Decision ID: 5e7d0c6f-888a-59fd-b377-2a978868bc40
Year: 2021
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_011
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: penal_law

Attendu, en fait, que :
- la requête de A_ est ainsi formulée : "
Je demande la Récusation du Tribunal Pénal de Genève et de transférer cette procédure au niveau Fédéral en raison des accusations Très graves contre le procureur général de Genève B_, et donc l'existence des conflits d'intérêts et l'absence de neutralité dans cette procédure au Canton de Genève
";
- dans sa lettre de transmission, la Présidente du Tribunal de police relève que dès lors qu'aucun grief n'était élevé à son égard, elle n'était pas en mesure de formuler une quelconque détermination;
- dans sa réplique, A_, par l'intermédiaire de son défenseur, confirme qu'aucun grief n'est élevé contre la Présidente du Tribunal de police à titre personnel. Il sollicitait la récusation des tribunaux pénaux genevois, donc également de la Cour de justice pénale genevoise, sans grief personnel à l'encontre d'un magistrat en particulier. Il doutait de l'impartialité de tout magistrat genevois chargé de le juger, dès lors que "
ce dossier concer[ait] des accusations déposées à l'encontre de personnalités genevoises
", dont le Procureur général de Genève. Ce doute était renforcé par le fait qu'il avait dû solliciter la récusation du précédent procureur chargé de la procédure, récusation qui, une fois prononcée, avait eu pour conséquence "
l'immédiate évaporation
" des risques (fuite, collusion et réitération) invoqués pour le maintenir en détention provisoire durant plus d'une année. Ainsi, en raison des circonstances précitées, le pouvoir judiciaire genevois portait une lourde responsabilité dans le traitement de ce dossier, laquelle laissait sérieusement craindre une absence d'impartialité dans le jugement de la cause, en particulier s'agissant de l'importante indemnité qu'il estimait lui être due par l'État de Genève. Pour s'assurer désormais toute absence de partialité, il sollicitait le transfert de sa cause dans le canton de Berne.

Considérant, en droit, que :
- la Chambre pénale de recours de la Cour de justice est l'autorité compétente pour connaître d'une requête en récusation formée contre un ou des membre(s) du Tribunal de police – qui est une section du Tribunal pénal selon l'intitulé du titre III de la 2ème partie de la LOJ (art. 97 LOJ) –, lequel est au rang des "
tribunaux de première instance
" au sens de l'art. 59 al. 1 let. b CPP;
- le requérant, prévenu à la procédure pendante (art. 104 al. 1 let. a et b CPP), dispose de la qualité pour agir (art. 58 al. 1CPP);
- selon l'art. 58 CPP, la demande de récusation doit être présentée sans délai par les parties dès qu'elles ont connaissance d'un motif de récusation (art. 58 al. 1 CPP), soit dans les jours qui suivent la connaissance du motif de récusation (arrêt du Tribunal fédéral
1B_601/2011
du 22 décembre 2011 consid. 1.2.1), sous peine de déchéance (ATF
138 I 1
consid. 2.2 p. 4);
- en l'espèce, le requérant a eu connaissance, à réception de l'acte d'accusation, qu'il était renvoyé en jugement devant le Tribunal de police, mais à tout le moins le 26 juin 2021, date de réception de la lettre du Tribunal de police l'invitant à formuler ses réquisitions de preuve;
- or, il n'a déposé sa demande en récusation que le 7 septembre 2021, en invoquant des motifs qui lui étaient pourtant déjà connus le 26 juin 2021;
- tardive, la requête sera par conséquent déclarée irrecevable;
- au surplus, il est relevé que la demande de récusation est clairement formée contre le Tribunal pénal de Genève; son extension à la Cour de justice pénale genevoise, dans la réplique, est irrecevable;
- en tant qu'il succombe, le requérant supportera les frais de la procédure de récusation (art. 59 al. 4 CPP), qui seront fixés en totalité à CHF 900.-.
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