Decision ID: dd3dd41d-2e7e-5d9c-a1b0-94d4f8897316
Year: 2011
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_013
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: public_law

EN FAIT
1. Monsieur J_, ressortissant béninois né en 1979, est arrivé en Suisse le 12 novembre 2002, au bénéfice d’une autorisation de séjour pour études.
Cette dernière avait été régulièrement renouvelée jusqu’à la fin du mois d’octobre 2007.
2. Par décision du 28 avril 2010, l’office cantonal de la population (ci-après : OCP) a refusé de renouveler l’autorisation de séjour pour études de M. J_. Ce dernier disposait d’un délai échéant le 30 juin 2010 pour quitter le territoire de la Confédération helvétique.
3. L’intéressé a saisi la commission cantonale de recours en matière administrative (ci-après : la commission), devenue depuis lors, le Tribunal administratif de première instance (ci-après : TAPI) d’un recours, le 26 mai 2010.
4. a. Par jugement du 1
er
février 2011, le TAPI a rejeté le recours.
b. Ce jugement a été expédié, par pli recommandé avec accusé de réception, à l’adresse genevoise de M. J_.
La Poste suisse ne l’a toutefois pas distribué, mais retourné à son expéditeur car l’intéressé avait demandé à ce que son courrier soit réexpédié en poste restante, et ce mode de distribution n’était pas admis pour les actes judiciaires.
c. Le TAPI a alors adressé le jugement du 1
er
février 2011 à M. J_ par pli recommandé et, selon le site du suivi de la distribution du courrier de La Poste « Track and Trace », remis à l’intéressé le samedi 19 février 2011.
Par courrier daté du 18 mars 2011, mis à la poste le 19 mars 2011 et reçu par la chambre administrative de la section administrative de la Cour de justice (ci-après : la chambre administrative) le 22 du même mois, M. J_ a recouru contre le jugement du TAPI du 1
er
février 2011, concluant à ce que son permis de séjour temporaire soit renouvelé.
Cet acte n’était pas signé.
5. Le 22 mars 2011, la chancellerie de la chambre administrative a accusé réception du recours, et indiqué au recourant :
« Cependant, nous observons que celui-ci ne comporte pas votre signature.
En conséquence, nous vous invitons à nous en adresser un nouvel exemplaire dûment signé par vos soins, ou à venir le signer au greffe de la chambre administrative, dans le délai légal de recours courant dès réception de la décision que vous entendez contester, sous peine d’irrecevabilité.
Par courrier recommandé remis à La Poste le 28 mars 2011, M. J_ agissant en personne a transmis un exemplaire du recours, dûment signé.
6. Le 14 avril 2011, l’OCP a conclu, quant au fond, au rejet du recours.
7. Par décision du 6 mai 2011 le vice-président du Tribunal civil a mis M. J_ au bénéfice de l’assistance juridique.
8. Le 5 mai 2011, l’OCP a indiqué qu’il n’avait pas d’observations complémentaires à formuler au sujet du recours.
9. Le 9 mai 2011, M. J_, par la plume de son conseil, a persisté dans les termes et les conclusions de son recours.
10. Sur quoi, la cause a été gardée à juger.

EN DROIT
1. Interjeté en temps utile devant la juridiction compétente, le recours est recevable de ce point de vue (art. 132 de la loi sur l'organisation judiciaire du 26 septembre 2010 (LOJ -
E 2 05
; art. 62 al. 1 let. a de la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 1985 - LPA -
E 5 10
).
2. En vertu de l'art. 64 al. 1 LPA, le recours est formé par écrit et adressé à la juridiction administrative appelée à en connaître.
3. a. A teneur des art. 12 ss de la loi fédérale complétant le Code civil suisse du 30 mars 1911 (Livre cinquième : Droit des obligations - CO -
RS 220
) et notamment de l'art. 14 al. 1, la forme écrite implique que la signature doit être écrite à la main par celui qui s'oblige.
De jurisprudence constante, la signature olographe originale est une condition nécessaire que doit respecter tout acte pour être considéré comme un recours (
ATA/36/2011
du 25 janvier 2011 ;
ATA/277/2002
du 28 mai 2002 et références citées).
b. La prohibition du formalisme excessif, garantie procédurale découlant de l’art. 29 de la Constitution fédérale de la Confédération suisse du 18 avril 1999 (Cst. -
RS 101
) commande cependant à l’autorité de ne pas sanctionner par l’irrecevabilité les vices de procédure aisément reconnaissables auxquels il pourrait être remédié à temps, car signalés utilement au plaideur (
ATA/244/2010
du 13 avril 2010 ;
ATA/668/2009
du 15 décembre 2009 ;
ATA/451/2007
du 4 septembre 2007).
Ainsi, le défaut de signature est cependant un vice réparable, pour autant que la signature soit ajoutée pendant le délai de recours (ATF
125 I 166
; art. 65 al. 3 LPA ; art. 52 al. 2 de la loi fédérale sur la procédure administrative du 20 décembre 1968 - PA -
RS 172.021
; art. 30 al. 2 de la loi fédérale d'organisation judiciaire du 16 décembre 1943 - OJ -
RS 173.110
). Cette réglementation tend à éviter tout formalisme excessif en permettant à l’intéressé de réparer une omission.
En l’occurrence, aucun exemplaire de recours comportant une signature originale n’a été remis à la poste ou est parvenu à la chambre administrative dans le délai de recours fixé par la loi, qui venait à échéance le lundi 21 mars 2011.
Quant à l’exemplaire posté le 28 mars 2011, il est certes signé mais a été expédié au delà du délai légal de trente jours.
Le courrier adressé par la chancellerie de la chambre administrative le 22 mars 2011 ne modifie en rien cette issue, dès lors que, lors de son expédition, la date à laquelle le jugement du TAPI avait été notifié n’était pas connue.
En conséquence, le recours sera déclaré irrecevable.
4. Aucun émolument ne sera mis à la charge de recourant, qui plaide au bénéfice de l’assistance juridique (art. 87 LPA).
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