Decision ID: b205e66c-d2e1-5393-9ef1-3f3e5db1c39e
Year: 2007
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_007
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 

EN FAIT
A. Dans le cadre des poursuites n° 04 xxxx16 P et n° 06 xxxx71 R requises par l'Etat de Genève, administration fiscale cantonale, et des poursuites n° 06 xxxx61 F et n° 06 xxxx12 H requises, respectivement, par K_ AG et I_ AG contre M. B_ , l’Office des poursuites (ci-après : l’Office) a adressé quatre avis de saisie au débiteur, fixant la saisie au 15 janvier 2007.
B. Par acte du 10 janvier 2007, M. B_ a formé plainte, assortie d’une demande d’effet suspensif, contre les avis de saisie précités.
M. B_ a indiqué qu’il était co-associé avec Mme B_ dans la société en nom collectif B_ dont la faillite avait été prononcée, le 31 janvier 2006, et n’avait pas encore été clôturée.
Le plaignant a également précisé que lui-même et Mme B_ avaient également été déclarés en faillite, le 4 octobre 2006, et que leurs faillites avaient «
apparemment
» été clôturées faute d’actifs.
Par ailleurs, M. B_ a allégué que les créances à l’origine des poursuites en question concernaient la société en nom collectif B_. Il a admis que l’associé d’une société en nom collectif pouvait être recherché personnellement pour les dettes sociales (art. 568 CO), mais seulement dans la mesure où celles-ci avaient été définies dans le cadre de la faillite de la société. Or, dans le cas d’espèce, l’état de collocation de la faillite de la société en nom collectif B_ n’avait pas encore été déposé. Partant, il était prématuré de procéder à des saisies à son encontre.
Il a ajouté que le versement d’un dividende dans le cadre de la faillite de la société en nom collectif B_ était possible et que ce n’était qu’au moment de l’établissement des actes de défaut de biens à son encontre qu’il serait possible de déterminer l’ampleur des droits des créanciers de la société à l’encontre des associés.
M. B_ a notamment conclu, avec suite de dépens, à l’annulation des avis de saisie attaqués.
C. Il ressort de l’extrait du Registre du commerce, situation au 11 janvier 2007, que la faillite de la société en nom collectif B_, en liquidation, a été clôturée et l’inscription radiée, selon publication dans la FOSC du
18 septembre 2006.

EN DROIT
1. Sous réserve d'un abus de droit manifeste, il n'appartient ni aux offices des poursuites ni aux autorités de surveillance de décider si une prétention est exigée à bon droit ou non (ATF
115 III 21
, SJ 1989 p. 400 consid. 3b; ATF
113 III 2
, JdT
1989 II 120
/121 consid. 2b ; ATF
112 III 48
, JdT
1988 II 145
s). Le débiteur qui entend contester la créance en poursuite doit agir par le biais de l'opposition et faire valoir ses griefs dans le cadre de la procédure de mainlevée, et le cas échéant dans le cadre d'une action en libération de dette, de l'annulation ou de la suspension de la poursuite (art. 85 et 85a LP), voire, en dernier ressort, de l'action en répétition de l'indu (art. 86 LP), domaines qui relèvent tous de la compétence exclusive du juge ou des tribunaux ordinaires.
Or, en l’espèce, le plaignant conteste être le débiteur des créances réclamées par la voie des poursuites considérées et allègue que ces dettes appartiennent à la société en nom collectif dont il était co-associé.
Aucun abus manifeste de droit, sanctionné le cas échéant par la nullité de la poursuite, n’est, par ailleurs, établi en l’occurrence.
La plainte sera par conséquent déclarée irrecevable.
2. A toutes fins utiles, la Commission de céans relèvera que contrairement aux allégations du plaignant la faillite de sa société a été clôturée et son inscription radiée du Registre du commerce, selon publication dans la FOSC du
18 septembre 2006.
3. En application des art. 20a al. 2 ch. 5 LP, 61 al. 2 let. a et 62 al. 2 OELP, il n’y a pas lieu de percevoir d’émolument de justice, ni d’allouer des dépens
4. La présente décision au fond est rendue sans instruction préalable, conformément à l'art. 72 LPA applicable par renvoi de l’art. 13 al. 5 LaLP, compte tenu de l'issue manifeste qu'il faut donner à cette dernière.
Elle rend par ailleurs sans objet la demande d’effet suspensif.
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