Decision ID: c5c2f140-3877-5bbc-b04a-aac0c0615778
Year: 2018
Language: fr
Court: FR_TC
Chamber: FR_TC_005
Canton: FR
Region: Espace_Mittelland
Law Area: penal_law

considérant en fait
A. Par ordonnance pénale du 10 août 2017, le Ministère public a reconnu A._ coupable d'empêchement d'accomplir un acte officiel, de violation grave des règles de la circulation routière et de contravention à l'ordonnance sur l'admission des personnes et véhicules à la circulation routière et l'a condamné à une peine de travail d'intérêt général de 320 heures, avec sursis pendant deux ans, et à une amende de CHF 1'500.-, ainsi qu'au paiement des frais de la cause.
Le mandataire d'alors du prévenu a fait opposition à cette ordonnance par acte du 29 août 2017. Avisé de la tardiveté de cette opposition du fait que l'ordonnance avait été notifiée le 11 août 2017 au prévenu, il a exposé par courrier du 6 novembre 2017, après avoir obtenu plusieurs prolongations de délai pour indiquer si l'opposition était maintenue ou non, que pour des raisons de santé ressortant d'un certificat médical annexé, le prévenu n'avait pas été en mesure de contester l'ordonnance et il a conclu à ce qu'il soit considéré "que mon opposition précitée a eu lieu en temps utile" et à ce qu'il soit fait droit "à la présente requête".
Par courrier du 16 novembre 2017, le Ministère public a transmis l'opposition et le dossier de la cause à la Juge de police de l'arrondissement de la Gruyère, compétente pour statuer sur la validité de l'opposition, concluant à l'irrecevabilité de celle-ci.
B. Par ordonnance du 3 avril 2018, la Juge de police a constaté la tardiveté de l'opposition, l'a déclarée irrecevable, a rejeté la requête de restitution du délai d'opposition, a dit que l'ordonnance pénale du 10 août 2017 acquiert force de chose exécutoire et a mis les frais à la charge du prévenu.
Par arrêt du 27 juin 2018, la Chambre pénale a partiellement admis le recours de A._ et renvoyé la cause au Ministère public, compétent pour statuer sur la requête en restitution du délai d'opposition.
C. Par ordonnance du 27 août 2018, le Ministère public a rejeté la requête de restitution du délai d'opposition, a dit que l'ordonnance pénale du 10 août 2017 acquiert force de chose exécutoire et a mis les frais à la charge du prévenu.
D. Par acte daté du 5 septembre 2018 et déposé le 6 septembre 2018, A._ a contesté cette ordonnance, invoquant une violation du droit d'être entendu et une constatation incomplète ou erronée des faits quant à l'avis de son médecin traitant.
Le Ministère public a fait savoir par lettre datée du 13 septembre 2018 et déposée le 14 septembre 2018 qu'il s'en tient à son ordonnance et renonce à formuler des observations.

en droit
1.
1.1. La voie du recours à la Chambre pénale est ouverte contre les décisions et les actes de procédure du ministère public (art. 393 al. 1 let. a et 20 du Code de procédure pénale (CPP) en
Tribunal cantonal TC Page 3 de 5
relation avec l'art. 85 al. 1 de la Loi du 31 mai 2010 sur la justice (LJ)), soit comme en l'espèce contre une ordonnance de refus de restitution du délai d'opposition.
1.2. Déposé le 6 septembre 2018 contre une ordonnance du 27 août 2018, le recours respecte manifestement le délai de dix jours (art. 396 al. 1 CPP). Motivé et doté de conclusions suffisamment déterminables, le recours est formellement recevable (art. 385 et 396 CPP).
1.3. Le recourant a un intérêt juridiquement protégé à voir la décision de refus de restitution du délai d'opposition annulée afin de pouvoir valablement s'opposer à l'ordonnance pénale (art. 382 al. 1 CPP).
1.4. Vu l'art. 397 al. 1 CPP, qui prescrit que le recours fait l'objet d'une procédure écrite, la requête d'audition du recourant ne peut qu'être écartée.
2.
Le recourant se plaint d'une violation de son droit d'être entendu du fait qu'il n'a, selon lui, jamais pu s'exprimer devant les autorités précédentes.
Le droit d'être entendu représente l'un des aspects de la notion générale de procès équitable au sens de l'art. 29 Cst. et garantit notamment au justiciable le droit de s'expliquer avant qu'une décision ne soit prise à son détriment, d'avoir accès au dossier, de prendre connaissance de toute argumentation présentée au tribunal et de se déterminer à son propos, dans la mesure où il l'estime nécessaire, que celle-ci contienne ou non de nouveaux éléments de fait ou de droit, et qu'elle soit ou non concrètement susceptible d'influer sur le jugement à rendre (not. ATF 142 III 48, consid. 4.1.1; 139 II 489, consid. 3.3; 139 I 189, consid. 3.2). Le droit d'être entendu s'exerce dans la forme prévue, soit par oral soit par écrit, selon la procédure applicable.
En l'espèce, s'agissant d'une requête en restitution du délai d'opposition, l'art. 94 al. 2 CPP prévoit que la requête doit être dûment motivée et, selon l'al. 2 de cette même disposition, l'autorité pénale rend sa décision sur la demande par écrit. Il incombait dès lors au prévenu, respectivement à son avocat, de déposer une requête correctement motivée.
Par conséquent, ce grief n'est pas pertinent.
3.
3.1. Dans son ordonnance du 27 août 2018, le Ministère public a rejeté la requête de restitution de délai au motif que l'empêchement pour raisons de santé invoqué par le recourant n'était pas si inattendu et si grave qu'il l'aurait empêché d'agir dans le délai légal ou, à tout le moins, de prendre les mesures qui s'imposaient pour se faire représenter dans la perspective certaine d'une prochaine notification d'un acte judiciaire.