Decision ID: e5542b6d-6efe-514c-bfcb-4d381005154c
Year: 2017
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_001
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law

EN FAIT
, que par ordonnance du 6 avril 2017, le Tribunal de première instance a admis le principe d'une expertise portant sur les allégués 69 à 71 de C_ (ch. 1 du dispositif), dit que la mission de l'expert serait fixée par ordonnance séparée dans le sens des considérants de l'ordonnance (ch. 2), dit que les frais d'expertise seraient mis à la charge de C_ (ch. 3) et fixé aux parties un délai au 24 avril 2017 pour déposer au Tribunal leurs déterminations sur le nom de l'expert à nommer, idéalement d'un commun accord entre elles (ch. 4);
Qu'il a considéré que la question de l'expertise avait été expressément réservée par lui lors de l'audience de débats d'instruction du 14 janvier 2015, de sorte que la demande d'expertise n'était pas tardive; qu'un complément à la première expertise devait être requis dans la mesure où cette dernière ne répondait pas à la question de la réfection des malfaçons et de son coût, question qui correspondait aux allégués 69 à 71 de C_;
Que par acte déposé au greffe de la Cour le 18 avril 2017, A_ et B_ ont formé recours contre cette ordonnance, concluant à son annulation et au refus du principe d'une expertise portant sur les allégués 69 à 71 de la demande/requête en conciliation;
Qu'ils ont conclu, préalablement, à ce que soit ordonné l'effet suspensif à l'ordonnance attaquée; qu'ils font valoir à cet égard que mettre en œuvre un expert et le laisser commencer, voire mener à bien sa mission viderait le recours de sa substance, que les chances de succès du recours sont réelles, qu'il n'y a aucune urgence et que la suspension de l'ordonnance querellée jusqu'à droit jugé sur le recours n'était pas préjudiciable à C_ alors qu'en ce qui les concernait, ordonner l'expertise ne ferait qu'allonger la procédure, augmenter les frais d'avocat et générer des coûts d'expertise, y compris des coûts relatifs à des sondages destructifs qui s'avéreraient inutiles dès lors que l'expertise serait annulée;
Qu'invitée à se déterminer à cet égard, C_ a conclu au rejet de cette requête, exposant que si l'instruction de la cause se poursuivait, elle serait la seule à prendre un risque financier, soit l'avance de frais pour l'expertise;
Considérant,

EN DROIT
, que la voie du recours est ouverte contre l'ordonnance attaquée (art. 319 let. b CPC);
Que selon l'art. 325 CPC, le recours ne suspend pas la force de chose jugée et le caractère exécutoire de la décision entreprise (al. 1), l'instance de recours pouvant toutefois suspendre le caractère exécutoire de cette dernière en ordonnant au besoin des mesures conservatoires ou le dépôt de sûretés (al. 2);
Que selon les principes généraux applicables en matière d'effet suspensif, le juge procèdera à une pesée des intérêts en présence et se demandera en particulier si sa décision est de nature à provoquer une situation irréversible;
Que l'autorité cantonale doit faire preuve de retenue et ne modifier la décision de première instance que dans des cas exceptionnels; elle dispose cependant d'un large pouvoir d'appréciation permettant de tenir compte des circonstances concrètes du cas d'espèce (ATF
137 III 475
consid. 4.1; arrêt du Tribunal fédéral
5A_403/2015
du 28 août 2015 consid. 5);
Qu'en l'espèce, la recevabilité d'un recours contre l'ordonnance attaquée n'est pas,
prima facie
, d'emblée manifeste dans la mesure où les recourants pourront faire valoir leurs arguments dans le cadre d'un appel contre le jugement qui sera rendu par le Tribunal et ne subissent ainsi,
a priori
, pas de préjudice difficilement réparable au sens de l'art. 319 let. b ch. 2 CPC, ce qu'il appartiendra toutefois à la Cour de déterminer dans le cadre de son examen de la recevabilité du recours, auquel il n'y a pas lieu de davantage procéder à ce stade;
Que même si, dans le cas particulier invoqué par les recourants (
ACJC/279/2015
), la Cour a admis la recevabilité et le bien fondé d'un recours contre une décision ordonnant une expertise, elle a, à d'autres reprises, jugé irrecevables des recours contre une décision en matière d'expertise (
cf
., par exemple,
ACJC/1247/2016
du 23 septembre 2016;
ACJC/1530/2013
du 20 décembre 2013);
Qu'à ce stade, le fait que l'expertise n'avait pas été sollicitée par l'intimée ne permet pas encore de considérer que la maxime des débats a été manifestement violée et que le recours est nécessairement fondé dans la mesure où le tribunal peut d'office demander une expertise (art. 183 al. 1 CPC);
Que le recours ne serait pas vidé de sa substance si l'expertise débutait, voire même était achevée avant que la Cour ne statue sur le recours qui lui est soumis dans la mesure où, dans l'hypothèse où les recourants obtenaient gain de cause devant la Cour, l'expertise ne serait alors simplement pas prise en considération comme moyen de preuve, étant précisé qu'il est peu vraisemblable que le Tribunal rende son jugement avant que la Cour ne statue sur le présent recours;
Que les recourants font état de sondages "destructifs", sans autre explication à cet égard permettant de retenir qu'une situation irréversible serait créée;
Que les recourants n'expliquent pas en quoi les coûts supplémentaires qui leur seraient causés, en particulier comme frais d'avocat, engendreraient pour eux un préjudice qui pourrait être qualifié de difficilement réparable, étant relevé qu'ils pourront vraisemblablement obtenir des dépens s'ils obtiennent gain de cause;
Que, partant, au vu de l'ensemble des circonstances, il y a lieu de refuser l'octroi de l'effet suspensif;
Qu'il sera statué sur les frais et dépens de l'incident avec la décision au fond (art. 104 al. 3 CPC);