Decision ID: 3cf6fde4-4ee6-5cf5-b37b-67a1cb394e3c
Year: 2014
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_006
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 

EN FAIT
A.
a)
A
_
a donné naissance à Genève, le _ 2005, à une fille prénommée D_.![endif]>![if>
Celle
-
ci a été reconnue le _ 2005 auprès de l'état civil par B_.
A_ et B_ ont cessé de faire ménage commun au mois de juin 2010 et ont signé, le 7 février 2011, une convention qui stipulait notamment que le père bénéficiait sur D_ d'un large droit de visite devant s'exercer d'entente entre les parties, mais au minimum un jour par semaine, un week-end sur deux et la moitié des vacances scolaires. Cette convention, ratifiée par le Tribunal tutélaire (désormais le Tribunal de protection de l'adulte et de l'enfant, ci-après : le Tribunal de protection) par ordonnance du 25 mai 2011, réglait également la question des contributions d'entretien.
b)
La relation entre les parties, bien que demeurant ambiguë, est rapidement devenue conflictuelle et a débouché sur le dépôt de plaintes pénales croisées, désormais classées. L'organisation du droit de visite a par ailleurs commencé à être source de différends.
c)
Le 27 septembre 2011, B_ a formé une demande en fixation du droit aux relations personnelles devant le Tribunal tutélaire et a revendiqué l'octroi d'un droit de visite devant s'exercer un mercredi sur deux, un week-end sur deux, la semaine suivant le week-end de garde, les lundis, mardis, jeudis et vendredis pour le repas de midi, ainsi que durant la moitié des vacances scolaires. Il a également conclu à ce qu'une curatelle d'organisation et de surveillance des relations personnelles soit ordonnée, ainsi qu'un suivi pédopsychiatrique de D_.
d)
Après instruction de la cause et dépôt d'un rapport d'évaluation sociale par le Service de protection des mineurs, le Tribunal tutélaire, par ordonnance du 25 avril 2012, a conféré à B_ un droit de visite devant s'exercer selon les modalités suivantes : chaque semaine scolaire, à l'occasion du repas de midi du jeudi, ainsi que pour le goûter, de 16h00 à 18h00, le mardi et le jeudi; une semaine sur deux, à l'occasion du repas du mardi à midi suivant le week-end de l'enfant chez sa mère, ainsi que du mardi sortie de l'école au mercredi 18h00; un week-end sur deux du vendredi sortie de l'école au dimanche 18h00, puis, à compter de la rentrée scolaire 2012/2013, jusqu'au lundi matin rentrée des classes; durant la moitié des vacances scolaires. Une curatelle d'organisation et de surveillance du droit de visite a par ailleurs été instaurée.
B.
a)
Par courrier du 14 avril 2014 adressé au Tribunal de protection, A_ a exposé avoir acquis un bien immobilier en France voisine et avoir l'intention de s'y installer avec D_ pendant l'été 2014. Elle sollicitait la tenue d'une audience, dans la mesure où le droit de visite, tel qu'il avait été fixé par l'ordonnance du 25 avril 2012, ne pourrait plus être exercé.
b)
La curatrice d'organisation et de surveillance du droit de visite a rendu, en date du 26 juin 2014, un rapport couvrant la période du 25 avril 2012 au 25 avril 2014. Elle a relevé que la mère avait toujours respecté et facilité le droit de visite du père. La collaboration du Service de protection des mineurs avec ce dernier s'était avérée difficile, B_ étant convaincu que le Service de protection des mineurs avait pris fait et cause pour la mère. Le passage de l'enfant était un moment délicat, voire perturbant pour l'enfant, laquelle était prise dans un conflit de loyauté qui se manifestait par des maux physiques.
c)
Les parties ont été entendues par le Tribunal de protection le 1
er
juillet 2014. A_ a confirmé que son déménagement dans la commune E_ (Haute-Savoie), soit à environ 35 km de Genève, était prévu pour le début du mois d'août 2014. D_ allait intégrer la CE2 à E_ et irait à l'école le mercredi matin. La mère proposait que le droit de visite du père s'exerce à raison d'un week-end sur deux, du vendredi sortie de l'école jusqu'au dimanche soir et durant la moitié des vacances scolaires.
La représentante du Service de protection des mineurs a relevé qu'en tant que tel, le droit de visite se déroulait bien et le planning était respecté. En revanche, lors du passage de l'enfant d'un parent à l'autre, il y avait des tensions importantes.
Les parties se sont mises d'accord sur les modalités suivantes : B_ irait chercher D_ à l'école un vendredi sur deux, A_ se chargeant de la récupérer le dimanche à 18h30. Un mercredi sur deux, le père viendrait également chercher D_ à 11h30 à la sortie de l'école et sauf accord contraire avec la mère, le passage de l'enfant aurait lieu à 18h30 devant la mairie de F_. Le droit de visite du père porterait en outre sur la moitié des vacances scolaires françaises, ainsi que sur la moitié des jours fériés.
d)
Par ordonnance
DTAE/3450/2014
du 18 juillet 2014, notifiée aux parties par plis du 22 juillet,
le Tribunal de protection a repris l'accord des parties et modifié les modalités du droit de visite de B_ sur D_ telles que fixées par ordonnance du 25 avril 2012 (ch. 1 du dispositif). Il a par conséquent réservé au père un droit de visite qui, sauf accord ponctuel contraire entre les parties, s'exercera un vendredi sur deux dès la sortie de l'école jusqu'au dimanche en fin de journée, soit en principe 18h30, étant précisé que le père ira chercher D_ et la mère ira la rechercher; un mercredi sur deux à la sortie de l'école (11h30) jusqu'à 18h30 devant la mairie de F_; durant la moitié des vacances scolaires françaises ainsi que durant la moitié des jours fériés, ce en alternance d'une année à l'autre (ch. 2), a dit que dès qu'il sera en possession, courant novembre de chaque année, de son planning de travail pour l'année suivante, le père fera des propositions de visite à la mère, en annexant copie du planning (ch. 3), a précisé que la mère communiquera au père, au plus tard au début de chaque année scolaire, le planning des vacances et jours fériés de l'enfant (ch. 4), a précisé que les vacances de février seront désormais réparties à raison d'une semaine entre chaque parent, de même que les vacances d'octobre, s'il devait s'avérer que celles-ci sont d'une durée supérieure à une semaine et a confirmé que les vacances de Pâques seront réparties par moitié entre les parents (ch. 5), a donné acte aux parties de ce que s'agissant des vacances d'été 2014, le père prendra sa fille du dimanche 27 juillet à 18h00 au lundi 25 août à 16h00, étant précisé que ce jour-là il ramènera l'enfant au pied de l'immeuble où travaille sa mère (ch. 6) et a débouté les parties de toutes autres conclusions (ch. 7).
C.
a)
Le 8 août 2014, A_ a formé un recours contre cette ordonnance. Elle a exposé que pour des "raisons personnelles", il ne lui sera pas possible d'assumer les trajets pour venir chercher sa fille à Genève. Le fait de reprendre D_ un mercredi sur deux devant la mairie de F_ ne lui convenait pas davantage, cette façon de procéder étant "malsaine et choquante" pour l'enfant. Elle concluait par conséquent à ce que le père vienne chercher et ramène D_ à son domicile en France, devant la maison. Elle souhaitait en outre que le père l'informe à l'avenir du lieu et des dates des vacances qu'il prendra avec l'enfant.
b)
Le Tribunal de protection n'a pas souhaité faire usage des facultés prévues par l'art. 450d CC et a attiré l'attention de la Chambre de surveillance sur le fait que la mineure ayant désormais sa résidence habituelle en France, la question de la compétence des tribunaux suisses se posait.
c)
Dans sa réponse du 2 octobre 2014, l'intimé a conclu à ce que le recours soit déclaré irrecevable, subsidiairement à ce que la recourante soit déboutée de ses conclusions, avec suite de frais et dépens "comprenant une équitable indemnité pour les frais et honoraires" de son conseil.
Selon l'intimé, dans la mesure où l'enfant vit désormais en France, les juridictions suisses ne sont plus compétentes pour statuer sur la question des modalités du droit de visite. Sur le fond, il a relevé que les modalités du droit de visite avaient été convenues entre les parties devant le Tribunal de protection, de sorte que la recourante faisait preuve de mauvaise foi en les remettant en cause. L'intimé a pour le surplus conclu au déboutement de la recourante de ses conclusions nouvelles.

EN DROIT
1.
1.1.
Les dispositions de la procédure devant l'autorité de protection de l'adulte sont applicables par analogie pour les mesures de protection de l'enfant (art. 314 al. 1 CC).![endif]>![if>