Decision ID: 26913c87-03c0-4b2b-a32d-01e5894b7cd2
Year: 2022
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_006
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 

EN FAIT
A.
a)
G_ et H_, sont respectivement nés les _ 2010 et _ 2014, l’aîné étant orphelin de père, et le cadet issu de la relation hors mariage entre leur mère, I_, et A_, lequel exerce l’autorité parentale conjointe sur H_.![endif]>![if>
b)
Le couple est arrivé à Genève avec les mineurs en juin 2017, en provenance des Etats-Unis, était sans domicile fixe et prétendait être marié selon le culte mormon. La mère des mineurs a été hospitalisée en juillet 2017 à la Clinique J_, en raison d’une grave décompensation et présentait des antécédents traumatiques sévères, des troubles dépressifs récurrents, un trouble dissociatif et une dépendance à l’alcool. Elle est repartie aux Etats-Unis à une date indéterminée, sans plus donner de nouvelles, mis à part quelques appels téléphoniques. Elle serait récemment décédée.
c)
Les mineurs présentaient à leur arrivée à Genève, malgré leur âge respectif de 7 et 3 ans, un retard important. Ils portaient toujours des couches et étaient déplacés en poussette, alors qu’ils ne présentaient pas de difficulté sur le plan moteur. Ils n’étaient pas suffisamment hydratés et mal nourris. H_ ne parlait pas et était partiellement nourri avec une sonde, en raison de problèmes de santé. G_ présentait, quant à lui, un trouble du spectre autistique.
d)
Diverses mesures ont été prises en leur faveur depuis lors, tant par le Service de protection des mineurs (ci-après : le SPMi), que par le Tribunal de protection, parmi lesquelles leur placement en foyer en raison des importants problèmes psychiques, tant de leur mère, que de A_.
e)
Des décisions successives octroyant des droits de visite à A_, également à l’égard de G_ malgré l'absence de lien de filiation, au vu de l’intérêt de ce dernier à maintenir leurs liens affectifs, ont été prononcées au fil des années.
f)
Un rapport d’expertise psychiatrique familiale a été rendu, dans le cadre de la procédure, le 6 février 2019.
Le rapport relevait un trouble du développement chez G_, des perturbations émotionnelles liées à un état de stress post-traumatique, des énurésies nocturnes non organiques et un retard de langage expressif et réceptif. H_ souffrait de troubles du développement et de l'attachement avec désinhibition, énurésie et encoprésie, de retards de langage et psychomoteurs, de neuropathie périphérique, de myopathie et de surdité nécessitant une prise en charge institutionnelle, logopédique et psychomotrique. Des suivis thérapeutiques étaient nécessaires pour chacun des enfants.
A_ présentait, pour sa part, un diagnostic de psychose non organique et avait besoin d'un suivi psychiatrique deux fois par semaine afin de pouvoir "déposer" sa détresse psychique et "élaborer ses angoisses" dans un cadre sécurisant et suffisamment contenant, ainsi que d’une réadaptation de son traitement médicamenteux avec l'introduction d'un traitement psychotrope lui permettant d'apaiser ses idées délirantes qui fragilisaient son rapport à la réalité.
Les capacités parentales restreintes des deux parents ne leur permettaient pas d'assumer la garde des enfants et les expertes préconisaient un droit de visite en faveur du père à l’intérieur du foyer, avec une ouverture progressive au-dehors, uniquement lorsque les idées délirantes de celui-ci seraient apaisées par un traitement antipsychotique.
g)
Les expertes ont été auditionnées par le Tribunal de protection les 12 avril et 29 août 2019.
Elles ont confirmé leur rapport et leur diagnostic concernant A_, lequel présentait des angoisses nécessitant, outre le traitement au lithium actuel, l'introduction d'un neuroleptique incisif spécifique pour son trouble psychotique, afin d'éviter ses angoisses archaïques et ses idées délirantes de persécution et de complots, tout comme la manifestation de pulsions agressives avec insultes à l’égard de la mère des mineurs. Les expertes recommandaient la valorisation des enfants dans leur foyer, et non pas dans un lieu futur hypothétique, la prise en compte par le réseau du trouble psychique de A_, qu’il parvenait à bien cacher, la surveillance permanente des visites au sein du foyer, au vu du fonctionnement psychique du précité et des importants troubles des enfants, ainsi que la mise en œuvre du travail à entreprendre par le père visant sa propre conscience de son trouble, et celle de son accompagnement par une guidance parentale afin qu’il accepte le placement en foyer des enfants.
h)
A la suite d'enregistrements des enfants effectués au foyer, publiés ensuite sur internet par A_, le Tribunal de protection a limité, par mesures superprovisionnelles du 13 septembre 2019, les visites de celui-ci au Point Rencontre, puis dès le 27 novembre 2019, au K_ (ci-après : le K_).
i)
Par ordonnances du 5 décembre 2019, le Tribunal de protection a confirmé le retrait de la garde et du droit de déterminer le lieu de résidence des mineurs à leur mère et, s'agissant de H_, au père, maintenu leur placement en foyer, suspendu les relations personnelles avec I_ et réservé des visites avec A_ A_ à raison d’une heure trente au K_ en présence d’un thérapeute, ordonné les suivis thérapeutiques de chacun des enfants et la mise en œuvre d’une guidance parentale auprès du K_ et exhorté chacun des parents à entreprendre un suivi thérapeutique, avec l’injonction pour A_ de transmettre au Tribunal de protection tous les trois mois une attestation de ce suivi soutenu et régulier.
j)
Par décisions du 19 décembre 2019, le Tribunal de protection a fait interdiction à A_ de se rendre au foyer L_ et a autorisé des appels audio de 20 minutes par jour avant le coucher des enfants.
k)
Par décisions du 16 juillet 2020, le Tribunal de protection a élargi à deux heures trente les visites hebdomadaires de A_ sur les enfants au K_ en présence d’un thérapeute.
l)
Le 11 décembre 2020, le SPMi a préavisé la suspension des appels entre les mineurs et A_ et l’interdiction de l’usage de tout appareil électronique durant les visites et en présence de G_ et H_, motif pris de nouveaux enregistrements audios des mineurs, effectués lors de leurs appels, mettant en cause les interventions des éducateurs.
m)
Par décisions du même jour, statuant sur mesures superprovisionnelles, le Tribunal de protection a avalisé le préavis précité et invité les parties à se déterminer.
n)
Le curateur de représentation de H_ a relevé l’intérêt de son protégé à continuer d’entretenir des relations personnelles avec son père et la nécessité que ce dernier ne mette pas en péril l’institution accueillant H_ en soumettant son personnel à des enregistrements illicites susceptibles d’être diffusés à large échelle. L’usage et la présence d’appareils électroniques durant les visites n’étaient pas indispensables au déroulement de celles-ci. Il adhérait à la suspension provisoire des appels, en raison des propos inadéquats et problématiques tenus par A_ à plusieurs reprises, jusqu’à ce que l’avancement du suivi thérapeutique du précité soit documenté.
o)
A_ a estimé que les mesures prises étaient en contradiction avec un rapport du K_ du 22 septembre 2020 et que les mineurs peinaient à s’exprimer librement en présence d’un éducateur.
p)
Par décisions du 23 décembre 2020, le Tribunal de protection a confirmé, sur mesures provisionnelles les ordonnances rendues le 11 décembre 2020.
q)
Le 17 mars 2021, le SPMi a signalé la publication sur internet d’un texte de 242 pages de A_ relatif aux difficultés qu’il rencontrait pour voir ses enfants, de sorte qu’une dénonciation pénale a été faite.
r)
Par observations du 3 mai 2021, A_ a conclu à l’annulation des décisions des 11 et 23 décembre 2020,
à la levée de la suspension des appels téléphoniques et à l’autorisation d’utiliser des appareils électroniques, également en présence des mineurs, et de se rendre au
foyer deux fois deux heures par semaine.
Il s’est prévalu d'anciennes attestations de ses bonnes qualités de père. Il avait procédé à l’enregistrement des appels avec les mineurs dans l’objectif de les réentendre, ceux-ci n’ayant subi aucune atteinte. G_ et H_ demandaient à le voir plus souvent. Le K_ préconisait d'ailleurs un élargissement des visites. Il était dès lors injustifié de limiter leurs contacts et d’interdire l’usage d’appareils électroniques, ce qui violait sa liberté de croyance garantie par la Constitution, dans la mesure où il ne pouvait plus éduquer ses enfants dans la foi chrétienne, ni faire des prières le soir avec eux.
s)
Le Tribunal de protection a tenu une audience le 6 mai 2021.
Les éducateurs-référents des mineurs et la directrice du foyer L_ ont expliqué avoir constaté un apaisement important des enfants depuis la fin de leurs contacts téléphoniques avec leur père. L'investissement des enfants avec les éducateurs et le foyer était devenu plus conséquent. G_ et H_ allaient particulièrement bien, faisaient des progrès significatifs, également sur le plan scolaire, H_ étant sur le point d'intégrer une classe ordinaire et G_ une classe intégrée; ils se montraient sereins et curieux, avaient développé des relations amicales avec certains camarades et ne demandaient pas à reprendre les appels supprimés. Les éducateurs avaient auparavant observé que les enfants vivaient des moments difficiles durant ces appels, qui étaient devenus des moments d’enjeux relationnels, les mineurs montrant alors un stress important et un comportement régressif, pouvant émettre des sons ou des cris d’animaux, tenir des propos inventés ou, même, se cogner la tête. Ces comportements n'avaient lieu que pendant la durée des appels. Ils étaient peu intéressés par ces appels et devaient être motivés par les éducateurs. Ils n'avaient formulé aucune plainte depuis l'arrêt de ces téléphones. Il avait été nécessaire parfois de recadrer A_ durant les appels, notamment lorsqu’il répondait à H_, qui lui montrait ses griffures, que sa pathologie pourrait un jour l’empêcher de marcher, ou parlait aux enfants de la procédure, ou d’une intervention du président TRUMP ou d’un retour de la famille aux Etats-Unis. A_ pouvait également parfois mal interpréter certains propos des enfants. Après les recadrages, A_ pouvait parfois poursuivre normalement la conversation, mais parfois, il fallait l'interrompre et prendre un moment avec lui avant de pouvoir continuer l'échange avec les enfants. Les représentants du foyer estimaient que le déroulement des visites qui s’exerçaient uniquement à l’extérieur de l’institution allait dans le sens d’une normalisation de la prise en charge des enfants, lesquels revenaient contents de leurs visites au K_.
A_ a déclaré ne plus vouloir de rapports conflictuels avec les institutions de protection de l’enfant, être satisfait de l’évolution de ses fils, avec lesquels il aimerait passer plus de temps, estimant trop courtes les visites au K_, et voulait savoir ce que le Tribunal attendait de lui à cette fin. Il s'est déclaré prêt à contacter tout psychiatre qui lui serait désigné par le SPMi, à lui remettre une copie de l’expertise et à entreprendre le suivi thérapeutique préconisé, tout en relevant que ses précédents psychiatres, les Docteurs M_ et N_, avaient mis fin à leurs suivis antérieurs, au motif qu’il n’en avait plus besoin.
La curatrice de représentation de G_ a indiqué que la thérapeute de l'enfant lui avait dit qu'il demandait à voir davantage A_. La thérapeute conditionnait cependant toute ouverture du droit de visite au maintien et à une garantie de la stabilité actuelle, un risque de retour en arrière devant être évité. Une prise en charge thérapeutique de A_ serait un élément indispensable afin de garantir cette stabilité.
Le curateur de représentation de H_ avait été impressionné par son évolution. Les visites au K_ se passaient bien, contrairement aux appels téléphoniques au foyer. H_ réclamait à voir davantage son père et toutes les possibilités d'élargissement d'un droit de visite médiatisé devaient être investiguées.
Selon les curatrices du SPMi, un suivi thérapeutique de A_ était une condition nécessaire à une évolution du droit de visite. Les séances au K_ ne pouvaient pas dépasser deux heures trente. Le K_ était dans un bon lien avec les enfants et le père, mais devait contenir les angoisses de A_ pendant les visites. Celui-ci était bien dans le jeu avec les enfants mais des recadrages étaient parfois nécessaires. Il arrivait que les enfants eux-mêmes doivent corriger ses propos. Le père devait encore travailler son adéquation avec les enfants, ce travail devant se faire dans le cadre d'un suivi thérapeutique.
Le Tribunal a gardé la cause à juger à l’issue de l’audience.
t)
Par courrier du 7 juillet 2021, A_ a réitéré sa demande d’une extension des visites, à raison de deux fois par semaine, en remettant un bilan du K_ daté du 23 juin 2021.
Ledit bilan mentionnait, en substance, que l’évaluation du précité était en cours, que dans le cadre de son suivi parental, la thérapeute observait moins d’anxiété et de discours inadéquats, que la capacité de A_ à modifier certains comportements lors des séances avec ses enfants fluctuait en fonction d’événements extérieurs mais que les visites restaient pour la plupart bénéfiques aux mineurs. Si A_ avait su prendre en considération les objectifs fixés pour faire évoluer les rencontres et réajuster le nombre de ses cadeaux aux garçons, il restait nécessaire de l’accompagner dans la gestion de son anxiété et de son sentiment d’injustice et d’incompréhension afin qu’il puisse se centrer sur le lien avec G_ et H_, sur son investissement et sur le contenu des rencontres, sans confronter les mineurs à ses angoisses, et de travailler son implication pour pouvoir dialoguer sur l’école et faire les devoirs avec eux.
u)
Invité à se déterminer, le SPMi a relevé le 27 juillet 2021 ne pas être en mesure de se prononcer.
B.
Par ordonnances
DTAE/4953/2021
et
DTAE/4954/2021
rendues le 16 août 2021, respectivement concernant le mineur H_ dans la cause C/16619/2017 et le mineur G_ dans la cause C/1_/2017, le Tribunal de protection a maintenu en l'état les modalités de visites entre les mineurs G_ et H_ et A_, à raison de deux heures trente le mercredi, en modalité "un pour un" au sein du Centre K_ (K_) (chiffre 1 du dispositif),
maintenu la suspension des appels téléphoniques entre les mineurs et A_ (ch. 2), rappelé à ce dernier l'injonction qui lui a été faite d'entreprendre un suivi thérapeutique soutenu et régulier et de transmettre au Tribunal de protection tous les trois mois une attestation de ce suivi (ch. 3), réservé toute possibilité d'élargissement des relations personnelles entre A_ et les mineurs à la remise desdites attestations (ch. 4), confirmé pour le surplus les mesures et curatelles en vigueur (ch. 5), mis un émolument de 400 fr. à charge de A_ (ch. 6) et débouté les parties de toutes autres conclusions (ch. 7).![endif]>![if>
En substance, le Tribunal de protection a retenu que les mesures prises en faveur des mineurs et les interventions conjointes des curateurs, des éducateurs de leur foyer et des thérapeutes avaient permis à H_ et à G_, âgés actuellement de 7 et 11 ans, de faire de très importants progrès dans leur développement respectif. Les mineurs
profitaient en outre pleinement des visites à leur père organisées dans le cadre thérapeutique du K_, qui leur offrait un lieu de parole sécurisé où ils pouvaient librement s'exprimer en bénéficiant de la protection d'intervenants habilités à gérer d'éventuels discours inappropriés à leur âge et à leur stade de compréhension que tiendrait leur père, ou des moments de manifestations d’angoisses de ce dernier. La présence du père à chacune des visites contribuait également aux bonnes relations qu’il entretenait avec ses enfants dans le cadre précité. Cela étant, les mineurs avaient parfois été sujets à des attitudes régressives et avaient pu se montrer perturbés à la suite de certains échanges avec leur père, tel qu'observé lors de leurs appels téléphoniques du soir, en particulier lorsque le précité ne parvenait pas à maîtriser son anxiété et la leur transmettait. Le père n'avait par ailleurs pas réussi à s'empêcher totalement d'effectuer des prises de vues et de sons des enfants, quand il en avait l'occasion, et de diffuser celles-ci sur les réseaux sociaux, sans considération aucune pour l'intérêt des mineurs et celui de leurs encadrants. L'arrêt des appels téléphoniques était d'ailleurs apparu bénéfique à la stabilité des enfants. Les attitudes du père illustraient le besoin qui lui était signifié de longue date d'entreprendre son propre suivi thérapeutique. Il n’avait en effet jamais effectué de manière rigoureuse le suivi thérapeutique exigé par l’ordonnance du 5 décembre 2019, qui l’exhortait à un tel suivi soutenu et régulier, avec injonction de transmettre tous les trois mois une attestation de ce suivi, qu'il n'avait pas non plus fournie, sans parler de l'absence de prise de la médication prescrite par les expertes psychiatres. Les mesures ordonnées étaient prises uniquement dans l’intérêt des enfants et pour assurer leur bon développement. Le père avait certes paru comprendre la nécessité de son propre traitement, lors de l’audience du 6 mai 2021, puisqu'il s’était engagé à entreprendre le travail thérapeutique requis, démarche dans laquelle le Tribunal l’encourageait à persévérer avec constance et régularité, afin que ses progrès permettent d’envisager concrètement l’ouverture des visites à laquelle il aspirait. En l'état cependant, le Tribunal ne disposait pas d’éléments suffisants pour envisager un élargissement des visites médiatisées, de sorte que les modalités de visites actuelles à raison de deux heures trente le mercredi au sein du K_ devaient être maintenues, de même que la suspension des appels téléphoniques entre les mineurs et le concerné. L’injonction faite au père d’entreprendre un suivi thérapeutique soutenu et régulier, de transmettre tous les trois mois une attestation de ce suivi et d'adhérer à son traitement médicamenteux était renouvelée.
C.
a)
Par acte expédié le 6 octobre 2021 au greffe de la Chambre de surveillance, A_ a recouru contre ces ordonnances, reçues le 6 septembre 2021, dont il a sollicité l'annulation. Cela fait, il a conclu à la levée de la suspension des appels téléphoniques entre lui-même et les mineurs, lesquels devaient reprendre à raison de deux fois par semaine durant vingt minutes, ainsi qu'à l'occasion des fêtes telles que Noël, Pâques et Nouvel an, ainsi qu'aux anniversaires des enfants, selon l'organisation du foyer, à l'élargissement des droits de visites à une deuxième visite hebdomadaire de deux heures trente
,
ainsi qu'à des visites particulières pour fêter les grandes fêtes, comme Noël, Pâques et Nouvel an, à l’autorisation de l'usage de "tout appareil électronique" durant les visites et à l’utilisation de ces appareils en la présence de G_ et H_, sous suite de frais et dépens.![endif]>![if>
Il a déposé un chargé de 32 pièces.
b)
Le Tribunal de protection n'a pas souhaité faire usage des facultés prévues par l'art. 450d CC.
c)
Le SPMi s'est déclaré défavorable à l'utilisation des appareils électroniques durant les visites du recourant aux enfants, dès lors que celui-ci ne les utilisait pas à des fins privées, mais aux fins d'alimenter des pages internet sur lesquelles il exposait la vie privée des mineurs ou proférait des allégations à l'encontre de leur service, du foyer et du système et gouvernement suisses. De même, il s'est déclaré défavorable à la réinstauration des appels téléphoniques qui n'étaient pas dans l'intérêt des enfants et entrainaient chez ces derniers des comportements inhabituels ou régressifs. Le recourant enregistrait également parfois les conversations téléphoniques, à l'insu des éducateurs du foyer. Le SPMi n'était de même pas favorable, en l'état, à un élargissement du droit de visite du recourant, celui-ci n'ayant jamais remis de décembre 2019 à novembre 2021 d'attestation de suivi psychiatrique tous les trois mois. Il avait dorénavant débuté un suivi en septembre 2021 mais il était nécessaire que celui-ci soit maintenu sur une certaine durée afin qu'il soit en mesure d'aider l'intéressé dans la gestion de ses émotions et angoisses qu'il peinait encore à contenir
lors des visites aux enfants, lesquels étaient impactés par les angoisses de celui-ci.
d)
La curatrice de représentation de G_ a relevé que le recourant avait débuté un suivi psychiatrique et produit une attestation médicale. Il avait déménagé sur la commune de U_, à proximité du foyer dans lequel résidaient les enfants, ce qui constituait des faits nouveaux depuis la reddition de l'ordonnance entreprise. Le recourant n'avait pas discuté de son déménagement à proximité du foyer des enfants, ce qui était de nature à constituer une nouvelle charge en terme de loyauté des enfants envers le recourant. Ce dernier représentait une figue de référence pour G_. Elle s'en rapportait à justice sur l'augmentation du droit de visite sur G_ mais relevait la nécessité dans cette éventualité qu'il se déroule au K_, sans savoir si cette institution avait la possibilité de recevoir plus les intéressés
.
Elle ne s'opposait pas à un appel téléphonique une fois par semaine sous surveillance et avec l'engagement du recourant de ne pas enregistrer la communication. Compte tenu de l'usage que faisait le recourant des appareils électroniques, l'usage de tels appareils n'était pas dans l'intérêt de G_.
Des demandes ponctuelles d'utilisation d'un appareil du K_ afin de partager un petit film ou des photos avec les enfants pouvaient cependant être envisagées, après vérification de l'adéquation de la demande par les éducateurs.
Elle a déposé un chargé de 3 pièces.
e)
Le curateur de représentation de H_ a relevé à titre liminaire que son protégé continuait d'évoluer favorablement dans de nombreux domaines (langage, motricité, coordination, contacts), de sorte que sa prise en charge actuelle assurait un encadrement propice à son bon développement. Le déménagement du recourant à proximité des enfants était de nature à créer de nouvelles complications dont ce dernier aurait pu les dispenser, et qui questionnait sur sa volonté de normaliser les relations qu'il entretenait avec l'ensemble des intervenants entourant les mineurs. Le recourant, qui contestait le rapport d'expertise psychiatrique, avait fourni un rapport intermédiaire de son psychiatre qui posait le diagnostic de troubles bipolaire de type II et d'anxiété généralisée, de sorte qu'il était acquis qu'il présentait des troubles psychiatriques qui devaient être traités et qui étaient de nature à avoir un impact sur les mineurs
.
La prise en charge de H_ par le foyer L_ était particulièrement performante et avait permis à l'enfant d'évoluer de manière spectaculaire et de rattraper l'essentiel de son retard. Il avait intégré les apprentissages scolaires, tels que la lecture et l'écriture, et était tiré de l'isolement dans lequel il se trouvait en début de placement. Ceci rendait inquiétant le fait que le recourant critique cette institution. Le droit de visite actuel, médiatisé et limité à une rencontre par semaine, se passait plutôt bien dans l'ensemble. Cependant l'anxiété du recourant devait être jugulée et son discours à l'endroit des enfants régulièrement repris par les éducateurs présents. De même, la gestion des cadeaux, des séparations, des relations avec le foyer et les retours des enfants dans leur lieu de vie demeuraient délicats et le travail réalisé actuellement devait se poursuivre.
Il convenait ainsi de ne rien précipiter et de consolider les fragilités existantes. Des droits de visite ponctuels, à l'occasion de fêtes particulières, pouvaient cependant être organisés. Il s'opposait à la reprise des entretiens téléphoniques et à la présence d'appareils électroniques lors des visites, le recourant en ayant fait un mauvais usage et rien ne laissant penser qu'il ne pourrait pas recommencer en l'absence de certificat médical attestant de l'étendue et de la gravité de ses troubles et de leur impact sur son comportement et sa représentation de la réalité.
Il concluait ainsi à la confirmation des chiffres 1 et 2 de l'ordonnance querellée, à la possibilité d'organiser des droits de visite exceptionnels à l'occasion de l'anniversaire de H_, des fêtes de Noël ou d'événements particuliers et à ce que le psychiatre de A_ soit invité à se prononcer sur les questions en relation avec la gravité de ses troubles et leurs conséquences sur le comportement de l’intéressé.
f)
Par plis du 26 novembre 2021, les parties et intervenants à la procédure ont été avisés que la cause serait gardée à juger à l’issue d’un délai de dix jours.
g)
A_ a répliqué, dans le délai prolongé qui lui a été accordé, le 22 décembre 2021 en modifiant quelques peu ses conclusions en ce sens que l'appel téléphonique devait être quotidien mais limité à une durée de 5 minutes au maximum à l'heure du coucher, avec un temps d'essai d'un mois à raison de deux fois par semaine les jeudis et dimanches, l'élargissement du droit de visite à deux heures trente devrait se dérouler de préférence le samedi ou le dimanche et il pourrait être autorisé à l'usage de son _ et _ [appareils électroniques] durant les visites avec interdiction de publier des photos et des vidéos de ses fils sur internet. Il a également sollicité que la procédure d'expertise de famille réalisée le 6 février 2019 soit écartée de la procédure.
A l'appui de ses allégués, il a sollicité l'audition de O_ et P_, employés du K_ qui encadrent le droit de visite sur les mineurs, et du Dr Q_, psychiatre.
Il a produit un chargé de 20 pièces.
h)
Par courrier du 23 décembre 2021, le Tribunal de protection a fait parvenir à la Chambre de surveillance une copie d'un courrier du 16 décembre 2021 du SPMi apportant un correctif à leur dernier rapport, suite à un courrier reçu par le K_.
i)
Le curateur de H_ a dupliqué en date du 3 janvier 2022 et persisté dans ses conclusions.
j)
La curatrice de G_ n'a pas dupliqué dans le délai imparti.
k)
A_ a sollicité dans le délai de dix jours des écritures de duplique à pouvoir déposer des déterminations spontanées, ce qu'il a fait le 31 janvier 2022. Il a persisté dans ses dernières conclusions et a pris des conclusions nouvelles, à savoir que soit écarté de la procédure, en sus de l'expertise familiale du 6 février 1019,
le courrier du SPMi au Tribunal de protection du 16 décembre 2021 et qu'il soit ordonné au SPMi de corriger son rapport au Tribunal de protection du 29 septembre 2021 en remplaçant le paragraphe représentant de façon erronée la position du K_ par le texte proposé par le K_ dans son correctif du 8 décembre 2021, que soit ordonnée au SPMi l'édition de tous les échanges avec le K_ et ses intervenants, le SPMi, le Foyer L_ et ses intervenants ainsi que les curateurs de représentation de G_ et H_, soit Me D_ et Me C_, que ce soit par courriel ou tout autre service électronique tel que Watts ‘App, qu’il soit ordonné au SPMi d'inclure A_ et son conseil, Me B_, dans tous les échanges entre le SPMi, le K_ et ses intervenants, le SPMi, le Foyer L_ et ses intervenants ainsi que les curateurs de représentation des mineurs, que ce soit par courriel ou tout autre service électronique tel que Watts ‘App, que soit ordonnée l'analyse par un expert médical de la prise en charge de sa responsabilité parentale envers ses fils sur la base des dossiers médicaux de ses fils G_ et H_, sous suite de frais et dépens devant être mis à la charge de l'Etat.
Il a produit un chargé de 11 pièces.
l)
Le 11 février 2022, A_ a complété ses déterminations et produit des photographies de H_, qu'il avait retrouvées, et qui documentaient selon lui les énormes progrès faits par le mineur durant les trois premières années de sa vie, alors qu'il était sous la "tutelle" de ses parents.
Il a produit 9 pièces nouvelles.
m)
Ces deux déterminations de A_ ont été adressées pour information aux curateurs des mineurs qui n'ont pas formulé d'observations sur celles-ci.
n)
Le 7 avril 2022, A_ a expédié à la Chambre de surveillance une écriture intitulé : «
Mémoire complémentaire au recours du 6 octobre 2021- Recours (art. 450 et 450a al. 2 CC) - Requêtes de mesures provisionnelles et superprovisionnelles
».
Il y a pris les conclusions suivantes :
«
A la forme
1.
Déclarer le présent recours comme recevable ;
A titre superprovisionnel
1.
Ordonner au Service de protection des mineurs à la Fondation Officielle de la Jeunesse (FOJ) et au Foyer L_ que toute responsabilité de M. R_ en tant qu’éducateur de G_ et H_ lui soit retirée et subsidiairement que si ce n’est pas possible vu la structure du foyer alors que M. R_ soit affecté à un autre foyer au sein du FOJ ;
2.
Elargissement de la visite hebdomadaire du mercredi d’une heure de façon médiatisée avec le K_, cela dès le mercredi 13 avril 2022 ,
subsidiairement et dans la mesure où le K_ n’est pas disponible à si brève échéance, les visites du mercredi seront médiatisées par la Clinique V_ dont les intervenants connaissent la famille A_ et qui sont déjà intervenus à la satisfaction des autorités et de tous les intervenants ;
3.
Autoriser une deuxième visite hebdomadaire de trois heures médiatisées par la Clinique V_ de préférence le dimanche de façon à ce que M. A_ puisse aller à la messe avec ses enfants et cela dès le 9 avril 2022 ;
4.
Autoriser un appel téléphonique quotidien de 10 minutes au maximum à l’heure du coucher afin que M. A_ et ses fils puissent faire leur prière et particulièrement prier pour le repos de l’âme de I_, la mère de G_ et H_ ;
A titre provisionnel
5.
Constater le retard injustifié du TPAE dans sa prise de décision sur le préavis du SPMi du 2 février 2022 ;
6.
Ordonner l’élargissement des droits de visites de M. A_ avec ses fils G_ et H_ à :
- les mercredis après-midi dès la fin de l’école à 12h jusqu’à 20h ;
- les samedis et dimanches de 9h à 17h ;
- pendant les vacances tous les jours de 9h à 20h ;
7.
Autoriser à M. A_ l’usage de son _ et _ [appareils électroniques] durant les visites avec interdiction de publier les photos et des vidéos de ses fils sur internet ;
8.
Autoriser un appel téléphonique quotidien de 10 minutes au maximum à l’heure du coucher afin que M. A_ et ses fils puissent faire leur prière et particulièrement prier pour le repos de l’âme de Mme I_, la mère de G_ et de H_ ;
Au fond
9.
Annuler l’ordonnance du TPAE du 16 août 2021.
10.
Attribuer à M. A_ l’autorité parentale sur les mineurs G_ et H_.
Subsidiairement
12.
Acheminer M. A_ à prouver
par toutes voies de droit les faits allégués dans les présentes écritures
".
Pour le surplus, il a repris ses conclusions tendant à écarter de la procédure l’expertise du 6 février 2019 et le courrier du SPMi du 16 décembre 2021 et a maintenu l'injonction faite à la Chambre de surveillance de signifier divers ordres au SPMi.
Il a sollicité une nouvelle réquisition de preuves reprenant celle figurant sous les allégués de son recours, en y ajoutant notamment l’audition des intervenants de la Clinique V_ (sans mention de nom), de S_, psychologue au K_ et de T_, psychologue de G_.
Il a également sollicité que la Chambre de surveillance fasse diverses invites au SPMi ou au Foyer L_, et à ce qu'elle ordonne de soumettre au K_ le courriel du foyer L_ du 14 février 2022 en l’invitant à se déterminer à son sujet.

EN DROIT
1.
1.1
Les dispositions de la procédure devant l'autorité de protection de l'adulte sont applicables par analogie pour les mesures de protection de l'enfant (art. 314 al. 1 CC).![endif]>![if>