Decision ID: dcafc7d1-0751-56ba-86b9-99479515a1b2
Year: 2015
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_001
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law

EN FAIT
, l'ordonnance
OTPI/652/2015
du 6 novembre 2015, notifiée le 9 novembre 2015 à A_, aux termes duquel le Tribunal de première instance, statuant sur mesures provisionnelles, a, notamment, attribué la garde sur C_ à B_ dès le 15 mars 2015 (ch.1), réservé un droit de visite usuel à A_ (ch. 2), libéré B_ de son obligation d'entretien en faveur de C_ à compter du 15 mars 2015 (ch. 4), et arrêté celle due par A_ pour C_, par mois et d'avance, allocations familiales non comprises, à 1'000 fr., sous déduction de 4'112 fr. 70 (ch. 5);
Vu l'appel expédié le 19 novembre 2015 par A_ au greffe de la Cour de justice par lequel elle conteste les chiffres 4 et 5 du dispositif précité et conclut à ce qu'il lui soit donné acte de son engagement de payer 100 fr. par mois, allocations familiales non comprises, pour l'entretien de C_, à compter de l'entrée en force de l'arrêt de la Cour;
Qu'elle requiert l'octroi de l'effet suspensif, expliquant ne pas être en mesure de s'acquitter de l'arriéré de près de 20'000 fr., un tel paiement l'exposant elle et sa fille D_ à un préjudice difficilement réparable, alors que l'intimé dispose des moyens de subvenir à son entretien et à celui de C_;
Qu'invité à se déterminer sur la requête d'effet suspensif, l'intimé s'y oppose, faisant valoir que les frais liés à l'enfant dont chaque partie à la charge sont équivalents et que les revenus de la mère lui permettent, avec l'aide de son compagnon, de s'acquitter de la contribution mise à sa charge;
Considérant,

EN DROIT
, que la Cour est saisie d'un appel au sens de l'art. 308 CPC;
Que le jugement querellé portant sur des mesures provisionnelles, l'appel n'a pas d'effet suspensif
ex lege
(art. 315 al. 4 let. b CPC);
Que compte tenu de la présence d'enfants mineurs, les maximes inquisitoire et d'office sont applicables (art. 58 al. 2 et 296 CPC);
Que la Présidente de la Chambre civile a compétence pour statuer sur la requête d'effet suspensif, vu la nature incidente et provisionnelle d'une telle décision et la délégation prévue à cet effet par l'art. 18 al. 2 LaCC, concrétisée par une décision de la Chambre civile siégeant en audience plénière et publiée sur le site Internet de la Cour;
Qu'à teneur de l'art. 315 al. 5 CPC, l'exécution de mesures provisionnelles peut exceptionnellement être suspendue si la partie concernée risque de subir un préjudice difficilement réparable, notion permettant de tenir compte également d'un préjudice de fait et s'examinant à l'aune de l'efficacité du jugement à rendre à l'issue de la procédure ordinaire, qui en serait compromise (arrêt du Tribunal fédéral
4P.5/2002
du 8 avril 2002 consid. 3a);
Que, saisie d'une demande d'effet suspensif au sens de l'art. 315 al. 5 CPC, l'autorité cantonale d'appel doit ainsi procéder à une nouvelle pesée des intérêts entre les deux préjudices difficilement réparables, celui du demandeur à l'action si la mesure n'était pas exécutée immédiatement et celui qu'entraînerait pour le défendeur l'exécution de cette mesure (ATF
138 III 378
consid. 6.3 et les références citées;
137 III 475
consid. 4.1);
Que l'exécution immédiate demeure la règle et la suspension du caractère exécutoire l'exception et que le paiement de contributions d'entretien ne constitue en principe pas un dommage difficilement réparable (ATF
107 Ia 269
; arrêts du Tribunal fédéral
4D_26/2011
du 6 mai 2011 consid. 2;
5P.104/2005
du 18 juillet 2005 consid. 1.2);
Qu'en l'espèce, les revenus de l'appelante peuvent être évalués,
prima facie
et sans préjudice de l'examen au fond, à 6'520 fr. par mois en moyenne, compte tenu du fait que son contrat de travail prévoit une période de latence d'un mois à l'issue d'une période de travail de 23 mois consécutifs;
Qu'il n'apparaît pas vraisemblable, à première vue et sous l'angle restreint de l'examen sur effet suspensif, que l'employeur de l'appelante lui réclamera le remboursement de l'allocation pour personne dépendante de 597 fr. 75 par mois qu'elle a déjà perçue en faveur de C_;
Que, par ailleurs, l'appelante allègue assumer des charges mensuelles de 3'666 fr. 70 pour elle-même, dont il convient cependant de retrancher, en tout cas, les frais faisant partie du montant de base OP ou n'entrant manifestement pas dans les charges incompressibles, tels que les frais d'électricité de 36 fr., les frais de Billag de 29 fr. 60 et les frais de télécommunication de 142 fr. 15 et 183 fr. 75, de sorte que son disponible est de 3'244 fr. 80, voire de 2'647 fr. lorsque l'allocation pour personne à charge de 597 fr. 75 versée par son employeur en faveur de C_ ne lui sera plus accordée;
Qu'elle soutient, en outre, que les charges de D_ s'élèvent à 1'507 fr. 60 par mois;
Que, partant, en retenant les chiffres allégués par l'appelante, sous réserve des charges écartées ci-avant, celle-ci dispose, après la couverture de ses charges et de celles de D_, d'un montant de 1'140 fr. par mois;
Qu'ainsi, la contribution de 1'000 fr. par mois mise à sa charge en faveur de C_, n'est pas susceptible de porter atteinte à son minimum vital, de sorte qu'il n'y a pas lieu de prononcer l'effet suspensif en ce qui concerne la contribution courante;
Qu'en revanche, celui-ci sera accordé pour l'arriéré de contribution, d'environ 6'000 fr., les éléments au dossier ne permettant pas de retenir que l'appelante disposerait d'économies lui permettant de s'acquitter immédiatement de l'arriéré;
Que l'octroi de l'effet suspensif sur ce point n'est pas de nature à causer un préjudice difficilement réparable à l'intimé, qui ne soutient pas qu'il n'aurait pas pu faire face aux charges de C_ pendant cette période et qui ne rend pas vraisemblable que E_ serait sur le point d'entamer des démarches de recouvrement relatives au montant dû en faveur de C_;
Qu'il sera statué sur les frais et dépens de l'incident avec la décision au fond (art. 104 al. 3 CPC);
Considérant enfin que la présente décision, de nature incidente, rendue dans le cadre d'une procédure dont la valeur litigeuse est supérieure à 30'000 fr., est susceptible d'un recours en matière civile au Tribunal fédéral, dans les limites de l'art. 93 LTF (ATF
137 III 475
consid. 1) et de l'art. 98 LTF, seule peut être invoquée la violation des droits constitutionnels (art. 98 LTF; ATF
137 III 475
consid. 2).
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