Decision ID: a909f0aa-4203-5b3a-b378-24e0f6b001db
Year: 2016
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_002
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law

EN FAIT
A.
a.
Par jugement
JTPI/12447/2015
du 29 octobre 2015, communiqué à l'Office des faillites le même jour, le Tribunal de première instance a rejeté la requête en clôture de la faillite de la succession répudiée d'A_ (ch. 1 du dispositif) et renoncé à fixer un émolument de décision (ch. 2).![endif]>![if>
b.
Par acte du 4 novembre 2015, la masse en faillite de Feue A_, représentée par l'Office des faillites, forme recours à l'encontre de ce jugement concluant à son annulation, et cela fait, au prononcé de la clôture de la liquidation selon les règles de la faillite de la succession de Feue A_.
Elle produit à l'appui de sa requête quatre pièces nouvelles.
c.
Invité à se déterminer sur le recours, le Tribunal, par courrier du 11 décembre 2015, conclut à l'irrecevabilité des allégués et pièces nouveaux, lesquels démontrent "le caractère lacunaire de la requête en clôture de la faillite de l'Office et le caractère abscons des pièces produites à l'appui de cette requête".
d.
Les parties ont été informées par courrier du greffe de la Cour du 15 décembre 2015 de ce que la cause était gardée à juger.
B.
Les faits suivants résultent du dossier soumis au premier juge :![endif]>![if>
a.
Par jugement du 15 janvier 2015, le Tribunal a ordonné la liquidation de la succession de A_ selon les règles de la faillite, puis le 5 mars 2015, la liquidation sommaire de ladite succession.
b.
A teneur du compte des frais et tableau de distribution déposé le 15 août 2015 par l'Office des faillites, le produit de la réalisation des biens de la masse en faillite de la succession de A_ totalisait 12'164 fr. 30 et les frais 4'229 fr. 10. Avec des créances de 30'292 fr. 35, le découvert final se montait à 22'357 fr. 15.
Selon le tableau des mouvements de l'Office des faillites, les montants portés au crédit du compte de la faillite de A_ totalisaient 22'014 fr. 30 et ceux au débit 21'864 fr. 31, soit un solde de 149 fr. 99. Figurent notamment au débit de ce tableau, le 26 mai 2015, deux montants portant mention de "production tardive AVF B_ 20150526" et au crédit un montant de 350 fr. le 29 mai 2015, avec la mention "paiement invitation à payer n°_ de B_".
c.
Par requête du 1
er
septembre 2015, l'Office des faillites a sollicité la clôture de la faillite de la succession de A_. Etaient joints à sa requête, le compte des frais et tableau de distribution des deniers, la liste de répartition et des actes de défaut de biens, ainsi que la liste des mouvements du sous compte de la faillie.
d.
Le 29 octobre 2015, le Tribunal a rendu le jugement querellé.
Il a, en substance, considéré que la liquidation n'était pas terminée, le paiement de 350 fr. du 29 mai 2015 à la suite d'une invitation à payer n'ayant pas été affecté à la distribution des deniers.

EN DROIT
1.
1.1
L'appel étant irrecevable dans les affaires relevant de la compétence du tribunal de la faillite selon la LP (art. 309 let. b ch. 7 CPC), seule la voie du recours est ouverte.![endif]>![if>
La masse en faillite, destinataire de la décision querellée, a qualité pour recourir. Si, comme elle le soutient, la liquidation est terminée, il est dans l'intérêt des créanciers qu'une décision de clôture soit rendue.
Formé selon la forme et dans le délai prescrits, le recours est recevable
(art. 321 CPC).
1.2
Le recours est ouvert pour violation du droit et constatation manifestement inexacte des faits (art. 320 CPC).
1.3
Les conclusions, les allégations de faits et les preuves nouvelles sont irrecevables (art. 326 al. 1 CPC).
Les pièces nouvellement produites par la recourante, ainsi que les allégués qu'elles contiennent sont irrecevables.
2.
La recourante fait valoir qu'en assimilant une avance de frais à un produit susceptible d'être distribué entre les créanciers, le Tribunal a apprécié les faits de manière arbitraire et violé le droit.![endif]>![if>
2.1
Lorsque le juge de la faillite constate que la liquidation est achevée, il prononce la clôture de la faillite (art. 268 al. 2 LP).
Le Tribunal établit les faits d'office en matière de faillite et concordat (art. 255
let. a CPC).
Si le Tribunal de première instance n'a pas administré de preuves sur tous les faits pertinents, sans s'assurer, par l'interpellation des parties, que leurs allégués de fait et leurs offres de preuves étaient complets, alors qu'il devait avoir des motifs objectifs d'éprouver des doutes à ce sujet, il n'a alors pas instruit la cause conformément à la maxime inquisitoire, ce qui constitue une violation du droit (art. 310 let. a CPC) (ATF
138 III 374
consid. 4.3.2.).
2.2
En l'espèce, le premier juge a admis dans sa détermination sur recours que la requête de clôture de faillite était incomplète et que les pièces produites à l'appui de celle-ci étaient peu claires. Il lui appartenait dès lors d'interpeller la recourante pour obtenir des éclaircissements, en particulier sur le montant de 350 fr., à cause duquel il a refusé la clôture sollicitée, avant de rendre sa décision. En le ne faisant pas, il a violé le droit.
Partant, le recours est fondé. Le jugement querellé sera annulé et la cause renvoyée au Tribunal pour instruction et nouvelle décision dans le sens des considérants (art. 327 al. 3 let. a CPC).
3.
Il ne sera pas perçu d'émolument (art. 19 al. 5 LaCC et 7 al. 2 RTFMC).![endif]>![if>
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