Decision ID: 435711bf-fa3e-409e-ba82-aba7f24e54d1
Year: 1995
Language: fr
Court: VD_TC
Chamber: VD_TC_031
Canton: VD
Region: Région lémanique
Law Area: public_law

Vu les faits suivants:
A. Bello SA et Luigi Bello ont soumis à l'enquête publique un projet de construction, à l'encontre duquel Nicholas et Marion Michael ont formé une opposition. Celle-ci a été levée par décision de la Municipalité de Vich. Les époux Michael ont recouru au Tribunal administratif en faisant notamment valoir que l'accès était insuffisant, qu'une aire de dégagement était inadéquate, que le
"tissu villageois"
n'était pas sauvegardé, qu'un mur mitoyen ne devait pas être supprimé et qu'un oeil de boeuf ne pouvait être réalisé. Par transaction du 2 mai 1995, lesdits époux ont retiré leur recours moyennant que les constructeurs suppriment une surface non bâtie d'environ 9 m2 et déposent de nouveaux plans y relatifs.
Par décision du 15 novembre 1995, le juge instructeur a rayé la cause du rôle et mis un émolument de justice de 1'000 fr. à la charge de Nicholas et Marion Michael. Ceux-ci ont recouru auprès de la section des recours du Tribunal administratif le 16 novembre 1995 en soutenant que des frais ne devaient pas être mis à leur charge dès lors qu'ils avaient obtenu une
"modification sensible"
du projet.
Dans ses déterminations du 23 novembre 1995, le juge intimé a exposé notamment que les constructeurs n'avaient pas acquiescé aux prétentions des recourants mais leur avaient seulement accordé une concession sur un point qu'ils n'avaient pas invoqué dans leur pourvoi.

Considérant en droit:
1. L'art. 52 al. 4 LJPA prévoit que le juge instructeur statue sur le sort des frais et dépens lorsqu'un recours est retiré ou déclaré sans objet. Quant à l'art. 55 al. 1er LJPA, applicable par analogie à une telle décision, il prévoit que les frais et dépens sont en principe supportés par la ou les parties qui succombent, étant précisé que, lorsque l'équité l'exige, les frais peuvent être répartis entre les plaideurs ou lésés en tout ou partie à la charge de l'Etat.
Le juge instructeur dispose d'un large pouvoir d'appréciation que la section des recours du Tribunal administratif ne peut revoir que sous l'angle de la légalité, y compris l'excès ou l'abus du pouvoir d'appréciation (art. 36 let. a LJPA); la décision attaquée ne peut être remise en cause que si elle ne repose sur aucun motif objectif et apparaît insoutenable (RE 92/013 du 14 mai 1992; RE 92/022 du 18 septembre 1992).
2. En l'espèce, les époux Michael ont retiré leur recours sans avoir obtenu quoi que ce soit au sujet de leurs griefs concernant l'insuffisance de l'accès, l'atteinte au
"tissu villageois"
et le maintien d'un mur mitoyen, qui fondaient leur pourvoi. Le juge intimé pouvait ainsi considérer qu'ils avaient renoncé à l'essentiel de leurs conclusions et leur attribuer le rôle de partie qui succombe au sens de l'art. 55 al. 1er LJPA appliqué par analogie (RE 93/013 du 13 septembre 1993), cela sans outrepasser son pouvoir d'appréciation.