Decision ID: 5d3a5fe6-db22-54ca-82f7-19ff9f10cad1
Year: 2020
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_001
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law

EN FAIT
, que le Tribunal a retenu que l'appelant avait perçu, en 2019, un salaire net de l'ordre de 1'600 fr. par mois en qualité de directeur de la société F_ Sàrl, auquel s'ajoutaient 1'086 fr. par mois en moyenne correspondant aux revenus locatifs d'immeubles dont il est propriétaire au Mexique;
Que ses charges incompressibles ont été estimées à environ 3'728 fr. par mois;
Que s'agissant de l'intimée, le Tribunal a retenu un revenu mensuel net de 11'376 fr., pour des charges personnelles de 3'487 fr.;
Que le Tribunal a considéré qu'il se justifiait d'attribuer la garde des enfants à la mère, au motif qu'une garde partagée ne paraissait pas appropriée compte tenu du jeune âge des mineurs et du fait que l'appelant voyageait fréquemment, y compris pendant des périodes assez longues;
Qu'il était par ailleurs dans l'intérêt des enfants de leur permettre de conserver leurs repères, ce qui justifiait l'attribution de la jouissance du domicile conjugal au parent gardien;
Considérant,

EN DROIT
, que l'appel n'a pas d'effet suspensif lorsqu'il a pour objet des décisions portant sur des mesures provisionnelles (art. 315 al. 4 let. b CPC), telles les mesures protectrices de l'union conjugale (ATF
134 III 667
consid. 1.1);
Que toutefois, l'exécution des mesures provisionnelles peut exceptionnellement être suspendue si la partie concernée risque de subir un préjudice difficilement réparable (art. 315 al. 5 CPC);
Que saisie d'une demande d'effet suspensif au sens de l'art. 315 al. 5 CPC, l'autorité cantonale d'appel doit ainsi procéder à une nouvelle pesée des intérêts entre les deux préjudices difficilement réparables, celui du demandeur à l'action si la mesure n'était pas exécutée immédiatement et celui qu'entraînerait pour le défendeur l'exécution de cette mesure (ATF
138 III 378
consid. 6.3 et les références citées;
137 III 475
consid. 4.1; arrêt du Tribunal fédéral
5A_514/2012
du 4 septembre 2012 consid. 3.2.2);
Que l'autorité cantonale doit faire preuve de retenue et ne modifier la décision de première instance que dans des cas exceptionnels; elle dispose cependant d'un large pouvoir d'appréciation permettant de tenir compte des circonstances concrètes du cas d'espèce (ATF
137 III 475
consid. 4.1; arrêt du Tribunal fédéral
5A_403/2015
du 28 août 2015 consid. 5);
Qu'en l'espèce, le maintien du caractère exécutoire des chiffres 2 et 5 du jugement contesté contraindrait l'appelant à entreprendre des démarches (signature d'un contrat de bail, déménagement) qui ne seraient que difficilement réversibles dans l'hypothèse, qui ne peut être d'emblée exclue, où il obtiendrait gain de cause au fond, étant relevé que la question de l'attribution de la jouissance du domicile conjugal est intimement liée à l'attribution de la garde des enfants;
Qu'à l'inverse, l'intimée ne subira pas de préjudice difficilement réparable du fait du maintien, pour quelques semaines supplémentaires, de la situation actuelle;
Que si l'intimée a certes fait état de tensions avec son époux, la situation ne paraît pas à tel point insupportable que la cohabitation sous le même toit, pendant quelques semaines encore, ne puisse lui être imposée;
Que la requête de suspension du caractère exécutoire des chiffres 2 et 5 du dispositif du jugement attaqué sera donc admise;
Que s'agissant des autres points du dispositif, l'appelant n'a pas motivé sa requête d'octroi de l'effet suspensif, de sorte qu'il ne sera pas entré en matière;
Qu'il sera statué sur les frais et dépens liés à la présente décision avec l'arrêt au fond (art. 104 al. 3 CPC).
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