Decision ID: b9f039fd-1958-5de0-b03d-bb736f8f0a84
Year: 2021
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_009
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: penal_law

Vu, EN FAIT, la demande de révision du 8 avril 2021 du Ministère public (MP) dans la procédure P/34/2021 dirigée contre B_, prétendument né le _ 2003, pour des faits commis à partir du 30 novembre 2020 (entrée illégale et séjour illégal), le
2 janvier 2021 (vol) et le 26 janvier 2021 (excès de bruit et de trouble à la tranquillité publique), pour lesquels il a été condamné à une peine privative de liberté de deux jours par le Tribunal des mineurs le 16 février 2021 ;
Que dans cette même décision le Tribunal des mineurs avait classé partiellement la procédure en lien avec des faits de dommages à la propriété survenus le 26 janvier 2021 ;
Attendu que le MP expose que, postérieurement à cette condamnation, B_ a été identifié par la police sur la base de ses empreintes digitales comme étant en réalité A_, né le _ 1997, de sorte qu'il était majeur aux dates de la commission des infractions pour lesquelles il a été jugé selon la procédure et le droit applicable aux mineurs ;
Que le prévenu, sans domicile fixe, a été informé par voie édictale de la demande de révision formulée par le MP ;
Qu'il n'y a pas donné de suite ;

Considérant, EN DROIT, que la Chambre pénale d'appel et de révision (CPAR) est l'autorité compétente en matière de révision (art. 21 al. 1 let. b du code de procédure pénale [CPP]
cum
art. 130 al. 1 let. a de la loi sur l'organisation judiciaire [LOJ]) ;
Que la demande de révision doit être motivée et les motifs de révision doivent être exposés et justifiés dans la demande (arrêts du Tribunal fédéral
6B_79/2017
du 22 mars 2017 consid. 2.2 ;
1B_204/2014
du 16 juin 2014 consid. 3) ;
Que selon l'art. 410 al. 1 let. a CPP, toute personne lésée notamment par un jugement entré en force ou une ordonnance pénale peut en demander la révision s'il existe des faits ou des moyens de preuves qui étaient inconnus de l'autorité inférieure et qui sont de nature à motiver notamment une condamnation moins sévère ou plus sévère du condamné ;
Qu'aux termes de l'art. 413 al. 2 CPP, si elle constate que les motifs de révision sont fondés, la juridiction d'appel annule partiellement ou entièrement la décision attaquée ; elle renvoie la cause pour nouveau traitement et nouveau jugement à l'autorité qu'elle désigne (let. a) ou elle rend elle-même une nouvelle décision si l'état du dossier le permet (let. b) ;
Qu'il s'agit d'examiner dans chaque cas si la demande de révision est abusive, soit notamment si elle tend à contourner les voies de droit ordinaires (ATF
145 IV 197
consid. 1.1) ;
Qu'en l'espèce, la demande de révision a été formée par-devant l'autorité compétente et selon la forme prévue par la loi ;
Que rien ne permet de douter de l'exactitude des données transmises par le MP ;
Que la CPAR considère qu'il est établi que le défendeur était majeur lorsque les faits jugés selon les règles applicables aux mineurs ont été commis ;
Que le MP et le Tribunal des mineurs ignoraient cet élément ;
Que le Tribunal des mineurs n'était ainsi pas compétent ;
Qu'il convient dès lors d'admettre la demande révision, d'annuler l'ordonnance pénale du 16 févier 2021 et de renvoyer la cause au Tribunal des mineurs pour dessaisissement de ce dernier en faveur du MP ;
Que les frais de la procédure, comprenant un émolument de CHF 500.- (art. 428 al. 1 CPP et art. 14 al. 1 let. e du règlement fixant le tarif des frais en matière pénale [RTFMP], seront mis à la charge du défendeur qui succombe.
* * * * *