Decision ID: 636c83bf-067a-562c-adf1-b69d95c33408
Year: 2019
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_004
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law

EN FAIT
, le contrat de bail à terme fixe conclu par les parties, portant sur la location d'un appartement de 2,5 pièces au 6
ème
étage de l'immeuble sis _, à Genève, et de la cave en dépendant;
Attendu que le loyer, charges comprises, a été fixé en dernier lieu à 854 fr. 20 par mois;
Qu'à l'échéance de la durée déterminée du bail au 28 février 2019, aucune prolongation n'a été requise par les locataires;
Que les locaux n'ont pas été restitués;
Que, par requête déposée le 15 mars 2019 au Tribunal des baux et loyers, la bailleresse a requis l'évacuation des locataires, assortie de mesures d'exécution directes du jugement d'évacuation, par la procédure de protection de cas clair; qu'elle a également conclu au paiement de 854 fr. 20 par les locataires dès le 1
er
mars 2019 jusqu'à restitution des locaux;
Qu'à l'audience du 21 mai 2019 devant le Tribunal, la bailleresse a persisté dans ses conclusions, précisant que la situation comptable des locataires était à jour;
Que la locataire a déclaré être inscrite depuis 2015 auprès de différents organismes sociaux et vivre dans le logement avec ses deux enfants, âgés de 6 ans demi et 9 mois; qu'elle a sollicité l'octroi d'un sursis à l'exécution de l'évacuation jusqu'en mars 2020;
Que la cause a été gardée à juger à l'issue de l'audience;
Que, par jugement
JTBL/503/2019
rendu le 21 mai 2019, notification par voie d'huissier aux locataires le 3 juin 2019, le Tribunal les a condamnées à évacuer de leurs personnes, de leurs biens et de toute autre personne faisant ménage commun avec elles l'appartement et la cave en cause (ch. 1 du dispositif), a autorisé la bailleresse à requérir l'évacuation par la force publique des locataires dès le 1
er
octobre 2019 (ch. 2), a déclaré le requête irrecevable pour le surplus (ch. 3), a débouté les parties de toutes autres conclusions (ch. 4) et a dit que la procédure était gratuite (ch. 5);
Vu le recours déposé le 6 juin 2019 par les locataires contre ce jugement;
Qu'elles ont conclu à l'annulation du chiffre 2 du dispositif du jugement entrepris et à ce qu'il soit sursis à l'exécution de l'évacuation jusqu'à fin février 2020;
Qu'elles ont préalablement requis la suspension du caractère exécutoire des mesures d'exécution ordonnées par le Tribunal;
Qu'invitée à se déterminer, la bailleresse s'est opposée à l'octroi de l'effet suspensif;
Considérant,

EN DROIT
, que seule la voie du recours est ouverte contre les mesures d'exécution (art. 309 let. a et 319 let. a CPC);
Que le recours ne suspend pas la force de chose jugée, l'instance d'appel pouvant suspendre le caractère exécutoire (art. 325 al. 1 et 2 CPC);
Que l'instance de recours est habilitée à décider d'office ou sur requête de suspendre le caractère exécutoire (cf. Jeandin, in Commentaire Romand, Code de procédure civile 2
ème
éd., n. 6 ad art. 325 CPC);
Que la Présidente soussignée a compétence pour statuer sur la suspension du caractère exécutoire de la décision entreprise, vu la nature incidente et provisionnelle d'une telle décision et la délégation prévue à cet effet par l'art. 18 al. 2 LaCC, concrétisée par une décision de la Chambre civile siégeant en audience plénière et publiée sur le site Internet de la Cour;
Qu'en la matière, l'instance d'appel dispose d'un large pouvoir d'appréciation
(ATF
137 III 475
consid. 4.1; arrêts du Tribunal fédéral
5A_403/2015
du 28 août 2015 consid. 5;
5A_419/2014
du 9 octobre 2014 consid. 7.1.2);
Que, selon les principes généraux, l'autorité procède à une pesée des intérêts en présence et doit se demander, en particulier, si la décision est de nature à provoquer une situation irréversible; qu'elle prend également en considération les chances de succès du recours (arrêts du Tribunal fédéral
4A_337/2014
du 14 juillet 2014 consid. 3.1;
4D_30/2010
du 25 mars 2010 consid. 2.3);
Considérant que seules les mesures d'exécution ont été remises en cause par les recourantes, de sorte que seule la voie du recours est ouverte;
Qu'il se justifie de suspendre le caractère exécutoire du chiffre 2 du jugement entrepris, d'une part, afin de ne pas vider le recours de son objet, et, d'autre part, afin de ne pas porter indûment atteinte aux intérêts des recourantes;
Que, par ailleurs, le recours n'est pas,
prima facie
et sans préjudice de l'examen au fond, dénué de chance de succès;
Qu'il convient également de tenir compte de la courte durée présumable de la présente procédure, jugée selon la procédure sommaire (art. 257 al. 1 CPC);
Qu'enfin, le délai pour répondre au fond a d'ores et déjà été imparti à la bailleresse;
Qu'en conséquence, la requête des recourantes sera admise.
* * * * *