Decision ID: 4dac8a86-8351-5787-934f-2edd3e648df5
Year: 2008
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_014
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: social_law

EN FAIT
Monsieur P_ (ci-après : le recourant) a conclu un contrat avec Helsana Assurances SA (ci-après : l'intimée) pour l'assurance-maladie obligatoire des soins pour l'année 2006. Le montant des primes était de 227 fr. 50.
Le recourant a bénéficié d'un subside du Service de l'assurance-maladie (ci-après : SAM) pour les mois de janvier et février 2006, en raison de l'aide financière reçue de l'Hospice général à partir de septembre 2005 (attestation de l'Hospice général du 10 octobre 2005).
Par courrier du 16 mars 2006, l'Hospice général a pris acte de la renonciation du recourant à cette aide financière.
Par courrier du 31 mai 2006, le SAM a délivré au recourant une nouvelle attestation indiquant que le subside couvrant entièrement sa prime d'assurance serait remplacé dès le 1
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juillet 2006 par un subside partiel maximal de 80 fr., avec communication à l'intimée du nouveau montant du subside. Le SAM mentionnait encore que le solde de la prime d'assurance-maladie serait payé directement à l'intimée par le service d'aide social.
Par décision du 2 juin 2006, le SAM a annulé le droit au subside du recourant dès le 1
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juillet 2006. Cette décision faisait suite à la suppression de l'aide sociale par l'Hospice général. Il était demandé au recourant de reprendre le paiement de ses primes et à l'assureur-maladie de tenir compte de cette décision. Le SAM mentionnait encore pour le recourant la possibilité de déposer une demande de subside ordinaire.
En octobre 2006, l'intimée a établi une nouvelle police d'assurance prenant effet au 1
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janvier 2007, avec une prime mensuelle de 226 fr. 50, une franchise de 2'500 fr. et une quote-part de 10%.
Le 11 novembre 2006, un commandement de payer no 06 226867 R a été notifié au recourant par l'Office des poursuites (OP) à la demande de l'intimée. Il se rapportait aux primes impayées pour les mois de juillet à septembre 2006, d'un montant de 1'269 fr. 70 avec intérêts à 5% dès le 3 août 2006, plus 30 fr. de frais d'intervention et 40 fr. de frais de rappel.
Le recourant y a fait opposition le jour même.
Par décision du 30 novembre 2006, le SAM a fixé le montant du subside à 60 fr. par mois depuis le 1
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mars 2006 pour le recourant, avec indication qu'il donnait ordre à l'intimée de déduire ce montant des primes d'assurance-maladie correspondantes.
En date du 9 décembre 2006, l'intimée a établi une facture de primes, qui laisse apparaître un total en faveur du recourant de 53 fr. 50. Les chiffres suivants sont mentionnés :
pour les mois de mars à juin 2006 : primes : 590 fr. et ristourne : 590 fr.;
pour les mois de mars à décembre 2006 : primes : 2'275 fr. - 600 fr. (réduction cantonale des primes), soit un total restant de 1'675 fr.;
pour les mois de juillet à décembre 2006 : primes : 1'365 fr. et ristourne : 1'365 fr.;
pour le mois de janvier 2007 : prime : 226 fr. 50.
Le 4 décembre 2006, l'intimée a prononcé la mainlevée de l'opposition faite au commandement de payer no 06 226867 R pour les primes de juillet à septembre 2006.
Par courrier du 11 janvier 2007, le recourant a notamment constaté que ses primes n'avaient pas été réajustées malgré les subsides 2006 et 2007.
Le 14 février 2007 a été notifié au recourant un second commandement de payer no 07 110004 J, pour les primes demeurées impayées d'octobre à décembre 2006, soit un montant de 682 fr. avec intérêts à 5% dès le 1
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novembre 2006, plus 30 fr. de frais d'intervention et 40 fr. de frais de rappel.
Le recourant a fait opposition à cet acte le même jour.
Par décision du 14 février 2007, le SAM a délivré une nouvelle attestation pour le subside 2006 au recourant avec un montant fixé à 80 fr. dès le 1
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mars 2006, avec instruction à l'intimée de déduire ce montant des primes 2006. Ce nouveau montant faisait suite à l'avis de taxation 2005 (courrier du 30 janvier 2007 du SAM au recourant).
Par courrier du 17 février 2007, le recourant a demandé au SAM d'intervenir auprès de l'intimée pour obtenir un relevé clair sur l'ensemble des primes perçues en 2006.
Par courrier du 3 mars 2007, l'intimée a établi à destination du recourant une facture des primes, laissant apparaître un total de 26 fr. 50 en sa faveur. Les chiffres suivants étaient mentionnés :
de mars à décembre 2006 (primes corrigées) : primes : 2'275 fr. - 800 fr.(réduction cantonale des primes), soit un total de 1'475 fr.;
de mars à décembre 2006 : primes : 1'675 fr. et ristourne : 1'675 fr.;
pour avril 2007 : prime : 226 fr. 50.
Par décision du 5 mars 2007, l'intimée a prononcé la mainlevée de l'opposition faite au commandement de payer poursuite no 07 110004 J pour les primes impayées d'octobre à décembre 2006, d'un montant de 682 fr. 50 auquel s'ajoutait les intérêts et les divers frais, en raison du défaut de paiement du recourant.
Le 30 avril 2007, l'intimée a fait parvenir au recourant un rappel pour les primes de février à avril 2007, d'un montant de 319 fr. 50, auquel s'ajoutaient les intérêts à 5% du 19 février 2007 au 30 avril 2007 et 70 fr. de frais de rappel, de retard et de "justice", lui accordant cinq jours pour s'acquitter du montant dû, sous peine d'user de la voie des poursuites.
Par décision du 29 mai 2007, l'intimée a informée le recourant qu'elle retirait les poursuites 06 226867 R et 07 110004 J, compte tenu de la subvention dont il bénéficiait et qu'elle avait enregistrée tardivement. Elle confirmait que la prime mensuelle pour l'année 2006 s'élevait à 147 fr. 50, sauf pour les mois de janvier et février 2006 qui bénéficiaient d'une subvention de 100%.
Elle rendait toutefois attentif le recourant que les primes des mois de mars à décembre 2006, totalisant 1'475 fr., restaient impayées et lui fixait un délai au 20 juin 2007 pour s'acquitter de ce montant, sous peine d'une nouvelle poursuite.
En date du 13 juin 2007, un commandement de payer no 07 163717 A a été notifié au recourant réclamant le paiement des primes de février à avril 2007, soit un montant de 319 fr. 50, portant intérêts à 5% dès le 19 février 2007, plus 30 fr. de frais d'intervention et 40 fr. de frais de rappel.
Le recourant y a fait opposition le même jour.
Par décision du 5 juillet 2007, l'intimée a prononcé la mainlevée de l'opposition faite au commandement de payer no 07 163717 A pour un montant de 425 fr. 05 comprenant les primes impayées de février à avril 2007 (319 fr. 50), portant intérêts à 5% dès le 19 février 2007 (5 fr. 55), les frais de poursuites (30 fr.), les frais de justice (30 fr.) et les frais de rappel (40 fr.).
L'intimée a adressé un rappel au recourant le 17 juillet 2007 pour les primes impayées de mars 2006 à janvier 2007 totalisant 1'621 fr. 50, somme à laquelle s'ajoutaient 84 fr. 65 correspondant à un intérêt de 5% de retard pour la période du 1
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juillet 2006 au 17 juillet 2007 et 150 fr. de rappel, de retard et de justice. Elle accordait au recourant un délai de cinq jours pour s'acquitter de ces montants, sous peine de poursuites.
Le 31 juillet 2007, le recourant a fait opposition à la décision de mainlevée portant sur la poursuite no 07 163717 A, pour les primes impayées des mois de février à avril 2007.
En date du 3 septembre 2007, un commandement de payer no 07 198215 C a été notifié au recourant pour les primes impayées des mois de mars 2006 à janvier 2007 d'un total de 1'621 fr. 50, portant intérêts à 5% dès le 1
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juillet 2006, plus 30 fr. d'intervention et 120 fr. de frais de rappel ainsi que 70 fr. de frais de poursuite.
Le recourant y a fait opposition le jour-même.
Par décision du 24 septembre 2007, l'intimée a prononcé la mainlevée de l'opposition faite au commandement de payer no 07 198215 C à concurrence de 1'621 fr. 50, plus 97 fr. 50 d'intérêts à 5% dès le 1
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juillet 2006, plus 30 fr. de frais d'intervention et 120 fr. de frais de rappel, soit un total de 1'869 fr.
Les frais de poursuite, d'un montant de 70 fr. figurant sur le commandement de payer, n'ont pas été intégrés dans cette décision par l'intimée.
En date du 19 octobre 2007, le recourant a fait opposition à cette décision de mainlevée (poursuite no 07 198215 C) auprès de l'intimée, concluant au maintien de son opposition et à la mise des frais de poursuites à charge de l'intimée. Il a expliqué en substance qu'il ne reconnaissait pas les montants qui lui étaient réclamés, car l'intimée n'avait toujours pas produit un décompte détaillé des primes et des subsides pour les années 2006 et 2007.
Par décision du 10 décembre 2007, l'intimée a rejeté les oppositions du recourant faites aux poursuites no 07 163717 A et 07 198215 C et confirmé les décisions de mainlevée y relatives des 5 juillet et 24 septembre 2007, précisant que la procédure était gratuite. Elle a relevé que des rappels avaient été adressés au recourant les 20 août et 3 décembre 2006 et que ce dernier n'avait pas fait usage du délai supplémentaire pour s'acquitter des primes dues. Celles-ci s'élevaient à 1'621 fr. pour la poursuite no 07 198215 C (primes de mars 2006 à janvier 2007) et à
319 fr. 50 pour la poursuite no 07 163717 A (primes de février à avril 2007).
Un échange de courrier s'est poursuivi entre le recourant et l'intimé notamment en décembre 2007, parallèlement à la procédure de poursuites, duquel il ressort que le recourant considère qu'il est illégal d'assurer une personne contre son gré et se plaint que l'intimée n'a toujours pas pris en considération sa situation économique, laquelle ne lui permet pas d'honorer les primes d'assurance-maladie. Il estime que le lien de confiance avec l'intimée est définitivement rompu et qu'il n'est plus lié par un lien contractuel, retournant à l'intimée les documents qu'elle lui envoie. De son côté, l'intimée se réfère à l'obligation légale pour toute personne domiciliée en Suisse d'être assurée pour les soins en cas de maladie, relevant qu'elle est en possession d'un contrat signé par le recourant lui-même de sorte que les créances sont justifiées (réponse du 14 décembre 2007). Elle conseille au recourant de s'adresser aux services sociaux pour trouver une solution aux arriérés de primes (courrier du 20 décembre 2007).
Par acte déposé au Tribunal cantonal des assurances sociales le 7 janvier 2008, le recourant a interjeté recours contre la décision sur oppositions du 10 décembre 2007, concluant en substance au maintien de son opposition faite au commandement de payer no 07 198215 C et 07 163717 A, à la prise en charge des frais, intérêts et émoluments par l'intimée, au renvoi de celle-ci par devers le SAM pour le recouvrement des primes impayées, à l'octroi d'un montant de 1'000 fr. à titre compensatoire, dépens, dommages-intérêts et enfin au déboutement de l'intimée de toutes ses conclusions. Il relève à l'appui de son recours que l'affiliation d'office est illégale et contraire à la Constitution fédérale, de sorte qu'il exerce son droit de résiliation et s'oppose à tout nouveau contrat d'assurance-maladie. Il expose enfin prendre à sa charge les coûts de sa santé.
Par écritures du 28 janvier 2008, le recourant a complété son recours en raison de rappels et de commandements de payer qui lui ont été adressés par l'intimé pour des primes postérieures à avril 2007. Il a persisté dans ses conclusions antérieures.
En date du 20 janvier 2008, l'intimée a fait parvenir au recourant un rappel pour la prime de décembre 2007, d'un montant de 146 fr. 50, et lui a octroyé un délai au
4 février 2008 pour s'exécuter, mettant en outre à sa charge un montant de 40 fr. pour frais administratifs.
Par réponse du 18 février 2008, l'intimée a conclu au rejet du recours et au déboutement du recourant de toutes ses conclusions. Elle indique que les subsides pour 2006 lui ont été communiqués en février 2007 et ceux de 2007 en avril 2007. C'est ainsi un montant de 439 fr. 50 qui aurait dû être facturé au recourant pour les primes des mois de février à avril 2007, et non le montant de 319 fr. 50 figurant dans le commandement de payer. Elle expose à ce propos que l'enregistrement rétroactif des subsides cantonaux a engendré un crédit de 200 fr. en faveur du recourant, de sorte qu'elle a diminué la prime d'avril de 200 fr. Elle indique toutefois renoncer à réclamer la différence qui résulte d'opérations comptables compliquées.
En date du 13 mars 2008, le recourant a adressé au Tribunal de céans un second "additif et mémoire d'opposition", ainsi que diverses pièces jointes. Il reprend pour l'essentiel ses conclusions antérieures. Il fait grief à l'intimée d'avoir intenté une action judiciaire "en vertu de la violation du droit des effets suspensifs (art. 66 - Législation genevoise de la loi sur la procédure administrative) dont [il] bénéficie dans la procédure en cours [...]". Il développe également une argumentation sur les "surévaluations de coûts" notamment de l'intimée, mises en évidence par le SAM, et sur les frais, charges et commissions administratives débitées par l'intimée sur les poursuites dirigées à l'encontre de ses clients. Les pièces produites consistent en particulier en décisions de mainlevée de l'intimée pour des poursuites concernant le non paiement de primes postérieures à celles concernées par la présente procédure, auxquelles s'oppose le recourant.
En date du 1
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avril 2008, le Tribunal de céans a demandé à l'intimée de lui faire parvenir toutes pièces utiles et toute explication permettant d'éclaircir le montant de 200 fr. qu'elle considérait comme dû au recourant et décompté de la prime du mois d'avril 2007, se rapportant à la poursuite no 07 163717 A, en particulier si le montant du subside cantonal de 80 fr. était pris en compte dans cette somme.
Par réponse du 15 avril 2008, l'intimée a précisé qu'un montant de 1'475 fr. aurait dû être facturé au recourant pour les primes des mois de mars à décembre 2006
(10 x 147 fr. 50), compte tenu des subsides de 80 fr. par mois accordés par le SAM en février 2007. Cependant, elle a facturé un montant de 1'675 fr. au recourant, en se fondant sur le montant des subsides de 60 fr. préalablement annoncé par le SAM, ce qui expliquait un crédit de 200 fr. en faveur du recourant. Toutefois, cette correction n'avait plus de raison d'être dans la mesure où les poursuites no 06 226867 R et 07 110004 J avaient été annulées et la nouvelle poursuite no 07 198215 C avait pris en compte la modification du subside. Elle a ainsi admis avoir tout de même retranché par erreur 200 fr. de la prime du mois d'avril 2007, mais a confirmé renoncer à ce montant. Le montant du subside de 80 fr. n'était ainsi pas compris dans la prime d'avril 2007 et les corrections faisant suite à la décision rétroactive du SAM ont été créditées sur la facture de prime du mois de mai 2007 qui affichait dès lors un solde positif en faveur du recourant de 173 fr. 50, selon pièce jointe.
Sur quoi, la cause a été gardée à juger.

EN DROIT
Conformément à l'art. 56V al. 1 let. a ch. 4 de la loi genevoise sur l'organisation judiciaire (LOJ), le Tribunal cantonal des assurances sociales connaît en instance unique des contestations prévues à l’article 56 de la loi fédérale sur la partie générale du droit des assurances sociales du 6 octobre 2000 (LPGA) qui sont relatives à la loi fédérale sur l’assurance-maladie du 18 mars 1994 (LAMal).
Sa compétence pour juger du cas d’espèce est ainsi établie.
La loi fédérale sur la partie générale du droit des assurances sociales du 6 octobre 2000 (LPGA) est entrée en vigueur le 1er janvier 2003, entraînant la modification de nombreuses dispositions légales dans le domaine des assurances sociales. En l’espèce, le litige porte sur des primes d’assurance-maladie impayées pour la période du 1er mars 2006 au 30 avril 2007, en particulier sur les poursuites no
07 198215 C et 07 163717 A. En conséquence, les dispositions tant matérielles que de procédure de la LPGA s’appliquent.