Decision ID: 6e1048d6-5a5a-5ac2-b76f-3b4b406bf917
Year: 2016
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_006
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 

EN FAIT
A.
Par ordonnance du 2 novembre 2015, le Tribunal de protection de l'adulte et de l'enfant (ci-après : le Tribunal de protection) a, statuant sur mesures provisionnelles, institué une curatelle de représentation et de gestion du patrimoine au profit de A_, née le _ 1971, originaire de 2_ (_), domiciliée 1_, _ Genève (ch. 1 du dispositif), désigné deux employées du Service de protection de l'adulte aux fonctions de co-curatrices
(ch. 2), dit que les curatrices pouvaient se substituer l'une à l'autre dans l'exercice de leur mandat, chacune avec pleins pouvoirs de représentation (ch. 3), confié aux curatrices les tâches de représenter A_ dans ses rapports avec les tiers, en particulier en matière de logement, santé, affaires sociales, administratives et juridiques ainsi que de sauvegarder au mieux ses intérêts et de veiller à la gestion de ses revenus et de sa fortune, administrer ses biens et accomplir les actes juridiques liés à cette gestion (ch. 4), autorisé les curatrices à prendre connaissance de la correspondance de A_ dans les limites de leurs attributions et, au besoin, à pénétrer dans son logement (ch. 5) et imparti aux parties un délai au 4 décembre 2015 pour se déterminer sur les mesures prononcées, la décision au fond étant réservée, l'ordonnance étant déclarée pour le surplus immédiatement exécutoire (ch. 6 à 8). Cette décision a été communiquée aux parties le 6 novembre 2015.
B.
Par recours déposé le 11 novembre 2015, A_ a estimé que son droit d'être entendue avait été violé du fait d'une erreur alléguée dans la convocation qui lui avait été adressée pour l'audience tenue par le Tribunal de protection, contestant pour le surplus ne pas être en mesure de gérer ses propres affaires. Elle déclare se considérer saine d'esprit et n'avoir besoin d'aucune mesure de protection, de sorte que la décision doit être annulée.
Sa demande de restitution d'effet suspensif a été déclarée irrecevable par décision rendue le 22 décembre 2015 par la Chambre de surveillance de la Cour.
Le Tribunal de protection n'a pas souhaité revoir son ordonnance.
Par nouvelle écriture du 29 janvier 2016, A_ a persisté dans ses conclusions initiales en annulation de l'ordonnance et a souhaité la levée de la curatelle instaurée. Subsidiairement, elle a conclu au renvoi de la cause au Tribunal de protection pour nouvelle décision.
Par prise de position du 17 février 2016, le Service de protection de l'adulte a conclu à la nécessité d'une mesure de curatelle en faveur de la recourante. A l'entrée en fonction des curatrices, celle-ci avait un arriéré de _ mois de loyers impayés et avait refusé toutes les propositions de relogement faites par un des curateurs. Elle avait été évacuée de son logement en date du _ février 2016, suite au prononcé de cette évacuation par le Tribunal des baux et loyers. L'appartement était totalement encombré et insalubre. A défaut de solution de relogement, la recourante a été placée dans un hôtel. Le Service de protection de l'adulte indique en outre que la recourante adopte un comportement mettant à mal sa situation. En particulier, son compte bancaire a été clôturé par la banque suite à son comportement agressif à l'égard des employés. Le Service de protection de l'adulte a vérifié le calcul des rentes, dont la recourante indiquait qu'elles étaient inexactes. Cette vérification a permis de constater que les montants versés étaient corrects. Il ressort enfin des observations du Service de protection de l'adulte que les curatrices émettent des inquiétudes quant à la compréhension de la réalité par la recourante et qu'elles ont dû faire intervenir l'équipe mobile de psychiatrie.
Par courrier du 4 mars 2016, la recourante a indiqué souhaiter quitter le pays pour 3_. Elle a confirmé cette volonté par courrier adressé à la Chambre de céans le 9 mars 2016, auquel était jointe une attestation de l'Office cantonal de la population, indiquant que la recourante avait annoncé à cette autorité son départ le 5 février 2016 à destination de 3_ (_).
C.
Les éléments pertinents suivants ressortent en outre du dossier :
Par signalement du 21 août 2015, le Président de la 1ère Chambre du Tribunal des baux et loyers a signalé au Tribunal de protection le cas de A_. Celle-ci avait fait l'objet d'un jugement confirmant le congé qui lui avait été donné et prononçant son évacuation immédiate. Lors de diverses audiences, A_ avait tenu des propos incohérents, accusant l'administration, les D_ et sa sœur d'être responsables de sa situation. Elle ne payait plus son loyer depuis le mois de juillet 2014. Une mesure de curatelle apparaissait nécessaire aux fins d'examiner la situation financière et administrative de la locataire.
Une précédente procédure avait été instruite par le Tribunal tutélaire suite à un signalement du 3 avril 2012 du Service des prestations complémentaires, A_ s'étant présentée à une vingtaine de reprises, en l'espace de deux mois, aux guichets dudit service, estimant que les prestations qui lui étaient versées n'étaient pas correctes et adoptant parfois une attitude agressive au point que la sécurité avait dû être mise en œuvre pour lui faire quitter les lieux. La procédure avait toutefois été classée suite à l'audition du médecin traitant de la personne concernée, qui exposait ne pas avoir pu mettre en évidence une quelconque pathologie psychique à l'époque.
Le Tribunal de protection a tenu audience le 2 novembre 2015, à laquelle A_ n'a pas comparu.
Il ressort du dossier que deux actes de défaut de biens, totalisant un montant de 11'301 fr. 15, ont été délivrés à son encontre et qu'elle a des poursuites à hauteur de 5'088 fr. 35, dont les créanciers sont notamment l'Etat de Genève et la Confédération suisse.

EN DROIT
1.
Les décisions de l'autorité de protection relatives à des mesures provisionnelles peuvent faire l'objet d'un recours dans les dix jours à compter de leur notification (art. 445 al. 3 CC) auprès de la Chambre de surveillance de la Cour de justice
(art. 53 al. 1 LaCC).