Decision ID: 4326e69b-ce18-5ad9-958b-ef9ca4d4aca3
Year: 2015
Language: fr
Court: FR_TC
Chamber: FR_TC_005
Canton: FR
Region: Espace_Mittelland
Law Area: penal_law

considérant en fait
A. Un incident routier est survenu en fin de matinée du samedi 8 décembre 2012 sur l'autoroute de la Broye dans le sens Yverdon-les-Bains - Morat, peu après la voie d'accès provenant du restoroute, entre un véhicule Subaru conduit par A._ et appartenant à B._, son passager, et d'autre part un véhicule d'entreprise Audi conduit par C._, accompagné de D._. Selon ceux-ci, de la neige gelée s'est détachée du toit de la Subaru et a heurté le parebrise de l'Audi, qui s'est fendu.
A la suite de cet événement, C._ s'est rendu au poste de police de Domdidier où il a fait constater le dégât et où il a expliqué, notamment, qu'après des gestes et des appels de phares, il s'était arrêté sur la bande d'arrêt d'urgence, que l'autre conductrice s'est arrêtée derrière lui mais que lorsqu'il s'est rendu près de son véhicule personne n'a ouvert une fenêtre et elle est repartie sans mot dire, se réengageant directement dans la circulation sans égard aux autres usagers dont plusieurs ont dû freiner pour éviter un choc.
De son côté la conductrice de la Subaru a appelé le 117 pour signaler qu'un véhicule circulait dangereusement sur l'autoroute. Par la suite, le 11 février 2013, elle a déposé une plainte pénale à l'autorité vaudoise, y exposant notamment que le jour en question, à cet endroit, elle avait été suivie de près dans le tunnel par le véhicule Audi, qu'ensuite elle a été serrée de près côté voie de dépassement, le passager faisant des gestes menaçants et vociférant, après quoi l'Audi s'est rabattue devant, contraignant la Subaru à s'arrêter. Comme les personnes de l'Audi en sont sorties toujours menaçantes, elle-même et son passager ont bloqué portes et fenêtres et sont restés sans broncher, avant de repartir malgré de nouvelles manœuvres des autres personnes. Elle y exprime aussi plusieurs reproches au policier intervenu à la suite du passage au poste de C._.
B. Le 19 septembre 2014 le Ministère public a prononcé :  une ordonnance de classement de la procédure ouverte contre C._ pour violation
des règles de la circulation routière, pour avoir circulé sans observer une distance suffisante, et pour menaces et contrainte;
 une ordonnance de classement de la procédure ouverte contre D._ pour menaces et contrainte;
 une ordonnance pénale contre B._ pour violation des règles de la circulation routière, pour avoir toléré que son amie circule avec la voiture dont il est détenteur alors que celle-ci ne présentait pas les garanties de sécurité nécessaires;
 une ordonnance pénale contre A._ pour violation des règles de la circulation routière, pour avoir circulé alors que le véhicule utilisé ne présentait pas les garanties de sécurité nécessaires et pour contravention à la Loi d'application du Code pénal suisse, ce pour avoir refusé de se conformer aux ordres de police et de décliner son identité.
 une ordonnance de classement de la procédure ouverte à l'encontre de A._ pour violation grave des règles de la circulation routière (changement de direction sans égard aux autres usagers, occupation accessoire en conduisant), opposition ou dérobade aux mesures visant à déterminer l'incapacité de conduire et violation des devoirs en cas d'accident, les frais de procédure relatifs au prononcé de cette décision étant mis à sa charge et la requête d'indemnité pour les dépenses occasionnées étant rejetée.
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C. Par acte daté du 1er octobre 2014, remis à la poste le lendemain, A._ a interjeté recours contre cette dernière décision, concluant à ce que, par admission de son recours, les frais de l'ordonnance de classement soient mis à la charge de l'Etat et à ce qu'une indemnité lui soit accordée.
Dans sa détermination du 14 octobre 2014, le Ministère public se réfère à son ordonnance, renonce à de plus amples observations et conclut au rejet du recours.

en droit
1. a) En application de l’art. 322 al. 2 du code de procédure pénale (ci-après CPP), ainsi que de l’art. 85 al. 1 de loi sur la justice (ci-après LJ), la voie du recours à la Chambre pénale est ouverte contre une ordonnance de classement.
b) La compétence de la Chambre pénale découle des art. 43 al. 3 let. b et 85 al. 1 LJ. L’art. 395 let. b CPP prévoit cependant que, lorsque l’autorité de recours est un tribunal collégial, que le recours porte sur les conséquences économiques accessoires d’une décision et que le montant litigieux n’excède pas CHF 5'000.-, la direction de la procédure, soit le président du tribunal selon l’art. 61 let. c CPP, statue seule. En l’espèce, le recours portant sur les conséquences économiques accessoires d’une décision de classement et la valeur litigieuse étant de CHF 4'280.05 (387.50 + 3892.55), la compétence d’un Vice-président de la Chambre pénale est donnée.
c) Selon les art. 322 al. 2 et 396 al. 1 CPP, le recours est adressé par écrit, dans le délai de dix jours, à l’autorité de recours. L’ordonnance querellée a été notifiée à la recourante, par envoi à son mandataire d'alors, le 22 septembre 2014, si bien que le recours, remis à la poste le 2 octobre 2014, l’a été dans le délai légal.