Decision ID: 9b8ddd86-6538-5050-b079-4cdc5851b21f
Year: 2016
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_005
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 

EN FAIT
A.
Par jugement du 22 février 2013, le Tribunal de première instance a prononcé le divorce de A_ (ci-après : la recourante) et de B_ et, statuant sur les effets accessoires du divorce, a notamment attribué l'autorité parentale sur l'enfant C_, né en 2006, à sa mère.![endif]>![if>
B.
Par jugement du 7 janvier 2016, statuant à la requête de B_, le Tribunal a modifié le jugement de divorce et dit que la recourante et B_ exerceront l'autorité parentale conjointe sur leur enfant.![endif]>![if>
Se fondant notamment sur un rapport du Service de protection des mineurs préconisant la restauration de l'autorité parentale conjointe, le Tribunal a retenu que depuis l'entrée en vigueur du nouveau droit un parent ne pouvait plus faire obstacle au maintien de l'autorité parentale conjointe par un simple veto, seul le critère du bien de l'enfant pouvant désormais fonder un refus de maintenir l'autorité parentale conjointe. Les difficultés parentales rencontrées par les parties ne suffisaient pas à cet égard. Il ressortait du rapport du Service de protection des mineurs que le père était investi dans la vie de son fils. S'il s'était initialement montré réticent au traitement médicamenteux de l'enfant, il y avait ultérieurement adhéré. Ce faisant, il avait démontré une bonne capacité de remise en question. Les parties jouissaient toutes deux de bonnes capacités parentales. Seuls des problèmes de communication étaient encore à déplorer. Grâce au suivi des curateurs et à une éventuelle thérapie familiale, elles étaient cependant à même de surpasser leurs difficultés et d'œuvrer ensemble pour le bien de leur fils, étant au demeurant précisé que l'autorité parentale actuellement exclusive de la mère ne limitait en rien l'exposition de l'enfant au conflit parental et les conséquences néfastes qui s'ensuivaient pour lui.
C.
Le 20 janvier 2016, A_ a sollicité l'assistance juridique pour recourir contre le jugement du 7 janvier 2016 en tant qu'il restaure l'autorité parentale commune sur l'enfant C_.![endif]>![if>
D.
Par décision du 9 février 2016, reçue par la recourante le 15 du même mois, le Vice-président du Tribunal civil a rejeté la requête d'assistance juridique précitée, au motif que son appel semblait dénué de chances de succès.![endif]>![if>
E.
a.
Recours est formé contre cette décision, par acte expédié le 25 février 2016 à la Présidence de la Cour de justice. La recourante conclut à l'annulation de la décision du 9 février 2016 et à ce que l'assistance juridique lui soit octroyée avec effet au 20 janvier 2016.![endif]>![if>
Elle produit une pièce nouvelle, soit un courrier au SPMi du 9 février 2016.
b.
Le Vice-président du Tribunal civil a renoncé à formuler des observations.

EN DROIT
1.
1.1.
La décision entreprise est sujette à recours auprès du président de la Cour de justice en tant qu'elle refuse l'assistance juridique (art. 121 CPC et art. 21 al. 3 LaCC), compétence déléguée au vice-président soussigné (art. 29 al. 5 LOJ ; arrêt du Tribunal fédéral
2D_6/2012
du 31 juillet 2012 consid. 2). Le recours, écrit et motivé, est introduit auprès de l'instance de recours (art. 321 al. 1 CPC) dans un délai de dix jours (art. 321 al. 2 CPC et 11 RAJ).![endif]>![if>
1.2.
En l'espèce, le recours est recevable pour avoir été interjeté dans le délai utile et en la forme écrite prescrite par la loi.
1.3.
Lorsque la Cour est saisie d'un recours (art. 121 CPC), son pouvoir d'examen est limité à la violation du droit et à la constatation manifestement inexacte des faits (art. 320 CPC, applicable par renvoi de l'art. 8 al. 3 RAJ). Il appartient en particulier au recourant de motiver en droit son recours et de démontrer l'arbitraire des faits retenus par l'instance inférieure (Hohl, Procédure civile, tome II, 2
ème
éd., n. 2513-2515).
2.
Les allégations de faits et les preuves nouvelles sont irrecevables dans le cadre d'un recours (art. 326 al. 1 CPC), de sorte que ceux-ci seront pas pris en considération.
3.
L'appelante reproche au premier juge d'avoir considéré que son appel était dénué de chances de succès alors que le Tribunal a pris sa décision sans entendre préalablement l'enfant, audition qui permettrait d'établir que la crise entre les parents est profonde s'agissant des questions touchant l'enfant.
3.1.1.
Reprenant l'art. 29 al. 3 Cst., l'art. 117 CPC prévoit que toute personne qui ne dispose pas de ressources suffisantes a droit à l'assistance judiciaire à moins que sa cause paraisse dépourvue de toute chance de succès.
Un procès est dépourvu de chances de succès lorsque les perspectives de le gagner sont notablement plus faibles que les risques de le perdre, et qu'elles ne peuvent donc être considérées comme sérieuses, de sorte qu'une personne raisonnable et de condition aisée renoncerait à s'y engager en raison des frais qu'elle s'exposerait à devoir supporter ; en revanche, une demande ne doit pas être considérée comme dépourvue de toute chance de succès lorsque les perspectives de gain et les risques d'échec s'équilibrent à peu près ou lorsque les premières sont seulement un peu plus faibles que les seconds. Ce qui est déterminant est de savoir si une partie, qui disposerait des ressources financières nécessaires, se lancerait ou non dans le procès après une analyse raisonnable. Une partie ne doit pas pouvoir mener un procès qu'elle ne conduirait pas à ses frais, uniquement parce qu'il ne lui coûte rien (ATF
138 III 217
consid. 2.2.4 ;
133 III 614
consid. 5 ;
129 I 129
consid. 2.3.1 ; ATF
128 I 225
consid. 2.5.3).
La situation doit être appréciée à la date du dépôt de la requête et sur la base d'un examen sommaire (ATF
138 III 217
consid. 2.2.4 ;
133 III 614
consid. 5).
L'absence de chances de succès peut résulter des faits ou du droit. L'assistance sera refusée s'il apparaît d'emblée que les faits pertinents allégués sont invraisemblables ou ne pourront pas être prouvés (arrêt du Tribunal fédéral
4A_454/2008
du 1
er
décembre 2008 consid. 4.2).
3.1.2.
L'autorité parentale sert le bien de l'enfant (art. 296 al. 1 CC). L'enfant est soumis, pendant sa minorité, à l'autorité parentale conjointe de ses père et mère (al. 2).
L'autorité parentale est un devoir qui englobe l'ensemble des responsabilités et attributions parentales par rapport à l'enfant, en ce qui concerne surtout son éducation, sa représentation légale et l'administration de ses biens (ATF
136 III 353
consid. 3.1 in JdT
2010 I 491
).
Dans le cadre d'une procédure de divorce, le juge confie à l'un des parents l'autorité parentale exclusive si le bien de l'enfant le commande (art. 298 al. 1 CC). Seules des circonstances importantes pour le bien de l'enfant permettent de s'écarter du principe de l'autorité conjointe (Message du 16 novembre 2011 concernant une modification du Code civil suisse [Autorité parentale], FF 2011 8315, pp. 8339 et 8340).
3.1.3.
Selon l'art. 298 al. 1 CPC, le juge ou un tiers nommé à cet effet entend l'enfant personnellement et de manière appropriée, pour autant que son âge ou d'autres justes motifs ne s'opposent pas à l'audition.
L'audition de l'enfant constitue à la fois un droit de participation de l'enfant à la procédure qui le concerne et un moyen pour le juge d'établir les faits (arrêt du Tribunal fédéral
5C.316/2006
consid. 2 non publié aux ATF
133 III 553
).
Le contenu de l'audition est conditionné par sa finalité, à savoir l'aménagement des relations de l'enfant mineur avec ses parents (Jeandin in Bohnet/Haldy/
Jeandin/Schweizer/Tappy, Code de procédure civile commenté, Bâle 2011, n° 4 ad art. 298 CPC), soit le règlement de l'autorité parentale et de la garde de l'enfant mineur et le règlement de ses relations personnelles avec son parent non gardien (Spycher, Berner Kommentar, Schweizerische Zivilprozessordnung, tome II, Berne 2012, n° 15 ad art. 298 CPC ; cf. également ATF
131 III 553
= JdT
2006 I 83
consid. 1.2.2 : "la question de leur attribution") ainsi que d'éventuelles mesures de protection de l'enfant (cf. art. 300 CPC concernant les conclusions que l'enfant mineur, représenté par un curateur, peut prendre dans une procédure de droit matrimonial opposant ses parents), à l'exclusion des aspects litigieux en relation avec la fixation des contributions à l'entretien (Jeandin, op. cit., n° 5 ad art. 300 CPC ; Steck, Basler Kommentar, Schweizerische Zivilprozessordnung, 2ème éd. 2013, n° 19 ad art. 300 CPC).
3.2.
En l'espèce, les parents de l'enfant s'opposent sur le partage de l'autorité parentale.
Pour fonder sa décision le Tribunal s'est fondé sur le rapport du SPMi lequel a été établi sans audition préalable de l'enfant. Le Tribunal n'a également pas entendu l'enfant personnellement dans le cadre de la procédure d'attribution de l'autorité parentale. Il est donc vraisemblable que la Cour de justice considérerait que l'enfant aurait dû être auditionné.
Cela étant, les faits que l'appelante désire prouver par le biais de l'audition de l'enfant consistent dans le fait que son père ne lui donne pas les médicaments prescrits par les médecins. Or, même en attribuant l'autorité parentale exclusive à l'appelante, cela n'empêchera pas le père de l'enfant de ne pas suivre les prescriptions médicales puisqu'il s'agit là de gestes du quotidien.
Par ailleurs, même si l'audition de l'enfant venait à confirmer que son père est réticent aux traitements préconisés par les médecins, cette opposition n'a, à ce jour, jamais eu de conséquences pour l'enfant puisque son père a toujours fini par se ranger à leur avis. On ne peut reprocher à un parent de prendre le temps de la réflexion face à des traitements médicaux qui, souvent, engendrent des effets secondaires.
Au vu de ce qui précède, sur la base d'un examen sommaire, il est vraisemblable que la Cour confirmera le principe de l'autorité parentale conjointe, l'appel de la recourante devant la Cour paraissant voué à l'échec.
Par conséquent, la décision entreprise sera confirmée.
4.
Sauf exceptions non réalisées en l'espèce, il n'est pas perçu de frais judiciaires pour la procédure d'assistance juridique (art. 119 al. 6 CPC).
* * * * *