Decision ID: b45de366-47fa-4a19-b09f-05dc231c3457
Year: 2022
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_011
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: penal_law

EN FAIT
:
A.
Par acte expédié le 26 juillet 2022, A_ recourt
contre l'ordonnance
du 18 précédent par laquelle le Tribunal des mesures de contrainte (ci-après : TMC) a ordonné la prolongation de sa détention provisoire jusqu’au 19 octobre 2022.![endif]>![if>
Le recourant, en personne, conclut à l'annulation de l'ordonnance précitée et à sa mise en liberté immédiate.
Par courriel du 28 juillet 2022, le conseil du recourant, sollicité par la Direction de la procédure, a maintenu le recours, étant en vacances et dans l'impossibilité de rencontrer son mandant.
B.
Les faits pertinents suivants ressortent de la procédure :![endif]>![if>
a.
Dans son rapport de renseignements du 18 octobre 2021, la police fait état d'une plainte de D_, déposée en Valais, pour escroquerie; elle soupçonnait A_, qui avait été son compagnon d'avoir commandé le 26 juin 2019, une marchandise envoyée au 41A avenue 1_, à E_ [GE], où elle avait habité jusqu'à la fin juin 2020, en utilisant l'adresse e-mail
D_@_.com
. Elle ne connaissait pas le numéro de téléphone de ce dernier.![endif]>![if>
La police genevoise a contacté A_ au numéro de téléphone [portable] +41 2_, enregistré au nom du précité domicilié au no. _ avenue 3_, à E_. L'intéressé a refusé de se présenter à la police et de donner son adresse pour une convocation écrite.
b.
À teneur du rapport de renseignements du 11 novembre 2021, la société de recouvrement F_ a déposé plainte pour des escroqueries, commises entre les 27 juin 2020 et 4 mai 2021, concernant 56 commandes effectuées sur plusieurs sites internet, avec un paiement sur facture. ![endif]>![if>
Des tableaux établis pour les besoins de l'enquête, il ressort que les commandes, des treize cas susmentionnés, mentionnaient des adresses postales correspondant à des maisons abandonnées soit 61A avenue 1_, à G_ [GE]; 62 et 50 chemin 4_, à E_; no. _ chemin 5_, à H_ [GE] et no. _ avenue 3_, à E_.
En particulier, neuf livraisons avaient été effectuées à l'adresse postale avenue 3_. Sous la boîte aux lettres éventrée de la maison étaient inscrits les noms de A_, I_, J_/K_/L_ et M_. Selon la plainte de la société de recouvrement, des colis avaient été envoyés à cette adresse au nom de N_, O_, J_, K_, I_, P_ [patronyme de D_], Q_ [patronyme de A_], M_ et A_.
Les numéros de téléphones n'étant pas vérifiés lors de la création du compte client, il était possible d'inscrire un numéro totalement au hasard. Les seize numéros de téléphone répertoriés, fournis lors de la création des comptes, n'existaient pas ou appartenaient à des personnes qui n'étaient pas liées à l'affaire, à l'exception du raccordement +41 2_ enregistré, comme mentionné, au nom de A_.
Le rapport fait état, en outre, d'une commande livrée au no. _ chemin 5_, à H_, et passée avec l'adresse e-mail
D_@_.com
au nom de R_ [noms de D_ légèrement modifiés]. En outre, le nom P_ avait été utilisé pour une commande livrée à l'avenue 3_ (adresse email
J_/K_/L_.@_.ch
). La police fait, ainsi, un lien avec la plainte de D_ (cf.
supra
B.a
).
Enfin, un dénommé A_ avait passé une commande, le 4 mai 2021, avec l'adresse
6_@_.ch
, laquelle avait été livrée au no. _ avenue 3_. Le raccordement du prévenu +41 2_ avait, quant à lui, été utilisé, le 25 mars 2021, pour passer une commande au nom de K_ (
7_@_.com
) livrée à cette adresse.
c.
A_ a été interpellé à sa sortie de Suisse le 14 février 2022, à la suite d'un mandat d'arrêt. ![endif]>![if>
Il a déclaré que les deux raccordements téléphoniques, dont le +41 2_, objets d'une facture S_ [opérateur téléphonie mobile] du 10 janvier 2022 adressée au no. _ avenue 3_, étaient les siens mais qu'il s'était fait voler le téléphone contenant les cartes SIM en octobre 2021. Il avait squatté, de fin décembre 2020 à octobre 2021, la partie gauche de la maison abandonnée de l'avenue 3_, à G_, une autre personne albanaise occupant celle de droite et venant chercher des colis et du courrier. Il n'était pas l'auteur des commandes litigieuses; son numéro de téléphone avait dû être usurpé. Il n'avait pas squatté la maison du 61A avenue 1_. Il avait habité au 52B chemin 8_ d'août à octobre 2021, dans une maison appartenant à T_, mais n'était pas l'auteur des commandes ayant fait l'objet des factures envoyées à cette adresse et à "
A_
" [nom et prénom légèrement modifiés]. Il a contesté l'information de la Poste selon laquelle un certain A_ avait retiré des colis mentionnant les adresses 14 chemin 9_ et no. _ chemin 5_, à H_, au nom de I_, décédé en 2018, et au nom duquel des chaussures taille 45 avaient été livrées, le prévenu chaussant du 45 1/2. Il a déclaré être domicilié à U_/Italie, être en possession d'un titre de séjour italien et dans l'attente d'un passeport italien.
d.
Le 15 février 2022, le Procureur a prévenu A_ d'escroquerie (art. 146 al. 1 CP), de tentative d'escroquerie (art. 22 al. 1
cum
146 al. 1 CP), voire d'escroquerie par métier (art. 146 al. 2 CP), et d'infractions aux articles 115 al. 1 let. a et b LEI, pour avoir :![endif]>![if>
- entre le 27 juin 2020 et le 4 mai 2021, astucieusement induit en erreur la société F_ SA en effectuant 13 commandes frauduleuses sur les sites internet des sociétés V_, W_, et X_ pour divers articles, au nom de diverses personnes dont l'identité avait été usurpée, pour un montant total de CHF 1'679.-, en choisissant l’option de paiement par facture proposée par la société F_ SA, avec l’intention de ne pas les payer, et de s’être fait livrer ces articles à des adresses auxquelles personne n’habitait pour se les approprier de manière indue et s'enrichir ainsi de leur valeur, causant ainsi un préjudice équivalent à la société F_ SA, laquelle s'acquittait des montants dus auprès desdits sites internet sans en obtenir le remboursement, étant précisé que la société F_ SA a déposé plainte pénale pour ces faits le 2 septembre 2021 ;![endif]>![if>
- entre le 27 juin 2020 et le 3 juin 2021, tenté astucieusement d’induire en erreur la société F_ SA en effectuant 43 commandes frauduleuses sur les sites internet de plusieurs sociétés pour divers articles, au nom de diverses personnes dont l'identité avait été usurpée, pour un montant total de CHF 5’948.30, en choisissant l’option de paiement par facture proposée par la société F_ SA, avec l’intention de ne pas les payer, et d’avoir tenté de se faire livrer ces articles à des adresses auxquelles personne n’habitait pour se les approprier de manière indue et s'enrichir ainsi de leur valeur, de façon à causer un préjudice à la société F_ SA, étant précisé que la société F_ SA a déposé plainte pénale pour ces faits le 2 septembre 2021 ;![endif]>![if>
- le 18 janvier 2021, effectué une commande frauduleuse auprès de la société Y_ pour divers articles, soit un tournevis sans fil et une montre sportive au moyen d’un bon de commande établi au nom de Z_, dont l’identité avait été usurpée, pour un montant total de CHF 313.80, étant précisé que les frais de sommation se sont élevés à CHF 20.-, et de s'être fait livrer lesdits articles à l’ancienne adresse de Z_, dans le but de se les approprier astucieusement de manière indue et s'enrichir ainsi de leur valeur, étant précisé que Z_ a déposé plainte pénale pour ces faits le 9 juin 2021 ;![endif]>![if>
- le 24 février 2021, effectué une commande frauduleuse sur le site internet de la société X_ pour un article, soit des écouteurs wireless pro, au nom de AA_, dont l’identité avait été usurpée, pour un montant de CHF 126.60, en choisissant l’option de paiement par facture, et s'être fait livrer cet article à l’adresse de AA_, AB_ SA, 50 chemin 4_, [code postal] E_, dans le but de tenter de se l’approprier astucieusement de manière indue et s'enrichir ainsi de sa valeur, étant précisé que AA_, représentant de la société AB_ SA, après avoir réceptionné cet article, l’a retourné par la poste auprès de la société X_ et a déposé plainte pénale pour ces faits le 23 mars 2021 ;![endif]>![if>
- entre le 1
er
juillet 2021 et le 20 septembre 2021, effectué 11 commandes frauduleuses notamment sur les sites internet des sociétés AC_, AD_, AE_ et AF_ pour divers articles au nom de N_, dont l’identité avait été usurpée, pour un montant total de CHF 4’089.69, en choisissant l’option de paiement par facture, et s'être fait livrer ces articles à une adresse à laquelle personne n’habitait, dans le but de se les approprier astucieusement de manière indue et s'enrichir ainsi de leur valeur, étant précisé que N_ a déposé plainte pénale pour ces faits le 20 septembre 2021 ;![endif]>![if>
- à réitérées reprises, à tout le moins depuis juin 2020 jusqu'au 14 février 2022 en tout cas, pénétré et séjourné sur le territoire suisse sans être au bénéfice des autorisations nécessaires.![endif]>![if>
e.
Dans son rapport du 9 juin 2022, la police a fait état que le 12 mars 2021, AG_ (chemin 9_ 16) avait informé leurs services qu'un homme utilisait la boite aux lettres de la maison voisine (chemin 9_ 14), afin de se faire livrer des colis au nom du défunt propriétaire, I_, décédé en 2018. Cet homme (homme noir, s'exprimant en français, mesurant environ 170 cm et âgé de 30-35 ans) aurait forcé la boîte aux lettres le 28 février précédent. Sur place, dans le cabanon de jardin, les policiers ont trouvé un carton AE_ vide dont le bon de livraison indiquait un modèle de chaussure en taille 45. ![endif]>![if>
f.
AH_, employée à la poste de AI_ [GE] a déclaré, à la police, qu'à plusieurs reprises des colis étaient adressés à des lieux qui n'étaient pas habités, tels que le chemin 5_ no. _ ou le chemin 9_ 14, et que le facteur, lui avait exposé avoir été mis en présence, lors de sa tournée de livraison, d'un inconnu de type africain, devant la maison de feu I_, qui aurait récupéré un colis adressé au défunt; le facteur avait été avisé par des voisins que le garage de la maison de feu I_ était squatté par un inconnu de type africain. Il avait été décidé de ne plus livrer de colis à cette adresse et de laisser des avis de passage. Peu après, A_, né le 11 octobre 1990, originaire de Guinée, qui s'était légitimé avec une carte d'identité italienne, s'était présenté pour récupérer un colis au nom de "I_". Elle avait en sa possession une photo d'un colis destiné à R_, décédé, au chemin 5_ no. _, et d'un courrier non distribué, adressé à A_, au chemin 9_ 14.![endif]>![if>
g.
T_, gérant de la maison du chemin 8_ 52 à G_, appartenant [à l'organisation patronale] AJ_, a expliqué à la police que A_ avait squatté la maison pour la première fois au mois de juillet 2021; il avait déposé plainte pour violation de domicile et fait fermer la maison fin janvier 2022. Le 15 décembre 2021, ayant constaté qu'un cadenas avait été posé sur la porte du cabanon, il l'avait forcée et avait découvert des cartons. Il avait été contacté le 11 février 2022 par A_, qui désirait récupérer son matelas et des effets personnels dans la maison, et l'avait laissé dormir dans la maison le weekend. Il avait, ensuite, constaté que les colis postaux, qu'il avait vus précédemment devant la maison, ne s'y trouvaient plus devant la maison et qu'un nouveau cadenas fermait la porte du cabanon.![endif]>![if>
h.
Lors de la perquisition de ce cabanon le 1
er
mars 2022, la police a découvert de nombreux cartons de déménagement avec l'inscription manuscrite "AK_ 10_", une valise avec l'inscription "A_ [NOM PRÉNOM] TEL +41 11_ [no. de portable suisse] +224 12_ [no. guinéen]", un passeport guinéen et une carte de séjour de membre de la famille d'un ressortissant de l'union européenne au nom de A_, une carte AL_ [transferts d'argent internationaux] au nom de ce dernier, divers documents de voyage concernant les vols Genève - AM_ [Guinée] du 9 novembre 2021 et retour du 10/11 février 2022, divers documents et factures relatifs à des commandes sur internet, de nombreux vêtements neufs, sous emballage plastique, et appareils ménager neufs, avec emballage et étiquettes de référence produit; de nombreux articles étaient en plusieurs exemplaires et leur conditionnement laissait peu de doute quant au fait qu'il s'agisse d'articles commandés sur internet. Une quantité importante de vêtements et d'objets ménagers d'occasion ainsi que des produits d'entretien ont également été découverts.![endif]>![if>
L'analyse du téléphone portable de A_ révèle que son utilisation a été faite principalement au mois d'octobre 2021 puis à partir du mois de janvier 2022. La police a mis en évidence un numéro enregistré sous "4_ ch. De la"; le nom "J_/K_/L_", qui ressortait dans de nombreuses commandes frauduleuses; le numéro +224 13_ [no. guinéen], enregistré sous "AN_" – raccordement avec lequel il y avait eu 213 échanges –, identique à celui inscrit sur les cartons trouvés dans le cabanon; un contact au nom de AO_ [patronyme de O_] (deux tentatives de commandes au nom de "O_" avaient été effectuées à l'avenue 3_ no. _). Une grande partie des contacts suisses semblaient liés à du travail ou des employeurs ("déménagement", "peindre" ou "lavage"); une photo de l'adresse e-mail
14_@_
, non active, ressemblant fortement à celle utilisée lors de plusieurs commandes [
6_@_.ch
].
Parmi les commandes effectuées auprès de AE_, lesquelles présentaient de grandes similarités avec certains articles retrouvés dans le cabanon, seule celle effectuée au nom de N_, avenue 3_ no. _, E_ a été payée au moyen d'une carte de crédit Visa au nom de A_.
i.
Le 28 juin 2022, le Procureur a prévenu complémentairement A_ pour avoir, à Genève, ![endif]>![if>
- entre les 7 août 2018 et 5 mai 2021, astucieusement induit en erreur la société AE_ GMBH en effectuant de nombreuses commandes frauduleuses sur le site internet AE_ pour divers articles de mode, soit des chaussures et des vêtements, en choisissant l’option de paiement par facture sans avoir l'intention de régler lesdites factures, et en se faisant livrer ces articles à l'avenue 3_ no. _, au chemin 4_ 62 et à l'avenue 1_ 41a, étant précisé que AE_ GMBH a déposé plainte pénale pour ces faits le 4 mars 2022, soit, à tout le moins:![endif]>![if>
· 15 commandes frauduleuses au nom de AP_, N_ et A_, pour un montant total de CHF 962.30 ;![endif]>![if>
· 5 tentatives de commandes frauduleuses au nom de AQ_ et AR_, pour un montant total de CHF 1'320.-, étant précisé que les commandes ne sont pas parvenues dans sa sphère, les paquets ayant été retournés à l'expéditeur faute d'avoir pu être distribués ;![endif]>![if>
- entre les 11 décembre 2018 et 7 novembre 2021, astucieusement induit en erreur la société AD_ en effectuant 12 commandes frauduleuses, pour un montant total de CHF 1'882.25, et 8 tentatives de commandes frauduleuses, sur son site internet pour divers articles de mode, soit des chaussures et des vêtements, au nom de AS_, J_, L_, A_ et AT_ [prénom de A_ et nom de D_], en choisissant l’option de paiement par facture sans avoir l'intention de régler lesdites factures, et en se faisant livrer ces articles à l'avenue 3_ no. _, au chemin 8_ 52bis, au chemin 15_ 31, et à l'avenue 1_ 41a ;![endif]>![if>
- le 26 juin 2019, astucieusement induit en erreur la société AU_ en ouvrant un compte au nom de son ex-copine D_ avec l'adresse email
D_@_.com
sur son site internet et en effectuant une commande frauduleuse de chaussures de grande pointure, pour un montant total de CHF 224.10, en choisissant l’option de paiement par facture sans avoir l'intention de régler ladite facture, et en se faisant livrer ces articles à l'adresse de D_ à cette date, soit à l'avenue 1_ 41a, [code postal] G_, plainte pénale ayant été déposée pour ces faits par D_ le 17 mai 2021 ; ![endif]>![if>
- entre les 3 novembre et 20 décembre 2021, occupé sans droit la maison et le cabanon sis 52A chemin 8_, [code postal] G_, appartenant [à l'organisation patronale] AJ_, plainte pénale ayant été déposée pour ces faits le 20 décembre 2021 ;![endif]>![if>
Il lui est également reproché d'avoir, à AV_ [VD], à tout le moins depuis le 21 juin 2021 jusqu'à une date indéterminée, travaillé en Suisse sans être au bénéfice des autorisations nécessaires.
Le prévenu a contesté les faits; s'il avait certes habité dans une maison abandonnée à l'avenue 3_, un ressortissant albanais y avait aussi accès et de nombreux colis se trouvaient devant la porte de celui-ci et dans le jardin. Si son numéro de téléphone apparaissait avec l'identité mentionnée lors de plusieurs autres commandes, il s'agissait d'une usurpation de son numéro; sa carte d'identité, utilisée pour retirer un colis à la Poste, lui avait été volée. Il avait autant d'effets parce qu'il en envoyait en Guinée; il n'avait cependant pas passé de commandes frauduleuses dans le but d'envoyer des vêtements ou autres objets dans ce pays.
Entendu lors de l'audience, le facteur a confirmé ne pas pouvoir se rappeler si le prévenu était la personne qu'il avait vue.
j.
À teneur de son casier judiciaire suisse, A_, né le _ 1990, a été condamné à douze reprises entre le 21 novembre 2013 et le 25 novembre 2020 dont onze fois pour infraction à la LEI, et à une reprise pour appropriation illégitime en 2013 et vol en 2018. ![endif]>![if>
C.
Dans l'ordonnance querellée, le TMC retient que les charges graves, qui s'étaient alourdies depuis son arrestation, demeuraient suffisantes pour justifier le maintien en détention provisoire du prévenu. L'instruction se poursuivait pour déterminer l'ampleur de l'activité délictueuse, de nouveaux mandats d'acte d'enquêtes ayant été délivrés. ![endif]>![if>
Il retient le risque de fuite, A_ étant de nationalité étrangère, domicilié sur le territoire italien et sans aucune attache avec la Suisse. Ce risque était renforcé par la peine-menace et concrètement encourue ainsi que par la perspective d'une expulsion de Suisse (art. 66a ss CP). Le maintien du prévenu en détention se justifiait afin de s'assurer de sa présence au procès et garantir l'exécution de la peine et/ou de la mesure d'expulsion qui seraient cas échéant prononcées. Le risque de collusion demeurait très concret dans la mesure où il n'avait possiblement pas agi seul. Un risque de réitération était tangible, compte tenu des douze condamnations au casier judiciaire du prévenu, notamment pour infractions à la LEI, appropriation illégitime et vol, ainsi qu'au vu du nombre de commandes frauduleuses qui lui sont reprochées dans le cadre de la présente procédure.
Le principe de proportionnalité de la détention provisoire demeurait respecté et aucune mesure de substitution n'était susceptible d'atteindre le but de la détention, au vu des risques retenus.
D.
a.
Dans son recours, A_ estime sa détention provisoire disproportionnée. Les nouveaux éléments n'étaient basés que sur des mensonges. Son passeport et sa carte de séjour l'autorisaient à séjourner dans l'espace Schengen jusqu'à 90 jours.
Il n'avait commis aucune violation de domicile, étant alors en Guinée; il n'avait jamais travaillé sans autorisation chez AX_ SA. Il conteste le risque de fuite, le Ministère public détenant ses documents d'identité. Il conteste le risque de collusion, aucun élément ne faisant mention d'un tiers, et les témoins ayant été entendus. Il conteste le risque de réitération, ses antécédents étant, à tort, liés à des infractions à la LEI.![endif]>![if>
b.
Le Ministère public conclut au rejet du recours. Les charges s'étaient encore alourdies depuis son arrestation; les commandes frauduleuses avaient toutes un lien avec le prévenu (adresse de livraison, numéro de téléphone ou noms utilisés). Les déclarations des témoins et les découvertes faites lors des perquisitions appuyaient les charges, étant précisé que de nouveaux articles, neufs et emballés dans des plastiques, avaient encore été retrouvés lors d'une perquisition effectuée récemment au domicile de la mère de AO_ où le prévenu avait laissé des affaires durant l'été 2020. S'agissant des infractions à la LEI, le prévenu avait séjourné plus de 90 jours consécutifs sur le territoire suisse dans l'unique but d'y commettre des infractions, en squattant des maisons inhabitées, sans moyens de subsistance autre que le revenu de ses escroqueries, réalisant ainsi les éléments constitutifs des infractions aux art. 115 al. 1 let. a et b LEI.
c.
Le TMC maintient les termes de ses ordonnances sans autres observations.
d.
A_ n'a pas répliqué.
E.
À teneur du rapport de police du 21 juillet 2022, AO_ a déclaré que A_ stockait dans la cave de sa mère, au chemin 15_ 25 à AW_ [GE], de nombreux objets. La perquisition a permis la découverte d'une quantité importante de vêtements neufs et encore emballés dans des plastiques, similaires à ceux utilisés lors de commandes en ligne, et d'ustensiles de cuisine.

EN DROIT
:
1.
Le recours est recevable pour avoir été déposé selon la forme et dans le délai prescrits (art. 385 al. 1 et 396 al. 1 CPP), concerner une ordonnance sujette à recours auprès de la Chambre de céans (art. 222 et 393 al. 1 let. c CPP) et émaner du prévenu qui, partie à la procédure (art. 104 al. 1 let. a CPP), a qualité pour agir, ayant un intérêt juridiquement protégé à la modification ou à l'annulation de la décision querellée (art. 382 al. 1 CPP).![endif]>![if>
2.
Le recourant conteste l'existence de charges suffisantes.![endif]>![if>
2.1.
À teneur de l'art. 221 al. 1 première phrase CPP, la détention provisoire ne peut être ordonnée que lorsque le prévenu est fortement soupçonné d'avoir commis un crime ou un délit. En d'autres termes, pour qu'une personne soit placée en détention préventive, il doit exister à son égard des charges suffisantes ou des indices sérieux de culpabilité, c'est-à-dire des raisons plausibles de la soupçonner d'avoir commis une infraction. Il n'appartient cependant pas au juge de la détention de procéder à une pesée complète des éléments à charge et à décharge et d'apprécier la crédibilité des personnes qui mettent en cause le prévenu. Il doit uniquement examiner s'il existe des indices sérieux de culpabilité justifiant une telle mesure. L'intensité des charges propres à motiver un maintien en détention préventive n'est pas la même aux divers stades de l'instruction pénale ; si des soupçons, même encore peu précis, peuvent être suffisants dans les premiers temps de l'enquête (cf. arrêt du Tribunal fédéral
1B_215/2014
du 4 juillet 2014 consid. 3.2), la perspective d'une condamnation doit apparaître vraisemblable après l'accomplissement des actes d'instruction envisageables (ATF
137 IV 122
consid. 3.2;
116 Ia 143
consid. 3c).![endif]>![if>
2.2.
Le recourant conteste être l'auteur des infractions au patrimoine qui lui sont reprochées. ![endif]>![if>
2.3.
Dans son précédent arrêt (
ACPR/343/2022
) du 13 mai 2022, la Chambre de céans a toutefois déjà eu l'occasion de retenir que les soupçons pesant sur le recourant se recoupaient sur plusieurs éléments – nom, adresse de livraison, numéro de raccordement – qui, pris individuellement, n'apparaissent pas convaincants, mais ensemble étaient suffisants à ce stade-là de la procédure. Depuis lors, les charges se sont aggravées, les éléments permettant de lier le prévenu aux commandes frauduleuses étant beaucoup plus précis (déclaration des employés de la poste, utilisation du passeport du prévenu, analyse du raccordement téléphonique).![endif]>![if>
Le grief est rejeté.
3.
Le recourant conteste le risque de fuite.
![endif]>![if>
3.1.
Conformément à l'art. 221 al. 1 let. a CPP, la détention provisoire peut être ordonnée s'il y a sérieusement lieu de craindre que le prévenu se soustraie à la procédure pénale ou à la sanction prévisible en prenant la fuite. Selon la jurisprudence, le risque de fuite doit s'analyser en fonction d'un ensemble de critères, tels que le caractère de l'intéressé, sa moralité, ses ressources, ses liens avec l'État qui le poursuit ainsi que ses contacts à l'étranger, qui font apparaître le risque de fuite non seulement possible, mais également probable. La gravité de l'infraction ne peut pas, à elle seule, justifier le placement ou le maintien en détention, même si elle permet souvent de présumer un danger de fuite en raison de l'importance de la peine dont le prévenu est menacé (ATF
145 IV 503
consid. 2.2;
143 IV 160
consid. 4.3).![endif]>![if>
3.2.
De nationalité guinéenne, le recourant n'a ni autorisation de travailler ni domicile ni famille en Suisse; il n'a pas répondu favorablement à la demande de la police de se présenter au poste et n'a été arrêté qu'à la suite d'un mandat en ce sens. Le risque est donc grand et concret que, dans la perspective du jugement à venir, il décide, pour échapper à l'éventuelle condamnation, de quitter la Suisse voire d'entrer dans la clandestinité. Que ses documents d'identité soient en mains du Procureur n'y change rien.
![endif]>![if>
C'est donc à bon droit que le risque de fuite a été retenu par l'autorité précédente.
4.
Le risque de fuite étant réalisé, l'autorité de recours peut se dispenser d'examiner si le risque de collusion et de réitération – alternatifs – le sont également (arrêt du Tribunal fédéral
1B_322/2019
du 17 juillet 2019 consid. 3.3 et la jurisprudence citée). ![endif]>![if>
5.
5.1.
Le principe de la proportionnalité implique que la détention provisoire soit en adéquation avec la gravité du délit et la sanction prévisible (ATF
142 IV 389
consid. 4.1). ![endif]>![if>
5.2.
En l'espèce, la durée de la détention du recourant, qui a commencé le 14 février 2022, n’a pas franchi de seuil critique, au regard des infractions retenues contre lui.
6.
Le recours s'avère ainsi infondé et doit être rejeté.![endif]>![if>
7.
Le recourant, qui succombe, supportera les frais envers l'État, fixés en totalité à CHF 900.- (art. 428 al. 1 CPP et 13 al. 1 du Règlement fixant le tarif des frais en matière pénale, RTFMP ;
E 4 10.03
).![endif]>![if>
8.
Le recourant est au bénéfice d'une défense d'office. Cependant, l'avocat nommé n'a pas fourni de prestation justifiant une indemnité pour la procédure de recours. ![endif]>![if>
* * * * *