Decision ID: 20fa26f9-9421-4149-9890-1e8b263594fd
Year: 2006
Language: fr
Court: VD_TC
Chamber: VD_TC_031
Canton: VD
Region: Région lémanique
Law Area: public_law

Vu les faits suivants
A.
X._, née le 2********, a bénéficié d'un premier délai-cadre d'indemnisation ouvert du 1
er
novembre 2002 au 30 octobre 2004. Durant cette période, elle a travaillé pour le compte de l'EMS Y._, à 3********, de février à octobre 2004, puis, à partir du 7 décembre 2004, comme infirmière-assistante salariée à l'heure pour le compte de la Clinique Z._, à 4********. A partir du 1
er
octobre 2005, elle a été engagée à raison de 40% fixe, soit 17 heures par semaine. Durant le 60% restant, elle a continué à travailler à l'heure en fonction des besoins de son employeur.
B.
X._ s'est réinscrite comme demandeuse d'emploi auprès de la Caisse de chômage Jeuncomm (ci-après la caisse) en revendiquant le versement de l'indemnité de chômage à partir du 1
er
novembre 2005. Un nouveau délai-cadre d'indemnisation lui a été ouvert dès cette date, pour une durée de deux ans. Elle est régulièrement suivie depuis lors par l'office régional de placement de Lausanne (ci-après l'ORP).
C.
Par courrier du 14 mars 2006, l'ORP a constaté qu'il n'était pas en possession des recherches d'emploi de X._ pour le mois de février 2006, et l'a invitée à se justifier ou à lui transmettre la preuve de ses recherches d'ici au 28 mars 2006. Il l'informait qu'à défaut de réponse dans le délai, il statuerait en l'état du dossier, en précisant que l'absence de recherches d'emploi pouvait constituer une faute vis-à-vis de l'assurance chômage entraînant une suspension du droit à l'indemnité.
D.
X._ n'ayant pas donné suite à ce courrier, l'ORP, par décision du 21 avril 2006, l'a suspendue dans son droit aux indemnités pour une durée de 5 jours indemnisables à compter du 1
er
mars 2006.
E.
X._ s'est opposée à cette décision le 19 mai 2006, en faisant valoir que durant le mois de février 2006, elle avait pris une semaine de vacances durant laquelle elle était restée atteignable sur son téléphone portable pour le cas où elle aurait été contactée par des agences de placement temporaire, qu'elle avait travaillé à 100% durant la deuxième quinzaine de février, et que ses horaires de travail ne lui permettaient pas d'effectuer davantage de recherches d'emplois.
F.
Par décision du 7 août 2006, le Service de l'emploi a rejeté son opposition et confirmé la mesure de suspension infligée par l'ORP dans son principe et sa quotité.
G.
X._ a recouru auprès du Tribunal administratif contre cette décision par acte daté du 23 août 2006, reçu en mains du tribunal le 13 septembre 2006. A l'appui de son recours, elle contestait n'avoir fait aucune recherche d'emplois au mois de février, en affirmant au contraire qu'elle avait remis à sa conseillère ORP les documents relatifs à ces recherches lors de son entretien du mois de mars 2006; au surplus, elle reprenait et développait les arguments présentés à l'appui de son opposition à savoir que durant le mois de février 2006, outre la semaine de vacances durant laquelle elle était libérée de son obligation de rechercher un emploi, elle avait constamment travaillé sur appel en complément de son horaire fixe à 40%, que ses horaires ne lui laissaient pas de temps disponible pour effectuer des recherches d'emplois ou aller se présenter, qu'elle transmettait chaque mois le calendrier de ses disponibilités à plusieurs agences intérimaire, que l'essentiel de ses recherches d'emploi avait lieu par offres spontanées mais que vu son âge, il était quasiment impossible de retrouver un emploi fixe. Elle estimait en outre avoir suffisamment démontré sa bonne volonté en travaillant sans manquer un seul jour depuis son inscription au chômage, d'autant qu'elle effectuait un travail pénible dans des conditions difficiles, et considérait qu'elle était injustement pénalisée.
H.
Le Service de l'emploi a transmis son dossier le 12 octobre 2006 en déclarant s'en remettre à justice.
I.
L'ORP a transmis son dossier le 29 septembre 2006 en concluant au rejet du recours. Concernant l'affirmation de X._ selon laquelle elle aurait remis à sa conseillère ses recherches d'emploi du mois de février lors de l'entretien qui a eu lieu au début du mois de mars 2006, et qu'elle ne serait pas inquiétée par la suite de ce qu'il était advenu de ces documents, l'ORP précisait que cette affirmation n'avait pas été confirmée par la conseillère en question, et qu'elle ne figurait pas non plus dans les procès-verbaux consignés au dossier.
J.
La caisse a transmis son dossier le 20 septembre 2006 sans prendre de conclusion.
K.
Le tribunal a délibéré par voie de circulation.

Considérant en droit
1.
Selon les art. 56 et 60 de la loi fédérale du 6 octobre 2000 sur la partie générale du droit aux assurances sociales (ci-après : LPGA ; entrée en vigueur le 1
er
janvier 2003), les décisions sur opposition sont sujettes à recours, dans un délai de trente jours suivant la notification de la décision attaquée. L’art. 38 al. 4 LPGA prévoit en outre des féries durant lesquelles les délais, notamment d’opposition et de recours, ne courent pas (tel est notamment le cas du 17 juillet au 17 août inclusivement). En raison des féries, le délai de recours de 30 jours contre la décision sur opposition rendue le 7 août 2006 par le Service de l'emploi a commencé à courir le 18 août 2006, et est échu le 18 septembre 2006. Reçu en mains du tribunal le 13 septembre 2006, le recours lui a en conséquence été adressé en temps utile. Il est au surplus recevable en la forme, de sorte qu'il convient d'entrer en matière sur le fond.
2.
a) En application de l'art. 8 de la loi fédérale du 25 juin 1982 sur l'assurance- chômage obligatoire et l'indemnité en cas d'insolvabilité (LACI), l'assuré doit, pour avoir droit à l'indemnité de chômage, notamment satisfaire aux exigences du contrôle prévu à l'art. 17 LACI. Selon l'al. 1 de cette disposition, l'assuré est tenu d'entreprendre, avec l'assistance de l'office du travail, tout ce qu'on peut raisonnablement exiger de lui pour éviter le chômage ou l'abréger. En particulier, il lui incombe de chercher du travail, au besoin en dehors de la profession qu'il exerçait précédemment. Il doit pouvoir apporter la preuve des efforts qu'il a fourni dans ce sens, sous peine de suspension de son droit à l'indemnité (art. 30 al. 1 let. c LACI).
L'art. 26 de l'Ordonnance du Conseil fédéral du 31 août 1983 sur l'assurance- chômage obligatoire et l'indemnité en cas d'insolvabilité (OACI) précise que l'assuré doit cibler ses recherches d'emploi, en règle générale selon les méthodes de postulation ordinaires (al. 1); l'office compétent contrôle chaque mois les recherches d'emploi de l'assuré (al. 3), qui doit fournir la preuve des efforts qu'il entreprend (al. 2). L'art. 26 al. 2 bis OACI précise en outre ce qui suit : "
Il doit apporter cette preuve pour chaque période de contrôle en remettant ses justificatifs au plus tard le 5 du mois suivant ou le premier jour ouvrable qui suit cette date. S'il ne les a pas remis dans ce délai, l'office compétent lui impartit un délai raisonnable pour le faire. Simultanément, il l'informe par écrit qu'à l'expiration de ce délai, et en l'absence d'excuse valable, les recherches d'emploi ne pourront pas être prises en considération."
S’il n’existe pas de normes quant au nombre de recherches que l’assuré est tenu d’effectuer, les efforts que l’on peut exiger de lui s’apprécient tant au regard de la qualité que du nombre des démarches entreprises (arrêts du Tribunal fédéral des assurances C 234/04 du 21 mars 2005 ; C 280/01 du 23 janvier 2003 ; C 305/01 du 22 octobre 2002 ; C 141/02 du 16 septembre 2002, et les références citées)
b) En l'occurrence, est litigieuse la question de savoir si la recourante a remis à l'ORP la preuve de ses recherches d'emploi relatives au mois de février 2006.
aa) Dans le domaine des assurances sociales, la procédure est régie par le principe inquisitoire, selon lequel les faits pertinents de la cause doivent être constatés d'office par le juge. Mais ce principe n'est pas absolu. Sa portée est restreinte par le devoir des parties de collaborer à l'instruction de l'affaire. Celui-ci comprend en particulier l'obligation des parties d'apporter, dans la mesure où cela peut être raisonnablement exigé d'elle, les preuves commandées par la nature du litige et des faits invoqués, faute de quoi elles risquent de devoir supporter les conséquences de l'absence de preuves (arrêt du Tribunal fédéral des assurances du 25 novembre 2005 dans la cause C 213/04 et références).
bb) En l'espèce, on constate que l'ORP, qui indique avoir interrogé la conseillère concernée, conteste la version de la recourante selon laquelle elle lui aurait remis ses recherches d'emploi du mois de février 2006 lors de l'entretien du mois de mars 2006. Dès lors que la recourante n'apporte aucune preuve à l'appui de cette affirmation, le tribunal ne saurait considérer ce fait comme établi, même au stade du degré de preuve de la vraisemblance prépondérante applicable dans le domaine des assurances sociales. On note au demeurant que la recourante ne semble pas réellement prétendre qu'elle aurait effectué des offres d'emplois durant le mois litigieux. Elle indique au contraire avoir travaillé quasiment à plein temps durant les trois semaines où elle devait effectuer des recherches d'emplois, et qu'elle est demeurée atteignable sur son téléphone portable par les agences de placement durant ses vacances, sans prétendre avoir effectué d'autres démarches en vue de trouver un emploi. Dans ces circonstances, on ne saurait reprocher au Service de l'emploi d'avoir considéré que si les explications de la recourante pouvaient justifier une légère insuffisance de recherches, l'absence totale de toute démarche n'est en revanche pas excusable et justifie sur le principe une suspension du droit à l'indemnité en application de l'art. 30 al. 1 let. c LACI.
3.
La faute étant établie, reste à mesurer la quotité de la sanction, qui doit être proportionnelle à la gravité de la faute (art. 30 al. 3 LACI). En cas de faute légère, la durée de la suspension est de un à quinze jours (art. 45 al. 2 let. a OACI). En l’occurrence, en infligeant à la recourante une suspension de 5 jours indemnisables, l'ORP a fait preuve de retenue étant donné l'absence totale de recherches d'emplois de la recourante durant la période litigieuse. On constate ainsi qu'il a été tenu compte des explications qu'elle a fournies au sujet de sa situation personnelle. Compte tenu des circonstances la suspension n'apparaît pas disproportionnée par rapport à la faute commise, et doit en conséquence être confirmée.
4.
Il découle des considérants qui précèdent que le recours doit être rejeté et la décision attaquée confirmée. En application de l'art. 61 litt. a LPGA, le présent arrêt sera rendu sans frais. Il n'y a au surplus pas lieu d'allouer des dépens (art. 55 LJPA).