Decision ID: f43ac2dd-f023-5086-862c-4a2369d5874a
Year: 2012
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_014
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: social_law

Attendu en fait
que,par décision du 3 septembre 2012, l'OFFICE DE L'ASSURANCE-INVALIDITE DU CANTON DE GENEVE (l'OAI) a refusé toute prestation à Madame D_ (ci-après l'assurée ou la recourante), née le 10 mars 1979, au motif que, sur la base de l'expertise psychiatrique confiée au Dr E_, elle ne présentait aucune atteinte à la santé sur le plan psychique qui puisse justifier une diminution de sa capacité de travail ;
Que l’assurée a interjeté recours contre cette décision en date du 27 septembre 2012, en concluant à l’annulation de la décision et à ce qu'une expertise judiciaire soit ordonnée, l'expert mandaté par l'OAI s'étant fait sa propre opinion avant même qu'elle ait pu s'exprimer ;
Que dans sa réponse du 25 octobre 2012, l’intimé a conclu au rejet du recours, faisant valoir que la décision se fondait non seulement sur l'expertise psychiatrique du Dr E_, mais également une analyse approfondie du dossier par le SMR, toutes deux probantes, de sorte qu'une expertise était inutile, l'avis du médecin-traitant et de la psychologue n'étant pas de nature à remettre en cause les constatations de l'expert ;
Que la Chambre des assurances sociales a interrogé le Dr F_, psychiatre-traitant de l'assurée, afin qu'il indique s'il partage l'analyse de l'expert, le cas échéant pourquoi, et quelle est, à son avis, la capacité de travail de sa patiente ;
Que le médecin-traitant met en exergue plusieurs éléments de l'anamnèse et des constatations objectives qui sont essentielles pour l'appréciation de l'état de santé de l'assurée et de sa capacité de travail, que ce soit en tant que ménagère ou personne active ;
Qu'il s'avère donc que l'avis du médecin-traitant peut se voir attribuer un caractère probant qui laisse subsister des doutes suffisants quant à la fiabilité et la pertinence de l'appréciation de l'expert, de sorte qu'en application de la jurisprudence, la cause ne saurait être tranchée sans mettre en œuvre une expertise judiciaire ;
Que la Chambre des assurances sociales a informé les parties par courrier du 27 novembre 2012, de son intention de mettre en œuvre une expertise et leur a communiqué les questions qu’elle avait l’intention de poser à l’expert, tout en leur impartissant un délai au pour compléter celles-ci et faire valoir une éventuelle cause de récusation ;
Que l'OAI a indiqué le 10 décembre 2012 n'avoir ni cause de récusation, ni questions complémentaires à oser, se référant au surplus à l'avis de la Dresse G_ du 10 décembre 2012, selon laquelle "la Cour entend ordonner une nouvelle expertise sur la seule base de l'appréciation du psychologue traitant qui n'est pas médecin et, de plus, elle entend ordonner cette expertise chez le Dr H_. Pour nous, cette expertise est inutile, donc rien à dire de plus.".
Que l'assurée ne s'est pas déterminée.

Attendu en droit
quedès le 1
er
janvier 2011, la Chambre des assurances sociales est compétente en la matière (art.134 de la loi sur l’organisation judiciaire; LOJ - RS
E 2 05
) ;
Que la loi sur la partie générale des assurances sociales (LPGA), entrée en vigueur le 1
er
janvier 2003, est applicable au cas d’espèce ;
Que le recours, déposé dans les formes et délai prévus par la loi est recevable à la forme (art. 56 et 60 LPGA) ;
Que la question préalable à l’examen d’éventuelles prestations à résoudre est de savoir si l'assurée souffre d'e troubles psychiques entrainant une limitation de sa capacité de travail et/ou de ménagère ;
Que, selon le principe inquisitoire qui régit la procédure dans le domaine des assurances sociales, le juge doit établir d'office les faits déterminants pour la solution du litige, avec la collaboration des parties, administrer les preuves nécessaires et les apprécier librement (art. 61 let. c LPGA; cf. ATF
125 V 193
consid. 2) ;
Qu’il doit procéder à des investigations supplémentaires ou en ordonner lorsqu'il y a suffisamment de raisons pour le faire, eu égard aux griefs invoqués par les parties ou aux indices résultant du dossier ;
Qu’en particulier, il doit mettre en oeuvre une expertise lorsqu'il apparaît nécessaire de clarifier les aspects médicaux du cas (ATF
117 V 282
consid. 4a; RAMA 1985 p. 240 consid. 4 ; ATFA non publié I 751/03 du 19 mars 2004, consid. 3.3) ;
Que lorsque le juge des assurances sociales constate qu'une instruction est nécessaire, il doit en principe mettre lui-même en oeuvre une expertise (ATF
137 V 210
consid. 4.4.1.3 et 4.4.1.4) ;
Qu’un renvoi à l’administration reste possible, notamment lorsqu'il s'agit de préciser un point de l'expertise ordonnée par l'administration ou de demander un complément à l'expert (ATF
137 V 210
consid. 4.4.1.3 et 4.4.1.4 ; ATF non publié
8C_760/2011
du 26 janvier 2012, consid. 3)°;
Que les coûts de l'expertise peuvent être mis à la charge de l'assureur social (ATF
137 V 210
consid. 4.4.2) ;
Qu’il convient en l'espèce d’ordonner une telle expertise, laquelle sera confiée au Dr H_, psychiatre.