Decision ID: 3fd07030-e73a-499f-9ec9-9235974e9c2f
Year: 2022
Language: fr
Court: CH_BSTG
Chamber: CH_BSTG_001
Canton: CH
Region: Federation
Law Area: penal_law

La Cour des plaintes, vu:
- la commission rogatoire adressée par le Portugal le 28 mai 2015 aux autorités
suisses et ses compléments des 20 avril, 6 septembre 2016 et 12 avril 2019
portant sur le complexe de faits lié à la débâcle du groupe B. (in act. 1.1, p. 2),
- la décision d’entrée en matière du 17 juin 2015 rendue par le Ministère public
de la Confédération (ci-après: MPC; in act. 1.1, p. 6),
- l’ordonnance du MPC du 16 avril 2020 par laquelle celui-ci a intimé la banque
C., en liquidation de produire la documentation relative à la relation bancaire
n° 1 ouverte au nom de la société D. (in act. 1.1, p. 6),
- la transmission desdits documents par la banque C. le 30 avril 2020 au MPC
(in act. 1.1, p. 6),
- l’opposition de la société D. à toute transmission à l’autorité requérante desdits
documents, par le biais de son conseil, les 16 juillet et 28 octobre 2020 et
19 octobre 2021 (in act. 1.1, p. 6),
- la décision de clôture rendue le 17 janvier 2022 par le MPC, par laquelle celui-
ci ordonne la remise à l’Etat requérant de la documentation bancaire relative
au compte n° 1 ouvert au nom de la société D. auprès de la banque C.
(act. 1.1),
- le recours interjeté le 17 février 2022 par A. contre le prononcé précité (act. 1),

et considérant:
que l’entraide judiciaire entre la République du Portugal et la Confédération suisse
est prioritairement régie par la Convention européenne d’entraide judiciaire en
matière pénale (CEEJ; RS 0.351.1), ainsi que par le Deuxième protocole additionnel
à ladite convention (RS 0.351.12); que s'agissant d'une demande d'entraide
présentée notamment pour la répression du blanchiment d'argent, entre également
en considération la Convention relative au blanchiment, au dépistage, à la saisie et
à la confiscation des produits du crime (CBl; RS 0.311.53); que les art. 48 ss de la
Convention d'application de l'Accord de Schengen du 14 juin 1985 (CAAS;
n° CELEX 42000A0922[02]; Journal officiel de l'Union européenne L 239 du
22 septembre 2000, p. 19-62) s'appliquent également à l'entraide pénale entre la
Suisse et le Portugal (v. arrêt du Tribunal pénal fédéral RR.2011.232-234 du
12 octobre 2011 consid. 1);
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que pour le surplus, l’EIMP et son ordonnance d'exécution (OEIMP; RS 351.11)
règlent les questions qui ne sont pas régies, explicitement ou implicitement, par les
traités (ATF 130 II 337 consid. 1; 128 II 355 consid. 1 et la jurisprudence citée); que
le droit interne s'applique en outre lorsqu'il est plus favorable à l'octroi de l'entraide
que les traités (ATF 142 IV 250 consid. 3; 140 IV 123 consid. 2; 137 IV 33
consid. 2.2.2; 136 IV 82 consid. 3.1; 129 II 462 consid. 1.1; 122 II 140 consid. 2);
que l'application de la norme la plus favorable (principe dit « de faveur ») doit avoir
lieu dans le respect des droits fondamentaux (ATF 135 IV 212 consid. 2.3);
qu’en vertu de l'art. 37 al. 2 let. a de la loi fédérale sur l'organisation des autorités
pénales de la Confédération (LOAP; RS 173.71), mis en relation avec les art. 25
al. 1 et 80e al. 1 EIMP, la Cour de céans est compétente pour connaître des recours
dirigés contre les décisions de clôture de la procédure d'entraide rendues par
l'autorité cantonale ou fédérale d'exécution et, conjointement, contre les décisions
incidentes;
qu’aux termes de l'art. 80h let. b EIMP, a qualité pour recourir en matière d'entraide
quiconque est personnellement et directement touché par une mesure d'entraide et
a un intérêt digne de protection à ce qu'elle soit annulée ou modifiée;
que précisant cette disposition, l'art. 9a let. a OEIMP reconnaît au titulaire d'un
compte bancaire la qualité pour recourir contre la remise à l'Etat requérant
d'informations relatives à ce compte (ATF 137 IV 134 consid. 5; 118 Ib 547
consid. 1d); qu’en revanche, l'ayant droit économique d'un compte bancaire n'a pas
la qualité pour recourir contre la transmission de pièces concernant ledit compte
(ATF 122 II 130 consid. 2b);
qu’exceptionnellement, la qualité pour agir est reconnue à l'ayant droit d'une société
titulaire de compte lorsque celle-ci a été dissoute et liquidée, sous réserve de l'abus
de droit (ATF 139 II 404 consid. 2.1.1; 137 IV 134 consid. 5.2.1; arrêt du Tribunal
fédéral 1C_401/2021 du 28 juillet 2021 consid. 2.3);
qu’il appartient dans ce cas à l'ayant droit de former le recours en son nom propre
et de prouver, outre la dissolution, sa qualité d'ayant droit économique, en
produisant les documents idoines en faveur de cette thèse (ATF 123 II 153
consid. 2c et 2d; arrêts du Tribunal fédéral 1C_122/2011 du 23 mai 2011 consid. 2;
1A.268/2006 du 16 février 2007 consid. 2.3; arrêts du Tribunal pénal fédéral
RR.2019.73 du 21 octobre 2019 consid. 4.2; RR.2017.292-293 du 27 avril 2018
consid. 2.1.2 et les références citées; RR.2015.14 du 11 février 2015 et les
références citées; ZIMMERMANN, La coopération judiciaire internationale en matière
pénale, 5e éd. 2019, n° 529 et les références citées);
que la qualité pour recourir ne sera reconnue audit ayant droit que si l'acte de
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dissolution indique clairement ce dernier comme étant le bénéficiaire de la société
dissoute (arrêts du Tribunal fédéral 1C_162/2018 du 29 mai 2018 consid. 2.1.1 et
2.2; 1B_466/2017 du 27 mars 2018 consid. 3.1 et 3.2; 1C_183/2012 du 12 avril 2012
consid. 1.4; 1C_161/2011 du 11 avril 2011 consid. 1.3.1 et les références citées);
que la preuve peut toutefois également être apportée par le biais d'autres moyens,
il est alors nécessaire que la documentation produite dans ce cadre désigne
clairement le titulaire du compte comme détenteur des biens de la société dissoute
(arrêt du Tribunal fédéral 1C_401/2021 du 28 juillet 2021 consid. 2.3 et les
références citées; arrêts du Tribunal pénal fédéral RR.2021.80-81 du 16 juin 2021
et les références citées);
qu’en l’espèce, le titulaire du compte visé par le prononcé entrepris est la société
D., sise à Dubaï (act. 1.4; in 1.1, p. 6);
que, selon une annexe du recours, dont le contenu date du 27 novembre 2017,
ladite société a été enregistrée le 13 mars 2013, son directeur, avec signature
individuelle, est A. et ses deux actionnaires sont ce dernier et un dénommé E.
(détenant respectivement 66 % et 34 % des actions; act. 1.4);
que le recourant allègue qu’étant l’ayant droit économique majoritaire de la société
dissoute, il dispose de la qualité pour recourir (act. 1, p. 3 in fine);
qu’il ressort en effet d’un des documents produits à l’appui du recours que ladite
société a été dissoute le 15 avril 2020 (act. 1.3);
que les actes joints au recours ne contiennent toutefois aucune information quant
au sort des biens détenus par la société (act. 1.3; 1.4);
que selon la jurisprudence du Tribunal fédéral, le fait que la société liquidée l’ait été
en faveur de l’ayant droit économique est essentiel pour juger de la recevabilité du
recours (arrêt du Tribunal fédéral 1C_440/2011 du 17 octobre 2011 consid. 1.5);
qu’au vu de ce qui précède, force est de constater que les conditions nécessaires à
la reconnaissance de la qualité pour recourir de A. ne sont pas remplies à défaut
d’avoir démontré, en sa qualité d’ayant droit économique de la société dissoute, qu’il
a été le bénéficiaire des avoirs de la personne morale liquidée;
que le recours est par conséquent irrecevable;
que compte tenu de l’irrecevabilité manifeste du recours, il a été renoncé à procéder
à un échange d’écritures (v. art. 57 al. 1 a contrario de la loi fédérale sur la procédure
administrative [PA; RS 172.021], applicable par renvoi de l’art. 39 al. 2 let. b LOAP);
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que les frais de procédure sont mis à la charge de la partie qui succombe (art. 63
al. 1 PA, applicable par renvoi de l'art. 39 al. 2 let. b LOAP);
que la partie dont le recours est déclaré irrecevable est également considérée avoir
succombé;
que le montant de l'émolument est calculé en fonction de l'ampleur et de la difficulté
de la cause, de la façon de procéder des parties, de leur situation financière et des
frais de chancellerie (art. 73 al. 2 LOAP);
qu’au vu de ce qui précède, il incombe au recourant de supporter les frais du présent
arrêt, fixés à CHF 1'500.-- (v. art. 73 al. 2 LOAP et art. 8 al. 3 du règlement du
Tribunal pénal fédéral sur les frais, émoluments, dépens et indemnités de la
procédure pénale fédérale [RFPPF; RS 173.713.162]; art. 63 al. 5 PA), lesquels sont
entièrement couverts par l'avance de frais de CHF 5'000.-- déjà versée, étant
précisé que le solde par CHF 3'500.-- lui sera restitué par la caisse du Tribunal pénal
fédéral.
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