Decision ID: 7b2ea690-d7b7-4667-89af-ea74a69fe02d
Year: 1999
Language: fr
Court: VD_TC
Chamber: VD_TC_031
Canton: VD
Region: Région lémanique
Law Area: public_law

Vu les faits suivants:
A. La Commission centrale des améliorations foncières a rendu le 10 mai 1991, sur recours de Pierre-André Hubert, un prononcé contenant notamment les passages suivants :
"A. Le Syndicat
Le Syndicat d'améliorations foncières de Solpraz-Le Cerf a été créé en 1976 avec pour but la construction de chemins, la modification des limites en fonction des chemins et l'exécution de travaux d'assainissement et d'amélioration du sol. L'adduction de l'électricité a été ajoutée à ces buts en 1980.
Le recourant a acquis de son père en juin 1987 la parcelle 1157 qui accuse une pente descendante du nord-ouest au sud-est. Le chemin n° 3B, construit par le syndicat selon un tracé proche de celui de l'ancien chemin, y pénètre depuis le nord; il la traverse à trois reprises en gravissant la pente en lacets séparés par un virage à droite puis un second à gauche, tous deux en dehors de la parcelle 1157."
(...)
C. La modification des limites de la parcelle 1157
a) En raison des lacets qu'il décrit pour gravir la pente, le chemin n°3B traverse la parcelle 1157 du recourant à trois reprises (...)
(...)
En 1985, la commission de classification avait convoqué divers propriétaires pour définir l'emplacement des clédars canadiens sur le tracé du chemin n°3B. Selon les explications recueillies à l'audience de la Commission centrale, la commission de classification partait à l'époque de l'idée qu'elle n'avait pas le pouvoir de modifier les limites des parcelles sans l'accord des propriétaires et elle avait simplement proposé des échanges limités aux surfaces apparaissant en noir sur le plan réduit plus haut.
Ces échanges, de même que la position des clédars aux profils 59, 50 et 42, ainsi qu'à proximité du profil 46, avaient été admis par Gaston Hubert (parcelle 1157), par les propriétaires Gilbert et Michel Tauxe (parcelles 1222 et 1144) et par le propriétaire Ami Genier (parcelle 1223).
Le chemin et les clédars projetés ont été construits. Par la suite, un litige - dont la vigueur est apparue même durant l'audience de la Commission centrale - a surgi entre Michel et Gilbert Tauxe d'une part et Pierre-André Hubert d'autre part. Ce litige, qui paraît avoir sa source dans l'établissement d'une clôture le long du chemin à l'aval de la parcelle 1222 appartenant aux propriétaires Tauxe, a été porté jusque devant le juge informateur.
b) Lors de l'enquête du 9 au 24 mai 1988 déjà évoquée, le syndicat a mis à l'enquête une modification des limites de la parcelle 1157 du recourant reprenant les échanges déjà évoqués et attribuant au recourant la surface située à l'intérieur du virage reliant les profils 59 et 50, avec compensation des surfaces par rectification des limites des parcelles 1144, 1220 et 1205.
Le recourant est intervenu à l'enquête pour s'opposer, en substance, à ces échanges.
c) La commission de classification a maintenu le nouvel état mis à l'enquête par décision du 29 décembre 1988 déjà citée.
d) Le recours formé par Pierre-André Hubert porte également sur ce point de la décision.
(...)

et considère en droit :
(...)
3. Le recourant s'oppose également à la modification des limites de sa parcelle prévue par la commission de classification.
On peut se demander si les importantes modifications de la forme de la parcelle prévues par la commission de classification peuvent se fonder sur la seule disposition des statuts permettant la modification des limites en fonction des chemins ou si cette disposition - d'une portée apparemment restreinte - autorise la commission de classification à procéder à des modifications qui relèvent pratiquement du remaniement parcellaire. La question peut toutefois rester ouverte pour les motifs qui suivent.
Lors de l'inspection locale, le recourant a exposé les difficultés qu'engendrerait à son avis la modification de sa parcelle décidée par la commission de classification en raison de la présence des clédars canadiens d'ores et déjà construits aux profils 59 et 50 du chemin n°3B. Il s'oppose à l'adjonction à sa parcelle de la surface comprise à l'intérieur du rivage située entre ces deux clédars. Il précise qu'il ne souhaite pas que sa parcelle soit trop proche du bâtiment situé sur la parcelle des propriétaires Tauxe, avec qui il entretient des rapports pour le moins mouvementés d'après ce que la Commission centrale a pu constater. La modification de la décision attaquée étant admise par toutes les parties, il n'appartient pas à la Commission centrale d'imposer une autre solution. Il convient donc de maintenir la limite de la parcelle 1157 telle qu'elle existe à l'ancien état selon une ligne reliant les profils 50 et 59. La compensation de cette diminution de la surface de la parcelle 1157 interviendra par modification de la limite avec la parcelle Tauxe à l'aval de cet endroit selon un tracé que définira la commission de classification.
Il en va de même pour la surface comprise à l'intérieur du virage suivant à l'amont, qui doit être englobée dans la parcelle du recourant comme elle l'est presque entièrement dans l'ancien état. L'inspection locale a permis de constater qu'à cet endroit, le clédar canadien situé à proximité du profil 46 n'est d'aucune utilité au recourant puisqu'il est situé à l'extérieur du virage. Il convient donc, pour contenir le bétail du recourant à l'intérieur de la parcelle, d'imposer au syndicat la création d'un clédar supplémentaire à la hauteur du profil 48. En conséquence, il faut abandonner également la modification de la limite séparant la parcelle 1157 du recourant des parcelles 1205 et 1220.
4. Le recours n'étant que partiellement admis, en raison d'ailleurs de l'accord des parties, il convient de mettre à la charge du recourant un émolument que la Commission centrale fixe à fr. 300.--.