Decision ID: 772b74fe-b75d-5fb3-aa68-ae77ce54225d
Year: 2016
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_013
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: public_law

EN FAIT
1. Monsieur A_, né le _, de nationalité suisse, a déposé le 2 mars 2016 une plainte au Tribunal administratif de première instance (ci-après : TAPI) dirigée contre un courriel qu’il avait reçu le 29 février 2016, à 15h31, de la division « recrutement » du service d'incendie et de secours (ci-après : SIS) de la ville de Genève, estimant avoir fait l’objet d’une discrimination en raison de son âge et demandant « une réparation pour préjudice moral et personnel ».![endif]>![if>
Le courriel mentionnait : « Monsieur, le délai de postulation pour l’école latine 2016 était au 15.02.2016. L’âge limite (27 ans) étant fortement dépassé, il est fort probable que la réponse soit négative en cas de postulation de votre part. Avec nos meilleurs messages ».
2. Par jugement sur compétence du 4 mars 2016, le TAPI a déclaré irrecevable le recours formé le 2 mars 2016 et l’a transmis à la chambre administrative de la Cour de justice (ci-après : la chambre administrative) pour éventuelle raison de compétence. La procédure était franche d’émolument.![endif]>![if>
Il n’était pas nécessaire de qualifier précisément la nature de la contestation en cause, le TAPI devant constater qu’il n’était pas compétent pour connaître de celle-ci. S’agissant de la demande du recourant et quelle que soit sa qualification, aucune disposition légale ne prévoyait une voie de recours, ou toute autre forme de démarche judiciaire, devant le TAPI. À supposer que l’acte querellé soit susceptible de recours, sa contestation ne pourrait éventuellement relever que de la compétence de la chambre administrative, raison pour laquelle le recours lui était transmis.
3. Par courrier du 8 mars 2016, la chambre administrative a accusé réception de la correspondance de M. A_, l’a transmise à la ville de Genève pour information et a informé les parties que la cause était gardée à juger en application de l’art. 72 de la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 1985 (LPA-GE -
E 5 10
).![endif]>![if>

EN DROIT
1. a. La chambre administrative est l’autorité supérieure ordinaire de recours en matière administrative (art. 132 al. 1 de la loi sur l’organisation judiciaire du 26 septembre 2010 - LOJ -
E 2 05
). Elle examine d’office sa compétence, qui est déterminée par la loi et ne peut être créée par accord entre les parties (art. 1 al. 2, art. 6 al. 1 let. b et art. 11 al. 2 LPA).![endif]>![if>
b. Sauf exceptions prévues par la loi ou lorsque le droit fédéral ou une loi cantonale prévoit une autre voie de recours (art. 132 al. 8 LOJ), elle statue sur les recours formés contre les décisions des autorités et juridictions administratives au sens des art. 4, 4A, 5, 6 al. 1 let. a et e et 57 LPA (art. 132 al. 2 LOJ).
c. Selon l’art. 4 al. 1 LPA, sont considérées comme des décisions au sens de l’art. 1 LPA les mesures individuelles et concrètes prises par l’autorité dans le cas d’espèce fondées sur le droit public fédéral, cantonal, communal et ayant pour objet de créer, de modifier ou d’annuler des droits ou des obligations (let. a), de constater l’existence, l’inexistence ou l’étendue de droits, d’obligations ou de faits (let. b) et de rejeter ou de déclarer irrecevables des demandes tendant à créer, modifier, annuler ou constater des droits ou obligations (let. c).
Lorsqu’une autorité rejette des prétentions à faire valoir par voie d’action judiciaire, sa déclaration n’est pas considérée comme une décision (art. 4 al. 3 LPA)
2. En l’espèce, le courriel litigieux ne répond pas à la définition de la décision. Le recourant n’a pas postulé auprès de l’intimée et la réponse de celle-ci est sans aucune incidence sur les droits ou obligations de l’intéressé, puisqu’elle se limite à émettre l’hypothèse qu’en cas de postulation de celui-ci, la réponse serait probablement négative.![endif]>![if>
Par ailleurs, le recourant formule une « plainte » et sollicite une « réparation pour préjudice moral et personnel » à la suite du courriel querellé.
La seule base légale pouvant éventuellement fonder le versement d'une indemnité pour tort moral est l'art. 2 de la loi sur la responsabilité de l'État et des communes du 24 février 1989 (LREC - RS
A 2 40
), selon lequel l’État de Genève et les communes du canton sont tenus de réparer le dommage résultant pour des tiers d’actes illicites commis soit intentionnellement, soit par négligence ou imprudence par leurs fonctionnaires ou agents dans l’accomplissement de leur travail. Or, cette prétention ne relève pas de la compétence de la chambre administrative, mais de celle du Tribunal de première instance, conformément à l'art. 7 al. 1 LREC et à la jurisprudence (
ATA/387/2014
du 27 mai 2014 ;
ATA/398/2012
du 26 juin 2012 ;
ATA/908/2010
du 20 décembre 2010 et la jurisprudence citée). La chambre de céans n’est en conséquence pas compétente.
En conséquence, la « plainte » dirigée contre un simple renseignement fourni par l’intimée, sans que l’intéressé ait même formellement postulé, sera déclarée irrecevable sans autre acte d’instruction, conformément à l’art. 72 LPA et le recourant renvoyé à mieux agir s’il s’y estime fondé.
3. Vu l’issue du litige, aucun émolument ne sera mis à la charge du recourant et aucune indemnité de procédure ne lui sera allouée (art. 87 LPA).![endif]>![if>