Decision ID: b31c4457-a45c-580a-a3f2-ae11503725db
Year: 2021
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_014
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: social_law

Attendu en fait que, par décision du 23 avril 2020, l'office cantonal de l'assurance-invalidité (ci-après : OAI) a reconnu le droit de B_ (ci-après : l'assurée), née le 24 janvier 2012, à une allocation pour impotence moyenne depuis le 1
er
juin 2018, étant précisé qu'il prenait en charge cette prestation pour les jours pour lesquels l'assurée passait la nuit à la maison ;
Que, dans cette décision, l'OAI a considéré que, dans la mesure où l'assurée avait été placée au Foyer D_ du 5 mars 2016 au 2 octobre 2017, puis au Foyer E_ du 3 octobre 2017 au 28 août 2019, le versement ne pouvait être effectué que dès le 28 août 2019 ;
Que l'assurée, représentée par son père, Monsieur C_, a interjeté recours le 29 avril 2020 contre ladite décision par-devant la chambre des assurances sociales de la Cour de justice, concluant au versement de l'allocation pour la période du 26 juin 2018 au 28 août 2019 ;
Que, par ordonnance du 20 août 2020, la chambre de céans a appelé en cause la mère de l'assurée, Madame A_ ;
Que, par arrêt du 9 février 2021, la chambre de céans a admis le recours de l'assurée, annulé la décision de l'OAI du 23 avril 2020 en tant qu'elle refusait le versement d'une allocation pour impotence moyenne du 1
er
juin 2018 au 27 août 2019, la confirmant pour le surplus, et condamné l'OAI à verser à l'assurée CHF 11'889.- à titre d'allocation pour impotent pour la période du 1
er
juin 2018 au 27 août 2019, avec intérêts à 5% l'an dès le 26 juin 2020 ;
Que, dans les considérants de l'arrêt, la chambre de céans a retenu que, du 1
er
juin 2018 au 27 août 2019, l'assurée avait passé 150 jours avec nuitée chez son père et 152 jours avec nuitée chez sa mère ;
Que, compte tenu du montant journalier de l'allocation pour impotent de CHF 39.20 pour 2018 et de CHF 39.50 pour 2019, les jours avec nuitée passés chez son père donnaient lieu à une indemnisation de CHF 5'905.-, alors que les jours avec nuitée passés chez sa mère donnaient lieu à une indemnisation de CHF 5'984.- ;
Que par courrier du 16 février 2021, la mère de l'assurée a déposé auprès de la chambre de céans une demande en interprétation de l'arrêt ; qu'elle considérait en effet qu'en tant que le chiffre 5 du dispositif de l'arrêt se référait au montant total à verser à l'assurée, sans mention sur la répartition entre les parents, il conduisait à une incertitude particulièrement délétère au vu du contexte litigieux entre les parties ;

Considérant en droit
qu'à teneur de l'art. 84 al. 1 de la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 1985 (LPA ; RS/GE
E 5 10
), applicable à la procédure devant la chambre des assurances sociales de la Cour de justice selon l'art. 89A LPA, la juridiction qui a statué interprète sa décision à la demande d'une partie, lorsqu'elle contient des obscurités ou des contradictions dans le dispositif ou entre le dispositif et les considérants ;
Que la demande d'interprétation doit être présentée dans les délais prévus pour les recours (art. 84 al. 2 LPA ; art. 62 LPGA) ;
Que, selon l'art. 72 LPA, l'autorité de recours peut, sans instruction préalable, par une décision sommairement motivée, écarter un recours manifestement irrecevable ou rejeter un recours manifestement mal fondé ;
Que l'arrêt attaqué émanant de la 9
ème
chambre des assurances sociales de la Cour de justice, la chambre de céans est ainsi compétente pour connaître de la contestation y relative ;
Que la demande d'interprétation a été déposée en temps utile ;
Que le droit d'exiger l'interprétation d'un jugement dans certaines limites doit être considéré comme un principe inhérent au droit fédéral tiré du principe d'égalité (art. 8 al. 1 Cst.), au même titre que le droit à la rectification de fautes de calcul (arrêt du Tribunal fédéral
9C_93/2014
du 20 mai 2014 consid. 1.1 ; ATF
130 V 323
consid. 1.2 et 325 consid. 2.3) ;
Que d'après la jurisprudence, l'interprétation tend à remédier à une formulation peu claire, incomplète, équivoque ou en elle-même contradictoire du dispositif de la décision rendue ; qu'elle peut, en outre, se rapporter à des contradictions existant entre les motifs de la décision et le dispositif, mais pas aux motifs en tant que tels (ATF
130 V 326
consid. 3.1 ; ATF
110 V 222
) ;
Qu'en l'espèce, le dispositif de l'arrêt rendu le 9 février 2021 est clair et n'est pas en contradiction avec ses considérants ;
Qu'il ne recèle aucune erreur de rédaction qu'il conviendrait de rectifier, la demanderesse n'en citant d'ailleurs aucune ;
Qu'au demeurant l'arrêt du 9 février 2021 est conforme aux art. 42 et 42
bis
al. 4 LAI selon lesquels l'allocation pour impotent est versée au mineur pour chaque journée (avec nuitée) passée à domicile ;
Que le droit à l'allocation pour impotent appartient à la personne impotente elle-même, et vise à financer l'aide dont son bénéficiaire a besoin pour accomplir les actes élémentaires de la vie quotidienne (cf. arrêt du Tribunal fédéral
5A_808/2012
du 29 août 2013 consid. 3.1.2.2, non publié in ATF
139 III 401
) ;
Qu'il n'incombe dès lors pas à la chambre de céans de répartir le montant de l'allocation pour impotent due à la bénéficiaire entre ses représentants légaux ;
Qu'en tout état, par soucis de clarté, la chambre de céans a distingué les jours avec nuitée passés chez son père des jours avec nuitée passés chez sa mère ;
Que le montant total de CHF 11'889.- due à l'assurée a été décomposé à raison de CHF 5'905.- pour les jours avec nuitée passés chez son père et de CHF 5'984.- pour les jours avec nuitée passés chez sa mère ;
Que force est ainsi de constater qu'il n'y a pas matière à interprétation de l'art. 84 al. 1 LPA ;
Que la demande en interprétation est partant rejetée ;
Que le présent litige ne portant pas sur l'octroi ou le refus de prestations, la procédure est gratuite (art. 61 let. f
bis
LPGA ; art. 69 al. 1
bis
LAI).
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