Decision ID: 20c47349-9805-42f4-bdf4-60439720c4cb
Year: 2019
Language: fr
Court: VD_TC
Chamber: VD_TC_007
Canton: VD
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law

En fait:
1. a)
Le demandeur A.Z._ (ci-après le demandeur) est propriétaire de la parcelle no [...] du cadastre de la commune de [...], d’une surface de
45'706 m2, dont 1'147 m2 de forêt, 351 m2 d’habitation avec affectation mixte,
145 m2 de place-jardin et 44'063 m2 de pré-champ.
b)
La défenderesse M._, anciennement M._, est une société anonyme dont le siège se trouve à [...] et dont le but, au jour du dépôt de la demande, était ainsi défini au Registre du commerce du Canton de Vaud : « exploitation de gravières ; transports de machines et matériaux ; terrassement ; démolition de bâtiments ; toute activité dans le domaine de la construction, du génie civil et des travaux publics ». Son capital-actions, entièrement libéré, était alors composé de 250 actions nominatives de 1'000 fr. chacune, avec restriction quant à la transmissibilité.
La défenderesse I._, anciennement I._, est une société anonyme dont le siège se trouve également à [...] et dont le but, au jour du dépôt de la demande, était ainsi défini au registre du commerce : « démolition, transformation, récupération de tous bâtiments et matériaux, achat et vente de tous matériaux quelconque en Suisse et à l’étranger et tous travaux de terrassement ». Son capital-actions, entièrement libéré, était alors composé de
100 actions au porteur de 1'000 francs chacune.
Originaire du Kosovo, [...] est arrivé en Suisse en 1989. Au jour du dépôt de la demande, il était administrateur-président des défenderesses, avec signature individuelle. Il était alors également administrateur, au bénéfice de la signature collective à deux, de la société [...], avec siège à [...] et dont le but défini au registre du commerce était « transports de machines et matériaux ; terrassement et démolition de bâtiments ; sciage et forage ». Cette société, avec un capital de 1'000 actions au porteur de 100 fr., entièrement libérées, n’avait alors aucun administrateur disposant de la signature individuelle. Toujours au jour du dépôt de la demande, [...] était en outre administrateur avec signature individuelle de la succursale de [...] de la société I._, dont le but au registre du commerce était le suivant : « démolition, transformation, récupération de bâtiments et matériaux ; commerce de matériaux quelconques ; travaux de terrassement ».
Le prénommé est enfin membre et président du conseil de [...], fondation dont le siège est à [...] et dont le but est ainsi défini au registre du commerce : « atténuer les conséquences économiques de la vieillesse, de l'invalidité, de la maladie, du chômage ou encore de la gêne involontaire, par l'octroi de subsides aux collaborateurs en activité ou retraités de la fondatrice ; octroyer des prestations aux membres de la famille ou aux survivants des collaborateurs destinataires ».
c)
Le défendeur et appelé en cause B.Z._ (ci-après le défendeur) est le père du demandeur. Il est administrateur-président de [...], société inscrite le 7 janvier 2010 au Registre du commerce du Canton de Vaud et active notamment dans toute activité commerciale, de conseils et de services en matière immobilière, en particulier l'étude, la planification, le management, la réalisation, la commercialisation et la promotion de tout projet immobilier, l'exécution de tous travaux dans le domaine de la construction, y compris en qualité d'entreprise générale. Il est en outre administrateur de [...], société inscrite le 26 septembre 1989 au registre du commerce du même canton et qui a pour but, en particulier, les opérations immobilières et les activités dans le domaine de la construction. Il est également titulaire de l’entreprise individuelle [...], active notamment dans le domaine de l’immobilier. Le défendeur a mené à bien de nombreux projets dans le canton et a conseillé le demandeur dans le cas litigieux. En sa qualité de promoteur immobilier, il a le pouvoir d'adjuger des travaux sur les chantiers dont il s'occupe.
2.
Depuis le mois de novembre 2002 à tout le moins, le demandeur s’est intéressé à l’achat de la parcelle no [...] de la commune de [...]. A cette époque, celle-ci constituait le Centre sportif de [...] et comportait notamment un terrain de football, un terrain de basketball, des courts de tennis, une place de jeux pour enfants, une place de jeux de boules, ainsi qu'un immeuble.
Le 5 novembre 2002, le demandeur a adressé à la Banque cantonale vaudoise (ci-après BCV), secteur "Ventes Immeubles", une offre de reprise de la parcelle au prix de 750'000 francs.
Le 24 janvier 2003, la BCV a accepté l'offre du demandeur.
Le demandeur a fait l'acquisition de la parcelle afin d’y construire principalement un « golf-practice », mais aussi un hôtel, un restaurant, un centre de soins et des logements. L’achat était conditionné à l’obtention d’un permis de construire et le délai pour le transfert immobilier était fixé au 30 septembre 2003.
3.
Au mois de juillet 2003, le demandeur a contacté la société Karakas & Français SA, à Lausanne, afin de se renseigner sur les données géologiques du site. Une réunion a eu lieu avec G._, employé de cette société, lequel connaissait le site pour y avoir déjà effectué des travaux. A cette occasion, le prénommé a confirmé au demandeur que le terrain était stable, mais sensible, et qu’il fallait tenir compte des contraintes du site pour réaliser des travaux, en particulier, respecter les niveaux et les courbes naturelles du terrain.
Le demandeur a alors pris contact avec le bureau d’ingénieurs et géomètres [...] SA, afin de faire établir les plans de mise à l’enquête en tenant compte des indications reçues de G._.
Un dossier d’avant-projet a été soumis à la municipalité et examiné par le Conseiller municipal D._. Le contrôle du dossier a ensuite été confié à la société Masotti Associés SA qui, dans son rapport de contrôle du 14 juillet 2003, a retenu en particulier que la création d’un site d’exercice pour le golf, avec logements, pouvait être considérée comme conforme à la destination de la zone, sous réserve de certains points liés à la taille des bâtiments d’habitation et à la pente des toitures. Cette société a également précisé que le projet devait être finalisé par l’architecte afin que la publication de l’enquête permette à tous les services de se prononcer.
Le 5 août 2003, le demandeur a déposé auprès de la Commune de [...] un plan d’enquête dont l’objet était ainsi libellé : « Mouvements de terre, construction d’un "green" d’entraînement de golf, constructions de boxes de départ ».
Le 23 septembre 2003, une réunion a eu lieu avec des représentants notamment de la municipalité et du Service des forêts, de la faune et de la nature (ci-après SFFN), afin d’examiner le dossier de la centrale des autorisations CAMAC (ci-après CAMAC) et de recueillir la détermination des services concernés. Les défenderesses n'étaient ni présentes ni représentées. A cette occasion, le représentant du SFFN a relevé en particulier ce qui suit :
« Le bureau Karakas et Français SA, géotechniciens géologues, a été contacté par M. A.Z._. La seule réserve formulée dans la détermination du SFFN FO 19 est respectée dans le projet, dans le sens qu’aucune charge nouvelle ne sera placée sur le haut des talus des places de sports actuelles, côté ruisseau. »
.
Le 24 septembre 2003, n’ayant pas obtenu de permis de construire, le demandeur a sollicité de la BCV une prolongation du délai pour effectuer le transfert immobilier au 30 novembre 2003.
Le 2 octobre 2003, la CAMAC a communiqué à la municipalité les avis des services concernés, assortissant l’octroi des autorisations spéciales à des conditions impératives devant être reprises sans modifications dans la décision à intervenir. Le SFFN faisait référence notamment au procès-verbal de la séance du 23 septembre 2003 précitée.
En date du 10 octobre 2003, la municipalité a délivré le permis de construire relatif à la parcelle no [...], indiquant, sous la rubrique genre de construction : « transformation - mouvements de terre, construction d’un "green" d’entraînement de golf - constructions de boxes de départ ». Le permis de construire prévoyait en outre ce qui suit :
« (...)
Conditions spéciales faisant partie intégrante du permis
1.
Les dispositions cantonales et communales sur les constructions et l’aménagement du territoire, devront être strictement respectées de même que leur règlement.
2.
La lettre de la CAMAC du 2 octobre 2003 (réf. [...]) fait partie intégrante du permis de construire.
3.
Les travaux devront être conformes aux plans soumis à l’enquête publique par la Municipalité de la commune de [...].
(important : seuls les documents munis du sceau de la Municipalité font foi)
.
4.
Aucune modification dans l’exécution des travaux ne pourra être apportée sans l’autorisation préalable de la Municipalité, sur la base de nouveaux plans et une nouvelle mise à l’enquête publique complémentaire de vingt jours.
5.
Débuts des travaux
Le municipal des constructions, M. D._, sera avisé de la date du début des travaux. (...) C’est à lui qu’il faudra s’adresser pour tout renseignement au cours de la construction. Le permis de construire ne déploiera ses effets que lorsque le paiement des taxes ci-dessous auront été acquittées (sic).
6.
Tout dégât aux propriétés voisines et aux conduites souterraines et aériennes provenant de l’exécution des travaux sera réparé par les soins et aux frais du constructeur.
7.
Le chantier sera signalé, de jour comme de nuit, conformément à l’ordonnance fédérale sur la signalisation routière.
8.
Pendant la durée des travaux, les routes cantonales et communales, ainsi que les accès seront maintenus propres. Le cas échéant, elles seront nettoyées par les soins et aux frais du constructeur.
9.
Tout travail de terrassement à la machine est interdit le week-end et les jours fériés.
10.
Droit de recours
Conformément à la LATC, un recours peut être formulé contre la présente décision, par avis motivé, auprès du Tribunal administratif à Lausanne, dans les vingt jours dès réception de la présente.
(...). »
Le permis de construire comportait, en annexe, les profils déposés dans le cadre de l'enquête publique, établis par X._, de la société [...] SA.
La lettre d'accompagnement du permis mentionnait ce qui suit: " Nous vous rendons attentif aux prescriptions cantonales figurant dans la lettre de la CAMAC du 2 octobre 2003 et vous prions de vous y conformer scrupuleusement."
4.
Le 8 décembre 2003, une offre no [...] a été établie sur papier à en-tête de la société M._ à l’attention du demandeur; ce dernier y a apporté des corrections manuscrites le lendemain:
L’administrateur des défenderesses a accepté cette contre-offre et y a apposé sa signature, tant sous le tampon de la société M._ que sous le tampon de la société I._. Les trois parties allèguent qu’il s’agit là du contrat d’entreprise qu’elles ont conclu. Ledit contrat ne contient pas de prescription particulière liée à la réalisation d’un terrain de golf, ni le mot « golf ».
Il n'est pas établi que les défenderesses aient parlé du projet d'aménagement de la parcelle litigieuse avec le demandeur avant le mois de décembre 2003. Elles n'ont par ailleurs pas reçu notification du permis de construire, ni de ses documents annexes et n'en ont pas reçu copie de la part de la municipalité.
5.
Les travaux ont débuté à la fin de l'année 2003.
Très attentif à l’emplacement des caractéristiques particulières d’un terrain de golf (buttes, bunker, driving, etc.), le demandeur a voulu dès le début que les défenderesses créent un « playing range », soit un practice de golf présentant des reliefs semblables à ceux que l’on trouve sur un parcours de golf. Il a défini cette intention sur le site internet du practice de golf de [...], notamment en ces termes :
« En lieu et place des traditionnels practices, ou driving range, il offrira aux joueurs la possibilité d’exercer une grande diversité de coups. Les différents aménagements (cibles, eau, niveaux) reproduisent en effet une multitude de situations rencontrées sur les parcours de golf. Chaque coup pourra y être entraîné. Priorité est ainsi donnée à la variété dans l’apprentissage du jeu, ce qui n’est pas forcément le cas d’un practice classique. Le driving range se mue de la sorte en véritable playing range®. »
Ce texte est accompagné d’images d’un terrain de golf plutôt vallonné.
L'état d'avancement des travaux n'a été perturbé par aucun élément externe. En particulier, la météo du 9 décembre 2003 au 28 février 2004 n'était pas de nature à perturber les travaux prévus.
Aucune autre entreprise ne travaillait sur le chantier.
6.
A la fin du mois de février 2004, les travaux n’étaient pas terminés.
Au mois de mars 2004, le demandeur, au nom de la société [...], a contacté [...]. Il était inquiet du retard et du fait qu’il y avait selon lui de très nombreux mouvements de camions de terres.
Le 11 mars 2004, le demandeur a adressé à [...], pour la société I._, un courrier dont la teneur est notamment la suivante :
« (...)
Suite à notre dernier meeting ainsi que notre entr. tél. de lundi 8 passé, nous vous rappelons de bien vouloir nous communiquer votre planning pour la suite et fin des mouvements de terre en cours, comme convenu.
En effet, selon notre contrat, les travaux devaient être réalisés pour fin février. Nous sommes donc obligés de changer notre planning en fonction, c’est pourquoi nous avons besoin de cette importante information de votre part, dans vos meilleurs délais.
(...). »
Le même jour, le demandeur a reçu un planning prévoyant la fin des travaux l’avant-dernière semaine du mois de mai 2004.
Le 12 mars 2004, le demandeur, au nom de la société [...], a répondu en ces termes dans un courrier adressé à [...], pour la société I._ :
« (...)
Nous avons bien reçu votre planning au 11 ct et découvrons, à notre grande surprise, le retard pris.
En effet, sur place, vous nous aviez personnellement toujours confirmé que vous arriviez à garder les délais stipulés dans notre contrat.
Vous comprendrez alors que ce qui précède nous pose de sérieux problèmes, notamment concernant l’ouverture du golf.
Nous vous proposons de nous voir et de fixer un rendez-vous en début de semaine prochaine, afin de pouvoir trouver ensemble des solutions à ce sujet. Merci donc de bien vouloir nous contacter.
(...). »
Les défenderesses n'ont pas répondu à ce courrier.
7.
Le 15 mars 2004, un représentant de la société Masotti Associés SA a visité le chantier en compagnie du Syndic de la Commune de [...] et d’un municipal. Dans son rapport de contrôle du même jour, il a relevé notamment que la route cantonale était souillée par les terres provenant des camions sortant du chantier, que le chemin communal longeant la propriété du demandeur, partie du domaine public, était très fortement détérioré par le passage des poids lourds, son revêtement hydrocarboné étant localement fortement détérioré et son coffre (ballast) défoncé, et qu’au débouché de ce chemin sur la route cantonale, le miroir, souillé de projections provenant de la terre déposée sur la route, ne permettait plus une visibilité suffisante du trafic. La société Masotti et Associés SA a en outre noté ce qui suit :
« 4. En ce qui concerne le dépôt des terres, tant en volume qu’en situation, nous avons procédé à une série de prises de vue de l’état actuel, mais proposons à la Municipalité de demander confirmation à M. A.Z._ que les plans soumis à l’enquête et au bénéfice d’un permis sont bien respectés. »
8.
Par lettre signature du même jour, le demandeur a écrit ce qui suit à [...], pour la société I._ :
« (...)
Faisant référence à notre fax du 11 ct qui observait un retard important, nous constatons que celui-ci provient certainement du fait que vous avez amené bien trop de terre à ce jour.
De ce fait, nous ne pouvons accepter un tel retard comme mentionné sur votre planning faxé le 11 ct. Vous êtes en possession du permis de construire pour ces travaux et de différents documents de notre part et avez donc toutes les informations nécessaires. De plus, nous vous avons rendu attentif à plusieurs reprises à ce trop-plein de terre sur notre terrain durant nos dernières entrevues sur place.
C’est pourquoi, au vu de ceci,
nous vous sommons de ne PLUS amener de terre
dès ce jour.
Nous vous rappelons que vous prenez toutes responsabilités vis-à-vis des autorités mais également sur :
- le retard de l’ouverture de notre playing range
- un possible glissement de terrain
- l’éventuelle couverture des regards et drainages existants
- la qualité du terrain, pour laquelle nous nous réservons le droit de la faire contrôler par un expert
Afin de régler cette situation, il est très important de se réunir
au plus vite
, merci de nous contacter à réception de la présente lettre.
(...). »
Le demandeur avait remis des plans aux défenderesses.
Le 17 mars 2004, le demandeur, au nom de la société [...], s’est adressé en ces termes à [...], pour la société I._ :
« (...)
Nous vous remercions pour nous avoir reçus dans vos bureaux hier et vous confirmons les points de notre discussion :
- vous étudiez une solution pour que nous ayons à disposition plus de machines sur le chantier, ceci afin d’avancer au plus vite et respecter les délais
- vous nous communiquez les m3 de terre amenés à ce jour
- vous nous préparez une offre pour l’engazonnement comme convenu. A réception de celle-ci nous l’étudierons ensemble pour trouver la meilleure solution
- les arbres seront enlevés par vos soins d’ici à ce soir
- la zone de jeu est en un seul bloc. Il n’y a donc pas 2 emplacements distincts, mais 2 phases, liées à l’engazonnement
D’autre part, nous vous confirmons notre
rendez-vous ce soir à 18h00
à [...], afin de vérifier les niveaux et donc pouvoir décider de la suite des travaux, notamment s’il y a lieu d’amener encore de la terre.
(...) »
Les défenderesses se sont engagées à communiquer les mètres cubes de terres amenées jusque-là sur le chantier et à enlever des arbres. Il n’est en revanche pas établi qu’elles auraient été rendues attentives aux remarques formulées par la société Masotti Associés SA dans son rapport de contrôle du
15 mars 2004.
Dans un courrier du lendemain à [...], pour la société I._, le demandeur a notamment écrit que la surface de jeu devait être la plus grande possible.
Le 22 mars 2004, la société M._ a fait parvenir l'offre suivante au demandeur:
Cette nouvelle offre, qui reprend notamment les dix postes du contrat du 9 décembre 2003, indique, en sus, les travaux de réglage et de mise en forme définitive du terrain, d'engazonnement et de réglage fin, ainsi que la première coupe.
9.
Par courrier du 24 mars 2004 adressé à [...], pour la société I._, le demandeur a demandé que toutes les dispositions nécessaires soient prises afin que les routes et les chemins soient propres. Les défenderesses étaient fréquemment rappelées à leur devoir de nettoyer les routes, devoir auquel elles se sont conformées.
Par courrier du 25 mars 2004, le demandeur a écrit ce qui suit à [...], pour la société I._:
" (...)
Malheureusement, nous devons à nouveau constater que les points mentionnés ci-dessous ne sont, à ce jour, pas respectés:
1)
Etat des routes: nettoyage et entretien réguliers
Nous vous rappelons que les réparations et la remise en état vous incombent
2)
Apports de terre
3)
Délai de fin des travaux
(...)."
10.
A la fin du mois de mars 2004, le demandeur a voulu construire le long de la route cantonale une butte de terre d’environ 2 mètres de haut et 5 de large, selon deux croquis des 25 et 26 mars 2004 qu’il a lui-même dessinés. Cette butte était principalement destinée à retenir les balles de golf, mais aussi à utiliser la terre qui se trouvait à de mauvais endroits et pouvait occasionner des dégâts.
Le 27 mars 2004, le demandeur s’est absenté à l’étranger jusqu'au
1
er
mai 2004. Durant son absence, c’est N._, dont le bureau se trouvait sur le chantier, qui était présente.
Le 29 mars 2004, le demandeur, sur conseil d' [...], a transmis les croquis à la municipalité et sollicité l'autorisation d'effectuer les travaux envisagés, à savoir la construction d'une butte le long de la route cantonale.
Le demandeur venait souvent sur le chantier. Le plan était plutôt respecté à l'exception de la butte et des difficultés survenues en raison des différences entre la réalité du terrain et la prévision sur plans, différences qui ont surpris et choqué la commune lorsqu'elle s'est rendue compte, sur le terrain, de l'ampleur des travaux et des modelés. Ainsi, à l'exception de l'altimétrie qui a été modifiée vers le haut en raison des terres amenées sur le site, qui n'appartenaient pas au demandeur et dont celui-ci ignorait la provenance, les plans ont été respectés. Si le projet a été modifié plusieurs fois, il a été soumis avec les changements, notamment d'activité, à la commune.
Par lettre du 30 mars 2004, dont une copie a été adressée à la société I._, la municipalité a écrit au demandeur qu’elle refusait l'autorisation demandée, en ajoutant notamment ce qui suit :
« (...), la Municipalité relève que dans l’intérêt bien compris de chacun et ceci dans une perspective de collaboration intelligente et conforme aux bonnes règles en usage, qu’à l’avenir nous discutions suffisamment tôt de vos intentions : et non une fois les travaux déjà engagés.
Par conséquent, la Municipalité vous invite à prendre immédiatement toutes les mesures qui s’imposent afin que les travaux en cours et ceux déjà effectués en infraction au permis soient remis en état tels qu’ils étaient précédemment, respectivement qu’ils soient en conformité avec le permis.
(...) »
La manière dont se déroulait le chantier a causé l'exaspération de la municipalité, vis-à-vis tant des défenderesses que du demandeur; surtout vis-à-vis de ce dernier. Les témoins P._ et C._, respectivement administrateur de la société Masotti Associés SA et Syndic de la Commune de [...] à l'époque des faits, ont relevé qu'il n'existait aucune organisation et qu'il y avait "un flou sur qui dirigeait les travaux", donc sur la responsabilité de leur avancement.
11.
Entre le vendredi 2 et le dimanche 4 avril 2004, une conduite d’eau potable traversant la partie sud du chantier s’est rompue à deux reprises, perturbant l’alimentation en eau des villages de [...] et [...].
Par télécopie du 5 avril 2004, dont copie a été transmise à la société I._, la municipalité en a informé le demandeur, l’a invité à ne plus entreprendre de travaux dans la zone et lui a proposé une rencontre sur place, le jour-même à 17 heures.
A réception de cette correspondance, le demandeur a adressé à la société I._ une télécopie dont la teneur est la suivante :
« Nous avons reçu ce matin, à notre grande surprise, un fax de la Commune de [...] concernant une conduite d’eau qui a subi un dommage durant ce week-end, dont vous avez également dû être informé.
Nous constatons qu’à de nombreuses reprises, nous vous avons rendu attentifs à marquer les conduites et à ne surtout pas les toucher ; nous vous prions de bien vouloir répondre à ce fax, car nous ne sommes pas à même de le faire.
D’autre part, suite à un rendez-vous sur place avec l’ancien exploitant du restaurant, il serait utile de re-contrôler les conduites d’électricité afin de pouvoir gérer les pompes d’égout. Serait-il possible que celles-ci aient été détruites lors du démontage des pylônes ?
Nous vous remerciant de bien vouloir effectuer les contrôles liés à ces éléments et de nous les communiquer dans vos meilleurs délais.
(...) »
Lors de la rencontre du 5 avril 2004, étaient présents des représentants de la Municipalité de [...], [...], l’architecte W._ et N._, pour le demandeur. A cette occasion, le syndic a demandé que le bureau de géomètres [...] SA intervienne le lendemain sur le chantier, afin de poser des gabarits représentatifs des mouvements de terre et d’effectuer des mesures pour s’assurer de la stabilité de la zone avant de procéder aux aménagements définitifs. La municipalité a en outre requis que la société Karakas & Français SA établisse un rapport avec des propositions de travaux à réaliser pour assurer la stabilité du talus et éliminer la pression provoquée par la charge des terres à proximité de la conduite. Pour le reste de la parcelle, il a été décidé que les travaux d’aménagement pouvaient se poursuivre tels que prévus.
Avant cette séance, les sociétés M._ et I._ n'ont pas été présentes ou représentées à d'autres réunions relatives à la délivrance du permis de construire.
Le même jour, le défendeur, agissant en tant que représentant du demandeur qui se trouvait alors à l'étranger, a informé la commune qu'il avait mandaté la société [...] SA. Il n'est pas établi qu'il soit intervenu dans cette affaire avant ce mois d'avril 2004. Alors que le défendeur avait indiqué qu'une procuration générale serait établie en sa faveur par un notaire, aucun document de la sorte ne figure au dossier.
12.
Le 8 avril 2004, soit la veille du week-end de Pâques, la société [...] SA a fait part à la municipalité de ses constatations.
Par lettre du lundi 12 avril 2004, la municipalité a interdit toute activité sur le chantier dès le lendemain à 7 heures, relevant en particulier que le géomètre avait constaté des sur-hauteurs jusqu’à 7,5 mètres en façade sud du chantier, soit en contre-haut de l’endroit où la conduite s’était rompue et où la butte était de près de
3 mètres plus haute au moment de la rupture, ainsi que des sur-hauteurs variant entre 2 et 4 mètres partout ailleurs sur la parcelle. Elle a considéré qu’une remise en ordre des lieux, en conformité avec les plans et le permis de construire, s’imposait avant toute discussion sur les autres éléments du projet. Elle a en outre décidé que la société Karakas & Français SA mettrait en place un réseau de « pieux de mesures », en collaboration avec le bureau de géomètres, et que la surveillance se prolongerait aussi longtemps que l’exigerait la situation, les frais découlant de ses contrôles et de la rupture de la conduite étant à la charge du demandeur. Enfin, elle a informé le demandeur qu'elle avait décidé de saisir la justice afin de ne plus autoriser une quelconque activité sur le site.
Les travaux ont été interrompus le 13 avril 2004.
13.
Le 16 avril 2004, le demandeur a interpellé [...], pour la société I._, en ces termes :
« (...)
Malgré notre anticipation et nos divers courriers, il s’avère que nous subissons maintenant de très graves désagréments liés au terrassement et qui nous empêche de pouvoir avancer dans notre projet.
En effet, faisant référence à nos lettres des 11, 15, 17, 18, 25 mars et 5 avril nous ne pouvons que constater que de notre côté nous avons tout fait pour vous rendre attentif aux apports de terre, qui ont non seulement, par leur importance, créé un retard d’un mois et demi à ce jour, mais aussi qui ont considérablement modifié la mise en forme de la surface d’entraînement, initialement prévue dans notre projet.
Nous devons également relever que :
1)
Suite à notre lettre du 17 mars, et malgré votre promesse, les arbres enlevés de terre sont toujours sur la surface du futur pitching green.
2)
Suite à nos demandes par courriers des 17, 18 et 25 mars, nous n’avons pas reçu à ce jour ni votre planning ni votre nouvelle offre pour l’engazonnement.
3)
Notre demande par fax du 5 avril concernant la conduite d’électricité de la commande des pompes est toujours sans réponse.
4)
La convention pour la location de notre studio n’est toujours pas signée malgré que nous ayons apporté les modifications demandées et malgré de nombreux rappels oraux.
Pour tous les points et problèmes précités ci-dessus, nous vous demandons d’admettre et d’engager
votre responsabilité
sur le retard de notre projet, mais également et surtout sur le remblais et les quantités de terre amenées qui ont créé des graves problèmes de confiance entre la commune et le maître de l’œuvre mais également entre nos deux parties.
Nous allons vous communiquer les décisions prises par la Municipalité et nous vous demandons de régler dans l’intervalle ces points et nous rendre réponse dans les
10 jours
.
Nous nous réservons le droit d’invoquer la présente auprès des autorités compétentes, s'il y a lieu.
(...) »
14.
Le dimanche 18 avril 2004, la conduite d’eau s’est à nouveau rompue, privant d’eau le village de [...].
Par lettre du 19 avril 2004, dont une copie a été adressée à la société I._, la municipalité en a informé le défendeur, ajoutant qu’il ne faisait aucun doute que ces désagréments étaient en relation avec la mise en place fautive de gravats à l’extrémité de la zone sud du chantier et que des mesures de grande ampleur devaient être prises sans tarder pour remédier aux problèmes posés.
15.
Par décision du 22 avril 2004, la municipalité a invité le demandeur à prendre diverses mesures, notamment en ces termes :
« (...)
a) mandater ou confirmer le mandat d’un bureau d’ingénieurs géotechniciens reconnu sur la place pour analyser la situation actuelle, surveiller son évolution, prendre et ordonner les mesures urgentes et donner toutes garanties pour les solutions de remise en état qui doivent être proposées ; le mandat du bureau d’ingénieurs géotechniciens devra être communiqué à la municipalité d’ici au 26 avril 2004 ; tout changement qu’il pourrait y avoir par la suite devra aussi être annoncé à la municipalité, cette communication incombant tant à vous-même qu’aux ingénieurs mandatés, afin que l’autorité soit certaine que, dorénavant, ce chantier soit bien suivi par des mandataires spécialisés (...).
b) présenter un plan de remise en état pour que les aménagements soient le plus conforme possible au permis octroyé par la municipalité, avec un rapport technique sur le déroulement de cette remise en état et son échéancier ; ce dossier de remise en état doit être adressé à la municipalité d’ici au lundi 3 mai 2004 ;
c) confirmer d’ici au 3 mai 2004 la prise en charge de tous les travaux déjà effectués ou à venir de remise en état de la conduite d’eau communale (...).
(...). »
16.
Par lettre recommandée du 22 avril 2004, [...], pour la société M._, a écrit notamment ce qui suit au demandeur :
« (...)
Pour mémoire, nous vous joignons copie des plans de buttes ainsi que des niveaux d’altitude, transmis par vos soins lors de notre rendez-vous au Novotel de Bussigny en compagnie de votre collaboratrice, sur la base desquels vous nous avez demandé d’exécuter les travaux de terrassement.
Nous engageons notre responsabilité seulement en ce qui concerne les niveaux d’altitude mentionnés sur le dit et effectuerons les travaux si ceux-ci sont au-delà. Il va de soi que ces travaux devront obtenir l’aval des autorités compétentes.
(...) »
17.
Par courrier du 3 mai 2004, la municipalité a informé le demandeur du fait que les mesures requises dans son courrier du 22 avril 2004 étaient pour l’essentiel restées sans effet. Elle lui a rappelé notamment qu’il y avait lieu de mandater un ingénieur géologue pour la surveillance du site et précisé qu’il risquait une dénonciation au préfet s’il ne se conformait pas aux exigences requises.
18.
Le 5 mai 2004, le demandeur a sommé les sociétés M._ et I._ de mettre le chantier en conformité avec le permis de construire.
Les défenderesses ne se sont pas exécutées.
19.
Le 11 mai 2004, le demandeur a annoncé au notaire qu'il souhaitait annuler la procuration établie en faveur du défendeur. Auparavant, il avait signifié à ce dernier ainsi qu'à ses interlocuteurs que toute offre devait être soumise à sa propre signature.
20.
Le 12 mai 2004, le demandeur a écrit ce qui suit à [...], pour la société I._:
Les défenderesses n'ont pas donné suite à ce courrier et n'ont pas établi de plan de remise en état de la parcelle.
21.
Dans les jours qui ont suivi, une réunion a eu lieu en présence de municipaux, d' [...], d'W._, du géomètre [...] et du demandeur. Les municipaux ont maintenu leur position selon laquelle il fallait se conformer au dossier de l’enquête et au permis de construire.
Il ressort d’un planning des travaux établi le 14 mai 2004 par W._ que les défenderesses ont réalisé un sondage pour dégager la conduite et en permettre également le blocage. [...] a contacté S._, géotechnicien de la société Karakas & Français SA, afin de trouver une solution pour le surplus des matériaux sur le terrain. A sa demande notamment, cette société a effectué des contrôles tendant à évaluer l’influence des remblais complémentaires sur la stabilité du terrain et à définir les mesures ou possibilités permettant de rétablir une stabilité suffisante.
22.
Par courrier du 17 mai 2004 adressé au demandeur, [...], pour la société M._, a relevé notamment ce qui suit:
" (...) pour [...] les discussions se sont passées avec M. A.Z._ puis avec Monsieur B.Z._ dès la phase négative de cette affaire puis après retrait de ce dernier à nouveau M. A.Z._ (...)."
23.
Le 24 mai 2004, la municipalité a dénoncé le demandeur au Préfet du district de [...].
24.
Le 26 mai 2004, le demandeur, par son conseil, a écrit ce qui suit aux défenderesses:
" (...)
(...)."
25.
Par prononcé préfectoral rendu le 21 juillet 2004, le demandeur a été condamné à une amende de 3'000 fr., plus frais par 90'120 fr., pour violation du permis de construire et contravention à la loi sur l’aménagement du territoire et des constructions. Dans les considérants de cette décision, on lit notamment ce qui suit :
Le demandeur a formé appel contre ce prononcé.
26.
Dans le courant du mois de juillet 2004, le demandeur a contacté la société H._ Parcs et Jardins SA, spécialisée notamment dans la construction de golfs, afin de trouver une solution à la situation. Il souhaitait confier à dite société la direction des travaux du chantier du
playing range
, l’établissement d’un projet d’aménagement à l’attention de la commune et l’obtention de l’autorisation de reprendre les travaux.
Le demandeur a également recouru aux services du bureau de géomètres [...] SA, à ceux du bureau Karakas & Français SA, de la société STS SA et d'Alain Dehaye.
27.
Par courrier du 3 août 2004, [...] a écrit notamment ce qui suit au demandeur:
"(...)
Le soussigné, confirme, ses propos de la séance du 8 juillet 2004.
1)
Monsieur A.Z._ n'avait en aucun cas à recevoir des redevances pour cet apport de terre. Par contre, cet apport a pu se faire grâce à des conditions spéciales obtenues sur des chantiers. D'autre part, hormis l'urgence avec laquelle il a fallu compter pour exécuter ces travaux, le soussigné s'est contenté de ne facturer que les machines et escomptait ainsi débuter une agréable relation commerciale.
2)
Les altitudes inscrites sur le plan par [...] sont celles transmises oralement par Monsieur A.Z._.
(...)."
28.
Le 12 août 2004, la Commune de [...] a fait connaître à H._, censé assumer la direction des travaux conjointement avec S._, les conditions auxquelles les travaux pouvaient être repris, soit notamment :
« (...)
·
Une reconnaissance totale de responsabilité par M. A.Z._, écrite, pour tous les dommages et frais occasionnés au domaine communal connus ou à venir (chemin – conduite – etc.) ; ainsi que les frais accessoires en relation avec les dérangements ;
·
Le paiement par M. A.Z._ de notre demande d’indemnité de
CHF 26'436.30 présentée le 6 juillet et dont l’échéance était fixée au
19 juillet. Pour la bonne forme, il est précisé qu’il s’agit là d’un acompte à valoir ;
·
La production, d’ici au 23 août 2004, des contrats de mandat et d’entreprise que M. A.Z._ aura signé
(...) »
Par courriers des 20 et 23 août 2004, le demandeur, par l'intermédiaire de son conseil, a requis une prolongation de délai de la municipalité.
Le 24 août 2004, la municipalité a notamment écrit ce qui suit au conseil du demandeur:
"(...)
L'exécutif communal est par conséquent amené à constater une fois de plus, que votre client n'entend pas assumer ses responsabilités vis-à-vis de notre autorité. Il crée ainsi une situation détestable que l'on ne saurait accepter. Le manque de volonté de dialoguer avec la Municipalité, alors que nous sommes toujours à disposition, son refus de reconnaître sa responsabilité par le paiement des frais occasionnés par le chantier, ainsi que son manque d'empressement à rétablir la situation des lieux, démontrent son peu de volonté à clarifier la situation.
Pour votre information, M. B.Z._, présent sur place lors des évènements dommageables du printemps, a spontanément donné ordre à une entreprise de réparer le dommage manifestement occasionné par le chantier. (...)
(...)
La Municipalité a trop souvent entendu M. A.Z._ déclarer tout et n'importe quoi dans cette affaire; et même son contraire. (...)."
La personnalité du demandeur et ses choix sur le chantier ont engendré des problèmes de communication qui n'ont pas facilité la situation.
Le défendeur est intervenu à plusieurs reprises pour aider le demandeur, à sa requête, mais également pour défendre ses propres intérêts financiers et pour l'image de sa propre entreprise. Il est intervenu pour régler les problèmes, dans l'intérêt du projet, et il a pu arriver, par exemple dans l'urgence, que des décisions soient prises avant que le demandeur n'en soit informé. Le défendeur a payé les factures de l'entreprise de H._. Le demandeur acceptait certaines solutions puis soutenait le contraire ou simplement n'agissait pas.
29.
Le 2 septembre 2004, H._ a fait une proposition de conciliation, impliquant, de la part des défenderesses, notamment une mise à disposition de matériel de terrassement et de modelage, et de la part du demandeur, le respect des conditions posées par la commune dans son courrier du 12 août 2004.
Les défenderesses ont accepté ces conditions. [...] s'est exécuté, le différend persistant alors entre le demandeur et la commune.
30.
Le 4 octobre 2004, le défendeur a informé la commune, avec copie notamment à [...] et au conseil du demandeur, qu'à l'avenir, il s'occuperait de la coordination et de la poursuite des travaux, le demandeur l'ayant chargé de le représenter. Il a également prié la commune de lui envoyer toutes correspondances et informations à [...], lieu du siège de l'une de ses sociétés.
31.
Durant l'automne 2004, les travaux ont brièvement repris, avant d'être à nouveau interrompus en raison d'un différend entre le demandeur et [...].
Au mois de décembre 2004, les travaux n'étaient pas terminés et n'ont ainsi pas été acceptés par la commune.
32.
Le 9 mai 2005, la municipalité a rendu une décision d'exécution par substitution qui était libellée notamment comme suit:
"(...)
I.
Les travaux de remise en état de la parcelle no [...] de la Commune de [...], propriété d'A.Z._, seront confiés par la Municipalité de [...], mais à charge du propriétaire, à l'entreprise René May SA, selon devis du 7 octobre 2004, arrêté au montant de Fr. 964'096.00 (...).
II.
(...)
III.
(...)
IV.
La Municipalité déposera simultanément à la notification de la présente décision, en garantie des travaux de remise en état de la parcelle
no [...] et des frais et honoraires qu'elle a engagés à cet effet, une réquisition au Registre foncier tendant à l'inscription provisoire, puis définitive, d'une hypothèque légale (art. 132 LATC), d'un montant de Fr. 1'017'517.05 (...).
(...)."
Le 13 mai 2005, le Conservateur du Registre foncier, Office d' [...], a inscrit à titre provisoire un gage immobilier sur la parcelle no [...] en faveur de la Commune de [...].
Le 30 mai 2005, le demandeur a recouru contre cette décision auprès du Tribunal administratif du Canton de Vaud, dorénavant Cour de droit administratif et public du Tribunal cantonal vaudois.
33.
Le 13 septembre 2005, le paysagiste H._ a été entendu comme témoin par le Tribunal de police de l’arrondissement de [...] et a expliqué que le demandeur "avait l'intention de prévoir des niveaux différents" et qu'il "ne s'est pas rendu compte de l'ampleur du problème ... il n'était pas connaisseur en la matière", la problématique des niveaux étant liée à l'altimétrie.
Par jugement rendu le 15 septembre 2005, le Tribunal de police de l’arrondissement de [...] a admis partiellement l'appel déposé par le demandeur à l'encontre du prononcé préfectoral rendu le 21 juillet 2004 et modifié la décision attaquée en ce sens que le demandeur était condamné à une amende de
3'000 fr., considérant notamment qu’il n’avait tiré aucun profit du fait que la terre avait été entreposée sur son terrain plutôt que dans une décharge.
Le demandeur a recouru contre ce jugement devant la Cour de Cassation pénale du Tribunal cantonal vaudois.
34.
Le 31 janvier 2006, B.Z._ s'est rendu pour le demandeur à une audience tenue par le Tribunal administratif du Canton de Vaud dans le cadre de la cause opposant le demandeur à la Municipalité de [...]. La société M._, représentée par [...], y a également assisté. B.Z._ a expliqué qu'il représentait le demandeur, alors malade, "à la fois dans le cadre de l'audience et dans ses relations avec l'autorité communale pour les travaux de remise en état du terrain". Il a remis une procuration au tribunal. Il n'est pas établi que le demandeur ait révoqué les pouvoirs de représentation ainsi confiés au défendeur, ni
a fortiori
qu'il ait fait connaître une telle révocation aux défenderesses.
35.
Le 6 février 2006, la Cour de Cassation pénale du Tribunal cantonal vaudois a annulé le jugement rendu par le Tribunal de police de l’arrondissement de [...] et renvoyé la cause au Tribunal de police de l’arrondissement de [...]. Dans son arrêt, la Cour a en particulier relevé ce qui suit :
« (...) en ne respectant pas les conditions du permis de construire, respectivement en tolérant que l'entreprise à laquelle il avait confié les travaux de terrassement commence leur exécution sans autorisation de la Municipalité, [il] a fait preuve de négligence en sa qualité de maître de l'ouvrage (...).
(...) le permis de construire a été accordé au recourant personnellement (art. 104 al. 3 LATC) et que c’est dès lors à lui seul qu’il incombait de veiller à sa stricte observation en cours de travaux. La tentative d’A.Z._ de reporter la responsabilité des irrégularités sur l’entreprise chargée des travaux n’est par conséquent pas pertinente.
(...). »
L'arrêt pénal ne traite pas expressément de la responsabilité de l'apport de la terre litigieuse.
36.
Le 14 février 2006, de nouveaux plans ont été établis par le Bureau d'études [...] SA, géomètres officiels, et ont été transmis à la Municipalité de [...].
37.
Le 20 avril 2006, la CAMAC a rendu un nouveau rapport de synthèse annulant et remplaçant celui du 2 octobre 2003. Ce rapport concernait toujours la construction d'un golf.
38.
Le 2 mai 2006, la Municipalité de [...] a décidé d'autoriser la reprise des travaux, respectivement de procéder à la mise en conformité des lieux, selon les plans établis par la société [...] SA. Elle a toutefois assorti son autorisation de plusieurs conditions, soit notamment que les travaux soient effectués dans un délai au 31 juillet 2006 au plus tard.
39.
Le 6 juin 2006, le demandeur a interpellé la société I._ par [...], rappelant que la remise en état de la parcelle selon les exigences des autorités nécessitait des interventions planifiées et rigoureuses, et sollicitant la confirmation de la date de l'intervention sur le site pour évacuer les surplus de terre. Il a précisé que cette intervention ne ferait pas l'objet d'une prise en charge financière de sa part et qu'elle n'excluait pas une démarche tendant à recouvrer des dommages-intérêts. Il a en outre sollicité le détail de la provenance des terres déposées, étayé par la production de bulletins de livraison notamment.
Le demandeur a sollicité des offres auprès de divers entrepreneurs pour la remise en état de la parcelle litigieuse.
40.
Le 7 août 2006, une séance s'est tenue en présence notamment du Syndic de la Commune de [...], d' [...] et du demandeur. Lors de cette réunion, [...] a indiqué que les plannings des travaux seraient envoyés dans un délai au 11 août 2006, ce qui n'a pas été fait.
Par courrier du 16 août 2006, le demandeur a mis la société M._ en demeure de lui transmettre son planning précis dans un délai au 21 août 2006 et a averti qu'à défaut, il agirait par la voie de l'exécution par substitution.
Le 24 août 2006, la société M._ a adressé une offre
no [...] libellée "Tennis Playing Range à [...]" au demandeur, soit un "devis estimatif – offre pour mise en conformité selon votre demande". Les travaux mentionnés, pour un montant de 358'545 fr. 25 TTC, étaient les suivants: "installation et repli, terrassement y compris chargement sur camions 12'000 + 25% (foisonnement), évacuation y compris taxes, et mise en place de terre végétale".
Le 28 août 2006, le demandeur, en son nom personnel, a écrit à [...], pour la société I._, et refusé cette offre en précisant qu'il n'entrerait pas en matière sur des travaux tant que les 12'000 m3 de terre déposée "illégalement" ne seraient pas évacués, conformément à la demande de la commune. Il a indiqué qu'un délai au 31 juillet 2006, prolongé au 31 août 2006, date limite non prolongeable, leur avait été accordé pour l'évacuation de la terre.
Par courrier recommandé du 29 août 2006, la société M._ a proposé ce qui suit au demandeur pour la poursuite de l'exécution des travaux:
" (...) nous attendons de votre part une confirmation que la facture des travaux 2004 est également acceptée par vous et que des garanties pour le paiement, soit de la facture 2004, soit de la facture concernant l'exécution des travaux, nous soient données.
Nous exigeons également que vos factures de Fr. 216'000.- et Fr. 670'000.- soient purement et simplement annulées.
Dans le cadre de cet arrangement, nous tenons à préciser, et pour cela demandons votre engagement, que, à partir du moment où les travaux, tels que décrits dans notre offre, sont exécutés, nous ne serons en rien concernés par cette affaire, tant en ce qui concerne d'éventuels dédommagements exigés par la Commune ou par d'autres ayant-droits pas plus que nous n'aurons à payer une participation quelconque aux différentes factures qui pourraient avoir été émises, ou encore être émises, telles que factures de géomètre, commune, frais d'avocat, frais d'expertise ou tout autre frais direct ou indirect en rapport avec ce chantier.
Si vous nous confirmez ces différents points, nous vous garantissons le début immédiat des travaux qui seront terminés en temps et heure, tel qu'exigé par la Commune.
(...)."
Le 1
er
septembre 2006, le demandeur a écrit ce qui suit à [...] pour la société M._ :
" (...)
Nous faisons suite à votre courrier du 29 août 2006. Celui-ci nous a extrêmement surpris et dans lequel nous exprimons notre désaccord.
Il nous paraît inutile de rentrer dans les détails de votre courrier. Nous relevons principalement qu'il est totalement faux de prétendre que nous vous avons donné l'ordre d'entreposer illégalement plus de 40'000 m3 de terre en contradiction totale avec le permis de construire.
Suite à notre entretien du 30 août 2006 dans vos locaux, une dernière demande de confirmation d'exécution des travaux et de planning vous a été demandée, malheureusement vous avez refusé une fois de plus. Nous insistons sur le fait que nous ne voulons pas de nouvelles offres mais simplement l'exécution des travaux selon vos engagements et vos responsabilités et les exigences de la commune.
Compte tenu de ce qui précède nous sommes contraints de confier ce dossier à notre avocat. En partant du principe que vous refusez d'évacuer les
12'000 m3 de terre comme demandé selon accord obtenu avec les autorités communales.
(...)."
41.
Le 12 octobre 2006, la société M._, par [...], a conclu l'accord suivant avec le défendeur, qui voulait faire avancer le dossier et aider son fils:
" (...)
[...]- [...] (parcelle [...])
Monsieur,
A la suite de notre séance du samedi 16 septembre 2006, nous vous confirmons la proposition et vous donnons, ci-après, notre dernière offre pour régler cette affaire, soit:
1.
Pour solde de tout compte dans cette affaire, nous attendons un versement de Fr. 160'000.00 sur notre compte bancaire [...] au [...].
2.
Dès réception de ce montant, nous interviendrons immédiatement pour effectuer les travaux requis par la commune.
3.
Par retour de la copie de cette lettre, avec la mention "bon pour acceptation" datée et signée, vous vous engagez à ce que toutes les factures que nous avons reçues dans le cadre de cette affaire soient purement et simplement annulées quelle que soit leur provenance.
4.
Dès que les travaux exigés seront par nous exécutés, vous confirmer n'avoir plus aucune prétention de quelque nature que ce soit et ce en conformité avec le paragraphe 5 de notre lettre du 29 août 2006 adressée par recommandé à Monsieur A.Z._.
Renonçant par cet accord à l'encaissement de notre facture de
Fr. * 181'789.95 et à notre devis de Fr. * 358'545.20, nous aimerions obtenir votre engagement de nous adjuger, au prix du marché, les travaux des chantiers tels que [...], Nyon ou d'autres chantiers dont l'adjudication dépend de vous.
Nous vous adressons ce courrier accompagné d'une copie avec la mention "bon pour acceptation" que nous vous remercions de nous retourner dûment complétée par retour de courrier.
(...)."
Le même jour, le défendeur et [...] ont écrit ensemble à la commune pour lui signifier que les travaux seraient entrepris le 16 octobre 2006, ajoutant qu'ils se tenaient à son entière disposition pour tout complément d'information qui serait nécessaire. Il n'est pas établi que le demandeur ait dénoncé cet accord ou prétendu qu'il n'était pas valable.
Le défendeur a versé le montant de 160'000 fr. à la société M._.
42.
Les travaux de remise en état ont été entrepris à la suite de l'accord du 12 octobre 2006.
43.
Le 6 novembre 2006, une réunion a eu lieu sur le chantier en présence notamment de R._, Monsieur [...], du demandeur et du défendeur. Il ressort ce qui suit du rapport alors établi:
44.
Le 9 novembre 2006, une nouvelle réunion a eu lieu sur la parcelle litigieuse, en présence notamment de R._, Monsieur [...],C._, D._, [...] et Monsieur [...] de la société [...] AG, ainsi que du demandeur et du défendeur. Lors de cette séance, il a notamment été décidé que les défenderesses devraient disposer la terre végétale par paquet et attendre les instructions du jardinier [...] avant de la répartir sur le terrain. Il a également été prévu que la société [...] AG contrôlerait les travaux des défenderesses pour que la répartition de la terre végétale soit réalisée dans les meilleures conditions. Il a en outre été constaté qu'une chambre d'eau claire avait été endommagée et que le cône serait remplacé par les défenderesses. Il a aussi été prévu que les autres regards devraient être localisés, vérifiés et réparés s'ils avaient été endommagés. Lors de cette séance, les défenderesses ont annoncé qu'un délai de trois semaines était encore nécessaire pour terminer les travaux.
Par courrier du 10 novembre 2006, le demandeur a fait part aux défenderesses de ce qu'il avait constaté que les instructions données par la société [...] AG concernant la répartition de la terre végétale sur le terrain n'avaient pas été respectées. Il a en outre relevé qu'une clé du bâtiment avait été remise aux employés des défenderesses à condition qu'ils ferment le bâtiment lorsqu'ils ne l'utilisent pas et que cette condition n'était pas respectée. Il a également mentionné que les locaux avaient été salis par les employés des défenderesses, nécessitant un nettoyage à la fin du chantier.
Le 13 novembre 2006, le demandeur a sommé les défenderesses de cesser de répartir la terre végétale au mépris des instructions du jardinier. Il a rappelé que les niveaux de base devaient d’abord être réglés sur toute la parcelle conformément aux plans, au permis et à ses instructions.
Le 15 novembre 2006, le demandeur a adressé un courrier libellé comme suit à la commune :
« (...)
(...). »
45.
Le 16 novembre 2006, le jardinier a confirmé que, lors de sa visite du 14 novembre 2006, l’aménagement du terrain n’était pas compatible avec la pose d'un gazon pour la réalisation d’un terrain de golf.
Par courrier du même jour adressé aux défenderesses, le demandeur leur a rappelé qu’il attendait toujours leur planning pour l'exécution des travaux. Il les a informées que le jardinier refusait la qualité de la terre et du travail prévus sur la base du contrat du 9 décembre 2003. Il a réitéré sa demande de ne pas étendre la terre végétale avant de régler les hauteurs sur toute la surface et sans instructions du jardinier. Il leur a également demandé de couper et d’enlever les arbres sur place conformément à ce qui avait été convenu avec leur contremaître prénommé « [...] ». Le demandeur, mentionnant une série de problèmes découlant de l’utilisation du bâtiment par des ouvriers, leur a retiré le droit d’accès. Finalement, il leur a demandé de garder les routes et les accès au parking propres, ainsi que de réparer ces routes et le parking dès la fin des travaux.
46.
Une rencontre a eu lieu sur le chantier entre [...], employé de la société [...],T._ et F._, pédologue du Service des eaux, sols et assainissement (ci-après SESA). A la suite de cette rencontre, ces personnes ont sollicité l’arrêt immédiat du chantier.
Par courrier du 17 novembre 2006, le demandeur a sommé les défenderesses d’arrêter immédiatement les travaux.
47.
Le 24 novembre 2006, le SESA a décidé l’arrêt des travaux avec effet immédiat. Cette décision était valable pour toute la période hivernale et jusqu’à nouvelle décision. Elle se fondait sur le fait qu’il avait été constaté que la partie supérieure du remblai destinée à être recouverte par 20 cm de terre végétale était trop compacte, imperméable et humide, d’une part, pour continuer à y engager des machines de chantier et, d’autre part, pour remplir les conditions qu’on est en droit d’attendre pour une saine exploitation d’un terrain de golf. Le SESA a considéré que cet état de fait était contraire aux art. 6 et 7 de l’Ordonnance sur les atteintes portées aux sols du 1
er
juillet 1998 (OSol; RS 814.12).
48.
Par prononcé préfectoral du 5 février 2007, le demandeur a finalement été condamné à une amende de 1'500 fr., plus les frais par 100 francs.
49.
Le 15 mars 2007, le SESA a fixé des conditions supplémentaires à la remise en état de la parcelle no [...] compte tenu de la nature instable du terrain. Il a notamment requis de faire procéder aux travaux nécessaires, soit d'engazonner la surface remise en état, pour respecter les niveaux indiqués sur les plans du
14 février 2006 soumis à la Municipalité et ayant servi de base à la synthèse de la CAMAC du 2 avril 2006. Un délai au 30 juin 2007 a été imparti au demandeur pour effectuer ces travaux.
Le même jour, le SESA a sollicité la reprise des travaux.
50.
Les 13 et 19 juin 2007, le défendeur a écrit aux défenderesses en faisant référence à l'accord signé le 12 octobre 2006. Le demandeur a reçu copie de ces courriers.
51.
Le 15 juin 2007, les défenderesses ont évoqué le paiement d'une facture finale.
52.
Le 27 juin 2007, le défendeur a informé le Tribunal administratif du Canton de Vaud que la quasi-totalité de la terre déversée en trop sur la parcelle litigieuse avait été enlevée.
53.
Le 30 août 2007, le bureau d'ingénieurs Karakas & Français SA a confirmé au défendeur que les courbes du terrain suivaient de manière assez proche les lignes de terrain projeté et que la stabilité était assurée en regard de son état initial.
54.
Le 12 septembre 2007, le demandeur a sollicité une offre auprès de Raymond Moinat, directeur de la société Sotrag SA, pour des travaux sur la parcelle litigieuse. La société Sotrag SA a renoncé à formuler une offre du fait d’une surcharge de travail.
55.
Le 1
er
octobre 2007, le demandeur a sommé les défenderesses de respecter les directives transmises.
Le 2 octobre 2007, le demandeur a rencontré Monsieur [...]. Ce dernier lui a indiqué qu’il suivait les directives de la commune et du SESA.
56.
Le 10 octobre 2007, le demandeur et le défendeur ont écrit ensemble au Tribunal administratif du Canton de Vaud pour l'informer que la société I._ était en train de terminer les travaux de remise en état.
57.
Le 17 octobre 2007, le SESA a établi un rapport à la suite d’une visite qui a eu lieu le 1
er
octobre 2007. Les conclusions de ce rapport étaient libellées comme suit :
« (...)
(...)
Constat de la visite du 1
er
octobre 2007
:
La grande partie des travaux est terminée (...).
(...)
A noter que des contradictions entre les ordres donnés par M. B.Z._ à l'entreprise et ceux que M. A.Z._ aurait voulu voir s'appliquer sont sans doute à l'origine du non-respect de certaines conditions émises par le SESA.
(...)
Conclusions
On peut considérer que les travaux sont réalisés dans les délais impartis. Cependant, les manipulations sont effectuées avec des engins inadaptés par rapport à l’état d’humidité des matériaux, dans des conditions météorologiques défavorables et sans respecter certaines exigences émises par le SESA (...). Ces travaux n’ont pas été réalisés conformément aux exigences fixées dans les articles 6 et 7 de l’Ordonnance fédérale du 1
er
juillet 1998 sur les atteintes portées au sol.
La qualité de la couche supérieure (ou terre végétale) remise en place pourrait être améliorée par un travail léger. L’épaisseur de cette couche est suffisante pour la mise en place d’une prairie. Dans ces conditions d’utilisation non agricole, la remise en état peut être considérée comme acceptable.
Par contre, la compaction de la partie supérieure des remblais, l’épaisseur insuffisante de la couche supérieure et l’absence d’une sous-couche de bonne qualité correspondent à des conditions de reconstitution du sol tout à fait inadaptées à la réalisation d’un golf.
(...). »
58.
Par courrier du 5 novembre 2007 adressé à la société I._, le demandeur a constaté que la livraison de l’ouvrage n’avait pas eu lieu et a relevé ce qui suit:
" (...)
Je me réfère au contrat du 9.12.2003 et énumère ci-dessous les différents points qui, à ce stade, doivent être achevés correctement:
·
Conformité pour la construction d'un golf selon le contrat du 9.12.2003 non respectée
·
Réparation et nettoyage de la route non effectués
·
Le goudron de la place de basketball n'a pas été enlevé
·
Défrichement, broyage, évacuation des végétaux
·
Dessouchage
·
Compactage lourd par couche de 50 cm non respecté
·
Installations des luminaires et électricité endommagés
·
Problèmes avec les canalisations d'eau
1) conduites communales endommagées lors des travaux du printemps 2004
2) conduites d'eaux usées endommagées
3) conduites d'eau et d'électricité non dégagées
·
Qualité de la terre insuffisante afin d'obtenir un engazonnement optimal
·
Chambres de drainages non repérées
·
Etc.
Je vous prie de me communiquer, comme déjà demandé à maintes reprises, le planning ou si les travaux sont déjà achevés de me tenir au plus vite informé et d'organiser une séance de chantier pour la remise et le contrôle de l'œuvre.
(...)."
59.
Le 21 novembre 2007, l'Inspection des forêts du
[...]
arrondissement a constaté qu'afin de rétablir la situation originelle du lieu, une cinquantaine d'arbustes indigènes devaient être plantés et divers aménagements devaient être effectués, ce qui a été fait.
60.
Le 11 décembre 2007, le demandeur a écrit ce qui suit aux défenderesses :
« (...)
Je me réfère à mes derniers courriers que vous avez laissés sans réponse, ce qui n’est pas acceptable.
Je vous prie de trouver ci-joint la lettre de la commune de [...] du 3 décembre 2007 ainsi que la lettre de l’inspecteur des forêts du 21 novembre 2007. Cette communication vaut avis de défaut.
Je vous invite à exécuter, à vos frais, les travaux demandés par l’inspecteur des forêts d’ici au 15 janvier 2008. A défaut de quoi, je devrais mandater un tiers et réclamerais réparation auprès de vous.
Il me semble que nous devrons prochainement nous rencontrer pour faire le point concernant l’exécution du contrat et sur les conditions, notamment financières, auxquelles nous considérons être libérés l’un à l’égard de l’autre.
(...). »
61.
Le 8 janvier 2008, le SESA a sollicité du demandeur qu’il prenne les mesures nécessaires, dès le printemps, afin d’engazonner toute la surface concernée par la remise en état.
62.
Lors d'une séance de conciliation qui s'est tenue le 15 février 2008, la commune et le demandeur ont constaté que les travaux de remise en état avaient été "correctement exécutés par A.Z._".
63.
Par courrier du 11 juillet 2008, le SESA a informé le demandeur que les différents points exigés avaient été réalisés et qu’il considérait cette affaire comme étant close. Il a toutefois rappelé que la remise en état des sols était acceptable pour une utilisation non agricole du terrain mais qu’elle était cependant tout à fait inadaptée pour la réalisation d’un golf.
64.
Par courrier du 26 août 2008 adressé au demandeur, l’Inspection des forêts du
[...]
arrondissement s'est déclarée satisfaite par les travaux de remise en état de la parcelle litigieuse. Elle a clos le dossier.
65.
Les 27 octobre et 5 novembre 2008, la commune et le demandeur ont conclu une convention réglant définitivement leur litige, prévoyant notamment que ce dernier verserait à la commune un montant de 18'000 fr. en sus du montant de 74'168 fr. 30 versé directement par son assurance La Vaudoise.
Au vu de cet accord, le demandeur a retiré le 6 novembre 2008 le recours déposé auprès du Tribunal administratif vaudois. La cause a été rayée du rôle par décision du 7 novembre 2008 et un émolument judiciaire de 500 fr. a été mis à la charge du demandeur.
Les 7 et 11 novembre 2008, les parties ont signé la réquisition de radiation de l'hypothèque légale provisoire qui avait été inscrite au registre foncier.
66.
Depuis le 1
er
octobre 2009, le demandeur loue le restaurant sis sur la parcelle litigieuse pour un montant mensuel de 6'000 francs. L'exploitant du restaurant a découvert qu'il y avait un problème d'évacuation des eaux usées. Avant les sociétés M._ et I._, seule une entreprise était intervenue, mais elle n'avait pas effectué beaucoup de travaux faute d'équipement.
Le 2 octobre 2009, le locataire a informé le demandeur que le restaurant ne pouvait pas être exploité puisque les canalisations n'étaient pas en ordre.
Le 7 octobre 2009, le demandeur a requis un constat d'urgence du juge de paix, qui a arrêté les dépens du demandeur à 1'401 fr. 20.
Le 9 octobre 2009, le demandeur a interpellé les défenderesses afin qu'il soit procédé immédiatement aux réparations nécessaires.
Le 14 octobre 2009, un huissier de justice a procédé à un constat d'urgence sur la parcelle litigieuse. Les défenderesses n'y ont pas assisté.
Le même jour, le demandeur a à nouveau interpellé les défenderesses. Il leur a imparti un délai au jeudi 15 octobre 2009 à 15 heures afin de se manifester en vue d'effectuer les travaux de réparations. Il a indiqué qu'à défaut, il partirait du principe qu'elles n'entendaient pas s'exécuter, de sorte qu'il n'aurait d'autre choix que de confier ces réparations à un tiers, à leurs frais et risques.
Les défenderesses n'ont pas effectué les réparations concernées.
Les 21 et 22 octobre 2009, le demandeur a recouru aux services de la société Arco Maintenance Conseils SA et de la société ADPM Services pour une intervention concernant les pompes et moteurs sur la parcelle litigieuse.
Le 23 novembre 2009, le locataire du restaurant a obtenu l'autorisation de l'exploiter.
67.
Le 3 novembre 2011, le demandeur a versé un montant de 18'000 fr. à la Commune de [...].
68.
Au jour du dépôt de la réplique, le projet litigieux n'était pas terminé et le demandeur n'en percevait pas de revenu.
69.
En cours d'instruction, une expertise a été confiée à Roland Michaud, architecte EPFL et SIA, à Lausanne, qui a déposé son rapport le 10 août 2016. Il en ressort notamment ce qui suit :
« (...)
Introduction
M. A.Z._ a acheté 750'000 francs à la BCV un terrain de 45'000 m2 situé à [...] VD avec l’intention d’y aménager un terrain d’entraînement au golf, un practice en termes golfiques, un restaurant, un hôtel et un centre de recherche sur la santé.
Dans un premier temps, en 2003, il a déposé une demande d’autorisation de construire soit « mouvements de terre, construction d’un « green » d’entraînement de golf, construction de boxes de départ ».
M. A.Z._ s’est réservé la direction des travaux; le permis de construire a été délivré.
Les niveaux de mouvements de terre sont délicats à régler, notamment en l’absence de repères fixes, comme c’était le cas à [...].
Ni un maître de l’ouvrage ni un entrepreneur en terrassements ne sont équipés des instruments nécessaires pour contrôler correctement ce genre de travaux. Dès lors il est prudent de s’adjoindre un géomètre.
La Commune de [...] a accordé le permis de construire en autorisant la direction des travaux à M. A.Z._, alors que la Loi sur l’aménagement du territoire et les constructions prévoit que « la municipalité peut exiger que la direction des travaux soit assumée par un mandataire professionnellement qualifié ».
M. A.Z._ a adjugé les travaux de terrassements à l’entreprise M._ pour
66'604 francs y compris un apport de 15'000 m3 de terre de remblayage et
2'000 m3 de terre végétale (...).
En réalité ce sont environ 31'450 m3 de terre de remblayage qui ont été amenés, en plus de ce qui était prévu au projet (...).
Cet apport de terre supplémentaire représente l’équivalent d’environ 2 m de plus sur l’ensemble de la zone en chantier.
Cet apport de terre semble être le résultat d’une entente entre la direction des travaux et l’entreprise. La lettre du 17 mars 2004 est claire :
« ... nous vous confirmons notre rendez-vous... à [...] afin de vérifier les niveaux et donc pouvoir décider de la suite des travaux, notamment s'il y a lieu d’amener encore de la terre » (...).
Mais le maître de l’ouvrage n’avait aucun intérêt à surélever le niveau du terrain qui faisait diminuer la surface utile, cela à cause des talus, inévitables, notamment à l’Est et au Sud.
Accessoirement une conduite d’eau a été rompue à deux reprises et des câbles électriques comme de téléphone ont été arrachés durant les travaux. Là également il appartenait à la Direction des travaux de s’enquérir des plans des conduites existantes et à l’entrepreneur, si on ne lui fournissait pas ces renseignements, de les réclamer comme il est de règle.
Les entrepreneurs sont d’autant plus attentifs aux travaux à réaliser lorsqu’il n’y a pas de mandataire professionnel. Le repérage du cadastre souterrain est une prestation obligatoire en préalable aux travaux. Certains tracés figuraient sur le plan de situation (...).
Les travaux confiés par M. A.Z._ à M._ ne constituaient que des travaux de terrassement, de décapage puis d’épandage de terre végétale, grossièrement, à la pelle mécanique, avec des apports de terres complémentaires (...).
On peut même discuter de la pertinence d’attribuer l’étendage de la terre végétale au terrassier, avant de s’assurer du profilement correct de l’aire du terrain d’entraînement au golf, cette terre devant être traitée pour être adaptée au practice, par l’apport de sable notamment, ce que fait habituellement le spécialiste en aménagement de terrains de golf, éventuellement après drainage des surfaces, installation de conduites d’arrosage et de câbles électriques d’éclairage, outre les plans d’eau, les plantations et les aires d’arrivée autour des trous.
Les travaux confiés à M._ étaient donc des travaux préparatoires, à exécuter toutefois avec précision conformément au projet autorisé.
Dans de tels travaux, délicats, l’assistance d’un géomètre était indispensable pour régler les niveaux. A l’évidence l’entreprise doit être en possession des plans. On notera que les plans à disposition n’étaient que des plans d’enquête, certes établis par un géomètre, mais en aucun cas des plans d’exécution, cotés en plans et en coupes.
Le chantier était dirigé par un non-professionnel et connu comme tel par l’entrepreneur.
La Commune, censée contrôler les travaux, n’en avait pas les moyens, ou ne se les étaient pas donnés, ou trop tard.
Le résultat fut que l’exécution des travaux ne correspondait pas au projet et elle fut refusée par les autorités.
Après une longue procédure, et un projet d’adaptation, une mise en conformité a été réalisée avec l’aide financière de M. B.Z._, père de M. A.Z._, et les autorités l’ont acceptée.
La qualité du sol par contre est celle d’un terrain vague, ou d’une décharge de terre de remblayage, pierreuse, mêlée d’un peu de terre végétale, sur laquelle l’herbe finit par pousser, mal, et d’une manière irrégulière (...).
Les réparations des tuyaux d’eau et des câbles électriques comme de téléphone ont été exécutées.
Des travaux importants restent à faire pour aménager une aire d’entraînement au golf.
Réponses aux allégués
La suspension des travaux
Allégué 176
La rupture de la conduite d’eau est la conséquence de la surcharge pondérale due aux excédents de terre déposés par la défenderesse au sud de la parcelle.
Pièce 34
Il n’est pas exclu que la rupture de la conduite soit la conséquence d’une surcharge de terre comme ce peut être plutôt la conséquence du passage de machines de chantier, lourdes, aux charge importantes, ponctuellement.
La position de cette conduite était connue, elle figurait sur le plan de situation de la parcelle (...).
Les mesures de protection de la conduite d’eau n’ont pas été prises, ni par la Direction des travaux ni par l’entreprise.
L’apport conscient et à l’insu du demandeur d’excédents de terre
Allégué 332
La mise en décharge de 30'000 m3 de terre s’élève à un montant de l’ordre de 180'000 francs.
Pièce 42
Le prix de mise en décharge de terres peut varier selon les opérations à entreprendre, soit :
·
installation de chantier
·
creuse d’extraction
·
chargement sur camion
·
installation de décrottage des camions
·
transport
·
déversement
·
coût de décharge.
Pour l’ensemble de ces prestations le prix varie selon la qualité de la terre, la distance à parcourir et le coût de décharge, globalement entre 35 et 70 francs par m3, comme ce prix peut être de zéro s’il est à l’avantage de la partie qui doit évacuer ses terres.
Donc pour 31'450 m3 le prix varie entre 0 et 2'201'500 francs.
Le prix moyen pour mise en décharge à [...] est de 30 francs par m3, transport non inclus, soit pour 31'450 m3 un montant de 943'500 francs.
Mais cette terre n’a pas été facturée ; MM. [...] et A.Z._ l’ont confirmé dans une lettre datée du 3 août 2004 (...).
Allégué 334
En réalité il s’agit bien plutôt d’un apport excédentaire de l’ordre de 40'000 m3.
Le bureau des géomètres Renaud et Burnand a effectivement calculé un cubage d’environ 31'450 m3 de terre de décharge (...).
Situation actuelle
L’inadéquation des travaux avec le projet de réalisation du golf
Allégué 362
A ce jour la parcelle no [...] a été remise en état conformément aux exigences de la Commune, elle n’est toutefois pas conforme à la réalisation d’un golf.
Pièces 70 et 74 et expertise
La Commune et le Canton se sont finalement satisfaits de l’aménagement de la parcelle tel qu’il est aujourd’hui encore, en 2016.
La qualité de la terre de la couche supérieure est grossière (...).
Pour réaliser un practice, tout en conservant les profils actuels il serait nécessaire de remplacer 25 à 30 cm de terres de décharge par de la terre végétale, celle-ci devant par ailleurs être, selon sa nature, mélangée à du sable pour la rendre plus filtrante, donc plus vite sèche, et le practice plus vite utilisable après la pluie.
Je note que dans le devis de M._ un apport de 2'000 m3 de terre végétale était prévu, cela en admettant que la végétale en place était dégrappée, mise en dépôt sur la parcelle et réutilisée.
A ce jour la végétale a disparu et toute la surface est à réaménager. La surface du practice étant de l’ordre de 25'000 m2, ce sera donc, en admettant 25 cm de végétale, 6'250 m3 de terre à évacuer et un apport de 6'250 m3 de végétale à fournir, soit un coût de l’ordre de :
·
dégrappage, chargement, transport et déchargement
6'250 m3 à 70 francs 437'500 francs
·
fourniture de terre végétale, 6'250 m3 à 40 francs 250'000 francs
·
étendage de la végétale, 25'000 m2 à 15 francs 375'000 francs
·
Total 1'062'500 francs
Je précise encore que la mise en forme du terrain est actuellement en pente douce dans le sens Nord-Ouest Sud-Est, assez régulièrement. Si le promoteur de practice entend créer, comme il le disait dans son flyer de promotion, des conditions proches de celles d’un golf, avec des variations de pentes et de conditions, voire avec des plans d’eau, il s’agira de remodeler le terrain plus encore.
Et je rappelle que souvent les terrains de golf, ou d’entraînement au golf, sont drainés, voire éclairés le soir, donc que ces installations seront à faire avant d’étendre la nouvelle terre végétale, ces prestations n’étant de toute façon pas prévues dans le devis-contrat de M._.
Allégué 380
Actuellement, l’état du terrain n’est pas conforme à la réalisation du golf.
Effectivement ; voir réponse à l’allégué 362.
Allégué 381
La mise en place de la terre ne correspond pas aux exigences liées à la réalisation du golf.
Effectivement ; voir réponse à l’allégué 362.
Allégué 382
La terre et les remblais utilisés par les défenderesses ne sont absolument pas adaptés à la réalisation d’un golf.
Effectivement ; voir réponse à l’allégué 362.
Les dégâts engendrés par l’intervention des défenderesses
Allégué 389
Après avoir effectués des fouilles sur la parcelle, il est apparu que, lors de leurs interventions, les défenderesses avaient arrachés le câblage électrique reliant l’installation électrique du restaurant aux moteurs des pompes du système d’évacuation des eaux usées, situés à l’autre extrémité de la parcelle.
Pièce 82
En effet des conduites d’eau, des câbles électriques et de téléphone ont été rompus durant le chantier.
L’étude du cadastre souterrain est la première prestation à remplir avant d’entreprendre un chantier de terrassement. La tâche en incombe au bureau de direction des travaux. Sans mandataire professionnel il appartient à l’entrepreneur d’être conscient de ses responsabilités et des risques qu’il encourt, de réclamer ces données, voire de les rechercher.
Un relevé des conduites souterraines était à établir avant l’ouverture du chantier et à en assumer les contraintes. Certaines étaient connues (...).
Allégué 390
Cela a eu pour effet de mettre hors service le système d’évacuation des eaux usées et ainsi d’inonder l’installation des pompes d’évacuation.
Effectivement ; voir réponse à l’allégué 389.
Allégué 391
Du fait de son inondation, l’installation de pompage était totalement hors d’usage.
Pièce 82
Effectivement ; voir réponse à l’allégué 389.
Allégué 392
Elle devait impérativement être changée.
Pièce 82
Effectivement ; l’installation devait être réparée ou remplacée ; voir réponse à l’allégué 389.
Allégué 393
Lors des fouilles entreprises par le défendeur, il est également apparu que le câblage de l’installation téléphonique a également été arraché lors des travaux effectués par les défenderesses.
Pièce 82
Effectivement et la réponse à l’allégué 389 l’admet déjà.
Les réparations des canalisations et des conséquences de leurs ruptures ont été payées en grande partie par M. B.Z._ (...).
L’exécution par substitution
405
En l’état actuel de la parcelle no [...] le coût de réalisation du golf conformément au contrat du 9 décembre 2003, dans le respect du permis de construire du 10 octobre 2003 et des plans annexés en faisant partie intégrante, n’est pas inférieur au montant de 66'604.40 francs.
Je rappelle que le devis-contrat de 66'604 francs ne comprenait que les travaux de base, ou de gros-œuvre, de l’aménagement d’un terrain d’entraînement au golf, à savoir les mouvements de terre et l’apport de terre et de terre végétale.
Alors que les travaux d’aménagement d’un practice sont, pour l’essentiel, les suivants :
·
études d’aménagement par mandataire ou entreprise spécialisée
·
mise à l’enquête complémentaire
·
appel d’offre
·
plans d’exécution et de détails
·
direction des travaux
·
aménagement des accès, du parking et du restaurant
·
création des boxes de départ
·
plantations
·
pose de filets et de clôtures
·
drainage
·
éclairage
·
signalisation
·
apport et traitement de terre végétale
·
engazonnement.
Les devis au dossier pour ces travaux varient en fonction de leurs qualités entre 400'000 et 600'000 francs, rénovation du bâtiment du restaurant non compris.
Le dommage
Allégué 434
Le montant total du dommage subi par le demandeur du fait de la mauvaise exécution des défenderesses, hors coûts liés à l’exécution par substitution, n’est pas inférieur à 500'000 francs.
Je rappelle que la demande de permis de construire déposée ne porte que sur des mouvements de terre et des boxes de départ d’un practice.
Ni un golf, ni un hôtel, ni un restaurant, ni un centre de soins n’étaient mis à l’enquête.
Il est vrai qu’un avant-projet de ces équipements, hormis le golf, avait été dessiné et dont les plans figurent au dossier (...).
La Commune avait été consultée à ce sujet. Le bureau Masotti Associés SA, mandaté par la Municipalité, avait émis quelques réserves, notamment sur les logements destinés aux stagiaires.
Un plan financier de 4'500'000 francs environ y était joint.
A ma connaissance ce projet n’a pas eu de suite jusqu’à présent.
M. B.Z._ m’a transmis des factures pour un montant de 480'000 francs environ, cela pour des frais d’études, de direction des travaux, d’avocats, de géomètre, de réparations et d’entretien.
Dans ce montant sont inclus 160'000 francs payés à M._ pour la remise en forme du terrain exigée par la Commune et le Canton (...).
(...)
Du permis de construire
Allégué 453
Il n’est pas d’usage de remettre une copie du permis de construire à l’entrepreneur qui fait les terrassements et les aménagements extérieurs.
Il n’existe à ma connaissance aucun usage généralisé à ce sujet.
Mais il arrive que la direction des travaux en remette une copie lorsque des conditions spécifiques y sont inscrites comme il arrive que des bureaux mandatés ou des entreprises adjudicataires en demandent une copie pour s’assurer que tout est bien prévu dans leur mission.
Plus l’entrepreneur est seul face aux travaux à faire plus il s’inquiète des conditions à remplir.
En tous les cas il est certain que l’entrepreneur devait disposer des plans pour exécuter les travaux.
Dans la règle les plans d’enquête sont des plans d’intentions, en aucun cas des plans d’exécution.
Dans notre cas les plans d’enquête étaient les seuls à disposition, donc minimalistes, pour ne pas dire insuffisants.
La direction des travaux était assumée par M. A.Z._ qui dit avoir remis un dossier complet à M. [...].
De l’exécution du contrat du 9 décembre 2003 et des commandes de terre supplémentaires du demandeur.
Allégué 470
Les souhaits du demandeur ne correspondaient ainsi pas au practice formé d’un terrain en pente douce tel que prévu sur le permis de construire qu’il avait obtenu.
Pièces 17 et 202
La demande de permis de construire est signée par M. A.Z._.
J’admets qu’il était d’accord avec son projet, du moins au moment de le déposer à la Commune.
Mais la lettre du 17 mars 2004, pièce 24 au dossier, me semble explicite. MM. A.Z._ et [...] décidaient ensemble des m3 à amener sur place (...).
(...)
Du dommage
Allégué 661
A ce jour, le practice de golf serait opérationnel si les défenderesses avaient exécutés les travaux commandés conformément aux règles de l’art.
La phrase « A ce jour » date du 15 avril 2013 et en 2016 la situation n’a pas changé.
Le practice serait opérationnel si le contrat avait été respecté et si les aménagements spécifiques du practice avaient été réalisés, à savoir, notamment, l’arrosage, l’éclairage, la mise en forme précise du terrain, le traitement de la terre, les boxes de départ, le parking, le restaurant, les plantations, les clôtures, les filets et l’ensemencement, cela pour des montants d’offres se situant entre 400'000 et 600'000 francs, rénovation du restaurant non incluse (...).
Allégué 662
Le demandeur devrait pouvoir percevoir un revenu de cette installation.
C’était effectivement l’un des objectifs du projet, pour autant que les travaux spécifiques décrits en réponse à l’allégué 661 avaient été réalisés.
Allégué 666
Le montant du dommage découlant de l’intervention de l’appelé en cause n’est pas inférieur à 100'000 francs.
Pour moi « l’intervention de l’appelé en cause » n’est pas explicite.
Ce que M. B.Z._ m’a dit c’est qu’il avait négocié avec M. [...] la remise en conformité du terrain, à hauteur de 160'000 francs pour éviter que la Commune n’inscrive une hypothèque légale de 1'000'000 francs sur le terrain.
Les offres de remise en état du terrain variaient entre 358’0000 et 888’0000 francs, celle de M._ a été ramenée à 170’0000 puis à 160'000 francs (...).
Généralités
Allégué 678
Le demandeur peut dès lors exiger de l’appelé en cause la compensation du dommage causé par les défenderesses...
Allégué 680
... qui n’est pas inférieur à 500'000 francs.
M. B.Z._ a participé à ce jour à des frais de 480'000 francs (...).
Voir réponse à l’allégué 434 et copie des pièces en annexe.
Réserves
(...)
Les montants des travaux à engager sont estimatifs ; ils sont à contrôler par une mise en concurrence.
(...). »
Le 28 juin 2017, le Juge instructeur de la Cour de céans a requis un éclaircissement de la part de l'expert Michaud et lui a posé la question suivante:
" Dans votre rapport, vous mentionnez ad allégué 362, que la surface du practice est de l'ordre de 25'000 m2. Sur quels éléments vous êtes-vous fondé à cet égard ? S'agit-il de la surface qui a été mise à l'enquête ?"
Par courrier du même jour, l'expert Michaud a répondu ce qui suit:
" Je me suis basé sur le plan d'enquête au 1/1000 de [...] du 5 août 2003 mis à jour le 24 septembre 2003 (pièce 13 du bordereau des pièces produites par M. A.Z._) et/ou du plan d'enquête toujours au 1/1000 de [...] du 14 février 2006 (pièce 48 du même bordereau).
Le croquis annexé montre le mode de mesure simplifié d'où l'approximation de la surface de l'ordre de 25'000 m2.
(...)."
70.
Par demande du 22 avril 2010, le demandeur A.Z._, a pris, avec suite de frais et dépens, les conclusions suivantes à l'encontre des défenderesses M._ et I._ :
" I. Le demandeur, A.Z._, est autorisé à faire procéder, aux frais et risques des défenderesses, M._ et I._, à la réalisation du golf, telle que prévue aux termes du contrat du 9 décembre 2003 et du permis de construire du 10 octobre 2003 et des plans annexés pour en faire partie intégrante, sur la parcelle no [...] de la Commune de [...] dont il est propriétaire.
II. Les défenderesses, M._ et I._, sont les débitrices, solidairement entre elles, et doivent immédiat paiement au demandeur, A.Z._, au titre d'avance sur le coût des travaux à effectuer en vue de la réalisation du golf, d'un montant à fixer en cours d'instance qui n'est pas inférieur au montant de CHF 66'604.40 (soixante-six mille six cent quatre francs et quarante centimes), les travaux à entreprendre devant correspondre aux travaux prévus aux termes du contrat du 9 décembre 2003 et du permis de construire du 10 octobre 2003 et des plans annexés pour en faire partie intégrante, et devant être effectués dans un délai de 18 mois dès réception du montant à fixer en cours d'instance, le demandeur devant rendre compte aux défenderesses des coûts effectifs desdits travaux après leur réalisation et leur restituer un éventuel excédent.
III. Les prétentions du demandeur A.Z._ à l'encontre des défenderesses, M._ et I._, à l'issue des travaux évoqués dans les conclusions I et II qui précèdent, sont réservées.
IV. Les défenderesses, M._ et I._, sont les débitrices, solidairement entre elles, et doivent immédiat paiement au demandeur, A.Z._, d'un montant à définir en cours d'instance, qui n'est pas inférieur à la somme de CHF 500'000.- (cinq cent mille francs), plus intérêt à 5% l'an dès le 1
er
mars 2007."
Par réponse du 8 mai 2012, les défenderesses M._ et I._ ont pris, avec suite de frais et dépens, les conclusions suivantes:
" Principalement:
I. La demande d'A.Z._ du 20 avril 2010 est rejetée.
II. A.Z._ est condamné à relever M._ et I._, de tout montant que ces dernières seraient condamnées à payer à B.Z._ en capital, intérêts, frais et dépens.
Subsidiairement:
III. B.Z._ est condamné à relever I._ et M._ en capital, frais, intérêts et dépens de toute condamnation qui serait prononcée contre elles en vertu des conclusions prises contre elles par A.Z._ dans sa demande du 20 avril 2010."
Elles ont soulevé l'exception de prescription quant aux prétentions du demandeur.
Par réponse du 13 juillet 2012, le défendeur B.Z._ a conclu, avec dépens, principalement au rejet des conclusions subsidiaires prises à son encontre par les défenderesses, et subsidiairement à ce que la défenderesse M._ soit condamnée à lui verser la somme de 160'000 fr. avec intérêt à 5% l'an dès le
1
er
octobre 2006.
Par réplique du 15 avril 2013, le demandeur a confirmé, sous suite de frais et dépens, les conclusions I à IV prises au pied de sa demande du 22 avril 2010 et pris en outre les conclusions suivantes:
"
Principalement:
V.
Rejeter les conclusions I et II prises par M._ et I._ au pied de leur Réponse du 22 novembre 2010.
VI.
Donner acte au demandeur A.Z._ de ce qu'il s'en remet à Justice, s'agissant de la conclusion III prise par M._ et I._ au pied de leur Réponse du 22 novembre 2010.
VII.
Donner acte au demandeur A.Z._ de ce qu'il s'en remet à Justice, s'agissant des conclusions prises par B.Z._ au pied de sa Réponse du 13 juillet 2012.
VIII.
Dire que B.Z._ est le débiteur d'A.Z._ et lui doit immédiat paiement d'un montant qui sera déterminé en cours d'instance mais qui n'est pas inférieur à CHF 100'0000.00 (cent mille francs), avec intérêts à 5% l'an dès le 12 octobre 2006.
Subsidiairement:
IX.
Dire que le demandeur A.Z._, est autorisé à faire procéder, aux frais et risques de l'appelé en cause, B.Z._, à la réalisation du golf, telle que prévue aux termes du contrat du 9 décembre 2003 conclu avec les défenderesses M._ et I._ et du permis de construire du 10 octobre 2003 et des plans annexés pour en faire partie intégrante, sur la parcelle no [...] de la Commune de [...] dont il est propriétaire.
X.
Dire que l'appelé en cause, B.Z._, est le débiteur du demandeur A.Z._ et lui doit immédiat paiement, au titre d'avance sur le coût des travaux à effectuer en vue de la réalisation du golf, d'un montant à fixer en cours d'instance qui n'est pas inférieur au montant de
CHF 66'604.40 (soixante-six mille six cent quatre francs et quarante centimes), les travaux à entreprendre devant correspondre aux travaux prévus aux termes du contrat du 9 décembre 2003 et du permis de construire du 10 octobre 2003 et des plans annexés pour en faire partie intégrante, et devant être effectués dans un délai de 18 mois dès réception du montant à fixer en cours d'instance, le demandeur devant rendre compte aux défenderesses des coûts effectifs desdits travaux après leur réalisation et leur restituer un éventuel excédent.
XI.
Dire que les prétentions du demandeur A.Z._ à l'égard de l'appelé en cause B.Z._ à l'issue des travaux évoqués dans les conclusions V et VI qui précédent, sont réservées.
XII.
Dire que l'appelé en cause B.Z._ est le débiteur du demandeur A.Z._ et lui doit immédiat paiement d'un montant qui sera déterminé en cours d'instance, mais qui n'est néanmoins pas inférieur à CHF 500'000.00 (cinq cent mille francs), avec intérêt à 5% l'an dès le 12 octobre 2006."
Par duplique du 16 août 2013, les défenderesses ont maintenu les conclusions prises dans leur réponse du 8 mai 2012 et conclu, avec dépens, au rejet des conclusions et des conclusions subsidiaires prises par le défendeur B.Z._ dans sa réponse du 13 juillet 2012.
Elles ont expressément soulevé l'exception de prescription à l'encontre des prétentions récursoires du défendeur B.Z._.
Par duplique du 12 novembre 2013, le défendeur B.Z._ a conclu, avec dépens, au rejet des conclusions prises contre lui en réplique par le demandeur et confirmé ses conclusions libératoires prises en réponse.
71.
Lors de l'audience préliminaire du 26 novembre 2014, les défenderesses ont expressément soulevé l'exception de prescription à l'égard des prétentions du défendeur B.Z._.

En droit:
I.
Le demandeur A.Z._ conclut principalement à ce qu'il soit autorisé à faire procéder à la réalisation du golf aux frais et risques des défenderesses, au versement par ces dernières des sommes de 66'604 fr. 40 et de 500'000 fr., toutes prétentions à leur encontre à l'issue des travaux précités étant réservées, et au versement par le défendeur d'un montant de 100'000 fr.; subsidiairement, il conclut à ce qu'il soit autorisé à faire procéder à la réalisation du golf aux frais et risques du défendeur, au versement par celui-ci des sommes de 66'604 fr. 40 et de
500'000 fr., toutes prétentions à son encontre à l'issue des travaux précités étant réservées. Le demandeur soutient que les conditions de l'art. 366 al. 2 CO (Code suisse des obligations du 31 mars 1911; RS 220) sont réunies, qu'il est dès lors fondé à demander l'exécution par substitution ainsi que des dommages-intérêts pour le préjudice subi; il relève également le défaut de pouvoir de représentation du défendeur.
Les défenderesses s’opposent aux prétentions du demandeur. Elles concluent principalement au rejet de ses conclusions et à ce qu'il soit condamné à les relever de tout montant qu'elles devraient verser au défendeur; subsidiairement, elles concluent à ce que le défendeur soit condamné à les relever de tout montant qu'elles devraient verser au demandeur. Elles soutiennent que le contrat qui les liait au demandeur ne comprenait que la réalisation du gros-œuvre et non pas les aménagements nécessaires à un practice de golf, que le demandeur était à l'origine de l'apport excédentaire de terre, que le défendeur était l'ayant-droit économique du projet reconnaissable pour des tiers, que le demandeur n'a pas annulé ni contesté la convention du 12 octobre 2006, qu'elles ont correctement exécuté leurs obligations liées à cet accord, que le demandeur ne leur a pas envoyé d'avis des défauts relatif à dite exécution et que le demandeur n'ayant payé aucune facture liée aux travaux, il ne peut se prévaloir d'un quelconque dommage.
Le défendeur s'oppose aux prétentions des défenderesses. Il conclut principalement au rejet des conclusions prises par celles-ci à son encontre, et subsidiairement au versement, par la défenderesse M._, d'un montant de 160'000 francs. Il s'oppose également aux conclusions prises par le demandeur à son encontre. Il soutient qu'il n'est intervenu sur le chantier litigieux qu'exceptionnellement, en cas d'urgence ou en cas d'absence du demandeur, sans être au bénéfice d'une procuration générale, et que l'accord du 12 octobre 2006 visait exclusivement la remise en état du terrain contre paiement d'un forfait afin de respecter les exigences communales.
II.
Le procès ayant été ouvert le 22 avril 2010, soit avant l'entrée en vigueur, le 1
er
janvier 2011, du Code de procédure civile suisse (ci-après CPC;
RS 272), les dispositions de l’ancien droit de procédure civile (art. 404 al. 1 CPC), en particulier du CPC-VD (Code de procédure civile vaudoise du 14 décembre 1966 ; RSV 270.11), sont applicables.
III.
Le demandeur A.Z._ d'une part et les défenderesses M._ et I._ d'autre part ne contestent pas avoir été liées par un contrat d’entreprise dans le cadre de la construction litigieuse. Elles ne s'accordent en revanche pas sur le contenu de celui-ci.
a)
Aux termes de l'art. 363 CO (Code suisse des obligations du 30 mars 1911 ; RS 220), le contrat d’entreprise est un contrat par lequel une des parties (l’entrepreneur) s’oblige à exécuter un ouvrage, moyennant un prix que l’autre partie (le maître) s’engage à lui payer. Il s'agit d'un contrat bilatéral parfait. Lors de la conclusion, les parties s'engagent en effet à exécuter des prestations qui se trouvent dans un rapport d'échange, soit l'exécution d'un ouvrage et le paiement d'un prix (Gauch, Le contrat d'entreprise, adaptation française de Carron, 1999, n. 7). Il est incontestable que le contrat de construction, soit le contrat par lequel une personne s'engage à réaliser une construction immobilière, est un contrat d'entreprise (Tercier/Favre/Carron, Les contrats spéciaux, 4
ème
éd., nn. 4269 et 4271).
b)
Confronté à un litige sur l’interprétation d’une convention, le juge doit tout d’abord s’efforcer de déterminer la commune et réelle intention des parties, sans s’arrêter aux expressions ou dénominations inexactes dont elles ont pu se servir, soit par erreur, soit pour déguiser la nature véritable de la convention (art. 18 al. 1 CO ; TF 4A_567/2013 du 31 mars 2014 consid. 5 ; ATF 135 II 410 consid. 3.2, SJ 2009 I 429 ; ATF 131 III 606 consid. 4.1, rés.
in
JdT 2006 I 16). Un accord peut résulter non seulement de déclarations expresses concordantes, mais aussi d’actes concluants (art. 1 al. 2 CO ; TF 4A_26/2012 du 15 mai 2012 consid. 4.1 ; ATF 128 III 419 consid. 2.2, SJ 2003 I 33).
Si le juge ne parvient pas à établir la commune et réelle intention des parties, il lui incombe d’interpréter leurs déclarations et comportements selon la théorie de la confiance. Il doit rechercher comment une déclaration ou une attitude pouvait être comprise de bonne foi en fonction de l’ensemble des circonstances. Le principe de la confiance permet d’imputer à une partie le sens objectif de sa déclaration ou de son comportement, même si celui-ci ne correspond pas à sa volonté intime (TF 4A_476/2011 du 11 novembre 2011 consid. 3 ; ATF 136 III 186 consid. 3.2.1, SJ 2010 I 317 ; ATF 131 III 606 consid. 4.2, rés.
in
JdT 2006 I 126).
Pour rechercher la volonté subjective des parties, comme pour interpréter une clause contractuelle selon le principe de la confiance, il convient de partir en premier lieu du texte de la clause. Toutefois, même s’il est apparemment clair, le sens d’un texte souscrit par les parties n’est pas forcément déterminant, de sorte que l’interprétation purement littérale est prohibée (art. 18 al. 1 CO). Lorsque la teneur d’une clause contractuelle paraît limpide à première vue, il peut résulter d’autres conditions du contrat, du but poursuivi par les parties ou d’autres circonstances que le texte de cette dernière ne restitue pas exactement le sens de l’accord conclu. Il n’y a cependant pas lieu de s’écarter du sens littéral du texte adopté par les intéressés lorsqu’il n’y a aucune raison sérieuse de penser que celui-ci ne correspond pas à leur volonté (TF 4A_567/2013 du 31 mars 2014, consid. 5 ; TF 4A_26/2012 du 15 mai 2012 consid. 4.1 ; TF 4A_467/2011 du 11 novembre 2011 consid. 3 ; ATF 136 III 186 consid. 3.2.1, SJ 2010 I 317 ; ATF 131 III 606 consid. 4.2, rés.
in
JdT 2006 I 126 ; Winiger, Commentaire romand, CO I, nn. 25 ss ad art. 18 CO).
La jurisprudence et la doctrine ont développé divers moyens complémentaires d’interprétation, définis comme des éléments qui, sur la base des circonstances qui ont entouré la conclusion du contrat, permettent de préciser la volonté des parties (Winiger, op. cit., nn. 32 ss ad art. 18 CO). Ainsi, les déclarations des parties antérieures à la conclusion du contrat, les circonstances ayant précédé ou accompagné la conclusion et la correspondance échangée peuvent fournir des informations sur leur volonté et leurs intentions. Une attitude convergente des parties après la conclusion du contrat peut indiquer l’existence d’un réel consensus, tandis qu’un changement simultané des comportements après la conclusion peut faire apparaître une modification ultérieure du contrat (Winiger, op. cit., n. 34 ad art. 18 CO et les références citées).
c)
La modification contractuelle est une convention conclue par les parties (art. 1 ss CO), qui change un ou plusieurs points réglés dans le contrat initial ou qui ajoute un ou plusieurs nouveaux éléments (Xoudis, Commentaire romand, CO I, n. 2 ad art. 12 CO). Le principe de la liberté contractuelle (art. 19 CO) permet en effet aux parties de modifier en tout temps les termes de leur accord. Si l'art. 19 CO ne règle expressément que la liberté de déterminer l'objet du contrat, il découle du principe même de la liberté contractuelle que celle-ci ne peut se limiter à cette seule question. Elle comprend en réalité tous les éléments qui font que le contrat ou l'absence de contrat, le contenu du contrat, l'annulation et la modification du contrat correspondent à ce que les parties ont véritablement et librement voulu. La modification du contrat par convention des parties signifie qu'un nouveau contrat est conclu: on se trouve face à un nouvel accord, une nouvelle manifestation de volonté concordante des parties (Guillod/Steffen, Commentaire romand, CO I, nn. 27, 29 et 56 ad art. 19-20 CO).
d)
En vertu du principe de la libre appréciation des preuves consacré à l’art. 5 al. 3 CPC-VD, le juge évalue les preuves selon son intime conviction (Hohl, Procédure civile, t. I, n. 1105, p. 213 ; Bettex, L'expertise judiciaire, thèse Lausanne 2006, p. 197). Il soupèse le résultat des différents modes de preuve administrés et décide s'il est intimement convaincu qu’un fait s'est produit - au degré de la certitude ou de la haute vraisemblance - et, partant, s'il peut le retenir comme prouvé (Bosshard, L'appréciation de l'expertise judiciaire par le juge,
in
RSPC 2007, pp. 321 ss, spéc. 324). Le principe de la libre appréciation des preuves signifie aussi qu'il n'y a pas de hiérarchie dans la loi entre les moyens de preuve autorisés, qui sont placés
a priori
sur un pied d'égalité. C'est le degré de conviction du juge, après administration des preuves autorisées, qui doit faire pencher la balance (Schweizer, Code de procédure civile commenté, 2011, n. 19 ad art. 157 CPC).
L'art. 243 CPC-VD pose toutefois une exigence particulière s'agissant de l'expert judiciaire, savoir de l'expert qui est désigné dans le cadre d'une procédure par un tribunal ou un juge disposant d'un pouvoir de puissance publique (Bettex, op. cit., pp. 13 ss). Cette disposition impose au juge de motiver sa décision s'il s'écarte des conclusions de l'expert, donc rejette la preuve. La raison de cette force probante particulière est que la mise en œuvre d'une expertise suppose
a priori
une carence dans les connaissances du tribunal sur des points techniques pertinents. Le tribunal qui ordonne une expertise, avouant par là-même son incompétence relative sur le point considéré, ne peut pas sans autre s'écarter des conclusions de l'expert. S'il le fait, il doit donner dans le jugement les motifs de sa conviction, sous peine de verser dans l'arbitraire, vu son aveu implicite anticipé d'impuissance à résoudre lui-même le problème (Schweizer,
loc. cit
.; Bosshard, op. cit., p. 325). Selon la jurisprudence, il ne saurait en outre, sans motifs déterminants, substituer son appréciation à celle de l'expert (ATF 130 I 337 consid. 5.4.2, JdT 2005 I 95).
e)
En l'espèce, l'offre établie sur papier à en-tête de la société M._ le 8 décembre 2003 et signée par [...] pour celle-ci, a été acceptée par le demandeur. Les ajouts et modifications apportés par ce dernier le 9 décembre 2003 ont, quant à eux, été acceptés par [...] pour la société I._. Les défenderesses ne contestent pas avoir été liées toutes les deux, par leur administrateur commun, à cet accord.
Les parties allèguent qu’il s’agit là du contrat d’entreprise qu’elles ont conclu pour un montant de 66'604 fr. 40 TTC. Ce contrat mentionnait les travaux suivants qui devaient se terminer à la fin du mois de février 2004: installation du chantier, défrichement - broyage - évacuation des végétaux, dessouchage, démontage et évacuation des superstructures, décapage de terre végétale, terrassement et mise en forme de terrains supérieurs y compris talus et réglage des fonds, remblayage et compactage lourd par couche de 50 cm des matériaux de terrains supérieurs (env. 15'000 m3), livraison à pied d’œuvre, remblayage et compactage de matériaux d’apport y compris mise en forme (env. 15'000 m3), transport et mise en place de terre végétale du stock du maître de l’ouvrage (épaisseur moyenne 25 cm), apport à pied d’œuvre et mise en place de terre végétale sur la zone des anciens jeux (épaisseur moyenne 25 cm - env. 2000 m3). Il s'agit bien d'un contrat d'entreprise au sens des art. 363 ss CO, ce qui n'est pas contesté par les parties.
L'expertise judiciaire, dont il n'existe aucun motif de s'écarter, relève que les travaux confiés par le demandeur ne constituaient que des travaux de terrassement, de décapage puis d’épandage de terre végétale, grossièrement, à la pelle mécanique, avec des apports de terres complémentaires. L'expert précise que la terre devait être traitée pour être adaptée à un practice de golf par l'apport de sable notamment, tâche qui est habituellement laissée à un spécialiste en aménagement de terrains de golf et non à un terrassier. En outre, le drainage, l'installation de conduites d'arrosage, l'installation électrique, les plans d'eau, les plantations, les aires d'arrivée et l'éclairage d'un terrain de golf, prestations qui n'étaient pas prévues dans le contrat liant les parties, devaient être installés avant l'étendage de la terre végétale.
Les travaux confiés aux défenderesses, qui ne disposaient que de plans d'enquête et non de plans d'exécution, étaient donc des travaux préparatoires de gros-œuvre de l'aménagement d'un terrain d'entraînement de golf, à savoir des mouvements de terre ainsi que l'apport de terre et de terre végétale, étant précisé que le contrat ne contient pas de prescription particulière liée à la réalisation d'un terrain de golf ni même le mot "golf". Selon l'expert, les travaux d'aménagement d'un practice de golf comprennent, quant à eux, les opérations suivantes: des études d’aménagement par un mandataire ou une entreprise spécialisée, une mise à l’enquête complémentaire, un appel d’offre, des plans d’exécution, des plans de détails, une direction des travaux, l'aménagement des accès, l'aménagement du parking, l'aménagement du restaurant, la création des boxes de départ, des plantations, la pose de filets, la pose de clôtures, le drainage, l'éclairage, la signalisation, l'apport et le traitement de terre végétale, ainsi que l'engazonnement, ce qui n'est pas mentionné dans les contrats de 2003. La demande de permis de construire déposée en l'espèce ne portait d'ailleurs que sur des mouvements de terre et des boxes de départ d’un practice. Ni un golf, ni un hôtel, ni un restaurant, ni un centre de soins n’étaient mis à l’enquête, même si un avant-projet de ces équipements avait été dessiné et que les plans figuraient au dossier. Par ailleurs, il n'est pas établi que les défenderesses aient parlé du projet d'aménagement de la parcelle litigieuse avec le demandeur avant le mois de décembre 2003 et elles n'ont pas reçu notification du permis de construire, ni de ses documents annexes.
Alors que le demandeur conclut notamment à l'exécution par substitution au sens de l'art. 366 al. 2 CO du terrain de golf en raison de l'inexécution de la convention du 9 décembre 2003 par les défenderesses, ceci aux frais et risques de ces dernières, subsidiairement par un tiers aux frais du défendeur B.Z._, les défenderesses soutiennent qu'elles ont correctement exécuté leurs obligations et que l'accord signé le 12 octobre 2006 avec le défendeur a mis fin à leurs relations contractuelles.
IV.
a)
La loi prévoit des situations précises où le maître est en droit de se départir du contrat. Tel est le cas lorsque l'entrepreneur ne commence pas, diffère ou tarde dans l'exécution de l'ouvrage (art. 366 al. 1 CO) ou lorsqu'il est à prévoir que l'ouvrage sera exécuté de façon défectueuse ou contraire à la convention (art. 366 al. 2 CO; Chaix, Commentaire romand, n. 2 ad art. 377 CO). Dans ces cas, le maître doit fixer – ou faire fixer par l’autorité compétente – à l'entrepreneur un délai convenable pour s'exécuter, en application des règles générales sur la demeure (art. 107 al. 1 CO). Il ne peut renoncer à la fixation d'un tel délai que dans les cas prévus par l'art. 108 CO, soit notamment s’il ressort de l’attitude de l'entrepreneur que cette mesure serait sans effet (art. 108 al. 1 CO) ou si un terme fatal a été fixé (art. 108 al. 3 CO) (Chaix, op. cit., n. 15 et 33 ad art. 366 CO). Un droit de résiliation du maître existe également lorsque l'exécution de l'ouvrage est empêchée ou rendue difficile à l'excès par des circonstances extraordinaires (art. 373 al. 2 CO). Si les conditions permettant l'une des formes de résiliation unilatérale ne sont pas réalisées, la résiliation du maître doit être interprétée comme une résiliation selon l'art. 377 CO. Tel est notamment le cas lorsque le maître n’a pas respecté un délai de grâce convenable (Chaix, op. cit., n. 5 ad art. 366 CO). Selon l’art. 377 CO, le maître peut se départir du contrat en manifestant sa volonté à l'entrepreneur, à la seule condition que tous les travaux convenus ne soient pas encore terminés (Chaix, op. cit., nn. 4 et 5 ad art. 377 CO).
L'art. 366 al. 1 CO règle le retard dans l'exécution de l'ouvrage, alors que le retard dans la livraison est réglé par les art. 102 ss CO. Un retard dans l'exécution ne suppose pas une faute de l'entrepreneur; en revanche, quelle que soit l'hypothèse de retard, il faut que le maître soit exempt de faute s'il veut pouvoir se prévaloir de la résiliation anticipée de l'art. 366 CO. Par faute, on entend toute circonstance provenant des risques du maître et entraînant un retard dans l'exécution des travaux. Une faute proprement dite du maître n'est toutefois pas nécessaire (Chaix, op. cit., nn. 12-13 ad art. 366 CO). En application des règles générales sur la demeure, même en cas d'application de l'art. 366 CO – donc qu’il s’agisse d’un retard dans l’exécution ou dans la livraison de l’ouvrage –, le maître doit fixer à l'entrepreneur un délai de grâce de l'art. 107 al. 1 CO avant d'exercer son droit de résolution. A l'échéance de ce délai, si l'entrepreneur ne s'est pas exécuté, le maître peut alors se départir du contrat. Comme déjà dit, lorsque le maître omet de fixer ce délai de grâce, la déclaration de résiliation produit ses effets conformément à l'art. 377 CO (ATF 98 II 113, JT 1973 I 172; Chaix, op. cit., n. 5 ad art. 366 CO).
b)
En l’espèce, le 5 août 2003, le demandeur a déposé auprès de la Commune de [...] un plan d’enquête dont l’objet était ainsi libellé : « Mouvements de terre, construction d’un "green" d’entraînement de golf, constructions de boxes de départ ». Auparavant, il avait obtenu des informations sur les données géologiques du site selon lesquelles le terrain était stable mais sensible et qu'il fallait tenir compte des contraintes du lieu pour réaliser des travaux, en particulier respecter les niveaux et les courbes naturelles du terrain. Le 10 octobre 2003, le demandeur a obtenu un permis de construire intitulé « transformation - mouvements de terre, construction d’un "green" d’entraînement de golf - constructions de boxes de départ ». Ce permis renvoyait à divers documents qui mentionnaient notamment qu'aucune charge nouvelle ne devrait être placée sur le haut des talus des places de sports, côté ruisseau, et indiquait qu'aucune modification dans l'exécution des travaux ne pourrait être apportée sans l'autorisation préalable de la municipalité. Comme vu plus haut, les 8 et 9 décembre 2003, les parties ont conclu un contrat d’entreprise pour un montant de 66'604 fr. 40 TTC, pour des travaux préparatoires de gros-œuvre d'aménagement d'un terrain d'entraînement de golf.
Les travaux ont débuté à la fin de l'année 2003 mais n'étaient pas terminés à la fin du mois de février 2004. Alors que 15'000 m3 de terre de remblayage et 2'000 m3 de terre végétale devaient être amenés sur le chantier pour la création du terrain vallonné, 31'450 m3 de terre de remblayage ont été apportés en plus de ce qui était prévu dans le projet. Il ressort de l'instruction que le demandeur, maître de l'ouvrage et directeur des travaux, était régulièrement présent sur le chantier, et que cet apport de terre est le résultat d'une entente entre les parties. En effet, alors que le demandeur ne s'est, dans un premier temps, inquiété que des délais de fin des travaux, ce n'est que le 15 mars 2004 qu'il a indiqué aux défenderesses que trop de terres avaient été amenées, puis qu'il leur a proposé un rendez-vous sur place le 17 mars 2004 afin notamment de décider s'il fallait amener plus de terre sur le chantier. Le lendemain, il a confirmé aux défenderesses qu'il fallait que la surface de jeu soit la plus grande possible. Le demandeur a donc modifié les termes du contrat des 8 et 9 décembre 2003 en exigeant un apport de terre supplémentaire. La preuve en est que le 22 mars 2004, les défenderesses lui ont soumis une nouvelle offre avec une estimation de 20'000 à 25'000 m3 de terre à mettre en place, ceci pour un montant de 250'170 francs. On ne voit pas pour quelle raison les défenderesses auraient procédé à l'établissement d'une telle offre si ce n'est pour répondre aux instructions du demandeur qui voulait adapter les termes du contrat initialement conclu en fonction de ses souhaits sur le chantier et leur confier également les travaux de réglage, de mise en forme, d'engazonnement ainsi que la première coupe. En outre, le courrier du demandeur du 25 mars 2004 mentionnait seulement le fait que les apports de terre n'étaient pas respectés, ce qui ne permet pas de comprendre s'il s'est alors plaint auprès des défenderesses du fait qu'il y avait un excédent de terre ou un déficit en fonction de ses dernières demandes. Le demandeur a par ailleurs admis, devant le préfet, qu'il avait outrepassé les décisions de la municipalité s'agissant de l'apport de matériaux terreux. Il est avéré qu'il avait l'intention de prévoir des niveaux différents de terrain, mais qu'il ne s'est pas rendu compte de l'ampleur du problème, n'étant pas connaisseur en la matière.
Il est constant qu'en raison des terres amenées sur le site, l'altimétrie a été modifiée vers le haut et que le demandeur a dû requérir l'autorisation de la commune de construire une butte avec cette terre. Il importe peu de savoir si cette butte avait été imaginée initialement par le demandeur ou si l'objectif de ce dernier était d'utiliser la terre excédentaire sur le terrain, puisque, dans tous les cas, il ressort de l'instruction que l'apport de ce surplus de matériaux a été décidé par le demandeur et que l'autorisation correspondante a été refusée par la commune qui l'a invité à remettre le chantier en état, soit en conformité avec le permis délivré. Par ailleurs, le demandeur n'a pas pu ne pas remarquer l'arrivée de files de camions qui ont déposé 31'450 m3 de terres supplémentaires, puisqu'il était souvent sur le terrain et "très attentif à l’emplacement des caractéristiques particulières d’un terrain de golf".
L'opération de remise en état ordonnée par la commune a toutefois dû être différée du fait de l'interdiction de procéder à des travaux à la suite des ruptures des conduites d'eau qui ont eu lieu sur le terrain au début de mois d'avril 2004, soit hors la volonté des défenderesses. Les défenderesses n'ont ainsi, dans un premier temps, pas poursuivi leur travail, puisque la commune avait interdit toute activité sur le chantier dès le 13 avril 2004. Elles ont toutefois ensuite réalisé un sondage pour dégager la conduite et contacté un géotechnicien afin de trouver une solution pour le surplus des matériaux sur le terrain, évaluer l’influence des remblais complémentaires sur la stabilité du terrain et définir les mesures ou possibilités permettant de rétablir une stabilité suffisante. Quant au demandeur, ce n'est que dans le courant du mois de juillet 2004 qu'il a confié la direction des travaux à la société H._ Parcs et Jardins SA, spécialiste en matière de construction de golfs, afin de trouver une solution et d'obtenir l’autorisation de reprendre les travaux. C'est ainsi que le 12 août 2004, la Commune de [...] a fait connaître les conditions auxquelles les travaux pouvaient être repris, soit notamment après avoir obtenu une reconnaissance totale de responsabilité du demandeur, le paiement d'une indemnité de sa part et la production des contrats de mandat et d'entreprise conclus. Alors que les défenderesses ont mis leur matériel de terrassement et de modelage à disposition du demandeur durant l'automne 2004, le différend persistait entre ce dernier et la commune. Finalement, le 2 mai 2006, la Municipalité de [...] a décidé d'autoriser la reprise des travaux, respectivement de procéder à la mise en conformité des lieux, selon les plans établis par un géomètre officiel, à la condition notamment que les travaux soient effectués dans un délai au 31 juillet 2006, prolongé au 31 août 2006. Dans ce contexte, la société M._ a adressé au demandeur, le 24 août 2006, une offre intitulée "devis estimatif – offre pour mise en conformité selon votre demande", qui comprenait l'installation et le repli, le terrassement, l'évacuation et la mise en place de terre végétale pour un montant de 358'545 fr. 25 TTC. Le demandeur a refusé cette offre en précisant qu'il n'entrerait pas en matière sur des travaux tant que les 12'000 m3 de terre déposée "illégalement" ne seraient pas évacués.
Au vu de ce qui précède, il apparaît que les défenderesses ont exécuté leurs obligations contractuelles résultant de l'accord du mois de décembre 2003 et des instructions subséquentes du demandeur quant à l'apport de terres supplémentaires. Il n'y a dès lors pas de place pour une exécution par substitution ou des prétentions en dommages et intérêts dans le cadre de l'exécution des accords passés directement entre le demandeur A.Z._ et les défenderesses M._ et I._, sous réserve de ce qui sera exposé ci-dessous (consid. V).
V.
a)
Les défenderesses soutiennent que le défendeur aurait représenté le demandeur et que c'est en cette qualité qu'il aurait signé le 12 octobre 2006 une convention portant sur les travaux requis par la commune et par laquelle il aurait confirmé n'avoir plus aucune prétention de quelque nature que ce soit à faire valoir à leur encontre s'agissant du chantier litigieux. C'est également en raison de l'accord passé le 12 octobre 2006 que le demandeur a formulé des prétentions à l'encontre du défendeur B.Z._. Il convient dès lors d'examiner quelles obligations découlent de cet accord pour chacune des parties.
b)
Pour que le représenté soit lié par un acte accompli en son nom, il doit avoir conféré au représentant le pouvoir de l’engager. L’octroi des pouvoirs peut intervenir de manière expresse ou par actes concluants. Dans le second cas, il y a lieu de recourir au principe de la confiance pour déterminer si des pouvoirs ont été accordés au représentant et qu’elle en est l’étendue. L’application du principe de la confiance peut avoir pour conséquence que des pouvoirs sont conférés alors même que le représenté s’est mal exprimé, n’a pas voulu accorder des pouvoirs de représentation ou n’en a pas eu conscience. Pour qu’une telle manifestation puisse être imputée au représenté, il faut qu’il ait pu se rendre compte du sens qui pouvait être attribué à son comportement par le représentant sur la base des circonstances que le représenté connaissait ou devait connaître. L’imputation d’une manifestation de volonté fondée sur des actes concluants ne doit pas être admise trop facilement. L’interprétation doit se faire du point de vue du représenté (Chappuis, Commentaire romand I, nn. 10-11 ad art. 33 CO et les références citées).
Si l’examen des rapports internes entre le représenté et le représentant révèle que le premier n’a conféré aucun pouvoir au second, ni expressément ni par actes concluants, ou que les pouvoirs effectivement conférés ne couvrent pas l’acte accompli, une éventuelle protection du tiers de bonne foi entre en considération (art. 33 al. 2 CO). Deux conditions sont nécessaires : une communication des pouvoirs par le représenté au tiers et la bonne foi de ce tiers. Si celui-ci s’est fié à la communication et que, partant, il est en droit d’admettre que le représenté est engagé, sa bonne foi guérit le vice résultant du fait que les pouvoirs ne couvrent pas l’acte accompli (Chappuis, op. cit., n. 19 ad art. 33 CO et les références citées). La communication des pouvoirs au tiers peut intervenir de manière expresse ou par actes concluants. Elle prend la forme concluante lorsque la volonté de faire connaître les pouvoirs peut être déduite du comportement du représenté, conformément au principe de la confiance. Il n’est pas nécessaire que le représenté ait conscience de faire une telle communication. Celle-ci peut consister en un comportement passif du représenté pour autant que le tiers puisse se fonder sur des circonstances objectives suffisantes lui permettant d’admettre l’existence de pouvoirs. L’examen des pouvoirs de représentation en termes de communication par le représenté et de protection du tiers n’intervient que si les pouvoirs n’ont effectivement pas été octroyés dans les rapports internes (Chappuis, op. cit., nn. 19-20 ad art. 33 CO et les références citées). La bonne foi du tiers est présumée. Le tiers ne peut cependant se prévaloir de sa bonne foi lorsqu’il croit à l’existence de pouvoirs parce qu’il n’a pas fait preuve de l’attention que les circonstances permettaient d’exiger de lui (Chappuis, op. cit.,
n. 26 ad art. 33 CO).
c)
En l'espèce, le défendeur a agi à plusieurs reprises en tant que représentant du demandeur dans la présente affaire. Il est apparu la première fois au mois d'avril 2004. Il a alors représenté le demandeur qui se trouvait à l'étranger, dans le cadre des discussions avec la commune à la suite de la rupture de la première conduite d'eau et a mandaté la société [...] dans ce contexte. C'est la raison pour laquelle, lorsque la seconde conduite d'eau a cédé le 19 avril 2004, la commune en a directement informé le défendeur. Cette dernière a par ailleurs confirmé que le défendeur était présent lors de ces évènements dommageables et que c'est lui qui a donné ordre à une entreprise de réparer les dégâts survenus. [...] a également informé le demandeur le 17 mai 2004 du fait que le défendeur était intervenu dès l'apparition des problèmes sur le chantier.
Alors que le demandeur conteste les pouvoirs de représentation du défendeur, il admet toutefois l'existence d'une procuration en faveur de ce dernier, puisqu'il allègue que le 11 mai 2004, il a annoncé au notaire vouloir annuler la procuration établie en faveur de son père. En outre, le 12 mai 2004, il s'est référé à une séance du 7 mai 2004 qui s'est tenue notamment en présence du défendeur et à un entretien que ce dernier a eu avec [...] le jour-même, soit le 12 mai 2004. Dans ce même courrier, le demandeur a confirmé l'adjudication par le défendeur aux défenderesses d'un autre chantier à Bussigny. Il apparaît donc que le demandeur a non seulement admis l'intervention du défendeur dans le cadre du chantier litigieux, mais qu'il l'a en outre laissé s'impliquer au-delà de simples transmissions de ses instructions. Cela est confirmé par les témoignages entendus en cours d'instruction selon lesquels le défendeur est intervenu à plusieurs reprises pour aider le demandeur, à sa requête. En outre, il ressort de l'expertise que le défendeur a payé des factures relatives au chantier litigieux pour un montant de 480'000 fr. (frais d'études, de direction des travaux, d'avocats, de géomètre, de réparation et d'entretien), dont un montant de 160'000 fr. pour les frais de remise en état du terrain par les défenderesses. Il a également pu arriver, par exemple dans l'urgence, que des décisions soient prises avant que le demandeur n'en soit informé. S'il ressort de l'état de fait que le demandeur avait signifié initialement au défendeur et à ses interlocuteurs que toute offre devait être soumise à sa propre signature, il apparaît qu'il n'a par la suite pas protesté auprès du défendeur ou des tiers lorsque celui-ci, par courrier du 4 octobre 2004, a informé la commune, avec copie notamment à [...] et au conseil du demandeur, qu'à l'avenir, il s'occuperait de la coordination et de la poursuite des travaux et qu'il a prié la commune de lui envoyer toutes correspondances et informations. Il a même remis une procuration au défendeur pour le représenter le 31 janvier 2006 à une audience tenue par le Tribunal administratif du Canton de Vaud lors de laquelle le défendeur a expliqué qu'il représentait le demandeur, alors malade, "à la fois dans le cadre de l'audience et dans ses relations avec l'autorité communale pour les travaux de remise en état du terrain". [...] était alors présent. Il n'est pas établi que le demandeur ait révoqué les pouvoirs de représentation ainsi confiés au défendeur, ni qu'il ait fait connaître une telle révocation aux défenderesses, voire à d'autres interlocuteurs. Il ressort de l'instruction que le bureau d'ingénieurs Karakas & Français SA s'adressait par exemple également directement au défendeur.
C'est ainsi dans ce contexte que le défendeur a conclu un accord avec [...] le 12 octobre 2006 relatif aux travaux de mise en conformité du terrain requis par la commune. Cet accord prévoyait que ces travaux seraient exécutés notamment contre le versement d'un montant de 160'000 fr. pour solde de tout compte et de toute prétention (dédommagements exigés par la commune ou autres ayant-droits, voire participation aux frais directs ou indirects) dans l'affaire litigieuse. Selon l'expert, le défendeur a négocié le montant précité avec les défenderesses alors que les offres de remise en état du terrain variaient entre 358'000 et
888'000 francs. Il ressort de l'instruction que les défenderesses avaient proposé les mêmes termes de cet accord au demandeur le 29 août 2006, accord que ce dernier avait dans un premier temps refusé le 1
er
septembre 2006. Toutefois, au vu des développements qui suivent, il s'avère que la convention ainsi conclue entre les défenderesses et le défendeur a valablement engagé ce dernier. Le défendeur a versé le montant de 160'000 fr. aux défenderesses et celles-ci ont exécuté les travaux tels que prévus le 12 octobre 2006. Il n'est pas établi que le demandeur ait prétendu que l'accord n'était pas valable ou qu'il l'ait dénoncé, par exemple lorsqu'il a reçu en copie des courriers adressés aux défenderesses par le défendeur qui s'y référait. Il ressort en revanche de l'instruction que le demandeur a assisté à plusieurs réunions sur le chantier en présence du défendeur au mois de novembre 2006, notamment les 6 et 9 novembre 2006, soit après la signature de la transaction qu'il n'a alors pas remise en cause. Il a en outre informé le Tribunal administratif du Canton de Vaud par courrier commun écrit avec le défendeur le 10 octobre 2007 du fait que les travaux de remise en état étaient sur le point de se terminer, et le
15 février 2008, la commune et le demandeur ont constaté de concert que les travaux de remise en état avaient été correctement exécutés.
Au vu de ce qui précède, le demandeur était valablement représenté par le défendeur dès le 5 avril 2004, ce que son comportement ultérieur a confirmé à de nombreuses reprises. En effet, par sa participation active, notamment sur le chantier, après la signature de la convention, il a ratifié cet accord. Les tiers pouvaient inférer des circonstances que le défendeur agissait au nom du demandeur qui était d'accord. Les défenderesses étaient donc légitimées à reconnaître la qualité de représentant du défendeur et le demandeur s'est trouvé lié par l'accord conclu le 12 octobre 2006 entre le défendeur et les défenderesses, accord qu'il n'a par ailleurs jamais contesté.
En exécution de cet accord, les défenderesses ont remis les lieux en état, c'est-à-dire conformément au permis de construire. Dans la mesure où l'accord avait été stipulé "pour solde de tout compte et de toute prétention" en précisant qu'il s'agissait des éventuels dédommagements exigés par la commune ou autres ayant-droits, voire d'une éventuelle participation aux frais directs ou indirects liés au chantier litigieux, le demandeur n'est pas fondé à faire valoir une quelconque prétention autre qu'un éventuel dommage qui serait dû à une exécution défectueuse de cette convention. Or, cela n'est pas le cas non plus, puisque les défenderesses ont correctement exécuté les obligations qui découlaient de l'accord du 12 octobre 2006, ce que le demandeur a constaté le 15 février 2008. Cette appréciation a également été partagée par le SESA qui a mentionné le 17 octobre 2017 que la remise en état du terrain pouvait être considérée comme acceptable et qui a clos le dossier le 11 juillet 2008. Il convient de relever que l'avis des défauts envoyé le
11 décembre 2007 par le demandeur aux défenderesses se réfère exclusivement aux exigences de l'Inspection des forêts du 21 novembre 2007, mais que ce service s'est déclaré satisfait par les travaux de remise en état de la parcelle litigieuse et a également clos le dossier correspondant au mois d'août 2008.
Au surplus, les exigences ultérieures du demandeur relatives à la plantation d'arbres, l'engazonnement, la réparation des luminaires et de l'électricité, le dégagement des conduites d'eau, et le repérage des chambres de drainage, ne font pas partie d'un quelconque accord conclu avec le demandeur ou son représentant, puisque la convention du mois de décembre 2003 prévoyait des travaux de gros œuvre, que l'offre du 24 août 2006 a été refusée par le demandeur et que l'accord du 12 octobre 2006 ne stipulait pas de telles opérations. Il n'y a donc pas lieu d'examiner si les défenderesses ont exécuté des obligations contractuelles correspondantes, ni
a fortiori
si elles les ont exécutées correctement. Le fait que l'état de la parcelle concernée n'est pas encore conforme à la réalisation d'un golf n'a pas non plus de conséquences pour les défenderesses, dès lors qu'il n'était pas prévu qu'elles procèdent à la réalisation proprement dite d'un practice de golf, pour lequel le demandeur n'avait par ailleurs pas obtenu de permis de construire de la commune qui lui a seulement octroyé un permis portant sur des mouvements de terre et des boxes de départ d'un practice. Quant aux reproches du demandeur relatifs au défrichement, broyage et évacuation des végétaux, dessouchage, compactage, modification de la qualité de la terre pour l'engazonnement (opérations qui ressortent de la convention initiale conclue par les parties au mois de décembre 2003), à la disposition de la terre et au remplacement d'un cône dans une chambre d'eau claire (travaux prévus par les parties lors de la réunion du 9 novembre 2006), on peut déduire de la constatation du demandeur du 15 février 2008 relative à l'exécution correcte des travaux de remise en état de la parcelle que le travail correspondant des défenderesses est conforme au permis de construire et a été correctement exécuté. Il en est de même des divers réparations et nettoyages requis par le demandeur après la séance du 9 novembre 2006 et qui ont fait l'objet de reproches du demandeur aux défenderesses à la fin de l'année 2007, soit avant le 15 février 2008. Dans tous les cas, comme le relève l'expertise, les réparations des tuyaux d'eaux, des câbles électriques et des câbles de téléphone ont été effectuées, ceci aux frais du défendeur. Il n'y a donc pas lieu d'examiner l'éventuel préjudice prétendument subi par le demandeur, puisque ce dernier n'a pas réussi à démontrer en amont qu'il y a eu mauvaise exécution de leurs obligations contractuelles par les défenderesses.
Ainsi, les conclusions prises par le demandeur au pied de sa demande et de sa réplique – qui concernent par ailleurs l'exécution par substitution d'un "golf" alors que les accords litigieux qui liaient les parties concernaient des actes préparatoires de gros-œuvre puis la remise en état du chantier, et non pas la réalisation d'un golf – doivent être rejetées. Il en est de même de la conclusion prise par le défendeur à l'encontre des défenderesses, puisque les termes de l'accord conclu le 12 octobre 2006 ont été respectés par ces dernières, et des conclusions prises par le demandeur contre le défendeur B.Z._, dès lors qu'il a ratifié les engagements pris par celui-ci. Par voie de conséquence, les conclusions prises par les défenderesses à l'encontre du demandeur et du défendeur doivent également être rejetées.
VI.
a)
Selon l'art. 92 al. 1 CPC-VD, des dépens sont alloués à la partie qui obtient gain de cause. Ceux-ci comprennent principalement les frais de justice payés par la partie, les honoraires et les débours de son avocat (art. 91 let. a et c CPC-VD). Les frais de justice englobent l'émolument de justice, ainsi que les frais de mesures probatoires. Les honoraires d'avocat sont fixés selon le tarif des honoraires d'avocat dus à titre de dépens du 17 juin 1986 (RSV 177.11.3). Les débours ont trait au paiement d'une somme d'argent précise pour une opération déterminée.
A l'issue d'un litige, le juge doit rechercher lequel des plaideurs gagne le procès et lui allouer une certaine somme en remboursement de ses frais, à la charge du plaideur perdant. Lorsque aucune des parties n'obtient entièrement gain de cause, le juge peut réduire les dépens ou les compenser (art. 92 al. 2 CPC-VD).
b)
En l’espèce, obtenant gain de cause, les défenderesses M._ et I._, solidairement entre elles, ont droit à des dépens, à la charge du demandeur A.Z._, qu'il convient d'arrêter à 30'640 fr., savoir :
a)
20'000
fr.
à titre de participation aux honoraires de leur conseil et pour les débours de celui‐ci;
b)
10'640
fr.
en remboursement de leur coupon de justice.
Quant au défendeur B.Z._, obtenant partiellement gain de cause, il a droit à des dépens, à la charge du demandeur A.Z._, qu'il convient d'arrêter à 26'192 fr., savoir:
a)
20'000
fr.
à titre de participation aux honoraires de son conseil et pour les débours de celui‐ci;
b)
6'192
fr.
en remboursement de son coupon de justice.