Decision ID: dd2b9660-2f27-4007-9aa3-81489caf8ff9
Year: 2002
Language: fr
Court: VD_TC
Chamber: VD_TC_031
Canton: VD
Region: Région lémanique
Law Area: public_law

Vu les faits suivants:
A. Par décision du 28 janvier 2000, la Caisse cantonale vaudoise de chômage (ci-après: la caisse) a réclamé à A._ la restitution de fr. 26'234.70, montant correspondant à des prestations de l'assurance-chômage indûment perçues à compter du 1er mai 1997, en raison d'une erreur intervenue lors du calcul du gain assuré de l'intéressé. Par acte adressé au Service de l'emploi le 7 février 2000, l'assuré, sous l'intitulé "Demande de remise", fit valoir ce qui suit:
"Votre lettre du 28 janvier 2000 m'est bien parvenue. Je demande l'annulation de la rétrocession, et conteste ce remboursement. La caisse est responsable de la calculation, je n'y suis pour rien, s'ils ont fait une erreur. J'ai fait confiance à la caisse, et estime que ce n'est pas de ma faute. (...)".
B. Par lettre du 23 février 2000, le Service de l'emploi a enregistré l'acte précité comme une demande de remise de l'obligation de restituer les indemnités réclamées par la caisse. Cette autorité a entrepris les mesures d'instruction de la cause par lettre du 1er février 2001, impartissant à l'assuré un délai de trente jours pour produire toutes les pièces propres à rendre compte de sa situation financière. L'assuré n'ayant pas donné suite à cette injonction, un délai comminatoire de dix jours lui a été imparti pour produire les pièces requises, injonction à laquelle l'intéressé n'a pas non plus donné suite.
C. Par décision du 30 avril 2001, le Service de l'emploi a rejeté la demande de remise au motif que l'assuré, certes de bonne foi, ne lui avait pas adressé les documents nécessaires au traitement de sa demande dans le délai imparti à cet effet. C'est contre cette décision que A._ a recouru devant le Tribunal administratif, par mémoire de sa mandataire du 28 mai 2001, concluant à titre principal à l'annulation de la décision entreprise et de celle rendue par la caisse, subsidiairement à la réforme de la décision attaquée dans le sens de l'octroi de la remise de l'obligation de restituer. Le Service de l'emploi a conclu au rejet du recours par acte du 18 juin 2001.
D. Les arguments des parties seront repris ci-après dans la mesure utile.

Considérant en droit:
1. Déposé dans le délai de trente jours fixé par l'art. 103 al. 3 de la loi fédérale sur l'assurance-chômage obligatoire et l'indemnité en cas d'insolvabilité (LACI), le recours est intervenu en temps utile. Il est au surplus recevable en la forme.
2. a) Le recourant fait valoir que son écriture du 7 février 2000 constituait un recours contre le principe même de la restitution du montant qui lui avait été réclamé. Le Service de l'emploi lui objecte, d'une part que l'intitulé de sa lettre comportait expressément la mention d'une demande de remise, d'autre part qu'il s'était alors borné à faire valoir des arguments propres à justifier sa bonne foi, celle-ci constituant la première condition de l'octroi de la remise de l'obligation de restituer.
b) L'argumentation de l'autorité intimée ne saurait être suivie. Certes, en exergue de sa lettre, le recourant a utilisé le terme de remise. Il a cependant expressément demandé "l'annulation de la rétrocession" en contestant formellement le remboursement, et non en se bornant à demander la dispense de celui-ci. Partant, il y a lieu d'admettre qu'il s'en prenait au principe même de la restitution, dont il contestait le bien-fondé, il est vrai en faisant valoir que l'erreur commise par la caisse dans le calcul de ses indemnités ne lui était en rien imputable. L'acte de l'assuré devait dès lors être traité comme un pourvoi contre la décision de la caisse, directement interjeté en temps utile auprès de l'autorité compétente pour en connaître. Le Tribunal administratif ne pouvant se substituer à la première instance cantonale de recours sans priver l'assuré du bénéfice de la double instance, il y a lieu d'admettre le pourvoi et de renvoyer la cause au Service de l'emploi, en sa qualité de première instance cantonale de recours, qui examinera le bien-fondé des griefs soulevés par l'assuré, notamment celui de la prescription du droit de réclamer la restitution.
3. Obtenant gain de cause, le recourant a droit à des dépens, même s'il n'a pas formellement conclu à leur allocation (ATF 118 V 139); il y a lieu de les arrêter à 500.- francs, à la charge de l'autorité intimée (art. 103 al. 6 LACI et 55 LJPA).