Decision ID: 1a838103-396b-404d-87c4-51c73b077f53
Year: 2022
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_001
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law

EN FAIT
, que par jugement du 23 août 2022, le Tribunal de première instance, statuant sur mesures protectrices de l'union conjugale par voie de procédure sommaire, a notamment condamné A_ à verser 630 fr. en mains de B_, par mois et d'avance, au titre de contribution à l'entretien de celle-ci, sous déduction des sommes d'ores et déjà versées à ce titre (ch. 8 du dispositif); que le Tribunal a précisé dans les considérants de son jugement que cette contribution était due à compter du dépôt de la requête (soit le 7 juin 2021);
Que le Tribunal a considéré que A_ disposait d'un solde de 980 fr., qui devait être affecté à la couverture des charges de l'enfant C_, arrêtées à 350 fr., déduction faite des allocations et rentes perçues, et le solde de 630 fr., à la couverture du déficit de B_, arrêtées à 1'190 fr.;
Que par acte expédié le 5 septembre 2022 à la Cour de justice, A_ a formé appel contre le ch. 8 du dispositif de ce jugement; qu'il a conclu à son annulation et au déboutement de B_ de toutes ses conclusions, le jugement attaqué devant être confirmé pour le surplus;
Qu'il a également conclu à l'octroi de l'effet suspensif à son appel; qu'il a invoqué que l'intimée avait eu les moyens de s'acquitter de l'ensemble de ses frais depuis la saisine du Tribunal et que l'arriéré représentait un montant de 10'080 fr. dont il ne disposait pas; que l'octroi d'une contribution à l'entretien de l'intimée violait par ailleurs l'art. 125 CC et cette dernière avait jusqu'à présent eu les moyens de s'acquitter de ses charges;
Qu'invitée à se déterminer, B_ a conclu au rejet de la requête d'effet suspensif;
Considérant,

EN DROIT
, que l'appel n'a pas d'effet suspensif lorsqu'il a pour objet des décisions portant sur des mesures provisionnelles (art. 315 al. 4 let. b CPC);
Que toutefois, l'exécution de mesures provisionnelles peut exceptionnellement être suspendu si la partie concernée risque de subir un préjudice difficilement réparable (art. 315 al. 5 CPC);
Que, saisie d'une demande d'effet suspensif, l'autorité de recours doit faire preuve de retenue et ne modifier la décision de première instance que dans des cas exceptionnels; elle dispose cependant d'un large pouvoir d'appréciation permettant de tenir compte des circonstances concrètes du cas d'espèce (ATF
137 III 475
consid. 4.1; arrêts
5A_853/2021
du 8 novembre 2021 consid. 5.1;
5A_792/2018
du 6 février 2019 consid. 3.2.2);
Que s'agissant du paiement de sommes d'argent, il appartient à la partie recourante qui requiert la restitution de l'effet suspensif de démontrer qu'à défaut de son prononcé elle serait exposée à d'importantes difficultés financières ou qu'elle ne pourrait pas obtenir le remboursement du montant payé au cas où elle obtiendrait gain de cause au fond (ATF
138 III 333
consid. 1.3.1;
137 III 637
consid. 1.2);
Que le Tribunal fédéral accorde généralement l'effet suspensif pour le paiement des arriérés de pensions (arrêts du Tribunal fédéral
5A_954/2012
du 30 janvier 2013 consid. 4;
5A_783/2010
du 8 avril 2011 let. D);
Qu'en l'espèce, l'appelant, dont le Tribunal a retenu qu'il disposait d'un solde mensuel de 980 fr., ne rend pas vraisemblable que le paiement de la contribution d'entretien en faveur de l'intimée serait de nature à lui causer un préjudice difficilement réparable; qu'il soutient que ladite contribution a été fixée en violation de l'art. 125 CC, ce qui sera toutefois examiné dans le cadre du fond de l'appel, étant relevé que celui-ci ne paraît pas,
prima facie
, d'emblée manifestement fondé à cet égard;
Que par conséquent, la suspension de l'effet exécutoire du jugement attaqué ne saurait être accordée s'agissant des contributions d'entretien courantes, correspondant à celles dues à compter du prononcé dudit jugement;
Qu'en revanche, le paiement de l'arriéré de contributions d'entretien, qui représente un montant non négligeable, est destiné à couvrir les besoins de l'intimée pour une période révolue;
Que l'intimée ne rend pas suffisamment vraisemblable que l'absence de paiement immédiat de cet arriéré serait susceptible de lui causer un dommage difficilement réparable; que ledit paiement peut dès lors attendre l'issue de la procédure au fond devant la Cour, dans l'hypothèse où le jugement attaqué serait confirmé;
Que dès lors, la requête d'effet suspensif sera admise en tant qu'elle porte sur le paiement des arriérés de contributions d'entretien pour la période allant du 7 juin 2021 au 23 août 2022 et sera rejetée pour le surplus;
Qu'il sera statué sur les frais et dépens liés à la présente décision dans l'arrêt au fond (art. 104 al. 3 CPC).
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