Decision ID: 5bd102b9-31c3-5e85-a803-8b3d7c7838be
Year: 2021
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_011
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: penal_law

EN FAIT
:
A.
a.
Par acte déposé au greffe de la Chambre de céans le 22 novembre 2021, A_ recourt contre l'ordonnance du 10 précédent, communiquée par simple pli, par laquelle le Ministère public a joint les procédures pénales P/1_/2021 et P/21175/2021 sous ce dernier numéro.
Le recourant conclut à l'annulation de ladite ordonnance, sous suite de frais et dépens.
b.
L'effet suspensif auquel il concluait à titre préalable a été refusé par la Direction de la procédure de la Chambre de céans (
OCPR/57/2021
).
B.
Les faits pertinents suivants ressortent du dossier :
a.
A_ est visé depuis le 1
er
novembre 2021 par une plainte pénale de B_ SA pour escroquerie, faux renseignements sur des entreprises commerciales, faux dans les titres, abus de confiance et infraction à la loi sur la concurrence déloyale. Cette procédure a été enregistrée sous la P/21175/2021.
Cette plainte a été transmise par le Ministère public à la police pour complément d'enquête (art. 309 al. 2 CPP), le 2 novembre 2021.
b.
Le 16 novembre 2021, A_ a sollicité du Ministère public de pouvoir consulter le dossier, ce qui lui a été refusé par ordonnance du surlendemain.
c.
A_ fait l'objet, depuis le 2 novembre 2021, d'une plainte formée par C_ SA pour abus de confiance, subsidiairement vol, et infraction à la loi sur la concurrence déloyale. Elle a été enregistrée sous la P/1_/2021.
C.
Dans l’ordonnance attaquée, le Ministère public retient que la qualité de prévenu revêtue par A_ dans les deux procédures impose leur jonction.
D.
a.
Dans son recours, A_ conteste en substance le bien-fondé des plaintes pénales le visant, arguant qu'elles s'inscrivaient dans le contexte d'un litige civil. Partant, la jonction des deux causes était inopportune, l'une pouvant faire immédiatement l'objet d'une décision de non-entrée en matière.
b.
La cause a été gardée à juger après la décision sur effet suspensif.

EN DROIT
:
1.
Le recours est recevable pour avoir été déposé selon la forme et dans le délai prescrits – faute de notification conforme à l'art. 85 al. 2 CPP – (art. 385 al. 1 et 396 al. 1 CPP), concerner une ordonnance sujette à recours auprès de la Chambre de céans (art. 393 al. 1 let. a CPP) et émaner du prévenu qui, partie à la procédure (art. 104 al. 1 let. a CPP), a qualité pour agir, ayant un intérêt juridiquement protégé à la modification ou à l'annulation de la décision querellée (art. 382 al. 1 CPP).
2.
La Chambre pénale de recours peut décider d'emblée de traiter sans échange d'écritures ni débats les recours manifestement irrecevables ou mal fondés (art. 390 al. 2 et 5
a contrario
CPP). Tel est le cas en l'occurrence, au vu des considérations qui suivent.
3.
Le recourant conteste le bien-fondé de la jonction.
3.1.
L'art. 29 CPP règle le principe de l'unité de la procédure pénale. Il prévoit qu'il y a lieu de poursuivre et juger, en une seule et même procédure, l'ensemble des infractions reprochées à un même prévenu. Le principe de l'unité de la procédure tend à éviter les jugements contradictoires et sert l'économie de la procédure (ATF
138 IV 29
consid. 3.2; ATF
138 IV 214
consid. 3.2 et les références citées; arrêt du Tribunal fédéral
1B_428/2018
du 7 novembre 2018 consid. 3.2).
3.2.
En l'espèce, le recourant est prévenu dans les deux procédures concernées. Conformément au principe de l'unité de la procédure, ces faits – et les infractions qui y sont associées – doivent donc en principe être poursuivis conjointement.
Il n'invoque au demeurant aucune raison objective pour que les infractions soient poursuivies séparément, rien n'indiquant à ce stade de l'enquête que l'une ou l'autre des plaintes pourrait d'ores et déjà faire l'objet d'une ordonnance de non-entrée en matière.
Aussi, la décision querellée ne prête pas le flanc à la critique.
4.
Le recourant, qui succombe, supportera les frais envers l'État, qui comprendront un émolument global de CHF 1'000.- pour l'ordonnance sur effet suspensif et le présent arrêt (art. 428 al. 1 CPP et 13 al. 1 du Règlement fixant le tarif des frais en matière pénale, RTFMP ;
E 4 10.03
).
* * * * *