Decision ID: e2584b11-8ca0-5c0f-9e39-1d96400d03ae
Year: 2014
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_006
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 

EN FAIT
Par acte expédié le 11 janvier 2014 à la Chambre de surveillance, A_ recourt contre une décision du 6 décembre 2013, expédiée pour notification le 10 du même mois, à teneur de laquelle le Tribunal de protection de l'adulte et de l'enfant (ci-après : le Tribunal de protection) : transforme la curatelle "mixte de gestion" (
recte
:
curatelle de gestion et de représentation au sens des art. 392 ch. 1 aCC et 393 al. 2 aCC), instaurée le 18 août 2008 en faveur de sa fille B_, en curatelle de portée générale; confirme la curatrice précédemment nommée et désigne une curatrice remplaçante, toutes deux employées au Service de protection de l'adulte, celles-ci pouvant se substituer l'une à l'autre; constate qu'B_ est atteinte d'une incapacité de discernement durable et suspend l'exercice de ses droits politiques sur le plan cantonal et communal (ch. 5 et 6 du dispositif), enfin autorise les co-curatrices à prendre connaissance de la correspondance de la personne visée, afin de pouvoir obtenir les informations sur sa situation financière et s'enquérir de ses conditions de vie et, en cas de besoin, à pénétrer dans son logement. Les frais de la procédure, soit 600 fr., ont été mis à la charge de la personne visée et la décision a été déclarée immédiatement exécutoire nonobstant recours.
La recourante conclut,
à la forme
, à ce qu'il soit dit que son appel est recevable et qu'il soit constaté qu'elle a qualité pour recourir.
Au fond,
la recourante sollicite que la Chambre de surveillance (1) dise que la décision du Tribunal de protection est susceptible d'un recours à l'autorité supérieure dans un délai de 30 jours suivant la notification de la décision aux parties; (2) dise que son droit constitutionnel d'être entendue a été violé; (3) annule la décision querellée, soit en renvoyant la cause à l'autorité inférieure pour nouvelle décision, soit en statuant elle-même sur le cas de sa fille en sa qualité d'autorité supérieure disposant d'un pouvoir d'examen complet quant aux faits et au droit; (4) pour le cas où la Cour n'adhérerait pas à la requête de la requérante mentionnée sous (1) ci-dessus, qu'elle statue sur le fond en tant qu'autorité disposant d'un pouvoir d'examen complet quant aux faits et au droit, à savoir qu'elle déclare la décision inappropriée et dépourvue de toute efficacité et maintienne la curatelle de gestion telle qu'instaurée le 18 août 2008, enfin (5) dise que le Service de protection de l'adulte doit mettre en œuvre ses engagements pris lors de l'instauration de ladite curatelle de gestion du 18 août 2008 et (6) déboute toute autre partie de toute autre conclusion.
Invité à formuler ses observations, le Tribunal de protection a déclaré persister dans sa décision.
Le Service de protection de l'adulte (SPAd), invité à formuler son préavis, n'a pas donné suite dans le délai imparti.
B_, représentée par avocat, a conclu au rejet du recours.
La recourante a répliqué par écriture du 11 mars 2014.
La décision querellée s'inscrit dans le contexte suivant :
A.
B_, née le _ 1973, originaire de Genève et domiciliée en cette ville, est la fille des époux E_, né le _ 1927 et de A_, née F_ le _ 1939.
Par ordonnance du 11 décembre 2001, le Tribunal tutélaire (ancienne dénomination, jusqu'au 31 décembre 2012, du Tribunal de protection), a pourvu B_, alors hospitalisée en entrée non volontaire à la Clinique G_, d'une curatrice de représentation médecin psychiatre FMH, aux fins de la représenter dans le cadre du traitement médical qui était préconisé en sa faveur.
Cette curatelle était instaurée à la suite d'une requête émanant du Dr H_, chef de clinique à la Clinique susmentionnée, lequel indiquait que la personne visée souffrait d'une décompensation psychotique sévère, qui évoluait depuis plusieurs mois, avec un repli social progressif, une désorganisation de la pensée, un grand ralentissement et la crainte d'être empoisonnée. Ce trouble s'accompagnait d'une anémie sévère, s'étant vraisemblablement installée de longue date. Sans traitement, ses troubles risquaient de s'aggraver tant sur le plan psychique (persistance des idées délirantes, risque d'hétéro- et surtout d'auto-agressivité) que physique (aggravation de l'anémie, risque subséquent de malaise ou de complication cardiaque). La patiente était très opposée à tout traitement, vraisemblablement en raison de ses craintes paranoïaques, et n'était pas en mesure d'avoir son discernement sur les conséquences du refus de traitement, dont l'introduction était nécessaire et urgente.
Le 6 décembre 2001, ce même médecin avait précisé que le risque hétéro- et auto- agressif était permanent et susceptible de survenir à tout moment; il en allait de même des conséquences d'une absence de traitement sur la santé psychique et physique de la patiente.
Dans son rapport du 12 décembre 2001, la curatrice aux soins désignée, médecin-psychiatre, a confirmé, après entretien avec la patiente, l'existence d'une décompensation psychotique, avec un accent appuyé sur le plan dépressif. Elle a relevé n'avoir mis en évidence ni délire structuré, ni hallucinations auditives ou visuelles.
B. a)
Le 19 décembre 2005, I_ et J_, sœur et frère d'B_, ont requis du Tribunal tutélaire l'instauration de mesures de protection urgentes en faveur de cette dernière, dans le but de la protéger d'elle-même et surtout de ses parents, qui étaient dans le déni des troubles de leur sœur et qui prenaient des décisions conduisant à l'arrêt des traitements et à des nouvelles décompensations de cette dernière. Ils l'encourageaient en effet dans l'idée qu'elle n'était pas malade. Les requérants estimaient opportun qu'une distance raisonnable soit maintenue entre leur sœur et ses parents.
b)
Le25 octobre 2006, leTribunal tutélaire a prononcé l'interdiction d'B_ en application de l'art. 369 al. 1 aCC, la tutelle étant confiée au Service de tutelles d'adultes (STA, ancienne dénomination du SPAd).
B_ a recouru en vain contre la décision d'interdiction, d'abord à l'Autorité de surveillance de la Cour (ancienne dénomination de la Chambre de surveillance de céans jusqu'au 31 décembre 2012), puis au Tribunal fédéral.
c)
La décision d'interdiction se fonde sur un rapport d'expertise du 10 avril 2006, établi par l'Institut universitaire de médecine et confirmé à l'audience du 14 septembre 2006. A teneur de ce rapport, co-signé par le Dr K_, psychiatre, médecin-chef agrégé au L_, de la Dresse M_, cheffe de clinique et du Prof. N_, directeur de l'O_, l'intéressée souffre d'une maladie mentale (schizophrénie indifférenciée), qui la rend incapable de gérer ses affaires et dépendante de soins et secours permanents, sans toutefois qu'elle menace sa sécurité ou celle d'autrui. Cet état doit être qualifié de durable, la guérison de sa maladie mentale n'étant pas envisageable, même si celle-ci peut varier en forme et en intensité. L'audition de l'expertisée est qualifiée d'admissible, si celle-ci est accompagnée d'une personne apte à la soutenir.
Au plan de l'anamnèse, les experts ont indiqué qu'B_ avait commencé à présenter des troubles vers l'âge de 16 ans, sous la forme d'un retrait psychosocial et d'un repli sur soi. Après avoir échoué à l'Ecole de culture générale, puis dans un apprentissage, elle avait cessé toute activité. Lorsqu'elle avait quitté le domicile de ses parents pour s'installer dans un studio, il avait été constaté qu'elle était incapable de vivre de manière autonome: son studio s'était progressivement rempli de détritus et d'objets de toutes sortes, au point qu'elle ne pouvait se coucher dans son lit et dormait sur une chaise; elle ne payait pas son loyer et ne relevait pas son courrier. Revenue chez ses parents à fin 1999, elle avait rempli sa chambre d'objets hétéroclites et de détritus et présentait un ralentissement psychomoteur majeur avec perplexité, des épisodes d'irritabilité et des troubles du comportement alimentaire, situation qui avait conduit à une première hospitalisation non volontaire en novembre 2001. A l'admission, elle présentait les caractéristiques d'une psychose dissociative (désorganisation de la pensée, perplexité, pauvreté du discours, idées de concernement et de vol de la pensée et éléments délirants non structurés à thème d'empoisonnement). La curatelle de soins avait permis la mise en place d'un traitement neuroleptique, avec pour effet une amélioration de la symptomatologie et une réorganisation du discours de la patiente, qui demeurait cependant pauvre et flou. Le bilan effectué en clinique avait conduit, par la suite, à l'octroi d'une rente AI à 100% en faveur de la patiente.
Après sa sortie de clinique, B_ avait été assez rapidement en rupture de tout suivi et était retournée vivre au domicile parental. Son état de santé s'était rapidement dégradé, ce qui avait conduit à une prise en charge ambulatoire, à laquelle la patiente s'était passivement opposée, pour finalement l'abandonner. Elle avait développé des rites de lavage compulsifs avec exacerbation des idées délirantes, ralentissement moteur notable, aboulie, apragmacie et perte pondérale; elle continuait par ailleurs à accumuler des détritus. Lors d'une nouvelle hospitalisation en juin 2005, le tableau clinique étant sensiblement identique à celui présenté en 2001. L'état de la patiente s'était alors rapidement amélioré, permettant dès septembre 2005 un placement au Centre Espoir et un suivi ambulatoire étant mis en place dès septembre 2005. Dès début décembre 2005, une nouvelle rupture de traitement était intervenue et l'expertisée était retournée vivre chez ses parents; elle suivait des cours de français deux fois par semaine, poursuivait son traitement médicamenteux et consultait le Dr P_, psychiatre.
Les experts notent avoir constaté, à l'instar de nombreux intervenants (dont le Dr P_), que les parents de l'expertisée n'avaient pas conscience de la gravité des troubles mentaux de celle-ci, que la prise en charge susdécrite était insuffisante et pouvait conduire à un état déficitaire chronique majeur. La mesure tutélaire devait ainsi être propre à favoriser la mise en place d'une prise en charge médicale et psychosociale de nature à favoriser, chez l'expertisée, la préservation des acquis résiduels et à développer si possible de nouvelles compétences.
C.
Le 18 août 2008, le Tribunal tutélaire a, à la requête d'B_, levé l'interdiction prononcée le 25 octobre 2006, laquelle a été remplacée par une curatelle fondée sur les art. 392 ch. 1 et 393 ch. 2 aCC, le curateur désigné, juriste au STA, étant chargé de gérer et administrer ses biens, d'encaisser ses revenus et de pourvoir à leur gestion, enfin de la représenter à l'égard de ses créanciers.
Cette décision était fondée, en particulier, sur un certificat du Dr Q_, médecin interne au R_, établi le 19 mai 2008, indiquant qu'une curatelle constituait une mesure de protection suffisante ainsi que sur un préavis positif du tuteur, confirmé en audience. Celui-ci relevait, dans son rapport périodique arrêté au 19 décembre 2008, que l'état de santé psychique de l'intéressée était demeuré stable et qu'elle prenait régulièrement son traitement médical, dont elle admettait l'utilité. Au vu de ses compétences en termes de gestion financière et de son autonomie en matière d'hygiène, de prise de médicaments et de tâches ménagères, une tutelle constituait une mesure de protection trop lourde et une curatelle volontaire, propre à assurer un encadrement psychosocial assez stimulant, paraissait suffisante.
D.
Dans son rapport périodique arrêté au 18 août 2010, le curateur a relevé que l'intéressée a été hospitalisée à quatre reprises à la Clinique de Belle-Idée durant les deux années précédentes et qu'elle a vécu chez ses parents ainsi que dans plusieurs hôtels. Elle était médicalement suivie par les HUG et par un psychiatre. Son objectif était d'intégrer un lieu de vie avec un encadrement adapté à sa situation.
Le 18 octobre 2013, la Dresse S_, chef de clinique au R_, a signalé au Tribunal de protection la situation d'B_, qu'elle jugeait préoccupante. Celle-ci avait été hospitalisée du 15 octobre au 19 décembre 2012, puis du 24 septembre du 17 octobre 2013, pour une décompensation psychotique grave, quasi catatonique, avec refus de s'hydrater et de s'alimenter, ce qui mettait sa vie en danger. Après administration d'un traitement injectable, elle présentait une discrète amélioration, retrouvant un contact possible et reprenant son alimentation. Il résultait des entretiens menés avec sa famille que la mère de la patiente banalisait l'état d'abandon dans lequel se trouvait sa fille, niait sa maladie en disant qu'elle était victime d'un complot et rendait coupable la psychiatrie du fait que sa fille n'avait pas pu construire sa vie normalement. Elle refusait que sa fille soit suivie et affirmait vouloir encourager celle-ci à arrêter son traitement. Compte tenu des mises en danger récurrentes de la patiente, qui refusait régulièrement de s'alimenter correctement, qui était hospitalisée dans des états critiques, et de l'interposition de sa mère en ce qui concernait les soins devant nécessairement lui être prodigués pour assurer sa stabilité, la mesure de protection en faveur d'B_ devait être adaptée.
Le 20 octobre 2013, la curatrice d'B_ a informé le Tribunal de protection que les périodes pendant lesquelles celle-ci se trouvait être mieux, plus indépendante et plus atteignable, devaient être mises en lien avec son absence de la maison familiale (placement en hôtel par exemple). La mère de l'intéressée était en inadéquation avec les difficultés rencontrées par celle-ci et refusait toute aide extérieure et toute prise en charge proposée par la psychiatre. La curatrice disait être très limitée dans son action et à disposition de l'intéressée pour réaliser tout projet pouvant l'aider à vivre une vie décente et aussi autonome que possible; l'intéressée ne demandait rien et réagissait de manière préoccupante, lorsque visiblement la situation à la maison devenait trop difficile. Un mandat "plus incisif" permettrait sans aucun doute d'intervenir de manière plus adéquate et pertinente dans le suivi médical et peut-être pour organiser un changement de lieu de vie. Un placement à des fins d'assistance ne pouvait être exclu.
Entendue comme témoin le 6 décembre 2013, la Dresse T_, psychiatre qui suit l'intéressée depuis juin 2013, a indiqué que la première fois où elle avait vu B_, celle-ci était mutique et non collaborante. Elle avait sans succès proposé des médicaments. Sa mère (sous l'emprise de laquelle l'intéressée se trouvait) avait un comportement inadéquat, elle était contre les médecins et les médicaments, estimait que sa fille avait seulement besoin de vitamines et rendait une hospitalisation à la Clinique de Belle-Idée survenue il y a 8 ans responsable de l'état de celle-ci.
Le 24 septembre 2013, elle avait trouvé B_ catatonique dans le salon, où elle se trouvait depuis trois jours sans boire ni manger. Elle avait alors ordonné une hospitalisation non volontaire à la Clinique de Belle Idée. Elle avait eu des contacts avec d'autres membres de la famille, qui se montraient inquiets, mais ne pouvaient intervenir, compte tenu du rôle central de la mère. Depuis sa sortie de Belle-Idée le 17 octobre 2013, l'intéressée se montrait collaborante, elle ouvrait aux infirmiers qui lui apportaient quotidiennement ses médicaments (étant précisé que la mère de l'intéressée avait récemment demandé qu'ils réduisent le rythme de leurs passages) et elle-même la voyait tous les quinze jours. Sa patiente n'avait cependant ni occupation, ni projet, ni objectifs. Il fallait craindre que cette situation ne dure pas longtemps et que l'on se retrouve dans le schéma récurrent soit : prise de médicaments et suivi d'un traitement pendant plusieurs mois, puis interruption de toute prise en charge. Il convenait de travailler sur un projet occupationnel et sur un lieu de vie. Une curatelle de portée générale permettrait de mettre en place l'encadrement nécessaire pour protéger l'intéressée et lui permettre de devenir plus autonome.
La curatrice de l'intéressée, entendue à la même audience, a indiqué qu'à l'époque où l'interdiction avait été prononcée, une plus grande autonomie avait pu être constatée chez l'intéressée, qui avait été logée dans un hôtel, et il y avait eu moins d'hospitalisations. Après le prononcé de la curatelle, l'intéressée avait quitté l'hôtel pour retourner chez ses parents. Il y avait alors eu une recrudescence des hospitalisations et le contact avec elle était devenu plus difficile, sa mère faisant barrage. Le père de l'intéressée étant malade et sa mère prenant de l'âge, il fallait penser à un projet pour l'intéressée. Une curatelle de portée générale permettrait de mettre sur pied un projet occupationnel et de vie et d'être plus incisif dans la prise en charge. Dans un deuxième temps, un placement à des fins d'assistance pourrait être envisagé, mais il ne paraissait pas nécessaire en l'état.
Me U_, avocat, curateur de représentation nommé à B_, qui assistait cette dernière à l'audience, s'est déclaré d'accord avec l'instauration d'une curatelle de portée générale et a indiqué ne pas solliciter d'acte d'instruction complémentaire, ni vouloir déposer d'observations écrites. L'intéressée a dit avoir le sentiment que tout allait bien et souhaiter pouvoir s'occuper elle-même de ses papiers; elle estimait n'avoir besoin ni d'aide, ni d'une mesure de protection.
E.
Sur le plan financier, B_ est bénéficiaire d'une rente AI (1'520 fr.), et de prestations complémentaires. Son budget est excédentaire d'environ 1'500 fr. et elle disposait, à fin août 2012, d'avoirs bancaires totalisant 42'312 fr. 80, auxquels s'ajoutait un avoir chez sa curatrice de 12'736 fr. 40.
F.
La décision querellée, prise par le Tribunal de protection composé d'un juge professionnel, d'un juge assesseur médecin psychiatre et d'un juge assesseur assistante sociale (art. 104 al. 1 LOJ), retient qu'à teneur du rapport d'expertise du 10 avril 2006, B_ souffre d'une schizophrénie indifférenciée, cet état étant durable, qu'entre 2008 et 2010, elle a dû être hospitalisée quatre fois à la Clinique de Belle-Idée, que ses rapports avec sa curatrice sont rares et qu'elle vit avec sa mère, dont il a pu être constaté qu'elle était dans le déni de la maladie de sa fille et qui refusait que celle-ci soit prise médicalement en charge, enfin que tant le médecin de la Clinique de Belle-Idée que celui qui la suivait depuis juin 2013 estimaient nécessaire une mesure de protection plus incisive que la curatelle dont elle faisait l'objet, l'avocat de l'intéressée ayant adhéré à ce constat. Sur le plan du droit, la décision relève que la curatelle existante doit, conformément à l'art. 14a Titre fin. CC, être adaptée aux dispositions du nouveau droit de protection de l'adulte, entré en vigueur le 1
er
janvier 2013. Celle-ci n'est manifestement plus adaptée aux circonstances, compte tenu en particulier des avis des médecins ayant suivi, respectivement suivant l'intéressée, et du fait que l'allégement de la mesure prononcé en 2008 avait conduit à une dégradation de la situation. L'entourage de l'intéressée n'était en outre pas à même de répondre à son besoin de protection, compte tenu du déni de l'intéressée et de son manque de collaboration récurrent. Il se justifiait, partant, de transformer la curatelle ordonnée précédemment en curatelle de portée générale. Les curatrices désignées devaient être autorisées à prendre connaissance de sa correspondance et à pénétrer son logement, de manière à pouvoir exercer leur mandat de manière efficiente. Il y avait lieu, enfin, de constater que l'intéressée était atteinte d'une incapacité de discernement durable, partant de suspendre ses droits politiques.
Les arguments développés devant la Chambre de surveillance seront repris ci-après dans la mesure utile.

EN DROIT
1.
1.1
Les décisions de l'autorité de protection de l'adulte peuvent faire l'objet, dans les 30 jours, d'un recours écrit et motivé, devant le juge compétent, à savoir la Chambre de surveillance de la Cour de justice (art. 450 al. 1 et al. 3 et 450b CC; art. 126 al. 3 LOJ; art. 53 al. 1 et 2 LaCC).