Decision ID: 4e7eac2a-f37d-504e-a08e-75c149043090
Year: 2017
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_007
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 

EN FAIT
A.
a.
Le 23 mars 2017, A_ SA a adressé à l'Office des poursuites (ci-après : l'Office), qui l'a reçue le lendemain, une réquisition de poursuite dirigée contre B_ Sarl.![endif]>![if>
b.
Sur la base des informations fournies dans la réquisition, l'Office a établi le commandement de payer, poursuite n° 17 xxxx18 N le 23 mai 2017.
c.
Malgré trois passages au siège de la société débitrice, la tentative de notification par la Poste s'est soldée par un échec. Une convocation a été adressée à la débitrice, sans succès.
La Poste a retourné l'acte à l'Office le 22 juin 2017.
Un agent notificateur s'est rendu à l'adresse de la débitrice le 14 septembre 2017, a constaté la présence des noms sur la porte et la boite aux lettres, mais n'a pas pu remettre l'acte.
Le 16 octobre 2017, Office a établi un acte destiné à être notifié à C_, gérant de la société en son domicile.
B.
a.
Par acte adressé le 22 septembre 2017 à la Chambre de surveillance,
A_ SA a formé une plainte au sens de l'art. 17 LP pour retard non justifié de la part de l'Office, concluant à ce qu'il soit ordonné à ce dernier de donner immédiatement suite à la réquisition de poursuite et de notifier un commandement de payer à B_ Sarl et de prononcer une sanction disciplinaire contre le Préposé.
b.
Dans ses observations datées du 13 octobre 2017, l'Office s'en est rapporté à justice quant à l'issue de la plainte, après avoir rendu compte des démarches accomplies en vue de l'établissement et de la notification du commandement de payer.
c.
Par avis du 19 octobre 2017, les parties ont été informées de ce que la cause était gardée à juger.

EN DROIT
1.
La voie de la plainte au sens de l'art. 17 LP est ouverte contre les mesures de l'Office ne pouvant être contestées par la voie judiciaire (al. 1), ainsi qu'en cas de déni de justice ou de retard à statuer (al. 3). La plainte doit être déposée, sous forme écrite et motivée (art. 9 al. 1 et 2 LaLP; art. 65 al. 1 et 2 LPA, applicable par renvoi de l'art. 9 al. 4 LaLP), dans les dix jours de celui où le plaignant a eu connaissance de la mesure (art. 17 al. 2 LP). Elle peut également être déposée en tout temps en cas de retard à statuer et de déni de justice (art. 17 al. 3 LP).
La plainte respecte en l'occurrence les exigences de forme prévues par la loi. Reprochant à l'Office un retard non justifié, elle pouvait par ailleurs être déposée en tout temps.
Elle est donc recevable.
2. 2.1
Il y a retard non justifié, au sens de l'art. 17 al. 3 LP, lorsqu'un organe de l'exécution forcée n'accomplit pas un acte qui lui incombe – d'office ou à la suite d'une requête régulière – dans le délai prévu par la loi ou dans un délai raisonnable compte tenu de l'ensemble des circonstances (Cometta/Möckli,
in BAK SchKG I, 2
ème
édition, 2010, n° 31-32 ad art. 17 LP; Dieth/Wohl,
in KUKO SchKG, 2
ème
édition, 2014, n° 32 ad art. 17 LP; Erard, CR LP, n° 55).
2.2
A réception d'une réquisition de poursuite, l'Office vérifie que celle-ci est conforme aux prescriptions de l'art. 67 al. 1 et 2 LP ainsi que, sur la base des indications données par le créancier et de ses propres vérifications, sa compétence à raison du lieu. Si la réquisition de poursuite répond aux exigences de l'art. 67
al. 1 et 2 LP et n'est pas nulle pour un autre motif, l'Office rédige (art. 69 al. 1 LP) et notifie (art. 71 al. 1 LP) sans attendre le commandement de payer. Ces dispositions constituent des prescriptions d'ordre imposant à l'Office d'agir sans délai,
"aussi vite que possible"
; leur éventuelle violation est toutefois sans effet sur la validité du commandement de payer (Gilliéron, Commentaire LP, n° 14 ad art. 71 LP; Malacrida/Roesler, in KUKO SchKG, n° 3 ad art. 71 LP).
Une fois le commandement de payer établi conformément à l'art. 69 al. 2 LP, la durée de la procédure de notification proprement dite dépend en partie de circonstances sur lesquelles l'Office n'a pas de prise, telles la présence du débiteur ou d'un tiers habilité à recevoir le commandement de payer à sa place au moment de la notification, de l'éventuelle absence de collaboration du débiteur, de sa diligence, d'éventuelles difficultés à le localiser, etc. L'Office n'en est pas moins tenu de poursuivre de manière diligente et sans désemparer ses efforts en vue de la notification, dans le respect des art. 64 et suivants LP.
2.3
Il résulte en l'espèce des pièces produites que l'Office a établi le commandement de payer le 23 mai 2017, soit deux mois après réception de la réquisition de poursuite le 24 mars 2017. Un tel délai ne respecte pas les exigences de célérité et de diligence imposées par l'art. 69 al. 1 LP, de sorte qu'un retard non justifié doit être imputé à l'Office à cet égard.
Il en va de même, au regard des exigences similaires de l'art. 71 al. 1 LP, du délai de plus de deux mois intervenu entre la réception par l'office de l'acte après plusieurs tentatives infructueuses de notification par la Poste le 22 juin 2017 et le passage sur les lieux d'un agent notificateur le 14 septembre 2017. L'Office a ainsi tardé sans justification aussi bien à établir le commandement de payer qu'à le notifier, ce qu'il convient de constater.
La plainte doit en conséquence être admise. L'Office a expliqué avoir établi le
16 octobre 2017 un acte destiné à être notifié au domicile de l'un des gérants de la société débitrice. Il ne ressort toutefois pas du dossier que la notification a pu être effectuée, de sorte qu'il y a lieu d'ordonner à l'Office de poursuite sans désemparer la procédure de notification du commandement de payer jusqu'à son terme.
3.
La plaignante sollicite en outre que des mesures disciplinaires soient prononcées.
Des mesures disciplinaires peuvent être prises contre un préposé ou un employé (art. 14 al. 2 LP). Le droit fédéral ne confère pas aux parties la possibilité de requérir des mesures disciplinaires (ATF
91 III 41
, JdT
1965 II 34
; Emmel, BaK SchKG-I, 2
ème
éd., 2010, art. 14 LP n° 12).
La plainte est en conséquence irrecevable sur ce point.
4.
La procédure de plainte est gratuite (art. 20a al. 2 ch. 5 LP et art. 61 al. 2 let. a OELP) et il ne peut être alloué aucuns dépens dans cette procédure (art. 62 al. 2 OELP).
* * * * *