Decision ID: 77b4f5f9-cb77-56e8-842e-8834a352b648
Year: 2018
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_007
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 

EN FAIT
, que par acte expédié le 1
er
novembre 2017 au greffe de la Chambre de surveillance, A_ SA s'est plainte d'un retard injustifié de la part de l'Office des poursuites (ci-après : l'Office) dans le traitement de la poursuite requise le 7 juin 2017 contre B_, concluant à ce qu'il soit ordonné à l'Office d'établir un commandement de payer conforme à cette réquisition, "
sans avance de frais complémentaire
";
Que dans son rapport du 21 novembre 2017, l'Office s'en est rapporté à justice sur le bien-fondé de la plainte, en exposant ce qui suit : la réquisition lui était parvenue le
8 juin 2017; le commandement de payer, poursuite n° 17 xxxx67 M, a été édité le
6 juillet 2017 et remis à la poste pour notification au débiteur, à l'adresse figurant sur la réquisition; la poste a retourné l'acte à l'Office le 10 août 2017 avec la mention "
destinataire introuvable, pas de nom sur la boîte aux lettres
"; le 21 septembre 2017, une convocation a été envoyée à la débitrice, à l'adresse indiquée dans la réquisition, puis une sommation le 23 octobre 2017, laquelle a été retournée à l'Office avec la mention "
introuvable
" ; le 27 octobre 2017, le dossier a été "
transmis au service des notifications externes pour demande de passage
";
Que par avis du 23 novembre 2017, les parties ont été informées que l'instruction de la cause était close.
Considérant,

EN DROIT
, que la Chambre de surveillance est compétente pour statuer sur les plaintes formées en application de la LP (art. 13 LP; 125 et 126 al. 2 let. c LOJ; 6 al. 1 et 3 et 7 al. 1 LaLP) contre des mesures prises par l'Office qui ne peuvent être attaquées par la voie judiciaire (art. 17 al. 1 LP);
Que la plainte peut être déposée en tout temps lorsque le plaignant fait valoir un déni de justice ou un retard à statuer (art. 17 al. 3 LP);
Que la plaignante faisant valoir un retard injustifié, sa plainte, qui répond par ailleurs aux exigences minimales de forme (art. 9 al. 1 et 2 LaLP; 65 al. 1 et 2 LPA, applicable par renvoi de l'art. 9 al. 4 LaLP), est recevable;
Qu'il y a retard non justifié, au sens de l'art. 17 al. 3 LP, lorsqu'un organe de l'exécution forcée n'accomplit pas un acte qui lui incombe – d'office ou à la suite d'une requête régulière – dans le délai prévu par la loi ou dans un délai raisonnable compte tenu de l'ensemble des circonstances (Cometta/Möckli, BAK SchKG I, 2
ème
éd., 2010, n. 31-32 ad art. 17 LP; Dieth/Wohl, KUKO SchKG, 2
ème
éd., 2014, n. 32 ad art. 17 LP; Erard, CR LP, 2005, n. 55 ad art. 17 LP);
Qu'à réception d'une réquisition de poursuite, l'Office vérifie que celle-ci est conforme aux prescriptions de l'art. 67 al. 1 et 2 LP ainsi que, sur la base des indications données par le créancier et de ses propres vérifications, sa compétence à raison du lieu. Si la réquisition de poursuite répond aux exigences de l'art. 67 al. 1 et 2 LP et n'est pas nulle pour un autre motif, l'Office rédige (art. 69 al. 1 LP) et notifie (art. 71 al. 1 LP) sans attendre le commandement de payer. Ces dispositions constituent des prescriptions d'ordre imposant à l'Office d'agir sans délai, "aussi vite que possible"; leur éventuelle violation est toutefois sans effet sur la validité du commandement de payer (GILLIERON, Commentaire LP, n. 14 ad art. 71 LP; MALACRIDA/ROESLER, KUKO SchKG, n. 3
ad art. 71 LP);
Qu'en l'espèce, moins d'un mois s'est écoulé entre la réception par l'Office de la réquisition de poursuite et l'établissement du commandement de payer; si un délai de dix à quinze jours est souhaitable, cette lenteur, prise isolément, n'est pas encore suffisante pour retenir que l'Office aurait tardé de façon injustifiée;
Que la procédure de notification proprement dite, débutée en juillet 2017, n'a plus avancé depuis que le 10 août 2017, date à laquelle la poste a retourné le commandement de payer à l'Office, en précisant que le débiteur était introuvable à l'adresse indiquée. A cet égard, l'on peine à comprendre pourquoi l'Office a envoyé une convocation et une sommation à cette même adresse, ce qui a rallongé d'autant le traitement de la poursuite, plutôt que de diligenter derechef un agent externe pour se rendre sur place et vérifier si le débiteur y résidait ou non. Force est d'ailleurs de constater qu'au 23 novembre 2017 – date à laquelle l'instruction de la plainte a été clôturée –, aucun collaborateur de l'Office ne s'était encore déplacé pour enquêter sur les lieux;
Que ces retards ne sont pas compatibles avec l'exigence de célérité et de diligence imposée par l'art. 71 al. 1 LP;
Que la plainte doit donc être admise et ordre sera donné à l'Office de poursuivre sans désemparer la procédure de notification du commandement de payer jusqu'à son terme;
Que la plaignante a également conclu à ce que la plainte soit admise "
sans avance de frais complémentaire
";
Que s'agissant de l'avance des frais de poursuite qui échoit au créancier (art. 68 al. 1 LP; art. 1 ss OELP, notamment art. 13 al. 1 OELP), sa quotité dépendra des débours, démarches, opérations, etc., rendus nécessaires au cours de la procédure d'exécution forcée, laquelle n'est pas terminée;
Qu'en conséquence, la Chambre de céans n'est pas en mesure de se prononcer abstraitement sur ce point;
Que pour le surplus, la procédure de plainte est gratuite (art. 20a al. 2 ch. 5 LP; 61 al. 2 let. a OELP) et il n'est pas alloué de dépens (art. 62 al. 2 OELP).
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