Decision ID: 69f1f305-d175-5ada-86e3-d74b21e46703
Year: 2017
Language: fr
Court: FR_TC
Chamber: FR_TC_005
Canton: FR
Region: Espace_Mittelland
Law Area: penal_law

considérant en fait
A. Le 28 avril 2016, le Ministère public a décidé l’ouverture d’une instruction pénale à l’encontre de C._ pour abus de confiance, éventuellement usure et éventuellement escroquerie, suite au dépôt d’une plainte pénale contre inconnu par D._. Il lui est reproché d’avoir indûment soutiré à ce dernier une somme de CHF 3'580'000.- entre mai et novembre 2012, sous le fallacieux prétexte de vouloir acheter des pierres précieuses et du matériel de joaillerie.
L’enquête préliminaire de police a permis d’établir que C._ est en lien avec l’entreprise E._ Sàrl, aujourd’hui A._ Sàrl, active notamment dans l’achat, la vente, le courtage, la gestion, la construction, la location et la gérance de tous biens immobiliers, et dont les époux B._ et F._ sont les propriétaires, celle-là en étant l’associée gérante avec signature individuelle. Les 10 et 13 juin 2016, une instruction pénale a été ouverte à leur encontre pour complicité d’abus de confiance, éventuellement usure et éventuellement escroquerie. Le Ministère public les soupçonne d’être les véritables bénéficiaires de l’argent soutiré, la société employant C._ et les acquisitions effectuées par la société ne pouvant s’expliquer que par l’apport d’une importante source de financement externe, vraisemblablement les fonds perçus indûment par C._ auprès de D._.
Par ordonnance du 5 juillet 2016, le Ministère public a désigné un conseil juridique d’office à B._ en la personne de Me Elias Moussa, dès lors qu’il s’agit d’un cas de défense obligatoire, la question de l’indigence pouvant demeurer indécise.
B. Le 30 mai 2017, le Ministère public a rendu une ordonnance de séquestre prononçant le blocage du compte bancaire détenu par A._ Sàrl auprès de la Banque G._ SA à Berne. Par ordonnances du 14 juin 2017, il a prononcé le séquestre des immeubles art. hhh RF I._, art. jjj RF K._ et art. jjj RF L._, et a ordonné au registre foncier de mentionner une restriction du droit d’aliéner sur le feuillet de chacun de ces immeubles.
C. B._ et A._ Sàrl ont recouru contre ces ordonnances par un mémoire du 12 juin 2017 (ordonnance du 30 mai 2017) et par trois mémoires du 26 juin 2017 (séquestres du 14 juin 2017), concluant à l’admission des recours, à l’annulation des décisions attaquées, et à ce que soit ordonné le déblocage immédiat du compte bancaire et la radiation des restrictions du droit d’aliéner, subsidiairement à ce que les causes soient renvoyées au Ministère public pour nouvel examen et nouvelles décisions, la Chambre constatant au préalable l’illicéité des séquestres rendus à ce jour. Elles ont requis que trois de leurs recours soient munis de l’effet suspensif, à l’exception de celui relatif à l’immeuble art. hhh RF I._.
Invité à déposer ses observations sur le recours du 12 juin 2017 et sur l’effet suspensif alors sollicité, le Ministère public a conclu au rejet le 23 juin 2017. Le 3 juillet 2017, il s’est opposé à ce que les recours du 26 juin 2017 soient munis de l’effet suspensif.
Par courrier du 6 juillet 2017, Me Elias Moussa a requis que la correspondance de M._ du 3 juillet 2017 soit versée au dossier de recours.
Le Vice-président de la Chambre de céans a rejeté les requêtes d’effet suspensif des 12 et 26 juin 2017 par arrêt du 10 juillet 2017.
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En complément aux recours du 12 juin 2017, Me Elias Moussa a requis par courrier du 14 juillet 2017 et à titre subsidiaire le bénéfice de l’assistance judiciaire au nom de A._ Sàrl et sa nomination en qualité de défenseur d’office de dite société pour la procédure de deuxième instance.
Le Ministère public s’est déterminé le 21 juillet 2017 sur le fond des recours interjetés les 26 juin 2017, concluant à leur rejet sous suite de frais et dépens. Par courrier séparé du même jour, il a informé la Chambre pénale qu’il s’en remettait à justice s’agissant de la question de l’octroi de l’assistance judiciaire à A._ Sàrl.
Le 24 juillet 2017, les recourantes ont déposé leurs observations sur la prise de position du Ministère public du 23 juin 2017, maintenant intégralement les conclusions et la motivation des recours.

en droit
1. 1.1 Si des raisons objectives le justifient, le ministère public et les tribunaux peuvent ordonner la jonction ou la disjonction de procédures pénales (art. 30 du code de procédure pénale suisse [CPP; RS 312.0]). En l’espèce, les recours déposés contre les ordonnances de blocage de compte et du registre foncier portent sur les mêmes motifs et découlent du même état de fait. Il se justifie dès lors de prononcer la jonction des causes 502 2017 172, 184, 185, 187, 212 et 213.