Decision ID: 813f5e31-4e0f-5ab1-8fcc-a24997394f86
Year: 2020
Language: fr
Court: FR_TC
Chamber: FR_TC_005
Canton: FR
Region: Espace_Mittelland
Law Area: penal_law

considérant en fait
A. Par ordonnance pénale du 11 janvier 2018, A._ a été reconnue coupable de faux dans les titres. Par ordonnance séparée du même jour, son époux, C._, a été reconnu coupable d'injure et de faux dans les titres. Tous deux ont formé opposition aux ordonnances précitées et les causes ont été renvoyées à la connaissance du Juge de police de la Broye (: le Juge de police). Le 7 mars 2018, ce magistrat a retourné le dossier de la cause concernant C._ au Ministère public afin qu'il procède à un complément d'instruction. Un acte d'accusation a dès lors été établi le 29 mai 2018.
B. A._ et C._ ont été cités à comparaître aux débats du Juge de police du 19 novembre 2019. Le jour de l'audience, A._ et C._ n'ont pas comparu, ni personne en leur nom. Le Juge de police a donc considéré que A._ était réputée avoir retiré son opposition, en application de l'art. 356 al. 4 CPP, et qu'il serait procédé par défaut s'agissant des infractions reprochées à C._, en vertu de l'art. 366 al. 1 CPP, de nouveaux débats devant être fixés prochainement.
C. Par courrier du 19 novembre 2019, C._ et A._ ont informé le Juge de police de l'accident de travail subi par C._ la veille. Suite à des complications, le couple a dû se rendre une nouvelle fois aux urgences, d'où son absence à l'audience du 19 novembre 2019. Deux certificats médicaux ainsi qu'une attestation concernant C._ ont été produits.
D. Le 20 novembre 2019, le Juge de police a constaté que les documents produits ne concernaient que C._, ainsi excusé pour son absence. Il a cité C._ et les parties plaignantes concernées à une nouvelle audience assignée sur le 5 mars 2020.
E. Par ordonnance du 22 novembre 2019, le Juge de police a considéré qu'aucun des certificats médicaux produits ne concernait A._ et, que, partant, son défaut non excusé aux débats valait présomption irréfragable de retrait d'opposition et que l'ordonnance pénale du 11 janvier 2018 était entrée en force à la date de son prononcé.
F. Par courrier du 20 décembre 2019 envoyé le 21 décembre 2019 (date du sceau postal), A._ s'est adressée au Juge de police. Celui-ci a interprété son courrier comme une requête de restitution de délai. Par ordonnance du 10 janvier 2020, le Juge de police a rejeté cette requête, frais à la charge de A._.
G. Le 23 janvier 2020, A._ a interjeté recours contre l'ordonnance du 10 janvier 2020 (502 2020 10). Elle conclut à ce que la demande de restitution de délai soit admise et que de nouveaux débats la concernant soient fixés, permettant de juger conjointement son cas et celui de son époux. Elle demande par ailleurs que la nullité de l'ordonnance du Juge de police du 22 novembre 2019 soit constatée (502 2020 11).
Par acte du 27 janvier 2020 (502 2020 13 et 14), A._ a également interjeté un recours contre la décision du Juge de police du 24 janvier 2020 de refuser de reporter les débats fixés sur le 5 mars 2020.
H. Le Ministère public, par courrier du 29 janvier 2020, a informé n'avoir pas d'observations à formuler, tandis que le Juge de police s'est déterminé par lettre du 30 janvier 2020.
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en droit
1. L'art. 30 CPP prescrit que si des raisons objectives le justifient, le ministère public et les tribunaux peuvent ordonner la jonction ou la disjonction de procédures pénales. En l'espèce, dans la mesure où l'issue du recours interjeté à l'encontre de l'ordonnance du 10 janvier 2020 aura une incidence sur celui dirigé contre la décision du 24 janvier 2020, il convient, par simplification et économie de procédure, d'ordonner la jonction de ces différentes procédures (502 2020 10 [& 11] et 502 2020 13 [& 14]).
2.
2.1. La compétence de la Chambre pénale (ci-après: la Chambre) n'est pas sujette à caution (art. 393 al. 1 let. b CPP et 85 al. 1 LJ), pas davantage que le délai de recours de 10 jours (art. 396 al. 1 CPP) ou encore l'intérêt de A._ à contester tant l'ordonnance du 10 janvier 2020, en tant que personne touchée par la décision attaquée (art. 382 al. 1 CPP), que, vu le sort réservé à son premier recours, la décision du Juge de police du 24 janvier 2020 de refuser le report des débats concernant C._.
2.2. La cognition de l'autorité de recours est entière (art. 393 al. 2 CPP) et elle statue sans débats (art. 397 al. 1 CPP).
3.
3.1. Dans son ordonnance du 22 novembre 2019, le Juge de police a considéré qu'aucun des certificats médicaux produits ne concernait A._, de sorte qu'elle-même avait fait défaut aux débats sans être excusée et sans se faire représenter. Ce faisant, il a appliqué la fiction du retrait consacrée à l'art. 356 al. 4 CPP. Or, cette disposition ne trouve application qu'en cas de défaut annoncé aux débats et le juge doit alors constater immédiatement le défaut, respectivement prendre acte du retrait d'opposition. Si, comme en l'espèce, une excuse intervient postérieurement à la tenue des débats, il convient d'interpréter celle-ci comme une demande de restitution de délai.
En l'occurrence, même si elle ne le formule pas expressément – le fait qu'elle n'était alors pas assistée d'un avocat justifie de se montrer peu strict s'agissant de l'exigence de motivation –, A._, dans son courrier du 19 novembre 2019, semble requérir la fixation d'une nouvelle audience. La jurisprudence accepte l'application par analogie de l'art. 94 CPP en cas d'absence d'un opposant aux débats, lequel ne doit pas être moins bien traité que celui qui tarde à faire opposition; en outre, cette possibilité n'est exclue ni par l'entrée en force de l'ordonnance pénale (art. 355 al. 2 CPP), ni a fortiori par le fait que le délai pour recourir contre la décision prenant acte du retrait de l'opposition est échu (arrêts TF 6B_360/2013 du 3 octobre 2013 consid. 3.3 et les références citées et 6B_289/2013 du 6 mai 2014 consid. 11.3). Dans ces conditions, c'est sous cet angle que le Juge de police devait examiner le courrier du 19 novembre 2019, ce qu'il n'a pas fait; preuve en est qu'il a traité le courrier du 21 décembre 2019 comme une requête de restitution de délai, puis rendu l'ordonnance attaquée.