Decision ID: b17e8ec1-0f0e-45cf-a1ed-b7687e63a08b
Year: 2003
Language: fr
Court: CH_BGer
Chamber: CH_BGer_006
Canton: CH
Region: Federation
Law Area: penal_law

Faits:
A. Les époux A.X._ et B.X._ ont été inculpés le 1er septembre 1997 de défaut de vigilance en matière d'opérations financières (art. 305ter CP), pour avoir ouvert le 13 novembre 1995 un compte bancaire auprès de banque Z._ à Genève, au nom de la société Y._ SA, sans entreprendre de démarches pour identifier le réel ayant droit économique des valeurs qui y seraient gardées ou transférées, et pour avoir rempli faussement la formule d'ouverture du compte en indiquant comme ayant droit un certain D._ alors qu'ils savaient que celui-ci agissait à titre fiduciaire pour une tierce personne.
Par ordonnance de condamnation du 25 juillet 2001, le Procureur général du canton de Genève a déclaré A.X._ coupable de faux dans les titres et de défaut de vigilance en matière d'opérations financières et l'a condamné à six mois d'emprisonnement et au paiement d'une amende de 25'000 francs. Il a ordonné la confiscation du solde des valeurs patrimoniales déposées sur le compte bancaire précité et leur allocation à C._, qui s'était porté partie civile. Par ordonnance du même jour, il a déclaré B.X._ coupable des mêmes infractions et l'a condamnée à la peine de quatre mois d'emprisonnement avec sursis pendant trois ans et au paiement d'une amende de 10'000 francs. Le 6 août 2001, A.X._ et B.X._ ont fait opposition à ces ordonnances auprès du Tribunal de police du canton de Genève. Invités à se déterminer sur le point de savoir s'ils entendaient faire porter leur opposition sur la question de la culpabilité ou sur la question de la mesure de la peine uniquement, ils ont fait savoir, par courrier du 8 octobre 2001, qu'ils soulèveraient à la prochaine audience un incident liminaire tendant à ce que le tribunal sursoie à statuer jusqu'à ce qu'A.X._ puisse être, le cas échéant, jugé pour des faits qui lui étaient reprochés dans le cadre d'une autre procédure pénale ouverte contre lui. Statuant contradictoirement sur incident à l'audience du 9 novembre 2001, le Tribunal de police a rejeté cette requête, après être entré en matière sur les oppositions et avoir mis à néant les ordonnances de condamnation du 25 juillet 2001. Une nouvelle audience de jugement a été convoquée pour le 14 décembre 2001. Le 6 décembre 2001, B.X._ a demandé son renvoi devant la Cour correctionnelle siégeant avec le concours du jury et a décliné la compétence du Tribunal de police, pour le motif qu'elle n'avait jamais consenti à être jugée par cette juridiction, comme l'exigeait l'art. 28 al. 2 de la loi genevoise sur l'organisation judiciaire. A.X._ en a fait de même le lendemain. Les époux X._ ont réitéré leur demande à l'audience de jugement du 14 décembre 2001. Statuant le même jour sur incident, le Tribunal de police a considéré la requête comme tardive et l'a déclarée irrecevable. Il a estimé que les époux X._ avaient admis par actes concluants sa compétence en soulevant le 9 novembre 2001 un incident liminaire sans rapport avec cette question. Les époux X._ ont annoncé qu'ils entendaient immédiatement interjeter pourvoi en cassation sur cette question auprès de la Cour de cassation du canton de Genève, ce qu'il ont fait le jour-même. Ils ont alors quitté l'audience du Tribunal de police, laquelle s'est poursuivie.
Par jugement du 11 janvier 2002, le Tribunal de police a reconnu A.X._ coupable de défaut de vigilance en matière d'opérations financières et de faux dans les titres et l'a condamné à la peine de six mois d'emprisonnement et à une amende de 25'000 francs. Il a reconnu B.X._ coupable de complicité de défaut de vigilance en matière d'opérations financières et l'a condamnée à la peine de quatre mois d'emprisonnement avec sursis pendant trois ans et à une amende de 10'000 francs. Il a ordonné la confiscation du solde actuel des valeurs patrimoniales déposées sur le compte bancaire au nom de Y._ SA et leur allocation à C._. Les époux X._ ont fait appel de ce jugement auprès de la Chambre pénale du canton de Genève.
Par arrêts du 24 mai 2002, la Cour de cassation genevoise a rejeté les recours d'A.X._ et B.X._, admettant que ces derniers avaient reconnu la compétence matérielle du Tribunal de police par actes concluants. Par un arrêt du 2 octobre 2002 (1P.348/2002 et 1P.350/2002), le Tribunal fédéral a rejeté les recours de droit public d'A.X._ et B.X._ contre les arrêts de la Cour de cassation genevoise.
Par arrêts du 24 mai 2002, la Cour de cassation genevoise a rejeté les recours d'A.X._ et B.X._, admettant que ces derniers avaient reconnu la compétence matérielle du Tribunal de police par actes concluants. Par un arrêt du 2 octobre 2002 (1P.348/2002 et 1P.350/2002), le Tribunal fédéral a rejeté les recours de droit public d'A.X._ et B.X._ contre les arrêts de la Cour de cassation genevoise.
B. A.X._ et B.X._ ont saisi la Chambre pénale de la Cour de justice genevoise d'un appel contre le jugement du Tribunal de police du 11 janvier 2002. A l'audience du 25 novembre 2002, ils ont sollicité le renvoi de la cause devant le Tribunal de police pour procéder à l'audition de témoins et rendre un nouveau jugement, cette autorité ayant statué le 11 janvier 2002 au mépris selon eux de l'effet suspensif attaché aux recours qui étaient pendants devant la Cour de cassation genevoise. Par arrêt du 16 décembre 2002, la Chambre pénale a rejeté cette requête. A.X._ et B.X._ ont chacun formé un recours de droit public au Tribunal fédéral contre cette décision cantonale. Par un arrêt du 26 février 2003 (1P.66/2003 et 1P.67/2003), le Tribunal fédéral a déclaré les recours irrecevables, considérant que la décision attaquée était une décision incidente aux termes de l'art. 87 al. 2 OJ, qu'elle n'était pas susceptible de porter un préjudice irréparable et qu'elle pourrait, s'il y a lieu, être attaquée avec le prononcé final.
Par arrêt du 5 mai 2003, la Chambre pénale a partiellement admis l'appel d'A.X._, le libérant du chef d'accusation de faux dans les titres. Elle a condamné A.X._, pour défaut de vigilance en matière d'opérations financières, à quatre mois d'emprisonnement avec sursis durant quatre ans et à une amende de 25'000 francs. Elle a condamné B.X._, pour complicité de défaut de vigilance en matière d'opérations financière, à trois mois d'emprisonnement avec sursis durant trois ans et à une amende de 10'000 francs. Elle a confirmé pour le surplus le jugement du Tribunal de police du 11 janvier 2002.
Par arrêt du 5 mai 2003, la Chambre pénale a partiellement admis l'appel d'A.X._, le libérant du chef d'accusation de faux dans les titres. Elle a condamné A.X._, pour défaut de vigilance en matière d'opérations financières, à quatre mois d'emprisonnement avec sursis durant quatre ans et à une amende de 25'000 francs. Elle a condamné B.X._, pour complicité de défaut de vigilance en matière d'opérations financière, à trois mois d'emprisonnement avec sursis durant trois ans et à une amende de 10'000 francs. Elle a confirmé pour le surplus le jugement du Tribunal de police du 11 janvier 2002.
C. B.X._ forme un recours de droit public au Tribunal fédéral contre les arrêts des 16 décembre 2002 et 5 mai 2003. Elle conclut à leur annulation.
B.X._ s'est également pourvue en nullité au Tribunal fédéral contre l'arrêt du 5 mai 2003.

Le Tribunal fédéral considère en droit:
Le Tribunal fédéral considère en droit:
1. 1.1 Le recours de droit public au Tribunal fédéral est ouvert contre une décision cantonale pour violation des droits constitutionnels des citoyens (art. 84 al. 1 let. a OJ). Il n'est en revanche pas ouvert pour se plaindre d'une violation du droit fédéral, qui peut donner lieu à un pourvoi en nullité (art. 269 al. 1 PPF); un tel grief ne peut donc pas être invoqué dans le cadre d'un recours de droit public, qui est subsidiaire (art. 84 al. 2 OJ; art. 269 al. 2 PPF).
1.2 En vertu de l'art. 90 al. 1 let. b OJ, l'acte de recours doit, à peine d'irrecevabilité, contenir un exposé succinct des droits constitutionnels ou des principes juridiques violés et préciser en quoi consiste la violation. Saisi d'un recours de droit public, le Tribunal fédéral n'a donc pas à vérifier de lui-même si la décision attaquée est en tous points conforme au droit ou à l'équité; il est lié par les moyens invoqués dans le recours et peut se prononcer uniquement sur les griefs de nature constitutionnelle que le recourant a non seulement invoqués, mais suffisamment motivés (ATF 127 I 38 consid. 3c p. 43; 126 III 534 consid. 1b p. 536; 125 I 71 consid. 1c p. 76). Le Tribunal fédéral n'entre pas non plus en matière sur les critiques de nature appellatoire (ATF 125 I 492 consid. 1b p. 495).
1.2 En vertu de l'art. 90 al. 1 let. b OJ, l'acte de recours doit, à peine d'irrecevabilité, contenir un exposé succinct des droits constitutionnels ou des principes juridiques violés et préciser en quoi consiste la violation. Saisi d'un recours de droit public, le Tribunal fédéral n'a donc pas à vérifier de lui-même si la décision attaquée est en tous points conforme au droit ou à l'équité; il est lié par les moyens invoqués dans le recours et peut se prononcer uniquement sur les griefs de nature constitutionnelle que le recourant a non seulement invoqués, mais suffisamment motivés (ATF 127 I 38 consid. 3c p. 43; 126 III 534 consid. 1b p. 536; 125 I 71 consid. 1c p. 76). Le Tribunal fédéral n'entre pas non plus en matière sur les critiques de nature appellatoire (ATF 125 I 492 consid. 1b p. 495).
2. 2.1 La recourante se plaint d'arbitraire dans l'application du droit cantonal de procédure. Elle prétend que le jugement du Tribunal de police du 11 janvier 2002 est nul. Selon elle, ce jugement a été rendu alors que la question de la compétence matérielle du Tribunal de police, admise par celui-ci le 14 décembre 2001, faisait l'objet d'un pourvoi en cassation devant la Cour de cassation genevoise. Ce recours cantonal serait doté de l'effet suspensif, de sorte que le Tribunal de police n'aurait pas dû statuer au fond avant que cette dernière autorité n'ait rendu son arrêt, ce qu'elle a fait le 24 mai 2002. La recourante en déduit que la Chambre pénale aurait dû renvoyer la cause au Tribunal de police.
Au plan cantonal, cette question a fait l'objet d'un incident que la Chambre pénale a rejeté par son arrêt du 16 décembre 2002. Dans son arrêt du 26 février 2003 (1P.66/2003 et 1P.67/2003), le Tribunal fédéral a indiqué que cet arrêt cantonal, valant décision incidente non susceptible de créer un préjudice irréparable, pourrait être attaqué avec le prononcé final (cf. art. 87 al. 3 OJ). C'est ce que fait ici la recourante.
2.2 Ce n'est que sous l'angle restreint de l'interdiction de l'arbitraire que le Tribunal fédéral revoit l'interprétation et l'application du droit cantonal de procédure (ATF 121 I 1 consid. 2 p. 3). Il n'y a pas arbitraire du seul fait qu'une autre interprétation de la loi est possible, voire préférable (124 I 247 consid. 5 p. 250; 120 Ia 369 consid. 3a p. 373; 118 Ia 497 consid. 2a p. 499; 116 Ia 325 consid. 3a p. 326/327). Selon la jurisprudence, est arbitraire une décision qui méconnaît gravement une norme ou un principe juridique clair et indiscuté ou qui heurte de manière choquante le sentiment de la justice ou de l'équité. En d'autres termes, il ne se justifie de l'annuler que si elle est insoutenable, en contradiction manifeste avec la situation effective, si elle a été adoptée sans motif objectif ou en violation d'un droit certain. Il ne suffit pas que la motivation de la décision soit insoutenable; encore faut-il qu'elle soit arbitraire dans son résultat (ATF 128 I 273 consid. 2.1 p. 275; 127 I 54 consid. 2b p. 56; 126 I 168 consid. 3 p. 170).
Dans son arrêt du 16 décembre 2002, la Chambre pénale a indiqué qu'en droit genevois, la voie de la cassation était une voie extraordinaire, qui ne recelait, à défaut d'une mention expresse, pas en soi d'effet suspensif. Elle a relevé que la recourante n'avait pas requis l'effet suspensif et elle a conclu que le Tribunal de police, après avoir admis sa compétence matérielle, pouvait légitimement poursuivre les débats et rendre son jugement sur le fond, même si la question de sa compétence faisait l'objet d'un recours auprès de la Cour de cassation genevoise. Elle a ainsi exclu le renvoi de la cause au Tribunal de police.
La recourante se réfère à l'ancien art. 343 al. 3 du Code de procédure pénale genevois (CPP/GE), selon lequel le pourvoi est suspensif. Selon elle, ainsi qu'en attestent les travaux préparatoires, l'abrogation de cette disposition par la loi du 17 mai 1990 est due à l'adoption de l'art. 369 al. 2 CPP/GE, qui précise que les procédures de recours ont effet suspensif. La recourante est ainsi d'avis que le pourvoi en cassation genevois a de plein droit effet suspensif.
L'art. 369 CPP/GE se trouve au titre V, chapitre I du CPP/GE, respectivement intitulé Exécution des ordonnances et des jugements et Peines et mesures privatives de liberté. L'art. 369 al. 1 CPP/GE prévoit que les ordonnances de condamnations, celles de la Chambre d'accusation et les décisions des juridictions de jugement ou de recours sont exécutées sur l'ordre du procureur général, sauf dans les cas où la loi désigne une autre autorité. Selon l'art. 369 al. 2 CPP/GE, le délai d'opposition et le recours cantonal et l'exercice de ceux-ci ont effet suspensif jusqu'à droit jugé, sauf si la loi en dispose autrement. Selon la systématique légale, on conçoit que l'effet suspensif institué par l'art. 369 al. 2 CPP/GE tend à empêcher à la suite d'un recours cantonal l'exécution d'une décision prononçant une peine ou une mesure privative de liberté. Les intitulés du titre et du chapitre où se trouve cette disposition imposent cette conclusion. En revanche, on ne saurait nécessairement déduire de la réglementation cantonale qu'un recours contre une décision incidente, c'est-à-dire une décision prise dans le cours de la procédure et qui ne constitue qu'une étape vers la décision finale, soit de plein droit suspensif. La Chambre pénale a exposé que le pourvoi cantonal était une voie extraordinaire, que le recourant n'avait pas requis l'effet suspensif et qu'en conséquence, son recours n'avait pas suspendu la procédure pendante devant le Tribunal de police. Il est vrai que cette motivation, qui ne mentionne pas l'art. 369 al. 2 CPP/GE, est aussi générale qu'imprécise. On ne saurait cependant considérer la solution retenue comme incompatible dans son résultat avec la réglementation cantonale. En effet, il ne s'agissait pas d'un recours dirigé contre un jugement de condamnation mais contre une décision incidente. L'art. 369 al. 2 CPP/GE ne traite pas de cette situation spécifique de sorte que l'on peut sans arbitraire dénier toute portée à cette disposition dans le cas concret. Autrement dit, il n'est pas insoutenable d'admettre que la problématique de l'effet suspensif d'un pourvoi en cassation immédiat contre une décision incidente se résout indépendamment de la réglementation de l'art. 369 al. 2 CPP/GE. Au titre IV (Voies de recours extraordinaires) chapitre I (Cassation) du CPP/GE se trouvent les dispositions réglementant le pourvoi en cassation (art. 338 à 356). Aucune de celles-ci n'aborde la question de l'effet suspensif dans le cas d'un recours contre une décision incidente. A défaut d'une réglementation expresse à ce sujet, il ne paraît pas indéfendable d'exclure l'effet suspensif automatique pour un pourvoi en cassation lorsqu'il est dirigé contre une décision incidente et de n'admettre un tel effet que si le président ou la juridiction l'ordonne sur requête. Cela est conforme à la conception selon laquelle une voie de droit extraordinaire, comme l'est le pourvoi en cassation, ne comporte en principe pas d'effet suspensif de plein droit (cf. Gérard Piquerez, Procédure pénale suisse, Zurich 2000, n. 3321). Dans son résultat, la décision de la Chambre pénale est donc exempte d'arbitraire.
L'art. 369 CPP/GE se trouve au titre V, chapitre I du CPP/GE, respectivement intitulé Exécution des ordonnances et des jugements et Peines et mesures privatives de liberté. L'art. 369 al. 1 CPP/GE prévoit que les ordonnances de condamnations, celles de la Chambre d'accusation et les décisions des juridictions de jugement ou de recours sont exécutées sur l'ordre du procureur général, sauf dans les cas où la loi désigne une autre autorité. Selon l'art. 369 al. 2 CPP/GE, le délai d'opposition et le recours cantonal et l'exercice de ceux-ci ont effet suspensif jusqu'à droit jugé, sauf si la loi en dispose autrement. Selon la systématique légale, on conçoit que l'effet suspensif institué par l'art. 369 al. 2 CPP/GE tend à empêcher à la suite d'un recours cantonal l'exécution d'une décision prononçant une peine ou une mesure privative de liberté. Les intitulés du titre et du chapitre où se trouve cette disposition imposent cette conclusion. En revanche, on ne saurait nécessairement déduire de la réglementation cantonale qu'un recours contre une décision incidente, c'est-à-dire une décision prise dans le cours de la procédure et qui ne constitue qu'une étape vers la décision finale, soit de plein droit suspensif. La Chambre pénale a exposé que le pourvoi cantonal était une voie extraordinaire, que le recourant n'avait pas requis l'effet suspensif et qu'en conséquence, son recours n'avait pas suspendu la procédure pendante devant le Tribunal de police. Il est vrai que cette motivation, qui ne mentionne pas l'art. 369 al. 2 CPP/GE, est aussi générale qu'imprécise. On ne saurait cependant considérer la solution retenue comme incompatible dans son résultat avec la réglementation cantonale. En effet, il ne s'agissait pas d'un recours dirigé contre un jugement de condamnation mais contre une décision incidente. L'art. 369 al. 2 CPP/GE ne traite pas de cette situation spécifique de sorte que l'on peut sans arbitraire dénier toute portée à cette disposition dans le cas concret. Autrement dit, il n'est pas insoutenable d'admettre que la problématique de l'effet suspensif d'un pourvoi en cassation immédiat contre une décision incidente se résout indépendamment de la réglementation de l'art. 369 al. 2 CPP/GE. Au titre IV (Voies de recours extraordinaires) chapitre I (Cassation) du CPP/GE se trouvent les dispositions réglementant le pourvoi en cassation (art. 338 à 356). Aucune de celles-ci n'aborde la question de l'effet suspensif dans le cas d'un recours contre une décision incidente. A défaut d'une réglementation expresse à ce sujet, il ne paraît pas indéfendable d'exclure l'effet suspensif automatique pour un pourvoi en cassation lorsqu'il est dirigé contre une décision incidente et de n'admettre un tel effet que si le président ou la juridiction l'ordonne sur requête. Cela est conforme à la conception selon laquelle une voie de droit extraordinaire, comme l'est le pourvoi en cassation, ne comporte en principe pas d'effet suspensif de plein droit (cf. Gérard Piquerez, Procédure pénale suisse, Zurich 2000, n. 3321). Dans son résultat, la décision de la Chambre pénale est donc exempte d'arbitraire.
3. La recourante invoque une violation des art. 32 al. 3 Cst., 2 al. 1 Prot. no 7 CEDH (RS 0.101.07) et 14 § 5 du Pacte ONU II (RS 0.103.2). Selon elle, dès lors que le Tribunal de police a statué au mépris de l'effet suspensif et que la Chambre pénale a malgré cela refusé de retourner la cause à cette autorité, elle a été privée du double degré de juridiction que lui garantissent les dispositions précitées.
La recourante se fonde sur la prémisse que son pourvoi en cassation cantonal était pourvu de l'effet suspensif. Or, comme on l'a vu, c'est sans arbitraire que la Chambre pénale a retenu que tel n'était pas le cas. La recourante ne peut donc tirer aucun argument de l'effet sus-
pensif relativement à la garantie du double degré de juridiction. Elle ne formule pas d'autre motivation qui serait recevable au regard de l'art. 90 al.1 let. b OJ.
Au demeurant, on ne perçoit aucune violation du droit constitutionnel ou conventionnel. L'art. 32 al. 3 Cst. garantit le droit à toute personne condamnée de faire examiner le jugement par une juridiction supérieure. Les dispositions conventionnelles également invoquées n'ont pas de portée distincte (ATF 128 I 237 consid. 3 p. 238). Cette garantie n'exige pas que la juridiction supérieure jouisse d'un plein pouvoir d'examen en fait et en droit. Un recours limité au réexamen complet des questions de droit et au réexamen des faits et des preuves sous le seul angle de l'arbitraire est donc tout à fait admissible (ATF 124 I 92 consid. 2 p. 94 ss; décision de la Cour européenne des droits de l'homme du 30 mai 2000 dans la cause Loewenguth c. France, Recueil des arrêts et décisions 2000 VI p. 557, § 2).
En l'espèce, après avoir annoncé qu'elle recourait auprès de la Cour de cassation genevoise contre la décision incidente prise par le Tribunal de police à propos de sa compétence, la recourante a choisi de ne plus participer à la procédure qui se poursuivait devant cette dernière autorité. Elle s'est donc elle-même placée dans la situation dont elle paraît se plaindre aujourd'hui. A la suite du jugement sur le fond rendu par le Tribunal de police le 11 janvier 2002, la recourante a formé un appel devant la Chambre pénale. En procédure genevoise, la Chambre pénale dispose d'un plein pouvoir d'examen dans la procédure de recours, tant en fait qu'en droit. La recourante a ainsi notamment pu requérir les mesures d'instruction dont elle s'était elle-même privée par son comportement en première instance. Contre l'arrêt de la Chambre pénale du 5 mai 2003, la recourante a encore eu l'occasion
de saisir le Tribunal fédéral du présent recours de droit public et d'un pourvoi en nullité. La recourante a donc clairement bénéficié de la garantie d'un double degré de juridiction.
de saisir le Tribunal fédéral du présent recours de droit public et d'un pourvoi en nullité. La recourante a donc clairement bénéficié de la garantie d'un double degré de juridiction.
4. Se plaignant d'une violation de l'art. 6 CEDH, la recourante prétend n'avoir pas été jugée par un tribunal compétent pour le motif que le Tribunal de police a statué alors qu'un pourvoi en cassation cantonal était pendant. De la sorte, la recourante ne fait que reprendre, sous une autre formulation, les critiques déjà examinées aux consid. 2 et 3 ci-dessus. Il y est renvoyé.
4. Se plaignant d'une violation de l'art. 6 CEDH, la recourante prétend n'avoir pas été jugée par un tribunal compétent pour le motif que le Tribunal de police a statué alors qu'un pourvoi en cassation cantonal était pendant. De la sorte, la recourante ne fait que reprendre, sous une autre formulation, les critiques déjà examinées aux consid. 2 et 3 ci-dessus. Il y est renvoyé.
5. La recourante se plaint d'arbitraire et de la violation du principe "in dubio pro reo" dans l'établissement des faits et l'appréciation des preuves.
Dans la mesure où, comme en l'espèce, l'appréciation des preuves est critiquée en référence avec le principe "in dubio pro reo", celui-ci n'a pas de portée plus large que l'interdiction de l'arbitraire (ATF 127 I 38 consid. 2a p. 41).
5.1 En bref, les faits à l'origine de la condamnation de la recourante en vertu des art. 25 et 305ter CP sont les suivants:
Le mari de la recourante, A.X._, est actif dans le domaine financier. Le 25 octobre 1995, E._, avocat à Francfort, a écrit A.X._, avec qui il était en relation d'affaires depuis plusieurs années, pour lui demander de fournir à l'un de ses clients, nommé D._, une société anonyme de droit suisse. D._ a rencontré A.X._ à Genève en novembre 1995 et lui a acheté pour 14'000 francs la société Y._ SA, dont la recourante était l'administratrice. Ne souhaitant pas être indiscret, A.X._ n'a pas demandé à voir le passeport de son cocontractant. Aucun document n'a été signé à l'occasion de la vente. Selon les déclarations d'A.X._, D._ lui a expliqué avoir un client qui faisait du commerce international et agir à titre fiduciaire pour ce client. A.X._ a ensuite entrepris auprès de la banque Z._ les démarches nécessaires à l'ouverture d'un compte bancaire au nom de la société qu'il venait de vendre. Les documents d'ouverture du compte ont été remplis le 13 novembre 1995 et signés par la recourante; la formule A, datée du même jour, désigne D._ comme ayant droit économique, avec comme adresse celle de l'avocat E._. Seul D._ avait la signature sur le compte. La banque Z._ a fait savoir à A.X._ et à la recourante que l'élection de domicile effectuée par l'ayant droit économique du compte auprès de son avocat n'était pas admissible. Une seconde formule A, signée par la recourante et datée du 22 décembre 1995, a été adressée à Me E._, puis récupérée à Francfort par A.X._ et la recourante lors d'une réunion chez cet avocat, en présence de D._. Il a alors été convenu que Me E._ adresserait lui-même une copie du passeport de D._ à la banque Z._, ce qu'il a fait le 22 décembre 1995. Le compte auprès de la banque Z._ a fait l'objet de plusieurs opérations en vertu d'ordres de transfert donnés par D._.
Le mari de la recourante, A.X._, est actif dans le domaine financier. Le 25 octobre 1995, E._, avocat à Francfort, a écrit A.X._, avec qui il était en relation d'affaires depuis plusieurs années, pour lui demander de fournir à l'un de ses clients, nommé D._, une société anonyme de droit suisse. D._ a rencontré A.X._ à Genève en novembre 1995 et lui a acheté pour 14'000 francs la société Y._ SA, dont la recourante était l'administratrice. Ne souhaitant pas être indiscret, A.X._ n'a pas demandé à voir le passeport de son cocontractant. Aucun document n'a été signé à l'occasion de la vente. Selon les déclarations d'A.X._, D._ lui a expliqué avoir un client qui faisait du commerce international et agir à titre fiduciaire pour ce client. A.X._ a ensuite entrepris auprès de la banque Z._ les démarches nécessaires à l'ouverture d'un compte bancaire au nom de la société qu'il venait de vendre. Les documents d'ouverture du compte ont été remplis le 13 novembre 1995 et signés par la recourante; la formule A, datée du même jour, désigne D._ comme ayant droit économique, avec comme adresse celle de l'avocat E._. Seul D._ avait la signature sur le compte. La banque Z._ a fait savoir à A.X._ et à la recourante que l'élection de domicile effectuée par l'ayant droit économique du compte auprès de son avocat n'était pas admissible. Une seconde formule A, signée par la recourante et datée du 22 décembre 1995, a été adressée à Me E._, puis récupérée à Francfort par A.X._ et la recourante lors d'une réunion chez cet avocat, en présence de D._. Il a alors été convenu que Me E._ adresserait lui-même une copie du passeport de D._ à la banque Z._, ce qu'il a fait le 22 décembre 1995. Le compte auprès de la banque Z._ a fait l'objet de plusieurs opérations en vertu d'ordres de transfert donnés par D._.
5.2 5.2.1 La recourante laisse entendre que la Chambre pénale n'aurait pas tenu compte des circonstances dans lesquelles son époux a traité avec D._. Pour l'essentiel, la recourante ne formule pas de critiques précises contre l'arrêt attaqué, mais se contente d'exposer différents faits, dont elle déduit que son époux ne s'est jamais trouvé en présence d'indices qui lui permettaient de conclure que D._ n'était pas le seul ayant droit économique du compte. Elle ne soulève de la sorte aucune critique recevable au regard de l'art. 90 al. 1 let. b OJ. Au demeurant, déterminer quelle intensité de la vigilance était requise dans le cas concret compte tenu des circonstances de l'affaire relève de l'application de l'art. 305ter CP, autrement dit du droit pénal fédéral, dont l'examen n'est pas recevable dans un recours de droit public (cf. supra, consid. 1.1).
5.2.2 La recourante prétend qu'il ne pouvait pas être tenu compte des déclarations de son époux à la police le 11 septembre 1996.
Il ressort du procès-verbal établi à cette occasion qu'A.X._ a indiqué ce qui suit à propos de sa rencontre à Genève en novembre 1995 avec D._: "[Celui-ci] m'a dit qu'il avait un client nigérian qui faisait du business international et qu'il agissait à titre fiduciaire pour ce client. Il a acheté la Y._ SA et en possédait seul la signature individuelle. Mais il agissait comme intermédiaire en ce qui concernait le compte bancaire ouvert à la banque Z._". La recourante met en cause cette déclaration, relevant qu'il ressort également du procès-verbal que "[D._ a dit à A.X._] qu'il touchait des commissions sur les transactions de ce compte. Ces transactions concernaient des activités d'import-export des clients de M. D._". Selon la recourante, le procès-verbal est ainsi confus et contradictoire, pour mentionner tout d'abord un client nigérian à qui appartiendrait les avoirs sur le compte, puis des clients actifs dans l'import-export. La recourante soutient que son époux a utilisé les termes "fiduciaire" et "intermédiaire" différemment de la manière dont ils ont été protocolés. Elle explique à ce sujet d'une part que son époux a exercé la fonction d'intermédiaire entre l'ayant droit économique ou Me E._ et la banque et, d'autre part, que le terme fiduciaire recoupe les activités de la société Y._ SA annoncées à la banque par l'ayant droit économique et Me E._, qui ont rempli les documents d'ouverture de compte. Elle ajoute également que lors de l'audition par la police, son époux ne parlait ni ne lisait couramment le français.
Dans son argumentation, la recourante se livre à une libre discussion des faits, purement appellatoire. Elle ne démontre aucun arbitraire. Il ressort clairement du procès-verbal établi le 11 septembre 1996 qu'A.X._ a déclaré à la police que D._ lui avait signalé agir à titre fiduciaire pour un client nigérian. Une telle affirmation ne recèle aucune ambiguïté. Lors de l'audience d'inculpation devant le juge d'instruction le 1er septembre 1997, A.X._, assisté d'un avocat, a indiqué qu'il confirmait la déclaration faite à la police le 11 septembre 1996. Dans ces conditions, la Chambre pénale n'est pas tombée dans l'arbitraire en retenant, sur la base des propos d'A.X._, que D._ lui avait dit agir à titre fiduciaire pour un tiers.
5.2.3 La recourante s'en prend à la remarque de la Chambre pénale selon laquelle le manque de curiosité de la recourante et d'A.X._ est "d'autant plus blâmable que les circonstances de la vente de la société Y._ SA à D._ étaient douteuses puisqu'aucun contrat n'avait été signé et puisqu'en décembre 1995 déjà, au moment de remplir la seconde formule A, [A.X._] négociait sa vente à un second acheteur" (arrêt attaqué, p. 11). La recourante conteste la vente à un second acheteur.
On ne perçoit pas en quoi la seconde vente évoquée par la Chambre pénale serait pertinente pour l'application de l'art. 305ter CP, s'agissant de déterminer si A.X._ a entrepris ou non des démarches de vérification suffisantes de l'ayant droit économique. En conséquence, même si la constatation cantonale devait être inexacte, elle ne serait pas de nature à faire apparaître la décision attaquée comme arbitraire dans son résultat. Au demeurant, la recourante ne développe qu'une argumentation appellatoire, irrecevable dans un recours de droit public.
5.2.4 La recourante relève qu'a été produite en procédure d'appel une attestation de D._ datée du 22 novembre 2002, lequel confirme qu'il a toujours été le seul ayant droit économique des valeurs sur le compte de la banque Z._. La Chambre pénale a considéré que ce document n'était pas déterminant et qu'il était incertain que son contenu soit digne de foi (cf. arrêt attaqué, p. 10). La recourante en conclut que la solution de la Chambre pénale est contradictoire, celle-ci reprochant à A.X._ de n'avoir pas constaté que D._ n'était pas l'ayant droit économique tout en considérant comme incertain s'il l'était. La recourante ajoute qu'aucun élément de la procédure ne laisse penser qu'une autre personne que D._ serait l'ayant droit économique. Dans la mesure où l'argumentation de la recourante s'interprète comme une critique de l'application de l'art. 305ter CP compte tenu des circonstances concrètes, elle est irrecevable dans un recours de droit public (cf. supra, consid. 1.1). Au surplus, on ne saisit pas quelle constatation factuelle contenue dans l'arrêt attaqué la recourante met en cause. La critique est irrecevable sous l'angle de l'art. 90 al. 1 let. b OJ.
5.2.4 La recourante relève qu'a été produite en procédure d'appel une attestation de D._ datée du 22 novembre 2002, lequel confirme qu'il a toujours été le seul ayant droit économique des valeurs sur le compte de la banque Z._. La Chambre pénale a considéré que ce document n'était pas déterminant et qu'il était incertain que son contenu soit digne de foi (cf. arrêt attaqué, p. 10). La recourante en conclut que la solution de la Chambre pénale est contradictoire, celle-ci reprochant à A.X._ de n'avoir pas constaté que D._ n'était pas l'ayant droit économique tout en considérant comme incertain s'il l'était. La recourante ajoute qu'aucun élément de la procédure ne laisse penser qu'une autre personne que D._ serait l'ayant droit économique. Dans la mesure où l'argumentation de la recourante s'interprète comme une critique de l'application de l'art. 305ter CP compte tenu des circonstances concrètes, elle est irrecevable dans un recours de droit public (cf. supra, consid. 1.1). Au surplus, on ne saisit pas quelle constatation factuelle contenue dans l'arrêt attaqué la recourante met en cause. La critique est irrecevable sous l'angle de l'art. 90 al. 1 let. b OJ.
6. Le recours doit être rejeté dans la mesure où il est recevable. La recourante, qui succombe, supporte les frais de la procédure (art. 156 al. 1 OJ).