Decision ID: 5da0667f-ddd5-4dd1-8c36-b710d59423a1
Year: 2019
Language: fr
Court: VD_TC
Chamber: VD_TC_031
Canton: VD
Region: Région lémanique
Law Area: public_law

Vu les faits suivants:
A. A._ (la recourante) est une ressortissante de la République de l'Equateur; elle est célibataire et née en 1995. Selon ses déclarations, elle est arrivée en août 2014 en Suisse et dans le Canton de Vaud, où elle a déposé une demande d'autorisation de séjour pour études.
Dans sa demande pour un visa de long séjour (visa D) du 6 juin 2014, la recourante avait déclaré vouloir suivre des cours de français à l'Institut B._ à ********; elle y avait joint notamment une attestation de cette école du 1er mai 2014 pour des cours de langue dispensés du 7 juillet 2014 au 30 juin 2015 à raison de 22 heures par semaine du niveau A1 (niveau débutant) au niveau B2 (niveau avancé), en vue de se présenter aux examens du Diplôme d'études en langue française (DELF) B2. Dans une lettre de motivation rédigée par la recourante en date du 26 mars 2014, elle a expliqué qu'il lui importait d'étudier le français afin de pouvoir voyager dans des pays francophones et de pouvoir en bénéficier dans sa carrière dans le secteur du tourisme. Elle a également produit deux déclarations des 14 et 30 avril 2014 du ressortissant suisse C._, lequel confirmait assumer les frais relatifs à un séjour de douze mois et que la recourante logerait pendant son séjour en Suisse dans un appartement à ******** dont il était propriétaire. Dans une écriture de l'avocate-conseil Me Moinat du 9 mai 2014, mandatée par l'école, il a été retenu que la recourante souhaitait apprendre le français et qu'à l'issue de cette année de cours, elle s'engageait à quitter la Suisse pour retourner dans son pays, où elle envisageait de s'inscrire à l'université afin de continuer ses études de tourisme.
Le SPOP a octroyé à la recourante l'autorisation de séjour requise pour une année.
B. Le 28 juillet 2015, la recourante a sollicité une prolongation de son autorisation de séjour en faisant valoir qu'elle avait "brillement passé" ses examens de français et qu'elle avait pu s'inscrire "à une formation professionnelle de son choix" et plus particulièrement pour un "Bachelor en Tourisme et Hôtellerie" à l'Ecole D._ à ********. Elle a déclaré qu'après la finalisation au 30 décembre 2018 de ses études en Suisse avec le diplôme de bachelor en tourisme et hôtellerie, elle mettrait en pratique toutes ses connaissances apprises dans son pays d'origine. Elle a joint une attestation d'inscription de l'école en question confirmant notamment que les études en section bachelor commenceraient le 5 octobre 2015 pour s'achever le 30 décembre 2018. Elle a encore produit une déclaration de C._ du 21 juillet 2015, selon laquelle il assumerait les frais relatifs aux études à l'Ecole D._ à ******** "jusqu'à la fin de ses études en Suisse", et des certificats d'études de l'Institut B._ attestant qu'elle avait passé les examens de langue française dans les niveaux A1, A2 (niveau élémentaire) et B1 (niveau intermédiaire) et suivi les cours pour le niveau B2.
Le SPOP a accordé à la recourante une prolongation de son autorisation de séjour jusqu'au 14 août 2016 pour suivre la formation précitée auprès de l'Ecole D._. Il a prolongé ces autorisations chaque année jusqu'au 14 août 2018.
C. En août 2018, la recourante a requis une nouvelle prolongation de son autorisation de séjour en indiquant une nouvelle adresse à ******** et en se référant à un contrat de travail à durée indéterminée qu'elle avait conclu le 27 juillet 2018 pour un poste de réceptionniste à plein temps dès le 15 août 2018 auprès de l'Hôtel E._ à ********. Elle a encore produit une "attestation d'attente de diplôme" de l'Ecole D._ du 16 juillet 2018, selon laquelle le diplôme et le certificat d'école seraient fournis dès réception de ceux-ci, la recourante étant encore dans l'attente de ses résultats d'examens de 3ème année.
Par décision du 11 octobre 2018, le Service de l'emploi du Canton de Vaud (SDE) a refusé la demande d'autorisation de travail et de séjour déposée par l'Hôtel E._. Le SDE a relevé qu'une activité de réceptionniste ne remplissait manifestement pas les critères de qualifications personnelles particulières. Cette décision du SDE n'a pas fait l'objet d'un recours.
D. Par décision du 2 avril 2019, notifiée à la recourante le 6 mai suivant, le Service de la population du Canton de Vaud (SPOP) a refusé à la recourante la prolongation de son autorisation de séjour pour études et l'octroi d'une autorisation de séjour pour l'exercice d'une activité ou pour la recherche d'emploi. Il a prononcé son renvoi de Suisse en lui impartissant un délai d'un mois dès la notification de sa décision. Le SPOP a estimé que le SDE avait refusé la prise d'activité lucrative en faveur de la recourante auprès de l'Hôtel E._ à ********; le SPOP était lié par cette décision négative du SDE. Concernant le séjour temporaire pour études, le SPOP a considéré que son but était atteint, la recourante ayant terminé sa formation auprès de l'Ecole D._. Enfin, les conditions pour une autorisation de courte durée pour recherches d'emploi par des personnes diplômées d'une Haute école suisse n'étaient pas non plus réunies, la recourante ne faisant pas partie de ce cercle de personnes.
E. Par acte de sa mandataire du 5 juin 2019, la recourante a déféré la décision du SPOP auprès de la Cour de droit administratif et public du Tribunal cantonal (CDAP). Elle conclut à l'octroi d'une autorisation de séjour pour l'exercice d'une activité, subsidiairement à la prolongation de son autorisation de séjour pour études et encore plus subsidiairement au renvoi de la cause au SPOP pour nouvelle décision dans le sens des considérants.
Par avis du 6 juin 2019, le juge instructeur a notamment requis de la recourante la production de son diplôme, du certificat d'école et des résultats de ses examens de 3ème année de bachelor.
Le 20 juin 2019, le SPOP a répondu que les arguments invoqués par la recourante n'étaient pas de nature à modifier sa décision. Il était notamment lié par la décision du SDE. Par ailleurs, la recourante n'était plus inscrite auprès de l'Ecole D._, de sorte qu'elle ne pouvait pas se prévaloir de l'octroi d'une autorisation pour études.
Dans le délai prolongé à sa demande, la recourante a déclaré le 11 juillet 2019 que l'école refusait de lui délivrer les documents requis tant qu'elle n'avait pas payé intégralement les frais d'écolage. Vu que ses possibilités de revenus avaient été supprimées, elle avait été contrainte de négocier un plan de paiement par rapport à ses frais d'écolage. Elle a joint à son écriture copie d'un courriel que l'Ecole D._ lui avait adressé le 9 juillet 2019 et selon lequel la directrice régionale de l'école à ******** venait de recevoir "le scan de votre attestation de réussite"; à réception du courrier original, celui-ci lui serait transmis; quand aux notes et au diplôme, ceux-ci lui seraient délivrés une fois l'écolage payé. La recourante a encore produit une "attestation" de la directrice générale de l'Ecole D._ du 5 juillet 2019 qui a retenu que la recourante
"a été inscrite et suivait sa scolarité à l'Ecole D._ de ********, promotion 2017/2018
et a obtenu son Diplôme Professionnel de Tourisme et d'Hôtellerie D._, avec une note supérieure à 10/20 aux examens théoriques et pratiques ainsi que son titre certifié niveau II "Responsable d'Activités ou d'Entreprises Touristiques" validant ainsi 180 crédits ECTS.
La formation "D._ voyages" dure un an et alterne les cours et les stages pratiques."
Invitée par le juge instructeur à communiquer au Tribunal spontanément et immédiatement tout nouvel élément et toute modification essentielle de sa situation aussi longtemps que la procédure judiciaire était pendante (cf. ch. 4 de l'ordonnance du 6 juin 2019), la recourante ne s'est plus manifestée par la suite.
F. Le Tribunal a statué par voie de circulation.

Considérant en droit:
1. Le litige porte sur le refus du SPOP d'accorder une autorisation de séjour à la recourante qui est une ressortissante équatorienne.
a) Les ressortissants étrangers ne bénéficient en principe d'aucun droit à l'obtention d'une autorisation de séjour et de travail, sauf s'ils peuvent le déduire d'une norme particulière du droit fédéral ou d'un traité international (ATF 131 II 339 consid. 1 et réf. cit.). A teneur de son art. 2 al. 1, la loi fédérale du 16 décembre 2005 sur les étrangers et l'intégration (LEI; RS 142.20; appelée jusqu'au 31 décembre 2018 loi fédérale sur les étrangers, LEtr) s'applique aux étrangers dans la mesure où leur statut juridique n'est pas réglé par d'autres dispositions du droit fédéral ou par des traités internationaux conclus par la Suisse.
b) En l'espèce, la recourante étant ressortissante de la République d'Equateur, soit d'un Etat tiers, elle ne saurait se prévaloir de l'Accord du 21 juin 1999 entre la Confédération suisse, d'une part, et la Communauté européenne et ses Etats membres, d'autre part, sur la libre circulation des personnes (ALCP; RS 0.142.112.681), ni d'un autre traité, tel que celui avec l'Association européenne de libre-échange (AELE) (cf. art. 2 al. 2 et 3 LEI). Elle est par conséquent soumise aux dispositions de la LEI.
2. La recourante critique une violation des art. 23 LEI et 83 de l'ordonnance fédérale du 24 octobre 2007 relative à l'admission, au séjour et à l'exercice d'une activité lucrative (OASA; RS 142.201) et un défaut de motivation. Selon elle, les conditions de l'art. 23 LEI, disposition sur laquelle le SDE s'était basé, sont respectées, de sorte que le SPOP aurait dû lui octroyer l'autorisation de séjour pour l'exercice d'une activité lucrative. La recourante fait encore valoir qu'elle souhaiterait également poursuivre ses études dans le but d'acquérir un master, après avoir obtenu un bachelor. Sa formation n'était pas achevée au sens de l'art. 27 LEI.
3. a) Aux termes de l'art. 40 al. 2 LEI, lorsqu'un étranger ne possède pas de droit à l'exercice d'une activité lucrative, comme c'est le cas en l'espèce, une décision cantonale préalable concernant le marché du travail est nécessaire pour l'admettre en vue de l'exercice d'une activité lucrative, ainsi que pour l'autoriser à changer d'emploi ou passer d'une activité salariée à une activité lucrative indépendante. L'art. 83 al. 1 let. a OASA confirme le fait qu'avant d'octroyer une première autorisation de séjour ou de courte durée en vue de l'exercice d'une activité lucrative, l'autorité cantonale compétente décide si les conditions sont remplies pour exercer une activité lucrative salariée ou indépendante au sens des art. 18 à 25 LEI. Selon l'art. 20 LEI, le Conseil fédéral peut limiter le nombre d'autorisations de courte durée initiales et celui des autorisations de séjour initiales octroyées en vue de l'exercice d'une activité lucrative. Le Conseil fédéral peut fixer un nombre maximum d'autorisations pour chaque canton (cf. art. 20 al. 2 LEI).
Le SDE est l'autorité du marché du travail compétente au sens des art. 40 al. 2 LEI et 83 OASA (cf. art. 88 al. 1 LEI, 64 de la loi cantonale du 5 juillet 2005 sur l'emploi [LEmp; BLV 822.11] et art. 1 du règlement cantonal d'application du 7 décembre 2005 de la LEmp [RLEmp; BLV 822.11.1]).
Si la demande d'autorisation de séjour ne se fonde pas sur un autre motif que l'exercice d'une activité lucrative, le SPOP est lié par le refus du SDE, conformément à la jurisprudence constante (cf. CDAP PE.2018.0220 du 8 janvier 2019 consid. 3a; PE.2017.0403 du 30 janvier 2018 consid. 2a; PE.2017.0268 du 8 novembre 2017 consid. 5b; PE.2017.0305 du 16 août 2017 consid. 1d). La décision négative relative à l'autorisation de séjour apparaît, dans ces circonstances, comme la suite logique de celle, négative, concernant l'autorisation de travail. A cet égard, la CDAP a même jugé que le fait pour l'autorité intimée de statuer sur l'autorisation de séjour sans inviter l'intéressé à se déterminer ne constitue pas une violation de son droit d'être entendu, dès lors qu'elle est liée par la décision négative préalable de l'autorité compétente en matière d'autorisation de travail (cf. CDAP PE.2018.0220 précité consid. 3a; PE.2017.0403 précité consid. 2a; PE.2016.0370 du 21 octobre 2016 consid. 2d).
b) En l'occurence, le SDE a refusé l'octroi d'une autorisation pour l'emploi envisagé par la recourante auprès de l'Hôtel E._ à ********. Vu ce qui précède, le SPOP était lié par cette décision et ne pouvait pas octroyer à la recourante l'autorisation de séjour requise pour la prise de cette activité lucrative. Les arguments que la recourante invoque contre la décision du SDE ne sont pas déterminants. Ceux-ci auraient dû être invoqués à l'occasion d'un recours contre la décision du SDE du 11 octobre 2018. Par le dépôt de son recours le 5 juin 2019 contre la décision du SPOP, la recourante ne peut plus faire valoir ses arguments contre la décision du SDE. De plus, le délai de recours contre la décision du SDE était manifestement échu depuis plusieurs mois lors du dépôt du recours du 5 juin 2019, de sorte que l'on ne peut pas non plus admettre que ledit recours vaut également contre la décision du SDE; un tel recours serait irrecevable pour tardiveté.
Que la recourante ait été autorisée à travailler lors de stages dans le cadre de ses études ou en dehors de ses études (cf. art. 38 et 39 OASA) ne change par la suite rien à l'exigence d'une décision cantonale préalable concernant le marché du travail selon l'art. 40 al. 2 LEI.
Pour le surplus, le Tribunal retient que la décision du SDE ne porte pas le flanc à la critique. En effet, l'art. 23 LEI ne vise pas des activités de réceptionniste dans un hôtel. Lorsqu'il est question de cadres, spécialistes ou autres travailleurs spécialisés au sens de l'art. 23 al. 1 LEI ou de personnes possédant des connaissances ou des capacités professionnelles particulières au sens de l'art. 23 al. 3 let. c LEI, il n'est pas question de postes de réceptionniste, d'autant plus que la recourante ne maîtrise pas une langue exceptionnelle qui serait requise pour le poste en question en vue d'une clientèle particulière.
c) La recourante fait en particulier valoir une bonne intégration, une certaine durée de séjour ainsi que des contacts personnels en Suisse. Dans cette mesure, on pourrait croire qu'elle entend à tout le moins requérir une autorisation de séjour pour cas de rigueur en application de l'art. 30 al. 1 let. b LEI.
Cependant, le fait qu’un étranger ait séjourné en Suisse pendant une assez longue période, qu'il s'y soit bien intégré, socialement et professionnellement, et que son comportement n'ait pas fait l'objet de plaintes ne suffit pas, à lui seul, à constituer un cas de rigueur; il faut encore que la relation du requérant avec la Suisse soit si étroite qu'on ne puisse pas exiger qu'il aille vivre dans un autre pays, notamment dans son pays d'origine. II est nécessaire que l'étranger concerné se trouve dans une situation de détresse personnelle; cela signifie que ses conditions de vie et d'existence, comparées à celles applicables à la moyenne des étrangers, doivent être mises en cause de manière accrue, en ce sens que le refus de soustraire l'intéressé aux restrictions des nombres maximums comporte pour lui de graves conséquences. Les conditions auxquelles la reconnaissance d'un cas individuel d'extrême gravité ou cas de rigueur est soumise doivent être appréciées restrictivement (cf. ATF 130 II 39; TF 2A.679/2006 du 9 février 2007; Tribunal administratif fédéral [TAF] C-2547/2014 du 16 mars 2015 consid. 5.3 et 5.4; TAF F-643/2016 du 24 juillet 2017 consid. 4.5 et 5; CDAP PE.2018.0400 du 26 février 2019 consid. 5b).
Il est manifeste que la recourante ne remplit pas les conditions pour admettre un cas de rigueur. Depuis le début, la recourante savait que son séjour en Suisse était temporaire en vue de ses études. La durée de séjour d'environ cinq ans en Suisse n'est du reste pas particulièrement longue. Rien ne l'empêche de retourner dans son pays d'origine. Lors de ses demandes d'autorisation pour études, elle avait toujours dit qu'elle comptait retourner dans son pays pour y travailler ou étudier après ses cours de langue française à ********, respectivement après l'obtention du bachelor auprès de l'école à ********. Si la recourante envisageait déjà à cette époque de rester en Suisse après lesdites études ou de continuer d'étudier en vue d'un master, elle aurait trompé les autorités, ce qui mériterait encore moins la protection qu'elle requiert (cf. art. 62 al. 1 let. a LEI).
4. La recourante sollicite subsidiarement une autorisation de séjour pour études selon l'art. 27 LEI, ce qu'elle n'avait pas fait valoir à l'origine lorsqu'elle avait demandé une prolongation de son autorisation de séjour en août 2018.
a) L'art. 27 al. 1 LEI prévoit notamment ce qui suit:
"Art. 27 Formation et formation continue
1 Un étranger peut être admis en vue d’une formation ou d'une formation continue aux conditions suivantes:
a. la direction de l’établissement confirme qu’il peut suivre la formation ou la formation continue envisagées;
b. il dispose d’un logement approprié;
c. il dispose des moyens financiers nécessaires;
d. il a le niveau de formation et les qualifications personnelles requis pour suivre la formation ou la formation continue prévues."
Les conditions spécifiées à l'art. 27 LEI étant cumulatives, une autorisation de séjour pour l'accomplissement d'une formation ne peut être délivrée que si l'étudiant étranger satisfait à chacune d'elles (CDAP PE.2019.0160 du 17 juillet 2019 consid. 1a; PE.2018.0326 du 8 novembre 2018 consid. 2a; PE.2017.0409 du 8 mars 2018 consid. 2a; PE.2015.0336 du 24 février 2016 consid. 1a; PE.2015.0322 du 10 février 2016 consid. 1a et réf. cit.). Même dans l'hypothèse où toutes ces conditions seraient réunies, l'étranger n'a pas un droit à la délivrance d'une autorisation de séjour (l'art. 27 LEI étant rédigé en la forme potestative), à moins qu'il ne puisse se prévaloir d'une disposition particulière du droit fédéral ou d'un traité lui conférant un tel droit (TAF C-4995/2011 du 21 mai 2012; C-7924/2010 du 7 mars 2012 consid. 7.1; C-2525/2009 du 19 octobre 2009 consid. 5.3; ATF 133 I 185 consid. 2.3; 131 II 339 consid. 1 et réf. cit.; CDAP PE.2019.0160 du 17 juillet 2019 consid. 1a; cf. ég. Tribunal fédéral [TF] 2D_28/2009 du 12 mai 2009 et le Message du Conseil fédéral in FF 2002 3485, ch. 1.2.3), ce qui n'est pas le cas en l'espèce. Les autorités disposent donc d'un large pouvoir d'appréciation (cf. art. 96 LEI; TAF C-5821/2014 du 16 juin 2015 consid. 7; C-7924/2010 du 7 mars 2012 consid. 7).
L'art. 27 al. 1 LEI est complété par l'art. 23 OASA qui prévoit ce qui suit:
"Art. 23 Conditions requises pour suivre la formation ou la formation continue
(art. 27 LEI)
1 L’étranger peut prouver qu’il dispose des moyens financiers nécessaires à une formation ou à un perfectionnement en présentant notamment:
a. une déclaration d'engagement ainsi qu'une attestation de revenu ou de fortune d'une personne solvable domiciliée en Suisse; les étrangers doivent être titulaires d'une autorisation de séjour ou d'établissement;
b. la confirmation d'une banque reconnue en Suisse permettant d'attester l'existence de valeurs patrimoniales suffisantes;
c. une garantie ferme d'octroi de bourses ou de prêts de formation suffisants.
2 Les qualifications personnelles (art. 27, al. 1, let. d, LEI) sont suffisantes notamment lorsqu'aucun séjour antérieur, aucune procédure de demande antérieure ni aucun autre élément n'indique que la formation ou la formation continue invoquée visent uniquement à éluder les prescriptions générales sur l'admission et le séjour des étrangers.
3 Une formation ou une formation continue est en principe admise pour une durée maximale de huit ans. Des dérogations peuvent être accordées en vue d'une formation ou d'une formation continue visant un but précis.
4 L'exercice d'une activité lucrative se fonde sur les art. 38 à 40."
b) A ce sujet, le SPOP a retenu, à juste titre, dans la décision attaquée que la recourante avait atteint le but de son séjour en terminant sa formation aboutissant à un bachelor à ********. En effet, la recourante avait déclaré, lorsqu'elle avait sollicité la première prolongation de son autorisation de séjour en juillet 2015, qu'elle voulait suivre et acquérir en Suisse un bachelor en tourisme et hôtellerie et qu'ensuite, au terme de cette formation au 30 décembre 2018, elle mettrait en pratique toutes ses connaissances apprises dans son pays d'origine. Il n'avait alors jamais été question de sa part de poursuivre sa formation en Suisse en vue d'un master. Dans cette mesure, l'on ne peut reprocher au SPOP le fait qu'il en a conclu que le but du séjour d'études en Suisse de la recourante était atteint. Cela est d'autant plus le cas que la recourante ne s'est plus inscrite, respectivement qu'elle ne suit actuellement plus de formation.
Certes, la recourante n'a pas encore obtenu son diplôme. Cela est toutefois dû au fait qu'elle n'a pas encore payé tous les frais d'écolage auprès de l'école en question. Il n'appartient pas aux autorités suisses de lui donner la possibilité de travailler en Suisse afin de pouvoir financer ses frais d'écolage.
En effet, selon l'art. 27 al. 1 let. c LEI précité, l'étranger doit disposer des moyens financiers nécessaires pour sa formation. Si la recourante ne possède pas les moyens pour payer les frais d'écolage afin d'obtenir son diplôme, elle ne remplit pas ou plus les conditions de l'art. 27 al. 1 let. c LEI. N'y change rien le fait que C._ s'était porté garant pour elle. Ce dernier n'a pas mis en temps utile les frais d'écolage à disposition de la recourante.
Vu ce qui précède, même si la recourante devait s'inscrire auprès de l'école en vue de l'obtention d'un master ou d'une autre formation, elle ne remplirait plus les conditions de l'art. 27 LEI faute de moyens financiers.
Et même si la recourante devait à nouveau trouver les moyens financiers nécessaires, vu ses explications pour obtenir son visa et sa première prolongation de séjour en 2014 et 2015 et ce qui s'est déroulé depuis, on ne saurait reprocher au SPOP de refuser à la recourante une prolongation de son autorisation de séjour pour études en procédant à la pesée tous les intérêts en présence selon l'art. 96 LEI, et ce même si l'art. 23 al. 3 OASA prévoit des séjours d'études d'une durée jusqu'à huit ans (pour cette pesée des intérêts, cf. aussi les arrêts du TAF C-1683/2011 du 5 juillet 2013 consid. 7 et C-7924/2010 du 7 mars 2012 consid. 7). Comme évoqué, il n'y a pas un droit à un séjour d'études sur la base de l'art. 27 LEI. Si selon l'art. 23 al. 3 OASA des études d'une durée de huit ans peuvent être autorisées, cela ne veut pas dire que tout étudiant peut y prétendre. Il y a notamment un intérêt à libérer des places d'études et logements lorsque l'étudiant a atteint le but qu'il avait indiqué lors de sa venue en Suisse. En l'espèce, il y a en plus des indices selon lesquels la recourante compte aujourd'hui éluder les dispositions sur le séjour. Compte tenu de ses explications, il apparaît que le but de son séjour n'est plus vraiment celui de la formation pour ensuite retourner dans son pays, mais bien plutôt celui de pouvoir rester en Suisse pour y travailler.
5. Dans la mesure où la recourante critique dans un dernier grief un défaut de motivation de la décision attaquée du SPOP, son grief est manifestement mal fondé.
L'obligation de motiver sa décision (cf. art. 29 al. 2 Cst. et 42 de la loi cantonale du 28 octobre 2008 sur la procédure administrative [LPA-VD; BLV 173.36]) a notamment pour but que le justiciable puisse la comprendre, la contester utilement s'il y a lieu et exercer son droit de recours à bon escient. Pour répondre à ces exigences, l'autorité doit mentionner, au moins brièvement, les motifs qui l'ont guidée et sur lesquels elle a fondé sa décision, de manière à ce que l'intéressé puisse se rendre compte de la portée de celle-ci et l'attaquer en connaissance de cause. Elle n'a toutefois pas l'obligation d'exposer et de discuter tous les faits, moyens de preuve et griefs invoqués par les parties, mais peut au contraire se limiter à l'examen des questions décisives pour l'issue du litige (ATF 139 IV 179 consid. 2.2; 134 I 83 consid. 4.1 et réf. cit.). Pour le reste, dès lors que l'on peut discerner les motifs qui ont guidé la décision de l'autorité, le droit à une décision motivée est respecté et ce même si, par hypothèse, la motivation présentée est erronée. La motivation peut en outre être implicite et résulter des différents considérants de la décision (ATF 141 V 557 consid. 3.2.1 et réf. cit.; TF 2C_382/2017 du 13 décembre 2018 consid. 4.1; CDAP PE.2018.0413 du 16 janvier 2019 consid. 3a).
En l'espèce, la décision attaquée est certes concise, mais indique de manière suffisante les motifs à l'appui du rejet de la demande de la recourante, tout en citant les dispositions légales sur lesquelles le SPOP se base. La recourante pouvait dans cette mesure exercer son droit de recours en connaissance de cause.
6. Le recours s'avère donc mal fondé et doit être rejeté, la décision attaquée du SPOP étant confirmée.
Succombant, la recourante doit supporter les frais judiciaires arrêtés à 600 fr. Il n'y a pas lieu d'allouer de dépens (cf. art. 49, 55 et 56 LPA-VD et 4 al. 1 du tarif cantonal du 28 avril 2015 des frais judiciaires et des dépens en matière administrative [TFJDA; BLV 173.36.5.1]).