Decision ID: 79c0e854-1b8a-4e16-bc04-37163a59320a
Year: 2022
Language: fr
Court: FR_TC
Chamber: FR_TC_005
Canton: FR
Region: Espace_Mittelland
Law Area: penal_law

considérant en fait
A. Le 10 décembre 2021, A._ s’est présentée au poste de gendarmerie de Châtel- pour porter plainte pénale contre son ex-ami B._ pour contrainte, menace, voies de fait et utilisation abusive d’une installation de télécommunication.
Selon le rapport de dénonciation du 31 janvier 2022, il est ressorti que le 16 juillet 2021 A._ a dit à son ami d’alors B._ qu’elle voulait mettre un terme à leur relation. A la suite de cette annonce, elle est partie quelques jours chez une amie. Après discussions avec B._, A._ est revenue à leur domicile en faisant chambre à part jusqu’à ce qu’elle trouve un nouvel appartement. Durant cette période, B._ a tenté de rentrer dans sa chambre contre sa volonté de sorte qu’elle a dû la fermer à clé. Le 26 juillet 2021, alors que A._ discutait avec lui, B._ s’est énervé, l’a prise par les épaules et l’a secouée. Il lui aurait également lancé une peluche au visage. Suite à ce dernier événement, A._ a quitté l’appartement pour aller vivre chez une connaissance. A partir de ce moment-là, B._ a envoyé des centaines de messages à A._ malgré ses demandes de la laisser tranquille. Il a également fait pression sur elle en déclarant qu’il ne nourrirait plus ses chats, a appelé ses amis, sa famille et a enfermé ses affaires dans une chambre. Suite aux agissements et au comportement de B._, A._ faisait tout pour l’éviter et ne venait à leur domicile que lorsqu’elle savait que celui-ci n’y serait pas.
B. Le 22 avril 2022, le Ministère public a rendu deux ordonnances à l’encontre de B._. La première de non-entrée en matière concernant les infractions de voies de fait et utilisation abusive d’une installation de télécommunication et la seconde reconnaissant le prénommé coupable de tentative de contrainte et le condamnant à une peine pécuniaire de 30 jours-amende, avec sursis pendant 2 ans, le montant du jour-amende étant fixé à CHF 110.-, à une amende ce CHF 600.- ainsi qu’aux frais pénaux par CHF 177.50. En ce qui concerne l’ordonnance de non-entrée en matière, le Ministère public a retenu que les infractions d’utilisation abusive d’une installation de télécommunication et de voies de fait ne peuvent être poursuivies que sur plainte qui doit être déposée dans un délai de 3 mois à partir du jour où l’ayant-droit a connu l’auteur de l’infraction. Or, la plaignante a produit une grande quantité d’échanges WhatsApp qui ont eu lieu entre le 16 juillet 2021 et le 19 août 2021, date à laquelle elle a bloqué B._ sur cette application. Aucune preuve n’est apportée concernant des messages abusifs qui auraient été adressés après le 11 septembre 2021. Ainsi, la plainte pénale déposée le 10 décembre 2021 a été déposée tardivement concernant ces deux infractions, de sorte qu’il convient de constater que les conditions à l’ouverture de l’action pénale ne sont pas remplies.
C. Par courrier daté du 2 mai 2022, mais remis à la poste le 30 avril 2022, A._ a recouru contre l’ordonnance de non-entrée en matière. Elle a relevé que, contrairement à ce qui a été retenu dans l’ordonnance attaquée, B._ a, après avoir été bloqué le 19 août 2021, continué à la contacter par courriel sur ses adresses professionnelle et privée et ce jusqu’au 17 avril 2022. Elle a alors remis des copies des nombreux courriels de B._.
B._ a formé opposition à l’ordonnance pénale du 22 avril 2022.
Invité à se déterminer, le Ministère public a déposé ses observations le 19 mai 2022. Il a d’abord relevé que, compte tenu des messages produits par la recourante que lui a adressés B._ entre le 11 septembre 2021 et le 17 avril 2022, la plainte pénale déposée le 10 décembre 2021
Tribunal cantonal TC Page 3 de 6
paraît désormais l’avoir été dans le délai prescrit à l’art. 31 CP. Il a ensuite ajouté que, même à considérer que les conditions d’ouverture de l’action pénale soient réunies, il n’y a toujours pas lieu d’entrer en matière sur la plainte pénale de A._ pour utilisation abusive d’une installation de télécommunication dans la mesure où les conditions de cette infraction ne sont manifestement pas remplies. Le Ministère public a ainsi conclu au rejet du recours.
Par courrier daté du 7 juin 2022, mais remis à la poste le 10 juin 2002, B._ a déposé des observations non sollicitées. Il conclut à l’irrecevabilité du recours, subsidiairement à son rejet, ainsi qu’à l’octroi d’une indemnité de CHF 500.- à charge de A._ pour l’exercice raisonnable de ses droits.
Le 1er juillet 2022, A._ s’est déterminée une dernière fois sur les observations du Ministère public et de B._.

en droit
1.
1.1. En application des art. 310 al. 2, 322 al. 2 et 393 al. 1 let. a du code de procédure pénale suisse du 5 octobre 2007 (CPP; RS 312.0), ainsi que de l'art. 85 al. 1 de la loi du 31 mai 2010 sur la justice (LJ; RSF 130.1), la voie du recours à la Chambre pénale du Tribunal cantonal (ci-après : la Chambre) est ouverte contre une ordonnance de non-entrée en matière.
1.2. Selon les art. 322 al. 2 et 396 al. 1 CPP, le recours est adressé par écrit, dans le délai de dix jours, à l'autorité de recours. L’ordonnance querellée a été notifiée à la recourante au plus tôt le 23 avril 2022, de sorte que le recours déposé le 30 avril 2022 l’a été en temps utile.
1.3. L'ordonnance querellée prononce la non-entrée en matière sur des faits objets de la plainte pénale. La recourante, partie plaignante, est directement touchée par cette décision et a dès lors la qualité pour recourir (art. 104 al. 1 let. b et 382 al. 1 CPP).