Decision ID: a93f420c-1a2c-4d90-9cab-47ede1ec56c9
Year: 2014
Language: fr
Court: VD_TC
Chamber: VD_TC_010
Canton: VD
Region: Région lémanique
Law Area: 

En fait et en droit :
1.
Les parties sont divisées par un procès en réclamation pécuniaire ouvert devant la Chambre patrimoniale cantonale par demande du 29 novembre 2011 de T._, G._ et B._SA contre S._SA.
Dans ce cadre, une expertise a été ordonnée le 28 novembre 2012 par le Juge délégué de la Chambre patrimoniale cantonale, le mandat d'expert étant confié à W._, architecte EPF. L'expert a rendu son rapport le
31 octobre 2013. Le 11 novembre 2013, il a déposé une note d'honoraires pour un montant de 40'176 francs.
Un délai au 9 décembre 2013 a été imparti aux parties pour se déterminer sur le rapport d'expertise ainsi que sur la note d'honoraires de l'expert. Ce délai a été prolongé à plusieurs reprises. Par courrier du 10 décembre 2013, les demandeurs ont indiqué qu'ils n'avaient aucune observation à formuler s'agissant de la note d'honoraires de l'expert. Quant à la défenderesse, elle s'est déterminée le
17 février 2014 en estimant que l'expert ne devrait pas être rémunéré.
Par courrier du 3 mars 2014, S._SA a conclu à la récusation de l'expert W._ au sens de l'art. 47 al. 1 let. f CPC (Code de procédure civile suisse du 19 décembre 2008, RS 272) ainsi qu'à la mise sur pied d'une nouvelle expertise. Subsidiairement, elle a requis qu'une seconde expertise soit ordonnée conformément à l'art. 188 al. 2 CPC.
2.
Par prononcé du 3 mars 2014, le Juge délégué de la Chambre patrimoniale cantonale a arrêté à 40'176 fr. le montant des honoraires dus à l'expert W._ dans la cause en réclamation pécuniaire opposant T._, G._ et B._SA à S._SA (I) et rejeté toutes autres ou plus amples conclusions (II).

En droit, le premier juge a considéré que le rapport d'expertise, qui comptait 28 pages, était complet et répondait aux allégués soumis à cette preuve, le nombre d'heures facturées n'apparaissant pas disproportionné au vu de son contenu. Il a également estimé que l'on ne saurait considérer que ce rapport serait inutilisable totalement ou partiellement puisque l'on ne discernait pas dans son contenu de parti pris en faveur de l'une ou l'autre des parties. Enfin, il a relevé qu'il appartiendrait à la Chambre patrimoniale cantonale d'apprécier l'expertise librement, sans tenir compte des quelques appréciations de l'expert qui ne seraient pas purement techniques. En définitive, les honoraires facturés apparaissaient justifiés et il n'y avait pas lieu de les réduire.
3.
Par courrier du 7 mars 2014, l'avocat Christophe Piguet, agissant pour le compte de S._SA, a indiqué que sa mandante se voyait contrainte de recourir contre le prononcé susmentionné. En substance, il a invoqué une violation du droit d'être entendu de sa cliente en relation avec la requête contenue dans son courrier du 3 mars 2014 et il a également requis la confirmation que les "malheureux considérants" relatifs à la qualification du travail de l'expert avaient été introduits par erreur dans le prononcé et seraient considérés comme supprimés.
4.
a)
Selon l’art. 319 let. b ch. 1 CPC, le recours est recevable dans les cas prévus par la loi. Le droit à la rémunération de l’expert est consacré à l’art. 184 al. 3 CPC, qui prévoit expressément que le recours de l’art. 319 let. b ch. 1 CPC est ouvert contre la décision sur cette rémunération.
Le recours, écrit et motivé, est introduit auprès de l’instance de recours, soit en l’occurrence la Chambre des recours civile du Tribunal cantonal (art. 73 al. 1 LOJV [loi d’organisation judiciaire du 12 décembre 1979, RSV 173.01] et art. 321 CPC).
Selon l'art. 321 al. 1 CPC, le recours doit être motivé. Pour que l'exigence de motivation soit remplie, l'autorité de recours doit en tout cas pouvoir comprendre ce qui est reproché au premier juge sans avoir à rechercher des griefs par elle-même, ce qui exige une certaine précision dans l'énoncé et la discussion des critiques formulées (CREC du 24 août 2012/295; Jeandin, CPC commenté, Bâle 2011, n. 4 ad art. 321 CPC et n. 3 ad art. 311 CPC par analogie). Le recours doit en outre contenir, sous peine d'irrecevabilité, des conclusions, en annulation ou au fond (Jeandin, op. cit., n. 5 ad art. 321 CPC), soit l’exposé de ce que la partie veut que le tribunal lui alloue dans sa décision (Tappy, CPC commenté, op. cit., n. 11 ad art. 221 CPC).
Si l'autorité de seconde instance peut impartir un délai au recourant pour rectifier des vices de forme, à l'instar de l'absence de signature, il ne saurait être remédié à un défaut de motivation ou à des conclusions déficientes, de tels vices n'étant pas d'ordre formel et affectant le recours de manière irréparable (CREC 15 octobre 2012/363 ; Jeandin, op. cit., n. 4 ad art. 321 CPC, et n. 5 ad art. 311 CPC par analogie).
b)
En l'espèce, la recourante se contente d'indiquer qu'elle se voit "contrainte de recourir" contre le prononcé. Elle invoque une violation de son droit d'être entendue en relation avec la requête contenue dans son courrier du 3 mars 2014. Elle requiert également la confirmation que les "malheureux considérants" relatifs à la qualification du travail de l'expert seront supprimés du prononcé auquel elle reproche un "jugement de valeur" sur le rapport d'expertise. La recourante ne fait valoir aucun moyen ou grief contre la décision du premier juge d'arrêter les honoraires de l'expert au montant réclamé, savoir 40'176 francs. Le recours ne satisfait ainsi pas à l’exigence de motivation de l’art. 321 al. 1 CPC. Au surplus, il est dépourvu de toute conclusion. Partant, il est irrecevable.
c)
Le présent arrêt peut être rendu sans frais judiciaires de deuxième instance (art. 11 TFJC [tarif du 28 septembre 2010 des frais judiciaires civils ; RSV 270.11.5).