Decision ID: 787b0c1e-e2bb-481d-8072-16e1753df6bd
Year: 2007
Language: fr
Court: CH_BGer
Chamber: CH_BGer_006
Canton: CH
Region: Federation
Law Area: penal_law

Faits :
Faits :
A. Le 16 septembre 2005, vers 18 heures 40, X._ circulait sur l'autoroute entre les jonctions de Vevey et Montreux, en direction du Valais. Afin de sortir à Montreux (selon le rapport de police contesté), il s'est déplacé sur la bande d'arrêt d'urgence et a remonté les deux files de véhicules très lentes en raison d'un encombrement dû aux travaux dans le tunnel de Glion. Il a ainsi parcouru 200 m à 15 km/h.
Le contrevenant a indiqué au Service vaudois des automobiles (abrégé SAN) qu'il avait eu des problèmes techniques avec sa voiture, raison pour laquelle il avait emprunté la bande d'arrêt d'urgence. Il en avait informé le préfet de Vevey. Celui-ci lui a néanmoins infligé une amende de 370 fr. pour avoir dépassé par la droite, sur la bande d'arrêt d'urgence, et pour n'avoir pas été porteur de son permis de conduire.
Par une décision du 2 mai 2006, le SAN a ordonné le retrait du permis de conduire de l'intéressé durant 2 mois, tenant compte notamment d'un antécédent (avertissement du 10 juin 2005 pour excès de vitesse).
Par une décision du 2 mai 2006, le SAN a ordonné le retrait du permis de conduire de l'intéressé durant 2 mois, tenant compte notamment d'un antécédent (avertissement du 10 juin 2005 pour excès de vitesse).
B. Par un arrêt du 27 décembre 2006, le Tribunal administratif du canton de Vaud a admis le recours du contrevenant, considérant que la mise en danger était insignifiante et ne justifiait pas le prononcé d'une mesure administrative. Le Tribunal s'est ainsi dispensé d'examiner si une panne s'était réellement produite.
B. Par un arrêt du 27 décembre 2006, le Tribunal administratif du canton de Vaud a admis le recours du contrevenant, considérant que la mise en danger était insignifiante et ne justifiait pas le prononcé d'une mesure administrative. Le Tribunal s'est ainsi dispensé d'examiner si une panne s'était réellement produite.
C. En temps utile, le SAN a saisi le Tribunal fédéral d'un recours de droit administratif tendant à l'annulation de l'arrêt du 27 décembre 2006 et à la confirmation du retrait de permis. Quant à la durée de ce retrait, le recours est ambigu. D'une part, la confirmation de la décision du 2 mai 2006 (deux mois) fait l'objet de la conclusion 3 à la page 1. D'autre part, l'en-tête page 1 indique un mois et la dernière phrase du recours, à la page 4, précise qu'il se justifie de prononcer un retrait du permis de conduire d'une durée d'un mois dans le cas d'espèce.
Le SAN a sollicité l'effet suspensif.
Le SAN a sollicité l'effet suspensif.
D. Le Tribunal administratif s'est référé à l'arrêt attaqué et s'en est remis à justice.
D. Le Tribunal administratif s'est référé à l'arrêt attaqué et s'en est remis à justice.
E. Dans sa réponse, l'intimé conclut au rejet du recours du SAN, qualifié d'injuste. Il précise que le jour des faits, sa voiture, un peu ancienne, s'est mise à chauffer dans la file, un témoin sur le tableau de bord a clignoté. Pour ne pas déranger les voitures qui suivaient, l'intéressé a déboîté sur la bande d'arrêt d'urgence afin de voir ce qui se passait. Avant même qu'il se soit arrêté, il a aperçu un policier qui l'appelait. Celui-ci n'a rien voulu savoir des difficultés techniques alléguées.
En outre, l'intimé fait valoir qu'il est commerçant, actif sur presque tous les marchés de Suisse romande, et que son permis lui est très utile pour travailler et s'en sortir.

Le Tribunal fédéral considère en droit:
Le Tribunal fédéral considère en droit:
1. L'arrêt attaqué est antérieur à l'entrée en vigueur, le 1er janvier 2007, de la Loi sur le Tribunal fédéral (LTF; RO 2006 1205). Conformément à l'art. 132 al. 1 LTF, c'est ici sur la base de l'ancien droit de procédure, soit les art. 97 ss OJ, que la présente cause doit être tranchée.
1. L'arrêt attaqué est antérieur à l'entrée en vigueur, le 1er janvier 2007, de la Loi sur le Tribunal fédéral (LTF; RO 2006 1205). Conformément à l'art. 132 al. 1 LTF, c'est ici sur la base de l'ancien droit de procédure, soit les art. 97 ss OJ, que la présente cause doit être tranchée.
2. En 2004 puis 2005, les deux tunnels parallèles de l'autoroute A9 situés à Glion ont été successivement fermés plusieurs mois, pour des travaux visant la mise aux normes de sécurité. Cela a causé d'innombrables bouchons ou ralentissements. De nombreux usagers de l'autoroute ont utilisé la bande d'arrêt d'urgence afin d'atteindre rapidement la sortie. La police les a dénoncés pour dépassement par la droite et usage illicite de la bande d'arrêt d'urgence (art. 35 al. 1 LCR; 8 al. 1 et 36 al. 3 OCR). Le SAN a prononcé des retraits du permis de conduire. Certains conducteurs ont recouru au Tribunal administratif vaudois qui leur a donné gain de cause considérant que la mise en danger et la faute étaient trop bénignes pour justifier une mesure administrative. Parfois, cette autorité a admis l'erreur de droit car les médias avaient laissé croire à une certaine tolérance dans ce domaine. Dans quelques cas, un simple avertissement a été prononcé.
Le SAN a saisi le Tribunal fédéral d'une dizaine de recours.
Le SAN a saisi le Tribunal fédéral d'une dizaine de recours.
3. Dans sa séance du 11 janvier 2007, la Cour de céans a admis le recours du SAN dans une cause analogue à la présente affaire (arrêt 6A.53/2006 du 11 janvier 2007 destiné à la publication). Ses considérants sont en résumé les suivants.
3.1 L'interdiction du dépassement par la droite découle de l'art. 35 al. 1 LCR. Il y a dépassement lorsqu'un véhicule plus rapide rattrape un véhicule circulant plus lentement dans la même direction, le devance et poursuit sa route devant lui. Dans la règle, le fait de déboîter et de se rabattre n'est pas indispensable pour qu'il y ait dépassement (ATF 126 IV 192 consid. 2a p. 194; 115 IV 244 consid. 2; 114 IV 55 consid. 1). L'autorisation de devancer par la droite dans la circulation en files parallèles, prévue aux art. 8 al. 3 et 36 al. 5 OCR, n'entre pas en considération car la bande d'arrêt d'urgence ne constitue pas une voie de circulation mais une partie d'une telle voie. Elle peut être utilisée uniquement dans les conditions prévues à l'art. 36 al. 3 OCR (ATF 114 IV 55 consid. 2c).
3.2 Quant à la qualification de l'infraction, on distingue notamment l'infraction légère et celle qui est moyennement grave. Commet une infraction légère la personne qui, en violant les règles de la circulation, met légèrement en danger la sécurité d'autrui et à laquelle seule une faute bénigne peut être reprochée (art. 16a al. 1 let. a LCR). Après une infraction légère, le permis est retiré pour un mois au moins au conducteur qui a fait l'objet d'un retrait de permis ou d'une autre mesure administrative au cours des deux années précédentes (al. 2). L'auteur d'une infraction légère fait l'objet d'un avertissement si, au cours des deux années précédentes, le permis ne lui a pas été retiré et qu'aucune autre mesure administrative n'a été prononcée (al. 3). En cas d'infraction particulièrement légère, il est renoncé à toute mesure administrative (al. 4).
En revanche, selon l'art. 16b al. 1 let. a LCR, commet une infraction moyennement grave la personne qui, en violant les règles de la circulation, crée un danger pour la sécurité d'autrui ou en prend le risque. Après une infraction moyennement grave, le permis est retiré pour un mois au moins (art. 16b al. 2 let. a LCR).
3.3 La Cour de céans s'est référée à son arrêt 6A.22/2005 du 31 mai 2005 où a été jugée moyennement grave la faute d'un motocycliste qui avait, le soir, emprunté la bande d'arrêt d'urgence, sur une distance d'un kilomètre, pour remonter la colonne ralentie par les travaux de Glion, afin de sortir de l'autoroute. Même s'il roulait à 10 km/h, sa faute ne pouvait plus être qualifiée ni objectivement ni subjectivement de légère. La Cour a relevé que l'interdiction de dépasser par la droite constituait une règle élémentaire de la circulation qui doit être impérativement respectée car elle vise la sécurité du trafic routier et son bon déroulement. Le risque pour les autres usagers est réel puisqu'ils ne s'attendent pas, en principe, à être dépassés par la droite sur la bande d'arrêt d'urgence, ce qui peut entraîner des réactions inappropriées. En outre, on ne peut exclure qu'un véhicule en détresse se rabatte sur cette bande ou que les conducteurs le fassent en raison de l'intervention d'un véhicule prioritaire.
3.4 Enfin, la Cour de céans a souligné que le comportement en cause, s'il se généralise, peut entraîner un engorgement de la bande d'arrêt d'urgence elle-même. Cela pose des problèmes de priorité à la sortie entre les usagers qui ont patienté avant de pouvoir quitter l'autoroute et ceux qui arrivent sur leur droite en ayant illicitement utilisé la bande d'arrêt d'urgence.
3.4 Enfin, la Cour de céans a souligné que le comportement en cause, s'il se généralise, peut entraîner un engorgement de la bande d'arrêt d'urgence elle-même. Cela pose des problèmes de priorité à la sortie entre les usagers qui ont patienté avant de pouvoir quitter l'autoroute et ceux qui arrivent sur leur droite en ayant illicitement utilisé la bande d'arrêt d'urgence.
4. En l'espèce, la jurisprudence précitée s'applique au cas de l'intimé. Il ne conteste pas qu'il a circulé 200 m sur la bande d'arrêt d'urgence, en dépassant par la droite des files de véhicules ralenties. Certes, il invoque des signes avant-coureurs d'une panne. Cependant, même si l'on admet qu'une panne était à craindre, cela ne l'autorisait pas à dépasser par la droite, ce qui constitue la violation d'une règle élémentaire qui doit être impérativement respectée (voir consid. 3.3 ci-avant). Ainsi, la faute de l'intimé est moyennement grave, le risque créé ne paraît pas non plus particulièrement léger.
En conséquence, l'arrêt attaqué, qui n'ordonne aucune mesure administrative, viole l'art. 16b LCR. Il est annulé. Dès lors, la Cour de céans prononce le retrait d'admonestation du permis de l'intimé pour toutes les catégories et sous-catégories, à l'exception des catégories spéciales F, G et M. Quant à la durée de ce retrait, deux mois paraissent disproportionnés pour 200 m parcourus illicitement dans les circonstances constatées, même si l'on tient compte de l'antécédent récent. Le recours du SAN n'indique aucun élément à l'appui d'une durée de deux mois, dans le cas de l'intimé. Dès lors, une durée d'un mois est appropriée (art. 114 al. 2 OJ). Le SAN fixera la date à laquelle ce retrait prendra effet.
Au surplus, la cause est renvoyée au Tribunal administratif vaudois pour le règlement de la procédure cantonale (art. 157 et 159 al. 6 OJ).
Au surplus, la cause est renvoyée au Tribunal administratif vaudois pour le règlement de la procédure cantonale (art. 157 et 159 al. 6 OJ).
5. L'intimé, qui n'obtient pas gain de cause, supporte les frais de la procédure devant le Tribunal fédéral (art. 156 OJ). Ils seront modérés vu la situation économique apparemment précaire de l'intéressé. Il n'y a pas lieu d'allouer des dépens au SAN (art. 159 al. 2 OJ).
La requête d'effet suspensif est sans objet.