Decision ID: 08021185-f82b-51b4-bc04-f66e4088f040
Year: 2022
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_011
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: penal_law

Attendu, en fait, que :
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dans la décision querellée, le Ministère public, sans examiner les autres conditions de l'art. 132 CPP, a conclu, sur la base du préavis du Greffe de l'assistance juridique, que le prévenu n'avait pas rapporté la preuve de son indigence;
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à l'appui de son recours, le prévenu allègue n'avoir reçu la décision du SPC du 15 octobre 2021 – qu'il produit –, que le 21 suivant, soit non seulement après le délai qui lui avait été imparti par le Greffe de l'Assistance juridique au 30 septembre 2021 pour déposer des pièces complémentaires, mais après la date de la décision querellée ; au surplus, l'assistance d'un avocat était nécessaire pour la sauvegarde de ses intérêts, "
ce que le Ministère public ne contest[ait] pas
";
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dans ses observations, le Ministère public constate que les pièces nouvellement produites par le prévenu attestent de son indigence – ce que confirme au demeurant le rapport ultérieur du Greffe de l'Assistance juridique –; toutefois, dans la mesure où il n'est désormais plus direction de la procédure, il s'en rapporte à justice sur le recours;
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s'agissant de sa situation personnelle, A_, né en 1954, retraité, marié et père de 7 enfants âgés de 11 à 40 ans, a déclaré fonctionner, pour le compte de l'État, en qualité de _ auprès d'apprentis. Il est par ailleurs actif comme bénévole auprès d'associations _ pour l'organisation d'activités sportives et culturelles, et, après avoir été entraîneur de _ pour des clubs genevois durant 45 ans, demeure à disposition pour des remplacements.

Considérant, en droit, que :
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le recours est recevable, dès lors qu'il est formé dans le délai – faute de notification conforme à l'art. 85 al. 2 CPP – et selon la forme requise (art. 385 al. 1 et al. 1 396 CPP), contre une ordonnance sujette à recours auprès de la Chambre de céans (art. 393 al. 1 let. a CPP), par le prévenu (art. 104 al. 1 let. a CPP) qui dispose d'un intérêt juridiquement protégé à la modification ou à l'annulation de la décision querellée (art. 382 al. 1 CPP);
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en dehors des cas de défense obligatoire visés à l'art. 130 CPP – non réalisés ici –, l'art. 132 al. 1 let. b CPP soumet le droit à l'assistance d'un défenseur d'office aux conditions que le prévenu soit indigent et que la sauvegarde de ses intérêts justifie une telle assistance;
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selon l'art. 132 al. 2 CPP, les intérêts du prévenu justifient une défense d'office notamment lorsque l'affaire n'est pas de peu de gravité et qu'elle présente des difficultés de fait ou de droit que le prévenu ne pourrait surmonter seul; en tout état de cause, une affaire n'est pas de peu de gravité lorsque le prévenu est passible d'une peine privative de liberté de plus de 4 mois ou d'une peine pécuniaire de plus de 120 jours-amende (art. 132 al. 3 CPP);
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selon la jurisprudence, au vu de l'usage de l'adverbe "
notamment
", d'autres motifs que ceux énoncés à l'art. 132 al. 2 CPP pourraient justifier l'intervention d'un défenseur d'office, par exemple parce que l'issue de la procédure pénale pourrait avoir une importance particulière pour le prévenu, en particulier s'il encourt une révocation de l'autorisation d'exercer une profession (L. MOREILLON / A. PAREIN-REYMOND,
CPP, Code de procédure pénale
, 2ème éd., Bâle 2016, n. 23 ad art. 132 CPP et les références citées);
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en l'espèce, le recourant a désormais établi son indigence, ce que le Ministère public ne conteste pas;
- le recours doit donc être admis sur ce point;
- le Ministère public n'ayant pas examiné les autres conditions de l'art. 132 CPP, il y aurait en principe lieu, s'il était toujours direction de la procédure, de lui renvoyer la cause pour qu'il statue à nouveau sur la demande;
- tel n'étant plus le cas, la cause étant désormais renvoyée en jugement devant le Tribunal de police, la Chambre de céans, dans un souci d'économie de procédure, procédera à l'examen des autres conditions;
- en l'occurrence, la peine requise par le Ministère public contre le recourant demeure en deçà de la limite prévue à l'art. 132 al. 2 CPP;
- en revanche, en tant que le Ministère public a également requis le prononcé d'une interdiction, à vie, d'exercer des activités professionnelles et non professionnelles avec des mineurs, cette mesure est susceptible d'avoir des conséquences importantes sur la situation personnelle du prévenu compte tenu de ses occupations sportives et culturelles, de sorte que la protection de ses intérêts, au sens de l'art. 132 al. 2 CPP, justifie l'octroi d'une défense d'office;
- le recours sera dès lors admis, le prévenu mis au bénéfice d'une défense d'office et son conseil nommé à cet effet, au jour du dépôt de la demande (art. 5 RAJ), soit le 21 mai 2021;
- la procédure de recours est gratuite (art. 20 RAJ).
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