Decision ID: aa1b7da5-b0d1-5941-aa08-7047c15be113
Year: 2016
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_013
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: public_law

EN FAIT
1. Par décision du 22 octobre 2015, expédiée par pli recommandé du 23 octobre 2015, l’Hospice général (ci-après : l’hospice) a accordé à Mme A_ une aide financière exceptionnelle pour indépendant de trois mois à partir du 1
er
novembre 2015. L’envoi a été retourné à l’expéditeur avec la mention « non réclamé » le 3 novembre 2015.![endif]>![if>
2. Par courrier recommandé du 17 décembre 2015, Mme A_ a formé opposition à l’encontre de la décision précitée et a sollicité un délai supplémentaire pour motiver celle-ci.![endif]>![if>
3. Par décision sur opposition du 23 décembre 2015 notifiée à Mme A_ le 24 décembre 2015, l’hospice a déclaré l’opposition de Mme A_ irrecevable pour cause de tardiveté.![endif]>![if>
4. Par acte daté du 10 janvier 2016, expédié à l’hospice par pli recommandé le 11 février 2016 et reçu le 12 février 2016 par ce dernier, Mme A_ a formé « opposition » contre la décision sur opposition du 23 décembre 2015.![endif]>![if>
5. Par courrier du 15 février 2016, l’hospice a transmis à la chambre administrative de la Cour de justice (ci-après : la chambre administrative) ledit acte pour raison de compétence.![endif]>![if>
6. Par lettre du 2 mars 2016 de la chambre administrative, les parties ont été informées que la cause était gardée à juger en application de l’art. 72 de la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 1985 (LPA -
E 5 10
).![endif]>![if>
7. Par courrier du 8 mars 2016, la recourante a allégué avoir reçu la décision du 22 octobre 2015 en mains propres seulement le 18 novembre 2015.![endif]>![if>
8. Le 15 mars 2016, l’hospice a produit un relevé « track & trace » montrant que cette décision avait fait l’objet d’un avis pour retrait le 26 octobre 2015 et lui avait été retournée avec la mention « non réclamé » le 3 novembre 2015.![endif]>![if>
9. Par lettre du 16 mars 2016, la chambre administrative a, à nouveau, informé les parties que la cause était gardée à juger en application de l’art. 72 LPA.![endif]>![if>

EN DROIT
1. Selon l’art. 52 de la loi sur l'insertion et l'aide sociale individuelle du
22 mars 2007 (LIASI -
J 4 04
), les décisions sur opposition de la direction de l'hospice peuvent faire l'objet d'un recours à la chambre administrative de la Cour de justice dans un délai de trente jours à partir de leur notification.![endif]>![if>
2. Selon l’art. 62 al. 1 let. a LPA, le délai de recours est de trente jours s’il s’agit d’une décision finale ou d’une décision en matière de compétence. Le délai court dès le lendemain de la notification de la décision (al. 3 1
ère
phr.). La décision qui n'est remise que contre la signature du destinataire ou d'un tiers habilité est réputée reçue au plus tard sept jours après la première tentative infructueuse de distribution (al. 4), pour autant que celui-ci ait dû s’attendre, avec une certaine vraisemblance, à recevoir une communication de l’autorité, ce qui est le cas chaque fois qu’il est partie à la procédure (arrêt du Tribunal fédéral
6B_239/2011
du 22 mars 2012 consid. 3.5 ;
ATA/11/2015
du 6 janvier 2015 consid. 2 ;
ATA/819/2013
du 17 décembre 2013 consid. 3).![endif]>![if>
3. a. Les délais de réclamation et de recours fixés par la loi sont des dispositions impératives de droit public. Ils ne sont, en principe, pas susceptibles d’être prolongés (art. 16 al. 1 1
ère
phr. LPA), restitués ou suspendus, si ce n’est par le législateur lui-même. Celui qui n’agit pas dans le délai prescrit est forclos et la décision en cause acquiert force obligatoire (SJ
2000 I 22
consid. 2 p. 24 ;
ATA/105/2014
du 18 février 2014 consid. 3a ;
ATA/347/2012
du 5 juin 2012 consid. 4a ;
ATA/284/2012
du 8 mai 2012 consid. 4 ;
ATA/50/2009
du 27 janvier 2009 consid. 2 et les références citées).![endif]>![if>
b. Les cas de force majeure sont réservés, conformément à l’art. 16 al. 1
2
ème
phr. LPA. Tombent sous cette notion, les événements extraordinaires et imprévisibles qui surviennent en dehors de la sphère d’activité de l’intéressé et qui s’imposent à lui de façon irrésistible (SJ
1999 I 119
; RDAF 1991 p. 45 ;
ATA/536/2010
du 5 août 2010 ;
ATA/515/2009
du 13 octobre 2009).
c. Selon l'art. 16 al. 3 LPA, la restitution pour inobservation d’un délai imparti par l’autorité peut être accordée si le requérant ou son mandataire a été empêché sans sa faute d’agir dans le délai fixé. La demande motivée doit être présentée dans les dix jours à compter de celui où l’empêchement a cessé.
Comme cela ressort expressément du texte légal, cette disposition ne s'applique toutefois qu'aux délais fixés par l'autorité, et non aux délais légaux comme dans la présente espèce.
4. a. En l’espèce, la décision querellée a été correctement acheminée par l’hospice à l’adresse de Mme A_ par pli recommandé du 23 décembre 2015, lequel avait été distribué à cette dernière le 24 décembre suivant. ![endif]>![if>
Selon l’art. 63 al. 1 let. c LPA, les délais en jours fixés par la loi ou par l’autorité ne courent pas du 18 décembre au 2 janvier inclusivement.
Le délai de trente jours a donc commencé à courir le 3 janvier 2016 et est arrivé à échéance le lundi 1
er
février 2016.
Partant, le recours, expédié le 11 février 2016 à l’hospice puis transmis à la chambre administrative, est tardif.
b. La recourante n’invoque pas un cas de force majeure au sens de l’art. 16
al. 1 2
ème
phr. LPA.
c. Son seul grief, consiste en ce que l’hospice ne lui aurait pas adressé la décision du 22 octobre 2015 par pli recommandé mais remise en mains propres le 18 novembre 2015.
Ce grief est sans pertinence, car il concerne son opposition devant l’hospice, non son recours – tardif – devant la chambre de céans.
5. Au vu de ce qui précède, le recours sera déclaré manifestement irrecevable, sans instruction, en application de l'art. 72 LPA. ![endif]>![if>
Vu l'issue du litige, il ne sera pas perçu d’émolument et aucune indemnité de procédure ne sera allouée (art. 87 al. 2 LPA).
* * * * *