Decision ID: 4d659191-e19f-5005-b84e-59297d1abe19
Year: 2022
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_006
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 

EN FAIT
A.
a)
E_, née le _ 2010, et F_, né le _ 2012, sont issus de la relation hors mariage entre A_ et B_, lequel a reconnu les mineurs.![endif]>![if>
Est également née de cette relation le _ 2019, alors que le couple vivait séparé, la mineure G_, laquelle n’a pas encore été reconnue par son père.
A_ est la mère de deux autres enfants, H_ et I_, nés respectivement en 2004 et 2006, d’une précédente union.
b)
Le Service de santé de l'enfance et de la jeunesse a porté à la connaissance du Tribunal de protection de l'adulte et de l'enfant (ci-après : le Tribunal de protection), la situation de E_ et de F_ par signalement du 2 décembre 2019, en raison des troubles du comportement qu'ils présentaient (accompagnés pour F_ d'un trouble du développement et pour E_ d'idées suicidaires), de leurs allégations d'actes de violence de la part de leurs parents à leur égard et de l'interruption de leurs suivis pédopsychiatriques de manière unilatérale par leur mère, alors que les mineurs en avaient besoin.
c)
À la naissance de G_, B_ a pris en charge E_ et F_ durant plusieurs mois les jours de semaine pour soulager la mère dont l’état de santé était fragilisé. Une AEMO a par ailleurs été mise en place au domicile des deux parents. Durant cette période, B_ semblait parvenir à se faire respecter de ses enfants; ceux-ci étaient notamment plus à l'heure à l'école que lorsqu'ils résidaient chez leur mère. Il les déposait cependant à 06h50 à l’école, ce qui posait des problèmes au parascolaire car E_ était trop grande pour être accueillie à l’accueil du matin. Il affirmait qu’il avait réglé le problème avec le responsable du parascolaire, ce qui était faux. Le mercredi, il déposait les enfants chez leur mère à la même heure. E_ et F_ étaient retournés vivre auprès de leur mère dès le début du confinement, au printemps 2020. Selon A_, le père avait perdu son logement en août 2020 et ne se manifestait plus depuis plusieurs mois, accroissant d'autant la charge à laquelle elle devait faire face.
Il ressort du rapport du Service de protection des mineurs (ci-après : SPMi) du 24 septembre 2020 que F_ présentait des troubles envahissants du développement, faisant des crises parfois violentes à l'école; il avait commencé une scolarité spécialisée, n'était pas libre de s'exprimer comme il le souhaitait et ne s'investissait pas dans les apprentissages. E_ était prise dans un conflit de loyauté entre ce qu'elle vivait à domicile et à l'école, où elle rencontrait des difficultés dans les apprentissages et des problèmes relationnels. L'enfant avait besoin d'augmenter la fréquence de son suivi thérapeutique, au rythme insuffisant d'une séance par mois; la collaboration entre l'école et la mère était complexe, cette dernière se montrant incapable de respecter et de faire respecter le cadre scolaire.
Le SPMi rappelait suivre cette situation familiale depuis plusieurs années en appui éducatif, en collaboration avec les parents et les autres intervenants du réseau. La fragilité de A_ était soulignée.
Des rapports de l'Office médico-pédagogique (OMP) et de l'AEMO, joints à celui du SPMi, illustraient les difficultés de F_ et de E_ et la complexité de la situation familiale.
d)
Dans un nouveau rapport du 3 juin 2021, le SPMi préconisait le retrait du droit de garde de E_ à sa mère et le placement de l'enfant à l'Ecole J_ (K_/Vaud), ainsi que l'instauration de diverses mesures complémentaires de curatelle. La mère ne prenait pas en compte les conseils que lui prodiguaient les intervenantes à domicile qui venaient plusieurs heures quotidiennement lui apporter de l'aide pour les repas, le rangement et l'hygiène des enfants. Les repas et l’hygiène n’étaient pas assurés tout le temps, la mère persistant à faire comme elle l’entendait. E_ était très investie dans les soins apportés à G_ et prenait des décisions pour toute la famille, avec le soutien de sa mère, qui l’encourageait à s’opposer aux adultes. Il était ressorti d'une réunion de réseau de mars 2021 que tous les intervenants entourant la mineure, thérapeutes de l’OMP et enseignants compris, s'accordaient à reconnaître que le développement physique, social et intellectuel de E_ était mis en péril et que le risque était même qu'elle commence à perdre ses acquis scolaires et sociaux. Parmi les inquiétudes évoquées figuraient l'incapacité de la mineure à entrer dans les apprentissages, des comportements régressifs, des devoirs non faits, des comportements ingérables, tant avec les enseignants qu'avec les pairs, des actes auto-dommageables, un manque d'hygiène, des vêtements inadaptés, un besoin d'attention permanent et une relation tendue entre l'école et la mère. Les capacités et compétences parentales de la mère étaient actuellement insuffisantes, voire défaillantes, et le développement de la mineure était entravé par un manque éducatif. Il devenait donc urgent de procurer à la mineure un cadre stable et adapté pour lui permettre d'intégrer les codes sociaux et scolaires nécessaires à son bon développement.
Un rappel des principaux constats des enseignants, pour la période de novembre 2019 à novembre 2020, était joint au rapport, de même qu'un rapport de l'OMP daté du 21 mai 2021. Ce dernier document faisait état chez E_, lors du bilan de fin 2018, d'affects de tristesse et de solitude, de plaintes récurrentes et de sentiments de persécution, puis, durant l'année 2019-2020, d'un suivi irrégulier jusqu'à la mise en œuvre d'un transporteur, une péjoration de son état fin 2020, enfin, en mai 2021, à nouveau d'affects de tristesse et de solitude, mais aussi de colère, d'une confusion face au monde qui l'entourait et de gestes auto-agressifs.
e)
Par courriers des 10 et 14 juin 2021, l'établissement scolaire de E_ a directement informé le Tribunal de protection des difficultés rencontrées dans la scolarité de la mineure. Son éducatrice et son infirmière scolaire relevaient en particulier son comportement dysfonctionnant, des difficultés relationnelles avec ses camarades, l'adoption d'une position de victime, avec absence de conscience de son propre rôle dans les conflits, un manque de respect du cadre nécessitant la présence d'un adulte supplémentaire auprès d'elle, le peu d'implication et d'intérêt dans le travail scolaire mais une grande préoccupation d'événements extérieurs, ayant justifié un programme spécialisé pour elle, une hygiène insatisfaisante et des encas inadéquats, des problèmes dans l'organisation de ses journées, des plaintes de douleurs diverses et des gestes d'automutilation. Les référentes disaient sentir une enfant prise dans des problèmes d'adultes et des ressentiments, avec un besoin d'encadrement scolaire et éducatif soutenu, de soins et d'attention constants.
f)
Le Tribunal de protection a tenu une audience le 26 juillet 2021.
A_ s'est opposée au placement de E_ à l'Ecole J_, souhaitant garder sa famille unie et précisant être encore traumatisée par le placement de G_ entre la fin de l'année 2020 et le début de l'année 2021. Selon elle, l'établissement proposé était davantage un centre de redressement qu'un endroit adapté pour E_, qui n'avait pas apprécié l'école lorsqu'elle lui avait été présentée. Plutôt que de placer E_, elle proposait de partager sa garde, à raison des weekends chez elle et des jours de semaine chez le père, comme cela avait été fait avant le confinement. E_ était inscrite à l'école M_, proche du domicile de B_. A_ était d'accord avec une attribution conjointe de l'autorité parentale sur E_. Elle ne voulait pas de mesure d'assistance éducative car elle était fatiguée des interventions de tierces personnes à son domicile, estimant son intimité empiétée. Cette mesure était d'autant moins nécessaire que B_ allait être plus présent auprès des enfants et s'en occuper plus.
B_ a exprimé sa colère contre le SPMi qui l'avait mis de côté au début du confinement, lorsque A_ avait unilatéralement décidé de reprendre chez elle E_ et F_. Tant qu'il serait vivant, il s'opposerait au placement de E_ et tenait à s'occuper d'elle et à assumer sa garde. Il n'y avait jamais eu de rupture de lien entre ses enfants et lui-même et il s'était très bien occupé d'eux durant les trois mois qu'ils avaient passés chez lui. Il n'avait ni visité l'Ecole J_, ni rencontré la thérapeute de E_. Il exerçait la profession de mécanicien à 50% et bénéficiait de l'assurance-invalidité pour les autres 50% en raison de problèmes cardiaques. Il pouvait facilement s'organiser pour s'occuper de E_.
D_, représentant du SPMi, a maintenu le préavis de retrait de la garde et du droit de déterminer le lieu de résidence de E_, mesure rendue nécessaire par l'opposition des parents, surtout du père, au placement de celle-ci. Une place était toujours réservée pour E_ à l'Ecole J_ et l'enfant avait apprécié l'endroit lors de sa visite. Afin de tenir compte de l'investissement important de la mineure au sein de sa famille et de ce que cela représentait pour elle, un droit de visite le plus large possible devait être aménagé à savoir du vendredi soir au dimanche soir chez sa mère, les weekends chez le père devant encore faire l'objet d'une évaluation préalable de son logement. Deux AEMO étaient déjà intervenues au sein de la famille, la troisième ayant été refusée par A_, de sorte qu'il avait été nécessaire de faire appel à L_, à raison de plusieurs heures par semaine. A_ s'était également progressivement opposée à cette intervention, de sorte qu'il avait fallu y mettre un terme. La requête concernant la mise en place d'une mesure de curatelle d'assistance éducative concernait les trois enfants, soit E_, F_ et G_.
Le Tribunal a gardé la cause à juger à l'issue de l'audience.
B.
Par ordonnance
DTAE/4821/2021
du 26 juillet 2021, communiquée pour notification aux parties le 26 août 2021, le Tribunal de protection a instauré l’autorité parentale conjointe de A_ et B_ sur les mineurs E_ et F_ et accordé l’intégralité du bonus éducatif à A_ (chiffre 1 du dispositif), retiré à A_ et à B_ le droit de garde et de déterminer le lieu de résidence de la mineure E_ et ordonné son placement à l’Ecole J_ (ch. 2), réservé à A_ et B_ un droit de visite avec E_ qui s’exercera à raison d’un weekend sur deux chez chacun d’eux, du vendredi en fin de journée au dimanche en fin de journée, ainsi que durant la moitié des vacances scolaires et réservé à B_ un droit de visite avec F_ qui s’exercera à raison d’un weekend sur deux, du vendredi en fin de journée au dimanche en fin de journée, ainsi que durant la moitié des vacances scolaires (ch. 3), instauré une curatelle d’assistance éducative (ch. 4), ainsi qu’une curatelle d’organisation et de surveillance des relations personnelles en faveur des enfants et invité les curateurs à signaler sans délai au Tribunal de protection toute possibilité ou nécessité de modifier le droit de visite fixé (ch. 5), instauré une curatelle de surveillance et de financement du placement (ch. 6), ainsi qu’une curatelle aux fins de faire valoir la créance alimentaire de E_ (ch. 7) et de gérer son assurance maladie et ses frais médicaux (ch. 8), désigné deux intervenants en protection de l’enfant aux fonctions de curateurs de la mineure (ch. 9), déclaré la décision immédiatement exécutoire (ch. 10) et laissé les frais à la charge de l’Etat (ch. 11).![endif]>![if>
En substance, le Tribunal de protection a considéré que malgré les mesures d'accompagnement conséquentes mises en place, la situation de E_ demeurait inquiétante. La mineure était plongée dans un conflit de loyauté entre son vécu familial et son environnement scolaire et devait ainsi composer avec des messages hautement contradictoires. En famille, elle était encouragée à s'investir davantage dans diverses tâches, notamment concernant sa jeune sœur, et à s'affirmer face aux divers intervenants du réseau encadrant la famille, tandis qu'au niveau scolaire, thérapeutique et des interactions avec les intervenants sociaux, elle était invitée à se centrer sur elle-même, sur ses apprentissages et son intégration sociale et à vivre comme une enfant de onze ans. La prise en charge hautement spécialisée de la mineure à l'école ordinaire n'avait pas permis d'obtenir une amélioration de son attention et sa thérapie n'avait pas empêché l'émergence d'idées noires et de comportements auto-dommageables. A ces éléments s'ajoutaient la rancœur et la défiance exprimées par les parents envers les intervenants entourant la famille, au détriment de la bonne collaboration dont ils devraient au contraire faire preuve. Le placement sans délai de la mineure E_ était nécessaire, seule cette mesure permettant de lui offrir un environnement stable, rassurant et propice à son bon développement psychique et à ses apprentissages. L'Ecole J_ répondait aux besoins de la mineure, de sorte que le placement en ce lieu devait être ordonné. Un droit de visite identique devait par ailleurs être accordé au père et à la mère de l'enfant et les mesures de curatelles usuelles instaurées.
C.
a)
Il ressort encore de la procédure que le 3 septembre 2021, le SPMi a avisé le Tribunal de protection que l'ordonnance n'avait pas pu être exécutée, les parents s'y étant opposés. La mère avait accompagné sa fille E_ à l'école M_ le lundi 30 août 2021 en début d'après-midi. Les parents avaient été contactés plusieurs fois depuis lors pour qu'ils conduisent leur fille à l'Ecole J_, en vain. Le SPMi sollicitait le prononcé de mesures superprovisionnelles afin de pouvoir exécuter le mandat.![endif]>![if>
b)
Par ordonnance prononcée sur mesures superprovisionnelles le 6 septembre 2021, le Tribunal de protection a autorisé la curatrice de la mineure E_ à aller chercher celle-ci à l'école M_ le 6 septembre 2021 (les éducateurs de l'Ecole J_ devant ensuite l'amener au lieu de placement), suspendu les relations personnelles entre E_ et ses parents, autorisé des appels téléphoniques entre E_ et ses parents, dont les modalités devaient être fixées entre l'équipe éducative J_ et la curatrice de la mineure.
c)
Par courrier du 16 septembre 2021, le SPMi a avisé le Tribunal de protection du fait que l'éducateur référent de l'Ecole J_ l'avait informé que les appels téléphoniques entre la mineure et ses parents, respectivement ses frères et sœurs étaient "tumultueux", accompagnés de pleurs et de cris lors des échanges. E_ culpabilisait de son placement et ses parents n'hésitaient pas à lui dire qu'ils ne dormaient plus la nuit, qu'ils ne mangeaient plus et que son père, malade du cœur, allait avoir une crise cardiaque. E_ manifestait de l'inquiétude à la fin de ces appels téléphoniques. Le SPMi proposait de les limiter et sollicitait le prononcé de mesures superprovisionnelles à ce sujet.
d)
Par ordonnance rendue sur mesures superprovisionnelles le 17 septembre 2021, le Tribunal de protection a limité les appels téléphoniques entre E_ et ses parents, à raison d'un appel en semaine et d'un appel le weekend, à heure fixe, d'entente entre les parents et l'équipe éducative de l'Ecole J_.
D.
a)
Par acte expédié le 27 septembre 2021 à la Chambre de surveillance, A_ a formé recours contre l'ordonnance
DTAE/4821/2021
du 26 juillet 2021, qu'elle a reçue le 27 août 2021. Elle a conclu à l'annulation des chiffres 2, 3, 5 à 8 et 10 de son dispositif et, cela fait, au maintien du droit de garde et de déterminer le lieu de résidence de la mineure E_ à sa mère; au maintien de l'enfant E_ au domicile de sa mère, subsidiairement de son père, plus subsidiairement en régime de garde partagée entre les parents; à l'instauration, en collaboration avec les deux parents, des mesures et curatelles indispensables (notamment éducative) en faveur des mineurs concernés, sous suite de frais et dépens.![endif]>![if>
Elle a sollicité à titre préalable l'audition des parties, de l'enfant E_, et de témoins dont elle était disposée à fournir rapidement la liste.
b)
Par décision du 11 octobre 2021 (
DAS/191/2021
), la Chambre de surveillance a constaté que la requête de restitution de l'effet suspensif au recours était devenue sans objet, le Tribunal de protection ayant, par décision superprovisionnelle du 6 septembre 2021, ordonné le placement de l'enfant, décision exécutée depuis lors.
c)
Le Tribunal de protection n'a pas souhaité faire usage des facultés prévues à l'art. 450d CC.
d)
Dans ses déterminations du 3 novembre 2021, le SPMi a relevé que la mineure évoluait positivement à l'Ecole J_. Cette structure correspondait à ses besoins actuels. Il n'y avait pas d'autres alternatives; en effet, un retour à domicile, que ce soit chez sa mère ou chez son père, ne lui offrirait pas toute l'attention requise à son bon développement, ce d'autant que l'encadrement scolaire ordinaire n'avait pas répondu à ses besoins. Le lieu de vie intégré permettra à l'enfant de se construite au vu de son réel potentiel et d'aborder le cycle d'orientation dans deux ans, dans de meilleures conditions. Si elle devait retourner vivre dans les conditions initiales, son développement futur s'en trouverait altéré, en particulier concernant les apprentissages scolaires et la vie sociale, avec le risque que la préadolescence renforce ses troubles. Les curateurs répondaient aux questions de la mineure sur son placement et sur le droit de visite suspendu. Elle comprenait mieux la situation, savait que ses parents étaient fâchés avec la décision de placement, disait que ses parents et ses frères et sœurs lui manquaient mais ne paraissait pas triste et était plutôt épanouie dans son nouveau lieu de vie. Les appels téléphoniques avec sa famille étaient encadrés afin de lui permettre de "se poser" sans être inquiétée par ses parents, ces derniers ne lui permettant pas d'exprimer le côté positif de sa présence dans sa nouvelle école. La mineure s'intégrait très bien et manifestait de forts besoins dans les apprentissages de base des règles du "vivre ensemble" et des façons de procéder s'agissant de l'hygiène.
Depuis le placement de la mineure le 6 septembre 2021, le SPMi avait tenté de joindre les parents par téléphone plusieurs fois par semaine, et même par écrit, en vain. La mère n'avait pas pu être contactée du tout, le père uniquement le 12 octobre 2021. Il était toujours opposé au placement mais avait accepté de rendre visite à E_ le 11 novembre 2021. La principale difficulté pour le SPMi résidait dans la difficulté de collaboration avec les parents. Il n'était pas certain que ces derniers acceptent de ramener E_ à la gare N_ les dimanches soirs et au retour des vacances. Tant que les parents ne prenaient pas cet engagement, les curateurs ne pouvaient pas préaviser l'autorisation des droits de visite sous peine de faire revivre à E_ un transport organisé par des Services de l'Etat.
Le rapport du lieu de placement concernant la période du 6 septembre 2021 au 31 octobre 2021 était joint au rapport. Il en ressortait que la mineure avait à l'arrivée dans l'établissement de grandes difficultés pour les repas pris à table; elle se nourrissait avec les mains, mangeait la bouche ouverte et ne savait pas se tenir à table; elle mangeait rapidement et de grandes quantités, mettant trop de nourriture dans la bouche. Elle manquait également d'autonomie en relation avec son hygiène; elle ne se brossait que rarement les dents, ne savait pas se doucher correctement, n'avait pas le droit à la maison de se mouiller les cheveux. Elle s'était cependant montrée à l'aise avec les autres enfants mais ne pouvait pas entretenir une conversation cohérente, s'inventait des vies, était constamment en représentation, ne savait pas jouer. Elle prenait la place de l'adulte et adoptait des attitudes ambigües nécessitant qu'elle soit recadrée régulièrement. Elle allait chaque jour de découverte en découverte, découvrait les activités extérieures, démontrait de bonnes capacités scolaires. Les conditions à son arrivée avaient été très difficiles mais l'enfant évoluait de manière remarquable et s'autorisait à découvrir l'environnement de la structure d'accueil et à y prendre du plaisir.
e)
B_ n'a pas répondu au recours.
f)
Par plis du 18 novembre 2021, la Chambre de surveillance a informé les parties et participants à la procédure de ce que la cause serait mise en délibération dans un délai de 10 jours.
g)
A_ a répliqué le 2 décembre 2021 et persisté dans ses conclusions.

EN DROIT
1.
1.1
Les dispositions de la procédure devant l'autorité de protection de l'adulte sont applicables par analogie aux mesures de protection de l'enfant (art. 314 al. 1 CC).![endif]>![if>
Les décisions de l'autorité de protection peuvent faire l'objet d'un recours auprès de la Chambre de surveillance de la Cour de justice (art. 450 al. 1 CC et 53 al. 1 LaCC) dans un délai de trente jours à compter de leur notification (art. 450b al. 1 CC).
Interjeté par la mère de la mineure E_ faisant l'objet de la mesure de placement contestée, dans le délai utile et selon la forme prescrite, le recours est recevable. Les mesures concernant le mineur F_ n'étant pas contestées, elles ne seront pas abordées dans la présente décision, ce d'autant qu'elles sont conformes à son intérêt.
1.2