Decision ID: 8795c1fc-0538-5805-842b-b58da8f2e5ed
Year: 2019
Language: fr
Court: FR_TC
Chamber: FR_TC_005
Canton: FR
Region: Espace_Mittelland
Law Area: penal_law

considérant en fait
A.1. Le 23 décembre 2017, A._ a déposé plainte pénale contre B._ intitulée « agression et menace de mort du 20 décembre 2017 – à C._ » pour des « lésions corporelles graves avec l’intention de donner la mort (art. 122 CP) », « tentative de meurtre, voire d’assassinat » (DO 2000). Il y expose les faits suivants : le 20 décembre 2017, il avait distribué vers 15-16h des tracts dirigés notamment contre le Préfet dans le restaurant du village de C._ en présence du gérant de l’établissement, B._. Il avait quitté le restaurant et s’était rendu au village voisin. A 16h32, il avait reçu un appel d’une personne qui s’était par la suite révélée être B._, qui lui demandait de revenir sur place pour lui transmettre des informations et documents importants, ce qu’il avait fait. A son arrivée vers 16h45, B._ l’a rejoint sur le parking du restaurant et lui a dit « je suis un ami du Préfet et je vous tue ». Puis, il lui a asséné des coups au visage et sur la nuque « d’une violence inouïe » avant de glisser sur une plaque de glace, ce qui lui a permis de s’échapper. Quelques mètres plus loin, sans être poursuivi, il a pu observer que B._ ouvrait la portière de sa voiture pour s’emparer du sac contenant les tracts, avant de retourner dans son restaurant. Une fois dans sa voiture, le plaignant avait roulé une dizaine de mètres, puis s’était arrêté pour alerter la police à 16h50, laquelle était venue sur place pour discuter avec les protagonistes. A._ s’est rendu par la suite par ses propres moyens à l’hôpital pour y effectuer un constat médical. Il évoque des douleurs à la nuque et une perte d’équilibre.
Dans sa plainte pénale, A._ dénonce également les deux policiers qui sont intervenus, estimant que ceux-ci n’ont pas fait leur travail, par exemple en ne rédigeant aucun rapport d’intervention.
Il requiert enfin la récusation du Procureur général en charge de son dossier.
A.2. Par courrier du 3 janvier 2018, A._ a informé la police qu’il avait perdu différents objets lors de l’altercation, soit un bouton de sa veste, un bout de plastique provenant de ses lunettes, un gant et une clé. Il a aussi évoqué être sujet à des pertes d’équilibre, d’importants maux de tête et des pertes de parole depuis les événements (DO 2014).
Par courrier du 19 janvier 2018, il a produit deux certificats médicaux (DO 2019). Le 3 février 2018, il a transmis une capture d’écran de son téléphone portable (DO 2022).
B. Une procédure pénale a été ouverte et différentes mesures d’instruction ont été menées. Les deux parties ont été auditionnées par la police les 10 et 31 janvier 2018 (DO 2024, 2030) et le prévenu a été également auditionné par le Ministère public le 5 juin 2018. Le plaignant ne s’est pas présenté à cette audition ayant fait valoir une demande de report et le Ministère public a décidé du maintien de l’audition (DO 3000). La police a inspecté les lieux le 11 janvier 2018 et y a retrouvé des objets appartenant au plaignant (bouton, clé et morceau de plastique provenant de lunettes ; DO 2028). Une surveillance téléphonique a été ordonnée à l’égard du prévenu (DO 8000ss).
Donnant suite à la demande du Ministère public (DO 2042), les policiers ont déposé un rapport d’intervention et ont répondu aux questions de l’autorité d’instruction (DO 2053). Le 5 juin 2018, le Ministère public a sollicité du Préfet de D._ (ci-après : le Préfet) un témoignage écrit (DO 3005), que ce dernier a déposé le 6 juin 2018 (DO 3006).
Le 5 juin 2018, le Ministère public a demandé des renseignements médicaux à la médecin traitante du plaignant (DO 4018), laquelle a déposé son rapport le 1er juillet 2018 (DO 4020).
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Le Ministère public a convoqué les parties à une audience de confrontation fixée le 17 septembre 2018 (DO 5024 et 3007). Le plaignant a interjeté recours contre la citation à comparaître et a requis la récusation du Procureur général. Son recours contre la citation à comparaître a été rejeté dans la mesure de sa recevabilité par la Chambre de céans (arrêt 502 2018 189 du 11 septembre 2018). Le recours interjeté au Tribunal fédéral a été déclaré irrecevable (arrêt TF 1B_448/2018 du 10 octobre 2018). Sa demande de récusation a été rejetée par arrêt cantonal 502 2018 149 du 6 août 2018 (DO 5021) puis par arrêt fédéral 1B_414/2018 du 26 septembre 2018 (DO 5079). Aucune audience de confrontation n’a eu lieu à ce jour, le plaignant s’y refusant pour des motifs médicaux. Seul le prévenu a été entendu à l’audience du 17 septembre 2018 (DO 3007).
C. Par ordonnance du 31 janvier 2019, le Ministère public a classé la procédure ouverte pour lésions corporelles, menaces, vol et violation de domicile.
D. Le 15 février 2019, A._ a interjeté recours contre l’ordonnance précitée. Il a aussi demandé la récusation du Procureur général en charge de son dossier.
Invité à se déterminer, le Ministère public a conclu, par courrier du 25 février 2019, au rejet du recours. Il a indiqué qu’il renonçait à se déterminer sur la demande de récusation dont les motifs n’étaient pas nouveaux, ce qui la rend sans objet.
Le recourant a déposé ses ultimes déterminations le 14 mars 2019.
Invité à se déterminer sur le recours le 10 mai 2019, B._ ne s’est pas manifesté.

en droit
1.
1.1. Le recours contient également une demande de récusation du Procureur général. La procédure y relative (502 2019 44) sera jointe à la présente procédure (art. 30 du Code de procédure pénale suisse du 5 octobre 2007 ; RS 312.0).
1.2.
1.2.1. Les parties peuvent attaquer une ordonnance de classement rendue par le ministère public en application des art. 319 ss CPP dans les dix jours devant l’autorité de recours (art. 322 al. 2 et 396 al. 1 CPP; art. 20 al. 1 let. b CPP) qui est, dans le canton de Fribourg, la Chambre pénale du Tribunal cantonal (art. 85 al. 1 LJ [loi du 31 mai 2010 sur la justice ; RSF 130.1]).
En l'espèce, le recours a été interjeté en temps utile devant l’autorité compétente par la partie plaignante qui a qualité pour recourir contre le classement de la procédure (art. 382 al. 1 CPP).