Decision ID: fa1694d6-7dfd-415f-9cf0-db7c0c97abf0
Year: 2012
Language: fr
Court: VD_TC
Chamber: VD_TC_031
Canton: VD
Region: Région lémanique
Law Area: public_law

Vu les faits suivants
A. a) Fadi ALIA. X._ est né le 20 décembre 1981, de nationalité inconnue. Il est entré en Suisse le 20 décembre 2001 et il a déposé une demande d'asile au centre d'enregistrement de Vallorbe. Il indiquait être un Kurde résidant en Syrie avec un statut d'étranger, qu'il était domicilié dans la ville de Qanat Suez en exerçant l'activité de commerçant et qu'il était membre du Parti démocratique kurde. Il a déposé une copie d'une attestation du Parti démocratique kurde établie en sa faveur en 2002. A l'appui de sa demande il précisait qu'il avait été interpellé le 8 ou le 9 décembre au marché par trois policiers de Qameshli qui l'avait retenu une demi-heure en lui demandant s'il était membre du Parti démocratique kurde. Il avait été libéré en échange d'une promesse de collaboration future et il craignait d'être à nouveau arrêté et avait ainsi décidé de quitter la Syrie. Il était parti le 12 décembre 2001 pour la Turquie, continuant son voyage vers la Suisse à bord d'un poids lourd.
b) Par décision du 19 février 2003, l'Office fédéral des réfugiés a refusé au requérant la qualité de réfugié et a rejeté sa demande d'asile en prononçant le renvoi de Suisse.
c) Fadi ALIA. X._ a recouru contre cette décision auprès de la Commission suisse de recours en matière d'asile. En date du 17 mars 2005, l'Office fédéral des migrations a procédé à une reconsidération partielle de la décision du 19 février 2003. La qualité de réfugié pouvait être reconnue au requérant, mais uniquement en raison de ses activités politiques exercées en exil. Pour cette raison, les motifs d'exclusion énoncés à l'art. 54 de la loi sur l'asile du 26 juin 1998 (LAsi; RS 142.31) faisaient obstacle à l'octroi de l'asile. Toutefois, l'exécution du renvoi devait être considérée comme illicite et était remplacée par une admission provisoire.
B. Fadi ALIA. X._ a fait l'objet de plusieurs condamnations pénales dans le Canton de Neuchâtel à savoir :
a) Le Tribunal correctionnel de Neuchâtel l’a condamné le 16 mai 2007 par à une peine privative de liberté de trente mois dont dix-huit mois avec sursis et un délai d'épreuve de quatre ans pour infraction grave à la loi fédérale sur les stupéfiants;
b) Il a également été condamné le 4 mars 2008 par le Ministère public du Canton de Neuchâtel pour injures et menaces à une peine pécuniaire de douze jours-amende avec sursis;
c) enfin, le 22 décembre 2009, il a été condamné par le Tribunal de police de La Chaux-de-Fonds pour dommages à la propriété, et délit contre la loi fédérale sur les armes et contravention à la loi fédérale sur les stupéfiants, à un travail d'intérêt général de cent vingt heures ainsi qu’à une amende de quatre cents francs.
C. a) Le 9 février 2010, Fadi ALIA. X._ a déposé auprès de l'Office fédéral des migrations une demande de changement de canton. Il vivait auprès de sa compagne, Sarah HUGGENBERGERB. Y._, née à 1********Lausanne le 14 septembre 1989, domiciliée dans le village de La Cure2******** dans le Canton de Vaud. L'Office fédéral des migrations répondait le 15 février 2010 qu'il devait solliciter l'accord des cantons concernés pour statuer sur la demande. En date du 23 février 2010, le Canton de Neuchâtel a donné un préavis favorable à la requête, alors que le Service de la population a précisé le 23 mars 2010 qu'il ne consentait pas au transfert de Fadi ALIA. X._ sur le Canton de Vaud.
b) En date du 2 août 2010, Sarah HUGGENBERGERB. Y._ a épousé Fadi ALIA. X._ auprès de l'Office de l'état civil de Lausanne.
c) Dans l'intervalle, le 26 mars 2010, l'Office fédéral des migrations avait informé Fadi ALIA. X._ qu'il envisageait de rejeter la demande de changement de canton en raison du fait qu'il ne pouvait invoquer un droit à l'unité de la famille et que le Canton de Vaud s'était prononcé défavorablement quant à la demande.
D. a) Fadi ALIA. X._ a déposé, le 17 août 2010, auprès du Bureau des étrangers de la Ville de Lausanne une demande d'autorisation de séjour pour regroupement familial à la suite de son mariage avec Sarah HUGGENBERGERB. Y._.
b) En date du 16 décembre 2010, le Service de la population informait Fadi ALIA. X._ qu'en raison des différentes condamnations dont il avait fait l'objet dans le Canton de Neuchâtel, il envisageait de refuser l'autorisation et l’invitait à se déterminer sur cette question. Fadi ALIA. X._ a répondu le 13 décembre 2010, en expliquant pour l'essentiel qu'il était arrivé en Suisse à l'âge de vingt ans, qu'il avait laissé au pays sa famille et son frère qui avaient été tués par le régime syrien en 2004; il avait commis des délits en 2007 en raison de mauvaises fréquentations et c'était grâce à sa relation avec sa future épouse Sarah HUGGENBERGERB. Y._, qu'il était sorti du milieu qu'il fréquentait et avait décidé de changer de vie, de quitter Neuchâtel et son entourage pour habiter dans le Canton de Vaud et concrétiser le rêve de se marier.
E. a) Par décision du 31 janvier 2011, le Service de la population a refusé l'autorisation de séjour pour regroupement familial en faveur de Fadi ALIA. X._ qui a recouru contre cette décision auprès de la Cour de droit administratif et public du Tribunal cantonal le 23 février 2011.
b) En date du 21 mars 2011, le Service de la population a demandé que le recourant soit invité à transmettre tous documents relatifs à ses moyens financiers ainsi qu'une attestation des services sociaux indiquant si les époux avaient recours à des prestations d'assistance.
c) En date du 30 mars 2011, les recourants ont produit une déclaration de la mère de Sarah HUGGENBERGERB. Y._ certifiant qu'elle finançait ses études au moyen d'une somme mensuelle de mille francs. Les recourants ont également produit les décomptes de salaire pour les travaux effectués par Fadi ALIA. X._ pour le compte de l'entreprise IntérimaC._ S.A. ainsi qu'une attestation de l'entreprise du 29 mars 2011 précisant que l'un de ses clients était prêt à engager Fadi ALIA. X._ pour autant qu'il soit en possession d'un permis de séjour valable. Les recourants ont encore demandé à titre de mesures provisionnelles qu'une autorisation explicite de travail soit accordée à Fadi ALIA. X._. Ils ont aussi produit une décision du Centre social régional de Lausanne accordant aux époux HUGGENBERGER-ALIY._-X._ les montants du revenu d'insertion dès le 1er septembre 2010.
d) Le Service de la population s'est déterminé le 4 avril 2011 sur ces documents en constatant que le recourant percevait des prestations d'assistance depuis son arrivée dans le Canton. Il estimait qu'en raison de l'absence d'autonomie financière les conditions de regroupement familial n'étaient pas remplies et que son recours devait ainsi être rejeté.
e) Les recourants se sont déterminés sur cette correspondance le 11 avril 2011. Ils précisent que le recourant Fadi ALIA. X._ est contraint de faire appel au revenu d'insertion dès lors qu'il n'est pas autorisé à exercer une activité lucrative dans le Canton de Vaud, mais qu'il serait en mesure d'exercer une telle activité dès que l'autorisation serait délivrée, ce que l'attestation de la société IntérimaC._ S.A. du 29 mars 2011 confirmait.
f) En date du 14 avril 2011, le Service de la population a estimé que les condamnations pénales dont le recourant Fadi ALIA. X._ avait fait l'objet suffisaient pour rejeter la demande d'autorisation de séjour pour regroupement familial.
g) Par décision du 30 septembre 2011, le juge instructeur a autorisé Fadi ALIA. X._ à exercer une activité lucrative sur le territoire du Canton de Vaud à titre de mesures provisionnelles.
F. a) Le tribunal a tenu audience le 24 novembre 2011, dont le compte-rendu a la teneur suivante :
« Le recourant explique que les deux ou trois premières années passées en Suisse se sont déroulées sans incident. A la suite du décès de son frère en Syrie en 2004, il a vécu une période difficile au cours de laquelle il a été passablement déprimé. Il se décrit comme faible et naïf à cette époque ; il était alors âgé de 22 ou 23 ans. C’est à cette période qu’il a commencé à fréquenter les personnes avec lesquelles il a commis des infractions. Il s’agissait d’un groupe de kurdes de Turquie, plus âgés que lui et qui étaient arrivés en Suisse avant lui. Avec le recul, il considère avoir eu un rôle d’exécutant dans les activités de ce groupe.
Il indique être né en Syrie à Qameshli, une ville de deux millions d’habitants. Il n’a pas de papiers d’identité car les kurdes de Syrie n’en recevaient pas à l’époque. Il a fréquenté l’école obligatoire pendant dix ans au total. Il n’a toutefois pas obtenu de diplôme, dès lors que les kurdes de Syrie n’y avaient pas droit. Il a ensuite travaillé avec son père qui était commerçant de volaille.
S’agissant de ses activités politiques, il explique avoir fait partie du parti démocratique kurde (PDK) syrien lorsqu’il vivait en Syrie. Il s’agit d’un parti différent du PKK. Il a continué à en faire partie après son arrivée en Suisse. A la mort de son frère, décédé en prison après avoir été torturé, il a rejoint les personnes avec lesquelles il a commis des infractions. Il côtoyait d’autres personnes auparavant, de différentes nationalités.
Lorsqu’il a rencontré Sara HuggenbergerB. Y._ à la Chaux-de-fonds, il travaillait essentiellement de nuit dans la restauration. Il a compris que s’il voulait être en couple avec elle, il devait changer de mode de vie et de fréquentations. Il était connu à Neuchâtel pour être une personne à problèmes. Le couple a décidé de quitter Neuchâtel pour permettre au recourant de sortir du milieu qu’il fréquentait. Le couple s’est installé à la Cure2******** à la fin de l’année 2009. Dès ce moment, il n’a plus eu de contacts avec le cercle de personnes qu’il fréquentait à Neuchâtel. Le recourant explique que cette ville est relativement petite et qu’on y croise toujours les mêmes personnes. Il indique que la période passée à la Cure2******** lui a fait du bien. C’était une période de réflexion et de transition avant de déménager à 1********Lausanne. Le couple était isolé.
Le recourant explique qu’il suit des cours de français une fois par semaine. Il souhaiterait entreprendre une formation pour trouver du travail plus facilement. Il s’est d’ailleurs adressé à la fondation lausannoise d’aide par le travail afin d’entreprendre une formation de cariste et ensuite suivre les cours de base pour la logistique. Cette demande a néanmoins été refusée au motif qu’il ne possède pas de permis de séjour valable.
Le recourant indique qu’il pense avoir désormais trouvé un équilibre et être en mesure de penser à son avenir. Il dit devoir accepter ce qui est arrivé à son frère ; la réaction par la délinquance n’aide pas. Il regrette avoir commis des infractions.
Depuis que la décision sur mesures provisionnelles du 30 septembre 2011 a été rendue, il a trouvé une mission de deux jours qui s’est bien déroulée. Il s’agissait d’un travail de livraisons et montages de meubles. La mandataire des recourants explique que le recourant avait effectué des missions de manière suivie jusqu’à ce que l’interdiction de travailler soit prononcée. Depuis que la décision sur mesures provisionnelles a été rendue, il lui a fallu du temps pour recommencer ses recherches d’emploi.
La recourante explique être née à 1********Lausanne. Ses parents habitent dans cette ville. Le couple n’a toutefois pas d’amis ou de relations sociales à 1********Lausanne et ne sort quasiment pas.
La recourante indique être actuellement en première année d’un Bachelor en sciences économiques à distance. Elle a déjà obtenu une maturité en arts visuels au Portugal. Lorsqu’elle est revenue en Suisse, elle a passé une année à la Chaux-de-Fonds, puis s’est installée à 1********Lausanne et a suivi une année préparatoire à Genève pour entrer dans une Haute école. Elle n’a toutefois pas réussi le concours d’entrée. Lorsqu’elle l’a appris, il était trop tard pour s’inscrire dans une université conventionnelle. Sa mère l’aide à financer ses études. Pour le surplus, le couple perçoit le RI.
La recourante explique que lorsqu’elle a connu le recourant, elle s’est vite aperçue du fait qu’il s’entourait de personnes qui sortaient beaucoup, qui ne travaillaient pas et qui traînaient dans la rue. Elle indique qu’elle ne connaissait pas ce milieu auparavant. De son point de vue, les personnes qu’il fréquentait profitaient de lui. Malgré les circonstances, elle a été sensibilisée par les côtés positifs du recourant. Les gens qu’il côtoyait étaient très différents de lui. Il lui a parlé des infractions qu’il a commises. Elle a vu qu’il était très déprimé et buvait trop. Elle pense qu’il regrette cette période de sa vie. Depuis qu’elle le connaît, il ne s’est jamais montré violent.
Sur question du tribunal, le recourant donne de plus amples informations sur la situation en Syrie. En substance, il y a eu des affrontements en 2004 entre les forces de l’ordre et les kurdes, à l’occasion desquelles le PDK a négocié avec le gouvernement syrien. Ce dernier a donné au parti l’assurance qu’il accéderait à ses demandes. Dans ces circonstances, le PDK a invité les manifestants à rentrer chez eux. Lorsqu’ils sont rentrés chez eux, une vague d’arrestations par les forces de l’ordre a eu lieu. Le PDK aurait été trompé par les autorités. Le recourant se dit très déçu par cette situation. Cette affaire a contribué, avec le décès de son frère, à une perte de repères. Il se rend aux manifestations organisées en Suisse.
La mandataire du recourant indique que le certificat médical au dossier donne quelques indications sur le traumatisme qu’a subi le recourant à la suite du décès de son frère. Le père du recourant est désormais un des représentants du parti en Syrie.
La mandataire du recourant produit copie d’un article paru le jeudi 18 mars 2004 dans le journal « Le Monde », d’une lettre de Danielle Othenin-Girard adressée à la Commission suisse de recours en matière d’asile (CRA) le 22 juin 2004, ainsi que du procès-verbal d’audition du recourant au centre d’enregistrement de Chiasso du 7 juillet 2002.
Il est ensuite passé à l’audition du témoin, Mehmet DemirsoyD. E._.
Le témoin explique être le cousin de la mère du recourant. Il est turc, kurde, originaire d’une région proche de la frontière. Cela fait 31 ans qu’il vit en Suisse. Il a connu le recourant lorsqu’il est arrivé en Suisse ; ils se voyaient parfois à Genève et parfois à Neuchâtel. Il aurait essayé de conseiller le recourant. Il indique que le décès de son frère l’aurait fortement affecté. Il n’aurait plus été lui-même après cela. Il sait qu’il a été inquiété par la justice, cela l’a d’ailleurs fâché.
Il n’a pas assisté au mariage du recourant mais entretient des contacts réguliers avec le couple. Il a observé un changement radical chez le recourant à la suite de sa rencontre avec son épouse. Il pense qu’elle a eu un impact important sur lui. Il considère, qu’hormis les problèmes qu’il a eus avec la justice, il serait bien intégré en Suisse. Il relève notamment les efforts qu’il a fait pour apprendre le français. Il ne l’a jamais connu violent. Les fréquentations qu’il avait à Neuchâtel le dérangeaient. Selon lui, il s’agirait de personnes qui se mêlent de tout et qui créent des problèmes. La situation du recourant se serait améliorée depuis qu’il est à 1********Lausanne. Il estime qu’un retour à Neuchâtel serait une mauvaise chose. Il ne soutient pas le recourant financièrement. Il pense que l’expérience qu’il a faite à Neuchâtel le dissuadera d’avoir de mauvaises fréquentations dans le canton de Vaud. Il considère qu’il est désormais sur la bonne voie et qu’il faut lui donner une chance. ».
Les parties ont disposé de la possibilité de se déterminer sur le compte-rendu de l’audience, ce que le SPOP a fait par lettre du 6 décembre 2011.
Le recourant a en outre produit un extrait de son casier judiciaire, une attestation de participation à des cours de français et une convocation à un entretien par l’organisation « mode emploi ». Il ressort de l’extrait du casier judiciaire que le recourant a encore été condamné par le Ministère public du canton Neuchâtel le 5 août 2010 à une peine pécuniaire de 75 jours amende pour l’exercice d’une activité lucrative sans autorisation, ainsi que des délits contre les lois fédérale sur l’assurance vieillesse et survivant et sur l’assurance accident, ainsi qu’une contravention à la loi fédérale du l’assurance chômage obligatoire et l’indemnité en cas d’insolvabilité.
Par ailleurs l’Office fédéral des migrations (ODM) a informé le tribunal des suites qui ont été données à la demande de changement de canton en produisant un lettre adressée au recourant le 20 octobre 2010, l’informant que la question du transfert du domicile dans le canton de Vaud à la suite de son mariage relevait de la compétence du Service de la population. Le Tribunal correctionnel de Neuchâtel a transmis à la CDAP une copie du jugement du 16 mai 2007.
Le Centre social régional de Lausanne a transmis au tribunal le 7 juin 2012 une lettre décrivant le suivi social de Fadi AliA. X._. Ce dernier avait eu le projet de faire un permis de cariste en septembre 2011 et il avait été dirigé vers la Fondation Lausannoise d’Intégration par le Travail (FLAT) auprès de laquelle il avait effectué toutes les démarches en vue d’obtenir l’aide nécessaire. SA demande avait toutefois été rejetée en raison de l’absence d’un permis de séjour valable. En février 2012, Fadi AliA. X._ avait participé à une mesure d’insertion professionnelle proposée par l’Office régional de placement (ORP) au cours de laquelle il a pu obtenir le financement pour obtenir le permis de cariste. Il avait commencé un stage de magasinier et participait parallèlement à la formation de cariste. Il donnait satisfaction dans sa participation au stage. Le projet à long terme de Fadi AliA. X._ consistait à terminer la mesure d’insertion avec son permis de cariste. Il aurait ainsi de bonnes chances de retrouver son autonomie financière par le marché de l’emploi.

Considérant en droit
1. Aux termes de l'art. 92 al. 1 de la loi vaudoise du 28 octobre 2008 sur la procédure administrative (LPA-VD; RSV 173.36), le Tribunal cantonal connaît, en dernière instance cantonale, de tous les recours contre les décisions rendues par les autorités administratives lorsque aucune autre autorité n'est expressément désignée par la loi pour en connaître. Il est ainsi compétent pour statuer sur les recours interjetés contre les décisions du Service de la population. Déposé en temps utile, selon les formes prescrites par la loi, le présent recours est formellement recevable, de sorte qu'il y a lieu d'entrer en matière sur le fond.
2. A teneur de l'art. 98 LPA-VD, le recourant peut invoquer la violation du droit, y compris l'excès et l'abus du pouvoir d'appréciation, ainsi que la constatation inexacte ou incomplète des faits pertinents. La loi fédérale du 16 décembre 2005 sur les étrangers (LEtr; RS 142.20) ne prévoyant aucune disposition étendant le pouvoir d'examen de l'autorité de recours à l'inopportunité, ce grief ne saurait être examiné par le tribunal de céans. Une autorité abuse de son pouvoir d'appréciation lorsque, exerçant les compétences dévolues par la loi, elle se laisse guider par des considérations non pertinentes ou étrangères au but des dispositions applicables ou statue en violation des principes généraux du droit administratif que sont l'interdiction de l'arbitraire, l'égalité de traitement, la bonne foi ou la proportionnalité (ATF 1_C 294/2007 du 30 novembre 2007 consid. 3).
3. Le recourant estime que c’est à tort que l’autorité intimée a refusé de lui délivrer l’autorisation de séjour par regroupement familial sollicitée.
a) L'article 42 al. 1er LEtr prévoit que le conjoint d'un ressortissant suisse bénéficie d'un droit à l'octroi d'une autorisation de séjour et à la prolongation de sa durée de validité à condition de vivre en ménage commun avec lui. Selon l'art. 51 al. 1 let. b LEtr, les droits prévus à l'art. 42 LEtr s'éteignent s'il existe des motifs de révocation au sens de l'art. 63 LEtr.
b) Aux termes de l'art. 63 LEtr, une autorisation d'établissement peut être révoquée si les conditions visées à l'art. 62, let. a ou b, sont remplies (art. 63 al. 1 lit. a), à savoir si l'étranger ou son représentant légal a fait de fausses déclarations ou a dissimulé des faits essentiels durant la procédure d'autorisation (lit. a) et si l'étranger a été condamné à une peine privative de liberté de longue durée ou a fait l'objet d'une mesure pénale prévue aux art. 64 ou 61 du code pénal (lit. b), si l'étranger attente de manière très grave à la sécurité et l'ordre publics en Suisse ou à l'étranger, les met en danger ou représente une menace pour la sécurité intérieure ou extérieure de la Suisse (art. 63 al. 1 lit. b) ou si lui-même ou une personne dont il a la charge dépend durablement et dans une large mesure de l'aide sociale (art. 63 al. 1 lit. c). L’art. 80 de l’ordonnance du 24 octobre 2007 relative à l’admission, au séjour et à l’exercice d’une activité lucrative (OASA; RS 142.201) précise qu’il y a atteinte à la sécurité et à l’ordre publics notamment en cas de violation de prescriptions légales ou de décisions d’autorités (al. 1 let. a). L’art. 80 al. 2 OASA dispose que la sécurité et l’ordre publics sont menacés lorsque des éléments concrets indiquent que le séjour en Suisse de la personne concernée conduit selon toute vraisemblance à une atteinte à la sécurité et à l’ordre publics. Selon l'art. 62 let. b LEtr, la révocation de l'autorisation de séjour est notamment possible si l'étranger a été condamné à une peine privative de liberté de longue durée ou a fait l'objet d'une mesure pénale prévue aux art. 64 ou 61 CP. Selon la jurisprudence, une peine privative de liberté est de longue durée lorsqu'elle dépasse un an d'emprisonnement (ATF 135 II 377 consid. 4.2 p. 379), qu'elle soit ou non assortie du sursis (arrêt 2C_758/2010 du 22 décembre 2010). En outre, la peine privative de liberté de longue durée au sens de cette disposition ne peut résulter de l'addition de peines plus courtes (ATF 2C_915/2010 du 4 mai 2011 consid. 3.1).
c) En l'espèce, le recourant ne conteste pas avoir été condamné à une peine privative de liberté de trente mois avec sursis, à l'exécution de la peine de dix-huit mois et délai d'épreuve de quatre ans. Ainsi, le tribunal constate qu'il existe un motif de révocation tel qu'il prévu à l'art. 62 al. 1 let. b LEtr.
4. a) Cependant, et même lorsqu'un motif de révocation est réalisé, le prononcé de la révocation ne se justifie que si la pesée des intérêts à effectuer dans le cas d'espèce fait apparaître la mesure comme proportionnée (ATF 135 II 377 consid. 4.3 p. 381; ATF 2C_320/2010 du 13 septembre 2010 consid. 3.1). A cet égard, on prendra en considération la gravité de la faute commise, le degré d'intégration, respectivement la durée du séjour effectué en Suisse et le préjudice que l'intéressé et sa famille auraient à subir en raison de la mesure (art. 96 al. 1 LEtr; ATF 135 II 377 consid. 4.3; ATF 2C_418/2009 du 30 novembre 2009 consid. 4.1). On tiendra par ailleurs particulièrement compte, pour apprécier la proportionnalité de la mesure, de l'intensité des liens de l'étranger avec la Suisse et des difficultés de réintégration dans son pays d'origine (ATF 130 II 176 consid. 4.4.2; 125 II 521 consid. 2b; 122 II 433 consid. 2c; arrêt PE.2010.322 du 6 septembre 2010 consid. 3b; Magalie GafnerMagalie Gafner, Personnes de nationalité étrangère, délinquance et renvoi: Une double peine?, in RDAF 2007 I p. 12 ss). Le risque de récidive est aussi un facteur important permettant d'apprécier le danger que présente un étranger pour l'ordre public (ATF 120 Ib 6 consid. 4c). On doit également examiner si l'on peut exiger des membres de la famille, qui ont un droit de présence en Suisse, qu'ils suivent l'étranger dont le départ est en cause. Pour trancher cette question, l'autorité compétente ne doit pas statuer en fonction des convenances personnelles des intéressés, mais prendre objectivement en considération leur situation personnelle et l'ensemble des circonstances. Si l'on ne peut pas exiger des membres de la famille pouvant rester en Suisse qu'ils partent à l'étranger, cet élément doit entrer dans la pesée des intérêts en présence, mais n'exclut pas nécessairement, en lui-même, un refus de l'autorisation de séjour ou une expulsion (ATF 135 I 153 consid. 2.1; 134 II 10 consid. 4.2 et les références citées).
b) Quand le refus d'octroyer une autorisation de séjour se fonde sur la commission d'une infraction, la peine infligée par le juge pénal est le premier critère servant à évaluer la gravité de la faute et à procéder à la pesée des intérêts (arrêt 2C_464/2009 du 21 octobre 2009 consid. 5). Le Tribunal fédéral a jugé à de multiples reprises que la protection de la collectivité publique face au développement du marché de la drogue constitue un intérêt public important justifiant l'éloignement de Suisse d'un étranger qui s'est rendu coupable d'infraction grave à la loi fédérale sur les stupéfiants, surtout s'il n'est pas lui-même consommateur de drogue, mais qu'il a agi par pur appât du gain (arrêts 2C_739/2009 du 8 juin 2010 consid. 4.3 et 2C_651/2009 du 1er mars 2010 consid. 4.3). Les étrangers qui sont mêlés au commerce des stupéfiants doivent donc s'attendre à faire l'objet de mesures d'éloignement (arrêt 2A.424/2001 du 29 janvier 2002 consid. 4a). Il s'agit d'un domaine où la jurisprudence se montre particulièrement rigoureuse (ATF 122 II 433 consid. 2c p. 436), le risque de récidive ne jouant pas un rôle déterminant pour les mesures d'éloignement prises sur la base du droit interne, mais ne constituant qu'un facteur parmi d'autres dans la pesée des intérêts, où la gravité des actes commis est, comme on l'a vu, le premier élément à prendre en considération (ATF 134 II 10 consid. 4.3 p. 24).
c) Le recourant a été condamné à quatre reprises entre 2007 et 2010, tout d’abord en 2007 à une peine de 30 mois pour crime contre la loi fédérale sur les stupéfiants et les substances psychotropes du 3 octobre 1951 (LStup; RS 812.121), puis pour injures et menaces en 2008 à 12 jours-amendes, puis en janvier 2010 à un travail d’intérêt général de 120 heures et à 400 fr. d’amende pour contravention à la LStup et enfin à 70 jours-amendes pour différentes contraventions liée à l’exercice d’un travail non autorisé. Il ne s'agissait donc pas d'une infraction à la législation sur les étrangers liée à son propre statut, dont la gravité est fréquemment considérée comme moindre dans la pesée des intérêts (cf. ATF 136 I 285 consid. 5.3 p. 289). A la lumière de la jurisprudence, l'intérêt public à ne plus accepter la présence du recourant en Suisse apparaît donc comme important au vu de ses antécédents pénaux. Au vu de la gravité et du nombre de comportements contraires à l'ordre public suisse reprochés au recourant, seul un intérêt privé particulièrement important pourrait faire obstacle à son renvoi dans le cadre de la pesée des intérêts. En l’espèce, le recourant s’est marié (ATF 134 II 10 consid. 4.3 p. 24).
d) En l’espèce, le recourant s’est marié le 2 août 2010 avec Sarah HuggenbergerB. Y._. Ils vivent ensemble mais n’ont pas d’enfant commun. Sarah HuggenbergerB. Y._ n’a d’ailleurs pas terminé sa formation professionnelle et poursuit des études en vue de l’obtention d’un bachlor en sciences économique. Aussi, le recourant bénéficie de la qualité de réfugié mais il ne pouvait bénéficier de l’Asile pour le motif que la qualité de réfugié lui a été reconnue uniquement en raison de ses activités politiques en Suisse. Mais son renvoi de Suisse doit être considéré comme illicite et il est au bénéfice d’une admission provisoire. La situation actuelle en Syrie ne permet de toute manière pas d’envisager un retour. Le refus de l’autorisation de séjour ne touche ainsi pas l’épouse du recourant de manière importante et ne l’oblige en tous les cas pas à quitter la Suisse.
Par ailleurs, le recourant peut renouveler sa demande de changement de canton auprès de l’ODM en invoquant le principe de l’unité de la famille (art. 85 al. 3 et 4 LEtr) et il peut aussi solliciter l’octroi d’une autorisation de travail (art. 85 al. 6 LEtr). Une éventuelle décision de refus du canton de Vaud dans la procédure de changement de canton prévue par l’art, 85 al. 3 et 4 LEtr, pourrait donner lieu à un nouveau recours au tribunal dans la mesure où ce refus aurait un caractère contraignant pour l’ODM. Il convient de préciser encore que le changement de canton paraît s’imposer non seulement en raison du principe de l’unité de la famille mais aussi pour le motif que ce changement a permis au recourant de quitter et rompre avec le milieu qu’il fréquentait dans le canton de Neuchâtel. Aussi, l’octroi d’une autorisation de travail permettrait au recourant de poursuivre et mener à bien la reconversion professionnelle qu’il a entamée avec succès auprès de l’Office régional de placement de Lausanne.
En outre, les recourants pourront renouveler leur demande d’autorisation de séjour pour regroupement familial s’il apparaît que le recourant a pu stabiliser sa situation professionnelle et ne fait plus appel aux prestations du revenu d’insertion et s’il a démontré, par son comportement, l’absence de tout risque de récidive. Même si le mariage du recourant lui a permis de quitter, dans le canton de Neuchâtel, un millieu qui avait une mauvaise influence, il appartient au recourant de démontrer que ce changement de comportement a acquis un caractère durable dans le temps. Ce « délai d’épreuve » permettrait d’ailleurs à la recourante de terminer sa formation professionnelle.
5. a) La réglementation prévue à l'art. 8 CEDH est, sur ce point, similaire et permet de s'opposer à l'éventuelle séparation de sa famille et d’obtenir ainsi une autorisation de séjour. Encore faut-il, pour pouvoir invoquer cette disposition, que la relation entre l'étranger et une personne de sa famille ayant le droit de résider durablement en Suisse (nationalité suisse ou autorisation d’établissement) soit étroite et effective (ATF 130 II 281 consid. 3.1; 129 II 193 consid. 5.3.1). D'après la jurisprudence, les relations familiales qui peuvent fonder, en vertu de cette disposition, un droit à une autorisation de police des étrangers sont avant tout les rapports entre époux ainsi qu'entre parents et enfants mineurs vivant ensemble (ATF 135 I 143 consid. 1.3.2; 127 II 60 consid. 1d/aa; 120 Ib 257 consid. 1d).
b) Le droit au respect de la vie privée et familiale garanti par l’art. 8 § 1 CEDH n’est cependant pas absolu. Une ingérence dans l’exercice de ce droit est en effet possible selon l’art. 8 § 2 CEDH, pour autant qu’elle soit prévue par la loi et qu’elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l’ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d’autrui. La question de savoir si, dans un cas d’espèce, les autorités de police des étrangers sont tenues d’accorder une autorisation de séjour fondée sur l’art. 8 CEDH doit être résolue sur la base d’une pesée de tous les intérêts privés et publics en présence (ATF 135 II 377 consid. 4.3; 135 I 143, consid. 2.1; 134 II 10 consid. 4.1 et réf. cit. 125 II 633 consid. 2e). En principe, en cas de peine d'au moins deux ans de détention, l'intérêt public à l'éloignement l'emporte sur l'intérêt privé de l'étranger - et celui de sa famille - à pouvoir rester en Suisse (ATF 135 II 377 consid. 4.3 et 4.4; 130 II 176 consid. 4.1). Les circonstances particulières de l’infraction, la bonne intégration de l’intéressé et le développement positif de sa personnalité depuis l’exécution de la peine peuvent cependant justifier d’octroyer ou de renouveler son autorisation de séjour même si la limite des deux ans est dépassée.
6. c) Par ailleurs, l'épouse du recourant est de nationalité portugaise ce qui donne le droit au recourant de se prévaloir des dispositions de l’ALCP. Selon l'art. 3 al. 1 de l'annexe I ALCP, les membres de la famille d'une personne ressortissante d'une partie contractante ayant un droit de séjour ont le droit de s'installer avec elle. Cela vaut notamment pour son conjoint, quelle que soit sa nationalité (art. 3 par. 2 let. a annexe I ALCP). Selon l'art. 5 par. 1 annexe I ALCP, les droits octroyés par les dispositions de l'ALCP ne peuvent être limités que par des mesures justifiées par des raisons d'ordre public, de sécurité publique et de santé publique (sur la notion d'ordres public et de sécurité, cf. ATF 129 II 215 consid. 6.2 p. 220 s. et les références). Le cadre et les modalités de ces mesures sont définis notamment par la directive 64/221/CEE, à laquelle se réfère l'art. 5 par. 2 annexe I ALCP (arrêt 2C_547/2010 du 10 décembre 2010, consid. 3). Selon la jurisprudence de la Cour de justice, les limites posées au principe de la libre circulation des personnes doivent s'interpréter de manière restrictive. Ainsi, le recours par une autorité nationale à la notion d'ordre public pour restreindre cette liberté suppose, en dehors du trouble de l'ordre social que constitue toute infraction à la loi, l'existence d'une menace réelle et d'une certaine gravité affectant un intérêt fondamental de la société (cf. ATF 131 II 352 consid. 3.2 p. 357; 130 II 176 consid. 3.4.1 p. 182; 129 II 215 consid. 7.3 p. 222 et les arrêts cités de la CJCE du 27 octobre 1977 Bouchereau C-30/77 Rec. 1977 p. 1999, points 33-35; du 19 janvier 1999 Calfa C-348/96 Rec. 1999 I-11, points 23 et 25). La seule existence de condamnations pénales (antérieures) ne peut automatiquement motiver de telles mesures. Selon les circonstances, la Cour de justice admet néanmoins que le seul fait du comportement passé de la personne concernée puisse réunir les conditions de pareille menace actuelle (ATF 131 II 352 consid. 3.2 p. 357; 130 II 176 consid. 3.4.1 p. 182 ss et l'arrêt précité Bouchereau, point 29). Celles-ci ne supposent en tout cas pas qu'il soit établi avec certitude que l'étranger commettra d'autres infractions à l'avenir; inversement, ce serait aller trop loin que d'exiger que le risque de récidive soit nul pour que l'on renonce à une mesure d'ordre public. En réalité, ce risque doit s'apprécier en fonction de l'ensemble des circonstances du cas et, en particulier, de la nature et de l'importance du bien juridique menacé (cf. ATF 136 II 5 consid. 4.2 p. 20, 134 II 10 consid. 4.3 p. 24; voir aussi ATF 130 II 493 consid. 3.3 p. 499 s., 176 consid. 4.3.1 p. 185 s.).
Quand le refus d'octroyer une autorisation de séjour se fonde sur la commission d'une infraction, la peine infligée par le juge pénal est le premier critère servant à évaluer la gravité de la faute et à procéder à la pesée des intérêts (arrêt 2C_464/2009 du 21 octobre 2009 consid. 5). Le Tribunal fédéral a jugé à de multiples reprises que la protection de la collectivité publique face au développement du marché de la drogue constitue un intérêt public important justifiant l'éloignement de Suisse d'un étranger qui s'est rendu coupable d'infraction grave à la loi fédérale sur les stupéfiants, surtout s'il n'est pas lui-même consommateur de drogue, mais qu'il a agi par pur appât du gain (arrêts 2C_739/2009 du 8 juin 2010 consid. 4.3 et 2C_651/2009 du 1er mars 2010 consid. 4.3). Les étrangers qui sont mêlés au commerce des stupéfiants doivent donc s'attendre à faire l'objet de mesures d'éloignement (arrêt 2A.424/2001 du 29 janvier 2002 consid. 4a). Il s'agit d'un domaine où la jurisprudence se montre particulièrement rigoureuse (ATF 122 II 433 consid. 2c p. 436), le risque de récidive ne jouant pas un rôle déterminant pour les mesures d'éloignement prises sur la base du droit interne, mais ne constituant qu'un facteur parmi d'autres dans la pesée des intérêts, où la gravité des actes commis est, comme on l'a vu, le premier élément à prendre en considération (ATF 134 II 10 consid. 4.3 p. 24).
d) La pesée des intérêts à effectuer en application de l’art. 8 § 2 CEDH (consid. 5) et de l’art. 5 par. 1 Annexe I à l’ALCP (consid. 6) conduit au même résultat que celle à laquelle il a été procédé au consid. 4d ci-dessus auque l il peut être renvoyé.
7. Il résulte des considérants qui précèdent, que le recours doit être rejeté dans le sens des considérants. Au vu de ce résultat, les frais de justice seront mis à la charge des recourants qui n’ont pas droit à l’allocation de dépens.laissés à la charge de l’Etat, compte tenu de l’assistance judiciaire accordée aux recourants.