Decision ID: 70dc3c63-d411-5218-8352-3d85e4f0ca31
Year: 2019
Language: fr
Court: FR_TC
Chamber: FR_TC_004
Canton: FR
Region: Espace_Mittelland
Law Area: civil_law

considérant en fait
A.
A.a C._, née en 2014, est la fille hors mariage de B._, né en 1979, et de A._, née en 1975.
A.b. Depuis l’été 2015, l’enfant vit essentiellement chez sa grand-mère paternelle D._ à E._. Le dossier est suivi par la Justice de paix de l’arrondissement de la Gruyère (: la Justice de paix). Par décision de mesures superprovisionnelles du 31 août 2015, puis par décision du 1er décembre 2015, la garde de l’enfant a été confiée à B._. Cette décision était notamment motivée par le fait que B._ et A._ se trouvaient dans une situation conflictuelle extrême, souhaitaient chacun que la garde de l'enfant leur soit attribuée, étant relevé que dans les faits l'enfant vivait auprès de son père et de sa grand-mère paternelle depuis le mois de juillet 2015, et qu'il existait des incertitudes quant aux capacités parentales de A._, notamment en lien avec une prétendue consommation d’alcool excessive et une instabilité psychique. Une curatelle éducative au sens de l’art. 308 al. 1 et 2 CC a par ailleurs été mise en place. Elle est actuellement exercée par F._, intervenant auprès du Service de l’enfance et de la jeunesse (ci-après: SEJ).
A.c. Le 11 décembre 2015, A._ a été arrêtée et mise en détention pour avoir gravement blessé B._ au moyen d’un couteau. Cette procédure a abouti à un jugement rendu le 3 février 2017 par lequel A._ a été condamnée pour menaces (art. 180 al. 1 et al. 2 let. b CP) et lésions corporelles simples aggravées (art. 123 ch. 1 et ch. 2 al. 1 et 5 CP) à l'égard de B._ à 210 jours-amende, et à un traitement ambulatoire de type psychothérapeutique individuel.
A.d. Après la libération de A._, les parents ont continué à se voir et ont reformé rapidement un couple, avec l’intention d’emménager à nouveau ensemble avec leur fille et les enfants d’un premier lit de la mère.
A.e. Le 13 février 2016, le SEJ a rendu son enquête sociale. Il a conclu à ce que l'autorité parentale de l'enfant soit attribuée exclusivement au père, auquel la garde de fait de l'enfant demeurerait confiée, que la mère puisse exercer son droit aux relations personnelles une fois sortie de prison, mais uniquement sous surveillance, qu'elle soit exhortée à se soigner, que le père soit exhorté à protéger sa fille et invité à entreprendre un suivi psychologique et que la curatelle éducative et de surveillance des relations personnelles instaurée en faveur de l'enfant concernée soit maintenue. Les experts ont rappelé qu'ils émettaient des doutes quant à l'état de santé psychique de la mère et sa capacité à offrir à son enfant une présence bénéfique.
A.f. Dans son rapport d’activité 2017 établi le 5 février 2018 à l’attention de la Justice de paix, le curateur F._ a indiqué que C._ vivait auprès de sa grand-mère paternelle, que son père vivait avec elles mais également à G._ avec A._, et que l'enfant se développait de façon adéquate sur le plan physique mais pouvait présenter des troubles du comportement agressif, en particulier à l'égard de sa mère.
S’agissant de la situation des parents, le curateur notait ce qui suit: « Les parents semblent entretenir une relation amoureuse pathologique, basée sur une co-dépendance affective dans le conflit. Néanmoins, lors de la première partie de l'année 2017, la relation semblait plus apaisée et le couple avait construit un projet d'avenir avec l'achat d'un bien immobilier et la réunion de la famille en son sein. Jusqu'au mois de
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décembre 2017, le projet semblait aller bon train. Lors de notre dernier entretien avec les parents, en décembre 2017, nous avons constaté que les conflits avaient repris de manière aigüe et se manifestaient même en présence de l'enfant, sans que les parents ne semblent conscients de l'impact négatif que ceux-ci pouvaient avoir sur son développement. Les conflits parentaux sont violents verbalement et semblent pouvoir dégénérer physiquement. Le père accuse régulièrement la mère d'alcoolisme et avance cette raison pour gérer lui-même les contacts entre mère et fille. La mère se dit sobre et prisonnière de sa relation avec le père, elle se dit également dépendante financièrement. Malgré les conflits violents et apparemment récurrents, les parents ne parviennent pas à se séparer, en dépit de leurs déclarations. Nous avons demandé aux parents de se positionner clairement sur l'avenir de C._ et sur son lieu de résidence jusqu'à début janvier 2018. Les parents ont annulé le jour-même et unilatéralement l'entretien prévu à cet effet. Nous n'avons plus de nouvelles depuis. »
A.g. A la suite de ce rapport, la Justice de paix a tenu une audience le 13 mars 2018 au cours de laquelle elle a entendu les parents et le curateur F._. B._ a alors requis l’autorité parentale exclusive sur sa fille. F._ a indiqué que l’enfant pourrait être en danger en la seule présence de sa mère et s’est opposé dès lors à ce qu’elle se rende au domicile de celle-ci. Quant à A._, elle a fait part de son souhait de retourner vivre en France avec sa fille.
Le 15 mars 2018, la Juge de paix a entendu D._.
Par décision de mesures provisionnelles du 21 mars 2018 et compte tenu du climat conflictuel et instable dans lequel grandissait C._, la Juge de paix a ordonné en faveur de l'enfant un suivi pédopsychiatrique et a confié à F._ le soin d'effectuer les démarches nécessaires en ce sens le plus rapidement possible.
A.h. Invoquant une situation conflictuelle lors du dernier droit de visite le 24 juin 2018 entre D._ et A._ en raison du comportement de celle-ci, la Juge de paix a par décision de mesures superprovisionnelles du 3 juillet 2018 suspendu le droit aux relations personnelles sous toutes leurs formes de la mère avec l'enfant pour une durée indéterminée, dans la mesure où ces visites s’exerceraient hors de la présence de B._.
A.i. Le 27 août 2018, F._ a informé la Justice de paix que A._ était en détention préventive pour s’en être pris, armée d’un couteau, à des policiers le 21 août 2018.
B. Par décision du 23 août 2018, la Justice de paix a prononcé ce qui suit:
« I. Le rapport annuel 2017, établi le 5 février 2018, par F._ et H._, concernant l'enfant C._, est approuvé.
II. A._ est privée de l'exercice de l'autorité parentale sur l’enfant C._.
Partant, l'autorité parentale sur l'enfant C._ est exercée exclusivement par son père B._.
III. Le droit aux relations personnelles de A._ sur sa fille, C._, s'exercera uniquement avec un encadrement thérapeutique, au sein du Centre de consultation I._.
Toute autre forme de relations personnelles entre A._ et C._, en particulier les appels téléphoniques et les appels visio (FaceTime), est strictement interdite.
La fréquence, la durée et les modalités des visites mère-enfant seront établies par F._, curateur éducatif et de surveillance des relations personnelles de C._, selon les possibilités offertes par le Centre de consultation I._ et en fonction de leur règlement.
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IV. Mission est confiée à F._, curateur, de mettre en place le droit aux relations personnelles de A._ sur sa fille, C._, dans les meilleurs délais, conformément au point III du dispositif de la présente décision.
V. Interdiction est donnée à A._ et B._ de se voir en présence de leur fille, C._.
VI. Un suivi pédopsychiatrique ambulatoire est ordonné en faveur de l'enfant C._.
VII. Ordre est donné à A._ de poursuivre son suivi thérapeutique auprès du Dr J._, chef de clinique adjoint auprès de I._.
VIII. Ordre est donné à B._ d'entreprendre un suivi thérapeutique auprès du médecin de son choix, dans les meilleurs délais, et d'en informer la présente autorité.
IX. Les chiffres III et V du dispositif de la présente décision sont signifiés sous la menace de l’art. 167 CPC et plus particulièrement des sanctions pénales de l’art. 292 CP, lequel dispose ce qui suit:
« Celui qui ne se sera pas conformé à une décision à lui signifiée, sous la menace de la peine prévue au présent article, par une autorité ou un fonctionnaire compétents sera puni d’une amende ».
X. Les frais judiciaires dus à l'Etat, fixés à CHF 1'240.00 (émoluments: CHF 1'160.00; débours: CHF 80.00), sont mis à la charge de A._ et B._, par CHF 620.00 chacun. »
C. Le 28 septembre 2018, A._ a déposé un recours, concluant à la modification du dispositif précité comme suit:
« I. Inchangé.
II. III et IV. Supprimés.
V. et VI. Inchangés.
VII. Supprimé.
VIII. Inchangé.
IX et X. Supprimés. »
La recourante a sollicité l'assistance judiciaire qui lui a été accordée le 11 octobre 2018.
Invité à déposer une réponse au recours, B._ ne s’est pas manifesté.

en droit
1.
1.1. Les décisions de l’autorité de protection, soit la Justice de paix, sont sujettes à recours auprès du Tribunal cantonal, plus précisément de la Cour de protection de l'enfant et de l'adulte (art. 450 al. 1 du Code civil [CC] par renvoi de l'art. 314 CC, 8 de la loi du 15 juin 2012 concernant la protection de l'enfant et de l'adulte [LPEA, RSF 212.5.1]).