Decision ID: 6416d86d-ec47-5f45-a360-1579220d6df6
Year: 2020
Language: fr
Court: FR_TC
Chamber: FR_TC_007
Canton: FR
Region: Espace_Mittelland
Law Area: public_law

considérant en fait
A. Du 17 décembre 2018 au 5 juillet 2019, A._ a été engagée en qualité d'enseignante à 100% auprès de l'établissement scolaire de B._. Elle a remplacé une collègue en incapacité de travail suite à un accident.
Le 1er août 2019, elle a été engagée à un taux de 40% pour une durée indéterminée.
Depuis le 30 mars 2020, l'enseignante est en incapacité de travail pour cause de maladie.
B. Le 26 mai 2020, elle a été invitée à un entretien de qualification. La responsable d'établissement (ci-après : RE) lui a adressé diverses critiques et l'a informée du fait qu'un terme allait être mis à son engagement.
Le 1er juin 2020, l'enseignante a remis ses observations à la cheffe du Service des ressources (SRess). Elle a relevé en substance qu'en raison de la situation liée à la pandémie de Covid-19 et de son incapacité de travail, elle n'a pas pu faire l'objet d'une évaluation complète. De plus, son travail a été perturbé car elle a dû s'occuper de sa mère malade. Elle n'a cependant jamais eu de problèmes avec les enfants, les parents et les collègues, a assumé avec succès un remplacement et s'est investie dans son travail, notamment en entreprenant des démarches pour s'améliorer dans l'enseignement à distance.
Le 8 juin 2020, la Direction de l'instruction publique, de la culture et du sport (DICS) a résilié les rapports de service au 31 juillet 2020. Elle a relevé que l'enseignante rencontrait des difficultés de communication, tant dans le message donné que dans le traitement de l'information. Le journal de classe présentait des lacunes et était incomplet et, malgré les exigences institutionnelles, n'était pas accessible. L'enseignante rencontrait également des difficultés dans la prise en charge de la classe et ses compétences d'usage pédagogique des technologies de l'information et de la communication étaient insuffisantes.
C. Par mémoire du 4 juillet 2020, A._ interjette un recours auprès du Tribunal cantonal contre la décision de licenciement du 8 juin 2020, la jugeant "infondée". Elle rappelle que l'année scolaire a été fortement perturbée par la pandémie Covid-19. L'enseignement a ainsi dû être adapté et les contacts avec les collègues et la RE ont été rendus plus difficiles. De plus, elle est en incapacité de travail pour cause de maladie depuis le 30 mars 2020 et a souffert d'une fracture de la cheville au mois de mai 2020. S'agissant des reproches qui lui sont adressés, elle relève en substance que la RE n'a réalisé aucune visite de classe, de sorte que l'évaluation est incomplète. Elle n'a de plus jamais été informée du fait que ses compétences étaient remises en question. Durant toutes ses années d'enseignement, elle n'a jamais reçu une réclamation des parents, entretenant avec ceux-ci de bonnes relations. Elle a certes rencontré des problèmes avec certains outils informatiques mais elle y travaillait avec l'aide du collaborateur pédagogique. Quant au reproche relatif au suivi de classe, il n'apparait pas dans l'évaluation de la RE et n'est pas étayé. L'enseignante rappelle que, lors de son engagement d'une durée déterminée, elle a repris avec succès une classe qui, en un an et demi, avait déjà connu 14 remplaçants. Elle a été félicitée pour son travail et s'est vue attribuer le poste à 40%. Elle n'a ainsi aucun problème de gestion des élèves. S'agissant du journal de classe incomplet, elle reconnait qu'elle n'avait pas son mot de passe sur elle lors de l'entretien. Elle avait cependant pris des extraits imprimés pour que la RE puisse juger de la qualité du travail fourni. Elle a toujours cherché à s'améliorer et a ainsi participé
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à plusieurs reprises au groupe d'analyse de pratique (système d'appui obligatoire pour les nouveaux titulaires). Son écoute, ses apports et ses capacités d'analyse ont par ailleurs été appréciés par les animateurs et participants du groupe. S'agissant du reproche selon lequel sa collaboration laisse à désirer, il n'est pas étayé. Il s'agit de sentiments et d'impressions, sans faits ni dates. La RE lui avait proposé de voir le collaborateur pédagogique, qui l'a trouvée adéquate mais stressée par la crise liée au Covid-19. Partant, la procédure d'évaluation de la RE est incomplète.
Le 26 août 2020, la DICS remet ses observations, concluant à ce que le recours du 4 juillet 2020 soit rejeté et à ce que la décision de résiliation des rapports de service soit confirmée, frais et dépens à la charge de A._. Elle rappelle que l'enseignante se trouvait en période probatoire et que les rapports de service pouvaient ainsi être résiliés librement de part et d'autre, sans entretien formel ni motivation étayée. La recourante n'invoque pas le grief de l'arbitraire, ni de violation de l'égalité de traitement ni même – du moins explicitement – de licenciement abusif. Son parcours professionnel varié, ses compétences pédagogiques et humaines et sa volonté de se former ne sont pas remis en cause. Toutefois, le RE et l'inspecteur scolaire ont fait part de certaines difficultés. Le problème principal réside dans la non-tenue d'un journal de classe, un point qui à lui seul justifierait le licenciement. De plus, les connaissances informatiques (techniques et didactiques) de l'enseignante sont largement insuffisantes. De manière générale, la RE a senti l'intéressée désorganisée, désorientée et confuse dans sa communication, notamment avec les parents et les collègues. La charge de la gestion d'une classe semblait de plus trop lourde. Il est certes regrettable qu'aucune visite de classe n'ait été effectuée par la RE. Toutefois, celle-ci doit évaluer son personnel enseignant selon quatre axes – l'enseignement, le suivi pédagogique et éducatif des élèves, le fonctionnement de l'école et la formation continue – et la visite de classe ne concerne que le premier d'entre eux. Un problème dans un seul de ces domaines justifie un licenciement. Lors de l'engagement de A._, la période probatoire d'une année avait été maintenue malgré le remplacement temporaire qu'elle avait effectué auparavant. La DICS avait en effet des doutes sur ses compétences à reprendre une classe après une très longue période d'interruption d'activité d'enseignante, doutes qui se sont confirmés par la suite. Ainsi, le licenciement est justifié.
Dans sa détermination du 4 septembre 2020, A._ relève que la DICS n'a pas respecté le délai qui lui était imparti pour déposer ses observations, ce qui dénote une absence de considération pour le dossier. De plus, dites observations ne contiennent que des affirmations sans faits concrets ni dates. Ainsi, l'enseignante conteste les problèmes avec les parents et la confusion dans sa communication. Elle rappelle de plus qu'il est faux d'affirmer qu'elle avait longtemps interrompu son activité d'enseignante puisqu'elle a enseigné à C._ et D._, a réalisé des interventions dans la nature avec les enfants et a effectué avec succès un remplacement de 6 mois avant d'être engagée.
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en droit
1.
Déposé dans le délai et les formes prescrits, le recours est recevable en vertu des art. 114 al. 1 let. c du code cantonal du 23 mai 1991 de procédure et de juridiction administrative (CPJA; RSF 150.1). Le Tribunal cantonal peut donc entrer en matière sur ses mérites.
Selon l’art. 77 CPJA, le recours devant le Tribunal cantonal peut être formé pour violation du droit, y compris l’excès ou l’abus du pouvoir d’appréciation (lettre a) et pour constatation inexacte ou incomplète des faits pertinents (lettre b). En revanche, à défaut d’habilitation légale expresse, la Cour ne peut pas examiner en l'espèce le grief d’inopportunité (art. 78 al. 2 CPJA). L'art. 96a al. 1 CPJA précise que l'autorité de recours examine avec retenue les décisions d'une autorité à laquelle la législation accorde une large marge d'appréciation. Tel est le cas en particulier des décisions relatives à l'évaluation du travail, des aptitudes et du comportement d'une personne (al. 2 let. a).