Decision ID: fe12a6dd-9d70-511b-b4a9-2633aa602263
Year: 2018
Language: fr
Court: FR_TC
Chamber: FR_TC_005
Canton: FR
Region: Espace_Mittelland
Law Area: penal_law

considérant en fait
A. Le 4 septembre 2017, C._, pour le compte de la société A._ SA, a déposé auprès de la police cantonale une plainte pénale contre B._ pour obtention frauduleuse d'une prestation. Elle reproche à cette dernière de ne pas s'être acquittée de la consultation de psychologue du 2 juin 2017, pour elle et son fils, d'un montant de CHF 160.-, quand bien même elle aurait accepté et signé les conditions tarifaires du cabinet et que plusieurs envois de la facture aient été effectués, par voie électronique et postale (plis simple et recommandé), en remplacement du paiement cash prévu lors de la deuxième consultation, qui a été annulée après signalement de l'enfant par la crèche auprès du Service éducatif itinérant.
B. Il ressort du rapport de dénonciation du 18 septembre 2017 que B._ a, lors de son audition du 6 septembre 2017, déclaré ne jamais avoir voulu se soustraire au règlement de la facture. Elle comptait uniquement la régler après qu'un justificatif sur le montant de CHF 160.- lui ait été remis. Ce même jour, C._ a annoncé à la police que la somme précitée venait d'être versée à la société. Le bulletin de versement utilisé ne comportant pas le montant des frais supplémentaires engendrés par le retard de paiement, C._ a maintenu la plainte.
C. Le 26 octobre 2017, le Ministère public a rendu une ordonnance de non-entrée en matière sur l'objet de cette plainte pénale. Il a retenu que B._ s'était finalement acquittée du montant de CHF 160.- le 4 septembre 2017, soit après son retour de vacances et après que C._ lui a envoyé un ultime rappel le 22 août 2017. Elle avait accusé réception de la facture mais elle avait simplement sollicité des précisions quant au montant facturé en l'informant que, dans l'intervalle, le paiement en serait suspendu. Elle avait également avisé qu'elle serait absente du 24 juillet 2017 au 25 août suivant et que durant ce laps de temps elle ne serait pas en mesure de prendre connaissance de son courrier ni d'y donner suite. Le Ministère public a ainsi considéré que les conditions d'application tant objectives que subjectives de l'art. 150 CP n'étaient pas remplies, principalement du fait de l'absence de fraude, et que par ailleurs, les faits dénoncés correspondraient au mieux à un litige civil sans qu'aucune infraction pénale ne puisse être trouvée.
D. Par mémoire du 4 novembre 2017, A._ SA a recouru contre l'ordonnance précitée.
Dans ses observations du 27 novembre 2017, le Ministère public s’est entièrement référé aux considérants de l’ordonnance attaquée, a renoncé à se déterminer sur le recours et a conclu à son rejet.

en droit
1.
1.1 En application des art. 310 al. 2, 322 al. 2 et 393 al. 1 let. a du code de procédure pénale suisse du 5 octobre 2007 (RS 312.0; CPP), ainsi que de l’art. 85 al. 1 de la loi du 31 mai 2010 sur la justice (RSF 130.1; LJ), la voie du recours à la Chambre pénale est ouverte contre une ordonnance de non-entrée en matière.
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1.2 Selon les art. 322 al. 2 et 396 al. 1 CPP, le recours est adressé par écrit dans le délai de dix jours à l’autorité de recours. L’ordonnance querellée a été notifiée à la recourante le 27 octobre 2017, si bien que le recours adressé le 4 novembre 2017 l'a été en temps utile.
1.3 Toute partie qui a un intérêt juridiquement protégé à l'annulation ou à la modification d'une décision a qualité pour recourir contre celle-ci (art. 382 al. 1 CPP). La partie plaignante notamment a la qualité de partie (art. 104 al. 1 let. b CPP). On entend par partie plaignante le lésé qui déclare expressément vouloir participer à la procédure pénale comme demandeur au pénal ou au civil (art. 118 al. 1 CPP). On entend par lésé toute personne dont les droits ont été touchés directement par une infraction (art. 115 al. 1 CPP). Est directement touché dans ses droits au sens de l’art. 115 al. 1 CPP le titulaire du bien juridiquement protégé ou au moins celui coprotégé par la norme pénale (TF 6B_799/2015 du 4 avril 2016 consid. 2.1; ATF 140 IV 155/JdT 2015 IV 107 consid. 3.2).
La recourante soutient être atteinte dans son patrimoine (art. 105 al. 1 let. a CPP). Elle a en outre déclaré dans sa plainte vouloir se constituer partie plaignante et avoir des prétentions civiles à faire valoir (DO/4). Elle est ainsi directement touchée par la décision querellée et a la qualité pour recourir (art. 104 al. 1 let. b et 382 al. 1 CPP).
1.4 La Chambre statue sans débats (art. 397 al. 1 CPP).
1.5 Le recours peut être formé pour violation du droit, y compris l’excès et l’abus du pouvoir d’appréciation, le déni de justice et le retard injustifié, constatation incomplète ou erronée des faits et inopportunité (art. 393 al. 2 CPP).