Decision ID: e6828351-8e1e-5325-8c0c-1133cc380a7f
Year: 2017
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_007
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 

EN FAIT
, la réquisition de poursuite expédiée le 28 juin 2016 à l’Office des poursuites (ci-après : l’Office) par l’ETAT DE VAUD (ci-après : le créancier) à l’encontre de A_ (ci-après : le débiteur);
Attendu que par acte expédié le 3 juillet 2017 au greffe de la Chambre de surveillance des Offices des poursuites et des faillites (ci-après : la Chambre de surveillance), le créancier s’est plaint d'un retard injustifié dans le traitement de cette réquisition de poursuite;
Qu’il a expliqué être sans nouvelles de cette poursuite malgré une relance à l’Office, par courrier du 6 mars 2017;
Que dans le délai imparti pour déposer ses observations, ce dernier conclut au rejet de la plainte;
Qu’il a expliqué avoir traité cette réquisition de poursuite le 4 octobre 2016, n’avoir pu notifier le commandement de payer correspondant, poursuite n° 16 xxxx32 P, le
31 octobre 2016, au débiteur, lequel n’était pas domicilié à l’adresse indiquée par le créancier, avoir envoyé une convocation, puis une sommation, les 9 décembre 2016 et 17 janvier 2017, avoir tenté à nouveau sans succès une notification du commandement de payer en question, les 6 avril, 9 et 31 mai, ainsi que 27 juin 2017, avoir finalement appris de l’Hospice général, le 10 juillet 2017 que le débiteur pouvait être domicilié au B_, que par la suite, il est apparu que le débiteur avait disparu dudit foyer depuis le 31 juillet 2013 selon sa réceptionniste, l’extrait du Registre de l’Office de la population mentionnant qu’il avait quitté la Suisse le 4 novembre 2014 pour C_;
Que par conséquent, l’Office avait prononcé une décision de non-lieu de notification, le 14 juillet 2017;
Considérant,

EN DROIT
, que la Chambre de surveillance est compétente pour statuer sur les plaintes formées en application de la LP (art. 13 LP; art. 126 al. 2 let. c LOJ; art. 6 al. 1 et 3 et 7 al. 1 LaLP) contre des mesures non attaquables par la voie judiciaire ou, comme en l'espèce, pour un retard injustifié (art. 17 al. 1 et 2 LP);
Que le créancier poursuivant a qualité pour se plaindre en tout temps d'un retard injustifié dans le traitement de sa réquisition de poursuite à l’encontre du débiteur, sa présente plainte satisfaisant en outre aux exigences de forme légales (art. 17 al. 3 LP;
9 al. 1 et 2 LaLP);
Qu’elle est dès lors recevable à la forme;
Considérant qu'aux termes des art. 69 al. 1 et 71 LP, dès réception de la réquisition de poursuite, c'est-à-dire «
aussi vite que possible
», l’Office rédige le commandement de payer correspondant et le notifie au débiteur;
Qu'en l'espèce, la réquisition de poursuite visée a été expédiée à l’Office par le créancier le 28 juin 2016;
Que ledit Office a alors mis trois mois pour éditer, le 4 octobre 2016, le commandement de payer correspondant, poursuite n° 16 xxxx32 P;
Que cette poursuite n’a pu être notifiée au débiteur, malgré les tentatives réitérées de l’Office entre octobre 2016 et juillet 2017;
Qu’à cette date, il s’est avéré que le débiteur avait quitté la Suisse depuis 2014, la décision de non-lieu de notification prononcée par l’Office 14 juillet 2017 étant dès lors justifiée;
Qu’en revanche, n’est pas justifié le délai de trois mois mis par l’Office entre le dépôt de la réquisition de poursuite par le créancier, le 28 juin 2016, et l’édition, le 4 octobre 2016, du commandement de payer, poursuite n°16 xxxx32 P;
Que cette situation est constitutive d’un retard inadmissible de l’Office, lequel doit être constaté;
Qu’en effet, il appartient audit Office de faire diligence dans le traitement des actes de poursuite qui lui parviennent, de sorte qu’un délai de près de 12 mois entre la réception de la réquisition de poursuite et la décision de non-lieu de notification susmentionnée n’est pas admissible;
Qu’il est en outre rappelé à cet égard que la loi ne laisse aucune place à une surcharge de travail ou à une désorganisation dudit Office, même réelle, pour justifier une telle violation du principe de célérité;
Que cela étant, à la suite du départ du débiteur à l’étranger en 2014 et du prononcé de sa décision de non-lieu de notification par l’Office, il y a lieu de constater que la présente plainte est devenue sans objet en cours de procédure et devra être rayée du rôle;
Que la présente décision sera transmise au Préposé de l’Office afin qu’il prenne les mesures nécessaires à éviter que les circonstances du cas d’espèce ne se reproduisent;
Qu’en application de l’art. 62 al. 2 OELP, il n’est alloué aucun frais ni dépens dans la procédure de plainte au sens de l'art. 17 LP.
* * * * *