Decision ID: 24d9c8a2-d962-4476-ae83-2771bbe30bf8
Year: 2018
Language: fr
Court: VD_TC
Chamber: VD_TC_031
Canton: VD
Region: Région lémanique
Law Area: public_law

Vu les faits suivants:
A. A._ (le recourant), ressortissant camerounais né en 1979, est entré en Suisse en septembre 2004 en se légitimant au moyen d'un passeport camerounais établi au nom de B._, né en 1987. Il a obtenu une autorisation de séjour pour études valable jusqu'en septembre 2005. Le 31 mai 2006, un départ pour l'étranger a été enregistré.
Le 8 novembre 2006, le recourant est revenu en Suisse sous sa véritable identité et a déposé une demande d'asile qui a été rejetée, le 7 décembre 2006, par l'Office fédéral des migrations (ODM), qui a prononcé son renvoi. Le recours interjeté le 8 janvier 2007 contre cette décision a été rejeté par arrêt du Tribunal administratif fédéral (TAF) du 12 mars 2007. Un nouveau délai de départ a été imparti, au 13 avril 2007.
Vu que le recourant ne s'est pas conformé aux décisions des autorités, il a été renvoyé par vol spécial à destination du Cameroun, le 3 mars 2010, après avoir été mis en détention administrative en février 2010. Il est revenu en Suisse quelques jours plus tard.
Au mois de décembre 2010, le recourant a ouvert une procédure de mariage auprès de l'Etat civil, sous l'identité d'un alias, en vue d'épouser C._, réfugiée née en 1987, originaire de la République démocratique du Congo, titulaire d'un permis d'établissement. En février 2011, le recourant et C._, désormais enceinte de ses œuvres, ont demandé au Service de la population du Canton de Vaud (SPOP) de délivrer une attestation déclarant que le recourant était autorisé à séjourner en Suisse jusqu'à son mariage avec sa fiancée. Le 18 mars 2011 cependant, C._, a annoncé à l'Etat civil qu'elle annulait la procédure de mariage.
En décembre 2011, C._ a sollicité une autorisation de séjour en faveur du recourant en vue de la conclusion de leur mariage, que le SPOP a refusé de délivrer, ainsi que toute autre autorisation de séjour, par décision du 13 janvier 2012, contre laquelle aucun recours n'a été déposé. L'autorité a considéré, en bref, qu'en raison des diverses condamnations pénales du recourant, prononcées entre 2007 et 2011, l'intérêt public à son éloignement l'emportait sur son intérêt privé à demeurer en Suisse. La plus lourde condamnation, à 24 mois de privation de liberté pour faux dans les certificats, blanchiment d'argent, crime et contravention à la LStup ainsi que séjour illégal, datait du 23 février 2010.
En mars 2012, l'Etat civil a inscrit dans ses registres la reconnaissance en paternité du recourant sur ses jumeaux nés en août 2011.
B. En septembre 2013, le recourant et C._ ont demandé au SPOP de délivrer au recourant une autorisation de séjour en vue de mariage.
Par décision du 28 novembre 2013, le SPOP a considéré que cette requête constituait une demande de réexamen de la décision du 13 janvier 2012, qui devait être déclarée irrecevable, subsidiairement rejetée, un délai immédiat étant imparti au recourant pour quitter la Suisse. Le SPOP a considéré que les conditions pour entrer en matière sur la demande de reconsidération n'étaient pas remplies, l'état de fait à la base de la décision prononcée le 13 janvier 2012 ne s'étant pas modifié dans une mesure notable. Enfin, l'intérêt public à renvoyer le recourant au vu de ses condamnations pénales l'emportait toujours largement sur son intérêt à pouvoir vivre en Suisse auprès de sa fiancée et de leurs enfants.
En janvier 2014, le recourant et C._ sont devenus parents d'un troisième enfant commun.
Par arrêt PE.2014.0005 du 12 septembre 2014, la Cour de droit administratif et public (CDAP) du Tribunal cantonal a rejeté le recours formé par le recourant et C._ contre la décision du SPOP du 28 novembre 2013. La CDAP a précisé le dispositif de la décision du SPOP en ce sens que la demande de reconsidération de septembre 2013 était recevable et que, sur le fond, elle était rejetée. La CDAP a expliqué notamment ce qui suit (à la fin du considérant 4 de l'arrêt):
"[...], c'est à juste titre que l'autorité intimée a retenu que, même à supposer qu'elle doive entrer en matière sur la demande de réexamen, elle devrait conclure que l'intérêt privé du recourant à mener en Suisse une vie de famille cédait devant l'intérêt public à son éloignement, au vu de l'importante condamnation pénale à vingt-quatre mois de privation de liberté prononcée le 23 février 2010 et des infractions en matière de trafic de drogue qui lui étaient reprochées. Partant, il apparaît d'emblée que le recourant, une fois marié à la recourante, ne pourra pas être admis à séjourner en Suisse."
Le recours déposé par C._ et le recourant contre l'arrêt de la CDAP auprès du Tribunal fédéral (TF) a été rejeté, dans la mesure où il était recevable, par arrêt 2C_950/2014 du 9 juillet 2015. Le Tribunal fédéral a relevé notamment ce qui suit:
"5.4.3. Il y a lieu de souscrire à l'analyse effectuée par les précédents juges. Ceux-ci ont en effet, contrairement à ce que prétendent les recourants, dûment pris en considération l'évolution positive du parcours de vie du recourant depuis la levée de sa détention administrative le 12 octobre 2012. A bon droit, ils ont cependant opposé ce point positif encore récent et donc fragile aux multiples infractions pénales commises par l'intéressé, dont celle en matière de trafic de stupéfiants dans lequel le recourant s'était vu confirmer un rôle charnière, jugée le 23 février 2010, s'est révélée particulièrement grave. A ce titre, il n'est pas inutile de rappeler la jurisprudence "Reneja" (ATF 110 IB 201, confirmé sous l'empire de la LEtr in ATF 139 I 145 consid. 3.4-3.9; 135 II 377 consid. 4.3 et 4.4 p. 381 ss; arrêt 2C_915/2010 du 4 mai 2011 consid. 4), qui prévoit qu'une condamnation du conjoint étranger d'un ressortissant suisse à deux ans de privation de liberté constitue la limite à partir de laquelle, en général, il y a lieu de refuser l'autorisation de séjour requise. Or, en l'espèce, il sied d'admettre l'intérêt de l'Etat au refus de toute autorisation et au renvoi du recourant par un raisonnement a fortiori, dès lors que ce dernier n'est pas (encore) marié avec la recourante, à qui le statut précaire de son concubin en Suisse ne pouvait au demeurant échapper, que la somme des peines privatives de liberté auxquelles le recourant a été condamné depuis son entrée en Suisse est supérieure à deux ans et que la compagne et les trois enfants du recourant disposent d'un permis d'établissement et non de la nationalité suisse.
5.4.4. C'est par ailleurs à tort que les recourants invoquent la circonstance que les activités délictueuses reprochées à l'intéressé remontent déjà à plus de six années. S'il est certes vrai que l'écoulement du temps peut conduire à un autre résultat de la pesée d'intérêts qu'au moment de la mesure d'éloignement, encore faut-il qu'il se conjugue avec un comportement correct de la part de l'intéressé (arrêts 2C_1224/2013 du 12 décembre 2014 consid. 5.1.1; 2C_46/2014 du 15 septembre 2014 consid. 6.4.1). Or, les recourants perdent de vue que c'est en raison de l'opiniâtreté avec laquelle [le recourant] s'est opposé à son renvoi de Suisse et a multiplié les procédures pour pouvoir y demeurer que le séjour du recourant en Suisse s'est prolongé: entré sous un alias en Suisse en septembre 2004 au bénéfice du statut d'étudiant, il y est revenu en 2006 pour y solliciter vainement le statut de réfugié; sommé de quitter la Suisse en 2007, il s'est systématiquement opposé à son renvoi et est parti dans la clandestinité jusqu'à son interpellation en 2010. Il a ensuite présenté deux projets de mariage avec deux femmes différentes, dont la célébration du dernier a été refusée en raison de son caractère abusif. Quelques jours seulement après son renvoi par un vol spécial à destination du Cameroun, le recourant était illégalement revenu en Suisse et y est depuis lors resté malgré une interdiction d'entrée prononcée en 2011 et malgré des ordres de renvoi notifiés en 2011 et 2013, deux phases de détention administrative entre le 13 octobre 2011 et le 16 février 2012 et du 7 mars au 12 octobre 2012, qui ont été interrompues par une incarcération pénale. Un tel comportement est loin d'être irréprochable et ne saurait donc conduire à ce que le recourant en déduise un droit de demeurer en Suisse (cf. arrêt 2C_117/2012 du 11 juin 2012 consid. 4.5.3).
5.5. Compte tenu de l'ensemble des circonstances, il apparaît que l'intérêt public à éloigner le recourant l'emporte ici sur l'intérêt privé de celui-ci et de sa famille à pouvoir vivre ensemble en Suisse. Il en découle que l'une des conditions cumulatives présidant à l'obtention d'une autorisation de séjour (même de courte durée) en vue du mariage des recourants sur territoire suisse fait défaut. A ce titre, le Tribunal cantonal n'a donc enfreint ni les art. 8 et 12 CEDH, ni les art. 3 et 9 CDE, ni les art. 5, 13 al. 1 et 14 Cst., ni encore la législation fédérale sur les étrangers; il a en particulier procédé à une pesée des intérêts en présence correcte, qui reste dans les limites prévues par le droit fédéral et conventionnel."
Après la notification de l'arrêt du Tribunal fédéral, le SPOP a imparti le 23 juillet 2015 au recourant un délai immédiat pour quitter la Suisse et refusé par la suite une prolongation de ce délai.
C. Par arrêt de la Cour d'appel pénale du Tribunal cantonal du 28 janvier 2016, ce dernier a modifié un jugement du Tribunal de police du 30 septembre 2015 en condamnant le recourant pour faux dans les titres, séjour illégal et l'exercice d'une activité lucrative sans autorisation, commis entre octobre 2012 et janvier 2014, à une peine privative de liberté de 90 jours.
D. En juin 2016, le recourant a déposé, par son mandataire actuel, une demande de révision de l'arrêt 2C_950/2014 du 9 juillet 2015 auprès du Tribunal fédéral au motif que la Suisse était "le seul pays où les fiancés pourront se marier". Par arrêt 2F_12/2015 du 8 juillet 2015, ce dernier a rejeté cette demande dans la mesure où elle était recevable. Rien n'indiquait que la fiancée du recourant aurait vainement entrepris des démarches en vue d'obtenir les attestations requises ou des documents de remplacement lui permettant de se marier au recourant au Cameroun.
E. Par écriture du 28 juillet 2016, le SPOP a à nouveau fixé au recourant un délai immédiat pour quitter la Suisse.
Le 5 octobre 2016, un procès-verbal de notification au recourant d'une interdiction d'entrée en Suisse, prononcée par le SEM et valable à partir du 18 janvier 2011 pour une durée indéterminée, a été établi.
En date du 10 février 2017, une interdiction d'entrée prononcée par le SEM pour une période indéterminée a, à nouveau, été notifiée au recourant.
En juin 2017, un quatrième enfant est issu de la liaison entre le recourant et C._.
Le recourant et C._ se sont mariés en France le 4 septembre 2017.
Par ordonnance pénale du 23 octobre 2017, le recourant a été condamné pour séjour illégal et lésions corporelles simples, ces dernières ayant été commises le 2 juillet 2016, à une peine privative de liberté de 180 jours sans sursis. Il ressort de dite ordonnance que le recourant et deux autres personnes "ont roué le plaignant de coups de poing et de pieds jusqu'à ce qu'il tombe et ne parvienne plus à se relever. Ils ont ensuite regagné l'appartement, sans s'inquiéter du sort de leur victime".
Le 23 octobre 2017, le mandataire actuel du recourant a sollicité un entretien auprès du SPOP "afin de tenter de trouver une solution s'agissant du dossier de [son] mandant". Il a par ailleurs confirmé l'information donnée le jour précédent que le recourant avait épousé C._ en date du 4 septembre 2017.
F. Par écriture de son mandataire du 31 mai 2018, le recourant a déposé auprès du SPOP une "demande de reconsidération de sa situation dans la mesure où les circonstances à la base de la dernière décision qui lui a été opposée ont changé". Il a fait valoir d'être entre-temps marié "avec sa concubine de longue date" et d'avoir un quatrième enfant avec elle. Les deux premiers enfants (des jumeaux) allaient bientôt avoir sept ans; son épouse et les enfants bénéficiaient par ailleurs d'un droit de séjour durable en Suisse (permis d'établissement). Il a encore produit notamment une attestation d'établissement de la commune où vit son épouse et selon laquelle il serait arrivé dans la commune le 1er mai 2018 en provenance de France et une lettre du 7 mai 2018 selon laquelle une entreprise exprimait son intérêt à l'embaucher comme ouvrier polyvalent.
Après avoir obtenu l'avance de frais requise, le SPOP a rendu le 22 juin 2018 une décision, notifiée au recourant le 26 juin 2018, selon laquelle les conditions qui l'obligeaient d'entrer en matière sur une nouvelle demande n'étaient pas remplies. Le mariage célébré en septembre 2017 et la naissance du quatrième enfant ne constituaient pas des éléments nouveaux et pertinents susceptibles de modifier sa position. Vu les nouvelles condamnations de 2016 et 2017, les motifs d'ordre public demeuraient opposables au recourant. Le SPOP a déclaré la demande de reconsidération irrecevable et l'a subsidiairement rejetée. Il a levé l'effet suspensif à un recours et déclaré que le recourant était tenu de quitter immédiatement la Suisse.
G. Par acte de son mandataire du 27 août 2018, le recourant a interjeté un recours auprès de la CDAP en concluant à la réforme de la décision du SPOP du 22 juin 2018 en ce sens qu'une autorisation de séjour lui soit délivrée, subsidiairement à l'annulation de dite décision et au renvoi de la cause au SPOP pour nouvelle décision dans le sens des considérants. Par la même occasion, il a requis l'octroi de l'assistance judiciaire.
Par ordonnance du 29 août 2018, le Tribunal a octroyé l'effet suspensif et provisoirement renoncé à prélever une avance de frais. Il a encore requis des informations supplémentaires de la part du recourant par rapport à la requête d'assistance judiciaire et au recours lui-même. Il a enfin informé les parties qu'il se réservait la possibilité de statuer sans échange d'écritures.
Le SPOP a produit son dossier le 30 août 2018.
Dans le délai prolongé à la demande du recourant au 2 octobre 2018, celui-ci a produit diverses pièces et répondu aux questions du Tribunal. Il a notamment précisé que depuis l'arrêt précité de la CDAP du 12 septembre 2014 il avait toujours séjourné auprès de son épouse et de leurs enfants en Suisse, à l'exception du voyage en France pour célébrer le mariage. Le 16 octobre 2018, le mandataire du recourant a transmis sa liste de opérations.
Le Tribunal a statué par voie de circulation.

Considérant en droit:
1. Le recours a été déposé en temps utile, vu que le délai de recours de 30 jours ne courait pas entre le 15 juillet et le 15 août (cf. art. 95 et 96 al. 1 let. b de la loi cantonale du 28 octobre 2008 sur la procédure administrative [LPA-VD; RSV 173.36]). En attendant l'échéance du délai de recours et vu que la décision attaquée fixait un délai de départ immédiat et levait l'effet suspensif, le recourant courait toutefois le risque d'une exécution du renvoi avant le dépôt du recours.
2. a) Les autorités administratives sont tenues de réexaminer leurs décisions si une disposition légale expresse ou si une pratique administrative constante les y oblige (TF 2C_1224/2013 du 12 décembre 2014 consid. 4.1; 2C_1010/2011 du 31 janvier 2012 consid. 2.2). Tel est le cas de l'art. 64 al. 2 LPA-VD qui traite des motifs de réexamen des décisions et qui dispose que l'autorité entre en matière si l'état de fait à la base de la décision s'est modifié dans une mesure notable depuis lors (let. a), si le requérant invoque des faits ou des moyens de preuve importants qu'il ne pouvait pas connaître lors de la première décision ou dont il ne pouvait pas ou n'avait pas de raison de se prévaloir à cette époque (let. b) ou si la première décision a été influencée par un crime ou un délit (let. c).
La jurisprudence a en outre déduit de l'art. 29 al. 1 et 2 de la Constitution fédérale (Cst.; RS 101) l'obligation, pour l'autorité administrative, de se saisir d'une demande de réexamen lorsque les circonstances se sont modifiées de façon notable depuis la première décision ou lorsque le requérant invoque des faits essentiels et des moyens de preuve nouveaux qu'il ne connaissait pas ou a été dans l'impossibilité de faire valoir dans la procédure antérieure (ATF 124 II 1 consid. 3a; TF 2C_1224/2013 du 12 décembre 2014 consid. 4.1 et les réf. cit.). Une nouvelle demande ou une demande de réexamen de décisions entrées en force ne saurait toutefois servir à remettre sans cesse en cause des décisions exécutoires ou à détourner les délais prévus pour les voies de droit ordinaires (ATF 136 II 177 consid. 2.1; TF 2C_1224/2013 du 12 décembre 2014 consid. 4.1 et 4.2 et les réf. cit.).
b) En l'espèce, le recourant a fait valoir lors de sa "demande de reconsidération" du 31 mai 2018 la naissance du quatrième enfant en juin 2017 et le mariage célébré en septembre 2017.
Vu que le recourant a déjà trois enfants avec son épouse; le fait qu'ils soient parents d'un quatrième enfant ne présente à lui seul pas un nouveau fait essentiel au sens des art. 29 Cst. et 62 al. 2 LPA-VD par rapport à un permis de séjour en Suisse. Les autorités et tribunaux ayant traité la cause jusqu'à l'arrêt du Tribunal fédéral du 2C_950/2014 du 9 juillet 2015 avaient déjà tenu compte de la présence de trois enfants. Le fait qu'il y en ait un quatrième ne modifie pas de façon notable les circonstances à la base des précédentes décisions.
Quant au mariage, notamment le Tribunal fédéral avait opposé au recourant dans son arrêt précité du 9 juillet 2015 la jurisprudence "Reneja" au sujet des ressortissantes suisses et de leur mari étranger condamné à une peine de prison de deux ans. Le Tribunal de céans avait en outre retenu dans son arrêt PE.2014.0005 du 12 septembre 2014, confirmé par le Tribunal fédéral, que même une fois marié à la mère de ses enfants, le recourant ne pourra pas être admis à séjourner en Suisse. Le mariage invoqué par le recourant ne forme donc pas non plus un nouvel élément notable.
c) Cependant, même si on voulait admettre qu'il s'agit d'éléments notables et qu'il faille tenir compte de l'écoulement du temps, notamment par rapport aux délits qu'il a commis, comme le fait valoir le recourant explicitement pour la première fois dans son acte de recours du 27 août 2018, le présent recours ne pourrait pas être admis comme il sera tout de suite exposé.
3. a) Pour les étrangers qui, comme le recourant, sont soumis à la loi fédérale sur les étrangers, le droit au regroupement familial est réglé aux art. 42 ss LEtr. Selon l'art. 43 al. 1 LEtr, le conjoint d'un ressortissant étranger au bénéfice d'une autorisation d'établissement a le droit à l'octroi d'une autorisation de séjour et à la prolongation de sa durée de validité à condition de vivre en ménage commun avec lui. Ce droit s'éteint toutefois, en vertu de l'art. 51 al. 2 let. b LEtr, s'il existe un motif de révocation au sens de l'art. 62 LEtr. Tel est notamment le cas si l'étranger a été condamné à une peine privative de liberté de longue durée (art. 62 al. 1 let. b LEtr), soit, selon la jurisprudence, à une peine privative de liberté supérieure à un an, indépendamment du fait qu'elle ait été assortie d'un sursis complet ou partiel, ou prononcée sans sursis (ATF 139 I 16 consid. 2.1; 139 I 31 consid. 2.1; 135 II 377 consid. 4.2 et 4.5). Il en va de même si l'étranger attente de manière grave ou répétée à la sécurité et l'ordre publics ou les met en danger (cf. art. 62 al. 1 let. c LEtr).
L'existence d'une condamnation pénale ne peut en principe pas faire indéfiniment échec à l'examen d'une (nouvelle) demande d'autorisation de séjour (TF 2C_1224/2013 du 12 décembre 2014 consid. 5.1.1 et réf. cit.). Le refus d'accorder une autorisation de séjour se justifie s'il est conforme au principe de proportionnalité (art. 96 LEtr; cf. TF 2C_953/2013 du 16 septembre 2014 consid. 2.2; 2C_46/2014 du 15 septembre 2014 consid. 3.2; 2C_1163/2013 du 8 août 2014 consid. 3.3 et 3.4). Si l'étranger peut se prévaloir d'un droit à une autorisation de séjour pour regroupement familial et que l'on ne peut exiger de ses proches qu'ils le rejoignent à l'étranger pour que la vie de famille s'y poursuive, un nouvel examen au fond est indiqué si, depuis sa condamnation pénale, l'étranger a fait ses preuves et que son comportement n'a pas donné lieu à des plaintes dans son pays d'origine ou de résidence pendant une période raisonnable, de sorte que son intégration en Suisse paraît désormais prévisible et le risque de récidive négligeable (TF 2C_1224/2013 du 12 décembre 2014 consid. 5.1.1; 2C_964/2010 du 5 décembre 2011 consid. 3.3). L'intérêt public général à la prévention du danger que représente l'éloignement de l'étranger perd en importance avec les années. L'écoulement du temps, conjugué avec un comportement correct de la part de l'intéressé, peut ainsi conduire à un autre résultat de la pesée d'intérêts qu'au moment de la mesure d'éloignement. Si l'étranger s'est comporté correctement depuis lors et qu'il ne présente plus de risque pour l'intérêt public, les considérations de prévention générale ne sont en principe pas à elles seules suffisantes pour justifier une limitation continuelle au regroupement familial (TF 2C_1224/2013 du 12 décembre 2014 consid. 5.1.1; 2C_46/2014 du 15 septembre 2014 consid. 6.4.1).
Le Tribunal fédéral a posé le principe selon lequel il sied d'opérer un nouvel examen au fond de la prétention au regroupement familial si l'étranger a fait ses preuves durant cinq ans à l'étranger, par référence au délai maximal prévu à l'art. 67 al. 3 LEtr, ajoutant qu'un nouvel examen avant l'expiration de ce délai n'était toutefois pas exclu si l'éventuelle interdiction d'entrée avait été prononcée pour une durée inférieure ou si la situation s'était modifiée de telle manière que l'octroi d'une autorisation de séjour devait être sérieusement envisagé. Le délai précité d'en principe cinq ans commence à courir à partir du moment où l'étranger a quitté la Suisse (cf. TF 2C_790/2017 du 12 janvier 2018 consid. 2.1; 2C_299/2017 du 11 janvier 2018 consid. 4.3; 2C_253/2017 du 30 mai 2017 consid. 4.3; 2C_1224/2013 du 12 décembre 2014 consid. 5.1.2 et les réf. cit.).
b) En l'espèce, le recourant a lui-même admis qu'il n'est jamais vraiment sorti de la Suisse depuis les arrêts du Tribunal de céans et du Tribunal fédéral du 12 septembre 2014, respectivement du 9 juillet 2015, et les divers ordres du SPOP de quitter le pays. Le recourant s'est uniquement rendu en France pour se marier pour revenir ensuite en Suisse, du reste également contrairement aux interdictions d'entrée prononcées par le SEM à son encontre. Il ne peut donc être question que le recourant a fait ses preuves pendant une certaine durée à l'étranger. Par ailleurs, en plus de ses séjours illégaux en Suisse, le recourant ne s'est pas non plus comporté correctement depuis les arrêts précités, voire depuis les condamnations pénales à la base de ces arrêts. Ainsi, il a encore été condamné, le 28 janvier 2016, pour faux dans les titre et exercice d'une activité lucrative sans autorisation et, le 23 octobre 2017, pour lésions corporelles intentionnelles commises encore en juillet 2016, donc assez récemment. Eu égard à toutes les condamnations, les autorités pénales n'ont du reste plus posé de pronostic favorable par rapport au recourant.
Dans cette mesure, il est justifié de ne pas entrer en matière sur la nouvelle demande de mai 2018, respectivement de la rejeter sur le fond. Le fait que les enfants ainés du recourant aient entre-temps environ sept ans n'y change rien. Au contraire, si le recourant s'était conformé au droit, avait quitté le pays et n'avait plus commis de délits, il aurait pu espérer recevoir un titre de séjour en Suisse par regroupement familial cinq ans après son départ. Vu ce qui précède, il ne peut être question de le traiter mieux qu'un autre ressortissant étranger qui accepte les décisions entrées en force au lieu de faire fi de toutes les décisions rendues comme l'a fait le recourant jusqu'à présent.
4. Le recours s'avère donc manifestement mal fondé et doit être rejeté, la décision du SPOP du 22 juin 2018 étant confirmée. Dans cette mesure, le Tribunal de céans peut procéder par la procédure simplifiée de l'art. 82 LPA-VD sans échange d'écriture et par motivation sommaire de sa décision. Il y a aussi lieu de refuser l'octroi de l'assistance judiciaire, une condition pour son octroi étant que les prétentions ne soient pas manifestement mal fondées (cf. art. 18 al. 1 LPA-VD). En définitive, le recourant a requis uniquement un x-ième réexamen de sa situation sans que lui-même ne se soit réellement conformé au droit dans l'intervalle.
Vu ce qui précède, il n'y a pas lieu de renoncer à prélever des frais judiciaires, malgré la situation financière du recourant. Ces frais sont fixés à 600 francs. Des dépens ne sont pas alloués (cf. art. 49, 50, 55, 56 LPA-VD et 4 du tarif vaudois du 28 avril 2015 des frais judiciaires et des dépens en matière administrative [TFJDA; RSV 173.36.5.1]).