Decision ID: 3871d5a2-04dd-547d-804c-705b99044799
Year: 2019
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_013
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: public_law

EN FAIT
1) Par jugement du 3 décembre 2018, le Tribunal administratif de première instance (ci-après : TAPI) a admis le recours interjeté par Monsieur A_ contre les décisions sur réclamation prises le 23 avril 2018 par l'administration fiscale cantonale (ci-après : AFC-GE) relatives à la taxation 2015 en matière d'impôt fédéral direct (ci-après : IFD) et d'impôts cantonaux et communaux (ci-après : ICC).
La contestation portait sur la déduction au titre d'intérêts passifs d'une indemnité versée par le contribuable à un établissement bancaire pour rupture anticipée d'un contrat de prêt hypothécaire. L'AFC-GE avait refusé, à tort, dite déduction. Le dossier lui était renvoyé pour établir de nouveaux bordereaux de taxation tenant compte de cette dernière.
2) Le 21 décembre 2018, l'AFC-GE a recouru auprès de la chambre administrative de la Cour de justice (ci-après : chambre administrative) contre le jugement susmentionné, concluant à son annulation et à la confirmation des décisions sur réclamation du 23 avril 2018 refusant la déduction en cause.
3) Le 8 janvier 2019, le TAPI a transmis son dossier, sans observations.
4) Le 22 janvier 2019, l'AFC-GE a informé la chambre de céans qu'elle retirait son recours. Dès que les bordereaux rectificatifs auraient été édités, copie de la lettre adressée au contribuable serait transmise à la juridiction saisie.
5) Le 24 janvier 2019, le contribuable, répondant à l'argumentation de l'autorité, a conclu au rejet du recours, avec suite de frais et dépens.
6) Le 26 février 2019, l'AFC-GE a transmis à la chambre administrative copie des nouveaux bordereaux de taxation IFD et ICC 2015 adressés au contribuable, faisant suite au jugement du TAPI susmentionné.
7) En réponse à la demande de la chambre administrative du 1
er
mars 2019, le contribuable a conclu, le 5 mars 2019, à ce que ses frais de mandataire, en CHF 5'102,80, soient intégralement mis à la charge de l'AFC-GE, dès lors que celle-ci lui avait finalement donné raison.
8) Le 8 mars 2019, les parties ont été informées que la cause était gardée à juger.

EN DROIT
1) Interjeté en temps utile devant la juridiction compétente, le recours est recevable (art. 132 de la loi sur l'organisation judiciaire du 26 septembre 2010 - LOJ -
E 2 05
; art. 62 al. 1 let. a de la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 1985 - LPA -
E 5 10
).
2) Selon l'art. 89 al. 1 LPA, le retrait du recours met fin à la procédure, sous réserve d'exceptions non réalisées en l'espèce. La cause sera ainsi rayée du rôle.
3) La juridiction administrative fixe les frais de procédure, émoluments et indemnités (art. 89 al. 3 LPA). Elle peut, sur requête, allouer à la partie ayant eu entièrement ou partiellement gain de cause une indemnité pour les frais indispensables causés par le recours (art. 87 al. 2 LPA).
4) a. Les frais de procédure, indemnités et émoluments sont fixés dans les limites établies par règlement du Conseil d'État et conformément au principe de la proportionnalité (art. 87 al. 1 et 3 LPA ;
ATA/581/2009
du 10 novembre 2009 et les références citées).
L'art. 6 du règlement sur les frais, émoluments et indemnités en procédure administrative du 30 juillet 1986 (RFPA -
E 5 10.03
), intitulé « indemnité », prévoit que la juridiction peut allouer à une partie, pour les frais indispensables occasionnés par la procédure, y compris les honoraires éventuels d'un mandataire, une indemnité de CHF 200.- à CHF 10'000.-.
b. La juridiction saisie dispose d'un large pouvoir d'appréciation également quant à la quotité de l'indemnité allouée et, de jurisprudence constante, celle-ci ne constitue qu'une participation aux honoraires d'avocat (
ATA/334/2018
du 10 avril 2018 ;
ATA/1484/2017
du 14 novembre 2017), ce qui résulte aussi, implicitement, de l'art. 6 RFPA dès lors que ce dernier plafonne l'indemnité à CHF 10'000.-.
Selon la jurisprudence du Tribunal fédéral, les décisions des tribunaux en matière de frais et dépens n'ont pas à être motivées, l'autorité restant néanmoins liée par le principe général de l'interdiction de l'arbitraire (ATF
114 Ia 332
consid. 2b ;
111 Ia 1
;
111 V 48
consid. 4a).
5) a. La fixation des dépens implique une appréciation consciencieuse des critères qui découlent de l'esprit et du but de la réglementation légale (ATF
107 Ia 202
consid. 3 ; arrêts du Tribunal fédéral
1C_435/2015
du 17 septembre 2015 consid. 3 ;
1P.63/2005
du 22 mars 2005 consid. 3).
b. En l'espèce, il est indéniable que, au vu de ses conclusions, l'intimé a obtenu entièrement gain de cause par le retrait pur et simple du recours de l'autorité fiscale. Il a été représenté par un mandataire professionnellement qualifié, qui a produit des écritures responsives.
Au vu du travail engendré pour l'intimé par le recours de l'AFC-GE, du fait que celui-ci a permis de mettre fin à la procédure avant qu'intervienne un arrêt au fond, et de la jurisprudence précitée, l'indemnité de procédure sera fixée à CHF 1'000.-, à la charge de l'État de Genève.
6) Aucun émolument ne sera perçu (art. 87 al. 1 LPA). Une indemnité de procédure de CHF 1'000.- sera allouée au recourant, à la charge de l'État de Genève (art. 87 al. 2 LPA).
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