Decision ID: cc2929f2-b07d-5645-b56b-b86b018db359
Year: 2017
Language: fr
Court: FR_TC
Chamber: FR_TC_005
Canton: FR
Region: Espace_Mittelland
Law Area: penal_law

considérant en fait
A. Par ordonnance pénale du 26 octobre 2015, le Ministère public a condamné A._ à un travail d’intérêt général de 600 heures, soit 598 heures sous déduction de 2 heures équivalant à 1⁄2 jour de détention provisoire, sans sursis, ainsi qu’à une amende de CHF 1'000.-. En date du 2 novembre 2016, le Service de probation a informé le Service de l’application des sanctions pénales et des prisons (ci-après: SASPP) qu’il arrêtait l’exécution du travail d’intérêt général de A._, ce dernier étant sans domicile connu. Par courrier du 8 novembre 2016, le SASPP a requis du Ministère public la conversion de la peine, alléguant qu’il ne peut pas mettre en œuvre le travail d’intérêt général. De plus, il a relevé que l’intéressé avait également été condamné par ordonnance pénale du 24 février 2015 à 10 jours de peine privative de liberté et par jugement du Juge de police du 18 février 2016 à une peine privative de liberté de 210 jours. Par courriel du 6 décembre 2016, le SASPP a informé le Ministère public que A._ avait été arrêté le jour même pour exécuter un cumul de 350 jours de peine privative de liberté. Il a réitéré sa requête de conversion de peine.
B. Par ordonnance pénale du 15 décembre 2016, le Ministère public a converti le travail d’intérêt général de 598 heures en une peine privative de liberté de 149 jours, au motif que l’intéressé n’avait pas exécuté son travail d’intérêt général malgré un avertissement, et qu’une peine pécuniaire n’entrait pas en considération faute de ressources suffisantes.
C. Le 28 décembre 2016, A._ a formé opposition à cette ordonnance. En date du 3 avril 2017, il a comparu devant le Juge de police de l’arrondissement de la Sarine (ci-après: le Juge de police). Par ordonnance du même jour, celui-ci a ordonné la conversion de la peine de travail d’intérêt général de 598 heures en une peine privative de liberté de 149 jours, frais à la charge du condamné.
D. Le 13 avril 2017, A._ a interjeté recours contre cette ordonnance, concluant implicitement à son annulation. Invité à se déterminer sur le recours, le Juge de police s’est intégralement référé aux motifs de son ordonnance et a conclu à son rejet, avec suite de frais. Le Ministère public a quant à lui renoncé à se déterminer.

en droit
1. a) La décision attaquée concerne la conversion d’un travail d’intérêt général au sens de l’art. 39 CP; il s’agit d’une décision judiciaire ultérieure indépendante au sens des art. 363 ss CPP.
Le ministère public qui rend une décision dans une procédure d'ordonnance pénale ou l'autorité pénale compétente en matière de contraventions qui rend une décision dans une procédure pénale en matière de contraventions est également compétent pour rendre les décisions ultérieures (art. 363 al. 2 CPP). La procédure applicable n’est pas la procédure ordinaire des art. 364 et 365 CPP mais la procédure de l’ordonnance pénale (art. 352 ss CPP). La décision ultérieure peut être frappée d’opposition (CR CPP-PERRIN, 2011, art. 364 n. 46). Lorsque l’ordonnance est remplacée par une décision de première instance ensuite d’une opposition, ce tribunal statue selon la procédure prévue pour les décisions ultérieures (Basler Kommentar StPO-
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HEER, 2014, art. 364 n. 9). Selon la jurisprudence et la doctrine, la voie de droit ouverte contre les décisions judiciaires ultérieures indépendantes est en principe celle du recours au sens des articles 393 ss CPP, sauf dans l'hypothèse où de nouvelles infractions sont jugées dans le cadre de cette procédure ultérieure (arrêt TC FR 502 2014 139 du 9 septembre 2014; RJN 2011 p. 270 consid. 2a; HEER, art. 365 n. 6; PERRIN, art. 365 n. 11). En l’occurrence, seule la voie du recours est ouverte contre la décision du 3 avril 2017 rendue par le Juge de police. La Chambre est partant compétente (art. 85 al. 1 de la loi sur la justice [LJ]).
b) La décision querellée a été notifiée au recourant le 6 avril 2017. Déposé le 13 avril 2017, le recours respecte le délai de recours de dix jours (art. 396 al. 1 CPP). Directement atteint dans ses droits par la décision attaquée, le recourant dispose de la qualité pour recourir (art. 382 CPP).