Decision ID: da625f7b-7ed5-5a38-9ea5-d94fcfd7e4be
Year: 2020
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_002
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law

EN FAIT
A.
Le 9 juin 2020, A_ a formé devant le Tribunal de première instance une requête de séquestre à l'encontre de "Monsieur C_". Elle s'est prévalue du fait qu'elle avait prêté à ce dernier une somme de 1'000 fr., dont elle n'avait pu obtenir le remboursement. Elle sollicitait dès lors la saisie de son salaire auprès de son employeur, la société D_ Sàrl, E_, située à Genève.
Elle a produit avec sa requête la copie du permis G de C_, mentionnant qu'il était employé auprès de la société F_ Sàrl, ainsi que d'un contrat de prêt du 12 mai 2019 portant sur une somme de 1'000 fr., remboursable le 30 juillet 2019.
B.
Par ordonnance du 18 juin 2020, le Tribunal a rejeté cette requête (ch. 1 du dispositif) et mis les frais judiciaires, arrêtés à 200 fr., à la charge de A_ (ch. 2 et 3).
Le Tribunal a considéré que A_ n'avait produit aucune pièce indiquant que C_ serait employé auprès de la société E_.
C.
Par acte expédié à la Cour de justice le 26 juin 2020, A_ a formé recours contre cette ordonnance. Elle a soutenu que la pièce nouvelle qu'elle déposait avec son recours, à savoir une attestation de l'Office cantonal de la population et des migrations datée du 13 décembre 2019, démontrait que C_ était employé auprès de D_ Sàrl. Elle priait dès lors la Cour de faire droit à sa requête de séquestre.

EN DROIT
1.
1.1
En matière de séquestre, la procédure sommaire est applicable (art. 251 let. a CPC).
Contre une décision refusant un séquestre, qui est une décision finale en tant qu'elle met fin à l'instance d'un point de vue procédural, seul le recours est ouvert (art. 309 let. b ch. 6 et 319 let. a CPC; arrêt du Tribunal fédéral
5A_508/2012
du 28 août 2012 consid. 3.2; Hohl, Procédure civile, tome II, 2ème éd., 2010, n. 1646).
1.2
Au stade de la requête et de l'ordonnance de séquestre, la procédure est unilatérale et le débiteur n'est pas entendu (art. 272 LP; ATF
133 III 589
consid.1; Hohl, op. cit., n. 1637).
Dans le cadre du recours contre l'ordonnance de refus de séquestre, la procédure conserve ce caractère unilatéral, car, pour assurer son efficacité, le séquestre doit être exécuté à l'improviste; partant, il n'y a pas lieu d'inviter C_ à présenter ses observations, ce qui ne constitue pas une violation de son droit d'être entendu (ATF
107 III 29
consid. 2 et 3; arrêt du Tribunal fédéral
5A_344/2010
du 8 juin 2010 consid. 5, in RSPC 2010 p. 400, et
5A_279/2010
du 24 juin 2010 consid. 4).
2.
Déposé dans la forme et le délai prescrits, le recours est recevable (art. 321
al. 1 et 2 CPC).
3.
La recourante a produit une pièce nouvelle.
3.1
Dans le cadre du recours, les conclusions, les allégations de faits et les preuves nouvelles sont irrecevables (art. 326 al. 1 CPC).
Les dispositions spéciales réservées par la loi (art. 326 al. 2 CPC) n'entrent pas en ligne de compte, dès lors qu'elles concernent essentiellement les recours contre les jugements de faillite (art. 174 LP) ainsi que les recours sur opposition au séquestre (art. 278 al. 3 LP; Message du Conseil fédéral relatif au Code de procédure civile (CPC), FF 2006 6841, p. 6986; Freiburghaus/Afheldt, in Kommentar zur Schweizerischen Zivilprozessordnung (ZPO), 2016, n. 4 ad art. 326 CPC; Brunner, in Kurzkommentar ZPO, 2014, n. 4 ad art. 326 CPC).
3.2
Il s'ensuit que la pièce nouvelle produite par la recourante, ainsi que les faits qui s'y rapportent, sont irrecevables.
Dans la mesure où le recours se fonde exclusivement sur ladite pièce et où la recourante ne critique par ailleurs pas le jugement attaqué, le recours doit être rejeté.
3.3
Il sera relevé, à titre superfétatoire, que la pièce nouvelle produite est une attestation datée du 13 décembre 2019 et qu'il ne peut être exclu que C_ ait changé d'employeur depuis, étant relevé que le nom de son employeur figurant sur cette pièce n'est pas le même que celui qui figure sur son permis G établi en juillet 2018. En outre, la recourante n'a pas démontré être débitrice du précité, faute d'avoir produit un quelconque titre attestant du fait qu'elle avait versé le montant de 1'000 fr. en exécution du contrat de prêt qu'elle invoque.
4.
La recourante, qui succombe, sera condamnée aux frais judiciaires du recours, arrêtés à 300 fr., compensés partiellement avec l'avance fournie, acquise à l'Etat de Genève (art. 106 al. 1 CPC, art. 61 OELP et art. 111 al. 1 CPC).
La recourante sera dès lors condamnée à verser le solde de 150 fr. aux Services financiers du Pouvoir judiciaire.
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