Decision ID: 9edcccfe-1316-5cfa-b0dd-e948d8caa307
Year: 2018
Language: fr
Court: FR_TC
Chamber: FR_TC_005
Canton: FR
Region: Espace_Mittelland
Law Area: penal_law

considérant en fait
A. Le 29 mars 2017, A._ a déposé une plainte pénale à l'encontre de B._ pour injure. Il y expose que le 27 mars 2017 à 18:00 heures, C._ et D._ ont procédé à l'état des lieux de sortie avec leur bailleur A._. Ne parlant pas bien le français, ils ont fait appel à leur ami B._ comme interprète. A._ soutient qu'à cette occasion, celui-là aurait affirmé qu'il était de mauvaise foi et un escroc, ce dont la locataire entrante peut témoigner.
Lors de son audition par la police le 5 mai 2017, B._ – qui avait lui aussi signé le bail en se portant garant, comme le plaignant l'a lui-même indiqué dans sa plainte – a reconnu avoir possiblement décrit A._ comme étant un escroc et de mauvaise foi. Il a expliqué avoir été présent en tant qu'interprète déjà lors de la prise de possession de l'appartement à ses amis en mai 2015. A cette occasion, il avait pu constater que le logement n'était pas nettoyé, était encombré par des objets laissés par le précédent locataire, disposait d'un équipement électroménager défectueux et nécessitait plusieurs travaux, notamment de réparations et d'assainissement en raison de moisissures. A._ avait connaissance de ces nécessités et du fait que les parties n'avaient pas signé le constat des lieux. Ainsi, si B._ a qualifié A._ d'escroc et comme étant de mauvaise foi, c'est que certains dégâts retranscrits dans l'état des lieux de sortie étaient déjà existants lors de la prise de possession de l'appartement par ses amis et ils n'avaient jamais été réparés quand bien même les loyers étaient payés. A ses yeux et en raison de ces faits, le bailleur profitait de l'ignorance de locataires étrangers qui n'étaient au courant ni de la langue ni des règles en vigueur ici.
B. Par ordonnance du 28 septembre 2017, le Ministère public a classé cette procédure au motif que le prévenu a apporté la preuve de sa bonne foi.
C. Par mémoire du 10 octobre 2017, A._ a interjeté recours contre l'ordonnance de classement, concluant à ce que "la suite qui s'impose à cette situation" soit donnée.
Par courrier du 6 novembre 2017, le Ministère public a renoncé à déposer de plus amples observations.

en droit
1.
1.1 En application des art. 20 al. 1 let. b et 322 al. 2 CPP, ainsi que de l’art. 85 al. 1 LJ, la voie du recours à la Chambre pénale est ouverte contre une ordonnance de classement.
1.2 Selon les art. 322 al. 2 et 396 al. 1 CPP, le recours est adressé par écrit, dans le délai de dix jours, à l’autorité de recours. L’ordonnance du 28 septembre 2017 a été notifiée le 30 septembre 2017 au recourant. Le délai légal arrivant à échéance le 10 octobre suivant, le recours déposé ce même jour l’a été en temps utile.
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1.3 Toute partie qui a un intérêt juridiquement protégé à l’annulation ou à la modification d’une décision a qualité pour recourir contre celle-ci (art. 382 al. 1 CPP). Ont la qualité de partie le prévenu, la partie plaignante et le ministère public lors des débats ou dans la procédure de recours (art 104 al. 1 CPP). En l’espèce, la partie plaignante recourante a intérêt à ce que la décision prononçant le classement de la procédure soit annulée ou modifiée.
1.4 La Chambre dispose d’une pleine cognition en fait et en droit (art. 393 al. 2 CPP) et statue sans débats (art. 397 al. 1 CPP).