Decision ID: f5f9b6b7-52a5-54a5-9ace-b2e348cf2775
Year: 2018
Language: fr
Court: FR_TC
Chamber: FR_TC_004
Canton: FR
Region: Espace_Mittelland
Law Area: civil_law

considérant en fait
A. A._ et B._ sont les parents de C._, né en 2005, et de D._, née en 2009, atteinte de diabète. Ils ont vécu en concubinage pendant 15 ans et n’ont jamais été mariés. Ils exercent l’autorité parentale conjointement sur leurs enfants. En 2009, ils ont conclu, en cas de séparation, une convention d’entretien en faveur de leurs enfants, approuvée par la Justice de paix, prévoyant en particulier que l’autorité parentale sur C._ et D._ est attribuée conjointement aux parents et qu’en cas de dissolution du ménage commun, leur garde serait attribuée à leur mère, le père bénéficiant d’un droit de visite fixé par les parents, lequel, en cas de désaccord, s’exercerait le 1er et le 3ème weekend de chaque mois, du samedi matin au dimanche soir, et durant deux semaines de vacances par an. A._ a quitté le domicile le 1er janvier 2016.
B. Par courrier du 11 mai 2016, A._ a informé la Justice de paix de l’arrondissement de la Sarine (ci-après: la Justice de paix) qu’il rencontrait des problèmes dans l’exercice de son droit de visite et a demandé à obtenir la garde partagée sur ses enfants C._ et D._.
B._ et A._ ont été entendus par la Justice de paix le 7 juin 2016. Il ressort de leurs déclarations que les enfants vivent à E._ chez leur mère, infirmière à 70% à F._, et le nouveau compagnon de celle-ci. B._ quitte le domicile vers 6.30-35 heures lorsqu’elle travaille de jour. Les soins à domicile arrivent à 7.00 heures pour prodiguer les soins à D._. Pendant le laps de temps où les enfants sont seuls, elle a déclaré qu’un téléphone mobile était à leur disposition en cas de problème. Quant à A._, il a indiqué habiter, provisoirement, dans un appartement de 2 1⁄2 pièces à G._ et il travaille à 100% en tant qu’enseignant à H._ de I._. Il a en outre déclaré exercer son droit de visite un week-end sur deux du vendredi soir au dimanche soir ainsi qu’une nuit par semaine lorsque B._ travaille deux jours de suite.
Par courriel du 16 novembre 2016, B._ a fait état à la Justice de paix de diverses difficultés qu’elle rencontre dans la relation avec A._. Le 22 novembre 2016, la Justice de paix a entendu A._ et B._. Durant la séance, B._ a indiqué ne pas être favorable à une garde alternée en raison, d’une part, du domicile de A._, qu’elle considère comme étant trop exigu et, d’autre part, car le système actuel satisfait les enfants.
En date du 15 décembre 2016, A._ a, par courriel, informé la Justice de paix que les soins à domicile n’étaient pas venus à plusieurs reprises pour s’occuper de D._ en l’absence de B._ et que le nouveau compagnon de B._ n’était pas formé et compétent pour traiter les différents aspects du diabète de sa fille. Par un second courriel du même jour, A._ a formulé une demande d’élargissement du droit de visite dans la mesure où il souhaite que ses enfants dorment chez lui la veille des jours où B._ travaille.
Par courrier du 10 janvier 2017, B._ a indiqué qu’elle estime qu’un élargissement du droit de visite n’est pas une bonne solution. Selon elle, l’exercice du droit de visite tel qu’il est convenu actuellement fonctionne et convient aux enfants. Elle relève qu’une modification engendrerait une organisation supplémentaire. En effet, A._ travaille également le matin et les enfants devraient ainsi être pris en charge par une tierce personne. Elle a indiqué que les enfants mettent leur réveil à 6.50 heures afin d’être prêts lorsque les soins à domicile arrivent à 7.00 heures. En cas de retard du personnel des soins à domicile, B._ a fait savoir qu’elle était joignable par téléphone et que désormais D._ est capable de gérer ses glycémies et injections
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seule. Enfin, elle a déclaré que sa mère, qui habite juste en-dessus, sait également changer la pompe à insuline et que son compagnon a suivi une formation relative au diabète de D._ et est maintenant capable de gérer les éventuels problèmes liés au diabète.
Le 1er février 2017, A._ a confirmé sa demande d’élargissement du droit de visite. En outre, il a indiqué qu’une telle modification n’engendrerait pas d’organisation supplémentaire et qu’il serait en mesure d’amener les enfants à l’école.
C. Par décision du 7 mars 2017, la Justice de paix a rejeté la demande de A._ relative à l’élargissement du droit de visite et a maintenu les modalités actuelles. A l’appui de sa décision, elle a indiqué que l’organisation actuellement mise en place par B._ pour la prise en charge de ses enfants, notamment lorsque cette dernière part travailler le matin et la prise en charge de D._ par les soins à domicile, est suffisante et répond aux intérêts des enfants. La situation des parents n’a également pas changé de manière telle qu’elle imposerait une modification de la réglementation du droit de visite actuelle.
Par acte du 27 mars 2017, A._ a interjeté recours contre cette décision, lequel a été rejeté dans la mesure où il est recevable par la Cour de protection de l’enfant et de l’adulte, par arrêt du 20 juin 2017. La Cour a considéré que la motivation de la Justice de paix ne prêtait pas le flanc à la critique, tout en précisant que la maman de B._, habitant à proximité, est en mesure d’intervenir rapidement en cas de problèmes, que B._ est joignable sur son téléphone mobile et est en mesure de se rendre à son domicile depuis son travail dans un laps de temps relativement court en cas d’urgence, que A._ ne prétend pas que sa fille serait concrètement en danger et qu’il ne nie pas qu’il y a « du monde » autour d’elle et n’a pas contesté l’affirmation de la mère selon laquelle D._ peut rester sans insuline jusqu’à 2 heures, étant précisé qu’elle est âgée de 8 ans et est donc sortie de la petite enfance. Au surplus, la Cour a constaté que le droit de visite actuel correspond, dans les faits, à une quasi garde alternée, ce qui ne signifie pas forcément un partage à 50 %.
D. Par courriel du 9 juin 2017, A._ a réitéré sa requête de garde partagée.
Le 10 octobre 2017, les parties ont comparu devant la Justice de paix. A cette occasion, A._ a indiqué que le projet de l’agrandissement de la maison familiale n’a pas encore été mis à l’enquête et que la banque doit encore se positionner. Son futur appartement serait composé de trois chambres à coucher. Il a relevé qu’il n’y a pas eu de changement au niveau du droit de visite. Il a maintenu sa demande de garde alternée. Il a indiqué souhaiter un partage du temps équitable entre les deux parents mais n’a pas encore réfléchi aux modalités de cette garde partagée. Dans son appartement actuel, il va séparer la chambre des enfants de sorte qu’ils aient leur espace propre. Dès la semaine prochaine, ils auront chacun leur lit. Quant à lui, il dort sur le canapé-lit au salon dans lequel il a installé un paravent. Il pourrait avoir le soutien de ses parents pour prendre les enfants en charge durant la semaine et pourrait demander une adaptation de ses horaires de travail à son employeur. Il a également relevé qu’il n’avait quasiment pas de communication avec B._, à part pour les enfants. B._ a quant à elle indiqué qu’elle travaille toujours à F._ et a fait une demande pour augmenter son taux de travail à 80%. Si elle obtient ce nouveau pourcentage de travail, elle devra probablement travailler deux weekends par mois et s’arrangera pour qu’il s’agisse des weekends de droit de visite du père. De 7.30 à 7.55 heures, D._ va chez ses parents. Elle part de la maison en même temps que C._. Ce dernier part en bus et D._ prend le bus à 8.10 heures pour aller à l’école à J._. Elle contrôle sa glycémie par elle-même sous supervision de son frère. Les infirmières viennent à 7 heures et repartent à 7.30 heures après avoir fait le contrôle. Les enfants mangent chez ses parents le lundi midi si elle travaille, le mardi chez sa sœur, le jeudi à l’accueil et
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le vendredi chez ses ex-beaux-parents. Elle ne travaille pas tous les jours et son horaire est fixé de mois en mois. Elle transmet ses horaires à A._, soit les jours du mois où les enfants sont chez lui, et l’appelle si un changement doit être fait. A._ a relevé qu’il a beaucoup de disponibilités et trouve qu’il serait bien qu’il puisse s’occuper de ses enfants à la place d’autres personnes, hormis les grands-parents. B._ a toutefois indiqué que la garde alternée ne l’arrange pas en raison de son horaire de travail qui varie chaque semaine. Il ne lui est pas possible de changer ses horaires et cela impliquerait qu’elle ne verrait plus beaucoup ses enfants. Selon elle, le système mis en place convient aux enfants et ils ne souhaitent pas en changer. A._ a quant à lui relevé qu’il ne voyait pas d’empêchement majeur à un système de garde alternée qui serait mis en place en fonction de l’horaire de travail de B._.
La Juge de paix a entendu C._ et D._ dans son bureau le 30 octobre 2017. Les enfants se sont exprimés avec aisance et franchise sur leur quotidien, leurs loisirs et leurs rapports avec chaque parent ainsi qu’avec les amis/partenaires de ces derniers. C._ a indiqué qu’il ne souhaite pas de changement dans l’organisation du droit de visite. Le système actuel le satisfait. Il désire également que son père ne lui pose plus de questions sur l’ami de sa mère, que son père l’appelle un jour sur deux ou trois mais pas tous les jours. D._ a également indiqué que le système des visites tel que prévu actuellement lui convient bien.
Par courriel du 27 novembre 2017, A._ a rappelé qu’il habite dans la même commune que ses enfants, à 5 minutes à pieds de H._ de G._, et que les transports publics permettent une desserte adéquate afin que D._ se rende à l’école. Ses horaires de travail lui permettent en outre de s’occuper de ses enfants lorsque leur mère travaille. D’autre part, il a indiqué que l’agrandissement de la maison familiale va pouvoir débuter, le financement ayant été accepté par la banque.
E. Par décision du 10 janvier 2018, la Justice de paix a rejeté la requête de garde alternée de A._ et a maintenu le système actuel au motif qu’il répond entièrement aux besoins des enfants qui ne souhaitent nullement une modification, laquelle entrainerait une organisation chaotique pour ceux-ci qui en seraient déstabilisés.
F. Par courrier du 5 mars 2018, A._ a interjeté recours contre cette décision, concluant à sa réformation en ce sens qu’une garde alternée entre les parents soit prononcée.
G. Invitée à se déterminer sur le recours, la Juge de paix de l’arrondissement de la Sarine a indiqué qu’il ne suscitait pas d’observations.

en droit
1.
1.1 Les dispositions de la procédure devant l’autorité de protection de l’adulte sont applicables par analogie aux procédures relatives aux enfants devant les autorités de protection (art. 314 CC), de sorte que la procédure de recours est régie par les art. 450 à 450e CC. Les décisions de la Justice de paix peuvent dès lors faire l’objet d’un recours auprès de la Cour de protection de l’enfant et de l’adulte du Tribunal cantonal (art. 450 al. 1 CC, art. 8 de la loi du 15 juin 2010 concernant la protection de l’enfant et de l’adulte [LPEA], art. 14 al. 1 let. c du Règlement du Tribunal cantonal du 22 novembre 2012 précisant son organisation et son fonctionnement [RTC]).
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