Decision ID: cb44135c-7786-5327-a4b7-3bd48c769e80
Year: 2013
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_014
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: social_law

ATTENDU EN FAIT
Que le 24 mai 2005, Monsieur R_ a reçu un caillou dans l'œil gauche ce qui a eu pour conséquence une contusion oculaire de l'œil avec hyphéma subtotale;
Qu’il était alors assuré contre le risque d’accidents auprès de la SOCIETE D'ASSURANCE DOMMAGE (FRV SA; ci-après l'assurance), qui a versé une indemnité journalière de 107 fr. durant 22 jours, soit du 27 mai 2005 au 17 juin 2005 - durée de l’arrêt de travail de l'assuré;
Que le 22 janvier 2010, l'assuré a demandé à l'assurance de l'indemniser en outre pour le dommage subi;
Que, mandaté par l'assurance, le Dr A_, ophtalmo-chirurgien, a conclu après examen de l’assuré que la situation n'était pas encore stabilisée puisqu’une intervention chirurgicale sur cataracte traumatique devait encore être pratiquée;
Que le 24 mars 2010, l'assurance a informé son assuré que son droit à une indemnité pour atteinte à l'intégrité (IPAI) serait étudié à l'issue du traitement;
Que le 11 novembre 2011, l'assuré a été opéré de sa cataracte;
Que par décision du 13 décembre 2011, l'assurance lui a reconnu le droit à de nouvelles indemnités journalières pour rechute, du 11 au 22 novembre 2011 et les lui a versées;
Que le 15 mai 2012, le Dr B_, chef de clinique aux Hôpitaux Universitaires de Genève (HUG) a adressé un rapport au Dr C_, médecin-conseil de l'assurance, qui a conclu, en date du 7 juin 2012, à une atteinte à l'intégrité de 8 % selon la table n° 11 de la CAISSE NATIONALE SUISSE D’ASSURANCE EN CAS D’ACCIDENTS (Schweizerische Unfallversicherungsanstalt ; ci-après la SUVA);
Que, par décision du 26 juin 2012, l'assurance a reconnu à l'assuré le droit à une IPAI de 8 %, correspondant à un montant de 10'080 fr. versé à l'intéressé le 3 juillet 2012;
Que le 11 juillet 2012, l'assuré a contesté le degré d’atteinte à l’intégrité retenu;
Que, par décision du 2 août 2012, l'assurance a confirmé sa décision précédente au motif que son médecin-conseil avait constaté que l'assuré disposait d'une vision résiduelle de 0,6 à l'œil gauche et que selon la table n° 11 de la SUVA, le taux pour une telle atteinte s'élevait à 8 % du gain annuel assuré en vigueur le jour de l'accident;
Que le 10 septembre 2012, l'assuré a interjeté recours auprès de la Cour de céans en arguant qu’il souffre non seulement d’une réduction de la fonction visuelle de l’œil gauche, mais également d’une photophobie relativement importante qui ne peut être que partiellement améliorée par le port d'un verre photochrome, d’une gêne importante de nuit ou en cas de changement de luminosité soudain, et que l’assurance n’a pas tenu compte de ces éléments alors que le chiffre 9 de la table n°11 de la SUVA prévoit, en cas de photophobie grave, une IPAI de 5 %;
Qu’invitée à se déterminer, l'intimée, dans sa réponse du 1
er
novembre 2012, a conclu au rejet du recours en reprenant en substance la motivation de la décision litigieuse et en ajoutant que si elle n’a pas tenu compte de la photophobie relevée par le Dr B_, c’est que celle dont souffre l’assuré ne peut être qualifiée de grave;
Qu'interrogé par la Cour de céans, l'intimée lui a fait parvenir un courrier de son médecin-conseil du 6 novembre 2012 dans lequel ce dernier explique qu'il a considéré que la photophobie de l’assuré n'était pas suffisamment grave pour être indemnisée dans la mesure où elle était qualifiée de « relativement importante » et non d’« importante » ou de « très importante » par le Dr B_ ;
Qu'interrogé à son tour, ce dernier a répondu en date du 23 novembre 2012 que si l’assuré, en cas de luminosité normale, était apte à réaliser ses activités courantes, en revanche, il était gêné en cas de changement de luminosité, de forte luminosité ou de nuit;
Que le médecin a ajouté que puisque son patient était gêné dans certaines activités, on pouvait qualifier la photophobie de grave, au point de devoir d’ailleurs envisager une chirurgie dans le but de réduire le diamètre pupillaire;
Qu'en conclusion le Dr B_ a émis l’avis que son patient devrait se voir accorder non seulement une IPAI de 8 % pour la diminution unilatérale de la vision, mais également de 8 % pour pseudophakie unilatérale et de 5 % pour éblouissement/ photophobie;
Que l'intimée, par écriture du 6 décembre 2012, a persisté dans ses conclusions en relevant que, si une nouvelle intervention devait être pratiquée, cela pourrait encore influer sur le taux de l'atteinte;
Qu’en conclusion, elle a suggéré de soumettre l'assuré à une expertise médicale;
Que les parties ont été invitées à communiquer à la Cour de céans les questions qu'elles souhaitaient voir poser à l’expert, ainsi qu’a faire valoir leurs éventuels motifs de récusation contre le Dr D_, pressenti pour l'expertise;
Que les parties ont indiqué par écriture du 31 janvier 2013, respectivement du 7 février 2013, ne pas avoir de motifs de récusation à faire valoir.

CONSIDERANT EN DROIT
Que depuis le 1er janvier 2011, la Chambre des assurances sociales est compétente en matière d’assurance-accidents (art.134 de la loi sur l’organisation judiciaire; LOJ - RS
E 2 05
);
Que la loi sur la partie générale des assurances sociales (LPGA), entrée en vigueur le 1er janvier 2003, est applicable au cas d’espèce;
Que le recours, déposé dans les formes et délai prévus par la loi est recevable à la forme (art. 56 et 60 LPGA);
Qu’il convient en l’occurrence de se déterminer sur le taux de l’IPAI accordée au recourant;
Que, selon le principe inquisitoire qui régit la procédure dans le domaine des assurances sociales, le juge doit établir (d'office) les faits déterminants pour la solution du litige, avec la collaboration des parties, administrer les preuves nécessaires et les apprécier librement (art. 61 let. c LPGA; cf. ATF
125 V 193
consid. 2);
Qu’il doit procéder à des investigations supplémentaires ou en ordonner lorsqu'il y a suffisamment de raisons pour le faire, eu égard aux griefs invoqués par les parties ou aux indices résultant du dossier;
Qu’en particulier, il doit mettre en œuvre une expertise lorsqu'il apparaît nécessaire de clarifier les aspects médicaux du cas (ATF
117 V 282
consid. 4a; RAMA 1985 p. 240 consid. 4 ; ATFA non publié I 751/03 du 19 mars 2004, consid. 3.3);
Que les coûts de l'expertise peuvent être mis à la charge de l'assureur social (ATF
137 V 210
consid. 4.4.2);
Qu’il convient en l'espèce d’ordonner une telle expertise, laquelle sera confiée au Dr D_;
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