Decision ID: ccd847ea-e41b-5d72-9614-cd5596cdbf9f
Year: 2020
Language: fr
Court: FR_TC
Chamber: FR_TC_005
Canton: FR
Region: Espace_Mittelland
Law Area: penal_law

considérant en fait
A. Du 1er avril 2017 au 31 janvier 2020, A._ a occupé un appartement dans la maison propriété de B._ et de sa sœur. Un litige opposant les parties dans le cadre de cette location a été porté devant les instances civiles (not. contestation des résiliations de bail, prétentions en raison de défauts de la chose louée); le différend portait, entre autres, sur la  de savoir si B._ était en droit d’encaisser les loyers (DO/2004 ss).
Le 19 août 2019, A._ a déposé une plainte pénale contre B._ pour injure, violation de domicile, extorsion et chantage ainsi que tentative de contrainte (concours idéal). A l'appui de sa plainte pénale, A._ affirme que le 11 août 2019, le précité, après avoir forcé l'entrée de son logement, a déclaré que si tous les loyers n'étaient pas payés d'ici à la fin du mois d'août, il couperait l'alimentation de l'appartement en électricité et en eau. Il aurait également déclaré « Je n'ai pas peur d'empoigner une gouine; tu finiras à l'hôpital ». A._ lui aurait rappelé qu'il devait ouvrir un compte bancaire à son nom et à celui de sa sœur pour payer valablement les loyers. B._ aurait répondu n'en avoir rien à faire de la justice et qu'il se chargeait seul de l'encaissement des loyers, « point final ». A._ a précisé avoir déjà été menacée par l'amie de B._ et que ce dernier lui avait fait parvenir deux résiliations du bail. Elle a relevé qu’elle avait très peur d'être agressée par B._ (DO/2000 ss).
B._ a été entendu par la police le 27 septembre 2019. Il a expliqué qu'il louait cet  à A._ depuis le 1er février 2017 et qu'au début tout se passait bien. Cependant, il a constaté qu'elle occupait l'appartement avec sept chiens et six chats, ce qui a occasionné des dégâts et des odeurs. Il a expliqué qu’elle s'est en outre progressivement appropriée toute la maison, et a ainsi chassé un nouveau locataire. Pour ces motifs, il lui a donné son congé. Il a également précisé qu'il a fallu trois ans au propriétaire de la maison où A._ habitait auparavant pour se débarrasser d'elle et qu'il a dû refaire entièrement l'appartement. Puis, il a confirmé avoir dit à A._ « Je n'ai pas peur d'empoigner une vieille gougnotte et que s'il le faut, je vais te sortir manu militari de chez moi! ». Il a ajouté que A._ était en violation de domicile depuis six mois, du fait qu'il lui avait fait une résiliation officielle de bail. Selon lui, A._ ne payait plus ses loyers et charges depuis neuf mois. En outre, B._ a expliqué que sa sœur n'était pas intéressée par cette maison et qu'elle avait hérité de la propriété de leurs parents à C._. Enfin, il a déclaré qu'il ne porterait jamais la main sur A._ et qu'il ne voulait plus la voir (DO/2087 ss).
Du rapport de police du 27 septembre 2019, il ressort notamment que B._ aurait précisé qu’il ne pensait à aucun moment porter la main sur la locataire; il aurait utilisé des mots pour lui faire peur et pour la convaincre de partir (DO/2085 s.).
En date du 8 octobre 2019, A._ a déposé une seconde plainte à l'encontre de B._, pour injure et tentative de contrainte, en relation avec des faits survenus le 5 octobre 2019. Elle a exposé ce qui suit: le prévenu est sorti du logement de ses locataires du rez- auxquels il avait rendu visite. Il s'est dirigé vers le logement de la plaignante, laquelle se trouvait sur le palier, et lui a crié: « Eh la gouine! T'as bientôt fini de faire chier les locataires du dessous! », et « T'es encore là! Je t'ai dit de foutre le camp! Les loyers ne sont pas payés! ». A._ aurait eu très peur et se serait précipitée dans son logement, où elle aurait pu s'enfermer. B._ aurait ensuite donné trois coups de poing sur la porte du logement de sa
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locataire, avant de s'en aller. A._ aurait appelé la police, en vain, puis une amie qui serait venue la calmer et la rassurer (DO/2090 ss).
Le 25 novembre 2019, B._ a été entendu par la police. Il a expliqué avoir aperçu A._ derrière la porte de l'appartement du rez-de-chaussée et qu'elle était visiblement là pour les écouter. Lorsqu'il a ouvert la porte, A._ se trouvait en haut des escaliers, toute essoufflée. C'est alors qu'il lui a dit ce qu'il pensait et qu'il est « sorti de ses gonds ». Il a reconnu les termes décrits dans la plainte, tout en précisant ne pas avoir donné de coups de poing contre la porte, mais avoir « gentiment frappé contre la porte pour bien lui faire comprendre qu['il] étai[t] là » (DO/2096 ss).
Par courrier du 12 décembre 2019, A._ s’est déterminée sur les déclarations de B._. Elle a en outre produit le procès-verbal de la séance du 14 novembre 2019  le Tribunal des baux de la Veveyse (DO/9008 ss).
B. Par ordonnance du 26 février 2020, le Ministère public a classé la procédure ouverte contre B._ pour extorsion et chantage ainsi que contrainte (DO/10'002 s.).
Le même jour, il a rendu une ordonnance pénale à l'encontre de B._ s'agissant des infractions d'injure, de menaces et de violation de domicile (DO/10'004 ss).
C. Le 4 mars 2020, A._ a interjeté recours contre l’ordonnance de classement du 26 février 2020 en concluant à son annulation, sous suite de frais.
Par courrier du 29 avril 2020, le Ministère public a indiqué se référer à son ordonnance et renoncer à se déterminer sur le recours.
Egalement invité à prendre position sur le recours, B._ ne s’est pas manifesté dans le délai imparti à cet effet.

en droit
1.
1.1. En application des art. 20 al. 1 let. b et 322 al. 2 CPP, ainsi que de l’art. 85 al. 1 LJ, la voie du recours à la Chambre pénale (ci-après: la Chambre) est ouverte contre une ordonnance de classement.
1.2. Selon les art. 322 al. 2 et 396 al. 1 CPP, le recours est adressé par écrit, dans le délai de dix jours, à l’autorité de recours. Le recours déposé le 4 mars 2020 l’a été en temps utile.