Decision ID: d3f64415-8aeb-4a82-9e5e-fb19c4dc36c0
Year: 1990
Language: fr
Court: CH_BGE
Chamber: CH_BGE_003
Canton: CH
Region: Federation
Law Area: public_law

Sachverhalt
ab Seite 378
BGE 116 Ib 377 S. 378
La promenade de Saint-Antoine, à Genève, est une place du domaine public d'environ 6000 m2, située au centre de la ville. Elle est actuellement plantée d'arbres; à peu près la moitié de sa surface est affectée à la circulation et au stationnement des automobiles; le reste est réservé aux piétons. Elle appartient à la zone de verdure prévue par les art. 24 et 25 de la loi genevoise d'application de la loi fédérale sur l'aménagement du territoire, du 4 juin 1987.
Par arrêt du 2 novembre 1988, le Tribunal administratif du canton de Genève a admis que la construction d'un garage public de cinq cents places, sur cinq niveaux, sous la promenade, serait conforme à l'affectation du sol. Le Tribunal fédéral a rejeté un recours de droit administratif de l'Association suisse des transports, dénonçant une violation de l'
art. 24 LAT
.

Erwägungen
Extrait des considérants:
2.
a) La législation fédérale prévoit le maintien, dans le milieu bâti, de nombreuses surfaces de verdure ou espaces plantés d'arbres (
art. 3 al. 3 let
. e LAT), tels que la promenade de Saint-Antoine. Cependant, les plans d'affectation ne doivent pas obligatoirement attribuer ces surfaces à des zones inconstructibles, dès lors que, selon l'
art. 17 al. 2 LAT
, cette mesure n'est pas imposée pour les sites et territoires dont les plans doivent en principe assurer la protection. Il n'est donc pas prévu que l'
art. 24 LAT
doive y être appliqué. Leur conservation est une mesure d'aménagement du milieu bâti; par leur fonction, elles appartiennent à celui-ci, quelle que soit l'affectation qui leur est conférée par le plan. Elles ne sont dès lors pas situées hors de la zone à bâtir aux termes de l'
art. 24 LAT
(titre).
D'ailleurs, la sauvegarde des espaces de verdure urbains est étrangère au but de cette disposition. L'
art. 3 al. 3 LAT
, première phrase, prévoit que l'étendue des territoires affectés à l'habitat et aux activités économiques doit être limitée. Cette règle consacre le
BGE 116 Ib 377 S. 379
principe de la séparation des zones à bâtir, dont la délimitation est imposée par les
art. 14 et 15 LAT
, et des zones inconstructibles, pour maintenir le plus possible de territoires libres, éviter l'extension excessive ou désordonnée des agglomérations et empêcher la dissémination des constructions. L'
art. 24 LAT
, relatif aux constructions hors des zones à bâtir, est destiné à assurer la réalisation de cet objectif (DFJP/OFAT, Etude relative à la loi fédérale sur l'aménagement du territoire, ch. 42 let. a ad
art. 3 LAT
, ch. 9 ad
art. 14 LAT
, ch. 1 et 9 ad
art. 24 LAT
). Or, celui-ci n'a pas de rapport avec l'aménagement de l'intérieur des agglomérations, même s'il faut aussi y limiter le développement des constructions (
ATF 114 Ib 350
in fine).
Par conséquent, si les cantons prévoient pour les surfaces visées à l'
art. 3 al. 3 let
. e LAT une zone d'affectation excluant les constructions, ainsi qu'ils en ont le droit (
art. 18 al. 1 LAT
), les autorisations de construire doivent être délivrées sur la base de leur propre législation, selon les
art. 22 ou 23 LAT
. Le projet litigieux ne peut donc pas être contraire à l'
art. 24 LAT
; partant, il est inutile d'examiner la réglementation applicable, dans le canton de Genève, à la zone de verdure.