Decision ID: 1da95ff4-02d3-5dde-911e-665a67551988
Year: 2019
Language: fr
Court: FR_TC
Chamber: FR_TC_004
Canton: FR
Region: Espace_Mittelland
Law Area: civil_law

considérant en fait
A. A._ est né en 2000. Il est le fils de B._ et de C._.
B. Par décision du 28 juin 2018, envoyée le 11 octobre 2018, la Justice de paix de l’arrondissement de la Sarine (ci-après: la Justice de paix) a institué en sa faveur une curatelle de représentation avec gestion du patrimoine, au sens de l’art. 394 CC en lien avec l’art. 395 CC. D._, assistante sociale au service des curatelles, a été nommé curatrice.
De cette décision et du dossier produit par la Justice de paix, il ressort les faits suivants:
B.1. Le 8 août 2011, la Justice de paix avait institué une curatelle éducative au sens de l’art. 308 al. 1 CC en faveur de A._, afin de soutenir ses parents dans son éducation. Le 25 août 2014, la curatelle éducative a été élargie et l’autorité parentale des parents a été limitée en conséquence.
B.2. Le 19 mars 2018, A._ a demandé l’institution d’une mesure de protection de l’adulte en sa faveur dès sa majorité, dans le but de l’aider à gérer son argent. Il a précisé qu’il ne souhaitait pas qu’un collaborateur du Service des curatelles de E._ (ci-après: le Service des curatelles) soit nommé et a proposé la nomination de son frère F._, ou de G._, curateur de son autre frère H._.
Dans un rapport du 24 avril 2018, I._, intervenante en protection de l’enfant auprès du Service de l’enfance et de la jeunesse, à J._, alors porteuse du mandat de curatelle éducative, a confirmé l’opportunité d’une mesure de protection de l’adulte en faveur de A._ afin de l’aider dans sa gestion financière ainsi que dans ses prises de décisions. Elle a ajouté qu’une procédure d’expulsion était en cours à l’encontre de toute la famille, laquelle était au bénéfice de l’aide sociale depuis le début de l’année 2018.
Le 24 avril 2018, A._, alors assisté par Me K._, a été entendu par la Justice de paix. A cette occasion, il a répété qu’il ne désirait pas le soutien d’un curateur du Service des curatelles et a confirmé sa proposition de nommer G._, ami de son père et curateur de son frère. Il a indiqué qu’il ne connaissait pas sa situation financière et qu’il ne savait pas si une demande auprès de l’assurance-invalidité était en cours. Il a précisé qu’il était suivi médicalement par le centre de pédopsychiatrie, qu’il prenait un traitement et que cela se passait bien. Il a confirmé qu’il acceptait l’institution d’une mesure de curatelle de représentation et de gestion du patrimoine, tout en précisant qu’il n’était pas enclin à signer des contrats sans se renseigner. Me K._ a quant à lui déclaré que la procédure de renvoi avait été suspendue suite à l’annonce d’un projet d’activité indépendante par les parents.
Il ressort d’un rapport médical daté du 28 mai 2018 du centre de pédopsychiatrie (ci-après: CPP), signé par le Dr L._, directeur médical, et M._, psychologue, que l’état de santé psychique de A._ demeure fragile et nécessite un traitement  intégré, et que ses capacités intellectuelles sont diminuées par rapport à son âge. A la question de savoir s’il est en mesure de désigner un mandataire dans son entourage, ce rapport précise qu’il semble indiqué de maintenir les relations familiales mais qu’un soutien par une tierce personne neutre pourrait se révéler judicieux du point de vue de l’autonomie.
Le 25 juin 2018, I._ a informé la Justice de paix du fait que d’importants problèmes dentaires, en particulier de nombreuses caries, avaient été constatés chez l’intéressé, de sorte
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qu’il serait opportun que le futur curateur entreprenne les démarches nécessaires auprès d’un médecin dentiste.
C. Le 15 octobre 2018, A._ a interjeté recours contre la décision du 28 juin 2018, en demandant la désignation de son frère F._ en tant que curateur, en lieu et place de la curatrice nommée. Il a indiqué que ce dernier le soutient d’ores et déjà dans ses affaires administratives et financières, par exemple en contrôlant ses factures ou en faisant des démarches auprès de l’OAI et de l’assurance-maladie, et l’a également aidé à bénéficier de soins dentaires. Il a précisé que sa famille n’était plus bénéficiaire de l’aide sociale pour l’année 2018 et a produit différents documents relatifs au litige opposant la famille à la Commission sociale de E._ et confirmant la fin de toute aide financière.
Dans sa détermination du 18 octobre 2018, le Juge de paix a pour sa part rappelé que F._ avait fait l’objet d’une curatelle de portée générale, qui avait certes été levée le 28 juin 2017 suite aux progrès constatés, mais que la gestion des affaires de son frère en sus des siennes représentait malgré tout un risque non négligeable de déstabiliser sa propre situation. Il s’est également référé au rapport du CPP du 28 mai 2018, qui relève qu’il serait judicieux de charger « une tierce personne neutre » de soutenir le recourant. Enfin, il a proposé l’audition personnelle du recourant et de son frère par la Cour de céans pour lui permettre de se faire une idée précise des difficultés auxquelles ils sont confrontés.
Par courrier du 29 octobre 2018, le recourant a encore indiqué qu’une rente entière de l’assurance-invalidité lui avait été octroyée et que son frère avait déposé une demande de prestations pour impotence, et a produit des documents à ce propos. Il a déclaré que son suivi psychiatrique était terminé et que F._ l’avait aidé à prendre contact avec des ateliers protégés. Il a encore expliqué que ce dernier avait aidé leur autre frère à obtenir un arrangement de paiement pour ses dettes, avec l’aide de son curateur. Enfin, le 7 novembre 2018, il a produit un rapport du 5 novembre 2018 de son médecin traitant, le Dr N._ relatif à la situation de F._.

en droit
1.
1.1. Selon l'art. 8 de la loi du 15 juin 2012 concernant la protection de l'enfant et de l'adulte (LPEA), le Tribunal cantonal connaît des recours contre les décisions rendues par l'autorité de protection - soit la Justice de paix (art. 2 al. 1 LPEA) - ou par son président ou sa présidente. La Cour de protection de l'enfant et de l'adulte (art. 14 al. 1 let. c du Règlement du Tribunal cantonal du 22 novembre 2012 précisant son organisation et son fonctionnement [RTC]) est compétente pour statuer.
1.2. En l'absence de dispositions cantonales contraires, les dispositions de la procédure civile s'appliquent par analogie (art. 450f CC).