Decision ID: 3e35f8b1-30ed-5f16-9de7-d684113c0eb5
Year: 2010
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_013
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: public_law

EN FAIT
1. Par décisions du 4 novembre 2009, l’administration fiscale cantonale (ci-après : AFC-GE) a rejeté la réclamation déposée par Monsieur C_ concernant l’impôt cantonal et communal (ICC 2005), l’impôt fédéral direct (IFD 2005) ainsi que l’ICC 2007 et l’IFD 2007.
2. M. C_ a saisi la commission cantonale de recours en matière administrative (ci-après : CCRA) d’un recours contre les décisions précitées. Le barème pour ces deux années avait été mal appliqué.
3. Le 8 décembre 2009, la CCRA a envoyé à M. C_ un courrier recommandé avec accusé de réception l’invitant à verser une avance de frais dans un délai venant à échéance le 7 janvier 2010, faute de quoi le recours serait déclaré irrecevable. Le courrier précisait « en cas de ressources insuffisantes pour assurer la défense de vos intérêts, il vous est possible de solliciter l’assistance juridique au moyen d’un formulaire que vous pourrez retirer à la réception de la CCRA ou en ligne (...). Si vous sollicitez une telle assistance, vous voudrez nous faire parvenir copie de votre demande déposée auprès du service de l’assistance juridique avant l’échéance du délai de paiement. Le dépôt d’une telle requête vous dispense provisoirement de l’avance de frais, soit jusqu’à droit jugé sur votre demande d’assistance (art. 2 et 8 du règlement sur l’assistance juridique du 18 mars 1996 - RAJ -
E 2 05.04
) ».
4. Le pli recommandé a bien été réceptionné par M. C_ mais l’avance de frais n’a pas été effectuée dans le délai imparti.
5. Par décision du 15 mars 2010, la CCRA a déclaré le recours irrecevable en raison du défaut de paiement de l’avance de frais en application de l’art. 86 al. 2 de la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 1985 (LPA -
E 5 10
).
6. Par acte daté du 1
er
avril 2010 et remis à un office de l’entreprise La Poste le 5 du même mois, M. C_ a recouru contre la décision précitée auprès du Tribunal administratif. Il n’avait pas été informé de son droit de demander un report ou une dérogation concernant l’émolument cité du fait que suite à une saisie en cours, son revenu avait été réduit au minimum vital. Il lui était impossible de payer l’émolument requis.
Il conclut à ce que lui soit accordé une exception quant aux émoluments qui seraient dus à la CCRA et au renvoi de la cause à l’instance inférieure pour qu’elle statue sur le fond du recours.
7. Le 6 avril 2010, le Tribunal administratif a fixé au recourant un délai venant à échéance le 6 mai 2010 pour s’acquitter d’une avance de frais de CHF 250.-. Le recours à l’assistance juridique était mentionné dans les mêmes termes que ceux figurant dans la lettre du 8 décembre 2009 de la CCRA.
8. Dans sa détermination du 20 avril 2010, l’AFC-GE s’en est rapportée à justice quant à l’irrecevabilité du recours interjeté auprès de la CCRA.
L’administration fédérale des contributions en a fait de même le 14 mai 2010.
9. Le 27 avril 2010, la CCRA a déposé son dossier sans observations.
10. M. C_ a payé l’avance de frais requise par le Tribunal administratif le 5 mai 2010.
11. Sur quoi, la cause a été gardée à juger.

EN DROIT
1. Interjeté en temps utile devant la juridiction compétente, le recours est recevable (art. 56A de la loi sur l’organisation judiciaire du 22 novembre 1941 - LOJ -
E 2 05
; art. 63 al. 1 let. a LPA -
E 5 10
).
2. Depuis l’entrée en vigueur, le 1
er
janvier 2009, de l’art. 86 LPA : « La juridiction invite le recourant à faire une avance destinée à couvrir les frais de procédure et des émoluments présumables. Elle fixe à cet effet un délai suffisant. Si l’avance n’est pas faite dans le délai imparti, la juridiction déclare le recours irrecevable ».
3. En application de cette disposition, la CCRA a déclaré le recours irrecevable en raison du défaut de paiement de l’avance de frais.
4. Dans son recours adressé au Tribunal administratif, le recourant allègue qu’il n’a pas les moyens financiers de s’acquitter du montant de l’avance de frais qui lui était réclamée.
Il résulte du dossier que la CCRA a expressément précisé à M. C_ qu’il pouvait solliciter l’assistance juridique s’il n’était pas en mesure de s’acquitter de l’avance de frais qui lui était réclamée et que dans ces conditions, il serait dispensé provisoirement, cas échéant, de ce versement. Si le recourant sollicitait une telle assistance, il lui appartenait de faire parvenir à la CCRA copie de sa demande avant l’échéance du délai de paiement.
Or à aucun moment, M. C_ n’a indiqué qu’il aurait sollicité l’assistance juridique.
Il s’ensuit que la décision de la CCRA est conforme à la loi et échappe à toute critique.
5. Le recours sera rejeté. Vu la pratique du tribunal de céans, aucun émolument ne sera perçu (
ATA/269/2010
du 20 avril 2010 et les réf. citées).