Decision ID: ef82c40c-033e-52ae-8ab2-48fbbcf86d70
Year: 2015
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_007
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 

EN FAIT
A.
a.
Dans le cadre de la poursuite ordinaire n° 14 xxxx70 C, introduite par l'Etat de Genève contre M. S_, domicilié xx, route Z_ à X_, pour divers montants totalisant 160 fr. en capital, l'Office des poursuites a établi le commandement de payer le 6 mars 2014.![endif]>![if>
b.
Une première tentative de notification du commandement de payer par la poste (Postmail) a échoué, M. S_ étant absent lors du passage du facteur et n'ayant pas retiré le pli qui lui était destiné dans le délai de garde de sept jours.
Deux tentatives subséquentes de notification par un agent de PostLogistics, les
25 et 26 mars 2014, se sont également soldées par des échecs.
c.
Lors d'une troisième tentative de notification, intervenue le jeudi 27 mars à 10h.26, le commandement de payer a, selon les indications qui y figurent, pu être notifié à Mme S_, "
épouse
" du débiteur.
d.
Aucune opposition n'a été formée, ni lors de la notification ni dans le délai de dix jours prévu par l'art. 74 al. 1 LP.
e.
Le créancier ayant requis la continuation de la poursuite, l'Office a adressé à
M. S_, par plis simple et recommandé du 26 mai 2014, un avis de saisie pour le 24 juin 2014, le débiteur devant se présenter à cette date dans les locaux de l'Office. M. S_ n'a pas retiré le pli recommandé du 26 mai 2014 et n'a pas donné suite à l'avis de saisie.
Le 9 septembre 2014, l'Office a procédé à la saisie des avoirs bancaires de
M. S_.
Le 18 septembre 2014, ce dernier s'est présenté dans les locaux de l'Office, où il a pu prendre connaissance du dossier.
B.
a.
Par courrier daté du 12 novembre 2014 mais adressé le 14 novembre 2014 à la Chambre de surveillance, M. S_ a allégué ne jamais avoir eu entre les mains le commandement de payer n° 14 xxxx70 C avant son passage dans les locaux de l'Office. Selon lui, son ex-épouse Mme S_ habitait en France et ne pouvait se trouver à son domicile à la date de notification mentionnée dans le commandement de payer. Il indiquait demeurer dans l'attente d'une "
réponse positive
" de la Chambre de céans.![endif]>![if>
b.
Dans ses observations du 4 décembre 2014, l'Office a conclu à l'irrecevabilité de la plainte. M. S_ avait en effet pris connaissance du commandement de payer au plus tard lors de son passage dans les locaux de l'Office le 18 septembre 2014, de telle sorte que la plainte formée le 14 novembre 2014 était tardive. Pour le surplus, il ressortait des mentions portées sur le commandement de payer, qui faisaient foi jusqu'à preuve du contraire, que celui-ci avait bel et bien été notifié à Mme S_, qui s'était présentée comme l'épouse du débiteur, le 27 mars 2014.
Par courrier du 25 novembre 2014, l'Etat de Genève, créancier poursuivant, s'en est rapporté à justice.
c.
Par courrier du 6 janvier 2015, la Chambre de surveillance a invité M. S_ à lui communiquer, d'ici au 14 janvier 2015, l'adresse de Mme S_. Il n'a donné aucune suite à ce courrier.
d.
Une audience a été tenue le 5 février 2015 à laquelle M. S_, bien que dûment cité, ne s'est ni présenté ni fait représenter.
A cette occasion, l'agent notificateur a confirmé les indications figurant sur le commandement de payer en ce sens qu'il avait bien notifié ledit acte le 27 mars 2014 à une femme d'une quarantaine d'années s'étant présentée comme Mme S_, épouse de M. S_. Il a de même confirmé avoir notifié à la même personne, huit jours plus tôt et à la même adresse, un autre commandement de payer adressé au débiteur.
e.
La cause a été gardée à juger à l'issue de l'audience.

EN DROIT
1.
Il est manifeste que la plainte a été formée plus de dix jours après que le plaignant, lors de son passage du 18 septembre 2014 dans les locaux de l'Office, a eu la possibilité de prendre (ou de reprendre) connaissance du commandement de payer notifié dans la poursuite n° n° 14 xxxx70 C. Elle est donc tardive.![endif]>![if>
Seul reste donc à examiner si la notification du commandement de payer était nulle, ce que la Chambre de surveillance devrait constater même en l'absence d'une plainte recevable en la forme (art. 22 LP).
2. 2.1
La notification viciée d'un commandement de payer est en principe nulle, si le vice a eu pour conséquence que le débiteur n'en a jamais eu connaissance
(ATF
128 III 101
consid. 1b). Si toutefois le débiteur, nonobstant la notification viciée, a eu connaissance du commandement de payer ou de son contenu essentiel, la notification n'est plus nulle mais uniquement annulable (ATF
128 III 101
consid. 2; Yvan Jeanneret/Saverio Lembo, in CR LP, 2005, Dallèves/Foëx/Jeandin [éd.], n° 34 ad art. 64 LP). La preuve de la prise de connaissance nonobstant la notification viciée incombe à l'Office.
2.2
En l'occurrence, il résulte de la plainte elle-même que le plaignant admet avoir pris connaissance du commandement de payer lors de son passage dans les locaux de l'Office, le 18 septembre 2014. A supposer même que la notification ait été viciée, elle ne serait dès lors pas nulle, mais annulable.
La plainte devra donc être déclarée irrecevable.
3.
La procédure est gratuite (art. 20a al. 2 ch. 5 LP et art. 61 al. 2 lit. a OELP), et il ne peut être alloué aucun dépens (art. 62 al. 2 OELP).
* * * * *