Decision ID: b9a074c3-b6b9-5f7f-8066-6571a7c14140
Year: 2016
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_006
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 

EN FAIT
A.
a)
Par jugement du 14 mai 2014, le Tribunal de première instance, statuant sur mesures protectrices de l'union conjugale, a autorisé les époux B_ et C_ à vivre séparés et a attribué à la mère la garde de l'enfant D_, née le _ 2013, un droit de visite devant s'exercer à raison de deux fois quatre heures par semaine étant réservé au père. Le Tribunal de première instance a par ailleurs instauré une curatelle d'organisation et de surveillance du droit de visite, d'une durée limitée à douze mois.![endif]>![if>
C_ est au bénéfice d'une rente invalidité à 100%; B_ a été assistée par l'Hospice général et a déposé une demande de rente invalidité.
b)
Il ressort de la procédure que B_, qui souffrait de problèmes d'ordre psychique, a commencé à avoir de la difficulté à s'occuper à plein temps de sa fille au mois de juin 2014, la situation s'étant fortement dégradée à compter du mois de mars 2015. Le 30 avril 2015, D_ a été hospitalisée en "hospitalisation sociale" au sein des HUG, son père étant également incapable de la prendre en charge et aucune place n'étant disponible dans un foyer.
Le 22 mai 2015, D_ a intégré le Foyer E_. A son arrivée, la mineure était désorientée, désorganisée, anxieuse, avec des troubles du sommeil et alimentaires et d'importantes difficultés de langage. Après cinq mois de placement, ses capacités motrices et relationnelles s'étaient améliorées et elle avait pu acquérir de nouvelles compétences. Le langage s'était développé et les troubles alimentaires qu'elle présentait au moment de son arrivée avaient disparu. L'équipe d'intervenants sociaux avait par contre observé une grande agitation à la suite des visites parentales et plus particulièrement des sorties avec sa mère. Un placement dans une famille d'accueil était préconisé.
Par ordonnance du 12 novembre 2015, le Tribunal de protection de l'adulte et de l'enfant (ci-après : le Tribunal de protection) a retiré à B_ la garde et le droit de déterminer le lieu de résidence de sa fille, placé celle-ci auprès du Foyer E_, réservé à la mère un droit de visite de deux demi-journées par semaine, durant trois heures, réservé au père un droit de visite de deux journées par semaine, durant quatre à cinq heures, invité B_ à poursuivre son suivi thérapeutique, ordonné le maintien du suivi thérapeutique de la mineure auprès de la Guidance infantile, ordonné aux deux parents de poursuivre leur suivi de guidance parentale, instauré une curatelle d'assistance éducative, maintenu la curatelle d'organisation et de surveillance des relations personnelles, laquelle s'étend désormais aux relations mère-fille et instauré une curatelle de gestion de biens.
Cette ordonnance a été confirmée par la Chambre de surveillance de la Cour de justice par décision du 2 mars 2016.
c)
Le 9 février 2016, le Tribunal de protection a, sur mesures superprovisionnelles, suspendu les visites entre D_ et sa mère au domicile de celle-ci, en raison de violences intervenues entre B_ et son concubin, F_, et du fait que leur logement était mal tenu, pas très propre, et qu'il contenait du cannabis ainsi qu'une importante quantité de médicaments à portée de main.
Au mois de février 2016, A_, mère de B_, est arrivée à Genève en provenance de son pays d'origine, la H_, afin de soutenir sa fille. B_ a été autorisée à voir D_, en présence de la grand-mère de celle-ci, laquelle a manifesté son opposition au placement de l'enfant en foyer et son souhait de l'emmener avec elle en H_.
D_ a été transférée au Chalet G_ le 24 février 2016.
Les visites de D_ au domicile de sa mère ont pu reprendre au mois de mars 2016, F_ ayant quitté l'appartement, lequel était à nouveau bien tenu.
A_ est retournée en H_ à une date indéterminée.
B.
a)
Par courrier du 11 mai 2016 adressé au Tribunal de protection, A_ indiquait qu'elle serait à nouveau présente à Genève du 23 mai au 1
er
septembre 2016. Elle sollicitait l'autorisation de rendre visite à sa petite-fille et de prendre soin d'elle chaque lundi et vendredi pendant la période courant de la fin de la crèche jusqu'au 1
er
septembre.![endif]>![if>
b)
Dans le courant du mois de juin 2016, B_ a été hospitalisée en entrée non volontaire à la Clinique de Belle-Idée.
Le droit de visite de C_ a été élargi à deux journées par semaine et à un samedi sur deux à la journée, par décision du 14 juillet 2016, compte tenu de la bonne évolution du lien père-fille.
c)
Dans un courrier du 22 juillet 2016 adressé au Tribunal de protection, le Service de protection des mineurs a émis un préavis défavorable à la requête de droit de visite sur D_ formée par la grand-mère maternelle de l'enfant. B_ et sa mère entretenaient en effet une relation conflictuelle et se disputaient souvent. B_ était opposée à l'octroi à sa mère d'un droit de visite sur D_. Par ailleurs, A_ ne demeurait pas de manière stable à Genève, mais faisait des allers-retours entre Sofia et la Suisse. L'octroi d'un droit de visite en faveur de la grand-mère n'était dès lors pas dans l'intérêt de l'enfant.
d)
Dans un courrier du 12 août 2016 adressé au Tribunal de protection, A_ confirmait sa volonté d'exercer un droit de visite sur sa petite-fille et affirmait être disponible pour se rendre à Genève les jours où un droit aux relations personnelles avec l'enfant lui serait accordé.
e)
Par ordonnance
DTAE/4156/2016
du 24 août 2016, notifiée le lendemain à A_, le Tribunal de protection a rejeté sa requête visant l'octroi d'un droit de visite sur la mineure D_ (ch. 1 du dispositif), un émolument de 400 fr. étant mis à la charge de la requérante (ch. 2).
Le Tribunal de protection a retenu, en substance, que D_ avait présenté des troubles du comportement inquiétants, qui s'étaient améliorés depuis qu'elle avait été placée dans un foyer. La situation demeurait toutefois fragile, compte tenu notamment des fluctuations de l'état de santé psychique de B_, qui rendaient nécessaires de fréquentes adaptations des relations personnelles entre la mère et l'enfant, afin de préserver les intérêts de cette dernière, particulièrement sensible à l'attitude de sa mère. S'agissant de la grand-mère maternelle, elle n'avait entretenu que des relations épisodiques avec l'enfant, laquelle présentait un besoin accru de stabilité et de sécurité. Compte tenu du climat conflictuel prévalant entre A_ et B_, les relations entre la grand-mère et l'enfant ne pouvaient s'insérer harmonieusement dans le contexte actuel et risquaient de surcroît de placer l'enfant dans un conflit de loyauté. La priorité devait par ailleurs être donnée à la reprise des liens mère-fille.
C.
a)
Le 23 septembre 2016, A_ a formé recours contre la décision du 24 août 2016, concluant à l'annulation du chiffre 1 de son dispositif et à l'octroi d'un droit de visite sur sa petite-fille D_; elle a par ailleurs conclu à ce que le Service de protection des mineurs soit invité à reconsidérer son rapport du 22 juillet 2016 en l'autorisant à passer du temps avec D_. La recourante a en outre sollicité une expertise médicale au sujet de la consommation de drogue (héroïne, cannabis ou autre) de C_.![endif]>![if>
Elle a exposé que si sa fille s'était initialement opposée à l'octroi d'un droit de visite en sa faveur, c'était uniquement en raison de son mauvais état psychique, amplifié par le fait que C_, lui-même toxicomane, ce qui n'avait jamais été pris en considération, lui fournissait du cannabis. Depuis lors, sa fille était d'accord qu'elle entretienne des relations régulières avec D_, ce d'autant plus qu'elle avait quitté la H_ pour s'installer de manière stable à Ornex (Ain/France). Les principaux membres de la famille h_ de D_ avaient exprimé leur intention et leur volonté de prendre soin de l'enfant et de tels contacts ne pouvaient lui être que bénéfiques. Elle avait d'ailleurs observé, lors de ses visites des mois de février, mars, avril et mai, que l'enfant ne voulait plus retourner au foyer.
b)
Le Tribunal de protection a persisté dans les termes de sa décision.
c)
C_ a expliqué que B_ souffrait de troubles psychiques avant leur rencontre déjà et qu'elle continuait à en souffrir alors qu'ils vivaient séparés; il n'en était dès lors pas responsable. Pour le surplus, son propre droit de visite avait été élargi en toute connaissance de cause, en raison de la bonne relation qu'il entretenait avec sa fille.
d)
Le Service de protection des mineurs a confirmé que C_ s'était toujours montré très collaborant et n'avait jamais rien caché de sa situation. Des visites à son domicile avaient été effectuées par une représentante du Service de protection des mineurs ainsi que par un éducateur AEMO. Tous les intervenants s'accordaient sur le fait qu'il était adéquat avec D_ et attentif à son bien-être; aucune mesure de protection particulière ne se justifiait.
Le Service de protection des mineurs s'est également prononcé sur le droit de visite sollicité par A_. Il a exposé qu'entre juin et septembre 2016, B_ avait été hospitalisée à diverses reprises au sein de la Clinique de Belle-Idée, en entrée volontaire ou involontaire et avait fugué plusieurs fois. Cette instabilité psychique avait eu un impact sur D_, qui avait mal vécu cette période. Les visites de la mère avaient été suspendues et avaient repris le 17 octobre 2016, en présence d'un éducateur AEMO. Les premières visites s'étaient bien déroulées et D_ avait été heureuse de revoir sa mère. Les visites mère-fille étaient prioritaires et il n'était, en l'état, pas possible de mettre en place un droit de visite en faveur de la grand-mère maternelle, laquelle persistait, selon B_, à être opposée au placement de l'enfant dans un foyer, ce point étant un sujet de discorde entre elles.
e)
La cause a été mise en délibération, ce dont les divers intervenants à la procédure ont été informés par avis du 14 novembre 2016.

EN DROIT
1.
1.1
Les dispositions de la procédure devant l'autorité de protection de l'adulte sont applicables par analogie aux mesures de protection de l'enfant (art. 314 al. 1 CC).![endif]>![if>