Decision ID: 522cc9bd-8119-5f32-a532-5575ae207b19
Year: 2019
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_013
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: public_law

EN FAIT
1. Par jugement du 29 octobre 2018, le Tribunal administratif de première instance (ci-après : TAPI) a déclaré irrecevable le recours interjeté le 28 août 2018 par Madame A_contre la décision de l’office cantonal de la population et des migrations (ci-après : OCPM) du 15 août 2018 refusant d’entrer en matière sur une demande de reconsidération d’un refus d’autorisation de séjour.![endif]>![if>
Mme A_n’avait pas réglé, dans le délai imparti au 8 octobre 2018, l’avance de frais qui lui avait été demandée par pli recommandé, dûment distribué le 13 septembre 2018, lequel attirait son attention sur la conséquence du défaut de paiement, à savoir l’irrecevabilité du recours.
2. Le 29 novembre 2018, Monsieur B_, indiquant pour domicile l’EMS C_, a adressé à la chambre administrative de la Cour de justice (ci-après : la chambre administrative) un recours contre le jugement susmentionné.![endif]>![if>
Mme A_n’avait pas pu faire l’avance de frais car elle n’avait pas de revenu. Exposant divers éléments, relevant du fond, il concluait à ce que la situation de l’intéressée soit revue.
3. Le 5 décembre 2018, la chambre administrative a demandé à M. B_ de lui faire parvenir une procuration de Mme A_ainsi que de fournir tout justificatif permettant de démontrer sa qualification en matière du droit des étrangers.![endif]>![if>
4. Le 6 décembre 2018, le TAPI a transmis son dossier, sans observations. Le recours et les autres documents signés par Mme A_comportaient une signature identique à celle du recours devant la chambre de céans.![endif]>![if>
5. Le 12 décembre 2018, M. B_ a transmis uniquement une procuration de Mme A_.![endif]>![if>
6. Le 7 janvier 2019, les parties ont été informées que la cause était gardée à juger.![endif]>![if>

EN DROIT
1. Interjeté en temps utile devant la juridiction compétente, le recours est recevable (art. 132 de la loi sur l'organisation judiciaire du 26 septembre 2010 - LOJ -
E 2 05
; art. 62 al. 1 let. a de la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 1985 - LPA -
E 5 10
).![endif]>![if>
2. a. Les parties, à moins qu’elles ne doivent agir personnellement ou que l’urgence ne le permette pas, peuvent se faire représenter par un conjoint, un ascendant ou un descendant majeur, respectivement par un avocat ou par un autre mandataire professionnellement qualifié pour la cause dont il s’agit (art. 9 al. 1 LPA).![endif]>![if>
Par cette disposition, reprise de la loi genevoise instituant un code de procédure administrative du 6 décembre 1968, le législateur cantonal a manifesté son intention de ne pas réserver le monopole de représentation aux avocats en matière administrative, dans la mesure où un nombre important de recours exigent moins de connaissances juridiques que de qualifications techniques. L’art. 9 LPA n’a pas pour but de permettre la représentation et l’assistance des parties par tout juriste qui n’est pas titulaire du brevet d’avocat, mais repose sur le constat que certaines personnes, qui ont des qualifications techniques dans certains domaines, comme les architectes ou les comptables, sont à même de représenter avec compétence leur client dans le cadre de procédures administratives, tant contentieuses que non contentieuses (Mémorial des séances du Grand Conseil 1968, p. 3027 ;
ATA/108/2010
du 16 février 2010).
b. L’aptitude à agir comme mandataire professionnellement qualifié doit être examinée de cas en cas, au regard de la cause dont il s’agit à la date de la requête, ainsi que de la formation et de la pratique de celui qui entend représenter une partie à la procédure. Il convient de se montrer exigeant quant à la preuve de la qualification requise d’un mandataire aux fins de représenter une partie, dans l’intérêt bien compris de celle-ci et de la bonne administration de la justice (ATF
125 I 166
consid. 2b/bb p. 169 ; arrêt du Tribunal fédéral
1P.416/2004
du 28 septembre 2004 consid. 2.2, confirmant l’
ATA/418/2004
du 18 mai 2004), surtout en procédure contentieuse (
ATA/527/2001
du 27 août 2001). Pour recevoir cette qualification, le mandataire doit disposer de connaissances suffisantes dans le domaine du droit dans lequel il prétend être à même de représenter une partie (
ATA/636/2011
du 11 octobre 2011 ;
ATA/162/2010
du 9 mars 2010 ;
ATA/108/2010
du 16 février 2010).
c. En l’espèce, M. B_, bien que dûment invité à le faire, n’a pas fourni à la chambre de céans les éléments permettant de lui reconnaître la qualité de mandataire professionnellement qualifié. La chambre de céans renoncera cependant à inviter la recourante à venir à bref délai signer personnellement le recours, dès lors que ce dernier comporte une signature semblable à celle apposée sur les écritures et pièces à son nom produites en première instance, où elle agissait en personne. Le recours est ainsi recevable.
3. a. L'exigence de l'avance de frais et les conséquences juridiques en cas de non-paiement de celle-ci relèvent du droit de procédure cantonal. Par conséquent, les cantons sont libres, dans le respect des garanties constitutionnelles, d'organiser cette matière à leur guise (arrêt du Tribunal fédéral
2C_1022/2012
du 25 mars 2013 consid. 5.1 ;
ATA/916/2015
du 8 septembre 2015 consid. 2a et la jurisprudence citée).![endif]>![if>
b. Selon l’art. 86 LPA, la juridiction saisie d’un recours invite le recourant à payer une avance de frais destinée à couvrir les frais et émoluments de procédure présumables. À cette fin, elle lui fixe un délai suffisant (al. 1). Si l’avance de frais n’est pas faite dans le délai imparti, la juridiction déclare le recours irrecevable (al. 2).
Les juridictions administratives disposent d'une grande liberté d’organiser la mise en pratique de cette disposition et peuvent donc opter pour une communication des délais de paiement par pli recommandé (
ATA/1207/2017
du 22 août 2017 consid. 2b ;
ATA/916/2015
précité consid. 2b et la jurisprudence citée). La référence au « délai suffisant » de l’art. 86 al. 1 LPA laisse une certaine marge d’appréciation à l’autorité judiciaire saisie (
ATA/916/2015
précité consid 2c).
c. À rigueur de texte, l'art. 86 LPA ne laisse aucune place à des circonstances extraordinaires qui justifieraient que l’avance de frais n’intervienne pas dans le délai imparti. Toutefois, selon la jurisprudence, il convient d’appliquer par analogie la notion de cas de force majeure de l’art. 16 al. 1 LPA afin d’examiner si l’intéressé a été empêché sans sa faute de verser l’avance de frais dans le délai fixé (
ATA/916/2015
précité consid. 2c et la jurisprudence citée). Tombent sous cette notion les événements extraordinaires et imprévisibles qui surviennent en dehors de la sphère d’activité de l’intéressé et qui s’imposent à lui de façon irrésistible (
ATA/916/2015
précité consid 2c ;
ATA/378/2014
du 20 mai 2014 consid. 3d).
4. a. Le formalisme excessif, prohibé par l’art. 29 al. 1 de la Constitution fédérale de la Confédération suisse du 18 avril 1999 (Cst. -
RS 101
), est réalisé lorsque la stricte application des règles de procédure ne se justifie par aucun intérêt digne de protection, devient une fin en soi, complique de manière insoutenable la réalisation du droit matériel ou entrave de manière inadmissible l'accès aux tribunaux (ATF
135 I 6
consid. 2.1 ;
134 II 244
consid. 2.4.2 ;
ATA/836/2014
du 28 octobre 2014 consid. 7a). ![endif]>![if>
b. Il n'y a pas de rigueur excessive à ne pas entrer en matière sur un recours lorsque, conformément au droit de procédure applicable, la recevabilité de celui-ci est subordonnée au versement d'une avance de frais dans un délai déterminé. Il faut cependant que son auteur ait été averti de façon appropriée du montant à verser, du délai imparti pour le paiement et des conséquences de l'inobservation de ce délai (ATF
104 Ia 105
consid. 5. La gravité des conséquences d'un retard dans le paiement de l'avance sur la situation du recourant n'est pas pertinente (arrêts du Tribunal fédéral
2C_703/2009
du 21 septembre 2010 consid. 4.4.2).
5. En l’espèce, le TAPI a fixé à la recourante un délai de paiement au 8 octobre 2018, par pli recommandé distribué le 13 septembre 2018. Elle disposait ainsi d’un délai raisonnable pour s’acquitter de ce montant, ou informer la juridiction saisie du dépôt d’une demande d’assistance juridique, voire pour lui adresser une demande de report d’échéance. Faute de paiement ou de connaissance de toute autre démarche effectuée en temps utile, le TAPI ne pouvait que déclarer le recours irrecevable. ![endif]>![if>
Le recours sera dès lors rejeté, sans acte d’instruction supplémentaire
(art. 72 LPA).
6. Nonobstant l’issue du litige, aucun émolument ne sera mis à la charge de la recourante, eu égard aux circonstances particulières du cas d’espèce (art. 87
al. 1 LPA). Vu cette issue, aucune indemnité de procédure ne lui sera allouée (art. 87 al. 2 LPA).![endif]>![if>
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