Decision ID: 0c89c85e-f957-4974-94c8-3c8600fe2f1d
Year: 2018
Language: fr
Court: VD_TC
Chamber: VD_TC_013
Canton: VD
Region: Région lémanique
Law Area: penal_law

En fait :
A.
a)
Par jugement du 15 octobre 2009, le Tribunal correctionnel de l’arrondissement de La Broye et du Nord vaudois a, notamment, constaté que Q._ s’était rendue coupable de lésions corporelles simples qualifiées et violence ou menace contre les autorités et les fonctionnaires, a révoqué le sursis de deux ans assortissant la condamnation à 20 jours-amende à 10 fr. le jour, prononcée le 2 mai 2007 par le Juge d’instruction du Nord vaudois, a condamné Q._ à la peine d’ensemble de 13 mois de privation de liberté, sous déduction de 332 jours de détention avant jugement, et a ordonné un traitement institutionnel.
b)
Le 7 décembre 2009, l’Office d’exécution des peines (ci-après : OEP) a ordonné l’exécution du traitement institutionnel de la condamnée à la prison de la Tuilière. Depuis le 16 octobre 2016, l’intéressée exécute sa mesure en milieu carcéral.
B. a)
Par requête adressé le 16 août 2017 à l’OEP, la condamnée a demandé que la mesure de traitement institutionnel soit exécutée désormais dans un établissement psychiatrique approprié ouvert, au sens de l’art. 59 al. 2 CP (Code pénal suisse; RS 311.0). Elle a en outre sollicité l’octroi de l’assistance judiciaire et la désignation de Me Mathias Keller comme défenseur d’office.
b)
Par décision du 6 octobre 2017, l’OEP a rejeté la requête tendant à ce que Me Mathias Keller soit désigné comme défenseur d’office de la condamnée
et à ce que la mesure thérapeutique institutionnelle soit exécutée dans un établissement psychiatrique approprié au sens de l’art. 59 al. 2 CP.
C.
Par arrêt du 21 novembre 2017 (n° 806), la Chambre des recours pénale a déclaré irrecevable le recours interjeté le 16 octobre 2017 par la condamnée contre la décision ci-dessus (I).
D. a)
Par arrêt du 25 juin 2018 (TF 6B_1444/2017), la Cour de droit pénal du Tribunal fédéral a admis le recours interjeté par la condamnée contre l’arrêt cantonal précité, a annulé celui-ci et a renvoyé la cause à la Chambre des recours pénale pour nouvelle décision.
b)
Les parties se sont déterminées en reprise de cause.
Par décision du 20 juin 2018, l’OEP a ordonné, avec effet au lendemain, le transfert de la condamnée dans un établissement psychiatrique au sens de l’art. 59 al. 2 CP, à savoir La Pommeraie, à Château-d’Oex, afin qu’elle y poursuive l’exécution de la mesure de traitement institutionnel prononcée à son égard.

En droit :
1.
Lorsque le Tribunal fédéral admet un recours, il statue lui-même sur le fond ou renvoie l'affaire à l'autorité précédente pour qu'elle prenne une nouvelle décision. Il peut également renvoyer l'affaire à l'autorité qui a statué en première instance (art. 107 al. 2 LTF [Loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005; RS 173.110]). L'autorité à laquelle l'affaire est renvoyée doit fonder sa nouvelle décision sur les considérants de droit contenus dans l'arrêt de renvoi. Elle ne peut en aucun cas s'écarter de l'argumentation juridique du Tribunal fédéral, aussi bien en ce qui concerne les points sur lesquels celui-ci a approuvé la motivation précédente que ceux sur lesquels il l'a désapprouvée. Il n'est pas possible de remettre en cause ce qui a été admis – même implicitement – par le Tribunal fédéral (Corboz,
in
: Commentaire de la LTF, 2
e
éd., Berne 2014, n. 27 ad art. 107 LTF).
2.
2.1
Comme l’admet la condamnée dans ses déterminations du 19 juillet 2018, le recours est devenu sans objet par l’effet de la décision de l’OEP du 20 juin 2018 ordonnant son transfert dans un établissement psychiatrique au sens de l’art. 59 al. 2 CP afin qu’elle y poursuive l’exécution de la mesure de traitement institutionnel prononcée à son égard. Il y a lieu d’en prendre acte.
2.2
Pour le surplus, le renvoi ordonné par la juridiction fédérale portant aussi sur cet objet, il y a lieu de désigner Me Mathias Keller comme défenseur d’office de la condamnée depuis le 16 août 2017. Le recours doit être admis dans cette mesure.
Le mandataire d’office doit être indemnisé (art. 422 al. 1 et 2 let. a CPP) pour les opérations effectuées depuis sa désignation, ce qui inclut la procédure cantonale de recours avec la reprise de cause, mais non pas les opérations effectuées en instance fédérale, déjà indemnisées. Conformément à la liste d’opérations produite (P. 17/1), il y a lieu de retenir 1'314 fr. d’honoraires et 11 fr. 30 de débours, plus la TVA, au taux de 8 %, d’une part, et 315 fr. d’honoraires, plus la TVA, au taux de 7,7 %, d’autre part, soit un total de 1'770 fr. 60.
3.
En définitive, le recours doit être admis dans le sens indiqué ci-dessus et il doit être constaté qu’il n’a plus d’objet pour le surplus.
La recourante obtenant gain de cause, les frais de la procédure de recours, constitués en l'espèce des émoluments de l’arrêt du 21 novembre 2017, par 550 fr., et du présent arrêt, par 440 fr. (art. 422 al. 1 CPP et 20 al. 1 TFIP [tarif des frais de procédure et indemnités en matière pénale; RSV 312.03.1]), ainsi que des frais imputables à la défense d’office, déjà mentionnés, seront laissés à la charge de l’Etat (art. 428 al. 4 CPP).