Decision ID: 04c1c170-aa37-44ad-9159-da65aef8efeb
Year: 2022
Language: fr
Court: CH_BSTG
Chamber: CH_BSTG_001
Canton: CH
Region: Federation
Law Area: penal_law

La Cour des plaintes, vu:
- la procédure pénale SV.17.0008 menée par le Ministère public de la
Confédération, à l’encontre, notamment, de A., dirigée − en partie − par le
procureur fédéral B.,
- le jugement de la Cour des affaires pénales du Tribunal pénal fédéral
SK.2020.4 du 30 octobre 2020,
- le dispositif de l’arrêt du 23 juin 2022 rendu par la Cour d’appel du Tribunal
pénal fédéral dans la cause CA.2021.3, par lequel A. est acquitté du chef de
gestion déloyale aggravée, au sens de l’art. 158 ch. 1 al. 3 CP, et reconnu
coupable d’infractions de faux dans les titres répété, au sens de l’art. 251 ch.
1 CP, et de corruption passive répétée, au sens de l’art. 4a al. 1 let. b cum
art. 23 al. 1 a LCD (act. 4),
- la « demande de révision et récusation » du Procureur fédéral B. du
2 septembre 2022 formée par A. auprès de la Cour d’appel du Tribunal pénal
fédéral (act. 1),
- la transmission, en date du 15 septembre 2022, de la demande « de
récusation » du 2 septembre 2022, par la Cour d’appel du Tribunal pénal
fédéral à la Cour des plaintes du Tribunal pénal fédéral (ci-après: la Cour de
céans; act. 2),
- l’information de la Cour d’appel du Tribunal pénal fédéral du 20 septembre
2022 relative au stade de la procédure CA.2021.3 (act. 4),

et considérant que:
la Cour des plaintes du Tribunal pénal fédéral examine d’office et avec pleine
cognition la recevabilité des recours qui lui sont adressés (v. notamment
TPF 2021 97 consid. 1.1; MOREILLON/DUPUIS/MAZOU, La pratique judiciaire
du Tribunal pénal fédéral en 2011, in Journal des Tribunaux 2012, p. 2 ss,
p. 52 n. 199 et références citées);
selon l'art. 58 al. 1 CPP, lorsqu'une partie entend demander la récusation
d'une personne qui exerce une fonction au sein d'une autorité pénale, elle
doit présenter sans délai à la direction de la procédure une demande en ce
sens, dès qu'elle a connaissance du motif de récusation, les faits sur lesquels
elle fonde sa demande de récusation devant pour le surplus être rendus
- 3 -
plausibles;
aux termes de l'art. 59 al. 1 let. b CPP, lorsqu'un motif de récusation au sens
de l'art. 56 let. a ou f CPP est invoqué ou qu'une personne exerçant une
fonction au sein d'une autorité pénale s'oppose à la demande de récusation
d'une partie qui se fonde sur l'un des motifs énumérés à l'art. 56 let. b
à e CPP, le litige est tranché sans administration supplémentaire de preuves
et définitivement par l'autorité de recours – soit la Cour de céans en
procédure pénale fédérale (art. 37 al. 1 de la loi fédérale du 19 mars 2010
sur l'organisation des autorités pénales de la Confédération [LOAP;
RS 173.71]) – lorsque le ministère public est concerné;
à teneur de l’art. 60 al. 3 CPP, si un motif de récusation n’est découvert
qu’après la clôture de la procédure, les dispositions sur la révision sont
applicables;
selon les art. 21 al. 1 let. b, 411 al. 1 CPP et 38a LOAP, en procédure pénale
fédérale, la Cour d’appel est compétente en matière de révision;
en l’espèce, la « demande de révision et de récusation » du 2 septembre
2022 est, comme le précise le requérant, une demande de révision fondée
sur la découverte d’un motif de récusation, en application de l’art. 60
al. 3 CPP (act. 1, p. 11);
dite « demande de révision et de récusation » n’est donc pas une demande
de récusation, au sens des art. 58 et 59 CPP précités, de sorte que la Cour
de céans n’est pas compétente pour en connaître, indépendamment de
l’éventuelle clôture de la procédure;
partant, la « demande de révision et de récusation » du 2 septembre 2022
est irrecevable;
la « demande de révision et récusation » du 2 septembre 2022 est renvoyée
à la Cour d’appel du Tribunal pénal fédéral, comme objet de sa compétence;
la présente décision est rendue sans frais.
- 4 -