Decision ID: 5b7ec67f-0762-5bf0-a119-3d76385a7936
Year: 2020
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_013
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: public_law

EN FAIT
1) Par arrêt
ATA/244/2020
du 3 mars 2020, la chambre administrative de la Cour de justice (ci-après : la chambre administrative) a déclaré recevable et a rejeté le recours formé le 22 mars 2019 par M. A_ contre la décision de la commandante de la police du 20 février 2019 par laquelle celle-ci lui infligeait deux services hors tour à titre de sanction disciplinaire (procédure A/1209/2019).
Un émolument de CHF 1'500.- a été mis à la charge de M. A_, en application de l'art. 87 al. 1 de la loi sur la procédure administrative du
12 septembre 1985 (LPA -
E 5 10
) vu l'issue du recours.
Il ressort du service en ligne de traçage des envois recommandés de la poste suisse que l'arrêt a été reçu par le mandataire du recourant le 10 mars 2020.
2) Par acte remis à la poste le 8 avril 2020, M. A_ a formé auprès de la chambre administrative une réclamation en application de l'art.87 al. 4 LPA et a conclu à ce que l'émolument de CHF 1'500.- fixé dans l'arrêt du 3 mars 2020 soit ramené à CHF 500.-.
La chambre administrative avait certes rejeté son recours, mais elle avait admis que l'autorité intimée avait violé son droit d'être entendu en tant qu'elle avait renoncé à attendre la réception de ses déterminations pour rendre la sanction litigieuse, et ce dans le but d'éviter la prescription de l'action disciplinaire.
Or la violation du droit d'être entendu constituait un vice grave, et aurait dû être actée également dans le cadre de la décision sur les émoluments et indemnité de procédure. Une solution contraire apparaissait non seulement inéquitable et non proportionnée, mais revenait par ailleurs à avaliser l'attitude de l'autorité initiée laquelle se voyait légitimée à violer les droits fondamentaux de ses administrés en toute impunité.
3) La cause a été gardée à juger sans échange d'écritures.

EN DROIT
1. Formée en temps utile devant la juridiction qui a prononcé l'émolument contesté, la réclamation est recevable (art. 50 à 52 et 87 al. 4 LPA).
2. L'arrêt du 3 mars 2020 a certes retenu que la commandante de la police avait « violé le droit d'être entendu du recourant qui disposait du droit de se déterminer sur le compte rendu de l'entretien du 13 février 2019 (art. 29 al. 2 de la Constitution fédérale de la Confédération suisse - Cst. -
RS 101
) » (ATA cité, consid. 7.b, p. 7).
Toutefois, dans le paragraphe suivant, le même arrêt a ajouté qu'« un renvoi du dossier à [la commandante de la police] ne constituerait qu'une vaine formalité. En effet, dans son courrier du 21 mars 2019, la commandante s'est déterminée sur les observations du recourant du 19 février 2019 écartant son argumentation tant sur la forme que sur le fond. Elle n'est ainsi pas revenue sur sa décision du 20 février 2019 » (ibid.).
L'arrêt a conclu sur ce point en rejetant le grief de violation du droit d'être entendu soulevé par le recourant (ATA cité, consid. 7).
3. Tous les griefs du recourant ont été rejetés par l'arrêt du 3 mars 2020.
Il ne saurait, dans ces circonstances, être tenu compte d'une quelconque violation du droit d'être entendu du recourant dans la fixation de l'émolument de CHF 1'500.-.
4. Manifestement mal fondée, la réclamation devra être rejetée, ce que la chambre de céans peut faire sans échange d'écritures en application de l'art. 72 LPA.
5. Conformément à la pratique constante de la chambre de céans, il ne sera pas perçu d'émolument, ni alloué d'indemnité dans la présente cause.
* * * * *