Decision ID: 52096dd0-48ae-4be0-8827-4130b55f212d
Year: 2011
Language: fr
Court: VD_TC
Chamber: VD_TC_013
Canton: VD
Region: Région lémanique
Law Area: penal_law

En fait :
A.
Par acte du 17 juin 2011 (P. 4), accompagné de 53 annexes et adressé au Procureur général du canton de Vaud, A.O._ a déclaré déposer plainte pénale contre quatre fonctionnaires et leurs sept complices pour la disparition forcée, le 1
er
août 2005 en Suisse de ses deux enfants mineurs libyens B.O._ et C.O._, nés en 1991 et 1994. Il a expliqué que les quatre fonctionnaires en question ainsi que leurs complices auraient présenté une fausse identité en inventant une Madame [...] – qui n’existerait pas puisque le nom officiel de son ex-épouse et mère de ses enfants était Madame D.O._ – et auraient monopolisé ses enfants en les inscrivant officiellement, sans son accord, chez le fonctionnaire K._, à Lausanne, et en les désinscrivant à son insu de son dossier de la commune de Renens le 1
er
août 2005. Le 2 mars 2006, les kidnappeurs auraient présenté un faux rapport devant le juge en indiquant faussement avoir obtenu l’accord verbal de A.O._ pour transférer ses enfants le 2 février 2006, et le 8 mai 2006, le juge aurait donné la garde provisoire de ses enfants aux cinq kidnappeurs. Depuis le 13 janvier 2006 à ce jour, A.O._ aurait été empêché, par le chantage et la ruse, de rencontrer ses enfants et n’aurait obtenu aucune information les concernant. Du 1
er
août 2005 à ce jour, ses enfants, du fait de la confidentialité et du secret professionnel, n’auraient eu aucune relation avec lui. A.O._ demandait dès lors au Procureur général de canton de Vaud et au Procureur général de la Cour Pénale internationale « de transférer les kidnappeurs et leurs complices au justice vaudoise selon les art: 183-1-2 / 187-1/ 219-1 c.p suisse et au Cour Pénal international selon l’article 7- i) crimes contre l’humanité disparition forcées de personnes ».
B.
Par ordonnance de non-entrée en matière (art. 310 CPP) du
27 juin 2011, le Procureur général n’est pas entré en matière (I), a laissé les frais de cette décision à la charge de l’Etat (II) et a informé une ultime fois A.O._ qu’il ne serait plus répondu ni donné suite aux courriers que celui-ci adresserait aux autorités pénales et qui relèveraient de la pure quérulence (III). A l’appui de cette décision, le Procureur général a exposé que les propos du plaignant étaient à tout le moins obscurs et que, tant en fait qu’en droit, aucune infraction ne pouvait être décelée dans son écrit, de sorte que les conditions à l’ouverture de l’action pénale n’étaient manifestement pas réunies. Il a ajouté que A.O._ avait déjà adressé de multiples plaintes sans fondement au cours de ces derniers mois et qu’il avait d’ailleurs déjà été averti par le passé à plusieurs reprises qu’il ne serait plus répondu, ni donné suite, à ses écrits lorsque ceux-ci relevaient de la quérulence, comme en l’espèce.
C.
Par acte du 5 juillet 2011, posté le même jour, A.O._ a recouru contre cette ordonnance auprès de la Chambre des recours pénale du Tribunal cantonal, en concluant à ce que l’ordonnance attaquée soit annulée et les kidnappeurs ainsi que leurs complices renvoyés devant le tribunal pénal.

En droit :
1. a)
Selon l’art. 310 al. 1 CPP (Code de procédure pénale suisse ; RS 312.0), le ministère public rend immédiatement une ordonnance de non-entrée en matière s’il ressort de la dénonciation ou du rapport de police notamment (let. a) que les éléments constitutifs de l’infraction ou les conditions à l’ouverture de l’action pénale ne sont manifestement pas réunis. Au surplus, les dispositions sur le classement de la procédure sont applicables (art. 310 al. 2 CPP). Est ainsi notamment applicable l’art. 322 al. 2 CPP, qui prévoit que les parties peuvent attaquer l’ordonnance de classement dans les dix jours devant l’autorité de recours (cf. art. 20 al. 1 let. b CPP), à savoir, dans le canton de Vaud, devant la Chambre des recours pénale du Tribunal cantonal (art. 13 LVCPP [loi d’introduction du code de procédure pénale suisse ; RSV 312.01] ; art. 80 LOJV [loi d’organisation judiciaire ; RS 173.01]).
b)
En l’espèce, le recours, interjeté dans le délai légal (art. 322 al. 2 et 396 al. 1 CPP), devant l’autorité compétente, contre une ordonnance de non-entrée en matière rendue par le Ministère public (art. 393 al. 1 let. a CPP), apparaît recevable.
2. a)
L’art. 310 al. 1 let. a CPP permet au ministère public de rendre immédiatement une ordonnance de non-entrée en matière s’il ressort de la dénonciation ou du rapport de police que les éléments constitutifs de l’infraction ou les conditions à l’ouverture de l’action pénale ne sont manifestement pas réunis.
b)
En l’occurrence, à la lecture de la plainte du recourant et de ses annexes, le Procureur général pouvait à bon droit constater que les faits dénoncés n’étaient constitutifs d’aucune infraction pénale et qu’il n’y avait dès lors pas lieu à ouverture d’une instruction pénale.
c)
Par conséquent, le recours, manifestement mal fondé, doit être rejeté sans autres échanges d’écritures (art. 390 al. 2 CPP). Les frais de la procédure de recours, constitués en l’espèce du seul émolument d'arrêt (art. 422 al. 1 CPP), par 440 fr. (art. 20 al. 1 TFJP [tarif des frais judiciaires pénaux; RSV 312.03.1]), seront mis à la charge du recourant, qui succombe (art. 428 al. 1 CPP).