Decision ID: ef8b308e-1860-41cf-8372-8f75eda7afc6
Year: 2017
Language: fr
Court: CH_BSTG
Chamber: CH_BSTG_001
Canton: CH
Region: Federation
Law Area: penal_law

Faits:
A. Une demande d'entraide a été adressée à la Suisse le 16 octobre 2015 par
l'autorité britannique de réglementation des services financiers (ci-après: "Fi-
nancial Conduct Authority"; FCA). Celle-ci mène une enquête pour des faits
de délits d'initiés à l'encontre de B. et C.. Cette dernière, compliance officer
au sein du Service Investissements de la banque D. de Londres, aurait com-
muniqué des informations confidentielles à B.. Il aurait ainsi été au courant,
entre autres, de fusions et acquisitions avant que l'annonce n'en soit faite sur
le marché boursier. Cela lui aurait permis de conclure des "contract for diffe-
rence", desquels il aurait tiré un profit important. Pour leur enquête, les auto-
rités britanniques ont besoin d'éclaircissements sur les flux financiers issus
des infractions. Les autorités étrangères requièrent notamment la documen-
tation pertinente détenue par A. SA (dossier du Ministère public de la Con-
fédération [ci-après: MPC], rubrique 1, demande d'entraide du 16.10.2015,
p. 3 ss [anglais] et 30 ss [traduction française]).
B. Par ordonnance d'entrée en matière du 7 décembre 2015, le MPC a admis
l'entraide (dossier du MPC, rubrique 4, ordonnance d'entrée en matière du
07.12.2015).
C. Le 8 mars 2016, la Police judiciaire fédérale (ci-après: PJF) a perquisitionné
les locaux de la société A. SA. Cela sur la base d'un mandat établi par le
MPC le 7 mars 2016 (dossier du MPC, rubrique 6, mandat de perquisition en
matière d'entraide judiciaire pénale du 07.03.2016).
D. Le procès-verbal de perquisition, signé pour A. SA par E., donne l'accord
pour l'exécution simplifiée de l'entraide (act. 1.2).
E. Le 17 mars 2016, Me Thierry Ulmann s'est constitué pour la défense des
intérêts de A. SA et a demandé au MPC de consulter le dossier. Il a réitéré
sa requête le 13 avril 2016. Dans ces deux courriers, A. SA s'opposait à la
transmission de la documentation saisie (act. 1.6; 1.7).
F. Le MPC, le 15 avril 2016, a transmis à l'autorité requérante les documents
saisis (act. 1.8).
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G. A. SA a été invitée à s'exprimer sur les raisons de son opposition à la trans-
mission des documents par courrier du MPC du 22 avril 2016. Dans son
courrier du 19 mai 2016, la société a indiqué que E. ne pouvait engager la
société que par une signature collective à deux. Le jour de la perquisition,
F., administrateur, était également présent. La société invoque le secret pro-
fessionnel de l'avocat. Elle ajoute que toutes les pièces ne peuvent être
transmises du fait qu'elles sont couvertes par le secret (dossier du MPC,
rubrique 14, courriers du MPC à Me Ulmann des 22 avril 2016 et 9 mai 2016,
courrier de Me Ulmann au MPC du 6 mai 2016 et déterminations de Me Ul-
mann du 19 mai 2016).
H. Par décision du 30 mai 2016, le MPC "constate:
1. L'entraide a valablement été octroyée à la Financial Conduct Autohority
(FCA) du Royaume-Uni;
2. Les pièces no 01-01-0003-0080 à 0110 n'auraient pas dû être transmises
à la Financial Conduct Autohority;
3. la Financial Conduct Authority FCA sera informée du chiffre 2 du présent
dispositif dès entrée en force de la présente" (act. 1.1).
I. Le MPC a adressé, le 21 juin 2016, une lettre à la FCA l'informant que la
validité de la transmission de moyens de preuve effectuée le 15 avril 2016
était litigieuse. Il a invité cette autorité à retirer de son dossier les documents
transmis et de ne les utiliser ni à titre informatif, ni comme moyen de preuve
jusqu'à avis de sa part (dossier du MPC, rubrique 18, lettre du MPC à la FCA
du 21.06.2016).
J. Le 29 juin 2016, un recours a été interjeté par la société A. SA à l'encontre
de la décision du MPC du 30 mai 2016. La société conclut, sous suite de
frais et dépens, à l'annulation du chiffre 1 du dispositif de la décision précitée
et au refus de l'entraide à la FCA. Subsidiairement, elle requiert que soit
demandé à la FCA la restitution des pièces couvertes par le secret profes-
sionnel (act. 1, p. 10).
Invités à se déterminer, le MPC et l'Office fédéral de la justice (ci-après: OFJ)
concluent, respectivement les 22 juillet 2016 et 22 août 2016, au rejet du
recours (act. 6; 7; 10). Dans le délai imparti et par réplique du 5 septembre
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2016, A. SA persiste dans les conclusions prises dans son recours (act. 11;
12).
Les arguments et moyens de preuve invoqués par les parties seront repris,
si nécessaire, dans les considérants en droit.

La Cour considère en droit:
1.
1.1 L'entraide judiciaire entre le Royaume-Uni et la Confédération suisse est
prioritairement régie par la Convention européenne d’entraide judiciaire en
matière pénale (CEEJ; 0.351.1), entrée en vigueur pour la Suisse le 20 mars
1967 et pour le Royaume-Uni le 27 novembre 1991. En l’espèce, trouvent
également application les dispositions de la Convention relative au blanchi-
ment, au dépistage, à la saisie et à la confiscation des produits du crime
(CBl; RS 0.311.53), entrée en vigueur le 1er septembre 1993. A compter du
12 décembre 2008, les art. 48 ss de la Convention d’application de l’Accord
Schengen du 14 juin 1985 (CAAS; no CELEX 42000A0922[02]; Journal offi-
ciel de l’Union européenne L 239 du 22 septembre 2000, p. 19 à 62) s’appli-
quent également à l’entraide pénale entre la Suisse et le Royaume-Uni
(v. Décision du Conseil du 29 mai 2000 relative à la demande du Royaume-
Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord de participer à certaines dis-
positions de l’acquis de Schengen, in Journal officiel de l’Union européenne
L 131 du 1er juin 2000, p. 43 à 47). Les dispositions de ces traités l’emportent
sur le droit autonome qui régit la matière, soit en l’occurrence la loi fédérale
sur l’entraide internationale en matière pénale (EIMP; RS 351.1) et son or-
donnance d’exécution (OEIMP; RS 351.11). Celles-ci restent toutefois appli-
cables aux questions qui ne sont pas réglées, explicitement ou implicitement,
par les dispositions conventionnelles (art. 1 al. 1 EIMP), ainsi que lorsqu’elles
permettent l’octroi de l’entraide à des conditions plus favorables (ATF 140 IV
123 consid. 2; 137 IV 33 consid. 2.2.2; 130 II 337 consid. 1; 124 II 180 con-
sid. 1a). Le respect des droits fondamentaux est réservé (ATF 135 IV 212
consid. 2.3; 123 II 595 consid. 7c p. 617).
1.2 En vertu de l'art. 37 al. 2 let. a de la loi fédérale du 19 mars 2010 sur l'orga-
nisation des autorités pénales de la Confédération (LOAP; RS 173.71) mis
en relation avec l'art. 25 al. 1 EIMP, la Cour des plaintes du Tribunal pénal
fédéral est compétente pour connaître des recours dirigés contre les déci-
sions de clôture de la procédure d'entraide pénale rendues par l'autorité fé-
dérale d'exécution. La décision de clôture qui entérine la remise simplifiée
n’est en principe pas sujette à recours (Message du Conseil fédéral du
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29 mars 1995 concernant la révision de la loi fédérale sur l'entraide interna-
tionale en matière pénale in FF 1995 III 1 ss, p. 29). Faisant application par
analogie des art. 23 ss CO, le Tribunal fédéral a toutefois admis que l’erreur
pouvait être invoquée par le destinataire d’une décision contestée (arrêt du
Tribunal fédéral 1A.64/2005 du 25 mai 2005, consid. 2.3.1).
1.3 Aux termes de l'art. 80h let. b EIMP, a qualité pour recourir en matière d'en-
traide quiconque est personnellement et directement touché par une mesure
d'entraide et a un intérêt digne de protection à ce qu'elle soit annulée ou
modifiée. La qualité pour recourir est reconnue à la personne physique ou
morale directement touchée par l'acte d'entraide. Selon l'art. 9a let. a et b
OEIMP, est notamment réputé personnellement et directement touché au
sens de l'art. 21 al. 3, et 80h EIMP, en cas d'informations sur un compte, le
titulaire du compte ainsi que le propriétaire ou le locataire en cas de perqui-
sition (v. notamment arrêt du Tribunal pénal fédéral RR.2015.135-136 du
7 janvier 2016, consid. 1.3).
1.4 En l'espèce, la perquisition s'est déroulée au siège de la société recourante
(act. 1.2; 1.5). La qualité pour recourir doit donc lui être reconnue.
1.5 Le délai de recours contre la décision de clôture est de 30 jours dès la com-
munication écrite de celle-ci (art. 80k EIMP). Déposé à un bureau de poste
suisse le 29 juin 2016, le recours contre la décision du 30 mai 2016 est in-
tervenu en temps utile (act. 1; 1.1).
2.
2.1 Dans un premier grief, la recourante fait valoir que E. ne pouvait, seule, en-
gager la société.
2.2 A teneur de l’art. 80c EIMP, les ayants droit, notamment les détenteurs de
documents, de renseignements ou de valeurs peuvent en accepter la remise
jusqu’à la clôture de la procédure (al. 1). Si tous les ayants droit donnent leur
consentement, l’autorité compétente constate l’accord par écrit et clôt la pro-
cédure (al. 2).
2.3 Lorsqu'il y a remise simplifiée et que l'ayant droit est une personne morale,
l'autorité d'exécution doit vérifier les pouvoirs du représentant qui acquiesce,
au nom de la société, à la remise simplifiée (ZIMMERMANN, La coopération
judiciaire internationale en matière pénale, 4e éd., Berne 2014, no 419).
En l'occurrence, le fait que E. dispose, avec un second membre du conseil
d'administration, d'une procuration collective à deux, n'est pas opposable
- 6 -
aux autorités pénales. Celles-ci doivent seulement vérifier que la personne
qui consent au nom de la société puisse l'engager, ce qui peut résulter du
fait qu'un individu se présente comme étant la "personne de référence", à
tout le moins lorsque – comme en l'espèce –, cela n'est pas remis en cause
par la hiérarchie ou par d'autres circonstances. Pour s'en assurer, il n'est pas
opportun d'exiger de l'autorité qu'elle consulte le registre du commerce
comme le voudrait la recourante, d'autant que cet instrument s'adresse avant
tout aux personnes qui entrent en relation d'affaires avec une entité inscrite.
Qui plus est, E. a pris le soin de contacter à deux reprises sa hiérarchie au
sein de A. SA sans faire savoir à la PJF qu'elle ne pouvait signer que collec-
tivement à deux comme cela était le cas dans l'arrêt RR.2011.12-20 du
11 juillet 2011 cité par Zimmermann au passage susmentionné (no 1654,
cf. consid. 2.1.1).
3.
3.1 La recourante invoque aussi l'erreur de son employée, provoquée par le po-
licier chargé de la perquisition en violation du principe de la bonne foi. Elle
fait valoir également la mauvaise foi du MPC qui a transmis les documents
alors que son conseil lui avait signifié son opposition à la transmission (act. 1,
p. 7).
3.2 Le consentement à l’exécution simplifiée de la procédure d’entraide est irré-
vocable (art. 80c al. 1 EIMP) et la décision de clôture qui entérine la remise
simplifiée n’est en principe pas sujette à recours. Faisant application par ana-
logie des art. 23 ss CO, le Tribunal fédéral a admis que l’erreur pouvait être
invoquée par le destinataire d’une décision contestée (cf. supra consid. 1.2).
L’absence de consentement pour cause d’erreur est un moyen qui ne peut
être admis que de manière restrictive; la question de l’imputabilité de l’erreur
invoquée s’apprécie à la lumière de l’ensemble des circonstances, en déter-
minant en particulier si l’autorité a provoqué l’erreur ou si elle a agi en viola-
tion du principe de la bonne foi (TPF 2007 136 consid. 1.3 et 4; ég. arrêt du
Tribunal pénal fédéral RR.2007.107 du 12 juillet 2007, p. 3).
3.3 Contrairement à ce que soutient la recourante, il n'y a aucune raison de pen-
ser que le fonctionnaire de police ait induit en erreur E.. Dès lors que cette
dernière a eu à deux reprises des contacts avec sa hiérarchie à Londres
(G.), il semble difficilement compréhensible que l'autorité ait pu avoir des
doutes sur le droit de E. d'engager la recourante. On ne saurait par ailleurs
faire grief au policier d'avoir informé cette dernière quant au déroulement de
la procédure en cas d'absence de consentement, au contraire. En signant le
procès-verbal de perquisition, E. a par ailleurs été informée du caractère ir-
révocable du consentement donné. S'agissant du reproche fait au MPC, dès
- 7 -
lors que le consentement est irrévocable, on ne saurait lui faire grief d'avoir
remis les documents à l'autorité étrangère, étant en outre tenu par le principe
de célérité (art. 17a EIMP).
4.
4.1 Quoi qu'il en soit, à supposer que le consentement à la transmission simpli-
fiée soit nul, l'entraide pouvait être accordée, tant sur le principe que quant
à son étendue, ce qui n'est pas contesté par la recourante sous réserve de
ce qui suit.
4.2 S'agissant du secret professionnel invoqué en lien avec certains documents,
il convient de rappeler que la protection du domaine secret est réglée con-
formément aux dispositions sur le droit de refuser de témoigner. Il s'agit là
d'un principe fondamental de procédure (v. ATF 126 II 495 consid. 5e/cc) –
rappelé par le législateur notamment à l'art. 9 EIMP –, dont l'autorité d'exé-
cution en matière d'entraide doit tenir compte. En principe, seules ont le droit
de refuser de témoigner les personnes titulaires non pas de simples secrets
d'affaires, mais d'un secret professionnel qualifié au sens de l'art. 321 CP
(v. ég. art. 171 CPP).
4.2.1 La pièce 01-01-0003-0073 ne contient aucune information couverte par le
secret professionnel de l'avocat et est utile à l'autorité requérante comme l'a
rappelé le MPC (cf. act. 1.1, p. 3 s.). Cela scelle la question.
4.2.2 Les pièces 01-01-0003-0074 à 0079 ne sont pas des documents "concernant
des contacts entre le prévenu et son défenseur" (art. 264 al. 1 let. a CPP),
étant précisé que les pièces en question – à savoir une lettre de Me Ulmann
à la FINMA ainsi que ses annexes – sont des pièces de procédure remises
à l'autorité non en raison de la confiance que l'avocat témoigne à son client
mais parce qu'il y était tenu par les règles de procédure appliquées par la
FINMA dans le cadre de sa procédure. Leur transmission se justifie.
4.2.3 Quant aux pièces 01-01-0003-0111 à 0114, il n'en ressort pas qu'elles au-
raient été établies par un avocat mais par H. et G.. Rien ne s'oppose donc à
leur transmission.
5. La recourante invoque une violation du principe de la spécialité. Or, comme
l'indique l'OFJ dans sa prise de position (act. 10, p. 3), ce principe n'est pas
applicable. En effet, les documents sur lesquels se base la requête d'en-
traide de la FCA ne proviennent nullement de l'exécution d'une demande
d'entraide administrative par la Suisse. A cet égard, peu importe que la FCA
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ait pu, le cas échéant, demander l'entraide auparavant à la FINMA. Par con-
séquent, l'autorité requérante n'était nullement tenue à respecter quelque
obligation au titre de l'entraide avec la Suisse dès lors qu'elle a obtenu des
documents potentiellement utiles pour rédiger sa requête d'entraide sans
l'entraide administrative.
6. La recourante se plaint enfin de ce que la demande d'entraide n'émanerait
pas d'une autorité judiciaire. Selon elle, la FCA serait une autorité qui "chan-
gerait sa casquette" à sa guise, revêtant tantôt celle de surveillante des mar-
chés financiers, tantôt celle de "gendarme".
Ce grief n'est pas fondé. La notion d'autorité judiciaire doit être interprétée
au regard de l'art. 24 CEEJ (cf. ZIMMERMANN, op. cit., no 560). S'agissant du
Royaume-Uni, il ressort de la déclaration remise par ce pays le 29 août 1991
que le "Financial Services Authority" (soit actuellement le "Financial Conduct
Authority") est bien une autorité judiciaire. En l'occurrence, dite autorité est
chargée d'une procédure pénale pour délit d'initié, qui est un crime (cf. dos-
sier du MPC, rubrique 1, demande d'entraide du 16 octobre 2015: "[...] cri-
minal investigation conducted in respect of insider dealing. [...]. Insider dea-
ling is a criminal offence", nos 1 et 7). Dès lors que la demande émane d'une
autorité chargée de la poursuite de ce type de crime comme l'indique la com-
mission rogatoire (cf. dossier du MPC, rubrique 1, demande d'entraide du
16 octobre 2015, nos 2 et 9), le fait que cette autorité soit en sus chargée de
la surveillance des marchés financiers et puisse à ce titre "changer de cas-
quette" ne prête pas le flanc à la critique. Cela est d'autant plus vrai qu'il
résulte de la pièce 12 produite par la recourante que sa lettre du 17 janvier
2014 est adressée à une division différente que celle dont émane la com-
mission rogatoire.
7. Le recours est rejeté.
8. Pour le reste, le MPC est invité à s'adresser à la FCA pour la prier de retirer
les pièces 01-01-0003-0080 à 0110 des pièces transmises, comme il s'en-
gage à le faire dans sa décision du 30 mai 2016 (cf. act. 1.1, p. 4).
9. Les frais de procédure comprenant l'émolument d'arrêté, les émoluments de
chancellerie et les débours, sont mis à la charge des parties qui succombent
(art. 63 al. 1 de la loi fédérale du 20 décembre 1968 sur la procédure admi-
nistrative [PA; RS 172.021], applicable par renvoi de l'art. 39 al. 2 let. b
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LOAP). Le montant de l'émolument est calculé en fonction de l'ampleur et de
la difficulté de la cause, de la façon de procéder des parties, de leur situation
financière et des frais de chancellerie (art. 73 al. 2 LOAP). La recourante
supportera ainsi les frais du présent arrêt, fixés à CHF 5'000.-- (art. 73 al. 2
LOAP et art. 8 al. 3 du règlement du Tribunal pénal fédéral sur les frais,
émoluments, dépens, et indemnités de la procédure pénale fédérale du
31 août 2010 [RFPPF; RS 173.713.162] et art. 63 al. 5 PA), entièrement cou-
verts par l'avance de frais effectuée.
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