Decision ID: a1a93a32-12cc-5ae8-971c-4c5cd566824b
Year: 2017
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_001
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law

EN FAIT
, que par jugement du 10 février 2017, le Tribunal de première instance, statuant sur mesures protectrices de l'union conjugale, a autorisé les époux B_ et A_ à vivre séparés (ch. 1 du dispositif), attribué à B_ la jouissance exclusive du domicile conjugal, soit l'appartement duplex de dix pièces au 3ème et 4ème étage de l'immeuble sis _, ainsi que de son mobilier, ordonné à A_ de quitter celui-ci d'ici au 31 mars 2017 et autorisé B_ à requérir l'évacuation par la force publique de A_ dès le 1
er
avril 2017 (ch. 2), instauré une garde alternée sur les enfants C_, née le _ 2003 et D_, née le _ 2006, à raison d'une semaine sur deux chez chacun des parents, ainsi que la moitié des vacances scolaires, étant précisé que le passage des enfants entre les parents interviendra le dimanche soir (ch. 3), dit que le domicile légal des enfants serait chez B_, _ (ch. 4), et donné acte à A_ de son engagement à verser une somme de 300 fr. à titre de contribution à l'entretien de chacun des enfants (ch. 6);
Que le Tribunal a notamment considéré que les parties avaient trouvé un accord en ce qui concernait le principe de la séparation, ainsi que sur la garde alternée des enfants, conforme aux recommandations du rapport du SPMi du 16 septembre 2016, qui relevait que la garde alternée entre les parents convenait aux enfants, que chacune des parties demandait l'attribution de la jouissance exclusive du domicile conjugal, A_ y vivant actuellement, alors que B_ occupait depuis le 7 novembre 2015 un appartement de 3,5 pièces dans le même immeuble, propriété de A_ et que ce dernier disposant de revenus de 16'350 fr. par mois, alors que B_ ne disposait d'aucune source de revenu, le domicile conjugal devait être attribué à cette dernière, que de ce fait, le domicile légal des enfants serait fixé auprès de la mère;
Que par acte déposé au greffe de la Cour le 23 février 2017, A_ a formé appel contre ce jugement, concluant à l'annulation des chiffres 2, 3, 4 et 6 de son dispositif et cela fait, statuant à nouveau, à ce que la jouissance exclusive du domicile conjugal lui soit attribuée, à ce que la garde sur l'enfant C_, née le _ 2003, lui soit attribuée, un droit de visite usuel étant réservé à B_, à ce qu'une garde alternée soit instaurée sur D_, née le _ 2006, à ce qu'il soit dit que le domicile légal de cette dernière soit chez lui et à ce qu'il lui soit donné acte de son engagement à verser en mains de B_ une somme de 300 fr. par mois à titre de contribution à l'entretien de D_;
Qu'il a notamment fait valoir qu'un épisode de violence survenu le 8 février 2017 entre C_ et sa mère et le retour de l'enfant chez lui ne lui laissait d'autre choix que de requérir la garde de fait de cette dernière;
Qu'il a également conclu à ce que soit ordonné la suspension de l'effet exécutoire des ch. 2, 3, 4 et 6 du dispositif du jugement attaqué; qu'il a invoqué que les effets du jugement devaient être suspendus afin de préserver C_ des violences et colères maternelles, qu'elle devait ainsi demeurer auprès de lui, que si le jugement devait être exécuté, l'enfant serait séparé de son père avec lequel elle vivait majoritairement depuis la séparation des parties; que celle-ci devait pouvoir demeurer au domicile conjugal, que B_ ne subirait aucun préjudice dans la mesure où elle disposait de son propre logement depuis novembre 2015 et qu'ainsi la pesée des intérêts en présence conduisait clairement à la suspension des effets du jugement attaqué sur les aspects liés à la garde de C_ ainsi que sur l'attribution du domicile conjugal;
Qu'invitée à se déterminer à cet égard, B_ a conclu au déboutement de A_ de ses conclusions sur effet suspensif; qu'elle était dépourvue de tout revenu, de sorte qu'il était impensable de lui imposer un déménagement, que A_ pourrait trouver un nouveau logement à très court terme, qu'il ignorait les recommandations du Service de protection des mineurs (SPMi) et se servait de sa fille C_ dans le seul et unique but de se faire octroyer la jouissance du domicile conjugal;
Considérant,

EN DROIT
, que la Cour est saisie d'un appel au sens de l'art. 308 CPC;
Que le jugement querellé portant sur des mesures provisionnelles, l'appel n'a pas d'effet suspensif ex lege (art. 315 al. 4 let. b CPC);
Qu'à teneur de l'art. 315 al. 5 CPC, l'exécution de mesures provisionnelles peut exceptionnellement être suspendue si la partie concernée risque de subir un préjudice difficilement réparable, notion permettant de tenir compte également d'un préjudice de fait et s'examinant à l'aune de l'efficacité du jugement à rendre à l'issue de la procédure ordinaire, qui en serait compromise (ATF
138 III 378
consid. 6.3; arrêt du Tribunal fédéral
4P.5/2002
du 8 avril 2002 consid. 3a);
Que, saisie d'une demande d'effet suspensif au sens de l'art. 315 al. 5 CPC, l'autorité cantonale d'appel doit ainsi procéder à une nouvelle pesée des intérêts entre les deux préjudices difficilement réparables, celui du demandeur à l'action si la mesure n'était pas exécutée immédiatement et celui qu'entraînerait pour le défendeur l'exécution de cette mesure (ATF
138 III 378
consid. 6.3 et les références citées;
137 III 475
consid. 4.1; arrêt du Tribunal fédéral
5A_514/2012
du 4 septembre 2012 consid. 3.2.2);
Qu'en matière de garde, des changements trop fréquents peuvent être préjudiciables à l'intérêt de l'enfant; que par conséquent, lorsque la décision de mesures protectrices ou provisionnelles statue sur la garde ou modifie celle-ci de sorte que l'enfant devrait être séparé du parent qui prenait régulièrement soin de lui au moment de l'ouverture de la procédure ayant donné lieu à la décision attaquée, le bien de l'enfant commande alors, dans la règle, de maintenir les choses en l'état et de laisser celui-ci auprès de la personne qui lui sert actuellement de référence (ATF
138 III 565
consid. 4.3.2; arrêts
5A_648/2014
du 3 octobre 2014 consid. 3.2.2;
5A_780/2012
du 8 novembre 2012 consid. 3.3.2);
Qu'en l'espèce, si la suspension du caractère exécutoire du jugement entrepris était refusée, l'appelant devrait quitter l'appartement qu'il occupe, ce qui aurait un impact sur les enfants dont il a la garde alternée;
Que l'intimée habite dans un appartement situé dans le même immeuble que l'appelant et il n'est pas vraisemblable qu'elle ne pourrait pas y rester jusqu'à la fin de la procédure d'appel si la suspension du caractère exécutoire du jugement attaqué était admise, de sorte qu'une telle suspension ne lui causerait pas de préjudice difficilement réparable;
Que concernant la garde de C_, la suspension du caractère exécutoire du ch. 3 du dispositif du jugement attaqué ne pourrait avoir comme effet que de maintenir la situation qui prévalait avant que ne soit rendu le jugement attaqué, à savoir une garde alternée sur les enfants;
Que l'effet suspensif ne peut en revanche avoir pour effet d'octroyer à l'appelant de manière anticipée, pour la durée de la procédure devant la Cour, la garde de C_ qu'il réclame aux termes de son appel; qu'il ne peut par ailleurs être retenu, au vu des éléments invoqués, que la gravité des événements postérieurs au jugement sont de nature à nécessiter l'adoption d'urgence d'une autre solution que celle adoptée par le Tribunal et que le maintien de la garde alternée serait contraire à l'intérêt de C_;
Que l'appelant n'explique par ailleurs pas en quoi le paiement de contributions d'entretien en faveur des enfants selon le ch. 6 du dispositif du jugement attaqué serait de nature à lui causer un préjudice difficilement réparable;
Qu'au vu de ce qui précède, la requête tendant à la suspension du caractère exécutoire du jugement entrepris sera admise en tant qu'elle porte sur les ch. 2 et 4 du dispositif dudit jugement et rejetée pour le surplus;
Qu'il sera statué sur les frais et dépens de l'incident avec la décision au fond (art. 104 al. 3 CPC).
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