Decision ID: b61d72f7-1d1d-5b4f-8641-ba66a4807a0f
Year: 2021
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_006
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 

EN FAIT
A.
a)
A_, née le _ 1938, est l’épouse de C_, né le _ 1938, avec lequel elle vit dans une villa sise à F_ (Genève). Le couple a une fille, B_, née en 1969, laquelle, domiciliée pendant quelques années aux Etats-Unis, est venue s’installer à Genève en avril 2017. C_ exerce toujours en qualité de médecin radiologue à temps partiel.
b)
Le 24 février 2021, C_ et B_ ont requis du Tribunal de protection de l'adulte et de l'enfant (ci-après: Tribunal de protection) le prononcé d’une mesure de protection en faveur d’A_, dès lors qu'ils n'avaient plus de nouvelles de cette dernière. Ils avaient observé, au fil des mois, une dégradation progressive de l’état de santé de la concernée: elle présentait de plus en plus de troubles mnésiques et était souvent désorientée dans l’espace et le temps, anxieuse et confuse; elle était prise de colères violentes et brusques à l'égard de son époux, dont l'une le 1
er
janvier 2021, qui avait nécessité une prise en charge aux urgences. Depuis cet épisode, son état de santé s’était encore péjoré; il lui arrivait de sortir pieds nus du domicile conjugal, appelant à l’aide, criant au secours et disant qu’il fallait appeler la police pour arrêter son mari. Elle refusait de consulter un psychiatre, convaincue que son époux et sa fille voulaient, selon ses termes, "l’interner chez les fous". Depuis cette époque, elle n’était plus en mesure de s’occuper de la gestion de ses affaires et du suivi administratif courant, alors que ces tâches avaient toujours été effectuées à parts égales entre les époux. C_ s'en occupait dorénavant seul.
Leur crainte résidait dans le fait qu'A_ avait quitté le domicile conjugal une première fois le 2 février 2021, puis une seconde fois le 9 février 2021, pour se réfugier chez sa sœur et son beau-frère, les époux G/H_. Ces derniers les empêchaient depuis lors de voir la concernée, laquelle prétendait avoir été victime d’une agression physique de la part de son époux. Leur fils, G_, médecin, l'avait accompagnée au poste de police de l’aéroport en vue du dépôt d’une plainte pénale à l’encontre de C_, pour des faits remontant à plus de trente ans. Il semblait alimenter le délire de la concernée, laquelle était venue au domicile conjugal chercher des effets personnels, avait insulté son époux et pris l’intégralité de l’argent se trouvant dans la maison, soit 4'800 fr. environ, qu’elle avait remis à son beau-frère qui l'accompagnait. Ils craignaient que la famille G/H_ ne soutire de l’argent à la concernée et que celle-ci ne reçoive pas les soins dont elle avait besoin. Ils ne parvenaient plus à communiquer avec elle, de sorte qu’ils sollicitaient la prise d’une mesure de protection en sa faveur. La situation financière des époux A/C_ était aisée et permettait d’assumer les coûts d’un curateur privé si cela était nécessaire, bien qu'ils soient disposés à assumer cette charge.
c)
Dans un constat médical du 9 février 2021, la Dre I_ a constaté qu'A_ présentait deux hématomes et était en proie à une détresse psychologique. Elle pleurait beaucoup lors de la visite et lui avait dit subir des violences physiques et psychologiques de la part de son mari depuis plusieurs années.
d)
Par décision du 16 mars 2021, le Tribunal de protection a nommé une curatrice de représentation à A_, en la personne de D_, avocate.
e)
A_ n’a déposé aucun mandat pour cause d’inaptitude et ne fait l’objet d’aucune poursuite, ni acte de défaut de biens sur le canton de Genève.
f)
G_ a adressé au Tribunal de protection une télécopie en date du 3 mars 2021 pour faire part de son inquiétude quant à l’état de santé et aux conditions de vie actuelles de sa tante. Les violences physiques et verbales de C_ avaient motivé le départ du domicile conjugal de sa tante le 2 février 2021 pour se réfugier chez sa soeur. Une plainte pénale avait été déposée à l’encontre de C_ suite au constat médical du 9 février 2021. Il avait accompagné sa tante au centre de violences conjugales des HUG et chez un médecin pour effecteur un bilan neuropsychologique, lequel avait permis de mettre en évidence qu’elle souffrait d’un état de dépression sévère en raison de son vécu. Sa tante manifestait cependant la peur de perdre sa maison, raison pour laquelle elle avait souhaité retourner au domicile conjugal. Son époux, grâce à l’aide de l’un de ses amis, médecin généraliste retraité, l’avait immédiatement fait hospitaliser en psychiatrie. Après examen, les médecins des urgences psychiatriques l’avaient laissée rentrer à son domicile. Depuis lors, les contacts avec sa tante étaient limités et uniquement lorsque son époux travaillait, l’intéressée disant ne plus savoir ni quel jour, ni quelle heure il était. Il considérait que sa tante avait un besoin urgent d’un suivi d’antidépresseurs. Son époux contrôlait tout à domicile et n’organisait aucune prise en charge médicale. Il avait cependant pu constater que sa tante était compliante à un suivi. Elle était, par ailleurs, laissée dans l’ignorance la plus totale concernant ses finances. Il sollicitait du Tribunal de protection une évaluation urgente de la situation.
g)
Le rapport d'évaluation des urgences psychiatriques, établi le 5 mars 2021 par les Dr J_ et K_, précise qu'A_ est "connue" pour un état dépressif sévère en lien avec des épisodes de violences conjugales et qu'elle avait été amenée le jour-même en ambulance à la demande de son mari, avec un PAFA-MED rédigé par un médecin traitant (Dr L_) faisant mention d'idées suicidaires actives et de délire paranoïaque, ainsi que d'un risque hétéro-agressif envers son époux en raison d’un trouble psychotique sévère "échappant à tout traitement". A l'évaluation psychiatrique, la patiente ne présentait cependant pas d'idées suicidaires ni de symptômes psychotiques pouvant justifier une hospitalisation en PAFA-MED. Evaluée au box des urgences somatiques, la patiente s'était montrée calme, collaborante avec une activité psychomotrice dans la norme et des troubles cognitifs légers. Sa thymie était triste, les affects facilement mobilisables avec la présence d’une importante anxiété lors des entretiens en lien avec ses difficultés relationnelles. Elle présentait uniquement des idées suicidaires passives lors de tensions à domicile ou de conflit de couple en lien avec les violences verbales ou physiques subies. Elle avait des troubles du sommeil et des troubles de l’appétit. Son discours était cohérent, informatif, logorrhéique, centré sur ses difficultés relationnelles, mais sans élément de la ligne psychotique. La concernée avait tenu, malgré l'atmosphère néfaste, à retourner chez elle. Elle avait expliqué aux médecins faire de longue date l'objet de violences conjugales ainsi que de manipulations, son époux la dénigrant et la traitant de folle.
h)
Le rapport d'évaluation neuropsychologique établi le 2 mars 2021 par la Dre M_, Docteur en psychologie, Psychologue spécialiste en neuropsychologie, a mis en évidence des troubles en mémoire épisodique verbale, dans les fonctions exécutives et dans une moindre mesure dans les praxies gestuelles, le reste du tableau cognitif se situant dans les normes d'une personne de son âge. Une pathologie débutante liée à l'âge ne pouvait pas être exclue et devait être réévaluée d'ici 8 à 12 mois. Compte tenu de son vécu traumatique (la patiente ayant exposé subir de la maltraitance physique et psychologique de la part de son époux, indiquant qu'il était soutenu par sa fille dépendante financièrement de lui), une prise en charge psychothérapeutique semblait nécessaire. Bien qu'A_ n'ait pas été testée spécifiquement au moment du bilan, elle disposait de sa capacité de discernement. Elle était orientée dans le temps et l'espace, totalement autonome pour les activités de la vie quotidienne; la compréhension de sa situation était stable, sa compréhension générale bonne et elle disposait d'un bon esprit critique.
i)
Par courrier du 16 mars 2021, C_ et B_, ont fait savoir au Tribunal de protection qu’A_ était suivie par la Dre N_, médecin psychiatre.
j)
Dans ses observations du 22 avril 2021, la curatrice de représentation a expliqué qu'A_ semblait être en détresse psychologique, ayant été à plusieurs reprises en larmes lors de leur entretien. Elle lui avait indiqué subir de fortes pressions verbales de la part de son époux, et parfois même physiques; il la rabaissait systématiquement et lui répétait sans cesse qu’elle était folle et devrait être internée. Elle n’avait que peu de contacts avec l’extérieur. Son époux s’occupait de la gestion administrative et des finances du couple et lui donnait parfois 20 fr.; elle disait ne pas avoir accès aux comptes bancaires du couple. Il faisait également les courses, alors qu’elle s’occupait de la maison. Ses relations avec sa fille étaient également difficiles. Elle était inquiète de l’audition de la Dre N_ qu’elle avait rencontrée à deux ou trois reprises à la demande de son époux. Elle reconnaissait être dépressive à cause du conflit conjugal et ne supportait plus la situation et les pressions dont elle était victime. Elle restait au domicile conjugal par crainte de perdre sa maison. Elle était d'accord de rencontrer un médecin psychiatre, autre que celui choisi par son époux. Elle indiquait que son seul revenu était sa rente AVS et était incapable de donner d’autres renseignements d’ordre financier.
k)
Le Tribunal de protection a tenu une audience le 28 avril 2021.
La Dre N_, psychiatre, a indiqué avoir été contactée le 15 février 2021 par C_, qu’elle ne connaissait pas auparavant. Celui-ci trouvait son épouse en grande détresse psychologique. Elle avait reçu le lendemain C_ et B_ qui lui avaient fait part de la situation. Elle avait ensuite appris l’hospitalisation d’A_ sur décision du Dr L_, ancien médecin de la concernée, aujourd’hui retraité. C_ l’avait recontactée à la sortie d’hospitalisation d’A_. Elle avait reçu cette dernière le 3 mars 2021, dans un premier temps, seule, puis à sa demande, avec son époux, puis à nouveau, les 8, 11, 22 et 29 mars 2021, en présence de son époux, à la demande de la patiente. Sa patiente souffrait d’un état dépressif sévère avec symptômes psychotiques. Les troubles cognitifs étaient existants mais ne pouvaient pas être investigués en l’état dès lors que les résultats des examens seraient altérés par la dépression dont souffrait l'intéressée. La prescription d’une médication à sa patiente avait permis à celle-ci d’être plus posée lors des consultations ultérieures, ainsi qu’à la maison. Elle avait ainsi pu aborder la question du conflit conjugal existant, estimant que la vulnérabilité de sa patiente et sa dépendance étaient également des facteurs de déstabilisation.
La curatrice de représentation a indiqué que sa protégée avait besoin d’avoir de l'aide auprès d’une personne en laquelle elle pouvait avoir confiance. Elle faisait l’objet de grandes pressions familiales qui lui étaient difficiles à vivre. Il existait également un problème d’ordre financier puisqu’elle n’avait accès à aucun compte bancaire, y compris celui sur lequel sa rente AVS était versée. Elle n'était pas opposée au prononcé d’une curatelle étendue et s’en rapportait pour le surplus à l’appréciation du Tribunal de protection.
A_, entendue en fin d’audience à sa demande expresse, hors la présence de la Dre N_, a déclaré que son époux avait la mainmise sur toutes ses finances et pour objectif de la placer dans un hôpital psychiatrique afin qu’elle soit déclarée folle, pour ensuite la spolier de son patrimoine.
l)
Par ordonnance non motivée du 28 avril 2021, notifiée par plis recommandés le 12 mai 2021 aux parties et intervenants à la procédure, le Tribunal de protection a prononcé une curatelle de représentation et de gestion étendue qu'il a confiée à E_, avocat.
m)
Par courrier du 19 mai 2021, le conseil de C_ et B_ a sollicité la motivation de l’ordonnance.
B.
Par ordonnance motivée du 28 avril 2021 (
DTAE/2507/2021
), adressée pour notification le 16 juin 2021, le Tribunal de protection a institué une curatelle de représentation et de gestion en faveur d'A_ (ch. 1 du dispositif), désigné E_, avocat, aux fonctions de curateur (ch. 2), confié au curateur les tâches de représenter la personne concernée dans ses rapports avec les tiers, en particulier en matière d’affaires administratives et juridiques, de gérer ses revenus et biens et administrer ses affaires courantes, de veiller à son bien-être social et la représenter pour tous les actes nécessaires dans ce cadre, de veiller à son état de santé, mettre en place les soins nécessaires et, en cas d’incapacité de discernement, de la représenter dans le domaine médical (ch. 4), autorisé le curateur à prendre connaissance de la correspondance de la personne concernée, dans les limites du mandat, et, si nécessaire, à pénétrer dans son logement (ch. 5) et a mis un émolument de décision de 800 fr. à charge de C_ et B_, conjointement et solidairement (ch. 6).
En substance, le Tribunal de protection a retenu que les différents rapports médicaux figurant au dossier attestaient que la concernée souffrait d’une dépression profonde, soit d’un trouble psychiatrique au sens de la loi, de sorte qu’il n’était pas nécessaire d’ordonner une expertise psychiatrique de l’intéressée. Il a estimé que les besoins de protection de la personne concernée étaient très étendus, de sorte que la curatelle devait porter sur les aspects liés à la gestion de son quotidien, que ce soit au niveau administratif, juridique, financier et éventuellement social, que sur le plan médical et de la gestion de son patrimoine. Après avoir entendu la personne concernée, pris connaissance du signalement de son époux, de sa fille et de son neveu, le Tribunal constatait que de très vifs conflits déchiraient la famille et tiraillaient la personne concernée au point d’altérer son état de santé psychique, de sorte qu’il convenait de confier le mandat de curatelle à une personne neutre, soit en l’occurrence un avocat. Compte tenu de la nature et de l’ampleur de la cause, ainsi que de l’état du patrimoine de la personne concernée, les frais judiciaires devaient être mis à la charge de C_ et B_, lesquels avaient requis la motivation de la décision.
C.
a)
Par acte expédié le 16 juillet 2021 au greffe de la Chambre de surveillance, A_ a formé recours contre cette ordonnance, concluant à son annulation. Elle sollicite que son époux, C_, et sa fille, B_, soient nommés co-curateurs et, à défaut, que sa fille B_, soit nommée curatrice unique.
Elle fait grief au Tribunal de protection de ne pas lui avoir demandé, lors de son audition, de lui proposer l’identité d’un curateur, ni si elle était d’accord avec la nomination de E_ à cette fonction. Or, elle ne l’était pas, dès lors qu’elle ne le connaissait pas et n’avait pas confiance en lui, notamment concernant sa santé. Elle ne l’avait vu qu’à une seule reprise, le 7 juin 2021, lors de son hospitalisation à la Clinique O_ et, depuis lors, il n’avait plus pris de ses nouvelles. Son époux, C_, était médecin et l’avait toujours conseillée et suivie dans le domaine médical. Depuis l’an dernier, sa fille, B_, l’aidait également dans sa prise en charge médicale. Tous deux veillaient à ce qu’elle honore ses rendez-vous médicaux, prenne ses médicaments et soit suivie de plus près lorsqu’elle n’allait pas bien. Ils prenaient soin d’elle et elle avait confiance en eux. Son époux s’occupait de ses finances et de toutes les démarches administratives la concernant. Ils prenaient toutes les décisions importantes ensemble. Elle lui posait des questions quand cela était nécessaire et il répondait de manière transparente. Leur déclaration fiscale était confiée à une société fiduciaire. Ils n’avaient ni dettes, ni poursuites et leurs factures étaient payées. Elle ne pensait pas avoir besoin d’un curateur pour les domaines administratifs, juridiques et financiers. Ce n’était qu’au niveau médical qu’elle avait besoin d’aide lorsqu’elle n’allait pas bien, aide que sa famille lui apportait. Si toutefois, il était considéré qu’elle avait également besoin d’aide dans les autres domaines, son époux et sa fille devaient être autorisés à la représenter.
b)
Le Tribunal de protection n’a pas souhaité faire usage de la possibilité de reconsidérer sa décision. Il a cependant expliqué que lors de sa saisine, la situation était très tendue et l’intéressée en proie à des conflits familiaux aigus, les différents intervenants l’entourant (famille proche et famille G/H_) étant très virulents.
c)
C_ et B_, dans leur réponse du 1
er
septembre 2021, ont conclu à ce qu’ils soient nommés à la fonction de curateurs, conjointement ou individuellement, d’A_.
Ils ont déposé en annexe le procès-verbal d'une audience devant le Ministère public du 31 août 2021 lors de laquelle A_ avait retiré sa plainte pénale à l’encontre de son époux.
d)
Dans sa réponse du 1
er
septembre 2021, la curatrice de représentation d'A_, a conclu à la confirmation de l’ordonnance querellée. Elle s'étonnait du revirement de sa protégée, la position prise dans son recours étant contraire à ses déclarations antérieures. Elle doutait par ailleurs que la situation familiale se soit apaisée. Compte tenu des tensions familiales, il n'était pas dans l'intérêt de sa protégée que son époux ou sa fille soient nommés curateurs de représentation.
e)
Par plis du 2 septembre 2021, la Chambre de surveillance a informé les parties et participants à la procédure de ce que la cause serait mise en délibération à l’issue d’un délai de dix jours.
D.
a)
Par acte expédié le 19 juillet 2021 au greffe de la Chambre de surveillance, C_ et B_ ont également formé recours contre l’ordonnance
DTAE/2507/2021
du Tribunal de protection du 28 avril 2021, qu’ils ont reçue le 21 juin 2021. Ils ont conclu, principalement, à son annulation, et cela fait, à l’institution d’une curatelle de représentation et de gestion en faveur d’A_, à leur désignation aux fonctions de curateurs de l’intéressée et à ce que leur soient confiées les tâches de veiller au bien-être social de la personne concernée et de la représenter pour tous les actes nécessaires dans ce cadre et, en cas d’incapacité de discernement, de déterminer son lieu de résidence, de veiller à son état de santé, de mettre en place les soins nécessaires et, en cas d’incapacité de discernement, de la représenter dans le domaine médical et de les dispenser de l’obligation d’établir des rapports.
Subsidiairement, ils ont pris des conclusions identiques, en sollicitant également que leur soient confiées, en sus, les tâches de représenter A_ dans ses rapports avec les tiers, en particulier en matière d’affaires administratives et juridiques, de gérer ses revenus et administrer ses affaires courantes, de les dispenser de l’obligation de remettre un inventaire et d’établir des rapports et comptes périodiques et de les autoriser à prendre connaissance de la correspondance de la personne concernée, dans les limites du mandat, et, si nécessaire, à pénétrer dans son logement.
Plus subsidiairement, ils ont conclu à l’annulation de l’ordonnance et au renvoi de la cause au Tribunal de protection, dans le sens des considérants.
Ils ont précisé qu'A_ avait été hospitalisée une nouvelle fois volontairement durant quelques jours à l'Hôpital psychiatrique O_. Les médecins, soit notamment les Dr P_ et Dre Q_, avaient évoqué le diagnostic de la maladie d'Alzheimer, suite à quoi un traitement médicamenteux avait été mis en place et avait permis une nette amélioration de l'état de santé de la concernée. Celle-ci était retournée au domicile conjugal et avait ensuite suivi un traitement ambulatoire de psychiatrie et psychothérapie de l'âgé (V_). Ils sollicitaient la production, en mains de ces deux établissements, des rapports établis, auxquels ils n'avaient pas eu accès compte tenu de l'ordonnance rendue.
En substance, ils reprochent au Tribunal de protection, qui ne les a pas auditionnés, une violation de leur droit d'être entendus. Leur audition aurait permis de lever toute suspicion à leur encontre et de comprendre l'aide qu'ils apportaient déjà à l'intéressée. Ils s'étaient toujours occupés de la prise en charge de cette dernière en veillant à ce qu'elle respecte ses rendez-vous médicaux et prenne ses médicaments et ils s'étaient assurés qu'elle soit suivie lorsqu'elle n'allait pas bien. Ils font également grief au Tribunal de protection de ne pas avoir suffisamment instruit la cause, n'ayant procédé qu'à l'audition de la Dre N_, sans avoir entendu les autres médecins de l'intéressée, en particulier le Dr L_. En retenant un besoin de protection très étendu, malgré l'absence de tout indice concernant les domaines administratifs, juridiques, financiers, sociaux ou patrimoniaux, l'autorité inférieure avait faussement constaté les faits et violé les principes de subsidiarité et de proportionnalité, seul un besoin au niveau médical, quand l'intéressée n'allait pas bien, pouvant être retenu. Le Tribunal n'avait, dans ce contexte, pas examiné la possibilité de retenir leur nomination en tant que curateurs de soins. La décision rendue violait les art. 388, 389, 391 et 401 CC, la personne concernée n'ayant pas été invitée à fournir le nom du curateur qu'elle souhaitait. Le Tribunal de protection avait également excédé son pouvoir d'appréciation, de sorte que la décision entreprise violait également l'art. 4 CC. Elle était en outre inopportune et devait en conséquence être annulée.
Ils sollicitent que la Cour ordonne la production de plusieurs rapports médicaux, se trouvant en mains de diverses structures médicales suite aux nouvelles hospitalisations de l'intéressée en psychiatrie et ont déposé des pièces complémentaires.
b)
Le Tribunal de protection n’a pas souhaité faire usage de la possibilité de reconsidérer sa décision., tout en rappelant le contexte de conflit familial et en justifiant sa décision de ce fait.
c)
C_ et B_ ont déposé des observations spontanées le 23 août 2021 ainsi qu'une pièce nouvelle, à savoir un bilan réalisé par le Dr R_, faisant état d’une performance cognitive globale déficitaire.
d)
Dans sa réponse du 1
er
septembre 2021, la curatrice de représentation d'A_, a conclu à la confirmation de l’ordonnance querellée.
e)
Par plis du 2 septembre 2021, la Chambre de surveillance a informé les parties et participants à la procédure de ce que la cause serait mise en délibération à l’issue d’un délai de dix jours.
f)
C_ et B_ ont déposé des observations spontanées en date du 23 septembre 2021. Ils ont persisté dans leurs conclusions précédentes.
Ils ont encore signalé qu’une réunion s’était tenue à leur demande aux HUG avec les Pr S_, _ [fonction], et la Dre T_, _ [fonction] au sein des urgences psychiatriques aux HUG, puis avec la Dre U_, interne, et l’infirmière du V_ qui s’occupait du suivi de l’intéressée. Le diagnostic de maladie d’Alzheimer avait été évoqué.
A_ avait également de nouveau fait l’objet d’une hospitalisation non volontaire à la Clinique O_. La note établie par le Pr W_, Département de réadaptation et gériatrie, directeur du centre de la mémoire, indique que l’intéressée, qui présente un déficit cognitif de degré modéré, une mémoire épisodique très faible et des symptômes dépressifs significatifs, souffre d’une maladie neuro-dégénérative dont l’étiologie est vraisemblablement Alzheimerienne. La patiente acceptait presque toujours sa médication. Les proches souhaitaient qu'elle puisse demeurer à domicile le plus longtemps possible.

EN DROIT
1.
1.1
Les décisions de l'autorité de protection de l'adulte peuvent faire l'objet, dans les trente jours, d'un recours devant le juge compétent, à savoir la Chambre de surveillance de la Cour de justice (art. 450 al. 1 et 450b CC; art. 126 al. 3 LOJ; art. 53 al. 1 et 2 LaCC).