Decision ID: 9b6e0bcf-4470-596f-bd16-d7b2bcda524a
Year: 2019
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_011
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: penal_law

EN FAIT
:
A.
Par acte expédié au greffe de la Chambre de céans le 10 décembre 2018, C_ SA et A_ recourent
contre la décision du 30 novembre 2018, reçue selon eux le 3 décembre 2018, par laquelle le Ministère public a refusé de lever partiellement les séquestres sur leurs avoirs auprès de la D_ (ci-après : D_).
Les recourants concluent, sous suite de frais et dépens, à l'annulation de ladite décision et à la libération partielle des séquestres afin de permettre le paiement des intérêts hypothécaires échus dus à la D_.
B.
Les faits pertinents suivants ressortent du dossier :
a.
A_ a été prévenu par le Ministère public, le 1
er
février 2018, de banqueroute frauduleuse (art. 163 CP), diminution effective de l'actif au préjudice des créanciers (art. 164 CP), gestion fautive (art. 165 CP), avantages accordés à certains créanciers (art. 167 CP), violation de l'obligation de tenir une comptabilité (art. 166 CP), violation de l'obligation de se tenir à disposition de l'Office des faillites (art. 323 CP) et détournement de retenues sur les salaires (art. 159 CP, art. 87 al. 3 LAVS et art. 76 al. 3 LPP), au préjudice de sa société E_ SA, laquelle était tombée en faillite.
b.
i.
Arrêté provisoirement le 31 mai 2018 et mis en détention le 1
er
juin 2018, A_ a vu sa détention provisoire régulièrement prolongée depuis lors.
ii.
Sa prévention pénale a également été étendue, les 17 juillet, 22 août, 20 septembre et 31 octobre 2018, aux infractions de faux dans les titres (art. 251 CP), obtention frauduleuse d'une constatation fausse (art. 253 CP), fausse communication au Registre du commerce (art. 153 CP) et escroquerie (art. 146 CP).
iii.
Le Tribunal des mesures de contrainte a exposé, dans son ordonnance de prolongation de la détention provisoire de A_ du 27 août 2018, confirmée par la Chambre de céans, que E_ SA n'était probablement que la continuation de F_SA [A_ avait été condamné le 28 mai 2010 par le Tribunal de police de Neuchâtel pour gestion fautive (art. 165 CP), détournement de retenues sur les salaires (art. 87 al. 2 et 88 LAVS) et emploi d'étrangers sans autorisation (art. 23 al. 4 LSEE) dans le cadre de son activité d'administrateur de fait de ladite société, à Neuchâtel] et qu'elle connaissait déjà des difficultés financières. Or, ces prévisions s'étaient avérées exactes, la faillite de E_ SA ayant été prononcée en date du 4 novembre 2015, étant également rappelé le dépôt de la plainte pénale de la masse en faillite de E_ SA en date du 29 mars 2017. Ce nonobstant, A_ semblait poursuivre dans la même voie, étant précisé que la société C_ SA, dont il était l'administrateur unique, faisait l'objet de nombreuses poursuites, lesquelles ne cessaient d'augmenter. Le prévenu était également gérant de la société G_ Sàrl, constituée le 8 septembre 2017, à Fribourg, et active dans le domaine de la construction, dont l'activité ne faisait que débuter et qui ne faisait l'objet en l'état d'aucune poursuite. Il semblait en outre également actif dans la société H_ SA à Fribourg, laquelle faisait l'objet de plusieurs poursuites, ainsi qu'au sein de la société I_ SA, à Fribourg, laquelle était tombée en faillite le 18 août 2017, criblée elle aussi de dettes. Le prévenu semblait ainsi se complaire dans cette situation de multiples poursuites, poursuivant sa
"cavalerie"
de l'endettement, sans égard pour les créanciers. Cette situation d'accumulation de poursuites se reproduisait d'ailleurs à l'identique à titre privé, étant relevé que la situation du prévenu quant à ses (faibles) revenus allégués interpellait (
ACPR/563/2018
du 3 octobre 2018).
iv.
Dans deux autres précédents arrêts, la Chambre de céans a statué qu'il existait des soupçons suffisants que A_ se soit enrichi au détriment de sa société et de ses créanciers, en se rendant coupable notamment d'infractions aux art. 163 et ss CP (
ACPR/48/2018
consid. 4.4 et
ACPR/462/2018
consid. 4.4) et confirmé les séquestres immobilier et bancaire ordonnés.
v.
Une défense d'office a été refusée à A_ par le Ministère public le 20 juillet 2018, décision confirmée par la Chambre de céans par arrêt du 23 août 2018 (
ACPR/464/2018
), lui-même confirmé par le Tribunal fédéral (arrêt
1B_436/2018
du 12 novembre 2018).
c.
Le 31 mai 2018, le Ministère public a, également, ordonné le séquestre des avoirs en compte de A_ et C_ SA auprès de la D_.
Celui-ci a notamment porté sur les relations 1_ et 2_ au nom de C_ SA respectivement au nom de C_ SA et A_.
d.
C_ SA et A_ sont propriétaires d'un immeuble sis sur la commune _ (VD) et au bénéfice d'un prêt hypothécaire de CHF 540'000.- octroyé le 19 janvier 2018 par la D_.
C_ SA est en outre propriétaire d'un immeuble sis sur la commune _ (VD) et au bénéfice d'un prêt hypothécaire de CHF 280'000.- octroyé le 6 avril 2018 par la D_.
e.
En réponse à un courrier du 11 octobre 2018 de la D_ sollicitant la levée partielle des séquestres afin de pouvoir procéder aux paiements de diverses factures, le Ministère public a, le 15 octobre 2018, signifié son refus s'agissant des transactions suivantes : transfert de CHF 5'000.- du compte de C_ SA en faveur du compte personnel de A_; transfert de CHF 6'500.- du compte de C_ SA en faveur du compte joint de C_ SA et A_; paiement d'une provision de CHF 2'500.- en faveur du conseil de A_, Me J_; paiement de CHF 1'779.05 en faveur de l'Etablissement cantonal d'assurance des bâtiments ECAB; paiement de CHF 2'139.30 en faveur de la K_ [Caisse de compensation].
Il en a informé le conseil de A_, Me J_, par courrier du 15 octobre 2018, expliquant qu'au vu des nombreuses poursuites auxquelles C_ SA devait faire face, il ne saurait privilégier certains créanciers au préjudice d'autres. L'instruction avait par ailleurs révélé une situation d'opacité totale quant à la gestion par A_ de ses diverses sociétés, dont C_ SA, de sorte qu'il refusait de lever le séquestre des avoirs de cette société auprès de la D_.
Me J_ a réfuté les arguments du Ministère public et lui a demandé de revoir sa position.
f.
Par lettre du 1
er
novembre 2018 adressée à Me J_, le Ministère public a exposé, en complément de son pli du 15 octobre 2018, que les soupçons initiaux de commission de diverses infractions reprochées à A_ s'étaient renforcés et que de nouvelles infractions avaient même été révélées à l'audience du 31 octobre 2018. Le dommage résultant de ces actes ne cessait donc de croître. Dans ce contexte, une levée de séquestre sur les comptes de C_ SA apparaissait problématique, vu l'existence d'un soupçon d'une confusion entre le patrimoine propre de A_ et celui de ses sociétés ainsi qu'une opacité complète dans leur administration. Les déclarations de L_ à l'audience du 20 septembre 2018 (PP 50'211ss) – qui semblait ignorer par quelle entité exactement gérée par A_ il avait été engagé – de même que la requête de ce dernier tendant au paiement du salaire de ce même employé à partir des avoirs bancaires de C_ SA auprès de la D_ alors qu'il était désormais employé par G_ Sàrl en attestaient. Les démarches de A_ aux fins de paiement de certains créanciers au détriment d'autres, en priorité, interpellaient également, de même que la réalité de certaines factures. Enfin, une défense d'office avait été refusée à A_ au motif qu'il n'était pas indigent. Par conséquent, le séquestre des avoirs de C_ SA et de A_ était maintenu.
Me J_ a à nouveau contesté la position du Ministère public et demandé qu'il la révise.
g.
Par pli du 13 novembre 2018, Me J_ a demandé au Ministère public d'autoriser notamment la D_ à procéder, par le débit des comptes séquestrés, au paiement des amortissements et intérêts hypothécaires des prêts consentis par elle sur les immeubles de _ [VD] (appartenant à C_ SA et A_), soit CHF 5'000.- d'amortissement et CHF 2'698.15 d'intérêts, et _[VD] (appartenant à C_ SA), soit CHF 2'391.- d'intérêts.
h.
Dans sa réponse du 16 novembre 2018, le Ministère public a refusé, renvoyant à ses courriers des 15 octobre 2018 et 1
er
novembre 2018.
i.
Le 29 novembre 2018, la D_ a sollicité du Ministère public de pouvoir prélever les montants de CHF 1'201.- et CHF 1'284.60 par le débit des deux relations bancaires séquestrées 1_ et 2_ pour permettre à C_ SA, respectivement à C_ SA et A_, de s'acquitter des intérêts hypothécaires échus qui lui étaient dus.
C.
Dans sa décision querellée, le Ministère public a refusé de procéder aux paiements requis, renvoyant, s'agissant des raisons de ce refus, à ses courriers des 15 octobre et 1
er
novembre 2018.
D.
a.
À l'appui de leur recours, C_ SA et A_, par l'intermédiaire de leur conseil, Me J_,
reprochent au Ministère public de n'avoir pas motivé sa décision, en violation de l'art. 80 al. 2 CPP, voire de ne pas l'avoir notifiée à C_ SA. Le refus du Ministère public mettait C_ SA dans une
"position inextricable et particulièrement inquiétante"
, celle-ci étant dans l'impossibilité d'honorer ses factures. À défaut de paiement des intérêts hypothécaires échus – dont les montants étaient de surcroît faibles – C_ SA s'exposait à la réalisation forcée de ses biens immobiliers, étant rappelé qu'elle n'était qu'un tiers à la procédure pénale diligentée contre son administrateur. La D_, en sa qualité de créancière gagiste, avait de toute manière un droit préférable sur les autres créanciers, de sorte que l'argument du Ministère public selon lequel il ne voulait pas favoriser certains créanciers au détriment d'autres ne pouvait être retenu. Pour le surplus, la mesure prise était disproportionnée vis-à-vis de C_ SA, tiers saisie, qui ne pouvait plus faire face à ses obligations.
b.
À réception, la cause a été gardée à juger sans échange d'écritures ni débats.

EN DROIT
:
1.
Le recours est recevable pour avoir été déposé selon la forme et dans le délai prescrits – la date de notification de la décision entreprise étant inconnue (art. 385 al. 1 et 396 al. 1 CPP) –, concerner une décision sujette à recours auprès de la Chambre de céans (art. 393 al. 1 let. a CPP) et émaner des titulaires ou ayant droit des relations bancaires séquestrées qui, en leur qualité de prévenu respectivement de tiers saisi (art. 104 al. 1 let. a et 105 al. 1 let. f CPP), ont qualité pour agir, ayant un intérêt juridiquement protégé à la modification ou à l'annulation de la décision querellée (art. 382 al. 1 CPP).![endif]>![if>
2.
La Chambre pénale de recours peut décider d'emblée de traiter sans échange d'écritures ni débats les recours manifestement irrecevables ou mal fondés (art. 390 al. 2 et 5
a contrario
CPP). Tel est le cas en l'occurrence, au vu des considérations qui suivent.![endif]>![if>
3.
Les recourants invoquent tout d'abord une violation de leur droit d'être entendu sous l'angle de la motivation de la décision entreprise.![endif]>![if>
3.1.
La jurisprudence a déduit du droit d'être entendu l'obligation pour le juge de motiver ses décisions, afin que le justiciable puisse les comprendre et exercer ses droits de recours à bon escient. Le juge doit ainsi mentionner, au moins brièvement, les motifs déterminants de fait et de droit, notamment les dispositions légales appliquées qui l'ont guidé et sur lesquels il a fondé sa décision, de manière à ce que l'intéressé puisse se rendre compte de la portée de celle-ci et l'attaquer en connaissance de cause. Il n'a toutefois pas l'obligation d'exposer et de discuter tous les faits, moyens de preuve et griefs invoqués par les parties, mais peut au contraire se limiter à l'examen des questions décisives pour l'issue du litige (ATF
134 I 83
consid. 4.1 p. 88 et les arrêts cités). Cette obligation de motivation est également destinée à permettre à l'instance de recours d'exercer pleinement son contrôle (ATF
8D_1/2010
du 24.01.2011 consid. 2.2; ATF
133 III 439
consid. 3.3; ATF
129 I 232
consid. 3.2).
3.2.
En l'espèce, dans sa décision attaquée, le Ministère public s'est expressément référé, pour expliquer son refus de lever partiellement les séquestres, à ses deux précédents courriers motivés des 15 octobre et 1
er
novembre 2018 adressés au conseil de A_.
Il ressort du recours qu'il les a parfaitement compris et motive celui-ci en contestant la pertinence des arguments du Ministère public.
Il est par ailleurs singulier que ce même conseil reproche au Ministère public de ne pas avoir notifié la décision entreprise à C_ SA alors qu'il était déjà intervenu auprès de lui pour solliciter des levées partielles de séquestre sur les avoirs de C_ SA, respectivement C_ SA et A_, auprès de la D_ et critiquer à chaque fois les refus qui lui étaient opposés, montrant par-là que les intérêts de C_ SA et de A_ se confondent – étant rappelé que Me J_ s'est à présent également constitué pour C_ SA. Cette dernière a eu connaissance de la décision querellée et pu valablement exercer ses droits de recours contre elle.
Les griefs sont ainsi rejetés.
4.
Les recourants reprochent au Ministère public de ne pas avoir levé les séquestres sur leurs comptes aux fins de permettre à la banque de prélever les intérêts hypothécaires qui lui étaient dus.
4.1.
Selon l'art. 197 al. 1 CPP, les mesures de contrainte ne peuvent être prises qu'aux conditions suivantes : elles sont prévues par la loi (let. a), des soupçons suffisants laissent présumer une infraction (let. b), les buts poursuivis ne peuvent pas être atteints par des mesures moins sévères (let. c) et elles apparaissent justifiées au regard de la gravité de l'infraction (let. d).
L'art. 263 al. 1 CPP prévoit que des valeurs patrimoniales appartenant au prévenu ou à des tiers peuvent être mises sous séquestre, notamment, lorsqu'il est probable qu'elles devront être confisquées (let. d). Si le motif du séquestre disparaît, le ministère public ou le tribunal lève la mesure et restitue les objets et valeurs patrimoniales à l'ayant droit (art. 267 al. 1 CPP).
L'art. 70 al. 1 CP autorise le juge à confisquer des valeurs patrimoniales qui sont le résultat d'une infraction, si elles ne doivent pas être restituées au lésé en rétablissement de ses droits.
L'autorité d'instruction peut également, en vertu de l'art. 71 al. 3 CP, placer sous séquestre, en vue de l'exécution d'une créance compensatrice – destinée à remplacer les valeurs patrimoniales à confisquer qui ne sont plus disponibles –, des valeurs patrimoniales sans lien de connexité avec les faits faisant l'objet de l'instruction pénale. Cette mesure se différencie ainsi de celles prévues par les art. 263 al. 1 let. c CPP et 263 al. 1 let. d CsaPP, lesquelles requièrent l'existence d'un tel rapport (ATF
129 II 453
consid. 4.1; arrêt du Tribunal fédéral
6B_914/2009
du 3 novembre 2010 consid. 5.1).
Au début de l'enquête, un soupçon crédible ou un début de preuve de l'existence de l'infraction reprochée suffit à permettre le séquestre, ce qui laisse une grande place à l'appréciation du juge. On exige toutefois que ce soupçon se renforce au cours de l'instruction pour justifier le maintien de la mesure (A. KUHN / Y. JEANNERET (éds),
Commentaire romand : Code de procédure pénale suisse
, Bâle 2011, n. 22 ad art. 263). La réalisation des conditions du séquestre – dont l'existence de soupçons suffisants laissant présumer une infraction (art. 197 al. 1 let. b CPP) – doit donc être régulièrement vérifiée par l'autorité compétente, avec une plus grande rigueur à mesure que l'enquête progresse (ATF
122 IV 91
consid. 4).
Si les conditions de sa mise en œuvre ne sont plus réunies, il doit être levé (art. 267 al. 1 CPP). La personne touchée a ainsi le droit d'en demander la levée lorsqu'un changement des circonstances l'exige ou le justifie (SJ 1990 445 n. 5.3).
Un séquestre est proportionné lorsqu'il porte sur des avoirs dont on peut admettre en particulier qu'ils pourront être vraisemblablement confisqués en application du droit pénal. Tant que l'instruction n'est pas achevée et que subsiste une probabilité de confiscation, de créance compensatrice ou d'une allocation au lésé, la mesure conservatoire doit être maintenue (ATF
142 III 174
consid. 3.2.2 et les arrêts cités) ; l'intégralité des fonds doit demeurer à disposition de la justice aussi longtemps qu'il existe un doute sur la part de ceux-ci qui pourrait provenir d'une activité criminelle (arrêt du Tribunal fédéral
1B_459/2016
du 9 janvier 2017 consid. 2 et les arrêts cités). Les probabilités d'une confiscation, respectivement du prononcé d'une créance compensatrice, doivent cependant se renforcer au cours de l'instruction (ATF 122 IV 91 consid. 4; arrêt du Tribunal fédéral
1B_459/2016
du 9 janvier 2017 consid. 2). Un séquestre peut en effet apparaître disproportionné lorsque la procédure dans laquelle il s'inscrit s'éternise sans motifs suffisants (ATF
132 I 229
consid. 11.6). En outre, pour respecter le principe de proportionnalité, l'étendue du séquestre doit rester en rapport avec le produit de l'infraction poursuivie (ATF
130 II 329
consid. 6; arrêt du Tribunal fédéral
1B_459/2016
du 9 janvier 2017 consid. 2).
4.2.
En l'espèce, les recourants ne reviennent pas sur les motifs du séquestre ordonnés le 31 mai 2018 et les soupçons pesant sur A_ – au demeurant maintes fois confirmés par la Chambre de céans dans ses précédents arrêts.
Dans la mesure où il ne peut être exclu que les avoirs séquestrés soient dévolus à la lésée, soit la masse en faillite de E_ SA, l'on ne voit pas qu'ils puissent servir à payer les intérêts hypothécaires des prêts accordés par la D_ aux recourants, fût-ce à concurrence d'une faible proportion des sommes saisies.
À cet égard, il n'appartient pas au Ministère public de déterminer si la D_ serait un créancier privilégié dans l'éventualité d'une faillite de C_ SA, cette question relevant de la compétence des Offices de poursuites et faillites et des autorités judiciaires civiles compétents. L'argument des recourants selon lequel la D_, en sa qualité de créancier hypothécaire, devrait de toute manière être désintéressée en priorité tombe donc à faux.
C_ SA se méprend ensuite lorsqu'elle allègue n'être qu'un simple tiers, non prévenu, contre lequel le maintien des séquestres serait disproportionné. Il ressort en effet du dossier et plus particulièrement des charges pesant contre A_, son administrateur unique, qu'il existe le soupçon d'une confusion entre le patrimoine propre de celui-ci et celui de ses sociétés ainsi qu'une opacité complète dans leur administration. Les déclarations du témoin L_ en attestent également. Partant, dès lors que les patrimoines du prévenu et de sa société semblent se confondre, on ne voit pas que le séquestre des avoirs au nom de cette entité serait, à ce stade de l'enquête, disproportionné.
Il s'ensuit que le refus de levée partielle des séquestres doit être confirmé.
5.
Les recourants, qui succombent, supporteront les frais envers l'État, qui comprendront un émolument de CHF 1'500.- (art. 428 al. 1 CPP et 13 al. 1 du Règlement fixant le tarif des frais en matière pénale, RTFMP ;
E 4 10.03
).
* * * * *