Decision ID: 3b122fbb-b765-58b3-9861-dc2f234c711c
Year: 2019
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_007
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 

EN FAIT
que par acte expédié le 26 septembre 2019 à la Chambre de surveillance, la FONDATION A_ s'est plainte d'un retard injustifié et/ou d'un déni de justice dans le traitement de la poursuite requise le
14 mars 2019 contre B_, concluant, du moins implicitement, à ce qu'il soit ordonné à l'Office de procéder à la notification du commandement de payer à bref délai;
Que dans son rapport du 15 octobre 2019, l'Office cantonal des poursuites
(ci-après : l'Office) s'en est rapporté à justice sur le bien-fondé de la plainte, en exposant ce qui suit : la réquisition de poursuite lui est parvenue le 18 mars 2019 et le commandement de payer, poursuite n° 1_, a été édité le 28 mars 2019 et remis le même jour à la Poste pour notification au débiteur à l'adresse indiquée par la poursuivante; la Poste a retourné l'acte à l'Office le 4 avril 2019 avec la mention "destinataire introuvable"; une convocation a été adressée au débiteur le 29 avril 2019, suivie d'une sommation le 20 mai 2019; un changement d'adresse ayant été annoncé à l'Office cantonal de la population et des migrations (OCPM), une nouvelle convocation a été adressée au débiteur le 19 juin 2019, c/o C_, rue _, Genève, suivie d'une sommation le 2 août 2019; un collaborateur de l'Office s'est rendu sur place le 1
er
octobre 2019 et a été informé par C_ que le débiteur ne résidait plus chez elle depuis environ un mois; aucun changement d'adresse n'ayant été annoncé à l'OCPM, l'Office allait prochainement interpeller les créanciers pour les inviter à lui communiquer une nouvelle adresse de notification;
Que par avis du 17 octobre 2019, les parties ont été informées de ce que l'instruction de la cause était close.
Considérant,

EN DROIT
, que la Chambre de surveillance est compétente pour statuer sur les plaintes formées en application de la LP (art. 13 LP; 125 et 126 al. 2 let. c LOJ;
6 al. 1 et 3 et 7 al. 1 LaLP) contre des mesures prises par l'Office qui ne peuvent être attaquées par la voie judiciaire (art. 17 al. 1 LP);
Que la plainte peut être déposée en tout temps lorsque le plaignant fait valoir un déni de justice ou un retard à statuer (art. 17 al. 3 LP);
Qu'en l'espèce, la plaignante fait valoir un retard injustifié, de sorte que sa plainte, qui répond par ailleurs aux exigences minimales de forme (art. 9 al. 1 et 2 LaLP; 65 al. 1 et 2 LPA, applicable par renvoi de l'art. 9 al. 4 LaLP), est recevable;
Qu'il y a retard non justifié, au sens de l'art. 17 al. 3 LP, lorsqu'un organe de l'exécution forcée n'accomplit pas un acte qui lui incombe - d'office ou à la suite d'une requête régulière - dans le délai prévu par la loi ou dans un délai raisonnable compte tenu de l'ensemble des circonstances (COMETTA/MÖCKLI, BAK SchKG I, 2
ème
éd., 2010,
n. 31-32 ad art. 17 LP; DIETH/WOHL, KUKO SchKG, 2
ème
éd., 2014, n. 32 ad art. 17 LP; ERARD, CR LP, 2005, n. 55 ad art. 17 LP);
Qu'à réception d'une réquisition de poursuite, l'Office vérifie que celle-ci est conforme aux prescriptions de l'art. 67 al. 1 et 2 LP ainsi que, sur la base des indications données par le créancier et de ses propres vérifications, sa compétence à raison du lieu. Si la réquisition de poursuite répond aux exigences de l'art. 67 al. 1 et 2 LP et n'est pas nulle pour un autre motif, l'Office rédige (art. 69 al. 1 LP) et notifie (art. 71 al. 1 LP) sans attendre le commandement de payer. Ces dispositions constituent des prescriptions d'ordre imposant à l'Office d'agir sans délai, "aussi vite que possible"; leur éventuelle violation est toutefois sans effet sur la validité du commandement de payer (GILLIERON, Commentaire LP, n. 14 ad art. 71 LP; MALACRIDA/ROESLER, KUKO SchKG, n. 3
ad art. 71 LP);
Qu'une fois le commandement de payer établi conformément à l'art. 69 al. 2 LP, la durée de la procédure de notification proprement dite dépend en partie de circonstances sur lesquelles l'Office n'a pas de prise (par ex. : absence du débiteur ou d'un tiers habilité à recevoir l'acte à sa place au moment de la notification, absence de collaboration du débiteur, difficultés à le localiser, etc.); l'Office n'en est pas moins tenu de poursuivre de manière diligente et sans désemparer ses efforts en vue de la notification, dans le respect des art. 64 ss LP;
Qu'en l'espèce, le commandement de payer a été établi environ 10 jours ouvrables après que l'Office ait reçu la réquisition de poursuite, ce qui ne paraît pas excessif au regard des exigences fixées à l'art. 69 al. 1 LP;
Qu'en revanche, la procédure de notification du commandement de payer a connu des lenteurs injustifiées : ainsi, après s'être vu retourner l'acte (non notifié) par la Poste, l'Office a attendu près d'un mois avant d'adresser une convocation au débiteur, tandis qu'il a patienté environ quatre mois avant d'envoyer un de ses collaborateurs à la nouvelle adresse communiquée par l'OCPM, en dépit de l'échec des précédentes tentatives de notification, le débiteur ayant déménagé dans l'intervalle;
Que de tels atermoiements ne sont pas compatibles avec les exigences de diligence et de célérité découlant de l'art. 71 al. 1 LP;
Qu'en conséquence, la plainte sera admise et il sera ordonné à l'Office de poursuivre avec diligence et sans interruption la procédure de notification du commandement de payer, poursuite n° 1_;
Que la procédure est gratuite (art. 20a al. 2 ch. 5 LP et art. 61 al. 2 let. a OELP).
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