Decision ID: 7dd9383a-51e5-57c3-8742-3d18fb048fd9
Year: 2019
Language: fr
Court: FR_TC
Chamber: FR_TC_011
Canton: FR
Region: Espace_Mittelland
Law Area: social_law

considérant en fait
A. L'assuré, né en 1986, célibataire, est depuis plusieurs années au bénéfice de prestations complémentaires AVS/AI (ci-après: PC), versées par la Caisse de compensation du canton de Fribourg (ci-après: la Caisse). Depuis plusieurs années également, il est au bénéfice d'une mesure de tutelle puis de curatelle générale, en charge de laquelle était nommée sa mère, puis, depuis mars 2017, une autre représentante. Dès juin 2017, la mesure est celle d'une curatelle de représentation et de gestion du patrimoine.
Dans le cadre d'une révision périodique mise en place par la Caisse, il a annoncé, dans un formulaire du 21 juin 2017, une modification durable de sa situation économique, savoir, une fortune héritée suite au décès de son père, en 2016.
B. Par décision du 21 février 2018, après de nouveaux calculs de ses droits, prenant notamment en compte la vente d'un bien immobilier hérité le 19 janvier 2017, et le versement du solde du prix de vente, par CHF 42'080.-, qui lui fut fait le 1er février 2017, la Caisse lui a demandé la restitution d'un total de CHF 9'004.- de PC, pour la période de mars 2016 à février 2018. Le 6 avril 2016, l'assuré a écrit quant à sa situation financière, et en indiquant n'être d'accord avec rien; le 9 avril 2018, il envoya une copie de ses écrit et courriel du même jour à sa curatrice, dans lequel il explique tout contester. Dite curatrice avait remboursé, le 8 mars 2018, le montant objet de la restitution. Le 20 avril 2018, il précisa notamment que, selon lui, les montants de la fortune retenus par la Caisse ne sont pas corrects, qu'il n'a pas hérité de la maison de son père au moment où celui-ci est décédé, et qu'elle n'est pas louée. Il demandait le remboursement des CHF 9'004.-.
Par décision du 29 mai 2005, la Caisse a rejeté l'opposition de l'assuré. Des prestations ayant été versées à tort, la restitution demandée était bien fondée. L'obligation de communiquer sans retard toute modification sensible de sa situation matérielle n'avait pas été respectée; la succession n'avait pas été répudiée et il était l'unique héritier de son père. Le produit de la vente de l'immeuble avait été justement pris en compte dans les calculs dès le 1er février 2017.
C. Contre cette décision l'assuré recourt le 29 juin 2018 auprès du Tribunal cantonal, sous suite de frais et dépens, concluant à son annulation et au renvoi à la Caisse pour nouvelle décision. Dans le même acte, il demande à être mis au bénéfice de l'assistance judiciaire gratuite totale, son avocat, qui avait officié comme notaire dans le cadre de la succession et de la vente de l'immeuble de feu son père, lui étant désigné comme défendeur d'office.
Sur le fond, il explique qu'au décès de son père, sa mère était sa curatrice de portée générale. Vu l'estimation du principal actif de la succession, l'immeuble, elle a, dans un premier temps, été autorisée par l'autorité de la protection de l'adulte compétente à la répudier; des acheteurs ayant formulé une offre intéressante, elle fut cependant finalement acceptée, et la vente, autorisée le 13 janvier 2017, conclue le 19 du même mois, le paiement étant prévu le 1er février 2017. L'acceptation de la succession et la perte, ainsi, du droit de la répudier, sont la conséquence de l'acceptation de l'offre d'achat et la conclusion du contrat le 19 janvier 2017, deux immiscions au sens de l'art. 571 al. 2 CC. Avant cette date, et afin de ne pas perdre son droit à la répudiation de la succession, d'autant plus que celle-ci était initialement prévue, l'assuré n'a pas bénéficié d'un quelconque actif de la succession, dont la valeur n'a pu être déterminée que lorsque intervint l'offre
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d'achat, supérieure à l'estimation de l'immeuble faite. Sa qualité d'héritier n'a donc eu des effets sur sa situation économique que lorsque lui fut versé, le 2 février 2017, le solde de la vente, par CHF 42'080.-, de sorte que ce n'est qu'à partir de là, au plus tôt, que doivent être revus les calculs des PC. Le recourant conteste ensuite lesdits calculs en plusieurs points. Puis invoque sa bonne foi en relation avec la question d'une remise, et l'inopportunité de la décision.
D. Dans ses observations du 17 septembre 2018, la Caisse soutient que c'est bien la date du décès du père de l'assuré, coïncidant avec l'ouverture de la succession, qui devait être prise en compte pour ses nouveaux calculs. Elle confirme la teneur de ceux-ci, hormis sur un point, savoir le fait qu'il n'a pas été tenu compte d'une dette sociale du défunt, ce qu'elle entend faire désormais, malgré que cela n'avait pas été contesté dans la décision initiale de restitution. Elle se propose de procéder à un nouveau calcul en ce sens dès l'entrée en force du présent jugement. Dans cette mesure, elle indique maintenir partiellement sa position, sa décision sur opposition étant conservée en substance, mais différents calculs devant être effectués ultérieurement. S'agissant de la remise demandée, la condition de la bonne foi n'est pas remplie.
Ces observations ont été transmises pour information au recourant.
Aucun autre échange d'écriture n'intervint.
Il sera fait état des arguments invoqués par les parties à l'appui de leurs conclusions dans les considérants de droit du présent arrêt pour autant que cela soit utile à la solution du litige.

en droit
1.
Interjeté en temps utile et dans les formes légales auprès de l'autorité judiciaire compétente par un assuré, dûment représenté (compte tenu en particulier de sa mesure de curatelle), directement touché par la décision attaquée, le recours est recevable.
La proposition pendente lite de la Caisse du 17 septembre 2018, laquelle admet de tenir compte de la dette du père du recourant ne met pas fin au litige. La Cour demeure dès lors saisie du recours et doit statuer sur dite proposition.
2.
2.1. L'obligation de restituer suppose que soient réalisées les conditions d'une révision procédurale (voir art. 53 al. 1 de la loi du 6 octobre 2000 sur la partie générale du droit des assurances sociales [LPGA; RS 830.1], applicable par le renvoi de l'art. 1 al. 1 de la loi du 6 octobre 2006 sur les prestations complémentaires à l'AVS et à l'AI [LPC; RS 831.30]) ou d'une reconsidération (voir art. 53 al. 2 LPGA) de la décision – formelle ou non – par laquelle les prestations en cause ont été allouées (ATF 130 V 318 et les références).
Aux termes de l'art. 53 al. 1 LPGA, les décisions et les décisions sur opposition formellement passées en force sont soumises à révision si l’assuré ou l'assureur découvre subséquemment des faits nouveaux importants ou trouve des nouveaux moyens de preuve qui ne pouvaient être
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produits auparavant. L’art. 53 al. 2 LPGA énonce quant à lui que l'assureur peut revenir sur les décisions ou les décisions sur opposition formellement passées en force lorsqu'elles sont manifestement erronées et que leur rectification revêt une importance notable.
2.2. L'objectif de la LPC est de compléter les prestations servies par les deux assurances citées pour le cas où ces prestations ne suffiraient pas à couvrir de façon appropriée les besoins vitaux d'un assuré (arrêt TF 9C_846/2010 du 12 août 2011 consid. 4.2.1).
Le montant de la prestation complémentaire annuelle correspond, en vertu de l'art. 9 al. 1 LPC, à la part des dépenses reconnues qui excède les revenus déterminants.
2.3. A teneur de l'art. 25 al. 1 1ère phr. LPGA, les prestations indûment touchées doivent être restituées.
2.4. La procédure dans le domaine des assurances sociales est régie par le principe inquisitoire selon lequel les faits pertinents de la cause doivent être constatés d'office par l'assureur (art. 43 al. 1 LPGA]) ou, éventuellement, par le juge (art. 61 let. c LPGA). Ce principe n'est cependant pas absolu. Sa portée peut être restreinte par le devoir des parties de collaborer à l'instruction de l'affaire. Si le principe inquisitoire dispense les parties de l'obligation de prouver, il ne les libère pas du fardeau de la preuve, dans la mesure où, en cas d'absence de preuve, c'est à la partie qui voulait en déduire un droit d'en supporter les conséquences, sauf si l'impossibilité de prouver un fait peut être imputée à la partie adverse. Cette règle ne s'applique toutefois que s'il se révèle impossible, dans le cadre de la maxime inquisitoire et en application du principe de la libre appréciation des preuves, d'établir un état de fait qui correspond, au degré de la vraisemblance prépondérante, à la réalité (ATF 139 V 176 consid. 5.2 et les références).
L'on ajoutera que le recourant doit présenter des conclusions claires et précises, et une motivation à leur appui qui soit à l'avenant.
3.
Le recourant conteste (partiellement, à tout le moins) le principe de la restitution et le montant de celle-ci, en soutenant, en substance, qu'il ne peut être tenu compte de l'héritage de feu son père, décédé en février 2016, qu'au plus tôt à partir du 1er février 2017, date du versement du solde du prix de vente de l'immeuble, actif principal de la succession.
3.1. En vertu de l'art. 560 al. 1 du code civil suisse du 10 décembre 1907 (CC; RS 210), les héritiers acquièrent de plein droit l'universalité de la succession dès que celle-ci est ouverte. Sous réserve des exceptions prévues par la loi, ils sont saisis des créances et actions, des droits de propriété et autres droits réels, ainsi que des biens qui se trouvaient en la possession du défunt, et ils sont personnellement tenus de ses dettes (art. 560 al. 2 CC). Les droits et les obligations pécuniaires du de cujus qui ressortissent au droit public sont transmis aux héritiers avec le reste de son patrimoine,
Pour la Cour, un héritage doit être pris en compte, pour le calcul des revenus déterminants (art. 11 al. 1 let. c LPC) de l'assuré requérant ou au bénéfice de PC, dès le début, c'est-à-dire dès l’ouverture de la succession, soit dès le décès du de cujus, avec, cas échéant, effet quant aux PC dès le mois suivant (cf. JÖHL/USINGER-EGGER, Ergänzungsleistungen zur AHV/ IV, in: Sécurité sociale, SBVR, vol. XIV, 3ème éd. 2016, p. 1844, n. 162 et note de bas de page n° 689; MÜLLER, Rechtsprechung des Bundesgerichts zum ELG, 3e éd. 2015, art. 25 LPGA n. 11). C'est cette date
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qui est déterminante quant au changement à prendre en compte, par exemple, pour une augmentation de fortune (cf. art. 25 al. 1 let. c de l’ordonnance du 15 janvier 1971 sur les prestations complémentaires à l’assurance-vieillesse, survivants et invalidité, OPC-AVS/AI; RS 831.301). A défaut, pourrait, par exemple, survenir la situation choquante d'un assuré qui aurait hérité d'une très importante fortune, mais qui, se prévalant de (l'entier de) son délai pour répudier la succession, d'un versement du prix de vente d'un actif prévu contractuellement (très) ultérieurement, etc., continuerait dans l'intervalle à percevoir des PC de la collectivité publique, et ce sans devoir rembourser (restituer) celle-ci.
Par surabondance (cf. également VALTÉRIO, Commentaire de la LPC, 2015, art. 9 n. 4s.; d'un avis plus nuancé, MÜLLER, art. 25 LPGA n. 11 in fine; également arrêt TF 9C_447/2016 du 1er mars 2017 consid. 4.3), l'on relèvera que l'application de ce principe pourrait s'imposer en cas de succession indivise quand bien même la réalisation de l'actif (part d'héritage) présenterait des difficultés. Et qu'ici, l'assuré était héritier unique et connu, que nulle disposition de dernière volonté n'a été établie par le défunt, que les actifs (et singulièrement l'immeuble) et passifs furent aisément établis et disponibles (réalisables). Quant à une éventuelle répudiation, outre que, ainsi qu'écrit plus haut, cet élément ne saurait être déterminant ici, l'on relèvera ceci: elle n'est nullement invoquée dans le courrier du notaire (et mandataire actuel) du 20 octobre 2016; d'ailleurs, en tenant compte de l'estimation vénale de l'immeuble y figurant (CHF 350'000.-) et des montants ressortant de l'inventaire successoral, un bénéfice net prévisible de CHF 31'405.70 aurait, en cas d'acceptation de la succession, subsisté après paiement de l'entier de la dette sociale du défunt de CHF 120'988.-. Le consentement à la répudiation de la succession de l'Autorité compétente, du 8 novembre 2016, paraît surtout avoir répondu à la demande en ce sens de la curatrice, du 13 avril 2016 (cf. pce 15f de la Caisse); consentement d'autant moins décisif ici que la répudiation n'interviendra pas, étant ajouté que l'Autorité n'estimera pas devoir expressément revenir dessus lui, ni consentir expressément à l'acceptation de dite succession (cf. art. 416 al. 1 ch. 3 CC; pces 6, 7, 8 et 10 du bordereau du recourant). De plus, cette répudiation n'étant pas si à l'évidence justifiée au vu des chiffres et circonstances précités, il n'est pas exclu que si elle avait eu lieu, la Caisse serait alors intervenue pour dessaisissement de fortune, en prenant aussi en compte la date du décès de février 2016 (cf. art. 11 al. 1 let. g LPC; également formulaire de révision périodique rempli le 26 juin 2017, pce 5 de la Caisse; cf. également VALTÉRIO, art. 11 n. 1 et 43).
L'on relèvera aussi que le recourant entend que les charges hypothécaires de l'immeuble hérité, les frais d'entretien de celui-ci, ainsi que la dette sociale de son père soient pris en compte depuis le décès de son père – ce qui a bien été fait par la Caisse. On ne saisit pas pourquoi il le refuse en revanche pour les revenus et la fortune déterminants, mais le veut pour les dépenses reconnues, et rien ne justifie cette différence de traitement.
A noter que selon, toujours, les indications et montants donnés (inventaire successoral et contrat de vente, pces 8c, 10a et b de la Caisse), la vente de l'immeuble au prix de CHF 380'000.-, aurait dû laisser un bénéfice d'au moins CHF 61'405.70 nets, ce, après paiement de la dette sociale du défunt mais avant celui de l'impôt sur le gain mobilier (voire d'autres montants; cf. contrat de vente). Un décompte précis n'a pas été fourni à cet égard, seul étant attesté le paiement, le 2 février 2017, de CHF 42'080.- de "solde du Prix de vente" (cf. pce 14 de la Caisse), pris en compte par la Caisse.
Enfin, dès lors que la restitution s'inscrit dans le cadre d'une restauration d'une situation conforme au droit, respectant en particulier l'aspect subsidiaire de l'aide de la collectivité, qui ne doit être
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octroyée que si les conditions en sont remplies, est sans pertinence aucune l'argumentaire selon lequel la fortune de l'assuré devrait de toute façon être à nouveau sous le seuil déterminant peu de temps après les nouveaux calculs opérés par la Caisse, et qu'il aurait été plus opportun de lui laisser profiter de la somme objet de dite restitution pour son épanouissement.
Partant, c'est à bon droit qu'il y avait lieu de tenir compte de l'héritage dès le décès du père de l'assuré dans le calcul des prestations complémentaires versées depuis mars 2016. Il s'ensuit que les PC ont été, à tout le moins, en partie indûment versées durant la période considérée. Le montant réclamé par la Caisse et corrigé par l'Instance de céans, comme on le verra ci-dessous, est d'importance au sens de la jurisprudence, de sorte qu'il y lieu d'admettre que les conditions d'une reconsidération des décisions d'octroi des PC litigieuses sont données. Soulignons enfin que la décision attaquée respecte les délais de l'art. 25 al. 2 LPGA.
Reste à vérifier le montant réclamé par la Caisse.
3.2. De façon générale, hormis s'agissant de son épargne personnelle (cf. infra), le recourant ne remet pas en cause, à tout le moins pas de façon suffisante, les montants retenus par la Caisse dans ses feuilles de calculs, qui seront donc considérés comme admis.
3.2.1. Il entend que les intérêts hypothécaires du bien immobilier dont il a hérité ainsi que les frais d'entretien qui y sont liés soient pris en compte dès le décès de son père. Tel fut pourtant bien le cas, comme déjà relevé.
3.2.2. S'agissant de la prise en compte de la dette sociale de son père de CHF 120'988.- remboursée avec l'héritage, la Caisse a admis à juste titre dans ses observations au recours qu'elle aurait dû être prise en considération pour la période de mars 2016 à janvier 2017, aucune fortune nette ne devant être retenue dans les calculs pour les PC durant cette période (cf. infra).
3.2.3. Le recourant remet en cause les CHF 21'328.- et CHF 31'294.- d'épargne/titres retenus par la Caisse au 31 décembre, respectivement, 2016 et 2017, arguant du compte de gestion 2016 établi par son ancienne curatrice et mère, ainsi que d'extraits de compte (sans davantage de précision) qu'il détient. Il relève que deux extraits du même compte à la même date divergeraient quant au solde de respectivement CHF 27'712.85 et CHF 0.- y figurant.
Pour 2016, la Caisse explique que l'assuré n'ayant pas produit d'attestations bancaires au 31 décembre 2015, année civile devant en principe être prise en compte (cf. art. 23 al. 1 /AI), elle s'est fondée sur les dernières pièces pertinentes dont elle disposait pour statuer. Pour 2017, il a été tenu compte des documents au 31 décembre 2016 produits par la nouvelle curatrice.
La Cour souligne d'abord que dès lors que sera prise en compte, pour la période de mars 2016 à fin janvier 2017, la dette sociale du défunt, les divergences des parties quant aux montants devant être retenus pour ces temps sous la rubrique Epargne/titres n'ont aucune incidence ici, aucun montant de fortune net ne devant plus être pris en considération pour les calculs.
Il n'y a pas de motif de remettre en cause les observations de la Caisse et ses calculs. Il appartenait au recourant de produire les documents prouvant ses dires. Or, ce dernier n'a pas déposé, ni devant l'administration, ni même dans le cadre de la présente procédure de recours, de documents (bancaires) justifiant de s'écarter des chiffres retenus par la Caisse, alors qu'il lui appartenait de motiver, clairement, pièces (officielles) à l'appui, d'autre montants, et notamment de
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chiffrer celui devant, selon lui, être pris en compte pour 2017. La seule production avec le recours, pour 2016, d'un tableau de comptes de gestion (sans pièce bancaire au 31 décembre 2015; pièce 15 du recourant) ne suffit pas, ce sans même s'imposer une certaine réserve quant aux éléments y rapportés du fait que n'avait été fait mention auprès de la Caisse ni des CHF 450.- de loyer de l'assuré payés en réalité par son père, ni de l'ouverture de la succession en février 2016, ni de l'héritage, ni du solde du prix de vente perçu début février 2017. L'on notera que le compte succession s'élève, selon ce tableau, à CHF 0.- au 31 décembre 2016, alors que selon la pièce bancaire 16 du recourant, il est de CHF 26'712.85 à cette même date. Le recourant n'indique pas quelle pièce bancaire précise attesterait d'un montant de CHF 0.- en réalité (et pourquoi tel serait le cas); étant encore précisé que ledit compte ne doit pas être confondu avec un autre, existant "avant fusion", s'achevant par les mêmes chiffres.
La production d'extraits bancaires depuis le 1er mars 2017 demandée par le recourant est non pertinente ici et rejetée. Il est rappelé qu'il s'agissait de calculer une fois par année le montant des PC (avec des dépenses et des revenus convertis sur une année), en prenant notamment en compte, s'agissant de la fortune, la situation en février 2017, temps du versement du solde de la vente de l'immeuble (cf. art 25 al. 1 CPC-AVS/AI), et non de procéder à de nouveaux calculs chaque mois, adaptés aux modifications des comptes intervenus.
Doivent dès lors être notamment confirmés ici le montant de CHF 38'294.- d'Epargne/titres en janvier 2017 (total des soldes bancaires à fin 2016), et, dès février 2017, de CHF 80'374.-, après versement du solde du prix de vente, qu'il n'y a aucun motif d'ignorer. D'autant que, toujours eu égard au principe de subsidiarité de l'aide publique, une forte diminution, voire une disparition de ce montant, non justifiée par les dépenses pouvant être retenues dans le cadre des PC, pourrait être discutable et discutée.
3.3. Au vu de ce qui précède, il y a lieu d'admettre partiellement le recours dans le sens de la proposition pendente lite formulée par la Caisse dans ses observations du 17 septembre 2018.