Decision ID: 7af40912-b9eb-4d03-b7d1-3a13f80614df
Year: 2009
Language: fr
Court: VD_TC
Chamber: VD_TC_009
Canton: VD
Region: Région lémanique
Law Area: 

En fait :
1.
Le 28 mars 2008, l'Office des poursuites d'Yverdon-Orbe-La Vallée-Grandson a délivré à W._, créancière, un acte de défaut de biens après saisie n° 1'018'998-01 constatant une dette de N._ s'élevant à 114'480 fr. 50. Figure sur l'acte [...], codébitrice solidaire. La cause de l'obligation était la suivante :
« 1) Reconnaissance de dette du 30 juin 2006 à la suite de l'acte de vente du 22 juin 2001.
2) Frais de commandement de payer c/co-débiteur ».
2.
Le 17 juin 2008, à l'instance de W._, l'Office des poursuites d'Yverdon-Orbe-La Vallée-Grandson a notifié à N._, dans la poursuite n° 1'092'607-01, un commandement de payer la somme de 114'480 fr. 50 sans intérêt (1) et 200 fr. sans intérêt (2). La cause de l'obligation invoquée est la suivante : «Acte de défaut de biens no 1018998-01 de Fr. 114'480.50 délivré le 28.03.2008 par l'Office poursuites Yverdon-Orbe-La Vallée-Grandson».
Le 16 octobre 2008, la poursuivante a requis la mainlevée provisoire de l'opposition à concurrence du montant en poursuite.
3.
Par décision rendue le 15 décembre 2008, à l'issue de l'audience du
9 décembre 2008, le Juge de paix du district du Jura-Nord vaudois a prononcé la mainlevée provisoire de l'opposition à concurrence de 114'680 fr. 50 sans intérêt. En substance, le premier juge a considéré que l'acte de défaut de biens produit valait titre de mainlevée au sens de l'art. 82 LP.
Le prononcé motivé a été envoyé pour notification aux parties le
21 janvier 2009.
Par acte déposé le 2 février 2009, N._ a déclaré recourir contre ce prononcé et a conclu, avec dépens, à sa réforme en ce sens que la mainlevée provisoire est refusée. Dans son mémoire du 19 mars 2009, le recourant a confirmé ses conclusions.
Dans ses déterminations du 17 juin 2009, l'intimée a conclu, avec suite de frais et dépens, au rejet du recours. A l'appui de son écriture, elle a produit deux pièces, dont une nouvelle.

En droit :
I.
Le recours a été
déposé le lundi 2 février 2009, soit en temps utile, dans le délai de recours de dix jours, arrivé à échéance le dimanche 1
er
février 2009 et reporté au lendemain (art. 57 al. 1 et 73 LVLP). N._ conclut à la réforme du prononcé entrepris, de sorte que son recours est recevable formellement (art. 461 ss CPC applicables par le renvoi de l'art. 58 al. 1 LVLP). En revanche, la pièce nouvelle produite à l'appui de ses déterminations du 17 juin 2009, laquelle ne figure pas au dossier de première instance, est irrecevable en vertu de l'art. 58 al. 3 LVLP et doit être écartée.
II.
Aux termes de l'art. 82 LP, le créancier dont la poursuite se fonde sur une reconnaissance de dette constatée par acte authentique ou sous seing privé peut requérir la mainlevée provisoire de l'opposition au commandement de payer (al. 1), que le juge prononce si le débiteur ne rend pas immédiatement vraisemblable sa libération (al. 2). Constitue une telle reconnaissance l'acte authentique ou sous seing privé signé par le poursuivi, ou son représentant, d'où ressort sa volonté de payer au poursuivant, sans réserve ni condition, une somme d'argent déterminée, ou aisément déterminable, et échue (ATF 130 III 87 c. 3.1, JT 2004 II 118 ; ATF 122 III 125 c. 2, JT 1998 II 82 ; Panchaud/Caprez, La mainlevée d'opposition, § 1 ; Gilliéron, Commentaire de la loi fédérale sur la poursuite pour dettes et la faillite, n. 29 ad art. 82 LP). Un acte de défaut de biens après saisie constitue une reconnaissance de dette au sens de l'art. 82 LP (art. 149 al. 2 LP ; Rey-Mermet, Commentaire romand, n. 18 ad art. 149 LP).
En l'espèce, l'acte de défaut de biens produit vaut indiscutablement titre de mainlevée au sens de l'art. 82 LP (art. 149 al. 2 LP) pour le montant de 114'480 francs 50 qu'il mentionne et pour lequel le poursuivi n'a pas justifié de sa libération. Toutefois, la mainlevée a été prononcée, par le premier juge, à concurrence de 114'680 fr. 50, soit 200 fr. supplémentaires. Aucune reconnaissance de dette ne figurant au dossier pour ce montant (mentionné sous chiffre 2) du commandement de payer), la mainlevée aurait dû être rejetée sur ce point.
III.
Le recours doit donc être très partiellement admis et le prononcé réformé en ce sens que la mainlevée provisoire est prononcée à concurrence de 114'480 fr. 50 sans intérêt.
Les frais de deuxième instance du recourant sont arrêtés à 900 francs. Celui-ci doit verser à l'intimée 500 fr. à titre de dépens de deuxième instance.