Decision ID: f068c28b-28e5-58e3-bd39-c1af89b6742e
Year: 2011
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_013
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: public_law

Attendu, en fait, que :
1. Le 22 août 2011 le Conseil administratif de la commune Y_ (ci-après : la commune) a licencié pour le 30 novembre 2011 Monsieur X_ en application des art. 67 et 68 du statut du personnel de l’administration municipale de la commune du 16 décembre 2003 (LCI 33 151 ; ci-après : le statut). La décision était exécutoire nonobstant recours.
M. X_, engagé le 1
er
juin 1995 à la fonction d’agent municipal, n’effectuait pas son travail de manière satisfaisante, selon des motifs qui lui avaient été détaillés dans un courrier du 18 février 2011.
2. M. X_ a recouru contre cette décision auprès de la chambre administrative de la Cour de justice (ci-après : la chambre administrative), par acte posté le 22 septembre 2011. Sur le fond, il contestait l’existence de motifs de licenciement, concluant à l’annulation de la décision ainsi qu’à sa réintégration dans sa fonction.
Préalablement, il conclut à la restitution de l’effet suspensif.
3. Le 10 octobre 2011, la commune s’est opposée à la restitution de l’effet suspensif. Le recours n’avait pas d’effet suspensif en vertu de l’art. 73 du statut. M. X_ n’avait pas établi que ses intérêts étaient gravement menacés par cette décision. Si l’effet suspensif était accordé, la commune risquerait de devoir rémunérer le recourant pendant la durée de la procédure, avec le risque de ne jamais récupérer le salaire versé en cas d’issue négative.

Considérant, en droit, que :
1. Selon l’art. 66 al. 1 de la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 1985 (LPA -
E 5 10
), le recours a un effet suspensif « sauf disposition contraire ». Tel est le cas en l’espèce, au vu de la teneur de l’art. 73 du statut.
2. En vertu de l’art. 66 al. 2 LPA, l’effet suspensif peut être restitué lorsqu’aucun intérêt public ou privé prépondérant ne s’y oppose.
3. Selon l’art. 67 du statut, le Conseil administratif peut, pour un motif important au sens de son art. 68, licencier un employé moyennant un délai de trois mois pour la fin d’un mois. C’est cette question qui fera l’objet du jugement au fond, après instruction. A teneur de l’art. 74 al. 1 du statut,
prima facie
, la possibilité d’une réintégration du recourant n’est pas prévue par le règlement, lequel ne donne droit, en tel cas, qu’à une indemnisation à fixer par l’instance de recours. Dans ces circonstances, la juridiction de céans ne saurait s’arroger, par le biais d’une décision avant dire droit, davantage de compétences qu’elle n’en n’a sur le fond (
ATA/622/2011
du 3 octobre 2011 ;
ATA/208/2010
du 25 mars 2010). En outre, dès lors que la solvabilité de la commune ne peut être mise en cause, le fait que la décision dont est recours soit exécutoire dès le 1
er
décembre 2011 ne cause pas de préjudice irréparable au recourant. La requête en restitution de l’effet suspensif sera rejetée.