Decision ID: 85770e51-d62f-5fc0-8f18-7da1c4733ac1
Year: 2017
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_004
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law

EN FAIT
, le contrat de bail conclu par les parties, portant sur la location d'un appartement de quatre pièces au 8
ème
étage de l'immeuble sis _ à _ (GE), et du box n°1_ au 1
er
sous-sol qui en dépend;
Attendu que le loyer, charges comprises, a été fixé en dernier lieu à 2'720 fr. par mois;
Qu'à la suite d'une vaine mise en demeure du 14 novembre 2016 de régler l'arriéré de loyer de 5'500 fr., le bailleur a, par avis officiels du 5 janvier 2017, résilié le contrat de bail pour le 28 février 2017;
Que les locaux n'ont pas été restitués par les locataires;
Que, par requête adressée au Tribunal des baux et loyers le 13 mars 2017, le bailleur a requis l'évacuation des locataires, assorties de mesures d'exécution directes du jugement d'évacuation, par la procédure de protection de cas clair;
Qu'à l'audience du 3 mai 2017 devant le Tribunal des baux et loyers, le bailleur a persisté dans ses conclusions, indiquant que le montant de la dette s'élevait à 17'760 fr;
Que, pour sa part, C_ a déclaré qu'une procédure de mesures protectrices de l'union conjugale était pendante et qu'il avait quitté le domicile conjugal en février 2016; que lui et son épouse avaient conscience de ce que le montant du loyer était trop important;
Que A_ a expliqué percevoir 2'680 fr. par mois à titre de salaire; leur enfant, âgé de 4 ans, était pris en charge par une crèche moyennant paiement de 1'543 fr. mensuellement; qu'elle n'était pas en mesure de régler le loyer;
Que le conseil des locataires a indiqué qu'une demande de don avait été déposée et a sollicité l'octroi d'un sursis de neuf mois à l'évacuation;
Que la cause a été gardée à juger à l'issue de l'audience;
Que, par jugement
JTBL/431/2017
rendu le 3 mai 2017, expédié pour notification aux parties le 8 mai suivant, le Tribunal des baux et loyers a condamné les locataires à évacuer de leur personne et de leurs biens ainsi que de toute personne faisant ménage commun avec eux l'appartement et le box en cause (ch. 1 du dispositif), a autorisé le bailleur à requérir l'évacuation par la force publique des locataires dès le 31 juillet 2017 (ch. 2), a débouté les parties de toutes autres conclusions (ch. 3) et a dit que la procédure était gratuite (ch. 4);
Vu l'acte intitulé appel expédié le 19 mai 2017 par A_ contre ce jugement;
Que A_ a préalablement requis la suspension du caractère exécutoire des mesures d'exécution ordonnées par le Tribunal des baux et loyers;
Qu'elle a conclu, principalement, à l'annulation du jugement entrepris et au renvoi de la cause au Tribunal pour nouvelle décision dans le sens des considérants, et, subsidiairement, à l'octroi d'un sursis à l'évacuation de neuf mois;
Qu'elle a fait valoir une violation, par le Tribunal, de l'art. 30 al. 1 LaCC, en ne respectant pas l'accord conclu par les parties, visant à reconvoquer la cause, en première instance, à un mois, et d'avoir mésusé de son pouvoir d'appréciation en accordant un sursis au 31 juillet 2017;
Qu'invité à se déterminer, le bailleur a, par écritures du 29 mai 2017, conclu au déboutement de la locataire de ses conclusions relatives à la suspension du caractère exécutoire des mesures d'exécution, et, au fond, au déboutement de la locataire de toutes ses conclusions et à la confirmation de la décision querellée;
Que C_ ne s'est pas déterminé dans le délai imparti à cet effet;
Considérant,

EN DROIT
, que seule la voie du recours est ouverte contre les mesures d'exécution (art. 309 let. a et 319 let. a CPC);
Que le recours ne suspend pas la force de chose jugée, l'instance d'appel pouvant suspendre le caractère exécutoire (art. 325 al. 1 et 2 CPC);
Que l'instance de recours est habilitée à décider d'office ou sur requête de suspendre le caractère exécutoire (cf. Jeandin, in Code de procédure civile commenté, Bohnet/Haldy/Jeandin/ Schweizer, n. 5 ad art. 325 CPC);
Que la Présidente soussignée a compétence pour statuer sur la suspension du caractère exécutoire de la décision entreprise, vu la nature incidente et provisionnelle d'une telle décision et la délégation prévue à cet effet par l'art. 18 al. 2 LaCC, concrétisée par une décision de la Chambre civile siégeant en audience plénière et publiée sur le site Internet de la Cour;
Qu'en la matière, l'instance de recours dispose d'un large pouvoir d'appréciation
(cf. Jeandin, op. cit., n. 6 ad art. 325 CPC);
Que selon les principes généraux en matière d'effet suspensif, le juge procèdera à une pesée des intérêts en présence et se demandera en particulier si sa décision est de nature à provoquer une situation irréversible;
Considérant que seules les mesures d'exécution ont été remises en cause par la recourante, celle-ci n'ayant pas contesté le prononcé de l'évacuation, de sorte que seule la voie du recours est ouverte;
Qu'il se justifie de suspendre le caractère exécutoire du chiffre 2 du jugement entrepris, d'une part, afin de ne pas vider le recours de son objet, et, d'autre part, afin de ne pas porter indûment atteinte aux intérêts de la recourante;
Que, par ailleurs, le recours n'est pas,
prima facie
, dénué de chance de succès;
Qu'il convient également de tenir compte de la courte durée présumable de la présente procédure, jugée selon la procédure sommaire (art. 257 al. 1 CPC);
Qu'enfin, l'intimé a d'ores et déjà déposé sa réponse au fond, de sorte que la procédure sera gardée à juger à brève échéance, après dépôt de la réponse de l'intimé C_ et éventuel nouvel échange d'écritures des parties;
Qu'en conséquence, la requête de la recourante sera admise.
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