Decision ID: 54ff6a0b-c080-539f-ad1a-7d9bf7254a79
Year: 2020
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_013
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: public_law

EN FAIT
1) Par décision du 5 février 2020, le service de police du commerce et de lutte contre le travail au noir (ci-après : PCTN) a prononcé la suspension pendant une durée d'un mois de l'autorisation d'usage accru du domaine public (ci-après : AUADP) du 16 août 2017 liée au plaques d'immatriculation GE _ détenues par Monsieur A_, a ordonné le dépôt desdites plaques une fois la présente décision devenue définitive, a interdit à l'intéressé d'utiliser son AUADP pendant la durée d'exécution de la mesure, assorti la décision de la menace de la peine prévue pour insoumission à une décision de l'autorité, averti M. A_ qu'en cas de défaut du dépôt des plaques aux dates fixées dans la mesure d'exécution, il serait fait appel aux forces de l'ordre et qu'il récupérerait ses plaques à la fin de la suspension.
Malgré deux rappels, la mise en demeure du 5 août 2019 et la sommation de payer du 28 août 2019, il ne s'était pas acquitté de la taxe annuelle 2019 due en contrepartie de l'AUADP selon la facture du 24 janvier 2019.
2) Par acte expédié le 20 février 2020 à la chambre administrative de la Cour de justice, M. A_ a sollicité un arrangement de paiement. Il proposait de verser pour la taxe 2019 de CHF 650.-, un versement de CHF 325.- en février et un autre de CHF 325.- en mars 2020. Pour la taxe 2020, il proposait de verser CHF 350.- par mois.
3) Le PCTN a, notamment, exposé que le cadre légal ne lui permettait pas d'accorder des arrangements de paiement, relevant que plusieurs mises en demeure avaient déjà eu lieu. En tant que le recours n'était, pour le surplus, pas motivé, il devait être déclaré irrecevable.
4) Invité à indiquer s'il maintenait son recours, le recourant a précisé qu'il était prêt à tout payer si un arrangement de paiement lui était octroyé.
5) Par courrier du 10 mars 2020, les parties ont été informées que la cause était gardée à juger.
6) Par courrier du 11 mars 2020, le recourant a répété qu'il maintenait son recours. Il était prêt à tout payer si un arrangement de paiement lui était accordé. En plus, son chiffre d'affaires avait diminué en raison du coronavirus, les personnes ne se déplaçant plus. Avant, il y avait déjà eu une diminution de fréquentation « en relation avec les chauffeurs Uber ».

EN DROIT
1) Le recours a été interjeté en temps utile devant la juridiction compétente (art. 132 de la loi sur l'organisation judiciaire du 26 septembre 2010 - LOJ - E 05 ; art. 62 al. 1 let. a de la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 1985 - LPA -
E 5 10
).
2) a. Aux termes de l'art. 65 LPA, l'acte de recours contient, sous peine d'irrecevabilité, la désignation de la décision attaquée et les conclusions du recourant (al. 1). L'acte de recours contient également l'exposé des motifs ainsi que l'indication des moyens de preuve. Les pièces dont dispose le recourant doivent être jointes. À défaut, la juridiction saisie impartit un bref délai au recourant pour satisfaire à ces exigences, sous peine d'irrecevabilité (al. 2).
Même si la jurisprudence se montre assez large lorsqu'elle apprécie la réunion des diverses conditions que doit respecter le mémoire de recours, un point est cependant essentiel : l'acte doit manifester clairement la volonté de recourir, même s'il n'est pas exigé que le terme de « recours » y figure expressément (
ATA/182/2013
du 19 mars 2013 consid. 4).
b. En l'espèce, le recourant ne conteste aucun élément de la décision du 5 février 2020. Il ne conteste pas non plus la facture, les rappels, la mise en demeure et la sommation de payer relatifs à la taxe annuelle 2019. Invité à indiquer s'il maintenait son recours, l'intéressé n'a pas davantage contesté les éléments de la décision, se contentant d'indiquer qu'il était prêt à tout payer si un arrangement de paiement lui était octroyé.
Or, en l'absence d'une manifestation de volonté claire de vouloir contester la décision, son recours devra être déclaré irrecevable.
Pour le surplus, l'art. 26 al. 1 du règlement d'exécution de la loi sur les taxis et les voitures de transport avec chauffeur du 21 juin 2017 (RTVTC -
H 1 31
01) prescrit que la taxe est due chaque année le 31 mars au plus tard. Dès lors qu'il s'agit d'un délai légal, il n'est pas prolongeable (art. 16 al. 1 LPA). Ainsi, indépendamment du fait que la décision du 5 février 2020 ne porte pas sur le paiement de la taxe, mais les conséquences de son non-paiement, l'autorité intimée n'aurait pas été habilitée à accepter un paiement par acomptes. Enfin, la taxe 2019 était due et la décision querellée a été rendue bien avant la survenance du coronavirus, les premiers cas en Suisse ayant été détectés à fin février 2020.
3) Malgré l'issue du litige, il sera renoncé à la perception d'un émolument (art. 87 al. 1 LPA). Il n'y a pas lieu à l'allocation d'une indemnité de procédure (art. 87 al. 2 LPA).
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