Decision ID: 10462269-4c15-5570-b43e-48cc96e39718
Year: 2010
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_013
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: public_law

EN FAIT
1. Le 19 février 2010, le doyen de la faculté des sciences économiques et sociales (ci-après : FSES) de l'Université de Genève (ci-après : l'université) a rejeté l'opposition formée par Madame V_ contre son exclusion prononcée le 16 octobre 2009 en raison de l'échéance du délai de réussite à son doctorat.
Cette décision a été expédiée à l'intéressée par pli recommandé le 22 février 2010 et a été retournée à l'expéditeur par l'office de poste à l'échéance du délai de garde le 3 mars 2010, avec la mention "non réclamé".
2. Le 19 mars 2010, la FSES a renvoyé la décision susmentionnée à Mme V_ sous pli simple.
3. Par acte mis à la poste le 17 avril 2010, Mme V_ a recouru auprès du Tribunal administratif contre la décision du 10 février 2010, concluant à son annulation. Elle indiquait n'avoir pas reçu d'avis de retrait dans sa boîte aux lettres.
4. Le 15 juin 2010, l'université s'en est rapportée à justice quant à la recevabilité du recours et a conclu à son rejet au fond.
5. Le 12 juin 2010, le juge délégué à l'instruction de la cause a imparti à Mme V_ un délai au 9 juillet 2010 pour indiquer quelles démarches elle avait entreprises auprès de la poste après avoir constaté qu'elle n'avait pas été avisée du recommandé.
6. Le 9 juillet 2010, Mme V_ a expliqué qu'elle s'était présentée spontanément au guichet de la poste dès réception du pli simple contenant la décision querellée, pour expliquer la situation et savoir ce qui s'était passé. On lui avait répondu que l'avis avait sûrement été mis dans la boîte et qu'elle avait dû le faire tomber sans s'en rendre compte, ce qui arrivait lorsqu'il y avait beaucoup de correspondance. Elle avait alors demandé à rencontrer le facteur, mais cela n'avait pas été possible. L'agent lui avait toutefois demandé de repasser le lendemain afin de lui permettre de se renseigner auprès du facteur concerné. Le lendemain, il lui avait été dit que ledit facteur avait confirmé avoir mis l'avis de retrait dans sa boîte aux lettres.
Mme V_ a encore fait des observations complémentaires sur le fond.
7. Le 22 juillet 2010, l'université a persisté dans sa position.
8. Le 28 juillet 2010, un ultime délai au 20 août a été fixé aux parties pour formuler toute requête complémentaire, après quoi la cause serait gardée à juger.
9. Le 17 août 2010, Mme V_ a persisté dans son recours.

EN DROIT
1. a. Les délais de réclamation et de recours fixés par la loi sont des dispositions impératives de droit public. Ils ne sont, en principe, pas susceptibles d’être prolongés (art. 16 al. 1er, 1ère phrase LPA), restitués ou suspendus, si ce n’est par le législateur lui-même (
ATA/515/2009
du 13 octobre 2009 consid. 4 ;
ATA/266/2009
du 26 mai 2009 consid. 2). Ainsi, celui qui n’agit pas dans le délai prescrit est forclos et la décision en cause acquiert force obligatoire (
ATA/498/2009
du 6 octobre 2009 consid. 2 et arrêts cités).
Les cas de force majeure restent réservés (art. 16 al. 1er, 2ème phrase, LPA). A cet égard, il y a lieu de préciser que tombent sous cette notion les événements extraordinaires et imprévisibles qui surviennent en dehors de la sphère d’activité de l’intéressé et qui s’imposent à lui de l’extérieur de façon irrésistible (
ATA/515/2009
du 13 octobre 2009 consid. 5 ;
ATA/255/2009
du 19 mai 2009 consid. 2 ;
ATA/50/2009
du 27 janvier 2009 consid. 3).
b. Les délais commencent à courir le lendemain de leur communication ou de l’événement qui les déclenche (art. 17 al. 1
er
de la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 1985 - LPA -
E 5 10
). Par ailleurs, lorsque le dernier jour du délai est un samedi, un dimanche ou un jour légalement férié, le délai expire le premier jour utile (art. 17 al. 3 LPA). Les délais sont réputés observés lorsque l’acte de recours est parvenu à l’autorité ou a été remis à son adresse à un bureau de poste suisse ou à une représentation diplomatique ou consulaire suisse au plus tard le dernier jour du délai avant minuit (art. 17 al. 4 LPA).
c. Selon une jurisprudence constante établie sur la base de l’art. 169 al. 1
er
let. d de l’ancienne ordonnance sur les postes (aOSP), qui conserve sa portée malgré l'abrogation de cette ordonnance le 1er janvier 1998, un envoi recommandé qui n’a pas pu être distribué est réputé notifié le dernier jour du délai de garde de sept jours suivant la remise de l’avis d’arrivée dans la boîte aux lettres ou la case postale de son destinataire (ATF
134 V 49
consid. 4 p. 51 ;
130 III 396
consid. 1.2.3 p. 399 ;
127 I 31
consid. 2a/aa p. 34 ; Arrêts du Tribunal fédéral
8C.245/2009
du 5 mai 2009 ;
2C.119/2008
du 25 février 2008 ;
ATA/255/2009
du 19 mai 2009 consid. 2). La prolongation du délai de garde par la poste ne modifie pas cette fiction (
ATA/391/2010
du 8 juin 2010 et les références citées).
En l'espèce, la décision querellée a été communiquée par pli recommandé qui n'a pas été réclamé. La recourante allègue certes n'avoir pas reçu l'avis de la poste l'invitant à retirer l'envoi recommandé. Toutefois, les démarches qu'elle indique avoir entreprises auprès de la poste - qui ne sont pas documentées - ne permettent pas d'établir que ledit avis n'a pas été déposé dans sa boîte aux lettres. Le délai de recours a donc commencé à courir le 4 mars 2010, lendemain de l'échéance du délai de garde. Le dernier jour tombant le vendredi 2 avril 2010, jour férié, il était repoussé au premier jour ouvrable utile, soit le mardi 6 avril 2010. Interjeté le 17 avril 2010, le recours est donc tardif.
2. Au vu de ce qui précède, le recours sera déclaré irrecevable.
Un émolument de CHF 400.- sera mis à la charge de la recourante qui n’allègue pas être dispensée du paiement des taxes universitaires (art. 10 du règlement sur les frais, émoluments et indemnités en procédure administrative du 30 juillet 1986 - RFPA -
E 5 10.03
).
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