Decision ID: bc0410ea-3c35-5115-a479-d4de04dc8cad
Year: 2006
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_014
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: social_law

EN FAIT
Par jugement du 6 avril 2006, la 3
ème
chambre du Tribunal de première instance a prononcé le divorce de Madame M_, née D_ le 1974, et Monsieur Christophe M_, né le 1969, lesquels s'étaient mariés en date du 10 juin 2000.
Au chiffre 2 du dispositif du jugement précité, le Tribunal de première instance a ordonné le partage par moitié des avoirs de prévoyance professionnelle acquis par chacun des époux durant le mariage.
Le jugement de divorce est devenu définitif le 24 mai 2006 et a été transmis d'office au Tribunal de céans le 1
er
juin 2006 pour exécution du partage.
Le Tribunal de céans a sollicité des parties le nom de leur institution de prévoyance, puis a interpellé les institutions défenderesses en les priant de lui communiquer les montants des avoirs LPP des parties acquis durant le mariage, soit entre le 10 juin 2000 et le 24 mai 2006.
S'agissant de la demanderesse, il est apparu qu'elle a été affiliée à la CAISSE DE RETRAITE DES EMPLOYES DE PICTET & CIE, puis à la FONDATION DE PREVOYANCE EN FAVEUR DU PERSONNEL DU COMPTOIR IMMOBILIER GENEVOIS et que la totalité de son avoir a ensuite été transmis, le 12 avril 2005, à la SOCIETE SUISSE D'ASSURANCES GENERALES SUR LA VIE HUMAINE (SWISSLIFE). Cette dernière fondation a indiqué, par courrier du 15 août 2006, que le montant de l'avoir à partager s'élevait à 32'557 fr. (35'447.- au 24 mai 2006 ./. 2'890.- au 10 juin 2000, intérêts au 24 mai 2006 inclus).
Quant au demandeur, la CAISSE DE PREVOYANCE DU PERSONNEL ENSEIGNANT DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE ET DES FONCTIONNAIRES DE L’ADMINISTRATION DU CANTON DE GENEVE a indiqué, par courrier du 20 juin 2006, que l'avoir qu'il avait accumulé durant le mariage s'élevait à 32'440 fr. 15 (98'716.30 au 31 mai 2006 ./. 66'276.15 au 10 juin 2000 intérêts au 31 mai 2006 inclus).
Ces documents ont été transmis aux parties en date du 18 août 2006. Il leur a été indiqué qu'à défaut d'observations de leur part dans le délai imparti, un arrêt serait rendu sur cette base. En l'absence d'objections dans le délai fixé, la cause a été gardée à juger.

EN DROIT
L'art. 25a de la loi fédérale sur le libre passage dans la prévoyance professionnelle, vieillesse, survivants et invalidité du 17 décembre 1993 (LFLP), entré en vigueur le 1er janvier 2000, règle la procédure en cas de divorce. Lorsque les conjoints ne sont pas d’accord sur la prestation de sortie à partager (art. 122 et 123 Code Civil - CC), le juge du lieu du divorce compétent au sens de l'art. 73 al. 1 de la loi fédérale sur la prévoyance professionnelle du 25 juin 1982 (LPP), soit à Genève le Tribunal cantonal des assurances sociales depuis le 1
er
août 2003, doit, après que l'affaire lui a été transmise (art. 142 CC), exécuter d'office le partage sur la base de la clé de répartition déterminée par le juge du divorce.
Selon l'art. 22 LFLP (nouvelle teneur en vigueur depuis le 1er janvier 2000), en cas de divorce, les prestations de sortie acquises durant le mariage sont partagées conformément aux art. 122, 123, 141 et 142 CC; les art. 3 à 5 LFLP s'appliquent par analogie au montant à transférer (al. 1). Pour chaque conjoint, la prestation de sortie à partager correspond à la différence entre la prestation de sortie, augmentée des avoirs de libre passage existant éventuellement au moment du divorce, et la prestation de sortie, augmentée des avoirs de libre passage existant éventuellement au moment de la conclusion du mariage (cf. art. 24 LFLP). Pour ce calcul, on ajoute à la prestation de sortie et à l'avoir de libre passage existant au moment de la conclusion du mariage les intérêts dus au moment du divorce (ATF
128 V 230
; ATF
129 V 444
).
En l’espèce, le juge de première instance a ordonné le partage par moitié des prestations de sortie acquises durant le mariage par les demandeurs. Les dates pertinentes sont, d’une part, celle du mariage, le 10 juin 2000, d’autre part le 24 mai 2006, date à laquelle le jugement de divorce est devenu exécutoire.
Selon les documents produits, la prestation acquise pendant le mariage par le demandeur est de 32'440 fr. 15 tandis que celle acquise par son ex-épouse s'élève à 32'557 fr., les intérêts ayant déjà été calculés par les institutions de prévoyance défenderesses. Ainsi le demandeur doit à son ex-épouse le montant de 16'220 fr. 10 (32'440 fr. 15 : 2), alors qu'elle lui doit le montant de 16'278 fr. 50 (32'557 fr. : 2) de sorte que c’est en définitive la demanderesse qui devra verser à son ex-époux le montant de 58 fr. 40.
Conformément à la jurisprudence, depuis le jour déterminant pour le partage jusqu'au moment du transfert de la prestation de sortie ou de la demeure, le conjoint divorcé bénéficiaire de cette prestation a droit à des intérêts compensatoires sur le montant de celle-ci. Ces intérêts sont calculés au taux minimum légal selon l'art. 12 de l'ordonnance sur la prévoyance professionnelle vieillesse, survivants et invalidité du 18 avril 1984 (OPP 2) ou selon le taux réglementaire, si celui-ci est supérieur (ATF non publié B 36/02 du 18 juillet 2003)
Aucun émolument ne sera perçu, la procédure étant gratuite (art. 73 al. 2 LPP et 89H al. 1 de la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 1985).