Decision ID: c0207fd2-962c-505d-9dc7-c21ea46dd3ca
Year: 2017
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_007
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 

EN FAIT
, la réquisition de continuer la poursuite n° 15 xxxx44 N par la voie de la saisie, expédiée le 12 février 2016 à l’Office des poursuites (ci-après : l’Office) par A_ SA (ci-après : la créancière) à l’encontre de B_ (ci-après : le débiteur);
Attendu que par acte expédié le 9 octobre 2017 au greffe de la Chambre de surveillance des Offices des poursuites et des faillites (ci-après : la Chambre de surveillance), la créancière s’est plainte d'un retard injustifié dans le traitement de cette réquisition de continuer la poursuite;
Qu’elle a expliqué avoir relancé l’Office à plusieurs reprises entre le 26 avril 2016 et le 6 mars 2017, pour n’avoir reçu qu’un seul courrier de réponse le 29 novembre 2016, par lequel l’Office l’avait informée du fait que le débiteur avait été sommé de se présenter dans ses locaux le 14 décembre 2016 en vue de l’exécution de la saisie;
Que depuis, la créancière plaignante n’avait plus de nouvelles des suites données à sa réquisition;
Que dans le délai imparti pour déposer ses observations, l’Office a conclu à ce que la présente plainte soit admise au motif qu’il avait effectivement fait preuve d’un retard injustifié de plus de 7 mois entre la réception de la réquisition de continuer la poursuite n° 15 xxxx44 N et l’avis de saisie correspondant, puis encore de 10 mois entre la dernière sommation expédiée au débiteur en vue de l’exécution de la saisie et des avis de saisie de créances adressée aux banques de la place;
Qu’en outre, à la date de la rédaction de ses observations du 31 octobre 2017, l’Office n’avait toujours pas été en mesure d’interroger le débiteur poursuivi, de sorte qu’il restait dans l’incapacité d’établir le procès-verbal de saisie requis;
Considérant,

EN DROIT
, que la Chambre de surveillance est compétente pour statuer sur les plaintes formées en application de la LP (art. 13 LP; art. 126 al. 2 let. c LOJ; art. 6 al. 1 et 3 et 7 al. 1 LaLP) contre des mesures de l’Office non attaquables par la voie judiciaire ou, comme en l'espèce, pour un retard injustifié (art. 17 al. 1 et 2 LP);
Que la créancière poursuivante a qualité pour se plaindre en tout temps d'un retard injustifié dans le traitement de sa réquisition de continuer la poursuite à l’encontre du débiteur, sa présente plainte satisfaisant en outre aux exigences de forme légales (art. 17 al. 3 LP; 9 al. 1 et 2 LaLP);
Qu’elle est dès lors recevable à la forme;
Considérant que selon l'art. 89 LP, lorsque le débiteur est sujet à la poursuite par voie de saisie, l'Office, après réception de la réquisition de continuer la poursuite, procède
"sans retard"
à la saisie, soit un acte de puissance publique par lequel l'Office fait interdiction au débiteur de disposer de biens patrimoniaux lui appartenant en vue du désintéressement des créanciers y participant (Gilliéron, Commentaire, n° 4 ad art. 89 LP; Thomas Winkler, in KUKO SchKG, 2
ème
édition, 2014, n° 2 ad art. 89 LP);
Que la saisie fait l'objet d'un procès-verbal énumérant les droits saisis (art. 112 LP), lequel procès-verbal doit être communiqué au créancier et au débiteur
"sans retard"
après l'expiration du délai de participation de 30 jours imparti à d’autres créanciers poursuivants (art. 114 LP);
Qu’en cas d'insuffisance ou d'absence de biens saisissables, le procès-verbal de saisie vaut acte de défaut de biens provisoire (art. 115 al. 2 LP) ou définitif (art. 115
al. 1 LP);
Que si les délais fixés par les art. 89 et 114 LP (
"sans retard"
) sont des délais d'ordre, ils imposent néanmoins à l'Office de procéder avec promptitude et diligence, en tenant compte de toutes les circonstances (Bénédict Foëx, in CR LP, n° 15 ad art. 89 LP);
Qu'en l'espèce, l’Office a admis, à raison, dans ses observations du 31 octobre 2017 au sujet de la présente plainte, avoir fait preuve d’un retard injustifié et important de plusieurs mois dans le traitement de la réquisition de continuer la poursuite
n° 15 xxxx44 N en cause, lequel retard devra être constaté;
Qu’il est à cet égard rappelé que la loi ne laisse aucune place à une surcharge de travail ou à une désorganisation dudit Office, notamment dues à des problèmes informatiques (ATF
107 III 3
; SJ 1993 p. 291), pour justifier une telle violation du principe de célérité applicable en l’espèce;
Que la présente décision sera transmise au Préposé de l’Office afin qu’il prenne les mesures nécessaires à éviter que les circonstances du cas d’espèce ne se reproduisent;
Qu’en application de l’art. 62 al. 2 OELP, il n’est alloué aucun frais ni dépens dans la procédure de plainte au sens de l'art. 17 LP.
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