Decision ID: 24bd80ea-da4d-5972-89c6-a9151c5619a1
Year: 2017
Language: fr
Court: FR_TC
Chamber: FR_TC_010
Canton: FR
Region: Espace_Mittelland
Law Area: public_law

considérant en fait
A. A._ est retraitée et veuve depuis le 18 juin 2014.
Par taxation ordinaire du 27 octobre 2015 pour la période fiscale 2014 (192 jours depuis le décès de son époux jusqu'au 31 décembre 2014), le Service cantonal des contributions a arrêté son impôt cantonal sur le revenu à CHF 3'129.75.- (sur la base d'un revenu de CHF 33'702.- imposable au taux d'un revenu déterminant de CHF 65'902.-) et son impôt fédéral direct à CHF 425.80 (sur la base d'un revenu de CHF 32'525.- imposable au taux d'un revenu déterminant de CHF 63'728.-). Son impôt sur la fortune a été fixé à CHF 50.70 (sur la base d'une fortune de CHF 31'357.- imposable au taux d'une fortune déterminante de CHF 58'793.-). L'avis de taxation comportait notamment la remarque suivante : "3210 malgré notre courrier du 28 mai 2015, la sommation du 3 août 2015, votre courrier du 6 août 2015 demandant un délai ainsi que votre passage à notre guichet en date du 7 septembre 2015, aucune pièce justificative ne nous est parvenue à ce jour; de ce fait, les capitaux et intérêts ont dû être estimés".
B. Le 29 février 2016, A._ s'est adressée au Service cantonal des contributions en ces termes :
"Je vous remets sous ce pli ma déclaration d'impôt 2015. J'ai également reçu votre avis de taxation 2014 avec lequel je ne suis pas d'accord. Je vous remets sous ce pli - décompte Crédit Suisse 2014 à 2015 - décompte des factures payées au guichet de la poste Vous constatez que je n'ai pas du tout fait des investissements. Depuis des années j'ai deux garçons à ma charge [petits-fils], à chaque fois indiqué sur la déclaration d'impôt que vous n'acceptez pas en déduction sociale. Malgré ceci je suis obligée de les nourrir, héberger et d'assumer les frais de transports/scolarité et de les habiller. Les garçons ont été placés à B._ chez nous pour éviter un placement dans une famille d'accueil, l'état de santé de leur maman ne permettait plus un maintien à leur domicile. Chaque famille a droit à cette déduction sociale et je vous demande de réviser ma taxation et de m'accorder les mêmes droits. De votre part j'ai droit à des commandements de payer, à des saisies, j'ai donc également droit à cette déduction, le seul moyen de me sortir enfin de saisies etc. J'ai pendant toute ma vie, tout payé et assumé moi-même, mon mari a été malade pendant 20 ans, pendant cette période, je n'ai jamais eu une assistance ni pour les soins ni pour les frais. Ni pour une chaise roulante ou autre chose nécessaire pour le maintenir à domicile. Il n'a pas été un jour à la charge de la Commune ou du canton. Je vous demande donc de réviser votre avis de taxation concernant les 8 années passées et de me faire parvenir une note de crédit que vous transmettez également à l'Office des poursuites. (...) PS. Je ne suis pas sûre de la déduction frais immeuble pour l'ancienne maison. Si pas exacte merci de corriger".
Par décision du 15 mars 2016, le Service cantonal des contributions a considéré le courrier précité comme une réclamation tardive à l'encontre de la taxation de la période fiscale 2014. Il l'a déclarée irrecevable en précisant qu'il en allait de même pour les périodes fiscales antérieures devenues définitives et exécutoires.
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C. Par acte du 28 mars 2016, A._ a interjeté recours, sa "demande de révision d'impôt" n'ayant pas été acceptée. Elle explique avoir été informée lors de son passage au guichet du Service cantonal des contributions que ses frais pour les deux enfants à sa charge étaient compensés par une pension alimentaire. Or, elle n'aurait jamais reçu une telle pension. Elle explique qu'elle les nourrit, les habille, les envoie à l'école, l'un d'eux étudiant à la Haute Ecole Pédagogique et l'autre étant en recherche d'apprentissage. Elle ajoute ce qui suit : "Les deux garçons sont inscrits à la commune de B._, j'estime que la commune tout comme le Service cantonal des contributions avait un devoir de me rendre justice. Depuis que mon mari est décédé ces impôts m'étranglent et je suis envahie de poursuites au point de choisir entre manger ou de payer les factures. Et ceci après 44 ans de dur travail. Une famille d'accueil a le droit de déduire des charges je ne comprends pas je n'ai pas les mêmes droits". Et de relever que ces déductions lui auraient permis d'avoir droit à des subventions pour ses cotisations à l'. Elle conclut à ce qu'on lui rende justice "au moins pour les derniers 2 - 3 ans".
L'avance de frais fixée à CHF 600.- par ordonnance du 1er avril 2016, a été versée dans le délai imparti.
Dans un courrier spontané déposé le 10 mai 2016 à l'appui de son recours, la recourante a expliqué que son petit fils en formation à la Haute Ecole Pédagogique s'était vu refuser sa demande de subside au motif que ses parents pouvaient subvenir à ses besoins à hauteur de CHF 12'581.-. Elle a indiqué que la mère de son petit fils n'était toutefois pas en mesure de lui payer quelque chose et de préciser "en ce qui me concerne, les mêmes autorités n'acceptent pas une déduction pour ce que je paie".
Dans ses observations transmises le 18 mai 2016, le Service cantonal des contributions conclut au rejet du recours. Il relève que la contribuable ne justifie à aucun moment pour quelle raison sa réclamation a été formulée plus de trois mois après la notification de sa taxation de sorte qu'il ne peut que confirmer son prononcé d'irrecevabilité pour cause de tardiveté.
Le 14 juin 2016, A._ a fait part de ses contre-observations en indiquant qu'elle est entièrement d'accord avec le fait que sa réclamation était tardive. Elle expose pour l'essentiel avoir indiqué dans ses déclarations d'impôt depuis 2006 que C._ et D._ habitaient avec elle et feu son époux. Elle précise que "le déplacement avait été effectué par le Service de la jeunesse, le Juge Lachat et aussi au niveau de la Police des étrangers et de la commune", et maintient qu'elle n'a jamais été indemnisée pour l'entretien des enfants alors qu'elle en assume la charge. Elle relève enfin qu'elle s'attendait à ce que le Service cantonal des contributions donne suite à sa demande, ce qui n'a pas été le cas et qui l'a amenée à déposer sa réclamation écrite.

en droit
I. Impôt fédéral direct (604 2016 40)
1. a) Le recours, déposé le 28 mars 2016 contre une décision du 15 mars 2016, l’a été dans le délai et les formes prévus aux art. 140 ss de la loi du 14 décembre 1990 sur l'impôt fédéral direct (LIFD; RS 642.11), et l'avance des frais de procédure a été déposée en temps utile. Partant, il est recevable s’agissant de l’impôt fédéral direct.
b) La décision attaquée est un prononcé d'irrecevabilité. L'objet de la présente procédure de recours se limite donc à la seule question de savoir si l'autorité inférieure était fondée à déclarer
https://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/19900329/index.html#a140
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irrecevable la réclamation du 29 février 2016. C'est pourquoi, dans la mesure où la recourante prend des conclusions au fond, ces dernières doivent être déclarées irrecevables.