Decision ID: f406b024-40c4-5a9f-bbfc-b7648b643bf2
Year: 2019
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_002
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law

EN FAIT
A.
Par jugement
OSQ/40/2018
du 27 septembre 2018, notifié aux parties le 1
er
octobre 2018, le Tribunal de première instance, statuant par voie de procédure sommaire, a partiellement admis l'opposition formée par A_ contre l'ordonnance de séquestre rendue le 16 novembre 2017 (ch. 1 et 2 du dispositif), modifié dite ordonnance en ce sens que le séquestre ordonné était maintenu à concurrence du montant de 10'277'800 fr. (contrevaleur 10'406'652 USD au taux de 0.988 au 16 novembre 2017) avec intérêts à 5% dès le 1
er
janvier 2012 (ch. 3), ordonné en conséquence à l'Office des poursuites de Genève de lever le séquestre n° 1_ à hauteur de 6'875'827 fr. (contrevaleur de 6'819'761 USD au taux de 0,988 au 16 novembre 2017; ch. 4), rejeté l'opposition pour le surplus (ch. 5), arrêté les frais judiciaires à 2'000 fr., mis à charge de A_ à hauteur des 3/5
ème
et de C_ SA à hauteur des 2/5
ème
et compensés avec l'avance fournie par A_, condamné C_ SA à payer 800 fr. à A_ (ch. 6), condamné A_ à verser 3'000 fr. à C_ SA à titre de dépens (ch. 7) et débouté les parties de toutes autres conclusions (ch. 8).
B. a.
Par acte expédié le 11 octobre 2018 au greffe de la Cour de justice, A_ a formé recours contre ce jugement. Il a principalement conclu à la suspension de la procédure jusqu'à droit jugé dans la procédure de revendication opposant D_ à C_ SA. Subsidiairement, il a conclu à l'annulation des chiffres 3 et 5 à 8 du dispositif du jugement entrepris et à ce que la Cour déclare fondée dans sa totalité l'opposition à séquestre qu'il avait formée, annule l'ordonnance de séquestre visée et ordonne à l'Office des poursuites de lever les mesures d'exécution. Plus subsidiairement, il a conclu à ce que la Cour dise que les sûretés en 1'000'000 fr. fournies par C_ SA étaient conservées, condamne celle-ci à fournir des sûretés additionnelles en 583'500 fr., lui impartisse un délai de dix jours pour ce faire et dise que le séquestre deviendrait caduc à l'expiration du délai de cinq jours [
recte
dix jours] si les sûretés n'étaient pas déposées, sous suite de frais et dépens.
Il a produit une pièce nouvelle.
b.
C_ SA a conclu à ce que la Cour déclare irrecevable le recours formé par A_, subsidiairement, le rejette, sous suite de frais et dépens.
Elle a produit une pièce nouvelle.
c.
A_ ayant renoncé à répliquer, la Cour a informé les parties de ce que la cause était gardée à juger par avis du 27 novembre 2018.
C. a.
Par acte déposé au greffe de la Cour le 11 octobre 2018, C_ SA a formé recours contre ce jugement. Elle a conclu à l'annulation des ch. 1 à 4, 6 et 8 de son dispositif. Cela fait, elle a conclu, à la forme, à ce que la Cour déclare irrecevable l'opposition à séquestre formée par A_ et confirme l'ordonnance de séquestre, à concurrence de 17'153'327 fr. (contrevaleur 17'222'413 USD au 10 novembre 2017). Au fond, elle a conclu à ce que la Cour rejette intégralement l'opposition à séquestre formée par A_ et confirme intégralement le séquestre. Subsidiairement, elle a conclu au renvoi de la cause au Tribunal, sous suite de frais et dépens.
Elle a produit un chargé de pièces nouvelles.
b.
Par acte expédié le 12 novembre 2018, A_ a conclu à ce que la Cour déclare, à la forme, irrecevable le recours formé par C_ SA, ainsi que les pièces B à R produites dans son chargé et les allégués n
os
11, 13 à 15, 25 à 39, 41, 43 à 84 et 96 à 117 formulés dans son recours. Au fond, il a conclu à ce que la Cour rejette le recours et a repris ses conclusions formulées dans son propre recours, sous suite de frais et dépens.
c.
Le 13 novembre 2018, C_ SA - sans avoir encore reçu la réponse de A_ - a déposé au greffe de la Cour, un courrier, ainsi qu'un chargé de pièces nouvelles.
d.
Se déterminant sur ledit courrier, A_ a conclu à son irrecevabilité, ainsi qu'à celle des pièces produites en annexe.
e.
Dans sa réplique, C_ SA a persisté dans ses conclusions et s'est opposée à l'irrecevabilité des pièces et allégués nouveaux formulés dans ses précédentes écritures.
f.
A_ a dupliqué et persisté dans ses conclusions.
g.
Par avis du 11 décembre 2018, la Cour a informé les parties de ce que la cause était gardée à juger.
D.
Les faits pertinents suivants résultent du dossier :
a.
C_ SA est une société sise à Genève ayant pour but l'importation, l'exportation, l'achat et la vente de pierres précieuses ou semi-précieuses, de diamants, perles fines ou de culture, de joaillerie, de bijouterie et de tous articles de luxe.
E_ en est l'administrateur président et F_ l'administratrice directrice.
b.
A_, de nationalité saoudienne, est domicilié à B_ en Arabie Saoudite.
Il est marié à G_.
Depuis le mois d'octobre 2017, il est en détention en Arabie Saoudite.
Les époux A_, ainsi que certains de leurs enfants, sont les propriétaires et les animateurs de la société H_ sise à B_ (Arabie Saoudite). L'actionnariat de la société est réparti à raison de 13% pour A_ et de 87% pour G_.
I_ est une société sise à B_ (Arabie Saoudite), fondée par le père de G_, décédé en 2002. Il n'a pas été exposé en procédure qui contrôle cette société depuis ce décès.
c.
A_ et E_ ont fait connaissance dans les années 1980 et ont noué des relations personnelles et professionnelles.
Il s'en est suivi de nombreux achats de bijoux effectués par A_ entre 2006 et 2011, qui reste devoir 10'402'652 USD, avec intérêts à 5% l'an dès le 1
er
janvier 2012, à C_ SA à titre de solde des prix de vente, ce qui n'est plus contesté au stade des recours.
d.
S'agissant des bijoux visés par la présente procédure, il sied d'apporter les précisions suivantes :
d.a
Selon une facture 2_ du 3 octobre 2006, adressée à "
H_
", C_ SA a vendu une pierre précieuse décrite comme "
_ [appellation - description]
" pour un prix de 4'000'000 USD, dans le but de l'intégrer dans un collier à créer.
Le paiement a été effectué par le débit du compte de G_.
d.b
Selon une facture 3_ du 26 février 2007, adressée à A_ et à "
H_
", C_ SA a vendu un bijou décrit comme "
_ [description]
" - incorporant la pierre précieuse évoquée sous
d.a
ci-dessus et correspondant au lot n° 4_ de la vente aux enchères dont il sera question
infra
- (ci-après, Lot n° 4_), pour un prix de 5'368'000 USD.
Les paiements ont été effectués au débit du compte de I_, laissant un solde impayé de 58'000 USD.
d.c
Selon des factures 5_ du 10 janvier 1992 et 6_ du 10 novembre 1992, adressée à A_, C_ SA a vendu des bijoux décrits comme "
_ [description]
" et "
_
" - qui correspondent au lot n° 7_ de la vente aux enchères dont il sera question
infra -
(ci-après, Lot n° 7_), pour un prix total de 3'578'622 USD.
Le prix de vente a été intégralement payé par le débit du compte de I_
d.d
Selon des factures 8_ et 9_ du 18 mai 2007, adressées à A_ et à "
H_
", C_ SA a vendu les pierres dites "
_ [appellation]
", montées sur un collier, - qui correspondent au lot n° 10_ de la vente aux enchères dont il sera question
infra
- (ci-après, Lot n° 10_), pour un prix total de 10'407'072 fr., soit 8'600'886 USD au cours de l'époque, et 1'860'000 USD pour le montage sur le collier.
Les paiements ont été effectués en USD au débit du compte de I_, laissant un solde impayé de 1'860'000 USD.
d.e
Selon une facture 11_ du 15 décembre 2006, adressée à A_ et à "
H_
", C_ SA a vendu un bijou décrit comme "
_
" - qui correspond au lot n° 12_ de la vente aux enchères dont il sera question
infra -
(ci-après, Lot n° 12_), pour un prix de 600'000 USD.
Le prix de vente a été intégralement payé par le débit du compte de I_
d.f
Selon une facture 13_ du 2 avril 2007, adressée à A_ et à "
H_
", C_ SA a vendu une pierre précieuse décrite comme "
_ - _
", pour un prix de 3'200'000 USD.
Le prix de vente a été intégralement payé par le débit du compte de I_
d.g
Selon une facture 14_ du 1
er
juillet 2009, adressée à A_ et à "
H_
", C_ SA a vendu un bijou décrit comme "
_ [description]
" - qui comprend la pierre en forme de coeur évoqué
supra
sous
d.f
et qui correspond au lot n° 15_ de la vente aux enchères dont il sera question
infra -
(ci-après, Lot n° 15_), pour un prix de 5'880'000 USD.
Les paiements ont été effectués au débit du compte de I_, laissant un solde impayé de 800'000 USD.
d.h
A_, ou son assistant, ont été les uniques interlocuteurs de C_ SA lors de leurs relations d'affaires et pour toutes les ventes susmentionnées.
e.
Le 10 décembre 2014, G_ et D_ ont signé un contrat de vente de bijoux. Le lieu de la signature est B_ en Arabie Saoudite, les deux parties étant domiciliées dans ce pays. Le contrat ne contient pas d'élection de droit. En préambule, il est indiqué que G_ a emprunté à D_ plusieurs montants pour un total de 30'400'000 SAR. En garantie de sa dette, elle a remis à D_ six bijoux, énumérés sur une liste annexée au contrat, d'une valeur totale de 44'400'000 SAR. Afin de régler cet emprunt, les parties au contrat ont convenu que D_ achèterait lesdits bijoux pour le prix de 44'400'000 SAR, par compensation à hauteur de sa créance de 30'400'000 SAR et par paiement de 14'000'000 SAR au moyen d'un chèque bancaire.
A_ allègue que les bijoux visés par le contrat de vente comprennent les Lots n° 4_, n° 7_, n° 10_, n° 12_ et n° 15_. Aucune traduction d'une description ou d'une attestation de l'authenticité des bijoux visés par ce contrat n'a cependant été produite. Seules des photographies sont annexées avec des légendes en arabe.
f.
C_ SA allègue en outre avoir remis à A_ des biens au titre de l'Amana - usage trouvant son origine dans le Coran, qui consiste à remettre à une personne un bien en dépôt - pour une valeur de 6'819'761 USD. Elle n'apporte cependant aucun reçu, ni aucune preuve tendant à démontrer la remise de ces biens, mis à part des documents établi par ses soins, ainsi qu'un courrier daté du 28 août 2013 et émanant de A_, dans lequel celui-ci se réfère à deux objets ("
two items
") soumis à l'Amana sans expliciter de quoi il s'agirait.
Ainsi, C_ SA a jusqu'en 2017 demandé la restitution des objets en nature.
g.
Début novembre 2017, E_ et F_ ont appris que J_ SA, succursale de Genève, organisait une vente le 15 novembre 2017, lors de laquelle cinq lots de bijoux - les Lots n° 4_, n° 7_, n° 10_, n° 12_ et n° 15_ - que C_ SA avait vendus à A_ seraient mis aux enchères.
h.
Le 13 novembre 2017, à la requête de C_ SA, le Tribunal de première instance a ordonné le séquestre (C/16_/2017) des cinq lots en mains de J_, succursale de Genève.
Il a astreint C_ SA à fournir des sûretés à concurrence de 1'000'000 fr.
i.
Par courriel du 15 novembre 2017 adressé à C_ SA, J_ a exposé que, tenue par des engagements de confidentialité envers ses clients, elle n'était pas en mesure de lui communiquer l'identité des propriétaires des lots concernés, tout en précisant que A_ n'en était pas le propriétaire.
j.
Le même jour, C_ SA, pour faire suite à la demande de J_ a autorisé la vente des cinq lots, sous réserve du maintien du séquestre du produit de la vente.
k.
Le 15 novembre 2017, les lots n° 7_, 10_ et 12_ n'ont pas trouvé acquéreur lors des enchères organisées par J_. Les autres lots ont été vendus.
l.
Par requête de séquestre déposée au greffe du Tribunal de première instance le 16 novembre 2017, C_ SA a conclu à ce que le Tribunal ordonne le séquestre à concurrence de 17'153'627 fr. (contrevaleur au 10 novembre 2017 de 17'222'413 USD) avec intérêts à 5 % dès le 1
er
janvier 2012, des actifs suivants possédés par J_ SA, SUCCURSALE DE GENEVE (rue _, _ Genève) et/ou son siège de Zurich (_, _ Zurich) et qui ont été proposés en vente par J_ SA le 15 novembre 2017 :
- lot n° 7_ du catalogue J_ de la vente 17_ "
K_
" : parure de diamants dénommée "
_ [appellation - description]
";
- lot n° 10_ du catalogue J_ de la vente 17_ "
K_
" : diamants dénommés "
The K_ _
";
- lot n° 12_ du catalogue J_ de la vente 17_ "
K_
" : bague de diamant dénommée "
_[appellation - description]
";
ainsi que de toutes créances à l'encontre de J_ SA, SUCCURSALE DE GENEVE (rue _, _ Genève) et/ou son siège de Zurich (_, _ Zurich) en restitution des actifs suivants possédés par J_ SA, SUCCURSALE DE GENEVE et/ou son siège de Zurich et qui ont été proposés en vente par J_ SA le 15 novembre 2017 :
- lot n° 4_ du catalogue J_ de la vente 17_ "
K_
" : collier de diamants dénommé "
_ [appellation - description]
";
- lot n° 7_ du catalogue J_ de la vente 17_ "
K_
" : parure de diamants dénommée "
_ [appellation - description]
";
- lot n° 10_ du catalogue J_ de la vente 17_ "
K_
" : diamants dénommés "
The K_ _
;
- lot n° 12_ du catalogue J_ de la vente 17_ "
K_
" : bague de diamant dénommée "
_ [appellation - description]
";
- lot n° 15_ du catalogue J_ de la vente 17_ "
K_
" : collier de diamants dénommé "
_ [appellation - description]
".
notamment les créances découlant de leur dépôt, y compris les créances en restitution ou en paiement du produit de leur vente ou découlant du produit de leur vente.
m.
Par ordonnance de séquestre rendue le 16 novembre 2017, le Tribunal de première instance a ordonné le séquestre requis, qui fait l'objet de la présente cause.
Il a astreint C_ SA à fournir des sûretés à concurrence de 1'000'000 fr. précisant que les sûretés de même montant fournies dans le cadre du séquestre rendu dans la cause C/16_/2017 valaient également pour le présent séquestre.
n.
L'Office des poursuites a dressé un procès-verbal de séquestre n° 1_dont il ressort qu'il a séquestré en mains de J_ SA succursale de Genève :
- Une parure de diamants dénommée "
_ [appellation]
", d'une valeur estimée à 2'911'250 fr.
- 2 diamants jaunes dénommés "
The K_ _
", d'une valeur estimée à 7'488'500 fr.
- 1 bague de diamant dénommée "
_ [appellation - description]
", d'une valeur estimée à 335'750 fr.
Il a également séquestré, en mains de J_ SA une créance de 5'100'000 fr. correspondant au produit de la vente des lots n° 4_ et 15_, qui avait eu lieu le 15 novembre 2017.
o.
Le 24 janvier 2018, C_ SA a formé auprès du Tribunal de première instance une action en contestation de la revendication par D_ des biens séquestrés.
Cette cause est toujours pendante.
p.
Le 26 mars 2018, A_ a formé opposition au séquestre, concluant à l'annulation de l'ordonnance de séquestre. Subsidiairement, en cas de maintien du séquestre, il a conclu à ce que les sûretés fournies par C_ SA soient conservées et que C_ SA soit condamnée à fournir des sûretés additionnelles d'un montant de 583'500 fr. dans un délai de cinq jours et qu'à défaut le séquestre deviendrait caduc.
Une procuration au nom de A_ a été produite.
q.
Dans ses déterminations écrites du 22 mai 2018, C_ SA a conclu à l'irrecevabilité de l'opposition à séquestre et subsidiairement, à son rejet.
r.
Lors de l'audience du 28 mai 2018, les conseils de A_ ont déposé un document du 8 novembre 2010 portant sur la légalisation de la signature de leur client par l'Ambassade de Suisse en Arabie Saoudite ainsi que la copie de la procuration en leur faveur, rédigée en anglais, signée le 6 février 2018 par A_. Les signatures de A_ portant sur les documents légalisés et sur la procuration émanent visiblement de la même personne.
A_ a persisté dans les conclusions de sa requête. A titre subsidiaire, il a conclu à la suspension de la présente procédure jusqu'à droit jugé sur l'action en contestation de la revendication.
C_ SA a persisté dans ses conclusions.
s.
La cause a été gardée à juger à l'issue de l'audience.
E.
A teneur de l'ordonnance entreprise, le Tribunal a retenu que, au vu de la similarité des signatures sur la procuration légalisée et sur la procuration produite dans la présente procédure, ainsi que des explications fournies, A_ était valablement représenté. Celui-ci disposait d'un intérêt à s'opposer au séquestre puisqu'il était touché par la mesure de séquestre, bien qu'il prétende que les biens séquestrés ne lui appartenaient pas. La créance impayée correspondant au solde des prix de ventes de bijoux vendus par C_ SA à A_ était rendue vraisemblable. Cependant, le dépôt des biens selon la pratique de l'Amana n'était pas suffisamment établi faute de preuve tendant à démontrer la remise effective de ces biens à A_. La propriété de celui-ci sur les biens séquestrés était rendue vraisemblable, mais non la remise de ces biens à son épouse, ni le transfert de propriété à D_. Aucun dommage n'était rendu vraisemblable par A_, de sorte que des sûretés supplémentaires ne s'avéraient pas nécessaires. Dès lors que le Tribunal avait statué, la requête en suspension n'avait plus lieu d'être.

EN DROIT
1.
1.1
Le jugement entrepris étant une décision statuant sur opposition à séquestre, seule la voie du recours est ouverte (art. 278 al. 3 LP; art. 309 let. b ch. 6 et 319 let. a CPC).
Le recours, écrit et motivé, doit être introduit auprès de l'instance de recours dans les dix jours à compter de la notification de la décision motivée (art. 278 al. 1 LP et 321 al. 2 CPC).
Déposés dans le délai et selon les formes requis par la loi, les recours sont recevables.
Dans la mesure où ils sont dirigés contre la même décision et où ils présentent des liens étroits, il se justifie de traiter les deux recours dans un seul arrêt
(cf. art. 125 CPC).
S'agissant cependant de l'écriture déposée le 13 novembre 2018 par C_ SA, elle est irrecevable dans la mesure où elle est intervenue postérieurement au délai de recours et ne constitue pas une réplique à une écriture déposée par la partie adverse.
1.2
La cognition de la Cour est limitée à la violation du droit et à la constatation manifestement inexacte des faits (art. 320 CPC et 278 al. 3 LP).
La procédure sommaire est applicable aux décisions rendues en matière de séquestre au sens de la LP (art. 251 let. a CPC).
1.3
C_ SA remet en cause la validité de la procuration dont se prévalent les avocats de A_.
1.3.1
Toute personne capable d'ester en justice peut se faire représenter au procès (art. 68 al. 1 CPC).
Sont autorisés à représenter les parties à titre professionnel dans toutes les procédures, les avocats autorisés à pratiquer la représentation en justice devant les tribunaux suisses en vertu de la loi fédérale du 23 juin 2000 sur la libre circulation des avocats (art. 68 al. 2 CPC). Le représentant doit justifier de ses pouvoirs par une procuration (art. 68 al. 3 CPC). Le tribunal fixe un délai pour la rectification des vices de forme telle l'absence de signature ou de procuration. A défaut, l'acte n'est pas pris en considération (art. 132 al. 1 CPC).
1.3.2
En l'espèce, A_ a produit plusieurs documents en première instance tendant à démontrer les pouvoirs conférés à ses conseils, soit notamment une procuration générale datée du 6 février 2018, ainsi que des documents plus anciens, soit une procuration de 2010 et une légalisation de cette procuration par l'Ambassade de Suisse en Arabie Saoudite.
Il est en outre établi que A_ se trouve en détention en Arabie Saoudite. Ses conseils ont invoqué des difficultés, crédibles, à communiquer avec lui et à obtenir les signatures de procurations et la légalisation de celles-ci.
Il en découle que, considérant l'ensemble de ces circonstances et le principe de la vraisemblance des faits applicable, il est suffisamment démontré que les conseils intervenant pour A_ étaient dûment habilités à introduire la procédure d'opposition.
C_ SA relève, dans sa réponse au recours, qu'aucune procuration spécifique à la procédure de deuxième instance n'a été produite à l'appui du recours, sans développer d'argumentation à ce sujet.
Il aurait été envisageable d'exiger la production au stade du recours d'une nouvelle procuration, en octroyant un délai pour réparer cette informalité. Cependant, il serait excessivement formaliste - au vu des circonstances dans lesquelles se trouve A_ et compte tenu du principe de célérité applicable - de procéder de la sorte, considérant les éléments avancés ci-dessus.
Les griefs en lien avec l'absence de procuration soulevés par C_ SA sont donc infondés.
1.4
1.4.1
En matière d'opposition au séquestre, l'art. 278 al. 3 LP dispose que les parties peuvent alléguer des faits nouveaux dans la procédure de recours à l'autorité judiciaire supérieure contre la décision rendue sur opposition. Cette disposition instaure une exception à l'art. 326 al. 1 CPC, qui prohibe les conclusions, les allégations de faits et les preuves nouvelles dans le cadre d'un recours (cf. art. 326 al. 2 CPC).
Dans ce cadre, le Tribunal fédéral s'est expressément prononcé sur la recevabilité des vrais nova, se référant en particulier au Message, selon lequel il s'agit en tous les cas des faits nouveaux "
proprement dits
", soit ceux intervenus après la décision de première instance, dont il convient de tenir compte (Message concernant la révision de la loi sur la poursuite pour dettes et la faillite du 8 mai 1991, FF 1991, p. 200; cf. aussi arrêts du Tribunal fédéral
5A_806/2014
du 28 avril 2015 consid. 2.1.1;
5P.296/2005
du 17 novembre 2005 consid. 4.2.1, selon lequel il n'est pas arbitraire de considérer que seuls les vrais nova sont recevables). Il n'a en revanche pas tranché, respectivement, n'a pas abordé, la question de la recevabilité des pseudo-nova dans les arrêts
5A_364/2008
du 12 août 2008 consid. 4.1.2 et
5A_328/2013
du 4 novembre 2013 consid. 4.3.2 (ATF
140 III 466
consid. 4.2.3).
1.4.2
En l'espèce, la pièce nouvelle produite par A_ à l'appui de son recours est recevable, ainsi que les faits qui s'y rapportent, car il s'agit d'une pièce établie postérieurement à la clôture de la procédure de première instance.
S'agissant des pièces nouvelles produites par C_ SA à l'appui de son appel, elles sont antérieures à la clôture de la procédure de première instance, à l'exception des deux dernières, soit les courriers échangés par les conseils des parties qui sont recevables. Leur recevabilité est donc douteuse. Toutefois, seuls les courriels du 11 octobre 2011 envoyés par l'assistant de A_ pourraient être pertinents pour l'issue du litige. Au vu des développements figurant au consid. 2ci-dessous, la question de la recevabilité de ces pièces peut rester ouverte.
S'agissant des pièces produites par C_ SA à l'appui de son écriture irrecevable du 13 novembre 2018, elles le sont elles aussi, dans la mesure où, si des nova, voir des pseudo-nova, sont recevables en procédure de recours contre une décision sur opposition à séquestre, cela ne signifie pas que des pièces peuvent être déposées à tout moment et même lorsque la partie n'est pas autorisée à s'exprimer.
Enfin, l'article de journal produit par C_ SA à l'appui de sa réponse au recours est recevable, dans la mesure où il est destiné à appuyer une argumentation juridique sur le droit saoudien.
2.
C_ SA soutient que la créance en restitution de biens remis selon l'Amana a été à tort écartée par le premier juge.
A_ reproche au premier juge d'avoir refusé de suspendre la procédure dans l'attente de l'issue de la procédure en revendication parallèle. Quoi qu'il en soit les biens visés par le séquestre ne lui appartenaient pas.
2.1
Selon l'art. 271 al. 1 ch. 4 LP, le créancier d'une dette échue et non garantie par gage peut requérir le séquestre des biens du débiteur qui se trouvent en Suisse lorsque le débiteur n'habite pas en Suisse et qu'il n'y a pas d'autre cas de séquestre, pour autant que la créance ait un lien suffisant avec la Suisse ou qu'elle se fonde sur une reconnaissance de dette au sens de l'art. 82 al. 1 LP.
Conformément à l'art. 271 al. 1 et 272 al. 1 ch. 3 LP, seuls les biens du débiteur, soit les choses et droits qui lui appartiennent juridiquement, et pas seulement économiquement, peuvent être frappés par un séquestre (arrêt du Tribunal fédéral
5A_629/2011
du 26 avril 2012 consid. 5.1, publié in Pra 2013 (17) p. 146). Doivent à l'inverse être considérés comme biens de tiers tous ceux qui, en vertu des normes du droit civil, appartiennent à une personne physique ou morale autre que le débiteur; en principe, seule l'identité juridique est déterminante en matière d'exécution forcée (arrêts du Tribunal fédéral
5A_876/2015
du 22 avril 2016 consid. 4.2;
5A_873/2010
du 3 mai 2011 consid. 4.2.2, résumé in PJA 2012 p. 1634;
5A_654/2010
du 24 novembre 2011 consid. 7.3.1). C'est ainsi, notamment, que les valeurs qui appartiennent à titre fiduciaire à un tiers ne peuvent pas être séquestrées dans la poursuite dirigée contre le débiteur même si, économiquement, elles appartiennent à ce dernier (ATF
107 III 103
consid. 1;
106 III 186
consid. 2; arrêt du Tribunal fédéral
5A_629/2011
précité consid. 5.1). Le créancier doit rendre vraisemblable qu'il existe des biens appartenant au débiteur; par cette disposition, le législateur a codifié la jurisprudence selon laquelle le créancier doit rendre plausible la propriété du débiteur sur les biens à mettre sous main de justice (ATF
126 III 95
consid. 4a; arrêt du Tribunal fédéral
5A_697/2008
du 6 mai 2009 consid. 2.3). Si le juge admet le séquestre et qu'il le confirme sur opposition en considérant que les biens appartiennent vraisemblablement au débiteur, le tiers devra faire valoir ses droits dans la procédure de revendication, qui aboutira à une décision définitive sur la titularité des biens (art. 106-109 LP; arrêt
5A_925/2012
du 5 avril 2013 consid. 4.4). L'examen de cette question par le juge du séquestre, qui se limite à la vraisemblance des faits, ne préjuge en rien l'issue de la procédure en revendication (arrêt du Tribunal fédéral
5A_113/2018
du 12 septembre 2018 consid. 8.1 destiné à la publication).
Les biens d'un tiers peuvent également être réalisés pour désintéresser le créancier parce qu'ils ne sont que formellement au nom d'un tiers - qui n'est dès lors qu'un homme de paille, en ce sens qu'il n'est que le propriétaire apparent d'un bien qu'il détient pour le compte du débiteur - mais appartiennent en réalité au débiteur (p. ex. ensuite d'une acquisition de propriété simulée; arrêt du Tribunal fédéral
5A_629/2011
du 26 avril 2012 consid. 5.1, publié in Pra 2013 (17) p. 146). Il incombe au créancier de démontrer que, malgré notamment la possession, l'inscription dans un registre public ou l'intitulé du compte bancaire, les avoirs mis sous main de justice appartiennent au débiteur (ATF
126 III 95
consid. 4a et b;
107 III 33
consid. 2 et 3;
93 III 89
consid. 2; arrêts du Tribunal fédéral
5A_113/2018
du 12 septembre 2018 consid. 8.3.5 destiné à la publication,
5A_925/2012
et
5A_15/2013
précité consid. 9.2;
5A_871/2009
précité consid. 7.1).
La procédure d'opposition au séquestre (art. 278 LP) est une procédure sommaire au sens propre; elle présente les trois caractéristiques de simple vraisemblance des faits, examen sommaire du droit et décision provisoire. Elle a en outre un objet et un but particulier : le séquestre, auquel le débiteur s'oppose, est une mesure conservatoire, soit la mise sous mains de justice de biens du débiteur, qui permet de garantir une créance pendant la durée de la procédure de validation du séquestre (art. 279 LP). En tant que procédure spécifique de la LP, la procédure d'opposition au séquestre est aussi une procédure sur pièces (art. 256 al. 1 CPC). C'est au cours de l'action civile en reconnaissance de dette (en validation du séquestre) qui suivra, soumise à une procédure avec un examen complet en fait et en droit, que les parties pourront faire valoir tous leurs moyens de preuve (ATF
138 III 636
consid. 4.3.2 et les références citées).
Le critère de la vraisemblance s'applique non seulement à l'existence de la créance en fait, mais aussi à son existence juridique. Ainsi, les faits à l'origine du séquestre doivent être rendus simplement vraisemblables. Tel est le cas lorsque, se fondant sur des éléments objectifs, le juge acquiert l'impression que les faits pertinents se sont produits, mais sans qu'il doive exclure pour autant la possibilité qu'ils se soient déroulés autrement. A cet effet, le créancier séquestrant doit alléguer les faits et produire un titre qui permette au juge du séquestre d'acquérir, au degré de la simple vraisemblance, la conviction que la prétention existe pour le montant énoncé et qu'elle est exigible. S'agissant de l'application du droit, le juge procède à un examen sommaire du bien-fondé juridique, c'est-à-dire un examen qui n'est ni définitif, ni complet, au terme duquel il rend une décision provisoire (arrêt du Tribunal fédéral
5A_560/2015
du 13 octobre 2015 consid. 3).
L'opposant doit tenter de démontrer que son point de vue est plus vraisemblable que celui du créancier séquestrant (arrêts du Tribunal fédéral
5A_328/2013
du 4 novembre 2013 consid. 4.3.2;
5A_925/2012
du 5 avril 2013 consid. 9.3).
Dans les procédures de ce type, l'étendue du devoir du juge d'établir d'office le droit étranger est controversée. En matière de séquestre plus spécialement, pour certains, l'urgence de la cause autorise le juge à appliquer le droit suisse. Pour d'autres en revanche, il appartient au créancier de rendre vraisemblable le contenu du droit étranger, de sorte que l'art. 16 al. 1 LDIP ne s'applique pas. Sans trancher définitivement la question, le Tribunal fédéral a jugé qu'il n'est pas arbitraire, au vu de l'urgence de l'affaire (art. 278 al. 2 LP), de renoncer à établir le contenu du droit étranger et d'appliquer directement le droit suisse (arrêt du Tribunal fédéral
5A_60/2013
du 27 mai 2013 consid. 3.2.1.2). S'il décide néanmoins d'appliquer le droit étranger, le juge n'est pas tenu de faire usage de tous les moyens à sa disposition pour en déterminer le contenu, comme le ferait le juge dans la procédure au fond (ATF
140 III 456
consid. 2.3; arrêts du Tribunal fédéral
4A_336/2008
du 2 septembre 2008 consid. 5.2;
5P.77/2002
du 26 mars 2002 consid. 3c).
2.2
2.2.1
S'agissant de la créance invoquée par C_ SA et reposant sur l'institution de l'Amana, C_ SA n'apporte aucun élément de preuve supplémentaire et nouveau qui tendrait à rendre vraisemblable une remise de biens sous la forme d'un tel dépôt à A_.
En effet, seul un courrier de celui-ci contient une référence à deux objets de valeur dont on ignore la nature plus précise, qu'il aurait souhaité remettre à C_ SA.
Cependant, dans deux courriels d'octobre 2011, l'assistant de A_ s'est engagé à rendre un exemplaire du Coran valant 62'000 USD, ces deux pièces ayant été nouvellement produites lors du recours.
A ce sujet, l'argumentation de C_ SA depuis le début de la procédure de séquestre ne permet pas de retenir que la créance en nature en restitution des biens aurait été remplacée par une créance pécuniaire susceptible d'exécution forcée au sens de la LP (cf. art. 38 al. 1 LP). Il n'est ni mentionné quelles dispositions de droit suisse ou étranger seraient applicables en l'occurrence, ni soutenu que les conditions d'une substitution d'une créance en nature en une créance en dommages-intérêts seraient remplies (cf. art. 107 al. 2 CO par exemple). Or, il semble que l'application du droit des obligations suisse est exclu, l'institution de l'Amana n'étant pas soumise au droit de notre pays. De toute manière, les conditions de l'art. 107 al. 2 CO ne sont pas réunies, puisque C_ SA n'a jamais clairement mis en demeure A_, ni exprimé le choix d'une renonciation à l'exécution en nature. D'ailleurs, jusqu'en 2017, C_ SA a persisté à demander l'exécution en nature des biens remis selon l'Amana.
Par conséquent, aucune créance pécuniaire en restitution de biens fondée sur l'Amana n'est rendue vraisemblable.
Les griefs de C_ SA sur ce point seront rejetés.
2.2.2
A_ remet en cause l'existence de biens lui appartenant susceptibles d'être l'objet d'un séquestre. Il expose que les bijoux concernés ont été acquis par son épouse qui les aurait ensuite revendus à un tiers, qui se trouve être à l'origine d'une revendication les visant. Une suspension de la présente cause s'imposerait pour attendre l'issue de ladite procédure de revendication.
A cette argumentation, C_ SA oppose que la position de A_ a été fluctuante, puisqu'il a d'abord allégué avoir acquis les bijoux qu'il a donnés à son épouse. De toute manière, il serait rendu vraisemblable qu'il les a achetés lui-même. Ensuite, le contrat conclu entre l'épouse et le tiers revendiquant serait suspect, puisque, au regard du droit saoudien, une femme ne peut signer seule un contrat de cette importance, que le prêt à l'origine de la prétendue vente n'a pas été explicité, qu'aucun rapport sur l'authenticité des pierres précises n'est joint au contrat, ce qui était inhabituel au vu de la valeur en jeu, et que le prix convenu est très inférieur au prix d'acquisition des biens en question (l'équivalent de 11'000'000 USD contre 25'000'000 USD lors de l'achat à C_ SA).
Cela étant, il est rendu vraisemblable que les bijoux concernés par le séquestre ont été vendus par C_ SA à A_ et non à l'épouse de celui-ci. En effet, la documentation démontre que seul A_ a communiqué avec C_ SA, toutes les factures étant adressés à celui-là, mise à part une occasion où l'épouse a acheté une pierre pour l'intégrer dans un collier, collier acquis ensuite par A_. Le fait qu'une société tierce - prétendument contrôlée par le beau-père de A_, qui était pourtant décédé depuis plusieurs années au moment des paiements concernés - ait débité son compte pour payer les bijoux ne permet pas de contredire ce qui précède.
De plus, A_ n'expose pas par quelle transaction son épouse aurait acquis des droits sur les biens concernés.
En outre, le contrat de vente des bijoux entre l'épouse et le tiers a été conclu dans des circonstances peu claires. Outre que, comme le souligne C_ SA, le prix des bijoux n'est qu'une fraction du prix d'achat, de sorte que la logique économique d'une telle transaction n'est pas perceptible, la forme du contrat est inhabituelle en ce sens que, au vu de la valeur des biens concernés, les bijoux sont sommairement décrits et représentés par des photographies de piètre qualité, ce qui rend douteuse la réalité de l'accord conclu.
La maison de vente aux enchères a confirmé que la personne qui l'avait chargée de mettre en vente les bijoux n'était pas A_, mais elle a refusé de dire de qui il s'agissait, ce qui ne permet pas de rendre plus vraisemblable la thèse de A_, selon laquelle le tiers qu'il désigne serait propriétaire des bijoux. De toute manière, les allégations de la maison de vente aux enchères doivent être considérées avec circonspection puisqu'elle agit en tant que mandataire du vendeur, qui n'a aucun intérêt à voir le séquestre prononcé.
Enfin, les changements dans les versions proposées par A_, dont la situation financière obérée est rendue vraisemblable, de même que sa détention en Arabie Saoudite, tendent à confirmer la thèse développée par C_ SA selon laquelle la vente des bijoux aurait été simulée pour faciliter la vente et la conservation du prix de vente, les droits de propriété du tiers revendiquant étant fictifs.
Il en découle qu'il est plus vraisemblable que le tiers agisse comme un homme de paille, afin de réaliser les bijoux appartenant à A_ et faire profiter celui-ci du résultat de cette vente tout en évitant la mainmise du créancier séquestrant.
Par conséquent, il est rendu vraisemblable que les biens séquestrés appartiennent à A_.
Partant, les recours seront rejetés.
2.2.3
Reste à examiner la question d'une éventuelle suspension de la procédure de séquestre jusqu'à droit jugé dans la procédure de revendication parallèle.
A teneur de l'art. 278 al. 4 LP, le séquestre demeure en vigueur pendant toute la durée de la procédure d'opposition et de recours, règle qui a été adoptée pour éviter que le débiteur séquestré ne dispose des biens soumis au séquestre pendant la durée de la procédure d'opposition, procédure de recours incluse.
Au vu de la solution retenue ci-dessus, le séquestre sera de toute manière maintenu au moins jusqu'à droit jugé dans la procédure de revendication. Par conséquent, la suspension de la procédure d'opposition, dans l'attente d'une décision dans la procédure de revendication, n'est pas profitable à A_, puisque cela conduirait au maintien du séquestre par l'effet de l'art. 278 al. 4 LP.
Il en découle que la recevabilité de cette conclusion est douteuse, dans la mesure où A_ ne dispose pas d'un intérêt juridique à obtenir la suspension (art. 59 al. 2 let. a CPC).
Dans tous les cas, une suspension dans l'attente d'une décision au fond dans la procédure de revendication serait contraire au principe de célérité applicable en l'occurrence.
A_ sera donc débouté de sa requête en suspension de la procédure au sens de l'art. 126 CPC dans la mesure de sa recevabilité.
3.
A_ demande que des sûretés supplémentaires soient versées.
3.1
En vertu de l'art. 273 al. 1 LP, le créancier répond du dommage qu'un séquestre injustifié peut causer tant au débiteur qu'aux tiers; le juge peut l'astreindre à fournir des sûretés.
Le droit fédéral règle les conditions et le contenu des sûretés prévues par l'art. 273 al. 1 LP. Le séquestrant peut être astreint - tant par l'ordonnance elle-même (art. 274 al. 2 ch. 5 LP) qu'à un stade ultérieur - de fournir des sûretés lorsque la créance ou le cas de séquestre sont douteux (ATF
112 III 112
consid. 2a;
93 I 278
consid. 5a), ou que la créance a perdu de sa vraisemblance par rapport au moment où le séquestre a été autorisé (ATF
113 III 94
consid. 6 et les références). L'autorité de séquestre apprécie librement s'il se justifie d'imposer une garantie (ATF
112 III 112
consid. 2c), dont le Tribunal fédéral ne revoit la fixation que sous l'angle de l'arbitraire (art. 9 Cst., en relation avec l'art. 98 LTF; arrêt du Tribunal fédéral
5A_165/2010
du 10 mai 2010 consid. 1.2, in: Praxis 2011 p. 142).
Les sûretés de l'art. 273 al. 1 LP sont destinées à garantir la prétention en dommages-intérêts du débiteur (ou du tiers) qui découle de l'indisponibilité frappant ses biens (arrêt du Tribunal fédéral
5A_165/2010
précité consid. 2.3.2 et la jurisprudence citée, in : Praxis 2011 p. 144); au nombre des éléments pertinents pour déterminer ce préjudice éventuel figurent, notamment, la durée prévisible du procès en validation de séquestre, ainsi que les intérêts - équivalant en principe à deux années - des emprunts que le débiteur (ou le tiers) a contractés pour pallier la privation de ses avoirs (arrêt du Tribunal fédéral
5A_165/2010
précité consid. 2.3.3 et les nombreuses citations, in: Praxis 2011 p. 145;
5A_757/2010
du 20 avril 2011 consid. 2).
Il incombe au requérant de sûretés d'établir les éléments du dommage auquel l'expose l'indisponibilité de ses avoirs; l'indisponibilité des fonds placés sous main de justice n'entraîne une obligation de réparer que si le débiteur (ou le tiers) subit un préjudice de ce chef; il en est ainsi, en particulier, lorsqu'il doit emprunter pour suppléer à l'indisponibilité de ses fonds (arrêts du Tribunal fédéral
5A_757/2010
du 20 avril 2011, consid. 3.2.2;
5P.262/1995
du 19 septembre 1995 consid. 4c).
3.2
En l'espèce, la créance et le cas de séquestre ne sont pas douteux, dès lors que A_ ne les remet pas en cause.
Dans ce contexte, un dommage que le précité subirait en raison de l'indisponibilité des biens est d'autant moins probable qu'il soutient que les biens ne lui appartiennent précisément pas.
Il n'allègue d'ailleurs que les frais d'avocat qu'il aurait à supporter pour la présente procédure d'opposition à séquestre. Ces frais ne seront pas supérieurs aux sûretés déjà obtenues, soit 1'000'000 fr.
Les prétentions de A_ en versement de sûretés supplémentaires seront donc rejetées.
4.
Chacun des recourants, qui succombe, supportera les frais de son propre recours (art. 106 al. 1 CPC).
Les frais judiciaires seront arrêtés à 3'000 fr. (art. 48 et 61 al. 1 OELP) pour chacun des recours. Ils seront compensés avec les avances de frais effectuées par les recourants (art. 111 al. 1 CPC), qui restent acquise à l'Etat de Genève.
Dès lors que les deux parties succombent dans leurs conclusions, il ne sera pas alloué de dépens (art. 106 al. 1 CPC).
* * * * *