Decision ID: 9f9f815a-3774-5661-ac27-d60330831d24
Year: 2015
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_006
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 

EN FAIT
A.
a)
Par requête déposée le 3 juin 2014 au greffe du Tribunal de protection de l'adulte et de l'enfant (ci-après : le Tribunal de protection), A_ a sollicité la fixation d'un droit de visite sur sa petite-fille, D_, née le _ 2003, alléguant qu'elle ne pouvait plus la voir depuis la fin des vacances de Pâques 2014, car sa mère, B_, le refusait.
A_ a expliqué que cette situation la faisait souffrir dans la mesure où elle s'était beaucoup occupée de sa petite-fille depuis sa naissance. Elle a ajouté que la mineure était délaissée par sa mère, laquelle avait toujours compté sur son aide pour pallier ses manquements dans la prise en charge de l'enfant. Elle a précisé que D_ ne disposait pas d'une chambre à coucher depuis environ 5 ans, car des amis de sa mère l'occupaient; elle dormait sur un lit de camp dans la chambre de sa mère. Selon A_, la mère de l'enfant ne lui faisait faire aucune activité, ne la faisait pas manger à sa faim et ne se souciait pas sérieusement de sa santé et de son hygiène corporelle.
b)
Par courrier du 16 juillet 2012, A_ avait déjà signalé au Tribunal de protection la situation de sa petite-fille. Elle avait expliqué qu'elle la gardait presque tous les jours entre 17h00 et 19h00, ainsi qu'à d'autres moments de la semaine et fréquemment les samedis et dimanches. Elle mangeait souvent avec elle et l'accompagnait à l'école, ainsi qu'aux visites médicales et à des activités extérieures.
c)
Dans un rapport du 15 septembre 2014, le Service de protection des mineurs (ci-après : SPMi) a relevé que A_ entrait régulièrement en conflit avec la mère de D_, et que dans ces moments, elle l'accusait de maltraiter l'enfant, ce que le service, qui n'entretenait pas d'inquiétude à ce sujet, n'avait pas constaté. Selon le SPMi, la mineure avait été essentiellement élevée par sa mère et se développait bien, étant précisé que les amis et la famille de sa mère étaient également très présents. B_ avait de bonnes compétences parentales.
Il ressortait également du rapport que le père de l'enfant, E_, bien que relativement absent dans l'éducation de sa fille, s'entendait généralement avec la mère au sujet du bien de l'enfant. Le SPMi n'avait donc préavisé aucune mesure de protection de l'enfant.
Le SPMi a conclu que les inquiétudes de A_ envers sa petite-fille étaient infondées. D_était une petite fille qui se développait bien et les compétences de sa mère n'étaient pas remises en question.
d)
Dans un rapport complémentaire du 25 septembre 2014, le SPMi n'a pas préavisé un droit de visite pour A_ en faveur de sa petite-fille. Les éléments essentiels du rapport ont été communiqués aux parents, qui ont approuvé les conclusions du rapport. A_ a indiqué qu'elle souhaitait une réponse officielle du Tribunal de protection.
e)
L'enfant D_ a été entendue par le SPMi le 3 juillet 2014. Elle a indiqué à cette occasion qu'elle ne voulait plus voir sa grand-mère "à cause de toutes les histoires qu'elle fait, des choses qu'elle lui dit et des propos méchants qu'elle tient sur sa mère".
f)
Par courrier du 8 octobre 2014 adressé au Tribunal de protection, A_ a répété qu'elle avait un lien très fort avec sa petite-fille et que les dires des parents de l'enfant étaient inexacts, ce qu'elle ne supportait pas.
B.
a)
Par ordonnance
DTAE/6057/2014
du 18 décembre 2014, le Tribunal de protection a déclaré recevable la requête en fixation d'un droit de visite déposée le 3 juin 2014 par A_ (ch. 1 du dispositif), l'a rejetée sur le fond (ch. 2), a laissé les frais de la procédure à la charge de l'Etat (ch. 3) et a débouté les parties de toutes autres conclusions (ch. 4). L'ordonnance a été communiquée pour notification le 19 décembre 2014.
En substance, le Tribunal de protection a considéré que l'enfant D_devait impérativement être protégée du conflit opposant ses proches et du conflit de loyauté dans lequel elle se trouvait. Actuellement, A_ n'était pas en mesure de ménager sa petite-fille; elle ne pouvait pas s'abstenir de dévaloriser la mère de l'enfant devant elle. Ces tensions étaient délétères pour le bon développement de l'enfant. Aussi, la fixation d'un droit de visite en faveur de la grand-mère paternelle de l'enfant ne servait pas positivement l'intérêt de D_.
b)
Par acte expédié le 21 janvier 2015, A_ a formé un recours auprès de la Chambre de surveillance de la Cour de justice contre cette ordonnance. Elle a conclu préalablement à l'octroi d'un délai pour compléter son recours et au retour de la cause au Tribunal de protection pour procéder à l'audition de toutes les parties, y compris celle de l'enfant. Principalement, elle a sollicité l'annulation de l'ordonnance entreprise et l'octroi d'un droit de visite sur l'enfant, conforme aux intérêts et aux soins de D_, frais laissés à la charge de l'Etat.
En substance, A_ a fait valoir que le Tribunal de protection n'avait pas procédé à l'examen approfondi du cas. Il ressortait de l'ordonnance entreprise que le père de l'enfant était relativement absent de l'éducation de sa fille. Ainsi, le seul lien avec sa famille paternelle était constitué des contacts qu'elle avait avec sa grand-mère. L'opposition de l'enfant à la fixation d'un droit de visite avec sa grand-mère n'était par ailleurs pas suffisamment motivée. L'enfant avait vraisemblablement été entendue par le SPMi en présence de sa mère. Enfin, A_ a rappelé qu'elle s'était occupée de sa petite-fille depuis sa naissance, de façon concrète et régulière.
c)
Par courrier du 22 janvier 2015, le greffe de la Chambre de surveillance a informé A_ du fait qu'il ne pouvait être donné suite à la demande de prolongation de délai pour compléter le recours, les délais légaux n'étant pas prolongeables.
d)
Par courrier du 5 février 2015, le Tribunal de protection a maintenu les termes de son ordonnance.
e)
Invités à se déterminer dans un délai de trente jours par courrier du 4 février 2015 du greffe de la Chambre de surveillance, la mère de l'enfant et le SPMi n'ont pas déposé d'observations.

EN DROIT
1.
1.1
Les dispositions de la procédure devant l'autorité de protection de l'adulte sont applicables par analogie aux mesures de protection de l'enfant (art. 314 al. 1 CC).![endif]>![if>