Decision ID: fb0a771d-16d6-43c4-ab2e-ff3ef11a8e71
Year: 2022
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_001
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law

EN FAIT
, que B_ et les jumeaux D_ et C_, mineurs respectivement nés le _ 2016 et le _ 2018 à Genève, sont les enfants issus de l'union libre de E_, née le _ 1986, et de A_, né le _ 1975, qui a reconnu en être le père;
Que les parents des mineurs, qui exercent en commun l'autorité parentale, ont mis un terme à leur concubinage (commencé en 2013) en janvier 2020, époque à laquelle E_ s'est séparée de A_ pour s'installer avec les enfants dans un autre appartement loué par les parents à cette fin.
Que le 16 avril 2020, les mineurs, représentés par leur mère, ont initié contre le père une action en fixation d’aliments et de prérogatives parentales, objet des présentes, action en fixation d’aliments et de prérogatives parentales, objet des présentes;
Que par ordonnance sur mesures superprovisionnelles prononcée le 27 août 2020, confirmée par ordonnances superprovisionnelles des 2 septembre, 9 septembre et
27 octobre 2020, le Tribunal a attribué la garde des mineurs à leur mère en réservant un large droit de visite à leur père;
Que par ordonnance
OTPI/673/2020
du 5 novembre 2020, statuant sur mesures provisionnelles, le Tribunal a attribué à E_ la garde sur les mineurs B_, D_ et C_, dont le domicile légal était fixé auprès de leur mère, a donné acte à E_ de son engagement, en tant que de besoin lui fait interdiction, de déplacer le lieu de résidence habituelle à Genève des mineurs B_, D_ et C_ sans le consentement de A_, a attribué à A_ un droit de visite sur les mineurs B_, D_ et C_ à exercer au premier chef d'entente avec E_ ou, à défaut, du vendredi 18h00 au dimanche 18h00 les semaines paires, du mercredi 18h00 au jeudi 18h00 les semaines impaires, et pendant la moitié des vacances scolaires, a condamné A_ à verser en mains de E_, par mois et d'avance, une contribution de 4'530 fr. à l'entretien de la mineure B_ et de 5'325 fr. par tête à celui des mineurs D_ et C_, allocations familiales en sus, avec effet au jour du prononcé de l'ordonnance, a donné acte à A_ de son engagement, en tant que de besoin l'y a condamné, de verser en mains de E_, par mois et d'avance, une contribution supplémentaire totale de 8'000 fr. à l'entretien des mineurs B_, D_ et C_, avec effet au jour du prononcé de l'ordonnance, a condamné E_ à prendre à sa charge exclusive la totalité des frais et coûts de l'entretien courant des mineurs B_, D_ et C_, soit leurs frais de nourriture, d'habillement, de santé, de logement, de nounou, de crèche, de loisirs, de vacances, etc., avec effet au jour du prononcé de la présente ordonnance et a condamné A_ à prendre à sa charge exclusive la totalité des éventuels frais futurs extraordinaires imprévus liés aux mineurs B_, D_ et C_;
Que par jugement
JTPI/6402/2022
du 24 mai 2022, le Tribunal de première instance, statuant au fond, a notamment attribué à E_ la garde sur les mineurs B_, D_ et C_ (ch. 2 du dispositif) et autorisé E_ à déplacer à F_, en Grande-Bretagne, le lieu de résidence de ces derniers (ch. 3), attribué à A_ un droit de visite sur les mineurs B_, D_ et C_ à exercer au premier chef d’entente avec E_ ou, à défaut, d’une fréquence équivalent à 10 jours consécutifs ou non par mois et de la moitié des vacances scolaires (ch. 4), condamné A_ à verser en mains de E_, par mois et d’avance, une contribution de 4'235 fr. à l’entretien de la mineure B_ et de 4'445 fr. à celui de chacun des mineurs D_ et C_, allocations familiales en sus (ch. 5), condamné E_ à prendre à sa charge exclusive la totalité des frais et coûts de l’entretien courant des mineurs B_, D_ et C_, soit leurs frais de nourriture, d’habillement, de santé, de logement, de nounou, de crèche, de loisirs, de vacances avec elle, etc. (ch. 6), et donné acte à A_ de son engagement, en tant que de besoin le condamne, de laisser le véhicule [de marque] G_ immatriculé GE 1_ à la jouissance exclusive de E_, à charge pour elle d’assumer tous les frais y relatifs (ch. 8);
Que le 25 mai 2022, A_ a déposé à la Cour de justice un appel contre les chiffres 2 à 6, 8 et 11 du dispositif du jugement du Tribunal, précisant qu'il le compléterait dans le délai d'appel venant à échéance le 24 juin 2022; qu'il a conclu à leur annulation et, cela fait, notamment à ce qu'il soit fait interdiction à E_ de déplacer la résidence ou le domicile des enfants hors de Genève, à ce qu'il soit dit que la garde sur les enfants s'exercerait de manière alternée en cas de maintien du domicile de E_ à Genève et à ce que la garde exclusive sur les enfants lui soit attribuée si la mère déménageait en Grande-Bretagne;
Qu'il a conclu, à titre superprovisionnel et sur effet suspensif, à ce qu'il soit constaté que le caractère exécutoire des ch. 2 et 3 du dispositif du jugement attaqué était suspendu par son appel et à ce qu'il soit par conséquent fait interdiction à E_ de déplacer la résidence habituelle des enfants hors de Genève; qu'il a exposé qu'il était à craindre que E_ se précipite dans un avion avec les enfants sur la base de l'autorisation de départ qui lui avait été accordée immédiatement et qu'il sollicitait dès lors que la suspension du caractère exécutoire des chiffres attaqués du dispositif du jugement du 24 mai 2022 soit formellement constatée et qu'il soit expressément fait interdiction à la mère de déplacer la résidence habituelle des enfants;
Que par arrêt
ACJC/725/2022
du 30 mai 2022, la Cour, statuant sur mesures superprovisionnelles et sur suspension du caractère exécutoire du jugement attaqué, a constaté que les requêtes formées par A_ de mesures superprovisionnelles et tendant à suspendre le caractère exécutoire des chiffres 2 et 3 du dispositif du jugement
JTPI/6402/2022
rendu le 24 mai 2022 par le Tribunal de première instance dans la cause C/6777/2020 étaient sans objet;
Que A_ a également requis, à titre préalable, à l'exécution anticipée des chiffres 4 et 5 du dispositif de la décision entreprise;
Qu'invitée à se déterminer, E_ s'est, par écritures du 4 juillet 2022, opposée à la requête d'exécution anticipée des chiffres 4 et 5 du dispositif de la décision querellée;
Que par acte du 24 juin 2022, E_ a également formé appel du jugement rendu par le Tribunal le 24 mai 2022, sollicitant l'annulation des chiffres 5, 6 et 10 de son dispositif;
Qu'elle a aussi conclu, à titre provisionnel, à ce que la Cour ordonne l'exécution anticipée des chiffres 3 et 4 du dispositif du jugement précité;
Qu'invité à se prononcer sur cette requête, A_ a, par déterminations du 4 juillet 2022, conclu à ce que l'exécution anticipée du chiffre 4 de la décision soit ordonnée et au rejet de la requête pour le surplus, sous suite de frais et dépens;
Considérant,

EN DROIT
, que la Cour est saisie d'un appel au sens de l'art. 308 CPC;
Que selon l'art. 315 CPC, l'appel suspend la force de chose jugée et le caractère exécutoire de la décision dans la mesure des conclusions prises en appel (al. 1), sauf dans les cas mentionnés à l'art. 315 al. 4 CPC, non pertinents en l'espèce;
Que selon l'art. 315 al. 2 CPC, l'instance d'appel peut autoriser l'exécution anticipée; elle ordonne au besoin des mesures conservatoires ou la fourniture de sûretés;
Que l'effet suspensif de l'appel constituant la règle, l'exécution anticipée ne doit être accordée qu'exceptionnellement, lorsque les circonstances l'exigent, notamment si une des parties est exposée, à défaut, à subir un préjudice difficilement réparable;
Qu'en la matière, l'instance d'appel dispose d'un large pouvoir d'appréciation (Jeandin, CR CPC 2
ème
éd. 2019, n. 4 ad art. 315 CPC);
Qu'en l'espèce, les parties ont toutes deux requis l'exécution anticipée du chiffre 4 du dispositif du jugement entrepris, lequel fixe le droit aux relations personnelles entre l'appelant et ses enfants;
Qu'il sera dès lors fait droit à la requête sur ce point;
Que s'agissant de l'exécution anticipée du chiffre 5 requise par l'appelant, il ne peut pas y être fait droit; que l'intimé, dans son appel, a contesté ledit chiffre; que l'appelant dispose de ressources financières conséquentes, de sorte qu'il ne pas de subir de préjudice difficilement réparable durant la présente procédure d'appel s'il continue de s'acquitter des contributions d'entretien fixées sur mesures provisionnelles;
Que la requête sera dès lors rejetée sur ce point;
Qu'il en va de même de la requête d'exécution anticipée du chiffre 3 du dispositif du jugement requise par l'intimée, lequel l'autorise à déplacer le lieu de résidence des enfants; qu'en effet, cela viderait de sa substance l'appel formé par l'appelant sur ce point; que par ailleurs, l’intérêt des enfants commande de maintenir le
statu
quo
, dans l’attente que la Cour statue sur l’appel et ce afin d’éviter que les mineurs ne risquent de voir leur lieu de vie changer à plusieurs reprises en peu de temps;
Qu'au vu des éléments qui précèdent, l'appelant et l'intimée, qui succombent tous deux, seront condamnés à prendre en charge la moitié des frais judicaires de la présente décision, arrêtés à 1'000 fr. (art. 31 et 35 RTFMC), soit 500 fr. chacun;
Que chaque partie supportera ses propres dépens (art. 107 al. 1 let c. CPC).
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