Decision ID: 3ffeb6a7-06ec-55a3-8254-e6a7c5223856
Year: 2017
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_007
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 

EN FAIT
, la réquisition de poursuite, expédiée le 27 août 2015 à l’Office des poursuites (ci-après : l’Office) par l’ETAT DE VAUD (ci-après : le créancier) à l’encontre de A_ (ci-après : le débiteur);
Attendu que par acte expédié le 13 mars 2017 au greffe de la Chambre de surveillance des Offices des poursuites et des faillites (ci-après : la Chambre de surveillance), le créancier s’est plaint d'un retard injustifié dans le traitement de cette réquisition de poursuite;
Qu’il a expliqué avoir envoyé trois relances à l’Office entre août 2015 et le 25 novembre 2016 et avoir reçu une communication de l’Office datée du 20 mai 2016 l’informant que le commandement de payer édité dans la poursuite n° 15 xxxx61 H à la suite de sa réquisition était en cours de notification par la Poste;
Qu’à la date de la rédaction de sa présente plainte toutefois, aucun commandement de payer ne lui avait été délivré par ledit Office;
Que dans le délai imparti pour déposer ses observations, ce dernier s’en est rapporté à justice au sujet de cette plainte, en admettant avoir eu du retard, à la suite du changement de sa plate-forme informatique, dans le traitement de la réquisition de poursuite visée;
Qu’il a toutefois également expliqué avoir pris toutes les mesures nécessaires à compter de l’édition du commandement de payer, poursuite n°15 xxxx61 H, le 15 octobre 2015, pour parvenir à le notifier au débiteur, toutefois sans succès;
Que ledit débiteur avait finalement fait l’objet d’un mandat de conduite par la police en vue de cette notification, le 9 août 2016, sans succès;
Que l’Office avait dès lors, le 24 mars 2017, interpellé le créancier en vue d’obtenir son porté fort des frais de publication en vue de cette notification au débiteur par voie édictale;
Considérant,

EN DROIT
, que la Chambre de surveillance est compétente pour statuer sur les plaintes formées en application de la LP (art. 13 LP; art. 126 al. 2 let. c LOJ; art. 6 al. 1 et 3 et 7 al. 1 LaLP) contre des mesures non attaquables par la voie judiciaire ou, comme en l'espèce, pour un retard injustifié (art. 17 al. 1 et 2 LP);
Que le créancier poursuivant a qualité pour se plaindre en tout temps d'un retard injustifié dans le traitement de sa réquisition de poursuite à l’encontre du débiteur, sa présente plainte satisfaisant en outre aux exigences de forme légales (art. 17 al. 3 LP ; 9 al. 1 et 2 LaLP);
Qu’elle est dès lors recevable à la forme;
Considérant qu'aux termes des art. 69 al. 1 et 71 LP, dès réception de la réquisition de poursuite, c'est-à-dire «
aussi vite que possible
», l’Office rédige le commandement de payer correspondant et le notifie au débiteur;
Qu'en l'espèce, la réquisition de poursuite visée a été reçue par l’Office le 2 septembre 2015;
Que s’il a édité le commandement de payer correspondant, poursuite n° 15 xxxx61 H, dans les six semaines suivantes, soit le 15 octobre 2015, il ressort des faits de la cause qu’il a plusieurs fois tardé par la suite à prendre les mesures nécessaires aux fins de parvenir à notifier cet acte de poursuite au débiteur récalcitrant;
Qu’en particulier, il a attendu près de huit mois entre l’édition, le 9 août 2016, d’un mandat de conduite dudit débiteur et la demande au créancier poursuivant de se porter fort des frais de notification par la voie de la publication édictale, le 24 mars 2017;
Qu’à ce jour, ce commandement de payer n’a toujours pas été notifié audit débiteur;
Que cette situation est constitutive d’un retard inadmissible et injustifié de l’Office, même si ce dernier s’est heurté à l’attitude négative du débiteur;
Que ce retard injustifié doit être constaté;
Qu’en effet, il appartient audit Office de faire diligence dans le traitement des actes de poursuite qui lui parviennent, de sorte qu’un délai de plus de 18 mois entre la réception de la réquisition de poursuite et l’envoi de la plainte du créancier à la Chambre de surveillance n’est pas admissible, même face à un débiteur récalcitrant;
Qu’il est en outre rappelé à cet égard que la loi ne laisse aucune place à une surcharge de travail ou à une désorganisation dudit Office, même réelle, pour justifier une telle violation du principe de célérité;
Qu’en particulier, des problèmes informatiques ne constituent en aucun cas des faits de nature à justifier le retard apporté par l'Office à l'exécution des mesures qui lui incombent légalement (ATF
107 III 3
; SJ 1993 p. 291);
Que la présente décision sera transmise au Préposé de l’Office afin qu’il prenne les mesures nécessaires à éviter que les circonstances du cas d’espèce ne se reproduisent;
Qu’en application de l’art. 62 al. 2 OELP, il n’est alloué aucun frais ni dépens dans la procédure de plainte au sens de l'art. 17 LP.
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