Decision ID: 6c1d7950-7916-54f1-9fb5-806972d6a674
Year: 2007
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_013
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: public_law

EN FAIT
1. Le 15 novembre 2006, le service des automobiles et de la navigation (ci-après : le SAN) a décidé de retirer le permis de conduire à Madame B_, domiciliée dans le canton de Genève, pour une durée de trois mois.
2. Par lettre datée du 8 décembre 2006, mais remise à un office postal le 10 du même mois et distribuée au Tribunal administratif le mardi 12 décembre 2006, Mme B_ a exposé qu’elle priait le Tribunal administratif de ce qu’elle « désirait faire recours à » la décision notifiée par le SAN.
3. Par lettre recommandée du 14 décembre 2006, Mme B_ a été invitée à déposer un acte de recours conforme aux conditions prévues à l’article 65 de la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 1985 (LPA -
E 5 10
), sous peine d’irrecevabilité. Ces indications devaient parvenir au tribunal dans le délai légal de recours, qui n’était pas susceptible d’être prolongé.
4. Faute d’obtenir une réponse de Mme B_, le Tribunal administratif a informé les parties par lettre du 8 janvier 2007 que la cause était gardée à juger.

EN DROIT
1. Aux termes de l’article 72 LPA, l'autorité de recours peut, sans instruction préalable, par une décision sommairement motivée, écarter un recours manifestement irrecevable ou rejeter un recours manifestement mal fondé.
2. Selon l’article 65 alinéa 1er LPA, l’acte de recours contient sous peine d’irrecevabilité, la désignation de la décision attaquée et les conclusions du recourant. En outre, il doit contenir l’exposé des motifs ainsi que l’indication des moyens de preuve. Les pièces dont dispose le recourant doivent être jointes. A défaut, un bref délai pour satisfaire à ces exigences est fixé au recourant, sous peine d’irrecevabilité (art. 65 al. 2 LPA).
Compte tenu du caractère peu formaliste de ces dispositions, il convient en particulier de ne pas se montrer trop strict sur la manière dont sont formulées les conclusions du recourant. Le fait que ces dernières ne ressortent pas expressément de l’acte de recours n’est d’ailleurs pas, en soi, un motif d’irrecevabilité, pourvu que le tribunal et la partie adverse puissent comprendre avec certitude les fins du recourant (
ATA/15/2007
du 16 janvier 2007 ;
ATA/172/2001
du 13 mars 2001 ; G. du 27 septembre 1989 ; Société T. du 13 avril 1988).
Par ailleurs, l’absence de conclusions au sens de ce qui précède ne peut être réparée que dans le délai de recours. Hors ce délai, le fait d’être autorisé à compléter une écriture de recours (art. 65 al. 3 LPA) ne permet pas de suppléer le défaut de conclusions (SJ 1997 p. 42).
3. Les parties sont tenues de collaborer à la constatation des faits dans les procédures qu'elles introduisent elles-mêmes, dans celles où elles y prennent des conclusions indépendantes ainsi que dans les autres cas prévus par la loi (art. 22 LPA). L'autorité apprécie librement l'attitude d'une partie qui refuse de produire une pièce ou d'indiquer où celle-ci se trouve. Elle peut ainsi le cas échéant déclarer irrecevables les conclusions des parties qui refusent de produire les pièces et autres renseignements indispensables pour que l'autorité puisse prendre sa décision (art. 24 al. 2 LPA).
En l’espèce, la lettre par laquelle la recourante a saisi le Tribunal administratif en date du 10 décembre 2006 contre la décision du SAN du 15 du mois précédent, ne contient ni conclusions, ni moyens de preuve. Quant à la photocopie de la décision querellée, elle est incomplète. La recourante n’a pas donné suite à la lettre recommandée que lui a adressée le Tribunal administratif le 14 décembre 2006. Elle n’a réagi en aucune manière à l’ordonnance du 8 janvier 2007, l’informant que la cause était gardée à juger.
Le recours, insuffisant au regard des exigences de l’article 65 LPA, doit être déclaré irrecevable.
4. La recourante, qui succombe, sera condamnée au paiement d’un émolument d’un montant de CHF 400.- en application de l’article 87 alinéa 1
er
LPA.
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