Decision ID: db46a523-2add-597c-b4ad-5bfa6d0a2040
Year: 2009
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_007
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 

EN FAIT
I_ SA est une société inscrite dès le 5 septembre 2001, dont le siège social est à Genève et qui poursuit le but social de procéder à des analyses économiques et de risques, des audits et certifications.
Sur réquisition d'A_ SA enregistrée le 14 juillet 2008, l'Office des poursuites (ci-après: l'Office) a notifié le 9 décembre 2008, dans le cadre de la poursuite n° 08 xxxx14 C, un commandement de payer à I_ SA, en la personne de son administrateur unique, M. G_.
Aucune opposition n'ayant été formée au commandement de payer, A_ SA a requis la continuation de la poursuite. Cette réquisition a été enregistrée par l'Office le 23 février 2009.
Le 29 avril 2009, une commination de faillite a été notifiée au domicile de son administrateur unique, M. G_, en mains de la personne avec laquelle il habite, Mme M_.
Le 8 mai 2009, I_ SA a déposé plainte contre la commination de faillite. Elle considère que le montant réclamé est inexact, ne tenant pas compte d'une somme de 3'000 fr. réglée par compensation de créance. De plus, une créance de 1'614 fr. est réclamée alors qu'elle considère qu'elle n'est pas débitrice de cette somme, de surcroît payée. La plaignante indique être en négociation avec sa créancière pour le règlement des sommes restant dues.
La décision attaquée n'étant pas jointe à la plainte, la Commission de céans a imparti par courrier recommandé du 15 mai 2009 un délai au 27 mai 2009 à la plaignante pour produire ce document ainsi que toutes autres pièces utiles, sous peine d'irrecevabilité de la plainte.
La plaignante a adressé par courrier du 26 mai 2009 un courrier, accompagné de la commination de faillite attaquée, ainsi que de pièces démontrant selon elle l'accord de sa créancière quant à la compensation de la créance et la preuve du règlement de la somme de 1'614 fr.
C. Ni l'Office ni A_ SA n'ont été invités à se déterminer, vu l'issue donnée à la présente plainte.

EN DROIT
1. Sauf dans les cas où la loi prescrit la voie judiciaire, il peut être porté plainte à l'autorité de surveillance lorsqu'une mesure d'un organe de l'exécution forcée est contraire à la loi ou ne paraît pas justifiée en fait (art. 17 al. 1 LP).
2. Sous réserve d’un abus de droit manifeste, il n’appartient ni aux offices des poursuites ni aux autorités de surveillance de décider si une prétention est exigée à bon droit ou non (ATF
115 III 18
consid. 3b ; ATF non publié
7B.219/2006
et
7B.220/2006
du 16 avril 2007 consid. 3.3). La plainte ne peut donc jamais aboutir à un jugement sur le fond du droit qui fait l’objet de l’exécution forcée : un tel jugement relève exclusivement de la juridiction civile ou administrative (Pierre-Robert
Gilliéron
, Poursuite pour dettes, faillite et concordat, 4
ème
éd., p. 43).
3. En l'espèce, la Commission de céans retient, à teneur de la plainte, que la plaignante conteste devoir tout ou partie des prétentions de son créancier, mais ne remet aucunement en cause le bienfondé des opérations exécutées par l'Office, dans le respect des dispositions légales en la matière.
Or, comme rappelé ci-dessus, il n'appartient pas à la Commission de céans de revoir la justification des créances à l'origine de la procédure de réalisation forcée et encore moins de se substituer au juge civil, pour déterminer si la prétention réclamée l'est à bon escient. Il aurait incombé à la plaignante, afin de préserver ses droits, de former opposition totale ou partielle à la poursuite, lorsque le commandement de payer lui a été notifié le 9 décembre dernier.
La Commission de céans se permet d'attirer l'attention de la plaignante sur le fait que seule sa créancière peut décider de requérir ou pas sa faillite à l'expiration du délai de 20 jour dès la notification (art. 166 al. 1 LP).
4. La plainte doit en conséquence être déclarée irrecevable, aucun abus manifeste de droit, sanctionné le cas échéant par la nullité de la poursuite considérée n’étant au demeurant établi ni même allégué.
5. La présente décision est rendue en application des art. 72 LPA et 13 al. 5 LaLP, soit sans instruction préalable, c’est-à-dire sans que l’Office des poursuites et le poursuivant n’aient été invités à se déterminer sur la plainte, compte tenu de l’issue manifeste qu’il faut donner à cette dernière.
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