Decision ID: 5e4bc2f9-58a9-5fe3-ae46-676b1be6bc7d
Year: 2019
Language: fr
Court: FR_TC
Chamber: FR_TC_005
Canton: FR
Region: Espace_Mittelland
Law Area: penal_law

considérant en fait
A. Le 13 novembre 2016, A._ a déposé une plainte pénale contre C._ pour diffamation, calomnie et menaces ainsi que contre B._ pour injure, diffamation, calomnie et menaces, en relation notamment avec des messages qu’il avait reçus dans la soirée du 17 août 2016.
La procédure pénale a été menée par les autorités vaudoises en ce qui concerne C._ et par leurs homologues fribourgeois s’agissant de B._.
En substance, A._ reprochait à B._ de l'avoir, par message du 17 août 2016, accusé d'entretenir des relations sexuelles avec sa fille D._, âgée de 16 ans au moment des faits, et de fournir des stupéfiants à cette dernière. A._ lui faisait également grief de l'avoir injurié en le traitant de « salopard » et de l'avoir menacé. Il reprochait en outre à B._ de l'avoir diffamé et calomnié auprès de C._ en l'accusant de pédophilie, celle-ci lui ayant également envoyé un message en date du 17 août 2016, à une minute d'intervalle, dans lequel elle l'accusait, elle aussi, de pédophilie.
B. B._ a été condamnée pour l'infraction d'injure par ordonnance pénale du 13 mars 2017. L'infraction de menaces n'a pas été retenue, ses conditions n'étant pas réalisées. Quant aux infractions de diffamation et de calomnie, il n'en a pas été fait mention dans l'ordonnance pénale.
Par courriers des 14 et 18 mars 2017, A._ s’est adressé au Ministère public pour « faire recours » à l'ordonnance pénale du 13 mars 2017 au motif qu'elle ne retenait pas les infractions de diffamation et de calomnie. Le 21 mars 2017, B._ s'est opposée à sa condamnation. Les parties ont alors été renvoyées devant le Juge de police de la Gruyère. Lors de l'audience du 28 septembre 2017, A._ a retiré sa plainte pénale déposée contre B._ pour ce qui avait trait à l'infraction d'injure mais l'a maintenue en ce qui concerne la diffamation et la calomnie.
Les infractions de diffamation et de calomnie n'ayant pas été traitées dans les décisions précédentes, plusieurs échanges de courriers à ce sujet ont eu lieu entre le Ministère public et A._, entre le mois de décembre 2017 et le mois de mars 2018, dans lesquels ce dernier indiquait maintenir sa plainte sur ce point. En date du 9 mars 2018, le Ministère public a rendu une ordonnance de non-entrée en matière s'agissant des infractions de diffamation et de calomnie.
A._ a contesté dite ordonnance devant la Chambre pénale du Tribunal cantonal (ci-après: la Chambre) qui, par décision du 7 juin 2018, a admis le recours, annulé l'ordonnance de  en matière du 9 mars 2018 et renvoyé la cause au Ministère public pour examen de la plainte du 13 novembre 2016 sous l'angle des infractions de diffamation/calomnie afin qu'une nouvelle décision soit rendue.
Le 31 août 2018, B._ a été entendue comme prévenue, en même temps que A._. C._, D._ et E._ ont été entendues le 5 décembre 2018 en qualité de personnes appelées à donner des renseignements. Bien que cité pour cette date, A._ ne s'est pas présenté; invité à indiquer les motifs de son défaut, il a refusé de le faire.
C. Par ordonnance du 27 mars 2019, le Ministère public a classé la procédure pénale ouverte contre B._ pour diffamation, éventuellement calomnie, renvoyé la partie plaignante à faire valoir ses droits devant le Juge civil et mis les frais de procédure à la charge de l’Etat.
Tribunal cantonal TC Page 3 de 7
Le même jour, il a rendu une ordonnance de non-entrée en matière concernant E._, renonçant à la poursuivre pour les infractions de diffamation ou de calomnie. Par contre, il a condamné A._ à une amende de CHF 200.-, frais en sus, pour avoir fait défaut à l’obligation de comparaître à l’audition du 5 décembre 2018.
D. Par courrier daté du 18 mai 2019, mais remis à la Poste le 21 mai 2019, A._ a interjeté recours contre l’ordonnance de classement du 27 mars 2019. Il a également demandé la restitution du délai pour déposer son recours.
Le 14 juin 2019, soit dans le délai imparti pour effectuer un dépôt de CHF 250.- à titre de fourniture de sûretés, A._ a formulé une requête d’assistance judiciaire qu’il a complétée par la suite par la production de plusieurs pièces justificatives.
Invité à se déterminer, le Ministère public a conclu, par acte du 26 juin 2019, au rejet de la requête de restitution de délai et par conséquent à l’irrecevabilité du recours, subsidiairement à son rejet.
Le 1er juillet 2019, A._ s’est déterminé spontanément sur la prise de position du Ministère public.

en droit
1.
1.1. En application des art. 20 al. 1 let. b et 322 al. 2 CPP, ainsi que l'art. 85 al. 1 de la loi sur la justice (LJ; RSF 130.1), la voie du recours à la Chambre est ouverte à l'encontre d'une ordonnance de classement.
1.2. En tant que partie plaignante pour atteintes à l'honneur, le recourant a un intérêt juridiquement protégé à l’annulation ou à la modification de l’ordonnance attaquée et dispose de la qualité pour recourir (art. 382 al. 1 CPP).
1.3. Le recours peut être formé pour violation du droit, constatation incomplète ou erronée des faits et inopportunité (art. 393 al. 2 CPP).
1.4. La Chambre statue sans débats (art. 397 al. 1 CPP).
1.5. Selon les art. 322 al. 2 et 396 al. 1 CPP, le recours est adressé par écrit, dans le délai de 10 jours, à l'autorité de recours. L'ordonnance querellée a été notifiée au recourant le 28 mars 2019, de sorte que le recours, déposé le 21 mai 2019, est tardif, ce que le recourant admet. Par contre, il réclame la restitution du délai de 10 jours pour déposer son recours.