Decision ID: 9c37e131-ddca-51af-9d9f-6e19fdfca661
Year: 2009
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_007
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 

EN FAIT
Sur réquisition du 30 octobre 2008 de la Fondation FAR, l'Office des poursuites (ci-après : l'Office) a notifié un commandement de payer à M_ SA le 10 décembre 2008 dans le cadre de la poursuite n° 08 xxxx82 V auquel la débitrice a formé opposition.
Le Tribunal cantonal des assurances sociales (ci-après : le TCAS) a rendu en date du 2 juin 2009 un arrêt n°
ATAS/701/2009
prononçant notamment mainlevée définitive de l'opposition formée au commandement de payer en question, à concurrence de 80'000 fr. plus intérêts dès le 15 août 2006 et 85'000 fr. plus intérêts dès le 17 août 2007.
La Fondation FAR ayant requis la continuation de la poursuite le 3 juillet 2009, l'Office a notifié le 8 juillet 2009 une commination de faillite à M_ SA.
Par acte du 20 juillet 2009, M_ SA a déposé plainte contre la commination de faillite qui lui a été notifiée le 8 juillet 2009. Elle considère que comme l'arrêt du TCAS du 2 juin 2009 n'est pas devenu définitif et peut faire l'objet d'un recours de droit public au Tribunal fédéral jusqu'au 17 août 2009, il n'est pas possible de lui notifier une commination de faillite avant l'échéance de ce délai, faute d'un jugement exécutoire. La plaignante a assorti sa plainte d'une demande d'effet suspensif.
La Commission de céans a rejeté la demande d'effet suspensif par ordonnance du 22 juillet 2009.
La Fondation FAR a fait parvenir sa détermination le 23 juillet 2009, concluant au rejet de la plainte. La Fondation FAR note que certes l'arrêt du TCAS n'est pas à ce jour définitif mais que par contre, il est exécutoire si l'on se réfère à l'art. 103 LTF qui prévoit que le recours auprès du Tribunal fédéral ne bénéficie pas d'un effet suspensif automatique. Même si M_ SA devait déposer par la suite un recours auprès du Tribunal fédéral et que celui-ci bénéficie de l'effet suspensif, il n'empêche que la notification de la commination de faillite resterait valable.
L'Office a fait parvenir son rapport daté du 5 août 2009 concluant également au rejet de la plainte, notant que le Tribunal fédéral a déjà admis qu'une commination de faillite peut être notifiée nonobstant un recours pendant contre une décision de mainlevée, pour autant que le recours en question n'ait pas d'effet suspensif (ATF
101 III 40
, consid. 2), étant rappelé qu'un recours au Tribunal fédéral n'a pas d'effet suspensif, sauf sur requête d'une partie.
Le 5 août 2009, le Tribunal fédéral a communiqué à la Commission de céans l'ordonnance
5A_512/2009
, informant du dépôt par M_ SA d'un recours et que "
La demande d'effet suspensif est rejetée, vu que le recours en matière civile apparaît dénué de toute chance de succès
".

EN DROIT
1. La présente plainte a été formée en temps utile auprès de l’autorité compétente contre une mesure sujette à plainte par une personne ayant qualité pour agir par cette voie (art. 17 LP ; art. 10 al. 1 et 13 LaLP ; art. 56R LOJ).
Elle est donc recevable.
2.a. Selon l’art. 88 al. 2 LP, le droit de requérir la continuation de la poursuite se périme par un an à compter de la notification du commandement de payer. Si opposition a été formée, ce délai ne court pas entre l’introduction de la procédure judiciaire ou administrative et le jugement définitif. S’agissant de l’action en reconnaissance de dette de l’art. 79 LP, le délai de péremption ne reste suspendu que tant que le créancier n’a pas la faculté d’obtenir une déclaration authentique certifiant le caractère définitif et exécutoire du jugement levant l’opposition (ATF
113 III 120
consid. 3, JdT
1989 II 158
;
106 III 51
consid. 3, JdT
1982 II 137
). En matière de mainlevée d’opposition, pour qu’une décision de première instance n’entre pas en force dès sa notification, il faut que la procédure cantonale prévoie un recours ayant, de par la loi, un effet suspensif (ATF
101 III 40
consid. 2, JdT
1977 II 7
et arrêts cités). Dans cette hypothèse, la suspension du délai de péremption de l’art. 88 al. 2 LP est prolongée jusqu’à l’échéance du délai de ce recours ordinaire assorti d’effet suspensif et, en cas de recours, jusqu’à ce que le créancier soit en mesure d’obtenir du tribunal l’attestation d’entrée en force du jugement rendu (ATF
126 III 479
consid. 2a, JdT
2000 II 84
).
2.b. En droit cantonal genevois, les arrêts rendus par le TCAS sont rendus, en matière de contestations relatives à la prévoyance professionnelle, en instance unique (art. 56 V al. 1 let. b LOJ) et ne peuvent faire l'objet que d'un recours auprès du Tribunal fédéral.
2.c. Le recours est ouvert devant le Tribunal fédéral, en matière de droit public, contre les jugements de mainlevée définitive ou provisoire (art. 82 et ss. LTF).
Le recours n'a pas d'effet suspensif, sauf sur requête d'une partie (art. 103 al. 1 LTF).
3.a. Il est admis qu'une commination de faillite peut être notifiée nonobstant un recours pendant contre la décision de mainlevée, pour autant que le recours n'ait pas d'effet suspensif (ATF
101 III 40
consid. 2, JdT
1977 II 7
; confirmé dans ATF
126 III 479
consid. 2a et b, JdT
2000 II 84
).
En l'espèce, la requête d'effet suspensif, qui assortissait le recours du plaignant au Tribunal fédéral contre l'arrêt de la Cour de justice prononçant la mainlevée, a été rejetée par ordonnance du 5 août 2009.
Il s'ensuit que, tant au jour du dépôt de la réquisition de continuer la poursuite, le 3 juillet 2009, qu'à celui de la notification de la commination de faillite le 8 juillet 2009, l'arrêt cantonal était exécutoire. Partant, c'est à bon droit que l'Office a donné suite à la réquisition de continuer la poursuite en notifiant une commination de faillite au plaignant.
La plainte sera ainsi rejetée.
* * * * *