Decision ID: b6f955e8-551d-5ed7-bf16-b73a812d69b7
Year: 2020
Language: fr
Court: FR_TC
Chamber: FR_TC_005
Canton: FR
Region: Espace_Mittelland
Law Area: penal_law

considérant en fait
A. Une procédure pénale est ouverte contre A._ pour escroquerie, faux dans les titres, obtention illicite de prestations d’une assurance sociale ou de l’aide sociale, emploi d’étrangers sans autorisation, délit contre la loi fédérale sur la surveillance des assurances et gestion fautive. Le prévenu a été placé en détention provisoire jusqu’au 24 juin 2017, détention ensuite prolongée, par ordonnances du Tribunal des mesures de contrainte (ci-après : Tmc) à trois reprises, jusqu’au 22 février 2018.
B. Sur requête du Ministère public, par ordonnance du Tmc du 20 février 2018, le prévenu a été libéré moyennant des mesures de substitution qui ont été plusieurs fois prolongées et modifiées. En dernier lieu, le prévenu a été astreint au dépôt de son passeport et de son permis C (ch. 1), à l’obligation de se présenter auprès du CIG B._ chaque samedi avant 10.00 heures (ch. 2) et à l’obligation de se soumettre à une assistance de probation du Service de l’exécution des sanctions pénales et de la probation (ci-après: SESPP) afin notamment de l’accompagner dans les démarches nécessaires à l’obtention d’un emploi (ch. 3). Les mesures de substitution 2 et 3 ont été une nouvelle fois prolongées pour une durée de 6 mois, soit jusqu’au 19 août 2019, la première mesure n’étant pas limitée dans le temps.
C. Sur requête du prévenu, il a été libéré de la deuxième mesure tout en restant astreint au respect des deux autres mesures. L’obligation de se soumettre à une assistance de probation, devenue la deuxième mesure, a été ordonnée jusqu’au 19 août 2019. La durée de la première mesure est restée illimitée dans le temps.
D. Par ordonnance du 20 août 2019, le Tmc a admis partiellement la requête du Ministère public et a prolongé la deuxième mesure pour une durée de 4 mois, soit jusqu’au 19 décembre 2019.
E. Par ordonnance du 11 septembre 2019, le Tmc a rejeté la demande de modification des mesures de substitution requise par le prévenu tendant à la renonciation à l’assistance de probation. Par arrêt du 9 octobre 2019, la Chambre pénale (ci-après: la Chambre) a rejeté le recours du prévenu contre dite ordonnance (502 2019 264).
F. Par ordonnance du 23 décembre 2019, le Tmc a admis la requête du Ministère public et a prolongé la deuxième mesure jusqu’au 19 mars 2020, la première demeurant illimitée dans le temps.
G. Le 16 mars 2020, le Ministère public a informé le Tmc qu’il n’entendait pas solliciter la prolongation de la mesure de substitution tendant à l’assistance de probation et courant jusqu’au 19 mars 2020. En revanche, il a requis le maintien de la première mesure, non limitée dans le temps, faisant obligation au prévenu de déposer son passeport C._ ainsi que son permis C. Il a motivé dite requête afin de juguler tout risque de fuite résiduel en se référant aux motifs développés en pages 4 et 5 de l’ordonnance du Tmc du 23 décembre 2019.
H. Par courrier du 19 mars 2020, le prévenu a conclu au rejet de la demande de prolongation de la première mesure et à la levée des première et seconde mesures de substitution. A l’appui de sa détermination, il invoque notamment que le maintien de la première mesure de substitution apparaît disproportionnée en raison du fait qu’elle est en vigueur depuis plusieurs mois, qu’il n’a cessé de respecter toutes les obligations qui lui ont été faites, que, lorsque le Ministère public lui a permis de se rendre à l’étranger en lui restituant provisoirement ses documents d’identité, il les a aussitôt rendus à son retour en Suisse et qu’il n’a aucun intérêt à retourner à C._,
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l’ensemble de ses attaches tant familiales que professionnelles étant en Suisse. En résumé, il conteste tout risque de fuite dans la mesure où il a répondu aux attentes de la justice.
I. Par ordonnance du 25 mars 2020 (100 2020 87), le Tmc a partiellement admis la demande du Ministère public en prolongeant jusqu’au 19 septembre 2020 la mesure de substitution tendant à l’obligation du dépôt du passeport C._ et du permis C, déjà en main de l’autorité.
J. Le 1er avril 2020, le prévenu a interjeté recours contre l’ordonnance précitée, concluant, frais à la charge de l’Etat, à l’admission de son recours, principalement à la levée immédiate de la mesure de substitution, subsidiairement à sa prolongation jusqu’au 24 juin 2020 et plus subsidiairement au renvoi de la cause au Tmc pour nouvelle décision.
K. Le 3 avril 2020, le Tmc a conclu au rejet du recours dans la mesure de sa recevabilité et a renvoyé, au surplus, au dispositif et aux considérants de l’ordonnance attaquée.
L. Le 7 avril 2020, le Ministère public a conclu au rejet du recours en se ralliant entièrement aux motifs exposés par le Tmc dans l’ordonnance attaquée.
M. Le 8 avril 2020, le recourant a indiqué n’avoir pas d’observations complémentaires à formuler.

en droit
1.
1.1. Selon l’art. 237 al. 4 CPP (Code de procédure pénale du 5 octobre 2007; RS 312.0), les dispositions sur la détention provisoire s’appliquent par analogie au prononcé des mesures de substitution ainsi qu’au recours contre elles. Les décisions prononçant ou prolongeant de telles mesures sont ainsi sujettes à recours auprès de la Chambre (art. 20 al. 1 let. c, 222 et 393 al. 1 let. c CPP; arrêts TC FR 502 2017 269 du 6 novembre 2017 consid. 1 et 502 2019 142 du 18 juin 2019 consid. 1).
1.2. Toute partie qui a un intérêt juridiquement protégé à l’annulation ou à la modification d’une décision a qualité pour recourir contre celle-ci (art. 381 al. 1 CPP). La loi reconnaît la qualité de partie au prévenu (art. 104 al. 1 let. a CPP).