Decision ID: 5db06a16-60f9-5943-8580-5f183d96f644
Year: 2018
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_002
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law

EN FAIT
, que, par requête formée le 12 décembre 2017 devant le Tribunal de première instance, B_ [Banque] a requis la mainlevée provisoire de l'opposition formée par A_ au commandement de payer, poursuite n
o
1_, se fondant sur un acte de défaut de biens après faillite délivré le 12 février 1999 dans lequel la précitée avait reconnu la créance;
Que l'opposition formée le 15 novembre 2017 par A_ au commandement de payer, poursuite n
o
1_, n'était pas motivée;
Que lors de l'audience du Tribunal du 11 mai 2018, A_ a déclaré qu'elle formait opposition pour non-retour à meilleure fortune au commandement de payer en question, comme elle l'avait indiqué dans son courrier du 9 mai 2018 au Tribunal;
Qu'il résulte du procès-verbal de l'audience que, A_ ayant pris bonne note de la tardiveté de l'opposition pour non-retour à meilleure fortune, le Tribunal a prononcé la mainlevée provisoire sur le siège;
Que par jugement
JTPI/7397/2018
du 11 mai 2018, reçu par les parties le 25 mai 2018, le Tribunal a prononcé la mainlevée provisoire de l'opposition formée au commandement de payer, poursuite n
o
1_ (chiffre 1 du dispositif), arrêté les frais judiciaires à 500 fr., compensés avec l'avance effectuée par B_ [Banque] et mis à la charge de A_, condamnée ainsi à les verser à B_ [Banque] (ch. 2 et 3);
Que par acte déposé à la Cour de justice le 1er juin 2018, A_ forme recours contre le jugement précité, dont elle requiert l'annulation;
Qu'elle fait valoir que le Tribunal aurait dû constater qu'elle n'était pas revenue à meilleure fortune, déclarer son opposition recevable et "suspendre" la poursuite;
Que, par décision du 11 juin 2018, reçue le lendemain par A_, la Cour a imparti à celle-ci un délai au 1er juillet 2018 pour verser une avance de frais fixée à 750 fr.;
Que par décision du 9 juillet 2018, reçue par A_ le lendemain, un ultime délai a été fixé à celle-ci pour opérer le versement précité, son attention étant attirée sur le fait que, faute de fournir l'avance requise, son recours serait déclaré irrecevable;
Qu'à l'échéance du délai imparti, la recourante n'a pas fourni l'avance de frais requise;
Qu'elle a versé 750 fr. aux Services financiers du Pouvoir judiciaire le 9 août 2018, à savoir tardivement;
Considérant,

EN DROIT
, que la Cour n'entre pas en matière sur le recours si l'avance de frais n'a pas été effectuée dans le délai supplémentaire imparti (art. 59 al. 2 let. f et 101 al. 3 CPC);
Que le recours sera par conséquent déclaré irrecevable;
Que même s'il était recevable, le recours serait manifestement infondé (cf. art. 322 al. 1 CPC);
Qu'en effet, selon l'art. 265 al. 1 LP, l'acte de défaut de biens après faillite vaut comme reconnaissance de dette dans le sens l'art. 82 LP, si le failli, comme en l'espèce, a reconnu la créance;
Qu'en principe, une nouvelle poursuite ne peut être requise sur la base de cet acte que si le débiteur revient à meilleure fortune (art. 265 al. 2 LP); que dans le cas contraire, la poursuite peut néanmoins être intentée, à charge pour le débiteur de faire opposition en contestant son retour à meilleure fortune;
Que si le débiteur ne fait pas mention de cette exception, le juge de la mainlevée statue sans tenir compte d'un éventuel non-retour à meilleure fortune;
Qu'en effet, alors que l'opposition classique ne requiert pas de motivation (art. 75 al. 1 1
ère
phrase LP), la contestation du retour à meilleure fortune doit être explicitement mentionnée sous peine de déchéance (art. 75 al. 2 LP); qu'en l'absence d'une telle mention, l'opposition ne vaut que comme simple contestation de la créance (JEANDIN, in Commentaire romand, Poursuite et faillite, 2005, n
o
1 ad art. 265a LP);
Qu'en l'espèce, l'opposition pour non-retour à meilleure fortune, formée lors de l'audience du 11 mai 2018, était tardive;
Qu'en définitive, c'est à juste titre que le Tribunal a considéré l'opposition au commandement de payer en question comme une opposition non motivée et a prononcé la mainlevée provisoire;
Qu'en application de l'art. 7 al. 2 RTFMC, les frais judiciaires du recours seront arrêtés à 350 fr., mis à la charge de la recourante, qui succombe (art. 106 al. 1 CPC), et compensés à due concurrence avec l'avance effectuée tardivement par celle-ci;
Que les Services financiers du Pouvoir judiciaire seront invités à restituer 400 fr. à la recourante.
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