Decision ID: b4b94834-a4d3-50cb-8620-200ca0bcfc40
Year: 2016
Language: fr
Court: FR_TC
Chamber: FR_TC_011
Canton: FR
Region: Espace_Mittelland
Law Area: social_law

considérant en fait
A. A._, né en 1970, marié et père de trois enfants, sans formation, travaillait auprès de la société B._ SA jusqu'en mai 2011 en tant que chef d'équipe fonderie. Le 21 février 2011, il a requis l'octroi de prestations auprès de l'Office de l'assurance-invalidité du canton de Fribourg (ci-après: OAI).
Du 1er septembre 2011 au 31 août 2012, il a bénéficié d'une rente entière d'invalidité puis, du 1er septembre 2012 au 30 octobre 2015, d'un quart de rente. Ces prestations lui ont été octroyées par décision du 20 février 2014, confirmées par communication du 10 avril 2014. La rente a été supprimée par décision du 24 septembre 2015 suite à son changement de travail.
Le calcul et le paiement des rentes a été réalisé par C._. L'assuré a perçu le montant octroyé rétroactivement à lui-même (mensuellement CHF 2'179.-, puis CHF 548.-) et à ses trois enfants (mensuellement chacun CHF 839.-, puis CHF 219.-).
B. Parallèlement à la procédure devant l'assurance-invalidité, l'assuré s'est tenu à disposition de l'Office régional de placement de son domicile pour des entretiens de conseil et de contrôle depuis le 17 novembre 2011. Depuis cette date et jusqu'au 31 août 2012, il a perçu des indemnités de chômage à raison d'un taux d'occupation de 100% (gain assuré initial de CHF 5'609.-), pour un total de CHF 35'382.60.
Par courrier du 4 avril 2013, D._ a requis de C._ qu'un formulaire "compensation avec des prestations AVS/AI" lui soit transmis.
Ce formulaire ne lui a pas été transféré et aucune créance de D._ n'a été compensée dans la décision d’octroi de rente d’invalidité. De l'aveu de C._, le courrier de D._ du 4 avril 2013 a été égaré.
C. Par le biais de dix décomptes datés du 4 avril 2013, D._ a requis la restitution d'un montant total de CHF 35'382.60 à son assuré. Ces décomptes n'ont pas été contestés.
Le 10 novembre 2014, D._ a demandé à C._ la compensation d'un montant de CHF 35'382.60 avec les rentes rétroactives versées pour la période du 17 novembre 2011 au 31 août 2012.
Ce montant lui a été versé par C._.
D. Par décision du 29 septembre 2015 adressée à son assuré, l'OAI a indiqué que, lors du calcul de la prestation, elle n'avait pas pris en compte le droit de D._ de compenser les avances effectuées par elle avec le paiement rétroactif de la rente d'invalidité.
Elle a dès lors reconsidéré sa décision d'octroi initial de rente du 20 février 2014 et a informé son assuré que la restitution de CHF 35'382.60 serait prochainement requise.
E. Une semaine plus tard, par décision du 6 octobre 2015, l'OAI a requis la restitution de ce montant.
A l'appui de cette nouvelle décision, elle a rappelé que, lors du calcul de la prestation, elle avait omis de vérifier une éventuelle compensation de prestations avec D._ qui avait présenté une demande de compensation pour un montant de CHF 35'382.60.
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Ce montant ayant été versé, à tort, directement à l'assuré, il devait être restitué.
F. Contre cette décision, l'assuré, représenté par Me Daniel Känel, avocat, interjette recours le 3 novembre 2015 concluant, avec suite de frais et dépens, à son annulation.
A l'appui de ses conclusions, il se plaint du fait que les décisions des 29 septembre 2015 et 6 octobre 2015 lui ont été notifiées sans préavis, soit sans qu'il puisse se déterminer à leur encontre. Il relève aussi qu'aucun élément au dossier ne permet de constater quand D._ a fait valoir son droit, soulignant qu'on ne peut pas savoir quand l'erreur a été commise et qu'il est possible que la créance soit éteinte. Il regrette que la décision litigieuse ne comprenne aucun calcul permettant de vérifier "l'exigibilité du montant réclamé en fonction des prestations allouées par D._ durant la même période". Enfin, il indique faire valoir une demande de remise de l'obligation de restituer auprès de l'OAI et de C._, se prévalant de sa bonne foi.
G. Dans ses observations du 4 avril 2016, l'OAI conclut au rejet du recours et au maintien de sa décision. Elle appuie ses conclusions sur une prise de position du 30 mars 2016 de C._.
Dans celle-ci, C._ indique avoir été rendue attentive sur la procédure de communication par D._ le 4 avril 2013, mais qu'elle n'est plus en mesure de retrouver ce courrier. Le 18 décembre 2014, soit après la décision d'octroi de rente (rente entière et quart de rente), la demande de compensation de D._ lui est parvenue. Elle indique que la demande de compensation avait été ignorée dès lors qu'elle n'avait pas été informée à ce sujet par l'OAI.
H. Lors d'un second échange d'écritures, les parties campent sur leurs positions.
Il sera fait état des arguments qu'elles ont développés à l'appui de leurs conclusions dans les considérants de droit du présent arrêt, pour autant que cela soit utile à la solution du litige.

en droit
1. a) Selon l'art. 60 al. 1 de la loi du 6 octobre 2000 sur la partie générale du droit des assurances sociales (LPGA; RS 830.1), le recours doit être déposé dans les trente jours suivant la notification de la décision sujette à recours.
En l'occurrence, par décision du 29 septembre 2015, l'OAI a reconsidéré sa décision du 20 février 2014. Cette décision a été notifiée le 30 septembre 2015 à l'assuré, selon le timbre de chancellerie de son représentant. Partant le délai de recours était échu le 30 octobre 2015. Interjeté le 3 novembre 2015, le présent recours ne saurait dès lors être recevable s'agissant de la décision du 29 septembre 2015, celle-ci étant entrée en force.
En raison de sa forclusion en relation avec la décision du 29 septembre 2015, le présent recours n'a pour objet que la décision du 6 octobre 2015, relative non pas au principe et montant de l’indu, mais uniquement au devoir de restituer.
b) D'après l'art. 25 al. 1 1ère phrase LPGA, auquel renvoi l'art. 95 al. 1 de la loi du 25 juin 1982 sur l'assurance-chômage obligatoire et l'indemnité en cas d'insolvabilité (LACI; 837.0), les prestations indûment touchées doivent être en principe restituées. L'assuré concerné peut toutefois demander la remise de l'obligation de restituer, lorsque la restitution des prestations
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allouées indûment, mais reçues de bonne foi, mettrait l'intéressé dans une situation difficile (art. 25 al. 1 2e phrase LPGA). Dans la mesure où une telle demande ne peut être traitée que si la décision de restitution est entrée en force, la remise et son étendue font l'objet d'une procédure distincte (cf. art. 4 al. 2 de l'ordonnance du 11 septembre 2002 sur la partie générale du droit des assurances sociales; OPGA; RS 830.11; arrêt TF C 264/05 du 25 janvier 2006, consid. 2.1). La demande doit être écrite, motivée et accompagnée des pièces nécessaires et être déposée auprès de l'autorité cantonale compétente au plus tard 30 jours à compter de l'entrée en force de la décision de restitution (art. 4 al. 4 OPGA).