Decision ID: 6d378ffc-4698-55d5-8f1e-4992993f4e08
Year: 2008
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_013
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: public_law

EN FAIT
1. Monsieur T_, domicilié 50, route X_ à Genève, est titulaire d’un permis de conduire russe ainsi que d’un permis de conduire suisse.
2. Selon le dossier en possession du Tribunal administratif, ce conducteur a fait l’objet de trois mesures administratives en matière de circulation routière, à savoir :
le 24 février 2006, une mesure d’interdiction de faire usage du permis de conduire étranger sur le territoire suisse a été prononcée pendant quatre mois en raison de conduite en état d’ébriété et d’excès de vitesse, en application de l’article 16c alinéa 1 de la loi fédérale sur la circulation routière du 19 décembre 1958 (LCR -
RS 741.01
) (infraction grave).
Le 25 janvier 2007, une décision de retrait du permis de conduire a été prononcée pour une durée de quatre mois en raison de conduite en état d’ébriété et vitesse inadaptée aux circonstances de la route, en application de l’article 16b alinéa 1 LCR (infraction moyennement grave).
Le 11 mars 2008, une décision de retrait du permis de conduire pendant douze mois a été prononcée en raison de diverses infractions à la circulation routière. Dite mesure venait à échéance le 8 avril 2009, en application de l’article 16c alinéa 1 LCR (infraction grave).
Ces trois infractions ont été acheminées à l’adresse 50, route X_.
3. Le 6 juin 2008 à 01h00, M. T_ circulait au volant d’une voiture sur la route du Pas-de-l’Echelle à la douane de Veyrier, lorsqu’il a été contrôlé par une patrouille des gardes-frontière. Celle-ci l’a informé qu’il circulait sous retrait du permis de conduire en Suisse. Dans sa déclaration à la gendarmerie de Carouge du 6 juin 2008, M. T_ a précisé qu’il n’était pas au courant de cette mesure.
4. Par décision du 7 juillet 2008, expédiée à l’adresse 50, route X_, le service des automobiles et de la navigation (ci-après : SAN) a notifié à M. T_ une décision de retrait du permis de conduire et d’interdiction de faire usage du permis de conduire étranger sur le territoire suisse pour une durée indéterminée, minimum deux ans. Il était précisé que le recours n’avait pas d’effet suspensif. La décision se fondait sur l’article 16c alinéas 1 et 2 lettre d de la loi fédérale sur la circulation routière du 19 décembre 1958 (LCR -
RS 741.01
).
5. M. T_ a saisi le Tribunal administratif d’un recours contre la décision précitée par acte du 6 août 2008.
Il vivait chez son amie et c’est sa cousine, qui occupait son propre appartement, qui s’occupait de lui transmettre son courrier. Or, celle-ci avait omis de lui remettre l’enveloppe du SAN contenant la décision du retrait du permis de conduire du 11 mars 2008, ce qu’elle confirmait par une déclaration écrite annexée au recours.
Il était donc de bonne foi lorsqu’il conduisait son véhicule le 6 juin 2008.
Il conclut à l’annulation de la décision querellée et à la restitution de son permis de conduire russe.
6. Entendu en audience de comparution personnelle le 29 octobre 2008, les parties ont campé sur leur position sans apporter d’éléments nouveaux.

EN DROIT
1. Interjeté en temps utile devant la juridiction compétente, le recours est recevable (art. 56A de la loi sur l’organisation judiciaire du 22 novembre 1941 - LOJ -
E 2 05
; art. 63 al. 1 let. a de la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 1985 - LPA -
E 5 10
).
2. Le recourant se réclame du fait qu’il n’aurait pas eu connaissance de la décision du 11 mars 2008. Cela étant, il conteste pas que dite décision a été notifiée à son adresse légale.
Selon la jurisprudence du Tribunal fédéral, celui qui, pendant une procédure, omet de prendre les dispositions nécessaires pour que les envois postaux lui soient transmis, ne peut se prévaloir de son absence lors de la tentative de notification d’une communication officielle à son adresse habituelle, s’il devait s’attendre, avec une certaine vraisemblance, à recevoir une telle communication (Arrêt du Tribunal fédéral
2C_119/2008
du 25 février 2008 et les références citées).
Au surplus, toujours selon la jurisprudence constante, le justiciable qui est assisté par un mandataire doit supporter les inconvénients d’une telle intervention (Arrêt du Tribunal fédéral
2P.48/2006
du 10 mai 2006).
Au vu de ce qui précède, c’est en vain que le recourant se prévaut du fait qu’il ne réside pas régulièrement à son adresse officielle et que de ce fait, il n’a pas eu connaissance de la décision du 11 mars 2008, la personne devant lui transmettre son courrier ayant failli à son devoir.
Il faut donc admettre que la décision du 11 mars 2008 a été valablement notifiée au recourant et que celui-ci ne fait valoir aucun motif valable qui l’aurait empêché d’en prendre connaissance.
3. Le recourant s’étant vu retirer son permis de conduire le 11 mars 2008 pour des infractions graves, il en résulte qu’il conduisait sous retrait le 6 juin 2008. Aux termes de l’article 16c alinéa 1 lettre f, la conduite sous retrait constitue une infraction grave (
ATA/279/2008
du 27 mai 2008). Dès lors, toutes les conditions d’application de l’article 16c alinéa 2 lettre d LCR sont remplies.
4. La disposition précitée contenant la clause selon laquelle le retrait, respectivement l’interdiction de conduire, est ordonné pour une durée indéterminée, mais au minimum pour une durée de deux ans, l’autorité intimée a fait une stricte application de la loi en s’en tenant à ce minimum légal.
5. Quant aux conclusions du recourant ayant trait à la restitution de son permis de conduire russe, elles sont exorbitantes de l’objet du litige. Le Tribunal administratif ne peut donc pas en connaître.
6. Mal fondé, le recours doit être rejeté. Son auteur qui succombe sera condamné aux frais de la procédure arrêtés à CHF 400.- en application de l’article 87 alinéa 1 LPA.
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