Decision ID: 8de99bda-2fe7-5326-b91a-8bcbb7ea3d5e
Year: 2019
Language: fr
Court: FR_TC
Chamber: FR_TC_005
Canton: FR
Region: Espace_Mittelland
Law Area: penal_law

considérant en fait
A. Par ordonnance pénale du 20 mars 2017 (F 16 10446), le Ministère public a condamné A._ à une amende de CHF 300.- et à la prise en charge des frais par CHF 305.- pour utilisation abusive d’une installation de télécommunication. Les faits mentionnés dans l’ordonnance pénale sont les suivants: « Le 6 septembre 2016, B._ a créé un compte Facebook au nom de « C._ » en utilisant une photo de D._ en tant qu'image de profil et en indiquant que ce dernier était en couple. Par la suite, il a envoyé à E._ depuis ce profil un photomontage que A._ lui avait transmis par le biais de l'application WhatsApp. Il s'agissait d'une photo de D._ devant un établi avec la mention « Les Ateliers de la Fondation F._ vous proposent » et le logo de dite fondation. »
A._ a formé opposition le 28 mars 2017. Le Ministère public a tenu une audience le 14 juillet 2017, à laquelle A._ ne s’est pas présenté. Le 1er mai 2018, le dossier a été transmis à la Juge de police de l’arrondissement de la Gruyère (ci-après: la Juge de police), qui a cité notamment A._ à son audience du 18 septembre 2018, qui a été renvoyée au 8 janvier 2019.
Par lettre du 21 décembre 2018, A._ a abordé la Juge de police, donnant son point de vue sur les faits de la cause et précisant qu’il entendait désormais être représenté par un avocat et qu’il lui faudrait dès lors plus de temps pour assurer sa défense.
Par courrier du 27 décembre 2018, la Juge de police a refusé de renvoyer l’audience, rendant A._ attentif aux conséquences de son absence telles qu’indiquées dans la citation.
A._ ne s’est pas présenté aux débats du 8 janvier 2019, ni personne en son nom.
Par décision du même jour, la Juge de police a constaté l’absence de A._ à l’audience, de sorte que son opposition à l’ordonnance pénale du 20 mars 2017 était réputée retirée, dite ordonnance acquérant force exécutoire.
B. Le 28 janvier 2019, A._ a déposé un recours contre la décision du 8 janvier 2019. Renvoyant pour l’essentiel à son courrier du 21 décembre 2018, il a ajouté: « Comme mentionné auparavant je suis régulièrement en déplacement à l’étranger et je n’ai pas pris connaissance du précédent courrier de Madame le Juge, de plus je suis quelque peux (sic) surpris que compte tenu de l’importance de son contenu, il n’a pas été adressé en courrier recommandé. Ce qui m’aurait interpellé. »
Le 1er février 2019, le Ministère public a renoncé à formuler des observations.
La Juge de police s’est déterminée le 7 février 2019.

en droit
1.
1.1. Le recours est recevable contre les ordonnances, les décisions et les actes de procédure des tribunaux de première instance, sauf contre ceux de la direction de la procédure (art. 393 al. 1
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let. b du Code de procédure pénale [CPP]). L’appel est quant à lui recevable contre les jugements des tribunaux de première instance qui ont clôt tout ou partie de la procédure (art. 398 al. 1 CPP). Il doit s’agir d’un jugement pénal au fond qui met fin à l’instance en se prononçant sur la culpabilité et la peine (CR CPP-KISTLER VIANIN, art. 398 n. 6). En l’espèce, la décision querellée se borne à constater que l’opposition à l’ordonnance pénale a été retirée et que l’ordonnance entre dès lors en force. Elle ne statue pas sur la culpabilité du recourant, ni sur la peine qui doit lui être infligée. Seule la voie du recours est dès lors ouverte, comme l’indique par ailleurs la décision querellée.
1.2. La date de la notification de la décision du 8 janvier 2019 à A._ ne ressort pas du dossier. Faute de preuve contraire, il y a lieu de retenir que le recourant a agi dans le délai.
1.3. La Chambre statue sans débats (art. 397 al. 1 CPP).
2.
2.1. Aux termes de l'art. 205 al. 1 CPP, quiconque est cité à comparaître par une autorité pénale est tenu de donner suite au mandat de comparution. La disposition consacre une obligation générale de comparution à la charge des personnes citées. L’art. 355 al. 2 CPP prévoit que si l’opposant à une ordonnance pénale fait défaut à une audition malgré une citation, son opposition est réputée retirée.
En l’espèce, il n’est pas contesté que A._ a été régulièrement cité à l’audience du 8 janvier 2019 par acte du 28 septembre 2018. Il a eu connaissance de cette citation, preuve en est la demande de renvoi du 21 décembre 2018. La citation mentionnait expressément, en caractères gras, que l’opposition serait réputée retirée s’il ne se présentait pas aux débats. Il n’est pas non plus contesté qu’il n’a pas comparu à l’audience de la Juge de police.
Dans son recours, A._ renvoie au contenu de sa lettre du 21 décembre 2018 dans laquelle il prenait position sur le fond de la cause et mentionnait son intention de mandater un avocat de sorte que la préparation de sa défense nécessiterait plus de temps. Hormis cela, il s’étonne que la décision renvoyant l’audience ne lui ait pas été envoyée sous pli recommandé, précisant ne pas en avoir eu connaissance en raison de ses déplacements réguliers à l’étranger. Ce faisant, il ne tente pas de démontrer que la Juge de police a mal appliqué l’art. 355 al. 2 CPP. Il ne soutient pas non plus qu’elle ait refusé à tort de renvoyer les débats, et une telle critique serait vaine car A._ a disposé depuis son opposition du 28 mars 2017 de plus de 21 mois pour préparer sa défense. A noter également que l’avocat prétendument envisagé ne s’est toujours pas manifesté presque deux mois après son courrier, et que A._ n’a absolument pas prouvé qu’il n’était pas en Suisse entre le 21 décembre 2018 et le 8 janvier 2019.
2.2. En définitive, le seul reproche un tant soi peu motivé adressé à la Juge de police par A._ consiste dans le fait qu’elle ne lui a pas adressé le refus de renvoyer l’audience sous pli recommandé, afin d’attirer son attention. On peut certes s’interroger sur la question de savoir si l’art. 85 al. 2 CPP a été violé en l’occurrence par le fait que la décision de refus de renvoi d’audience a été envoyée au recourant en Courrier A. L’art. 85 al. 2 CPP prévoit en effet que les autorités pénales notifient leurs prononcés par lettre signature ou par tout autre moyen de communication impliquant un accusé de réception. Mais la jurisprudence retient sans ambigüité que celui qui requiert un renvoi d’audience ne peut admettre de son propre chef un tel renvoi en l'absence de décision idoine (arrêts TF 6B_365/2018 du 5 juillet 2018 consid. 2.1; 6B_479/2017 du 14 juillet 2017 consid. 4.2). Ainsi, A._ ne pouvait se contenter d’adresser à la Juge de police une demande de renvoi, ne reposant par ailleurs manifestement pas sur un juste motif, sans
https://www.swisslex.ch/doc/aol/318fcfef-8fea-476f-8e7e-5c62c898e5f8/315c575f-b12a-4355-a1ad-3474409d0494/source/document-link https://www.swisslex.ch/doc/unknown/528dfb7a-fadc-4fa6-9592-4c18107dd757/citeddoc/ddea5831-7606-45a6-8adf-42f45aae9ca4/source/document-link https://www.swisslex.ch/doc/unknown/528dfb7a-fadc-4fa6-9592-4c18107dd757/citeddoc/ddea5831-7606-45a6-8adf-42f45aae9ca4/source/document-link
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se soucier ensuite de la suite qu’elle donnerait à sa requête. Son absence à l’audience du 8 janvier 2019 lui est par conséquent totalement imputable.
2.3. Il s’ensuit le rejet du recours, dans la mesure de sa recevabilité.
3.
Au vu de l’issue du recours, les frais de la procédure de recours, arrêtés à CHF 500.- (émolument: CHF 400.-; débours: CHF 100.-), sont mis à la charge du recourant (art. 428 al. 1 CPP). Il n’y a pas matière à indemnité.