Decision ID: 21e77f72-a2cb-52b4-b867-dec547068105
Year: 2020
Language: fr
Court: FR_TC
Chamber: FR_TC_004
Canton: FR
Region: Espace_Mittelland
Law Area: civil_law

considérant en fait
A. Par courrier du 29 juillet 2019, C._ a requis d'être nommée en qualité d'administratrice de la succession de feu son père, D._, ainsi que curatrice de sa mère et veuve de ce dernier, B._, née en 1935. Celle-ci ainsi que C._ et sa sœur A._ ont été entendues le 10 septembre 2019 par la Juge de paix de la Veveyse (ci-après: la Juge de paix). A._ a exprimé le souhait de pouvoir continuer de gérer les affaires de sa mère, précisant que cela risquait d'entraîner un conflit d'intérêts, car elle envisageait éventuellement de reprendre avec son mari la ferme située à E._, objet de la succession de feu D._. C._ a indiqué vouloir reprendre la gestion des affaires de sa mère.
B. Par décision du 7 novembre 2019, notifiée le 8 janvier 2020, la Justice de paix de la Veveyse (ci-après: la Justice de paix) a instauré une curatelle de représentation avec gestion du patrimoine en faveur de B._, avec pour objet de la représenter si nécessaire dans le cadre du règlement de ses affaires administratives, de veiller à lui assurer une situation de logement ou de placement appropriée, de veiller à son bien-être social et de la représenter de manière générale pour tous les actes dans ce cadre, de même que la représenter pour le règlement de ses affaires financières.
La Justice de paix a constaté que l'intéressée, compte tenu de son âge et de son état de santé, présentait un état de faiblesse l'empêchant d'assurer elle-même la sauvegarde de ses intérêts, sans aide extérieure. Elle a retenu qu'elle ne disposait pas de la pleine capacité de discernement et présentait « des troubles cognitifs sur neuro-dégénérescence cérébrale, de degré modéré » ne la rendant pas en mesure de gérer ses affaires seule. En outre, elle a considéré que bien que A._ se soit principalement occupée de gérer les affaires de sa mère jusqu'alors, elle envisageait de reprendre la ferme familiale de E._, ce qui était susceptible de constituer un conflit d'intérêts. Elle a retenu que s'il ne faisait aucun doute que tant A._ que C._ disposaient de toutes les compétences et connaissances pour poursuivre la gestion des affaires de leur mère, la succession de feu D._ n'avait pas encore abouti à un partage et qu'il subsistait de nombreuses affaires à régler dans ce cadre. Enfin, elle a ajouté qu'un conflit d'intérêts résultait également du fait que toutes trois faisaient partie de l'hoirie et que confier le mandat de curatelle à C._ impliquerait une double représentation. La Justice de paix a dès lors nommé un tiers neutre à cette fonction.
C. Saisie d'un recours de C._ contre la décision sus-indiquée de la Justice de paix, la Cour de protection de l'enfant et de l'adulte (ci-après: la Cour) a, par arrêt du 2 avril 2020, annulé dite décision et renvoyé la cause à la Justice de paix pour nouvelle décision dans le sens des considérants (106 2020 2). La Cour avait alors rapporté : «..., il n'apparaît pas, à lire le dossier, en particulier la décision attaquée, que les intérêts de l'intéressée ne soient pas suffisamment préservés grâce à l'aide de ses filles; rien n'indique non plus que ses affaires administratives et financières seraient mises en péril si leur gestion était assumée par A._, comme jusqu'à présent, respectivement par la recourante, en lieu et place d'un curateur professionnel. La Justice de paix a par ailleurs relevé, dans sa décision, que tant C._ que A._ disposaient de toutes les compétences et connaissances nécessaires pour s'occuper des affaires de leur mère. La possibilité que l'une ou l'autre de ses filles puisse lui apporter le soutien dont elle a effectivement besoin n'est dès lors pas exclue, du moins ne saurait être écartée sans instruction supplémentaire. La Justice de paix n'a en effet pas examiné si une mesure moins incisive que l'instauration d'une curatelle de représentation avec gestion du patrimoine entrait en ligne de
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compte, voire si la mesure prononcée pouvait être limitée à certains aspects, étant au demeurant relevé que la problématique des frais engendrés par la nomination d'un curateur professionnel, soulevée par la recourante, n'est pas négligeable, au vu de la situation financière de l'intéressée, débitrice d'un solde de près de CHF 15'000.- à l'égard du home où elle réside. Ce faisant, elle n'a pas respecté les principes de proportionnalité et de subsidiarité de l'art. 389 CC ».
D. A réception de l'arrêt de la Cour, la Juge de paix a, par courriers du 16 avril 2020, écrit aux personnes concernées, dont notamment C._ et A._, afin qu'elles se déterminent entre autres sur l'éventuelle nomination de A._ comme curatrice de sa mère B._.
Par lettre du 20 avril 2020, A._ a confirmé être disposée à poursuivre son travail de gestion des comptes de sa maman, B._, sous la dénomination de curatrice. Elle a précisé que, au vu de la situation financière de l'intéressée, « il serait ... surfait d'engendrer des coûts supplémentaires par la nomination d'un curateur professionnel pour 3 écritures par mois alors que je le fais depuis son entrée au Home ».
Par missive du 20 avril 2020 également, C._ a confirmé que « ce serait judicieux que ce soit ma sœur A._ qui s'occupe des affaires de notre maman cité[e] en référence comme elle le fait depuis son entrée au Home F._ à G._ ». Elle a ajouté que « ce n'est pas pour 3 écritures par mois qu'il faut nommer un curateur ce qui engendrerait des frais s'élevant à environ frs 1500 à frs 2000 par année car nous n'en avons pas les moyens ».
Par décision du 25 mai 2020, notifiée le 19 juin 2020, la Justice de paix a instauré une curatelle de représentation avec gestion du patrimoine en faveur de B._, avec pour objet de la représenter si nécessaire dans le cadre du règlement de ses affaires administratives, de veiller à lui assurer une situation de logement ou de placement appropriée et la représenter de manière générale pour tous les actes dans ce cadre, de veiller à son bien-être social et de la représenter pour tous les actes dans ce cadre, ainsi que la représenter pour le règlement de ses affaires financières, en particulier gérer son revenu et sa fortune avec toute la diligence requise. Tenant compte de l'avis unanime des parties et dès lors qu'elle s'est occupée des affaires de l'intéressée jusqu'alors, la Justice de paix a nommé A._ en qualité de curatrice de B._.
E. Par acte du 15 juillet 2020, A._ a interjeté recours contre la décision du 25 mai 2020. Elle conclut qu'elle souhaite continuer de s'occuper des affaires de sa maman sans être pour autant sa curatrice.
F. Le 23 juillet 2020, la Justice de paix a informé la Cour confirmer en tous points sa décision et renoncer à se déterminer formellement dans cette affaire. Elle a toutefois relevé que, selon le rapport médical du 28 octobre 2019 de la Dresse H._, B._ ne dispose pas de sa pleine capacité de discernement et qu'elle n'est pas capable de gérer ses affaires. Or, en cas d'incapacité de discernement, seul le conjoint dispose d'un pouvoir de représentation légale, à défaut de mandat pour cause d'inaptitude ou de curatelle ; le code civil ne prévoyant pas de cascade en faveur des enfants, comme c'est le cas s'agissant du domaine médical.
Le dossier a été remis le 24 juillet 2020 par la Justice de paix de l'arrondissement de la Glâne.
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en droit
1.
1.1. Selon l'art. 8 de la loi du 15 juin 2012 concernant la protection de l'enfant et de l'adulte (LPEA), le Tribunal cantonal connaît des recours contre les décisions rendues par l'autorité de protection – soit la Justice de paix (art. 2 al. 1 LPEA) – ou par son président ou sa présidente. La Cour de protection de l'enfant et de l'adulte (ci-après: la Cour ; art. 14 al. 1 let. c du Règlement du Tribunal cantonal du 22 novembre 2012 précisant son organisation et son fonctionnement [RTC]) est compétente pour statuer.
1.2. En l'absence de dispositions cantonales contraires, les dispositions de la procédure civile s'appliquent par analogie (art. 450f CC).