Decision ID: 72c51b33-f305-4d17-b3cb-7bd89ff88ee1
Year: 2020
Language: fr
Court: CH_BSTG
Chamber: CH_BSTG_001
Canton: CH
Region: Federation
Law Area: penal_law

Faits:
A. Le 20 mars 2019, le Ministère public du canton de Genève (ci-après: MP-
GE) a reçu une « demande d’entraide judiciaire internationale en matière
pénale » datée du 29 janvier 2019 des autorités portugaises (Département
central d’enquête et de poursuite pénale; act. 1.2). Dites autorités avaient
déjà obtenu des documents de la part du MP-GE dans le cadre de
précédentes demandes d’entraide (v. par exemple arrêt RR.2016.261-262
du Tribunal pénal fédéral du 19 avril 2017). Sur cette base ainsi qu’en se
référant à des documents recueillis au Portugal, elles ont identifié de
nouvelles opérations bancaires en Suisse et requièrent notamment des
informations sur les comptes bancaires no 1 et no 2 auprès de la banque E.
(act. 1.2).
B. Le MP-GE a déclaré admissible la demande précitée (décision du 21 mars
2019: act. 1.3) et a rendu le même jour une ordonnance d’exécution et de
dépôt concernant, notamment, les documents relatifs aux deux relations
bancaires précitées (act. 1.4).
C. Par décision du 17 septembre 2019 de « confirmation d’admissibilité et de
clôture de la procédure d’entraide » (act. 1.1), le MP-GE a admis la demande
d’entraide, transmis à l’autorité requérante les pièces requises (soit la
documentation bancaire du compte no 2 et la lettre de la banque E. du
26 juillet 2016 faisant référence à la relation no 1) et dit que les documents
seront acheminés à l’autorité requérante au Portugal avec un rappel de la
règle de spécialité. L’état de fait se résume comme suit:
Les autorités portugaises mènent depuis 2013 une instruction pour
soupçons notamment de corruption (passive et active), blanchiment de
capitaux, abus de confiance, faux et fraude fiscale aggravée à l’encontre de
A. (ex-Président du conseil d’administration de F.) et G. (ex-Président du
conseil d’administration du groupe H). L’entreprise F. avait placé, à travers
ses filiales, la quasi-totalité de sa trésorerie disponible (EUR 897'000'000.--)
auprès du groupe H., sans en informer ses actionnaires. Cette société-ci,
ayant été mise en faillite en été 2014, n’a pas remboursé les prêts, causant
une chute du cours de l’action de cette société-là puis sa reprise par un
groupe brésilien. Au cours d’une procédure d’insolvabilité au Luxembourg, il
a été découvert que des sommes importantes avaient été versées du groupe
H. à certains dirigeants de F. (à savoir plus de EUR 18'500'000.--). Plusieurs
comptes bancaires ont été identifiés en Suisse pour avoir reçu des
rétrocessions de commissions (ou autres rémunérations) de la part du
- 3 -
groupe H., à savoir quelques CHF 10'352'000.-- et CHF 9'880'000.-- entre
2010 et 2012, au détriment des autres actionnaires de F., non fiscalisées, et
avec de fausses justifications.
D. Le 21 octobre 2019 (timbre postal), A. et ses trois enfants (B., C. et D.), tous
représentés par Me François Micheli, interjettent recours contre la décision
du MP-GE du 17 septembre 2019 auprès de la Cour des plaintes du Tribunal
pénal fédéral. Ils concluent en substance, sous suite de dépens, à
l’annulation de la décision de confirmation et de clôture de la procédure
d’entraide ainsi qu’au refus de l’entraide (act. 1).
E. Dans le cadre de l’échange d’écritures, le MP-GE se réfère à la décision
litigieuse qu’il a rendue (act. 8 et 15), tandis que l’Office fédéral de la justice
(ci-après: OFJ) conclut au rejet du recours (act. 9 et 16). Par réplique du
20 novembre 2019, les recourants persistent dans les conclusions prises
dans leur mémoire de recours (act. 13).
Les arguments et moyens de preuve invoqués par les parties seront repris,
si nécessaire, dans les considérants en droit.

La Cour considère en droit:
1.
1.1 L'entraide judiciaire entre la République du Portugal et la Confédération
suisse est prioritairement régie par la Convention européenne d'entraide
judiciaire en matière pénale (CEEJ; RS 0.351.1), entrée en vigueur pour la
Suisse le 20 mars 1967 et pour le Portugal le 26 décembre 1994 ainsi que
par le Deuxième protocole additionnel à ladite convention, entré en vigueur
pour la Suisse le 1er février 2005 et pour l'Etat requérant le 1er mai 2007 (RS
0.351.12). S'agissant d'une demande d'entraide présentée notamment pour
la répression du blanchiment d'argent, entre également en considération la
Convention relative au blanchiment, au dépistage, à la saisie et à la
confiscation des produits du crime (CBl; RS 0.311.53), entrée en vigueur le
1er septembre 1993 pour la Suisse et le 1er février 1999 pour le Portugal. Les
art. 48 ss de la Convention d'application de l'Accord de Schengen du 14 juin
1985 (CAAS; no CELEX 42000A0922[02]; Journal officiel de l'Union
européenne L 239 du 22 septembre 2000, p. 19-62; publication de la
Chancellerie fédérale, « Entraide et extradition ») s'appliquent également à
l'entraide pénale entre la Suisse et le Portugal (v. arrêt du Tribunal pénal
- 4 -
fédéral RR.2011.232-234 du 12 octobre 2011 consid. 1). Pour le surplus, la
loi fédérale sur l'entraide internationale en matière pénale (EIMP; RS 351.1)
et son ordonnance d'exécution (OEIMP; RS 351.11) règlent les questions
qui ne sont pas régies, explicitement ou implicitement, par les traités
(ATF 130 II 337 consid. 1; 128 II 355 consid. 1 et la jurisprudence citée). Le
droit interne s'applique en outre lorsqu'il est plus favorable à l'octroi de
l'entraide que les traités (ATF 142 IV 250 consid. 3; 140 IV 123 consid. 2;
137 IV 33 consid. 2.2.2; 136 IV 82 consid. 3.1; 129 II 462 consid. 1.1; 122 II
140 consid. 2). L'application de la norme la plus favorable (principe dit « de
faveur ») doit avoir lieu dans le respect des droits fondamentaux (ATF 135
IV 212 consid. 2.3).
1.2 La Cour des plaintes du Tribunal pénal fédéral est compétente pour
connaître des recours dirigés contre les décisions de clôture de la procédure
d'entraide rendues par les autorités cantonales ou fédérales d'exécution et,
conjointement, contre les décisions incidentes (art. 25 al. 1 et 80e al. 1 EIMP,
mis en relation avec l'art. 37 al. 2 let. a ch. 1 de la loi fédérale sur
l'organisation des autorités pénales de la Confédération [LOAP; RS 173.71]).
1.3 Le délai de recours contre la décision de clôture de la procédure d'entraide
est de 30 jours dès la communication écrite de celle-ci (art. 80k EIMP), c'est-
à-dire, de sa notification (ATF 136 IV 16 consid. 2.3). Interjeté le 21 octobre
2019 contre une décision notifiée le 19 septembre 2019 (cf. act. 1, p. 3), le
recours a été déposé en temps utile.
1.4 Selon l'art. 80h let. b EIMP, la qualité pour recourir contre une mesure
d'entraide judiciaire est reconnue à celui qui est personnellement et
directement touché par celle-ci. Aux termes de l'art. 9a let. a OEIMP, est
notamment réputé personnellement et directement touché au sens des
art. 21 al. 3 et 80h EIMP, en cas d'informations sur un compte, le titulaire du
compte dont les documents font l'objet de la décision de clôture.
1.4.1 En l’espèce, les trois enfants de A. (B., C. et D.) sont co-titulaires de la
relation no 2 visée par la décision de clôture du MP-GE (dossier du MP-GE
80'503). Par conséquent, ces trois recourants sont admis à s’opposer à la
transmission des documents les concernant.
1.4.2 Au sujet de la relation no 1, A. a expliqué, au cours de la procédure devant
le MP-GE, qu’il n’était pas le titulaire du compte (act. 1.6), ce qu’il a confirmé
durant la présente procédure de recours (act. 1, p. 9 et 13, p. 2). Par
conséquent, il n’a pas en l’espèce la qualité pour recourir. A. soutient
néanmoins avoir un intérêt légitime à s’opposer à la décision entreprise en
ce qu’elle retient de façon inexacte dans son dispositif, que le compte no 1
- 5 -
auprès de la banque E. à U. serait détenu par lui (« Doc. ouv. no 1 A. Me
François Roger Micheli voir rép. Bq E. 26.7.2016 (CP/353/2013), copies »;
act. 1.1, p. 5). Selon lui, une telle supputation crée une image fausse de la
situation (act. 1, p. 19). L’intéressé précise que le document litigieux de la
banque E. avait déjà été transmis à l’Etat requérant lors d’une précédente
procédure d’entraide, dès lors qu’il fournissait des renseignements sur un
autre compte (no 3), dont A. est titulaire (cf. act. 1.7 et 1.10).
En l’occurrence, la lettre concernée – objet de l’entraide – n’indique pas qui
est le titulaire du compte bancaire no 1. La Cour de céans constate que,
même si la manière de citer du MP-GE dans sa décision de clôture pouvait
éventuellement porter à confusion sur l’identité du titulaire du compte, cela
ne permet pas pour autant de reconnaître la qualité pour recourir à A.
Partant, le recours formé par A. est déclaré irrecevable. Pour ce motif, les
griefs soulevés en lien avec la relation bancaire no 1 ne seront pas examinés.
1.5 Au vu de ce qui précède, seul le recours interjeté par B., C. et D. est
recevable, de sorte qu’il y a lieu d'entrer en matière sur celui-ci.
2. En l'espèce, le litige porte sur la question de savoir si le MP-GE a ordonné à
juste titre la transmission à l'autorité requérante des pièces requises relatives
à la relation no 2, compte bancaire détenu par B, C. et D. (cf. décision de
clôture du 27 septembre 2019).
3.
3.1 Les recourants, co-titulaires de la relation no 2, soulèvent que la transmission
des informations relatives à ce compte n’est pas conforme au principe de
proportionnalité et aux critères de l’utilité potentielle. D’après eux, le compte
bancaire n’a pas été utilisé en rapport avec les infractions sous enquête au
Portugal. Ils expliquent que n’étant pas sous enquête dans l’Etat requérant,
leur seul lien avec l’affaire est d’être les enfants de A. (act. 1, p. 5-7).
3.2
3.2.1 De manière générale, selon la jurisprudence relative au principe de la
proportionnalité, lequel découle de l'art. 63 al. 1 EIMP, la question de savoir
si les renseignements demandés sont nécessaires ou simplement utiles à la
procédure pénale est en principe laissée à l'appréciation des autorités de
poursuite de l'Etat requérant (ATF 136 IV 82 consid. 4.1; arrêt du Tribunal
fédéral 1C_582/2015 du 10 novembre 2015 consid. 1.4). Le principe de la
proportionnalité interdit aussi à l'autorité suisse d'aller au-delà des requêtes
qui lui sont adressées et d'accorder à l'Etat requérant plus qu'il n'a demandé.
- 6 -
Cela n'empêche pas d'interpréter la demande selon le sens que l'on peut
raisonnablement lui donner; l’autorité d’exécution devant faire preuve
d’activisme, comme si elle était elle-même en charge de la poursuite. Le cas
échéant, une interprétation large est admissible s'il est établi que toutes les
conditions à l'octroi de l'entraide sont remplies; ce mode de procéder permet
aussi d'éviter d'éventuelles demandes complémentaires (ATF 121 II 241
consid. 3a; 118 Ib 111 consid. 6; arrêt du Tribunal pénal fédéral
RR.2009.286-287 du 10 février 2010 consid. 4.1). Sur cette base, peuvent
aussi être transmis des renseignements et documents non mentionnés dans
la demande (TPF 2009 161 consid. 5.2; arrêts du Tribunal pénal fédéral
RR.2010.39 du 28 avril 2010 consid. 5.1; RR.2010.8 du 16 avril 2010
consid. 2.2). L'examen de l'autorité d'entraide est régi par le principe de
l' « utilité potentielle » qui joue un rôle crucial dans l'application du principe
de la proportionnalité en matière d'entraide pénale internationale (ATF 122
II 367 consid. 2c et les références citées). Sous l'angle de l'utilité potentielle,
il doit être possible pour l'autorité d'investiguer en amont et en aval du
complexe de faits décrits dans la demande et de remettre des documents
antérieurs ou postérieurs à l'époque des faits indiqués, lorsque les faits
s'étendent sur une longue durée ou sont particulièrement complexes (arrêt
du Tribunal fédéral 1A.212/2001 du 21 mars 2002 consid. 9.2.2; arrêt du
Tribunal pénal fédéral RR.2017.53-54 du 2 octobre 2017 consid. 8.2 in fine).
C'est en effet le propre de l'entraide de favoriser la découverte de faits,
d'informations et de moyens de preuve, y compris ceux dont l'autorité de
poursuite étrangère ne soupçonne pas l'existence. Il ne s'agit pas seulement
d'aider l'Etat requérant à prouver des faits révélés par l'enquête qu'il conduit,
mais d'en dévoiler d'autres, s'ils existent. Il en découle, pour l'autorité
d'exécution, un devoir d'exhaustivité, qui justifie de communiquer tous les
éléments qu'elle a réunis, propres à servir l'enquête étrangère, afin d'éclairer
dans tous ses aspects les rouages du mécanisme délictueux poursuivi dans
l'Etat requérant (arrêts du Tribunal pénal fédéral RR.2015.314 du 24 février
2016 consid. 2.2; RR.2010.173 du 13 octobre 2010 consid. 4.2.4/a;
RR.2009.320 du 2 février 2010 consid. 4.1; ZIMMERMANN, La coopération
judiciaire internationale en matière pénale, 5ème éd. 2019, no 723 s.).
3.2.2 Les autorités suisses sont tenues, au sens de la procédure d'entraide,
d'assister les autorités étrangères dans la recherche de la vérité en
exécutant toute mesure présentant un rapport suffisant avec l'enquête
pénale à l'étranger, étant rappelé que l'entraide vise non seulement à
recueillir des preuves à charge, mais également à décharge (ATF 118 Ib 547
consid. 3a; arrêt du Tribunal fédéral 1A.88/2006 du 22 juin 2006 consid. 5.3;
arrêt du Tribunal pénal fédéral RR.2013.231 du 23 octobre 2013 consid. 4.1
et les références citées; RR.2008.287 du 9 avril 2009 consid. 2.2.4 et la
jurisprudence citée).
- 7 -
3.2.3 S'agissant de demandes relatives à des informations bancaires, il convient
en principe de transmettre tous les documents qui peuvent faire référence
au soupçon exposé dans la demande d'entraide; il doit exister un lien de
connexité suffisant entre l'état de fait faisant l'objet de l'enquête pénale
menée par les autorités de l'Etat requérant et les documents visés par la
remise (ATF 129 II 461 consid. 5.3; arrêts du Tribunal fédéral 1A.189/2006
du 7 février 2007 consid. 3.1; 1A.72/2006 du 13 juillet 2006 consid. 3.1).
Lorsque la demande vise à éclaircir le cheminement de fonds d'origine
délictueuse, il convient en principe d'informer l'Etat requérant de toutes les
transactions opérées au nom des personnes et des sociétés et par le biais
des comptes impliqués dans l'affaire, même sur une période relativement
étendue (ATF 121 II 241 consid. 3c; arrêt du Tribunal fédéral 1A.249/2006
du 26 janvier 2007 consid. 4.2). L'utilité de la documentation bancaire
découle du fait que l'autorité requérante peut vouloir vérifier que les
agissements qu'elle connaît déjà n'ont pas été précédés ou suivis d'autres
actes du même genre (v. arrêt du Tribunal pénal fédéral RR.2018.88-89 du
9 mai 2018 consid. 4.2). Certes, il se peut également que les comptes
litigieux n'aient pas servi à recevoir le produit d'infractions pénales, ni à
opérer des virements illicites ou à blanchir des fonds. L'autorité requérante
n'en dispose pas moins d'un intérêt à pouvoir le vérifier elle-même, sur le vu
d'une documentation complète (ATF 118 Ib 547 consid. 3a; arrêt du Tribunal
fédéral 1A.88/2006 précité consid. 5.3; arrêt du Tribunal pénal fédéral
RR.2008.287 précité consid. 2.2.4 et la jurisprudence citée). L'autorité
d'exécution, respectivement l'autorité de recours en matière d'entraide, ne
peut pas se substituer au juge pénal étranger et n'est pas compétente pour
se prononcer sur la substance des chefs d'accusation formulés par les
autorités de poursuite (v. ATF 132 II 81 consid. 2.1; 122 II 373 consid. 1c
p. 375; 112 Ib 215 consid. 5b; 109 Ib 60 consid. 5a p. 63 et renvois).
3.3 En l’espèce, la relation bancaire no 2 figure expressément dans la demande
d'entraide des autorités portugaises qui sollicitent la transmission de la
documentation y relative, s’agissant du « compte vers lequel avait été
initialement demandé le transfert du solde existant sur le compte no 3 de A. »
(act. 1.2: demande d’entraide, p. 8). Il n'apparaît pas disproportionné, mais
au contraire conforme au principe de l'utilité potentielle, que l'autorité
requérante veuille vérifier les mouvements de fonds liés au compte no 2. La
documentation transmise permettra aux autorités portugaises notamment
d'examiner si des fonds délictueux sont passés par ce compte bancaire.
Dans l'éventualité où ce ne serait pas le cas, comme allégué par les
recourants, cela ne constitue pas un motif pour refuser la demande
d'entraide. En effet, l’autorité requérante dispose d’un intérêt à pouvoir le
vérifier par elle-même, au regard d’une documentation complète. N’est
- 8 -
également pas décisif que la relation visée n’aurait jamais été effectivement
créditée par le compte no 3 appartenant à A. Il importe également peu de
savoir, contrairement à l’argumentation des recourants, si les co-titulaires du
compte no 2 sont poursuivis, ou même été entendus ou font l’objet de
mesures d’instruction, dans l’Etat requérant dans la cause qu’il investigue.
Enfin, dans cette constellation, l’utilité potentielle de la présente demande
d’entraide est reconnue indépendamment d’une précédente entraide qui
concernait A. et qui avait été accordée (cf. arrêt du Tribunal pénal fédéral
RR.2016.261-262 du 19 avril 2017).
3.4 Au vu de ce qui précède, il existe un lien de connexité suffisant entre l'état
de fait faisant l'objet de l'enquête pénale par les autorités portugaises et la
documentation bancaire visée par la remise, d'autant que l'autorité
requérante a expressément sollicité cette documentation. Le principe de la
proportionnalité n'a donc pas été violé. Mal fondé ce grief doit être rejeté.
4.
4.1 Les recourants se prévalent de la violation du principe de la double
incrimination (act. 1, p.10-12).
4.2
4.2.1 La condition de la double incrimination est satisfaite lorsque l'état de faits
exposé dans la demande d'entraide correspond, prima facie, aux éléments
constitutifs objectifs d'une infraction réprimée par le droit suisse, à l'exclusion
des conditions particulières en matière de culpabilité et de répression, et
donnant lieu ordinairement à la coopération internationale (cf. art. 64 al. 1
EIMP cum art. 5 ch. 1 let. a CEEJ; ATF 124 II 184 consid. 4b/cc; 122 II 422
consid. 2a; 118 Ib 448 consid. 3a et les arrêts cités; arrêt du Tribunal fédéral
1C_123/2007 du 25 mai 2007 consid. 1.3). Lorsqu'une autorité suisse est
saisie d'une requête d'entraide en matière pénale, elle n'a pas à se
prononcer sur la réalité des faits évoqués dans celle-ci puisqu'elle ne peut
que déterminer si, tels qu'ils sont présentés, ils constituent une infraction.
Elle ne peut s'écarter des faits décrits par l'État requérant qu'en cas d'erreurs,
lacunes ou contradictions évidentes et immédiatement établies (ATF 126 II
495 consid. 5e/aa; 118 Ib 111 consid. 5b; 107 Ib 264 consid. 3a; arrêt du
Tribunal pénal fédéral RR.2008.69 du 14 août 2008 consid. 3). Quant à
l'autorité requérante, elle ne doit pas fournir des preuves des faits qu'elle
avance ou exposer – sous l'angle de la double incrimination – en quoi la
partie dont les informations sont requises est concrètement impliquée dans
les agissements poursuivis (arrêt du Tribunal fédéral 1C_660/2019 du
6 janvier 2020 consid. 3.2 et la référence citée).
- 9 -
4.2.2 En ce qui concerne plus particulièrement la remise de documents bancaires,
il s'agit d'une mesure de contrainte au sens de l'art. 63 al. 2 let. c EIMP. Elle
ne peut être ordonnée, selon l'art. 64 al. 1 EIMP mis en relation avec la
réserve faite par la Suisse à l'art. 5 ch. 1 let. a CEEJ, que si l'état de fait
exposé dans la demande correspond, prima facie, aux éléments constitutifs
d'une infraction réprimée en droit suisse. L'examen de la punissabilité selon
le droit helvétique comprend, par analogie avec l'art. 35 al. 2 EIMP applicable
en matière d'extradition, les éléments constitutifs objectifs de l'infraction, à
l'exclusion des conditions particulières du droit suisse en matière de
culpabilité et de répression (ATF 124 II 184 consid. 4b; 122 II 422 consid. 2a;
118 Ib 448 consid. 3a et arrêts cités; arrêt du Tribunal fédéral 1A.205/2006
du 7 décembre 2006 consid. 3.1 et les arrêts cités). Il n'est ainsi pas
nécessaire que les faits incriminés revêtent, dans les deux législations
concernées, la même qualification juridique, qu'ils soient soumis aux mêmes
conditions de punissabilité ou passibles de peines équivalentes; il suffit qu'ils
soient réprimés, dans les deux États, comme des délits donnant lieu
ordinairement à la coopération internationale (ATF 124 II 184 consid. 4b/cc;
117 Ib 337 consid. 4a; 112 Ib 225 consid. 3c et les arrêts cités; arrêt du
Tribunal fédéral 1C_123/2007 du 25 mai 2007 consid. 1.3) et pour autant
qu'il ne s'agisse pas d'un délit politique ou fiscal (art. 2 let. a CEEJ).
Contrairement à ce qui prévaut en matière d'extradition, il n'est pas
nécessaire, en matière de « petite entraide », que la condition de la double
incrimination soit réalisée pour chacun des chefs à raison desquels les
prévenus sont poursuivis dans l'État requérant (ATF 125 II 569 consid. 6;
110 Ib 173 consid. 5b; arrêts du Tribunal fédéral 1C_138/2007 du 17 juillet
2007 consid. 2.3.2; 1A.212/2001 du 21 mars 2002 consid. 7). La condition
de la double incrimination s'examine selon le droit en vigueur dans l'État
requis au moment où est prise la décision relative à la coopération, et non
selon celui en vigueur au moment de la commission de l'éventuelle infraction
ou à la date de la commission rogatoire (ATF 129 II 462 consid. 4.3; 122 II
422 consid. 2a; 112 Ib 576 consid. 2; arrêt du Tribunal fédéral 1A.96/2003
du 25 juin 2003 consid. 2.2; arrêts du Tribunal pénal fédéral RR.2012.262-
263 du 28 juin 2013 consid. 2.1; RR.2011.246 du 30 novembre 2011
consid. 3.2; RR.2007.178 du 29 novembre 2007 consid. 4.3;
v. ég. ZIMMERMANN, op. cit., no 581, p. 622 s.).
4.3 En l’espèce, comme il ressort de la demande d’entraide, A., en qualité de
président du conseil d’administration de F. (entité concessionnaire d’un
service public) aurait favorisé les intérêts d’un actionnaire (groupe H.) en
contrepartie d’avantages économiques convenus avec G. (président du
conseil d’administration du groupe H.). Pour justifier les sommes reçues, A.
aurait notamment mis en place des circuits financiers, à l’origine desquels se
trouvent les fonds en Suisse (cf. let. C). Le MP-GE a considéré que les faits
- 10 -
incriminés dans la demande d’entraide à l’encontre de A. peuvent être
qualifiés, notamment, d’escroquerie (art. 146 CP), de corruption de
fonctionnaires étrangers (art. 322septies CP), de gestion déloyale (art. 158 CP)
et de blanchiment (art. 305bis CP).
4.4 A titre liminaire, les recourants contestent que les conditions soient réunies
pour la réalisation de ces infractions au motif que tous les encaissements de
A. étaient licites, ce qui ressortirait de la demande d’entraide: « qui plus est,
ces encaissements, bien que licites, ont été occultés au Portugal car ils ne
figurent pas dans les déclarations fiscales présentées; ainsi, A. visait à
obtenir des avantages économiques tout en trompant l’administration fiscale
sur ses revenus » (act. 1.2, p. 5). Néanmoins, il ne fait aucun doute que le
but de la procédure pénale portugaise est celui d’enquêter sur les avantages
économiques obtenus par A., notamment, et ces avantages ne peuvent pas
être qualifiés prima facie de licites.
4.5
4.5.1 S’agissant de l’infraction de gestion déloyale (art. 158 CP), celui qui, en vertu
de la loi, d’un mandat officiel ou d’un acte juridique, est tenu de gérer les
intérêts pécuniaires d’autrui ou de veiller sur leur gestion et qui, en violation
de ses devoirs, aura porté atteinte à ces intérêts ou aura permis qu’ils soient
lésés sera puni d’une peine privative de liberté de trois ans au plus ou d’une
peine pécuniaire. Si l’auteur a agi dans le dessein de se procurer ou de
procurer à un tiers un enrichissement illégitime, le juge pourra prononcer une
peine privative de liberté de un à cinq ans. Cette infraction suppose donc la
réalisation de quatre éléments constitutifs: il faut que l'auteur ait eu une
position de gérant, qu'il ait violé une obligation lui incombant en cette qualité,
qu'il en soit résulté un dommage et qu'il ait agi intentionnellement (cf. ATF
120 IV 190 consid. 2b p. 192; arrêt du Tribunal fédéral 6B_1030/2018 du
20 novembre 2018 consid. 1.1). A titre d’exemple, le Tribunal fédéral a
considéré la condition de la double incrimination respectée, à l’aune de
l’art. 158 CP, dans le cas où le dirigeant d’une société a transféré les actifs
de celle-ci à une autre société, qu’il domine, en vidant la première de sa
substance (arrêt du Tribunal fédéral 1A.125/2006 du 10 août 2006).
4.5.2 En l’espèce, A. était président du conseil d’administration de F. Il aurait violé
son devoir de gestion en favorisant les intérêts de l’actionnaire du groupe H.
au travers de décisions et d’interventions qui s’alignaient sur les stratégies
définies par G. (alors président du conseil d’administration du groupe H.) à
l’égard de F. Cette société-ci a ainsi placé, à travers ses filiales, la quasi-
totalité de sa trésorerie disponible (EUR 897'000'000.--) auprès du groupe
H., sans en informer ses actionnaires (v. 1.1-1.2). Ce comportement cause
prima facie un dommage à F., dès lors que le groupe H, ayant été mise en
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faillite, n’a pas remboursé les prêts à F. (cf. act. 1.1). Le cours de l’action de
F. a chuté et cette société a été reprise par un groupe brésilien (cf. act. 1.1).
Enfin, contrairement à ce qu’il a été retenu, les recourants sont d’avis que A.
n’a pas agi d’une façon ne correspondant pas aux souhaits de certains
actionnaires minoritaires. Selon eux, l’on ne pourrait faire grief au conseil
d’administration d’une société de s’orienter d’après les intérêts du plus
important groupe d’actionnaires (à savoir la banque J. et les entités
contrôlées par elle); c’est le comportement contraire (à savoir laisser certains
actionnaires minoritaires déterminer les décisions de la société) qui pourrait
être qualifié (en droit suisse) de gestion déloyale (act. 1, p. 12). Toutefois,
les recourants ne démontrent pas que les faits retenus dans la demande
d’entraide – et exposés ci-dessus – sont erronés et qu’il conviendrait de s’en
écarter. A titre superfétatoire, prima facie, le conseil d’administration doit au
contraire d’abord gérer et sauvegarder les intérêts (patrimoniaux) de la
société afin d’assurer notamment sa viabilité, avant de s’orienter vers les
intérêts des actionnaires.
4.6 Il s'ensuit que les faits tels que présentés dans la requête sont, prima facie,
constitutifs de gestion déloyale (art. 158 CP). Il suffit que les faits décrits dans
la demande soient punissables sous l'angle d'une seule disposition pénale
(v. supra, consid. 4.1), de sorte qu‘il n’est pas nécessaire en principe
d’examiner la condition de la double incrimination relative aux autres
infractions pour lesquelles A. est poursuivi au Portugal. Néanmoins, par
surabondance, l’état de fait abstraitement transposé en droit suisse, pourrait
également réaliser les éléments constitutifs du blanchiment d'argent
(art. 305bis CP).
4.6.1 Aux termes de l'art. 305bis ch. 1 CP, celui qui aura commis un acte propre à
entraver l'identification de l'origine, la découverte ou la confiscation de
valeurs patrimoniales dont il savait ou devait présumer qu'elles provenaient
d'un crime ou d’un délit fiscal qualifié, sera puni d'une peine privative de
liberté de trois ans au plus ou d'une peine pécuniaire. Le blanchiment
d'argent est une infraction de mise en danger abstraite (ATF 136 IV 188
consid. 6.1; DUPUIS ET AL., Petit commentaire, 2ème éd. 2017, n° 6 ad art.
305bis CP et références citées) et le bien juridique protégé est l’administration
de la justice pénale en Suisse ou à l’étranger (CASSANI, Commentaire
romand, 2009 n° 10 ad art. 305bis CP; DUPUIS ET AL., op. cit., nos 3 et 5 ad art.
305bis CP). Le comportement délictueux consiste à entraver l'accès de
l'autorité pénale au butin d'un crime, en rendant plus difficile l'établissement
du lien de provenance entre la valeur patrimoniale (au sens large) et le crime,
ce qui doit être examiné au cas par cas, en fonction de l'ensemble des
circonstances. L'acte d'entrave peut être constitué par n'importe quel
comportement propre à faire obstacle à l'identification de l'origine, la
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découverte ou la confiscation de la valeur patrimoniale provenant d'un crime
(ATF 136 IV 188 consid. 6.1 et les références citées; v. ATF 144 IV 172
consid. 7.2.2 p. 174). Quant aux manœuvres visant à dissimuler le lien de
provenance ou l’appartenance réelle des biens, elles peuvent être
accomplies, entre autres, en transférant de l’argent à l’étranger par un
virement bancaire ou par le transport physique d’espèces (CASSANI,
Commentaire romand, no 35 ad art. 305bis CP).
4.6.2 Lorsque l'autorité étrangère adresse une requête d'entraide aux fins
d'appuyer une enquête menée du chef de blanchiment d'argent, elle ne doit
pas nécessairement apporter la preuve de la commission des actes de
blanchiment ou de l'infraction préalable; un simple soupçon considéré
objectivement suffit pour l'octroi de la coopération sous l'angle de la double
incrimination (v. arrêts du Tribunal fédéral 1A.231/2003 du 6 février 2004,
consid. 5.3; 1A.5/2004 consid. 5.2.1; arrêts du Tribunal pénal fédéral
RR.2019.172+173 du 28 janvier 2020 consid. 4.4.2; RR.2017.99;
RR.2017.65/RP.2017.22 du 1er décembre 2017 consid. 4.2; TPF 2011 194
consid. 2.1 in fine; v. ég. ZIMMERMANN, op. cit., n° 602). La Suisse doit ainsi
pouvoir accorder sa collaboration lorsque le soupçon de blanchiment est
uniquement fondé sur l'existence de transactions suspectes, des exemples
typiques étant ceux de transactions dénuées de justification apparente ou en
utilisant de nombreuses sociétés réparties dans plusieurs pays (arrêt du
Tribunal pénal fédéral RR.2019.172+173 du 28 janvier 2020 consid. 4.4.2;
RR.2008.69-72 du 14 août 2008 consid. 3.3 et références citées).
L'importance des sommes mises en cause lors des transactions suspectes
constitue également un motif de soupçon de blanchiment. Cette
interprétation correspond à la notion d'entraide « la plus large possible » dont
il est question aux art. 1 CEEJ, art. 7 ch. 1 et 8 CBI (ATF 129 II 97
consid. 3.2).
4.6.3 En l’occurrence, les autorités portugaises mènent une enquête pénale à
l’encontre de A. pour les chefs notamment de corruption et de gestion
déloyale, qui constitueraient les crimes préalables au blanchiment d’argent.
Il ressort de cette enquête que des sommes importantes ont été versées par
le groupe H. à certains dirigeants de F.; plusieurs comptes bancaires ont été
identifiés en Suisse pour avoir reçu des rétrocessions de commissions (ou
autres rémunérations) de la part du groupe H. avec de fausses justifications
(vente fictive de parts sociales d’une autre société). Ainsi, il s’agit de
soupçons suffisants d’actes de blanchiment pour octroyer l’entraide à l’Etat
requérant.
4.7 Au vu de l’ensemble d’éléments qui précèdent, le grief selon lequel le
principe de la double incrimination ne serait pas respecté est infondé et doit
- 13 -
être rejeté.
5. Les recourants (B., C. et D.) soutiennent que la poursuite menée contre A. a
un but fiscal constituant un motif d’irrecevabilité au sens de l’art. 3 al. 3 EIMP
(act. 1, p. 13-14).
5.1 Dans le domaine de l’entraide, le principe de la spécialité a pour effet
d’interdire l’usage par l’Etat requérant des documents, renseignements et
informations reçus, pour la répression de délits à raison desquels l’Etat
requis exclut sa coopération (art. 67 al. 1 EIMP; ATF 128 II 305 consid. 3.1
p. 307; ZIMMERMANN, op. cit., no 729). Cela concerne notamment les délits
fiscaux (art. 3 al. 3 EIMP). Une partie ne peut se prévaloir du principe de la
spécialité que pour la défense de ses intérêts propres, à l’exclusion de ceux
de tiers (arrêt du Tribunal pénal fédéral RR.2017.234 du 1er mars 2018
consid. 3.4-3.5; ZIMMERMANN, op. cit., no 727).
5.2 En l’occurrence, A. fait certes l’objet d’un acte d’accusation dans l’Etat
requérant (cf. act. 1.2, p. 2). Néanmoins, comme l’ont précédemment exposé
les recourants, en tant qu’enfants de A., ils ne sont pas parties à la procédure
ouverte dans l’Etat requérant (v. supra consid. 3.1). Ne s’agissant pas de
leurs propres intérêts, ils ne peuvent donc pas user des voies de droit en
Suisse comme Etat requis pour se plaindre d'une éventuelle violation du
principe de la spécialité par les autorités de l'Etat requérant ou d'un autre
Etat. Ce grief est par conséquent irrecevable.
6.
6.1 Dans un dernier grief, les recourants soulèvent une violation du principe de
la confiance par l’Etat requérant, qui aurait exposé des faits erronés dans sa
demande d’entraide (act. 1, p. 14-16). Ils allèguent que le « Tribunal da
Relaçao de Lisboa » aurait désavoué, dans un arrêt du 28 mars 2018
(n’ayant pas fait l’objet d’un recours), les autorités de poursuite pénale
portugaise en levant un séquestre conservatoire ordonné par celles-ci à
l’encontre de K. SA. Ainsi, l’autorité requérante aurait retenu à tort – et
contrairement à ce qui a été jugé de manière définitive – que A. aurait
frauduleusement confectionné des contrats de vente des parts sociales de
sa société K. SA, de manière à faire croire qu’il les avait vendues à la société
L. SA (cf. act. 1.2, p. 6).
6.2 Les principes de confiance et de bonne foi régissent les relations entre les
États et qu’il est généralement admis que l’État requis se fie aux explications
fournies par l’État requérant (v. arrêt du Tribunal fédéral 1C_491/2015 du
- 14 -
2 novembre 2015 consid. 1.3.2; LUDWICZAK GLASSEY, Entraide judiciaire
internationale en matière pénale, 2018, no 56; arrêt du Tribunal pénal fédéral
RR.2017.131-144 du 27 mars 2018 consid. 6.2). Une remise en question de
ces explications ne peut donc avoir lieu que lorsque les déclarations de l’État
étranger sont manifestement contradictoires ou contraires à la vérité (ATF
121 I 181 consid. 2c/aa).
6.3 En l’espèce, les recourants ont produit une traduction partielle de l’arrêt du
« Tribunal da Relaçao de Lisboa » (act. 1.11, traduction). Il en ressort que K.
SA aurait formé recours contre une saisie préventive. Le Tribunal aurait
prononcé la levée de la saisie de bâtiments urbains et de propriété rurale,
mais non des actions représentant le 30% du capital social de K. SA, dont
les parts sont détenues par L. SA. Le Tribunal précise que « il n’existe aucun
obstacle juridique à ce que le capital-actions (30% des actions de K. SA)
puisse être saisi à titre préventif » (act. 1.11, traduction p. 3-4). Ainsi, on
peine à comprendre pour quels motifs le Tribunal portugais aurait désavoué
les autorités pénales portugaises en ce qui concerne les actions de K. SA.
En effet, le séquestre a été maintenu en ce qui les concerne. Au vu des faits
précités retenus dans le jugement, force est de constater que les
déclarations du Portugal ne sont pas manifestement contradictoires ou
contraires à la vérité. Partant, aussi ce grief doit être rejeté.
7. Au vu de ce qui précède, le recours formé par B. C. et D. doit être rejeté dans
la mesure de sa recevabilité.
8. Vu l'issue du litige, les frais de procédure comprenant l'émolument d'arrêté,
les émoluments de chancellerie et les débours seront mis à la charge des
recourants qui succombent (cf. art. 63 al. 1 PA, applicable par renvoi de
l'art. 39 al. 2 let. b LOAP). En application des art. 73 al. 2 LOAP et 8 al. 3 du
règlement du Tribunal pénal fédéral sur les frais, émoluments, dépens et
indemnités de la procédure pénale fédérale (RFPPF; RS 173.713.162),
compte tenu de l'ampleur et de la difficulté de la cause, de la façon de
procéder des parties, de leur situation financière et des frais de chancellerie,
les intéressés supporteront solidairement les frais du présent arrêt, lesquels
sont fixés à CHF 8'000.--. Ce montant est entièrement couvert par l'avance
de frais versée par les recourants au Tribunal pénal fédéral.
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