Decision ID: 67041a3a-8654-5c4d-9f83-2bf10e86e8b8
Year: 2021
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_001
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law

EN FAIT
, que A_, née [A_] le _ 1982 et B_, né le _ 1969 ont contracté mariage le _ 2009 à E_ (Vaud);
Qu'ils sont les parents de C_, née le _ 2010 et de D_, né le _ 2013;
Qu'ils ne font plus ménage commun depuis le mois d'août 2020, mais vivent toutefois à proximité l'un de l'autre;
Que le 4 août 2020, A_ a formé une requête de mesures protectrices de l'union conjugale, concluant à l'attribution à elle-même de la garde des enfants;
Que le 10 août 2020, B_ a également formé une requête de mesures protectrices de l'union conjugale, concluant à ce que la garde des mineurs soit exercée par les parents de manière partagée à raison d'une semaine chacun en alternance;
Que lors de l'audience du 27 novembre 2020, les parties ont fait des déclarations contradictoires s'agissant de la prise en charge des enfants;
Que B_ a allégué prendre en charge les enfants "du vendredi soir au lundi matin, puis je les reprends le mercredi à la sortie de l'école jusqu'au vendredi matin à l'école; ensuite mon épouse prend en charge les enfants de la même manière que moi la semaine précédente";
Que A_ pour sa part a contesté les dires de son époux, expliquant que celui-ci prenait en charge les enfants un week-end sur deux avec un ou deux soirs par semaine; que pour les jours en semaine, il prenait la décision le jour même; qu'elle a admis qu'actuellement la prise en charge par le père était plus régulière;
Considérant,

EN DROIT
, que l'appel n'a pas d'effet suspensif lorsqu'il a pour objet des décisions portant sur des mesures provisionnelles (art. 315 al. 4 let. b CPC), telles les mesures protectrices de l'union conjugale (ATF
134 III 667
consid. 1.1);
Que toutefois, l'exécution des mesures provisionnelles peut exceptionnellement être suspendue si la partie concernée risque de subir un préjudice difficilement réparable (art. 315 al. 5 CPC);
Que selon les principes généraux applicables en matière d'effet suspensif, le juge procèdera à une pesée des intérêts en présence et se demandera en particulier si sa décision est de nature à provoquer une situation irréversible;
Que les mêmes principes s'appliquent, en matière d'effet suspensif, s'agissant de l'exercice du droit aux relations personnelles, que ceux qui régissent la garde; que selon la jurisprudence, lorsque la décision de mesures provisionnelles statue sur la garde ou modifie celle-ci de sorte que l'enfant devrait être séparé du parent qui prenait régulièrement soin de lui au moment de l'ouverture de la procédure ayant donné lieu à la décision attaquée, le bien de l'enfant commande alors, dans la règle, de maintenir les choses en l'état et de laisser celui-ci auprès de la personne qui lui sert actuellement de référence (arrêt du Tribunal fédéral
5A_792/2018
du 6 février 2019 consid. 3.2.2);
Qu'en l'espèce, les parties ont fourni, devant le Tribunal, des explications contradictoires concernant la prise en charge actuelle des enfants, l'appelante contestant qu'une garde alternée soit d'ores et déjà pratiquée, contrairement aux déclarations de l'intimé;
Que quoiqu'il en soit, il ressort des déclarations des parties que chacun des parents s'occupe des enfants de manière régulière;
Que les parties sont par ailleurs domiciliées à proximité l'une de l'autre;
Que dès lors, l'exercice d'une garde partagée, telle que fixée par le Tribunal, n'est pas susceptible de créer un dommage difficilement réparable aux enfants, même si les nouvelles modalités ne devaient pas correspondre tout à fait à ce qui a été pratiqué jusque-là par les parties;
Que la requête de suspension de l'effet exécutoire sera par conséquent rejetée;
Qu'il sera statué sur les frais et dépens liés à la présente décision avec l'arrêt au fond (art. 104 al. 3 CPC).
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