Decision ID: 7c4733ef-874f-5e21-ac01-3b89d7342184
Year: 2015
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_014
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: social_law

EN FAIT
1. Par arrêt du 2 avril 2015, reçu par les parties le 23 avril suivant, la chambre de céans a rejeté le recours interjeté par Monsieur A_ contre une décision de l’office cantonal d’assurance-invalidité (OAI) du 10 décembre 2010 lui refusant toute prestation. ![endif]>![if>
2. Le dispositif de cet arrêt mentionne à son chiffre 2 : « Le recours est rejeté au sens des considérants » : ![endif]>![if>
Le considérant 10 est formulé ainsi :
« Conformément à la suggestion du MAMAC, à laquelle le SMR semble s’être rallié (cf. ci-dessus, § 55), et à celle des experts judiciaires (cf. rapport complémentaire du 25 février 2014), il conviendra d’accorder à l’assuré une aide au placement (art. 18 al. 1 LAI) pour l’aider à trouver une activité correspondant à ses limitations fonctionnelles, compte tenu par ailleurs de sa longue absence du marché du travail et au risque éventuel de surcharge psychologique liée à une réinsertion professionnelle après une quinzaine d’années d’inactivité à ce jour. Le cas échéant, il incombera à l’office intimé de prendre également en charge les frais d’une prise en charge psychiatrique, en vue de permettre à l’assuré de reprendre graduellement une activité professionnelle, étant précisé qu’il ne s’agit pas de soigner l’affection psychique comme telle, mais de fournir une prestation s’apparentant à une aide au placement (cf. ATFA du 28 août 2001, I 128/01, consid. 3).
»
Le considérant 11 conclut : « Au vu de ce qui précède, le recours doit être rejeté ».
3. Par acte du 26 mai 2015, l’OAI a demandé à la chambre de céans d’interpréter son arrêt, estimant qu’on l’on peinait à comprendre si celle-ci entendait en réalité lui renvoyer le dossier afin de mettre l’assuré au bénéfice d’une aide au placement ou effectivement rejeter le recours.![endif]>![if>
4. Cet acte a été transmis à M. A_ le 1
er
juin 2015, pour information.![endif]>![if>

EN DROIT
1. A la demande d’une partie, la juridiction qui a statué interprète sa décision, lorsqu’elle contient des obscurités ou des contradictions dans le dispositif ou entre le dispositif et les considérants (art. 84 al. 1 LPA).![endif]>![if>
2. En principe, l'interprétation a pour objet le dispositif de l'arrêt, qui seul jouit de l'autorité de la chose jugée, et non ses motifs. Ceux-ci peuvent seulement servir à interpréter le dispositif. Ainsi, l'interprétation tend à remédier à une formulation du dispositif qui serait peu claire, incomplète, équivoque ou contradictoire en elle-même ou avec les motifs. Plus précisément, un dispositif est peu clair, et doit donc être interprété, lorsque les parties ou les autorités à qui la cause est renvoyée risquent subjectivement de comprendre la décision autrement que ce que voulait le tribunal lorsqu'il s'est prononcé (arrêt
2C_724/2010
du 27 juillet 2011 consid. 2.2 et la référence, publié in RDAF
2012 II 37
). ![endif]>![if>
Néanmoins, l'interprétation peut aussi avoir pour objet les motifs de l'arrêt eux-mêmes lorsque le dispositif y renvoie et qu'ils participent de ce fait à l'ordre du juge, notamment lorsqu'il s'agit – comme en l’espèce - d'un arrêt de renvoi dans le sens des considérants (arrêt
5G_1/2014
du 14 mars 2014 consid. 3.1).
3. La demande d’interprétation doit être présentée dans les délais prévus à l’article 63 pour les recours (art. 84 al. 2 LPA).![endif]>![if>
Ayant déposé le 26 mai 2015 une requête en interprétation contre l’arrêt précité, reçu le 23 avril précédent, l’OAI a agi en temps utile (art. 17 al. 3 et 63 al.1 let. a LPA).
4. Il résulte de l’état de fait exposé ci-dessus que les conditions de l’interprétation sont réunies puisqu’il existe une ambiguïté, sinon une contradiction manifeste, entre le considérant 10 – qui semble condamner l’OAI à accorder à l’assuré une aide au placement - et le dispositif de l’arrêt du 2 avril 2015 rejetant le recours au sens des considérants. En revanche, le dispositif est conforme au considérant 11.![endif]>![if>
Il convient donc de préciser que le considérant 10 de l’arrêt doit être compris comme une simple invitation de la chambre de céans faite à l’OAI d’examiner la possibilité d’accorder à l’assuré une aide au placement, conformément à la proposition faite dans ce sens par le MAMAC et les experts judiciaires, au regard des limitations fonctionnelles de l’assuré et d’un éventuel risque de surcharge psychologique liée à une réinsertion professionnelle après une quinzaine d’années d’inactivité (et cela quand bien même ce dernier présente une capacité de travail totale dans une activité adaptée :
9C_236/2012
du 15 février 2013 consid. 3.7 a contrario). En effet, l’assuré n’a pas formellement requis l’octroi d’une telle mesure et l’OAI ne s’est pas davantage déterminé à ce sujet durant la procédure.
Partant, il y a lieu de reformuler le considérant 10 de l’arrêt
ATAS/274/2015
du 2 avril 2015 en le faisant précéder de la locution : « Le cas échéant ».
5. Dès lors que la nécessité de procéder à l’interprétation demandée fait suite à une inadvertance de l'autorité de céans, il n'y a pas lieu de percevoir de frais judiciaires. Par ailleurs, M. A_ n'a pas été invité à se déterminer, de sorte qu'il ne sera pas alloué de dépens pour la présente procédure.![endif]>![if>