Decision ID: dc507a1f-3133-52c4-9245-c4eb28a53847
Year: 2017
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_007
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 

EN FAIT
, la réquisition de continuer la poursuite n° 15 xxxx55 W à l’encontre de B_ (ci-après : le débiteur) reçue le 15 mai 2015 par l’Office des poursuites (ci-après : l’Office) de C_ AG, devenue A_ SA (ci-après : la créancière);
Vu l’acte de défaut de biens n° 23 15 xxxx55 W (ci-après : l’ADB) expédié le
14 octobre 2016 par l’Office au débiteur et à la créancière;
Attendu qu’en se fondant sur cet ADB, la créancière a requis la continuation directe de la procédure de poursuite à l’encontre de son débiteur, le 26 novembre 2016;
Que, par courrier du 21 février 2017, l’Office l’a informée que le débiteur avait effectué un paiement qui soldait cette procédure de poursuite et lui a réclamé en retour l’original de l’ADB en sa possession, afin de pouvoir verser à la créancière le montant lui revenant;
Que par acte expédié le 10 juillet 2017 au greffe de la Chambre de surveillance des Offices des poursuites et des faillites (ci-après : la Chambre de surveillance), la créancière s’est plainte d'un retard injustifié dans le versement du montant dû, qu’elle n’avait toujours pas reçu de l’Office, malgré un rappel expédié le 26 avril 2017;
Que dans ses observations du 31 juillet 2017, ledit Office a expliqué qu’il n’avait
reçu aucun montant soldant ou réduisant le montant dû par le débiteur sur
l’ADB n° 23 15 xxxx55 W et qu’il s’excusait d’avoir à tort informé la créancière du fait que cet acte de poursuite avait été soldé;
Considérant,

EN DROIT
, que la Chambre de surveillance est compétente pour statuer sur les plaintes formées en application de la LP (art. 13 LP; art. 126 al. 2 let. c LOJ; art. 6 al. 1 et 3 et 7 al. 1 LaLP) contre des mesures non attaquables par la voie judiciaire ou, comme en l'espèce, pour un retard injustifié (art. 17 al. 1 et 2 LP);
Que la créancière poursuivante a qualité pour se plaindre en tout temps d'un retard injustifié dans le traitement de sa réquisition de poursuite à l’encontre du débiteur, sa présente plainte satisfaisant en outre aux exigences de forme légales (art. 17 al. 3 LP;
9 al. 1 et 2 LaLP);
Qu’elle est dès lors recevable à la forme;
Considérant que l'incompétence qualifiée des autorités de poursuite est un motif de nullité que les autorités de surveillance sont habilitées à constater d'office en vertu de l'art. 22 al. 1 LP (Arrêt du Tribunal fédéral
7B.237/2005
du 27 mars 2006;
ATF
122 I 97
consid. 3a/aa; Cometta, loc. cit., n. 12 ad art. 22 LP p. 166; Gilliéron, Commentaire, n. 38 ad art. 22 LP; Jeandin, Poursuite pour dettes et faillite, La plainte, FJS 679 p. 12 s.);
Qu'en l'espèce, c’est à cause d’une erreur grossière que l’Office a indiqué à la créancière, à tort le 21 février 2017, qu’il avait reçu un montant soldant l’ADB en question;
Qu’il a toutefois attendu la réception de la présente plainte pour s’en apercevoir et admettre cette erreur dans ses observations du 31 juillet 2017, soit plus de cinq mois après le courrier précité du 21 février 2017 à la créancière;
Que la décision erronée de l’Office, invitant la créancière à lui retourner l’original de l’ADB en question, le 21 février 2017, doit dès lors être déclarée nulle;
Qu’en outre, sans parler de cette erreur commise par l’Office, les circonstances du cas d’espèce sont constitutives d’un retard inadmissible et injustifié de l’Office, lequel doit être constaté;
Qu’en effet, il appartient audit Office de faire diligence dans le traitement des actes de poursuite qui lui parviennent, de sorte qu’un délai de plus de cinq mois écoulés entre l’erreur commise et la vérification de la situation de l’ADB en cause par l’Office, à la suite de la réception de la présente plainte, n’est pas admissible;
Qu’il est en outre rappelé à cet égard, et à toutes fins utiles, que la loi ne laisse aucune place à une surcharge de travail ou à une désorganisation dudit Office, même réelle, pour justifier une telle violation du principe de célérité que l’Office se doit de respecter;
Que la présente décision sera transmise au Préposé de l’Office afin qu’il prenne les mesures nécessaires à éviter que les circonstances du cas d’espèce ne se reproduisent;
Qu’en application de l’art. 62 al. 2 OELP, il n’est alloué aucuns frais ni dépens dans la procédure de plainte au sens de l'art. 17 LP.
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