Decision ID: 69db465b-7250-57fc-8115-b4b84e07ddab
Year: 2014
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_007
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 

EN FAIT
A. a. M. K_ est inscrit au registre du commerce comme titulaire de l'entreprise individuelle "H_".![endif]>![if>
Le 11 décembre 2013, il s'est vu notifier un commandement de payer (poursuite n° 13 xxxx89 B) à J_ AG les sommes de 1'756 fr. 10 avec intérêts à 6% dès le 27 novembre 2013 pour des factures impayées, de 225 fr. pour des frais de retard et 90 fr. à titre de frais divers et 50 fr. 45 relatifs aux intérêts courus jusqu'au 26 novembre 2013.
b. M. K_ n'a pas formé opposition.
c. A la requête de la créancière, l'Office des poursuites (ci-après: l'Office) a notifié au débiteur, le 7 février 2014, une commination de faillite.
B. Par acte expédié le 17 février 2014 au greffe de la Chambre de céans,
M. K_ forme plainte contre cet avis. Il explique qu'il est actif dans le domaine du négoce de matières premières. La société X_ lui avait proposé un "package" pour la ligne d'accès internet et les lignes de téléphone fixe et mobile. A la suite de la crise économique, il n'était plus parvenu à régler les factures de télécommunication. Sa ligne téléphonique ayant été suspendue en raison du retard dans le paiement desdites factures, il avait été privé de son outil essentiel de travail. Toutes les tentatives de trouver un accord avec son créancier avaient échoué. Il propose de verser des acomptes de 120 fr. par mois. Enfin, il soutient ne pas être sujet à la poursuite par voie de faillite. En effet, si sa faillite était prononcée, tous ses efforts pour améliorer sa situation financière seraient anéantis, et il serait "éliminé" du circuit des affaires. L'utilisation de la voie de la faillite était "abusive, excessive et excessivement inhumaine".
Interpellé quant à l'éventuel octroi de l'effet suspensif, l'Office conclut au rejet de celui-ci ainsi qu'au rejet de la plainte.
Par courrier du 25 février 2014, les parties ont été informées du fait que la cause était gardée à juger.

EN DROIT
1.
1.1
La Chambre de surveillance est compétente pour statuer sur les plaintes formées en application de la LP (art. 13 LP; art. 126 al. 2 let. c LOJ; art. 6 al. 1 et 3 et 7 al. 1 LaLP) contre des mesures de l'Office non attaquables par la voie judiciaire (art. 17 al. 1 LP), telle la commination de faillite.![endif]>![if>
Déposée dans le délai de dix jours dès réception de la commination de faillite
(art. 17 al. 2 LP) et respectant les exigences de forme prescrites par la loi (art. 9
al. 1 LaLP et art. 65 al. 1 et 2 LPA applicable par renvoi de l'art. 9 al. 4 LaLP), la plainte est recevable.
2.
La poursuite se continue par voie de faillite lorsque le débiteur est inscrit au registre du commerce en l'une ou l'autre des qualités énumérées exhaustivement à l'art. 39 LP, en particulier en qualité "de chef d'une raison individuelle (art. 934 et 935 CO)" (art. 39 al. 1 ch. 1 LP). La voie de la faillite est exclue pour le recouvrement de certaines créances, notamment celles découlant du droit public ou d'obligations d'entretien relatives au droit de la famille (art. 43 LP).![endif]>![if>
Selon la jurisprudence, la nullité d'une poursuite pour abus de droit (art. 2 al. 2 CC) ne peut être admise que dans des cas exceptionnels, notamment lorsqu'il est manifeste que le poursuivant agit dans un but n'ayant pas le moindre rapport avec la procédure de poursuite. Une telle éventualité est réalisée, par exemple, lorsque le poursuivant fait notifier plusieurs commandements de payer fondés sur la même cause et pour des sommes importantes ou encore lorsqu'il reconnaît, devant l'office des poursuites ou le poursuivi, qu'il n'agit pas envers le véritable débiteur (ATF
115 III 18
consid. 3b; arrêt du Tribunal fédéral
5A_595/2012
du 24 octobre 2012 consid. 4, reproduit in SJ
2013 I 188
ss).
3.
En l'espèce, le plaignant est inscrit en qualité de chef d'une raison individuelle au registre du commerce. Par ailleurs et comme le relève l'Office, les créances en poursuite ne se rapportent pas à des créances de droit public ou relevant du droit de la famille, pour lesquelles la poursuite par voie de la faillite est exclue (art. 43 LP). Par conséquent, il est sujet à la poursuite par voie de faillite.![endif]>![if>
En outre, aucun élément ne permet de retenir que la poursuivante abuserait de son droit en requérant la poursuite, puis la continuation de la poursuite. En effet, le plaignant ne conteste pas la créance: il n'a pas formé opposition au commandement de payer et réitère sa proposition – précédemment refusée – de s'acquitter de sa dette par acomptes mensuels de 120 fr.
Certes, le prononcé éventuel de la faillite est susceptible d'entraîner des conséquences importantes pour le plaignant, y compris dans ses relations commerciales. Cela étant, les éventuelles rigueurs liées au système de recouvrement des créances prévu par le législateur fédéral ne sont pas imputables au créancier et ne peuvent lui être reprochées.
En conclusion, c'est donc à bon droit que l'Office a notifié au plaignant une commination de faillite.
Mal fondée, la plainte sera ainsi rejetée.
4.
La procédure de plainte est gratuite (art. 61 al. 2 let. a OELP).
* * * * *