Decision ID: 8c41cc9f-e91b-4973-bf74-8cb96bb1561f
Year: 2017
Language: fr
Court: CH_BSTG
Chamber: CH_BSTG_001
Canton: CH
Region: Federation
Law Area: penal_law

Faits:
A. En date du 4 août 2014, le Ministère public de la Confédération (ci-après:
MPC) a ouvert une procédure préliminaire à l’encontre de B. pour soupçons
de blanchiment d’argent (art. 305bis CP). La démarche du MPC repose sur
plusieurs communications du Bureau de communication en matière de blan-
chiment d’argent (ci-après: MROS) ainsi que sur plusieurs plaintes pénales.
En substance, B. est soupçonné d’avoir commis sur sol helvétique des actes
de blanchiment qui pourraient être liés avec les pertes de plusieurs milliards
d’euros subies par la société mère du groupe C., la holding luxembourgeoise
D. SA et sa filiale E. SA, également sise au Luxembourg. Il ressorti de l’ins-
truction qu’au cours des années 2008 à 2014, le groupe C. aurait accumulé
des pertes régulièrement compensées par l’émission constante et toujours
croissante de dettes à travers ses sociétés, en premier lieu D. SA et E. SA,
qui auraient été placées auprès des clients de la banque F., actuellement en
liquidation. L’absence de comptabilité consolidée et auditée, associée à des
manipulations comptables, auraient permis de masquer le niveau d’endette-
ment et de surendettement du groupe, respectivement des sociétés concer-
nées, et le fait que les anciennes créances auraient été remboursées au
moyen de nouvelles émissions de dettes (v. act. 1.1, p. 4).
B. En date du 24 février 2017, le MPC a ordonné le séquestre des avoirs dépo-
sés au nom de la société A. SA sur les relations d’affaires n. 1 et n. 2 ouvertes
auprès de banque F. en liquidation, à Lausanne (v. act. 1.1). L'autorité de
poursuite soupçonne que des valeurs patrimoniales liées aux faits susmen-
tionnés puissent avoir été versées sur les comptes bancaires de A. SA
(v. act. 1.1, p. 5). L’ordonnance en question a été assortie d’une interdiction
de communiquer valable jusqu’au 30 juin 2017 (v. act. 1.1, p. 3).
Le 21 avril 2017 le MPC a informé A. SA des séquestres ordonnés le 24 fé-
vrier 2017 (v. act. 1.2).
C. Par acte du 4 mai 2017, A. SA a recouru devant le Tribunal pénal fédéral et
conclu, principalement, à l'annulation de la décision susmentionnée et à la
levée des séquestres frappant ses comptes; subsidiairement, à l'annulation
de la décision susmentionnée et au renvoi de la cause au MPC pour nouvelle
décision (act. 1, p. 7). Elle requiert que l’effet suspensif soit accordé à son
recours (v. act. 1, p. 6).
Invité à répondre, le MPC a, par acte du 18 mai 2017, conclu, préalablement,
au rejet de la requête d’effet suspensif et, principalement, au rejet du recours
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(act. 4). Appelé à répliquer, la recourante, par écriture du 1er juin 2017, a
communiqué d’y renoncer, tout en confirmant les termes de son recours
(v. act. 7).
Les arguments et moyens de preuve invoqués par les parties seront repris,
si nécessaire, dans les considérants en droit.

La Cour considère en droit:
1.
1.1 Les décisions du MPC peuvent faire l’objet d’un recours devant la Cour de
céans (art. 393 al. 1 let. a CPP et 37 al. 1 de la loi sur l'organisation des
autorités pénales de la Confédération [LOAP; RS 173.71] en lien avec
l’art. 19 al. 1 du règlement sur l’organisation du Tribunal pénal fédéral
[ROTPF; RS 173.713.161]). Toute partie qui a un intérêt juridiquement pro-
tégé à l’annulation ou à la modification d’une décision a qualité pour recourir
contre celle-ci (art. 382 al. 1 CPP).
1.2 S’agissant d’une mesure de séquestre d’un compte bancaire, seul le titulaire
du compte remplit en principe cette condition, à l’exclusion de l’ayant droit
économique, lequel n’est qu’indirectement touché par la mesure de saisie
(arrêt du Tribunal fédéral 1B_94/2012 du 2 avril 2012, consid. 2.1 in fine;
décision du Tribunal pénal fédéral BB.2011.10-11 du 18 mai 2011, con-
sid. 1.5 et les références citées). En l'espèce, la société recourante est la
titulaire des deux relations bancaires visées par les mesures ici entreprises.
Elle dispose ainsi d'un intérêt juridiquement protégé à l'annulation de ces
dernières.
1.3 Le recours contre les décisions notifiées par écrit ou oralement est motivé et
adressé par écrit, dans un délai de dix jours, à l’autorité de recours (art. 396
al. 1 CPP). Aux termes de l’art. 393 al. 2 CPP, le recours peut être formé
pour violation du droit, y compris l’excès et l’abus du pouvoir d’appréciation,
le déni de justice et le retard injustifié (let. a), la constatation incomplète ou
erronée des faits (let. b) ou l’inopportunité (let. c). Ces conditions étant rem-
plies en l’espèce, le recours est recevable.
2. Du point de vue formel, la recourante se plaint d'abord de la violation de son
droit d'être entendue et ce sous l'angle du droit à une décision motivée. Elle
fait valoir à cet égard que l'autorité n’a absolument pas explicité le lien entre
elle et les faits objet de l’enquête (v. act. 1, p. 3 et s).
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2.1 Il découle notamment du droit d’être entendu, garanti par l’art. 29 al. 2 Cst.,
l’obligation pour l’autorité d’indiquer dans son prononcé les motifs qui la con-
duisent à sa décision (arrêt du Tribunal fédéral 1A.95/2002 du 16 juillet 2002,
consid. 3.1). Cette garantie tend à donner à la personne touchée les moyens
d’apprécier la portée du prononcé et de le contester efficacement, s’il y a
lieu, devant une instance supérieure (arrêt du Tribunal 1A.58/2006 du
12 avril 2006, consid. 2.2). L’objet et la précision des indications à fournir
dépendent de la nature de l’affaire et des circonstances particulières du cas;
néanmoins, en règle générale, il suffit que l’autorité mentionne au moins briè-
vement les motifs qui l’ont guidée, sans qu’elle soit tenue de discuter de ma-
nière détaillée tous les arguments soulevés par les parties (ATF 112 Ia 107
consid. 2b; v. aussi ATF 126 I 97 consid. 2b; 125 II 369 consid. 2c; 124 II
146 consid. 2a); l’autorité n’est pas davantage astreinte à statuer séparé-
ment sur chacune des conclusions qui lui sont présentées (arrêt du Tribunal
fédéral 1A.95/2002 du 16 juillet 2002, consid. 3.1). Elle peut se limiter à l’exa-
men des questions décisives pour l’issue du litige; il suffit que le justiciable
puisse apprécier correctement la portée de la décision et l’attaquer à bon
escient (ATF 126 I 15 consid. 2a/aa; 125 II 369 consid. 2c; 124 II 146 con-
sid. 2a; 124 V 180 consid. 1a et les arrêts cités).
2.2 En l'espèce, l'acte attaqué ne contient pas la motivation minimale que le jus-
ticiable est en droit d'attendre. Mis à part le contexte général lié aux infrac-
tions préalables présumées (v. act. 1.1, p. 4 ch. 2 et 3; supra Faits lett. A),
l'autorité intimée, en ce qui concerne la recourante, s'est contentée d’affirmer
que ses comptes pourraient avoir reçu des valeurs patrimoniales présumées
d’origine criminelle «car pouvant être issues des procédés illicites mis en
œuvre par les membres du groupe C.» (v. act. 1.1, p. 5). Elle n’a fourni au-
cune explication sur le lien entre les infractions préalables présumées et les
comptes bancaires de la recourante. Ainsi, le moyen tiré du défaut de moti-
vation de l’ordonnance querellée doit-il être admis. Cela étant, l'insuffisance
de motivation peut toutefois se guérir devant l'autorité supérieure lorsque
l'autorité intimée justifie sa décision et l'explique dans son mémoire de ré-
ponse, que la partie recourante a la possibilité de présenter un mémoire
complémentaire pour prendre position sur les motifs contenus dans la ré-
ponse de l'autorité intimée et qu'il n'en résulte aucun préjudice pour la recou-
rante (v. ATF 125 I 209 consid. 9a et les arrêts cités; décision du Tribunal
pénal fédéral BB.2012.192 du 25 avril 2013, consid. 2.5 et arrêt du Tribunal
pénal fédéral BB.2010.22 du 26 juillet 2010, consid. 2). Dès lors que le MPC
a, en procédure de recours, adressé une prise de position explicitant les mo-
tifs fondant, à son sens, la décision entreprise (v. act. 4), et au vu de
l'échange d'écritures intervenu devant la Cour de céans – qui dispose du
même pouvoir d'examen que l'autorité inférieure (art. 393 al. 2 CPP) –, force
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est de retenir que la recourante a eu la possibilité de s'exprimer librement en
invoquant l'ensemble de ses arguments. Le vice a par conséquent été guéri
dans le cadre de la présente procédure. Il sera néanmoins tenu compte de
la violation ici constatée dans le cadre de la fixation des frais de justice (v. in-
fra consid. 5).
3. La recourante estime que les séquestres prononcés par le MPC en date du
24 février 2017 l'ont été à l'encontre des règles et principes applicables en la
matière. Plus particulièrement, il serait incompréhensible que l’autorité d’en-
quête puisse envisager que les valeurs patrimoniales déposées en Suisse
sur ses relations bancaires puissent avoir une origine criminelle. Tant le prin-
cipe que les montants en cause ne seraient pas expliqués (v. act. 1, p. 5).
3.1 Le séquestre prévu par l’art. 263 CPP est une mesure provisoire (conserva-
toire) qui permet la saisie de moyens de preuve, respectivement d'objets ou
de valeurs qui pourraient faire l’objet d’une confiscation en application du
droit pénal fédéral (arrêt du Tribunal fédéral 1S.2/2004 du 6 août 2004, con-
sid. 2.2). Il faut que des indices suffisants permettent de suspecter que les
valeurs patrimoniales ont servi à commettre une infraction ou en sont le pro-
duit, que les infractions aient été commises par leur détenteur ou par un tiers
(art. 197 CPP; arrêt du Tribunal pénal fédéral BB.2005.42 du 14 septembre
2005, consid. 2.1; HEIMGARTNER, Strafprozessuale Beschlagnahme, Zurich
2011, p. 125 ss). Pour que le maintien du séquestre pendant une période
prolongée se justifie, il importe que ces présomptions se renforcent en cours
d’enquête et que l’existence d’un lien de causalité adéquat entre les valeurs
saisies et les actes délictueux puisse être considérée comme hautement
vraisemblable (ATF 122 IV 91 consid. 4 p. 95; SCHMID, Schweizerische Straf-
prozessordnung, Praxiskommentar, 2e éd. 2013, n° 5 ad art. 263; LEMBO/JU-
LEN BERTHOD, in Commentaire romand CPP, Bâle 2011, n° 26 ad art. 263).
La mesure doit par ailleurs, à l’instar de toute mesure de contrainte, reposer
sur une base légale, être justifiée par un intérêt public suffisant et respecter
le principe de la proportionnalité, étant précisé que l’autorité dispose à cet
égard d’une grande marge d’appréciation (art. 197 CPP ainsi que arrêt du
Tribunal fédéral 1P.239/2002 du 9 août 2002, consid. 3.1; arrêt du Tribunal
pénal fédéral BB.2008.98 du 8 avril 2009, consid. 3). Tant que subsiste un
doute sur la part des fonds qui pourrait provenir d'une activité criminelle,
l'intérêt public commande que ceux-ci demeurent à la disposition de la justice
(arrêts du Tribunal pénal fédéral BB.2008.11 du 16 mai 2008, consid. 3.1;
BB.2005.28 du 7 juillet 2005, consid. 2; ATF 125 IV 222 consid. 2 non publié;
124 IV 313 consid. 3b et 4 p. 316; SJ 1994 p. 97, 102).
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3.2
3.2.1 Selon le MPC, en substance, au stade actuel de l’enquête dirigée contre B.
(v. supra let. A), "on ne pourrait manifestement exclure que les valeurs sai-
sies ne puissent être d’origine criminelle et partant ne puissent être confis-
quées, ou, au besoin, servir au paiement d’une créance compensatrice"
(v. act. 4, p. 4). L’autorité d’exécution soupçonne B. d’avoir blanchi, avec le
concours de tiers et au moyen de sociétés offshore, les valeurs patrimoniales
présumées issues des malversations comptables commises au sein du
groupe C.
Le MPC a mis à jour des liens entre la recourante et certaines personnes
touchées par les faits objet de l’enquête. Les deux relations bancaires sé-
questrées ont pour ayants droit économique des membres de la famille de
B. et G. dont G.; v. act. 4.1 et 4.2). Celui-ci aurait exercé la fonction de
membre du Comité exécutif de la banque H. aux côtés de B. Simultanément,
B. et G. auraient exercé les fonctions de membre du conseil d’administration
d’I. Financial Group, de D. SA et de la banque F. La recourante serait action-
naire principal de la société J. SA, la holding du groupe C. (v. act. 4.3 et 4.4).
À cause du volume exceptionnel de données et actes saisis, de la complexité
des structures financières utilisées, du nombre de relations bancaires à ana-
lyser et du nombre de personnes morales et physiques impliquées, ce ne
serait qu’en février 2017 que le MPC aurait pris connaissance des liens entre
la famille de B. et G. et la recourante (v. act. 4, p. 3 et s.). Par ailleurs, il
ressortirait de l’analyse en cours des données saisies que le Département
financier et de marché de la banque H. aurait ordonné qu’un prêt soit octroyé,
à hauteur d’EUR 10 millions, à travers des sociétés à finalité spécifique, per-
mettant l’acquisition par la recourante de titres émis par la banque H. Lon-
don, étant précisé que les fonds utilisés auraient été obtenus par l’émission
de dettes de D. SA placées auprès de clients institutionnels du groupe C. et
de la clientèle privée des entités financières du même secteur (v. act. 4, p. 4).
Le MPC affirme que les comptes ouverts au nom de la recourante auraient
un lien avec le groupe C. et qu’il ne pourrait être exclu que B., en sa qualité
d’ex-PDG de la banque H. et, de ce fait, également de personne proche des
ayants-droit économique des comptes querellés, ait pu se servir (directement
ou indirectement) des relations bancaires dans la perpétration des infrac-
tions visées par l’enquête (v. ibidem).
3.2.2 A la lumière des éléments récoltés par le MPC à ce stade, force est d’ad-
mettre qu’il existe – en l’état – des indices suffisants permettant de suspecter
que les valeurs patrimoniales saisies sur le compte de la recourante pour-
raient être liées aux infractions dont B. et autres sont soupçonnés dans le
cadre de la débâcle du groupe C.
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L'existence d'un prêt de EUR 10 millions octroyé par le Département finan-
cier et de marché de la banque H. à la recourante pour l'acquisition de titres
émis par la banque H. London, fonds obtenus par l'émission de dettes de D.
SA auprès des clients de la banque H., est, à ce stade, propre à fonder des
soupçons suffisants que le compte en question a pu servir au transit de va-
leurs patrimoniales liés à la débâcle du groupe C. À cela s'ajoute le fait que
ayants-droit économique des comptes de la recourante sont plusieurs
membres de la famille de B. et G. (v. act. 4.1 et 4.2), parmi lesquels G.,
personnage qui, comme le prévenu B., était membre du comité exécutif de
la banque H. Au vu de l'ampleur et de la complexité du mécanisme poten-
tiellement frauduleux mis à jour par les enquêteurs, avec la découverte de
plusieurs relations bancaires, personnes physiques et juridiques qui pour-
raient être impliquées, des soupçons peuvent raisonnablement exister quant
aux fonds déposés sur, ou passés par les relations de la recourante. Il sied
de relever le fait que les investigations du MPC, certes ouvertes en août 2014
contre B., n'ont conduit au prononcé de la mesure ici contestée qu'en février
2017 (v. supra let. A) du fait du volume exceptionnel de données et actes
saisis et du nombre d'entités impliquées (v. act. 4, p. 4). Dans le cadre de
procédures complexes portant sur des soupçons de criminalité économique
transfrontalière mettant aux prises de nombreux acteurs – parmi lesquels
plusieurs sociétés –, et nécessitant la collaboration étrangère par la voie de
l’entraide, il tombe sous le sens que les soupçons initiaux présidant à l’ouver-
ture d’une enquête peuvent mettre un certain temps à se concrétiser. A cet
égard, l’autorité de poursuite doit pouvoir être en mesure d’analyser la docu-
mentation en sa possession et prendre les mesures d’instruction qui s’impo-
sent pour confirmer, respectivement infirmer l’existence du soupçon initial.
Dans ces circonstances, au vu de l'ampleur des vérifications et autres éclair-
cissements à opérer sur les mouvements des comptes de la recourante et
leurs éventuelles ramifications, l'autorité de poursuite doit pouvoir disposer
d'un certain temps pour instruire ces questions, à charge comme à décharge.
L’analyse de la documentation est en cours. Si, à ce stade et pour les motifs
qui précèdent, la mesure de séquestre est justifiée tant sur le principe que
sur son montant, l'autorité intimée devra, à terme et dans le respect du prin-
cipe de la proportionnalité, être en mesure d'évaluer et de motiver plus avant
les motifs et le montant précis du séquestre. Le MPC est invité à agir sans
désemparer.
3.3 Sur le vu de l’ensemble des éléments qui précèdent, il apparaît que la me-
sure de séquestre visant les relations n.. 1 et n. 2, dont la recourante est
titulaire auprès de la banque F. en liquidation à Lausanne repose sur des
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soupçons suffisants, d'une part, et n’est – à ce stade de l’enquête – pas dis-
proportionnée tant quant à son principe que du point de vue de sa durée,
d'autre part.
4. Le recours se révèle mal fondé et doit être rejeté.
5. Le requête d'effet suspensif est, au vu du sort du recours, sans objet.
6. Selon l’art. 428 al. 1 CPP, les frais de la procédure de recours sont mis à la
charge des parties dans la mesure où elles ont obtenu gain de cause ou
succombé. Le montant de l’émolument est calculé en fonction de l’ampleur
et de la difficulté de la cause, de la façon de procéder des parties, de leur
situation financière et des frais de chancellerie (art. 73 al. 2 LOAP). Il doit en
l’occurrence être réduit du fait que l’autorité inférieure a violé le droit d’être
entendu de la recourante (v. supra consid. 2.2). Cette dernière supportera
dès lors un émolument qui, en application de l’art. 8 du règlement du Tribunal
pénal fédéral du 31 août 2010 sur les frais, émoluments, dépens et indem-
nités de la procédure pénale fédérale (RFPPF; RS 173.713.162) sera fixé à
fr. 500.–.
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