Decision ID: 789733f1-a58e-5dad-af2e-8a8043a746ac
Year: 2016
Language: fr
Court: FR_TC
Chamber: FR_TC_011
Canton: FR
Region: Espace_Mittelland
Law Area: social_law

considérant en fait
A. A._, né en 1967, a déposé une demande de prestation de l’assurance-invalidité ( : AI) en date du 19 mars 1999 auprès de l’Office AI du canton de Fribourg (ci-après : OAI). Il a obtenu diverses mesures de placement et de reclassement professionnel.
Le 13 août 2012, il a déposé une nouvelle demande auprès de l’OAI en raison d’une hernie discale, inflammation des articulations, spondylarthrite axiale chronique, syndrome douloureux d’origine indéterminée lombo-pelvien et prostatite chronique.
Appelé à se prononcer sur divers certificats médicaux, le Service Médical Régional BE/FR/SO ( : SMR) a préconisé l’établissement d’une expertise médicale bi-disciplinaire, rhumatologique et psychiatrique, laquelle a été confiée aux Drs B._, spécialiste FMH en psychiatrie et psychothérapie, et C._, spécialiste FMH en rhumatologie et médecine interne.
Il ressort de ces expertises que l’assuré ne présente aucune incapacité de travail au plan psychiatrique dans son activité habituelle (de maçon) et que, du point de vue rhumatologique, sa capacité de travail est de 100% dans une activité professionnelle adaptée, c’est-à-dire en lui évitant de porter des charges en porte-à-faux avec longs bras de levier de manière répétitive de plus de 20 kg.
Sur la base de ces constatations, l’OAI a calculé la perte de gain avec et sans l’invalidité et est parvenu à la conclusion que celle-ci s’élevait à CHF 6'027.90, soit un degré d’invalidité de 8.4%, insuffisant pour l’octroi d’une rente.
Par décision du 17 février 2014, il a rejeté la demande de rente.
B. Contre cette décision, A._, représenté par Me D._, avocat, interjette recours en date du 20 mars 2014, en critiquant l’expertise du Dr C._ en ce sens qu’elle est incomplète et contradictoire, en elle-même et par rapport aux constatations des divers médecins qui l’ont traité. Il réclame l’instauration d’une expertise pluridisciplinaire dans la mesure où plusieurs spécialités sont nécessaires à déterminer clairement les troubles de santé dont il est affublé.
Le 7 avril 2014, le recourant a déposé un mémoire complémentaire sur la base d’un rapport d’expertise émis par le Dr E._, spécialiste FMH en médecine rhumatismale et en médecine interne, daté du 18 janvier 2012, à la demande de F._, société d’assurance perte de gain en cas de maladie, auprès de laquelle il était assuré, et qu’il a reçu en date du 31 mars 2014 ; ce rapport était accompagné de deux autres rapports des Drs G._,  de F._, du 27 mars 2014, et H._, spécialiste FMH en neurochirurgie, du 24 janvier 2012. Ces documents font état de probable spondylarthrite séronégative,  gauches non déficitaires, hernie discale médiane L5-S1 et prostatite chronique. D’après le recourant, la probabilité d’une spondylarthrite séronégative, qui est une maladie évolutive, n’a pas été retenue par l’expert rhumatologue ni par le médecin-conseil de F._, alors même qu’ils disposaient des clichés radiographiques à cet effet. Cette omission justifie, selon lui, d’autant le renvoi de la cause pour complément d’instruction.
Le 16 avril 2014, le recourant s'est acquitté d'une avance de frais de CHF 800.-.
Appelé à se prononcer sur le recours, l’OAI a fait valoir, en date du 20 août 2014, que le diagnostic de spondylarthrite séronégative avait été exclu de manière cohérente et convaincante par l’expert
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rhumatologue, de l’avis du SMR dans son rapport du 8 juillet 2014 et que, dès lors, il se justifiait de rejeter le recours.
Dans ses contre-observations du 24 novembre 2014, le recourant réfute le fait que le médecin SMR et l’autorité intimée se sont prononcés clairement sur les critiques émises dans son mémoire de recours. Il relève que le médecin-conseil de l’assureur perte de gain affirme, quant à lui, que le diagnostic de spondylarthrite séronégative est peu documenté et que, partant, l’assureur social, qui a charge de preuve, n’a pas rempli son mandat, ni pour l’affirmer, ni pour l’exclure. Selon lui, il s’avère que ce diagnostic pourrait quand même être retenu.
Le 9 décembre 2014, le mandataire du recourant a averti le Tribunal Cantonal qu’ayant pris sa retraite, il s’est dessaisi du mandat, lequel a été repris par UNIA Le Syndicat, selon confirmation par lettre du 10 décembre 2014.
L’OAI a répondu aux contre-observations du recourant le 15 janvier 2015 et a constaté que ce dernier n’avait amené aucun élément médical nouveau à l’appui de sa demande d’une expertise pluridisciplinaire. Il a ainsi confirmé conclure au rejet du recours.
C. Le 22 octobre 2015, le Tribunal de céans a appelé en cause I._, assureur LPP du recourant, afin d’émettre son point de vue sur le litige.
Dans sa réponse du 20 novembre 2015, l’assureur LPP a fait valoir qu’il n’avait pas non plus reconnu de droit à une rente au recourant, étant donné que son règlement reprenait explicitement la même notion d’invalidité de l’AI et qu’il était lié en principe par les constatations de l’OAI. L’assureur LPP partage donc les conclusions de l’OAI quant au rejet du recours.
Le 29 février 2016, le recourant a écrit au Tribunal cantonal pour lui faire part d’une péjoration de son état de santé, justifiant, selon lui, d’autant plus le recours à une expertise pluridisciplinaire. Il a joint, à l’appui de sa demande, un rapport de consilium neurologique établi par la Dresse J._, spécialiste FMH en neurologie, le 25 juin 2015, ainsi que le rapport du Dr K._, spécialiste FMH en ophtalmologie, daté du 22 avril 2015.
Ce courrier et ses annexes ont été adressés à l’autorité intimée et au Fonds de prévoyance LPP à titre d’information, le 11 mars 2016.
Aucun autre échange d’écritures n’a été ordonné entre les parties.
Il sera fait état des arguments, développés par celles-ci à l’appui de leurs conclusions respectives, dans les considérants de droit du présent arrêt, pour autant que cela soit utile à la solution du litige.

en droit
1. Interjeté en temps utile et dans les formes légales auprès de l’autorité judiciaire compétente par un assuré directement touché par la décision attaquée et dûment représenté, et l’avance de frais ayant été versée dans le délai imparti, le recours est recevable.
2. Aux termes de l’art. 8 de la loi du 6 octobre 2000 sur la partie générale du droit des assurances-sociales (LPGA ; RS 830.1), applicable par le renvoi de l’art. 1 al. 1 de la loi du 19 juin 1959 sur l'assurance-invalidité (LAI ; RS 831.20), est réputée invalidité l’incapacité de gain totale ou partielle qui est présumée permanente ou de longue durée.
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a) Les atteintes à la santé psychique peuvent, comme les atteintes physiques, entraîner une invalidité au sens de l’art. 4 al. 1 LAI en liaison avec l’art. 8 LPGA.
On ne considère pas comme des conséquences d’un état psychique maladif, donc pas comme des affections à prendre en charge par l’assurance-invalidité, les diminutions de la capacité de gain que l’assuré pourrait empêcher en faisant preuve de bonne volonté ; la mesure de ce qui est exigible doit être déterminée aussi objectivement que possible (arrêt TF I 946/05 du 11.05.2007 non publié in SVR 2007 IV no 44 p. 144 ; ATF 102 V 165 et les références citées).
b) D’après l’art. 28 al. 1 LAI, l’assuré a droit à une rente si sa capacité de gain ou sa capacité d’accomplir ses travaux habituels ne peut pas être rétablie, maintenue ou améliorée par des mesures de réadaptation (let. a), s’il a présenté une incapacité de travail (art. 6 LPGA) d’au moins 40% en moyenne durant une année sans interruption notable (let. b), et si, au terme de cette année, il est invalide (art. 8 LPGA) à 40% au moins. Selon l’art. 28 al. 2 LAI, la rente est échelonnée comme suit selon le taux de l’invalidité : un taux d’invalidité de 40% au moins donne droit à un quart de rente ; lorsque l’invalidité atteint 50% au moins, l’assuré a droit à une  ; lorsqu’elle atteint 60% au moins, l’assuré a droit à trois-quarts de rente et lorsque le taux d’invalidité est de 70% au moins, il a droit à une rente entière.
D’après l’art. 16 LPGA, pour évaluer le taux d’invalidité, le revenu du travail que l’assuré aurait pu obtenir s’il n’était pas invalide est comparé avec celui qu’il pourrait obtenir en exerçant l’activité qui peut raisonnablement être exigée de lui après les traitements et les mesures de réadaptation, sur un marché du travail équilibré.
L’ancien Tribunal fédéral des assurances a jugé que les principes développés par la jurisprudence sur les notions d’incapacité de travail, d’incapacité de gain, d’invalidité et de révision ainsi que sur la détermination du taux d’invalidité s’appliquent en principe également sous l’empire de la LPGA (ATF 130 V 343).
Il découle de la notion d’invalidité que ce n’est pas l’atteinte à la santé en soi qui est assurée ; ce sont bien plutôt les conséquences économiques de celle-ci, c’est-à-dire une incapacité de gain qui sera probablement permanente ou du moins de longue durée (ATF 127 V 294).
Le taux d’invalidité étant une notion juridique fondée sur des éléments d’ordre essentiellement économique, et pas une notion médicale, il ne se confond donc pas forcément avec le taux de l’incapacité fonctionnelle qu’il importe d’évaluer (ATF 122 V 418).
3. a) Pour pouvoir calculer le degré d’invalidité, l’administration, ou le juge en cas de recours, a besoin d’informations que seul le médecin (éventuellement aussi d’autres spécialistes) est à même de lui fournir. La tâche de ce dernier consiste à porter un jugement sur l’état de santé et à indiquer dans quelle mesure et pour quelles activités l’assuré est capable ou incapable de travailler. En outre, les données médicales constituent un élément utile pour déterminer quels travaux on peut encore, raisonnablement, exiger de l’assuré (ATF 114 V 310, 105 V 156, 115 V 134 consid. 2, 125 V 261 consid. 4).
En présence d’avis médicaux contradictoires, le juge doit apprécier l’ensemble des preuves à disposition et indiquer les motifs pour lesquels il se fonde sur une appréciation plutôt que sur une autre. A cet égard, l’élément décisif pour apprécier la valeur probante d’une pièce médicale n’est en principe ni son origine, ni sa désignation sous la forme d’un rapport ou d’une expertise, mais bel et bien son contenu. Il importe, pour conférer pleine valeur probante à un rapport médical, que les points litigieux importants aient fait l’objet d’une étude circonstanciée, que le rapport se fonde sur des examens complets, qu’il prenne également en considération les plaintes exprimées par la
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personne examinée, qu’il ait été établi en pleine connaissance de l’anamnèse, que la description du contexte médical et l’appréciation de la situation médicale soient claires et enfin que les conclusions de l’expert soient dûment motivées (ATF 125 V 351 consid. 3a, 122 V 157 ; RAMA 1996 no U 256, p. 217 et les références).
S’agissant des rapports émanant des médecins traitants, l’ancien Tribunal fédéral des assurances a indiqué que le juge peut et doit même tenir compte du fait que ceux-ci, sous le couvert d’une relation de confiance issue du mandat qui leur a été confié, s’expriment, dans les cas douteux, plutôt dans un sens favorable à leurs patients (ATF 125 V 351 consid. 3b/cc ; RCC 1988 p. 504 consid. 2). Toutefois, le simple fait qu’un certificat médical est établi à la demande d’une partie et produit pendant la procédure ne justifie pas, en soi, des doutes quant à sa valeur probante (arrêt TF I 19/02 du 26.07.2002). Enfin, selon la jurisprudence du Tribunal fédéral (arrêt TF 9C_201/2007 du 29.01.2008), l’on ne saurait remettre en cause une expertise ordonnée par l’administration ou un juge et procéder à de nouvelles investigations du seul fait qu’un ou plusieurs médecins traitants ont une opinion contradictoire.
b) Lorsqu’au stade de la procédure administrative, une expertise confiée à un médecin indépendant est établie par un spécialiste reconnu, sur la base d’observations approfondies et d’investigations complètes, ainsi qu’en pleine connaissance du dossier, et que l’expert aboutit à des résultats convaincants, le juge ne saurait les écarter aussi longtemps qu’aucun indice concret ne permette de douter de leur bien-fondé. Ainsi le juge ne s’écartera pas sans motifs impérieux des conclusions d’une expertise médicale judiciaire, la tâche de l’expert étant précisément de mettre ses connaissances spéciales à la disposition de la justice afin de l’éclairer sur les aspects médicaux d’un état de fait donné. Peut constituer une raison de s’écarter de l’expertise judiciaire le fait que celle-ci contient des contradictions, ou qu’une sur-expertise ordonnée par le tribunal en infirme les conclusions de manière convaincante. En outre, lorsque d’autres spécialistes émettent des opinions contraires aptes à mettre sérieusement en doute la pertinence des déductions de l’expert, on ne peut exclure, selon les cas, une interprétation divergente des conclusions de ce dernier par le juge ou, au besoin, une instruction complémentaire sous la forme d’une nouvelle expertise médicale (ATF 125 V 352 ss consid. 3b).
4. Est en l’espèce litigieux le droit à la rente du recourant.
Ce dernier conteste tout particulièrement les conclusions de l'expertise rhumatologique sur laquelle s'est fondé l'OAI, expertise qui serait non seulement incomplète, mais également contradictoire.
S'il admet ne pas être atteint dans sa santé psychique, il se dit en revanche atteint de différentes pathologies somatiques qui nécessiteraient une expertise pluridisciplinaire spécialisée au-delà de la rhumatologie, afin d'affiner le diagnostic, en particulier de confirmer ou d'exclure celui de spondylarthrite séronégative.
Qu'en est-il ?
a) Il ressort du rapport médical émis par le Dr E._ le 18 janvier 2012 et adressé au médecin-conseil de F._, que le diagnostic posé est celui de « probable spondylarthrite séronégative, lombosciatalgies gauches non déficitaires, hernie discale médiane L5-S1, prostate chronique ». Par ailleurs, à cette époque, l’incapacité de travail était jugée totale « jusqu’à résolution et diagnostic de son problème ». Lors d’une hospitalisation à L._ du 23 avril 2012 au 27 avril 2012, destinée à confirmer la suspicion de spondylarthrite, dans le rapport de sortie, signé par les Drs M._, médecin-chef adjoint au service de rhumatologie et Fleur N._, médecin-assistante audit service, les conclusions ont été que « même si les critères
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pour retenir formellement une spondyarthropathie ne sont pas réunis, le tableau clinique est fortement évocateur, ceci d’autant plus que le patient note une nette amélioration des talagies et des thoracodynies avec l’introduction d’Arcoxia (...) ».
Le 23 juillet 2012, la Dresse J._, spécialiste en neurologie à L._, a établi un rapport à l’intention d’une collègue rhumatologue du même établissement hospitalier, sur le recourant qu’elle décrit comme « (...) votre patient déjà multi-investigué par des spécialistes en rhumatologie, urologie, orthopédie, neurochirurgie et neurologie pour un nouvel avis. » Elle poursuit : (...) « en résumé, les documents à disposition ont finalement conclu une possible spondylarthropathie avec une symptomatologie régressive suite à l’instauration d’un traitement d’Arcoxia sans que les critères soient formellement réunis pour retenir ce diagnostic et sans pathologie claire sur le plan urologique et neurologique ». Elle décrit ensuite de manière détaillée les multiples douleurs dont se plaint le recourant et indique que les examens effectués s’avèrent normaux. Elle en conclut: « il s’agit, à mon avis en premier lieu d’un syndrome algique chronique dans un contexte d’une possible spondylarthropathie. Dans cette situation je préconise l’instauration d’un traitement de fond de type Triptizol et éventuellement un suivi psychologique dont évidemment le patient n’a jamais bénéficié jusqu’à présent. L’avis des spécialistes à répétition sont probablement à éviter vu qu’ils ont plutôt l’air de déstabiliser le patient que d’apporter d’information significative pour la prise en charge. » A priori, l’avis de cette spécialiste tend à orienter les douleurs vers une cause psychologique.
Le 30 août 2012, le Dr O._, spécialiste FMH en rhumatologie, pose les diagnostics de « syndrome douloureux d’origine indéterminée lombo-pelvien avec prostatite ; status après talalgie droite et gonarthrite gauche ; discopathie L5-S1, modérée ». Il ajoute également, au titre de constat médical : « suspicion de spondarthropathie avec douleurs L5-S1 ; douleurs cervicales diffuses ; absente d’arthrite » et émet un pronostic indéterminé. Néanmoins, il estime que l’activité lucrative exercée est encore exigible à 100%.
Le 19 octobre 2012, la Dresse P._, spécialiste FMH en médecine générale et médecin traitant du recourant, a rempli le questionnaire E213 CH. Sous la rubrique 3.2 (symptômes actuels), elle relate : « douleurs thoraciques gauche d’origine x, douleurs à la face antérieure et postérieure des 2 membres inférieurs, blocage cervical, douleurs articulaires au niveau des poignets et des mains, pouvant faire suspecter une possible spondylarthrite séro-négative ». Elle indique que l’assuré est susceptible d’exercer des travaux légers et une activité adaptée.
Dans un nouveau rapport daté du 9 avril 2013, la Dresse N._ qui continue à suivre le patient, indique que les divers traitements d’AINS ont échoué et que le patient refuse d’autres traitements sur le fond. D’après elle, son pronostic est « certainement réservé chez un patient avec un possible rhumatisme inflammatoire chronique est (sic) de multiples plaintes mal systématisées sans substrat somatique qui a tendance à multiplier les intervenants tant bien (sic) qu’en Suisse qu’en Italie et qui devrait à notre avis bénéficier avant tout d’une évaluation psychiatrique qu’il a refusée à ce jour ». Quant à la capacité de travail, elle estime que « du point de vue rhumatologique : travail physiquement léger non contraignant pour le rachis à débuter à 50%. Mais la capacité de travail ne dépend certainement pas que du diagnostic rhumatologique dans cette situation ».
Le 24 avril 2013, le nouveau médecin traitant du recourant, le Dr Q._, spécialiste FMH en médecine générale mentionne le diagnostic de « spondylarthropathie séronégative, troubles dégénératifs rachidiens lombaires et cervicaux, Sd d’Alcock ». Il précise aussi que le patient est en traitement chez lui depuis avril 2013 « patient vu à 1 reprise ». Il mentionne le constat médical de
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« syndrome douloureux chronique » et, s’agissant des questions relatives à l’activité exercée à ce jour, il indique: « restrictions totales à ce jour pour le métier de maçon ». Il estime que l’assuré pourrait exercer une activité à 50% si elle est adaptée, à raison de 4 heures par jour.
Appelé à donner son avis sur les divers rapports médicaux, le SMR a, en date du 7 mai 2013, relevé l’absence d’origine organique des plaintes de l’assuré et préconisé d’établir deux expertises, l’une psychiatrique et l’autre rhumatologique.
L’expertise psychiatrique a été effectuée en date du 20 juin 2013 par le Dr B._ et l’expert psychiatre a rendu son rapport le 25 juin 2013. Il en découle aucun « signe de dépression majeure, de décompensation psychotique, d’anxiété généralisée incapacitante, de trouble de personnalité morbide, de syndrome douloureux somatoforme persistant incapacitant, de perturbation de l’environnement psychosocial ni de limitation fonctionnelle psychiatrique. Nous n’avons pas d’autre diagnostic à proposer. Sur le plan psychiatrique nous pouvons donc conclure que l’examen psychiatrique du 20 juin 2013 ne met pas en évidence de maladie psychiatrique responsable d’une atteinte à la capacité de travail de longue durée ». Cette expertise exclut ainsi toute cause psychique invalidante.
Elle n’a donc pas été contestée par le recourant.
b) L’expertise rhumatologique, spécialement critiquée, a été réalisée par le Dr C._, conjointement à l’expertise psychiatrique en date du 19 juin 2013.
L’expert rhumatologue a décrit en détail les divers avis médicaux et les résultats d’examens radiographiques et autres examens pratiqués sur le recourant depuis 1998 et a procédé lui-même à un examen médical complet du patient, au cours duquel il a pris en compte les plaintes exprimées par le recourant. Dans son rapport d’expertise du 11 septembre 2013, il est constaté que « lorsqu’on vient le chercher en salle d’examen, l’assuré se lève d’un bloc, sans signaler de douleur, il suit l’expert dans le cabinet sans boiterie, durant l’anamnèse, il reste assis pendant 120 minutes sans se lever ou opter de position antalgique. Il se dévêt et se rhabille de manière fluide, il se couche et se relève de manière fluide, sans exprimer de douleur. Il descend 2 étages d’escaliers sans allégation douloureuse et sans s’aider de la rampe ».
Les diagnostics posés sont les suivants : « diagnostics avec répercussion sur la capacité de travail : syndrome lombovertébral récurrent chronique sans signe radiculaire irritatif ou déficitaire ; discopathie L5-S1 modeste ; possible insertionite des adducteurs ddc. Diagnostics sans répercussion sur la capacité de travail : cervicobrachialgies récurrentes sans signe radiculaire irritatif ou déficitaire, minime protrusion C3-C4 et C4-C5 ; omalgies sans signe de conflit ou de tendinite ; possible syndrome de tunnel carpien G en 2012 ».
Dans ses appréciations, l’expert ajoute encore : « l’examen frappe par la trophicité musculaire excellente, il n’y a pas de trouble sensitivomoteur, les réflexes sont vifs et symétriques. Il n’y a pas de signe parlant en faveur d’une atteinte systémique ou inflammatoire telle qu’une spondylarthropathie telle qu’évoquée en 2011, il n’y a pas de signe de synovite ou de ténosynovite. Il n’y a également pas de signe de non organicité selon Wadell ou de douleur insertionnelle de fibromyalgie ».
Du point de vue de la capacité de travail, l’expert conclut que, « (...) concernant son activité de maçon, estimant qu’il doit effectuer des mouvements en porte-à-faux avec longs bras de levier répétitifs, sa capacité de travail peut être estimée à 80%. Dans une activité adaptée, sa capacité de travail est totale ». A la question de savoir quelle activité l’assurée pourrait exercer, l’expert répond qu’une activité de machiniste à 100% est envisageable.
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Enfin, pour ce qui est des contradictions entre l’expertise et l’appréciation du Dr Q._, lequel estime que l’assuré ne peut exercer une activité de plus de 4 heures par jour, l’expert relève : « à notre avis, on note une certaine discordance entre les plaintes de l’assuré, l’ampleur de la symptomatologie qu’elles entraînent lors de ses activités et la vie quotidienne et professionnelle et les examens cliniques et paracliniques effectués jusqu’à ce jour. En effet, l’assuré présente une trophicité musculaire au-delà de la norme, il n’y a pas de trouble sensitivomoteur, il n’y a pas de signe inflammatoire, il peut rester assis plus de 2 heures durant l’entretien sans opter de position antalgique, il s’habille, se déshabille, se meut et descend 2 étages d’escaliers de manière fluide et sans allégation douloureuse. Cette appréciation se différencie également du Dr E._, qui estime dans son expertise de janvier 2012, que l’assuré présente une incapacité de travail à 100% arguant la possible présence d’une spondylarthropathie. Ce diagnostic étant raisonnablement exclu, il n’y a que peu d’arguments pouvant justifier cette position ».
En d’autres termes, à part une réduction de 20% dans l’activité de maçon, l’assuré est totalement capable de travailler à 100% dans une activité adaptée, de machiniste par exemple. L’expert note en outre que, moyennant une médication appropriée, une balnéothérapie et le port d’une ceinture lombaire lors de longs déplacements ou de ports de charges, l’état de santé pourra être amélioré.
Le 8 juillet 2014, le SMR s’est prononcé sur les rapports d’expertise. Au sujet du diagnostic de spondylarthropathie, il a déclaré : « ce diagnostic a été activement recherché, notamment au cours d’une hospitalisation dans le service de rhumatologie de l’Hôpital R._ en avril 2012. Malgré les investigations médicales effectuées, ce diagnostic n’a pas été confirmé. (Suit une énumération de critères reconnus au plan international à l’appui de ce diagnostic, ndlr.). Selon aucune de ces classifications (sic) les critères permettant de poser le diagnostic de spondylarthropathie ne sont à ce jour remplis ». Le SMR a jugé probante l’expertise , rhumatologique et psychiatrique.
5. Le recourant critique le rapport d’expertise qui, selon lui, ne remplirait pas les exigences de la jurisprudence quant à la valeur probante des expertises. Il y mentionne quelques contradictions, notamment parce que l’expert a relevé l’absence de trémor, alors qu’il indique des tremblements fréquents de sa main gauche ou encore parce que l’expert a signalé l’absence de dysurie ou de pollakiurie tandis que le rapport de L._ indique que le recourant « se plaint toujours de pollakiurie ». S’agissant de l’absence de spondylarthropathie, le recourant estime que l’expert l’a niée sans en motiver les raisons. Enfin, il estime que, à défaut d’avoir pu être exclu de manière définitive, le diagnostic probable de spondylarthropathie doit être retenu d’office, charge à l’OAI d’apporter la preuve de son inexistence.
La Cour ne saurait partager ce point de vue. En effet, il ressort des multiples rapports médicaux versés au dossier depuis 1999 que le diagnostic de spondylarthropathie n’a pas pu être mis en exergue, malgré les éléments qui auraient faire penser à son existence. Ce n’est d’ailleurs pas faute d’avoir cherché à le confirmer. Toutes les investigations médicales, radiologiques et même lors d’une hospitalisation, effectuées sur une longue période, n’ont pas permis de le poser avec certitude, quand bien même s’agirait-il d’une maladie évolutive. Au contraire, une certaine unanimité ressort des conclusions des divers médecins selon laquelle ils ne parviennent pas à relier les plaintes de l’assuré à une cause organique, raison pour laquelle ils ont suspecté la présence de spondylarthropathie.
De la kyrielle de médecins qui se sont succédé auprès du recourant, aucun ne fait état avec certitude d’un diagnostic de spondylarthropathie ; ils mentionnent tantôt une probable, tantôt une
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possible spondylarthropathie, parfois ils se réfèrent à une suspicion de spondylarthropathie, voire à un contexte d’une possible spondylarthropathie, au point même où la Dresse J._ penchait plutôt pour une affection de type psychique. Quant au Dr Q._ qui affirme que le recourant souffre d’une spondylarthropathie séronégative, il y a lieu de relativiser ses propos dans la mesure où il n’a fait que reprendre les diagnostics annoncés par les médecins traitants avant lui en répondant à la question du diagnostic sur le formulaire ad hoc de l’OAI, par style télégraphique. Par ailleurs, il reconnaît lui-même, dans ses commentaires, n’avoir vu le patient qu’à une seule reprise, à cette époque.
Contrairement à ce qu’affirme le recourant, l’expertise rhumatologique a passé en revue, en vain, tous les éléments susceptibles non seulement d’appuyer le diagnostic de spondylarthropathie, mais aussi de déceler une autre pathologie pouvant expliquer les douleurs et limitations ressenties par le recourant : « il n’y a pas de signe parlant en faveur d’une atteinte systémique ou inflammatoire telle qu’une spondylarthropathie telle qu’évoquée en 2011, il n’y a pas de signe de synovite ou de ténosynovite. Il n’y a également pas de signe de non organicité selon Wadell ou de douleur insertionnelle de fibromyalgie ». L’expertise démontre également que les observations faites par l’expert au cours de l’examen ont permis de constater une nette discordance entre les plaintes du recourant et son comportement, ce qui permet à l’expert C._ de rejoindre la Dresse J._ dans ses allégations et même d’expliquer l’embarras des médecins traitants qui ne pouvaient pas poser de diagnostic en l’état.
La Cour considère que l’expertise est en tous points conforme à la jurisprudence ci-dessus rappelée, en ce qu’elle émane d’un spécialiste reconnu, sur la base d’observations approfondies et d’investigations complètes, ainsi qu’en pleine connaissance du dossier, et que l’expert a abouti à des résultats convaincants, lesquels recoupent du reste la plupart des autres constatations médicales versées au dossier, de sorte que la Cour ne saurait les écarter aussi longtemps qu’aucun indice concret ne permette de douter de leur bien-fondé.
6. Il sied enfin de rappeler que l’assuré doit tout mettre en œuvre pour diminuer son dommage.
Or, ainsi qu’il ressort des affirmations des médecins qui ont suivi ou examiné le recourant, ce dernier a été traité principalement par des AINS, dont les effets n’ont abouti qu’à des résultats modiques. Malgré le fait que d’autres traitements ou thérapies ont été préconisés et proposés au recourant, ils n’ont pas pu être mis en pratique, faute d’accord de sa part.
Dans ces circonstances de nature essentiellement extra-médicale, il n’appartient pas à l’AI de prendre son cas en charge.
7. Le recourant a encore produit, en cours de procédure, des nouveaux rapports médicaux émanant du Dr Q._ et de la Dresse J._, faisant état d’une aggravation de son état de santé en raison d’une névrite optique discémique antérieure primitive.
Cette nouvelle atteinte étant survenue postérieurement à la décision de l’OAI, il n’appartient pas au Tribunal cantonal d’entrer en matière sur des éléments dont la survenance est ultérieure à l’état des faits au moment du rendu de la décision. Selon la jurisprudence constante du Tribunal fédéral, le juge des assurances sociales apprécie en effet la légalité des décisions attaquées, en règle générale, d'après l'état de fait existant au moment où la décision litigieuse a été rendue, les faits survenus postérieurement, et modifiant cette situation, devant normalement faire l'objet d'une nouvelle décision administrative (arrêt TF 9C_803/2009 du 25 mars 2010 ; ATF 131 V 242 consid. 2.1, 121 V 362 consid. 1b, 116 V 246 consid. 1a et les références).
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Cela étant, si d'aventure l’état de santé du recourant devait avoir conséquemment empiré, rien ne l'empêcherait de déposer une nouvelle demande auprès de l’OAI, certificats médicaux circonstanciés à l'appui.
8. Il s'ensuit que, entièrement mal fondé, le recours doit être rejeté et la décision attaquée maintenue.
Les frais de justice sont fixés à CHF 800.- et mis à la charge du recourant qui succombe. Ils sont compensés avec l’avance de frais du même montant versée par ce dernier. Il n'est pas alloué de dépens.