Decision ID: f1744d62-0d4d-5bf2-bab0-ce1d180bc712
Year: 2017
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_013
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: public_law

EN FAIT
1. Par décision du 9 janvier 2017, communiquée par pli recommandé du 13 janvier 2017, la commission du barreau (ci-après : la commission) a classé la procédure ouverte à l’encontre de Monsieur B_, avocat à Genève, suite à la dénonciation dont il avait fait l’objet le 10 juillet 2015 par Monsieur A_, son ancien mandant, en raison d’une note d’honoraires contestée. ![endif]>![if>
2. Le 14 février 2017, M. A_ a saisi la chambre administrative de la Cour de justice (ci-après : la chambre administrative) d’un recours contre la décision susmentionnée, concluant à son annulation ainsi qu’au constat qu’il n’était pas redevable de la note d’honoraires contestée et au constat « d’éventuels » manquements déontologiques de la part de l’avocat. ![endif]>![if>
3. Le 17 février 2017, le juge délégué a demandé à la commission de produire son dossier. ![endif]>![if>
4. Le 23 février 2017, la commission a transmis son dossier. ![endif]>![if>
5. Le 2 mars 2017, les parties ont été informées que la cause était gardée à juger. ![endif]>![if>

EN DROIT
1. Interjeté en temps utile devant la juridiction compétente, le recours est recevable de ces deux points de vue (art. 132 de la loi sur l'organisation judiciaire du 26 septembre 2010 - LOJ -
E 2 05
; art. 62 al. 1 let. a de la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 1985 - LPA -
E 5 10
).![endif]>![if>
2. La chambre de céans examine d'office et librement la recevabilité des recours qui lui sont soumis (
ATA/1059/2015
du 6 octobre 2015 consid. 2 et les références citées).![endif]>![if>
3. a. Selon l'art. 60 al. 1 LPA, ont qualité pour recourir non seulement les parties à la procédure qui a abouti à la décision attaquée (let. a), mais aussi toute personne qui est touchée directement par une décision et a un intérêt personnel digne de protection à ce qu'elle soit annulée ou modifiée (let. b).![endif]>![if>
L'intérêt à obtenir un jugement favorable doit être personnel, direct, immédiat et actuel (
ATA/82/2017
du 31 janvier 2017 et les références citées).
b. La jurisprudence a précisé que les lettres a et b de la disposition précitée doivent se lire en parallèle : ainsi, le particulier qui ne peut faire valoir un intérêt digne de protection ne saurait être admis comme partie recourante, même s’il était partie à la procédure de première instance (
ATA/1059/2015
du 6 octobre 2015 consid. 3b et les nombreux arrêts cités).
c. L'intérêt digne de protection consiste en l'utilité pratique que l'admission du recours apporterait au recourant, en lui évitant de subir un préjudice de nature économique, idéale, matérielle ou autre que la décision attaquée lui occasionnerait (ATF
133 II 249
consid. 1.3.1 p. 253 ; ATF
131 II 649
consid. 3.1). L'existence d'un intérêt digne de protection présuppose que la situation de fait ou de droit du recourant puisse être influencée par l'annulation ou la modification de l'arrêt attaqué, ce qu'il lui appartient d'établir (ATF
120 Ib 431
consid. 1 p. 433).
4. a. De jurisprudence constante, le dénonciateur n’a pas la qualité de partie dans une procédure disciplinaire engagée à l’encontre de personnes exerçant une profession réglementée, à l’instar des médecins ou des avocats (
ATA/82/2017
précité ;
ATA/300/2016
du 12 avril 2016 consid. 6 et les références citées).![endif]>![if>
b. La procédure de surveillance des avocats a pour but d’assurer l’exercice correct de la profession par les avocats et de préserver la confiance du public à leur égard et non de défendre les intérêts privés des particuliers (ATF
133 II 468
, consid. 2, à propos des notaires). Dans les procédures disciplinaires, le dénonciateur ou le plaignant n’est donc pas partie à la procédure et il n’a pas accès au dossier (
ATA/1059/2015
précité consid. 4b et les arrêts cités). Le dénonciateur ne saurait exiger que l’autorité entre en matière, respecte à son égard le droit d’être entendu ou lui notifie la décision qu’elle prendra (
ATA/383/2011
du 21 juin 2011 consid. 3a). S’il est informé de l’issue de celle-ci, il n’a pas automatiquement connaissance des considérants de la décision prise par la commission (art. 48 de la loi sur la profession d’avocat du 26 avril 2002 - LPAv -
E 6 10
).
c. Celui qui introduit une procédure disciplinaire ne possède aucun droit à une décision, de sorte que, s’il n’y est pas donné suite, il n’est pas atteint dans ses intérêts personnels. Le fait que la décision de la commission soit susceptible d’avoir une incidence sur une procédure à laquelle le dénonciateur est partie ne permet pas non plus de considérer que celui-ci est directement touché dans ses droits et obligations (
ATA/82/2017
précité et les références citées).
Par conséquent, le refus de donner suite à une dénonciation ne peut faire l’objet d’aucun recours, puisque le dénonciateur n’agit dans ce cadre que comme auxiliaire de l’autorité en déclenchant la procédure (ATF
135 II 145
consid. 6.1 p. 151 ;
133 II 468
consid. 2 p. 471 ;
ATA/82/2017
précité et les arrêts cités), sous réserve de cas particulier non réalisé en l’espèce (ATF
138 II 162
).
5. En l’espèce, le recourant se trouve en position de dénonciateur vis-à-vis de la commission. ![endif]>![if>
Au regard des dispositions légales et des principes jurisprudentiels rappelés ci-dessus, son recours est irrecevable, le caractère manifeste de cette irrecevabilité conduisant la chambre administrative à juger sans qu’il y ait lieu d’ouvrir une instruction (art. 72 LPA).
6. Malgré l’issue de la procédure, la chambre administrative renoncera à prélever un émolument de procédure en application de l’art. 87 al. 1 LPA. Aucune indemnité de procédure ne sera allouée (art. 87 al. 2 LPA). ![endif]>![if>
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