Decision ID: d1323400-3152-5371-b002-73d294f84b1f
Year: 2015
Language: fr
Court: FR_TC
Chamber: FR_TC_004
Canton: FR
Region: Espace_Mittelland
Law Area: civil_law

considérant en fait
A. B._, née en 1999, et C._, né en 2000, sont les enfants de A._ et D._.
Dans le cadre du procès en divorce entre A._ et D._, le Président du Tribunal d’arrondissement de l’Est vaudois a institué, le 3 avril 2008, une curatelle d’assistance éducative au sens de l’art. 308 al. 1 CC en faveur de B._ et C._.
Par convention de divorce du 8 juin 2009, A._ et D._ ont prévu que l’autorité parentale sur leurs enfants B._ et C._ serait confiée à A._ et que D._ exercerait un droit de visite usuel à raison d’un week-end sur deux, du vendredi soir 18h00 au dimanche soir 18h00 ainsi que la moitié des vacances scolaires.
Par décision de la Justice de paix de l’arrondissement de la Veveyse (ci-après : la Justice de paix) du 5 avril 2012, la curatelle éducative a été levée et remplacée par une curatelle de surveillance des relations personnelles au sens de l’art. 308 al. 2 CC. Elle est actuellement exercée par E._, intervenante auprès du Service de l’enfance et de la jeunesse (ci-après : SEJ).
À compter du début de l’année 2013, des difficultés sont survenues quant à l’exercice du droit de visite, les enfants ayant manifesté des réticences à se rendre chez leur père qu’ils considéraient trop sévère.
Par décision du 16 mai 2013, la Justice de paix a restreint le droit de visite de D._ sur ses enfants à un jour tous les deux week-ends, soit du vendredi 18h00 au samedi 18h00, jusqu’à la fin de l’année, le temps que la situation s’améliore. De plus, la Justice de paix a étendu la curatelle de surveillance des relations personnelles au sens de l’art. 308 al. 2 CC à une curatelle éducative au sens de l’art. 308 al. 1 CC. Par décision du 19 septembre 2013, la Justice de paix a maintenu cette décision.
Le 24 janvier 2014, la Justice de paix a décidé que le droit de visite de D._ s’exercerait un week-end sur deux, du samedi 13h00 au dimanche 18h00 en raison des efforts consentis par D._ en vue d’améliorer sa relation avec ses enfants, notamment en prenant l’initiative de suivre une thérapie familiale.
Par courrier du 8 décembre 2014, D._ a requis de la Justice de paix l’instauration d’un droit de visite usuel en sa faveur, soit d’un week-end sur deux du vendredi soir 18h00 au dimanche soir 18h00.
Le 17 février 2015, le SEJ a rendu son rapport annuel 2014 relatif à la situation des enfants B._ et C._. Il a proposé à la Justice de paix que le droit de visite du père redevienne usuel, soit un week-end sur deux du vendredi soir au dimanche matin ainsi que la moitié des vacances scolaires, et qu’une thérapie familiale soit imposée.
Le 19 février 2015, les parents et E._, ont comparu à la séance de la Justice de paix. A cette occasion, D._ a déclaré que l’exercice du droit de visite se passait très bien et que rien ne s’opposait à ce qu’il bénéficie d’un droit de visite usuel. Il a également requis la fixation de son droit de visite durant les vacances d’été 2015, ce dernier souhaitant emmener ses enfants au Canada. Pour sa part, A._ a relevé que la situation n’avait selon elle pas évoluée puisque
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les enfants n’ont toujours pas envie de se rendre chez leur père et a mentionné que sa fille avait exprimé des craintes d’être abusée sexuellement par son père dès lors qu’il avait, par le passé, fait l’objet d’une condamnation pénale pour actes d’ordre sexuel avec des enfants. Elle a conclu à l’instauration d’un droit de visite large et libre, dépendant du bon-vouloir des enfants et s’est opposée à la mise en place d’une thérapie familiale, estimant que le suivi médical actuel des enfants était suffisant. E._ a quant à elle déclaré que le lien entre D._ et ses enfants avait évolué favorablement mais que le contexte restait fragile.
Le 27 février 2015, B._ et C._ ont adressé un courrier à la Justice de paix dans lequel ils ont manifesté leur volonté de ne plus voir leur père et de ne pas se rendre au Canada avec lui en vacances. Ils ont en outre requis la désignation d’un défenseur d’office.
En date du 9 mars 2015, B._ et C._ ont été entendus par la Juge de paix. A cette occasion, les enfants ont tous deux indiqué ne plus vouloir aller chez leur père qu’ils appellent « l’autre », C._ ayant fait part d’idées suicidaires et B._ de craintes envers son père d’abus d’ordre sexuel.
Le 23 mars 2015, la Dresse F._, spécialiste FMH en psychiatrie et psychothérapie de l’enfant, a déposé un rapport sur ses patients B._ et C._ duquel il ressort en particulier que la question des visites chez D._ serait un sujet sensible pour les enfants qui avaient requis d’y aller moins. Selon elle, les enfants sont en âge de donner leur propre avis sur la question.
Par courrier du 2 mai 2015, D._ a informé la Justice de paix qu’il n’avait pas pu exercer son droit de visite en raison de l’absence des enfants.
Le 16 mars 2015, l’enseignante de C._ a établi un rapport duquel il ressort que son élève aurait fait part à plusieurs reprises qu’il allait se suicider.
Par décision du 8 mai 2015, la Justice de paix a fixé le droit de visite du père à un week-end sur deux du vendredi soir 18h00 au dimanche soir 18h00, deux semaines durant les vacances d’été, une semaine à Noël et une semaine à choix durant les autres vacances scolaires. De plus, elle a autorisé D._ à emmener ses enfants au Canada du 11 juillet 2015 au 1er août 2015 et a ordonné à A._, sous menace des peines de droit de l’art. 292 CP, de remettre les enfants à leur père pour l’exercice du droit de visite ainsi que leurs documents d’identité. Elle a également instauré un suivi thérapeutique obligatoire en faveur de B._ et C._ auprès de la Dresse F._. En outre, elle a retiré l’effet suspensif à un éventuel recours.
Par décision séparée du même jour, elle a mis B._ et C._ au bénéfice de l’assistance judiciaire totale et leur a désigné Me Simon Chatagny en qualité de défenseur d’office.
En date des 17 mai et 1er juin 2015, D._ a informé la Justice de paix que ses enfants refusaient d’exercer le droit de visite.
Par mémoire du 18 juin 2015, B._ et C._ ont recouru contre la décision de la Justice de paix du 8 mai 2015, concluant à ce qu’elle soit modifiée en ce sens que le droit de visite de D._ s’exerce d’entente entre eux, selon leur propre volonté, et que pour le surplus, elle soit annulée, frais de première et deuxième instances à la charge de D._. De plus, ils ont sollicité que l’effet suspensif soit restitué à leur recours et ont requis l’octroi de l’assistance
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judiciaire pour la procédure de recours et la désignation de Me Simon Chatagny en qualité de défenseur d’office.
Le 22 juin 2015, A._ a également interjeté recours contre cette décision, concluant à ce que le droit de visite du père s’exerce de la manière la plus large possible, d’entente avec ses enfants, selon leur propre volonté, et que pour le surplus, la décision soit annulée, frais de première et deuxième instances à la charge de D._. Elle a en outre requis que son recours soit muni de l’effet suspensif et que, par mesures provisionnelles, le droit de visite du père soit suspendu jusqu’à droit connu sur le recours.
Par courrier du 24 juin 2015, la Justice de paix a confirmé le contenu de sa décision du 8 mai 2015.
Invité à se déterminer sur les requêtes d’effet suspensif, D._, qui a indiqué souhaiter revoir ses enfants au plus vite et être très peiné de la situation, n’a pas pris formellement position sur les requêtes.
Par arrêt du 7 juillet 2015, le Président de la Cour de protection de l’enfant et de l’adulte a admis les requêtes d’effet suspensif et a rejeté la requête de mesures provisionnelles de A._ tendant à la suspension du droit de visite de D._. Par arrêt du 9 juillet 2015, le Président de la Cour a mis B._ et C._ au bénéfice de l’assistance judiciaire et leur a désigné Me Simon Chatagny en qualité de défenseur d’office.
Le 21 juillet 2015, D._ a transmis à la Cour un échange de courriels qu’il a eu avec la Greffière de la Justice de paix concernant le refus de A._ de respecter son droit de visite.
Par courrier du 30 juillet 2015, A._ a fait savoir à la Cour qu’elle ne pouvait tolérer qu’une autorité entretienne des échanges particuliers avec une partie dont leur contenu dénote d’une prévention en faveur de D._ et a demandé à Cour de dénoncer le cas à l’autorité compétente. Le 11 août 2015, B._ et C._ ont indiqué qu’ils partageaient l’avis de leur mère et ont déposé une requête de récusation à l’encontre de la Juge de paix et de sa Greffière.
Le 21 août 2015, D._ a fait part à la Cour du fait qu’il était las des procédures judiciaires, fatigué, déprimé, qu’il « abandonne la partie qui de toute façon noyée dans les procédures est perdue », et qu’ « il sera donc inutile de [l]’informer ou de [lui] demander [s]on avis ou [s]a signature sur quoi que ce soit ».

en droit
1. a) Les décisions de l’autorité de la protection, soit la Justice de paix, sont sujettes à recours auprès du Tribunal cantonal, plus précisément de la Cour de protection de l'enfant et de l'adulte (art. 450 al. 1 du Code civil [CC], 8 de la loi du 15 juin 2010 concernant la protection de l'enfant et de l'adulte [LPEA, RSF 212.5.1] et 14 al. 1 let. d du Règlement du Tribunal cantonal du 22 novembre 2012 précisant son organisation et son fonctionnement [RTC]).
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