Decision ID: 220ec8b4-d77e-5753-a4a4-6b09be992cc6
Year: 2011
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_007
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 

EN FAIT
A.
a)
A la suite
de réquisitions de poursuite déposées par Mme G_ et Consorts (ci-après les créanciers plaignants) à l'encontre de MM. A_, C_ et W_ (ci-après les débiteurs cités), l’Office des poursuites (ci-après : l’Office) a établi et a notifié à ces derniers, le 10 janvier 2011, 100 commandements de payer par trois tranches de, respectivement, 31, 37 et 32 commandements de payer, pour des montants oscillant entre 30'000 fr. et 12'000'000 fr.
b)
Le 12 janvier 2011, l'Office a adressé aux créanciers plaignants 100 factures d'avance de frais relatifs à ces actes de poursuite, totalisant environ 20'000 fr.
Par courrier du 29 avril 2011, le conseil desdits créanciers a fait savoir à l'Office qu'il paraissait légitime de ne pas facturer une trentaine de déplacements pour chacun de ces débiteurs auxquels le même nombre de commandements de payer avaient été notifiés à la fois.
En conséquence, une facturation forfaitaire paraissait plus indiquée aux créanciers plaignants.
c)
Par réponse du 5 mai 2011, reçue par le conseil de ces derniers le 11 mai 2011, l'Office a refusé une telle facturation forfaitaire en tant qu'elle était contraire à l'art. 16 OELP.
B.
a)
Par acte déposé le 23 mai 2011 au greffe de la présente Autorité de surveillance, les créanciers plaignants ont conclu à l'annulation de cette décision de l'Office du 5 mai 2011 et des 100 factures d'avance de frais de poursuite établies le 12 janvier 2011, considérées comme inopportunes, ainsi qu'à la fixation d'un émolument forfaitaire de notification des commandements de payer visés, l'Office devant en outre être condamné aux frais judiciaires et dépens.
b)
L'octroi de l'effet suspensif à la décision querellée du 5 mai 2011 a en outre été requis par les plaignants.

EN DROIT
1. 1.1.
L'Autorité de céans est compétente pour connaître des plaintes dirigées contre des mesures prises par des organes de l’exécution forcée qui ne sont pas attaquables par la voie judiciaire (art. 17 LP ; art. 125 al. 2 et 126 al. 2 litt. c) LOJ ; art. 6 al. 3, 7 al. 1 et 9 LaLP), par une personne ayant qualité pour agir par cette voie dans les dix jours après celui où elle a eu connaissance de la mesure attaquée (art. 17 al. 2 LP).
En l'espèce, l'acte attaqué est la décision de l'Office prise par courrier adressé le 5 mai 2011 au conseil des plaignants, que ledit conseil a reçu le 11 mai 2011.
2. 2.1.
Sous réserve que la voie judiciaire ne soit pas ouverte pour les contester, la voie de la plainte l’est à l’encontre de mesures individuelles et concrètes ayant une incidence sur la poursuite en cours, qu’elles font avancer en déployant des effets externes aux organes de l’exécution forcée agissant dans l’exercice de la puissance publique (ATF
116 III 91
consid. 1 ; Nicolas Jeandin, Poursuite pour dettes et faillite. La plainte, FJS n° 679, ad III.A, p. 6 ; Franco Lorandi, Betreibungs-rechtliche Beschwerde und Nichtigkeit, Kommentar zu den Artikeln 13-30 SchKG, Bâle-Genève-Munich 2000, ad art. 17 n° 46 ss ; Flavio Cometta, in SchKG I, ad art. 17 n° 18ss ; Kurt Amonn / Fridolin Walther, Grundriss, 7ème éd., 2003, § 6 n° 7ss).
Ainsi, pour être attaquables par la voie de la plainte, lesdites mesures doivent être de nature à créer ou à modifier une situation du droit de l’exécution forcée (Pierre-Robert
Gilliéron
, Commentaire, ad art. 17 n° 9 ss, avec citation des ATF
31 I 219
et ATF
36 I 420
; Walter A.
Stoffel
, Voies d’exécution, § 2 n° 65, avec citation de l’ATF
116 III 91
, cons. 1 ; Carl
Jaeger
/ Hans Ulrich
Walder
/ Thomas M.
Kull
/ Martin
Kottmann
, SchKG, 4
ème
éd., 1997, ad art. 17 n° 18).
2.2.
Dans le cas particulier, l’acte attaqué est un refus de l’Office d'annuler 100 factures d'émoluments adressées aux plaignants par l'Office et de facturer "forfaitairement" auxdits plaignants l'établissement et la notification aux trois débiteurs cités, des 100 commandements de payer correspondants par trois tranches de, respectivement, 31, 37 et 32 actes de poursuites.
Or, ce refus n’est pas, en soi, de nature à créer ou modifier une situation du droit de l’exécution forcée et n’a pas d’incidence sur ces poursuites en cours.
Partant, la présente plainte doit être déclarée irrecevable.
Cela étant, il sera souligné qu'a été valablement dressée par l'Office, dans le cadre des art. 68 al. 1 LP et 16 OELP (Pierre-Robert
Gilliéron
, Commentaire, ad art. 68 n° 24), la facturation aux plaignants des avances des frais correspondant à la rédaction et à la notification aux débiteurs cités de chacun des commandements de payer établis à la requête desdits plaignants.
3.
La présente plainte étant irrecevable, il n'y a pas lieu d'entrer en matière sur l'octroi de l'effet suspensif requis par les plaignants.
4.
Il ne peut être alloué aucun dépens (art. 16 LP; 62 al. 2 OELP).
* * * * *