Decision ID: 90c0fdad-e0a4-4182-872a-9f0f415918b9
Year: 2022
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_001
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law

EN FAIT
, que par ordonnance de sûretés
OTPI/326/2022
du 19 mai 2022, le Tribunal de première instance a condamné A_, B_ et C_ LIMITED à fournir, soit en espèces, soit sous forme de garantie d’une banque établie en Suisse ou d’une société d’assurance autorisée à exercer en Suisse, des sûretés en garantie des dépens d’un montant de 2'048'760 fr. (chiffre 1 du dispositif), fixé un délai de 30 jours, à compter de la notification de l’ordonnance, pour le dépôt des sûretés (ch. 2), et statué sur les frais judiciaires et les dépens (ch. 3 et 4);
Que le 30 mai 2022, A_, B_ et C_ LIMITED ont formé recours contre cette ordonnance, concluant à ce que le montant des sûretés en garantie des dépens soit fixé à un montant maximum de 300'000 fr. et à ce que les frais judiciaires de première instance soient arrêtés à 1'000 fr. (au lieu de 2'000 fr.), la répartition desdits frais et la question des dépens devant être renvoyées à la décision finale;
Que préalablement, les recourants ont conclu à la suspension du caractère exécutoire de l’ordonnance attaquée;
Que sur ce point, ils ont allégué qu’à défaut d’effet suspensif, ils devraient verser les sûretés, disproportionnées, ce qui rendrait leur recours sans objet et par conséquent irrecevable; que le défaut de versement entraînerait l’irrecevabilité de la demande et par conséquent leur causerait un préjudice irréparable, puisqu’ils ne pourraient réintroduire leur demande sans se voir opposer l’exception de prescription;
Que les parties intimées s’en sont rapportées à justice quant à la requête d’effet suspensif;
Considérant,

EN DROIT
, que la Cour est saisie d'un recours au sens des art. 319 ss CPC;
Que le recours ne suspend pas la force de chose jugée et le caractère exécutoire de la décision attaquée (art. 325 al. 1 CPC);
Que l'instance de recours peut suspendre le caractère exécutoire (art. 325 al. 2 CPC);
Qu'elle dispose d'un large pouvoir d'appréciation;
Que l'on devrait à tout le moins admettre que l'effet suspensif soit restitué lorsque la partie concernée risque de subir un préjudice difficilement réparable (Jeandin, CR, CPC 2
ème
éd. 2019, ad art. 325 n. 6);
Qu’en l’espèce, un tel risque peut être retenu compte tenu du montant élevé des sûretés et de la conséquence de son non-versement sur la procédure de première instance;
Que par ailleurs, les parties intimées s’en sont rapportées à justice;
Qu’il sera dès lors fait droit à la requête;
Qu'il sera statué sur les frais de la présente décision dans le cadre de l'arrêt au fond.
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