Decision ID: 83ad6f9d-25e8-5128-9982-d5ac2973534b
Year: 2015
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_013
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: public_law

EN FAIT
1) Le 20 novembre 2014, la centrale commune d'achats (ci-après : CCA) a éliminé du marché « machines d'essais pour la Haute école de paysage, d'ingénierie et d'architecture de Genève » le dossier d'offre de Temeco Services AG (ci-après : Temeco). La soumission ne contenait pas toutes les pièces impératives de participation énumérées dans l'appel d'offres. Il manquait les attestations officielles relatives aux assurances sociales, à la prévoyance professionnelle et à l'impôt à la source ainsi que les bilans ou chiffres d'affaires des trois dernières années et l'extrait de registre des poursuites et faillites.![endif]>![if>
2) Le 28 novembre 2014, Temeco a recouru auprès de la chambre administrative de la Cour de justice (ci-après : la chambre administrative) contre la décision d'exclusion susmentionnée, concluant en substance à son annulation.![endif]>![if>
En raison d'une mauvaise interprétation de l'appel d'offres, son dossier ne contenait pas toutes les pièces requises selon les conditions de participation. Elles étaient jointes au recours.
3) Le 2 décembre 2014, le recours de Temeco a été transmis à la CCA et les parties ont été informées que la cause était gardée à juger en application de l'art. 72 de la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 1985 (LPA -
E 5 10
). ![endif]>![if>

EN DROIT
1) Le marché public litigieux est soumis à l’AIMP, au RMP, à la loi autorisant le Conseil d’État à adhérer à l’accord intercantonal sur les marchés publics du 12 juin 1997 (L-AIMP -
L 6 05.0
), ainsi qu’à la LPA.![endif]>![if>
2) a. En vertu des art. 15 al. 1 AIMP, 3 al. 1 L-AIMP et 56 RMP, les décisions de l’adjudicateur peuvent faire l’objet d’un recours adressé à la chambre administrative dans les dix jours dès la notification de la décision.![endif]>![if>
Les décisions d’exclusion sont notamment sujettes à recours (art. 15 al. 1
bis
let. d AIMP ; art. 55 let. c RMP).
b. Selon les art. 62 al. 1 let. b LPA, 15 al. 1bis let. d et 2 AIMP, 3 al. 1
L-AIMP et 56 al. 1 RMP, le recours est adressé à la chambre administrative dans les dix jours dès la notification de la décision.
En l'espèce, la décision d'exclusion du marché litigieux a été notifiée à la recourante le 24 novembre 2014.
Interjeté en temps utile devant la juridiction compétente, le recours du 28 novembre 2014 est recevable.
3) a. Selon l’art. 42 al. 1 let. a RMP, l’offre est écartée d’office lorsque le soumissionnaire a rendu une offre tardive, incomplète ou non conforme aux exigences ou au cahier des charges. L’art. 32 al. 1 RMP dispose que seules sont prises en considération les offres accompagnées, pour les soumissionnaires et les sous-traitants, des documents suivants, parmi lesquels figurent les attestations justifiant que la couverture du personnel en matière d'assurances sociales est assurée conformément à la législation en vigueur au siège du soumissionnaire et que ce dernier est à jour avec le paiement de ses cotisations (let. a) et l'attestation de l’autorité fiscale compétente justifiant que le soumissionnaire s’est acquitté de ses obligations en matière d’impôt à la source retenu sur les salaires de son personnel ou qu'il n'a pas de personnel soumis à cet impôt (let. c).![endif]>![if>
b. Lorsque le soumissionnaire a rendu une offre tardive, incomplète ou non-conforme aux exigences ou au cahier des charges, l’offre est écartée d’office (art. 42 al. 1 let. a RMP). Selon l’art. 42 al. 3 RMP, les offres écartées ne sont pas évaluées. L’autorité adjudicatrice rend une décision d’exclusion motivée, notifiée par courrier à l’intéressé, avec mention des voies de recours.
4) La chambre de céans a déjà jugé que le droit des marchés publics était formaliste et que c’est dans le respect de ce formalisme que l’autorité adjudicatrice doit procéder à l’examen de la recevabilité des offres et à leur évaluation. Elle s’est toujours montrée stricte dans ce domaine (
ATA/361/2014
du 20 mai 2014 consid. 6 et les références citées), ce que le Tribunal fédéral a constaté mais confirmé (arrêt du Tribunal fédéral
2C_197/2010
du 30 avril 2010 consid. 6.5). ![endif]>![if>
En l’espèce, la recourante admet que les documents requis par les dispositions réglementaires susmentionnées ne figuraient pas dans son dossier de soumission. Ce n’est que dans le cadre de la présente procédure que la recourante a fourni ladite attestation, soit bien au-delà du délai, expliquant que cette omission était due à une mauvaise interprétation de l'appel d'offres. Ni la réglementation, ni la jurisprudence ne prévoyant de faits justificatifs, il appartient aux entreprises soumissionnaires de s’organiser de manière à pouvoir comprendre correctement un appel d'offres et rendre leur offre complète dans le délai. Partant, ni le principe de la proportionnalité ni celui de l’interdiction du formalisme excessif ne commandaient d’accepter l’offre, de sorte que c’est à juste titre que l’autorité adjudicatrice a exclu la recourante du marché litigieux.
5) Compte tenu de ce qui précède, le recours, manifestement mal fondé, sera rejeté sans instruction (art. 72 LPA). Un émolument de CHF 1’000.- sera mis à la charge de la recourante, qui succombe (art. 87 al. 1 LPA). Aucune indemnité de procédure ne lui sera allouée (art. 87 al. 2 LPA). ![endif]>![if>