Decision ID: 2b842ac1-6f78-5474-a16e-d4dd8b03c111
Year: 2017
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_013
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: public_law

EN FAIT
1) Monsieur A_ est titulaire d’une carte professionnelle de chauffeur de limousine depuis le 24 octobre 2011 et d’une autorisation d’exploiter une limousine en qualité d’indépendant, en tout cas depuis le 28 mars 2013.![endif]>![if>
2) Par courrier recommandé du 9 octobre 2014, le service du commerce, devenu, dès le 1
er
janvier 2017, le service de police du commerce et de lutte contre le travail au noir (ci-après : le service ou PCTN), a informé l’intéressé qu’une sanction et/ou une mesure administrative(s), allant de l’amende administrative à la suspension de la carte professionnelle de chauffeur, était envisagée à son encontre suite à une dénonciation du 22 septembre 2014 relative à une course qu’il avait effectuée le 12 septembre 2014 en utilisant les services de la plateforme internet www.uber.ch.![endif]>![if>
Plusieurs infractions lui étaient reprochées. Il avait engagé un chauffeur sans être titulaire d’une autorisation en violation de l’art. 37 al. 2 de la loi sur les taxis et limousines (transport professionnel de personnes au moyen de voitures automobiles) du 21 janvier 2005 (LTaxis -
H 1 30
). L’identité du chauffeur ayant effectué ladite course avec son véhicule lui était demandée, seul le prénom de celui-là étant connu. Il n’avait pas fixé le tarif du transport par entente préalable avec le client en violation de l’art. 42 al. 6 LTaxis. Avant la prise de la décision, un délai de quinze jours pour s’expliquer sur ces faits lui était accordé.
En outre, le service lui a demandé copie des conditions générales et de tout document contractuel lui ayant été remis par la société Uber lors de son inscription sur la plateforme internet www.uber.ch en tant que chauffeur. Il lui a également posé les deux questions suivantes : De quelle manière le prix des courses était-il établi et facturé aux clients lorsqu’il effectuait du transport par l’intermédiaire de la plateforme internet www.uber.ch ? De quelle manière était-il rémunéré par la société Uber pour les courses qu’il effectuait par le biais de cette plateforme ?
3) Le 16 octobre 2014, l’intéressé a répondu à la demande du service en fournissant les explications demandées ainsi que les conditions générales du partenariat conclu avec Uber. Il a contesté le fait d’avoir enfreint les dispositions légales ou réglementaires ; son utilisation de la plateforme offerte par uber.com ne les violait pas. Il ne comprenait pas les reproches formulés à son encontre. Il travaillait en qualité de chauffeur de limousine, y compris lorsqu’il acceptait la requête d’un client par le biais de la plateforme d’Uber. L’application Uber transmettait au client une estimation préalable du prix de la course. Si le montant calculé par ladite application au terme de la course différait de l’estimation préalable, il informait le client qu’il pouvait seulement payer le montant correspondant à cette dernière. Le jour de la course litigieuse, un autre chauffeur de limousine indépendante autorisé, conduisait le véhicule qu’il partageait en conformité avec la législation.![endif]>![if>
Il sollicitait une copie du rapport de dénonciation et de toute autre pièce du dossier, ainsi que la possibilité de déposer des déterminations complémentaires après avoir obtenu l’accès auxdits documents.
4) Suite à ces explications et sur la base de la dénonciation du 22 septembre 2014, le service a, le 27 octobre 2014, procédé à une requalification des faits reprochés à l’intéressé. ![endif]>![if>
Il prenait note du fait qu’il effectuait du transport de limousine en qualité d’indépendant lorsqu’il avait recouru à l’application www.uber.ch. La violation de deux dispositions légales lui était reprochée lors des courses qu’il avait effectuées les 12, 18 et 19 septembre 2014 et qui ressortaient de la dénonciation du 22 septembre 2014. Le 12 septembre 2014, il avait mis à disposition du chauffeur, Monsieur B_, son véhicule pour que ce dernier effectue du transport professionnel de personnes alors que cette personne n’était pas son employé, en violation de l’art. 14 al. 3 LTaxis. Les 18 et 19 septembre 2014, il n’avait pas fixé le tarif du transport par entente préalable avec le client en violation de l’art. 42 al. 6 LTaxis.
Avant de lui infliger une sanction et/ou une mesure administrative(s), un nouveau délai - prolongé le 4 novembre 2014 - pour s’exprimer lui était octroyé. Il pouvait consulter son dossier auprès du service.
5) Le 7 novembre 2014, l’intéressé a contesté avoir commis les infractions que lui reprochait le service pour les courses précitées. Il concluait, avant la course, un accord sur le prix avec le client, dans la mesure où celui-ci recevait, par le biais de l’application Uber, une estimation préalable du prix de la course qui représentait le prix maximal de cette dernière. Ce procédé avait été respecté pour les trois courses litigieuses, comme le démontraient les rapports y relatifs. La loi ne lui interdisait pas d’accorder au client un rabais sur le prix convenu par avance. Quant au reproche relatif à la mise à disposition de son véhicule à un tiers, il pensait de bonne foi être dans son droit. En effet, il s’agissait d’un chauffeur indépendant autorisé qui avait effectué une course de limousine. La loi interdisait le fait de mettre son véhicule à disposition d’un tiers pour une activité professionnelle autre que celle de chauffeur de limousine, ce qui n’était pas son cas. Il n’existait de plus pas de raison de discriminer les chauffeurs de limousine indépendants par rapport aux chauffeurs de taxis sur ce point.![endif]>![if>
Le rapport de dénonciation relatif à la course du 18 septembre 2014 étant anonyme, il demandait à connaître l’identité de l’auteur de ce rapport. Comme aucun des trois rapports n’étaient ni datés ni signés par leur auteur, il souhaitait également obtenir une copie du ou des courrier(s) signé(s) par l’auteur respectif qui avaient été transmis au service.
6) Lors de la séance du 14 novembre 2014, la commission de discipline LTaxis a préavisé favorablement la sanction et l’avertissement envisagés à l’égard de M. A_.![endif]>![if>
7) Le 17 novembre 2014, le service a informé l’intéressé que les dénonciations provenaient de la société C_ Sàrl - devenue depuis novembre 2016 C_ SA - (ci-après : la C_) dont l’en-tête figurait sur lesdits rapports. Les courses des 12, 18 et 19 septembre 2014 avaient respectivement été effectuées par Messieurs D_, directeur de la C_, E_ et F_, qui faisaient tous partie de la société précitée. Les noms de ces personnes se trouvaient « sur le rapport de dénonciation et/ou dans l’intitulé du fichier en format pdf qui le contenait ». Les dénonciations n’étaient ainsi pas anonymes. Il lui faisait parvenir les courriels d’accompagnement des rapports relatifs à ces trois courses, que la C_ lui avait adressés.![endif]>![if>
8) Par décision du 24 novembre 2014, le service a infligé à l’intéressé une amende de CHF 1'500.- pour les infractions susmentionnées relatives aux courses effectuées les 12, 18 et 19 septembre 2014, ces deux dernières ayant impliqué le recours à l’application www.uber.ch. Le service l’avertissait également qu’en cas de récidive, il prononcerait la suspension de sa carte professionnelle de chauffeur.![endif]>![if>
9) Le 15 décembre 2014, l’intéressé a demandé au service un « tirage complet du mandat conclu entre l’État et la société [C_] », dans la mesure où la décision était fondée sur des dénonciations de cette société.![endif]>![if>
10) Le 23 décembre 2014, le directeur du service a informé l’intéressé ne pas pouvoir donner suite à sa demande. Le service avait « confié oralement à la société [C_] la tâche de récolter des informations sur le fonctionnement de l’application Uber et des chauffeurs qui l’utilis[ai]ent ».![endif]>![if>
11) Par acte déposé le 12 janvier 2015, M. A_ a interjeté recours contre la décision du 24 novembre 2014 auprès de la chambre administrative de la Cour de justice (ci-après : la chambre administrative) en concluant principalement à son annulation, subsidiairement au renvoi du dossier au service pour nouvelle décision et plus subsidiairement à la réduction du montant de l’amende et à l’annulation de l’avertissement. Il a sollicité, à titre préalable, l’apport de l’intégralité du dossier du service, du contrat de mandat conclu avec la C_, de tout autre document relatif à ce dernier et du barème des amendes, ainsi que son audition, celle du « responsable » du service, de MM. D_, E_ et F_.![endif]>![if>
Il invoquait plusieurs violations de son droit d’être entendu, d’une part, sous l’angle de l’obligation de motiver la décision litigieuse et, d’autre part, en raison du fait qu’il n’avait pas eu connaissance ni du mandat passé entre le service et la C_ ni du barème des amendes. En outre, les exigences procédurales découlant de l’art. 6 de la Convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 (CEDH -
RS 0.101
), en particulier le droit à un procès équitable, n’avaient pas été respectées, car l’État et l’agent de la C_ avaient sciemment provoqué les prétendues infractions qui lui étaient reprochées. Il avait été dénoncé par ce même agent privé sans qu’aucun soupçon préalable n’existe à son égard. Lors de la mise en œuvre de l’agent privé par le service, aucune procédure n’était pendante contre lui. Le service avait également dénaturé l’institution de la dénonciation en instruisant l’auteur de
celle-ci sur les agissements à dénoncer. L’action du service ne s’appuyait par ailleurs sur aucune base légale. Il se plaignait aussi d’une atteinte disproportionnée à sa sphère privée. Comme la mise en œuvre de l’agent privé était illégale, les preuves rapportées par ce dernier étaient illicites et inexploitables. La décision litigieuse ne reposait dès lors sur aucun fait prouvé. Il estimait en outre que les faits avaient été en grande partie constatés de façon erronée et lacunaire. Il reprochait au service d’avoir abusé de son pouvoir d’appréciation en violant les principes constitutionnels de la légalité, de la proportionnalité et de l’interdiction de l’arbitraire, notamment en fondant sa décision sur des motivations étrangères à l’intérêt public. Le montant de l’amende était enfin disproportionné en raison de sa situation personnelle et financière.
12) D’autres chauffeurs ayant été sanctionnés par le service en relation avec l’application de la société Uber suite aux enquêtes menées par la C_ entre septembre et octobre 2014, ont porté leur cause devant la chambre de céans dans dix autres procédures parallèles portant respectivement les numéros de causes A/99/2015, A/100/2015, A/101/2015, A/102/2015, A/103/2015, A/105/2015, A/106/2015, A/107/2015, A/988/2015 et A/1763/2015.![endif]>![if>
13) Le 20 janvier 2015, le recourant a demandé à ce que le service soit invité à produire toute pièce et information utile permettant de comprendre les relations liant le service, la C_ et les agents ayant dénoncés les faits, en particulier dans la présente cause MM. E_, D_ et F_.![endif]>![if>
14) Le 6 mars 2015, le service a conclu au rejet du recours et transmis son dossier. Il n’estimait pas nécessaire d’entendre les parties et les témoins sollicités par le recourant au motif que celui-ci avait admis les faits ayant conduit au prononcé de la décision litigieuse et que ces derniers étaient dès lors établis.![endif]>![if>
15) Le 23 avril 2015, le recourant a informé le juge délégué qu’il n’avait pas de liens contractuels avec la société Uber (Switzerland) GmbH, seule la société de droit néerlandais, Uber B.V. ayant conclu des contrats de partenariats avec lui. Les conditions de partenariats avaient déjà été transmises au service.![endif]>![if>
16) Le 27 avril 2015, le juge délégué a entendu les parties, deux représentants du service et M. D_, en tant que directeur de la C_ puis en tant qu’auteur du rapport concernant la course du 12 septembre 2014.![endif]>![if>
a. Selon le directeur du service, ce dernier et un représentant du service chargé de la promotion économique avaient reçu, le 28 août 2014, le responsable de l’entité genevoise d’Uber, Monsieur G_. Celui-ci leur avait présenté les activités qu’Uber envisageait de développer à Genève dès le 8 septembre 2014. Ils avaient attiré son attention sur la législation sur les taxis et le fait qu’Uber y était soumise et devait s’y conformer. M. G_ leur avait indiqué qu’il entendait aller de l’avant. Ils avaient alors décidé de mandater l’entreprise d’enquêtes C_, connue sur Genève pour pratiquer des enquêtes du type « clients mystères » en vue de comprendre le fonctionnement exact de la société Uber et de l’application qu’elle proposait. Ils avaient décidé de ne pas engager leurs inspecteurs pour les contrôles à effectuer car, pour recourir à l’application Uber, le client devait s’inscrire et faire état de ses références, notamment bancaires et privées ; il s’agissait de protéger leur sphère privée.
Le service n’avait pas désigné à la C_ les chauffeurs ayant fait l’objet des différents rapports d’enquête, préalablement à ceux-ci. Il lui avait demandé de fournir un certain nombre d’informations sur le fonctionnement d’Uber. Le hasard de cette récolte d’information avait désigné les chauffeurs ayant fait l’objet de sanctions contestées par recours. Le service n’avait pas non plus établi avec M. D_ la trame des rapports ; il lui avait indiqué les informations importantes pour le service, notamment les caractéristiques des véhicules pour savoir quelles catégories de transport étaient concernées par l’application. Le mandat avait été oralement confié à la C_, lors d’une séance de début septembre 2014, par le service représenté par son directeur, son directeur adjoint et le chef du secteur inspectorat. Le service avait rémunéré la C_ pour cette activité, facturée à l’heure, sans ouvrir de procédure de marché public en raison du faible montant engagé de l’ordre de CHF 3'000.-. Le service avait demandé à la C_ d’intervenir après le démarrage des activités d’Uber.
D’après l’autre personne représentant le service, comme les rapports des collaborateurs de la C_ n’étaient ni des rapports d’inspecteurs du service, ni des rapports de police, ils pouvaient seulement être traités comme des dénonciations. Le service avait sanctionné les chauffeurs parce que les infractions qu’ils avaient commises, si elles étaient en lien avec l’activité d’Uber, leur étaient propres et indépendantes de celles reprochées à Uber.
b. Selon M. D_, les collaborateurs de sa société avaient été amenés, sur demande du service de septembre 2014 et après qu’Uber ait commencé à développer ses activités à Genève, à commander une course de taxi par le biais de l’application Uber et à dresser des rapports au sujet de leurs constatations, transmis ensuite au service. Il avait eu un entretien avec le directeur du service et le chef du secteur inspectorat, dont l’objet était de définir la mission. Celle-ci consistait à effectuer des courses par le biais d’Uber et à établir des comptes rendus dès la réservation jusqu’à l’arrivée. Il avait reçu un mandat écrit du service et avait transmis à ce dernier un devis qui avait été signé ; il ne possédait pas ce mandat. Sur ce point, le directeur du service précisait qu’il y avait eu des échanges de courriels, mais n’avait pas le souvenir d’avoir signé un mandat ou contresigné un devis. M. D_ allait vérifier comment les rapports d’affaires s’étaient noués et transmettrait la documentation. La C_ avait été rémunérée pour son mandat par le service. Le mandat s’était terminé en octobre 2014.
M. D_ décrivait les instructions et la stratégie suivies pour établir les rapports destinés au service. Sa société, spécialisée en matière de contrôle de qualité, effectuait ses contrôles par le procédé des clients mystérieux. Les enquêteurs de la C_ se faisaient passer pour des clients, ils s’étaient inscrits auprès d’Uber et avaient réservé des courses à effectuer avec les chauffeurs proposés par l’application. Ils n’avaient pas reçu d’instruction du service pour viser des chauffeurs en particulier. Ils avaient établi seuls la trame des rapports transmis au service. Ils devaient déterminer, lorsque des courses étaient commandées à Uber, s’il s’agissait de taxis, de taxis à bonbonnes, de limousines, de citoyens lambdas, s’il y avait des taximètres, des tachygraphes, si les directives étaient affichées. Ces éléments avaient permis d’établir la trame des rapports. En lisant la presse, il s’était imaginé qu’un différend pourrait exister au sujet des activités d’Uber à Genève. Il avait compris que le service l’avait mandaté pour établir les faits en rapport avec les activités d’Uber. Il n’avait pas effectué des contrôles dans un but particulier, il n’avait d’intérêt ni dans un sens ni dans un autre.
c. L’avocat du recourant a relevé que ces différents éléments ne figuraient pas dans les rapports.
d. Lors de son audition en tant qu’auteur du rapport relatif à la course du 12 septembre 2014, M. D_ a expliqué avoir commandé un véhicule, sans spécifier souhaiter une limousine, par le biais de l’application Uber. Avec la confirmation de la venue d’un « taxi », il avait reçu un devis, mais ne connaissait pas à ce stade le nom du chauffeur. Suite à la réception du devis, il avait confirmé la course. Il s’était acquitté du prix final de la course, communiqué à l’arrivée, par le biais de son portable et débit sur sa carte de crédit. Il avait seulement envoyé des demandes via l’application Uber en fonction de trajets à réaliser, et non d’heures de mise à disposition du véhicule. Il n’avait pas pu, pendant la course, suivre l’évolution du prix de celle-ci.
17) Sur ce, la cause a été gardée à juger.![endif]>![if>

EN DROIT
1) Interjeté en temps utile devant la juridiction compétente, le recours est recevable (art. 132 de la loi sur l'organisation judiciaire du 26 septembre 2010 - LOJ -
E 2 05
; art. 62 al. 1 let. a de la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 1985 - LPA -
E 5 10
).![endif]>![if>
2) Le présent litige porte sur l’amende de CHF 1'500.- infligée au recourant et l’avertissement selon lequel, en cas de récidive, sa carte professionnelle de chauffeur serait suspendue, tous deux objets de la décision litigieuse. Celle-ci porte sur des faits résultant des interventions respectives du directeur et de deux collaborateurs de la C_, effectuées sur demande du service dont le but était de comprendre le fonctionnement de la société Uber et celui de l’application proposée par celle-ci.![endif]>![if>
3) La présente affaire est régie par la LTaxis et le règlement d’exécution de la loi sur les taxis et limousines (transport professionnel de personnes au moyen de voitures automobiles) du 4 mai 2005 (RTaxis -
H 1 30.01
). En effet, elle concerne l’activité de transport professionnel de personnes au moyen de voitures automobiles sur territoire genevois en échange d’une rémunération, plus précisément celle de chauffeur de taxis (art. 1 et 2 LTaxis), aucune des exceptions de l’art. 4 LTaxis n’entrant en compte. De plus, l’ensemble des faits déterminants se sont déroulés sous le droit actuel, de sorte qu’il n’y a pas lieu de prendre en compte la nouvelle loi sur les taxis et les voitures de transport avec chauffeur du 13 octobre 2016 dont l’entrée en vigueur est prévue pour le 1
er
juillet 2017. Enfin, la LPA est susceptible de s’appliquer aux questions de procédure.![endif]>![if>
4) S’agissant des griefs tirés du droit d’être entendu garanti à l’art. 29 al. 2 de la Constitution fédérale de la Confédération suisse du 18 avril 1999 (Cst. -
RS 101
) et aux art. 41 ss LPA, et concernant, d’une part, l’obligation de motiver la décision litigieuse et, d’autre part, l’absence de connaissance du mandat passé entre le service et la C_, ils doivent être écartés. En effet, conformément à la jurisprudence (ATF
141 V 557
consid. 3.2.1 ;
136 I 184
consid. 2.2.1 ;
ATA/283/2016
du 5 avril 2016 ;
ATA/679/2015
du 23 juin 2015), la motivation de la décision litigieuse permet au recourant tant de comprendre sa portée, en particulier les manquements qui lui sont reprochés, que de recourir contre cet acte en toute connaissance de cause et de manière efficace. Quant au mandat précité, les éléments issus de ce dernier qui sont déterminants pour la décision litigieuse, ont été, certes sur demande du recourant, mais néanmoins communiqués à ce dernier avant que le service ne statue, puis éclaircis, dans le cadre de la procédure de recours, par les auditions du directeur du service et de celui de la C_ sur cette question. Par conséquent, le droit d’être entendu du recourant n’a pas été violé sur ces deux points. ![endif]>![if>
5) Il y a lieu d’examiner si le recourant a violé l’art. 14 al. 3 LTaxis en mettant, le 12 septembre 2014, son véhicule à disposition d’un tiers qui a effectué du transport professionnel de personnes.![endif]>![if>
a. L’art. 14 LTaxis règle les conditions d’octroi de l’autorisation d’exploiter une limousine en qualité d’indépendant. Selon l’art. 14 al. 3 LTaxis, l’exploitant doit conduire personnellement et de manière effective son véhicule et peut le mettre à disposition d’autres chauffeurs en qualité d’employés à certaines conditions. L’art. 14 al. 3 phr. 2 LTaxis précise qu’il n’est pas autorisé à le mettre à disposition d’un tiers pour l’exercice d’une autre activité professionnelle, quelle qu’elle soit.
b. En l’espèce, il n’est pas contesté que le recourant a prêté à un membre de son entourage son véhicule lors de la course du 12 septembre 2014 et que ce tiers n’est pas son employé. Il a de ce fait enfreint l’obligation prévue à l’art. 14 al. 3 LTaxis portant sur la conduite personnelle et effective de son véhicule. Sur ce point, le recours est rejeté et la décision querellée confirmée.
6) Il faut également déterminer si le recourant a violé l’art. 42 al. 6 LTaxis, manquement qui lui est reproché par le service lors des courses des 18 et 19 septembre 2014 effectuées respectivement par deux collaborateurs de la C_.![endif]>![if>
a. Selon l’art. 42 al. 6 LTaxis, les tarifs des limousines sont fixés librement entre l’exploitant et le client par entente préalable.