Decision ID: ac3c60b5-929a-5279-9028-e93e311c4fd1
Year: 2018
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_006
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 

EN FAIT
A.
a)
B_, né le _ 1979, est célibataire, sans enfants.![endif]>![if>
Le 29 avril 2011, il a été hospitalisé au sein [de] F_, au service des soins intensifs, à la suite d'un grave accident de la circulation qui l'avait laissé dans un semi-coma.
Sa situation a été soumise au Tribunal tutélaire (actuellement le Tribunal de protection de l'adulte et de l'enfant, ci-après: le Tribunal de protection), afin que des mesures de curatelle soient prononcées, dans la mesure où une procédure d'évacuation l'impliquant était pendante devant la juridiction des baux et loyers.
Par ordonnance du 27 juin 2011, le Tribunal tutélaire a désigné G_, avocat, aux fins de représenter B_ dans la procédure d'évacuation.
b)
Par courrier du 15 septembre 2011, G_ a expliqué au Tribunal tutélaire que B_ était paralysé et qu'il ne pouvait plus parler, de sorte qu'il était nécessaire de lui désigner un curateur pour s'occuper de l'ensemble de ses affaires. Son père, A_, né le _ 1950, au bénéfice d'un permis d'établissement, était prêt à assumer cette fonction.
c)
Le Tribunal tutélaire a tenu une audience le 8 décembre 2011, lors de laquelle A_ a confirmé vouloir être désigné curateur de son fils. Il a indiqué être propriétaire d'un restaurant, qu'il avait mis en gérance et n'avoir jamais été en faillite. A sa connaissance, son fils, qui était propriétaire d'un garage, n'avait pas de fortune.
d)
Par ordonnance du 16 décembre 2011, le Tribunal tutélaire a désigné A_ aux fonctions de curateur de son fils, aux fins de gérer et administrer ses biens, d'encaisser ses revenus et ses rentes, et de pourvoir à leur gestion, de le représenter à l'égard de ses créanciers, ainsi que dans le cadre de la procédure pénale ouverte à l'encontre du responsable de l'accident dont il avait été victime.
Par courrier du 3 octobre 2013, le Tribunal de protection rendait A_
attentif au fait qu'il lui appartenait d'effectuer les démarches nécessaires afin que son fils, outre sa rente invalidité, puisse être mis au bénéfice de prestations complémentaires.
e)
Le Tribunal de protection a tenu une nouvelle audience le 22 novembre 2013.
A_ a expliqué que son fils, qui souffrait de lésions cérébrales, était encore hospitalisé, dans un état partiellement comateux et aphasique. Il avait été mis au bénéfice d'une rente invalidité et de prestations versées par l'assurance accident. Les démarches effectuées auprès du Service des prestations complémentaires n'avaient pas encore abouti. Les frais d'hospitalisation étaient couverts et le
budget de B_ était équilibré. A_ assumait l'ensemble des tâches administratives relatives à son fils et pouvait compter sur l'aide et les conseils de ses autres enfants; il ne rencontrait aucun problème particulier dans l'exercice de son mandat et en acceptait la reconduction.
f)

Par ordonnance du 2 décembre 2013, le Tribunal de protection a notamment dit que la mesure de protection de l'ancien droit instaurée en faveur de B_ était transformée en une mesure de curatelle de représentation avec gestion et a confirmé A_ dans ses fonctions de curateur.
B.
a)
Par courrier du 6 juillet 2016 qui faisait suite au dépôt, par A_, de son rapport périodique, le Tribunal de protection relevait les difficultés rencontrées par celui-ci dans la gestion des aspects administratifs de son mandat de curatelle, en dépit des explications qui lui avaient été données par le Service du contrôle. A_ ne parvenait pas à fournir un rapport et des pièces conformes aux attentes du Service du contrôle, de sorte qu'il n'était pas possible de procéder à une vérification appropriée de son activité. Ainsi, des dépenses pour plus de 90'000 fr. effectuées durant la période du 31 décembre 2013 au 31 décembre 2015 n'étaient toujours pas justifiées par pièces, malgré les relances dont A_ avait fait l'objet. Le dossier de B_ auprès du Service des prestations complémentaires n'était par ailleurs pas à jour et il existait un risque de devoir restituer tout ou partie des prestations perçues. Par conséquent, le Tribunal de protection envisageait de confier les tâches de gestion administrative et financière de la curatelle en faveur de B_ au Service de protection de l'adulte. A_ était invité à faire part de ses observations au Tribunal de protection.
Selon ce qui ressort du dossier, A_ n'a pas donné suite à ce courrier.
b)
Par ordonnance du 1
er
septembre 2016, le Tribunal de protection a libéré avec effet immédiat A_ de ses fonctions de curateur de son fils, l'a derechef désigné aux fonctions de curateur en lui confiant les tâches de veiller au bien-être social de B_, de veiller à son état de santé, de mettre en place les soins nécessaires et de le représenter pour tous les actes nécessaires dans ce cadre. Le Tribunal de protection a par ailleurs désigné C_, avocat, aux fonctions de co-curateur, en lui confiant les tâches d'établir les comptes couvrant la période du 31 décembre 2013 au 31 décembre 2015, de représenter la personne concernée dans ses rapports juridiques avec les tiers, en particulier en matière d'affaires administratives et juridiques, de gérer ses revenus et ses biens et d'administrer ses affaires courantes.
c)
Par courrier du 11 septembre 2018, C_ a exposé au Tribunal de protection que la fortune de B_, toujours hospitalisé, s'élevait à 55'378 fr.
Il sollicitait par conséquent sa relève, au profit d'un curateur institutionnel.
d)
Par ordonnance du 18 septembre 2018, le Tribunal de protection a libéré C_ de ses fonctions de curateur de représentation de B_ (ch. 1 du dispositif), a réservé l'approbation de ses rapport et comptes finaux (ch. 2), a désigné deux intervenants en protection de l'adulte aux fonctions de curateurs
(ch. 3), leur a confié les tâches de représenter la personne concernée dans ses rapports juridiques avec les tiers, en particulier en matière d'affaires administratives et juridiques, de gérer ses revenus et ses biens et d'administrer ses affaires courantes (ch. 4), a dit que les curateurs pourraient se substituer l'un à l'autre dans l'exercice du mandat, chacun avec les pleins pouvoirs de représentation (ch. 5), a autorisé les curateurs à prendre connaissance de la correspondance de la personne concernée, dans les limites de leurs attributions (ch. 6), a rappelé que A_ exerçait la fonction de curateur de représentation en matière d'assistance personnelle et de représentation dans le domaine médical (ch. 7) et a mis à la charge de la personne concernée un émolument de 200 fr. (ch. 8).
C.
a)
Le 22 octobre 2018, A_ a formé recours contre l'ordonnance du 18 septembre 2018, reçue le 12 octobre 2018. Il a exposé considérer que "la mesure censée protéger" son fils n'était pas nécessaire. Il pouvait en effet gérer personnellement les affaires de B_, avec l'aide des frères et sœur de ce dernier et de leurs conjoints, dont l'une, secrétaire au sein [de] F_, était francophone.
b)
Le Tribunal de protection a persisté dans les termes de la décision attaquée.
c)
C_ pour sa part s'en est rapporté à l'appréciation de la Chambre de surveillance.
d)
Par avis du 14 novembre 2018, le recourant ainsi que les autres participants à la procédure ont été informés de ce que la cause serait mise en délibération à l'échéance d'un délai de dix jours.
EN DROIT
1.
1.1
Les décisions de l'autorité de protection de l'adulte peuvent faire l'objet, dans les trente jours, d'un recours écrit et motivé, devant le juge compétent, à savoir la Chambre de surveillance de la Cour de justice (art. 450 al. 1 et al. 3 et 450b CC; art. 126 al. 3 LOJ; art. 53 al. 1 et 2 LaCC). ![endif]>![if>