Decision ID: ab5f0b7a-5e51-5607-8025-ca78d7f918ef
Year: 2009
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_005
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 

EN FAIT
A.
Le 14 avril 2009, X_ a sollicité une assistance juridique pour une procédure de mise en faillite personnelle.
B.
Par décision du 15 avril 2009, communiquée pour notification le lendemain, le Vice-président du Tribunal de première instance a refusé le bénéfice de l'assistance juridique à X_, au motif que celui-ci n'avait pas un intérêt digne de protection à la déclaration de faillite souhaitée. En effet, il était probable que la masse ne suffirait pas à couvrir les frais de liquidation sommaire, de sorte que la suspension de la liquidation en vertu de l'art. 230 LP était probable. Or, en cas de suspension, des actes de défaut de biens - à l'égard desquels l'exception de non retour à meilleure fortune pouvait être invoquée - n'étaient pas distribués aux créanciers.
C.
Le 20 avril 2009, X_ a demandé la reconsidération de cette décision, au motif que son frère, Y_, avocat à Genève, se portait fort pour les frais de liquidation sommaire de la faillite, ce que ce dernier a confirmé par écrit, dans un courrier adressé à l'avocat de X_, le 28 avril 2009.
D.
Par décision prononcée le 8 mai 2009, le Vice-président du Tribunal de première instance a rejeté la demande de reconsidération précitée, au motif que X_ n'avait fait état d'aucun fait nouveau justifiant un réexamen de la décision lui refusant l'assistance juridique.
E.
Par acte déposé le 18 mai 2009 au greffe de la Cour de justice, X_ a recouru contre les deux décisions précitées dont il a demandé l'annulation. Sollicitant l'octroi de l'assistance juridique à partir du 14 avril 2009, il a invoqué le fait que son frère s'était porté fort des frais de liquidation sommaire de la faillite.
F.
Les faits pertinents suivants résultent de la procédure :
Depuis le mois de mai 2008, X_ est au bénéfice d'indemnités de l'assurance chômage, sur lesquelles toutes les sommes supérieures à 2'780 fr. sont saisies, pour une durée indéterminée, selon un avis de l'Office des poursuites du 13 janvier 2009.
Il fait l'objet de poursuites pour un montant d'environ 150'000 fr. et ne dispose pas de fortune.
Il invoque les charges incompressibles suivantes, sans en démontrer le paiement, ni le montant : loyer (933 fr.), prime d'assurance maladie (346 fr. 70), impôts (934 fr.) et dettes (500 fr.).
Le montant de base applicable à X_ selon les normes d'insaisissabilité de l'Office des poursuites, augmenté de 20%, s'élève à 1320 fr.

EN DROIT
1.
Le recours est recevable pour avoir été déposé selon la forme et dans le délai prescrits (art. 143A al. 3 LOJ). Il n'y a pas lieu d'entendre le recourant, le dossier contenant suffisamment d'éléments pour statuer.
2.
Conformément aux garanties dégagées de l'art. 29 al. 3 Cst. féd., le droit genevois assure le bénéfice de l'assistance juridique au justiciable indigent dont les prétentions et moyens de fait ou de droit ne sont pas manifestement infondés ni procéduralement inadmissibles (art. 143A LOJ; 2 al. 1 et 3 al. 2 RAJ ; ATF
122 I 267
consid. 2a).
Une personne est indigente lorsqu'elle ne peut assurer les frais liés à la défense de ses intérêts sans porter atteinte au minimum nécessaire à son entretien et à celui de sa famille (ATF
128 I 225
consid. 2.5.1;
127 I 202
consid. 3b).
L'indigence d'un requérant d'assistance juridique s'apprécie en fonction de l'ensemble de ses ressources, dont ses revenus, sa fortune et ses charges (ATF
127 I 202
; ATF
120 Ia 179
consid. 3a), tous les éléments relevants étant pris en considération (ATF
124 I 1
consid. 2a; SJ 1997 p. 670). Seules les charges effectivement payées sont prises en compte (SJ
2000 II 199
, p 213). Selon la jurisprudence, les cotisations à une assurance non obligatoire ne font pas partie du minimum vital (ATF
116 III 75
consid. 7a p. 81 = SJ 1991 p. 16 par analogie). Les dettes ordinaires d'un débiteur ne font pas partie du minimum vital (SJ 2000 II p. 213).
3.
En l'espèce, le fait que le frère du recourant s'est porté fort des frais de la liquidation sommaire ne conduit pas à une solution différente de celle retenue par l'Autorité de première instance.
Il ressort du dossier, en effet, que le recourant ne dispose pas de biens réalisables. Or, dans ce cas, le juge de la faillite rejettera probablement la requête de faillite, faute d'actifs à réaliser conformément au but de l'institution (ATF
133 III 614
consid. 6.1.2. p. 618-619).
Au surplus, le recourant n'a pas rendu vraisemblable qu'il serait en état d'insolvabilité (art. 191 al. 1 LP). Il n'a pas non plus, ne serait-ce qu'allégué, qu'un règlement de ses dettes à l'amiable serait impossible (art. 191 al. 2 LP).
Faute de chances de succès de la procédure envisagée, le recours sera rejeté.
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