Decision ID: 63dcf4ce-f123-57f4-b3d4-49757b37fda7
Year: 2010
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_013
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: public_law

EN FAIT
1. Le 6 juillet 2009, la faculté des sciences de l’université de Genève (ci-après : l’université), statuant sur opposition, a confirmé la note de 4 attribuée au travail de maîtrise de Madame C_.
2. Par acte du 8 septembre 2009, Mme C_ a recouru auprès du Tribunal administratif contre la décision susmentionnée, concluant en substance à ce que la note de 5 soit attribuée à son travail de maîtrise (cause A/3275/2009).
3. Dans sa détermination du 15 octobre 2009, l’université a conclu à l’irrecevabilité du recours pour cause de tardiveté. La décision querellée ayant été distribuée le 9 juillet 2009, le délai pour recourir expirait le 10 août 2009.
4. Le 27 novembre 2009, Mme C_ a invité l’université à « octroyer » une note de 5 à son travail de maîtrise, la décision du 6 juillet 2009 étant empreinte de vices fondamentaux.
5. Le 18 décembre 2009, l’université a répondu à l’intéressée qu’elle avait statué le 6 juillet 2009 et qu’un recours était pendant au Tribunal administratif sur cet objet (cause A/3275/2009).
6. Par acte du 8 janvier 2010, Mme C_ a recouru auprès du tribunal de céans contre le courrier susmentionné, concluant à ce qu’il soit constaté que le refus de statuer de l’université constituait un déni de justice et à ce que la note de 5 soit attribuée à son travail de maîtrise. Le recours était subsidiaire à celui qui était pendant devant le Tribunal administratif. Il n’aurait un objet que si ce dernier était déclaré irrecevable. Toute son argumentation au fond visait la décision du 6 juillet 2009.
7. La cause a été gardée à juger sans instruction.

EN DROIT
1. Selon l’art. 57 de la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 1985 (LPA -
E 5 10
), seules les décisions sont susceptibles de recours.
Au sens de l’art. 4 al. 1
er
LPA sont considérées comme des décisions les mesures individuelles et concrètes prises par l’autorité dans les cas d’espèce fondées sur le droit public fédéral, cantonal ou communal et ayant pour objet de créer, de modifier ou d’annuler des droits et des obligations (let. a), de constater l’existence, l’inexistence ou l’étendue de droits, d’obligations ou de faits (let. b), de rejeter ou de déclarer irrecevables des demandes tendant à créer, modifier, annuler ou constater des droits ou des obligations (let. c).
En droit genevois, la notion de décision est calquée sur le droit fédéral (art. 5 de la loi fédérale sur la procédure administrative du 20 décembre 1968 - PA -
RS 172.021
), ce qui est également valable pour les cas limites, ou plus exactement pour les actes dont l’adoption n’ouvre pas de voie de recours. Ainsi, de manière générale, les communications, opinions, recommandations et renseignements ne déploient aucun effet juridique et ne sont pas assimilables à des décisions, de même que les avertissements ou certaines mises en demeure (Arrêt du Tribunal fédéral
1C_408/2008
du 16 juillet 2009 consid. 2 ;
ATA/311/2009
du 23 juin 2009 ;
ATA/42/2007
du 30 janvier 2007 consid. 4 ;
ATA/602/2006
du 14 novembre 2006 consid. 3 ;
ATA/836/2005
du 6 décembre 2005 consid. 2 ; P. MOOR, Droit administratif, Vol. 2, Berne 2002, p. 214, n. 2.2.3.3 ; B. BOVAY, Procédure administrative, Berne 2000, p. 334-344). Ces dernières peuvent constituer des cas limites et revêtir la qualité de décisions susceptibles de recours, lorsqu’elles apparaissent comme des sanctions conditionnant ultérieurement l’adoption d’une mesure plus restrictive à l’égard du destinataire. Lorsque la mise en demeure ou l’avertissement ne possède pas un tel caractère, il n’est pas sujet à recours (
ATA/644/2002
du 5 novembre 2002 consid. 3b ;
ATA/241/2000
du 11 avril 2000 consid. 4 ; A. KÖLZ/ I. HÄNER, Verwaltungsverfahren und Verwaltungsrechtspflege des Bundes, 2
ème
éd., Zurich 1998, p. 181; F. GYGI Bundesverwaltungsrechtspflege, Berne 1983, p. 136).
En l’espèce, interpellée par la recourante qui lui demandait de lui octroyer une note de 5 à son travail de maîtrise, l’université a répondu le 8 décembre 2009 qu’elle avait déjà statué sur ce point par décision du 6 juillet 2009 contre laquelle un recours était pendant. Un tel courrier n’a pas pour objet d’influer d’une quelconque manière sur les droits ou obligations de la recourante, qui ne conteste pas l’exactitude de son contenu. Ce n’est donc pas une décision au sens de l’art. 4 al. 1 LPA.
2. Renvoyant à une décision existante, le courrier ne peut pas davantage être assimilé à un refus de statuer - sauf à admettre qu’une autorité devrait répéter une décision à chaque sollicitation de l’administré concerné, avec comme conséquence l’impossibilité qu’une situation juridique devienne définitive. Cela vient à l’encontre de la sécurité du droit qui exige précisément la mise en place de règles de procédure comme la fixation de délais de recours.
3. Au vu de ce qui précède, le recours est manifestement irrecevable, sans qu’il soit besoin d’instruire (art. 72 LPA).
Un émolument de CHF 300.- sera mis à la charge de la recourante (art. 87 LPA).
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