Decision ID: 5dd1efb0-1734-5109-b39f-bfd87d728d1e
Year: 2016
Language: fr
Court: FR_TC
Chamber: FR_TC_007
Canton: FR
Region: Espace_Mittelland
Law Area: public_law

attendu
que, le 28 avril 2016, A._ a été interpellé par la police cantonale et dénoncé pour achat et consommation de marijuana et conduite sous l'influence éventuelle de stupéfiants;
que l'intéressé a déclaré avoir consommé un joint le matin du 28 avril 2016, vers les 10h00, alors que le contrôle sanguin a été effectué à 18h45 et les tests d’urine à 18h50, soit 35, respectivement 40 minutes après le contrôle de police;
qu'il a précisé acheter et consommer de la marijuana et de la cocaïne;
que, le 17 mai 2016, la police cantonale a établi un autre rapport dénonçant l’intéressé, cette fois pour possession d’un poing américain, achat et consommation d'environ 7 grammes de cocaïne, obtention gratuite et consommation d'environ 1 gramme de cocaïne, d'environ 17 grammes de marijuana et de quantités indéterminées de MDMA;
que, par lettre du 3 mai 2016, la Commission des mesures administratives en matière de circulation routière (la CMA) a avisé le précité de l'ouverture d'une procédure, en lui signalant que les constatations des organes de police pourraient donner lieu au prononcé d'une mesure administrative;
que, par ce même courrier, son permis, confisqué lors du contrôle, lui a par ailleurs été restitué provisoirement;
que, pourtant avisé de la possibilité de s'exprimer, l'intéressé ne s'est pas déterminé sur la mesure envisagée;
que l'expertise toxicologique du 11 juillet 2016 du Centre B._ indique que les tests d'urine se sont révélés positifs à la cocaïne et au cannabis et qu'une concentration de THC dans le sang de 3.1 μg/l a été constatée. La cocaïne n’a pas été mise en évidence dans le sang, mais les résultats sont indicateurs d’une consommation de cocaïne non récente, devant dater de plusieurs heures, voire jours, avant le prélèvement;
que, par décision du 4 août 2016 rédigée en allemand, la CMA a prononcé le retrait préventif du permis de conduire de A._ pour une durée indéterminée, jusqu'à ce que les motifs d'exclusion aient été élucidés, conformément à l'art. 15d al. 1 let. b de la loi du 19 décembre 1958 sur la circulation routière (LCR; RS 741.01) et aux art. 28a al. 1 let. a et 30 de l'ordonnance du 27 octobre 1976 réglant l'admission des personnes et des véhicules à la circulation routière (OAC; RS 741.51), en se fondant sur les propres déclarations du précité, le résultat d’analyse toxicologique montrant une concentration de THC (de 2.1 – 4.0 μg/l) supérieure à la valeur limite (1.5 μg/l) définie à l’art. 34 de l’ordonnance du 22 mai 2008 de l’Office fédéral des routes concernant l’ordonnance sur le contrôle de la circulation routière (OOCCR-OFROU; RS 741.013.1), les recommandations de la Société suisse de médecine légale et les recommandations de l’expertise toxicologique du Centre B._. L'autorité a subordonné le prononcé d'une nouvelle mesure à la production d'une expertise médicale réalisée par l'expert du choix de l'intéressé (selon une liste qu'elle lui a remise), visant à évaluer ses habitudes de consommation de produits stupéfiants et sa dépendance toxicomaniaque chronique ou périodique et/ou l'existence d'éventuels autres troubles (notamment de la personnalité) qui le rendraient
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inapte à la conduite d'un véhicule à moteur. Par ailleurs, la CMA a retiré l'effet suspensif à un éventuel recours;
que, le 22 août 2016, l'intéressé a recouru - en français - auprès du Tribunal cantonal contre la décision de la CMA en concluant, avec suite de frais, à son annulation, l'effet suspensif devant être restitué à la procédure de recours. Il fait valoir pour l'essentiel que l'on ne saurait avoir des doutes sérieux au sujet de son aptitude à conduire, notamment dès lors que le test sanguin n’a pas mis en évidence la présence de cocaïne dans son sang, qu’il n’est pas prouvé qu’il en a consommé depuis la découverte par la police de sa consommation occasionnelle de l’époque et que la présence attestée de THC ne suffit pas, à elle seule, à établir l’incapacité de conduire d’une personne. De plus, il relève n'avoir jamais, par le passé, été contrôlé de manière positive au THC au volant d’un véhicule automobile, ni ne présenter d’antécédents en matière de circulation routière. Par conséquent, le caractère sérieux du doute quant à son aptitude à conduire fait défaut. En outre, sa bonne foi est démontrée par le fait qu’il collabore parfaitement dans le cadre de l'expertise et des contrôles médicaux. Enfin, le retrait de durée indéterminée n'est pas proportionnel, dès lors qu'il doit impérativement pouvoir conserver son permis pendant la durée de la procédure, en raison de son emploi dans le cadre duquel il est amené à devoir se déplacer avec du matériel encombrant;
que, le 12 septembre 2016, il a été décidé que la procédure se déroulerait en langue française;
que, dans ses observations du 2 septembre 2016, la CMA a conclu au rejet du recours, en se référant à sa décision ainsi qu'aux autres pièces du dossier. Le 9 novembre 2016, elle a maintenu sa position du 2 septembre précédent et relevé qu’à réception du rapport d’expertise, une décision finale pourrait être signifiée au recourant;

considérant
que, par nature, le retrait préventif est provisoire; une décision définitive doit lui être substituée une fois les motifs d'exclusion élucidés. Cette décision constitue une décision incidente dans la procédure relative au retrait de sécurité et le délai pour déposer un recours de droit administratif contre un tel prononcé est de dix jours (cf. art. 79 al. 2 du code cantonal du 23 mai 1991 de procédure et de juridiction administrative, CPJA; RSF 150.1);
qu'en l'espèce, le recours a été déposé dans le délai et les formes prescrits (art. 79 à 81 CPJA) auprès de l'autorité compétente pour en connaître en vertu de l'art. 12 al. 2 de la loi cantonale du 12 novembre 1981 d'application de la législation fédérale sur la circulation routière (LALCR; RSF 781.1). L'avance de frais a en outre été versée en temps utile. Partant, le Tribunal cantonal peut entrer en matière sur les mérites du recours;
que, selon l'art. 14 al. 2 let. c LCR, le permis d'élève conducteur et le permis de conduire ne peuvent être délivrés aux candidats qui souffrent d'une forme de dépendance les rendant inaptes à la conduite;
que les permis et les autorisations sont retirés lorsque l'autorité constate que les conditions légales de leur délivrance ne sont pas ou ne sont plus remplies (art. 16 al. 1, 1ère phrase, LCR). L'art. 16d
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al. 1 let. b LCR précise que ces permis sont retirés pour une durée indéterminée à la personne qui souffre d'une forme de dépendance la rendant inapte à la conduite;
que le Message accompagnant le projet de l'art. 14 LCR (FF 1999 IV 4128) précise que, selon l'art. 14 al. 2 let. c, toutes les personnes qui souffrent d'une forme de dépendance les rendant inaptes à la conduite doivent être exclues du trafic motorisé. L'on ne distingue plus désormais entre le penchant pour la boisson et d'autres formes de dépendance. C'est à la médecine et à la psychologie de dire, au cas par cas, quelles sont les dépendances qui excluent l'aptitude à la conduite;
qu'ainsi, les art. 14 al. 2 et 16d al. 1 LCR concernent l'aptitude à conduire de l'automobiliste dans la circulation routière. Tout automobiliste doit être apte à conduire avec sûreté un véhicule à moteur; il s'agit là d'un principe fondamental dont dépend la sécurité de la route. Hormis la connaissance des règles de la circulation et des techniques de pilotage, le titulaire d'un permis doit être en bonne santé et à la hauteur des exigences posées par la conduite d'un véhicule automobile dans le trafic actuel. Cette condition, relative à la personne même du conducteur, porte sur quatre points, à savoir son aptitude physique, son aptitude mentale ou psychique, son aptitude caractérielle et son aptitude à s'intégrer avec sûreté dans une situation difficile du trafic. En présence d'un conducteur ne satisfaisant pas à l'une ou l'autre de ces exigences, un retrait de sécurité est ordonné (cf. PERRIN, Délivrance et retrait du permis de conduire, 1982, p. 127);
qu'à la différence du retrait d'admonestation qui suppose une infraction fautive à une règle de circulation, le retrait basé sur l'art. 16d al. 1 LCR est un retrait de sécurité. Il s'agit d'une mesure de sûreté ordonnée en fonction de l'état personnel du conducteur (inaptitude à conduire ou doute sur l'aptitude à conduire) dans le but de sauvegarder l'ordre public et, plus particulièrement, pour protéger la sécurité de la circulation contre les conducteurs inaptes (cf. PERRIN, p. 81 s.);
que, quand bien même dans la réalité, le particulier considère le retrait de sécurité comme une grave atteinte à sa liberté personnelle, cette décision ne constitue pas, en droit, une mesure restrictive de liberté, puisqu'en aucune façon elle ne vise à léser ce bien juridique. Loin de représenter un mal infligé au conducteur inapte, le retrait de sécurité est, au contraire, une mesure de protection prise en faveur de l'intéressé lui-même. Celui-ci en effet, inapte à piloter un véhicule automobile d'une manière sûre, mettrait en péril son intégrité corporelle et son patrimoine en prenant le volant. Le retrait de sécurité apparaît aussi comme une mesure de défense sociale: l'Etat, gardien de l'ordre public, se doit d'écarter du trafic l'automobiliste dont l'inaptitude à conduire est une source de danger pour les autres usagers de la route (cf. PERRIN, p. 96);
que la dépendance aux stupéfiants est un motif de retrait de sécurité, au sens des art. 14 al. 2 let. c et 16d al. 1 let. b LCR. Il n'est ainsi nullement nécessaire que le conducteur soit inapte à conduire au moment où la décision de retrait du permis de conduire est rendue; la simple éventualité d'une mise en danger ultérieure ne suffit cependant pas;
que, d'une façon générale, la question de savoir si un conducteur est capable de conduire avec sécurité dépend essentiellement de la personnalité de l'intéressé et de l'ensemble des circonstances du cas particulier (ATF 103 Ib 33; 105 Ib 387). Le défaut de capacité de conduire pour cause de dépendance peut être établi par des examens et des rapports médicaux mais, le plus souvent, par une expertise confiée à des spécialistes disposant de connaissances spécifiques;
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que l'art. 11b al. 1 let. a et c OAC prévoit, à cet égard, que lorsque l'autorité a des doutes sur l'aptitude à conduire d'une personne, elle l'adresse à un médecin-conseil désigné par elle-même ou le confie à un institut spécialisé de son choix. Il importe en effet de procéder à l'analyse de l'incidence de la toxicomanie ou de l'alcoolisme sur le comportement de l'intéressé comme conducteur en général, comme aussi de la mesure de sa dépendance. Pratiquement, cela signifie qu'en cas de présomption d'incapacité à conduire pour cause de dépendance, le recours au jugement de spécialistes s'impose dans la plupart des cas, à moins que cette dépendance ne soit manifeste et particulièrement grave (ATF 120 Ib 305 consid. 4b; 104 Ib 46 consid. 3a);
que ce qui vient d'être dit n'exclut cependant pas que le permis de conduire puisse être retiré immédiatement, à titre de mesure préventive, avant que des examens plus poussés n'aient été exécutés;
qu'ainsi, l'art. 30 OAC prévoit que le permis d'élève conducteur ou le permis de conduire peut être retiré à titre préventif lorsqu'il existe des doutes sérieux quant à l'aptitude à conduire de l'intéressé;
que le retrait préventif du permis de conduire a la même nature juridique que le retrait de sécurité. Comme ce dernier, il constitue une mesure de sûreté ordonnée en fonction de l'état personnel du conducteur (inaptitude à conduire ou doute sur l'aptitude à conduire) dans le but de sauvegarder l'ordre public (cf. PERRIN, p. 81 s.). Eu égard au danger potentiel inhérent à la conduite de véhicules automobiles, le permis de conduire doit être retiré à titre préventif lorsqu'il existe des indices laissant apparaître qu'un conducteur représente un risque particulier pour les autres usagers et qu'on peut sérieusement douter de son aptitude à conduire un véhicule automobile. Tel est notamment le cas s'il existe des indices concrets d'une dépendance (ATF 125 II 396 consid. 3; 122 II 359 consid. 3a). Doit être considéré notamment comme un élément suffisant, le fait qu'un conducteur a reconnu avoir consommé une certaine quantité de drogue pendant un certain temps avant son interpellation. De plus, en cas de consommation de cocaïne, d'héroïne ou d'autres drogues dures, le potentiel de dépendance est très élevé. Le mode de consommation (par injection, en fumant le produit déposé sur une feuille d'aluminium, sous forme de prises, etc.) ne joue en l'espèce aucun rôle. Par conséquent, si la police ou un médecin avise l'autorité que l'on a constaté, ne serait-ce qu'une seule fois, qu'une personne a consommé de ces substances, il y a lieu d'élucider si elle est apte à conduire, même s'il n'existe aucun rapport avec la circulation routière. Selon les expériences faites à ce jour, 10% au plus des conducteurs examinés sont aptes à conduire malgré leur consommation d'héroïne et de cocaïne (cf. Manuel du groupe d'experts "Sécurité routière", dans sa version du 26 avril 2000, p. 4 s.);
que, selon la jurisprudence, la consommation régulière mais contrôlée et modérée de cannabis ne permet pas en soi d'en tirer la conclusion de l'absence d'aptitude à conduire. A cet égard, sont bien plus déterminants les habitudes de consommation du conducteur, ses antécédents, son comportement en matière de circulation routière et sa personnalité (arrêt TF 1C_111/2015 du 21 mai 2015 consid. 4.4; ATF 128 II 335 consid. 4a);
que la consommation de stupéfiants, même si elle n'est qu'occasionnelle et ne porte que sur de faibles quantités de haschisch, est néanmoins susceptible d'altérer l'aptitude à conduire. Il peut, par exemple, en résulter une diminution de l'acuité visuelle dynamique, un allongement du temps de réaction, une altération de la capacité de coordination ou encore une diminution de la précision des automatismes de conduite. Parmi les erreurs de conduite typiques, on peut citer les difficultés à tenir sa ligne, l'éloignement de sa voie de circulation, la mauvaise appréciation des manœuvres de dépassement, la confusion entre limites extérieures et intérieures de la route, l'augmentation de
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la fréquence des collisions et les excès de vitesse (ATF 124 II 559 consid. 3c/aa et les références citées);
qu'une expertise médico-légale s’impose ainsi dans tous les cas où les circonstances concrètes font naître un doute suffisant quant à une éventuelle dépendance à la cocaïne (CARRON, Les nouveautés en droit de la circulation routière / I.-II., in Journées du droit de la circulation routière 7 – 8 juin 2010, 2010, p. 161 s.; arrêt TF 1C_282/2007 du 13 février 2008 / JdT 2008 I 464);
qu'il va de soi que s'il s'avère, après expertise, que la mesure n'est pas justifiée, elle devra être aussitôt rapportée (ATF 106 Ib 115 consid. 2b). C'est la raison pour laquelle, au regard de la nature provisoire de cette mesure et des buts qu'elle poursuit, il ne doit pas s'écouler trop de temps entre le moment où les faits ont été portés à la connaissance de l'autorité, la prise de cette mesure, l'exécution de celle-ci et la mise en œuvre de l'expertise;
que, dans le cas d'espèce, il ressort du rapport établi par la police cantonale suite à l’interpellation du 28 avril 2016 que le recourant reconnaît avoir consommé de la marijuana à 10h00 le matin même, alors que la police l'a contrôlé vers les 18 heures;
que, de plus, il découle du rapport établi le 17 mai 2016 que le recourant a avoué consommer de façon occasionnelle de la marijuana depuis trois ans, pour une quantité totale de 17 grammes. Selon son audition par la police cantonale du 14 avril 2016, il a consommé au moins 13 grammes de marijuana de fin janvier 2016 au 14 avril 2016 afin de l’aider à dormir, la cocaïne consommée l'en empêchant;
que force est ainsi de constater que sa consommation de marijuana est plus qu’occasionnelle;
qu’en effet, les 13 grammes consommés en 11 semaines, soit 0.16 gramme en moyenne par jour, correspondent, à raison d'environ 0.3 gramme de marijuana par joint selon les dires du recourant, à une consommation d'au moins un joint tous les deux jours;
que cela permet manifestement de craindre une éventuelle dépendance;
qu'à cela s’ajoute que le recourant a pris le volant alors qu'il était encore sous l'effet de la drogue, ce que les analyses ont confirmé par la suite;
que c’est précisément l’odeur de marijuana qui a conduit la police à investiguer sur dite consommation;
que conduire sous l’effet de cette drogue permet de déduire que le recourant n'est probablement plus apte à mesurer le danger qu'il peut représenter pour autrui et que, partant, ceci constitue un indice supplémentaire d'une éventuelle dépendance;
que, de plus, le recourant a avoué avoir consommé, entre fin janvier 2016 et le 14 avril 2016, une quantité totale de 8 grammes de cocaïne;
que selon les experts en la matière, la dose moyenne d’une prise de cocaïne oscille entre 20 mg et 200 mg (cf. CARRON, p. 162). Dès lors, si l’on prend en compte une dose moyenne de 100 mg, les 8 grammes que le recourant dit avoir acquis sur une période de 11 semaines correspondraient à environ 80 doses, soit plus de 7 doses par semaine, ce qui ne permet manifestement plus de parler de consommation occasionnelle;
que cela permet également de craindre une dépendance, s'agissant en outre d'une drogue dure;
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qu’au demeurant, les résultats de l’expertise toxicologique du 11 juillet 2016 sont indicateurs d’une consommation de cocaïne devant dater de plusieurs heures, voire jours, avant le prélèvement du 28 avril 2016. Dès lors, le recourant ne peut manifestement pas être suivi lorsqu’il affirme qu’il n’a plus consommé cette drogue depuis les événements d'avril 2016 qui ont mené à la découverte par la police de sa consommation;
que du reste, compte tenu du fort potentiel de dépendance à la cocaïne et de son effet désinhibant, il y a une grande probabilité que l’intéressé ne soit plus en mesure de s’abstenir de consommer lorsqu’il prend le volant, ce qui créerait un danger certain du point de vue de la circulation routière (cf. CARRON, p. 162);
que le fait que le permis saisi sur-le-champ lui ait été restitué avec l’avis d’ouverture de procédure ne lui est d’aucun secours;
qu'on doit admettre à cet égard que l'absence d'antécédents a joué à ce stade de la procédure en faveur du recourant et qu'il ne saurait en déduire quoique ce soit;
que l’intérêt public lié à la sécurité routière commande que l’on procède à un retrait préventif du permis à chaque fois qu’il existe suffisamment d’éléments pour faire naître un doute sérieux au sujet de l’aptitude à conduire, ce qui est le cas en l’espèce;
qu'au vu de ces éléments, appréciés à l'aune de la jurisprudence et de la doctrine citées ci-avant, l'autorité intimée était pleinement fondée à considérer qu'il existait un risque de dépendance dû à une consommation de cannabis plus qu’occasionnelle et à une consommation de cocaïne régulière et, par conséquent, à émettre des doutes sérieux sur l'aptitude à conduire du recourant;
qu'au demeurant, il convient de rappeler que le retrait préventif du permis de conduire n'est pas une mesure admonitive ayant pour but de punir un comportement fautif, mais qu'il vise à empêcher qu'un automobiliste présumé incapable de conduire se mette au volant d'un véhicule dans un état, durable ou momentané, le rendant dangereux pour la circulation. Tant que cette présomption n'est pas renversée, l'intéressé doit être interdit de circulation;
qu'en l'occurrence, tant que la non-dépendance du recourant n'est pas prouvée, ce dernier doit être considéré préventivement comme inapte à conduire et, dès lors, être interdit de circulation;
que, pour les motifs qui précèdent, l'Autorité de céans constate que la CMA n'a pas violé le droit, ni commis un excès ou un abus de son pouvoir d'appréciation en retenant que la dépendance du recourant à la drogue ne pouvait pas être exclue et que, par conséquent, il se justifiait de protéger prioritairement les usagers de la route par un retrait préventif;
que, partant, le recours doit être rejeté;
que, dans la mesure où, par la présente, la Cour de céans statue au fond, la demande de restitution de l'effet suspensif (603 2016 150) devient sans objet;
qu’au demeurant, de jurisprudence constante, il se justifie en principe de refuser l’effet suspensif dans le cas d’un retrait de sécurité (cf. ATF 106 Ib 115 consid. 2b);
que, vu l'issue du recours, les frais de procédure doivent être mis à la charge du recourant, conformément à l'art. 131 CPJA et aux art. 1 et 2 du tarif cantonal du 17 décembre 1991 des frais de procédure et des indemnités en matière de juridiction administrative (RSF 150.12). Pour le même motif, il n'est pas alloué d'indemnité de partie;
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