Decision ID: 921cce2f-c6ce-5a1a-a183-da77897b2d26
Year: 2012
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_007
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 

EN FAIT
A. a)
Le 19 octobre 2011, Mme F_ a obtenu du Tribunal de première instance le prononcé d'une ordonnance de séquestre (n° 11 xxxx86 D ; cause C/2xxx/2011) sur des avoirs bancaires et des biens mobiliers appartenant à M. F_, en application de l'art. 276 al. 1 ch. 6 LP.
Mme F_ avait fondé sa requête de séquestre sur un arrêt exécutoire de la Chambre civile de la Cour de justice du 26 novembre 2009 (ACJC/1xxx/2009) confirmant un jugement du Tribunal de première instance du 28 mai 2009, corrigé le 21 juillet 2009 (JTPI/6xxx/2009), lequel avait condamné M. F_ à verser des contributions d'entretien à Mme F_.
b)
L'Office des poursuites (ci-après : l'Office) a immédiatement exécuté ce séquestre et a remis à M. F_ un avis d'exécution, également daté du 19 octobre 2011.
c)
Parallèlement, Mme F_ avait requis à l'encontre du précité une poursuite n° 11 xxxx67 V fondée sur l'arrêt précité de la Cour de justice.
L'opposition formée par M. F_ à cette poursuite a été levée définitivement par jugement du Tribunal de première instance du 18 octobre 2 (JTPI/1xxx/2011), qui a toutefois fait l'objet d'un recours, actuellement pendant devant la Cour de justice (C/1xxx/2011).
B. a)
Par acte déposé le 27 octobre 2011 devant la Chambre de surveillance des Office des poursuites et faillites (ci-après la Chambre de surveillance), M. F_ a porté plainte contre l'avis précité d'exécution du séquestre n° 11 xxxx86 D (cause C/2xxxx/2011) qui lui avait été communiqué par l'Office des poursuites le 19 octobre 2011.
Il a conclu préalablement à l'octroi de l'effet suspensif à sa plainte, qui lui a été accordé par ordonnance du 28 octobre 2011.
Il a conclu principalement à l'annulation de l'exécution par l'Office, le 19 octobre 2011, du séquestre n° 11 xxxx86 D.
Il a fondé sa plainte sur le fait qu'en sa qualité de haut fonctionnaire international travaillant au sein du Bureau international du travail (BIT), il bénéficiait d'une immunité d'exécution de décisions judiciaires prises à son encontre, de sorte que l'Office aurait dû refuser d'exécuter l'ordonnance de séquestre précitée.
Il a notamment produit à l'appui de sa plainte, une attestation établie le 20 octobre 2011 par le Conseiller juridique du BIT, confirmant que son immunité n'avait
"pas été levée pour les mesures d'exécution pouvant être prises à l'issue d'un jugement, y compris les mesures de séquestre"
.
b)
Dans ses observations déposées le 21 novembre 2011, l'Office a conclu à l'irrecevabilité de cette plainte, l'argument soulevé par M. F_ étant, en substance, de la seule compétence du juge du fond dans le cadre d'une opposition à séquestre et non de celle de la présente Chambre de surveillance.
c)
Dans ses observations déposées le 18 novembre 2011, Mme F_ a conclu au rejet de la présente plainte et à la condamnation de M. F_ à une amende au sens de l'art. 88 al. 1 LPA, en tant que son comportement quérulent était constitutif d'un emploi abusif et téméraire des procédures à sa disposition.
C.
a
)
Par requête déposée le 30 octobre 2011 devant le Tribunal de première instance, M. F_ avait, parallèlement au dépôt de la présente plainte, formé opposition à l'ordonnance de séquestre prononcée le 19 octobre 20 (n° 11 xxxx86 D ; cause C/2xxxx/2011).
Par jugement prononcé le 8 décembre 2011(OSQ/4x/11)
,
le Tribunal de première instance a admis cette opposition, en retenant, en substance, que le plaignant bénéficiait bien de l'immunité d'exécution en relation avec le séquestre querellé.
Il a dès lors révoqué son ordonnance de séquestre du 19 octobre 2011, de sorte que l'Office a levé ce séquestre, ce dont Mme R_, chargée de séquestres au sein de l'Office, a informé la Chambre de surveillance par courriel du 24 janvier 2011.

EN DROIT
1.
1.1.
La Chambre de surveillance est compétente pour statuer sur les plaintes formées en application de la LP (art. 13 LP; art. 125 et 126 LOJ; art. 6 al. 1 et 3 et 7 al. 1 LaLP) contre des mesures non attaquables par la voie judiciaire (art. 17 al. 1 LP).
La plainte doit être déposée dans le délai de dix jours de celui où le plaignant a eu connaissance de la mesure (art. 17 al. 3 LP).
1.2.
En sa qualité de débiteur séquestré, le plaignant a qualité pour agir contre l'avis d'exécution du séquestre et il a procédé en temps utile.
Sa plainte est par conséquent recevable.
2.
Il apparaît toutefois que l'Office a levé le séquestre ayant fait l'objet de l'avis d'exécution querellé du 19 octobre 2011, de sorte que cet avis est devenu sans objet, et, partant, la présente plainte également.
Il en découle que la cause doit être rayée du rôle.
3.
En application de l’art. 62 al. 2 OELP, il ne peut être alloué aucun dépens dans la procédure de plainte au sens de l'art. 17 LP.
Pour le surplus, il ne sera pas fait droit aux conclusions de la créancière séquestrante citée, en condamnation du plaignant à une amende au sens de l'art. 88 LPA, dans la mesure où il apparaît que l'argument invoqué par ce dernier à l'appui de sa présente plainte contre l'exécution du séquestre n'était pas dénué de fondement, puisqu'il a été retenu par le juge de l'opposition à séquestre.
Par conséquent, on ne peut admettre que cette plainte, nonobstant le fait qu'elle soit devenue sans objet après son dépôt, aurait revêtu, à l'origine, un caractère téméraire justifiant le prononcé d'une amende.
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