Decision ID: 9e0b8830-5bc3-5891-8c5a-c1f626653926
Year: 2012
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_007
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 

EN FAIT
A.
Dans le cadre de la poursuite n° 12 xxxx72 B, requise par G_ SA, l'Office des poursuites (ci-après : l'Office) a notifié un commandement de payer le 3 juillet 2012 à M. I_, à l'adresse de l'Etude de Me Philippe JUVET, avocat et représentant légal provisoire de M. I_.
Opposition a été formée à ce commandement de payer.
B. a)
Par plainte expédiée sous pli postal du 3 juillet 2012 également à la Chambre de surveillance des Office des poursuites des faillites (ci-après : la Chambre de surveillance), Me Philippe JUVET a conclu à l'annulation de cette poursuite pour vice formel dans la procédure de notification.
Il a confirmé être le représentant légal provisoire de M. I_, selon une ordonnance du Tribunal tutélaire du 27 avril 2012, qu'il a produite.
Il a indiqué que l'adresse personnelle de son pupille se trouvait au x, chemin X_, G_, de sorte que l'acte de poursuite querellé, qui avait été valablement notifié à son Etude en sa qualité de représentant légal provisoire dudit pupille, aurait toutefois également dû être notifié à M. I_ lui-même, à son adresse personnelle susmentionnée en conformité avec l'art. 68c al. 2 LP, la créance poursuivie paraissant en rapport avec l'administration des revenus du travail ou des biens laissés à la disposition de ce pupille.
Il a dès lors conclu à l'annulation de cette poursuite n° 12 xxxx72 B pour vice formel dans la procédure de notification.
b)
Dans ses observations du 7 juillet 2012, l'Office a admis ce qui précède, tout en indiquant avoir été informé par le biais de la présente plainte du fait que la créance poursuivie était visée par l'art. 68c al. 2 LP.
Il a précisé qu'il n'allait pas procéder à l'annulation de la poursuite en question, le premier commandement de payer visé ayant été valablement notifié au représentant légal provisoire du débiteur.
En revanche, il allait éditer, toujours au nom de M. I_, un second commandement de payer dans cette poursuite n° 12 xxxx72 B,et le notifier, cette fois à l'adresse du domicile personnel à G_ de ce débiteur.
L'Office a toutefois relevé que, si cette décision avait bien été prise dans le délai fixé par l'art. 17 al. 4 LP, de sorte que le vice formel visé par la présente plainte avait été valablement réparé, il ne pouvait procéder immédiatement à la seconde notification en raison des féries de poursuites d'été.
Vu l'ensemble de ce qui précède, il a conclu à ce que la cause soit rayée du rôle.
c)
Dans ses observations reçues le 27 juillet 2012, G_ SA a dit avoir été informée par l'Office de la notification prochaine de ce second commandement de payer à M. I_.
Elle a considéré ainsi que le vice formel dans la notification du commandement de payer querellé avait été réparé.
d)
Par courrier du 13 août 2012, Me Philippe JUVET a informé la Chambre de surveillance que la Cour de justice avait levé la mesure de représentation légale provisoire de M. I_, de sorte que son mandat avait pris fin.
e)
Enfin, également interpellé par la Chambre de surveillance, l'Office a confirmé par courrier du 10 septembre 2012 qu'un second commandement de payer avait été notifié à M. I_ à son adresse personnelle, le 28 août 2012, et que le précité avait formé opposition à cette poursuite.
L'Office a précisé que l'exemplaire « débiteur » de ce commandement de payer avait été remis à ce dernier alors que l'exemplaire « créancier » avait été envoyé à G_ SA.

EN DROIT
1.
1.1.
La Chambre de surveillance est compétente pour connaître des plaintes dirigées contre des mesures prises par des organes de l’exécution forcée qui ne sont pas attaquables par la voie judiciaire (art. 17 LP ; art. 10 al. 1 et art. 11 al. 2 LaLP ; art. 56R al. 3 LOJ).
La notification d'un commandement de payer constitue une mesure attaquable par cette voie et le tuteur du poursuivi a qualité pour agir en son nom.
La plainte doit être déposée dans les dix jours dès celui où le plaignant a eu connaissance de la mesure (art. 17 al. 2 LP).
1.2.
En l'espèce, la plainte est recevable, en tant qu'elle a été déposée, dans les forme et délai requis, au représentant légal provisoire encore en exercice du débiteur poursuivi.
2.
2.1.
Si le débiteur est sous autorité parentale ou sous tutelle, les actes de poursuite sont notifiés à son représentant légal (art. 68c 1
ère
phrase LP; art. 67 al. 2 ch. 2 LP).
La validité de la notification de l'acte de poursuite dépend du respect de cette exigence et la sanction de la violation de cette règle, qui est impérative et d'ordre public, est la nullité de la poursuite, laquelle doit être constatée d'office, lorsque l'acte de poursuite n'est pas parvenu en mains du représentant légal (Pierre-Robert Gilliéron, Commentaire ad art. 68c-68
e
n° 24-25; ATF
115 II 20
, JdT 1989 598; ATF
110 III 9
, JdT
1987 II 29
; ATF III 12, JdT
1979 II 123
).
Toutefois, si la créance est en rapport avec le patrimoine du poursuivi administré par ce dernier, tel notamment le revenu de son travail (art. 323 al. 1 CC, art. 412 CC), les actes de poursuite sont notifiés à la fois au poursuivi, pour autant qu'il ait la capacité de discernement, et à son représentant légal (art. 68c al. 2 LP).
2.2.
A teneur de l’art. 17 al. 4 LP, l’Office peut, jusqu’à l’envoi de sa réponse, procéder à un nouvel examen de la décision attaquée.
S’il prend une nouvelle mesure, il la notifie sans délai aux parties et en donne connaissance à la Chambre de surveillance.
2.3.
En l'occurrence, l'Office n'a, à bon droit, pas annulé le premier commandement de payer notifié exclusivement au représentant légal provisoire en exercice du débiteur poursuivi, puisqu'il avait de toute manière l'obligation de procéder à cette notification.
Il avait toutefois également l'obligation de notifier ce commandement de payer ou poursuivi lui-même, ce qu'il a décidé dans le délai fixé par l'art. 17 al. 4 LP mais ce qu'il n'a fait que le 28 août 2012, après les féries de poursuite d'été.
Cette nouvelle décision de l'Office a eu pour conséquence de rendre la présente plainte sans objet en cours de procédure, cela même si elle n'a pas été suivie d'effet immédiatement à cause des féries d'été.
Pour ce motif déjà, la présente plainte est devenue sans objet.
2.4.
Elle l'est également devenue du fait que la représentation légale provisoire du poursuivi a été révoquée sur appel de ce dernier par la Cour de justice, selon courrier du représentant légal provisoire à la Chambre de surveillance du 13 août 2012.
2.5.
La Chambre de surveillance doit dès lors constater ce qui précède et rayer la cause du rôle.
3.
Il ne peut être alloué aucun dépens dans la procédure de plainte (art. 62 al. 2 OELP).
* * * *