Decision ID: b642b068-e107-5b1b-9af7-959c219652ed
Year: 2020
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_011
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: penal_law

EN FAIT
:
A.
Par acte posté le 17 septembre 2020 et mis en conformité par son défenseur le 24 septembre 2020, A_ recourt
contre l'ordonnance
du 11 septembre 2020, par laquelle le Tribunal des mesures de contrainte (ci-après : TMC) a prolongé sa détention provisoire jusqu'au 10 octobre 2020.
Le recourant conclut à l'annulation de cette décision et à sa mise en liberté immédiate.
B.
Les faits pertinents suivants ressortent de la procédure :
a.
A_, ressortissant algérien né en 1977, sans emploi ni domicile et dépourvu de titre de séjour en Suisse, est détenu depuis le 10 septembre 2020, sous la prévention de rupture de ban.
En substance, A_ reconnaît les faits, affirmant qu'il devait rester en Suisse pour y recevoir des soins dentaires.
Son casier judiciaire révèle, avec cinq alias, treize condamnations depuis 2010, dont la quasi-totalité comporte une infraction relative à son statut irrégulier en Suisse.
b.
Le 14 septembre 2020, le Ministère public l'a avisé de la prochaine clôture de l'instruction et de son renvoi en jugement.
C.
Dans l'ordonnance querellée, le TMC retient que les charges sont suffisantes, que le risque de fuite est concret, notamment sous la forme d'une plongée dans la clandestinité, et que le risque de réitération repose sur les multiples condamnations du prévenu, notamment pour séjour illégal.
D.
a.
À l'appui de son recours, A_ fait essentiellement valoir que la période pénale était brève, car de cinq jours seulement, et qu'il avait un rendez-vous chez le dentiste, réservé par "
C_
". Ses maux dentaires et son anxiété le dissuaderaient de s'enfuir. Sa détresse actuelle rendrait nul le risque de réitération.
b.
Le
TMC déclare persister dans sa décision.
c.
Le Ministère public propose le rejet du recours, relevant, en bref, que le recourant n'a manifestement pas l'intention de quitter la Suisse dans les délais que l'autorité compétente lui a impartis.
d.
Le recourant a renoncé à répliquer.

EN DROIT
:
1.
Le recours est recevable pour avoir été déposé selon la forme et dans le délai prescrits (art. 385 al. 1 et 396 al. 1 CPP), concerner une ordonnance sujette à recours auprès de la Chambre de céans (art. 222 et 393 al. 1 let. c CPP) et émaner de la prévenue qui, partie à la procédure (art. 104 al. 1 let. a CPP), a qualité pour agir, ayant un intérêt juridiquement protégé à la modification ou à l'annulation de la décision querellée (art. 382 al. 1 CPP).
2.
Le recourant ne s'exprime pas sur les charges. Il n'y a donc pas à s'y attarder, d'autant moins qu'il n'a pas contesté être au courant de l'obligation de quitter le territoire suisse.
3.
Le recourant conteste tout risque de réitération.
3.1.
Pour admettre un risque de récidive au sens de l'art. 221 al. 1 let. c CPP, les infractions redoutées, tout comme les antécédents, doivent être des crimes ou des délits graves, au premier chef les délits de violence (ATF
143 IV 9
consid. 2.3.1 p. 13 et les références). Plus l'infraction et la mise en danger sont graves, moins les exigences sont élevées quant au risque de réitération. Il demeure qu'en principe le risque de récidive ne doit être admis qu'avec retenue comme motif de détention. Dès lors, un pronostic défavorable est nécessaire pour admettre l'existence d'un tel risque (ATF
143 IV 9
consid. 2.9 p. 17). Pour établir le pronostic de récidive, les critères déterminants sont la fréquence et l'intensité des infractions poursuivies. Cette évaluation doit prendre en compte une éventuelle tendance à l'aggravation telle qu'une intensification de l'activité délictuelle, une escalade de la violence ou une augmentation de la fréquence des agissements. Les caractéristiques personnelles du prévenu doivent en outre être évaluées (ATF
143 IV 9
consid. 2.3.2 p. 13;
137 IV 84
consid. 3.2 p. 86; arrêt du Tribunal fédéral
1B_413/2019
du 11 septembre 2019 consid. 3.1).
3.2.
En l'espèce, quoi qu'en dise le recourant, le risque de réitération est particulièrement concret et élevé, pour reposer non seulement sur les condamnations inscrites à son casier judiciaire, qui sont de même nature que la rupture de ban actuellement reprochée, mais sur l'allégation - non étayée - qu'il aurait eu un rendez-vous de dentiste, allégation laissant craindre qu'il n'entend, en réalité, pas se plier à l'injonction de quitter la Suisse, puisqu'il a déclaré au Ministère public avoir honoré ce rendez-vous la veille de son appréhension.
4.
Le risque de réitération étant réalisé, il ne serait pas nécessaire de procéder, en sus, à l'examen du danger de fuite retenu par le premier juge. Cela étant, ce risque est manifeste, car une plongée du recourant dans la clandestinité (qui participe du risque de fuite, cf. ATF
143 IV 160
consid. 4.3 p. 167) est à redouter. Sans titre de séjour, sans emploi, sans domicile connu, le recourant, s'il était libéré, pourrait être tenté de se soustraire aux actes ultérieurs de la procédure, et notamment à son jugement, qui ne saurait tarder, puisque l'instruction est close ou sur le point de l'être.
5.
Pour le même motif, le principe de la proportionnalité est respecté. Sa violation n'est d'ailleurs pas invoquée, sauf à l'inférer d'une prétendue brièveté de la période pénale. Or, l'appréhension du recourant, le 10 septembre 2020, est due au hasard, et non à la cessation de son activité délictuelle,
i.e.
de son séjour au mépris d'une expulsion judiciaire. La durée de sa détention, telle qu'ordonnée par le premier juge, tient compte de la peine à laquelle le recourant est concrètement exposé.
6.
Le recours s'avère ainsi infondé et doit être rejeté.
7.
Le recourant, qui succombe, supportera les frais envers l'État, qui comprendront un émolument de CHF 900.- (art. 428 al. 1 CPP et 13 al. 1 du Règlement fixant le tarif des frais en matière pénale, RTFMP;
E 4 10.03
).
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