Decision ID: 1a318f54-6f1e-5151-ba1c-479a72673b43
Year: 2019
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_002
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law

EN FAIT
A.
Par jugement
JTPI/9547/2018
du 13 juin 2018, expédié pour notification aux parties le 28 juin 2018, le Tribunal de première instance a débouté la A_ (ci-après : la A_) des fins de sa requête dirigée contre B_ (ch. 1 du dispositif), a arrêté les frais judiciaires à 200 fr., compensés avec l'avance opérée, et mis à sa charge (ch. 2 et 3).
Le Tribunal a retenu que la A_ n'avait pas produit ni visé sa facture initiale fixant les cotisations dues, qu'elle n'avait pas établi que la notification de ces documents à B_ avait eu lieu, et qu'elle ne démontrait pas avoir adressé à celle-ci une sommation, de sorte qu'elle ne disposait pas de titre de mainlevée.
B.
Par acte du 5 juillet 2018, la A_ a formé recours contre la décision précitée. Elle a conclu à l'annulation de celle-ci, cela fait au prononcé de la mainlevée de l'opposition formée au commandement de payer poursuite n° 1_.
Elle a formé des allégués nouveaux et déposé des pièces nouvelles.
B_ Sàrl n'a pas déposé de réponse.
Par avis du 27 septembre 2018, les parties ont été informées de ce que la cause était gardée à juger.
C.
Il résulte de la procédure de première instance les faits pertinents suivants :
a.
Le 2 novembre 2016, la A_ a établi à l'attention de B_ une "Décision - Décompte de cotisations août 2016", relative au n° d'affilié 2_ et au n° de facture 3_ portant sur un montant total de 1'516 fr., composé de 1'336 fr. correspondant à un décompte de cotisations août 2016, 110 fr. correspondant à une amende AVS, 20 fr. correspondant à une amende prestations sociales, 30 fr. correspondant à une taxe sommation AVS et 20 fr. correspondant à "CAFI taxe sommation AF".
Cette décision citait, entre autres, les art. 34a RAVS (qui prévoit notamment qu'une sommation entraîne une taxe de 20 fr. à 200 fr.), 38 RAVS (qui prévoit notamment que les cotisations impayées à l'échéance du délai de sommation sont fixées dans une décision de taxation ou une décision de taxation d'office), 91 LAVS, 3RAMat et 42 LAF (qui prévoient le prononcé d'une amende d'ordre pour celui qui se rend coupable d'infraction aux prescriptions d'ordre et de contrôle, respectivement de 1'000 fr. au plus dans les deux premiers cas, de 75 fr. au maximum dans le troisième), 52 LGPA (selon lequel la décision pouvait faire l'objet d'une opposition dans les trente jours dès notification) et 14 al. 4
let. e LAVS (relatif aux intérêts moratoires à 5% calculés par jour lorsque le débiteur n'a pas acquitté les cotisations dans les délais prescrits).
b.
Le 24 mars 2018 a été émis, à la requête de la A_, un commandement de payer, poursuite n° 1_, adressé à B_, portant sur 1'336 fr. (poste 1), 180 fr. (poste 2) et 37 fr. 10 (poste 3). Les titres de créances étaient libellés respectivement ainsi: "Décompte de cotisations août 2016 employeur n° 3_ du 15 août 2016 sous déduction des éventuels paiements/compensations comptabilisés à la date du 20 mars 2017 selon la décision du 2 novembre 2016", "produit des frais de sommation, amendes et frais de taxation d'office" et "intérêts de retard arrêtés au 20 mars 2017".
La poursuivie a formé opposition.
c.
Par requête du 19 janvier 2018, la A_ a saisi le Tribunal d'une requête dirigée contre B_ par laquelle elle a conclu au prononcé de la mainlevée définitive de l'opposition formée au commandement de payer poursuite n° 1_.
Elle a produit copies de sa décision du 2 novembre 2016, du commandement de payer frappé d'opposition et d'une feuille de calcul des intérêts moratoires au 20 mars 2017.
A l'audience du Tribunal du 4 juin 2018, aucune des parties n'était présente ou représentée.

EN DROIT
1.
1.1
S'agissant d'une procédure de mainlevée, seule la voie du recours est ouverte (art. 319 let. a et 309 let. b ch. 3 CPC). La procédure sommaire s'applique (art. 251 let. a CPC).
Aux termes de l'art. 321 al. 1 et 2 CPC, le recours, écrit et motivé, doit être introduit auprès de l'instance de recours dans les dix jours à compter de la notification de la décision motivée, pour les décisions prises en procédure sommaire.
En l'espèce, le recours a été interjeté dans le délai et selon les formes prévus par la loi, de sorte qu'il est recevable.
1.2
Dans le cadre d'un recours, le pouvoir d'examen de la Cour est limité à la violation du droit et à la constatation manifestement inexacte des faits
(art. 320 CPC). L'autorité de recours a un plein pouvoir d'examen en droit, mais un pouvoir limité à l'arbitraire en fait, n'examinant par ailleurs que les griefs formulés et motivés par la partie recourante (HOHL, Procédure civile, Tome II, 2ème édition, Berne, 2010, n° 2307).
Les maximes des débats et de disposition s'appliquent (art. 55 al. 1, 255 lit. a
a contrario et 58 al. 1 CPC).
1.3
Les conclusions, les allégations de faits et les preuves nouvelles sont irrecevables (art. 326 al. 1 CPC).
Les allégations et pièces formées et déposées pour la première fois en procédure de recours ne sont pas recevables.
2.
La recourante reproche au Tribunal, d'avoir rejeté ses conclusions, alors qu'elle avait allégué que sa décision du 2 novembre 2016 n'avait pas fait l'objet d'une opposition en temps utile, et était ainsi passée en force de chose jugée.
2.1
Selon l'art. 80 al. 1 LP, le créancier qui est au bénéfice d'un jugement exécutoire peut requérir du juge la mainlevée définitive de l'opposition.
A teneur de l'art. 81 al. 1 LP, lorsque la poursuite est fondée sur un jugement exécutoire rendu par un tribunal ou une autorité administrative suisse, le juge ordonne la mainlevée définitive, à moins que l'opposant ne prouve par titre que la dette a été éteinte.
Selon l'art. 54 al. 2 LPGA, les décisions ou les décisions sur opposition exécutoires qui portent condamnation à payer une somme d'argent ou à fournir des sûretés sont assimilées aux jugements exécutoires au sens de l'art. 80 LP.
2.2
En l'occurrence, la recourante a produit une décision datée du 2 novembre 2016, dont elle a allégué que celle-ci n'avait pas fait l'objet d'une opposition. L'intimée, qui n'a pas comparu dans la présente procédure bien que dûment convoquée, n'a pas contesté cet allégué, pas plus qu'elle n'a fait valoir qu'elle n'aurait pas reçu la facture demeurée impayée à en croire la décision ultérieure.
Dès lors, la décision susmentionnée est exécutoire, et vaut titre de mainlevée définitive. Les intérêts moratoires ont été calculés conformément à
l'art. 42 RAVS.
Le recours est ainsi fondé. La cause étant en état d'être jugée, il sera statué à nouveau (art. 327 al. 3 let. b CPC), dans le sens que la mainlevée définitive de l'opposition formée au commandement de payer sera accordée.
3.
L'intimée, qui succombe, supportera les frais du recours (art. 106 al. 1 CPC), arrêtés à 300 fr. (art. 48, 61 OELP), compensés avec l'avance déjà versée, acquise à l'Etat de Genève (art 111 al. 1 CPC).
Il n'y a pas lieu à allocation de dépens (art. 96 al. 3 let. c CPC).
* * * * *