Decision ID: 53cd82d0-05bf-5903-9eaa-bd6428745807
Year: 2015
Language: fr
Court: FR_TC
Chamber: FR_TC_010
Canton: FR
Region: Espace_Mittelland
Law Area: public_law

considérant en fait
A. Dans la déclaration d'impôt qu'il a remplie et signée le 29 mars 2014 pour la période fiscale 2013, A._, divorcé (mais remarié le 17 juillet 2014), a déclaré être le père de deux filles nées, respectivement, en 1991 et 1994, vivant dans son ménage. Il a également indiqué avoir travaillé en tant qu'électricien pour la société B._ SA à Genève (du 1er janvier 2013 au 4 décembre 2013 selon le certificat de salaire). Il a notamment revendiqué la déduction de CHF 17'000.- de frais de transport (35'200 km à raison de 80 km par trajet simple). Il a déclaré un revenu net négatif (-CHF 436.-).
En réponse à un courrier du 29 juillet 2014 par lequel il était invité à produire, entre autres justificatifs, les factures des services de son véhicule révélant le nombre de km effectués en 2013, A._ a indiqué qu'il ne conservait pas les factures payées l'année précédente mais qu'en travaillant à Lausanne et parfois à Genève, il utilisait sa voiture de sorte que le calcul des km et frais était "vite compris".
Par taxation ordinaire du 18 septembre 2014, le Service cantonal des contributions a arrêté l'impôt cantonal sur le revenu dû par A._ à CHF 1'282.90 sur la base d'un revenu imposable de CHF 32'275.-. Après déduction sur impôt de CHF 502.-, aucun impôt fédéral direct n'a été facturé. La déduction pour frais de transport a été limitée au montant des frais pour un abonnement général, à savoir CHF 3'550.-.
B. A._ a formé réclamation à l'encontre de la taxation précitée le 4 novembre 2014 (date du sceau postal). Il a expliqué qu'il travaillait dans des missions temporaires et se rendait sur plusieurs chantiers avec tout son outillage de sorte qu'il ne pouvait pas se déplacer en train et utilisait sa voiture pour parcourir environ 200 km par jour, au total "40 - 50'0000 km par année". Il a joint une facture datée du 31 octobre 2014 détaillant les derniers frais payés pour l'expertise de sa voiture. Il a par ailleurs revendiqué une déduction sociale supplémentaire pour la fille (âgée de 17 ans) de son épouse, ainsi que la déduction des primes d'assurance-maladie supplémentaires à sa charge, dans la mesure où toutes deux vivaient dans son ménage depuis octobre 2013. Dans un dernier point, A._ a expliqué qu'il avait requis une bourse d'études pour sa fille aînée, ce qui lui avait toutefois été refusé - (selon lettre du 28 octobre 2014 produite à l'appui de la réclamation) - "à cause de l'avis de taxation", alors qu'il disposait seulement d'un revenu mensuel de CHF 4'000.- à CHF 4'200.- avec 4 personnes à sa charge. Il a conclu à ce que l'on revoie sa situation même si son "recours" a été déposé après le délai.
Par décision du 13 novembre 2014, le Service cantonal des contributions a déclaré la réclamation irrecevable pour cause de tardiveté.
C. Par acte posté le 2 décembre 2014, A._ a interjeté recours en exposant pour l'essentiel que le Service cantonal des contributions n'a pas tenu compte de ses km professionnels, et qu'il était à l'étranger en raison d'une maladie grave de son père lorsqu'il a reçu sa taxation. Il aurait été avisé de la réception de son avis de taxation par un téléphone de sa fille, celle-ci devant pouvoir en disposer pour une demande de bourse d'études. A._ explique que c'est seulement lors du refus de cette bourse qu'il a pris connaissance en détail de sa taxation et constaté que la déduction des km revendiqués n'était pas correcte. Il a conclu à la prise en compte de ses km professionnels et à ce qu'il soit tenu compte du fait qu'en raison de son absence du pays, il s'était trouvé dans l'impossibilité de respecter le délai de 30 jours pour réclamer.
Le 10 décembre 2014, le recourant a été invité à déposer une avance de frais fixée à CHF 400.-.
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Le 15 décembre 2015 (date du sceau postal), A._ a fait part de sa situation financière difficile en indiquant qu'il devait faire vivre une famille de 5 personnes avec CHF 4'200.- par mois et qu'il devait demander à un ami CHF 400.- pour verser l'avance de frais requise.
Par courrier du 16 décembre 2014, il a été invité à préciser s'il voulait demander l'assistance judiciaire, auquel cas il devait la justifier par pièces.
En date du 7 janvier 2015 (date du sceau postal), le recourant a requis l'assistance judiciaire.
Dans ses observations déposées le 13 février 2015 sur le recours et la requête d'assistance judiciaire, le Service cantonal des contributions a conclu au rejet du recours, les motifs d'empêchement invoqués pour justifier la tardiveté de la réclamation ne justifiant pas la restitution du délai de réclamation.
Par décision du 2 mars 2015, le recourant a été mis au bénéfice de l'assistance judiciaire partielle gratuite pour les frais de la présente procédure de recours.
Le 9 avril 2015, afin de déterminer si le motif d'empêchement invoqué pouvait entraîner une restitution du délai de réclamation, et donc le renvoi du dossier auprès du Service cantonal des contributions pour nouvelle décision sur le fond, le recourant a été invité à indiquer les dates de son départ et de son retour en Suisse, avec les éventuels billets d'avion ou tickets de péages (ou autres preuves) validant ces dates, ainsi que la date à laquelle il avait reçu un appel de sa fille lui signalant qu'elle avait besoin de l'avis de taxation (avec une copie de la facture de téléphone). Ont par ailleurs été requis un certificat médical décrivant l'état de santé du père du recourant aux dates où ce dernier était absent, et une attestation de l'établissement dans lequel son père a pu être hospitalisé avec l'indication du motif et des dates concernées de même qu'une attestation de son employeur indiquant la durée de son absence.
Dans sa réponse postée le 11 mai 2015, le recourant précise qu'il y a eu des passages à la clinique et à l'hôpital, qu'il était sans emploi à ce moment-là, ce qui explique sa présence chez ses parents pendant environ 6 semaines. Il signale qu'il n'a pas conservé de tickets de péage et que sa fille lui a téléphoné par Skype. Il ajoute qu'il se trouvait à côté de son père sans savoir si "ce ne serait pas la dernière fois" lorsque sa fille l'a appelé au sujet de son avis de taxation et qu'il n'avait donc pas en tête les détails de sa taxation. Il a joint à son envoi, notamment deux attestations de sa présence à l'hôpital les 11 octobre 2014 et 13 septembre 2014, ainsi que deux attestations de sortie pour son père les 19 septembre 2014 et 5 novembre 2014.
Par courrier posté le 18 mai 2014, le recourant a encore indiqué, sur requête de la déléguée à l'instruction, qu'il est revenu en Suisse le 1er novembre pour l'anniversaire de sa fille mais qu'il ne voyait pas comment le prouver.
Invité à se déterminer sur l'échange d'écritures intervenu depuis l'octroi de l'assistance judiciaire du 9 avril 2015, le Service cantonal des contributions a communiqué, le 8 juin 2015, qu'il maintenait son point de vue.
Le 11 juin 2015, une copie de cette dernière détermination a été communiquée au recourant pour information.
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en droit
I. Impôt fédéral direct (607 2014 40)
1. a) Le recours, déposé le 2 décembre 2014 contre une décision du 13 novembre 2014, l’a été dans le délai et les formes prévus aux art. 140 ss de la loi du 14 décembre 1990 sur l'impôt fédéral direct (LIFD; RS 642.11). Partant, il est recevable s’agissant de l’impôt fédéral direct.
b) La décision attaquée est un prononcé d'irrecevabilité. L'objet de la présente procédure de recours se limite donc à la seule question de savoir si l'autorité inférieure était fondée à déclarer irrecevable la réclamation postée le 4 novembre 2014. C'est pourquoi, dans la mesure où le recourant prend des conclusions au fond, ces dernières doivent être déclarées irrecevables.