Decision ID: 7090badd-df8f-57f3-ad88-1d28c8dc81a5
Year: 2021
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_001
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law

EN FAIT
A.
a)
A_, né le _ 1975 à F_ (_/Kirghistan), de nationalité maltaise etE_, née le _ 1976 à G_ (France),originaire de Genève, ont contracté mariage à H_ (Genève) le _ 2018. Le couple n'a pas eu d'enfant.
E_ est la mère des enfants mineurs B_, né le _ 2005, C_, né le _ 2008 et D_, née le _ 2011, issus de son union avec I_, décédé à _ le _ 2013. Les trois mineurs sont originaires de Genève et ont également la nationalité française.
b)
Le 4 mai 2020, A_ a adressé à la Cour de justice une requête visant le prononcé de l'adoption par lui-même des trois enfants de son épouse. Il a exposé faire ménage commun avec E_ et ses enfants depuis l'année 2015. De mai 2017 à mai 2019, toute la famille avait séjourné en Inde, pays dans lequel A_ s'était temporairement installé pour des raisons professionnelles, avant de revenir à Genève. Durant toutes ces années, A_ avait tissé des liens étroits avec les enfants de E_ et s'était beaucoup impliqué auprès d'eux, aussi bien s'agissant de leur scolarité que de leurs loisirs. Il les considérait désormais comme ses propres enfants et souhaitait officialiser cette relation.
c)
E_ a déclaré, dans un courrier du 24 avril 2020, consentir à l'adoption de ses enfants par A_. Elle a confirmé l'implication de ce dernier auprès des trois mineurs et le souhait de la famille que cette relation soit officialisée.
Par courrier du 27 avril 2020, B_ a déclaré souhaiter que le mari de sa maman l'adopte. C_ en a fait de même le 28 avril 2020.
d)
A_ a par ailleurs produit divers témoignages d'amis de la famille, lesquels ont confirmé la profondeur des liens qui l'unissent aux enfants de E_.
e)
Le Service d'autorisation et de surveillance des lieux de placement a rendu un rapport d'évaluation sociale le 12 octobre 2021, selon lequel il convient de donner une suite favorable à la requête. L'enfant D_, entendue personnellement, avait exprimé, tout comme ses deux frères, son désir d'être adoptée. A_ et E_ avaient émis le souhait que les enfants portent ce même nom de famille, ce à quoi B_ et C_ avaient consenti.
Les trois mineurs sont des élèves studieux, également très investis dans leurs différentes activités sportives. A_ représente une figure masculine essentielle à leur épanouissement. Les trois mineurs n'ont conservé que peu de liens avec la famille de leur père. La situation financière des époux A/E_ est très confortable; A_ a fait fortune dans le pétrole et E_, chirurgien dentiste, dirige une clinique dentaire.

EN DROIT
1.
1.1
La cause présente un élément d'extranéité en raison de la nationalité maltaise de l'adoptant.
L'adoption est prononcée par l'autorité judiciaire ou administrative suisse du domicile de l'adoptant ou des époux adoptants (art. 75 al. 1 LDIP).
En l'espèce, l'adoptant, de même que les adoptés, sont domiciliés à Genève.
La Chambre civile de la Cour de céans est en conséquence compétente, tant
ratione loci
que
ratione materiae
(art. 268 al. 1 CC et art. 120 al. 1 let. c LOJ).
1.2
En application de l'art. 77 al. 1 LDIP, les conditions d'une adoption prononcée en Suisse sont régies par le droit suisse, soit par les art. 264 ss CC.
2.
2.1
Un enfant mineur peut être adopté si le ou les adoptants lui ont fourni des soins et ont pourvu à son éducation pendant au moins un an et si toutes les circonstances permettent de prévoir que l'établissement d'un lien de filiation servira le bien de l'enfant sans porter une atteinte inéquitable à la situation d'autres enfants du ou des adoptants (art. 264 al.1 CC). Une adoption n'est possible que si le ou les adoptants, vu leur âge et leur situation personnelle, paraissent à même de prendre l'enfant en charge jusqu'à sa majorité (art. 264 al. 2 CC).
Une personne peut adopter l'enfant de son conjoint (art. 264c al. 1 ch. 1). Le couple doit faire ménage commun depuis au moins trois ans (art. 264c al. 2 CC).
La différence d'âge entre l'enfant et le ou les adoptants ne peut pas être inférieure à seize ans ni supérieure à 45 ans (art. 264d al. 1 CC).
L'adoption requiert le consentement du père et de la mère de l'enfant (art. 265a al. 1 CC).
2.2
En l'espèce, l'adoptant vit avec la mère des candidats à l'adoption depuis 2015, le couple s'étant par ailleurs marié le _ 2018. L'adoptant prend soin des mineurs depuis six ans, s'occupant de leur éducation comme le ferait leur père biologique.
La condition de la différence d'âge est remplie avec chacun des mineurs.
Il est également établi que le prononcé de l'adoption est dans l'intérêt des enfants et ne fera qu'entériner une situation de fait déjà existante. L'adoptant est enfin en bonne santé et jouit d'une excellente situation financière. Au vu de ce qui précède, l'adoption des trois mineurs par A_, à laquelle la mère des enfants a formellement consenti, sera prononcée.
Les liens de filiation des enfants avec leur mère ne seront pas rompus (art. 267 al. 3 ch. 2 CC).
2.3
Les adoptés porteront désormais le nom de A/E_, comme leurs parents (art. 270 al. 3 CC,
via
art. 267a al. 2 CC).
2.4
L'adopté étant de nationalité étrangère, les enfants demeureront originaires de Genève.
3.
Les frais de la procédure, arrêtés à 1'000 fr., sont mis à la charge du requérant; ils sont entièrement couverts par l'avance de frais de même montant, laquelle est acquise à l'Etat de Genève (art. 2 RTFMC; art. 98, 101 et 111 CPC).
* * * * *