Decision ID: e941620c-cd0e-53c9-96e3-97fd228f5fa9
Year: 2016
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_002
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law

EN FAIT
A.
Par ordonnance du 23 mars 2016, expédiée pour notification le lendemain, le Tribunal de première instance a rejeté la requête de séquestre déposée par A_ Sàrl contre C_ SA (ci-après : C_ SA) (ch. 1 du dispositif) et a arrêté les frais judiciaires à 500 fr., mis à la charge de A_ Sàrl et compensés avec l'avance fournie (ch. 2 et 3).![endif]>![if>
B.
Par acte du 11 avril 2016, A_ Sàrl forme recours contre la décision précitée. Elle conclut à l'annulation de celle-ci, cela fait reprend ses conclusions de première instance.![endif]>![if>
Elle produit deux pièces nouvelles, à savoir deux procès-verbaux de prise d'inventaire de l'Office des poursuites, dont le débiteur était C_ SA et le créancier D_ SA, en raison de loyers impayés, datés respectivement du
11 septembre 2013 et du 8 janvier 2016.
Par avis du 29 avril 2016, la recourante a été informée de ce que la cause était gardée à juger.
C.
Le 23 mars 2016, A_ Sàrl a requis du Tribunal, à l'encontre de C_ SA, le séquestre, à concurrence de 86'346 fr. 20 avec intérêts moratoires à 5% l'an dès le 1
er
septembre 2014, sur la base de l'art. 271 al. 1 ch. 2 LP, de tous titres, espèces, valeurs, créances, actions nominatives ou au porteur, comptes, dépôts ou coffres-forts, ou tout bien de quelque nature que ce soit de la société précitée, sous propre nom ou sous toute autre désignation conventionnelle ou numéro, et dont celle-ci serait la bénéficiaire économique, déposés auprès du E_ SA sur le compte IBAN 1_ à Genève ou Lauanne, ou détenus par F_ Sàrl, dont celle-ci serait la prétendue bénéficiaire économique, ou de celle-ci, déposés auprès de G_ SA sur le compte IBAN 2_ à Nyon, ainsi que de tous meubles meublant (notamment bureaux, caissons à tiroir, petites armoires, sièges à roulette, chaises, canapé cuir, chaises, fauteuils, armoire grande, étagères bois et métal, etc.), matériels informatiques, luminaires, décorations, et fournitures de bureau de C_ SA quel que soit leur lieu de situation mais soit dans les locaux de celle-ci sis _, ou entreposés dans les locaux de F_ Sàrl sis _ et/ou _ ou ailleurs aux dires du débiteur, avec suite de frais et dépens.![endif]>![if>
Elle a exposé avoir réalisé divers services, dont un mandat d'administrateur (assumé par B_, son associé-gérant), des travaux de comptabilité et d'administration générale, en faveur de C_ SA, société anonyme inscrite au Registre du commerce genevois, dont le siège est sis _, et dont l'administrateur unique est H_. Ces services ont été facturés régulièrement à C_ SA, pour un total de 203'153 fr. 40 de 2013 à 2015. Plusieurs factures (payables net à réception) ont été réglées, tandis que certaines sont demeurées impayées (entre juin 2013 et mai 2015), à raison de 92'059 fr. 40.
Le 24 mars 2015, A_ Sàrl a fait notifier à C_ SA un commandement de payer, poursuite n° 3_, portant sur 86'346 fr. 20, avec intérêts moratoires à 5% l'an dès le 1
er
septembre 2014, représentant les factures ouvertes au 30 août 2014, auquel il a été formé opposition.
En juillet 2015, C_ SA faisait l'objet de poursuites pour un montant global de l'ordre de 920'000 fr., dont notamment cinq poursuites intentées par D_ SA pour des montants avoisinant 666'000 fr.
Selon A_ Sàrl, C_ SA était locataire de D_ SA, semblait avoir cessé ses activités et vouloir cacher son mobilier en entreposant celui-ci dans des locaux appartenant à F_ Sàrl (dont le propriétaire "caché" serait l'administrateur démissionnaire de C_ SA, H_) voire en les cédant à celle-ci.
Elle a produit copie de deux courriers électroniques adressés, le 19 novembre et le 6 décembre 2015, par H_ à trois destinataires dont elle allègue que deux d'entre eux compteraient au nombre des trois actionnaires de C_ SA.
Le premier message mentionne le temps passé par H_ "le jour de l'évacuation avec l'aide de [leur] team en déplaçant physiquement [lui-même] une partie des meubles et cartons de la société" et "la quantité de travail à évader [sic]".
Le second message comporte notamment la phrase suivante : "à défaut de votre support financier d'ici le 15/12/2015 (je vous ai demandé entre CHF 12'000.- et 15'000.-) je crains que la société soit en cessation de paiement et manque de liquidités donc en faillite". Etait en outre transmis en annexe un autre courrier électronique du même jour adressé par H_ à un tiers ("M. I_"), dans lequel figure le passage suivant : "Les tables, chaises etc. et autres objets de C_ comme écrans, ordinateurs [...] qui étaient entreposés dans les locaux de D_ ont fait l'objet d'un inventaire par l'Office des poursuites, cependant [...] ledit inventaire n'a couvert que 10-15% des meubles de C_. Au cours du week-end qui a précédé l'évacuation, TOUS les meubles de C_ (y compris ceux "inventoriés") ont été cédés à la société F_ Sàrl. Le jour de l'évacuation, avant que D_ puisse réagir, environ 40-45% des meubles de C_ ont été déménagés et stockés dans un garde-meuble au nom et pour le compte de J_". [...] Avec d'autres biens (canapé cuir, chaises, fauteuils, grande armoire, étagères bois et métal), je pense qu'on devrait estimer le prix de ce premier lot à CHF 45'000.-".
A_ Sàrl allègue que les meubles précités seraient entreposés dans les locaux de F_ Sàrl, sis soit _ (VD) soit _ (VD).
C_ SA facturait ses services à ses clients en indiquant, à titre de référence bancaire, le compte 1_ ouvert auprès de E_ à Genève.
Selon un avis de crédit du compte G_ SA à Nyon IBAN 2_ ouvert au nom de F_ Sàrl, 15'000 fr. ont été virés le 23 février 2016 d'ordre de I_, dont le motif du paiement est "mobilier C_").

EN DROIT
1.
En matière de séquestre, la procédure sommaire est applicable (art. 251 let. a CPC).
Contre une décision refusant un séquestre, qui est une décision finale en tant qu'elle met fin à l'instance d'un point de vue procédural, seul le recours est ouvert (art. 309 let. b ch. 6 et 319 let. a CPC; arrêt du Tribunal fédéral
5A_508/2012
du 28 août 2012 consid. 3.2; HOHL, Procédure civile, tome II, 2
ème
éd., 2010,
n. 1646), dont les griefs recevables sont la violation du droit et la constatation manifestement inexacte des faits (art. 320 CPC).
Le recours, écrit et motivé, doit être formé dans un délai de dix jours à compter de la notification de la décision (art. 321 al. 1 et 2 CPC).
Déposé selon la forme et le délai prescrits, le recours est recevable.
2.
Le recours est recevable pour violation du droit et pour constatation manifestement inexacte des faits (art. 320 CPC). L'instance de recours examine les questions de droit avec le même pouvoir d'examen que l'instance précédente, y compris en ce qui concerne l'appréciation des preuves administrées (art. 157 CPC) et l'application du degré de preuve (cf. JEANDIN, in CPC, Code de procédure civile commenté, 2011, n° 2 ad art. 321 CPC; Message du Conseil fédéral du
28 juin 2006 relatif au code de procédure civile suisse (CPC), FF 2006 6841,
p. 6984).
La procédure de séquestre est soumise dans toutes ses phases à la maxime de disposition et à la maxime des débats (art. 58 al. 2 CPC; art. 255 CPC a contrario).
Au stade de la requête et de l'ordonnance de séquestre, la procédure est unilatérale et le débiteur n'est pas entendu (art. 272 LP; ATF
133 III 589
consid. 1; HOHL,
op. cit., n. 1637 p. 299).
Dans le cadre du recours contre l'ordonnance de refus de séquestre, la procédure conserve ce caractère unilatéral, car, pour assurer son efficacité, le séquestre doit être exécuté à l'improviste; partant, il n'y a pas lieu d'inviter C_ SA à présenter ses observations, ce qui ne constitue pas une violation de son droit d'être entendue (ATF
107 III 29
consid. 2 et 3; arrêt du Tribunal fédéral
5A_344/2010
du 8 juin 2010 consid. 5, in RSPC 2010 p. 400, et
5A_279/2010
du 24 juin 2010 consid. 4).
L'art. 322 CPC est par conséquent inapplicable dans un tel cas.
3.
Dans le cadre du recours, les conclusions, les allégations de faits et les preuves nouvelles sont irrecevables, sous réserve de dispositions spéciales de la loi
(art. 326 al. 1 CPC).
D'après le message du Conseil fédéral relatif au CPC, le caractère extraordinaire du recours, ayant pour fonction principale de vérifier la conformité au droit et non pas de poursuivre la procédure de première instance, s'oppose à la recevabilité des faits et des moyens de preuve nouveaux. L'irrecevabilité de faits et de moyens de preuve nouveaux vaut également pour les procédures qui sont soumises à la maxime inquisitoire. La réserve formulée à l'art. 326 al. 2 CPC se réfère, par exemple, au recours contre le jugement de faillite (art. 174 LP) ou à l'opposition à l'ordonnance de séquestre (art. 278 al. 3 LP; Message du Conseil fédéral relatif au Code de procédure civile suisse (CPC), FF 2006 6841, p. 6986). Une partie de la doctrine est également de cet avis (Freiburghaus/Afheldt, in Kommentar zur Schweizerischen Zivilprozessordnung (ZPO), Bâle, 2ème éd. 2013, n. 4 ad
art. 326 CPC; Brunner, in Kurzkommentar ZPO, Bâle 2ème éd. 2013, n. 4 ad
art. 326 CPC).
Aux termes de l'art. 278 al. 3 LP, la décision sur opposition au séquestre peut faire l'objet d'un recours au sens du CPC et les parties peuvent alléguer des faits nouveaux.
Dans le cadre de cette disposition, tous les faits nouveaux peuvent être allégués; vu le caractère extraordinaire de la voie du recours, les "pseudo-nova" devraient cependant être limités à ceux que la partie ignorait sans faute ou négligence de sa part (CHAIX, Introduction au recours de la nouvelle procédure civile fédérale, in SJ 2009 II p. 267, qui précise que STOFFEL/CHABLOZ, in Commentaire romand de la LP, 2005, n. 28, 32 et 33 ad art. 278 LP sont "apparemment plus larges", et que la jurisprudence du Tribunal fédéral n'a pas tranché la question).
Or, une disposition similaire n'est pas prévue dans le cas d'un recours contre une ordonnance de rejet de séquestre, compte tenu de la particularité de cette décision qui n'acquiert pas l'autorité de la chose jugée et qui peut être en tout temps modifiée (STOFFEL/CHABLOZ, op. cit., n. 54 ad art. 272 LP).
La juridiction de recours doit statuer sur l'état de fait identique à celui soumis au premier juge (CHAIX, op. cit., in SJ
2009 II 267
; HOFMANN/LUSCHER, Le code de procédure civile 2009 p. 202). Partant, pour examiner si la loi a été violée, la Cour doit se placer dans la situation où se trouvait le premier juge lorsqu'il a rendu la décision attaquée.
Au vu de ce qui précède, les pièces nouvelles produites par la recourante avec son recours sont irrecevables.
4.
La recourante reproche en premier lieu au Tribunal une constatation manifestement inexacte d'un fait, commise en retenant que le mobilier de C_ SA aurait été entreposé dans les locaux d'une entreprise voisine, D_ SA, au lieu de retenir que ladite société était la bailleresse et créancière de C_ SA.
Ce grief est fondé. Il résulte en effet des pièces soumises au premier juge que D_ SA est créancière, à raison de montants supérieurs à 600'000 fr. de C_ SA et que des meubles auraient été ôtés des locaux de celle-ci alors qu'ils faisaient, à tout le moins partiellement, partie de l'inventaire diligenté par l'Office des poursuites. Or, une prise d'inventaire est requise dans le cadre du droit de rétention prévu à l'art. 272 CO en faveur du bailleur.
La constatation inexacte de ce fait a été, dès lors, directement rectifiée dans l'état de fait dressé ci-avant.
5.
La recourante fait, ensuite, grief au Tribunal de ne pas avoir retenu qu'elle avait rendu vraisemblable l'intention de C_ SA de celer ses biens.
5.1
A teneur de l'art. 271 al. 1 ch. 2 LP, le créancier peut requérir le séquestre des biens du débiteur qui se trouvent en Suisse lorsque ce dernier, dans l'intention de se soustraire à ses obligations, fait disparaître ses biens, s'enfuit ou prépare sa fuite.
Le séquestre est autorisé à condition que le créancier rende vraisemblable que sa créance existe, qu'on est en présence d'un cas de séquestre et qu'il existe des biens appartenant au débiteur (art. 272 al. 1 ch. 1 à 3 LP).
5.1.1
Le cas de séquestre prévu à l'art. 271 al. 1 ch. 2 LP repose uniquement sur l'idée de la mise en danger des intérêts du créancier et peut de ce fait être comparé à l'action paulienne pour dol (art. 288 LP; STOFFEL/CHABLOZ, Commentaire romand LP, 2005, n. 53 ad art. 271 LP; STOFFEL, in Basler Kommentar, Bundesgesetz über Schuldbetreibung und Konkurs II, 2010, n° 68 ad art. 271 LP). Il s'agit de protéger le soi-disant créancier contre les machinations de son prétendu débiteur qui visent à faire échec à une procédure d'exécution forcée au for suisse de la poursuite (ATF
71 III 188
consid. 1 = JdT
1946 II 113
, GILLIERON, Commentaire de la loi fédérale sur la poursuite pour dettes et la faillite, n. 43 ad art. 271 LP). La réalisation de ce cas repose sur un élément objectif et un élément subjectif.
L'élément objectif consiste, en premier lieu, à faire disparaître des biens. Il recouvre ainsi, notamment, le fait de vendre des biens à un prix dérisoire (ATF
119 III 92
consid. 3b = JdT
1995 II 84
; arrêt du Tribunal fédéral
5P.95/2004
du
20 août 2004 consid. 2.2). La loi vise le résultat du comportement : le débiteur soustrait des biens auxquels son créancier aurait accès dans une procédure d'exécution forcée (STOFFEL/CHABLOZ, op. cit., n. 54 ad art. 271 LP). Des actes préparatoires suffisent (arrêt du Tribunal fédéral
5P.403/1999
du 13 janvier 2000 consid. 2c). L'élément subjectif consiste dans l'intention de se soustraire à ses obligations. Les éléments objectifs - la disparition des biens, la fuite et la préparation de la fuite - constituent des indices d'une telle intention. D'autres circonstances suspectes peuvent la corroborer également. A ce titre, entrent notamment en ligne de compte l'existence d'un nombre considérable d'obligations non exécutées, une relation disproportionnée entre les obligations et les moyens à disposition et d'autres poursuites en cours (STOFFEL/CHABLOZ, op. cit., n. 56 ad art. 271 LP).
Pour retenir l'existence d'un cas de séquestre, il suffit que le juge, se fondant sur des éléments concrets, acquière l'impression que les faits pertinents se sont produits, mais sans qu'il doive exclure pour autant la possibilité qu'ils aient pu se dérouler autrement (ATF
132 III 715
consid. 3.1;
130 III 321
consid. 3.3).
5.1.2
Le séquestre est ordonné, entre autres exigences, si le créancier a rendu vraisemblable l'existence de biens appartenant au débiteur (art. 272 al. 1 ch. 3 LP). Afin d'éviter tout séquestre investigatoire, le requérant doit rendre vraisemblable le lieu où sont localisés les droits patrimoniaux à séquestrer ou du tiers débiteur ou détenteur (arrêt du Tribunal fédéral
5A_402/2008
du 15 décembre 2008
consid. 3.1). Cette exigence s'applique également au séquestre de biens désignés par le genre seulement (ATF
107 III 33
consid. 5;
100 III 25
consid. 1a; arrêt du Tribunal fédéral
7B.130/2001
du 4 juillet 2001 consid. 1).
Les créances sont désignées par l'indication du nom et de l'adresse du créancier (qui est le débiteur séquestré) ou du tiers débiteur (souvent une banque) et par des renseignements plausibles sur leurs relations (STOFFEL/CHABLOZ, op. cit., n. 24 ad art. 272 LP).
5.2
En l'espèce, la recourante a rendu vraisemblable la créance dont elle se prévaut, par la production de factures, dont certaines sont demeurées impayées pour un montant à tout le moins de 86'346 fr. 20, dû à fin août 2014.
Il résulte du courrier électronique de l'administrateur de C_ SA que des meubles ont été ôtés des locaux loués par la société, en dépit de la prise d'inventaire diligentée par l'Office des poursuites, et stockés, au nom et pour le compte d'une entreprise tierce, avant que la créancière D_ SA ne puisse réagir. Aux termes de l'avis de virement du 27 février 2016, ladite entreprise a revendu du mobilier de C_ SA.
Le premier juge a vu dans ces circonstances non une trace de l'intention de celer des biens, mais de celle de réaliser des actifs pour remédier à une situation financière obérée. Il apparaît cependant que l'enlèvement des meubles puis leur vente, respectivement leur revente, a soustrait une partie de ceux-ci à la mainmise de l'Office des poursuites qui agissait à la requête de la bailleresse (créancière principale de C_ SA), à laquelle le temps de réagir n'a pas été offert. Ces circonstances particulières sont de nature à accréditer l'intention de celer des biens. Les allusions de l'administrateur démissionnaire, dans son courriel du
19 novembre 2015, à une évacuation, voire à une "évasion", des locaux loués constituent également des indices d'une intention de disparition voire de fuite.
Les conditions de l'art. 271 al. 1 ch. 2 LP sont ainsi réunies, contrairement à ce qu'a retenu le premier juge.
Celui-ci a rejeté la requête non seulement au motif que le cas de séquestre visé à l'art. 271 al. 1 ch. 2 LP n'était pas réalisé, mais encore parce que, hors le cas du compte de C_ SA désigné précisément auprès du E_, elle revêtait un caractère investigatoire inadmissible, respectivement portait sur des meubles dont il apparaissait qu'ils n'appartenaient plus à la société précitée, ou étaient décrits et situés de façon peu claire. Ce raisonnement, convaincant, ne fait l'objet d'aucune critique de la recourante, de sorte qu'il n'y a pas lieu de l'examiner plus avant.
Il s'ensuit que le recours sera partiellement admis. Dans la mesure où la cause est en état d'être jugée (art. 327 al. 3 let. b CPC), le séquestre du seul avoir désigné avec précision, soit le compte de C_ SA n° IBAN 1_ auprès du E_ à Genève, sera ordonné à concurrence de 86'346 fr. 20 avec intérêts moratoires à 5% l'an dès le 1
er
septembre 2014. Le recours sera rejeté pour le surplus.
6.
Lorsque l'instance de recours rend une nouvelle décision, elle se prononce sur les frais de première instance (art. 318 al. 3 CPC par analogie; JEANDIN, Code de procédure civile commenté, Bohnet/Haldy/Jeandin/Schweizer/Tappy [éd.], 2011, n. 9 ad art. 327 CPC).
Le montant des frais judiciaires de première instance a été arrêté à 500 fr., en conformité avec l'art. 48 de l'Ordonnance sur les émoluments perçus en application de la loi fédérale sur la poursuite pour dettes et la faillite (OELP).
Compte tenu du caractère unilatéral de la procédure d'autorisation de séquestre, le débiteur ne peut être assimilé à une partie qui succombe au sens de l'art. 106
al. 1 CPC (arrêts du Tribunal fédéral
5A_508/2012
du 28 août 2012 consid. 3.1 et
5A_344/2010
du 8 juin 2010 consid. 5, in RSPC 2010 p. 400). Cela étant, dans la mesure où la recourante obtient partiellement gain de cause sur les conclusions de sa requête de séquestre, il serait inéquitable de lui faire supporter l'entier les frais judiciaires de première instance. Ces frais seront par conséquent mis à la charge du débiteur séquestré, à raison de la moitié, en application de l'art. 107 al. 1 let. f CPC. Ils seront compensés avec l'avance de frais opérée en première instance par la recourante, qui reste acquise à l'Etat (art. 111 al. 1 CPC et 68 al. 1 LP).
6.1
Les frais judiciaires du recours seront arrêtés à 750 fr. (art. 48 et 61 OELP). La présente procédure de recours ayant été rendue nécessaire par la décision partiellement erronée de l'instance inférieure, ces frais seront laissés à raison de la moitié à la charge de l'Etat en application de l'art. 107 al. 2 CPC (TAPPY, Code de procédure civile commenté, Bohnet/Haldy/Jeandin/Schweizer/Tappy [éd.], 2011, n. 37 ad art. 107 CPC) et l'autre moitié sera mise à la charge de la recourante, partiellement compensée avec l'avance fournie, laquelle reste acquise à l'Etat (art. 111 al. 1 CPC). Le solde lui sera en conséquence restitué.
* * * * *