Decision ID: 846405fe-b0dd-4ccc-93a4-4da27b868789
Year: 2022
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_009
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: penal_law

EN FAIT
:
A.
a.
Par arrêt
AARP/106/2021
rendu le 15 avril 2021, la Chambre pénale d'appel et de révision (CPAR) a partiellement admis l'appel formé par A_ et l'appel joint formé par le Ministère public contre le jugement rendu le 14 décembre 2020 par le Tribunal correctionnel dans la procédure P/6577/2020. ![endif]>![if>
La CPAR l'a reconnu coupable de rupture de ban (art. 291 CP) et d'infraction grave à la loi fédérale sur les stupéfiants (art. 19 al. 1 let. b et al. 2 let. a LStup), a révoqué le sursis octroyé le 16 mars 2020 par le Bezirksgericht Zürich, l'a condamné à une peine privative de liberté d'ensemble de 32 mois, sous déduction de 364 jours de détention avant jugement dans la présente cause et de 203 jours de détention avant jugement dans le cadre de la cause zurichoise, a ordonné son expulsion de Suisse pour une durée de 20 ans, ordonné son maintien en détention pour motifs de sûreté, ordonné diverses confiscations et destructions, l'a condamné aux frais de la procédure de première instance en CHF 10'497.70 et aux 4/5
èmes
des frais de la procédure d'appel en CHF 1'084.-.
b.
Saisi de recours formé par A_, le Tribunal fédéral (TF) l'a partiellement admis par arrêt
6B_624/2021
du 23 mars 2022, lequel concluait, avec suite de frais et dépens, à son acquittement d'infraction de rupture de ban.
Le TF a acquitté A_ du chef de rupture de ban, l'a condamné à une peine privative de liberté d'ensemble de 30 mois, sous déduction des jours de détention avant jugement subis et a condamné le canton de Genève à lui verser CHF 3'000.- à titre de dépens pour la procédure devant le TF, renvoyant la cause à la CPAR pour nouvelle décision sur les frais et dépens de la procédure.
B. a.
Invité à formuler ses observations à la suite de l'arrêt de renvoi du Tribunal fédéral, A_ conclut à ce que l'intégralité des frais de la procédure cantonale soit laissée à la charge de l'Etat, à ce que les indemnités de procédure allouées ne donnent pas lieu à une créance en remboursement de l'Etat et à ce qu'il soit ordonné au Canton de Genève de verser les dépens fixés par le TF auxquels "
s'ajoutent Frs. 323.10 à titre de TVA
".
A_ conclut également
à sa mise en liberté immédiate, subsidiairement son transfert dans un établissement pénitenciaire adapté.
b.
Le MP s'en rapporte à justice.
c.
Il est pour le surplus entièrement renvoyé à l'arrêt
AARP/106/2021
.

EN DROIT
:
1. 1.1.
Un arrêt de renvoi du Tribunal fédéral lie l'autorité cantonale à laquelle la cause est renvoyée, laquelle voit sa cognition limitée par les motifs dudit arrêt, en ce sens qu'elle est liée par ce qui a déjà été définitivement tranché par le Tribunal fédéral (ATF
104 IV 276
consid. 3b et
103 IV 73
consid. 1 ; ATF
131 III 91
consid. 5.2).
L'examen juridique se limite donc aux questions laissées ouvertes par l'arrêt de renvoi, ainsi qu'aux conséquences qui en découlent ou aux problèmes qui leur sont liés (ATF
135 III 334
consid. 2 ; arrêts du Tribunal fédéral
6B_588/2012
du 11 février 2013 consid. 3.1 et
6B_534/2011
du 5 janvier 2012 consid. 1.2).
La motivation de l'arrêt de renvoi détermine dans quelle mesure la cour cantonale est liée à la première décision, décision de renvoi qui fixe aussi bien le cadre du nouvel état de fait que celui de la nouvelle motivation juridique (ATF
135 III 334
consid. 2).
1.2.
Conformément aux considérants de l'arrêt du Tribunal fédéral du 23 mars 2022, la Cour de céans doit ainsi uniquement statuer sur les frais et dépens de la procédure.
2.
2.1.
Selon l'art. 428 al. 1, première phrase, CPP, les frais de la procédure de recours sont mis à la charge des parties dans la mesure où elles ont obtenu gain de cause ou succombé.
Selon l'al. 3, si l'autorité de recours rend elle-même une nouvelle décision, elle se prononce également sur les frais fixés par l'autorité inférieure. Pour déterminer si une partie succombe ou obtient gain de cause, il faut examiner dans quelle mesure ses conclusions sont admises en deuxième instance (arrêt du Tribunal fédéral
6B_369/2018
du 7 février 2019 consid. 4.1 non publié aux ATF
145 IV 90
).
2.2.
En l'espèce, l'appelant bénéficie désormais d'un acquittement définitif s'agissant de la rupture de ban qui lui était reprochée.
Il se justifie dès lors de réduire en proportion les frais de la procédure cantonale ayant mené à l'arrêt du 15 avril 2021, arrêtés à CHF 1'355.-, lesquels seront dès lors mis à sa charge à raison de la moitié, la seule infraction de rupture de ban n'ayant représenté qu'une part limitée de l'appel.
Il en va de même pour les frais de première instance, dont la totalité sera laissée à la charge de l'appelant, sous réserve de l'émolument de jugement, dont la quotité mise à sa charge sera réduite à 4/5
èmes
.
2.3.
La CPAR n'étant au surplus pas l'autorité d'appel du TF, l'appelant sera débouté de ses conclusions tendant à l'octroi de la TVA en lien avec les dépens fixés dans l'arrêt du 23 mars 2022.
3. 3.3.
Liée par l'arrêt de renvoi, la CPAR n'a pas non plus à se prononcer sur la peine fixée définitivement par le TF. L'appelant se trouve ainsi en exécution de peine depuis le prononcé du 23 mars 2022.
La CPAR n'ayant par ailleurs de compétence ni en matière de lieu d'exécution de peine ni en matière d'éventuelle libération conditionnelle, les conclusions prises par l'appelant en relation avec sa détention seront rejetées.
4.
Les frais relatifs à la procédure consécutives à l'arrêt de renvoi du TF seront intégralement laissés à la charge de l'Etat.
* * * * *