Decision ID: fa15a41a-006c-49fb-82b9-975b5dace6ec
Year: 2022
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_002
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law

EN FAIT
A.
Par ordonnance
OTPI/493/2022
du 19 juillet 2022, reçue par A_ SARL, B_ et C_ le 21 juillet 2022, le Tribunal de première instance, statuant par voie de procédure sommaire, a notamment confirmé l'ordonnance rendue le 22 mars 2022 sur mesures superprovisionnelles et autorisé, en tant que de besoin, D_ SA à faire appel à la force publique pour exécuter l'ordonnance
OTPI/81/2022
du 16 février 2022 (ch. 2 du dispositif), condamné A_ SARL, B_ et C_, solidairement, à verser D_ SA 1'500 fr. au titre des frais judiciaires (ch. 3 et 4) et 1'000 fr. à titre de dépens (ch. 5) et débouté les parties de toutes autres conclusions (ch. 6).
Il ressort de cette ordonnance que, suite à la requête en exécution formée par D_ SA le 21 mars 2022, le Tribunal, statuant le 22 mars 2022 sur mesures superprovisionnelles, a autorisé celle-ci à faire appel à la force publique pour exécuter l'ordonnance
OTPI/81/2022
du 16 février 2022 laquelle ordonnait l'évacuation immédiate de A_ SARL et C_ de la parcelle n° 1_ de la commune du E_[GE].
Le Tribunal a retenu, sans que cela ne soit contesté à ce stade, que, le
22 mars 2022, A_ SARL, B_ et C_ avaient été évacués par la force publique de la place de parking qu'ils occupaient sur la parcelle de D_ SA.
B. a.
Le 2 août 2022, A_ SARL, B_ et C_ (ci-après les recourants) ont formé recours contre l'ordonnance du 19 juillet 2022, concluant principalement à ce que la Cour de justice l'annule, révoque l'ordonnance
OTPI/81/2022
rendue sur mesures provisionnelles par le Tribunal le
16 février 2022 et déclare sans objet la requête en exécution formée par D_ SA le 21 mars 2022, subsidiairement, à ce qu'elle la rejette, avec suite de frais et dépens.
b.
Le 26 août 2022, D_ SA a conclu à ce que la Cour déclare le recours irrecevable, subsidiairement le rejette, avec suite de frais et dépens.
c.
Les parties ont été informées le 19 septembre 2022 de ce que la cause était gardée à juger.

EN DROIT
1.
1.1.1
Le tribunal n’entre en matière que sur les demandes et les requêtes qui satisfont aux conditions de recevabilité de l’action, notamment l'existence d'un intérêt digne de protection de demandeur (art. 59 al. 1 et 2 let. a CPC).
L’intérêt à l’action
est une condition de recevabilité qui doit encore être remplie au moment du jugement
(arrêt du Tribunal fédéral
4A_280/2015
du
20 octobre 2015 consid. 6.2.1).
L'intérêt doit être
personnel et actuel
. Il n'est donné que si l'admission des conclusions du demandeur peut être d'utilité concrète au demandeur et lui évite un dommage économique ou idéal. En revanche, la procédure judiciaire n'est pas à sa disposition pour répondre à des questions juridiques abstraites (arrêt du Tribunal fédéral
5A_190/2019
du 4 février 2020 consid. 2.1).
1.1.2
Selon l'art. 242 al. 1 CPC, si la procédure prend fin pour d’autres raisons qu'une transaction, un acquiescement ou un désistement d'action sans avoir fait l’objet d’une décision, elle est rayée du rôle
Le
départ du locataire
rend sans objet la
procédure d’expulsion
, qui doit être rayée du rôle selon l’art. 242 CPC (arrêt du Tribunal fédéral
4A_272/2014
du
9 décembre 2014 consid. 2.1).
Le Tribunal fédéral n'entre pas en matière sur le recours et le déclare irrecevable lorsque l'intérêt au recours fait défaut au moment du dépôt de celui-ci; en revanche,
si
cet
intérêt disparaît en cours de procédure
, le litige est déclaré
sans objet
et la cause est rayée du rôle (arrêt du Tribunal fédéral
4A_134/2012
du
16 juillet 2012 consid. 2.1;
5A_773/2012
du 31 janvier 2013 consid. 2).
1.1.3
Dans le cadre d'une procédure d'exécution des décisions, la partie succombante peut uniquement alléguer des faits s'opposant à l'exécution de la décision qui se sont produits après la notification de celle-ci, par exemple l'extinction, le sursis, la prescription ou la péremption de la prestation due
(art. 341 al. 3 CPC).
1.2
En l'espèce, il n'est pas contesté que les recourants ont été évacués le 22 mars 2022 par la force publique de la place de parking litigieuse de sorte que, au moment du dépôt du recours le 2 août 2022, ils n'avaient plus d'intérêt à l'admission de celui-ci.
Cela rend le recours irrecevable, conformément à la jurisprudence précitée.
A cela s'ajoute que leurs conclusions tendant à la révocation de l'ordonnance de mesures provisionnelles du 16 février 2022 n'ont pas leur place dans une procédure d'exécution.
Le recours sera dès lors déclaré irrecevable.
2.
Les frais seront mis à la charge des recourants, qui succombent
(art. 106 al. 1 CPC).
Les frais judiciaires seront fixés à 800 fr. et compensés à concurrence de ce montant avec l'avance en 1'200 fr. versée par les recourants, acquise à l'Etat de Genève (art. 26 et 38 RTFMC et 111 CPC). Le solde en 400 fr. leur sera restitué.
Un montant de 600 fr., débours et TVA inclus, sera alloué à l'intimée à titre de dépens (art. 84, 85, 88 et 90 RTFMC; 23, 25 et 26 LaCC).
* * * * *