Decision ID: a72e4354-1b01-57f3-a230-430f8a1e7001
Year: 2018
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_001
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law

EN FAIT
, que par ordonnance du 10 septembre 2018, le Tribunal de première instance a admis différents moyens de preuve (ch. 1 à 4 du dispositif) et a réservé l'admission d'autres à un stade ultérieur de la procédure (ch. 5); qu'il a en revanche refusé la production des documents comptables requis au motif que ceux-ci n'étaient cités à l'appui d'aucun allégué et que leur production constituait une
fishing expedition
;
Que par acte déposé au greffe de la Cour le 24 septembre 2018, A_ a formé recours contre cette ordonnance; qu'il a conclu, avec suite de frais, à son annulation
et à ce qu'il soit ordonné à B_, C_, D_ et E_ SA de produire
les bilans et comptes de perte et profits de F_ SA ainsi que les rapports de l'organe de révision pour les années 2011 à 2014, subsidiairement au renvoi de la cause au Tribunal;
Qu'il a conclu, préalablement, à l'octroi de l'effet suspensif à son recours; qu'il a expliqué que si l'audience fixée le 17 octobre 2017 avait lieu, la cause serait vraisemblablement gardée à juger à son issue, alors même que son recours ne sera pas tranché; que cela viderait son recours de son objet puisqu'à supposer qu'il ait gain de cause, il serait forclos à faire valoir dans la procédure au fond les documents qu'il aurait obtenus;
Qu'invités à se déterminer, B_, C_ et D_ ont conclu au rejet de cette requête; qu'ils ont fait valoir que A_ n'avait invoqué aucun préjudice difficilement réparable à l'appui de sa requête d'effet suspensif; que si le Tribunal rendait son jugement avant que la Cour n'ait statué, il pourrait attaquer l'ordonnance de preuve avec la décision au fond; que les ordonnances de preuve ne sont susceptibles d'être attaquées que de manière très limitée;
Que E_ SA a également conclu au rejet de la requête d'effet suspensif, pour des motifs similaires;
Considérant,

EN DROIT
, que selon l'art. 325 CPC, le recours ne suspend pas la force de chose jugée et le caractère exécutoire de la décision entreprise (al. 1), l'instance de recours pouvant toutefois suspendre le caractère exécutoire de cette dernière en ordonnant au besoin des mesures conservatoires ou le dépôt de sûretés (al. 2);
Que selon les principes généraux applicables en matière d'effet suspensif, le juge procèdera à une pesée des intérêts en présence et se demandera en particulier si sa décision est de nature à provoquer une situation irréversible;
Que l'autorité cantonale doit faire preuve de retenue et ne modifier la décision de première instance que dans des cas exceptionnels; elle dispose cependant d'un large pouvoir d'appréciation permettant de tenir compte des circonstances concrètes du cas d'espèce (ATF
137 III 475
consid. 4.1; arrêt du Tribunal fédéral
5A_403/2015
du 28 août 2015 consid. 5);
Qu'en l'espèce, le recourant n'invoque à l'appui de sa requête d'effet suspensif aucun préjudice qui pourrait être qualifié de difficilement réparable;
Que même si la cause était gardée à juger à l'issue de l'audience du 17 octobre 2017 et que le Tribunal rende son jugement avant que la Cour ne statue sur le recours, ce qui paraît peu vraisemblable, le recourant pourrait faire valoir ses griefs contre l'ordonnance attaquée dans son appel contre le jugement au fond;
Qu'il ne peut être retenu, à ce stade,
prima facie
, que le recours est d'emblée manifestement recevable et fondé;
Qu'au vu de ce qui précède, la requête d'effet suspensif sera rejetée;
Qu'il sera statué sur les frais et dépens liés à la présente décision avec la décision au fond (art. 104 al. 3 CPC).
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