Decision ID: 5bd7ecd3-3ee8-5c0b-bfc0-d84edff5c534
Year: 2022
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_006
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 

EN FAIT
, que par ordonnance
DTAE/432/2022
rendue le 27 janvier 2022 et communiquée aux parties le 31 janvier 2022, le Tribunal de protection de l’adulte et de l’enfant (ci-après : le Tribunal de protection) a notamment ordonné la prise en charge de la mineure dans le cadre d'un séjour de rupture en mer proposé par l'association H_, dès que possible (ch. 2 du dispositif);
Que ladite ordonnance a été déclarée exécutoire nonobstant recours;
Que le 8 février 2022, la mineure concernée a interjeté recours contre ledit chiffre du dispositif de l'ordonnance, concluant au fond à son annulation;
Qu'elle prend des conclusions préalables en octroi de l'effet suspensif à son recours;
Qu'elle invoque l'effet délétère sur la prise en charge de ses problèmes tant physiques que psychiques qu'est susceptible de provoquer sur elle un séjour en mer;
Qu'elle produit à ce propos un certificat médical d'un médecin l'ayant reçue lors de deux consultations;
Que ni le père ni la mère de la mineure ne se sont exprimés sur la requête;
Que le 11 février 2022, le Service de protection des mineurs a conclu à la confirmation de l'ordonnance, un séjour comme celui proposé étant le moyen adéquat pour préparer la mineure à sa future majorité, alors que les tentatives de prises en charge thérapeutiques passées s'étaient soldées par des échecs, sa situation n'évoluant pas;
Considérant,

EN DROIT
, que selon l'art. 450 al. 1 CC, les décisions de l'autorité de protection de l'adulte et de l'enfant peuvent faire l'objet d'un recours par devant le juge compétent dans les 30 jours (art. 450b al. 1 CC);
Que selon l'art. 450c CC le recours est suspensif, à moins que l'autorité de protection ou l'instance de recours n'en décide autrement;
Que le retrait de l'effet suspensif ne peut être décidé de manière trop large et doit répondre à un besoin de mise en œuvre immédiat de la décision concernée (
nur
ausnahmsweise und im Einzelfall
);
Que dans les causes relatives à des enfants mineurs, seul entre en principe en ligne de compte le critère du bien de l'enfant;
Que dans le cas présent, le Tribunal de protection a retenu qu'il était dans l'intérêt de la mineure, notamment dans le but de prendre de la distance par rapport à une situation défavorable à Genève, que celle-ci puisse bénéficier du séjour en mer proposé;
Que la recourante fait valoir le fait qu'un tel séjour serait susceptible de lui causer un préjudice quant au suivi médical dont elle a besoin;
Que rien ne vient supporter, sur effet suspensif, cette thèse;
Que si certes une attestation médicale est produite, elle émane d'un médecin qui vient d'être consulté par la recourante;
Que les suivis envisagés pourront être mis en place postérieurement;
Qu'il ressort par contre du dossier le manque d'implication général de la recourante dans ses suivis antérieurs et l'absence d'évolution de son état de santé général;
Que l'on ne voit dès lors pas quel préjudice peut être causé à la recourante de l'exécution immédiate de la mesure ordonnée;
Qu'au contraire, sans préjuger du fond, il apparaît conforme à l'intérêt de la mineure de profiter de tenter, durant sa minorité, d’un tel séjour encadré;
Que la requête sera dès lors rejetée;
Que la question des frais sera tranchée avec le fond.
* * * * *