Decision ID: 515d3bec-22a5-57c6-a13c-31599bba8443
Year: 2015
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_001
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law

EN FAIT
, la demande en paiement de 333'379 fr. 35 (fondée sur l'art. 754 CO) et en prononcé de la mainlevée des oppositions formées aux commandements de payer poursuites n° 13 136322 N et n° 13 154540 L, déposée au Tribunal de première instance (ci-après le Tribunal) par B._ SA, EN LIQUIDATION (ci-après B._) le 12 février 2014,
Vu le mémoire-réponse de A._, qui a requis préalablement l'apport de trois procédures qu'il avait introduites contre B._ en constatation de nullité d'assemblées générales (lesquelles avaient en particulier prononcé la révocation de sa fonction d'administrateur de B._), ainsi que la suspension de la cause jusqu'à droit jugé dans ces procédures, et a conclu au déboutement de B._ de toutes autres ou contraires conclusions,
Attendu que dans sa réponse sur incident de suspension, B._ a conclu à l'irrecevabilité du mémoire-réponse, subsidiairement au rejet de la requête de suspension, faisant valoir que quelle que soit la composition de son conseil d'administration, elle disposait du droit d'agir en responsabilité contre un administrateur,
Vu l'ordonnance du 6 novembre 2014, expédiée pour notification aux parties le lendemain, par laquelle le Tribunal a dit que le mémoire de réponse de A._ avait été déposé dans le délai et était recevable (ch. 1), a refusé la suspension de la procédure et réservé le sort des frais (ch. 2), a débouté les parties de toutes autres conclusions (ch. 3) et a réservé la suite de la procédure au fond (ch. 4),
Attendu que le Tribunal a retenu que la réponse avait été déposée à temps, compte tenu de la suspension des délais légale entre le 15 juillet et le 15 août, que la demande était fondée sur l'art. 754 CO, que le bien-fondé de cette action ne dépendait pas de la composition du conseil d'administration, mais reposait sur l'intérêt de la société en tant que personne morale, que par ailleurs les trois causes visées par A._ se trouvaient à un stade peu avancé de la procédure, et que par conséquent, il se justifiait de rejeter la requête de suspension,
Vu l'acte expédié le 10 décembre 2014 au greffe de la Cour de justice par lequel A._ a formé recours contre la décision précitée et conclu à l'annulation de celle-ci, cela fait à ce que soient ordonnés l'apport des procédures C/21990/2013, C/11744/2013 et C/17336/2014, et la suspension de la présente cause jusqu'à droit jugé dans les trois procédures précitées, lesquelles devraient être jointes, avec suite de frais et dépens,
Vu le mémoire-réponse de B._ en liquidation, par lequel celle-ci a conclu au rejet du recours, avec suite de frais et dépens,
Attendu qu'elle a observé que sa dissolution avait été ordonnée par jugement définitif du Tribunal du 4 décembre 2014 (cause C/15676/2010, introduite à son encontre par C._ SA), qu'elle était dès lors entrée en liquidation, et qu'un liquidateur avait été nommé,
Que, par réplique, A._ a persisté dans ses conclusions,
Qu'il a fait valoir qu'il venait d'apprendre l'existence du jugement du Tribunal du 4 décembre 2014 rendu dans la cause C/15676/2010, lequel lui avait été communiqué le 6 mars 2015, qu'il en déduisait que la qualité pour agir passait ainsi au liquidateur, de sorte que ni le conseil d'administration de B._ ni le conseil mandaté par celui-ci n'avaient pouvoir d'agir au nom de la société entrée en liquidation, et que pour ce motif supplémentaire, qui s'ajoutait à ceux développés dans le recours, il s'imposait de suspendre l'instruction de la présente cause,
Que B._ en liquidation, à laquelle la faculté de dupliquer a été offerte, ne s'est pas déterminée sur la suspension de l'instruction, se bornant à faire parvenir une procuration signée de son liquidateur, le 20 mars 2015, en faveur de Me D._,
Que, par avis du 27 mars 2015, les parties ont été informées de ce que la cause était gardée à juger,
Que la Cour a été saisie, le 20 avril 2015, d'un appel dirigé par A._ contre le jugement du Tribunal du 4 décembre 2014, dans la cause opposant C._ SA et B._ en liquidation (C/15676/2010), les deux entités précitées disposant d'un délai pour répondre au 26 juin 2015,
Considérant,

EN DROIT
, que l'art. 126 CPC prévoit que le Tribunal peut ordonner la suspension de la procédure si des motifs d'opportunité le commandent, notamment lorsque la décision dépend du sort d'un autre procès,
Que, dès lors qu'elle contrevient à l'exigence de célérité de la procédure, imposée par les art. 29 al. 1 Cst et 124 al. 1 CPC, la suspension ne peut être ordonnée qu'exceptionnellement, en présence d'un motif objectif sérieux, le juge devant procéder à une pesée des intérêts des parties, et l'exigence de célérité devant l'emporter en cas de doute (ATF
135 III 127
consid. 3.4;
119 II 386
consid. 1b; arrêt du Tribunal fédéral
5A_218/2013
du 17 avril 2013 consid. 3.1; Frei, in Berner Kommentar, 2012, n° 1 ad art. 126 CPC),
Que la suspension de la procédure dans l'attente du sort d'une autre procédure suppose que la seconde se trouve dans un lien de connexité avec la première, même s'il n'est pas nécessaire que l'objet du litige ou les parties soient les mêmes : il s'agit en effet d'éviter des décisions contradictoires ou incohérentes (Gschwend/Bornatico, op. cit., n° 11 ad art. 126 CPC; Frei, op. cit., n° 3 ad art. 126 CPC), et que la seconde procédure, dont l'issue sera déterminante pour le sort de la procédure suspendue, doit être déjà bien avancée faute de quoi, en règle générale, la suspension ne sera pas compatible avec l'exigence de célérité (Frei, op. cit., n° 5 ad art. 126 CPC),
Qu'en l'espèce, la question de la dissolution et l'entrée en liquidation de l'intimée, partant de sa représentation dans le procès, a été tranchée par le jugement du Tribunal du 4 décembre 2014,
Que ce jugement se trouve toutefois remis en cause par l'appel formé par le recourant, lequel avait, dans sa réplique requis la suspension de l'instruction de la cause en raison de la question de la représentation de la partie intimée, requête sur laquelle celle-ci n'a pas pris position,
Que la détermination des qualités et représentation de l'intimée dans la présente cause dépend du sort réservé à la procédure C/15676/2010,
Qu'il s'impose donc de suspendre la présente procédure jusqu'à droit connu dans la cause précitée,
Que le principe de célérité demeure respecté en l'occurrence, cette cause se trouvant, en appel, en phase d'échange d'écritures, de sorte qu'elle sera prochainement en état d'être jugée,
Qu'il sera statué sur les frais de l'incident dans la décision sur le fond.
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