Decision ID: 6a814bc6-1110-59d8-b5fd-2229f7bd1592
Year: 2019
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_001
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law

EN FAIT
, le jugement rendu le 23 mai 2019 et communiqué aux parties le 24 mai 2019 par le Tribunal de première instance statuant sur mesures protectrices de l'union conjugale, condamnant notamment A_ à payer à B_ par mois et d'avance, allocations familiales non comprises à titre de contribution à l'entretien de C_ les montants de 3'400 fr. jusqu'au 31 janvier 2020 et de 2'400 fr., soit 591 fr. 50 de coûts directs et 1'769 fr. 90 de frais de prise en charge dès le 1
er
février 2020 (ch. 8 du dispositif);
En substance et sur ce point, le Tribunal a retenu que, la garde alternée étant mise en oeuvre sur l'enfant, la somme d'entretien pour cette dernière peut être fixée à 3'400 fr. par mois jusqu'à ce que l'épouse reprenne une activité professionnelle à 50% dès février 2020, le montant versé pour l'entretien de l'enfant C_ étant alors réduit pour l'avenir à 2'400 fr. par mois, un solde disponible retenu par le Tribunal de quelque 1'000 fr. par mois restant acquis à A_;
Vu l'appel déposé par A_ contre le chiffre 8 du dispositif dudit jugement notamment, en date du 6 juin 2019, concluant à l'annulation de ce chiffre et à ce qu'il soit dit qu'aucune contribution d'entretien n'était due, ni à l'enfant, ni en faveur de la mère;
Attendu que préalablement, il requiert l'octroi de l'effet suspensif à l'appel en tant que celui-ci concerne le chiffre 8 du dispositif du jugement;
Qu'il motive sa requête par le fait qu'il allègue au fond des charges incompressibles d'un montant de 7'037 fr. par mois pour des revenus mensuels de 9'035 fr. par mois, de sorte que la somme au paiement de laquelle il a été condamné entamerait son minimum vital « sans nul doute »;
Vu les déterminations sur requête d'octroi d'effet suspensif reçues le 4 juillet 2019 par B_;
Attendu que celle-ci conclut à ce que la requête soit rejetée du fait qu'il n'y a aucune urgence à supprimer les contributions d'entretien dues par l'appelant, ni elle-même ni l'enfant n'ayant d'autres ressources, des contributions d'entretien en leur faveur ayant par ailleurs été ordonnées sur mesures superprovisionnelles par le Tribunal de ce fait à l'époque de l'introduction de la requête;
Considérant,

EN DROIT
, que la Cour est saisie d'un appel au sens de l'art. 308 CPC portant sur des mesures provisionnelles n'ayant pas d'effet suspensif
ex lege
(art. 315
al. 4 let. b CPC);
Qu'à teneur de l'art. 315 al. 5 CPC, l'exécution de mesures provisionnelles peut exceptionnellement être suspendue si la partie concernée risque de subir un préjudice difficilement réparable (ATF
138 III 378
consid. 6.3);
Que selon les principes généraux applicables en matière d'effet suspensif, le juge procédera à une pesée des intérêts en présence et se demandera en particulier si sa décision est de nature à provoquer une situation irréversible;
Que concernant le paiement d'une somme d'argent, à teneur de la jurisprudence du Tribunal fédéral, il appartient en principe à la partie recourante de démontrer qu'à défaut d'effet suspensif, elle est exposée à d'importantes difficultés financières ou qu'elle ne pourra pas obtenir le remboursement du montant payé au cas où elle obtiendrait gain de cause au fond (arrêt du Tribunal fédéral
5A_708/2013
consid. 1.1);
Que le juge prendra également en considération les chances de succès du recours
(ATF
115 Ib 157
consid. 2);
Que l'autorité cantonale doit faire preuve de retenue et ne modifier la décision de première instance que dans des cas exceptionnels (ATF
137 III 475
consid. 4.1);
Qu'en l'espèce, conformément aux principes rappelés ci-dessus, la règle dans le cadre d'un recours contre un jugement prononcé dans une procédure de mesures protectrices de l'union conjugale est l'absence d'effet suspensif;
Que l'octroi de l'effet suspensif est exceptionnel;
Que certes, l'appelant estime dans son acte d'appel que ses charges incompressibles doivent être fixées à plus de 7'000 fr.;
Que le Tribunal a quant à lui retenu des charges de 5'564 fr., lui laissant un disponible de plus de 3'400 fr.;
Que la question soulevée sera examinée au fond par la Cour dans le cadre du traitement de l'appel;
Qu'en l'état, il ne ressort pas que la condamnation attaquée entamerait « sans nul doute » le minimum vital de l'appelant;
Que d'autre part, dans le cadre de la pesée des intérêts, il s'agit de constater que l'intimée et l'enfant n'ont pas d'autres ressources, ce qui est appelé à changer et que le Tribunal a d'ailleurs ordonné;
Que pour le surplus, les chances de succès du recours, et en particulier de l'admission complète des conclusions prises, n'apparaissent pas intactes;
Que dès lors, aucun motif ne justifie de faire une exception au principe de l'absence d'effet suspensif à l'appel déposé contre le jugement attaqué;
Que dans la mesure où il succombe, A_ sera condamné à un émolument de décision de 200 fr. compensé à due concurrence par l'avance de frais versée dans ce but.
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