Decision ID: 74f165ac-a12f-5cda-8fed-06882f4b37b4
Year: 2019
Language: fr
Court: FR_TC
Chamber: FR_TC_005
Canton: FR
Region: Espace_Mittelland
Law Area: penal_law

considérant en fait
A. A._ était l’associé gérant, avec signature individuelle, de la société C._ Sàrl en liquidation, dont la faillite a été prononcée en 2016. Ses activités portaient sur D._, E._, F._ et G._ (DO/2079).
A._ exploite également l’entreprise individuelle H._, active dans I._ (cf. http://www.H._.ch).
B. Pour le baptême de leur fille, B._ et J._ souhaitaient organiser une réception le 10 septembre 2017. En vue de cet évènement, B._ a cherché sur internet un fournisseur de tentes dans le canton de Fribourg. Ce faisant, il aurait vu le site « C._ ». Il aurait alors composé le numéro de téléphone indiqué et une rencontre a eu lieu le 7 septembre 2017, réunissant A._, B._ et J._. Le lendemain, A._ a établi la confirmation de commande portant notamment sur la pose de trois tentes K._, un plancher de 80 m2 et deux chauffages (DO/2004, 2012, 2070).
S’en est suivi un important conflit entre les parties, B._ et J._ reprochant à A._ de nombreuses difficultés qui seraient survenues lors de l’exécution du contrat, soit en particulier les suivantes: le retard dans le montage des tentes a nécessité qu’ils décommandent et fassent revenir le lendemain les trois personnes engagées pour dresser les tables et s’occuper de la décoration. Les bâches étaient sales, inadéquates et n’avaient pas de fenêtres contrairement à celles choisies dans le catalogue. Il n’était pas non plus possible de juxtaposer les tentes. De plus, le seul chauffage fourni, alors que deux avaient été commandés, devait être réparé sur place, ce qui a taché des dalles. Renseignements pris par J._ auprès de l’assurance RC, celle-ci lui a indiqué ne plus prendre en charge quoi que ce soit car les primes n’étaient pas payées. De nombreux messages (sms) ont été échangés entre les parties, notamment au sujet du solde de la facture et du nettoyage des dalles (DO/2003 ss, 2070 ss).
C. Par courrier daté du 28 novembre 2017, A._ a déposé une plainte pénale contre B._ pour atteinte à l’honneur (DO/2003 ss), suite à la découverte, sur la page internet Google relative à l’entreprise individuelle H._, du message suivant: « Location de trois tentes 5x5m le weekend du 9-10 septembre : Ce fournisseur est un escroc qui ne respecte pas ses engagements de délais de montage et de réparation des dégâts. Le montage s’est effectué avec plus de six heures de retard. Les parois des tentes étaient sales et certaines ne fermaient pas. De plus, l’équipement de chauffage fut laissé sur des dalles malgré nos contre-indications et l’instruction claire de le déplacer sur le gazon. Les dalles se retrouvent souillées de mazout. Le fournisseur n’a pas de couverture RC pour réparer ce dommage. Pour couronner le tout il fait appel à nos voisins pour leur soutirer des services gratuitement (utilisation d’un monte-charge pour le rangement) et cela à notre insu. Ne pas recommander. La personne de contact était  avec signature individuelle de C._ Sàrl dont la faillite a été prononcé en 2016 » (sic) (DO/2004, 2009).
Un autre commentaire, similaire au précité, a été posté concernant la société C._ (DO/2003, 2010, 2011).
Le 25 mai 2018, le Ministère public a ouvert une instruction pénale contre B._ pour diffamation, éventuellement calomnie (DO/5002).
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Entendu par la police le 5 juillet 2018, B._ a reconnu être l’auteur de la phrase « Ce fournisseur est un escroc qui ne respecte pas ses engagements de délais de montage et de réparation des dégâts » (DO/2070). Il a expliqué avoir employé le terme « escroc » car il estimait avoir été trompé sur la marchandise. Il pensait avoir affaire à « une boîte sérieuse, bien équipée en matériel et en personnel », alors que A._ aurait utilisé une société en faillite (DO/2076).
Le 18 juin 2019, le Ministère public a rejeté la requête de A._ de procéder à une audition de confrontation entre lui-même et B._ (DO/9025).
Le même jour, il a rendu une ordonnance de classement, frais à la charge de l’Etat (DO/10'005 ss).
D. Par mémoire du 28 juin 2019, A._ a interjeté recours contre cette ordonnance. Il conclut, principalement, à l'admission du recours, à l’annulation de l’ordonnance attaquée, au renvoi de la cause au Ministère public pour le rendu d’une ordonnance de condamnation dans le sens des considérants, à ce que les frais soient mis à la charge de l’Etat et à ce qu’une équitable indemnité lui soit allouée. Subsidiairement, il conclut à ce que la cause soit renvoyée au Ministère public pour instruction complémentaire.
Le 26 juillet 2019, le Ministère public a renoncé à se déterminer et a conclu au rejet du recours, sous suite de frais.
B._ s’est déterminé le 4 septembre 2019, concluant, sous suite de frais et dépens, à ce que le recours soit déclaré irrecevable, subsidiairement à ce que l’ordonnance querellée soit confirmée.

en droit
1.
1.1. En application des art. 20 al. 1 let. b et 322 al. 2 CPP ainsi que de l’art. 85 al. 1 LJ, la voie du recours à la Chambre pénale (ci-après: la Chambre) est ouverte contre une ordonnance de classement.
1.2. Selon les art. 322 al. 2 et 396 al. 1 CPP, le recours est adressé par écrit, dans le délai de dix jours, à l’autorité de recours. Le recours déposé le 28 juin 2019 l’a été à temps.