Decision ID: 769ecb0a-1e1a-568d-86b1-1807128847c1
Year: 2010
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_014
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: social_law

Attendu en fait
quel’Office de l’assurance-invalidité du canton de Genève (ci-après : OAI) a refusé l’octroi de toutes prestations à Madame A_, née en 1963, par décision du 23 juillet 2008, au motif que sa capacité de travail dans sa profession d'aide soignante était de 80%, sur la base de l'avis du Dr L_;
Que l’assurée a interjeté recours contre cette décision et que le Tribunal de céans a annulé la décision entreprise par arrêt du 30 novembre 2009, estimant que les appréciations médicales des Dr M_, N_, O_ et P_ permettaient de conclure que l'assurée ne pouvait pas travailler à plus de 50%;
Que sur recours de l'OAI, le Tribunal Fédéral a, par arrêt du 24 juin 2010, renvoyé la cause au Tribunal de céans afin qu'il ordonne une expertise pluridisciplinaire. Dès lors que les deux avis médicaux psychiatriques du dossier s'opposaient tant du point de vue des atteintes à la santé retenues que de leurs effets sur la capacité de travail de l'assurée, sans être plus convaincant l'un que l'autre, il convenait d'ordonner une instruction complémentaire. Par ailleurs, sur le plan somatique, la limitation de la capacité de travail liée aux rachialgies chroniques et au syndrome d'impatience des jambes (en anglais: RLS) n'avait pas été déterminée précisément, les avis des Dr M_ et P_ s'opposant. Finalement, le Dr M_ avait estimé que l'incapacité de travail liée à un RLS devait être examinée par un neurologue et non pas un rhumatologue.
Que le Tribunal fédéral a en particulier estimé que les experts devaient de prononcer sur
"la présence d'un trouble dépressif en rapport, le cas échéant avec une fibromyalgie, et sur les effets du RLS".
Que le Tribunal de céans a ainsi transmis aux parties la mission d'expertise et les noms des experts proposés et qu’un délai a été fixé aux parties au 18 août 2010 pour se déterminer sur les questions et faire valoir des causes de récusation des experts proposés.
Que les parties se sont déterminées sur les questions à poser et les noms d’experts. L’OAI a fait valoir par pli du 18 août 2010 que, selon le SMR, le fait que les experts n'exercent pas dans le même centre médical impliquerait qu'il ne s'agisse pas d'une expertise pluridisciplinaire, contrairement aux exigences du TF, sans invoquer toutefois de motif de récusation. Il n'a pas sollicité formuler d'autres questions. Par pli du 16 août 2010, la recourante a agréé aux questions posées et a indiqué ne pas avoir de cause de récusation à faire valoir.

Attendu en droit
quele Tribunal de céans est compétent en la matière (art.56 V de la loi sur l’organisation judiciaire - LOJ) ;
Que la loi sur la partie générale des assurances sociales (LPGA), entrée en vigueur le 1er janvier 2003, est applicable au cas d’espèce ;
Que le recours, déposé dans les formes et délai prévus par la loi est recevable à la forme (art. 56 et 60 LPGA) ;
Que la question préalable à l’examen d’éventuelles prestations de l’AI à résoudre est de savoir quelles sont les atteintes à la santé de l'assurée et quelle est leur répercussion sur sa capacité de travail;
Que l’autorité administrative doit constater d’office les faits déterminants, c’est-à-dire toutes les circonstances dont dépend l’application des règles de droit (ATF
117 V 261
consid. 3 p. 263 ; T. LOCHER Grundriss des Sozialversicherungsrecht, Bern 2003, t.1, p. 443) ;
Qu’ainsi l’administration est tenue d’ordonner une instruction complémentaire lorsque les allégations des parties et les éléments ressortant du dossier requièrent une telle mesure, et qu’en particulier elle doit mettre en œuvre une expertise lorsqu’il paraît nécessaire de clarifier des aspects médicaux (ATF
117 V 282
consid. 4a, p. 283 ; RAMA 1985 p. 240 consid.4 ; LOCHER loc. cit.) ;
Que de son côté le juge qui considère que les faits ne sont pas suffisamment élucidés peut renvoyer la cause à l’administration pour complément d’instruction ou procéder lui-même à une telle instruction complémentaire (RAMA 1993 p. 136) ;
Qu’en l'espèce, le Tribunal fédéral a décidé qu'il convenait que le Tribunal ordonne une expertise pluridisciplinaire, laquelle sera confiée aux Dr Q_, psychiatre et R_, rhumatologue, laissant le soin aux deux experts de déterminer la nécessité d'étendre l'expertise pluridisciplinaire à un expert neurologue;
Qu’en application de l’art. 39 de la loi sur la procédure administrative (LPA), un délai de 10 jours a été accordé aux parties pour éventuelle récusation des experts, ensuite de quoi la présente ordonnance leur sera communiquée.
Que le fait que les experts n'exercent pas sur le même lieu est sans pertinence et ne fait pas perdre à l'expertise son caractère pluridisciplinaire. D'une part, les experts peuvent se déplacer l'un chez l'autre, au sein du canton de Genève. D'autre part, ils doivent collaborer et avoir une discussion globale, puis prendre des conclusions communes, l'examen spécialisé relevant toutefois de leur spécialisation respective. Finalement, une lecture attentive de la mission d'expertise permet de comprendre que ce n'est pas le Dr R_ qui procédera à l'examen neurologique, mais un expert neurologue, désigné par les deux experts et si un examen neurologique est nécessaire.
***