Decision ID: 7a1f0fb2-a876-4a23-a67f-f9ab6c794e54
Year: 2018
Language: fr
Court: CH_BSTG
Chamber: CH_BSTG_001
Canton: CH
Region: Federation
Law Area: penal_law

Vu que:
 le 6 novembre 2017, A. a été contrôlé à l’entrée en Suisse au passage frontière
d’U., dans le canton de Genève, alors qu’il circulait au volant du véhicule immatri-
culé en France, muni d’une vignette autoroutière 2017 n° _ apposée sur le
pare-brise au moyen de ruban adhésif;
 A. a reconnu avoir préparé et collé la vignette autoroutière 2017 n° _ avec
du ruban adhésif afin de la recoller comme il se doit, vu qu’elle était tordue, puis,
en tant que conducteur du véhicule immatriculé en France _, d’avoir utilisé
cette vignette;
 en date du 23 novembre 2017, l’Administration fédérale des douanes a dénoncé
A. au Ministère public de la Confédération (ci-après: MPC) à raison de ces faits;
 par ordonnance pénale du 5 décembre 2017, le MPC a reconnu A. coupable de
falsification de timbre officiel de valeur (art. 245 ch. 1 CP) et l’a condamné à une
peine pécuniaire de dix jours-amende (à CHF 30 le jour) avec sursis pendant deux
ans, à une amende de CHF 200 et, en cas de non-paiement fautif, à une peine
privative de liberté de 6 jours, ainsi qu’au paiement des frais de la cause par
CHF 300; le MPC a également ordonné la confiscation et la destruction de la vi-
gnette incriminée;
 dans un courrier daté du 13 décembre 2017 adressé au MPC, le prévenu a dé-
claré former opposition à l’ordonnance pénale précitée, admettant la manipulation
effectuée, mais se défendant de n’avoir procédé de la sorte que parce que la
vignette était dans un premier temps collée de travers et pour pouvoir la disposer
correctement sur le pare-brise;
 le 28 décembre 2017, le MPC a transmis le dossier de la cause à la Cour des
affaires pénales du Tribunal pénal fédéral, précisant que, selon lui, l’opposition
devait être jugée irrecevable, parce que tardive;
 le 2 janvier 2018 A. a écrit au MPC pour affirmer que l’ordonnance pénale lui a
été notifiée le 11 décembre 2017 seulement et que le délai commençait par con-
séquent à courir à partir de cette date;
 le 9 janvier 2018, le juge unique a imparti aux parties un délai au 31 janvier 2018
pour se déterminer quant à la validité de l’opposition et a imparti le même délai à
A. pour produire toute pièce utile apte à confirmer que l’ordonnance pénale lui a
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été notifiée le 11 décembre 2017 – comme il affirme dans son courrier du 2 janvier
dernier – et à déterminer quand il a posté l’opposition contre ladite ordonnance;
 le 12 janvier 2017, le MPC a déclaré se référer à ses déterminations du 28 dé-
cembre 2017 en précisant au surplus que même si la date du 11 décembre devait
être retenue comme le soutient A., l’opposition resterait néanmoins tardive, celle-
ci ayant été prise en charge par la poste suisse en date du 23 décembre 2017;
 le tribunal n’a reçu aucune réponse d’A.

La Cour considère en droit:
1. En application de l’art. 356 al. 1 du code de procédure pénale suisse du 5 octobre
2007 (CPP, RS 312.0), lorsque le ministère public décide de maintenir l'ordon-
nance pénale, il transmet sans retard le dossier au tribunal de première instance
en vue des débats; l'ordonnance pénale tient lieu d'acte d'accusation.
1.1 L’opposition du prévenu contre l’ordonnance pénale doit être formée par écrit
dans les dix jours auprès du ministère public (art. 354 al. 1 let. a CP). Si aucune
opposition n'est valablement formée, l'ordonnance pénale est assimilée à un ju-
gement entré en force (art. 354 al. 3 CP).
Le tribunal de première instance statue sur la validité de l'ordonnance pénale et
de l'opposition (art. 356 al. 2 CPP).
1.2 Les délais fixés en jours commencent à courir le jour qui suit leur notification ou
l'évènement qui les déclenche (art. 90 al. 1 CPP); si le dernier jour du délai est
un samedi, un dimanche ou un jour férié selon le droit fédéral ou cantonal, le
délai expire le premier jour ouvrable qui suit. Le droit cantonal déterminant est
celui du canton où la partie ou son mandataire a son domicile ou son siège (art.
90 al. 2 CPP).
Le délai est réputé observé si l'acte de procédure est accompli auprès de l'auto-
rité compétente au plus tard le dernier jour du délai (art. 91 al. 1 CPP). Les écrits
doivent être remis au plus tard le dernier jour du délai à l'autorité pénale, à la
Poste suisse, à une représentation consulaire ou diplomatique suisse ou, s'agis-
sant de personnes détenues, à la direction de l'établissement carcéral (art. 91 al.
2 CPP). Si l’écrit est posté à l’étranger, le délai est respecté si le courrier parvient
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au destinataire ou, à tout le moins, est pris en charge par la Poste suisse le der-
nier jour du délai au plus tard (DANIEL STOLL in Commentaire romand du CPP,
Bâle 2011, n° 12 ad art. 91 CPP et les références citées). L’application stricte
des règles sur les délais de recours ne relève pas d’un formalisme excessif, mais
se justifie dans l’intérêt d’un bon fonctionnement de la justice et de la sécurité du
droit (ATF 104 Ia 4 consid. 3). Il en va de même du délai d’opposition à une
ordonnance pénale, le Tribunal fédéral ayant d’ailleurs déjà eu l’occasion de ju-
ger qu’une opposition formulée un jour après l’échéance du délai d’opposition
était tardive (arrêt du Tribunal fédéral 6B_1170/2013 du 8 septembre 2014). En
l’absence de domicile en Suisse du prévenu, le droit bernois est applicable (DA-
NIEL STOLL, op. cit. , n° 14 ad art. 90 CPP et les références citées).
1.3 En l’espèce, l’ordonnance pénale du 5 décembre 2017 respecte les exigences
posées aux art. 352 ss CPP. Elle a été notifiée au prévenu sous forme de lettre
recommandée en date du 11 décembre 2017 au plus tard (2-510-005).
1.4 En retenant la date du 11 décembre 2017 comme soutenu par A., le dernier jour
du délai de dix jours a expiré le jeudi 21 décembre 2017.
1.5 L’opposition d’A. a été remise à la Poste française en date du 20 décembre 2017,
comme en atteste le cachet de la poste (03-00-0014) ainsi que le suivi de la lettre
(03-00-0015). Elle a été prise en charge par la poste suisse au plus tôt le 23 dé-
cembre 2017 (03-00-0015). Elle est donc tardive.
1.6 Malgré l’invitation à se faire, A. n’a fait parvenir aucune détermination relative à
cette envoi tardif. Il n’existe aucun motif de ne pas appliquer l’art. 354 al. 3 CPP
précité.
1.7 Partant, l’opposition formée le 13 décembre 2017 n’est pas valable.
2. Lorsque l’opposition n’est pas valable, les frais de la procédure judiciaire doivent
en principe être supportés par l’opposant (ordonnance de la Cour des affaires
pénales du Tribunal pénal fédéral SK.2016.33 du 6 septembre 2016 et les réf.
citées). Ces frais sont calculés conformément aux art. 422 ss CPP en lien avec
l’art. 73 de la loi fédérale du 19 mars 2010 sur l’organisation des autorités pénales
de la Confédération (LOAP ; RS 173.71) et l’art. 7 du règlement du Tribunal pénal
fédéral du 31 août 2010 sur les frais, émoluments, dépens et indemnités de la
procédure pénale fédérale (RFPPF ; RS 173.713.162). Dans les causes portées
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devant un juge unique de la Cour des affaires pénales, les émoluments judi-
ciaires varient entre CHF 200 et CHF 50’000; dans les cas simples, des émolu-
ments forfaitaires couvrant également les débours peuvent être prévus.
En l’espèce, vu l’ampleur et la difficulté de la cause, les frais sont fixés au mon-
tant minimal de CHF 200.
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