Decision ID: 091ff154-7569-54d5-beef-9cd732522bfb
Year: 2008
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_012
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: penal_law

EN FAIT
:
Que, dans sa plainte susvisée, S_ a fait valoir que H_ ne respectait pas le jugement du Tribunal de Première instance du 6 septembre 2005, lequel le condamnait à payer une pension alimentaire mensuelle de Frs 3'000.-, dès le 1
er
octobre 2005, pour l'entretien de leurs enfants T _, né le _ 1995, et C _, né le _ 2001; elle démontrait, pièces à l'appui, que H_ avait stoppé ses versements "
depuis quelques mois déjà
", soit depuis octobre 2007, en lui versant la somme de
Frs 2'000.- au lieu de Frs 3'000.- et avait, de ce fait, violé son obligation d'entretien;
Qu'entendu par la police le 11 décembre 2007, H_ a affirmé avoir payé intégralement la pension alimentaire due jusqu'en juillet 2007, période pendant laquelle il avait emmené ses enfants au Canada; par la suite il avait payé "
moins de pension
" car il n'avait "
pas assez d'argent pour vivre
"; de plus, son fils T _ était venu vivre avec lui dès le mois d'octobre 2007, ce qui l'avait amené à demander la modification de son jugement de divorce, qui avait abouti à un nouveau jugement sur mesures provisoires du 26 novembre 2007, lequel lui attribuait la garde des deux enfants et le condamnait à verser la somme mensuelle de Frs 600.- pour l'entretien de son ex-femme;
Que le Procureur général a justifié son classement par le fait que H_ avait démontré, pièces à l'appui, qu'il n'était pas en mesure de payer l'intégralité de la contribution d'entretien pour les mois de juillet à octobre 2007 et, que, s'agissant du mois de novembre 2007, la garde des enfants lui avait été attribuée;
Considérant

EN DROIT
:
Que le recours a été déposé dans les forme et délai prévus à l'art. 192 CPP et qu'il émane de la personne qui fait l'objet de l'instruction et qui, étant assimilée à une partie, a qualité pour agir (art. 191 al. 1 litt. c CPP); il est dès lors recevable;
Qu'à teneur de l'art. 204 CPP, la Chambre de céans rend une ordonnance de non-lieu lorsqu'elle ne trouve pas d'indices suffisants de culpabilité, ou lorsqu'elle estime que les faits ne peuvent constituer une infraction (al. 1);
Que, de jurisprudence constante, seul un inculpé peut requérir le non-lieu. Le non-lieu «annule» l'inculpation prononcée, en ce sens que la continuation de la poursuite n'est ainsi plus possible (DINICHERT/BERTOSSA/GAILLARD, Procédure pénale genevoise, SJ 1986 p. 494 no 10.6; HARARI/ROTH/STRÄULI, Chronique de procédure pénale genevoise 1986-1989, SJ 1990 p. 453 no 2.6;
OCA/236/1996
du 27 septembre 1996). Il est l'acte par lequel l'autorité judiciaire décide qu'il y a lieu de renoncer à la continuation de la poursuite, et a donc pour effet de constater qu'il n'y a pas lieu de continuer les poursuites intentées (PIQUEREZ, Traité de procédure pénale suisse, 2006, p. 689 no 1092);
Qu'ainsi, lorsque le recourant, qui n'a pas été inculpé, qu'il n'est donc pas considéré comme une partie à la procédure et ne bénéficie pas des droits conférés à ce statut (art. 23 et 138 CPP; HARARI/ROTH/STRÄULI, Chronique de procédure pénale genevoise 1986-1989, SJ 1990 p. 417; DINICHERT/BERTOSSA/GAILLARD, Procédure pénale genevoise, SJ 1986 p. 477), se trouve dans une situation semblable à celle qui était la sienne avant l'ouverture de la procédure, et qu'il n'est pas davantage inquiété par les autorités qu'il ne le serait si l'information le concernant n'avait jamais été ouverte, il faut alors constater qu'il n'a pas d'intérêt particulier à voir un non-lieu mettre un terme en principe définitif à la procédure concernée (arrêt du Tribunal fédéral
1P.326/2005
du 3 octobre 2005);
Qu'il découle de ce qui précède que le recours de H_, en tant qu'il sollicite l'annulation de la décision de classement du Procureur général et le prononcé d'un non-lieu en sa faveur, est matériellement irrecevable, dans la mesure où il n'a jamais été inculpé;
Que, s'agissant de la conclusion subsidiaire du recourant, la Chambre d'accusation relèvera, tout d'abord, qu'elle apparaît en totale contradiction avec la conclusion principale et retiendra, au surplus, que, ne remplissant pas les conditions posées par l’art. 192 al. 1 CPP - selon lequel tout recours doit être formé par des conclusions motivées - elle doit également être déclarée irrecevable, en tant qu'elle se contente de conclure au renvoi du dossier au Procureur général, pour complément d'instruction préliminaire, sans préciser quelles seraient, le cas échéant, les mesures d’investigations complémentaires nécessaires;
Que le recourant, qui succombe, supportera les frais envers l'État (art. 101A al. 2CPP).
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