Decision ID: 7f9745f6-6d0e-52bb-a3b9-98b362dc289e
Year: 2020
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_005
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 

EN FAIT
A.
a.
Par courrier du 17 mars 2020, A_ (ci-après : la recourante) a imparti au B_ un délai au 30 mars 2020 pour lui verser la somme totale de 21'520 fr. correspondant à des frais de bus et de repas (4'880 fr.), des frais de réinscription de sa fille, C_, pour l'année 2019-2020, et des crédits accordés au père de C_, D_ (11'300 fr. et 2'840 fr.).
b.
Le 14 mai 2020, la recourante a fait notifier un commandement de payer, poursuite n° 1_, au B_ pour la somme totale de 21'520 fr., auquel ce dernier a formé opposition.
B. a.
Le 29 mai 2020, la recourante a sollicité l'assistance juridique pour déposer une requête en mainlevée provisoire de l'opposition qu'a formée le B_ à l'encontre du commandement de payer susmentionné.
Elle a produit, outre le commandement de payer et le courrier au B_ du 17 mars 2020, un "sommaire des frais d'écolage" pour l'année 2019-2020, un courrier de D_ au B_ du 16 décembre 2016, une transaction judiciaire entre le B_ et D_ datée du 17 janvier 2019 et un décompte établi par le B_ duquel il ressort qu'un solde de 327 fr. 39 lui est encore dû.
b.
Par pli du 3 juin 2020, le greffe de l'assistance juridique a demandé à la recourante de produire tous les échanges de courriers (réponses comprises) avec le B_ concernant les remboursements demandés afin de pouvoir statuer sur les chances de succès de la procédure.
c.
Par courrier du 9 juin 2020, la recourante a répondu que le B_ n'avait jamais répondu à sa lettre.
d.
Par décision du 16 juin 2020, reçue le 23 du même mois par la recourante, la Vice-présidente du Tribunal de première instance a rejeté la requête d'assistance juridique précitée, au motif que la cause de la recourante était dénuée de chances de succès.
Elle a considéré que les pièces produites par la recourante ne constituaient pas une reconnaissance de dette au sens de l'art. 82 al. 1 LP, ce d'autant moins qu'il ressortait du décompte établi par le B_ que la recourante lui devait encore la somme de 327 fr. 39. En outre, les crédits accordés à D_ semblaient avoir servi à compenser certains frais d'écolages dus que la recourante n'avaient pas payés, de sorte qu'il apparaissait que le B_ ne devait rien à la recourante.
C. a.
Recours est formé contre cette décision, par acte expédié le 30 juin 2020 à la Présidence de la Cour de justice. La recourante conclut à l'annulation de la décision du 16 juin 2020 et à ce que le bénéfice de l'assistance juridique lui soit accordé.
La recourante produit des pièces nouvelles.
b.
La Vice-présidente du Tribunal de première instance a renoncé à formuler des observations.

EN DROIT
1.
1.1.
La décision entreprise est sujette à recours auprès de la présidente de la Cour de justice en tant qu'elle refuse l'assistance juridique (art. 121 CPC et art. 21 al. 3 LaCC), compétence expressément déléguée au vice-président soussigné sur la base des art. 29 al. 5 LOJ et 10 al. 1 du Règlement de la Cour de justice (RSG
E 2 05.47
). Le recours, écrit et motivé, est introduit auprès de l'instance de recours (art. 321 al. 1 CPC) dans un délai de dix jours (art. 321 al. 2 CPC et 11 RAJ).
1.2.
En l'espèce, le recours est recevable pour avoir été interjeté dans le délai utile et en la forme écrite prescrite par la loi.
1.3.
Lorsque la Cour est saisie d'un recours (art. 121 CPC), son pouvoir d'examen est limité à la violation du droit et à la constatation manifestement inexacte des faits (art. 320 CPC, applicable par renvoi de l'art. 8 al. 3 RAJ). Il appartient en particulier au recourant de motiver en droit son recours et de démontrer l'arbitraire des faits retenus par l'instance inférieure (Hohl, Procédure civile, tome II, 2
ème
éd., n. 2513-2515).
2.
Aux termes de l'art. 326 al. 1 CPC, les allégations de faits et les preuves nouvelles sont irrecevables dans le cadre d'un recours.
Par conséquent, les allégués de faits dont la recourante n'a pas fait état en première instance et les pièces nouvelles ne seront pas pris en considération.
3.
3.1. 3.1.1
Reprenant l'art. 29 al. 3 Cst., l'art. 117 CPC prévoit que toute personne qui ne dispose pas de ressources suffisantes a droit à l'assistance judiciaire à moins que sa cause paraisse dépourvue de toute chance de succès.
Un procès est dépourvu de chances de succès lorsque les perspectives de le gagner sont notablement plus faibles que les risques de le perdre, et qu'elles ne peuvent donc être considérées comme sérieuses, de sorte qu'une personne raisonnable et de condition aisée renoncerait à s'y engager en raison des frais qu'elle s'exposerait à devoir supporter; en revanche, une demande ne doit pas être considérée comme dépourvue de toute chance de succès lorsque les perspectives de gain et les risques d'échec s'équilibrent à peu près ou lorsque les premières sont seulement un peu plus faibles que les seconds. Ce qui est déterminant est de savoir si une partie, qui disposerait des ressources financières nécessaires, se lancerait ou non dans le procès après une analyse raisonnable. Une partie ne doit pas pouvoir mener un procès qu'elle ne conduirait pas à ses frais, uniquement parce qu'il ne lui coûte rien (ATF
142 III 138
consid. 5.1; ATF
128 I 225
consid. 2.5.3).
La situation doit être appréciée à la date du dépôt de la requête et sur la base d'un examen sommaire (ATF
142 III 138
consid. 5.1;
133 III 614
consid. 5).
L'absence de chances de succès peut résulter des faits ou du droit. L'assistance sera refusée s'il apparaît d'emblée que les faits pertinents allégués sont invraisemblables ou ne pourront pas être prouvés (arrêt du Tribunal fédéral
4A_614/2015
du 25 avril 2016 consid. 3.2).
3.1.2
Le créancier dont la poursuite se fonde sur une reconnaissance de dette constatée par acte authentique ou sous seing privé peut requérir la mainlevée provisoire (art. 82 al. 1 LP).
La procédure de mainlevée provisoire est une procédure sur pièces, dont le but n'est pas de constater la réalité de la créance en poursuite, mais l'existence d'un titre exécutoire. Le juge de la mainlevée examine uniquement la force probante du titre produit par le poursuivant, sa nature formelle, et lui attribue force exécutoire si le poursuivi ne rend pas immédiatement vraisemblables ses moyens libératoires (ATF
142 III 720
consid. 4.1;
132 III 140
consid. 4.1.1).
Par reconnaissance de dette au sens de l'art. 82 al. 1 LP, il faut entendre notamment l'acte sous seing privé, signé par le poursuivi, d'où ressort sa volonté de payer au poursuivant, sans réserve ni condition, une somme d'argent déterminée, ou aisément déterminable, et exigible (ATF
139 III 297
consid. 2.3.1;
136 III 624
consid. 4.2.2;
136 III 627
consid. 2). Une reconnaissance de dette peut aussi résulter d'un ensemble de pièces dans la mesure où il en ressort les éléments nécessaires. Cela signifie que le document signé doit clairement et directement faire référence, respectivement renvoyer, aux documents qui mentionnent le montant de la dette ou permettent de le chiffrer (parmi plusieurs : ATF
139 III 297
consid. 2.3.1;
136 III 627
consid. 2 et 3.3;
132 III 480
consid. 4.1 et les références citées).
Dans le cadre d'une procédure sommaire, le rôle du juge de la mainlevée n'est pas d'interpréter des contrats ou d'autres documents, mais d'accorder rapidement, après examen sommaire des faits et du droit, une protection provisoire au requérant dont la situation juridique paraît claire (
ACJC/658/2012
du 11 mai 2012, consid 5.2;
ACJC/1211/1999
du 25 novembre 1999, consid. 3; arrêt du Tribunal fédéral du 10 mai 1968, résumé in JdT
1969 II 32
).
3.2.
En l'espèce, c'est à juste titre que le premier juge a considéré que la procédure envisagée par la recourante était dénuée de chances de succès dès lors que l'ensemble des pièces produites ne permettraient, à première vue, pas au Tribunal de première instance de prononcer la mainlevée provisoire du commandement de payer auquel le B_ a fait opposition. Aucune pièce ou ensemble de pièce produit par la recourante ne constitue une reconnaissance de dette du B_, soit un document où ce dernier reconnait devoir de l'argent à la recourante, et seul un examen approfondi de la situation - qui n'est pas possible en procédure de mainlevée provisoire - permettrait d'établir si le B_ est redevable de quelque somme que ce soit envers la recourante. Par conséquent, le recours est infondé.
4.
Sauf exceptions non réalisées en l'espèce, il n'est pas perçu de frais judiciaires pour la procédure d'assistance juridique (art. 119 al. 6 CPC).
* * * * *