Decision ID: 4ece6c69-672c-56fb-9bca-a3a92647afa7
Year: 2020
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_005
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 

EN FAIT
A.
a.
A_ (ci-après : le recourant) est le père de B_ et C_, nés respectivement en _ 2011 et _ 2013, de sa relation hors mariage avec D_.
Les parents vivent séparés depuis octobre 2016.
b.
Par arrêt
ACJC/1314/2019
du 10 septembre 2019, la Cour de justice a notamment condamné le père à contribuer mensuellement à l'entretien de ses enfants, à hauteur de 1'200 fr. pour son fils et de 1'100 fr. pour sa fille, hors allocations familiales.
Le recourant a interjeté recours auprès du Tribunal fédéral contre l'arrêt précité, la procédure étant toujours pendante.
c.
Le _ 2019, le recourant a eu un autre enfant, E_, issu de sa relation avec F_, avec qui il fait ménage commun depuis le mois de juin 2018.
Cette dernière est également la mère de G_, né en _ 2012 d'une précédente union.
d.
La situation financière du ménage du recourant est la suivante :
d.a
Le recourant travaille en qualité de _ auprès de l'Administration fiscale cantonale et perçoit un revenu mensuel net de 6'090 fr., 13
ème
salaire compris.
Jusqu'à la naissance de E_, la compagne du recourant travaillait à 100% en qualité de _ au sein des Hôpitaux universitaires de Genève, pour un revenu mensuel de 5'495 fr., 13ème salaire inclus. Devant l'autorité de première instance, le recourant a allégué, sans preuve à l'appui, que celle-ci a prévu de réduire son taux d'activité à 80% dès sa reprise du travail, courant avril 2020.
Le recourant et sa compagne perçoivent par ailleurs 600 fr. d'allocations familiales par mois pour E_ et G_.
d.b
Le loyer du ménage s'élève à 2'355 fr. par mois, loyer du parking inclus.
En plus de l'entretien de base OP, les charges mensuelles personnelles du recourant comprennent 503 fr. 45 de prime d'assurance-maladie LAMal, 50 fr. d'arriérés d'impôts, 382 fr. 70 d'impôts (selon facture d'acomptes 2020, la première tranche étant payable jusqu'au 10 mars 2020), 400 fr. d'honoraires de Me Anick PIZZI, 70 fr. de frais de déplacement et 2'300 fr. de pensions alimentaires en faveur de B_ et C_.
Les charges personnelles de F_ comprennent 971 fr. 30 d'impôts, 448 fr. 5 de prime d'assurance-maladie LAMal et 150 fr. de frais de véhicule.
d.c
La prime d'assurance-maladie de E_ s'élève à 128 fr. 40 par mois.
Devant le premier juge, le recourant a fait valoir que les frais de crèche de E_, à compter du mois d'avril 2020, pouvaient être estimés à 400 fr. par mois.
Les parents de G_ disposent d'une garde alternée sur celui-ci, de sorte que chacun d'eux assume les frais d'entretien courant de l'enfant lorsqu'il en a la garde. La prime d'assurance-maladie de cet enfant est prise en charge par son père. Les frais de cuisines scolaires de G_ et ses frais de déplacement, acquittés par sa mère, s'élèvent à
125 fr., respectivement 45 fr. par mois.
B.
Le 17 décembre 2019, le recourant a sollicité l'assistance juridique pour agir en modification des pensions alimentaires fixées ci-dessus en faveur de B_ et C_.
C.
Par décision du 14 janvier 2020, notifiée le 22 du même mois, la Vice-présidente du Tribunal de première instance a rejeté la requête précitée. En substance, elle a retenu que le recourant ne remplissait pas la condition d'indigence, les revenus de son ménage dépassant de 1'527 fr. 65 le minimum vital élargi en vigueur à Genève. Le ménage formé par le recourant, sa compagne, G_ et E_ disposait en effet de ressources mensuelles totales de 12'185 fr., comprenant 6'090 fr. de salaire net du recourant, 5'495 fr. de salaire net de F_, 13ème salaires inclus, et 600 fr. d'allocations familiales. Les charges mensuelles admissibles du ménage s'élevaient à 10'657 fr. 35, comprenant 2'355 fr. de loyer, 1'048 fr. 30 de primes d'assurance-maladie LAMal (assurances complémentaires exclues) du recourant, de sa compagne et de leur fils commun, celle de G_ étant prise en charge par le père de celui-ci, 2'300 fr. de contributions à l'entretien de B_ et C_, 125 fr. de frais de cuisine scolaire pour G_, 50 fr. d'arriérés d'impôts du recourant, 382 fr. 70 d'acomptes provisionnels de ce dernier, pris en compte à bien plaire dans la mesure où leur versement ne sera effectif qu'à partir du mois de mars 2020, 971 fr. 30 d'impôts de F_, 115 fr. d'abonnements de bus du recourant et de G_, 150 fr. de frais de véhicule de F_, admissibles en raison de ses horaires irréguliers à l'hôpital, 400 fr. d'arrangement de paiement du recourant relatif à sa dette envers Me Anik PIZZI, 2'300 fr. d'entretien de base OP du foyer, ainsi qu'une majoration de 20% de ce dernier montant, étant précisé que le montant relatif à l'entretien de G_ a été réduit de moitié en raison de la garde partagée entre ses parents.
D.
a.
Recours est formé contre cette décision, par acte expédié le 3 février 2020 à la Présidence de la Cour de justice. Le recourant conclut, avec suite de dépens, à l'annulation de la décision entreprise et à l'octroi de l'assistance juridique pour la procédure envisagée.
Le recourant produit des pièces nouvelles.
b.
La Vice-présidente du Tribunal de première instance a renoncé à formuler des observations.

EN DROIT
1.
1.1.
En tant qu'elle refuse l'assistance juridique, la décision entreprise, rendue en procédure sommaire (art. 119 al. 3 CPC), est sujette à recours auprès de la présidente de la Cour de justice (art. 121 CPC, 21 al. 3 LaCC et 1 al. 3 RAJ), compétence expressément déléguée au vice-président soussigné sur la base des art. 29 al. 5 LOJ et 10 al. 1 du Règlement de la Cour de justice (RSG
E 2 05.47
). Le recours, écrit et motivé, est introduit auprès de l'instance de recours (art. 321 al. 1 CPC) dans un délai de dix jours (art. 321 al. 2 CPC et 11 RAJ).
1.2.
En l'espèce, le recours est recevable pour avoir été interjeté dans le délai utile et en la forme écrite prescrite par la loi.
1.3.
Lorsque la Cour est saisie d'un recours (art. 121 CPC), son pouvoir d'examen est limité à la violation du droit et à la constatation manifestement inexacte des faits (art. 320 CPC, applicable par renvoi de l'art. 8 al. 3 RAJ). Il appartient en particulier au recourant de motiver en droit son recours et de démontrer l'arbitraire des faits retenus par l'instance inférieure (Hohl, Procédure civile, tome II, 2
ème
éd., n. 2513-2515).
2.
Aux termes de l'art. 326 al. 1 CPC, les allégations de faits et les preuves nouvelles sont irrecevables dans le cadre d'un recours.
Par conséquent, les allégués de faits dont le recourant n'a pas fait état en première instance et les pièces nouvelles ne seront pas pris en considération.
3.
3.1.
L'octroi de l'assistance juridique est notamment subordonné à la condition que le requérant soit dans l'indigence (art. 29 al. 3 Cst. et 117 let. a CPC).
Une personne est indigente lorsqu'elle ne peut assurer les frais liés à la défense de ses intérêts sans porter atteinte au minimum nécessaire à son entretien et à celui de sa famille (ATF
141 III 369
consid. 4.1;
128 I 225
consid. 2.5.1).
L'indigence s'apprécie en fonction de l'ensemble des ressources du recourant, dont ses revenus, sa fortune et ses charges, tous les éléments pertinents étant pris en considération (ATF
135 I 221
consid. 5.1;
120 Ia 179
consid. 3a). La situation économique existant au moment du dépôt de la requête est déterminante (ATF
135 I 221
consid. 5.1; arrêt du Tribunal fédéral
4D_19/2016
du 11 avril 2016 consid. 4.1).
Il incombe au requérant d'indiquer de manière complète et d'établir autant que faire se peut ses revenus, sa situation de fortune et ses charges (art. 119 al. 2 CPC et 7 al. 2 RAJ; ATF
135 I 221
consid. 5.1; arrêt du Tribunal fédéral
2C_585/2015
du 30 novembre 2015 consid. 5).
Le devoir d'aider son partenaire de vie, partie à une procédure judiciaire, par le versement d'une avance de frais judiciaires est de nature conjugale, de sorte qu'il ne concerne que les époux, non les concubins. Cependant, le fait de l'existence d'un ménage commun peut être pris en considération dans le calcul des besoins du concubin partie à un procès (ATF
142 III 36
consid. 2.3).
La jurisprudence considère que le concubinage dont sont issus un ou plusieurs enfants communs implique, dans le domaine de l'assistance judiciaire, que les ressources et les charges du concubin requérant soient calculées comme le sont celles d'un conjoint requérant. Pour l'essentiel, les partenaires sont traités de la même manière qu'une communauté familiale. Il y a donc lieu de faire un calcul global prenant en compte les revenus nets des deux concubins, le montant mensuel de base applicable aux époux, ainsi que l'ensemble des charges de la communauté formée par les partenaires (arrêt du Tribunal fédéral
8C_1008/2012
du 24 mai 2013 consid. 3.3.3).
La part des ressources excédant ce qui est nécessaire à la satisfaction des besoins personnels doit être comparée aux frais prévisibles de la procédure pour laquelle l'assistance judiciaire est requise. Celle-ci n'est pas accordée lorsque le solde disponible permet d'amortir les frais judiciaires et d'avocat en une année au plus, pour les procès relativement simples, et en deux ans pour les autres (ATF
141 III 369
consid. 4.1;
135 I 221
consid. 5.1).
3.2.
En l'espèce, le recourant reproche principalement au premier juge d'avoir fait masse des ressources et charges de toutes les personnes faisant ménage commun avec lui pour examiner la question de l'indigence. Selon lui, il ne serait pas justifié de le traiter, avec sa compagne, comme un couple marié, puisque seuls les postes relatifs à l'entretien de base OP, au loyer et à l'entretien de E_ sont partagés par deux, le reste des charges étant assumé par chacun des concubins.
Le grief du recourant est cependant infondé. En effet, dans la mesure où l'intéressé et sa compagne vivent ensemble, avec leur fils commun, ils doivent être traités de la même manière qu'une communauté familiale. C'est donc à juste titre, conformément à la jurisprudence rappelée ci-dessus, que l'autorité de première instance a analysé la condition de l'indigence en tenant compte des revenus nets des deux concubins, y compris les allocations familiales, du montant mensuel OP (comprenant notamment les frais allégués de H_ [prêt garantie de loyer]) applicable aux époux, ainsi que de l'ensemble des charges du ménage. A noter que cette manière de procéder n'a pas pour effet que les allocations familiales destinées à G_ soient utilisées pour couvrir les frais de procédure du recourant, puisque leur montant (300 fr.) ne suffit même pas à couvrir son entretien de base OP (400 fr./2, vu la garde partagée), ses frais de cuisine scolaire (125 fr. par mois), ses frais de déplacement et sa participation aux frais de logement.
Par ailleurs, la charge de loyer liée au parking a bien été prise en compte, contrairement à ce que fait valoir le recourant.
Bien qu'invoquée devant le premier juge, la baisse du taux d'activité de la compagne du recourant ne peut être retenue, puisqu'aucun élément du dossier n'indique que son employeur l'a acceptée. C'est donc à juste titre qu'il a été tenu compte du salaire perçu par l'intéressée pour une activité exercée à temps complet.
Enfin, en tenant compte des frais de crèche allégués (soit 400 fr. par mois) à partir du mois d'avril 2020, lorsque la compagne du recourant aura repris le travail au terme de son congé maternité, cela porterait les charges admissibles du ménage à 11'057 fr. (400 fr. + 10'657 fr. de charges retenues par le premier juge). Le budget du ménage présenterait encore un solde positif de 1'128 fr. (12'185 fr. - 11'057 fr.), de sorte que la condition d'indigence ne serait toujours pas remplie.
Compte tenu de l'ensemble de ce qui précède, le recours, infondé, sera rejeté.
4.
Sauf exceptions non réalisées en l'espèce, il n'est pas perçu de frais judiciaires pour la procédure d'assistance juridique (art. 119 al. 6 CPC). Par ailleurs, il n'y a pas lieu à l'octroi de dépens, vu l'issue du recours, étant relevé que selon la pratique constante de l'autorité de céans, aucune indemnité de dépens n'est allouée en matière d'assistance judiciaire, notamment au vu du caractère simple et non formel de cette procédure. Un recourant peut ainsi agir seul sans l'aide d'un avocat (arrêts publiés
DAAJ/112/2016
du 13 septembre 2016;
DAAJ/34/2013
du 30 avril 2013 consid. 3).
* * * * *