Decision ID: c4e43835-2eb9-5280-ba8b-0f52fa352962
Year: 2018
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_013
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: public_law

EN FAIT
1) Par jugement du 28 mai 2018, le Tribunal administratif de première instance (ci-après : TAPI) a rejeté, dans la mesure de sa recevabilité, le recours interjeté le 31 juillet 2017 par A_(ci-après : A_) contre les décisions sur réclamation relatives à la taxation 2006 rendues par l’administration fiscale cantonale (ci-après : AFC) le 3 juillet 2017. Le TAPI a, en outre, invité l’AFC à corriger la provision pour impôts de la société pour l’année 2006.![endif]>![if>
2) Par acte déposé à la chambre administrative de la Cour de justice le 2 juillet 2018, A_ a recouru contre ce jugement, concluant à ce qu’il soit dit que les bordereaux rectificatifs de rappel d’impôt et de taxation définitive concernant les impôts fédéral, cantonal et communal 2006 sont nuls et non avenus. La contribuable indiquait avoir reçu le jugement le 31 mai 2018.![endif]>![if>
3) Constatant que le relevé de suivi postal « Track&Trace » indiquait que le pli recommandé contenant le jugement précité avait été retiré le 30 mai 2018 par C_, mandataire de la contribuable, au siège de la société, la chambre de céans a invité la recourante à se déterminer à ce sujet.![endif]>![if>
La mandataire a exposé que la personne ayant réceptionné le pli en question le 30 mai 2018 n’était pas habilitée à cet effet et n’avait remis le recommandé à une autre personne habilitée à le recevoir que le lendemain.
Complétant ses explications à la demande de la chambre de céans, la recourante a précisé que l’agent de la poste avait remis le pli recommandé à Madame B_, qui occupait au sein de C_ un poste à temps partiel, étant chargée du classement, des photocopies et de petites dactylographies.
4) Sur ce, les parties ont été informées que la cause était gardée à juger, sans qu’une détermination n’ait été demandée à l’AFC.![endif]>![if>

EN DROIT
1) Le recours a été interjeté devant la juridiction compétente (art. 132 de la loi sur l'organisation judiciaire du 26 septembre 2010 - LOJ -
E 2 05
).![endif]>![if>
Se pose cependant la question de savoir si le délai de recours de trente jours (art. 62 al. 1 let. a de la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 1985 - LPA -
E 5 10
) a été respecté.
2) a. Les décisions sont notifiées aux parties, le cas échéant à leur domicile élu auprès de leur mandataire, par écrit (art. 116 al. 1 LIFD ; art. 51 al. 2 LPFisc ; art. 46 al. 2 LPA). Le délai de recours contre une décision finale est de trente jours (art. 62 al. 1 let. a LPA). Il court dès le lendemain de la notification de la décision (art. 17 al. 1 et 62 al. 3 LPA ; art. 133 al. 1 LIFD ; art. 41 al. 1 LPFisc).![endif]>![if>
Une décision est notifiée, non pas au moment où le justiciable en prend connaissance, mais le jour où elle est dûment communiquée; s'agissant d'un acte soumis à réception, la notification est réputée parfaite au moment où l'envoi entre dans la sphère d'influence de son destinataire. Il suffit que celui-ci puisse en prendre connaissance (ATF
122 I 139
consid. 1 ;
118 II 42
consid. 3b). La notification d’une décision à une société se fait à son siège (arrêt du Tribunal fédéral
5A_167/2013
du 29 août 2013 consid. 3.2.1 et les références citées). Elle doit permettre au destinataire de prendre connaissance de la décision et, le cas échéant, de faire usage des voies de droit ouvertes à son encontre (ATF 113 Ib 296 consid. 2a ; arrêt du Tribunal fédéral
2P.259/2006
du 18 avril 2007 consid. 3.1;
ATA/383/2017
du 4 avril 2017 consid. 2b).
b. En l’espèce, le jugement querellé a été remis à Mme B_ le 30 mai 2018. Le mandataire de la recourante a confirmé qu’il s’agissait d’une de ses employées. Le pli contenant le jugement est ainsi parvenu dans la sphère d’influence du mandataire, employeur de Mme B_, le jour où cette dernière l’a réceptionné. Si le mandataire n’avait pas voulu que celle-ci en prenne réception, il lui aurait appartenu d’instruire son employée sur la conduite à adopter au cas où un employé postal se présenterait à la porte de la société en vue de remettre à cette dernière un pli avec avis de réception à signer sur-le-champ, soit un envoi dont le mode de notification pouvait laisser présumer l'importance. À cet égard, des mesures simples, telles qu'une invitation à ne rien signer ou, sinon, à informer immédiatement l'un des responsables de la société, auraient permis d'éviter le contretemps qui s'est produit.
Dès lors que le jugement est arrivé le 30 mai 2018 dans la sphère d’influence de la société mandataire, celle-ci doit se laisser imputer la réception du jugement par son employée, que celle-ci ait d’ailleurs respecté ou non d’éventuelles instructions données à cet égard. Le délai de recours ayant commencé à courir le 31 mai 2018, il est arrivé à échéance le 29 juin 2018.
Déposé le 2 juillet 2018 à la chambre de céans, le recours a ainsi été formé tardivement. Il doit, partant, être déclaré irrecevable, ce que la chambre de céans peut faire sans échange d’écritures (art. 72 LPA).
3) Vu l’issue du litige, un émolument de CHF 700.- sera mis à la charge de la recourante, qui succombe (art. 87 al. 1 LPA), et il ne sera alloué aucune indemnité de procédure (art. 87 al. 2 LPA).![endif]>![if>
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