Decision ID: 32821309-4159-55e0-b0d0-83b1f7e319c7
Year: 2006
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_014
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: social_law

EN FAIT
Monsieur R_, ressortissant portugais né en 1960, est arrivé en Suisse en 1988 et y a exercé les activités de maçon et de nettoyeur.
En 1988, l'assuré a été victime d'un traumatisme crânien lors d'une chute à son travail d'une hauteur de 2,5 à 3 mètres. En octobre 1995, il a connu des phénomènes douloureux lombaires en soulevant un poids à son travail.
En date du 29 janvier 1996, il a déposé une demande de prestations de l'assurance-invalidité, en raison de ses douleurs lombaires.
Dans un rapport du 1
er
mars 1996, le Dr A_, médecin traitant interniste, a diagnostiqué une discopathie (mot illisible) de L4-L5. L'incapacité était totale depuis le 26 octobre 1995 et l'état de santé susceptible d'amélioration.
Dans un rapport du 23 avril 1996, le Dr B_, interniste, a diagnostiqué des lombalgies chroniques. L'incapacité était totale depuis le 27 octobre 1995 et un reclassement professionnel était préconisé dans les plus brefs délais.
En date du 29 juillet 1998, l'assuré a été soumis à une expertise bidisciplinaire, psychiatrique et rhumatologique, conduite à la "établissement hospitalier" de Lausanne. Les experts ont diagnostiqué un état de stress post-traumatique d'allure chronique, un état dépressif récurrent d'importance moyenne, un syndrome de la douleur chronique sous forme de lombalgies et de cervicalgies, une hypertension artérielle, une obésité simple, ainsi qu'un status après traumatisme crânien simple avec plaie pariéto-occipitale gauche. Les experts ont conclu que, sur le plan somatique, il n'y avait pas d'atteinte physique permettant de justifier une incapacité de travail dans les professions exercées jusqu'alors, de maçon et de nettoyeur. Sur le plan psychologique, une incapacité de travail de 80% paraissait justifiée pour les activités de maçon et de nettoyeur. Dans une activité adaptée légère du type de la surveillance, une capacité d'environ 50% était exigible.
L'assuré a été soumis à un stage d'observation professionnelle au Centre d'intégration professionnelle de l'assurance-invalidité (ci-après le COPAI) du 13 mars au 21 mai 1999. Les maîtres de stage ont conclu à une capacité de travail complète, avec un rendement de 50%, tenant compte des limitations de l'assuré (pas de travail en position statique durable, pas de travail debout et penché en avant, pas de port de charges). Les activités possibles étaient celles de surveillant de machines ou de personnes, de travaux de contrôle, de travaux de conditionnement et opérateur sur machine (cf. rapport du COPAI du 23 juin 1999).
Du 30 août au 29 novembre 1999, l'assuré a suivi un stage de réentraînement au travail, également au COPAI. Les maîtres de stage ont conclu que l'assuré présentait une capacité de travail de 22 heures 30 par semaine.
Par décision du 8 mars 2000, l'
Office cantonal de l'assurance-invalidité (ci-après l'OCAI) a octroyé à l'assuré une demi-rente d'invalidité à partir du 1
er
janvier 1997.
Par décision du 22 mai 2000, l'OCAI a octroyé à l'assuré une demi-rente d'invalidité du 1
er
octobre au 31 décembre 1996.
En août 2003, l'OCAI a entrepris une procédure de révision de la rente d'invalidité de l'assuré. Dans ce cadre, il a récolté des informations médicales auprès des médecins traitants de l'assuré.
Dans un rapport du 27 octobre 2003, le Dr C_, cardiologue, a diagnostiqué un état de stress post-traumatique d'allure chronique, un état dépressif récurrent d'importance moyenne, ainsi qu'un syndrome de douleurs chroniques sous forme de lombalgies et de cervicalgies. L'incapacité était de 66% depuis le 13 octobre 1996. L'état était stationnaire.
Par courrier du 13 mars 2004, l'assuré a informé l'OCAI qu'il ne suivait plus de séances de physiothérapie depuis l'année 2002. Il n'était pas allé consulter de psychiatre car selon lui il présentait un problème physique et non pas psychologique.
Dans un rapport intermédiaire du 16 mars 2004, le Dr C_ a précisé qu'il ne suivait le patient que pour son hypertension artérielle et son hyperlipidémie, actuellement bien contrôlée et sans relation avec son incapacité de travail.
En date des 15 février et 1
er
mars 2005, l'assuré a été soumis à une expertise psychiatrique conduite par le Dr D_, psychiatre aux (ci-après les "établissement hospitalier"). Dans son rapport du 29 avril 2005, l'expert a diagnostiqué un syndrome douloureux somatoforme persistant. Le patient ne souffrait pas d'un état dépressif avéré, ni ne présentait de troubles psychiques susceptibles d'entraver la possibilité d'une réadaptation professionnelle. Une activité à 50% telle que décrite dans le rapport du COPAI sous réserve d'un réentraînement de trois mois pouvait être envisagée, dans des activités telles la surveillance, le contrôle de production, le contrôle de conditionnement. L'expert a précisé qu'il était dommageable que l'assuré n'ait pas fait de démarches auprès d'un médecin psychiatre, bien que cela lui ait été recommandé. Dans ce contexte, il n'était pas possible d'affirmer que tout avait été tenté pour réduire l'incapacité de travail et, pour ce motif, les conclusions de l'expertise effectuée en 1998 restaient de mise à l'heure actuelle.
Dans un complément d'expertise du 25 octobre 2005, demandé par le médecin conseil de l'OCAI, le Dr D_ a expliqué que l'assuré était divorcé mais gardait des liens avec son ex-femme, surtout relativement à sa fille cadette dont il avait la garde. Il avait par ailleurs un réseau d'amis avec lesquels il entretenait des relations relativement régulières, de même qu'avec ses parents, qu'il rencontrait presque chaque week-end, en particulier autour d'une activité d'entretien d'un petit jardin familial. Dans ce contexte, et tout en tenant compte des limitations liées à sa problématique algique chronique, l'expertisé menait une vie quotidienne relativement diversifiée, sans repli ou perte de contacts sociaux relevants.
Dans un rapport sans examen clinique du 7 novembre 2005, le Dr E_ du SMR Léman, service de l'assurance-invalidité, a conclu à une capacité de travail exigible de 100% dans l'activité habituelle, dès 1997.
Par décision du 18 novembre 2005, l'OCAI a supprimé la rente de l'assuré dès le 1
er
jour du deuxième mois qui suivait la notification de la décision, à savoir depuis le 1
er
janvier 2006. En effet, selon les documents médicaux, l'assuré avait retrouvé une pleine capacité de travail dans toutes les activités et n'avait donc plus droit à une rente d'invalidité.
Par courrier du 12 décembre 2005, l'assuré a formé opposition à cette décision, concluant, sous suite de dépens, à ce que sa rente continue à lui être versée comme par le passé. Il a fait valoir que son état de santé ne s'était pas modifié depuis l'octroi de la première rente et que dès lors, la rente ne pouvait être supprimée.
Par courrier du 29 décembre 2005, l'assuré a complété son opposition. Les troubles somatoformes dont il souffrait avaient présenté un caractère important de durabilité depuis 1998 déjà. En outre, l'atténuation sous forme d'alexithymie du syndrome de stress post-traumatique grave qui paraissait incrusté, méritait une analyse plus complète et plus précise, qui n'avait pas été faite lors de l'expertise psychiatrique. Il a conclu, sous suite de dépens, à l'octroi d'une rente identique à celle qui lui avait été versée jusqu'alors, et, subsidiairement, à un complément d'information aux fins de déterminer les troubles psychiques dont il souffrait et leur influence sur son degré d'invalidité.
Par courrier du 4 avril 2006, l'assuré a fait parvenir à l'OCAI les conclusions d'une IRM effectuée le 28 février 2006, selon laquelle le Dr F_, radiologue, avait diagnostiqué des discopathies débutantes L3-L4 et L5-S1. Il n'y avait pas d'image de hernie discale décelable.
Le Dr E_ du SMR Léman, s'est prononcé sur cette IRM dans une note du 29 mai 2006. Il a relevé que les lombalgies étaient signalées depuis de nombreuses années, soit depuis 1992 déjà. La gravité au niveau lombaire était tout à fait comparable à ce qui existait auparavant et ces lésions dégénératives pouvaient être considérées comme peu importantes. Ce document radiologique ne remettait pas en cause l'appréciation précédente de l'OCAI.
Par décision du 1
er

juin 2006, l'OCAI a rejeté l'opposition de l'assuré. Il a relevé que l'expertise du COMAI de 1998 concluait que sur le plan somatique, il n'y avait pas d'atteinte physique permettant de justifier une incapacité de travail dans les professions exercées jusqu'alors, à savoir celles de maçon et de nettoyeur. Au plan psychiatrique cependant, le Dr G_ concluait, en juillet 1998, que la double pathologie psychiatrique (état de stress post-traumatique d'allure chronique et état dépressif récurrent d'importance moyenne) justifiait une incapacité de travail d'environ 50%. L'assuré avait été soumis à une nouvelle expertise psychiatrique, en avril 2005, et le Dr D_ n'avait pas diagnostiqué de syndrome de stress post-traumatique ou d'état dépressif récurrent. Dès lors, son état de santé avait évolué, et son trouble somatoforme douloureux, non accompagné d'une comorbidité psychiatrique grave, n'avait pas valeur d'invalidité et ne donnait pas droit à l'octroi d'une rente. Enfin, l'OCAI a relevé que l'assuré n'avait pas été traité pour son état dépressif, comme cela lui avait été demandé par le COMAI. Or, l'on était en droit d'attendre que l'assuré diminue les effets de son invalidité, ce qu'il n'avait pas fait.
Par courrier du 30 juin 2006, l'assuré a recouru contre cette décision auprès du Tribunal cantonal des assurances sociales. Il a fait valoir qu'il avait été également suivi par le Dr H_, rhumatologue, qui avait émis un rapport le 9 juin 2004 (recte : le 16 février 2006). Le Dr I_ y indiquait qu'il n'y avait pas de diagnostic d'affection physique ayant des répercussions sur la capacité de travail. Les diagnostics des affections sans répercussion sur la capacité de travail étaient des cervico-lombalgies non spécifiques. La seule limitation que l'on pourrait évoquer pour le patient était l'évitement de port de charges lourdes et de mouvements de rotation répétés du rachis. L'on pouvait admettre qu'au vu des cervicalgies et lombalgies, une activité plus sédentaire que celle de maçon devait pouvoir être entreprise à un taux de 100%.
Par courriers des 13 et 19 juillet 2006, le Tribunal de céans a demandé au recourant le certificat du Dr I_ du 9 juin 2004 qu'il mentionnait dans son recours.