Decision ID: d155992b-1f5d-534f-b95b-391f0f29c00a
Year: 2015
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_006
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 

EN FAIT
A.
Par décision
DTAE/405/2015
du 30 janvier 2015 et reçue le 2 février 2015 par la recourante, le Tribunal de protection de l'adulte et de l'enfant (ci-après : le Tribunal de protection) a relevé B_, avocat, de ses fonctions de curateur d'office de A_, née le _ 1936, arrêté ses honoraires à la somme de 1'575 fr., soit 4 heures et 30 minutes d'activité à 350 fr. l'heure (en vertu du tarif applicable selon le Règlement fixant la rémunération des curateurs) et mis ce montant à la charge de A_.
Par acte expédié le 4 mars 2015 et reçu au greffe de la Cour le 6 mars 2015, A_ recourt contre cette décision concluant à son annulation et à ce qu'il soit dit que la rémunération de B_, avocat, est laissée à la charge de l'Etat, sous suite de frais, subsidiairement, à ce que la décision soit annulée et la cause renvoyée au Tribunal de protection pour nouvelle décision.
Elle fait grief au Tribunal d'avoir violé son droit d'être entendue, dans la mesure où elle n'a pas été invitée à s'exprimer préalablement au prononcé de la décision, celle-ci souffrant par ailleurs d'un défaut de motivation. Elle lui reproche en outre d'avoir violé les art. 394 al. 1 et 404 CC, dans la mesure où aucune mesure de protection n'a été, in fine, prise à son égard, le curateur désigné n'ayant jamais eu de pouvoir de sorte qu'aucun frais de curateur ne pouvait être mis à sa charge. Enfin, elle reproche au Tribunal de protection une violation du Règlement fixant la rémunération des curateurs estimant, subsidiairement, qu'un curateur d'office aurait dû lui être désigné plutôt qu'un avocat dans la mesure où elle avait été mise au bénéfice de l'assistance judiciaire, ce qui conduirait quoi qu'il en soit à la prise en charge des frais du curateur, de montants moins élevés, par l'Etat.
Par prise de position du 25 mars 2015, le Tribunal de protection a persisté dans sa décision.
Quant au curateur d'office relevé de ses fonctions par la décision querellée, il s'en rapporte à justice considérant avoir exécuté sa mission et conclut, en cas de rejet du recours, à l'octroi en sa faveur d'une indemnité à titre de dépens.
B.
Il ressort en outre de la procédure les faits pertinents suivants :
En date du 17 mars 2014, C_, fille de A_ et D_, a informé le Tribunal de protection souhaiter que des mesures de protection soient prises à l'égard de ses deux parents, son père étant, à l'époque, incarcéré pour avoir attenté à l'intégrité corporelle de sa femme, celle-ci se trouvant dans un hôpital. Elle considérait que sa mère, en particulier, avait besoin d'une mesure de protection étant elle-même tenue à l'écart par ses parents de leur situation.
Après avoir interpellé le Ministère public sur l'éventuel besoin d'une désignation à A_ d'un curateur d'office pour la représenter dans la procédure pénale, étant précisé que celle-ci ne souhaitait pas se porter partie civile, le Tribunal de protection a, par ordonnance du 7 avril 2014, désigné B_, avocat, aux fonctions de curateur d'office de A_ avec la mission de l'assister et de la représenter dans la procédure pénale contre son époux, l'autorisant à se constituer partie civile dans ladite procédure et à saisir l'instance LAVI pour faire valoir ses droits. L'ordonnance a été déclarée immédiatement exécutoire nonobstant recours.
En date du 30 avril 2014, l'avocate Annette MICUCCI a informé le Tribunal de protection de ce qu'elle était constituée pour la défense des droits de A_. Celle-ci a déposé un recours le 6 mai 2014 au greffe de la Cour de justice contre l'ordonnance précitée requérant la restitution de l'effet suspensif, lequel a été restitué par décision de la Cour du 7 mai 2014.
Par décision du 27 juin 2014, le vice-Président du Tribunal civil a octroyé l'assistance judiciaire à la recourante "aux fins de recours auprès de la Chambre de surveillance de la Cour de justice contre l'ordonnance rendue le 7 avril 2014 par le TPAE."
A_ a été entendue par le Tribunal de protection le 27 août 2014 accompagnée de son conseil, audition suite à laquelle le Tribunal a classé la procédure sans prendre de mesure. Le recours déposé précédemment a de ce fait été déclaré sans objet par la Cour de céans le 15 septembre 2014.
Lors de son audition A_ avait notamment déclaré souhaiter que son mari revienne à la maison et ne pas lui tenir rigueur de ses actes à son encontre, ne pas souhaiter être partie plaignante dans la procédure pénale contre son mari, avoir coupé tous liens avec sa fille de manière définitive en raison d'un conflit de famille, et bénéficier d'un encadrement à domicile suffisant.
Le 30 janvier 2015, le Tribunal de protection a pris la décision querellée.
Dans ses observations, le Tribunal de protection se déclare interpelé par la mise au bénéfice de l'assistance juridique de A_ dans la mesure où celle-ci serait copropriétaire pour moitié d'un bien immobilier d'une valeur de l'ordre de 1,5 millions grevé d'une hypothèque de 40'000 fr. seulement. Le taux horaire des honoraires du curateur de 350 fr. avait été fixé par le Tribunal de protection en tenant compte d'une fortune nette de la personne concernée de 710'000 fr.

EN DROIT
1. 1.1
Les décisions de l'autorité de protection de l'adulte peuvent faire l'objet dans les trente jours d'un recours écrit et motivé devant le juge compétent, à savoir à Genève la Chambre de surveillance de la Cour de justice (art. 450 al. 1 et 3 et 450b CC; 53 al. 1 et 2 LaCC).