Decision ID: c99be8bf-e5d6-565b-9f05-c376d4be4eaf
Year: 2009
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_013
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: public_law

EN FAIT
1. Le 24 février 2009, Madame G_, domiciliée à Genève, a adressé au Tribunal administratif un courrier aux termes duquel elle se plaignait implicitement que son droit d’accès aux résultats d’analyses médicales était systématiquement violé par les Hôpitaux universitaire de Genève (ci-après : HUG). Dans ses conclusions, Mme G_ demandait à ce qu’il lui soit donné l’adresse de différentes autorités ainsi qu’un avis de droit sur la question : « comment savoir à quel laboratoire le médecin a envoyé l’analyse s’il ne me répond pas ».
Le Tribunal administratif a transmis le courrier précité à la commission de surveillance des professions de la santé et des droits des patients (ci-après : la commission) le 26 février 2009, pour raison de compétence.
2. Le 25 février 2009, Mme G_ a adressé au Tribunal administratif une lettre concernant « une assistante sociale fuyante aux Glycines 1 de Belle-Idée ».
Le Tribunal administratif a transmis ledit courrier à la commission le 5 mars 2009, comme relevant de sa compétence.
Celle-ci l’a à son tour transmis à la direction générale des HUG le 26 mars 2009, ce dont Mme G_ a été informée le jour même.
3. Le 2 avril 2009, la commission a répondu, sous la plume de son président, Monsieur C_, au courrier du 24 février 2009 de Mme G_.
Elle était compétente pour instruire d’éventuelles violations des dispositions de la loi sur la santé ou de la loi sur la privation de liberté à des fins d’assistance concernant les professionnels de la santé, les institutions de santé, ainsi que les cas de violation des droits des patients. En revanche, elle ne délivrait pas d’avis de droit et ne fournissait pas de renseignements d’ordre pratique concernant des professionnels de la santé ou des institutions de santé.
Si Mme G_ estimait devoir saisir la commission dans le cadre de ses compétences, elle était invitée à lui adresser une plainte documentée en précisant la ou les périodes de soins concernées ainsi que les professionnels de la santé mis en cause.
4. Mme G_ s’est adressée au Tribunal administratif le 7 avril 2009 en lui transmettant la copie du courrier du 2 avril 2009 de la commission.
Elle soulevait une violation du droit des patients (violation du droit d’accès aux résultats d’analyses par les HUG). M. C_ n’en tenait pas compte car il n’estimait pas recevable la demande : il ne s’estimait pas compétent et ne statuait pas. Elle conclut à « faire valoir les prétentions de son courrier du 24 février 2009 que la commission n’a pas voulu évaluer, pour irrecevabilité infondée, subsidiairement renvoyer l’affaire pour nouveau jugement à la commission et condamner cette dernière à CHF 30.- de frais administratifs pour la réclamation du déni de justice formel ». Enfin, la commission devait être sanctionnée administrativement « pour déni de justice formel continuel dans ses décisions qui lui cause du tort moral et physique, des démarches administratives épuisantes et hors de portée pour protéger ses droits des patients dans des délais raisonnables ».
5. Le 11 mai 2009, la commission a déposé ses observations.
Le courrier du 2 avril 2009 n’était pas une décision au sens de l’art. 46 al. 1 de la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 1985 (LPA -
E 5 10
). Une décision ne pouvait être prise que par le bureau de la commission en application de l’art. 10 de la loi sur la commission de surveillance des professions de la santé et des droits des patients du 7 avril 2006 (LComPS -
K 3 03
) ou par la commission plénière (art. 18 LComPS) ce qui n’était pas le cas en l’espèce. Il n’y avait pas lieu de rendre une quelconque décision dans cette affaire dans le mesure où la demande de Mme G_ contenue dans son courrier du 24 février 2009 n’était guère compréhensible. Celle-ci demandait alternativement des renseignements ou des avis de droit qui n’entraient pas dans les compétence de la commission.
Dans la mesure où ce document pourrait être une plainte pour non accès au dossier médical, il conviendrait que Mme G_ adresse à la commission une plainte circonstanciée accompagnée de pièces selon les instructions qui lui avaient été données le 2 avril 2009.
Elle conclut à l’irrecevabilité du recours avec suite de frais et dépens.
6. Le 13 mai 2009, les parties ont été informées de ce que la cause était gardée à juger.

EN DROIT
1. Le Tribunal administratif est l’autorité supérieure ordinaire de recours en matière administrative (art. 56A de la loi sur l’organisation judiciaire du 22 novembre 1941 - LOJ -
E 2 05
).
2. La recevabilité du recours doit être examinée d’office. Il convient donc de se pencher sur la qualification juridique du courrier du 2 avril 2009 de la commission.
3. Au sens de l’art. 4 al. 1
er
LPA sont considérées comme des décisions les mesures individuelles et concrètes prises par l’autorité dans les cas d’espèce fondées sur le droit public fédéral, cantonal ou communal et ayant pour objet de créer, de modifier ou d’annuler des droits et des obligations (let. a), de constater l’existence, l’inexistence ou l’étendue de droits, d’obligations ou de faits (let. b), de rejeter ou de déclarer irrecevables des demandes tendant à créer, modifier, annuler ou constater des droits ou des obligations (let. c).
En droit genevois, la notion de décision est calquée sur le droit fédéral (art. 5 de la loi fédérale sur la procédure administrative du 20 décembre 1968 - PA -
RS 172.021
), ce qui est également valable pour les cas limites, ou plus exactement pour les actes dont l’adoption n’ouvre pas de voie de recours. Ainsi, de manière générale, les communications, opinions, recommandations et renseignements ne déploient aucun effet juridique et ne sont pas assimilables à des décisions, de même que les avertissements ou certaines mises en demeure (
ATA/103/2009
du 3 mars 2009 et les réf. citées ; P. MOOR, Droit administratif, Vol. 2, Berne 2002, p. 214, n. 2.2.3.3 ; B. BOVAY, Procédure administrative, Berne 2000, p. 334-344).
4. En l’espèce, la recourante ne vise aucune décision au sens de ce qui précède. La lettre querellée ne répond pas à la définition susmentionnée. Elle ne fait que préciser à la recourante les compétences de la commission d’une part, et lui confirme qu’elle ne délivre pas d’avis de droit ni ne fournit des renseignements d’ordre pratique. Enfin, elle lui indique la manière de procéder si elle entend déposer une plainte entrant dans le cadre de ses compétences.
Il en résulte que la situation juridique de la recourante n’est nullement affectée par le courrier qu’elle met en cause. Aucun recours n’est donc possible contre celui-ci.
5. Au vu de ce qui précède, le recours ne peut qu’être déclaré irrecevable. Nonobstant l’issue du litige, aucun émolument ne sera mis à la charge de la recourante (art. 87 LPA). Il ne sera pas davantage alloué d’indemnité.
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