Decision ID: 341f1087-c44c-5643-84ea-e562b5061ec4
Year: 2008
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_007
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 

EN FAIT
Mme S_, avocate de profession, était employée de F_ SA, société fiduciaire sise 2X, rue G_, à G_ entre le 6 juillet 1992 et le 30 septembre 1996. Dans le cadre de ses activités, Mme S_ explique avoir été à la demande de son employeur administratrice de C_ SA de sa création le 13 février 1995 au 24 novembre 1995, date de sa radiation au Registre du commerce.
Par jugement JTPI/7XXX/2000, le Tribunal de première instance a prononcé la faillite de C_ SA le 22 mai 2000. La première assemblée des créanciers a décidé de confier la liquidation de la faillite à une administration spéciale, constituée à l'heure actuelle des seuls Mme S_, avocate à Genève et de M. J_, expert financier à Genève. Une commission des créanciers a également été instituée.
Cette faillite, aux implications internationales, comprend également un volet pénal important, ayant conduit selon les dires de Mme S_, à l'inculpation de M. M_, l'un des animateurs de la société qui l'employait, pour gestion fautive (art. 165 CP).
Divers commandements de payer ont été notifiés à Mme S_ auxquels elle a fait systématiquement opposition, le dernier lui étant notifié dans le cadre de la poursuite n° 07 xxxx81 H.
Du point de vue civil, la Masse en faillite de C_ SA a déposé le 9 septembre 2008 une action en responsabilité devant le Tribunal de première instance contre les organes de la faillie, assignant entre autre Mme S_, son employeur (F_ SA) ainsi que ses deux animateurs, M. M_ et M. V_. Mainlevée définitive de l'opposition formulée par Mme S_ dans le cadre de la poursuite n° 07 xxxx81 H à due concurrence a été requise.
Mme S_ indique avoir retiré à la poste le 13 octobre 2008 l'assignation à comparaître à l'audience d'introduction du 13 novembre 2008.
Par acte du 23 octobre 2008, Mme S_ a déposé plainte devant la Commission de céans afin que la décision de l'administration spéciale de l'assigner en justice par le biais d'une action en responsabilité fondée sur l'art. 754 CO soit annulée, puis, cela fait, qu'il soit ordonné à l'administration spéciale que Mme S_ soit mise hors de cause de cette procédure lors de l'audience d'introduction du 13 novembre 2008.
Le 29 octobre 2008, le Conseil de Mme S_ a écrit à la Commission de céans, en la priant de ne pas tenir compte de l'allégué 35 de sa plainte et de sa pièce 17, n'étant pas certain que d'un point de vue déontologique, il puisse invoquer un tel allégué et se référer à cette pièce, et ce, pour couper court à tout incident à ce sujet.

EN DROIT
1. Sauf dans les cas où la loi prescrit la voie judiciaire, il peut être porté plainte à l'autorité de surveillance lorsqu'une mesure d'un organe de l'exécution forcée, dont fait partie la Commission des créanciers, est contraire à la loi ou ne paraît pas justifiée en fait (art. 17 al. 1 LP). Il convient de préciser que la décision proprement dite d'ouvrir action en justice appartient à la Commission de surveillance des créanciers (art. 237 al. 3 ch. 3 LP) et non à l'administration spéciale de la faillite.
2. Sous réserve d’un abus de droit manifeste, il n’appartient ni aux offices des poursuites ni aux autorités de surveillance de décider si une prétention est exigée à bon droit ou non (ATF
115 III 18
consid. 3b ; ATF non publié
7B.219/2006
et
7B.220/2006
du 16 avril 2007 consid. 3.3). La plainte ne peut donc jamais aboutir à un jugement sur le fond du droit qui fait l’objet de l’exécution forcée : un tel jugement relève exclusivement de la juridiction civile ou administrative (Pierre-Robert
Gilliéron
, Poursuite pour dettes, faillite et concordat, 4
ème
éd., p. 43).
3. En l'espèce, la Commission de céans retient, à teneur de la plainte, que la plaignante conteste sa responsabilité dans l'action en reconnaissance de dette ouverte entre autre, à son encontre.
Or, comme rappelé ci-dessus, il n'appartient pas à la Commission de céans de revoir la justification des créances à l'origine de la procédure de réalisation forcée et encore moins de se substituer au juge civil, pour déterminer si la responsabilité de la plaignante, en tant qu'administratrice, est engagée. Bien qu'elle prétende le contraire dans sa plainte dirigée contre la décision de l'administration spéciale de la faillite de l'assigner, la plaignante sollicite ni plus ni moins de la Commission de céans qu'elle se détermine quant au bienfondé d'une telle action dirigée contre elle, par ses conclusions au fond visant à la mettre hors de cause dans ce procès.
4. La plainte doit en conséquence être déclarée irrecevable, aucun abus manifeste de droit, sanctionné le cas échéant par la nullité de la poursuite considérée -laquelle est suspendue de par la loi tant que l'opposition n'a pas été définitivement écartée (art. 78 al. 1 LP)- n’étant au demeurant établi.
5. La présente décision est rendue en application des art. 72 LPA et 13 al. 5 LaLP, soit sans instruction préalable, c’est-à-dire sans que l’Office des poursuites et le poursuivant n’aient été invités à se déterminer sur la plainte, compte tenu de l’issue manifeste qu’il faut donner à cette dernière.
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