Decision ID: df257256-95b0-5f90-9d47-9aad067ebe32
Year: 2018
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_013
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: public_law

EN FAIT
1. Par décision du 19 juin 2018, le service de la consommation et des affaires vétérinaires (ci-après : le SCAV) a ordonné l’euthanasie immédiate du chien mâle de race berger allemand, né le 10 février 2018, nommé « B_ », appartenant à Monsieur A_, mettant à la charge de ce dernier les frais engendrés et les émoluments. Le SCAV attirait l’attention de M. A_ sur la dénonciation qui serait effectuée auprès du Ministère public en raison de la soustraction du chien à l’ordre de séquestre provisoire des autorités. Il l’informait également qu’un éventuel recours contre la décision n’aurait pas d’effet suspensif en raison du risque de zoonose. ![endif]>![if>
M. A_ n’avait pas donné suite à sa demande du 17 avril 2018, par laquelle il exigeait les documents sanitaires de « B_ ». L’importation du chiot n’étant pas conforme, un ordre de séquestre provisoire avait été prononcé mais M. A_ ne l’avait pas respecté.
Entendu le 24 mai 2018 dans les locaux du SCAV, M. A_ avait alors accepté de remettre son chiot, reconnaissant l’avoir importé illégalement de Sicile. Compte tenu de sa provenance incertaine et du fait qu’il était entré en Suisse non identifié et non vacciné contre la rage, l’animal présentait un risque sanitaire.
2. Par acte du 20 juin 2018, mis à la poste à 18h56, reçu le 21 juin 2018 par la chambre administrative de la Cour de justice (ci-après : la chambre administrative), M. A_ a interjeté recours contre la décision précitée ; il concluait à la restitution immédiate de l’effet suspensif et à ce qu’il soit fait interdiction au SCAV de procéder à l’euthanasie du chiot ; au fond, à l’annulation de la décision contestée et, subsidiairement, au prononcé d’une décision de mise à l’isolement. La décision d’euthanasie était contraire au principe de la proportionnalité. ![endif]>![if>
3. Le même jour, il a fait parvenir au SCAV une copie de son recours, tant par courriel que par télécopieur, respectivement à 20h05 et à 20h18.![endif]>![if>
4. Par courrier du 21 juin 2018 anticipé par télécopieur à 11h35, le juge délégué a fait interdiction au SCAV, à titre pré-provisionnel, d’euthanasier le canidé avant le prononcé de la décision sur effet suspensif. ![endif]>![if>
5. Par fax reçu le 21 juin 2018 à 15h02, le SCAV a informé la chambre administrative que le chiot avait été euthanasié le matin même à 8h40.![endif]>![if>
6. Par courrier du même jour, le juge délégué a informé M. A_ qu’un délai au 5 juillet 2018 lui était fixé pour se déterminer sur la suite qu’il entendait donner au recours. ![endif]>![if>
7. Dans le délai imparti, M. A_ a conclu à ce que la chambre administrative constate que l’ordre d’euthanasie avait été donné sans droit et qu’il était contraire au droit. Il devait être ordonné au SCAV de produire l’intégralité des échanges internes et externes intervenus en lien avec l’euthanasie du chiot, mais également :![endif]>![if>
- la pratique du SCAV en matière d’exécution d’ordre d’euthanasie ;
- le jour et l’heure de l’ordre d’euthanasie adressé au vétérinaire ;
- le jour et l’heure de l’arrivée de « B_ » chez le vétérinaire ;
- l’heure d’ouverture et de fermeture du SCAV ;
- le jour et l’heure de la prise de connaissance matérielle par le SCAV de la copie de son recours envoyé par télécopie et par courriel le 20 juin 2018.
8. Le 9 juillet 2018, la cause a été gardée à juger. ![endif]>![if>

EN DROIT
1. La chambre de céans examine d’office et librement la recevabilité des recours qui lui sont soumis (
ATA/798/2018
du 7 août 2018 et les arrêts cités).![endif]>![if>
2. a. Aux termes de l'art. 60 al. 1 let. b de la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 1985 (LPA -
E 5 10
), ont qualité pour recourir toutes les personnes qui sont touchées directement par une décision et ont un intérêt digne de protection à ce qu'elle soit annulée ou modifiée. ![endif]>![if>
b. Selon la jurisprudence, le recourant doit avoir un intérêt pratique à l'admission du recours, soit que cette admission soit propre à lui procurer un avantage, de nature économique, matérielle ou idéale (ATF
138 II 162
consid. 2.1.2 ;
ATA/1272/2017
du 12 septembre 2017 consid. 2b).
c. Un intérêt digne de protection suppose un intérêt actuel à obtenir l’annulation de la décision attaquée (ATF
138 II 42
consid. 1 ;
137 I 23
consid. 1.3 ; arrêts du Tribunal fédéral
2C_1157/2014
du 3 septembre 2015 consid. 5.2 ;
1C_495/2014
du 23 février 2015 ;
ATA/308/2016
du 12 avril 2016). L’existence d’un intérêt actuel s’apprécie non seulement au moment du dépôt du recours, mais aussi lors du prononcé de la décision sur recours (ATF
137 I 296
consid. 4.2 ;
136 II 101
consid. 1.1) ; si l’intérêt s’éteint pendant la procédure, le recours, devenu sans objet, doit être simplement radié du rôle (ATF
125 V 373
consid. 1) ou déclaré irrecevable si l’intérêt actuel faisait déjà défaut au moment du dépôt du recours (ATF
139 I 206
consid. 1.1 et la jurisprudence citée).
3. En l’espèce, le recours a été déposé le 20 juin 2018, mais le canidé est décédé le 21 juin 2018, si bien que le recourant n’a plus d’intérêt actuel à obtenir l’annulation de la décision ordonnant l’euthanasie.![endif]>![if>
Vu ce qui précède, le recours n’a plus d’objet.
4. Vu l’issue du recours et les circonstances très particulières du cas d’espèce, aucun émolument ne sera mis à la charge du recourant, quand bien même ce dernier, assisté d’un avocat, a maintenu son recours malgré le décès du canidé (art. 87 al. 1 LPA). Aucune indemnité ne sera allouée (art. 87 al. 2 LPA).![endif]>![if>
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