Decision ID: a5871b91-3942-5315-999c-c789e2ad32cb
Year: 2019
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_005
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 

EN FAIT
A.
a.
Le 15 juin 2018, A_ (ci-après : le demandeur) a sollicité l'assistance juridique pour recourir contre une décision de l'Office cantonal de la population et des migrations qui refusait de lui délivrer une autorisation de séjour, prononçait son renvoi de Suisse et lui impartissait un délai au 15 juillet 2018 pour quitter le pays.![endif]>![if>
b.
Par décision du 3 juillet 2018, le Vice-président du Tribunal civil a rejeté la requête d'assistance juridique précitée, au motif que la cause du demandeur était dénuée de chances de succès.
Cette décision a été confirmée par décision
DAAJ/88/2018
de l'autorité de céans du 21 novembre 2018.
B.
Par acte déposé le 14 janvier 2019 au greffe de la Cour, le demandeur a sollicité la révision de la décision
DAAJ/88/2018
précitée, au motif qu'il aurait appris le 5 décembre 2018 qu'il faisait l'objet d'une procédure pénale, à la suite d'une plainte que son épouse aurait déposée, selon ses dires, antérieurement à la décision dont la révision est demandée.![endif]>![if>
A l'appui de sa requête, il produit la page de garde de la décision dont la révision est demandée ainsi qu'un document, daté du 5 décembre 2018, dans lequel la police lui demande de fournir des renseignements sur sa situation personnelle et financière.

EN DROIT
1.
1.1.
Selon l'art. 328 al. 1 let. a CPC, une partie peut demander la révision de la décision entrée en force au Tribunal qui a statué en dernière instance, lorsqu'elle découvre après coup des faits pertinents ou des moyens de preuve concluants qu'elle n'avait pu invoquer dans la procédure précédente à l'exclusion des faits et moyens de preuve postérieurs à la décision.![endif]>![if>
Le but de la révision est d'amener un nouvel examen, par le Tribunal qui a statué, de décisions judiciaires qui sont entrées en force de chose jugée matérielle et dès lors ne peuvent plus être corrigées par d'autres moyens de droit, lorsque des motifs de révision déterminés sont réalisés (ATF
138 III 382
consid. 3.2.1).
Seuls peuvent justifier une demande de révision les faits qui se sont produits jusqu'au moment où, dans la procédure principale, des allégations de faits étaient encore recevables (ATF
142 III 413
consid. 2.2.6;
134 IV 48
consid. 1.2 au sujet de la révision des arrêts du Tribunal fédéral).
Dans le cadre d'un recours, l'allégation de faits nouveaux est irrecevable (art. 326
al. 1 CPC).
1.2.
La force de chose jugée formelle (
formelle Rechtskraft
) ne doit pas être confondue avec l'autorité de la chose jugée (
materielle Rechtskraft
), dont sont revêtues les décisions sur le fond (ATF
123 III 16
consid. 2a) et qui permet de s'opposer à ce que cette décision soit remise en discussion devant un tribunal par les mêmes parties et sur le même objet (art. 59 let. e CPC; ATF
121 III 474
consid. 2; arrêt du Tribunal fédéral
5A_866/2012
du 1er février 2013 consid. 4.2).
Les décisions en matière d'assistance juridique n'acquièrent que la force de chose jugée formelle et n'ont pas l'autorité de la chose jugée, de sorte qu'une nouvelle requête peut être formée en tout temps lorsque les circonstances se sont notablement modifiées depuis que la première décision a été rendue (arrêt du Tribunal fédéral
5A_405/2011
du 27 septembre 2011 consid. 4.5.4 non publié aux ATF
137 III 470
,
5A_336/2007
du 5 octobre 2007 consid. 2.2). La procédure de révision, qui présuppose que la décision est assortie d'une force de chose jugée matérielle, ne leur est ainsi pas applicable.
1.3.
En l'espèce, le demandeur fonde sa demande de révision sur le fait que son épouse aurait déposé plainte pénale contre lui à une date indéterminée, mais, selon ses dires, antérieurement à la date du prononcé de la décision dont la révision est requise. Le demandeur perd cependant de vue que l'allégué de faits nouveaux est irrecevable dans le cadre d'un recours, de sorte que la circonstance qu'une procédure pénale soit diligentée contre lui ne permet pas de fonder une demande de révision auprès de l'autorité de recours en matière d'assistance juridique.
Pour le surplus, dans la mesure où les décisions en matière d'assistance juridique n'ont pas de force de chose jugée matérielle, la voie de la révision n'est de toute manière pas ouverte.
Compte tenu de ce qui précède, la demande de révision formée le 14 janvier 2019 sera déclarée irrecevable.
2.
Sauf exceptions non réalisées en l'espèce, il n'est pas perçu de frais judiciaires pour la procédure d'assistance juridique (art. 119 al. 6 CPC). ![endif]>![if>
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