Decision ID: 2ec2888b-fc71-5f9f-a470-b31c1db67f86
Year: 2017
Language: fr
Court: FR_TC
Chamber: FR_TC_010
Canton: FR
Region: Espace_Mittelland
Law Area: public_law

considérant en fait
A. Né en 1985, A._ (le recourant) est gravement atteint dans sa santé et bénéficie d’allocations pour impotent depuis son enfance.
Le 1er mars 2004, le recourant a été reconnu inapte au service. Depuis 2003, il a payé la taxe d’exemption de l’obligation de servir et n’a pas formé de réclamation contre les décisions de taxation dans le délai utile de 30 jours.
B. Le 16 septembre 2016, le recourant a demandé l’exonération de la taxe et la restitution des montants versés à tort depuis l’année 2003. Dans sa demande, il explique ne s’être rendu compte que récemment qu’il était en droit d’être exonéré de la taxe étant donné qu’il percevait une allocation pour impotent depuis 2003.
Par décision du 24 octobre 2016, le Bureau de la taxe d’exemption de l’obligation de servir a accordé au recourant l’exonération de la taxe pour l’année 2015.
Par une autre décision datée du même jour, il a par contre refusé d’entrer en matière sur la demande de restitution concernant les années 2003 à 2014. Il a relevé que les décisions de taxation pour les années 2003 à 2014 n’avaient pas fait l’objet d’une réclamation dans le délai légal de 30 jours suivant leur notification, de sorte qu’elles étaient passées en force. En outre, une révision de ces décisions n’était pas envisageable non plus, cette voie étant exclue lorsque le requérant invoque des motifs qu’il aurait pu faire valoir au cours de la procédure ordinaire, s’il avait fait preuve de toute la diligence pouvant raisonnablement être exigée de lui.
C. Par acte de recours adressé le 24 novembre 2016 au Tribunal cantonal et régularisé par mémoire de son mandataire du 5 janvier 2017, le recourant conteste la décision du 24 octobre 2016 concernant la restitution de la taxe d’exemption de l’obligation de servir pour les années 2003 à 2014. Il conclut à son annulation et à la restitution des montants des taxes payées par erreur. Il reproche en particulier à l’autorité intimée de l’avoir taxé à tort pendant plusieurs années, alors qu’elle pouvait disposer des dossiers des Offices AI cantonaux et devait donc connaître sa situation, lui laissant ainsi le soin de s’opposer aux décisions rendues. À cet égard, il se réfère en particulier à la disposition légale prévoyant qu’il est possible de demander la restitution de taxes payées par erreur lorsque l’assujetti ne devait pas la taxe.
L’avance de frais fixée à CHF 800.- par ordonnance du 10 janvier 2017 a été payée dans le délai imparti.
Dans ses observations du 14 mars 2017, le Bureau de la taxe d’exemption conclut au rejet du recours. Il relève que pour les années 2010 à 2014 pour lesquelles la compétence de taxation revenait au canton de Fribourg (les années précédentes relevant du canton B._), les décisions de taxation, faute de réclamation durant le délai légal de 30 jours, sont entrées en force. Une révision de celles-ci n’était ainsi pas envisageable. En effet, le recourant ne devait pas ignorer qu’un handicap semblable au sien pouvait conduire à une exonération, dans la mesure où il a reçu avec chaque décision de taxation une notice explicative mentionnant les cas dans lesquels une exonération de la taxe d’exemption est admise. Il lui appartenait donc d’entreprendre les démarches administratives nécessaires pour la reconnaissance de son droit, d’autant plus que l’administration concernée ne dispose pas d’office des informations nécessaires, notamment celle
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ayant trait aux bénéficiaires d’allocations pour impotent, pour exonérer ces derniers du paiement de la taxe.
Le 31 mars 2017, l’Administration fédérale des contributions a déposé à son tour ses observations sur le recours, concluant également à son rejet. Elle relève que les possibilités de l’exonération sont expressément mentionnées sur les décisions de taxation. Par conséquent, il ne saurait être question, en l’espèce, d’un cas de révision. En effet, le recourant ne devait pas ignorer qu’un handicap semblable au sien pouvait conduire à une exonération. Il aurait donc dû faire valoir une éventuelle exonération au cours de la procédure ordinaire.
Une copie des observations a été transmise au recourant pour information respectivement le 23 mars 2017 et le 3 avril 2017.
Les arguments développés par les parties à l’appui de leurs positions respectives seront repris dans la mesure utile dans la partie en droit du présent arrêt.

en droit
1. a) Le recours est dirigé contre une décision de non-entrée en matière du 24 octobre 2016 concernant la restitution de la taxe d'exemption de l'obligation de servir pour les années 2003 à 2014. Cette décision constitue matériellement un rejet de la requête de restitution déposée le 16 septembre 2016 par le recourant, interprétée comme une demande de révision.
b) Conformément au principe général selon lequel le rejet d’une demande de révision peut être attaqué par les mêmes voies de droit que la décision antérieure (voir également art. 149 de la loi du 14 décembre 1990 sur l’impôt fédéral direct; LIFD; RS 642.11), la décision du 24 octobre 2016 aurait dû être contestée préalablement par la voie de la réclamation auprès du Bureau de la taxe d’exemption (voir art. 30 de la loi du 12 juin 1959 sur la taxe d’exemption de l’obligation de servir; LTEO; RS 661). Considérant toutefois les observations circonstanciées déposées par celui-ci le 14 mars 2017, il ne s’impose pas de lui renvoyer la cause pour qu’il rende une décision sur réclamation. Par économie de procédure, la recevabilité du recours sera dès lors admise sous cet angle.
c) Pour le reste, déposé le 24 novembre 2016 contre une décision du 24 octobre 2016, le recours l’a été dans le délai et les formes prévus aux art. 30 al. 2 et 31 al. 1 LTEO. Partant, il est recevable.
2. a) Le recourant soutient qu’il est possible de demander la restitution de taxes lorsque, comme en l’espèce, celles-ci n’étaient pas dues puisqu’elles se fondaient sur des décisions fausses dès le départ.