Decision ID: a8da24a8-2727-5cb1-8c6c-70ddb85ca732
Year: 2021
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_014
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: social_law

ATTENDU EN FAIT
Que la société A_ SA (ci-après : la société) est affiliée à la caisse cantonale genevoise de compensation (ci-après : la caisse) depuis janvier 2019, quand bien même elle ne disposait pas de personnel ;
Que le 24 novembre 2019, la caisse a adressé à la société, sous pli simple (courrier A), une attestation de salaires à lui retourner avant le 30 janvier 2020 ;
Que le 14 février 2020, un rappel avec menace de taxe de sommation a été adressé à la société ;
Que le 20 mars 2020, la caisse a infligé à la société une sommation de CHF 20.-, puis, le 5 mai 2020, une amende de CHF 250.- ;
Que le 11 mai 2020, la caisse a envoyé à la société une « facture finale » de CHF 270.- ;
Que par courrier du 2 juin 2020, reçu par la caisse le 4 juin 2020, la société, se référant expressément à la facture finale, en a demandé l’annulation en alléguant n’avoir jamais reçu l’attestation de salaires à remplir ;
Que le 1
er
juillet 2020, la caisse a adressé à la société un nouveau rappel, suivi, le 7 juillet 2020, d’une sommation de CHF 50.- pour « non-paiement de la facture du 11 mai 2019 » ;
Que par courriel du 27 juillet 2020, la société a une nouvelle fois contesté la facture du 11 mai 2020 ;
Que par décision du 8 février 2021, la caisse a déclaré l’opposition « du 27 juillet 2020 » (sic) irrecevable pour cause de tardiveté ;
Que par écriture du 17 février 2021, la société a interjeté recours contre cette décision ;
Qu’invitée à se déterminer, l’intimée, dans sa réponse du 3 mars 2021, s’en est remise à justice concernant la recevabilité de l’opposition contre la facture finale et a conclu subsidiairement au rejet du recours déposé par la société ;
Qu’une audience de comparution personnelle s’est tenue en date du 10 juin 2021, à l’issue de laquelle l’intimée s’en est une nouvelle fois rapportée à justice concernant la recevabilité de l’opposition ;
Que la recourante a pour sa part une nouvelle fois expliqué n’avoir jamais eu d’employé et n’avoir jamais reçu l'attestation de salaires à remplir.

CONSIDERANT EN DROIT
Que conformément à l'art. 134 al. 1 let. a ch. 1 de la loi sur l'organisation judiciaire, du 26 septembre 2010 (LOJ -
E 2 05
), la Chambre des assurances sociales de la Cour de justice connaît, en instance unique, des contestations prévues à l'art. 56 de la loi fédérale sur la partie générale du droit des assurances sociales, du 6 octobre 2000 (LPGA -
RS 830.1
) relatives à la loi fédérale sur l'assurance-vieillesse et survivants, du 20 décembre 1946 (LAVS -
RS 831.10
) ;
Que sa compétence pour juger du cas d’espèce est ainsi établie ;
Que le recours a été interjeté dans les forme et délai prévus par la loi (cf. art. 56ss LPGA) ;
Que le litige se limite à la question de savoir si c’est à juste titre que l’intimée a déclaré l’opposition formée contre sa décision du 11 mai 2020 irrecevable pour cause de tardiveté ;
Qu’en vertu de l'art. 52 LPGA, les décisions peuvent être attaquées dans les trente jours par voie d'opposition auprès de l'assureur qui les a rendues ;
Que les délais en jours fixés par la loi commencent à courir le lendemain de la communication (art. 38 al. 1 LPGA) ;
Que les écrits doivent être remis au plus tard le dernier jour du délai à l'assureur ou, à son adresse, à la poste suisse ou à une représentation diplomatique ou consulaire suisse (art. 39 al. 1 LPGA) ;
Qu’en l'espèce, il est avéré que la société a formé opposition contre la facture finale du 11 mai 2020 non pas le 27 juillet 2020 – comme le prétend l’intimée - mais bien le 2 juin 2020 déjà : son courrier indiquait sans nul doute possible qu’elle contestait la facture qui lui avait été adressée au motif que l’attestation de salaires à remplir ne lui était jamais parvenue ;
Qu’il en résulte que c’est à tort que l’intimée a déclaré l’opposition irrecevable pour cause de tardiveté ;
Que c’est dès lors également à tort qu’elle a adressé à la société une nouvelle sommation le 7 juillet 2020, la facture finale n’étant pas entrée en force ;
Qu’il convient donc d’admettre le recours, d’annuler la décision du 16 février 2021, la sommation du 7 juillet 2020 et de renvoyer la cause à l’intimée à charge pour cette dernière d’entrer en matière et de rendre une décision formelle quant au fond du litige, sur lequel la Cour de céans n’a pas à se prononcer à ce stade puisque cela excède l’objet du litige qui lui est soumis ;
Que la caisse prendra néanmoins en compte, dans sa décision au fond, le fait que l’attestation de salaires que la société dit n’avoir jamais reçue lui a été envoyée sous pli simple, de sorte que la preuve de sa réception apparaît a priori pour le moins difficile à apporter.