Decision ID: 12e3e4f7-a681-5543-a758-7049ada4c77f
Year: 2018
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_001
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law

EN FAIT
, que par ordonnance du 13 avril 2018, le Tribunal de première instance, statuant sur mesures provisionnelles, a condamné A_ à verser, dès le 1
er
mai 2018, un montant de 560 fr. à titre de contribution à l'entretien de sa fille C_ (ch. 1 du dispositif) et de 1'500 fr. à titre de contribution à l'entretien de B_ (ch. 2);
Que le Tribunal a considéré que la situation financière des enfants s'était modifiée depuis les dernières mesures protectrices prononcées en 2016; qu'en effet, non seulement leurs charges avaient augmenté mais en plus, D_ était devenu majeur depuis lors de sorte que les contributions d'entretien convenues par les parties en novembre 2016 devaient être revues; qu'il a retenu que les revenus de A_ étaient de 7'693 fr. et qu'il supportait des charges de 4'899 fr.; une fois couvert le déficit de C_, de 427 fr., de B_, de 1'375 fr., et de D_, de 372 fr., il lui restait un disponible de 620 fr., qu'il convenait de répartir à raison d'un tiers en sa faveur et de deux tiers en faveur de sa fille et de son épouse;
Que par acte expédié au greffe de la Cour de justice le 27 avril 2018, A_ a formé appel contre cette ordonnance, concluant à son annulation; qu'il a notamment fait valoir, le concernant, que le Tribunal n'avait pas pris en compte les charges relatives à son véhicule (426 fr. 75) et celles afférant au bien immobilier sis en France (117 fr. 70);
Qu'il a conclu, préalablement, à l'octroi de l'effet suspensif à son appel; qu'il a invoqué à cet égard qu'il était incapable, financièrement, d'assumer des frais supplémentaires, au risque de se retrouver dans une situation de "déficit précaire" de laquelle il serait extrêmement difficile de sortir; que par ailleurs, tout portait à croire qu'il ne pourrait obtenir le remboursement des montants qu'il aurait versés en trop;
Qu'invitée à se déterminer, B_ a conclu au rejet de cette requête;
Considérant,

EN DROIT
, que la Cour est saisie d'un appel au sens de l'art. 308 CPC;
Que le jugement querellé portant sur des mesures provisionnelles, l'appel n'a pas d'effet suspensif
ex lege
(art. 315 al. 4 let. b CPC);
Qu'à teneur de l'art. 315 al. 5 CPC, l'exécution de mesures provisionnelles peut exceptionnellement être suspendue si la partie concernée risque de subir un préjudice difficilement réparable, notion permettant de tenir compte également d'un préjudice de fait et s'examinant à l'aune de l'efficacité du jugement à rendre à l'issue de la procédure ordinaire, qui en serait compromise (ATF
138 III 378
consid. 6.3; arrêt du Tribunal fédéral
4P.5/2002
du 8 avril 2002 consid. 3a);
Que concernant le paiement d'une somme d'argent, à teneur de la jurisprudence du Tribunal fédéral, il appartient en particulier à la partie recourante de démontrer qu'à défaut d'effet suspensif, elle est exposée à d'importantes difficultés financières ou qu'elle ne pourra pas obtenir le remboursement du montant payé au cas où elle obtiendrait gain de cause au fond (arrêt du Tribunal fédéral
5A_708/2013
du 14 mai 2014 consid. 1.1);
Que le juge prendra également en considération les chances de succès du recours (ATF
115 Ib 157
consid. 2; arrêt du Tribunal fédéral
4D_30/2010
du 25 mars 2010 consid. 2.3);
Que l'autorité cantonale doit faire preuve de retenue et ne modifier la décision de première instance que dans des cas exceptionnels; elle dispose cependant d'un large pouvoir d'appréciation permettant de tenir compte des circonstances concrètes du cas d'espèce (ATF
137 III 475
consid. 4.1; arrêt du Tribunal fédéral
5A_403/2015
du 28 août 2015 consid. 5);
Qu'en l'espèce, il ne peut être retenu,
prima facie
, que l'ordonnance attaquée ne pouvait manifestement pas considérer que les conditions pour une modification des mesures protectrices prononcées en 2016 étaient réunies; que l'appelant relève que le Tribunal n'a pas pris en compte certaines des charges qu'il avait alléguées, sans toutefois qu'il puisse être retenu à ce stade qu'elles devaient nécessairement être intégrées à son budget; qu'il en va ainsi, par exemple, en ce qui concerne ses frais de véhicules dont il indique, sans autre explication, qu'il lui est nécessaire pour se rendre à son travail; qu'il ne peut dès lors être considéré,
prima facie
, que le Tribunal n'a pas pris en compte des charges qui auraient dû l'être et que de ce fait, son minimum vital est entamé;
Que l'appelant affirme par ailleurs que "tout portait à croire" qu'il ne pourrait obtenir le remboursement des montants qu'il aurait indument versés, sans toutefois étayer et rendre vraisemblable cette affirmation;
Qu'au vu de ce qui précède, la requête tendant à suspendre le caractère exécutoire de l'ordonnance attaquée sera rejetée;
Qu'il sera statué sur les frais et dépens liés à la présente décision avec la décision au fond (art. 104 al. 3 CPC).
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