Decision ID: 4d21901c-6558-4b1e-9057-557417d80ce6
Year: 2015
Language: fr
Court: CH_BSTG
Chamber: CH_BSTG_001
Canton: CH
Region: Federation
Law Area: penal_law

Faits:
A. Par jugements du 5 juillet 2011, le Tribunal correctionnel de la République et
canton de Genève a acquitté B. d'infractions aux lois fédérales sur les
stupéfiants et sur les étrangers, respectivement a condamné l'Etat de
Genève à verser au prénommé une indemnité pour tort moral. Par jugement
du 3 octobre 2011, entré en force, il a statué sur l'indemnisation en tant que
défenseur d'office de A, qui avait représenté B. devant lui (cf. act. 1.1).
B. Le Ministère public de la République et canton de Genève (ci-après: le MP
GE) a déféré les deux premiers jugements précités devant la Chambre
pénale d'appel et de révision de la Cour de justice de la République et canton
de Genève (ci-après: la chambre pénale). B., à nouveau représenté par A.,
a sollicité et obtenu l'assistance judiciaire pour les procédures d'appel (cf.
act. 1.1).
C. Par jugements des 11 octobre 2011 et 2 mai 2012, la chambre d'appel a
déclaré irrecevable, car tardive, la déclaration d'appel du MP GE contestant
l'acquittement de B. et partiellement admis celle relative à l'indemnisation du
prénommé. Ces deux jugements sont entrés en force, étant précisé que le
Tribunal fédéral a rejeté un recours interjeté par B. contre le second (arrêt
6B_363/2012 du 24 septembre 2012; cf. act. 1.1).
D. Par courriel du 13 novembre 2014, A. a adressé au Service de l'assistance
juridique de la République et canton de Genève un état de frais concernant
son activité devant la chambre pénale (cf. act. 1.1).
E. Par jugement du 4 mars 2015, la chambre pénale a octroyé à A. CHF 1'497.-
arrondis à CHF 1'500.--, au titre d'indemnité du défenseur d'office. Elle a en
particulier retenu 120 minutes pour l'examen de la recevabilité de l'appel
formé contre l'acquittement de B., ajouté un forfait de 10 % à la somme
correspondant au temps retenu et considéré que l'indemnité ne devait pas
inclure la TVA, faute pour le dernier prénommé d'être domicilié en Suisse
(act. 1.1).
F. Par mémoire du 26 mars 2015, A. défère ce dernier jugement, dont il
demande l'annulation, devant le Tribunal pénal fédéral. Il conclut à l'octroi
d'une indemnité de CHF 2'302.55, TVA comprise, pour l'activité déployée
- 3 -
devant la chambre pénale (act. 1).
G. Au cours de l'échange d'écritures, le recourant a maintenu sa position, tandis
que la chambre pénale a conclu au rejet du recours (réponse du 16 avril
2015 [act. 6.1], réplique du 4 mai 2015 [act. 8], duplique du 15 mai 2015 [act.
10], courrier du recourant du 26 mai 2015 [act. 12]).
Les arguments et moyens de preuve invoqués par les parties seront repris,
si nécessaire, dans les considérants en droit.

Le juge unique considère en droit:
1.
1.1 L'art. 135 al. 3 let. b CPP, en lien avec les art. 37 al. 1 de la loi fédérale du
19 mars 2010 sur l'organisation des autorités pénales de la Confédération
(LOAP; RS 173.71) et 19 al. 1 du règlement sur l'organisation du Tribunal
pénal fédéral (ROTPF; RS 173.713.161), ouvre la voie de droit devant la
Cour de céans contre la décision de l'autorité de recours ou de la juridiction
d'appel du canton fixant l'indemnité du défenseur d'office.
1.2
1.2.1 Si l’autorité de recours est comme en l'espèce un tribunal collégial, sa
direction de la procédure statue seule sur le recours lorsque celui-ci porte
sur les conséquences économiques accessoires d’une décision et que le
montant litigieux n’excède pas CHF 5'000.-- (art. 395 let. b CPP). Cela vaut
notamment pour les indemnités dues à l’avocat d’office (cf. Message du 21
décembre 2005 relatif à l’unification du droit de la procédure pénale, FF 2005
1057, 1297; KELLER, Kommentar zur Schweizerischen Strafprozessordnung
[StPO], [Donatsch/Hansjakob/Lieber, éd.], Genève, Zurich, Bâle 2010, n° 2
ad art. 395 CPP).
1.2.2 En l'occurrence, le montant litigieux au titre d'indemnité du défenseur d'office
est de CHF 802.55 (2'302.55 – 1'500, cf. let. E. et F.), si bien que le juge
unique est compétent (cf. décisions du Tribunal pénal fédéral BB.2013.21 du
17 juillet 2013, consid. 1.4 et BB.2012.64 du 30 juillet 2012, consid. 1.1).
1.3 Défenseur d'office au cours de l'instance précédente, le recourant a qualité
pour contester le jugement entrepris, en vertu de l'art. 135 al. 3 let. b CPP.
- 4 -
1.4 Le délai pour déposer le recours n'étant pas précisé par l'art. 135 CPP, c'est
celui ordinaire de 10 jours dès la notification de la décision (art. 396 al. 1 et
384 CPP) qui s'applique (HARARI/ALIBERTI, Commentaire romand, n° 33 ad
art. 135 CPP). Déposé le 26 mars 2015 contre un acte notifié le 16 mars
précédent, le recours a été formé en temps utile.
1.5 Il s'ensuit que le recours est recevable.
2. Vu les conclusions prises par le recourant et l'argumentation développée à
l'appui de celles-ci, le litige porte sur l'indemnité du défenseur d'office à
laquelle l'intéressé a droit pour l'activité déployée devant l'instance
précédente. Plus particulièrement, il s'agit d'examiner le temps admissible
consacré à la détermination sur la recevabilité de l'appel formé contre
l'acquittement de B. (cf. infra consid. 4) et le taux forfaitaire applicable en
l'espèce (cf. infra consid. 5), puis de déterminer si l'indemnité octroyée doit
inclure le montant correspondant à la TVA (cf. infra consid. 6).
3.
3.1 L'avocat d'office a droit au remboursement intégral de ses débours, ainsi
qu'à une indemnité s'apparentant aux honoraires perçus par le mandataire
plaidant aux frais de son client (ATF 121 I 1 consid. 3a et références citées).
3.2 Le temps consacré à la procédure ne doit être pris en considération que dans
la mesure où il apparaît raisonnablement nécessaire à l’accomplissement de
son mandat par un avocat expérimenté. En outre, seules sont prises en
considération les opérations directement liées à la procédure pénale,
l'avocat devant ainsi veiller au respect du principe de la proportionnalité
(HAUSER/SCHWERI/HARTMANN, Schweizerisches Strafprozessrecht, 6e éd.,
Bâle 2005, n° 5 ad § 109). On exige de sa part qu’il soit expéditif et efficace
dans son travail et qu’il concentre son attention sur les points essentiels. Des
démarches superflues ou excessives n'ont pas à être indemnisées
(VALTICOS, Commentaire romand, Loi fédérale sur la libre circulation des
avocats, Bâle 2010, n° 257 ad art. 12). Dans le même temps, le défenseur
se doit d’examiner toute opération qui pourrait être utile à son client. Partant,
le reproche d’avoir entrepris des démarches superflues doit être fait avec
retenue. Aussi, l’avocat bénéficie-t-il d’une certaine marge d’appréciation
pour arrêter ses honoraires. Une intervention du juge ne se justifie que s’il
existe une disproportion entre la valeur des services rendus et la
rémunération (FELLMANN, Berner Kommentar, 1992, n° 426 ad art. 394 CO;
v. également la décision du Tribunal pénal fédéral BB.2013.70 du
- 5 -
10 septembre 2013, consid. 3).
3.3 L'autorité qui fixe l'indemnité du défenseur d'office pour la procédure menée
devant elle est la mieux à même d'évaluer l'adéquation entre les activités
déployées par l'avocat et celles qui sont justifiées par l'accomplissement de
sa tâche. Un large pouvoir d'appréciation doit ainsi lui être concédé (arrêt du
Tribunal fédéral 6B_108/2010 du 22 février 2011, consid. 9.1.3; décisions du
Tribunal pénal fédéral BB.2014.98 du 9 octobre 2014, consid. 3.1;
BB.2012.184 + BB.2012.187 du 15 mars 2013, consid. 4.4 et BK.2011.18 du
27 février 2012, consid 2.2 et références citées; BOHNET/MARTENET, Droit de
la profession d’avocat, Berne 2009, n° 1756). Même si la Cour de céans
dispose en l'espèce d'un plein pouvoir de cognition (cf. art. 393 al. CPP) et
examine donc librement la décision de l'instance inférieure, elle ne le fait
qu'avec retenue lorsque l'indemnité d'un avocat d'office est litigieuse
(décision du Tribunal pénal fédéral BB.2014.1 du 11 avril 2014, consid. 3.5).
Dans les cas où le temps de travail facturé par l'avocat est considéré comme
exagéré et réduit en conséquence, la Cour des plaintes n'intervient que
lorsque n'ont pas été rétribués des services qui font partie des obligations
d'un avocat d'office ou quand l'indemnisation ne se trouve pas dans un
rapport raisonnable avec les services fournis par l'avocat (arrêt du Tribunal
pénal fédéral BB. 2013.131 du 21 juillet 2014, consid. 2.3; voir déjà les arrêts
6B_120/2010 du 22 février 2011, consid. 3.3, et 6B_136/2009 du 12 mai
2009, consid. 2.2, rendus par le Tribunal fédéral dans le cadre de procédures
fédérales menées en application de l'aPPF; le Tribunal fédéral fait même
preuve d'une plus grande retenue dans l'arrêt 6B/951/2013 du 27 mars 2014,
consid. 4.2).
4.
4.1 Le recourant soutient tout d'abord que 270 minutes, et non de 120 comme
l'ont retenu les juges précédents, étaient nécessaires pour examiner la
recevabilité de la déclaration d'appel déposée par le MP GE contre le
jugement du 5 juillet 2011 acquittant B., respectivement pour se déterminer
à cet égard.
4.2 Ainsi qu'on l'a vu (let. C.), la chambre d'appel a déclaré l'acte procédural en
question irrecevable pour cause de tardiveté. Une telle problématique ne
présente généralement aucune difficulté particulière et le recourant n'avance
pas d'éléments concrets laissant à penser qu'il en serait allé différemment
en l'espèce. Certes, le MP GE a allégué avoir adressé la déclaration d'appel
aux juges précédents par courrier interne, si bien que le recourant a dû se
familiariser avec les particularités de ce mode de transmission et prendre
connaissance de l'argumentation qu'a fait valoir le Parquet à cet égard. Il ne
- 6 -
s'agit toutefois pas là de motifs propres en eux-mêmes à laisser apparaître
comme déraisonnables les 120 minutes admises par l'instance précédente,
au regard de ce que l'on peut légitimement attendre d'un avocat expérimenté
expéditif et efficace. Le premier grief soulevé par le recourant est donc mal
fondé.
5.
5.1 Le recourant conteste ensuite le forfait de 10 % ajouté par la chambre pénale
à la somme correspondant au temps retenu pour l'activité déployée. Selon
lui, les juges précédents auraient dû admettre un taux de 20 %.
5.2 La chambre pénale a exposé qu'elle s'inspirait sur ce point des "Instructions
relatives à l'établissement de l'état de frais" et de l'"Etat de frais standard -
Mode d'emploi et modèle", émis en 2002 et 2004 dans un souci de
rationalisation et de simplification par le Service de l'assistance juridique,
alors compétent en la matière (act. 1.1, p. 3). Ces documents prévoiraient
qu'"une indemnisation forfaitaire de 20 % jusqu'à 30 heures d'activité
consacrée aux conférences, audiences et autres actes de la procédure, ou
10 % lorsque l'état de frais porte sur plus de 30 heures, est allouée pour les
démarches diverses, tels la rédaction de courriers ou notes, les entretiens
téléphoniques et la lecture de communications, pièces et décisions [...]"
(ibidem, p. 4).
5.3 En l'espèce, les juges précédents ont retenu "pour la période de la saisine
[de la chambre d'appel]" 6 heures et 55 minutes d'activité. Cette durée
correspondant à un taux forfaitaire de 20 % selon les règles qui viennent
d'être exposées, c'est ce dernier qui aurait dû être appliqué. L'argumentation
selon laquelle le taux de 10 % se justifie par "l'ampleur de l'activité déployée
en première instance" (act. 1.1, p. 5) est dénuée de toute pertinence, dès
lors que dite activité a été indemnisée, de manière indépendante, dans un
jugement séparé entré en force (let. A.). Le recours est donc bien fondé sur
ce point.
5.4 Il s'ensuit que l'indemnisation totale à laquelle a droit le recourant s'élève,
hors TVA, à CHF 1'633.20 (1'361 [montant dû pour une activité de 6 heures
et 55 minutes; cf. act.1.1, p. 5] x 120 : 100).
6.
6.1 Le recourant reproche enfin aux premiers juges d'avoir refusé d'inclure la
TVA à l'indemnité due.
- 7 -
6.2 Selon elle, l'activité déployée ne l'avait pas été sur le territoire suisse et n'était
donc pas soumises à ladite taxe. Le lieu où est accomplie une prestation de
services serait effectivement, en vertu de l'art. 8 LTVA, celui où son
destinataire – déterminé d'après les règles contractuelles qui régissent
l'opération en cause – à son domicile ou celui où il séjourne habituellement.
Or, la nomination d'un défenseur d'office en matière pénale constituerait une
stipulation pour autrui (art. 112 s. CO) par laquelle l'Etat (le mandant) et le
défenseur d'office (le promettant) s'accordent sur la fourniture de prestations
au prévenu (le tiers, soit en l'occurrence B.) – qui en serait le destinataire –
et le prénommé serait domicilié à l'étranger. Cela vaudrait d'autant que le
client de l'avocat apparaît toujours comme le "bénéficiaire" dans les
documents relatifs à la défense d'office, qu'il peut donner des instructions à
son conseil même s'il est au bénéfice de l'assistance judiciaire, et qu'il doit
rembourser à l'Etat les frais occasionnés par l'assistance judiciaire s'il revient
à meilleure fortune.
6.3 Selon le recourant, les prestations qu'il a effectuées devant l'instance
précédente l'ont été en Suisse même à admettre – ainsi que l'ont fait à tort
les juges précédents – que B. était domicilié à l'étranger pendant la période
déterminante. Toutes les autres conditions étant par ailleurs remplies, dites
prestations seraient soumises à TVA. Aussi, l'indemnité à laquelle il a droit
devrait-elle comprendre le montant de cette dernière.
6.4 Les prestations de services fournies sur le territoire suisse par un avocat
dans le cadre d'une défense d'office sont soumises à la TVA si l'avocat y est
assujetti (cf. Info TVA 18 concernant le secteur avocats et notaires, janvier
2010, ch. 1.1, accessible sur le site Internet
http://www.estv.admin.ch/mwst/dokumentation/00130/00947/01033/?lang=f
r). Lorsque l'avocat désigné comme défenseur d'office est assujetti à la TVA,
l'autorité qui fixe sa rémunération doit prendre en compte l'accroissement
des charges au titre de la TVA et augmenter proportionnellement l'indemnité
allouée (ATF 122 I 1 consid. 3c p. 4). Cette jurisprudence garde sa portée
dans le cadre de l'art. 135 al. 1 CPP, selon lequel le défenseur d'office est
indemnisé conformément au tarif des avocats de la Confédération ou du
canton du for du procès (cf. arrêt du TF 6B_638/2012 du 10 décembre 2012,
consid. 3.4. et les références citées).
6.5 Aux termes de l'art. 8 al. 1 LTVA, le lieu de la prestation de services est (sous
réserve d'exceptions prévues à l'al. 2 de cette disposition légale, dénuées de
pertinence en l'espèce) celui où le destinataire a le siège de son activité
économique ou l'établissement stable pour lequel la prestation de services
est fournie ou, à défaut d'un tel siège ou d'un tel établissement, le lieu où il
a son domicile ou le lieu où il séjourne habituellement.
http://www.estv.admin.ch/mwst/dokumentation/00130/00947/01033/ http://relevancy.bger.ch/php/aza/http/index.php?lang=fr&type=highlight_simple_query&page=1&from_date=&to_date=&sort=relevance&insertion_date=&top_subcollection_aza=all&query_words=%22d%E9fenseur+d%27office%22+%22domicile%22+%22TVA%22&rank=0&azaclir=aza&highlight_docid=atf%3A%2F%2F122-I-1%3Afr&number_of_ranks=0#page1
- 8 -
6.6 En matière de TVA, il n'y a en règle générale pas lieu de s'éloigner des
formes juridiques choisies par les parties (arrêts du Tribunal fédéral
2A.369/2005 du 24 août 2007, consid. 5.1, 2A.202/2006 du 27 novembre
2006, consid. 3.2 et 2A.499/2004 du 1er novembre 2005, consid. 5.1). Aussi,
du point de vue matériel, le destinataire de la prestation est-il généralement
celui désigné comme tel par les règles contractuelles régissant l'opération
en cause, soit en principe la personne qui s'est fait promettre la prestation
(arrêt du Tribunal fédéral 2A.202/2006 précité, ibidem). Du point de vue
formel, le destinataire de la prestation est celui à qui la facture est adressée
(arrêt du Tribunal fédéral 2A.202/2006 précité, consid. 4.2).
6.7 Les rapports juridiques liant l'Etat à l'avocat dont le client plaide au bénéfice
de l'assistance judiciaire relèvent du droit public. Ils sont assimilables à un
contrat de mandat (arrêt du Tribunal fédéral 5D_2007 du 5 février 2008,
consid. 1.1). C'est ainsi l'Etat – et lui seul – qui par des d'actes d'autorité
désigne, révoque ou remplace l'avocat (cf. art. 134 al. 1 et 137 CPP,
respectivement 134 al. 2 CPP). La note de frais établie par ce dernier, tenant
lieu de facture, est par ailleurs adressée à l'autorité compétente, qui
l'examine. C'est donc l'Etat – lequel exerce dans ce contexte une
surveillance sur l'avocat (BOHNET/MARTENET, op. cit., n° 1645) – qui est,
formellement et matériellement, le destinataire des prestations effectuées
par celui-ci. Que les frais supportés au titre de l'assistance judiciaire fournie
soient susceptibles de faire l'objet d'un remboursement ultérieur ne change
rien à la nature du rapport de droit en question et le fait que le client de
l'avocat soit désigné comme "bénéficiaire" dans les différents documents
administratifs utilisés à Genève en matière d'assistance judiciaire n'est pas
comme tel déterminant dans le présent contexte. On relèvera finalement que
le rapport juridique en cause ne saurait s'analyser comme une stipulation
pour autrui au sens des art. 112 s. CO, dès lors qu'il ne s'agit pas là d'un
contrat mais d'un mode de l'exécution valable pour tout contrat générateur
d'obligations (SILVIA TEVINI DU PASQUIER, Commentaire romand du Code des
Obligations I, 2e édition 2012, n° 2 ad art. 112 CO). Les prestations fournies
par un avocat dont le client plaide en Suisse au bénéfice de l'assistance
judiciaire le sont donc toujours dans ce pays et, partant, sont soumises à
TVA. Il s'ensuit que le troisième grief soulevé est bien fondé, étant précisé
que l'assujettissement du recourant à ladite taxe n'est pas contesté.
6.8 Compte tenu de ce qui précède, le recourant aurait droit à la TVA même si
B. avait, comme l'a retenu l'instance inférieure, été domicilié à l'étranger
pendant la période au cours de laquelle s'est déroulée la procédure devant
elle. Il n'y a donc pas lieu de se pencher sur l'allégation du recourant selon
laquelle cela n'aurait pas été le cas.
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6.9 En l'espèce, la somme à laquelle a droit le recourant au titre de la TVA est,
compte tenu du montant déterminant (cf. supra consid. 5.4) et du taux
applicable (8 %, cf. Info TVA 18 précitée [supra consid. 6.4], p. 2), de
CHF 130.70 (1'633.20 X 8 : 100).
7. Au vu de ce qui précède, le montant total dû au recourant pour son activité
comme défenseur d'office devant la chambre pénale s'élève, TVA comprise,
à CHF 1'763.90 (1'633.20 + 130.70).
8. Il s'ensuit que le recours est partiellement bien-fondé.
9. Selon l'art. 428 al. 1 CPP, les frais de la procédure de recours sont mis à la
charge des parties dans la mesure où elles obtiennent gain de cause ou
succombent. En vertu de ce principe et compte tenu de l'issue du litige,
l'autorité intimée supportera les deux tiers, et le recourant un tiers, des frais
de la présente ordonnance, soit un émolument fixé (conformément à l'art. 8
du règlement du Tribunal pénal fédéral sur les frais, émoluments, dépens et
indemnités de la procédure pénale fédérale [RFPPF; RS 173.713.612]) à
CHF 1'500.--.
10. La partie qui obtient gain de cause a droit à une indemnité pour les dépenses
occasionnées par l'exercice raisonnable de ses droits de procédure (art. 433
al. 1 let. a CPP, applicable par renvoi de l'art. 436 CPP; décision du Tribunal
pénal fédéral BB.2014.63 du 20 juin 2014). Selon l'art. 12 al. 2 RFPPF,
lorsque, comme en l'occurrence, l'avocat ne fait pas parvenir le décompte de
ses prestations avant la clôture des débats ou dans le délai fixé par la
direction de la procédure, ou encore, dans la procédure devant la Cour des
plaintes, avec son unique ou sa dernière écriture, le montant des honoraires
est fixé selon l'appréciation de la cour. En l'espèce, une indemnité de CHF
800.-- (TVA incluse) paraît équitable vu le sort de la cause et sera mise à la
charge de l'autorité intimée.
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