Decision ID: 7913dfd1-c8ba-430f-b2ee-418bd6f6a80b
Year: 2014
Language: fr
Court: VS_TC
Chamber: VS_TC_001
Canton: VS
Region: Région lémanique
Law Area: 

II. Statuant en faits
2. a) Y_ et X_ (ci-après : les époux X_ et Y_) sont les parents de D_, née le xxx 1986. Dès l’année 2002, les époux
X_ et Y_ ont rencontré des difficultés avec leur fille, celle-ci fuguant
et entretenant de mauvaises fréquentations. En 2003, elle a accepté d’aller en internat,
à l’Ecole H_, à I_, avant d’être renvoyée de cette institution en
raison de son mauvais comportement selon ses parents, respectivement parce qu’elle
ne parvenait pas à s’intégrer d’après les affirmations de l’intéressée. Courant mars
2003, D_ a été hospitalisée suite à un accident survenu à J_, alors
qu’elle était sous l’emprise de l’alcool. A l’issue de son hospitalisation, elle a dû
finalement accepter, sur recommandation de son médecin, de retourner vivre à la
maison. Fin septembre 2003, D_ a accepté d’intégrer l’école privée
K_, à A_. En raison de son manque d’assiduité, elle a redoublé
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l’année xxx. Alors qu’elle était âgée de 17 ans, D_ a fait la connaissance de
L_, âgé de 34 ans, marié et déjà père de plusieurs enfants ; elle a entamé
une relation amoureuse avec lui. Passant tout son temps avec L_, elle s’est
désintéressée totalement de sa famille et de ses études, échouant une première fois à
ses examens de maturité.
b) Finalement, D_ a obtenu son diplôme de maturité en 2006. Elle souhaitait alors plus que tout vivre avec son ami, L_, lequel, vu ses charges familiales,
n’entendait pas participer aux frais de logement. Les époux X_ et
Y_ pour leur part ont refusé de payer la totalité du loyer, n’ayant pas
l’intention de loger gratuitement L_, et ont proposé à leur fille de prendre une
chambre à M_. En juillet 2006, D_ a débuté un stage préparatoire
de 3 mois en vue de fréquenter l’école N_, puis un stage de 9 mois auprès
de M_, qui a pris fin le 31 juillet 2007. Au terme de ces stages, pendant
lesquels elle bénéficiait d’un revenu mensuel brut de l’ordre de 1'000 fr. (rapport du
CMS du 25 octobre 2006), elle a décidé d’entreprendre une formation de 3 ans en
biotechnologie auprès de N_.
c) En septembre 2006, D_, alors âgée de presque 20 ans, a volontairement arrêté de prendre la pilule contraceptive, dans le but avoué d’avoir un enfant de
L_. Les époux X_ et Y_ ont interdit à celui-ci de se
rendre dans leur propriété.
Le 18 septembre 2006, D_ s’est présentée à la réception du Centre médico-
social de A_, affirmant avoir été mise dehors de la maison, avoir été victime
de violence de la part de ses parents et ne plus vouloir retourner vivre chez eux. Le
25 octobre 2006, O_, assistant social au CMS, a rédigé un rapport de
situation d’où il ressort en substance que D_ s’est montrée, lors d’un des
entretiens avec lui, d’une "violence verbale soudaine et inattendue", et a réfuté avoir un
concubin en la personne de L_. Lorsque le CMS a pris contact avec les
époux X_ et Y_, ceux-ci se sont "tout de suite proposés pour
trouver un arrangement, sans devoir passer par l’aide sociale", soulignant aussi être
"exaspérés par le comportement de leur fille qui montr[ait] des exigences, une
agressivité et des violences verbales répétitives". D’après le rapport, les époux
X_ et Y_ se sont rapidement investis et ont proposé à leur fille une
chambre à P_, à 2 minutes à pied de sa place de stage, et ont été d’accord
de participer jusqu’à la fin du stage, en juin 2007, aux frais de pension et de logement.
Une convention a été élaborée et remise pour signature lors de l’entretien du 6 octobre
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2006. A cette occasion, D_ a refusé de parapher la convention, exigeant,
sous menace de déposer une plainte pénale contre ses parents, de différer son départ
du logement de famille jusqu’au 15 octobre, prétextant avoir beaucoup d’affaires à
déménager. Vu l’obstination de D_, la médiation menée par le CMS n’a pas
abouti.
Le 12 octobre 2006, D_ a elle-même élaboré une convention, libellée en ces
termes:
Y_ und X_,
Erstens: Meine Erste Bedingung ist[,] das meine Eltern (Y_ & X_) aufhör[en] den L_ zu belästigen und da[s] in allen Formen! [W]enn Ihr wollt[,] dass ich eure Bedingungen erfülle.
Als zweites: Ich bin einverstanden eure Bedingungen einzuhalten unter einer Bedingung dass Ihr die eure auch einhaltet. Das w[ä]re folgendes:
Ihr wisst dass ich verpflichtet sei euer Kind zu helfen bi[s] es sein Studium fertig hat oder bi[s] 25 Jahren.
Auf meiner Seite werde ich da[s] Licht im Korridor ausmachen, da[s] Tor zumachen und meine Sachen selbst abwaschen. Sobald ihr eure[n] Vertrag mit mir unterzeichnet habt.
Wenn Ihr meine Bedingungen an[ehmt] werde ich völlig von eurem Leben aussteigen und Ihr werdet mich mehr nicht wieder sehen und ich werde [e]uch nicht mehr [b]elästigen und da[s] in allen Formen des Wortes. Meine Bedingungen sind die [Fol]genden:
Gleichheit in unsere[r] Familie und gegen[über] meinen Geschwistern. X_ hat mir immer gesagt[,] dass sie alle ihre Kinder gleich behandelt[.] Da[s] kann sie jetzt einmal bewei[s]en. In etwa verdiene ich in der M_ 900 F[r]. Ihr sollt den Rest bezahl[en,] da[s] w[ä]re:
100.- Für essen in der M_ 500.- F[r]. für Studio (pro Monat) 150.- F[r]. für meine Bucher ... (pro Monat) 100.- F[r]. für Kleidung (pro Monat) 30.- F[r]. für den Coiffeur (pro Monat) 70.- F[r]. für Handy (pro Monat) 100.- F[r]. für den Führerschein (für 15 Monaten) 100.- F[r]. für PC den ich für die M_ und für die Schule brauche (für 15 Monaten)
1150.- F[r]. die Ihr [m]ir dann pro Monat gibt. Plus alle Versicherungen (Krankenkasse, Zahnarzt...) die Ihr auch bezahlen mu[s]st[.] I[ch] werde euch dann die Rechnungen schicken darüber. Mit de[n] 900.-[,] die ich dann [v]erdiene[,] [b]ezahle ich (Essen, Dusch Produkte, OB, Kino...). Nach diesen 9 Monaten [i]n der M_ m[ü]sst ihr dann die gesamt[e] Summe bezahlen[,] da[s] bedeutet die 900.- plus 1050.- was eine Total[s]umme macht von 2050.- minus dann den PC in 15 Monaten & minus den Führerschein in 15 Monaten[.] [Das] gibt dann eine Summe von 1850.- für de[n] Rest die Ihr während 3 Jahren bezahlen m[üss]t.
Da[s] bedeutet[,] dass ihr mir jetzt während 3 Monaten (biss [sic] zum 22 Juni 2007) die [G]esamt[s]umme von 1150.- bezahlt und dann während 12 Monaten (22 Juni bis März 2008) bezahlt ihr mir die [G]esamt[s]umme von 2050.- und nach de[n] 12 Monaten (2008-2011) bezahlt ihr mir während 3 Jahren die [G]esamt[s]umme von 1850.-. Und das [b]ezahl[t] Ihr auf [das] Konto von D_[.] [K] onto[n]ummer steht unten.
Und da[s] was man nicht vergessen darf[,] da[ s] ist natürlich mein Sozusagen Abitur Geschenk[,] da[ s] Ihr mir nie geschenkt habt[.] [J]etzt habt Ihr die Möglichkeit die Zeit wieder aufzuholen[,] da[s] w[ä]re ein 20’000.- F[f.] Auto[,] da[ s] Ihr mir so heilig versprochen habt.
Ich persönlich finde dass ich noch sehr [l]ieb mit euch bin. Denn da[s] ganze Geld[,] dass ich ihr nicht gegeben habt während diese[r] 4 Monat[e]. Denn normalerweise sollte ich mehr von euch verlangen.
Da[s] einzige[,] was ich will[,]l da [s] ist Gleichheit zwischen unsere Familie und zwischen meinen Brüdern.
Es ist ein ständiges Nehmen und ein Geben.
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PS: Ich muss natürlich zuerst eine Wohnung suchen[. A]ber sobald Ihr unterzeichnet, werde ich spätestens 2 Wochen später weg sein und die Schlüssel gebe ich euch persönlich dann in die Hand zurück (Haus und Zimmer Schlüssel). Damit es keine Probleme mehr zwischen un[s] gibt. Ab diese[m] Moment[,] wo Ihr den Vertrag unterzeichnet habt[,] werde ich euch nie mehr [b]elästigen und da[s] in allen Formen[,] die es gibt. So macht jeder sein Leben[,] ohne da[ss] wir uns die Haare greifen müssen.
PS: mein Bankkonto Nummer ist: 269-477810.M1Z
Toujours d’après le rapport, le 17 octobre 2006, X_ a appelé le CMS pour
informer que la situation avait empiré, D_ ayant laissé bien en vue des lettres
faisant état de menaces envers elle et son mari. Les époux X_ et
Y_ ont alors contacté un avocat, lequel a, le 20 octobre 2006, adressé un
courrier à D_. Celui-ci faisait état des souffrances de ses parents, du
caractère insupportable des menaces proférées à leur encontre par le biais des
messages laissés dans l’appartement leur conseillant de faire attention quand ils
boiraient du lait (cf. risque d’empoisonnement) et, faute pour les intéressés de trouver
une autre solution pour protéger leur propre intégrité et celle de leur fils Q_,
intimait l’ordre à leur fille de quitter le logement de famille d’ici au 31 octobre 2006.
Aux termes du rapport du CMS du 25 octobre 2006, son auteur a relevé que "tout
a[vait] été mis en œuvre pour que Mlle D_ puisse bénéficier et accepter l’aide
parentale pour sa formation", que la prénommée s’était "mise en échec en n’acceptant
pas les propositions, pourtant justes et équitables" de ses parents, et qu’il n’était "donc
pas du ressort de l’aide sociale de se substituer aux parents et donner ainsi du crédit
au comportement inadéquat de Mlle D_". Sur la base de ce rapport, la
commune de E_ a, le 13 novembre 2006, rejeté la demande d’aide sociale
présentée par D_. En décembre 2006, celle-ci a rédigé des lettres à ses
parents, présentant ses excuses pour les avoir menacés (" [...] es mir Leid tu[t] dass
ich euch bedroht habe [...]") et en raison des méchancetés qu’elle avait proférées à
leur encontre ("[...] Ich mich entschuldige für die Böshaftigkeiten die ich euch gesagt
habe [...]"), promettant de ne plus le faire à l’avenir, tout en clamant son amour pour
eux.
d) En janvier 2007, après 4 mois d’essais infructueux, D_ est tombée enceinte de L_, lequel lui a promis de se séparer de son épouse, ce qu’il n’a
pas fait, pas plus qu’il n’a pris de logement commun avec elle. D_ est donc
restée chez ses parents, et le 11 octobre 2007, elle a donné naissance à un fils,
prénommé G_. L_ n’a pas assisté à l’accouchement et n’a pas
reconnu l’enfant. Pendant toute une année, les époux X_ et Y_ se
sont occupés de leur fille et de leur petit-fils. Tandis que sa mère, gardait l’enfant en
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son absence, D_ a pu débuter les cours en biotechnologie auprès de
N_, se présentant aux examens de la session de février 2008 ainsi qu’à celle
de juin 2008, n'obtenant toutefois que 26 crédits sur les 60 nécessaires pour la réussite
de l’année. Lors de la séance du 8 mai 2008, la chambre pupillaire de E_,
informée de la naissance de G_ sans lien de filiation établi avec son père,
n’a pu que constater le refus de D_ de livrer l’identité de L_.
La situation s’est dégradée durant l’été 2008. D_, qui avait renoué avec
L_, a demandé à ses parents de financer le logement où elle souhaitait vivre
avec son concubin, menaçant, à défaut, de ne plus les laisser revoir G_ et de
ne pas continuer les études si une voiture ne lui était pas offerte.
Le 18 septembre 2008, une séance s’est tenue devant la chambre pupillaire de
E_. A cette occasion, D_ a déclaré en substance ne pas avoir
repris ses études à N_, qu’elle résidait toujours avec ses parents – lesquels
subvenaient à ses besoins de même qu’à ceux de G_ –, qu’elle pensait
placer celui-ci occasionnellement à la crèche afin de le sociabiliser, qu’elle pensait être
en droit de recevoir un véhicule de la part de ses parents, comme cela avait été le cas
pour ses deux frères, qu’elle n’avait jamais entretenu de bons contacts avec sa mère,
et, enfin, que le père de G_ refuserait de le reconnaître, de peur de voir son
propre ménage brisé, mais qu’il serait en mesure d’assumer financièrement l’entretien
de l’enfant. De son côté, X_ a également été entendue par la Chambre
pupillaire, relatant en substance que, de son point de vue, sa fille D_ ne
s’était pas investie dans ses études l’été passé, manquant de motivation, qu’elle
conditionnait la poursuite de ses études à l’obtention d’un véhicule automobile et
qu’enfin, elle leur avait interdit, ainsi qu’à son frère Q_, le droit d’approcher
G_. A la fin de son audition, elle a indiqué que son époux et elle-même
étaient disposés à continuer à subvenir aux besoins de leur fille et de leur petit-fils,
mais qu’ils attendaient "du respect en retour". Le 18 septembre 2008 également, la
Chambre pupillaire a mandaté R_, responsable de région au sein de l’Office
de protection de l’Enfant (OPE), afin d’établir un rapport d’évaluation sociale
concernant D_.
e) En octobre 2008, la situation s’est encore dégradée. Le 3 octobre 2008, D_ a déposé une nouvelle demande d’aide sociale. Le même jour, le CMS a
été contacté par l’OPE afin de trouver une solution pour héberger D_ et son
fils pour le 8 octobre 2008, "délai d’expulsion de [la prénommée] du domicile paternel".
La situation s’étant encore aggravée le lendemain, soit le 4 octobre 2008, la présidente
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de la Chambre pupillaire a placé D_ et son fils en urgence à la pension
S_. D_ ayant demandé à emporter tous ses biens du domicile de
ses parents, R_ a transporté le 8 octobre 2008 avec son véhicule privé
environ 10 sacs et 2 valises d’affaires personnelles, qui ont été stockées
provisoirement dans un local de la maison communale, compte tenu du manque de
place au foyer S_.
Selon le rapport du CMS, D_, qui avait effectué un stage auprès de
M_ en 2007 où elle avait conservé d’excellents contacts, a postulé auprès de
cette entreprise et attendait une réponse pour y reprendre une activité lucrative à 60 ou
70%.
Suivant la proposition du CMS, la commune de A_ a, par décision du
2 décembre 2008, octroyé à D_, avec effet dès le 1er du même mois, une
aide mensuelle de 2'719 fr. (1'469 fr. de forfait pour l’entretien de base, 900 fr. pour le
logement, 150 fr. pour les frais de transport, et 200 fr. de supplément d’intégration pour
une personne seule avec enfant).
f) D_ n’a plus suivi les cours à N_ durant la suite de l’année scolaire 2008-2009. Elle a pu bénéficier d’indemnités chômage de décembre 2008
jusqu’à la rentrée des classes, soit 795 fr. en décembre 2008, et 8'511 fr. au total pour
la période courant du 1er janvier 2009 au 10 septembre de la même année. Avec l’aide
du CMS de A_, elle a pu s’inscrire pour l’année 2009-2010 en première
année "bachelor" auprès de la filière "technologies du vivant" de N_. Les
frais d’écolage pour l’année 2009/2010 se montaient à 1'800 francs.
Le 12 janvier 2009, R_ a remis son rapport à la chambre pupillaire de
E_. Il en ressort que D_, sans travail ni revenus, bénéficie de l’aide
sociale et qu’elle s’est inscrite comme demandeuse d’emploi à 50%. Elle souhaitait
poursuivre sa formation d’ingénieur en biotechnologie. Compte tenu de son absence
de formation professionnelle, de son jeune âge (22 ans à l’époque) et de son parcours,
le service social était prêt à soutenir ce projet afin de faciliter à l’intéressée un
débouché professionnel, "d’autant plus qu’elle avait déjà effectué une année d’école
qu’elle a échoué en raison de la venue de G_". Le rapport souligne que,
depuis le départ du domicile de ses parents – qui avait été "indispensable" –,
D_ n’avait plus eu de contacts avec ceux-ci ni le reste de sa famille, la
rupture demeurant totale. D_ affirmait en revanche entretenir de bons
contacts avec le père de G_, L_, lequel était disposé à
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entreprendre les démarches pour enfin reconnaître son fils et assumer ses obligations
financières envers lui.
g) A l’instance du CMS, D_ a, le 23 avril 2009, rédigé une lettre à ses parents, ainsi formulée: Chers parents,
Je vous écris cette lettre ca[r] moi D_ a décid[é] de poursuivre mes études à N_ à T_ ce septembre 2009.
C’est pour cela que je vous demande, vu mon âge légal de 22 ans[,] de bien vouloir me financer mes études jusqu’à l’obtention de mon diplôme en tant qu’ingénieur en [b]iotechnologie.
Suite à une discussion avec [l']Office de la protection de l’enfance (Mr. R_) et le Centre  régional (Mr. O_) qui m['ont] fait savoir que cela fai[t] parti[e] de votre devoir en tant que parents, car la loi stipule que vous êtes dans l’obligation de financer mes études jusqu’à l’acquisition de mon diplôme à N_.
Si cela ne serai[t] pas le cas, je serais forcée de passer par les voies de la justice. Il serait préférable que nous puissions trouver une entente afin d’éviter une procédure juridique et une dépense d’argent inutile.
J’attends avec impatience une réponse positive de votre part dans les plus brefs délais.
En réponse à ce courrier, les époux X_ et Y_ ont réagi par pli du
19 mai 2009, relevant ce qui suit : "Forderungen mit Drohungen sind kein Dialog, aus
diesen Gründen können wir auf dieses Schreiben nicht eingehen. Mit freundlichen
Grüssen. Deine Eltern".
h) Le 27 avril 2009, la commune de E_ a envoyé aux époux X_ et Y_ une facture pour la somme de 6'021 fr. à raison de l’aide sociale et des
autres prestations fournies pour leur fille D_. Ceux-ci ont, par pli du 24 mai
2009, rétorqué que leur fille et L_ étaient tous deux majeurs et avaient
provoqué cette situation, si bien qu’ils n’entendaient pas régler la facture. Le 3 juin
2009, la commune de E_ a simplement pris acte du refus des époux
X_ et Y_ de payer l’aide sociale avancée pour leur fille.
A l’instar de la commune de E_, la commune de A_ a, le 25 juin
2009, envoyé un courrier aux époux X_ et Y_, leur demandant de
s’acquitter de la somme de 18'451 fr.05, correspondant à l’aide sociale versée à
D_. Le 21 juillet 2009, les époux X_ et Y_ ont adressé à
la commune de A_ une missive du même type que celle précédemment
signifiée à la commune de E_, suivi, le 29 septembre 2009, d’un courrier de
leur avocate, soulignant que de nombreuses dépenses (frais médicaux et de crèche)
concernaient en réalité l’enfant de D_, et devaient être assumées par le père
de G_, et non ses grands-parents.
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A cet égard, la proposition formulée par L_ de verser une contribution de
300 fr. à l’entretien de G_ ayant été jugée insuffisante, la chambre pupillaire
de A_ a, le 28 août 2009, décidé d’instituer une curatelle afin de représenter
l’enfant mineur pour faire valoir judiciairement sa créance alimentaire (art. 308 al. 2
CC). Finalement, le 25 janvier 2010, le curateur désigné est parvenu à faire signer à
L_ une convention en vertu de laquelle celui-ci s'engageait à verser à
l’entretien de G_, d’avance, le premier de chaque mois, la première fois le
1er février 2010, une contribution de 550 fr. jusqu’à ce que l’enfant atteigne 6 ans
révolus (puis de 600 fr. jusqu’à 12 ans et enfin 650 fr. jusqu’à la majorité) ; il n’était en
revanche dû aucune "pension de retard pour la période antérieure". Par décision du
5 février 2010, la chambre pupillaire de A_ a homologué en application de
l’art. 287 CC la convention d’entretien.
Dans l’intervalle, le 16 octobre 2009, D_ avait cédé à la commune de
A_ son "droit aux arriérés de prestations en espèces" à l’égard de ses
parents selon l’art. 277 CC, ainsi que les droits de G_ à une contribution
d’entretien de la part de son père, L_. Au total, la commune de A_
a ainsi fourni à D_ des prestations pour la somme de 77'216 fr.55 pour la
période courant du 1er janvier 2009 au 31 janvier 2012.
i) Le 18 août 2011, D_ a cessé ses études, "en raison de notes insuffisantes" de son propre aveu. A l’en croire, elle n’avait pas non plus droit à une
bourse ou à un prêt d’honneur, vu la situation financière de ses parents qui
bénéficiaient selon la décision de taxation 2009 d’un revenu annuel de l’ordre de
170'000 fr., ainsi que d’une fortune nette imposable de plus de 3 millions de francs.
Elle a imputé les mauvaises notes obtenues en 2010-2011 au fait qu’il était très difficile
pour elle d’étudier et de s’occuper de son fils, qu’elle devait emmener à la crèche et
aller chercher en bus.
Lors de son dernier interrogatoire, le 25 septembre 2012, elle a ajouté être inscrite au
chômage depuis 2 mois et percevoir des indemnités mensuelles de l’ordre de
1'000 francs. Elle a affirmé vouloir reprendre ses études et recommencer l’année
qu’elle avait ratée.
j) La commune de A_ remet en cause l’appréciation des preuves par l’autorité de première instance, singulièrement en ce qui concerne le fait que
D_ assumerait exclusivement les torts en refusant tout contact avec ses
parents. Outre les rapports émanant du CMS, de l’OPE et de la Chambre pupillaire,
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dont il a déjà été fait état, le dossier comprend les déclarations des différents
protagonistes et intervenants.
aa) L_ a affirmé que les relations entre D_ et ses parents n’étaient "pas faciles", et qu’il avait assisté à plusieurs disputes. Après la naissance de
G_, il n’a plus eu de contacts avec les époux X_ et Y_, et
s’est vu interdire par X_ de prendre contact avec D_. Il a toutefois
relevé ne pas avoir eu de problèmes particuliers avec les parents X_ et
Y_, qui l’avaient traité normalement, bien qu’il ne leur ait pas signalé dès le
début de sa relation avec D_ qu’il était en fait marié et avait déjà plusieurs
enfants. Hormis la contribution prévue en faveur de G_ en vertu de la
convention ratifiée par la Chambre pupillaire, il n’avait pas dû payer d’autres frais.
bb) Auditionnée en qualité de témoin le 25 septembre 2012, D_ a confirmé avoir coupé tout contact avec ses parents depuis l’ultimatum que ceux-ci lui avaient
fixé pour déménager et quitter la maison, en présence de l’intervenant de l’OPE. Elle a
affirmé que ses parents n’avaient pas non plus essayé de reprendre contact avec elle,
et qu’ils portaient une grande responsabilité du fait qu’elle se sentait "mal dans sa
peau". Elle a enfin affirmé être prête à reprendre contact avec ses parents "pour [lui]
permettre de poursuivre [s]es études", tout en estimant qu’un "contact régulier avec
[s]es parents ne pourrait qu’empirer les choses". Elle a également "espacé" ses
contacts avec sa grand-mère maternelle, après avoir vainement demandé que celle-ci
lui consente un prêt "pour acheter une voiture [qui lui] aurait permis de circuler plus
facilement notamment pour amener et chercher G_ à la crèche".
cc) Frère de D_, U_ travaillait à Londres en 2008, mais est revenu séjourner chez ses parents à 8 ou 9 reprises durant cette année-là. Il a observé que la
vie familiale était devenue plus difficile, "du fait du manque de respect du couple [i.e. sa
sœur D_ et L_] envers la famille" ; la cohabitation avec
L_ était très difficile lorsque celui-ci était présent, mettant de la musique,
faisant du bruit et montrant peu de respect. D_ voulait aller vivre avec
L_, ce qui n’était pas le cas de celui-ci, et elle voulait que ses parents leur
financent un appartement de 4 pièces. U_ a ajouté avoir été surpris que ses
parents accueillent à bras ouverts D_ lorsqu’elle était enceinte ; tout s’est
cependant bien passé avec elle durant cette période, et jusqu’au baptême de
G_, puis la situation "a tourné à 180 degrés et elle s’est dégradée fortement".
A la question de savoir s’il estimait sa sœur sincère lorsque celle-ci soutenait, dans le
cadre de la procédure de mesures provisionnelles en 2010, vouloir renouer avec sa
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famille, U_ a répondu qu’il éprouvait beaucoup de doutes à ce sujet,
l’intéressée n’ayant même pas tenté de reprendre contact notamment pour
l’anniversaire de leur père, mais ayant seulement envoyé une "lettre de chantage et
impersonnelle" (i.e. la missive du 23 avril 2009). Au terme de son audition du
15 septembre 2010, U_ a ajouté que sa soeur avait été le centre des
discussions familiales pendant des années, que sa mère partait en larmes lorsque le
nom de D_ était évoqué, et que ses parents avaient peur d’un contact avec
elle car ils avaient été marqués par ce qui s’était passé. Enfin, il a fini sa déposition en
ces termes : "Il faut dire qu’il faut que les choses soient faites comme le veut
D_. Dans le cas contraire, D_ n’accepte rien".
dd) Egalement frère de D_, Q_ a été auditionné comme témoin le 15 septembre 2010. Il a indiqué en préambule que ses relations avec sa sœur avaient
été bonnes par le passé, et qu’il avait lui-même quitté la maison à 18 ans dans une
situation conflictuelle avant de réintégrer le foyer parental pour poursuivre ses études.
Les relations de D_ avec sa famille s’étaient fortement dégradées lorsqu’elle
sortait avec L_, le couple faisant beaucoup de bruit et ne respectant rien ni
personne. Les parents X_ et Y_ n’ont pas été d’accord de payer un
logement également pour L_. Q_ a assisté à des scènes où sa
sœur exigeait de leurs parents la fourniture d’un appartement et d’une voiture,
proférant des menaces, ouvrant le réfrigérateur et montrant des briques de lait en
disant que certaines étaient empoisonnées. Q_ a insisté sur le fait que cette
période avait été très difficile au niveau émotionnel pour lui aussi, dans la mesure où il
s’entendait bien jusque-là avec sa sœur. Il avait par la suite déménagé, éprouvant de
la peur par rapport à L_, qui l’avait menacé, et n’osant plus manger ce qu’il y
avait dans le frigo. Après la naissance de G_, D_ a, un soir, insulté
toute sa famille, disant à sa mère qu’elle ne reverrait plus G_ si un
appartement et une voiture ne lui étaient pas donnés. Y_ a alors empoigné
D_ et l’a mise à la porte. L’intéressée a ensuite interdit à ses parents, ainsi
qu’à Q_, de revoir G_. A la question de savoir s’il estimait sa sœur
sincère lorsque celle-ci affirmait, en 2010, vouloir renouer avec sa famille, Q_
a répondu par la négative, motivant sa réponse du fait que l’intéressée n’avait jamais
repris contact et qu’elle devait savoir qu’il lui suffisait de téléphoner à ses parents. Il a
pensé qu’il appartenait à sa sœur de "faire le premier pas, vu la manière dont la
rupture a[vait] été consommée".
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ee) Interrogée le 25 septembre 2012, X_ a relaté avoir connu à l’adolescence de D_ les problèmes que rencontrent bien des parents, et
relevé que "personne n’a[vait] été parfait". Elle a par contre estimé qu’après la
naissance de G_, son époux et elle-même avaient tout mis en œuvre pour
permettre à leur fille de vivre sa maternité tout en poursuivant ses études. De son point
de vue, la rupture est due "essentiellement à l’attitude" de D_, "qui a refusé
de communiquer, qui n’a plus accepté de partage et qui a refusé toutes les solutions"
proposées. D’après X_, la situation a tourné lorsque L_ a reconnu
G_ et a eu des contacts avec lui : à ce moment, D_ a souhaité
vivre avec le père de son enfant et non plus avec sa propre famille. Elle a enfin réfuté
avoir interdit à sa fille de revoir L_.
ff) Y_ a pour sa part relaté que sa relation avec sa fille avait été "bonne et normale" lorsque celle-ci était encore aux études, mais que l’intéressée avait changé
son comportement "à 100%" après que L_ a reconnu la paternité de
G_, s’enfermant dans sa chambre et refusant tout contact, même avec son
frère. D_ a également fait pression pour recevoir une voiture, menaçant
sinon de ne plus aller aux cours. Pour reprendre l’expression de Y_, "en
résumé, c’était une catastrophe".
gg) Dans ses renseignements écrits du 8 octobre 2010, R_ a indiqué ne "pas pouvoir affirmer que D_ avait été simplement jetée à la rue sans que les
parents se soucient de rien d’autre". Les relations entre D_ et sa famille
étaient très tendues et un état de crise s’est installé en septembre 2008. Intervenu au
domicile de la famille D_, R_ a pu constater, après discussion, que
tant du point de vue de D_ que de celui de sa mère, X_, le
dialogue et la cohabitation étaient devenus impossibles et qu’une séparation devait
rapidement intervenir. Après le départ de D_ du domicile familial, ses parents
se sont fait du souci pour elle et G_ et ont contacté R_ à plusieurs
reprises afin d’avoir des nouvelles d’eux et connaître dans quelles conditions ils
vivaient. De l’avis de ce responsable, les divergences et désaccords ne permettaient
plus de trouver des solutions concertées et acceptées par D_ concernant sa
formation, son mode de vie et l’organisation de la prise en charge de G_.
Quant aux parents X_ et Y_, ils paraissaient épuisés par la
situation et se trouvaient dans l’incapacité de trouver une solution à la crise qu’ils
vivaient avec leur fille. Enfin, au terme de ses renseignements écrits, R_ a
- 18 -
certifié ne pas avoir déconseillé aux parents X_ et Y_ de reprendre
contact avec leur fille.
hh) Cela étant, si X_ ne s’est pas cachée du fait qu’avec son époux, elle avait été confrontée comme d’autres parents aux problèmes de sa fille durant son
adolescence et que "personne n’a[vait] été parfait", la commune de A_ ne
peut inférer de cette seule affirmation (cf. appel, ch. IV.2.3, p. 8) que les torts sont
partagés. En effet, en dépit des multiples incartades qui ont émaillé l’adolescence
tumultueuse de D_ (scolarité en dents-de-scie, fugues, placement en internat
à I_), de la relation de celle-ci avec L_ (qui était déjà marié et père
de plusieurs enfants et n’a jamais eu l’intention de s’installer durablement avec elle) et
de son choix d'avoir un enfant de L_ (alors qu'elle n'avait même pas débuté
sa formation professionnelle), toutes situations qu'ils désapprouvaient, les époux
X_ et Y_ ont, jusqu’aux événements du mois d’octobre 2008, fait
preuve d’une rare patience. Ils ont ainsi accepté que leur fille, alors âgée de plus de
vingt ans, revienne à la maison pour y préparer sereinement sa maternité et reprenne
ses études, bien qu’elle avait préalablement proféré des menaces à leur encontre fin
2006, quand son projet d’obtenir 1'150 fr. par mois plus une voiture s’est vu opposer
une fin de non-recevoir. L’affirmation de la Commune selon laquelle l’"OPE a par
ailleurs reconnu les torts partagés entre parents et fille" (cf. appel, ch. IV.2.4, p. 8) se
fonde sur une lecture tronquée du rapport de l’OPE du 12 janvier 2009, qui n’a fait que
constater le caractère inéluctable du départ, le 4 octobre 2008, de D_ du
domicile de ses parents. L’auteur dudit rapport, R_, a par ailleurs souligné
dans ses renseignements écrits du 8 octobre 2010 que les divergences entre les
parties ne permettaient "ainsi plus de trouver de solutions concertées et acceptées par
D_ concernant sa formation, son mode de vie et l’organisation de la prise en
charge de G_". Il résulte surtout des déclarations crédibles des époux
X_ et Y_, corroborées par celles de Q_ - qui compte tenu
de ses bonnes relations antérieures avec sa sœur n’avait pas de motif de noircir le
portrait de celle-ci lors de son audition comme témoin en 2010 - et enfin de celles,
objectives, de O_, assistant social au CMS qui a rédigé plusieurs rapports de
situation à partir de l’année 2006, que D_ a fait preuve de violence verbale
envers ses parents et s’est montrée intransigeante, exerçant un chantage affectif en
menaçant de rompre toute relation avec eux - et de ne pas les laisser voir leur petit-fils,
dont ils se sont occupés et qu’ils ont entretenu durant sa première année d’existence -,
si ses exigences n’étaient pas satisfaites comme elle les avait posées. L’attitude de
refus de D_ s’est d’ailleurs perpétuée tout au long de la procédure judiciaire,
- 19 -
qui a pourtant duré plus de 2 ans sans qu’elle ne cherche à reprendre contact avec ses
géniteurs. Son comportement ne saurait par ailleurs être mis sur le compte du jeune
âge de l’intéressée, celle-ci n’étant en effet plus une adolescente, mais une jeune
femme de 28 ans désormais elle-même mère d’un enfant. Aussi, pour l’ensemble de
ces motifs, la juge de céans constate que D_ refuse, sans raison acceptable,
tout contact avec sa famille.

III. Considérant en droit
3. a) aa) Selon la jurisprudence constante, la contribution d'entretien due à l'enfant par ses père et mère, fondée sur les art. 275 ss CC, relève du droit privé. L'art. 289 al. 2
CC prévoit une cession légale de la créance d'entretien à la collectivité publique (art.
166 CO), lorsque celle-ci assume l'entretien de l'enfant (ATF 133 III 507 consid. 5.2;
123 III 161 consid. 4b). La collectivité publique a le droit de réclamer l'entretien en
justice, de demander la modification de la contribution alimentaire, de faire aviser les
tiers débiteurs (ATF 137 III 193 consid. 3.3) et d'exiger des sûretés (ATF 106 III 18
consid. 2). Elle fait valoir la prétention à la contribution d'entretien de l'enfant, qui est et
demeure, malgré la cession, une prétention fondée sur un rapport de droit privé (arrêt
5A.56/2007 du 6 juin 2007 consid. 1.2, non publié aux ATF 133 III 507). Selon un
auteur de doctrine, qui ne motive toutefois pas plus avant son propos, pour des raisons
pratiques, la légitimation active de la collectivité publique devrait être reconnue
également pour les créances futures (Breitschmid, Basler Kommentar, 2010, n. 11 in
fine ad art. 289 CC).
Aux termes de l’art. 20 de la loi sur l'intégration et l'aide sociale, du 29 mars 1996
(LIAS ; RS/VS 850.1), la commune, respectivement le canton sont tenus de faire valoir
les contributions au titre de l'obligation d'entretien des art. 276 et 277 CC ou de la dette
alimentaire de l’art. 328 CC pour lesquelles la collectivité publique est subrogée dans
les droits du bénéficiaire de l'aide en vertu des art. 289 al. 2 et 329 al. 3 CC (al. 1). S'il
n'est pas possible d'arriver à un accord, l'action sera portée devant l'autorité judiciaire
ordinaire (al. 2). Le fait que le droit de subrogation prévu par l'art. 289 al. 2 CC pour la
collectivité publique qui assume l'entretien de l'enfant est concrétisé dans une
disposition du droit public cantonal relatif à l'aide sociale cantonale ne modifie toutefois
pas la nature civile de la contestation opposant cette collectivité aux débiteurs de
- 20 -
l'entretien; de ce point de vue, le droit cantonal ne revêt pas de portée propre (sur
l’ensemble de la question, cf. arrêt 8C_501/2009 du 23 septembre 2009 consid. 4.3 ;
Haffter, Der Unterhalt des Kindes als Aufgabe von Privatrecht und öffentlichem Recht,
1984, p. 218).
bb) La faculté de poursuivre en justice en son propre nom le droit d'un tiers à la place de celui-ci est désignée par la doctrine de langue allemande par les termes de
"Prozessstandschaft" ou "Prozessführungsbefugnis" (ATF 129 III 55 consid. 3.1.3 ;
Guldener, Schweizerisches Zivilprozessrecht, 1979, p. 142; Hinderling/Steck, Das
Schweizerische Ehescheidungsrecht, 1995, p. 457 s.; cf. ég. Bohnet, Code de
procédure civile commenté, 2011, n. 97-98 ad art. 59 CPC et n. 9 ad Intro. art. 84-90
CPC). Elle existe dans le procès en divorce, lorsque le parent auquel l'autorité
parentale est attribuée fait valoir, en son propre nom et à la place de l'enfant mineur,
les contributions d'entretien dues à celui-ci (ATF 139 III 401 consid. 3.2.2) ou lorsque le
créancier qui a obtenu la cession des droits de la masse en application de l'art. 260 LP
agit en lieu et place de la masse, en son propre nom, pour son propre compte et à ses
risques et périls (ATF 139 III 391 consid. 5.1).
b) En l’espèce, D_ a, le 16 octobre 2009, cédé à la commune de A_ ses prétentions fondées sur l’art. 277 CC à l’égard de ses parents,
X_ et Y_, en contrepartie de l’aide sociale reçue de cette
collectivité publique. Les propres prétentions de cette dernière envers les
codéfendeurs et appelés devront donc être analysées au regard du droit privé, soit plus
précisément des art. 277 respectivement 328 ss CC. Faute de disposition légale
spécifique et en l’absence d’une cession conventionnelle pour les créances futures, la
conclusion no 3 de la demanderesse et appelante tendant à ce que les codéfendeurs
s’acquittent à l’avenir – dès le 1er novembre 2012 – directement en mains de
D_, du montant de 3'500 fr. à son entretien, est infondée. Elle l’est d’autant
plus que, lorsqu’elle intervient en tant que cessionnaire de la créance d’entretien en
vertu de l’art. 289 al. 2 CC, la collectivité publique concernée agit en son nom propre et
pour son propre intérêt, et non plus dans celui du bénéficiaire de l’entretien (absence
de "Prozessstandschaft").
4. Dans un premier moyen, l’appelante reproche à la juridiction inférieure d’avoir considéré à tort que les conditions de l’art. 277 CC n’étaient pas réunies. Selon elle,
D_, qui à l’heure actuelle ne bénéficie pas d’une formation suffisante, est en
mesure d’achever, dans des délais normaux, sa formation de 3 ans dans la filière
"technologies du vivant" auprès de N_. Par ailleurs, les appelés et
- 21 -
codéfendeurs, compte tenu de leurs moyens financiers conséquents et du fait que la
rupture des relations personnelles n’est pas imputable exclusivement à leur fille selon
le point de vue défendu par l’appelante, ne sauraient refuser de participer au
financement de la formation de l’intéressée (cf. appel, ch. IV.2, p. 7 s.).
a) aa) Aux termes de l’art. 277 CC, l'obligation d'entretien des père et mère dure jusqu'à la majorité de l'enfant (al. 1). Si, à sa majorité, l'enfant n'a pas encore de
formation appropriée, les père et mère doivent, dans la mesure où les circonstances
permettent de l'exiger d'eux, subvenir à son entretien jusqu'à ce qu'il ait acquis une
telle formation, pour autant qu'elle soit achevée dans les délais normaux (al. 2).
Sous l'ancien droit, l'obligation d'entretien des parents au-delà de la majorité revêtait un
caractère exceptionnel (ATF 118 II 97 consid. 4a; 117 II 127 consid. 3b). Ce principe
doit toutefois être relativisé sous le nouveau droit. L'abaissement de l'âge de la
majorité à 18 ans – depuis le 1er janvier 1996 (RO 1995 1126) – a en effet pour
conséquence que le nombre d'enfants sans formation appropriée au moment de la
majorité a sensiblement augmenté, dès lors que la plupart des apprentis et des
gymnasiens ont plus de 18 ans lorsque, respectivement, ils terminent leur
apprentissage ou obtiennent leur maturité (ATF 129 III 375 consid. 3.3; arrêt
5C.205/2004 du 8 novembre 2004 consid. 5.1, in FamPra.ch 2005, p. 415 ss ). Aussi,
contrairement à ce que pourrait suggérer la lecture du consid. 4.2.3 du jugement
entrepris, l’obligation pour les parents de participer à l’entretien de leur enfant au-delà
de sa majorité ne revêt pas un caractère exceptionnel, singulièrement lorsque
l’intéressé se destine à une formation académique ou auprès d’une autre haute école.
D’une manière générale, l’entretien n’est dû au-delà de la majorité que si les deux
conditions suivantes sont réunies cumulativement : d’une part, l’enfant ne doit pas
avoir encore acquis une formation appropriée lors de l’accès à la majorité, d’autre part,
les circonstances doivent permettre d’exiger des parents qu’ils continuent à subvenir à
l’entretien des enfants (Meier/Stettler, Droit suisse de la filiation, 2009, n. 1075, p. 620).
bb) Le devoir d'entretien des père et mère de l'enfant majeur est destiné à donner à ce dernier la possibilité d'acquérir une formation professionnelle, à savoir les
connaissances qui lui permettront de gagner sa vie dans un domaine correspondant à
ses goûts et à ses aptitudes. La formation tend donc à l'acquisition de ce qui est
nécessaire pour que l'enfant puisse se rendre autonome par la pleine exploitation de
ses capacités, soit pour faire face par ses propres ressources aux besoins matériels de
la vie (ATF 117 II 372 consid. 5b). A cet égard, on ne saurait considérer que d'une
- 22 -
manière générale la maturité constitue l'aboutissement de la formation, ce titre
conduisant naturellement à une formation ultérieure, et notamment de niveau
universitaire (ATF 117 II 127 consid. 3b ; arrêt 5C.205/2004 précité consid. 4.2). La
formation doit être achevée dans les délais normaux, ce qui implique que l'enfant doit
s'y consacrer avec zèle ou, en tout cas, avec bonne volonté. La loi n'impose pas
l'assistance à un étudiant qui perd son temps; il y a lieu d'accorder une importance
décisive à l'intérêt, à l'engagement et à l'assiduité que manifeste un enfant à l'égard
d'une formation déterminée dont on peut légitimement admettre qu'elle correspond à
ses aptitudes. Le retard entraîné par un échec occasionnel de même qu'une brève
période infructueuse ne prolonge pas nécessairement de manière anormale les délais
de formation. Il incombe toutefois à l'enfant qui a commencé des études depuis un
certain temps et réclame une contribution d'entretien de prouver qu'il a obtenu des
succès, notamment qu'il a présenté les travaux requis et réussi les examens organisés
dans le cours normal des études (ATF 117 II 127 consid. 3b ; arrêts 5A_563/2008 du
4 décembre 2008 consid. 4.1, in FamPra.ch 2009, p. 520 ; 5C.40/2004 du 5 mai 2004
consid. 4.1). Plus le laps de temps écoulé depuis l’interruption des études a été long,
moins l’obligation d’assurer le financement de celles-ci demeurera à la charge des
parents (Henriod, L’obligation d’entretien à l’égard des enfants majeurs, 1999, p. 94 et
les réf. sous note de pied 403). Par ailleurs, la jurisprudence du Tribunal fédéral
continue à faire référence au critère du plan d’ensemble de la formation
("Lebensplan"), sans exiger toutefois qu’il soit réglé dans les détails (Meier/Stettler, op.
cit., n. 1081, p. 622 s. ; cf. ég. arrêt 5C.249/2006 du 8 décembre 2006, consid. 3.2.2, in
Pra 2007 no 78). Enfin, plus l’enfant est âgé, plus grandes seront les exigences pour
qu’il puisse continuer d’obtenir l’aide des parents (Hegnauer, Droit suisse de la filiation,
1998, n. 20.31 in fine, p. 131).
cc) L'obligation d'entretien des père et mère à l'égard de leur enfant majeur poursuivant sa formation dépend expressément de l'ensemble des circonstances, et
notamment des relations personnelles entre les parties. L'inexistence de celles-là
attribuée au seul comportement du demandeur d'aliments peut ainsi justifier un refus
de la part des parents de toute contribution d'entretien. La jurisprudence exige toutefois
que l'attitude de l'enfant lui soit imputable à faute, celle-ci devant être appréciée
subjectivement (ATF 113 II 374 consid. 2); l'enfant doit avoir violé gravement (ATF 111
II 411 consid. 2) les devoirs qui lui incombent en vertu de l'art. 272 CC, et dans les cas
où les relations personnelles sont rompues, avoir provoqué la rupture par son refus
injustifié d'entretenir celles-là, son attitude gravement querelleuse ou son hostilité
profonde. Admettre, dans de telles circonstances, le droit à l'entretien après la majorité
- 23 -
reviendrait en effet à réduire le débiteur au rôle de parent payeur, ce que n'a
assurément pas voulu le législateur (ATF 113 II 374 consid. 2; 120 II 177 consid. 3c;
arrêt 5C.205/2004 du 8 novembre 2004 consid. 5.1, in FamPra.ch 2005, p. 414).
Toutefois, une réserve particulière s'impose lorsqu'il s'agit du manquement filial d'un
enfant de parents divorcés envers ceux-ci ou l'un d'eux; il faut tenir compte des vives
émotions que le divorce des parents peut faire naître chez l'enfant et des tensions qui
en résultent normalement sans qu'on puisse lui en faire le reproche. Néanmoins, si ce
dernier persiste, après être devenu majeur, dans l'attitude de rejet adoptée lors du
divorce à l'égard du parent qui n'avait pas la garde, bien que celui-ci se soit comporté
correctement envers lui, cette attitude inflexible lui est imputable à faute (sur
l’ensemble de la question, cf. arrêts 5C.94/2006 du 14 décembre 2006 consid. 3.2, in
FamPra.ch 2007, p. 442 ss ; 5C.205/2004 précité consid. 5.1 ; 5A_627/2013 du
11 décembre 2013 consid. 6.1.2). Si le juge peut en effet tenir compte du jeune âge du
créancier de l’entretien, lorsque celui-ci a moins de 20 ans, il est en revanche moins
tolérable qu’un majeur plus âgé continue de violer les devoirs que lui impose l’art. 272
CC (Henriod, op. cit., p. 108).
Par analogie avec les art. 125 al. 3 et 329 al. 2 CC, la doctrine admet que la
contribution d'entretien due sur la base de l'art. 277 al. 2 CC puisse être réduite dans
son montant ou sa durée, compte tenu de l'ensemble des circonstances, notamment
en raison de la rupture des relations personnelles sans faute exclusive imputable au
parent débiteur d'aliments ou à l'enfant majeur (Schnyder, Die privatrechtliche
Rechtsprechung des Bundesgerichts im Jahre 1985, in RJB 1987, p. 109 ss, spéc. p.
111; Hegnauer, Berner Kommentar, n. 135 ss, spéc. n. 140 ad art. 277 CC;
Meier/Stettler, op. cit., n. 1099, p. 633 ; Piotet, in Commentaire romand, Code civil I,
Bâle 2009, n. 16 in fine ad art. 277 CC; Hausheer/Verde, Mündigenunterhalt, in
Jusletter du 15 février 2010, no 54). Cette interprétation de l'art. 277 al. 2 CC est
confortée par le Message du Conseil fédéral du 5 juin 1974 concernant la modification
du code civil suisse (Filiation), à teneur duquel: "Les facteurs importants sont, à côté
des prestations déjà fournies par les parents, leur situation économique actuelle, les
dépenses qu'ils font pour d'autres enfants et les rapports entre parents et enfant. Si
l'enfant n'a pas donné aux parents l'aide et les égards qu'il leur doit (art. 272 du projet),
les parents sont déliés en tout ou partie de cette obligation supplémentaire" (FF 1974 II
1 ss, p. 58). Pour sa part, le Tribunal fédéral a laissé ouverte la question de la
réduction du montant de la contribution d'entretien dans le cadre de l'art. 277 al. 2 CC
(ATF 111 II 413 consid. 5a; arrêts 5A_560/2011 du 25 novembre 2011 consid. 4.1.2, in
FamPra.ch 2012, p. 497 ss ; 5A_563/2008 précité consid. 5.3; 5C.274/2006 du
- 24 -
18 décembre 2006 consid. 3.2; 5C.94/2006 précité consid. 3.4 in fine ; cf. ég. Henriod,
op. cit., p. 119 ss).
b) aa) En l’occurrence, D_ n’est actuellement qu’au bénéfice d’un diplôme de maturité, acquis en 2006 après un premier échec et après avoir redoublé une autre
année au cours d'un parcours scolaire chaotique. La maturité ne constitue pas une
formation suffisante, mais la condition préalable à la poursuite d’études académiques
ou auprès d’une autre haute école, telle la N_. On l’a vu, D_ a
entrepris en 2006 un stage préparatoire de 3 mois auprès de cet établissement puis de
9 mois auprès de l’entreprise M_. Elle avait en vue de débuter le cycle
"bachelor" dans la filière "technologie du vivant" et d’obtenir, au terme d’une formation
de 3 ans, le titre d’ingénieur HES. Sa volonté de mener à terme ce projet dans un délai
raisonnable paraît toutefois s'être toutefois rapidement étiolée. Elle n'a pas obtenu le
nombre de crédits nécessaires, durant l'année académique 2007-2008, pour réussir
son année. Pourtant, ses parents la soutenaient, tant sur le plan financier qu’en
gardant l’enfant durant les heures de cours. En automne 2008, alors qu’elle s’était vue
opposer par ses parents une fin de non-recevoir par rapport à ses exigences
financières en vue de se mettre en ménage avec le père de son enfant, elle a
suspendu ses études. Après une période où elle s’est inscrite au chômage,
D_ a, en automne 2009, repris sa formation, qu’elle a ensuite à nouveau
interrompu en 2011, en raison de ses mauvaises notes. C’est le lieu de préciser qu’à
cette époque, la rupture d’avec ses parents remontait à plus de 3 ans, si bien qu’une
relation de cause à effet entre cet événement familial et son échec scolaire est exclue.
En outre, son fils G_ avait près de 4 ans, soit un âge auquel un enfant peut
être plus facilement gardé par des tiers (crèche), voire fréquente déjà l’école enfantine,
ce qui laisse davantage de temps libre à une jeune mère pour s’adonner aux études.
Par ailleurs, contrairement à ce que prétend l’appelante, vraisemblablement sur la
base de l’interrogatoire de D_ du 25 septembre 2012, il n’existe aucun
document au dossier attestant du fait que la prénommée ait passé avec succès ne fût-
ce que sa première année de formation. Tout au plus y trouve-t-on l’attestation établie
le 25 novembre 2009 par la N_ selon laquelle l’intéressée a validé 26 crédits
sur les 60 nécessaires afin de passer l’année 2009/2010, première année "bachelor".
C’est ainsi dire, dans ce contexte, que la perspective que D_, désormais
âgée de 28 ans, fasse preuve d’assiduité dans ses études et, partant, achève dans un
délai raisonnable sa formation auprès de N_ doit être réfutée.
- 25 -
bb) S’agissant de la cessation de toutes relations personnelles entre D_ et ses parents, il a été retenu que la première nommée, après avoir été soutenue par ses
parents afin d’obtenir en 2006 sa maturité, au terme d’un parcours scolaire chaotique,
puis avoir encore bénéficié, après les avoir menacés et insultés, de leur aide en
2007/2008 alors qu’elle était enceinte puis avait mis au monde son enfant, a rompu ses
relations avec eux, de même qu’avec ses frères, du fait que ses parents n’avaient pas
satisfait à ses exigences financières. Dans ce contexte, le refus de tout contact avec
ses parents opposé par D_, qui n’était plus une adolescente immature en
2008, et encore moins en 2010 lors de l’introduction de l’action, est imputable dans une
mesure prépondérante, pour ne pas dire exclusive, à l’intéressée. Aussi, parce que les
défendeurs ne sauraient voir leur rôle de parents limité à celui de simples contributeurs
pour la formation de leur fille, cette absence intentionnelle bien qu’irrationnelle de toute
relation personnelle de D_ avec ses géniteurs justifiait le refus, et pas
seulement une réduction (cf. supra, consid. 4a/cc in fine), de toute participation au
financement des études de leur fille.
cc) En définitive, comme l'a constaté l'autorité de première instance, les conditions d’application de l’art. 277 CC ne sont, à double titre, pas réunies, de sorte que
l’appelante n'a pas droit à voir l’assistance sociale fournie à D_ remboursée
par les codéfendeurs.
5. L’appelante invoque ensuite une violation de l’art. 328 CC, estimant que l’autorité de première instance ne pouvait dénier que cette disposition serve de fondement à
l’entretien de D_, voire de son fils G_, étant posé que le père de
celui-ci, L_, ne pouvait, compte tenu de ses autres charges de famille,
subvenir davantage à ses besoins que la contribution de 550 fr. versée
mensuellement.
a) aa) Aux termes de l’art. 328 al. 1 CC, chacun, pour autant qu'il vive dans l'aisance, est tenu de fournir des aliments à ses parents en ligne directe ascendante et
descendante, lorsque, à défaut de cette assistance, ils tomberaient dans le besoin. Le
cercle des parents tenus au soutien est exhaustif, et les cantons ne peuvent l’élargir
(arrêt 1P.254/2002 du 6 novembre 2002 consid. 4.2 ; RVJ 2005 70 consid. 8 ). Le droit
à l’assistance recouvre en principe l’alimentation, le logement, l’habillement ainsi que
les soins médicaux (Meier/Stettler, op. cit., n. 957, p. 551 ; cf. ég. ATF 136 III 1 consid.
4 ; 133 III 507 consid. 5.1). Les frais de formation d’un étudiant majeur, en soi capable
de gagner un revenu, n’appartiennent pas aux besoins vitaux ; des exceptions sont
toutefois possibles lorsque l’achèvement des études est imminent (Koller, Basler
- 26 -
Kommentar, n. 9 ad art. 328/329 CC et la réf. not. à l’ATF 50 II 1). Enfin, l’obligation
d’entretien à la charge des époux (art. 163 CC), des partenaires enregistrés (art. 12 s.
LPart) ou des père et mère à l’égard de l’enfant mineur ou majeur (art. 276 et 277 al. 2
CC) a la priorité sur la dette alimentaire (Meier, La dette alimentaire [art. 328/329 CC],
Etat des lieux, in RNRF 2010, p. 1 ss, n. 8, p. 6 ; arrêt 5C.186/2006 du 21 novembre
2007 consid. 2, in FamPra.ch 2008, p. 452). Celle-ci doit être intentée contre les
débiteurs "dans l’ordre de leurs droits de succession" (art. 329 al. 1 CC). La disposition
renvoie ainsi aux art. 457 ss CC. En d’autres termes, le bénéficiaire (ou son ayant
droit) agira d’abord contre ses descendants en ligne directe de la première parentèle
successorale (enfants, petits-enfants), puis contre les ascendants en ligne directe
(père et mère) de la 2ème parentèle successorale (à l’exclusion de tout autre membre
de cette parentèle depuis l’abrogation de l’obligation des frères et sœurs), puis contre
les grands-parents (seuls parents en ligne directe de la 3ème parentèle successorale) et
enfin les arrière-grands-parents (Meier, op. cit., n. 9, p. 10). Il est par ailleurs
admissible de poser des exigences plus strictes lorsque le soutien est demandé à des
parents plus éloignés (cf. grands-parents) qu’entre parents et enfants (arrêts
5A_122/2012 du 21 juin 2012 consid. 2 ; 5C.186/2006 précité consid. 3.2.3).
bb) L’art. 329 al. 2 CC dispose que, si en raison de circonstances particulières, il paraît inéquitable d'exiger d'un débiteur qu'il s'acquitte de ses obligations, le juge peut
réduire ou supprimer la dette alimentaire. Ces circonstances particulières peuvent
concerner l’état des relations entre le débiteur et le créancier d’aliments, par exemple
lorsque celui-ci a provoqué une grave détérioration de ces relations, notamment en
violant ses propres obligations familiales à l’égard du débiteur (Hegnauer, op. cit., n.
29.13, p. 22). Une absence de toutes relations personnelles peut aussi entrer en ligne
de compte (arrêt 5C.298/2001 du 21 février 2002 consid. 3a, in FamPra.ch 2002,
p. 428 ss). Dans un arrêt remontant à un peu plus de 10 ans, la Haute Cour a ainsi
estimé qu’un père qui n’entretenait plus de contacts avec son fils parce que celui-ci
avait volontairement rompu les ponts avec son géniteur depuis plus de 20 ans ne
pouvait être obligé de payer au titre de la dette alimentaire (arrêt 5C.298/2001 précité
consid. 2d/cc ). Parmi les autres situations envisageables, on peut citer le cas où le
créancier a commis un délit grave à l’encontre du débiteur ou de ses proches, par
exemple en cherchant à supprimer le débiteur, ou en commettant des violences à son
encontre (Meier, op. cit., n. 71, p. 29 et la réf. à l’arrêt cantonal publié in AGVE 1981,
p. 19 ss). Ces circonstances, aussi personnelles soient-elles, peuvent être invoquées à
l’égard de l’ayant droit lui-même comme à l’égard de la collectivité publique subrogée
(Meier, op. cit., n. 76, p. 31 et les réf.).
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b) Dans le cas particulier, dès lors que D_ est responsable de la rupture de ses contacts avec ses parents, ses prétentions en entretien cédées à l’appelante, et
dont le bien-fondé a été réfuté au regard de l’art. 277 al. 2 CC, ne peuvent pas
davantage trouver assise sur l’art. 328 CC. Compte tenu du contexte familial, il serait
en effet inéquitable de mettre à la charge des codéfendeurs et appelés tout ou partie
du coût de financement et d’entretien de leur fille, qui se refuse sans raison valable à
entretenir des relations personnelles avec ses parents. S’ajoute à cela le fait que,
s’agissant d’un enfant majeur susceptible de travailler en dehors des études, le coût de
sa formation professionnelle n’appartient pas aux besoins vitaux visés par l’art. 328
CC, en particulier lorsque la formation ne parvient pas à bout touchant, mais devrait
durer encore plusieurs années. Pour ces deux motifs, les prétentions de l’appelante
sont mal fondées au regard de l’art. 328 CC.
Pour la première fois en instance d’appel, la demanderesse et appelante affirme, mais
sans la chiffrer, que l’assistance financière procurée l’a été non seulement à
D_, mais également à son fils G_. L’appelante perd toutefois de
vue que le devoir d’assistance des codéfendeurs et appelés, en tant que grands-
parents de G_, n’est envisageable que si l’entretien n’est pas déjà assuré par
un parent plus proche. Or, dans le cas particulier, le père de l’enfant, L_,
devait être appelé en premier lieu à contribuer à l’entretien de son fils. Les grands-
parents ne sauraient en effet pâtir du fait que l’appelante, par l’entremise de sa
Chambre pupillaire, ait accepté le 5 février 2010 – sans justification aucune – de ratifier
la convention prévue entre, d’une part, L_ et, d’autre part D_ et
G_, emportant renonciation à réclamer du père les arriérés de contribution
d’entretien dus en principe depuis la naissance de l’enfant le 11 octobre 2007, soit plus
de 2 ans plus tôt.
En tant que l’autorité inférieure a également dénié à l’appelante la faculté, comme
collectivité publique subrogée, de se prévaloir de l’art. 328 CC pour réclamer le
remboursement des prestations sociales fournies à D_, voire au fils de celle-
ci, sa décision ne viole pas le droit fédéral et ne peut être qu’approuvée.
Il s’ensuit le rejet intégral de l’appel.
6. Vu le sort de l’appel, il n’y a pas lieu de modifier le montant et la répartition des frais et des dépens de première instance (art. 318 al. 3 CPC a contrario), non
spécifiquement contestés quant à leur montant. Dans ces circonstances, pour les
motifs exposés par la juridiction inférieure (cf. consid. 8 du jugement entrepris), les frais
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de première instance, fixés conformément aux dispositions applicables (art. 13 et 17 al.
2 LTar : de 280 à 8'000 fr.) à 2'000 fr., débours compris, sont mis à la charge de
l’appelante à raison de 1'800 fr. (90%) et de la commune de E_ - qui n’a pas
recouru - à concurrence de 200 francs (10%). Compte tenu des avances fournies par
les codéfendeurs et appelés (1'000 fr.), créanciers solidaires, l’appelante leur
remboursera le montant de 900 fr. et la commune de E_ celui de 100 francs.
Quant aux dépens auxquels peuvent prétendre les codéfendeurs et appelés,
créanciers solidaires, arrêtés à 6'000 fr. (cf. art. 34 al. 2 LTar : de 1'100 à 11'000 fr.)
compte tenu de l’activité utilement déployée par leur avocate commune, ils sont mis à
la charge de l’appelante à concurrence de 5'400 fr. et de la commune de E_
à hauteur de 600 francs.
b) Compte tenu de la valeur litigieuse, du degré de difficulté ordinaire de la cause qui revêtait cependant un certaine ampleur, ainsi que des principes de la couverture des
frais et de l’équivalence des prestations (art. 13 LTar), les frais judiciaires en instance
d’appel, qui se limitent à l’émolument forfaitaire de décision (art. 95 al. 2 let. b CPC),
arrêtés à 2'300 fr. (art. 16 et 19 LTar) sont mis à la charge de l’appelante, qui
succombe (art. 106 al. 1 CPC). Celle-ci supporte ses propres frais d’intervention en
justice et versera aux codéfendeurs et appelés, créanciers solidaires – compte tenu
notamment de l’activité utilement déployée par leur conseil en instance d’appel, qui a
consisté en la rédaction et l’envoi d’une réponse motivée en faits et en droit d’une
trentaine de pages, et des autres critères exposés ci-avant, des dépens de 2'400 fr.,
débours compris.