Decision ID: 3937e6a0-13ae-4f7b-bcd5-d5e00d0220eb
Year: 2020
Language: fr
Court: CH_BSTG
Chamber: CH_BSTG_001
Canton: CH
Region: Federation
Law Area: penal_law

Le juge unique, vu:
- l’arrêt du 5 février 2020 de la Chambre des recours pénale du Tribunal
cantonal du canton de Vaud (ci-après: CREP), admettant les deux recours
déposés par B. le 17 janvier 2020 sous la plume de son défenseur d’office,
Me A. et fixant l’indemnité de ce dernier pour l’activité déployée pour les
procédures de recours à CHF 197.75 (débours et TVA inclus) (act. 1.1),
- le recours du 18 février 2020 interjeté par Me A. à l’encontre de l’arrêt précité
devant la Cour des plaintes du Tribunal pénal fédéral, par lequel il conclut à
la réforme du chiffre IV du dispositif dudit arrêt, en ce sens qu’une indemnité
de défenseur d’office d’un montant de CHF 294.70 (débours et TVA compris)
lui soit allouée pour la procédure de recours (act. 1, p. 5),
- la réponse de la CREP du 28 février 2020, se référant principalement aux
considérants de son arrêt et formulant quelques observations
complémentaires (act. 3),
- la réplique de Me A. du 13 mars 2020 (act. 6),

et considérant:
que selon l’art. 135 al. 3 let. b CPP en relation avec l’art. 37 al. 1 de la loi
fédérale sur l’organisation des autorités pénales de la Confédération (LOAP;
RS 173.71), la Cour des plaintes est compétente pour connaître des recours
formés par le défenseur d’office et dirigés contre la décision d’indemnisation
rendue par l’autorité de recours ou la juridiction d’appel cantonale à son
égard;
que lorsque, comme en l’espèce, le recours porte sur l’indemnité du
défenseur d’office et que la valeur litigieuse n’excède pas CHF 5'000.--, le
juge unique est compétent (art. 395 let. b CPP);
que le recours, déposé dans le délai de dix jours (art. 396 al. 1 et 384 CPP;
HARARI/JAKOB/SANTAMARIA, Commentaire romand, 2e éd. 2019, n° 43 ad
art. 135 CPP), l’a été en temps utile;
que le recourant fait valoir une violation de l’art. 135 al. 1 CPP et une violation
du droit d’être entendu (art. 6 CEDH et 29 al. 2 Cst.), au motif que la réplique
qu’il a déposée le 10 février 2020 n’a pas été prise en compte par la CREP
dès lors qu’elle a rendu son arrêt le 5 février 2020, alors que le Ministère
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public Strada avait déposé sa réponse le 3 février 2020 (act. 1, p. 4);
que selon la jurisprudence du Tribunal fédéral relative au droit d’être
entendu, le justiciable a le droit de prendre connaissance de toute
argumentation présentée au tribunal et de se déterminer à son propos, dans
la mesure où il l’estime nécessaire, que celle-ci contienne ou non de
nouveaux éléments de fait ou de droit, et qu’elle soit ou non concrètement
susceptible d’influer sur le jugement à rendre (ATF 142 III 48 consid. 4.1.1
p. 52);
qu’il appartient par ailleurs aux parties, et non au juge, de décider si une
prise de position ou une pièce nouvellement versée au dossier contient des
éléments déterminants qui appellent des observations de leur part; toute
prise de position ou pièce nouvelle versée au dossier devant dès lors être
communiquée aux parties pour leur permettre de décider si elles veulent ou
non faire usage de leur faculté de se déterminer (ATF 139 I 189 consid. 3.2
p. 192);
que pour que le droit de réplique soit garanti, il faut que le tribunal laisse un
laps de temps suffisant à la partie concernée, entre la remise de la prise de
position ou des pièces nouvelles et le prononcé de sa décision, pour qu’elle
ait la possibilité de déposer des observations si elle l’estime nécessaire à la
défense de ses intérêts (ATF 142 III 48 consid. 4.1.1 p. 54);
qu’à cet égard, le Tribunal fédéral considère qu’un délai inférieur à dix jours
ne suffit pas à garantir l’exercice du droit de répliquer (arrêt du Tribunal
fédéral 6B_1058/2018 du 17 décembre 2018 consid. 1.1 et la jurisprudence
citée);
qu’en l’espèce, en rendant l’arrêt attaqué le 5 février 2020 alors que le
Ministère public Strada a répondu le 3 février 2020, la CREP n’a pas
respecté la jurisprudence impérative du Tribunal fédéral en la matière et
rappelée ci-dessus;
que le recourant était ainsi en droit de déposer une réplique et d’être
indemnisé pour celle-ci, le temps consacré à celle-ci ne paraissant au
demeurant pas disproportionné;
que partant le recours est bien fondé de sorte que le chiffre IV de l’arrêt
attaqué doit être réformé, en tenant compte de la réplique déposé par le
recourant le 10 février 2020 pour sa mandante, et lui allouer partant une
indemnité d’un montant de CHF 294.70 (TVA et débours inclus) pour la
procédure de recours devant la CREP;
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que compte tenu de l’issue du litige, les frais de la présente procédure de
recours sont pris en charge par la caisse de l’Etat (art. 428 al. 4 et 423 al. 1
CPP; Message relatif à l’unification du droit de la procédure pénale du
21 décembre 2005, FF 2006 1057, p. 1312 in initio);
que la partie qui obtient gain de cause a droit à une indemnité pour les
dépenses occasionnées par l’exercice raisonnable de ses droits de
procédure (art. 436 al. 1, applicable par renvoi de l’art. 429 al. 1 let. a CPP);
que selon l’art. 12 du règlement du Tribunal pénal fédéral sur les frais,
émoluments, dépens et indemnités de la procédure pénale fédérale du
31 août 2010 (RFPPF; RS 173.713.162), lorsque, comme en l’espèce,
l’avocat ne fait pas parvenir le décompte de ses prestations avec son unique
ou sa dernière écriture, le montant des honoraires est fixé selon
l’appréciation de la Cour;
qu’en l’occurrence, une indemnité d’un montant de CHF 250.-- (TVA incluse)
paraît équitable et sera mise à la charge de l’autorité intimée.
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