Decision ID: 677107c3-fca9-5fb1-8e82-29765a9d3170
Year: 2020
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_001
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law

EN FAIT
A.
a)
B_, né le _ 1975 à _ (Somalie), et A_, née _ [nom de jeune fille] le _ 1968 à _ (Somalie), tous deux originaires de _ (Genève), ont contracté mariage le _ 2004 à _ (Genève).
Le couple a donné naissance à un enfant, D_, né le _ 2005.
A_ est par ailleurs la mère d'un autre garçon, E_, né le _ 1988, issu d'une précédente union.
b)
Le _ 2009 est né dans le district de _ (Somalie) l'enfant C_. Son père est le dénommé F_. Ce dernier est également le père de A_. La mère de l'enfant a "disparu", selon les informations qui figurent au dossier.
c)
Le 15 mai 2017, le Service d'autorisation et de surveillance des lieux de placement a autorisé les époux A_ et B_ à accueillir l'enfant C_.
Cette autorisation a été délivrée à la suite d'un rapport d'évaluation psycho-sociale établi le 15 mai 2017. Il ressort de ce rapport que B_ est employé auprès de G_, ainsi que par une entreprise de nettoyage; A_ est pour sa part mère au foyer. La situation financière de la famille est saine. E_, fils de A_, majeur et employé dans un bureau d'architecte, vit avec sa mère et son beau-père et leur apporte un soutien financier. La famille occupe un logement de cinq pièces. A_ et son époux jouissent d'un bon état de santé.
Il ressort en outre de ce rapport que les parents de l'enfant C_ ont divorcé en 2010. Sa mère a quitté le domicile familial, sans plus donner de nouvelles et le mineur est demeuré avec son père. En 2015, ce dernier, âgé de 71 ans, a été victime de plusieurs accidents vasculaires cérébraux, ayant entraîné une paraplégie. Il est, depuis lors, totalement incapable de s'occuper de son fils C_. Des recherches ont été effectuées pour retrouver la mère de ce dernier, sans succès. A_ ayant pris conscience de la situation précaire de son demi-frère C_, a, en accord avec son époux, entrepris des démarches visant à adopter l'enfant.
B. a)
Dans un document établi le 11 mai 2018 à _ (Kenya), F_, père de l'enfant C_, a déclaré avoir concédé tous ses droits de garde sur son fils à A_ et à son époux et avoir donné son consentement à l'adoption de son fils par ceux-ci.
b)
Par ordonnance du 20 juin 2018, le Tribunal du district de _ (_/Somalie) a attribué la garde du mineur C_ à A_ et à B_ et a donné son accord pour que l'enfant soit placé en Suisse, auprès du couple, en vue de son adoption.
c)
Le mineur C_ est arrivé à Genève le 29 août 2018 et vit depuis lors au sein du foyer des époux A/B_.
d)
Par ordonnance du 5 octobre 2018, le Tribunal de protection de l'adulte et de l'enfant (ci-après: le Tribunal de protection) a désigné deux tutrices au mineur C_.
e)
Par courrier du 27 janvier 2020, A_ et B_ ont demandé à pouvoir adopter l'enfant C_, indiquant qu'ils souhaitaient que celui-ci conserve son prénom et porte le nom de famille [de] A_.
f)
Le 12 février 2020,le Service d'autorisation et de surveillance des lieux de placement a sollicité du Tribunal de protection le consentement à l'adoption du mineur C_ par les époux A/B_ et la levée du mandat de tutelle.
Dans un rapport établi le même jour, la tutrice de l'enfant relevait que ce dernier s'était rapidement adapté à son nouvel environnement en Suisse, grâce à l'attention de sa famille et à la présence accrue de celle-ci. C_ est décrit comme un enfant joyeux, curieux et enthousiaste. Sa scolarité se passe bien, il apprend le français et il a pu se faire des amis. Il est prévu qu'il intègre une classe ordinaire à la rentrée de fin août 2020. Il joue au football avec D_ et ses camarades et il intégrera un club dès que possible. C_ est demeuré en contact avec sa famille en Somalie, avec laquelle il échange régulièrement. L'enfant a été entendu personnellement le 23 octobre 2019 en présence de sa tutrice et il a clairement exprimé le souhait d'être adopté par les époux A/B_. D_ et E_ se sont déclarés favorables à l'adoption de C_.
g)
Par ordonnance du 18 février 2020, le Tribunal de protection a consenti à l'adoption du mineur C_ par les époux A/B_.

EN DROIT
1.
1.1
L'adopté est de nationalité somalienne, de sorte que la cause présente un élément d'extranéité.
La Convention de La Haye de 1993 sur la protection des enfants et la coopération en matière d'adoption internationale (CLaH,
RS 0.211.221.311
) n'est pas applicable au cas d'espèce, dès lors que la Somalie n'y est pas partie.
1.2
L'adoption est prononcée par l'autorité judiciaire ou administrative suisse du domicile de l'adoptant ou des époux adoptants (art. 75 al. 1 LDIP). En l'espèce, les adoptants sont domiciliés à Genève, de sorte que la Chambre civile de la Cour de céans est compétente pour connaître de leur requête, tant
ratione loci
(art. 76 LDIP) que
ratione materiae
(art. 268 al. 1 CC et art. 120 al. 1 let. c LOJ).
2. 2.1
En application de l'art. 77 al. 1 LDIP, les conditions d'une adoption prononcée en Suisse sont régies par le droit suisse, soit les art. 264 ss CC.
2.2
Les requérants ont fourni des soins et pourvu, de manière appropriée, à l'éducation de l'enfant placé chez eux depuis son arrivée à Genève, soit depuis plus d'une année, remplissant ainsi la condition de la période minimale exigée par l'art. 264 al. 1 CC.
Par ailleurs, les époux A/B_ font ménage commun depuis plus de trois ans (art. 264a al. 1 CC); l'écart d'âge (seize ans au minimum et 45 ans au maximum) entre les adoptants et le mineur adopté, exigé par la loi (art. 264d al. 1 CC), est en outre respecté, puisque 41 ans séparent l'adopté de l'adoptante et 34 ans de l'adoptant.
La mère biologique ayant abandonné l'enfant il y a plusieurs années et étant demeurée introuvable en dépit des recherches effectuées, il peut être fait abstraction de son consentement (art. 265c CC). Quant au père du mineur, il a donné son consentement à l'adoption de son fils par les époux A/B_.
Enfin, il résulte de l'enquête exigée par l'art. 268a CC que l'adoption répond aux intérêts de l'enfant, lequel s'est rapidement adapté à son nouvel environnement et se développe harmonieusement au sein de la famille A/B_. Le fils commun des adoptant ainsi que le fils majeur de A_ se sont prononcés en faveur de l'adoption.
Le Tribunal de protection a par ailleurs consenti à l'adoption (art. 265 al. 2 CC), laquelle sera dès lors prononcée.
2.3
Conformément au souhait exprimé par les requérants, l'enfant conservera son prénom actuel.
3.
3.1
Le nom de l'enfant est déterminé par les dispositions relatives aux effets de la filiation (art. 267a al. 2 CC).
L'enfant de conjoints qui portent un nom de famille commun acquiert ce nom (art. 270 al. 3 CC).
3.2
En l'espèce, les adoptants, mariés, portent le nom de famille commun de B_. C'est par conséquent ce patronyme que portera l'enfant à l'avenir, aucune disposition légale ne prévoyant qu'il puisse porter le double nom de A_, contrairement au souhait formulé par les adoptants.
4. 4.1
L'enfant étranger mineur adopté par un Suisse acquiert le droit de cité cantonal et communal de l'adoptant et par là même la nationalité suisse (art. 4 LN).
4.2
En l'espèce, l'enfant sera originaire de _ (Genève).
5.
Les frais de la procédure, arrêtés à 1'000 fr., sont mis conjointement et solidairement à la charge des requérants; ils sont entièrement couverts par l'avance de frais de même montant, laquelle est acquise à l'Etat (art. 2 RTFMC; art. 98, 101 et 111 CPC).
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