Decision ID: adff8b32-59d3-57f5-84a4-34365596f708
Year: 2018
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_006
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 

EN FAIT
A.
a)
A_, née le _ 1973, a sollicité, le 18 mars 2014, le prononcé en sa faveur d'une curatelle de gestion et de représentation. Elle a expliqué souffrir d'un trouble psychique invalidant et persistant et avoir du mal à gérer ses finances et ses affaires administratives, ainsi qu'à prendre des décisions conformes à ses intérêts.![endif]>![if>
b)
Par ordonnance du 24 avril 2014, le Tribunal de protection de l'adulte et de l'enfant (ci-après: le Tribunal de protection) a institué une curatelle de représentation et de gestion de faveur de A_ et désigné D_ et E_, intervenantes en protection de l'adulte, en qualité de co-curatrices.
Au moment de l'entrée en fonction des curatrices, A_ était assistée par l'Hospice général; une demande était en cours auprès de l'assurance invalidité.
c)
Par un courrier du 7 février 2017, signé par B_, intervenante en protection de l'adulte, laquelle excusait E_, les assurances complémentaires conclues par A_ auprès de F_ ont été résiliées avec effet au 31 décembre 2017.
A_ a contesté cette résiliation auprès de E_ par lettre du 9 février 2018 et a sollicité des explications. Elle s'est en outre plainte du fait que le courrier de résiliation avait été signé par B_ et non par l'une ou l'autre des co-curatrices désignées, ou par l'un de leurs responsables hiérarchiques. Elle demandait enfin à pouvoir accéder à son dossier dans les plus brefs délais.
d)
Le 22 février 2018, le Service de protection de l'adulte, soit pour lui _ [fonction], G_, a informé A_ de ce que le 1
er
février 2017 B_ avait repris l'ensemble des dossiers de E_, C_ ayant par ailleurs été nommé co-curateur de toutes les mesures de protection dans lesquelles D_ intervenait.
Pour le surplus,
G_ a exposé que selon les informations que B_ lui avait transmises, cette dernière avait reçu A_ le 17 novembre 2016, en présence de la gestionnaire de son dossier et l'avait informée de l'obligation de résilier le contrat d'assurance maladie complémentaire. Dans la mesure où elle bénéficiait de l'aide de l'Hospice général, il n'était pas dans son intérêt de conserver une assurance complémentaire, qui mettait son budget en péril. Le Service de protection de l'adulte n'avait par ailleurs pas été informé de ce que la mère de A_ aurait été disposée à payer la prime de ladite assurance.
e)
Par décision du 12 février 2018 motivée par une réorganisation interne, le Tribunal de protection a relevé E_ de son mandat de protection en faveur de A_, a confirmé C_ dans son mandat de protection et a désigné H_ à la fonction de curatrice de la personne concernée.
Par courrier du 1
er
mars 2018, C_ et B_ ont informé le Tribunal de protection de ce qu'une erreur s'était glissée dans la décision du 12 février 2018: B_ aurait dû être désignée curatrice de A_ et non H_.
f)
Par décision
DTAE/1980/2018
du 19 avril 2018, reçue le 26 avril 2018 par A_, le Tribunal de protection a relevé H_ de son mandat de protection en faveur de A_ (ch. 1 et 2), a confirmé C_ dans son mandat (ch. 3), a désigné B_ à la fonction de curatrice de la personne concernée (ch. 4) et a déclaré la décision immédiatement exécutoire (ch. 5).
B.
Le 1
er
mai 2018, A_ a formé recours contre la décision du 19 avril 2018, contestant la nomination en qualité de curatrice de B_. Elle a allégué que le rapport de confiance entre cette dernière et elle-même était totalement rompu, de sorte qu'elle s'opposait à ce qu'elle continue de gérer son dossier. Elle a fait état de fautes graves commises par le Service de protection de l'adulte et s'est référée à des courriers des 24 mars 2016, 9 février et 20 avril 2018 adressés au Tribunal de protection ou au Service de protection de l'adulte, lesquels faisaient état de ses griefs. Elle se plaignait, à titre d'exemple, de n'avoir toujours pas eu accès à son dossier complet, ni reçu les attestations ni virement pour les médailles de ses chiens et son abonnement mensuel de bus.
a)
Il ressort du courrier du 24 mars 2016 que B_ n'est pas concernée par les griefs soulevés. Celui du 9 février 2018, déjà mentionné sous lettre A.c ci-dessus, est relatif à la résiliation de l'assurance maladie complémentaire et celui du 20 avril 2018 concerne la demande de levée de la mesure de protection adressée au Tribunal de protection par A_, dans laquelle elle formule à nouveau les mêmes griefs concernant la gestion de son dossier.
b) Le Tribunal de protection a persisté dans les termes de la décision contestée.
c) Invité à se déterminer sur le recours, le Service de protection de l'adulte n'a pas déposé d'observations.
d) Par avis du 11 juillet 2018, la recourante et autres participants à la procédure ont été informés de ce que la cause serait mise en délibération à l'issue d'un délai de 10 jours.
C. Les éléments suivants ressortent d'un courrier adressé le 12 juin 2018 au Tribunal de protection par C_ et B_:
Ceux-ci ont exposé ne s'être pas opposés à la consultation de son dossier par A_; aucun rendez-vous pour ce faire n'avait toutefois pu être agendé et il était difficile pour le Service de protection de l'adulte de faire parvenir à l'intéressée une photocopie de l'intégralité de son dossier. Ils lui avaient par ailleurs fait parvenir, en début d'année, les "attestations impôts chiens", mais A_ ne les avaient apparemment pas reçues. Ils avaient par conséquent procédé à un nouvel envoi et au versement de l'argent nécessaire au renouvellement de son abonnement TPG annuel.

EN DROIT
1.
1.1
Les décisions de l'autorité de protection de l'adulte peuvent faire l'objet, dans les trente jours, d'un recours écrit et motivé, devant le juge compétent, à savoir la Chambre de surveillance de la Cour de justice (art. 450 al. 1 et al. 3 et 450b CC; art. 126 al. 3 LOJ; art. 53 al. 1 et 2 LaCC).