Decision ID: d8a6b98c-5952-55c5-92cf-949ad8c5b321
Year: 2014
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_013
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: public_law

EN FAIT
1) Monsieur A_, ressortissant pakistanais, s’est vu refuser par l’office cantonal de la population, devenu depuis lors l’office cantonal de la population et des migrations (ci-après : OCPM) le renouvellement de son autorisation de séjour pour études, par décision du 22 mars 2013.![endif]>![if>
2) Le 1
er
mai 2013, l’intéressé a saisi le Tribunal administratif de première instance (ci-après : TAPI) d’un recours, remis à la poste le 2 mai 2013, contre la décision précitée.![endif]>![if>
3) Par courrier, expédié par pli simple le 6 mai 2013, le TAPI a demandé à M. A_ de verser, avant le jeudi 6 juin 2013, une avance de frais de CHF 500.-.![endif]>![if>
Aucune suite n’ayant été donnée à cette requête, le TAPI a adressé à l’intéressé, le 24 juin 2013, un courrier recommandé lui accordant un ultime délai échéant le 9 juillet 2013 pour effectuer l’avance de frais, sous peine d’irrecevabilité.
4) Par pli recommandé du 27 juin 2013, le TAPI a adressé au recourant « un nouveau bulletin de versement avec la mention du compte du Pouvoir judiciaire » lequel annulait et remplaçait le précédent.![endif]>![if>
5) Par jugement du 16 juillet 2013, le TAPI a déclaré le recours irrecevable. L’avance de frais n’avait pas été effectuée dans le délai imparti.![endif]>![if>
6) Par acte mis à la poste le 18 septembre 2013, M. A_ a saisi la chambre administrative de la Cour de justice (ci-après : la chambre administrative) d’un recours contre le jugement précité.![endif]>![if>
Dès lors qu’il y avait eu de nombreux vols et dégradations dans les boîtes aux lettres de son immeuble, il avait fait le nécessaire pour que son courrier soit acheminé en poste restante. Ainsi, le courrier recommandé que le TAPI lui avait adressé le 24 juin 2013 avait été reçu le 28 juillet 2013 et celui du 27 juin 2013 le 20 (recte : 2) août 2013 soit postérieurement au prononcé du jugement litigieux. Il avait fait les démarches nécessaires pour recevoir son courrier et était injustement sanctionné par un jugement d’irrecevabilité.
Au surplus, le TAPI n’avait pas annexé de bulletin de versement au courrier recommandé du 27 juin 2013, ce qui violait le principe de la bonne foi.
7) Le 3 octobre 2013, le TAPI a transmis son dossier.![endif]>![if>
8) Le 23 octobre 2013, l’OCPM a conclu au rejet du recours. L’omission éventuelle de joindre une annexe au courrier du 27 juin 2013 n’avait pu tromper le recourant, dès lors que ce dernier n’en avait pris connaissance qu’après le prononcé du jugement et l’échéance du délai qui lui était accordé.![endif]>![if>
9) Dans le délai qui lui a été octroyé, le recourant n’a pas exercé son droit à la réplique et la cause a été gardée à juger le 25 novembre 2013.![endif]>![if>

EN DROIT
1) Interjeté en temps utile devant la juridiction compétente, le recours est recevable (art. 132 de la loi sur l'organisation judiciaire du 26 septembre 2010 - LOJ -
E 2 05
; art. 62 al. 1 let. a de la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 1985 - LPA -
E 5 10
).![endif]>![if>
2) Dans les procédures de recours en matière administrative, la juridiction saisie doit inviter le recourant à payer une avance de frais destinée à couvrir les frais et émoluments de procédure présumables. À cette fin, elle lui fixe un délai raisonnable (art. 86 al. 1 LPA). Si l’avance de frais n’est pas faite dans le délai imparti, la juridiction déclare le recours irrecevable (art. 86 al. 2 LPA). La législation genevoise laisse aux juridictions administratives une grande liberté d’organiser la mise en pratique de cette disposition, elles peuvent choisir d’envoyer la demande d’avance de frais d’entrée de cause par pli recommandé (
ATA/131/2011
du 1
er
mars 2011).![endif]>![if>
3) S’agissant d’un acte soumis à réception, telle une communication de procédure, la notification est réputée faite au moment où l’envoi entre dans la sphère de pouvoir de son destinataire (P. MOOR, Droit administratif, vol. 2, 3
ème
éd., 2011, Droit administratif, pp. 302-303, n. 2.2.8.3). Il suffit que celui-ci puisse en prendre connaissance (ATF
118 II 42
consid. 3b p. 44 ; 115 Ia 12 consid. 3b p. 17 ; Arrêts du Tribunal fédéral
2P.259/2006
du 18 avril 2007 consid. 3.1 ;
2A.54/2000
du 23 juin 2000 consid. 2a, et les références citées). Celui qui, pendant une procédure, omet de prendre les dispositions nécessaires pour que les envois postaux lui soient transmis ne peut se prévaloir de son absence lors de la tentative de notification d’une communication officielle à son adresse habituelle s’il devait s’attendre, avec une certaine vraisemblance, à recevoir une telle communication (ATF
130 III 396
consid. 1.2.3 p. 399 ; Arrêt du Tribunal fédéral
1C_549/2009
du 1
er
mars 2010 consid. 3.2.1, et les références citées). Un envoi est réputé notifié à la date à laquelle son destinataire le reçoit effectivement. Lorsque ce dernier ne peut pas être atteint et qu’une invitation à retirer l’envoi est déposée dans sa boîte aux lettres ou dans sa case postale, la date du retrait de l’envoi est déterminante. Toutefois, si l’envoi n’est pas retiré dans le délai de garde de sept jours, il est réputé avoir été communiqué le dernier jour de ce délai courrier (ATF
123 III 493
;
119 II 149
consid. 2 ;
119 V 94
consid. 4b/aa, et les références citées). S’agissant d’une décision qui n’est remise que contre signature du destinataire ou d’un tiers habilité, elle est réputée reçue au plus tard sept jours après la première tentative infructueuse de présentation (art. 62 al. 4 LPA).![endif]>![if>
a. Lorsque le destinataire donne l’ordre au bureau de poste de conserver son courrier, l’envoi recommandé est réputé notifié au plus tard le dernier jour du délai de garde, qui compte sept jours (ATF
127 I 31
précité). L’ordre de garder le courrier n’emporte, par conséquent, aucune dérogation aux principes généraux sur la notification des décisions sous pli recommandé (ATF
123 III 492
consid. 1 pp. 493-494 ;
113 Ib 87
consid. 2b pp. 89-90 ; Arrêt du Tribunal fédéral
1P.250/1995
consid. 2b.cc ; SJ
2001 I 573
consid. 5 p. 582 ; Arrêt du Tribunal fédéral
4A_476/2014
publié in SJ
2014 I 235
).
b. D’autres arrangements particuliers avec la Poste ne peuvent repousser l’échéance de la notification (ATF
127 I 31
précité). Lorsque le recourant a choisi de retenir les envois qui lui sont adressés en « poste restante », ce qui lui permet de les faire conserver pendant un mois selon les facilités que la Poste octroie, l’acte est également réputé notifié le dernier jour du délai de garde de sept jours et non pas le dernier jour du délai de garde d’un mois (ATF
113 Ib 87
précité consid. 2b pp. 89-90 ;
ATA/103/2013
du 19 février 2013 ;
ATA/493/2013
du 30 juillet 2013).
c. La fiction de la notification nécessite une règle claire, simple et avant tout uniforme (ATF
123 III 492
précité consid. 1 p. 493-494 et les références citées). Cela est également important pour l’autorité prenant la décision, d’éventuelles parties au litige et l’autorité de recours. La Poste jouit de la même liberté qu’une entreprise et ses employés ne sont plus liés comme des fonctionnaires aux principes de l’activité étatique. Dès lors, la date de la notification ne doit pas dépendre d’un comportement favorable aux clients ou d’une prolongation par inadvertance du délai de garde. Dans ce domaine, il n’est pas excessivement formaliste de toujours considérer la notification comme réalisée après l’écoulement de sept jours suivant la tentative de notification, indépendamment du délai concret de retrait octroyé par la Poste. Le moment de la notification fictive est toujours déterminable, puisque les sept jours débutent avec la tentative de remise de l’envoi, dont la date figure sur l’avis de retrait (
ATA/321/2012
du 22 mai 2012 ; SJ
2001 I 193
précitée consid. 2b pp. 196-197).
d. Les éléments qui précèdent s’appliquent pour autant que le destinataire ait dû s’attendre avec une certaine vraisemblance à recevoir une telle communication, cette condition étant en principe réalisée pendant toute la durée d’un procès (ATF
134 V 46
c. 4 ; ATF
130 III 396
c. 1.2.3 p. 399 ; Arrêt du Tribunal fédéral
4A_476/2013
du 6 janvier 2014 publié in SJ
2014 I 235
).
4) Les cas de force majeure sont réservés, conformément à l’art. 16 al. 1, 2
ème
phrase LPA. Tombent sous cette notion, les événements extraordinaires et imprévisibles qui surviennent en dehors de la sphère d’activité de l’intéressé et qui s’imposent à lui de façon irrésistible (
ATA/280/2012
du 8 mai 2012 consid. 4d ;
ATA/105/2012
du 21 février 2012 ;
ATA/586/2010
du 31 août 2010 consid. 4 et les références citées).![endif]>![if>
5) En l’espèce, ce sont les dispositions prises par le recourant, soit la conservation de son courrier en poste restante et les dates auxquelles il est allé le retirer, qui l'ont empêché de prendre connaissance à temps de la demande d’avance de frais. ![endif]>![if>
Il n'y a dès lors pas lieu en l'espèce de se départir de la jurisprudence précitée sur la conservation en poste restante et l’art. 62 al. 5 LPA, qui prévoit que, lorsqu’une personne n’a pas reçu un acte de procédure sans sa faute, le délai fixé part de la réception effective, ne trouve pas application.
L’éventuelle omission par le TAPI de joindre un bulletin de versement au courrier du 27 juin 2013, et l’imprécision du bulletin de versement expédié le 23 juin 2013, n’ont joué aucun rôle dans l’issue de la procédure, dès lors que ces plis n’ont en tout état pas été retirés, selon les dires du recourant, avant l’échéance du délai fixé.
6) Mal fondé, le recours sera rejeté.![endif]>![if>
7) Vu l’issue du litige, un émolument de CHF 400.- sera mis à la charge du recourant et aucune indemnité de procédure ne lui sera allouée (art. 87 LPA).![endif]>![if>
* * * * *