Decision ID: 41be0fb7-1db9-5e04-81bf-6bd813f5f5ac
Year: 2017
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_007
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 

EN FAIT
, la réquisition de continuer par la voie de la saisie la poursuite
n° 15 xxxx08 W à l'encontre de B_ SNC (ci-après : la débitrice) expédiée le 15 février 2016 à l’Office des poursuites (ci-après : l’Office) par A_ (ci-après : la créancière);
Vu également la réquisition de continuer par la voie de la saisie la poursuite
n° 15 xxxx85 E à l'encontre de la débitrice) expédiée le 27 février 2016 à l’Office des poursuites par la créancière;
Attendu que par deux actes distincts expédiés le 9 mai 2017 au greffe de la Chambre de surveillance des Offices des poursuites et des faillites (ci-après : la Chambre de surveillance), la créancière s’est plainte d'un retard injustifié de l’Office dans le traitement de ses réquisitions précitées de continuer les poursuites n° 15 xxxx08 W et
n° 15 xxxx85 E précitées, cela malgré ses nombreuses interpellations dudit Office entre le dépôt de ses réquisitions et de ces plaintes;
Qu’elle a sollicité que la Chambre de surveillance ordonne à l’Office de lui expédier les procès-verbaux de saisie correspondants;
Que dans ses observations au sujet de ces deux plaintes, l'Office a, préalablement demandé leur jonction sous le même numéro de cause;
Qu’il a par ailleurs admis un retard injustifié dans le traitement des deux réquisitions de poursuites précitées, pour les avoir reçues le 30 mars 2016 et ne les avoir traitées que, respectivement, les 14 octobre et 15 décembre 2016;
Que l’Office a également indiqué avoir transmis à la créancière, le 26 mai 2017 seulement, soit 10 mois après la réception des réquisitions en question et seulement à la suite de la réception des présentes plaintes, le procès-verbal de saisie correspondant à ses deux réquisitions;
Considérant,

EN DROIT
, que la Chambre de surveillance est compétente pour statuer sur les plaintes formées en application de la LP (art. 13 LP; art. 126 al. 2 let. c LOJ; art. 6 al. 1 et 3 et 7 al. 1 LaLP) contre des mesures non attaquables par la voie judiciaire ou, comme en l'espèce, pour un retard injustifié (art. 17 al. 1 et 2 LP);
Que la créancière poursuivante a qualité pour se plaindre d'un retard injustifié dans le traitement de sa réquisition de poursuite à l’encontre du débiteur et que sa plainte satisfait aux exigences de forme (art. 9 al. 1 et 2 LaLP);
Qu’elle est dès lors recevable à la forme;
Que par ailleurs, il y aura lieu de joindre sous le même n° de cause A/1717/2017 les deux plaintes déposées par la créancière, en tant qu’elles concernent les mêmes parties et qu’elles ont le même objet;
Considérant qu'à teneur de l’art. 89 LP, lorsque le débiteur est sujet à la poursuite par la voie de la saisie, l’Office, après réception de la réquisition de continuer la poursuite, procède sans retard à cette saisie;
Que selon l'art. 114 LP, l'Office notifie ensuite à nouveau sans retard une copie du procès-verbal de saisie aux créanciers et au débiteur, à l'expiration du délai de participation de trente jours;
Que le non-respect de cette prescription de procéder
"sans retard"
, c'est-à-dire que l'Office doit agir sans désemparer, mais en tenant compte de toutes les circonstances, soit en principe dans un délai de quelques jours, peut donner lieu à une plainte pour retard injustifié, et, en cas de dommage, entraîner la responsabilité du canton (art. 5 LP; Stoffel, Voies d'exécution, § 3 n° 57 ss; Gilliéron, Commentaire, ad art. 89 n° 40 ss; Foëx, Commentaire romand de la LP ad art. 89 n° 15 ss);
Qu'en l'espèce, les réquisitions de continuer les poursuites en cause ont été expédiées par la créancière à l’Office le 24 février 2016, ce dernier a laissé passer un laps de temps de près de 10 mois avant de transmettre à ladite créancière le procès-verbal de saisie correspondant;
Que le traitement de ces réquisitions de continuer les poursuites n° 15 xxxx85 E et
n° 15 xxxx08 W a dès lors souffert d’un retard inadmissible et injustifié de l’Office, lequel doit être constaté;
Qu’en effet, il appartient audit Office de faire diligence dans le traitement des actes de poursuite qui lui parviennent, de sorte qu’un délai de plus de 10 mois entre la réception de la réquisition de continuer la poursuite, dès le 9 juillet 2016, et l’audition du débiteur le 18 mai 2017 n’est pas admissible, même face à un débiteur malaisé à localiser;
Qu’il est en outre rappelé à cet égard que la loi ne laisse aucune place à une surcharge de travail ou à une désorganisation dudit Office, même réelle, pour justifier une telle violation du principe de célérité;
Qu’en particulier, à toutes fins utiles, des problèmes informatiques ne constituent en aucun cas des faits de nature à justifier le retard apporté par l'Office à l'exécution des mesures qui lui incombent légalement (ATF
107 III 3
; SJ 1993 p. 291);
Que, pour le surplus, le procès-verbal de saisie réclamé ayant d’ores et déjà été transmis à la créancière après le dépôt des présentes plaintes, jointes sous le même numéro de cause A/1717/2017, ces plaintes sont devenues sans objet en cours de procédure et cette cause sera rayée du rôle;
Que la présente décision sera transmise au Préposé de l’Office afin qu’il prenne les mesures nécessaires à éviter que les circonstances du cas d’espèce ne se reproduisent;
Qu’en application de l’art. 62 al. 2 OELP, il n’est alloué aucun frais ni dépens dans la procédure de plainte au sens de l'art. 17 LP.
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