Decision ID: 0917409d-00fa-45bd-a258-cb04dac57864
Year: 2011
Language: fr
Court: VD_TC
Chamber: VD_TC_031
Canton: VD
Region: Région lémanique
Law Area: public_law

Vu les faits suivants
A. X._, née le ********, est titulaire d'un diplôme d'ingénieur agronome obtenu en 1996 à l'Université des sciences agronomiques et de médecine vétérinaire de l'Université de Bucarest (Roumanie). En 1998, elle a également obtenu un Diplôme d'études approfondies de la même Université lui conférant le titre de "magister".
B. Dès 2002, X._ a effectué divers remplacements comme enseignante de sciences dans l'Etablissement primaire et secondaire de 1********; puis, dès 2003, en qualité de maîtresse auxiliaire.
C. Par décision du 17 novembre 2003, la Haute école pédagogique (ci-après: la HEP) a reconnu les diplômes académiques obtenus par X._ à l'Université de Bucarest comme équivalents aux titres académiques nécessaires pour accéder à la formation de maître secondaire spécialiste - soit la formation requise pour enseigner au niveau secondaire inférieur ou supérieur dans les établissements du Canton de Vaud - dans la discipline "biologie". En revanche, elle ne lui a accordé aucune équivalence pour la discipline "chimie" et l'a invitée à compléter sa formation dans une seconde branche enseignable dans le cadre d'un "Master ès Science pour l'enseignement" afin de remplir les conditions d'entrée à la formation de maître secondaire spécialiste de la HEP. Dès la rentrée 2004, X._ a entrepris auprès de l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (ci-après: EPFL) un complément d'étude en "chimie". En 2005, elle a changé de voie et choisi l'enseignement des "géosciences et sciences de l'environnement" dispensé par l'Université de Lausanne (ci-après: UNIL) en lieu et place de la discipline "chimie".
La réussite de ce programme d'enseignement donnait droit au grade de "Master ès Science pour l'enseignement", formation qui permettait aux personnes titulaires d'une "licence ès sciences" de compléter leur formation scientifique par l'acquisition de connaissances et de compétences dans une seconde discipline scientifique. Bien que cette formation de 90 crédits ECTS dépendait entièrement de l'EPFL, puis de l'UNIL, elle avait pour particularité de comporter environ 20 crédits en pédagogie/sciences de l'éducation, dispensés par la HEP. En d'autres termes, cette maîtrise comportait 50 crédits académiques de la discipline de Master choisie, 20 crédits liés au travail de master évalués par l'UNIL, ainsi que 20 crédits en pédagogie (module des enseignements en science humaines et sociales et en sciences de l'éducation) évalués en partie par la HEP pour le compte de l'UNIL. Dans le cadre de cette formation universitaire complémentaire, les crédits obtenus en pédagogie pouvaient être également validés a posteriori dans le cursus de la HEP. Aussi, les crédits des modules pédagogiques étaient comptabilisés à la foi dans le "Master ès science pour l'enseignement de Biologie et de géosciences de l'environnement" et dans la formation professionnelle HEP. Cette pratique, dite du "tuilage", a toutefois été abandonnée par la suite.
D. Parallèlement à cette formation complémentaire académique, X._ a déposé, par anticipation, sa candidature à la formation de maître secondaire spécialiste à la HEP pour l'année académique 2006-2007. Par courrier du 18 mai 2006, la HEP a informé X._ que sa candidature n'avait pas pu être retenue en raison de la limitation du nombre de candidats (numerus clausus) admis dans l'une de ses disciplines d'études. A la suite d'un recours auprès du Département de la formation, de la jeunesse et de culture (ci-après: DFJC), la HEP a finalement, le 6 juillet 2006, levé la limitation des admissions pour le cas de X._ et prononcé son admission pour la rentrée d'automne 2006 en précisant que celle-ci était prononcée "sous réserve" en ce sens que l'admission définitive ne serait prononcée qu'après réussite du test de "français, langue d'enseignement" et de l'examen d'"informatique, outil d'enseignement". Le début de la formation était fixé au 5 mars 2007.
E. A la session d'examen d'octobre 2006, X._ a échoué pour la seconde fois aux modules des enseignement en sciences humaines et sociales et en sciences de l'éducation, à savoir le module M3 "Vers des apprentissages de qualité - fondements théoriques et mise en pratique" et le module M6 "Pratiques professionnelles" dispensés dans le cadre de sa formation académique "Master ès science pour l'enseignement". Par courrier du 17 janvier 2007, la HEP a constaté que le double échec de X._ aux certifications des modules M3 et M6 avait des conséquences différenciées au regard des deux formations entreprises:
" 1. Du point de vue du règlement du Master ès sciences pour l'enseignement - sur le modèle des masters EPFL - les 20 crédits HEP sont des crédits d'options, que vous pouvez, en cas d'échec simple ou double, remplacer par d'autres.
Ce règlement est celui auquel vous êtes subordonnée pour l'obtention du master: il vous a permis de vous inscrire à d'autres cours HEP que vous suivez maintenant pour acquérir l'ensemble des 20 crédits HEP nécessaires au Master ès sciences pour l'enseignement.
2. Du point de vue du règlement de la HEP, les deux modules M3 et M6 sont des modules obligatoires dans le cursus du premier semestre de formation pour le diplôme de maîtresse secondaire spécialiste. Votre double échec à leur certification correspond à un échec définitif et à votre retrait de cette formation, cela avant même que vous ayez obtenu le master qui vous y donne officiellement accès.
Il en découle malheureusement que, indépendamment de l'obtention des 10 crédits HEP supplémentaires qui vous permettraient de valider entièrement le premier semestre HEP, vous avez perdu votre droit à entrer de plain-pied dans la formation professionnelle HEP en mars prochain."
La HEP l'informait toutefois que le diplôme pour lequel X._ avait déposé sa candidature était remplacé dès septembre 2007 par une nouvelle filière de formation disposant d'un nouveau plan d'études. Elle l'invitait à présenter une nouvelle candidature à la "nouvelle filière secondaire I" sans qu'il soit tenu compte de l'échec définitif subi dans la formation précédente, ceci pour autant qu'elle ait obtenu le Master ès sciences.
F. X._ a poursuivi sa formation académique menant au "Master ès sciences pour l'enseignement" en choisissant d'autres modules en sciences de l'éducation. Elle a obtenu, en mars 2008, conjointement de l'UNIL et l'EPFL, le "Master ès science pour l'enseignement de biologie et de géosciences de l'environnement".
G. Suite à sa demande d'admission à l'une des nouvelles filières créées par la HEP, déposée le 27 février 2008, X._ a été admise en automne 2008 à la formation menant au "Master en enseignement pour le degré secondaire I" et au "Diplôme d'enseignement pour le degré secondaire I" dans le les disciplines biologie et géographie. La HEP n'a reconnu que 5 crédits ECTS suivis dans le cadre de son "Master ès science pour l'enseignement".
H. Par courriel du 2 avril 2008 adressé à la HEP, X._ s'est étonnée de n'être pas convoquée à la session d'avril pour passer les deux examens de français (OP001) et d'informatique (OP002). Le 3 avril 2008, la HEP l'a avisée par courriel que:
"la session anticipée d'avril concerne uniquement les candidats en concours (ce qui n'est pas votre cas, vu que vous avez été admise à suivre la formation)."
En septembre 2008, X._ a échoué à l'examen de français (OP001), ainsi qu'à celui d'informatique (OP002). Elle ne s'est pas présentée à la session de septembre 2009 pour des raisons de santé. Le retrait a été jugé motivé. Un courrier du 1er octobre 2009 indiquait à X._ que le retrait aux examens avait été jugé motivé et qu'elle était convoquée "à une ultime tentative" pour passer ces deux examens à la session de janvier 2010. Lors de ladite session, elle a réussi l'examen portant sur la maîtrise des outils informatiques de base, mais a échoué celui de français.
Par décision du 17 février 2010, le Conseil de direction de la HEP a constaté l'échec à l'examen de français de X._ et a décidé "par une nouvelle dérogation" de suspendre sa formation jusqu'à la réussite de l'examen de français en précisant que cet examen devait être réussi "au plus tard à la session de janvier 2011" afin qu'elle puisse terminer sa formation dans la durée réglementaire de quatre semestres à plein temps, celle-ci pouvant cependant être prolongée à huit semestres.
I. Le 26 février 2010, X._ a déposé un recours auprès de la Commission de recours de la HEP alléguant qu'en raison du droit transitoire, elle n'aurait pas dû être soumise à l'examen de français (OP001).
Le 31 mars 2010, le Comité de direction de la HEP a déposé ses déterminations et conclu au rejet du recours déposé par X._.
Le 1er avril 2010, la Commission de recours de la HEP a fait savoir à la recourante qu'elle envisageait, en cas de rejet du recours, de réformer la décision attaquée à son détriment. Elle lui a imparti d'un délai au 23 avril 2010 pour faire part de ses remarques éventuelles ou pour retirer son recours.
Le 26 avril 2010, X._ a déposé un mémoire complémentaire confirmant son recours.
Par décision du 6 mai 2010, la Commission de recours de la HEP a réformé au détriment de la recourant la décision prise le 17 février 2010 par le Conseil de direction de la HEP, en ce sens qu'elle a constaté son échec définitif à l'examen OP001 "Maîtrise de la langue française" et prononcé l'échec définitif de ses études à la HEP. Elle a estimé que X._ aurait dû satisfaire aux exigences de l'examen de français au plus tard au début de son second semestre de formation, soit en février 2009 déjà, et que le Comité de direction de la HEP n'avait pas d'autre choix que de prononcer l'échec définitif.
Par décision du 19 mai 2010, la HEP a confirmé l'interruption définitive des études de X._ sous réserve d'une éventuel recours au Tribunal cantonal.
J. X._ a recouru le 7 juin 2010 auprès de la Cour de droit administratif et public du Tribunal cantonal (ci-après: CDAP) contre la décision rendue par la Commission de recours de la HEP. Elle a conclu à la réformation de cette décision, dans le sens qu'elle est définitivement admise à la formation menant au Master of Arts en enseignement pour le degré secondaire I dans les disciplines biologie et géographie. La Commission de recours de la HEP a conclu au rejet du recours.
A l'occasion d'un second échange d'écritures, la recourante a modifié ses conclusions prises dans son mémoire du 7 juin 2010 comme suit:
La recourante X._ a l'honneur de conclure, avec suite de frais et dépens, à ce qu'il plaise à la Cour de droit administratif et public du Tribunal cantonal de prononcer:
I. Le recours est admis;
II. La décision de la Commission de recours de la Haute école pédagogique du 6 mai 2010 prononçant l'échec définitif des études de X._ est réformée comme suit:
"1. Le recours est admis
2. La décision du Comité de direction de la Haute école pédagogique du 17 février 2010 prononçant l'échec de X._ à l'examen OP001 " Maîtrise de la langue française" et la suspension de sa formation menant au Master of Arts en enseignement pour le degré secondaire I dans les disciplines [biologie] et géographie est annulée.
3. X._ est définitivement admise à la formation menant au Master of Arts en enseignement pour le degré secondaire I dans les disciplines biologie et géographie;
4. Les frais sont laissés à la charge de l'Etat.
Subsidiairement à II
III. La décision de la Commission de recours de la Haute école pédagogique du 6 mai 2010 prononçant l'échec définitif des études de X._ est annulée."
L'autorité intimée a persisté dans ses conclusions. La recourante a par ailleurs produit deux attestations (attestation de stage pratique réalisé le 22 juin 2010 et attestation de participation au séminaire d'intégration).
Le tribunal a statué à huis clos.

Considérant en droit
1. a) Les parties divergent sur le régime juridique applicable à la recourante. Or même si la recourante a suivi sans discontinuer des cours à la HEP depuis l'automne 2006, il n'y a lieu de prendre en considération que la nouvelle formation menant au "Master en enseignement pour le degré secondaire I et au Diplôme d'enseignement pour le degré secondaire I", commencée dès la rentrée académique 2008-2009; l'échec définitif dans la précédente formation de maître secondaire spécialiste a en effet été prononcé en date du 17 janvier 2007 et ne saurait être remis en cause. Il sied dès lors d'examiner quelles étaient les réglementations applicables à la nouvelle formation.
b) Au moment de son inscription du 27 février 2008 - qu'il faut considérer comme nouvelle inscription indépendante de celle du 6 juillet 2006 - la recourante était soumises aux réglementations suivantes:
- le décret du 5 juillet 2005 instituant un régime transitoire pour la formation des enseignants à la Haute Ecole Pédagogique (ci-après: DTr-HEP) entré en vigueur le 5 septembre 2005 et remplacé par la loi du 12 décembre 2007 sur la Haute Ecole Pédagogique (ci-après: LHEP) dès le 1er septembre 2008 (ci-après: LHEP; RSV 419.11);
- le règlement du 23 novembre 2005 sur l'organisation de la Haute Ecole Pédagogique (ROHEP), remplacé par le règlement d'application de la LHEP adopté le 3 juin 2009 et entré en vigueur le 1er août 2009 (ci-après: RLHEP; RSV 419.11.1);
- le règlement du 14 février 2007 du Département de la formation et de la jeunesse sur les études menant au Master en enseignement pour le degré secondaire I et au Diplôme d'enseignement pour le degré secondaire I (ci-après: RMA-Sec I), entré en vigueur rétroactivement au 1er janvier 2007, modifié le 20 novembre 2009 et remplacé par le règlement du 28 juin 2010 des études menant au Master of Arts ou Master of Science en enseignement pour le degré secondaire I et au Diplôme d'enseignement pour le degré secondaire I (ci-après: RMS1), entré en vigueur le 1er août 2010.
c) En application de l'art. 5 al. 1 DTr-HEP, qui le chargeait de déterminer les conditions d'accès à la HEP, le Département de la formation et de la jeunesse a fixé celles-ci, ainsi que la procédure d'admission, aux art. 4 à 14a RMA-Sec I. Outre les exigences de formation préalable (art. 4), l'art. 14a RMA-Sec I, dont la note marginale s'intitule "conditions supplémentaires" et qui figure sous la section II relative à la procédure d'admission, disposait (dans sa version initiale):
"1 Le candidat doit en outre attester d'un niveau de maîtrise suffisant dans les domaines suivants:
a) le français en tant que langue d'enseignement;
b) l'informatique de base en tant qu'outil professionnel;
c) la langue étrangère concernée pour le candidat qui la choisit comme l'une de ses disciplines d'enseignement.
2 La maîtrise des domaines mentionnés sous lettres a) et b) est certifiée par la réussite d'examens organisés par la HEP au cours de la procédure d'admission.
3 En cas d'échec, le candidat est admis provisoirement et dispose d'un délai d'un semestre pour y remédier, sous réserve des articles 7 et 13 du présent règlement.
4 La maîtrise de la langue étrangère est certifiée par la réussite d'une examen reconnu internationalement, correspondant au niveau C1 défini par le cadre européen commun de référence pour les langues.
5 Au cas où l'étudiant ne répond pas à ces conditions avant le début du deuxième semestre d'études, le Conseil de direction prononce l'échec définitif des études."
Dans sa version modifiée le 20 novembre 2009, l'alinéa 5 de l'art. 14 RMA-Sec I a la teneur suivante :
"5 Au cas où l'étudiant ne répond pas à ces conditions avant le début du troisième semestre d'études, le Comité de direction prononce l'échec définitif des études."
Entrée en vigueur le 1er septembre 2008, la LHEP fixe à ses art. 49 à 52 les conditions générales d'admission (titres préalablement requis pour les différentes filières de formation). Pour le surplus, l'alinéa 2 de ces dispositions renvoie au règlement le soin de fixer "les conditions particulières".
Jusqu'à l'entrée en vigueur du RLHEP, le 1er août 2009, le ROHEP déléguait au département le soin de fixer par règlement les conditions et la procédure d'admission aux filières de formation de base (art. 27 ROHEP).
Depuis le 1er août 2009, les art. 53 à 56 RLHEP précisent et complètent les art. 49 à 52 LHEP. En ce qui concerne le Diplôme d'enseignement pour le degré secondaire I, l'art. 54 RLHEP dispose :
"1L'accès à la procédure d'admission est ouvert aux candidats en possession d’un Bachelor délivré par une haute école suisse, d’un titre jugé équivalent ou qui le seront au plus tard au 31 juillet de l’année où se déroule la procédure d’admission.
2 Pour être admis, le candidat doit en outre répondre aux exigences spécifiques à chaque discipline fixées par le règlement d’études, après consultation de la Commission interinstitutionnelle.
3 La liste des disciplines d’enseignement est fixée en fonction de la réglementation intercantonale sur la reconnaissance des titres."
Le règlement des études menant au Master of Arts ou au Master of Science en enseignement pour le degré secondaire I et au Diplôme d'enseignement pour le degré secondaire I (RMSA) n'a été adopté que le 28 juin 2010, avec entrée en vigueur le 1er août 2010. Jusque là, le règlement du 14 février 2007 sur les études menant au Master en enseignement pour le degré secondaire I et au Diplôme d'enseignement pour le degré secondaire I (RMA-Sec I) est resté en vigueur.
2. En cas de changement de règles de droit, la législation applicable reste en principe celle qui était en vigueur lors de la réalisation de l'état de fait qui doit être apprécié juridiquement ou qui a des conséquences juridiques, sous réserve de dispositions particulières de droit transitoire (ATF 130 V 445 et les références). Dans le courant d'une procédure judiciaire subséquente, les modifications législatives sont en règle générale sans incidence. Il incombe à l'autorité judiciaire d'examiner uniquement si la décision attaquée est conforme au droit en vigueur au moment où elle a été rendue, à moins que des motifs particuliers imposant l'application immédiate du nouveau droit justifient une telle exception (ATF 119 Ib 103 consid. 5 p. 110 et les réf.).
En février 2008, au moment où la recourante s'est inscrite à la formation menant au Master en enseignement pour le degré secondaire I et au Diplôme d'enseignement pour le degré secondaire I, elle était soumise au RMA-Sec I, qui trouvait sa base légale à l'art. 5 al. 1 DTR-HEP. Dans la période qui a suivi l'entrée en vigueur, le 1er septembre 2008, de la LHEP, le RMA-Sec I est demeuré applicable jusqu'à l'adoption du RMSA, le 1er août 2010. Sa base légale était alors à rechercher aux art. 49 à 52 LHEP, qui renvoient au "règlement" la fixation des conditions particulières d'admission dans chaque filière.
Faute d'avoir attesté d'un niveau de maîtrise suffisant du français en tant que langue d'enseignement au cours de la procédure d'admission, la recourante était admise provisoirement et devait impérativement remplir les conditions requises avant le début de son deuxième semestre d'études (de son troisième, selon l'art. 14 al. 5 RMA-Sec I modifié le 20 novembre 2009). La recourante devait donc impérativement réussir l'examen de français (OP001) avant le début du semestre d'automne 2009. Compte tenu de son retrait à la session de septembre 2009 pour des raisons de santé, ce délai s'est trouvé reporté au début du semestre suivant (printemps 2010). En échouant à l'examen de français en janvier 2010, la recourante n'a pas satisfait à cette condition résolutoire, dont dépendait le maintien de son admission, ce qui, aux termes de l'art. 14 al. 5 RMA-Sec I, entraînait l'échec définitif de ses études.
3. La recourante soutient que le RMA-Sec I ne repose pas sur une base légale suffisante en tant qu'il institue la réussite de l'examen de français litigieux comme une condition supplémentaire d'admission à la formation pour le Diplôme d'enseignement pour le degré secondaire I. Il convient d'examiner si le département, respectivement le Comité de direction de la HEP (sous réserve de l'approbation du département) disposent d'une délégation de compétence leur permettant d'édicter une telle disposition.
a) Il est admis que le législateur cantonal a le droit de déléguer à l'organe exécutif la compétence d’adopter des lois (au sens matériel). On parle alors de délégation législative. Les ordonnances fondées sur la délégation législative sont des ordonnances dépendantes de substitution; le législateur transfère une compétence au gouvernement afin que ce dernier puisse se substituer à lui en adoptant, dans les limites de la délégation, la réglementation en question (Andreas Auer / Giorgio Malinverni / Michel Hottelier, Droit constitutionnel suisse, vol. I, 2e éd., Berne 2006, p. 549). Elles contiennent des normes primaires, soit des normes nouvelles que précisément le législateur n'a pas voulu poser lui-même. Selon une jurisprudence constante du Tribunal fédéral, le droit de délégation est limité par quatre règles: la délégation ne doit pas être prohibée par le droit cantonal, elle doit se limiter à une matière déterminée, elle doit figurer dans une loi au sens formel et la norme de délégation doit indiquer le contenu essentiel de la réglementation, du moins lorsqu’elle touche gravement la situation des administrés (ATF 128 I 113 consid. 3c, résumé in RDAF 2003 I 383; 128 I 327 consid. 4.1 = JT 2003 I 309; ATF 125 I 316 consid. 2a; ATF 118 Ia 305 c. 2, JT 1994 I 630; CCST 2010.0008 du 14 janvier 2011 consid. 3c/aa; CCST.2005.0005; cf. également à ce sujet: Pierre Tschannen / Ulrich Zimmerli, Allgemeines Verwaltungsrecht, 2ème éd., Berne 2005, p. 133). Il est impossible de définir, une fois pour toutes, quelles règles sont si importantes qu’elles doivent nécessairement être contenues dans une loi au sens formel. Tout dépend des circonstances (FI.2008.0041 consid. 2b/aa du 27 novembre 2008). L’interprétation de ces exigences est plus stricte en cas de restriction des droits fondamentaux ou lorsqu’il s’agit de créer des obligations de droit public, étant entendu que la gravité de la restriction, respectivement l’intensité de l’obligation, est prise en considération. L'autorité judiciaire doit examiner si l'acte législatif respecte les quatre conditions afin de s'assurer qu'il constitue une base légale valable (ATF 133 V 569 consid. 5.1; 132 I 7 consid. 2.2 in JT 2007 I 680 ; 131 II 735 consid. 4.1; 128 I 113 consid. 3c).
b) Le droit vaudois n'exclut pas la délégation de compétence législative. Au contraire, l'art. 120 al. 2 de la Constitution du 14 avril 2003 (CSTVD; RSV 101.01) la prévoit expressément. En l'occurrence la compétence déléguée au département de déterminer les conditions d'accès à la HEP était limitée à un objet déterminé et, jusqu'au 31 août 2008, reposait directement sur une disposition de rang législatif (l'art. 5 al. 1 DTR-HEP). On ne saurait d'autre part prétendre que l'exigence préalable d'un niveau de maîtrise suffisant dans le domaine du français en tant que langue d'enseignement, s'adressant aux candidats à une formation donnant accès à l'enseignement dans des écoles publiques d'un canton francophone, constitue une restriction particulièrement grave, dont le principe devrait se trouver dans la norme de délégation. On observera de surcroît qu'en édictant l'art. 14 al. 1 let. a RMA-Sec I, le département n'a fait que reprendre une exigence qui, auparavant figurait expressément à l'art. 13 al. 2 de l'ancienne loi du 8 mars 2000 sur la Haute école pédagogique (aLHEP). Rien n'indique qu'en adoptant en 2007 une loi moins détaillée, le Grand Conseil ait voulu renoncer à cette exigence. En effet si, dans l'exposé des motifs et projet de loi du 28 mars 2007 sur la HEP, l'existence d'un test de français en tant que condition supplémentaire n'est pas évoquée directement dans le commentaire de l'art. 48 du projet de loi (correspondant à l'art. 50 LHEP), il en est fait expressément mention dans le rapport intermédiaire du Conseil d'Etat sur le postulat Josiane Aubert, au chapitre intitulé "Nouvelle politique d'admission en formation initiale à la HEP" (p. 73): "La procédure d’admission, qui comprend des examens de français, langue d’enseignement, et d’informatique, outil d’enseignement, s’apparente à une procédure d’immatriculation."
4. La recourante affirme que l'art. 14 RMA-Sec I a perdu sa base légale lors de l'abrogation du DTr-HEP (le 31 août 2008) et du ROHEP (le 13 janvier 2010, avec effet rétroactif au 1er août 2009) puisque la décision du Comité directeur de la HEP initialement contestée date du 17 février 2010. Elle invoque cette faille réglementaire pour se soustraire définitivement à l'exigence de l'examen de français.
A cet égard, il est admis que lorsque la base légale d'une ordonnance d'exécution ou de substitution vient à disparaître, les dispositions correspondantes de l'ordonnance cessent également d'être en vigueur. Toutefois, font exception les ordonnances qui n'ont pas été expressément abrogées et qui retrouvent une base légale avec le nouveau droit (Max Imboden / René A. Rhinow, Schweizerische Verwaltungsrechtsprechung, vol. I, Bâle 1986, Nr 14 IVb, p. 92; Pierre Moor, Droit administratif, vol. I, 2ème éd., Berne 1994, p. 170). Par conséquent, lorsqu'elles ont un fondement suffisant dans la loi actuelle, les ordonnances d'exécution et de substitution qui complétaient une loi abrogée conservent leur validité (André Grisel, L'application du droit public dans le temps, ZBl 1974, p. 233, spéc. 257). Autrement dit, pour qu'une ordonnance reste valable, il faut que sa base légale abrogée soit remplacée (arrêt AC.2008.0122 du 19 janvier 2010 consid. 3).
Depuis le 1er septembre 2008, la LHEP fixe elle-même les conditions générales d'admission (titres préalablement exigés) et renvoie au règlement édicté par le Conseil d'Etat (art. 8 al. 1 let. a LHEP) le soin de fixer les "les conditions particulières" (al. 2 des art. 49 à 52 LHEP), par quoi il faut entendre toutes les autres conditions. Le département a ainsi perdu la compétence de fixer les conditions d'accès à la HEP. Cela ne signifie pas pour autant que les normes qu'il avait valablement adoptées précédemment sont devenues automatiquement caduques, créant ainsi un vide législatif jusqu'à ce que l'autorité nouvellement désignée édicte elle-même une réglementation. L'entrée en vigueur de la LHEP n'a rien changé aux conditions d'accès aux études menant au Master ou au Diplôme d'enseignement au degré secondaire I, sinon que l'exigence préalable d'un bachelor d'une haute école figure désormais dans la loi. Il en va de même pour l'entrée en vigueur, une année plus tard, du RLHEP, qui précise et confirme l'exigence du bachelor et, pour le surplus, renvoie aux règlements d'études pour les autres conditions d'accès. Le RMSA n'ayant été adopté que le 28 juin 2010, c'est logiquement que le RMA-Sec I est demeuré en vigueur jusque-là. Il continuait de s'appliquer aux conditions d'admission de la recourante.
5. La recourante ne remet pas en cause le résultat de l'examen. Elle ne conteste pas avoir échoué. Elle s'étonne en revanche du nombre restreint d'erreurs d'orthographe et de syntaxe qui suffisent à entraîner l'échec, sans qu'on puisse - selon elle - en déduire une maîtrise insuffisante du français en tant que langue d'enseignement. Elle conteste ainsi l’aptitude de l’examen de français OP001 à vérifier une maîtrise suffisante aussi bien orale qu’écrite du français en tant que langue d’enseignement.
a) Cet argument n'a pas été évoqué devant la commission de recours, qui n'avait ainsi aucun motif de l'examiner. Bien que le tribunal dispose d'un libre pouvoir d'examen, en fait et en droit, et qu'il établisse les faits et applique le droit d'office (art. 28 al. 1 et art. 41 LPA-VD), on peut se demander s'il n'est pas contraire au principe de la bonne foi (art. 5 al. 3 CST) de faire valoir ce moyen pour la première fois devant la dernière instance cantonale (cf. la jurisprudence du Tribunal fédéral suivant laquelle on ne peut en principe plus invoquer devant lui un grief lié à la conduite de la procédure qui n'a pas été soulevé devant la dernière instance cantonale, ATF 135 I 91 consid. 2.1 in fine p. 93; 133 III 638 consid. 2 p. 640; 122 IV 285 consid. 1f p. 288; 119 Ia 221 consid. 5a p. 228). La question peut toutefois demeurer indécise dès lors que le grief apparaît de toute manière mal fondé.
b) Lorsque la CDAP est appelée à connaître des griefs relatifs aux examens, elle s’impose une certaine retenue. En effet, déterminer la capacité d'une personne à obtenir un grade ou à exercer une profession suppose des connaissances techniques, propres aux matières examinées, que les examinateurs sont en principe à même d'apprécier (arrêts GE.2009.0243 du 27 mai 2010; GE.2008.0123 du 15 octobre 2009; GE.2005.0033 du 8 août 2005; GE.2002.0039 du 14 octobre 2002; GE.2000.0135 du 15 juin 2001; GE.1999.0155 du 5 avril 2000). Cette réserve s’impose au tribunal quel que soit l’objet de l’examen. Il ne lui appartient pas de déterminer comment procéder à l'évaluation des prestations du candidat, ni quelles épreuves ou modalités sont les plus adéquates pour vérifier le niveau des connaissances requises (arrêt GE.2011.0002 du 16 mai 2011 consid. 2). En d’autres termes, le choix et la formulation des questions, le déroulement de l'examen et l'appréciation des connaissances scientifiques d'un étudiant ou d’un candidat relèvent avant tout des examinateurs (arrêt GE.2010.0200 du 8 avril 2011 consid. 2). Il s'agit là de questions qui nécessitent des compétences particulières que le tribunal ne saurait s'arroger (cf. à ce propos ATF 131 I 467 consid. 3.1; 121 I 225 consid. 4b; ATF 118 Ia 488 consid. 4c). Cette même retenue s’impose également à la question du choix de l’examen en lui-même et à son aptitude à atteindre le but visé.
L'examen litigieux a pour objet de vérifier les connaissances d'un candidat en "français en tant que langue d'enseignement" et pour objectif d'éviter qu'un enseignant ne dispose pas des connaissances linguistiques adéquates dès lors que les enseignements sont dispensés en français dans les établissements scolaires vaudois. Le test se compose de deux épreuves, soit la correction fictive de l'exercice d'un élève et la rédaction d'un texte se rapportant à l'enseignement (lettre de motivation, circulaire aux parents, etc.). La maîtrise de l'orthographe et de la syntaxe, ainsi que les capacités de rédaction sont examinées dans le cadre de ces épreuves. La recourante relève à juste titre qu'elles ne permettent pas d'apprécier les aptitudes du candidat à s'exprimer oralement devant des élèves, ce qui est primordial pour un enseignant. Il ne s'en suit cependant pas qu'une bonne maîtrise du français parlé devrait suppléer d'éventuelles lacunes dans l'expression écrite. Même s'il ne porte que sur ces dernières, l'examen litigieux n'en est pas moins apte à vérifier le niveau de maîtrise du français qu'on est en droit d'attendre d'un enseignant. Celui-ce doit pouvoir communiquer par écrit, notamment avec ses élèves et leurs parents, de manière claire, précise et grammaticalement correcte. Il sert de modèle pour ses élèves; il ne saurait, contrairement à ce qu'en pense la recourante, compter systématiquement sur l'aide de ses collègues pour les tâches d'enseignement qui lui incombent; si une telle aide est envisageable dans certaines circonstances (pour la rédaction d'une circulaire par exemple), elle ne l'est en revanche pas lorsqu'il s'agit de faire une remarque dans l'agenda d'un élève ou de corriger des copies. Le niveau exigé par l'examen litigieux peut sans doute paraître élevé; dans la mesure où toutefois il est imposé à tous les candidats et repose sur un motif pertinent d'intérêt public, il n'apparaît pas critiquable; déterminer le niveau d'exigence adéquat relève de l'opportunité, qu'il n'appartient pas au tribunal de contrôler (art. 98 LPA-VD a contrario).
c) On observera enfin que les conséquences que peut avoir pour la recourante un échec définitif à l'examen de français ne sont pas un motif pour remettre en cause le principe même de cet examen ou son degré de difficulté.
6. Reste à examiner si l'autorité intimée a suffisamment informé la recourante de son intention de réformer en sa défaveur la décision du Comité directeur de la HEP l'autorisant à se présenter à l'examen de français pour une troisième tentative.
a) Aux termes de l'art. 89 LPA-VD, l'autorité n'est pas liée par les conclusions des parties (al. 1); elle peut modifier la décision à l'avantage ou au détriment du recourant (al. 2); dans ce dernier cas, elle l'en informe et lui impartit un délai pour se déterminer ou pour retirer son recours (al. 3). Le devoir d'information est double. L'autorité chargée de statuer doit, d'une part, aviser le recourant du risque de se retrouver dans une position plus défavorable (reformatio in peius) et, d'autre part, de sa possibilité de retirer son pourvoi (ATF 122 V 166). Il s'agit d'une disposition protectrice (ATAF C-3633/2008 du 8 décembre 2008 c. 5.2) qui concrétise le droit d'être entendu consacré à l'art. 29 al. 2 Cst. (ATF 129 II 385 consid. 4.4.3). Ce double devoir d'information sert à la clarification de l'état de fait, ainsi qu'à la sauvegarde des intérêts de la partie concernée (ATAF A-365/2008 du 25 novembre 2008). La partie invitée à s'exprimer sur l'éventualité d'une réforme à son détriment de la décision doit ainsi pouvoir compléter le contenu de son mémoire de recours et exposer ses arguments (Thomas Häberli, in: Bernhard Waldmann / Philippe Weissenberger (éd.), VwVG, Zurich / Bâle / Genève 2009, § 29 ad art. 62). De cette manière, elle obtient une chance de dissuader l'autorité de recours de changer ses intentions préalables (Annette Guckelberger, Zur reformatio in peius vel melius in der Schweizerichen Bundesverwaltungsrechtspflege nach der Justizreform, in: ZBl 2010, p. 113). En même temps, les conséquences d'une reformatio doivent être exposées de manière explicite au recourant, de sorte qu'il puisse, grâce à la possibilité du retrait de son recours, éviter de se retrouver dans une situation aggravée (ATF 129 II 385 c. 4.4.3; Thomas Häberli, op. cit., § 30 ad art. 62). Ce devoir d'information élargi du juge garantit une égalité des armes entre les parties au recours, ce qui est significatif lorsqu'une partie non assistée participe à la procédure (Attilio Gadola, Die reformatio in peius vel melius in der Bundesverwaltungsrechtspflege - eine Übersicht der neuesten Rechtsprechung, in PJA 1998, p. 59). Afin de respecter pleinement la garantie constitutionnelle du droit d'être entendu, l'autorité chargée de statuer doit, en règle générale, exposer au recourant les raisons qui motivent son intention de modifier la décision attaquée (Annette Guckelberger, op. cit., p. 114 et la référence citée).
b) Dans sa lettre du 1er avril 2010, l'autorité intimée s'est exprimée en ces termes:
"La Commission de recours attire votre attention sur l'article 14 du Règlement sur les études menant au master en enseignement pour le degré secondaire et au Diplôme d'enseignement pour le degré secondaire I, du 14 février 2007 (RMES), dont la teneur est rappelée dans les déterminations du Comité de direction. De même, la Commission de recours attire votre attention sur l'article 89 de la loi du 28 octobre 2008 sur la procédure administrative (LPA-VD), dont la teneur est la suivante:
1. L'autorité n'est pas liée par les conclusions des parties.
2. Elle peut modifier la décision à l'avantage ou au détriment du recourant.
3. Dans ce dernier cas, elle l'en informe et lui impartit un délai pour se déterminer ou pour retirer son recours.
Au cas où la Commission arriverait à la conclusion que vos griefs devraient être rejetés, elle se réserve, compte tenu de l'article 14 RMES susmentionné, de modifier la décision du Comité de la HEP à votre désavantage et de prononcer l'échec définitif de vos études.
Vous disposez dès lors d'un délai au 23 avril 2010 pour faire part de vos remarques éventuelles ou pour retirer votre recours. Passé ce délai, la Commission de recours statuera en principe sur le dossier sans autres mesures d'instruction."
Le double renvoi que contient le premier paragraphe de cette lettre (à l'art. 14 RMA-Sec I et, pour en connaître la teneur, aux observations du Comité de direction de la HEP) n'est guère explicite. Il n'expose pas de manière aisément compréhensible le raisonnement qu'envisage de suivre la commission de recours si elle confirme l'assujettissement de la recourante à l'examen litigieux, à savoir que cet examen devait impérativement être réussi avant le début du 3e semestre (délai en l'occurrence reporté au 4e semestre en raison de l'empêchement justifié de se présenter à la session de septembre 2009) et que, passé cette échéance, le comité de direction n'était plus en droit d'accorder à la recourante une troisième chance. La recourante n'a ainsi pas été rendue suffisamment attentive aux risques qu'elle encourait en maintenant son recours.
Par ailleurs, si l'art. 89 al. 2 LPA-VD permet à l'autorité de recours de modifier la décision attaquée au détriment du recourant (ce qui n'était pas le cas sous l'empire de la législation en vigueur avant le 1er janvier 2009), et ne lui en fait pas l'obligation absolue. L'autorité de recours dispose à cet égard d'un certain pouvoir d'appréciation, dont l'exercice doit tenir compte de l'intérêt public au respect du droit objectif et du principe de la proportionnalité. En l'occurrence, l'intérêt public au strict respect de l'art. 14 al. 3 RMA-Sec I apparaît d'importance relativement mineure. D'une manière générale, il convient que le sort des candidats admis provisoirement malgré une maîtrise insuffisante de la langue française ou de l'informatique de base soit rapidement fixé, de manière à ne pas occuper en vain une place d'études pendant plusieurs semestres. Sous cet angle, le cas de la recourante est particulier, dès lors qu'elle a déjà accompli trois semestres d'études sur les quatre que comporte la durée réglementaire des études à plein temps.
D'autre part, le fait de priver la recourante d'une chance supplémentaire de satisfaire aux conditions d'admission a pour elle des conséquences extrêmement rigoureuses, mettant à néant les efforts qu'elle a déployés depuis 2004 pour obtenir le titre lui permettant d'enseigner durablement au degré secondaire I. Cette décision grève lourdement son avenir professionnel, alors qu'elle enseigne les sciences depuis 2002 dans l'établissement primaire et secondaire de 1********, à satisfaction semble-t-il.
Il convient dans ces conditions de renoncer à une reformatio in peius.
7. Le recours doit en conséquence être partiellement admis et la décision attaquée annulée en tant qu'elle constate que la recourante a définitivement échoué à l'examen de maîtrise de la langue française et prononce l'échec définitif de ses études. La décision du Comité de direction de la HEP du 17 février 2010 sera confirmée. Le délai imparti à la recourante pour se présenter une troisième et dernière fois à cet examen étant toutefois échu, il appartiendra à cette autorité de fixer à la recourante un ultime délai pour satisfaire aux conditions d'admission de l'art. 14 al. 1 RMA-Sec I.
8. En procédure de recours, les frais sont supportés par la partie qui succombe. Si celle-ci n'est que partiellement déboutée, les frais sont réduits en conséquence (art. 49 al. 1 LPA-VD). L'autorité alloue une indemnité à la partie qui obtient totalement ou partiellement gain de cause, en remboursement des frais qu'elle a engagés pour défendre ses intérêts (art. 55 al. 1 LPA-VD). Cette indemnité est mise à charge de la partie qui succombe (art. 55 al. 2 LPA-VD). Lorsqu'une partie n'obtient que partiellement gain de cause, l'autorité peut réduire les dépens ou les compenser (art. 56 al. 2 LPA-VD).
Vu le sort du recours, un émolument réduit sera mis à la charge de la recourante, qui a par ailleurs droit à des dépens, également réduits.