Decision ID: b2beb1eb-3c20-4696-952a-06bbe72998e6
Year: 2022
Language: fr
Court: VS_BZG
Chamber: VS_BZG_999
Canton: VS
Region: Région lémanique
Law Area: 

Faits
A. X _ SA, de siège social à A _, est active dans l’installation de
systèmes automatiques, en particulier la pose de portes électriques. B _ est
président du conseil d’administration de la société avec signature individuelle (PJ 2 ;
all. 1 à 4 admis).
Y _ SA, de siège social à D _, exploite une entreprise de serrurerie,
fers forgés, constructions métalliques, portes de garages et automatisme. La société est
valablement engagée par la signature individuelle de Y _, président du conseil
d’administration (PJ 3 ; all. 5 à 7, 49 admis).
X _ SA et Y _ SA entretiennent des relations commerciales depuis
de nombreuses années (all. 8 admis). Initialement, chaque entreprise adressait
ses factures à l’autre pour paiement (all. 51 admis). Depuis 1995, elles ont décidé de
compenser leurs créances respectives (all. 52 et 53 admis). Chaque société tenait son
propre décompte (all. 53 admis).
B. Le 15 juin 2015, Y _ SA, par le président du conseil d’administration
Y _, a signé un document intitulé « reconnaissance de dette – convention de
paiement » dans lequel elle reconnaît devoir, au 11 juin 2015, 72'913 fr. 45 à
X _ SA correspondant à diverses factures émises entre le mois d’avril 2012 et
le mois de novembre 2014. Ce document comporte également la signature de
B _ et l’annotation manuscrite suivante : « Eventuellement voir si les factures
en compensation ».
C. A la suite de deux poursuites ouvertes par X _ SA pour ces factures
impayées, Y _ SA lui a versé des montants de 13'708 fr. 90 le 7 décembre
2015 et 15'217 fr. 80 le 23 novembre 2016, intérêts et frais de poursuite en sus. Le solde
encore litigieux a été ainsi réduit à 43'986 fr. 75 (72'913 fr. 45 – 13'708 fr. 90 - 15'217 fr.
80).
X _ SA a par la suite annulé trois factures pour un montant total de 4366 fr. 95
et a consenti une réduction de 840 francs.
Le 27 avril 2017, X _ SA a fait notifier un commandement de payer (poursuite
n° xxx) à Y _ SA, pour le solde de 38'779 fr. 80 (43'986 fr. 75 – 840 fr. –
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4366 fr. 95) avec intérêt à 5 % l'an dès le 11 juin 2013, ainsi que pour une somme de
6’005 fr. 82 à titre d'intérêts de retard (PJ 15). La débitrice a fait opposition le 2 mai 2017.
Après s’être vue délivrer une autorisation de procéder, X _ SA a ouvert action
contre Y _ SA devant le tribunal de district de E _ le 26 avril 2018.
Elle a conclu au paiement par cette société des montants de 38’779 fr. 80 avec intérêt à
5% l’an dès le 10 juin 2013, de 6’005 fr. 82 et à la levée définitive de l’opposition.
Dans son mémoire-réponse du 29 juin 2018, Y _ SA a conclu au rejet de
la demande (dos. p. 63 ss).
Les parties ont maintenu ces conclusions tant à l’occasion du second échange
d’écritures que lors des débats principaux.
D. Par jugement du 14 octobre 2019, le tribunal de district a condamné Y _
SA à verser à X _ SA 27’676 fr. 60 avec intérêts à 5% du 22 au 29 septembre
2015 sur la somme de 38'779 fr. 80 et dès le 30 septembre 2015 sur la somme de 27'676
fr. 60, a prononcé la levée définitive de l’opposition formée au commandement de payer
n° xxx de l’Office des poursuites du district de E _ à due concurrence. Il a mis
les frais de justice à la charge de X _ SA à hauteur de 1434 fr. et de
Y _ SA à hauteur de 3346 francs (dos. p. 447 ss).
La juge de district a constaté que Y _ SA ne contestait pas devoir à
X _ SA les travaux facturés et le solde impayé de 38'779 fr. 80 mais qu’elle lui
opposait en compensation ses propres créances. Examinant alors le bien-fondé des
créances compensantes, la juge a considéré que, pour la plupart d’entre elles, soit
l’entreprise Y _ SA n’avait pas justifié les éléments justifiant la commande de
travaux par X _ SA et leur exécution soit les créances invoquées par
Y _ SA étaient prescrites. Finalement, la juge de district a estimé que
l’entreprise Y _ SA n’avait démontré le bien-fondé que d’une seule créance
compensante d’un montant de 11'103 fr. 20 découlant de la facture n° 4079 et a admis
la compensation à hauteur de ce montant. Elle a estimé que même si cette facture avait
été adressée à B _ à titre personnel et non à X _ SA, comme les
travaux facturés avaient été effectués dans des locaux de la société, elle concernait bien
la société et non son administrateur à titre personnel. Elle a ainsi condamné
Y _ SA à verser un montant de 27'676 fr. 60 (38'779 fr. 80 – 11'103 fr. 20),
plus intérêts et a levé l’opposition au commandement de payer à concurrence de ce
montant.
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E. Le 13 novembre 2019, X _ SA a appelé de ce jugement, concluant à ce
que Y _ SA verse à X _ SA 38'779 fr. 80 (27'676 fr. 60 +
11'103 fr. 20) avec intérêts à 5% dès le 22 septembre 2015 et à la levée définitive de
l’opposition, avec suite de frais et dépens.
Y _ SA a conclu au rejet de l’appel.

Considérant en droit
1.1 En vertu de l’article 308 al. 1 let. a et al. 2 CPC, les décisions finales de première
instance de nature patrimoniale sont attaquables par la voie de l'appel, si la valeur
litigieuse au dernier état des conclusions est de 10'000 fr. au moins. L'appel, écrit et
motivé, est introduit auprès de l'instance d'appel dans les 30 jours à compter de
la notification de la décision motivée ou de la notification postérieure de la motivation
(art. 311 al. 1 CPC).
1.2 Dans le cas particulier, le jugement entrepris est une décision finale de nature
patrimoniale portant sur une action en paiement. La valeur litigieuse se monte à
38’779 fr. 80 au vu des dernières conclusions formulées par la demanderesse en
première instance. La voie de l'appel est ainsi ouverte.
Le juge intimé a expédié son prononcé, d’emblée motivé, par pli recommandé envoyé le
16 octobre 2019 et retiré le lendemain par le conseil de l’appelante. L'appel, déposé le
13 novembre suivant, a ainsi été formé en temps utile et dans les formes prescrites, de
sorte qu’il est recevable.
Au surplus, sous l’angle de la compétence matérielle, la Cour civile est habilitée à statuer
(art. 5 al. 1 let. b LACPC).
1.3 Aux termes de l’article 310 CPC, l'appel peut être formé pour violation du droit (let. a)
et constatation inexacte des faits (let. b). La juridiction d'appel dispose d'un plein pouvoir
d'examen de la cause en fait et en droit. L’autorité d’appel applique le droit d’office, sans
être liée par les motifs invoqués par les parties ou le tribunal de première instance. Elle
peut ainsi substituer ses propres motifs à ceux de la décision attaquée (ATF 144 III 462
consid. 3.2.3).
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1.4 Aux termes de l’article 317 al. 1 CPC, les faits et moyens de preuve nouveaux ne
sont pris en compte que s’ils sont invoqués ou produits sans retard (let. a) et s’ils ne
pouvaient être invoqués ou produits devant la première instance bien que la partie qui
s’en prévaut ait fait preuve de la diligence requise (let. b).
La question de la recevabilité des faits – date de réalisation des travaux énoncés sur la
facture n° 4079 – et preuves proposés pour la première fois en procédure d’appel par
l’appelante peut rester indécise compte tenu de l’issue de l’appel.
2. Le litige porte sur le point de savoir si l’appelée (débitrice poursuivie) peut se prévaloir
de la compensation à l’encontre de la créance que possède l’appelante (créancière
poursuivante).
À teneur de l’article 120 al. 1 CO, lorsque deux personnes sont débitrices l’une envers
l’autre de sommes d’argent ou d’autres prestations de même espèce, chacune des
parties peut compenser sa dette avec sa créance, si les deux dettes sont exigibles. Pour
qu'il y ait compensation, la loi exige ainsi, entre autres conditions, un rapport de
réciprocité entre deux personnes. En d’autres termes, celles-ci doivent être à la fois
débitrices et créancières l’une de l’autre (NICOLAS JEANDIN/LYUSKA HULLINGER,
Commentaire romand, 3ème éd. 2021, n. 2 ad art. 120 CO). La compensation éteint
alors les deux dettes qui sont opposées, à concurrence de celle qui est la plus faible en
valeur (ATF 134 III 643 consid. 5.5.1). En dehors de ce rapport de réciprocité, la
compensation est exclue : le débiteur ne peut compenser en invoquant la prétention d’un
tiers contre son créancier, ni même sa propre créance contre un tiers (NICOLAS
JEANDIN/LYUSKA HULLINGER, op. cit., n. 2 ad art. 120 CO).
Il appartient au débiteur qui oppose la compensation de présenter les faits ayant donné
lieu à la compensation et de prouver le principe, l’exigibilité et le montant de la créance
compensante (art. 8 CC ; cf. arrêt 4A_140/2014 du 6 août 2014 consid. 5.1).
3. L’appelante (créancière poursuivante) fait grief au juge précédent d’avoir admis
le bien-fondé de la créance compensante et opéré la compensation à hauteur de 11'103
fr. 20. Elle dénonce une violation des articles 55 al. 1 (maxime des débats) et 221 al. 1
let. d CPC (demande) au motif que l’autorité de première instance a retenu, en l’absence
d’allégation, que les travaux qui font l’objet de la facture n° 4079 ont été effectués dans
les ateliers de la société X _ SA et concernent la société et non B _
à titre personnel.
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3.1 Lorsque la maxime des débats est applicable (art. 55 al. 1 CPC), il incombe aux
parties, et non au juge, de rassembler les faits du procès. Les parties doivent alléguer
les faits sur lesquels elles fondent leurs prétentions (fardeau de l'allégation subjectif),
produire les moyens de preuve qui s'y rapportent (art. 55 al. 1 CPC) et contester les faits
allégués par la partie adverse, le juge ne devant administrer les moyens de preuve que
sur les faits pertinents et contestés (art. 150 al. 1 CPC ; ATF 114 III 519 consid. 5.1). En
vertu de l'article 221 al. 1 let. d CPC, respectivement de l'article 222 al. 2 CPC, les faits
doivent être allégués en principe dans la demande et dans la réponse, voire dans la
réplique et la duplique si un deuxième échange d'écritures est ordonné et doivent être
suffisamment motivés (charge de la motivation) pour que la partie adverse puisse se
déterminer sur eux et que le juge puisse savoir quels sont les faits admis, respectivement
les faits contestés sur lesquels les moyens de preuve devront être administrés (ATF 144
III 67 consid. 5.2.1). Les exigences quant au contenu des allégués et à leur précision
dépendent, d'une part, du droit matériel, soit des faits constitutifs de la norme invoquée
et, d'autre part, de la façon dont la partie adverse s'est déterminée en procédure. Si, en
principe, le défendeur peut se contenter de contester les faits allégués par le demandeur,
il doit, dans certaines circonstances exceptionnelles, concrétiser sa contestation (charge
de la motivation de la contestation ; ATF 127 III 365 consid. 2b p. 368) ; plus les allégués
du demandeur sont motivés, plus les exigences de contestation de ceux-ci par le
défendeur sont élevées.
En ce qui concerne l'allégation d'une facture (ou d'un compte), le demandeur doit en
principe alléguer les différents postes dans sa demande. La jurisprudence admet
toutefois qu’il n’y indique que le montant total lorsqu’il peut se référer à, et produire, une
pièce qui contient toutes les informations nécessaires de manière claire et complète, au
point que l’exigence de la reprise du détail de la facture dans les allégués de la demande
n’aurait pas de sens. Il ne suffit pourtant pas que la pièce produite contienne, sous une
forme ou sous une autre, lesdites informations. Leur accès doit être aisé et aucune
marge d'interprétation ne doit subsister (ATF 144 III 519 consid. 5.2.1.2). Aussi, en
présence de différentes factures, le demandeur peut se contenter d’alléguer celles-ci
avec référence aux pièces qu’il produit à leur appui si leur contenu est détaillé et
explicite. Il appartient alors au défendeur d'indiquer quelles factures et précisément
quelles positions de la facture il conteste, à défaut de quoi la facture ou la position sera
censée admise et n'aura donc pas à être prouvée (art. 150 al. 1 CPC ; ATF 144 III 519
consid. 5.2.2.3 ; 117 II 113 consid. 2 ; arrêt 4A_164/2021 du 21 décembre 2021 consid.
3.3 et les réf.).
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3.2 En l’espèce, la maxime des débats est applicable au présent litige. Comme
l’appelée, débitrice poursuivie, prétend s’être libérée par la compensation, il lui appartient
de démontrer son droit de compenser, singulièrement d’alléguer et de prouver
l’existence d’un rapport de réciprocité des créances.
Dans sa réponse, sous un seul allégué (71), l’appelée a énuméré une liste de 23 factures
avec leur numéro et leur montant ainsi que le montant total dû (59'204 fr. 55) tout en
indiquant qu’elle les avait adressées à X _ SA et les avait invoquées en
compensation des montants dus à cette société. Parmi cette liste figurait la facture
n° 4079 qui porte sur un montant de 11'103 fr. 20 et produite comme moyen de preuve
sous pièce 46. À sa lecture, on constate que cette facture, datée du 30 septembre 2015,
est adressée à X _ SA et détaille les travaux effectués « dans vos atelier-dépôt
rue xxx ». Dans la réplique, X _ SA a fait valoir que la facture concernait
B _ à titre personnel, qu’elle avait d’ailleurs été adressée également à
B _, que c’est encore lui qui avait reçu un rappel et, par la suite, un
commandement de payer et, enfin que la requête de mainlevée de Y _ SA
avait été rejetée (allégués 156 à 160). Elle a déposé la facture adressée à B _
(pièce 58), la lettre de rappel (pièce 59), le commandement de payer (pièce 60) et la
décision refusant la mainlevée (pièce 62). Dans la duplique, Y _ SA a contesté
ces cinq allégués sans fournir d’explication.
Il faut admettre qu’initialement, Y _ SA a valablement allégué et motivé sa
facture par le renvoi à la pièce 46 qui était suffisamment explicite et contenait les
informations nécessaires. Force est aussi de constater que X _ SA,
conformément à la charge de la motivation de contestation qui lui incombait, a indiqué
précisément l’objet et les motifs de sa contestation, à savoir l’identité du cocontractant
qui était selon elle l’administrateur à titre personnel et non la société, tout en fournissant
des preuves (pièces 58 à 60 et 62). Dans ces circonstances, il appartenait à
Y _ SA d’alléguer et de prouver les faits qui permettent de conclure que
X _ SA – et non son administrateur – était bien sa débitrice pour les travaux
facturés. Il lui était loisible de s’exécuter dans la duplique puisqu’un deuxième échange
d’écritures a eu lieu.
Elle n’a rien fait de tel et s’est limitée à contester en bloc les allégations formulées par la
partie adverse dans la réplique au sujet de la personne du cocontractant : elle n’a rien
dit de la teneur des discussions précontractuelles, de la signature d’un contrat, voire de
l’identité de la personne qui lui avait commandé les travaux ou du propriétaire des locaux
dans lesquels ils ont été effectués. Comme le relève le premier juge, l’appelée n’a pas
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expliqué pourquoi elle avait envoyé la facture tant à la société qu’à B _ ni
pourquoi elle a ensuite adressé le rappel et le commandement de payer uniquement au
président du conseil d’administration alors que toutes les autres factures sont adressées
à la société X _ SA. Malgré cette absence d’explication, l’autorité précédente
a retenu que la facture concerne des travaux qui ont été réalisés dans « les ateliers-
dépôts de la société demanderesse [X _ SA] sis à la rue xxx à F _,
soit à l’adresse de la société inscrite au registre du commerce » et a déduit de cet
élément que les parties au contrat sont Y _ SA et X _ SA.
En retenant que la facture concerne des travaux exécutés dans « les ateliers-dépôts de
la société demanderesse », l’autorité précédente a violé les articles 55 al. 1 CPC et 221
al. 1 let. d CPC. À juste titre, l’appelante observe que ce fait n’a pas été allégué dans les
écritures. Par ailleurs, le simple renvoi aux factures déposées ne suppléait pas le défaut
d’allégation car tant la facture adressée à X _ SA que celle adressée à
B _ mentionnent « concerne vos atelier-dépôt rue xxx ». Les pièces ne
permettent ainsi pas de savoir sans équivoque en faveur de qui les travaux ont été
effectués ou de connaître l’identité du propriétaire des locaux. Enfin, même si l’on devait
admettre que ce fait a été retenu valablement, vu l’incertitude qui ressort des pièces
déposées quant à la personne du cocontractant (factures adressées tant à
B _ qu’à X _ SA, rappel et commandement de payer envoyés à
B _), on ne pouvait encore déduire de ce seul élément que les parties au
contrat étaient Y _ SA d’une part et la société X _ SA d’autre part.
Ainsi, Y _ SA a failli à son obligation d’allégation et de preuve de la créance
invoquée en compensation, étant rappelé que le fardeau de la preuve de l’existence et
de la valeur de la créance compensante lui incombait. Il suit de là que l’appelée ne peut
faire valoir aucune créance contre l’appelante. Comme elle n'a pas de prétention à
opposer en compensation à la créance de l’appelante qu'elle a reconnue, l’appelée doit
être condamnée à verser à celle-ci la somme de 38'779 fr. 80, montant qui portera
intérêts à 5% l'an dès le 22 septembre 2015, soit dès le lendemain de la notification du
commandement de payer qui constitue la première interpellation adressée à l’appelée.
L’opposition au commandement de payer n° xxx de l’Office des poursuites de
E _ est définitivement levée à concurrence de ce montant (art. 79 LP).
4. Au vu de ce qui précède, l’appel est admis.
4.1 Compte tenu de cette issue, il y a lieu de faire supporter les frais de procédure à
l’appelée (art. 106 al. 1 CPC). Ainsi, les frais de première instance, fixés conformément
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aux dispositions applicables (art. 13 et 16 al. 1 LTar) à 4’780 fr. (350 fr. pour la procédure
de conciliation avancés par l’appelante ; 4’430 fr. pour les frais du tribunal de district dont
4’300 fr. ont été avancés par l’appelante et 130 fr. par l’appelée), sont mis à la charge
de celle-ci. L’appelée versera ainsi à l’appelante un montant de 4'650 fr. à titre de
restitution des avances.
4.2 En appel, l'émolument est calculé par référence au barème applicable en première
instance avec un coefficient de réduction de 60 % (art. 19 LTar). La cause présentait un
degré de difficulté ordinaire.
Dans ces circonstances, eu égard aux principes de la couverture des frais et de
l'équivalence des prestations, les frais de justice, prélevés sur l’avance effectuée par
la partie appelante, sont arrêtés à 2’200 fr. et mis à la charge de l’appelée, laquelle devra
rembourser ce montant à l’appelante à qui le greffe restituera 1'600 francs.
4.3 Pour les contestations et affaires civiles de nature pécuniaire, soumises à la
procédure ordinaire, et tranchées en première instance, les honoraires sont fixés dans
les limites de 4’700 à 6’800 fr. pour une valeur litigieuse de 30'001 à 40'000 francs
(art. 32 al. 1 LTar).
En l’occurrence, dans l’écriture d’appel, l’appelante a chiffré ses dépens de première
instance à 6’300 fr., montant correspondant à celui arrêté par le premier juge (jugement
entrepris, consid. 10.2.4), lequel paraît justifié.
Compte tenu du sort de la procédure, l’appelée versera, dès lors, à l’appelante
une indemnité de 6’300 fr. à titre de dépens de première instance.
4.4 En appel, les honoraires sont également calculés par référence au barème
applicable en première instance, compte tenu d'un coefficient de réduction de 60%
(art. 35 al. 1 let. a LTar).
Eu égard au degré ordinaire de difficulté de la cause et à l’activité effectuée par le conseil
de l’appelante, laquelle a consisté en l’analyse du jugement rendu par le juge de district,
en la rédaction de l’écriture d’appel (7 pages) et de deux lettres d’une page chacune
ainsi qu’en l’examen des déterminations de l’appelée du 6 janvier 2020 (1 page), les
dépens qui lui sont dus par l’appelée sont arrêtés à 2’000 fr., TVA et débours compris
(art. 29 al. 2 LTar).
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