Decision ID: ee66af2f-ba2b-5051-8e71-fa5365b3e4a7
Year: 2011
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_007
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 

EN FAIT
A.
Par courrier du 16 septembre 2011, I_ Sàrl, société à responsabilité limitée ayant son siège à R_ dans le canton de Vaud, a, au nom et pour le compte
de M. J_,
porté plainte devant la Chambre de céans contre la saisie de salaire notifiée le 22 juillet 2011 à l'employeur de son mandant, la société S_ SA à G_.
Était joint à ce courrier une procuration signée le 28 mars 2011.
B.
Par courrier recommandé du 21 septembre 2011, la Chambre de céans a imparti à I_ Sàrl un délai au 3 octobre 2011, pour justifier de sa qualité d'agent d'affaires dans le sens de l'art. 3A let. b) de la loi règlementant la profession d'agent d'affaires (LPAA -
E 6 20
) ou de lui adresser un exemplaire de la plainte dûment signée par M. J_.
C.
Selon les renseignements postaux, le courrier précité a été distribué à I_ Sàrl le 22 septembre 2011.
La plaignante n’a toutefois pas, dans le délai imparti, justifié de sa qualité d'agent d'affaires reconnu dans le canton de Vaud ni produit une copie de la plainte dûment signée par M. J_.

EN DROIT
1.
La Chambre de céans est compétente pour statuer sur les plaintes formées en application de la LP (art. 13 LP ; art. 125LOJ) contre des mesures sujettes à plainte non attaquables par la voie judiciaire ou pour déni de justice ou retard injustifié (art. 17 al. 1 et 3 LP).
Les cantons sont compétents pour organiser la procédure de plainte. Les règles qu’ils édictent à cette fin ne doivent rien renfermer de contraire à la lettre et à l’esprit des assez nombreuses règles que comporte le droit fédéral en la matière (art. 20a al. 3 LP ; ATF
7B.194/2004
consid. 1 du 13 octobre 2004 ; Pierre-Robert
Gilliéron
, Commentaire, ad art. 20a n° 9 ss et 147 ss ; Flavio
Cometta
, in SchKG I, ad art. 20a n° 2 ss et 48 ; Franco
Lorandi
, Betreibungsrechtliche Beschwerde und Nichtigkeit. Kommentar zu den Artikeln 13-30 SchKG, Bâle/Genève/Munich 2000, ad art. 20a n° 92 ss). Il revient aux cantons de déterminer notamment la forme et le contenu auxquels doivent satisfaire les plaintes.
2
. La représentation professionnelle des parties aux procédures d’exécution forcée est prévue à l’art. 27 LP. En application de cette disposition, qui autorise les
cantons à réglementer la représentation professionnelle des intéressés à la procédure d’exécution forcée, le législateur genevois a édicté la loi réglementant la profession d’agent d’affaires du 2 novembre 1927 (LPAA – RS/GE
E 6 20
), qui prévoit la représentation conventionnelle des parties devant les autorités de poursuite.
A teneur de l’art. 1 LPAA, sont seuls admis en qualité de mandataires des parties auprès des offices des poursuites et des faillites de Genève, les avocats et les avocats stagiaires rattachés au barreau de Genève ou à celui d’un autre canton (let. a), les notaires et les huissiers judiciaires nommés par le Conseil d’Etat (let. b), les agents d’affaires autorisés par le Conseil d’Etat à exercer cette profession à Genève (let. c), ainsi que les mandataires autorisés par le Conseil d’Etat en application de l’art. 27 al. 2 LP (let. d).
Selon l'art. 3A let. b) LPAA, sont dispensés de l’obligation de solliciter l’autorisation prévue à l’article 1, lettre c ceux qui, étant domiciliés dans un autre canton, y exercent la profession d’agent d’affaires.
Le législateur genevois a ainsi entendu limiter la représentation professionnelle des parties devant les offices des poursuites aux seules personnes justifiant de qualités précises, dans l’intérêt public bien compris (SJ 2000 II p. 200/201 ;
DCSO/192/04
du 22 avril 2004).
3.
En l’espèce, la plaignante n'a pas justifié dans le délai imparti de sa qualité d'agent d'affaires reconnu dans le canton de Vaud (cf. Loi sur la profession d'agents d'affaires breveté du canton de Vaud - LPag 179.11). Elle n'a pas non plus produit, dans le même délai, une copie de sa plainte dûment signée par son mandant.
La plainte est donc irrecevable.
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