Decision ID: 24da1fc0-e5ba-52ef-8d75-a353bd5977b1
Year: 2005
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_014
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: social_law

EN FAIT
Par jugement du 21 décembre 2000, la 8ème chambre du Tribunal de première instance a prononcé le divorce de Madame et Monsieur et N_, mariés en date du 4 décembre 1977.
Selon le chiffre 11 du jugement précité, le Tribunal de première instance a ordonné le partage par moitié des avoirs de prévoyance professionnelle acquis par le demandeur durant le mariage.
Le jugement de divorce a fait l’objet d’un appel à la Cour de justice, qui rendit son arrêt le 18 mars 2005. La Cour y constatait que le jugement de divorce était devenu définitif sur le point du partage, faute d’appel sur cette question, le 31 janvier 2001. Cependant, le partage n’avait jamais été effectué au motif que le dedmandeur avait pris sa retraite en cours d’instance, soit le 1
er
janvier 2003. La Cour, constatant que la retraite était survenue postérieurement au jugement de divorce entré en force, achemina le dossier au Tribunal de céans pour l’exécution du partage tel qu’ordonné par le premier juge.
Le Tribunal de céans a interpellé la FONDATION DE PREVOYANCE SUISSE EN FAVEUR DES FONCTIONNAIRES DE IATA - GENEVE p.a.X_ CONSEIL SA, par courrier du 21 avril 2005, pour qu’elle procède au calcul du partage de la prestation de prévoyance tel qu’il aurait dû avoir lieu au 31 janvier 2001, et calcule à nouveau le montant de la rente due au demandeur.
Selon le courrier de X_ SA du 2 juin 2005, la prestation de libre passage à partager, acquise entre le 4 décembre 1977 et le 31 janvier 2001 est de 1'652'879 fr. 95. X_ SA confirmait que la moitié, soit 826'440 fr, pourrait être versée à l’ex-épouse, et que le recalcul de la rente suivrait.
Ce document a été transmis aux parties en date du 8 juin 2005. La juridiction leur a indiqué qu'à défaut d'observations d'ici au 25 juin 2005, un arrêt serait rendu sur cette base, et la demanderesse fut invitée à ouvrir un compte de libre passage et à en communiquer les coordonnées au Tribunal.
Par pli du 23 juin 2005, la demanderesse communiqua les coordonnées du compte ouvert auprès de laFONDATION DE LIBRE PASSAGE D’UBS SA . Le 30 juin 2005, X_ SA indiqua le montant de la nouvelle rente du demandeur.
Ces documents ont été transmis aux demandeurs le 7 juillet 2005, et la cause a été gardée à juger.

EN DROIT
1. L'art. 25a de la loi fédérale sur le libre passage dans la prévoyance professionnelle, vieillesse, survivants et invalidité du 17 décembre 1993 (LFLP), entré en vigueur le 1er janvier 2000, règle la procédure en cas de divorce. Lorsque les conjoints ne sont pas d’accord sur la prestation de sortie à partager (art. 122 et 123 Code Civil - CC), le juge du lieu du divorce compétent au sens de l'art. 73 al. 1 de la loi fédérale sur la prévoyance professionnelle du 25 juin 1982 (LPP), soit à Genève le Tribunal cantonal des assurances sociales depuis le 1
er
août 2003, doit, après que l'affaire lui a été transmise (art. 142 CC), exécuter d'office le partage sur la base de la clé de répartition déterminée par le juge du divorce.
2. Selon l'art. 22 LFLP (nouvelle teneur en vigueur depuis le 1er janvier 2000), en cas de divorce, les prestations de sortie acquises durant le mariage sont partagées conformément aux art. 122, 123, 141 et 142 CC; les art. 3 à 5 LFLP s'appliquent par analogie au montant à transférer (al. 1). Pour chaque conjoint, la prestation de sortie à partager correspond à la différence entre la prestation de sortie, augmentée des avoirs de libre passage existant éventuellement au moment du divorce, et la prestation de sortie, augmentée des avoirs de libre passage existant éventuellement au moment de la conclusion du mariage (cf. art. 24 LFLP). Pour ce calcul, on ajoute à la prestation de sortie et à l'avoir de libre passage existant au moment de la conclusion du mariage les intérêts dus au moment du divorce (ATF
128 V 230
; ATF
129 V 444
).
3. En l’espèce, le juge de première instance a ordonné le partage par moitié de la prestation de prévoyance acquise pendant le mariage du demandeur en faveur de son ex-épouse. La Cour a confirmé que le partage devait être exécuté à la date du 31 janvier 2001, le partage étant devenu exécutoire à cette date en l’absence de recours, et le demandeur ayant pris sa retraite ultérieurement. Les dates pertinentes sont donc, d’une part, celle du mariage, le 4 décembre 1977, d’autre part le 31 janvier 2001, date à laquelle le jugement de divorce est devenu exécutoire.
Selon le courrier reçu de X_ SA, le montant à partager est de 1'652'879 fr. 95 , soit 826'440 fr. en faveur de la demanderesse, les intérêts ayant déjà été calculés.
4. Conformément à la jurisprudence, depuis le jour déterminant pour le partage jusqu'au moment du transfert de la prestation de sortie ou de la demeure, le conjoint divorcé bénéficiaire de cette prestation a droit à des intérêts compensatoires sur le montant de celle-ci. Ces intérêts sont calculés au taux minimum légal selon l'art. 12 de l'ordonnance sur la prévoyance professionnelle vieillesse, survivants et invalidité du 18 avril 1984 (OPP 2) ou selon le taux réglementaire, si celui-ci est supérieur (ATF non publié B 36/02 du 18 juillet 2003)
5. Aucun émolument ne sera perçu, la procédure étant gratuite (art. 73 al. 2 LPP et 89H al. 1 de la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 1985).
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