Decision ID: 949e2b24-defa-5ce7-b58c-7d4c5ac6ef01
Year: 2011
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_014
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: social_law

Attendu en fait
que Madame W_ et Monsieur V_ sont assurés auprès de SANAGATE SA (ci-après la caisse-maladie) pour l'assurance-maladie obligatoire des soins (LAMal) ;
Que le 13 janvier 2011, Monsieur V_ a saisi le Tribunal de céans, déclarant que "depuis plusieurs mois, vous devez de l'argent à moi et à Madame W_. Merci de s'occuper de ça." ; qu'invité par le greffe du Tribunal à préciser sa demande, Monsieur V_ a indiqué qu'
"en lisant la lettre envoyée par CSS le 22 novembre 2010 à l'ombudsman de l'assurance-maladie sociale, vous constatez qu'ils prétendent avoir payé 1'541 fr. 20 le 9 juin 2010 à moi, et 1'825 fr. 80 et 1'205 fr. 40 le 6 octobre 2010 à W_. Ni moi, ni W_ n'avons reçu cet argent. J'ai réclamé cet argent par lettre à CSS Assurance, Service à la clientèle, à Ecublens VD, le 26 décembre 2010 et W_ l'a fait le 29 décembre 2010." ;
Que le 6 avril 2011, la caisse-maladie a expliqué que suite à l'enregistrement des subsides en 2010, Monsieur V_ avait reçu un décompte du 6 mars 2010 faisant état d'un solde de 1'191 fr. 80 ; que ce montant avait fait l'objet d'un remboursement global de 1'205 fr. 40 le 9 juin 2010 sur le compte de A_ et V_-A_, conformément à la demande de l'assuré, qu'un second décompte du 7 août 2010 mettait en évidence un avoir de 1'825 fr. 80 en faveur de Madame W_ ; que suite à une compensation, c'est un remboursement de 1'541 fr. 20 qui a été opéré le 6 octobre 2010 sur le compte de cette dernière ; que la caisse-maladie a produit pour preuve de ses deux versements les extraits informatiques y relatifs ; que, relevant enfin qu'aucune décision ni décision sur opposition n'avaient été rendues en l'état, elle conclut à l'irrecevabilité de la demande ;
Que le 18 avril 2011, l'intéressé a communiqué la copie des courriels échangés par la caisse-maladie et lui-même entre le 9 mars et le 6 avril 2010 ; qu'il en ressort que l'assuré a sollicité de la caisse-maladie l'annulation de la police concernant Monsieur A_, précisant que celui-ci ne s'étant pas acquitté entièrement de ses primes 2009 auprès d'HELSANA, était de ce fait tenu de rester affilié à cette caisse-maladie ; que dans le dernier courriel daté du 6 avril 2010, la caisse-maladie a confirmé que la police concernant Monsieur A_ était annulée et que les primes déjà payées seraient remboursées dans les prochaines semaines ;
Que l'intéressé a par ailleurs relevé que "les 1'541 fr. 20 ont été payés à Madame W_ (et non pas à moi) et les 1'205 fr. 40 à Monsieur A_ (et non pas à Madame W_) ;
Que dans sa duplique du 16 mai 2011, la caisse-maladie a constaté que l'intéressé ne se déterminait pas sur la question litigieuse de la bonne réception des deux versements ; qu'elle a rappelé quoi qu'il en soit que le recours était irrecevable à défaut de décision ou de décision sur opposition ;

Considérant en droit
que conformément à l'art. 134 al. 1 let. a ch. 4 et let. c de la loi sur l'organisation judiciaire, du 26 septembre 2010 (LOJ; RS
E 2 05
) en vigueur dès le 1
er
janvier 2011, la Chambre des assurances sociales de la Cour de justice connaît en instance unique tant des contestations prévues à l’art. 56 de la loi fédérale sur la partie générale du droit des assurances sociales, du 6 octobre 2000 (LPGA;
RS 830.1
) relatives à la loi fédérale sur l'assurance-maladie, du 18 mars 1994 (LAMal;
RS 832.10
) que des contestations relatives aux assurances complémentaires à l’assurance-maladie sociale prévue par la LAMal, relevant de la loi fédérale sur la contrat d'assurance, du 2 avril 1908 (loi sur le contrat d’assurance, LCA;
RS 221.229.1
) ;
Que sa compétence pour juger du cas d’espèce est ainsi établie ;
Que selon l'art. 1 al. 1 de la LAMal, les dispositions de la LPGA, entrée en vigueur le 1er janvier 2003, sont applicables à l'assurance-maladie, à l’exception de certains domaines (art. 1 al. 2 LAMal) ;
Qu'en l'espèce, l'assuré a saisi la Cour de céans d'une demande dirigée contre la caisse-maladie et visant à obtenir le paiement des sommes de 1'205 fr. 40 et de 1'541 fr. 20 ;
Que la caisse-maladie a conclu à l'irrecevabilité de la demande, rappelant qu'elle n'avait rendu ni décision ni décision sur opposition ; qu'elle a au demeurant confirmé avoir déjà versé lesdites sommes ;
Qu'est ainsi litigieuse la question de la recevabilité de l'action intentée par l'assuré ;
Qu'aux termes de l'art. 49 al. 1 LPGA, l'assureur doit rendre par écrit les décisions qui portent sur des prestations, créances ou injonctions importantes ou avec lesquelles l'intéressé n'est pas d'accord ; que si le requérant rend vraisemblable un intérêt digne d'être protégé, l'assureur rend une décision en constatation (art. 49 al. 2 LPGA) ; que les prestations, créances et injonctions qui ne sont pas visées par l'art. 49 al. 1 peuvent être traitées selon une procédure simplifiée ; que l'intéressé peut cependant exiger qu'une décision soit rendue (art. 51 al. 1 et 2 LPGA) ; que les décisions peuvent être attaquées dans les trente jours par voie d'opposition auprès de l'assureur qui les a rendues (art. 52 al. 1 LPGA) et les décisions sur opposition peuvent faire l'objet d'un recours devant le tribunal cantonal des assurances compétent (art. 56 al. 1 en relation avec les art. 57 al. 1 et 58 al. 1 LPGA) ; qu'à noter que les décisions sur opposition doivent être rendues dans un délai approprié, doivent être motivées et indiquer les voies de recours (art. 52. al 2 LPGA) ;
Que la Cour de céans ne peut ainsi être saisie que dans le cadre d'un recours interjeté contre une décision sur opposition ;
Qu'en l'occurrence, la caisse-maladie n'a en l'état rendu ni décision, ni décision sur opposition ;
Que dès lors, la demande déposée par l'assuré le 13 janvier 2011 est irrecevable ;