Decision ID: e2cba369-aabd-50f1-911a-e6b06245d646
Year: 2019
Language: fr
Court: FR_TC
Chamber: FR_TC_001
Canton: FR
Region: Espace_Mittelland
Law Area: civil_law

considérant en fait
A. En date du 12 novembre 2018, B._ a fait notifier à A._ le commandement de payer n° ccc de l’Office des poursuites de la Gruyère pour un montant de CHF 100'266.65, correspondant à des cotisations dues en vertu de décisions de réparation du dommage. Le même jour, A._ a fait opposition totale au commandement de payer. Le 15 novembre 2018, B._ a requis la mainlevée définitive de l’opposition.
B. Par décision du 31 janvier 2019, le Président du Tribunal civil de l’arrondissement de la Gruyère (ci-après : le Président) a admis la requête de mainlevée définitive de l’opposition à concurrence de CHF 99'126.05, plus CHF 50.- de frais de rappel, ainsi que CHF 203.30 de frais de poursuite. Il a mis les frais judiciaires, par CHF 250.-, à la charge de l’opposant, de même que l’indemnité équitable de CHF 100.- allouée à B._.
C. Par acte du 18 février 2019, A._ a interjeté recours contre cette décision et a conclu à ce que sa nullité soit constatée, subsidiairement à ce qu’elle soit modifiée en ce sens que la mainlevée définitive de l’opposition soit prononcée à concurrence de CHF 41'878.- en capital. Il a également conclu à ce que les frais de première et seconde instances soient mis à la charge de B._ et à ce qu’une équitable indemnité pour les deux instances lui soit accordée. En outre, il a requis l’octroi de l’effet suspensif à son recours.
D. L’intimée n’a pas été invitée à se déterminer sur le recours.

en droit
1.
1.1. Seule la voie du recours (art. 319 ss du Code de procédure civile du 19 décembre 2008 [CPC]) au Tribunal cantonal est ouverte (art. 319 lit. a CPC), l'appel n'étant pas recevable contre une décision de mainlevée (art. 309 lit. b ch. 3 CPC). La procédure sommaire étant applicable (art. 251 let. a CPC), le recours doit être déposé dans les dix jours à compter de la notification (art. 321 al. 2 CPC), délai que le recourant a respecté. La Cour statue sans débats (art. 327 al. 2 CPC). La cognition de la Cour d’appel est pleine et entière en droit; s’agissant des faits, elle est limitée à leur constatation manifestement inexacte (art. 320 CPC). Conformément à l'art. 326 al. 1 CPC, les allégations de faits et les preuves nouvelles sont irrecevables au stade du recours.
1.2. La valeur litigieuse est de CHF 99'176.05.
2.
2.1. Le recourant conteste être débiteur des montants en poursuite. Il allègue que jusqu’au 8 mai 2017 il n’a exercé que la fonction de remplaçant ou de simple gérant au sein de l’ancienne société D._ Sàrl et n’avait pas une fonction de dirigeant de sorte qu’il ne saurait être responsable de l’absence de paiement des cotisations en poursuite avant cette date. Partant, seule la somme de CHF 41'878.-, relative à la période postérieure au 8 mai 2017, pourrait être hypothétiquement due par le recourant à titre de cotisations AVS non payées. A._ invoque également une violation de son droit d’être entendu, alléguant qu’il ne s’est pas vu notifier
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formellement les décisions rendues le 13 août 2018 par B._ à son encontre. Il relève qu’il ne pouvait en outre pas s’attendre à recevoir ces décisions étant donné que E._ était alors associé gérant président de la société D._ Sàrl. Cette violation entrainerait, selon le recourant, la nullité des décisions du 13 août 2018 et, partant, de la présente poursuite.
2.2. Aux termes des art. 80 et 81 LP, le juge doit prononcer la mainlevée définitive de l'opposition lorsque le créancier produit un jugement exécutoire ou un titre y assimilé, à moins que le débiteur ne prouve par titre que la dette a été éteinte ou qu'il a obtenu un sursis postérieurement au jugement, ou qu'il ne se prévale de la prescription.
De jurisprudence constante, la procédure de mainlevée, qu’elle soit provisoire ou définitive, est un incident de la poursuite. La décision qui accorde ou refuse la mainlevée est une pure décision d'exécution forcée dont le seul objet est de dire si la poursuite peut continuer ou si le créancier est renvoyé à agir par la voie d'un procès ordinaire. Le juge de la mainlevée examine seulement la force probante du titre produit par le créancier, sa nature formelle – et non la validité de la créance – et il lui attribue force exécutoire si le débiteur n'oppose pas immédiatement des exceptions (ATF 136 III 583 consid. 2.3, ATF 132 III 140 consid. 4.1.1). Il peut également examiner d'office si la poursuite est à l'évidence périmée ou nulle (ATF 139 III 444 consid. 4.1.1).
Aux termes de l’art. 80 al. 2 ch. 2 LP, les décisions des autorités administratives suisses, qu’elles soient fédérales, cantonales ou communales, sont assimilées aux jugements rendus par un tribunal et permettent au créancier de requérir la mainlevée définitive de l'opposition formée au commandement de payer; une fois passées en force de chose jugée, ces décisions sont ainsi exécutoires sur l’ensemble du territoire helvétique (STAEHELIN, Basler Kommentar, 2e éd., 2010, art. 80 n. 102). Dans la procédure de mainlevée définitive, le juge n'a ni à revoir, ni à interpréter le titre de mainlevée qui est produit (ATF 124 III 501 consid. 3a; ATF 113 III 6 consid. 1b). L'art. 81 LP exige, pour maintenir l'opposition formée par la partie poursuivie, la preuve par titre de l'extinction - totale ou partielle - de la dette; il appartient au poursuivi d'établir non seulement par titre la cause de l'extinction, mais aussi le montant exact à concurrence duquel la dette est éteinte (ATF 124 III 501 consid. 3b).