Decision ID: a7f0dcec-5a24-556f-94cc-f355218442ee
Year: 2021
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_004
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law

EN FAIT
, le contrat de sous-bail conclu entre D_ et E_, sous-bailleurs, et A_, portant sur la sous-location d'un appartement de 3 pièces au 1
er
étage de l'immeuble sis 1_, à Genève;
Attendu que B_ SA est devenue propriétaire de l'immeuble abritant l'appartement en cause le 9 octobre 2020, succédant à F_ SARL;
Vu le procès-verbal de conciliation
ACCBL/883/2020
du 26 octobre 2020, entérinant les conclusions d'accord conclues entre F_ SARL et A_, aux termes desquelles la première nommée a accordé à la seconde et à son fils un délai de départ au 30 juin 2021 pour quitter l'appartement, l'accord valant jugement d'évacuation au 1
er
juillet 2021;
Que, par requête déposée le 14 juillet 2021 au Tribunal des baux et loyers, la bailleresse a requis l''exécution indirectes du jugement d'évacuation, par la procédure de protection de cas clair;
Qu'à l'audience du 16 septembre 2021 devant le Tribunal, la bailleresse a persisté dans ses conclusions et s'est opposée à l'octroi d'un sursis humanitaire, la sous-locataire ayant notamment bénéficié d'un délai d'un an;
Que la sous-locataire a déclaré vivre dans le logement avec son fils de 16 ans et avoir entrepris des recherches de solution de relogement; qu'elle a conclu à l'octroi d'un sursis de 12 mois;
Que la cause a été gardée à juger à l'issue de l'audience;
Que, par jugement
JTBL/755/2021
rendu le 16 septembre 2021, reçu par A_ le 29 septembre suivant, le Tribunal a autorisé la bailleresse à faire exécuter par la force publique le procès-verbal de conciliation rendu le 26 octobre 2020 par la Commission de conciliation en matière de baux et loyers dans la cause C/2_/2020, dès l'entrée en force du jugement (ch. 1 du dispositif), a débouté les parties de toutes autres conclusions (ch. 2) et a dit que la procédure était gratuite (ch. 3);
Vu le recours expédié le 11 octobre 2021 au greffe de la Cour de justice par A_ contre ce jugement;
Qu'elle a conclu à ce qu'il soit sursis à l'exécution de l'évacuation durant douze mois;
Qu'elle a produit de nouvelles pièces (n. 3 à 5);
Que A_ a préalablement requis la suspension du caractère exécutoire des mesures d'exécution ordonnées par le Tribunal des baux et loyers;
Qu'invitée à se déterminer, la bailleresse a, par écritures du 18 octobre 2021, conclu au rejet de la requête d'effet suspensif;
Considérant,

EN DROIT
, que seule la voie du recours est ouverte contre les mesures d'exécution (art. 309 let. a et 319 let. a CPC);
Que le recours ne suspend pas la force de chose jugée, l'instance d'appel pouvant suspendre le caractère exécutoire (art. 325 al. 1 et 2 CPC);
Que l'instance de recours est habilitée à décider d'office ou sur requête de suspendre le caractère exécutoire (cf. Jeandin, in Commentaire Romand, Code de procédure civile 2
ème
éd., n. 6 ad art. 325 CPC);
Qu'en la matière, l'instance d'appel dispose d'un large pouvoir d'appréciation (ATF
137 III 475
consid. 4.1; arrêts du Tribunal fédéral
5A_403/2015
du 28 août 2015 consid. 5;
5A_419/2014
du 9 octobre 2014 consid. 7.1.2);
Que, selon les principes généraux, l'autorité procède à une pesée des intérêts en présence et doit se demander, en particulier, si la décision est de nature à provoquer une situation irréversible; qu'elle prend également en considération les chances de succès du recours (arrêts du Tribunal fédéral
4A_337/2014
du 14 juillet 2014 consid. 3.1;
4D_30/2010
du 25 mars 2010 consid. 2.3);
Considérant que seules les mesures d'exécution ont été remises en cause par la recourante, de sorte que seule la voie du recours est ouverte;
Qu'il ne se justifie pas de suspendre le caractère exécutoire du chiffre 1 du dispositif du jugement entrepris;
Qu'en effet, le recours paraît,
prima facie
et sans préjudice de l'examen au fond, dénué de chance de succès;
Que la recourante allègue avoir recherché une solution de relogement, sans fournir la moindre preuve – recevable - de cette allégation;
Que la recourante a bénéficié de fait de près de quatre mois d'occupation des lieux depuis la date à laquelle l'appartement devait être restitué à l'intimée;
Qu'en conséquence, la requête de la recourante sera rejetée.
* * * * *