Decision ID: d0f53309-8869-53a1-84db-754cef2386fd
Year: 2020
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_005
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 

EN FAIT
A.
a.
Le 22 août 2019, A_ (ci-après : le recourant), représenté par son conseil, a sollicité l'assistance juridique pour une avance de frais de 20'000 fr. qui lui a été réclamée dans le cadre d'une action en contestation de l'état de collocation qu'il a initiée.
Dans le courrier accompagnant le formulaire, le conseil du recourant a indiqué que certaines informations et les documents requis étaient manquants du fait de l'absence de son client mais que la demande serait complétée ultérieurement.
b.
Par courrier du 13 septembre 2019, le greffe de l'assistance juridique (ci-après : le greffe) a fixé au recourant un délai au 3 octobre 2019 pour lui fournir une copie de la requête en contestation de l'état de collocation, lui indiquer s'il vivait seul, lui communiquer une copie des justificatifs de toutes ses ressources mensuelles pour les trois derniers mois ainsi que les relevés détaillés de ses comptes bancaires et/ou postaux pour les trois derniers mois, une copie de sa police d'assurance-maladie obligatoire 2019, la preuve du paiement de ses charges (loyer, prime d'assurance-maladie obligatoire, impôts, etc.) pour les trois derniers mois à défaut de quoi elles seront écartées, une copie de son dernier avis de taxation fiscale dans son intégralité et les documents justificatifs d'éventuelles aides financières (allocations logement, subsides, prestations complémentaires).
Il a été rappelé au recourant que sa requête pourrait faire l'objet d'un refus d'entrer en matière si les pièces ou renseignements sollicités n'étaient pas fournis dans le délai imparti.
c.
A la requête du conseil du recourant, le greffe a accordé à ce dernier un "ultime délai non prolongeable" au 1
er
novembre 2019 pour fournir les documents et renseignements sollicités. Il a été rappelé que la requête pourrait faire l'objet d'un refus si les pièces et renseignements sollicités n'étaient pas fournis de manière exhaustive dans le délai imparti.
d.
Par pli du 25 octobre 2019, le recourant a transmis au greffe, par le biais de son conseil, une copie de la requête en contestation de l'état de collocation ainsi qu'une décision d'avis de saisie sur salaire de l'Office des poursuites du canton de Vaud à son encontre valable dès le 1
er
octobre 2019. Il a indiqué être encore en train de réunir les documents manquants et a sollicité un ultime délai au 21 novembre 2019.
Il résulte de l'avis de saisie produit que les revenus du recourant se composent d'une rente LPP de 4'316 fr. et d'une rente AI de 1'381 fr. L'Office a retenu que les charges du recourant étaient exclusivement composées de son entretien de base (1'200 fr.), dès lors qu'il n'avait justifié ni du paiement de son loyer, ni de celui de la prime d'assurance-maladie.
e.
Le recourant ayant, par courrier de son conseil du 29 octobre 2019, fait valoir plusieurs impondérables, dont la grave maladie de son père, le greffe lui a accordé un ultime délai non prolongeable au 21 novembre 2019 pour produire les documents et renseignements sollicités.
f.
Par courrier du 26 novembre 2019, le conseil du recourant a fait parvenir au greffe les récépissés de paiement par le recourant de sa prime d'assurance-maladie pour les derniers mois, un justificatif de paiement du loyer pour le mois de novembre 2019 et un ordre de paiement permanent de 1'200 fr. en faveur l'ex-épouse du recourant.
g.
Le 28 novembre 2019, il a encore transmis un extrait du procès-verbal d'interrogatoire du recourant par l'Office des poursuites du canton de Vaud, un questionnaire de rente de cet Office, un courrier du service des rentes adressé à l'Office des poursuites du canton de Vaud, une confirmation de paiement de 1'200 fr. en faveur de l'ex-épouse du recourant, une communication de la Caisse cantonale de compensation, une facture de prime de l'assurance-maladie et un justificatif de paiement du loyer pour le mois d'octobre 2019.
Il a indiqué que d'autres justificatifs allaient suivre, le 2 décembre au plus tard.
B.
Par décision du 4 décembre 2019, reçue par le recourant le 6 du même mois, le Vice-président du Tribunal civil a rejeté la requête d'assistance juridique, dès lors que le recourant avait échoué dans la preuve de son indigence. En substance, il a retenu que les éléments fournis par le recourant, dans ses envois tardifs et lacunaires des 26 et 28 novembre 2019, ne répondaient que très partiellement à la demande de l'autorité dans la mesure où il n'avait produit aucun des relevés bancaires et/ou postaux expressément sollicités, dont la transmission avait pourtant été annoncée par son conseil d'ici le 2 décembre 2019 au plus tard. Les documents fournis par le recourant, qui était assisté d'un avocat, ne permettaient pas de se prononcer sur sa supposée indigence et il n'avait pas produit dans le respect du délai fixé les pièces complémentaires requises relatives à sa situation financière. Compte tenu du fait que le recourant était représenté par un conseil, il n'y avait pas lieu de lui impartir un nouveau délai pour qu'il complète sa requête lacunaire.
C.
a.
Recours est formé contre cette décision, par acte expédié le 16 décembre 2019 à la Présidence de la Cour de justice. Le recourant conclut à l'annulation de la décision attaquée, à ce qu'il soit constaté qu'il ne dispose pas des ressources suffisantes pour s'acquitter de l'avance de frais de 20'000 fr. et que sa cause ne paraît pas dépourvue de chance de succès et, cela fait, à ce que le bénéfice de l'assistance juridique lui soit accordé pour les frais de justice, avec suite de frais et dépens. Il a préalablement conclu à ce qu'un délai supplémentaire lui soit accordé pour compléter son recours.
Le recourant produit des pièces nouvelles, notamment ses relevés de compte auprès de la BANQUE B_ et de C_ pour la période du 1
er
septembre au 4 décembre 2019.
b.
Le Vice-président du Tribunal civil a renoncé à formuler des observations.

EN DROIT
1.
1.1.
En tant qu'elle refuse l'assistance juridique, la décision entreprise, rendue en procédure sommaire (art. 119 al. 3 CPC), est sujette à recours auprès de la présidente de la Cour de justice (art. 121 CPC, 21 al. 3 LaCC et 1 al. 3 RAJ), compétence expressément déléguée au vice-président soussigné sur la base des art. 29 al. 5 LOJ et 10 al. 1 du Règlement de la Cour de justice (RSG
E 2 05.47
). Le recours, écrit et motivé, est introduit auprès de l'instance de recours (art. 321 al. 1 CPC) dans un délai de dix jours (art. 321 al. 2 CPC et 11 RAJ).