Decision ID: d040aad8-c34c-5c9b-9c56-8a2fceaa51ab
Year: 2014
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_013
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: public_law

EN FAIT
1) Monsieur A_ (ci-après : l’élève), né le _ 1994, a entrepris durant l’année scolaire 2010/2011 un apprentissage en école d’employé de commerce B_ (ci-après : B_), qu’il a interrompu en cours d’année.![endif]>![if>
2) Il a repris cet apprentissage dans la même école durant l’année scolaire 2011/2012. À la fin de celle-ci, il ne remplissait pas les conditions de promotion et il a été autorisé par la direction de l’établissement scolaire à répéter son année.![endif]>![if>
3) À la fin de l’année scolaire 2012/2013, étant promu, il a décidé de se réorienter et a intégré une classe de 2
ème
année de culture générale à C_ (c-après : C_), en option spécifique santé.![endif]>![if>
4) Au début de l’année scolaire 2013/2014, ses parents ont reçu du doyen des élèves de 2
ème
année (ci-après : le doyen) de C_ un courrier leur rappelant que l’élève avait déjà bénéficié d’un redoublement dans sa scolarité au niveau de l’enseignement secondaire postobligatoire. Le fait que cela soit intervenu dans une autre filière de formation n’avait pas d’importance. En cas d’échec en fin d’année, l’élève ne pourrait plus poursuivre sa scolarité à C_. Le doyen insistait sur la collaboration entre les parents et l’école pour suivre régulièrement les performances scolaires de l’élève et rappelait les possibilités de dépannage ponctuelles.![endif]>![if>
5) À l’issue du premier semestre d’études, l’élève s’est trouvé en situation d’échec. Dès lors, le 22 janvier 2014, le doyen a écrit aux parents de l’élève pour signaler une situation préoccupante. L’élève devait fournir un sérieux effort pour compenser ses notes insuffisantes car il n’aurait pas la possibilité de redoubler. Le doyen rappelait la possibilité de prendre contact avec la maîtresse de groupe, les psychologues et les conseillères d’orientation professionnelle qui travaillaient dans C_, ces dernières en cas d’intention de réorientation.![endif]>![if>
6) Le 19 juin 2014, le père de l’élève a écrit à la présidente du département de l’instruction publique, de la culture et du sport (ci-après : le département). Son fils, effondré, l’avait informé la veille qu’il n’était pas promu. En effet, il était désireux d’obtenir un diplôme. Ce dernier avait remonté ses notes et, avant les derniers examens, était promu en 2
ème
année. Il prenait la responsabilité de l’échec scolaire de son fils car ce dernier avait vécu pendant sa préparation d’examens, et pendant ceux-ci, une situation familiale très mauvaise, rendant impossible une préparation et une concentration adéquate. Concernant la situation familiale visée, lui-même était en conflit avec son frère et sa sœur au sujet de leur mère, âgée de 90 ans, ces derniers l’empêchant par tous les moyens de la contacter. Celle-ci vivait en Espagne et, pour arriver à leurs fins, son frère et sa sœur avaient déposé plainte contre lui, ce qui avait conduit à son arrestation pendant une nuit. Lui-même avait déposé plainte pénale, la procédure étant en cours d’instruction. Tout ceci avait perturbé l’élève, bien que celui-ci se soit battu pour remonter ses notes.![endif]>![if>
Dans ce contexte, une chance supplémentaire devait être donnée à l’élève pour qu’il puisse obtenir son diplôme.
Ce courrier a été reçu le 20 juin 2014 par le département.
7) Le 24 juin 2014, le doyen a écrit aux parents de l’élève. Les résultats de ce dernier ne lui permettaient pas de poursuivre ses études à C_. Il leur transmettait son bulletin scolaire.![endif]>![if>
À teneur de ce document, l’élève avait plus de trois moyennes insuffisantes (mathématiques A, italien, biologie, chimie, physique et cinéma). L’écart négatif était de 2.2.
8) Le 8 juillet 2014, la direction générale de l’enseignement secondaire II (ci-après : DGES II) a écrit à l’élève. Le courrier adressé par son père à la présidente du département avait été considéré comme un recours contre la décision du doyen ne l’autorisant plus à poursuivre ses études à C_, selon confirmation du 24 juin 2014. Il ne remplissait ni les conditions de promotion ordinaire ni celles par dérogation. En effet, il avait obtenu des résultats insuffisants dans six disciplines et totalisait une somme des écarts négatifs à la moyenne de 2.2, supérieure à celle de 1.5 tolérée. S’il était indéniable que sa situation familiale avait pu le perturber, les problèmes invoqués ne permettaient pas à eux seuls d’expliquer la fragilité de ses résultats, alors qu’il avait bénéficié du redoublement de la 2
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année, sans compter le premier semestre de l’année scolaire 2010/2011.![endif]>![if>
9) Par acte posté le 8 août 2014, l’élève a interjeté recours auprès de la chambre administrative de la Cour de justice (ci-après : la chambre administrative) contre la décision de la DGES II du 8 juillet 2014. Il contestait ladite décision et demandait de pouvoir continuer ses études, étant motivé pour cela. Dans sa décision, le département n’avait que trop partiellement tenu compte de sa situation familiale désastreuse et minimisé par trop les effets que cela avait eu sur la préparation de ses derniers examens. Il précisait que, depuis 2008, il avait vécu des moments difficiles sur le plan familial avec la maladie de son grand-père, décédé le 11 janvier 2011. Ces événements correspondaient à ses difficultés scolaires, alors qu’il n’avait à aucun moment pensé à abandonner ses études ayant l’ambition de sortir de l’école avec un certificat. Concernant ses derniers examens, leur préparation avait été perturbée en raison de la dépression de son père pendant cette période, ce qui l’avait obligé à s’en occuper. La DGES II avait commis des erreurs importantes dans l’état de fait à la base de la décision querellée. Contrairement à ce qui avait été retenu, il était entré à C_ en étant promu à l’issue de l’année scolaire 2012/2013. Sa mère se portait très bien et ce n’était pas elle qui avait été victime d’un cancer du côlon, mais sa grand-mère.![endif]>![if>
10) Le 29 août 2014, le département a répondu au recours, concluant à son rejet et à la confirmation de la décision de la DGSE II du 10 juillet 2014 refusant d’autoriser l’élève à répéter sa 2
ème
année de formation à l’ECG.![endif]>![if>
11) Un délai complémentaire au 2 septembre 2014 a été accordé aux parties pour formuler toute requête complémentaire, avec l’indication que, passée la date précitée, la cause serait gardée à juger. Celles-ci n’ont pas fait usage de ce délai.![endif]>![if>

EN DROIT
1) La chambre administrative est compétente pour connaître des recours contre les décisions du département concernant les élèves fréquentant les établissements scolaires publics (art. 132 de la loi sur l’organisation judiciaire du 26 septembre 2010 (LOJ -
E 2 05
).![endif]>![if>