Decision ID: 1b898cb8-fdc1-4af6-b94c-ad79381ed071
Year: 2012
Language: fr
Court: CH_BSTG
Chamber: CH_BSTG_001
Canton: CH
Region: Federation
Law Area: penal_law

Vu:
- la procédure pénale menée, depuis l'été 2009, par le Ministère public de la
Confédération (ci-après: MPC) contre A., C. et consorts,
- la demande d'entraide internationale en matière pénale adressée dans ce
contexte par le MPC, le 2 juin 2012, aux autorités du Royaume-Uni et visant
notamment à obtenir l'audition de D. ainsi que certaines informations le
concernant (BB.2012.94-95, act. 1.1),
- les recours interjetés le 18 juin 2012 par A et B. AG à l'encontre de cette me-
sure concluant, principalement, à l'annulation de la demande d'entraide en ce
qu'elle concerne D. et, subsidiairement, à la suspension de la requête d'en-
traide jusqu'à droit jugé sur la procédure de recours connexe BB.2012.52, ac-
tuellement pendante par devant la Cour de céans (BB.2012.94-95, act. 1),
- les conclusions à titre provisionnel des recourants demandant que l'exécution
de la demande d'entraide susmentionnée soit suspendue, en ce qu'elle
concerne D., jusqu'à l'issue de la présente procédure de recours (BB.2012.94-
95, act. 1),
- les réponses du MPC par lesquelles cette autorité concluait, sous suite de
frais, à l'irrecevabilité, subsidiairement au rejet, tant des requêtes d'effet sus-
pensif que des recours (BB.2012.94-95, act. 3),

Et considérant:
qu'en tant qu’autorité de recours, la Cour des plaintes examine avec plein pouvoir
de cognition en fait et en droit les recours qui lui sont soumis (Message relatif à
l’unification du droit de la procédure pénale du 21 décembre 2005, FF 2006 1057,
1296 i.f.; STEPHENSON/THIRIET, Commentaire bâlois, Schweizerische Strafprozes-
sordnung (ci-après: Commentaire bâlois), n o 15 ad art. 393; KELLER, Kommentar
zur Schweizerischen Strafprozessordnung [StPO], [Donatsch/Hansjakob/Lieber,
éd.], n o 39 ad art. 393; SCHMID, Handbuch des schweizerischen Strafprozes-
srechts, Zurich, Saint-Gall 2009, n o 1512);
qu'en l'occurrence, deux justiciables s'en prennent, en invoquant des griefs iden-
tiques, à la même mesure;
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que par économie de procédure, il se justifie ainsi de joindre les causes et de les
traiter dans un seul et même prononcé;
que les décisions et les actes de procédure du MPC peuvent faire l’objet d’un re-
cours devant la Cour de céans (art. 393 al. 1 let. a CPP et art. 37 al. 1 LOAP en
lien avec l’art. 19 al. 1 du règlement sur l’organisation du Tribunal pénal fédéral
[ROTPF; RS 173.713.161]);
que selon l'art. 25 al. 2 EIMP le recours n'est recevable contre une demande
suisse adressée à un Etat étranger que si elle est présentée aux fins de lui faire
assumer la poursuite pénale ou l'exécution d'un jugement;
que, dans une jurisprudence antérieure à l'entrée en vigueur de la LTF, le Tribunal
fédéral – aboutissant tout de même à une décision d'irrecevabilité pour d'autres
raisons – avait considéré que le recours de droit public était ouvert à l'encontre
d'une demande d'entraide judiciaire, adressée par la Suisse au Royaume d'Es-
pagne, quand bien même celle-ci ne pouvait pas faire l'objet d'un recours de droit
administratif sur la base de l'ancien art. 25 al. 2 EIMP, dont la teneur est identique
à la version actuelle (arrêt du Tribunal fédéral 1P.513/2000 du 11 septembre 2000,
consid. 1a);
qu'il y aurait ainsi lieu de s'interroger sur la possibilité qu'une demande d'entraide
effectuée par les autorités de poursuite pénale suisses, pour laquelle le recours
prévu à l'art. 25 al. 2 EIMP ne serait pas ouvert, puisse néanmoins faire l'objet d'un
recours sous l'angle des art. 393 ss CPP;
que, néanmoins, compte tenu de ce qui suit, cette question souffre de demeurer
indécise;
qu'en effet, aux termes de l’art. 382 al. 1 CPP, toute partie qui a un intérêt juridi-
quement protégé à l’annulation ou à la modification d’une décision a qualité pour
recourir contre celle-ci;
que cet intérêt doit être direct et personnel et que le recourant doit être personnel-
lement atteint dans ses droits (CALAME, Commentaire romand, Code de procédure
pénale suisse, n os
1 et 2 ad art. 382);
qu'en l'espèce, aucun des recourants ne peut se prévaloir d'un tel intérêt;
que le premier recourant indique à cet égard que son intérêt juridiquement protégé
devrait être reconnu au vu de sa qualité de prévenu et de l'intérêt qu'il aurait à ce
que son cas soit liquidé lorsque cela est possible (BB.2012.94, act. 1, p. 2);
que la doctrine citée par ce dernier pour soutenir sa position traite du recours à
l'encontre d'une décision de suspension de la procédure, cas de figure différant
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foncièrement de l'objet de la présente procédure et nullement applicable en l'es-
pèce;
qu'il indique au surplus que, de par sa qualité de prévenu, il est présumé avoir un
intérêt juridiquement protégé à recourir contre les actes de procédure accomplis
dans le cadre de l'enquête dirigée contre lui (BB.2012.94, act. 1, p. 2);
que le statut de prévenu n'a toutefois pas pour conséquence que l'intérêt juridi-
quement protégé à recourir de ce dernier soit reconnu de manière presque auto-
matique, comme le présuppose en substance le recourant;
qu'en effet l'exigence d'un intérêt juridique s'applique, indistinctement et avec la
même intensité, à toutes les parties, à l'exception du ministère public (arrêt du Tri-
bunal fédéral 1B_94/2012 du 2 avril 2012, consid. 2.2);
que les deux recourants allèguent encore que la mesure contestée serait suscep-
tible de fournir à D., client de la deuxième recourante et, par ce biais, également
client du premier recourant, des informations pouvant conduire celui-ci à reconsi-
dérer ses relations commerciales;
que les recourants se plaignent ainsi de l'atteinte à la réputation que la mesure
ordonnée par le MPC serait susceptible de créer;
que l'atteinte à la réputation professionnelle et personnelle, pas plus qu'une at-
teinte économique, ne sauraient constituer un dommage de nature juridique (arrêt
du Tribunal fédéral 1B.347/2009 du 25 janvier 2010, consid. 2);
que la deuxième recourante se prévaut également de ce que la Cour de céans
pourrait être amenée à suspendre la procédure connexe BB.2012.52, engagée par
elle, jusqu'à l'issue de la procédure d'entraide (BB.2012.95, act. 1, p. 5);
qu'une telle éventualité, en tant que conséquence potentielle, ne peut être consi-
dérée dans le présent examen;
que rien au demeurant ne porte à croire que ladite cause nécessiterait la suspen-
sion avancée par la recourante;
qu'au vu de ce qui précède, les recours doivent être déclarés irrecevables;
que la présente décision rend en outre sans objet les conclusions préalables des
recourants (arrêt du Tribunal fédéral 1B.261/2011 du 6 juin 2011, consid. 3), les-
quelles, contrairement à leur formulation, ne visent pas à obtenir le prononcé de
mesures provisionnelles mais l'attribution de l'effet suspensif;
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que vu le sort des causes, il incombe aux recourants de supporter les frais de la
procédure (art. 428 al. 1 CPP);
que ceux-ci prendront en l'espèce la forme d'un émolument qui, en application des
art. 5 et 8 du règlement du Tribunal pénal fédéral du 31 août 2010 sur les frais,
émoluments, dépens et indemnités de la procédure pénale fédérale (RS
173.713.162), sera fixé à CHF 700.-- par recourant, sans solidarité.
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