Decision ID: 6555ec3d-ed90-41d5-8a0d-601e0ab7948a
Year: 2014
Language: fr
Court: VS_TC
Chamber: VS_TC_001
Canton: VS
Region: Région lémanique
Law Area: 

Faits et procédure
A.a X_, né le xxx 1970, et B_, née le xxx 1969, ont entretenu une
relation sentimentale. Un enfant est issu de celle-ci, C_, le xxx 2004.
Le 25 mars 2005, D_, président de la commission sociale de la commune de
E_, a aménagé une séance avec B_ et X_. Il a évoqué
l’impossibilité, pour la mère, de s’occuper de son enfant, en raison de sa
polytoxicomanie (drogue et alcool). X_ a dès lors sollicité ses parents -
F_ et G_ - et la maman de sa compagne - Y_ - de
participer à la prise en charge de C_.
Du 17 mai au 1 er
août 2005, B_ a suivi une cure de désintoxication à
H_, qui n’a pas donné les résultats escomptés. Dans ces circonstances, le
13 septembre 2005, la chambre pupillaire de la commune de I_ (ci-après :
chambre pupillaire) a prononcé le retrait de la garde de l’enfant à la mère, pour une
durée indéterminée, et a confié C_ au père.
A.b Le 28 février 2006, J_, intervenante en protection de l’enfant auprès de
l’office pour la protection de l’enfant (ci-après : OPE) a établi un rapport d’évaluation
sociale. Elle a exposé que C_ était en bonne santé. Il bénéficiait des soins
de sa grand-mère maternelle du dimanche soir au mercredi soir, et, à compter du
6 mars suivant, au jeudi soir. Ses grands-parents paternels prenaient, pour leur part, le
relais du jeudi soir au samedi matin ou au samedi à midi. C_ passait les
week-ends auprès de ses parents. Les grands-parents entretenaient des relations qui
paraissaient très affectueuses et sereines avec leur petit-fils.
L’intervenante en protection de l’enfant soulignait que, le 24 janvier 2006, elle avait
évoqué, avec les parents de C_, un transfert de la garde de celui-ci à
Y_ «au vu du manque d’évolution de la situation personnelle» des père et
mère. X_ collaborait certes avec l’OPE, mais ne parvenait pas à se
positionner clairement quant à la prise en charge de son enfant et à sa relation de
couple. Il ne percevait, en particulier, pas «les besoins de sécurité et de stabilité de son
fils en dehors d’une vie avec la mère de l’enfant». Il convenait néanmoins de lui confier
la garde de l’enfant et d’instituer une curatelle éducative au sens de l’article 308 CC.
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Le 13 avril suivant, la chambre pupillaire a prononcé les mesures préconisées par
l’intervenante en protection de l’enfant.
A.c Désignée en qualité de curatrice, J_ a progressivement élargi la prise en
charge de l’enfant par ses parents. Dès le 28 avril 2006, C_ a ainsi passé les
week-ends, du vendredi soir au dimanche soir, auprès de ses père et mère. A compter
du 21 juin suivant, il a, en sus, dormi au domicile familial la nuit du mercredi au jeudi,
puis dès le 17 octobre 2006, du vendredi soir au lundi soir. L’enfant était, à cette
époque, confié du lundi soir au mercredi matin à Y_, et du jeudi à 11 h 30 au
vendredi soir à G_ et F_.
Le 18 décembre 2006, K_, intervenant en protection de l’enfant, a établi un
bilan de l’évolution de la situation. Il a souligné que Y_, G_ et
F_ offraient à C_ un cadre affectif et éducatif stable. L’enfant
s’intégrait, parallèlement, dans la vie de famille avec ses parents. K_ mettait
en évidence les efforts réels et mesurables de la mère. Il préconisait de poursuivre
l’intégration de l’enfant chez ses parents et de prévoir qu’il passe une journée auprès
de ses grands-parents paternels, de sa grand-mère maternelle et de la crèche ou de la
garderie. Le 20 décembre suivant, la chambre pupillaire a adopté les mesures
proposées par K_, mises en œuvre dès le 12 janvier 2007.
La relation entre C_ et ses parents s’est consolidée à compter de l’automne
2007. B_ s’est investie dans l’éducation de son fils. Elle a collaboré avec
l’OPE. Aussi, le 6 novembre 2008, J_ a préconisé de lui confier, à nouveau,
la garde de C_. X_ et B_ ont, à la même époque, sollicité
la chambre pupillaire de leur attribuer l’autorité parentale conjointe. Statuant le
9 novembre 2008, l’autorité tutélaire a rétabli le droit de garde de la mère sur
C_ et a octroyé aux père et mère l’autorité parentale conjointe; elle a, par
ailleurs, maintenu la mesure de curatelle.
Dans les bilans de situation des 8 octobre 2009 et 4 octobre 2010, J_ a
constaté que C_ et ses parents entretenaient une bonne relation. Elle a mis
en évidence la complicité entre la mère et l’enfant. Elle a souligné que C_
était un enfant sensible et lucide, dont l’affection pour sa maman était évidente. Elle a
ajouté que B_, dont l’état de santé s’était dégradé à compter du mois de
janvier 2010, collaborait avec l’OPE. Elle faisait part des difficultés auxquelles elle était
confrontée dans l’éducation de C_.
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A.d Le 22 août 2011, B_ est décédée. X_, après s’être entretenu
avec J_, a organisé la prise en charge quotidienne de son fils pour les repas
de midi et l’accueil après l’école, avec l’unité d’accueil pour écoliers intercommunale
«L_». Il a, par la suite, collaboré avec l’OPE. Le17 octobre 2011,
J_ a proposé à la chambre pupillaire de lever la mesure de curatelle
éducative et d’instituer un droit de regard et d’information afin de soutenir le père. Le
25 octobre 2011, la chambre pupillaire a prononcé les mesures préconisées par la
curatrice.
B.a X_ a collaboré avec la curatrice jusqu’au mois d’octobre 2012. A cette
époque, il a fait la connaissance de M_. Dès le mois d’avril 2013, ils ont fait
ménage commun. Ils ont formé une famille recomposée avec C_, le fils et la
nièce de M_.
Le 21 mai 2013, J_ s’est entretenue avec C_. Celui-ci lui a fait part
de son désarroi. Il lui a exposé que son père ne lui accordait plus aucune attention
affective. Il ne se sentait pas vraiment intégré dans la famille recomposée, d’autant
plus que M_ lui avait enlevé les objets offerts par sa maman. Interpellé par
l’intervenante en protection de l’enfant, X_ a déclaré que son fils était
«matérialiste et intéressé». Il a ajouté que sa belle-mère, Y_ n’était pas
toujours en accord avec les punitions données à C_.
Le 9 juillet 2013, X_ a manifesté, auprès de J_, la fatigue qu’il
ressentait en raison des tensions qu’il gérait entre C_ et sa nouvelle
compagne. L’enfant a, pour sa part, rapporté à l’intéressée que, pendant les vacances,
il n’avait pas pu s’amuser, sous prétexte que, avant celles-ci, il avait causé trop de
problèmes.
Le 8 octobre 2013, J_ a aménagé une séance à laquelle ont participé
N_, psychologue auprès du centre pour la thérapie et le développement de
l’enfant et de l’adolescent, X_ et M_, ainsi que Y_.
X_ a été invité à ramener les objets qui avaient appartenu à B_ et
auxquels C_ était attaché. Il convenait, à tout le moins, que l’enfant puisse
disposer des photographies et des albums de sa mère. Le recourant s’est obligé à faire
le nécessaire. L’attention des participants a, en outre, été attirée sur la nécessité de se
mobiliser pour le bien de C_. Il leur a été rappelé que les châtiments
corporels n’étaient pas admissibles et que «le système de ‘punition de tout’ n’[étai]t pas
un système porteur». Des pistes ont été suggérées à X_. Celui-ci a mis en
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évidence son impatience à l’endroit des comportements de son fils, tels ses oublis
fréquents et sa tenue vestimentaire.
Le 25 octobre 2013, J_ s’est rendue au domicile de X_ et de
M_. A sa grande surprise, elle a constaté qu’il ne restait «rien des objets et
mobiliers présents» durant la vie commune avec B_. La chambre de
C_ ressemblait à «une chambre d’hôtel, sans jouets, sans décoration
enfantine, aseptisée, inanimée». Une seule photographie de la mère de l’enfant était
posée sur sa table de nuit. C_ ne l’appréciait pas parce qu’il s’agissait de la
photographie qui se trouvait sur la tombe de sa maman. Aucune autre photographie de
la vie antérieure de l’enfant avec sa mère ne lui était accessible. L’aquarium, dont il
avait disposé durant de nombreuses années, avait été débarrassé. L’intervenante en
protection de l’enfant a mis en évidence l’extrême tristesse de C_. Celui-ci ne
souriait plus et était «éteint». Son regard était «vide» et son visage «inexpressif».
L’enfant a déclaré qu’il était malheureux, mais ne souhaitait pas trop en dire; il
craignait, en effet, la réaction de son père et de la compagne de celui-ci (brimade,
questionnement). Interpellé, X_ n’a fait état que d’éléments négatifs sur le
comportement de son fils. Il a souligné que «rien ne va» malgré les conseils de
J_ et la consultation d’un psychologue. Il a refusé l’assistance d’un éducateur
à domicile, commis, le cas échéant, par l’association enfance et maladies orphelines.
Le 6 novembre 2013, J_ s’est entretenue, de 19 h 30 à 21 h, avec
X_. Elle lui a fait part de l’inquiétude suscitée par l’état psychologique et
physique de C_ lors de la rencontre du 25 octobre précédent. Elle a attiré
son attention sur le fait que l’enfant ne disposait plus d’aucun repère, propre à le
raccrocher à la vie vécue avant le décès de B_. Sa chambre était ainsi
«entièrement transformée et dépersonnalisée». X_ a partagé les
préoccupations de l’intervenante en protection de l’enfant. Il était cependant «pris entre
des décisions pour le bien de son fils et sa nouvelle famille recomposée».
Le 14 novembre 2013, l’intervenante en protection de l’enfant s’est rendue au domicile
familial où elle devait rencontrer X_ et C_. Ils n’étaient pas
présents. Interpellé par texto, le recourant s’est prévalu d’une erreur d’agenda.
C_ n’a, pour sa part, regagné le domicile que peu avant 18 h 30.
J_ a souligné qu’il ne s’agissait pas de la première fois où l’enfant ne pouvait
rentrer chez lui, en sorte que, nonobstant la température - 0° -, il errait dans la rue.
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Entendu, par la suite, C_ a exposé que son père l’avait frappé avec un
double mètre. X_ a reconnu les faits. Il a fait valoir qu’il avait perdu son sang-
froid.
Le 10 novembre 2013, J_ a rencontré Y_. Celle-ci a mis en
évidence que l’enfant demandait beaucoup d’affection et soulignait ne plus en recevoir
de son père. Il souhaitait parler de sa mère avec elle. Y_ était consternée par
le mal-être de son petit-fils. Selon les confidences de l’enfant, son père le giflait et le
frappait régulièrement sur la tête. C_ lui avait demandé de lui donner plutôt
des fessées. L’intéressé avait refusé parce que celles-ci pouvaient laisser des
marques. C_ avait également rapporté à sa grand-mère qu’il n’était pas
autorisé à rentrer chez lui si M_ n’était pas présente. Il ne disposait pas
d’une clé. Il demeurait, dans ces circonstances, dans la rue même par mauvais temps.
A plusieurs reprises, il lui avait, en outre, été fait interdiction d’aller sur la tombe de sa
mère. Les amis de Y_ avaient tous souligné que l’enfant avait changé : son
regard était vide et triste, il n’était plus le même et évoquait les claques administrées
régulièrement par son père.
B.b Dans un rapport du 21 novembre 2013, J_ a rappelé que, depuis le
16 septembre 2005, elle avait accompagné B_ et avait toujours eu une
excellente collaboration avec les grands-parents de C_. Durant la vie
commune avec la mère de celui-ci, X_ ne s’était jamais réellement positionné
au niveau éducatif ou «sur tout autre sujet en lien avec son couple et sa vie de
famille». Lors du décès de B_, il avait sollicité des conseils auprès de l’OPE
et s’était appuyé sur la disponibilité des deux grands-mères de l’enfant. Les difficultés
éducatives et relationnelles étaient apparues à la fin de l’année 2012, selon les
déclarations concordantes de X_, de C_ et de Y_.
M_ ne partageait pas les concepts éducatifs de B_. Elle présentait
une certaine rigidité. Elle exerçait beaucoup d’influence sur X_.
J_ a souligné les changements d’attitude physique et psychologique de
C_. Alors qu’il était joyeux, rieur, vif et plaisantin, il s’agissait, depuis le mois
de juin 2013, d’un enfant qui s’attristait de mois en mois, qui semblait éteint, qui ne
souriait plus et qui avait pris beaucoup de poids. Ses grands-mères maternelle et
paternelle ne constataient pas, chez lui, le comportement mis en évidence par
X_, soit l’insolence de C_, le manque de propreté de celui-ci, sa
distraction et les bêtises qu’il faisait.
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L’intervenante en protection de l’enfant regrettait que l’intéressé avait décliné les
invitations à recourir à l’assistance d’un éducateur, à suivre des conseils éducatifs, à
faire suivre C_ par un psychologue et par un pédopsychiatre, à consulter un
pédiatre pour lui exposer les problèmes d’encoprésie et de tristesse profonde de celui-
ci. Il paraissait résigné. Il avait proposé de placer son fils dans un internat.
J_ soulignait encore que les vêtements de C_ n’étaient pas
adaptés à sa taille et à la saison. L’enfant n’était pas soigné. Il ne disposait plus de ses
jouets et de la décoration personnelle de sa chambre. Au terme de son examen, elle a
préconisé le retrait de la garde et le placement de l’enfant auprès de Y_,
l’institution d’une mesure de curatelle éducative et de surveillance des relations
personnelles, le séjour de l’enfant auprès de G_ un week-end sur deux
«dans la mesure de[s] possibilités [de celle-ci] au vu de son âge», l’exercice d’un droit
de visite du père au domicile de la grand-mère paternelle - G_ - un dimanche
sur deux, et une évaluation de l’état de santé physique et psychique de l’enfant par un
pédiatre, respectivement par un pédopsychiatre.
En séance du 4 décembre 2013, aménagée par l’Autorité de Protection de l’Enfant et
de l’Adulte de A_ (ci-après : APEA) aux fins de débattre du rapport précité,
X_ a «justifié» les coups avec un double mètre, les paires de gifles et les
punitions. Selon lui, C_ relatait les faits «à sa façon». Quant à Y_,
elle prenait fait et cause pour l’enfant.
Statuant le même jour, l’APEA a prononcé la décision suivante :
«1. Le droit de garde exercé par M. X_ sur son fils C_ lui est provisoirement retiré.
2. Le droit de garde est confié à l’OPE.
3. L’enfant C_ est placé chez sa grand-mère maternelle, Mme Y_.
4. Le droit de visite de M. X_ sur son fils C_ se déroulera un dimanche sur deux au
domicile de la grand-mère paternelle, Mme G_. L’enfant C_ continuera d’entretenir
des relations avec sa grand-mère paternelle un week-end sur deux dans la mesure des possibilités de
cette dernière au vu de son âge.
5. La mesure au sens de l’art. 307 al. 1 CCS instituée en faveur de l’enfant C_ par décision du
25 octobre 2011 de la Chambre pupillaire de I_ est levée.
6. Une mesure de curatelle au sens de l’art. 308 al. 1 et 2 CCS est instaurée en faveur de l’enfant
C_.
7. Cette mesure de curatelle est confiée à l’OPE par l’un de ses intervenants en protection de l’enfant, à
charge au curateur :
a. d’assurer le suivi du placement de l’enfant C_ chez Mme Y_,
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b. d’encadrer les relations personnelles de l’enfant C_ avec son père,
c. qu’un bilan soit réalisé auprès d’un pédiatre et d’un pédopsychiatre pour évaluer l’état de santé
physique et psychique de l’enfant C_.
d. de remettre un rapport à l’APEA dès réception des résultats des bilans susmentionnés.
8. Tout recours est privé de l’effet suspensif.
9. Les frais de procédure et de décision sont renvoyés à fin de cause.».
C.a X_ a formé recours le 12 décembre 2013 contre cette décision, qui lui a
été adressée le 5 décembre 2013. Il a, en substance, exposé que C_ était
confronté, tant à l’école qu’à la maison, à des difficultés de concentration et
d’organisation. Il a contesté que son fils ne puisse rentrer à la maison que lorsque sa
compagne était présente. Il a expliqué qu’il avait donné une paire de gifles et une
fessée à son fils parce que celui-ci avait menti et «fait ses conneries». Il a poursuivi en
ces termes :
«J’ai toujours porté de l’attention à mon fils, même s’il ne comprend pas ainsi. Il est actuellement puni
de certaines choses et il fait beaucoup de petites bêtises, il se donne peu de peine, est incapable de
s’excuser ou de demander pardon à qui que ce soit, parle mal de nous à toutes les occasions, et nous
dit qu’il va le faire, tant qu’il ne vit pas chez Y_.».
Il a reproché à sa belle-mère de s’ingérer dans son éducation et de le traiter de «gros
con, sal[aud], connard».
C.b O_ a succédé à J_. Le 3 juin 2014, il a établi un rapport
d’évaluation sociale. Il a exposé qu’il avait, à plusieurs reprises, rencontré C_
chez sa grand-mère maternelle. L’enfant disposait d’une chambre spacieuse
aménagée selon ses goûts, de jouets et de vêtements conformes à un enfant de son
âge. Il paraissait s’épanouir dans ses relations. Ses résultats scolaires étaient d’un bon
niveau. Ses dominantes comportementales révélaient son bien-être : humeur enjouée,
curiosité intellectuelle, dynamisme physique, vivacité de caractère et aisance
d’expression.
Entendu le 2 avril 2014, C_ a déclaré à O_ que son père lui
manifestait peu de signes d’affection. Lors de l’exercice du droit de visite, il contestait
les décisions de l’APEA et exigeait que l’enfant le prie de l’excuser. Lorsqu’il
s’entretenait avec l’OPE, X_ affirmait que son fils «a[vait] foutu la merde» et
que sa belle-mère avait fait «une montagne».
G_ a rapporté que, durant l’exercice du droit de visite, son fils s’asseyait en
face de son petit-fils et l’invitait à présenter des excuses. Elle était d’avis que les
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intéressés ne partageaient pas grand-chose. Leur contact n’était pas aisé. Elle a
poursuivi en ces termes : «C’est toujours la faute de C_».
O_ a souligné que X_ n’était pas en mesure d’entrer dans une
relation père-fils, adéquate et saine. Il n’embrassait pas C_ lorsqu’il le
rencontrait. G_ était très affectée par cette situation et le regrettait.
L’environnement se révélait intenable pour C_ qui, chaque quinze jours,
subissait des propos dévalorisants, propres à entraver son bien-être psychologique.
Les relations personnelles généraient un climat hostile. X_ admettait
d’ailleurs que l’exercice du droit de visite s’avérait difficile. O_ avait attiré son
attention sur le discours inadéquat qu’il tenait et sur l’incapacité qu’il présentait à
prendre des dispositions pour entretenir des contacts sains avec son enfant.
O_ a interpellé la pédopsychiatre de C_, la D resse
P_. Elle
a souligné que la relation entretenue par X_ avec son fils ravivait chez celui-
ci des sentiments de colère et de déception non négligeables. Elle a ajouté que les
relations personnelles, dans ce contexte, rapprochées de l’impossibilité du père de
«reconnaître ses responsabilités dans sa situation familiale» constituaient une source
de stress pour C_. La suspension de l’exercice du droit de visite était propre
à permettre à l’enfant de reprendre des contacts lorsqu’il le souhaiterait et à offrir au
père la possibilité d’investir, à moyen terme, des relations plus adéquates avec son fils.
Au terme de son rapport, O_ a relevé que, à la suite du transfert de la garde,
C_ semblait retrouver sa vie d’enfant chez sa grand-mère maternelle. Il
recevait des réponses éducatives conformes à ses besoins : rendez-vous auprès de la
pédopsychiatre et de la pédiatre, activités parascolaires, encadrement scolaire,
valorisation, cadre socio-éducatif adéquat. Il n’en demeurait pas moins que
C_ était en profonde souffrance lorsqu’il abordait la question des relations
personnelles. X_, pour sa part, n’était pas à même de reconnaître les
difficultés passées. Il exigeait des excuses de son fils, auquel il imputait la
responsabilité des mesures de protection décidées par l’APEA. Le recourant n’était pas
en mesure de prendre d’autres dispositions de nature à améliorer la qualité des
relations avec son fils. Celui-ci devait dès lors subir «un contact inquisitoire» un
dimanche sur deux. A défaut d’un apaisement des tensions familiales et d’un
«minimum de conscientisation» du père, les relations personnelles ne semblaient pas
possibles. Lors de l’exercice du droit de visite chez sa grand-mère paternelle, «l’enfant
se retrouv[ait] systématiquement sur le banc des accusés». Dans ces circonstances, il
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convenait d’examiner la possibilité de suspendre les relations personnelles avec effet
immédiat.
Le 24 juin 2014, O_ a souligné que la situation devenait de plus en plus
préoccupante. C_ présentait, en effet, des signes de mal-être physique
(diarrhée, eczéma, saignements de nez, etc.) en relation avec le droit de visite qu’il
était contraint de supporter. Les contacts constituaient une source de stress élevée.
En séance du 9 juillet 2014, aménagée par l’APEA aux fins de débattre du rapport
précité, O_ a préconisé la suspension de l’exercice du droit de visite durant
six mois. X_ a contesté faire des reproches à son fils. Il a imputé la
responsabilité à Y_ «de tout faire pour que ça se passe mal».
Statuant le même jour, l’APEA a suspendu, avec effet immédiat, le droit de visite pour
une durée de six mois et a privé le recours d’effet suspensif.
C.c Le 13 août 2014, X_ a interjeté recours contre ce prononcé, qui lui a été
adressé le 17 juillet 2014. Il a reconnu avoir invité, au mois de décembre 2013, son fils
à ne pas déformer les événements pour rester le «pauvre malheureux», à dire la vérité
et à se comporter normalement dans la vie. Il l’a, en outre, prié, à une reprise, de
s’habiller correctement. Il a souligné que les «histoires» racontées par l’enfant étaient
«très graves (sans parler des conséquences...)». Il a ajouté qu’il était plus profitable,
pour C_, de ne plus voir sa grand-mère maternelle pendant quelques mois.
Sans les influences néfastes qui émanaient de l’extérieur, il était d’avis que la famille
recomposée aurait pu fonctionner. Le recourant a admis qu’il avait commis des erreurs.
Il a reproché à O_ de ne pas lui avoir indiqué les changements qu’il lui
appartenait d’apporter à son comportement. Selon lui, les relations personnelles
n’étaient pas de nature à compromettre le développement de l’enfant. Elles ne
constituaient qu’une «contrainte d’organisation» pour Y_ et C_.

Considérant en droit
1. En vertu de l'article 112 al. 1 LACC, l’autorité de protection délibère dans sa
composition collégiale (art. 440 al. 2 CC) pour l’application, la modification et la levée
des mesures prises au sens des articles 306 ss CC.
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1.1 L’article 450 al. 1 CC, applicable par analogie (cf. art. 314 al. 1 CC; Cottier,
Kurzkommentar, Schweizerisches Zivilgesetzbuch, 2012, n. 11 ad art. 314 CC),
prescrit que les décisions de l’autorité de protection peuvent faire l’objet d’un recours
devant le juge compétent. Ont notamment qualité pour recourir les parties à la
procédure et les proches de la personne concernée (art. 450 al. 2 ch. 1 et 2 CC). Le
délai de recours est de trente jours à compter de la notification de la décision (art. 450b
al. 1 CC).
Toute décision relative aux mesures provisionnelles peut, en outre, faire l’objet d’un
recours dans les dix jours de sa notification (art. 445 al. 3 CC; cf. ég. art. 114 al. 1 let. c
ch. 2 LACC).
Le Tribunal cantonal est compétent pour connaître des recours contre les décisions de
l'autorité de protection (art. 114 al. 1 ch. 4 et al. 3 LACC). En cette matière, un juge
unique peut traiter les recours adressés au Tribunal cantonal (art. 114 al. 2 LACC).
1.2 En l'espèce, X_ a formé recours, le 12 décembre 2013, auprès de
l'autorité de céans, soit dans le délai de dix jours suivant la notification, intervenue au
plus tôt le 6 décembre 2013, de la décision de mesures provisionnelles, prononcée la
veille par l’APEA. Il a interjeté recours le 13 août 2014, à nouveau auprès du juge de
céans, soit dans le délai de trente jours suivant la notification, intervenue au plus tôt le
18 juillet 2014, de la décision rendue le 9 juillet 2014 par l’APEA. Comme il a qualité
pour recourir (cf. art. 450 al. 2 ch. 1 CC), ses recours sont recevables.
1.3 Les deux recours sont dirigés contre des décisions formellement distinctes mais
qui concernent le même complexe de faits, soit les relations entre X_ et
C_. Le recourant et l’autorité intimée sont identiques. Les questions
juridiques soulevées ont trait aux effets de la filiation. Le juge de céans est compétent
pour statuer, en raison du lieu et de la matière, sur les deux recours. Il se justifie dès
lors de les joindre, pour des motifs d'économie de procédure, et de statuer à leur sujet
dans un seul arrêt (art. 125 let. c CPC; Frei, Commentaire bernois, 2012, n. 15 ss ad
art. 125 CPC; Staehelin, in SutterSomm/Hasenböhler/Leuenberger, ZPO Komm.,
2 e éd., 2013, n. 5 ad art. 125 CPC).
2. Le recourant, dans son écriture du 12 décembre 2013, conteste le retrait du droit de
garde - depuis le 1 er juillet 2014, il s’agit du droit de déterminer le lieu de résidence de
l’enfant - de C_.
- 12 -
2.1 L'article 8 par. 1 CEDH - de même que l'article 13 al. 1 Cst. (ATF 129 II 215
consid. 4.2; 126 II 377 consid. 7) - garantit notamment le droit à la vie privée et
familiale. La suppression du droit de garde des père et mère constitue une atteinte
grave au droit au respect de la vie privée et familiale au sens de l'article 8 par. 2 CEDH
(arrêt 5A_378/2014 du 30 juin 2014 consid. 4.1; Papaux Van Delden, Le placement de
l'enfant : analyse de la jurisprudence de Strasbourg à l'attention du praticien et du
législateur, in Mélanges Steinauer, 2013, p. 227 ss). En droit suisse, cette ingérence
des autorités publiques dans l'exercice des droits parentaux est prévue par l'article 310
CC. Dans ce domaine, la réglementation du Code civil suisse est conforme à l'article 8
CEDH (arrêt 5A_378/2014 du 30 juin 2014 consid. 4.1; et réf. cit.; Papaux Van Delden,
op. cit., p. 231). Pour qu'une telle ingérence soit licite, encore faut-il que cette
réglementation ait été correctement appliquée; le critère essentiel qui doit guider les
autorités est le bien, autant physique que psychique, de l'enfant (ATF 136 I 178 consid.
5.2; 120 Ia 369 consid. 4b; 107 II 301 consid. 6). Le principe de proportionnalité doit en
outre être respecté : le retrait de l'enfant de son milieu familial doit être le seul moyen
de garantir ses droits. C'est à la lumière de l'ensemble des circonstances que la
pertinence et la suffisance des motifs invoqués pour justifier la restriction aux droits
parentaux doit être analysée (Papaux Van Delden, op. cit., p. 230, 233, et réf. cit.).
2.2 Selon l'article 310 al. 1 CC, lorsqu'elle ne peut éviter autrement que le
développement de l'enfant ne soit compromis, l'autorité de protection de l’enfant retire
celui-ci aux père et mère ou aux tiers chez qui il se trouve et le place de façon
appropriée. Cette mesure de protection a pour effet que le droit de garde passe des
père et mère à l'autorité de protection de l’enfant, qui détermine dès lors le lieu de
résidence de l'enfant et, partant, choisit son encadrement (arrêt 5A_378/2014 du
30 juin 2014 consid. 4.2, et réf. cit.). La cause du retrait doit résider dans le fait que le
développement corporel, intellectuel ou moral de l'enfant n'est pas assez protégé ou
encouragé dans le milieu de ses père et mère ou dans celui où ceux-ci l'ont placé
(arrêts 5A_378/2014 du 30 juin 2014 consid. 4.1; 5A_875/2013 du 10 avril 2014
consid. 3.1; 5A_729/2013 du 11 décembre 2013 consid. 4.1; 5A_835/2008 du
12 février 2009 consid. 4.1, et réf. cit.). Les raisons de la mise en danger du
développement importent peu : elles peuvent être liées au milieu dans lequel évolue
l'enfant ou résider dans le comportement inadéquat de celui-ci, des parents ou d'autres
personnes de l'entourage. Le fait que les parents soient ou non responsables de la
mise en danger ne joue pas non plus de rôle. Il convient d'être restrictif dans
l'appréciation des circonstances, un retrait n'étant envisageable que si d'autres
mesures ont été vouées à l'échec ou apparaissent d'emblée insuffisantes (arrêts
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- 13 -
5A_869/2013 du 24 mars 2014 consid. 3.1; 5A_238/2010 du 11 juin 2010 consid. 4, in
FamPra.ch 2010 p. 713).
2.3 En l'espèce, les actes de la cause révèlent l’inaptitude - actuelle - du recourant
dans l’éducation de C_. Après le décès de B_, il a certes adopté
un comportement adéquat. Il a ainsi sollicité l’OPE de l’assister de ses conseils pour la
prise en charge de C_. Durant plus d’une année, il a, par ailleurs, collaboré
avec J_. Les difficultés éducatives et relationnelles sont cependant apparues
dès la fin de l’année 2012. Elles se sont intensifiées au printemps 2013. A compter du
mois d’avril 2013, le recourant a fait ménage commun avec M_. Très
rapidement, C_ ne s’est pas senti vraiment intégré dans la famille
recomposée. La compagne de son père a, en particulier, enlevé les objets que lui avait
offerts sa maman. J_ s’est entretenue avec X_, les 21 mai, 9 juillet
et 8 octobre 2013. Elle a attiré son attention sur la nécessité de restituer à
C_ les objets qui avaient appartenu à B_. Elle n’a pas obtenu les
résultats escomptés, alors même que l’affection de C_, enfant sensible, pour
sa mère, ne pouvait échapper au recourant.
Le 25 octobre 2013, l’intervenante en protection de l’enfant a constaté que la chambre
de l’enfant ressemblait à «une chambre d’hôtel, sans jouets, sans décoration enfantine,
aseptisée, inanimée». Certes, à la suite des entretiens précédents, X_ a
remis à son fils une photographie de la mère de celui-ci, mais il s’agissait de celle qui
était posée sur la tombe de l’intéressée, ce qui était particulièrement maladroit.
L’aquarium, auquel l’enfant était attaché, avait également été débarrassé.
Dans ce nouvel environnement, C_, qui était un enfant joyeux, rieur, vif et
plaisantin, ne souriait plus; son visage était «inexpressif» et son regard «vide»; l’enfant,
«éteint», présentait une extrême tristesse. Il a déclaré qu’il était malheureux, mais n’a
pas souhaité trop en dire par crainte des réactions de son père et de la compagne de
celui-ci. Dès le mois de juin 2013, C_ s’est attristé de mois en mois et a pris
beaucoup de poids.
Nonobstant ces facteurs, pour le moins préoccupants, le discours du recourant est
demeuré constamment normatif. Il a ainsi justifié les châtiments corporels - gifles, coup
au moyen d’un double mètre sur la tête - infligés à son fils. Il a mis en évidence
l’insolence, le manque de propreté, la distraction et les bêtises de celui-ci, qu’il a
qualifié de «matérialiste et intéressé». Y_, dont le recourant prétend qu’elle
prend fait et cause pour son petit-fils, mais également G_, n’ont pourtant pas
- 14 -
constaté que l’enfant, dont elles se sont régulièrement occupées, adoptait le
comportement décrit par son père. Il convient de rappeler à celui-ci, qui fait référence,
pour l’essentiel, à des divergences sur les méthodes et les moyens d’éducation, que
tout enfant est à la recherche de modèles auxquels il peut s’identifier et que son
équilibre dépend dans une très large mesure de la qualité de l’attention qui lui est
prêtée et de l’affection dont il est entouré. Le niveau des exigences qu’il est en mesure
de remplir est généralement étroitement lié à celui de la faculté d’écoute qu’il rencontre
de la part de ceux qui sont chargés de son éducation et de l’autorité naturelle qu’ils
exercent sur lui au travers des valeurs fondamentales qui déterminent son
comportement (cf. Meier/Stettler, Droit de la filiation, 5 e éd., 2014, n° 991).
Avant de préconiser le retrait du droit de garde, l’intervenante en protection de l’enfant
s’est entretenue à plusieurs reprises avec le recourant. Le 6 novembre 2013, elle a
encore attiré son attention sur le fait que l’enfant ne disposait plus d’aucun repère. Elle
l’a, sans succès, invité à recourir à l’assistance d’un éducateur à domicile, à
entreprendre un suivi par un psychologue et par un pédopsychiatre, à consulter un
pédiatre pour lui exposer les problèmes d’encoprésie et de tristesse profonde de
l’enfant. L’intéressé a simplement proposé de placer son fils en internat. Il a également
fait valoir qu’il était «pris entre des décisions pour le bien de son fils et sa nouvelle
famille recomposée». Il apparaît, dans ces circonstances, que, comme en 2006, le
recourant n’est pas parvenu à se positionner clairement quant à la prise en charge de
son enfant et à sa relation de couple avec sa nouvelle compagne. Il a ignoré qu’il était
garant du bien de son fils. Dans la situation donnée - famille recomposée -, il lui
appartenait de considérer cet intérêt lorsqu’il était amené à prendre les décisions de
nature à influencer, d’une manière ou d’une autre, l’environnement dans lequel
C_ évoluait, et de percevoir en particulier les besoins de sécurité et de
stabilité de celui-ci (cf. consid. 3.3).
En présence de l’inaptitude grave du recourant dans la prise en charge de
C_, qu’elles qu’en soient les causes - parent démuni, famille recomposée -,
et de son incapacité à suivre les recommandations de l’intervenante en protection de
l’enfant, le retrait provisoire du droit de garde - ou, depuis le 1 er
juillet 2014, du droit de
déterminer le lieu de résidence de l’enfant - apparaissait comme la seule mesure
provisoire susceptible de répondre à l’intérêt supérieur de l’enfant en lui offrant un
cadre éducatif structurant et stable. Il est, à cet égard, significatif que, depuis le
transfert de la garde à Y_, C_ est, à nouveau, d’humeur enjouée. Il
a retrouvé sa vie d’enfant. L’intéressée consulte, au besoin, le pédiatre et le
- 15 -
pédopsychiatre. L’enfant dispose d’un cadre socio-éducatif adéquat. Le retrait
provisoire du droit de garde sur C_ et le placement auprès de sa grand-mère
maternelle, à laquelle il a été régulièrement confié depuis sa naissance, ne procèdent
pas, dans ces circonstances, d’une violation du droit fédéral.
3. Le recourant conteste ensuite la suspension de l’exercice des relations
personnelles.
3.1 Aux termes de l'article 273 al. 1 CC, le parent qui ne détient pas l'autorité
parentale ou la garde ainsi que l'enfant mineur ont réciproquement le droit d'entretenir
les relations personnelles indiquées par les circonstances. Le droit aux relations
personnelles est conçu à la fois comme un droit et un devoir de ceux-ci. Il est
également considéré comme un droit de la personnalité de l'enfant qui doit servir en
premier lieu l'intérêt de celui-ci (ATF 131 III 209 consid. 5; 127 III 295 consid. 4a; 123
III 445 consid. 3b).
Cependant, si les relations personnelles compromettent le développement de l'enfant,
si les père et mère qui les entretiennent violent leurs obligations, s'ils ne se sont pas
souciés sérieusement de l'enfant ou s'il existe d'autres justes motifs, le droit
d'entretenir ces relations peut leur être retiré ou refusé (art. 274 al. 2 CC),
temporairement ou durablement (Büchler/Wirz, FamKomm, Scheidung, Bd I, 2 e éd.,
2011, n. 5 ad art. 274 CC; Meier/Stettler, op. cit., n° 752). Ce refus ou ce retrait ne peut
être demandé que si le bien de l'enfant l'exige impérieusement et qu'il est impossible
de trouver une réglementation du droit de visite qui sauvegarde ses intérêts : la
disposition a pour objet de protéger l'enfant, et non de punir les parents. Ainsi, la
violation par eux de leurs obligations et le fait de ne pas se soucier sérieusement de
l'enfant ne sont pas en soi des comportements qui justifient le refus ou le retrait des
relations personnelles. Ils ne le sont que lorsqu'ils ont pour conséquence que ces
relations portent atteinte au bien de l'enfant. (ATF 118 II 21 consid. 3c; 100 II 76
consid. 4b p. 83, et réf. cit.; arrêt 5A_448/2008 du 2 octobre 2008 consid. 4.1, in
FamPra 2009 p. 246).
Le refus ou le retrait du droit aux relations personnelles selon l'article 274 al. 2 CC
nécessite des indices concrets de mise en danger du bien de l'enfant (ATF 122 III 404
consid. 3c; arrêt 5A_92/2009 du 22 avril 2009 consid. 2, in FamPra.ch 2009 p. 786). Le
danger peut découler de la nature des contacts établis entre le titulaire du droit et
l’enfant notamment, tels les troubles psychiques de celui-là ou les autres sources
d’influence néfaste sur celui-ci (Meier/Stettler, op. cit., n° 780 et note de pied 1818).
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- 16 -
Des crises d’angoisse, un état maladif ou une énurésie liés à l’appréhension des visites
constituent des signaux d’alerte (Meier/Stettler, loc. cit.). Parmi les justes motifs, l’on
compte notamment la négligence, les mauvais traitements physiques et les pressions
psychologiques intolérables sur l’enfant (arrêts 5A_932/2012 du 5 mars 2013 consid.
5.1; 5P.9/2005 du 22 février 2005 consid. 6.1).
D'après la jurisprudence, il existe un danger pour le bien de l'enfant si son
développement physique, moral ou psychique est menacé par la présence, même
limitée, du titulaire du droit de visite. Conformément au principe de la proportionnalité, il
importe en outre que ce danger ne puisse être écarté par d'autres mesures
appropriées. Le retrait de tout droit à des relations personnelles constitue l'ultima ratio
et ne peut être ordonné dans l'intérêt de l'enfant que si les effets négatifs des relations
personnelles ne peuvent être maintenus dans des limites supportables pour l'enfant
(ATF 122 III 404 consid. 3b; 120 II 229 consid. 3b/aa, et réf. cit.).
Parmi les mesures moins incisives, l’autorité compétente peut rappeler le parent
intéressé à ses devoirs (art. 307 al. 3 CC). Cet avertissement est mis en œuvre dans
les cas de peu de gravité et devrait permettre à son destinataire une prise de
conscience relative à sa manière potentiellement dangereuse d’élever un enfant (de
Luze, Le droit de correction notamment sous l’angle du bien de l’enfant, thèse,
Lausanne 2011, n° 682). Lorsque le rappel aux devoirs n’est pas suffisant, des
indications ou des instructions, assorties, le cas échéant, d’une menace de sanction
pénale en cas de non-respect peuvent s’avérer opportunes (de Luze, op. cit., n° 683).
Lorsqu’il semble qu’aucune des mesures - ou combinaison de mesures - de l’article
307 CC n’aura d’effet satisfaisant, la disposition plus incisive de l’article 308 CC peut
être envisagée. Le curateur jouera un rôle actif et continu sur le mode d’éducation et le
comportement de l’enfant (de Luze, op. cit., n os
686 ss).
3.2 En l’espèce, la relation entre C_ et son père n’est ni bonne ni
appropriée. Pour reprendre les termes de la mère du recourant, père et fils ne
partagent pas grand-chose. Le contact n’est pas aisé. C_ ne se réjouit
d’ailleurs pas des visites.
O_ a, sans succès, attiré l’attention du recourant sur le discours inadéquat
qu’il tenait et sur l’incapacité qu’il présentait à prendre des dispositions pour entretenir
des contacts sains avec son enfant. L’intéressé est, en l’état, dans l’incapacité de
prendre des dispositions à cet égard. Il a constamment exigé que C_ lui
présente des excuses. Selon lui, son fils «a foutu la merde». Ainsi que G_ l’a
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- 17 -
relevé : «C’est toujours la faute de C_.». L’écriture de recours est, à cet
égard, éloquente. Les propos de l’intéressé sur son fils sont, en effet, dévalorisants. Il
lui reproche de déformer les événements, «pour rester le pauvre malheureux». Il
souhaite «qu’il raconte la vérité, et se comporte normalement dans la vie». A l’instar de
la déclaration de recours du 12 décembre 2013, les termes sont normatifs et non
affectifs. Il est, à cet égard, significatif que l’intéressé n’embrasse pas son fils lorsqu’il
le rencontre. Sa mère, G_, est d’ailleurs très affectée par cette situation
qu’elle regrette.
La mise en danger du bien de l’enfant est, en l’occurrence, concrète. C_ est,
en effet, en profonde souffrance lorsqu’il aborde la question des relations personnelles.
Récemment, il a présenté des signes de mal-être physique (diarrhée, eczéma,
saignements de nez, etc.) en relation avec le droit de visite, qui constitue une source
de stress. De l’avis de la pédopsychiatre P_, la relation entretenue par les
intéressés est propre à raviver chez l’enfant des sentiments de colère et de déception
non négligeables. O_ a, pour sa part, souligné que les propos dévalorisants
de l’intéressé à l’endroit de son fils étaient de nature à entraver le bien-être
psychologique de celui-ci. Le contexte des relations personnelles générait un climat
hostile, assorti d’une discipline non sécurisante.
L’intervenant en protection de l’enfant et la pédopsychiatre P_ ont mis en
évidence les symptômes de perturbation de l’enfant en relation directe avec l’exercice
du droit de visite. G_ et Y_, qui se sont occupées régulièrement de
C_, partagent cette appréciation. Les reproches du recourant à l’encontre de
son fils sont récurrents. Cela amène des déceptions répétées pour l’enfant, au point
que la poursuite des relations personnelles pourrait avoir des effets négatifs sur
l’équilibre physique et psychique de l’enfant si le recourant devait persister dans ses
propos accusateurs. Dans ces circonstances, une suspension de l’exercice du droit de
visite durant six mois apparaissait incontournable pour protéger le développement
harmonieux de C_. Le recours contre le prononcé du 9 juillet 2014 doit,
partant, être rejeté.
3.3 Le recourant a reproché à O_ de ne pas lui avoir indiqué les
changements qu’il lui appartenait d’apporter à son comportement. Cela ne résiste pas
à l’examen à la lecture des actes de la cause.
Au demeurant, afin que le droit de visite puisse être rétabli, l’intéressé doit adopter une
attitude tendant à prévenir le risque, pour l’enfant, d’être soumis à des tensions trop
- 18 -
importantes lors de l’exercice des relations personnelles. C_ ne porte aucune
responsabilité dans les mesures de protection adoptées par l’APEA. Cette autorité, à
l’instar du juge de céans, s’est fondée sur les nombreux rapports versés en cause, qui
émanaient de J_, qui a suivi C_ dès 2005, et de O_. Ces
intervenants en protection de l’enfant sont parvenus à des conclusions semblables,
corroborées par la pédopsychiatre P_. Le discours accusateur du père lors
de l’exercice du droit de visite est, dans ces circonstances, déplacé. Lorsqu’il impute la
responsabilité du dysfonctionnement des relations avec son fils à sa belle-mère, il
méconnaît que sa mère a procédé à des constatations analogues à celles de
l’intéressée. Les influences néfastes qui, selon le recourant, émanaient de l’extérieur
ne constituent par ailleurs pas la cause des difficultés relationnelles de la famille
recomposée. La «seconde famille» semble avoir occulté le rôle non négligeable de la
«première famille». Celle-là n’annule évidemment pas celle-ci. En l’occurrence, il était,
à tout le moins, particulièrement maladroit de supprimer tous les repères, propres à
raccrocher l’enfant à la vie vécue avec sa maman. Il appartenait à X_ de
donner à son fils sa place dans sa nouvelle famille et de ne pas ignorer le
bouleversement que cela représentait pour celui-ci, alors âgé de 8 ans, qui avait perdu
sa maman, à laquelle il était très attaché, un peu plus d’une année auparavant.
4. Le sort des frais et des dépens n'est pas réglé spécifiquement par les dispositions
de procédure du code civil. En vertu de l'article 34 al. 1 OPEA, le CPC définit les
notions de frais et de dépens et arrête leur répartition et règlement. Selon l'alinéa 2 de
cette disposition, les critères permettant de fixer le montant de l'émolument et des
dépens sont énoncés dans la LTar, à ses articles 18 et 34 notamment.
4.1 En l'espèce, vu le sort des recours, X_ a qualité de partie qui succombe,
en sorte qu’il supporte les frais en seconde instance (cf. art. 106 al. 1 CPC). Il n’y a,
par ailleurs, pas lieu de revoir le sort des frais en première instance.
4.2 L’émolument est de 90 fr. à 4000 fr. pour les affaires relevant de la protection de
l’enfant et de l’adulte notamment (art. 18 LTar). En procédure de recours, il est calculé
par référence au barème applicable en première instance, compte tenu d’un coefficient
de réduction de 60 % (art. 19 LTar).
En l’espèce, le degré de difficulté de la cause doit être qualifié d’ordinaire. Le présent
arrêt a porté sur les deux recours interjetés par X_. Dans ces circonstances,
l’émolument est fixé à 500 francs.
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