Decision ID: c289ea88-e1f7-53f5-a267-4c00076446d8
Year: 2018
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_001
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law

EN FAIT
, que par ordonnance du 24 janvier 2018, le Tribunal de première instance a arrêté la rémunération de C_ à 39'999 fr. 95 (ch. 1 du dispositif) et ordonné aux Services financiers du Pouvoir judiciaire de verser cette somme sur le compte de D_ ouvert auprès de la banque E_ (ch. 2);
Que le Tribunal a considéré que le nombre d'heures de travail facturées avait été détaillé par l'expert et qu'aucune des activités indiquées ne paraissait inutile au but de l'expertise; que selon son expérience, le coût d'une expertise portant sur la détermination de la valeur vénale d'une entreprise se situait entre 18'000 fr. et 25'000 fr.; que les parties n'ayant pas contesté la décision d'avance de frais de 40'000 fr., elles devaient s'attendre à un coût d'expertise de cet ordre;
Que par acte expédié au greffe de la Cour le 5 février 2018, A_ a formé recours contre cette ordonnance, concluant, avec suite de frais, à son annulation et à ce que la rémunération de l'expert C_ soit réduite à 15'011 fr.; qu'il a estimé que le nombre d'heures facturées était excessif, le tarif horaire n'étant quant à lui pas contesté;
Qu'il a conclu, préalablement, à l'octroi de l'effet suspensif à son recours; qu'il a invoqué qu'il ne se justifiait pas de permettre le règlement de la facture litigieuse avant que la Cour n'ait rendu sa décision et qu'il convenait d'éviter de devoir demander, le cas échéant, un remboursement;
Qu'invitée à se déterminer sur le recours, l'intimée ne s'est pas opposée à l'octroi de l'effet suspensif "dans les seules limites exposées" dans le recours;
Que l'expert a pour sa part conclu au rejet de la requête d'effet suspensif au motif qu'un remboursement serait possible dans l'hypothèse où le montant de sa rémunération était réduit;
Considérant,

EN DROIT
, que la Cour est saisie d'un recours au sens des art. 184 al. 3 et 319 let. b ch. 1 CPC;
Que selon l'art. 325 CPC, le recours ne suspend pas la force de chose jugée et le caractère exécutoire de la décision entreprise (al. 1), l'instance de recours pouvant toutefois suspendre le caractère exécutoire de cette dernière en ordonnant au besoin des mesures conservatoires ou le dépôt de sûretés (al. 2);
Que selon les principes généraux applicables en matière d'effet suspensif, le juge procèdera à une pesée des intérêts en présence et se demandera en particulier si sa décision est de nature à provoquer une situation irréversible;
Que l'autorité cantonale doit faire preuve de retenue et ne modifier la décision de première instance que dans des cas exceptionnels; elle dispose cependant d'un large pouvoir d'appréciation permettant de tenir compte des circonstances concrètes du cas d'espèce (ATF
137 III 475
consid. 4.1; arrêt du Tribunal fédéral
5A_403/2015
du 28 août 2015 consid. 5);
Qu'en l'espèce, la décision attaquée relève que les heures facturées sont détaillées par l'expert et que les activités facturées ne paraissent pas inutiles; que le Tribunal relève toutefois également que selon sa propre expérience, une expertise dans le domaine litigieux pouvait coûter jusqu'à 55% moins cher; que le Tribunal semble en outre avaliser le montant de la facture – soit 39'999 fr. 95 – par le fait qu'une avance de 40'000 fr. avait été requise sans qu'elle soit contestée, ce qui ne paraît,
a priori
, pas déterminant; que le recourant invoque également une violation de son droit d'être entendu au motif que le Tribunal ne lui aurait pas donné l'occasion de se déterminer sur le relevé d'heures de l'expert;
Qu'il ne peut être considéré, à ce stade,
prima facie
, que le recours est manifestement dépourvu de toute chance de succès;
Que l'octroi de l'effet suspensif n'est par ailleurs pas vraisemblablement de nature à causer un préjudice difficilement réparable à l'expert et celui-ci ne l'allègue d'ailleurs pas;
Qu'au vu de ce qui précède, la demande tendant à suspendre le caractère exécutoire de l'ordonnance attaquée sera admise;
Qu'il sera statué sur les frais et dépens liés à la présente décision avec la décision au fond (art. 104 al. 3 CPC).
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