Decision ID: 8c0441bc-b901-4f8c-b773-51a6a0e826ee
Year: 2022
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_003
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law

EN FAIT
A.
Attendu que le 1
er
avril 2021, l'intimée a assigné la recourante par devant le Tribunal des prud'hommes en paiement de la somme de 64'883 fr. 45 en application des dispositions de la LEg.![endif]>![if>
B.
Que la recourante a conclu au rejet de cette demande et a formé des prétentions reconventionnelles en paiement de la somme de 74'013 fr. 50.![endif]>![if>
C.
Que par ordonnance du 18 août 2021, le Tribunal des prud'hommes (ci-après : le Tribunal) a ordonné un second échange d'écritures et dans ce cadre, il a imparti à l'intimée un délai de 30 jours pour produire un mémoire de réplique et un même délai à la recourante dès réception du mémoire de réplique pour produire son mémoire de duplique.![endif]>![if>
A.
Que le 1er octobre 2021, l'intimée a déposé une écriture de réplique et de réponse à la demande reconventionnelle.![endif]>![if>
E.
Que l'exemplaire à l'attention de la partie adverse comportait des passages caviardés, en particulier en page 2 du mémoire, sous le chapitre «
Requête de mesures de protection selon !
'art.
156 CPC
».
F.
Que l'intimée avançait, pour justifier cette mesure, un intérêt digne de protection de certains témoins, qui selon elle, risquaient des mesures de représailles suite à la divulgation de leur identité ou ne désiraient pas être confrontés à l'une des parties ![endif]>![if>
G.
Que l'exemplaire du bordereau d'offre de preuves daté du même jour à l'attention de la recourante avec la liste des témoins était également caviardé en ce qui concernait certains témoins et les allégués qu'ils seraient amenés à prouver, de même que la pièce 34 du bordereau de pièces complémentaires en certains endroits.![endif]>![if>
H.
Qu'en revanche, les exemplaires à l'attention du Tribunal n'étaient eux pas caviardés.![endif]>![if>
I.
Que le 12 octobre 2021, le Tribunal a donc adressé à la recourante le mémoire, le bordereau d'offre de preuves et le bordereau de pièces tels que caviardés pour dupliquer conformément à l'ordonnance du 18 août 2021.![endif]>![if>
Que par lettre du 14 octobre 2021, la recourante s’est plainte que les documents précités avaient été caviardés et demandait pour cette raison que le délai pour dupliquer soit annulé, que de nouveaux exemplaires des documents concernés lui soient notifiés exempts de caviardage et que subsidiairement, si le Tribunal considérait que le caviardage était justifié, qu'il se résumât aux seuls noms et prénoms des témoins et qu’un délai lui soit accordé pour se prononcer sur la requête de protection au sens de l'article 156 CPC.
K.
Que par ordonnance du 22 octobre 2021, le Tribunal a transmis ce courrier à l'intimée et lui a imparti un délai de 10 jours pour se déterminer quant à son contenu.![endif]>![if>
L.
Que par lettre du 4 novembre 2021, l'intimée a pris position par rapport à cette correspondance , en relevant que deux témoins avaient des réticences à venir déposer en raison de pressions qu'ils auraient à subir, si leur identité venait à être divulguée à la recourante et relevait que de ce fait, le caviardage était justifié, ce d'autant plus que l'identité de ceux-ci lui serait communiquée une fois la date de leur audition connue et ceux-ci convoqués, comme cela ressortait de la réplique du 1er octobre 2021.![endif]>![if>
M.
Que par ordonnance du 12 novembre 2021, le Tribunal a transmis le courrier précité de l'intimée et a accordé à la recourante un délai de 30 jours dès réception pour produire son mémoire de duplique.![endif]>![if>
N.
Qu'il a notamment fait application de l'article 156 CPC, qui prévoit que le Tribunal doit prendre des mesures pour que l'administration des preuves ne porte pas atteinte à des intérêts dignes de protection de tiers, comme ceux de témoins qui risquent des mesures de rétorsion si leurs noms étaient révélés. Il considérait que l'intimée avait rendu vraisemblable que les témoins dont elle avait caviardé les noms risquaient des pressions de la part de la recourante, que ceux-ci devaient être protégés par le caviardage de leurs noms et que les inconvénients que subirait de ce fait la recourante étaient limités dans le temps, du fait que leurs identités lui seraient communiquées en tout cas lorsqu'ils seraient convoqués.![endif]>![if>
O.
Qu'en raison de ce qui précède, le Tribunal ne communiquerait pas à la recourante les documents non caviardés.![endif]>![if>
P.
Que la recourante a formé recours contre cette ordonnance par acte du 25 novembre 2021, déposé le même jour au greffe de la Cour de Justice, sollicitant que soit accordé au recours l'effet suspensif.![endif]>![if>
Q.
Que par arrêt du 14 décembre 2021, la Chambre de céans a refusé l'octroi de l'effet suspensif.![endif]>![if>
R.
Que par acte du 23 décembre 2021, la recourante a déposé une nouvelle requête de restitution de l'effet suspensif.![endif]>![if>
S.
Que l'intimée a déposé le 24 décembre 2021 ses déterminations par rapport à cette nouvelle requête.![endif]>![if>
T.
Que par arrêt du 3 janvier 2022, la Chambre de céans a rejeté la nouvelle requête tendant à suspendre l'effet exécutoire attaché à l'ordonnance querellée.![endif]>![if>
U.
Que par acte du 10janvier 2022, l'intimée a répondu à l'appel.![endif]>![if>
V.
Que la recourante a déposé par acte du 19 janvier 2022 une réplique.![endif]>![if>
W.
Que par courrier du 28 janvier 2022, l'intimée a dupliqué.![endif]>![if>
X.
Que la recourante a répondu à cette duplique par courrier du 2 février 2022.![endif]>![if>
Y.
Que par courrier du 27 avril 2022, le Tribunal a informé la Chambre de céans, que lors de l'audience de débats d'instruction du 25 avril 2022, l'intimée s'en était rapportée à Justice en ce qui concernait la transmission des noms des témoins qui avaient été caviardés et qu'il avait alors rendu sur le siège une ordonnance d'instruction et de preuves, dans laquelle il avait indiqué les noms de tous les témoins, y compris ceux qui avaient été caviardés.![endif]>![if>
Z.
Que le Tribunal considérait alors de ce fait que le recours à l'encontre de son ordonnance du 12 novembre 2021 n'avait plus d'objet et qu'il priait la Chambre de céans de lui restituer le dossier.![endif]>![if>
AA.
Que par courrier du 28 avril 2022, la recourante s'est opposée à ce que le recours soit considéré comme étant sans objet, en particulier du fait que la Chambre de céans devait se prononcer sur la nullité de la décision attaquée, qu'il convenait également de se prononcer sur la violation alléguée de l'article 156 CPC et qu'elle n'avait toujours par reçu notification ni du bordereau de pièces complémentaires déposé par l'intimée le 1er octobre 2021, ni celui comportant sa liste de témoins du même jour avec les allégués sur lesquels ses témoins, dont ceux notamment dont l'identité a été caviardée, devaient témoigner.![endif]>![if>
BB.
Que sur demande de la Chambre de céans, le procès-verbal de l'audience d'instruction du 25 avril 2022 a été produit à la procédure de recours le 30 mai 2022.![endif]>![if>
CC
. Qu'il ressort de ce procès-verbal, qu'à l'issue de l'audience, après l'audition des parties, le Tribunal des prudhommes a rendu sur le siège une ordonnance d'instruction et une ordonnance de preuves. Dans le cadre de cette dernière, il a détaillé les faits pour lesquels les parties seraient habilitées à en apporter la preuve ainsi que la contre-preuve et il a défini les moyens de preuve, qui seraient admis, à savoir les titres produits, l'audition des parties et l 'audition des témoins, dont tous les noms étaient alors rapportés dans le texte même de l'ordonnance

EN DROIT
1.
Le recours est recevable contre les décisions finales, incidentes et provisionnelles de première instance qui ne peuvent pas faire l'objet d'un appel (art. 319 let a CPC), de même que contre les autres décisions et ordonnances d'instruction de première instance dans les cas prévus par la loi (art. 319 let b ch. 1 CPC) ou lorsqu'elles peuvent causer un préjudice difficilement réparable (ch. 2).![endif]>![if>
2.
Les ordonnances d'instruction sont des ordonnances qui se rapportent à la préparation et à la conduite des débats, ainsi qu'au déroulement de la procédure, en particulier en ordonnant des échanges d'écritures et en fixant des délais (Bohnet et consorts, Code de procédure civile commenté, Helbing Lichtenhahn, Bâle 2011, p 1272, ad art. 319 No 14).![endif]>![if>
3.
Elles peuvent faire l'objet d'un recours immédiat dans les limites fixées par l'article 319 let b CPC.![endif]>![if>
4.
Le présent recours a pour objet une ordonnance d’instruction de première instance, à savoir une ordonnance du Tribunal en ce qui concerne le déroulement de la procédure en prévoyant des échanges d'écritures et fixant des délais. Il a été déposé dans le délai de 10 jours tel que prévu par l'article 321 al. 2 CPC, au moyen d'un acte correspondant aux impératifs de forme imposés par la loi.![endif]>![if>
5.
Avant de se prononcer sur la recevabilité même du recours, la Cour de céans se doit d'examiner d'office si l'ordonnance du 12 novembre 2021 est frappée ou non de nullité comme l'invoque la recourante.![endif]>![if>
6.