Decision ID: d9987784-9048-5c95-b293-1c1e59e85470
Year: 2018
Language: fr
Court: FR_TC
Chamber: FR_TC_005
Canton: FR
Region: Espace_Mittelland
Law Area: penal_law

considérant en fait
A. Une procédure pénale est ouverte contre A._, né en 1999. Il est notamment prévenu de vol, tentative de vol, dommages à la propriété, violation de domicile, incendie intentionnel, empêchement d’accomplir un acte officiel, violence ou menace contre les autorités et les fonctionnaires, insoumission à une décision de l’autorité, fausse alerte, tentative de vol d’usage, contraventions à la loi cantonale d’application du code pénal, contraventions au règlement de police de la Ville de Fribourg, contraventions à la loi fédérale sur les stupéfiants, infractions à la loi fédérale sur le transport des voyageurs et diverses infractions à la loi sur les établissements publics, la loi sur les organes de sécurité des entreprises de transports publics et la loi fédérale sur la protection contre le tabagisme passif.
Il fait l’objet de 56 rapports de police depuis l’été 2016 et il a été placé en détention provisoire du 30 avril au 23 mai 2017, du 13 au 17 juillet 2017, du 11 août au 25 octobre 2017 et du 17 au 23 novembre 2017.
Le 14 novembre 2017, le Docteur B._, médecin adjoint au Centre de psychiatrie forensique, a rendu un rapport d’expertise psychiatrique. Il en ressort en particulier que A._ souffre d’un trouble modéré des conduites de type mal socialisé et d’un syndrome de psychose atténuée. Au moment des faits reprochés, il était « totalement capable d’apprécier l’illicéité de ses actes » (capacité à se déterminer d’après sa première appréciation: légèrement diminuée). Il présente un risque de récidive élevé qui peut être mis en lien avec le trouble des conduites; il peut aussi être associé à des perturbations du milieu psychosocial. A._ a notamment besoin d'un suivi thérapeutique obligatoire, avec des règles de conduites, d’un suivi associé, englobant ses figures parentales, d’être encadré et soutenu, de trouver une activité professionnelle ou une formation dans laquelle il peut s’investir et de développer un cercle d’amis n’ayant aucun rapport avec des activités délinquantes.
Par ordonnance du 22 novembre 2017, A._ a été soumis, à titre provisionnel, à un traitement ambulatoire confié au Dispositif cantonal d’indication « addiction » pour les adultes. L’évaluation faite dans ce cadre a mis en évidence « une charge moyenne qui nécessite une prise en charge dans un cadre résidentiel associé à une prise en charge psycho-addictologique ambulatoire dans un centre spécialisé ». Il est fait mention dans cette évaluation que « le patient se montre d’accord pour une prise en charge ambulatoire mais pas résidentielle ».
B. A._ a été arrêté le 10 janvier 2018 pour des faits survenus dans la nuit du 9 au 10 janvier 2018. Il a été dénoncé pour brigandage, incendie intentionnel, mise en danger de la vie d’autrui, vol, tentative de vol, empêchement d’accomplir un acte officiel, infractions à la loi fédérale sur la protection contre le tabagisme passif et à la loi cantonale sur la santé. Il est en particulier fortement soupçonné d’avoir forcé, par la parole et les gestes, une jeune passagère du train C._ à lui remettre son argent, son natel, son sac et sa veste, d’avoir bouté le feu à un fourgon, un deuxième véhicule ayant également pris feu, d’avoir appelé la police de façon intempestive à plusieurs reprises et de s’être fortement opposé à son interpellation, de sorte qu’il n'a pas été possible de le soumettre à un test d'alcoolémie à ce moment-là. S’agissant de l’infraction de mise en danger de la vie d’autrui, la Police a dénoncé A._ pour avoir jeté sur les voies de circulation de l’autoroute A12 un sac à main calciné de marque D._, sac que la passagère du train a reconnu comme étant le sien. Lors de ces faits, A._ était
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accompagné de E._, une mineure également connue des services de police et de la justice pénale, et laquelle a été en sus dénoncée pour voies de fait et violences contres les autorités et les fonctionnaires pour avoir, lors de ces événements, donné un coup de poing au visage d’une agente de police.
Le 10 janvier 2018, le Juge des mineurs de permanence a placé A._ en détention provisoire. Par ordonnance du Tribunal des mesures de contrainte (ci-après: le Tmc) du 16 janvier 2018, la détention provisoire a été prolongée d'un mois, soit jusqu'au 15 février 2018. En même temps, une demande de libération du 11 janvier 2018 a été rejetée. Le 7 février 2018, la Juge des mineurs a déposé une nouvelle demande de prolongation de la détention provisoire pour une durée d’un mois, soit jusqu'au 15 mars 2018.
Par ordonnance du 17 février 2018, le Tmc a fait droit à cette demande et a prolongé la détention provisoire de A._ jusqu’au 15 mars 2018.
C. Par mémoire de son avocat du 2 mars 2018, réceptionné le lundi 5 mars 2018, A._ a interjeté recours à l’encontre de cette ordonnance. Il prend les conclusions suivantes:
I. Principalement
1. Le recours est admis.
2. La décision du Tribunal des mesures de contrainte du 17 février 2018 est modifiée en ce sens que la requête de prolongation de la détention provisoire de A._ est rejetée.
3. Partant, A._ est immédiatement remis en liberté moyennant la mise en place des mesures de substitution suivantes:
a. Traitement ambulatoire auprès du centre de psychiatrie forensique de Fribourg.
b. Port d'un bracelet électronique équipé d'un GPS, avec un périmètre délimité à la résidence de A._, au lieu où se dérouleront les entretiens hebdomadaires auprès du Service de l'exécution des sanctions pénales et de la probation, au lieu de son travail ou des éventuels stages qu'il effectuera, sur demande préalable d'extension.
c. Assistance de probation, consistant en des entretiens hebdomadaires au sein du Service de l'exécution des sanctions pénales et de la probation (tendant à l'accompagnement dans la recherche d'une formation, dans la réalisation de divers stages ainsi qu'à la stabilisation du cadre de vie).
d. Abstinence à l'alcool contrôlée hebdomadairement.
4. Les frais de la procédure de recours sont mis à la charge de l'Etat.
5. Une équitable indemnité de partie est accordée à A._ pour la procédure de recours.
II. Subsidiairement
1. Le recours est admis.
2. La décision du Tribunal des mesures de contrainte du 17 février 2018 est modifiée en ce sens que la requête de prolongation de la détention provisoire de A._ est rejetée.
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3. Partant, A._ est immédiatement remis en liberté moyennant la mise en place des mesures de substitution suivantes:
a. Traitement ambulatoire auprès du centre de psychiatrie forensique de Fribourg.
b. Port d'un bracelet électronique équipé d'un GPS, avec un périmètre délimité à la résidence de A._, au lieu où se dérouleront les entretiens hebdomadaires auprès du Service de l'exécution des sanctions pénales et de la probation, au lieu de son travail ou des éventuels stages qu'il effectuera, sur demande préalable d'extension.
Hors des horaires de surveillance du Service de l'exécution des sanctions pénales et de la probation, A._ se rendra dans un centre pour jeunes ou retournera à la Prison centrale.
c. Assistance de probation, consistant en des entretiens hebdomadaires au sein du Service de l'exécution des sanctions pénales et de la probation (tendant à l'accompagnement dans la recherche d'une formation, dans la réalisation de divers stages ainsi qu'à la stabilisation du cadre de vie).
d. Traitement à l’Antabuse, avec prise d'un comprimé par jour auprès du Service de l'exécution des sanctions pénales et de la probation ou de la police.
4. Les frais de la procédure de recours sont mis à la charge de l'Etat.
5. Une équitable indemnité de partie est accordée à A._ pour la procédure de recours.
Le Tmc s’est déterminé le 5 mars 2018, concluant au rejet du recours. En date du 7 mars 2018, la Juge des mineurs a déposé sa détermination et a produit le dossier pénal constitué par le Tribunal des mineurs (not. 5 classeurs fédéraux); elle conclut également au rejet du recours.
Par lettre de son défenseur du 12 mars 2018, réceptionnée le 13 mars 2018, A._ a déposé ses ultimes observations, maintenant son recours.

en droit
1.
1.1 Sauf dispositions particulières, le Code de procédure pénale suisse du 5 octobre 2007 (CPP, RS 312.0) est applicable en cas de poursuite d’infractions commises par des mineurs, respectivement par des majeurs dans les cas dits mixtes (art. 3 al. 1 de la loi fédérale sur la procédure pénale applicable aux mineurs du 20 mars 2009 [PPMin, RS 312.1]; art. 3 al. 2 de la loi fédérale régissant la condition pénale des mineurs du 20 juin 2003 [DPMin, RS 311.1]; arrêt TC 502 2017 224 du 1er septembre 2017 consid. 3 et réf. citées).