Decision ID: ed414ad4-efd1-550f-8bc0-26c0dcbf0ce2
Year: 2021
Language: fr
Court: FR_TC
Chamber: FR_TC_005
Canton: FR
Region: Espace_Mittelland
Law Area: penal_law

considérant en fait
A. Le 3 novembre 2020, l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) a déposé une  pénale contre A._ et inconnu pour faux dans les certificats, emploi illicite des signes publics et contravention à des mesures visant la population.
Il en ressort en substance que A._ est soupçonné d'avoir produit lui-même une attestation qui n'est délivrée que par des médecins, afin d'améliorer sa situation et/ou celle d'autrui. A tout le moins, il est soupçonné d'avoir offert (et éventuellement transmis) cette attestation à d'autres personnes et de l'avoir utilisée lui-même. Cette fausse attestation viserait à créer une exception à l'obligation de porter un masque facial dans les transports publics ou dans les bâtiments  au public. En outre, les armoiries de la Confédération suisse seraient utilisées dans l' sans le consentement correspondant.
B. Le 9 novembre 2020, le Ministère public a délivré des mandats d’amener ainsi que de perquisition et de séquestre à l’encontre de A._.
Le 11 novembre 2020, la Police a séquestré un badge, un carton destiné à l’avocat et notaire B._, à C._, contenant dix badges et dix attestations, et deux documents « Attestation de fait et de droit ».
Le même jour, la Police a procédé à l’audition de A._ en qualité de prévenu. A cette occasion, l’intéressé a fait usage de son droit de se taire.
Le 18 novembre 2020, sur demande du Ministère public, la Police a encore séquestré le téléphone portable de A._ afin d’en exploiter son contenu. Les résultats de l’analyse des données du téléphone portable ressortent du rapport de police du 30 novembre 2020 et de ses annexes.
Par courrier du 18 novembre 2020, A._ s’est adressé au Ministère public pour se plaindre notamment de la manière dont la procédure est menée, se disant choqué et scandalisé par les mesures coercitives dont il a fait l’objet. L’autorité de poursuite pénale lui a répondu le 23 novembre 2020.
C. Egalement le 18 novembre 2020, la Police a procédé à la saisie des mesures signalétiques ainsi qu’au prélèvement de l’ADN de A._. Elle a remis au précité un formulaire contenant une voie de droit contre « l’exécution forcée ».
Le 20 novembre 2020, le Ministère public a ordonné l’analyse du prélèvement ADN.
D. Par courrier daté du 26 novembre 2020 et remis à la poste le lendemain, A._ a déposé un recours contre « la saisie du signalement et des empreintes digitales au sens de l’art. 260 CPP et de la procédure de prélèvement ADN art. 255 CPP ordonnée par le Ministère public (...) ». Il conclut à l’admission du recours, à la constatation de la nullité « de la mise en œuvre de la procédure de saisie du signalement au sens des art. 255 et 260 CPP »,  à l’ouverture d’une instruction pénale à l’encontre du Ministère public pour « coercition et abus d’autorité », et au versement d’une indemnité pour la procédure de recours.
Le Ministère public a produit son dossier et s’est déterminé le 11 décembre 2020, concluant au rejet du recours. Le 5 janvier 2021, A._ a déposé des observations spontanées.
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E. Le 19 novembre 2020, A._ a été contrôlé dans le hall du centre commercial D._ de E._. Il ne portait alors pas de masque. Il a présenté un badge accroché à sa veste et a déclaré être détenteur d’une « Attestation de fait et de droit » justifiant l’absence de masque (cf. rapport de police du 25 novembre 2020).
F. Le 25 novembre 2020, le Ministère public a avisé son homologue du canton F._ qu’il était parvenu à sa connaissance que l’avocat et notaire B._ mettait à disposition de particuliers une attestation de non-port du masque. Le 15 décembre 2020, le Ministère public du canton F._ a répondu qu’il avait demandé un complément d’enquête à la Police.

considérant en droit
1.
Dans la mesure où le recourant conclut, subsidiairement, à l’ouverture d’une instruction pénale à l’encontre du Ministère public pour « coercition et abus d’autorité », son recours est irrecevable, la Chambre pénale du Tribunal cantonal (ci-après la Chambre), en sa qualité d’autorité de recours (art. 20 CPP), n’étant pas compétente pour cet aspect.
2.
2.1. Le recours est recevable contre les décisions et les actes de procédure de la police, du ministère public et des autorités pénales compétentes en matière de contraventions (art. 393 al. 1 let. a CPP).
En l’occurrence et quand bien même l’intitulé du recours n’est pas limpide (« Recours contre la saisie du signalement et des empreintes digitales au sens de l’art. 260 CPP et de la procédure de prélèvement ADN art. 255 CPP ordonnée par le Ministère public (...) »), il sera considéré que le recourant, lequel agit sans l’assistance d’un avocat, entend attaquer tant les deux ordres du 18  2020 de la Police relatifs à la saisie des mesures signalétiques et au prélèvement ADN que la décision du Ministère public du 20 novembre 2020 ordonnant l’analyse du prélèvement ADN.
C’est le lieu de rappeler que la voie du recours n’est pas ouverte contre l’exécution forcée à proprement parler des mesures, contrairement à ce qui ressort du formulaire remis par la Police (RFJ 2012 411), et que l’ordre de celle-ci en matière de saisie de données signalétiques au sens des art. 260 ss CPP ne peut pas faire l’objet d’un recours direct (cf. MOREILLON/PAREIN-REYMOND, CPP Code de procédure pénale, 2e éd. 2016, art. 260 n. 16 ss; SCHMID, Schweizerische , Praxiskommentar, 2e éd. 2013, art. 260 n. 11), mais nécessite une décision du Ministère public si la personne concernée refuse de se soumettre à l’injonction de la Police (art. 260 al. 4 CPP), décision qui, elle, est sujette à recours. Quant à l’ordre de la Police concernant le prélèvement ADN au sens de l’art. 255 CPP, il peut faire l’objet d’un recours immédiat (arrêt TF 1B_324/2013 du 24 janvier 2014 consid. 2.2; arrêts TC FR 502 2019 93 du 7 mai 2019 consid. 1.2.1 et 502 2019 297 du 17 décembre 2019 consid. 2.1; également SCHMID, art. 255 n. 7).
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2.2. Déposé le 27 novembre 2020, le recours contre les ordres des 18 et 20 novembre 2020 respecte le délai légal de 10 jours de l’art. 396 al. 1 CPP.