Decision ID: d1ccdb26-974b-5ef0-88af-77972eb5032e
Year: 2019
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_001
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law

EN FAIT
A.
Par jugement
JTPI/3317/2019
du 6 mars 2019, le Tribunal de première instance a pris acte du retrait de la requête [de mesures protectrices de l'union conjugale] par A_, pris acte de l'acceptation de ce retrait par B_, arrêté les frais judiciaires à 12'247 fr., composés de 400 fr. d'émolument de décision et de 11'847 fr. TTC de frais de représentation des enfants, les a compensés partiellement avec les avances effectuées par A_, mis par moitié à charge de chaque partie, a condamné en conséquence A_ et B_ à verser respectivement 4'598 fr. 50 et 6'123 fr. 50 aux Services financiers du Pouvoir judiciaire, a dit qu'il n'était pas alloué de dépens et a rayé la cause du rôle.
En substance, s'agissant du point contesté en recours, le Tribunal a retenu que l'ordonnance du 25 mai 2018, sollicitant des parties une avance de frais de
4'500 fr., n'énonçait nullement que ce montant constituait le maximum des frais de curatelle, étant relevé que le montant de l'avance ne constituait jamais une décision au sujet du montant des frais de la procédure, décision qui était prise dans la décision finale (art. 104 al. 1 CPC). Il n'y avait pas de raison de mettre en doute le time-sheet produit par le curateur s'agissant des rencontres des époux à l'Etude et au domicile de B_, ainsi que de celle avec les enfants à l'Etude. En revanche certaines activités devaient être retranchées comme non justifiées, insatisfaisantes ou exagérées. Les frais de représentation pouvaient ainsi être arrêtés à 11'000 fr., hors TVA.
B. a.
Par actes expédiés respectivement les 21 et 22 mars 2019, B_ et A_ forment recours contre ce jugement, reçu le 13 mars 2019, en ce qu'il concerne les frais et honoraires du curateur et concluent à ce que les honoraires soient arrêtés à 3'033 fr. 35, correspondant à 455 minutes d'activité.
A la fin de son acte de recours, A_ se réfère "pour le supplément à son courrier du 16.02.201 avec toutes les considérations qui y sont faites".
b.
Par courrier du 1
er
juillet 2019, C_ a conclu à la confirmation du jugement entrepris.
c.
Les parties ont été informées par courriers du greffe de la Cour des 17 et
18 septembre 2019 de ce que la cause était gardée à juger.
C.
Les faits suivants ressortent du dossier :
a.
A_, né le _ 1966 à F_ (JU), de nationalité suisse, et B_, née _ [nom de jeune fille] le _ 1974 à G_ (Maroc), de nationalité suisse, se sont mariés le _ 2009 à H_ (GE).
Deux enfants sont issus de cette union, soit D_, née le _ 2005 à Genève et E_, né le _ 2009 à Genève.
b.
Le 26 avril 2018, A_ a saisi le Tribunal d'une requête de mesures protectrices de l'union conjugale, assortie d'une demande de mesures superprovisionnelles, rejetée par ordonnance du 26 avril 2018.
c.
Par ordonnance
ORTPI/437/2018
du 25 mai 2018, le Tribunal, contre l'avis de A_, a ordonné que les enfants D_ et E_ soient représentés par un curateur dans la procédure de mesures protectrices de l'union conjugale et a désigné C_, avocat, à cette fin. Il a fixé l'avance des frais de curatelle à 4'500 fr. et imparti un délai à chacune des parties pour en verser la moitié.
d.
A l'audience du 14 juin 2018, lors de laquelle les parties et le curateur étaient présents, B_ a conclu à ce que l'avance de frais de curatelle soit entièrement mise à la charge de A_.
Les parties sont parvenues à un accord au sujet des enfants, dans l'attente du rapport duService d'évaluation et d'accompagnement de la séparation parentale (
SEASP
), ainsi qu'en ce qui concerne la contribution d'entretien à la famille à verser par A_ jusqu'à la prochaine audience.
A l'issue de l'audience, qui a duré une heure, le Tribunal a invité le curateur à lui écrire après avoir vu les enfants, afin de le tenir informé de son avis au sujet du droit aux relations personnelles du père sur les enfants pour les semaines à venir, jusqu'au rapport d'évaluation sociale, en particulier le contact en semaine. C_ a annoncé qu'il prendrait des conclusions par écrit au sujet des enfants, après rapport du SEASP.
e.
Dans une ordonnance
ORTPI/516/2018
du 22 juin 2018, le Tribunal a, notamment, dispensé en l'état B_ de fournir une avance de frais de curatelle de représentation, dit que l'avance de frais de 2'250 fr. mise à la charge de A_ par l'
ORTPI/437/2018
restait fixée à ce montant et dit que la prise en charge des frais du curateur de représentation des enfants ferait l'objet de la décision au fond.
Dans sa motivation, le Tribunal a précisé qu'à ce stade de la procédure, il ne s'agissait que d'une avance de frais et que les frais du curateur de représentation faisaient partie des frais de la procédure, de sorte qu'il serait statué à leur sujet dans le cadre de la décision qui interviendrait sur le fond.
f.
Le 19 septembre 2018, le SEASP a rendu un premier rapport et sollicité l'octroi d'un délai supplémentaire pour compléter celui-ci. Il a cependant relevé un conflit relationnel important entre les parents, empreint de violences, chaque époux rapportant une version diamétralement opposée de la situation.
g.
Le 25 octobre 2018, le curateur a adressé son rapport au Tribunal, après avoir rencontré les époux en son Etude séparément puis ensemble, ainsi que les enfants et leur mère à leur domicile, et eu de nombreux entretiens téléphoniques et échanges et de courriels avec les époux A/B_ et leur avocat. Il y est fait état d'un accord auquel les parents seraient parvenus concernant le droit de visite du père durant la semaine, finalement pas mis à exécution et d'autres problèmes rencontrés lors du droit de visite. Le curateur a relevé pour le surplus la complexité de la situation et préconisé l'instauration d'une garde alternée sur mesures provisionnelles.
h.
Le 25 octobre 2018, le SEASP a rendu un nouveau rapport d'évaluation sociale de onze pages et notamment préconisé une expertise psychiatrique familiale. Il y est fait mention d'échanges téléphoniques et de courriels avec le curateur les 13, 14 et 17 septembre 2019. Pour le reste, le SEASP relève une situation familiale de crise, voire alarmante, avec des versions parentales diamétralement opposées et paradoxales, qui rendent celle-ci incompréhensible.
i.
Le 15 novembre 2018 s'est tenue une nouvelle audience devant le Tribunal qui a duré une heure. Le curateur était présent, ainsi que les époux A/B_. Les époux ont manifesté leur désaccord sur à peu près tout, en particulier la mise en place d'une thérapie familiale et d'une expertise psychiatrique familiale. A l'issue de l'audience, le Tribunal a fait part de son vif mécontentement résultant notamment du fait que le curateur n'avait pas entendu les enfants après la reddition du rapport du SEASP. Il a invité ce dernier à y procéder, hors la présence des parents.
j.
Une nouvelle audience, qui a duré une heure et demi, s'est tenue le 13 décembre 2019 en présence des parties. Le curateur a exposé avoir rencontré les enfants le 21 novembre 2018, une heure chacun, puis ensemble. Il a préconisé une curatelle d'organisation et de surveillance du droit de visite, une mesure de droit de regard et d'information, et une expertise du groupe familial.
k.
Le 18 décembre 2018, le Tribunal a ordonné une expertise du groupe familial (
ORTPI/1102/2018
) et invité les parties à se déterminer sur cette question.
Le 21 décembre 2018 il a rendu une ordonnance sur mesures provisionnelles afin de régler les rapports entre les parties dans l'attente du résultat de l'expertise familiale.
l.
Par courrier du 14 janvier 2019, le curateur s'en est rapporté entièrement au projet de mission d'expertise du Tribunal.
m.
A_ s'étant opposé à une expertise familiale par courrier du 21 janvier 2019 et B_ ayant recouru contre l'ordonnance du 18 décembre 2018, le Tribunal a ordonné des débats d'instruction, appointés au 14 février 2019.
Lors de cette audience, les parties ont informé le Tribunal de ce qu'elles avaient repris la vie commune et du retrait de sa requête par A_. Le curateur a exposé qu'il avait rencontré les enfants la veille. Il a déposé une note d'honoraires pour l'activité déployée du 15 mai 2018 au 13 février 2019, soit 466/12
ème
d'heure (environ 39 heures) à 400 fr. de l'heure, correspondant à
15'000 fr., plus 1'155 fr. de TVA. A_ s'est dit choqué par le montant de cette note et a déclaré qu'il n'entendait pas en assumer le paiement. B_ a également déclaré qu'elle trouvait la note excessive. Elle a précisé qu'elle avait souvent parlé à la secrétaire du curateur.
n.
Le 16 février 2019, A_ a adressé au Tribunal un courrier circonstancié relatif à la note d'honoraires du curateur qu'il contestait pour l'essentiel.
Sur quoi le Tribunal a rendu le jugement querellé.

EN DROIT
1.
1.1
La décision sur les frais ne peut être attaquée séparément que par un recours (art. 110 CPC).
Les frais de représentation de l'enfant font partie des frais judiciaires (art. 95 al. 2 let. e CPC).