Decision ID: 68920053-93ac-5ead-a131-820b4e71e6d9
Year: 2014
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_006
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 

EN FAIT
que l'enfant E_, né le _ 2006 de l'union de A_ et B_ fait l'objet d'un suivi depuis l'année 2007 déjà.
Que par jugement du 27 septembre 2011, le Tribunal de première instance a prononcé le divorce des époux et attribué l'autorité parentale et la garde du mineur à A_, moyennant un droit de visite usuel en faveur du père.
Que plusieurs procédures de mesures protectrices avaient été intentées par les parties précédemment, dans un contexte de violence psychologique et verbale ayant conduit le 29 mai 2008 déjà le Tribunal de première instance à instaurer des curatelles d'assistance éducative et d'organisation et surveillance du droit de visite en faveur du mineur.
Que par requête urgente du 20 décembre 2013, la curatrice du mineur a interpellé le Tribunal de protection au sujet de la détérioration de la situation du mineur.
Que, d'une part, le conflit entre les parents qui se disqualifiaient l'un l'autre n’était pas résolu et que d'autre part des traces de contusion avaient été constatées sur l'enfant, celui-ci exposant avoir été frappé par sa mère.
Que, dans le courant du mois de novembre 2013, l'enfant a été diagnostiqué en urgence comme ayant subi une infection aux staphylocoques, devant être malade depuis plusieurs jours au moment de la consultation.
Qu'en décembre 2013, le SPMi a été nanti de courriers adressés à la régie d'immeuble par des voisins de A_, faisant état de leurs inquiétudes pour l'enfant, indiquant entendre des hurlements, des coups, des portes qui claquent et du tapage nocturne jusqu'à 4 heures du matin, les voisins ayant par ailleurs retrouvé A_ ivre ou en état de confusion, un couteau à la main.
Que les voisins faisaient également part du fait que la mère tenait des propos dénigrants à l'égard de son fils et jetterait des jouets de celui-ci par le balcon.
Qu'en novembre 2013 toujours, le SPMi a entendu A_, laquelle ne semblait pas avoir conscience de ses difficultés, ni de ses changements d'humeur, ni des incohérences tant dans ses propos que dans ses actes.
Que l'enfant présentait un état d'épuisement, devant s'adapter à l'instabilité et à l'imprévisibilité de l'humeur de sa mère, ce qui a incité le SPMi à préconiser, sur mesures provisoires, le retrait de la garde du mineur, et le placement chez son père.
Qu'après avoir exécuté les mesures d'instruction nécessaires, et notamment l'audition des parties, le Tribunal de protection a rendu l'ordonnance querellée.
Que dans son recours, la recourante fait grief au Tribunal de protection d'avoir prononcé la mesure de retrait de garde sans que les éléments à sa disposition ne permettent de parvenir à l'ordonnance de cette mesure.
Qu'elle estime que le Tribunal de protection ne pouvait pas tenir pour établie la situation de danger pour l'enfant.
Qu'elle estime encore que les investigations du SPMi étaient lacunaires.
Qu'elle conteste en outre la limitation importante du droit aux relations personnelles qui lui est imposée comme propre à entraver le bon développement de l'enfant.
Considérant

EN DROIT
que l'autorité de protection prend, d'office ou à la demande d'une personne partie à la procédure, toutes les mesures provisionnelles nécessaires pendant la durée de la procédure (art. 445 al. 2 CC), ce qui l'autorise en particulier à ordonner une mesure de protection à titre provisoire.
Que ces décisions provisionnelles peuvent faire l'objet d'un recours dans les dix jours à compter de leur notification auprès de la Chambre de surveillance de la Cour de justice (art. 445 al. 3 CC et 53 al. 1 et 2 LaCC).
Qu'en l'espèce, l'ordonnance querellée a été communiquée aux parties le 31 janvier 2014 et reçue dès lors au plus tôt le 3 février 2014.
Qu'adressé dans les forme et délai prévus par la loi et à l'autorité compétente, le recours est recevable.
Que la Chambre de céans examine la cause librement, en fait, en droit et en opportunité (art. 450 a al. 1 CC).
Que lorsqu'elle ne peut éviter autrement que le développement d'un mineur ne soit compromis, l'autorité de protection de l'enfant retire ce dernier aux père et mère et le place de façon appropriée (art. 310 al. 1 CC).
Que la cause du retrait réside dans le fait que le développement corporel et intellectuel ou moral de l'enfant n'est pas assez protégé ou encouragé dans le milieu dans lequel il vit.
Que les raisons de cette mise en danger du développement importent peu; elles peuvent être liées au milieu dans lequel évolue le mineur ou résider dans le comportement inadéquat de celui-ci, des parents ou d'autres personnes de l'entourage (arrêt du Tribunal fédéral
5A_535/2012
du 21 juin 2012 consid. 3.1).
Qu'à l'instar de toute mesure de protection de l'enfant, le retrait du droit de garde – composante de l'autorité parentale (ATF
128 III 9
consid. 4a) – est régi par les principes de subsidiarité, de complémentarité et de proportionnalité (Arrêt du Tribunal fédéral
5A_858/2008
du 15 avril 2009 consid. 4.2).
Qu'en l'espèce, la Chambre de surveillance considère que les principes rappelés ci-dessus ont été respectés par le Tribunal de protection s'agissant de la mesure provisoire prononcée par celui-ci en retrait de la garde de l'enfant à la mère.
Qu'en effet, le dossier contient assez d'éléments pour considérer que le développement physique et psychique de l'enfant ne pouvait plus être garanti de manière sereine auprès de sa mère.
Qu'il sera rappelé à la recourante que priment surtout dans le cadre de la prise de mesures de protection de l'enfant, l'intérêt et le besoin de protection de celui-ci.
Que dans le cas présent, il ressort du dossier que l'environnement auquel l'enfant est confronté lorsqu'il est auprès de sa mère, est instable et désécurisant.
Que cet état de fait a par ailleurs abouti à l'épuisement de l'enfant constaté par le Service de protection des mineurs, de sorte qu'il était nécessaire d'envisager toutes mesures pour qu'un cadre stable sécurisé et sain puisse être trouvé en sa faveur.
Que les craintes du Service de protection des mineurs, dont on rappelle qu'il suit cette situation depuis que l'enfant est âgé d'un an, les craintes des voisins relayées à l'égard de la régie, quant au comportement incohérent et inadéquat de la mère, ainsi que les constats médicaux suffisent à prendre des mesures provisoires telles que celles mises sur pied par le Tribunal de protection.
Que le Tribunal de protection, qui instruit la cause au fond, a dès lors à juste titre prononcé les mesures contestées.
Que le placement auprès du père est adéquat sur mesures provisoires, le dossier ne contenant aucune indication qui laisserait penser qu'il n'a pas les qualités requises pour s'occuper de l'enfant.
Que la Cour de céans relève pour le surplus qu'une expertise familiale est ordonnée, de sorte que le Tribunal de protection se prononcera sur le fond une fois cette mesure d'instruction diligentée.
Qu'en ce qui concerne le droit de visite prévu par le Tribunal de protection, il apparaît conforme aux circonstances du fait qu'il préserve au mieux les relations entre l'enfant et sa mère tout en extrayant celui-ci du cadre de vie inadéquat que lui prodiguait cette dernière et des dangers que celui-ci représentait pour le développement du mineur.
Que par conséquent le recours est infondé et la décision querellée sera confirmée.
Vu la nature de la cause (mesures de protection du mineur), la procédure de recours est gratuite (art. 81 al. 1 LaCC). Il n'y a pas lieu à allocation de dépens.
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