Decision ID: 87126120-1d6e-52cb-9359-e19257f078f3
Year: 2007
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_005
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 

EN FAIT
A.
Le 13 août 2007, X_ a sollicité une assistance juridique civile complète (art. 6 lit. a-c RAJ) pour former une demande unilatérale de divorce. Il a demandé que l'assistance juridique lui soit octroyée avec effet rétroactif au 14 juin 2007, date à laquelle son conseil indique avoir débuté son activité.
B.
Par décision du 24 septembre 2007, notifiée le 27 septembre 2007, le Vice-président du Tribunal de première instance a refusé le bénéfice de l'assistance juridique à X_, au motif que celui-ci disposait, avec son épouse, de revenus suffisants pour lui permettre d'assumer lui-même les frais de sa défense. Un montant de 4'760 fr. a été retenu s'agissant du revenu de X_, en additionnant les montants portés au crédit de son compte auprès de Postfinance aux mois de mai, juin et juillet 2007 et en divisant le total par trois.
C.
Par acte expédié le 29 octobre 2007 à la Présidence de la Cour de justice, X_ recourt contre cette décision. Il reproche au Vice-président du Tribunal d'avoir mal établi sa situation financière. En particulier, il n'y avait pas lieu de tenir compte du salaire de son épouse, laquelle ne contribuait pas aux charges du ménage. Souffrant de dépendance au jeu, elle dépensait tout son salaire au casino et contractait par ailleurs des dettes.
D.
Les faits pertinents suivants ressortent de la procédure :
a)
X_ vit avec son épouse A_ et les deux enfants du couple, B_, âgée de 16 ans et C_, âgé de 23 ans, lequel est récemment revenu de l'étranger et cherche un emploi.
X_ exerce la profession de chauffeur de taxi à titre indépendant. Dans sa demande d'assistance juridique, il allègue réaliser un revenu net de 1'400 fr. par mois.
Selon son compte de résultat de l'année 2006, il a réalisé un revenu brut mensuel de 3'733 fr., dont il a déduit des charges mensuelles de 2'260 fr., de sorte que, selon ce document, son bénéfice net s'est élevé à 1'473 fr. par mois au cours de l'année concernée. La preuve du paiement des charges professionnelles de X_ n'a pas été apportée, excepté pour un relativement faible montant.
Selon son bordereau d'impôts, son bénéfice s'est élevé à 19'688 fr. en 2006, soit un revenu net de 1'641 fr. par mois.
b)
Les charges incompressibles de X_, en excluant une éventuelle participation de son épouse, s'élèvent à 2'203 fr. et comprennent: le loyer (1'635 fr.), ses primes d'assurance maladie obligatoire (408 fr. 40) et celles de sa fille mineure (81 fr.40), les frais de transport de celle-ci (40 fr.) et les impôts payés en 2007 (38 fr. 50). A cela s'ajoutent les montants de base selon les normes d'insaisissabilité de l'Office des poursuites.
X_ fait état d'une charge de 100 fr. par mois au titre d'un traitement dentaire suivi par sa fille et des factures de Billag, des Services industriels de Genève et des primes d'assurances ménage et responsabilité civile.
Il assume par ailleurs diverses autres charges, dont notamment 200 fr. par mois en faveur du Consulat de _ et 126 fr. par mois en faveur du magasin F_, auquel il a en outre payé un total de 1'320 fr. entre les mois de janvier et juillet 2007.
X_ indique ne pas être un adepte de contrats de leasing ou de petits crédits, ce qui est confirmé par les pièces produites, qui démontrent un paiement de 200 fr. en juillet 2007 relatif à une facture de carte VISA et un autre paiement du même montant en octobre 2007, apparemment pour la même carte.
Il fait l'objet de poursuites à concurrence d'environ 45'000 fr., notamment pour des cotisations sociales impayées et des retards de paiement à l'assurance-maladie. Une saisie de gains de 920 fr. est en vigueur mais il indique rechercher un arrangement de paiement avec l'office compétent, ce montant n'étant pas supportable pour lui.

EN DROIT
1.
Le recours est recevable pour avoir été déposé selon la forme et dans le délai prescrits (art. 143A al. 3 LOJ). Il n'y a pas lieu d'entendre le recourant, le dossier contenant suffisamment d'éléments pour statuer.
2. 2.1.
Conformément aux garanties dégagées de l'art. 29 al. 3 Cst. féd., le droit genevois assure le bénéfice de l'assistance juridique au justiciable indigent dont les prétentions et moyens de fait ou de droit ne sont pas manifestement infondés ni procéduralement inadmissibles (art. 143A LOJ; 2 al. 1 et 3 al. 2 RAJ ; ATF
122 I 267
consid. 2a).
L'indigence d'un requérant d'assistance juridique s'apprécie en fonction de l'ensemble de ses ressources, dont ses revenus, sa fortune et ses charges (ATF
127 I 202
; ATF
120 Ia 179
consid. 3a), tous les éléments relevants étant pris en considération (ATF
124 I 1
consid. 2a; SJ 1997 p. 670; Kley-Struller, PJA 2/95, p. 181, II A.).
Les charges relatives à la télévision (Billag) et à l'électricité (SIG), ainsi que les assurances ménage et responsabilité civile sont d'ores et déjà comprises dans le montant de base mensuel selon les normes d'insaisissabilité de l'Office des poursuites.
2.2.
Tout requérant d'assistance juridique doit, sous peine de rejet ou d'irrecevabilité de sa demande, fournir les renseignements et pièces nécessaires à l'appréciation des mérites de sa cause et de sa situation personnelle (art. 9 al. 1 et 3 RAJ). Il doit de même justifier de sa situation financière (al. 2).
3.
En l'espèce, sans compter le montant de base selon les normes d'insaisissabilité de l'Office des poursuites, les charges incompressibles du recourant, dont le paiement est établi, sont supérieures de 800 fr. au revenu net allégué. En ajoutant, ne serait-ce que la moitié des montants de base pour un couple (775 fr.) et pour un enfant de 16 ans (250 fr.) selon les normes précitées, les charges incompressibles du recourant dépassent de 1'828 fr. le revenu net allégué.
Les charges du recourant et le revenu qu'il allègue sont manifestement sans commune mesure, sans compter les divers autres paiements qu'il effectue.
A la lumière de ce qui précède, un revenu net de 1'400 fr. est totalement invraisemblable, voire fantaisiste, ce d'autant plus que le recourant n'utilise en principe pas le crédit.
Les renseignements fournis par le recourant ne permettent, dès lors, pas de déterminer quelle est réellement sa situation financière.
Par conséquent, le recours sera rejeté et la décision querellée confirmée, par substitution de motifs.