Decision ID: 54212320-abb2-4a50-80f9-8967a99b6b3e
Year: 2019
Language: fr
Court: CH_BSTG
Chamber: CH_BSTG_001
Canton: CH
Region: Federation
Law Area: penal_law

La Cour des plaintes, vu:
 La procédure pénale menée depuis l’été 2009 par le Ministère public de la
Confédération (ci-après: MPC) contre C., et consorts,
 les recours de A. SA (BB.2018.162) et B. Ltd (BB.2018.163), déposés par C.
le 9 septembre 2018, pour déni de justice et retard injustifié contre le MPC
(BB.2018.162 et BB.2018.163, act. 1),
 le contenu identique des deux recours,
 le délai intimé le 14 septembre 2018 par la Cour de céans à A. SA et B. Ltd
pour produire des pièces justifiant l’existence des sociétés recourantes et les
pouvoirs de leurs administrateurs, sous peine d’irrecevabilité (BB.2018.162 et
BB.2018.163, act. 2),
 les envois de C. du 24 septembre 2018 des comminations précitées portant
les mentions manuscrites « SIEHE BEILAGE; heute noch gültig 24.9.18 » et
d’une copie de certificate of incumbency de D. Limited relatifs à A. S.A. et
B. Ltd datés du 27 juillet 2018 (BB.2018.162 et BB.2018.163, act. 3),
 les réponses du MPC concluant principalement à l’irrecevabilité des recours,
subsidiairement à leur rejet (BB.2018.162 et BB.2018.163, act. 5),
 les écrits spontanés des recourantes du 15 octobre 2018 par lesquels elles
persistent dans leurs conclusions (BB.2018.162 et BB.2018.163, act. 7),
 les dernières décisions du Tribunal pénal fédéral BB.2017.214 (A. SA) et
BB.2017.212 (B. Ltd) du 27 juin 2018 relatives aux recourantes suite aux re-
cours qu’elles avaient déposés pour déni de justice et retard injustifié du MPC,

et considérant:
que les décisions du MPC peuvent faire l’objet d’un recours devant la Cour de céans
(art. 393 al. 1 let. a CPP et art. 37 al. 1 de la loi fédérale sur l'organisation des
autorités pénales de la Confédération [LOAP; RS 173.71] en lien avec l’art. 19 al. 1
ROTPF);
que si des raisons objectives le justifient, le ministère public et les tribunaux peuvent
ordonner la jonction ou la disjonction de procédures pénales (art. 30 CPP);
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qu’en l'occurrence, les recours sont liés: ils portent sur le même complexe de faits
et formulent tous les mêmes griefs, par le biais de conclusions identiques; que par
économie de procédure, il se justifie ainsi de joindre les causes BB.2018.162 et
BB.2018.163;
que selon l’art. 393 al. 2 let. a CPP, le recours peut être formé pour violation du droit,
y compris l’excès et l’abus du pouvoir d’appréciation, le déni de justice et le retard
injustifié;
que la Cour des plaintes du Tribunal pénal fédéral examine d’office et en pleine
cognition la recevabilité des recours qui lui sont adressés (ATF 122 IV 188 consid. 1
et arrêts cités);
que bien que les recourantes aient fourni des documents datés de 2018, ceux-ci ne
portent pas de signatures originales et ne démontrent pas que celles-là existaient
au moment du dépôt de leur recours respectifs;
que toutefois, vu l’issue des recours, la question de la recevabilité sur ce point peut
rester ouverte;
que le grief des recourantes semble résider dans le fait que le MPC n’aurait pas
rendu de décision suite à des demandes de levée de séquestre formulées les 30 juil-
let, 11 août et 20 août 2018 (BB.2018.162 et BB.2018.163, act. 1, 1.1 et 1.2);
qu’il ressort des dossiers, dans le même contexte, concernant des sociétés et per-
sonnes représentées par C. et dont les avoirs ont été séquestrés dans le cadre de
la même procédure SV.09.0135, qu’en date du 29 mars 2018, le MPC avait indiqué
à celui-ci qu’à l’avenir, il ne serait plus donné suite à tous les courriers de sa part
portant sur les mêmes sujets et dépourvus d’éléments nouveaux pertinents
(BB.2018.162, act. 5.6 et BB.2018.163, act. 5.5);
que l’écrit de C. au MPC du 30 juillet 2018 ainsi que les rappels des 11 et 20 août
2018 ne contiennent aucun élément nouveau relatif aux séquestres en cours
(BB.2018.162 et BB.2018.163, act. 1.1 et 1.2);
que par conséquent, le MPC était en droit de considérer que sa réponse du 29 mars
susdite était suffisante même pour les demandes à venir, ayant expliqué clairement
à C. quelles seraient les exigences mises pour statuer à nouveau sur les séquestres;
que de surcroît, la lettre et les rappels des recourantes au MPC sont intervenus
quelques semaines après que la Cour de céans a statué dans le même contexte,
contre les mêmes recourantes (décisions BB.2017.214 et BB.2017.212 du 27 juin
2018);
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que rien n’indique que cette lettre ainsi que les rappels qu’elle mentionne n’aient été
transmis au MPC; que de jurisprudence constante, celui qui s’apprête à déposer un
recours pour déni de justice ou retard injustifié contre une autorité doit en avertir
cette dernière, afin que celle-ci ait l’occasion de statuer rapidement (ATF 126 V 244
consid. 2d; 125 V 373 consid. 2b/aa; décision du Tribunal pénal fédéral BB.2018.25
du 28 février 2018 et jurisprudence citée);
que de surcroît, le procédé qui consiste à submerger l’autorité de demandes infon-
dées à la forme et au fond et persévérer sans tenir compte de l’issue de recours et
des incombances fixées par l’autorité doit être qualifié d’abusif;
que vu ce qui précède, les recours pour déni de justice et retard injustifié doivent
être rejetés dans la mesure de leur recevabilité;
que conformément à l'art. 428 al. 1 CPP, les frais de la procédure de recours sont
mis à la charge des parties dans la mesure où elles ont obtenu gain de cause ou
succombé; la partie dont le recours est déclaré irrecevable étant également consi-
dérée avoir succombé;
que les frais de justice, réduits en l’espèce du fait de la jonction des causes, doivent
être calculés en application des art. 73 al. 2 LOAP, ainsi que des art. 5 et 8 du
règlement du Tribunal pénal fédéral du 31 août 2010 sur les frais, émoluments, dé-
pens, et indemnités de la procédure pénale fédérale (RFPPF; RS 173.713.162) et
seront fixés à CHF 2’000.-- et mis solidairement à la charge des recourantes.
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