Decision ID: 4760146f-466d-479e-8de6-98386b3d29cb
Year: 2017
Language: fr
Court: VD_TC
Chamber: VD_TC_031
Canton: VD
Region: Région lémanique
Law Area: public_law

Vu les faits suivants:
A. A._ est titulaire de la raison individuelle B._ inscrite au Registre du commerce depuis le ******** 1987 et ayant pour but ********.
B. Le 28 octobre 2016, la Commune d'Echandens a adressé à B._ une facture de 200 fr., correspondant à la taxe déchets pour les entreprises pour l'année de taxation 2016.
C. A._ a contesté au nom de B._ devoir la taxe déchets au motif que la raison individuelle n'exerce plus aucune activité, et ne produit dès lors aucun déchet, ce depuis que la société C._ a repris ses actifs et ses passifs en l'an 2000.
D. Le 30 mai 2017, la Commission de recours en matière fiscale de la Commune d'Echandens (ci-après: la Commission de recours) a rejeté la réclamation de A._, sans l'auditionner au préalable.
E. A._, en sa qualité de titulaire de la raison individuelle B._, a recouru contre la décision de la Commission de recours du 30 mai 2017 auprès de la Cour de droit administratif et public du Tribunal cantonal, en concluant implicitement à la réforme, en ce sens que la raison individuelle est exonérée du paiement de la taxe forfaitaire pour le traitement des déchets. Il a, pour ce faire, utilisé le papier à en-tête et la signature de C._.
La Municipalité d'Echandens a conclu au prononcé d'irrecevabilité, subsidiairement au rejet du recours. La Commission de recours a renoncé à se déterminer.
Le Juge instructeur a invité les parties à se déterminer sur le respect du droit d'être entendu de la recourante, conformément à l'art. 47 de la loi vaudoise du 5 décembre 1956 sur les impôts communaux (LICom, RSV 650.11). A._ a indiqué ne pas avoir été entendu par la Commission de recours et demandé à être auditionné par celle-ci. Quant à l'autorité intimée, elle a confirmé ne pas avoir auditionné le recourant avant de rendre la décision du 30 mai 2017.
F. La Cour a statué sans autre mesure d'instruction, selon la procédure simplifiée de l'art. 82 de la loi vaudoise du 28 octobre 2008 sur la procédure administrative (LPA-VD; RSV 173.36).

Considérant en droit:
1. a) A qualité pour recourir toute personne physique ou morale ayant pris part à la procédure devant l'autorité précédente ou ayant été privée de la possibilité de le faire, qui est atteinte par la décision attaquée et qui dispose d'un intérêt digne de protection à ce qu'elle soit annulée ou modifiée (art. 75 let. a LPA-VD).
b) En l'occurrence, A._, en tant que titulaire de la raison individuelle B._, est le destinataire de la décision attaquée. Dans son recours, rédigé sur le papier à en-tête de la société C._ et signé par le représentant de celle-ci, le recourant expose que C._ a repris les actifs et les passifs de la raison individuelle qui n'exerce, depuis lors, plus aucune activité. Cette manière de procéder peut porter à confusion sur l'identité de la personne physique ou morale qui entend recourir. Néanmoins, la confusion a été écartée par un courrier explicatif du recourant du 5 juillet 2017 adressé à l'autorité intimée dont la Cour de céans a reçu copie. Par avis du 6 juillet 2017, le Juge instructeur a procédé à la modification de la désignation du recourant en ce sens qu'il ne s'agit pas de C._, mais bien de A._ qui, agissant au nom d'B._, a la qualité pour recourir. Partant, le recours est recevable.
2. a) L'art. 47 de la loi vaudoise du 5 décembre 1956 sur les impôts communaux (LICom, RSV 650.11) a la teneur suivante:
"Audition du recourant
1 La commission de recours convoque le recourant et ordonne toutes mesures d'instruction qu'elle juge nécessaires.
2 Abrogé."
La violation de cette prescription conduit en principe à l'annulation pure et simple de la décision viciée, à moins que celui qui n’a pas été entendu dans la procédure devant la commission communale de recours renonce formellement à ce droit (cf., en dernier lieu, arrêts FI.2016.0147 du 9 février 2017; FI.2016.0137 du 8 avril 2016 et FI.2015.0148 du 11 janvier 2016).
b) En l'espèce, l'autorité intimée a statué sans entendre préalablement le recourant. Elle l'a confirmé dans un courrier du 11 août 2017. Ainsi, la Commission de recours a violé l'art. 47 LICom. Ce vice n'est pas réparable, le recourant n'ayant pas renoncé formellement à son droit d'être auditionné. Dans son courrier du 3 août 2017, il a au contraire expressément demandé à être entendu par la Commission de recours.
3. a) Les parties ont le droit d'être entendues (art. 29 al. 2 Cst., 27 al. 2 Cst/VD, 33 al. 1 LPA-VD). L'autorité doit examiner les arguments des parties et indiquer dans son prononcé les motifs qui la conduisent à sa décision (ATF 142 I 135 consid. 2.1 p. 145; 139 V 496 consid. 5.1 p. 503/504; 138 I 232 consid. 5.1 p. 237, et les arrêts cités). Elle n'est toutefois pas tenue de discuter de manière détaillée tous les arguments soulevés par les parties; elle n'est pas davantage astreinte à statuer séparément sur chacune des conclusions qui lui sont présentées. Elle peut se limiter à l'examen des questions décisives pour l'issue du litige; il suffit que le justiciable puisse apprécier correctement la portée de la décision et l'attaquer à bon escient (ATF 142 III 433 consid. 4.3.2 p. 436; 142 I 135 consid. 2.1 p. 145; 142 II 154 consid. 4.2 p. 157, et les arrêts cités). Ces exigences sont concrétisées à l’art. l’art. 42 let. c LPA-VD, selon lequel la décision contient notamment les faits, les règles juridiques et les motifs sur lesquels elle s'appuie.
b) La décision attaquée ne contient aucun état de fait; elle n’expose pas l’objet du litige, ni les normes applicables, ni l’argumentation retenue pour rejeter le recours. Le simple renvoi à un arrêt – non cité – du Tribunal fédéral ne suffit pas. La réclamation du 3 novembre 2016 était certes succinctement motivée, mais il en résultait clairement que le recourant a contesté la facture envoyée à la raison individuelle qui, comme il explique, n'exerce plus d'activité depuis 17 ans. Cela méritait qu’une explication claire lui soit donnée sur les implications de la jurisprudence fédérale en matière de taxe forfaitaire des déchets, à laquelle la décision attaquée faisait allusion. L’audition du recourant par la Commission de recours aurait précisément permis d’éclaircir les motifs du recours et d’y apporter une réponse motivée. La décision attaquée est à ce point lapidaire qu’elle empêche le recourant de saisir les motifs pour lesquels son recours a été écarté. Le défaut est si grave qu’il est impossible à guérir dans la procédure devant le Tribunal cantonal (cf., en dernier lieu, arrêt AC.2016.0385 du 8 décembre 2016, et les arrêts cités). Le recours doit être admis pour ce motif également.
4. Le recours doit ainsi être admis à raison de la violation de l’art. 47 LICom et du défaut de motivation. La décision attaquée est annulée et la cause est renvoyée à l'autorité intimée pour qu’elle statue à nouveau au fond, après avoir entendu personnellement A._.
Il est statué sans frais. Il n’y a pas lieu d’allouer des dépens, le recourant ayant agi sans l’assistance d’un mandataire professionnel (art. 55 LPA-VD).