Decision ID: 410b14b4-620a-55b3-9ab2-1e8d600d33dc
Year: 2004
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_014
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: social_law

EN FAIT
Madame N_, née le janvier 1971 est assurée selon la loi fédérale sur l'assurance-maladie du 18 mars 1994 (LAMal) auprès de la Caisse maladie et accidents PHILOS (ci-après la Caisse).
Le 11 avril 2002, la Caisse a écrit à Mme N_ pour lui proposer un arrangement de paiement relatif à une créance de fr. 310,80 laquelle correspondait aux primes dues pour la période de janvier à mars 2002. Cette créance portait le n° 2138 et résultait d’un nouveau calcul de la Caisse à la suite de l’octroi à la recourante de subsides cantonaux rétroactifs. Cette créance n’a pas été contestée par Mme N_.
L’arrangement de paiement prévoyait le plan suivant :
« - 1
er
acompte payable à réception de la présente Fr. 85.80
- 2
ème
acompte payable au 10.05.2002 Fr. 75.00
- 3
ème
acompte payable au 10.06.2002 Fr. 75.00
- 4
ème
acompte payable au 10.07.2002 Fr. 75.00 »
Suite à cet arrangement, Mme N_ a versé à la Caisse un montant de fr. 85,80 en mai 2002 et un montant de fr. 75.- en juin 2002. Les deux derniers acomptes de fr. 75.- dus en juin et juillet 2002 n’ont pas fait l’objet de rappels de la part de la Caisse.
Le 2 juin 2003, suite à l’octroi en 2003 de subsides cantonaux à Mme N_, la Caisse a établi un rectificatif des primes dues pour la période de janvier à mai 2003 attestant d’une créance de la Caisse de fr. 213,35. Cette créance était payable jusqu’au 26 juin 2003.
Le 22 juillet 2003, la Caisse a envoyé à Mme N_ un rappel de la créance de fr. 213,35 et l’invitait à verser ce montant d’ici au 10 août 2003.
Le 12 août 2003, l’assurée a versé à la Caisse par bulletin de versement un montant de fr. 100.-. Aucune mention n’était faite comme motif de versement.
Le 19 août 2003, la Caisse a notifié à l’assurée une sommation pour non-paiement de la créance de fr. 213,35, en l’informant que : « La présente sommation entraîne les conséquences suivantes en cas de non-paiement d’ici au 10 septembre 2003 :
- Assurance obligatoire des soins, LAMAL (fr. 213,35) : recouvrement de notre créance par l’Office des poursuites + fr. 50.- de frais pour la présente sommation ».
Le 10 septembre 2003, l’assurée a versé à la Caisse un montant de fr. 113,35, par bulletin de versement, sans mention du motif du versement.
Le 29 septembre 2003, la Caisse a transmis à l’Office des poursuites (OP) une réquisition de poursuite pour le montant de fr. 213,35 + fr. 50.- de frais de rappel et sommation.
Le 28 octobre 2003, l’OP a notifié à l’assurée un commandement de payer (poursuite n° 03 235671 R) pour la créance précitée auquel cette dernière a fait opposition.
Le 25 novembre 2003, la Caisse a rendu une décision par laquelle elle levait l’opposition précitée, sous réserve de l’acompte de fr. 113,35 versé le 10 septembre 2003.
Le 9 décembre 2003, l’assurée a fait opposition à la décision de la Caisse du 25 novembre 2003 en relevant qu’elle avait soldé la créance de fr. 213,35 par deux versements, un de fr. 100.- le 12 août et un de fr. 113,35 le 10 septembre 2003. Elle a joint les récépissés postaux en cause.
Par décision du 13 janvier 2004, la Caisse a rejeté l’opposition de l’assurée en relevant que le versement de fr. 100.- du 12 août 2003 effectué sans mention avait été attribué à la prime n° 2138 due en 2002 (soit 2 X fr. 75.-) et présentant encore après paiement un solde en faveur de la Caisse de fr. 50.-.
Le 24 janvier 2004, l’assurée a écrit à la Caisse que suite à la décision sur opposition, elle ne comprenait pas pourquoi la Caisse disait que le versement de fr. 100.- avait été effectué sans mention car ce versement était identique à celui de fr. 113,35 du 10 septembre 2003. Elle ne comprenait pas quelle était la prime n° 2138 citée dans la décision et demandait pourquoi, si elle devait une somme de fr. 50.-, la Caisse ne le lui avait pas signalé.
Le 10 février 2004, la Caisse a répondu à l’assurée que le montant de fr. 100.- correspondait à la prime due pour la période de janvier à mars 2002.
Le 17 février 2004, l’assurée a recouru auprès du Tribunal cantonal des assurances sociales (TCAS) contre la décision sur opposition. Elle avait soldé la créance de fr. 213,35 en deux tranches, le 12 août et le 10 septembre 2003. La dette de 2002 dont se prévalait la Caisse ne lui avait pas été réclamée et elle ne la reconnaissait pas.
Le 5 avril 2004, la Caisse s’est opposée au recours et a conclu à son irrecevabilité pour tardiveté. Elle a expliqué que les versements effectués par les assurés sans mention particulière étaient attribués selon le principe de la plus ancienne créance. Ainsi, le versement de fr. 100.- avait réglé en partie le décompte de prime du 11 avril 2002. « Par sa similitude » le versement de fr. 113,35 avait été attribué à la créance de fr. 213,35. Ce versement était parvenu à la Caisse en octobre 2003.

EN DROIT
Le Tribunal cantonal des assurances sociales est la juridiction compétente pour connaître d’un recours en matière d’assurance-maladie (art. 56 V al. 1 let. a ch. 4 de la loi sur l’organisation judiciaire du 22 novembre 1941 – LOJ).