Decision ID: 25eea89a-d2cf-516b-98ac-e79f7b52ccc6
Year: 2016
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_005
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 

EN FAIT
A.
Par décisions des 14 avril et 4 octobre 2011 et du 6 février 2014, le Vice-président du Tribunal civil a octroyé l'assistance juridique à A_ (ci-après : la recourante) dans le cadre d'une procédure de divorce, le réexamen de la situation financière de celle-ci à l'issue de la procédure étant réservé, en relation avec la liquidation du régime matrimonial et l'attribution d'une indemnité équitable. M
e
Alexandra CLIVAZ-BUTTLER, avocate, a été désignée pour défendre les intérêts de la recourante.![endif]>![if>
B.
Par courrier du 9 décembre 2015, le greffe de l'assistance juridique a demandé à la recourante de lui fournir les éléments utiles pour lui permettre de réexaminer sa situation financière.![endif]>![if>
C.
Par pli du 7 janvier 2016, la recourante a fourni les informations sollicitées. Les revenus de son ménage s'élevaient à 2'831 fr. 30 (indemnités de l'assurance-chômage), son concubin n'ayant aucun revenu propre. Son loyer était de 1'143 fr. et son assurance-maladie de 719 fr. 20. ![endif]>![if>
D.
Par décision du 11 janvier 2016, reçue le 18 janvier 2016, le Vice-président du Tribunal civil a condamné la recourante à rembourser la somme de 17'063 fr. 50 à l'Etat de Genève.![endif]>![if>
Un montant de 14'563 fr. 50 avait été versé à l'avocate de la recourante à l'issue de la procédure pour l'activité déployée en sa faveur et l'assistance juridique avait avancé des frais de justice à hauteur de 2'500 fr. Il a été retenu que la situation financière de la recourante s'était améliorée, de sorte que le remboursement de l'intégralité des prestations de l'Etat pouvait être exigé d'elle sans porter atteinte à ses besoins fondamentaux. Les revenus de la recourante s'élevaient à 2'831 fr. 30. Ses charges totalisaient 2'043 fr. 90 (moitié du loyer 571 fr. 50 - l'autre moitié étant imputable à son concubin -, prime d'assurance-maladie obligatoire 302 fr. 40, frais de recherche d'emploi 80 fr., abonnement de bus 70 fr., entretien réduit vu la communauté de vie 850 fr. et majoration de 20% de ce montant). La recourante bénéficiait d'un solde disponible dépassant de 787 fr. 40 le minimum vital élargi et de 957 fr. 40 le minimum vital strict. Par ailleurs, la recourante détenait une créance de plus de 80'000 fr. contre son ex-mari (indemnité équitable selon le jugement de divorce), lequel était solvable puisqu'il possédait une fortune et plusieurs biens mobiliers et immobiliers à Genève et en Turquie. Une réquisition de continuer la poursuite dirigée contre celui-ci à cet égard n'avait pas encore abouti.
E.
a.
Recours est formé contre cette décision, par acte expédié le 28 janvier 2016 à la Présidence de la Cour de justice. La recourante conclut à l'annulation de cette décision. Elle indique ne pas pouvoir payer le montant litigieux, son loyer s'élevant à 1'143 fr. et son compagnon ne bénéficiant d'aucun revenu ni aide financière.![endif]>![if>
La recourante produit une pièce nouvelle (décompte des indemnités de l'assurance-chômage du mois de septembre 2015). Les autres pièces produites avec le recours figurent déjà au dossier.
b.
Le Vice-président du Tribunal civil a renoncé à formuler des observations.

EN DROIT
1.
1.1.
Les décisions de remboursement prises par le vice-président du Tribunal civil, rendues en procédure sommaire (art. 119 al. 3 CPC), peuvent faire l'objet d'un recours auprès du président de la Cour de justice (art. 121 CPC, 21 al. 3 LaCC, 11 et 19 al. 5 RAJ), compétence déléguée au vice-président soussigné (art. 29 al. 5 LOJ ; arrêt du Tribunal fédéral
2D_6/2012
du 31 juillet 2012 consid. 2). Le recours, écrit et motivé, est introduit auprès de l'instance de recours (art. 321 al. 1 CPC) dans un délai de dix jours (art. 321 al. 2 CPC).![endif]>![if>
1.2.
En l'espèce, le recours est recevable pour avoir été interjeté dans le délai utile et en la forme écrite prescrite par la loi.
1.3.
Lorsque la Cour est saisie d'un recours (art. 121 CPC), son pouvoir d'examen est limité à la violation du droit et à la constatation manifestement inexacte des faits (art. 320 CPC, applicable par renvoi de l'art. 8 al. 3 RAJ). Il appartient en particulier au recourant de motiver en droit son recours et de démontrer l'arbitraire des faits retenus par l'instance inférieure (Hohl, Procédure civile, tome II, 2
ème
éd., n. 2513-2515, p. 453).
2.
A teneur l'art. 326 al. 1 CPC, les allégations de faits et les preuves nouvelles sont irrecevables dans le cadre d'une procédure de recours.![endif]>![if>
Par conséquent, la pièce nouvelle produite par la recourante est écartée de la procédure.
3.
3.1.
D'après l'art. 123 al. 1 CPC, applicable par renvoi de l'art. 8 al. 3 RAJ, une partie est tenue de rembourser l'assistance juridique dès qu'elle est en mesure de le faire. L'art. 19 al. 3 RAJ précise que si la situation de la personne bénéficiaire s'est améliorée ou si elle est de toute manière en mesure d'effectuer un paiement, le paiement de l'intégralité des prestations de l'État peut être exigé. La créance du canton se prescrit par dix ans à compter de la fin du procès (art. 123 al. 2 CPC).![endif]>![if>
A teneur des normes d'insaisissabilité pour l'année 2015, le montant pour l'entretien de base est de 1'700 fr. pour un couple marié. Si le partenaire d'un débiteur vivant sans enfant en colocation / communauté de vie réduisant les coûts dispose également de revenus, il convient d'appliquer le montant de base défini pour le couple marié et, en règle générale, de le réduire (au maximum) à la moitié (ATF
130 III 765
consid. 2 ;
DAAJ/19/2012
du 8 mars 2012 consid. 3 ;
DAAJ/48/2013
du 6 juin 2013 consid. 3.4).
En règle générale, pour des concubins sans enfants issus de leur relation et formant une communauté domestique durable, on pourra répartir la charge de loyer en proportion des revenus respectifs des partenaires, du moins s'il existe une différence sensible des situations économiques des intéressés (arrêt du Tribunal fédéral
8C_1008/2012
du 24 mai 2013).
3.2.
En l'espèce, le compagnon de la recourante ne dispose d'aucun revenu, ce qui n'a pas été retenu dans la décision querellée.
Or, compte tenu de cet élément de fait, c'est à tort que le montant de base applicable au ménage formé par la recourante et son compagnon, ainsi que le loyer, ont été réduits de moitié.
Les charges de la recourante comprennent, en effet, un
montant de base de 1'700 fr., augmenté de 20% (340 fr.), ainsi que l'intégralité du loyer (1'143 fr.).
Ces seules charges totalisent 3'183 fr., de sorte que le budget de la recourante est déficitaire.
Elle n'a donc pas, en l'état, les moyens de rembourser le montant litigieux, étant précisé que la poursuite dirigée contre son ex-époux n'a pas encore abouti.
Par conséquent, le recours sera admis et la décision querellée sera annulée.
En revanche, si la situation de la recourante venait à s'améliorer, en particulier au terme de la poursuite précitée, il lui appartiendra alors de rembourser le montant litigieux à l'Etat. Il appartiendra à la recourante d'aviser sans délai l'Assistance juridique dès qu'elle aura recouvré tout ou partie de sa créance.
4.
Sauf exceptions non réalisées en l'espèce, il n'est pas perçu de frais judiciaires pour la procédure d'assistance juridique (art. 119 al. 6 CPC).![endif]>![if>
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