Decision ID: 841ed09c-7e12-4c8b-84f3-449541fade3a
Year: 2009
Language: fr
Court: VD_TC
Chamber: VD_TC_031
Canton: VD
Region: Région lémanique
Law Area: public_law

Vu les faits suivants
A. Lorsque C.X._, ressortissante brésilienne née le 11 décembre 1970, a quitté le Brésil au mois de mars 2006 pour se rendre au Portugal en vue d'épouser le 10 novembre 2006 D.Y._, ressortissant portugais né le 14 mars 1961, elle a laissé au pays ses deux filles, A.X._, née le 21 janvier 1993 et B.X._, née le 25 octobre 1994, toutes deux originaires du Brésil. Ces deux enfants ont été confiés à la tante, respectivement sœur de C.X._.
C.X._ a rejoint le 28 janvier 2007 son mari en Suisse où celui-ci exerçait depuis le 13 novembre 2006 une activité de maçon-paysagiste, au bénéfice d'un titre de séjour CE/AELE. D.Y._ s'est vu ensuite confier par 2.******** une mission dès le 21 mars 2007 auprès d'un pépiniériste en qualité d'aide-jardinier, puis dès le 18 juillet 2007 une mission en qualité de maçon. En raison de ses activités professionnelles, D.Y._ s'est vu délivrer, le 4 avril 2007, une autorisation de séjour CE/AELE de courte durée, valable jusqu'au 11 novembre 2007, puis le 23 novembre 2007, une autorisation de séjour CE/AELE valable jusqu'au 21 novembre 2012 lui permettant d'exercer une activité lucrative.
C.X._ est au bénéfice d'une autorisation de séjour CE/AELE valable jusqu'au 21 novembre 2012, pour vivre auprès de son conjoint. Elle n'a pas mentionné au moment de son arrivée en Suisse l'existence de ses deux filles restées à l'étranger.
De l'union de C.X._ et de D.Y._, sont issus deux enfants, E.X.Y._, née le 13 novembre 2007 et F.X.Y._, né le 20 mars 2009, demi-sœur et demi-frère de A.X._ et d' B.X._.
B. A.X._ et sa sœur B.X._ sont arrivées en Suisse le 8 août 2007 dans le cadre d'un séjour touristique, non soumis à l'obligation de visa. Elles ont annoncé le 1er février 2008 leur arrivée, soit cinq mois et demi après leur entrée en Suisse, et elles ont requis la délivrance d'une autorisation de séjour par regroupement familial. Leur père G._ a consenti à la venue des intéressées en Suisse.
Les requérantes ont été scolarisées en Suisse à leur arrivée.
C. C.X._, qui s'occupe de ses quatre enfants, n'exerce pas d'activité professionnelle. Elle n'a jamais travaillé en Suisse.
D. D.Y._ a réalisé au service de 2.******** un salaire net de 3'871.55 fr. en septembre 2007, de 3'201.70 fr. le mois suivant et de 4'430.95 fr. au mois de novembre 2007.
Toujours dans le cadre de missions confiées par 2.********, D.Y._ a gagné la somme nette de 4'237.95 fr. en avril 2008, 4'332.70 fr. en mai 2008, 3'495.45 fr. en juin 2008, 3'251.30 fr. en juillet 2008. Ces salaires comprennent le prélèvement de l'impôt à la source.
D.Y._ a perçu des indemnités de l'assurance-chômage dès le mois de juillet 2008 (délai-cadre 11.07.08 - 10.07.10) sur la base d'un gain assuré de 5'202 fr. (v. décomptes de juillet, août, septembre et octobre 2008).
Au mois d'octobre 2008, son salaire était de 2'600.25 fr. et de 4'778.60 fr. en novembre 2008 en qualité de carreleur B auprès de 3.********.
Au 15 décembre 2008, D.Y._ n'avait plus de mission auprès de 3.******** et cette entreprise temporaire n'était d'ailleurs pas au bénéfice de l'autorisation requise du secrétariat à l'économie (SECO).
D.Y._ a bénéficié des indemnités de l'assurance-chômage en janvier, février et mars 2009 (v. décomptes produits par les recourantes).
E. Du 1er décembre 2007 au 31 mai 2008, D.Y._ et C.X._ ont bénéficié des prestations des services sociaux, à concurrence d'un montant total de 17'344.50 fr. au 1er juillet 2008 (1'119.20 fr au mois de mai 2008).
F. Le 5 novembre 2008, le Service de la population (SPOP) a informé C.X._ et son mari D.Y._ qu'il envisageait de refuser l'octroi des autorisations de séjour sollicitées en faveur des filles de la première, parce qu'ils avaient perçu des prestations complémentaires à leur revenu, par le biais de l'aide sociale vaudoise, "à concurrence de 1'119,20 fr. par mois et ceci depuis le 1er décembre 2007" (sic).
Les intéressés ont produit le bulletin de salaire de D.Y._ daté du 2 décembre 2008 dont il résultait qu'au mois de novembre 2008 il avait réalisé un salaire net de 4'778.60 fr.
G. Par décision du 26 février 2009, le SPOP a refusé l'octroi des autorisations sollicitées en faveur de A.X._ et sa sœur B.X._ et leur a imparti un délai d'un mois, dès notification de cette décision, pour quitter la Suisse.
H. Par acte du 13 avril 2009, A.X._ et sa sœur B.X._ ont saisi la Cour de droit administratif et public du Tribunal cantonal d'un recours dirigé contre le refus du SPOP, concluant, avec dépens, à l'admission du regroupement familial auprès de leur mère, beau-père et deux demi-frère et sœur. Le recours déposé en leur nom est signé de leur beau-père D.Y._.
L'effet suspensif a été accordé au recours.
I. Dans sa réponse du 27 mai 2009, le SPOP a conclu au rejet du recours.
L'autorité intimée a joint à son dossier les décomptes de prestations de l'aide sociale octroyées à la famille. L'aide sociale perçue s'élevait à 30'287.45 fr. au total pour la période de décembre 2007 à mai 2009. C'est ainsi que la famille a obtenu le versement de:
- 3'076.80 fr. en décembre 2007;
- 4'478 fr. en janvier 2008;
- 4'220.95 fr. en février 2008;
- 4'134.75 fr. mars 2008;
- 314.80 fr. en avril 2008;
- 1'119.20 fr. en mai 2008;
- 2'034.65 fr. en juin 2008;
- 3'945.75 fr. en juillet 2008;
- 4'340.90 fr. en août 2008;
- 825.85 fr. en octobre 2008;
- 659.25 fr. en décembre 2008;
- 61.35 fr. en janvier 2009;
- 665.60 fr. en février 2009;
- 409.60 fr. en mars 2009.
Le SPOP, tenant compte d'un revenu mensuel de 4'631.85 fr. (4'275.55 fr., montant des indemnités de chômage en janvier 2009, versés treize fois l'an), a calculé que la famille ne disposait pas de revenus suffisants (déficit de 619 fr. par mois), après déduction des primes d'assurance maladie, du loyer et du minimum vital de six personnes (v. analyse des conditions du regroupement familial du 14 mai 2009).
Les recourantes n'ont pas déposé des observations complémentaires.
J. C.X._ ne fait pas l'objet de poursuites en cours et elle n'est pas titulaire d'acte de défaut de biens. Quant à son mari D.Y._, il fait l'objet de poursuites en cours pour un montant de 17'384.55 fr. (dont l'une pour 2'842.45 fr. frappée d'opposition totale et l'autre, périmée, pour 14'542.10 fr.). Il n'a pas d'acte de défaut de biens. Les recourants n'ont donné aucun renseignement, relatifs notamment à l'évolution de leur situation financière et professionnelle, suite à l'avis du juge instructeur du 16 septembre 2009.
K. Le tribunal a statué par voie de circulation.

Considérant en droit
1. a) Selon l'art. 3 par. 1 première phrase annexe I de l'Accord conclu le 21 juin 1999 entre la Confédération suisse, d'une part, et la Communauté européenne et ses Etats membres, d'autre part, sur la libre circulation des personnes (ALCP; RS 0.142.112.681), les membres de la famille d'une personne ressortissant d'une partie contractante ayant un droit de séjour ont le droit de s'installer avec elle. L'art. 3 par. 2 let. a annexe I ALCP précise que sont considérés comme membres de la famille, quelle que soit leur nationalité son conjoint et leurs descendants de moins de 21 ans ou à charge.
b) Pour l'instant, le Tribunal fédéral a laissé explicitement ouverte la question de savoir si l'art. 3 annexe I ALCP s'appliquait aussi aux enfants qui n'étaient pas ceux du ressortissant communautaire, mais seulement de son conjoint (ATF 130 II 1 consid. 5.8 (d), traduit et résumé in RDAF 2005 I 621 et ss et réf. cit.), comme dans le cas d'espèce. Tandis que l'art. 3 par. 2 let. b annexe I ALCP mentionne aussi les ascendants du conjoint, il ne le fait pas de la même manière pour ses enfants. Comme le relève Laurent Merz (Le droit de séjour selon l'ALCP et la jurisprudence du Tribunal fédéral, in RDAF 2009 I 248 et ss, chiffre 9.3 p. 280), une large majorité de la doctrine ainsi que la Cour de justice des communautés européennes (Arrêt de la CJCE du 17 septembre 2002, C-413/1999 Baumbast, Rec. 2002, p. I-7091, n. 57, concernant l'art. 10 par. 1 du règlement (CEE) n° 1612/68, similaire à l'art. 3 par. 2 annexe I ALCP) considèrent toutefois cette distinction comme une erreur rédactionnelle. Il n'y a pas de raison de pouvoir faire venir les parents et grands-parents du conjoint, mais pas les propres enfants et petits-enfants du conjoint. Selon l'art. 3 par. 2 al. 2 annexe I ALCP, les parties contractantes favorisent aussi l'admission de tout autre membre de la famille qui ne tombe pas sous une des catégories précitées (let. a, b ou c), s'il se trouve à la charge ou vit, dans les pays de provenance, sous le toit du ressortissant d'un État contractant. Selon Laurent Merz (op. cit., p. 281) cela peut concerner par exemple des oncles, tantes, frères et soeurs, nièces et neveux. Les autorités devraient entrer en matière sur des demandes à leur sujet et examiner celles-ci dans l'esprit de cette norme.
c) Reste à examiner si les recourantes, d'origine brésilienne et qui ont quitté le Brésil pour arriver directement en Suisse, peuvent invoquer l'art. 3 annexe I ALCP, car l'exercice du droit au regroupement familial prévu par l'art. 3 annexe I ALCP présupposait au moment du dépôt du présent recours pour les ressortissants non communautaires qu'ils puissent justifier d'un séjour légal préalable dans une partie contractante (cf. arrêt CJCE du 23 septembre 2003, C-109/01 Akrich, Rec. 2003, p. I-9607, cf. aussi ATF 130 II 1 consid. 3.6, 134 II 10). Or ces conditions n'étaient pas réunies en l'espèce.
Dans un arrêt du 25 juillet 2008 (C-127/08 H._ et autres), la Grande Chambre de la CJCE s'est toutefois distanciée de manière explicite des considérants rendus dans l'affaire I._. D'après ce nouvel arrêt, les dispositions communautaires sur le regroupement familial s'appliquent sans restriction aux ressortissants d'États tiers, quand bien même ces personnes ne résident pas encore de manière légale dans un État membre.
Dans un arrêt 2C_196/2009 du 29 septembre 2009 (destiné à la publication), le Tribunal fédéral a jugé qu'il convenait d'interpréter l'art. 3 annexe I ALCP dans le sens de cet arrêt H._ et a décidé d'abandonner la jurisprudence publiée aux ATF 130 II 1 et 134 II 10 fondée sur l'arrêt I._.
d) En l'espèce, les recourantes, d'origine brésilienne, sont les belles-filles d'un travailleur communautaire; en leur qualité d'enfants de C.X._, qui est elle-même l'épouse du ressortissant portugais D.Y._, il y lieu d'admettre qu'elles peuvent se prévaloir de l'art. 3 annexe I ALCP; autrement dit, elles peuvent déduire de cette disposition un droit au regroupement familial, même si elles n'ont pas la nationalité d'un Etat membre et qu'elles n'ont pas résidé déjà légalement dans un Etat membre avant leur arrivée en Suisse.
2. a) Il en résulte que l'on ne peut plus opposer aux recourantes des motifs d'assistance publique pour refuser le regroupement familial sur la base de la loi fédérale du 16 décembre 2005 sur les étrangers (LEtr; RS 142.20), qui permet de ne pas accorder une autorisation de séjour lorsque - comme c'est le cas en l'espèce - l'étranger ou la personne dont il a la charge dépend de l'aide sociale (art. 62 let. 2 LEtr), voire dépend durablement et dans une large mesure de l'aide sociale (cf. art. 63 al. 1 let. c LEtr). En effet, la LEtr n'est pas applicable dans la mesure où l'art. 3 annexe I ALCP en dispose autrement (art. 2 al. 2 LEtr).
b) A noter que les travailleurs communautaires établis en Suisse ont le droit d'y faire venir les membres de leur famille, quand bien même ils ne disposeraient pas en permanence de moyens financiers suffisants pour assurer l'entretien de leur famille sans devoir recourir à l'aide sociale (ATF 2A.475/2004 du 25 mai 2005 citant J._, Abkommen über die Freizügigkeit, in Bilaterale Verträge Schweiz-EG, Zurich 2002, p. 129; voir également dans ce sens, Laurent Merz, op. cit. p. 282, selon lequel, on ne peut en principe, pas opposer à la venue du conjoint et des enfants le fait que ceux-ci ou la famille seront à la charge de l'assistance publique).
3. Par ailleurs, l'art. 8 CEDH peut conférer un droit à une autorisation de séjour aux enfants mineurs d'un étranger bénéficiant d'un droit de présence assuré en Suisse - comme par exemple un permis d'établissement - si les liens noués entre eux sont étroits et effectifs (ATF 129 II 193 consid. 5.3.1 et les arrêts cités). Le droit de séjour conféré par l'art. 8 CEDH n'est cependant pas absolu. Une ingérence dans l'exercice du droit au respect de la vie privée et familiale est possible selon l'art. 8 § 2 CEDH pour autant qu'elle soit prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. La question de savoir si, dans un cas particulier, les autorités de police des étrangers sont tenues d'accorder une autorisation de séjour fondée sur l'art. 8 CEDH doit être résolue sur la base d'une pesée de tous les intérêts publics et privés en présence. Il faut qu'il existe des liens familiaux forts dans les domaines affectif et économique pour que l'intérêt public à une politique restrictive en matière de séjour des étrangers et d'immigration passe au second plan (ATF 120 Ib 1 consid. 3c et les références citées).
En l'espèce, les recourantes, qui agissent par l'intermédiaire de leur beau-père, travailleur communautaire installé en Suisse, peuvent également invoquer l'art. 8 CEDH vis-à-vis de leur mère titulaire d'une autorisation de séjour CE/AELE.
4. Comme on l'a vu précédemment, les motifs d'assistance publique découlant de la LEtr, invoqués par le SPOP, ne sont pas opposables aux recourantes dans la mesure où la LEtr n'est pas applicable.
a) Il n'en demeure pas moins que les services sociaux ont dû compléter les revenus, respectivement les indemnités de chômage, perçus par D.Y._. Au mois de juillet 2008, les prestations d'assistance s'élevaient à un montant total de 17'344.50 fr. Depuis lors, la famille recourante a bénéficié d'une somme ascendant à 30'287.45 fr.
Ainsi, la famille doit être aidée chaque mois par un montant variable, de plusieurs centaines de francs; cette somme s'élèverait à environ de 600 fr. par mois, selon les calculs du SPOP prenant en considération le loyer, les primes d'assurance maladie et le minimum vital. La famille, composée actuellement de six personnes, présente assurément un risque concret, vu sa situation financière actuelle et l'évolution probable de celle-ci, qu'elle continue à être, dans un large mesure, effectivement dépendante de l'assistance publique (cf. ATF 125 II 633 consid. 3c; 122 II 1 consid. 3c; 119 Ib 1 consid. 2 et 3, 81 consid. 2d).
Mais comme on l'a rappelé au considérant 2 ci-dessus, les travailleurs communautaires établis en Suisse ont le droit d'y faire venir les membres de leur famille, quand bien même ils ne disposeraient pas en permanence de moyens financiers suffisants pour assurer l'entretien de leur famille sans devoir recourir à l'aide sociale. Or, en l'espèce, D.Y._ est au bénéfice d'un titre de séjour CE/AELE valable jusqu'au 21 novembre 2012, ce qui permet en principe aux recourantes d'exercer leur droit au regroupement familial sur la base de l'art. 3 annexe I ALCP.
b) En vertu de l'art. 6 § 6 annexe I ALCP, le titre de séjour en cours de validité ne peut être retiré au travailleur salarié du seul fait qu'il n'occupe plus d'emploi, soit que l'intéressé ait été frappé d'une incapacité temporaire de travail résultant d'une maladie ou d'un accident, soit qu'il se trouve en situation de chômage involontaire dûment constatée par le bureau de main-d'œuvre compétent.
Selon l'art. 6 § 1 annexe I ALCP, le travailleur salarié ressortissant d'une partie contractante qui occupe un emploi d'une durée égale ou supérieure à un an au service d'un employeur de l'Etat d'accueil reçoit un titre de séjour d'une durée de cinq ans au moins à dater de sa délivrance. Il est automatiquement prolongé pour une durée cinq au moins. Lors du premier renouvellement, sa durée de validité peut être limitée, sans pouvoir être inférieure à un an, lorsque son détenteur se trouve dans une situation de chômage involontaire depuis plus de douze mois consécutifs.
En revanche, celui qui se trouve en situation de chômage volontaire, s'il n'est pas tenu de quitter immédiatement la Suisse, ne pourra invoquer qu'un statut de chercheur d'emploi pour poursuivre son séjour (qui sera toutefois limité à 6 ou 12 mois au maximum). Lorsque un travailleur émarge à l'assistance publique malgré son emploi, il ne perd pas en principe son droit de séjour. Il pourrait néanmoins en aller différemment s'il ne déployait pas l'activité lucrative lui permettant normalement de lui assurer un revenu suffisant (par exemple, le travailleur salarié se contente volontairement de ne travailler qu'à 20%). En revanche, le recours à l'aide sociale ne pourra pas être reproché à un travailleur oeuvrant à 100% ou au maximum de ses capacités, moyennant rémunération acceptable pour ce genre de travail (cf. Laurent Merz, op. cit., p. 296, 271).
Il y a de souligner que les droits découlant de l'art. 3 annexe I ALCP, invoqués par les recourantes, dépendent du maintien du statut de travailleur de D.Y._, titulaire d'une autorisation de CE/AELE valable jusqu'au 21 novembre 2012. Autrement dit, l'attention des recourantes doit être formellement attirée sur le fait que si D.Y._ ne devait pas retrouver un travail et perdre définitivement sa qualité de travailleur communautaire, parce qu'il se trouve en situation de chômage volontaire ou en situation de chômage involontaire prolongée ne lui permettant plus d'obtenir la prolongation de son autorisation de séjour CE/AELE, les recourantes ne pourront non seulement plus faire valoir les droits découlant de l'art. 3 annexe I ALCP mais tous les membres de la famille pourraient devoir quitter la Suisse.
c) En conclusion, la décision attaquée doit être annulée. Le dossier est renvoyé à l'autorité intimée pour qu'elle délivre une autorisation de séjour aux recourantes, à condition toutefois que D.Y._ - qui n'a jamais occupé un emploi stable en Suisse - n'ait pas perdu entre-temps son statut de travailleur communautaire du fait, par exemple, qu'il se trouve en situation de chômage volontaire.
5. Les considérants qui précèdent conduisent à l'admission du recours aux frais de l'Etat. Les recourantes, qui concluent à l'octroi de dépens, n'ont cependant pas droit à l'allocation d'une indemnité à ce titre, faute pour elles d'avoir agi par l'intermédiaire d'un mandataire professionnel et d'avoir ainsi engagé des frais pour défendre leurs intérêts (art. 55 LPA-VD).