Decision ID: c0d9dc1a-3374-5c75-8a02-871306c42017
Year: 2007
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_014
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: social_law

EN FAIT
Par jugement du 3 mai 2005, le Tribunal de première instance de la République et canton de Genève a prononcé la faillite de la société X_ SA. La société a été radiée du Registre du commerce le 19 mai 2006.
L'état de collocation, déposé le 8 mars 2006, a révélé qu'aucun dividende n'était prévisible pour les créanciers.
La Caisse interprofessionnelle AVS de la Fédération des Entreprises Romandes FER-CIAM (ci-après la caisse), auprès de laquelle la société était affiliée pour son personnel salarié depuis le 13 avril 1998, a reçu de l'Office des faillites en date du 26 avril 2006 des actes de défaut de biens de 90'860 fr. 55 pour les créances de 2
ème
classe et 12'391 fr. 20 pour celles de 3
ème
classe.
Par décisions du 22 novembre 2005, la caisse a réclamé à Messieurs l C_ et M_, en leur qualité d'organes de la société faillie, le paiement de la somme de 99'210 fr., à titre de réparation du dommage subi en raison du non paiement des cotisations paritaires pour les périodes d'août à décembre 2003, ainsi que celles dues à l'assurance maternité des périodes d'août à décembre 2003, et complément année 2002.
Par courriers datés du 30 novembre 2005, postés par LSI le 9 décembre 2005, Messieurs C_ et M_ ont formé opposition. Ils contestaient les montants réclamés qui ne correspondaient pas à la réalité.
Le 15 août 2006, la caisse a rejeté les oppositions. La décision notifiée à Monsieur C_ par courrier LSI du 15 août 2006 a été retournée à la caisse par La Poste, avec la mention "non réclamé". La caisse, qui a reçu ce pli le 28 août 2006, l'a adressé à l'intéressé le lendemain, sous pli simple.
L'intéressé a adressé à la caisse un courrier daté du 27 septembre 2006, posté par LSI le 29 septembre 2006, par lequel il déclare confirmer son opposition du 22 novembre 2005. Ce courrier a été transmis par la caisse au Tribunal de céans le 2 octobre 2006. La cause a été enregistrée sous le numéro A/3585/2006.
Le 5 octobre 2006, l'intéressé a adressé un courrier au Tribunal de céans par lequel il déclare faire recours contre l'action introduite par la caisse et a sollicité un délai pour mandater un conseil, afin d'étayer sa contestation
Par courrier du 11 octobre 2006, la caisse a sollicité la jonction de la présente cause avec celle concernant le recours de Monsieur M_, cause no. A/3455/2006, ainsi qu'un délai pour répondre.
Le 23 octobre 2006, Me Christian BUONOMO s'est constitué pour la défense des intérêts de Monsieur C_. Dans ses écritures du 15 novembre 2006, le recourant a contesté sa responsabilité et conclu à l'annulation de la décision de la caisse.
Par ordonnance du 28 novembre 2006, le Tribunal de céans a joint les procédure sous le numéro de cause A/3455/2006.
Dans sa réponse du 15 janvier 2007, la caisse a conclu à l'irrecevabilité du recours interjeté par Monsieur C_, pour cause de tardiveté. Elle relève que la décision, notifiée par courrier recommandé du 23 août 2006 n'a pas été retirée pendant le délai de garde de sept jours, et qu'elle lui est revenue en retour le 28 août 2006. Elle a été renvoyée au recourant sous pli simple le 29 août 2006. Le recours du recourant du 29 septembre 2006 n'a pas été formé en temps utile.
Dans ses écritures du 8 février 2007, le recourant conteste que son recours soit tardif et fait valoir que la décision sur opposition a été rendue plus de neuf mois plus tard, qu'il était en vacances du 12 août au 2 septembre 2006. Il ne s'attendait pas à une notification durant la période de vacances estivales. Il n'a pris connaissance de la décision litigieuse que le 2 septembre 2006, par pli simple. Il a produit des attestations de son employeur et de son amie, confirmant son absence pour cause de vacances.
La caisse, dans ses dernières écritures du 26 février 2007, a persisté dans ses conclusions.
Sur quoi, la cause a été gardée à juger, s'agissant du recours de Monsieur C_.

EN DROIT
La loi genevoise sur l’organisation judiciaire (LOJ) a été modifiée et a institué, dès le 1
er
août 2003, un Tribunal cantonal des assurances sociales, composé de 5 juges, dont un président et un vice-président, 5 suppléants et 16 juges assesseurs (art. 1 let. r et 56 T LOJ).
Suite à l’annulation de l’élection des 16 juges assesseurs, par le Tribunal fédéral le 27 janvier 2004 (ATF
130 I 106
), le Grand Conseil genevois a adopté, le 13 février, une disposition transitoire urgente permettant au Tribunal cantonal des assurances sociales de siéger sans assesseurs à trois juges titulaires, ce, dans l’attente de l’élection de nouveaux juges assesseurs.
Conformément à l'art. 56V al. 1 let. a ch.1 LOJ, le Tribunal cantonal des assurances sociales connaît en instance unique des contestations prévues à l’art. 56 de la loi fédérale sur la partie générale du droit des assurances sociales du 6 octobre 2000 (LPGA) qui sont relatives à la loi fédérale sur l’assurance-vieillesse et survivants du 20 décembre 1946 (LAVS).
Sa compétence pour juger du cas d’espèce est ainsi établie.
La LPGA est entrée en vigueur le 1er janvier 2003, entraînant la modification de nombreuses dispositions légales dans le domaine des assurances sociales. Sur le plan matériel, le point de savoir quel droit s'applique doit être tranché à la lumière du principe selon lequel les règles applicables sont celles en vigueur au moment où les faits juridiquement déterminants se sont produits (ATF
130 V 230
consid. 1.1; 335 consid. 1.2; ATF
129 V 4
consid. 1.2; ATF
127 V 467
consid. 1,
126 V 136
consid. 4b et les références). Les règles de procédure quant à elles s'appliquent sans réserve dès le jour de son entrée en vigueur (ATF
117 V 93
consid. 6b,
112 V 360
consid. 4a; RAMA 1998 KV 37 p. 316 consid. 3b).
La LPGA s’applique donc au cas d’espèce.
Le litige porte sur la recevabilité du recours interjeté par l'intéressé contre la décision sur opposition rendue par l'intimée.
Les nouvelles dispositions légales ont remplacé la procédure de la décision administrative, suivie, en cas d'opposition, d'une action de la caisse en réparation du dommage (ancien art. 81 RAVS), par une procédure de décision, de décision sur opposition et de recours de droit administratif (art. 52 al. 2 LAVS, dans sa teneur en vigueur depuis le 1er janvier 2003, art. 52 et 56 LPGA).