Decision ID: b4c5f50c-b8a8-54f1-ac22-46d5138f2167
Year: 2015
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_013
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: public_law

EN FAIT
1) Le 16 juin 2015, le conseil administratif de la Ville de Genève (ci-après : la ville) a indiqué à la « commission A_» (ci-après : A_), composée de Mesdames B_ et C_ ainsi que de Monsieur D_, que le groupe sculpté « E_ » de F_ retournerait à la Villa La Grange dès le début des travaux de rénovation du musée d’Art et d’Histoire, lieu où se trouvait actuellement l’œuvre. Dits travaux devaient débuter prochainement. ![endif]>![if>
2) Le 18 août 2015, A_ ont saisi la chambre administrative de la Cour de justice (ci-après : la chambre administrative) d’un recours contre le courrier susmentionné, concluant à ce qu’elle confirme la décision de la ville de replacer le groupe statutaire F_à la Villa La Grange, qu’elle annule la condition selon laquelle la restitution n’aurait lieu que si des travaux de rénovation du musée d’Art et d’Histoire étaient décidés et au début de ces travaux et qu’elle dise que le groupe statutaire en cause devait être replacé sans délai et définitivement à la Villa La Grange.![endif]>![if>
3) Le 21 août 2015, la chambre administrative a transmis copie du recours à la ville. ![endif]>![if>
4) Sur quoi, la cause a été gardée à juger. ![endif]>![if>

EN DROIT
1) La chambre administrative est l’autorité supérieure ordinaire de recours en matière administrative. Les compétences de la chambre constitutionnelle et de la chambre des assurances sociales sont réservées (art. 132 al. 1 de la loi sur l’organisation judiciaire du 26 septembre 2010 - LOJ -
E 2 05
). ![endif]>![if>
Elle examine d'office sa compétence (art. 1 al. 2, art. 6 al. 1 let. b et art. 11 al. 2 de la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 1985 - LPA -
E 5 10
).
2) Le recours à la chambre administrative est ouvert contre les décisions des autorités et juridictions administratives au sens des art. 4, 4A, 5, 6 al. 1 let. a et e, et 57 LPA. Sont réservées les exceptions prévues par la loi (art. 132 al. 2 LOJ). ![endif]>![if>
3) Au sens de l’art. 4 al. 1 LPA, sont considérées comme des décisions les mesures individuelles et concrètes prises par l’autorité dans les cas d’espèce fondées sur le droit public fédéral, cantonal ou communal et ayant pour objet de créer, de modifier ou d’annuler des droits et des obligations (let. a), de constater l’existence, l’inexistence ou l’étendue de droits, d’obligations ou de faits (let. b), de rejeter ou de déclarer irrecevables des demandes tendant à créer, modifier, annuler ou constater des droits ou des obligations (let. c).![endif]>![if>
Le courrier du 16 juin 2015 s’inscrit dans le contexte de la bonne exécution d’une donation comportant des éléments successoraux faite à la ville par un particulier, dont la mise en œuvre des dernières volontés incomberait aux exécuteurs testamentaires, étant précisé que la question de leur légitimité à revêtir cette qualité souffrira de n’être pas examinée par la chambre de céans vu ce qui suit.
Dans ce contexte, la ville n’intervient pas en qualité d’autorité détentrice de la puissance publique mais comme bénéficiaire de la donation, en application des dispositions pertinentes du Code civil suisse du 10 décembre l907 (CCS -
RS 210
). Les donations dont l’exécution est fixée au décès du donateur sont soumises aux règles concernant les dispositions pour cause de mort (art. 245 al. 2 CCS). Le litige opposant la ville et les exécuteurs testamentaires ressortit donc au droit privé, de sorte que le courrier en cause n’est pas une décision au sens de l’art. 4 LPA. Il s’ensuit que le recours est irrecevable, sans acte d’instruction (art. 72 LPA).
4) Vu l’issue du litige, un émolument de CHF 500.- sera mis à la charge des exécuteurs testamentaires, pris conjointement et solidairement. Aucune indemnité de procédure ne sera allouée (art. 87 LPA).![endif]>![if>
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