Decision ID: 1628d9d8-4c84-5491-ad93-d822bdaa6fb1
Year: 2018
Language: fr
Court: FR_TC
Chamber: FR_TC_005
Canton: FR
Region: Espace_Mittelland
Law Area: penal_law

considérant en fait
A. A._ est prévenu de voies de fait, lésions corporelles, menaces, injures, vol et contrainte. L’essentiel de ces reproches s’inscrit dans le cadre de violences domestiques à l’encontre de son épouse dont il vit séparé depuis mars 2017. Par le passé, il a déjà été condamné pour des actes de violences domestiques à l’encontre de son épouse.
Par acte d’accusation du 12 juillet 2017, le prévenu a été renvoyé devant le Juge de police de l’arrondissement de la Gruyère; la procédure a été informellement suspendue pour permettre l’instruction de nouvelles plaintes pénales. Par un deuxième acte d’accusation du 2 août 2018, le prévenu a de nouveau été renvoyé devant le Juge de police.
B. Arrêté le 28 décembre 2017, A._ a été placé en détention provisoire jusqu’au 8 février 2018 par ordonnance du 29 décembre 2017. Cette détention a été prolongée à deux reprises, la dernière fois jusqu’au 8 août 2018 par ordonnance du 14 mai 2018.
C. Le 27 juillet 2018, A._ a déposé une demande de libération.
D. Par requête du même jour, le Ministère public s’est prononcé contre la libération du prévenu et a requis le prononcé de la détention pour des motifs de sûreté pour une durée de trois mois.
E. Par ordonnance du 2 août 2018, le Tribunal des mesures de contrainte (ci-après : Tmc) a notamment ordonné la jonction des deux procédures et prolongé provisoirement la détention du prévenu jusqu’à décision sur la demande du Ministère public.
Les parties ont pu se déterminer sur la requête de libération et sur celle de mise en détention pour des motifs de sûreté.
Le prévenu a été entendu lors de l’audience du 10 août 2018.
F. Par ordonnance du 13 août 2018 communiquée au Ministère public à 14h03, le Tmc a partiellement admis la demande de détention pour des motifs de sûreté et la demande de libération. Il a ainsi prononcé la libération immédiate du prévenu avec mesures de substitution pour une durée de six mois (notamment interdiction d’approcher et de contacter son épouse; suivi psychothérapeutique obligatoire; obligation de travailler et de loger auprès de sa famille dans un premier temps, etc.).
G. Le Ministère public a immédiatement annoncé par oral au Tmc son intention de recourir (courriel du Tmc du 13 août 2018/dossier Tmc). Par mémoire adressé par courrier électronique au Greffe du Tribunal cantonal le 13 août 2018 à 16h49, puis en original par porteur, le Ministère public a interjeté recours contre l’ordonnance précitée, concluant au fond à ce que la détention pour des motifs de sûreté soit ordonnée pour une durée de trois mois. Il a également déposé une requête de mesures provisionnelles urgentes tendant à ce que le prévenu demeure en détention jusqu’à droit connu sur le recours.
Par ordonnance du 14 août 2018, le Vice-Président de la Chambre de céans a fait droit à la requête de mesures provisionnelles et a prononcé le maintien en détention pour des motifs de sûreté du prévenu jusqu’à droit connu sur le recours.
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H. Invité à se déterminer, le prévenu a, par courrier du 17 août 2018, indiqué qu’il se ralliait intégralement à la motivation de la décision attaquée, requérant en outre l’extension de l’assistance judiciaire octroyée en première instance.
I. Par courrier du 20 août 2018, le Ministère public a indiqué qu’il renonçait à se déterminer sur les observations formulées par le prévenu.
J. Par courrier du 23 août 2018, le Tmc a conclu au rejet du recours, se référant pour le surplus à la motivation de la décision attaquée.

en droit
1.
1.1. Le Ministère public peut recourir devant l’autorité de recours, à savoir devant la Chambre pénale (art. 64 let. c LJ), contre une décision de mise en liberté rendue par le Tmc (ATF 137 IV 22 consid. 1). Dans ce cas, le délai est de 3 heures après la notification de l’arrêt contesté (ATF 138 IV 148 consid. 3.3 / JdT 2013 IV 12). En l’occurrence, ce délai a été respecté.
1.2. La qualité pour recourir du Ministère public est manifeste (art. 104 al. 1 et 381 al. 1 CPP).