Decision ID: 35522789-cd54-5932-94d8-8bf8fe3ae84b
Year: 2018
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_001
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law

EN FAIT
, que par ordonnance du 3 octobre 2018, le Tribunal de première instance, statuant sur mesures provisionnelles, a attribué à B_ la jouissance du domicile conjugal sis 1_ [à] Genève, ainsi que du mobilier le garnissant (ch. 1 du dispositif), ainsi que la garde sur C_, née le _ 2007 (ch. 2), réservé à A_ un droit de visite sur C_, s'exerçant d'accord entre les parties, et au minimum un week-end sur deux du vendredi soir au dimanche soir 20h00 ainsi que durant la moitié des vacances scolaires (ch. 3), condamné A_ à verser à B_, par mois et d'avance, allocations familiales non comprises, les sommes de 13'600 fr. à titre de contribution à l'entretien de C_ (ch. 4) et de 54'300 fr. à titre de contribution à son entretien (ch. 5), statué sur les frais (ch. 6 et 7) et débouté les parties de toutes autres conclusions (ch. 8).
Qu'il ressort de cette ordonnance que durant le premier semestre 2017, A_ a reçu à titre de
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les sommes de 122'000 EUR le 16 janvier 2017, 14'500 EUR le 20 janvier 2017, 166'000 EUR le 7 mars 2017, 14'670 EUR le 13 avril 2017,
127'200 EUR le 9 mai 2017, 33'800 EUR le 24 mai 2017, 49'000 EUR le 9 juin 2017 et 231'000 EUR le 5 juillet 2017, soit une somme totale de 758'170 EUR; qu'il n'y a en revanche, entre le 5 juillet 2017 et le 17 novembre 2017, date de la fin du relevé produit, aucun versement au titre de
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versé par D_ LTD sur le compte bancaire produit par A_; que ce dernier tire également un revenu d'une activité de négociateur qu'il exerce en qualité de salarié au sein de E_ SARL depuis décembre 2014 et qu'il détient par ailleurs des parts dans diverses sociétés; qu'il est également propriétaire en nom propre d'un appartement et d'un studio sis à Genève, acquis en 2007, et estimés en 2015 à 5'632'000 fr. et 440'000 fr. ainsi que d'une [voiture de la marque] F_ (modèle 2012) d'une valeur estimée à 159'000 fr.;
Que par acte déposé au greffe de la Cour le 18 octobre 2018, B_ a formé appel contre cette ordonnance, concluant à l'annulation du ch. 5 de son dispositif et à ce que A_ soit condamné à lui verser une contribution d'entretien mensuelle de 58'800 fr. dès le 26 mai 2018 ainsi qu'une
provisio ad litem
de 60'000 fr.;
Que par acte expédié à la Cour le 18 octobre 2018, A_ a également formé appel contre cette ordonnance; qu'il a conclu à l'annulation des ch. 1, 4, 5 et 8 du dispositif de cette ordonnance et, cela fait, statuant à nouveau, à ce qu'aucune contribution d'entretien ne soit accordée à B_, à ce que la contribution qu'il doit verser à l'entretien de sa fille soit fixée à 5'000 fr., à ce que le domicile conjugal ne soit pas attribué à B_ et à ce qu'il soit rappelé à cette dernière son devoir de ne pas perturber les relations qu'il a avec sa fille;
Qu'il a conclu, préalablement, à la suspension du caractère exécutoire des ch. 1, 4, 5 et 8 de l'ordonnance attaquée; qu'il a allégué que sa situation financière ne lui permettait pas de verser les contributions d'entretien qu'il avait été condamné à payer; qu'il serait contraint de vendre à très court terme l'un ou l'autre de ses actifs à un prix qui ne serait pas favorable, ce qui lui causerait un préjudice difficilement réparable;
Qu'invitée à se déterminer, B_ a conclu au rejet de la requête d'effet suspensif; qu'elle invoque que A_ dispose des moyens financiers de s'acquitter des contributions d'entretien; que depuis son départ de Genève en 2011, il avait assumé ses obligations d'entretien à hauteur d'un montant de l'ordre de 1'000'000 fr. par an;
Que par réplique du 16 novembre 2018, A_ a contesté que sa situation n'était pas transparente, ayant produit des centaines de pièces, que B_ dispose d'une fortune non négligeable dont elle perçoit des revenus et qu'elle a perçu une somme de
135'800 fr. pour les mois d'octobre et novembre de sorte qu'elle n'est pas dans le dénuement;
Considérant,

EN DROIT
, que la Cour est saisie d'un appel au sens de l'art. 308 CPC;
Que le jugement querellé portant sur des mesures provisionnelles, l'appel n'a pas d'effet suspensif
ex lege
(art. 315 al. 4 let. b CPC);
Qu'à teneur de l'art. 315 al. 5 CPC, l'exécution de mesures provisionnelles peut exceptionnellement être suspendue si la partie concernée risque de subir un préjudice difficilement réparable, notion permettant de tenir compte également d'un préjudice de fait et s'examinant à l'aune de l'efficacité du jugement à rendre à l'issue de la procédure ordinaire, qui en serait compromise (ATF
138 III 378
consid. 6.3; arrêt du Tribunal fédéral
4P_5/2002
du 8 avril 2002 consid. 3a);
Que concernant le paiement d'une somme d'argent, à teneur de la jurisprudence du Tribunal fédéral, il appartient en particulier à la partie recourante de démontrer qu'à défaut d'effet suspensif, elle est exposée à d'importantes difficultés financières ou qu'elle ne pourra pas obtenir le remboursement du montant payé au cas où elle obtiendrait gain de cause au fond (arrêt du Tribunal fédéral
5A_708/2013
du 14 mai 2014 consid. 1.1);
Que le juge prendra également en considération les chances de succès du recours (ATF
115 Ib 157
consid. 2; arrêt du Tribunal fédéral
4D_30/2010
du 25 mars 2010 consid. 2.3);
Que l'autorité cantonale doit faire preuve de retenue et ne modifier la décision de première instance que dans des cas exceptionnels; elle dispose cependant d'un large pouvoir d'appréciation permettant de tenir compte des circonstances concrètes du cas d'espèce (ATF
137 III 475
consid. 4.1; arrêt du Tribunal fédéral
5A_403/2015
du 28 août 2015 consid. 5);
Qu'en l'espèce, il ressort de l'ordonnance attaquée que l'appelant estime son propre entretien (hors logement en 7'500 EUR, loyer de G_ [Berne] en 8'333 fr., charges de l'appartement de H_ [USA] en 322'965 USD et hors charges de l'appartement genevois en 55'283 fr.), à 50'000 fr., pour un revenu fixe qu'il affirme être limité à 20'400 EUR, ce qui paraît peu vraisemblable selon le Tribunal;
Qu'une telle affirmation ne semble pas manifestement erronée au vu des montants perçus en 2017;
Qu'il ressort en outre de la procédure que durant la vie commune et même encore après la séparation des parties en 2011, le train de vie de ces dernières était élevé et l'intimée a évalué le montant annuel total versé par l'appelant jusqu'au dépôt de la demande en divorce à 1'000'000 fr., soit un montant supérieur à celui qu'il a été condamné à verser;
Que les explications de l'appelant concernant la diminution subite, considérable et durable de ses revenus depuis juillet 2017, ne paraissent quant à elles,
prima facie
, à ce stade, pas d'emblée convaincantes ou pas entièrement convaincantes; qu'il n'explique pas pourquoi la valeur du fond dont il tire des
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avait subitement beaucoup baissé; que l'appel ne paraît ainsi pas manifestement fondé;
Qu'il appartiendra au juge qui statuera sur le bienfondé de l'appel de déterminer quels sont les revenus de l'appelant au terme de son analyse des éléments figurant à la procédure, la situation financière de l'appelant étant complexe;
Que l'appelant ne rend pas vraisemblable que la vente de certains biens, tels ses
biens immobiliers par exemple, pour s'acquitter de la contribution d'entretien s'effectuerait à perte et qu'il risque dès lors de subir un préjudice qui pourrait être qualifié de difficilement réparable;
Que pour le surplus, la requête d'effet suspensif n'est pas motivée en tant qu'elle porte sur le ch. 1 du dispositif de l'ordonnance attaquée, de sorte qu'il ne sera pas entré en matière à cet égard;
Qu'en définitive, au vu de ce qui précède, la requête tendant à suspendre le caractère exécutoire des ch. 1, 4, 5 et 8 du dispositif de l'ordonnance attaquée sera rejetée;
Qu'il sera statué sur les frais et dépens liés à la présente décision avec la décision au fond (art. 104 al. 3 CPC).
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