Decision ID: 2696eea4-6a8b-5f0c-8d96-24012f8b7cbe
Year: 2010
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_014
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: social_law

Attendu en fait
que Monsieur C_ (ci-après l’assuré), né en 1974, enseignant en architecture, est assuré contre les accidents professionnels et non professionnels auprès de la SUVA, CAISSE NATIONALE SUISSE D’ASSURANCE EN CAS D’ACCIDENTS ;
Qu’en date du 25 septembre 2005, l’assuré a été victime d’une chute à VTT au cours de laquelle il a subi une fracture du pouce gauche, une plaie profonde avec ouverture de la bourse du coude droit et des dermabrasions aux jambes et au visage ;
Qu’il a subi une intervention au pouce et au coude le lendemain de l’accident, puis en date des 30 septembre 2005 et 17 janvier 2006 ;
Que la SUVA a pris en charge les conséquences de l’événement accidentel ;
Qu’en raison de troubles à l’épaule droite, l’assuré a consulté un spécialiste durant l’été 2006 ;
Que l’arthrographie et l’arthro-scanner pratiqués le 17 août 2006 ont montré une lésion de Bankart cartilagineuse et labrale pour laquelle l’assuré a été opéré en date du 9 mai 2007 ;
Que dans un rapport du 17 juin 2008, le médecin-conseil de la SUVA, le Dr L_, spécialiste FMH en chirurgie et spécialiste en chirurgie générale et chirurgie des accidents, a relevé que les lésions présentées par l’assuré étaient compatibles avec une ou plusieurs luxations de l’épaule, qu’il était uniquement possible que lors de l’accident du 25 septembre 2005 une luxation se soit produite avec réduction immédiate, que le mécanisme de l’accident tel que décrit par l’assuré était impropre à provoquer une luxation et qu’il était également possible que des modifications préexistantes soient devenues douloureuses en raison de l’accident ;
Que par décision du 1
er
juillet 2008, la SUVA a refusé la prise en charge de l’intervention et des traitements de l’épaule, au motif qu’il n’existait pas de lien de causalité avéré ou probable entre l’accident et les troubles de l’épaule droite ;
Que l’assureur maladie, KPT/CPT CAISSE-MALADIE (ci-après la caisse), a formé opposition, se référant à la prise de position de son médecin-conseil, le Dr M_, selon laquelle les troubles de l’épaule sont en relation de causalité avec l’accident avec un degré de vraisemblance prépondérante, notamment eu égard au jeune âge de l’assuré, à l’absence de lésions dégénératives documentées et d’événement accidentel précédent qui aurait conduit à une luxation ;
Que par décision du 8 septembre 2008, la SUVA a rejeté l’opposition de la caisse ;
Que la caisse a interjeté recours en date du 9 octobre 2008, en concluant à l’annulation de la décision et à ce que la SUVA soit condamnée à prendre en charge les suites des troubles de l’épaule droite, qui doivent être considérés comme en relation de causalité avec l’accident du 25 septembre 2005, au regard du degré de vraisemblance prépondérante ;
Que dans sa réponse du 27 octobre 2008, la SUVA a conclu au rejet du recours ;
Que par ordonnance du 5 novembre 2008, le Tribunal de céans a appelé en cause l’assuré et lui a imparti un délai pour se déterminer ;
Que lors de l’audience de comparution personnelle des parties du 25 février 2009, l’assuré a expliqué les circonstances de l’événement accidentel du 25 septembre 2005, qu’il a indiqué avoir ressenti depuis lors une douleur persistante à l’épaule droite, qu’en août 2006, alors qu’il faisait de la planche à voile durant ses vacances, l’épaule droite était sortie lors d’un mouvement et qu’il était allé consulter la Dresse N_ ;
Que la caisse a persisté dans ses conclusions, expliquant que ses trois médecins-conseils considèrent que la lésion de Bankart avait été déclenchée par l’événement de septembre 2005 qui avait entraîné une instabilité ;
Que de son côté la SUVA a persisté dans sa position ;
Qu’à la requête du Tribunal de céans, les Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) ont communiqué les comptes rendus opératoires des 27 septembre et 30 septembre 2005, ainsi qu’un avis de sortie ;
Que le Tribunal de céans a ouvert les enquêtes et entendu en date du 20 janvier 2010 les Drs M_ et L_, en qualité de témoins ;
Que lors de l’audience de comparution personnelle qui a suivi, la caisse a précisé que selon l’historique médical du patient, assuré chez elle depuis 1996, il n’y avait jamais eu des soins consécutifs à un événement de ce genre et en tout cas pas de suivi par un orthopédiste spécialisé ;
Qu’en date du 25 février 2010, le Tribunal de céans a informé les parties qu’il entendait mettre en œuvre une expertise orthopédique et mandater à cet effet Monsieur le Professeur O_, Hôpital orthopédique, à Lausanne;
Qu’un délai au 19 mars 2010 a été imparti aux parties pour détermination, cas échéant proposition d’autres noms d’expert ainsi que des questions à poser à l’expert ;
Que les parties ont manifesté leur accord quant à l’expert proposé par le Tribunal de céans et communiqué les questions qu’ils entendaient poser à l’expert;

Attendu en droit
quele Tribunal de céans est compétent en la matière (art.56 V de la loi sur l’organisation judiciaire - LOJ) ;
Que la loi sur la partie générale des assurances sociales (LPGA), entrée en vigueur le 1er janvier 2003, est applicable au cas d’espèce ;
Que le recours, déposé dans les formes et délai prévus par la loi est recevable à la forme (art. 56 et 60 LPGA) ;
Que l’autorité administrative doit constater d’office les faits déterminants, c’est-à-dire toutes les circonstances dont dépend l’application des règles de droit (ATF
117 V 261
consid. 3 p. 263 ; T. LOCHER Grundriss des Sozialversicherungsrecht, Bern 2003, t.1, p. 443) ;
Qu’ainsi l’administration est tenue d’ordonner une instruction complémentaire lorsque les allégations des parties et les éléments ressortant du dossier requièrent une telle mesure, et qu’en particulier elle doit mettre en œuvre une expertise lorsqu’il paraît nécessaire de clarifier des aspects médicaux (ATF
117 V 282
consid. 4a, p. 283 ; RAMA 1985 p. 240 consid.4 ; LOCHER loc. cit.) ;
Que de son côté le juge qui considère que les faits ne sont pas suffisamment élucidés peut renvoyer la cause à l’administration pour complément d’instruction ou procéder lui-même à une telle instruction complémentaire (RAMA 1993 p. 136) ;
Qu’en l’espèce, au vu des avis médicaux contradictoires, il convient d’ordonner une telle expertise afin de clarifier la question de la causalité entre les troubles de l’épaule droite et l’accident du 25 septembre 2005, laquelle sera confiée au Professeur O_, Hôpital orthopédique, à Lausanne ;
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