Decision ID: 6dd5c75b-6561-59ef-a17b-384540417dab
Year: 2018
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_011
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: penal_law

EN FAIT
:
- la procédure pénale P/10057/2018 dirigée contre A_ des chefs de conduite sans autorisation (art. 95 LCR) et conduite malgré une incapacité et violation de l'interdiction de conduire sous l'influence de l'alcool (art. 92 al. 2 let. a LCR);
- l'ordonnance du 5 juin 2018 par laquelle le Ministère public a ordonné la mise sous séquestre (et le dépôt à la fourrière cantonale) du véhicule B_ break noir immatriculé GE 1_ au nom de A_ en vue de la mesure de confiscation qu'il solliciterait lors de l'audience de jugement dans le cadre de la P/2_/2017 dans laquelle le précité était poursuivi pour infraction grave aux règles de la circulation routière (art. 95 al. 1 let. b LCR);
- la jonction de la procédure P/10057/2018 à la P/2_/2017, le 11 juin 2018;
- le recours expédié le 15 juin 2018 par A_ concluant, sous suite de frais et dépens, à l'annulation de l'ordonnance de séquestre du 5 juin 2018;
- le rejet de la demande d'effet suspensif assortissant le recours (
OCPR/18/2018
du 20 juin 2018);
- le jugement du 28 septembre 2018 du Tribunal de police, motivé le 7 novembre 2018, rendu dans la P/2_/2017, déclarant A_ coupable de violation grave des règles de la circulation routière (art. 90 al. 2 LCR), de conduite en état d'ébriété avec un taux d'alcool qualifié (art. 91 al. 2 let. a LCR) et de conduite sans autorisation (art. 95 al. 1 let. b LCR) et ordonnant la restitution du véhicule B_ break noir immatriculé GE 1_ à son propriétaire, soit à l'organisme de leasing dudit véhicule, B_ (Suisse) SA;
- la déclaration d'appel interjetée par A_ contre ce jugement.
Considérant,

EN DROIT
que :
- le recours a été déposé selon le délai et la forme prescrits (art. 385 al. 1 et 396 al. 1 CPP), par le prévenu (art. 104 al. 1 let. a CPP), contre une décision sujette à recours (art. 393 let. a CPP);
- la restitution à l'ayant droit des objets et des valeurs patrimoniales séquestrées (art. 263 CPP) qui n'ont pas été libérées auparavant, leur utilisation pour couvrir les frais ou leur confiscation sont statués dans la décision finale (art. 267 al. 3 CPP);
- le Tribunal de police ayant, dans son jugement du 7 novembre 2018, statué
au fond sur le sort du véhicule B_ break noir immatriculé GE 1_
en le restituant au tiers propriétaire, B_ (Suisse) SA, le recourant
n'a plus d'intérêt actuel et pratique au traitement de son recours (art. 383 CPP;
ATF
137 I 296
consid. 4.2 et les références citées; arrêt du Tribunal fédéral
6B_766/2016
du 4 avril 2017 consid. 1.2);
- le recours contre le séquestre dudit véhicule est ainsi devenu sans objet, ce que la Chambre de céans peut constater sans échange d'écritures ni débats (art. 390 al. 2 et 5
a contrario
CPP), et la cause doit être rayée du rôle;
- selon le Tribunal fédéral, les frais d'un procès devenu sans objet sont fixés en tenant compte de l'état de choses existant avant le fait qui met fin au litige et de l'issue probable de celui-ci (ATF
125 V 373
consid. 2a p. 374). Si l'issue probable de la procédure n'apparaît pas évidente, il y a lieu de recourir aux critères généraux de la procédure civile, d'après lesquels les frais et dépens
seront supportés en premier lieu par la partie qui a provoqué la procédure devenue sans objet ou chez qui sont intervenues les causes qui ont conduit à ce que cette procédure devienne sans objet (cf. ATF
118 Ia 488
consid. 4a p. 494). L'appréciation se fait sur la base d'un examen sommaire du dossier et des arguments du recourant (ibid.);
- en application de ces principes, il est probable qu'en l'espèce, si la Chambre de céans était entrée en matière sur le recours, elle l'eût rejeté. En effet, il ressort du dossier que le recourant possédait un deuxième véhicule (cf.
OCPR/18/2018
), d'une part, et que le séquestre était prononcé en vue de confiscation, vu la récidive de l'intéressé, d'autre part. La restitution au tiers propriétaire a finalement été prononcée par le juge du fond - une telle mesure étant moins incisive -, ce que le recourant ne semble pas avoir contesté dans sa déclaration d'appel;
- le recourant assumera par conséquent les frais de l'instance, qui comprendront un émolument de décision CHF 800.-, y compris pour l'ordonnance du 20 juin 2018 (art. 428 al. 1 CPP et 13 al. 1 du Règlement fixant le tarif des frais en matière pénale, RTFMP ;
E 4 10.03
);
- pour les mêmes raisons, le recourant n'aura pas droit à l'indemnisation de ses frais de procédure, au sens de l'art. 429 al. 1 CPP.
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