Decision ID: 083e4f2f-0d2b-5ff2-b2be-3eda9ba9d233
Year: 2021
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_003
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law

Attendu, EN FAIT, que, le 17 novembre 2020, B_ a assigné A_ SA en paiement et en délivrance d'un certificat de travail, faisant notamment valoir que son licenciement avec effet immédiat était injustifié;
Que, par ordonnance du 30 mars 2021, le Tribunal des prud'hommes a notamment refusé la requête de A_ SA de suspendre l'instruction de la cause jusqu'à droit jugé dans la procédure pénale P/1_/2020 ouverte à l'encontre de B_ du chef de gestion déloyale (ch. 2 du dispositif) et a imparti à A_ SA un délai au 30 avril 2021 pour répondre à la demande (ch. 3);
Que, le 12 avril 2021, A_ SA a formé recours contre cette ordonnance, concluant à ce que la Cour l'annule et renvoie la cause au Tribunal pour nouvelle décision;
Que, par la suite, le délai pour répondre à la demande a été prolongé, en dernier lieu par ordonnance du 22 juin 2021, laquelle impartissait à A_ SA pour ce faire un délai de dix jours dès réception de l'ordonnance;
Que, le 20 août 2021, A_ SA a formé recours contre cette ordonnance, concluant principalement à ce que la Cour l'annule, constate que le Tribunal n'a pas statué sur la requête de suspension de la cause dans l'attente de l'issue de la procédure pénale P/1_/2020 formée par ses soins le 12 avril 2021 et ordonne ladite suspension;
Qu'elle a sollicité l'octroi de l'effet suspensif à son recours, avant et après audition de sa partie adverse;
Qu'elle a fait valoir que la procédure pénale présentait une portée préjudicielle par rapport à la procédure civile puisque la gestion déloyale était un juste motif de licenciement immédiat;
Qu'elle soutient que, à défaut d'octroi de l'effet suspensif, elle serait tenue de répondre à la demande formée par sa partie adverse en produisant des éléments de preuves et en dévoilant le nom de ses témoins, ce qui aurait pour conséquence que "l'action pénale serait ( ) affaiblie du fait des témoins déjà entendus dans le cadre de la procédure civile et des moyens de preuve qui seraient déjà connus";
Qu'en outre, le recours serait vidé de sa substance;
Que, par décision du 20 août 2021, la Cour, statuant à titre superprovisionnel sur la requête d'effet suspensif, a rejeté celle-ci au motif que la survenance imminente d'un préjudice difficilement réparable n'était pas rendue vraisemblable;
Que, le 6 septembre 2021, l'intimé s'est opposé à l'octroi de l'effet suspensif, faisant valoir que, puisque la recourante avait déposé sa réponse à la demande le 25 août 2021, conformément à l'ordonnance querellée, la requête d'effet suspensif était devenue sans objet;
Considérant,

EN DROIT
, que selon l'art. 325 CPC le recours ne suspend pas la force de chose jugée et le caractère exécutoire de la décision entreprise (al. 1), l'instance de recours pouvant cependant suspendre le caractère exécutoire en ordonnant au besoin des mesures conservatoires ou le dépôt de sûretés (al. 2);
Qu'il appartient à la partie recourante d'alléguer et d'établir la possibilité que la décision querellée lui cause un préjudice difficilement réparable (ATF
134 III 426
consid. 1.2), à moins que celui-ci ne fasse d'emblée aucun doute (ATF
136 IV 92
consid. 4;
133 III 629
consid. 2.3.1 in fine);
Que, saisie d'une demande d'effet suspensif, l'autorité cantonale d'appel doit procéder à une nouvelle pesée des intérêts entre les deux préjudices difficilement réparables, celui du demandeur à l'action si la mesure n'était pas exécutée immédiatement et celui qu'entraînerait pour le défendeur l'exécution de cette mesure (ATF
138 III 378
consid.6.3 et les références citées;
137 III 475
consid. 4.1; arrêt du Tribunal fédéral
5A_514/2012
du 4 septembre 2012 consid. 3.2.2);
Que l'autorité de recours jouit d'un large pouvoir d'appréciation (Brunner, in Kurzkommentar zur ZPO, Oberhammer et al. [éd.], 2
ème
éd., 2014, n. 4 ad art. 325 CPC, Freiburghaus/Afheldt, in Kommentar zur Schweizerischen Zivilprozessordnung, Sutter-Somme et al. [éd.], 2
ème
éd., 2013, n. 6 ad art. 325 CPC, Jeandin, CPC, Code de procédure civile commenté, Bohnet et al. [éd.], 2011, n. 6 ad art. 325 CPC);
Qu'en l'espèce, dans la mesure où la recourante a déposé sa réponse à la demande, la requête d'effet suspensif est devenue sans objet;
Qu'en tout état de cause, la recourante n'a pas établi en quoi le fait de déposer une écriture pourrait lui causer un préjudice difficilement réparable;
Qu'elle n'explique pas concrètement pour quel motif cela serait susceptible de compromettre le sort de l'action pénale;
Qu'au vu de ce qui précède, la demande d'effet suspensif doit être rejetée.
Que le sort des frais sera renvoyé à la décision finale.
* * * * *