Decision ID: 3207841a-f3bc-50c5-9038-3624bcaacacd
Year: 2016
Language: fr
Court: FR_TC
Chamber: FR_TC_005
Canton: FR
Region: Espace_Mittelland
Law Area: penal_law

considérant en fait
A. Le 1er avril 2016, une plainte pénale a été déposée à l’encontre de A._. Ce dernier est soupçonné d’abus de confiance et d’escroquerie. Dans le cadre de la procédure d’investigation policière, A._ a été entendu par la Police de sûreté du canton de Fribourg en date du 7 avril 2016. Le même jour, sur ordre de la Police de sûreté, ses données signalétiques, en particulier ses empreintes digitales, ont été saisies. A._ s’est formellement opposé à l’exécution des mesures signalétiques ordonnées. Toutefois, ces dernières ont tout de même pu être exécutées sans recours à la force.
B. A._ a, par courrier daté du 11 avril 2016, remis à la poste le 13, adressé à la Chambre pénale une "Opposition sur l'art. 260 CPP" contestant la saisie de ses données signalétiques en y annexant la feuille d'information du Ministère public sur la saisie dont seules les rubriques "Information" et "Recours" ne sont pas biffées. En substance, il prétend ne pas avoir été informé des infractions qui lui sont reprochées bien qu’il l’ait expressément demandé aux agents présents.
Le Procureur en charge du dossier s’est déterminé le 22 avril 2016 ; il conclut à l’irrecevabilité du recours. Il joint en sus sa décision du 20 avril 2016, prononcée dans l’intervalle, dans laquelle il rejette l’opposition formée par A._ à l’encontre de l’ordre de la Police de sûreté du 7 avril 2016.

en droit
1. a) Le recours est recevable contre les décisions et les actes de procédure de la police, du ministère public et des autorités pénales compétentes en matière de contraventions (art. 393 al. 1 let. a du Code de procédure pénale [CPP]). Le recours contre les décisions notifiées par écrit ou oralement est motivé et adressé par écrit, dans le délai de dix jours, à l’autorité de recours (art. 396 al. 1 CPP). Toute partie qui a un intérêt juridiquement protégé à l’annulation ou à la modification d’une décision a qualité pour recourir contre celle-ci (art. 382 al.1 CPP). La compétence de la Chambre pénale découle de l’art. 43 al. 3 let. b LJ.
Conformément à l’art. 260 CPP et en tant qu’il a trait à un ordre pour la saisie de données signalétiques, le recours est ouvert à l’encontre de la décision émanant (1) du ministère public qui statue directement ou après injonction de la police dans le cas d’un refus de l’intéressé (CR , art. 260 n. 26 ; PITTELOUD, Code de procédure pénale suisse : Commentaire à l’usage des praticiens, 2012, n° 615) ou (2) de la direction de la procédure (CR CPP- CALAME, art. 260 n. 29). Cette disposition s’applique donc uniquement aux cas dans lesquels la saisie des données signalétiques a été décidée par la police dans le cadre d’une procédure d’investigation. Lorsque le ministère public confirme l’injonction donnée par la police, la personne concernée peut alors recourir contre cette décision au sens des art. 393 ss CPP (arrêt TC FR 502 2012 143 du 30 novembre 2012, in RFJ 2012 45).
b) Le recours du 13 avril 2016 contre l’ordre de saisie des données signalétiques de la Police cantonale du 7 avril 2016 a été adressé à la Chambre de céans. Or, comme il l’a été exposé ci-dessus, seul l’ordre pour la saisie des données signalétiques peut faire l’objet d’un recours, non son exécution. De plus, la voie du recours n’est pas ouverte lorsque la mesure émane de la police
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et non du Ministère public ou de la direction de la procédure. Ainsi, si le recourant désirait s’opposer à la saisie de ses données signalétiques, il aurait dû formuler son refus à l’ordre donné par la police de sûreté lors de son exécution. En l’espèce, le recourant s’est effectivement formellement opposé à l’exécution des mesures signalétique ordonnées ; celles-ci ont toutefois pu être exécutées sans recours à la force. Dès lors, c’était au Ministère public de se prononcer sur cette mesure et cette dernière décision pouvait faire l’objet d’un recours au sens des art. 393 ss CPP auprès de la Chambre de céans.
En l’occurrence, le Ministère public s’est prononcé par décision du 20 avril 2016 sur l’opposition formée par le recourant, décision dans laquelle le Ministère public rejette l’opposition du recourant et ordonne la saisie des données signalétiques. Cette dernière décision pouvait alors faire l’objet d’un recours auprès de la Chambre de céans dans les dix jours à compter de sa notification. Aucun recours n’a été déposé dans le délai.
Partant, au vu de ce qui précède, force est de constater que le "recours" adressé le 13 avril 2016 est devenu sans objet. Au demeurant, le recours était irrecevable et ce, à plusieurs titres.