Decision ID: c83c7f77-1acf-59bd-b18d-5d282bf00dbe
Year: 2021
Language: fr
Court: FR_TC
Chamber: FR_TC_005
Canton: FR
Region: Espace_Mittelland
Law Area: penal_law

considérant en fait
A. Le 28 janvier 2021, A._ a déposé plainte pénale contre sa sœur B._ pour menace et contrainte. Elle a allégué que sa sœur l’a injustement mise plusieurs fois en poursuites, qu’elle a dû former opposition aux commandements de paiement notifiés par l’Office des poursuites C._ (ci-après: l’office des poursuites) et que, selon ledit office, elle devrait un montant de CHF 1'169'395.05 à sa sœur. Elle a précisé qu’elle ne savait pas pourquoi sa sœur lui demandait une telle somme, qu’elle perdait du temps à cause de cela et que c’était de l’abus de droit (DO 6 s.).
Le 29 janvier 2021, la police a eu un contact avec l’office des poursuites, duquel il ressort que B._ a mis sa sœur, A._, deux fois en poursuites en 2017 et une fois en 2018, toujours pour la même somme de CHF 125'000.- et que le montant de CHF 1'169'395.05 correspond aux trois fois CHF 125'000.- plus les intérêts sur plusieurs années. Il a également été communiqué que A._ a fait opposition aux trois commandements de payer et que B._ n’avait pas introduit des procédures de mainlevée (DO 2 s.).
Contactée téléphoniquement par la police le 4 février 2021, B._ a indiqué que l’argent qu’elle réclamait à sa sœur provenait de la succession de leur mère. Elle avait fait un prêt, sous forme de bijoux de grande valeur, à sa mère pour un montant total de CHF 250'000.- et une reconnaissance de dette avait été signée par cette dernière à D._, son lieu de résidence. A son décès, la succession a été acceptée par les deux sœurs et un juge E._ en charge de dite succession avait rendu une décision qui prévoyait que les deux sœurs héritaient chacune de la moitié des biens, de sorte que sa sœur devait lui rendre la moitié du montant de CHF 250'000.- prêté, soit CHF 125'000.-. Comme sa sœur refusait de lui restituer cette somme, elle l’a mise en poursuite. Elle a dû s’y prendre à plusieurs reprises dès lors qu’elle avait à chaque fois manqué le délai pour demander la mainlevée de l’opposition (DO 3).
B. Par ordonnance du 15 mars 2021, le Ministère public n’est pas entré en matière sur la plainte pénale déposée par A._. Il a considéré que les éléments constitutifs de l’infraction de contrainte ne sont pas réunis et que, s’agissant manifestement d’un litige de nature civile, il y a lieu de renvoyer la plaignante à agir devant le juge civil.
C. Par mémoire du 25 mars 2021, A._ a interjeté recours contre l’ordonnance de  en matière. Elle conteste que l’infraction de contrainte ne soit pas réalisée.
Invité à se déterminer, le Ministère public a, par écrit du 30 avril 2021, renoncé à déposer des observations, renvoyant aux considérants de son ordonnance, et conclu au rejet du recours dans la mesure de sa recevabilité.
Par courrier du 7 mai 2021, A._ a adressé des observations complémentaires en se référant à l’invitation au Ministère public du 27 avril 2021. Elle a alors remis trois annexes, dont un extrait de l’office des poursuites la concernant du 10 janvier 2020.
B._ n’a pas été appelée à se déterminer.
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en droit
1.
1.1. En application des art. 310 al. 2, 322 al. 2 CPP et 85 al. 1 de la loi du 31 mai 2010 sur la justice (LJ; RSF 130.1), la voie du recours à la Chambre pénale est ouverte contre une ordonnance de non-entrée en matière.
1.2. Selon les art. 322 al. 2 et 396 al. 1 CPP, le recours est adressé par écrit, dans le délai de dix jours, à l’autorité de recours. En l’espèce, le recours contre l’ordonnance de non-entrée en matière du 15 mars 2021 a été déposé le 25 mars 2021 et, partant, en temps utile. En revanche, les observations au recours du 7 mai 20121 ainsi que les pièces produites après l’échéance du délai de recours sont irrecevables, le délai de recours fixé par la loi n’étant pas sujet à prolongation (art. 89 al. 1 CPP); le délai de dix jours indiqué dans le courrier du 27 avril 2021 l’ayant été au demeurant à l’intention du Ministère public.
1.3. Toute partie qui a intérêt juridiquement protégé à l’annulation ou à la modification d’une décision a qualité pour recourir contre celle-ci (art. 382 al. 1 CPP). La notion de partie visée à l’art. 382 al. 1 CPP doit être comprise au sens des art. 104 et 105 al. 1 CPP (arrêt TF 6B_753/2012 du 25 février 2013 consid. 3.3.1). La partie plaignante a notamment la qualité de partie (art. 104 al. 1 let. b CPP). En l’espèce, la recourante a déposé plainte pénale pour menace et contrainte (DO 1 ss). Partant, elle est partie plaignante et a qualité de partie.