Decision ID: a63eceb7-4df6-5784-9259-d2221300ab92
Year: 2018
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_004
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law

EN FAIT
, le contrat de bail conclu par les parties, portant sur la location d'un terrain ainsi que d'un dépôt de 35 m
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sis _, à Genève;
Attendu que le loyer a été fixé en dernier lieu à 800 fr. par mois;
Que par avis du 11 mai 2017, la bailleresse a résilié le contrat de bail pour le 30 septembre 2017;
Que les locaux n'ont pas été restitués par les locataires;
Que, par requête du 13 juin 2017 à la Commission de conciliation en matière de baux et loyers, les locataires ont contesté le congé;
Qu'à la suite de la délivrance de l'autorisation de procéder, les locataires n'ont pas saisi le Tribunal des baux et loyers de leur requête;
Que, par demande déposée le 5 février 2018 au Tribunal, la bailleresse a requis l'évacuation des locataires, assorties de mesures d'exécution directes du jugement d'évacuation, par la procédure de protection de cas clair;
Qu'à l'audience du 24 mai 2018 devant le Tribunal des baux et loyers, la bailleresse a persisté dans ses conclusions et a produit des pièces;
Que les locataires ne se sont pas présentés ni fait représentés;
Que la cause a été gardée à juger à l'issue de l'audience;
Que, par jugement
JTBL/475/2018
rendu le 24 mai 2018, expédié pour notification aux parties le 4 juin 2018, le Tribunal des baux et loyers a condamné les locataires à évacuer de leur personne et de leurs biens et de toute autre personne dont ils étaient responsables les locaux en cause (ch. 1 du dispositif), a autorisé la bailleresse à requérir l'évacuation par la force publique des locataires dès le 30
ème
jour après l'entrée en force du jugement (ch. 2), a débouté les parties de toutes autres conclusions (ch. 3) et a dit que la procédure était gratuite (ch. 4);
Vu le recours expédié le 15 juin 2017 (recte : 2018) par les locataires contre ce jugement;
Qu'ils ont préalablement requis la suspension du caractère exécutoire des mesures d'exécution ordonnées par le Tribunal des baux et loyers;
Qu'ils ont conclu à ce qu'il soit sursis à l'exécution de l'évacuation;
Qu'invité à se déterminer, le bailleur a, par écritures du 25 juin 2018, conclu au déboutement des locataires;
Considérant,

EN DROIT
, que seule la voie du recours est ouverte contre les mesures d'exécution (art. 309 let. a et 319 let. a CPC);
Que le recours ne suspend pas la force de chose jugée, l'instance d'appel pouvant suspendre le caractère exécutoire (art. 325 al. 1 et 2 CPC);
Que l'instance de recours est habilitée à décider d'office ou sur requête de suspendre le caractère exécutoire (cf. Jeandin, in Code de procédure civile commenté, Bohnet/Haldy/Jeandin/ Schweizer, n. 5 ad art. 325 CPC);
Que la Présidente soussignée a compétence pour statuer sur la suspension du caractère exécutoire de la décision entreprise, vu la nature incidente et provisionnelle d'une telle décision et la délégation prévue à cet effet par l'art. 18 al. 2 LaCC, concrétisée par une décision de la Chambre civile siégeant en audience plénière et publiée sur le site Internet de la Cour;
Qu'en la matière, l'instance de recours dispose d'un large pouvoir d'appréciation
(cf. Jeandin, op. cit., n. 6 ad art. 325 CPC);
Que selon les principes généraux en matière d'effet suspensif, le juge procèdera à une pesée des intérêts en présence et se demandera en particulier si sa décision est de nature à provoquer une situation irréversible;
Considérant en l'espèce que seules les mesures d'exécution ont été remises en cause par les recourants, de sorte que seule la voie du recours est ouverte; qu'en effet, à la lecture tant des conclusions que de la motivation du recours, les recourants ne contestent pas la validité du congé qui leur a été notifié;
Qu'il se justifie de suspendre le caractère exécutoire du chiffre 2 du jugement entrepris, d'une part, afin de ne pas vider le recours de son objet, et, d'autre part, afin de ne pas porter indûment atteinte aux intérêts des recourants;
Que, par ailleurs, le recours n'est pas,
prima facie
, dénué de chance de succès;
Qu'il convient également de tenir compte de la courte durée présumable de la présente procédure, jugée selon la procédure sommaire (art. 257 al. 1 CPC);
Qu'un délai a déjà été fixé à l'intimé pour se déterminer sur le recours;
Qu'en conséquence, la requête des recourants sera admise.
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