Decision ID: d33191d9-df8a-411b-8d06-1e6ecac2b8f8
Year: 2022
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_006
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 

EN FAIT
A.
a)
A_, née le _ 1939, a fait l'objet d'un signalement au Tribunal de protection de l'adulte et de l'enfant (ci-après: Tribunal de protection) de la part de son fils D_, en date du 21 septembre 2021. Il exposait que sa mère était veuve, semblait souffrir de la maladie d'Alzheimer et disposait de la totalité de l'usufruit de la succession de feu son époux, portant sur trois biens immobiliers et plusieurs comptes bancaires. E_, son frère, vivait au domicile de leur mère, s'occupait de la gestion de ses affaires et se prévalait d'un "
mandat de gestion du patrimoine, du ménage et des affaires de A_
" signé en août 2021, moyennant versement de la somme mensuelle de 3'600 fr. payée par celle-ci, rétroactivement depuis le 1
er
juillet 2021. Il s'inquiétait de la gestion effectuée par son frère. Il lui reprochait en particulier d'avoir retiré entre mars et septembre 2021 une somme de 152'744 fr. 90 notamment pour le remboursement de cartes de crédit et l'achat de lingots d'or pour plus de 20'000 fr. Ces lingots avaient été acquis le lendemain du décès de leur père au nom de E_, qui avait cependant confirmé, à sa demande, qu'ils appartenaient bien à leur mère.![endif]>![if>
b)
Le Tribunal de protection a nommé, par décision du 24 septembre 2021, C_, avocat, aux fonctions de curateur d'office de A_.
c)
Le 15 octobre 2021, le curateur d'office a fait parvenir des observations au Tribunal de protection, indiquant notamment qu'il avait rencontré sa protégée à domicile, ainsi que son fils, E_, lequel s'était montré collaborant. Sa protégée se portait bien, parlait allemand et très peu le français. Elle disposait de toute sa mobilité et semblait avoir compris les raisons pour lesquelles il intervenait.
d)
Par courriel du 20 octobre 2021 adressé au Tribunal de protection, B_ s'est constitué pour la défense des intérêts de A_ avec élection de domicile et a produit une procuration datée du 19 octobre 2021 signée de cette dernière.
e)
A réception de cette constitution, D_, par l'intermédiaire de son conseil, s'est adressé spontanément au Tribunal de protection afin de s'opposer à ce que celui-ci relève C_ de ses fonctions de curateur d'office. Il a allégué un conflit d'intérêts, B_ étant le conseil de E_, ce qui était incompatible avec la fonction de curateur de représentation qui avait pour rôle de défendre de manière neutre et indépendante les intérêts de la concernée.
f)
Par courrier du 21 octobre 2021, le Tribunal de protection a interpellé B_ et l'a invité à se déterminer sur le possible conflit d'intérêts évoqué.
g)
Le 28 octobre 2021, B_ a précisé au Tribunal de protection qu'il n'avait jamais été mandaté par E_, ce dernier ayant simplement mentionné son nom dans la correspondance adressée au conseil de D_. Il indiquait être au bénéfice d'une procuration de sa mandante, laquelle souhaitait un avocat de langue allemande, ne maîtrisant pas très bien le français, dans une procédure qu'elle trouvait compliquée.
h)
Le Tribunal de protection a relevé C_ de ses fonctions de curateur d'office de la personne concernée par décision du 1
er
novembre 2021 (
DTAE/6285/2021
).
i)
Le Tribunal de protection a tenu une audience le 7 décembre 2021.
Le Dr F_, médecin de A_, a confirmé la teneur du certificat médical du 19 octobre 2021. Sa patiente avait été vue par un neurologue en juin et juillet 2018, lequel après avoir effectué un test MMS, dont le score était de 17/30, avait diagnostiqué un déclin cognitif progressif. A_ était incapable de gérer ses affaires administratives et financières, de même que sa représentation médicale. Elle risquait de s'engager de manière excessive en raison d'influence de personnes mal intentionnées ou de personnes connues, du fait d'une mauvaise compréhension de ses engagements et pourrait effectuer des retraits d'argent répétés sans se souvenir l'avoir fait auparavant. Elle assurait partiellement sa propre assistance personnelle.
E_ a expliqué qu'il avait établi lui-même le mandat que sa mère avait signé pour lui confier la gestion de ses biens, après avoir été consulté B_ à la permanence de l'Ordre des avocats, qui l'avait conseillé à ce sujet. Il souhaitait continuer à s'occuper des affaires de sa mère.
D_ a reconnu que sa mère avait besoin de la présence de son frère E_ mais il souhaitait qu'un curateur indépendant soit nommé pour représenter les intérêts de celle-ci et la gestion de son patrimoine. Il souhaitait être investi de la représentation médicale.
B_ a indiqué que sa mandante souhaitait que son fils E_ soit nommé curateur et a conclu au
statu quo
, subsidiairement, il a conclu que E_ soit nommé curateur de gestion sous la surveillance du Tribunal.
A_ a indiqué qu'elle souhaiterait que ses fils s'entendent. Elle ne voulait pas que les choses changent par rapport à sa situation actuelle. Lorsqu'elle avait besoin d'argent, elle allait à la banque avec son fils E_ et ils allaient au guichet. Sinon, elle utilisait le bancomat. Très rarement, il lui était arrivé de donner sa carte à son fils E_.
Le Tribunal de protection a gardé la cause à juger à l'issue de l'audience.
B.
Par décision
DTAE/7314/2021
du 7 décembre 2021, le Tribunal de protection a nommé C_, avocat, aux fonctions de curateur d'office de A_.![endif]>![if>
En substance, il a considéré qu'il existait un conflit d'intérêts entre B_, lequel défendait les intérêts de la concernée, elle-même vulnérable, et son fils E_, lequel avait été conseillé par ses soins et était lui-même en conflit avec D_. Interpellé sur ses possibles conflits d'intérêts, B_, n'avait pas informé le Tribunal de protection du fait qu'il avait conseillé E_.
C.
a)
Par acte du 13 janvier 2022, A_, par l'intermédiaire de son conseil, B_, a recouru contre cette décision. Elle conclut à son annulation et, cela fait, au renvoi de la cause devant l'instance inférieure pour nouvelle décision dans le sens des considérants. Subsidiairement, elle sollicite qu'une nouvelle décision soit rendue ordonnant la nomination d'office de B_, avocat, aux fins de la représenter dans la procédure actuellement pendante devant l'autorité de protection de l'adulte et de l'enfant. ![endif]>![if>
b)
Le Tribunal de protection n'a pas souhaité revoir sa décision.

EN DROIT
1.
1.1
Les décisions de l'autorité de protection peuvent faire l'objet d'un recours (art. 450 al. 1 CC) dans les trente jours à compter de leur notification (art. 450b al. 1 CC), auprès de la Chambre de surveillance de la Cour de justice (art. 53 al. 1 LaCC).![endif]>![if>