Decision ID: 6834a0fb-d22a-40af-8d32-3cae2714303c
Year: 2022
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_006
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 

EN FAIT
, que la mineure C_ (ci-après: C_) est issue de la relation hors mariage entretenue par B_ et A_, lesquels se sont séparés dans le courant de l'année 2019;
Que le premier était alors domicilié en France, la seconde à Genève, où elle exerçait la médecine à D_ (à D_);
Que par transaction n°
ACTPI/170/2020
du 3 juillet 2020, dans la cause C/1_/2020 (action alimentaire et en fixation de droits parentaux), A_ et B_ sont notamment convenus de ce que l'autorité parentale conjointe sur l'enfant C_, née le _ 2018 était maintenue, de ce que la garde de l'enfant était attribuée à A_, le domicile de l'enfant étant auprès de la précitée, de ce que C_ serait scolarisée à Genève dès la rentrée scolaire 2022, de ce que le droit de visite de B_ s'exercerait, jusqu'à la rentrée scolaire 2022, conformément aux modalités proposées par le SEASP dans leurs conclusions du 2 juin 2020, annexées à la transaction, de ce que les parents exerceraient, dès la rentrée scolaire 2022,une garde alternée sur C_, conformément aux modalités proposées par le SEASP dans leurs conclusions du 2 juin 2020 et de ce que B_ verserait en mains de A_, par mois et d'avance dès le 1er août 2020 et jusqu'au 31 août 2022, la somme de 2'500 fr. à titre de contribution à l'entretien de C_, allocations familiales ou d'études non comprises, et, dès le 1er septembre 2022, 700 fr. jusqu'à l'âge de 10 ans et 900 fr. jusqu'à l'âge de 18 ans, voire au-delà mais jusqu'à 25 ans au plus, si l'enfant poursuit une formation professionnelle ou des études sérieuses et régulières;
Que saisi d'une demande de modification de la transaction susmentionnée, les parties, dans la cause C/2_/2020, sont parvenues à un accord, entériné par transaction
ACTPI/74/2021
du 29 mars 2021, à teneur de laquelle notamment le domicile de C_ était chez sa mère, cette dernière s'étant engagée à saisir les autorités judiciaires compétentes avant tout changement de domicile de C_, la transaction
ACTPI/170/2020
demeurant exécutoire pour le surplus;
Qu'en septembre 2021, A_ a déménagé avec l'enfant à E_ (Valais);
Qu'en date du 26 octobre 2021, B_ a formé une demande devant le Tribunal de protection, concluant à ce qu'il soit fait interdiction à A_ de déplacer le domicile de l'enfant et à ce qu'une garde alternée soit ordonnée, voire une garde exclusive en sa faveur si la mère persistait dans son projet de déménagement en Valais;
Que le 27 octobre 2021, le Tribunal de protection a fait interdiction à A_ de modifier le domicile de la mineure, cette ordonnance n'ayant toutefois pas été suivie d'effet;
Que le 27 octobre 2021, A_ a saisi l'autorité de protection valaisanne de son lieu de résidence, concluant notamment à être autorisée à scolariser l'enfant à l'école primaire de E_ dès la rentrée de septembre 2022;
Que sa requête a été déclarée irrecevable par l'autorité de protection valaisanne saisie du fait de la litispendance, décision ayant fait l'objet d'un recours auprès du Tribunal cantonal du Valais, lequel a suspendu l'instruction de sa cause jusqu'à droit jugé par les autorités genevoises;
Que depuis lors, la mineure a été inscrite dans l'école locale;
Que par ordonnance
DTAE/1682/2022
du 9 mars 2022, le Tribunal de protection de l'adulte et de l'enfant (ci-après: Tribunal de protection) s'est déclaré compétent à raison du lieu pour traiter de la cause afférente à la situation de la mineure C_ (ch. 1 du dispositif), a exhorté B_ et A_ à tenter une médiation notamment dans le but de trouver un accord portant sur le domicile de l'enfant d'ici au 30 juin 2022 (ch. 2), ajourné la cause à cette date (ch. 3) et réservé le sort des frais judiciaires avec la décision au fond (ch. 4);
Que le 14 avril 2022, B_ a formé un recours contre l'ordonnance du 9 mars 2022 concluant, sur le fond, à l'annulation des chiffres 2 et 3 de son dispositif et cela fait, à ce qu'il soit dit que le domicile légal de la mineure C_ est au domicile de son père à Genève, à ce qu'il soit fait interdiction à A_ de déplacer le domicile de l'enfant, sous menace de la sanction prévue par l'art. 292 CP, à ce que le droit de déterminer le lieu de résidence de l'enfant soit retiré à sa mère, à ce qu'il lui soit ordonné de ramener l'enfant à son père, sous la menace de la peine prévue à l'art. 292 CP, à ce que la mise en place d'une garde alternée soit ordonnée, subsidiairement à ce que la garde de l'enfant soit attribuée au père, les vacances scolaires devant être partagées entre les parents;
Que B_ a par ailleurs sollicité le prononcé de mesures superprovisionnelles, concluant à ce qu'il soit dit que le domicile légal de l'enfant se trouvait chez lui, à ce qu'il soit ordonné à la mère de ramener l'enfant chez son père à Genève sous la menace de la peine prévue à l'art. 292 CP, à ce qu'il soit autorisé à entreprendre seul toutes les démarches nécessaires à l'inscription de l'enfant à l'école à Genève dès la rentrée scolaire 2022, l'autorité parentale de la mère devant être limitée en conséquence, à ce qu'une garde alternée soit ordonnée, subsidiairement à ce que la garde de l'enfant soit attribuée au père, les vacances devant être partagées entre les parents; qu'il a pris les mêmes conclusions sur mesures provisionnelles;
Que par décision
DAS/101/2022
rendue le 22 avril 2022, la présidente
ad i
interim de la Chambre de surveillance de la Cour de justice a rejeté la requête de mesures superprovisionnelles et fixé un délai à A_ pour le dépôt de ses déterminations sur mesures provisionnelles;
Que par déterminations du 9 mai 2022 et courrier correctif du 10 mai 2022, A_ a conclu, préalablement à la suspension de la procédure de recours de B_ jusqu'à droit connu sur le sort de son propre recours formé le 30 mars 2022 auprès de la Chambre de céans et à l'irrecevabilité de la requête de mesures provisionnelles, subsidiairement, à son rejet;
Qu'en date du 29 mars 2022, A_ avait en effet elle-même déposé un recours contre l'ordonnance du Tribunal de protection visée, en tant qu'elle admet la compétence des autorités genevoises, concluant à son annulation et à la constatation de leur incompétence;
Que par ordonnance du 20 juin 2022, le Tribunal de protection, statuant sur mesures provisionnelles, a levé les mesures provissionnelles urgentes prononcées par ordonnance
DTAE/6183/2021
du 27 octobre 2021, interdisant à A_ de modifier le domicile légale de C_, a pris acte de l'accord provisoire de A_ et de B_ de confier la garde de fait de l'enfant à A_ et de la scolarisation de l'enfant à E_ (Valais), dit que l'accord provisoire durerait jusqu'au 30 juin 2023, date à laquelle la question de la garde de l'enfant devrait être tranchée par les parents, ou en cas de désaccord par le Tribunal, réservé à B_ un droit aux relations personnelles sur l'enfant à exercer, à compter du 18 août 2022, tous les week-ends durant lesquels le père ne serait pas de garde à l'hôpital, du vendredi 12h00 au dimanche soir 19h00, avec un retour au domicile de A_, ainsi que toutes les vacances scolaires dès la scolarisation de l'enfant, donné acte à la précitée de son engagement à amener l'enfant à Genève les vendredis après l'école, institué une curatelle d'organisation et de surveillance des relations personnelles et désigné un curateur à cette fin, dit que les frais de curateur seraient répartis par moitié entre les parents, pris acte de l'accord des deux parents de procéder au retrait des recours respectifs déposés auprès de la Chambre de surveillance de la Cour de justice, pris acte de la reconnaissance par les deux parents de la compétence
ratione loci
et
materiae
du Tribunal et de l'engagement des deux parents de ne procéder à aucun incident procédural devant les autorités du Valais, dit que les mesures produiraient des effets jusqu'à nouvelle décision du Tribunal, mais au plus tard au 30 juin 2023, débouté les parties de toutes autres conclusions et réservé le sort des frais judicaires avec la décision au fond;
Que le 27 juin 2022, B_ a adressé à la Chambre de céans un courrier par lequel il a déclaré retirer le recours formé le 14 avril 2022 contre l'ordonnance
DTAE/1682/2022
;
Que le 30 juin 2022, le conseil de A_ a indiqué à la Chambre de céans faire suite au courrier précité et que sa cliente ne partageait pas "le point de vue que celle-ci soutient"; qu'il "n'y avait pas eu accord pour retirer les recours devant la Cour de justice concernant le fond pour des motifs qui fer[aient] l'objet d'une écriture adressée au Tribunal de protection de l'adulte et de l'enfant demain";
Que par courrier du 1
er
juillet 2022 au Tribunal de protection, le conseil de A_ a notamment allégué que la discussion en lien avec la transaction avait dû être faite très rapidement; qu'elle n'avait pas donné son accord pour retirer son recours pendant devant la Cour;
Que par requête du 5 juillet 2022 à la Chambre de céans, B_ a requis le prononcé de mesures superprovisionnelles et provisionnelles, tenant à ce que l'effet suspensif au recours formé par A_ soit retiré, à ce qu'il soit fait interdiction à la précitée de domicilier et de scolariser C_ en Valais, à ce que la garde exclusive de l'enfant lui soit provisoirement attribuée et à ce qu'il soit dit que C_ serait scolarisée à Genève à la rentrée scolaire 2022;
Considérant,

EN DROIT
, qu'en cas d'urgence particulière, notamment s'il y a risque d'entrave à leur exécution, le tribunal peut ordonner des mesures provisionnelles immédiatement, sans entendre la partie adverse (art. 265 al. 1 CPC);
Que le tribunal cite en même temps les parties à une audience qui doit avoir lieu sans délai ou impartit à la partie adverse un délai pour se prononcer par écrit; qu'après avoir entendu la partie adverse, le tribunal statue sur la requête sans délai (art. 265 al. 2 CPC);
Qu'une urgence particulière suppose que le but recherché ne puisse pas être atteint s'il fallait attendre jusqu'à ce qu'une décision soit rendue sur mesures provisionnelles;
Que prononcé de telles mesures suppose un danger particulièrement imminent ou que le fait de donner connaissance de la requête à la partie requise risquerait de prétériter l'exécution des mesures (Bohnet, Commentaire romand, Code de procédure civile, 2ème éd., 2019, n. 2 ad art. 265 CPC);
Qu'en l'espèce, le requérant sur mesures superprovisionnelles n'invoque aucun élément destiné à justifier le prononcé de mesures superprovisionnelles avant le prononcé d'une décision sur mesures provisionnelles, laquelle sera rendue à brève échéance, la procédure sommaire étant applicable;
Que les mesures superprovisionnelles seront en conséquence rejetées;
Qu'un délai de dix jours sera imparti à la partie citée pour se déterminer par écrit sur les mesures provisionnelles requises et produire ses titres;
Qu'un délai de trois jours lui sera également imparti pour se déterminer par écrit sur la requête d'effet suspensif;
Qu'il sera statué sur les frais de la présente décision dans la décision sur mesures provisionnelles.
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