Decision ID: b640401a-6dbd-53bb-8ab3-741a860abc68
Year: 2013
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_005
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 

EN FAIT
A.
Le 18 février 2013, B_ a sollicité l'assistance juridique pour le compte de A_, en vue de contester devant la juridiction des baux et loyers le congé extraordinaire notifié par l'État de Genève à l'encontre de l'association précitée. À l'appui de sa requête, il produit un décompte de l'Hospice général le concernant. Il ne produit aucune pièce attestant de la situation financière de A_ (ci-après: l'association ou la recourante).
B.
Par décision du 19 février 2013, notifiée le 1
er
mars 2013, la Vice-présidente du Tribunal civil a refusé le bénéfice de l'assistance juridique à l'association, au motif que l'assistance juridique était en principe octroyée à des personnes physiques. Elle a considéré que l'association, personne morale, ne pouvait se voir octroyer l'assistance juridique, les conditions posées par la jurisprudence n'étant en l'espèce pas remplies.
C.
a.
Par acte expédié au greffe de la Cour de justice le 7 mars 2013, l'association recourt contre cette décision. Elle conclut à l'annulation de la décision entreprise et à ce que l'assistance juridique lui soit octroyée avec effet au 18 février 2013. Elle soutient que les conditions d'octroi de l'assistance juridique à une personne morale sont remplies. Au surplus, elle énonce des faits qu'elle n'a pas portés à la connaissance du premier juge, notamment qu'elle aurait déjà été mise au bénéfice de l'assistance judiciaire dans une procédure précédente.
La recourante produit des pièces nouvelles.
b.
Par pli du 12 mars 2013, la Vice-présidente du Tribunal civil a renoncé à formuler des observations.

EN DROIT
1.
1.1.
Les décisions du président du Tribunal de première instance en matière d'assistance judiciaire civile, rendues en procédure sommaire (art. 119 al. 3 CPC), peuvent faire l'objet d'un recours auprès du président de la Cour de justice (art. 121 CPC et 21 al. 3 LaCC), compétence déléguée à la vice-présidente soussignée (art. 29 al. 5 LOJ). Le recours, écrit et motivé, est introduit auprès de l'instance de recours (art. 321 al. 1 CPC) dans un délai de dix jours (art. 321 al. 2 CPC).![endif]>![if>
1.2.
Le recours est recevable pour avoir été déposé dans le délai utile (art. 119 al. 3 et 321 al. 2 CPC ; 11 RAJ) et selon la forme prescrite par la loi (art. 130, 131 et 321 al. 1 CPC).
1.3.
Le pouvoir d'examen de la Cour est limité à la violation du droit et à la constatation manifestement inexacte des faits (art. 320 CPC). Il appartient en particulier au recourant de motiver en droit son recours et de démontrer l'arbitraire des faits retenus par l'instance inférieure (Hohl, Procédure civile, tome II, 2
ème
éd., n. 2513-2515). L'obligation de motiver le recours suppose une critique des points de la décision tenus pour contraires au droit. Le recourant doit donc énoncer de manière précise les griefs qu'il adresse à la décision de première instance et démontrer en quoi le premier juge a violé le droit.
2.
À teneur de l'art. 326 al. 1 CPC, les allégations de faits et les preuves nouvelles sont irrecevables dans le cadre d'une procédure de recours.
Par conséquent, les allégations de faits nouvelles ainsi que les pièces nouvelles y relatives sont irrecevables.
3.
3.1.
Toute personne qui ne dispose pas de ressources suffisantes a droit à l'assistance judiciaire à moins que sa cause paraisse dépourvue de toute chance de succès (art. 29 al. 3 Cst. et 117 CPC).
L'assistance judiciaire ne peut en principe pas être accordée aux personnes morales. Celles-ci sont des entités juridiques qui n'ont pas besoin de pourvoir à leur entretien et à celui des proches. Elles ne peuvent être qu'insolvables, obérées ou manquer de liquidités (ATF
126 V 42
consid. 4;
119 Ia 337
consid. 4b).
Pour tenir compte d'avis divergents exprimés dans la doctrine, la jurisprudence n'a pas exclu d'octroyer l'assistance judiciaire à une personne morale si son seul actif est en litige et si les personnes physiques qui en sont les ayants droit économiques sont sans ressources. Il faut cependant observer que cette éventualité a uniquement été réservée, sans que l'assistance judiciaire ne soit accordée à une personne morale (ATF
131 II 306
consid. 5.2.1; arrêt du Tribunal fédéral
1B_522/2011
du 23 novembre 2011 consid. 2.1 ;
4A_517/2007
du 14 janvier 2008; cf. également arrêt du Tribunal fédéral
4C.395/1999
du 1er février 2000 consid. 3a et références citées).
3.2.
En l'espèce, les conditions d'un tel octroi ne sont pas réalisées.
En effet, la recourante a indiqué être titulaire d'une créance envers l'État de Genève. Or, il ne ressort pas des faits soumis au premier juge que ladite créance représenterait le seul actif de l'association. En outre, la procédure pour laquelle l'assistance juridique a été sollicitée ne concerne pas le recouvrement de cette créance, mais la contestation d'un congé extraordinaire devant la juridiction des baux et loyers.
Au surplus, lorsqu'elle a déposé sa requête d'assistance juridique, la recourante n'a produit aucune pièce relative à sa situation financière, de sorte qu'il n'est pas possible d'établir si sa situation est obérée. Il n'est pas non plus prouvé que l'ensemble de ses membres seraient sans ressources.
Le bénéfice de l'assistance juridique a dès lors été refusé à juste titre à la recourante.
Partant, le recours, infondé, doit être rejeté.
4.
Sauf exceptions non réalisées en l'espèce, il n'est pas perçu de frais judiciaires pour la procédure d'assistance juridique (art. 119 al. 6 CPC).
* * * * *