Decision ID: 4b8cb81e-139d-56bd-ad6f-11ace616392d
Year: 2017
Language: fr
Court: FR_TC
Chamber: FR_TC_004
Canton: FR
Region: Espace_Mittelland
Law Area: civil_law

considérant en fait
A. B._, né en 2002, est le fils de A._ et de C._, lesquels sont divorcés depuis 2010. Les parents sont titulaires de l’autorité parentale conjointe sur leur fils et le droit de garde sur B._ est exercé par sa mère. Les relations entre B._ et son père sont difficiles et ils n’entretiennent que très peu de contacts.
En date du 19 novembre 2008, une curatelle éducative au sens de l’art. 308 CC a été instituée en faveur de B._. Le 30 mai 2016, la Justice de paix de l’arrondissement de la Gruyère (: la Justice de paix) a maintenu la curatelle éducative et de surveillance des relations personnelles de B._ et pris acte de la mise en place de la mesure d’action éducative en milieu ouvert (ci-après: AEMO) ainsi que d'un suivi médical et thérapeutique en sa faveur compte tenu de ses difficultés personnelles et scolaires.
B. Le 30 janvier 2017, B._ a été placé au Foyer Transit, pour une durée de trois mois, à la demande de sa mère qui était épuisée, les mesures mises en place étant insuffisantes dès lors que l'adolescent manque régulièrement l'école et a des relations familiales compliquées.
Par courriel du 3 mai 2017, D._, intervenante en protection de l’enfant et curatrice de B._, a informé la Justice de paix que le placement de ce dernier avait pris fin le 28 avril 2017. Elle a exposé que le placement s'était bien passé et a fait état d’un bilan positif. Elle a toutefois souligné que depuis son retour à domicile B._ refuse de se rendre aux devoirs surveillés.
C. Par courrier du 16 mai 2017, E._, Chef de secteur du Service de l’enfance et de la jeunesse (ci-après: SEJ), et D._ ont proposé que B._ soit à nouveau placé au motif qu’un encadrement éducatif quotidien semble toujours nécessaire, l'intéressé manquant à nouveau les cours, ne se rendant pas aux devoirs surveillés et n'étant pas preneur des aides qui lui sont offertes. Il montre en outre à nouveau de l’opposition face à l’autorité.
Par courrier du 22 mai 2017, C._ a indiqué qu'il n'avait plus de relations personnelles avec son fils et qu'il ne se rendait plus aux entretiens concernant ce dernier.
Le 30 mai 2017, la Fondation Transit a rendu son rapport d’évaluation concernant le placement de B._ duquel il ressort que sa situation familiale a évolué favorablement, malgré des fragilités qui subsistent, de sorte qu’il n’existe pas de contre-indication à ce qu’il retourne vivre à son domicile. Une réactivation de l'AEMO afin de poursuivre et consolider le travail accompli, ainsi que la mise en place des devoirs surveillés pour renforcer l'investissement scolaire ont toutefois été préconisés.
Par courriel du 31 mai 2017, D._ a informé la Justice de paix que B._ manque régulièrement de respect à l'un de ses enseignants et que différents épisodes de violences physiques et verbales auxquels B._ a participé sont survenus dans le cadre scolaire depuis le 23 mai 2017, l’intéressé ayant frappé plusieurs autres élèves et l’un d’eux a déposé une plainte pénale contre lui.
B._ ainsi que sa mère et sa curatrice ont comparu à la séance de la Justice de paix du 6 juin 2017. En substance, B._ et sa mère se sont déclarés opposés au placement de ce dernier. B._ a déclaré qu’il avait été absent à l’école à plusieurs reprises car il était malade. Il a affirmé que les devoirs surveillés ne lui apportaient rien, de sorte qu’il ne s’y était présenté qu’une fois et qu'il avait décidé de ne plus se rendre aux cours de soutien. Il n’effectue pas non plus ses devoirs en raison d’un manque de motivation. Quant aux violences survenues au
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mois de mai 2017, il a indiqué qu'elles étaient dues à des insultes de camarades de classe. A._ a pour sa part déclaré que les absences à l'école de son fils étaient justifiées du fait qu'il était malade, qu'elle avait parlé avec l'intéressé des devoirs surveillés mais qu'il refusait d'y aller dans la mesure où ceci ne lui apportait rien et qu'elle avait été informée et surprise du comportement violent adopté par l'adolescent dernièrement, soulignant qu'il avait été provoqué et s'était défendu. D._ a quant à elle indiqué, en bref, que les différents intervenants et  jugent la situation de B._ critique, voire même pire qu'en décembre 2016, compte tenu de ses épisodes de violence, de sorte qu’ils sont favorables à un nouveau placement afin que l'adolescent trouve un cadre lui permettant de se restructurer et reprendre sa scolarité. La curatrice a ajouté qu'un placement au Foyer St-Etienne est adapté.
A la demande de la Justice de paix, F._ lui a remis, en date du 17 juin 2017, un rapport psychologique confidentiel concernant B._. Selon le thérapeute, un placement immédiat de l'intéressé est à éviter dans la mesure où il serait perçu comme une punition et aurait un effet destructeur. F._ a ajouté qu'il convient de restaurer un véritable travail d'équipe autour de l'intéressé, principalement axé sur la psychothérapie, qu'il est important que la mère conserve sa responsabilité directe envers son fils et soit soutenue en ce sens, à travers des aides scolaires mais aussi l'AEMO. Enfin, il a suggéré d'activer une démarche AI visant des mesures médicales ou d'accompagnement et de lui permettre de continuer à suivre l'intéressé et trouver des fonds à cette fin.
Le 26 juin 2017, A._ s’est ralliée aux conclusions du rapport de F._.
Par entretien téléphonique et courriel du 31 août 2017, D._ a confirmé qu'elle était toujours favorable au placement de B._, une place étant disponible au sein du Foyer , à Sommentier. Elle a relevé qu’une fois de retour à domicile, ensuite de son placement au Foyer Transit, B._ a régulièrement manqué l'école et a adopté un comportement violent et conflictuel avec ses camarades de classe de sorte que les différents professionnels qui l’entourent considèrent que les mesures ambulatoires mises en place sont insuffisantes. Enfin, la curatrice a indiqué que l'AEMO s'était terminée en juillet 2017, qu'il n'y a aucun indice que le système familial de l'intéressé ait évolué positivement durant l'été.
D. Par décision du 4 septembre 2017, la Justice de paix a placé B._, pour une durée indéterminée, au Foyer St-Etienne, dès le 10 septembre 2017, et a privé ses parents de leur droit de déterminer son lieu de résidence pendant la durée du placement. D._ a été tenue d’organiser le placement et de veiller à sa bonne exécution. Elle a en outre été autorisée à faire appel aux forces de l’ordre si nécessaire. La curatrice fixera également, en collaboration avec les éducateurs du Foyer St-Etienne, les relations personnelles entre B._ et ses parents. Les frais de placement et les frais judiciaires ont été mis à la charge des parents de l’intéressé et l’effet suspensif au recours a été retiré.
E. Par courrier adressé par erreur à la Justice de paix le 6 septembre 2017, A._ a interjeté recours contre cette décision, concluant à son annulation.
F. Le 7 septembre 2017, C._ a indiqué par téléphone à la Justice de paix qu’il était favorable au placement de son fils dès lors que A._ est, à son avis, complètement dépassée par la situation.
G. Par courriel du 7 septembre 2017, la curatrice de B._ a informé la Justice de paix que ce dernier a déjà manqué deux jours d’école depuis le début de l’année scolaire.
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H. Invitée à se déterminer, la Justice de paix a, le 8 septembre 2017, confirmé sa décision et s’est pour le surplus référée à ses considérants. Elle a en outre fait part à la Cour de l’avis du père de l’interessé concernant le placement et du courriel de la curatrice.
I. Bien qu’ayant été invité à répondre au recours, C._ ne s’est pas manifesté.

en droit
1.
1.1 Selon l'art. 8 de la loi du 15 juin 2010 concernant la protection de l'enfant et de l'adulte (LPEA), le Tribunal cantonal connaît des recours contre les décisions rendues par l'autorité de protection, soit la Justice de paix (art. 2 al. 1 LPEA). La Cour de protection de l'enfant et de l'adulte (art. 14 al. 1 let. c du Règlement du Tribunal cantonal du 22 novembre 2012 précisant son organisation et son fonctionnement [RTC]) est compétente pour statuer.
1.2 Les dispositions de la procédure devant l’autorité de protection de l’adulte sont applicables par analogie (art. 314 al. 1 CC) de sorte que la procédure de recours est ainsi régie par les art. 450 à 450e CC (MEIER/STETTLER, Droit de la filiation, 5ème éd., 2014, n. 589 p. 399).