Decision ID: fbde8653-1c33-5705-a588-7fa4730875d7
Year: 2017
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_007
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 

EN FAIT
, la réquisition de poursuite, expédiée le 28 décembre 2015 à l’Office des poursuites (ci-après : l’Office) par l’ETAT DE VAUD (ci-après : le créancier) à l’encontre de A_ (ci-après : le débiteur);
Attendu que par acte expédié le 13 mars 2017 au greffe de la Chambre de surveillance des Offices des poursuites et des faillites (ci-après : la Chambre de surveillance), le créancier s’est plaint d'un retard injustifié dans le traitement de cette réquisition de poursuite;
Qu’il a expliqué avoir envoyé cinq relances à l’Office, la dernière le 3 janvier 2017, sans aucune nouvelle dudit Office au sujet de cette réquisition de poursuite;
Que dans le délai imparti pour déposer ses observations à compter du 14 mars 2017, date à laquelle il a été invité par le greffe de la Chambre de surveillance à se prononcer au sujet de la présente plainte, ledit Office a considéré que la présente plainte était sans objet;
Qu’en effet, il n’avait pas trouvé trace dans ses dossiers de la réquisition de poursuite susmentionnée, de sorte qu’il partait du principe qu’elle n’était jamais arrivée dans ses services;
Qu’il a toutefois également expliqué avoir, à la lecture de la présente plainte, enregistré la réquisition de poursuite du créancier sous le n° 17 xxxx04 K, le commandement de payer correspondant étant en cours de notification;
Considérant,

EN DROIT
, que la Chambre de surveillance est compétente pour statuer sur les plaintes formées en application de la LP (art. 13 LP; art. 126 al. 2 let. c LOJ; art. 6 al. 1 et 3 et 7 al. 1 LaLP) contre des mesures non attaquables par la voie judiciaire ou, comme en l'espèce, pour un retard injustifié (art. 17 al. 1 et 2 LP);
Que le créancier poursuivant a qualité pour se plaindre en tout temps d'un retard injustifié dans le traitement de sa réquisition de poursuite à l’encontre du débiteur, sa présente plainte satisfaisant en outre aux exigences de forme légales (art. 17 al. 3 LP;
9 al. 1 et 2 LaLP);
Qu’elle est dès lors recevable à la forme;
Considérant qu'aux termes des art. 69 al. 1 et 71 LP, dès réception de la réquisition de poursuite, c'est-à-dire «
aussi vite que possible
», l’Office rédige le commandement de payer correspondant et le notifie au débiteur;
Qu'en l'espèce, l’Office nie ne pas avoir reçu la réquisition de poursuite visée par la présente plainte;
Qu’il paraît toutefois invraisemblable qu’il n’ait trouvé trace dans ses dossiers ni de cette réquisition de poursuite ni des cinq relances subséquentes du créancier en vue d’obtenir des informations au sujet de la suite donnée par l’Office à cette réquisition;
Qu’il a toutefois pris dès le 14 mars 2017, les mesures nécessaires pour notifier le commandement de payer n° 17 xxxx04 K édité à la suite de cette réquisition de poursuite;
Que ce nonobstant, il apparaît que l’Office a fait preuve d’un retard inadmissible et injustifié entre décembre 2015 et mars 2017 dans le traitement de la réquisition de poursuite en cause, quand bien même cette dernière aurait été mal acheminée au sein de ses services;
Que ce retard injustifié doit être constaté;
Qu’en effet, il appartient audit Office de faire diligence dans le traitement des actes de poursuite qui lui parviennent, aussi bien s’agissant de la sécurité de leur acheminement aux services adéquats que de leur délai de traitement découlant de cet acheminement correct;
Qu’en l’espèce, un délai de 15 mois entre l’envoi par le créancier de la réquisition de poursuite en cause - suivie de cinq relances à l’Office - et l’envoi de la plainte dudit créancier à la Chambre de surveillance n’est pas admissible;
Qu’il est en outre rappelé à cet égard que la loi ne laisse aucune place à une surcharge de travail ou à une désorganisation dudit Office, même réelle, pour justifier une telle violation du principe de célérité dans le traitement des actes de poursuite;
Qu’en particulier, des problèmes informatiques ne constituent en aucun cas des faits de nature à justifier le retard apporté par l'Office à l'exécution des mesures qui lui incombent légalement (ATF
107 III 3
; SJ 1993 p. 291);
Que la présente décision sera transmise au Préposé de l’Office afin qu’il prenne les mesures nécessaires à éviter que les circonstances du cas d’espèce ne se reproduisent;
Qu’en application de l’art. 62 al. 2 OELP, il n’est alloué aucun frais ni dépens dans la procédure de plainte au sens de l'art. 17 LP.
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