Decision ID: 50555e15-b6a1-4569-bdd3-2c3dcb193499
Year: 2006
Language: fr
Court: VD_TC
Chamber: VD_TC_031
Canton: VD
Region: Région lémanique
Law Area: public_law

Vu les faits suivants
A.
X._(ci-après : X._ ou le recourant), ressortissant portugais né le 8 janvier 1977, est entré une première fois en Suisse le 24 avril 2000 au bénéfice d'une autorisation de séjour pour travail saisonnier (permis A) délivrée par les autorités fribourgeoises et valable jusqu'au 15 décembre 2000. A l'échéance de dite autorisation, il a quitté note pays.
B.
X._ est revenu en Suisse dans le canton de Vaud le 1
er
août 2002 et a déposé une demande de prise d'emploi auprès de l'entreprise 1.**************, à Meyrin. Après un premier refus, les autorités genevoises ont donné leur accord à la prise d'emploi et le SPOP a délivré à l'intéressé une autorisation de courte durée CE/AELE (permis L) dans le canton de Vaud valable du 16 juillet 2003 au 1
er
juillet 2004.
C.
Le 28 août 2004, X._ a sollicité la transformation de son permis de courte durée CE/AELE en autorisation de séjour de type B, en précisant qu'il était actuellement sans activité lucrative. Il produisait à l'appui de sa demande des décomptes mensuels d'indemnités journalières versées par son assurance-maladie pour la période du 7 mai 2003 au 31 juillet 2004. Invité par le SPOP à fournir des renseignements complémentaires le 24 septembre 2004, X._ a répondu par courrier du 1
er
février 2005 en indiquant qu'il avait été licencié par son employeur pour raison économiques avec effet au 31 juillet 2003, qu'il se trouvait néanmoins en incapacité de gain depuis le mois de juin 2003, qu'il était suivi depuis cette date pour un traitement médical à long terme, notamment par le Dr. Jean Dudler, et qu'une demande de prestations AI avait été déposée le 14 juin 2004 auprès de l'Office AI, à Vevey.
D.
Le 28 février 2005, l'assurance-maladie de X._ a informé le SPOP que les prestations en cas de maladie pouvaient être versées au maximum pour une durée de deux ans, soit jusqu'au 31 mai 2005. Le même jour, le SPOP a délivré à X._ une autorisation de courte durée CE/AELE type L pour traitement médical, valable jusqu'au 31 mai 2005. Il a requis la production d'un certificat médical et des pièces attestant des moyens financiers du bénéficiaire à l'échéance de dite autorisation.
E.
Le 7 juin 2005, X._ a sollicité la prolongation de son autorisation de courte durée sans activité lucrative. A l'appui de sa demande étaient joints trois décomptes d'indemnités journalières de l'assurance-maladie pour les mois de mars, avril et mai 2005 ainsi qu'un certificat médical établi par le Dr. Jean Dudler. Il ressortait notamment du certificat médical que l'intéressé souffrait d'une affection rhumatologique inflammatoire sévère, responsable d'une incapacité de travail de longue durée et nécessitant un traitement extrêmement onéreux; il était encore précisé qu'une demande était en cours auprès de l'AI pour un éventuel reclassement professionnel, mais qu'une décision ne pourrait intervenir, dans le meilleur des cas, avant de nombreux mois.
F.
Le 13 juillet 2005, le SPOP a demandé au Bureau des étrangers de la commue de Renens des renseignements complémentaires portant notamment sur la situation financière de X._ à partir du 31 mai 2005 et sur l'état d'avancement de la demande de prestations AI déposée le 21 juin 2004. L'autorité précitée a répondu le 27 juillet 2005 en précisant qu'aucune décision de l'AI n'était encore intervenue, que l'intéressé ne disposait plus d'aucune source de revenus depuis fin mai 2005 et qu'il émargeait à l'aide sociale depuis le 1
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juin 2005 pour un montant mensuel de 1'730 francs.
A la demande du SPOP, le Bureau des étrangers de la commune de Renens a encore transmis le 2 décembre 2005 un certificat médical établi par le Dr. Jean Dudler en date du 19 novembre 2005, lequel attestait que l'affectation rhumatismale dont souffrait X._ n'était pas une maladie professionnelle, ainsi qu'une convocation de l'Office AI adressée au recourant pour un examen médical agendé au 19 décembre 2005.
G.
Par décision du 3 juillet 2006, notifiée le 24 juillet 2006, le SPOP a refusé de renouveler l'autorisation de courte durée CE/AELE pour destinataires de services de X._. A l'appui de sa décision, il faisait valoir que l'intéressé ne disposait pas des moyens financiers suffisants pour assurer son entretien, qu'il émargeait à l'aide sociale depuis le 1
er
juin 2005, qu'il n'avait pas de réponse à sa demande de rente déposée en juin 2004 auprès de l'office AI et qu'il ne pouvait revendiquer un droit à demeurer en Suisse dans l'attente de cette décision.
H.
X._ a recouru contre cette décision le 7 août 2006, en concluant à son annulation et à l'octroi d'une autorisation de courte durée dans l'attente de la décision de l'office AI. A l'appui de son recours, il exposait notamment avoir vécu et travaillé en Suisse de façon ininterrompue depuis le mois d'avril 2000 jusqu'à un accident survenu sur son lieu de travail en août 2002, qu'il souffrait d'une spondylarthrite ankylosante diagnostiquée en janvier 2003, laquelle nécessitait un traitement et un suivi régulier qu'il n'était pas certain de pouvoir obtenir au Portugal car il n'avait jamais cotisé à la sécurité sociale portugaise, qu'il avait tissé avec son médecin en Suisse une relation de confiance qui lui permettait d'affronter sa maladie plus sereinement, qu'il avait déposé une demande de reclassement professionnel à l'AI afin de pouvoir travailler à nouveau dans une profession adaptée et retrouver ainsi son autonomie financière, qu'il devait demeurer à disposition de l'office AI dans l'attente de sa décision et, enfin, qu'il avait tissé en Suisse des liens amicaux qui lui permettaient d'affronter une situation difficile et qu'un renvoi au Portugal serait très éprouvant pour sa santé physique et psychique.
I.
L'effet suspensif a été accordé au recours par décision incidente du 14 août 2006 ; X._ a été dispensé de procéder à l'avance de frais.
J.
Le SPOP a transmis son dossier et déposé sa réponse le 21 août 2006, en concluant au rejet du recours et au maintien de sa décision.
K.
Le recourant a renoncé à déposer des déterminations complémentaires.
L.
Le tribunal a statué par voie de circulation.
M.
Les arguments des parties seront repris ci-après dans la mesure utile.

Considérant en droit
1.
a) Aux termes de l’art. 4 al. 1 de la Loi du 18 décembre 1989 sur la juridiction et la procédure administratives (ci-après : LJPA), le Tribunal administratif connaît en dernière instance cantonale de tous les recours contre les décisions administratives cantonales ou communales lorsque aucune autre autorité n’est expressément désignée par la loi pour en connaître. Il est ainsi compétent pour statuer sur les recours interjetés contre les décisions du Service de la population.
Déposé en temps utile, selon les formes prescrites par la loi par le destinataire de la décision attaquée, le recours est formellement recevable, de sorte qu’il y a lieu d’entrer en matière sur le fond.
b) En dehors des cas où une disposition légale prévoit expressément le contrôle de l’opportunité d’une décision, le Tribunal administratif n’exerce qu’un contrôle en légalité, c’est-à-dire examine si la décision entreprise est contraire à une disposition légale ou réglementaire expresse, ou relève d’un excès ou d’un abus du pouvoir d’appréciation (art. 36 litt. a et c LJPA). La loi sur le séjour et l’établissement des étrangers du 26 mars 1931 (LSEE) ne prévoyant aucune disposition étendant le pouvoir de contrôle de l’autorité de recours à l’inopportunité, ce grief ne saurait donc être examiné par le Tribunal de céans.
Il y a abus du pouvoir d’appréciation lorsqu’une autorité, usant des compétences qui lui sont dévolues par la loi, se laisse guider par des considérations non pertinentes ou étrangères au but des dispositions applicables, ou encore lorsqu’elle statue en violation des principes généraux du droit administratif que sont l’interdiction de l’arbitraire, l’égalité de traitement, la bonne foi et la proportionnalité.
2.
Selon l'art. 1a LSEE, tout étranger a le droit de résider sur le territoire suisse s'il est au bénéfice d'une autorisation de séjour ou d'établissement, ou si, selon la présente loi, il n'a pas besoin d'une telle autorisation. Selon l'art. 4 LSEE, l'autorité statue librement, dans le cadre des prescriptions légales et des traités avec l'étranger, sur l'octroi de l'autorisation de séjour. Pour les autorisations, les autorités doivent tenir compte des intérêts moraux et économiques du pays, ainsi que du degré de surpopulation étrangère (art. 16 LSEE). Ainsi, les ressortissants étrangers ne bénéficient d'aucun droit à l'obtention d'une autorisation de séjour et de travail, sous réserve de dispositions contraires résultant de la loi ou des accords internationaux.
3.
Le recourant, de nationalité portugaise, sollicite l'octroi d'une autorisation de courte durée selon les dispositions de l'Accord du 21 juin 1999 entre la Confédération suisse, d'une part, et la Communauté européenne et ses Etats membres, d'autre part (ci-après : ALCP), lui permettant d'attendre en Suisse la décision de l'office AI sur sa demande de reclassement professionnel.
a) Aux termes de l'ALCP, le droit de séjour et d'accès à une activité économique est garanti, sous réserve des dispositions transitoires de l'art. 10 ALCP, aux ressortissants d'un Etat membre de la Communauté européenne conformément aux dispositions de l'annexe I ALCP (art. 4 ALCP). Ainsi, les travailleurs salariés, les indépendants et les prestataires de service ont le droit de séjourner et d'exercer une activité économique selon les modalités prévues aux chapitres II à IV de l'annexe I ALCP (art. 2 § 1 al. 1 Annexe I ALCP). Le droit de séjour sur le territoire d'une partie contractante est également garanti aux personnes n'exerçant pas d'activité économique selon les dispositions de l'annexe I ALCP relatives aux non actifs (art. 6 ALCP). Ainsi les ressortissants communautaires ont le droit, en principe, de se rendre en Suisse "pour y chercher un emploi et y séjourner pendant un délai raisonnable " (art. 2 §1 al. 2 Annexe I ALCP). Ceux qui n'exercent pas d'activité économique et qui ne bénéficient pas d'un droit de séjour en vertu d'autres dispositions de l'ALCP (rentiers, étudiants, etc.) ont un droit de séjour pour autant qu'ils remplissent les conditions préalables requises dans le chap. V de l'Annexe I ALCP (art. 2 §2 Annexe I ALCP). Ces conditions sont précisées à l'art. 24 al. 1 Annexe I ALCP, lequel prévoit qu'une personne ressortissante d'une partie contractante n'exerçant pas d'activité économique dans l'Etat de résidence et qui ne bénéficie pas d'un droit de séjour en vertu d'autres dispositions dudit accord reçoit un titre de séjour d'une durée de cinq ans au moins, à condition qu'elle prouve aux autorités nationales compétentes notamment qu'elle dispose de moyens financiers suffisants pour ne pas devoir faire appel à l'aide sociale durant son séjour (art. 24 al. 1 litt. a Annexe 1 ALCP).
b) En l'occurrence, le recourant a obtenu en dernier lieu une autorisation de séjour de courte durée pour raison de maladie, dont la validité était limitée à la période durant laquelle il percevait les indemnités journalières de son assurance maladie. A l'expiration de ce délai cependant, soit le 31 mai 2005, il n'est pas contesté qu'il s'est retrouvé sans ressources et dans l'incapacité d'exercer une activité lucrative, raison pour laquelle il a dû recourir aux prestations de l'aide sociale depuis le 1
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juin 2005. Au surplus, le recourant ne prétend pas qu'il rechercherait un emploi, ni qu'il serait en mesure d'exercer actuellement une activité lucrative. Il expose au contraire que son espoir de travailler à nouveau et d'être autonome dépend de l'aide au reclassement qui pourrait lui être octroyée au cas où sa demande à l'office AI serait accueillie favorablement. Il en découle qu'une autorisation de séjour pour activité lucrative n'entre pas en considération et que seule pourrait en conséquence lui être délivrée une autorisation sans activité lucrative, aux conditions de l'art 24 Annexe 1 ALCP mentionnées ci-dessus. Or l'une de ces conditions fait précisément défaut, puisque le recourant ne dispose plus d'aucune source de revenu depuis le 31 mai 2005 et qu'il émarge depuis lors à l'aide sociale.
4.
a) X._ soutient toutefois qu'une autorisation devrait lui être délivrée compte tenu du fait qu'il est devenu invalide en raison d'une maladie diagnostiquée alors qu'il exerçait une activité lucrative en Suisse. Implicitement, il invoque un droit de demeurer au sens de l'art. 4 Annexe 1 ALCP, lequel prévoit que les ressortissants d'une partie contractante et les membres de leur famille ont le droit de demeurer sur le territoire d'une autre partie contractante après la fin de leur activité économique. Selon les Directives et commentaires concernant l'introduction progressive de la libre circulation des personnes entre la Confédération suisse et la Communauté européenne ainsi que ses 25 Etats membres (ci-après : directives OLCP; chiffre 11.1), le droit de demeurer s'interprète comme le droit du travailleur de maintenir sa résidence sur le territoire de l'Etat d'accueil lorsqu'il cesse d'y occuper un emploi. Les bénéficiaires du droit de demeurer conservent leurs droits acquis en qualité de travailleur (maintien du droit à l'égalité de traitement avec les nationaux) en vertu de l'ALCP et son protocole bien qu'ils ne bénéficient plus du statut de travailleur. Ce droit de séjour est maintenu, indépendamment du fait que la personne ait bénéficié ou non d'éventuelles prestations de l'aide sociale, et s'étend aux membres de la famille, indépendamment de leur nationalité. Conformément au chiffre 11.1.1 des directives OLCP, qui se fondent elles-mêmes sur le règlement 1251/70 CEE et la directive 75/34 CEE, ont le droit de demeurer en Suisse au terme de l'activité lucrative en particulier les ressortissants CE/AELE qui sont frappés d'une incapacité permanente de travail et ont résidé en Suisse de façon continue depuis plus de deux ans (litt. b) ou ceux qui, suite à un accident de travail ou à une maladie professionnelle, ont été frappés d'une incapacité permanente de travail leur ouvrant le droit à une rente à la charge d'une institution suisse (litt. c). La continuité de résidence en Suisse n'est pas affectée par des absences temporaires ne dépassant pas au total trois mois par an. L'interruption de l'activité lucrative suite à une maladie ou un accident ou une période de chômage involontaire, dûment constatée par l'autorité compétente, sont notamment considérées comme des périodes d'activité.
b) Dans le cas présent, il convient de relever qu'en dernier lieu, le recourant était titulaire d'une autorisation de courte durée pour raison de maladie, dont la validité était limitée à la période durant laquelle il percevait des indemnités journalières de son assurance-maladie. On peut dès lors se demander s'il peut encore invoquer valablement les droits conférés aux travailleurs par l'ALCP, alors que le but de son séjour n'était clairement plus économique et qu'il n'avait plus la qualité de travailleur depuis le mois d'août 2004, mais était titulaire d'une autorisation de séjour pour destinataires de services, délivrée conformément à l'art. 23 Annexe I ALCP (a contrario, cf. notamment arrêt TA PS.2004.0293 du 16 février 2005, dans lequel il a été jugé qu'une ressortissante portugaise pouvait invoquer un droit de demeurer dès lors qu'elle conservait la qualité de travailleur conférée par la délivrance d'un permis d'établissement avant d'être frappée d'une incapacité durable de travailler). Cette question peut cependant demeurer ouverte, dans la mesure où X._ ne prétend de toute façon pas être frappé d'une incapacité permanente de travail, mais seulement que son état de santé serait incompatible avec la profession de maçon qu'il exerçait précédemment. Il a d'ailleurs présenté une demande de reclassement professionnel à l'office AI, et non pas une demande de rente d'invalidité. Il résulte en outre clairement des certificats médicaux versés au dossier que l'incapacité de travail dont il souffre actuellement n'est pas consécutive à un accident de travail ni à une maladie professionnelle (cf. certificat du 19 novembre 2005), et que d'un point de vue médical, il a une capacité pleine et entière dans une activité adaptée après reclassement (cf. certificat du 2 août 2006). Au vu de ces éléments, le SPOP pouvait à juste titre écarter l'hypothèse d'une incapacité de travail permanente autorisant le recourant à exercer un droit à demeurer en Suisse à l'issue de son activité lucrative.
5.
Enfin, le recourant invoque des motifs importants qui justifieraient selon lui de lui allouer une autorisation de séjour quand bien même il ne remplirait pas les critères de l'art. 24 Annexe I ALCP. Il invoque à cet égard le fait qu'à défaut d'avoir cotisé au système de sécurité sociale portugais, celle-ci pourrait refuser de prendre en charge les frais de traitement de sa maladie; il fait valoir en outre qu'il peut compter en Suisse sur le soutien d'un cercle d'amis proches, qu'il bénéficie d'un traitement médical performant, qu'il a l'opportunité de retrouver son autonomie dans l'hypothèse où sa demande de reclassement professionnel serait admise par l'office AI et que, dans l'attente de la décision, il doit demeurer à disposition de l'office qui peut le contacter à tout moment pour un examen médical.
a) Selon l'art. 20 de l'Ordonnance du 22 mai 2002 sur l'introduction progressive de la libre circulation des personnes entre, d'une part, la Confédération suisse et, d'autre part, la Communauté européenne et ses Etats membres, ainsi qu'entre les Etats membres de l'AELE (ci-après : OLCP), il est possible, aux conditions restrictives d'application de l'art. 36 de l'Ordonnance du Conseil fédéral limitant le nombre des étrangers du 6 octobre 1986 (OLE), d'octroyer une autorisation de séjour sans activité lucrative aux ressortissants CE/AELE pour des motifs importants, même s'ils ne remplissent pas les conditions prévues dans l'ALCP. Il n'existe cependant pas de droit en la matière, l'autorité cantonale statuant librement (art. 4 LSEE) après avoir soumis le cas à l'Office fédéral des migrations (ODM) pour approbation. Les cas visés par les art. 20 OLCP et 36 OLE ne sont toutefois envisageables que dans de rares situations, notamment lorsque les moyens financiers manquent ou, dans des cas d'extrême gravité, pour les membres de la famille ne pouvant se prévaloir des dispositions sur le regroupement familial (directives OLCP, état 01.04.2006, chiffre 8.2.7).
En l'espèce, le recourant ne fait valoir aucun élément qui permettrait de conclure qu'il se trouve dans un cas de rigueur personnel grave empêchant son retour dans son pays d'origine. En particulier, il ne prétend pas qu'il ne pourrait pas suivre un traitement au Portugal, mais seulement que la prise en charge du traitement par la sécurité sociale portugaise n'est pas garantie. On ne saurait toutefois retenir ce motif comme un motif important au sens des dispositions précitées, d'autant que l'ALCP prévoit expressément la coordination des systèmes de sécurité sociale. Le fait que l'intéressé dispose en Suisse d'un cercle d'amis qui le soutiennent dans les épreuves traversées depuis le diagnostic de sa maladie n'est pas non plus déterminant, dans la mesure où il ne réside en Suisse que depuis relativement peu de temps, soit, de manière régulière depuis l'été 2002, et qu'il a selon toute vraisemblance conservé des attaches et des liens familiaux dans son pays d'origine. Enfin, dès lors que l'office AI l'a avisé par courrier du 30 juin 2006 qu'il transmettait son dossier au service juridique compétent et qu'une décision serait prochainement rendue sur sa demande, aucune raison impérieuse ne commande au recourant de se tenir à disposition de l'office, dont la décision peut aussi bien lui être communiquée au Portugal. A toutes fins utiles, il est cependant rappelé que le recourant conserve la possibilité de venir en Suisse dans le cadre de séjours touristiques dûment autorisés, soit au maximum deux fois trois mois par année civile (art. 9 OLCP, qui renvoie aux art. 2 et 3 LSEE et 1 et 2 RSEE).
6.
En définitive, la décision attaquée s'avère pleinement justifiée et l'autorité intimée n'a ni excédé ni abusé de son pouvoir d'appréciation en refusant de délivrer l'autorisation sollicitée. Le recours doit en conséquence être rejeté et un nouveau délai de départ sera imparti par le SPOP à X._ pour quitter le territoire vaudois (art. 12 al. 3 LSEE).
Compte tenu de la situation financière précaire du recourant, les frais de la présente cause seront laissés à la charge de l'Etat (art. 55 LJPA). Vu l'issue du pourvoi, le recourant n'a pas d
r
oit à des dépens.