Decision ID: bbce7869-26be-5b6d-a7e2-e01496f2aacc
Year: 2016
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_014
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: social_law

Attendu en fait que par décision du 13 mai 2004, l’office de l’assurance-invalidité du canton de Fribourg a reconnu le droit de Monsieur à A_ (ci-après : l’assuré), né le _ 1956, à une rente entière d’invalidité à compter du mois de février 2002 ;
Que par décision du 8 décembre 2015, l’office de l’assurance-invalidité du canton de Genève (ci-après : OAI) a informé l’assuré que sa rente était supprimée avec effet rétroactif au 1
er
juin 2006, au motif qu’il avait recouvré une pleine capacité de travail ; que l’OAI a constaté qu’il exerçait à nouveau une activité lucrative depuis cette date et qu’il n’en avait pas informé l’OAI ;
Que par décision du 22 décembre 2015, l’OAI a réclamé à l’assuré le remboursement de la somme de CHF 179'524.-, représentant les prestations versées à tort du 1
er
décembre 2010 au 31 octobre 2015 ;
Que l’assuré, représenté par Me Monique STOLLER FÜLLEMANN, a contesté le 19 janvier 2016, la suppression de sa rente ; que la cause a été enregistrée sous le n° A/186/2016 ;
Que l’assuré a également interjeté recours le 28 janvier 2016 contre la décision du 22 décembre 2015 (cause n° A/299/2016) ; qu’il conclut, préalablement, à la restitution de l’effet suspensif et à la suspension de la présente cause jusqu’à droit connu dans la cause A/186/2016, et, principalement, à l’annulation de la décision ;
Que par courrier du 8 février 2016, la caisse cantonale genevoise de compensation (ci-après : la caisse) a recommandé la suspension de la procédure jusqu’à droit connu sur celle introduite parallèlement par le recourant ; que le même jour, l’OAI s’en est rapporté aux développements et conclusions de la caisse ;

Considérant en droit que conformément à l'art. 134 al. 1 let. a ch. 2 de la loi sur l'organisation judiciaire, du 26 septembre 2010 (LOJ -
E 2 05
) en vigueur dès le 1
er
janvier 2011, la chambre des assurances sociales de la Cour de justice connaît, en instance unique, des contestations prévues à l'art. 56 de la loi fédérale sur la partie générale du droit des assurances sociales, du 6 octobre 2000 (LPGA -
RS 830.1
) relatives à la loi sur l’assurance-invalidité du 19 juin 1959 (LAI -
RS 831.20
) ;
Que sa compétence pour juger du cas d’espèce est ainsi établie ;
Que le recours a été interjeté en temps utile (art. 60 LPGA) ; qu'il est ainsi recevable ;
Que le litige porte sur le droit de l’OAI de réclamer à l’assuré le remboursement de la somme de CHF 179'524.-, représentant les prestations versées à tort du 1
er
décembre 2010 au 31 octobre 2015 ;
Que le recourant sollicite préalablement la restitution de l’effet suspensif ;
Que la LPGA ne contient pas de dispositions propres sur l'effet suspensif ; que selon l'art. 55 al. 1 LPGA, les points de procédure qui ne sont pas réglés de manière exhaustive aux art. 27 à 54 LPGA ou par les dispositions des lois spéciales sont régis par la loi fédérale du 20 décembre 1968 sur la procédure administrative (PA) ; que l'art. 61 LPGA pose des exigences auxquelles doit satisfaire la procédure devant le tribunal cantonal des assurances, laquelle est réglée par le droit cantonal, sous réserve de l'art. 1 al. 3 PA ; que l'art. 56 LPGA, qui concerne le droit de recours, ne règle pas l'effet suspensif éventuel du recours (Ueli KIESER, ATSG-Kommentar, p. 562 ch. m. 16 ad art. 56 et la référence; ATF
129 V 376
consid. 4.3 in fine) ; que par renvoi de l'art. 1 al. 3 PA, l'art. 55 al. 2 et 4 PA, concernant le retrait de l'effet suspensif, s'applique à la procédure devant les autorités cantonales de dernière instance qui ne statuent pas définitivement en vertu du droit public fédéral ;
Que l'entrée en vigueur de la LPGA et de l'OPGA n'a rien changé à la jurisprudence en matière de retrait par l'administration de l'effet suspensif à une opposition ou à un recours ou de restitution de l'effet suspensif (arrêt précité P. du 24 février 2004) ; qu'ainsi, la possibilité de retirer l'effet suspensif à l'opposition (cf. art. 11 al. 1 et 2 OPGA) n'est pas subordonnée à la condition qu'il existe, dans le cas particulier, des circonstances tout à fait exceptionnelles qui justifient cette mesure ; qu'il incombe bien plutôt à l'autorité appelée à statuer d'examiner si les motifs qui parlent en faveur de l'exécution immédiate de la décision l'emportent sur ceux qui peuvent être invoqués à l'appui de la solution contraire (cf. RAMA 2004 no U 521 p. 447 et les références) ; que l'autorité dispose sur ce point d'une certaine liberté d'appréciation ; qu'en général, elle se fondera sur l'état de fait tel qu'il résulte du dossier, sans effectuer de longues investigations supplémentaires ; qu'en procédant à la pesée des intérêts en présence, les prévisions sur l'issue du litige au fond peuvent également être prises en considération ; qu'il faut cependant qu'elles ne fassent aucun doute ; que par ailleurs, l'autorité ne saurait retirer l'effet suspensif au recours lorsqu'elle n'a pas de raisons convaincantes pour le faire (ATF
124 V 88
s. consid. 6a,
117 V 191
consid. 2b et les références) ;
Qu'en l'espèce, l’OAI, dans sa décision du 22 décembre 2015, a expressément retiré l'effet suspensif à un éventuel recours ; que dans ses écritures du 8 février 2016, il ne se détermine pas sur la demande de rétablissement de cet effet suspensif ;
Qu'en l’espèce, s’agissant d’une demande de remboursement, l'effet suspensif au recours doit être rétabli ;
Qu’aux termes de l’art. 14 de la loi sur la procédure administrative, du 12 septembre 1985 (LPA -
E 5 10
), la procédure peut être suspendue lorsque son sort dépend de la solution d’une question de nature civile, pénale ou administrative pendante devant une autre autorité, jusqu’à droit connu sur ces questions ;
Qu’en l’espèce, la présente procédure et celle relative à la suppression de la rente d’invalidité à compter du 1
er
juin 2006, sont étroitement liées, de sorte qu'il se justifie de suspendre la première (A/299/2016) jusqu’à droit connu dans la seconde (A/186/2016) ;