Decision ID: d2832a4a-ba40-51c9-80b7-2db2df3854b2
Year: 2017
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_006
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 

EN FAIT
A.
a)
Par acte expédié au greffe de la Cour le lundi 9 janvier 2017, A_ recourt contre l'ordonnance
DTAE/6087/2016
du 21 décembre 2016, reçue par elle, en son domicile élu, le 29 décembre 2016.
Aux termes de cette ordonnance, statuant sur mesures provisionnelles, le Tribunal de protection de l'adulte et de l'enfant (ci-après : le Tribunal de protection) a maintenu l'interdiction faite à A_ d'emmener, hors de Suisse, les mineures F_ et G_, et étendu ladite mesure aux mineurs H_ et I_ (ch. 1 du dispositif), dit que cette interdiction valait également si les enfants étaient supposés quitter seuls le territoire suisse à la seule initiative de leur mère (ch. 2), maintenu l'interdiction faite à A_ de modifier le lieu de résidence des mineurs H_, I_, F_ et G_ (ch. 3), ordonné le dépôt immédiat des documents d'identité des mineurs (cartes d'identité, passeports, permis d'établissement) en mains du Service de protection des mineurs, et ce, dans un délai de trois jours à compter de la notification de la décision (ch. 4), ordonné le maintien de l'inscription des mineurs dans le système de recherches informatisées de police (RIPOL) (ch. 5), ordonné à A_ de mettre en place un suivi psychothérapeutique adéquat pour le mineur I_ (ch. 6), dit que la décision était prise sous la menace de la peine de l'art. 292 CPS (ch. 7), ordonné que B_ soit représenté par un avocat dans la procédure et désigné Me Igor ZACHARIA en cette qualité (ch. 8), débouté les parties de toutes autres conclusions et rappelé que la décision était immédiatement exécutoire (ch. 9 et 10).
A_ conclut à l'annulation des chiffres 1 à 7, 9 et 10 du dispositif et reprend ses conclusions tendant, sur mesures provisionnelles, à l'attribution à elle-même de l'autorité parentale et de la garde exclusive des enfants H_, I_, F_ et G_, à la levée de l'interdiction de modifier le lieu de résidence des enfants, à la levée de l'interdiction de les emmener hors de Suisse, à ce que la Cour ordonne à B_ d'entreprendre ou de poursuivre un suivi psychiatrique régulier, avec compte rendu hebdomadaire à l'attention de A_, du Service de protection des mineurs et de la curatrice des enfants, au déboutement de tout opposant de toute autre conclusion et à la condamnation de B_ aux frais et dépens de son recours.
b)
La requête d'octroi, respectivement de restitution de l'effet suspensif du recours formée par A_ a été rejetée par décision de la Chambre de surveillance DAS/_/2017 du 17 janvier 2017.
c)
Le Tribunal de protection renonce à se prononcer sur le recours contre l'ordonnance querellée.
d)
Le Service de protection des mineurs conclut au rejet du recours, indiquant que A_ avait jusqu'ici peu tenu compte des décisions de justice alors que celles-ci avaient été prononcées dans l'intérêt des enfants, tant au niveau de leurs relations avec leur famille paternelle qu'au niveau de leur développement au regard des mesures prises par l'école face à leurs difficultés.
e)
Maître Anne REISER, curatrice de représentation des enfants mineurs H_, I_, F_ et G_, conclut au rejet du recours.
f
)
B_ conclut à la confirmation de l'ordonnance querellée et au déboutement de A_ de toutes ses conclusions.
Les éléments suivants résultent du dossier.
B. a)
A_, ressortissante lettone, et B_, ressortissant du Niger, sont les parents non mariés de quatre enfants mineurs reconnus par leur père, à savoir les jumeaux H_ et I_, nés le _ 2009, et les filles F_, née le _ 2011, et G_, née le _ 2013.
B_ souffre de troubles psychiques. Ayant agressé physiquement différentes personnes, dont son ancien avocat, il fait actuellement l'objet d'une procédure pénale ayant conduit à sa détention préventive et à l'ordonnance d'une expertise psychiatrique. Il est présentement en rupture avec sa famille.
Sa relation avec A_ est conflictuelle.
b)
Les enfants vivent une situation instable et les aînés rencontrent des difficultés scolaires alors que toute la fratrie bénéficie, depuis mai 2015, de mesures de protection sous forme d'une assistance éducative et d'une surveillance du droit de visite de leur père et, depuis janvier 2016, d'une curatelle de représentation dans la présente procédure de protection qui continue au fond par devant le Tribunal de protection, essentiellement sur des questions d'autorité parentale, de garde et de relations personnelles.
c)
Les modalités du droit de visite de B_, telles qu'arrêtées par les décisions judiciaires provisionnelles et concrétisées avec l'aide des avocats des parents, n'ont pas toujours été respectées. A_ ayant évoqué la possibilité de quitter définitivement la Suisse avec ses enfants, le Tribunal de protection lui a notamment interdit, par ordonnance sur mesures superprovisionnelles du 22 décembre 2015, d'emmener ses enfants hors de Suisse, et a ordonné le dépôt des documents d'identité des enfants en mains du Service de protection des mineurs.
d)
Par ordonnance sur mesures provisionnelles du 29 juin 2016, le Tribunal de protection a réglé le droit de visite pendant les vacances d'été 2016 dans le sens d'une visite des enfants chez leur père du 6 au 27 août 2016, et il a levé l'interdiction d'emmener les enfants hors de Suisse, de même que le dépôt de leurs papiers d'identité.
e)
A_ n'a toutefois pas remis ses enfants à leur père à la date arrêtée par le Tribunal de protection et a choisi, sans l'accord du père, de leur faire passer un long séjour en Lettonie chez leurs grands-parents, avec un début de scolarité lettone pour les deux plus âgés d'entre eux.
Ainsi, depuis un incident violent entre leurs parents en mai 2016, les enfants n'ont plus revu leur père.
f)
Par ordonnance sur mesures superprovisionnelles du 15 septembre 2016, le Tribunal de protection a notamment interdit à A_ d'emmener hors de Suisse ses deux filles mineures qui étaient alors de retour à Genève, dit que cette interdiction valait également si les enfants étaient supposées quitter seules le territoire suisse à la seule initiative de leur mère, interdit à A_ de modifier le lieu de résidence de ses enfants mineurs H_, I_, F_ et G_, ordonné le dépôt immédiat des documents d'identité de ces mineurs (cartes d'identité, passeports, permis d'établissement) en mains du Service de protection des mineurs, dans un délai de trois jours à compter de la notification de la décision, et ordonné l'inscription de ces mineurs dans le système de recherches informatisées de police (RIPOL).
g)
N'ayant réintégré leur école genevoise que le 3 octobre 2016, le retour des jumeaux H_ et I_ a été difficile. Ils semblaient perdus malgré le fait que leur cadre scolaire genevois était similaire à celui du mois de juin 2016 (mêmes enseignants et camarades). Par ailleurs, le suivi psychothérapeutique préconisé en faveur de I_ n'avait pas été mis en place par A_.
h)
Le 14 novembre 2016, A_ a requis du Tribunal de protection l'autorisation d'effectuer pendant les fêtes de fin d'année un voyage en Lettonie, sans mentionner le fait que ce séjour entraînerait l'absence des enfants pendant la première semaine de la rentrée scolaire de janvier 2017.
i)
Le 21 novembre 2016, le Service de protection des mineurs a transmis au Tribunal de protection la décision de l'école des jumeaux, refusant un congé exceptionnel pour prolonger d'une semaine les vacances de fin d'année. Ledit Service n'était pas opposé au déplacement des mineurs en Lettonie, à condition que leur retour soit garanti pour la rentrée du 9 janvier 2017.
j)
Dans ses observations du 25 novembre 2016, Me Anne REISER, curatrice de représentation des enfants, a conclu notamment à la confirmation du refus de dispense scolaire, à la limitation de l'exercice de la garde de A_ au territoire suisse et à la saisie des documents d'identité des mineurs.
k)
Dans ses observations finales du même jour, A_ a sollicité la levée de l'interdiction de quitter le territoire avec ses filles et de modifier le lieu de résidence de ses quatre enfants.
l)
Dans ses observations complémentaires du 16 décembre 2016, Me Anne REISER a maintenu son opposition à la levée des interdictions d'emmener les enfants hors du territoire suisse et de modifier leur lieu de résidence.
C.
En date du 21 décembre 2016, le Tribunal de protection a rendu l'ordonnance querellée.

EN DROIT
1.
1.1
Les dispositions de la procédure devant l'autorité de protection de l'adulte sont applicables par analogie aux mesures de protection de l'enfant (art. 314 al. 1 CC).
1.2
Les décisions de l'autorité de protection relatives à des mesures provisionnelles peuvent faire l'objet d'un recours dans les dix jours à compter de leur notification (art. 445 al. 3 CC) auprès de la Chambre de surveillance de la Cour de justice (art. 53 al. 1 LaCC).
Les dispositions générales des art. 1 à 196 CPC sont applicables à titre subsidiaire en matière de procédure de protection (art. 31 al. 1 let. d LaCC,
E 1 05
), à l'exception notable de l'art. 145 CPC, concernant la suspension des délais (art. 31 al. 2 let. e LaCC).
1.3