Decision ID: 6fceb9c0-d733-57d7-acc8-6c217ba51ba5
Year: 2013
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_001
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law

Vu EN FAIT le jugement
JTPI/9006/2013
rendu le 28 juin 2013 et reçu par l'appelant le 3 juillet 2013, à teneur duquel le Tribunal de première instance, statuant sur mesures protectrices de l'union conjugale, en particulier réserve à A_ un droit de visite de deux heures par semaine dans un Point de rencontre, à l'égard des trois enfants du couple, nés respectivement le _ 1998, _ 2000 et _ 2003, confiés à la garde de leur mère B_(chiffre 4 du dispositif) et condamne le premier nommé au versement d'une contribution mensuelle à l'entretien de la famille de 1'000 fr., allocations familiales non comprises (ch. 10 du dispositif), ces mesures étant prises pour une durée indéterminée (chiffre 11 du dispositif);
Attendu que ce jugement retient, en substance, l'existence d'un risque d'enlèvement des enfants par leur père, sur la base d'allégués de l'épouse, qui aurait appris d'un membre de la famille que son mari aurait inscrit ses enfants dans une école au Yemen et envisagerait de s'installer dans ce pays avec ceux-ci;
Qu'il retient en outre, sur le plan financier, que l'épouse, qui réalisait précédemment un revenu mensuel net de 2'276 fr. 75, va bénéficier de prestations de chômage à hauteur de 2'277 fr., alors que ses charges incompressibles et celles des enfants totalisent 4'355 fr., et qu'il peut être exigé du mari, chauffeur de profession, qui touche environ 3'500 fr. par mois d'allocations de chômage, qu'il fournisse les efforts pour retrouver du travail lui permettant de réaliser un revenu de l'ordre de 3'500 fr à 4'000 fr. net, pour des charges incompressibles arrêtées à 2'670 fr.;
Vu l'appel formé par acte expédié le 15 juillet 2013 à l'encontre des dispositions ci-dessus par A_, celui-ci sollicitant un droit de visite s'exerçant un week-end sur deux et la moitié des vacances scolaires, sans restrictions, se déclarant d'accord de remettre au curateur chargé de l'exercice du droit de visite son passeport et sa carte d'identité avant l'exercice de son droit de visite, et sollicitant enfin d'être exempté de toute contribution d'entretien tant qu'il n'aura pas retrouvé du travail;
Vu la réponse à l'appel de l'épouse, celle-ci acquiesçant aux conclusions de l'appel en ce qui concerne le droit de visite et concluant à la confirmation du jugement pour le surplus;

Considérant EN DROIT que la Cour est saisie d'un appel, compte tenu de la teneur des dispositions attaquées et du montant de la contribution mensuelle litigieuse, supérieur à 10'000 fr. (art. 308 al. 1 let a et al. 2 CPC), et que celui-ci a été formé le dernier jour du délai utile, échéant un samedi et reporté au lundi suivant (art. 311 et 42 al. 1 et 3 CPC) et selon la forme prescrite (art. 311 al. 1 CPC), en ce qui concerne les modalités du droit de visite;
Que la Cour dispose d'une cognition complète en fait et en droit (art. 310 CPC), la cause étant soumise aux maximes inquisitoires et d'office compte tenu de la présence d'enfants mineurs (art. 55 al. 2, 58 al. 296 al. 1 et 3 CPC);
Considérant que les conclusions concordantes des parties au sujet des modalités du droit de visite du père peuvent être entérinées, dans la mesure où le dossier ne révèle pas qu'elles seraient contraires à l'intérêt bien compris des enfants;
Que le Tribunal ayant par ailleurs prononcé une interdiction pour le père d'approcher du domicile de son épouse (chiffre 8 du dispositif, non attaqué), il incombera aux parties, assistées en cela par le curateur, de convenir d'un lieu adéquat pour la remise des enfants, sans qu'il soit nécessaire de leur donner des instructions contraignantes à cet égard;
Considérant pour le surplus que l'appel ne contient aucune motivation, en ce qui concerne la conclusion tendant à l'exemption de toute contribution d'entretien tant que l'appelant n'a pas retrouvé du travail, qu'il ne répond en conséquence pas au réquisit de motivation de l'art. 311 al. 1 CPC et qu'il doit en conséquence être tenu pour irrecevable sur ce point;
Qu'au demeurant, les éléments financiers retenus par le premier juge et non critiqués, correspondent aux pièces du dossier;
Considérant que les frais de la procédure d'appel sont fixés à 1'000 fr. (art. 31 et 35 du règlement fixant le tarif des frais en matière civile) et mis à la charge des époux par moitié, compte tenu de l'issue du litige et de la nature familiale du litige (art. 106 bal. 1 et 107 al. 1 let c CPC);
Que l'appelant étant au bénéfice de l'assistance judiciaire, la part des frais lui incombant (500 fr.) sera provisoirement supportée par l'Etat (art. 122 al. 2 CPC), l'intimée étant quant à elle condamnée à verser la part lui incombant (500 fr.) aux Services financiers du pouvoir judiciaire;
Que, compte tenu de la nature familiale du litige, il n'y a pas lieu à allocation de dépens (art. 107 al. 1 let c CPC);
Considérant enfin que la présente décision, compte tenu de la nature des prétentions en cause (droit de visite et contribution d'entretien mensuelle de 1'000 fr, accordée pour une durée indéterminée) est susceptible d'un recours de droit civil au Tribunal fédéral, les moyens étant toutefois limités au sens de l'art. 98 LTF.
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