Decision ID: d8950950-5d16-54ba-8e70-7630e9cb655f
Year: 2022
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_004
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law

EN FAIT
, que par nouvelle requête de mesures superprovisionnelles et provisionnelles du 16 mars 2022, A_ SÀRL a conclu à ce que la Cour dise que le caractère exécutoire du chiffre 2 du dispositif du jugement
JTBL/1053/2021
rendu le 16 décembre 2021 par le Tribunal des baux et loyers dans la cause C/21505/2021, ainsi que le caractère exécutoire du jugement
JTBL/29/2022
rendu le 20 janvier 2022 par le Tribunal dans la même cause soient suspendus, fasse obligation à FONDATION B_ sans délai et au plus tard à réception "de la prochaine décision de justice", la chose en l'état en remplaçant le nouveau cylindre par l'ancien et en restituant les clés y relatives à A_ SÀRL ou en remettant à A_ SÀRL toutes les clés permettant d'ouvrir le cylindre actuel, assortisse cette obligation "des peines de droit prévues à l'art. 292 CP", dise que FONDATION B_ est soumise à une amende d'ordre de 1'000 fr. pour chaque jour d'inexécution, le montant des amendes devant être perçu par A_ SÀRL et dise que FONDATION B_ était condamnée à restituer à A_ SÀRL la somme de 905 fr. 20 soit la moitié des indemnités pour occupation illicite du mois de mars 2022;
Considérant,

en droit
, qu'en cas d'urgence particulière, le tribunal peut ordonner des mesures provisionnelles immédiatement, sans entendre la partie adverse (art. 265 al. 1 CPC);
Que le prononcé de telles mesures suppose un danger particulièrement imminent ou que le fait de donner connaissance de la requête à la partie requise risquerait de prétériter l'exécution des mesures (Bohnet, Commentaire romand, Code de procédure civile, 2ème éd., 2019, n. 2 ad art. 265 CPC);
Que les conditions de la mesure provisionnelle n'ont pas à être prouvées de manière absolue; que le requérant doit les rendre vraisemblables ou plausibles; qu'il n'est pas nécessaire que le juge soit persuadé de l'existence des faits; qu'il suffit que, sur la base d'éléments objectifs, il acquière l'impression d'une certaine vraisemblance de l'existence des faits pertinents, sans pour autant qu'il doive exclure la possibilité que les faits aient pu se dérouler autrement (ATF
130 III 321
= JdT
2005 I 618
);
Que l'octroi de mesures provisionnelles suppose la vraisemblance du droit invoqué et des chances de succès du procès au fond, ainsi que la vraisemblance, sur la base d'éléments objectifs, qu'un danger imminent menace le droit du requérant, enfin la vraisemblance d'un préjudice difficilement réparable, ce qui implique une urgence (Message du Conseil fédéral du 28 juin 2006 relatif au code de procédure civile suisse, in FF 2006 p. 6841 ss, spéc. 6961; Bohnet, op. cit., 2019, n. 3 ss ad art. 261 CPC; Hohl, op. cit., n. 1774, p. 325);
Que le requérant doit rendre vraisemblable qu'il s'expose, en raison de la durée nécessaire pour rendre une décision définitive, à un préjudice qui ne pourrait pas être entièrement supprimé même si le jugement à intervenir devait lui donner gain de cause; qu'en d'autres termes, il s'agit d'éviter d'être mis devant un fait accompli dont le jugement ne pourrait pas complètement supprimer les effets; qu'est difficilement réparable le préjudice qui sera plus tard impossible ou difficile à mesurer ou à compenser entièrement (arrêt du Tribunal fédéral
4A_611/2011
du 3 janvier 2011 consid. 4); qu'en d'autres termes, la condition de l'urgence doit être considérée comme remplie lorsque sans mesures provisionnelles, le requérant risquerait de subir un dommage difficile à réparer au point que l'efficacité du jugement rendu à l'issue de la procédure ordinaire au fond en serait compromise (arrêt du Tribunal fédéral
5A_629/2009
du 25 février 2010 consid. 4.2); qu'il s'agit d'éviter d'être mis devant un fait accompli dont le jugement ne pourrait pas complètement supprimer les effets (arrêt du Tribunal fédéral
4A_611/2011
du 3 janvier 2012 consid. 4.1);
Que la mesure ordonnée doit respecter le principe de proportionnalité, ce qui signifie qu'elle doit être à la fois apte à atteindre le but visé, nécessaire, en ce sens que toute autre mesure se révèlerait inapte à sauvegarder les intérêts de la partie requérante, et proportionnée, en ce sens qu'il ne doit pas exister d'alternatives moins incisives (Hohl, op. cit., p. 323 s.);
Que le tribunal, respectivement la Cour, peut ordonner toute mesure provisionnelle propre à prévenir ou à faire cesser le préjudice, notamment les mesures suivantes, la fourniture d’une prestation en nature (art. 262 let. d CPC);
Qu'il peut ainsi être imposé à une partie une obligation de faire, notamment de remettre un bien (p.ex. la chose louée, Bohnet, CPra Bail, n. 7 ad art.261/262 CPC et les réf.) ou de le restituer, ce sur la base d’une prétention contractuelle, du pétitoire (art.641 CC) ou du possessoire (art.927 CC) (Bohnet, Commentaire Romand, Code de procédure civile, 2ème éd. 2019, n. 11 ad art. 262 CPC);
Que si le juge rend des mesures superprovisionnelles, il doit ensuite rapidement soit entendre la partie adverse ou lui impartir un délai pour se prononcer par écrit et statuer sans délai sur la requête de mesures provisionnelles proprement dites (art. 265 al. 2 CPC); qu'il rend alors une décision sur mesures provisionnelles qui remplace la décision superprovisionnelle; que les mesures provisionnelles restent en principe en vigueur jusqu'à l'entrée en force de la décision au fond (ATF
139 III 86
consid. 1.1.1);
Que comme l'a retenu la Cour dans son ordonnance du 2 mars 2022, l'appelante avait rendu vraisemblable l'urgence à statuer, sans entendre la partie intimée, l'huissier judiciaire mandaté par cette dernière l'ayant avisée de ce qu'elle devait quitter les lieux au plus vite, à défaut de quoi la force publique interviendrait sans autre avis;
Que l'appelante avait par ailleurs rendu vraisemblable les conditions du prononcé de mesures superprovisionnelles;
Que la Cour a dès lors suspendu le caractère exécutoire du chiffre 2 du dispositif du jugement
JTBL/1053/2021
rendu le 16 décembre 2021 par le Tribunal ainsi que le caractère exécutoire du jugement
JTBL/29/2022
du 20 janvier 2022, décision qui déploie toujours ses effets, dès lors qu'il n'a pas encore été statué sur les mesures provisionnelles; que lesdites mesures superprovisionnelles n'ont pas non plus été révoquées;
Que dès lors que l'intimée a fait procéder au changement des cylindres, il se justifie de faire droit à la nouvelle requête de mesures superprovisionnelles et de condamner l'intimée à restituer immédiatement à l'appelante la possession exclusive de la surface (terrain nu) de 869 m2 située sur la parcelle n° 1_ de C_, notamment en lui restituant l'ensemble des clés des nouveaux cylindres; qu'il sera également fait interdiction à l'intimée de disposer de la surface susvisée d'une quelconque façon qui empêcherait l'appelante d'en récupérer la possession exclusive;
Que la présente ordonnance est prononcée, pour les obligations de faire ci-dessus, sous la menace de la peine d'amende prévue à l'art. 292 CP qui prévoit que : "celui qui ne se sera pas conformé à une décision à lui signifiée, sous la menace de la peine prévue au présent article, par une autorité ou un fonctionnaire compétents sera puni d'une amende";
Que l'appelante sera autorisée, en cas d'inexécution des obligations de faire susmentionnées, à reprendre possession de la surface susvisée, en changeant les cylindres, le cas échéant avec l'assistance de la force publique;
Que la présente ordonnance superprovisionnelle déploiera ses effets jusqu'à ce qu'une nouvelle ordonnance soit rendue sur mesures provisionnelles;
Qu'il n'y a pas lieu au prononcé d'une amende d'ordre;
Qu'il n'y a pour le surplus pas d'urgence à statuer sur la condamnation de l'intimée à payer une somme d'argent à l'appelante;
Que la requête sera transmise à l'intimée et un délai de 10 jours lui sera imparti pour répondre à la demande de mesures provisionnelles (art. 265 al. 2 CPC);
Que la suite de la procédure est réservée;
Que la procédure est gratuite (ATF
139 III 182
consid. 2.6).
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