Decision ID: edba35ac-3157-57d2-a154-4612aa879b70
Year: 2018
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_001
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law

EN FAIT
, que par jugement du 16 février 2018, le Tribunal de première instance, statuant sur mesures protectrices de l'union conjugale, a notamment condamné A_ à verser en mains de B_, par mois et d’avance, une somme de 780 fr. à compter du 17 juillet 2017 au titre de contribution à son entretien (ch. 2 du dispositif);
Que par acte déposé au greffe de la Cour le 5 mars 2018, A_ a formé appel contre le jugement du 16 février 2018, concluant à l'annulation du chiffre précité de son dispositif et à ce qu'il soit dit qu'aucune contribution n'était due par les époux l'un envers l'autre;
Qu'elle a conclu, préalablement, à la restitution de l'effet suspensif à son appel; qu'elle a fait valoir à cet égard qu'il était vraisemblable qu'elle ne se ferait jamais rembourser les sommes qu'elle aurait indument versées à B_, vu la relation de ce dernier avec elle depuis qu'ils vivaient sous le même toit;
Que B_ a conclu au rejet de la requête d'effet suspensif; qu'il a relevé que A_ qu'elle avait un disponible mensuel de 983 fr. et que pour sa part son budget présentait un déficit de près de 1'200 fr. par mois;
Considérant,

EN DROIT
, que la Cour est saisie d'un appel au sens de l'art. 308 CPC;
Que le jugement querellé portant sur des mesures provisionnelles, l'appel n'a pas d'effet suspensif
ex lege
(art. 315 al. 4 let. b CPC);
Qu'à teneur de l'art. 315 al. 5 CPC, l'exécution de mesures provisionnelles peut exceptionnellement être suspendue si la partie concernée risque de subir un préjudice difficilement réparable, notion permettant de tenir compte également d'un préjudice de fait et s'examinant à l'aune de l'efficacité du jugement à rendre à l'issue de la procédure ordinaire, qui en serait compromise (ATF
138 III 378
consid. 6.3; arrêt du Tribunal fédéral
4P.5/2002
du 8 avril 2002 consid. 3a);
Que concernant le paiement d'une somme d'argent, à teneur de la jurisprudence du Tribunal fédéral, il appartient à la partie recourante de démontrer qu'à défaut d'effet suspensif, elle est exposée à d'importantes difficultés financières ou qu'elle ne pourra pas obtenir le remboursement du montant payé au cas où elle obtiendrait gain de cause au fond (arrêt du Tribunal fédéral
5A_708/2013
du 14 mai 2014 consid. 1.1);
Que le juge prendra également en considération les chances de succès du recours (ATF
115 Ib 157
consid. 2; arrêt du Tribunal fédéral
4D_30/2010
du 25 mars 2010 consid. 2.3);
Que l'autorité cantonale doit faire preuve de retenue et ne modifier la décision de première instance que dans des cas exceptionnels; elle dispose cependant d'un large pouvoir d'appréciation permettant de tenir compte des circonstances concrètes du cas d'espèce (ATF
137 III 475
consid. 4.1; arrêt du Tribunal fédéral
5A_403/2015
du 28 août 2015 consid. 5);
Qu'en l'espèce, l'appelante ne soutient pas que le paiement de la contribution d'entretien fixée par le Tribunal entamerait son minimum vital;
Qu'il ne peut être considéré, à ce stade,
prima facie
, que l'appel, qui se fonde essentiellement sur l'absence de communauté conjugale et la séparation définitive des parties pour dénier le droit de l'intimé à bénéficier d'une contribution d'entretien, et non sur la situation financière respective des parties, soit d'emblée manifestement fondé;
Que pour la durée de la procédure d'appel, l'intimé dispose d'un intérêt à couvrir son minimum vital, que ses seuls revenus ne couvrent pas à teneur du jugement attaqué;
Qu'en définitive, au vu de l'ensemble des circonstances, la requête de l'appelante tendant à la suspension du caractère exécutoire du jugement attaqué sera rejetée;
Qu'il sera statué sur les frais et dépens liés à la présente décision avec la décision au fond (art. 104 al. 3 CPC).
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