Decision ID: 285921b0-abb1-5f62-b44f-845ed98adb0f
Year: 2017
Language: fr
Court: FR_TC
Chamber: FR_TC_004
Canton: FR
Region: Espace_Mittelland
Law Area: civil_law

considérant en fait
A. Par courrier du 7 juillet 2016, C._ et D._, respectivement cheffe de secteur aide sociale et assistante sociale auprès du Service de l’aide sociale de la Ville de Fribourg (: le Service de l’aide sociale), ont signalé à la Justice de paix de l’arrondissement de la Sarine (ci-après: la Justice de paix) la situation des époux A._ et B._. Elles ont relevé que la situation personnelle et financière du couple était très complexe. En effet, B._ touche une rente SUVA depuis plusieurs années et est au bénéfice d’une rente AVS anticipée mais des démarches importantes, en lien avec le droit à une rente ou un capital LPP et l’éventualité d’une rente PC, sont encore nécessaires afin que le couple obtienne les ressources suffisantes pour vivre en dessus du minimum vital. Elles ont précisé que ces démarches étaient rendues complexes par les difficultés linguistiques et de compréhension du fonctionnement des assurances sociales du couple. La santé des époux est en outre préoccupante. Le Service de l’aide sociale, qui n’a pas accès à leurs données médicales, ignore toutefois leurs réelles difficultés de santé. En outre, le loyer de leur appartement est très élevé de sorte que le Service de l’aide sociale a demandé que leur contrat de bail soit résilié au 30 septembre 2016. Compte tenu des ressources touchées et des restrictions de budget par rapport à leur situation, il n’est pas exclu que les époux A._ et B._ ne puissent plus bénéficier d’aide financière du Service de l’aide sociale prochainement. Etant donné que le couple peine à saisir les enjeux au niveau de ses droits aux assurances sociales et des conditions d’aide sociale, le Service de l’aide sociale est limité dans les démarches administratives à entreprendre et dans l’accompagnement social, de sorte qu’il a demandé à la Justice de paix d’examiner l’opportunité d’instaurer une mesure de curatelle en sa faveur (DO 1 et 2).
En date du 13 juillet 2016, la Justice de paix s’est fait produire un extrait des poursuites des époux A._ et B._. Il en ressort que B._ a des poursuites à hauteur de CHF 2'237.10 et des actes de défaut de biens suite à une saisie pour CHF 6'901.85 et que A._ n’a pas de poursuites (DO 5 ss).
Par entretien téléphonique du 28 juillet 2016 et dans le cadre de son rapport livré le 29 juillet 2016, E._, Juge assesseure à la Justice de paix mandatée pour examiner la situation de la famille de A._ et B._, a indiqué que B._ touche une rente AVS anticipée de CHF 1'215.- et une rente SUVA de CHF 1'100.-. En outre, les époux A._ et B._ possèdent une maison à F._ que le Service de l’aide sociale envisage de leur demander de vendre ou de louer. Il en va de même de leur voiture. Les époux s’opposent toutefois à la vente de ces biens. S’agissant du versement de sa LPP, B._ a le choix entre un versement sous forme de capital uniquement, de rentes uniquement, ou en partie de rentes et en partie de capital. B._ a choisi la dernière possibilité et l’a fait authentifier par un notaire sans se faire conseiller au préalable, ce qu’il aurait dû faire selon E._ afin de trouver l’alternative lui permettant de disposer d’un montant mensuel suffisant pour ne plus être dépendant de l’aide sociale et conserver sa maison et sa voiture. En outre, le fils des époux A._ et B._, G._, est revenu vivre chez ses parents et est sans emploi. Quant à leur fille, elle ne souhaite pas s’occuper des affaires de ses parents. Selon la Juge assesseure, les époux A._ et B._, sont déstabilisés et ne maîtrisent pas leurs problèmes. Elle a conclu à l’institution d’une mesure de curatelle en faveur du couple (DO 10 ss).
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Les époux A._ et B._ ainsi que E._ ont comparu à la séance de la Justice de paix du 26 août 2016. A._ a indiqué qu’elle ne pouvait plus travailler en raison de problèmes d’arthrose. B._ a quant à lui expliqué qu’il avait eu un accident en 2002 qui ne lui permet plus de travailler et qu’il a également eu un AVC par la suite. E._ a pour sa part relevé que trois demandes de rente AI avaient été déposées en faveur de B._, sans succès. A._ n’a quant à elle jamais fait de demande de rente AI. Elle est actuellement incapable de travailler mais cela peut évoluer. B._ a en outre indiqué que leurs deux fils vivaient actuellement avec eux et ne travaillaient pas. S’agissant de sa situation financière, B._ a déclaré qu’il a toujours géré son budget et sa famille. Suite à son accident, il n’a pas réussi à continuer à le faire. Il a également relevé qu’il arrive à payer ses factures lui-même. E._ a toutefois indiqué que la situation financière du couple n’était pas aussi claire et que beaucoup de choses devaient être réglées. Au sujet du logement, le Service de l’aide sociale refuse de payer un loyer aussi élevé et souhaite que la famille déménage. Il demande également aux époux de vendre leur voiture. S’agissant d’une éventuelle mise en location de la maison à F._, elle ne rapporterait qu’environ 40 euros par mois et les époux n’ont pas trouvé de locataire. Par ailleurs, B._ a indiqué vouloir retirer son capital LPP afin de régler ses poursuites et ses dettes contractées auprès d’amis. La Juge de paix a expliqué aux époux qu’un curateur pourrait gérer leurs finances et les représenter dans les démarches avec l’aide sociale et les assurances sociales, notamment pour choisir la meilleure variante s’agissant de la LPP. Les époux ont indiqué qu’ils étaient d’accord de collaborer avec le curateur qui sera nommé (DO 36 ss).
B. Par décision du 26 août 2016, la Justice de paix a institué en faveur de A._ et B._ une curatelle de représentation avec gestion du patrimoine au sens des art. 394 et 395 CC ayant pour objet de les représenter dans le cadre du règlement de leurs affaires administratives, dans leurs démarches en lien avec l’aide sociale et les assurances sociales, d’évaluer la meilleure possibilité concernant le versement de la LPP en faveur de B._, de représenter les époux dans le cadre du règlement de leurs affaires financières, de gérer leurs revenus et leur fortune et de les soutenir dans leurs recherches d’un nouveau logement adapté à leur situation financière. La Justice de paix a également institué en faveur de B._ une curatelle de coopération au sens de l’art. 396 CC avec pour effet de subordonner la valeur juridique de l’engagement conclu par ce dernier concernant le versement de la LPP au consentement du curateur. H._, curatrice auprès du Service des curatelles d’adultes de la ville de Fribourg, a été désignée à la fonction de curatrice des époux.
C. Par courrier du 29 septembre 2016, le Service de l’aide sociale a informé la Justice de paix que la Commission sociale de la Ville de Fribourg (ci-après: la Commission sociale) a décidé de supprimer la couverture du budget social des époux A._ et B._ avec effet au 1er août 2016 dès lors qu’ils n’ont pas résilié leur contrat de bail, ni déposé les plaques de leur véhicule, ni vendu ou loué leur bien immobilier, que B._ perçoit deux rentes et va bientôt toucher sa LPP. En outre, la Commission sociale exige le remboursement du montant de CHF 2'434.- d’aide sociale perçue à titre d’avance sur la rente AVS anticipée de mai à juin 2016 (DO 64, 65).
D. Par mémoire du 14 octobre 2016, A._ et B._ ont interjeté recours contre la décision de la Justice de paix du 26 août 2016 et ont conclu à son annulation. Ils ont également conclu à ce qu’il ne soit pas perçu de frais judiciaires et à ce que des dépens leur soient alloués.
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En outre, les recourants ont sollicité l’octroi de l’assistance judiciaire et la désignation de Me Jacy Pillonel en qualité de défenseur d’office.
Invitée à se déterminer, la Justice de paix y a renoncé.

en droit
1. a) Selon l'art. 8 de la loi du 15 juin 2010 concernant la protection de l'enfant et de l'adulte (LPEA), le Tribunal cantonal connaît des recours contre les décisions rendues par l'autorité de protection - soit la Justice de paix (art. 2 al. 1 LPEA) - ou par son président ou sa présidente. La Cour de protection de l'enfant et de l'adulte (art. 14 al. 1 let. c du Règlement du Tribunal cantonal du 22 novembre 2012 précisant son organisation et son fonctionnement [RTC]) est compétente pour statuer.
b) En l'absence de dispositions cantonales contraires, les dispositions de la procédure civile s'appliquent par analogie (art. 450f CC).