Decision ID: 6091cf4a-acfd-52a7-a3fa-2801529de4e2
Year: 2020
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_003
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law

Attendu, EN FAIT, que A_ SA, dont D_ est administrateur avec signature individuelle et E_ directeur avec signature collective à deux, exploite une entreprise générale d'électricité et téléphone;
Que A_ SA a employé C_ en qualité d'installateur-électricien du
7 avril 2008 au 30 juin 2017, moyennant un salaire horaire brut fixé, en dernier lieu, à 34 fr. 50;
Que C_ a travaillé sur divers chantiers, notamment auprès de F_ SA, cliente de A_ SA;
Que le contrat de travail a été résilié par A_ SA le 19 avril 2017, avec effet au
30 juin 2017;
Que le 20 décembre 2016, C_ avait déposé auprès du Ministère public genevois une plainte pénale pour "délit contre l'honneur au sens de l'art. 177 CP";
Qu'il y exposait qu'après plusieurs années de "moqueries à répétition", dont il ignorait l'origine et la teneur, il avait récemment acquis la certitude que des photographies dégradantes prises à son insu avaient circulé au sein de F_ SA, puis au sein de A_ SA; qu'il soupçonnait que ces photographies avaient été prises alors qu'il se trouvait en vacances à l'étranger avec trois amis en septembre 2010; que ceux-ci lui avaient assuré que ces photographies avaient été supprimées, ce qui n'avait manifestement pas été le cas, dès lors qu'elles avaient été transmises à des tiers, à savoir notamment trois employés de F_ SA, connaissances de ses amis de l'époque; que ces photographies étaient en possession de G_ et H_, lesquels étaient en relation avec I_, J_ et K_, employés de F_ SA;
Que, par arrêt du 16 mars 2018, la Chambre pénale de recours de la Cour de justice a rejeté le recours formé par C_ contre l'ordonnance du Ministère public refusant d'entrer en matière sur la plainte pénale précitée;
Que par acte déposé en conciliation le 29 janvier 2018, ayant donné lieu à une autorisation de procéder du 9 avril 2018 et porté devant le Tribunal des prud'hommes le 2 juillet 2018, C_ a conclu à ce que A_ SA soit condamnée à lui verser les sommes brutes de 5'796 fr. à titre de salaire de juillet 2017, 12'649 fr. à titre d'indemnité pour vacances non prises en nature et 2'383 fr. à titre de treizième salaire 2014/2017, ainsi que la somme nette de 25'115 fr. à titre d'indemnité pour licenciement abusif, des intérêts à 5% dès le 31 juillet 2017 devant s'ajouter à chacun des montants réclamés;
Qu'en relation avec le dernier poste de sa demande, il a allégué qu'il avait été l'objet de moqueries à répétition de la part de ses collègues travaillant au sein des ateliers F_ SA (allégué 14 de la demande), que des rumeurs s'étaient propagées sur les deux sites de production de F_ SA, puis au sein de A_ SA (allégué 15), qu'il était principalement question d'une soi-disant attirance pour les mineurs (allégué 16), qu'après plusieurs années à subir ces moqueries, il avait finalement acquis la certitude que des photographies prises en septembre 2010 étaient à l'origine des rumeurs à son égard (allégué 17), que certains des employés de F_ SA étaient des connaissances des individus qui avaient pris lesdites photographies et avaient "dès lors tout à fait pu faire circuler ces dernières" (allégué 18), qu'en 2015 il avait fait part de sa détresse à ses supérieurs, qui avaient indiqué qu'ils allaient intervenir mais, que dans l'intervalle, il convenait de ne pas "faire de vagues" car F_ SA était le principal client de A_ SA (allégué 19), mais qu'aucune mesure n'avait cependant été prise par l'employeur afin d'éclaircir cette affaire (allégué 20);
Que dans sa réponse du 26 septembre 2018, A_ SA a conclu principalement au rejet de la demande; qu'elle a notamment contesté les allégués 14 à 20 de la demande;
Que C_ a proposé l'audition comme témoins de L_, M_, N_, O_ et P_;
Que A_ SA a proposé comme moyens de preuve, l'audition de E_, D_ et Q_;
Que C_ a déposé au Tribunal sa plainte pénale du 20 décembre 2016, une ordonnance de non-entrée en matière du 6 octobre 2017 rendue par le Ministère public à la suite d'une plainte pour dénonciation calomnieuse déposée par J_ à son encontre, ainsi que l'arrêt du 16 mars 2018 de la Chambre pénale de recours de la Cour de justice (pièces 33 à 35 dem.);
Que par ordonnance
OTPH/293/2019
de preuves et d'instruction du 13 février 2019, reçue le lendemain par les parties, le Tribunal, statuant sur ordonnance de preuves, a admis les parties à prouver leurs allégations et à apporter la contre-preuve des allégations de la partie adverse (ch. 1 à 6 du dispositif, notamment ch. 1 en ce qui concerne la preuve du licenciement abusif), dit que les moyens de preuve admis étaient les titres produits, l'audition des parties (interrogatoire et/ou déposition) et l'audition des témoins Q_, L_, M_, O_, P_ et N_ (ch. 7), et dit que les débats principaux étaient ouverts et ajournés au mardis 26 février et 26 mars 2019 (ch. 8);
Qu'en outre, statuant sur ordonnance d'instruction, le Tribunal a rejeté la requête de suspension de la procédure qui avait été formée par A_ SA (ch. 9) ainsi que la demande de celle-ci consistant à annuler les convocations des témoins L_, Q_, M_ et N_, qui avaient déjà été cités à comparaître à une audience de débats fixée au 26 février 2019 (ch. 10);
Que par acte expédié le 25 février 2019 à la Cour de justice, A_ SA a formé recours contre les chiffres 7 à 10 du dispositif de l'ordonnance précitée, dont il a requis l'annulation; qu'elle a conclu, principalement, à ce que la Cour ordonne le maintien de la phase des débats d'instruction jusqu'à droit jugé sur le recours, ordonne à C_ de produire l'intégralité de la procédure pénale précitée y compris le recours contre l'ordonnance de non entrée en matière rendue le 6 octobre 2017 par le Ministère public et les dépositions de C_ et J_, ordonne au Tribunal d'instruire quant au bienfondé et à l'atteinte alléguée aux intérêts dignes de protection de la défenderesse de l'audition de L_, Q_, M_ et N_ et de rendre une décision motivée quant au rejet ou l'admission desdites auditions, dise qu'au préalable le Tribunal procéderait à l'audition des témoins cités par C_ dans sa plainte pénale, à savoir G_, H_, I_, J_ et K_, dise que les convocations des témoins L_, Q_, M_ et N_ à l'audience de débats du 26 février 2019 étaient annulées, le tout avec suite de frais judiciaires et dépens;
Que dans sa réponse du 11 mars 2019, C_ a conclu au rejet du recours, avec suite de frais judiciaires;
Qu'il a produit le rapport de Police du 17 février 2017, ainsi que son recours du 20 octobre 2017 à la Chambre pénale de recours de la Cour, en précisant qu'il s'agissait des "autres pièces composant l'entier du dossier pénal en sa possession" qu'il adressait le jour même au Tribunal (pièces 36 et 37 dem.);
Que par arrêt
CAPH/129/2019
du 2 août 2019, la Cour a déclaré irrecevable le recours de A_ SA au motif que l'ordonnance du Tribunal ne causait pas à celle-ci de préjudice irréparable au sens de l'art. 319 let. b ch. 2 CPC;
Que par arrêt
4A_466/2019
du 6 janvier 2020, le Tribunal fédéral a admis le recours en matière civile formé par A_ SA contre l'arrêt précité, en considérant que l'ordonnance de preuve et d'instruction du 13 février 2019 était susceptible de lui causer un préjudice irréparable, et à plus forte raison difficilement réparable;
Que lors de l'audience de la Cour du 24 juin 2020, les parties ont indiqué que leur désaccord ne portait pas sur l'audition des témoins M_ et P_, proposée par C_, ni sur celle de Q_ et E_, proposée par A_ SA;
Que pour le reste elles sont parvenues à un accord;
Que C_ a renoncé à l'audition de N_;
Que A_ SA a renoncé à s'opposer à l'audition des témoins L_ et O_;
Qu'elle a renoncé également à solliciter du Tribunal l'audition - à laquelle s'oppose C_ - de G_, H_, I_, J_ et K_;
Que les parties se sont engagées à déposer, si nécessaire, au Tribunal les pièces 36 et 37 dem., mentionnées ci-dessus, et déposées par C_ à la Cour le 11 mars 2019;
Qu'ainsi, A_ SA a déclaré que sa conclusion tendant à obtenir de sa parties adverse la production de l'intégralité du dossier de la procédure pénale devenait sans objet;
Qu'en définitive, les parties ont conclu à ce que la Cour annule les chiffres 7 à 10 de l'ordonnance
OTPH/293/2019
rendue par le Tribunal le 13 février 2019 et, statuant à nouveau sur ces points, invite le Tribunal à ouvrir les débats principaux et à procéder à l'audition des parties (interrogatoire et/ou déposition) et à celle des témoins L_, M_, O_, P_, Q_ et E_;
Que la Cour a gardé la cause à juger à l'issue de l'audience du 24 juin 2020;

Considérant, EN DROIT, que la recevabilité du recours - interjeté en temps utile et selon la forme prévue par la loi (art. 130, 131 et 321 al. 1 et 2 CPC) - à la lumière de l'art. 319 let. b ch. 2 CPC a été admise par le Tribunal fédéral (arrêt du Tribunal fédéral
4A_466/2019
du 6 janvier 2020 consid. 8);
Qu'une transaction a les effets d'une décision entrée en force (art. 241 al. 2 CPC);
Que compte tenu de la valeur litigieuse d'espèce, supérieure à 30'000 fr., la maxime des débats s'applique (art. 55 al. 1 et 247 al. 2 let. b ch. 2
a contrario
CPC);
Que les parties étant ainsi libres de renoncer à des moyens de preuve, leur accord peut être ratifié;
Que les chiffres 7 à 10 du dispositif de l'ordonnance attaquée seront annulés;
Que la cause sera renvoyée au Tribunal pour qu'il ouvre les débats principaux et procède à l'audition des parties (interrogatoire et/ou déposition) et à celle des témoins L_, M_, O_, P_, Q_ et E_;
Qu'il n'y a pas lieu de fixer des frais judiciaires de recours (art. 116 CPC et 19 al. 3 let. c LaCC), ni d'allouer de dépens de recours (art. 22 al. 2 LaCC).
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