Decision ID: ecc34d27-ef26-59f8-92a1-0adeab29d389
Year: 2019
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_013
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: public_law

attendu, en fait, que dans cette décision incidente, l’autorité a considéré que les éléments constitutifs d’un motif fondé de résiliation des rapports de service de
M. A_, maître généraliste dans l’enseignement primaire et fonctionnaire depuis le 1
er
septembre 2008, étaient réalisés, consistant en un comportement relationnel inadéquat à l’égard de trois collègues – Mmes B_, C_ et D_ – source de conflits et, partant, d’une insuffisance de prestations ;
que cette décision incidente, déclarée exécutoire nonobstant recours, fait suite notamment à un entretien de service du 4 mai 2018 à l’issue duquel la décision de libération de l’obligation de travailler a été prise dans l’urgence par le supérieur hiérarchique de l’intéressé, suivi d’un arrêté du Conseil d’État du 20 juin 2018 ratifiant cette mesure, et répond à une demande de M. A_ formulée le 17 janvier 2019 de le réintégrer immédiatement à son poste ;
qu’elle ouvre la procédure de reclassement, avec une mise en œuvre prévue pour deux mois, et demande notamment au recourant la remise d’un curriculum vitae mis à jour, la conseillère d’État précisant que la libération de l’obligation de travailler continue à déployer ses effets et qu’elle n’entend pas demander au Conseil d’État sa réintégration dans un poste d’enseignant ;
que dans son recours, M. A_ fait entre autres état d’un rapport du 14 janvier 2019 du groupe de confiance faisant suite à une demande d’investigation du département contre lui, à la fin duquel ledit groupe ne constate pas d’atteinte à la personnalité d’une certaine gravité ni de harcèlement psychologique à l’encontre des trois collègues susmentionnées ;
que le recourant conclut, sur mesures superprovisoires, à la restitution de l’effet suspensif au recours, sur mesures provisionnelles, à la même mesure ainsi qu’à sa réintégration immédiate au sein de l’école primaire E_, au fond, à l’annulation de la décision d’ouverture de la procédure de reclassement et à sa réintégration définitive au sein de l’école primaire susmentionnée, « avec suite de frais et dépens » ;

considérant, en droit, qu’aux termes de l’art. 66 de la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 1985 (LPA -
E 5 10
), sauf disposition légale contraire, le recours a effet suspensif à moins que l’autorité qui a pris la décision attaquée n’ait ordonné l’exécution nonobstant recours (al. 1) ; que toutefois, lorsque aucun intérêt public ou privé prépondérant ne s’y oppose, la juridiction de recours peut, sur la demande de la partie dont les intérêts sont gravement menacés, retirer ou restituer l’effet suspensif (al. 3) ;
qu’en vertu de l’art. 21 LPA, l’autorité peut d’office ou sur requête ordonner des mesures provisionnelles en exigeant au besoin des sûretés (al. 1) ; que ces mesures sont ordonnées par le président s’il s’agit d’une autorité collégiale ou d’une juridiction administrative (al. 2) ;
que selon la jurisprudence constante de la chambre administrative, des mesures provisionnelles – au nombre desquelles compte la restitution de l’effet suspensif – ne sont légitimes que si elles s’avèrent indispensables au maintien d’un état de fait ou à la sauvegarde d’intérêts compromis (ATF
119 V 503
consid. 3 ;
ATA/503/2018
du 23 mai 2018 ;
ATA/955/2016
du 9 novembre 2016 consid. 4 ;
ATA/1244/2015
du 17 novembre 2015 consid. 2) ; qu’elles ne sauraient, en principe, anticiper le jugement définitif (Isabelle HÄNER, Vorsorgliche Massnahmen in Verwaltungsverfahren und Verwaltungsprozess in RDS
1997 II 253
-420, spéc. 265) ;
que, par ailleurs, l’octroi de mesures provisionnelles présuppose l’urgence, à savoir que le refus de les ordonner crée pour l’intéressé la menace d’un dommage difficile à réparer (ATF
130 II 149
consid. 2.2 ;
127 II 132
consid. 3 = RDAF
2002 I 405
;
ATA/941/2018
du 18 septembre 2018) ;
que la restitution de l’effet suspensif est subordonnée à l’existence de justes motifs, qui résident dans un intérêt public ou privé prépondérant à l’absence d’exécution immédiate de la décision (arrêt du Tribunal fédéral
2C_1161/2013
du 27 février 2014 consid. 5.5.1) ;
que pour effectuer la pesée des intérêts en présence qu’un tel examen implique, l’autorité de recours n’est pas tenue de procéder à des investigations supplémentaires, mais peut statuer sur la base des pièces en sa possession (ATF
117 V 185
consid. 2b ; arrêt du Tribunal fédéral
1C_435/2008
du 6 février 2009 consid. 2.3 et les arrêts cités ;
ATA/812/2018
du 8 août 2018) ;
que la chambre de céans dispose dans l’octroi de mesures provisionnelles d’un large pouvoir d’appréciation (arrêt du Tribunal fédéral
2C_1161/2013
précité consid. 5.5.1 ;
ATA/941/2018
précité) ;
que ces principes et exigences valent a fortiori en matière de mesures superprovisionnelles, à prendre avant même les déterminations de l’autorité intimée ;
qu’en l’espèce, s’il était fait droit à la conclusion de restitution de l’effet suspensif prise sur mesures superprovisionnelles, la procédure de reclassement serait bloquée sans que la situation concrète antérieure du recourant soit pour le reste modifiée, vu sa libération de l’obligation de travailler ;
qu’il découle certes de la jurisprudence récente du Tribunal fédéral qu’une décision d’ouverture de reclassement (art. 21 al. 3, 3
ème
et 4
ème
phr., de la loi générale relative au personnel de l’administration cantonale, du pouvoir judiciaire et des établissements publics médicaux du 4 décembre 1997 - LPAC -
B 5 05
; art. 46A du règlement d’application de la loi générale relative au personnel de l’administration cantonale, du pouvoir judiciaire et des établissements publics médicaux du 24 février 1999 - RPAC -
B 5 05.01
) est le cas échéant susceptible de causer au fonctionnaire concerné un préjudice irréparable au sens de l’art. 57 let. c LPA, ledit fonctionnaire ayant accepté le reclassement (ATF
143 I 344
consid. 7, annulant l’
ATA/640/2016
du 26 juillet 2016) ;
que toutefois, à tout le moins à ce stade de mesures superprovisionnelles avec une durée de validité restreinte dans le temps et alors que la procédure de reclassement vient de commencer, le seul fait que l’intéressé soit obligé de collaborer à la procédure de reclassement s’il n’entend pas faire ultérieurement l’objet d’une résiliation de ses rapports de service pour motif fondé (art. 21 al. 3, 1
ère
et 2
ème
phr., et 22 LPAC) n’est pas propre à lui causer un préjudice difficile à réparer ;
que la condition de l’urgence fait ainsi défaut, sans qu’il importe d’examiner si le DIP aurait de son côté pu organiser l’entretien de service et s’adresser au groupe de confiance plus tôt ;
que vu ce qui précède, la demande de restitution de l’effet suspensif sur mesures superprovisionnelles de même que toutes autres mesures superprovisionnelles seront refusées, le sort des frais de la procédure étant réservé jusqu’à droit jugé au fond ;
qu’un délai sera imparti à l’intimé pour présenter ses observations sur effet suspensif et mesures provisionnelles ainsi qu’au fond et produire son dossier.