Decision ID: 3c8bc22b-7fc0-594b-a0fe-06f2c401916a
Year: 2016
Language: fr
Court: FR_TC
Chamber: FR_TC_006
Canton: FR
Region: Espace_Mittelland
Law Area: penal_law

considérant en fait
A. Le 22 janvier 2011, entre 04h30 et 05h00, A._, accompagné de plusieurs amis, a accosté B._ à la gare de C._. Ils l’ont menacé et lui ont ordonné de retirer de l’argent et de le leur donner. Ensuite, l’un d’eux a frappé B._ à coups de poing ; il est tombé en arrière et, alors qu’il était à terre, a reçu des coups de pieds au visage et sur tout le corps, notamment de la part de A._.
Le 28 mai 2011, vers 04h00, à D._, E._ et F._ ont reçu un coup bien appuyé dans la tête, le premier par A._, le second par un ami de ce dernier. E._ et F._ ont poursuivi leur chemin et se sont retrouvés nez-à-nez avec leurs agresseurs. F._ s’est fait prendre à partie par A._, qui lui a donné le premier coup. Il a reçu deux ou trois coups de poing et a été ceinturé par A._ qui l’a fait choir sur le dos. Une fois à terre, il a reçu des coups de pied au torse et au visage de la part de A._.
B. Par jugement du 23 octobre 2013, le Tribunal pénal de l'arrondissement de la Sarine a reconnu A._ coupable de lésions corporelles simples, d'agression, de vol, de dommages à la propriété, d'extorsion par brigandage et de vol d'usage. Il l'a condamné à une peine privative de liberté de 36 mois, dont 18 mois fermes et 18 mois assortis du sursis pendant 5 ans, ainsi qu'à une amende contraventionnelle de CHF 200.-.
Statuant le 5 décembre 2014, la Cour d'appel pénal du Tribunal cantonal fribourgeois a partiellement admis l'appel de A._ sous l’angle de la quotité de la peine uniquement. Elle l’a ainsi condamné à une peine privative de liberté ferme de 30 mois, ainsi qu'à une amende contraventionnelle de CHF 200.-.
C. A._ a formé un recours en matière pénale devant le Tribunal fédéral contre l’arrêt du 5 décembre 2014 dont il n’a contesté que la peine qui lui a été infligée. Il a conclu, avec suite de frais et dépens, principalement, au prononcé d'une peine privative de liberté de 20 mois avec sursis pendant 5 ans et d’une ordonnance d'une assistance de probation sous la forme d'un suivi psychothérapeutique ainsi que d'une amende contraventionnelle de CHF 200.-. Subsidiairement, il a conclu au prononcé d'une peine privative de liberté de 30 mois, dont 15 mois fermes et 15 mois avec sursis pendant 5 ans ainsi que d'une amende contraventionnelle de CHF 200.-. Plus subsidiairement, il a conclu au renvoi de la cause à la cour cantonale pour qu'elle statue à nouveau.
Par arrêt du 11 avril 2016, le Tribunal fédéral a partiellement admis le recours, annulé le jugement attaqué et renvoyé la cause à l’autorité cantonale pour nouvelle décision sur la question du sursis partiel dont le refus n’apparaît pas justifié selon notre Haute Cour.
Le 21 avril 2016, un extrait du casier judiciaire concernant A._ a été versé au dossier et communiqué aux parties. Il en ressort que l’appelant fait l’objet d’une nouvelle inscription, le 14 septembre 2015 pour une infraction à la LCR commise le 5 juillet 2015 pour laquelle il a été condamné à une peine pécuniaire de 90 jours-amende à CHF 30.- avec sursis pendant 3 ans ainsi qu’au paiement d’une amende de CHF 540.-.
D. Aucune partie ne s’y étant opposée, la direction de la procédure a décidé de faire application de la procédure écrite (art. 406 al. 2 CPP), seule la question du sursis partiel restant en suspens. Le 27 mai 2015, A._ a déposé son mémoire d’appel. Il conclut à ce que la peine privative de liberté soit fixée à 30 mois, dont 6 mois seront fermes et 24 mois assortis du sursis pendant 5 ans, en sus de l’amende contraventionnelle de CHF 200.-. En date du 11 juillet 2016, le Ministère
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public a conclu à ce que la peine privative de liberté soit fixée à 30 mois, dont 15 mois fermes et 15 mois assortis du sursis pendant 5 ans, suivant en cela les conclusions subsidiaires prises par l’appelant devant la Cour de droit pénal du Tribunal fédéral.

en droit
1. Conformément au principe de l'autorité de l'arrêt de renvoi, l'autorité cantonale à laquelle une affaire est renvoyée est tenue de fonder sa nouvelle décision sur les considérants de droit de l'arrêt du Tribunal fédéral. Sa cognition est limitée par les motifs de l'arrêt de renvoi, en ce sens qu'elle est liée par ce qui a déjà été tranché définitivement par le Tribunal fédéral, ainsi que par les constatations de fait qui n'ont pas été critiquées devant lui (ATF 104 IV 276 consid. 3d; arrêt TF 6B_187/2015 du 28 avril 2015 consid. 1.1.2). Des faits nouveaux ne peuvent être pris en considération que sur les points qui ont fait l'objet du renvoi, lesquels ne peuvent être ni étendus, ni fixés sur une base juridique nouvelle. Les parties, quant à elles, ne peuvent plus faire valoir dans le recours contre la nouvelle décision cantonale des moyens que le Tribunal fédéral avait expressément rejetés dans l'arrêt de renvoi ou dont il n'avait pas eu à connaître, faute pour elles de les avoir invoqués dans la première procédure de recours alors qu'elles pouvaient le faire. Elles ne peuvent non plus formuler des conclusions dépassant celles prises dans leur précédent recours devant le Tribunal fédéral (ATF 135 III 334 consid. 2; arrêt 6B_817/2015 du 2 avril 2015 consid. 1.1). Les points de la décision attaquée qui n'ont pas été remis en cause dans le recours au Tribunal fédéral, ceux qui ne l'ont pas été valablement et ceux sur lesquels le recours a été écarté sont ainsi définitivement acquis et ne peuvent plus être réexaminés par l'autorité à laquelle la cause est renvoyée (arrêt TF 6B_977/2008 du 5 février 2009 consid. 4.1.1).
2. Dans son arrêt du 11 avril 2016, le Tribunal fédéral a considéré que la Cour d’appel pénal n’avait pas abusé de son pouvoir d’appréciation en fixant à 30 mois la peine privative de liberté infligée à l’appelant. Par contre, il a retenu que la condamnation du 15 juillet 2014 pour des faits antérieurs au jugement de première instance n’apparaissait pas pouvoir justifier un refus du sursis partiel, la Cour d’appel pénal ayant relevé que l’appelant était un délinquant primaire et qu’il avait consenti des efforts louables, certes récents, sur le plan professionnel.
a) Le Tribunal fédéral a retenu en substance ce qui suit :
Aux termes de l'art. 42 al. 1 CP, le juge suspend en règle générale l'exécution d'une peine privative de liberté de six mois au moins et de deux ans au plus lorsqu'une peine ferme ne paraît pas nécessaire pour détourner l'auteur d'autres crimes ou délits. Par ailleurs, en vertu de l'art. 43 CP, le juge peut suspendre partiellement l'exécution d'une peine privative de liberté d'un an au moins et de trois ans au plus afin de tenir compte de façon appropriée de la faute de l'auteur. La partie à exécuter ne peut excéder la moitié de la peine; elle doit, comme la partie suspendue, être de six mois au moins. La peine privative de liberté infligée au recourant est de 30 mois, de sorte que seul un sursis partiel entre en considération.
Les conditions subjectives permettant l'octroi du sursis (art. 42 CP), à savoir les perspectives d'amendement, valent également pour le sursis partiel prévu à l'art. 43 CP dès lors que la référence au pronostic ressort implicitement du but et du sens de cette dernière disposition. Ainsi, lorsque le pronostic quant au comportement futur de l'auteur n'est pas défavorable, la loi exige que l'exécution de la peine soit au moins partiellement suspendue. En revanche, un pronostic défavorable exclut également le sursis partiel. En effet, s'il n'existe aucune perspective que l'auteur
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puisse être influencé de quelque manière par un sursis complet ou partiel, la peine doit être entièrement exécutée (ATF 134 IV 1 consid. 5.3.1).
S'agissant du pronostic, la question de savoir si le sursis est de nature à détourner le prévenu de commettre de nouvelles infractions doit être tranchée sur la base d'une appréciation d'ensemble, tenant compte des circonstances de l'infraction, des antécédents de l'auteur, de sa réputation et de sa situation personnelle au moment du jugement, notamment de l'état d'esprit qu'il manifeste. Le pronostic doit être posé sur la base de tous les éléments propres à éclairer l'ensemble du caractère du prévenu et ses chances d'amendement. Le juge doit par ailleurs motiver sa décision de manière suffisante (voir art. 50 CP), afin de permettre de vérifier s'il a été tenu compte de tous les éléments pertinents et comment ils ont été appréciés. Le juge dispose d'un large pouvoir d'appréciation en la matière (ATF 135 IV 180 consid. 2.1; 134 IV 1 consid. 5.2. p. 9).
En l'espèce, la cour cantonale a noté la gravité des faits imputés au recourant et la longue période sur laquelle ils ont été commis. Elle a en outre relevé qu'il avait persisté à commettre des infractions en mai 2011 et mars 2012 alors même qu'une procédure pénale avait été ouverte contre lui à la suite de la première agression de janvier 2011 et qu'il avait de surcroît été condamné en juillet 2014 pour des actes commis en juin 2013. Il n'avait par ailleurs tout au long de la procédure cessé de minimiser son rôle.