Decision ID: b0593152-8548-500f-b937-beb9f035356b
Year: 2017
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_001
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law

EN FAIT
, que par acte déposé devant le Tribunal de première instance le 28 juillet 2016, A_ a formé une action en libération de dette à l'encontre de B_, laquelle avait dénoncé le prêt accordé à A_, garanti par un bien immobilier dont cette dernière était propriétaire, et engagé une poursuite en réalisation de gage à la suite de cette dénonciation;
Que par requête du 3 août 2016, A_ a sollicité l'assistance judiciaire pour cette procédure, laquelle lui a été refusée le même jour au motif qu'une société anonyme ne pouvait être mise au bénéfice de l'assistance judiciaire;
Que le 13 octobre 2016, un ultime délai a été imparti à A_ pour fournir une avance de frais de 150'000 fr. au 9 janvier 2016;
Que les 9 décembre 2016 et 3 janvier 2017, A_ a sollicité que C_ soit condamnée à verser une
provisio ad litem
dans le cadre de la présente procédure, subsidiairement, à ce que l'assistance juridique lui soit accordée; qu'elle a invoqué qu'il y avait identité économique entre elle et l'époux de C_, D_; or ce dernier se trouvait dans une situation financière difficile et faisait l'objet de poursuites et d'actes de défaut de biens pour plus de 30'000'000 fr.; de plus, la maison dont elle était propriétaire et qui constituait le gage garantissant le prêt de la banque, soit l'objet du litige, était son seul actif;
Que par décisions
JTPI/256/2017
et
AJC/367/2017
du 11 janvier 2017, le Tribunal a déclaré irrecevable la requête de
provisio ad litem
déposée par A_ à l'encontre de C_, rejeté la requête de suspension du délai fixé pour l'avance de frais de 150'000 fr. au 9 janvier 2017, déclaré irrecevable la nouvelle requête d'assistance judiciaire, refusé la prolongation du délai pour verser l'avance de frais précitée, déclaré irrecevable la demande formée le 28 juillet 2016 par A_ à l'encontre de B_ et condamné A_ aux frais judiciaires, arrêtés à 200 fr.;
Que le Tribunal a considéré que la
provisio ad litem
consistait dans l'obligation d'un conjoint d'avancer à son époux qui n'en avait pas les moyens les frais de procès du droit de la famille, ce qui n'était pas le cas de la procédure qui portait sur le remboursement d'un emprunt hypothécaire et la réalisation du gage lié; que la conclusion selon laquelle il fallait considérer qu'A_ ne faisait qu'un avec D_ avait été tirée dans un litige opposant A_ à un tiers et qu'elle n'était pas autorisée à s'en prévaloir dès lors qu'elle et D_ étaient les artisans de cette construction abusive; que pour le surplus, aucun élément nouveau n'était apporté à la nouvelle requête d'assistance judiciaire, qui était ainsi irrecevable;
Que par acte expédié le 22 février 2017 à la Cour, A_ a formé recours contre ce jugement, concluant à son annulation et à ce qu'il soit donné ordre à C_ de lui verser immédiatement la somme de 150'000 fr. à titre de
provisio ad litem
, subsidiairement, à ce que l'assistance judiciaire lui soit accordée;
Qu'elle a fait valoir que selon un jugement du Tribunal de première instance, elle et D_ formaient une identité économique, en application du principe du
Durchgriff
, de sorte qu'elle avait le droit de requérir une
provisio ad litem
de la part de l'épouse de D_, C_, ce qui était possible dans d'autres procédures que celles du droit de la famille; qu'elle remplissait par ailleurs les conditions pour l'octroi de l'assistance judiciaire;
Considérant,

EN DROIT
, que la décision d'irrecevabilité de la demande de
provisio ad litem
est une décision finale (cf. arrêts du Tribunal fédéral arrêts
5D_48/2014
du 25 août 2014 consid. 2;
5A_247/2013
du 15 octobre 2013 consid. 1.3), sujette à appel dans la mesure où la valeur litigieuse est supérieure à 10'000 fr. (art. 308 al. 1 et 2 CPC);
Que le "recours" déposé contre la décision de
provisio ad litem
est recevable pour avoir été déposé selon la forme et dans le délai prescrits, l'intitulé erroné d'un recours n'influençant pas sa recevabilité, pour autant que l'écriture remplisse les conditions formelles de la voie de droit qui est ouverte (cf. ATF
133 I 300
consid. 1.2 p. 302 s.; ATF
131 I 145
p. 148 consid. 2.1), ce qui est le cas en l'espèce;
Que la décision relative à l'assistance judiciaire est quant à elle sujette à recours auprès du Président de la Cour de justice (art. 121 CPC et art. 21 al. 3 LaCC), compétence déléguée au Vice-président en charge de la Cour civile (art. 29 al. 5 LOJ; arrêt du Tribunal fédéral
2D_6/2012
du 31 juillet 2012 consid. 2), de sorte que le recours contre la décision déclarant irrecevable la requête d'assistance judiciaire lui sera transmis;
Qu'en l'espèce, en l'absence de toute relation juridique avec C_, la recourante ne dispose d'aucun droit à l'encontre de cette dernière pouvant fonder sa requête de
provisio ad litem
;
Que la recourante invoque cependant le principe de la transparence (
Durchgriff
);
Que l'application de ce principe suppose, premièrement, qu'il y ait identité de personnes, conformément à la réalité économique, ou en tout cas la domination économique d'un sujet de droit sur l'autre et que, deuxièmement, la dualité soit invoquée de manière abusive, c'est-à-dire pour en tirer un avantage injustifié (arrêts
5A_330/2012
du 17 juillet 2012 consid. 3;
4A_58/2011
du 17 juin 2011 consid. 2.4.1;
Que même si, comme l'indique la recourante dans son recours, le Tribunal de première instance a admis, dans un cas particulier, qu'il y avait identité économique entre la recourante et D_ en application du principe de la transparence, ce principe, destiné à éviter que la dualité ne soit invoquée de manière abusive, ne peut être invoqué de manière générale, dans n'importe quelle situation, et servir en particulier dans le cas d'espèce pour fonder un droit de la recourante à obtenir le paiement d'une
provisio ad litem
;
Qu'en tout état de cause, la recourante se limite à affirmer qu'elle ne serait pas en mesure de fournir l'avance de frais requise, sans étayer ses dires, par des éléments comptables, par exemple;
Que le seul fait que des poursuites soient dirigées contre D_ et que celui-ci ne disposerait pas des moyens de fournir l'avance requise ne permet pas encore nécessairement de retenir que la recourante ne dispose pas non plus de tels moyens;
Que la décision rejetant la requête de
provisio ad litem
sera dès lors confirmée;
Que l'appelante, qui succombe, sera condamnée aux frais judicaires de l'appel, arrêtés à 1'000 fr. (art. 106 al. 1 CPC; art. 17 et 35 RTFMC) et elle sera dès lors condamnée à verser ce montant aux Services financiers du Pouvoir judiciaire;
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