Decision ID: 6aa0c4b1-0063-59c8-85f9-425998507978
Year: 2016
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_001
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law

EN FAIT
, que par jugement du 6 octobre 2016, le Tribunal de première instance, statuant sur mesures protectrices de l'union conjugale, a autorisé les époux B_ et A_ à vivre séparés (ch. 1 du dispositif), attribué à A_ la garde sur les enfants C_, né le _ 2001 et D_, née le _ 2010 (ch. 2), réservé en faveur de B_, un large droit de visite sur C_, lequel s'exercera d'entente avec le jeune, mais au minimum à raison d'un midi par semaine, un week-end sur deux du vendredi soir dès la sortie de l'école au lundi matin retour à l'école, ainsi que la moitié des vacances scolaires (ch. 3), et un large droit de visite sur D_, lequel s'exercera à raison des midis durant la semaine, du mercredi matin, d'un week-end sur deux, du vendredi soir sortie de l'école au lundi matin retour à l'école, ainsi que durant la moitié des vacances scolaires (ch. 4), condamné A_ à verser en mains de B_, par mois et d'avance, une contribution de 700 fr. (ch. 5), attribué à B_ la jouissance exclusive du domicile conjugal sis _ (GE), ainsi que du mobilier de ménage (ch. 6), imparti à A_ un délai 31 décembre 2016 pour évacuer de sa personne et de ses biens ledit domicile conjugal (ch. 7).
Que par acte déposé au greffe de la Cour le 21 octobre 2016, A_ a formé appel contre ce jugement, concluant à l'annulation des ch. 3, 4, 5, 6, 7 et 10 de son dispositif et, cela fait, à ce qu'un droit de visite selon d'autres modalités soit fixé, à ce qu'il lui soit donné acte de ce qu'il accepte de verser à B_ une contribution d'entretien de 300 fr. par mois et à ce que la jouissance exclusive du domicile conjugal lui soit attribuée, un délai de 30 jours dès la notification de l'arrêt étant imparti à B_ pour évacuer ledit domicile conjugal;
Qu'il a conclu, préalablement, à la suspension de l'effet exécutoire du ch. 7 du dispositif du jugement attaqué, faisant valoir à cet égard que le Tribunal a "ordonné au père qui a le sort des enfants de quitter le domicile conjugal à la fin de l'année 2016, sans se poser véritablement la question de l'impossibilité de trouver un logement", et qu'il pourrait être contraint de prendre le premier logement disponible, qui ne se situerait pas forcément proche de l'école de D_, qui pourrait être amenée à changer d'établissement scolaire;
Qu'invitée à se déterminer à cet égard, B_ a conclu au rejet de cette requête, au motif que le fait de déménager ne constituait pas un préjudice difficilement réparable pour A_ dans la mesure où il disposait de ressources financières nécessaires ainsi que d'un délai suffisant et que, si par impossible, il obtenait gain de cause, il lui serait toujours possible de réintégrer le domicile conjugal;
Considérant,

EN DROIT
, que la Cour est saisie d'un appel au sens de l'art. 308 CPC;
Que l'ordonnance querellée portant sur des mesures provisionnelles, l'appel n'a pas d'effet suspensif ex lege (art. 315 al. 4 let. b CPC);
Qu'à teneur de l'art. 315 al. 5 CPC, l'exécution de mesures provisionnelles peut exceptionnellement être suspendue si la partie concernée risque de subir un préjudice difficilement réparable, notion permettant de tenir compte également d'un préjudice de fait et s'examinant à l'aune de l'efficacité du jugement à rendre à l'issue de la procédure ordinaire, qui en serait compromise (ATF
138 III 378
consid. 6.3; arrêt du Tribunal fédéral
4P.5/2002
du 8 avril 2002 consid. 3a);
Que, saisie d'une demande d'effet suspensif au sens de l'art. 315 al. 5 CPC, l'autorité cantonale d'appel doit ainsi procéder à une nouvelle pesée des intérêts entre les deux préjudices difficilement réparables, celui du demandeur à l'action si la mesure n'était pas exécutée immédiatement et celui qu'entraînerait pour le défendeur l'exécution de cette mesure (ATF
138 III 378
consid. 6.3 et les références citées;
137 III 475
consid. 4.1; arrêt du Tribunal fédéral
5A_514/2012
du 4 septembre 2012 consid. 3.2.2);
Que l'autorité cantonale doit faire preuve de retenue et ne modifier la décision de première instance que dans des cas exceptionnels; elle dispose cependant d'un large pouvoir d'appréciation permettant de tenir compte des circonstances concrètes du cas d'espèce (ATF
137 III 475
consid. 4.1 p. 478;
5A_403/2015
du 28 août 2015 consid. 5);
Qu'en l'espèce, la garde sur les enfants a été attribuée à l'appelant (ch. 2 du dispositif du jugement attaqué);
Que si l'appelant devait quitter le domicile conjugal, les enfants devraient donc déménager avec lui, la garde consistant en l'encadrement quotidien de l'enfant et l'exercice des droits et des devoirs liés aux soins et à l'éducation courante (arrêt du Tribunal fédéral
5A_904/2015
du 29 septembre 2016 [destiné à la publication] consid. 3.2.2);
Qu'il paraît contraire à l'intérêt des enfants de devoir déménager et, éventuellement, pour D_ en particulier, de changer d'école, pour ensuite, le cas échéant, réintégrer le domicile conjugal dans l'hypothèse où l'appel était admis;
Que l'intimée ne fait valoir aucun préjudice difficilement réparable si l'appelant n'évacuait pas le domicile conjugal le 31 décembre 2016;
Qu'elle ne peut se prévaloir de l'arrêt
ACJC/353/2011
du 11 mars 2011 qui a jugé que le fait de déménager temporairement pour la durée de la procédure d'appel ne constituait pas un préjudice difficilement réparable, dans la mesure où ledit arrêt ne fait aucunement état de la présence d'enfants, de sorte que les circonstances sont différentes;
Qu'au vu de ce qui précède, la requête tendant à la suspension de l'effet exécutoire du ch. 7 du dispositif du jugement attaqué sera admise;
Qu'il sera statué sur les frais et dépens de l'incident avec la décision au fond (art. 104 al. 3 CPC).
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