Decision ID: a456239c-c211-5779-96c8-d4148c849479
Year: 2018
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_001
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law

EN FAIT
, que par jugement du 22 mars 2018, le Tribunal de première instance, statuant sur mesures protectrices de l'union conjugale, a notamment attribué à B_ la jouissance exclusive du domicile conjugal sis _ Genève, ainsi que le mobilier le garnissant (ch. 2 du dispositif), ordonné en conséquence à A_ de quitter le domicile conjugal dans un délai d'un mois à compter du prononcé du jugement (ch. 3) et attribué à B_ la garde de l'enfant C_, né le _ 2009 (ch. 4);
Que le Tribunal a notamment relevé que B_ avait quitté le domicile conjugal à la fin de l'été 2016 pour s'installer au domicile de son nouveau compagnon, dont elle a eu un enfant le _ 2017; qu'il ressortait par ailleurs du rapport du SPJ du 12 mai 2017 que C_ avait clairement exprimé son envie de retourner rapidement à Genève et qu'il ne se sentait pas intégré dans sa nouvelle école et qu'il n'avait pratiquement pas d'amis;
Que par acte déposé au greffe de la Cour le 19 avril 2018, A_ a formé appel contre ce jugement, concluant, notamment, à l'annulation des ch. 2 et 3 précités et, cela fait, à ce que le domicile conjugal lui soit attribué;
Qu'il a également conclu à la restitution de l'effet suspensif à son appel; qu'il a invoqué à cet égard que non seulement il serait obligé de quitter son logement, mais surtout que C_ devrait subir un déménagement qui pourrait n'être que provisoire et perturberait l'enfant;
Que B_ a conclu au rejet de cette requête; que le retour de l'enfant au domicile conjugal constituait un besoin impératif pour celui-ci de retrouver un cadre familier indispensable à son épanouissement et à son bien-être;
Considérant,

EN DROIT
, que la Cour est saisie d'appels au sens de l'art. 308 CPC;
Que le jugement querellé portant sur des mesures provisionnelles, les appels n'ont pas d'effet suspensif ex lege (art. 315 al. 4 let. b CPC);
Qu'à teneur de l'art. 315 al. 5 CPC, l'exécution de mesures provisionnelles peut exceptionnellement être suspendue si la partie concernée risque de subir un préjudice difficilement réparable, notion permettant de tenir compte également d'un préjudice de fait et s'examinant à l'aune de l'efficacité du jugement à rendre à l'issue de la procédure ordinaire, qui en serait compromise (ATF
138 III 378
consid. 6.3; arrêt du Tribunal fédéral
4P.5/2002
du 8 avril 2002 consid. 3a);
Que, saisie d'une demande d'effet suspensif au sens de l'art. 315 al. 5 CPC, l'autorité cantonale d'appel doit ainsi procéder à une nouvelle pesée des intérêts entre les deux préjudices difficilement réparables, celui du demandeur à l'action si la mesure n'était pas exécutée immédiatement et celui qu'entraînerait pour le défendeur l'exécution de cette mesure (ATF
138 III 378
consid. 6.3 et les références citées;
137 III 475
consid. 4.1; arrêt du Tribunal fédéral
5A_514/2012
du 4 septembre 2012 consid. 3.2.2);
Que l'octroi ou le refus de l'effet suspensif doit, sauf motifs sérieux, éviter aux enfants des changements successifs à court terme, le bien de l'enfant commandant, dans la règle, de maintenir les choses en l'état (ATF
138 III 565
consid. 4.3.2; arrêts du Tribunal fédéral
5A_419/2014
du 9 octobre 2014 consid. 7.1;
5A_648/2014
du 3 octobre 2014 consid. 3.2.2;
5A_556/2013
du 7 octobre 2013 consid. 3.2.2;
5A_780/2012
du 8 novembre 2012 consid. 3.3.2);
Que le juge prendra également en considération les chances de succès du recours (ATF
115 Ib 157
consid. 2; arrêt du Tribunal fédéral
4D_30/2010
du 25 mars 2010 consid. 2.3);
Qu'en l'espèce, il convient de maintenir la situation telle qu'elle existait jusqu'à ce que le Tribunal rende son jugement, afin d'éviter à l'enfant des changements à cet égard qui pourraient ne se révéler que temporaires selon l'issue de litige devant la Cour; que l'appel sur ce point ne peut être considéré d'entrée de cause comme manifestement dépourvu de toute chance de succès; que même si, à teneur du rapport du SPJ de 2017, l'enfant s'est difficilement adapté à son nouvel environnement, il n'est pas rendu vraisemblable que le maintien de l'enfant au domicile qu'il occupe depuis bientôt deux ans pour la courte durée de la procédure d'appel serait susceptible de lui faire subir un préjudice qui serait difficilement réparable;
Que le caractère exécutoire des chiffres 2 et 3 du dispositif du jugement attaqué sera par conséquent suspendu;
Qu'il sera statué sur les frais et dépens liés à la présente décision avec la décision au fond (art. 104 al. 3 CPC).
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