Decision ID: 4e12cdab-4ae1-567b-b7c5-28453dd56a7e
Year: 2016
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_001
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law

EN FAIT
, le jugement
JTPI/13861/2015
du 19 novembre 2015, notifié le 23 novembre 2015 à A_, aux termes duquel le Tribunal de première instance a prononcé le divorce des époux A_ et B_ et a, notamment, dit que A_ n'avait droit à aucune contribution d'entretien (ch. 3);
Vu l'appel interjeté le 8 janvier 2016 par A_ contre ce jugement, celle-ci concluant notamment à une contribution d'entretien post-divorce en sa faveur ainsi qu'à une indemnité fondée sur l'art. 165 CC;
Que B_ conclut au rejet de l'appel et sollicite l'exécution anticipée du chiffre 3 du dispositif précité, faisant valoir que sa situation financière ne lui permet plus de s'acquitter du montant mis à sa charge dans le jugement sur mesures provisionnelles et que la vie commune n'a duré que quatre ans;
Que l'appelante conclut au rejet de la requête d'exécution provisoire au motif qu'elle est en incapacité totale de travailler; qu'elle requiert que si la requête devait être admise, l'intimé soit astreint à des sûretés équivalent à la contribution d'entretien de 1'200 fr. par mois pendant la durée de la procédure d'appel;
Vu le jugement du 23 juin 2014 fixant sur mesures provisionnelles la contribution d'entretien à l'épouse à 1'200 fr. par mois;
Considérant,

EN DROIT
, que la Cour est saisie d'un appel au sens de l'art. 308 al. 2 CPC, les conclusions litigieuses portant sur une question patrimoniale, dont la valeur pécuniaire est supérieure à 10'000 fr.;
Que l'appel a effet suspensif
ex lege
(art. 315 al. 1 CPC);
Que la cause est régie par la maxime des débats (art. 55 al. 1 CPC);
Qu'aux termes de l'art. 315 al. 2 CPC, l'instance d'appel peut autoriser l'exécution provisoire;
Que la Présidente soussignée a compétence pour statuer sur la requête d'exécution provisoire, vu la nature incidente et provisionnelle d'une telle décision et la délégation prévue à cet effet par l'art. 18 al. 2 LaCC, concrétisée par une décision de la Chambre civile siégeant en audience plénière et publiée sur le site Internet de la Cour;
Qu'en la matière, l'instance d'appel dispose d'un large pouvoir d'appréciation (cf. Jeandin, in Code de procédure civile commenté, Bohnet/Haldy/Jeandin/-Schweizer, n. 4 ad art. 315 CPC);
Que selon les principes généraux en matière d'effet suspensif, applicables également à l'exécution provisoire, le juge procède à une pesée des intérêts en présence et se demande en particulier si sa décision est de nature à provoquer une situation irréversible;
Que concernant la contribution d'entretien, le refus de l'effet suspensif ne cause en principe pas de préjudice difficilement réparable à celui qui est condamné à la payer, la simple exécution de créances d'argent n'emportant pas en soi un tel dommage dans la mesure où l'intéressé pourra en obtenir la restitution s'il obtient finalement gain de cause (arrêt du Tribunal fédéral
5D_52/2010
du 10 mai 2010 consid. 1.1.1 in SJ 2011 I p. 134);
Qu'en l'espèce, l'incapacité de travail de l'appelante est rendue vraisemblable par les certificats médicaux produits;
Qu'il n'est par ailleurs pas allégué qu'elle réaliserait des revenus;
Qu'il apparaît que l'intimé rencontre également des problèmes de santé, étant cependant relevé que le certificat médical produit en appel date du 4 décembre 2014 et ne permet pas d'en déduire une incapacité de travail actuelle;
Qu'il fait l'objet de poursuites, en relation avec la gestion du bar "_";
Qu'il disposait d'une signature collective à deux en faveur de C_ jusqu'au 2 février 2016, ce qui rend vraisemblables les allégations de l'appelante selon lesquelles l'intimé a des intérêts financiers dans cette entreprise, qui exploite notamment la chaîne "D_" et dont il serait, selon le témoin E_, peut-être même employé;
Que l'intimé maintient une certaine opacité sur sa situation financière;
Qu'ainsi, il n'est pas possible de retenir, sous l'angle de la vraisemblance et dans le cadre de la présente décision, qu'il ne réaliserait aucun revenu ou que celui-ci ne lui permettrait pas de s'acquitter de la contribution d'entretien mise à sa charge sur mesures provisionnelles;
Qu'en revanche, il y a lieu de retenir que l'exécution anticipée du chiffre 3 du dispositif du jugement querellé est de nature à causer à l'appelante un préjudice difficilement réparable, celle-ci ne parvenant pas à couvrir ses charges incompressibles;
Que partant, la requête d'exécution anticipée sera rejetée;
Qu'il sera statué sur les frais et dépens de l'incident avec la décision au fond (art. 104 al. 3 CPC);
Qu'enfin, la présente décision, de nature incidente, est susceptible d'un recours de droit civil au Tribunal fédéral, dans les limites de l'art. 93 LTF (ATF
137 III 475
consid. 1) et de l'art. 98 LTF (ATF
137 III 475
consid. 2).
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