Decision ID: 53ce5d2e-b34d-575a-a4ab-d4f53160eec6
Year: 2021
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_011
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: penal_law

EN FAIT
:
A.
a.
Par acte expédié au greffe de la Chambre de céans le 15 janvier 2021, A_ recourt contre l'ordonnance du 21 décembre 2020, notifiée par pli simple, par laquelle le Ministère public a ordonné la suspension de l'instruction de la présente cause jusqu'à l'issue de la P/1_/2020.
Le recourant conclut, à la forme, à l'irrecevabilité de ladite ordonnance, au fond, à son annulation et à la continuation de l'instruction de la présente procédure.
b.
Le recourant a versé les sûretés en CHF 900.- qui lui étaient réclamées par la Direction de la procédure.
B.
Les faits pertinents suivants ressortent du dossier :
a.
Le 25 janvier 2020, B_ a déposé plainte contre son voisin, A_, à la suite de leur altercation du matin même, sur le palier de l'appartement de ce dernier.
La plainte a été traitée sous le numéro P/1_/2020, qui suit actuellement son cours par-devant la juridiction d'appel.
Dans le cadre de cette procédure, les concernés et un témoin ont été entendus, à plusieurs reprises, en particulier le 16 juillet 2020 par le Ministère public.
b.
Le 17 juillet 2020, A_ a déposé plainte contre B_ pour calomnies, injures, lésions corporelles et pour avoir tenté de pénétrer de force dans son domicile.
Il reproche à B_ d'avoir menti, lors de son audition la veille, quant aux évènements qui s'étaient produits le 25 janvier 2020. À aucun moment, celui-ci ne s'était évanoui, n'avait été blessé ou subi d'agression, ni n'avait eu de détresse respiratoire, le souci étant son problème d'alcool.
Le 25 janvier 2020, vers 00h05, alors qu'il était en train de dormir, B_ avait tapé violemment à sa porte. Lorsqu'il avait ouvert, il avait d'emblée senti une forte odeur d'alcool qui émanait de son voisin et n'avait pas compris ce que celui-ci tentait de lui dire, excepté les mots
« bruit »
et
« jour »
. Le voisin avait tendu la main droite sur son épaule gauche, de manière violente, et tenté de pénétrer dans son appartement, mais il avait résisté en se tenant à la porte. B_ l'avait alors tiré vers lui très violemment, ce qui l'avait déséquilibré et fait tomber sur celui-ci. Il s'était réceptionné sur son poignet gauche. Ses parents - également présents dans l'appartement et réveillés par le bruit -, étaient venus voir ce qu'il se passait. Après que son père l'avait aidé à libérer son bras, retenu par B_, une voisine était intervenue et avait ramené ce dernier à son logement. À la suite de cet épisode, il avait ressenti des douleurs à son poignet gauche, son t-shirt avait été déchiré et il avait eu des griffures sur le bras gauche.
En outre, en avril 2018, son voisin lui avait dit
« va te faire foutre et rentre chez toi au Brésil »
.
Cette plainte fait l'objet de la présente procédure.
c.
Le 21 décembre 2020, le Ministère public a ouvert une instruction contre B_ pour avoir accusé à tort A_ de l'avoir agressé le 25 janvier 2020 et avoir fait des fausses déclarations lors de son audition du 16 juillet 2020, comportements constitutifs de calomnie (art. 174 CP) et dénonciation calomnieuse (art. 303 CP).
C.
Dans son ordonnance querellée, le Ministère public
a ordonné la suspension de l'instruction de la plainte de A_ jusqu'à l'issue de la P/1_/2020 au motif que la présente procédure dépendait de celle-là, dont il paraissait indiqué d'attendre la fin, conformément à l'art. 314 al. 1 let. b CPP.
D.
a.
À l'appui de son recours, A_ estime agir en temps utile, au motif que les délais seraient suspendus entre le 18 décembre et le 3 janvier. Il reproche ensuite au Ministère public d'avoir constaté de manière incomplète les faits ; d'avoir ignoré sa demande quant à l'audition de ses parents ; de séparer les deux affaires alors qu'elles étaient liées ; de se baser sur les déclarations du témoin, alors qu'il n'avait pas assisté aux faits ; d'ignorer l'ivresse et l'agressivité de B_ au moment des faits; d'avoir suspendu, sans motivation, la présente procédure, alors que sa poursuite ne nuisait nullement à l'avancement de la
« P/16710/2020 »
(sic).
Il explique également que la constatation des faits, dans le cadre de la présente procédure, et la mise en lumière de son agression lors du 25 janvier 2020 permettraient d'établir les faits de la procédure P/1_/2020. Les deux procédures étaient intimement liées. Il n'était pas possible d'élucider les évènements du soir en question; de prouver qu'il avait été attaqué chez lui; que c'était une victime; ainsi que les accusations calomnieuses de B_ à son encontre, sans qu'une instruction, notamment l'audition de deux témoins supplémentaires, soit menée dans le cadre de la présente procédure.
b.
À réception des sûretés, la cause a été gardée à juger.

EN DROIT
:
1.
La Chambre pénale de recours peut décider d'emblée de traiter sans échange d'écritures ni débats les recours manifestement mal fondés (art. 390 al. 2 et 5
a contrario
CPP).
Tel est le cas en l'occurrence, au vu des considérations qui suivent.
2.
2.1.
Le recours a été déposé selon la forme prescrite (art. 385 al.1 CPP), concerne une ordonnance sujette à recours auprès de la Chambre de céans (art. 393 al. 1 let. a CPP) et émane du plaignant qui, partie à la procédure (art. 104 al. 1 let. b CPP), a qualité pour agir, ayant un intérêt juridiquement protégé à la modification ou à l'annulation de la décision querellée (art. 382 al. 1 CPP).
2.2.1.