Decision ID: 62249200-0ef4-4939-8866-7692541bec9e
Year: 2000
Language: fr
Court: VD_TC
Chamber: VD_TC_031
Canton: VD
Region: Région lémanique
Law Area: public_law

Vu les faits suivants:
A. A._ est décédé le 6 mai 1994. Par testament olographe du 14 juillet 1993, homologué le 18 mai 1994, il a désigné comme exécutrice testamentaire la société Fiduciaire Firel & Mandaco SA, représentée par son administrateur Reymond Pache. La fiduciaire désignée a accepté cette mission le 24 mai 1994.
B. Le 20 septembre 1994, l'Administration cantonale des impôts (ci-après: l'ACI) a notifié à l'hoirie A._ des décisions de rappels d'impôts et des prononcés d'amendes en matière d'impôt fédéral, cantonal et communal pour les périodes fiscales 1987-1988 à 1991-1992.
Ces décisions n'ont fait l'objet d'aucune réclamation ni d'aucun recours, de sorte qu'elles sont actuellement définitives et exécutoires.
C. Par courrier du 23 octobre 1995, la société Firel & Mandaco SA, agissant en qualité d'exécutrice testamentaire, a demandé à la Commission d'impôt de Lausanne-Ville de reconsidérer sa position en matière d'amendes et d'intérêts moratoires. Pour l'essentiel, la fiduciaire invoquait un arrêt du Tribunal administratif rendu le 24 mai 1995 (FI 94/118) déclarant contraire à la Constitution fédérale l'art. 132 de la loi sur les impôts directs cantonaux du 26 novembre 1956 (LI). Or, les prononcés d'amende du 20 septembre 1994 avaient été rendus sur la base de cette disposition qui fondait alors la responsabilité pénale des héritiers pour les soustractions commises par un contribuable décédé depuis lors.
D. Le 14 novembre 1995, l'ACI a refusé de donner une suite favorable à cette demande. Le 15 novembre 1995, les héritiers se sont vu notifier des intérêts de retard, calculés sur la base de l'art. 112 LI, s'élevant à 3'096 fr. 10.
Par courrier du 17 novembre 1995, la société Firel & Mandaco a renouvelé sa requête.
Par décision du 23 novembre 1995, l'ACI a formellement rejeté cette requête, traitée comme une demande de révision en tant qu'elle concernait les prononcés d'amendes. Par courrier du même jour, elle a précisé qu'elle considérait la requête relative aux intérêts de retard comme un recours au sens de l'art. 121 LI, transmis à ce titre au Département des finances.
Par courrier des 30 novembre et 21 décembre 1995, la société Firel & Mandaco a déposé une réclamation, en reprenant les conclusions de sa requête initiale. Par décision du 7 mars 1996, l'ACI a rejeté la réclamation, en confirmant par là même le rejet de la demande de révision.
E. Le 21 mars 1996, l'hoirie A._, représentée par la société Firel & Mandaco SA, a recouru contre cette décision auprès du Tribunal administratif.
L'ACI s'est déterminée le 29 mai 1996, en concluant au rejet du recours pour les motifs exposés dans la décision attaquée. Ces moyens seront repris ci-après dans la mesure utile.
Le tribunal a délibéré à huis clos.

Considérant en droit:
1. Le recours formé le 21 mars 1996 contre une décision sur réclamation du 7 mars 1996 a été formé par acte écrit et motivé dans le délai légal prévu par les art. 104 LI et 140 de la loi fédérale sur l'impôt fédéral direct du 14 décembre 1990 (LIFD), applicables par renvoi respectivement des art. 108 al. 3 LI et 149 al. 3 LIFD. Partant, il est recevable en la forme.
2. La décision concernant les intérêts de retard a fait l'objet d'un recours auprès du Département des finances selon l'art. 121 LI. De ce fait, le présent litige porte uniquement sur la révision des prononcés d'amendes du 20 septembre 1994, en matière d'impôt fédéral, cantonal et communal.