Decision ID: ec77bb12-df74-5c7d-a41c-21baeba88fef
Year: 2018
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_007
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 

EN FAIT
A.
a.
Le 16 février 2017, A_ SA (ci-après : A_) a requis la continuation de la poursuite n° 15 xxxx08 J, dirigée contre B_ en recouvrement des montants de 182 fr. 70 avec intérêts au taux de 9% l'an à compter du 23 septembre 2014, 341 fr. avec intérêts au taux de 9% l'an à compter du 8 décembre 2014 et 183 fr. 60.![endif]>![if>
b.
Sans nouvelles de la part de l'Office des poursuites (ci-après : l'Office), A_, par courrier daté du 2 mai 2017, s'est enquis de l'avancement de la procédure de saisie ou de faillite. Aucune réponse ne lui a toutefois été donnée.
B. a.
Par acte adressé le 10 novembre 2017 à la Chambre de surveillance, A_ a formé une plainte au sens de l'art. 17 LP pour retard injustifié de la part de l'Office dans le traitement de sa réquisition de continuer la poursuite, concluant à l'
"édification"
d'un procès-verbal de saisie
"issu"
de ladite réquisition.
b.
Dans ses observations datées du 4 décembre 2017, l'Office a exposé que la poursuite n° 15 xxxx08 J avait été intégrée à la série n° 16 xxxx60 R, dans le cadre de laquelle le débiteur avait été convoqué aux fins de saisie le 17 janvier 2017 mais ne s'était pas présenté. Une sommation, envoyée le 22 mars 2017 pour le 27 avril 2017, n'avait pas eu plus de résultat. Un avis au tiers débiteur, au sens de l'art. 99 LP, avait alors été adressé le 3 août 2017 à l'institution financière du poursuivi, sans toutefois permettre la mise sous mains de justice d'avoirs dont ce dernier aurait été titulaire. Au jour de la rédaction de ses observations, l'Office demeurait dans l'attente d'une réponse du Service des prestations complémentaires (SPC) et, une fois celle-ci reçue, envisageait de délivrer aux créanciers saisissant des actes de défaut de biens.
Selon l'Office, le délai de plusieurs mois écoulé entre l'envoi de la sommation et celui de l'avis au tiers débiteur était constitutif d'un retard injustifié. Ce nonobstant, l'Office a conclu au rejet de la plainte.
c.
La cause a été gardée à juger le 5 décembre 2017, ce dont les parties ont été informées par avis du même jour.

EN DROIT
1.
1.1
La voie de la plainte au sens de l'art. 17 LP est ouverte contre les mesures de l'Office ne pouvant être contestées par la voie judiciaire (al. 1), ainsi qu'en cas de déni de justice ou de retard à statuer (al. 3). La plainte doit être déposée, sous forme écrite et motivée (art. 9 al. 1 et 2 LaLP; art. 65 al. 1 et 2 LPA, applicable par renvoi de l'art. 9 al. 4 LaLP), dans les dix jours de celui où le plaignant a eu connaissance de la mesure (art. 17 al. 2 LP). Elle peut également être déposée en tout temps en cas de retard à statuer et de déni de justice (art. 17 al. 3 LP).
1.2
La plainte respecte en l'occurrence les exigences de forme prévues par la loi. Reprochant à l'Office un retard non justifié, elle pouvait par ailleurs être déposée en tout temps.
Elle est donc recevable.
2. 2.1
Il y a retard non justifié, au sens de l'art. 17 al. 3 LP, lorsqu'un organe de l'exécution forcée n'accomplit pas un acte qui lui incombe – d'office ou à la suite d'une requête régulière – dans le délai prévu par la loi ou dans un délai raisonnable compte tenu de l'ensemble des circonstances (Cometta/Möckli, in BAK SchKG I, 2
ème
édition, 2010, n° 31-32 ad art. 17 LP; Dieth/Wohl, in KUKO SchKG, 2
ème
édition, 2014, n° 32 ad art. 17 LP; Erard, in CR LP, 2005, n° 55 ad art. 17 LP).
A réception d'une réquisition de continuer la poursuite, l'Office des poursuites vérifie sa compétence à raison du lieu, la validité formelle de la réquisition, l'existence d'un commandement de payer entré en force et le respect des délais prévus par l'art. 88 al. 1 et 2 LP. Si ces vérifications ne le conduisent pas à refuser de donner suite à la réquisition, il détermine le mode de continuation de la poursuite et, si le débiteur est sujet à la poursuite par voie de saisie, est tenu de procéder
"sans retard"
à la saisie. Il s'agit là d'une prescription d'ordre, qui impose à l'Office d'agir sans désemparer mais en tenant compte de l'ensemble des circonstances, tout en respectant les délais fixés par la loi (art. 90 LP) ainsi que les temps prohibés, féries et suspensions prévus par les art. 56 et suivants LP (art. 89 LP; Winkler, in KUKO SchKG, n° 4 ad art. 89 LP; Foëx, in CR LP, 2005,
n° 15 ad art. 89 LP).
2.2
Il résulte en l'occurrence des explications de l'Office que deux mois se sont écoulés entre le 17 janvier 2017, date à laquelle le poursuivi aurait dû se présenter dans les locaux de l'Office pour y être interrogé sur sa situation, et l'envoi d'une sommation, puis trois mois entre le 27 avril 2017, date à laquelle il avait été sommé de se présenter, et l'envoi à son institution financière d'un avis au tiers débiteur. Comme l'admet lui-même l'Office, ces délais ne sont pas compatibles avec les exigences de célérité et de diligence imposées par l'art. 89 LP, de telle sorte qu'un retard non justifié doit être constaté.
Dans la mesure où le déroulement postérieur au 4 décembre 2017 de la procédure de saisie n'est pas connu, l'Office sera pour le surplus enjoint, s'il ne l'a pas déjà fait, de poursuivre sans désemparer cette procédure, notamment par la délivrance, le moment venu mais
"sans retard"
, d'un procès-verbal de saisie (art. 112 et 113 LP), valant le cas échéant acte de défaut de biens (art. 115 al. 1 et 2 LP).
3.
La procédure de plainte est gratuite (art. 20a al. 2 ch. 5 LP et art. 61 al. 2 let. a OELP) et il ne peut être alloué aucuns dépens dans cette procédure (art. 62 al. 2 OELP).
* * * * *