Decision ID: 2ade1b23-efc4-59c1-b0e9-170b908339a9
Year: 2017
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_007
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 

EN FAIT
A.
a.
Le 6 juillet 2015, l'Office des poursuites (ci-après : l'Office) a, sur réquisition de B_ SA, notifié à A_ SA un commandement de payer, poursuite n
o
15 xxxx42 K, pour un montant de 111'963 fr. 35 avec intérêts à 5 % dès le 1
er
septembre 2012. A_ SA a formé opposition.![endif]>![if>
b.
Par jugement
JTPI/81/2016
du 4 janvier 2016, le Tribunal de première instance a prononcé la mainlevée provisoire de l'opposition, sous déduction de 5'000 fr. versés le 30 octobre 2015.
c.
Le 31 mars 2016, B_ SA a requis la continuation de la poursuite pour un montant de 86'963 fr. 35 avec intérêts à 5 %. Sous "Observations", la réquisition précise que ce montant correspond à la somme demandée lors de la requête de mainlevée (111'963 fr. 35), sous déduction de 25'000 fr. versés depuis lors.
d.
Les 31 mars 2016, 4 mai 2016 et 3 juin 2016, A_ SA a effectué des versements supplémentaires de 5'000 fr., soit 15'000 fr. au total.
e.
Le 28 juin 2016, l'Office a notifié la commination de faillite à A_ SA pour un montant de 111'963 fr. 35 avec intérêts à 5 % dès le 1
er
septembre 2012. Sous "Remarques", il est précisé que des versements à hauteur de 25'000 fr. ont été effectués entre le 30 octobre 2015 et le 1
er
mars 2016.
f.
A la suite de la plainte formée par A_ SA contre la commination de faillite, la Chambre de céans a constaté, par décision du 18 octobre 2016, la validité de celle-ci. Elle ne tenait, à juste titre, pas compte des versements effectués par la débitrice après la réquisition de continuer la poursuite et qui n'avaient pas été portés à la connaissance de l'Office. Toutefois, le montant du solde de la créance au moment de la notification de la commination de faillite n'étant pas contesté, la Chambre a invité l'Office à rectifier la commination de faillite, poursuite n
o
15 xxxx42 K, en indiquant sous "Remarques" que le solde dû est 71'963 fr. 35.
g.
Le 25 novembre 2016, l'Office a notifié à A_ SA la commination de faillite rectifiée.
B
. Par plainte déposée le 6 décembre 2016, A_ SA sollicite l'annulation de la commination de faillite, subsidiairement la rectification de celle-ci afin qu'il soit tenu compte des acomptes de 25'000 fr. versés par elle depuis le 3 juillet 2016.
B_ SA conclut au rejet de la plainte, au prononcé d'une amende pour plaideur téméraire ainsi qu'au paiement des débours qu'elle a engagés pour la défense de ses intérêts, y compris les honoraires de son conseil.
L'Office conclut au rejet de la plainte.

EN DROIT
1.
La Chambre de surveillance est compétente pour statuer sur les plaintes formées en application de la LP (art. 13 al. 1 LP; art. 126 al. 2 let. c LOJ; art. 6
al. 1 et 3 et art. 7 al. 1 LaLP).![endif]>![if>
La plainte a été formée dans le délai et la forme prescrits par la loi (art. 17 al. 2 LP; art. 9 al. 1 et 4 LaLP; art 65 LPA).
2.
La plaignante estime que les mêmes motifs que ceux ayant présidé à la rectification de la commination de faillite, selon la décision de la Chambre de céans, justifient de rectifier à nouveau la commination de faillite litigieuse. Par ailleurs, elle s'étonne de l'acharnement de la créancière à vouloir obtenir sa faillite alors qu'elle verse des acomptes réguliers de 5'000 fr.![endif]>![if>
3.
La plaignante n'a pas contesté la décision de la Chambre du 18 octobre 2016, qui a constaté la validité de la commination de faillite et n'en a ordonné la rectification que compte tenu de l'accord des parties sur les montants versés par la débitrice jusqu'au 28 juin 2016. La plaignante ne fait pas valoir que la commination de faillite présentement contestée ne serait pas conforme à la décision précitée, ce qui n'est au demeurant manifestement pas le cas. Partant, en tant que la plainte vise à un réexamen de la question, déjà examinée par l'autorité de céans du moment jusqu'auquel il convient de tenir compte des paiements effectués par la débitrice dans la commination de faillite, sa plainte est irrecevable.![endif]>![if>
Par ailleurs, il n'apparaît pas que la créancière userait de manière abusive de la procédure d'exécution forcée. Les parties n'étant pas convenues d'un paiement par acomptes des montants dus par la plaignante, la créancière n'agit nullement de manière contradictoire ou contraire au principe de la bonne foi en recourant aux moyens légaux de recouvrement.
Enfin et comme le relève l'Office, la poursuivie pourra, le cas échéant, faire valoir les paiements effectués après le 28 juin 2016 devant le juge de la faillite.
Mal fondée, la plainte sera rejetée.
4.
Le principe de la gratuité de la procédure de plainte trouve une exception à l'art. 20a al. 2 ch. 5 2ème phr. LP, qui prévoit que la partie ou son représentant qui use de procédés téméraires ou de mauvaise foi peut être condamné à une amende de 1'500 fr. au plus ainsi qu'au paiement des émoluments et des débours. ![endif]>![if>
En l'espèce, la plainte, manifestement infondée, ne justifie toutefois pas pour autant le prononcé d'une amende. Par ailleurs, la procédure de plainte ne permet pas l'allocation de dépens (art. 62 al. 2 OELP;
DCSO/112/2007
du 7 mars 2007, consid. 4a).
* * * * *