Decision ID: 4e66a6f1-ecc2-58f2-bd70-125453326ec9
Year: 2017
Language: fr
Court: FR_TC
Chamber: FR_TC_005
Canton: FR
Region: Espace_Mittelland
Law Area: penal_law

considérant en fait
A. Le 11 mars 2016, le Ministère public a désigné Me A._ défenseure d’office de B._. Ce dernier avait été mis en prévention suite à une plainte pénale déposée à son encontre par C._ pour contrainte sexuelle, exhibitionnisme et menaces.
Par ordonnance du 28 juillet 2016, considérant que la procédure pénale n’avait pas fait ressortir suffisamment d’indices permettant de retenir que B._ avait commis les infractions lui étant reprochées, le Ministère public a classé la procédure pénale ouverte à son encontre. Ce faisant, l’autorité précitée a notamment prononcé que la fixation des listes de frais des avocats des parties se fera par ordonnances séparées.
B. Par acte remis à la poste le 8 août 2016, B._ a interjeté recours à l’encontre de l’ordonnance de classement, pour ce qui a trait à l’indemnité du prévenu au sens de l’art. 429 CPP. Il a notamment pris des conclusions tendant à la fixation de l’indemnité de défenseur d’office de Me A._ à CHF 5'820.65.
Se basant sur ces conclusions et de la liste de frais qui les accompagnait, le Ministère public a fixé l’indemnité de défenseure d’office pour la procédure d’instruction à CHF 3'802.40 par ordonnance datée du 12 août 2016. Il a estimé que le temps indiqué de 200 minutes pour la préparation d’une requête en indemnité à titre de réparation du dommage économique et du tort moral au sens de l’art. 429 CPP était excessif et l’a ramené à 60 minutes. Il a ainsi retenu un temps total de 1'005 minutes. Par ailleurs, au vu du nombre restreint d’opérations de pure gestion administrative, il a arrêté forfaitairement "les frais" y relatifs à un montant de CHF 100.- et non de CHF 500.-, tel que requis par la défenseure d’office.
C. Par mémoire remis à la poste en date du 22 août 2016, Me A._ a recouru contre cette dernière ordonnance, concluant à ce que les différentes opérations consacrées à la rédaction de la requête d’indemnité au sens de l’art. 429 CPP soient indemnisées selon le temps qu’elle a effectivement consacré à celles-ci, soit un total de 200 minutes, que compte tenu du nombre d’opérations de gestion administrative, les frais y relatifs soient fixés forfaitairement à CHF 255.-, que l’indemnité équitable lui revenant s’élève donc à CHF 4'531.15, TVA 8 % (CHF 355.65) comprise, et que les frais de la procédure de recours soient mis à la charge de l’Etat.
Par observations déposées le 13 septembre 2016, le Ministère public a conclu au rejet du recours.

en droit
1. a) Le défenseur d’office peut recourir devant l’autorité de recours, à savoir la Chambre pénale du Tribunal cantonal (art. 85 al. 1 LJ; TC FR arrêt 104 2011 7 du 20.05.11 in RFJ 2011 p. 57), contre la décision du ministère public et du tribunal de première instance fixant son indemnité (art. 135 al. 3 lit. a CPP).
b) Selon l'art. 395 lit. b CPP, si l'autorité de recours est un tribunal collégial, sa direction de la procédure statue seule sur le recours lorsqu'il porte sur les conséquences économiques accessoires d'une décision et que le montant litigieux n'excède pas CHF 5'000.-. L’indemnité due au défenseur d'office entre dans la notion de conséquences économiques accessoires d'une décision (MOREILLON/PAREIN-REYMOND, PC CPP, 2016, art. 395 n. 7 et réf.; SCHMID, Handbuch
https://www.swisslex.ch/DOC/ShowLawViewByGuid/315c575f-b12a-4355-a1ad-3474409d0494/00000000-0000-0000-0000-000000000000?source=document-link&SP=3|0imbk1
Tribunal cantonal TC Page 3 de 6
des schweizerischen Strafprozessrechts, 2e éd., 2013, n. 1521). Le montant litigieux correspond à la différence entre le montant réclamé par le défenseur d’office et la somme allouée par la décision attaquée (BSK StPO-STEPHENSON/THIRIET, ad art. 395 n. 6).
En l’espèce, Me A._ réclame une somme de CHF 4'531.15 alors que le Ministère public a fixé sa rémunération à CHF 3'802.40. Le montant litigieux est ainsi de CHF 728.75. Le Président peut dès lors statuer seul sur le recours.
c) En tant que la décision querellée porte sur la rétribution qui lui est due en sa qualité de défenseure d’office, la recourante a qualité pour recourir.