Decision ID: 2494dbda-4e54-5499-b478-242d0d924eed
Year: 2022
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_001
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law

EN FAIT
que les époux B_ et A_ ont contracté mariage le _ 2012 à E_ (Algérie), et que deux enfants sont issus de cette union, soit C_, née le _ 2013 à Genève et D_, née le _ 2016 à Genève;
Que par requête du 10 février 2021, B_ a requis le prononcé de mesures protectrices de l'union conjugale, concluant notamment à ce que les parties soient autorisées à vivre séparées, à l'attribution en sa faveur de la jouissance du domicile conjugal et à la garde sur leurs enfants, à la réserve d'un droit de visite en faveur de A_ d'un week-end sur deux et la moitié des vacances scolaires;
Que lors de l'audience du 30 mars 2021, A_ a sollicité l'attribution de la garde des enfants;
Qu'aux termes de son rapport du 14 juillet 2021 le Service d'évaluation et d'accompagnement de la séparation parentale (SEASP) a conclu qu'il était conforme à l'intérêt des enfants d'attribuer une garde alternée aux parents, de maintenir le domicile légal des enfants à l'adresse actuelle du logement familial et d'exhorter les parents à entreprendre un travail de coparentalité;
Que lors de l'audience du 14 octobre 2021, les parties ont exposé qu'elles vivaient toujours sous le même toit, qu'elles essayaient de suivre les propositions du SEASP et qu'elles allaient prendre rendez-vous avec l'assistant social de l'Hospice général afin de trouver une solution de relogement pour l'une d'entre elles;
Que lors de l'audience du 22 février 2022, les parties ont indiqué qu'elles avaient commencé une thérapie ; qu'à l'issue de l'audience, le Tribunal a gardé la cause à juger;
Considérant,

EN DROIT
, que l'appel n'a pas d'effet suspensif lorsqu'il a pour objet des décisions portant sur des mesures provisionnelles (art. 315 al. 4 let. b CPC), telles les mesures protectrices de l'union conjugale (ATF
134 III 667
consid. 1.1);
Que toutefois, l'exécution des mesures provisionnelles peut exceptionnellement être suspendue si la partie concernée risque de subir un préjudice difficilement réparable (art. 315 al. 5 CPC);
Que selon la jurisprudence, lorsque la décision de mesures provisionnelles statue sur la garde ou modifie celle-ci de sorte que l'enfant devrait être séparé du parent qui prenait régulièrement soin de lui au moment de l'ouverture de la procédure ayant donné lieu à la décision attaquée, le bien de l'enfant commande alors, dans la règle, de maintenir les choses en l'état et de laisser celui-ci auprès de la personne qui lui sert actuellement de référence (arrêt du Tribunal fédéral
5A_792/2018
du 6 février 2019 consid. 3.2.2);
Que saisie d'une demande d'effet suspensif au sens de l'art. 315 al. 5 CPC, l'autorité cantonale d'appel doit ainsi procéder à une nouvelle pesée des intérêts entre les deux préjudices difficilement réparables, celui du demandeur à l'action si la mesure n'était pas exécutée immédiatement et celui qu'entraînerait pour le défendeur l'exécution de cette mesure (ATF
138 III 378
consid. 6.3 et les références citées;
137 III 475
consid. 4.1; arrêt du Tribunal fédéral
5A_514/2012
du 4 septembre 2012 consid. 3.2.2);
Que l'autorité cantonale doit faire preuve de retenue et ne modifier la décision de première instance que dans des cas exceptionnels; elle dispose cependant d'un large pouvoir d'appréciation permettant de tenir compte des circonstances concrètes du cas d'espèce (ATF
137 III 475
consid. 4.1; arrêt du Tribunal fédéral
5A_403/2015
du 28 août 2015 consid. 5);
Qu'en matière de garde et d'exercice du droit aux relations personnelles, des changements trop fréquents peuvent être préjudiciables à l'intérêt de l'enfant; par conséquent, lorsque la décision de mesures provisionnelles statue sur la garde ou modifie celle-ci de sorte que l'enfant devrait être séparé du parent qui prenait régulièrement soin de lui au moment de l'ouverture de la procédure ayant donné lieu à la décision attaquée, le bien de l'enfant commande alors, dans la règle, de maintenir les choses en l'état et de laisser celui-ci auprès de la personne qui lui sert actuellement de référence (ATF
144 III 469
consid. 4.2.1;
138 III 565
consid. 4.3.2; arrêts
5A_792/2018
du 6 février 2019 consid. 3.2.2;
5A_648/2014
du 3 octobre 2014 consid. 3.2.2;
5A_780/2012
du 8 novembre 2012 consid. 3.3.2);
Que le juge prendra également en considération les chances de succès du recours (ATF
115 Ib 157
consid. 2; arrêt du Tribunal fédéral
4D_30/2010
du 25 mars 2010 du 25 mars 2010 consid. 2.3);
Que la motivation constitue une condition de recevabilité, qui doit être examinée d'office; lorsqu'un acte est insuffisamment motivé, l'autorité cantonale n'entre pas en matière (arrêt du Tribunal fédéral
5A_89/2014
du 15 avril 2014 consid. 5.3.2);
Qu'en l'espèce, A_ n'a pas du tout motivé sa demande de restitution de l'effet suspensif;
Qu'il ne sera ainsi pas entré en matière sur celle-ci, qui sera rejetée;
Qu'en tout état, la solution retenue par le Tribunal, s'agissant de la garde sur les enfants et de l'attribution du domicile conjugal, parait
prima facie
conforme à l'intérêt des enfants, cela sans préjudice de la décision à rendre au fond;
Qu'il apparait en effet nécessaire que les parties ne demeurent pas plus longtemps sous le même toit; que l'effet suspensif ne saurait ainsi être restitué s'agissant de l'attribution de logement familial; que l'intérêt prépondérant allégué à cet égard par l'appelant n'emporte pas suffisamment conviction pour qu'il soit statué différemment; qu'au surplus, la situation personnelle des époux est identique, dans la mesure où ils n'ont pas de solution de relogement et ne réalisent aucun revenu, de sorte qu'aucun des deux ne saurait se prévaloir d'un intérêt prépondérant fondant une restitution de l'effet suspensif sur les autres points du dispositif;
Qu'en conclusion, la requête sera rejetée, pour autant qu'elle soit recevable;
Qu'il sera statué sur les frais de la présente décision avec l'arrêt à rendre au fond (art. 104 al. 3 CPC).
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