Decision ID: 89907a78-5053-5b20-8a52-7879ba7a0d07
Year: 2018
Language: fr
Court: FR_TC
Chamber: FR_TC_011
Canton: FR
Region: Espace_Mittelland
Law Area: social_law

considérant en fait
A. A._, né en 1959, domicilié à B._, prétendait à des indemnités de chômage depuis le 3 octobre 2016 (quatrième délai-cadre d'indemnisation).
Le 24 mai 2017, l'assuré a informé l'Office régional de placement (ci-après: ORP) avoir obtenu une promesse d'engagement auprès d'une entreprise de transports publics, mais conditionnée au suivi d'une formation de chef de projet des installations de sécurité ferroviaires.
Il a demandé que cette formation soit prise en charge par l'assurance-chômage.
Par décision du 31 mai 2017, le Service public de l'emploi (ci-après: SPE) a accepté de prendre en charge CHF 13'932.- pour des frais de cours, directement versés à l'organisateur, ainsi que CHF 1'057.80 pour les frais de voyage et CHF 480.- pour des frais de repas, payés à l'assuré.
Cette décision n'a pas été contestée dans le délai de 30 jours.
B. Le 13 octobre 2017, l'assuré a demandé au SPE de "bien vouloir réexaminer [la] prise en charge", indiquant que la facture des cours s'élevait à CHF 15'660.- et non à CHF 13'932.-, sans compter les frais de repas et de transports hors cours. Il précise n'avoir pas été en mesure de comprendre la décision du 31 mai 2017 et n'avoir constaté l'erreur qu'à réception du rappel de paiement du solde.
Par décision sur opposition du 25 janvier 2018, le SPE a déclaré l'opposition du 13 octobre 2017 irrecevable, précisant que même s'il était entré en matière, l'opposition aurait été rejetée dès lors que les frais de repas et de transports avaient déjà fait l'objet d'une indemnisation par la caisse de chômage.
C. Contre cette décision, l'assuré interjette recours devant le Tribunal cantonal le 12 février 2018, concluant à la prise en charge de l'ensemble des frais de formation.
A l'appui de son recours, il soutient ne pas s'être initialement soucié du montant du décompte dès lors qu'il était concentré sur ses cours et qu'il faisait entièrement confiance à sa conseillère ORP. Ce n'est qu'à la réception du rappel qu'il s'est rendu compte de l'erreur, soit du versement d'un montant de CHF 13'932.- au lieu de CHF 15'550.- (recte: CHF 15'660.-). N'étant pas informé au moment de la décision du 31 mai 2017 que l'entier du cours ne serait pas indemnisé, il ne pouvait dès lors pas contester utilement cette décision à l'époque.
Dans ses observations du 21 juin 2018, le SPE propose le rejet du recours.
Autant qu’utiles à la solution du litige, il sera fait état des arguments développés par les parties à l’appui de leurs conclusions respectives dans les considérants en droit du présent arrêt.

en droit
1.
Le recours est recevable. Il a été interjeté en temps utile et dans les formes légales auprès de l'autorité judiciaire compétente à raison du lieu ainsi que de la matière. Le recourant est en outre
Tribunal cantonal TC Page 3 de 5
directement atteint par la décision querellée et a dès lors un intérêt digne de protection à ce qu'elle soit, cas échéant, annulée ou modifiée.
2.
2.1. Selon l'art. 52 al. 1 de la loi du 6 octobre 2000 sur la partie générale du droit des assurances sociales (LPGA; RS 830.1), auquel renvoie l'art. 95 al. 1 de la loi du 25 juin 1982 sur l'assurance-chômage obligatoire et l'indemnité en cas d'insolvabilité (loi sur l'assurance-chômage, LACI; RS 837.0), les décisions peuvent être attaquées dans les trente jours par voie d'opposition auprès de l'assureur qui les a rendues, à l'exception des décisions d'ordonnancement de la procédure.
Le délai commence à courir le lendemain de la communication de la décision (art. 38 al. 1 LPGA). Lorsqu’un envoi recommandé n’a pas pu être distribué, il est réputé notifié le dernier jour du délai de garde de sept jours suivant la remise de l'avis d'arrivée dans la boîte aux lettres ou dans la case postale de son destinataire (ATF 134 V 49 consid. 4; 130 III 396 consid. 1.2.3 et 123 III 492 consid. 1 et les références citées). L’acte d’opposition doit être remis au plus tard le dernier jour du délai à l’assureur ou, à son adresse, à la Poste suisse ou à une représentation diplomatique ou consulaire suisse (art. 39 al. 1 LPGA). Le délai légal de l’art. 52 al. 1 LPGA ne peut pas être prolongé (art. 40 al. 1 LPGA).
2.2. En l'occurrence, la décision du 31 mai 2017 a été envoyée sous pli simple à l'assuré de sorte que sa date exacte de notification ne peut pas être établie.
A lire le recourant, celui-ci semble avoir reçu cette décision alors qu'il suivait ses cours, étant précisé que ceux-ci avaient lieu du 1er juin au 19 juillet 2017. Même s'il était tenu compte d'une notification au dernier jour des cours, soit le 19 juillet 2017, le délai d'opposition de 30 jours serait échu le 14 septembre 2017 (féries du 15 juillet au 15 août; cf. à ce propos art. 27 al. 2 CPJA).
Dans ces circonstances, c'est à juste titre que son opposition du 13 octobre 2017 a été considérée comme tardive.
3.
Le courrier du 13 octobre 2017 pourrait, cela étant, être compris comme une demande de restitution du délai d’opposition, l'assuré semblant indiquer qu'il aurait été empêché d'agir dans le délai utile en raison du suivi des cours et de la confiance qu'il avait envers sa conseillère ORP.