Decision ID: aae5912f-984a-55ae-be52-c576d297b65d
Year: 2018
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_001
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law

EN FAIT
, que C_ a formé une demande unilatérale en divorce par acte expédié au Tribunal de première instance le 15 mars 2016, concluant, notamment, à ce qu'il soit dit que le régime matrimonial des parties était liquidé, sous réserve des arriérés de contributions d'entretien dues au moment de l'entrée en force du jugement de divorce,
Que, par jugement
JTPI/10546/2017
rendu le 24 août 2017, le Tribunal a prononcé le divorce des parties et, cela fait, notamment, donné acte à A_ de son engagement à verser une contribution - indexée - à l'entretien de chacun des enfants de 600 fr. jusqu'à l'âge de 16 ans révolus, puis de 700 fr. de 16 ans à la majorité, voir au-delà en cas d'études ou de formation sérieuses et régulières, l'y condamnant en tant que de besoin (ch. 6 et 7), et donné acte aux parties de ce qu'elles avaient liquidé leur régime matrimonial et qu'elles n'avaient plus aucune prétention à faire valoir l'une envers l'autre à ce titre, sous réserve du montant de 70'310 fr. dû par A_ à C_ au titre d'arriérés de contributions d'entretien (ch. 11 du dispositif),
Que, par acte expédié le 27 septembre 2017 au greffe de la Cour de justice, A_ a appelé de cette décision, concluant à l'annulation des ch. 6 et 11 de son dispositif et, cela fait, à ce qu'il soit notamment donné acte aux parties de ce qu'elles avaient liquidé leur régime matrimonial et qu'elles n'avaient plus aucune prétention à faire valoir l'une envers l'autre,
Que C_ a conclu à la confirmation du jugement entrepris,
Qu'il ressort de la procédure que, le 15 octobre 2013, C_ a signé une convention avec le SCARPA, avec effet au 1
er
novembre 2013, et a perçu des avances de ce service,
Qu'elle n'a toutefois pas produit cette convention ni de document relatif à une éventuelle cession de créances en faveur de ce service,
Que A_ allègue en appel que, depuis le 1
er
novembre 2013, il doit s'acquitter des contributions d'entretien en mains du SCARPA, de sorte qu'il ne doit à C_ aucun arriéré à ce titre,
Considérant,

EN DROIT
, que l'appel est recevable contre les décisions finales de première instance, dans les causes dont la valeur litigieuse, au dernier état des conclusions devant l'autorité inférieure, est supérieure à 10'000 fr. (art. 308 al. 1 let. a et al. 2 CPC),
Que, dès lors qu'en l'espèce, le litige porte exclusivement sur le montant des contributions d'entretien et les arriérés y relatifs, il est de nature pécuniaire (ATF
133 III 393
consid. 2; arrêts du Tribunal fédéral
5A_42/2013
du 27 juin 2013 consid. 1.1;
5A_906/2012
du 18 avril 2013 consid. 1;
5A_236/2011
du 18 octobre 2011 consid. 1;
5A_511/2010
du 4 février 2011 consid. 1.1),
Que la capitalisation, conformément à l'art 92 al. 2 CPC, du montant des contributions d'entretien restées litigieuses au vu des dernières conclusions des parties devant le premier juge excède largement 10'000 fr.,
Que, formé en temps utile et selon la forme prescrite par la loi (art. 130 al. 1 et 311 al. 1 CPC), l'appel est recevable,
Que, dans ce cadre, la Cour revoit la cause en fait et en droit avec un plein pouvoir d'examen (art. 310 CPC),
Que la présente cause est soumise aux maximes d'office et inquisitoire illimitée en tant qu'elle concerne les enfants mineurs des parties (art. 296 al. 1 et al. 3 CPC), de sorte que la Cour n'est liée ni par les conclusions des parties sur ce point (art. 296 al. 3 CPC) ni par l'interdiction de la
reformatio in pejus
(ATF
129 III 417
consid. 2.1.1; arrêt du Tribunal fédéral
5A_562/2009
du 18 janvier 2010 consid. 3.1),
Que la légitimation active ou passive dans un procès civil relève du fondement matériel de l'action et qu'elle appartient au sujet (actif ou passif) du droit invoqué en justice, son absence entraînant le rejet de la demande (ATF
128 III 50
consid. 2b/bb; arrêt du Tribunal fédéral
4A_145/2016
du 19 juillet 2016
consid. 4.1),
Que la légitimation active doit être examinée d'office par le juge (ATF
126 III 59
consid. 1a; arrêt du Tribunal fédéral
4A_217/2017
du 4 août 2017 consid. 3.4.1),
Que la Cour peut procéder elle-même à l'administration de preuves (art. 316 al. 3 CPC),
Considérant, en l'espèce, qu'au vu des arguments avancés par l'appelant, ce dernier remet en cause la légitimation active de l'intimée à réclamer les arriérés de contributions d'entretien litigieux,
Que la légitimation active de l'intimée sur ce point dépend de la question de savoir si, en sus de la subrogation légale de l'Etat intervenue à due concurrence des montants avancés par le SCARPA conformément à l'art. 10 LARPA, l'intimée a, pour le surplus, cédé les créances d'entretien au SCARPA,
Qu'il sera, dès lors, ordonné au SCARPA de produire la convention signée le 15 octobre 2013 avec C_, ainsi que tout document relatif à une cession de créances faite par cette dernière en faveur du SCARPA et à une éventuelle résiliation de leurs rapports,
Que les parties seront invitées à s'exprimer par écrit dès la communication de ces documents par le greffe, la suite de l'instruction de la présente cause étant toutefois réservée au dépôt de leurs conclusions respectives, et
Qu'il sera statué sur les frais et dépens du présent arrêt avec la décision au fond (art. 104 al. 1 CPC).
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