Decision ID: 5b496679-bde8-452f-a24f-7b9fdeb6777c
Year: 2022
Language: fr
Court: VD_TC
Chamber: VD_TC_031
Canton: VD
Region: Région lémanique
Law Area: public_law

Vu les faits suivants:
A.
Le 7 septembre 2016, la Municipalité de Château-d'Oex (ci-après: la municipalité) a octroyé à D._ et C._ le permis de construire sur la parcelle n° 738 (nouveau bâtiment) un garage-dépôt enterré de 275 m
2
ainsi qu'un garage enterré de 40 m
2
annexé au chalet d'habitation existant. A la suite d'une modification du projet de garage-dépôt, un permis de construire complémentaire a été délivré sans enquête publique le 17 novembre 2016.
Le 31 mai 2018, A._ et B._, qui occupent le chalet sis en face du garage-dépôt, de l'autre côté de la route, se sont plaints auprès de la Municipalité des nuisances provenant de cette installation. Le 16 mai 2019, ils ont formellement requis que ce qu'ils tenaient pour un changement d'affectation soit mis à l'enquête publique. Le 24 juin 2019, la Municipalité leur a répondu qu'une enquête publique pour un changement d'affectation ne se justifiait pas.
B.
A._ et B._ ont recouru contre la décision municipale du 24 juin 2019 auprès de la Cour de droit administratif et public du Tribunal cantonal (CDAP). Le 18 novembre 2020, le Tribunal cantonal a rendu un arrêt dont le dispositif était le suivant:
I.
Le recours est partiellement admis.
II.
La décision de la Municipalité de Château-d'Oex du 24 juin 2019 est réformée en ce sens qu'ordre est donné aux propriétaires de la parcelle n° 738 de déposer une demande de permis de construire complémentaire pour la station de lavage (intérieure et extérieure) non couverte par les permis de construire antérieurs.
La décision est confirmée pour le surplus.
III.
Un émolument judiciaire de 1'000 (mille) francs est mis à la charge de A._ et B._
, débiteurs solidaires
.
IV.
Un émolument judiciaire de 1'000 (mille) francs est mis à la charge de D._
et C._, débiteurs solidaires
.
V.
Les
dépens sont compensés.
C.
A._ et B._ ont recouru contre l'arrêt cantonal du 18 novembre 2020 auprès du Tribunal fédéral.
Par arrêt du 3 décembre 2021 (1C_2/2021), le Tribunal fédéral a admis le recours. Il a confirmé l'arrêt cantonal en tant qu'il réformait la décision municipale du 24 juin 2019 en ce sens qu'ordre est donné aux propriétaires de la parcelle n° 738 de déposer une demande de permis de construire complémentaire pour la station de lavage (intérieure et extérieure) non couverte par les permis de construire antérieurs. Pour le surplus, il a annulé cet arrêt, renvoyé la cause à la municipalité pour qu'elle procède dans le sens des considérants et renvoyé la cause à la Cour de droit administratif et public du Tribunal cantonal pour qu'elle statue à nouveau sur le sort des frais et dépens de la procédure cantonale.
D.
La faculté a été donnée aux parties de se déterminer sur la question des frais et dépens cantonaux à la suite de l'arrêt du Tribunal fédéral. La municipalité a notamment indiqué qu'elle acceptait de prendre en charge un montant de 1000 fr. à faire valoir sur les différents frais qui pourraient être mis à la charge des époux Testa.

Considérant en droit:
1.
L'affaire étant renvoyée sur le fond à l'autorité administrative de première instance, soit la Municipalité de Château-d'Oex, seule reste à trancher la question de la répartition des frais et dépens pour la procédure devant le Tribunal cantonal.
2.
a) Selon la loi vaudoise du 28 octobre 2008 sur la procédure administrative (LPA-VD; BLV 173.36), en procédure de recours, les frais sont supportés par la partie qui succombe (art. 49 al. 1 LPA-VD). Des frais de procédure ne peuvent pas être exigés de la Confédération et de l'Etat (art. 52 al. 1 LPA-VD). En procédure de recours, l'autorité alloue une indemnité à la partie qui obtient totalement ou partiellement gain de cause, en remboursement des frais qu'elle a engagés pour défendre ses intérêts (art. 55 al. 1 LPA-VD). Cette indemnité est mise à la charge de la partie qui succombe (art. 55 al. 2 LPA-VD).
3.
Il ressort du chiffre 1 du dispositif de l'arrêt du Tribunal fédéral du 3 décembre 2021 que, pour l'essentiel, le permis de construire est annulé. La municipalité et les constructeurs D._ et C._ doivent par conséquent être considérés comme les parties qui succombent au sens des art. 49 al. 1 LPA-VD et 55 al. 2 LPA-VD.
Selon la jurisprudence du Tribunal cantonal, lorsque la
procédure
met en présence, outre le recourant et l'autorité intimée, une ou plusieurs autres parties dont les intérêts sont opposés à ceux du recourant, c'est en principe à la partie déboutée, à l'exclusion de la collectivité publique dont la décision est annulée ou modifiée, de supporter les frais et les dépens (cf. notamment CDAP AC.2020.0119 du 3 mars 2021 consid. 9). Les constructeurs D._ et C._ supporteront par conséquent les frais de la cause. Ils devraient en outre verser des dépens aux recourants, qui ont procédé par l'intermédiaire d'un mandataire professionnel. Toutefois, dès lors que la Municipalité s'est dite prête à prendre en charge un montant de 1'000 fr., les dépens seront partagés entre les constructeurs et la Commune de Château-d'Oex.
4.
Il n'y a pas lieu de percevoir des frais, ni d'allouer des dépens pour le présent arrêt (art. 50 et 55 LPA-VD).