Decision ID: a71e422c-267f-5495-a343-65caf2a71c16
Year: 2017
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_003
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law

EN FAIT
, que par pli recommandé notifié le 13 avril 2017, A_ a été citée à comparaître en qualité de témoin, dans la cause
n° C/16268/2016, à une audience du Tribunal des prud'hommes fixée le 18 mai 2017;
Qu'elle ne s'est pas présentée à cette audience, lors de laquelle le Tribunal a interrogé les parties au litige et auditionné deux témoins, sans être excusée;
Qu'à l'issue de l'audience, les parties sont parvenues à un accord qui a mis fin au procès;
Que par décision du 18 mai 2017, expédiée pour notification le 19 mai 2017, le Tribunal a infligé une amende de 200 fr. à A_ pour défaut de comparution;
Que par courrier adressé à la Cour de justice le 29 mai 2017, A_ a exposé que la citation avait été remise à un de ses employés pendant qu'elle était en voyage, de sorte qu'elle n'était pas au courant de la tenue de l'audience; qu'en outre, elle n'avait pas à déférer à cette citation, puisqu'elle n'était pas concernée par le procès en cours et qu'elle n'avait pas donné son accord pour être entendue comme témoin; qu'en tout état, il lui aurait été impossible de se rendre à cette audience, dès lors qu'elle se trouvait à_ (VD) du 15 au 19 mai 2017 "
pour l'un des événements les plus importants de l'année
pour
[s]
a société
", qu'en s'absentant, "
elle aurait mis
[s]
a société à risque
" et que, par conséquent, elle refusait de payer ladite amende qui était abusive;
Qu'invité à se déterminer sur ce courrier, le Tribunal a exposé que sa décision d'amender A_ en raison de son absence non excusée était conforme au droit et que le montant de l'amende était sensiblement inférieur au maximum légal;
Que par courrier du 13 juillet 2017, A_ a été informée que la cause était gardée à juger.
Considérant,

EN DROIT
, que la voie du recours est ouverte contre la décision infligeant une amende au tiers qui refuse de manière injustifiée de collaborer (art. 167 al. 3 CPC);
Qu'il s'agit d'un recours au sens de l'art. 319 let. b ch. 1 CPC, qui doit être formé dans le délai de trente jours;
Qu'en l'espèce, le courrier du 29 mai 2017, qu'il y a lieu de traiter comme un recours, est recevable pour avoir été déposé auprès de l'autorité compétente dans le délai légal;
Que comme tout acte judiciaire, une citation à comparaître est réputée notifiée lorsqu'elle a été remise au destinataire ou à un de ses employés (art. 138 al. 2 CPC);
Que les tiers ont l'obligation de collaborer à l'administration des preuves, ce qui implique l'obligation de faire une déposition conforme à la vérité en qualité de témoin (art. 160 al. 1 lit. a CPC), sous réserve des cas prévus aux art. 165 CPC et 166 CPC;
Qu'à titre d'exemple, le tiers peut refuser de collaborer s'il entretient des liens d'alliance ou de parenté avec l'une ou l'autre des parties au procès (art. 165 al. 1 lit. a et c CPC), ou encore s'il est lié par le secret professionnel (art. 166 al. 1 lit. b CPC);
Que lorsqu'un tiers refuse de manière injustifiée de collaborer, le tribunal peut, notamment, lui infliger une amende d'ordre de 1'000 fr. au plus (art. 167 al. 1
let. a CPC); qu'en cas de défaut, le tiers encourt les mêmes conséquences que s'il avait refusé de collaborer sans motif valable (art. 167 al. 2 CPC);
Qu'en l'espèce, la recourante admet que la citation à l'audience concernée a été remise à un de ses employés, de sorte qu'elle lui a été valablement notifiée;
Qu'elle ne soutient pas avoir informé le Tribunal du fait qu'elle ne serait pas en mesure de comparaître, pas plus qu'elle n'a sollicité à être convoquée à une autre date;
Qu'ayant fait défaut l'audience, le Tribunal pouvait valablement retenir que la recourante refusait de collaborer à l'administration des preuves sans juste motif;
Qu'au surplus, la recourante ne fait valoir aucun motif de refus de collaborer au sens des art. 165 ou 166 CPC, son désintérêt pour le procès en question n'étant, à l'évidence, pas constitutif d'un tel motif;
Que pour expliquer son absence, la recourante soutient que durant la semaine du
15 au 19 mai 2017, comprenant le jour de l'audience, elle se trouvait à Clarens (VD) pour des raisons professionnelles et qu'elle ne pouvait pas s'absenter;
Qu'elle ne fournit toutefois aucun document propre à étayer ses dires;
Qu'eu égard à son obligation de déposer conformément à la vérité en qualité de témoin, la recourante ne pouvait pas librement choisir de se soustraire à la convocation du Tribunal, qui plus est sans l'informer de son absence, afin de participer à un événement dont elle n'établit pas – même au stade de la simple vraisemblance – qu'il était essentiel à la bonne marche de ses affaires; qu'elle échoue également à démontrer qu'il lui était impossible de s'absenter le temps de l'audience, le cas échéant en sollicitant un défraiement pour ses frais de déplacement;
Qu'il suit de là que le Tribunal était fondé à infliger une amende à la recourante sans violer le droit;
Que pour le surplus, cette dernière ne critique pas le montant même de l'amende;
Qu'en conséquence, le recours sera entièrement rejeté;
Qu'il ne sera pas perçu de frais de recours (cf. 114 lit. c CPC).
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