Decision ID: 9ca64a1b-5cc7-5429-9d37-21444437c548
Year: 2017
Language: fr
Court: FR_TC
Chamber: FR_TC_004
Canton: FR
Region: Espace_Mittelland
Law Area: civil_law

considérant en fait
A. B._, née en 2004, C._, né en 2006, et D._, né en 2010, sont les enfants de A._ et E._. Les parents sont divorcés depuis trois ans et sont conjointement détenteurs de l’autorité parentale. Les enfants sont domiciliés chez leur mère et leur beau-père. Le père vit quant à lui avec sa compagne et bénéficie d’un droit de visite ordinaire.
B. Par courrier électronique du 8 août 2017, A._, cheffe de groupe Permanence du Service de l’enfance et de la jeunesse (ci-après: SEJ), a transmis à la Justice de paix de l’arrondissement de la Sarine (ci-après: la Justice de paix), le signalement du 4 août 2017 de F._, chef de l’Unité de pilotage des prestations éducatives contractualisées (ci-après: UPPEC) du Service de protection de la jeunesse vaudois (ci-après: SPJ), concernant les enfants B._, C._ et D._, lesquels ont bénéficié d’une action éducative en milieu ouvert (ci-après: AEMO) de février à juin 2014. Il ressort, en substance, de ce signalement que les grands-parents paternels des enfants, G._ et H._, ont pris contact avec l’UPPEC afin de régler l’accueil à plein temps de leur petite-fille B._ pour la rentrée 2017. Lors de l’entretien prévu pour évaluer les conditions d’accueil, les grands-parents ainsi que le père des enfants ont exprimé leurs inquiétudes concernant la prise en charge de ces derniers chez leur mère et son époux. Ils ont notamment relaté que l’époux de la mère dénigrait et insultait régulièrement les enfants. Il se livrerait également à de la violence physique, par exemple lorsqu’il a cassé la Nintendo DS qu’il avait offerte à B._, à la suite de quoi la situation aurait dégénéré et il lui aurait donné un coup de poing dans les côtes et aurait utilisé un manche à balai pour lui taper sur la tête. De plus, il aurait des comportements inappropriés envers B._ en lui mettant régulièrement les mains aux fesses. Les grands-parents G._ et H._ ainsi que le père des enfants ont également expliqué que D._ vole régulièrement dans les magasins, qu’il urine dans tous les coins de l’appartement et que, au moins à une reprise, le père avait remarqué des bleus sur ses fesses. Ils ont enfin relaté que les enfants racontent qu’ils doivent rester de longues heures dans leur chambre sans pouvoir en sortir et que les dimanches ils n’ont pas le droit de sortir de leur chambre avant 11h00-12h00, le salon étant réservé aux adultes. C._ aurait enfin dit une fois aux grands-parents qu’il aimerait prendre un couteau pour pouvoir tuer son beau-père. A._ a quant à elle indiqué qu’il n’y a pas d’inquiétude à avoir concernant la prise en charge de ses enfants. Elle a expliqué que son mari a reçu une éducation très stricte et dure et qu’il lui arrive d’utiliser les mêmes méthodes éducatives sur les enfants, notamment des fessées. A._ a également expliqué essayer de « temporiser » les comportements de son mari (DO 3 à 5).
Le 14 août 2017, la Juge de paix s’est entretenue par téléphone avec I._, intervenante AEMO. Elle a expliqué que lorsque le suivi AEMO a commencé, A._ était complètement dépassée. Suite à l’évolution favorable de la situation, il a été décidé d’y mettre un terme. S’agissant du beau-père des enfants, elle a précisé qu’il a une grande emprise sur A._. Il est autoritaire mais a aussi des côtés positifs (DO 23).
Le 16 août 2017, la Justice de paix a eu un entretien téléphonique avec deux intervenantes du SPJ. Elles ont confirmé les faits décrits dans le rapport du 4 août 2017 et ont précisé que A._ donne l’impression de se rendre compte du fait que son époux n’est parfois pas adéquat mais qu’elle fait ce qu’elle peut pour le calmer et le raisonner (DO 24).
Le 17 août 2017, A._ et E._ ont comparu devant la Juge de paix (DO 26 ss).
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A cette occasion, A._ a expliqué qu’elle vit depuis trois ans avec son conjoint, lequel souffre d’une sclérose en plaque progressive et se déplace en chaise roulante. Elle a relevé qu’elle avait décidé d’envoyer sa fille vivre chez ses grands-parents paternels étant donné sa phase d’opposition et du fait qu’elle a de la peine à s’adapter à son nouveau conjoint. A._ a souligné que son mari ne met pas la main aux fesses de B._. Elle a ensuite expliqué que son fils C._ souffre d’un TSA et est scolarisé aux Buissonnets. Elle a précisé qu’il a une bonne relation avec son conjoint. S’agissant de D._, A._ a souligné que s’il fait ses besoins aux culottes, c’est parce qu’il est pris dans ses jeux et qu’il oublie d’aller aux toilettes, ce qui n’arrive toutefois qu’occasionnellement. A._ a ensuite indiqué que ses enfants restent dans leur chambre pour jouer mais qu’il ne leur est pas interdit de venir au salon. Elle a ajouté que son mari a reçu une éducation stricte et a inculqué à ses propres enfants que le salon est l’espace des adultes. A._ a précisé ne pas toujours arriver à jouer avec ses enfants en raison de son état de santé. Quant aux méthodes éducatives, A._ a déclaré que « donner une fessée aux enfants de temps en temps c’est normal ». Elle a expliqué que B._ l’avait gravement insultée et qu’elle n’avait d’autre solution pour la faire arrêter. S’agissant de D._, elle n’a pas su dire pourquoi elle l’avait fessé.
E._ a pour sa part indiqué que B._ a eu de la peine à accepter le divorce et qu’elle s’oppose aux règles fixées lorsqu’elle est chez lui. E._ a également expliqué être inquiet s’agissant de C._ car il lui a dit que très souvent il doit rester enfermé dans sa chambre, qu’il ne se sent pas aimé, et que son petit frère a un pot dans sa chambre. Il a en outre perdu beaucoup de poids. E._ a également déclaré avoir le sentiment que les enfants souffrent du peu de présence de leur mère. Enfin, il a indiqué avoir déjà constaté des bleus sur le bas du dos de B._ et sur les fesses de D._.
Lors la séance, A._ et E._ ont décidé que leur fille irait momentanément vivre chez ses grands-parents paternels. Ils se sont également accordés pour demander l’institution d’une curatelle éducative en faveur des trois enfants. De plus, les parents ont accepté de reprendre l’AEMO. A._ s’est pour sa part engagée à ne plus frapper ses enfants. E._ s’est dit ouvert à recevoir des conseils éducatifs, notamment pour B._.
Par courrier du 16 août 2017, la compagne de E._ a fait part à la Justice de paix des difficultés que E._ et elle rencontrent avec la fille de ce dernier et des conditions dans lesquelles les enfants vivent chez leur mère et leur beau-père (DO 29).
Par courrier du 21 août 2017, A._ a déclaré revenir sur sa décision et refuser l’institution d’une curatelle éducative. Elle ne s’est en revanche pas opposée à l’institution de l’AEMO. Elle a également fait état de carences dans l’éducation donnée par E._ à ses enfants, en ce sens qu’il dormirait parfois sur le canapé car il est trop alcoolisé, qu’il donnerait uniquement à manger aux enfants des pizzas et du Mac Donald et qu’il a permis à B._ d’avoir un natel trop tôt. Elle a enfin joint à son courrier une attestation du Dr J._, pédiatre, confirmant qu’elle cherche à faire son mieux pour sa fille et qu’il n’a aucune raison de penser que D._ et C._ subissent des maltraitances ou des négligences de la part de leur mère ou de son conjoint (DO 31 ss).
Par courrier du 23 août 2017, A._ a contesté les reproches formulés à son égard par la compagne de E._ s’agissant de sa prise en charge des enfants (DO 36 ss).
Le 28 août 2017, la Juge de paix s’est entretenue par téléphone avec la Directrice des Buissonnets, K._. Cette dernière a relevé que des éducateurs lui avaient rapporté que
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C._ leur avait dit qu’il n’avait pas envie de rentrer à la maison. Elle a précisé que C._ souffre d’un déficit intellectuel et a des traits autistiques (DO 43).
Par courrier du 25 août 2017, E._ s’est déterminé sur les reproches formulés par A._ à son égard (DO 46).
Le 28 août 2017, la Juge de paix s’est entretenue téléphoniquement avec L._, psychologue ayant suivi B._ pendant une année scolaire. Il a en substance expliqué qu’il ne pense pas que B._ est victime de maltraitance ou de violence, même si quelques dérapages lui ont été rapportés (le beau-père lui a tiré les cheveux une fois). Il s’agit d’une jeune fille provocatrice et pas facile. Il a relevé que B._ et sa mère ont une relation fusionnelle bien qu’il y ait des conflits (DO 51).
Le 30 août 2017, la Directrice des Buissonnets a transmis à la Juge de paix une note des enseignantes spécialisées de C._, de laquelle il ressort qu’il s’est parfois plaint de l’attitude de son beau-père en ce sens qu’il lui parle sèchement et qu’il est sévère avec lui. Elles n’ont en revanche jamais constaté de signes de maltraitance sur son corps (DO 56).
Par entretien téléphonique du 7 septembre 2017, la Directrice des Buissonnets a informé la Justice de paix que les éducateurs lui avaient rapporté que lors d’un repas de midi, C._ a déclaré que son beau-père le force à mettre de gros morceaux de nourriture dans sa bouche en lui disant « mange plus vite », alors qu’il mange déjà vite, et qu’il lui met également les morceaux directement dans sa bouche. Il a indiqué que parfois il n’arrive plus à respirer (DO 61).
C. Par décision du 25 août 2017, la Justice de paix a institué une curatelle éducative en faveur des trois enfants B._, C._ et D._ et a nommé M._, intervenante en protection de l’enfant au SEJ, en tant que curatrice. Elle lui a donné comme tâche d’assister les parents, de les conseiller et de leur prodiguer un appui dans l’éducation et la prise en charge des enfants, ainsi que d’effectuer les démarches nécessaires afin qu’un soutien par le biais de l’AEMO soit mis en place.
D. Par mémoire du 13 octobre 2017, A._ a interjeté recours contre cette décision. Elle a conclu à son annulation et à ce qu’aucune mesure de protection ne soit instaurée en faveur de ses enfants. Elle a en outre requis le bénéfice de l’assistance judiciaire et la désignation de Me Bruno Kaufmann en qualité de défenseur d’office, frais à la charge de l’Etat.
E. Par courrier du 23 octobre 2017, la Justice de paix a indiqué qu’elle n’a pas d’observations à formuler sur le recours. Elle a relevé qu’elle n’a pas pour habitude d’entendre systématiquement les enfants lors de l’instauration d’une curatelle éducative, ceux-ci ayant par la suite des entretiens avec leur curateur et l’éducateur AEMO.
F. Invité à se déterminer, E._ ne s’est quant à lui pas manifesté.

en droit
1.
1.1 Selon l'art. 8 de la loi du 15 juin 2010 concernant la protection de l'enfant et de l'adulte (LPEA), le Tribunal cantonal connaît des recours contre les décisions rendues par l'autorité de protection, soit la Justice de paix (art. 2 al. 1 LPEA). La Cour de protection de l'enfant et de l'adulte
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(art. 14 al. 1 let. c du Règlement du Tribunal cantonal du 22 novembre 2012 précisant son organisation et son fonctionnement [RTC]) est compétente pour statuer.
1.2 Les dispositions de la procédure devant l’autorité de protection de l’adulte sont applicables par analogie (art. 314 al. 1 CC) de sorte que la procédure de recours est ainsi régie par les art. 450 à 450e CC (MEIER/STETTLER, Droit de la filiation, 5e éd., 2014, n. 589 p. 399).