Decision ID: 6c2415a3-9111-4125-9caf-da417b379a19
Year: 2019
Language: fr
Court: VD_TC
Chamber: VD_TC_031
Canton: VD
Region: Région lémanique
Law Area: public_law

Vu les faits suivants:
A.
A._, ressortissant tunisien né le ******** 1991, est – d'après ses déclarations à la police – entré en Suisse en 2012. Il a demandé en vain l'asile. Depuis lors, il vit en Suisse sans autorisation. Il a été condamné à plusieurs reprises, en 2012, 2013, 2016 et 2017, pour séjour illégal. Il a également été condamné pour délit et contraventions à la loi fédérale sur les stupéfiants.
B.
Le 20 mai 2019, le Service de la population (SPOP) a rendu une décision, fondée sur les art. 64 ss LEI, par laquelle il a ordonné le renvoi de Suisse de A._. Cette décision indique les raisons suivantes: pas de visa ou de titre de séjour valable; signalement aux fins de non admission (interdiction d'entrée) dans RIPOL; menace pour l'ordre public, la sécurité intérieure ou les relations internationales de la Suisse. La décision contient ensuite un résumé au sujet des dix condamnations pénales prononcées en Suisse contre A._.
A propos du délai de départ, la décision expose ce qui suit: "En application de l'article 64d, alinéa 2 LEtr, le délai pour quitter la Suisse est fixé dans un délai de 24 heures dès lundi 20 mai 15h30 au motif suivant: La poursuite du séjour en Suisse constitue une menace pour la sécurité et l'ordre publics ou pour la sécurité intérieure ou extérieure du pays pour les motifs exposés ci-dessus".
La décision a été notifiée à A._ par la police cantonale vaudoise le 20 mai 2019 à 15h20.
C.
Le 21 mai 2019, par l'intermédiaire de son avocate, A._ a adressé à la Cour de droit administratif et public du Tribunal cantonal un recours contre la décision du SPOP du 20 mai 2019. Le recours ne comporte pas de conclusions sur le fond. Le recourant demande la restitution de l'effet suspensif. Il fait valoir qu'il est sur le point de requérir une autorisation de séjour en vue de son mariage avec une ressortissante suissesse, avec laquelle il serait fiancé depuis plusieurs mois. Cela étant, son avocate expose qu'elle a été constituée peu avant le dépôt du recours et qu'elle n'est pas en mesure d'apporter davantage d'éléments.
Le 22 mai 2019, le juge instructeur a informé le recourant, par l'intermédiaire de son avocate, qu'il avait la possibilité de compléter son acte de recours jusqu'à l'échéance du délai légal de recours.
Le 27 mai 2019, l'avocate du recourant a produit deux déclarations écrites, l'une du recourant et l'autre de B._, domiciliée à Versoix; cette dernière affirme être en couple avec le recourant et vouloir l'épouser mais elle doit toutefois attendre que son divorce soit prononcé. La déclaration du recourant se rapporte aussi à ce projet de mariage. Dans son courrier, l'avocate précise, en complément au recours, que son mandant fait valoir que B._ a engagé une procédure de divorce.
D.
Le SPOP a produit son dossier.

Considérant en droit:
1.
La décision attaquée est une décision de renvoi au sens de l'art. 64 de la loi sur les étrangers et l'intégration (LEI; RS 142.20). Elle peut faire l'objet d'un recours – en l'occurrence d'un recours de droit administratif au Tribunal cantonal, au sens des art. 92 ss de la loi sur la procédure administrative (LPA-VD; BLV 173.36) – dans les cinq jours ouvrables suivant sa notification, conformément à l'art. 64 al. 3 LEI.
La décision attaquée a été notifiée le lundi 20 mai 2019. Le délai de recours parvenait à échéance le lundi 27 mai 2019. Dans ce délai, le recourant, assisté d'une avocate, a déposé une déclaration de recours (du 21 mai 2019) ainsi que, le dernier jour, un complément (lettre du 27 mai 2019). Le recours, même complété dans le délai légal, ne comporte pas de conclusions, alors qu'il s'agit d'une exigence du droit cantonal (art. 79 al. 1 LPA-VD, par renvoi de l'art. 99 LPA-VD). Sa motivation est très brève. On comprend toutefois que le recourant demande implicitement l'annulation de la décision de renvoi en faisant valoir un projet de mariage avec une Suissesse. Dans cette mesure, il y a lieu d'entrer en matière.
2.
Le recourant ne conteste pas les motifs retenus dans la décision attaquée. Cela étant, il paraît se prévaloir de la règle permettant, à certaines conditions, à un célibataire étranger de déduire un droit à une autorisation de séjour en présence d'indices concrets d'un mariage sérieusement voulu et imminent avec une personne ayant le droit de résider durablement en Suisse. Or il est manifeste, sur la base du dossier, qu'il n'y a pas de projet de mariage imminent, puisque la personne que le recourant veut épouser est actuellement mariée. Le recourant n'est pas en mesure, actuellement, d'engager une procédure de mariage devant l'office de l'état civil et, par conséquent, il ne peut pas déposer une demande d'autorisation de séjour en vue de mariage. On ne voit pour le reste pas en quoi la décision attaquée serait contraire au droit fédéral.
Le recours, à l'évidence mal fondé, doit être rejeté selon la procédure simplifiée de l'art. 82 LPA-VD, sans échange d'écritures. Cela entraîne la confirmation de la décision attaquée.
3.
Le présent arrêt rend sans objet la demande de restitution de l'effet suspensif.
4.
Le recourant, qui succombe, doit supporter les frais de justice (art. 49 LPA-VD). Il n'y a pas lieu d'allouer des dépens.