Decision ID: 5e51de54-fd0d-496e-8193-ee2e881ec07c
Year: 2013
Language: fr
Court: VS_TC
Chamber: VS_TC_001
Canton: VS
Region: Région lémanique
Law Area: 

Vu
le tableau de distribution du produit de la réalisation forcée des immeubles n° xxx et
xxx, sis sur commune de A_, propriété de la communauté héréditaire
C_, communiqué aux intéressés, dont X_ et Y_, le
24 septembre 2013 par l’office des poursuites et des faillites du district de A_
(ci-après : l’office des poursuites), dans le cadre des poursuites en réalisation des
gages immobiliers n os
xxx, xxx, xxx et xxx, requises par Z_ SA, partie
intéressée ;
les écritures de X_ et Y_ datées, respectivement, des 9 et
12 octobre 2013, intitulées "contestation établissement du tableau de distribution des
deniers comme prématurés", adressées à l’office des poursuites ;
la transmission de ces écritures, le 16 octobre suivant, par l’office des poursuites au
juge des districts de Martigny et A_ comme objet de sa compétence ;
la détermination de l’office des poursuites du 25 octobre 2013 ;
le maintien des plaintes par écritures des 4 et 7 novembre 2013 ;
la décision du 12 novembre 2013 au terme de laquelle la juge III des districts de
Martigny et A_ a prononcé :
1. Les plaintes déposées les 9 et 12 octobre 2013 par X_ et Y_ contre le
tableau de distribution établi le 24 septembre 2013 dans le cadre des poursuites n os
xxx, xxx, xxx
et xxx sont rejetées dans la mesure de leur recevabilité ;
2. L’émolument de justice n’est pas perçu et aucun dépens n’est alloué.
les recours formés céans par X_ et Y_, respectivement les
25 novembre et 2 décembre 2013, contre cette décision ;
les actes de la cause (dossier MAR LP 13 1662 comprenant ceux de l’office des
poursuites et faillites) ;

Considérant
qu’aux termes de l’art. 18 al. 1 LP, toute décision de l'autorité inférieure peut être
déférée à l'autorité cantonale supérieure de surveillance dans les dix jours à compter
de sa notification ;
qu’en tant qu’autorité supérieure de surveillance, le Tribunal cantonal connaît des
recours formés contre les décisions des juges de districts statuant comme autorités
inférieures en matière de plainte (art. 19 al. 1 et 4, et 20 LALP) ;
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que le recours doit être adressé par écrit au greffe du Tribunal cantonal (art. 26 al. 1
LALP) et doit contenir un exposé concis des faits, des motifs accompagnés des
moyens de preuve ainsi que des conclusions (art. 26 al. 3 LALP) ; que l’acte de
recours doit indiquer les points sur lesquels une modification de la décision attaquée
est demandée et mentionner brièvement les règles de droit fédéral qui sont violées par
la décision et en quoi consiste la violation (RVJ 2005 294 consid. 1a et les
références) ;
que la qualité pour recourir doit être reconnue à celui qui avait, devant l’autorité
inférieure, qualité à la plainte et à toute personne ou autorité de poursuite, qui fait valoir
un intérêt digne de protection, direct, actuel et réel à la suite de la décision de l’autorité
inférieure ; que seul celui qui peut faire valoir son propre droit ou celui d’un tiers
possède la capacité de recourir (Gilliéron, Commentaire de la loi fédérale sur la
poursuite pour dettes et faillite, n. 26, 27 et 30 ad art. 18 LP) ;
qu’en vertu de l’art. 20 al. 1 let. b LOJ, le président d’un tribunal collégial ou un juge
délégué peut, sans débat ni échange d’écritures, statuer comme juge unique en cas
d’irrecevabilité manifeste (cf., ég., art. 19 al. 1 3 ème
phr. LALP) ;
qu’en outre, l’autorité supérieure peut, par une décision sommairement motivée, rejeter
un recours manifestement irrecevable (art. 27 al. 1 LALP) ;
qu’en l’espèce, les recours ont été remis à la poste, respectivement, le 25 novembre
2013 - soit le premier jour ouvrable suivant l’échéance du délai de dix jours à compter
de la notification de la décision attaquée en mains de X_ le 13 novembre
2013 au plus tôt -, et le 2 décembre 2013 - soit le premier jour ouvrable suivant
l’échéance du délai de dix jours à compter de la notification de la décision attaquée en
mains de Y_ le 20 novembre 2013 (date d’expiration du délai de sept jours à
compter de l’échec de la remise du pli recommandé à son destinataire cf. art. 138 al. 3
let. a CPC) - ;
que la voie du recours à l’autorité supérieure en matière de plainte est ouverte, dès lors
que les recourants contestent une décision prise par l’autorité inférieure ; qu’en tant
que débiteurs dans les poursuites en réalisation des gages immobiliers introduites à
leur encontre, ils sont directement atteints par la décision querellée, laquelle rejette leur
plainte ; qu’ils possèdent un intérêt actuel et réel à obtenir l’annulation de cette
décision, si bien que la qualité pour recourir doit leur être reconnue ;
que les écritures des recourants, en tous points identiques, ne correspondent toutefois
pas aux exigences de motivation rappelées ci-dessus ; qu’en effet, les intéressés ne
s’attachent pas à démontrer dans leur recours en quoi les considérants de la décision
attaquée violent les règles de droit fédéral ;
que la juge intimée a rejeté leurs plaintes, dans la mesure de leur recevabilité, en
considérant que les griefs élevés par les poursuivis à l’appui de leurs écritures n’étaient
pas de ceux que l’on pouvait invoquer en procédure de plainte ;
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que ce magistrat a relevé que les intéressés ne faisaient que remettre en cause
l’existence matérielle de la créance invoquée par Z_ SA, voire des points
relatifs à des stades antérieurs de la procédure, tous éléments qui soit étaient entrés
en force, soit avaient fait l’objet d’arrêts définitifs du Tribunal fédéral rejetant leurs
prétentions ; qu’ils n’invoquaient, par contre, aucune violation des prescriptions légales
relatives à l’établissement du tableau de distribution, pas plus qu’ils ne contestaient sa
conformité à l’état de collocation, seules questions que l’autorité inférieure de
surveillance en matière de poursuite pour dettes et faillite était à même de contrôler ;
que, dans leurs recours céans, les intéressés ne s’en prennent nullement à cette
motivation ; qu’en particulier, ils ne prétendent pas s’être plaints, devant le premier
juge, du non respect, par l’office des poursuites, des prescriptions légales relatives à
l’établissement du tableau de distribution ou de la non-conformité de ce dernier à l’état
de collocation ;
qu’ils se bornent, une nouvelle fois, à contester l’existence de la créance que
Z_ SA a élevé à leur encontre ainsi que la validité de la poursuite en
réalisation de gage immobilier qu’elle a introduite pour recouvrer ses prétentions,
toutes questions que la magistrate intimée s’est justement refusée à examiner, faute,
selon elle, d’être compétente pour le faire au cours de l’établissement du tableau de
distribution ;
qu’il suit de là que ces écritures, qui ne font que reprendre l’argumentaire développé
devant le juge de première instance sans remettre en question la motivation retenue
dans la décision attaquée, ne peuvent qu’être déclarées irrecevables ;
qu’en tout état de cause, même si l’on devait entrer en matière sur ces recours, l’on ne
pourrait que confirmer le jugement de première instance ;
qu’au stade de la distribution des deniers (art. 261 ss LP), soit lorsque l'état de
collocation est, comme en l’espèce, définitif (art. 261 al. 1 LP), l'autorité de surveillance
ne peut, sur plainte, qu'examiner si le tableau de distribution correspond à l'état de
collocation (ATF 102 III 155 consid. 2; arrêt 7B.6/2006 du 27 avril 2006 consid. 2.1), s'il
a été établi en conformité avec les prescriptions de forme découlant de l’art. 85 de
l’ordonnance sur l’administration des offices de faillite (OAOF ; RS 281.32), ainsi que
s’il manque de clarté ou qu’il est incomplet (cf. Jeandin/Casonato, Commentaire
romand, n. 4 et 16 ad art. 261 LP ; Staehelin, Commentaire bâlois, n. 11 ad art. 261
LP ) ; qu’en effet, hormis le cas des productions tardives (art. 261 LP), un état de
collocation passé en force ne peut plus être modifié ;
que ce principe n'est toutefois pas absolu ; que l'état de collocation peut notamment
être remis en cause, lors de la distribution des deniers, s'il se révèle qu'une créance a
été admise ou écartée manifestement à tort - en raison d'une inadvertance de
l'administration de la faillite -, si un rapport de droit s'est modifié depuis la collocation
ou encore lorsque des faits nouveaux justifient une révision ; que dans tous les cas, on
ne peut revenir sur la collocation que pour des motifs qui se sont réalisés ou ont été
connus après qu'elle est entrée en force ; qu’il n'est en effet pas question de soumettre
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à une nouvelle appréciation juridique, lors de la distribution des deniers, des faits
connus au moment de la collocation et d'en tirer argument pour modifier la décision ;
qu’une telle révision de l'état de collocation ne nécessite pas une décision formelle
instrumentée dans un nouvel état de collocation, mais se traduit par un refus de verser
le dividende afférent à la prétention colloquée, laquelle n'est pas portée dans le tableau
de distribution, ce qui équivaut à une modification de l'état de collocation (cf. art. 87 al.
2 OAOF) ; que le tableau de distribution peut ainsi être attaqué par la voie de la plainte
et du recours aux autorités de surveillance (art. 17 à 19 LP) qui sont compétentes pour
examiner s'il y a des motifs de révision de l'état de collocation primitif (arrêt
5A_705/2012 du 6 décembre 2012 consid. 5.2 et les références) ;
qu’avec la juge de district, on ne peut que constater que les recourants ne se sont
prévalus, devant elle, ni de ce que le tableau de distribution n’aurait pas été arrêté en
conformité avec l’état de collocation, ni de ce qu’il ne respecterait pas les règles
relatives à la manière de l’établir prévues à l’art. 85 OAOF, ni encore qu’il manquerait
de clarté ou serait incomplet ;
que les arguments élevés à l’appui de leurs plaintes avaient uniquement trait à
l’existence matérielle de la créance invoquée par Z_ SA, question qui a
définitivement été tranchée par arrêt du Tribunal fédéral du 7 février 2011, ainsi qu’à
des points décidés et constatés au cours des phases antérieures de la procédure ; que
les recourants n’ont invoqué, devant l’autorité intimée, aucun motif qui se serait réalisé
ou aurait été connu d’eux qu’après l’entrée en force de l’état de collocation ; qu’il n’y
avait donc pas lieu à révision de ce dernier ;
qu’il s'ensuit que c'est à juste titre que l'autorité inférieure de surveillance n'est pas
entrée en matière sur l'ensemble des griefs des recourants au sujet du tableau de
distribution ;
que la demande tendant à la nomination d’un avocat selon l’art. 69 CPC pour la
procédure de recours doit, quant à elle, être rejetée, les recourants ne prétendant pas
avoir été incapables de mandater eux-mêmes un avocat et celui-ci ne pouvant, en tout
état de cause, améliorer les recours au-delà de l’échéance du délai pour le déposer ;
qu’il n’est pas perçu d’émolument (art. 20a al. 2 ch. 5 LP ; art. 61 al. 2 let. a OELP), ni
alloué de dépens (art. 62 al. 2 OELP) ;