Decision ID: 0ff1b884-f477-4095-8647-33fbee9a426d
Year: 2009
Language: fr
Court: CH_BSTG
Chamber: CH_BSTG_001
Canton: CH
Region: Federation
Law Area: penal_law

La IIe Cour des plaintes, vu:
- la procédure P/11194/2006 contre A. ouverte du chef de blanchiment
d’argent (art. 305bis CP) par le procureur du canton de Genève le 11 juillet 2006 et ensuite déléguée à la France le 27 avril 2007;
- le séquestre frappant depuis le 11 juillet 2006 le compte n° 1. détenu
par A. auprès de la banque B.;
- la demande de levée du séquestre des 6 et 29 novembre 2007 adres-
sée par A. à l’Office fédéral de la justice (ci-après: OFJ);
- le recours formé le 13 février 2008 au Tribunal pénal fédéral par lequel
A. se plaignait d’un déni de justice formel;
- l’arrêt du Tribunal pénal fédéral du 8 avril 2008 reconnaissant la compé-
tence de l’OFJ pour statuer sur les mesures relatives au séquestre pendant la durée de la procédure de délégation à l’étranger et  le recours pour déni de justice;
- le considérant 5 de cet arrêt aux termes duquel l’OFJ était non seule-
ment requis d’intervenir dans les meilleurs délais auprès des autorités françaises afin qu’elles communiquent si elles acceptent ou non la  de la poursuite, mais devait également fixer à celles-ci un délai de deux mois dès l’entrée en force de l’arrêt du 8 avril 2008 pour  une requête d’entraide en vue de la saisie des fonds en leur faveur;
- le recours du 21 avril 2008 par lequel l’OFJ demandait au Tribunal fédé-
ral d’annuler cet arrêt dans la mesure où il constatait sa compétence;
- l’arrêt du 21 mai 2008 du Tribunal fédéral rejetant ledit recours;
- le recours formé le 20 juin 2008 au Tribunal pénal fédéral par lequel A. se plaint à nouveau d’un déni de justice formel et, subsidiairement,  la levée du séquestre.
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La IIe Cour considère en droit:
qu’à teneur de l’art. 46a PA, un refus ou un retard à statuer est assimilé à une décision, la partie concernée pouvant recourir en tout temps (art. 50 al. 2 PA);
que si l’obligation de célérité, posée à l’art. 17a de la loi fédérale sur l’entraide internationale en matière pénale du 20 mars 1981 (EIMP; RS 351.1), sert en premier lieu l’autorité requérante, elle peut aussi être  par les personnes touchées en Suisse par les mesures d’entraide judiciaire;
que le principe de la proportionnalité impose à l’autorité de limiter autant que possible l’atteinte aux droits fondamentaux qu’elle porte aux  (cf. art. 36 al. 3 Cst.);
que l’art. 29 Cst. pose, au titre des garanties générales de procédure, le droit de toute personne, dans une procédure judiciaire ou administrative, à ce que sa cause soit traitée équitablement et dans un délai raisonnable;
que le droit d’être entendu (art. 29 al. 2 Cst.) impose enfin à l’autorité  de statuer sur les requêtes qui lui sont soumises;
qu’en l’espèce, la demande de levée de séquestre des 6 et 29 novembre 2007 n’a toujours pas trouvé de réponse;
que, dans la mesure où le recours formé au Tribunal fédéral contre l’arrêt du 8 avril 2008 n’avait pas pour objet une décision de clôture ou une  autorisant la transmission de renseignements concernant le domaine secret ou le transfert d’objets ou de valeurs, il n’était pas assorti d’un effet suspensif automatique (cf. art. 103 al. 2 let. c LTF a contrario);
que ce recours ne contenait au demeurant aucune requête d’effet ;
qu’en conséquence, l’arrêt du 8 avril 2008 était immédiatement exécutoire, obligeant ainsi l’OFJ à agir «dans les meilleurs délais» au sens de son considérant 5 et l’Etat requérant, au plus tard dans les deux mois dès la  de l’arrêt du 8 avril 2008;
que s’étant exécuté le 9 juin 2008 seulement, l’OFJ a employé environ huit semaines dès l’entrée en force de l’arrêt précité pour s’adresser aux autori-
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tés françaises, empêchant celles-ci d’agir dans le délai fixé par la Cour de céans;
que ce laps de temps doit être tenu comme excessif eu égard à la  de la démarche requise de l’OFJ;
que, vu l’ATF 129 II 249, l’OFJ pouvait raisonnablement s’attendre à ce que cette jurisprudence, récente et publiée, soit confirmée et que, par , il ne se justifiait pas d’attendre la décision du Tribunal fédéral avant d’interpeller les autorités françaises;
que, compte tenu des retards déjà accumulés, il incombait à l’OFJ de s’adresser promptement aux autorités françaises;
que, dans la mesure où les démarches qui s’imposaient n’ont pas été  avec célérité, il s’impose de constater un déni de justice  par l’art. 29 al. 1 Cst.;
que, dans le cas particulier, il ne se justifie toutefois pas d’ordonner la levée du séquestre;
qu’en effet, une telle conclusion serait prématurée tant et aussi longtemps que l’autorité française requise n’a pas pu se déterminer quant à la  de maintenir le blocage des fonds initialement saisis dans le cadre de la procédure suisse et tant qu’elle n’a pas pu, le cas échéant, adresser une requête d’entraide en vue de leur saisie aux fins de la procédure française;
que, pour agir dans ce sens, l’OFJ a imparti un délai au 21 juillet 2008 aux autorités françaises, faute de quoi le compte serait débloqué;
que, la détermination de la France étant imminente, la prolongation de la mesure de saisie de quelques semaines ne paraît pas en soi excessive sous l’angle de la garantie de la propriété à ce stade de la procédure d’entraide;
qu’outre le fait que la révocation de la saisie serait disproportionnée, la  du séquestre contreviendrait par ailleurs à l’obligation incombant à la Suisse de coopérer de la manière la plus large possible, telle qu’elle  du droit conventionnel liant la République française et la  suisse, notamment de l’art. 1 CEEJ et de l’Accord complémentaire;
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qu’en toute hypothèse, l’Etat requérant ne doit pas supporter les  des retards de l’OFJ;
que, par conséquent, le séquestre sera maintenu;
qu’au vu de ce qui précède, le recours est partiellement admis;
que le recourant, qui obtient partiellement gain de cause, a droit à une  de dépens, mise à la charge de l’OFJ (art. 63 al. 1 PA).
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