Decision ID: 4af64bb1-b946-5726-addc-ca1283a24134
Year: 2010
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_007
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 

EN FAIT
Par courrier du 6 août 2010, l'Office des poursuites (ci-après : l'Office) a adressé un avis de saisie pour le 16 août 2010 à M. P_, dans le cadre de la poursuite n° 10 xxxx98 X.
L'Office a interrogé M. P_ le 16 août 2010 à son domicile, puis a procédé à des investigations complémentaires. Il a saisi le véhicule automobile de marque C_ de M. P_. Il a également adressé une demande de renseignement auprès des principales banques de la place, avec demande de blocage. L'Office a ainsi constaté que le débiteur était titulaire d'un compte auprès de la Banque M_, sur lequel il perçoit des remboursements d'avances de frais consenties à Mme C_, son amie, et qui ont été par la suite justifiées par son curateur.
L'Office s'est en outre aperçu que M. P_ s'est empressé, le 16 août 2010, jour de la saisie, de retirer 6'000 fr. de son compte postal n° 12-xxxxx-9.
Par acte du 28 août 2010, M. P_ a porté plainte auprès de la Commission de céans, contre les mesures de saisie dont il fait l'objet. Il indique s'être fait bloquer son courrier et ses comptes auprès de la Poste suisse et de la Banque Cantonale de Genève, sans tenir compte du fait que ses rentes AVS et OCPA y étaient créditées, et qu'un des compte ne lui appartenait pas. Il considère être la victime d'abus de pouvoir de la part de l'huissière en charge de ce dossier, notamment lorsqu'elle a voulu lui saisir une radio avec tourne-disques vinyls vieux de 25 ans ou qu'elle l'a obligé à fermer un safe auprès de la Banque Cantonale de Genève. Il termine en exigeant une lettre d'excuses de l'Office et des mesures disciplinaires contre Mme J_, huissière assistante .
M. P_ a encore écrit à la Commission de céans le 31 août 2010, par rapport à son amie, Mme C_, et des mesures prises par l'huissière en charge du dossier :
"Je vous précise que c'est mon amie depuis plus de vingt ans et que la première bécasse qui touche à sa personnalité sera morte immédiatement, car il n'y a aucune solution à l'égard de bécasses illettrées de cette espèce.
Ce n'est pas ma protégée qui est en cause, elle n'a rien à voir dans cette histoire, seulement les phantasmes d'une bécasse mal baisée. Mais si elle a peur de me le dire en face, elle a raison car elle sera immédiatement descendue".
C. L'Office a remis son rapport daté du 16 septembre 2010. Il indique qu'au vu de l'importance de la créance en poursuite (230'630 fr. 35), il se devait d'investiguer de manière plus approfondie, motivant son intervention auprès du curateur de l'amie du débiteur pour justifier les sommes créditées sur ce compte ainsi que les recherches auprès des différents établissements bancaires de la place. L'Office indique que seuls deux comptes du débiteur ont été bloqués, soit le compte postal ainsi que le compte auprès de la Banque M_. Par contre, le compte auprès de la Banque Cantonale de Genève a toujours été laissé à la libre disposition du plaignant. Il conteste avoir bloqué son courrier auprès de sa case postale. De plus, aucun bien saisissable n'a été constaté au domicile de M. P_.
Le 6 septembre 2010, l'Office a procédé à la levée de la mesure de blocage du compte postal et du compte auprès de la Banque M_, considérant qu'il était constitué uniquement de montants découlant de la capitalisation de sa rente AVS.
L'Office conteste avoir contraint le plaignant à solder son safe et indique que c'est suite à son interrogatoire qu'il a décidé unilatéralement de résilier ce contrat de location, bien qu'il ait été averti des conséquences pénales d'un tel agissement. L'Office relève en sus que le plaignant a retiré 6'000 fr. de son compte postal le jour de la saisie.
L'Office indique que les propos infamants, voire méprisants et répétés du plaignant dénotent une menace certaine, et feront l'objet d'une dénonciation à Monsieur le Procureur général. L'Office signale que l'huissière visée va déposer une plainte pénale.

EN DROIT
1. La présente plainte a été formée en temps utile auprès de l’autorité compétente contre une mesure sujette à plainte par une personne ayant qualité pour agir par cette voie (art. 17 LP ; art. 10 al. 1 et 13 LaLP ; art. 56 R al. 3 LOJ).
Elle est donc recevable.
2. Toute mesure de saisie ayant été levée en date du 6 septembre 2010, la Commission de céans constate que la présente plainte est devenue sans objet en cours de procédure.
La cause sera ainsi rayée du rôle.
3. Les contenus des courriers du plaignant des 28 et 31 août 2010 relèvent du domaine pénal, des menaces d'attenter à la vie de l'huissière en charge de ce dossier y figurant, sans compter d'autres propos désobligeants, quand ils ne sont pas attentatoires à l'honneur ou calomnieux.
Ces faits seront dénoncés conformément à l'art. 12 al. 4 LaLP à Monsieur le Procureur général.
4. Selon l'art. 14 al. 2 LP, des mesures disciplinaires peuvent être prises contre un préposé ou un employé, d'office ou sur dénonciation du lésé. Le droit fédéral ne confère toutefois pas aux parties la possibilité de requérir des mesures disciplinaires. Tout au plus une telle conclusion de leur part peut-elle être considérée comme une dénonciation invitant la Commission de céans à prononcer une sanction disciplinaire ; le dénonciateur n'a cependant aucun des droits d'une "partie", en particulier il n'a pas droit à une décision. C’est là une question dont la Commission de céans est seul maître (BlSchK 2002 45 ; Pierre-Robert
Gilliéron
, Commentaire ad art. 14 n. 35 et ad art. 17 n° 77 ss ;
DCSO/48/2008
du 31 janvier 2008 ;
DCSO/250/04
consid. 3.g du 19 mai 2004 ;
DCSO/186/03
consid. 4 in fine du 22 mai 2003).
Les conclusions du plaignant en ce sens que des mesures disciplinaires soient prononcées sont irrecevables dans le cadre de la présente plainte.
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