Decision ID: 4471109f-ca96-5936-8ac8-a9b59a8187e4
Year: 2011
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_013
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: public_law

EN FAIT
1. Par arrêt du 1
er
février 2011, expédié aux parties le 10 février 2011, la chambre administrative de la section administrative de la Cour de justice (ci-après : la chambre administrative) a rejeté le recours de Madame et Monsieur N_, dirigé contre la décision de la commission cantonale de recours en matière administrative (ci-après : la commission), devenue depuis le 1
er
janvier 2011 le Tribunal administratif de première instance (ci-après : TAPI), du 19 juillet 2010. Ce faisant, la chambre de céans a mis à charge des recourants, pris conjointement et solidairement, un émolument de CHF 1'500.- et a alloué à S_ S.A., à Monsieur S_, à I_ SàRL ainsi qu’aux copropriétaires de l’immeuble Q_, pris conjointement et solidairement, une indemnité de procédure de CHF 1'500.- à charge de l’Etat de Genève.
2. Par courrier interne du 19 avril 2011, reçu par la chambre de céans le 21 avril 2011, le département des constructions et des technologies de l’information (ci-après : DCTI) a sollicité la rectification de cet arrêt en application de l’art. 85 de la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 1985 (LPA -
E 5 10
), se disant persuadé que ledit arrêt comportait une faute de rédaction. Le DCTI ne s’expliquait pas « qu’une indemnité de procédure soit mis à sa charge », (
recte
: à charge de l’Etat de Genève), dès lors que le recours des époux N_ avait été rejeté et qu’en conséquence, l’autorisation de construire qu’il avait délivrée se trouvait confirmée.
3. Le 5 mai 2011, le conseil des copropriétaires de l’immeuble Q_ a fait savoir qu’il avait réclamé les dépens mis à charge de l’Etat, quand bien même cette partie du dispositif de l’arrêt lui avait paru incongrue. Il s’en rapportait à justice sur la requête du DCTI.
4. Le 16 mai 2011, les époux N_ ont fait valoir que la contestation soulevée par le DCTI ne pouvait faire l’objet d’une simple rectification, car il ne s’agissait pas d’une erreur de plume. La répartition des dépens aurait pu faire l’objet d’un appel auprès du Tribunal fédéral dans les trente jours, l’arrêt querellé ayant été reçu le 11 février 2011, ou alors d’une demande en interprétation dans les trente jours également, ce qui n’avait pas été le cas. Aussi, le DCTI devait-il être débouté.
5. Invités à faire parvenir leurs éventuelles observations, les copropriétaires ont répondu le 1
er
juin 2011 qu’ils n’avaient pas d’observation à déposer.
6. Le 30 juin 2011, le DCTI a persisté dans sa demande, considérant qu’au vu de l’issue du litige, il n’avait aucune raison de s’attendre à devoir faire face au paiement d’une indemnité de procédure, dès lors qu’il avait obtenu pleine satisfaction.
7. Selon le relevé manuscrit des notifications faites par courrier interne entre la chambre de céans et le DCTI, et dont une copie caviardée a été adressée pour information aux parties le 14 juillet 2011, il apparaît que le DCTI a réceptionné l’arrêt querellé le 14 février 2011.
8. Sur quoi, la cause a été gardée à juger.

EN DROIT
1. La juridiction administrative qui rend la décision statue sur les frais de procédure et les émoluments. Ceux-ci peuvent faire l’objet d’une réclamation dans le délai de trente jours dès la notification de la décision (art. 87 al. 1 et 4 LPA).
2. L’interprétation est prévue par l’art. 84 LPA en cas d’obscurité ou de contradiction dans le dispositif ou entre le dispositif et les considérants. Une telle demande doit également être présentée dans les délais prévus pour les recours, soit dans les trente jours, tel que cela résulte de l’art. 62 al. 1 let. a LPA, quand bien même c’est l’art. 63 qui est visé par l’art. 84 LPA dans sa nouvelle teneur dès le 1
er
janvier 2011.
3. De toutes ces voies de droit, seule la rectification peut être effectuée en tout temps. Elle ne peut porter que sur les fautes de rédaction et les erreurs de calcul (art. 85 LPA).
4. Si la chambre de céans a commis une erreur en infligeant à l’Etat de Genève, pris conjointement et solidairement avec les autres intimés, le paiement d’une indemnité de procédure, il appartenait à l’Etat de Genève, respectivement au département compétent, de déposer dans les trente jours dès réception de l’arrêt en question une réclamation sur indemnité en application de l’art. 87 al. 4 LPA précité. Il ne s’agissait, en l’espèce, pas d’une faute de rédaction ou d’une erreur de calcul. Partant, la demande en rectification est irrecevable.
5. Celle-ci peut être traitée comme une réclamation sur indemnité, mais elle est irrecevable également pour cause de tardiveté. Il en serait de même d’une demande en interprétation.
6. Malgré l’issue du litige et compte tenu de sa pratique, la chambre de céans renoncera à infliger un émolument au département, la procédure n’étant pas gratuite (art 11 al. 2 du règlement sur les frais, émoluments et indemnités en procédure administrative du 30 juillet 1986 - RFPA -
E 5 10.03
;
ATA/544/2010
du 4 août 2010). Vu les circonstances du cas d’espèce, elle renoncera à allouer une indemnité de procédure pour la présente cause aux époux N_, même si ceux-ci y ont conclu.
* * * * *