Decision ID: 7205a742-64cb-5eab-8eb9-7f5e786935f4
Year: 2019
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_006
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 

EN FAIT
, que A_, né le _ 1990, a été déclaré coupable de tentative de meurtre et d'infractions à la Loi sur les stupéfiants et les substances psychotropes et condamné, entre autres, à une peine privative de liberté de huit ans par jugement du Tribunal correctionnel du 16 septembre 2015, confirmé par arrêts de la Chambre pénale d'appel et de révision de la Cour de justice des 4 février 2016 et
12 octobre 2017;
Qu'incarcéré depuis 2014, il fait l'objet d'une mesure d'internement au sens de l'art. 64 al. 1 let. b CP ordonnée par la Chambre pénale d'appel et de révision de la Cour de justice le 12 octobre 2017;
Qu'en date du 22 mai 2019, le médecin chef de clinique FMH en psychiatrie de la prison C_ a demandé l'hospitalisation de A_ auprès de l'établissement B_ en utilisant une fiche intitulée "
Décision de placement à des fins d'assistance ordonnée par un médecin
";
Qu'à cette occasion, le médecin a remis par erreur à A_ le document pré-imprimé, intitulé "
Recours contre le placement à des fins d'assistance
" et contenant l'indication selon laquelle sa décision pouvait être portée par-devant le Tribunal de protection de l'adulte et de l'enfant;
Que le 23 mai 2019, A_ a saisi le Tribunal de protection d'un recours en utilisant ce document;
Que par ordonnance
DTAE/3263/2019
rendue le 31 mai 2019 et communiquée à A_ le 4 juin 2019, le Tribunal de protection de l'adulte et de l'enfant a déclaré recevable puis rejeté le recours formé contre la décision médicale du 22 mai 2019, et a déclaré sans objet le recours formé contre un traitement sans consentement;
Que par acte adressé au greffe de la Cour de justice le 6 juin 2019, A_ recourt contre cette décision, exposant s'opposer au traitement et à son hospitalisation au sein de l'Etablissement B_.
Considérant,

EN DROIT
, que dirigé contre une décision du Tribunal de protection prise en application des dispositions sur le placement à des fins d'assistance et interjeté par devant l'autorité de recours compétente, le recours est formellement recevable (art. 450 al. 1 et 450b al. 2 CC; 72 al. 1 LaCC);
Que le recourant se plaint de son transfert au sein de l'Etablissement B_ et de l'administration d'un traitement médical sans son consentement;
Qu'incarcéré depuis 2014, il fait l'objet d'une mesure d'internement prononcée par le juge pénal le 12 octobre 2017 sur la base de l'art. 64 al. 1 let. b CP, à teneur duquel le juge ordonne l'internement si l'auteur a commis un assassinat, un meurtre, une lésion corporelle grave, un viol, un brigandage, une prise d'otage, un incendie, une mise en danger de la vie d'autrui, ou une autre infraction passible d'une peine privative de liberté maximale de cinq ans au moins, par laquelle il a porté ou voulu porter gravement atteinte à l'intégrité physique, psychique ou sexuelle d'autrui, et si en raison d'un grave trouble mental chronique ou récurrent en relation avec l'infraction, il est sérieusement à craindre que l'auteur ne commette d'autres infractions du même genre et qu'une mesure thérapeutique institutionnelle prévue par l'art. 59 CP semble vouée à l'échec;
Que l'internement est exécuté dans un établissement d'exécution des mesures où dans un établissement prévu à l'art. 76 al. 2, la sécurité publique doit être garantie, et l'auteur est soumis, si besoin, à une prise en charge psychiatrique (art. 64 al. 4 CP);
Qu'en l'occurrence, le recourant critique le lieu d'exécution de la mesure d'internement ainsi que sa prise en charge médicale dans ce cadre;
Que ces éléments relèvent de l'exécution de la mesure d'internement ordonnée par le juge pénal sur la base de l'art. 64 al. 1 CP, qui qui ne saurait être remplacée par l'intervention d'une autorité civile fondée sur les art. 426 et ss CC (arrêt du Tribunal fédéral
5A_96/2015
du 26 février 2015, consid. 4.1);
Que le Tribunal de protection de l'adulte et de l'enfant n'était, partant, pas compétent pour connaître du recours formé par l'intéressé contre le lieu d'exécution de la mesure d'internement ordonnée sur la base de l'art. 64 al. 1 let. b CP et la prise en charge médicale ordonnée dans ce cadre;
Que la décision querellée sera en conséquence annulée;
Que dans la mesure où l'erreur commise par le recourant dans sa saisine du Tribunal de protection est due à une qualification erronée de la décision prise par le médecin de la prison C_ et à une indication erronée des voies de recours contre cette dernière, les règles sur la protection de la bonne foi doivent trouver application, ce d'autant que le recourant agit en personne (ATF
4C_82/2006
du 27 juin 2006);
Que la cause sera en conséquence transmise aux autorités pénales d'exécution;
Que la procédure est gratuite.
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