Decision ID: f98ebbaa-5ad3-5ed3-b441-dc85e4c9fc83
Year: 2020
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_004
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law

EN FAIT
, le contrat de bail conclu par les parties, portant sur la location d'un appartement de 4 pièces au 6
ème
étage de l'immeuble sis route 1_ [no.] _, à Genève;
Attendu que le loyer, charges comprises, a été fixé en dernier lieu à 3'660 fr. par mois;
Que par avis du 25 août 2016, le bail a été résilié pour le 30 septembre 2016;
Que les locataires ont contesté ledit congé;
Que par jugement
JTBL/230/2019
du 14 mars 2019, le Tribunal des baux et loyers a constaté que C_ avait la qualité de bailleresse et a déclaré valable les congés, les locataires étant condamnés à évacuer l'appartement en cause;
Que par arrêt
ACJC/450/2020
du 16 mars 2020, la Cour de justice a confirmé ledit jugement;
Que le recours formé par les locataires contre l'arrêt suscité a été rejeté par arrêt du Tribunal fédéral du 23 juin 2020 (
4A_238/2020
);
Que les locaux n'ont pas été restitués par les locataires;
Que la cause a été transmise au Tribunal de l'exécution;
Qu'à l'audience du 6 octobre 2020 devant le Tribunal, la bailleresse a sollicité l'exécution immédiate du jugement d'évacuation, exposant que l'arriéré de loyer s'élevait à près de 200'000 fr.;
Que les locataires ont proposé de reprendre le règlement des indemnités courantes ainsi qu'un montant mensuel de 1'000 fr. pour résorber leur dette; qu'ils ont subsidiairement requis l'octroi d'un sursis à la fin de l'année 2020;
Que la bailleresse s'est opposée à l'octroi d'un sursis;
Que la cause a été gardée à juger à l'issue de l'audience;
Que, par jugement
JTBL/700/2020
rendu le 6 octobre 2020, reçu par les locataires le 8 octobre suivant, le Tribunal a autorisé la bailleresse à faire exécuter par la force publique l'arrêt de la Cour du 16 mars 2020 confirmant le jugement
JTBL/230/2019
du 14 mars 2019 (ch. 1 du dispositif), a débouté les parties de toutes autres conclusions (ch. 2) et a dit que la procédure était gratuite (ch. 3);
Vu le recours expédié le 19 octobre 2020 par les locataires contre ce jugement;
Qu'ils ont conclu à ce qu'il soit sursis à l'exécution de l'évacuation jusqu'au 30 novembre 2020;
Qu'ils ont préalablement requis la suspension du caractère exécutoire des mesures d'exécution ordonnées par le Tribunal;
Qu'invitée à se déterminer, la bailleresse a, par écritures du 26 octobre 2020, conclu au rejet de la requête d'effet suspensif;
Considérant,

EN DROIT
, que seule la voie du recours est ouverte contre les mesures d'exécution (art. 309 let. a et 319 let. a CPC);
Que le recours ne suspend pas la force de chose jugée, l'instance d'appel pouvant suspendre le caractère exécutoire (art. 325 al. 1 et 2 CPC);
Que l'instance de recours est habilitée à décider d'office ou sur requête de suspendre le caractère exécutoire (cf. Jeandin, in Commentaire Romand, Code de procédure civile 2
ème
éd., n. 6 ad art. 325 CPC);
Qu'en la matière, l'instance d'appel dispose d'un large pouvoir d'appréciation (ATF
137 III 475
consid. 4.1; arrêts du Tribunal fédéral
5A_403/2015
du 28 août 2015 consid. 5;
5A_419/2014
du 9 octobre 2014 consid. 7.1.2);
Que, selon les principes généraux, l'autorité procède à une pesée des intérêts en présence et doit se demander, en particulier, si la décision est de nature à provoquer une situation irréversible; qu'elle prend également en considération les chances de succès du recours (arrêts du Tribunal fédéral
4A_337/2014
du 14 juillet 2014 consid. 3.1;
4D_30/2010
du 25 mars 2010 consid. 2.3);
Considérant que seules les mesures d'exécution ont été remises en cause par les recourants, de sorte que seule la voie du recours est ouverte;
Qu'il ne se justifie pas de suspendre le caractère exécutoire du chiffre 1 du dispositif du jugement entrepris;
Qu'en effet, le recours paraît,
prima facie
et sans préjudice de l'examen au fond, dénué de chance de succès;
Que les recourants ont, par ailleurs, bénéficié, de fait, de quatre ans d'occupation des lieux depuis la résiliation du bail au 30 septembre 2016;
Que le montant de la dette est important, dès lors qu'il avoisine les 200'000 fr.;
Qu'enfin, les recourants n'ont produit aucune recherche de solution de relogement;
Qu'en conséquence, la requête des recourants sera rejetée.
* * * * *