Decision ID: 358ad8f0-93fa-5ed9-bfde-0c6a3cb73e56
Year: 2010
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_005
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 

EN FAIT
A.
Le 29 octobre 2008, une assistance juridique a été octroyée à F_ dans le cadre d'une procédure de mainlevée d'opposition et d'une plainte pénale pour violation d'une obligation d'entretien. Cette assistance juridique a été subordonnée au paiement de contributions mensuelles de 30 fr.
F_ a, par la suite, bénéficié de plusieurs octrois complémentaires, dans lesquels il était précisé que la contribution précitée restait due.
B.
Par décision du 23 juin 2010, communiquée pour notification le lendemain, la Vice-présidente du Tribunal de première instance a condamné F_ au paiement de 1'230 fr. à l'Etat de Genève (art. 4 al. 5 et 22 al. 2 RAJ).
C.
Par acte déposé le 15 juillet 2010 au greffe de la Cour de justice, F_ a recouru contre cette décision, au motif que sa situation financière ne lui permettait pas de payer le montant fixé, serait-ce par mensualités.
Elle a fait parvenir au Service de l'assistance juridique, séparément, divers documents parmi lesquels une décision d'octroi de prestations, rendue le 12 juillet 2010 par l'Hospice général concernant l'aide allouée dès le mois d'août 2010 à F_ et à sa fille, C_, née le _.
D.
La situation financière de F_ est la suivante :
Ses ressources, totalisant 2'674 fr. 15, se composent d'une aide de l'Hospice général, d'allocations familiales et d'une pension alimentaire de 300 fr.
Ses charges incompressibles, qui s'élèvent à 3'558 fr. 75, sont : loyer (allocation déduite : 870 fr. 75), assurance maladie (subside déduit : 348 fr.) et montant de base selon les normes d'insaisissabilité de l'Office des poursuites, augmenté de 20%
(2'340 fr.).

EN DROIT
1.
Le recours est recevable pour avoir été déposé selon la forme et dans le délai prescrits (art. 143A al. 3 LOJ). Il n'y a pas lieu d'entendre la recourante, celle-ci ne le sollicitant pas et le dossier contenant suffisamment d'éléments pour statuer.
2.
2.1.
Conformément aux garanties dégagées de l'art. 29 al. 3 Cst. féd., le droit genevois assure le bénéfice de l'assistance juridique au justiciable indigent dont les prétentions et moyens de fait ou de droit ne sont pas manifestement infondés ni procéduralement inadmissibles (art. 143A LOJ; 2 al. 1 et 3 al. 2 RAJ ; ATF
122 I 267
consid. 2a).
Une personne est indigente lorsqu'elle ne peut assurer les frais liés à la défense de ses intérêts sans porter atteinte au minimum nécessaire à son entretien et à celui de sa famille (ATF
128 I 225
consid. 2.5.1;
127 I 202
consid. 3b).
L'indigence d'un requérant d'assistance juridique s'apprécie en fonction de l'ensemble de ses ressources, dont ses revenus, sa fortune et ses charges (ATF
127 I 202
; ATF
120 Ia 179
consid. 3a), tous les éléments relevants étant pris en considération (ATF
124 I 1
consid. 2a; SJ 1997 p. 670).
2.2.
Aux termes de l'art. 4 al. 2 RAJ, la gratuité de l'assistance peut être remplacée par l'octroi d'avances ou de facilités de paiement, dans la mesure où le requérant peut, immédiatement ou sur la durée, et sans porter atteinte à ses besoins fondamentaux et à ceux de sa famille, prendre en charge une partie de ses frais de justice ou honoraires d'avocat.
L'alinéa 5 de cette disposition précise qu'en règle générale et le cas échéant, l'octroi ou le maintien de l'assistance est subordonné au remboursement ou au paiement par le bénéficiaire, sous forme de mensualités, des montants avancés ou des facilités de paiement accordées par l'Etat. La dette envers l'Etat est réputée éteinte après le versement de 60 mensualités.
A l'issue de la procédure ou des démarches pour lesquelles l'assistance juridique a été octroyée, le bénéficiaire est condamné, le cas échéant, au paiement des montants dus, sous déduction des remboursements et paiements effectués (art. 22 al. 2, 2
ème
phrase RAJ).
3.
En l'espèce, les charges incompressibles de la recourante s'élèvent à 3'558 fr. 75 tandis que ses revenus totalisent 2'674 fr. 15. Son budget présente donc un déficit de près de 900 fr. Exiger de la recourante de rembourser le montant fixé dans la décision querellée porte atteinte, dès lors, à ses besoins fondamentaux.
Par conséquent, il convient d'annuler la décision entreprise.
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