Decision ID: 74db54eb-405b-5062-96cb-1f15313fed1a
Year: 2021
Language: fr
Court: FR_TC
Chamber: FR_TC_001
Canton: FR
Region: Espace_Mittelland
Law Area: civil_law

considérant en fait
A. A._ et B._, nés respectivement en 1974 et 1982, se sont mariés en 2006. Deux enfants sont issus de leur union : C._, né en 2006, et D._, née en 2014.
Le 19 décembre 2018, l'épouse a introduit une procédure de mesures protectrices de l'union conjugale à l'encontre de son mari, avec qui elle faisait encore ménage commun. Dans ce cadre, les parties ont comparu à une audience du Président du Tribunal civil de la Gruyère (ci-après : le Président) du 27 mars 2019. Constatant les graves dissensions entre les parents, celui-ci a mis en œuvre une enquête sociale et instauré en faveur des enfants une curatelle éducative et de surveillance des relations personnelles.
Par courrier du 21 mai 2019, B._ a indiqué que la cohabitation avec son mari était devenue extrêmement difficile et, la veille, avait dégénéré dans la violence, au point que la police était intervenue et avait expulsé le conjoint du domicile conjugal pour une durée limitée.
Le 13 août 2019, le Service de l'enfance et de la jeunesse (ci-après : le SEJ) a déposé son rapport d'enquête sociale, auquel était annexé un compte-rendu de l'audition de l'enfant C._. Il y est relevé, en substance, qu'il était alors impossible d'évaluer les compétences éducatives des parents, tant les ressources personnelles de ces derniers étaient mobilisées par le conflit, et que si cette situation qualifiée de toxique devait perdurer, il conviendrait d'évaluer la pertinence d'un placement des enfants à des fins de protection. En revanche, si les parents parvenaient à s'entendre sur les modalités de la séparation, le SEJ préconisait que les enfants demeurent au domicile familial et que leur garde soit attribuée conjointement aux deux parents, moyennant une action éducative en milieu ouvert.
Le 16 avril 2020, l'épouse a déposé une requête de mesures superprovisionnelles, faisant état d'un nouvel épisode de violence survenu le 10 avril 2020, suite auquel la police avait prononcé l'expulsion du mari du domicile conjugal pour une durée de 7 jours. Par décision du 17 avril 2020, le Président a notamment autorisé les parties à vivre séparées pour une durée indéterminée, attribué le domicile familial à l'épouse et interdit au mari de le réintégrer, et confié la garde des enfants à la mère, sous réserve d'un droit de visite du père s'exerçant, à défaut d'entente contraire, un week-end sur deux.
Le Président a entendu les parties à son audience du 21 août 2020. Dans la mesure où le rapport d'enquête sociale datait d'une année, il a mandaté le SEJ afin qu'il soit procédé à une nouvelle audition des enfants C._ et D._, qui a eu lieu le 6 octobre 2020. Il a ensuite rendu sa décision le 23 février 2021. Il a notamment attribué le logement familial à l'épouse, maintenu l'autorité parentale conjointe sur les enfants, confié leur garde à la mère et réservé le droit de visite du père, qui à défaut d'entente contraire s'exercerait selon le planning 2021 établi par le curateur, celui-ci étant invité à examiner selon quelles modalités les visites pourraient être élargies, en particulier le mercredi soir et le vendredi après-midi. Il a aussi astreint A._ à verser, jusqu'en novembre 2024, une pension mensuelle de CHF 920.- pour C._ et de CHF 1'150.- pour D._, puis jusqu'en août 2032 une contribution d'entretien de CHF 1'020.- par mois pour la cadette uniquement, le tout plus allocations. Enfin, il a interdit aux deux conjoints d'aliéner les biens en leur possession sans l'autorisation expresse de l'autre époux, a rejeté tout autre ou plus ample chef de conclusions, en particulier la mise en œuvre d'une expertise et d'une thérapie sur la personne de l'épouse, et a décidé que chaque époux supporterait ses propres dépens et la moitié des frais judiciaires, sous réserve de l'assistance judiciaires octroyée à chacun d'eux.
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B. Par mémoire déposé au greffe du Tribunal cantonal le 6 avril 2021 et accompagné d'un classeur de pièces, en particulier un courrier écrit le 3 avril 2021 par l'enfant C._, le mari a interjeté appel contre la décision du 23 février 2021. Il prend les conclusions suivantes :
1. Les époux A._ et B._ sont autorisés à vivre séparés pendant une durée indéterminée.
2. Les deux parties ont l'obligation de collaborer et s'accorder sur l'intérêt supérieur de ses enfants, afin de lui proportionner un bon développement personnelle écartés de tous les conflits parentaux.
3. D'après l'évaluation de la justice et l'opinion des enfants, une garde partagée doit être envisagé, au cas où la requérante le refuse, une garde en faveur de l'intimé doit être accordé.
4. L'intérêt supérieur des enfants doit être respecté et suivi par le Service d'Enfance et Jeunesse jusqu'à une entente entre les parents.
5. A défaut d'une entente entre les parties, des mesures thérapeutiques doivent être ordonnées afin de traiter les additions et troubles mentaux.
6. Les parties doivent être poursuivies en justice pour toutes les anciennes et futures déclarations mensongères en justice, afin de démêler l'ambigu et éviter d'induire la justice en erreur.
7. Interdiction est faite aux parties d'aliéner les biens qui resteront en leur possession ou d'en disposer de quelque façon que ce soit sans autorisation de l'autre partie ou du juge.
8. L'assistance judiciaire doit être refusé aux deux parties, vu que les deux sont propriétaires d'un appartement et que l'intimé a toujours déclaré en justice que la requérante est la seule en possession d'une petite fortune accumulée depuis l'année 2004, que l'intimé estime à 200.000 CHF.
9. A défaut d'une bonne collaboration de la partie adverse, les frais judiciaires et toutes les dépenses de la présente procédure sont mis à la charge de la requérante.
Le 12 avril 2021, l'appelant a déposé auprès du premier juge – qui l'a transmis au Tribunal cantonal – un mémoire intitulé "Contestation de la décision du 23 février 2021". Son contenu est identique à celui de l'appel du 6 avril 2021 et il reprend les mêmes conclusions.
Le 11 mai 2021, le curateur des enfants a transmis un nouveau planning du droit de visite, qui est élargi au mercredi de 17.00 heures à 20.15 heures, avec l'accord des parents et des enfants. Il y est précisé qu'il sera difficile d'envisager d'autres élargissements tant que le mari n'est pas décidé à trouver un appartement, et que les parents vont tenter une médiation.
Dans sa réponse du 19 juillet 2021, B._ conclut au rejet de l'appel, frais et dépens à la charge de son mari. En parallèle, elle a sollicité l'assistance judiciaire pour l'appel, requête admise par arrêt du 26 juillet 2021.

en droit
1. 1.1. L'appel est recevable notamment contre les décisions finales de première instance, pour autant que, dans les affaires patrimoniales, la valeur litigieuse au dernier état des conclusions soit
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supérieure à CHF 10'000.- (art. 308 al. 1 let. a et al. 2 CPC). Le délai d'appel en procédure sommaire – qui régit notamment les mesures protectrices de l'union conjugale (art. 271 CPC) – est de 10 jours (art. 314 al. 1 CPC).
En l'espèce, vu l'objet de l'appel, par lequel le mari conteste notamment l'attribution de la garde sur les enfants mineurs, le litige dans son ensemble n'a pas de valeur patrimoniale appréciable en argent (arrêt TF 5A_218/2014 du 25 juin 2014 consid. 1.1), quand bien même il a néanmoins un aspect financier. C'est donc bien la voie de l'appel qui est ouverte.