Decision ID: b91e2ac9-282f-5511-9905-54db55c39238
Year: 2016
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_013
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: public_law

EN FAIT
1. Le 21 décembre 2015, le service du commerce (ci-après : Scom) a envoyé à Monsieur A_, né le _ 1955, une décision lui infligeant une amende administrative de CHF 1'500.- en application de la loi sur les taxis et limousines (transport professionnel de personnes au moyen de voitures automobiles) du 21 janvier 2005 (LTaxis -
H 1 30
), et lui intimant l'ordre de cesser immédiatement d'exercer toute activité de transport professionnel de personnes tant et aussi longtemps qu'il ne serait pas au bénéfice des autorisations nécessaires ; le préavis de la commission de discipline LTaxis avait été requis le 11 décembre 2015.![endif]>![if>
2. Par acte posté le 2 février 2016, M. A_ a interjeté recours auprès de la chambre administrative de la Cour de justice (ci-après : la chambre administrative) contre la décision précitée, concluant préalablement à l'audition de trois personnes, et principalement à l'annulation de la décision et à se voir « allouer (...) un émolument de procédure ».![endif]>![if>
Dans la partie de son mémoire intitulée « recevabilité », M. A_ a indiqué par deux fois avoir reçu la décision attaquée le 28 décembre 2015. Son recours était déposé dans le délai de trente jours compte tenu de la suspension des délais du 18 décembre 2015 au 2 janvier 2016.
3. Le recours a été transmis au Scom pour information, et la cause gardée à juger.![endif]>![if>

EN DROIT
1. a. Le délai de recours est de trente jours lorsqu’il s’agit d’une décision finale (art. 62 al. 1 let. a de la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 1985 -LPA -
E 5 10
).![endif]>![if>
b. Les délais de recours en jours fixés par la loi ne courent pas du 18 décembre au 2 janvier inclusivement (art. 63 al. 1 let. c LPA). Si une décision est notifiée durant la période de suspension, le délai de recours ne commence à courir que le premier jour suivant la fin de celle-ci (
ATA/1163/2015
du 27 octobre 2015 consid. 2c ;
ATA/642/2015
du 16 juin 2015 consid. 3 ;
ATA/984/2014
du 9 décembre 2014 consid. 2c).
c. Les délais commencent à courir le lendemain de leur communication ou de l’événement qui les déclenche (art. 17 al. 1 LPA). Lorsque le dernier jour du délai est un samedi, un dimanche ou un jour légalement férié, le délai expire le premier jour utile (art. 17 al. 3 LPA). Les délais sont réputés observés lorsque l’acte de recours est parvenu à l’autorité ou a été remis à son adresse, à un bureau de poste suisse ou à une représentation diplomatique ou consulaire suisse au plus tard le dernier jour du délai avant minuit (art. 17 al. 4 LPA).
d. La notification doit permettre au destinataire de prendre connaissance de la décision et, le cas échéant, de faire usage des voies de droit ouvertes à son encontre. Une décision est notifiée, non pas au moment où le justiciable en prend connaissance, mais le jour où elle est dûment communiquée (arrêt du Tribunal fédéral
2P.259/2006
du 18 avril 2007 consid. 3.1 et les références citées).
e. S’agissant d’un acte soumis à réception, telle une décision ou une communication de procédure, la notification est réputée faite au moment où l’envoi entre dans la sphère de pouvoir de son destinataire (Pierre MOOR/Étienne POLTIER, Droit administratif, vol. 2, 3
ème
éd., 2011, p. 302-303 n. 2.2.8.3). Il suffit que celui-ci puisse en prendre connaissance (ATF
118 II 42
consid. 3b p. 44 ; 115 Ia 12 consid. 3b p. 17 ; arrêts du Tribunal fédéral
2P.259/2006
du 18 avril 2007 consid. 3.1 ;
2A.54/2000
du 23 juin 2000 consid. 2a et les références citées).
f. La décision qui n’est remise que contre la signature du destinataire ou un tiers habilité est réputée reçue au plus tard sept jours après la première tentative infructueuse de distribution (art. 62 al. 4 LPA).
La prolongation du délai de garde par la poste ne modifie pas cette fiction (arrêt du Tribunal fédéral
1C_115/2015
du 6 janvier 2016 ;
ATA/698/2014
du 2 septembre 2014 et les références citées).
Une réexpédition sous pli simple ne fait pas courir un nouveau délai de recours (
ATA/698/2014
du 2 septembre 2014 consid. 4d).
g. Les délais de réclamation et de recours fixés par la loi sont des dispositions impératives de droit public. Ils ne sont, en principe, pas susceptibles d’être prolongés (art. 16 al. 1 1
ère
phrase LPA), restitués ou suspendus, si ce n’est par le législateur lui-même (
ATA/171/2014
du 18 mars 2014 consid. 1a ;
ATA/820/2013
du 17 décembre 2013 consid. 2 ;
ATA/400/2012
du 26 juin 2012 consid. 3a). Ainsi, celui qui n’agit pas dans le délai prescrit est forclos et la décision en cause acquiert force obligatoire (
ATA/1068/2015
du 6 octobre 2015 consid. 5a ;
ATA/918/2015
du 8 septembre 2015 consid. 3a).
Le Tribunal fédéral a eu l’occasion de préciser que le strict respect des délais légaux se justifie pour des raisons d’égalité de traitement et n’est pas constitutif de formalisme excessif (ATF
125 V 65
consid. 1 ; arrêts du Tribunal fédéral
6B_507/2011
du 7 février 2012 consid. 2.3 ;
2D_18/2009
du 22 juin 2009 consid. 4.2).
La restitution pour inobservation d’un délai imparti par l’autorité prévue à l’art. 16 al. 3 LPA peut être accordée si le requérant ou son mandataire a été empêché sans sa faute d’agir dans le délai fixé. Toutefois et comme cela ressort expressément du texte légal, cette disposition ne s'applique qu'aux délais fixés par l'autorité, et non aux délais légaux (
ATA/1260/2015
du 24 novembre 2015).
2. En l'espèce, la décision attaquée est datée du 21 décembre 2015. Le recourant indique l'avoir reçu le 28 décembre 2015, ce qui est conforme à l'expérience générale de la vie.![endif]>![if>
Le délai pour recourir a donc commencé le jour suivant la suspension des délais de fin d'année. Il a donc débuté le 3 janvier 2016, pour échoir le lundi 1
er
février 2016.
Or, en postant son recours le 2 février 2016 à l’attention de la chambre de céans, l’intéressé n’a pas respecté le délai légal de trente jours.
3. a. Les cas de force majeure sont réservés, conformément à l’art. 16 al. 1 2
ème
phr. LPA. Tombent sous cette notion, les événements extraordinaires et imprévisibles qui surviennent en dehors de la sphère d’activité de l’intéressé et qui s’imposent à lui de façon irrésistible (
ATA/1163/2015
du 27 octobre 2015 consid. 3 ;
ATA/642/2015
du 16 juin 2015 consid. 4 ;
ATA/105/2014
du 18 février 2014 consid. 5 ;
ATA/54/2014
du 4 février 2014 consid. 3c ;
ATA/105/2012
du 21 février 2012 consid. 6b et les références citées).![endif]>![if>
b. Les conditions pour admettre un empêchement de procéder à temps sont très strictes. La restitution du délai suppose que l’intéressé n’a pas respecté le délai légal en raison d’un empêchement imprévisible dont la survenance ne lui est pas imputable à faute (arrêt du Tribunal fédéral
2P.259/2006
précité consid. 3.2 et la jurisprudence citée). Celui-ci peut résulter d’une impossibilité objective ou subjective. L’empêchement doit être de nature telle que le respect des délais aurait impliqué la prise de dispositions que l’on ne peut raisonnablement attendre de la part d’une personne avisée (
ATA/397/2013
du 25 juin 2013 consid. 9 ;
ATA/744/2012
du 30 octobre 2012 ;
ATA/38/2011
du 25 janvier 2011).
c. Pour établir l’existence d’un cas de force majeure, le fardeau de la preuve incombe à l’intéressé (
ATA/606/2014
du 29 juillet 2014 consid. 3d ;
ATA/744/2012
précité et les références citées).
4. En l'espèce, le recourant indique avoir procédé dans le délai, et ne plaide dès lors nullement avoir été empêché de respecter ce dernier d'une quelconque façon. ![endif]>![if>