Decision ID: 05418378-7211-550c-941d-a7858079bde3
Year: 2018
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_013
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: public_law

EN FAIT
1) Madame A_, née le _ 1978, est ressortissante du Burkina Faso. ![endif]>![if>
2) Le 8 septembre 2012, elle a épousé, à Ouagadougou (Burkina Faso), Monsieur B_, ressortissant suisse, né le _ 1959. ![endif]>![if>
La transcription du mariage par les autorités d’état civil est parvenue à l’office cantonal de la population et des migrations (ci-après : OCPM) le 20 janvier 2014.
3) Le dossier une fois complété, une autorisation d’entrée pour regroupement familial a été délivrée à Mme A_ le 8 avril 2014.![endif]>![if>
4) M. B_ est décédé le _ 2014.![endif]>![if>
5) Le 17 mai 2014, Mme A_ est arrivée à Genève où elle a déposé une demande de regroupement familial pour demeurer en Suisse en tant que veuve de son défunt mari.![endif]>![if>
6) Par décision du 4 septembre 2015, l’OCPM a refusé d’octroyer une autorisation de séjour à Mme A_, a prononcé son renvoi et lui a imparti un délai au 4 octobre 2015 pour quitter la Suisse.![endif]>![if>
La décision n’a pas fait l’objet d’un recours.
7) Le 29 septembre 2015, Mme A_ a sollicité une autorisation de séjour en vue de préparer son mariage avec Monsieur C_, ressortissant suisse, né le _ 1961, frère de feu M. B_.![endif]>![if>
8) Par décision du 14 juin 2016, l’OCPM a refusé d’octroyer à l’intéressée une autorisation de séjour en vue de préparer son mariage et lui a imparti un délai au 14 août 2016 pour quitter la Suisse.![endif]>![if>
Il ressortait des informations obtenues au cours des entretiens du 4 novembre 2015, respectivement avec Mme A_, puis M. C_, que les fiancés ne constituaient pas un couple à proprement parler, quand bien même ils vivaient sous le même toit.
9) Le 16 août 2016, Mme A_ a interjeté recours contre cette décision devant le Tribunal administratif de première instance
(ci-après : TAPI).![endif]>![if>
10) Par jugement du 16 mai 2017, le TAPI a rejeté le recours de l’intéressée. Après avoir procédé à une comparution personnelle des parties, le TAPI a considéré qu’il existait suffisamment d’indices démontrant l’existence d’un mariage en vue d’éluder les dispositions légales sur l’admission et le séjour des étrangers. ![endif]>![if>
11) Par acte du 19 juin 2017, Mme A_ a interjeté recours contre ledit jugement. Elle a conclu à ce que l’autorisation de court séjour en vue du mariage lui soit accordée. ![endif]>![if>
12) Par observations du 10 juillet 2017, l’OCPM a conclu au rejet du recours.![endif]>![if>
13) Le 1
er
novembre 2017, M. C_ a informé la chambre administrative qu’il souhaitait revenir sur son projet de mariage avec Mme A_ et annuler toute procédure dans ce sens : « mes sentiments pour elle ont changé. Je vous prie de bien vouloir considérer que notre projet de mariage n’est plus d’actualité et que le recours déposé par Mme A_ est caduc ».![endif]>![if>
14) Dans le délai accordé aux parties pour se déterminer sur cette correspondance, Mme A_ ne s’est pas manifestée. L’OCPM a persisté dans ses conclusions.![endif]>![if>
15) Par courrier du 14 décembre 2017, les parties ont été informées que la cause était gardée à juger. ![endif]>![if>

EN DROIT
1) Interjeté en temps utile devant la juridiction compétente, le recours est recevable de ces points de vue (art. 132 de la loi sur l'organisation judiciaire du 26 septembre 2010 - LOJ -
E 2 05
; art. 62 al. 1 let. a de la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 1985 - LPA -
E 5 10
).![endif]>![if>
2) a. À teneur de l’art. 60 let. a et b LPA, les parties à la procédure qui a abouti à la décision attaquée, et toute personne qui est touchée directement par une décision et a un intérêt personnel digne de protection à ce qu’elle soit annulée ou modifiée, sont titulaires de la qualité pour recourir (
ATA/1218/2015
du 10 novembre 2015 ;
ATA/1006/2015
du 29 septembre 2015). ![endif]>![if>
b. Selon la jurisprudence du Tribunal fédéral, un intérêt digne de protection suppose un intérêt actuel à obtenir l’annulation de la décision attaquée (ATF
138 II 42
consid. 1;
137 I 23
consid 1.3 ; Pierre MOOR/Étienne POLTIER, Droit administratif, vol. 2, 3
ème
éd., 2011, p. 748 n. 5.7.2.3 ; Thierry TANQUEREL, Manuel de droit administratif, 2011, p. 449 n. 1367). L’existence d’un intérêt actuel s’apprécie non seulement au moment du dépôt du recours, mais aussi lors du prononcé de la décision sur recours (ATF
137 I 296
consid. 4.2 ;
136 II 101
consid. 1.1). Si l'intérêt actuel fait défaut lors du dépôt du recours, ce dernier est déclaré irrecevable (ATF
123 II 285
consid. 4 ;
118 Ia 46
consid. 3c). S’il s’éteint pendant la procédure, le recours, devenu sans objet, doit être simplement radié du rôle (ATF
125 V 373
consid. 1 ;
118 Ia 488
consid. 1a ;
118 Ib 1
consid. 2).
La condition de l’intérêt actuel fait défaut en particulier lorsque, par exemple, la décision ou la loi est révoquée ou annulée en cours d’instance (ATF
111 Ib 182
consid. 2 ;
110 Ia 140
consid. 2), la décision attaquée a été exécutée et a sorti tous ses effets (ATF
125 I 394
consid. 4 ;
120 Ia 165
consid. 1a), le recourant a payé sans émettre aucune réserve la somme d’argent fixée par la décision litigieuse (ATF
106 Ia 151
consid. 1b ;
99 V 78
consid. b) ou encore, en cas de recours concernant une décision personnalissime, lorsque le décès du recourant survient pendant l’instance (ATF
113 Ia 351
consid. 1; Pierre MOOR/Étienne POLTIER, op. cit., p. 748 n. 5.7.2.3).
3) Une autorisation de séjour de durée limitée peut en principe être délivrée pour permettre à un étranger de préparer en Suisse son mariage avec un citoyen suisse ou avec un étranger titulaire d’une autorisation de séjour à caractère durable ou une autorisation d’établissement (art. 30 let. b de la loi fédérale sur les étrangers du 16 décembre 2005 (LEtr -
RS 142.20
) ; art. 31 de l’ordonnance relative à l'admission, au séjour et à l'exercice d'une activité lucrative du 24 octobre 2007 (OASA -
RS 142.201
). ![endif]>![if>
4) En l’espèce, compte tenu de la déclaration du fiancé du 1
er
novembre 2017, que la recourante n’a pas infirmée, le mariage de celle-ci n’est plus possible. La condition nécessaire à la demande de séjour n’est plus remplie. Le recours est par conséquent sans objet. La cause sera rayée du rôle.![endif]>![if>
Vu l’issue du recours, il ne sera pas perçu d’émolument (art. 87 al. 1 LPA) ni alloué d’indemnité de procédure (art. 87 al. 2 LPA).
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