Decision ID: ce4956c3-648a-4162-9ee5-7b6e5a22528d
Year: 2014
Language: fr
Court: VS_TC
Chamber: VS_TC_001
Canton: VS
Region: Région lémanique
Law Area: 

Faits
A. X_, née le xxx 1963, travaillait depuis le 26 juillet 1996 en tant qu’ouvrière
agricole et trieuse de fruits et légumes auprès de l’entreprise B_ à
C_. A ce titre, elle était obligatoirement assurée contre les risques
d’accidents et de maladies professionnelles auprès de D_ Société Suisse
d’Assurances. Le 17 mars 1997, X_ s’est coincé l’auriculaire droit dans une
machine à trier les oignons (pièce 145-61 du dossier de l’assurance-invalidité, d’où
toutes les pièces mentionnées ci-dessous sont tirées).
Dans un courrier adressé le 10 avril 1997 au médecin traitant le Dr E_, le
Dr F_, chirurgien-chef au Service d’orthopédie et de traumatologie de
l’Hôpital de G_, a rapporté que X_ avait subi une sub-amputation
distale du cinquième doigt de la main droite en se coupant avec une trancheuse à
oignons, que les radiographies avaient mis en évidence une fracture multi-fragmentaire
de la phalange moyenne du cinquième doigt, qu’en urgence, un complément
d’amputation du cinquième doigt avec confection d’un moignon au niveau de l’inter-
phalangienne distale avait été pratiqué, que les suites opératoires avaient été tout à fait
simples et que la patiente avait été hospitalisée du 17 au 19 mars 1997 (pièce 16-62 ;
cf. également le rapport médical initial LAA complété par le Dr F_ le 30 avril
1997 en pièce 145-58).
Le Dr H_, spécialiste en chirurgie, a adressé le 19 juin 1997 un rapport à
D_ Assurances, dans lequel il a posé les diagnostics de status après
amputation au niveau IPP du cinquième doigt droit ainsi que d’hypersensibilité du
moignon d’amputation, avec suspicion de névrome d’amputation en formation. Il a
proposé d’adresser X_ au Dr I_, spécialiste en chirurgie plastique
et reconstructive à l’Hôpital de J_ (pièce 16-50).
En date des 19 juin et 18 septembre 1997, le Dr I_ a précisé à l’attention du
Dr E_ puis du Dr K_ du Service de chirurgie de la main de l’Hôpital
de L_ que X_ avait subi le 17 mars 1997 une amputation
traumatique de l’auriculaire droit à la hauteur de la phalange proximale, qu’un moignon
d’amputation avait été confectionné en urgence par le Dr F_ à l’Hôpital de
G_, que les suites avaient été marquées par l’apparition d’une hyperpathie
au niveau du moignon empêchant toute reprise de l’activité professionnelle, que la
palpation dorsale ou palmaire du moignon à l’insu de la patiente ne déclenchait aucune
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douleur ni aucun mouvement de retrait, qu’il doutait de la présence d’un réel névrome
ainsi que du succès d’une intervention de révision du moignon et qu’il avait organisé un
traitement de désensibilisation par ergothérapie (pièces 16-45 et 16-57).
Le 13 octobre 1997, le Dr K_ a retenu les diagnostics de syndrome hyper-
algique après amputation traumatique de P1 D5 droit, de neuropathie cubitale post-
bloc cubital au niveau du coude et de sinistrose post-traumatique. Il a précisé avoir
adressé la patiente à la Consultation de la douleur en vue d’un traitement
médicamenteux et antidépresseur plus adapté et jugé indispensable un soutien
psychologique dans la situation de la patiente (pièce 16-66). En date du 4 février 1998,
ce spécialiste a fait part de ces démarches au médecin-conseil de D_
Assurances, en soulignant que l’évolution vers un syndrome douloureux chronique
était déjà installée (pièce 145-16).
Par courrier du 1 er novembre 1997, le Dr E_ a demandé aux médecins du
Service de chirurgie de la main de l’Hôpital de L_ de réévaluer la situation de
sa patiente, en tenant compte de la suspicion par certains médecins d’un névrome
d’amputation et de l’échec du traitement analgésique (pièce 16-63).
Les 13 février 1998, 16 avril 1998, 13 juillet 1998, 29 septembre 1998, 23 mars 1999,
20 septembre 1999 puis 20 juillet 2000, la Dresse M_ du Centre
multidisciplinaire d’évaluation et de traitement de la douleur à l’hôpital de L_
a posé les diagnostics de douleurs neurogènes au niveau de l’auriculaire droit
remontant le long du bras, de status post amputation traumatique de l’auriculaire droit
à la hauteur de la phalange proximale puis d’état anxio-dépressif. Cette spécialiste a
introduit un traitement médicamenteux qu’elle a estimé nécessaire, que la décision
d’une révision chirurgicale fût prise ou non, et a proposé un suivi psychiatrique (pièces
16-41, 16-32, 16-7, 16-2, 28-2, 37 et 148-60).
Dans un rapport du 6 mars 1998, la Dresse N_, spécialiste en chirurgie
plastique et reconstructive et en chirurgie de la main de la Clinique chirurgicale et
Permanence de O_ à P_, a relevé qu’il s’agissait d’une amputation
de l’auriculaire droit ayant évolué vers un syndrome hyperpathique de tout le membre
supérieur droit et ayant gagné le membre inférieur droit depuis une quinzaine de jours.
Elle a ajouté que la situation de la patiente traduisait un problème dépassant largement
la présence d’un névrome sur un nerf collatéral et qu’il convenait de renoncer
actuellement à une révision chirurgicale du moignon (pièce 16-38). Le 23 mars suivant,
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elle a encore confirmé au médecin traitant l’absence de signe d’algodystrophie de
Sudeck, tant sur les anciennes radiographies que sur les clichés actuels (pièce 16-37).
Le 8 juin 1998, X_ a déposé une demande de prestations AI pour adultes, en
raison d’une amputation traumatique de l’extrémité du cinquième doigt de la main
droite survenue le 17 mars 1997 (pièce 2).
En date du 28 juin 1998, le Dr Q_, spécialiste en neurologie, a exposé que
X_ revenait à sa consultation avec une symptomatologie inchangée, sinon
aggravée, avec des douleurs s’étendant pratiquement tout au long de l’hémicorps droit,
y compris à la tête et à la jambe, que cette symptomatologie, de plus en plus difficile à
débrouiller, s’opposait à un status neurologique strictement normal, en dehors de
dysesthésies pénibles, fulgurantes, déclenchées au moindre attouchement – même
lorsque la patiente était distraite – du moignon d’amputation de l’auriculaire et que
l’examen électro-physiologique, comme ceux effectués antérieurement, excluait toute
neuropathie cubitale résiduelle, après le bloc anesthésique du câble cubital au coude.
Le Dr Q_ a souligné qu’après trois examens neurologiques successifs à son
cabinet, il était personnellement convaincu de la présence d’un neurinome au moignon
d’amputation de l’auriculaire et a proposé à nouveau une exploration chirurgicale locale
sous microscope opératoire du moignon d’amputation (pièce 6-3 ; cf. également le
rapport du 2 mai 1997 sur l’examen neurologique du 30 avril précédent en pièce 16-59,
le rapport du 10 septembre 1997 sur l’examen neurologique du 8 septembre précédent
en pièce 16-69 et le courrier adressé le 31 octobre 1997 au Service de chirurgie de la
main de l’hôpital de L_ en pièce 16-43).
Dans un rapport d’expertise du 14 juillet 1998 à l’attention de D_
Assurances, le Dr R_, spécialiste en chirurgie orthopédique et chirurgie de la
main, a posé les diagnostics de syndrome douloureux subjectif du membre supérieur
droit sans cause somatique objectivable et de status après sub-amputation
traumatique de P2 D5 droit le 17 mars 1997, avec complément d’amputation en
urgence au niveau de la tête de P1. Ce spécialiste, qui avait examiné X_ le
2 juillet précédent, a précisé qu’un névrome était fortement improbable quand les
troubles neurologiques subjectifs se situaient aussi bien sur la face palmaire que
dorsale d’un doigt, que d’un point de vue strictement somatique, le résultat pouvait être
considéré comme excellent avec un moignon d’amputation de bonne trophicité, qu’il ne
se prononçait pas sur l’éventuel aspect purement psychologique ou social, que la
capacité de travail comme ouvrière agricole et trieuse semblait être complète, qu’aucun
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traitement somatique n’était à retenir et que le taux d’atteinte à l’intégrité était estimé à
5% (pièce 16-17).
L’employeur a précisé le 9 novembre 1998 à l’attention de l’enquêteur économique de
l’Office AI que sans atteinte à la santé, X_ aurait travaillé 2000 à
2200 heures par an au triage des fruits et légumes, ce qui correspondait à un taux
d’occupation de 100%, et que le 17 mars 1997, elle s’était laissé prendre l’auriculaire
droit dans la trieuse et avait subi une amputation d’une partie de ce doigt (pièce 13).
Dans ses rapports des 26 janvier et 12 août 1999 à l’attention de l’Office AI, le
Dr E_ a fait état d’un status après amputation traumatique de la dernière
phalange du cinquième doigt droit, du développement et de la confirmation par examen
électromyographique (EMG) de deux névromes d’amputation, d’hyperesthésies du
moignon d’amputation avec irradiation des douleurs sur tout le membre supérieur et du
développement d’un état dépressif réactionnel avec attitude d’invalide. Il a expliqué
qu’en dépit d’avis contraires d’experts, le Dr Q_ et lui-même avaient
préconisé une révision du moignon d’amputation en raison du développement et de
l’augmentation des hyperesthésies, qu’à présent, la situation était bloquée, que la
patiente vivait dans l’angoisse de complications ultérieures, qu’il lui était devenu
impossible de la convaincre de subir cette opération, que le chirurgien contacté n’avait
d’ailleurs pas entrepris l’opération au vu de l’état psychologique catastrophique de la
patiente et que l’incapacité de travail était toujours totale depuis le 17 mars 1997
(pièces 17 et 29).
Le 19 août 1999, le médecin de l’Office AI a précisé qu’en raison de l’épisode dépressif
majeur (EDM) sévère et du syndrome douloureux, il fallait admettre une incapacité
totale de travail dans l’activité exercée ainsi qu’une inaptitude en relation avec des
mesures d’ordre professionnel (pièce 30).
B. Par décision du 14 octobre 1999, une rente entière ordinaire simple et cinq rentes
complémentaires simples pour enfant ont été octroyées à X_ depuis le
1 er
mars 1998 (pièce 38).
Dans son rapport du 8 janvier 2001 au médecin-traitant, la Dresse S_ de
T_ à U_ a relevé que X_ présentait des troubles
d’adaptation avec réaction mixte anxieuse et dépressive à la suite d’un accident de
travail (F43.22 de la CIM-10), des difficultés d’acculturation (Z60.3) et des difficultés
liées à l’entourage immédiat, avec le mari (Z63.8). Elle a indiqué que la patiente disait
souffrir de douleurs dans le bras droit montant jusqu’à la tête, d’une sensation
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d’oppression et d’étouffement ainsi que de maux de tête, que le mal était fait, que la
douleur s’était installée, qu’il semblait illusoire de vouloir l’enlever, que cette douleur
avait actuellement un rôle à jouer dans l’économie psychique de la patiente, que
l’accident avait déclenché une décompensation totale, physique, psychique et familiale
et que dans un tel contexte, toute appréciation de la capacité de travail actuelle ou à
long terme devait reposer sur l’état psychique (pièce 148-53).
Le 21 janvier 2001, le Dr E_ a répondu à l’Office AI que l’état de santé de
l’assurée allait en s’aggravant, que l’incapacité de travail était toujours totale dans toute
profession et que le cas de la patiente avait été transféré dans une unité de psychiatrie
ambulatoire à U_ (pièce 48).
Dans ses rapports du 2 juillet 2001 à l’Office AI, la Dresse S_ a posé les
diagnostics d’épisode dépressif sévère sans symptômes psychotiques (F32.2) et de
syndrome douloureux somatoforme (F45.4) et a rappelé l’incapacité totale de travail
depuis mars 1997. Elle a repris en outre ses constatations et conclusions du 8 janvier
précédent (pièces 50-1 et 50-3).
Par communication du 5 juillet 2001, l’Office AI a informé l’assurée que son droit à la
rente n’était pas modifié (pièce 52).
Le 23 novembre 2001, le Dr V_, médecin-chef du Service psychosomatique
de la Clinique AA_ à J_, a adressé à D_ Assurances un
rapport d’expertise psychiatrique qu’il a complété le 6 février 2002 par une brève
explication supplémentaire (pièces 148-32 et 148-42). Il a précisé avoir examiné
X_ le 5 novembre précédent et lui avoir fait effectuer ce jour-là le test de
l’échelle de dépression de Hamilton. Il a posé les diagnostics de trouble dépressif
majeur de degré moyen (F32.1), de syndrome douloureux somatoforme persistant
(trouble somatoforme douloureux) (F45.4) et de trouble panique sans agoraphobie
(F41.0), ce dernier trouble ne pouvant être assimilé à un état de stress post-
traumatique ou aux autres pathologies psychogènes survenant ordinairement après un
accident. Le Dr V_ a formellement exclu un trouble de l’adaptation, la
présentation de la patiente montrant en effet un trouble thymique spécifique bien plus
grave qu’un simple état réactionnel sous forme de trouble de l’adaptation. Il a conclu
qu’un trouble dépressif majeur de cette gravité et le syndrome douloureux
somatoforme persistant entraînaient une incapacité totale de travail dans toute activité,
que la situation de l’assurée sur le plan psychique constituait une conséquence
seulement possible de l’accident du 17 mars 1997 et que des facteurs étrangers à
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l’accident (stress entraîné par l’émigration, acculturation vraisemblablement très
problématique, situation conjugale et familiale difficile en raison de l’invalidité du mari
et de la prise d’autonomie des enfants, surcharge vraisemblable représentée par la
reprise d’une activité à plein temps, personnalité probablement rigide et peu capable
d’adaptation) jouaient un rôle prépondérant à l’heure actuelle.
C. Par décision sur opposition du 5 mars 2002, BB_ Société d’Assurances
(anciennement : D_ Société Suisse d’Assurances, ci-après : BB_,)
a retenu que les prestations découlant de l’assurance-accidents obligatoire ne
pouvaient plus être allouées à partir du 1 er janvier 2000, sous réserve de l’indemnité
pour atteinte à l’intégrité au sens des articles 24 et 25 LAA. Cet assureur a tout d’abord
rappelé en détail le contexte médical du cas de l’assurée. Il en a ensuite conclu que,
sur le plan somatique et conformément à l’expertise du Dr R_ du 2 juillet
1998, il n’y avait pas d’incapacité de travail et que l’incapacité de travail actuelle était
entièrement due au trouble dépressif majeur, au trouble panique et au syndrome
douloureux somatoforme persistant retenus par le Dr V_ et dont la causalité
naturelle avec l’accident avait été niée par ce spécialiste (pièce 148-25).
Dans ses rapports des 28 août 2002 (pièce 58-2) et 18 février 2003 (pièce 61-2), la
Dresse M_ a fait état de douleurs neurogènes du membre supérieur droit
après amputation et d’état anxio-dépressif avec crises de panique. Elle a relevé que
X_ présentait toujours des douleurs importantes au membre supérieur droit
l’empêchant de mener à bien toute activité quotidienne.
Par jugement du 3 avril 2003 (pièce 148-10), le Tribunal cantonal des assurances a
admis le recours interjeté contre la décision sur opposition du 5 mars 2002, annulé
cette décision et renvoyé le dossier à BB_ pour nouvelle décision dans le
sens des considérants, au motif qu’entre sa décision du 11 décembre 2000 et celle du
5 mars 2002, cette assurance avait procédé, sans interpeller l’assurée, à une
reformatio in pejus, en mettant un terme à la prise en charge du cas dès le 1 er
janvier
2000 et non plus à compter du 1 er janvier 2001 (cause S2 02 67). Dans ce même
jugement, le tribunal a par contre rejeté le recours formé contre une décision sur
opposition du 12 juin 2002, par laquelle BB_ avait confirmé l’indemnité pour
atteinte à l’intégrité de 5% octroyée à l’assurée par décision du 8 mars précédent
(cause S2 02 111).
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La Dresse CC_, nouveau médecin traitant de l’assurée, a confirmé le 9 mai
2003 les renseignements fournis par la Dresse M_ ainsi que l’incapacité
totale de travail depuis plusieurs années (pièce 63).
Par communication du 10 juin 2003, l’Office AI a informé l’assurée que son droit à la
rente n’était pas modifié (pièce 52).
Dans son arrêt du 22 juillet 2004 en la cause U 126/03, le Tribunal fédéral des
assurances a rejeté le recours interjeté contre l’objet du jugement du 3 avril 2003 relatif
à l’indemnité pour atteinte à l’intégrité (pièce 148-2). Il a considéré qu’en l’absence
d’atteinte durable à l’intégrité psychique et compte tenu des séquelles physiques
permanentes décrites par le Dr R_, il n’y avait pas lieu de s’écarter du taux
d’atteinte à l’intégrité de 5% proposé par ce praticien et retenu par l’intimée. Au
considérant 2.1 de cet arrêt, la Haute Cour a également souligné que le
Dr R_ avait nié toute cause somatique objectivable au syndrome douloureux
du membre supérieur droit dont souffrait la recourante, au terme d’un rapport médical
probant, répondant à l’ensemble des critères posés par la jurisprudence en la matière.
Le 8 septembre 2006, la Dresse CC_ a fait état d’un status après amputation
traumatique de la dernière phalange du cinquième doigt droit avec débloquement et
confirmation par examen EMG de deux neurinomes d’amputation, de paresthésies
douloureuses du moignon d’amputation avec irradiation de tout le membre supérieur
droit, d’état dépressif réactionnel, de discopathie étagée dégénérative de L3 à S1 sans
radiculopathie mais avec des douleurs lombo-sciatalgiques vertébrognènes depuis
1997 ainsi que d’une bursite sus-acromio-deltoïdienne droite chronique visible à l’IRM,
affection ayant été soulagée pendant plusieurs mois en 2005 grâce à une infiltration
écho-guidée. Ce médecin a précisé que la patiente, dépressive, vivait son handicap
comme une énorme injustice, qu’elle était très influencée par un époux relativement
revendicateur, qu’elle pouvait vaquer à ses tâches ménagères avec l’aide de sa famille
et que la capacité de travail pouvait être améliorée (pièces 69-3 et 70).
Par communication du 18 octobre 2006, l’Office AI a informé l’assurée que son droit à
la rente n’était pas modifié (pièce 72).
D. Dans son rapport du 28 juin 2010, la Dresse CC_ a retenu les diagnostics
avec effet sur la capacité de travail de douleurs neurogènes du membre supérieur droit
après amputation de la dernière phalange du cinquième doigt et de syndrome anxio-
dépressif avec accès de panique. Elle a ajouté que l’activité antérieure n’était plus
exigible mais que l’assurée était en mesure d’exercer, à raison de dix à douze heures
- 9 -
par semaine, une activité adaptée permettant l’alternance des positions, évitant la
marche, les mouvements avec les bras au-dessus de la tête, le port de charges, la
montée sur des échelles ou des échafaudages et exigeant peu de capacités
d’adaptation et de résistance, en raison de la labilité psychologique accrue de l’assurée
(pièces 85 et 86).
En date du 20 août 2010, le Dr DD_, médecin généraliste auprès du Service
médical régional de l’assurance-invalidité (SMR), a posé les diagnostics, avec
répercussion sur la capacité de travail, de status après amputation traumatique de
l’auriculaire droit en 1997, de bursite sous-acromiale droite, de lombalgies sur
discopathie sans hernie discale et, sans répercussion sur la capacité de travail, d’état
anxio-dépressif avec accès de panique. Il a ajouté que des mesures de réinsertion
étaient envisageables, à raison de dix à douze heures par semaine, en tenant compte
des limitations suivantes : positions de travail alternées, port de charges de dix kilos au
maximum, pas de travaux lourds, ni d’activité fine, ni de rotation du tronc, ni de
positions en porte-à-faux (pièce 90-3).
Par courrier du 28 janvier 2011, l’Office AI a informé X_ que les conditions du
droit à une orientation professionnelle étaient remplies et qu’elle serait prochainement
convoquée afin de déterminer les possibilités de réinsertion professionnelle (pièce 93).
Le 12 février suivant, X_ a écrit à l’Office AI que ses problèmes de santé
l’empêchaient de reprendre une activité professionnelle et qu’elle ne se rendrait pas à
l’entretien d’orientation professionnelle (pièce 96).
Il ressort d’un courriel envoyé le 8 juillet 2011 par BB_ à l’Office AI que des
indemnités journalières avaient été allouées à l’assurée jusqu’au 31 décembre 2000 et
que celle-ci n’avait droit à aucune rente de l’assurance-accidents pour les suites de
l’événement du 17 mars 1997 (pièce 149).
En date du 2 août 2011, le Dr DD_ a préconisé la mise en œuvre d’une
expertise psychiatrique auprès du Dr EE_ (pièce 101-2).
Le 30 mars 2012, le Dr EE_, spécialiste en psychiatrie et psychothérapie, a
rendu son rapport d’expertise. Il a notamment procédé à des observations cliniques
résumées selon le système AMDP (échelle psychopathologique de l’Association
internationale pour la Méthodologie et la Documentation en Psychiatrie), en précisant
que, contrairement à d’autres approches, cette méthode permettait de différencier
systématiquement les notions issues de la personne expertisée, potentiellement
- 10 -
influençables par des facteurs extra-médicaux, des observations de l’expert. Il a posé
les diagnostics de majoration de symptômes physiques pour des raisons
psychologiques et sociales avec processus d’invalidation très avancé (F68.0), de
fluctuations dysthymiques (F34.1), de fluctuations anxieuses légères (F41.1) ainsi que
de syndrome douloureux somatoforme persistant sans comorbidité psychiatrique
majeure (F45.4). Il a considéré que les critères invalidants pour un tel syndrome
n’étaient pas réunis, en particulier qu’il n’y avait pas de comorbidité importante, ni de
perte d’intégration sociale, ni d’échec des traitements conformes aux règles de l’art, ni
d’état psychique cristallisé – lequel avait au contraire évolué positivement – mais qu’il
existait des divergences entre les symptômes décrits et le comportement observé, des
douleurs globalisées et une faible collaboration de l’assurée aux traitements entrepris.
Il a précisé que, selon le dossier à disposition, le suivi et les traitements spécifiques
avaient été interrompus en 2003, que le taux sérique mesuré du médicament
antalgique « Dafalgan » était extrêmement faible, que ce taux ne correspondait pas du
tout à la prise alléguée de cette substance à raison de trois à quatre grammes par jour
et que l’expertisée avait affirmé avoir une à deux consultations par semaine chez son
médecin, ce que la Dresse CC_ avait infirmé. Il a conclu qu’il n’y avait pas
d’incapacité de travail sur le plan psychiatrique et que toutes les activités accessibles à
l’assurée avec ses expériences étaient exigibles à plein temps. Il a ajouté qu’il ne
pouvait tenir compte de la conviction contraire de l’assurée qui, pour des raisons
physiques, était fermement persuadée d’être incapable de travailler et que toute
proposition de réinsertion semblait vouée à l’échec (pièce 115).
Le Dr DD_ a relevé le 25 septembre 2012 qu’en 1999, une incapacité totale
de travail dans toute activité avait été admise en raison d’un état dépressif sévère et
d’un syndrome douloureux, que le Dr EE_ n’avait pas constaté de
psychopathologie incapacitante mais que, vu la présence d’un trouble somatoforme
douloureux persistant et l’annonce de troubles à l’épaule et de lombalgies, un examen
orthopédique était indiqué afin de vérifier si une pleine capacité de travail médico-
théorique était exigible dans une activité adaptée, voire dans toute activité (pièce 120-
3).
En date du 8 novembre 2012, l’assurée a été examinée par le Dr FF_,
spécialiste en chirurgie auprès du SMR. Dans son rapport du même jour, ce médecin
n’a retenu aucun diagnostic avec répercussion sur la capacité de travail et a fait état
d’un status après amputation de l’auriculaire droit trans-IPP en 1997 au titre de
diagnostic sans répercussion sur la capacité de travail. Le Dr FF_ a
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mentionné que, sur demande ciblée, X_ n’indiquait pas de trouble lombaire
ni psychique, que l’examen clinique était imprégné par des discordances répétées, que
la trophicité et les circonférences musculaires des membres supérieurs étaient
strictement symétriques, que tant une exclusion fonctionnelle démonstrative qu’une
utilisation spontanée de la main droite étaient constatées, que l’épaule droite était
strictement inexaminable, avec une mobilisation passive contrariée associée à une
résistance volontaire, que la mobilisation spontanée atteignait en revanche
l’horizontale, qu’une IRM récente évoquait des signes non spécifiques en forme
d’épaississement capsulaire et de bursite modérée déjà mise en évidence en 2005,
que le diagnostic de capsulite rétractile ne pouvait être confirmé car le troisième stade
de cette affection correspondait à une régression des symptômes ainsi qu’à une
récupération de la mobilité après douze à dix-huit mois, qu’une lésion de la coiffe des
rotateurs pouvait être écartée sur la base de l’imagerie et qu’il ne restait finalement pas
d’autre explication qu’une limitation fonctionnelle, respectivement une exclusion
fonctionnelle de longue durée. Le Dr FF_ a relevé en conclusion que
l’examen actuel de l’appareil locomoteur ne montrait aucune évolution significative en
comparaison avec l’expertise effectuée en 1998 par le Dr R_, que dans le
seul contexte d’amputation P2 de l’auriculaire, une incapacité de travail durable ne se
justifiait pas, que même si le Dr EE_ n’admettait pas, dans son rapport
d’expertise psychiatrique, d’incapacité de travail actuelle, il convenait d’admettre un
taux de 50% en raison du déconditionnement général de cette assurée, installée et
soutenue par son entourage dans un état d’invalide depuis des années, et que dans ce
contexte, toute mesure de réadaptation serait probablement voué à l’échec. Le
médecin du SMR a également signalé l’attitude menaçante adoptée par l’époux de
l’assurée lors de l’entretien final (pièce 125-3).
Dans son rapport final du 30 décembre 2012, le Dr DD_ a posé les
diagnostics sans répercussion sur la capacité de travail de status après amputation
traumatique de l’auriculaire droit en 1997, de majoration des symptômes physiques
pour des raisons psychologiques et sociales, de fluctuations dysthymiques, de
fluctuations anxieuses et de trouble somatoforme douloureux persistant. Il a conclu
qu’en l’absence de trouble somatique ou psychiatrique incapacitant, il y avait une
amélioration significative de l’état de santé de l’assurée, qu’une pleine capacité de
travail médico-théorique était exigible dans toute activité, y compris celle de trieuse de
fruits et légumes, en tout cas dès la date de l’examen au SMR le 8 novembre 2012 et
que la diminution de la capacité de travail admise par le Dr FF_ l’avait été
- 12 -
pour des raisons non médicales et en l’absence de tout diagnostic incapacitant dans la
rubrique correspondante (pièce 125).
E. Le 13 mars 2013, l’Office AI a établi un projet de décision portant sur la suppression
de la rente d’invalidité et sur le refus de mesures d’ordre professionnel. Dit office a
exposé qu’il y avait lieu de comparer les faits actuels avec ceux existant au moment de
la décision du 14 octobre 1999, qu’à cette date, le droit de l’assurée à une rente entière
d’invalidité dès le 1 er mars 1998 avait été reconnu en raison d’un important état
dépressif avec détresse psychologique intense et attitude d’invalide et qu’un trouble
douloureux chronique sur status après amputation traumatique de la dernière phalange
de l’auriculaire droit le 17 mars 1997 avait également été constaté. L’Office AI a
précisé que, sur la base du rapport d’expertise du Dr R_ – lequel avait fait
état d’un syndrome douloureux subjectif du membre supérieur droit, sans cause
somatique objectivable, après amputation P2 D5 droit –, BB_ avait retenu, à
compter du 31 décembre 2000, une capacité totale de travail même dans l’activité
antérieure de trieuse de fruits et légumes et que cette décision avait été confirmée tant
par le tribunal cantonal que fédéral. L’Office AI a ajouté qu’actuellement, ni le
Dr EE_ ni le Dr FF_ n’avaient retenu d’atteinte à la santé
invalidante, que l’état dépressif important retenu au moment de la décision d’octroi de
rente avait disparu et qu’en ce qui concernait le trouble somatoforme douloureux
persistant, il y avait lieu d’admettre, en application de la jurisprudence topique,
l’exigibilité d’un effort de volonté en vue de surmonter la douleur et de réintégrer le
monde du travail. Il a conclu que le taux d’invalidité était de 0% et que la rente
d’invalidité serait supprimée dès le premier jour du deuxième mois suivant la
notification de la décision.
Le 23 mars 2013, X_ a contesté ce projet de décision, en affirmant qu’il ne
tenait pas compte de tous ses problèmes de santé et en demandant l’envoi des
rapports des Drs EE_ et FF_ à son médecin traitant.
Par décision du 22 avril 2013, l’Office AI a formellement confirmé son projet du
13 mars précédent et a supprimé au-delà du 31 mai 2013 la rente allouée. Il a ajouté
que la lettre du 23 mars 2013 n’apportait aucun élément médical nouveau susceptible
de modifier la teneur de ce projet.
Dans un courrier adressé le 24 avril 2013 à l’Office AI, X_ a critiqué la teneur
des rapports des Drs EE_ et FF_. Elle a souligné qu’elle n’était pas
malade psychiquement mais physiquement, qu’elle souffrait d’une hypersensibilité au
- 13 -
bout du doigt amputé, de douleurs au bras, à l’épaule et à la tête, de problèmes
respiratoires, d’angoisses et de troubles du sommeil, qu’elle n’était ainsi pas apte à
travailler à 100%, que la position du Dr FF_ n’était pas neutre car c’était un
médecin de l’Office AI, qu’elle venait de recevoir les radiographies de la colonne
cervicale du 27 mars 2009 et de l’épaule du 25 octobre 2012 et que ces clichés
n’avaient donc pas été vus lors de l’examen au SMR.
F. Le 7 mai 2013, ce courrier a été considéré par l’Office AI comme un recours contre
la décision de suppression de rente du 22 avril précédent et transmis à la Cour de
céans comme objet de sa compétence.
Par mémoire du 27 mai 2013, X_, représentée par Me A_, a
interjeté recours céans contre dite décision, en concluant à son annulation ainsi qu’à
l’octroi d’une rente entière d’invalidité au-delà du 1 er juin 2013. Elle a tout d’abord
précisé que c’était bien cette écriture, et non son courrier du 24 avril 2013, qui
constituait formellement un recours, étant donné qu’elle n’avait pas encore reçu la
décision entreprise à cette dernière date. Elle a réservé la requête d’une expertise
médicale pluridisciplinaire. Elle a exposé que par décision du 14 octobre 1999, l’Office
AI lui avait reconnu le droit à une rente entière d’invalidité en raison des troubles tant
somatiques que psychiques dont elle souffrait, que ce droit avait été supprimé par
décision du 22 avril 2013, que le tableau dépeint en 2012 par les Drs EE_ et
FF_ ne comportait pas de modification notable de sa situation mais en
constituait uniquement une appréciation différente, qu’en particulier, le
Dr EE_ lui avait fait passer des tests différents – notamment un test selon le
système AMDP – de ceux antérieurement pratiqués par les autres médecins et que sur
la base des résultats de ce test, le Dr EE_ avait nié toute atteinte psycho-
émotionnelle majeure ainsi que toute incapacité de travail, en se gardant toutefois de
préciser à partir de quelle date les changements entrevus s’étaient produits. Elle a fait
valoir enfin que, malgré le durcissement de la jurisprudence à l’égard des personnes
souffrant de troubles somatoformes douloureux ou de fibromyalgie, la porte ne devait
pas pour autant être ouverte à toutes les révisions de ces cas et que, conformément à
l’article 17 LPGA, la stricte comparaison de l’état de santé de la personne assurée au
moment des deux décisions déterminantes demeurait.
Dans sa réponse du 2 juillet 2013, l’Office AI a conclu au rejet du recours et au
maintien de sa décision de suppression de rente du 22 avril 2013. Il a invoqué que le
rapport d’expertise du Dr EE_ du 30 mars 2012 remplissait toutes les
exigences posées par la jurisprudence à la valeur probante d’une appréciation
- 14 -
médicale, que l’allégation de la recourante, selon laquelle le Dr EE_ se serait
essentiellement fondé sur le seul test AMDP pour conclure à l’absence d’atteinte à la
santé psychique ou mentale invalidante, relevait d’une lecture très partielle et
unilatérale dudit rapport d’expertise et que, faute d’éléments médicaux objectifs
contredisant les conclusions de cet expert, il n’y avait pas lieu de s’en distancer.
Par courrier du 23 octobre 2013, la recourante a persisté dans ses conclusions et s’est
référée à sa précédente écriture.
La caisse de pension compétente n’ayant pas donné suite à l’ordonnance du
21 novembre 2013, l’échange d’écritures a été clos le 19 décembre suivant.

Considérant en droit
1. Selon l'article 1 alinéa 1 LAI, les dispositions de la loi fédérale du 6 octobre 2000
sur la partie générale du droit des assurances sociales (LPGA) s'appliquent à l'AI
(art. 1a à 26bis et 28 à 70), à moins que la LAI n'y déroge expressément.
Posté le lundi 27 mai 2013, le présent recours à l'encontre de la décision du 22 avril
précédent, reçue le 26 avril 2013, a été interjeté dans le délai légal de trente jours (art.
38 et 60 LPGA) devant l'instance compétente (art. 56, 57 et 58 LPGA ; art. 81bis al. 1
LPJA). Il répond par ailleurs aux autres conditions formelles de recevabilité (art. 61 let.
b LPGA), de sorte que la Cour doit entrer en matière.
2.1 Il convient de déterminer en l’espèce si c’est à juste titre qu’à compter du 1 er juin
2013, l’Office AI a supprimé la rente précédemment octroyée à la recourante, en
considérant que celle-ci avait recouvré une capacité totale de travail dans toute activité
lucrative.
Si le taux d’invalidité du bénéficiaire de la rente subit une modification notable, la rente
est, d’office ou sur demande, révisée pour l’avenir, à savoir augmentée ou réduite en
conséquence, ou encore supprimée (art. 17 al. 1 LPGA).
Si la capacité de gain ou la capacité d’accomplir les travaux habituels de l’assuré
s’améliore ou que son impotence ou encore le besoin de soins ou le besoin d’aide
découlant de son invalidité s’atténue, ce changement n’est déterminant pour la
suppression de tout ou partie du droit aux prestations qu’à partir du moment où on peut
- 15 -
s’attendre à ce que l’amélioration constatée se maintienne durant une assez longue
période. Il en va de même lorsqu’un tel changement déterminant a duré trois mois
déjà, sans interruption notable et sans qu’une complication prochaine soit à craindre
(art. 88a al. 1 RAI).
La diminution ou la suppression de la rente, de l’allocation pour impotent ou de la
contribution d’assistance prend effet au plus tôt le premier jour du deuxième mois qui
suit la notification de la décision (art. 88bis al. 2 let. a RAI).
Savoir si l'on est en présence d'un motif de révision du droit à la rente suppose une
modification notable du taux d'invalidité. Le point de savoir si un tel changement s'est
produit doit être tranché en comparant les faits tels qu'ils se présentaient au moment
de la décision initiale de rente et les circonstances existant à l'époque de la décision
litigieuse (ATF 125 V 368 consid. 2 et la référence). La rente peut être révisée non
seulement en cas de modification sensible de l'état de santé, mais aussi lorsque celui-
ci est en soi resté le même mais que ses conséquences sur la capacité de gain ont
subi un changement important (ATF 113 V 273 consid. 1a et les références, 112 V 387
consid. 1b).
La valeur probante d'un rapport médical dépend des points de savoir si cet acte est
complet compte tenu des droits contestés, s'il est fondé sur des examens approfondis
en tous points, s'il tient compte des affections dont se plaint l'intéressé, s'il a été établi
en connaissance de l'anamnèse, si l'exposé du contexte médical est cohérent, voire si
l'appréciation de la situation médicale est claire, et si les conclusions de l'expert sont
dûment motivées (ATF 122 V 157 consid. 1c, RAMA 2000 214 consid. 3a). Quant aux
appréciations d'un médecin interne à l’assurance produites hors procédure judiciaire,
elles revêtent entière valeur probante aussi longtemps que leur bien-fondé n'est pas
mis en doute par des indices médicaux concrets, ce à l'instar des expertises requises
par l’assureur auprès de médecins externes à l'établissement (RAMA 1988 366 consid.
5a ; cf. également ATF 122 V 157 consid. 1c, 104 V 209 consid. c, RAMA 1993 95
consid. 5a).
Selon la jurisprudence notamment développée à l’ATF 132 V 65 considérants 4.2 et
4.3, les troubles somatoformes douloureux n'entraînent pas, en règle générale, une
limitation de longue durée de la capacité de travail pouvant conduire à une invalidité
(ATF 130 V 354 consid. 2.2.3). Il existe une présomption que les troubles
somatoformes douloureux ou leurs effets peuvent être surmontés par un effort de
volonté raisonnablement exigible (ATF 131 V 50). Le Tribunal fédéral des assurances
- 16 -
a toutefois reconnu qu'il existe des facteurs déterminés qui, par leur intensité et leur
constance, rendent la personne incapable de fournir cet effort de volonté et établi des
critères permettant d'apprécier le caractère invalidant de troubles somatoformes
douloureux (ATF 130 V 354 et 131 V 50). A cet égard, on retiendra, au premier plan, la
présence d'une comorbidité psychiatrique importante par sa gravité, son acuité et sa
durée. Peut constituer une telle comorbidité un état dépressif majeur (ATF 130 V 358
consid. 3.3.1 et la référence). Parmi les autres critères déterminants, doivent être
considérés comme pertinents un processus maladif s'étendant sur plusieurs années
sans rémission durable (symptomatologie inchangée ou progressive), des affections
corporelles chroniques, une perte d'intégration sociale dans toutes les manifestations
de la vie et l'échec de traitements ambulatoires ou stationnaires conformes aux règles
de l'art (même avec différents types de traitement), cela en dépit de l'attitude
coopérative de la personne assurée. En présence d'une comorbidité psychiatrique, il
sera également tenu compte de l'existence d'un état psychique cristallisé résultant d'un
processus défectueux de résolution du conflit mais apportant un soulagement du point
de vue psychique (profit primaire tiré de la maladie, fuite dans la maladie). Enfin, on
conclura à l'absence d'une atteinte à la santé ouvrant le droit aux prestations
d'assurance si les limitations liées à l'exercice d'une activité résultent d'une exagération
des symptômes ou d'une constellation semblable (par exemple une discordance entre
les douleurs décrites et le comportement observé, l'allégation d'intenses douleurs dont
les caractéristiques demeurent vagues, l'absence de demande de soins, de grandes
divergences entre les informations fournies par le patient et celles ressortant de
l'anamnèse, le fait que des plaintes très démonstratives laissent insensible l'expert
ainsi que l'allégation de lourds handicaps malgré un environnement psychosocial
intact). Une expertise psychiatrique est, en principe, nécessaire quand il s'agit de se
prononcer sur l'incapacité de travail que les troubles somatoformes douloureux sont
susceptibles d'entraîner (ATF 130 V 353 consid. 2.2.2 et 399 consid. 5.3.2).
2.2 En l’espèce, tel qu’il ressort de la jurisprudence relative à l’article 17 alinéa 1
LPGA et comme la recourante l’a d’ailleurs fait valoir à juste titre, il convient de
comparer la situation médicale telle qu’elle se présentait au moment de la décision du
14 octobre 1999 octroyant à l’assurée une rente entière d’invalidité depuis le 1 er
mars
1998 (pièce 38) et celle existant au moment de la décision querellée du 22 avril 2013.
La décision d’octroi d’une rente prise le 14 octobre 1999 reposait uniquement sur le
bref avis donné par le médecin de l’Office AI le 19 août précédent, à teneur duquel
l’épisode dépressif majeur sévère et le syndrome douloureux présentés par
- 17 -
X_ justifiaient une incapacité totale de travail dans l’activité exercée ainsi
qu’une inaptitude en relation avec des mesures d’ordre professionnel (pièce 30). Ledit
prononcé apparaît d’autant plus favorable à l’assurée que ces diagnostics d’ordre
psychiatrique n’avaient jusqu’alors pas été posés par des spécialistes en la matière,
mais uniquement par le Dr K_ du Service de chirurgie de la main à l’hôpital
de L_ (cf. les rapports des 13 octobre 1997 et 4 février 1998 en pièces 16-66
et 145-16 : sinistrose post-traumatique, évolution déjà installée vers un syndrome
douloureux chronique), la Dresse N_, spécialiste en chirurgie plastique et
reconstructive et en chirurgie de la main (cf. le rapport du 6 mars 1998 en pièce 16-38 :
syndrome hyperpathique des membres supérieur et inférieur droits dépassant
largement la présence d’un névrome sur un nerf collatéral), le Dr R_,
spécialiste en chirurgie orthopédique et en chirurgie de la main (cf. le rapport
d’expertise du 14 juillet 1998 en pièce 16-17 : syndrome douloureux subjectif du
membre supérieur droit sans cause somatique objectivable) et le Dr E_,
médecin traitant (cf. les rapports des 26 janvier et 12 août 1999 en pièces 17 et 29 :
état dépressif réactionnel avec attitude d’invalide, état psychologique catastrophique).
Certes, ces diagnostics ont par la suite été confirmés par des psychiatres (cf. le rapport
de la Dresse S_ du 2 juillet 2001 en pièces 50-1 et 50-3 : épisode dépressif
sévère sans symptômes psychotiques et syndrome douloureux somatoforme,
responsables d’une incapacité totale de travail depuis mars 1997 ; cf. également le
rapport d’expertise du Dr V_ du 23 novembre 2001 en pièce 148-32 : trouble
dépressif majeur de degré moyen et syndrome douloureux somatoforme persistant, à
l’origine d’une incapacité totale de travail dans toute activité).
En revanche, contrairement à ce que X_ a prétendu dans son recours du
27 mai 2013, aucun trouble d’ordre somatique n’a justifié la décision d’octroi d’une
rente entière à compter du 1 er mars 1998. Rien de tel ne ressort en effet de l’avis émis
le 19 août 1999 par le médecin de l’Office AI (pièce 30). Dans son rapport d’expertise
du 14 juillet 1998 (pièce 16-17), qualifié de probant par le Tribunal fédéral des
assurances dans son arrêt du 22 juillet 2004 (pièce 148-2), le Dr R_ a bien
fait état, d’un point de vue strictement somatique, d’un status après sub-amputation
traumatique de P2 D5 droit le 17 mars 1997 avec complément d’amputation en
urgence au niveau de la tête de P1, d’un résultat qualifié d’excellent avec un moignon
d’amputation de bonne trophicité ainsi que d’une capacité de travail complète en tant
qu’ouvrière agricole et trieuse. Ce spécialiste en chirurgie orthopédique et en chirurgie
de la main a par contre exclu une cause somatique objectivable au syndrome
douloureux subjectif du membre supérieur droit et jugé improbable – à l’instar du
- 18 -
Dr I_ (pièces 16-45 et 16-57) et de la Dresse N_ (pièce 16-38) – la
présence d’un névrome. Concernant ce dernier point, la confirmation par EMG d’un
voire de deux névromes d’amputation, mentionnée par le Dr E_ dans ses
rapports des 26 janvier et 12 août 1999 (pièces 17 et 29) puis reprise par la Dresse
CC_ dans son certificat du 8 septembre 2006 (pièces 69-3), ne paraît pas
correspondre aux explications données par le Dr Q_ en date du 28 juin 1998
(pièce 6-3). Si ce neurologue s’est alors bien déclaré convaincu de la présence d’un
neurinome au moignon d’amputation de l’auriculaire, il a également précisé que
l’examen électro-physiologique, comme ceux effectués antérieurement, excluait toute
neuropathie cubitale résiduelle et que la symptomatologie douloureuse, s’étendant
désormais pratiquement tout au long de l’hémicorps droit et de plus en plus difficile à
débrouiller, s’opposait à un status neurologique strictement normal. Quant à la
constatation par le Dr Q_ que les dysesthésies étaient déclenchées au
moindre attouchement du moignon d’amputation de l’auriculaire, même lorsque la
patiente était distraite, elle ne rejoint pas celle faite le 18 septembre 1997, soit six mois
seulement après l’accident, par le Dr I_. Ce médecin a remarqué au contraire
que la palpation dorsale ou palmaire du moignon à l’insu de l’assurée ne déclenchait
aucune douleur ni aucun mouvement de retrait (pièce 16-45). En conséquence, seuls
des troubles psychiques, à l’exclusion de toute atteinte physique, ont motivé l’allocation
à X_, par décision du 14 octobre 1999, d’une rente entière d’invalidité (pièce
38). D’ailleurs, l’assureur-accidents a retenu dans ses décisions que l’incapacité de
travail entraînée par les affections psychiques n’était pas en lien pour le moins
probable à l’accident du 17 mars 1997 et que les seules séquelles somatiques ne
justifiaient pas, selon le Dr R_, une incapacité de travail (pièce 148-25).
BB_ a donc cessé le versement des indemnités journalières dès le 1 er
janvier
2001 et n’a pas octroyé de rente d’invalidité à son assurée (pièce 149).
Le 8 novembre 2012, soit moins de six mois avant la décision attaquée du 22 avril
2013, le Dr FF_ n’a retenu aucun diagnostic somatique avec répercussion
sur la capacité de travail (pièce 125-3). Il a bien précisé que l’examen actuel de
l’appareil locomoteur ne montrait aucune évolution significative en comparaison avec
l’expertise effectuée en 1998 par le Dr R_ et que dans le seul contexte
d’amputation P2 de l’auriculaire, une incapacité de travail durable ne se justifiait pas.
En relation avec une discopathie étagée dégénérative de L3 à S1 sans radiculopathie
mais avec des douleurs lombo-sciatalgiques vertébrogènes depuis 1997, mentionnée
pour la première fois le 8 septembre 2006 par la Dresse CC_ (pièce 69-3) et
signalée également par le Dr DD_ dans son rapport du 20 août 2010 (pièce
- 19 -
90-3), le Dr FF_ a rapporté que sur demande ciblée, l’expertisée n’indiquait
pas de trouble lombaire. Concernant une bursite sus-acromio-deltoïdienne droite
chronique visible à l’IRM et soulagée pendant plusieurs mois en 2005 grâce à une
infiltration écho-guidée, affection aussi relevée par la Dresse CC_ et le
Dr DD_ aux dates correspondantes susmentionnées (pièces 69-3 et 90-3), le
Dr FF_ a constaté une mobilisation spontanée de l’épaule droite au niveau
de l’horizontale, relevé sur une IRM récente des signes non spécifiques en forme
d’épaississement capsulaire et de bursite modérée déjà mise en évidence en 2005,
exclu les diagnostic de capsulite rétractile ainsi que de lésion de la coiffe des rotateurs
et retenu une limitation fonctionnelle, respectivement une exclusion fonctionnelle de
longue durée. Il convient d’ajouter à ce sujet que le 28 juin 2010, la Dresse
CC_ n’a plus fait mention de douleurs au niveau lombaire ni de l’épaule
droite (pièce 85). Contrairement aux critiques formulées par l’assurée dans sa lettre du
24 avril 2013, il ressort du rapport du Dr FF_ du 8 novembre 2012, sous la
rubrique 4 intitulée « imagerie », que ce médecin disposait bien d’une IRM de la
colonne cervicale du 27 mars 2009 et de l’épaule droite du 25 octobre 2012 (pièce
125-7). Enfin, la recourante n’a produit aucun document médical propre à contredire
l’absence de diagnostic d’ordre physique avec effet sur la capacité de travail, telle que
retenue par le Dr FF_. Ainsi, selon la jurisprudence, cette appréciation revêt
entière valeur probante, même si ce médecin fait partie du SMR.
Quant au Dr EE_, il a, dans son rapport d’expertise du 30 mars 2012 à
l’attention de l’Office AI, conclu qu’il n’y avait pas d’incapacité de travail sur le plan
psychiatrique et que toutes les activités accessibles à l’assurée avec ses expériences
étaient exigibles à plein temps (pièce 115). En l’occurrence, la Cour rejoint les
arguments développés par l’intimé dans sa réponse du 2 juillet 2013, estime que ledit
rapport d’expertise remplit les critères jurisprudentiels posés à la valeur probante d’une
appréciation médicale et ne voit aucun motif de s’écarter des conclusions retenues par
le Dr EE_. En effet, ce spécialiste en psychiatrie et psychothérapie a décrit
de manière détaillée l’anamnèse (introduction, éléments de l’anamnèse familiale,
anamnèse personnelle, socioprofessionnelle et affective, résumé du dossier et
historique médical), les plaintes (plaintes et descriptions subjectives de l’assurée) et les
constatations cliniques (observations cliniques par l’expert, observations cliniques
résumées selon le système AMDP, échelle de ralentissement EDR, sources
d’informations extérieures via un entretien avec l’époux et le médecin traitant ainsi que
des analyses sanguines). Il a ensuite procédé à une discussion claire, cohérente et
motivée du cas de X_, en exposant notamment les critères à examiner en
- 20 -
vue de poser les diagnostics finalement retenus, à savoir une majoration des
symptômes physiques pour des raisons psychologiques et sociales avec processus
d’invalidation très avancé (F68.0), des fluctuations dysthymiques (F34.1), des
fluctuations anxieuses légères (F41.1) ainsi qu’un syndrome douloureux somatoforme
persistant sans comorbidité psychiatrique majeure (F45.4). Il a enfin émis ses
conclusions, telles que résumées au début du présent paragraphe, et répondu aux
questions posées. En discutant les diagnostics de trouble dépressif et de syndrome
douloureux somatoforme persistant, le Dr EE_ a conclu à l’absence d’un état
dépressif cliniquement défini et des critères invalidants relatifs à un trouble douloureux
somatoforme persistant (pas de comorbidité importante, pas de perte d’intégration
sociale, pas d’échec des traitements conformes aux règles de l’art, pas d’état
psychique cristallisé – lequel avait au contraire évolué positivement –, divergences
entre les symptômes décrits et le comportement observé – point également relevé par
le Dr FF_ lors de son examen du 8 novembre 2012 en pièce 125-3 –,
douleurs globalisées, faible collaboration de l’assurée aux traitements entrepris,
interruption des traitements spécifiques en 2003, prise d’antalgiques et fréquence des
consultations médicales très nettement inférieures aux indications données par
l’expertisée). Il ressort de ce qui précède que, contrairement aux allégations de la
recourante, le Dr EE_ ne s’est pas fondé sur les seuls résultats du test selon
le système AMDP pour conclure à l’absence, à la date de l’expertise du 30 mars 2012
au plus tard, d’affection psychiatrique incapacitante chez X_. D’ailleurs,
avant la décision d’octroi d’une rente entière prononcée le 14 octobre 1999 (pièce 38),
aucun spécialiste en psychiatrie et psychothérapie n’avait examiné l’assurée ni, a
fortiori, lui avait fait passer quelque test que se soit. Quant à celui de l’échelle de
dépression de Hamilton que la recourante a effectué lors de l’examen d’expertise du
5 novembre 2001 auprès du Dr V_ (pièces 148-32), il est postérieur à cette
décision déterminante. Enfin, dans le cas présent où des divergences importantes
entre les douleurs décrites, d’une part, et le comportement observé ainsi que le status
clinique, d’autre part, ont été soulignées par plusieurs médecins, le système AMDP
apparaît adéquat pour parvenir à des diagnostics objectifs et fiables. D’après les
explications du Dr EE_, cette méthode permet en effet de différencier
systématiquement les notions issues de la personne expertisée, potentiellement
influençables par des facteurs extra-médicaux, des observations de l’expert.
Au moment du prononcé du 14 octobre 1999, X_ présentait donc un épisode
dépressif majeur sévère à l’origine d’une incapacité totale de travail, ainsi qu’un
syndrome douloureux dont le caractère invalidant n’avait alors pas été examiné (pièce
- 21 -
30). A l’époque de la décision entreprise du 22 avril 2013, cet état dépressif avait
disparu, le syndrome douloureux somatoforme persistait mais n’était pas incapacitant
et les autres diagnostics de majoration des symptômes physiques pour des raisons
psychologiques et sociales avec processus d’invalidation très avancé, de fluctuations
dysthymiques et de fluctuations anxieuses légères n’entraînaient pas non plus
d’incapacité de travail. Contrairement à l’avis de la recourante, il ne s’agit donc pas ici
d’une appréciation médicale différente de sa situation, mais bien d’une amélioration
notable et déterminante, entre le 14 octobre 1999 et le 22 avril 2013, de son état de
santé et de la capacité de travail y relative. Cette amélioration significative, au plus tard
dès la date de l’examen au SMR le 8 novembre 2012, a été mise en évidence par le
Dr DD_ dans son rapport final du 30 décembre suivant (pièce 125). Ce
médecin a en outre précisé de manière convaincante que la diminution de la capacité
de travail admise par le Dr FF_ au vu du déconditionnement général de
l’assurée (pièce 125-3) l’avait été pour des raisons non médicales et en l’absence de
tout diagnostic incapacitant dans la rubrique correspondante et qu’ainsi, une pleine
capacité de travail médico-théorique était exigible dans toute activité, y compris celle
de trieuse de fruits et légumes.
Les conditions de l’article 17 alinéa 1 LPGA en lien avec les articles 88a alinéa 1 et
88bis alinéa 2 lettre a RAI sont donc remplies et c’est à juste titre que l’Office AI a
supprimé la rente allouée à compter du 1 er juin 2013. En rapport avec la remarque
finale émise par la recourante dans son mémoire du 27 mai 2013, il sied de souligner
que la présente suppression de la rente octroyée antérieurement intervient bien en
application de l’article 17 LPGA et non de la lettre a alinéa 1 des dispositions finales de
la LAI relatives à la sixième révision de la LAI. La rente entière d’invalidité a en effet
été allouée par décision du 14 octobre 1999 surtout en raison d’un épisode dépressif
majeur sévère et, seulement à titre accessoire, d’un syndrome douloureux dont le
caractère invalidant n’avait alors pas été examiné.
Enfin, les éclaircissements de la situation médicale actuelle de X_ auxquels
l’Office AI a procédé se révèlent suffisants et probants afin de trancher le présent litige,
de sorte que, dans le cadre de l’appréciation anticipée des preuves, la mise en œuvre
d’une expertise judiciaire pluridisciplinaire réservée par la recourante s’avère inutile et
ne sera pas diligentée (sur l'appréciation anticipée des preuves, cf. notamment les
arrêts du Tribunal fédéral 8C_172/2012 du 14 mars 2013 consid. 3 et les références,
9C_962/2010 du 1er septembre 2011 consid. 4.1 et 9C_966/2010 du 29 avril 2011
consid. 2.2).
- 22 -
3. Partant, le recours est rejeté et la décision de l’Office AI du 22 avril 2013 est
confirmée. La rente entière d’invalidité octroyée depuis le 1 er mars 1998 est supprimée
dès le 1 er juin 2013.
Les frais de justice, arrêtés à 500 fr. en fonction de la difficulté moyenne de l'affaire
(art. 69 al. 1bis LAI), sont mis à la charge de la recourante qui succombe (art. 81bis al.
2 et 89 al. 1 LPJA) et compensés avec l'avance versée par elle le 13 juin 2013.
Eu égard à l'issue de la cause, il n'est pas alloué de dépens (art. 61 let. g LPGA a
contrario).