Decision ID: bea68f51-2f32-4fcc-8953-174e74108f57
Year: 2022
Language: fr
Court: CH_BSTG
Chamber: CH_BSTG_001
Canton: CH
Region: Federation
Law Area: penal_law

La Cour des plaintes, vu:
 la procédure pénale menée depuis 2009 par le Ministère public de la
Confédération notamment pour les chefs de blanchiment d’argent,
escroquerie par métier, gestion déloyale, faux dans les titres et banqueroute
frauduleuse,
 le séquestre ordonné dans ce cadre et visant notamment le compte bancaire
détenu par A. AG auprès de la banque B., à Z. ainsi que l’immeuble de
bureaux sis dans cette dernière localité et appartenant à ladite société,
 l’acte d’accusation adressé le 20 février 2019 à la Cour des affaires pénales
du Tribunal pénal fédéral (ci-après: CAP-TPF; cause SK.2019.12),
 la tenue des débats du 26 janvier au 11 février 2021,
 le jugement – frappé d’appel – rendu par la CAP-TPF, dont le dispositif a été
communiqué aux parties le 23 avril 2021 et dans le cadre duquel cette
dernière autorité a notamment confisqué l’intégralité des avoirs saisis sur le
compte bancaire en cause,
 les nombreuses requêtes formulées depuis avril 2021 et par lesquelles A.
AG requérait la levée partielle du séquestre visant le compte bancaire dont
il est titulaire pour le règlement de diverses factures concernant les frais de
gestion, d’entretien et de manutention de l’immeuble susmentionné,
 les diverses écritures de la CAP-TPF répondant auxdites requêtes et par
lesquelles cette dernière a en substance invité A. AG a lui remettre les
informations concernant les baux en cours dans l’immeuble sis à Z. aux fins
de pouvoir se prononcer sur les levées partielles de séquestre requises, dès
lors que la confiscation prononcée le 23 avril 2021 concerne également les
loyers perçus et à percevoir,
 le recours interjeté le 17 mars 2022 par A. AG auprès de la Cour des plaintes
du Tribunal pénal fédéral (ci-après: la Cour) pour déni de justice à l'encontre
de la CAP-TPF et concluant en substance à ce qu'il soit ordonné à cette
instance de lever partiellement le séquestre visant son compte bancaire
auprès de la banque B. pour qu'il puisse honorer, notamment, le paiement
des factures courantes concernant le bien immobilier susmentionné (act. 1),
 la requête formulée dans le cadre de l’écriture précitée et tendant à ce que
ladite société soit mise au bénéfice de l’assistance judiciaire (BP.2022.27,
act. 1),
 l’absence de retour de la CAP-TPF quant à l’invitation transmise par la Cour
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de céans à déposer des observations quant au recours susmentionné
(v. act. 2),
 la motivation du jugement rendu par la CAP-TPF le 23 avril 2022 et notifiée
fin mars 2022 aux parties,

et considérant que:
 la Cour de céans examine d'office et en pleine cognition la recevabilité des
recours qui lui sont adressés (MOREILLON/DUPUIS/MAZOU, La pratique
judiciaire du Tribunal pénal fédéral en 2011, in JdT 2012 IV 5, p. 52, n. 199
et réf. citées);
 la Cour de céans est compétente pour traiter des recours pour déni de justice
et retard injustifié (art. 393 al. 2 let. a CPP) formés dans le cadre de
procédure pendante par-devant la CAP-TPF (art. 393 al. 1 let. b CPP et 37
al. 1 de la loi fédérale du 19 mars 2010 sur l'organisation des autorités
pénales de la Confédération [LOAP; RS 173.71]);
 la motivation du jugement rendu par la CAP-TPF le 23 avril 2021 a été
notifiée aux parties fin mars 2022, de sorte que le recours du 17 mars 2022
pour déni de justice interjeté par la recourante est devenu sans objet;
 il s’ensuit que la cause BB.2022.30 doit être rayée du rôle;
 à teneur de l'art. 428 al. 1 CPP, les frais de la procédure de recours sont mis
à la charge des parties dans la mesure où elles ont obtenu gain de cause ou
succombé (1re phr.), étant précisé que la partie dont le recours est
irrecevable ou qui retire le recours est également considérée avoir succombé
(2e phr.);
 il apparaît ainsi que le législateur n'a pas envisagé expressément la situation
dans laquelle une procédure de recours devient sans objet;
 la Cour de céans a eu l'occasion de poser le principe selon lequel la partie à
l'origine du fait qui a mis fin au litige doit être considérée comme étant la
partie qui succombe (TPF 2011 31; décisions du Tribunal pénal fédéral
BB.2019.199 du 10 décembre 2019 consid. 3.1; BB.2019.109 du 25 juillet
2019);
 en l'espèce, c'est la notification de la motivation du jugement de la CAP-TPF,
qui a rendu la cause sans objet;
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 par conséquent, la CAP-TPF est la partie qui succombe, de sorte que les
frais de la présente procédure seront pris en charge par la caisse de l'Etat;
 la demande d'assistance judiciaire formée par la recourante est partant
devenue sans objet (BP.2022.27);
 enfin, il n'y a pas Iieu d'allouer des dépens à la recourante qui n'a pas agi
par l'intermédiaire d'un mandataire professionnel et qui n'en réclame pas.
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