Decision ID: daf90cde-ce48-5025-aa59-e84f80962241
Year: 2018
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_011
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: penal_law

EN FAIT
:
A.
a.
Par acte reçu au greffe de la Chambre de céans le 16 octobre 2018, A_ recourt
pour déni de justice contre le SAPEM, auquel il reproche de ne pas avoir répondu à sa demande de congé du 21 septembre 2018.
Le recourant conclut au constat d'un déni de justice et demande le respect de ses droits aux congés.
B.
Les faits pertinents suivants ressortent du dossier :
a.
Par jugement du 9 mai 2018, le Tribunal correctionnel (ci-après; TCo) a condamné A_ à une peine privative de liberté de 3 ans, sous déduction de
651 jours de détention préventive (dont 456 jours en exécution anticipée de peine), pour vol par métier, dommages à la propriété et violation de domicile
.
b.
A_ a été incarcéré à la prison C_ du 29 juillet 2016 au 26 juin 2017
,
date à laquelle il a été transféré à l'établissement fermé D_.
c.a.
Le 31 mai 2018, le SAPEM a émis un ordre d'exécution, faisant suite à l'injonction du 29 précédent du Ministère public d'exécuter la peine prononcée le
9 mai 2018 par le TCo.
c.b
. Le 6 juillet 2018, l'Office d'exécution des peines du canton de Vaud a délégué au SAPEM l'exécution de la peine privative de liberté de six mois prononcée le
19 février 2016 par jugement du Tribunal de police de l'arrondissement de E_, pour vol, tentative de vol, dommages à la propriété, violation de domicile et tentative de violation de domicile.
c.c.
Faisant suite à cette délégation, le 12 juillet 2018, le SAPEM a émis un nouvel ordre d'exécution tenant compte des jugements du TCo du 9 mai 2018 et du Tribunal vaudois du 19 février 2016.
Les dates jalonnant la peine du recourant étaient dès lors les suivantes : le 1/3 de la peine serait atteint le 26 septembre 2017, la 1/2 de la peine le 27 avril 2018, les 2/3 de la peine le 26 novembre 2018 et la fin de la peine le 27 janvier 2020.
d.
A_ a bénéficié de congés de 12 heures en date des 22 juin et 24 juillet 2018. Il a également bénéficié d'un congé de 24 heures le 23 août 2018.
e.
Par décisions des 14 et 24 septembre 2018, le SAPEM a accordé à A_ le régime de travail externe qu'il avait demandé le 28 mai 2018, précisant qu'il serait transféré à l'établissement F_ dès qu'une place serait disponible.
f.a.
Le 27 septembre 2018, A_ a demandé à bénéficier des congés hebdomadaires dans le cadre du régime de travail externe.
f.b.
Le 4 octobre 2018, [l'établissement] D_ a validé la demande de congé et l'a transmise le lendemain au SAPEM le 5 octobre 2018.
f.c.
Le 29 octobre 2018, le SAPEM a rendu une décision favorable à l'octroi de congés hebdomadaires en faveur de A_.
g.
Le 2 novembre 2018, le SAPEM a ordonné son transfert de D_ au F_, dans le cadre du régime de travail externe, une place en atelier s'étant libérée.
h.
Par jugement du 14 novembre 2018, le Tribunal d'application des peines et des mesures a ordonné la libération conditionnelle de A_ pour le 26 novembre 2018.
C.
Dans son recours, A_ reproche au SAPEM de ne pas avoir donné réponse à ses demandes de congés hebdomadaires envoyées le 21 [recte 27] septembre 2018. Il estime, en outre, que la décision de régime de travail externe serait "
un miroir aux alouettes
" puisqu'il n'y avait pas de place en atelier avant 2019.
D.
a.
Le SAPEM a relevé que le régime progressif était appliqué tel que prévu par le législateur. La demande de congés hebdomadaires avait été validée par le SAPEM le 29 octobre 2018 et son transfert avait été ordonné au sein F_. Le recours était sans objet.
b.
A_ ne réplique pas.

EN DROIT
:
1.
L'acte de recours a été déposé selon la forme prescrite (art. 385 al. 1 et 396 al. 1 CPP), et émane du condamné (art. 104 al. 1 let. a, 111 et 382 CPP), qui y invoque un déni de justice (art. 393 al. 2 let. a CPP), étant relevé qu'un tel recours n'est pas soumis à délai (art. 396 al. 2 CPP).
2.
2.1.
Selon la jurisprudence du Tribunal fédéral, le recourant doit avoir un intérêt actuel et pratique au traitement de son recours, lequel doit exister tant au moment du dépôt du recours qu'à celui où l'arrêt est rendu (art. 382 CPP ; ATF
137 I 296
consid. 4.2 et les références citées ; arrêt du Tribunal fédéral
6B_766/2016
du 4 avril 2017 consid. 1.2). L'intérêt actuel nécessaire fait défaut en particulier lorsque
l'acte de l'autorité a été exécuté ou est devenu sans objet (ATF
125 II 86
consid. 5b
et les références citées). Si l'intérêt juridique disparaît en cours de procédure,
le litige est déclaré sans objet, et la cause radiée du rôle (ATF
118 Ia 488
consid. 1a ;
ACPR/19/2017
du 18 janvier 2017).
2.2.
En l'espèce, force est de constater que le SAPEM a donné suite à la demande de congé du recourant du 27 septembre 2018 par décision favorable du 29 octobre suivant. Dès lors que la décision a été rendue, le recourant n'a plus d'intérêt actuel et pratique à la constatation d'un éventuel déni de justice du SAPEM.
2.3.
Par conséquent, le recours est devenu sans objet.
3.
3.1.
Selon le Tribunal fédéral, les frais d'un procès devenu sans objet sont fixés en tenant compte de l'état de choses existant avant le fait qui met fin au litige et de l'issue probable de celui-ci (ATF
125 V 373
consid. 2a p. 374). Si l'issue probable de la procédure n'apparaît pas évidente, il y a lieu de recourir aux critères généraux de la procédure civile, d'après lesquels les frais et dépens seront supportés en premier lieu par la partie qui a provoqué la procédure devenue sans objet ou chez qui sont intervenues les causes qui ont conduit à ce que cette procédure devienne sans objet (cf. ATF
118 Ia 488
consid. 4a p. 494). L'appréciation se fait sur la base d'un examen sommaire du dossier et des arguments du recourant (ibid.).
3.2.
En application de ces principes, il est probable qu'en l'espèce, si la Chambre de céans était entrée en matière sur le recours pour déni de justice, elle l'eût rejeté. En effet, au moment du dépôt du recours, le 9 octobre 2018, le SAPEM venait de recevoir de D_ la demande de sorties qu'il a traitée par décision du 29 octobre, soit dans un délai raisonnable pour ce faire.
4.
Le recourant assumera par conséquent les frais de l'instance, qui comprendront un émolument de décision CHF 500.-, (art. 428 al. 1 CPP et 13 al. 1 du Règlement fixant le tarif des frais en matière pénale, RTFMP ;
E 4 10.03
).
* * * * *