Decision ID: dcc9bb40-bd77-554b-8733-f19f6155a2e9
Year: 2014
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_001
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law

EN FAIT
, que les époux A_, née le _ 1968, et B_, né le _ 1963, sont les parents de C_, né le _ 2004 à Genève;
Qu'à la suite d'une violente dispute conjugale, le mari a été incarcéré et libéré aux conditions, notamment, de prendre contact avec un médecin, afin de déterminer s'il a un problème d'alcool et d'entreprendre dans l'affirmative un suivi thérapeutique à ce sujet; de prendre contact avec l'association D_; de ne pas importuner son épouse de quelque façon que ce soit et de passer par des avocats s'agissant de l'organisation des relations avec l'enfant;
Que, par jugement sur mesures protectrices de l'union conjugale du 16 décembre 2010, le Tribunal de première instance a, notamment, attribué à A_ la jouissance exclusive du domicile conjugal ainsi que la garde sur C_, le droit de visite du père s'exerçant à raison d'une journée par semaine, avec passage de l'enfant au Point de Rencontre Liotard, a instauré une curatelle de surveillance des relations personnelles, condamné le mari à verser à l'épouse par mois et d'avance, allocations familiales non comprises, au titre de contribution à l'entretien de la famille, la somme de 370 fr. et fait interdiction à celui-là d'approcher celle-ci, d'accéder dans un périmètre de 300 mètres autour du domicile et de prendre contact avec elle notamment par téléphone, par écrit ou par voie électronique ou de lui causer d'autres dérangements;
Que, par arrêt du 23 septembre 2011, la Cour a porté la contribution à l'entretien de la famille à 1'100 fr. par mois dès le 12 mai 2010, puis à 300 fr. par mois dès le 1
er
novembre 2010;
Que A_ a requis le divorce par demande du 8 janvier 2014;
Que dans son rapport du 27 septembre 2013, le Service de protection des mineurs (ci-après : SPMi) a préconisé d'attribuer les droits parentaux à la mère, le droit de visite du père devant s'exercer chaque mercredi dès la sortie de l'école à 18h ainsi qu'un week-end sur deux, soit le samedi de 9h à 19h et le dimanche de 9h à 17h, le passage de l'enfant se faisant en bas de l'immeuble de la mère ou dans un lieu public agréé par le curateur; que la nuit du week-end pourra être incluse dès réception du premier test d'alcoolémie si le résultat est dans la norme; que le droit de visite comprendra également les deux dernières semaines des vacances d'été ainsi que, durant les années paires, la totalité des vacances de février et la première moitié des vacances de Noël et, les années impaires, la totalité des vacances d'octobre et la deuxième moitié des vacances de Noël; qu'enfin, le SPMi a préconisé le maintien de la curatelle instaurée et demandé au père de faire des tests sur sa consommation d'alcool de type CDT à quinzaine pendant quatre mois;
Que, par jugement du 20 décembre 2013, notifié le 23 décembre 2013, le Tribunal a prononcé le divorce des époux A_ et B_ et a, notamment, attribué l'autorité parentale et la garde sur C_ à sa mère (ch. 3), fixé le droit de visite du mercredi de la sortie de l'école à 18h, un week-end sur deux, du samedi 9h au dimanche 18h et la moitié des vacances scolaires, soit durant les années paires, pendant le mois de juillet, ainsi que la totalité des vacances de février et la première moitié des vacances de Noël et durant les années impaires, pendant le mois d'août, ainsi que la totalité des vacances d'octobre et la deuxième moitié des vacances de Noël, la soirée, nuit incluse, du 24 décembre étant passée avec la mère et la journée du 25 décembre (9h00 – 19h00) avec le père (ch. 4), dit que le passage de l'enfant se fera en bas de l'immeuble de la mère ou dans un lieu public choisi par les parties (ch. 5), ordonné le maintien de la curatelle d'organisation et de surveillance des relations personnelles au sens de l'art. 308 al. 2 CC pour une durée limitée à 18 mois (ch. 6), dispensé le père à contribuer en l'état à l'entretien du fils (ch. 9) et statué sur la liquidation du régime matrimonial (ch. 12);
Que par acte déposé le 3 février 2014 au greffe de la Cour de justice, A_ appelle des ch. 4, 9 et 12 de ce jugement, concluant notamment à ce que le droit de visite du week-end ne comporte pas la nuit et qu'il soit ordonné à B_ de faire des tests sur sa consommation d'alcool de type CDT, à quinzaine pendant six mois;
Que, dans sa réponse à l'appel, B_ forme appel joint, conclut à l'annulation des ch. 3, 4 et 5 du dispositif du jugement attaqué et sollicite l'attribution en sa faveur de l'autorité parentale et de la garde, un droit de visite identique à celui prévu dans le jugement étant réservé à la mère; il prend également des conclusions préalables et subsidiaires;
Que par arrêt du 23 mai 2014, la Cour a ordonné l'exécution provisoire des ch. 5 et 6 du dispositif du jugement du 20 décembre 2013;
Que par arrêt du 4 juillet 2014, la Cour a nommé une curatrice à C_;
Que par requête du 29 septembre 2014, cette dernière a requis des mesures superprovisionnelles et provisionnelles tendant à ce qu'un droit de visite d'un week-end sur deux ainsi que tous les mercredis de 13h à 18h30 soit fixé, que celui-ci comporte jusqu'en avril 2015 les vacances scolaires d'automne, une semaine en fin d'année 2014 et cinq jours en février 2015, que le passage de l'enfant soit fait en bas de l'immeuble où habite la mère, que le père soit invité à avertir en cas d'annulation ou de retard dans l'exercice du droit de visite, que C_ puisse appeler son père par téléphone ou skype au moins deux fois par semaine, que l'exécution provisoire du ch. 6 du dispositif du jugement du 20 décembre 2013 soit confirmée ainsi que, sous réserve de ce qui précède, également le jugement du 16 décembre 2010 tel que modifié par l'arrêt du 23 septembre 2011;
Que tant A_ que B_ ont appuyé la requête de mesures superprovisionnelles;
Considérant,

EN DROIT
, que la Cour, saisie d'un appel et d'un appel joint, est compétente pour statuer sur la requête de mesures superprovisionnelles et provisionnelles;
Qu'elle peut ordonner des mesures superprovisionnellesen cas d'urgence particulière (art. 269 al. 1 CPC);
Que la Présidente soussignée a compétence pour statuer sur la requête, vu la nature incidente et provisionnelle d'une telle décision et la délégation prévue à cet effet par l'art. 18 al. 2 LaCC, concrétisée par une décision de la Chambre civile siégeant en audience plénière et publiée sur le site Internet de la Cour;
Que, par ailleurs, les maximes inquisitoire et d'office sont applicables compte tenu de la présence d'enfants mineurs (art. 58 al. 2 et 296 CPC);
Qu'en l'espèce, il est retenu, sous l'angle de la vraisemblable, que les mesures superprovisionnelles requises par la curatrice sont dans l'intérêt de l'enfant, celui-ci étant demandeur de contacts avec son père qu'il n'a revu qu'une seule fois depuis le mois d'avril;
Qu'il est notoire que le rapport régulier et suivi avec chaque parent est un élément essentiel pour le développement affectif et identitaire d'un enfant (ATF
123 III 445
consid. 3c);
Que le père, en acquiesçant aux conclusions formées par la curatrice sur mesures superprovisionnelles, s'est engagé à avertir la mère en cas de retard ou d'annulation de l'exercice du droit de visite au minimum 24h à l'avance;
Que cet engagement est important, afin d'éviter à C_ une déception de dernière minute, l'enfant ayant été affecté par le passé lorsque son père n'était pas venu, sans avertir;
Que, par ailleurs, selon les indications fournies par le père à la curatrice, il aurait connu des problèmes de santé cet été, mais irait désormais mieux;
Qu'il est primordial que le père n'expose pas C_ à ces éventuels problèmes de santé, mais, au contraire, l'en préserve;
Qu'il est également très important pour l'enfant qu'aucun de ses parents ne critique l'autre en sa présence;
Que les conclusions sur mesures surprovisionnelles étant conformes à l'intérêt de l'enfant, elles seront ratifiées en tant qu'elles concernent les relations personnelles entre C_ et son père;
Que les parties ne se sont pas encore exprimées sur mesures provisionnelles ni sur le chef de conclusions pris par la curatrice sur le fond, tendant à ce qu'un rapport complémentaire soit rendu par le SPMi;
Que ces questions sont donc, en l'état, réservées;
Qu'il sera statué sur les frais judiciaires et dépens de la présente décision avec la décision sur mesures provisionnelles;
Que, rendue sur requête de mesures superprovisionnelles, la présente décision n'est susceptible d'aucun recours (ATF
139 III 86
cons. 1.1.1).
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