Decision ID: fddef561-42e7-436c-854b-6bf184eda665
Year: 2022
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_001
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law

EN FAIT
A.
a.
Le _ 2018 à Genève, C_, née le _ 1984 à D_ (Neuchâtel), originaire de E_ (Valais) et de Genève, et A_, née le _ 1989 à Genève, originaire de F_ (Berne), se sont liées par un partenariat enregistré. A_ a pris le patronyme de C_. ![endif]>![if>
b.
Le _ 2019, C_ a donné naissance, à Genève, à l’enfant B_, originaire de E_ (Valais) et de Genève. Aucun père n’a été inscrit à l’état civil.
B.
a.
Par requête du 27 novembre 2020,
A_ a formé une requête visant l’adoption par elle-même du mineur B_. Elle a exposé avoir fait la connaissance de C_ durant l’été 2016 et avoir emménagé avec elle au mois de mars 2017. L’envie de fonder une famille était rapidement née et B_ était né grâce à un don de sperme, dont le donneur souhaitait rester anonyme. A_ avait obtenu un congé parental de deux semaines, afin de pouvoir s’occuper de l’enfant dès ses premiers jours. Elle considérait B_ comme son propre enfant et était reconnue comme son deuxième parent par sa famille, la crèche et sa hiérarchie professionnelle. Elle souhaitait dès lors obtenir un statut légal à l’égard de l’enfant.
A l’appui de sa requête, A_ a notamment produit des photographies de moments partagés en famille avec B_, ainsi qu’une déclaration signée par ses propres parents, attestant de leur affection à l’égard de l’enfant et de son intégration au sein de la famille.
b.
Par courrier du 27 novembre 2020, C_ a déclaré consentir à l’adoption de son fils B_ par sa compagne A_. Cette démarche était primordiale pour la sécurité de la famille et le bien-être de l’enfant, qui avait deux parents depuis sa naissance, qu’il était nécessaire de reconnaître officiellement. Elle a expliqué que tant elle-même que A_ étaient impliquées de manière équilibrée dans l’éducation de B_ et dans les soins à lui apporter.
c.
Le 9 juin 2022, le Service d’autorisation et de surveillance des lieux de placement a rendu son rapport, concluant que l’adoption requise était dans l’intérêt de l’enfant. Celui-ci était vif et sociable ; il fréquentait la crèche de son quartier à raison de trois jours par semaine et avait du plaisir à s’y rendre et à jouer avec les enfants de son âge. Il était épanoui dans son milieu familial et considérait A_ comme sa mère à part entière. Cette dernière, titulaire d’un diplôme supérieur de _, travaille pour l’Etat de Genève, au sein du Département H_.

EN DROIT
1.
1.1
Tant l'adoptante que l'adopté étant de nationalité suisse, la cause ne présente aucun élément d'extranéité. Tous deux sont par ailleurs domiciliés à Genève, de sorte que la Cour de justice est compétente pour se prononcer sur la requête (art. 120 al. 1 let. c LOJ). ![endif]>![if>
2.
2.1
Un enfant mineur peut être adopté si le ou les adoptants lui ont fourni des soins et ont pourvu à son éducation pendant au moins un an et si toutes les circonstances permettent de prévoir que l'établissement d'un lien de filiation servira le bien de l'enfant sans porter une atteinte inéquitable à la situation d'autres enfants du ou des adoptants (art. 264 al.1 CC). Une adoption n'est possible que si le ou les adoptants, vu leur âge et leur situation personnelle, paraissent à même de prendre l'enfant en charge jusqu'à sa majorité (art. 264 al. 2 CC).![endif]>![if>
Une personne peut adopter l'enfant de son partenaire enregistré (art. 264c al. 1 ch. 2 CC). Le couple doit faire ménage commun depuis au moins trois ans (art. 264c al. 2 CC).
La différence d'âge entre l'enfant et le ou les adoptants ne peut pas être inférieure à seize ans ni supérieure à 45 ans (art. 264d al. 1 CC).
L'adoption requiert le consentement du père et de la mère de l'enfant (art. 265a al. 1 CC).
2.2
En l'espèce, l'adoptante vit avec sa partenaire enregistrée et mère de B_ depuis le printemps 2017. Cette dernière a donné son consentement au prononcé de l’adoption requise. L’adoptante a pris soin du mineur depuis sa naissance, lui prodiguant des soins et assurant son éducation au même titre que sa mère biologique.
Trente ans séparent l’adoptante de l’adopté, de sorte que la condition de l’art. 264d al. 1 CC est remplie. Il est par ailleurs dans l’intérêt du mineur que l’adoption requise soit prononcée, de manière à lui donner, officiellement, deux parents à l’état civil. L’adoption ne fera par ailleurs que formaliser sur le plan juridique une situation de fait qui existe depuis la naissance de l’enfant.
2.3
Les liens de filiation entre l’adopté et sa mère biologique ne seront pas rompus (art. 267 al. 3 ch. 2 CC).
2.4
L’adopté continuera de porter le nom de C_, nom de famille commun aux deux partenaires enregistrées ; il conservera son origine actuelle (art. 271 al. 1 CC).
3.
Les frais de la procédure, arrêtés à 1'000 fr., sont mis à la charge de la requérante; ils sont entièrement couverts par l'avance de frais de même montant, laquelle est acquise à l'Etat (art. 2 RTFMC; art. 98, 101 et 111 CPC).
* * * * *