Decision ID: 77d53b08-1725-5c4f-b4f2-7d9d1cf71a85
Year: 2020
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_013
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: public_law

EN FAIT
1) Par jugement du 5 octobre 2020, le Tribunal administratif de première instance (ci-après : TAPI) a déclaré irrecevable le recours interjeté le 29 septembre 2020 par Monsieur A_ contre la décision de l'office cantonal de la population et des migrations (ci-après : OCPM) du 27 août 2020.
Il ressortait du système « Track & Trace » de la Poste que la décision querellée, notifiée par l'OCPM au moyen d'un courrier A Plus, avait été distribuée le samedi 29 août 2020 et non le lundi 31 août 2020, comme indiqué par l'intéressé. Le délai de recours de trente jours, qui avait commencé à courir le dimanche 30 août 2020, était ainsi arrivé à échéance le lundi 28 septembre 2020. Remis à la Poste le mardi 29 septembre 2020, le recours était manifestement tardif, M. A_ n'invoquant pas la survenance d'un cas de force majeure.
2) Par acte du 6 novembre 2020, M. A_ a interjeté recours auprès de la chambre administrative de la Cour de justice (ci-après : la chambre administrative) contre le jugement précité.
Il a conclu à l'annulation de la décision de l'OCPM et à ce qu'un permis de séjour B, voire L ou une carte de légitimation lui soit octroyée. Il a détaillé son parcours privé et professionnel, son séjour à Genève, les difficultés qui seraient les siennes en cas de retour en Italie et a cité un certain nombre de dispositions de la loi fédérale sur les étrangers et l'intégration du 16 décembre 2005
(LEI -
RS 142.20
).
Il n'a pas fait mention de l'aspect tardif du recours retenu par le jugement querellé.
3) À la demande de la chambre administrative, le TAPI a transmis son dossier.
4) Sur ce, la cause a été gardée à juger.

EN DROIT
1) Interjeté en temps utile devant la juridiction compétente, le recours est recevable (art. 132 de la loi sur l'organisation judiciaire du 26 septembre 2010 - LOJ -
E 2 05
; art. 62 al. 1 let. a de la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 1985 - LPA -
E 5 10
).
2) Le litige porte sur le bien-fondé du jugement du TAPI déclarant le recours du 29 septembre 2020 irrecevable car tardif.
3) Selon l'art. 62 al. 1 let. a LPA, le délai de recours contre une décision finale ou une décision en matière de compétence est de trente jours. Il court dès le lendemain de la notification de la décision (art. 62 al. 3 1
ère
phr. LPA). Lorsque le dernier jour du délai tombe un samedi, un dimanche ou sur un jour légalement férié, le délai expire le premier jour utile (art. 17 al. 3 LPA).
4) a. Les délais de réclamation et de recours fixés par la loi sont des dispositions impératives de droit public. Ils ne sont, en principe, pas susceptibles d'être prolongés (art. 16 al. 1 1
ère
phr. LPA), restitués ou suspendus, si ce n'est par le législateur lui-même. Celui qui n'agit pas dans le délai prescrit est forclos et la décision en cause acquiert force obligatoire (SJ
2000 I 22
consid. 2 p. 24 ;
ATA/1157/2019
du 19 juillet 2019 consid. 2a ;
ATA/1595/2017
du 12 décembre 2017 consid. 3a).
Les cas de force majeure sont réservés, conformément à l'art. 16 al. 1 2
ème
phr. LPA. Tombent sous cette notion les événements extraordinaires et imprévisibles qui surviennent en dehors de la sphère d'activité de l'intéressé et qui s'imposent à lui de façon irrésistible (SJ
1999 I 119
;
ATA/512/2016
du 14 juin 2016 et les références citées).
Le strict respect des délais légaux se justifie pour des raisons d'égalité de traitement et n'est pas constitutif de formalisme excessif (ATF
142 V 152
consid. 4.2 in fine).
b. Les écrits doivent parvenir à l'autorité ou être remis à son adresse à un bureau de poste suisse ou à une représentation diplomatique ou consulaire suisse au plus tard le dernier jour du délai avant minuit (art. 17 al. 4 LPA).
c. S'agissant d'un acte soumis à réception, telle une décision ou une communication de procédure, la notification est réputée faite au moment où l'envoi entre dans la sphère de pouvoir de son destinataire (Pierre MOOR/ Étienne POLTIER, Droit administratif, vol. 2, 3
ème
éd., 2011, p. 302-303 n. 2.2.8.3). Il suffit que celui-ci puisse en prendre connaissance (ATF
118 II 42
consid. 3b p. 44 ; 115 Ia 12 consid. 3b p. 17 ; arrêts du Tribunal fédéral
2P.259/2006
du 18 avril 2007 consid. 3.1 ;
2A.54/2000
du 23 juin 2000 consid. 2a et les références citées).
d. La prestation « Courrier A Plus » - « A+ » - offre la possibilité de suivre le processus d'expédition du dépôt jusqu'à la distribution. Elle comporte également l'éventuelle réexpédition à une nouvelle adresse, ainsi que le retour des envois non distribuables. Lors de l'expédition par « Courrier A Plus », l'expéditeur obtient des informations de dépôt, de tri et de distribution par voie électronique via le service en ligne « Suivi des envois ». Les envois « Courrier A Plus » sont directement distribués dans la boîte aux lettres ou dans la case postale du destinataire. En cas d'absence, le destinataire ne reçoit pas d'invitation à retirer un envoi dans sa boîte aux lettres (document de La Poste suisse sur Internet
« Courrier A Plus [A+] - La transparence tout au long du processus
d'expédition » ; ATF
142 III 599
consid. 2.1).
5) En l'espèce, il ressort du suivi « Track and Trace » de la poste versé au dossier que le recourant a reçu la décision de l'OCPM par courrier A Plus dans sa boîte aux lettres le samedi 29 août 2020. Le délai légal de trente jours (art. 62 al. 1 let. a LPA) pour faire recours, non prolongeable, a ainsi commencé à courir le dimanche 30 août 2020 et a expiré le lundi 28 septembre 2020.
Partant, le recours, posté le mardi 29 septembre 2020, est tardif.
Comme retenu à juste titre par le TAPI, rien dans le dossier ne permet de retenir l'existence d'un cas de force majeure.
C'est en conséquence à bon droit que le TAPI a déclaré le recours interjeté le 29 septembre 2020 irrecevable.
6) Compte tenu de ce qui précède, le recours, manifestement mal fondé, sera donc rejeté sans autre acte d'instruction conformément à l'art. 72 LPA.
7) Vu l'issue du litige, un émolument de CHF 400.- sera mis à la charge du recourant, qui succombe (art. 87 al. 1 LPA), et il ne sera pas alloué d'indemnité de procédure (art. 87 al. 2 LPA).
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