadre du regroupement familial.
3. Un enfant, Z_, est né de cette union le _ 2002.
4. Le divorce des époux X_ a été prononcé le 16 février 2007. La garde et l’autorité parentale sur l’enfant ont été confiées à sa mère.
5. Le 10 juin 2011, M. X_ a demandé à l’OCP d’être mis au bénéfice d’un permis d’établissement.
6. Le 31 janvier 2012, l’OCP a refusé l’octroi de cette autorisation en raison du manque d’intégration de l’intéressé et de sa situation financière, celui-ci devant être soutenu par l’hospice général.
7. Le 25 février 2012, M. X_, représenté par un avocat, a recouru contre cette décision auprès du Tribunal administratif de première instance (ci-après : TAPI).
8. Par jugement du 27 novembre 2012, le TAPI a rejeté le recours de M. X_. L’intéressé ne remplissait pas les deux conditions de l’art. 34 al. 2 de la loi fédérale sur les étrangers du 16 décembre 2005 (LEtr -
RS 142.20
) dans la mesure où il dépendait de l’aide sociale.
9. Le 3 décembre 2012, M. X_ a recouru auprès de la chambre administrative de la Cour de justice (ci-après : la chambre administrative) contre le jugement précité du TAPI. Son acte de recours était rédigé en anglais et il n’était pas signé.
10. Par pli recommandé du 5 décembre 2012, doublé d’un courrier A, la chancellerie de la chambre administrative a écrit à M. X_ pour lui demander d’une part, de signer son recours et d’autre part, de lui transmettre une traduction française de celui-ci. Ces démarches devaient être effectuées dans le délai légal de recours, sous peine d’irrecevabilité de celui-ci.
En outre, un délai au 4 janvier 2013 lui était fixé pour procéder au versement d’une avance de frais de CHF 400.-. Ce montant devait être payé dans ce délai, à défaut de quoi le recours serait déclarée irrecevable. Le recourant pouvait effectuer des démarches pour solliciter l’assistance juridique. Le fait d’entreprendre ces dernières avant l’échéance du délai de paiement suspendant l’obligation de procéder à l’avance de frais.
Selon une recherche effectuée sur le site de La Poste relatif au suivi des envois (https://www.poste.ch/easytrack) le pli recommandé précité a été retiré le 7 décembre 2012 à l’office postal des Acacias.
11. Le 5 décembre 2012, le TAPI a transmis son dossier à la chambre administrative sans formuler d’observation. Dans le dossier transmis se trouvait un courrier en anglais adressé par M. X_ au TAPI le 3 décembre 2012. Celui-ci était de même teneur que le recours qu’il avait adressé le même jour à la chambre administrative, mais avait été signé par le recourant.
12. Le 22 janvier 2013, par pli recommandé, la chambre administrative a accordé un nouveau délai à M. X_ pour s’acquitter de l’avance de frais requise, échéant le 6 février 2013.
13. Le 6 février 2013, M. X_ a demandé la prolongation du délai de paiement.
14. Sur quoi, la cause a été gardée à juger.

EN DROIT
1. Interjeté en temps utile devant la juridiction compétente, le recours est recevable sous cet angle (art. 132 de la loi sur l’organisation judiciaire du 26 septembre 2010 - LOJ -
E 2 05
; art. 62 al. 1 let. a de la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 1985 - LPA -
E 5 10
).
2. En vertu de l’art. 64 al. 1 LPA, le recours est formé par écrit et adressé à la juridiction administrative appelée à en connaître.
3. A teneur des art. 12 ss de la loi fédérale complétant le Code civil suisse du 30 mars 1911 (Livre cinquième : Droit des obligations - CO -
RS 220
), et notamment de l’art. 14 al. 1 CO, la forme écrite implique que la signature doit être écrite à la main par celui qui s’oblige.
De jurisprudence constante, la signature olographe originale est une condition nécessaire que doit respecter tout acte pour être considéré comme un recours (
ATA/808/2012
du 27 novembre 2012 ;
ATA/201/2012
du 3 avril 2012 et les références citées).
Selon le droit en vigueur, le défaut de signature est cependant un vice réparable pour autant que la signature soit ajoutée pendant le délai de recours (art. 52 al. 2 de la loi fédérale sur la procédure administrative du 20 décembre 1968 - PA -
RS 172.021
; art. 30 al. 2 de la loi fédérale d’organisation judiciaire du 16 décembre 1943 - OJ -
RS 173.110
; art. 65 al. 3 LPA ; ATF
125 I 166
;
ATA/808/2012
précité et la jurisprudence citée). Cette réglementation tend à éviter tout formalisme excessif en permettant à l’intéressé de réparer son omission.
4. Selon la jurisprudence du Tribunal fédéral, dans leurs relations avec les autorités cantonales, les administrés doivent se servir de la langue officielle du canton (Arrêt du Tribunal fédéral
2P.192/2003
du 11 juillet 2003 confirmant l’
ATA/514/2003
du 24 juin 2003 et les références citées). Sous réserve de dispositions particulières, le justiciable n’a en principe aucun droit de communiquer avec les autorités dans une autre langue que la langue officielle, fût-elle sa langue maternelle ou une autre langue nationale (ATF
136 I 149
consid. 4.3 ;
127 V 219
consid. 2b.aa ;
122 I 236
consid. 2c ;
108 V 208
; Arrêt du Tribunal fédéral
1B_4/2012
du 11 janvier 2012, consid. 3).
A Genève, la langue officielle est le français (
ATA/128/2012
du 6 mars 2012 ;
ATA/102/2012
du 21 février 2012 consid. 4 et les références citées).
5. En l’espèce, l’acte de recours du 3 décembre 2012 reçu par la chambre administrative ne respectait ni l’exigence de signature olographe ni celle de la rédaction en langue française. La chambre de céans admettra que le défaut de signature a été réparé dans la mesure où le recourant avait adressé le même jour au TAPI un exemplaire de son acte de recours, également rédigé en anglais, lequel aurait dû lui être transmis par cette juridiction en vertu de l’art. 64 al. 2 LPA. En revanche, bien qu’ayant été rendu attentif au risque que son recours soit considéré comme irrecevable, le recourant n’a à ce jour pas transmis de traduction française de celui-ci, contrevenant à l’exigence jurisprudentielle précitée.
6. Pour ce dernier motif, le recours sera dès lors déclaré irrecevable, sans autre acte d’instruction (art. 72 LPA).
7. Vu l’issue du litige, un émolument de CHF 400.- sera mis à la charge du recourant et aucune indemnité de procédure ne lui sera allouée (art. 87 LPA).