Decision ID: 8c2846cc-9190-55e0-aa09-f308be27ba90
Year: 2010
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_007
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 

EN FAIT
A. Le 1
er
septembre 2009, l'Office des poursuites (ci-après : l'Office) a enregistré une réquisition de poursuite dirigée par P_ SA contre A_ Sàrl en paiement de 2'286 fr. 95 plus intérêts à 5% dès le 25 août 2009, 68 fr. 75, 385 fr. et 15 fr., au titre, respectivement, d'une créance pour raccordement (n° xxx19), d'intérêts moratoire du 17 janvier au 24 août 2009, de dommage supplémentaire (art. 106 CO) et de frais de recherche.
Un commandement de payer, poursuite n° 09 xxxx55 Y, a été notifié, sans opposition, à A_ Sàrl le 23 septembre 2009, en mains de M. S_.
Requis, en date du 30 novembre 2009, de continuer la poursuite, l'Office a fait notifier, le 17 mars 2010, à A_ Sàrl, en mains du précité, une commination de faillite.
B. Par acte posté le 17 mars 2010, A_ Sàrl, représentée par M. S_, a formé plainte contre cet acte. Elle expose qu'elle n'est pas débitrice de la créance en poursuite, laquelle incombe à M. T_ "
qui a réussi à enregistrer un contrat pour
son
mobile au nom de
(sa)
société,
sans
(son)
autorisation
et
sans qu'aucun contrôle n'ait été fait
de la part de Swisscom
".
Dans son rapport, l'Office relève en substance qu'il ne lui appartient pas de se déterminer sur la validité du contrat que M. T_ aurait conclu au nom d'A_ Sàrl. Il conclut au rejet de la plainte dans la mesure de sa recevabilité.
Invitée à se déterminer, P_ SA n'a pas donné suite.
C. Selon les données du Registre du commerce, M. S_ est seul associé gérant, avec signature individuelle, d'A_ Sàrl.

EN DROIT
1. Sauf dans les cas où la loi prescrit la voie judiciaire, il peut être porté plainte à l'autorité de surveillance lorsqu'une mesure de l'office est contraire à la loi ou ne paraît pas justifiée en fait (art. 17 al. 1 LP ; art. 10 al. 1 et art. 11 al. 2 LaLP ; art. 56R al. 3 LOJ).
2. Sous réserve d’un abus de droit manifeste, il n’appartient cependant ni aux offices des poursuites ni aux autorités de surveillance de décider si une prétention est exigée à bon droit ou non (ATF
115 III 18
consid. 3b ; ATF non publié
7B.219/2006
et
7B.220/2006
du 16 avril 2007 consid. 3.3). La plainte ne peut donc jamais aboutir à un jugement sur le fond du droit qui fait l’objet de l’exécution forcée : un tel jugement relève exclusivement de la juridiction civile ou administrative (Pierre-Robert
Gilliéron
, Poursuite pour dettes, faillite et concordat, 4
ème
éd., p. 43).
Le plaignant qui entend contester la créance en poursuite doit agir par le biais de l’action en annulation ou en suspension de la poursuite (art. 85 et 85a LP ; art. 20 al. 1 let. c et 19 let. e LaLP ; cf. également art. 173 al. 1 2
ème
phr. LP), voire, en dernier ressort, par celui de l’action en répétition de l’indu (art. 86 LP). Ces actions relèvent toutes de la compétence exclusive du juge ordinaire, devant lequel la plaignante sera renvoyé à agir, si elle l’estime opportun.
3. En l'espèce, la plaignante, qui allègue qu'un tiers non autorisé aurait signé avec la poursuivante un contrat à son nom, conteste être débitrice du montant objet de la poursuite considérée.
Or, comme rappelé ci-dessus, il n'appartient pas à la Commission de céans de revoir la justification des créances à l'origine de la procédure de réalisation forcée.
4. La plainte doit en conséquence être déclarée irrecevable, aucun abus manifeste de droit, sanctionné le cas échéant par la nullité de la poursuite, n'étant au demeurant établi.
5. Au surplus, la Commission de céans relève que c'est à bon droit que l'Office, requis de continuer la poursuite - le commandement de payer n'ayant pas été frappé d'opposition -, a fait notifier à la plaignante une commination de faillite (art. 39 al. 1 ch. 9 LP), aucune des exceptions prévues à l'art. 43 LP n'étant réalisée.
* * * * *