Decision ID: c588af0b-da4e-5246-a02e-8620b836733f
Year: 2017
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_001
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law

EN FAIT
, que, par ordonnance
ORTPI/582/2017
du 20 juin 2017, le Tribunal de première instance a ordonné une expertise portant sur diverses opérations sur valeurs mobilières effectuées en 2000 et 2001, a désigné l'expert, a fixé sa mission, a arrêté à 20'000 fr. l'avance des frais d'expertise, l'a mise à la charge des parties demanderesses et leur a imparti un délai expirant le 29 août 2017 pour s'en acquitter;
Que, par ordonnance n°
ORTPI/624/2017
du 29 juin 2017, le Tribunal, faisant suite à une interpellation des parties demanderesses tendant à la modification de l'ordonnance du 20 juin 2017, a maintenu cette dernière;
Que les parties demanderesses ont recouru le 6 juillet 2017 contre l'ordonnance du 29 juin 2017, concluant à son annulation et sollicitant à titre préalable la suspension de son caractère exécutoire;
Que, par arrêt
ACJC/923/2017
du 28 juillet 2017, la Cour a rejeté cette requête au motif que les parties demanderesses, recourantes, n'avaient ni allégué ni rendu vraisemblable l'existence d'un préjudice difficilement réparable pouvant résulter du maintien du caractère exécutoire de l'ordonnance attaquée;
Que, par ordonnance
DTPI/10927/2017
du 11 septembre 2017, le Tribunal a prolongé au 3 octobre 2017 le délai octroyé aux parties demanderesses pour s'acquitter de l'avance de frais fixée par ordonnance du 20 juin 2017;
Que, par ordonnance
ORTPI/792/2017
du 14 septembre 2017, le Tribunal, faisant suite à une nouvelle interpellation des parties demanderesses, a maintenu les ordonnances rendues les 20 juin et 11 septembre 2017;
Que, par acte déposé le 20 septembre 2017 au greffe de la Cour, les parties demanderesses ont formé un recours contre les ordonnances des 11 et 14 septembre 2017, concluant à leur annulation;
Qu'elles ont sollicité à titre préalable la suspension du caractère exécutoire des ordonnances attaquées, l'admission d'une preuve contraire à la loi – en l'espèce l'expertise ordonnée le 20 juin 2017 – étant à leur sens susceptible de leur causer un préjudice difficilement réparable;
Que les parties intimées se sont opposées à la suspension du caractère exécutoire des ordonnances attaquées;
Considérant,

EN DROIT
, qu'à teneur de l'art. 325 al. 2 CPC, applicable au cas d'espèce compte tenu de la nature de la décision entreprise, le recours ne suspend pas la force de chose jugée ni le caractère exécutoire de la décision entreprise, l'autorité de recours (soit la Cour de céans) pouvant suspendre le caractère exécutoire en ordonnant au besoin des mesures conservatoires ou le dépôt de sûretés;
Qu'il appartient à la partie recourante d'alléguer et d'établir la possibilité que la décision querellée lui cause un préjudice difficilement réparable (ATF
134 III 426
consid. 1.2), à moins que celui-ci ne fasse d'emblée aucun doute (ATF
136 IV 92
consid. 4;
133 III 629
consid. 2.3.1 in fine);
Que, selon la jurisprudence, saisie d'une demande d'effet suspensif, l'autorité de recours doit faire preuve de retenue et ne modifier la décision de première instance que dans des cas exceptionnels;
Qu'elle dispose cependant d'un large pouvoir d'appréciation permettant de tenir compte des circonstances concrètes du cas d'espèce (ATF
137 III 475
consid. 4.1; Brunner, in Kurzkommentar zur ZPO, Oberhammer et al. [éd.], 2ème éd., 2013, n. 4 ad
art. 325 CPC, Freiburghaus/Afheldt, in Kommentar zur Schweizerischen Zivilprozess-ordnung, Sutter-Somm et al. [éd.], 2ème éd., 2013, n. 6 ad art. 325 CPC, Jeandin, CPC, Code de procédure civile commenté, Bohnet et al. [éd.], 2011, n. 6 ad art. 325 CPC);
Que, s'agissant en premier lieu de l'ordonnance du 11 septembre 2017, cette décision ne tranche ni la question de la partie devant procéder à l'avance des frais d'expertise ni celle du montant de cette avance, toutes deux réglées par l'ordonnance du 20 juin 2017, mais se limite à proroger au 3 octobre 2017 le délai de paiement initialement fixé au 29 août 2017;
Que, les recourants n'alléguant pas ni ne rendant vraisemblable qu'ils seraient dans l'incapacité de s'acquitter de ce montant dans le délai fixé, ou que son paiement les plongerait dans des difficultés financières, on ne voit pas de quel préjudice ne pouvant être réparé par une admission de leur recours ils seraient menacés en cas d'exécution;
Que, s'agissant en second lieu de l'ordonnance du 14 septembre 2017, la Cour a déjà eu l'occasion de relever dans son arrêt du 28 juillet 2017 (
ACJC/923/2017
) que les recourants échouaient à rendre vraisemblable que l'exécution de l'ordonnance d'expertise rendue le 20 juin 2017 serait de nature à leur causer un préjudice difficilement réparable, dès lors qu'ils conservaient la possibilité d'en contester le principe, le contenu et l'appréciation dans le cadre d'un appel dirigé contre la décision au fond;
Que pour le surplus, et contrairement à ce qu'ils soutiennent, l'expertise ordonnée ne saurait en soi constituer une mesure probatoire contraire à la loi dès lors qu'elle est expressément prévue aussi bien par la Loi de procédure civile applicable au présent litige que par le CPC;
Que la requête visant à la suspension du caractère exécutoire des ordonnances querellées sera par conséquent rejetée;
Qu'il sera statué sur les frais liés à la présente décision dans l'arrêt rendu sur le fond (art. 104 al. 3 CC).
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