Decision ID: 3b33e47c-b491-5f20-85f6-15793160c768
Year: 2020
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_014
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: social_law

EN FAIT
1. Madame A_ (ci-après l'assurée ou la recourante), née le _ 1988, a déposé une demande de prestations d'assurance-invalidité, le 16 mai 2011, indiquant être atteinte dans sa santé par un trouble de la personnalité, une scoliose, des céphalées de tension mixtes, une myopie, des ovaires polykystiques, des sinusites chroniques, une anémie et un côlon irritable chronique. L'atteinte existait depuis l'enfance pour le trouble de la personnalité, les ovaires, la scoliose, les migraines et la myopie. Elle poursuivait des études à la Haute École de Travail Social (ci-après la HETS) depuis septembre 2009 et était actuellement en stage à 50% à B_.
2. À teneur d'un rapport établi le 3 novembre 2015 par le docteur C_, du département de santé mentale et psychiatrie des Hôpitaux universitaires de Genève (ci-après HUG), programme TRE, l'état de l'assurée était resté stationnaire. Les diagnostics ayant une influence sur la capacité de travail étaient un trouble de la personnalité émotionnellement labile type borderline et un trouble dépressif récurrent. La situation était inchangée depuis le précédent rapport de novembre 2013. L'état clinique de la patiente était resté relativement fluctuant et, depuis le dernier rapport, une hospitalisation de durée moyenne avait été nécessaire dans le contexte de sa symptomatologie dépressive. Actuellement, elle avait récupéré de cette symptomatologie et pouvait à nouveau suivre un traitement ambulatoire. Les mesures thérapeutiques étaient toujours les mêmes, à savoir le suivi du programme TRE, spécialisé pour le trouble de personnalité borderline, à raison d'une séance par semaine en individuel et un suivi groupal. Les troubles psychiques dont souffrait l'assurée avaient vu leur répercussion sur le travail diminuer, ce qui avait permis à la patiente d'effectuer des stages et, à terme, il paraissait envisageable qu'une reprise du travail partielle, voire complète, puisse avoir lieu. Les limitations fonctionnelles en lien avec le trouble de personnalité émotionnellement labile étaient des difficultés dans les relations interpersonnelles, une tendance à l'idéalisation, une dévalorisation, une certaine impulsivité, une difficulté à gérer la colère, une labilité émotionnelle marquée avec une grande fluctuation de la tension interne de l'image de soi et de l'image des autres. Actuellement, la patiente était en mesure de fonctionner à un taux fluctuant entre 50 et 70%. La capacité de travail était de 50% dans l'activité habituelle. La compliance était bonne.
3. Par communication du 18 novembre 2015, l'office de l'assurance-invalidité du canton de Genève (ci-après l'OAI ou l'intimé) a informé l'assurée que les conditions du droit à des mesures professionnelles étaient remplies. Dans le cas d'une formation professionnelle initiale selon l'art. 16 LAI, l'OAI prenait en charge les petites indemnités journalières selon la CIJ 1034, en raison d'une prolongation de la formation due à l'atteinte à la santé du 1
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octobre 2015 au 30 juin 2016. Le lieu de formation était la HETS.
4. Par courriel du 24 novembre 2015, l'assurée a informé Madame D_, psychologue et conseillère en réadaptation professionnelle de l'OAI, que dès le 1
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décembre, elle commencerait un stage d'attaché de presse à l'association E_, 15 heures par semaine, et que le reste du temps elle travaillerait sur son mémoire.
5. À teneur d'une note de travail de l'OAI du 23 mai 2016, l'assurée avait besoin d'un accompagnement pour l'aider à terminer la dernière partie de sa formation. Elle exprimait son besoin d'aller vers l'autonomie. Il avait été décidé de lui faire bénéficier d'un coaching individuel du service jeune des Établissements Pour l'Intégration (ci-après les ÉPI) une fois par semaine, dès que possible jusqu'au dépôt du travail de bachelor et de la soutenance du 21 décembre 2016.
6. Par communication du 5 août 2016, l'OAI a informé l'assurée qu'il prendrait en charge, dans le cadre d'une formation professionnelle initiale selon l'art. 16 LAI, des petites indemnités journalières en raison d'une prolongation de formation du 1
er
juillet 2016 au 28 février 2017.
7. Par communication du 20 octobre 2016, l'OAI a informé l'assurée qu'il prendrait en charge les frais d'une mesure de coaching socio-pédagogique dispensée par les ÉPI.
8. Madame F_, maître de réadaptation chargée de l'insertion professionnelle des ÉPI, a informé Mme D_, le 16 novembre 2016, que les entretiens avec l'assurée avaient bien débuté et que le travail sur les fonctions cognitives nécessaires à l'anticipation, l'organisation et le transfert avait été satisfaisant au début. Elles s'étaient beaucoup penchées sur l'importance de la visualisation et le comment faire pour pouvoir passer à l'action à la maison et en autonomie. Quelques tâches avaient pu être accomplies de cette façon dans le lieu de vie concernant le travail de bachelor. Cependant rapidement, l'assurée avait eu des soucis personnels avec ses amis et une association dont elle faisait partie et son moral avait été en dents de scie. Cela faisait plusieurs séances qu'elles avaient du mal à travailler ensemble et que lorsqu'elles se rencontraient, si la séance n'était pas annulée, elles parlaient davantage de son contexte privé que scolaire. L'assurée était parasitée. Elle semblait démunie face à plusieurs sentiments qu'elle éprouvait, même si elle considérait son travail de bachelor comme une priorité. Cela faisait plusieurs semaines qu'elle n'avait pas revu l'enseignante qui l'accompagnait dans la rédaction de son travail, car elle n'avait pas fait ce qui lui avait été demandé et elle avait honte. Mme F_ avait essayé de la motiver pour qu'elle reprenne contact avec l'enseignante et qu'elle envoie la première partie de son travail à sa directrice pour correction. Il semblait que l'assurée n'avait pas mis en pratique ses conseils. Elle venait d'annuler une séance. Arrivant prochainement à l'échéance de la reddition, rien ne semblait encore perdu, mais il semblait que cela allait être très difficile pour l'assurée, qui disait vivre une mauvaise phase.
9. Le 31 janvier 2017, l'OAI a informé l'assurée qu'il prenait en charge les frais d'une mesure de coaching socio-pédagogique dispensé par les ÉPI du 22 décembre 2016 au 31 janvier 2017.
10. À teneur d'une note de travail du 10 février 2017, l'assurée avait terminé avec succès son bachelor en travail social le 31 janvier 2017. Il était proposé de compléter sa formation théorique par un stage pratique dans le domaine étudié. L'assurée souhaitait idéalement combiner le travail social avec la thématique du genre. Il était difficile pour elle de prendre contact elle-même avec les lieux de stage et d'expliquer son lien avec l'assurance-invalidité. Il était important qu'elle soit suivie par un référent durant la durée de stage afin de faire des points de situation et d'évaluer la capacité de travail. Une mesure Espace-Direct aux ÉPI pour la recherche de stages pratiques lui était proposée à 50% dans un premier temps, puis à 70%, pour une durée de six mois.
11. Par rapport des ÉPI du 1
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mars 2017 (résumé des entretiens du 1
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septembre 2016 au 1
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février 2017), il était proposé, suite à la réussite du diplôme de bachelor HETS en section service social, que l'assurée quitte les effectifs des ÉPI le 31 janvier 2017. Un suivi serait réalisé par l'assurance-invalidité pour l'aider à intégrer le marché du travail.
12. Par communication du 10 mars 2017, l'OAI a informé l'assurée qu'elle avait droit à une indemnité journalière durant le délai d'attente du 1
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mars au 31 mars 2017 avant le début de la mesure Espace-Direct auprès des ÉPI pour la recherche d'un stage pratique dans le domaine du travail social. La mesure commencerait dès que le stage serait trouvé.
13. À teneur d'un rapport établi par le Dr C_ le 7 mars 2017, l'état de santé de l'assurée s'était amélioré. Son état clinique avait été discrètement favorable avec la possibilité d'envisager actuellement la reprise d'un stage préprofessionnel. Elle avait terminé un bachelor en études sociales ayant nécessité de multiples aménagements scolaires pour lui permettre de le terminer. Il était favorable à la mise sur pied d'un stage dans son domaine d'activité. Toutefois sa capacité de travail était actuellement aux alentours de 40%. Il était suggéré de commencer par un tel taux d'activité pour viser à terme un 50%. Le pronostic était favorable dans le sens où l'évolution clinique sur les dernières années était discrètement favorable et que la patiente stabilisait progressivement sa situation, notamment en ayant réussi à terminer une formation. Le pronostic était également réservé, parce qu'à mesure que s'approchait la réalité de l'intégration en milieu professionnel, des limites étaient mises en évidence et il n'était pas sûr qu'elle retrouve une capacité de travail à 100% ultérieurement.
14. Par communication du 26 juin 2017, l'OAI a informé l'assurée que dans le cas d'une formation professionnelle initiale, il prenait en charge des frais d'un stage pratique en entreprise (bénévole) pour trois mois à 40% prolongeable de trois mois (à 50%). Le stage aurait lieu : « à G_ » du 31 mai au 3 septembre 2017.
15. Le 12 juillet 2017, le Dr C_ a informé l'OAI que l'état de santé de l'assurée s'était dégradé à l'approche de son stage et qu'elle s'était montrée plus labile d'un point de vue émotionnel et plus triste avec l'apparition d'idées suicidaires. Elle avait été incapable d'intégrer le stage et il avait dû la mettre en arrêt-maladie à 100%. Il pensait que des mesures de réinsertion échoueraient, tant la péjoration clinique était importante. Il fallait donc songer à les abandonner pour se diriger vers une rente à 100%. Il était réservé quant au pronostic, car les mesures de réinsertion avaient mis en lumière des difficultés réelles de la patiente dans un milieu pourtant relativement protégé.
16. Par communication du 4 août 2017, l'OAI a informé l'assurée de l'interruption de la mesure de stage pratique en entreprise auprès de « G_ ».
17. À teneur d'un rapport établi par le docteur H_, rhumatologue, l'état de l'assurée était resté stationnaire. Son humeur était toujours fluctuante malgré la Fluoxetine.
18. Par communication du 6 octobre 2017, l'OAI a informé l'assurée qu'il avait confié une expertise médicale psychiatrique au Centre d'expertise médicale de Lancy (ci-après CEML).
19. À teneur d'un rapport établi le 30 janvier 2018 par la doctoresse I_, spécialiste FMH en psychiatrie et psychothérapie, celle-ci suivait l'assurée par une approche psychiatrique-psychothérapeutique psychodynamique intégrée à raison d'une séance hebdomadaire avec la possibilité d'intervenir entre deux séances selon les besoins de la patiente. Mis à part la problématique somatique dont la patiente souffrait, des examens neurologiques étaient en cours. Celle-ci souffrait d'un trouble de personnalité émotionnellement labile, type impulsif. Le traitement médicamenteux avait été contrôlé et adapté par le médecin adjoint du service de la psychiatrie spécialisée, le Dr C_, avec lequel elle avait échangé des informations pertinentes. Actuellement, elle était en train de changer le traitement de sa patiente en raison d'un dysfonctionnement considérable de celle-ci (asthénie, faiblesse musculaire, très grave trouble de la concentration, pauvre mémoire de travail, hypersomnie et hyperphagie). Comme conséquence de ces troubles, l'assurée se sentait perdue, même en essayant de garder son esprit vif. Elle évaluait sa vie comme un échec et les diagnostics somatiques renforçaient cette idéation. Elle vivait dans le passé et n'arrivait pas à se projeter dans l'avenir. Elle ne pouvait se voir autrement que la victime de son enfance néfaste. Ses atteintes incapacitantes étaient insurmontables dans le contexte actuel. Même les essais de stage dans une association qu'elle avait choisie et qui l'intéressait à 40% et à 20% n'avaient pas réussi. Ils avaient aggravé le risque de décompensation dépressive. En conséquence, la Dresse I_ soutenait fortement la demande de rente entière de l'assurée.
20. À teneur du rapport d'expertise établi le 12 février 2018 par le docteur J_, psychiatre FMH, du CEML, l'expertise avait été réalisée le 14 décembre 2017. Le médecin a résumé le dossier de l'assurée et, en particulier, les rapports du Dr C_, mais n'a pas mentionné la Dresse I_. Il a décrit l'histoire médicale selon l'expertisée et ses plaintes actuelles, rapporté les symptômes décrits par celle-ci et ses activités quotidiennes. Il a résumé brièvement ses données personnelles, familiales et socioprofessionnelles. L'expert a procédé à un status psychique et ordonné des examens complémentaires pour doser la Fluoxetine et le Topiramate que l'expertisée annonçait prendre régulièrement comme prescrits. Sous la rubrique « synthèse et discussion », l'expert a rappelé des éléments de l'histoire médicale de l'expertisée et de la situation actuelle. Il a mentionné qu'elle présentait une tristesse bien installée, mais pas de diminution de l'intérêt. Elle présentait un trouble du sommeil marqué, une fatigue, une baisse de l'estime et de la confiance en soi, des troubles de la concentration, un pessimisme et des idées suicidaires. Ces éléments correspondaient à un diagnostic de dépression moyenne. L'assurée avait néanmoins des activités et une certaine connexion sociale. En revanche, sur plusieurs points, et en particulier sur la capacité à maintenir des activités, elle était très déficitaire à moyen terme. Les limitations présentes étaient principalement liées à la fatigue et à des éléments cognitifs liés à la dépression, dont les troubles de la concentration. Ces éléments représentaient une incapacité de travail à 50% au maximum et seulement à terme. L'assurée présentait également une instabilité d'humeur, une impulsivité, des difficultés relationnelles, des comportements s'engageant dans des risques auto-agressifs ainsi que des idées paranoïaques et des éléments de dissociation. Ces éléments correspondaient à un trouble de la personnalité émotionnellement labile de type borderline. Au vu des symptômes, il y avait une suspicion de trouble alimentaire, qui n'avait toutefois pas été au premier plan ces derniers mois. Ce diagnostic n'était donc pas retenu.
Les activités de l'assurée montraient qu'elle pouvait s'engager dans certains domaines qui pouvaient lui paraître intéressants. D'autre part, elle s'était engagée dans une formation qu'elle avait pu récemment terminer. Cependant, il semblait que cette formation, qui avait été très importante pour elle et qu'elle avait défendue à plusieurs reprises dans le processus de l'assurance-invalidité, ne lui paraissait plus intéressante aujourd'hui. L'assurée souhaitait s'engager dans une nouvelle formation de type master dans la thématique sociologique. Elle pourrait également envisager de travailler dans un domaine très particulier, comme assistante sociale, notamment dans l'environnement, une ONG ou la cause LGBT. Ses itérations montraient son instabilité et expliquaient les échecs des années précédentes.
L'expert avait téléphoné au Dr C_ le 31 janvier 2018. Ce dernier concluait à une incapacité de l'assurée à maintenir des relations stables, y compris sur le plan professionnel.
Le Dr C_ devait passer la main à un thérapeute privé. Il décrivait l'assurée comme un cas exceptionnel, car elle avait terminé sa formation avec une difficulté inédite. Les stages avaient également montré cette difficulté, qui était liée à la dépression et compliquée par le trouble borderline, à quoi s'ajoutaient des traits histrioniques probables.
Le pronostic était donc réservé en raison du trouble de la personnalité, qui ne présentait pas de limitations et de la dépression, qui présentait des limitations avec une incapacité de travail actuelle de 100%. Ce pronostic était réservé, car l'assurée n'arrivait pas à se stabiliser dans un projet spécifique et à s'engager dans une activité professionnelle qui puisse découler de sa formation actuelle. Les mesures thérapeutiques en cours étaient un suivi par le Dr C_, dans le cadre du programme TRE, qui était sur le point de se terminer et l'assurée devait trouver une prise en charge extérieure, ce qui serait une transition probablement difficile à gérer pour elle. Elle était sous traitement de Fluoxetine et Topiramate afin de traiter la dépression et de stabiliser l'humeur. Le Dr C_ indiquait que ce traitement n'avait jamais stabilisé l'assurée sur le long terme. Ces mesures avaient montré une évolution favorable, mais lente et pas totalement satisfaisante, probablement en raison des troubles de la personnalité de l'assurée, qui étaient mêlés à des phases dépressives plus ou moins importantes. La poursuite du traitement psychothérapeutique associé aux psychotropes était très importante et exigible afin d'améliorer la capacité de travail. Cependant, l'expert considérait que l'assurée ne devrait certainement pas se retrouver sans aucune perspective ni activité. Être orientée dans un nouveau projet d'études risquait de maintenir ce manque d'autonomie. Elle venait de passer pratiquement huit ans pour terminer les études tant convoitées. Elle devait éviter de se retrouver dans un déconditionnement empêchant toute reprise d'activité quelle qu'elle soit, surtout par rapport à son jeune âge. Dans ce contexte, face à des capacités résiduelles présentes, puisque testées dans des domaines d'activité privés, l'expert suggérait une activité professionnelle avec augmentation du taux d'activité régulière ainsi que la prise en charge de son hygiène du sommeil, qui semblait être un des éléments clés afin d'améliorer l'organisation de sa journée. Ceci pourrait se faire après la transition thérapeutique, dans une année, avec un pourcentage maximal de 50%. Une réévaluation par la suite serait nécessaire quant à l'éventualité de l'augmentation de la capacité de travail au-delà de 50%. Il n'y avait ni exagération, ni simulation des symptômes. Les facteurs aggravants étaient principalement liés à un manque d'activité professionnelle sur ces dernières années impliquant une mise à distance de l'économie réelle, ce qui ajoutait probablement des éléments de difficulté supplémentaire à sa réinsertion professionnelle. Une réadaptation était donc raisonnablement exigible, d'abord à 50%, dans un délai d'un an. L'assurée pourrait travailler dans toute activité liée au social.
21. À teneur d'un avis établi le 12 avril 2018 par la doctoresse K_, médecin SMR, celle-ci retenait, conformément aux conclusions de l'expertise, que l'assurée avait une capacité de travail de 50% dans un milieu bienveillant, sans beaucoup de stress, et que la situation était à réévaluer dans un an.
22. À teneur d'un avis médical établi par la Dresse K_ le 12 juin 2018, la capacité de travail de l'assurée était à 50% dès mai 2011.
23. Par projet de décision du 16 juillet 2018, l'OAI a informé l'assurée que, sous réserve des indemnités journalières versées pendant les mesures professionnelles, elle avait droit, du 1
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mai 2012 et au 31 mai 2013 (fin du troisième mois civil qui suivait le début des mesures professionnelles), à une demi-rente d'invalidité (50%). La rente était supprimée dès le 1
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juin 2013. À la fin des mesures d'ordre professionnel, le 18 juillet 2017, elle avait le droit à une demi-rente d'invalidité basée sur le taux de 50%. D'autres mesures professionnelles ne permettraient pas de réduire le dommage et n'étaient donc pas indiquées. Actuellement, aucune mesure professionnelle ne serait de nature à améliorer sa capacité de gain et la mise en place de mesures de réadaptation supplémentaires ne permettrait pas de réduire son dommage.
Depuis mai 2011 (début du délai d'attente d'un an), sa capacité de travail était considérablement restreinte. Son statut était celui d'une personne se consacrant à temps complet à une activité professionnelle.
Selon les éléments médicaux et professionnels recueillis et après lecture des pièces par le SMR, l'OAI estimait que l'atteinte à la santé de l'assurée avait entraîné une incapacité de travail de 50% depuis mai 2011. À partir du 1
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mai 2012, le droit à une demi-rente (50%) d'invalidité lui était reconnu. Sa capacité de travail se confondait avec sa capacité de gain, de ce fait, à l'ouverture du droit à la rente, son degré d'invalidité était de 50%, ce qui lui donnait droit à une demi-rente d'invalidité. Compte tenu des répercussions de son atteinte à la santé sur sa capacité de gain, une prise en charge médicale et un traitement étaient impératifs. Elle était tenue de contribuer à la diminution du dommage et de suivre régulièrement un traitement médical adéquat (art. 7 al. 1 LAI).
24. Le 14 septembre 2018, l'assurée s'est opposée au projet de décision de l'OAI, faisant valoir que le Dr C_ estimait que sa capacité de travail était de 0% selon son rapport du 12 juillet 2017, ce qu'il avait confirmé à l'expert lors de leur entretien téléphonique.
25. Par décision du 20 novembre 2018, l'OAI a rejeté l'opposition de l'assurée à son projet de décision.
26. Le 20 décembre 2018, l'assurée a formé recours auprès de la chambre des assurances sociales de la Cour de justice contre la décision de l'OAI, concluant à ce qu'une expertise médicale judiciaire psychiatrique soit ordonnée, à ce qu'il soit constaté qu'elle avait le droit à une rente d'invalidité et à des mesures de réadaptation. Elle estimait être toujours en incapacité de travail à 100% pour un motif psychique.
27. Par complément de recours du 26 février 2019, l'assurée a contesté les conclusions de l'expertise établie par le Dr J_. Ce dernier avait été informé que son traitement avait été interrompu avec le programme CARE des HUG et qu'un traitement avec la Dresse I_ avait débuté, mais il n'avait pas pris contact avec cette dernière. Il n'avait ainsi pas eu connaissance de tous les éléments du dossier et de l'état actuel de son traitement. De plus, le rapport de la Dresse I_ du 30 janvier 2018 ne lui avait pas été soumis, puisqu'il n'en avait pas fait état dans son rapport. Le rapport d'expertise n'examinait ainsi pas les raisons et les conséquences du changement du traitement médicamenteux ni les problèmes neurologiques mentionnés par la Dresse I_. Le suivi indiqué par l'expert n'était pas celui dont elle bénéficiait. En effet, le Dr J_ avait indiqué que le suivi était fait à raison d'un rendez-vous toutes les deux semaines avec le Dr C_. Or, elle était suivie par la Dresse I_ une fois par semaine avec la possibilité de l'appeler hors séances, au moment de crises, ce qu'elle avait fait au moins trois fois par mois ou plus souvent durant les périodes difficiles. Le suivi était ainsi bien plus important que celui dont faisait état l'expert. L'aspect « discussion » de l'expertise était largement insuffisant au vu des critères jurisprudentiels. L'expert analysait si les critères du diagnostic de dépression moyenne étaient réalisés en trois lignes de motivation et avait retenu des limitations fonctionnelles justifiant une incapacité de travail à 50% après cinq lignes d'examen. L'analyse des caractères diagnostiques du trouble de la personnalité tenait en trois lignes. Or, à teneur de la jurisprudence, l'aspect « discussion » de l'expertise devait permettre aux lecteurs de comprendre le cheminement de pensée de l'expert et son analyse du dossier ainsi que les raisons pour lesquelles il retenait certains diagnostics et certaines limitations fonctionnelles. Cela n'était absolument pas le cas de l'expertise. L'analyse par l'expert était absente et on ne comprenait pas pourquoi il retenait les diagnostics précités ni sur quelle base il écartait les avis de ses médecins traitants depuis des années et retenait une capacité de travail de 50% et non de 0%.
L'expertise du Dr L_ ignorait les éléments anxieux largement présents chez elle. En effet, il n'en faisait état ni dans la description du status clinique ni dans la discussion. Or, lorsqu'il décrivait les symptômes de la lignée anxieuse et des éléments d'anxiété. L'expert ignorait toutefois ces constats par la suite et n'expliquait pas pourquoi il écartait les éléments anxieux.
Tant le Dr C_ dans ses rapports précédents que la Dresse I_ retenaient la présence d'une grande anxiété. La Dresse I_ faisait état, en décrivant ses limitations fonctionnelles, d'une angoisse envahissante qui ne pouvait diminuer que dans un cadre bienveillant, ce qui n'était pas souvent le cas dans des situations dans le monde extérieur. En outre, la Dresse I_ relevait des limitations fonctionnelles qui n'avaient pas été mentionnées par l'expert, soit une asthénie importante et handicapante, une aboulie modérée, un trouble de la concentration et de l'attention, une dysphorie et une pauvre tolérance à la frustration.
Comme le relevait la Dresse I_, le Dr J_ avait ignoré les éléments traumatiques qu'elle avait vécus dans sa vie, notamment l'agression sexuelle à répétition par un membre de sa famille, le fait d'avoir été laissée seule à 16 ans à Genève et sa précarité financière depuis l'adolescence. L'expert faisait état des abus sexuels, mais n'avait pas pris le temps d'investiguer ces éléments traumatiques ni d'examiner leur impact sur l'expertisée.
Contrairement à l'expert qui n'avait pas motivé pourquoi il retenait une capacité de travail de 50%, la Dresse I_ avait expliqué de manière détaillée pourquoi elle retenait une incapacité totale de travail. Le Dr J_ ne l'avait vue qu'une seule fois sans contacter sa psychiatre traitante, ce qui ne lui avait pas permis de comprendre son fonctionnement ou d'évaluer correctement ses limitations fonctionnelles.
La Dresse I_ critiquait les considérations du Dr J_, lorsque ce dernier estimait que l'assurée ne devrait pas se retrouver sans perspectives ou activités et que l'absence d'activité professionnelle était un caractère aggravant. En effet, elle expliquait que l'absence d'activité n'était pas liée à un manque de volonté ou un choix d'être sans activité, mais qu'elle était liée à une incapacité de performer ses activités. La Dresse I_ était également d'avis que si la recourante était saine et équilibrée et travaillait, elle aurait une meilleure perspective, toutefois, il s'agissait-là d'une envie optimiste du Dr J_ et non de la réalité dans la situation actuelle. En effet, ses troubles, les symptômes, leur nature et leur gravité et les répercussions d'un retour en milieu professionnel sur la stabilité psychique, en l'absence de ressources suffisantes pour supporter un tel défi, rendaient impossible la reprise d'une activité professionnelle. L'expert n'avait pas examiné l'impact délétère sur sa santé du retour au travail qu'il préconisait. Le rapport de la Dresse I_ emportait entière conviction puisqu'il remplissait les conditions jurisprudentielles pour ce faire. La recourante ne disposant d'aucune capacité de travail résiduelle, une rente d'invalidité entière devait lui être octroyée. Si la Cour de justice estimait que l'état de fait n'était pas suffisamment établi, une expertise médicale judiciaire comportant des volets psychiatrique et neurologique devrait être ordonnée.
La recourante a produit à l'appui de son complément de recours les réponses apportées par la Dresse I_ le 2 février 2019 à des questions posées par son conseil. La Dresse I_ indiquait suivre la recourante depuis le 9 janvier 2018 une fois par semaine avec la possibilité pour celle-ci de l'appeler hors séances lors de crises d'angoisse envahissante, ce qu'elle avait fait au moins trois fois par mois ou plus souvent durant les périodes difficiles. Elle était d'accord avec les diagnostics de trouble de la personnalité émotionnellement labile (type borderline), trouble dépressif récurrent, épisode actuel léger et hyperphagie. La patiente faisait en outre actuellement l'objet d'investigations d'ordre neurologique. La possibilité d'une sclérose en plaques débutante avait été écartée par la consultation du Dr M_ et l'IRM cérébral du 27 février 2018. L'assurée attendait une consultation neurologique pour évaluer d'autres pistes. La faiblesse musculaire n'était pas toujours concordante au diagnostic des somatisations de l'ordre psychologique, laissant soupçonner un autre processus neurologique ou vasculaire. Au fil des treize mois de suivi avec l'assurée, la Dresse I_ avait pu observer un fonctionnement particulier. Au début d'une activité, celle-ci présentait une angoisse de performance et d'appréhension, qui diminuait suite à son intervention ou à celle d'une autre personne de confiance. Ensuite, l'assurée employait toutes ses ressources afin de performer, ce qu'elle faisait bien et avec succès, laissant son entourage souvent séduit par son enthousiasme et sa créativité. Cela ne durait que quelques heures ou quelques jours, d'une manière imprévisible. La patiente était très sensible aux circonstances, au regard de son entourage et à leurs réponses à ses actions. Ensuite, ses ressources s'épuisaient très vite, elle retombait dans l'angoisse et évitait la confrontation avec le monde, son entourage et l'activité. Ce type de fonctionnement ne pouvait pas être évalué durant une courte période de temps. L'assurée n'avait, pour le moment, pas de capacité de travail résiduelle. Il était possible qu'elle en ait une dans l'avenir, étant donné sa motivation à se soigner et tous les efforts qu'elle avait montrés jusqu'à maintenant. Le Dr M_ avait fait une bonne expertise basée sur la performance de l'assurée durant leur rendez-vous, mais sa performance à ce moment-là ne reflétait pas la situation réelle. L'assurée s'était préparée pour cet entretien avec l'aide de son psychiatre pour ne pas succomber à son angoisse et avait pu montrer une facette de son fonctionnement. Pour apprécier cette patiente, il fallait la suivre et l'observer plus longuement étant donné la labilité de ses affects. Contrairement à ce qu'avait retenu le Dr J_, la patiente avait connu des éléments traumatiques dans sa vie. Elle avait subi une agression sexuelle à répétition par un membre de sa famille. À l'âge de 16 ans, sa famille l'avait laissée seule à Genève. Son rapport avec son frère avait toujours été conflictuel. Elle était également dans une situation de précarité financière depuis l'adolescence. La Dresse I_ n'était pas d'accord avec l'appréciation de l'expert selon laquelle l'assurée ne devrait pas se retrouver sans aucune perspective, ni activité. En effet, il ne s'agissait pas chez elle d'un manque de volonté, ni d'un choix d'être sans activité, mais d'une incapacité de performer les activités. Une évaluation neurologique pourrait être bénéfique. La Dresse I_ estimait que l'assurée devrait obtenir une rente entière d'invalidité et qu'elle était à 100% incapable de travailler pour raisons psychiatriques.
28. Par réponse du 15 mars 2019, l'intimé a conclu au rejet du recours, considérant que l'expertise du Dr J_ devait se voir reconnaître pleine valeur probante.
29. Dans un avis du 20 mars 2019, le SMR a indiqué qu'il n'était pas convaincu par l'évaluation de la Dresse I_, dans la mesure où le trouble dépressif qu'elle retenait était de degré moindre. Par ailleurs, les limitations décrites étaient nettement moins importantes que celles observées par le Dr J_. La situation semblait même s'être améliorée par rapport à celle qui prévalait au moment de l'expertise. La situation médicale de la recourante avait été parfaitement élucidée et une nouvelle expertise n'était pas justifiée.
30. Le 15 avril 2019, la recourante a relevé que le SMR avait mal compris les critiques qu'elle faisait de l'expertise du Dr J_, puisque l'essence même du rapport détaillé du 2 février 2019 portait sur la fluctuation et l'instabilité de ses affects. En effet, elle avait des périodes fonctionnelles puis pouvait entrer brusquement dans un épisode dépressif très invalidant, tel que cela était par exemple le cas depuis le mois de février 2019. La Dresse I_ avait essayé de l'hospitaliser au cours de cette période, mais cela avait été impossible, car la clinique genevoise de Montana n'acceptait pas les patients avec idéations suicidaires et la clinique de Belle-Idée était complète.
La recourante a produit un courriel que lui avait adressé le 7 avril 2019 la Dresse I_ au sujet du rapport du SMR du 20 mars 2019, à teneur duquel celle-ci n'était pas surprise par la conclusion du SMR, car la réponse en tant que telle n'était pas fausse. Au moment du rapport, la recourante traversait une période plutôt calme. Son état pouvait toutefois rapidement changer et aller vers l'idéation suicidaire. Par période, elle pouvait effectuer des tâches et se former. Ensuite, malgré sa volonté, elle était incapable même de sortir de son lit, ce qui s'était passé en février et mars 2019. La Dresse I_ avait essayé de l'hospitaliser, mais la clinique genevoise de Montana n'acceptait pas des patients avec idéations suicidaires et la clinique de Belle-Idée était complet à ce moment-là. Comme la patiente avait été volontaire pour une hospitalisation et qu'elle n'avait pas de pulsions actives de se suicider, les critères n'étaient pas remplis pour une hospitalisation sur le mode « PAFA-méd ». La capacité de travail de l'assuré était de 0 %. Il ne fallait pas insister sur l'intensité, mais sur la fluctuation et l'imprévisibilité ainsi que la perte du contrôle sur sa vie. L'intensité était par moment insupportable et à d'autres moments elle n'était pas très élevée. Il était nécessaire d'observer le fonctionnement de la patiente durant une plus longue durée ou depuis différents points de vue.
31. Lors d'une audience du 20 novembre 2019, la recourante a déclaré à la chambre de céans : « Je confirme mon recours et me considère totalement incapable de travailler. J'ai complètement confiance en le Dr C_. J'ai été suivie pendant cinq ans par lui dans le cadre du programme TRE, qui en principe ne dure que trois ans. C'est pour cette raison que j'ai changé de médecin et ai été suivie par la Dresse I_. Ce nom m'a été suggéré parmi d'autres par le Dr C_ comme compétente pour les troubles de la personnalité borderline. Je suis très satisfaite du suivi par la Dresse I_. J'avais très peur de changer de médecin, mais la transition s'est bien passée. Je n'ai eu qu'un entretien avec l'expert pendant 1 heure 30 et je pense que c'était insuffisant pour comprendre mon parcours et ma vie. J'ai été choquée de lire ses conclusions, car il ne retenait pas de traumatisme suite à ce que j'ai vécu dans l'enfance. Je suis actuellement suivie par le CTAS, qui est un groupe de parole pour anciennes victimes d'abus sexuels. J'ai des compétences, mais également de grandes difficultés, car je suis très instable. Mon état peut changer d'heure en heure. Je peux perdre mon énergie et ma concentration. J'ai fait un bachelor, mais j'ai eu beaucoup de mal à l'obtenir en plus de 5 ans, alors qu'en principe on l'obtient en 3 ans. J'ai dû demander deux délais supplémentaires pour l'obtenir dans le délai maximal autorisé. Je vis avec moi-même et c'est une lutte quotidienne. Je dors beaucoup. Il m'arrive de dormir 20 heures d'affilée. Mon énergie est variable, parfois je n'en ai pas assez pour faire les courses ou prendre une douche. Je vis d'heure en heure et même de minute en minute. Cet état est le même depuis le début de mon suivi auprès de la Dresse I_. Malgré ce suivi, cette instabilité persiste. De mon point de vue, il est impossible de reprendre une activité professionnelle, pour le moment. Parfois je n'arrive pas à me lever pour me rendre à mon rendez-vous de psy ou des rendez-vous administratifs. Il m'a été assez difficile d'être là ce matin. J'habite seule depuis mes 18 ans. J'ai des amis qui constituent ma famille (...). J'ai le souvenir que j'ai fait une tentative de suicide en février 2011. En février et mars 2019, je ne suis plus sortie de chez moi. L'assurance n'a pas été d'accord de prendre en charge une hospitalisation à Montana. Aucune mesure n'a été prise. J'ai dû "me démerder". Quand cela va mieux, quand j'ai de l'énergie, je passe un peu de temps avec mes amis. J'aime bricoler, créer quand cela ne me fait pas mal aux mains. Par moment j'ai les mains qui se crispent avec des douleurs et j'ai d'autres douleurs dans le corps. Je pense que c'est pour cela que la Dresse I_ a préconisé une expertise neurologique. J'ai également des douleurs au dos à cause de ma scoliose. Ces douleurs au dos augmentent quand je suis tendue, angoissée ou anxieuse, ce qui est quotidien. Cela me fatigue et entraîne un cercle vicieux. Je ne prends pas de médicaments pour ces douleurs au dos, car ils ne les soulagent pas vraiment, mais la physiothérapie m'aide un peu. Je participe parfois à des ateliers de bricolage à l'extérieur, mais je ne peux pas m'engager de manière régulière vu mon état variable. Ces cinq derniers mois, j'ai travaillé avec une coach sur un projet de spectacle de marionnettes qui m'est personnel. On se voyait une fois par semaine en principe une heure. Je n'ai pas pu le faire chaque fois. La coach s'adaptait à mes horaires et à mon état du jour, ce n'était jamais le matin, et elle se déplaçait près de chez moi. Il s'agit seulement d'un projet, qui n'est pas réalisé. Nous avons fait un prototype de marionnette. Le coaching est terminé. Il n'était pas lié à l'AI mais à une association. J'essaie de le continuer seule selon mes possibilités. J'adore la lecture, mais cela m'endort souvent. Je confirme être intéressée par une formation de type master en sociologie dans l'étude de genre. J'en avais parlé à l'expert qui m'avait répondu qu'il doutait que j'en serais capable, vu le temps pris pour mon bachelor. Je ne porte pas cet expert dans mon coeur. S'agissant du stage que je devais faire après mon bachelor pour déterminer ma capacité de travail, j'ai réalisé, au moment où j'ai commencé que je n'avais pas l'énergie pour le faire. J'étais angoissée et fatiguée. Je pense que j'aurais dû faire une pause après le bachelor qui m'avait demandé beaucoup d'énergie. Même maintenant je ne me sentirais pas capable de reprendre ce stage pour évaluer une capacité de travail. En réalité, je n'ai pas eu de pause. Je suis toujours en train de courir notamment pour des démarches administratives avec B_ et l'OAI et en raison de mon état de santé quotidien. J'espère que mon état pourra s'améliorer lorsque ma situation sera stabilisée sur le plan administratif et en lien avec l'AI. Ma psychiatre n'est pas très optimiste à ce sujet et pense que ce n'est pas possible ».
La mandataire de la recourante a déclaré : « La demande d'une expertise psychiatrique et neurologique découle des rapports de la Dresse I_. Nous demandons également une confrontation entre le Dr J_ et la Dresse I_ ».
32. Le 3 décembre 2019, la chambre de céans a informé les parties de son intention de confier une expertise psychiatrique à la doctoresse N_, spécialiste FMH en psychiatrie et psychothérapie, et leur a transmis le projet de mission d'expertise avec un délai pour se prononcer sur une éventuelle récusation de l'experte ou sur les questions qui lui étaient adressées.
33. Le 10 décembre 2019, l'intimé a informé la chambre de céans qu'il s'opposait à une expertise judiciaire. Aucun élément médical objectif, voire aucun élément de nature clinique ou diagnostique qui aurait été ignoré n'avait été apporté par la recourante, de sorte que la mise en place d'une expertise ne se justifiait pas. Si la chambre persistait dans son intention, il n'avait pas de motifs de récusation contre l'experte annoncé. Il proposait que soit ajouté à la question numéro 10 : « le traitement décrit est-il exigible ? ».
34. Le 16 décembre 2019, la recourante a informé la chambre de céans ne pas s'opposer à l'experte désignée et qu'elle n'avait pas de questions complémentaires à poser à celle-ci.
35. Sur ce, la cause a été gardée à juger.

EN DROIT
1. Conformément à l'art. 134 al. 1 let. a ch. 2 de la loi sur l'organisation judiciaire, du 26 septembre 2010 (LOJ -
E 2 05
), la chambre des assurances sociales de la Cour de justice connaît, en instance unique, des contestations prévues à l'art. 56 de la loi fédérale sur la partie générale du droit des assurances sociales, du 6 octobre 2000 (LPGA -
RS 830.1
) relatives à la loi fédérale sur l'assurance-invalidité du 19 juin 1959 (LAI -
RS 831.20
).
Sa compétence pour juger du cas d'espèce apparaît ainsi établie.
2. Le délai de recours est de trente jours (art. 56 LPGA; art. 62 al. 1 de la de loi sur la procédure administrative du 12 septembre 1985 [LPA -
E 5 10
]). Interjeté dans la forme et le délai prévus par la loi, le recours est, a priori, recevable (art. 56 ss LPGA et 62 ss LPA).
3. Le litige porte sur le droit de la recourante à une rente entière d'invalidité.
4. Est réputée invalidité, l'incapacité de gain totale ou partielle présumée permanente ou de longue durée, résultant d'une infirmité congénitale, d'une maladie ou d'un accident (art. 8 al. 1 LPGA et 4 al. 1 LAI). Selon l'art. 7 LPGA, est réputée incapacité de gain toute diminution de l'ensemble ou d'une partie des possibilités de gain de l'assuré sur le marché du travail équilibré qui entre en considération, si cette diminution résulte d'une atteinte à la santé physique ou mentale et qu'elle persiste après les traitements et les mesures de réadaptation exigibles (al 1). Seules les conséquences de l'atteinte à la santé sont prises en compte pour juger de la présence d'une incapacité de gain. De plus, il n'y a incapacité de gain que si celle-ci n'est pas objectivement surmontable (al. 2 en vigueur dès le 1
er
janvier 2008).
5. En vertu de l'art. 28 al. 2 LAI, l'assuré a droit à une rente entière s'il est invalide à 70% au moins, à un trois-quarts de rente s'il est invalide à 60% au moins, à une demi-rente s'il est invalide à 50% au moins, ou à un quart de rente s'il est invalide à 40% au moins.
Pour évaluer le taux d'invalidité, le revenu que l'assuré aurait pu obtenir s'il n'était pas invalide est comparé avec celui qu'il pourrait obtenir en exerçant l'activité qui peut raisonnablement être exigée de lui après les traitements et les mesures de réadaptation, sur un marché du travail équilibré (art. 16 LPGA et art. 28a al. 1 LAI).
Il y a lieu de préciser que selon la jurisprudence, la notion d'invalidité, au sens du droit des assurances sociales, est une notion économique et non médicale; ce sont les conséquences économiques objectives de l'incapacité fonctionnelle qu'il importe d'évaluer (ATF
110 V 273
consid. 4a). L'atteinte à la santé n'est donc pas à elle seule déterminante et ne sera prise en considération que dans la mesure où elle entraîne une incapacité de travail ayant des effets sur la capacité de gain de l'assuré (arrêt du Tribunal fédéral des assurances I 654/00 du 9 avril 2001 consid. 1).
6. Les atteintes à la santé psychique peuvent, comme les atteintes physiques, entraîner une invalidité au sens de l'art. 4 al. 1 LAI en liaison avec l'art. 8 LPGA. On ne considère pas comme des conséquences d'un état psychique maladif, donc pas comme des affections à prendre en charge par l'assurance-invalidité, les diminutions de la capacité de gain que l'assuré pourrait empêcher en faisant preuve de bonne volonté; la mesure de ce qui est exigible doit être déterminée aussi objectivement que possible (ATF
127 V 294
consid. 4c; ATF
102 V 165
consid. 3.1; VSI 2001 p. 223 consid. 2b; arrêt du Tribunal fédéral des assurances I 786/04 du 19 janvier 2006 consid. 3.1).
Dans sa jurisprudence récente (ATF
143 V 409
consid. 4.5 et ATF
143 V 418
consid. 6 et 7), le Tribunal fédéral a modifié sa pratique lors de l'examen du droit à une rente d'invalidité en cas de troubles psychiques. La jurisprudence développée pour les troubles somatoformes douloureux, selon laquelle il y a lieu d'examiner la capacité de travail et la capacité fonctionnelle de la personne concernée dans le cadre d'une procédure structurée d'administration des preuves à l'aide d'indicateurs (ATF
141 V 281
), s'applique dorénavant à toutes les maladies psychiques. En effet, celles-ci ne peuvent en principe être déterminées ou prouvées sur la base de critères objectifs que de manière limitée. La question des effets fonctionnels d'un trouble doit dès lors être au centre. La preuve d'une invalidité ouvrant le droit à une rente ne peut en principe être considérée comme rapportée que lorsqu'il existe une cohérence au niveau des limitations dans tous les domaines de la vie. Si ce n'est pas le cas, la preuve d'une limitation de la capacité de travail invalidante n'est pas rapportée et l'absence de preuve doit être supportée par la personne concernée.
Même si un trouble psychique, pris séparément, n'est pas invalidant en application de la nouvelle jurisprudence, il doit être pris en considération dans l'appréciation globale de la capacité de travail, qui tient compte des effets réciproques des différentes atteintes. Ainsi, une dysthymie, prise séparément, n'est pas invalidante, mais peut l'être lorsqu'elle est accompagnée d'un trouble de la personnalité notable. Par conséquent, indépendamment de leurs diagnostics, les troubles psychiques entrent déjà en considération en tant que comorbidité importante du point de vue juridique si, dans le cas concret, on doit leur attribuer un effet limitatif sur les ressources (ATF
143 V 418
consid. 8.1).
Il convient d'évaluer globalement, sur une base individuelle, les capacités fonctionnelles effectives de la personne concernée en tenant compte, d'une part, des facteurs contraignants extérieurs limitant les capacités fonctionnelles et, d'autre part, les potentiels de compensation (ressources).
Les indicateurs sont les suivants :
a. Les constatations relatives aux manifestations concrètes de l'atteinte à la santé diagnostiquée permettent de distinguer les limitations fonctionnelles causées par cette atteinte de celles dues à des facteurs non assurés. Le point de départ est le degré de gravité minimal inhérent au diagnostic. Il doit être rendu vraisemblable compte tenu de l'étiologie et de la pathogenèse de la pathologie déterminante pour le diagnostic.
b. Il convient encore d'examiner le succès du traitement et de la réadaptation ou la résistance à ces derniers. Ce critère est un indicateur important pour apprécier le degré de gravité. L'échec définitif d'un traitement indiqué, réalisé lege artis sur un assuré qui coopère de manière optimale, permet de conclure à un pronostic négatif. Si le traitement ne correspond pas ou plus aux connaissances médicales actuelles ou paraît inapproprié dans le cas d'espèce, on ne peut rien en déduire s'agissant du degré de gravité de la pathologie. Les troubles psychiques sont invalidants lorsqu'ils sont graves et ne peuvent pas ou plus être traités médicalement. Des déductions sur le degré de gravité d'une atteinte à la santé peuvent être tirées non seulement du traitement médical mais aussi de la réadaptation.
c. La comorbidité psychique ne doit être prise en considération qu'en fonction de son importance concrète dans le cas d'espèce, par exemple pour juger si elle prive l'assuré de ressources. Il est nécessaire de procéder à une approche globale de l'influence du trouble psychique avec l'ensemble des pathologies concomitantes. Un trouble qui, selon la jurisprudence, ne peut pas être invalidant en tant que tel n'est pas une comorbidité mais doit à la rigueur être pris en considération dans le cadre du diagnostic de la personnalité.
d. Il convient ensuite d'accorder une importance accrue au complexe de personnalité de l'assuré (développement et structure de la personnalité, fonctions psychiques fondamentales). Le concept de ce qu'on appelle les « fonctions complexes du Moi » (conscience de soi et de l'autre, appréhension de la réalité et formation du jugement, contrôle des affects et des impulsions, intentionnalité et motivation) entre aussi en considération. Comme les diagnostics relevant des troubles de la personnalité sont, plus que d'autres indicateurs, dépendants du médecin examinateur, les exigences de motivation sont particulièrement élevées.
e. Si des difficultés sociales ont directement des conséquences fonctionnelles négatives, elles continuent à ne pas être prises en considération. En revanche, le contexte de vie de l'assuré peut lui procurer des ressources mobilisables, par exemple par le biais de son réseau social. Il faut toujours s'assurer qu'une incapacité de travail pour des raisons de santé ne se confond pas avec le chômage non assuré ou avec d'autres difficultés de vie.
f. Il s'agit, encore, de se demander si l'atteinte à la santé limite l'assuré de manière semblable dans son activité professionnelle ou dans l'exécution de ses travaux habituels et dans les autres activités (par exemple, les loisirs). Le critère du retrait social se réfère non seulement aux limitations mais également aux ressources de l'assuré et à sa capacité à les mobiliser. Dans la mesure du possible, il convient de comparer le niveau d'activité sociale de l'assuré avant et après la survenance de l'atteinte à la santé.
g. Il faut examiner en suite la mesure dans laquelle les traitements sont mis à profit ou alors négligés, pour évaluer le poids effectif des souffrances. Tel n'est toutefois pas le cas lorsque le comportement est influencé par la procédure assécurologique en cours. Il ne faut pas conclure à l'absence de lourdes souffrances lorsque le refus ou la mauvaise acceptation du traitement recommandé est la conséquence d'une incapacité (inévitable) de l'assuré à reconnaître sa maladie (anosognosie). Les mêmes principes s'appliquent pour les mesures de réadaptation. Un comportement incohérent de l'assuré est là aussi un indice que la limitation fonctionnelle est due à d'autres raisons que l'atteinte à la santé assurée.
Le juge vérifie librement si l'expert médical a exclusivement tenu compte des déficits fonctionnels résultant de l'atteinte à la santé et si son évaluation de l'exigibilité repose sur une base objective.
La reconnaissance de l'existence desdits troubles suppose d'abord la présence d'un diagnostic émanant d'un expert (psychiatre) et s'appuyant lege artis sur les critères d'un système de classification reconnu (ATF
130 V 396
consid. 5.3).
Ce diagnostic doit être justifié médicalement de telle manière que les personnes chargées d'appliquer le droit puissent vérifier que les critères de classification ont été effectivement respectés. Il suppose l'existence de limitations fonctionnelles dans tous les domaines de la vie (tant professionnelle que privée). Les médecins doivent en outre prendre en considération les critères d'exclusion de ce diagnostic retenus par la jurisprudence (ATF
141 V 281
consid. 2.1.1. et 2.2). Ainsi, si les limitations liées à l'exercice d'une activité résultent d'une exagération des symptômes ou d'une constellation semblable, on conclura, en règle ordinaire, à l'absence d'une atteinte à la santé ouvrant le droit à des prestations d'assurance. Au nombre des situations envisagées figurent la discordance entre les douleurs décrites et le comportement observé, l'allégation d'intenses douleurs dont les caractéristiques demeurent vagues, l'absence de demande de soins, les grandes divergences entre les informations fournies par le patient et celles ressortant de l'anamnèse, le fait que des plaintes très démonstratives laissent insensible l'expert, ainsi que l'allégation de lourds handicaps malgré un environnement psychosocial intact (ATF
131 V 49
consid. 1.2).
7. a. Pour pouvoir calculer le degré d'invalidité, l'administration (ou le juge, s'il y a eu un recours) a besoin de documents qu'un médecin, éventuellement d'autres spécialistes, doivent lui fournir. La tâche du médecin consiste à porter un jugement sur l'état de santé et à indiquer dans quelle mesure et pour quelles activités l'assuré est, à ce motif, incapable de travailler. En outre, les données médicales constituent un élément utile pour déterminer quels travaux on peut encore, raisonnablement, exiger de l'assuré (ATF
125 V 256
consid. 4 et les références).
Selon le principe de libre appréciation des preuves, pleinement valable en procédure judiciaire de recours dans le domaine des assurances sociales (cf. art. 61 let. c LPGA), le juge n'est pas lié par des règles formelles, mais doit examiner de manière objective tous les moyens de preuve, quelle qu'en soit la provenance, puis décider si les documents à disposition permettent de porter un jugement valable sur le droit litigieux. En cas de rapports médicaux contradictoires, le juge ne peut trancher l'affaire sans apprécier l'ensemble des preuves et sans indiquer les raisons pour lesquelles il se fonde sur une opinion médicale et non pas sur une autre. L'élément déterminant pour la valeur probante d'un rapport médical n'est ni son origine, ni sa désignation, mais son contenu. A cet égard, il importe que les points litigieux importants aient fait l'objet d'une étude fouillée, que le rapport se fonde sur des examens complets, qu'il prenne également en considération les plaintes exprimées, qu'il ait été établi en pleine connaissance du dossier (anamnèse), que la description des interférences médicales soit claire et enfin que les conclusions de l'expert soient bien motivées (ATF
134 V 231
consid. 5.1; ATF
133 V 450
consid. 11.1.3; ATF
125 V 351
consid. 3).
b. Sans remettre en cause le principe de la libre appréciation des preuves, le Tribunal fédéral des assurances a posé des lignes directrices en ce qui concerne la manière d'apprécier certains types d'expertises ou de rapports médicaux.
c. Ainsi, en principe, lorsqu'au stade de la procédure administrative, une expertise confiée à un médecin indépendant est établie par un spécialiste reconnu, sur la base d'observations approfondies et d'investigations complètes, ainsi qu'en pleine connaissance du dossier, et que l'expert aboutit à des résultats convaincants, le juge ne saurait les écarter aussi longtemps qu'aucun indice concret ne permet de douter de leur bien-fondé (ATF
125 V 351
consid. 3b/bb).
d. Le juge ne s'écarte pas sans motifs impératifs des conclusions d'une expertise médicale judiciaire, la tâche de l'expert étant précisément de mettre ses connaissances spéciales à la disposition de la justice afin de l'éclairer sur les aspects médicaux d'un état de fait donné. Selon la jurisprudence, peut constituer une raison de s'écarter d'une expertise judiciaire le fait que celle-ci contient des contradictions, ou qu'une surexpertise ordonnée par le tribunal en infirme les conclusions de manière convaincante. En outre, lorsque d'autres spécialistes émettent des opinions contraires aptes à mettre sérieusement en doute la pertinence des déductions de l'expert, on ne peut exclure, selon les cas, une interprétation divergente des conclusions de ce dernier par le juge ou, au besoin, une instruction complémentaire sous la forme d'une nouvelle expertise médicale (ATF
125 V 351
consid. 3b/aa et les références).
e. Le juge peut accorder pleine valeur probante aux rapports et expertises établis par les médecins d'un assureur social aussi longtemps que ceux-ci aboutissent à des résultats convaincants, que leurs conclusions sont sérieusement motivées, que ces avis ne contiennent pas de contradictions et qu'aucun indice concret ne permet de mettre en cause leur bien-fondé. Le simple fait que le médecin consulté est lié à l'assureur par un rapport de travail ne permet pas encore de douter de l'objectivité de son appréciation ni de soupçonner une prévention à l'égard de l'assuré. Ce n'est qu'en présence de circonstances particulières que les doutes au sujet de l'impartialité d'une appréciation peuvent être considérés comme objectivement fondés. Etant donné l'importance conférée aux rapports médicaux dans le droit des assurances sociales, il y a lieu toutefois de poser des exigences sévères quant à l'impartialité de l'expert (ATF
125 V 351
consid. 3b/ee).
f. Un rapport du SMR a pour fonction d'opérer la synthèse des renseignements médicaux versés au dossier et de prodiguer des recommandations quant à la suite à donner au dossier sur le plan médical. En tant qu'il ne contient aucune observation clinique, il se distingue d'une expertise médicale (art. 44 LPGA) ou d'un examen médical auquel il arrive au SMR de procéder (art. 49 al. 2 RAI; arrêt du Tribunal fédéral
9C_542/2011
du 26 janvier 2012 consid. 4.1). Ces rapports ne posent pas de nouvelles conclusions médicales mais portent une appréciation sur celles déjà existantes. Au vu de ces différences, ils ne doivent pas remplir les mêmes exigences au niveau de leur contenu que les expertises médicales. On ne saurait en revanche leur dénier toute valeur probante. Ils ont notamment pour but de résumer et de porter une appréciation sur la situation médicale d'un assuré, ce qui implique aussi, en présence de pièces médicales contradictoires, de dire s'il y a lieu de se fonder sur l'une ou l'autre ou s'il y a lieu de procéder à une instruction complémentaire (arrêt du Tribunal fédéral
9C_518/2007
du 14 juillet 2008 consid. 3.2 et les références citées).
g. En ce qui concerne les rapports établis par les médecins traitants, le juge peut et doit tenir compte du fait que, selon l'expérience, le médecin traitant est généralement enclin, en cas de doute, à prendre parti pour son patient en raison de la relation de confiance qui l'unit à ce dernier (ATF
125 V 351
consid. 3b/cc).
h. On ajoutera qu'en cas de divergence d'opinion entre experts et médecins traitants, il n'est pas, de manière générale, nécessaire de mettre en oeuvre une nouvelle expertise. La valeur probante des rapports médicaux des uns et des autres doit bien plutôt s'apprécier au regard des critères jurisprudentiels (ATF
125 V 351
consid. 3a) qui permettent de leur reconnaître pleine valeur probante. A cet égard, il convient de rappeler qu'au vu de la divergence consacrée par la jurisprudence entre un mandat thérapeutique et un mandat d'expertise (ATF 124 I 170 consid. 4; arrêt du Tribunal fédéral I 514/06 du 25 mai 2007 consid. 2.2.1, in SVR 2008 IV Nr. 15 p. 43), on ne saurait remettre en cause une expertise ordonnée par l'administration ou le juge et procéder à de nouvelles investigations du seul fait qu'un ou plusieurs médecins traitants ont une opinion contradictoire. Il n'en va différemment que si ces médecins traitants font état d'éléments objectivement vérifiables ayant été ignorés dans le cadre de l'expertise et qui sont suffisamment pertinents pour remettre en cause les conclusions de l'expert (arrêt du Tribunal fédéral
9C_369/2008
du 5 mars 2009 consid. 2.2).
i. Les constatations médicales peuvent être complétées par des renseignements d'ordre professionnel, par exemple au terme d'un stage dans un centre d'observation professionnel de l'assurance-invalidité, en vue d'établir concrètement dans quelle mesure l'assuré est à même de mettre en valeur une capacité de travail et de gain sur le marché du travail. Il appartient alors au médecin de décrire les activités que l'on peut encore raisonnablement attendre de l'assuré compte tenu de ses atteintes à la santé (influence de ces atteintes sur sa capacité à travailler en position debout et à se déplacer; nécessité d'aménager des pauses ou de réduire le temps de travail en raison d'une moindre résistance à la fatigue, par exemple), en exposant les motifs qui le conduisent à retenir telle ou telle limitation de la capacité de travail. En revanche, il revient au conseiller en réadaptation, non au médecin, d'indiquer quelles sont les activités professionnelles concrètes entrant en considération sur la base des renseignements médicaux et compte tenu des aptitudes résiduelles de l'assuré. Dans ce contexte, l'expert médical et le conseiller en matière professionnelle sont tenus d'exercer leurs tâches de manière complémentaire, en collaboration étroite et réciproque (ATF
107 V 17
consid. 2b; SVR 2006 IV n° 10 p. 39).
En cas d'appréciation divergente entre les organes d'observation professionnelle et les données médicales, l'avis dûment motivé d'un médecin prime pour déterminer la capacité de travail raisonnablement exigible de l'assuré (arrêt du Tribunal fédéral des assurances I 531/04 du 11 juillet 2005, consid. 4.2). En effet, les données médicales permettent généralement une appréciation plus objective du cas et l'emportent, en principe, sur les constatations qui peuvent être faites à l'occasion d'un stage d'observation professionnelle, qui sont susceptibles d'être influencées par des éléments subjectifs liés au comportement de l'assuré pendant le stage (arrêt du Tribunal fédéral
9C_462/2009
du 2 décembre 2009 consid. 2.4). Au regard de la collaboration, étroite, réciproque et complémentaire selon la jurisprudence, entre les médecins et les organes d'observation professionnelle (cf. ATF
107 V 17
consid. 2b), on ne saurait toutefois dénier toute valeur aux renseignements d'ordre professionnel recueillis à l'occasion d'un stage pratique pour apprécier la capacité résiduelle de travail de l'assuré en cause. Au contraire, dans les cas où l'appréciation d'observation professionnelle diverge sensiblement de l'appréciation médicale, il incombe à l'administration, respectivement au juge - conformément au principe de la libre appréciation des preuves - de confronter les deux évaluations et, au besoin de requérir un complément d'instruction (ATF
9C_1035/2009
du 22 juin 2010 consid. 4.1, in SVR 2011 IV n° 6 p. 17; ATF
9C_833/2007
du 4 juillet 2008, in Plädoyer 2009/1 p. 70; arrêt du Tribunal fédéral des assurances I 35/03 du 24 octobre 2003 consid. 4.3 et les références, in Plädoyer 2004/3 p. 64; arrêt du Tribunal fédéral
9C_512/2013
du 16 janvier 2014 consid. 5.2.1).
8. Le juge des assurances sociales fonde sa décision, sauf dispositions contraires de la loi, sur les faits qui, faute d'être établis de manière irréfutable, apparaissent comme les plus vraisemblables, c'est-à-dire qui présentent un degré de vraisemblance prépondérante. Il ne suffit donc pas qu'un fait puisse être considéré seulement comme une hypothèse possible. Parmi tous les éléments de fait allégués ou envisageables, le juge doit, le cas échéant, retenir ceux qui lui paraissent les plus probables (ATF
130 III 321
consid. 3.2 et 3.3; ATF
126 V 353
consid. 5b; ATF
125 V 193
consid. 2 et les références). Aussi n'existe-t-il pas, en droit des assurances sociales, un principe selon lequel l'administration ou le juge devrait statuer, dans le doute, en faveur de l'assuré (ATF
126 V 319
consid. 5a).
9. Conformément au principe inquisitoire qui régit la procédure dans le domaine des assurances sociales, le juge des assurances sociales doit procéder à des investigations supplémentaires ou en ordonner lorsqu'il y a suffisamment de raisons pour le faire, eu égard aux griefs invoqués par les parties ou aux indices résultant du dossier. Il ne peut ignorer des griefs pertinents invoqués par les parties pour la simple raison qu'ils n'auraient pas été prouvés (VSI 5/1994 220 consid. 4a). En particulier, il doit mettre en oeuvre une expertise lorsqu'il apparaît nécessaire de clarifier les aspects médicaux du cas (ATF
117 V 282
consid. 4a; RAMA 1985 p. 240 consid. 4; arrêt du Tribunal fédéral des assurances I 751/03 du 19 mars 2004 consid. 3.3). Lorsque le juge des assurances sociales constate qu'une instruction est nécessaire, il doit en principe mettre lui-même en oeuvre une expertise lorsqu'il considère que l'état de fait médical doit être élucidé par une expertise ou que l'expertise administrative n'a pas de valeur probante (ATF
137 V 210
consid. 4.4.1.3 et 4.4.1.4). Un renvoi à l'administration reste possible, notamment lorsqu'il s'agit de préciser un point de l'expertise ordonnée par l'administration ou de demander un complément à l'expert (ATF
137 V 210
consid. 4.4.1.3 et 4.4.1.4; SVR 2010 IV n. 49 p. 151, consid. 3.5; arrêt du Tribunal fédéral
8C_760/2011
du 26 janvier 2012 consid. 3).
10. En l'espèce, au vu des conclusions contradictoires de l'expert et des médecins traitants de la recourante, il se justifie d'ordonner une expertise psychiatrique de celle-ci. En l'état, il n'apparaît pas nécessaire de faire procéder à une expertise neurologique, mais une telle expertise pourrait être ordonnée par la suite, selon les conclusions de l'expertise psychiatrique.
L'expertise sera confiée à la doctoresse O_, FMH psychiatrie-psychothérapie. La question complémentaire requise par l'intimé sera intégrée à la mission d'expertise.