Decision ID: 0cd3342e-fa80-5f3d-8ad8-410ed492c2d2
Year: 2020
Language: fr
Court: FR_TC
Chamber: FR_TC_011
Canton: FR
Region: Espace_Mittelland
Law Area: social_law

considérant en fait
A. A._, né en 1975, domicilié à B._, est employé de C._ et père de trois enfants nés en 2006, 2013 et 2015 dont le premier, prénommé D._, est issu d'une précédente union avec E._, née en 1981, domiciliée à F._, qui en détient seule l'autorité parentale.
Durant la période du 1er octobre 2014 au 31 octobre 2018, la Caisse de compensation des cliniques privées (ci-après: la Caisse) a versé à l'assuré des allocations familiales pour (notamment) l'enfant D._, allocations qu'il a mensuellement reversées, en sus d'une pension alimentaire, à la mère de celui-ci.
Parallèlement, durant la période du 1er avril 2018 au 31 octobre 2018, la Caisse d’allocations familiales G._ a également versé pour le même enfant D._ des allocations familiales à E._, laquelle avait repris une activité professionnelle.
Le 10 septembre 2018, la Caisse a adressé à C._ un avis de suppression des allocations familiales pour D._ avec effet au 31 mars 2018, au motif qu'il y avait concours de droits et que la mère de l'enfant était depuis le 1er avril 2018 prioritaire de les percevoir.
En conséquence de quoi, ledit employeur a effectué une retenue de CHF 1'325.- sur le salaire du mois de septembre 2018 de l'assuré.
B. Par décision du 1er février 2019, confirmée sur opposition le 3 avril 2019, la Caisse a exigé de ce dernier la restitution des allocations familiales versées – par l'intermédiaire de l'employeur – durant la période du 1er avril 2018 au 30 octobre 2018 pour l'enfant D._, à concurrence de CHF 1'590.-. Elle a motivé sa décision par le fait que, ayant commencé à travailler, E._ était devenue l'ayant droit prioritaire desdites allocations auprès de G._.
Par cette même décision sur opposition, la Caisse a refusé d'accorder à l'assuré la remise de son obligation de restituer les allocations litigieuses. Elle lui a reproché de ne pas l'avoir avertie de cette nouvelle situation, estimant qu'il ne pouvait ainsi pas invoquer sa bonne foi.
C. Contre cette décision sur opposition, l'assuré, désormais représenté par Me Caroline Ledermann, avocate auprès de Dextra Protection juridique SA, interjette recours par acte du 3 mai 2019 déposé auprès du Tribunal administratif du canton de Berne, puis transmis par ce dernier au Tribunal cantonal fribourgeois, le 23 mai 2019, comme objet de sa compétence. Il conclut, sous suite de dépens, principalement à l'octroi de la remise de son obligation de restituer les allocations familiales qui lui ont été versées du 1er avril 2018 au 30 octobre 2018, à hauteur de CHF 1'590.-. Il conclut subsidiairement à la reconnaissance de sa bonne foi en tant que condition de la remise et au renvoi de la cause à l'autorité intimée pour examen de la charge financière difficile (en tant que seconde condition de la remise) et nouvelle décision. Il requiert l'audition, comme témoins, de la mère de D._ et de la responsable des ressources humaines de son employeur.
A l'appui de son recours, l'assuré allègue en particulier qu'il n'a à aucun moment été informé par la mère de l'enfant qu'elle avait repris une activité lucrative et qu'il n'était donc pas en mesure de transmettre à la Caisse cette information qui lui faisait également défaut. Il explique, récépissés postaux à l'appui, avoir d'ailleurs continué, durant la période litigieuse du 1er avril 2018 au
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30 octobre 2018, à reverser les allocations familiales, avec la pension alimentaire, à E._, et qu'il ne s'est dès lors nullement enrichi. Le recourant soutient que seule cette dernière, qui a perçu les allocations à double, était en mesure d'aviser l'autorité intimée et lui-même de sa reprise d'activité et par là même de son nouveau statut d'ayant droit prioritaire dès le 1er avril 2018.
Il invoque sa bonne foi.
D. Dans ses observations du 9 juillet 2019, l'autorité intimée propose le rejet du recours.
Aucun autre échange d'écritures n'a été ordonné entre les parties.
Il sera fait état des arguments, développés par celles-ci à l'appui de leurs conclusions, dans les considérants de droit du présent arrêt, pour autant que cela soit utile à la solution du litige.

en droit
1.
Interjeté en temps utile et dans les formes légales auprès du Tribunal administratif du canton de Berne, puis transmis à l'Instance de céans compétente à raison du lieu et de la matière, par un assuré dûment représenté et directement touché par la décision sur opposition attaquée, le recours est recevable.
2.
Selon l'art. 6, intitulé "interdiction du cumul", 1ère phr. de la loi du 24 mars 2006 sur les allocations familiales (loi sur les allocations familiales, LAFam; RS 836.2), le même enfant ne donne pas droit à plus d’une allocation du même genre.
L'art. 7, intitulé "concours de droits", al. 1 LAFam prévoit que, lorsque plusieurs personnes peuvent faire valoir un droit aux allocations familiales pour le même enfant en vertu d’une législation fédérale ou cantonale, le droit aux prestations est reconnu selon l’ordre de priorité suivant:
a. à la personne qui exerce une activité lucrative;
b. à la personne qui détient l’autorité parentale ou qui la détenait jusqu’à la majorité de l’enfant;
(let. c à f).
A teneur de l'art. 8 LAFam, l’ayant droit tenu, en vertu d’un jugement ou d’une convention, de verser une contribution d’entretien pour un ou plusieurs enfants doit, en sus de ladite contribution, verser les allocations familiales.
3.
Selon l'art. 31 al. 1, intitulé "avis obligatoire en cas de modification des circonstances", de la loi du 6 octobre 2000 sur la partie générale du droit des assurances sociales (LPGA; RS 830.1), applicable par le renvoi de l'art. 1 LAFam, l’ayant droit, ses proches ou les tiers auxquels une
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prestation est versée sont tenus de communiquer à l’assureur ou, selon le cas, à l’organe compétent toute modification importante des circonstances déterminantes pour l’octroi d’une prestation.
4.
4.1. Aux termes de l'art. 25 al. 1 LPGA, les prestations indûment touchées doivent être restituées. La restitution ne peut être exigée lorsque l’intéressé était de bonne foi et qu’elle le mettrait dans une situation difficile.
Ces deux conditions matérielles – bonne foi et situation difficile – sont cumulatives et leur réalisation est nécessaire pour que la remise de l'obligation de restituer soit accordée (arrêt TF 8C_203/2015 du 23 septembre 2015 consid. 4 et les références citées).
Pour le reste, en sus de l'art. 25 LPGA, l'obligation de restituer des prestations indûment touchées et sa remise sont régies par les art. 2 à 5 de l'ordonnance du 11 septembre 2002 sur la partie générale du droit des assurances sociales (OPGA; RS 830.11).