Decision ID: 65afd92d-d4f0-410f-af19-1b91bc9b86c1
Year: 2015
Language: fr
Court: VD_TC
Chamber: VD_TC_031
Canton: VD
Region: Région lémanique
Law Area: public_law

Vu les faits suivants
A. A. X._ est active depuis une quinzaine d'années dans les massages sportifs et relaxants. Elle exerce cette activité à son domicile, à 1********.
B. Dans le courant du mois de décembre 2014, la Municipalité de Froideville (ci-après: la municipalité) a adressé à A. X._ une facture de 97 fr. 20, correspondant à la taxe forfaitaire "entreprise" 2014 pour la gestion des déchets.
Le 22 décembre 2014, A. X._ a contesté cette facture, en faisant valoir que son activité ne générait aucun déchet.
Par décision du 10 juin 2015, la Commission de recours en matière d'impôts de la Commune de Froideville (ci-après: la commission de recours) a rejeté le recours déposé par A. X._.
C. Le 23 juin 2015, A. X._ a recouru devant la Cour de droit administratif et public du Tribunal cantonal (CDAP) contre cette décision. Elle se plaint notamment du fait qu'elle n'a pas été auditionnée par la commission de recours.
Le 30 juin 2015, la commission de recours et la municipalité ont produit leurs dossiers. La commission de recours a confirmé n'avoir pas entendu la recourante, relevant qu'elle était suffisamment renseignée sur la base des explications ressortant de l'acte de recours.
La recourante s'est encore exprimée dans une écriture du 10 juillet 2015.
La cour a statué sans autre mesure d'instruction, selon la procédure simplifiée de l'art. 82 de la loi vaudoise du 28 octobre 2008 sur la procédure administrative (LPA-VD; RSV 173.36).

Considérant en droit
1. Déposé dans le délai de trente jours fixé par l’art. 95 de la loi vaudoise du 28 octobre 2008 sur la procédure administrative (LPA-VD; RSV 173.36), le recours est intervenu en temps utile. Il respecte au surplus les conditions formelles énoncées à l’art. 79 LPA-VD.
2. a) L'art. 47 de la loi vaudoise du 5 décembre 1956 sur les impôts communaux (LICom, RSV 650.11) a la teneur suivante:
"Audition du recourant
1 La commission de recours convoque le recourant et ordonne toutes mesures d'instruction qu'elle juge nécessaires.
2 Abrogé."
La violation de cette prescription conduit en principe à l'annulation pure et simple de la décision viciée, à moins que celui qui n’a pas été entendu dans la procédure devant la commission communale de recours renonce formellement à ce droit (cf., en dernier lieu, arrêts FI.2015.0040 du 2 juin 2015; FI.2014.0101 du 9 avril 2015 et FI.2014.0011 du 3 octobre 2014).
b) En l'espèce, l'autorité intimée a statué sans entendre préalablement la recourante. Elle l'a confirmé dans son écriture du 30 juin 2015. Elle a ainsi violé l'art. 47 LICom. Ce vice n'est pas réparable, la recourante n'ayant pas renoncé formellement à son droit d'être auditionnée (elle s'en plaint au contraire).
3. Manifestement bien fondé, le recours doit être admis pour violation de l’art. 47 LICom et la décision attaquée annulée. La cause est renvoyée à l'autorité intimée pour qu’elle statue à nouveau, après avoir entendu personnellement la recourante.
Vu l'issue du litige, les frais de justice seront mis à la charge de la Commune de Froideville (art. 49 al. 1 LPA-VD).
Il n’y a pas lieu d’allouer des dépens, la recourante ayant agi sans l’assistance d’un mandataire professionnel (art. 55 LPA-VD).