Decision ID: e75c283d-f3eb-5a3a-a26f-a47b4125f22e
Year: 2014
Language: fr
Court: FR_TC
Chamber: FR_TC_005
Canton: FR
Region: Espace_Mittelland
Law Area: penal_law

considérant en fait
A. Le 14 septembre 2014, à la suite d'une intervention à son domicile de la police, A._ a déposé une plainte pénale à l’encontre de B._ pour lésions corporelles simples et voies de fait, pour les faits de violence qui venaient d'avoir été commis à son préjudice par son compagnon; elle s'est formellement portée partie plaignante. Etant donné son fort état de choc, elle a été acheminée à l'hôpital, où elle a été soignée, et aussi entendue par la police.
La police, qui a également entendu B._, a déposé un rapport de dénonciation à l'attention du Ministère public le 1er octobre 2014.
B. Par ordonnances du 10 octobre 2014, le Ministère public a décidé l'ouverture d'une instruction pénale pour lésions corporelles simples et voies de fait contre B._ et a cité l'une et l'autre partie à y comparaître personnellement le 30 janvier 2015.
C. Par acte daté du 24 octobre 2014, remis à la poste le lendemain, A._ a interjeté recours contre "la" décision du Ministère public et a conclu à la recevabilité de son recours, à l'annulation de la citation à comparaître, au classement de l'affaire pour inopportunité de la poursuite et à la dispense du paiement des émoluments de la procédure. Elle y soutient que les faits concernés ne peuvent se poursuivre que sur plainte, que son intention n'était pas de porter plainte mais de repousser un éventuel dérapage, qu'après l'incident son compagnon, père de son enfant, a reconnu sa faute, passe tout son temps chez elle et s'y occupe de l'enfant, constamment malade, qu'ainsi l'action pénale portera un revers à leurs liens sans qu'un intérêt public prépondérant le justifie.
Le Procureur a transmis son dossier le 30 octobre 2014 et fait connaître ses observations par acte du 29 du même mois. Il y relève, d’une part, que dans la mesure où le recours vise l'ouverture d'une instruction il n'est pas recevable et, d’autre part, que dans la mesure où il concerne la citation, celle-ci reste justifiée étant donné que des lésions corporelles simples dont l'auteur est, comme en l'espèce, le partenaire de la victime, elles sont poursuivies d'office aux conditions de l'art. 123 ch. 2 CP. Il précise encore que, si une suspension de la procédure au sens de l'art. 55a "CPP" peut être envisagée, il convient dans tous les cas d'entendre les parties pour vérifier si les conditions d'une suspension sont effectivement réunies. Il conclut ainsi au rejet du recours, dans la mesure de sa recevabilité.

en droit
1. a) Le recours est recevable contre les décisions et les actes de procédure de la police, du ministère public et des autorités pénales compétentes en matière de contraventions (art. 393 al. 1 let. a CPP). Le recours contre les décisions notifiées par écrit ou oralement est motivé et adressé par écrit, dans le délai de dix jours, à l’autorité de recours (art. 396 al. 1 CPP). Toute partie qui a un intérêt juridiquement protégé à l’annulation ou à la modification d’une décision a qualité pour recourir contre celle-ci (art. 382 al.1 CPP). La compétence de la Chambre pénale découle de l’art. 43 al. 3 let. b LJ.
En tant que personne citée à comparaître en qualité de prévenue et de partie plaignante, A._ est directement touchée par la citation et a ainsi un intérêt juridiquement protégé à recourir.
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b) L'ordonnance attaquée est datée du 10 octobre 2014 et l'on ignore à quelle date elle a été reçue, le dossier ne mentionnant pas le mode de notification. Le recours sera ainsi présumé avoir été interjeté en temps utile compte tenu de ce qui précède et de la proximité des dates.