Decision ID: 0da17438-d9ba-44bb-abf6-053059061eff
Year: 2010
Language: fr
Court: VD_TC
Chamber: VD_TC_010
Canton: VD
Region: Région lémanique
Law Area: 

En fait :
A.
Par ordonnance dont les considérants écrits ont été adressés aux parties le 26 avril 2010, le Président du Tribunal de l'arrondissement de La Broye et du Nord vaudois (ci-après : le Président) a ratifié les conditions de vente aux enchères privées établies par le notaire Christian Terrier et a annexé un exemplaire de celles-ci pour faire partie intégrante de ladite ordonnance (I), fixé la vente aux enchères au vendredi 28 mai 2010 à 14h30 dans les locaux du Tribunal d'arrondissement de La Broye et du Nord vaudois (II) et dit que les frais de la présente décision suivaient le sort de la cause au fond (III).
Cette ordonnance expose les faits suivants :
Un procès en partage successoral divise B._ et C._ d'avec A._.
Par prononcé du 6 novembre 2008, réformé par arrêt rendu le 7 avril 2009 par la Chambre des recours, le Président a ordonné la vente aux enchères de l'immeuble sis chemin [...], parcelle [...] de la commune d'Avenches.
Par ordonnance du 11 septembre 2009, le Président a chargé le notaire Christian Terrier de procéder à la vente aux enchères entre les parties puis, en cas d'échec, de procéder à la vente aux enchères publiques, d'organiser la vente et d'y procéder.
Le notaire Christian Terrier a soumis le 19 avril 2010 les conditions de la vente aux enchères privées à l'approbation du Président.
B.
A._ a recouru contre ce prononcé le 12 mai 2010, concluant au report de la vente pour fin 2010 ou début 2011, à ce qu'une expertise soit exécutée préalablement pour déterminer le taux radon et à ce que l'art. 6 des conditions de vente indiquent une mise à prix de 1'100'000 fr. et non pas de 250'000 francs. Il a confirmé ses conclusions par mémoire du 1er juin 2010.
Les intimés ont conclu au rejet du recours par mémoire du 25 juin 2010.

En droit :
1.
L'art. 586 CPC ouvre la voie du recours non contentieux des art. 489 ss CPC contre les prononcés rendus par le président de tribunal d'arrondissement en matière d'action en partage (art. 567 ss CPC) (Poudret/Haldy/Tappy, Procédure civile vaudoise, 3ème éd., 2002, n. 1 ad art. 586 CPC, p. 846; JT 2001 III 13 c. 1a). Tel est notamment le cas de l'ordonnance de vente aux enchères (CREC II 16 juin 2009 no 110).
2.
Saisie d'un recours non contentieux, la Chambre des recours revoit librement la cause en fait et en droit (Poudret/Haldy/Tappy, op. cit., note ad art. 498 CPC, p. 766). La production de pièces en deuxième instance est admise (Poudret/ Haldy/Tappy, op. cit., n. 2 ad art. 496 CPC, p. 765).
3.
Le recourant fait valoir qu'il y a lieu d'effectuer une expertise, afin d'établir des protocoles détaillés pour déterminer les différents taux de radon dans les locaux d'habitation et de séjour de l'immeuble sis chemin [...], à Avenches, de sorte qu'il y aurait lieu de différer la mise aux enchères.
Il ne rend cependant nullement vraisemblable que l'immeuble ne respecterait pas les valeurs limites de l'ordonnance du 22 juin 1994 sur la radioprotection (ORaP; RS 814.501), rendant nécessaire l'établissement d'une expertise. Il résulte au contraire du site internet de l'Office fédéral de la santé publique que le risque de radon sur la commune d'Avenches est léger, aucun cas supérieur à 400 Bq/m3 n'y ayant été répertorié, alors que la valeur limite en cas de changement de propriétaire est de 1'000 Bq/m3 (Source : http://www.bag.admin.ch/ themen/strahlung/00046/01624/index.html?lang=fr&source=form_select&sel_canton=VD).
Au demeurant, une telle expertise est sans pertinence en vue de la vente aux enchères privées. Les conditions de vente contiennent du reste une clause attirant l'attention de l'acheteur sur la législation en la matière et stipulent qu'aucune mesure de radon n'ayant été effectuée, l'acheteur décharge les vendeurs de toute responsabilité à cet égard (art. 1 al. 3 des conditions de vente).
On relèvera encore que le recourant avait initialement motivé sa requête de renvoi des enchères par sa prétendue indisponibilité en 2010, en raison de fréquents voyages à l'étranger pour des raisons professionnelles (lettre du 20 avril 2010) et n'a invoqué le motif lié à la prétendue nécessité de procéder à une expertise que dans la présente procédure de recours. La requête apparaît ainsi purement dilatoire.
4.
Le recourant conteste la mise à prix fixée à 250'000 fr. selon l'art. 6 des conditions de vente aux enchères, qu'il voudrait voir portée à 1'100'000 francs.
L'arrêt de la Chambre des recours du 7 avril 2009 no 64/II a ordonné la vente aux enchères entre A._, B._ et C._ au prix minimum de 250'000 fr. de l'immeuble faisant l'objet du partage (ch. II/I du dispositif). Les conditions de vente ratifiées par le prononcé attaqué ne font que se conformer à cet arrêt, qui, jouissant de l'autorité de chose jugée, ne saurait être remis en cause à ce stade.
5.
En définitive, le recours doit être rejeté et, vu l'effet suspensif accordé au recours, la cause renvoyée au premier juge afin qu'il fixe une nouvelle date d'enchères, dès les considérants du présent arrêt adressés aux parties pour notification.
Les frais de deuxième instance du recourant sont arrêtés à 1'800 fr. (art. 236 al. 1 TFJC [tarif des frais judiciaires en matière civile; RSV 270.11.5]).
Le recourant doit verser aux intimés, créanciers solidaires, la somme de 1'500 fr. à titre de dépens de deuxième instance.