Decision ID: 19d4a400-6a1b-5f38-80fb-591df531ea52
Year: 2010
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_014
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: social_law

ATTENDU EN FAIT
Que Madame M_ est affiliée auprès de MUTUEL ASSURANCES pour l'assurance obligatoire des soins depuis le 1
er
janvier 2001;
Que le 2 octobre 2007, l'intéressée a demandé à son assurance de prendre en charge un traitement dentaire devisé à 16'320 fr pour le maxillaire et à 8'006 fr pour la mandibule;
Que le 10 janvier 2008, le Dr A_, dentiste conseil de l'assurance, a préaviser défavorablement la prise en charge du traitement;
Que l'assurance en a informé son assurée par courrier du 14 janvier 2008;
Que l'assurée lui a alors fait parvenir un rapport établi le 13 février 2008 par le Dr B_, de la clinique dentaire de Genève, ainsi qu'une attestation du Dr C_;
Que le Dr D_, dentiste conseil, ayant malgré tout maintenu le préavis défavorable de son collègue, l'assurance a refusé de prendre en charge le traitement dentaire de l'assurée, par décision formelle du 12 février 2009;
Que ce refus a été confirmé par décision sur opposition du 22 juin 2009;
Que l'assurance a constaté que l'assurée avait été traitée régulièrement de 1987 à 2007 pour une parodontite agressive qui, malgré les traitements effectués, n'avait jamais pu être contenue;
Que l'assurance a cependant estimé que le traitement préconisé par le dentiste traitant n'était pas approprié car il ne serait pas adéquat de faire reposer des reconstructions fixes importantes sur des piliers au parodonte fortement réduit et incertain;
Que l'assurance, se référant à l'avis de son dentiste conseil, a jugé que le traitement le plus adéquat consisterait en une prothèse amovible, solution qui permettrait de respecter le critère de l'économicité (puisqu'elle reviendrait à 4'000 fr. en lieu et place de 24'326 fr.) et de maintenir une hygiène dentaire saine;
Que le 21 août 2009, l'assurée a interjeté recours auprès du Tribunal de céans;
Qu'invitée à se déterminer, l'intimée a conclu au rejet du recours;
Qu'une audience s'est tenue en date du 3 décembre 2009 au cours de laquelle a été entendu le médecin dentiste traitant, le Dr B_;
Que ce dernier a notamment expliqué qu'une prothèse amovible bouge et a donc une action néfaste sur les dents dont le support est déjà réduit;
Que selon lui, sur le plan de l'hygiène, une prothèse fixe est préférable à une prothèse amovible qui entraine la macération des bactéries;
Qu'une prothèse amovible, réalisée en résine - matériau poreux - est par définition infestée de milliard de bactéries, contrairement aux ponts, en céramique;
Qu'au surplus, la qualité des bactéries ne sera pas la même : celles que l'on retrouve sous une prothèse amovible sont beaucoup plus pathogènes;
Quant à l'argument selon lequel le remplacement ultérieur d'une dent serait plus facile avec une prothèse amovible, le témoin l'a également contesté, expliquant qu'un pont complet est enchâssé sur toutes les dents restantes et qu'il est alors très facile - si l'une d'elles doit être enlevée - de le desceller, de le remplir de résine puis de le remplacer et ce, à moindre coût (en tout cas bien moindre qu'en cas de prothèse amovible, dont il faudrait, cas échéant, modifier le système d'attache);
Qu'enfin, le témoin a souligné qu'un pont procure un équilibre occlusal beaucoup plus stable et plus facile à obtenir qu'avec une prothèse amovible, cette dernière s'usant par ailleurs beaucoup plus vite puisqu'elle est en résine;
Qu'après avoir soumis ce témoignage à son dentiste conseil, l'intimée, par écriture du 8 janvier 2010 a persisté dans sa position;
Que la recourante, par écriture du 12 février 2010, a également persisté dans ses conclusions;
Que le Tribunal de céans a alors fixé aux parties un délai pour suggérer le nom d'un expert et indiquer les questions qu'elles souhaitaient voir poser à ce dernier;
Que par écriture du 21 juin 2010, l'intimé a suggéré le Dr E_, dentiste spécialiste en parodontologie;
Que la recourante a pour sa part proposé le Dr F_, dentiste spécialiste en parodontologie;

ATTENDU EN DROIT
Que le Tribunal de céans est compétent en la matière (art.56 V de la loi sur l’organisation judiciaire - LOJ) ;
Que la loi sur la partie générale des assurances sociales (LPGA), entrée en vigueur le 1er janvier 2003, est applicable au cas d’espèce ;
Que le recours, déposé dans les formes et délai prévus par la loi est recevable à la forme (art. 56 et 60 LPGA) ;
Que la question préalable à l’examen de la prise en charge du traitement dentaire préconisé par le dentiste-traitant de la recourante est des savoir si le traitement en question répond aux conditions fixées par la loi, c'est-à-dire s'il efficace, approprié et économique;
Que l’autorité administrative doit constater d’office les faits déterminants, c’est-à-dire toutes les circonstances dont dépend l’application des règles de droit (ATF
117 V 261
consid. 3 p. 263 ; T. LOCHER Grundriss des Sozialversicherungsrecht, Bern 2003, t.1, p. 443) ;
Qu’ainsi l’administration est tenue d’ordonner une instruction complémentaire lorsque les allégations des parties et les éléments ressortant du dossier requièrent une telle mesure et qu’en particulier, elle doit mettre en œuvre une expertise lorsqu’il paraît nécessaire de clarifier des aspects médicaux (ATF
117 V 282
consid. 4a, p. 283 ; RAMA 1985 p. 240 consid.4 ; LOCHER loc. cit.) ;
Que de son côté le juge qui considère que les faits ne sont pas suffisamment élucidés peut renvoyer la cause à l’administration pour complément d’instruction ou procéder lui-même à une telle instruction complémentaire (RAMA 1993 p. 136) ;
Qu’il convient en l'espèce d'ordonner une expertise afin de trancher entre les opinions contradictoires exprimées par le dentiste traitant, d'une part, et par le dentiste conseil, d'autre part;
Que cette expertise sera confiée au Dr F_, médecin-dentiste spécialiste en paradontologie;
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