Decision ID: 49f33aea-9f04-5aab-b0ec-e4fc8e5517fc
Year: 2021
Language: fr
Court: FR_TC
Chamber: FR_TC_001
Canton: FR
Region: Espace_Mittelland
Law Area: civil_law

considérant en fait
A. Par acte du 16 octobre 2020, A._ a requis la mainlevée définitive de l’opposition partielle formée par B._ au commandement de payer n° ccc de l’Office des poursuites de la Sarine à concurrence de CHF 14'400.-, plus intérêts à 5% l'an dès le 30 juin 2020 en se fondant sur la convention sur les effets accessoires du divorce conclue entre les parties et prévoyant qu'en cas de vente de la maison familiale, attribuée à B._, dans un délai de dix ans, pour un prix de vente dépassant CHF 1'100'000.-, la moitié du montant dépassant ce prix serait dû à A._.
Invitée à se déterminer, B._ a expliqué que la convention prévoyait le partage par moitié du bénéfice net de la vente, après déduction de l'impôt sur le gain immobilier. Compte tenu d'un prix de vente de CHF 1'250'000.- et d'un gain immobilier CHF 28'400.-, elle admettait devoir un montant de CHF 60'600.- et maintenait son opposition pour le solde de CHF 14'400.-.
B. Statuant par décision du 3 décembre 2020, notifiée le 15 mars 2021, le Président du Tribunal civil de l’arrondissement de la Sarine a rejeté la requête de mainlevée et mis les frais et dépens à la charge du requérant..
C. Par acte du 25 mars 2021, A._ a interjeté recours contre cette décision.
Dans sa détermination du 29 avril 2021, B._ a conclu au rejet du recours, sous suite de frais et dépens.

en droit
1.
1.1 Seule la voie du recours (art. 319 ss CPC) au Tribunal cantonal est ouverte (art. 319 lit. a CPC), l'appel n'étant pas recevable contre une décision de mainlevée (art. 309 lit. b ch. 3 CPC). La procédure sommaire étant applicable (art. 251 let. a CPC), le recours doit être déposé dans les dix jours à compter de la notification (art. 321 al. 2 CPC), délai que le recourant a respecté. La Cour statue sans débats (art. 327 al. 2 CPC). La cognition de la Cour d’appel est pleine et entière en droit; s’agissant des faits, elle est limitée à leur constatation manifestement inexacte (art. 320 CPC). Conformément à l'art. 326 al. 1 CPC, les allégations de faits et les preuves nouvelles sont irrecevables.
1.2. La valeur litigieuse se monte à CHF 14'400.-.
2.
2.1. Aux termes des art. 80 et 81 LP, le juge doit prononcer la mainlevée définitive de l'opposition lorsque le créancier produit un jugement exécutoire ou un titre y assimilé, à moins que le débiteur ne prouve par titre que la dette a été éteinte ou qu'il a obtenu un sursis postérieurement au jugement, ou qu'il ne se prévale de la prescription.
De jurisprudence constante, la procédure de mainlevée, qu’elle soit provisoire ou définitive, est un incident de la poursuite. La décision qui accorde ou refuse la mainlevée est une pure décision
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d'exécution forcée dont le seul objet est de dire si la poursuite peut continuer ou si le créancier est renvoyé à agir par la voie d'un procès ordinaire. Le juge de la mainlevée examine seulement la force probante du titre produit par le créancier, sa nature formelle – et non la validité de la créance – et il lui attribue force exécutoire si le débiteur n'oppose pas immédiatement des exceptions (cf. ATF 136 III 583 consid. 2.3, ATF 132 III 140 consid. 4.1.1).
Saisi d'une requête de mainlevée définitive à l'appui de laquelle le poursuivant produit un jugement, le juge doit notamment vérifier si la créance en poursuite résulte de cet acte. Il n'a cependant pas à se déterminer sur son existence matérielle ni sur le bien-fondé du jugement la constatant. En particulier, il n'a pas à examiner les moyens de droit matériel que le débiteur pouvait faire valoir dans le procès qui a abouti au jugement exécutoire (ATF 143 III 564 consid. 4.3.1). De jurisprudence constante, saisi d'une requête de mainlevée définitive de l'opposition, le juge n'a ni à revoir ni à interpréter le titre qui lui est produit. Si le jugement est peu clair ou incomplet, il appartient au juge du fond de le préciser ou le compléter (ATF 143 III 564 consid. 4.3.2).
La transaction judiciaire est assimilée à un jugement et permet donc au poursuivant d'obtenir la mainlevée définitive de l'opposition, sans qu'il soit possible pour le poursuivi d'intenter l'action en libération de dette (art. 83 al. 2 LP). Au vu de cette assimilation et de ses conséquences, il n'y a aucune raison de traiter cet acte différemment qu'un jugement. Dès lors, de même qu'il ne peut pas interpréter une décision judiciaire comme s'il était saisi d'une demande fondée sur l'art. 334 CPC, le juge de la mainlevée ne peut pas non plus interpréter, au sens de l'art. 18 al. 1 CO, une transaction judiciaire. Par ailleurs, comme en présence d'un jugement, pour constituer un titre de mainlevée définitive, la transaction judiciaire doit clairement obliger définitivement le débiteur au paiement d'une somme d'argent déterminée. Le juge de la mainlevée doit seulement décider si cette obligation en ressort (ATF 143 III 564 consid. 4.4.4).
2.2. Dans sa décision du 3 décembre 2020, le Président du tribunal a retenu que la décision produite par le requérant à l’appui de sa requête constituait certes un titre de mainlevée au sens de l’art. 80 LP, mais qu'il convenait de tenir compte du fait notoire que les ventes immobilières sont sujettes à un impôt sur les gains immobiliers et qu'il ressortait de l'interprétation de la décision du 28 septembre 2018 ratifiant la convention sur les effets accessoires du divorce que l'opposante s'était obligée à verser au requérant la moitié du bénéfice net de la vente de l'immeuble, soit après déduction de l'impôt sur les gains immobiliers.
Le recourant s'oppose à cette manière de voir. Il reproche au Président du tribunal d'avoir interprété la décision de divorce de manière contraire à la jurisprudence. Il ajoute que le critère choisi par les parties est le prix de vente et non le produit net de la vente comme retenu par la décision attaquée. Le prix d'aliénation de l'immeuble s'étant élevé à CHF 1'250'000.-, c'est la moitié de la différence entre ce montant et celui de CHF 1'100'000.- qui lui est dû, ce d'autant que les parties ont prévu que les investissements postérieurs au jugement seraient déduits de la soulte due, mais qu'ils n'ont pas mentionné l'impôt sur les gains immobiliers, de sorte qu'il n'y a pas lieu de le déduire avant le partage.
L'intimée de son côté conclut à la confirmation de la décision attaquée. Elle fait valoir qu'il est notoire que lors de la vente d'un immeuble dans le cadre d'une procédure de droit matrimonial ou successoral, c'est le bénéfice net de la vente qui est partagé entre les parties et que l'application d'un fait notoire ne vaut pas interprétation d'une transaction judiciaire. De plus, il ne peut à son avis être inféré, sur la base de la teneur de la convention de divorce, que le juge aurait homologué un partage du bénéfice de 1.6 supérieur en faveur de l'une des parties. En outre, si le dispositif du
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jugement de divorce devait être peu clair ou incomplet, la mainlevée devrait être refusée. Enfin, l'impôt sur le gain immobilier devrait être considéré comme un investissement à déduire du bénéfice réalisé sur la vente de l'immeuble.
2.3. En l'espèce, la seule question à trancher est celle de savoir si la convention sur les effets accessoires du divorce homologuée par décision du 28 septembre 2018 est suffisamment claire et précise pour établir le montant auquel le recourant peut prétendre.
Or, ladite convention prévoit ce qui suit: