Decision ID: 3efad0c3-6d31-404c-b257-754df57c1d79
Year: 2011
Language: fr
Court: CH_BSTG
Chamber: CH_BSTG_001
Canton: CH
Region: Federation
Law Area: penal_law

La IIe Cour des plaintes, vu:
- la commission rogatoire internationale du 10 octobre 2008 du Serious Fraud Office (ci-après: SFO) de Londres (Royaume-Uni) par laquelle les autorités suisses ont été requises de procéder au blocage du compte n° 1 ouvert au nom de la société D. auprès de la banque E. à Genève, avec pour ayant droit économique A., et d’identifier tout autre compte susceptible d’être sous le contrôle des précités (act. 1.8);
- la décision du Juge d’instruction du canton de Genève (devenu, le 1er janvier
2011, le Procureur du Ministère public du canton de Genève, ci-après: le juge d’instruction, respectivement le procureur) du 15 octobre 2008 ordonnant à la banque E. le blocage de ce compte bancaire ainsi que de tous autres avoirs contrôlés par le titulaire ou l’ayant-droit économique de ce compte (act. 1.9);
- la requête de A. au juge d’instruction du 8 octobre 2010 (act. 1.18), visant la
levée du blocage des comptes ouverts en les livres de la banque E. en son nom ou au nom des sociétés B. et C., à hauteur de GBP 7'000.-- par mois (act. 1.17);
- la décision du juge d’instruction du 1er décembre 2010, par laquelle celui-ci a
refusé d’accéder à cette demande (act. 1.1);
- le recours formé le 13 décembre 2010 contre cette décision par les sociétés B.,
C. ainsi que par A., concluant à son annulation et à la levée de la saisie des comptes ouverts à leurs noms respectifs auprès de la banque E., à hauteur de GBP 7'000.-- mensuels dès le 30 septembre 2010 (act. 1);
- les courriers du procureur des 16 et 28 février 2011 à la banque E., par les-
quels il a ordonné la levée du séquestre frappant le compte n° 2 ouvert au nom de la société B., à hauteur de GBP 35'000.-- (act. 21.5), puis d’un montant mensuel de GBP 7'000.-- dès la fin du mois de février 2011 (act. 24.1), (voir ég. son courrier du 1er février 2011 au conseil de A., act. 13.1, ainsi que act. 21.2);
- le courrier des recourants du 4 mars 2011, indiquant, en conséquence, retirer
leur recours et concluant à être libérés de tous frais et à la restitution de l’avance (act. 24);
- les observations formées par le procureur le 9 mars 2011 (act. 26);
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- les observations de l’Office fédéral de la justice (ci-après: OFJ), qui conclut à ce que la cause soit rayée du rôle et à ce que les frais soient mis à la charge des recourants (act. 27);
- les observations des recourants du 14 mars 2011 (act. 29);

considérant que:
suite au retrait du recours, il y a lieu de rayer la cause du rôle (arrêts du Tribunal pénal fédéral RR.2007.151 du 11 octobre 2007; RR.2008.28 du 25 mars 2008);
lorsqu’un procès devient sans objet ou que les parties cessent d’y avoir un intérêt juridique, le tribunal, après avoir entendu les parties mais sans autres débats,  l’affaire terminée et statue sur les frais du procès par une décision  motivée, en tenant compte de l’état de choses existant avant le fait qui a mis fin au litige; il n’y a pas lieu d’examiner en détail quelle eût été normalement l’issue du procès, mais il convient de procéder simplement à une appréciation sommaire au vu du dossier, la décision sur les frais n’équivalant pas à un  matériel et ne devant, selon les circonstances, pas préjuger d’une question juridique délicate (arrêt du Tribunal pénal fédéral RR.2007.91 du 4 septembre 2007; voir également la jurisprudence relative à l’art. 72 de la loi fédérale de  civile fédérale [RS 273] applicable sous l’empire de l’ancienne OJ; arrêt du Tribunal fédéral 1A.223/1999 du 28 février 2000, consid. 3);
en l’espèce, bien que s’agissant d’une décision incidente, le recours était  sans démonstration du préjudice immédiat et irréparable prévu à l’art. 80e al. 2 de la loi fédérale du 20 mars 1981 sur l’entraide internationale en matière pénale (EIMP; RS 351.1), vu le consentement donné le 30 avril 2010 par les recourants à la remise simplifiée, aux autorités britanniques, au sens de l’art. 80c EIMP, de la documentation bancaire relative aux comptes dont ils étaient respectivement  auprès de la banque E. (v. arrêt du Tribunal pénal fédéral proposé à la  RR.2009.351 du 15 avril 2010, consid. 1.4 à 1.4.3/c et les références );
à l’appui de sa demande de levée de saisie du 8 octobre 2010 (act. 1.18), A. a produit un courrier du SFO du 30 septembre 2010 (act. 1.15) et un Consent Order du Central Criminal Court de Londres du 5 octobre 2010 autorisant dite levée (act. 1.17);
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aux termes de la lettre du 30 septembre 2010, le SFO consentait à la levée de saisie à hauteur de GBP 7'000.-- par mois; toutefois, la copie de cette lettre, sur papier à en-tête du SFO, ne portait aucune signature manuscrite et était adressée au conseil anglais des recourants; par ailleurs, le consentement mentionné se  sur le Consent Order visé le 5 octobre 2010, établi postérieurement à la lettre du 30 septembre 2010, ce qui laisse à penser que cette lettre ne constituait qu’un projet; de même, le fait que le SFO n’ait jamais transmis sa lettre du 30 septembre 2010 aux autorités suisses tend également à accréditer cette hypothèse; les  fournis par les recourants à l’autorité d’exécution le 8 octobre 2010  ainsi des compléments d’information de la part de l’Etat requérant;
ainsi, rien n’indique prima facie que la décision de refus de levée de saisie aurait dû être annulée et le recours admis, au regard des faits établis à la date où le  a été formé;
comme relevé à juste titre par l’OFJ, c’est en l’occurrence suite à l’apparition de faits nouveaux que le recours a été retiré; en effet, par commission rogatoire  du 27 janvier 2011, parvenue en original à l’autorité d’exécution le 31 janvier 2011, le Central Criminal Court de Londres a transmis une copie certifiée authentique du Consent Order du 5 octobre 2010, levant ainsi les doutes sur la volonté de l’Etat requérant en rapport avec la question faisant l’objet de la  procédure;
dans ces conditions, et vu qu’une appréciation sommaire porte à conclure que la décision querellée n’aurait pas dû être annulée, les frais du présent arrêt doivent être mis à la charge des recourants;
cela étant, compte tenu notamment de la célérité imposée par l’état de santé de A., il y a lieu de relever que les lenteurs de la collaboration des autorités anglaises (admises par le procureur, act. 26, pt. 9, v. ég. act. 1.1, 1.16, 1.19 et 1.22) ont largement contribué au dépôt du recours, ce qui justifie de réduire l’émolument à la charge des recourants (art. 63 al. 1 de la loi fédérale sur la procédure  [PA; RS 172.021], applicable par renvoi de l’art. 39 al. 2 let. b de la loi fédérale sur l’organisation des autorités pénales de la Confédération [LOAP; RS 173.71]); les frais réduits du présent arrêt sont fixés à CHF 1'000.-- (art. 73 al. 2 LOAP et art. 8 al. 3 du Règlement du Tribunal pénal fédéral du 31 août 2010 sur les frais, émoluments, dépens, et indemnités de la procédure pénale fédérale [RFPPF; RS 173.713.162]; art. 63 al. 5 PA), couverts par l’avance de frais de CHF 5'000.-- déjà versée; la caisse du Tribunal pénal fédéral restituera aux recourants le solde de l’avance de frais, par CHF 4'000.--;
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l’autorité d’exécution conclut à tort au paiement par les recourants des frais de la procédure de première instance; les mesures mises en œuvre en exécution d’une demande d’entraide sont en effet occasionnées par l’Etat requérant, et non par les personnes touchées par ces mesures (TPF 2007 99 consid. 4.3); les frais de  instance sont ainsi susceptibles d’être mis à la charge de l’Etat requérant, aux conditions prévues par les règles d’entraide applicables au cas d’espèce (v. not. art. 80q EIMP et art. 12 de l’ordonnance du 24 février 1982 sur l’entraide  en matière pénale [OEIMP; RS 351.11]; art. 20 de la Convention  d’entraide judiciaire en matière pénale [CEEJ; RS 0.351.1]); il n’y a en revanche aucune base légale pour exiger le paiement d’un émolument de  instance par la personne touchée par les mesures ordonnées en exécution d’une demande d’entraide judiciaire internationale en matière pénale (TPF 2007 99 consid. 4.4);
l’autorité d’exécution semble également conclure à l’octroi d’une indemnité de  de CHF 2'000.-- (act. 26, ch. 13, utilisation du terme «aussi»); l’art. 64 al. 1 PA permet à l’autorité de recours d’allouer, d’office ou sur requête, à la partie ayant entièrement ou partiellement gain de cause, une indemnité pour les frais indispensables et relativement élevés qui lui ont été occasionnés; or, l’autorité qui est partie à la procédure d’entraide n’a en principe pas droit à des dépens ( BEUSCH, in: Auer/Muller/Schindler, Kommentar zum Bundesgesetz über das Verwaltungsverfahren, Zurich, St-Gall 2008, n° 10 ad art. 64).
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