Decision ID: 08aa4087-32a0-4567-88f4-46a9c770e136
Year: 2022
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_014
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: social_law

EN FAIT
A. a.
Le 3 janvier 2019, Madame A_ (ci-après : l’assurée), née en 1970, ayant exercé pour une banque une activité de « client advisor » et « relationship manager », a déposé une demande de prestations auprès de l’office de l’assurance-invalidité du canton de Genève (ci-après : OAI) en invoquant une allogreffe rénale suite à une insuffisance rénale chronique de stade 5 et une totale incapacité de travail depuis août 2016.
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b.
Par décision du 19 février 2020, l’OAI a nié à l'assurée le droit à toute prestation, faute d'atteinte à la santé invalidante.![endif]>![if>
B. a.
Par écriture du 2 avril 2020, l’assurée a interjeté recours contre cette décision en demandant l’audition de ses médecins, la mise sur pied d’une expertise judiciaire psychiatrique et, quant au fond, l’octroi d’une rente entière d’invalidité à compter du 1
er
juin 2019.![endif]>![if>
b.
Invité à se déterminer, l’intimé a conclu au rejet du recours, arguant que le suivi psychiatrique avait débuté après la décision litigieuse. ![endif]>![if>
c.
La recourante a répliqué en persistant dans ses conclusions et en produisant un document médical expliquant que la symptomatologie psychique était secondaire au traitement immunosuppresseur et à l’origine d’une incapacité de travail à long terme, très vraisemblablement depuis juin 2018.![endif]>![if>
d.
L'intimé a campé sur sa position en maintenant qu'il n'y avait pas eu d’atteinte psychiatrique sévère incapacitante antérieure à la décision litigieuse.![endif]>![if>
e.
Par écriture du 25 juin 2020, la recourante a indiqué s'être soumise, en juin 2020, à un examen neuropsychologique et a produit le rapport établi par Monsieur B_, psychologue FSP, le 18 juin 2020. Celui-ci avait conclu à un ralentissement de certaines tâches d’attention, à des difficultés en mémoire de travail et en apprentissage; il avait par ailleurs mis en évidence une fatigabilité importante. ![endif]>![if>
f.
Le 24 juillet 2020, l’intimé a admis la valeur probante de ce bilan et l'existence de troubles cognitifs de la mémoire de travail, de l’attention, ainsi qu'une fatigabilité entrant dans le cadre d’un trouble dépressif. Il a également reconnu une diminution de la capacité de travail, mais persisté à soutenir que ces troubles seraient postérieurs à la décision litigieuse.![endif]>![if>
g.
Trois médecins ont été entendus le 21 janvier 2021. ![endif]>![if>
h.
L’intimé, après avoir soumis les procès-verbaux des audiences d’enquêtes au service médical régional (SMR), a concédé que l’on pouvait admettre l'existence d'un trouble dépressif, difficile à évaluer en termes de gravité et de répercussions sur la capacité de travail. Il a maintenu que ses manifestations n'avaient été objectivées que postérieurement à la décision litigieuse, raison pour laquelle il a persisté à conclure à la confirmation de celle-ci. ![endif]>![if>
i.
La Cour de céans a estimé qu’il convenait de se déterminer précisément sur la gravité du trouble dépressif objectivé et ses répercussions sur la capacité de travail au fil du temps, raison pour laquelle elle a ordonné, le 9 février 2022, une expertise psychiatrique qu’elle a confiée au docteur C_ (
ATAS/92/2022
).![endif]>![if>
j.
Dans son rapport du 17 juin 2022, au terme d’une discussion extrêmement détaillée, l’expert a conclu que l’incapacité de travail de l’assurée était de 100% sans discontinuer depuis juin 2018, en raison d'un épisode dépressif sévère. ![endif]>![if>
k.
Par écriture du 21 juillet 2022, la recourante a conclu à l'octroi d'une rente entière à compter du 1
er
juin 2019. ![endif]>![if>
l.
Quant à l’intimé, par écriture du 2 août 2022, il s’est « rallié aux conclusions du SMR » (sic), lequel admettait une totale incapacité de travail depuis juin 2018.![endif]>![if>
m.
Invité par la Cour de céans à prendre des conclusions en bonne et due forme, l'intimé, le 9 août 2022, a conclu à l'octroi d’une rente entière dès juillet 2019, soit six mois après le dépôt de la demande de prestations. ![endif]>![if>
n.
Le 17 août 2022, la recourante a indiqué que cette proposition lui convenait, avec suite de frais et dépens.![endif]>![if>

EN DROIT
1.
La compétence de la Cour de céans, la recevabilité du recours, le droit applicable et l’objet du litige ont déjà été examinés dans l’ordonnance du 9 février 2022, de sorte qu’on peut y renvoyer.![endif]>![if>
2.
Le litige porte sur le droit de la recourante à une rente d'invalidité. ![endif]>![if>
3.
En vertu de l’art. 53 al. 3 LPGA, qui reprend le contenu de l’art. 58 al. 1 de la loi fédérale sur la procédure administrative du 20 décembre 1968 (PA -
RS 172.021
), l’autorité peut reconsidérer une décision ou une décision sur opposition contre laquelle un recours a été formé jusqu’à l’envoi de son préavis à l’autorité de recours.![endif]>![if>
Selon la jurisprudence du Tribunal administratif fédéral et la doctrine majoritaire, par « préavis » ou « réponse » au sens de ces dispositions, il faut entendre la ou les déterminations que l’assureur social est invité à présenter dans le cadre de l’échange d’écritures ordonné par l’autorité de recours.
La possibilité de reconsidérer s’étend jusqu’à l’échéance du délai dans lequel l’assureur social a été appelé à se déterminer pour la dernière fois, respectivement jusqu’à la fin de l’échange d’écritures, en d'autres termes jusqu'à l'échéance du délai dans lequel le droit de procédure ou le juge l'ont autorisé à s'exprimer, pour la dernière fois. Cette application temporelle large de l’art. 53 al. 3 LPGA et de l’art. 58 al. 1 PA apparaît conforme à la jurisprudence du Tribunal fédéral (cf.
ATAS/393/2021
).
En l'occurrence, l'intimé a proposé l'octroi d'une rente entière à compter de juillet 2019, ce qui correspond à une admission du recours.
Il convient donc de statuer en ce sens.
4.
La recourante obtenant gain de cause, une indemnité lui sera accordée à titre de participation à ses frais et dépens (art. 61 let. g LPGA; art. 6 du règlement sur les frais, émoluments et indemnités en matière administrative du 30 juillet 1986 [RFPA -
E 5 10.03
]), qui, compte tenu de la complexité de la cause, des écritures et des audiences, est fixée à CHF 4'800.-.![endif]>![if>