Decision ID: 428cd845-7c43-53a3-802b-39cb530dab4a
Year: 2011
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_013
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: public_law

EN FAIT
1. Par arrêt du 27 juillet 2011, la chambre administrative de la section de la Cour de justice (ci-après : la chambre administrative) a admis le recours formé par Monsieur D_ contre un jugement du Tribunal administratif de première instance (ci-après : le TAPI) du 12 avril 2011 déclarant irrecevable pour défaut de paiement de l'avance de frais le recours que l’intéressé avait formé contre une décision sur opposition de l’administration fiscale cantonale (ci-après : AFC).
Une indemnité de procédure de CHF 1'000.- était allouée à M. D_, à la charge de l'Etat de Genève.
2. Le 2 septembre 2011, l'AFC a saisi la chambre administrative d'une réclamation sur indemnité.
En règle générale, l'indemnité de procédure était mise à la charge de la partie qui succombait. En l'espèce, le TAPI avait fait preuve de formalisme excessif et aucun reproche n'était formé à l'encontre de l'AFC, qui n'avait pas été invitée à se déterminer sur le recours. L'indemnité de procédure ne devait dès lors pas être mise à la charge de l'Etat de Genève, c'est-à-dire l'AFC, mais à celle du TAPI.
3. Cette réclamation a été transmise pour information le 7 septembre 2011 et la cause a été gardée à juger.

EN DROIT
1. Selon l'art. 87 al. 2 de la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 1985 (LPA -
E 5 10
), la juridiction administrative peut, sur requête, allouer à la partie ayant entièrement ou partiellement gain de cause, une indemnité pour les frais indispensables causés par le recours. L'indemnité arrêtée peut faire l'objet d'une réclamation dans un délai de trente jours dès la notification de la décision.
En l'espèce, interjetée dans ce délai et devant l'autorité compétente, la réclamation est recevable.
2. Dans l'arrêt du 27 juillet 2011, la chambre administrative a mis l'indemnité de procédure à la charge de l'Etat de Genève, comme elle le fait lorsque l'autorité succombe (cf.
ATA/107/2011
concernant le TAPI et l’office cantonal de l’inspection et des relations du travail ;
ATA/549/2011
concernant le département des constructions et des technologies de l'information ;
ATA/550/2011
concernant l'office cantonal de la population ;
ATA/496/2011
concernant le service du commerce ;
ATA/450/2011
concernant la cheffe de la police ;
ATA/451/2011
concernant le département de l'intérieur et de la mobilité ;
ATA/423/2011
concernant le département de l'instruction publique ;
ATA/425/2011
concernant l'office cantonal des automobiles et de la navigation ;
ATA/681/2009
confirmé par arrêt du Tribunal fédéral
2C_152/2010
du 24 août 2010 concernant le Conseil d’Etat).
Cette pratique s'explique aisément par le fait que les services et départements ne sont pas, en tant que tels, des sujets de droit et qu'ils agissent toujours pour le compte de l'Etat. Seul ce dernier pourrait, cas échéant, faire l'objet d’une procédure d’exécution forcée.
Au demeurant, le Tribunal fédéral procède de la même manière, que ce soit dans le domaine pénal (Arrêt du Tribunal fédéral
1B_305/2010
du 25 octobre 2010), civil (ATF
133 III 580
) et administratif (ATF
1P.531/2002
du 27 mars 2003).
En conséquence, c'est à tort que l'AFC considère que, en mettant l'indemnité à la charge de l'Etat de Genève, la chambre administrative l'a mise à sa charge. Cette administration n'est pas l'Etat de Genève, même si le département auquel elle appartient gère les finances du canton.
3. Au vu de ce qui précède, la réclamation sera rejetée. Il ne sera pas perçu d'émolument, conformément à la pratique de la chambre de céans (
ATA/100/2010
du 29 juin 2010).
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