Decision ID: 79ee751b-efd2-5c91-b264-51bb041acae4
Year: 2007
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_014
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: social_law

EN FAIT
Par jugement du 8 mars 2007, la 1
ère
chambre du Tribunal de première instance a prononcé le divorce de Madame S_, née N_ le 1961, et Monsieur S_, né le 7 1943 , mariés en date du 26 août 1991.
Selon le chiffre 4 du jugement précité, le Tribunal de première instance a ordonné le partage par moitié des avoirs de prévoyance professionnelle acquis par chacun des époux durant le mariage.
Le prononcé du divorce est devenu définitif le 1
er
mai 2007 et a été transmis d'office au Tribunal de céans le 18 mai 2007 pour exécution du partage.
Le Tribunal de céans a sollicité des parties le nom de leur institution de prévoyance, puis a interpellé les institutions défenderesses en les priant de lui communiquer les montants des avoirs LPP des parties acquis durant le mariage, soit entre le 26 août 1991 et le 1
er
mai 2007.
L'instruction menée par le Tribunal de céans a permis d'établir les faits suivants :
S'agissant de Madame S_
:
La demanderesse vit en Suisse depuis 1995.
Interrogée par le Tribunal de céans, elle a, par courrier de son mandataire du 18 septembre 2007, confirmé n'avoir exercé aucune activité professionnelle jusqu'au 1
er
septembre 2000 et n'a, par conséquent, pas accumulé d'avoirs LPP pendant cette période.
Selon le courrier de la CAISSE INTER-PROFESSIONNELLE DE PREVOYANCE PROFESSIONNELLE du 19 juillet 2007, auprès de laquelle la demanderesse a été affiliée du 1
er
septembre 2000 au 31 août 2004, une prestation de libre passage d'un montant de 14'176 fr. 20 a été transférée à la WINTERTHUR COLUMNA le 26 juillet 2005.
Selon cette dernière institution de prévoyance, la prestation de libre passage accumulée par la demanderesse est de 20'870 fr., intérêts au 1
er
mai 2007 compris.
S'agissant de Monsieur S_
:
La CAISSE DE PENSIONS DE LA FEDERATION INTERNATIONALE DES SOCIETES DE LA CROIX-ROUGE ET DU CROISSANT-ROUGE, domiciliée c/o HEWITT ASSOCIATES SA, auprès de laquelle le demandeur est affilié depuis le 6 juin 1994, date de son arrivée en Suisse, la prestation de libre passage accumulée est de 636'905 fr. 75, intérêts au 1
er
mai 2007 compris.
Ces documents ont été transmis aux parties en date du 20 septembre 2007. La juridiction leur a indiqué qu'à défaut d'observations d'ici au 28 septembre 2007, un arrêt serait rendu sur cette base.
En l'absence d'objections dans le délai fixé, la cause a été gardée à juger.

EN DROIT
L'art. 25a de la loi fédérale sur le libre passage dans la prévoyance professionnelle, vieillesse, survivants et invalidité du 17 décembre 1993 (LFLP), entré en vigueur le 1er janvier 2000, règle la procédure en cas de divorce. Lorsque les conjoints ne sont pas d’accord sur la prestation de sortie à partager (art. 122 et 123 Code Civil - CC), le juge du lieu du divorce compétent au sens de l'art. 73 al. 1 de la loi fédérale sur la prévoyance professionnelle du 25 juin 1982 (LPP), soit à Genève le Tribunal cantonal des assurances sociales depuis le 1
er
août 2003, doit, après que l'affaire lui a été transmise (art. 142 CC), exécuter d'office le partage sur la base de la clé de répartition déterminée par le juge du divorce.
Selon l'art. 22 LFLP (nouvelle teneur en vigueur depuis le 1er janvier 2000), en cas de divorce, les prestations de sortie acquises durant le mariage sont partagées conformément aux art. 122, 123, 141 et 142 CC; les art. 3 à 5 LFLP s'appliquent par analogie au montant à transférer (al. 1). Pour chaque conjoint, la prestation de sortie à partager correspond à la différence entre la prestation de sortie, augmentée des avoirs de libre passage existant éventuellement au moment du divorce, et la prestation de sortie, augmentée des avoirs de libre passage existant éventuellement au moment de la conclusion du mariage (cf. art. 24 LFLP). Pour ce calcul, on ajoute à la prestation de sortie et à l'avoir de libre passage existant au moment de la conclusion du mariage les intérêts dus au moment du divorce (ATF
128 V 230
; ATF
129 V 444
).
En l’espèce, le juge de première instance a ordonné le partage par moitié des prestations de sortie acquises durant le mariage par les demandeurs. Les dates pertinentes sont, d’une part, celle du mariage, le 21 août 1991, d’autre part le 1
er
mai 2007, date à laquelle le jugement de divorce est devenu exécutoire.
Selon les documents produits, la prestation acquise pendant le mariage par le demandeur est de 636'905 fr. 75 tandis que celle acquise par la demanderesse est de 20'870 fr., les intérêts ayant déjà été calculés par les institutions de prévoyance défenderesses. Ainsi le demandeur doit à son ex-épouse le montant de 318'452 fr. 90 (636'905 fr. 75 : 2) et celle-ci lui doit le montant de 10'435 fr. (20'870 fr. : 2), de sorte que c’est le demandeur qui doit à la demanderesse le montant de 308'017 fr. 90.
Conformément à la jurisprudence, depuis le jour déterminant pour le partage jusqu'au moment du transfert de la prestation de sortie ou de la demeure, le conjoint divorcé bénéficiaire de cette prestation a droit à des intérêts compensatoires sur le montant de celle-ci. Ces intérêts sont calculés au taux minimum légal selon l'art. 12 de l'ordonnance sur la prévoyance professionnelle vieillesse, survivants et invalidité du 18 avril 1984 (OPP 2) ou selon le taux réglementaire, si celui-ci est supérieur (ATF
129 V 255
consid. 3).
Aucun émolument ne sera perçu, la procédure étant gratuite (art. 73 al. 2 LPP et 89H al. 1 de la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 1985).
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