Decision ID: 0f955044-dc3e-516d-baea-07bbec0fd787
Year: 2007
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_014
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: social_law

EN FAIT
Par jugement du 19 octobre 2006, la 1
ère
chambre du Tribunal de première instance a prononcé le divorce de Madame F_, née le 1966, et Monsieur F_, né le 1963, mariés en date du 11 juin 1995.
Selon le chiffre 6 du jugement précité, le Tribunal de première instance a ordonné le partage par moitié des avoirs de prévoyance professionnelle acquis par F_ auprès de la FONDATION INSTITUTION SUPPLETIVE LPP. Il a en cela confirmé l'accord des parties sur le partage par moitié des avoirs du demandeur acquis pendant le mariage (consid. H).
Le jugement de divorce est devenu définitif le 28 novembre 2006 et a été transmis d'office au Tribunal de céans le 7 décembre 2006 pour exécution du partage.
Le Tribunal de céans a interpellé la FONDATION INSTITUTION SUPPLETIVE LPP en la priant de lui communiquer les montants des avoirs LPP du demandeur acquis durant le mariage, soit entre le 11 juin 1995 et le 28 novembre 2006.
Selon le courrier de la FONDATION INSTITUTION SUPPLETIVE LPP du 4 janvier 2007 et de la PENSIONSKASSE DER EMIL FREY GRUPPE du 17 janvier 2007, la prestation acquise pendant le mariage par le demandeur est de 62'476 fr.90. Transférée une première fois de la deuxième à la première, l'inverse s'est produit à nouveau le 6 décembre 2006.
Les documents ont été transmis aux parties en date du 24 janvier 2007. La juridiction leur a indiqué qu'à défaut d'observations d'ici au 9 février 2007, un arrêt serait rendu sur cette base. Par ailleurs, la demanderesse a été invitée à ouvrir un compte de libre passage dans le même délai.
En l'absence d'objections dans le délai fixé, la cause a été gardée à juger.

EN DROIT
L'art. 25a de la loi fédérale sur le libre passage dans la prévoyance professionnelle, vieillesse, survivants et invalidité du 17 décembre 1993 (LFLP), entré en vigueur le 1er janvier 2000, règle la procédure en cas de divorce. Lorsque les conjoints ne sont pas d’accord sur la prestation de sortie à partager (art. 122 et 123 Code Civil - CC), le juge du lieu du divorce compétent au sens de l'art. 73 al. 1 de la loi fédérale sur la prévoyance professionnelle du 25 juin 1982 (LPP), soit à Genève le Tribunal cantonal des assurances sociales depuis le 1
er
août 2003, doit, après que l'affaire lui a été transmise (art. 142 CC), exécuter d'office le partage sur la base de la clé de répartition déterminée par le juge du divorce.
Selon l'art. 22 LFLP (nouvelle teneur en vigueur depuis le 1er janvier 2000), en cas de divorce, les prestations de sortie acquises durant le mariage sont partagées conformément aux art. 122, 123, 141 et 142 CC; les art. 3 à 5 LFLP s'appliquent par analogie au montant à transférer (al. 1). Pour chaque conjoint, la prestation de sortie à partager correspond à la différence entre la prestation de sortie, augmentée des avoirs de libre passage existant éventuellement au moment du divorce, et la prestation de sortie, augmentée des avoirs de libre passage existant éventuellement au moment de la conclusion du mariage (cf. art. 24 LFLP). Pour ce calcul, on ajoute à la prestation de sortie et à l'avoir de libre passage existant au moment de la conclusion du mariage les intérêts dus au moment du divorce (ATF
128 V 230
; ATF
129 V 444
).
En l’espèce, le juge de première instance a ordonné le partage par moitié des prestations de sortie acquises durant le mariage par le demandeur et constituées, lors du divorce auprès de la FONDATION INSTITUTION SUPPLETIVE LPP. Les dates pertinentes sont, d’une part, celle du mariage, le 11 juin 1995, d’autre part le 28 novembre 2006, date à laquelle le jugement de divorce est devenu exécutoire.
Selon les documents produits, la prestation acquise pendant le mariage par le demandeur est de 62'476 fr.90, les intérêts ayant déjà été calculés par l'institution de prévoyance défenderesse. Ainsi Monsieur F_ doit à son ex-épouse le montant de 31'238 fr 5. ( 62'476 fr.90 : 2).
Conformément à la jurisprudence, depuis le jour déterminant pour le partage jusqu'au moment du transfert de la prestation de sortie ou de la demeure, le conjoint divorcé bénéficiaire de cette prestation a droit à des intérêts compensatoires sur le montant de celle-ci. Ces intérêts sont calculés au taux minimum légal selon l'art. 12 de l'ordonnance sur la prévoyance professionnelle vieillesse, survivants et invalidité du 18 avril 1984 (OPP 2) ou selon le taux réglementaire, si celui-ci est supérieur (ATF non publié B 36/02 du 18 juillet 2003).
Aucun émolument ne sera perçu, la procédure étant gratuite (art. 73 al. 2 LPP et 89H al. 1 de la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 1985).
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