Decision ID: 4767bd88-c7ee-5ff0-b866-fcd07c750f61
Year: 2015
Language: fr
Court: FR_TC
Chamber: FR_TC_005
Canton: FR
Region: Espace_Mittelland
Law Area: penal_law

considérant en fait
A. Dans le cadre de la poursuite pénale ouverte contre A._ pour infraction à la loi fédérale sur les stupéfiants (LStup), le Ministère public a délivré des mandats d’amener, de perquisition et de séquestre le 2 mars 2015. Ceux-ci ont été exécutés le jour même, en présence du prévenu.
B. Le 12 mars 2015, A._ a interjeté recours contre les mandats ci-dessus. Il soutient que lors de la perquisition, les policiers lui ont annoncé avoir des mandats, mais, suite à un incident avec ses chiens, ont omis de les lui remettre en mains propres. Il ajoute avoir été surpris de ne pas avoir pu assister à la totalité de la perquisition, notamment lorsque les policiers ont perquisitionné les deux étages et les chambres de ses filles quand lui-même se trouvait au . Il allègue encore que le nom inscrit sur les mandats était mal orthographié et que les policiers ont pénétré dans un local qui appartenait en commun avec son voisin. Enfin, il explique ses problèmes de santé à l’origine de sa consommation et culture de cannabis.
C. Invité à se déterminer, le Ministère public a, par courrier du 26 mars 2015, conclu à l’irrecevabilité du recours et subsidiairement à son rejet. En substance, il a rappelé les éléments sur lesquels se fondaient les mandats, précisant que le résultat de la perquisition et les aveux du prévenu n’avaient fait que corroborer les premiers soupçons. Il a indiqué que le nom mal orthographié dans l’urgence n’était qu’une erreur de plume qui ne saurait remettre en cause la validité des mandats. Il relève que le recourant n’a formulé aucun grief contre le mandat d’amener et aucune conclusion en relation avec les griefs soulevés contre le mandat de perquisition et de séquestre. Il explique que la perquisition a été menée conformément aux art. 244 et 245 CPP, de sorte que le recourant ne dispose pas d’un intérêt actuel digne de protection.
D. Par courrier du 29 avril 2015, A._ a pris position sur les déterminations du 23 mars 2015 du Commandant de police en charge des opérations. En substance, il revient sur les propos qu’il a tenus lors de son audition de police et les circonstances entourant cette dernière, à savoir qu’il n’avait pas dormi les deux nuits précédentes car il fêtait ses 40 ans. Il explique encore que sa fille de 11 ans lui a confirmé qu’une policière était entrée dans sa chambre lors de la perquisition et qu’elle y avait rapidement regardé avec la lampe de poche. Par ailleurs, il a indiqué qu’il déposerait des déterminations plus précises dans les prochains jours. A ce jour, rien n’est parvenu à la Chambre de céans.

en droit
1. a) Le recours à la Chambre pénale étant ouvert contre les décisions rendues par le Ministère public (art. 393 al. 1 let. a CPP et. 85 al. 1 LJ), des mandats d’amener, de perquisition (art. 244 CPP) et de séquestre rendus par le Ministère public (art. 263 CPP) sont ainsi susceptibles de recours selon les art. 393 ss CPP. S’agissant du mandat d’amener, il aura le plus souvent déjà été exécuté avant même que le justiciable ait eu le temps d’exercer son droit de recours, ce qui pourra poser problème au niveau de l’exigence d’un intérêt actuel au recours, une constatation d’une violation des droits fondamentaux ou d’une règle de forme pouvant cependant exceptionnellement ouvrir la voie du recours (G. CHATTON, Commentaire romand CPP, Bâle, 2011, n. 46 ad art. 207).
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S’agissant du mandat de perquisition, en dépit de la jurisprudence de la CourEDH (arrêt Camezind c. Suisse du 16.12.1997), le Tribunal fédéral n’a pas renoncé à exiger un intérêt actuel et digne de protection (cf. C. CHIRAZI, Commentaire romand CPP, n. 42-43 ad art. 244), de sorte qu’en principe le recours de A._ devrait être déclaré irrecevable, la perquisition ayant déjà eu lieu. Cependant, il dispose tout de même d’un intérêt à la constatation d’une violation des droits fondamentaux ou d’une règle de forme (cf. C. CHIRAZI, op. cit., n. 44-47 ad art. 244).