Decision ID: 19f97b09-d094-5d59-a124-4e30a1f0e429
Year: 2020
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_006
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 

EN FAIT
A.
Par ordonnance
DTAE/4043/2019
du 7 juin 2019, communiquée aux parties pour notification le 1
er
juillet 2019, le Tribunal de protection de l'adulte et de l'enfant (ci-après : le Tribunal de protection) a instauré à l'égard de A_, née le _ 1979, de nationalité espagnole, une curatelle de représentation et de gestion (ch. 1 du dispositif), désigné deux employés du Service de protection de l'adulte aux fonctions de curateurs (ch. 2) et confié à ces personnes, les tâches de représenter A_ dans ses rapports avec les tiers, en particulier en matière d'affaires administratives et juridiques et de gérer ses revenus et biens et d'administrer ses affaires courantes (ch. 3), les curateurs étant autorisés à prendre connaissance de la correspondance de A_ dans les limites de leur mandat, les frais étant laissés à la charge de l'Etat (ch. 4 et 5).
En substance, le Tribunal de protection a estimé que A_, qui souffre d'un trouble dépressif récurrent et d'une agoraphobie qui l'empêche de sortir de chez elle, ne parvient pas à effectuer certaines tâches de manière régulière, le soutien apporté par son assistante sociale n'étant pas suffisant faute de collaboration de sa part. D'autre part, elle n'arrive pas à faire valoir les droits de ses enfants, notamment à l'obtention de certaines prestations sociales.
B.
Par acte du 29 juillet 2019, A_ a recouru contre ladite ordonnance, considérant la mesure comme disproportionnée et exposant savoir faire face au quotidien.
Par courrier du 2 octobre 2019, le Tribunal de protection a informé la Cour qu'il n'entendait pas reconsidérer sa décision.
Par détermination du 31 octobre 2019, la curatrice d'office de A_ pour la procédure, a conclu à l'annulation de l'ordonnance du 7 juin 2019 considérant l'évolution positive de la situation engendrée par celle-ci, estimant qu'une aide ponctuelle administrative pour certaines démarches pouvait se justifier, mais non pas une mesure de curatelle. Depuis le prononcé de l'ordonnance, avec l'aide de l'Hospice général, la personne concernée avait réussi à déposer une demande AI et une demande de bourse pour ses enfants, ainsi qu'une allocation pour un logement. Pour autant qu'elles aient été remplies au moment du prononcé de l'ordonnance, les conditions d'une mise sous curatelle ne le sont plus.
Par courrier reçu le 10 janvier 2020 par le greffe de la Cour, l'assistante sociale en charge de A_ au sein de l'Hospice général a fait part à la Cour du fait que la situation administrative de A_ s'était considérablement améliorée et son implication dans son suivi social était plus proactive depuis le prononcé de la décision, celle-ci ayant eu un réel effet, de sorte qu'elle appuyait la demande de levée de la curatelle.
C.
Pour le surplus, ressortent de la procédure les faits pertinents suivants :
a)
Par signalement du 24 octobre 2017, l'Hospice général a informé le Tribunal de protection de la situation de A_, née le _ 1979, de nationalité espagnole. D'une part, l'Hospice général n'arrivait plus à apporter un soutien efficace dans les démarches sociales, administratives et financières à la personne concernée, sa collaboration étant mauvaise. D'autre part, celle-ci ne bénéficiait plus d'allocation de logement, sa situation financière était précaire et les demandes de bourses d'études pour ses enfants, âgés de 9, 12, 15 et 17 ans n'étaient pas déposées. Enfin, elle ne bénéficiait pas d'un suivi médical régulier malgré le fait qu'elle souffrait notamment d'agoraphobie.
b)
Le Tribunal de protection a procédé à l'instruction de la cause, de laquelle il ressort que la personne concernée est frappée de poursuites pour un total de 98'336 fr. 52 et de 19 actes de défaut de biens.
c)
D_, avocate, a été désignée curatrice d'office de A_ pour la procédure. Sa prise de contact avec la personne concernée a été difficile, du fait de son absence de réponse. Avec le temps, la personne concernée s'est montrée consciente de ses lacunes administratives mais n'a pas souhaité le prononcé d'une mesure de curatelle. Un certificat médical a été obtenu par le Tribunal de protection, selon lequel la personne concernée remplit les conditions de l'instauration d'une mesure de curatelle, étant partiellement empêchée d'assurer elle-même la sauvegarde de ses intérêts en raison de troubles psychiques qui affectent sa condition personnelle. A_ est décrite comme souffrant d'un trouble dépressif récurrent et d'une agoraphobie, ainsi que d'un trouble anxieux sévère l'empêchant d'assurer partiellement sa gestion administrative et financière. La personne concernée n'est pas sous l'influence de tiers et ne prend pas d'engagement excessif pour autant.
d)
Le Tribunal de protection a tenu une audience le 28 septembre 2018, lors de laquelle A_ s'est déclarée opposée à l'instauration d'une mesure de curatelle et à l'issue de laquelle le Tribunal de protection a suspendu la cause pour une durée de six mois, afin d'examiner l'évolution de la situation.
e)
En date du 18 avril 2019, l'Hospice général a confirmé le besoin de protection de A_ par le biais d'un curateur, alors que la curatrice d'office a considéré qu'elle n'avait pas besoin d'une curatelle de représentation et de gestion, mais d'une aide ponctuelle pour certaines démarches administratives, sous forme d'une assistance personnelle.
f)
Le Tribunal de protection a tenu une nouvelle audience le 7 juin 2019, lors de laquelle la représentante de l'Hospice général a confirmé que la collaboration administrative de A_ était déficiente. Celle-ci ne parvenait pas à obtenir, pour elle-même ou pour ses enfants, des aides financières auxquelles ils auraient droit. La curatrice d'office a réitéré le fait qu'une aide ponctuelle de mise à niveau était nécessaire en matière administrative, sans plus. Suite à quoi, l'ordonnance querellée a été prononcée.

EN DROIT
1.
1.1
Les décisions du Tribunal de protection de l'adulte et de l'enfant sont susceptibles de faire l'objet d'un recours auprès de la Chambre de surveillance de la Cour de justice dans un délai de trente jours à compter de leur notification (art. 450 al. 1 et 450b al. 1 CC, 53 al. 1 et 2 LaCC, 126 al. 3 LOJ).