Decision ID: 9224c32e-df50-5eab-8808-096e996cb012
Year: 2019
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_007
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 

EN FAIT
A. a.
Entre mai 2016 et août 2017, A_, avocat, a introduit 17 poursuites à l'encontre de trois poursuivis, soit B_, C_ SA et l'ETAT DE GENEVE, enregistrées sous les numéros 1_, 2_, 3_, 4_, 5_, 6_, 7_, 8_, 9_, 10_, 11_, 12_, 13_, 14_, 15_, 16_, 17_.
Sur chacune de ces 17 réquisitions de poursuite, l'unique nom figurant dans la rubrique "créancier" est celui de A_, également signataire des réquisitions.
Il s'agit de poursuites qui tendent au recouvrement d'honoraires d'avocat impayés.
b.
A_ ne s'étant pas acquitté des frais de poursuite, l'Office lui a envoyé, entre le 18 février et le 6 septembre 2017, 19 factures, dont quatre concernent les poursuites n° 7_ et 4_ (factures 18_ [et] 19_ en 103 fr. 30 et 9 fr.; factures 20_ et 21_ en 95 fr. 30 et 7 fr.), pour un montant total de 1'592 fr. 50, lesquelles n'ont pas été honorées.
c.
Par décision du 31 mai 2019, l'Office a sommé A_ de s'acquitter du montant de 1'592 fr. 50, dans un délai de dix jours. A défaut, l'Etat de Genève procéderait au recouvrement forcé de sa créance.
B. a.
Par acte du 11 juin 2019, A_ forme plainte auprès de la Chambre de surveillance contre la décision de l'Office du 31 mai 2019, reçue le 5 juin 2019.
Il soutient qu'il n'avait agi qu'en qualité de représentant de ses clients, de sorte qu'il appartenait à l'Office de rechercher "individuellement" les destinataires réels des factures impayées.
b.
Dans son rapport du 5 juillet 2019, l'Office conclut au rejet de la plainte. Il incombe au créancier poursuivant d'avancer les frais de poursuite et, en l'espèce, c'est bien A_ qui apparait comme créancier sur les réquisitions de poursuite.
c.
Par avis du Greffe du 9 juillet 2019, le rapport de l'Office a été transmis à A_, qui a été informé que la cause était retenue à juger.

EN DROIT
1.
La plainte est recevable pour avoir été déposée auprès de l'autorité compétente (art. 6 al.1 et 3 LaLP, art. 17 al. 1 LP), par une partie lésée dans ses intérêts (ATF
138 III 219
consid. 2.3;
129 III 595
consid. 3;
120 III 42
consid. 3), dans le délai utile de dix jours (art. 17 al. 2 LP) et selon la forme prescrite par la loi (art. 9 al. 1 et 2 LaLP, art. 65 al. 1 et 2 LPA, applicables par renvoi de l'art. 9 al. 4 LaLP), à l'encontre d'une mesure de l'Office sujette à plainte.
2. 2.1.1.
Selon l'art. 68 LP, les frais de poursuite sont à la charge du débiteur mais le créancier poursuivant doit en faire l'avance. L'Office peut - mais n'en a pas l'obligation - différer toute obligation dont les frais n'ont pas été avancés. Le créancier peut prélever les frais sur les premiers versements du débiteur.
Il résulte de cette disposition que, par rapport à l'Office, c'est le créancier poursuivant qui est responsable du paiement, au titre d'avance, des frais de poursuite, et non le débiteur (ATF
39 I 508
; cf. notamment
DCSO/597/2017
du 9 novembre 2017). Selon le résultat de la poursuite, cette avance pourra s'avérer provisoire (lorsque les frais peuvent être prélevés sur les paiements du débiteur ou le produit de la réalisation) ou définitive (lorsque la poursuite ne va pas à son terme ou que le produit de réalisation ne permet pas de couvrir les frais de poursuite).
L'avance des frais de poursuite est due par le créancier même si, dans un premier temps, l'Office renonce à différer l'opération requise jusqu'au versement de l'avance des frais par le créancier poursuivant. Dans une telle hypothèse, et à moins que les frais ne puissent être remboursés par prélèvement sur les paiements effectués par le débiteur ou le produit de la réalisation, l'Office devra en réclamer le paiement au créancier poursuivant, au besoin par une poursuite (ATF
62 III 14
).
2.1.2.
Les frais de poursuite, au sens de l'art. 68 LP, comprennent les frais, débours, émoluments et indemnités fixés, au cours de la procédure d'exécution forcée, par les autorités de poursuite, les tribunaux et les autres organes de l'exécution forcée en vertu de l'Ordonnance sur les émoluments perçus en application de la loi fédérale sur la poursuite pour dettes et la faillite (
RS 281.35
; ci-après : OELP; ATF
119 III 63
cons. 4a).
2.2.
En l'espèce, le plaignant ne conteste pas qu'il a engagé dix-sept poursuites pour lesquelles des frais ont été facturés. Il ne critique pas non plus le calcul des frais opéré par l'Office ni le montant total finalement réclamé.
L'argument du plaignant, selon lequel il n'a pas à régler les frais de poursuite, dès lors qu'il a agi en tant que mandataire de ses clients frise la témérité. En effet, il résulte clairement des réquisitions de poursuite que le plaignant a agi en son nom et non pas en qualité de mandataire de ses clients, ce d'autant qu'il s'agit de recouvrements d'honoraires d'avocat.
Infondée, la plainte doit être rejetée.
3. 3.1.
La procédure de plainte est gratuite (art. 20 al. 2 ch. 5 LP; 61 al. 2 let. a OELP) et il ne peut être alloué aucun dépens (art. 62 al. 2 OELP).
Des émoluments et débours peuvent toutefois être prélevés si une partie ou son représentant use de procédés téméraires ou de mauvaise foi (art. 20a al. 1 ch. 5 LP).
3.2.
En l'espèce, compte tenu de la situation juridique claire, le comportement du plaignant, qui exerce la profession d'avocat, apparait à la limite de la mauvaise foi.
La Chambre renoncera, toutefois, à sanctionner cette attitude, mais rend le plaignant attentif au fait qu'il pourrait, si la même situation se répétait, se voir mettre les frais de procédure à sa charge.
* * * * *