Decision ID: 4b497c01-4a3d-54a0-94d4-36585b30f568
Year: 2015
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_001
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law

EN FAIT
, l'ordonnance de preuve
ORTPI/194/2015
rendue par le Tribunal de première instance le 19 mars 2015, notifiée le 23 mars 2015, dans la cause qui oppose B_ à A_, par laquelle le Tribunal a dit qu'il n'y avait pas lieu d'entendre les témoins C_ et D_ par commission rogatoire (ch. 1), ordonné les plaidoiries finales et fixé aux parties un délai au 31 mars 2015 pour indiquer si elles souhaitaient des plaidoiries écrites ou le temps de leurs plaidoiries orales (ch. 2);
Vu le recours formé par A_ contre cette ordonnance, dont elle demande l'annulation du chiffre 1 de son dispositif en tant qu'elle refuse l'audition de C_ et, par voie de conséquence, l'annulation du chiffre 2 dudit dispositif;
Que la recourante sollicite, à titre préalable, l'octroi de l'effet suspensif, exposant qu'à défaut, la procédure de première instance prendra fin, de sorte que son recours deviendra sans objet, privant définitivement la banque de la possibilité de faire entendre ce témoin avant que la Cour ait statué sur son recours;
Que l'intimé conclut au rejet de la requête d'effet suspensif, faisant valoir que le recours est vraisemblablement irrecevable, car la décision entreprise n'est pas susceptible de causer un préjudice difficilement réparable à la banque, et que, de toute manière, le Tribunal a rendu une nouvelle ordonnance le 20 avril 2015, par laquelle il a décidé de fixer les plaidoiries après la clôture de la procédure de recours;
Considérant,

EN DROIT
, que le recours est recevable contre des décisions et ordonnances d'instruction de première instance, dans les cas prévus par la loi (art. 319 let. b ch. 1 CPC) ou lorsqu'elles peuvent causer un préjudice difficilement réparable
(art. 319 let. b ch. 2 CPC);
Qu'en l'espèce, la décision querellée est une ordonnance d'instruction, qui se rapporte à l'administration des preuves;
Qu'ainsi, la voie du recours n'est ouverte que si l'ordonnance est susceptible de causer un préjudice difficilement réparable au recourant;
Que, dans le cadre d'un recours, la cognition de la Cour est limitée à la constatation manifestement inexacte des faits et à la violation du droit (art. 320 CPC);
Que selon l'art. 325 al. 2 CPC, l'instance de recours peut suspendre le caractère exécutoire de la décision attaquée, le recours ne déployant dans la règle (art. 325 al. 1 CPC) aucun effet suspensif;
Que la Présidente soussignée a compétence pour statuer sur la requête d'effet suspensif, vu la nature incidente et provisionnelle d'une telle décision et la délégation prévue à cet effet par l'art. 18 al. 2 LaCC, concrétisée par une décision de la Chambre civile siégeant en audience plénière et publiée sur le site Internet de la Cour;
Que l'instance de recours jouit d'un large pouvoir d'appréciation dans le cadre de la décision sur effet suspensif (Jeandin, in CPC, Code de procédure civile commenté, Bohnet/Haldy/ Jeandin/Schweizer/Tappy [éd.], 2011, n° 6 ad art. 325 CPC);
Que selon les principes généraux applicables en matière d'effet suspensif, le juge procèdera à une pesée des intérêts en présence et se demandera en particulier si sa décision est de nature à provoquer une situation irréversible;
Qu'en l'espèce, le Tribunal ayant annulé la date des plaidoiries et indiqué qu'il la refixerait à l'issue de la procédure de recours, la requête d'effet suspensif est devenue sans objet;
Que cela étant, quand bien même tel ne serait pas le cas, elle devrait être rejetée;
Qu'en effet, au vu de l'argumentation de la recourante, le risque d'un préjudice difficilement réparable n'est pas manifeste;
Qu'en particulier, la décision de ne pas entendre le témoin C_ pourra, le cas échéant et en cas de jugement défavorable pour la recourante, être contestée en appel contre le jugement au fond, l'instance d'appel ayant en outre la possibilité d'administrer des preuves (art. 316 al. 3 CPC) ou de renvoyer la cause en première instance pour complément d'instruction (art. 318 al. 1 let. c CPC);
Que le seul prolongement de la procédure ne constitue pas un préjudice difficilement réparable;
Qu'au demeurant, dans la mesure où la procédure de première instance touche à son terme, l'éventuel prolongement de la procédure résultant d'un appel admettant l'audition de témoin requise ne serait pas très important;
Que le présent recours est donc,
prima facie
et sans préjudice de l'examen au fond, dénué de chances de succès, car irrecevable;
Que, dès lors, la requête de la recourante tendant à la suspension de l'effet exécutoire attaché à l'ordonnance querellée doit de toute manière être rejetée;
Qu'il sera statué sur les frais et dépens de l'incident avec la décision au fond (art. 104
al. 3 CPC);
Considérant enfin que la présente décision, de nature incidente, est susceptible d'un recours en matière civile au Tribunal fédéral, dans les limites de l'art. 93 LTF (ATF
137 III 475
consid. 1; arrêt du Tribunal fédéral
4D_26/2011
consid. 2 et 3), et que la décision relative à une requête d'effet suspensif étant une mesure provisionnelle au sens de l'art. 98 LTF, seule peut être invoquée la violation des droits constitutionnels (art. 98 LTF; ATF
137 III 475
consid. 2; arrêt du Tribunal fédéral
2C_8/2011
du 3 mars 2011 consid. 3.1).
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