Decision ID: ae767330-ecea-54c2-a936-40c5eb8be78e
Year: 2021
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_002
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law

EN FAIT
A.
Par jugement du 4 mai 2021, expédié pour notification aux parties le lendemain, le Tribunal de première instance a admis l'opposition formée par B_ contre l'ordonnance de séquestre rendue le 11 décembre 2020 (ch. 1), révoqué en conséquence ladite ordonnance de séquestre (ch. 2), arrêté les frais judicaires à 200 fr. mis à la charge de A_ et compensés avec l'avance opérée (ch. 3), condamné la précitée à verser 200 fr. à B_ (ch. 4) ainsi qu'à lui verser 360 fr. à titre de dépens (ch. 5), et débouté les parties de toutes autres conclusions (ch. 6).
B.
Par acte du 14 mai 2021, A_ a formé recours contre ce jugement. Elle a conclu à l'annulation de celui-ci, cela fait à ce que B_ soit débouté de ses conclusions d'opposition, avec suite de frais et dépens.
Le 18 juin 2021, elle a déposé une pièce nouvelle.
Par réponse, B_ a conclu au rejet du recours, avec suite de frais et dépens.
Par avis du 28 juillet 2021, les parties ont été informées de ce que la cause était gardée à juger.
C.
Il résulte de la procédure les faits pertinents suivants :
a.
Les époux A_ et B_, qui vivent séparés, sont copropriétaires de la parcelle 1_ de la commune de C_. A_ occupe l'immeuble.
b.
La parcelle susdécrite est grevée d'une cédule hypothécaire n° 2_/2003, créée le 11 juin 2003, de 900'000 fr. avec intérêts à 12% au maximum.
Elle a été remise, lors de l'achat de la parcelle, aux époux A/B_, libre de tout engagement, moyennant paiement de 9'000 fr. correspondant aux frais de constitution.
c.
Le 11 décembre 2020, le Tribunal a ordonné le séquestre (séquestre
n° 3_), requis par A_ sur la base de l'art. 271 al. 1
ch. 6 LP, à concurrence de 4'642 fr. avec intérêts à 5% l'an dès le 28 novembre 2019, de la cédule hypothécaire papier 2_/2003 de 900'000 fr. grevant la parcelle 1_ de C_, déposée en l'Etude D_.
d.
Le 4 janvier 2021, B_ a formé opposition contre cette ordonnance de séquestre.
A_ a conclu au déboutement de B_ de ses conclusions.
A l'audience du Tribunal du 12 avril 2021, les parties ont plaidé et persisté dans leurs conclusions respectives. B_ a notamment déposé copie d'un recours formé à la Cour de justice par E_, fille des époux A/B_ dans une cause (C/4_/2020) l'opposant à A_, comportant entre autres un allégué selon lequel l'Office cantonal des poursuites (ci-après : l'Office) avait établi le 24 décembre 2020 un procès-verbal de non-lieu de séquestre, la cédule hypothécaire objet du séquestre ne se trouvant pas en l'Etude D_.
Sur quoi, la cause a été gardée à juger.
D.
Dans le jugement attaqué, le Tribunal a retenu que E_, en revendiquant la cédule hypothécaire auprès de l'Office pour s'opposer au séquestre du 11 décembre 2020, ainsi qu'en indiquant dans un recours l'existence d'un procès-verbal de non-lieu de séquestre établi par l'Office le 24 décembre 2020, apparaissait être vraisemblablement la détentrice et la propriétaire de la créance cédulaire. Par conséquent, A_ n'avait pas rendu suffisamment vraisemblable que la cédule hypothécaire objet du séquestre requis était un bien de B_.
E.
Par décision (
DCSO/273/21
) du 28 juin 2021, définitive, la Chambre de surveillance des Offices des poursuites et faillites, statuant dans la procédure A/5_/2021 opposant A_ et B_, a rejeté la plainte de la première citée contre le procès-verbal de non-lieu de séquestre
n° 3_ du 24 décembre 2020.

EN DROIT
1.
Le jugement entrepris étant une décision sur opposition à séquestre, seule la voie du recours est ouverte (art. 278 al. 3 LP; art. 309 let. b ch. 6 et art. 319 let. a CPC). La procédure sommaire étant applicable (art. 251 let. a CPC), le délai de recours est de 10 jours (art. 321 al. 2 CPC).
Le Tribunal examine d'office si les conditions de recevabilité sont remplies (art. 60 CPC), notamment si le demandeur ou le requérant a un intérêt digne de protection (art. 59 al. 2 let. a CPC).
Le justiciable qui fait valoir une prétention doit démontrer qu'il a un intérêt digne de protection, soit un intérêt personnel et actuel à voir le juge statuer sur ses conclusions (BOHNET, in Commentaire romand, Code de procédure civile,
2e éd., 2019, nos 89a s. ad art. 59 CPC). Comme toute condition de recevabilité, cet intérêt doit exister au moment du jugement (ATF
140 III 159
consid. 4.2.4; BOHNET, op. cit., no 92 ad art. 59 CPC et no 13 ad art. 60 CPC). Lorsqu'une demande en justice ne répond pas à un intérêt digne de protection de son auteur, elle est irrecevable (ATF
140 III 159
consid. 4.2.4).
1.2
Déposé selon la forme et dans le délai légal, le recours est recevable sous cet angle.
Le premier juge a, en l'espèce, retenu que l'Office des poursuites avait établi le 24 décembre 2020 un procès-verbal de non-lieu du séquestre ordonné le 11 décembre 2020.
La recourante, dans son recours, a fait valoir qu'elle avait formé une plainte au sens de l'art. 17 LP, qui était alors "en cours de traitement".
Il est acquis (fait connu de la Cour et des parties) que cette plainte a été rejetée par décision du 28 juin 2021, définitive, de la Chambre de surveillance.
Il s'ensuit que la recourante ne dispose d'aucun intérêt à recourir contre une décision relative à un séquestre qui s'est révélé faire l'objet d'un non-lieu désormais en force.
Le recours n'est ainsi pas recevable.
2.
La recourante, qui succombe (art. 106 al. 1 CPC), supportera les frais de son recours, arrêtés à 300 fr. (art. 48, 61 OELP), compensés avec l'avance opérée, acquise à l'Etat de Genève.
Elle versera en outre à l'intimé 300 fr. à titre de dépens (art. 84, 89, 90 RTFMC).
* * * * *