Decision ID: 05e54bed-c338-52d1-bcad-a7a03c2532ca
Year: 2017
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_014
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: social_law

Attendu en fait que
Madame A_ a déposé en octobre 2015 une demande de prestations de l'assurance-invalidité;
Que, par décision du 9 septembre 2016, l’office de l’assurance-invalidité du canton de Genève (OAI) lui a refusé le droit aux mesures professionnelles et à une rente d’invalidité ;
Que la recourante a formé recours contre cette décision, par acte du 11 octobre 2016, concluant implicitement à son annulation et à l’octroi des prestations de l’assurance-invalidité ;
Qu’après avoir pris des renseignements complémentaires auprès du psychiatre traitant de la recourante, le docteur B_, et fait verser à la procédure l'expertise du docteur C_, psychiatre et psychothérapeute FMH, qui avait été mandaté dans le cadre d’une procédure pénale, la chambre de céans a mis en œuvre une expertise psychiatrique judiciaire et l’a confiée au docteur D_, psychiatre et psychothérapeute FMH ;
Que, dans son rapport d’expertise du 3 juillet 2017, l’expert a émis les diagnostics de personnalité émotionnelle labile et d’utilisation d’alcool nocive pour la santé ;
Qu’il a par ailleurs conclu à une incapacité de travail de 70 %, documentée depuis juin 2010 ;
Que, par courrier du 10 juillet 2017, la recourante s’est ralliée aux conclusions de l’expert judiciaire ;
Que, dans son avis médical du 17 août 2017, la doctoresse E_ du service médical régional de l’assurance-invalidité pour la Suisse romande (SMR) s’est également ralliée aux conclusions de l’expert judiciaire ;
Que, par écriture du 21 août 2017, l’intimé a dès lors admis que la capacité de travail n’était que de 30 % ;

Attendu en droit que
, conformément à l'art. 134 al. 1 let. a ch. 2 de la loi sur l'organisation judiciaire, du 26 septembre 2010 (LOJ -
E 2 05
) en vigueur dès le 1er janvier 2011, la chambre des assurances sociales de la Cour de justice connaît, en instance unique, des contestations prévues à l'art. 56 de la loi fédérale sur la partie générale du droit des assurances sociales, du 6 octobre 2000 (LPGA -
RS 830.1
) relatives à la loi fédérale sur l’assurance-invalidité du 19 juin 1959 (LAI -
RS 831.20
).
Que sa compétence pour juger du cas d’espèce est ainsi établie.
Qu'interjeté en temps utile, le recours est recevable (art. 56 ss LPGA).
Qu’il convient de constater en l'espèce que les parties ont trouvé un accord concernant le taux d’incapacité de travail ;
Que ce taux a été, au demeurant, établi par une expertise judiciaire ;
Que le sévère trouble de la personnalité résulte également de l’expertise du docteur C_, psychiatre et psychothérapeute FMH, qui avait été mandaté dans le cadre d’une procédure pénale ;
Que l'accord entre les parties concernant le taux d'incapacité de travail est ainsi un fait médicalement établi;
Que, quant au degré d’invalidité, il se confond en l’occurrence avec le taux d’incapacité de travail, la recourante n’ayant pas travaillé depuis des années, si bien que la comparaison des salaires devrait être effectuée sur la base des mêmes salaires statistiques ;
Qu’un taux d’invalidité de 70 % ouvre le droit à une rente d’invalidité entière (art. 28 al. 2 LAI) ;
Qu’en vertu de l’art. 29 al. 1 LAI, le droit à la rente prend naissance au plus tôt à l’échéance d’une période de six mois à compter de la date à laquelle l’assuré a fait valoir son droit de prestations ;
Qu’en l’occurrence, la recourante a déposé sa demande de prestations en octobre 2015, si bien que le droit à la rente est né en avril 2016 ;
Qu’en ce qui concerne les frais de l’expertise judiciaire, il y a lieu de les mettre à la charge de l’intimé ;
Qu’il appert en effet que l’instruction par l’intimé était manifestement lacunaire, dès lors qu’il avait omis de tenir compte du rapport non daté, reçu à l’OAI le 3 février 2016, de la doctoresse F_, attestant un trouble dépressif récurrent depuis longtemps et d’une anxiété, limitant la capacité de travail à 50 % ;
Que l’intimé ne pouvait pas non plus se contenter de l’absence de la réponse du Dr B_, pour considérer que la recourante ne présentait aucune incapacité de travail, alors même que le docteur G_, médecin praticien FMH et médecin traitant de la recourante, l'avait informé notamment le 30 novembre 2015 que la recourante n'avait plus exercé d'activité professionnelle depuis extrêmement longtemps et qu'il était difficile d'imaginer qu'elle pût se réinsérer;
Qu'au demeurant, le SMR et l'intimé ont eux-mêmes jugé nécessaires de procéder à une instruction complémentaire par une expertise judiciaire;
Que cela étant, les frais de l’expertise de CHF 4'125.- et les frais de déplacement de la recourante à Vevey dans les locaux du Bureau d’expertises médicales (BREM) d’un total de CHF 40.60, seront mis à la charge de l’intimé ;
Que l’intimé devra enfin supporter l’émolument de justice, fixé à CHF 200.-.
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