Decision ID: 5781db48-75a3-57e0-b709-b084ccd1757e
Year: 2015
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_001
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law

EN FAIT
, le jugement
JTPI/10526/2015
du 15 septembre 2015, notifié le
19 septembre 2015 à A_, aux termes duquel le Tribunal de première instance, statuant sur mesures protectrices de l'union conjugale, a, notamment, attribué la garde sur C_ à B_ (ch. 2), réservé un droit de visite usuel à A_ (ch. 3) et arrêté la contribution à l'entretien de C_, par mois et d'avance, allocations familiales non comprises, à 1'000 fr. (ch. 4);
Vu l'appel expédié le 29 septembre 2015 par A_ au greffe de la Cour de justice par lequel il conteste le montant de la contribution d'entretien, dont il sollicite qu'elle soit fixée à 200 fr. par mois, allocations familiales non comprises;
Vu la requête d'effet suspensif de l'appelant, qui expose ne pas être en mesure de s'acquitter du montant mis à sa charge;
Qu'invitée à se déterminer sur la requête d'effet suspensif, l'intimée ne s'est pas manifestée dans le délai imparti;
Considérant,

EN DROIT
, que la Cour est saisie d'un appel au sens de l'art. 308 CPC;
Que le jugement querellé portant sur des mesures provisionnelles, l'appel n'a pas d'effet suspensif
ex lege
(art. 315 al. 4 let. b CPC);
Que compte tenu de la présence d'un enfant mineur, les maximes inquisitoire et d'office sont applicables (art. 58 al. 2 et 296 CPC);
Que la Présidente de la Chambre civile a compétence pour statuer sur la requête d'effet suspensif, vu la nature incidente et provisionnelle d'une telle décision et la délégation prévue à cet effet par l'art. 18 al. 2 LaCC, concrétisée par une décision de la Chambre civile siégeant en audience plénière et publiée sur le site Internet de la Cour;
Qu'à teneur de l'art. 315 al. 5 CPC, l'exécution de mesures provisionnelles peut exceptionnellement être suspendue si la partie concernée risque de subir un préjudice difficilement réparable, notion permettant de tenir compte également d'un préjudice de fait et s'examinant à l'aune de l'efficacité du jugement à rendre à l'issue de la procédure ordinaire, qui en serait compromise (arrêt du Tribunal fédéral
4P.5/2002
du 8 avril 2002 consid. 3a);
Que, saisie d'une demande d'effet suspensif au sens de l'art. 315 al. 5 CPC, l'autorité cantonale d'appel doit ainsi procéder à une nouvelle pesée des intérêts entre les deux préjudices difficilement réparables, celui du demandeur à l'action si la mesure n'était pas exécutée immédiatement et celui qu'entraînerait pour le défendeur l'exécution de cette mesure (ATF
138 III 378
consid. 6.3 et les références citées;
137 III 475
consid. 4.1);
Que l'exécution immédiate demeure la règle et la suspension du caractère exécutoire l'exception et que le paiement de contributions d'entretien ne constitue en principe pas un dommage difficilement réparable (ATF
107 Ia 269
; arrêts du Tribunal fédéral
4D_26/2011
du 6 mai 2011 consid. 2;
5P.104/2005
du 18 juillet 2005 consid. 1.2);
Qu'en l'espèce, les revenus de l'appelant peuvent être évalués, en moyenne, à 4'200 fr. par mois, conformément aux revenus réalisés en 2014;
Qu'a priori et sans préjudice de l'examen au fond, aucun élément ne rend vraisemblable que l'appelant ne sera pas à même de réaliser en 2015 les mêmes revenus;
Qu'il expose que ses charges comportent, outre celles retenues par le Tribunal de
3'160 fr. 60 (1'500 fr. de loyer, 390 fr. 60 de prime d'assurance maladie, 70 fr. de frais de transports et 1'200 fr. de montant de base), le minimum de base OP de 600 fr. de sa fille D_, dont il a la garde, et la prime d'assurance maladie de celle-ci, de sorte que son disponible ne se monte qu'à 200 fr. par mois;
Qu'au vu des revenus de 4'200 fr. et des charges incontestées de 3'160 fr. 60 par mois, le disponible mensuel de l'appelant est de 1'040 fr.;
Qu'afin de préserver l'égalité de traitement entre les enfants de l'appelant, le montant de 1'040 fr. doit être réparti entre D_ et C_, en tenant compte de la différence de leurs besoins;
Qu'à cet égard, le montant du minimum de base OP est de 400 fr. pour C_ et de 600 fr. pour D_; C_ doit être gardée compte tenu de son jeune âge (21⁄2 ans) lorsque sa mère travaille, les frais de garde se montant,
prima facie
, à 1'500 fr. par mois;
Que pour les surplus, la prime d'assurance maladie de chaque enfant est identique et que leurs frais de logement peuvent être estimés à un montant comparable pour chacune d'elles;
Que D_ doit, en outre, pouvoir se déplacer en transports publics, de sorte qu'un montant mensuel de 45 fr. sera retenu à ce titre;
Qu'ainsi, à première vue, les frais de D_ s'élèvent mensuellement à 893 fr. 40 (600 fr. + 460 fr. + 88 fr. 40 + 45 fr. – 300 fr. (allocations familiales)) et ceux de C_ à 2'148 fr. 40 (400 fr. + 460 fr. + 88 fr. 40 + 1'500 fr. – 300 fr. (allocations familiales));
Qu'au vu de leurs besoins respectifs, il convient de répartir le disponible d'environ
1'040 fr. à concurrence de 2/3 en faveur de C_ et de 1/3 en faveur de D_;
Que, partant, pendant la procédure d'appel, l'obligation d'entretien du père en faveur de C_ sera limitée à 690 fr. par mois;
Qu'il sera statué sur les frais et dépens de l'incident avec la décision au fond (art. 104
al. 3 CPC);
Considérant enfin que la présente décision, de nature incidente, rendue dans le cadre d'une procédure dont la valeur litigeuse est supérieure à 30'000 fr., est susceptible d'un recours en matière civile au Tribunal fédéral, dans les limites de l'art. 93 LTF (ATF
137 III 475
consid. 1) et que la décision relative à une requête d'effet suspensif étant une mesure provisionnelle au sens de l'art. 98 LTF, seule peut être invoquée la violation des droits constitutionnels (art. 98 LTF; ATF
137 III 475
consid. 2).
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