Decision ID: 142063c0-d242-5bfa-bacb-878fb9aeeba2
Year: 2017
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_006
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 

EN FAIT
A.
a)
A._, célibataire, est née le _ 1985 à Saint-Gall. Elle est domiciliée à Genève.
b)
Par courrier du 18 octobre 2016, adressé au Tribunal de protection de l'adulte et de l'enfant (ci-après : le Tribunal de protection), C._, père de A._, domicilié à Kriens (Lucerne), a fait part de ses inquiétudes concernant l'état de santé de sa fille, cette dernière ayant été victime d'un grave "burn-out" l'année précédente et étant toujours dépressive. Son médecin-psychiatre aurait diagnostiqué récemment un trouble de type "Asperger". Sa fille serait en proie à des crises d'angoisse et de panique. Elle se sentirait depuis des années victime de persécution. Il considérait qu'elle était en grand danger, suite à une forte crise de confusion schizophrénique, dont elle avait été victime en date du 11 octobre 2016, date à partir de laquelle, elle ne répondait plus à ses appels téléphoniques, ni à ses messages, alors qu'il était, jusqu'alors, sa personne de référence. Elle vivait seule et il ne lui connaissait pas d'amis à Genève. Elle n'avait par ailleurs, à sa connaissance, plus de moyens de subsistance. Il sollicitait une mesure de protection en sa faveur.
c)
Le Tribunal de protection a, par courrier du 1
er
novembre 2016, informé A._ de l'ouverture d'une procédure tendant à l'instauration d'une mesure de protection en sa faveur, de la teneur de l'art. 390 al. 1 CC et sollicité qu'elle produise un certificat médical précisant si elle se trouvait dans l'un des cas de figure visé par cette disposition et si elle était apte à désigner un mandataire et, le cas échéant, capable d'en contrôler l'activité de façon appropriée à la sauvegarde de ses intérêts, à moyen et long terme.
B. a)
Par décision
DTAE/5293/2016
du 7 novembre 2016, le Tribunal de protection a désigné B._, avocat, en qualité de curateur d'office de A._, son mandat étant limité à la représentation de cette dernière dans la procédure relative au prononcé éventuel d'une mesure de protection.
b)
Par courrier du 10 novembre 2016, B._ informait le Tribunal de protection qu'il avait contacté téléphoniquement sa protégée mais que celle-ci ne souhaitait pas s'entretenir avec lui, avant d'avoir reçu de sa part un courrier formel attestant de sa désignation, qu'il lui avait adressé immédiatement, et demeurait, depuis lors, dans l'attente de ses nouvelles.
c)
Le 17 novembre 2016, B._ avisait le Tribunal de protection qu'il n'avait pas pu s'entretenir avec A._ mais avait pu joindre téléphoniquement ses parents, lesquels s'inquiétaient énormément de son état de santé et du fait qu'elle était sans activité professionnelle et sans revenus. D._, sa sœur, l'avait vue récemment et avait constaté ses troubles de l'humeur et son angoisse. A._ avait dit à sa famille être suivie par une psychiatre qu'elle voyait régulièrement et qui lui avait prescrit un traitement donnant de bons résultats, mais ses parents ignoraient l'identité de ce médecin et doutaient de ce suivi. Elle avait précisé à sa famille qu'elle n'avait pas d'idées suicidaires. Sur le plan professionnel, A._ avait suivi une formation universitaire et effectué un stage non rémunéré auprès de l'ONU, lequel avait pris fin en août 2016 et elle était, depuis lors, en recherche d'emploi. Le curateur de représentation ne voyait aucune nécessité à ce que le Tribunal de protection prononce des mesures urgentes. Il regrettait de n'avoir pas rencontré sa protégée, s'efforçait de prendre à nouveau contact avec elle et estimait nécessaire la tenue d'une audience.
d)
A._ a produit, en date du 24 novembre 2016, une attestation médicale de la Doctoresse E._, psychiatre-psychothérapeute FMH, datée du même jour, indiquant qu'elle assurait son suivi médical depuis le 10 novembre 2016, que sa patiente possédait des capacités mentales "dans la norme" et une bonne capacité de discernement.
e)
Le Tribunal de protection a fixé une audience le 27 janvier 2017, prévoyant l'audition de A._, de ses parents, de sa sœur et de son médecin-psychiatre.
A._ a informé le Tribunal de protection qu'elle serait présente à cette audience mais qu'elle avait recouru contre l'ordonnance désignant B._ et sollicitait, soit la désignation d'un autre curateur, soit le report de l'audience dans l'attente de la décision de la Chambre de surveillance.
Le Tribunal de protection a annulé l'audience fixée, par pli du 16 janvier 2017.
C. a)
Par acte expédié le 5 décembre 2016 à la Chambre de surveillance, A._ a recouru contre la décision
DTAE/5293/2016
du 7 novembre 2016, communiquée pour notification le même jour. Elle a conclu à l'annulation de la décision du Tribunal de protection nommant B._ en qualité de curateur d'office, dès lors qu'elle considérait qu'il n'offrait pas les conditions d'impartialité nécessaires pour représenter ses intérêts, au motif qu'il avait pris contact, sans son accord, avec son père, lequel était une partie "partiale et intéressée" à la procédure, qu'il avait initiée à son encontre.
b)
Le Tribunal de protection n’a pas souhaité reconsidérer sa décision.
c)
B._ a conclu au rejet du recours, estimant avoir agi avec toute la diligence requise, compte tenu du fait que A._ ne prenait pas contact avec lui, que ses parents faisaient état d'inquiétudes sérieuses en relation avec son état de santé et qu'il était de sa responsabilité de disposer urgemment de toutes les informations nécessaires afin de déterminer si sa protégée représentait ou non un danger pour elle-même et d'en informer le Tribunal de protection. Sa tâche aurait été plus aisée s'il avait pu obtenir directement les renseignements de A._ et il ne comprenait pas la défiance de cette dernière à son égard.
d)
Par avis du greffe de la Cour de justice du 1er février 2017, les participants à la procédure ont été informés de ce que la cause était mise en délibération.

EN DROIT
1.
1.1
Les décisions de l'autorité de protection peuvent faire l'objet d'un recours (art. 450 al. 1 CC) dans les trente jours à compter de leur notification (art. 450b al. 1 CC), auprès de la Chambre de surveillance de la Cour de justice (art. 53 al. 1 LaCC).