Decision ID: dcffdeb8-ccf0-57ea-8ef4-b866c3aa9010
Year: 2012
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_004
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law

EN FAIT
A.
Par jugement
JTBL/1397/2011
du 24 novembre 2011 communiqué aux parties par plis du 1
er
décembre 2011, le Tribunal des baux et loyers a donné acte aux bailleurs de qu’ils avaient fait exécuter à leurs frais les travaux de remplacement du lave-vaisselle, de l’évier de la cuisine, des moquettes du couloir et des deux chambres, de réfection des peintures des plafonds de l’appartement de 4 pièces au 1
er
étage de l'immeuble sis _ à Genève loué par N_SA et des papiers peints du hall d’entrée, du séjour et de l’accès aux toilettes, a réduit de 8% du 18 février 2009 jusqu’au 30 juin 2011 le loyer de l’appartement, a débouté les parties de toutes autres conclusions et a dit que la procédure était gratuite.
En substance, le Tribunal a retenu que la question des travaux n’était plus litigieuse dans la mesure où les consorts T_ les avaient fait réaliser. S’agissant de la réduction de loyer sollicitée par N_SA, le Tribunal a considéré qu’une réduction de 8% du loyer se justifiait pour les divers défauts d’ordre essentiellement esthétique affectant le bien loué. Enfin, les premiers juges ont tenu compte du fait que l’exécution des travaux avait été impossible en raison de l’indisponibilité de la locataire. Pour cette raison, la fin de la réduction de loyer a été fixée au 30 juin 2011, date à laquelle les consorts T_ avaient obtenu les devis relatifs aux travaux.
B.
Par acte déposé au greffe de la Cour le 16 janvier 2012, les consorts T_ font recours contre ce jugement. Ils concluent principalement à l’annulation du jugement précité et au renvoi de la cause au Tribunal des baux et loyers pour complément d’instruction, invitant la Cour à débouter N_SA de toutes autres ou contraires conclusions.
A l’appui de leur recours, les consorts T_ font valoir qu’ils ont, dès le départ, offert de procéder aux travaux nécessaire dans les locaux litigieux et qu’ils n’ont donc pas à subir les conséquences du refus de N_SA de laisser ses bailleurs accéder aux pièces de l’appartement où les travaux étaient nécessaires. Ils soutiennent que le premier juge aurait dû opérer une distinction nette entre les travaux de rafraîchissement des peintures ou de changement de l’évier et les travaux de remplacement des papiers-peints et des moquettes qui n’étaient, eux, effectués que par pur gain de paix. Enfin, les consorts T_ estiment que leur droit d’être entendu a été violé puisqu’ils n’ont pas pu faire entendre des témoins qui auraient pu influer le sort de la cause.
Dans son mémoire-réponse du 20 février 2011 (recte : 2012), N_SA relève tout d’abord que la valeur litigieuse du cas d’espèce est inférieure à 10'000 fr. et que la voie de l’appel est par conséquent fermée.
Elle conclut par conséquent à ce que la Cour déclare irrecevable l’écriture de son adverse partie, soulignant que même s’il y avait lieu d’entrer en matière, tous les griefs soulevés devraient être écartés en raison du pouvoir de cognition restreint de la Cour lorsqu’elle est saisie d’un recours. N_SA réfute l’allégation des consorts T_ selon laquelle ceux-ci auraient été prêts à effectuer les travaux dès 2009, relevant qu’ils ont refusé de procéder aux travaux dans l’appartement jusqu’à l’audience de comparution personnelle des parties par devant le Tribunal des baux et loyers. Ils soulignent que les consorts T_ présentent une version des faits tronquée lorsqu’ils parlent du transport sur place, puisqu’en réalité ce sont deux transports sur place qui ont été organisés à l’époque dans le cadre d’une autre procédure opposant les mêmes parties et que les consorts T_ n’ont pas mis à profit ces déplacements pour examiner les défauts. N_SA affirme encore que le courrier du 3 mars 2010 dans lequel les consorts T_ feraient droit à l’intégralité de sa demande n’est en réalité qu’un projet qui ne lui a jamais été adressé et termine en rappelant que l’accès à l’appartement litigieux a toujours été garanti et assuré.
C.
Les faits pertinents suivants ressortent de la procédure :
a
. Les parties sont liées par un contrat de bail du 24 juin 1999 portant sur la location d’un appartement de 4 pièces au 1
er
étage d’un immeuble sis _/_, Genève.
b.
Le loyer annuel, charges non comprises, a été fixé en dernier lieu à 32'554 fr. dès le 1
er
septembre 2009.
c.
Le 5 janvier 2009, l’intimée s’est plainte auprès de C_ (ci-après : la régie), de défauts dans l’appartement, annexant au courrier diverses photos.
d.
En réponse à ce courrier, la régie a informé l’intimée de ce que les bailleurs acceptaient de procéder au remplacement de l’évier de la cuisine et du lave-vaisselle ainsi qu’à la réfection de la peinture du plafond du séjour.
e.
Par courrier du 17 février 2009, l’intimée a accepté les remplacements et réfections proposées mais a encore sollicité le changement des moquettes et la réfection des peintures des plafonds de toutes les pièces de l’appartement. Elle a enfin réclamé le changement des papiers peints de l’entrée, du salon et de l’accès aux toilettes.
f.
Le 24 février 2009, la régie a refusé d’aller au delà de sa dernière offre, relevant que les moquettes et les papiers peints avaient été remplacés en juin 2000 et que leur durée d’amortissement n’était donc pas encore atteinte. A son sens, une telle dégradation des installations résultait d’une usure anormale.
g.
En réponse à cette dernière lettre, l’intimée rappelait que les papiers peints dataient de 1993 et que les moquettes avaient atteint leur amortissement puisque 5 ans suffisent pour des moquettes de médiocre qualité. Pour le surplus, elle se disait prête à attendre l’écoulement de 10 ans pour autant que l’appelante s’engage à procéder au changement à ce moment-là.
h.
Par courrier du 7 mai 2009, la régie indiquait qu’elle procéderait à une visite complète de l’appartement afin de constater de visu l’état des locaux.
i.
Par courrier du 12 janvier 2010, l’intimée écrivait une nouvelle fois à la régie, la mettant en demeure de remédier aux défauts ou de lui indiquer les démarches entreprises d’ici au 27 janvier 2010, faute de quoi elle procéderait à la consignation des loyers.
j.
Par requête datée du 3 septembre 2010 mais adressée le 24 novembre 2010 à la Commission de conciliation en matière de baux et loyers, l’intimée a invité la juridiction des baux et loyers à ordonner aux bailleurs d’exécuter les travaux de remplacement du lave-vaisselle, de l’évier de la cuisine, des moquettes du corridor et des deux chambres, de faire refaire tous les plafonds de l’appartement ainsi que les papiers peints du hall d’entrée, du séjour et de l’accès aux toilettes, à réduire de 15% le loyer de l’appartement, du 5 janvier 2009 jusqu’à l’achèvement des travaux et à condamner les bailleurs à lui verser 753 fr. 20 avec intérêts à 5% l’an.
Faute de conciliation lors de l'audience du 6 avril 2011, l'intimée a saisi le Tribunal des baux et loyers de sa demande le 19 avril 2011.
k.
Lors de l’audience de comparution personnelle des parties qui s’est tenue le 15 septembre 2011 par devant le Tribunal des baux et loyers, les appelants se sont déclarés prêts, par gain de paix, à faire exécuter les travaux faisant l’objet de la requête.
Pour le surplus, les parties ont indiqué qu’elles tenteraient de négocier un accord quant à la question d’une éventuelle réduction de loyer.
l.
L’affaire a été remise pour plaider à l’audience du 3 novembre 2011 et gardée à juger à l’issue de celle-ci, après que les parties eurent persisté dans leurs conclusions.
D.
L’argumentation juridique des parties sera examinée ci-dessous dans la mesure utile.

EN DROIT
1.
Aux termes de l'art. 405 al. 1 CPC entré en vigueur le 1
er
janvier 2011 (
RS 272
), les recours sont régis par le droit en vigueur au moment de la communication de la décision entreprise. S'agissant en l'espèce d'un recours dirigé contre un jugement notifié aux parties après le 1
er
janvier 2011, la présente cause est donc régie par le nouveau code de procédure civile.
2. 2.1.
La décision attaquée est une décision finale de première instance.
2.1.2.
La cause étant de nature patrimoniale, l'appel est recevable si la valeur litigieuse au dernier état des conclusions est de 10'000 fr. au moins (art. 308 al. 1 lit. a et al. 2 CPC).
2.1.3
La valeur du litige est déterminée par les conclusions (art. 91 al. 1 CPC). Lorsque l’action ne porte pas sur le paiement d’une somme d’argent déterminée, le Tribunal détermine la valeur litigieuse si les parties n’arrivent pas à s’entendre sur ce point ou si la valeur qu’elles avancent est manifestement erronée (art. 91 al. 2 CPC).
Pour les recours, on retiendra la valeur litigieuse au dernier état des conclusions de première instance (LACHAT, Procédure civile en matière de baux et loyers, Lausanne 2011, p. 47, ch. 4.3, art. 308 al. 2 CPC).
2.2.
En l'espèce, les recourants ont conclu au déboutement de l'intimée de ses conclusions en réduction de loyer de sorte que la valeur litigieuse est inférieure à 10'000 fr. La voie de l’appel est donc fermée.
Dès lors, la décision du Tribunal des baux et loyers ne peut être attaquée que par le biais du recours (art. 319 ss CPC).
3. 3.1.
Le délai de recours est de 30 jours à compter de la notification de la décision motivée (art. 321 al. 1 CPC).