Decision ID: ee05b985-78d6-56a6-8300-f36147ed87e2
Year: 2014
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_006
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 

EN FAIT
A.
A_, originaire de _ (_) et _ (_), est né le _ 1970 à _. Il est marié depuis le _ 2006 à C_, née D_, originaire de _, _ (_) et _ (_), née le _ 1966 à _ (_). Auparavant, A_ s'était marié le _ 1997 à E_, née F_, dont il a divorcé le _ 2001. Aucun enfant n'était issu de cette union. Auparavant également, D_ s'était mariée à _ (_) le _ 1994 avec G_, dont elle a divorcé le _ 1999. Un enfant était issu de cette union, B_, née à _ le _ 1996, originaire de Genève. Les époux AC_ n'ont pas d'enfant commun.![endif]>![if>
B.
En date du 28 mars 2014, A_ a déposé une demande visant au prononcé de l'adoption de l'enfant B_, née le _ 1996, fille de son épouse. Il expose connaître l'enfant B_ depuis que celle-ci est âgée de sept ans et l'avoir élevée comme son propre enfant. La mère de l'enfant, C_, née D_, a soutenu la demande d'adoption de sa fille par son époux, exposant avoir vécu avec sa fille et son futur époux A_ depuis 2004, les trois formant depuis lors une famille. Elle soutient que son mari a eu pour l'enfant le rôle du père et qu'une relation basée sur la confiance et la complicité s'était construite entre eux. Pour le surplus, elle déclare que le père biologique de l'enfant a quitté définitivement la Suisse pour _ avec sa nouvelle famille depuis deux ans. Quant à l'enfant, elle soutient la demande de A_, exposant que celui-ci est devenu comme un père pour elle et a assumé son éducation; elle considère les parents de A_ comme ses grands-parents. Elle déclare former une famille unie avec A_ et sa mère, A_ étant devenu partie intégrante de sa vie depuis de nombreuses années. Elle relève également que son père biologique est parti depuis deux ans, définitivement, avec sa nouvelle famille en _.![endif]>![if>
Par courrier du 4 mars 2014, le père biologique, G_, né le _ 1960 en _ et domicilié en _, a déclaré renoncer à ses droits parentaux sur B_.
C.
L'adoptant et l'adoptée ont été entendus par le juge délégué de la Cour de justice lors de l'audience du 8 mai 2014. A_ a persisté dans sa demande d'adoption, B_ soutenant cette demande. Par courrier adressé à la Cour le 18 septembre 2014, A_ et B_ ont persisté à solliciter le prononcé de l'adoption.![endif]>![if>

EN DROIT
1.
Selon l'art. 268 al. 1 CC, l'adoption est prononcée par l'autorité cantonale compétente du domicile des parents adoptifs. A Genève, cette compétence est attribuée à la Chambre civile de la Cour de justice (art. 120 al. 1 let. c LOJ).![endif]>![if>
La Cour de céans est par conséquent compétente pour prononcer l'adoption, l'adoptant étant domicilié à Genève.
2.
Dans le cas d'espèce, l'enfant à adopter, née le 13 juin 1996, était mineure au moment du dépôt de la requête en mars 2014 mais est devenue majeure en cours de procédure.![endif]>![if>
Selon l'art. 268 al. 3 CC, lorsque l'enfant devient majeur après le dépôt de la requête, les dispositions sur l'adoption du mineur restent applicables si les conditions étaient réalisées auparavant.
En l'espèce, ce sont donc ces dispositions qu'il s'agit d'appliquer.
3.
3.1
Selon l'art. 264 CC, un enfant peut être adopté si les futurs parents adoptifs lui ont fourni des soins et ont pourvu à son éducation pendant au moins un an et si toutes les circonstances permettent de prévoir que l'établissement d'un lien de filiation servira au bien de l'enfant sans porter une atteinte inéquitable à la situation d'autres enfants des parents adoptifs.![endif]>![if>
S'agissant de l'adoption de l'enfant du conjoint, l'art. 264a al. 3 CC stipule qu'un époux peut adopter l'enfant de son conjoint s'il est marié avec ce dernier depuis cinq ans.
En outre, l'art. 265 al. 1 CC prescrit que l'enfant doit être d'au moins seize ans plus jeune que les parents adoptifs. D'autre part, selon l'al. 2 de cette disposition, l'adoption ne peut avoir lieu que du consentement de l'enfant, si ce dernier est capable de discernement.
Enfin, au sens de l'art. 265a al. 1 CC, l'adoption requiert le consentement du père et de la mère de l'enfant. Le consentement est déclaré par écrit ou oralement à l'autorité de protection de l'enfant du domicile ou du lieu de séjour des parents ou de l'enfant et il doit être consigné au procès-verbal (al. 2). Il est admis que le consentement donné directement à l'autorité chargée de prononcer l'adoption est valable (
Breitschmid
,
Basler Kommentar
,
Zivilgesetzbuch I, 3. Aufl., ad. art. 265a n° 8).
3.2
Dans le cas d'espèce, il ressort du dossier que A_, qui forme un couple avec C_ depuis 2004, est marié depuis 2006 avec elle et que le couple et l'enfant ont formé une famille depuis ce moment-là, A_ ayant fourni des soins et pourvu à l'éducation de l'enfant pendant toute sa minorité. Les conditions des art. 264 et 264a al. 3 CC sont dès lors réalisées, l'adoptant n'ayant en outre pas d'autre enfant. De même la condition relative au consentement de l'enfant est également réalisée, dans la mesure où celui-ci a été exprimé, tant oralement par-devant le juge délégué de la Chambre civile de la Cour de justice, que par écrit, à plusieurs reprises.
Le consentement de la mère de l'enfant, épouse de l'adoptant, a également été donné et figure au dossier. Tel est également le cas du consentement du père biologique de l'enfant, donné en date du 4 mars 2014. La différence d'âge prévue à l'art. 265 al. 1 CC est respectée.
Par conséquent, toutes les conditions au prononcé de l'adoption sont réalisées, de sorte que celle-ci pourra l'être.
3.3
Conformément à l'art. 267 al. 1 CC, l'enfant acquiert le statut juridique d'un enfant de ses parents adoptifs. Selon l'al. 2 de cette disposition, les liens de filiation antérieurs sont rompus, sauf à l'égard du conjoint de l'adoptant.
Par conséquent, il sera rappelé dans le dispositif du présent arrêt, que le lien de filiation est maintenu entre l'adoptée et sa mère.
4.
Les frais de la procédure, arrêtés à 1'000 fr. (art. 19 al. 1 et 3 let. a LaCC; 26 RTFMC) sont mis à la charge du requérant. Ils sont compensés entièrement avec l'avance de frais du même montant, qui reste acquise à l'Etat (art. 98, 101 et 111 CPC).
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