Decision ID: 6c87534a-a23c-5fa0-89e3-d622cd9f97a2
Year: 2017
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_007
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 

EN FAIT
, la réquisition de poursuite expédiée le 18 novembre 2016 à l’Office des poursuites (ci-après : l’Office) par le conseil de A_ (ci-après : le créancier) à l’encontre de B_ SA (ci-après : le débiteur);
Attendu que par courrier recommandé du 5 janvier 2017, le créancier a interpellé l’Office sur la suite donnée à cette réquisition de poursuite;
Qu’il n’a obtenu aucune réponse à cette interpellation;
Attendu que par acte expédié le 20 janvier 2017 au greffe de la Chambre de surveillance des Offices des poursuites et des faillites (ci-après : la Chambre de surveillance), le créancier s’est plaint d'un retard injustifié dans le traitement de la réquisition de poursuite précitée;
Qu’il a conclu à ce que la Chambre de surveillance intervienne auprès de l'Office afin que le commandement de payer correspondant soit immédiatement notifié à son débiteur;
Que dans le délai imparti pour déposer ses observations au sujet de cette plainte, l'Office a admis, le 10 février 2017, n’avoir pas encore édité, à cette date, le commandement de payer correspondant à la réquisition de poursuite en cause;
Qu’il a précisé l’avoir fait le jour même sous le n° de poursuite 16 xxxx00 L, cet acte de poursuite devant en outre être adressé le 13 février suivant au service compétent en vue de sa notification au débiteur;
Qu’il a expliqué son retard par ceux intervenus, d’une manière générale, dans le traitement des réquisitions de poursuite qu’il avait reçues depuis la mise en production de son nouvel outil informatique;
Considérant,

EN DROIT
, que la Chambre de surveillance est compétente pour statuer sur les plaintes formées en application de la LP (art. 13 LP; art. 126 al. 2 let. c LOJ; art. 6 al. 1 et 3 et 7 al. 1 LaLP) contre des mesures non attaquables par la voie judiciaire ou, comme en l'espèce, pour un retard injustifié (art. 17 al. 1 et 2 LP);
Que le créancier poursuivant a qualité pour se plaindre en tout temps d'un retard injustifié dans le traitement de sa réquisition de poursuite à l’encontre du débiteur, sa présente plainte satisfaisant en outre aux exigences de forme légales (art. 17 al. 3 LP ; 9 al. 1 et 2 LaLP);
Qu’elle est dès lors recevable à la forme;
Considérant qu'aux termes des art. 69 al. 1 et 71 LP, dès réception de la réquisition de poursuite, c'est-à-dire «
aussi vite que possible
», l’Office rédige le commandement de payer correspondant et le notifie au débiteur;
Qu'en l'espèce, la réquisition de poursuite visée a été reçue par l’Office le 18 novembre 2016;
Qu’il n’a cependant édité le commandement de payer correspondant, poursuite n° 16 xxxx00 L, que près de quatre mois plus tard, à la suite de la réception de la présente plainte;
Que cette situation est constitutive d’un retard inadmissible et injustifié de l’Office, lequel doit être constaté;
Qu’en effet, il appartient audit Office de faire diligence dans le traitement des actes de poursuite qui lui parvienne, de sorte qu’un délai de près de trois mois entre la réception de la réquisition de poursuite et la première tentative de notification du commandement de payer correspondant n’est pas admissible;
Qu’il est en outre rappelé à cet égard que la loi ne laisse aucune place à une surcharge de travail ou à une désorganisation dudit Office, même réelle, pour justifier une telle violation du principe de célérité précité;
Qu’en particulier, des problèmes informatiques ne constituent en aucun cas des faits de nature à justifier le retard apporté par l'Office à l'exécution des mesures qui lui incombent légalement (ATF
107 III 3
; SJ 1993 p. 291);
Que la présente décision sera transmise au Préposé de l’Office afin qu’il prenne les mesures nécessaires à éviter que les circonstances du cas d’espèce ne se reproduisent;
Qu’en application de l’art. 62 al. 2 OELP, il n’est alloué aucun frais ni dépens dans la procédure de plainte au sens de l'art. 17 LP.
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