Decision ID: 2ab310a4-e230-519c-922c-2710f4263d38
Year: 2010
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_013
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: public_law

EN FAIT
1. Par décision du 3 septembre 2010, la commission cantonale de recours en matière administrative (ci-après : la commission) a déclaré irrecevable pour non-paiement de l’avance de frais le recours interjeté le 26 avril 2010 par Madame H_ contre une décision rendue le 26 mars 2010 par l’office cantonal de la population.
2. Par pli remis à un office de l’entreprise La Poste le 11 octobre 2010, Mme H_ a adressé au Tribunal administratif un courrier daté du 16 juillet 2010 aux termes duquel elle sollicitait « à l’état de Suisse et aux autorités genevoises de venir au secours de sa fille qui est aussi la fille de Seigneur ».
3. Le 15 octobre 2010, la commission a adressé au Tribunal administratif copie de l’accusé de réception de sa décision du 3 septembre 2010 confirmant que cette dernière avait été remise à Mme H_ le 8 septembre 2010.
4. Sur quoi, la cause a été gardée à juger.

EN DROIT
1. Interjeté devant la juridiction compétente, le recours est recevable de ce point de vue (art. 56A de la loi sur l’organisation judiciaire du 22 novembre 1941 - LOJ -
E 2 05
; art. 63 al. 1 let. a de la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 1985 - LPA -
E 5 10
).
2. a. Le délai ordinaire de recours est de trente jours (art. 63 al. 1 let. a LPA). Fixé par la loi, il ne peut être prolongé, sauf cas de force majeure (art. 16 al. 1 LPA).
b. Les délais commencent à courir le lendemain de leur communication ou de l’événement qui les déclenche (art. 17 al. 1 LPA). Lorsque le dernier jour du délai est un samedi, un dimanche ou jour légalement férié, le délai expire le premier jour utile (art. 17 al. 3 LPA). Les délais sont réputés observés lorsque l’acte de recours est parvenu à l’autorité ou a été remis à son adresse à un bureau de poste suisse ou à une représentation diplomatique ou consulaire suisse au plus tard le dernier jour du délai avant minuit (art. 17 al. 4 LPA).
c. Selon une jurisprudence constante établie sur la base de l’art. 169 al. 1
er
let. d de l’ancienne ordonnance sur les postes (aOSP), qui conserve sa portée malgré l'abrogation de cette ordonnance le 1
er
janvier 1998, un envoi recommandé qui n’a pas pu être distribué est réputé notifié le dernier jour du délai de garde de sept jours suivant la remise de l’avis d’arrivée dans la boîte aux lettres ou la case postale de son destinataire (ATF
134 V 49
consid. 4 p. 51 ;
130 III 396
consid. 1.2.3 p. 399 ;
127 I 31
consid. 2a/aa p. 34 ; Arrêts du Tribunal fédéral
8C.245/2009
du 5 mai 2009 ;
2C.119/2008
du 25 février 2008 ;
ATA/255/2009
du 19 mai 2009 consid. 2). La prolongation du délai de garde par la poste ne modifie pas cette fiction (
ATA/391/2010
du 8 juin 2010 et les réf. cit.).
3. En l’espèce, la décision querellée a été réceptionnée par Mme H_ le 8 septembre 2010. Le délai de recours a donc commencé à courir le 9 septembre 2010 et est venu à échéance le 8 octobre 2010.
Le recours remis à un office postal le 11 octobre 2010 est donc tardif.
Mme H_ ne fait état d’aucun motif tiré d’un cas de force majeure qui permettrait de justifier une restitution de délai.
4. Le recours sera donc déclaré irrecevable sans autre instruction (art. 72 LPA).
5. Nonobstant l’issue du litige, aucun émolument ne sera mis à la charge de la recourante (art. 87 LPA).
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