Decision ID: 0f282ec0-58de-451c-89a0-374ac0f50e78
Year: 2015
Language: fr
Court: VS_TC
Chamber: VS_TC_001
Canton: VS
Region: Région lémanique
Law Area: 

II. Statuant en faits
2.1 X_ est né le xxx 1976, à H_ en D_. Il est le
deuxième d’une fratrie de cinq (rép. 1 p. 3). Au terme de la scolarité obligatoire, il a
entrepris une formation de mécanicien qu’il a interrompue après six mois. Il a, par la
suite, effectué différentes activités. Depuis 2003, il travaille en qualité de chauffeur
international auprès de la société I_, de siège à H_, dont il détient
le capital. Il perçoit un salaire mensuel net de 1200 euros.
A une date indéterminée, l’intéressé s’est marié avec J_. Trois enfants sont
issus de leur union. X_ occupe, avec sa femme et ses enfants, une
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habitation à H_ en D_. Il ne supporte aucun frais de logement. Il a
contracté un prêt de 7000 fr. pour rénover la demeure familiale.
X_ ne figure pas au casier judiciaire central (p. 29).
2.2 Y_ est né le xxx 1972, à K_ en D_ (rép. 1 p. 11). Il
est le troisième enfant d’une fratrie de cinq. Au terme de la scolarité obligatoire, il a
suivi une formation de chauffeur durant quatre ans. Dès 1995/1996, il a œuvré, à la
demande, en cette qualité. Il obtient un salaire mensuel moyen de quelque 400 euros.
A une date indéterminée, il a contracté mariage avec L_. Quatre enfants sont
issus de leur union (p. 966). La famille réside à P_ en D_.
Y_ ne figure pas au casier judiciaire central (p. 28).
2.3 X_ et Y_ ont fait connaissance en 2009, voire en 2010 (rép. 2
p. 137; rép. 7 p. 156). Par la suite, celui-là sollicitait celui-ci lorsqu’un tiers ou lui-même
entendait faire appel à un chauffeur. Y_ percevait, à titre de salaire, une
quote-part de 10 % du prix du transport (rép. 4 p. 138).
3. Dans le courant du mois de janvier 2013, la division de la lutte contre le crime
organisé et le trafic de stupéfiants de D_ a informé la division de coordination
de la police judiciaire fédérale (ci-après : PJF) de l’existence d’un important trafic
d’héroïne entre la Q_, la D_ et la Suisse (p. 692). Elle soupçonnait,
depuis plusieurs années, X_ et Y_ d’être impliqués dans ce trafic.
Vers la mi-août 2013, la police D_ a indiqué à la PJF que les prévenus
s’apprêtaient à introduire, en Suisse, de l’héroïne, transportée dans un train routier. Le
19 août 2013, à la demande de la PJF, les agents de la police judiciaire cantonale ont
mis en place un dispositif afin d’intercepter le tracteur à sellette, immatriculé xxx8.
3.1 Dans l’intervalle, le vendredi 16 août 2013, X_ et Y_ ont quitté
K_. Ils se sont relayés au volant du tracteur à sellette, de marque Man et de
couleur bleue, immatriculé xxx8, auquel était attelée la remorque, qui portait la plaque
de contrôle xxx1. Ils ont transité par R_, puis ont embarqué sur un ferry à
destination de S_, en T_, où ils ont débarqué le lendemain matin
(rép. 3 p. 3; rép. 2 p. 12; p. 582 ss). Dans la soirée, ils ont poursuivi leur route et se
sont arrêtés à proximité de U_, le 18 août, vers 4 h. Après avoir bénéficié
d’une journée de repos, ils ont quitté U_ vers 22 h et ont rejoint la frontière
suisse, le 19 août à 5 h 11. Ils ont stationné leur véhicule, durant quelque quatre
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heures, au col du V_, pour se reposer, avant de prendre la direction de
W_, puis de l’aire de repos du AA_ où ils ont stationné le véhicule
à 11 h 30 (p. 588). A 15 h 30, les agents de la police judiciaire les y ont interpellés.
La fouille du train routier a abouti à la découverte, dans un compartiment de rangement
situé à l’extérieur de la cabine du camion, de six berlingots de jus de fruits, d’une
contenance de 2 l, fermés hermétiquement (p. 15). L’ouverture de ces berlingots a
révélé la présence de berlingots plus petits (1 l), protégés par du scotch brun. Cinq de
ces berlingots contenaient de l’héroïne, conditionnée par quantité de quelque 500 g -
soit au total 2437,4 grammes -, dans un sachet de congélation, enrobé également de
scotch brun, qui entourait un second sachet du même type. Le sixième berlingot
renfermait 100 flacons de 250 mg/1 ml, qui portaient l’inscription "Testosteron depo", et
9 emballages, qui mentionnaient "Kamagra 100 mg oral jelly", dans lesquels se
trouvaient 62 sachets individuels "Kamagra 100 mg oral jelly". Le mode de
conditionnement était identique pour tous les berlingots.
A l’intérieur de l’habitacle du véhicule, les agents ont, en outre, constaté la présence de
deux valises d’apparence semblable, mais de marques différentes, soit Gedox et Polo
Club. La seconde - Polo Club - contenait 9 emballages "Kamagra oral jelly 1 week
pack", dans lesquels se trouvaient 62 sachets individuels "Kamagra 100 mg oral jelly".
Les flacons de testostérone étaient protégés par des emballages en plastique
similaires à ceux trouvés dans cette valise.
Les analyses des échantillons transmis à l’institut de police scientifique de l’université
de LL_, respectivement aux laboratoires de Swissmedic, ont donné les
résultats suivants :
 l’héroïne présentait un taux de pureté qui se situait entre 50.9 % et 54.4 %
(p. 112 s.);
 les flacons de 250 mg "Testosteron depo" contenaient le principe actif
éponyme, lequel est considéré comme un médicament au sens de l’article 4 al.
1 let. a LPTh (p. 101 ss);
 les emballages "Kamagra 100 mg oral jelly" contenaient, pour leur part, un gel
composé de 106 à 109 mg du principe actif Sildénafil, lequel est considéré
comme un médicament au sens de l’article 4 al. 1 let. a LPTh.
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3.2 X_ a nié toute implication dans l’importation, en Suisse, d’héroïne et/ou
de produits thérapeutiques.
3.2.1 Interrogé le 19 août 2013, il a, en substance, exposé que, le 16 août précédent,
Y_ et lui-même avaient livré du matériel humanitaire à BB_ en
R_, chargé préalablement à H_ en D_ (rép. 3 p. 3).
Dans la soirée, ils avaient embarqué, avec le tracteur à sellette, sur un ferry qui les
avait transportés, en T_, à S_. Ils se rendaient en Suisse pour
prendre livraison d’objets qu’il leur appartenait de déplacer en CC_ (rép. 3
p. 3). La société I_ devait lui fournir les indications nécessaires dès son
arrivée en Suisse. Dans la matinée, son employeur l’avait informé qu’un autre
convoyeur assurait le transport et qu’il s’apprêtait à lui donner de nouvelles
instructions.
Selon X_, Y_ a acquis des berlingots de jus de fruits, qu’il a
déposés dans le compartiment de rangement situé à l’extérieur de la cabine du camion
(rép. 5 p. 4). Il n’a, pour sa part, acheté aucun berlingot. Hormis Y_ et lui-
même, personne n’avait accès à ce compartiment, dont il détenait la clef sur lui (rép. 7
p. 4). Il a ajouté que la valise de marque Polo Club appartenait à Y_.
X_ a encore souligné qu’il avait, pour la première fois, conduit le tracteur à
sellette, immatriculé xxx8. D’ordinaire, il circulait au volant d’un engin identique. Il
ignorait si un, voire des tiers, détenai(en)t un double des clés du train routier. La veille
du départ de K_, celui-ci était resté sans surveillance.
3.2.2 Le 23 octobre 2013, X_ a déclaré que le tracteur à sellette appartenait
à son frère, DD_ (rép. 2 p. 155). Il exploitait, avec celui-ci, la société
I_. Dans son village, des personnes ne l’appréciaient pas. Dans ces
circonstances, il pensait que, «pour [lui] faire du tort», un tiers avait caché de la drogue
dans le camion, «sachant qu’[il] allai[t] probablement» faire l’objet d’un contrôle à la
frontière suisse. Il a précisé que le prénommé EE_ lui avait proposé de faire
du trafic de cigarettes. Il avait refusé. EE_, sur un ton menaçant, lui avait
alors dit : «tu vas voir». Il était d’avis que l’intéressé n’était pas étranger à la présence
de la drogue découverte dans le train routier qu’il conduisait. EE_ avait agi,
le cas échéant, par vengeance.
X_ a encore précisé que, le 19 août 2013, il devait prendre possession d’un
lot de papier, à FF_, à 8 h, puis livrer cette marchandise en CC_
ou en GG_ (rép. 8 p. 157). En T_, il a constaté qu’il n’avait pas la
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possibilité d’arriver à FF_ à l’heure convenue. Il a informé DD_ qui
l’a invité à rechercher un autre transport à effectuer. Il a admis que, si Y_ et
lui-même avaient renoncé à une pause de quelque quatre heures au col du
V_, ils auraient pu rejoindre FF_ vers 8 h. Il a expliqué que, à
U_, les intéressés n’avaient pas pu récupérer dans de bonnes conditions en
raison de la chaleur, en sorte qu’ils s’étaient reposés avant de poursuivre leur route.
«Après réflexion», X_ a déclaré que, avant leur pause au col du
V_, DD_ lui avait indiqué que le transport de FF_ était
annulé (rép. 23 p. 160).
Il a ajouté que Y_ et lui-même possédaient des valises identiques.
L’intéressé l’a rejoint, le 16 août 2013, muni d’un sac en plastique qui provenait d’un
supermarché et d’une valise. X_ a ouvert le camion. Y_ a
déverrouillé le compartiment de rangement et a entreposé dans celui-ci, alors vide, la
nourriture et les boissons. Par la suite, ils se sont rendus, au moyen du train routier, à
proximité d’un supermarché où X_ a acheté des boissons gazeuses et de la
nourriture. Il n’a pas acquis de berlingots. Il n’a constaté la présence de ceux-ci que
lorsque les agents de la police judiciaire ont procédé, le 19 août 2013, à la perquisition
(rép. 15 p. 158). Il n’avait, au préalable, pas ouvert le compartiment de rangement. Du
16 au 19 août 2013, il n’est pas demeuré constamment dans le camion ou à proximité
de celui-ci. Il s’est, en effet, parfois absenté pour se rendre notamment dans des
établissements publics.
X_ a souligné qu’il possédait une clef du camion; la seconde était déposée
auprès de la société de leasing. Il a encore expliqué qu’il était resté sur l’aire de repos
du AA_, de 11 h 30 à 15 h 30, parce qu’il entendait, avant de reprendre la
route, s’adresser à différents tiers susceptibles de lui confier le transport de choses
(rép. 29 p. 161; consid. 3.5).
X_ a souligné que Y_ a sorti, à A_, un sac en plastique
qui contenait des boîtes de «Kamagra». A l’instar des berlingots, il voyait celles-ci pour
la première fois. Il lui a demandé s’il s’agissait de stupéfiants ou de médicaments.
L’intéressé ne lui a pas répondu. Après le repas, partagé au HH_,
X_ n’a pas regagné immédiatement le train routier. Il est d’avis que
Y_ a saisi cette opportunité pour ranger les boîtes de «Kamagra» dans la
poche extérieure de la valise. Il n’a pas été à même d’expliquer pour quels motifs
seules ses empreintes avaient été retrouvées sur les emballages (rép. 36 p. 163;
consid. 3.8).
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X_ a encore déclaré que Y_ avait proposé de s’arrêter sur l’aire du
AA_, parce qu’il connaissait une serveuse qui œuvrait au HH_
(rép. 21 p. 159).
3.2.3 Interrogé le 5 novembre 2013, X_ a déclaré que son frère,
DD_, qui avait organisé le transport, devait lui indiquer l’adresse de
chargement du lot de papier, dont il devait prendre possession à FF_ (rép. 6
p. 218). Il aurait, par la suite, utilisé le système de navigation du camion pour s’y
rendre. Lorsque son attention a été attirée sur l’absence de cet instrument à bord du
tracteur à sellette, il a indiqué qu’il entendait, au moyen du téléphone cellulaire de
Y_, se connecter sur internet pour se rendre à l’adresse exacte.
Le 18 décembre 2013, X_ a déclaré que le train routier, immatriculé xxx8,
n’avait pas circulé durant la dizaine de jours qui avait précédé le déplacement vers la
Suisse (rép. 3 p. 393). Le chauffeur de I_, II_ l’avait alors stationné
devant le domicile de X_ (rép. 5 p. 394). Celui-ci a ajouté que le prix du
transport K_-FF_, où il devait charger le lot de papier, s’élevait à
5000 fr. (rép. 8 p. 394). Il devait percevoir un montant supplémentaire de 5000 fr. pour
se rendre au lieu de livraison, à JJ_.
3.2.4 Le 17 février 2014, confronté aux déclarations de DD_ qui contestait
avoir organisé le transport en Suisse (consid. 3.5), X_ a maintenu sa relation
des faits (rép. 3 p. 662). Selon lui, son frère confondait le déplacement du 16 août 2013
avec un transport précédent où il s’était rendu à KK_ pour acheminer des
cadres de fenêtres. X_ a ajouté que DD_ était «un peureux», dont
les déclarations tendaient à prévenir une inculpation.
Informé de la déposition de II_ (consid. 3.5), il a reconnu qu’il avait invité
celui-ci à récupérer ses affaires personnelles dans le tracteur à sellette en spécifiant
qu’il devait effectuer un transport de fenêtres en Suisse (rép. 5 p. 663). II_
avait travaillé pour la police en D_, en sorte «[qu’il] ne lui di[sai]t pas tout».
X_ a précisé que, initialement, il pensait transporter des fenêtres. Il devait les
charger à K_ auprès d’une firme dont il ne se souvenait pas des
coordonnées et les décharger, en Suisse, selon les instructions de l’expéditeur (rép. 6
p. 663). Les fenêtres n’étaient cependant pas prêtes le 16 août 2013.
X_ a finalement reconnu que DD_ s’était retiré des affaires de
l’entreprise depuis une année, en sorte qu’il gérait celle-ci. Il lui appartenait, en
particulier, de prendre les décisions. Se référant aux circonstances de son
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interpellation, il a déclaré savoir que, depuis 4 ans, la police D_ le
soupçonnait d’être impliqué dans un trafic de stupéfiants, alors que les transports de
drogue étaient effectués par des amis (rép. 11 p. 665).
3.3 Y_ a également contesté toute implication dans le trafic de stupéfiants
et/ou de médicaments.
3.3.1 Entendu le 19 août 2013, il n’a pas fait état de la livraison de matériel
humanitaire à BB_ (rép. 2 p. 12). Il a déclaré qu’il ignorait la présence de
stupéfiants dans le compartiment de rangement situé à l’extérieur de la cabine du
camion (rép. 3 p. 12). X_ et lui-même s’apprêtaient à se rendre à
LL_ pour charger, dans le train routier vide, du matériel électro-ménager et
des machines agricoles destinées à la D_ (rép. 2 p. 12).
3.3.2 Le 16 octobre 2013, Y_ a précisé que X_ l’avait engagé
comme chauffeur pour procéder à un déplacement en Suisse. Ils n’étaient pas
convenus d’une rémunération particulière. Eu égard au tarif usuel, celle-ci devait
osciller entre 320 et 350 euros, soit 10 % du prix du transport estimé à 3200 à
3500 euros (rép. 4 p. 138). Il a ajouté que X_ détenait le capital de la société
I_. Il disposait de deux véhicules en leasing et de deux remorques.
Y_ a ajouté que, le 16 août 2013, avant de quitter K_, ils s’étaient
rendus, en taxi, dans deux supermarchés où ils avaient acquis des boissons,
notamment des berlingots de jus de fruits, et de la nourriture (rép. 8 p. 138 s.).
X_ les avait déposés, pour partie, dans le compartiment de rangement situé
à l’extérieur de la cabine du camion, qu’il avait, au préalable, déverrouillé. Y_
n’avait pas vu si les coffres étaient vides ou s’ils contenaient déjà des objets.
Il a contesté que la valise de marque Polo Club lui appartenait (rép. 16 p. 141). Il a
spécifié que sa valise était déchirée et que sa femme l’avait recousue. Il s’agissait,
dans ces circonstances, de la valise de marque Gedox. Avant de quitter K_,
il avait constaté la présence de boîtes de «Kamagra» dans la valise de X_
(rép. 18 p. 141). Celui-ci lui avait expliqué qu’il s’agissait d’un gel à consommer avant
d’entretenir des relations sexuelles.
3.3.3 Interrogé le 20 décembre 2013, Y_ a déclaré que, sur le trajet,
X_ lui avait affirmé qu’ils s’apprêtaient à charger, dans la région de
LL_-MM_, du matériel d’occasion, des appareils électroménagers
et des pneus (rép. 3 p. 403). Il a précisé n’avoir jamais utilisé l’application GPS de son
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téléphone cellulaire pour procéder à une livraison (rép. 22 p. 406). Selon lui,
X_ n’a pas évoqué la possibilité qu’il se connecte sur internet pour accéder
au lieu de chargement. La seule recherche de l’adresse coûtait, en effet, déjà 25 à
30 euros.
Lorsqu’il a pris place dans le camion, il a constaté la présence de nourriture et de
boissons, notamment de berlingots «Tetra Pak» dans la cabine et dans le frigo (rép. 4
p. 404). Les prévenus se sont alors rendus, en taxi, dans deux supermarchés où seul
X_ a acquis des berlingots de jus de fruits (rép. 6 p. 404). Ils les ont déposés
ensemble dans le compartiment de rangement et, pour partie, dans la cabine. Par la
suite, ils ont quitté K_, X_ au volant du tracteur à sellette, sans
faire une halte supplémentaire destinée à acquérir encore des boissons.
Y_ a contesté qu’il avait suggéré de s’arrêter au HH_ parce qu’il
connaissait une serveuse qui travaillait dans cet établissement public (rép. 17 p. 406).
Selon lui, X_ a décidé de stationner le train routier sur cette aire de repos.
Y_ a indiqué que X_ avait rangé dans la poche extérieure de la
valise qui lui appartenait les boîtes de «Kamagra» (rép. 35 p. 408). Il avait manipulé
l’une de ces boîtes remise par son camarade.
3.4 Le 15 mai 2014, le procureur en charge du dossier a procédé à la confrontation
des prévenus dont les déclarations étaient contradictoires.
3.4.1 Y_ a répété que le chargement à effectuer portait sur des appareils
ménagers d’occasion. X_ ne lui avait pas indiqué le lieu exact, mais il
s’agissait du périmètre FF_-LL_-MM_ (rép. 4 p. 780).
X_ a contesté avoir indiqué la nature de la marchandise à transporter durant
le trajet K_-A_. Parvenu en Suisse, le contrat a été résilié en raison
du retard, en sorte qu’il n’a pas précisé qu’il s’agissait d’un lot de papier, dont ils
devaient prendre possession à FF_. Il a ajouté qu’il n’avait jamais fait état de
la livraison de matériel humanitaire (rép. 12 p. 783).
X_ a déclaré que la valise de marque Polo Club ne lui appartenait pas (rép. 6
p. 781). Y_ a confirmé qu’il détenait la valise de marque Gedox.
Les prévenus ont confirmé leurs déclarations contradictoires relatives aux boîtes de
«Kamagra», à l’achat des berlingots de jus de fruits et à la présence ou à l’absence
préalable de ceux-ci dans la cabine (rép. 8 s. p. 781 s.).
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Y_ a contesté les déclarations de X_ à teneur desquelles ils
s’étaient arrêtés sur l’aire de repos du AA_ parce que celui-là connaissait
une serveuse qui travaillait dans l’établissement public situé sur cette aire (rép. 10
p. 782). Selon Y_, avant de s’arrêter à cet endroit, X_ lui a fait part
du retard pour prendre le chargement et a manifesté la volonté d’appeler
DD_ pour qu’il les aide à trouver un nouveau transport.
3.4.2 Aux débats en première instance, X_ a confirmé ses déclarations
antérieures. Il a précisé que, lorsque Y_ avait acquis les berlingots de jus de
fruits, il était au téléphone (rép. 13 p. 965). Il a souligné que chacun d’eux détenait une
valise, d’apparence semblable. Certes, il s’agissait de marques différentes, soit Gedox
et Polo Club. Il n’avait cependant pas prêté attention à l’inscription qui figurait sur sa
valise, en sorte qu’il ne pouvait pas l’identifier (rép. 17 p. 965). Aux débats en appel,
X_ a souligné qu’il était victime d’un complot ourdi par les autorités
D_. Celles-ci étaient convaincues qu’il avait participé, en 2001, à la guerre
entre D_ et R_. Elles souhaitaient qu’il collabore. Il avait refusé, en
sorte qu’elles l’avaient menacé en ces termes : «tu verras bien».
Aux débats en première instance, Y_ a indiqué que, durant le trajet,
X_ ne l’avait pas informé «exactement» du «but du voyage» (rép. 6 p. 966). Il
a répété que, à K_, il y avait une petite quantité de berlingots dans le camion.
A S_, le camion est demeuré sans surveillance durant quelque 5 ou 6 h. Aux
débats en appel, l’intéressé a confirmé ses déclarations antérieures.
3.5 Entendu le 21 janvier 2014, DD_ a, en substance, exposé qu’il avait
cédé sa société, I_, à son frère, X_, il y a quelques années
(p. 550). Il œuvrait dans une station-service, à NN_ en D_, auprès
de laquelle étaient stationnés les deux camions de I_. Selon son emploi du
temps, il travaillait ponctuellement au service de celle-ci. Son activité consistait à
récupérer des affaires dans les camions lors de déchargements à K_. Par
ailleurs, lorsque X_ était en voyage, DD_ consultait le site internet
xxx.net où il était susceptible de trouver des clients pour I_. Au mois d’août
2013, X_ lui a indiqué qu’un individu, qui résidait à K_, entendait lui
confier un transport jusqu’en Suisse. DD_ l’a incité à accepter. Vers 20 h,
X_ s’est rendu à la station-service où œuvrait DD_ et a fait le plein
du tracteur à sellette. Le lendemain, il a quitté K_ pour la Suisse. En
compulsant la mémoire de son téléphone cellulaire, DD_ a relevé que, le
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18 août 2013 à 17 h 47, X_ lui a déclaré qu’il avait livré la marchandise à
MM_. Il l’a invité à rechercher un transport à effectuer pour le retour.
Dès le printemps 2013, II_ a consenti à œuvrer auprès de I_ à la
demande de X_ (rép. 6 p. 156; p. 630). Il a effectué régulièrement des
transports de K_ à OO_, ainsi qu’au QQ_. Hormis lors du
premier trajet, il circulait, en principe, au volant du tracteur à sellette, immatriculé xxx8.
X_ ne conduisait pas ce véhicule. Le 12 août 2013, II_ s’est rendu
à OO_. Dans cette ville, il est demeuré présent durant le chargement du
camion (p. 632). De retour à K_, il a stationné le véhicule à proximité de la
station-service qui occupait DD_. Quelques jours plus tard, X_ l’a
invité à prendre ses affaires dans le camion parce qu’il devait se rendre en Suisse pour
livrer des fenêtres. II_ était surpris que son employeur ne lui ordonne pas de
l’accompagner. Il était convaincu que l’intéressé entendait effectuer, seul, le
déplacement. Sans nouvelles, II_ a interpellé DD_ qui lui a indiqué
que X_ était incarcéré en Suisse. Invité à spécifier les motifs de la détention,
DD_ lui a répondu «que l’on savait bien pourquoi». II_ a alors
compris que «X_ avait transporté des stupéfiants» (p. 631).
3.6 Alors qu’il se trouvait sur l’aire de repos du AA_, X_ a appelé,
au moyen de son téléphone cellulaire, en particulier QQ_, RR_ et
SS_. Les intéressés sont actifs dans le commerce d’objets usagers à
destination du QQ_ et/ou de la D_. X_ a interpellé
QQ_ et RR_ pour savoir s’ils entendaient lui confier de la
marchandise à livrer dans la péninsule TT_, afin de remplir, au retour, le train
routier (rép. 40 s. p. 329; rép. 28 p. 160; rép. 21 p. 344). X_ a indiqué qu’il
avait adressé une demande analogue à SS_, qui ne l’a ni confirmé ni infirmé
(rép. 28 p. 161; rép. 31 p. 354).
UU_ est directeur de VV_. Au mois de décembre 2012, cette
société a financé l’acquisition, par I_, de deux camions (p. 555).
X_, agissant pour la société, a, seul, participé aux pourparlers, puis a signé
le contrat. Dès le mois d’avril 2013, I_ ne s’est plus acquittée régulièrement
des redevances de leasing. Au mois de juillet 2013, les arriérés portaient sur trois
mensualités.
3.7 Les agents de la police judiciaire ont, le 19 août 2013, prélevé des traces digitales
sur le sachet de congélation n° xxx9, qui contenait quelque 500 g d’héroïne,
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découverts après le démontage d’un double berlingot. Le lendemain, ils ont ordonné la
saisie de données signalétiques, dont les empreintes digitales, de Y_,
effectuée le 22 août suivant (p. 53). Le même jour, ils ont transmis la fiche
dactyloscopique aux services AFIS (Automatic Fingerprint Identification Systems). Ils
ont, par la suite, procédé à l’analyse de celles-ci.
Dans un rapport du 24 septembre 2013, les agents de la section d’identité judiciaire ont
exposé que, selon la communication des services AFIS, les traces prélevées sur le
sachet de congélation correspondaient aux 7 e , 8
e et 9
e , ainsi que 6
e et 1
er doigts, de la
fiche dactyloscopique établie au nom de Y_ (p. 136). Après avoir procédé à
une vérification, ils ont confirmé la correspondance mise en évidence. Interpellé,
Y_ n’a pas pu expliquer les motifs pour lesquels ses empreintes digitales
avaient été identifiées sur le sachet de congélation (rép. 2 p. 403).
Le 14 mai 2014, la section d’identité judiciaire de la police cantonale a, sur requête du
représentant du ministère public, précisé le déroulement chronologique du processus
qui a abouti au lien dactyloscopique entre la trace découverte sur le sachet de
congélation et la personne de Y_, de la manière suivante (p. 775 ss) :
 le 19 août 2013, la marchandise saisie dans le camion est transportée par un inspecteur de la section d’identité judiciaire du port franc de A_ dans un lieu sécurisé à l’intérieur d’un bâtiment de la police;
 le lendemain, les différents objets séquestrés sont démontés et examinés à l’œil nu en lumière blanche par un inspecteur de la section d’identité judiciaire, puis documentés photographiquement;
 le 22 août 2013, la section d’identité judiciaire procède à la saisie des données signalétiques de Y_, dont la prise des empreintes digitales, et transmet la fiche dactyloscopique de l’intéressé, par l’intermédiaire d’une connexion sécurisée, aux services AFIS;
 le lendemain, le sachet de congélation découvert après le démontage d’un double berlingot, subit un traitement au cyanoacrylate;
 le 28 août 2013, une trace papillaire (relief de l’empreinte digitale) est mise en évidence après une nouvelle recherche à l’œil nu en lumière blanche; elle est photographiée en format numérique selon les standards de la division des services AFIS;
 le 30 août 2013, l’inspecteur en charge du constat analyse l’image de la trace et la juge identifiable; il la signifie au responsable des envois aux services AFIS;
 le 2 septembre suivant, ce responsable partage l’appréciation de l’inspecteur et adresse, par l’intermédiaire d’une connexion sécurisée, l’image aux services AFIS;
 le 12 septembre 2013, deux opérateurs distincts de ces services contrôlent la trace de manière indépendante et à l’aveugle avec les empreintes proposées
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par le système semi-automatisé AFIS; ils parviennent à la concordance contestée;
 à la suite de ce résultat positif, le responsable des envois aux services AFIS et l’inspecteur en charge du dossier, tous deux certifiés en dactyloscopie et régulièrement testés, confirment, de manière indépendante, que la trace papillaire correspond à l’index gauche de Y_; les caractéristiques communes relevées sur la trace et l’empreinte de l’index de Y_ sont jugées suffisantes (en qualité et en quantité) pour considérer qu’elles proviennent de la même personne.
Les agents de la section d’identité judiciaire ont annexé à leur rapport une fiche de
comparaison de la trace digitale prélevée sur le sachet de congélation et de l’empreinte
du 7 e doigt de la fiche dactyloscopique au nom de Y_ (p. 777). Ils ont mis en
évidence douze points de concordance. Ils ont ajouté qu’ils avaient procédé d’une
manière identique s’agissant des autres traces papillaires. L’examen a révélé qu’elles
correspondaient au pouce, au majeur et à l’annulaire gauche de l’intéressé, ainsi qu’à
son pouce droit (p. 778).
3.8 Les agents de la police judiciaire ont saisi les données signalétiques, dont les
empreintes digitales, de X_, le 16 septembre 2013 (p. 135). Le même jour, ils
ont signifié aux services AFIS la fiche dactyloscopique au nom de l’intéressé.
Ils ont, en outre, prélevé la trace digitale n° xxx10 sur un emballage «Pack one Week
Kamagra» qui provenait de la valise de marque Polo Club. Le 21 octobre 2013, les
services AFIS ont constaté que cette trace correspondait à l’empreinte du 2 e doigt de la
fiche dactyloscopique établie au nom de X_ (p. 754). A la suite de ce résultat
positif, le responsable des envois aux services AFIS et l’inspecteur en charge du
dossier ont procédé à une vérification, qui a confirmé la concordance précitée.
3.9 L’examen du disque de tachygraphe du tracteur à sellette, immatriculé xxx8, a
révélé que, le lundi 12 août 2013, II_ a parcouru 1310 km (p. 584). Le
16 août suivant, X_ a circulé au volant de ce véhicule de K_ sur
une distance de 51 km. Il a rejoint la ville de WW_ où il s’est
vraisemblablement arrêté à la station de péage.
Les agents de la police judiciaire ont interpellé un membre du Valais romand de
l’association suisse des transporteurs routiers, qui a chiffré à 1500 à 2000 euros le prix
du transport d’un lot de papier de FF_ en CC_ ou à JJ_
(p. 701).
3.10 Appréciant librement les preuves, la cour de céans retient, sur la base des
réflexions du présent considérant (ch. 3.10.1 à 3.10.6), que X_ et
- 18 -
Y_ savaient qu’ils transportaient des stupéfiants et des médicaments et que,
partant, ils le voulaient.
3.10.1 D’abord, la dactyloscopie a mis en évidence la concordance entre les traces
papillaires prélevées sur un sachet de congélation qui contenait de l’héroïne et les
empreintes digitales de Y_. Celui-ci conteste, à tort, le résultat de l’examen.
3.10.1.1 Le système automatisé d’identification des empreintes digitales AFIS est
exploité depuis 1984, en Suisse. Il est géré par les services compétents de l’office
fédéral de la police (ci-après : fedpol) (art. 3 let. a de l’ordonnance sur le traitement des
données signalétiques du 21 novembre 2001 en vigueur jusqu’au 31 août 2014 [ci-
après : ordonnance]). Il permet l’identification des personnes et des traces, souvent de
mauvaise qualité, relevées sur les lieux d’infractions, à partir des données
biométriques des empreintes digitales et des empreintes palmaires (fedpol, Bulletin
d’information AFIS du 21 janvier 2013 [ci-après : Bulletin], p. 1; Métille, Mesures
techniques de surveillance et respect des droits fondamentaux en particulier dans le
cadre de l’instruction pénale et du renseignement, 2011, n° 89). Les services
d’identification compétents des autorités de police cantonales peuvent faire comparer
par le service chargé de la gestion d’AFIS des empreintes digitales, des empreintes
palmaires et des traces relevées sur les lieux de délits (art. 4 let. g de l’ordonnance).
AFIS contient les empreintes des deux pouces, des dix doigts, les empreintes
palmaires et les traces relevées sur les lieux de délits (art. 7 al. 1 de l’ordonnance). Les
images numérisées sont envoyées aux services AFIS de fedpol. Après un contrôle de
la qualité, les éléments d’identification des empreintes sont déterminés, une recherche
est lancée dans la banque de données AFIS et les résultats obtenus sont vérifiés
manuellement. Ils apparaissent sous forme anonyme. Ils sont complétés par les
données relatives aux personnes et aux cas, puis ils sont transmis au mandant par
voie électronique sécurisée (fedpol, Bulletin, p. 2).
La valeur probante de cet outil informatique est très élevée et reconnue
scientifiquement (RR.2007.173 consid. 4.3). En effet, le dessin des crêtes papillaires
des doigts et de la paume des mains est unique et immuable chez chaque individu.
AFIS permet d’effectuer en quelques minutes une recherche sur les traces des 10
doigts et sur celles relevées sur des scènes de crimes et d’identifier une personne de
manière fiable grâce à une vérification de 2 ou de 10 doigts. Pour chaque cas,
l’appréciation définitive est exécutée par le dactylotechnicien (fedpol, Bulletin, p. 1).
- 19 -
3.10.1.2 En l’espèce, les agents de la section d’identité judiciaire, en collaboration
avec les services AFIS, ont procédé de la manière prescrite par la division AFIS de
fedpol. Ils ont prélevé les traces papillaires sur le sachet de congélation et ont saisi les
données signalétiques notamment de Y_. Ils ont successivement adressé
aux services AFIS, par l’intermédiaire d’une connexion sécurisée, la fiche
dactyloscopique de Y_ et l’image numérisée des traces papillaires. Deux
opérateurs distincts de ces services ont contrôlé ces traces de manière indépendante
et à l’aveugle avec les empreintes proposées par la banque de données AFIS. Ils ont
abouti à la concordance litigieuse. Par la suite, le responsable des envois aux services
AFIS et l’inspecteur en charge du dossier, certifiés en dactyloscopie, ont procédé à des
constatations analogues.
Aucune circonstance ou indices importants ébranlent sérieusement l’appréciation des
agents de la section d’identité judiciaire et des opérateurs des services AFIS. La
section d’identité judiciaire a établi les fiches dactyloscopiques au nom de
Y_, respectivement de X_, à des dates différentes, soit les 22 août
2013 et 16 septembre suivant. Lorsque, le 12 septembre 2013, les opérateurs des
services AFIS ont contrôlé les empreintes proposées par le système semi-automatisé
AFIS, ils n’étaient ainsi pas en possession de la fiche dactyloscopique de X_.
Dans ces circonstances, l’erreur, alléguée par Y_, entre les empreintes
digitales des coprévenus est exclue.
3.10.1.3 La méthode adoptée par les agents de la section d’identité judiciaire, en
collaboration avec les services AFIS, qui disposaient des traces signalétiques
nécessaires pour réaliser l’expertise, est conforme aux règles de l’art. Les conclusions
des opérateurs de fedpol et des agents de la section d’identité judiciaire sont claires.
Dans ces conditions, leurs constatations n’apparaissent pas douteuses sur des points
essentiels, en sorte que la cour de céans les fait siennes et retient, partant, que
Y_ a procédé, à tout le moins en partie, au conditionnement de l’héroïne.
3.10.2 Une trace digitale correspondant à l’empreinte de X_ a, en outre, été
prélevée sur un emballage de «Kamagra oral Jelly 1 week pack». L’intéressé n’a pas
été à même d’expliquer pour quels motifs, seules ses empreintes ont été retrouvées
sur cet emballage bien qu’il prétendait que Y_ avait rangé les boîtes de
«Kamagra» dans la poche extérieure de la valise de marque Polo Club.
Les six berlingots étaient conditionnés d’une manière identique. Les flacons de
testostérone, découverts dans le sixième berlingot, étaient, en outre, protégés par des
- 20 -
emballages en plastique similaires à ceux trouvés dans cette valise. Des doses de
«Kamagra» de 100 mg étaient cachées aussi bien dans le sixième berlingot que dans
la poche extérieure de la valise de marque Polo Club. Ces indices, rapprochés de la
concordance entre, d’une part, les traces papillaires prélevées sur le sachet de
congélation et les empreintes digitales de Y_, et, d’autre part, la trace digitale
prélevée sur un emballage de «Kamagra oral Jelly 1 week pack» et l’empreinte de
X_, sont de nature à convaincre la cour de céans que les deux prévenus ont,
de concert, préparé, à tout le moins en partie, les stupéfiants et les médicaments à
destination de la Suisse.
3.10.3 Les déclarations de X_ sur les motifs du déplacement en Suisse ne
sont pas crédibles. Elles sont, de surcroît, contradictoires.
Lors de son premier interrogatoire, X_ a ainsi fait état de la livraison de
matériel humanitaire à BB_. Par la suite, il a exposé qu’il s’agissait, en
réalité, de cadres de fenêtres, ainsi qu’il l’avait indiqué à II_. Il a spécifié que
celles-ci n’étaient pas prêtes le 16 août 2013. Il n’a pas, pour autant, été à même
d’indiquer les coordonnées de l’expéditeur et, le cas échéant, du destinataire.
L’intéressé a prétendu qu’il devait charger un lot de papier à FF_. A
nouveau, il n’a pu donner aucune autre indication. Il ignorait l’identité du cocontractant,
l’adresse exacte des lieux de chargement et de déchargement, le pays - CC_
ou GG_ - de celui-ci. Il a certes exposé que son employeur, la société
I_, voire son frère, devait lui fournir les précisions nécessaires. L’instruction a
cependant révélé qu’il gérait, pour l’essentiel, seul cette société de transports, dont il
était titulaire du capital. Son frère, DD_, consultait, il est vrai, ponctuellement,
le site internet xxx.net, où il était susceptible de trouver des clients pour I_,
mais il exerçait cette activité lorsque X_ était en voyage. Il a, de surcroît,
souligné qu’il n’était pas intervenu s’agissant du transport du 16 août 2013, organisé
par le seul X_. Celui-ci a fait valoir, à tort, que DD_ avait confondu
ce déplacement avec un transport précédent où il s’était rendu à KK_ pour
acheminer des cadres de fenêtres. DD_, après avoir compulsé la mémoire
de son téléphone cellulaire, a, en effet, souligné que, le 18 août 2013, X_
l’avait informé de la livraison de la marchandise à MM_.
X_ a déclaré qu’il entendait utiliser le système de navigation du camion, voire
le téléphone cellulaire de Y_, pour se rendre sur le lieu de chargement du lot
de papier. L’instruction a révélé que celui-ci n’entendait pas mettre à disposition son
- 21 -
téléphone cellulaire en raison du coût inhérent à une recherche et que le tracteur à
sellette ne disposait pas d’un système de navigation.
X_ a soutenu que Y_ et lui-même avaient renoncé à se rendre à
FF_, pour charger le lot de papier, en raison du retard sur l’horaire pris en
T_. Avant de pénétrer en Suisse, il en avait informé DD_. Celui-ci
l’a, implicitement, contesté lorsqu’il a fait état du déchargement de la marchandise à
MM_. Au demeurant, l’examen du disque de tachygraphe révèle que les
prévenus sont entrés en Suisse au poste de frontière de XX_ vers 05 h 11.
Ils disposaient donc du temps nécessaire pour rejoindre, le cas échéant,
FF_, distante de 247 km, dont 168 km d’autoroute, vers 8 h du matin. Ils
n’étaient pas tenus de se reposer. Ils avaient bénéficié, la veille, d’une journée à cet
effet, à U_. S’agissant de chauffeurs professionnels, il leur était loisible de se
relayer, durant quelque trois heures, au volant du tracteur à sellette. A défaut, après
avoir perdu le transport des cadres de fenêtres à l’aller, l’intéressé s’exposait à
regagner K_, à nouveau, à vide et, partant, à devoir supporter, sans
rémunération, les frais de péage, d’essence, du ferry BB_-S_, ainsi
que le salaire du chauffeur Y_.
3.10.4 Les interrogatoires successifs des prévenus ont mis en évidence leurs
contradictions sur les motifs de leur déplacement depuis la D_, la
provenance des berlingots de jus de fruits, la manipulation des boîtes de «Kamagra»
ou encore la propriété de la valise Polo Club.
Y_ a ainsi déclaré qu’ils se rendaient à LL_, puis à LL_-
MM_ et finalement dans le périmètre de FF_-LL_-
MM_, pour charger des appareils électroménagers et des pneus.
X_ n’a jamais fait état de pareille marchandise, mais de matériel humanitaire,
puis de cadres de fenêtres à l’aller, et d’un lot de papier au retour.
Alors que X_ a indiqué qu’ils s’étaient arrêtés au HH_ parce que
Y_ connaissait une serveuse qui œuvrait dans cet établissement, l’intéressé
a contesté cette déclaration. Il a indiqué que X_ avait seul pris la décision de
faire une halte sur cette aire de repos.
Selon Y_, des berlingots de jus de fruits se trouvaient déjà dans le camion.
Les intéressés en ont, par la suite, acheté d’autres dans deux supermarchés.
X_ a, pour sa part, prétendu que Y_ avait déposé les berlingots
litigieux, dans le compartiment de rangement alors vide.
- 22 -
Y_ a indiqué que les boîtes de «Kamagra» appartenaient à X_.
Celui-ci lui avait expliqué qu’il s’agissait d’un gel à consommer avant d’entretenir des
relations sexuelles. Selon X_, Y_ a sorti, à A_, un sac en
plastique qui contenait les boîtes de «Kamagra» et a, par la suite, vraisemblablement
rangé celles-ci dans la poche extérieure de la valise Polo Club.
Après avoir contesté être propriétaire de celle-ci, X_ a déclaré, aux débats
de première instance, que les deux valises étaient identiques, en sorte que, nonobstant
leur marque différente, il n’était pas à même d’indiquer s’il détenait la Polo Club ou la
Gedox. Y_ a toujours nié que la valise de marque Polo Club lui appartenait.
3.10.5 A l’époque des faits, I_ était confrontée à des difficultés financières.
Elle ne parvenait pas à s’acquitter des redevances de leasing depuis quelque trois
mois. Y_, pour sa part, n’était pas salarié. Il percevait un revenu de 10 % du
prix du transport. X_ a indiqué qu’il n’avait pas pu livrer les cadres de
fenêtres de K_ en Suisse. Dans ces circonstances, si le déplacement avait
tendu à effectuer un transport de marchandises moyennant une rémunération,
X_ se serait conformé aux instructions de l’expéditeur, notamment en ce qui
concerne le moment du chargement. Les prévenus ne seraient ainsi pas convenus de
se reposer environ 4 h au col du V_, avant de reprendre la route. Le cas
échéant, ils s’exposaient, en effet, au risque de voyager à vide à l’aller et au retour.
Les déclarations des appelants sur le prix du transport sont contradictoires.
X_ a fait état d’un montant convenu de 10'000 fr., qui apparaît fantaisiste.
Y_ a articulé le montant de 3200 à 3500 euros, qui est également élevé.
Selon un membre du G_is romand de l’association suisse des transporteurs
routiers, le prix du transport, exécuté le cas échéant par une entreprise suisse,
n’excède pas 1500 à 2000 euros.
Il est significatif que lorsque DD_, interpellé sur les motifs de la détention de
X_, a répondu «que l’on savait bien pourquoi», II_ a compris que
«X_ avait transporté des stupéfiants».
3.10.6 La thèse de l’intervention d’un tiers ne résiste pas à l’examen.
A supposer que le prénommé EE_ éprouvait de la rancœur à l’endroit de
X_, il n’aurait pas acquis plus de 2 kg d’héroïne, 100 flacons de testostérone
et 124 sachets de «Kamagra». Une quantité de quelque g d’héroïne était suffisante. Il
n’aurait pas plus dissimulé les stupéfiants et les médicaments en prenant le soin de
- 23 -
recourir à un dispositif complexe, qui nécessitait un investissement en temps. Au
demeurant, X_ a constaté, au départ de K_, que le compartiment
de rangement était vide. Par la suite, le camion est demeuré quasiment constamment
sous surveillance. L’accès au compartiment de rangement supposait, de surcroît,
d’ouvrir, au préalable, le train routier, dont seul X_ détenait la seule clé. On
cherche, par ailleurs, en vain, les motifs pour lesquels un tiers aurait dissimulé des
stupéfiants et des médicaments dans un tracteur à sellette dont il ignorait le lieu de
destination.
Y_ prétend que «[t]out ce qu[’a] écrit et dit la police D_ n’est pas
vrai» parce que «[l]es D_ font la même chose que les YY_ entre
1990 et 1999 au QQ_» (p. 885). X_, pour sa part, a fait état d’un
complot ourdi par les autorités D_. Ces moyens ne résistent pas à l’examen.
Certes, c’est à la suite de la dénonciation de la police D_ qu’un dispositif a
été mis en place afin d’intercepter les prévenus. En revanche, l’acte d’accusation, le
jugement querellé et les faits retenus au présent considérant sont établis sur la base
de l’instruction.
3.11 Il est reproché aux prévenus d’avoir importé de l’héroïne et des médicaments en
Suisse. L’acte d’accusation contient un exposé clair et précis des éléments
nécessaires à cet égard (art. 325 al. 1 let. f CPP). Il ne décrit pas d’autres faits
susceptibles de réaliser les éléments constitutifs des infractions qu’il énumère. Dans
ces circonstances, il n’y a pas lieu de déterminer le trajet du tracteur à sellette effectué
en Q_ le 12 août 2013, la date à laquelle la drogue a été chargée, l’identité
des tiers qui y ont, le cas échéant, procédé, le nom des clients intéressés, les contacts
avec les acheteurs, la date de livraison de la drogue ou encore le prix de vente négocié
pour la marchandise. Eu égard à l’étendue de la saisine de l’autorité de jugement, ces
questions souffrent de rester indécises. A la lecture de l’acte d’accusation, les
prévenus connaissent exactement les faits qui leur sont imputés, en sorte qu’ils ont pu
s’expliquer et préparer efficacement leur défense. Ils ne sauraient dès lors faire valoir
une violation des principes qui régissent la maxime d’accusation (art. 9 al. 1, 325 al. 1
CPP; arrêt 6B_418/2014 du 27 janvier 2015 consid. 1.1; ATF 133 IV 235 consid. 6.2;
126 Ia 19 consid. 2a).
- 24 -

III. Considérant en droit
4. Les premiers juges ont rappelé de manière pertinente la teneur et la portée des
articles 19 al. 1 let. b et 19 al. 2 let. a et b LStup, ainsi que des articles 86 al. 1 let. b et
87 al. 1 let. f LPTh, en sorte que l’on peut s’y référer (consid. 3.2 du jugement
querellé).
4.1 En l’espèce, à l’occasion d’un déplacement effectué entre les 16 et 19 août 2013,
les prévenus ont importé, de D_ en Suisse, une quantité totale de 2437,4 g
d’héroïne. Ils ont agi avec conscience et volonté; ils avaient, en effet, connaissance de
la marchandise transportée, qu’ils avaient, au préalable, à tout le moins pour partie
conditionnée. L’analyse effectuée par le laboratoire cantonal valaisan a révélé un
degré de pureté moyen de la drogue, retenu par les premiers juges, de 51%.
L’importation de drogue a, partant, porté sur une quantité d’héroïne pure de quelque
1243 g ([2437,4 g : 100] x 51). Le seuil du cas grave - 12 g s’agissant de ce stupéfiant -
est largement dépassé, en sorte que leur condamnation pour violation de l’article 19 al.
2 let. a CP ne procède pas d’une violation du droit fédéral.
4.2 Le «Kamagra», à l’instar du «Viagra», contient le principe actif Sildénafil, destiné à
agir médicalement sur l’organisme humain. L’importation d'un tel médicament remplit
l’une des conditions objectives du délit de l’article 86 al. 1 let. b LPTh. Ce
comportement, à lui seul, n’est pas de nature à mettre concrètement en danger la
santé des êtres humains. Comme pour le «Viagra», un risque pour la santé n’existe
qu’à certaines conditions, respectivement pour certains groupes de risques (cf. ATF
135 IV 37 consid. 2.4.2). Il n’est pas établi que les appelants entendaient livrer le
«Kamagra» à des personnes pour lesquelles la prise de ce produit, pour un motif ou un
autre, était risquée. L’un des éléments constitutifs objectifs de l’article 86 al. 1 let. b
LPTh n’est pas réalisé. Pour les mêmes motifs, cette infraction ne peut pas être
retenue s’agissant de l’importation de la testostérone. Il n’en demeure pas moins que
l’un des énoncés de fait de la disposition précitée - l’importation de médicaments - est
réalisé, en sorte que l’article 87 al. 1 let. f LPTh trouve application, ainsi que l’ont relevé
pertinemment les premiers juges (consid. 3.3.3 du jugement querellé).
4.3 Y_ leur reproche, subsidiairement, d’avoir violé l’article 25 CP en
considérant que son rôle dans le cadre du transport d’héroïne à l’origine de la
- 25 -
procédure a été déterminant au point qu’il doive être qualifié de coauteur et non de
complice.
4.3.1 Est un coauteur celui qui collabore, intentionnellement et de manière
déterminante, avec d'autres personnes à la décision de commettre une infraction, à
son organisation ou à son exécution, au point d'apparaître comme l'un des participants
principaux. Il faut que, d'après les circonstances du cas concret, la contribution du
coauteur apparaisse essentielle à l'exécution de l'infraction. La seule volonté quant à
l'acte ne suffit pas. Il n'est toutefois pas nécessaire que le coauteur ait effectivement
participé à l'exécution de l'acte ou qu'il ait pu l'influencer. La coactivité suppose une
décision commune, qui ne doit cependant pas obligatoirement être expresse, mais
peut aussi résulter d'actes concluants, le dol éventuel quant au résultat étant suffisant.
Il n'est pas nécessaire que le coauteur participe à la conception du projet, auquel il
peut adhérer ultérieurement. Il n'est pas non plus nécessaire que l'acte soit prémédité;
le coauteur peut s'y associer en cours d'exécution. Ce qui est déterminant, c'est que le
coauteur se soit associé à la décision dont est issue l'infraction ou à la réalisation de
cette dernière, dans des conditions ou dans une mesure qui le font apparaître comme
un participant non pas secondaire, mais principal (ATF 130 IV 58 consid. 9.2.1; 125 IV
134 consid. 3a; 120 IV 136 consid. 2b, 265 consid. 2c/aa, et réf. cit.).
Le complice est en revanche un participant secondaire qui prête assistance pour
commettre un crime ou un délit (art. 25 CP). La contribution du complice est
subordonnée. Il facilite et encourage l'infraction par une contribution sans laquelle les
événements auraient pris une tournure différente; son assistance ne constitue toutefois
pas nécessairement une condition sine qua non à la réalisation de l'infraction (arrêt
6B_500/2014 du 29 décembre 2014 consid. 1.1; ATF 119 IV 289 consid. 2c).
Contrairement au coauteur, le complice ne veut pas l'infraction pour sienne et n'est pas
prêt à en assumer la responsabilité.
4.3.2 En matière d'infractions à l'article 19 LStup, dès que le prévenu accomplit l'un
des actes visés par cette disposition, il est l'auteur de l'infraction, une participation à un
autre titre, telle une complicité, n'entrant pas en ligne de compte (arrêt 6B_500/2014 du
29 décembre 2014 consid. 1.1; ATF 133 IV 187 consid. 3.2 p. 193). Ainsi, celui qui
participe au transport de la drogue accomplit personnellement l’un des actes que la loi
érige en délit indépendant, soit celui réprimé par l’article 19 ch. 1 al. 2 aLStup en tant
qu’il sanctionne le fait de transporter des stupéfiants; il agit donc comme coauteur de
l’infraction en cause et non pas comme un simple complice (arrêts 6B_381/2011 du
22 août 2011 consid. 2; 6B_677/2007 du 11 mars 2008 consid. 3).
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- 26 -
4.4 En l’espèce, Y_ ne s’est pas borné à mettre un véhicule à disposition de
X_. Il a participé activement au transport et à l’importation de l’héroïne en
Suisse, comportements réprimés par l’article 19 al. 1 let. b LStup. Il a, de surcroît,
conditionné, à tout le moins une partie de l’héroïne. Dans ces circonstances, c’est sans
violer le droit fédéral que les premiers juges ont qualifié l’appelant de coauteur.
5. Les prévenus contestent, subsidiairement, la mesure de la peine.
5.1 Les premiers juges ont rappelé la teneur et la portée de l’article 47 CP, ainsi que
les principes applicables dans le domaine spécifique des infractions à la LStup, en
sorte que l’on peut s’y référer (consid. 5.1 du jugement querellé).
5.1.1 Il convient d’ajouter que, dans le cadre de la fixation de la peine, le recourant
peut faire valoir une inégalité de traitement (sur cette notion, cf. ATF 134 I 23 consid.
9.1; 131 I 1 consid. 4.2; 129 I 113 consid. 5.1). Compte tenu toutefois des nombreux
paramètres qui interviennent dans la fixation de la peine, une comparaison avec des
affaires concernant d'autres accusés et des faits différents est d'emblée délicate (ATF
120 IV 136 consid. 3a, et réf. cit.). Il ne suffit pas que le recourant puisse citer un ou
deux cas où une peine particulièrement clémente a été fixée pour prétendre à un droit
à l'égalité de traitement (ATF 120 IV 136 consid. 3a, et réf. cit.). Les disparités en cette
matière s'expliquent normalement par le principe de l'individualisation des peines,
voulu par le législateur. Elles ne suffisent pas en elles-mêmes pour conclure à un abus
du pouvoir d'appréciation (arrêts 6B_10/2013 du 15 mai 2013 consid. 2.4.1;
6B_793/2011 du 26 janvier 2012 consid. 4.3; ATF 135 IV 191 consid. 3.1).
5.1.2 Une peine privative de liberté d'une certaine durée a inévitablement des
répercussions sur les membres de la famille du condamné. Cette conséquence ne peut
toutefois conduire à une réduction de la peine qu'en cas de circonstances
extraordinaires (arrêts 6B_632/2014 du 27 octobre 2014 consid. 1.8; 6B_99/2012 du
14 novembre 2012 consid. 4.5; 6B_716/2010 du 15 novembre 2010 consid. 2.3).
L’absence d’antécédents judiciaires a un effet neutre et n'a donc pas à être retenue
dans un sens atténuant, sauf circonstance exceptionnelle (ATF 136 IV 1 consid. 2.6.4).
5.1.3 En mentionnant l'effet de la peine sur l'avenir du condamné, l'art. 47 CP reprend
la jurisprudence selon laquelle le juge doit éviter les sanctions qui pourraient détourner
l'intéressé de l'évolution souhaitable, en en généralisant l'application à la fixation de
toute peine (ATF 128 IV 73 consid. 4; 127 IV 97 consid. 3; 121 IV 97 consid. 2c; 119 IV
125 consid. 3b; 118 IV 337 consid. 2c, 342 consid. 2f). La perspective que l'exécution
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- 27 -
d'une peine privative de liberté puisse détacher le condamné d'un environnement
favorable peut ainsi, selon les circonstances concrètes du cas, déployer un effet
atténuant et conduire au prononcé d'une peine inférieure à celle qui serait
proportionnée à sa culpabilité (ATF 134 IV 17 consid. 3.4). Cela étant, l'effet de la
peine sur l'avenir du condamné, en tant qu'élément de prévention spéciale, ne permet
que des corrections marginales, la peine devant toujours rester proportionnée à la
faute (arrêts 6B_889/2010 du 24 mai 2011 consid. 3.3.1; 6B_14/2007 du 17 avril 2007
consid. 5.2; 6B_445/2010 du 4 octobre 2010 consid. 3.2).
Lorsque la peine entrant en considération se situe dans un intervalle dont les bornes
comprennent la limite supérieure à l'octroi du sursis (24 mois), du sursis partiel
(36 mois) ou de la semi-détention (1 an; art. 77b CP), le juge doit se demander si une
peine inférieure à cette limite apparaît encore soutenable et, dans cette hypothèse, la
prononcer. Dans le cas inverse, il est libre de prononcer une peine, pour peu qu'elle
soit adéquate et justifiable, même si elle n'excède que de peu la limite en cause (ATF
134 IV 17 consid. 3.5). Une privation de liberté de 42 mois, «ne se situe manifestement
plus dans un intervalle comprenant la limite du sursis partiel» (arrêt 6B_697/2012 du
17 janvier 2013 consid. 2).
5.2 X_ fait valoir que la peine privative liberté ne saurait excéder 3 mois.
Y_, pour sa part, estime qu’une peine privative de liberté de 36 mois,
assortie d’un sursis partiel à concurrence de 18 mois, le détournerait
vraisemblablement définitivement de tels actes. Il se prévaut également d’une inégalité
de traitement.
5.2.1 La situation personnelle de X_ a été exposée (consid. 2.1). Il n’a pas
d’antécédents judiciaires.
Sa culpabilité est très lourde. Le prévenu a importé, de D_ en Suisse, des
stupéfiants à une reprise, mais il s’est agi d’une quantité d’héroïne importante -
2437,4 g -, d’un taux de pureté minimum - 51 % - élevé. Il savait ou aurait dû savoir
que cette quantité mise sur le marché était propre à mettre en danger la santé de
plusieurs centaines de personnes. Pour livrer ces stupéfiants, il a voyagé durant
quelque trois jours de K_ à A_, ce qui est révélateur de l’intensité
de sa volonté délictuelle. L’intéressé n’était pas toxicomane, en sorte que son
comportement ne tendait pas à financer sa propre consommation. A l’époque des faits,
il obtenait un revenu mensuel de quelque 1200 euros par mois. Dans ces
http://relevancy.bger.ch/php/aza/http/index.php?lang=fr&type=highlight_simple_query&page=1&from_date=01.01.2011&to_date=25.02.2015&sort=relevance&insertion_date=&top_subcollection_aza=all&query_words=%22ATF+127+IV+97%22&rank=0&azaclir=aza&highlight_docid=atf%3A%2F%2F134-IV-17%3Afr&number_of_ranks=0#page17 http://relevancy.bger.ch/php/aza/http/index.php?lang=fr&type=highlight_simple_query&page=1&from_date=01.01.2011&to_date=25.02.2015&sort=relevance&insertion_date=&top_subcollection_aza=all&query_words=%22ATF+127+IV+97%22&rank=0&azaclir=aza&highlight_docid=atf%3A%2F%2F134-IV-17%3Afr&number_of_ranks=0#page17 http://relevancy.bger.ch/php/aza/http/index.php?lang=fr&type=highlight_simple_query&page=1&from_date=01.01.2011&to_date=25.02.2015&sort=relevance&insertion_date=&top_subcollection_aza=all&query_words=%22ATF+127+IV+97%22&rank=0&azaclir=aza&highlight_docid=atf%3A%2F%2F134-IV-17%3Afr&number_of_ranks=0#page17
- 28 -
circonstances, il n’a pas transgressé la loi par nécessité, mais poussé par l’appât du
gain.
Durant l’instruction, il n’a pas collaboré. Il a prétendu que son frère, DD_
avait, par peur, menti. Celui qui use de tels moyens pour se soustraire à une
condamnation manifeste par là un manque particulier de scrupules.
Le prévenu n’a jamais manifesté le moindre remord. Il a constamment nié les faits qui
lui étaient imputés. Lorsqu’il fait valoir, subsidiairement, que la peine privative de liberté
ne saurait excéder 3 mois, il manifeste un défaut de prise de conscience de sa faute.
La femme et les trois enfants de X_ résident en D_. Ils sont privés,
durant son incarcération, de soutien. La situation de l’appelant ne diffère pas, pour
autant, fondamentalement de celle d’autres détenus, condamnés à des peines fermes
d’une certaine durée qui ont des enfants. De telles circonstances ordinaires ne
justifient pas, à elles seules, une réduction de la peine. Les juges de première instance
ont, par ailleurs, suffisamment tenu compte de l’effet de la peine sur l’avenir du
condamné.
L’infraction commise exposait X_ à une peine privative de liberté d’une durée
minimale d’un an (art. 19 ch. 2 LStup) et maximale de vingt ans (art. 40 CP). La peine
prononcée par les premiers juges - 42 mois (sous déduction de la détention avant
jugement) -, demeure dans le premier cinquième de l’échelle des peines susceptibles
d’entrer en considération. Compte tenu de l’ensemble des circonstances, ce verdict
n’apparaît ni déséquilibré ni excessivement sévère. Il doit, partant, être confirmé.
Le prévenu, eu égard à sa situation financière et à la gravité de la violation de la LPTh,
est, en outre, condamné à une amende additionnelle, d’un montant non contesté de
1500 fr., qui ne se confond pas avec celui fixé s’agissant de Y_. Pour le cas
où, de manière fautive, il ne s’acquitterait pas de ce montant, la peine privative de
liberté de substitution est fixée à 15 jours.
5.2.2 La situation personnelle de Y_ a été exposée (consid. 2.2). Il n’a
également pas d’antécédents judiciaires.
Sa culpabilité est, à l’instar de celle de X_, très lourde. Le prévenu a, en
effet, participé, en qualité de coauteur, à l’importation, en Suisse, d’une quantité
importante d’héroïne, d’un taux de pureté élevé, propre à mettre en danger la santé de
nombreuses personnes. Cela ne pouvait ou n’aurait pas dû lui échapper. Il a parcouru
- 29 -
des milliers de kilomètres et a traversé de nombreuses frontières pour importer de
l’héroïne. Pareil comportement est révélateur de l’intensité de sa volonté délictuelle.
L’intéressé n’est pas toxicomane. A l’époque des faits, il réalisait un salaire de quelque
400 euros par mois, en sorte que sa situation était plus difficile que celle de
X_. Il n’a pas, pour autant, prétendu que le trafic de stupéfiants constituait
l’unique moyen pour subvenir aux besoins de sa famille.
Y_ n’a pas collaboré à l’enquête. Malgré la preuve à charge, constituée par
la concordance entre la trace prélevée sur le sachet de congélation ayant contenu
l’héroïne et ses empreintes digitales, il a constamment nié les faits. Il n’a pas pris
conscience de la gravité de son comportement.
La situation familiale du prévenu n’apparaît pas extraordinaire, en sorte qu’elle ne
justifie pas une diminution de la peine.
En définitive, il n’y a pas lieu de traiter différemment X_ et Y_, dont
la culpabilité, les antécédents, la situation personnelle, les motivations et les buts sont
comparables. Il n’est, en particulier, pas soutenable de prétendre que la fourchette des
sanctions qui entrent en considération engloberait aussi la limite supérieure du sursis
partiel, soit trois ans au plus. Par ailleurs, la comparaison avec des jugements sans
aucun lien avec la présente cause est vaine, dès lors que l’on ignore l’ensemble des
circonstances déterminantes pour la fixation de la peine. Certes, dans l’arrêt
6B_799/2011 du 26 janvier 2012, cité par l’appelant, le Tribunal fédéral a considéré
que le recourant invoquait, à tort, une inégalité de traitement avec un coaccusé
condamné à trois ans de peine privative de liberté pour avoir transporté, à une reprise,
une quantité de 3 kg d’héroïne pure. L’arrêt ne fait cependant pas état de la situation
personnelle de l’intéressé, en sorte que l’on ignore les critères qui lui étaient propres.
Le second arrêt cité - 6B_267/2013 du 15 mai 2013 - a trait à un trafic qui portait sur
une quantité de 4.2 kg d’héroïne et 400 g de cocaïne. La peine prononcée contre un
coprévenu - trois ans et demi - est motivée par le «rôle peu élevé dans la hiérarchie».
Cette implication moindre n’est pas spécifiée. En outre, on ignore, à nouveau, les
conditions subjectives. Dans ces circonstances, Y_ ne saurait invoquer ce
précédent pour prétendre que la peine prononcée par les premiers juges s’écarte de
celles habituellement fixées dans des cas comparables. La peine privative de liberté de
42 mois est, partant, également confirmée s’agissant de cet appelant.
Les situations financières des prévenus ne sont pas comparables. Aussi, l’amende
contraventionnelle pour violation des articles 87 al. 1 let. f, en relation avec l’article 86
- 30 -
al. 1 let. b LPTh, est arrêtée au montant, non contesté, de 500 francs. Dans
l’hypothèse où, de manière fautive, Y_ ne s’acquitterait pas de ce montant, la
peine privative de liberté de substitution est fixée à 5 jours.
6. Les appelants n’ont pas entrepris, de manière motivée, les chiffres 5 et 8 du
dispositif. Les premiers juges ont, à juste titre, ordonné la confiscation des stupéfiants
et des médicaments séquestrés et leur destruction (art. 69 CP). Il s’agit, en effet,
d’éviter que la mise en circulation de ces biens ne permette la commission d’autres
infractions. Par ailleurs, le montant de 2480 fr., obtenu lors de la vente de la remorque,
immatriculée xxx1, doit être affecté à la couverture partielle des frais de procédure
(art. 267 al. 3 CPP; cf. ég. art. 268 al. 1 let. a CPP).
A défaut d’appel du ministère public, il convient également de confirmer les chiffres 6 et
7 du dispositif du jugement entrepris et de restituer à X_, respectivement à
Y_ les différents téléphones mobiles, cartes SIM, carnet sur lequel ont été
portées des inscriptions manuscrites et passeports.
7. X_ a contesté la répartition des frais en première instance. Il a fait valoir
qu’il était inéquitable de le condamner à la moitié des frais «en fonction des dépenses
spécifiques le concernant, notamment des frais de traduction de ses lettres et autres»
(ch. 4.5.2 de la déclaration d’appel).
7.1 A teneur de l’article 426 al. 1 CPP, le prévenu supporte les frais de procédure s’il
est condamné.
La répartition des frais de procédure repose sur le principe, selon lequel celui qui a
causé les frais doit les supporter. Ainsi, le prévenu doit supporter les frais en cas de
condamnation (art. 426 al. 1 CPP), car il a occasionné, par son comportement,
l'ouverture et la mise en œuvre de l'enquête pénale (arrêt 6B_1085/2013 du 22 octobre
2014 consid. 6.1.1; ATF 138 IV 248 consid. 4.4.1). Un lien de causalité adéquate est
nécessaire entre le comportement menant à la condamnation pénale et les coûts
relatifs à l'enquête permettant de l'établir (arrêts 6B_1085/2013 du 22 octobre 2014
consid. 6.1.1; 6B_53/2013 du 8 juillet 2013 consid. 4.1, non publié in ATF 139 IV 243).
Lorsque plusieurs prévenus sont impliqués dans la même procédure, les frais de
procédure doivent, en principe, être supportés par la personne qui en est à l’origine.
Ainsi, par exemple, les frais d’expertise psychiatrique d’un prévenu doivent être mis à
la charge de celui-ci et les frais liés à la défense d’office doivent être mis à la charge du
prévenu pour lequel un défenseur d’office a été commis (Crevoisier, Commentaire
http://relevancy.bger.ch/php/aza/http/index.php?lang=fr&type=highlight_simple_query&page=1&from_date=01.01.2011&to_date=25.02.2015&sort=relevance&insertion_date=&top_subcollection_aza=str&query_words=%226B_428%2F2012%22&rank=0&azaclir=aza&highlight_docid=atf%3A%2F%2F138-IV-248%3Afr&number_of_ranks=0#page248 http://relevancy.bger.ch/php/aza/http/index.php?lang=fr&type=highlight_simple_query&page=1&from_date=01.01.2011&to_date=25.02.2015&sort=relevance&insertion_date=&top_subcollection_aza=str&query_words=%226B_428%2F2012%22&rank=0&azaclir=aza&highlight_docid=atf%3A%2F%2F139-IV-243%3Afr&number_of_ranks=0#page243
- 31 -
romand, n. 1 ad art. 418 CPP; Jeanneret/Kuhn, Précis de procédure pénale, 2013,
n° 5049). Lorsque les frais se rapportent à plusieurs personnes, l’article 418 al. 1 CPP
prévoit, en principe, une répartition proportionnelle de ceux-ci à charge de chacune des
personnes concernées. A titre d’exemple, on peut citer les frais d’analyse de produits
stupéfiants saisis en cas de trafic impliquant plusieurs personnes (Crevoisier, loc. cit.;
cf. ég. Jeanneret/Kuhn, loc. cit.).
7.2 En vertu de l’article 426 al. 3 let. b CPP, le prévenu ne supporte pas les frais qui
sont imputables aux traductions rendues nécessaires du fait qu’il est allophone. Cette
disposition doit être lue en relation avec l’article 68 CPP, dont l’al. 1 er
, 1 re phrase,
prévoit que la direction de la procédure fait appel à un traducteur ou un interprète
lorsqu’une personne participant à la procédure ne comprend pas la langue de la
procédure ou n’est pas en mesure de s’exprimer suffisamment bien dans cette langue.
Le contenu essentiel des actes de procédure les plus importants est porté à la
connaissance du prévenu oralement ou par écrit dans une langue qu'il comprend,
même si celui-ci est assisté d'un défenseur. Nul ne peut se prévaloir d'un droit à la
traduction intégrale de tous les actes de procédure et des pièces du dossier (al. 2).
L'article 68 al. 2 CPP renvoie aux droits particuliers du prévenu, droits qui découlent
pour l'essentiel des articles 32, al. 2, Cst. féd., 6, par. 3, let. a et e, CEDH, 14, par. 3,
let. a et f, PIDCP, ainsi que de la pratique fondée sur ces dispositions. Le prévenu a
d'abord droit à ce que l'on porte à sa connaissance sans délai, de manière détaillée et
dans une langue qu'il comprend, les infractions qui lui sont reprochées. Il a droit
ensuite à la traduction des éléments de la procédure qu'il doit absolument comprendre
pour pouvoir bénéficier d'un procès équitable. En font partie des informations de portée
fondamentale, tels que les points essentiels des dépositions de témoins, les résultats
d'expertises et autres moyens de preuves d'une importance considérable, la teneur de
l'acte d'accusation, des plaidoiries, des principales conclusions, du dispositif du
jugement et, au besoin, des passages essentiels de celui-ci (Message du 21 décembre
2005 relatif à l'unification du droit de la procédure pénale, in FF 2006 1129 ch. 2.2.8.1).
7.3 A teneur de l’article 235 al. 1 CPP, la liberté des prévenus en détention ne peut
être restreinte que dans la mesure requise par le but de la détention et par le respect
de l’ordre et de la sécurité dans l’établissement. L’al. 3, 1 re phrase, de cette disposition
prévoit que la direction de la procédure contrôle le courrier entrant et sortant, à
l’exception de la correspondance échangée avec les autorités de surveillance et les
autorités pénales.
- 32 -
Il n’y a, en principe, pas de restriction de fréquence ou de volume du courrier vers ou
de l’extérieur, garanti par l’article 8 CEDH, à moins que le but de la détention - notion
qui doit être interprétée largement - ne l’exige. Le courrier rédigé en langue étrangère
doit faire l’objet d’une traduction (intégrale ou limitée au sens), qui pourrait influencer le
volume et la fréquence tolérable par l’autorité qui le surveille, ainsi que la rapidité de
transmission (Moreillon/Parein-Reymond, PC CPP, 2013, n. 18 ad art. 235
CPP; Robert-Nicoud, Commentaire romand, 2011, n. 5 s. ad art. 235 CPP). Le détenu,
qui dispose de moyens financiers suffisants, peut être astreint à effectuer une avance
pour les frais de traduction; en revanche, s’il est indigent, il appartient à l’Etat de
supporter celle-ci (ATF 118 Ia 64 consid. 3q; 102 Ia 279 consid. 11 c; Härri,
Commentaire bâlois, 2 e éd., 2014, n. 51 ad art. 235 CPP ; Oberholzer, Grundzüge des
Strafprozessrechts, 2012, n° 1008).
7.4 En l’espèce, les prévenus sont condamnés, en sorte qu’ils supportent les frais de
procédure, hormis ceux qui sont imputables aux traductions rendues nécessaires à
leur défense et propres à leur permettre de bénéficier d’un procès équitable. En
revanche, les frais de traduction de la correspondance sont mis à la charge du prévenu
qui les a occasionnés. Quant aux frais qui se rapportent aux deux prévenus, ils sont
supportés entre eux proportionnellement.
Les frais du ministère public s’élèvent à 25'619 fr. 80 (p. 801). Les prévenus sont
exemptés des frais de traduction nécessaires à leur défense, d’un montant de 860 fr.,
mis à la charge de l’Etat du valais. Le solde - 24’759 fr. 80 (25'619 fr. 80 - 860 fr.) - doit
être réparti à raison d’une demie à la charge de chacun. Au préalable, il convient de
déduire les frais de traduction de la correspondance échangée par X_, qui en
est seul à l’origine. Ces frais se montent à 574 fr. 40 ([194 fr. 40 + 80 fr. + 60 fr. + 60 fr.
+ 60 fr. + 120 fr.]; p. 76, 803, 804, 806, 807, 810). Les premiers juges ont retenu, à tort,
le montant total de 1706 fr. 40 à ce titre. Les montants de 378 fr., de 540 fr., et de
140 fr. 40 concernent, en effet, la traduction de questionnaires et d’une commission
rogatoire internationale (p. 402, 476 et 477). Il s’agit, partant, de frais de procédure.
Quant aux frais de jugement, ils ont été arrêtés au montant, non contesté, de 2000 fr.,
qui est confirmé. Les frais en première instance qui ressortissent aux deux prévenus
sont dès lors fixés à 26'185 fr. 40 ([24’759 fr. 80 + 2000 fr.] - 574 fr. 40). Les frais de
justice sont donc mis à la charge de X_ à hauteur de 13'667 fr. 10
([26'185 fr. 40 : 2] + 574 fr. 40), de Y_ à concurrence de 13'092 fr. 70
(26'185 fr. 40 : 2) et du fisc, imputables aux traductions rendues nécessaires du fait
qu’ils sont allophones, à hauteur de 860 francs.
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8. L’appel de X_ est, pour l’essentiel, rejeté. Certes, le montant des frais de
justice à sa charge est réduit. Il s’est cependant agi de rectifier une inadvertance
manifeste des premiers juges. L’intéressé a, en effet, fait valoir, à tort, que les frais de
traduction de sa correspondance, à l’instar des frais qui concernaient les deux
prévenus, devaient être répartis à raison de moitié à la charge de chacun d’entre eux.
L’appel de Y_ est rejeté. Dans ces circonstances, les frais en seconde
instance sont répartis à raison d’une demie à la charge de chaque partie.
8.1 Pour la procédure d'appel devant le Tribunal cantonal, l'émolument est compris
entre 380 fr. et 6000 fr. (art. 22 let. f LTar). En l'espèce, vu le degré de difficulté de
l'affaire, les principes de la couverture des frais et de l'équivalence des prestations,
ainsi que la situation financière des parties (art. 13 LTar), ledit émolument est arrêté à
1975 fr., montant auquel s’ajoutent 25 fr. de débours pour les services de l’huissier
judiciaire (cf. art. 10 al. 2 LTar), soit en définitive 2000 fr. (y compris, les décisions du
23 décembre 2014 et du 4 mars 2015).
Les frais de traduction aux débats - 328 fr. 80 - sont mis à la charge de l’Etat du Valais
(art. 426 al. 3 let. b CPP).
8.2 Il convient d’arrêter l’indemnité allouée aux défenseurs d’office à titre de dépens.
Le conseil juridique habilité à se faire indemniser en vertu des dispositions en matière
d'assistance judiciaire perçoit, en sus du remboursement de ses débours justifiés, des
honoraires correspondant au 70 % des honoraires prévus aux articles 31 à 40 LTar,
mais au moins à une rémunération équitable telle que définie par la jurisprudence du
Tribunal fédéral (art. 30 al. 1 LTar).
8.2.1 Le défenseur d'office est seul légitimé à se plaindre du montant des honoraires
qui lui sont alloués (arrêt 6B_353/2012 du 26 septembre 2012 consid. 3; Schmid,
Schweizerische Strafprozessordnung, Praxiskommentar, 2009, n. 5 ad art. 135 CPP;
Lieber, in Donatsch/Hansjakob/Lieber, StPO Komm., 2 e éd., 2014, n. 16 ad art. 135
CPP).
En l‘occurrence, les conseils des parties n’ont ni interjeté appel ni formé un recours
auprès du juge de la chambre pénale du Tribunal cantonal (art. 135 al. 3 CPP et 13
al. 1 LACPP). Dans ces circonstances, la cour de céans ne saurait examiner l’ampleur
de l’indemnité - 8865 fr. - allouée en première instance à M e N_ et à
M e O_.
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8.2.2 Pour la procédure d'appel, les honoraires varient entre 1100 fr. et 8800 fr.
(art. 36 LTar).
L’activité du conseil de X_ a, pour l’essentiel, consisté à rédiger l’annonce et
une déclaration d’appel, à préparer les débats et à participer à cette audience. Il
convient de tenir compte de la responsabilité accrue qui lui incombait eu égard à la
peine prononcée. Dans ces circonstances, il est octroyé à M e N_ une
indemnité de 3000 fr. à titre de dépens.
L’activité du conseil de Y_, en seconde instance, est semblable, en sorte
qu’il lui est également alloué 3000 fr. à ce titre.
Les prévenus seront tenus de rembourser à l’Etat du Valais les frais liés à leur défense
d’office dès que leur situation financière le leur permettra (art. 135 al. 4 CPP).