Decision ID: 9febf1d3-5673-4881-8e9f-6bdd5f40b81d
Year: 2016
Language: fr
Court: CH_BSTG
Chamber: CH_BSTG_001
Canton: CH
Region: Federation
Law Area: penal_law

Vu :
- la plainte pénale déposée le 29 octobre 2015 par A. AG au poste de
gendarmerie de Z. (VD), pour le fait que son cocontractant, B. Ltd, sié-
geant au Cameroun, aurait été induit en erreur par le courriel d’un auteur
inconnu, l’avertissant du changement de compte bancaire de A. AG et
lui fournissant les ʺnouvellesʺ coordonnées y relatives alors qu’il n’en
était en réalité rien, mais avec lesquelles B. Ltd a procédé au versement
d’EUR 20'000.--, correspondant au prix dû à A. AG pour la vente d’un
lot de bière (act. 1.1),
- la transmission de la plainte pénale par la Police cantonale vaudoise à
la Police cantonale zougoise (act.1, p. 2),
- le courrier du Ministère public du canton de Zoug (ci-après : MP-ZG) du
28 décembre 2015, par lequel il a décliné sa compétence pour traiter de
la plainte précitée et demandé au Ministère public central du canton de
Vaud (ci-après : MP-VD) de reprendre l’affaire (act. 1.3),
- la réponse du MP-VD du 8 janvier 2015 déclinant sa compétence pour
traiter de ladite affaire et renvoyant le dossier au MP-ZG (act. 1.4),
- le refus du Leitender Oberstaatsanwalt du canton de Zoug le 20 janvier
2016 de reprendre l’affaire (act. 1.5),
- le courrier du 1er février 2016 du MP-VD saisissant la Cour de céans
d’une requête en fixation du for (act. 1) où il conclut à ce que les autorités
du canton de Zoug soient déclarées compétentes,
- la prise de position du MP-ZG du 11 février 2015 (act. 3),
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et considérant :
- que la Cour des plaintes du Tribunal pénal fédéral est compétente pour
connaître des conflits de for entre les cantons (art. 40 al. 2 CPP en lien
avec l'art. 37 al. 1 de la loi sur l'organisation des autorités pénales
[LOAP; RS 173.71]);
- que la Cour des plaintes n'est pas liée par l'appréciation juridique des
autorités de poursuite pénale cantonales, le for devant être fixé sur la
base des soupçons actuels (décision du Tribunal pénal fédéral
BG.2012.45 du 9 avril 2013, consid. 2.2 et références citées);
- que ce n'est pas ce qui sera finalement retenu contre le prévenu qui est
déterminant, mais bien les faits qui lui sont reprochés ainsi que leur qua-
lification juridique telle qu'elle ressort du dossier au moment de l'examen
de la question du for (MOSER/SCHLAPBACH, Commentaire bâlois,
Schweizerische Strafprozessordnung, 2e éd., Bâle 2014, n° 11 ad art. 34
CPP);
- que dans ce contexte, la Cour de céans se fonde sur des faits et non
des hypothèses (décision du Tribunal pénal fédéral BG.2014.23 du 4 no-
vembre 2014, consid. 2.2 et références citées);
- que ce faisant, la Cour de céans doit pouvoir être en mesure de statuer
sur la base des actes produits par les autorités cantonales en cause,
sans que d’autres mesures d’instruction soient nécessaires (ATF 121 IV
224 consid. 1; 116 IV 175 consid. 1; FINGERHUTH/LIEBER, Kommentar
zur Schweizerischen Strafprozessordnung, 2e éd., Zurich/Bâle/Genève
2014, n° 11 ad art. 40 CPP);
- qu’en effet, dès l’enregistrement d’une dénonciation, les autorités can-
tonales doivent examiner sommairement et rapidement si le for légal se
trouve sur leur territoire et recueillir les principaux éléments nécessaires
pour clarifier ce point (ATF 119 IV 102 consid. 4a; 71 IV 160, consid. 1,
p. 167; SCHWERI/BÄNZIGER, Interkantonale Gerichtsstandsbestimmung
in Strafsachen, 2e éd., Berne 2004, n° 554, p. 182);
- qu’en l’occurrence, l’autorité saisie s’est limitée à enregistrer la plainte
pénale qui lui a été adressée et à la transmettre à son homologue zou-
gois (act. 1, p. 2), sans procéder aux approfondissements qui s’impo-
saient, conformément à la jurisprudence précitée;
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- que la Cour de céans se trouve dès lors dans l’impossibilité de pouvoir
statuer sur la compétence locale d’une autorité pénale helvétique en gé-
néral, et des cantons de Vaud et de Zoug en particulier;
- qu’en effet, nonobstant le caractère vraisemblablement pénal de l’af-
faire, l’état de fait tel qu’il est présenté dans le dossier est insuffisant
pour permettre de qualifier juridiquement les agissements décrits et a
fortiori d’établir un éventuel point de rattachement avec l’un ou l’autre
des cantons concernés;
- qu’au vu de ce qui précède, la requête en fixation du for du canton de
Vaud doit être déclarée irrecevable;
- que la présente décision est rendue sans frais (art. 423 al. 1 CPP).
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