Decision ID: 311dc3d2-e73f-5a4b-85fa-cee2156a1012
Year: 2017
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_001
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law

EN FAIT
, que par jugement du 6 mars 2017, le Tribunal de première instance, statuant sur mesures protectrices de l'union conjugale, a notamment condamné A_ à verser en mains de B_, par mois et d'avance, la somme de 400 fr. pour chacun des enfants C_, né le _ 2006, et D_, née le _ 2010, allocations familiales non comprises, à titre de contribution à leur entretien, ce dès le jour où il aurait définitivement quitté le domicile conjugal, mais au plus tard le 1
er
juillet 2017 (ch. 5 du dispositif);
Que par acte déposé au greffe de la Cour le 20 mars 2017, A_ a formé appel de ce jugement, concluant à l'annulation du ch. 5 précité et à ce qu'il lui soit donné acte de ce qu'il versera un montant mensuel de 210 fr. pour chacun des enfants;
Qu'il a conclu, préalablement, à l'octroi de l'effet suspensif à son appel concernant le ch. 5 du dispositif du jugement attaqué;
Qu'invité à se déterminer à cet égard, B_ a conclu au rejet de cette requête, relevant qu'elle n'était pas motivée, que l'appel n'était pas fondé et que A_ disposait des moyens de s'acquitter de la contribution d'entretien fixée par le Tribunal;
Considérant,

EN DROIT
, que la Cour est saisie d'un appel (art. 308 CPC);
Que le jugement querellé portant sur des mesures provisionnelles, l'appel n'a pas d'effet suspensif ex lege (art. 315 al. 4 let. b CPC);
Qu'à teneur de l'art. 315 al. 5 CPC, l'exécution de mesures provisionnelles peut exceptionnellement être suspendue si la partie concernée risque de subir un préjudice difficilement réparable, notion permettant de tenir compte également d'un préjudice de fait et s'examinant à l'aune de l'efficacité du jugement à rendre à l'issue de la procédure ordinaire, qui en serait compromise (ATF
138 III 378
consid. 6.3; arrêt du Tribunal fédéral
4P.5/2002
du 8 avril 2002 consid. 3a);
Que la motivation constitue une condition de recevabilité, qui doit être examinée d'office, et que, lorsqu'un acte est insuffisamment motivé, l'autorité cantonale n'entre pas en matière (arrêt du Tribunal fédéral
5A_89/2014
du 15 avril 2014 consid. 5.3.2);
Qu'à teneur de la jurisprudence du Tribunal fédéral, la simple exécution de créances d'argent n'emporte pas en soi un dommage difficilement réparable dans la mesure où le poursuivi peut en obtenir la restitution s'il obtient finalement gain de cause (ATF
138 III 333
consid. 1.3.1; arrêts du Tribunal fédéral
5A_143/2012
du 9 mai 2012 consid. 2.2.1;
5D_52/2010
du 10 mai 2010 consid. 1.1.1 in SJ 2011 I p. 134);
Qu'il appartient donc à la partie recourante de démontrer qu'à défaut d'effet suspensif, elle est exposée à d'importantes difficultés financières ou qu'elle ne pourra pas obtenir le remboursement du montant payé au cas où elle obtiendrait gain de cause au fond (arrêt du Tribunal fédéral
5A_708/2013
du 14 mai 2014 consid. 1.1);
Que l'autorité cantonale d'appel doit faire preuve de retenue et ne modifier la décision de première instance que dans des cas exceptionnels; elle dispose cependant d'un large pouvoir d'appréciation permettant de tenir compte des circonstances concrètes du cas d'espèce (ATF
137 III 475
consid. 4.1; arrêt du Tribunal fédéral
5A_403/2015
du 28 août 2015 consid. 5);
Qu'en l'espèce, le recourant n'a pas motivé sa conclusion préalable tendant à l'octroi de l'effet suspensif;
Que le préjudice difficilement réparable qu'il pourrait subir, durant la procédure de recours, si le caractère exécutoire du jugement attaqué n'était pas suspendu, peut toutefois se déduire de sa motivation, à savoir que son minimum vital serait entamé s'il devait verser la contribution d'entretien fixée par le Tribunal, au vu des revenus et charges qu'il invoque, en particulier du montant qu'il doit verser au SCARPA pour sa fille aînée et des frais résultant de l'exercice de son droit de visite dont le premier juge n'a pas tenu compte;
Qu'il il ne peut cependant être retenu à ce stade,
prima facie
, que ces deux charges doivent manifestement être intégrées dans le budget de l'appelant, celles-ci ne faisant pas partie du minimum vital;
Que les montants alloués à titre de contribution d'entretien sont destinés à couvrir le minimum vital des enfants, qui disposent ainsi d'un intérêt prépondérant au versement des contributions d'entretien fixées dans le jugement attaqué;
Qu'en tout état de cause, l'appelant vit toujours au domicile conjugal, de sorte qu'il n'a en l'état, conformément au jugement attaqué, pas de contribution d'entretien à verser et n'est dès lors pas susceptible de subir un préjudice difficilement réparable résultant du versement de la contribution d'entretien;
Qu'au vu de ce qui précède, la requête tendant à suspendre le caractère exécutoire du ch. 5 du dispositif du jugement attaqué sera rejetée;
Qu'il sera statué sur les frais liés à la présente décision dans l'arrêt rendu sur le fond (art. 104 al. 3 CC).
* * * * * *