Decision ID: ede344b9-50ad-4d29-b11c-534e4c4b37c6
Year: 2022
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_001
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law

EN FAIT
, que le 6 décembre 2021, A_ a déposé devant le Tribunal de première instance une requête en modification des mesures protectrices de l'union conjugale prononcées par jugement du 15 février 2018; qu'elle a conclu à ce que soit prononcée la séparation de biens, que soit ordonnée au Registre foncier "l'inscription de Madame A_ en tant que copropriétaire avec son époux Monsieur B_ du bien immobilier sis chemin 1_, à D_", à ce que soit constatée l'existence d'une dette de B_ envers elle de 111'191 fr. 80 et à ce qu'il soit dit que ce montant serait déduit de la part de B_ sur le produit de la vente du bien immobilier précité, à ce que B_ soit condamné à lui verser les sommes de 204'000 fr. et 120'000 fr, à ce que la jouissance exclusive du domicile conjugal lui soit attribuée si B_ arrêtait d'en payer l'hypothèque et à ce que la garde sur son fils C_ lui soit attribuée;
Que par jugement du 7 mars 2022, le Tribunal, statuant sur mesures protectrices de l'union conjugale, a déclaré irrecevables les conclusions d'A_ tendant à ce que B_ soit condamné à lui verser des montants de 111'191 fr. 80 et 204'000 fr. à titre d'arriérés et de contributions d'entretien dus selon jugement sur mesures protectrices de l'union conjugale du 15 février 2018 (ch. 1 du dispositif), débouté A_ de ses conclusions pour le surplus (ch. 2), réparti à raison de la moitié à la charge de chacun des époux les frais judiciaires, arrêtés à 580 fr. et condamné en conséquence B_, à payer à A_ un montant de 210 fr., dit qu'il n'était pas alloué de dépens (ch. 4) et débouté les parties de toutes autres conclusions (ch. 5);
Que par acte déposé le 16 mars 2022 au Tribunal, transmis à la Cour de justice le 14 avril 2022 après que A_ a confirmé que son acte constituait un appel, cette dernière a formé une "demande d'exécution de la Mesures protectrices"; qu'elle a expliqué que sa demande de modification des mesures protectrices prononcées visait principalement à faire exécuter le jugement du 15 février 2018, et non à le modifier, de sorte qu'elle modifiait l'intitulé de sa demande;
Qu'elle a conclu à ce que soit "confirmé" le manquement de B_ à respecter ses obligations découlant du jugement du 15 février 2018 et à ce que celui-ci soit exécuté par tous les moyens possibles (ch. 1), à ce qu'il soit "trouvé" qu'il n'y a pas d'autre source pour récupérer des fonds auprès de B_ que "la réclamation sur la maison familiale" (ch. 2), à ce qu'il soit précisé que les montants dus selon le jugement de février 2018 seront récupérés sur la partie de la maison familiale de B_ (ch. 3), à ce qu'il soit précisé que le paiement "dû à partir du jugement de février 2018 jusqu'à ce que C_ ait atteint l'âge de 21 ans soit payé à partir de la partie de la maison familiale de M. B_" (ch. 4), à ce qu'il soit précisé que la part de ce dernier "de la contribution à l'enseignement supérieur de 4 ans (estimée à 30'000 CHF par an) de C_ soit payée et détenue en fiducie" (ch. 5), à ce qu'il soit demandé à B_ de quitter la maison familiale dès que possible (ch. 6), à ce que la garde de l'enfant C_ lui soit attribuée (ch. 7) et à ce qu'elle soit reconnue en tant que copropriétaire de la maison familiale "avec droit à 50% du produit de la vente après déduction des toutes les dettes payées" (ch. 8);
Considérant,

EN DROIT
, que la Cour est saisie d'un appel, au vu de la valeur litigieuse, supérieure à 30'000 fr. (art. 308 al. 1 et 2 CPC);
Que dans le cadre d'un appel, la demande ne peut être modifiée, selon l'art. 317 al. 2 CPC, que si les conditions fixées à l’art. 227 al. 1 CPC sont remplies (let. a) et la modification repose sur des faits ou des moyens de preuve nouveau (let. b);
Qu'en l'espèce, les conclusions prises par l'appelante devant la Cour diffèrent toutes de ses conclusions prises devant le Tribunal, à l'exception de celle tendant à ce que la garde de son fils lui soit attribuée, sans que les conditions de l'art. 317 al. 2 CPC soient remplies; elles sont donc irrecevables;
Que concernant l'attribution de la garde de son fils, elle n'a allégué aucun fait à cet égard dans sa demande et n'explique pas pourquoi la garde de cet enfant devrait lui être confiée; qu'elle ne conteste par ailleurs pas de manière motivée le jugement attaqué en tant qu'il a considéré qu'elle avait renoncé à solliciter l'attribution de la garde sur l'enfant C_ puisqu'elle ne souhaitait pas de séparation, se bornant à indiquer qu'elle maintenant sa demande de garde; que l'appel est dès lors également irrecevable pour défaut d'allégation et de motivation conforme aux exigences découlant de l'art. 311 al. 1 CPC;
Qu'au vu de ce qui précède, l'appel formé sera déclaré irrecevable d'entrée de cause (art. 312 al. 1
in fine
CPC);
Qu'au vu de l'issue du litige, il sera exceptionnellement renoncé à la perception de frais judiciaires.
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