Decision ID: f367ca71-0f1a-42ca-8f75-82bed78841fe
Year: 2013
Language: fr
Court: VS_TC
Chamber: VS_TC_001
Canton: VS
Region: Région lémanique
Law Area: 

II. Statuant en faits
2.1 Né le xxx en I_, Y_ est le cadet d'une fratrie de deux enfants.
Son frère travaille à J_ pour le compte d'une compagnie suisse. D'origine
K_, son père fait partie du corps diplomatique suisse et change de pays de
résidence en principe tous les trois ans. L_ d'origine, sa mère œuvre en
qualité de femme au foyer.
Y_ a accompli son école enfantine au M_, puis à N_. Il a
achevé sa scolarité primaire dans une école L_ en O_. Il a suivi
ensuite les cours d'écoles internationales d'abord en P_, puis au
Q_. A 17 ans, il a effectué sa maturité en Suisse, toujours dans une école
internationale. Après avoir étudié au sein de l'Ecole hôtelière de R_ (Ecole
S_), il a effectué un stage, en 2007 dans la gestion hôtelière au sein du
Groupe T_, en I_. En 2008, il est revenu en Valais pour achever sa
formation. Après s'être installé sur le campus de l'Ecole hôtelière de R_
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durant quelque six mois, il a vécu avec une colocataire dans un appartement sis à la
route AA_ à BB_. A l’heure actuelle, il œuvre, en qualité de
responsable, à la construction d’un hôtel sur une île CC_. Il a la
responsabilité de 160 employés; actifs sur le chantier, ceux-ci seront ensuite engagés
pour travailler l’hôtel, qui doit ouvrir ses portes dans deux ans. Y_ soutient
que, pour l’heure, il ne perçoit aucun salaire en espèces; il devrait percevoir, dès 2014,
un revenu de quelque 4000 $ par mois.
2.2 Ressortissante DD_ née le xxx à EE_, X_ suivait, en
avril 2009, les cours de la première année de l'Ecole hôtelière FF_ SA à
GG_, située à quelques kilomètres en amont de E_. Elle partageait
une chambre dans le bâtiment de cette école avec son amie HH_,
ressortissante de II_.
En mars 2009, X_ a fait la connaissance de Y_ par l'entremise
d'un ami de celui-ci, JJ_, ressortissant de KK_, qui fréquentait les
cours de 2 ème
année de l'école hôtelière de GG_. Y_ avait invité ce
dernier, dont il avait fait la connaissance en 2005 à l'Ecole S_, à lui rendre
visite en Valais. Le vendredi 20 mars 2009, X_ a demandé à son camarade
JJ_ ce qu'il envisageait de faire durant le week-end. Il lui a répondu qu'il se
rendait en Valais pour y rencontrer des amis. Elle lui a demandé si elle pouvait
l'accompagner. JJ_ lui a répondu par l'affirmative. Le samedi 21 mars 2009,
les deux camarades ont pris le train pour G_. Après avoir fréquenté des
établissements publics à BB_ notamment, ils ont passé la nuit dans
l'appartement de Y_ et ont occupé la chambre de la colocataire de ce
dernier, absente à l'étranger. En cours de soirée, X_ a "passablement bu
d'alcool". Le dimanche 22 mars 2009, ils ont passé une partie de la journée à
BB_ avant de revenir sur la LL_ (dossier, p. 63).
2.3 Par la suite, X_ et Y_ ont entretenu des échanges, notamment
via le réseau social MM_.
Le mercredi 1 er avril 2009, le jeune homme a proposé à X_ de venir passer la
fin de semaine en Valais, avec pour programme la fréquentation de divers
établissements publics et la visite NN_. La jeune fille a accepté; elle a
demandé à son amie HH_ de l'accompagner. Celle-ci lui a d'abord donné
une réponse affirmative, puis a finalement décliné l'invitation au dernier moment.
Le vendredi 3 avril 2009, entre 18 h et 19 h, Y_ est venu seul, à
E_, en voiture pour chercher son invitée. Ils se sont rendus à OO_
pour rendre visite à des connaissances fréquentant une autre école hôtelière. Vers
minuit, ils ont quitté cet endroit pour se rendre à BB_. Ils ont fréquenté le
PP_ jusqu'à 3 h, avant de regagner le domicile de Y_. La
colocataire de Y_ était toujours absente à l'étranger. Après avoir revêtu un
pyjama deux pièces dans la salle de bains, elle a pris place dans le canapé-lit du
salon. Lorsque son hôte est venu la rejoindre, alors qu'il avait annoncé peu avant qu'il
dormirait dans sa chambre, elle était sur le point de s'endormir. Ils n'ont pas eu le
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moindre geste affectueux l'un envers l'autre et se sont souhaités mutuellement une
bonne nuit.
2.4 Le samedi 4 avril 2009, vers 13 h, ils se sont rendus à R_ pour y
rencontrer C_, ressortissant QQ_, étudiant à l'Ecole S_.
Les trois jeunes gens sont allés à G_ et ont partagé un repas dans un
restaurant thaï avant d'aller visiter les châteaux NN_, à RR_. Ils ont
ensuite fréquenté le bar SS_, à G_. Ils y ont mangé et consommé
des boissons. Vers 22 h, ils sont revenus à R_, C_ ayant l’intention
de se changer. Ils se sont rendus à nouveau au bar SS_ et sont restés dans
cet établissement public jusqu'à 2 h 30 environ. Ils ont ensuite rejoint la station de
BB_ et ont fréquenté le PP_.
2.4.1 X_ ne se souvient pas avoir fréquenté un autre établissement après
avoir quitté G_. Elle ne se rappelle pas être entrée dans le PP_ à
BB_. Lors de son premier interrogatoire par la police, le 6 avril 2009, elle a
déclaré qu’elle avait quitté l’établissement de BB_ (en réalité le bar
SS_, à G_) vers 1 h et que, depuis lors, elle ne se souvenait de
plus rien; c’était "le flou total". Elle a recouvré ses esprits à 6 h. Elle se trouvait alors
sur le canapé-lit du salon de l’appartement de Y_, ses pantalons à la hauteur
des genoux, son slip à l’envers, son T-shirt relevé au-dessus de sa poitrine, son
soutien-gorge dégrafé et ses chaussettes enlevées. Il s’agissait des mêmes vêtements
que ceux qu’elle portait la veille au soir. Elle a retrouvé ses effets personnels (montre,
téléphone portable, étui pour cartes de crédit) sur une table du salon. Elle a pris peur,
imaginant ce qui avait pu lui arriver. Elle s'est rendue dans la salle de bains. Elle a
songé à quitter les lieux, mais elle ne savait où aller. Elle a constaté "la présence d'un
liquide le long de [s]es cuisses" et en a déduit qu'il s'agissait de sperme. Elle s'est
rhabillée et elle est restée prostrée dans la salle de bains jusque vers 8 heures. Elle n'a
pas utilisé son appareil téléphonique parce que la batterie de celui-ci était "à plat". Elle
a réfléchi "à ce qui était arrivé, pour quelle raison et comment cela s'était produit". Elle
s'est souvenue du "chuchotement d'une personne" qui lui demandait d'enlever sa main.
Elle a ressenti des douleurs entre ses jambes et au fond du dos. Par la suite, elle a
changé son jeans et son T-shirt dans le salon. Elle a ensuite tenté de joindre son amie
HH_, sur MM_, au moyen de l'ordinateur portable qui se trouvait
dans le séjour et lui a laissé un message. Celle-ci lui a répondu peu avant midi en lui
proposant de la rencontrer, le plus vite possible, près du lac à E_.
Y_ s'est réveillé vers midi et a téléphoné à C_. Il a enfilé un
pantalon et ils ont quitté l'appartement vers 13 h pour rejoindre ce dernier à
R_. Sur le campus de l'Ecole S_, outre C_, ils ont pris en
charge TT_, ressortissant UU_ qui fréquentait la 3 ème
année de
l'école hôtelière. Ils se sont rendus dans un restaurant à kebabs pour dîner. Le groupe
est finalement arrivé à E_ vers 17 heures. La jeune fille ne parlait pas.
Y_ et C_ lui ont demandé ce qui n'allait pas; elle ne leur a rien
répondu et ne leur a posé aucune question. Après que Y_ eut garé son
véhicule vers le VV_, elle s'est rapidement dirigée vers le lac, suivie par les
trois hommes. Elle a retrouvé HH_, en compagnie de connaissances. Elle lui
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a expliqué, à l’écart, les événements de sa fin de semaine valaisanne (dossier, p. 2
sv.).
Durant la soirée du samedi 4 avril 2009, X_ a consommé de la Vodka
Redbull, de la Vodka rose ainsi que du Bailey's. Après avoir avalé son dernier verre de
Bailey's, elle a "senti qu'elle avait assez bu". Elle s'est souvenue que C_
l'avait aidée à marcher et qu'elle éprouvait "le sentiment d'avoir trop bu". Elle avait
rarement ingurgité autant d'alcool. Entre 18 h et 19 h, elle avait mangé une pizza.
Lors de sa seconde audition par la police, elle a relevé qu'elle ne se souvenait pas
avoir fréquenté, durant la nuit du 5 avril 2009, un autre établissement que celui de
SS_. Elle ignorait comment elle était "arrivée à l'appartement" de
Y_. Elle ne se rappelait "d'aucun geste de (celui-ci) sur sa personne" et a
contesté avoir éprouvé des problèmes respiratoires, car cela ne lui était jamais arrivé.
Elle a précisé qu'en aucun cas elle n'aurait entretenu une relation sexuelle consentie
avec son hôte puisque celui-ci ne l'intéressait pas. Contrairement à ce qu'il prétendait,
elle ne lui avait pas dit qu'elle était vierge et n'avait jamais eu une telle discussion avec
quiconque au sujet de son "intimité" (dossier, p. 144 sv.).
2.4.2 Selon les explications qu'il a fournies à la police le 8 avril 2009, Y_ a
fréquenté avec X_ et C_ le bar SS_ à G_, dont
le tenancier est un ami de ce dernier. A cet endroit, ils ont mangé et bu. Ils ont quitté
cet établissement vers 22 h pour se rendre à R_ car C_ entendait
se changer. Ils ont ensuite amené un cousin de ce dernier à la gare de G_
avant de se rendre à nouveau au bar SS_. Ils sont restés dans cet
établissement jusque vers 2 h 30. Ils se sont ensuite rendus à BB_ et se sont
introduits, vers 3 h, dans le PP_. Une demi-heure plus tard, ils ont quitté cet
établissement car X_ qui avait "trop bu (...) s'était évanouie sur la
banquette"; elle "avait perdu connaissance en raison de son état éthylique". Avec l'aide
de C_, il l'a portée jusqu'à sa voiture. Au début, la jeune fille parvenait à
marcher en titubant, puis "elle s'est affalée". Y_ a garé son véhicule devant
son domicile. C_ a porté X_ jusqu'à l'ascenseur de l'immeuble,
puis à l'intérieur de l'appartement. Les deux amis l'ont installée sur le canapé-lit du
séjour; ils lui ont ôté chaussures et veste "pour qu'elle soit à l'aise". Y_ a
ensuite ramené C_ à R_, puis il est revenu à son domicile un peu
moins d'une demi-heure plus tard, vers 4 h ou 4 h 30. Il s'est changé dans sa chambre.
Constatant que son hôte avait de la peine à respirer, il a essayé de la réveiller; sans
succès. Elle était "comme somnolente et 'absente'"; il a ouvert la fenêtre du balcon.
Sous l'influence de l'alcool, il a dégrafé le pantalon et le soutien-gorge de la jeune fille.
Il s'est allongé dans le canapé-lit à côté d'elle et s'est endormi. Vers 6 h, il s'est réveillé
car la jeune fille "tremblait". Il a téléphoné à C_ pour savoir si celle-ci avait
"pris de la drogue car elle avait de violents tremblements". Son ami lui a répondu par la
négative. Il s'est ensuite rendormi. Vers 7 h 30, il s'est réveillé à nouveau et a constaté
que son hôte s'était rendue à la salle de bains. Il lui a demandé "comment elle se
sentait". Elle lui a répondu qu'elle allait mieux car elle avait "pu vomir". Il lui a donné un
médicament "pour calmer son estomac". La jeune fille s'est installée sur une chaise.
Après s'être rendormi, il s'est réveillé à plusieurs reprises et a constaté que son hôte
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n'avait pas quitté sa chaise; il s'est levé vers midi. A 12 h 30 environ, C_ lui a
téléphoné pour lui dire qu'il avait faim et qu'il voulait sortir manger. Avec la jeune fille, il
s'est rendu à R_ pour prendre en charge C_ et un ami de celui-ci.
Ils se sont arrêtés dans un restaurant à kebabs de G_. X_ n'a rien
voulu manger mais "a picoré" dans les assiettes des garçons. A la demande de cette
dernière, ils ont ensuite pris la route de E_ et sont arrivés dans cette localité
entre 16 h et 17 heures. La jeune fille a ensuite rejoint l'une de ses amies. Y_
a expliqué à celle-ci que X_ avait affiché une attitude bizarre, qu'elle "avait
trop bu la veille et que dans la mesure du possible [il] souhaitai[t] être informé de ce
qu'elle pensait".
A la police qui lui demandait s'il avait "entretenu une quelconque relation avec
X_", il a répondu par la négative. Il a déclaré que, lorsque son hôte était
saoule, elle était "très collante" et qu'elle avait embrassé C_ à plusieurs
reprises (dossier, p. 10 : "Leur baiser était profond, bien plus qu'un geste amical.").
Cette attitude ne l'avait pas surpris; en effet, il avait déjà remarqué que la jeune fille
était "assez 'open'". Il a ensuite expliqué qu'il ne se rappelait de rien car il avait bu; or,
lorsqu'il est dans cet état, il dort. Il était toutefois certain "de n'avoir jamais embrassé
X_, ni d'avoir eu des gestes quelconques à son égard", avant de préciser :
"Le seul contact physique que j'ai pu avoir avec X_ c'est de l'avoir prise sur
mon épaule lorsqu'elle avait ses tremblements. A ce moment-là, quelque chose aurait
pu peut-être arriver entre-nous. J'entends par là que je l'ai tenue dans mes bras pour la
calmer. A ce moment-là, je somnolais et j'aurais pu avoir avec elle un acte sexuel."
(dossier, p. 11).
Ensuite, il a reconnu l'existence de certains contacts physiques entre eux "mais jusqu'à
un certain niveau", car la jeune fille lui avait dit qu'elle "souhaitait rester vierge".
Enfin, il a fini par admettre qu'il avait entretenu une relation sexuelle complète avec son
hôte. Il a expliqué que celle-ci avait commencé à l'embrasser. Elle s'était déshabillée;
elle avait enlevé ses pantalons et "baissé sa culotte jusqu'à la hauteur des mollets".
Lorsqu'il l'avait "pénétrée", il avait agi "lentement". La jeune fille était "relax". Il avait
"éjaculé partiellement en elle et aussi dehors, entre ses jambes". La "pénétration avait
duré vingt minutes". Des caresses mutuelles avaient précédé l'acte sexuel proprement
dit. Il a admis avoir menti en déclarant que son hôte lui avait affirmé qu'elle était vierge.
Durant leur relation sexuelle, la jeune fille était "réveillée et saoule". Ils s'embrassaient
en permanence et elle se trouvait sur lui. Il n'a pas le souvenir d'avoir entretenu une
"relation anale" avec X_ mais il ne peut pas "le certifier" (dossier, p. 12 : "En
fait cela aurait pu se passer mais je n'en suis pas sûr."). Par la suite, il a cherché à
joindre la jeune fille sur son portable. Elle ne lui a jamais répondu. Lorsqu'il s'était
réveillé vers 6 h, son hôte "portait sa culotte normalement". Le T-shirt "était relevé sur
le haut de sa poitrine"; il avait "essayé de le baisser, en vain". Le soutien-gorge était
dégrafé; les pantalons, "abaissés à mi-cuisses"; il ignorait à quel moment la jeune fille
les avait à nouveau enfilés. Dès son réveil, celle-ci était restée "réservée, renfermée
sur elle-même"; elle semblait "perdue et ne savait pas quoi faire"; lors du trajet vers
E_, elle avait maintenu sa "tête contre la vitre". Il a pensé que son hôte avait
changé de comportement à la suite du rapport sexuel entretenu. Selon lui, la jeune fille
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était sans doute "sous le choc", car "cela devait être la première fois pour elle", comme
elle le lui avait "laissé entendre lors de [leur] première rencontre (dossier, p. 12 : "Si je
dis cela, c'est que j'en ai déduit qu'elle aurait peut-être voulu perdre sa virginité dans
d'autres conditions. En fait, je ne sais pas ce qu'il en est car elle [n']a pas voulu me
parler.").
Le jeune homme a expliqué que, lorsqu'il était revenu à son domicile vers 4 h, il était
"saoul", "exténué" et "très fatigué", mais il était conscient de ce qu'il faisait. Au bar
SS_, ils avaient acheté une bouteille de vodka qu'ils avaient "mélangée avec
d'autres boissons alcoolisées". Ils avaient également bu des cocktails. Il a dépensé
"250 fr. pour l'achat des boissons"; C_, une centaine de francs. Le personnel
du bar leur avait "offert beaucoup de boissons". Au PP_, à BB_, il
avait consommé une "Vodka Redbull"; la jeune fille n'avait, elle, rien pris. Selon
Y_, X_ a bu plusieurs verres d'alcool durant la soirée; elle a
consommé autant que lui, "voire peut-être plus". Elle était "totalement saoule" (dossier,
p. 13).
Interrogé le 9 avril 2009 par le juge d'instruction, Y_ a déclaré que, selon lui,
la jeune fille "était consentante car quand [il s'était] occupé d'elle alors qu'elle était
allongée elle [lui] avait toujours répondu". Lors de son deuxième interrogatoire par la
police, il a expliqué que l'acte sexuel avait eu lieu entre 4 h et 6 heures. La jeune fille
avait commencé à l'embrasser et il avait "répondu à ses baisers". Elle s'était
déshabillée et avait baissé partiellement sa culotte. Elle lui avait déboutonné son
"boxer" et caressé le sexe, en effectuant notamment des mouvements de va-et-vient
avec la main. Elle avait ensuite "roulé" sur lui et s'était allongée "complètement" sur
son corps. Il lui avait caressé la poitrine. et avait éjaculé sur la jeune fille, "un peu
partout", en partie sur les jambes et vraisemblablement aussi dans le vagin. Son hôte
lui avait caressé le sexe en érection sans qu'il l'incite à le faire. Il a déclaré que celle-ci
était capable de mentir; il en avait "pour preuve qu'elle ait mentionné depuis des mois à
qui voulait bien l'entendre qu'elle était vierge"; or, il avait pu se "rendre compte que
cela n'était pas le cas" (dossier, p. 47 sv.). Interrogé une troisième fois par les agents,
Y_ a expliqué que, lorsqu'il était revenu chez lui après avoir ramené
C_ à R_, X_ était "consciente"; elle lui avait dit qu'elle
"avait de la peine à respirer"; il avait alors "défait ses jeans et son soutien-gorge", avec
l'accord exprès de l'intéressée (dossier, p. 77).
Lors de son audition du 11 mai 2009 par la juge d’instruction, avant sa remise en
liberté provisoire, Y_ a répété que la jeune fille avait "perdu conscience" au
PP_. Elle arrivait à marcher par elle-même en titubant, mais elle avait besoin
de soutien. Leur relation sexuelle avait eu lieu vers 4 h 30 et 4 h 45. La jeune fille était
alors "saoule"; il a admis comme "possible qu'à ce moment-là elle n'était pas en état de
réaliser ce qui se passait". Il n'a pas été en mesure d'expliquer comment son hôte avait
pu, une heure après avoir été "complètement ivre au point qu'on doive la porter jusque
sur le canapé", adopter une attitude active, en pleine conscience, pour entretenir une
relation sexuelle consentie. Il savait que la jeune fille était "complètement saoule" au
moment de l'acte. Il a reconnu qu'il avait peut-être "profité du fait qu'elle était ivre", en
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relevant qu'il était lui aussi en état d'ébriété. Il a eu l'impression que X_ avait
conscience de ce qui se passait lors de l'acte sexuel (dossier, p. 138 sv.).
2.4.3 Entendu à titre de renseignement par la police, le 8 avril 2009, C_ a
expliqué qu'il est resté avec Y_ et X_ au bar SS_ jusqu'à
la fermeture à 1 h 30. Ils ont ensuite discuté encore une heure avec le patron de
l'établissement. Vers 2 h 30 - 3 h, ils ont regagné le PP_ à BB_. Ils
y sont restés quelques minutes; fatiguée, la jeune fille se trouvait en état d'ébriété.
Lorsqu'ils sont arrivés devant le domicile de Y_, elle se trouvait "dans les
vap[s]". Selon C_, elle dormait. Ils ont essayé de la réveiller; sans succès.
Y_ lui a demandé de la transporter jusqu'à l'intérieur de l'appartement. Après
l'avoir sortie de la voiture, il a mis un bras de la jeune fille sur son épaule et il l'a
soutenue jusqu'à l'ascenseur. Elle parvenait à marcher à la condition qu'on la
soutienne. Lorsqu'ils l'eurent installée sur le canapé-lit, Y_ lui a enlevé
montre et bijoux pour éviter qu'elle ne se blesse, car elle était "complètement saoule".
Ils l'ont recouverte d'un duvet sans lui enlever ses vêtements et ses chaussures.
Y_ l'a ensuite ramené chez lui, à R_. Il a rejoint sa chambre vers
4 h 20. A 6 h 30 environ, son ami l'a appelé pour lui indiquer que la jeune fille n'allait
pas bien, qu'elle éprouvait des difficultés à respirer et qu'elle transpirait. Il lui a suggéré
d'ouvrir la fenêtre du salon et de lui donner à boire. Lorsqu'ils se sont déplacés en
direction de E_, il a remarqué que la jeune fille était "différente de la veille".
Elle ne s'est adressée qu'à lui. Il lui a demandé à plusieurs reprises ce qui n'allait pas;
elle lui a simplement répondu qu'elle avait mal à la tête et à l'estomac. Il a interrogé
Y_, lors du trajet de retour en Valais, sur ce qui s'était passé le dimanche
matin; celui-ci lui a expliqué qu'il avait déboutonné le pantalon et dégrafé le soutien-
gorge de son hôte après leur conversation téléphonique; elle s'était ensuite rendormie
et, lorsqu'elle s'était réveillée, elle était restée assise sur une chaise. A un moment
donné, JJ_ leur a téléphoné et les a informés que X_ les accusait
d'avoir abusé d'elle, mais ignorait lequel d'entre eux avait agi. Il a interrogé
Y_ pour savoir ce qui s'était passé. Celui-ci a nié avoir eu le moindre contact
sexuel avec la jeune fille, tout en admettant avoir dormi avec elle dans le canapé-lit, vu
le désordre qui régnait dans sa chambre. A la demande de son ami, il a consulté avec
lui un avocat le lundi 6 avril 2009, à RR_. Y_ voulait qu'il
l'accompagne au motif qu'il avait "besoin d'aide pour cette affaire".
C_ a déclaré qu'il n'avait eu aucun geste de nature sexuelle avec
X_. Ils s'étaient certes enlacés à plusieurs reprises et s'étaient embrassés
sur la joue ou dans le cou mais uniquement de manière amicale. Il a constaté que la
jeune fille "ne cherchait pas à aller plus loin". Il ne se serait d'ailleurs pas permis d'être
entreprenant car il avait constaté "qu'elle se saoulait". Il a bu une dizaine de Vodka
Redbull durant la soirée. X_ a également consommé de nombreux verres de
cette boisson. Au PP_, elle est restée assise et n'a rien pris car elle était
"manifestement ivre" (dossier, p. 17 ss).
Entendu en qualité de témoin, le 9 juin 2010, par la juge d'instruction, C_ a
expliqué que, lorsqu'ils avaient quitté le bar SS_, la jeune fille était saoule
mais elle avait pu rejoindre sans aide la voiture de Y_, dans laquelle elle
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s'était endormie ou avait somnolé. A la sortie du PP_, elle n'avait pas été
capable "d'aller toute seule à la voiture" et elle avait eu besoin d'un soutien pour y
parvenir. Arrivée au domicile de Y_, elle dormait. Avec Y_, ils
l'avaient réveillée et, comme elle était somnolente, ils l'avaient aidée à sortir de la
voiture et à accéder à l'appartement. Lorsqu'ils lui avaient ôté les bijoux et les
chaussures, elle n'avait manifesté "aucune réaction". Selon C_, la jeune fille
était "fatiguée ou ivre ou peut-être les deux". Ils étaient "tous sous l'influence de
l'alcool" (dossier, p. 311 ss).
2.4.4 Interrogé le 22 avril 2009, TT_ a indiqué à la police que, le vendredi
soir, il était resté au PP_ avec Y_ et X_ jusque vers
2 heures. Ils avaient bu des boissons alcooliques. Il n'a pas constaté le moindre "geste
affectueux ou équivoque" entre les deux jeunes gens. Lorsque Y_ était venu
le chercher à l'Ecole S_ avec son véhicule pour aller à E_, il avait
pris place à l'avant, alors que C_ et X_ occupaient la banquette
arrière. la jeune fille "n'était plus ouverte et amicale comme le vendredi soir"; elle était
"très silencieuse et renfermée". Il n'y a eu aucun dialogue entre les intéressés. Le
dimanche soir, au retour de E_, dans le véhicule de Y_, il a appris
que X_ accusait Y_ et C_ de viol et qu'elle entendait
déposer plainte contre eux. Ceux-ci lui ont expliqué, en cours de route, qu'ils n'avaient
rien à se reprocher et que la jeune fille avait "consommé beaucoup d'alcool" au bar
SS_. Ils avaient dû la porter pour la sortir de cet établissement public.
Y_ lui a dit qu'il avait été "inquiet" car il n'était pas parvenu à la réveiller. Il
avait dégrafé le soutien-gorge de la jeune fille pour qu'elle respire mieux. Le dimanche
matin à son réveil, elle avait l'air apeurée et était demeurée assise sur une chaise. Lors
de ses explications, Y_ "était mal et soucieux" (dossier, p. 72 ss).
2.4.5 Entendue à titre de renseignement le 9 avril 2009, HH_ a expliqué
qu'elle avait reçu un message de détresse de X_ le dimanche en début
d'après-midi. Lorsqu'elle l'a rencontrée peu avant 17 h à E_, son amie avait
les larmes aux yeux. Elle lui a déclaré qu'elle s'était réveillée, le matin même, et avait
constaté qu'on avait abusé d'elle. Elle pleurait, tremblait et semblait perdue. Elle a
ensuite pleuré dans les bras de WW_. Les trois amies se sont rendues au
poste de police de XX_ dans le véhicule de YY_, ressortissant
ZZ_ et étudiant en 3 ème
année de l'école hôtelière de GG_. Sur le
trajet, WW_ a appelé JJ_, car elle savait que celui-ci entretenait
des liens d'amitié avec Y_, notamment; il lui a expliqué que leur amie avait
été "violée". JJ_ a ensuite vu X_ à la gare de E_. Il a pris
place dans la voiture et a parlé à son amie. Il a cherché à la réconforter, car la jeune
fille était "très émotionnée". Il l'a rendue attentive au fait qu'elle devait être certaine de
ce qu'elle avançait. L'intéressée lui a répondu qu'elle n'avait aucun doute. Elle ne
savait pas exactement ce qui s'était passé durant la nuit mais, quand elle s'était
réveillée le matin, elle avait ses jeans et sa culotte à la hauteur des genoux. Lorsqu'elle
a fourni ces explications, elle était en pleurs et paraissait "angoissée". Par la suite, la
direction puis l'infirmière de l'école hôtelière ont été alertées. Le mardi 7 avril 2009 au
soir, X_ s'est enfermée dans la salle de bains et HH_ a dû faire
appel à une amie pour convaincre sa camarade de chambre de sortir de cette pièce.
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Un peu plus tard, celle-ci lui a expliqué qu'elle s'était souvenue que Y_ lui
avait demandé "de faire 'en haut en bas'".
HH_ a expliqué qu'après ces faits son amie avait manifesté l'intention
d'arrêter ses études, car elle ne supportait pas l'état dans lequel elle se trouvait
(dossier, p. 27 ss).
2.4.6 YY_ a appris de X_ que, le samedi 4 avril 2009, elle avait bu
de l'alcool, qu'elle avait perdu connaissance et qu'elle "ne se rappelait de rien jusqu'au
moment où elle s'était réveillée le matin". Elle semblait choquée et "tenait sa tête
baissée" (dossier, p. 69).
Sur la base des informations fournies par X_ le dimanche soir à
E_, JJ_ a compris que cette dernière s'était "réveillée le matin sans
vêtement. Elle avait du sperme sur elle". Pour expliquer cela, elle avait utilisé le terme
anglais "stuff". Alors qu'il lui demandait si elle était certaine de ce qu'elle avançait, elle
lui a indiqué qu'elle avait été violée mais qu'elle ignorait par qui. Elle pleurait et elle
était "comme 'à plat'". Le dimanche soir, à l'école hôtelière, elle lui a répété à plusieurs
reprises : "Je suis certaine mais je ne me rappelle pas.". Elle n'a pas été en mesure de
lui dire qui de Y_ ou de C_ avait agi. Elle n'avait conservé "aucun
souvenir, jusqu'à son réveil". Lors de son contact téléphonique du dimanche soir avec
Y_, il lui a expliqué que X_ "était en état de choc"; il était "certain
qu'il était arrivé quelque chose"; Y_ lui a "juré qu'il ne se souvenait pas des
événements de la nuit". Selon JJ_, les explications de son camarade,
confuses, manquaient de précision. Celui-ci lui a tout de même indiqué que, la nuit en
question, X_ était saoule, qu'elle avait du mal à respirer, et qu'il lui avait
notamment dégrafé son soutien-gorge. JJ_ a eu l'impression que son ami
"ne savait pas ce qu'il devait dire". Celui-ci l'a rappelé trois fois durant la même soirée :
il "s'inquiétait pour la suite des événements". JJ_ lui a "confirmé que
X_ se rendrait à la police et qu'elle était choquée". Durant les deux ou trois
jours qui ont suivi, Y_ lui a téléphoné à sept ou huit reprises, car il voulait
savoir si celui-ci disposait de "nouveaux détails". JJ_ lui a notamment
expliqué que l'intéressée avait "subi des prélèvements à l'hôpital". Lors de son audition
du 21 avril 2009 à titre de renseignement, il a indiqué à la police que X_
buvait beaucoup et qu'elle "se saoule à chaque fois qu'elle boit de l'alcool, de manière
à ne plus pouvoir se tenir debout". A ces occasions, elle se montre "très affectueuse,
très proche des gens", mais elle ne conserve en principe "plus aucun souvenir le
lendemain" (dossier, p. 66 sv.).
2.5 Le dossier ne permet pas de déterminer quelle était l'alcoolémie des intéressés au
moment des faits.
Dans leur rapport d'expertise du 10 février 2010, le Dr AAA_ et la
psychologue BBB_ relèvent que Y_ conteste avoir commis une
infraction; l'intéressé indique avoir passé un week-end "normal", au cours duquel il a
- 15 -
entretenu une relation sexuelle "normale" avec une jeune fille qu'il décrit comme
"agréable", "intéressante" et "consentante". Selon les experts, Y_ "ne
présente pas de symptômes de la lignée anxio-dépressive"; il a l'habitude de
consommer de l'alcool lorsqu'il sort en fin de semaine et évalue sa "consommation
habituelle" à plusieurs verres d'alcools forts, agrémentés de soda. L'intéressé explique
qu'il supporte bien l'alcool et qu'il reste "le plus souvent en possession de ses
capacités physiques et mentales". Il n'a jamais présenté de "trouble mental significatif",
ni de "symptômes relatifs à un trouble psychiatrique". Les experts n'ont pas pu "mettre
en évidence (...) des déviations significatives des pensées, des sensations et des
perceptions par rapport à un individu moyen d'une culture donnée". Sur le plan de la
sexualité, ils n'ont pas relevé de "manifestations relatives à une impulsivité, à une
hypersexualité ou encore à une thématique fantasmatique particulière". La sexualité de
l'intéressé "n'est pas vécue sur le mode de la décharge ou de la recherche de
l'apaisement interne". Il estime que "ses besoins sexuels moyens s'élèvent plutôt à un
acte sexuel par semaine, que ce soit par la masturbation ou par une relation sexuelle
avec partenaire". Les experts relèvent que, selon Y_, "l'effet habituellement
désinhibiteur de l'alcool" n'est "pas en cause dans cette affaire" puisque l'intéressé
explique "avoir à tout moment été en pleine possession de ses capacités et de ses
moyens de se contrôler, ses souvenirs étant par ailleurs pleinement conservés"
(dossier, p. 238 sv.).
2.6 Dans un certificat médical daté du 16 juin 2009, le psychiatre F_ et le
psychologue CCC_ ont relevé que le Centre de consultation LAVI leur avait
envoyé X_ pour consultation à la suite des événements survenus le
dimanche 5 avril 2009. Le psychologue CCC_ a rencontré une jeune fille
"désorientée, triste avec un air 'perdu'". En raison de la douleur qu'elle endurait, elle n'a
pas voulu parler des événements qu'elle avait vécus. Elle était en état de stress post-
traumatique, avec cauchemars, crises de colère, manque d'appétit et sentiment de
peur au contact des autres.
3. Vers 4 h 30, le dimanche 5 avril 2009, Y_ a entretenu une relation
sexuelle complète avec X_. Il prétend que celle-ci a pleinement consenti à
cette relation. Quant à la jeune fille, elle soutient qu'au moment de ladite relation elle
était totalement inconsciente. Après examen de l'ensemble des actes du dossier, la
cour de céans retient la version de X_ pour les motifs développés dans le
présent considérant (points 3.1 à 3.5).
3.1 On observe que Y_ a d’abord fermement nié avoir entretenu une relation
sexuelle avec X_. Il a clairement expliqué que, après avoir ramené
C_ à l’Ecole S_, il avait constaté que son hôte avait de la peine à
respirer. Il avait essayé de la réveiller; sans succès. Selon ses propres termes, elle
était "comme somnolente et 'absente'". Au réveil de la jeune fille, constatant que celle-
ci tremblait, il avait téléphoné à C_ pour déterminer si elle avait consommé
de la drogue. A la question des agents qui lui demandaient s'il avait "entretenu une
quelconque relation avec X_", il a répondu par la négative.
- 16 -
Après "moult tergiversations", (cf. rapport de police; dossier, p. 175), il a ensuite
reconnu l'existence de certains contacts physiques entre eux "mais jusqu'à un certain
niveau", car la jeune fille lui avait déclaré qu'elle "souhaitait rester vierge".
Il a fini par admettre qu'il avait entretenu une relation sexuelle complète avec
X_ et qu'il avait menti en déclarant que celle-ci avait affirmé qu'elle était
vierge. Il a d’abord soutenu qu’ils avaient entretenu une relation intime entre 4 h et 6 h,
le dimanche matin, après que la jeune fille eut commencé à l’embrasser et s’était
déshabillée. Puis, lors de son audition du 11 mai 2009, il a admis que son hôte était
"complètement saoule" au moment de la relation intime, vers 4 h 30 - 4 h 45, et qu'il
était probable qu'elle n'était "pas en état de réaliser ce qui se passait" à ce moment-là;
quelques minutes plus tard, il a reconnu qu'il avait peut-être "profité du fait qu'elle était
ivre", tout en ayant "l'impression" que la jeune fille "avait conscience de ce qui se
passait lors de l'acte sexuel".
Après avoir déclaré que son hôte lui avait affirmait qu'elle entendait rester vierge, pour
expliquer ses contacts physiques avec elle "mais jusqu'à un certain niveau", il a admis
que la jeune fille ne lui avait jamais fait une telle déclaration. Cela ne l'a pas empêché
de soutenir, lors de son deuxième interrogatoire par la police, que X_ était
capable de tromper son monde; puisqu'elle disait à qui voulait l'entendre qu'elle était
vierge alors qu'il avait pu se rendre compte que tel n'était point le cas. Lors de son
interrogatoire précédent, il n'avait malgré tout pas hésité à justifier l'état de choc de la
jeune fille, en relevant que cela devait être "la première fois pour elle".
On constate donc que Y_ a singulièrement varié dans ses dépositions sur
des faits importants, expliquant même à C_ qu'il avait déboutonné le
pantalon et dégrafé le soutien-gorge de son hôte après son appel téléphonique de 6 h
(cf. dossier, p. 17 et, supra, consid. 2.4.3). De surcroît, la relation qu'il donne, le 15 avril
2009, du comportement de la jeune fille (elle aurait pris l'initiative du rapport sexuel et
aurait tenu ensuite un rôle très actif) est improbable, dès lors que peu de temps
auparavant, elle "avait perdu connaissance en raison de son état éthylique" et qu'il
avait fallu la porter jusqu'à la voiture (Y_; dossier, p. 9), pour l'en extraire
ensuite car elle était "dans les vap", la soutenir jusqu'à l'appartement, l'étendre sur le
canapé, lui ôter ses effets personnels pour éviter qu'elle ne se blesse et la recouvrir
d'un duvet (C_; dossier, p. 16). On peut même déduire de certaines
déclarations de l'intéressé faites lors de son interrogatoire du 11 mai 2009 qu'il a admis
implicitement, du bout des lèvres, que la jeune fille était inconsciente lorsqu'il a
entretenu avec elle une relation intime, immédiatement après qu'il eut ramené
C_ à son domicile de R_ (dossier, p. 138 : "Il est possible qu'à ce
moment-là elle n'était pas en état de réaliser ce qui se passait."; p. 139 : "Il se peut que
j'aie profité du fait qu'elle était ivre, mais j'étais également ivre.").
3.2 Comme cela ressort des actes du dossier, X_ a été très affectée et a
affiché des signes de souffrance post-traumatique. Elle a manifesté des troubles du
comportement (cf., en particulier, les explications de HH_, selon lesquelles,
le mardi après les faits, son amie était restée enfermée dans la salle de bains de leur
chambre nécessitant l'intervention d'une tierce personne pour l'en faire sortir); elle a
- 17 -
développé un sentiment de peur vis-à-vis d'autrui. Elle a souffert de perturbations du
sommeil, avec survenance de cauchemars (cf. dossier, p. 191 et 343). Le
Dr F_ et le psychologue CCC_ ont confirmé l'existence d'un état
de stress post-traumatique.
Par ailleurs, plusieurs témoins ont confirmé que le comportement de la jeune fille avait
singulièrement changé après les faits. C_ a relevé que, le dimanche 5 avril
2009, X_ était "différente de la veille". Elle ne parlait plus. TT_ a
souligné qu'elle "n'était plus ouverte et amicale comme le vendredi soir"; elle était
devenue "très silencieuse et renfermée"; on lui avait rapporté que, le dimanche matin à
son réveil, elle avait l'air apeurée et qu'elle était restée prostrée sur une chaise.
HH_ a indiqué que, le dimanche après-midi, son amie pleurait, tremblait et
semblait perdue. Elle paraissait "angoissée"; après les faits, elle avait manifesté
l'intention d'arrêter ses études, car elle ne supportait pas l'état dans lequel elle se
trouvait. YY_ a expliqué que la jeune fille semblait choquée et "tenait sa tête
baissée". WW_ a relevé que, le dimanche après-midi, X_ pleurait
et tremblait; elle était "blanche" et avait perdu sa joie de vivre; les jours qui ont suivi,
"calme et silencieuse", elle était "dans son monde" et vivait "renfermée sur elle-même".
JJ_ a indiqué que, lorsqu'il avait rencontré sa camarade d'école à
E_, elle ne disait rien, était comme "à plat" et pleurait. Elle lui a donné
l'impression d'être "confuse"; il s'était rendu immédiatement compte que "quelque
chose s'était passé". Durant les jours qui ont suivi, elle était "choquée et confuse".
Même Y_ a admis que son hôte était "sous le choc"; dès son réveil, elle était
"restée réservée, renfermée sur elle-même"; elle semblait "perdue et ne savait pas
quoi faire"; lors du trajet en voiture vers E_, elle avait maintenu sa tête contre
la vitre et avait changé de comportement à la suite du rapport sexuel entretenu. Il a
constaté que, le dimanche matin, la jeune fille était demeurée de longues heures
assise à la même place.
3.3 Les déclarations faites par X_ concordent avec les explications données
par les différents témoins. Elle a par exemple toujours expliqué qu'elle avait perdu
connaissance avant d'être ramenée au domicile de Y_ et qu'elle ne s'était
réveillée qu'à 6 h, le dimanche matin. Elle s'était rendu compte qu'on avait abusé d'elle,
mais elle ignorait qui était l'auteur des faits.
Par ailleurs, lors de son retour en Valais, le dimanche 5 avril 2009 au soir,
Y_, lui-même, a expliqué à TT_ qu'après le retour de C_
à son domicile, X_ était inconsciente, qu'elle avait eu du mal à respirer et
qu'il avait été "inquiet pour son état car il n'arrivait pas à la réveiller" (dossier, p. 73).
3.4 On ne distingue pas quel intérêt X_ aurait eu à mentir sur son état
d'inconscience la nuit des faits ainsi que sur la nature du comportement de
Y_ au point de faire endosser à ce dernier des agissements qu'il n'aurait pas
commis. Elle avait d'ailleurs plus à perdre qu'à gagner à de fausses déclarations car
elle savait qu'elle allait devoir fournir des informations confidentielles, de nature intime,
à ses camarades, à la police ainsi qu'à la direction de l'école hôtelière. Elle n'a
- 18 -
d'ailleurs jamais eu l'intention de charger Y_ puisque, dans un premier
temps, elle a expliqué à certaines personnes auprès desquelles elle a cherché aide et
réconfort qu'elle ignorait qui était l'auteur des faits (dossier, p. 64; JJ_ : "A ce
moment-là, X_ avait mentionné qu'elle avait été violée mais qu'elle ignorait
par qui."; dossier, p. 59; Jacobs : "Puis, elle avait pensé qu'un des garçons avait
entretenu une relations sexuelle avec elle sans utiliser de préservatif. J'ai demandé à
X_ si elle se souvenait de cela. Elle m'a répondu qu'elle ne se rappelait de
rien."; dossier, p. 17; C_ : "J'ai ainsi appris par DDD_ que
X_ nous accusait, nous les garçons d'avoir abusé d'elle. En fait, elle ne
savait pas lequel d'entre-nous l'avait fait."; cf. ég. dossier, p. 18).
3.5 Y_ a fourni des explications confuses à ses camarades lorsque ceux-ci
lui ont demandé des explications sur ce qui s'était passé durant la nuit du dimanche
5 avril 2009 (cf. not. dossier, p. 65; JJ_ : "Y_ m'a juré qu'il ne se
souvenait pas des événements de la nuit. Y_ était très confus. Il ne m'a pas
vraiment donné des explications. Je n'ai pas pu avoir de réponses précises. J'ai eu
l'impression que mon ami ne savait pas ce qu'il devait dire."). Il a contesté devant eux
avoir entretenu une relation sexuelle avec X_, relevant s'être fait piéger par
celle-ci alors qu'à ce moment-là l'intéressée ne l'accusait pas directement (cf. not.
dossier, p. 74).
Par ailleurs, il ressort des actes du dossier que Y_ n'avait manifestement pas
la conscience tranquille après les faits et qu'il craignait une éventuelle dénonciation de
l'intéressée. Ainsi, après avoir été informé des réactions de la jeune fille par son
camarade JJ_, il a appelé ce dernier à trois reprises, le dimanche 5 avril
2009 au soir, pour obtenir des renseignements, car il "s'inquiétait pour la suite des
événements" (dossier, p. 66). Les jours suivants, il l'a appelé à 7 ou 8 reprises, voulant
obtenir de "nouveaux détails"; selon JJ_, son interlocuteur était "confus dans
ses propos" lors de chaque appel (dossier, p. 66). De plus, le lendemain des faits,
Y_ a rencontré un avocat afin de "s'entretenir avec un professionnel" de
l'affaire et il a sollicité l'aide de C_ en lui déclarant qu'il en avait besoin
(dossier, p. 18).

III. Considérant en droit
4. Se rend coupable de l'infraction de l'article 191 CP celui qui, sachant qu'une
personne est incapable de discernement ou de résistance, en aura profité pour
commettre sur elle l'acte sexuel, un acte analogue ou un autre acte d'ordre sexuel.
Cette disposition vise à protéger la liberté et l'honneur sexuels des personnes
psychiquement ou physiquement inaptes à se défendre contre des sollicitations d'ordre
sexuel (ATF 120 IV 198 consid. 2b; Corboz, Les infractions en droit suisse, vol. I, 3 ème
éd., 2012, n. 1 ad art. 191 CP). Est visé l'auteur qui, connaissant l'état d'incapacité de
discernement et de résistance de la victime, entend en profiter pour commettre un acte
d'ordre sexuel (Dupuis et co, Petit commentaire, Code pénal, 2012, n. 2 ad art. 191
CP).
- 19 -
4.1 Toute personne, indépendamment de son âge et de son sexe, incapable de
discernement ou de résistance, peut être une victime au sens de l'article 191 CP (ATF
120 IV 194 consid. 2a). Est incapable de résistance la personne qui n'est
physiquement pas apte à s'opposer à des contacts sexuels non désirés. L'incapacité
de résistance peut être durable ou momentanée, chronique ou due aux circonstances.
Elle peut être la conséquence d'un état mental gravement anormal, d'une sévère
intoxication à l'alcool ou à la drogue, ou encore d'entraves matérielles. Il faut que la
victime soit totalement incapable de se défendre. L'incapacité peut avoir une origine
physique (patiente installée sur une chaise d'examen gynécologique, qui n'est pas en
mesure de réagir immédiatement; ATF 103 IV 166) ou psychique (personne endormie
ou sous hypnose; Corboz, n. 5 ad art. 191 CP). Dans la jurisprudence, est évoqué le
cas d'une femme alcoolisée et assoupie qui, dans un demi-sommeil, prend l'auteur
pour son mari (ATF 119 IV 230 consid. 3). Le Tribunal fédéral a également jugé qu'était
incapable de résistance, au sens de la disposition considérée, une femme à qui l'on a
fait boire une vodka et qui, déjà alcoolisée et fatiguée, avait sombré dans
l'inconscience (arrêt 6B_941/2009 du 28 janvier 2010 consid. 2) ainsi qu'un jeune
homme en état d'inconscience en raison de sa consommation d'alcool et de cannabis
(arrêt 6B_140/2007 du 30 juillet 2007; Dupuis et co, n. 13 ad art. 191 CP).
Il faut que l'incapacité soit totale; elle doit exister au moment de l'acte (ATF 120 IV 198
consid. 2c).
L'auteur doit accomplir l'acte d'ordre sexuel sur le corps de la victime en exploitant
l'incapacité de discernement ou de résistance dans laquelle elle se trouve (Corboz, n.
11 ad art. 191 CP).
4.2 L'infraction est intentionnelle. L'intention doit porter sur tous les éléments
constitutifs. L'auteur doit notamment agir en ayant connaissance de l'incapacité de
discernement ou de résistance de la victime. Le dol éventuel étant assimilé à
l'intention, il suffit, pour que l'infraction soit réalisée, que l'auteur accepte l'éventualité
d'exploiter la situation (cf. ATF 119 IV 230 consid. 3b). La formule "en sachant" n'exclut
pas le dol éventuel (arrêt 6B_140/2007 du 30 juillet 2007 consid. 5). Il n'y a par contre
pas d'infraction si l'auteur est convaincu, à tort, d'agir avec le consentement d'une
personne habituellement capable de discernement.
4.3 En l'espèce, il a été retenu en fait (cf. supra consid. 3) que X_ était, en
raison notamment de sa consommation d'alcool fort (Bailey's et Vodka accompagnée
de soda) durant la soirée et de son état de fatigue, en incapacité totale de résister; elle
est restée totalement inconsciente entre le moment où elle a été installée dans le
canapé-lit de l'appartement de Y_ et son réveil à 6 heures. Elle ne s'est pas
du tout rendu compte que Y_ avait entretenu une relation sexuelle avec elle
durant cet intervalle de temps. Au matin, elle a constaté la présence de sperme sur ses
cuisses notamment et remarqué qu'elle était partiellement déshabillée. Elle a
rapidement pris conscience qu'elle avait subi un acte d'ordre sexuel; totalement
inconsciente au moment des faits, elle n'a pas su d'emblée qui était l'auteur de cet
acte.
- 20 -
Après avoir d'abord catégoriquement nié ce fait, Y_ a fini par admettre avoir
entretenu une relation sexuelle complète avec son invitée. Il a soutenu que cette
dernière était consentante et avait même adopté un comportement actif en le
caressant et en l'embrassant. Cette version des faits a été écartée et la cour a retenu
que, inconsciente, X_ avait été dans l'incapacité totale de résister lors de
l'acte sexuel. Comme déjà souligné, l'intéressé a d'ailleurs reconnu implicitement ce
point puisqu'il a admis comme possible que la jeune fille "n'était pas en état de réaliser
ce qui se passait" et qu'il avait peut-être "profité du fait qu'elle était ivre" (cf. supra
consid. 3.1). Il n'a jamais contesté que, malgré son ébriété, il avait, lui, conscience de
ses actes; il a su qu'il profitait de l'incapacité de résistance de son invitée pour lui faire
subir l'acte sexuel. Partant, il s'est rendu coupable d'actes d'ordre sexuel commis sur
une personne incapable de discernement ou de résistance au sens de l'article 191 CP.
Les seules déclarations du prévenu suffisent d'ailleurs à considérer que le prévenu
s'est rendu coupable de cette infraction, à tout le moins par dol éventuel (cf. art. 12 al.
2 2 ème
phr. CP; arrêt 6B_140/2007 du 30 juillet 2007 consid. 6.1).
5.1 Selon l'article 47 CP, le juge fixe la peine d'après la culpabilité de l'auteur. Il prend
en considération les antécédents et la situation personnelle de celui-ci ainsi que l'effet
de la sanction sur son avenir (al. 1). La culpabilité est déterminée par la gravité de la
lésion ou de la mise en danger du bien juridique concerné, par le caractère
répréhensible de l'acte, par les motivations et les buts de l'auteur et par la mesure dans
laquelle celui-ci aurait pu éviter la mise en danger ou la lésion, compte tenu de sa
situation personnelle et des circonstances extérieures (al. 2). Comme sous l'ancien
droit, le critère essentiel est celui de la faute. Le législateur reprend, à l'alinéa 1, les
critères des antécédents et de la situation personnelle, et y ajoute la nécessité de
prendre en considération l'effet de la peine sur l'avenir du condamné. Codifiant la
jurisprudence, l'alinéa 2 de l'article 47 CP énumère de manière limitative les critères
permettant de déterminer le degré de gravité de la culpabilité de l'auteur.
Ainsi, le juge doit prendre en considération la gravité de la lésion ou de la mise en
danger du bien juridique concerné, que la jurisprudence mentionnait sous l'expression
du "résultat de l'activité illicite", ainsi que le caractère répréhensible de l'acte (arrêt
6B_14/2007 du 17 avril 2007 consid. 5.2 et les réf.; ATF 129 IV 6 consid. 6.1). Sur le
plan subjectif, le texte légal mentionne la motivation et les buts de l'auteur, qui
correspondent aux mobiles de l'ancien droit (art. 63 aCP), et la mesure dans laquelle
l'auteur aurait pu éviter la mise en danger ou la lésion, qui se réfère au libre choix de
l'auteur entre la licéité et l'illicéité. Conformément à la jurisprudence, l'autorité judiciaire
doit, selon les cas, prendre en considération les circonstances qui ont amené l'auteur à
agir, les motifs de son acte, l'intensité de sa volonté, l'absence de scrupules, le mode
d'exécution choisi, l'importance du préjudice causé volontairement, la répétition ou la
durée des actes délictueux, la persistance à commettre des infractions en dépit d'une
ou de plusieurs condamnations antérieures et la volonté de s'amender (ATF 123 IV
150 consid. 2b; 122 IV 241 consid. 1b). Entrent aussi en ligne de compte les facteurs
liés à l'auteur lui-même, à savoir les antécédents (judiciaires et non judiciaires), la
réputation, la situation personnelle (état de santé, âge, obligations familiales, situation
professionnelle, risque de récidive, etc.), la vulnérabilité face à la peine, de même que
le comportement après l'acte et au cours de la procédure pénale (ATF 129 IV 6 consid.
http://relevancy.bger.ch/php/aza/http/index.php?lang=fr&type=highlight_simple_query&page=3&from_date=01.01.2010&to_date=15.03.2011&sort=relevance&insertion_date=&top_subcollection_aza=str&query_words=%22art.+47%22&rank=0&azaclir=aza&highlight_docid=atf%3A%2F%2F129-IV-6%3Afr&number_of_ranks=0#page6
- 21 -
6.1); une collaboration efficace durant l'enquête et des aveux complets sont souvent
interprétés comme le signe d'une prise de conscience de la faute commise, au
contraire de mensonges ou de dénégations opiniâtres (ATF 121 IV 202 consid. 2d).
Au moment de fixer la peine, le juge doit prendre en considération les circonstances
atténuantes (art. 48 CP) et aggravante (art. 49 CP). Celles-ci lui permettent, soit de
descendre au-dessous de la limite inférieure normale de la peine prévue par loi, soit au
contraire d'aller au-delà de la limite supérieure de cette peine.
5.2 La situation personnelle de Y_ est décrite au considérant 2.1. Le nom du
prévenu ne figure pas au casier judiciaire. En la présente affaire, sa faute est lourde,
puisqu'il a fait subir une relation sexuelle complète à une jeune fille totalement
inconsciente; ses mobiles sont purement égoïstes. Sa responsabilité pénale est
entière; même s'il avait consommé de l'alcool, il a été en mesure d'aider son camarade
C_ à amener la jeune fille dans sa chambre et à conduire son véhicule sur
plusieurs kilomètres. Il ne bénéficie d'aucune circonstance atténuante. La situation de
santé de l'intéressé est bonne. Il n'a jamais reconnu ses torts et n'a pas exprimé le
moindre regret à l'endroit de la victime de ses agissements.
Au vu de l'ensemble des circonstances, la cour de céans considère que la peine
privative de liberté de dix-huit mois infligée en première instance à Y_
sanctionne adéquatement le comportement coupable de celui-ci. Elle doit, partant, être
confirmée. La détention avant jugement subie du 8 avril 2009 au 11 mai 2009 est
déduite de la peine prononcée (art. 51 CP).
5.3 Y_ est mis au bénéfice du sursis à l'exécution de la peine pécuniaire
prononcée, pendant un délai d'épreuve fixé à deux ans (art. 42 al. 1 CP).
En application des dispositions de l'article 44 al. 3 CP, il est signifié au condamné qu'il
n'aura pas à exécuter la peine prononcée s'il subit la mise à l'épreuve avec succès (art.
45 CP); le sursis dont il bénéficie pourra en revanche être révoqué s'il commet un
crime ou un délit durant le délai d'épreuve et si son comportement dénote un risque de
le voir commettre de nouvelles infractions (art. 46 al. 1 CP).
6. Dans son jugement, le juge de district a condamné Y_ à verser à la
plaignante 1857 fr. 30, avec intérêt à 5 % dès le 6 mai 2009, à titre de dommages-
intérêts, et 10'000 fr., avec intérêt à 5 % dès le 6 avril 2009,. à titre de réparation du tort
moral, toutes autres ou plus amples prétentions civiles étant rejetées. Aucune des
parties n'a expressément remis en cause ce point du jugement; il doit dès lors être
confirmé. En effet, la condamnation de Y_ au versement desdits montants se
justifie pour les motifs pertinents articulés de manière détaillée au considérant 11 du
jugement entrepris, auquel il est renvoyé.
7.1 Y_ n'a pas contesté le montant des frais de première instance. L'appel
de l'intéressé étant rejeté, les chiffres 6 et 7 du dispositif du jugement querellé ne
doivent pas être modifiés. Il convient donc de confirmer l'ampleur des frais de
procédure (8364 fr. 20 au total : 7364 fr. 20 de frais d'instruction; 1000 fr. de frais de
- 22 -
jugement de première instance), fixés par l'autorité inférieure, qui les a mis de manière
justifiée à la charge du condamné (cf. art. 426 CPP).
Le sort des frais de la procédure d'appel est réglé à l'article 428 al. 1 CPP, qui prévoit
leur prise en charge par la partie qui succombe. Comme l'appel est rejeté, Y_
supporte également lesdits frais.
Pour la procédure d'appel devant le Tribunal cantonal, l'émolument est compris entre
380 fr. et 5000 fr. (art. 22 let. f LTar). En l'espèce, compte tenu du degré ordinaire de
difficulté de l'affaire, des principes de la couverture des frais et de l'équivalence des
prestations (art. 13 LTar), l'émolument est fixé à 1600 fr., y compris les frais de la
décision présidentielle du 16 octobre 2013 et 25 fr. d'indemnité d'huissier. Le total des
frais judiciaires à la charge de Y_ se chiffre ainsi à 9964 fr. 20 (8364 fr. 20 +
1600 fr.).
7.2 Le sort des dépens est réglé par l'article 436 al. 1 CPP (Domeisen, Commentaire
bâlois, 2011, n. 3 ad art. 428 CPP). En vertu de cette disposition, les prétentions en
indemnités dans la procédure de recours sont régies par les articles 429 à 434 CPP.
Cela implique, d'une manière générale, que les indemnités sont allouées ou mises à la
charge des parties dans la mesure où celles-ci ont eu gain de cause ou ont succombé
(Mizel/Rétornaz, Commentaire romand, 2011, n. 1 ad art. 436 CPP; Wehrenberg/Bern-
hard, Commentaire bâlois, n. 4 ad art. 436 CPP). La partie plaignante peut, partant,
demander au prévenu une juste indemnité pour les dépenses obligatoires
occasionnées par la procédure dans la mesure où celui-ci est astreint au paiement des
frais conformément à l'article 428 al. 1 CPP (cf. art. 433 al. 1 let. a CPP). Il lui
appartient, le cas échéant, de chiffrer et de justifier ses prétentions; à défaut, l'autorité
pénale n'entre pas en matière sur la demande (art. 433 al. 2 CPP; arrêt 1B_475/2011
du 11 janvier 2012 consid. 2.2; Mizel/Rétornaz, n. 13 ad art. 433 CPP; Wehren-
berg/Bernhard, n. 12 ad art. 433 CPP).
En l'espèce, X_ a droit, à titre de dépens d'instruction et de première
instance, à l'indemnité de 3400 fr., dont le montant, arrêté par le premier juge (point 7
du dispositif du jugement entrepris), n'a pas été contesté. L'intéressée a conclu au rejet
du recours, sous suite de frais et dépens; compte tenu du sort réservé à l’appel, elle a
droit à des dépens pour la procédure de seconde instance cantonale (cf. art. 428 al. 1
et 433 al. 1 CPP). L’activité de son conseil a principalement consisté à prendre
connaissance de la déclaration d'appel, à préparer les débats et à participer à cette
séance. Dans ces circonstances, il lui est octroyé une indemnité de 1100 fr. à titre de
dépens (honoraires et débours compris) pour la procédure d'appel, soit au total 4500 fr.
pour l’ensemble de la procédure.