Decision ID: 24f8a729-db82-51ab-aa6e-817c6473bb8f
Year: 2015
Language: fr
Court: FR_TC
Chamber: FR_TC_005
Canton: FR
Region: Espace_Mittelland
Law Area: penal_law

considérant en fait
A. Le 10 juillet 2015, A._ a été entendu par la Police et, au terme de son audition, il a été placé en arrestation provisoire. Admettant partiellement une requête du Ministère public, le Tribunal des mesures de contrainte (ci-après le Tmc), par ordonnance du 13 juillet 2015, a placé A._ en détention provisoire jusqu’au 9 août 2015 en raison du risque de collusion. Il retient en substance que le recourant est fortement soupçonné de viols et contraintes sexuelles commis entre la fin d’année 2011 et début juillet 2015 à l’encontre de sa belle-fille B._, née en 1995. Cette dernière est la fille aînée de son épouse C._ issue d’une précédente union. Le Tmc a retenu que le risque de collusion était concret et élevé car il était sérieusement à craindre que le prévenu ne compromette la recherche de la vérité notamment en entrant en contact avec les différentes personnes susceptibles d’être entendues au cours de la procédure.
Me Jérôme Magnin est intervenu en qualité d’avocat de la première heure à la première audition de police du recourant qui a eu lieu le 10 juillet 2015, à 8.45 heures. L’après-midi du même jour, le recourant a comparu devant le Ministère public et il était assisté d'une avocate-stagiaire de l’étude de Me Magnin. A cette occasion, la Procureure en charge du dossier a expliqué au recourant qu’il devait obligatoirement être défendu dans cette procédure au sens de l’art. 130 let. b CPP. Celui-ci a répondu qu’il souhaitait que ledit avocat assure sa défense et qu’il requérait le bénéfice de l’assistance judiciaire. Par courrier du 13 juillet 2015 (DO / 9'000), le précité avocat a demandé à la Procureure à être désigné comme défenseur d’office du prévenu. Celle-ci l’a oralement informé qu’il sera désigné en cette qualité dès réception des pièces démontrant l’indigence du recourant. Une nouvelle discussion à ce sujet a eu lieu lors de l’audition du 22 juillet 2015 (DO / 3'018, lignes 21 ss) confrontant les deux protagonistes.
B. Par mémoire de Me Magnin du 21 juillet 2015, A._ a recouru contre l’ordonnance de placement en détention provisoire du 13 juillet 2015 et contre les divers actes et omission des autorités pénales en prenant les conclusions suivantes :
« 1. Le présent recours est admis.
2. Le procès-verbal d’audition de B._ du 8 juillet 2015 est inexploitable et, partant, retiré du dossier.
3. Le Ministère public a commis un déni de justice en ne désignant pas un défenseur d’office à A._.
Ordre est donné au Ministère public de désigner immédiatement un défenseur d’office à A._, en la personne du soussigné.
4. L’ordonnance du 13 juillet 2015 du Tribunal des mesures de contrainte est annulée.
A._, actuellement détenu à la D._, est libéré.
Subsidiairement, A._ est libéré et astreint à des mesures de contrainte plus proportionnelles.
5. Si A._ était libéré avant le prononcé de l’arrêt de la Chambre pénale, il est constaté qu’il a fait l’objet de mesures de contrainte illicites.
6. Les frais de la présente procédure sont mis à la charge de l’Etat. »
Par courrier de son défenseur du 23 juillet 2015, le recourant a indiqué, en lien avec le risque de collusion retenu, que l’audience de confrontation avec la plaignante a eu lieu le 22 juillet 2015 et il a transmis une copie du procès-verbal y relatif. Le recourant a complété sa contestation relative à
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la validité du procès-verbal de la première audition de la plaignante et à l’absence de désignation d’un défenseur d’office.
Par lettre du 24 juillet 2015, le Tmc a indiqué qu’il n’avait pas d’observations particulières à formuler et s’est référé au dispositif et aux considérants de son ordonnance du 13 juillet 2015 pour conclure au rejet du recours.
Par acte du 27 juillet 2015, le Ministère public a conclu à l’irrecevabilité du recours s’agissant des contestations relatives au procès-verbal de la plaignante. S’agissant du grief de déni de justice en lien avec la désignation de Me Jérôme Magnin en qualité de défenseur d’office, le Ministère public soutient que ce grief est manifestement infondé. Enfin, il affirme que la détention provisoire est justifiée par le risque concret de collusion ainsi que de fuite et conclut au rejet du recours sur ce point.
Par courrier de son mandataire du 29 juillet 2015, le recourant s’est déterminé sur les observations du Ministère public. En substance, il a confirmé le contenu de son recours.

en droit
1. a) Dans un premier grief (recours, let. A, p. 6), le recourant conteste la validité du  de l’audition de la plaignante qui s’est déroulée le 8 juillet 2015 devant la Police de sûreté et requiert qu’il soit retiré du dossier.
b) Les dispositions relatives aux procès-verbaux figurent aux art. 77 ss CPP et sont applicables à tous les stades de la procédure, depuis les investigations policières jusqu’aux audiences de recours. Ces dispositions sont impératives et en cas de leur non-respect la déposition est inexploitable et doit être retirée du dossier au sens de l’art. 141 al. 2 et 5 CPP (CPP annoté, Bâle 2015, ad art. 77 ss CPP, p. 96 ss). La décision de retirer une pièce du dossier peut être prise d’office ou à la requête des parties. Un recours immédiat (art. 393 ss CPP) est ouvert contre les décisions rendues par le Ministère public, agissant en qualité de directeur de la procédure (CR-CPP, J. BÉNÉDICT/J. TRECCANI, Bâle 2011, ad art. 141, n° 52 ss). La direction de la procédure est le Ministère public jusqu’à la décision de classement ou la mise en accusation (art. 61 let. a CPP).
En l’espèce, le recourant introduit un recours auprès de la Chambre afin d’obtenir le retrait du procès-verbal de l’audition de la plaignante qui s’est déroulée le 8 juillet 2015 devant la Police de sûreté. Vu que le Ministère public est la direction de la procédure ouverte à l’encontre du recourant, il lui appartient de statuer sur une requête visant le retrait des pièces du dossier contestées. D’ailleurs, le Ministère public, qui s’est saisi d’office, indique dans ses observations qu’il n’a pas encore statué sur celle-ci car il est dans l’attente de la prise de position de l’inspectrice qui a dirigé l’audition. Le recourant cite dans sa détermination du 29 juillet 2015 un arrêt cantonal rendu sous l’ancien droit (RFJ 2002 p. 313, consid. 2a) qui a annulé un jugement faute de  valable. Cette jurisprudence ne lui est cependant d'aucun secours puisque rendue dans le cadre d'un appel contre un jugement au fond.
c) Au vu de ce qui précède, à défaut d’une décision du Ministère public sur la requête visant le retrait du procès-verbal, un recours au sens de l’art. 393 al. 1 let. a CPP est irrecevable.
2. a) Dans un deuxième grief (recours, let. B, p. 7), le recourant invoque le déni de justice en lien avec l’absence de décision désignant son mandataire en qualité de défenseur d’office de la
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part du Ministère public. Dans un troisième grief (recours, let. C, p. 8 ss), il conteste la décision de détention provisoire.