Decision ID: 48962afe-77ac-452d-9bec-569dca7e9f37
Year: 2015
Language: fr
Court: VS_TC
Chamber: VS_TC_001
Canton: VS
Region: Région lémanique
Law Area: 

Faits et procédure
A. De la relation extraconjugale entre Y_, née le xxx 1982, et X_,
né le xxx 1980, est issu l’enfant A_ le xxx 2005 qui a été immédiatement
reconnu par son père (dos. APEA, p. 2011/8, p. 2). Le couple parental s’est séparé au
mois de mars 2010 (dos. APEA, p. 2011/14).
B. Le 22 septembre 2011, Y_ a sollicité l’intervention de la Chambre
pupillaire de N_ (ci-après : la Chambre pupillaire), en raison de
« problèmes » qu’elle rencontrait avec le père de son fils, alors domicilié à
B_. Leur différend portait sur l’exercice du droit de visite de ce dernier,
particulièrement « lors des prochaines vacances scolaires d’automne et de Noël
2011 » (dos. APEA, p. 2011/4).
C. Le 4 octobre 2011, cette autorité a tenu une séance au cours de laquelle
Y_ a été entendue et à l’issue de laquelle ladite Chambre a décidé, d’une
part, de ne pas autoriser A_ à se rendre auprès de son père à B_
durant les vacances d’automne, et, d’autre part, de solliciter un « rapport d’enquête
sociale succint dont le but [était] d’éclaircir les relations enfant-parents, notamment de
se prononcer sur les possibilités d’un séjour à B_ aux vacances de Noël
prochain ». Cette même Chambre a également fait état du fait que X_ avait
« menacé de venir chercher "manu militari" son enfant en Suisse et/ou de le garder
ensuite dans son pays » (dos. APEA, p. 2011/4).
D. Le 28 octobre 2011, X_ a adressé à la Chambre pupillaire une requête
formelle « tendant à régler [ses] relations personnelles » avec son fils (dos. APEA,
p. 2011/8).
E. Le 7 décembre 2011, l’Office pour la protection de l’enfant (OPE), qui avait été
chargé de l’enquête sociale souhaitée par la Chambre pupillaire, a déposé son rapport.
Ce dernier a jugé impossible, en l’état, de prévoir un nouveau séjour de l’enfant auprès
de son père à B_, essentiellement en raison de l’attitude de ce dernier qui
avait notamment proféré des « menaces » laissant entendre qu’il contestait que sa
garde soit confiée à Y_ envers laquelle il se montrait en outre dénigrant. Or,
selon l’OPE, il était dans l’intérêt de A_ « qu’il puisse rester auprès de sa
mère », aucun élément ne permettant de remettre en cause les compétences
éducatives de cette dernière et son mode de prise en charge de son enfant. De
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surcroît, toujours de l’avis de l’OPE, X_ adoptait une attitude « impulsive,
agressive et déraisonnable » autorisant à douter de sa capacité à prendre en charge
son fils et donnant l’impression qu’il utilisait ce dernier pour faire pression sur sa mère,
tout en le mêlant « au conflit des adultes ». Enfin, A_ aurait « manifesté des
perturbations importantes au retour des vacances d’été » qu’il avait passées chez son
père. Pour tous ces motifs, l’OPE a préconisé qu’un nouveau séjour de l’enfant chez ce
dernier soit soumis à plusieurs conditions (dos. APEA, p. 2011/14).
F. Les 13, respectivement 19 décembre 2011, Y_ et X_ - ce
dernier par l’intermédiaire de son avocat - ont signé une convention - également
contresignée par le président et la secrétaire de la Chambre pupillaire - qui était
destinée à demeurer en vigueur jusqu’au 30 septembre 2012 et prévoyait, notamment,
un exercice conjoint de l’autorité parentale sur leur fils, un droit de garde confié à
Y_ et un droit de visite de X_ précisément réglementé (10 jours
durant les vacances de Noël 2011, 8 jours durant les vacances de Pâques 2012 et
deux semaines durant les vacances scolaires d’été, de même que trois entretiens
téléphoniques par semaine), ce dernier devant en outre s’acquitter d’une contribution
d’entretien mensuelle en faveur de son fils (300 fr.) dès le 1 er janvier 2012. Par ailleurs,
Y_ était astreinte à fournir à son ancien compagnon un rapport mensuel
« sur l’évolution de A_ et les événements particuliers survenant dans sa
vie ». Enfin, il était prévu que l’OPE assume une « mesure de surveillance » au sens
de l’art. 307 al. 3 CC (dos. APEA, p. 2011/15 et p. 2011/16).
G. Le 2 février 2012, compte tenu de l’opposition manifestée par Y_, la
Chambre pupillaire a refusé une demande de X_ souhaitant bénéficier d’un
droit de visite « durant les vacances de carnaval » (18 au 26 février 2012) (dos. APEA,
p. 2012/17 et p. 2012/18).
H. Le 28 février 2012, Y_ a demandé (un exemplaire de cette écriture ne
figure toutefois pas au dossier) à cette même Chambre de « reconsidérer » - sous
forme d’une suppression, voire d’une restriction - le droit de visite de X_ car
leur fils revenait « fortement perturbé » de ses séjours chez ce dernier, lequel aurait en
outre commis de « multiples violations » de la convention précitée des 13/19 décembre
2011 (cf. dos. APEA, p. 2012/27). X_ s’est opposé à cette requête et a
sollicité, à titre reconventionnel, une extension de son droit de visite (dos. APEA,
p. 2012/24).
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I. Par décision du 26 mars 2012, ladite Chambre a rejeté toutes ces demandes et
décidé que la convention des 13/19 décembre 2011 devait être « maintenue dans son
intégralité ». Il a en outre invité les parties « à se soumettre à une procédure de
médiation pour traiter la relation parentale et ainsi favoriser le bien-être de l’enfant »
(dos. APEA, p. 2012/27).
J. Le 6 juin 2012, l’OPE a informé la Chambre pupillaire du fait que le droit de visite de
X_ durant les vacances de Pâques s’était bien déroulé, que les parties
avaient pu se mettre d’accord sur les dates d’exercice de ce droit pendant les
vacances d’été ainsi que durant un week-end au mois de septembre (dos. APEA,
p. 2012/34).
K. Le 17 août 2012, l’OPE a porté à la connaissance de la Chambre pupillaire le fait
que le droit de visite durant les vacances d’été s’était bien déroulé, que celui prévu en
septembre était annulé et qu’une nouvelle convention, jugée conforme aux intérêts de
A_, avait été préparée par Y_ (dos. APEA, p. 2012/36).
L. Le 20 août 2012, X_ a apporté des modifications à cette convention (dos.
APEA, p. 2012/40) qui a été remise à la Chambre pupillaire lors d’une séance tenue le
17 septembre 2012 (dos. APEA, p. 2012/37, p. 2012/38, p. 2012/39 et p. 2012/46).
M. Les parties n’ont toutefois pas réussi, par la suite, à se mettre d’accord sur une
version définitive de ladite convention (dos. APEA, p. 2012/43 et p. 2012/46).
N. Le 6 décembre 2012, la Chambre pupillaire a rendu une nouvelle décision qui a
notamment confirmé que l’autorité parentale sur l’enfant A_ était exercée
conjointement par ses deux parents et que le droit de garde demeurait attribué à sa
mère. Elle a également décidé que X_ pouvait bénéficier d’un droit de visite
plus étendu que celui prévu dans la précédente convention des 13/19 décembre 2011
et mis par ailleurs à sa charge la même contribution d’entretien que celle prévue dans
cette convention. Elle a en outre maintenu l’obligation pour Y_ d’établir, à
l’intention du père de son enfant, un rapport périodique concernant l’évolution de ce
dernier, et confirmé la mesure de surveillance au sens de l’art. 307 al. 3 CC (dos.
APEA, p. 2012/46).
O. Le 19 décembre 2012, X_ a expressément approuvé cette décision en la
contresignant (dos. APEA, p. 2012/47 et p. 2012/48).
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P. Le 10 janvier 2013, le tribunal de céans, saisi d’un appel de Y_, a annulé
la décision précitée du 6 décembre 2012 dans la mesure où elle fixait, ce que la
Chambre pupillaire n’avait pas la compétence de faire, la contribution d’entretien dont
le paiement incombait à X_ (dos. APEA, p. 2013/51).
Q. Le 1 er janvier 2013, les nouvelles dispositions sur le droit de la protection de l’enfant
et de l’adulte sont entrées en vigueur. Dans ce cadre, l’Autorité de protection de
l’enfant et de l’adulte de N_ (ci-après : APEA) a succédé à la Chambre
pupillaire.
R. Le 22 avril 2013, l’OPE a informé l’APEA de divers problèmes survenus lors de
l’exercice du droit de visite de X_ durant les vacances de Pâques. Il a
également demandé que ce droit soit immédiatement suspendu et qu’un nouveau
séjour de A_ chez son père soit soumis à certaines conditions (dos. APEA,
p. 2013/55).
S. Par décision du 29 mai 2013, l’APEA a, notamment, suspendu avec effet immédiat
le droit de visite de X_ et fixé les conditions auxquelles il pourrait lui être
restitué. Sa décision était essentiellement fondée sur le fait que celui-ci avait « menacé
de ne pas renvoyer A_ en Suisse après les vacances de Pâques 2013 », lui
avait fait écouter des « entretiens téléphoniques confidentiels entre [lui-même],
Y_ et l’OPE », ne favorisait pas le « bon déroulement » dudit droit de visite et
en outre mêlait son fils - qui en était perturbé - au conflit parental (dos. APEA,
p. 2013/60).
T. Le 17 juin 2013, X_ a versé à l’APEA un montant de 2700 fr.
correspondant à la contribution d’entretien qu’il estimait être à sa charge pour les mois
d’octobre 2012 à juin 2013 (dos. APEA, p. 2013/64).
U. Le même jour, après avoir entendu les parties, cette autorité a décidé de maintenir
la suspension du droit de visite de l’intéressé, tout en prévoyant que ce droit pourrait,
provisoirement, s’exercer en Suisse, à certaines conditions, l’autorisation d’effectuer
trois appels téléphoniques par semaine à son fils étant pour le surplus maintenue (dos.
APEA, p. 2013/65).
V. Le 22 juillet 2013, cette décision a fait l’objet d’un appel de X_ auprès du
tribunal de céans (dos. APEA, p. 2013/74).
- 6 -
W. Le 26 juillet 2013, se prévalant de l’effet suspensif de ce recours, celui-ci a adressé
une requête de « mesures provisionnelles urgentes » à l’APEA dans laquelle il
demandait qu’il soit ordonné à Y_ de « respecter la décision des
17 septembre et 6 décembre 2012 sous peine de sanction de l’art. 292 CPS »
(dos. APEA, p. 2013/78).
X. Le 29 juillet 2013, après avoir été saisi d’une demande de X_ tendant à
ce que son droit de visite soit mis en œuvre, et avoir rencontré Y_ ainsi que
leur fils A_, l’OPE a informé l’APEA qu’elle jugeait « contreproductif » de
forcer ce dernier à séjourner chez son père durant les vacances d’été, « étant donné le
contexte et l’opposition de [sa] mère » (dos. APEA, p. 2013/77).
Y. Le 31 juillet 2013, Y_ a demandé au tribunal de céans de retirer l’effet
suspensif au recours déposé par X_ le 22 juillet 2013 (dos. APEA,
p. 2013/79).
Z. Le 13 août 2013, avec le préavis favorable de l’OPE, l’APEA a autorisé l’intéressé -
rendant ainsi sans objet, à son avis, la requête de mesures provisionnelles précitée du
26 juillet 2013 (dos. APEA, p. 2013/84) - à exercer son droit de visite en Suisse du
14 au 18 août 2013 (dos. APEA, p. 2013/81), autorisation qui restera toutefois lettre
morte (dos. APEA, p. 2013/85).
AA. Le 22 août 2013, le tribunal de céans a retiré l’effet suspensif au recours interjeté
par X_ à l’encontre de la décision précitée de l’APEA du 17 juin 2013
(dos. APEA, p. 2013/83).
BB. Le 9 octobre 2013, ce même tribunal a déclaré ce recours irrecevable en raison
du défaut de paiement de l’avance de frais requise du recourant (dos. APEA,
p. 2013/92).
CC. Le 11 octobre 2013, l’OPE a préavisé favorablement une demande de
X_ tendant à pouvoir bénéficier d’un droit de visite du 24 au 31 octobre 2013,
pour autant que ce droit s’exerce en Suisse, ce que l’APEA a accepté (dos. APEA,
p. 2013/93 et p. 2013/94), autorisation dont l’intéressé n’a finalement pas fait usage
(dos. APEA, rapport de l’OPE du 11 novembre 2013).
DD. Le 11 novembre 2013, l’OPE a estimé qu’il était dans l’intérêt de A_ que
son père puisse exercer un droit de visite, en Suisse, du 21 au 28 décembre 2013, ce
que l’APEA a autorisé le 19 novembre 2013.
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EE. Le 21 mars 2014, l’OPE a informé l’APEA du fait que ce droit de visite s’était
déroulé « sans problèmes particuliers », tout en jugeant prématuré que les relations
personnelles de X_ avec son fils puissent s’exercer en dehors du territoire
suisse, ne serait-ce que pour le motif que l’adresse du nouveau domicile de celui-ci à
l’étranger demeurait toujours inconnue. Par ailleurs, toujours de l’avis de l’OPE, il était
dans l’intérêt de A_ qu’il puisse voir son père, en Suisse, du 18 au 26 avril
2014.
FF. En réalité, ce droit de visite s’exercera, non pas en Suisse, mais à C_,
jusqu’au 27 avril 2014. En outre, compte tenu de la manière dont il s’était déroulé
(activités par toujours adaptées à l’âge de l’enfant ; absence d’horaires réguliers pour
le coucher et de chambre séparée de celle de son père et de son amie ; situation créée
incitant l’enfant à mentir à sa mère sur son véritable lieu de résidence, ce qui l’avait mis
mal à l’aise), l’OPE, dans un rapport du 9 mai 2014, a considéré que les agissements
de X_ - jugé « immature » - démontrait qu’il n’était pas « fiable » et qu’il
portait préjudice aux intérêts de son fils, le mettant « en conflit de loyauté par rapport à
sa maman » et le mêlant « aux questions » relatives au droit de visite. Ainsi, à son
avis, l’autorité parentale devait lui être retirée et les modalités dudit droit clairement
définies « sur la base de la convention établie » par les parties.
GG. Le 19 mai 2014, à la suite d’une séance de l’APEA tenue le 13 mai 2014 en
présence des parties, lesquelles ont pu s’y exprimer sur le rapport précité du 9 mai
2014, l’OPE a encore transmis à cette autorité ses « propositions » relatives à
l’organisation du droit de visite litigieux et préconisé l’instauration d’une curatelle de
surveillance au sens de l’art. 308 al. 1 et 2 CC.
HH. Le 30 mai 2014, X_ a encore transmis à l’OPE une liste de neuf
engagements de sa part en relation avec l’exercice de son droit aux relations
personnelles avec son enfant.
II. Le 3 juin 2014, l’APEA a décidé de maintenir l’autorité parentale conjointe des
parties sur leur fils ainsi que l’attribution du droit de garde à Y_. Le droit de
visite de X_ a, pour sa part, été soumis aux conditions proposées par l’OPE
le 19 mai 2014. De même, cet Office a été chargé d’une curatelle au sens de l’art. 308
al. 1 et 2 CC, destinée à l’organiser et à le surveiller.
JJ. Le 18 juin 2014, X_ a adressé à l’APEA un lot de documents et de
photographies destinés à montrer qu’il mettait « tout en œuvre pour respecter les
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consignes de la protection de l’enfant et pour mettre en place un cadre de vie agréable
et équilibré pour son fils ».
KK. Le 29 novembre 2014, l’OPE a adressé à l’APEA un rapport portant sur l’exercice
du droit de visite de X_ durant l’été et l’automne. Il y relevait que ce dernier
« [devait] faire encore des efforts importants pour rassurer et sécuriser A_
lors des départs », que, ce dernier paraissait « toujours subir une pression importante
de la part de son père durant ses visites » et que les messages qui lui étaient transmis
n’étaient pas « adéquats (discours perturbateur concernant un changement de garde,
accusation contre la mère qui est partie, demande faite à l’enfant par le parent de dire
des choses à l’intervenante [de l’OPE]) ». Cet Office a néanmoins constaté que les
deux parents parvenaient maintenant à « communiquer dans l’intérêt de leur fils ». Sur
cette base, il a finalement formulé des propositions détaillées pour l’aménagement des
relations personnelles de A_ avec son père.
LL. Le 9 décembre 2014, à l’issue d’une séance à laquelle seule Y_ a
comparu (X_ s’étant excusé), l’APEA a rendu une décision qui a repris pour
l’essentiel les propositions précitées de l’OPE et dont le dispositif est le suivant :
1. La décision de l’Autorité de protection de N_ du 03 juin 2014 est annulée et
remplacée par les présentes dispositions.
2. Il est confirmé que l’autorité parentale sur l’enfant A_, né le xxx 2005, est exercée
conjointement par ses parents et que la garde est confiée à la mère, Y_.
3. Le droit de visite de X_ en faveur de son fils A_ s’exerce aux conditions
suivantes, à savoir :
3.1 Que X_ collabore directement et de manière adéquate avec l’OPE concernant
l’organisation des visites.
3.2 que X_ transmette à l’OPE un mois avant l’exercice des visites ses propositions
concernant les dates auxquelles il souhaite prendre son fils, à défaut de quoi ce droit ne pourra
pas être exercé.
3.3 que X_ s’engage à venir chercher et ramener A_ aux heures et aux jours
fixés par l’APEA ou par l’OPE sur délégation de l‘APEA.
3.4 que, à défaut de meilleure entente, X_ exercera son droit de visite une semaine à
Pâques, deux semaines en été, une semaine en automne et une semaine à Noël (le jour de
fête étant passé alternativement chez l’un ou l’autre parent. Pour l’année 2014, le jour de fête
est passé chez la maman). De plus, X_ pourra exercer un droit de visite, en Suisse,
en tenant compte du calendrier des activités extra-scolaires de A_, une fois en février
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2015 et une fois en mars 2015. Il devra toutefois informer Y_ ainsi que l’OPE des
dates prévues un mois avant l’exercice des visites, à défaut de quoi ce droit ne pourra pas être
exercé,
3.5 que cette année (2014), selon discussion avec les parents, le droit de visite durant les
vacances de Noël se déroulera comme suit : X_ viendra chercher son fils le samedi
27 décembre à 14 heures et le ramènera le samedi 3 janvier 2015 à 18 heures. A défaut de
meilleure entente, le lieu d’échange reste le D_ à E_,
3.6 Qu’au mois de mai 2015, les visites durant les vacances de Noël, de Pâques ainsi que les
visites organisées sur les weekends fassent l’objet d’un bilan de la part de l’OPE et si
nécessaire d’une séance devant l’APEA.
3.7 Qu’au mois de novembre 2015 les visites de l’année écoulée feront l’objet d’un bilan de la part
de l’OPE et d’une séance devant l’APEA,
3.8 Que, en cas de non-respect des conditions fixées, le droit de visite pourra être suspendu.
4. Il est confirmé qu’une mesure de curatelle au sens de l’art. 308, al. 1et 2 CCS est instaurée en
faveur de A_ et confiée à l’OPE, à charge pour le curateur d’organiser et surveiller
l’exercice du droit de visite de X_ à son fils et d’informer immédiatement l’APEA dans
le cas où X_ ne devait pas collaborer ou ne pas respecter les décisions prises.
5. Les parents s’engagent à ne plus avoir de contact direct entre eux sauf pour le cas suivants :
d) Les appels téléphoniques du père à l’enfant par l’intermédiaire de la mère 3 jours par
semaine entre 17h00 et 19h00, les lundis, mercredis et vendredis.
e) Les appels téléphoniques de la mère à l’enfant, lors de l’exercice du droit de visite par le
père 3 jours par semaine entre 17h00 et 19h00, les lundis, mercredis et vendredis.
f) Appels téléphoniques nécessaires pour convenir des dates des droits de visite.
6. Conformément à l’art. 275a CCS, la mère fera un rapport tous les deux mois au père de
l’enfant sur l’évolution de A_ ainsi que sur le calendrier des activités extrascolaires
de A_ et sur les événements particuliers survenant dans sa vie.
Ce rapport sera établi tous les deux mois pour la première fois à fin décembre 2014.
Ce rapport sera fait par e-mail avec un double à l’OPE de Sierre ainsi qu’à l’APEA.
7. Les frais de l’OPE à charge des parents en rapport avec la mesure de surveillance de l’art. 307
al. 3 CCS sont pris en charge par le père et la mère de l’enfant par égales parts entre eux.
8. L’APEA renonce à percevoir des frais.
9. Un recours éventuel contre la présente décision n’aura pas d’effet suspensif.
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MM. Le 21 janvier 2015, l’avocat de X_ - qui a simultanément déclaré ne
plus le représenter - a transmis au tribunal de céans un « courriel » de son mandant
« valant recours » à l’encontre de cette décision. Les conclusions de cette écriture sont
ainsi formulées :
1. La requête de l’OPE doit être rejetée sur les différents moyens invoqués.
2. Sur les moyens de droit développés dans le présent mémoire en réplique,
2-1 Le droit de visite de M. X_ doit être élargi en vertu du principe de l’intérêt supérieur
de l’enfant A_ et en regard du respect du droit de l’enfant d’entretenir régulièrement
et de manière continue des relations personnelles et des contacts directs avec son père
(Week-end par mois toute l’année et la moitié des vacances scolaires)
2-2 Le droit de visite et d’information de M. X_ doit être étendu pour une permettre un
exercice effectif dans le respect du droit au respect de la vie familiale qui en découle pour le
père et l’enfant et le respect de l’identité de A_.
2-3 Le principe d’effectivité s’oppose en particulier à toute réduction du champ géographique du
droit de visite de M. X_ compte tenu notamment de sa situation professionnelle
(CEDH arrêt n o 21188/09 GLUHAKOVIC c/ Croatie, 12 avril 2011)
M. X_ doit recevoir son fils à l’étranger en fonction de son emploi du temps.
M. X_ est bloqué à C_ et ne peut travailler.
NN. Le 9 février 2015, l’APEA a conclu au rejet de ce recours sous suite de frais.
OO. Le 23 février 2015, Y_ en a fait de même, tout en mettant en doute sa
recevabilité.
Par écriture du même jour, elle a également sollicité l’assistance judiciaire totale.

Considérant en droit
1. Il n'est pas contesté que les autorités valaisannes sont compétentes et que le droit
suisse est applicable au présent litige, eu égard à la résidence habituelle de l'enfant
A_ à F_ (art. 79 al. 1 et 82 al. 1 LDIP).
- 11 -
2.
2.1. L’article 450 al. 1 CC, applicable par analogie (cf. art. 314 al. 1 CC et 117 al. 3
LACC; COTTIER, ZGB Kurzkommentar, 2012, n. 11 ad art. 314 CC), prescrit que les
décisions de l’autorité de protection peuvent faire l’objet d’un recours devant le juge
compétent. Ont notamment qualité pour recourir les parties à la procédure et les
proches de la personne concernée (art. 450 al. 2 ch. 1 et 2 CC). Le délai de recours
est de trente jours à compter de la notification de la décision (art. 450b al. 1 CC), mais
n’est que de dix jours en cas de placement à des fins d’assistance (art. 450b al. 2 CC).
En outre, le recours doit être dûment motivé - de manière certes sommaire mais qui
permette cependant de comprendre de quoi se plaint le recourant (cf. BOHNET,
Autorités et procédure en matière de protection de l’adulte, in GUILLOD/BOHNET, Le
nouveau droit de la protection de l’adulte, 2012, p. 33 ss, n. 167, p. 90) - et interjeté par
écrit auprès dudit juge (art. 450 al. 3 CC), soit, en Valais, le tribunal cantonal (art. 114
al. 1 ch. 4 et al. 3 LACC), au sein duquel un juge unique peut en connaître (art. 114 al.
2 LACC).
2.2 En l'espèce, X_ a recouru le 21 janvier 2015, auprès du tribunal de
céans, à l’encontre de la décision entreprise rendue le 9 décembre 2014 et envoyée
aux parties le vendredi 19 décembre 2014, de sorte que l’on peut admettre qu’elles ne
l’ont reçue que le lundi suivant (22 décembre 2014). Ainsi, déposé dans le délai de
trente jours suivant sa notification, le présent recours l’a été en temps utile.
X_ possède par ailleurs la qualité pour recourir (cf. art. 450 al. 2 ch. 1 CC).
2.3 Le recours a un effet dévolutif complet (art. 450a CC ; BOHNET, op. cit., n. 175,
p. 91) et les prescriptions concernant la procédure devant l’autorité de protection (art.
443 ss CC) trouvent application en complément (en ce sens également, cf. STECK,
ComFam Protection de l’adulte, 2013 [ci-après : ComFam], n. 8 ad art. 450 CC; LE
MÊME, Commentaire bâlois, 2012, n. 13 ad art. 450 CC). La réglementation
complémentaire de la procédure en instance de recours relève de la compétence des
cantons. Dans la mesure où la législation cantonale ne prévoit rien d’autre, comme en
Valais (cf. art. 117 al. 3 et 118 let. a LACC), les dispositions du Code de procédure
civile sont applicables par analogie (cf. art. 450f CC ; sur l’ensemble de la question, cf.
arrêt 5A_327/2013 du 17 juillet 2013 consid. 3.1). Si le recours est une voie de droit
ordinaire permettant un examen approfondi de la décision de première instance tant en
droit qu’en fait (cf. ATF 139 III 257 consid. 4.3), de même qu’en opportunité, l’art. 450a
al. 1 CC s’en tient cependant au principe de l’allégation, selon lequel l’instance de
recours doit se limiter à examiner les violations du droit et les objections de fait
- 12 -
invoquées par les parties. La maxime inquisitoire et la maxime d’office prévues par
l’art. 446 CC – disposition sur la base de laquelle certains auteurs de doctrine
admettent la prise en compte des faits et moyens de preuve nouveaux (vrais et
pseudo-nova) par l’instance de recours (BOHNET, op. cit., n. 175, p. 91) – sont ainsi
soumises à une certaine restriction (STECK, ComFam, n. 3-4 ad art. 450a CC; LE MÊME,
Commentaire bâlois, n. 5 ad art. 450a CC).
2.4 Selon l'art. 318 al. 1 CPC – applicable par analogie selon renvoi de l’art. 450f CC,
faute de réglementation cantonale plus spécifique en Valais –, l'instance d'appel peut
confirmer la décision attaquée ou statuer à nouveau ; elle peut également renvoyer la
cause à la première instance, comme l'art. 318 al. 1 let. c ch. 2 CPC l'y autorise,
lorsque l'instruction à laquelle cette dernière a procédé est incomplète sur des points
essentiels (ATF 138 III 374 consid. 4.3.2; arrêt 5A_939/2012 du 8 mars 2013 consid.
4.2.1), procédé permettant par ailleurs d’assurer, lorsque l’appréciation des faits est en
cause, la garantie du double degré de juridiction prévu par l'art. 75 LTF (arrêt
5A_939/2012 précité consid. 3 [raisonnement de la Cour cantonale]).
3.
3.1. Aux termes de l'article 273 al. 1 CC, le parent qui ne détient pas l'autorité
parentale ou la garde ainsi que l'enfant mineur ont réciproquement le droit d'entretenir
les relations personnelles indiquées par les circonstances. Le droit aux relations
personnelles est conçu à la fois comme un droit et un devoir de ceux-ci. Il est
également considéré comme un droit de la personnalité de l'enfant, qui doit servir en
premier lieu l'intérêt de celui-ci (ATF 131 III 209 consid. 5; 127 III 295 consid. 4a; 123
III 445 consid. 3b). En somme, le droit aux relations personnelles vise à sauvegarder le
lien existant entre parents et enfants. A cet égard, le Tribunal fédéral considère que le
rapport de l'enfant avec ses deux parents est essentiel et qu'il peut jouer un rôle décisif
dans le processus de recherche d'identité de l'enfant (ATF 131 III 209 consid. 4). Dans
ce contexte, l'importance et le mode d'exercice des relations personnelles doivent être
appropriés à la situation, autrement dit tenir équitablement compte des circonstances
particulières du cas, le bien de l'enfant étant le facteur d'appréciation le plus important
(ATF 127 III 295 consid. 4a) et les éventuels intérêts des parents étant à cet égard
d’importance secondaire (arrêt 5A_246/2015 du 28 août 2015 consid. 3.1 ; ATF 130 III
585 consid. 2.1).
3.2 Si les relations personnelles compromettent le développement de l'enfant, si les
père et mère qui les entretiennent violent leurs obligations, s'ils ne se sont pas souciés
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- 13 -
sérieusement de l'enfant ou s'il existe d'autres justes motifs, le droit d'entretenir ces
relations peut leur être retiré ou refusé (art. 274 al. 2 CC), temporairement ou
durablement (BÜCHLER/WIRZ, FamKomm, Scheidung, Vol. I, 2011, n. 5 ad art. 274 CC;
MEIER/STETTLER, Droit de la filiation, 2014, n. 752). Ce refus ou ce retrait ne peut être
demandé que si le bien de l'enfant l'exige impérieusement et qu'il est impossible de
trouver une réglementation du droit de visite qui sauvegarde ses intérêts : la disposition
a pour objet de protéger l'enfant, et non de punir les parents. Ainsi, la violation par eux
de leurs obligations et le fait de ne pas se soucier sérieusement de l'enfant ne sont pas
en soi des comportements qui justifient le refus ou le retrait des relations personnelles.
Ils ne le sont que lorsqu'ils ont pour conséquence que ces relations portent atteinte au
bien de l'enfant (ATF 118 II 21 consid. 3c; 100 II 76 consid. 4b, et les réf.; arrêt
5A_448/2008 du 2 octobre 2008 consid. 4.1, in FamPra 2009 p. 246). Le refus ou le
retrait du droit aux relations personnelles selon l'article 274 al. 2 CC nécessite des
indices concrets de mise en danger du bien de l'enfant (ATF 122 III 404 consid. 3c;
arrêt 5A_92/2009 du 22 avril 2009 consid. 2, in FamPra.ch 2009 p. 786). D'après la
jurisprudence, il existe un danger pour le bien de l'enfant si son développement
physique, moral ou psychique est menacé par la présence, même limitée, du titulaire
du droit de visite. Conformément au principe de la proportionnalité, il faut en outre que
ce danger ne puisse être écarté par d'autres mesures appropriées. Le retrait de tout
droit à des relations personnelles constitue l'ultima ratio et ne peut être ordonné dans
l'intérêt de l'enfant que si les effets négatifs des relations personnelles ne peuvent être
maintenus dans des limites supportables pour lui (arrêt 5A_661/2014 du 27 mars 2015
consid. 3.2 ; ATF 122 III 404 consid. 3b; 120 II 229 consid. 3b/aa et les réf.).
3.3 Le critère principal dictant l'étendue du droit de visite est le bien de l'enfant. Il s'agit
de tenir compte de manière équitable de l'ensemble des circonstances (art. 4 CC).
L'intérêt de l'enfant variera selon son âge, sa santé physique et psychique et la relation
qu'il entretient avec le parent concerné. Devront également être pris en considération
la personnalité, la disponibilité, le lieu d'habitation et le cadre de vie du titulaire du droit
(MEIER/STETTLER, op. cit., n. 756 sv.; MICHEL, in Kurzkommentar, Schweizerisches
Zivilgesetzbuch, 2012, n. 9 et 12 ad art. 273 CC).
En Suisse romande, on accorde en général un droit de visite assez large, soit un week-
end sur deux et la moitié des vacances scolaires, lorsque l'enfant est en âge de
scolarité. Il n'est pas rare que le droit de visite comprenne, en sus, un soir ou une
journée de visite en semaine. En Suisse alémanique, la pratique est moins large; elle
retient un droit de visite d'un week-end par mois et de deux à trois semaines de
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- 14 -
vacances par année pour un enfant en âge de scolarité et, s'il est plus jeune, une à
deux demi-journées par mois (LEUBA, Commentaire romand, 2010, n. 16 ad art. 273
CC; SCHWENZER/COTTIER, Commentaire bâlois, 2014, n. 15 ad art. 273 CC;
MEIER/STETTLER, op. cit., n. 768).
La règle veut, en outre, que le droit de visite s'exerce au domicile de l'ayant droit, sauf
pour les nourrissons et les enfants en bas âge (SCHWENZER/COTTIER, n. 25 ad art. 273
CC, MEIER/STETTLER, op. cit., n. 769; MICHEL, n. 13 ad art. 273 CC) ou lorsque le
déplacement au domicile relativement éloigné du parent titulaire du droit de visite
engendre pour lui une fatigue excessive (LEUBA, n. 19 ad art. 273 CC).
4.
4.1 Dans le cas particulier, force est d’emblée de constater que, dans son écriture
« valant recours » - selon les termes mêmes utilisés par son avocat -, X_
développe une argumentation qui n’est, en réalité et pour l’essentiel, qu’une sélection
de larges passages du « mémoire en réplique » rédigé - vraisemblablement à sa
demande - par une avocate française, Me G_, en réponse à la requête que
Y_ avait adressée à la Chambre pupillaire le 28 février 2012 (dos. APEA, p.
2012/21 et lettre H ci-dessus) et sur laquelle cette dernière a statué le 26 mars 2012,
en considérant notamment que « la suspicion d’enlèvement de A_ par son
père » était sans fondement et qu’il n’y avait pas lieu « en l’état actuel du dossier, de
priver X_ des relations personnelles avec son fils », ce qui faisait largement
droit aux griefs soulevés par Me G_ (dos. APEA, p. 2012/27 [p. 5] et lettre I
ci-dessus).
4.2 Il faut dès lors admettre que l’écriture adressée par le recourant au tribunal de
céans reprend, pour l’essentiel, des arguments qui n’ont pas été élaborés pour être
dirigés à l’encontre de la décision entreprise, laquelle est datée du 9 décembre 2014 et
se trouve être ainsi postérieure de plus de deux ans au texte utilisé par l’intéressé pour
confectionner son recours, si bien que la recevabilité de ce dernier paraît des plus
douteuses (cf. consid. 2.1 et 2.3).
4.3 Le même constat s’impose du reste à la lecture des conclusions qui y sont
formulées dans une forme proche du plaidoyer de portée générale, lequel n’est pas
spécifiquement dirigé à l’encontre de la décision attaquée, et dont d’ailleurs les chiffres
1 et 2 sont manifestement sans lien avec la présente procédure.
- 15 -
4.4 La lecture attentive de cette écriture laisse tout de même transparaître certaines
revendications du recourant, à savoir un droit de visite d’un week-end par mois, tout au
long de l’année (et non pas seulement en février et en mars 2015), lequel ne devrait en
outre pas être obligatoirement passé en Suisse, ainsi qu’un élargissement de son droit
à la moitié des vacances scolaires (cf. conclusions n os
2-1 et 2-3 et ch. 3.4 du dispositif
de la décision attaquée). Par ailleurs, et même si cet élément n’est pas formellement
repris au chapitre de ses conclusions, X_ exprime également le souhait de
pouvoir effectuer, non pas trois, mais quatre appels téléphoniques par semaine à son
fils (cf. partie III de son écriture ainsi que ch. 5 du dispositif de la décision entreprise).
Ce sont dès lors ces éléments qui doivent être considérés comme étant ses véritables
griefs à l’encontre de la décision entreprise.
4.5 A cet égard, il faut d’emblée relever que les modalités prévues par l’APEA pour le
droit de visite de l’intéressé ont évolué au gré des (huit) décisions successives qu’elle a
rendues à ce sujet entre le 5 octobre 2011 et le 9 décembre 2014 (cf. lettres C à LL ci-
dessus). En particulier, alors que ce droit a certes connu, au cours de l’année 2013,
des périodes de restriction, voire de suppression, essentiellement en raison de
l’attitude déplorable du recourant, il a ensuite été rétabli dès la fin de cette même
année et progressivement élargi jusqu’au prononcé de la décision aujourd’hui mise en
cause. Cette dernière a en outre institué, à partir de la fin 2014, un droit de visite de
cinq semaines sur une année ainsi que de deux week-end sur deux mois (février et
mars 2015), lesquels doivent être passés sur territoire suisse, et de trois appels
téléphoniques par semaine, ce qui est parfaitement conforme aux recommandations
formulées par les professionnels de l’enfance (cf. lettre KK ci-dessus) qui suivent la
situation des parties ainsi que celle de leur enfant depuis la fin de l’année 2011 et que
le juge soussigné n’a aucun motif objectif de remettre en cause. Compte tenu en outre
de l’éloignement géographique de X_, qui habite à 661 km de son fils, ce qui
représente une durée de déplacement en véhicule automobile de 7h49, sans les
pauses (cf. http://www.xxx), il faut admettre que les modalités arrêtées dans la décision
attaquée sont parfaitement adaptées aux circonstances concrètes, à la pratique
judiciaire en la matière, notamment en ce qui concerne les périodes de vacances (cf.
consid. 3.3), et à l’intérêt de l’enfant concerné qui n’est âgé actuellement que de 9 ans.
En outre, l’autorité intimée a prévu que ces modalités puissent, cas échéant, être
réexaminées après l’établissement d’un bilan par l’OPE au mois de mai 2015, soit
après les vacances de Pâques (cf. ch. 3.6 du dispositif de la décision entreprise), ce
qui paraît tout à fait adéquat et s’inscrit dans le processus de suivi périodique de la
- 16 -
situation qui a été instauré, à juste titre, par cette autorité depuis le début de son
intervention en 2011.
4.6 C’est ainsi à tort que X_ se plaint que « ses droits » ne seraient pas
respectés pour le motif qu’il serait privé d’un contact régulier avec son fils lui
permettant de suivre son évolution et son développement, ce dernier étant en outre -
ce qui n’est nullement prouvé - victime, de ce fait, d’une « carence affective
importante ». A cet égard, il y a notamment lieu de relever, d’une part, que
Y_ est tenue de fournir au recourant, chaque deux mois, un rapport
concernant l’évolution de leur enfant (cf. ch. 6 du dispositif de la décision entreprise),
et, d’autre part, que les « interférences » ou « ingérences » émanant, selon
X_, de celle-ci lors de ses entretiens téléphoniques avec leur fils ne sont
nullement établies en cause. En outre, sa revendication tendant à pouvoir exercer, tout
au long de l’année, un droit de visite d’un week-end par mois à son domicile à
C_ paraît pour le moins égoïste et peu respectueuse de l’intérêt de son
(encore) jeune fils dans la mesure où, si elle était acceptée, ce dernier se verrait
contraint de subir un déplacement de plus de 1300 km et d’environ 20 heures au total
de déplacement en voiture (pauses comprises) sur un seul week-end. Du reste,
lorsqu’il a été entendu par l’OPE en novembre 2014, A_ s’est expressément
plaint du fait que les trajets étaient « très longs » en déclarant de surcroît que c’était
« dur » (cf. rapport de l’OPE du 29 novembre 2014, p. 3). Par ailleurs, on ne voit pas,
et le recourant ne l’explique pas non plus, en quoi le fait de ne pas avoir prévu la
possibilité d’un quatrième appel téléphonique par semaine irait à l’encontre de l’intérêt
de cet enfant, étant encore précisé que dans la convention qu’il a signée avec
Y_ en décembre 2011, X_ s’est expressément déclaré d’accord
avec trois appels téléphoniques hebdomadaires (cf. lettre F ci-dessus), et qu’il a
renouvelé cet accord en déclarant accepter la décision prise par la Chambre pupillaire
le 6 décembre 2012 (cf. lettre N ci-dessus). Au surplus, il faut encore relever que les
longs développements de son écriture de recours visant à démontrer qu’il n’est animé
par aucun désir d’enlever son enfant pour le retenir à l’étranger sont dénués de
pertinence dans le cas d’espèce, la décision entreprise n’ayant nullement restreint son
droit de visite par crainte d’un tel comportement de sa part, lequel, s’il a pu être redouté
par le passé (cf. notamment lettres C, E, R, S et U ci-dessus), ne paraît plus devoir
l’être, du moins pour l’instant.
- 17 -
4.7 Vu ce qui précède, force est de constater qu’il n’y a aucun motif de modifier la
décision entreprise, laquelle doit par conséquent être purement et simplement
confirmée.
5. Y_ réclame l'octroi de l'assistance judiciaire pour la présente procédure
de recours.
5.1 En vertu de l'article 117 CPC, une personne a droit à l'assistance judiciaire
lorsqu'elle ne dispose pas des ressources suffisantes (let. a) et si sa cause ne paraît
pas dépourvue de toute chance de succès (let. b).
5.2 En l'espèce, compte tenu des considérants qui précèdent, la cause de
Y_, qui s’est opposée au recours dans la mesure de sa recevabilité, n’était
nullement dénuée de chance de succès (cf. ATF 138 III 217 consid. 2.2.4). De plus, il
ressort du dossier de l’APEA (p. 2012/25 ainsi qu’écriture d’appel au tribunal de céans
du 28 décembre 2012) que son revenu mensuel net peut être évalué à 2'725 fr. 65 (en
2011 : 31’357 fr. 10 : 12 ; en 2012 : 12'253 fr. 60 : 4), alors que ses charges
mensuelles s’élèvent à 1107 fr. 25 (loyer : 700 fr. + 50 fr. ; assurance maladie (2013)
pour elle-même et son fils : 165 fr. 15 + 65 fr. 05 ; assurance RC : 14 fr. ; assurance
véhicule : 138 fr. 05), montant auquel il convient d’ajouter son minimum vital de base
(1350 fr.) et celui de son enfant (400 fr.) dont elle paraît assumer entièrement
l’entretien, du moins pour la période courant dès l’ouverture de la présente procédure
de recours, si bien qu’il faut admettre qu’elle est indigente au sens de l'article 117 let. a
CPC (cf. sur cette notion ATF 135 I 221 consid. 5.1). Enfin, l’assistance d’un avocat
paraît lui avoir été nécessaire (art. 118 al. 1 let. c CPC). Ainsi, dans la mesure où sa
situation financière ne lui permettra pas de faire face à la rémunération de son
mandataire dans l’hypothèse où la partie adverse ne lui versait pas les dépens au
paiement desquels il doit être astreint (cf. consid. 6.3), il se justifie de lui octroyer, pour
la présente procédure de recours, l’assistance judiciaire partielle limitée à la
désignation d’un conseil juridique commis d’office (art. 118 al. 1 let. c et al. 2 CPC) en
la personne de Me M_, avocat à H_, avec effet au 23 février 2015.
6.
6.1 Le sort des frais et des dépens n'est pas réglé spécifiquement par les dispositions
de procédure du code civil. En vertu de l'article 34 al. 1 OPEA, le code de procédure
civile définit les notions de frais et dépens et arrête leur répartition et règlement. Selon
l'alinéa 2 de cette disposition, les critères permettant de fixer le montant de
- 18 -
l'émolument et des dépens sont énoncés dans la LTar, à ses articles 18 et 34
notamment.
6.2 X_ a qualité de partie qui succombe, en sorte qu’il doit supporter les frais
de la procédure de recours (art. 106 al. 1 CPC). Au vu notamment de la difficulté
ordinaire de la cause et des principes de la couverture des frais et de l’équivalence des
prestations (art. 96 CPC et art. 13 LTar), l’émolument de décision (art. 95 al. 2 let. b
CPC) est arrêté à 600 fr. (art. 18 et 19 LTar).
6.3 L’intimée a droit à des dépens. L’activité de son mandataire a notamment consisté
à rédiger une réponse au recours déposé ainsi qu’une requête d’assistance judiciaire.
En définitive, l'indemnité due par X_ à Y_ à titre de dépens est
fixée à 1100 fr. (art. 95 al. 3 CPC ainsi que art. 27, 34 al. 1 et 35 al. 1 let. b LTar),
honoraires et débours compris.