Decision ID: 75d71018-f4ac-544a-b90c-69de3356f37c
Year: 2010
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_014
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: social_law

Attendu en fait
quel’Office de l’assurance-invalidité du canton de Genève (ci-après : OAI) a refusé l’octroi de toutes prestations à Madame C_, née en 1948 , par décision du 22 juin 2009, au motif que selon les experts mandatés auprès du CEMED aucun des diagnostics retenus n'était invalidant;
Que l’assurée a interjeté recours contre cette décision en date du 17 août 2009, en concluant à l’annulation de la décision;
Que dans sa réponse du 15 septembre 2009, l’OCAI a conclu au rejet du recours;
Que, selon le rapport médical de la Dresse L_ du 27 août 2009, l’assurée est suivie à la consultation psychiatrique des Eaux-Vives depuis 2003, suite à une première tentative de suicide grave, dans un contexte de trouble dépressif récurrent. L’assurée a réhospistalisée en 2005, en entrée non volontaire, suite à un deuxième tentamen médicamenteux avec perte de connaissance et traumatisme crânien. Les plaintes somatiques, multiples et variables, ne sont pas explicables par un trouble somatique identifiable. Ses symptômes et l’anxiété s’accompagnent d’une perturbation du comportement. L’évolution est fluctuante et chronique. Les divers traitements ont enduit une dépendance aux benzodiazépines, qui a fait l’objet d’un sevrage en mars 2009. Toutefois, la symptomatologie anxieuse, les pertes de mémoire, les vertiges et les troubles de l’équilibre persistent. L’état psychique de l’assurée est instable et fluctuant, mais ne s’est pas amélioré depuis des années. Il s’est plutôt aggravé. L’assurée présente des troubles de la mémoire, de la concentration, une lenteur, qui rendent la gestion du quotidien difficile ;
Que par rapport médical du 30 août 2009, du Dr M_, neurologue, et de Madame D_, psychologue, l’examen cognitif limité réalisé de l’assurée fait état, sur le plan anamnésique, de l’apparition de troubles mnésiques, de difficultés au niveau de l’élaboration du discours, de problèmes en calcul, l’ensemble des difficultés étant, selon la patiente, apparues simultanément à l’installation des troubles psychiques. Au niveau des observations cliniques, l’examen fait apparaître des cimes d’anxiété et de tristesse, qui s’exacerbent au moment de la réalisation des tests neuropsychologiques (pleurs, montées d’angoisse, évocation d’idées suicidaires). Sur le plan psychométrique, l’examen fait état de scores sévèrement déficitaires dans un test d’apprentissage verbal, d’erreurs orthographiques, de difficultés dans des tâches de calcul. Les troubles psychiques sont clairement au premier plan ;
Que, selon le Dr N_, psychiatre de l'assurée depuis le 15 décembre 2009 et chef de clinique ayant suivi le cas antérieurement, entendu par le Tribunal le 16 février 2010, le trouble dépressif est fluctuant mais globalement sévère. La patiente est dans un état dépressif chronique qui peut devenir extrêmement sévère, la détresse est alors telle que les idées suicidaires notamment exigent une hospitalisation. La patiente est très peu capable de s'assumer. Depuis 2003, il n'y a pas eu de véritable accalmie, à savoir qu'il n’y a eu ni guérison ni retour à une bonne santé même pour un mois. Le trouble est constant. S'agissant de son intensité, on peut parfois avoir l'impression que le trouble est léger, alors que par période il est sévérissime. D'ailleurs, les soins prodigués depuis 2003 n'ont pas donné de bons résultats. A mon avis, la patiente n'a jamais retrouvé une capacité de travail suffisante. Les tentatives de réduction de l'incapacité n'ont rien donné. S'agissant de la période de mai 2006 à avril 2008, pendant laquelle les divers médecins de la consultation ont attesté d'une incapacité à 50 %, il semble que l'amélioration de la situation était due principalement à l'impact positif d'une relation de couple certes difficile mais qui permettait à la patiente de reprendre courage;
Que selon la dresse L_, psychiatre de l'assurée de 2007 à fin 2009, entendue par le Tribunal le 16 mars 2010, le diagnostic est un trouble dépressif récurrent, la patiente présente une baisse de l’humeur, une diminution de l’intérêt et du plaisir, de l’épuisement et de l’anxiété. Le trouble est en général d’épisode moyen, avec des périodes d’épisode sévère, la dernière en date est celle de l’hospitalisation de décembre 2009. Il y a eu plusieurs hospitalisations lors d’épisodes sévères et d’autres épisodes sévères n’ont pas donné lieu à des hospitalisations. Lorsque la situation est légèrement meilleure que d’habitude, soit de quelques jours à maximum deux semaines, elle s’aggrave brutalement. Il y a même des phases d’hallucinations, d’idées suicidaires, d’angoisses et de désorganisation de la pensée telles que la patiente est incapable de fonctionner au quotidien. Elle oublie les rendez-vous.
La patiente a été totalement incapable de travailler durant toute la période de 2007 à 2009, quelle que soit l’activité envisagée. Il n’y a pas eu d’amélioration notable. Le pronostic est réservé, la patiente ne simule pas. Il y a par contre une somatisation, en ce sens que le trouble dépressif s’accompagne de troubles de l’équilibre, de maux de tête et de ventre.
Que lors de l’audience de comparution personnelle du recourant qui s’est tenue en date du 16 mars 2010, les parties ont convenu qu’une expertise complémentaire était nécessaire aux fins d’établir, au vu de avis médicaux diamétralement divergents, les diagnostics psychiatriques ayant une incidence sur la capacité de travail de la recourante, l'évolution de sa capacité de travail et le cas échéant du taux d'invalidité à retenir, et qu'il était préférable que le Tribunal de céans l’ordonne ;
Que le Tribunal de céans a informé les parties par courrier du 31 mars 2010, de son intention de mettre en œuvre une expertise et leur a communiqué les questions qu’il avait l’intention de poser à l’expert, tout en leur impartissant un délai au 12 avril 2010 pour se déterminer sur les questions posées et communiquer tout motif de récusation de l'expert;
Que les parties n’ont pas fait valoir de motif de récusation, ni proposé de questions complémentaires ;

Attendu en droit
quele Tribunal de céans est compétent en la matière (art.56 V de la loi sur l’organisation judiciaire - LOJ) ;
Que la loi sur la partie générale des assurances sociales (LPGA), entrée en vigueur le 1er janvier 2003, est applicable au cas d’espèce ;
Que le recours, déposé dans les formes et délai prévus par la loi est recevable à la forme (art. 56 et 60 LPGA) ;
Que la question préalable à l’examen d’éventuelles prestations de l’AI à résoudre est de savoir si ;
Que l’autorité administrative doit constater d’office les faits déterminants, c’est-à-dire toutes les circonstances dont dépend l’application des règles de droit (ATF
117 V 261
consid. 3 p. 263 ; T. LOCHER Grundriss des Sozialversicherungsrecht, Bern 2003, t.1, p. 443) ;
Qu’ainsi l’administration est tenue d’ordonner une instruction complémentaire lorsque les allégations des parties et les éléments ressortant du dossier requièrent une telle mesure, et qu’en particulier elle doit mettre en œuvre une expertise lorsqu’il paraît nécessaire de clarifier des aspects médicaux (ATF
117 V 282
consid. 4a, p. 283 ; RAMA 1985 p. 240 consid.4 ; LOCHER loc. cit.) ;
Que de son côté le juge qui considère que les faits ne sont pas suffisamment élucidés peut renvoyer la cause à l’administration pour complément d’instruction ou procéder lui-même à une telle instruction complémentaire (RAMA 1993 p. 136) ;
Qu’en matière d’AI la première solution est en principe préférée, à moins que les parties ne soient d’accord avec la seconde, comme en l’espèce (ATFA I 431/02 du 8 novembre 2002) ;
Qu’il convient d’ordonner une telle expertise, laquelle sera confiée au Dr O_, HUG - à Chêne-Bourg :
Que les parties se sont déterminées sur le nom de l'expert et les questions à lui poser;