Decision ID: a237d3c8-deaa-56da-97f9-31a06dd0fb66
Year: 2020
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_002
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law

EN FAIT
A.
Par jugement
JTPI/10233/2020
du 27 août 2020, expédié pour notification aux parties le même jour, le Tribunal de première instance a désigné un liquidateur des rapports de la société simple existant entre D_, C_ et B_, en la personne de E_ (ch. 1), condamné D_, C_ et B_ à prendre en charge chacun pour un tiers les frais et honoraires du liquidateur (ch. 2) et à procéder à parts égales à l'avance de frais requise par le liquidateur, justifiée au vu de l'ampleur de son activité prévisible, de sa complexité et de la responsabilité qu'il assumerait, le liquidateur étant autorisé à ne pas se mettre en oeuvre avant le versement de l'avance (ch. 3), arrêté les frais judiciaires à 600 fr., compensés avec l'avance versée (ch. 4) et mis à la charge de B_, condamné à rembourser D_, C_ (ch. 5), condamné B_ à verser aux précités 1'000 fr. à titre de dépens (ch. 6), et débouté les parties de toutes autres conclusions.
Ce jugement porte l'indication qu'il peut être attaqué par la voie de l'appel dans un délai de trente jours.
B.
a.
Par acte du 7 septembre 2020, B_ a formé appel contre le jugement précité. Il a conclu à l'annulation de celui-ci, cela fait à l'irrecevabilité, subsidiairement au rejet, de la requête formée par D_ et C_, avec suite de frais et de dépens comprenant 22'267 fr. pour la procédure de première instance. Il n'a pas fait mention de A_ Sàrl sur la première page de son appel.
Le 23 septembre 2020, il a fait parvenir à la Cour une page comportant la mention de A_ Sàrl à titre d'intimée, à valoir pour autant qu'une rectification de son acte d'appel en ce sens était nécessaire.
D_ et C_ ont conclu à l'irrecevabilité de l'appel, motif pris de l'absence de mention de A_ Sàrl sur la première page de l'appel qui ne pouvait pas être rectifié, subsidiairement au rejet de celui-ci, avec suite de frais.
Les parties ont répliqué et dupliqué, persistant dans leurs conclusions respectives.
Par avis du 13 novembre 2020, elles ont été informées de ce que la cause était gardée à juger.
b.
Par acte du 7 septembre 2020, A_ Sàrl a formé appel contre le jugement susmentionné. Elle a conclu à l'annulation de celui-ci, cela fait à l'irrecevabilité, subsidiairement au rejet, de la requête formée par D_ et C_, avec suite de frais et dépens.
B_ a soutenu les conclusions de A_ Sàrl.
D_ et C_ ont conclu à l'irrecevabilité de l'appel, subsidiairement au rejet de celui-ci, avec suite de frais.
A_ Sàrl a répliqué, et D_ et C_ ont dupliqué, persistant dans leurs conclusions respectives.
Par avis du 13 novembre 2020, les parties ont été informées de ce que la cause était gardée à juger.
C.
Il résulte de la procédure les faits pertinents suivants :
a.
D_ est administrateur président de F_ SA (ci-après : F_ SA), société anonyme inscrite au Registre du commerce genevois en 2004.
Le capital-actions de la société, de 200 actions au porteur d'une valeur nominale de 1'000 fr. chacune, était détenu par D_ à concurrence de 190 actions (95%) jusqu'au 1
er
septembre 2017 et par C_, administrateur, à concurrence de 10 actions (5%).
b.
D_ et C_ allèguent que, dans l'optique de la pérennité de F_ SA et du départ de D_ à long terme, ce dernier a approché B_ et entamé des négociations visant à la transmission de l'entreprise précitée à ce dernier.
B_ allègue avoir indiqué à D_ qu'il entendait créer une société holding pour acquérir les actions de celui-ci, à raison de 60% du capital-actions dans un premier temps, puis, ultérieurement, de 30%. Il avait dès lors, à une date non précisée, été convenu entre eux et la banque qui devait octroyer un prêt à ladite société holding, que le certificat d'actions représentant le 60% du capital-actions serait remis le 21 septembre 2017 à la société à créer (qui le remettrait en nantissement à la banque) contre le versement par la banque de 1'200'000 fr. à D_.
Par convention du 1
er
septembre 2017 D_ a vendu 120 actions à B_ et 10 actions à C_, au prix de 10'750 fr. par action dans le premier cas, de 9'750 fr. par action dans le second. S'agissant de la vente à B_, il était stipulé que le prix total de 1'290'000 fr. serait réglé par un versement à concurrence de 1'200'000 fr., le solde faisant l'objet d'un contrat de prêt; le montant du prêt était déduit du règlement du prix de vente, remboursable en cinq versements de 18'000 fr. chacun au 30 juin de chaque année, la première fois le 30 juin 2018 et la dernière fois le 30 juin 2022, sans intérêts.
c.
Le 1
er
septembre 2017, D_, C_ et B_ ont conclu une convention d'actionnaires (de F_ SA), qui avait pour but d'"assurer un développement harmonieux de la société" et de "régler clairement leurs relations".
Ils sont notamment convenus de dispositions concernant la transmission des actions. Si C_ voulait vendre tout ou partie de ses 20 actions, il devait les proposer en premier lieu à B_, les autres actionnaires disposant d'un droit de préemption à l'égard de tout tiers dans le cas où B_ ne pourrait pas faire cette acquisition. Lorsque l'un des actionnaires quitterait son emploi au sein de F_ SA ou serait incapable de travailler pour une durée dépassant 24 mois, il devait proposer de vendre ses actions aux autres actionnaires, qui disposaient d'un droit de préemption à l'égard de tout tiers. En cas de décès d'un actionnaire, ou de transfert "en raison du droit matrimonial", les autres actionnaires disposaient d'un droit d'emption sur les actions.
La convention d'actionnaires fait encore allusion à un contrat conclu le 1
er
septembre 2017 entre D_ et B_ portant sur une vente à terme avec effet au plus tard au 31 juillet 2024 de 60 actions du premier au second.
D_ et C_ ont allégué (n. 22 de la requête) que la convention d'actionnaires avait été conclue entre les trois nouveaux actionnaires de F_ SA afin de régler leurs rapports et d'organiser les modalités et étapes du but commun poursuivi, soit la transmission de l'entreprise.
B_ a contesté cet allégué.
A_ Sàrl a également contesté l'allégué. Elle a ajouté que B_ aurait agit "pour sa société holding".
d.
A compter du 4 septembre 2017, B_ s'est engagé au service de F_ SA, en qualité de responsable du développement commercial.
e.
Le _ 2017, A_ Sàrl (anciennement G_ Sàrl) a été inscrite au Registre du commerce de Genève. Elle a pour but l'acquisition, la détention de participations dans toutes sociétés et/ou entreprises tant en Suisse qu'à l'étranger. Elle a pour associé-gérant B_.
f.
Le _ 2018, B_ a été inscrit au Registre du commerce en qualité d'administrateur de F_ SA.
g.
D_ et C_ allèguent que B_ a rapidement eu une attitude problématique au sein de F_ SA.
Le 19 mars 2018, F_ SA a licencié B_ pour le 30 avril 2018, et l'a libéré de son obligation de travailler pendant le délai de congé.
Lors de l'assemblée générale de F_ SA du 16 août 2018, à laquelle B_ n'était pas présent, il a été mis fin à son mandat d'administrateur, avec effet immédiat.
D_ et C_ allèguent (n. 76) que les associés à la convention d'actionnaires ont acté la fin des rapports noués au plus tard à l'été 2018 et que les apports faits par chacun d'entre eux sont de ce fait tombés dans des rapports de liquidation et de propriété commune.
B_ a contesté cet allégué.
A_ Sàrl a également contesté cet allégué.
h.
Le 25 janvier 2019, un formulaire fiscal n° 106, intitulé "demande de remplacer le paiement de l'impôt anticipé par une déclaration", destiné à l'Administration fédérale des contributions, a été rempli par F_ SA, sous les signatures de D_ et C_, en faveur de A_ Sàrl "société bénéficiaire du dividende".
D.
Le 17 avril 2020, D_ et C_ ont saisi le Tribunal d'une requête en désignation d'un liquidateur de société simple, dirigée contre B_ et A_ Sàrl, par laquelle ils ont conclu à ce que E_ soit nommé en qualité de liquidateur de la société simple formée entre les quatre précités, à ce qu'il soit ordonné à celui-ci de procéder aux opérations de liquidation des art. 548ss CO, soit notamment de déterminer l'actif social, de payer les dettes sociales, de rembourser les dépenses et avances faites par les associés, de restituer les apports et de répartir le bénéfice ou le déficit, à ce qu'il soit dit que les opérations de liquidation devraient mener à la pleine et entière restitution des 120 actions de F_ SA détenues par B_ respectivement A_ Sàrl à D_, contre le versement de 1'200'000 fr., avec suite de frais.
Ils ont soutenu qu'ils avaient conclu un contrat de société simple avec B_, sous forme de la convention d'actionnaires du 1
er
septembre 2017, laquelle consacrait leur volonté d'atteindre un but commun, à savoir assurer la gestion commune des droits sociaux liés à la société F_ SA aux fins de favoriser l'exploitation et la transmission de celle-ci, que ce but n'était plus possible en raison du comportement de B_, lequel avait en outre, semble-t-il, transféré ses actions à A_ Sàrl.
A_ Sàrl a conclu au déboutement de D_ et C_ des fins de leur requête, avec suite de frais et dépens.
Elle a contesté que D_ et A_ Sàrl aient voulu s'associer en société simple pour détenir des actions de F_ SA ou pour détenir en commun le prix de vente de 1'200'000 fr.
B_ a conclu dans le même sens.
D_ et C_ ont répliqué, persistant dans leurs conclusions.
E.
Dans la décision attaquée, le Tribunal a retenu que la convention d'actionnaires passée entre D_, C_ et B_ était soumise aux règles de la société simple, que A_ Sàrl n'était pas associée, que l'existence de profonds désaccords entre les associés était rendue vraisemblable, de telle sorte que leur collaboration n'était plus envisageable, que dès lors la réalisation du but social était devenue impossible à compter de la radiation de B_ de ses fonctions d'administrateur de F_ SA, qu'au vu de leur mésentente, les parties à la convention d'actionnaires n'étaient plus à même de liquider la société simple, que dès lors il serait fait droit aux conclusions en nomination d'un liquidateur, les autres conclusions étant rejetées.

EN DROIT
1.
1.1
Selon l'art. 308 CPC, l'appel est notamment recevable contre les décisions finales de première instance, si, dans les affaires patrimoniales, la valeur litigieuse au dernier état des conclusions est de 10'000 fr. au moins.
Si la décision a été rendue en procédure sommaire, le délai pour l'introduction de l'appel et le dépôt de la réponse est de dix jours (art. 314 al. 1 CPC).
1.2
La décision attaquée est une décision finale mettant un terme à la procédure.
Le litige revêt une nature patrimoniale puisque le liquidateur est chargé de mener à terme les opérations de liquidation (paiement des dettes sociales, remboursement des apports et répartition du solde) lesquelles ont donc une incidence financière sur la fortune des parties (arrêt du Tribunal fédéral
4A_269/2010
du 23 août 2010, consid. 1.1).
Aucune des parties n'a fait mention en première instance de valeur litigieuse de la procédure; l'appelant B_, à l'appui de sa réclamation d'appel relative à l'octroi de dépens de première instance évoque, sans détails, une valeur litigieuse de 1,2 millions de francs au minimum, ce que n'ont pas expressément contesté les intimés.
En tout état, celle-ci excède le seuil minimal requis de 10'000 fr. (ainsi que celui de 30'000 fr. ouvrant la voie au Tribunal fédéral).
La voie de l'appel est donc ouverte.
1.3
Les appels ont été déposés dans le délai prévu par la loi, nonobstant la mention erronée portée sur le jugement attaqué. Ils sont recevables sous cet angle.
Les intimés soutiennent que l'appel de B_ ne serait pas recevable, faute pour celui-ci d'avoir fait figurer dans son écriture la mention de l'intimée A_ Sàrl, alors que celle-ci était défenderesse en première instance.
Si ce dernier point est exact, il n'en demeure pas moins que ce sont les intimés eux-mêmes qui n'ont pas exposé, dans leur requête, pour quelle raison ils avaient attrait cette entité à la procédure en faisant figurer dans leurs conclusions l'indication qu'ils avaient formé avec celle-ci et B_ une société simple; ils affirmaient pourtant dans le corps de leur écriture que "la société simple formée par D_, C_ et B_" avait pris fin, et se fondaient sur une convention d'actionnaires dont ils n'ont pas allégué que A_ Sàrl y aurait été partie. Ces lacunes et contradictions dans leurs allégués et leurs conclusions ont, à raison, conduit le premier juge à débouter les intimés des conclusions qu'ils avaient inutilement dirigées contre la société précitée, déboutement que ceux-ci ne remettent d'ailleurs pas en question.
Ainsi, les intimés sont particulièrement malvenus à soutenir l'irrecevabilité de l'appel, du fait de l'absence de mention de A_ Sàrl - au demeurant rectifiée spontanément par l'appelant - alors qu'il ne fait pas de doute que ladite société était partie à la procédure du fait que les intimés eux-mêmes l'y avaient attraite pour des motifs non développés.
Tant l'interdiction du formalisme excessif (cf. art. 29 al. 1 Cst) que la bonne foi en procédure (art. 52 CPC) s'opposent ainsi à retenir que l'appel de B_ serait, pour cette raison, frappé d'irrecevabilité.
Cet appel sera donc considéré comme recevable.
1.4
La décision entreprise a admis la requête des intimés, en tant qu'elle était dirigée contre l'appelant B_, et débouté les parties de toutes autres conclusions, c'est-à-dire celles des intimés, en tant que la requête était dirigée contre l'appelante A_ Sàrl et en tant qu'ils demandaient qu'il soit ordonné au liquidateur de procéder aux opérations de liquidation, en particulier en vue de la restitution d'actions, de même que celles de l'appelant B_ qui étaient de type constatatoire et celles de l'appelante A_ Sàrl en production de pièces.
Aucune des parties appelantes ne s'en prend aux déboutements prononcés à son encontre. Les intimés n'ont pas formé d'appel joint.
Il s'ensuit que seuls les chiffres 1 à 3 du dispositif de la décision déférée sont attaqués, et pour ce qui concerne l'appelante A_ Sàrl le règlement des frais et dépens, qui fait l'objet d'un grief.
L'appel de l'appelante A_ Sàrl (qui comporte au demeurant une conclusion principale en irrecevabilité de la requête laquelle est nouvelle, partant irrecevable) n'est pas recevable en tant qu'il a trait au fond de la décision attaquée; le premier juge a en effet fait droit aux conclusions principales de l'appelante, à savoir le déboutement des intimés des conclusions dirigées contre elle, de sorte qu'elle n'a pas d'intérêt à appeler sur ce point. Sa justification selon laquelle elle serait fondée à défendre ses droits d'actionnaire est hors de propos, puisque la présente procédure est étrangère à cette circonstance.
Reste recevable en revanche le grief portant sur les frais et dépens de première instance, que le Tribunal n'a pas réglés.
2.
L'appelant B_ reproche au Tribunal d'avoir considéré qu'il avait formé une société simple avec les intimés, que celle-ci aurait été dissoute et qu'il y aurait lieu à liquidation, en particulier en l'absence d'actifs et de passifs à liquider.
2.1
La nomination d'un liquidateur de la société simple par le juge peut intervenir de deux manières. D'une part, chaque associé a le droit de demander au juge l'exécution de la liquidation et, dans ce cadre, la nomination d'un liquidateur (arrêt du Tribunal fédéral
4A_443/2009
du 17 décembre 2009 consid. 3.3); l'action en liquidation relève de la juridiction contentieuse et suit en principe la procédure ordinaire (art. 219 ss CPC). D'autre part, chaque associé peut demander directement la nomination judiciaire d'un liquidateur; l'art. 583 al. 2 CO, qui le prévoit expressément pour la société en nom collectif, est applicable par analogie à la société simple (CHAIX, in Commentaire romand, Code des obligations II, 2008, n° 8 ad art. 548-550 CO); la requête relève alors de la juridiction gracieuse (cf. HALDY, in Code de procédure civile commenté, 2
ème
éd. 2019, n° 4 ad
art. 19 CPC) et est soumise à la procédure sommaire (cf. art. 250 let. c ch. 3 CPC). Saisi d'une action en liquidation tendant également à la nomination d'un liquidateur, le juge du contentieux examinera en premier lieu si la société simple est dissoute et si elle doit être liquidée, ce qui est l'objet même du litige. En revanche, face à une requête qui tend uniquement à la nomination d'un liquidateur, relevant de la juridiction gracieuse, le juge se limitera à s'assurer de l'absence de litige au sujet de la dissolution de la société simple et de son entrée en liquidation. La seule désignation judiciaire d'un liquidateur suppose en effet qu'il soit acquis que la société, dissoute, est bel et bien en phase de liquidation (arrêt du Tribunal fédéral
4A_143/2013
du 39 septembre 2013, consid. 2.2).
2.2
La société simple est un contrat par lequel deux ou plusieurs personnes conviennent d'unir leurs efforts ou leurs ressources en vue d'atteindre un but commun et qui ne présente pas les caractéristiques distinctifs d'une autre société réglée par la loi (art. 530 al. 1 et 2 CO).
Les éléments caractéristiques du contrat de société simple sont, d'une part, l'existence d'un apport, c'est-à-dire une prestation que chaque associé doit faire au profit de la société et, d'autre part, le but commun (animus societatis) qui rassemble les efforts des associés (ATF
137 III 455
consid. 3). Construire un bâtiment en commun sur un bien-fonds constitue typiquement un but de société simple (ATF
137 III 455
ibidem;
134 III 597
consid. 3.2). Le but de la société simple peut être occasionnel (réalisation d'une opération déterminée) ou permanent (p. ex. convention d'actionnaires) (arrêt du Tribunal fédéral
4A_74/2015
du 8 juillet 2015 consid. 4.2).
2.3
En l'espèce, les intimés ont allégué qu'ils avaient été liés à l'appelant B_ par un contrat (soit la convention d'actionnaires du 1
er
septembre 2017) de société simple, laquelle était désormais dissoute. Sur ce dernier point, ils ont fait valoir que la réalisation du but social était devenue impossible, de par le comportement du recourant, ce qui constituait, selon eux, la cause de la dissolution. Comme il a déjà été exposé ci-dessus, ils n'ont en revanche pas formé d'allégation au sujet de l'appelante A_ Sàrl, dont résulterait que celle-ci aurait été partie au contrat de société simple.
Bien que l'appelant B_ ait, aux termes de sa réponse, contesté sans nuances la totalité de l'allégué de ses parties adverses portant sur la conclusion de la convention d'actionnaires (n. 22), celle-ci est établie par la pièce produite. Il a pour le surplus contesté l'allégué relatif à la dissolution de la société simple (n. 76). Il soutient également que les intimés "inventent" l'existence d'une société simple, qui, à bien le comprendre, n'aurait en tout état lié que l'intimé D_ et l'appelante A_ Sàrl, ce dont il voit une trace dans le formulaire fiscal du 25 janvier 2019.
Quant à l'appelante A_ Sàrl, elle a également contesté l'allégué n. 22 susmentionné, en ajoutant la précision que l'appelant B_ aurait agi "pour sa société holding", en vue de convenir de droits de préemption en cas de décès ou de faillite, qui ne portaient pas sur le 30% du capital-actions conservé par l'intimé D_. Elle a contesté l'allégué 76 précité. Elle a soutenu qu'il n'existait pas de société simple entre elle-même et l'intimé D_.
Il résulte de ce qui précède que les parties s'opposent sur l'existence même d'une société simple, laquelle peut certes à teneur de la jurisprudence rappelée ci-dessus découler en théorie d'une convention d'actionnaires. Il ne peut
a fortiori
être retenu qu'il serait acquis que ladite société serait dissoute, et ainsi en phase de liquidation, ce qui est également disputé entre les parties.
Or, la présente procédure tend uniquement à la nomination d'un liquidateur et relève de la juridiction gracieuse, si bien que le juge doit se borner à s'assurer de l'absence de litige au sujet de la dissolution de la société simple et de son entrée en liquidation.
Comme il y a en l'occurrence litige, la requête en nomination d'un liquidateur n'était pas destinée à prospérer, contrairement à ce qu'a retenu le Tribunal.
Les chiffres 1 à 3 du dispositif de la décision attaquée seront ainsi annulés, et il sera statué à nouveau (art. 318 al. 1 let. b CPC) dans le sens que les intimés seront déboutés des fins de leur requête.
3.
Selon l'art. 318 al. 3 CPC, si l'instance d'appel statue à nouveau, elle se prononce sur les frais de la première instance.
Au vu de ce qui précède, les intimés supporteront les frais de première instance (art. 106 al. 1 CPC), dont la quotité de 600 fr. n'a pas été attaquée, correspondant à l'avance effectuée, acquise à l'Etat de Genève. Ils verseront, solidairement, à l'appelante A_ Sàrl des dépens à concurrence de 600 fr. L'appelant B_, qui a comparu en personne au Tribunal, n'a alors pas réclamé de dépens ni exposé de circonstances qui commanderaient qu'il en reçoive (art. 95 al. 3 let. c CPC), ne s'en verra pas allouer. Les chiffres 5 et 6 du dispositif du jugement attaqué seront dès lors annulés et il sera statué dans le sens qui précède.
4.
L'appelant B_ obtient entièrement gain de cause en appel. L'appelante A_ Sàrl succombe pour l'essentiel, son appel n'étant recevable, et fondé, qu'en tant qu'il visait les frais et dépens de première instance.
Il se justifie dès lors de faire supporter aux intimés la totalité des frais de l'appel de B_ et les trois quarts des frais d'appel de l'appelante précitée, qui prendra à sa charge le quart restant (art. 106 al. 2 CPC), soit un total des frais judiciaires arrêtés à 1'920 fr. (art. 25, 26 RTFMC), compensés avec les avances versées acquises à l'Etat de Genève (art. 111 al. 1 CPC), dont 480 fr. à charge de A_ Sàrl et 1'440 fr. à charge des intimés. Les intimés, rembourseront ainsi 480 fr. à A_ Sàrl et 960 fr. à l'appelant B_.
Pour les mêmes motifs, les intimés verseront à l'appelant B_ 800 fr. et à l'appelante A_ Sàrl 200 fr., à titre de dépens d'appel
(art. 85, 88, 90 RTFMC).
* * * * *