Decision ID: 1176cbd9-a82d-50b5-a292-b9ed088b529d
Year: 2020
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_004
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law

EN FAIT
, le contrat de bail conclu par les parties, portant sur la location d'un appartement de 4 pièces au 5
ème
étage de l'immeuble sis 1_ au D_ (Genève);
Attendu que le loyer, charges comprises, a été fixé en dernier lieu à 1'143 fr. par mois;
Qu'à la suite d'une vaine mise en demeure de régler la somme de 2'286 fr. à titre d'arriérés de loyer et de charges des mois de février et mars 2020, la bailleresse a, par avis officiels du 24 avril 2020, résilié le contrat de bail pour le 31 mai 2020;
Que les locaux n'ont pas été restitués par les locataires;
Que, par requête adressée le 18 juin 2020 au Tribunal des baux et loyers, la bailleresse a requis l'évacuation des locataires, assorties de mesures d'exécution directes du jugement d'évacuation, par la procédure de protection de cas clair;
Qu'à l'audience du 20 août 2020 devant le Tribunal, la bailleresse a persisté dans ses conclusions; qu'elle a indiqué que le montant de la dette s'élevait à 4'612 fr. et produit un décompte actualisé;
Que les locataires ne se sont pas présentés ni fait représenter;
Que la cause a été gardée à juger à l'issue de l'audience;
Que, par jugement
JTBL/563/2020
rendu le 20 août 2020, le Tribunal a condamné les locataires à évacuer de leur personne et de leurs biens l'appartement en cause (ch. 1 du dispositif), a autorisé la bailleresse à requérir l'évacuation par la force publique des locataires dès l'entrée en force du jugement (ch. 2), a débouté les parties de toutes autres conclusions (ch. 3) et a dit que la procédure était gratuite (ch. 4);
Que ce jugement a été notifié aux locataires par huissier judiciaire le 9 septembre 2020;
Vu le recours expédié le 18 septembre 2020 par les locataires contre ce jugement; qu'ils ont allégué de nouveaux faits et pris de nouvelles conclusions;
Qu'ils ont conclu à ce qu'il soit sursis à l'exécution de l'évacuation durant huit mois;
Qu'ils ont préalablement requis la suspension du caractère exécutoire des mesures d'exécution ordonnées par le Tribunal des baux et loyers;
Qu'invitée à se déterminer, la bailleresse a conclu, par écritures du 25 septembre 2020 au rejet de la requête d'effet suspensif, et, sur le fond, à l'irrecevabilité du recours et subsidiairement à son rejet;
Considérant,

EN DROIT
, que seule la voie du recours est ouverte contre les mesures d'exécution (art. 309 let. a et 319 let. a CPC);
Que le recours ne suspend pas la force de chose jugée, l'instance d'appel pouvant suspendre le caractère exécutoire (art. 325 al. 1 et 2 CPC);
Que l'instance de recours est habilitée à décider d'office ou sur requête de suspendre le caractère exécutoire (cf. Jeandin, in Commentaire Romand, Code de procédure civile 2
ème
éd., 2019, n. 6 ad art. 325 CPC);
Que la Présidente soussignée a compétence pour statuer sur la suspension du caractère exécutoire de la décision entreprise, vu la nature incidente et provisionnelle d'une telle décision et la délégation prévue à cet effet par l'art. 18 al. 2 LaCC, concrétisée par une décision de la Chambre civile siégeant en audience plénière et publiée sur le site Internet de la Cour;
Qu'en la matière, l'instance d'appel dispose d'un large pouvoir d'appréciation
(ATF
137 III 475
consid. 4.1; arrêts du Tribunal fédéral
5A_403/2015
du 28 août 2015 consid. 5;
5A_419/2014
du 9 octobre 2014 consid. 7.1.2);
Que, selon les principes généraux, l'autorité procède à une pesée des intérêts en présence et doit se demander, en particulier, si la décision est de nature à provoquer une situation irréversible; qu'elle prend également en considération les chances de succès du recours (arrêts du Tribunal fédéral
4A_337/2014
du 14 juillet 2014 consid. 3.1;
4D_30/2010
du 25 mars 2010 consid. 2.3);
Considérant que seules les mesures d'exécution ont été remises en cause par les recourants, de sorte que seule la voie du recours est ouverte;
Qu'il ne se justifie de suspendre le caractère exécutoire du chiffre 2 du jugement entrepris;
Qu'en effet, le recours n'est,
prima facie
et sans préjudice de l'examen au fond, dénué de chance de succès; que les recourants, qui n'ont pas comparu à l'audience du Tribunal, font valoir de nouveaux faits et prennent de nouvelles conclusions dans la présente procédure de recours, lesquels sont irrecevables en application de l'art. 326 al. 1 CPC;
Qu'en conséquence, la requête des recourants sera rejetée.
* * * * *