Decision ID: 72877711-a4dc-52e6-930c-5229cb1e4077
Year: 2013
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_004
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law

EN FAIT
a.
Par requête expédiée le 12 novembre 2012, B_ sollicite de la Cour la rectification de son arrêt
ACJC/1572/2012
rendu le 5 novembre 2012 dans la cause C/19566/2009. La requérante fait valoir que le dispositif de cet arrêt, par lequel le jugement du Tribunal des baux et loyers est confirmé, ne constituerait pas la conséquence logique des considérants 3.5 et 3.6 de l’arrêt rendu par la Cour. Elle relève également que son appel joint, tendant au déboutement des conclusions en hausse de loyer de la partie bailleresse, n’est pas expressément mentionné.
b.
Par pli recommandé du 13 novembre 2012, la Cour a octroyé un délai de 10 jours à A_, en tant que bailleresse, pour se déterminer au sujet de cette demande de rectification.
c.
Par courrier du 22 novembre 2012, la bailleresse a sollicité une prolongation du délai susmentionné, dans la mesure où la voie du recours au Tribunal fédéral était toujours ouverte.
d.
Le 23 novembre 2012, la Cour a rejeté la requête en prolongation du délai.
e.
En date du 5 décembre 2012, les parties étant avisées que la cause était mise en délibération.

EN DROIT
1.
Selon l’art. 334 CPC, si le dispositif d’une décision est peu clair, contradictoire ou incomplet, ou qu’il ne correspond pas à la motivation, le Tribunal procède, sur requête ou d’office, à l’interprétation ou à la rectification de la décision.
Compte tenu du but poursuivi par la procédure de rectification, il n’y a pas lieu de prolonger le délai imparti à la citée, et pas davantage d’attendre que le délai pour déposer un éventuel recours au Tribunal fédéral soit échu. Il paraît au contraire dans l’intérêt du justiciable que les décisions susceptibles de recours soient rectifiées dans les meilleurs délais, notamment afin d’éviter d’inutiles procédures de recours.
2.
La loi ne prévoit par ailleurs aucun délai pour déposer une demande de rectification, le seul critère de recevabilité étant l’intérêt que la partie requérante peut encore avoir à l’ajustement qu’elle sollicite, et éventuellement le principe de la bonne foi en procédure (SCHWEIZER, in Code de procédure civile commenté, BOHNET/HALDY/JEANDIN/SCHWEIZER/TAPPY, 2011, no 13 ad art. 334 CPC).
En l’espèce, cet intérêt à la rectification de l’arrêt visé est manifeste.
3. 3.1
Il ressort du dossier de la cause que, par jugement du 20 juin 2011, le Tribunal des baux et loyers a partiellement validé l’avis officiel de majoration notifié le 6 août 2009 à la requérante, le loyer de l’intéressée étant fixé à 10'812 fr. par an, charges non comprises, dès le 1
er
avril 2010.
Suite à l’appel déposé par A_ en date du 29 août 2011, la requérante a déposé, le 3 octobre 2011, un appel joint, par lequel elle concluait à l’annulation du jugement et au déboutement de la bailleresse de ses conclusions en hausse de loyer.
3.2
Par arrêt du 5 novembre 2012 (
ACJC/1572/2012
), la Cour de céans a confirmé le jugement de première instance s'agissant de la répercussion sur le loyer du coût des travaux entrepris durant l’année 2008. Elle a ainsi considéré que le loyer de la requérante pouvait être augmenté de 14,96%, sur la base de ce critère, ce motif de hausse étant toutefois plus que compensé par la baisse du taux de l’intérêt hypothécaire de référence. S’agissant de l’évolution de l’indice des prix depuis la dernière fixation du loyer, elle a retenu qu’il ne pouvait en être tenu compte, dans le cas particulier. En effet, l'avis de majoration litigieux ne contenait aucune référence à l'évolution de l'ISPC. L'appel incident a ainsi été admis sur ce point. La Cour a dès lors considéré que le jugement attaqué devait être modifié, en ce sens que la bailleresse devait être déboutée de ses conclusions en majoration de loyer (consid. 3.5 et 3.6).
Sur cette base, il convenait non pas de confirmer le jugement de première instance, mais de le réformer, de manière à ce que l’avis de hausse litigieux ne soit pas validé.
Il y a dès lors lieu de constater que le dispositif de l’arrêt notifié aux parties dans la présente cause n’est, sur ce point, pas conforme à la motivation retenue par la Cour. Cette irrégularité, qui relève de l’inadvertance, doit en conséquence faire l’objet d’une rectification, en application de l’art. 334 CPC, le jugement
JTBL/708/2011
étant réformé au chiffre 1 de son dispositif en ce sens que la partie bailleresse est entièrement déboutée de ses conclusions en hausse de loyer. Les autres chiffres de ce dispositif sont maintenus.
4.
Il n’est pas prélevé de frais, ni accordé de dépens (art. 17 LaCC).
5.
Les décisions d’interprétation ou de rectification peuvent faire l’objet d’un recours, selon la même voie de recours que celle qui aurait été ouverte contre la décision d’origine (SCHWEIZER, op. cit., no 19, ad art 334 CPC). En l’espèce, la valeur litigieuse paraît être inférieure à 15'000 fr. au vu du considérant 1.2 de l’arrêt rendu le 5 novembre 2012.
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