Decision ID: 1def41f0-8940-487f-bf86-327c3bf7eefc
Year: 2005
Language: fr
Court: VD_TC
Chamber: VD_TC_031
Canton: VD
Region: Région lémanique
Law Area: public_law

Vu les faits suivants
A. A._ a travaillé à l’Hôtel 2********, à Lausanne du 13 décembre 2000 au 31 octobre 2003. Il a reçu son congé le 13 septembre 2003 pour cette dernière date, le poste d’assistant de direction qu’il occupait ayant été supprimé pour des raisons économiques. Il revendique l’indemnité de chômage depuis le 1er novembre 2003. Un délai-cadre d’indemnisation en sa faveur a été ouvert dès cette date et jusqu’au 31 octobre 2005 ; son droit à l’indemnité s’est éteint le 30 juin 2005.
B. En date du 29 novembre 2004, A._ a conclu un contrat de travail sur appel, en qualité de chauffeur, avec 3******** AG, à Zurich, pour un salaire horaire brut de 27 fr.55. Le début du contrat a été fixé au 29 novembre 2004 ; aucune date n’est prévue pour la fin des rapports de travail. Le 6 décembre 2004, A._ a rempli le formulaire « Indications de la personne assurée » (ci-après : IPA) de décembre 2004 et a répondu de manière négative à la question de savoir s’il avait travaillé pour un ou plusieurs employeurs. L’indemnité de chômage due pour le mois de décembre 2004, soit 4’326 fr.15, lui a été versée le 20 décembre 2004. Le 10 janvier 2005, A._ a perçu un salaire net de 4'374 fr.25 pour son activité chez 3******** AG durant la période du 1er au 22 décembre 2004. Sur le formulaire du mois suivant, rempli le 24 janvier 2005, il a indiqué avoir travaillé du 1er au 22 décembre 2004 pour le compte de 3******** AG, à Zurich. Aucun élément du dossier ne permet de retenir que A._ a travaillé pour cette société ultérieurement.
C. Par courrier du 11 février 2005, la Caisse cantonale de chômage (ci-après : CCH), constatant que A._ avait donné des indications inexactes et obtenu de ce fait indûment des indemnités de chômage durant le mois décembre 2004, a averti ce dernier qu’il s’exposait à une mesure de suspension de son droit. En date du 7 mars 2005, la CCH lui a infligé une suspension durant trente-et-un jours indemnisables dès le 24 décembre 2004. Le même jour, par décision séparée, elle a exigé de sa part la restitution du montant de 3'151 fr.60, prétendument perçu de façon abusive du 1er au 22 décembre 2004 ; à teneur du dernier paragraphe de cette décision :
« Dès l’entrée en force de la présente décision, si vous deviez encore bénéficier de prestations de chômage, le montant ci-dessus sera compensé avec celles-ci. Sinon, il vous appartiendra de nous le faire parvenir dans les 30 jours au moyen du bulletin ci-annexé. »
Par le ministère de l’avocat Robert Liron, A._ s’est opposé à la décision le suspendant de son droit ; en substance, il conteste avoir commis la moindre faute. Il n’a en revanche pas contesté la décision de restitution ; il oppose en effet en compensation les indemnités auxquelles il estime avoir droit de février à avril 2005. La requête d’effet suspensif ayant été rejetée par décision incidente de la CCH du 29 avril 2005, la mesure de suspension a été exécutée ; il ressort des décomptes produits que A._ n’a perçu aucune indemnité durant trente-et-un jours ouvrables à compter du 1er février 2005.
Par décision du 11 juillet 2005, la CCH a confirmé l’obligation de restitution par A._ de la somme de 3'151 fr.60, la décision du 7 mars 2005 étant définitive et exécutoire, d’une part, et la suspension de son droit à l’indemnité durant trente-et-un jours, d’autre part.
D. En temps utile, A._ a déféré, toujours par la plume de l’avocat Robert Liron, la décision de la CCH du 11 juillet 2005 au Tribunal administratif, en tant que celle-ci a confirmé la mesure de suspension prononcée à son encontre, et conclut à son annulation. Il conteste avoir commis la moindre faute vis-à-vis de l’assurance chômage ; ses moyens seront repris ci-après dans la mesure utile. A._ a requis la convocation d’une audience afin qu’il puisse être confronté à la représentante de la CCH qui l’a reçu en décembre 2004.
La CCH conclut au rejet du recours et à la confirmation de la décision attaquée. Pour sa part, l’Office régional du placement d’Echallens s’en est remis à justice.
Les parties se sont exprimées lors d’un second échange d’écritures ; elles ont chacune persisté dans leurs conclusions. A._, par son conseil, a également requis du magistrat instructeur que l’effet suspensif soit prononcé quant à son obligation de restitution, jusqu’à droit jugé au fond. Déférant à l’invitation qui lui a été faite, l’avocat Liron a toutefois confirmé que A._ ne s’opposait pas à la décision de restitution mais invoquait en compensation « la suppression de l’obligation qui lui a été imposée par la Caisse de suspension du droit aux indemnités de 31 jours, indemnisables dès le 24 décembre 2004 ». La CCH a invité le magistrat instructeur à refuser l’effet suspensif, la décision de restitution du 7 mars 2005 étant définitive et exécutoire.
A._, toujours par son conseil, estimant que la cause devait être conciliée, a renouvelé sa réquisition tendant à la tenue d’une audience. Interpellée par le magistrat instructeur, la CCH a maintenu sa position. Dès lors, le magistrat instructeur a informé les parties qu’une audience n’était pas nécessaire et que le tribunal délibérerait à huis clos.

Considérant en droit
1. Le pourvoi a uniquement trait à la mesure de suspension infligée au recourant. Celui-ci a confirmé à plusieurs reprises qu’il ne contestait pas son obligation de restitution, telle que concrétisée par la décision de la CCH du 7 mars 2005 ; on n’y reviendra donc pas.
Le recourant a requis du magistrat instructeur la convocation d’une audience. On rappelle que, de jurisprudence constante, le Tribunal fédéral considère que la tenue de débats devant une instance de recours est nécessaire si l'objet du recours, les moyens invoqués et les compétences de l'autorité saisie sont tels que la cause ne serait pas entendue équitablement si elle était jugée exclusivement sur pièces (ATF 119 Ia 316). Tel n’est en revanche pas le cas si l'on peut dire objectivement qu’une audience n'est pas à même d'apporter des éléments nouveaux (ATF 122 V 47). En l’occurrence, il n’apparaît pas qu’une audience soit nécessaire pour juger la présente cause. Le recourant a évoqué à plusieurs reprises la possibilité d’une conciliation, à laquelle s’oppose en revanche l’autorité intimée. En outre, ce ne sont pas tant les faits qui sont contestés que leur appréciation et leurs conséquences juridiques. Le sort du présent recours dépend en effet du point de savoir si le comportement du recourant constitue une faute grave susceptible d’entraîner une suspension dans son droit à l’indemnité. Or, comme on le verra ci-dessous, le dossier de la cause renferme tous les éléments permettant au tribunal de répondre à cette question. L’audition des parties n’est pas à même d’apporter à cet égard des éléments déterminants.
2. L'assuré a droit à l'indemnité de chômage si, notamment, il a subi une perte de travail à prendre en considération (art. 8 al. 1 lit. b de la loi fédérale du 25 juin 1982 sur l'assurance-chômage obligatoire et l'indemnité en cas d'insolvabilité; ci-après: LACI). N'est en revanche pas prise en considération la perte de travail pour laquelle le chômeur a droit au salaire (art. 11 al. 3 LACI). Il doit s'agir de prestations découlant d'un rapport de travail et qui correspondent à de réelles prétentions de salaire (v. Secrétariat d’Etat à l’économie - ci-après : seco -, Circulaire relative à l'indemnité de chômage, janvier 2003, B52 et ss). Ces prestations doivent alors être prises en considération par la caisse de chômage en tant que gain intermédiaire, conformément à l'art. 24 al. 1 LACI. En effet, l’assuré qui perçoit un gain intermédiaire a droit à la compensation de la perte de gain, l’alinéa 3 de la disposition précitée précisant sur ce point que celle-ci consiste en la différence entre le gain assuré et le gain intermédiaire.
a) L’assuré est tenu, lorsqu’il exerce son droit à l’indemnité de chômage, de renseigner de façon complète l’autorité compétente sur tous les gains qu’il réalise durant la période à indemniser. Jusqu’à l’entrée en vigueur le 1er janvier 2003 de la loi fédérale du 6 octobre 2000 sur la partie générale du droit des assurances sociales (ci-après : LPGA), l’obligation de l’assuré à cet égard résultait de l’art. 96 LACI, disposition abrogée par l’art. 28 LPGA à teneur duquel :
« Celui qui fait valoir son droit à des prestations doit s’annoncer à l’assureur compétent, dans la forme prescrite pour l’assurance sociale concernée. Les assureurs sociaux remettent gratuitement les formules destinées à faire valoir et à établir le droit aux prestations; ces formules doivent être transmises à l’assureur compétent, remplies de façon complète et exacte par le requérant ou son employeur et, le cas échéant, par le médecin traitant. (...) »
En outre, l’art. 31 al. 1 LPGA prévoit que l’ayant-droit auquel une prestation est versée est tenu de communiquer à l’assureur, ou selon les cas à l’organe compétent, toute modification importante des circonstances déterminantes pour l’octroi d’une prestation. Ces deux dispositions posent désormais de façon générale le principe de collaboration et d’information en matière d’assurances sociales, et remplacent de ce fait l’ancien art. 96 LACI, qui prévoyait expressément une obligation de renseigner et d’aviser incombant aux bénéficiaires des prestations de l’assurance-chômage (cf. le rapport de la Commission du Conseil national in FF 1999, p. 4401). Toutefois, il faut partir du principe que la jurisprudence rendue sous l’empire de l’ancien art. 96 LACI reste applicable. Dès lors, on rappelle que selon l'alinéa 1er de cette disposition, les bénéficiaires de prestations, leurs représentants légaux et les employeurs sont tenus de fournir aux caisses et aux autorités compétentes de la Confédération et des cantons tous les renseignements et documents nécessaires. Quant à l'alinéa 2, il impose à l'assuré, aussi longtemps qu'il touche des prestations, d'annoncer spontanément à la caisse tous les faits importants pour l'exercice de ses droits ou pour le calcul des prestations, notamment ceux qui pourraient influer sur le droit aux allocations pour enfant et de formation professionnelle, ainsi que les modifications de son revenu ou de son gain intermédiaire (v. ATFA C.236/01 du 10 octobre 2002, cons. 1.2).
b) Selon l'art. 30 al. 1 litt. e LACI, l'assuré sera suspendu dans l'exercice de son droit à l'indemnité lorsque, notamment, il est établi qu'il a donné des indications fausses ou incomplètes ou enfreint, de quelque autre manière, l'obligation de fournir des renseignements spontanément ou sur demande. Le fait que des indications fausses ou incomplètes lui aient effectivement permis de toucher des prestations auxquelles il n’avait pas droit ne revêt pas une grande importance à cet égard (v. seco, circulaire, D35). Ainsi, le Tribunal fédéral des assurances a jugé (v. ATFA C.236/01. déjà cité) que l'état de fait visé par l'art. 30 al. 1 litt. e LACI est réalisé lorsque l'assuré remplit de manière fausse ou incomplète des formules destinées à la caisse, à l'Office du travail ou à l'autorité cantonale. En outre, le devoir d'informer l'administration s'étend à tous les faits qui ont une importance pour le droit aux prestations. Sont importantes, en particulier, toutes les informations qui ont trait à l'aptitude au placement, qui sont nécessaires pour juger du caractère convenable d'un emploi ou qui concernent les recherches personnelles de travail. Peu importe au demeurant que les renseignements faux ou incomplets aient joué un rôle pour l'allocation des prestations (v. outre l’ATFA C.236/01 précité, ATF 123 V 151, cons. 1b; DTA 1993, No 3, p. 21, cons. 3b). De façon générale, une faute au sens de la législation sur l'assurance-chômage ne suppose pas nécessairement, comme en droit pénal et en droit civil, qu'on puisse reprocher à l'assuré un comportement répréhensible; elle peut être réalisée sitôt que la survenance du chômage n'est pas à mettre au compte de facteurs objectifs, mais réside dans un comportement que l'assuré pouvait éviter au vu des circonstances et des relations personnelles en cause (v. arrêt PS 2004.0117 du 29 octobre 2004 et les références citées).
Pour sa part, l'art. 30 al. 1 litt. f LACI vise tout spécialement une violation intentionnelle de l'obligation de renseigner ou d'annoncer, cela dans le but d'obtenir des prestations indues (v. ATFA C.236/01, déjà cité ; DTA 1993, No 3, p. 21, déjà cité). Une suspension ne peut être prononcée, en vertu de cette disposition que si l'assuré a agi intentionnellement, c'est-à-dire avec conscience et volonté (v. ATF 125 V 193 et réf.; Gerhard Gerhards, Kommentar zum Arbeitslosenversicherungsgesetz, Bern 1988, N. 35 ad 30 LACI). La jurisprudence qualifie en règle générale de faute grave les faits visés à l'art. 30 al. 1 lettre f LACI, dans la mesure où le dol est exigé (v. arrêt PS 1997.0214 du 16 février 1998). Tel n’est pas le cas lorsque l’intention de l’assuré qui renseigne de façon incorrecte l’autorité n'est pas d'obtenir des prestations de l'assurance‐chômage auxquelles il n'avait pas droit, mais d'éviter de se retrouver pendant plusieurs mois sans indemnités de chômage et sans salaire (v. arrêt PS 2002.0153 du 7 mai 2004 ; PS 2001.0011 du 31 mai 2001).
c) La durée de la suspension est proportionnelle à la gravité de la faute (art. 30 al. 3, 3ème phrase, LACI). La quotité de la sanction dépend de la qualification que l’on confère à la faute commise dans le cas d’espèce; elle est fixée par l’art. 45 al. 2 OACI, soit un à quinze jours de suspension en cas de faute légère, seize à trente jours en cas de faute de gravité moyenne et trente-et-un à soixante jours en cas de faute grave. Comme dans le droit pénal, entrent en considération aussi bien la faute commise par négligence (manque de diligence requise) que la faute commise intentionnellement (conscience et volonté, voire acceptation du risque de commettre l'acte fautif). A cet effet, il importe de prendre en considération toutes les circonstances du cas d'espèce et notamment les conditions personnelles (p. ex. jeunesse, niveau de formation, etc. ; v. sur ce point, seco, circulaire, D60).
Dans un arrêt PS 2004.0162 du 19 novembre 2004, le Tribunal administratif, dans cette optique, a jugé que l'état de fait visé par l'art. 30 al. 1 lettre e LACI était réalisé, l’assuré ayant rempli de manière fausse ou, à tout le moins, incomplète, la formule IPA du mois courant ; il a retenu au surplus une négligence à l'encontre de l’assuré, dès lors qu’il s'agissait pour lui de répondre par "oui" ou par "non" au moyen d'une simple croix à la question de savoir s’il avait travaillé ou pas pendant le mois concerné, cette question ne présentant à priori aucune ambiguïté. Il a ainsi retenu une faute légère à l’endroit de l’assuré et a réduit de trente-et-un à dix jours la suspension qui lui avait initialement été infligée. Dans un arrêt PS 1997.0243 du 23 décembre 1999, le Tribunal administratif a de même jugé qu’en n'annonçant pas spontanément son activité du mois courant dans un restaurant, le recourant avait violé son obligation de renseigner au sens de l'art. 96 al. 2 aLACI ; s’agissant de qualifier la faute, il a jugé que l’on était en présence d’une faute de gravité moyenne, dès lors que les prestations fournies avaient essentiellement consisté en des discussions pour l'organisation du restaurant, le travail à la cuisine n'étant qu'accessoire, et a ramené la suspension de trente-et-un à vingt jours. En outre, dans un arrêt PS 1997.0095 du 21 novembre 1997, le tribunal a confirmé que l'omission d'annoncer à la caisse de chômage un stage non rémunéré de quatre jours constituait une violation du devoir d'information ; considérant toutefois qu’il s’agissait d’une faute légère, il a ramené de dix-huit à cinq jours la quotité de la suspension infligée à l’assurée (v. en outre dans le même sens, arrêt PS 2004.0253 du 22 février 2005, suspension ramenée de quinze à quatre jours).
3. En l’espèce, il est reproché au recourant d’avoir enfreint son obligation d’aviser et de renseigner en répondant de manière fausse et incomplète sur le formulaire IPA de décembre 2004 à la question de savoir s’il avait travaillé pour un ou plusieurs employeurs durant le mois courant.
a) Le recourant a, on l’a vu, conclu un contrat de travail le 29 novembre 2004 avec 3******** AG en qualité de chauffeur. Cette indication ne figure pas sur le formulaire IPA de décembre 2004. Le recourant fait cependant valoir qu’il avait exposé oralement ce qui précède à la collaboratrice de la caisse de chômage, le 20 décembre 2004, avant de percevoir l’indemnité de chômage ; cela n’est pas contesté par l’autorité intimée. En outre, ce contrat a pris fin le 22 décembre 2004 ; or, c’est seulement le 10 janvier 2005 que le recourant a touché son salaire. On retire de ses explications que le recourant, qui n’avait pour tout revenu fin décembre 2004 que l’indemnité de chômage, a attendu de percevoir son salaire avant de le déclarer formellement. Son intention était cependant de compenser son obligation de restitution de l’indemnité perçue en trop, pro rata temporis, en décembre 2004 avec les indemnités qu’il percevrait le ou les mois suivants. C’est la raison pour laquelle il attendait un décompte de l’assurance-chômage après avoir produit l’attestation de salaire et mentionné l’emploi en question sur le formulaire IPA de janvier 2005. Or, en lieu et place de ce décompte, il a reçu, le même jour, une décision de restitution et une décision de suspension.
b) Il est à tout le moins excessif de soutenir que le recourant a sciemment trompé l’assurance-chômage pour percevoir de façon indue une indemnité à laquelle il n’avait pas droit ; telle n’était pas l’intention du recourant qui a cru, à tort, qu’il devait attendre d’avoir touché son salaire avant de le déclarer et qu’un règlement avec la caisse de chômage interviendrait à ce moment-là. Le recourant fait du reste valoir, non sans pertinence, qu’il n’a pas été correctement renseigné par la caisse de chômage. L’autorité intimée objecte à cela le fait que le recourant connaissait la procédure en la matière, puisqu’il a déjà bénéficié d’avances sur indemnité en décembre 2003 ; les circonstances étaient pourtant fort différentes puisqu’il n’est pas établi, à teneur du dossier, que le recourant a travaillé en décembre 2003 et qu’il attendait son salaire. Le recourant était en réalité conscient - ce qu’il n’a jamais contesté - de ce qu’il devait restituer une partie de l’indemnité qui lui avait été servie courant décembre 2004 ; il est parti du principe que ce montant serait compensé avec ses indemnités futures. Certes, il appartient à la caisse de chômage de déclarer, conformément à l’art. 94 al. 1 LACI, la compensation ; or, celle-ci ne peut porter que sur des créances échues et non futures (v. Gerhards, op. cit., nos 28 et 29 ad 94 LACI). Il n’en demeure pas moins que la décision de restitution, une fois entrée en force, permettait précisément à la caisse de compenser dans le sens du recourant. On peut dès lors s’étonner légitimement que cela n’ait pas été fait, dès lors que le recourant n’a jamais contesté son obligation de restitution. Dans ces conditions, c’est à tort que la décision attaquée retient l’art. 30 al. 1 litt. f LACI dont les prémisses ne sont pas réalisées en l’occurrence.
Il reste que, le 6 décembre 2004, lorsqu’il a rempli le formulaire IPA en question, le recourant avait déjà conclu son contrat de travail avec 3******** AG. Dès lors, on doit lui reprocher effectivement, même si son intention n’était pas celle que lui a prêtée l’autorité intimée, d’avoir violé son obligation de renseigner la caisse de chômage de façon correcte. Peu importe qu’il ignorait à cette époque le montant exact de son salaire. Le recourant perd de vue que cette réponse a objectivement une certaine importance pour le droit aux prestations, puisqu’elle atteste de l’absence d’emploi durant la période où l’indemnité est revendiquée et permet à l’assuré de prétendre, pour autant que les autres conditions en soient remplies, au versement d’une indemnité mensuelle complète (v. PS 2004.0253, déjà cité). Quant au principe, la décision attaquée est, nonobstant les explications du recourant, bien fondée en tant qu’elle retient l’art. 30 al.1 litt. e LACI comme motif de suspension.
c) En revanche, cette faute n’est pas grave. Sans doute, on ne saurait in casu parler de négligence ; le recourant était au demeurant conscient de ce que sa déclaration incorrecte du 6 décembre 2004 lui permettrait de toucher fin décembre 2004 des indemnités dont une bonne partie était indue. L’affirmation de l’autorité intimée selon laquelle le recourant aurait mis l’assurance-chômage devant le fait accompli n’est à cet égard pas dénuée de pertinence. En pareil cas en effet, le recourant devait demander une avance sur salaire ; l’assurance-chômage n’a pas à se substituer à l’employeur.
Cela étant, deux éléments permettent tout de même au tribunal de requalifier la faute commise en l’occurrence. Le comportement du recourant tout d’abord qui, le 20 décembre 2004, a annoncé oralement à la caisse de chômage l’emploi en question. En second lieu et surtout, l’erreur commise par le recourant ; celui-ci estimait à tort qu’une fois son salaire versé et les documents produits, un simple décompte interviendrait avec la caisse de chômage. On soulignera à cet égard que, conformément à la jurisprudence rappelée dans la décision attaquée, si l'assuré exerce, durant une période pendant laquelle il demande des indemnités de chômage, une activité lui procurant un gain intermédiaire, il doit se laisser imputer le montant du gain intermédiaire sur les indemnités (v. ATF 122 V 367). Dans ces conditions, force est de reconnaître que la faute du recourant n’a pas la gravité que lui confère l’autorité intimée ; il s’agit tout au plus d’une faute légère. En outre, l’autorité intimée a perdu de vue qu’en infligeant au recourant une suspension de trente-et-un jours dans le droit à l’indemnité, la pénalité apparaissait, compte tenu du dommage résultant de sa faute, disproportionnée (v. sur ce point, ATF 122 V 34 cons. 4 et 5). De l’avis du tribunal, une sanction limitée à six jours indemnisables était largement suffisante pour sanctionner cette faute légère.
d) La notification du présent arrêt rend sans objet la requête du recourant tendant à ce que l’effet suspensif soit prononcé quant à son obligation de restitution. Il appartiendra sur ce point à la caisse de chômage, le cas échéant, d’opérer une compensation avec le solde des indemnités encore dues au recourant.
4. Les considérants qui précèdent conduisent le tribunal à admettre partiellement le recours. La décision entreprise sera réformée en ce sens que la mesure de suspension prononcée à l’encontre du recourant sera ramenée à six jours indemnisables. Le présent arrêt sera rendu sans frais (art. 61 lit. a LPGA) ; des dépens réduits seront alloués au surplus au recourant, celui-ci ayant obtenu partiellement gain de cause avec l’assistance d’un avocat (art. 61 lit. g LPGA).