Decision ID: 3aa3341b-8a4b-5729-95d4-330389477677
Year: 2020
Language: fr
Court: FR_TC
Chamber: FR_TC_001
Canton: FR
Region: Espace_Mittelland
Law Area: civil_law

considérant en fait
A. Le 25 novembre 2015, B._, en qualité de bailleresse, représentée par la gérance immobilière C._ SA, d’une part, et A._ et D._, en qualité de locataires, d’autre part, ont signé un contrat de bail à loyer ayant pour objet un appartement de 2 1⁄2 pièces, avec cave à bien plaire et à titre gratuit, au 7ème étage de l’immeuble sis à l’Avenue E._, à F._. Le bail a débuté le 16 décembre 2015 et prévoyait un loyer mensuel brut de CHF 1’050.-. Par formules officielles du 27 janvier 2020, adressées séparément sous pli recommandé à chacun des colocataires, la bailleresse a résilié le contrat de bail pour le 29 février 2020.
B. Par acte daté du 9 mars 2020, remis à la Poste le lendemain, la bailleresse a déposé une requête d’expulsion et d’exécution à l’encontre des colocataires précités, basée sur la procédure sommaire du cas clair (art. 257 CPC).
Par décision du 19 juin 2020, statuant sans frais, la Présidente du Tribunal des baux de l’arrondissement de la Sarine (ci-après : la Présidente) a déclaré la requête précitée irrecevable en tant qu’elle est dirigée contre D._. En revanche, elle a admis dite requête en tant qu’elle vise A._ et, partant, a prononcé l’expulsion de ce dernier de l’appartement de 2 1⁄2 pièces qu’il occupe au 7ème étage de l’immeuble sis à l’Avenue E._, à F._. Par la même occasion, la Présidente a imparti un délai au 20 juillet 2020 à A._ pour vider et quitter l’appartement en question, à défaut de quoi la bailleresse est autorisée à avoir recours à la force publique à qui ordre est d’ores et déjà donné de procéder à l’exécution de la décision d’expulsion.
C. Par acte daté du 2 juillet 2020, remis à la Poste le 6 juillet 2020, A._ a interjeté un recours contre cette décision. Il conclut, principalement, à son annulation et au renvoi de la cause à l’autorité de première instance pour nouvelle décision dans le sens des considérants, subsidiairement, à sa réformation, en ce sens, notamment, qu’un délai au 30 août 2020 lui est fixé pour vider et quitter l’appartement litigieux.
Invitée à se déterminer sur le recours, l’intimée a déposé une réponse le 10 juillet 2020, concluant, formellement, à son irrecevabilité – motif pris qu’il serait, selon elle, tardif – et, sur le fond, à son rejet, à tout le moins implicitement.
Le recourant s’est spontanément déterminé, une première fois, le 14 juillet 2020, puis, une seconde fois, par courrier daté du 16 juillet 2020, remis en mains propres au greffe du Tribunal cantonal le lendemain.

en droit
1.
1.1. La décision attaquée, qui porte sur l'expulsion d'un locataire, constitue une décision finale de première instance au sens des art. 308 al. 1 et 236 du Code de procédure civile (CPC). La voie de droit ouverte contre une telle décision est l'appel (art. 308 al. 1 let. a CPC), sauf si la valeur litigieuse est inférieure à CHF 10'000.- (art. 308 al. 2 CPC), auquel cas la décision ne peut faire l'objet que d'un recours (art. 319 let. a CPC).
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1.2. En l’espèce, la valeur litigieuse se monte à CHF 6’300.-, de sorte que seule la voie du recours est ouverte contre la décision de la Présidente du 19 juin 2020 (art. 308 al. 2 a contrario et 319 let. a CPC).
La valeur litigieuse est par ailleurs inférieure à CHF 15'000.-, si bien que seul un recours constitutionnel subsidiaire peut être introduit au Tribunal fédéral contre le présent arrêt (art. 51 al. 1 let. a, 74 al. 1 let. a, 113 ss LTF).
1.3. La procédure sommaire est applicable (cas clair ; art. 257 CPC). La décision attaquée a été notifiée au recourant le 27 juin 2020, de sorte que le recours, interjeté le 6 juillet 202, l’a été en temps utile.
1.4. Conformément à l’art. 326 al. 1 CPC, les allégations de faits et les preuves nouvelles sont irrecevables. En effet, en procédure de recours, le tribunal de deuxième instance doit statuer sur un état de fait identique à celui examiné par le premier juge. Cette règle, stricte, s’explique par le fait que l’instance de recours a pour mission de contrôler la conformité au droit de la décision entreprise, mais pas de poursuivre la procédure de première instance; à l’instar du Tribunal fédéral, l’instance de recours doit contrôler la juste application du droit à un état de fait arrêté définitivement. Le deuxième alinéa de cette disposition réserve certes les dispositions spéciales de la loi, mais la procédure de mainlevée n’est pas visée par cette réserve. L’interdiction des faits nouveaux s’applique également à la partie adverse (cf. arrêt TF 5A_950/2014 du 16 avril 2015 consid. 3.5).
Le recourant a produit, au stade du recours seulement, diverses pièces qui ne figuraient pas dans le dossier de première instance. Il a également allégué un certain nombre de faits nouveaux en lien avec ces pièces. Ces nouveaux moyens, tardifs au regard de l’art. 326 al. 1 CPC, sont donc irrecevables. Il n’en sera dès lors pas tenu compte et la Cour statuera sur la base des allégués et des pièces produites en première instance.
En tout état de cause, à supposer recevables, ils n’auraient de toute manière pas été d’un grand secours pour le recourant dans la mesure où ils ne sont pas pertinents pour l’issue de la cause.
1.5. Le recourant demande également, à titre subsubsidiaire, la possibilité de pouvoir discuter de nouvelles conditions de bail afin qu’il puisse garder son appartement.
De telles conclusions sortent du cadre des questions qui ont été l’objet de la décision attaquée, de sorte qu’elles sont d’emblée irrecevables.
2.