Decision ID: 3c06fc23-f76b-445f-9dde-37fb51f0e278
Year: 2015
Language: fr
Court: VD_TC
Chamber: VD_TC_031
Canton: VD
Region: Région lémanique
Law Area: public_law

Vu les faits suivants
A. Le 17 novembre 2014, le Procureur Yvan Gillard, du Ministère public central du canton de Vaud, a rendu une ordonnance de classement en faveur de X._ dans l'affaire médiatisée dite "du Saint-Saphorin". Cette décision se fonde notamment sur un retrait de plainte; elle considère que le vin vendu par le prévenu était conforme à la législation applicable et que l'enquête pénale n'avait pas permis d'établir l'existence d'opérations d'assemblages illicites. Les frais de procédure, par 6'322 fr. 70, ont été mis à la charge du prévenu dont l'attitude avait inutilement compliqué l'enquête. Cette décision est entrée en force.
B. Par demande du 22 janvier 2015, le journal "24 Heures" a sollicité du Procureur général Eric Cottier la communication de l'ordonnance de classement précitée. Il s'est prévalu du droit à l'information.
Le 27 janvier 2015, le Procureur général a accusé réception de cette demande. Il a répondu au "24 Heures" qu'avant de rendre sa décision, il devait interpeller X._.
Le même jour, le Procureur général a transmis par fax à Me Yannis Sakkas, conseil de X._, la demande du "24 Heures" et lui a imparti un délai au 6 février 2015 pour se déterminer.
Le 3 février 2015, Me Yannis Sakkas a déposé les déterminations de X._. Tout en concluant au rejet de la demande présentée par le "24 Heures", il a sollicité la récusation du Procureur général, estimant qu'il existerait une apparence de prévention de sa part à l'encontre de son mandant. Il s'est fondé sur les motifs suivants:
"..., l’ordonnance de classement a été rendue par M. le Procureur Yvan Gillard. Ce magistrat a alors été sollicité par plusieurs journalistes pour obtenir le droit de consulter ce document. Des décisions négatives ont été rendues. De façon fort surprenante, ce Procureur a alors été dessaisi. On a grand peine à comprendre les motivations d’un tel changement et ceci à ce stade de la procédure. La seule raison objective est que vous ne partagez pas l’avis du premier magistrat saisi. Vous avez alors requis que la cause vous soit attribuée.
Cette apparence de prévention s’accroît à la vue des délais extrêmement courts que vous impartissez à M. X._ pour se déterminer et ceci en une période de l’année particulièrement chargée. Cela viole le droit d’être entendu de ce dernier, ainsi que l’égalité des armes. Il est d’ailleurs piquant de constater que ces délais sont plus courts que le laps de temps nécessaire à votre Office pour transmettre la requête des journalistes à l’intéressé... Le mode de transmission (par fax) accroît ce sentiment d’inconfort. Or il n’existe ici aucune urgence, comme vous le reconnaissez d’ailleurs. Malgré vos écrits, il apparaît que vous cédez aux agendas médiatiques. Cela créait également une apparence de prévention.
Cette prévention trouve son point cardinal à la lecture de l’article paru dans le journal "le Matin Dimanche" le 14 décembre dernier. A cette occasion, vous avez donné une interview à un journaliste et avez énoncé une partie du contenu de l’ordonnance de classement rendue par votre Office! Vous avez d’ailleurs révélé des faits qui pouvaient laisser à penser au lecteur moyen que M. X._ avait été en réalité condamné. Seuls des éléments à charge ont été transmis. [...].
En tout état de cause, il ne fait aucun doute qu’en divulguant une partie de cette ordonnance à la presse, vous avez préjugé du fond. Vous vous êtes en effet montré favorable à la diffusion de cette ordonnance aux médias."
A noter que dans le courant du mois de décembre 2014, d'autres médias avaient sollicité du Procureur général la communication de l'ordonnance de classement du 17 novembre 2014. Comme dans le cas du "24 Heures", X._ s'y était opposé et avait sollicité la récusation du Procureur général. Par arrêt du 21 janvier 2015 rendu dans la cause GE.2014.0230, la Cour de droit administratif et public du Tribunal cantonal (CDAP) avait rejeté cette première demande de récusation.
C. a) Le 10 février 2015, le Procureur général a transmis la nouvelle demande de récusation présentée par X._ à la CDAP comme objet de sa compétence. Se référant aux déterminations déposées dans la cause GE.2014.0230, il a réfuté les différents griefs qui lui étaient faits et conclu au rejet de la demande de récusation.
Par avis du 11 février 2015, le juge instructeur a accusé réception de la demande de récusation enregistrée sous le numéro de dossier GE.2015.0043 et informé les parties que l'instruction de la cause était suspendue jusqu'à droit définitivement connu sur la demande de récusation ayant donné lieu à l'arrêt du 21 janvier 2015 rendu dans la cause GE.2014.0230.
b) Par décisions du 17 février 2015, le Procureur général a statué favorablement sur les demandes de communication de l'ordonnance de classement du 17 novembre 2014 des médias qui l'avaient interpellé dans le courant du mois de décembre 2014 (voir supra let. B in fine).
Le 26 février 2015, X._ a écrit au Procureur général pour l'informer du dépôt d'un recours au Tribunal fédéral contre l'arrêt du 21 janvier 2015 rendu dans la cause GE.2014.0230; il lui reprochait par ailleurs de n'avoir pas attendu l'entrée en force de cet arrêt avant de statuer sur les premières demandes de communication des médias; il y voyait un élément supplémentaire démontrant une apparence de prévention.
Le 5 mars 2015, le Procureur général a transmis cette lettre qu'il considérait comme une nouvelle demande de récusation à la CDAP comme objet de sa compétence.
Par avis du 6 mars 2015, le juge instructeur a accusé réception de cette demande de récusation qui a été enregistrée sous un nouveau numéro de dossier (cause GE.2015.0057) et a invité le requérant à préciser si cette demande visait une nouvelle cause ou les causes actuellement pendantes, dont celle concernant le "24 Heures".
Le 10 avril 2015, le requérant a répondu que la demande de récusation concernait les causes déjà pendantes.
Le 14 avril 2015, le juge instructeur a suspendu cette nouvelle cause jusqu'à droit définitivement connu sur la demande de récusation ayant donné lieu à l'arrêt du 21 janvier 2015 rendu dans la cause GE.2014.0230.
c) Par arrêt du 7 juillet 2015 (cause 1C_127/2015), le Tribunal fédéral a rejeté le recours formé par X._ contre l'arrêt de la CDAP du 21 janvier 2015.
Invité à plusieurs reprises à indiquer si, compte tenu de cet arrêt, il maintenait sa demande de récusation, le requérant n'a pas réagi.
d) Par avis du 7 octobre 2015, le juge instructeur a informé les parties qu'une copie des écritures et pièces produites dans la cause GE.2015.0057 avait été versée au dossier et que les moyens invoqués par le requérant dans sa lettre du 26 février 2015 seraient examinés dans le cadre de la présente procédure.
e) La cour a statué à huis clos sans autre mesure d'instruction.

Considérant en droit
1. a) La loi vaudoise du 28 octobre 2008 sur la procédure administrative (LPA-VD; RSV 173.36) régit la procédure devant les autorités administratives du canton et des communes (art. 1 LPA-VD).
Sont des autorités administratives les organes du canton, des communes, des associations ou fédérations de communes et des agglomérations, ainsi que les personnes physiques ou morales, qui sont légalement habilités à rendre des décisions (art. 4 LPA-VD). Par décision, on entend, selon l’art. 3 al. 1 LPA-VD, toute mesure prise par une autorité dans un cas d’espèce, en application du droit public, ayant pour objet de créer, de modifier ou d’annuler des droits et obligations (let. a); de constater l’existence, l’inexistence ou l’étendue de droits et d’obligations (let. b); de rejeter ou de déclarer irrecevables des demandes tendant à créer, modifier, annuler ou constater des droits et obligations (let. c). La décision est un acte de souveraineté fondé sur le droit public, individuel et concret, qui règle de manière obligatoire et contraignante, à titre formateur ou constatatoire, un rapport juridique relevant du droit administratif (ATF 135 II 38 consid. 4.3 p. 44/45, 328 consid. 2.1 p. 331, et les arrêts cités).
La LPA-VD contient des règles sur la récusation. Il s'agit des art. 9 à 12 LPA-VD. La question de la compétence pour statuer sur une demande de récusation est traitée à l'art. 11 LPA-VD, dont la teneur est la suivante:
"Art. 11 – Autorité compétente
1 L'autorité collégiale statue sur les demandes de récusation visant un ou plusieurs de ses membres.
2 L'autorité de recours statue sur les demandes de récusation visant l'ensemble d'une autorité ou la majorité de ses membres.
3 Le Tribunal cantonal statue sur les demandes de récusation visant ses membres.
4 Le Tribunal neutre statue sur les demandes de récusation visant l'ensemble du Tribunal cantonal ou la majorité de ses membres."
b) Le Ministère public est selon le Code de procédure pénale du 5 octobre 2007 (CPP; RS 312.0) une autorité de poursuite pénale (art. 12 CPP). Il est responsable de l'exercice uniforme de l'action publique; il lui incombe de conduire la procédure préliminaire, de poursuivre les infractions dans le cadre de l'instruction et, le cas échéant, de dresser l'acte d'accusation et de soutenir l'accusation (art. 16 CPP). Lorsqu'il est saisi comme en l'espèce d'une demande tendant à la communication d'une ordonnance de classement entrée en force, le Ministère public n'agit en revanche pas comme autorité de poursuite pénale au sens du CPP, mais comme autorité administrative au sens de l'art. 4 LPA-VD (arrêt GE.2014.0230 consid. 1 et les références citées; ég. TF 1C_127/2015 du 7 juillet 2015 consid. 1).Ce sont donc les dispositions sur la récusation de la LPA-VD, et non les art. 56 ss CPP, qui sont applicables au cas d'espèce. En tant qu'autorité de recours contre la décision au fond, la Cour de droit administratif et public du Tribunal cantonal est dès lors compétente pour statuer sur la demande de récusation présentée par X._ (art. 11 al. 2 LPA-VD en relation avec l'art. 92 LPA-VD).
2. Aux termes de l'art. 29 al. 1 de la Constitution fédérale de la Confédération suisse du 18 avril 1999 (Cst.; RS 101), toute personne a droit, dans une procédure judiciaire ou administrative, à ce que sa cause soit traitée équitablement et jugée dans un délai raisonnable. Selon la jurisprudence, ce droit permet notamment d'exiger la récusation des membres d'une autorité administrative dont la situation ou le comportement sont de nature à faire naître un doute sur leur indépendance ou leur impartialité; il tend à éviter que des circonstances extérieures à l'affaire ne puissent influencer une décision en faveur ou au détriment de la personne concernée. La récusation peut s'imposer même si une prévention effective du membre de l'autorité visée n'est pas établie, car une disposition interne de sa part ne peut guère être prouvée; il suffit que les circonstances donnent l'apparence de la prévention et fassent redouter une activité partiale. Cependant, seules des circonstances constatées objectivement doivent être prises en considération; les impressions purement individuelles d'une des personnes impliquées ne sont pas décisives (TF 1C_127/2015 du 7 juillet 2015 consid. 3.1; TF 2C_831/2011 du 30 décembre 2011 consid. 3.1; ATF 127 I 196 consid. 2b p. 198; voir également s'agissant des autorités judiciaires, ATF 138 IV 142 consid. 2.1).
Contrairement à l'art. 30 al. 1 Cst., l'art. 29 al. 1 Cst. n'impose pas l'indépendance et l'impartialité comme maxime d'organisation. En règle générale, les prises de position qui s'inscrivent dans l'exercice normal de fonctions gouvernementales, administratives ou de gestion, ou dans les attributions normales de l'autorité, ne permettent pas de conclure à l'apparence de la partialité et ne justifient pas la récusation (ATF 125 I 119 consid. 3f , ATF 125 I 209 consid. 8a; TF 2P.56/2004 du 4 novembre 2004 consid. 3.3). Une autorité a en revanche le devoir de se récuser lorsqu'il apparaît qu'elle s'est forgée une opinion inébranlable avant même d'avoir pris connaissance de tous les faits pertinents de la cause (TF 1C_127/2015 du 7 juillet 2015 consid. 3.1; TF 1C_455/2010 du 7 janvier 2011 consid. 2.2 et les arrêts cités).
Ces principes sont mis en oeuvre dans le canton de Vaud par l'art. 9 LPA-VD, à teneur duquel toute personne appelée à rendre ou à préparer une décision ou un jugement doit se récuser si elle a un intérêt personnel dans la cause (let. a), si elle a agi dans la même cause à un autre titre, notamment comme membre d'une autorité, comme conseil d'une partie, comme expert ou comme témoin (let. b), si elle est liée par les liens du mariage ou du partenariat enregistré ou fait durablement ménage commun avec une partie, son mandataire ou une personne qui a agi dans la même cause comme membre de l'autorité précédente, la dissolution du mariage ou du partenariat enregistré ne supprimant pas le motif de récusation (let. c), si elle est parente ou alliée en ligne directe ou, jusqu'au troisième degré inclus, en ligne collatérale avec une partie, son mandataire ou une personne qui a agi dans la même cause comme membre de l'autorité précédente (let. d) ou si elle pourrait apparaître comme prévenue de toute autre manière, notamment en raison d'une amitié étroite ou d'une inimitié personnelle avec une partie ou son mandataire (let. e).
3. a) En l'espèce, le requérant reproche en premier lieu au Procureur général d'avoir dessaisi le Procureur Gillard, alors que ce dernier avait déjà été sollicité par plusieurs journalistes et qu'il avait refusé de transmettre l'ordonnance de classement litigieuse. A son sens, la seule raison de ce dessaisissement est que le Procureur général ne partage pas l'avis du procureur qui fut en charge du dossier. Le requérant fait également grief au Procureur général de lui avoir imparti des délais extrêmement courts pour se déterminer et ceci en une période de l'année particulièrement chargée. Il souligne qu'il n'existait pourtant aucune urgence. Il voit dans ce comportement une marque de prévention. Le requérant prétend encore qu'en accordant une interview au "Matin Dimanche", dans laquelle il a révélé une partie de l'ordonnance de classement litigieuse, le Procureur général a préjugé du fond. Cet élément serait constitutif d'un motif supplémentaire de récusation.
Ces griefs sont strictement les mêmes que ceux soulevés dans la précédente demande de récusation qui a donné lieu à l'arrêt du 21 janvier 2015 rendu dans la cause GE.2014.0230. La CDAP les a tous écartés. Par arrêt du 7 juillet 2015 (cause 1C_127/2015), le Tribunal fédéral a confirmé cette position. Il a relevé en particulier (consid. 3.2 à 3.4):
"3.2. Pour l'essentiel, les griefs du recourant se rapportent à l'interview donnée par le Procureur général. L'affaire ayant connu un grand retentissement médiatique, il était compréhensible que le Procureur accepte de répondre à la presse, ce d'autant que le recourant lui-même avait fait paraître un communiqué au sujet de son acquittement. L'article paru dans le "Matin Dimanche" a pour titre et pour sujet le paiement par le recourant des frais de justice malgré la décision de classement. Le Procureur a ainsi relaté les faits à l'origine de la procédure, le retrait de la plainte et le reproche fait au recourant d'avoir compliqué l'enquête. Il a ensuite confirmé que les 100'000 bouteilles de St-Saphorin étaient conformes à la réglementation et qu'elles ne contenaient pas de fendant, précisant encore que cette conclusion était fondée non sur une analyse chimique, mais sur l'examen des documents à disposition. L'article de presse concernant la mise à la charge du recourant des frais de justice, il était logique que le Procureur s'exprime sur les causes d'une telle décision. Ses réponses confirment clairement qu'aucune infraction pénale n'a été retenue et que les bouteilles avaient un contenu conforme. Les reproches justifiant la mise à charge des frais sont exposés de manière objective.
Le recourant perd en définitive de vue que la pesée des intérêts doit s'effectuer de manière différente selon qu'il s'agit de répondre à quatre questions précises pour expliquer un point de procédure - la mise à la charge des frais - ou de remettre aux médias l'intégralité de l'ordonnance de classement. Dans cette perspective, les réponses du Procureur dans l'article en question ne font ressortir aucune prévention.
3.3. Il en va de même de la procédure suivie jusque-là: il ne saurait être reproché au Procureur général de s'être substitué au magistrat précédent dès lors que celui-ci avait mis fin à la procédure par un classement, que la demande formelle lui avait été adressée personnellement et que les refus opposés par son prédécesseur n'avaient pas fait l'objet de décisions formelles. Dans une affaire très fortement médiatisée, le Procureur général doit pouvoir décider lui-même de la manière de communiquer du Ministère public. Le recourant ne prétend d'ailleurs pas qu'il en résulterait une violation des règles de compétence. Il invoque les art. 12 et 15 du règlement de l'ordre judiciaire sur l'information (ROJI, RS/VD 170.21.2) alors que, selon l'arrêt attaqué, ce règlement ne s'applique pas au Ministère public. L'arrêt attaqué n'a rien d'arbitraire sur ce point également.
3.4. Quant aux délais imposés au recourant pour se prononcer sur la demande de communication (soit quarante-huit heures, puis une prolongation de quelques jours), ils s'expliquent aisément par la nécessité de répondre sans retard aux demandes des médias, l'affaire ayant été déjà largement médiatisée. Cela peut également expliquer le fait que le Procureur général ait statué sur les demandes de communication sans attendre l'issue du présent recours. Il n'en résulte aucun préjudice pour le recourant puisque l'exécution de ces décisions est suspendue jusqu'à droit jugé sur le fond."
Il n'y a pas lieu de s'écarter dans le cas d'espèce de cette jurisprudence.
b) Dans sa lettre du 26 février 2015 (cf. supra partie faits let. C/c), le requérant fait encore grief au Procureur général de n'avoir pas attendu l'entrée en force de l'arrêt du 21 janvier 2015 rendu dans la cause GE.2014.0230 avant de statuer sur les premières demandes de communication des médias. Il y voit un élément supplémentaire démontrant une apparence de prévention.
Le Procureur général a statué sur les premières demandes de communication de l'ordonnance de classement le 17 février 2015. A cette date, le requérant n'avait pas encore saisi le Tribunal fédéral. A fortiori, aucune mesure provisionnelle ordonnant la suspension des procédures au fond pendantes jusqu'à l'entrée en force de l'arrêt du 21 janvier 2015 n'avait été rendue. Rien n'empêchait ainsi le Procureur général de statuer sans plus attendre. Il s'exposait simplement au risque qu'en cas d'admission de la demande de récusation par le Tribunal fédéral, la validité des décisions rendues le 17 février 2015 serait remise en cause. On ne saurait toutefois voir dans ce procédé une marque de prévention. On rappellera au demeurant que, selon la jurisprudence, la participation successive d'un juge – a fortiori celle d'un membre d'une autorité administrative – à des procédures distinctes posant les mêmes questions n'est pas contraire à la Constitution et à la Convention européenne des droits de l'homme (TF 1C_477/2011 du 16 janvier 2012 consid. 2.1, ainsi que les références).
c) En définitive, les différents motifs invoqués par le requérant ne sont pas de nature à faire naître un doute sur l'indépendance ou l'impartialité du Procureur général.
4. Les considérants qui précèdent conduisent au rejet de la demande de récusation. Le requérant, qui succombe, supportera les frais de la cause. Il n'y a pas lieu d'allouer de dépens.