Decision ID: dfc6524b-9aae-5997-bb7c-7ecc75029d36
Year: 2016
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_014
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: social_law

ATTENDU EN FAIT
Que Monsieur A_ (ci-après : l’assuré) était associé gérant de la société B_ Sàrl et assuré à ce titre contre la perte de gain maladie auprès de ZÜRICH COMPAGNIE D’ASSURANCES SA (ci-après : l’assurance) ;
Que l’assuré a été incapable de travailler à 50% du 1
er
au 30 septembre 2010, puis à 100% dès le 1
er
octobre 2010 ;
Que les suites de cette incapacité de gain ont été prises en charge par l’assurance ;
Que par courrier du 17 février 2011, l’assurance a informé l’assuré qu’elle lui reconnaissait une incapacité de travail de 100% jusqu’au 28 février 2011 puis de 50% jusqu’au 15 mars 2011, date à laquelle il serait mis fin aux prestations ;
Que par courrier du 17 mars 2011, l’assurance a accepté de prolonger le versement des prestations à hauteur de 50% jusqu’au 20 mars 2011 ;
Que le 14 juillet 2011, l’assuré (ci-après : le demandeur) a saisi la Cour de céans d’une demande en paiement de CHF 56'416.92, correspondant aux indemnités journalières réclamées à l’assurance (ci-après : la défenderesse) pour les mois de mars à juillet 2011 ;
Qu’invitée à se déterminer, la défenderesse a conclu au rejet de la demande ;
Que par écriture du 26 octobre 2011, le demandeur a répliqué et amplifié sa demande en concluant au paiement de CHF 36'298.- supplémentaires (correspondant aux indemnités journalières des mois d’août à octobre 2011) ;
Que le 25 novembre 2011, la défenderesse a persisté dans ses allégués et conclusions ;
Que le 19 décembre 2011, le demandeur a fait de même ;
Que par ordonnance du 16 novembre 2012, la Cour de céans a confié à la policlinique médicale universitaire le soin de procéder à une expertise judiciaire de l’assuré ;
Que par écriture du 4 février 2013, l’assuré a exposé que l’office de l’assurance-invalidité (OAI) lui avait adressé le 10 décembre 2012 un projet de décision dont il ressortait qu’il comptait lui reconnaître le droit à une rente entière à compter du 1
er
octobre 2011 ;
Que compte tenu de cet élément, le conseil de l’assuré, soutenu en cela par celui de la défenderesse, a demandé la suspension de la procédure ;
Que par écriture du 22 avril 2013, la défenderesse a informé la Cour de céans que des faits nouveaux avaient été portés à sa connaissance, dont il ressortirait que l’incapacité de travail du demandeur ne serait pas avérée ;
Que par écriture du 24 mai 2013, la défenderesse a conclu à ce que le demandeur soit débouté de toutes ses conclusions ;
Que par écriture du 27 juin 2013, le demandeur a quant à lui persisté dans ses conclusions ;
Que le 14 août 2013, la défenderesse a conclu à ce que la cause soit suspendue jusqu’à droit connu dans la procédure pénale P/1_/2013, ouverte suite à son dépôt de plainte pénale contre le demandeur ;
Que par écriture du 20 septembre 2013, le demandeur s’est opposé à la suspension de la procédure et a persisté dans ses conclusions;
Qu’une audience de comparution des mandataires s’est tenue en date du 31 octobre 2013, à l’issue de laquelle la Cour de céans a ordonné l’apport du dossier de l’office de l’assurance-invalidité (OAI) concernant le demandeur ;
Que par arrêt incident du 14 novembre 2013, la Chambre de céans a en outre suspendu l’instance jusqu’à droit connu dans la procédure pénale (
ATAS/1119/2013
) ;
Que par écriture du 9 décembre 2014, le conseil du demandeur a informé la Chambre de céans que la procédure pénale était toujours en cours ;
Que par écriture du 16 décembre 2015, le conseil du demandeur a informé la Chambre de céans que la procédure pénale était toujours pendante, tout en faisant valoir qu’il ne se justifiait plus de prolonger la suspension ;
Que par écriture du 5 janvier 2016, le conseil de la défenderesse a quant à lui jugé opportun de prolonger la suspension de la procédure ;
Que par écriture du 14 janvier 2016, le conseil de la défenderesse s’en est rapporté à la justice sur ce point ;
Qu’une audience de comparution des mandataires s’est tenue en date du 3 mars 2016 à l’issue de laquelle les parties sont tombées d’accord pour indiquer que la suspension de la procédure se justifiait toujours ;
Qu’interpellé par la Chambre de céans, le Procureur en charge de la procédure pénale a indiqué en date du 14 mars 2016 que la procédure pénale en était au stade de la clôture de l’instruction ;
Que le 7 novembre 2016, le demandeur a informé la Chambre de céans que le Ministère public avait classé la procédure pénale ouverte à son encontre par ordonnance du 4 novembre 2016 et a sollicité la reprise de l’instance ;
Que celle-ci a été reprise le 8 novembre 2016 et la défenderesse interpellée pour détermination ;
Que le 29 novembre 2016, la défenderesse a informé la Chambre de céans qu’elle avait interjeté recours contre l’ordonnance de classement du Ministère public devant la Chambre pénale de recours de la Cour de justice ;

CONSIDERANT EN DROIT
Que les questions de la recevabilité de la demande et de la compétence de la Cour de céans ayant d’ores et déjà été examinées, il n’y a pas lieu d’y revenir ;
Qu’aux termes de l’art. 126 al. 1 CPC, le tribunal peut ordonner la suspension de la procédure si des motifs d'opportunité le commandent ;
Que la procédure peut notamment être suspendue lorsque la décision dépend du sort d'un autre procès ;
Que dans le cas d’espèce, il serait utile de connaître le sort réservé à la plainte pénale déposée par la défenderesse contre le demandeur avant même d’élucider la situation d’un point de vue strictement médical ;
Qu’en effet, il serait pertinent de savoir si le demandeur a concrètement continué à exercer une activité au sein de sa société durant la période incriminée et / ou continué à percevoir une rémunération ;
Qu’il convient dès lors de prolonger la suspension de la procédure dans l’attente de l’issue de celle ouverte au pénal.