Decision ID: b382c66f-e174-45ea-b6a8-b68d649f97be
Year: 2021
Language: fr
Court: VD_TC
Chamber: VD_TC_031
Canton: VD
Region: Région lémanique
Law Area: public_law

Vu les faits suivants:
A. A._, née le ******** 19********, a sollicité le 19 décembre 2014 auprès de la Caisse cantonale vaudoise de compensation AVS des prestations complémentaires pour familles (PCFam). Sur le formulaire idoine, l’intéressée a indiqué avoir une fille, née le ******** 2014, et travailler pour le compte de la société ******** (réd: ********), à un taux variable, ainsi que pour ********, au taux de 10%. Elle y a mentionné que ses lieux d'activité se trouvaient à ********, ******** et "********" (réd.: ********) et qu’elle percevait un treizième salaire de la part de son employeur ******** SA.
Selon le contrat de travail du 7 juillet 2010 au dossier, le siège de la société ******** SA se trouvait à ********.
B. Par décision du 2 avril 2015, le Centre régional de décision PC Familles Rivera -Aigle - Pays d’Enhaut (ci-après : le CRD) a accordé à A._ des PCFam pour un montant de 819 fr. par mois à compter du 1er février 2015.
A la suite de diverses modifications des conditions économiques de A._ (fin du versement de l’allocation cantonale de maternité, prise en compte de son nouveau bail à loyer, suppression de l’impôt à la source, adaptation de la franchise sur le revenu ainsi que sur les allocations familiales, mise à jour de ses revenus), le CRD a procédé, entre avril 2015 et septembre 2017, à de nouveaux calculs des PCFam. Ces décisions n'ont pas été contestées.
C. Par décision du 30 novembre 2018 (n°2018-1093840), le CRD a mis A._, compte tenu d’une augmentation de son taux d’activité durant le mois d’octobre 2018, au bénéfice de PCFam de 1'448 fr. pour le mois en question. Selon le plan de calcul annexé à cette décision, ce montant a été calculé pour un adulte et un enfant, compte tenu de dépenses reconnues arrêtées à 48'013 fr. et de revenus déterminants arrêtés à 30'639 fr. par an. Cette décision n’a pas fait l’objet d’une réclamation de la part de l’intéressée.
Par une autre décision du 30 novembre 2018 (n°2018-1093839), le CRD a accordé à A._, compte tenu de la reprise de son taux d’activité habituel, des PCFam de 1'828 fr. par mois à compter du 1er novembre 2018. Selon le plan de calcul annexé à cette décision, ce montant a été calculé pour un adulte et un enfant, compte tenu de dépenses reconnues arrêtées à 47’545 fr. et de revenus déterminants arrêtés à 25’620 fr. par an (composé du revenu net de l'activité lucrative par 22'320 fr., et par 3'300 fr. d'allocations familiales). La précision suivante figure sur la décision:
"[...]
Cette décision est valable aussi longtemps que la situation décrite dans le plan de calcul ne change pas. Nous vous rendons attentif à l'obligation que vous avez de nous communiquer sans retard toute modification de votre situation familiale et/ou de revenu et fortune, notamment changement de domicile, changement d'état civil (mariage, séparation, divorce), décès d'un membre de la famille compris dans le calcul PC Familles, début ou fin d'activité lucrative, augmentation ou diminution du revenu ou de la fortune (héritages, donations, vente de biens mobiliers ou immobiliers) augmentation, réduction ou suppression d'une éventuelle rente, augmentation ou diminution de loyer etc. Voir également à ce sujet, la notice ci-jointe qui fait partie intégrante de la présente décision."
Cette décision n'a pas non plus fait l'objet d'une réclamation de la part de l'intéressée.
D. Dans le courant du mois de février 2019, le CRD a initié la révision annuelle du dossier de A._, et l'a dès lors invitée à lui fournir des documents. L’intéressée n'ayant transmis qu'une partie des pièces justificatives utiles, le CRD lui a adressé des rappels, les 22 mars 2019 et 23 avril 2019, et lui a accordé un dernier délai pour lui fournir les justificatifs manquants, sous peine de refus d’octroi des PCFam.
Il ressort des fiches de salaires transmises par A._ qu'elle a perçu, de septembre 2018 à février 2019, les revenus mensuels nets suivants dans le cadre de son activité auprès de ******** SA:
en septembre 2018: 3'361.05 fr. (179 heures au salaire horaire de 19.95 fr.)
en octobre 2018: 2'617.40 fr. (145.50 heures au salaire horaire de 19.95 fr.)
en novembre 2018: 2'536.70 fr. (141 heures au salaire horaire de 19.95 fr.)
en décembre 2018: 4'308.40 fr. (135.50 heures au salaire horaire de 19.95 fr.) dont 1'972.80 fr. à titre de treizième salaire
en janvier 2019: 2'629.85 fr. (140 heures au salaire horaire de 20.10 fr.)
en février 2019: 2'342.80 fr. (130 heures au salaire horaire de 20.10 fr.).
En septembre 2019, son activité auprès de ******** SA lui a procuré un salaire net de 2'370 fr. 25.
Par lettre du 30 avril 2019, A._ a indiqué au CRD qu’elle avait dû augmenter son taux d’activité durant les mois de septembre 2018 et novembre 2018 car certains de ses collègues avaient été malades durant ces périodes, en précisant que son salaire était désormais stable.
Les revenus que A._ a tirés de son activité auprès de ******* pour la période de septembre 2018 à septembre 2019 sont les suivants, selon les fiches de salaires produites par l’intéressée :
en septembre 2018 : 456.20 fr.
en octobre 2018: 364.95 fr.
en novembre 2018: 364.95 fr.
en décembre 2018: 364.95 fr.
en janvier 2019: 456.20 fr.
en février 2019: 364.95 fr.
en mars 2019: 456.20 fr.
en avril 2019: 364.95 fr.
en juin 2019: 980.85 fr.
en juillet 2019 : 501.85 fr.
en août 2019 : 570.25 fr.
en septembre 2019 : 456.20 fr.
A._ a également produit ses certificats de salaire pour l’année 2018. Il en résulte qu'elle a réalisé un salaire annuel net de 23'641 fr. dans le cadre de son activité pour le compte de ******* SA, et de 4'747 fr. 60 pour son activité auprès de ********, soit un total de 28'388 fr. 60 net.
Il ressort de ses certificats de salaire pour l’année 2019 qu'elle a réalisé un salaire annuel net de 25'519 fr. 90 dans le cadre de son activité pour le compte de ******** SA, et de 4'839 fr. 80 s'agissant de son activité auprès de ********, soit un total de 30'359 fr. 70 net.
E. Dans le formulaire de révision des PCFam du 15 mars 2019, A._ a indiqué être toujours employée auprès de ******** et de ******** SA. Elle a précisé qu’elle déployait son activité pour ******** SA à ******** et qu’elle ne percevait pas de treizième salaire.
Le 22 août 2019, le CRD a rendu cinq décisions.
La décision (n°2019-1187220) modifie rétroactivement le droit aux PCFam de A._ pour la période du 1er novembre 2018 au 31 décembre 2018, et a en particulier la teneur suivante :
"[...]
– montant de la prestation mensuelle: CHF 913.-
[...]
Remarque:
Mise à jour de vos revenus et des frais d'obtention du revenu.
[...]
Cette décision est valable aussi longtemps que la situation décrite dans le plan de calcul ne change pas. Nous vous rendons attentif à l'obligation que vous avez de nous communiquer sans retard toute modification de votre situation familiale et/ou de revenu et fortune, notamment changement de domicile, changement d'état civil (mariage, séparation, divorce), décès d'un membre de la famille compris dans le calcul PC Familles, début ou fin d'activité lucrative, augmentation ou diminution du revenu ou de la fortune (héritages, donations, vente de biens mobiliers ou immobiliers) augmentation, réduction ou suppression d'une éventuelle rente, augmentation ou diminution de loyer etc. Voir également à ce sujet, la notice ci-jointe qui fait partie intégrante de la présente décision."
Il ressort du plan de calcul joint à la décision n°2019-1187220, en faisant partie intégrante, que le montant de la PCFam annuelle due à A._, de 10'953 fr., a été obtenu en soustrayant les dépenses reconnues de la famille, totalisant 46'730 fr. (forfait pour besoins vitaux de la famille selon barème fixé à 29'176 fr. par an ; loyer annuel par 13'392 fr. et frais d’obtention du revenu par 3'262 fr.), du revenu déterminant s'élevant à 35'777 fr. (revenu net d’activité lucrative de 3'103.91 fr. et pension alimentaire de 275 fr. par mois).
La décision (n°2019-1187221) modifie également rétroactivement le droit aux PCFam de A._, pour la période du 1er janvier 2019 au 31 mai 2019, et précise notamment ce qui suit :
"[...]
– montant de la prestation mensuelle: CHF 913.-
[...]
Cette décision est valable aussi longtemps que la situation décrite dans le plan de calcul ne change pas. Nous vous rendons attentif à l'obligation que vous avez de nous communiquer sans retard toute modification de votre situation familiale et/ou de revenu et fortune, notamment changement de domicile, changement d'état civil (mariage, séparation, divorce), décès d'un membre de la famille compris dans le calcul PC Familles, début ou fin d'activité lucrative, augmentation ou diminution du revenu ou de la fortune (héritages, donations, vente de biens mobiliers ou immobiliers) augmentation, réduction ou suppression d'une éventuelle rente, augmentation ou diminution de loyer etc. Voir également à ce sujet, la notice ci-jointe qui fait partie intégrante de la présente décision."
Le montant de la PCFam a été obtenu sur la même base de calcul que celle relative à la période du 1er novembre au 31 décembre 2018, selon le plan de calcul annexé à la décision n°2019-1187221 en faisant partie intégrante.
La décision (n°2019-1187222) modifie rétroactivement le droit aux PCFam perçues par A._ pour le mois de juin 2019, et a en particulier la teneur suivante :
"[...]
– montant de la prestation mensuelle: CHF 474.-
[...]
Cette décision est valable aussi longtemps que la situation décrite dans le plan de calcul ne change pas. Nous vous rendons attentif à l'obligation que vous avez de nous communiquer sans retard toute modification de votre situation familiale et/ou de revenu et fortune, notamment changement de domicile, changement d'état civil (mariage, séparation, divorce), décès d'un membre de la famille compris dans le calcul PC Familles, début ou fin d'activité lucrative, augmentation ou diminution du revenu ou de la fortune (héritages, donations, vente de biens mobiliers ou immobiliers) augmentation, réduction ou suppression d'une éventuelle rente, augmentation ou diminution de loyer etc. Voir également à ce sujet, la notice ci-jointe qui fait partie intégrante de la présente décision."
Il résulte du plan de calcul joint à la décision n°2019-1187222 en faisant partie intégrante que le montant de la PCFam due annuellement à A._, de 5’678 fr., a été obtenu en soustrayant les dépenses reconnues de la famille, totalisant 46'808 fr. (forfait pour besoins vitaux de la famille selon barème fixé à 29'176 fr. par an ; loyer annuel par 13'392 fr. et frais d’obtention du revenu par 3'340 fr.) du revenu déterminant de 41’130 fr. (revenu net d’activité lucrative de 3'610.75 fr. et pension alimentaire de 275 fr. par mois).
Quant à la décision (n°2019-1187218), elle modifie également rétroactivement le droit aux PCFam de A._, à compter du 1er juillet 2019, et précise notamment ce qui suit :
"[...]
– montant de la prestation mensuelle: CHF 913.-
[...]
Cette décision est valable aussi longtemps que la situation décrite dans le plan de calcul ne change pas. Nous vous rendons attentif à l'obligation que vous avez de nous communiquer sans retard toute modification de votre situation familiale et/ou de revenu et fortune, notamment changement de domicile, changement d'état civil (mariage, séparation, divorce), décès d'un membre de la famille compris dans le calcul PC Familles, début ou fin d'activité lucrative, augmentation ou diminution du revenu ou de la fortune (héritages, donations, vente de biens mobiliers ou immobiliers) augmentation, réduction ou suppression d'une éventuelle rente, augmentation ou diminution de loyer etc. Voir également à ce sujet, la notice ci-jointe qui fait partie intégrante de la présente décision."
Selon le plan de calcul joint à la décision, en faisant partie, le montant de la PCFam due à A._, de 10’953 fr. par an, a été obtenu en soustrayant les dépenses reconnues de la famille, à hauteur de 46'730 fr. (forfait pour besoins vitaux de la famille selon barème fixé à 29'176 fr. par an ; loyer annuel par 13'392 fr., charges annuelles [max. 10% du loyer] par 900 fr. et frais d’obtention du revenu par 3'262 fr.) du revenu déterminant de 35’777 fr. (revenu net d’activité lucrative de 3'103.91 fr. et pension alimentaire de 275 fr. par mois).
Par décision de restitution du 22 août 2019, le CRD a réclamé à A._ le remboursement d’un montant de 7'759 fr. à titre de prestations touchées en trop pour les périodes du 1er novembre au 31 décembre 2018, du 1er janvier au 31 mai 2019, et durant le mois de juin 2019, selon le décompte suivant:
Période Votre droit Nos versements Montant à restituer Du Au Total CHF Total CHF Total CHF 01.11.2018 31.12.2018 1'826.00 3'656.00 1'830.00 01.01.2019 31.05.2019 4'565.00 9'140.00 4'575.00 01.06.2019 30.06.2019 474.00 1'828.00 1'354.00 TOTAL 7'759.00
La possibilité de demander la remise figurait en page deux de la décision de restitution.
F. Par décision du 26 septembre 2019, le CRD a mis A._ au bénéfice de PCFam d'un montant de 563 fr. par mois à compter du 1er octobre 2019, afin de tenir compte de la pension alimentaire versée par le père de sa fille.
G. Les 2 et 4 octobre 2019, A._ a formé une réclamation contre les décisions n°2019-1187220, n°2019-1187221, n°2019-1187222 et n°2019-1187218 du 22 août 2019 ainsi que contre la décision de restitution du 22 août 2019. Elle a requis une "suspension de la dette" en invoquant sa bonne foi et son impossibilité de procéder au remboursement demandé.
Le 15 novembre 2019, le conseil de A._ a complété sa réclamation, en faisant valoir en particulier que les décisions attaquées étaient entachées d'erreurs et d'imprécisions. Il a également indiqué que sa mandante avait donné naissance le ******** 2019 à une seconde fille.
H. Par décision sur réclamation du 27 février 2020, le CRD a confirmé ses cinq décisions du 22 août 2019. Il a détaillé les rubriques des plans de calcul de chaque décision afin que l’intéressée en comprenne le fondement, en relevant que l’annualisation des revenus était la méthode utilisée pour le calcul des PCFam. Il a précisé avoir tenu compte des allocations familiales réellement perçues par l’intéressée, puisque celles-ci différaient des tarifs pratiqués dans le canton de Vaud. Le CRD a ajouté qu’il n’avait pas pris en considération les éventuelles pensions versées par le père de la fille aînée de l’intéressée, alors que certains montants auraient été remis de la main à la main, et que le montant relatif à la restitution due pour le mois d’octobre 2018 avait été calculé sur la base du salaire acquis auprès de ******** SA, sans y inclure les revenus provenant de l’activité exercée par l’intéressée auprès de ********. Le CRD a ajouté que la fiche de salaire de ******** SA du mois de septembre 2018 n’avait pas été prise en compte, alors que les revenus de l’intéressée pour ce mois avaient été plus élevés. Il a indiqué enfin à A._ la marche à suivre pour solliciter une remise de l'obligation de restituer.
I. Par acte du 30 mars 2020, A._ (ci-après : la recourante) a saisi la Cour de droit administratif et public du Tribunal cantonal vaudois (ci-après : le Tribunal ou la CDAP) d’un recours à l’encontre de la décision sur réclamation du 27 février 2020, en concluant à l’annulation des décisions entreprises, respectivement à ce qu’elles soient corrigées, et à l’annulation de la décision de restitution du 22 août 2019. Elle a fait valoir que l'autorité intimée connaissait dès le 2 mai 2019 que son lieu de travail se trouvait à ******* et non pas à ********, mais ne l'avait toutefois pas avertie des conséquences financières de ce changement sur son droit aux PCFam. Elle a par ailleurs fait valoir que la prise en compte d'un revenu annualisé convertissant le treizième salaire en un supplément mensuel ne pouvait se concevoir que pour un revenu "durable et perçu tout au long de l'année", contrairement au sien.
La recourante a déposé le 12 mai 2020 un mémoire complémentaire, aux termes duquel elle a pris les conclusions suivantes :
« I. Les décisions 1187218, 1187220, 1187221, 1187222 sont annulées, subsidiairement corrigées dans le sens des considérants.
II. La recourante ne doit restitution pour la période courant du 1er novembre 2018 au 30 septembre 2019 que de CHF 177,15.
III. L’intimée doit à la recourante, dès le 1er octobre 2019 un montant de CHF 1'789,45 par mois.
IV. Jusqu’au 31 décembre 2019, l’intimée doit à la recourante un montant de Fr. (1'784.45 x 3) – (Fr. 563 x 3) – 177, 15 = CHF 3'487,20.
V. L’intimée remboursera à la Caisse d’allocation familiale les allocations versées à tort. »
Elle a produit un onglet de pièces complémentaires avec son écriture, comprenant en particulier ses certificats de salaire pour l'année 2019, totalisant 25'519 fr. 90 net s'agissant de son activité pour le compte de ********, et 4'839 fr. 80 s'agissant de son activité pour le compte de ********.
Dans sa réponse du 12 juin 2020, le CRD (ci-après : l’autorité intimée) conclut au rejet du recours et à la confirmation de sa décision sur réclamation.
La recourante a répliqué le 1er juillet 2020.
L’autorité intimée a déposé le 23 juillet 2020 des observations finales en concluant au rejet du recours et à la confirmation de la décision querellée.
Le 28 juillet 2020, la recourante a sollicité à pouvoir consulter le formulaire qu'elle avait complété le 19 décembre 2014; elle a maintenu pour le surplus que ce n'était pas l'annualisation des revenus qu'elle critiquait, mais "les conséquences de cette annualisation lorsque le calcul effectué ex tunc aboutit à la constatation que le revenu calculé diffère beaucoup du revenu effectivement perçu, selon les pièces disponibles au moment de la décision". Elle a encore déclaré être soulagée que la prise en compte de son deuxième enfant soit en cours d'examen, en précisant être consciente que les montants que l'intimé lui doit concernent des périodes postérieures à l'objet du litige. Il restait toutefois choquant à ses yeux que l'intimé lui réclame la restitution de 7'759 fr., alors qu'elle est indigente, et que l'intimé lui doit plus de 10'000 francs.
Par écriture du 10 août 2020, la recourante a maintenu que lorsque la décision de restitution avait été rendue, "on n'[était] plus dans le cadre d'une hypothèse fondée sur des revenus mensuels annualisés mais on travaill[ait] sur la base d'un certificat de salaire annuel délivré par ses employeurs". Sur cette base, la somme trop perçue se montait à 177 fr. 15 pour la période courant jusqu'au 30 septembre 2019, et non à 7'759 francs. Elle a enfin expliqué qu'en faisant allusion à une période postérieure au présent litige, "durant laquelle c'est l'intimé[e] qui [lui] doit des montants", elle souhaitait se prévaloir de la compensation, mais aussi attirer l'attention du tribunal sur l'attitude de l'intimé à l'égard des plus démunis.
J. Le Tribunal a statué par voie de circulation.

Considérant en droit:
1. Rendue sur la base de la loi vaudoise du 23 novembre 2010 sur les prestations complémentaires cantonales pour familles et les prestations cantonales de la rente-pont (LPCFam; BLV 850.053), la décision sur réclamation attaquée est susceptible de recours au Tribunal cantonal (cf. art. 30 al. 4 LPCFam). Les dispositions de la loi vaudoise du 28 octobre 2008 sur la procédure administrative (LPA-VD; BLV 173.36) s'appliquent au surplus (cf. art. 30 al. 5 LPCFam).
Interjeté en temps utile (cf. art. 95 LPA-VD) auprès de l'autorité compétente, le recours satisfait par ailleurs aux autres conditions formelles de recevabilité (cf. en particulier l'art. 79 LPA-VD, applicable par renvoi de l'art. 99 LPA-VD), si bien qu'il y a lieu d'entrer en matière sur le fond.
2. La décision sur réclamation du 27 février 2020 confirme, d'une part, les quatre décisions du 22 août 2019 modifiant rétroactivement le droit aux PCFam de la recourante et de sa famille (pour les périodes du 1er novembre au 31 décembre 2018, du 1er janvier au 31 mai 2019, du 1er juin au 30 juin 2019 et dès le 1er juillet 2019), ainsi que, d'autre part, celle du 22 août 2019 ordonnant la restitution du montant de 7'759 fr. indûment perçu pour la période de novembre 2018 à juin 2019.
La recourante a donné naissance le 6 octobre 2019 à une seconde fille. Elle chiffre les montants auxquels elle estime avoir droit de la part de l'autorité intimée à ce titre, notamment pour la période du 1er octobre 2019 au 30 avril 2020. Les conclusions de la recourante portant sur une période postérieure à celle concernée par la décision sur réclamation attaquée excèdent toutefois l'objet du litige, et sont partant irrecevables (concernant les notions d'objet de la contestation et d'objet du litige, cf. ATF 134 V 418 consid. 5.2.1 et les références).
3. Les PCFam sont régies par le droit cantonal et visent principalement à éviter le recours à l'aide sociale par des familles dont les membres travaillent. Le but est donc de ramener leur revenu au-dessus des limites de l'aide sociale (cf. Exposé des motifs sur la stratégie cantonale de lutte contre la pauvreté, accompagnant le projet de loi sur les prestations complémentaires cantonales pour familles et les prestations cantonales de la rente-pont, avril 2010, p. 12). Les dispositions applicables à l'octroi de telles prestations sont contenues dans la loi du 23 novembre 2010 sur les prestations complémentaires cantonales pour familles et les prestations cantonales de la rente-pont (LPCFam; BLV 850.053), ainsi que par son règlement d'application du 17 août 2011 (RLPCFam; BLV 850.053.1).
a) Ont droit aux prestations complémentaires cantonales pour familles, selon l'art. 3 al. 1 LPCFam, les personnes qui ont leur domicile dans le Canton de Vaud depuis trois ans au moins et disposent d'un titre de séjour valable ou en cours de renouvellement au moment où elles déposent la demande de prestations complémentaires cantonales pour familles (let. a), vivent en ménage commun avec des enfants âgés de moins de 16 ans (let. b) et font partie d'une famille dont les dépenses reconnues au sens de l'art. 10 sont supérieures aux revenus déterminants au sens de l'art. 11, sous réserve des exceptions prévues par la loi (let. c). Le montant de la prestation complémentaire annuelle pour familles correspond à la part des dépenses reconnues de la famille qui excède les revenus déterminants de la famille au cours d'une année civile (art. 9 al. 1 LPCFam). Les dépenses reconnues de la famille correspondent au total des dépenses reconnues de l'ayant droit et de chacun des membres de la famille au sens de l'art. 10; les revenus déterminants de la famille correspondent au total des revenus déterminants de l'ayant droit et de chacun des membres de la famille au sens de l'art. 11 (art. 9 al. 2 LPCFam).
Les modalités d'octroi et de révision sont décrites aux art. 25 ss du RLPCFam, auxquels renvoie l'art. 12 al. 1 LPCFam. L'art. 25 RLPCFam prescrit ainsi au requérant de remettre la formule officielle de demande, signée et accompagnée des justificatifs nécessaires auprès du CRD (al. 1). Le droit débute le 1er jour du mois suivant celui du dépôt de la demande (al. 3). Il s'éteint à la fin du mois où l'une des conditions légales dont il dépend n'est plus remplie (art. 12 al. 2 LPCFam). Le CRD prend pour chaque ayant droit une décision fixant la PC Familles annuelle (art. 27 al. 1 RLPCFam). Une révision périodique est effectuée après douze mois depuis la notification de la décision ou depuis la notification de la dernière révision périodique (art. 28 RLPCFam). Une révision extraordinaire est effectuée en cours de période (art. 29 al. 1 RLPCFam) en cas de modification des conditions personnelles, notamment l'âge des enfants, le domicile, la composition familiale (let. a), ou lors d'une diminution ou d'une augmentation notable des revenus déterminants ou des dépenses reconnues ayant servi de base de calcul; est considérée comme notable une modification financière d'au minimum 1'200 fr. par période (let. b). Selon l'art. 30 RLPCFam, si la révision périodique ou extraordinaire aboutit à une diminution du montant de la PC Familles annuelle, la décision y relative prend en principe effet dès le début du mois où le changement de situation est intervenu (al. 2). Est réservée la restitution lorsque l'obligation de renseigner a été violée (al. 3).
b) L’obligation de renseigner est régie aux art. 22ss LPCFam et 44ss RLPCFam, les dispositions de la loi fédérale du 6 octobre 2000 sur la partie générale du droit des assurances sociales (LPGA ; RS 830.1) s’appliquant en outre par analogie (cf. art. 22 LPCFam). L’art. 22a LPCFam prévoit que la personne qui sollicite une prestation financière ou qui en bénéficie déjà fournit des renseignements complets sur sa situation personnelle et financière (al. 1) et qu’elle signale sans retard tout changement de sa situation pouvant entraîner la réduction ou la suppression de ladite prestation (al. 4). L’art. 44 RLPCFam précise même que chaque bénéficiaire doit communiquer sans retard au CRD tout changement dans la situation personnelle et matérielle de nature à modifier le montant des prestations allouées ou à justifier leur suppression (al. 1). Le CRD peut en tout temps exiger de l’ayant droit qu’il fournisse par écrit les renseignements justifiant de l’octroi, du maintien ou de la modification de son droit, notamment sur sa situation familiale et professionnelle (al. 2, 1ère phrase). A défaut, et après avertissement, le CRD peut statuer en l’état du dossier. Lorsque le bénéficiaire omet, refuse de fournir ou tarde à remettre les renseignements ou documents demandés dans le délai imparti, il peut retenir que le droit aux prestations n’est plus établi (al. 3).
Enfin, l’art. 28 LPCFam prévoit que les prestations complémentaires cantonales pour familles perçues indûment doivent être restituées (al. 1). La restitution ne peut être exigée lorsque le bénéficiaire était de bonne foi et qu’elle le mettrait dans une situation difficile (al. 2).
c) En l’espèce, la recourante bénéficie des PCFam depuis le 1er février 2015, à la suite de sa demande de prestations du 19 décembre 2014.
Par décision du 30 novembre 2018, le CRD avait accordé à la recourante des PCFam de 1'828 fr. par mois dès le 1er novembre 2018. Selon le plan de calcul annexé à cette décision, ce montant a été calculé pour un adulte et un enfant, sur la base de dépenses reconnues arrêtées à 47'545 fr. et de revenus déterminants arrêtés à 25’620 fr. par an. Cette décision a été modifiée rétroactivement par celles rendues le 22 août 2019, pour les mois de novembre 2018 à juin 2019, confirmées par la décision sur réclamation du 27 février 2020.
4. La recourante conteste le calcul de l’autorité intimée modifiant rétroactivement son droit au PCFam à compter du 1er novembre 2018. Elle met en cause l’annualisation des revenus tirés de ses deux activités lucratives ainsi que de son treizième salaire. Selon elle, cette méthode de calcul ne peut être appliquée qu’aux revenus durables et perçus tout au long de l’année. Elle fait valoir que son domaine d’activité, le nettoyage, est tarifé à l’heure et que le nombre d’heures de travail sur le mois est soumis à de grandes différences d’un mois à l’autre, ce qui serait incompatible avec la méthode de calcul précitée. L’autorité intimée soutient pour sa part que l’annualisation des revenus est la méthode utilisée pour le calcul des PCFam.
a) La prestation litigieuse est une prestation annuelle; le calcul du revenu déterminant et des dépenses reconnues doit donc s’effectuer par rapport à une année civile (cf. art. 9 ss LPCFam). En l’occurrence, elle a fait l’objet d’une révision périodique (art. 28 RLPCFam).
b) Selon l’art. 25 al. 1 let. c de l'ordonnance fédérale sur les prestations complémentaires à l'assurance-vieillesse, survivants et invalidité (OPC-AVS/AI; RS 831.301), applicable par renvoi de l’art. 8 RLPCFam, la prestation complémentaire annuelle doit être augmentée, réduite ou supprimée, notamment lorsque les revenus déterminants subissent une diminution ou une augmentation pour une durée qui sera vraisemblablement longue (1ère phrase). Sont déterminants les dépenses nouvelles et les revenus nouveaux et durables, convertis sur une année, ainsi que la fortune existant à la date à laquelle le changement intervient; on peut renoncer à adapter la prestation complémentaire annuelle, lorsque la modification est inférieure à 120 francs par an (art. 25 al. 1 let. c OPC-AVS/AI, 2ème phrase). L’art. 25 OPC-AVS/AI permet ainsi d’adapter une décision de prestations complémentaires à des modifications postérieures de la situation personnelle et/ou économique de l’ayant-droit en raison d’un changement de circonstances (ATF 119 V 189 consid. 2c p. 193 ; arrêt 9C_675/2012 du 15 novembre 2012 consid. 3.1 ; voir aussi Ulrich Meyer-Blaser, Die Anpassung von Ergänzungsleistungen wegen Sachverhaltsänderungen, in : Die Revision von Dauerleistungen in der Sozialversicherung, 1999, p. 29 ss, p. 40 ss). Lorsqu’en application de l’art. 25 OPC-AVS/AI, l’administration effectue une adaptation des prestations à la modification des conditions personnelles ou économiques de l’intéressé, celui-ci peut être tenu de restituer les prestations reçues en trop (ATF 138 V 298 consid. 5.2.1 p. 301 et les références).
c) En l’espèce, il ressort du certificat de salaire 2018 relatif à l’activité de la recourante pour le compte de ******** SA qu'elle a réalisé en moyenne, durant l’année en question, un revenu mensuel net de 1’970.08 fr. (23'641 fr. / 12), lequel est toutefois inférieur aux revenus réalisés durant les mois de septembre 2018 (3'361.05 fr.), octobre 2018 (2'617.40 fr.), novembre 2018 (2'536.70 fr.) et décembre 2018 (2'335.60 fr. sans le treizième salaire), ainsi que durant les mois de janvier 2019 (2'629.85 fr.) et février 2019 (2'342.80 francs). Selon la fiche de salaire du mois de décembre 2018, le treizième salaire de la recourante s’est élevé à 1'972.80 fr., montant qui correspond au salaire mensuel net moyen qu’elle a perçu au cours de l’année précitée.
C'est sur la base de ces éléments que l’autorité intimée a, dans le cadre de la révision d'office du droit aux prestations, procédé à l'annualisation des revenus de l'intéressée afin de déterminer son éventuel droit à des PCFam.
Il est exact que les revenus mensuels de la recourante pour le compte de ******** SA ont connu une hausse durant les mois de novembre et décembre 2018 (ainsi qu'en janvier et février 2019). Toutefois, la prise en compte de cette hausse dans le cadre d'une annualisation des revenus conduirait à imputer à la recourante un revenu qui n'est pas celui qu'elle a effectivement perçu, puisque le revenu annuel sur lequel se fonde l'autorité intimée est supérieur à celui ressortant de ses certificats de salaire, tant pour l'année 2018 que pour l'année 2019.
Il ne fait cependant pas de doute que la recourante, qui connaît très bien le système des PCFam puisqu'elle en bénéficie depuis février 2015, ne pouvait ignorer qu'une augmentation de ses revenus aurait pour effet de réduire le montant de sa prestation complémentaire. Or, elle a non seulement omis d'annoncer la modification de ses revenus à l'autorité intimée, mais a, de surcroît, tardé à donner suite aux requêtes de l'autorité intimée, qui a dû lui adresser des rappels, les 22 mars 2019 et 23 avril 2019. Elle n'a finalement donné que partiellement suite aux requêtes de production de pièces, expliquant dans son courrier du 30 avril 2019 que son revenu avait augmenté durant les mois de septembre et novembre 2018, dans la mesure où elle avait dû augmenter son taux d'activité en raison de l'absence de collègues durant ces périodes. Ce faisant, la recourante a violé son obligation de renseigner (cf. art. 22a al. 4 LPCFam).
Il n'en demeure pas moins qu'en procédant dans le cas de la recourante à une annualisation des revenus, et en se fondant sur les salaires nets des mois de novembre 2018, janvier et février 2019 pour établir le revenu net déterminant, l'autorité intimée n'a pas respecté l'art. 25 al. 1 let. c OPC-AVS/AI. Bien qu'il s'agisse d'un cas-limite, il reste que les trois mois de salaire pris en compte, plus treizième, reviennent à retenir un revenu annuel de 32'500 fr. pour l'activité de la recourante auprès de ******** SA. Or, la recourante n'a jamais réalisé un tel revenu annuel pour le compte de cette société. Les calculs de l'autorité intimée ne peuvent dès lors être retenus, faute pour la recourante d'avoir durablement perçu un revenu aussi élevé que celui des mois de novembre 2018, janvier et février 2019. Ce sont dès lors les revenus nets effectifs de la recourante, ressortant de ses certificats de salaire pour les années 2018 et 2019, qui auraient dû être pris en compte, à savoir 28'388 fr. 60 en 2018, et 30'359 fr. 70 net en 2019, étant relevé que l'autorité intimée a du reste admis pour 2018 de tenir compte du certificat de salaire établi par ********.
Dans ces conditions, le calcul auquel a procédé l'autorité intimée doit être modifié, étant précisé que la recourante ne conteste pas les dépenses reconnues par l'autorité intimée dans ses décisions du 22 août 2019, confirmées le 27 février 2020.
Pour les mois de novembre et décembre 2018, c'est ainsi un revenu déterminant de 28'388 fr. 60 qu'il convient de prendre en compte. L'autorité intimée a admis dans sa décision sur réclamation de déduire la franchise prévue à l'art. 14 al. 5 RLPCFam du total des revenus. Rapporté au revenu de 28'388 fr. 60, c'est un montant de 3'706 fr. 60 qui doit ainsi être porté en déduction (2'400 fr. + 1'306 fr. 60) (le montant de 1'306 fr. 60 étant établi comme suit: 12% x [28'388 fr. 60 – 17'500 fr.]).
Le montant de la PCFam annuelle s'élève dès lors à 46'730 fr. – 28'388 fr. 60 + 3'706 fr. 60 – 3'300 fr. = 18'748 fr., soit 1'562 fr. 35 (arrondi) par mois pour novembre et décembre 2018, en lieu et place de 913 francs.
Pour les mois de janvier à juin 2019, la recourante ne conteste pas non plus les dépenses retenues par l'autorité intimée, à hauteur de 46'730 francs. Quant au revenu déterminant, il se monte à 30'359 fr. 90 (conformément aux certificats de salaire 2019 des deux employeurs de l'intéressée), dont à déduire la franchise de 3'943 fr. 18 (2'400 fr. + 1'543 fr. 18) (le montant de 1'543 fr. 18 étant établi comme suit: 12% x [30'359 fr. 90 – 17'500 fr.]). Il y a lieu d'ajouter le montant des allocations familiales, par 3'300 fr., ce qui conduit à retenir un revenu déterminant de 29'716 fr. 72. Il en résulte que le montant de la PCFam annuelle s'élève à 46'730 fr. – 29'716 fr. 72 fr. = 17'013 fr. 30 (arrondi), soit 1'417 fr. 77 par mois dès janvier 2019, en lieu et place de 913 fr. par mois pour les mois de janvier à mai 2019 et de 474 fr. pour le mois de juin 2019. C'est également ce montant qui est dû dès le 1er juillet 2019. Il découle de ce qui précède que la recourante devra restituer pour la période du 1er novembre 2018 au 30 juin 2019 la somme de 2'992 fr. 70, et non celle de 7'759 fr., selon le décompte suivant:
Période Droit versements Montant à restituer Du Au Total CHF Total CHF Total CHF 01.11.2018 31.12.2018 3'124.70 3'656.00 531.30 01.01.2019 31.05.2019 7'088.85 9'140.00 2'051.15 01.06.2019 30.06.2019 1'417.77 1'828.00 410.25 TOTAL 2'992.68
La recourante admet au demeurant avoir perçu un montant trop élevé de PCFam durant la période litigieuse, reconnaissant ainsi un "trop perçu" de 531 fr. 30 pour les mois de novembre et décembre 2018, de 1'328 fr. 25 pour les mois de janvier à mai 2019, et de 265 fr. 65 pour le mois de juin 2019, soit 2'125 fr. 20 au total.
On relèvera à toutes fins utiles s’agissant du montant des allocations familiales retenu dans le calcul du revenu déterminant de la recourante qu'il ne saurait être remis en cause, quand bien même la recourante a toujours exercé son activité lucrative dans le canton de Vaud et non en Valais, dans la mesure où il correspond aux montants que cette dernière a réellement touchés durant les périodes litigieuses, à savoir 275 fr. par mois, tel que cela ressort des attestations de paiement figurant au dossier.
d) Il s’ensuit que la recourante a perçu indûment le montant 2'992 fr. 70 (en lieu et place du montant de 7'759 fr. retenu par l'autorité intimée) au titre de PCFam, correspondant aux prestations versées entre le 1er novembre 2018 et le 30 juin 2019, ce qui conduit à modifier rétroactivement le montant servi au titre de PCFam pendant cette période, sur la base des art. 29 al. 1 let. b et 30 al. 2 RLPCFam, et à ordonner la restitution du montant de 2'992 fr. 70, conformément à l'art. 28 al. 1 LPCFam.
5. Les parties sont divisées sur la question de l’obligation de renseigner. La recourante fait valoir n’avoir jamais exercé d’activité lucrative à ******** (Valais). L’autorité intimée soutient, pour sa part, que la recourante a indiqué dans sa demande de PCFam du 19 décembre 2014, travailler à ********, ******** et ******** (réd.: ********).
Selon la recourante, l’autorité intimée ne pouvait pas ignorer le fait qu’elle n’exerçait pas d’activité lucrative en Valais, puisqu’elle assumait ses frais de transport, à savoir un abonnement Mobilis 2 zones, qui ne lui permettait pas de se rendre jusqu’à ********. L’étude du dossier révèle toutefois que la recourante n’a pas fait savoir à l’autorité intimée avant le 15 mars 2019, tel que cela ressort du formulaire de révision des PCFam, qu’elle n’avait pas à se déplacer jusqu’à ******** pour exercer son activité lucrative. Les frais de transport ont dès lors été calculés de manière erronée depuis la demande initiale des PCFam. L'autorité intimée a toutefois exceptionnellement renoncé à demander à la recourante la restitution du montant indûment perçu à ce titre, ce dont il y a lieu de prendre acte.
L’autorité intimée ne saurait en revanche être suivie lorsqu’elle affirme avoir ignoré, jusqu’en mai 2019, que la recourante percevait un treizième salaire de la part de ******** SA. Il ressort en effet de la demande de PCFam déposée par la recourante le 19 décembre 2014 qu’elle travaillait à un taux variable, et percevait un treizième salaire. Il est en revanche curieux que la recourante mentionne dans le formulaire de révision des PCFam du 15 mars 2019 qu’elle ne perçoit pas de treizième salaire alors même qu’elle a indiqué, par le passé, en toucher un, ainsi que cela ressort au demeurant de la fiche de salaire du mois de décembre 2018.
Quoi qu'il en soit, et comme relevé ci-avant (cf. consid. 4), la recourante n’a pas signalé à l’autorité intimée les changements intervenus dans sa situation économique, singulièrement l'augmentation de ses revenus pour le compte de ******** SA, ni n'a fourni ses fiches de salaire pour les mois de mars à juillet 2019, pourtant nécessaires à la révision de son dossier, pour ne finalement produire ses certificats de salaire 2019 que dans le cadre de la présente procédure; elle n'a pas non plus réagi aux demandes de l'autorité intimée, qui a dû la menacer de refus d’octroi des PCFam pour qu'elle finisse par réagir.
Dans ces circonstances, il y a lieu de tenir pour établi qu'elle a failli à son obligation de renseigner au sens des art. 22, 22a LPCFam et 44 RLPCFam, ce qui justifie également la restitution des prestations indûment versées en vertu de l'art. 30 al. 3 RLPCFAm.
6. Pour le surplus, les arguments que la recourante fait valoir en lien avec la naissance de sa seconde fille sortent de l'objet du litige, de même que ceux ayant trait à sa demande de compensation avec les montants qui lui seraient dus de la part de l'autorité intimée postérieurement à la période ici litigieuse. Cette argumentation devra le cas échéant être présentée dans le cadre d’une demande de remise de l'obligation de restituer (cf. art. 28 al. 2 LPCFam).
7. Il ressort de ce qui précède que le recours, dans la mesure de sa recevabilité, doit être partiellement admis, et la décision attaquée réformée, en ce sens que la recourante a droit à une PCFam mensuelle de 1'562 fr. 35 pour novembre et décembre 2018, et de 1'417 fr. 80 dès le mois de janvier 2019, et doit restituer les prestations indûment touchées du 1er novembre 2018 au 30 juin 2019 à hauteur de 2'992 fr. 70. Il n'y a pas lieu de percevoir de frais de justice. La recourante, agissant par l’entremise d’un conseil, a droit à des dépens, dont le montant sera réduit compte tenu de l’issue du recours (art. 55 et 56 al. 2 LPA-VD).