Decision ID: 3b0c1a3a-3227-4e17-89a4-3d001d4b6e49
Year: 2015
Language: fr
Court: VS_BZG
Chamber: VS_BZG_005
Canton: VS
Region: Région lémanique
Law Area: 

Faits
1.1. X_, née le xxx, a eu d’une première union, une fille H_, née
en 1987 et placée à I_ depuis l’âge de dix ans, ainsi qu’un fils J_,
actuellement majeur, avec lequel elle entretient de bonnes relations selon ses dires
(rapport OPE, p. 523).
Y_, né le xxx, a été marié une première fois de 1984 à 1987. Il a ensuite
épousé K_ avec laquelle il a eu cinq enfants, L_ (xx ans),
O_ (xx ans), P_ (xx ans) et Q_ (xx ans), le cinquième
étant décédé, enfant. Selon Y_, il entretient de bonnes relations avec son ex-
femme, ses enfants ainsi que ses trois petits-enfants (rapport OPE, p. 522).
Les parties se sont rencontrées en xxx alors que l’instante travaillait pour l’intimé. Elles
se sont mariées par devant l'officier d'Etat civil de R_, le xxx. Par contrat de
mariage et pacte successoral, reçu le xxx par Me S_, notaire de résidence à
A_, les époux X_ et Y_ ont notamment adopté le régime
de la séparation des biens.
De leur union sont nées deux enfants C_ et D_ le xxx.
1.2. Dans son rapport du 31 mars 2015, l’OPE a fait état d’une première séparation du
couple intervenue en xxx, ce que les deux époux ont contesté lors de leur audition du
xxx par le tribunal.
Confrontés à des difficultés conjugales, les époux X_ et Y_ ont
vécu séparés dès le xxx, sans organiser formellement les modalités de leur séparation.
S’agissant de la séparation, dame X_ a exposé qu’elle voulait alors prendre
du recul, Y_ expliquant, pour sa part, que son épouse lui avait dit qu’elle
avait trouvé un autre homme, T_, et qu’elle partait avec lui.
Lors de la séance en conciliation du 5 octobre 2014 (do C1 14 202), les parties ont
confirmé qu’elles sont séparées depuis le xxx, ce qu’elles ont encore confirmé le 4 mai
2015 par devant le tribunal. A cette occasion, elles se sont accordées sur le fait que la
vie commune n’avait pas été reprise depuis, même si, selon l’instante, il en avait été
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question à deux reprises, à savoir avant Noël 2013, puis au printemps 2014. Pour
X_, le lien conjugal n’est pas définitivement rompu. Elle prétend que son
époux lui a proposé de partir en voyage à U_ en mars 2014, ce que ce
dernier conteste. L’instante n’a pas documenté la véracité de ses allégations quant à
ce voyage qu’elle n’a, au demeurant, pas effectué pour des raisons de santé. En tout
état de cause, ainsi qu’elle l’a admis en séance du 4 mai 2015, elle n’a pas partagé le
lit de son époux dans l’appartement familial depuis le 1 er février 2012. Dans ces
conditions, le tribunal retient que les époux X_ et Y_ vivent
séparés depuis le 1 er février 2012.
1.3. Le xxx, X_ a ainsi quitté le domicile familial, savoir l'appartement de
5,5 pièces, sis à la rue E_, à A_, propriété de Y_, pour
vivre avec T_ dans un appartement à la ruelle F_, à A_,
ce qu’elle n’a pas contesté et qui est confirmé par les éléments du dossier. En
particulier, X_ a participé à l’émission de télévision « _ » du xxx,
lors de laquelle elle a notamment exposé sa rencontre avec le précité. S’agissant de
ses affaires personnelles, elle a déclaré en séance du 4 mai 2015 avoir laissé, lors de
son départ, des habits, des bijoux et des photos que son mari aurait vidés depuis un
mois de sorte qu’il ne reste plus rien.
Pour sa part, Y_ a conservé le domicile conjugal, à la rue E_, à
A_.
Le 28 décembre 2013, Y_ a conclu à son nom un contrat de bail à loyer pour
un appartement de 4,5 pièces, sis à F_, à A_, où X_
s’est installée dès le 1 er janvier 2014, quittant ainsi l’appartement de la ruelle
F_ et cessant de vivre avec T_. Le contrat de bail à loyer du
logement précité avait été résilié, notamment à la suite de retard dans le paiement des
loyers. En séance du 4 mai 2015, Y_ a expliqué avoir conclu le bail à son
nom parce qu’il entendait assurer un logement décent à ses filles et à leur maman et
que le bailleur voulait l’engagement d’une personne solvable.
2. X_ a vécu avec T_, de janvier xxx à janvier xxx et a, selon ses
dires, cessé sa relation en août 2014. Interpellée sur sa vie personnelle en séance du
4 mai 2015, elle a indiqué avoir effectué divers séjours à l’étranger avec « un très bon
ami », V_, qui dort parfois chez elle de manière irrégulière (entre zéro, deux
fois par semaine ou tous les jours), y compris lorsque ses enfants sont présents, mais
avec lequel elle n’est pas en couple. Selon ses dires, V_ est étudiant,
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domicilié à W_, et travaille pour subvenir à ses besoins au café
AA_, à A_. Le décompte de la carte mastercard de X_
du 16 janvier au 18 février xxx mentionne notamment sous la date du 22 janvier 2015
concernant BB_.com « V_, xxx1 » (pièce no 94). Selon le rapport
du 31 mars 2015 de l’OPE, C_ a notamment relevé que l’ami de sa mère
prenait parfois un peu trop de place ce qui était difficile et qu’elle avait parfois
l’impression «d'être serrée comme dans une boîte» chez elle. A la question de savoir si
V_ était son compagnon actuel, dame X_ a répondu qu’elle ne
comprenait pas la question. Elle a précisé vivre seule et avoir souvent des visites. En
l’état de la procédure, un éventuel concubinage de X_ n’est pas établi.
De son côté, Y_ fréquente CC_, enseignante au cycle d’orientation
DD_, avec laquelle il ne vit pas, ses enfants préférant lorsqu’il est seul et
D_ n’appréciant pas l’amie de son père.
3.1. Agées de 12 ans et 11 mois, C_ et D_ fréquentent
actuellement la 1 ère
année du cycle d’orientation à DD_, en niveau I. Leurs
moyennes principales et générales s’élèvent respectivement à xxx (xxx selon sa
titulaire) et xxx pour C_ et à xxx pour D_. Celle-ci rencontre des
difficultés en mathématiques qui la feront probablement passer en niveau II l’an
prochain et bénéficie du soutien d’une répétitrice. Pour sa part, C_ a de la
peine en français.
La titulaire de C_, dame EE_, n’a relevé aucune inquiétude
particulière la concernant ni problème de discipline. C_ est une enfant bien
intégrée avec ses camarades et qui a de nombreux amis (p. 524). Depuis trois ans,
C_ fait du _ à _ de A_, à raison d’une fois par
semaine. Elle est bien intégrée dans le groupe. Elle a arrêté ses cours de _.
Selon l’instante, C_ fait un peu de _ avec ses copines dans un
_ à FF_ dont elle n’a toutefois pas pu préciser le nom.
D_ suit des cours de _ une fois par semaine auprès de l’école de
_ GG_, à A_. Elle a arrêté en 2014 ses cours de
_ auprès de HH_. D_ pose comme _ auprès
de différents _, dont II_, à A_. En séance du 4 mai 2015,
dame X_ a relevé que sa fille était inscrite dans des agences, dont l’agence
JJ_, à KK_, qu’elle ne percevait actuellement aucun revenu de ses
photos, que l’élaboration de book de D_ était en cours, que ceux-ci lui
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permettraient l’accès à des agences pour qu’elle puisse commencer à gagner de
l’argent, que cette passion de D_ impliquait notamment des coûts de
vêtements, des frais de déplacement pour les shootings et castings. Pour sa part,
Y_ a manifesté son inquiétude. Il craint que D_ ne mette trop
d'espoir dans ce projet et qu'elle en souffre. Il s’inquiète du fait qu’elle puisse tomber
sur une personne peu scrupuleuse. Il a relevé avoir vu des photos «tendancieuses» de
sa fille sur le blog du photographe précité. Cette situation se serait apaisée ;
Y_ a indiqué ne pas avoir revu de cliché inapproprié de D_ (rapport
OPE, p. 523). Au sujet de la _, dame X_ a insisté sur le fait qu'elle
connait bien le _ II_ et qu'il est devenu un ami. Elle dit avoir
entière confiance en lui et être toujours présente lors des «shootings» afin d'éviter tout
quiproquo (rapport OPE, p. 523).
Selon sa titulaire, dame LL_, D_ a une attitude parfois hautaine en
classe et a manqué de respect à différents enseignants durant cette année scolaire.
Certains élèves se sont également plaints de l'attitude de celle-ci vis-à-vis d'eux.
Dernièrement, elle a eu connaissance de violence entre les deux sœurs à l'extérieur de
l'école (D_ aurait tiré les cheveux de sa soeur et l'aurait prise par le cou). Au
niveau de ses résultats scolaires, elle souligne que D_ sera promue, mais
qu'elle descendra certainement dans certaines branches en niveau deux. Selon dame
LL_, D_ a tendance parfois à trianguler entre ses deux parents.
D_ elle-même a admis ne pas aimer l’école et adopter un comportement
difficile en classe (rapport OPE, p. 524).
Les titulaires des enfants ont toutes deux relevé n’avoir aucun problème de
collaboration avec les époux X_ et Y_.
3.2. Dans son rapport, l’OPE a relevé que C_ était une enfant ouverte, polie,
qui s'exprime aisément. Selon ses parents, C_ a envie de faire plaisir et
d'être appréciée. Elle semble sensible aux autres et à ce qu'ils pensent. Dame
X_ l’a décrite comme une enfant plutôt loyale et qui ne veut pas blesser les
gens, une jeune fille intelligente et qui se montre philosophe. Selon elle, C_ a
besoin d'équité dans son quotidien. Elle n’a aucune inquiétude au sujet du
développement de sa fille.
D_ est décrite par sa mère comme quelqu’un de très spontané, qui dira ce
qu’elle a envie. Elle somatiserait beaucoup. Plus jeune, elle s'arrachait les cheveux
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jusqu'à devenir chauve par endroit. Selon sa mère, D_ a de la peine à dire ce
qu'elle ressent réellement.
3.3. Les deux parties ont manifesté leur attachement à leurs filles avec lesquelles elles
disent entretenir des rapports normaux.
Selon le rapport OPE, C_ est très attachée à ses deux parents avec lesquels
elle entretient de bonnes relations. Pour sa part, D_ a une relation avec sa
mère plus facile qu’avec son père avec lequel elle se dispute sur de nombreux sujets
(sortie, ordinateur, etc.). Elle a relevé avoir l’impression qu’il était nécessaire qu’elle
fasse comme son père en a envie.
X_ a indiqué que D_ lui disait, tous les dimanches soirs, qu'elle ne
souhaitait pas se rendre chez son père. Selon elle, ils sont très différents et, de ce fait,
ont de la difficulté à communiquer. De nombreux conflits (relatifs aux hobbies, aux
activités scolaires, etc.) les opposeraient. D_ n'apprécierait pas la montagne,
les balades, alors que son père adorerait cela. Dame X_ a l'impression que
sa fille D_ lui ressemble beaucoup et qu'elles s'intéressent aux mêmes
passions. Pour sa part, Y_ a expliqué n'avoir aucun problème avec
C_ et avoir une bonne relation avec elle. Il relève qu'avec D_ la
situation est plus difficile. Il a l'impression qu'elle est plus revendicatrice. Il a précisé
que les enfants étaient des pré-adolescentes qui entretenaient des relations normales
avec leurs parents avec une alternance de moments agréables et de moments de
friction.
Dans son rapport du 31 mars 2015, l’OPE a relevé s’agissant des relations des enfants
avec leurs parents (p. 526) :
Chacune des filles montre un attachement et une « attirance » pour l'un des deux parents. C_ se considère plus comme son papa dans les loisirs et les traits de caractère. Quant à D_, elle exprime très clairement avoir plus d'affinités avec sa maman. Malgré ces choix définis, les filles semblent attachées à leurs deux parents et ont mentionné vouloir continuer à garder un contact régulier avec les deux.
3.4. Selon X_, son fils J_ ne s’entend pas avec son époux. Il est
d’ailleurs parti de la maison vers xxx ans afin de s’installer avec son amie dans un
studio car il ne supportait pas de vivre avec Y_. En revanche, J_ a
du plaisir à voir C_ et D_. Celles-ci rendent visite un mercredi par
mois à H_.
Dame X_ a relevé que D_ n’avait aucune affinité avec
P_ qui se permettrait d'agir comme son père, ce que celle-ci ne supporterait
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pas. D_ a confirmé avoir beaucoup de difficultés avec ce dernier, tout en
admettant qu’il pouvait tout de même être drôle (p. 526).
Le rapport OPE ne fait pas mention des relations existantes entre C_ et
D_ et leurs autres demi-frères et demi-sœurs, ni de leur fréquence, ni de leur
qualité.
4.1. Lors de la séparation du couple en février xxx, les époux X_ et
Y_ ont d’emblée mis en place une garde alternée de leurs filles, celles-ci
vivant une semaine chez chaque parent. Les époux X_ et Y_
s’accordent en outre sur le fait que, depuis près de 3 ans, ils se sont arrangés entre
eux en cas d’indisponibilité de l’un ou de l’autre.
Pour les repas DDDD_, l’organisation suivante à été mise en place :
- le lundi midi, C_ et D_ mangent chez leur grand-mère
paternelle ;
- le mardi midi, C_ et D_ vont chez leur père avec leurs demi-
frères et sœurs ;
- le mercredi midi ainsi que l'après-midi, C_ et D_ sont chez
leur maman ;
- le jeudi midi ainsi que le vendredi midi, C_ et D_ mangent à
la cantine scolaire.
Les allégations de l’instante quant au fait qu’aucune organisation précise n’avait été
mise en place pour C_ et D_ en février xxx sont contredites par
ses propres déclarations tant au tribunal qu’à l’OPE, par les éléments du dossier, ainsi
que par les déclarations des jumelles. Le tribunal relève également les contradictions
de l’instante quant aux modalités de prise en charge des enfants. En effet, celle-ci a
soutenu dans ses écritures assumer majoritairement la prise en charge de
C_ et D_ qui habiteraient avec elle, leur père les voyant
régulièrement et librement selon ses disponibilités et horaires de travail. Dans son
rapport du 31 mars 2015, l’OPE a cependant relevé que dame X_ avait dit
être d'accord de poursuivre le système de la garde alternée et apprécier d'avoir une
organisation qui lui laisse un peu de liberté, organisation qui conviendrait également
bien aux enfants, hormis le mardi midi compte tenu des conflits entre D_ et
son demi-frère P_ (cf. point 3.4. ci-avant). Ce faisant, X_ a reconnu
implicitement l’existence d’une garde alternée factuelle, position qu’elle a d’ailleurs
renouvelée lors de son audition du 4 mai 2015. Elle a précisé ne pas être opposée à la
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garde alternée à condition que ses filles ne restent pas seules en l’absence de son
mari.
De son côté, l’intimé estime apporter de la stabilité à ses enfants. Il explique pouvoir
les assumer à 100%, mais être conscient qu'elles ont besoin de leur mère. Il relève ne
pas avoir d'inquiétude de mise en danger des enfants chez dame X_ mais ne
pas apprécier son mode de vie. Selon lui, dame X_ est une personne du
monde de la nuit et elle aimerait « faire la fête ». Il se montre inquiet du modèle qu'elle
peut donner à ses filles et notamment à D_ avec ses photos de mode.
Pour leur part, C_ et D_ ont toutes deux expliqué que
l’organisation familiale était parfois compliquée, car elles devaient penser à prendre
toutes leurs affaires. Elles ont néanmoins toutes deux déclaré souhaiter que
l’organisation reste telle quelle.
4.2. Y_ soutient avoir assumé seul la prise en charge financière de ses filles
depuis la séparation, ce que son épouse conteste.
Tout en reconnaissant que son mari a pris en charge les primes de caisse-maladie et
le coût des activités extrascolaires des enfants, X_ prétend participer aux
frais de celles-ci par le paiement des frais de la cantine et de « tout le reste,
lorsqu’elles sont chez moi », savoir shopping, sorties avec les copines, cadeaux
d’anniversaire, argent de poche à raison de xx fr. par mois chacune et forfait du
téléphone qui s’élève respectivement à xx fr. et à xx fr. En séance du 4 mai 2015,
Y_ a reconnu que son épouse prenait en charge l’argent de poche, le
téléphone, les habits des jumelles, les frais de répétitrice lorsqu’elles chez leur mère
avec les montants mis à sa disposition par ses soins et a relevé payer tout le reste, y
compris les frais de cantine du jeudi et du vendredi, soit xx fr. par repas et par enfant.
Les allocations familiales pour les enfants, ainsi que les rentes de la fondation LPP de
la LLLLL_ pour les enfants, par xxx fr. pour chaque fille (pièces 28 à 30 et
79), sont perçues et conservées par Y_.
5. Les parties s’accordent sur le fait que, durant la vie commune, soit de xxx à xxx, la
famille Y_ menait un train de vie confortable (allégué no 32 admis), l’intimé
ayant précisé que ce n’était ni le luxe ni l’opulence, les fins de mois étant dans les
chiffres rouges (ad Q. 123).
La famille Y_ partait en vacances plusieurs fois par année, souvent au Club
AAAAAA_, par exemple à MM_ durant 15 jours, à trois reprises à
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NN_, à deux reprises à OO_, à PP_, ou à deux reprises
à QQ_. Les enfants non communs du couple les accompagnaient, les parties
ne s’entendant toutefois ni sur la fréquence ni sur la destination des voyages.
X_ et Y_ ont également effectués des séjours sans enfants. Durant
trois ans, X_ a séjourné avec ses copines, à RR_, chaque deux
mois selon l’instante, fréquence que l’intimé conteste. Selon l’instante, elle est
également partie seule à SS_ durant une semaine et à NN_, à
quatre reprises, ce dernier voyage étant contesté par l’intimé. X_ n’a pas
précisé les années durant lesquelles ces voyages ont été réalisés, de sorte qu’il n’est
pas possible en la présente procédure sommaire de déterminer la fréquence annuelle
des voyages du couple Y_. Dame X_ n’a pas davantage
documenté le coût de ceux-ci, ni le budget annuel des vacances.
Durant la vie commune, X_ s'est faite _ pour un montant global de
x'xxx fr., ce que son époux ignore, voire conteste. Elle a également fait face à de
nombreux frais de _ de xxx à xxx pour un montant total de xx'xxx fr. (allégué
no 42 : admis ; factures déposées toutes au nom de X_), ce qui représente
un coût annuel moyen de x'xxx fr. (montant arrondi).
X_ possède divers vêtements et accessoires provenant de boutiques, par
exemple TT_. Ni la valeur, ni le coût d'achat de ceux-ci - dont on ne peut
exclure qu’il s’agissait de cadeaux de son époux pour certains -, ni la fréquence de ces
achats n’ont été déterminés. Selon le décompte Mastercard versé en cause (p. 164),
X_ a dépensé xxx fr. le 24 juillet 2014 dans la boutique TT_, à
UU_ (magasin Outlet).
X_ soutient que, durant le mariage, son époux s’est toujours acquitté de tous
ses frais et lui a mis à disposition une carte de crédit qu’elle pouvait utiliser à sa guise
pour ses loisirs et dépenses diverses, limitée à x'xxx fr. par mois, ce que celui-ci
conteste. En réalité, selon les déclarations concordantes des parties à ce sujet, dès le
début de leur relation, elles avaient toutes deux accès au compte d’exploitation auprès
du VV_ du cabinet _ de l’intimé, alors _ indépendant, et
disposaient d’une carte de crédit avec une limite de xx'xxx fr. par mois. Ce compte - qui
était alors le seul à disposition du couple - servait à acquitter aussi bien les factures du
cabinet que les factures privées, les intérêts, les besoins de la famille et les besoins
personnels de l’instante (ad Q. 77 à 81 ; ad Q. 127-128). Ces éléments contredisent
les allégations de l’instante selon lequel elle disposait d’un budget de xx'xxx fr. par
mois. En effet, le montant précité correspondait en réalité à la limite de sa carte de
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crédit et non pas à un montant mis à sa disposition. En outre, le compte d’exploitation
n’était pas destiné à couvrir ses frais personnels mais l’entier des charges
professionnelles et privées du couple. La carte de crédit Mastercard au nom de
X_ a été limitée à x'xxx fr. par mois en mars xxx, soit postérieurement à la
séparation, Y_ continuant à acquitter les factures y relatives, même en cas
de dépassement. Il assumait également le paiement des primes de caisse-maladie de
toute la famille (xxx fr. LAMal pour C_ et D_), y compris celles de
H_, ainsi que tous les frais médicaux, ce qu’il a continué à faire après la
séparation.
En séance du 4 mai 2015, l’instante a admis que son salaire d’assistante médicale
auprès de son mari arrêté à x'xxx fr. (cf. point 7.1 ci-dessous) était versé sur le compte
d’exploitation précité auquel elle avait librement accès. Cet élément contredit ses
allégations selon lesquelles son mari ne lui aurait jamais effectivement versé un
salaire. En effet, même si un retrait mensuel de x'xxx fr. opéré par l’instante n’a pas été
établi en la présente procédure sommaire, ce montant était à sa libre disposition sur le
compte précité. A cet égard, le tribunal relève qu’aucune des parties n’a indiqué, ni
documenté, dans quelle mesure ce compte bancaire destiné à couvrir l'ensemble des
dépenses de la famille était alimenté.
S’agissant d’éventuelles économies réalisées par le couple, dame X_ a
déclaré qu’elle vivait avec une limite de crédit qui repartait chaque mois à zéro et
qu’elle ne savait pas si son mari en effectuait. Pour sa part, l’intimé a relevé que, dès
qu’il avait vécu avec son épouse, les fins de chaque mois étaient dans le rouge et
qu’ils n’étaient pas en mesure de faire des économies (ad Q. 140).
6.1. Après la séparation du couple en février xxx, Y_ a continué à assumer
diverses charges de son épouse.
Il a poursuivi le paiement des primes d’assurance maladie de X_ auprès de
WW_, par 508 fr. par mois en 2014, 574 fr. 80 en 2015, ainsi que des
factures médicales de celle-ci (cf. pièces no 96) qu’il a estimées à 1'000 fr. par an
environ. Il a encore pris en charge les factures relative à la carte de crédit Mastercard
de X_ limitée à x'xxx fr. par mois depuis mars xxx. Depuis janvier 2014, il
s’est en sus acquitté du loyer de l’appartement de 4,5 pièces, sis à la place
F_, par x'xxx fr. (cf. notamment pièces no 41 à 43, p. 325 à 339).
Conformément aux déclarations de l’intimé, le paiement de ce loyer poursuivait
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indirectement un but d'entretien en faveur de sons épouse et des enfants, la condition
posée étant que dame X_ n’y vive pas avec un compagnon.
Les dépenses de dame X_ sur sa carte de crédit Mastercard se sont élevées
à x'xxx fr. du 20 décembre xxx au 19 août xxx (moyenne mensuelle), à x'xxx fr. du
16 janvier xxx au 18 février 2xxx, à x'xxx fr. du 24 février xxx au 17 mars xxx, savoir à
près de x'xxx fr. (x'xxx fr. + x'xxx fr. + x'xxx fr. : 3). Selon l’instante, celles-ci
correspondent à ses frais de loisirs, voyages, frais vestimentaires, coiffeur et produits
de beauté (cf. relevé Mastercard pièce no 9 p. 150, pièce no 94).
De décembre xxx à août xxx, X_ s'est rendue à deux reprises à
RR_/XX_ et à YY_, à ZZ_ et à
AAA_. Elle a séjourné la deuxième semaine des vacances de Noël 2014,
alors que C_ et D_ étaient chez leur père, dans l’appartement de
Y_ à BBB_ où V_ la rejointe quelques jours. Dame
X_ est partie en janvier 2015 en CCC_ avec V_, pour un
séjour de 4 jours qui s’est prolongé à une semaine. Elle a passé un week-end à
DDD_ et une semaine à RR_ avec les enfants durant les vacances
de Pâques 2015. Elle a encouru des frais de xxx fr. auprès de Clinique
EEE_, spécialisée en _, le 11 mars xxx.
Y_ a ainsi assumé financièrement l’entretien de son épouse à concurrence
de près de x'xxx fr. par mois de mars 2012 à décembre 2013 [montant arrondi ; xxx fr.
(prime caisse-maladie) + xx fr. (frais médicaux) + x'xxx fr. (carte de crédit Mastercard)],
puis à concurrence de x'xxx fr. dès janvier 2014 [montant arrondi ; x'xxx fr. (loyer) +
xxx fr. (prime caisse-maladie) + xx fr. (frais médicaux) + x'xxx fr. (carte de crédit
Mastercard)].
6.2. Depuis le 1 er avril 2015, Y_ a supprimé la carte de crédit de son épouse
et lui verse, par ordre permanent depuis son compte courant n° xxx2 auprès du
VV_, un montant de x'xxx fr. par mois sur son compte auprès du même
établissement bancaire.
Il a acquitté le prix du séjour de ses filles et de son épouse au club
AAAAAA_ de FFF_ pour leurs vacances du 20 juin au 4 juillet
2015, d’un montant total de x'xxx fr. (pièce no 101).
7. Dans le cadre de la présente procédure, les parties ont entrepris une médiation qui
a pris fin sans qu’un accord final ne soit validé par dame X_. Dans son
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rapport du 31 mars 2015, l’OPE a relevé que les tensions entre les parents avaient pu
être atténuées grâce à un arrangement financier, trouvé grâce à la médiation
entreprise. Interpellé sur les termes de l’arrangement financier précité lors de la séance
du 4 mai 2015, l’intimé a répondu ne pas avoir « le détail en tête ». Pour sa part, dame
X_ a relevé que jusqu’au mois d’avril 2015, elle avait une carte de crédit
avec une limite de crédit de x'xxx fr. (ad. Q. 16).
8.1. Après avoir achevé une formation _, X_ est tombée
gravement malade et s’est soignée durant un an et demi, subissant notamment une
_. Elle a ensuite entrepris une formation d’employée de commerce. Devenue
mère de H_ en 2 ème
année d’apprentissage, elle a obtenu son CFC
d’employée de commerce. Occupée à prendre en charge sa fille handicapée puis son
fils, elle dit n’avoir pas travaillé jusqu’en xxx, hormis quelques heures auprès du
_ GGG_. De xxx à xxx, elle a travaillé en qualité de _ au
cabinet du Dr Y_.
De xxx à xxx, X_ s'est, selon ses dires, consacrée à l'éducation et aux soins
des deux enfants du couple, ce que l’intimé conteste.
En réalité, en mars 2007, dame X_ a fondé, avec HHH_ et
III_, la société JJJ_ Sàrl, de siège social à A_, au capital
social de xx'xxx fr. entièrement libéré, dont le but était l’exploitation de l’établissement
public le «JJJ_», à A_. X_ en a été l’associée-gérante
avec signature individuelle jusqu’à sa radiation d’office le xxx, conformément aux
dispositions de l’art. 155 al.3 ORC. Y_ a remis xxx'xxx fr. à son épouse pour
l’aider à installer son restaurant, argent provenant de la vente d’un de ses terrains à
KKK_.
Dame X_ a indiqué qu’elle n’avait pas d’horaire, qu’elle y allait quand elle
pouvait pour s’occuper et qu’elle n’en a retiré aucun revenu (ad Q. 27 et 28).
Y_ a en revanche relevé que son épouse était souvent au «JJJ_»
et que sa fréquentation avait diminué à certaines périodes essentiellement en raison
des désaccords qu’elle avait avec « ses associés ». Selon les décisions de taxation
2009 et 2010 (pièces nos 13, 14 p. 254 et 255), X_ a réalisé un revenu de
xx'xxx fr. en 2009, de xx'xxx fr. en 2011. Outre le fait que cet élément infirme ses
allégations quant à une absence totale de revenu, il rend vraisemblable que l’instante a
réalisé ces gains en exerçant une activité lucrative salariée jusqu’en septembre 2010,
savoir en moyenne x'xxx fr. par mois [montant arrondi ; (xx'xxx fr. + xx'xxx fr.) : 18
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mois], son taux d’occupation n’ayant toutefois pas été établi en la présente procédure
sommaire.
Dès septembre 2010, X_ a pris la gérance du LLL_, bar-restaurant
à A_, activité exercée en qualité d’indépendante sous la raison sociale
LLL_, à A_, dont elle est titulaire avec signature individuelle. Après
avoir succédé à MMM_, T_ disposait de la signature collective à
deux, celle-ci ayant été radiée dès le 7 mai 2015. X_ a exploité cet
établissement public avec son compagnon précité. Y_ a remis à son épouse
un montant de l'ordre de xxx'xxx fr. pour lui permettre d'aménager et de gérer ce bar-
restaurant, ce que celle-ci a admis (ad Q. 29). Il a expliqué qu’il s’agissait d’un prêt
qu’elle devait rembourser à concurrence de x'xxx fr. par mois, ce qui n’a toutefois eu
lieu qu’à une seule reprise. A ce jour, cette somme ne lui a pas été restituée par son
épouse qui a déclaré ne pas savoir s’il s’agissait d’un prêt. Selon l’intimé, le prêt a
toujours figuré dans les comptes de LLL_, les déclarations ont toujours été
transmises à sa fiduciaire, actuellement NNN_, par le biais de sa banque,
OOO_, qui tient une rubrique spéciale LLL_ (ad Q. 132). Les
comptes de la société mentionnent dans les créanciers c/c Y_ qui s’élevait à
xxx'xxx fr. au 31 décembre 2013 (p. 360).
Par décision du 11 septembre 2013, X_ a été déclarée en faillite avec effet
dès le 11 septembre 2013 à 8 h 30, jugement révoqué selon prononcé du tribunal
cantonal du Valais du 11 novembre 2013. Dame X_ a indiqué que son époux
avait renfloué ses poursuites à concurrence de xx'xxx fr. - xx'xxx fr. (ad Q. 89).
X_ prétend avoir très peu travaillé au service dudit _, consacrant
l'essentiel de son temps à la prise en charge des enfants du couple. En séance du
4 mai 2015, elle a déclaré qu’elle n’avait pas d’horaire, qu’elle était présente de temps
en temps, quand elle le voulait (ad. Q. 30), qu’elle passait une à deux soirées par
semaine (ad. Q. 75), que dans la mesure du possible, elle n’allait pas au
LLL_ lorsque ses filles étaient chez elle, que les rares fois où elle les avait
laissées, elle n’était pas loin, qu’elle partait quand elles étaient censées être au lit, ou
quand elles regardaient un film, et revenait après (ad. Q. 73). Elle a relevé qu’il ne lui
arrivait pas d’être présente au LLL_, vers 17 heures, que si tel était
néanmoins le cas, ses filles étaient dans la rue, devant le _, avec des
copines. L’intimé conteste ces allégations soutenant que son épouse se trouvait au
LLL_ quasiment à chaque fois que l'établissement était ouvert, de xx h 00 à
xx h 00, qu’elle y était souvent et qu’elle assurait en outre toute la gestion financière de
- 19 -
l’établissement (ad. Q 108). La volonté manifestée par X_ de poursuivre une
activité dans le domaine de la restauration, de manière indépendante, après une
première expérience de trois ans, l’investissement financier consenti ainsi que la
nécessité de la présence du responsable au bon fonctionnement d’un nouvel
établissement public et à son succès, laissent penser que l’instante était plus souvent
présente au LLL_ qu’elle ne veut bien l’admettre, sans que son taux d’activité
n’ait toutefois pu être établi. Il est douteux que l’instante ne se soit pas trouvée
régulièrement dans l’établissement public qu’elle avait crée et exploitait.
Les comptes de LLL_, versés en cause (p. 86 ss et 349 ss), établis par la
fiduciaire PPP_ (p. 86), laissaient apparaître un résultat avant provisions et
impôts de x'xxx fr. au 31 décembre 2011 (p. 351), de - xx'xxx fr. au 31 décembre 2012,
de xx'xxx fr./xx'xxx fr. au 31 décembre 2013 (p. 89 et p. 361). Selon le bilan au
31 décembre 2014 figurant au dossier (pièce no 52 p. 369 ss), le résultat de l’exercice
s’élevait à xx'xxxfr. à cette date.
Les décisions de taxation 2011 et 2012 ne mentionnent aucun revenu de X_.
Celle-ci a prétendu n’avoir pas pu s'octroyer de salaire, car l’établissement n'était pas
rentable. Pour sa part, Y_ prétend que son épouse a opéré des
prélèvements privés d’un total de xx'xxx fr. en 2013 ce qui représente un salaire
mensuel de près de x'xxx fr., ce que celle-ci conteste.
L’examen des comptes révèle que le c/c X_ était débiteur envers la société
de xx'xxx fr. en 2011, alors que ce dernier est à zéro dans le bilan 2012 du 19 février
2013.
Figurent dans la comptabilité, des postes très importants, s’agissant de l’exploitation
d’un bar-restaurant de petite dimension, à savoir :
- des salaires et charges sociales de xxx'xxx fr., des frais de véhicules de x'xxx fr.,
ainsi que des frais de représentation et voyage de x'xxx fr. en 2011,
- des salaires et charges sociales de xxx'xxx fr., des frais de véhicules de
xx'xxx fr., ainsi que des frais de représentation et voyage de x'xxx fr. en 2012,
- des salaires et charges de xxx'xxx fr., des frais de véhicules de xx'xxx fr., ainsi
que des frais de représentation et voyage de x'xxx fr. en 2013.
L’extrait du compte courant de X_ pour 2013 (pièce n° 51 p. 363) comprend
des paiements du loyer de X_, des voyages privés, des honoraires de
_, des frais de _, des remboursements de dettes et autres
- 20 -
prélèvements en sa faveur ou de son compagnon de l’époque, notamment : heures
décembre 2012 X_ 1'000 fr. le 16 janvier 2013, QQQ_ 399 fr. 60 le
28 janvier 2013, ostéopathie 110 fr. le 5 février 2013, RRR_ 87 fr. 90 le
13 février 2013, loyer X_ 2'050 fr. le 18 février 2013, SSS_ 1'037 fr.
30 le 19 février 2013, TTT_ 24 fr. le 22 février 2013, UUU_ 4 fr. 90
le 25 février 2013 et 630 fr. 70 le 26 février 2013, VVV_ 22 fr. le 7 mars 2013,
police municipale 120 fr. le 8 mars 2013, WWW_ 4 fr. le 12 mars 2013,
XXX_ 287 fr. 50 le 12 mars 2013, loyer X_ 2'050 fr. le 12 mars
2013, WWW_ 5 fr. le 15 mars 2013, YYY_ RC privé 1'965 fr. 30 le
19 mars 2013, SSS_ 1'965 fr. 20 le 19 mars 2015, ZZZ_ 25 fr. 70
le 27 mars 2013, AAAA_ 54 fr. le 11 avril 2013, loyer X_ 2'050 fr. le
16 avril 2013, BBBB_ (alimentation pour animaux) 43 fr. 25 le 17 avril 2013,
SSS_ 287 fr. 45 le 18 avril 2013, ZZZ_ 4 fr. 60 le 27 avril 2013,
Pizzeria CCCC_ 32 fr. le 28 avril 2013, pharmacie DDDD_ 9 fr. 95
le 6 mai 2013, EEEE_ 86 fr. le 8 mai 2013, prélèvement 300 fr. le 8 mai
2013, FFFF_ Sàrl 23 fr. 90 le 17 mai 2013, SSS_ 878 fr. 50 le
21 mai 2013, GGGG_ 1'847 fr. 65 le 22 mai 2013, HHHH_ festival
200 fr. le 22 mai 2013, IIII_ 63 fr. 80 le 23 mai 2013, BBBB_
71 fr. 50 le 23 mai 2013, IIII_ hotel restaurant 63 fr. 80 le 27 mai 2013, ofc 89
fr. 10 le 29 mai 2013, JJJJ_.com 27 fr. 58 le 30 mai 2015, ZZZ_ 25
fr. 60 le 6 juin 2013, loyer X_ 2'050 fr. le 10 juin 2013, SSS_ 1'326
fr. 90 le 19 juin 2013, T_ remboursement dette 2'000 fr. le 27 juin 2013,
prélèvement 2'600 fr. le 27 juin 2013, pharmacie DDDD_ 64 fr. le 29 juin
2013, KKKK_ 258 fr. 90 le 29 juin 2013, GGGG_ 158 fr. 95 le
6 juillet 2013, loyer X_ 2'050 fr. le 10 juillet 2013, prélèvement 500 fr. le
15 juillet 2013, prélèvement privé 10 fr. le 17 juillet 2013, FFFF_ 450 fr. le
17 juillet 2013, LLLL_ 158 fr. le 17 juillet 2013, prélèvement 3'000 fr. le
17 juillet 2013, SSS_ 898 fr. 60 le 18 juillet 20123, prélèvement privé 560 fr.
le 23 juillet 2013, prélèvement 560 fr. le 23 juillet 2013, MMMM_
T_ 125 fr. 20 le 25 juillet 2013, NNNN_ 191 fr. 18 le 25 juillet 2013,
prélèvement privé 300 fr. le 2 août 2013, Ioyer OOOO_ 132 fr.,
PPPP_ 289 fr. 70, loyer X_ 2'050 fr. le 13 août 2013,
QQQQ_ 143 fr. 10 le 19 août 2013, axa 268 fr. 75 le 19 août 2013,
SSS_ 600 fr. 60 le 19 août 2013, T_ remboursement avance
1'000 fr. le 19 août 2013, snack aéroport 13 fr. 80 le 20 août 2013, _ 250 fr.
le 23 août 2013, _ 200 fr. le 23 août 2013, ZZZ_ 16 fr. 90 le
28 août 2013, loyer X_ 2'050 fr. le 16 août 2013, SSS_ 1'715 fr. 25
- 21 -
le 18 août 2013, Etat du Valais _ 107 fr. le 23 septembre 2013,
MMMM_ 08/13 T_ 142 fr. 10, RRRR_ assurance maladie
146 fr. 05 le 23 septembre 2013, MMMM_ 08/13 T_147 fr. le
23 septembre 2013, Etat du Valais - IC 2012 250 fr. le 23 septembre 2013,
T_ ostéopathie 110 fr. le 27 septembre 2013, SSSS_ 28 fr. 40 le
29 septembre 2013, TTTT_ 64 fr. 75 le 1 er octobre 2013, Bistro
UUUU_ 24 fr. 48 + 25 fr. 62 + 40 fr. 43 le 2 octobre 2013, TTTT_
48 fr. 05 le 2 octobre 2013, VVVV_ 58 fr. 80 le 2 octobre 2013,
WWW_ 129 fr. 65 le 2 octobre 2013, XXXX_ 169 fr. 45 le 2 octobre
2013, Taxi YYYY_ 12 fr. 70 le 3 octobre 2013, Metro ZZZZ_ 18 fr.
20 le 3 octobre 2013, AAAAA_ 18 fr. 70 le 3 octobre 2013,
BBBBB_ 18 fr. 95 le 3 octobre 2013, Aeroport CCCCC_ 38 fr. 60 le
4 octobre 2013, Transfert s/ compte privé 1'600 fr. le 7 octobre 2013, prélèvement 350
fr. le 15 octobre 2013, caisse des médecins - T_ 35 fr. 95 le 16 octobre 2013,
DDDDD_ pharmacie 2 x 74 fr. 10 le 16 octobre 2013, MMMM_
09/13 T_ 123 fr. 60 + 129 fr. 50 le 16 octobre 2013, SSS_ 437 fr.
50 le 18 octobre 2013, prélèvement 360 fr. le 24 octobre 2013, ZZZ_ 29 fr. le
28 octobre 2013, prélèvement 1'000 fr. le 29 octobre 2013, ZZZ_ 31 fr. 40 le
30 octobre 2013, prélèvement 200 fr. le 8 novembre 2013, SSSS_ 32 fr. le
10 novembre 2013, SSS_ 586 fr. 35 le 19 novembre 2013, loyer
X_ 2'050 fr. le 19 novembre 2013, prélèvement 150 fr. le 22 novembre 2013,
Hotel EEEEE_ 236 fr. le 23 novembre 2013, prélèvement 1'301 fr. 90 le
25 novembre 2013, Hotel EEEEE_ 135 fr. le 26 novembre 2013,
prélèvement 100 fr. le 29 novembre 2013, boutique de _ 59 fr. le
12 décembre 2013, loyer X_ 2'050 fr. le 16 décembre 2013, SSS_
1'768 fr. 05 le 18 décembre 2013, prélèvement 300 fr. le 20 décembre 2013,
FFFFF_ 14 fr. 95 + 134 fr. 05 + 199 fr. 90 le 23 décembre 2013, prélèvement
1'000 fr. le 27 décembre 2013 et prélèvement privés 30'000 fr. le 31 décembre 2013,
ce qui représente un total de xx'xxx fr. de janvier à décembre xxx, savoir près de
x'xxx fr. par mois.
L’instante n’a ni allégué ni établi que ces frais divers étaient en relation avec
l’exploitation de son bar restaurant. Elle a d’ailleurs admis avoir opéré des
prélèvements privés, même si les pièces comptables déposées ne les mentionnent
pas. En effet, entendue le 4 mai 2015, elle a déclaré ne pas être salariée de la société,
ne rien percevoir du tout mais avoir payé son loyer et son leasing (ad. Q. 31). A cette
occasion, elle a précisé qu’avec le revenu de son _, elle payait son loyer de
- 22 -
x'050 fr. (appartement de F_), le téléphone, la télévision, tout ce qu’elle ne
pouvait pas payer avec une carte de crédit, les mensualités de leasing et les primes
d’assurances de son véhicule _ (ad Q. 16, Q. 22 et Q. 32), ainsi que les
vacances (ad Q. 44)., ce qui correspond à tout le moins à une moyenne mensuelle de
x'xxx fr. par mois [x'xxxfr. (loyer) + x'xxx fr. (leasing) + xxx fr. (montant arrondi ; x'xxx fr.
+ x'xxx fr. + x'xxx fr. : 36 mois ; loisirs et voyages)].
Dans ses écritures, X_ prétend avoir cessé toute activité au 1 er décembre
2014. En réalité, elle a remis la gérance du LLL_ le 31 mars 2015 (ad Q 34 ;
cf. ci-après) par l’intermédiaire de son époux. En effet, le 28 août 2014, Y_ a
fondé la société LLL_ SA, à A_, au capital social de 100'000 fr.
libéré à concurrence de 50'000 fr. et dont le but est l'exploitation d'un ou plusieurs
_. Y_ en est l’administrateur unique, avec signature individuelle. En
séance du 4 mai 2015, il a expliqué avoir crée cette société à la suite de la volonté
manifestée par son épouse de cesser son activité et afin de préserver le prêt de
xxx'xxx fr. accordé à celle-ci et investi dans l’aménagement de l’établissement qui,
selon le contrat de location signé par la société JJJ_ Sàrl, reviendrait au
propriétaire-bailleur, HHH_, à la fin de l’occupation des locaux. Le
1 er
décembre 2014, LLL_ SA a signé un nouveau contrat de bail à loyer avec
HHH_ et a remis l’établissement en gérance dès avril 2015 à la société
GGGGG_ Sàrl, fondée le 6 mars 2015 et dont l’associé et gérant avec
signature individuelle est HHHHH_. Y_ a précisé qu’il n’avait pas
pu obtenir du nouveau gérant une participation mensuelle de x'xxx fr. mais uniquement
de x'xxx fr. et qu’il envisageait une perte de xxx'xxx fr. Il a précisé avoir invité son
épouse à plusieurs reprises à contacter HHHHH_ au sujet de la reprise des
stocks et autres problèmes administratifs mais ignorer si elle l’avait fait.
Actuellement, X_ n’exerce aucune activité lucrative. Elle a indiqué à l’OPE
qu’elle envisageait de rester mère au foyer jusqu’à la fin de la scolarité de ses enfants
et qu’elle souhaitait être présente pour elles durant la période de l’adolescence (rapport
OPE p. 512). Elle n’a ni revenu, ni fortune. Elle estime ses dettes provenant du
LLL_ à xx'xxx fr. - xxx'xxx fr.
8.2. Le loyer de l’appartement de 4,5 pièces occupé par X_ s’élève à
x'xxx fr. par mois, acompte sur frais accessoires par xxx fr. par mois en sus (pièce no 5
145). Celle-ci soutient qu’un montant annuel de x'xxx fr., savoir xxx fr. par mois, pour
les frais de chauffage et autres charges est encore dû en général, après bilan annuel
élément qu’elle n’a pas établi par le dépôt de pièces probantes et qui est contesté par
- 23 -
son mari (allégué 45 : contesté). Elle loue encore une place de parc pour un montant
de xxx fr. par mois, sans avoir documenté cette charge qui est contestée (allégué
no 47 : contesté). Pour l'électricité, elle verse un acompte de xx fr. par mois (admis ;
pièce no 6 p. 147).
Les primes de X_ auprès de WW_ - acquittées par son époux -
sont de xxx fr. par mois en 2014 (dont xxx fr. LAMal), xxx fr. en 2015. La taxe pour les
eaux usées et les ordures s'élève, selon l’instante à xxx fr. par an. Dame X_
estime que son abonnement MMMM_ pour la télévision s'élève à xxx fr. par
mois, ses frais internet et téléphone à xxx fr. par mois, ses abonnement à divers
journaux, dont IIIII_, à xx fr. xx (montant arrondi ; x'xxx fr. par an : 12 mois),
les frais de son animal domestique, à xxx fr. par mois, charges alléguées mais pas
établi par pièces. Elle a estimé le coût de ses frais vestimentaires, coiffeur/produits de
beauté, frais esthétiques, voyages, sorties et repas à l’extérieur à x'xxx fr. par mois
(xxx fr. + xxx fr. + xxx fr. + x'xxx fr. + xxx fr.). L’ensemble de ces charges a été allégué
sans être documenté.
X_ dispose d’un véhicule de marque _, immatriculé VS xxx3, au
nom de LLL_ et dont la 1 ère
mise en circulation date du 30 septembre 2011.
Le leasing de ce véhicule, dont les mensualités s’élèvent, selon ses dires, à x'xxx fr., à
été conclu par LLL_, Y_ étant débiteur solidaire sans n’avoir jamais
acquitté une indemnité de leasing (ad Q. 117 et Q. 136). L’instante a indiqué avoir
payé celles-ci au moyen du revenu du LLL_. Ni le contrat y relatif, ni les
pièces attestant du paiement régulier de ce montant n’ont été versées en cause.
L'impôt de circulation est de xxx fr. par an. Selon dame X_, ses frais
d'essence se montent à xxx fr. par mois, frais qu’elle n’a pas documentés. Elle estime
qu’elle devra s'acquitter d'une assurance-ménage et RC privée de xxx fr. par mois ainsi
que d’une assurance véhicule de x'xxx fr. par an. Malgré les demandes réitérées du
tribunal, elle n’a versé en cause aucun document attestant de l’existence de ces
charges, ainsi que du paiement régulier de celles-ci. Pour 2014, les 5 tranches de
l'impôt communal de X_ se sont élevées à xxx fr. chacune. Selon la pièce
n° 7 p. 148, la 5 ème
tranche des impôts communaux 2014 de X_ s’élève à
xxx fr. Selon elle, un montant similaire est dû pour l'impôt cantonal ce qui est contesté
par l’intimé. En dépit des demandes réitérées de pièces, l’instante n’a pas fournie de
document attestant de ses allégations.
- 24 -
Pour le surplus, l’instante n’a pas démontré acquitter d’autres charges susceptibles
d’être prises en compte par le dépôt de pièces probantes en la présente procédure
sommaire.
9.1. Médecin spécialiste FMH en _, Y_ a œuvré durant de
nombreuses années en cette qualité au sein de la JJJJJ_, à A_,
ainsi que comme indépendant au sein de son propre cabinet.
Depuis 2010, il travaille à un taux de 50% en qualité de _ de la
KKKKK_. Parallèlement, il œuvre à un taux de 50% pour le compte de la
LLLLL_, à A_, comme _. Selon l’intimé, son activité
auprès de la LLLLL_ prendra fin en juin 2016, celle de la KKKKK_
en juin 2018. L’instante soutient que son mari voyage pour son travail, qu’il a des
horaires très irréguliers, qu’il ne connait pas lui-même ses horaires à l’avance et qu’il
rentre régulièrement après 20 h 00 de son travail, ce que celui-ci conteste. L’OPE a
relevé dans son rapport du 31 mars 2015 que Y_ bénéficiait d’horaires
réguliers pour son activité auprès de la LLLLL_, savoir les lundis, mercredis
et vendredis matin de 8 h 00 à 12 h 00 et de 13 h 30 à 17 h 00. L’OPE a également
indiqué que l’activité de Y_ auprès de la KKKKK_ s’exerçait depuis
son domicile, qu’il devait se rendre deux jours par mois dans les _ et
participer deux fois par an, durant quatre jours consécutifs, à des séminaires en
Europe, qu’à cette occasion, il s’arrangeait avec son épouse pour la garde des enfants
(p. 511), éléments que Y_ a confirmé lors de son audition du 4 mai 2015 (ad
Q. 119).
En 2013, Y_ a perçu un revenu net de xx'xxx fr. pour son activité de
_ auprès de la LLLLL_ et xxx'xxx fr. pour son activité auprès de la
KKKKK_, savoir xxx'xxx fr. nets au total, ce qui correspond à près de
xx'xxx fr. nets par mois. En 2014, son revenu pour son activité auprès de la
KKKKK_ s’est élevé à xxx'xxx fr., celui auprès de la LLLLL_ à
xxx'xxx fr., savoir près de xx'xxx fr. par mois (montant arrondi ; x'xxx fr. + x'xxx fr. ;
pièces n os
75, 76 et 78).
Ayant atteint l’âge de la retraite en août 2014, Y_ perçoit depuis cette date
une rente vieillesse de la fondation LPP de la LLLLL_ pour lui-même de
xxx fr. (x'xxx fr. : 4 mois, pièce n° 79). Y_ a exposé ne pas percevoir de rente
AVS, faute d’avoir rempli les documents (ad Q. 137 et 138).
- 25 -
Il est titulaire d’une police de prévoyance libre n° xxx4 auprès de la
MMMMM_ SA dont la valeur de rachat était de xx'xxx fr. au 31 décembre
2013 (terme du contrat au 1 er novembre 2014), ainsi que d’une assurance Vie plus
(contrat n° xxx5 ; échéance en 2015 ; p. 20) dont la valeur de rachat était de xxx'xxx fr.
au 31 décembre 2013.
9.2. En séance du 4 mai 2015, Y_ a exposé que sa fortune provenait de
l’héritage de _, décédé en xxx, savoir environ xx'xxx'xxx fr. essentiellement
en terrains. Il a précisé avoir des dettes pour près de x'xxx'xxx fr. Lors de l’accession à
la succession de son père, il n’avait plus de propriété immobilière. La maison de
NNNNN_ et le chalet de KKK_ avaient été vendus sans bénéfice,
le produit ayant servi à régler les dettes. Il a alors hypothéqué l’appartement de
OOOOO_ ce qui lui a permis de le rénover et d’acheter les deux
appartements de PPPPP_ qu’il a réunis et aménagés. Il a également acheté
l’appartement de BBB_ avec une grosse hypothèque avec une mise de
fonds de xxx'xxx euros à l’époque, ainsi qu’une mansarde à la rue E_ qu’il a
transformée en appartement.
Selon les taxations versées en causes, les actifs de Y_ se montaient à
x’xxx'xxx fr. pour des dettes privées de x'xxx'xxx fr. au 31 décembre 2009, à
x'xxx'xxx fr. pour des dettes privées de x'xxx'xxx fr. au 31 décembre 2010, à
x'xxx'xxx fr. pour des dettes privées de x'xxx'xxx fr. au 31 décembre 2011, à
x'xxx'xxx fr. pour des dettes privées de x'xxx'xxx fr. au 31 décembre 2012. Au
31 décembre 2013, Y_ disposait d’actifs de x'xxx'xxx fr. comprenant des
titres et autres placement de capitaux de xx'xxx fr. ceux-ci lui ayant procuré des
revenus de x'xxx fr. Figuraient notamment dans ces placements, le compte n° xxx6
auprès de la Banque QQQQQ_ qui affichait un solde de xx'xxx fr. au
31 décembre 2013, ainsi qu’un portefeuille d’actions auprès de la banque
OOO_ qui présentait une valeur de x'xxx fr. au 31 décembre 2013. Au
31 décembre 2013, les dettes de Y_ s’élevaient à x'xxx'xxx fr. les intérêts y
relatifs étant de xxx'xxx fr., savoir x'xxx fr. par mois, sa fortune nette étant de
x'xxx'xxx fr.
Y_ est propriétaire de l’appartement familial de 5,5 pièces, sis à la rue
E_, à A_, où il vit. Celui-ci grevé d’une dette hypothécaire de
xxx'xxx fr. au 1 er
janvier 2014, de xxx'xxx fr. au 2 décembre 2014 (compte hypothécaire
no xxx7 auprès de la banque RRRRR_), les intérêts hypothécaires y relatifs
s’élevant à x'xxx fr. pour les trois premiers trimestres 2014 (pièce n° 53 p. 378), soit
- 26 -
près de xx'xxx fr. pour 2014. Y_ acquitte un amortissement de x'xxx fr. par
trimestre, des primes RC/ménage de xx fr. par mois (xxx fr. : 12 mois
SSSSS_ + xxx fr. : 12 mois TTTTT_). Les charges 2013 de
l’appartement de A_ se sont élevées à x'xxx fr., savoir xxx fr. par mois, celles
de 2014 étant estimées à x'xxx fr., savoir xxx fr. par mois (pièce no 20 p. 266). Ses
frais d’électricité, eau, eaux usées et gaz se sont élevés à x'xxx fr. du 1 er février 2014
au 31 janvier 2015 (pièce n° 84).
Y_ est également propriétaire d’un appartement à PPPPP_ (en
réalité deux appartements réunis en un seul), datant de 1980, d'une valeur fiscale de
xxx’xxx fr.. Les charges 2013 de PPPPP_ se sont montées à xxx fr. par mois
(x'xxx fr. + x'xxx fr. : 12 mois ; p. 40 et 41), celles de 2014 étant de x'xxx fr. (x'xxx fr. +
x'xxx fr. ; pièce n° 44 p. 341 à 344), soit xxx fr. par mois. S’y sont ajoutés des appels
extraordinaire de x'xxx fr. par appartement, soit au total x'xxx fr., savoir xxx fr. par mois,
pour la réfection de la toiture de l'immeuble (pièces nos 22 et 23 p. 270 et 271).
Y_ acquitte un amortissement de xxx fr. par mois (x'xxx fr. : 12 mois), une
prime d’assurance bâtiment pour l’immeuble de PPPPP_ de xx fr. par mois
(xxx fr. : 12 mois) auprès de SSSSS_(pièce n° 24, p. 272). Ce bien est grevé
d’une dette hypothécaire de xxx'xxx fr. au 2 décembre 2014 (compte hypothécaire
n° xxx8 auprès de la banque RRRRR_), les intérêts hypothécaires y relatifs
s’élevant à xx'xxx fr. pour les trois premiers trimestres 2014 (pièce n° 53 p. 379), à
xx'xxx fr. pour 2014 (pièce n° 90). Y_ acquitte des primes RC/ménage de
xx fr. par mois (xxx fr. : 12 mois SSSSS_ + xxx fr. : 12 mois
TTTTT_).
Y_ est propriétaire d’un terrain à bâtir, entièrement aménagé à
UUUUU_, grevé d’une dette hypothécaire dont le solde s’élevait à xxx'xxx fr.
au 31 décembre 2014, les intérêts et frais y relatifs 2014 étant de xx'xxx fr. et
l’amortissement annuel de x'xxx fr. (compte hypothécaire n° xxx8 auprès de la banque
RRRRR_ ; pièce n° 89).
Y_ possède encore des biens immobiliers au chemin de _, à
OOOOO_, à savoir deux appartements et quatre places de parc, datant de
1980 et d'une valeur fiscale de xxx'xxx fr. Ces immeubles sont grevés de trois
hypothèques auprès de la QQQQQ_, savoir le compte hypothécaire n° xxx6
qui affichait un solde de - xxx'xxx fr. au 31 décembre 2014 (pièce no 86), le compte
hypothécaire n° xxx9 qui affichait un solde de - xxx'xxx fr. au 31 décembre 2014 (pièce
n° 88), et le compte hypothécaire no xxx10 qui affichait un solde de - xxx'xxx fr. au
- 27 -
31 décembre 2014 (pièces no 87). Les intérêts hypothécaires et frais y relatifs se sont
élevés à xx'xxx fr. (xx'xxx fr. + x'xxx fr. + xx'xxx fr.) en 2014, les amortissements
effectués en 2014 étant de xx'xxx fr. (xx'xxx fr. + x'xxx fr.). La mise en location des
immeubles de OOOOO_ ont procuré des revenus nets de xx'xxx fr. (xx'xxx fr.
- xx'xxx fr. p. 194) en 2013. Y_ soutient que les impôts et les amortissements
ne sont pas compris dans ces frais effectifs.
Y_ dispose encore d’un appartement, à BBB_, datant de 1970 et
d’une valeur fiscale de xxx'xxx fr., qui est utilisé par sa famille et ses proches, mais qui
n’est en principe pas loué à des tiers. La dette y relative, les intérêts et primes
d’assurance s’élèvent respectivement à xxx'xxx €, xx'xxx € et x'xxx € au 31 décembre
2013 ; l’intimé n’a pas fourni de document actualisé en dépit des demandes réitérées
de pièces (attestation de Banque VVVVV_). En 2014, la taxe d'habitation due
pour ce bien s’élève à x'xxx €, celle de contribution à l'audiovisuel public à xxx €.
Y_ soutient avoir versé pour ce bien un montant total de x'xxx € du
26 octobre au 26 novembre 2014, par le biais de son compte WWWWW_, et
estime ses frais d’entretien à x'xxx fr. par an, sans avoir ni explicité la nature des
versements opérés entre octobre et novembre 2014, ni avoir documenté les frais
d’entretien allégués.
Dans le cadre de la succession de son père, Y_ était copropriétaire avec sa
sœur de vignes à XXXXX_ qu’il mettait en location et qui lui avaient procuré
un revenu annuel net de x'xxx fr. en 2013 (p. 26). En janvier 2014, il a procédé à un
échange de sa part avec des terrains sis à NNNNN_ (ad. Q. 116). En séance
du 4 mai 2015, il a déclaré avoir acheté un mayen à YYYYY_, au nom de
ses enfants, pour un montant de xxx'xxx francs financé par la vente de terrains à
NNNNN_.
Y_ est membre du ZZZZZ_ Club, propriétaire et exploitant d’un
_, de 6 places, immatriculé xxx11, datant de 1980 et dont il a estimé la valeur
à xxx'xxx fr. Le coût d’exploitation par membre pilote de l’avion précité s’est élevé à
xx'xxx fr. en 2013, savoir x'xxx fr. par mois.
Dans sa déclaration 2013, Y_ fait état d’un prêt de l’hoirie Y_ de
xxx'xxx fr. (p. 30), sans avoir ni allégué ni établi verser régulièrement un montant à titre
de remboursement. Au 23 avril 2015, ses avoirs auprès de la banque OOO_
(comptes, placements, obligations et actions) se chiffraient à xxx'xxx fr. (pièce n° 85).
L’intimé n’a fourni aucune indication, ni n’a documenté les éventuels revenus y relatifs
- 28 -
pour 2014 et 2015. En plaçant cet argent de manière conservatrice, Y_ est
en mesure d’en tirer un revenu de 2% (le rendement des obligations de la
Confédération étant de 1,9% ; arrêts 5A_393/2010 et 5A_394/2010 du 9 mars 2011), à
savoir un revenu annuel de 14’465 fr., à savoir près de 1’205 fr. par mois (montant
arrondi).
Au 31 décembre 2013, les dettes de Y_ s’élevaient à x'xxx'xxx fr., les intérêts
y relatifs étant de xxx'xxx fr., à savoir x'xxx fr. par mois. Les dettes hypothécaires se
chiffraient en 2014 à x'xxx'xxx fr. fr. [xxx'xxx fr. (A_) + xxx'xxx fr.
(PPPPP_) + xxx'xxx fr. (UUUUU_) + x'xxx'xxx fr. (xxx'xxx fr. +
xxx'xxx fr. + xxx'xxx fr. ; OOOOO_) + xxx'xxx fr. (BBB_)], les
intérêts y relatifs étant de xxx'xxx fr. [montant arrondi ; xx'xxx fr. (A_) +
xx'xxx fr. (PPPPP_) + xx'xxx fr. (UUUUU_) + xx'xxx fr.
(OOOOO_) + xx'xxx fr. (BBB_)], savoir près de x'xxx fr. par mois.
En définitive, le revenu mensuel de Y_ provenant de son activité de salarié
auprès de la LLLLL_, de la KKKKK_, de sa rente vieillesse de la
fondation LPP de la LLLLL_ ainsi que du rendement de sa fortune mobilière
et immobilière, après déduction des charges d'entretien et d'exploitation, peut être
arrêté à xx'xxx fr. [x'xxx fr. + x'xxx fr. + xxx fr. + x'xxx fr. (revenus de ses capitaux) +
x'xxx fr. (revenus OOOOO_)].
9.3. Les primes d’assurance LAMal et LCA de Y_ auprès de la CSS
s’élevaient respectivement à xxx fr. et à xxx fr. par mois en 2014, à xxx fr. pour la
LAMal en 2015 (pièce n° 80), celles-ci étant de xxx fr. chacune pour C_ et
D_ (pièces n° 81 et 82). Y_ verse en outre à WW_ des
primes de xx fr. par mois pour lui-même (WW_-Combi et WW_
combi-complémentaire) et de xxx fr. pour chacun de ses enfants (pièce n° 95).
Y_ paie une cotisation annuelle de x'xxx fr. à la _ et de xxx fr. à la
KKKKK_ (pièces nos 25 et 26). Y_ dispose d’un véhicule de
marque _, immatriculé xxx12 et dont la 1 ère
mise en circulation date du 9 août
2006. L’assurance y relative se monte à x'xxx fr. par an (pièce n° 27 p. 275), l’impôt
2014 étant de xxx fr.
Y_ verse mensuellement xxx fr. à son fils Q_, actuellement majeur
et encore aux études pour une période de près de trois ans. Y_ a versé en
cause un document intitulé « solde des frais d’études » concernant son fils
- 29 -
P_, par lequel il reconnaît lui devoir encore xx'xxx fr. pour ses frais d’étude,
par égalité avec ses frères et sœurs.
En 2012, les impôts du couple se sont élevés à xx'xxx fr. [xx'xxx fr. impôt
communal (pièce n° 55 p. 406); xx'xxx fr. impôt cantonal (pièce no 56 p. 407); x'xxx fr.
IFD (pièce no 57 p. 408)], savoir x'xxx fr. par mois (montant arrondi), les impôts
cantonaux et fédéraux 2013 étant provisoirement de xx'xxx fr. (xx'xxx fr. + x'xxx fr. ;
p. 409 et 410).
Pour le surplus, Y_ n’a pas démontré acquitter d’autres charges par le dépôt
de pièces probantes en la présente procédure.

Considérant
1. Toute autorité judiciaire doit examiner d'office sa compétence en raison de la
matière (art. 4 ss CPC) et du lieu (art. 9 ss CPC) (art. 59 al. 2 let. b CPC et art. 60
CPC).
Les mesures provisionnelles relevant de la compétence du tribunal de district devant
lequel l'action en modification de jugement du divorce est pendante (art. 134 CC ;
art. 23 al. 1 CPC; art. 4 LACPC, art. 13 let. a et art. 276 al. 1 CPC), la compétence du
tribunal de céans est ainsi fondée ratione materiae et ratione loci.
2. Les mesures provisionnelles sont instruites en procédure sommaire (art. 271-273
CPC et subsidiairement art. 252 ss CPC). Outre les allégués de faits et les
conclusions, la requête (art. 130, 252 CPC) comportera toutes les pièces nécessaires,
à savoir notamment les copies du livret de famille, les déclarations d'impôts et les
décisions fiscales, les dernières fiches de salaires (généralement celles des trois
derniers mois), les attestations relatives aux autres revenus, à la fortune et aux dettes
des époux, les documents indiquant leurs charges (bail, caisse-maladie, assurances,
etc.) (VOUILLOZ, Les procédure du droit de la famille, in Jusletter 11 octobre 2010, Rz
28 ; ZZZ 2008/09, p. 483 ss, 487).
En matière de mesures protectrices de l'union conjugale, comme en matière de
mesures provisionnelles rendues pour la durée de la procédure de divorce, la maxime
inquisitoire est applicable (art. 272 et 276 al. 1 CPC). L'obligation du juge d'établir
d'office les faits n'est pourtant pas sans limite. En effet, la maxime inquisitoire ne
- 30 -
dispense pas les parties de collaborer activement à la procédure et d'étayer leurs
propres thèses; il leur incombe de renseigner le juge sur les faits de la cause et de lui
indiquer les moyens de preuve disponibles (ATF 128 III 411 consid. 3.2.1; arrêt
5A_808/2012 du 29 août 2013 consid. 4.3.2), étant rappelé que le juge des mesures
protectrices de l'union conjugale - respectivement des mesures provisionnelles - statue
sur la base des justificatifs immédiatement disponibles (arrêt 5A_41/2011 du 10 août
2011 consid. 4.1).
S'agissant du degré de certitude que les faits constitutifs doivent revêtir pour entraîner
la conséquence juridique prévue par la règle de droit, la vraisemblance suffit en
procédure sommaire (ATF 133 III 393 consid. 4 s., JdT 2007 I 622). Quant à
l'établissement des faits, l'art. 272 CPC prescrit la maxime inquisitoire : le tribunal
établit les faits d'office. La maxime inquisitoire s'applique également à la contribution
d'entretien entre époux. La maxime inquisitoire de l'art. 272 CC s'applique également
aux mesures provisionnelles de l'art. 276 CPC, par le renvoi de l'art. 276 al. 1 2e phr.
CPC (VOUILLOZ, op. cit., Rz 8). S'agissant de toutes les questions relatives aux époux,
le principe de disposition s'applique (art. 58 al. 1 CPC). Par le renvoi de l'art. 271 CPC
aux art. 248 à 270 CPC, des mesures superprovisionnelles (art. 265 CPC) peuvent
être requises avant ou pendant la procédure de mesures protectrices de l'union
conjugale, s'il y a urgence, notamment s'il y a danger pour l'un des époux (HALDY, Les
procédures spéciales, p. 331 ; VOUILLOZ, Z.Z.Z. 2008/09, p. 484). Si le litige porte sur
le sort des enfants, le tribunal établit les faits d'office (maxime inquisitoire ; art. 296 al. 1
CPC) et n'est pas lié par les conclusions des parties (maxime d'office ; art. 296 al. 3
CPC). Dans le domaine de la protection de l'enfance en particulier, la maxime d'office
s'applique de façon illimitée. Les parents et les enfants sont alors entendus (art. 297 ss
CPC). Conformément aux règles sur le défaut (art. 147 al. 2 CPC), l'absence d'une
partie n'empêche pas la procédure de suivre son cours ; le tribunal doit établir les faits
d'office. Enfin, à l'instar de toute procédure de droit matrimonial, le tribunal tente de
trouver un accord entre les parties (art. 273 al. 3 CPC) (VOUILLOZ, op. cit, Rz 10). Les
époux sont soumis au devoir de renseigner de l'art. 170 CC. Le refus de renseigner ne
renverse pas le fardeau de la preuve, mais le tribunal peut en tenir compte dans
l'appréciation des preuves (ATF 132 III 291, JdT 2007 I 3).
3.1. Selon l'art. 175 CC, un époux est fondé à refuser la vie commune aussi longtemps
que sa personnalité, sa sécurité matérielle ou le bien de la famille sont gravement
menacés. La suspension de la vie commune n'exige pas de décision judiciaire, le
jugement ayant un effet purement déclaratoire (CR CC I-CHAIX, art, 175 CC N 2). Celui
- 31 -
qui veut obtenir du juge l'organisation de la vie séparée doit établir que celle-ci est
justifiée. Aux termes de l'art. 176 al. 2 CC, l'autorisation de vivre séparé peut aussi être
demandée par un des époux lorsque la vie commune se révèle impossible, notamment
parce que son conjoint la refuse sans y être fondé (DESCHENAUX/STEINAUER, Le
nouveau droit matrimonial, p. 138; BERSIER Le juge et le nouveau droit du mariage,
p. 134; NÄF-HOFMANN, Das neue Ehe- und Erbrecht im Zivilgesetzbuch, p. 63).
3.2. En l'occurrence, il n'existe plus d'harmonie ni d'entente entre les conjoints, qui
sont séparés de fait depuis le 1 er février 2012. Les deux époux ont par ailleurs
manifesté leur volonté de vivre séparés. Partant, il y a lieu d'autoriser les époux
X_ et Y_ à vivre séparés pour une durée indéterminée, séparation
intervenue dans les faits le 1 er février 2012.
X_ a déjà emporté la plupart de ses affaires personnelles et n’a formulé
aucune conclusion à ce sujet de sorte qu’il convient de prendre acte qu’elle n’a plus de
prétention de ce chef.
4.1. Selon l'art. 176 al. 3 CC relatif à l'organisation de la vie séparée, lorsque les
époux ont des enfants mineurs, le juge ordonne les mesures nécessaires, d'après les
dispositions sur les effets de la filiation (cf. art. 273 ss CC). Le juge prend en effet
d'office les mesures concernant l'attribution du droit de garde ou de l'autorité parentale
(art. 298 CC) ; la maxime inquisitoire et la maxime d'office s'appliquent. Les principes
posés par la jurisprudence et la doctrine en matière de divorce sont applicables par
analogie (arrêt 5A_69/2011 du 27 février 2012 et les réf. citées).
L’art. 296 al. 2 CC fait de l’autorité parentale conjointe la règle, indépendamment de
l’état civil des parents. L’enfant peut prétendre à ce que ses deux parents assument
ensemble la responsabilité de son développement et de son éducation. Cela implique
que la mère et le père soient traités de la même manière. Le bien de l’enfant
représente le but premier de l’autorité parentale conjointe (art. 296 al. 1 CC ; Message
FF 2011 8344). En cas de séparation (qu’il s’agisse de mesures provisionnelles, de
mesures protectrices ou de séparation de corps), l'attribution de l'autorité parentale à
un seul des parents ne peut intervenir que « si le bien de l’enfant le commande »
(art. 298 al. 1 CC, par renvoi de l’art. 176 al. 3 CC et de l’art. 118 al. 2 CC).
Lorsqu’aucun accord entre les parents ne semble envisageable sur ce point, le juge
peut aussi se limiter à statuer sur la garde de l’enfant ainsi que sur les relations
personnelles ou la participation de chaque parent à sa prise en charge (art. 298 al. 2
CC). Le juge doit se conformer aux maximes de la subsidiarité, de la complémentarité
et de la proportionnalité et n’est habilité par l’al. 2 à statuer uniquement sur le lieu de
- 32 -
séjour et la prise en charge de l’enfant, sans que l’autorité parentale ne soit remise en
question, lorsqu’il apparaît que les parents ne parviendront pas à surmonter leurs
divergences sur ces points. Si le juge estime qu’aucun des deux parents de l’enfant
n’est apte à exercer l’autorité parentale, il devra inviter l’autorité de protection de
l’enfant à nommer
Le droit de garde est une composante de l’autorité parentale. Le terme «garde»
mentionné aux art. 133 al. 1 CC et 298 al. 2 CC se réfère à la prise en charge effective
de l’enfant. Le nouvel art. 301 al. 1bis CC définit les droits du parent qui assure cette
prise en charge Les décisions courantes concerneront toutes les questions liées à
l’alimentation, à l’habillement et aux loisirs. En seront en revanche exclues les
décisions qui concernent un changement de domicile (surtout en cas de
déménagement à l’étranger), d’école ou de religion, qui devront être prises par les
deux parents. Le ch. 2 autorise également un parent à prendre seul d’autres décisions
si l’autre parent ne peut être atteint moyennant un effort raisonnable. C’est par
exemple le cas lorsque celui-ci est parti en voyage sans laisser d’adresse ou de
numéro de téléphone où le joindre. Le droit de déterminer le lieu de résidence est une
composante à part entière de l’autorité parentale. L’art. 301a CC règle désormais le
changement du lieu de résidence de manière spécifique. En cas d’autorité parentale
conjointe au père et à la mère, aucun d’eux ne peux modifier unilatéralement le lieu de
résidence de l’enfant (art. 301a al. 2 CC).
L'instauration d'une garde alternée s'inscrit dans le cadre de l'exercice conjoint de
l'autorité parentale; la garde alternée est la situation dans laquelle les parents exercent
en commun l'autorité parentale, mais prennent en charge l'enfant de manière alternée
pour des périodes plus ou moins égales (arrêts 5A_928/2014 du 26 février 2015,
5A_345/2014 du 4 août 2014 consid. 4.2; 5A_866/2013 du 16 avril 2014 consid. 5.2).
Même lorsque les parents sont d'accord avec le système de garde alternée, le juge ne
peut se dispenser d'examiner s'il est compatible avec le bien des enfants, ce qui
dépend essentiellement des circonstances du cas particulier, notamment de la
capacité de coopération des parents (arrêt 5A_345/2014 du 4 août 2014 consid. 4.2).
L'appréciation des circonstances de fait pour fixer le droit de garde, c'est-à-dire la
détermination de leur portée juridique, est une question de droit. Le Tribunal fédéral
n'intervient toutefois que si le juge, sans aucun motif, a écarté des critères essentiels
pour la décision sur le droit de visite des enfants ou, à l'inverse, s'est fondé sur des
éléments dépourvus d'importance au regard du bien des enfants ou contrevenant aux
principes du droit fédéral (ATF 131 III 209 consid. 3 p. 210; 120 II 229 consid. 4a
- 33 -
p. 235; arrêts 5A_877/2013 du 10 février 2014 consid. 6.1 in fine; 5A_120/2013 du
23 mai 2013 consid. 2.1.2).
4.2. En l'espèce, après avoir requis l’attribution de la garde exclusive de C_
et D_, nées le xxx 2002 (12 ans et 11 mois), X_ a finalement
conclu à l’octroi d’une garde alternée de celles-ci selon le dispositif actuel. Pour sa
part, de manière constante, Y_ a principalement conclu à cette dernière
solution, demandant que les jumelles lui soient exclusivement confiées à titre
subsidiaire.
Au terme de son rapport du 31 mars 2015, l’OPE a conclu au maintien du dispositif
actuel (autorité parentale conjointe et garde partagée), aucune mesure de protection
n’ayant besoin d’être instaurée en faveur de C_ et D_.
Lors de leur séparation en février 2012, les parties ont mis en place un système de
garde alternée, à raison d’une semaine sur deux chez chaque parent. Aucun élément
du dossier ne permet de mettre en doute la comptabilité de ce système - qui perdure
depuis plus de trois ans - avec le bien de C_ et D_. Celles-ci ont
d’ailleurs manifesté leur souhait tendant au maintien de l’organisation actuelle.
Dans ces conditions, l’autorité parentale et la garde des enfants C_ et
D_, nées le xxx 2002, est confiée de manière conjointe au père et à la mère,
à raison d’une semaine sur deux chez chacun des parents, les enfants passant le
mercredi après-midi avec leur mère. L’organisation mise en place pour les repas de
midi est maintenue, savoir que C_ et D_ mangent chez leur grand-
mère maternelle le lundi midi, chez leur père le mardi midi, chez leur mère le mercredi
midi, à la cantine scolaire les jeudis et vendredis midis.
5.1. Aux termes de l'art. 276 CC, les père et mère doivent pourvoir à l'entretien de
l'enfant et assumer, par conséquent, les frais de son éducation, de sa formation et des
mesures prises pour le protéger (al. 1); l'entretien est assuré par les soins et
l'éducation ou, lorsque l'enfant n'est pas sous la garde de ses père et mère, par des
prestations pécuniaires (al. 2). A teneur de l'art. 285 al. 1 CC, auquel l'art. 133 al. 1 CC
renvoie, la contribution d'entretien doit correspondre aux besoins de l'enfant ainsi qu'à
la situation et aux ressources des père et mère; il est tenu compte de la fortune et des
revenus de l'enfant, ainsi que de la participation de celui des parents qui n'a pas la
garde de l'enfant à la prise en charge de ce dernier. Ces différents critères doivent être
pris en considération; ils exercent une influence réciproque les uns sur les autres.
Ainsi, les besoins de l'enfant doivent être examinés en relation avec les trois autres
- 34 -
éléments évoqués et la contribution d'entretien doit toujours être dans un rapport
raisonnable avec le niveau de vie et la capacité contributive du débirentier. Il en résulte
que, les enfants ayant le droit de recevoir une éducation et de bénéficier d'un niveau
de vie qui corresponde à la situation des parents, leurs besoins doivent également être
calculés de manière plus large lorsque les parents bénéficient d'un niveau de vie plus
élevé. Toutefois, même dans une situation économique aisée, cette règle ne conduit
pas à prendre nécessairement en considération toute la force contributive des parents
pour calculer la contribution à l'entretien des enfants. Il ne faut pas prendre comme
point de départ le niveau de vie le plus élevé qu'il est possible d'avoir avec un certain
revenu, mais celui qui est réellement mené (arrêt 5A_234/2011 du 21 novembre 2011
et les réf. citées).
La loi ne prescrit pas de méthode de calcul particulière pour arrêter la contribution
d'entretien (ATF 128 III 411 consid. 3.2.2); sa fixation relève de l'appréciation du juge,
qui applique les règles du droit et de l'équité (art. 4 CC; 127 III 136 consid. 3a). En
vertu du droit à des conditions minimales d'existence garanti par l'art. 12 Cst. (ATF 121
I 367 consid. 2 p. 370), l'obligation d'entretien trouve sa limite dans la capacité
contributive du débirentier, en ce sens que le minimum vital de celui-ci doit être
préservé (ATF 135 III 66 consid. 2 p. 67 s.; 123 III 1 consid. 3b/bb p. 4-5 et consid. 5 in
fine p. 9).
Pour fixer la contribution d'entretien, le juge doit en principe tenir compte du revenu
effectif des parties. Il peut toutefois imputer à celles-ci un revenu hypothétique
supérieur. Il s'agit d'inciter la personne à réaliser le revenu qu'elle est en mesure de se
procurer et que l'on peut raisonnablement exiger d'elle qu'elle obtienne afin de remplir
ses obligations (ATF 137 III 118 consid. 2.3 et les réf. citées; arrêt 5A_720/2011 du
8 mars 2012 et les réf. citées). C'est pourquoi, on lui accorde aussi un certain délai
pour s'organiser à ces fins (ATF 129 III 417 consid. 2.2; 114 II 13 consid. 5).
Néanmoins, la jurisprudence retient qu'il n'est pas arbitraire de s'écarter de ces
principes si une personne renonce volontairement à une partie de ses ressources. Les
soins et l'éducation des enfants assumés par l'époux qui en a la garde ne doivent pas
être envisagés uniquement comme une contribution à l'entretien des enfants au sens
de l'art. 276 al. 2 CC. Ce devoir familial constitue encore un obstacle de nature à nuire
à la réinsertion économique de l'époux à qui il incombe. En principe, on ne peut exiger
d'un époux la prise ou la reprise d'une activité lucrative à un taux de 50% avant que le
plus jeune des enfants n'ait atteint l'âge de 10 ans révolus, et de 100% avant qu'il n'ait
atteint l'âge de 16 ans révolus (ATF 137 III 102 consid. 4.2.2.2 p. 10 ; arrêt
- 35 -
85A_777/2014 du 4 mars 2015). Ces lignes directrices sont toujours valables dès lors
que, comme par le passé, la garde et les soins personnels sont dans l'intérêt des
enfants en bas âge, ainsi que de ceux en âge de scolarité, et que les soins personnels
représentent un critère essentiel lors de l'attribution de la garde. Elles ne sont toutefois
pas des règles strictes; leur application dépend des circonstances du cas concret (ATF
137 III 102 consid. 4.2.2.2 p. 109), notamment de ce qui a été convenu durant la vie
commune (arrêts 5A_70/2013 du 11 juin 2013 consid. 5.1) ou des capacités
financières du couple. Le juge du fait tient compte de ces lignes directrices dans
l'exercice du large pouvoir d'appréciation qui est le sien (art. 4 CC; ATF 137 III 102
consid. 4.2.2.2 p. 109; 134 III 577 consid. 4 p. 580). La jurisprudence admet
notamment, dans certains cas, la possibilité de faire garder les enfants pour pouvoir
travailler, ce qui, en général, induit des frais supplémentaires dont il faut tenir compte
(BASTONS BULLETTI, in SJ 2007 II 77 ss, p. 96; EPINEY-COLOMBO, Aide-mémoire pour le
calcul de la contribution d'entretien, in FamPra.ch 2005, p. 271/274). Ainsi, une activité
lucrative apparaît exigible lorsqu'elle a déjà été exercée durant la vie conjugale ou si
l'enfant est gardé par un tiers, de sorte que le détenteur de l'autorité parentale,
respectivement de la garde, n'est pas empêché de travailler pour cette raison, ou
encore lorsque la situation financière des époux est serrée (arrêt 5A_6/2009 du 30 avril
2009 consid. 2.2 et 2.3). Lorsque le juge entend tenir compte d’un revenu
hypothétique, il doit examiner successivement deux conditions. Tout d'abord, il doit
déterminer si l'on peut raisonnablement exiger de cette personne qu'elle exerce une
activité lucrative ou augmente celle-ci, eu égard, notamment, à sa formation, à son âge
et à son état de santé; il s'agit d'une question de droit (arrêts précités 5A_863/2014 du
16 mars 2015 et les réf. citées). Lorsqu'il tranche celle-ci, le juge ne peut pas se
contenter de dire, de manière toute générale, que la personne en cause pourrait
obtenir un revenu supérieur en travaillant; il doit préciser le type d'activité
professionnelle que cette personne peut raisonnablement devoir accomplir. Ensuite, il
doit examiner si la personne a la possibilité effective d'exercer l'activité ainsi
déterminée et quel revenu elle peut en obtenir, compte tenu des circonstances
subjectives susmentionnées, ainsi que du marché du travail (ATF 137 III 102 consid.
4.2.2.2 p. 108; 128 III 4 consid. 4c/bb p. 7 s.). Pour arrêter le montant du salaire, le
juge peut éventuellement se baser sur l'enquête suisse sur la structure des salaires,
réalisée par l'Office fédéral de la statistique, ou sur d'autres sources. Il peut aussi se
fonder sur l'expérience générale de la vie; toutefois, même dans ce cas, les faits qui
permettent d'appliquer des règles d'expérience doivent être établis (ATF 137 III 118
consid. 3.2; 128 III 4 consid. 4c/bb précité; arrêt 5A_152/2013 du 16 octobre 2013
consid. 3.2.2 et les références). Selon la jurisprudence, on ne devrait en principe plus
- 36 -
exiger d'un époux qui n'a pas exercé d'activité lucrative pendant un mariage de longue
durée de se réinsérer dans la vie économique, lorsqu'il est âgé de 45 ans au moment
de la séparation; il ne s'agit toutefois pas d'une règle stricte et la limite d'âge tend à
être portée à 50 ans (ATF 137 III 102 consid. 4.2.2.2 précité; arrêts 5A_181/2014 du
3 juin 2014 consid. 4.3; 5A_891/2013 du 12 mars 2014 consid. 4.1.2 et les références).
Si le juge entend exiger de lui la prise ou la reprise d'une activité lucrative, il doit
généralement lui accorder un délai approprié pour s'adapter à sa nouvelle situation
(ATF 129 III 417 consid. 2.2).
Selon la jurisprudence, on ne peut pas s'en tenir sans réserve à l'existence formelle de
deux personnes juridiquement distinctes lorsque tout l'actif ou la quasi-totalité de l'actif
d'une société appartient soit directement, soit par personnes interposées, à une même
personne, physique ou morale. Nonobstant la dualité de personnes à la forme - il
n'existe pas des entités indépendantes, la société étant un simple instrument dans la
main de son auteur, qui, économiquement, ne fait qu'un avec elle -, on doit admettre, à
certains égards, que, conformément à la réalité économique, il y a identité de
personnes et que les rapports de droit liant l'une lient également l'autre, chaque fois
que le fait d'invoquer la diversité des sujets constitue un abus de droit ou a pour effet
une atteinte manifeste à des intérêts légitimes (art. 2 al. 2 CC; ATF 121 III 319 consid.
5a/aa p. 321; 112 II 503 consid. 3b p. 505 s.; 108 II 213 consid. 6a p. 214 s.; 102 III
165 consid. II/1 p. 169 s.). Le revenu d'un indépendant est constitué par son bénéfice
net (1°), à savoir la différence entre les produits et les charges. En cas de revenus
fluctuants, pour obtenir un résultat fiable, il convient de tenir compte, en général, du
bénéfice net moyen réalisé durant plusieurs années (arrêts 5A_396/2013 du 26 février
2014 consid. 3.2.1 ; 5A_246/2009 du 22 mars 2010 consid. 3.1, in FamPra.ch 2010
p. 678 ss ; BASTONS BULLETTI, L'entretien après divorce, Méthodes de calcul, montant,
durée et limites, in SJ 2007 II 77 ss, spéc. p. 80 et 81 ; SCHWENZER, in FamKommentar
Scheidung, Band I, 2. Aufl. 2011, n. 17 ad art. 125 CC ; cf. ég. Wullschleger, op. cit., n.
21a et 34 ad art. 285 CC) : plus les fluctuations de revenus sont importantes et les
données fournies par l'intéressé incertaines, plus la période de comparaison doit être
longue (arrêt 5A_246/2009 précité consid. 3.1 ; SUTTER/FREIBURGHAUS, Kommentar
zum neuen Scheidungsrecht, Zürich 1999, n. 42 ad art. 125 CC). Pour obtenir un
résultat fiable, il faut ainsi partir du revenu moyen réalisé pendant plusieurs années,
dans la règle, les trois dernières (arrêts 5A_364/2010 du 29 juillet 2010 consid. 2.1 ;
5P.342/2001 du 20 décembre 2001 consid. 3a ; SCHWENZER, op. cit., n. 17 ad art. 125
CC). Dans certaines circonstances, il peut être fait abstraction des bilans présentant
des situations comptables exceptionnelles, à savoir des bilans attestant de résultats
- 37 -
particulièrement bons ou spécialement mauvais. Par ailleurs, lorsque les revenus
diminuent ou augmentent de manière constante, le gain de l'année précédente est
considéré comme le revenu décisif, qu'il convient de corriger en prenant en
considération les amortissements extraordinaires, les réserves injustifiées et les achats
privés (arrêts 5A_564/2014 du 1 e octobre 2014 consid. 3.1 ; 5A_687/2011 du 17 avril
2012 consid. 5.1.1 ; 5P.342/2001 précité consid. 3a ; 5D_167/2008 13 janvier 2009
consid. 2, in FamPra.ch 2009, p. 464 ss ; cf. ég. BÄHLER, Scheidungsunterhalt –
Methoden der Berechnung, Höhe, Dauer und Schranken, in Fampra.ch 2007 p. 461 ss,
spéc. p. 477 ; HAUSHEER/SPYCHER, Handbuch des Unterhaltsrechts, 2. Aufl. 2010,
n. 01.34, p. 16 s.).
Lorsque les allégations sur le montant des revenus ne sont pas vraisemblables et que
les pièces produites ne sont pas convaincantes – par exemple lorsque les comptes de
résultat manquent –, les prélèvements privés (2°) constituent un indice permettant de
déterminer le train de vie de l'intéressé, cet élément pouvant alors servir de référence
pour fixer la contribution due (arrêts 5A_564/2014 précité consid. 3.1 ; 5A_246/2009
précité consid. 3.1 ; 2P.29/2007 du 31 mai 2007 consid. 2.4; BRÄM, Zürcher
Kommentar, n. 76 ad art. 163 CC). Pour subvenir à ses besoins courants, un
indépendant opère en effet généralement des prélèvements privés réguliers en cours
d'exercice, anticipant ainsi le bénéfice net de l'exercice qui résulte des comptes établis
à la fin de celui-ci. Des prélèvements inférieurs au bénéfice net entraînent toutefois la
constitution de réserves, tandis que des prélèvements supérieurs impliquent la
dissolution de réserves. Il s'ensuit que l'on ne peut retenir que les revenus de
l'intéressé ont baissé lorsqu'il a opéré des prélèvements privés inférieurs au bénéfice
net de l'exercice; l'on ne saurait davantage affirmer que ses revenus n'ont pas baissé
entre deux exercices de référence simplement parce que, indépendamment des
bénéfices réalisés, les prélèvements privés sont comparables (arrêts 5A_396/2013
précité consid. 3.2.2 ; 5P.330/2006 du 12 mars 2007 consid. 3.3). La détermination du
revenu d'un indépendant peut en conséquence se faire en référence soit au bénéfice
net (1°), soit aux prélèvements privés (2°), ces deux critères étant toutefois exclusifs
l'un de l'autre : l'on ne peut ainsi conclure que le revenu d'un indépendant est constitué
de son bénéfice net, additionné à ses prélèvements privés (arrêts 5A_396/2013 précité
consid. 3.2.3 ; 5A_259/2012 du 14 novembre 2012 consid. 4).
5.2. Les besoins d'entretien statistiques moyens retenus dans les «Recommandations
pour la fixation des contributions d'entretien des enfants» éditées par l'Office de la
jeunesse du canton de Zurich peuvent servir de point de départ pour la détermination
- 38 -
des besoins d'un enfant dans un cas concret. Il y a toutefois lieu de les affiner en
tenant compte, conformément à l'art. 285 al. 1 CC (cf. supra consid. 4.4.1), des
besoins concrets particuliers de l'enfant, ainsi que du niveau de vie et de la capacité
contributive des parents (ATF 116 II 110 consid. 3a; arrêt 5A_507/2007 du 23 avril
2008 consid. 5.1). Ces normes sont fondées sur des revenus cumulés adaptés à
l’évolution de l’indice suisse des prix à la consommation, oscillant entre 7000 fr. et
7500 fr. (arrêts 5A_792/2008 du 26 février 2009, 5A_216/2009 du 14 juillet 2009 et les
réf. citées). Des revenus supérieurs ou inférieurs pourront donner lieu à ajustement.
Lorsque les ressources disponibles ne sont ni inférieures de 25% ni supérieures de
20% par rapport à cette référence, il y a lieu d’adapter proportionnellement les charges
forfaitaires (HAUSHEER/SPYCHER/KOCHER/BRUNNER, Handbuch des Unterhaltsrechts,
n° 06.99, p. 352 s., n° 826 p. 353; SCHWENZER, Praxkomm, n° 14 ad art. 285 ZGB).
Selon le Tribunal fédéral, une augmentation est justifiée à partir d'un revenu mensuel
dépassant clairement 10'000 fr.; selon certains, elle ne devrait pas dépasser les 25%.
La pratique opère encore une adaptation en fonction du niveau de vie qui prévaut au
lieu de résidence de l’enfant (CR CC I-PERRIN, n° 11 ad art. 285 CC). En cas de
situation financière largement supérieure à celle servant de base aux valeurs
indicatives retenues par l'Office de la jeunesse du canton de Zurich ("tabelles
zurichoises"), dont les indications sont valables pour des revenus moyens (cf. arrêts
5A_216/2009 du 14 juillet 2009 consid. 4.3 et 5A_792/2008 du 26 février 2009 consid.
4, qui mentionnent un revenu mensuel total des parents de 7'000 à 7'500 fr.), ces
montants statistiques doivent être affinés en tenant compte, conformément à l'art. 285
al. 1 CC, des besoins concrets particuliers des enfants, ainsi que du niveau de vie et
de la capacité contributive des parents (arrêt 5A_683/2014 du 18 mars 2015).
Quant au principe de la répartition, les père et mère doivent être traités de manière
égale eu égard à leurs facultés respectives. Il découle de ce principe que chacun des
parents ne doit assumer qu'une part proportionnelle de l'entretien (CURTY, A propos
des «recommandations» pour la fixation des contributions d'entretien des enfants
éditées par l'Office de la jeunesse du canton de Zurich, Recherche d'une méthode de
calcul, in JdT 1985 p. 332). En pratique, seule la part du parent auquel la garde des
enfants n'a pas été confiée sera calculée, puisque lui seul sera appelé à verser une
contribution en espèces (CURTY, loc. cit.).
5.3. Actuellement, l’épouse n’exerce aucune activité lucrative et ne dispose pas de
revenu. Quant à l’époux, son revenu mensuel total a été arrêté à 22'026 fr., rendement
de capitaux compris.
- 39 -
Titulaire d’une formation de _ ainsi que d’un CFC d’employée de commerce,
X_ a travaillé de 1995 à 2002 en qualité de _ au cabinet de son
époux. Après la naissance des jumelles du couple, elle a interrompu ses activités
professionnelles de 2002 à 2007. Dès cette date et jusqu’en mars 2015, soit depuis
8 ans, elle a œuvré en qualité de gérante de _ dont elle assumait également
l’aspect financier et administratif. Son revenu moyen s’est élevé à x'xxx fr. par mois
entre 2007 et 2010. S’agissant des gains obtenus par l’exploitation du bar-restaurant
LLL_, les comptes établis par la fiduciaire PPP_ laissent apparaître
un résultat avant provisions et impôts de x'xxx fr. au 31 décembre 2011 (p. 351), de -
xx'xxx fr. au 31 décembre 2012, de xx'xxx fr./xx'xxx fr. au 31 décembre 2013 (p. 89 et
p. 361). Or, les décisions de taxation 2011, 2012 ainsi que la déclaration fiscale 2013
ne retiennent aucune rémunération pour l’activité d’indépendante de X_
(pièce n° 10). En outre, les bilans versés en cause ne mentionnent pas l’existence de
prélèvements privés alors même que X_ en a admis l’existence et que ceux-
ci peuvent être estimés à près de xx'xxx fr. en 2013, savoir près de x'xxx fr. par mois.
Disposant d’une bonne formation et d’une grande expérience professionnelle, dame
X_ n’a ni allégué, ni établi être confrontée à d’éventuels problèmes de santé
qui l’entraveraient dans l’exercice d’une activité lucrative. Tenant compte de l’exercice
quasi ininterrompu d’une activité lucrative depuis 8 ans, même avec deux enfants, et
en l'absence de tout espoir de réconciliation entre les parties, on peut attendre de
l'épouse qu'elle reprenne une activité lucrative, du moins à temps partiel, dès lors que
les enfants atteindront l’âge de 13 ans le 22 juillet 2015. Le taux d’activité antérieur de
l’instante n’a pas pu être établi en la présente procédure sommaire. Les allégations de
cette dernière quant à une activité «à bien plaire » ne sont cependant pas
vraisemblables. Compte tenu de la mise en place d’une garde alternée des enfants
depuis près de 3 ans, d’une activité administrative possible depuis son domicile et de
l’âge de ses filles lors de la reprise d’une activité lucrative au demeurant intensifiée par
la création de son propre établissement, le tribunal retient que dame X_
œuvrait à un taux de 60%, l’instante étant expressément rendue attentive au fait que
celui-ci devra être augmenté par la suite. Au regard de ses capacités, de ses
compétences multiples et de son expérience, l'épouse devrait être en mesure de
retrouver, dans un avenir proche, une activité lucrative dans le domaine de la gestion
d’un établissement. Se référant au " Salarium - calculateur individuel de salaires " de la
Confédération, le tribunal de séance lui impute un revenu hypothétique net de 3’000 fr.
par mois pour une activité à 60%. De son côté, par son engagement professionnel
actuel, Y_ met pleinement à profit sa capacité contributive.
- 40 -
Le revenu mensuel total des époux X_ et Y_ peut être arrêté à
xx'xxx fr. (x'xxx fr. + xx'xxx fr.), montant largement supérieur de plus de 20% au revenu
déterminant des recommandations de l’office de la jeunesse de sorte qu’une
augmentation du coût à l’entretien de C_ et D_ de 20% est justifiée
(voir ci-après).
5.4. En vertu de l'art. 285 al. 1 CC, la contribution d'entretien doit correspondre aux
besoins de l'enfant ainsi qu'à la situation et aux ressources des père et mère. En cas
de situation financière particulièrement bonne, il n'est pas nécessaire de prendre en
considération toute la force contributive des parents pour calculer la contribution à
l'entretien de l'enfant. Il ne faut pas prendre comme point de départ le niveau de vie le
plus élevé qu'il est possible d'avoir avec un certain revenu, mais celui qui est
réellement mené (ATF 120 II 285 consid. 3b/bb; 116 II 110 consid. 3b; arrêt
5C.66/2004 du 7 septembre 2004 consid. 1.1). Bien que la maxime inquisitoire
s'applique, il incombe aux parties, en vertu de leur devoir de collaborer, de renseigner
le juge sur les faits de la cause en lui indiquant les moyens de preuve disponibles et
les éléments de fait pertinents pour fixer la contribution d'entretien due à l'enfant (ATF
128 III 411 consid. 3.2.1).
Selon les Recommandations de l'Office de la jeunesse de Zurich pour l'année 2015, le
montant mensuel nécessaire à l'entretien d'un enfant (s'il y en a deux), s'élève à
1'690 fr. entre 7 et 12 ans et à 1'860 fr. entre 13 et 18 ans (indice novembre 2012 :
99.1 points, indice de base : 100 en décembre 2010). Dans un arrêt du 21 avril 2011
(arrêt 5A_690/2010), le Tribunal fédéral a qualifié la réduction forfaitaire de 30%
pratiquée en Valais (cf. RVJ 1992 p. 178 ss) de contraire au droit fédéral, estimant,
d’une part, que l’on ne pouvait pas déduire de la différence de 30% existant entre le
montant des loyers perçus en Valais et à Zurich, une variation, dans la même
proportion, du coût général de la vie entre ces deux régions, et, d’autre part, que les
tabelles étant établies sur les moyennes récoltées dans l’ensemble de la Suisse et non
pas de la seule agglomération zurichoise. A cette occasion, le Tribunal fédéral a en
outre souligné que le poste «soins et éducation» figurant dans les tabelles zurichoises
ne correspondait à aucune dépense effective lorsque l’enfant se trouvait sous la garde
d’un parent puisque la contribution était fournie en nature par ce dernier. Au
demeurant, un résultat identique était obtenu en suivant la méthode appliquée dans
certains cantons (cf. les réf. figurant au consid. 2.3 de l’arrêt 5A_690/2010 précité), qui
consistait à écarter d’emblée ce poste. A la suite de cet arrêt, le juge de la IIème cour
civile du tribunal cantonal du Valais a considéré au sujet des réductions forfaitaires
- 41 -
pour le Valais que le coût de la nourriture et de l’habillement en Valais était similaire à
la moyenne suisse, que le montant des loyers en Valais se situait 20% en dessous de
la moyenne suisse (cf. Statistisches Jahrbuch des Kanton Zürich, 21 ème
éd. février
2011) et que le poste «autres frais» – en tant que des données de comparaison
existaient – se situait en Valais en moyenne 15% au-dessous de la moyenne suisse
(décision TC du 30 janvier 2012).
En l'occurrence, il n’est pas établi que le train de vie antérieur des enfants C_
et D_ était largement supérieur à la moyenne ni que leurs besoins en termes
de nourriture, habillement, frais de dentiste, de transport et dépenses liées aux loisirs
sont supérieures à ceux d’autres enfants de leurs âges. En particulier, aucune d’elle ne
fréquente d’école privée, ni n’exerce d’activité extrascolaire particulièrement coûteuse.
En particulier, dame X_ n’a pas démontré l’existence des frais qu’elle a
prétendu supporter afin de lancer sa fille D_ dans le _. Au
demeurant, en l’état, rien ne démontre une éventuelle activité régulière de celle-ci à ce
titre.
Sur la base de ces éléments, le coût d’entretien de C_ et D_
(12 ans et 10 mois) doit être établi en tenant compte de frais de nourriture et
d’habillement de 375 fr. (285 fr. + 90 fr.), de frais de logement de 268 fr. (335 fr. – 20%
de 335 fr.) et de frais autres de 497 fr. (montant arrondi ; 585 fr. – 15% de 585 fr.),
savoir un total de 1'140 fr. (375 fr. + 268 fr. + 497 fr.) jusqu’au 22 juillet 2015, puis de
1'412 fr. [475 fr. (355 fr. + 120 fr. ; frais de nourriture et d’habillement) + 248 fr. (310 fr.
– 20% de 310 fr. ; frais de logement) + 689 fr. (montant arrondi ; 810 fr. – 15% de
810 fr. ; frais autres). Ces montant, indexés à l’indice suisse des prix à la
consommation (98,1 points en avril 2015, indice de base : 100 en décembre 2010), et
augmenté de 20% pour tenir compte du revenu cumulé des parents supérieur de plus
de 20% au revenu déterminant des recommandations de l’office de la jeunesse, sont
dès lors arrêtés respectivement à 1’354 et à 1’677 fr. Ce montant est réputé prendre en
compte l'ensemble des frais ordinaires; il inclut les primes de l'assurance-maladie
obligatoire. Après déduction des allocations familiales, par 275 fr., ainsi que des rentes
de la fondation LPP de la LLLLL_, par 120 fr., les montants mensuels
nécessaires à l'entretien de C_ et D_ sont arrêtés respectivement
à 959 fr. (1'354 fr. - 275 fr. - 120 fr.) et à 1'282 fr. (1'677 fr. - 275 fr. - 120 fr.).
A la suite de l’attribution de la garde alternée, C_ et D_ passent
une semaine sur deux chez chacun de leurs parents. Dame X_ contribue
actuellement à l’entretien de ses filles principalement par des soins et des prestations
- 42 -
en nature, par le versement de l’argent de poche à raison de 50 fr. par mois chacune et
le paiement du forfait du téléphone qui s’élève respectivement à 55 fr. et à 75 fr., le
reste de leurs charges étant assumées par Y_. Ce dernier a conclu au
versement d’une contribution mensuelle d’entretien de 1'000 fr. par enfant, pour leurs
frais (frais de logement, de nourriture, d’habillement et de cosmétique, de coiffure et
manucure, de vacances, ainsi que de répétitrice et de cantine) lorsqu’elles séjournent
chez leur mère, lui-même continuant à assumer les factures et frais ordinaires de ses
filles. En acceptant de verser un tel montant, Y_ assume à bien-plaire la
quasi-totalité du coût d’entretien global de ses filles, de sorte que les prétentions
supplémentaires formulées par l’instante sur ce point ne peuvent qu’être rejetées.
Partant, Y_ versera, en mains de la mère, une contribution mensuelle
d’entretien de 1’000 fr. pour chacune de ses filles C_ et D_. Ce
montant est destiné à couvrir leur frais (frais de logement, de nourriture, d’habillement
et de cosmétique, de coiffure et manucure, de vacances, ainsi que de répétitrice et de
cantine) lorsqu’elles séjournent chez leur mère. Pour le surplus, Y_ assume
l’entretien de ses filles. Les allocations familiales ainsi que les rentes de la fondation
LPP de la LLLLL_ sont conservées par le débirentier. Dits montants sont
payables mensuellement d’avance, le 1 er de chaque mois, la première fois le
1 er
novembre 2014, et porteront intérêt à 5% dès chaque date d’échéance.
6.1. Selon la jurisprudence, même lorsqu'on ne peut plus sérieusement compter sur la
reprise de la vie commune (art. 175 s. CC), l'art. 163 CC demeure la cause de
l'obligation d'entretien réciproque des époux en mesures provisionnelles prononcées
pour la durée de la procédure de divorce (ATF 138 III 97 consid. 2.2 p. 98 s.; 137 III
385 consid. 3.1 p. 386 ss). D'après l'art. 176 al. 1 ch. 1 CC, le juge fixe la contribution
pécuniaire à verser par l'une des parties à l'autre en application des principes dégagés
par la jurisprudence à propos de l'art. 163 al. 1 CC. Tant que dure le mariage, les
conjoints doivent donc contribuer, chacun selon ses facultés, aux frais supplémentaires
engendrés par l'existence parallèle de deux ménages. Chaque époux a le droit de
participer de manière identique au train de vie antérieur (ATF 119 II 314 consid. 4b/aa
p. 318), la fixation de la contribution d'entretien ne devant pas anticiper sur la
liquidation du régime matrimonial.
Lors de la fixation des contributions d'entretien selon l'art. 176 al. 1 ch. 1 et 3 CC,
applicable par renvoi de l'art. 276 al. 1 CPC, le juge doit prendre comme point de
départ l'accord exprès ou tacite des époux sur la répartition des tâches et des
ressources entre eux. Il doit ensuite tenir compte de ce que, en cas de suspension de
- 43 -
la vie commune, le but de l'art. 163 CC, soit de veiller à l'entretien convenable de la
famille, oblige chacun des époux à subvenir aux frais supplémentaires engendrés par
la vie séparée. Il se peut que, de ce fait, le juge doive modifier l'accord conclu par les
conjoints pour l'adapter aux nouvelles conditions de vie. Il doit par conséquent inclure,
dans le cadre de l'art. 163 CC, les critères valables pour l'entretien après le divorce
(art. 125 CC) et examiner si, et dans quelle mesure, on peut attendre de l'époux
désormais déchargé de son obligation de tenir le ménage qu'il investisse d'une autre
manière sa force de travail ainsi libérée et reprenne ou étende son activité lucrative
(arrêt 5A_901/2014 du 20 mars 2015 et les réf.). En effet, dans une telle situation, la
reprise de la vie commune, et donc le maintien de la répartition antérieure des tâches,
ne sont ni recherchés ni vraisemblables; le but de l'indépendance financière des
époux, notamment de celui qui jusqu'ici n'exerçait pas d'activité lucrative, ou seulement
à temps partiel, gagne en importance (ATF 138 III 97 consid. 2.2; 137 III 385 consid.
3.1, précisant l'arrêt paru aux ATF 128 III 65).
La méthode dite du minimum vital avec répartition de l'excédent est considérée comme
conforme au droit fédéral, en cas de situation financière moyenne et tant que dure le
mariage (art. 176 al. 1 ch. 1 CC en relation avec l'art. 163 al. 1 CC), pour autant qu'elle
n'ait pas pour effet de faire bénéficier l'intéressée d'un niveau de vie supérieur à celui
mené par le couple durant la vie commune (arrêt 5A_56/2011 du 25 août 2011 et les
réf. citées). Ni le juge des mesures protectrices de l'union conjugale, ni celui des
mesures provisionnelles ne doit trancher, même sous l'angle de la vraisemblance, les
questions de fond, objet du procès en divorce, en particulier celle de savoir si le
mariage a influencé concrètement la situation financière du conjoint (arrêt 5A_62/2011
du 26 juillet 2011 consid. 3.1 destiné à la publication, précisant l'ATF 128 III 65).
Lorsque les époux ne réalisaient pas d'économies, ou qu'en raison des frais
supplémentaires liés à l'existence de deux ménages séparés, les revenus sont
entièrement absorbés par l'entretien courant, la méthode du minimum vital élargi avec
répartition de l'excédent permet en principe de tenir compte adéquatement du niveau
de vie antérieur et des restrictions qui peuvent être imposées au conjoint créancier et
aux enfants (ATF 137 III 102 consid. 4.2.1.1 p. 106 s.; en mesures protectrices de
l'union conjugale, cf. notamment arrêt 5A_323/2012 du 8 août 2012 consid. 5.1). La
vérification du train de vie n'a de sens, dans le cadre de l'application de cette méthode,
qu'en cas de circonstances particulières, par exemple lorsque les revenus d'un époux
augmentent sensiblement peu après la séparation, de sorte que la prise en compte de
l'entier de ce nouveau revenu dans le cadre du calcul du disponible à répartir
permettrait à l'autre conjoint d'augmenter son niveau de vie.
- 44 -
En cas de situation économique favorable, dans laquelle les frais supplémentaires liés
à l'existence de deux ménages séparés peuvent être couverts, l'époux créancier peut
prétendre à ce que la pension soit fixée de façon telle que son train de vie antérieur,
qui constitue la limite supérieure du droit à l'entretien, soit maintenu (ATF 121 I 97
consid. 3b p. 100 s.; arrêt 5A_937/2012 du 3 juillet 2013 c. 4.2.1). La comparaison des
revenus et des minima vitaux est alors inopportune; il faut se fonder sur les dépenses
nécessaires au maintien de ce train de vie (ATF 115 II 424 consid. 2 p. 425), méthode
qui implique un calcul concret (arrêt 5A_593/2014 du 23 décembre 2014 consid. 4.2.1 ;
arrêts 5A_323/2012 du 8 août 2012 consid. 5.1 non publié aux ATF 138 III 672;
5A_41/2011 du 10 août 2011 consid. 4.1; 5A_27/2009 du 2 octobre 2009 consid. 4;
5A_288/2008 du 27 août 2008 consid. 5.4; 5A_732/2007 du 4 avril 2008 consid. 2.2).;
Il appartient au créancier de préciser les dépenses nécessaires à son train de vie et de
rendre celles-ci vraisemblables (ATF 115 II 424 consid. 2 p. 425; arrêt 5A_743/2012 du
6 mars 2013 consid. 6.1.2). En cas de situation financière favorable des parties, la
charge fiscale des époux est à inclure dans leur minimum vital élargi, (cf. dans ce sens
les arrêts 5A_291/2013 du 27 janvier 2014 consid. 6.5.2.4; 5A_778/2012 du 24 janvier
2013 consid. 5.4; 5A_679/2011 du 10 avril 2012 consid. 10). Une fois les dépenses
nécessaires au maintien du train de vie antérieur établies, la jurisprudence fédérale
retient que l'époux créancier doit dans un deuxième temps se laisser imputer ce qu'il
est en mesure de couvrir avec ses propres revenus. Si une différence subsiste, la
contribution d'entretien due est déterminée en fonction de la capacité contributive de
l'époux débirentier (arrêt 5A_798/2013 du 21 août 2014 consid. 3.3 destiné à la
publication et les références).
6.2. En l’espèce, l’épouse a conclu à l’octroi d’une pension alimentaire de 20’000 fr.
par mois, ce à quoi l’intimé s’oppose, tout en acceptant de verser un montant mensuel
de 3'500 fr. en faveur de son épouse. Après déduction du coût d’entretien pour
C_ et D_ (2 x xxx fr. / 2 x x'xxx fr.), le revenu net des époux se
monte à xx'xxx fr., respectivement à xx'xxx fr. (xx'xxx fr. - x'xxx fr. / xx'xxx fr. - x'xxx fr.).
Y_ a assumé financièrement l’entretien de son épouse à concurrence de
près de x'xxx fr. par mois de mars 2012 à décembre 2013 [montant arrondi ; xxx fr.
(prime caisse-maladie) + xx fr. (frais médicaux) + x'xxx fr. (carte de crédit Mastercard)],
puis à concurrence de x'xxx fr. dès janvier 2014 [montant arrondi ; x'xxx fr. (loyer) + xxx
fr. (prime caisse-maladie) + xx fr. (frais médicaux) + x'xxx fr. (carte de crédit
Mastercard)]. Les montants exactement versés ne sont pas déterminables en la
présente procédure sommaire sur la base des documents produits.
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Durant la vie commune, les époux X_ et Y_ avaient un train de vie
confortable, incluant divers voyages par année ainsi que divers frais de chirurgie
esthétique, frais vestimentaires, coiffeur et produits de beauté, loisirs divers de
l’instante. L’absence d’économies du couple ne repose en la présente procédure
sommaire que sur les déclarations de l’intimé. Ce dernier dit ne pas en avoir réalisé. Il
dispose néanmoins d’une certaine fortune mobilière et immobilière qu’il dit avoir
essentiellement constituée dans le cadre de la succession de feu son père. En l’état,
rien n’établit que le train de vie des époux était tel qu'il absorbait l'entier de leurs
revenus. Cet élément est notamment confirmé par le fait que Y_ a mis à
disposition de son épouse xxx'xxx fr. pour le JJJ_, xxx'xxx fr. pour le
LLL_ et xx'xxx fr. - xx'xxx fr. pour solder des poursuites introduites à son
encontre.
Compte tenu de la situation économique favorable dont bénéficiaient les parties durant
la vie commune, la méthode de calcul fondée sur les dépenses nécessaires au
maintien du train de vie antérieur devrait être appliquée pour établir l'éventuelle
contribution d'entretien due à l'instante par son mari. Il appartient dans cette hypothèse
au crédirentier de préciser les dépenses nécessaires à son train de vie et de les rendre
vraisemblables. En dépit des demandes réitérées de pièces, l’instante n’a pas établi,
comme il lui incombait pourtant de le faire, la véracité de certaines des dépenses à
prendre en considération dans le cadre du maintien de son train de vie. Le budget
annuel vacances n’a pas été allégué ni documenté. Il en va même de celui concernant
les vêtements et accessoires de marques de l’instante, les dépenses pour son animal
de compagnie - dont l’existence n’a même pas été établie ses abonnements à divers
journaux dont on ne peut exclure qu’ils concernaient principalement les établissements
exploités par dame X_ ainsi que sa charge fiscale.
Selon les pièces au dossier, les dépenses réalisées par dame X_ au moyen
de sa carte de crédit Mastercard, pour ses frais de loisirs, voyages, frais
vestimentaires, coiffeur et produits de beauté, se sont élevées en moyenne à x'xxx fr.
par mois de décembre 2013 à mars 2015 (x'xxx fr. + x'xxx fr. + x'xxx fr. : 3) ; elle-même
les a estimés à x'xxx fr. par mois. Bien que constituant un dépassement quasi
systématique de la limite de x'xxx fr. autorisée, Y_ a acquitté les factures y
relatives. Les dépenses mensuelles moyennes de dame X_ en frais de
chirurgie esthétique se sont élevées à xxx fr. (x'xxx fr. : 12 mois) ; ses primes de
caisse-maladie et frais médicaux - pris en charge par son époux - étaient de xxx fr.
(xxx fr. + xx fr.). L’instante a assumé personnellement les frais de son véhicule (leasing
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par x'xxx fr., assurances, essence) ainsi que de son précédent loyer au moyen de ses
revenus. S’agissant de son loyer actuel de x'xxx fr., plus xxx fr. d’acompte de charge,
doit en être déduite la part au logement de ses filles (2 x xxx fr. ; respectivement 2 x
xxx fr.).
Le montant mensuel de xx'xxx fr. [montant arrondi ; x'xxx fr. (frais de loisirs, voyages,
frais vestimentaires, coiffeur et produits de beauté) + xxx fr. (chirurgie esthétique) +
xxx fr. (primes caisse-maladie et frais médicaux) + x'xxx fr. (loyer) + x'xxx fr. (leasing)]
permet ainsi d’assurer à l’instante un train de vie équivalent à celui dont elle bénéficiait
durant la vie commune. X_ doit se laisser imputer ce qu’elle est en mesure
de couvrir avec ses propres revenus arrêtés à 3'000 fr. en la présente procédure
sommaire.
Partant, Y_ versera à son épouse une contribution mensuelle d’entretien de
x'xxx fr. Dite contribution est payable mensuellement d'avance, le 1 er de chaque mois,
la première fois le 1 er novembre 2014, et portera intérêt à 5% dès chaque date
d'échéance
Les contributions d’entretien dues aux enfants et à l’épouse sont payables sous
déduction des montants d’ores et déjà versé depuis le 1 er novembre 2014.
7. Compte tenu du sort réservé aux conclusions respectives des parties (aucune d’elle
n’obtient l’entier de ses conclusions ; conclusions à la limite de la témérité de
l’instante), de la particularité du cas d’espèce, de la difficulté de la cause, de la
situation financière des parties, les frais de procédure et de décision, par 3’000 fr.
(émolument : 2'085 fr.; huissier : 25 fr. ; frais DFI : 50 fr. ; rapport OPE : 840 fr.) (art. 10
al. 2, 13 al. 1 et 18 LTar), doivent être mis à la charge des parties par moitié chacune.
Dame X_ a déjà fait 800 fr. d’avances ; elle versera encore 700 fr. au greffe
du tribunal. Y_ versera 1'500 fr. au greffe du tribunal.
Chaque partie conserve pour le surplus ses propres frais d’intervention.