Decision ID: 1c284187-f56b-405c-9dfc-23cdf0d221d8
Year: 2005
Language: fr
Court: VD_TC
Chamber: VD_TC_031
Canton: VD
Region: Région lémanique
Law Area: public_law

Vu les faits suivants
A. a) En 2001, A._, né en 1954, se trouvait au chômage.
b) Pour sortir de ce statut, l'intéressé indique avoir accepté un emploi à Berne, auprès de X._ en qualité d'expert en production documentaire (voir l'acte d'engagement du 5 avril 2001).
c) Dans le cadre d'un protocole d'accord passé le 9 septembre 2004 avec son employeur, A._ a accepté de démissionner de son poste avec effet au 31 octobre suivant.
d) On retire de l'attestation d'employeur remplie par X._ que le dernier salaire mensuel versé s'élevait à 8'386 fr.70 (sans 13ème salaire; l'attestation souligne cependant qu'il s'agit d'un salaire non soumis à l'AVS, X._ constituant une institution spécialisée des Nations Unies, non soumise au droit suisse sur ce point).
On notera également que c'est apparemment parce que A._ a accepté de donner sa démission que son employeur a, de son côté, consenti à lui verser une indemnité équivalente à neuf salaires mensuels pour cessation de service (voir protocole d'accord précité, au chiffre 2).
B. a) A._ s'est alors inscrit à nouveau auprès de l'assurance-chômage et il a déposé une demande d'indemnité le 3 décembre 2004 auprès de la Caisse vaudoise de chômage de la Chambre du commerce et de l'industrie (ci-après : la caisse).
b) Ayant constaté que l'intéressé (et son employeur) n'avaient versé aucune cotisation d'assurance, la caisse lui a refusé, par décision du 17 janvier 2005, tout droit aux indemnités de chômage. Elle a confirmé le 9 février 2005 cette solution dans sa décision sur opposition.
c) Par acte daté du 28 février, mais confié à la Poste le 1er mars 2005 seulement, soit néanmoins en temps utile, A._ a recouru au Tribunal administratif contre la décision précitée, en demandant implicitement à être mis au bénéfice des indemnités de chômage. Dans sa réponse au recours du 9 mars 2005, la caisse propose le rejet de celui-ci. Elle souligne que l'intéressé aurait pu adhérer soit à l'AVS/AI/APG/AC, soit à l'assurance-chômage uniquement sur une base volontaire, mais que l'intéressé n'a pas fait usage de cette faculté .

Considérant en droit
1. a) A teneur de l'art. 8 de la loi du 25 juin 1982 sur l'assurance-chômage obligatoire et l'indemnité en cas d'insolvabilité (ci-après : LACI; RS 837.0), le droit aux indemnités est subordonné à diverses conditions; l'intéressé doit en particulier remplir les conditions relatives à la période de cotisation ou en être libéré (al. 1 lettre e). A cet égard, l'assuré doit avoir exercé, durant douze mois au moins (cela pendant le délai-cadre de deux ans précédant le délai-cadre d'indemnisation, art. 9 LACI), une activité soumise à cotisations. En l'occurrence, il est constant que le recourant ne remplit pas cette condition (ni d'ailleurs celles évoquées à l'art. 13 al. 2 LACI).
Cependant, certaines personnes sont libérées des conditions relatives à la période de cotisation; il s'agit notamment des Suisses de retour au pays après un séjour de plus d'un an dans un pays non-membre de la Communauté européenne ou de l'Association européenne de libre-échange (CE; AELE), à condition qu'elles justifient de l'exercice d'une activité salariée à l'étranger (art. 14 al. 3 LACI).
b) En substance, le recourant n'ignore pas qu'il ne se trouve pas dans la situation visée à l'art. 14 al. 3 LACI; il fait cependant valoir que les organisations internationales, dans la mesure où elles bénéficient d'un régime d'extraterritorialité en Suisse, devraient pouvoir être assimilées à un pays étranger (hors CE et AELE).
2. a) Dans un ATF 112 V 51, le Tribunal fédéral des assurances a adopté un raisonnement qui présente certaines analogies avec celui que soutient le recourant. Toutefois cet arrêt concernait l'hypothèse d'un fonctionnaire ayant travaillé pour l'Organisation des nations unies pour l'alimentation et l'agriculture en 1982 et 1983, soit avant le 1er janvier 1984, date de l'entrée en vigueur de la LACI; or, durant la période en question, les fonctionnaires internationaux n'avaient pas la faculté de s'affilier à l'assurance-chômage suisse, même à titre facultatif. Dans cette configuration, l'arrêt précité a estimé pouvoir assimiler cet ancien fonctionnaire international à un Suisse de retour de l'étranger et il l'a mis au bénéfice de l'art. 14 al. 3 LACI, mettant ainsi la priorité sur la volonté du législateur relative à la généralisation de l'assurance-chômage obligatoire (v. d'ailleurs sur ce point FF 1980 III, 567).
b) Par la suite, la jurisprudence du Tribunal fédéral des assurances a encore posé le principe selon lequel les fonctionnaires suisses d'organisations internationales devaient obligatoirement être affiliés à l'assurance-chômage suisse (voir à cet égard ATF 117 V 1 et ATF 120 V 401).
Cependant, les organisations internationales ont protesté contre cette solution, estimant qu'elle portait atteinte à leur statut d'extraterritorialité. Sensible à ces interventions, le Conseil fédéral a engagé des négociations avec les organisations internationales et notamment avec l'Union postale universelle; cela a débouché notamment sur un échange de lettres des 26 octobre et 2 novembre 1994 conclu entre la Confédération et l'Union précitée, ratifié par l'Assemblée fédérale le 4 mars 1996 (RO 1997 609; l'échange de lettres précité est reproduit au RO 1997 626).
En substance, le régime négocié avec les organisations internationales prévoit que les fonctionnaires de nationalité suisse de ces organisations ne sont plus considérés par la Suisse comme étant assurés obligatoirement à l'assurance-vieillesse et survivants (AVS), à l'assurance-invalidité (AI), à l'assurance pour perte de gain (APG) et à l'assurance-chômage (AC), pour autant qu'ils soient affiliés à un système de prévoyance prévu par l'organisation internationale en question. Ces fonctionnaires ont en revanche la possibilité d'adhérer, sur une base volontaire, soit à l'AVS/AI/APG/AC soit à l'AC seule, étant entendu qu'une telle affiliation individuelle n'entraîne aucune contribution financière obligatoire de la part de l'organisation internationale; les assurés (à titre facultatif) paient des cotisations calculées sur la rémunération versée par l'organisation, selon les taux prévus pour les salariés dont l'employeur n'est pas tenu de cotiser (voir l'échange de lettres précité, ainsi que le message du Conseil fédéral, FF 1995 IV 749 ss, spéc. p. 752 s.). Par ailleurs, il résulte du système mis en place que le fait, pour un fonctionnaire suisse d'une organisation internationale, de ne plus être assuré, implique la perte de tout droit à des prestations de l'AI et en principe de l'AC (FF, ibidem p. 753).
3. Le recourant, qui en avait la possibilité, n'a jamais adhéré à titre facultatif aux assurances sociales suisses, ni en particulier à l'assurance-chômage. La caisse intimée suggère que l'intéressé aurait dû mettre à profit le fait que les revenus qu'il retirait de son activité auprès de X._ étaient exonérés d'impôt pour financer une couverture d'assurance. Pour sa part, le recourant se borne à faire valoir qu'une assurance facultative aurait été trop chère pour lui.
Quoi qu'il en soit de ces remarques et de la rigueur qui peut en résulter pour le recourant, il reste que ce dernier, faute d'avoir adhéré à titre facultatif à l'assurance-chômage suisse, ne saurait réclamer aujourd'hui des prestations de cette assurance.
4. Les considérations qui précèdent conduisent ainsi au rejet du recours et à la confirmation de la décision attaquée. Le présent arrêt sera néanmoins rendu sans frais (art. 61 lettre a LPGA).