Decision ID: 9c82701b-94cb-5a39-be41-19e33daa63f3
Year: 2017
Language: fr
Court: FR_TC
Chamber: FR_TC_004
Canton: FR
Region: Espace_Mittelland
Law Area: civil_law

considérant en fait
A. A._, née en 1986, et B._, né en 1955, sont les parents de C._, née en 2007, D._, née en 2009, et E._, né en 2014.
La famille a connu de nombreuses difficultés qui ont donné lieu à l'instauration de diverses mesures par la Justice de paix de l'arrondissement de la Sarine (ci-après: la Justice de paix). Par décisions du 1er décembre 2016, la Justice de paix a en particulier retiré à A._ et B._ le droit de déterminer le lieu de résidence de C._, D._ et E._, qui ont été placés avec effet immédiat en foyers.
B. Le 9 mai 2017, F._, assistante sociale auprès du Service social de G._, a signalé la situation de A._ à la Justice de paix en indiquant, en substance, que celle-ci était en proie à d'importantes difficultés, que ses attentes et son besoin de soutien dépassaient largement le cadre usuel d’une aide personnelle, mais qu’elle refusait l’instauration d’une curatelle volontaire.
Par courrier du même jour, H._, case manager auprès de l'Office de l'assurance-invalidité du canton de Fribourg (ci-après: l’Office AI), a informé la Justice de paix de la nécessité, selon elle, d'instituer rapidement une curatelle en faveur de A._, au motif que cette dernière allait bénéficier rétroactivement d'une rente AI à 100% dès le 1er février 2016 et que des doutes se présentaient quant à sa capacité à gérer la somme qui allait lui être versée, soit CHF 82'500.-.
La Justice de paix a auditionné A._ le 1er juin 2017. A cette occasion, celle-ci a catégoriquement rejeté l’idée d’une mise sous curatelle.
Suite au refus de A._ de consentir à ce que la Justice de paix prenne des renseignements médicaux auprès de l'Office AI, la Conseillère d'Etat I._ a délié du secret médical le Docteur J._ afin que ce dernier puisse transmettre à la Justice de paix l'expertise psychiatrique réalisée dans le cadre de la procédure AI concernant A._, ce que ce dernier a fait le 26 septembre 2017.
Par décision du 27 septembre 2017, la Justice de paix a instauré, en faveur de A._, une curatelle de représentation avec gestion du patrimoine au sens de l'art. 394 CC en lien avec l'art. 395 CC, avec limitation du pouvoir de disposer au sens de l'art. 395 al. 3 CC, et ayant pour objet la représentation de A._ dans le cadre de ses affaires administratives et financières, la gestion avec la diligence requise de ses revenus et de sa fortune, à ce qu'il soit veillé à son bien-être médical et social et à ce qu'elle soit assistée dans la recherche d'un nouvel appartement et dans le déplacement de son domicile légal. Les premiers juges ont privé A._ de la faculté d'accéder à ses comptes bancaires en vertu de l'art. 395 al. 3 CC, charge à la curatrice de faire bloquer l'accès aux comptes bancaires actuels de A._, exceptés celui sur lequel seront versés les montants mis à libre disposition de l’intéressée. La Justice de paix a également instauré une curatelle de coopération au sens de l'art. 396 CC et subordonné au consentement de la curatrice tous les engagements juridiques conclus par A._ portant sur des montants supérieurs à CHF 200.- ou d'une durée supérieure à 6 mois. Enfin, la Justice de paix a retiré l'effet suspensif à un éventuel recours.
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C. Le 18 octobre 2017, A._ a interjeté recours contre la décision du 27 septembre 2017. En substance, elle reproche à la Justice de paix d'avoir institué une curatelle sans avoir eu de preuve concrète de sa mauvaise gestion financière et de ne pas l'avoir auditionnée afin de lui permettre de justifier ses dépenses et ainsi de démontrer ses capacités à se gérer.
Par courrier du 26 octobre 2017, la Justice de paix a renoncé à déposer des observations, tout en renvoyant au dossier de la cause (100 2017 324, ci-après: DO 100). Le même jour, elle a transmis à la Cour les dossiers concernant les enfants (DO 300 2013 755/756, 300 2016 118 [ci-après: DO 300]) ainsi que deux courriels de A._ du 31 octobre 2017 comprenant, en annexe, une attestation médicale datée du 30 mai 2008. Les 9 et 14 novembre 2017, elle a encore communiqué à la Cour divers courriels et documents transmis par la recourante.

en droit
1.
1.1. Selon l'art. 8 de la loi du 15 juin 2010 concernant la protection de l'enfant et de l'adulte (LPEA; RSF 212.5.1), le Tribunal cantonal connaît des recours contre les décisions rendues par l'autorité de protection – soit la Justice de paix (art. 2 al. 1 LPEA) – ou par son président ou sa présidente. La Cour de protection de l'enfant et de l'adulte (art. 14 al. 1 let. c du Règlement du Tribunal cantonal du 22 novembre 2012 précisant son organisation et son fonctionnement [RTC; RSF 131.11]) est compétente pour statuer.
1.2. En l'absence de dispositions cantonales contraires, les dispositions de la procédure civile s'appliquent par analogie (art. 450f CC).