Decision ID: c38d1c57-41e3-5f6f-821a-c631e94e5488
Year: 2017
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_007
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 

EN FAIT
A.
a.
Par ordonnance rendue le 12 octobre 2016 sur requête de l'Etat de Genève, soit pour lui le SERVICE CANTONAL D'AVANCE ET DE RECOUVREMENT DES PENSIONS ALIMENTAIRES (ci-après : SCARPA), le Tribunal de première instance a ordonné à l'encontre de A_ le séquestre, à hauteur d'un montant de 6'229 fr. plus frais, d'un véhicule de marque B_ – précisément décrit dans l'ordonnance de séquestre – appartenant au débiteur et supposé se trouver au domicile de ce dernier. L'ordonnance mentionne que le créancier séquestrant sollicitait l'enlèvement immédiat du véhicule séquestré et se portait fort des frais qui en résultaient.![endif]>![if>
b.
Le 13 octobre 2016, l'Office des poursuites (ci-après : l'Office) a procédé à l'exécution du séquestre (n° 16 xxxx84 Y), prenant sous sa garde le véhicule séquestré et remettant au débiteur un
"avis concernant l'exécution d'un séquestre"
.
c.
Ayant apparemment été désintéressé directement par le débiteur séquestré, le SCARPA a donné le 25 octobre 2016 un contrordre au séquestre. Le véhicule séquestré a été restitué le lendemain, 26 octobre 2016, à A_.
B.
a.
Par acte adressé le 6 janvier 2017 à la Chambre de surveillance (ainsi qu'au Département de l'emploi, des affaires sociales et de la santé et à la Direction générale de l'action sociale), A_ a formé une plainte au sens de l'art. 17 LP contre la décision du SCARPA de requérir le séquestre et celle de l'Office de l'exécuter. Reprochant en substance au SCARPA de ne pas avoir préalablement conduit avec lui des pourparlers en vue d'un recouvrement amiable de la créance, et à l'Office d'avoir exécuté l'ordonnance de séquestre sans en avoir vérifié ni la légalité ni l'opportunité, il a conclu à ce que la Chambre de céans constate la violation de l'art. 3 de la loi sur l’avance et le recouvrement des pensions alimentaires du 22 avril 1977 (LARPA -
E 1 25
) ainsi que l'inopportunité du séquestre et ordonne au SCARPA de prendre à sa charge les frais du séquestre, soit 499 fr. 30.
b.
Dans ses observations datées du 19 janvier 2017, l'Office a conclu à l'irrecevabilité de la plainte, subsidiairement à son rejet.
c.
Par réplique datée du 17 février 2017, le plaignant a persisté dans ses conclusions et, indiquant avoir encouru, en raison du traumatisme causé par l'exécution injustifiée du séquestre, des frais médicaux non remboursés s'élevant à 505 fr. 95, a conclu en outre à la condamnation de l'Etat de Genève à lui rembourser ce montant au titre de dommages et intérêts.
d.
L'Office a dupliqué par lettre datée du 2 mars 2017, persistant lui aussi dans ses conclusions.
e.
La cause a été gardée à juger le 3 mars 2017, ce dont les parties ont été informées par avis du même jour.

EN DROIT
1.
1.1
La Chambre de surveillance est compétente pour statuer sur les plaintes formées en application de la LP (art. 13 LP; art. 125 et 126 al. 2 let. c LOJ ; art. 6 al. 1 et 3 et 7 al. 1 LaLP) contre des mesures prises par l'office qui ne peuvent être attaquées par la voie judiciaire (art. 17 al. 1 LP).![endif]>![if>
A qualité pour former une plainte toute personne lésée ou exposée à l'être dans ses intérêts juridiquement protégés, ou tout au moins touchée dans ses intérêts de fait, par une décision ou une mesure de l'office (ATF
138 III 628
consid. 4;
138 III 219
consid. 2.3;
129 III 595
consid. 3;
120 III 42
consid. 3). C'est en principe toujours le cas du débiteur poursuivi et du créancier poursuivant (Erard, in CR LP, 2005, Dallèves/Foëx/Jeandin [éd.], n° 25 et 26 ad art. 17 LP; Dieth/Wohl, in KUKO SchKG, 2
ème
édition, 2014, Hunkeler [éd.], n° 11 et 12 ad art. 17 LP).
La plainte doit être déposée, sous forme écrite et motivée (art. 9 al. 1 et 2 LaLP; art. 65 al. 1 et 2 LPA, applicable par renvoi de l'art. 9 al. 4 LaLP), dans les dix jours de celui où le plaignant a eu connaissance de la mesure (art. 17 al. 2 LP). Elle peut également être déposée en tout temps en cas de nullité de l'acte contesté (art. 22 al. 1 LP). Une augmentation des conclusions après l'expiration du délai de plainte n'est pas admissible (arrêt du Tribunal fédéral
5A_326/2015
du 14 janvier 2016 consid. 2.2).
La plainte doit poursuivre un but pratique, soit en principe tendre à l'annulation ou la correction d'une mesure prise par l'Office, ou à ce qu'une mesure omise par l'Office soit ordonnée. En revanche, une plainte visant exclusivement la constatation d'une violation de la loi ou la réparation d'un dommage est irrecevable (ATF
138 III 265
consid. 3.2; Dieth/Wohl, op. cit., n° 10 ad art. 17 LP). C'est par la voie de l'action en responsabilité contre l'Etat, et non celle de la plainte, qu'une éventuelle prétention en dommages et intérêts ou en réparation du tort moral en relation avec la violation de ses obligations par l'Office doit être invoquée (art. 5 LP).
Outre la violation de la loi, le plaignant peut faire valoir l'inopportunité d'une décision ou mesure de l'Office (art. 17 al. 1 LP). Ce grief ne peut toutefois être invoqué que si l'Office dispose d'un pouvoir d'appréciation (Erard, op. cit.,
n° 19 ad art. 17 LP).
1.2
En l'espèce, la plainte est d'emblée irrecevable en tant qu'elle vise les mesures et décisions prises par le SCARPA, lesquelles ne relèvent pas de la compétence de la Chambre de céans. Il en va de même de la conclusion tendant à ce que ce Service (soit en réalité l'Etat de Genève) soit enjoint de supporter seul les frais de poursuite. Alors que le sort des frais judiciaires relève du juge du séquestre, les frais de poursuite au sens strict devaient être avancés par le SCARPA, créancier poursuivant (art. 68 al. 1 LP). Ce dernier ayant retiré le séquestre avant réalisation, ils restent, sous l'angle du droit de l'exécution forcée, à sa charge sous réserve d'accords contraires entre poursuivant et poursuivi. En tout état, il n'incombait pas à l'Office de statuer sur ce point, qui échappe lui aussi à la compétence de la Chambre de surveillance.
Il en va de même de la conclusion – nouvelle et donc irrecevable pour ce motif également – en paiement d'un montant au titre de dommages et intérêts, laquelle relève de l'action en responsabilité contre l'Etat (art. 5 LP).
Dans la faible mesure où la Chambre de céans est compétente pour en connaître – soit en tant qu'elle vise la décision de l'Office d'exécuter le séquestre – la plainte est également irrecevable pour plusieurs motifs.
Elle est en premier lieu tardive, le plaignant ayant eu connaissance de la décision contestée le 13 octobre 2016 et n'ayant formé plainte que le 6 janvier 2017.
En deuxième lieu, elle ne répond à aucun intérêt pratique et actuel du plaignant – lequel se borne du reste à conclure à la constatation de l'inopportunité de la mesure attaquée – dès lors que le séquestre a depuis lors été levé et le seul objet séquestré restitué.
En troisième et dernier lieu, les critiques du plaignant ne visent que l'inopportunité de la décision de l'Office alors que ce dernier, saisi comme en l'espèce d'une ordonnance de séquestre rendue par un juge compétent, régulière en sa forme et ne souffrant pas de défauts faisant obstacle à son exécution, était tenu, sous réserve de la vérification de sa propre compétence, de l'exécuter, et ne disposait donc à cet égard d'aucun pouvoir d'appréciation (ATF
129 III 203
consid. 2.3).
La plainte est ainsi irrecevable.
2.
La procédure de plainte est gratuite (art. 20a al. 2 ch. 5 LP et art. 61 al. 2 let. a OELP) et il ne peut être alloué aucuns dépens dans cette procédure (art. 62 al. 2 OELP).
* * * * *