Decision ID: 34c18ec8-8f2a-546d-9fe4-46a3232edff1
Year: 2008
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_014
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: social_law

Attendu en fait que par arrêt du 18 avril 2007, le Tribunal fédéral des assurances a pris acte de ce que l'entreprise Y_ SA (ci-après l'entreprise) était assujettie, à partir du 1
er
juillet 2003, à la convention collective de travail pour la retraite anticipée dans le secteur principal de la construction (CCT RA) pour son secteur chapes et qu'elle était tenue de ce fait de s'acquitter des cotisations auprès de la X_, conformément aux art. 6 à 9 du règlement RA;
Qu'il a renvoyé la cause au Tribunal de céans afin que celui-ci se prononce sur la demande reconventionnelle de la X_; qu'en effet celle-ci avait requis le 27 octobre 2005 la condamnation de l'entreprise à lui verser les montants suivants, représentant les cotisations échues au jour du dépôt de la demande :
- Fr. 125'437.70 avec intérêts à 5% l'an dès le 22 avril 2005;
- Fr. 16'250.00 avec intérêts à 5% l'an dès le 31 mars 2005;
- Fr. 16'250.00 avec intérêts à 5% l'an dès le 30 juin 2005;
- Fr. 16'250.00 avec intérêts à 5% l'an dès le 30 septembre 2005;
Que par arrêt du 22 avril 2008, le Tribunal de céans a admis la demande de la X_;
Que par courrier du 5 juin 2008, la X_, représentée par Maître Christian BRUCHEZ, a déposé une demande d'interprétation dudit arrêt, reprochant au Tribunal de céans de n'avoir pas repris ses conclusions chiffrées dans le dispositif;
Que l'entreprise a par ailleurs déposé un recours en matière de droit public auprès du Tribunal fédéral le 6 juin 2008; que le 18 juin 2008, le Tribunal de céans a dès lors informé le Tribunal fédéral qu'il entendait rendre un jugement en interprétation;
Qu'invitée à se déterminer quant à la demande en interprétation, l'entreprise a, par courrier du 30 juin 2008, déclaré qu'elle s'en rapportait à justice;

Considérant en droit que
selon l’article 84 al. 1 LPA, la juridiction qui a statué interprète sa décision lorsqu’elle contient des obscurités ou des contradictions dans le dispositif ou entre le dispositif et les considérants;
Qu'à teneur de la jurisprudence du Tribunal administratif (ATA du 6 avril 1977 en la cause N° 77. VG. 45), il a été retenu que la demande d’interprétation était une voie de droit à caractère exceptionnel, les juges étant chargés de trancher les litiges et non pas de donner des consultations, que seul dès lors, le dispositif du jugement ou de l’arrêt constitue l’objet de l’interprétation comme l’a voulu notamment le législateur (Mémorial des séances du Grand conseil 1968, p. 3026 et références citées in ATA précité); que les considérants ne doivent être interprétés qu’en cas d’obscurités ou de contradictions avec le dispositif;
Qu'il peut se produire que des jugements comportent des dispositifs pas ou peu clairs; qu'il faut cependant que leurs destinataires connaissent avec exactitude leurs obligations; que la question est surtout importante pour les décisions ou jugements finals et définitifs, mais elle peut aussi se poser pour des décisions ou jugements incidents; que c’est pour faire face à ce besoin que les règles de la procédure contentieuse ont instauré la voie de recours extraordinaire du recours en interprétation (articles 145 OJF ; 69 PA ; 84 LPA);
Que l'interprétation peut se rapporter à des contradictions existant entre les motifs de la décision et le dispositif, mais non pas aux motifs en tant que tels (ATF
130 V 326
consid. 3.1,
110 V 222
); que les considérants ne peuvent faire l'objet d'une interprétation que si, et dans la mesure où il n'est pas possible de déterminer le sens de la décision (dispositif) qu'en ayant recours aux motifs (ATF
110 V 222
), que ne sont en revanche pas recevables les demandes en interprétation qui visent à la modification du contenu de la décision; qu'il n'est pas davantage admissible de provoquer, par la voie de la demande d'interprétation, une discussion d'ensemble sur la décision entrée en force (ATF
104 V 55
in fine);
Qu'en l'occurrence, dans le dispositif de son arrêt du 22 avril 2008, le Tribunal de céans s'est borné à indiquer que la demande de la X_ était admise;
Qu'il se justifie de compléter ce dispositif par des données chiffrées;
Qu'il y a toutefois lieu de rappeler que, s'agissant des cotisations dues pour l'année 2005, la X_ devra en établir le montant définitif sur la base de la masse salariale effective;