Decision ID: d749266d-3edd-5ceb-b6d8-b9dbb21b3ca2
Year: 2020
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_004
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law

EN FAIT
, le contrat de bail conclu par les parties, portant sur la location de locaux commerciaux destinée à l'exploitation d'un cabinet médical situés au rez-de-chaussée de l'immeuble sis rue 1_ [no.] _ à D_ (Genève);
Attendu que le loyer, charges comprises, a été fixé en dernier lieu à 3'990 fr. par mois;
Que les parties ont également conclu un contrat de bail portant sur la location d'une place de parking, pour un loyer mensuel de 65 fr.;
Qu'à la suite d'une vaine mise en demeure du 14 mai 2020, la bailleresse a, par avis du 26 août 2020, résilié les contrats de bail pour le 30 septembre 2020;
Que les locaux et la place de parking n'ont pas été restitués par la locataire;
Que, par requête du 1
er
octobre 2020 au Tribunal des baux et loyers, la bailleresse a requis l'évacuation de la locataire, assortie de mesures d'exécution directes du jugement d'évacuation, par la procédure de protection de cas clair;
Qu'à l'audience du 5 novembre 2020 devant le Tribunal, la bailleresse a persisté dans ses conclusions; qu'elle a exposé que le montant de la dette s'élevait à 31'920 fr. pour les locaux commerciaux et 520 fr. pour le parking;
Que la locataire a confirmé avoir cessé de régler les loyers depuis le mois d'avril 2020; qu'elle s'est exprimée sur sa situation professionnelle et personnelle; qu'elle a indiqué rechercher une aide de l'Etat ou un repreneur pour ses locaux; qu'elle a sollicité à titre subsidiaire l'octroi d'un sursis de trois mois;
Que la cause a été gardée à juger à l'issue de l'audience;
Que, par jugement
JTBL/811/2020
rendu le 5 novembre 2020, reçu par la locataire le 10 novembre suivant, le Tribunal l'a condamnée à évacuer de sa personne, de ses biens et de toute autre personne dont elle était responsable les locaux en cause (ch. 1 du dispositif), ainsi que la place de parking (ch. 2), a autorisé la bailleresse à requérir l'évacuation par la force publique de la locataire dès l'entrée en force du jugement (ch. 3), a débouté les parties de toutes autres conclusions (ch. 4) et a dit que la procédure était gratuite (ch. 5);
Vu le recours déposé le 18 novembre 2020 par A_ à la Cour de justice contre ce jugement;
Qu'elle a conclu à l'annulation des chiffres 3 et 4 du dispositif de cette décision et à ce que la Cour lui accorde un sursis de trois mois à l'exécution de l'évacuation;
Que A_ a préalablement requis la suspension du caractère exécutoire des mesures d'exécution ordonnées par le Tribunal des baux et loyers;
Qu'invitée à se déterminer, la bailleresse a conclu, par écritures du 23 novembre 2020, au rejet de la requête d'effet suspensif;
Considérant,

EN DROIT
, que seule la voie du recours est ouverte contre les mesures d'exécution (art. 309 let. a et 319 let. a CPC);
Que le recours ne suspend pas la force de chose jugée, l'instance d'appel pouvant suspendre le caractère exécutoire (art. 325 al. 1 et 2 CPC);
Que l'instance de recours est habilitée à décider d'office ou sur requête de suspendre le caractère exécutoire (cf. Jeandin, in Commentaire Romand, Code de procédure civile 2
ème
éd., n. 6 ad art. 325 CPC);
Qu'en la matière, l'instance d'appel dispose d'un large pouvoir d'appréciation (ATF
137 III 475
consid. 4.1; arrêts du Tribunal fédéral
5A_403/2015
du 28 août 2015 consid. 5;
5A_419/2014
du 9 octobre 2014 consid. 7.1.2);
Que, selon les principes généraux, l'autorité procède à une pesée des intérêts en présence et doit se demander, en particulier, si la décision est de nature à provoquer une situation irréversible; qu'elle prend également en considération les chances de succès du recours (arrêts du Tribunal fédéral
4A_337/2014
du 14 juillet 2014 consid. 3.1;
4D_30/2010
du 25 mars 2010 consid. 2.3);
Considérant que seules les mesures d'exécution ont été remises en cause par la recourante, de sorte que seule la voie du recours est ouverte;
Qu'il ne se justifie pas de suspendre le caractère exécutoire du chiffre 3 du dispositif du jugement entrepris;
Que le recours est,
prima facie
et sans préjudice de l'examen au fond, dénué de chance de succès;
Que la recourante a bénéficié, de fait, de deux mois d'occupation des locaux depuis la résiliation du bail;
Que le montant de la dette est important et augmente, dès lors que la recourante n'allègue pas avoir repris le paiement des loyers;
Que, par ailleurs, la recourante n'a pas allégué avoir entrepris des démarches en vue de trouver une solution de relogement, ni produit de pièces à cet égard;
Qu'enfin, les allégations de la recourante concernant la recherche d'aides étatiques ne sont étayées par aucun titre;
Qu'en conséquence, la requête de la recourante sera rejetée.
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