Decision ID: 75812e4e-1e14-5ed3-8df1-e626a882ba81
Year: 2021
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_004
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law

EN FAIT
, que par jugement
JTBL/60/2021
rendu le 26 janvier 2021, expédié pour notification aux parties le 27 janvier 2021, le Tribunal a condamné A_ et D_ à évacuer de leur personne et de leurs biens et de toute autre personne faisant ménage commun avec eux l'appartement situé au 4
ème
étage de l'immeuble sis 1_, à Genève, ainsi que la cave n
o
7 (ch. 1 du dispositif), a autorisé B_ SA à requérir l'évacuation par la force publique de A_ et D_ dès le 30
ème
jour après l'entrée en force du jugement (ch. 2), a débouté les parties de toutes autres conclusions (ch. 3) et a dit que la procédure était gratuite (ch. 4);
Que par acte expédié le 8 février 2021, A_ a interjeté appel contre ce jugement, concluant à son annulation et, cela fait, à l'irrecevabilité de la requête en évacuation déposée par B_ SA, subsidiairement à l'octroi d'un délai de départ de six mois;
Qu'il a, le même jour, formé recours contre ce jugement, concluant à son annulation et à l'octroi d'un délai de départ de six mois;
Qu'il a préalablement requis la suspension du caractère exécutoire des mesures d'exécution;
Que la bailleresse a conclu au rejet de cette requête, ainsi qu'au retrait de l'effet suspensif de l'appel interjeté;
Considérant,

EN DROIT
, que dans les affaires patrimoniales, l'appel est recevable si la valeur litigieuse au dernier état des conclusions est de 10'000 fr. au moins (art. 308
al. 2 CPC);
Que les contestations portant sur l'usage d'une chose louée sont de nature pécuniaire (arrêts du Tribunal fédéral
4A_388/2016
du 15 mars 2017 consid. 1;
4A_72/2007
du
22 août 2007 consid. 2);
Que la valeur litigieuse est déterminée par les dernières conclusions de première instance (art. 91 al. 1 CPC; Jeandin, Commentaire Romand, Code de procédure civile, 2
ème
éd. 2019, n. 13 ad art. 308 CPC);
Que si les conditions pour ordonner une expulsion selon la procédure sommaire en protection des cas clairs sont contestées, la valeur litigieuse équivaut au dommage présumé, si les conditions d'une expulsion selon l'art. 257 CPC ne sont pas remplies, correspondant à la valeur locative ou la valeur d'usage hypothétiquement perdue pendant la durée prévisible d'un procès en procédure ordinaire permettant d'obtenir une décision d'expulsion, laquelle a été estimée à six mois (ATF
144 III 346
consid. 1.2.1);
Qu'en l'espèce, la valeur litigieuse est inférieure à 10'000 fr. (loyer de 1'300 fr. x 6 mois = 7'800 fr.), de sorte que la voie de l'appel n'est pas ouverte;
Que la requête de l'intimée tendant au retrait de l'effet suspensif de l'appel est donc sans objet;
Considérant par ailleurs que le recours est recevable contre les décisions finales, incidentes et provisionnelles de première instance qui ne peuvent faire l'objet d'un appel (art. 319 let. a CPC);
Qu'il ne suspend pas la force de chose jugée, l'instance d'appel pouvant suspendre le caractère exécutoire (art. 325 al. 1 et 2 CPC);
Que la Présidente soussignée a compétence pour statuer sur la suspension du caractère exécutoire de la décision entreprise, vu la nature incidente et provisionnelle d'une telle décision et la délégation prévue à cet effet par l'art. 18 al. 2 LaCC, concrétisée par une décision de la Chambre civile siégeant en audience plénière et publiée sur le site Internet de la Cour;
Qu'en la matière, l'instance d'appel dispose d'un large pouvoir d'appréciation
(ATF
137 III 475
consid. 4.1; arrêts du Tribunal fédéral
5A_403/2015
du 28 août 2015 consid. 5;
5A_419/2014
du 9 octobre 2014 consid. 7.1.2);
Que, selon les principes généraux, l'autorité procède à une pesée des intérêts en présence et doit se demander, en particulier, si la décision est de nature à provoquer une situation irréversible; qu'elle prend également en considération les chances de succès du recours (arrêts du Tribunal fédéral
4A_337/2014
du 14 juillet 2014 consid. 3.1;
4D_30/2010
du 25 mars 2010 consid. 2.3);
Qu'en l'espèce, le recourant remet en cause tant le prononcé de l'évacuation que les mesures d'exécution ordonnées par le Tribunal des baux et loyers;
Qu'il se justifie de suspendre le caractère exécutoire du jugement entrepris, afin de ne pas vider le recours de son objet et de ne pas porter indûment atteinte aux intérêts du recourant;
Que le recours n'apparaît pas, prima facie et sans préjudice de l'examen au fond, dénué de chances de succès;
Qu'il convient également de tenir compte de la courte durée présumable de la présente procédure, jugée selon la procédure sommaire (art. 257 al. 1 CPC);
Que la requête du recourant sera en conséquence admise.
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