Decision ID: fcde68ce-84ce-5977-b327-1cbbdac8776c
Year: 2005
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_014
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: social_law

Attendu en fait que
par décision du 1
er
octobre 2004, l’Office cantonal de l’assurance-invalidité (ci-après l’OCAI) a informé Madame Maria P_ que sa rente d’invalidité était supprimée ;
Que l’OCAI s’est fondé sur un rapport du 1
er
juin 2004 rendu par le SMR Léman ainsi que sur celui de la division de réadaptation professionnelle du 20 août 2004 pour retenir un degré d’invalidité de 23,65% ;
Que dans sa décision, l’OCAI avait retiré l’effet suspensif ;
Que le 21 octobre 2004, l’assurée a formé opposition ;
Qu’elle a requis le rétablissement de l’effet suspensif ;
Que par décision incidente sur opposition du 18 janvier 2005, l’OCAI a rejeté sa requête ;
Que l’assurée, représentée par Maître Pierre GABUS, a interjeté recours le 31 janvier 2005 contre ladite décision ;
Qu’elle souligne que les chances de succès du recours contre la suppression de sa rente existent bel et bien ;
Que son état de santé ne s’est absolument pas amélioré depuis 1995 ;
Que son taux d’invalidité n’a donc pas subi de modifications notables permettant d’ouvrir une procédure de révision ;
Qu’au contraire, l’ensemble des documents médicaux démontre plutôt que son état de santé s’est aggravé ;
Qu’elle allègue au surplus que la suppression de la rente entière la mettrait elle et sa famille dans une situation financière précaire ;

Considérant en droit que
la loi genevoise sur l’organisation judiciaire (LOJ) a été modifiée et a institué, dès le 1
er
août 2003, un Tribunal cantonal des assurances sociales, composé de 5 juges, dont un président et un vice-président, 5 suppléants et 16 juges assesseurs (art. 1 let. r et 56 T LOJ) ;
Que suite à l’annulation de l’élection des 16 juges assesseurs, par le Tribunal fédéral le 27 janvier 2004 (ATF
130 I 106
), le Grand Conseil genevois a adopté, le 13 février, une disposition transitoire urgente permettant au Tribunal cantonal des assurances sociales de siéger sans assesseurs à trois juges titulaires, ce, dans l’attente de l’élection de nouveaux juges assesseurs ;
Que conformément à l'art. 56 V al. 1 let. a ch. 2 LOJ, le Tribunal cantonal des assurances sociales connaît en instance unique des contestations prévues à l’article 56 LPGA qui sont relatives à la loi sur l’assurance-invalidité du 19 juin 1959 (LAI).
Que sa compétence pour juger du cas d’espèce est ainsi établie.
Que selon l’art. 97 LAVS, la caisse de compensation peut dans sa décision, prévoir qu’un recours n’aura pas d’effet suspensif, même si la décision porte sur une prestation pécuniaire ;
Qu’au surplus, l’art. 55 al. 2 à 4 de la loi sur la procédure administrative (PA) est applicable ;
Que dans sa jurisprudence relative à l’art. 55 PA et à l’art. 97 al. 2 LAVS, le TFA a développé en détail les principes applicables au retrait de l’effet suspensif (RCC 1984 p. 406 consid. 5b ; RCC 1980 p. 503 consid. 2) ;
Qu’il y a lieu d’examiner si les motifs en faveur de l’exécution immédiate de la décision ont plus de poids que ceux qui peuvent être invoqués pour soutenir une solution contraire (RCC 1991 p. 520) ;
Que le juge se fonde sur l’état de fait tel qu’il résulte du dossier, sans effectuer de longues investigations supplémentaires ;
Qu’en procédant à la pesée des intérêts en présence, les prévisions sur l’issue du litige au fond peuvent être prises en considération ;
Qu’il faut cependant qu’elles ne fassent aucun doute (ATFA non publié, R.B. du 3 juin 1991) :
Que par ailleurs, l’autorité ne saurait retirer l’effet suspensif au recours lorsqu’elle n’a pas de raisons convaincantes pour le faire (ATF
124 V 88
sv consid. 6a ;
117 V 191
consid. 2b et les références) ;
Qu’en l’espèce les prévisions sur l’issue du litige au fond ne présentent manifestement pas un degré de certitude suffisant pour être prises en considération en faveur de la recourante, dans la mesure où la décision de l’OCAI est fondée sur un rapport d’expertise du SMR Léman et sur les constatations du service de réadaptation professionnelle ;
Que, s’agissant de la situation financière de la recourante, il y a lieu de constater que la fondation LPP ne supprimerait le cas échéant la rente LPP que si la décision de l’OCAI entrait en force de chose jugée ;
Que, quoiqu’il en soit, en pareilles circonstances, l’intérêt de l’administration apparaît généralement prépondérant ; que si la recourante n’obtient pas gain de cause, il est à craindre que la procédure en restitution des prestations versées à tort ne se révèle infructueuse ;
Que dans le cas contraire, elle recevra de façon certaine la totalité des prestations auxquelles elle a droit (ATFA non publié, G.V. du 25 juillet 1994) ;
Que l’intérêt de l’administration l’emporte sur celui de l’assuré (ATF
119 V 507
consid. 4 et les références ;
105 V 269
consid. 3) ;
Qu’il ne se justifie dès lors pas de rétablir l’effet suspensif au recours interjeté par la recourante ;