Decision ID: 1e097099-f0da-57c8-8e7f-47de11b71295
Year: 2021
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_014
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: social_law

EN FAIT
A. a.
Madame A_ (ci-après : l’assurée), née en _ 1964, mère de deux enfants nés en 1999 et 2001, bénéficie de prestations complémentaires et de subsides de l’assurance-maladie.
b.
Le 16 janvier 2020, suite à l’arrêt du versement d’une rente complémentaire de l’assurance-invalidité en faveur de l’un des enfants de la bénéficiaire, le Service des prestations complémentaires (ci-après : SPC) a rendu, la concernant :
- une décision de prestations rétroagissant au 1
er
juillet 2019 ;
- une décision relative aux subsides de l’assurance-maladie contenant une demande de remboursement de CHF 2'886.- pour la période du 1
er
juillet 2019 au 31 janvier 2020 ;
Ces décisions ont été confirmées le 16 janvier 2020.
c.
Par courrier du 24 juillet 2020, la bénéficiaire a saisi la Cour de céans, qui, le 3 septembre 2020 (
ATAS/750/2020
), a déclaré son « recours » irrecevable pour cause de tardiveté.
d.
Le 5 juillet 2021, le SPC a rendu deux nouvelles décisions concernant l'assurée :
- la première fixant le montant des prestations à compter du 1
er
janvier 2021, compte tenu du fait que l’un de ses enfants avait terminé sa scolarité et que son droit à une rente complémentaire de l’assurance-invalidité avait pris fin le 31 janvier 2021 ; la restitution des montants versés à tort jusqu'au 31 juillet 2021 (CHF 8'701.-) a été réclamée à la bénéficiaire;
- la seconde réclamant le remboursement de CHF 2'868.- versés à tort au titre de réduction de primes d’assurance-maladie ;
e.
Le 2 septembre 2021, est parvenue au SPC une demande de remise de l'obligation de restituer les sommes réclamées.
f.
Par décision du 9 novembre 2021, le SPC a statué sur le droit aux prestations de sa bénéficiaire à compter du 1
er
août 2021.
B. a.
Par courrier formellement daté du 13 novembre 2021, mais posté le 7 novembre 2021, l’assurée a saisi la Cour de céans d’une « demande de recours » contre le SPC, arguant, en substance, qu'elle l'avait avisé en temps utile de la situation scolaire de son fils, dont elle a allégué, dans un second courrier daté du 17 novembre 2021, qu'il était toujours scolarisé.
b.
Invitée à indiquer quelle décision elle entendait contester exactement, l'assurée a répondu par un courrier assez confus comportant une demande de prise en charge de frais relatifs à l’assistance d’un conseil juridique.
c.
Invité à se déterminer, l’intimé, dans sa réponse du 3 décembre 2021, a indiqué n’avoir reçu aucune opposition formelle de la part de l’assurée en lien avec les décisions rendues le 5 juillet 2021 et a dès lors suggéré que le « recours » soit considéré comme une opposition et lui soit transmis comme objet de sa compétence.
Il n'avait pas encore traité la demande de remise reçue le 2 septembre 2021; une décision serait rendue ultérieurement, qui pourrait faire l’objet d’une opposition, cas échéant.
La décision du 9 novembre 2021 était encore sujette à opposition.
Enfin, la demande de prise en charge de frais relatifs à l’assistance d’un conseil devait être considérée comme une demande d’assistance juridique devant faire elle aussi l'objet d’une décision sujette à recours.

EN DROIT
1.
Conformément à l'art. 134 al. 1 let. a ch. 3 de la loi sur l'organisation judiciaire, du 26 septembre 2010 (LOJ -
E 2 05
), la Chambre des assurances sociales de la Cour de justice connaît en instance unique des contestations prévues à l’art. 56 de la loi fédérale sur la partie générale du droit des assurances sociales, du 6 octobre 2000 (LPGA -
RS 830.1
) relatives à la loi fédérale sur les prestations complémentaires à l’assurance-vieillesse, survivants et invalidité du 6 octobre 2006 (LPC -
RS 831.30
).
Elle statue aussi, en application de l'art. 134 al. 3 let. a LOJ, sur les contestations prévues à l'art. 43 de la loi cantonale sur les prestations complémentaires cantonales du 25 octobre 1968 (LPCC -
J 4 25
).
Sa compétence à raison de la matière est ainsi établie.
Cependant, avant d’être soumises à la Cour de céans, les décisions d’un assureur doivent être attaquées dans les trente jours par voie d’opposition auprès de l’assureur qui les a rendues.
En l'espèce, force est de constater que l'assurée n'a pas épuisé les voies de droit qui s'offraient à elle auprès du SPC :
- les décisions du 5 juillet 2021 n'ont fait l'objet d'aucune opposition formelle, de sorte qu'il y a lieu de transmettre l'écriture de l'intéressée au SPC comme valant opposition et objet de sa compétence (art. 11 al. 3 de la loi cantonale du 12 septembre 1985 sur la procédure administrative [LPA ;
E 5 10
] - applicable par renvoi de l'art. 89A LPA);
- la demande de remise formulée début septembre 2021 n'a pas encore fait l'objet d'une décision susceptible d'opposition, de sorte qu'un "recours" doit être considéré comme irrecevable, car prématuré; il sera loisible à l'assurée de former opposition auprès du SPC à la décision qui lui sera communiquée par ce dernier si celle-ci ne lui donne pas satisfaction;
- la décision du 9 novembre 2021 était encore sujette à opposition, de sorte que le "recours", pour autant qu'il soit dirigé contre elle, doit également être considéré comme irrecevable car prématuré; l'écriture de l'assurée sera donc transmise au SPC comme valant opposition et objet de sa compétence ;
- enfin, la demande d’assistance juridique devant faire l'objet d’une décision sujette à recours est également transmise au SPC comme objet de sa compétence.