Decision ID: 1e53a2a4-bd8b-501c-8524-4688bd52779b
Year: 2009
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_014
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: social_law

ATTENDU EN FAIT
Qu'en date du 2 octobre 2008, HELSANA VERSICHERUNGEN AG a rendu à l'encontre de Mme L_ affiliée auprès d’elle pour l’assurance obligatoire des soins - une décision prononçant la mainlevée de l'opposition que l’assurée avait formée contre un commandement de payer, d'un montant de 2'607 fr. 25 - représentant les primes dues pour les mois de mai, juin et juillet 2008 -, qui lui avait été notifié sur réquisition de l'assurance;
Qu'en date du 28 octobre 2008, l’assurée a saisi le Tribunal de céans d'une "demande d'intervention, de soutien et dépôt de plainte", dans laquelle elle a indiqué vouloir intenter contre l’assurance une "action en réparation et annulation de l'action engagée contre elle de manière injustifiée";
Que par courrier du 30 octobre 2008, le Tribunal de céans a sollicité de l'intimée la production de son dossier;
Qu’en l'absence de réaction de l'intimée, ce délai a été prolongé par courrier du 26 janvier 2009 au 3 février 2009;
Que l’intimée n'ayant toujours pas donné de nouvelles, une comparution personnelle des parties a été ordonnée le 12 février 2009, à laquelle l'assurance ne s'est ni présentée, ni excusée;
Qu'à cette occasion, l'assurée a expliqué que l’intimée avait refusé sa demande de résiliation, au motif que l'intégralité des primes n'avait pas été payée;
Que par courrier du 12 février 2009, le Tribunal a interpelé une nouvelle fois l'intimée, en lui réclamant la production de son dossier et notamment des pièces sur lesquelles elle fondait sa créance;
Que par courrier du 23 février 2009, l'intimée a indiqué avoir retiré la réquisition de continuer la poursuite du 20 novembre 2008 et être revenue sur la suspension des prestations de l'assurance obligatoire des soins;
Que l'intimée a expliqué par ailleurs qu'aucune décision sur opposition n'ayant encore été rendue, il y avait lieu de considérer l'intervention de l'assurée comme une opposition formée à la décision de mainlevée d'opposition du 2 octobre 2008, de déclarer le recours de l’assurée irrecevable car prématuré et de lui renvoyer la cause, afin qu'elle puisse traiter l'opposition à sa décision de mainlevée et rendre une décision sur opposition en bonne et due forme;
Que par courrier du 30 mars 2009, l'assurée a indiqué au Tribunal qu'elle maintenait son opposition et continuait à demander que l'intimée abandonne toute poursuite à son encontre;
Que par écriture du 22 avril 2009, l'intimée a pour sa part maintenu sa position.

CONSIDERANT EN DROIT
Que conformément à l'art. 56V al. 1 let. a ch. 4 de la loi genevoise sur l'organisation judiciaire (LOJ), le Tribunal cantonal des assurances sociales connaît en instance unique des contestations prévues à l’art. 56 de la loi fédérale sur la partie générale du droit des assurances sociales du 6 octobre 2000 (LPGA) relatives à la loi fédérale sur l’assurance-maladie du 18 mars 1994 (LAMal);
Que l’art. 52 al. 1 LPGA prévoit cependant qu’avant d’être soumises au Tribunal, les décisions d’un assureur doivent être attaquées dans les trente jours par voie d’opposition auprès de l’assureur qui les a rendues;
Qu’en l’occurrence, force est de constater que l’assurée n’a pas encore épuisé les voies de droit qui s’offraient à elle auprès de l'assureur et qui étaient pourtant expressément mentionnées dans la décision litigieuse;
Qu’il ressort de la jurisprudence que le juge ne peut être saisi valablement d’un recours avant que n’ait été rendue la décision que l'assuré entend contester (ATFA non publié du 4 juillet 2000 en la cause C, H4/00, considérant 1 b; Revue à l’intention des caisses de compensation [RCC] 1988 p. 487 consid. 3 b);
Qu’il convient dès lors de considérer le "recours" interjeté par l’assurée auprès du Tribunal de céans comme irrecevable;
Que l'art. 11 al. 3 de la loi cantonale du 12 septembre 1985 sur la procédure administrative (LPA;
E 5 10
) - applicable par renvoi de l'art. 89A LPA - prévoit que l'autorité qui décline sa compétence transmet d'office l'affaire à l'autorité compétente, à qui il incombera de rendre une décision sur opposition après avoir examiné notamment si l'assuré a agit en temps utile;
Qu'en conséquence, la demande de l'assurée doit être considéré comme une opposition et être transmise à l'assureur comme objet de sa compétence, à charge pour l'assurance de rendre une décision sur opposition dans les meilleurs délais, eu égard au laps qui s’est déjà écoulé;
Que l’assurée pourra ensuite interjeter recours, le cas échéant, contre cette décision, si elle ne lui donne pas satisfaction.