Decision ID: e9a48096-6f98-51ed-b29b-2de8d3325ce4
Year: 2008
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_007
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 

EN FAIT
A. Dans le cadre d'une poursuite n° 08 xxxx94 R dirigée par M_ contre M. L_, lequel n'a pas formé opposition au commandement de payer qui lui a été notifié le 10 mars 2008, l'Office des poursuites (ci-après : l'Office) a communiqué au prénommé un avis de saisie daté du 21 avril 2008.
B. Par acte posté le 7 mai 2007, M. L_, correspondant permanent d'un quotidien chinois auprès des Nations Unies, a porté plainte auprès de la Commission de céans. Il expose que son épouse et lui-même sont assurés par une assurance collective en Chine et qu'il aurait dû refuser de contracter une assurance en Suisse, ce qu'il n'a pas fait par manque de connaissances juridiques. Il demande la suspension et l'annulation de la poursuite considérée.
L'Office conclut à l'irrecevabilité de la plainte.
Invitée à se déterminer, M_ indique que seul le Service de l'assurance-maladie de Genève (SAM) est compétent pour statuer sur une demande d'annulation de contrats et invite la Commission de céans à s'adresser à celui-ci.

EN DROIT
1. La Commission de céans est compétente pour connaître des plaintes dirigées contre des mesures prises par des organes de l’exécution forcée qui ne sont pas attaquables par la voie judiciaire ou des plaintes fondées sur un prétendu déni de justice ou retard injustifié (art. 17 LP ; art. 10 al. 1 et art. 11 al. 2 LaLP ; art. 56R al. 3 LOJ).
L’avis de saisie est une décision susceptible de plainte (André E.
Lebrecht
, in SchKG II, ad art. 90 n° 9 ; BlSchK 2005, n° 37 p. 229 consid. 1 ;
DCSO/456/03
consid. 5.b du 20 octobre 2003) et le plaignant, en tant que débiteur, a qualité pour porter plainte.
1.b. A teneur de l’art. 17 al. 2 LP, la plainte doit être déposée dans les dix jours de celui où le plaignant a eu connaissance de la mesure.
En l'espèce, l'avis de saisie a été communiqué le 21 avril 2008 au plaignant qui a formé plainte le 7 mai 2008. Ce dernier ne précise toutefois pas la date à laquelle il a reçu cet acte qui a dû lui être envoyé par pli recommandé (art. 34 LP).
Cela étant, il n'y pas lieu d'instruire ce point, la plainte devant en tout état, pour les motifs exposés ci-après, être déclarée irrecevable.
2.a. Sous réserve d’un abus de droit manifeste, il n’appartient ni aux offices des poursuites ni aux autorités de surveillance de décider si une prétention est exigée à bon droit ou non (ATF
115 III 18
consid. 3b ; ATF non publié
7B.219/2006
et
7B.220/2006
du 16 avril 2007 consid. 3.3). La plainte ne peut donc jamais aboutir à un jugement sur le fond du droit qui fait l’objet de l’exécution forcée : un tel jugement relève exclusivement de la juridiction civile ou administrative (Pierre-Robert
Gilliéron
, Poursuite pour dettes, faillite et concordat, 4
ème
éd., p. 43).
Le plaignant qui entend contester la créance en poursuite doit agir par le biais de l’action en annulation ou en suspension de la poursuite (art. 85 et 85a LP ; art. 20 al. 1 let. c et 19 let. e LaLP), voire, en dernier ressort, par celui de l’action en répétition de l’indu (art. 86 LP). Ces actions relèvent toutes de la compétence exclusive du juge ordinaire, devant lequel le plaignant sera renvoyé à agir, s’il l’estime opportun.
2.b.
In casu,
le plaignant expose qu'il ne doit pas être affilié à une assurance maladie suisse dans la mesure où il est couvert pas un organisme de son pays d'origine.
Cette question ne relève toutefois pas de la compétence de la Commission de céans.
Il appartient, par ailleurs, au plaignant et non à la Commission de céans d'intervenir auprès du Service de l'assurance-maladie de Genève (SAM).
3. La plainte sera en conséquence déclarée irrecevable.
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