Decision ID: d14ddaa3-f153-43a5-bd83-45489e3935de
Year: 2021
Language: fr
Court: VD_TC
Chamber: VD_TC_031
Canton: VD
Region: Région lémanique
Law Area: public_law

Vu les faits suivants:
A. Ressortissant d’Algérie né en 1966, A._ est entré en Suisse le ******** 2001 et y a requis l’asile; il a été attribué au canton de ********. Suite au refus définitif de l’autorité fédérale d’entrer en matière sur sa demande, un délai au 2 août 2002 lui a été imparti en dernier lieu pour quitter la Suisse. La demande de révision dont il a saisi la Commission suisse de recours en matière d’asile a été déclarée irrecevable, le 4 novembre 2005. Il n’a pas obtempéré à l’ordre de quitter la Suisse et son renvoi n’a pu être exécuté.
B. Le 13 octobre 2017, A._ a informé l’Office de l’état civil de Lausanne qu’il allait entreprendre des démarches afin d’épouser B._, ressortissante italienne née en 1971, domiciliée à Lausanne, titulaire d’une autorisation d’établissement et sous curatelle de portée générale. Cet office a adressé aux fiancés la liste des documents qu’ils devaient produire à cet effet. Le 15 novembre 2017, l’Office d’état civil de Lausanne a imparti aux fiancés un délai de soixante jours, non prolongeable, afin qu’A._ puisse prouver la légalité de son séjour en Suisse. Le 5 décembre 2017, ce dernier a requis du Service de la population (SPOP) la délivrance d’une autorisation de séjour provisoire, afin de pouvoir épouser B._ en Suisse. Le 5 mars 2018, l’Office d’état civil de Lausanne a suspendu le délai de soixante jours; il a informé les fiancés qu’il serait donné suite à la demande d’ouverture d’une procédure préparatoire de mariage à réception d’une autorisation de séjour en faveur d’A._ ou d’une tolérance du séjour de ce dernier jusqu’à son mariage avec B._.
C. Par décision du 26 avril 2019, le SPOP a refusé de délivrer à A._ une autorisation de séjour en vue de mariage et l’a sommé de quitter immédiatement le canton de Vaud et de retourner dans le canton de Berne, son canton d’attribution. Il a également levé l’effet suspensif en cas de recours. Par arrêt PE.2019.0167 du 6 janvier 2020, la Cour de droit administratif et public du Tribunal cantonal (CDAP) a rejeté le recours dont A._ et B._ l’avait saisie contre cette décision. Cet arrêt n’a pas été attaqué.
Par décision du 14 juillet 2020, l’Office d’état civil de Lausanne a, sur préavis de l’autorité cantonale de surveillance de l’état civil (art. 45 CC), déclaré irrecevable la demande d’ouverture d’une procédure préparatoire au mariage.
D. Par acte du 5 août 2020, A._ et B._ ont recouru auprès de la CDAP contre cette décision, dont ils demandent l’annulation. Ils concluent à ce qu’un délai soit imparti à A._ pour produire une autorisation de séjour en vue du mariage, l’Office d’état civil de Lausanne devant suivre à la procédure préparatoire de mariage sitôt obtenu le document en question. Ils ont également requis l’octroi de l’assistance judiciaire et ont demandé à être dispensé des frais de justice.
Par avis du 6 août 2020, le juge instructeur a dispensé provisoirement A._ et B._ de l’obligation d’effectuer une avance de frais. Il a informé les parties qu’il serait statué ultérieurement sur la demande d’assistance judiciaire.
Le SPOP, Direction de l’état civil, a procédé pour le compte de l’Office d’état civil de Lausanne (cf. art. 7 de la loi cantonale sur l’état civil [LEC; BLV 211.11]); il a produit son dossier et propose le rejet du recours.
Appelé à la procédure en qualité d’autorité concernée, le SPOP, Secteur juridique, propose également le rejet du recours.
Dans leurs dernières déterminations, A._ et B._ maintiennent leurs conclusions; leur conseil a informé le Tribunal de ce qu’il cesserait son activité le 21 décembre 2020, de sorte que la correspondance devait, postérieurement à cette date, être directement adressée aux intéressés.
E. Le Tribunal a statué à huis clos, par voie de circulation.

Considérant en droit:
1. a) Selon l’art. 31 al. 1 LEC, les décisions de l’officier d’état civil sont susceptibles de recours au département, lequel est l’autorité cantonale de surveillance des offices au sens de l’art. 45 CC (art. 7 LEC). La jurisprudence considère toutefois que, lorsque la Direction de l'état civil, qui est l'organe compétent au niveau du département, a participé à la procédure en donnant son avis dans un cas concret, la voie du recours administratif au département n'est plus disponible; le recours relève alors directement de la compétence du Tribunal cantonal (recours sautant [«Sprungrekurs»]; arrêts CDAP GE.2020.0137 du 11 novembre 2020; GE.2019.0169, GE.2019.0185 du 29 avril 2020 et les références; cf. ég. cf. art. 31 al. 4 LEC et 92 al. 1 de la loi vaudoise du 28 octobre 2008 sur la procédure administrative [LPA-VD; BLV 173.36]), singulièrement de la CDAP (cf. art. 30 al. 2 du règlement organique du Tribunal cantonal, du 13 novembre 2007 [ROTC; BLV 173.31.1]).
En l'espèce, il résulte de son dispositif que la décision attaquée a été rendue par l'Office de l'état civil. Cela étant, il est expressément précisé dans les voies de droit que la décision "a été prise avec le concours de l'autorité cantonale de surveillance de l'état civil" et qu'elle "ne peut ainsi pas faire l'objet d'un recours au département". Le recours est en conséquence directement recevable devant la cour de céans, conformément à la jurisprudence rappelée ci-dessus.
b) Déposé dans le délai de trente jours fixé par l’art. 95 LPA-VD, le recours est intervenu en temps utile. Il satisfait aux conditions formelles énoncées par l'art. 79 LPA‐VD (par renvoi de l’art. 99 LPA-VD). Il y a donc lieu d'entrer en matière sur le fond.
2. a) L'art. 12 CEDH garantit à tout homme et femme le droit de se marier et de fonder une famille à partir de l'âge nubile selon les lois nationales régissant l'exercice de ce droit. L'art. 14 Cst. consacre pour sa part le droit au mariage et à la famille. Le mariage est célébré par l’officier de l’état civil au terme de la procédure préparatoire (art. 97 al. 1 CC). Ce dernier refuse son concours lorsque l’un des fiancés ne veut manifestement pas fonder une communauté conjugale mais éluder les dispositions sur l’admission et le séjour des étrangers (art. 97a al. 1 CC). Au cours de la procédure préparatoire, les fiancés qui ne sont pas citoyens suisses doivent établir la légalité de leur séjour en Suisse (art. 98 al. 4 CC).
Cette dernière disposition n'offre aucune marge de manœuvre à l'officier d'état civil confronté à une demande de mariage émanant d'un étranger qui n'a pas établi la légalité de son séjour en Suisse. Il n'a pas d'autre alternative, conformément au vœu du législateur, que de refuser la célébration du mariage (cf. art. 67 al. 3 de l'ordonnance du 21 avril 2004 sur l'état civil [OEC, RS 211.112.2]; ATF 138 I 41 consid. 4 in fine p. 47; 137 I 351 consid. 3.7 p. 359s.). L'art. 98 al. 4 CC ne lui permet pas de statuer préjudiciellement sur la légalité du séjour. Le Tribunal fédéral a retenu que cette disposition respectait la garantie du droit au mariage garanti par l'art. 12 CEDH (ATF 138 I 41).
b) Afin de respecter le principe de la proportionnalité et d'éviter tout formalisme excessif, l'officier de l'état civil doit néanmoins laisser au fiancé étranger un délai suffisant pour saisir l'autorité de police des étrangers d'une demande d'autorisation de séjour - si cela n'a pas encore été fait - et produire l'attestation de la légalité de son séjour. C'est en effet à cette dernière autorité qu'il appartient de vérifier qu'il n'existe pas d'indice d'abus de droit et que l'étranger remplirait les conditions d'admission en Suisse après son union pour, le cas échéant, lui délivrer un titre de séjour temporaire en vue du mariage (cf. ATF 138 I 41 consid. 4 et 5 p. 46s.; cf. en outre ATF 137 I 351 consid. 3.6 p. 359; arrêt TF 5A_612/2012 du 19 novembre 2012 consid. 6.1). En effet, d'après la jurisprudence, le droit au respect de la vie privée et familiale garanti à l'art. 8 par. 1 CEDH permet, à certaines conditions, de déduire un droit à une autorisation de séjour en présence d'indices concrets d'un mariage sérieusement voulu et imminent avec une personne ayant le droit de résider durablement en Suisse (ATF 137 I 351 consid. 3.2 p. 355). Eu égard aux art. 14 Cst. et 12 CEDH, la jurisprudence a précisé que, dans la mesure où l'officier d'état civil ne peut pas célébrer le mariage d'un étranger qui n'a pas établi la légalité de son séjour en Suisse, les autorités de police des étrangers sont tenues de délivrer un titre de séjour en vue du mariage lorsqu'il n'y a pas d'indice que l'étranger entende, par cet acte, invoquer abusivement les règles sur le regroupement familial, et qu'il apparaît clairement que l'intéressé remplira les conditions d'une admission en Suisse après son union (cf. art. 17 al. 2 de la loi fédérale du 16 décembre 2005 sur les étrangers et l’intégration [LEI; RS 142.20] par analogie). Dans un tel cas, il serait en effet disproportionné d'exiger de l'étranger qu'il rentre dans son pays pour s'y marier ou pour y engager à distance une procédure en vue d'obtenir le droit de revenir en Suisse pour se marier. En revanche, dans la situation inverse, soit si, en raison des circonstances, notamment de la situation personnelle de l'étranger, il apparaît d'emblée que ce dernier ne pourra pas, même une fois marié, être admis à séjourner en Suisse, l'autorité de police des étrangers pourra renoncer à lui délivrer une autorisation de séjour provisoire en vue du mariage; il n'y a en effet pas de raison de l'autoriser à séjourner en Suisse pour s'y marier alors qu'il ne pourra de toute façon pas, par la suite, y vivre avec sa famille (ATF 139 I 37 consid. 3.5.2 p. 48; 138 I 41 consid. 4 p. 47; 137 I 351 consid. 3.7 p. 360; arrêts TF 2C_183/2020 du 21 avril 2020 consid. 4.1; 2C_107/2018 du 19 septembre 2018 consid. 4.1; 2C_702/2011 du 23 février 2012 consid. 4.3).
c) A défaut de preuve du séjour légal, l’office d’état civil compétent fixe un délai raisonnable aux fiancés ou aux partenaires pour régulariser la situation et produire les documents requis. Ce délai ne déploie aucun effet lié au droit des étrangers. Il sert uniquement à l’obtention desdits documents (par ex. délai de livraison pour l’établissement d’une pièce d’identité) et n’est pas contraignant pour les autorités compétentes en matière de migration lors d’une procédure d’autorisation relevant du droit des étrangers. Si, au terme du délai imparti, aucun document attestant de la légalité de son séjour n’est produit ou que l’autorisation de séjour provisoire en vue du mariage est refusée, l’office d’état civil informe les fiancés ou les partenaires de son refus de célébrer le mariage ou le partenariat et communique à l’autorité migratoire compétente l’identité et le domicile actuel du fiancé ou du partenaire dont le séjour légal n’a pu être établi (Secrétariat d’Etat aux migrations [SEM], Directives et commentaires, I. Domaine des étrangers [Directives LEI], état au 1er janvier 2021, ch. 6.14.2.1.2 p. 133). Cette restriction correspond à la volonté du législateur, en édictant l'art. 98 al. 4 CC, de briser l'automatisme qui a pu exister, dans le passé, entre l'introduction d'une demande en mariage et l'obtention d'une autorisation de séjour pour préparer et célébrer le mariage (cf. ATF 138 I 41 consid. 4 p. 47; 137 I 351 consid. 3.7 p. 360; arrêts TF 2C_994/2013 du 20 janvier 2014 consid. 4.1; 2C_643/2012 du 18 septembre 2012, consid. 3.1; 2C_117/2012 du 11 juin 2012 consid. 4.2). En ce sens, l'autorité civile est liée par la décision de la police des étrangers de refuser la délivrance d’un titre de séjour au fiancé étranger (ATF 137 I 351 consid. 3.7 p. 360).
d) L'autorité administrative n'est tenue d'entrer en matière sur une nouvelle demande que lorsque les circonstances ont subi des modifications notables ou lorsqu'il existe un cas de révision, c'est-à-dire lorsque l'étranger se prévaut de faits importants ou de preuves dont il n'avait pas connaissance dans la procédure précédente, qu'il lui aurait été impossible d'invoquer dans cette procédure pour des motifs juridiques ou pratiques ou encore qu'il n'avait alors pas de raison d'alléguer (ATF 136 II 177 consid. 2.1 p. 181; voir aussi arrêt CDAP PE.2020.0135 du 18 septembre 2020 consid. 4).
3. a) En la présente espèce, l’autorité intimée s’est rendue compte de ce qu’elle ne pouvait pas célébrer le mariage des recourants, tant et aussi longtemps qu’A._ ne lui apportait pas la preuve de la légalité de son séjour en Suisse. Elle leur a donc imparti, le 15 novembre 2017, un délai de soixante jours pour permettre à l’intéressé de fournir cette preuve. Dès lors, ce dernier, dont le séjour en Suisse est illégal, a, le 5 décembre 2017, requis de l’autorité de police des étrangers compétente (cf. art. 88 al. 1 de l'ordonnance fédérale du 24 octobre 2007 relative à l'admission, au séjour et à l'exercice d'une activité lucrative [OASA; RS 142.201] et 3 ch. 1 de la loi cantonale du 18 décembre 2007 d'application dans le Canton de Vaud de la législation fédérale sur les étrangers [LVLEtr; BLV 142.11]), la délivrance d’une autorisation de séjour provisoire. Au vu de ce qui précède, l’autorité intimée a, le 5 mars 2018, suspendu le délai de soixante jours. Elle a expressément averti les recourants qu’une procédure préparatoire de mariage serait ouverte seulement si A._ apportait la preuve de la légalité de son séjour en Suisse. Or, la décision négative que le SPOP a rendue à cet égard le 25 avril 2019 ayant été confirmée, par arrêt PE.2019.0167 du 6 janvier 2020 de la Cour de céans, les recourants ont échoué à apporter cette preuve. Dans ces conditions, l’autorité intimée, liée par cette décision négative définitive, n’avait d’autre possibilité que d’informer les recourants de ce qu’elle ne pouvait entrer en matière sur l’ouverture d’une procédure préparatoire au mariage. Elle a attendu jusqu’au 14 juillet 2020 pour communiquer sa décision, soit plus de cinq mois après l’entrée en force de l’arrêt précité. La décision attaquée apparaît comme conforme au principe de proportionnalité.
b) Les recourants reprochent à l’autorité intimée de ne pas leur avoir imparti un nouveau délai, afin qu’ils puissent requérir le nouvel examen de la décision négative du 6 janvier 2020. Ils font valoir à cet effet une modification des circonstances ayant conduit le SPOP à refuser la délivrance en faveur d’A._ du permis requis. Ils allèguent vivre ensemble depuis plusieurs années et former un couple. En outre, B._ indique suivre une formation qui lui permettra de ne plus dépendre de l’assistance publique à l’avenir, cependant qu’A._ aurait une promesse d’embauche.
Comme on l'a vu, la procédure à suivre par l'office d'état civil dans la situation où le fiancé étranger n'est pas en mesure d'établir la légalité de son séjour est régie par la jurisprudence citée plus haut, laquelle se réfère notamment aux principes de proportionnalité et d'interdiction du formalisme excessif, ainsi que par les Directives LEI, qui prévoient la fixation d'un délai "raisonnable" pour régulariser la situation et produire les documents requis (cf. consid. 2b et 2c ci-dessus). Outre qu'elles ne constituent pas des règles de droit à proprement parler (cf. ATF 146 I 83 consid. 4.5 p. 93), ces directives n'indiquent pas ce qu'il faut entendre par délai "raisonnable"; elles ne prévoient pas non plus la possibilité de suspendre le cours d'un tel délai, comme l'a fait l'autorité intimée en l'occurrence (mode de procéder qui était du reste à l'avantage des recourants). Dans ces conditions, force est d'admettre que l'office d'état civil dispose d'une marge de manœuvre relativement importante dans l'aménagement de la procédure, laquelle peut en outre dépendre de considérations d'opportunité, qui échappent à l'examen de la Cour de céans (cf. art. 98 LPA-VD a contrario). Le bien-fondé de l'argumentation des recourants doit ainsi être examiné au regard de cette réglementation peu "dense".
Or, les recourants perdent de vue que la modification des circonstances dont ils se prévalent est du ressort de l’autorité compétente en matière de police des étrangers. Du reste, ils ne sont pas intervenus auprès de l’autorité intimée, afin que cette dernière prolonge la suspension du délai qui leur avait été imparti ou sursoie à statuer; en effet, c’est au stade du recours seulement que les recourants ont, pour la première fois, évoqué cette possibilité. Par conséquent, ils ne sauraient se plaindre de ce qu’un nouveau délai ne leur ait pas été accordé par l’autorité intimée, ceci d’autant moins que durant les cinq mois séparant l’entrée en force de l’arrêt du 6 janvier 2020 et la décision attaquée, ils disposaient d’un temps suffisant à cet égard pour entreprendre toutes démarches utiles. Comme l’autorité intimée le fait observer, lorsque les conditions de l’ouverture d’une procédure préparatoire au mariage ne sont – comme en l’espèce – pas réunies, elle n’a d’autre choix que de refuser d’entrer en matière sur la demande. Cette constatation ne prive pas pour autant les recourants de la faculté de déposer ultérieurement une nouvelle demande en vue de l'ouverture d'une procédure préparatoire au mariage, lorsque la preuve sera faite de la légalité du séjour d’A._ en Suisse. Les recourants invoquent sans doute une modification des circonstances qui pourrait conduire le SPOP à revenir sur son refus initial (cf. art. 64 al. 2 let. a et b LPA-VD). Or, ils n’allèguent pas avoir saisi ce dernier service, autorité compétente en matière de police des étrangers, d’une demande de nouvel examen et c’est en vain que l’on cherche la trace d’une telle demande dans le dossier.
c) Aucune raison ne commandait par conséquent à l’autorité intimée de prolonger encore la suspension du délai de soixante jours qui avait initialement été imparti aux recourants ou de leur impartir un nouveau délai pour permettre à A._ de faire la preuve de la légalité de son séjour en Suisse.
4. Les considérants qui précèdent conduisent au rejet du recours et à la confirmation de la décision attaquée. Bien que les recourants succombent, les frais de justice seront laissés à la charge de l’Etat (art. 50, 91 et 99 LPA-VD), ce qui rend la demande d’assistance judiciaire partielle sans objet. L’allocation de dépens n’entre pas en ligne de compte (art. 55 al. 1, 91 et 99 LPA-VD).