Decision ID: 9603575b-8211-52cb-8004-a4750b0ac34f
Year: 2019
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_002
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law

EN FAIT
A.
a.
Le 23 janvier 2019, la Justice de paix a requis du Tribunal civil qu'il ordonne, en application des art. 573 CC et 193 LP, la liquidation par l'Office des faillites de la succession de feu B_, laquelle avait été répudiée par tous les ayants droits connus. Il était précisé que la Justice de paix était chargée d'enregistrer les répudiations, mais n'était pas compétente pour se prononcer sur la validité de celles-ci.
Etaient jointes des déclarations de répudiation du 4 septembre 2018, émanant de C_, D_ et E_, ainsi qu'une déclaration de répudiation du
22 janvier 2019, signée par A_, avec la mention suivante : « je ne connais pas la date exacte du décès je connais uniquement la date de l'enterrement du _ 2018 car je n'avais plus aucun contact avec la personne décédée ».
b.
Par ordonnance du 5 février 2019, le Tribunal a imparti à A_ un délai de 30 jours « pour se déterminer par écrit sur la question de la tardiveté de sa déclaration de répudiation ainsi que sur l'avis de la Justice de paix du 23 janvier 2019, annexes comprises ».
c.
A_ ne s'est pas déterminée dans le délai imparti.
B.
Par jugement
JTPI/4349/2019
du 25 mars 2019, le Tribunal a rejeté les conclusions de la Justice de paix visant l'ouverture de la liquidation selon les règles de la faillite de la succession de feu B_, décédée le _ 2018 à Genève.
Le Tribunal a d'abord considéré qu'il appartenait en principe au juge civil ordinaire de décider si l'héritier était déchu du droit de répudier. Il a ensuite cité un avis de doctrine admettant la compétence du juge de la faillite lorsque la déchéance était manifeste. S'y référant, il a retenu que A_ n'avait sollicité aucune prolongation du délai de répudiation ni invoqué aucun motif de restitution du délai. La déclaration formée après le délai de trois mois à compter de la date du décès de B_ était ainsi manifestement tardive. A_ était déchue du droit de répudier. Aucun élément du dossier ne permettait par ailleurs de retenir que la succession était insolvable au sens de l'article 566 al. 2 CC.
C.
a.
Par courrier expédié à la Cour le 3 avril 2019, A_ a formé recours contre ce jugement, reçu le 2 avril 2019, déclarant "maintenir la répudiation de la succession de feu Mme B_". Elle a exposé qu'elle n'était pas au courant du délai de trois mois pour répudier ni de son obligation de motiver sa décision de répudier. Elle avait reçu le formulaire pour ce faire du service des successions en novembre 2018 et l'avait renvoyé début janvier 2019. Elle souffrait d'un cancer et suivait un traitement lourd, générant des difficultés dans la gestion de son courrier. Elle avait donné procuration à une assistante sociale pour toutes les démarches administratives. Enfin, elle était insolvable.
b.
Dans un nouveau courrier expédié à la Cour le 4 avril 2019, A_ a déclaré faire recours contre le jugement du 25 mars 2019 et "maintenir la répudiation". Pour le surplus, elle a répété les explications données dans son acte du 3 avril 2019.

EN DROIT
1.
1.1
L'appel est irrecevable contre les décisions pour lesquelles le tribunal de la faillite est compétent selon la LP (art. 309 let. b ch. 7 CPC).
En l'occurrence, la décision attaquée a été rendue par le juge de la faillite, en application de l'art. 193 LP, de sorte que le recours au sens de l'art. 319 CPC est ouvert.
1.2