Decision ID: ac1cd03a-4e4b-5552-bd58-0636047c20e3
Year: 2016
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_014
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: social_law

Attendu en fait que par décisions des 1
er
juin et 8 juin 2001, l’office cantonal de l’assurance-invalidité (ci-après l’OAI ou l’intimé), a octroyé à Madame A_ (ci-après l’assurée ou la recourante) une demi-rente d’invalidité à compter du 1
er
juin 1998, fondée sur un degré d’invalidité de 50% ;
Qu’en date du 6 février 2013, l’assurée a déposé une demande de révision ;
Que l’OAI a mandaté le docteur B_, spécialiste FMH en rhumatologie et médecine interne, pour expertise ;
Que l’OAI a octroyé à l’assurée une orientation professionnelle sous forme d’un stage en entreprise ;
Que par décision du 10 juillet 2015, assortie du retrait de l’effet suspensif, l’OAI a supprimé la demi-rente d’invalidité de l’assurée, motif pris que dans une activité adaptée sa capacité de travail était totale et qu’après comparaison des gains, le degré d’invalidité était de 27%, insuffisant pour maintenir le droit à la demi-rente ;
Que par arrêt du 10 février 2016 (
ATAS/109/2016
) entré en force, la chambre de céans a admis le recours de l’assurée dans le sens des considérants ; qu’elle a jugé qu’il appartenait à l’intimé d’investiguer l’ensemble des atteintes à la santé présentées par la recourante, ce d’autant plus que l’expert mandaté par ses soins avait conclu à une aggravation sur le plan somatique, l’activité habituelle n’étant plus exigible, et a préconisé un complément d’expertise psychiatrique ; qu’en l’état actuel du dossier, rien ne permettait à l’intimé de conclure à un changement significatif de l’état de santé de la recourante justifiant la suppression de la demi-rente d’invalidité et que ce n’est qu’à l’issue d’une instruction complète sur le plan médical que l’intimé pourra statuer sur la demande de révision déposée par la recourante ;
Que par courrier du 22 mars 2016, le mandataire de la recourante a demandé à l’OAI de bien vouloir confirmer qu’il presterait à nouveau en faveur de sa mandante ;
Que par courrier du 4 avril 2016, l’OAI a indiqué à l’assurée qu’il ne rétablissait pas le droit à la rente pendant l’instruction de son dossier, dès lors que sa décision du 10 juillet 2015 indiquait qu’un recours contre la décision n’aura pas d’effet suspensif ;
Que par acte du 9 mai 2016, l’assurée interjette recours contre cette « décision », se référant à l’arrêt de la chambre de céans du 10 février 2016 ;
Que dans sa réponse du 7 juin 2016, l’intimé conclut à l’irrecevabilité du recours, dès lors que son courrier du 4 avril 2016 ne constitue pas une décision formelle sujette à recours ; que si par impossible la chambre de céans considère le recours recevable, il réserve ses conclusions sur le fond ;
Que par réplique du 24 juin 2016, la recourante conteste la position de l’intimé, considérant que le courrier constitue matériellement une décision contraignante, consacrant le refus de l’intimé d’accéder à sa demande de versement de la rente à laquelle elle a droit ;

Considérant en droit que conformément à l'art. 134 al. 1 let. a ch. 2 de la loi sur l'organisation judiciaire, du 26 septembre 2010 (LOJ -
E 2 05
) en vigueur dès le 1
er
janvier 2011, la chambre des assurances sociales de la Cour de justice connaît, en instance unique, des contestations prévues à l'art. 56 de la loi fédérale sur la partie générale du droit des assurances sociales, du 6 octobre 2000 (LPGA -
RS 830.1
) relatives à la loi fédérale sur l’assurance-invalidité du 19 juin 1959 (LAI -
RS 831.20
) ;
Que sa compétence pour juger du cas d’espèce est ainsi établie ;
Que selon l’art. 56 al. 1 LPGA, les décisions sur opposition et celles contre lesquelles la voie de l’opposition n’est pas ouverte sont sujettes à recours ;
Qu’aux termes de l'art. 49 al. 1 LPGA, l'assureur doit rendre par écrit les décisions qui portent sur des prestations, créances ou injonctions importantes ou avec lesquelles l'intéressé n'est pas d'accord ; si le requérant rend vraisemblable un intérêt digne d'être protégé, l'assureur rend une décision en constatation (art. 49 al. 2 LPGA) ;
Qu’en vertu de l’art. 49 al. 3 LPGA, les décisions indiquent les voies de droit ; elles doivent être motivées si elles ne font pas entièrement droit aux demandes des parties ;
Que les prestations, créances et injonctions qui ne sont pas visées par l'art. 49 al. 1 peuvent être traitées selon une procédure simplifiée; l'intéressé peut cependant exiger qu'une décision soit rendue (art. 51 al. 1 et 2 LPGA) ;
Qu’en l’espèce, la chambre de céans constate que le courrier du 4 avril 2016 de l’intimé ne constitue pas une décision, faute d’être motivée et munie des voies de droit ;
Que la demande formulée par la recourante de continuer à percevoir sa demi-rente d’invalidité durant la procédure d’instruction constitue une demande provisionnelle ;
Qu’il appartient à l’intimé de traiter la demande et de rendre une décision incidente en matière de mesures provisionnelles, motivée et susceptible, cas échéant, de recours, aux conditions requises ;
Qu’en l’absence de décision, le recours doit être déclaré irrecevable ;
Que pour le surplus, la procédure est gratuite ;