Decision ID: 2d5623ac-d605-5b81-a504-0276e5bd8f5c
Year: 2018
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_013
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: public_law

Vu, en fait, le recours interjeté le 8 mai 2018 par Monsieur A_, agissant en son nom et en celui de son fils B_, contre le jugement du Tribunal administratif de première instance (ci-après : le Tribunal) du 22 mars 2018, rejetant le recours dirigé contre la demande de reconsidération de la décision du 21 septembre 2016 refusant l’octroi de la demande de regroupement familial formée par le père de B_ en faveur de ce dernier ;
que le recourant conclut, préalablement, à la restitution de l’effet suspensif afin que B_ puisse rester sur territoire suisse jusqu’à droit jugé au fond et à ce que les effets de la décision su mesures provisionnelles du 19 janvier 2018 rendue par le Tribunal soient prolongés ;
que bien que la requête de mesures provisionnelles ne comporte pas de motivation spécifique, la lecture du recours permet de la comprendre au regard des explications données par le père de l’enfant, qui expose en particulier que si, certes, ce dernier est arrivé en Suisse il y a deux ans sans être au bénéfice d’une autorisation de séjour, il est aujourd’hui âgé de 14 ans, se trouve dans une période cruciale pour le développement de sa personnalité, a besoin d’une figure modèle, que les parents se sont mis d’accord pour qu’il réside en Suisse, qu’un retour au Pérou serait traumatisant et il rencontrerait des difficultés à s’adapter au système scolaire péruvien, serait privé de son père et, enfin, devait être entendu par la chambre de céans ;
que l’office cantonal de la population et des migrations (ci-après : OCPM) s’oppose à ces requêtes, faisant valoir que l’enfant ne dispose pas d’un intérêt prépondérant à demeurer en Suisse jusqu’à l’issue de la procédure ;

Considérant, en droit, l’art. 9 al. 1 du règlement interne de la chambre administrative de la Cour de justice du 26 septembre 2017, à teneur duquel les décisions sur effet suspensif sont prises par le président de ladite chambre, respectivement par le vice-président, ou en cas d’empêchement de ceux-ci, par un juge ;
qu’aux termes de l’art. 66 de la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 1985 (LPA -
E 5 10
), sauf disposition légale contraire, le recours a effet suspensif à moins que l’autorité qui a pris la décision attaquée n’ait ordonné l’exécution nonobstant recours (al. 1) ; que toutefois, lorsque aucun intérêt public ou privé prépondérant ne s’y oppose, la juridiction de recours peut, sur la demande de la partie dont les intérêts sont gravement menacés, retirer ou restituer l’effet suspensif (al. 3) ;
que, par ailleurs, l’art. 21 al 1 LPA permet le prononcé de mesures provisionnelles ;
que selon la jurisprudence constante de la chambre administrative, des mesures provisionnelles – au nombre desquelles compte la restitution de l'effet suspensif – ne sont légitimes que si elles s’avèrent indispensables au maintien d’un état de fait ou à la sauvegarde d’intérêts compromis (ATF
119 V 503
consid. 3 ;
ATA/503/2018
du 23 mai 2018 ;
ATA/955/2016
du 9 novembre 2016 consid. 4) ;
qu’elles ne sauraient, en principe, anticiper le jugement définitif (Isabelle HÄNER, Vorsorgliche Massnahmen in Verwaltungsverfahren und Verwaltungsprozess in RDS
1997 II 253
-420, 265) ;
que, par ailleurs, l'octroi de mesures provisionnelles présuppose l'urgence, à savoir que le refus de les ordonner crée pour l'intéressé la menace d'un dommage difficile à réparer (ATF
130 II 149
consid. 2.2 ;
127 II 132
consid. 3 = RDAF
2002 I 405
) ;
que la restitution de l'effet suspensif est subordonnée à l'existence de justes motifs, qui résident dans un intérêt public ou privé prépondérant à l’absence d’exécution immédiate de la décision (arrêt du Tribunal fédéral
2C_1161/2013
du 27 février 2014 consid. 5.5.1) ;
que pour effectuer la pesée des intérêts en présence qu’un tel examen implique, l'autorité de recours n'est pas tenue de procéder à des investigations supplémentaires, mais peut statuer sur la base des pièces en sa possession (ATF
117 V 185
consid. 2b ; arrêt du Tribunal fédéral
1C_435/2008
du 6 février 2009 consid. 2.3 et les arrêts cités) ;
que la chambre de céans dispose dans l’octroi de mesures provisionnelles d'un large pouvoir d'appréciation (ibidem) ;
qu’en l’espèce, il convient de restituer l’effet suspensif en tant que le renvoi de l’enfant a été prononcé, dès lors qu’aucun intérêt public prépondérant ne s’y oppose et que l’intérêt privé de celui-ci à ne pas être renvoyé au Pérou avant droit jugé sur son recours est manifestement prépondérant ;
qu’en effet, l’enfant n’a pas encore terminé son année scolaire, sera prochainement entendu par la chambre de céans et ne présente aucune menace pour la sécurité publique helvétique ;
qu’en revanche, le recourant ne peut se voir octroyer, à titre de mesures provisionnelles, l’autorisation sollicitée, dès lors que, comme l’avait déjà relevé le Tribunal dans sa décision sur mesures provisionnelles rendue le 19 janvier 2018, une telle décision équivaudrait à anticiper le jugement définitif, contrairement à la finalité de telles mesures ;
que le sort des frais de la présente décision est réservé à la décision sur le fond ;
vu l’art. 9 al. 1 du règlement de la chambre administrative du 26 septembre 2017 ;