Decision ID: 371b3ba1-adb9-52e1-b2f2-d3cea55b237d
Year: 2009
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_013
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: public_law

EN FAIT
1. Monsieur K_, domicilié en France, est titulaire d'un permis de conduire français pour véhicules de catégorie B.
2. Selon le dossier administratif remis par l'office cantonal des automobiles et de la navigation (ci-après : OCAN), ce conducteur n'a pas d'antécédents connus en matière de circulation routière.
3. Le 6 octobre 2008 à 19h20, M. K_ circulait sur la rue François-Jacquier en direction de la route de Jussy au volant d'un véhicule à moteur. Il a alors entrepris de dépasser la voiture qui le devançait. Cette dernière aurait alors accéléré. M. K_ avait continué sa manœuvre, et, à l'approche d'un rond-point, s'était rabattu sur la droite, heurtant d’abord l'autre voiture, puis, déporté sur la gauche suite à ce choc, le bord du rond-point. Durant sa tentative de dépassement, l'intéressé avait en outre contraint un automobiliste venant en sens inverse à un freinage d'urgence pour éviter une collision frontale.
4. Le 20 octobre 2008, le procureur général a rendu une ordonnance de condamnation à l'encontre de M. K_ en raison des faits susmentionnés, le reconnaissant coupable de violation grave des règles et la circulation routière au sens de l'article 90 chiffre 2 de la loi fédérale sur la circulation routière du 19 décembre 1958 (LCR -
RS 741.01
) et de mise en danger de la vie d'autrui au sens de l'article 129 du code pénal suisse du 21 décembre 1937 (CP -
RS 311.0
).
Cette ordonnance n'a pas fait l'objet d'opposition et est entrée en force.
5. Par décision du 10 novembre 2008, l'OCAN a interdit à M. K_ de faire usage de son permis de conduire étranger sur le territoire suisse pour une durée de 3 mois, pour avoir perdu la maîtrise de son véhicule dans les circonstances susmentionnées. Il s'agissait d'une infraction grave aux règles de la circulation routière (art. 16c al. 1 let. a LCR).
Cette décision a été notifiée par pli recommandé au domicile de l'intéressé.
6. Le pli ayant été retourné non réclamé à l'OCAN, ce dernier a adressé la décision à M. K_ par pli simple, le 8 décembre 2008, en l'informant que la notification était valablement intervenue à l'échéance du délai de garde postal du premier envoi.
7. Par courrier mis à la poste le 20 décembre 2008 et reçu le 5 janvier 2009, M. K_ a demandé au Tribunal administratif un report du début de la mesure, fixé au 10 janvier 2009, pour des raisons sportives et professionnelles. S'agissant des faits du 6 octobre 2008, il observait que tous les torts avaient été mis à sa charge, alors qu'ils étaient partagés.
8. L'intéressé ne s'est pas présenté, ni excusé, à l'audience de comparution personnelle des parties convoquée le 29 janvier 2009, au cours de laquelle l'OCAN a persisté dans sa décision.
9. Le procès-verbal de l'audience a été expédié le même jour à M. K_.

EN DROIT
1. Le 18 septembre 2008, le Grand Conseil de la République et canton de Genève a modifié la loi d’organisation judiciaire du 22 novembre 1941 (LOJ -
E 2 05
), notamment en créant une commission de recours administrative compétente pour connaître, en première instance, des décisions prises par l’OCAN en application de la loi fédérale sur la circulation routière du 19 décembre 1958 (LCR -
RS 741.01
; art. 56Y LOJ) et de l’article 17 de la loi d’application de la législation fédérale sur la circulation routière du 18 décembre 1987 (LaLCR -
H 1 05
). Ces dispositions sont entrées en vigueur le 1
er
janvier 2009. Toutefois, selon la disposition transitoire adoptée par le législateur (art. 162 al. 4 LOJ), le Tribunal administratif reste compétent pour trancher les recours dont il a été saisi contre les décisions rendues par l'OCAN avant le 31 décembre 2008.
Le recours a ainsi été interjeté devant la juridiction compétente.
2. Le recourant souhaite reporter la date du début de l'exécution de la mesure d'interdiction de circuler en Suisse.
Aux termes de l'article 59 lettre b LPA, le recours n'est pas recevable contre les mesures d'exécution des décisions.
Dans le cas particulier, le recourant ne conteste pas le principe ni la quotité de la mesure d'interdiction de conduire, mais uniquement les modalités de la mise en œuvre de la décision qui la prononce. Le recours n'est dès lors pas recevable (
ATA/387/2007
du 7 août 2007 ;
ATA/240/2004
du 16 mars 2004).
3. Au vu de ce qui précède, le recours sera déclaré irrecevable.
Un émolument de CHF 400.- sera mis à la charge du recourant (art. 87 LPA).
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