Decision ID: a10a2952-44ee-57e4-b20a-ffd380f8b326
Year: 2009
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_007
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 

EN FAIT
A. En date de 18 juillet 2008, G_ SA a requis la continuation de la poursuite n° 08 xxxx83 C, dirigée contre Mme D_.
Cette réquisition a été enregistrée par l’Office des poursuites (ci-après : l’Office), le 23 juillet 2008.
Par la suite, G_ SA indique avoir relancé l’Office le 17 octobre 2008, le 18 novembre 2008 et le 8 janvier 2009 afin que le procès-verbal de saisie ou l'acte de défaut de biens lui soit délivré, mais en vain, l'Office répondant par deux fois que la saisie allait être fixée ultérieurement.
B. Par acte du 24 février 2009, G_ SA a formé plainte pour retard injustifié, l’Office n’ayant donné suite par une saisie, ni à sa réquisition de continuer la poursuite, ni à ses relances.
C. Dans son rapport du 12 mars 2009, l’Office indique que la réquisition de continuer la poursuite a été déposée le 23 juillet 2008, et que la créancière aurait dû participer à la série n° 08 xxxx58 W, dont le procès-verbal de saisie a été rédigé le 21 mai 2008, avec délai de participation fixé au 20 juin 2008. La réquisition de la plaignante ne pouvant participer à ce procès-verbal, a été mise en attente pour une saisie ultérieure.
Ainsi, nouveau procès-verbal de saisie n° 08 xxxx58 W dans lequel figure la poursuite incriminée a été rédigé et expédié le 12 janvier 2009, avec un délai de participation au 13 février 2009. L'Office indique s'être aperçu au moment de l'expédition que la débitrice ne s'acquittait pas de sa saisie de gains en ses mains, nécessitant une saisie de salaire auprès de son employeur.
L'Office termine en indiquant que le procès-verbal de saisie a été transmis au service de l'expédition le 6 mars 2009 et sera adressé aux créanciers, dont la plaignante, dans les meilleurs délais. Il conclut au rejet de la plainte.

EN DROIT
1. La Commission de céans est compétente pour statuer sur les plaintes formées en application de la LP (art. 10 al. 1 LaLP ; art. 56R al. 3 LOJ) contre des mesures non attaquables par la voie judiciaire ou, comme en l’espèce, pour déni de justice ou retard injustifié (art. 17 al. 1 et 2 LP).
Une plainte pour déni de justice ou retard injustifié peut être formée en tout temps (art. 17 al. 3 LP).
En tant que poursuivante, la plaignante a qualité pour se plaindre d’un retard injustifié dans le traitement de ses réquisitions de continuer la poursuite.
Sa plainte satisfait aux exigences de forme et de contenu prescrites par la loi (art. 13 al. 1 et 2 LaLP).
Elle est donc recevable.
2.a. A teneur de l’art. 89 LP, lorsque le débiteur est sujet à la poursuite par voie de saisie, l’office, après réception de la réquisition de continuer la poursuite, procède sans retard à la saisie ou y fait procéder par l’office du lieu où se trouvent les biens à saisir.
Selon l'art. 114 LP, l'office des poursuites notifie sans retard une copie du procès-verbal de saisie aux créanciers et au débiteur à l'expiration du délai de participation de trente jours.
Le non-respect de cette prescription de procéder "sans retard", c'est-à-dire que l'office doit agir sans désemparer, mais en tenant compte de toutes les circonstances, soit en principe dans un délai de quelques jours ; dans le cas contraire, cela peut donner lieu à une plainte pour retard injustifié, et, en cas de dommage, entraîner la responsabilité du canton (art. 5 LP). Il ne constitue pas, en revanche, une cause d'annulation ou de nullité de la saisie. (Walter A.
Stoffel
, Voies d'exécution, § 3 n° 57 ss ; Pierre-Robert
Gilliéron
, Commentaire, ad art. 89 n° 40 ss ; Bénédict
Foëx
, Commentaire romand de la LP ad art. 89 n° 15 ss).
La procédure d’exécution forcée doit être menée avec diligence et efficacité et il est du devoir du canton de mettre à la disposition de l’Office les moyens nécessaires pour que les exigences légales puissent être respectées, l’Office étant de son côté obligé de s’organiser de façon à tirer un profit optimal des ressources mises à sa disposition (ATF 119 III 1 ; Pierre-Robert
Gilliéron
, Commentaire, ad Remarques introductives aux art. 1-30 n° 3).
2.b. En l’espèce, la réquisition de continuer la poursuite a été déposée le 23 juillet 2008 et la saisie a été exécutée le 12 janvier 2009 du fait que l'Office avait mis cette poursuite en attente pour une saisie ultérieure, soit presque 6 mois plus tard.
Parce que l'Office n'aurait ainsi pas dû attendre un temps aussi conséquent, même si cela est volontaire dans l'attente de former une nouvelle série avec d'autres poursuites, alors qu'il aurait dû agir sans retard selon l'art. 89 LP, la Commission de céans doit ainsi constater qu'il s'est fait l'auteur d'un retard injustifié.
3. La saisie ayant finalement été exécutée le 12 janvier 2009, l’Office sera invité à expédier le procès-verbal de saisie aux parties, dès dans les meilleurs délais.