Decision ID: 3d48e32f-ce3a-5d3c-87c4-7fc1de8d87d4
Year: 2018
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_013
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: public_law

EN FAIT
1. Par jugement du 12 décembre 2017, le Tribunal administratif de première instance (ci-après : le TAPI) a rejeté le recours interjeté le 16 janvier 2017 par Monsieur A_ contre la décision du 29 novembre 2016 de l’office cantonal de la population et des migrations (ci-après : OCPM) refusant de préaviser favorablement auprès du secrétariat aux migrations (ci-après : SEM) son dossier, en vue de l’octroi d’une autorisation de séjour pour cas individuel d’une extrême gravité.![endif]>![if>
2. Par acte du 25 janvier 2018, M. A_ a recouru auprès de la chambre administrative de la Cour de justice (ci-après : la chambre administrative) contre le jugement susmentionné, concluant, sous suite de frais et dépens, à son annulation et à ce que l’OCPM lui octroie un titre de séjour. ![endif]>![if>
Il invoquait les griefs de constatation inexacte des faits et de violation de l’art. 8 de la Convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 (CEDH -
RS 0.101
).
3. Après avoir ordonné un échange d’écritures au cours duquel les parties ont campé sur leur position, le juge délégué a tenu, les 17 mai et 14 juin 2018, deux audiences de comparution personnelle et d’enquêtes au cours desquelles les deux mères, respectivement suisse et française, des cinq enfants de M. A_ ont été entendues.![endif]>![if>
4. Le 26 juin 2018, l’OCPM a informé la chambre administrative que compte tenu des éléments nouveaux apportés lors des audiences susmentionnées, il annulait la décision du 29 novembre 2016 et qu’il allait préaviser favorablement auprès du SEM l’octroi d’une autorisation de séjour à M. A_ en vertu de l’art. 8 CEDH.![endif]>![if>
5. Le 16 juillet 2018, répondant à une interpellation du juge délégué, M. A_ a indiqué que l’annulation de la décision querellée rendait son recours sans objet, et, dans la mesure où il avait obtenu gain de cause, les frais, y compris de première instance, devaient rester à la charge de l’État et une indemnité de procédure devait lui être allouée.![endif]>![if>
6. Le 18 juillet 2018, la détermination susmentionnée a été transmise à l’OCPM et les parties ont été informées que la cause était gardée à juger.![endif]>![if>

EN DROIT
1. Interjeté en temps utile devant la juridiction compétente, le recours est recevable sous ces aspects (art. 132 de la loi sur l'organisation judiciaire du 26 septembre 2010 - LOJ -
E 2 05
; art. 62 al. 1 let. a de la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 1985 - LPA -
E 5 10
). ![endif]>![if>
2. a. Aux termes de l'art. 60 let. b LPA, ont qualité pour recourir toutes les personnes qui sont touchées directement par une décision et ont un intérêt digne de protection à ce qu'elle soit annulée ou modifiée. ![endif]>![if>
Un intérêt digne de protection suppose un intérêt actuel à obtenir l’annulation de la décision attaquée (ATF
135 I 79
consid. 1 ;
128 II 34
consid. 1b). L’existence d’un intérêt actuel s’apprécie non seulement au moment du dépôt du recours, mais aussi lors du prononcé de la décision sur recours ; s’il s’éteint pendant la procédure, le recours, devenu sans objet, doit être simplement radié du rôle (ATF
125 V 373
consid. 1 ;
118 Ib 1
consid. 2 ; arrêt du Tribunal fédéral
1C_76/2009
du 30 avril 2009 consid. 2) ou déclaré irrecevable si l’intérêt actuel faisait déjà défaut au moment du dépôt du recours (ATF
139 I 206
consid. 1.1 et la jurisprudence citée).
b. En l’espèce, l’OCPM a annulé la décision querellée et a accepté de soumettre le dossier du recourant au SEM avec un préavis favorable, en vue de l’octroi d’une autorisation de séjour fondée sur l’art. 8 CEDH, de sorte que le recours a perdu son objet.
3. Il reste à statuer sur les frais et indemnités de la procédure, le recourant ayant pris des conclusions à cet égard, sans que l’intimé ne s’y oppose.![endif]>![if>
a. La juridiction administrative statue sur les frais de procédure, indemnités et émoluments dans les limites établies par le règlement du Conseil d'État et conformément au principe de la proportionnalité (art. 87 al. 1 et 3 LPA ;
ATA/990/2018
du 25 septembre 2018 et les références citées).
L’art. 6 du règlement sur les frais, émoluments et indemnités en procédure administrative du 30 juillet 1986 (RFPA -
E 5 10.03
), intitulé « indemnité », prévoit que la juridiction peut allouer à une partie, pour les frais indispensables occasionnés par la procédure, y compris les honoraires éventuels d’un mandataire, une indemnité de CHF 200.- à CHF 10'000.-.
b. En l’espèce, l’issue du litige équivaut, pour le recourant, à avoir obtenu gain de cause devant la juridiction de céans. En conséquence, aucun émolument ne sera perçu (art. 87 al. 1 LPA). En outre, une indemnité de CHF 1’000.- lui sera allouée, à la charge de l’État de Genève.
Il n’est en revanche pas possible de modifier les frais encourus devant le TAPI, le jugement de première instance n’étant pas annulé. C’est le lieu de rappeler que l’annulation de la décision querellée est intervenue sur la base d’éléments apparus durant l’instruction menée par la chambre de céans.
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