Decision ID: 16c26f2e-1bfb-43d0-8731-dc4f718263fb
Year: 2015
Language: fr
Court: CH_BSTG
Chamber: CH_BSTG_001
Canton: CH
Region: Federation
Law Area: penal_law

Faits:
A. Depuis avril 2012, sur plainte de B. et de la société C., le Ministère public
genevois (ci-après: MP-GE) mêne une procédure pénale P/4717/2012
contre A. et D. pour détournement de choses frappées d'un droit de gage
ou de rétention (art. 145 CP), escroquerie (art. 146 CP), banqueroute
frauduleuse et fraude dans la saisie (art. 163 CP), gestion fautive (art. 165
CP) et faux dans les titres (art. 251 CP) (act. 6, p. 1).
B. Depuis août 2012, le MP-GE instruit la contre-plainte du recourant et de D.
envers B. pour dénonciation calomnieuse (art. 303 CP) et calomnie
(art. 174 CP). Cette procédure P/11991/2012 est toujours en cours, quand
bien même le MP-GE a renoncé provisoirement à statuer en attente de
droit connu dans la procédure P/4717/2012 (act. 6, p. 2).
C. Le 23 octobre 2014, le recourant a déposé plainte pénale contre B. pour
faux témoignage (art. 307 CP) par-devant le Ministère public central du
canton de Vaud (ci-après: MP-VD) (act. 1, p. 2).
D. Le 28 octobre 2014, le MP-VD a transmis la plainte pénale du recourant
contre B. au MP-GE comme objet de sa compétence. Par ordonnance
d'acceptation du for du 6 novembre 2014, le MP-GE a admis sa
compétence (act. 1.1).
E. Par mémoire du 21 novembre 2014, le recourant a recouru contre cette
décision (act. 1).
F. Le 27 novembre 2014, le recourant s'est acquitté de l'avance de frais de
CHF 2000.-- qui lui a été demandée le 25 novembre 2014 (act. 2).
G. Le 1er décembre 2014, le MP-GE et le MP-VD ont été invités à prendre
position (act. 4). Le 4 décembre 2014, le MP-VD s'est exécuté (act. 5),
comme le MP-GE le 12 décembre 2014 (act. 6).
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H. Le 5 janvier 2015, sur invitation de la Cour de céans du 22 décembre 2014
(act. 7), le recourant a déposé sa réplique (act. 10). Par courrier du
24 décembre 2014, le MP-VD a communiqué à la Cour de céans qu'il
renonçait à répliquer (act. 8). La réplique du recourant a été transmise pour
information au MP-GE et au MP-VD, qui n'ont pas réagi (act. 11).

La Cour considère en droit:
1.
1.1 Lorsque plusieurs autorités paraissent compétentes à raison du lieu, les
ministères publics concernés se communiquent sans délai les éléments
essentiels de l'affaire et s'entendent aussi vite que possible sur le for
(art. 39 al. 2 CPP).
1.2 L'art. 41 al. 2 CPP aménage une voie de recours permettant aux parties de
soumettre, dans un délai de dix jours, à l'autorité compétente – soit la Cour
de céans lorsque se pose la question de la compétence intercantonale
(art. 40 al. 2 CPP en lien avec l'art. 37 al. 1 de la loi fédérale sur
l'organisation des autorités pénales de la Confédération [LOAP; RS
173.71]) – l'attribution du for décidée par les ministères publics concernés
(art. 41 al. 2 CPP; BERTOSSA, Commentaire romand, Bâle 2011, n° 4 ad
art. 41 CPP; JEANNERET/KUHN, Précis de procédure pénale, Berne 2013,
n° 3032 et référence citée).
Formé le 21 novembre 2014 contre une décision communiquée au
recourant par lettre simple le 11 novembre 2014 (selon note manuscrite sur
l'enveloppe de la décision, ad act. 1.1), et dans la mesure où le MP-GE ne
conteste pas cette date, le recours est réputé avoir été formé dans le délai
prévu à l'art. 41 al. 2 CPP.
1.3 Par conséquent, le recours est recevable.
2.
2.1 En procédure pénale, les fors sont réglés aux art. 31 à 42 CPP. Les lex
generalis des fors le sont aux art. 31 et 32 CPP, alors que les fors spéciaux
sont réglés aux art. 33 à 38 CPP. Les art. 39 à 42 CPP traitent de la
procédure visant à déterminer les fors.
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2.2 Selon l'art. 34 al. 1 1ère phr. CPP, lorsque le prévenu a commis plusieurs
infractions en des lieux différents, l'autorité du lieu où a été commise
l'infraction punie de la peine la plus grave est compétente pour la poursuite
et le jugement de toutes les infractions.
2.3 Il ressort de ce qui précède que le recourant, dans le même contexte de
faits, a déposé deux plaintes pénales contre B., l'une en août 2012 devant
le MP-GE (act. 6, p. 2) et l'autre en octobre 2014 devant le MP-VD (act. 1,
p. 2). Visée par la première plainte, la dénonciation calomnieuse est
passible d'une peine privative de liberté sans limite supérieure, soit de 20
ans au maximum (art. 303 CP e. r. avec art. 40 CP). Dénoncé par la
seconde plainte, le faux témoignage est passible d'une peine privative de
liberté de cinq au plus (art. 307 al. 2 CP).
2.4 Par conséquent, il apparaît sans doute aucun que le canton de Genève, où
a eu supposément lieu l'infraction la plus grave reprochée à B. est
compétent pour mener la procédure contre lui. Force est de constater que
les griefs soulevés par le recourant dans son recours, prolixe, sont
dépourvus de pertinence en ce qu'ils confondent la procédure où le
recourant apparaît comme prévenu et celles envers B. (act. 1, par. IV/6),
alors que seules ces dernières font l'objet de l'ordonnance querellée. Il est
dès lors vain de reprocher au MP-GE de ne pas avoir motivé son
ordonnance en fonction des rôles du recourant et de conclure que ce
défaut de motivation l'empêcherait de l'attaquer à bon escient (act. 1, par.
IV/14), par un mémoire de 23 pages.
2.5 Partant, le recours est rejeté.
3. Les frais de la procédure de recours sont mis à la charge des parties dans
la mesure où elles ont obtenu gain de cause ou succombé (art. 428 al. 1
CPP). Ainsi, en application des art. 5 et 8 al. 1 du règlement du Tribunal
pénal fédéral sur les frais, émoluments, dépens et indemnités de la
procédure pénale fédérale (RFPPF; RS 173.713.162), ils seront fixés à
CHF 1'000.-- pour le recourant et prélevés de l'avance fournie, le solde lui
étant restitué.
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