Decision ID: 41e477c7-a846-5f22-95ac-15e91080dbbd
Year: 2001
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_013
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: public_law

EN FAIT
1. Par jugement
JTPI/14268/2000
du 21 septembre 2000, le Tribunal de première instance a prononcé le divorce des époux B. G. C., né en 1938 à Targoviste (Roumanie), originaire de Genève, et N. C., née en 1956 à Bucarest (Roumanie), de nationalité roumaine. Ceux-ci avaient avaient contracté mariage à Genève, en 1995.
2. Dans son jugement, le Tribunal de première instance a fixé à 50% pour chacune des parties le taux de répartition entre elles de leurs avoirs de prévoyance accumulés pendant le mariage. Il a ordonné le transfert de la cause au Tribunal administratif afin que celui-ci statue sur le partage effectif des avoirs de prévoyance accumulés.
3. Il résulte du dossier que Monsieur B. G. C. est assuré en matière de prévoyance professionnelle auprès de la fondation de prévoyance en faveur du personnel de la société suisse R.. Son ex-épouse l'est auprès de la fondation de libre passage de la Banque X;
4. a. Aux termes des conclusions d'accord prises par les parties et transmises au Tribunal administratif le 21 mars 2001, celles-ci ont admis que l'avoir de prévoyance total à partager selon la loi fédérale sur la prévoyance professionnelle vieillesse, survivants et invalidité du 25 juin 1982 (LPP -
RS 831.40
) est de CHF 82'944.- pour Monsieur B. G. C., alors qu'il est de CHF 0.- pour Madame N. C., laquelle n'a pas exercé d'activité professionnelle pendant la durée du mariage. Les parties sont également tombées d'accord sur le montant, soit CHF 41'472.-, à transférer par la fondation de prévoyance en faveur du personnel de la société suisse R. à la fondation de libre passage de la Banque X, pour le compte de Mme N. C..
Ces conclusions d'accord étaient signées par M. et Mme C., par la fondation de prévoyance en faveur du personnel de la société suisse R. et par la fondation de libre passage de la Banque X.
b. Le conseil de M. C. avait interpellé la fondation de prévoyance en faveur du personnel de la société suisse R., afin d'obtenir un décompte détaillé, calculé conformément à l'article 22A de la loi fédérale sur le libre passage dans la prévoyance professionnelle vieillesse, survivants et invalidité, du 17 décembre 1993 (LFLP -
RS 831.42
).
Ainsi, cette caisse a fait déterminer la valeur de la prestation de sortie à la date de la conclusion du mariage, la valeur de cette même prestation au jour du prononcé du divorce, soit le 21 septembre 2000. La valeur de la prestation de sortie à partager était égale à la différence entre celle de ladite prestation au moment du divorce et de celle à la date du mariage, après avoir ajouté à cette dernière les intérêts à 4% pendant la durée du mariage.
5. Il ressort des pièces transmises par le Tribunal de première instance que Mme C. n'avait pas cotisé à la LPP pendant la durée du mariage. Son compte d'épargne libre-passage n'avait augmenté que de la valeur des intérêts.

EN DROIT
1. Selon l'article 25A LFLP, le juge compétent au sens de l'article 73 alinéa 1 LPP, soit à Genève le Tribunal administratif, doit exécuter d'office le partage des avoirs LPP sur la base de la clef de répartition fixée par le juge du divorce, en cas de désaccord des conjoints sur la prestation de sortie à partage.
2. L'article 22a alinéa 2 LFLP précise que, pour chaque conjoint, la prestation de sortie à partager correspond à la différence entre la prestation de sortie, augmentée des avoirs de libre passage existant éventuellement au moment du divorce, et la prestation de sortie, augmentée des avoirs de libre-passage existant éventuellement au moment de la conclusion du mariage. Pour ce calcul, il y a lieu d'ajouter à la prestation de sortie et à l'avoir de libre passage existant au moment de la conclusion de mariage, les intérêts dus au moment du divorce.
3. Dans la présente cause, il apparaît que les calculs effectués par la caisse de prévoyance de M. C., repris dans les conclusions d'accord déposés par les parties, sont strictement conformes à ce qui précède.
Quant à la question de savoir si, pour le calcul de la valeur de la prestation de libre passage au moment du divorce, il y a lieu de retenir la date du prononcé du divorce ou celle à laquelle ce dernier est devenu définitif, elle peut rester ouverte en l'espèce, vu l'accord entre les parties.
Le Tribunal administratif fera dès lors fond sur lesdites conclusions.