Decision ID: 0aaf27a0-5df8-5deb-9bb4-f7c17a669ba8
Year: 2005
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_014
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: social_law

Attendu en fait que
par courrier du 17 décembre 2004, Monsieur B_, au nom et pour le compte de son épouse Madame B_, a saisi le Tribunal des conflits se plaignant de ce que l’Office cantonal des personnes âgées (ci-après l’OCPA) ne lui avait pas répondu alors qu’il lui avait fait parvenir un devis de lunetterie plusieurs semaines auparavant ;
Que le Tribunal des conflits a transmis ce courrier au Tribunal de céans comme objet de sa compétence ;
Qu’invité à se déterminer, l’OCPA a confirmé qu’en date du 5 novembre 2004, le secteur des frais de maladie avait reçu un devis d’OPTIC 2000 daté du 20 octobre 2004 pour une paire de lunettes prescrite par le Docteur K_ pour l’assurée ; qu’il avait dès lors invité cette dernière à faire parvenir à l’assurance maladie la facture des lunettes ; qu’en effet il ne peut procéder au remboursement des frais de lunettes qu’une fois connue la détermination de l’assurance maladie ;
Que l’OCPA nie ainsi avoir commis un déni de justice ;

Considérant en droit que
la loi genevoise sur l’organisation judiciaire (LOJ) a été modifiée et a institué, dès le 1
er
août 2003, un Tribunal cantonal des assurances sociales, composé de 5 juges, dont un président et un vice-président, 5 suppléants et 16 juges assesseurs (art. 1 let. r et 56 T LOJ) ;
Que suite à l’annulation de l’élection des 16 juges assesseurs, par le Tribunal fédéral le 27 janvier 2004 (ATF
130 I 106
), le Grand Conseil genevois a adopté, le 13 février, une disposition transitoire urgente permettant au Tribunal cantonal des assurances sociales de siéger sans assesseurs à trois juges titulaires, ce, dans l’attente de l’élection de nouveaux juges assesseurs ;
Que conformément à l'art. 56 V al. 2 let. a LOJ, le Tribunal cantonal des assurances sociales connaît en instance unique des contestations prévues à l’article 43, de la loi cantonale sur les prestations cantonales complémentaires à l’assurance-vieillesse et survivants et à l’assurance-invalidité, du 25 octobre 1968 (LPCC) ;
Que sa compétence pour juger du cas d’espèce est ainsi établie ;
Qu’aux termes de l’art. 56 de la loi fédérale sur la partie générale du droit des assurances sociales du 6 octobre 2000 entrée en vigueur le 1er janvier 2003 (LPGA), le recours peut aussi être formé lorsque l’assureur, malgré la demande de l’intéressé, ne rend pas de décision ou de décision sur opposition ;
Que l’art. 29 al. 1 Cst. - qui a succédé à l'art. 4 al. 1 aCst. depuis le 1er janvier 2000 - dispose que toute personne a droit, dans une procédure judiciaire ou administrative, à ce que sa cause soit traitée équitablement et jugée dans un délai raisonnable ; qu’à l'instar de l'art. 6 par. 1 CEDH - qui n'offre, à cet égard, pas une protection plus étendue (RCC 1978 p. 325 consid. 2) -, cette disposition consacre le principe de la célérité, autrement dit prohibe le retard injustifié à statuer ; que l'autorité viole cette garantie constitutionnelle lorsqu'elle ne rend pas la décision qu'il lui incombe de prendre dans le délai prescrit par la loi ou dans un délai que la nature de l'affaire ainsi que toutes les autres circonstances font apparaître comme raisonnable (ATF
129 V 416
consid. 1,
126 V 249
consid. 4a,
124 I 139
,
119 III 1
,
117 Ia 117
consid. 3a, 197 consid. 1c; voir aussi Auer/Malinverni/Hottelier, Droit constitutionnel suisse, vol. II, Les droits fondamentaux, p. 594 s. nos 1244 s.) :
Que le caractère raisonnable de la durée de la procédure s'apprécie en fonction des circonstances particulières de la cause, lesquelles commandent généralement une évaluation globale ; qu’entre autres critères, sont notamment déterminants le degré de complexité de l'affaire, l'enjeu que revêt le litige pour l'intéressé ainsi que le comportement de ce dernier et celui des autorités compétentes (ATF
124 I 142
consid. 2c,
119 Ib 325
consid. 5b et les références indiquées). Qu’à cet égard, il appartient au justiciable d'entreprendre ce qui est en son pouvoir pour que l'autorité fasse diligence, que ce soit en l'invitant à accélérer la procédure ou en recourant, le cas échéant, pour retard injustifié (ATF
107 Ib 155
consid. 2b et c p. 158 s.) ; que cette obligation s'apprécie toutefois avec moins de rigueur en procédure pénale et administrative (Haefliger/Schürmann, Die Europäische Menschenrechtskonvention und die Schweiz, Berne 1999, p. 203-204; Auer/Malinverni/Hottelier, op. cit., n° 1243). Qu’on ne saurait par ailleurs reprocher à une autorité quelques temps morts; que ceux-ci sont inévitables dans une procédure (ATF
124 I 142
consid. 2c,
119 Ib 325
consid. 5b et les références indiquées). Qu’une organisation déficiente ou une surcharge structurelle ne peuvent cependant justifier la lenteur excessive d'une procédure (ATF
122 IV 111
consid. I/4); qu’il appartient en effet à l'Etat d'organiser ses juridictions de manière à garantir aux citoyens une administration de la justice conforme aux règles (ATF
119 III 3
consid. 3; Haefliger/Schürmann, op. cit., p. 204 s.; Auer/Malinverni/Hottelier, op. cit., nos 1244 ss) ;
Que le litige porte sur le point de savoir si l’OCPA a en l’espèce commis ou non un déni de justice ;
Que l’OCPA a reçu le devis concernant les lunettes le 5 novembre 2004 ;
Qu’il a adressé à l’intéressée le 13 décembre 2004, un courrier l’invitant dans un premier temps à faire parvenir à l’assurance maladie la facture des lunettes ; que l’OCPA ne peut en effet procéder au remboursement qu’une fois connue la détermination de l’assurance maladie et pour la part non couverte ;
Que l’OCPA ne peut, dans cette attente, rendre aucune décision ;
Qu’on ne saurait ainsi lui reprocher un quelconque retard au sens de l’art. 56 al. 2 LPGA ;