Decision ID: abd56a4f-7983-4a03-892d-4178452e77c1
Year: 2015
Language: fr
Court: VD_TC
Chamber: VD_TC_010
Canton: VD
Region: Région lémanique
Law Area: 

En fait :
A.
Par décision du 2 février 2015, la Juge de paix du district de Lausanne a imparti un délai de dix jours à A.Z._ et B.Z._ dès réception du bulletin de versement référencé qui leur parviendrait par pli séparé pour effectuer l'avance de frais d'un montant de 210 fr. pour la procédure engagée contre G._Sàrl.
B.
Par acte du 4 février 2015, A.Z._ et B.Z._ ont recouru contre la décision précitée, concluant, sous suite de frais, à son annulation, respectivement à sa réforme en ce sens qu'ils ne doivent pas verser l'avance de frais réclamée.
C.
La Chambre des recours civile retient les faits suivants :
1.
Dans le courant du mois de mai 2013, A.Z._ a reçu un agent d'assurances agissant pour le compte de la société G._Sàrl afin qu'il fasse le point sur ses différentes couvertures d'assurances ainsi que sur celles de son fils mineur B.Z._. Cet agent a préconisé plusieurs changements tant au niveau de la couverture de base en matière d'assurance maladie que des assurances complémentaires.
A cette occasion, A.Z._ a signé pour son compte ainsi que pour celui de son fils B.Z._ les documents qui lui étaient présentés par l'agent de la défenderesse pour la conclusion d'assurances maladie complémentaires auprès de V._SA. Ces contrats ont pris effet au 1
er
janvier 2014. A.Z._ et B.Z._ étaient toutefois déjà titulaires de polices d'assurances maladie complémentaires auprès de M._SA et de S._SA, qui n'ont pu être résiliées respectivement que pour le
31 décembre 2014 et le 31 décembre 2015. Ils prétendent ainsi avoir été assurés à double durant cette période.
2.
Par requête de conciliation du 7 janvier 2015, A.Z._ et B.Z._ ont ouvert action à l'encontre de G._Sàrl, concluant, sous suite de frais, à ce que celle-ci soit condamnée à leur payer la somme de 2'352 fr. 40 avec intérêts à 5 % l'an dès le 1
er
janvier 2014. A l’appui de leurs conclusions, les demandeurs ont fait valoir que l'agent de la défenderesse avait conseillé A.Z._ de manière lacunaire et expéditive, sans prêter attention aux dates d'échéance des contrats en cours et sans en informer l'intéressée. Ainsi, la somme réclamée correspond au montant des primes 2014 et 2015 des assurances maladie complémentaires des demandeurs auprès de S._SA et de M._SA.

En droit :
1.
En vertu de l'art. 319 let. b ch. 1 CPC (Code de procédure civile du 19 décembre 2008, RS 272), le recours est recevable dans les cas prévus par la loi. L’art. 103 CPC dispose que les décisions relatives aux avances de frais peuvent faire l'objet d'un recours. En l’espèce, le litige porte sur le principe du paiement d'une avance de frais, de sorte que la voie du recours est ouverte.
Au sens de l'art. 103 CPC, les décisions relatives aux avances de frais comptent parmi les ordonnances d'instruction visées par l'art. 319 let. b CPC (Jeandin, CPC commenté, Bâle 2011, n. 14 ad art. 319 CPC), lesquelles sont soumises à un délai de recours de dix jours (art. 321 al. 2 CPC). Le recours, écrit et motivé, doit être introduit auprès de l'instance de recours (art. 321 al. 1 CPC), soit, en l'occurrence, la Chambre des recours civile (art. 73 LOJV [loi d’organisation judiciaire du 12 décembre 1979, RSV 173.01]), et doit émaner d'une partie ayant un intérêt digne de protection (art. 59 al. 2 let. a CPC).
Interjeté en temps utile par des personnes qui y ont un intérêt, le recours est recevable.
2.
Le recours est recevable pour violation du droit (art. 320 let. a CPC) et constatation manifestement inexacte des faits (art. 320 let. b CPC). L'autorité de recours dispose d'un plein pouvoir d'examen s'agissant de la violation du droit (Spühler, Basler Kommentar, 2
e
éd., Bâle 2013, n. 26 ad art. 319 CPC). Elle revoit librement les questions de droit soulevées par le recourant et peut substituer ses propres motifs à ceux de l'autorité précédente ou du recourant (Hohl, Procédure civile, tome II, 2
e
éd., Berne 2010, n° 2508).
3. a)
En l'espèce, les recourants contestent devoir verser une avance de frais en raison de l'objet de la procédure, qui concerne deux contrats d'assurances maladie complémentaires. Ils relèvent que, si le contentieux ne porte pas sur l'exécution ou les prestations des contrats litigieux, l'objet de l'affaire reste les primes d'assurances complémentaires indûment payées, de sorte que l'on est en présence d'un litige portant sur un contrat d'assurance complémentaire à l'assurance maladie obligatoire.
b)
En vertu de l'art. 113 al. 2 let. f CPC, il n'est pas perçu de frais judiciaire dans la procédure de conciliation portant sur des assurances complémentaires à l'assurance-maladie sociale au sens de la loi fédérale du 18 mars 1994 sur l'assurance-maladie (LAMal, RS 832.10).
c)
En l’espèce, dans la mesure où le litige opposant les parties porte sur une assurance complémentaire à la LAMal, il n’y avait pas lieu de réclamer à la recourante le paiement d’une avance de frais. Par ailleurs, cette avance de frais n’était pas davantage due en application de l’art. 115 CPC, les recourants n’ayant pas procédé de manière téméraire ou de mauvaise foi.
4.
Au vu de ce qui précède, le recours doit être admis et la décision entreprise annulée.
L’arrêt peut être rendu sans frais judiciaire (art. 10 TFJC [tarif des frais judiciaires civils du 28 septembre 2010, RSV
270.11.5])
.
Il n'y a pas lieu à l'allocation de dépens, à défaut de partie succombante, le premier juge ne pouvant être considéré comme tel, contrairement au canton en matière de refus injustifié d'octroyer l'assistance judiciaire (ATF 140 III 501 c. 4).