Decision ID: 63b659a9-440d-59c2-b550-9813e9eb8612
Year: 2017
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_007
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 

EN FAIT
, la réquisition de continuer la poursuite n° 15 xxxx20 U par la voie de la saisie, expédiée le 3 novembre 2016 à l’Office des poursuites (ci-après : l’Office) par A_ Sàrl (ci-après : la créancière) à l’encontre de B_ (ci-après : le débiteur), domicilié C_;
Attendu que par deux actes distincts, expédiés, respectivement, les 2 mai et 5 juillet 2017 au greffe de la Chambre de surveillance des Offices des poursuites et des faillites (ci-après : la Chambre de surveillance), la créancière s’est plainte d'un retard injustifié dans le traitement de cette réquisition de continuer la poursuite;
Qu’elle a expliqué rester sans nouvelles de l’Office, tant le 5 mai que le 5 juillet 2017, quant à la suite donnée à sa réquisition précitée, étant précisé qu’entre le 16 janvier et le 10 février 2017, elle avait, à de nombreuses reprises, prié l’Office de l’informer sur l’avancement de cette procédure de saisie, ledit Office lui ayant finalement répondu le 24 février 2017 que le dossier était en cours de traitement;
Que dans le délai imparti pour déposer ses observations, ledit Office a conclu, au rejet de la plainte, respectivement, à ce qu’elle soit déclarée sans objet;
Qu’en effet, s’il a admis avoir eu du retard dans le traitement de cette réquisition de continuer la poursuite n° 15 xxxx20 U à la suite de la mise en exploitation de sa nouvelle application informatique, il a aussi expliqué qu’après une tentative de convocation au domicile du débiteur indiqué par la créancière, le 24 mars 2017, une sommation, le 29 juin 2017, et le blocage des compte dudit débiteur, le 14 juillet 2017, ce dernier s’était finalement présenté dans les locaux de l’Office pour l’informer qu’il était domicilié à D_ depuis le 1
er
août 1997, de sorte qu’un non-lieu de saisie avait été adressé à la créancière le 28 juillet 2017;
Considérant,

EN DROIT
, que la Chambre de surveillance est compétente pour statuer sur les plaintes formées en application de la LP (art. 13 LP; art. 126 al. 2 let. c LOJ; art. 6 al. 1 et 3 et 7 al. 1 LaLP) contre des mesures non attaquables par la voie judiciaire ou, comme en l'espèce, pour un retard injustifié (art. 17 al. 1 et 2 LP);
Que la créancière poursuivante a qualité pour se plaindre en tout temps d'un retard injustifié dans le traitement de sa réquisition de continuer la poursuite à l’encontre du débiteur, ses deux plaintes satisfaisant en outre aux exigences de forme légales (art. 17 al. 3 LP; 9 al. 1 et 2 LaLP);
Qu’elles sont dès lors recevables à la forme;
Que, par ailleurs, lesdites plaintes concernant les mêmes parties, le même complexe de faits et la même poursuite, elles seront jointes sous le n° de cause A/1578/2017;
Considérant que selon l'art. 89 LP, lorsque le débiteur est sujet à la poursuite par voie de saisie, l'Office, après réception de la réquisition de continuer la poursuite, procède
"sans retard"
à la saisie, soit un acte de puissance publique par lequel l'Office fait interdiction au débiteur de disposer de biens patrimoniaux lui appartenant en vue du désintéressement des créanciers y participant (Gilliéron, Commentaire, n° 4 ad art. 89 LP; Thomas Winkler, in KUKO SchKG, 2
ème
édition, 2014, n° 2 ad art. 89 LP);
Que la saisie fait l'objet d'un procès-verbal énumérant les droits saisis (art. 112 LP), qui doit être communiqué aux créanciers et au débiteur
"sans retard"
après l'expiration du délai de participation de 30 jours (art. 114 LP);
Que si les délais fixés par les art. 89 et 114 LP (
"sans retard"
) sont des délais d'ordre, ils imposent néanmoins à l'Office de procéder avec promptitude et diligence, en tenant compte de toutes les circonstances (Bénédict Foëx, in CR LP, n° 15 ad art. 89 LP);
Qu'en l'espèce, le débiteur a informé l’Office de son domicile de longue date dans le canton de Vaud, de sorte que ledit Office a prononcé une décision de non-lieu de saisie, notifiée à la créancière dans un délai certes raisonnable dès l’annonce faite par le débiteur;
Qu’il n’en reste pas moins que l’Office avait, précédemment, mis près de cinq mois dès réception de la réquisition de continuer la poursuite n° 15 xxxx20 U, le 3 novembre 2016, pour expédier un premier avis de saisie au débiteur, le 24 mars 2017, avant de prendre d’autres mesures par la suite en vue de l’exécution de cette saisie;
Que ces circonstances sont constitutives d’un retard injustifié de l’Office, qui doit être constaté;
Qu’il est à cet égard rappelé que la loi ne laisse aucune place à une surcharge de travail ou à une désorganisation dudit Office, même réelle, pour justifier une telle violation du principe de célérité;
Qu’en effet, il appartient audit Office de faire diligence dans le traitement des réquisitions de continuer la poursuite qui lui parviennent, de sorte qu’un délai de 14 mois entre la réception de la réquisition de continuer la poursuite par l’Office et l’envoi probable au créancier du procès-verbal de saisie correspondant n’est pas admissible;
Que la présente décision sera transmise au Préposé de l’Office afin qu’il prenne les mesures nécessaires à éviter que les circonstances du cas d’espèce ne se reproduisent;
Qu’en application de l’art. 62 al. 2 OELP, il n’est alloué aucun frais ni dépens dans la procédure de plainte au sens de l'art. 17 LP.
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