Decision ID: 37a1d378-84ab-5b78-bd0d-34762c3b0638
Year: 2017
Language: fr
Court: BE_VB
Chamber: BE_VB_001
Canton: BE
Region: Espace_Mittelland
Law Area: public_law

I. Faits
1. Le 21 décembre 2016, le recourant a demandé un permis de construire pour la
rénovation complète du bâtiment et l'aménagement de trois appartements sur la parcelle
no B._ à Grandval. Cette parcelle se trouve en zone CA - centre ancien. Grandval
est désigné d’intérêt national par l’Inventaire fédéral des sites construits d’importance
nationale à protéger en Suisse ISOS. Pour cette raison, le Patrimoine bernois a été
consulté. Par courrier du 17 février 2017, celui-ci s'est opposé au projet de rénovation tel
que présenté. Après une séance de conciliation et un entretien téléphonique, le recourant a
modifié le projet selon les conditions du Patrimoine bernois, il a produit de nouveaux plans
le 14 mars 2017.1 Le 15 mars 2017, la commune de Grandval a octroyé le permis de
construire au recourant.
1 Cf. dossier communal p. 42 ss.
RA Nr. 120/2017/43 2
2. Selon la décision du 4 juillet, la commune a constaté que le recourant avait démoli
entièrement le bâtiment sis sur la parcelle no B._ et que ces travaux ne respectent
pas le permis de construire octroyé qui n'autorise qu'une rénovation complète du bâtiment.
La commune a informé le recourant que ces travaux sont soumis à l'obligation du permis.
Pour ces motifs, elle a ordonné l'arrêt des travaux.
3. Le 4 août 2017, le recourant a interjeté recours auprès de la Direction des travaux
publics, des transports et de l’énergie du canton de Berne (TTE). En substance, il conclut à
l'annulation de la décision. Il est d'avis que le bâtiment n'a pas été démoli complètement et
que les travaux étaient réalisés selon le permis de construire et les plans déposés.
4. L’Office juridique, qui conduit les procédures de recours pour la TTE2, a requis le
dossier et dirigé l’échange des mémoires. Il a prié la commune de produire une
documentation photographique de la situation actuelle. Ce courrier a été remis aux autres
participants. Les faits et arguments de la cause sont abordés, en tant que de besoin, dans
les considérants ci-après.

II. Considérants
1. Recevabilité
Conformément à l'art. 49 al. 1 LC3, les décisions en matière de police des constructions
peuvent être attaquées par voie de recours administratif auprès de la TTE. Le recourant en
tant que destinataire de la décision attaquée a la qualité pour recourir. Les autres condi-
tions de forme sont également remplies. Il y a donc lieu d'entrer en matière sur le recours.
2 Article 7 de l’ordonnance du 18 octobre 1995 sur l’organisation et les tâches de la Direction des travaux publics, des transports et de l’énergie (ordonnance d’organisation TTE, OO TTE ; RSB 152.221.191) 3 Loi du 9 juin 1985 sur les constructions, LC, RSB 721.0
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2. Arrêt des travaux
a) Si un maître d'ouvrage exécute un projet de construction sans permis ou en
outrepassant celui-ci, l'autorité compétente de la police des constructions ordonne l'arrêt
des travaux; cette décision est immédiatement exécutoire (art. 46 al. 1 LC). Si l'exécution
du projet est modifiée de la sorte que cela nécessite un permis de construire, la commune
est tenue de prononcer l'arrêt des travaux. Elle ne dispose à cet égard d'aucune marge
d'appréciation et ne doit pas non plus procéder à la pondération des intérêts en présence.
A ce stade, la question de savoir si les travaux concernés sont susceptibles d'être
autorisés n'est pas pertinente.4 Dans ce sens, l'arrêt des travaux constitue une mesure
provisionnelle: pour son prononcé il suffit que l'illicéité formelle paraisse probable; le cas
échéant, la confirmation de l'assujettissement au permis devra intervenir lors de la pro-
cédure de rétablissement de l'état conforme à la loi.5
b) Selon la demande de permis du 21 décembre 2016, le projet est décrit comme
rénovation complète du bâtiment pour créer trois appartements et démontage complet de
la toiture.6 Sur les plans autorisés du 14 mars 20177 seuls le toit, la plus part des fenêtres
et portes ainsi qu'un balcon figurent en rouge. Le reste de la façade est en noir. En
général, la couleur rouge sur un plan signifie qu'il s'agit d'un nouvel élément. De même, sur
les plans des différents niveaux remis pour la publication, les murs intérieurs à démolir sont
dessinés en jaune et les murs extérieurs en noir. Comme il n'y a pas de légende contraire
sur les plans, il faut en déduire que la façade devra être maintenue à l'exception des
fenêtres, des portes et du balcon en rouge. A la limite, on pourrait se demander si les plans
permettent que les parties en bois des façades soient renouvelées selon la petite image à
côté. En revanche, rien ne porte à croire que tout le bâtiment pourra être démonté
complètement. Il en va de même pour des plans que le recourant a déposés avec son
recours (certification de protection incendie et plans des différents niveaux du 14 décembre
2016). Même sur ces plans les murs extérieurs sont noirs. Sur les plans des différents
niveaux il n'y a du rouge que sur la partie intérieure des façades, probablement indiquant
une nouvelle isolation. En plus, ces plans ne correspondent pas aux plans remis pour la
4 Aldo Zaugg / Peter Ludwig, Kommentar zum Baugesetz des Kantons Bern, 4e éd., tome I, Berne 2013, art. 46 n. 6 5 Aldo Zaugg / Peter Ludwig, Kommentar zum Baugesetz des Kantons Bern, 4e éd., tome I, Berne 2013, art. 46 n. 6b 6 Dossier communal p. 24 7 Dossier communal p. 43 ss.
RA Nr. 120/2017/43 4
publication datant du 20 décembre 2016. Ces derniers ne contiennent plus ces éléments
rouges. Finalement, le recourant fait valoir que les travaux de maçonnerie seront réalisés
selon le bilan thermique. Même si le bilan thermique contenait des indices que les murs
seraient complètement remplacés, cela ne changerait rien, car ce ne sont que les plans
autorisés qui déterminent les travaux qui peuvent être effectués.8
Au vu de ce qui précède, il apparaît que le permis de construire du 15 mars 2017 ne
permet pas la démolition complète des murs extérieurs.
c) La documentation photographique produite par la commune9 montre qu'à l'heure
actuelle il ne reste que de petits bouts de mur du bâtiment sis sur la parcelle no
B._. Une telle démolition ne correspond pas au permis de construire du 15 mars
2017 et nécessite un nouveau permis de construire (art. 1a al. 2 LC).10 Par conséquent, le
recourant a outrepassé le permis, la commune a prononcé l'arrêt des travaux à bon droit et
le recours est rejeté. Cette interdiction doit rester valable jusqu' à ce qu'un permis de
construire pour la démolition et la reconstruction soit octroyé11 ou que la procédure de
rétablissement de l'état conforme à la loi soit achevée.
3. Frais et dépens
a) Les frais de la procédure de recours sont mis à la charge de la partie qui succombe,
à moins que le comportement d’une partie au cours de la procédure permette une
répartition différente ou qu’il soit justifié par des circonstances particulières de ne pas
percevoir de frais (art. 108 al. 1 LPJA12). Selon la pratique de la TTE, les frais de la
procédure sont fixés à 600 francs. Ils sont mis à la charge du recourant.
b) Il n'est pas alloué de dépens (art. 104 al. 4 LPJA).
8 Aldo Zaugg / Peter Ludwig, Kommentar zum Baugesetz des Kantons Bern, 4e éd., tome I, Berne 2013, art. 46 n. 6 9 Cf. annexe du courrier du 2 octobre 2017 10 Aldo Zaugg / Peter Ludwig, Kommentar zum Baugesetz des Kantons Bern, 4e éd., tome I, Berne 2013, art. 1a n. 27 11 Selon le courrier du 2 octobre de la commune une nouvelle demande de permis de construire a été transmise à la préfecture qui traite le dossier 12 Loi du 23 mai 1989 sur la procédure et la juridiction administratives (LPJA, RSB 155.21)
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