Decision ID: 1807283e-a3dc-5696-a413-0179f32aafa6
Year: 2013
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_007
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 

EN FAIT
A. a.
Le 2 février 2012 (selon l'édition informatisée de la poursuite), l'ETAT DE GENÈVE, soit pour lui le Département des constructions et des technologies de l'information, a requis une poursuite à l'encontre de M. K_ en recouvrement de la somme de 1'165 fr. 90 plus intérêts à 5% l'an dès le
8 décembre 2011 (poursuite n° 12 xxxx07 Z).
Le 5 octobre 2012 (selon l'édition informatisée de la poursuite), une seconde poursuite a été requise contre le débiteur précité par l'ETAT DE GENÈVE, soit pour lui le Département de l'urbanisme, en recouvrement de la somme de
627 fr. 95 plus intérêts à 5% dès le 16 août 2012 (poursuite n° 12 xxxx81 U).
Ces deux poursuites ont formé la série n° 12 xxxx81 U.
b.
Le 22 mars 2013, l'Office des poursuites (ci-après: l'Office) a expédié, à M. K_ un avis de saisie pour le 10 avril 2013. M. K_ n'y a pas donné suite.
c.
Le 26 avril 2013, l'Office a expédié à la BANQUE RAIFFEISEN GENÈVE OUEST un avis concernant la saisie d'une créance (art. 99 LP) à concurrence de 2'400 fr. sur le compte de M. K_.
d.
Le 30 avril 2013, l'Office a invité la BANQUE RAIFFEISEN GENÈVE OUEST à lui verser le montant de 2'400 fr., ce à quoi ladite banque a donné suite.
e.
Le 12 juin 2013, l'Office a expédié le procès-verbal de saisie établi dans la série n° 12 xxxx81 U.
f.
Le 24 juin 2013, l'Office a réparti les fonds saisis et a ainsi soldé les deux poursuites formant la série n° 12 xxxx81 U.
B. a.
Par courrier expédié en recommandé le 6 juillet 2013, M. K_ a formé plainte contre le procès-verbal de saisie expédié le 12 juin 2013, qu'il indique avoir reçu le 28 juin 2013.
A l'appui de sa plainte, M. K_ fait valoir que les sommes qui sont versées sur son compte auprès de la BANQUE RAIFFEISEN GENÈVE OUEST le sont au titre de ses rentes AVS et AI et sont, partant, insaisissables au sens de l'art. 92 LP.
M. K_ relève en outre que la saisie de 2'400 fr. opérée sur son compte lui porte préjudice, dès lors qu'il doit prochainement faire face à d'importants frais médicaux liés à une opération de ses yeux (3'600 fr. par œil).
b.
Dans son rapport du 9 août 2013, l'Office a conclu au rejet de la plainte.
c.
L'ETAT DE GENÈVE n'a pas répondu dans le délai imparti à cet effet.

EN DROIT
1.
1.1
La Chambre de surveillance est compétente pour statuer sur les plaintes formées en application de la LP (art. 13 LP; art. 126 al. 2 let. c LOJ; art. 6 al. 1 et 3 et 7 al. 1 LaLP) contre des mesures non attaquables par la voie judiciaire
(art. 17 al. 1 LP).
Un procès-verbal de saisie est une mesure sujette à plainte, que le plaignant, débiteur poursuivi, a qualité pour contester par cette voie.
1.2
La plainte contre une mesure de l'Office doit être déposée dans les dix jours suivant celui où le plaignant a eu connaissance de la décision attaquée (art. 17 al. 2 LP).
En l'espèce, le plaignant allègue avoir reçu en date du 28 juin 2013 le procès-verbal de saisie que l'Office a expédié le 12 juin 2013. La date tardive de réception dudit acte alléguée par le plaignant – qui n'expose aucune circonstance pouvant l'expliquer – apparaît douteuse compte tenu notamment du fait que le procès-verbal de saisie est communiqué par lettre recommandée conformément à l'art. 34 LP (Jeandin/Sabeti, in CR-LP, n. 2 ad art. 114 LP). La question du respect du délai de l'art. 17 al. 2 LP peut toutefois rester indécise, dès lors que la plainte apparaît irrecevable à un autre titre.
1.3
La qualité pour porter plainte selon l'art. 17 LP – condition de recevabilité devant être examinée d'office (Gilliéron, Commentaire, n. 140 ad art. 17 LP) – est reconnue à toute personne lésée ou exposée à l'être dans ses intérêts juridiquement protégés, ou à tout le moins atteinte dans ses intérêts de fait, par une mesure ou une omission d'un organe de la poursuite (ATF
138 III 219
consid. 2.3;
129 III 595
consid. 3, JT
2004 II 96
;
120 III 42
consid. 3). Le plaignant doit dans tous les cas poursuivre un but concret; il doit être matériellement lésé par les effets de la décision attaquée et avoir un intérêt digne de protection à sa modification ou à son annulation (ATF
138 III 219
consid. 2.3;
120 II 5
consid. 2a, JT
1995 I 189
).
De pratique constante, la plainte n'est ainsi recevable que si elle permet d'atteindre un but concret sur le plan de l'exécution forcée, mais non si la mesure critiquée est irrévocable, lors même qu'une cause de nullité est alléguée
(ATF
99 III 58
consid. 2, JT
1974 II 71
et les arrêts cités; Gilliéron, Commentaire, n. 156 ad art. 17 LP). La plainte est dès lors irrecevable si elle tend uniquement à servir de fondement à une action en dommages-intérêts ou en réparation du tort moral (ATF
138 III 265
consid. 3.2 et les références citées). Lorsqu'il s'agit de réparer le dommage causé par la faute de l'office, les règles sur la responsabilité des fonctionnaires et employés des offices s'appliquent
(art. 5 ss LP; ATF
138 III 265
consid. 3.3.3).
En l'espèce, la banque du plaignant a donné suite à l'avis de saisie par le virement de la somme de 2'400 fr. à l'Office et ce dernier a réparti le produit de la saisie entre les deux poursuites formant la série n° 12 xxxx81 U, ce qui a eu pour effet de les solder entièrement à une date antérieure au dépôt de la plainte. Il s'ensuit que celle-ci n'a plus d'intérêt concret et qu'elle est, partant, irrecevable. En effet, en présence de faits irrévocables, la clôture de la poursuite empêche d'annuler un acte de poursuite (cf. ATF
138 III 265
consid. 3.3.1;
72 III 42
, JT
1947 II 6
; arrêt du Tribunal fédéral B.42/1981 du 3 avril 1981 consid. 2, in Rep. 1982 p. 352). L'admission de la plainte ne permettrait donc pas de redresser la mesure attaquée.
2.
La procédure de plainte est gratuite (art. 20a al. 2 ch. 5 LP et art. 61 al. 2 let. a OELP) et il ne peut être alloué aucun dépens dans cette procédure (art. 62 al. 2 OELP).
* * * * *