Decision ID: f2be76f4-2127-422f-8294-d8411971cdd1
Year: 2003
Language: fr
Court: VD_TC
Chamber: VD_TC_031
Canton: VD
Region: Région lémanique
Law Area: public_law

Vu les faits suivants:
A. A._, ressortissante congolaise née le 23 septembre 1983, est entrée en Suisse le 12 mars 1995. Elle a été mise au bénéfice d'un permis F en qualité de réfugiée admise provisoirement en date du 13 novembre 2000. Par demande du 30 octobre 2002, l'intéressée a sollicité l'octroi d'une bourse pour suivre sa deuxième année d'apprentissage de vendeuse en chaussures à l'Ecole professionnelle du commerce, pour une période courant du 27 août 2002 au 30 mai 2003.
Par décision du 22 novembre 2002, l'office a statué négativement sur ladite demande aux motifs que son intervention n'était pas possible pour une personne au bénéfice d'un permis F.
B. A._ s'est pourvue contre cette décision le 12 décembre 2002. A l'appui de son recours, elle fait valoir qu'elle satisfait aux deux conditions exigées par l'art. 11 al. 1 lit. b LAE puisque sa mère est domiciliée dans le canton de Vaud et qu'elle-même l'est également depuis 1995, soit depuis plus de sept ans.
C. Dans sa réponse du 15 janvier 2003, l'office, après avoir développé ses arguments, a conclu au maintien de la décision attaquée et au rejet du recours.
D. La recourante n'a pas déposé de mémoire complémentaire dans le délai qui lui a été fixé à cet effet, ni ultérieurement d'ailleurs.
Par contre, elle a effectué dans le délai imparti le dépôt de garantie de 100 fr. qui lui a été demandé.

Considérant en droit:
1. Déposé en temps utile, le recours satisfait aux conditions formelles énoncées à l'art. 31 de la loi du 18 décembre 1989 sur la juridiction et la procédure administratives (LJPA). Il y a donc lieu d'entrer en matière sur le fond.
2. a) Le recours doit être examiné au regard de l'art. 11 al. 1 lit. b de la loi du 11 septembre 1973 sur l'aide aux études et à la formation professionnelle (ci-après: LAE). Aux termes de cette disposition, les étrangers non ressortissants des Etats membres de l'Union européenne et les apatrides domiciliés depuis cinq ans au moins dans le canton de Vaud ou ayant obtenu le permis d'établissement, ou jouissant du statut de réfugié octroyé par le Département fédéral de justice et police (ci-après: DFJP) bénéficient d'une assistance à la condition que leurs parents soient domiciliés dans le canton de Vaud.
b) L'autorité intimée fait valoir, à l'appui de son refus, que la recourante, qui est au bénéfice d'un permis F (réfugiée à titre provisoire), ne peut pas se prévaloir du statut de réfugié. L'autorité de céans a déjà eu l'occasion de préciser que cette affirmation est dépourvue de tout fondement (cf. arrêt TA BO 2002/0128). En effet, le statut de réfugié prévu par l'art. 11 al. 1 lit. b LAE englobe tant les étrangers qui ont obtenu l'asile en Suisse que ceux qui y ont été admis provisoirement au titre de réfugié. Par conséquent, ces deux catégories de personnes sont au bénéfice du statut de réfugié prévu par la disposition précitée et, partant, bénéficient d'une aide à la condition que leurs parents soient domiciliés dans le canton de Vaud, ce qui est le cas en l'espèce.
3. Au regard de ce qui précède, force est d'admettre que le recours est fondé. La décision querellée doit par conséquent être annulée et la cause renvoyée à l'autorité intimée afin qu'elle rende une nouvelle décision.
En outre, vu le sort du pourvoi, il se justifie de rendre le présent arrêt sans frais : en conséquence, l'avance effectuée par la recourante lui sera restituée. Il ne lui sera par contre pas alloué de dépens, cette dernière ayant procédé sans l'aide d'un mandataire professionnel.