Decision ID: 751bcfd0-74be-4aea-9bf0-c05a6b77c27b
Year: 2015
Language: fr
Court: VD_TC
Chamber: VD_TC_031
Canton: VD
Region: Région lémanique
Law Area: public_law

Vu les faits suivants
A. C.D_ (ci-après: la recourante), née en 1960, et A. B_ (ci-après: le recourant), né en 1956, sont mariés depuis 1991 et originaires de Somalie. Ils ont trois enfants communs, E., F. et G. (nées en 1995, 1996 et 1997) qui ont entre-temps acquis la nationalité suisse. La recourante est arrivée en Suisse en septembre 1995 et le recourant en janvier 1996 où ils ont chacun déposé une demande d’asile.
Par décision du 6 décembre 1996, non contestée et ainsi entrée en force, l’ancien Office fédéral des réfugiés (ODR) a rejeté les demandes d’asile des recourants. Il a notamment estimé que les événements et les troubles relatifs à la situation de guerre civile prévalant dans leur pays d’origine, lors de laquelle était décédé un de leurs enfants touché par une balle perdue, ne constituaient pas un motif suffisant pour l’octroi de la qualité de réfugié. L’ODR a toutefois admis provisoirement les recourants, "étant donné que l’exécution du renvoi de Suisse en Somalie n’est actuellement pas raisonnablement exigible". Dans cette mesure, il leur a été délivré un permis F.
Selon décision de l’Office de l’assurance-invalidité du canton de Vaud (OAI) du 31 janvier 2013, une rente entière d’invalidité a été octroyée au recourant dès février 2012. La rente mensuelle (en 2013) est de 615 fr. pour le recourant et de 246 fr. par enfant. L’OAI a retenu que la capacité de travail du recourant était considérablement restreinte depuis novembre 2009 ; elle était nulle dans toute activité lucrative quelle qu’elle soit. Par la suite, le recourant a également eu droit à des prestations complémentaires. Deux demandes introduites auprès de l’OAI par la recourante ont toutefois été rejetées en 2008 et 2012.
B. Par l’intermédiaire du Service d’Aide Juridique aux Exilé-e-s, les recourants avaient déjà requis par acte du 14 septembre 2010 l’octroi d’une "autorisation de séjour sous l’angle de l’art. 84 al. 5 LEtr (permis B humanitaire)". Ils ont notamment fait valoir qu’ils étaient tous deux souffrants. La recourante était inapte au travail. Le recourant souffrait d’un emphysème centro lobulaire diffus du lobe inférieur gauche du poumon, d’un état anxio-dépressif, d’un reflux gastro-oesophagien avec épigastralgies et d’un diabète de type 2 non insulino requérant. En 2009/2010, il avait été hospitalisé pour une tuberculose pulmonaire bacillaire multi-résistante. Il présentait une incapacité de travail de 100% (cf. avis du Dr H. I_, spécialiste en médecine générale, du 31 mars et 13 avril 2010). Leurs relations avec la Suisse étaient bien plus étroites que celles qu’ils entretiennent avec leur pays d’origine. Leurs trois filles avaient reçu la nationalité suisse.
Dans le cadre de la demande précitée, le Service de la population du canton de Vaud (SPOP) a invité les recourants à les informer des démarches faites en particulier auprès de l’OAI. Les recourants ont produit par la suite notamment quelques documents de l’OAI et un certificat médical du Dr J. K. J_, spécialiste en médecine interne générale, du 22 décembre 2011 attestant que la recourante souffre d’une polymorbidité comportant une cardiopathie mixte, sur troubles du rythme cardiaque et hypertension artérielle, de troubles digestifs chroniques, à la fois d’origine peptique, gastro-oesophagienne et secondaire à des séquelles digestives d’une ancienne tuberculose abdominale, d’un trouble du métabolisme du glucose, d’un syndrome douloureux musculo-squelettique généralisé assorti d’un dysfonctionnement psychologique et syndrome de fatigue chronique. Son état de santé réduisait son aptitude de travail à néant.
Par courrier du 4 décembre 2014, le SPOP a finalement rendu un préavis, selon lequel il comptait refuser l’octroi de l’autorisation requise. Il a exposé ses motifs et donné aux recourants la possibilité de lui faire part de leurs remarques et de fournir toute pièce complémentaire pertinente. Il a surtout retenu que l’intégration des recourants ne revêtait aucun caractère exceptionnel, qu’ils étaient toujours assistés dans une large mesure et que l’OAI avait estimé que la recourante ne présentait pas d’atteinte à la santé invalidante.
Dans le délai imparti à cet effet, les recourants ont notamment déclaré, par courrier de leur mandataire du 13 janvier 2015, qu’ils présentaient tous deux d’importants problèmes de santé, ce qui avait amené le recourant à percevoir une rente AI depuis 2012. Quant à la recourante, elle souffrait d’une fibromyalgie en perpétuelle péjoration, d’une gastrite chronique, d’un diabète de type II ou encore d’une fatigue chronique. Ils ont produit un document selon lequel la recourante devait se présenter le 2 février 2015 à un examen auprès du Service de gastro-entérologie et d’hépatologie du CHUV. Dans ces circonstances aucune insertion professionnelle n’était envisageable depuis de nombreuses années. Leurs liens étaient "extrêmement forts avec la Suisse en raison de la nationalité suisse de leurs trois enfants".
C. Par décision du 2 février 2015, le SPOP a refusé d’octroyer aux recourants un permis B ou une autre autorisation de séjour, tout en retenant qu’ils pouvaient continuer à résider en Suisse en étant au bénéfice d’une admission provisoire (permis F). Comme dans son préavis, le SPOP a reproché aux recourants, à titre principal, de ne pas être financièrement autonomes, mais d’être assistés dans une large mesure et de manière ininterrompue depuis leur arrivée en Suisse en 1995, et, à titre subsidiaire, que leur intégration ne revêtait aucun caractère exceptionnel, respectivement était insuffisamment poussée.
D. Par acte de leur mandataire du 24 février 2015, les recourants ont interjeté un recours auprès de la Cour de droit administratif et public (CDAP) du Tribunal cantonal. Ils concluent à l’annulation de la décision du SPOP du 2 février 2015 et de "rendre un préavis positif quant à l’octroi d’un permis B". Ils font valoir que le recourant était autonome financièrement de l’EVAM, puisqu’il touchait depuis 2012 une rente de l’Assurance-invalidité (AI). La recourante était empêchée de travailler pour des raisons de santé. Si les pathologies dont elle souffre n’avaient pour l’instant pas été jugées suffisantes à l’octroi d’une rente AI, elles n’étaient pas moins lourdement handicapantes. Son état de santé ne lui permettait pas d’exercer un emploi. Elle renvoie à cet effet à un certificat médical de son médecin traitant le Dr J_ du 16 février 2015 qu’elle a joint au recours et qui contient les mêmes diagnostics que son attestation précitée du 22 décembre 2011. Ils avaient démontré en 2001 et 2002 leur volonté de travailler, mais leur maladie respective les avait empêchés de poursuivre dans leurs efforts, raison pour laquelle ils n’avaient pas pu s’insérer convenablement sur le marché de l’emploi. Les condamnations mineures, que le SPOP leur reprochait, remontaient à 2001 et 2006 ; il était donc disproportionné d’en tenir compte aujourd’hui. Leur réintégration en Somalie n’était pas envisageable, car ils étaient depuis presque 19, voire 20 ans en Suisse et pouvaient y justifier d’une relation étroite et effective avec plusieurs personnes de leur famille qui possédaient un droit de résider durable. Leurs trois enfants avaient acquis la nationalité suisse.
Par réponse du 10 mars 2015, le SPOP a conclu au rejet du recours et renvoyé pour le reste uniquement à sa décision du 2 février 2015.
Vu la situation financière des recourants, le juge instructeur avait renoncé de demander une avance de frais aux recourants, conformément à leur demande. La Cour a statué par voie de circulation. Dans la mesure utile, les arguments des parties seront repris par la suite.

Considérant en droit
1. Interjeté en temps utile auprès de l'autorité compétente, le recours satisfait par ailleurs aux autres conditions formelles de recevabilité (cf. art. 79 de la loi vaudoise du 28 octobre 2008 sur la procédure administrative [LPA-VD; RSV 173.36], applicable par renvoi de l'art. 99 LPA-VD), de sorte qu'il y a lieu d'entrer en matière sur le fond.
2. a) Les ressortissants étrangers ne bénéficient en principe d'aucun droit à l'obtention d'une autorisation de séjour et de travail, sauf s'ils peuvent le déduire d'une norme particulière du droit fédéral ou d'un traité international (ATF 130 II 281 consid. 2.1 p. 284, 493 consid. 3.1 p. 497/498; 128 II 145 consid. 1.1.1 p. 148, et les arrêts cités).
b) En l’occurrence, les recourants se prévalent uniquement de l’art. 84 al. 5 de la Loi fédérale du 16 décembre 2005 sur les étrangers (LEtr; RS 142.20), à teneur duquel les demandes d'autorisation de séjour déposées par un étranger admis provisoirement et résidant en Suisse depuis plus de cinq ans sont examinées de manière approfondie en fonction de son niveau d'intégration, de sa situation familiale et de l'exigibilité d'un retour dans son pays de provenance. Ces trois critères d’examen ne sont pas les seuls à prendre en compte (Tribunal administratif fédéral [TAF] C-5769/2009 du 31 janvier 2011 consid. 4.3 et C-5939/2013 du 23 septembre 2013).
L’art. 84 al. 5 LEtr ne constitue par ailleurs pas un fondement autonome pour l’octroi de l’autorisation de séjour, mais s’analyse comme un cas de dérogation aux conditions d’admission selon l’art. 30 LEtr (cf. Tribunal fédéral [TF] 2C_766/2009 du 26 mai 2010 consid. 4). Les conditions auxquelles un cas individuel d'extrême gravité peut être reconnu en faveur d'étrangers admis provisoirement en Suisse, fixées par l'art. 84 al. 5 LEtr, ne diffèrent pas fondamentalement des critères retenus pour l'octroi d'une dérogation aux conditions d'admission pour les cas individuels d’une extrême gravité au sens de l'art. 30 al. 1 let. b LEtr qui reprend lui-même l’art. 13 let. f de l'ancienne ordonnance fédérale du 6 octobre 1986 limitant le nombre des étrangers (OLE; RO 1986 1791), abrogée au 1er janvier 2008, et la jurisprudence y relative (cf. Message du Conseil fédéral sur la LEtr, FF 2002 3469, spéc. p. 3543). L’art. 13 let. f OLE prévoyait que n'étaient pas comptés dans les nombres maximums les étrangers qui obtenaient une autorisation de séjour dans un cas personnel d'extrême gravité ou en raison de considération de politique générale (pour la jurisprudence y relative cf. ATF 130 II 39; ATAF 2007/45 consid. 4.2 avec références). Tout en s'inscrivant dans le contexte plus général des art. 30 al. 1 let. b LEtr et 13 let. f OLE, il faut néanmoins intégrer dans le cadre de l’art. 84 al. 5 LEtr la situation particulière inhérente au statut résultant de l'admission provisoire (cf. ATAF 2007/45 consid. 4.2; TAF C-5769/2009 du 31 janvier 2011 consid. 4 et C-5939/2013 du 23 septembre 2015 consid. 6.3).
L'art. 31 al. 1 de l’Ordonnance fédérale du 24 octobre 2007 relative à l’admission, au séjour et à l’exercice d’une activité lucrative (OASA; RS 142.201) complète, selon son titre marginal, notamment les art. 30 al. 1 let. b et 84 al. 5 LEtr; il se prononce sur la notion de cas individuel d'extrême gravité de la manière suivante:
Une autorisation de séjour peut être octroyée dans les cas individuels d’extrême gravité. Lors de l’appréciation, il convient de tenir compte notamment:
a. de l’intégration du requérant;
b. du respect de l’ordre juridique suisse par le requérant;
c. de la situation familiale, particulièrement de la période de scolarisation et de la durée de la scolarité des enfants;
d. de la situation financière ainsi que de la volonté de prendre part à la vie économique et d’acquérir une formation;
e. de la durée de la présence en Suisse;
f. de l’état de santé;
g. des possibilités de réintégration dans l’Etat de provenance.
Le Tribunal administratif fédéral a rappelé, notamment dans l'arrêt C-5479/2010 du 18 juin 2012, que cette disposition comprend une liste exemplative et non pas exhaustive des critères à prendre en considération pour la reconnaissance de cas individuels d'une extrême gravité (cf. par rapport à l’utilisation de l’adverbe "notamment" dans l’art. 77 al. 4 OASA: TF 2C_839/2010 du 25 février 2011 consid. 7.1.2). En effet, lors de l'appréciation d'un cas personnel d'extrême gravité, il y a lieu de tenir compte de l'ensemble des circonstances du cas particulier (ATF 130 II 39 consid. 3). Comme le remarquent à juste titre les recourants, il ne faut donc pas seulement prendre en considération le critère de l’autonomie financière, mais aussi d’autres éléments. Dans cette mesure, la décision attaquée pourrait en effet être mal comprise, lorsque le SPOP invoque un seul critère de l’art. 31 al. 1 OASA à titre principal, puis d’autres à titre subsidiaire pour motiver sa décision.
Pour le reste, il ressort de la formulation de l'art. 30 al. 1 LEtr, qui est rédigé en la forme potestative (cf. "il est possible de déroger"), que l'étranger n'a aucun droit à l'octroi d'une dérogation aux conditions d'admission pour cas individuel d'une extrême gravité et, partant, à l'octroi d'une autorisation de séjour fondée sur cette disposition (cf. Andrea Good/Titus Bosshard, Abweichungen von den Zulassungsvoraussetzungen, in: Caroni/Gächter/Turnherr [éd.], Bundesgesetz über die Ausländerinnen und Ausländer [AuG], Berne 2010, p. 226 s. n° 2 et 3 ad art. 30 LEtr).
c) Aux termes de l’art. 4 LEtr, intitulé "Intégration", l’intégration des étrangers vise à favoriser la coexistence des populations suisse et étrangère sur la base des valeurs constitutionnelles ainsi que le respect et la tolérance mutuels (al. 1). Elle doit permettre aux étrangers dont le séjour est légal et durable de participer à la vie économique, sociale et culturelle (al. 2). Il est indispensable que les étrangers se familiarisent avec la société et le mode de vie en Suisse et, en particulier, qu’ils apprennent une langue nationale (al. 4).
Par ailleurs, conformément à l'art. 4 de l'ordonnance du 24 octobre 2007 sur l'intégration des étrangers (OIE; RS 142.205), les critères permettant d'apprécier le degré d'intégration d'un étranger sont les suivants: le respect de l'ordre juridique, le respect des valeurs de la Constitution fédérale, l'apprentissage de la langue parlée sur le lieu de domicile, la volonté de prendre part à la vie économique et d'acquérir une formation. D’autres critères peuvent également avoir une influence lors de cette appréciation (cf. adverbe "notamment" dans l’art. 4 OIE; TF 2C_839/2010 du 25 février 2011 consid. 7.1.2).
Contrairement à l’art. 50 al. 1 let. a LEtr, qui prévoit un droit à la prolongation d’un titre de séjour en cas de dissolution de la famille, il n’est pas indispensable dans le cadre de l’art. 31 al. 1 let. a OASA que l’intégration soit "réussie". Le degré d’intégration jouera néanmoins un rôle décisif, vu que l’art. 84 al. 5 LEtr exige de tenir compte du niveau d’intégration. Compte tenu que le Tribunal fédéral a considéré qu’une intégration réussie ne nécessite ni une carrière professionnelle particulièrement poussée, ni des contacts sociaux très étroits (TF 2C_329/2013 du 27 novembre 2013 consid. 2.1; 2C_430/2011 du 11 octobre 2011 consid. 4.2; 2C_839/2010 du 25 février 2011 consid. 7.1.2), on ne peut pas non plus poser de telles exigences pour reconnaître un cas d’une extrême gravité selon l’art. 31 al. 1 OASA. Cependant, de tels éléments joueront un rôle lors de l’appréciation (TF 2C_430/2011 cité) qui demande, comme déjà exposé, la prise en considération de l'ensemble des circonstances du cas particulier (cf. toutefois également infra consid. 2f in fine).
Concernant le degré de maîtrise de la langue nationale que l'on est en droit d'exiger d'un ressortissant étranger, le Tribunal fédéral a jugé qu'il pouvait varier en fonction de la situation socioprofessionnelle pour autant que l'étranger soit en mesure de communiquer de façon intelligible (cf. TF 2C_839/2010 du 25 février 2011 consid. 7.1.2). Les connaissances linguistiques requises doivent permettre à l’étranger de se faire comprendre dans les situations de la vie quotidienne (par exemple dans les relations avec les autorités du marché du travail, avec un enseignant en charge de ses enfants, avec les services d'orientation professionnelle ou lors d'une consultation médicale). L'étranger doit pouvoir comprendre et utiliser des expressions familières et quotidiennes ainsi que des énoncés très simples qui visent à satisfaire des besoins concrets. Il peut se présenter ou présenter quelqu'un et poser à une personne des questions la concernant. Il peut communiquer de façon simple si l'interlocuteur parle lentement et distinctement et se montre coopératif. Comme exigence minimale, il faut se référer au niveau A1 du Cadre européen commun de référence pour les langues (Directives du Secrétariat d’Etat aux migrations [SEM], Domaine des étrangers [Directives LEtr], octobre 2013, état au 1er septembre 2015, ch. I. 5.6.4.1.2). Ainsi, il a été jugé qu’un étranger vivant en Suisse depuis plus de dix ans, ne parlant pas la langue française, ayant travaillé dans plusieurs établissements publics n'impliquant pas nécessairement un entourage étranger et n’ayant jamais pris aucune leçon de français, n’était pas intégré en Suisse sur le plan professionnel (arrêt CDAP PE.2013.0250 du 3 juin 2014).
L'art. 31 al. 5 OASA précise que si le requérant n'a pu, jusqu'à présent, exercer une activité lucrative en raison de son âge, de son état de santé ou d'une interdiction de travailler en vertu de l'art. 42 de la loi du 26 juin 1998 sur l’asile (LAsi; RS 142.31), il convient d'en tenir compte lors de l'examen de sa situation financière et de sa volonté de prendre part à la vie économique au sens de l’art. 31 al. 1 let. d LEtr.
Le Tribunal fédéral a en outre considéré que les séjours illégaux en Suisse en tant qu’adulte n'étaient, en principe, pas pris en considération dans l'examen d'un cas de rigueur. La longue durée d'un séjour en Suisse n'est pas, à elle seule, un élément constitutif d'un cas personnel d'extrême gravité dans la mesure où ce séjour est illégal – sans quoi l'obstination à violer la législation en vigueur serait en quelque sorte récompensée. Dès lors, il appartient à l'autorité compétente d'examiner si l'intéressé se trouve pour d'autres raisons dans un état de détresse justifiant une exception aux mesures de limitation du nombre des étrangers; dans ce cadre, il y a lieu de se fonder notamment sur les relations familiales de l'intéressé en Suisse et dans sa patrie, sur son état de santé, sur sa situation professionnelle et sur son intégration sociale (ATF 130 II 39 consid. 3; TF 2A.69/2007 du 10 mai 2007 consid. 3). Le Tribunal administratif fédéral a en outre précisé qu’un séjour légal de huit ans remplissait certes le critère de la durée de résidence selon l’art. 84 al. 5 LEtr (résidant en Suisse depuis plus de cinq ans), mais que le simple fait pour un étranger de séjourner en Suisse pendant de longues années, même à titre légal, ne permettait pas d’admettre un cas personnel d’extrême gravité sans que n’existent d’autres circonstances à même de justifier un tel cas (ATAF 2007/16 consid. 7; TAF C-5939/2013 du 23 septembre 2015 consid. 8.1). Cependant, une durée de séjour conséquente peut, dans des cas particuliers, atténuer les autres exigences liées à la reconnaissance d’un cas de rigueur (Directives LEtr, ch. 5.6.4.5).
d) De plus, une autorisation de séjour ne peut être octroyée en présence d'un motif de révocation d'une autorisation (arrêts CDAP PE.2014.0412 du 3 décembre 2014 et PE.2015.0177 du 11 août 2015 consid. 3b). En particulier, l'art. 62 let. e LEtr permet à l'autorité compétente de révoquer une autorisation de séjour si l'étranger lui-même ou une personne dont il a la charge dépend de l'aide sociale. Conformément à l'art. 10 al. 1er let. d de l'ancienne loi fédérale du 26 mars 1931 sur le séjour et l’établissement des étrangers (aLSEE; RS 113) en vigueur jusqu'au 31 décembre 2007, un étranger pouvait être expulsé de Suisse ou d'un canton, si lui-même ou une personne aux besoins de laquelle il était tenu de pourvoir tombait d'une manière continue et dans une large mesure à la charge de l'assistance publique. Sur la base de cette disposition, l'ancien Tribunal administratif, puis la CDAP ont considéré, de jurisprudence constante, que la dépendance de l'assistance publique faisait obstacle à toute transformation d'un permis F en permis B (voir notamment arrêts CDAP PE.2011.0321 du 2 novembre 2011; PE.2010.0258 du 2 novembre 2010; PE.2008.0350 du 30 juin 2009; PE.2008.0350 du 30 juin 2009; PE.2008.0216 du 27 février 2009).
Ce n'est que dans quelques très rares cas que le tribunal de céans a jugé que des personnes pouvaient se voir délivrer une autorisation de séjour pour cas d'extrême gravité, malgré leur dépendance de l'aide sociale. Tel a ainsi été notamment le cas pour une mère, veuve, à l'état de santé déficient, sans formation professionnelle et élevant deux enfants (arrêt CDAP PE.2001.0392 du 15 avril 2002); pour une mère, veuve, sans formation professionnelle mais travaillant à 80 % et pour ses quatre enfants, dont deux d'entre eux présentaient des difficultés de santé (arrêt CDAP PE.2008.0099 du 30 juin 2008); pour une mère, divorcée et incapable de travailler en raison de son état de santé, de même que pour son fils aîné, handicapé placé à demeure dans une institution (arrêt CDAP PE.2010.0162 du 30 septembre 2010); ainsi que pour une famille dont la mère était invalide à 100% et le père devait prendre en charge l'éducation des quatre plus jeunes enfants, dont l'un était considérablement atteint dans sa santé (arrêt CDAP PE.2011.0070 du 27 juin 2011). Par cette jurisprudence, il est pris compte de l’art. 31 al. 5 OASA précité.
Selon la jurisprudence, la détention d'un permis F n'est pas un obstacle en soi à une intégration professionnelle en Suisse, et le titulaire d'un permis F ne saurait par conséquent prétendre à l'octroi d'un permis B au seul motif qu'il éprouve des difficultés à trouver du travail (voir arrêts CDAP PE.2011.0038 du 4 juillet 2011 consid. 4a et les références citées; PE.2010.0269 du 22 février 2011 consid. 5a et les références citées). En règle générale, une intégration particulièrement réussie, qui pourrait justifier l'octroi d'un permis B, suppose précisément une insertion dans le monde du travail et la capacité pour l'étranger d'être financièrement autonome (arrêt CDAP PE.2006.0661 du 27 avril 2007 consid. 4b).
Cela dit, un simple risque d’être à la charge de l’assistance publique ne suffit pas; il faut bien davantage un danger concret de dépendance aux services sociaux (ATF 125 II 633 consid. 3c; 122 II 1 consid. 3c). Pour apprécier si une personne se trouve dans une large mesure à la charge de l'assistance publique, il faut tenir compte du montant total des prestations déjà versées à ce titre. Pour évaluer si elle tombe d'une manière continue à la charge de l'assistance publique, il faut examiner sa situation financière à long terme. Il convient, en particulier, d'estimer, en se fondant sur la situation financière actuelle de l'intéressé et sur son évolution probable, s'il existe, dans l'hypothèse où il réaliserait un revenu, des risques que, par la suite, il se trouve à la charge de l'assistance publique (ATF 125 II 633 consid. 3c; 122 II 1 consid. 3c; arrêts CDAP PE.2008.0004 du 14 avril 2008 et PE.2003.0315 du 21 juin 2004). Le revenu doit être concret et vraisemblable et, autant que possible, ne pas apparaître purement temporaire. Pour le reste, la notion d'assistance publique s'interprète dans un sens technique. Elle comprend l'aide sociale traditionnelle et les revenus minima d'aide sociale, à l'exclusion des prestations d'assurances sociales comme les indemnités de chômage (TF 2A.11/2001 du 5 juin 2001 consid. 3a; cf. également ATF 135 II 265 consid. 3.6 et 3.7).
e) Selon la jurisprudence, des motifs médicaux peuvent, selon les circonstances, conduire à la reconnaissance d'un cas de rigueur lorsque l'intéressé démontre souffrir d'une sérieuse atteinte à la santé qui nécessite, pendant une longue période, des soins permanents ou des mesures médicales ponctuelles d'urgence, indisponibles dans le pays d'origine, de sorte qu'un départ de Suisse serait susceptible d'entraîner de graves conséquences pour sa santé. En revanche, le seul fait d'obtenir en Suisse des prestations médicales supérieures à celles offertes dans le pays d'origine ne suffit pas à justifier une exception aux mesures de limitation. De même, l'étranger qui entre pour la première fois en Suisse en souffrant déjà d'une sérieuse atteinte à la santé ne saurait se fonder uniquement sur ce motif médical pour réclamer une telle exemption (ATF 128 II 200 consid. 5.3 et les références citées).
f) Concernant la possibilité de réintégration dans l’Etat de provenance (art. 31 al. 1 let. g OASA), il y a lieu de prendre en considération notamment les éléments suivants : âge des personnes concernées lors de leur entrée en Suisse, connaissances des us et coutumes et maîtrise de la langue du pays de provenance, problèmes de santé éventuels, réseau familial et social dans le pays de provenance, possibilité de scolarisation et de formation dans le pays de provenance, situation professionnelle et possibilités de réintégration sur le marché du travail dans le pays de provenance, conditions d’habitation dans le pays de provenance (Directives LEtr, ch. 5.6.4.7).
g) En définitive, les conditions auxquelles la reconnaissance d'un cas de rigueur est soumise doivent être appréciées de manière restrictive. II est nécessaire que l'étranger concerné se trouve dans une situation de détresse personnelle. Cela signifie que ses conditions de vie et d'existence, comparées à celles applicables à la moyenne des étrangers, doivent être mises en cause de manière accrue, c'est-à-dire que le refus de soustraire l'intéressé aux restrictions des nombres maximums comporte pour lui de graves conséquences. La reconnaissance d'un cas personnel d'extrême gravité n'implique pas forcément que la présence de l'étranger en Suisse constitue l'unique moyen pour échapper à une situation de détresse. D'un autre côté, le fait que l'étranger ait séjourné en Suisse pendant une assez longue période, qu'il s'y soit bien intégré, socialement et professionnellement, et que son comportement n'ait pas fait l'objet de plaintes ne suffit pas, à lui seul, à constituer un cas personnel d'extrême gravité; il faut encore que la relation du requérant avec la Suisse soit si étroite qu'on ne puisse pas exiger qu'il aille vivre dans un autre pays, notamment dans son pays d'origine (ATF 124 II 110 consid. 2). A cet égard, les relations de travail, d'amitié ou de voisinage que le requérant a pu nouer pendant son séjour ne constituent normalement pas des liens si étroits avec la Suisse qu'ils justifieraient une exemption des mesures de limitation du nombre des étrangers (ATF 130 II 39 consid. 3 et la jurisprudence citée).
3. a) En l’espèce, il est vrai que les recourants, qui sont arrivés en Suisse en 1995, respectivement 1996, y résident depuis de nombreuses années (actuellement 19 à 20 ans). Cependant, comme exposé ci-dessus, les recourants ne sauraient tirer argument de la seule durée de leur séjour en Suisse pour bénéficier d’une autorisation de séjour en application de l’’art. 84 al. 5 LEtr. Certes, la durée de leur séjour est aujourd’hui particulièrement longue, mais cela ne suffit pas encore pour admettre un cas individuel d’une extrême gravité. Il faut qu’il s’y ajoute d’autres éléments en leur faveur.
b) Le recourant est atteint dans son état de santé de telle manière que depuis fin novembre 2009 il est en incapacité totale de travail. Les recourants n’ont toutefois pas affirmé et encore moins démontré par des documents idoines qu’il nécessitait un traitement qu’il ne pourrait recevoir dans son pays d’origine. Quoi qu’il en soit, ce point peut rester ouvert vu ce qui suit. En tout cas, son atteinte à la santé ne l’empêche pas de quitter son domicile. Malgré ladite incapacité de travail, le recourant a par ailleurs pu participer depuis 2011 à des activités auprès de l’Espace Mozaïk et suivre des cours de français entre 2011 et 2014 (cf. attestation de l’Espace Mozaïk du 17 novembre 2011, de l’école de français et de son enseignante du 17 et 18 novembre 2011 ainsi que note d’entretien du 4 avril 2014).
Une réintégration des recourants dans leur pays de provenance semble, après une aussi longue absence, difficile, d’autant plus qu’ils n’y sont plus jamais retournés depuis leur arrivée en Suisse, que la situation politique, sociale et économique y est précaire et que la capacité de travail du recourant est nulle dans toute activité lucrative depuis fin 2009. D’ailleurs, le SEM a, encore en 2015, régulièrement estimé que l’exécution d’un renvoi de requérants d’asile en Somalie n’est pas raisonnablement exigible (cf. TAF E-3695/2015 du 7 juillet 2015 et E-963/2015 du 15 avril 2015). Certes, les recourants affirment en outre avoir perdu tous contacts familiaux en Somalie (cf. p. 5, ch. 18 du recours et ch. 11 et 16 de la demande du 14 septembre 2010). Cependant, dans un autre contexte, ils avaient encore prétendu soutenir de la famille restée au pays, notamment par l’envoi de vêtements (cf. par exemple p. 7 du jugement pénal du 23 octobre 2006). On retiendra aussi que les recourants ont tout de même passé la majeure partie de leur vie en Somalie et non pas en Suisse.
S’agissant de l’intégration socioprofessionnelle en Suisse, force est de constater que celle-ci, comparée à celle de la moyenne des étrangers présents dans le pays depuis de nombreuses années, ne revêt aucun caractère exceptionnel. Bien au contraire, elle est même largement en-dessous de cette moyenne. Depuis leur arrivée en Suisse, le recourant n’a travaillé même pas trois mois entiers en 2002, tandis que la recourante a eu un emploi pendant quatre mois en 2001 et pendant une semaine en 2002. Certes, on peut estimer qu’au tout début du séjour, la prise d’emploi n’était pas possible, voire très difficile. On ne peut pas non plus reprocher au recourant de ne pas avoir travaillé dès fin 2009, vu son état de santé depuis. Cependant, avant cela, le recourant n’a pas démontré qu’il se soit intégré ou ait sérieusement essayé de s’intégrer socioprofessionnellement. On s’étonne par ailleurs qu’il ne visite des cours de langue française qu’en 2011, donc après le dépôt de la demande de régularisation selon l’art. 84 al. 5 LEtr et non pas déjà bien plus tôt.
Dans la mesure où la recourante fait valoir que son état de santé ne lui permettait pas de travailler, il est retenu que l’OAI a rejeté, par décision du 22 octobre 2008 entrée en force, sa demande de prestations au motif qu’elle ne présentait pas d’atteinte à la santé invalidante; aucun élément objectif n’indiquait que sa capacité de travail était limitée. Il n’y avait donc aucune restriction sensible de la capacité de travail de la recourante. L’OAI n’avait même pas admis une capacité de travail réduite pour certaines activités. Par la suite, la recourante a déposé une nouvelle demande auprès de l’OAI. Celui-ci a refusé en 2012 d’entrer en matière, parce que la recourante n’avait pas rendu vraisemblable que les conditions de fait s’étaient modifiées de manière essentielle depuis la précédente décision. Les recourants ne prétendent pas avoir contesté cette décision avec succès. Certes, les recourants ont produit dans le cadre du présent recours une attestation de son médecin traitant le Dr J_ du 16 février 2015, lequel y indique divers diagnostics et déclare que la recourante ne pouvait plus travailler. Toutefois, le contenu de cette attestation correspond, à peu de choses près, à celle qu’il avait déjà formulée en date du 22 décembre 2011; les deux documents médicaux contiennent les mêmes diagnostics et les mêmes conclusions quant à la capacité de travail. Les constatations du Dr J_ de 2011 n’avaient pas amené l’OAI (en 2012) à entrer en matière sur la nouvelle demande après celle déjà refusée en octobre 2008. On ne peut donc pas reconnaître de force probante aux documents du Dr J_. Conformément à l’appréciation de l’OAI, il doit être admis que la recourante à une capacité de travail entière. Malgré cela et malgré le fait que son mari ne travaillait pas non plus et aurait donc pu prendre en charge les enfants pendant ses absences, la recourante n’a pas eu plus d’emplois professionnels que ce qui a été retenu pour 2001 et 2002. Pendant toute cette période sans emploi, les recourants ont dû être soutenus par l’assistance sociale.
Certes, le recourant touche depuis 2012 une rente AI et des prestations complémentaires, mais la recourante ne travaille toujours pas et encore moins de manière durable ce qui permettrait d’admettre qu’elle est intégrée au niveau socioprofessionnel.
On peut se demander si la condamnation de la recourante à une amende de 100 fr. pour avoir dissimulé aux autorités sa prise d’emploi et ses revenus y relatifs en 2001 tout en touchant alors indûment l’assistance sociale, ainsi que la condamnation du recourant du 23 octobre 2006 à une peine de trois mois d’emprisonnement avec sursis pour infraction à la Loi sur les stupéfiants, sont à eux seuls suffisants pour refuser l’octroi du permis de séjour requis. Il faut toutefois voir ces condamnations, surtout celle de 2006, dans le cadre de la prise en compte de l’ensemble des circonstances. On relèvera que le recourant avait alors quand même mis à jour un certain mépris pour l’ordre juridique en tentant en 2005 d’envoyer par la poste des stupéfiants (khat) au Canada tout en indiquant, d’une part, de fausses identités répandues en Suisse comme expéditeurs, et, d’autre part, en déclarant envoyer des habits. Cependant, plus un délit est ancien et de peu de gravité, moins il a de portée dans l’appréciation, voire dans l’examen de la proportionnalité (cf. TF 2C_43/2009 du 4 décembre 2009 consid. 3.3.1 et 2C_477/2008 du 24 février 2009 consid. 3.2.1 et 3.2.2).
Les recourants ne peuvent pas non plus invoquer en leur faveur s’être particulièrement intégrés d’une autre manière en Suisse, notamment au niveau socio-culturel. Ils n’ont pas participé intensivement et sur une longue période à du bénévolat ou de similaires activités. Ils n’ont pas non plus allégué, ni démontré avoir noué des relations étroites par exemple dans le cadre du voisinage ou au travers d’associations locales. Leurs seuls réels liens qu’ils font finalement valoir en Suisse sont leurs trois filles, déjà, voire bientôt majeures et qui ont reçu il y a quelques années la nationalité suisse, ainsi que les contacts avec d’autres membres de leur famille vivant en Suisse, tout en étant originaire de Somalie (cf. notamment p. 5, ch. 17 du recours). Au niveau linguistique, ils ont encore de la peine à s’entretenir, voire à tenir une discussion en français (cf. note d’entretien du 4 avril 2014). Comme déjà retenu, le recourant a pris des cours de langue en 2011. Mais, vu ce qui précède, ils ne paraissent pas particulièrement attachés au tissu social de la Suisse. Il ne peut donc être question qu’ils soient au moins à ce niveau intégrés d’une manière exceptionnelle. Ce n’est surtout pas le fait que la nationalité suisse ait été octroyée à leurs filles qui justifie d’admettre un cas d’une extrême gravité. Il en irait éventuellement différemment si les recourants devaient en plus s’occuper de manière intensive et prolongée d’un de leurs enfants adultes suisses et que leur engagement permettrait d’éviter des coûts supplémentaires à la collectivité. Une telle situation ne se présente toutefois pas en l’espèce. Pour autant que les recourants puissent invoquer l’art. 8 CEDH, ils ne peuvent pas s’en prévaloir pour obtenir une autorisation de séjour, puisque le refus de celle-ci n’a pas pour effet de les séparer de leurs enfants en Suisse (cf. TF 2C_766/2009 du 26 mai 2010; arrêt CDAP PE.2010.0160 du 6 janvier 2012 consid. 3). Par ailleurs, ils ont reçu et reçoivent en Suisse des prestations (assistance sociale, rente AI et prestations complémentaires) même avec leur statut d’admission provisoire.
Eu égard à l’ensemble des circonstances, il ne peut être retenu un cas d’extrême gravité au sens de l’art. 31 al. 1 OASA imposant, au-delà d’un certain pouvoir d’appréciation dont disposent les autorités (cf. art. 98 let. a LPA-VD), l’octroi d’une autorisation de séjour selon l’art. 84 al. 5 LEtr. Les recourants n’ont à aucun niveau fait suffisamment preuve de vouloir personnellement s’intégrer en Suisse, si ce n’est que le recourant a débuté quelques démarches en 2011, donc environ 15 ans après être arrivé ici. Leur statut actuel leur permet actuellement notamment de vivre en Suisse, de recevoir des prestations, d’y bénéficier de traitements médicaux et de maintenir les contacts avec leurs enfants. Le présent refus ne veut pas dire que les recourants ne pourront pas déposer dans quelques années une nouvelle demande et que cette nouvelle demande sera à nouveau rejetée. D’ici-là, les recourants devront toutefois, en principe, faire preuve d’une meilleure intégration en Suisse.
4. Vu ce qui précède, le recours s’avère mal fondé et doit être rejeté, la décision attaquée étant confirmée.
Succombant, les frais judiciaires, fixés à 300 fr., sont mis solidairement à la charge des recourants (art. 45, 46 al. 3, 49, 51 al. 2 LPA-VD, art. 4 al. 1 du tarif des frais judiciaires et des dépens en matière administrative [TFJDA; RSV 173.36.5.1]). Il n’y a pas lieu d’octroyer de dépens (cf. art. 55 et 56 al. 3 LPA-VD).