Decision ID: b1799cb9-fc11-42f2-a980-5db069cf4994
Year: 2007
Language: fr
Court: VD_TC
Chamber: VD_TC_031
Canton: VD
Region: Région lémanique
Law Area: public_law

Vu les faits suivants
A. X._, ressortissant français né le 27 novembre 1969, a obtenu le 17 octobre 2003 la délivrance d’une autorisation de séjour CE/AELE valable jusqu’au 7 août 2007 pour vivre auprès de son conjoint suisse.
B. Par décision du 27 février 2006, le SPOP a révoqué l’autorisation de séjour de X._, marié à une Suissesse, au motif qu’il ne pouvait plus se prévaloir de son mariage avec celle-ci dont il vivait séparé depuis le début de l’année 2004. A cette occasion, le SPOP a constaté qu’il n’avait par ailleurs aucun droit originaire à la délivrance d’une autorisation de séjour CE/AELE sur la base de l’accord sur la libre circulation des personnes en raison du fait que son entretien était assuré par l’assistance publique.
C. Le recours dirigé contre la décision précitée a été partiellement admis par l’arrêt PE.2006.0161 rendu le 31 août 2006. En substance, le Tribunal administratif a confirmé l’abus de droit du recourant à se prévaloir de son mariage avec une ressortissante suisse, mais il a renvoyé le dossier de la cause à l’autorité intimée pour qu’elle vérifie si le recourant avait effectivement commencé une activité lucrative pour A._ SA, comme le laissait présager le contrat de mission du 3 juillet 2006 produit en cours de procédure (arrêt auquel il est renvoyé pour le surplus).
D. Le 19 septembre 2006, le SPOP a repris l’instruction et sollicité des renseignements auprès de A._ SA. Cet employeur a répondu que X._ avait effectué pour son compte une mission du 3 au 23 août 2006, travaillant ainsi 31 jours pour l’entreprise B._. Le SPOP a établi que sous réserve de la période précitée, l’intéressé avait bénéficié depuis le mois de janvier 2006 du revenu d’insertion (RI), à concurrence de 12'414,75 de janvier à septembre 2006.
E. Par décision du 6 novembre 2006, notifiée le 15 novembre 2006, le SPOP a révoqué l’autorisation de séjour de X._ et lui a imparti un délai de départ d’un mois, en se fondant sur l’abus de droit de celui-ci à se prévaloir de son mariage avec une Suissesse et au motif qu’il ne pouvait se prévaloir d’aucun droit originaire découlant de l’ALCP dans la mesure où il n’exerçait pas d’activité économique et était dépendant de l’assistance publique.
F. Par acte du 17 novembre 2006, X._ a saisi le Tribunal administratif d’un recours dirigé contre la décision du SPOP, concluant implicitement à l’annulation de celle-ci et à la prolongation de ses conditions de séjour.
L’effet suspensif a été accordé au recours.
Le recourant a été dispensé du paiement d’une avance de frais.
X._ a annoncé au contrôle des habitants de 1._ son départ pour la France au 31 décembre 2006.
Dans ses déterminations du 13 décembre 2006, le SPOP a conclu au rejet du recours.
Le tribunal a ensuite statué sans organiser de débats.

Considérant en droit
1. En l’espèce, le recourant a annoncé son départ de Suisse. Dès lors qu’il n’entend plus vivre dans notre pays et a renoncé implicitement à obtenir le droit d’y poursuivre son séjour, la décision attaquée, qui révoque son autorisation de séjour CE/AELE valable jusqu’au 7 août 2007, n’a plus d’objet.
2. A supposer que le pourvoi ne soit pas dépourvu d’objet, le recourant ne peut de toute manière pas prétendre au maintien de son titre de séjour dont il ne remplit plus les conditions. En effet, le motif de regroupement familial ayant conduit l’autorité à lui délivrer une autorisation de séjour sur la base de l’art. 7 al. 1 LSEE a disparu, selon l’arrêt PE.2006.0161 du 31 août 2006 entré en force. Or, selon l’art. 9 al. 2 LSEE, l’autorisation de séjour peut être révoquée lorsque l’un des conditions qui y sont attachées ne sont pas remplies.
3. Dans son arrêt PE.2006.0161, le tribunal a considéré ce qui suit :
« Indépendamment de son mariage, le recourant est un ressortissant communautaire qui peut toutefois faire valoir un droit originaire lui permettant notamment d’obtenir un droit de séjour dans notre pays en vue d’y exercer une activité économique en vertu de l’art. 1er lettre a de l’accord sur la libre circulation des personnes et d’obtenir un droit de séjour (ALCP ; RS 0.142.112.681). Tel semble bien être le cas puisqu’en cours de procédure, le recourant a produit un contrat de mission à partir du 3 juillet 2006. Cet élément ne permet pas de confirmer en l’état la décision attaquée révoquant son permis de séjour. Le dossier doit être renvoyé à l’autorité intimée pour qu’elle vérifie si le recourant a effectivement débuté une activité lucrative et peut ainsi se prévaloir de cet accord ou si, au contraire, cette activité apparaît tellement réduite ou peu rémunératrice qu’elle doit être tenue pour marginale et accessoire. Le SPOP établira l’ampleur de cette activité, en particulier le nombre d’heures et de jours travaillés, du caractère plus ou moins régulier des prestations de travail, et des rémunérations versées (dans ce sens, ATF 2A.753/2004 du 29 avril 2005).
L’instruction complémentaire menée par le SPOP a établi que les conditions envisagées ci-dessus n’étaient pas réunies, le recourant n’ayant travaillé que 31 jours. La décision attaquée est confirmée.
4. Les considérants qui précèdent conduisent au rejet du recours aux frais de l’Etat. Le SPOP est chargé de veiller à l’exécution de sa décision pour le cas où le recourant n’aurait pas quitté la Suisse, comme annoncé.