Decision ID: a0837d28-fc47-40c8-a68b-96cb03717353
Year: 2013
Language: fr
Court: VS_TC
Chamber: VS_TC_001
Canton: VS
Region: Région lémanique
Law Area: 

II. Statuant en faits
2. Z_ est né le xxx 1954 en D_. En 1989, il a épousé X_
(ci-après : dame X_), née le xxx 1970, également en D_. Trois
enfants sont issus de cette union : E_ (1997), F_ (1999) et
G_ (2000). Le couple s’est séparé en fin d’année 2002. La relation entre les
époux s’est détériorée et de nombreuses procédures civiles et pénales ont alimenté ce
conflit. Le divorce a finalement été prononcé par le Tribunal cantonal le 27 juillet 2011
(TCV C1 09 47 et arrêt du Tribunal fédéral 5A_623/2011 du 20 février 2012).
Architecte de formation, Z_ a exercé cette profession comme indépendant
jusqu’à la séparation. Très diminué selon ses dires en raison notamment de ses
problèmes conjugaux, il est resté un an sans emploi, puis a retrouvé, depuis janvier
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2005, une activité à 75% comme salarié auprès du bureau d’architecte H_
(R2, p. 22). A l’occasion de son interrogatoire du 5 juillet 2013, Z_ a affirmé
que sa situation patrimoniale ne s’était pas modifiée depuis les débats de première
instance, tenus le 7 mars 2012. A cette occasion, il avait indiqué vivre à I_,
dans un appartement qu’il partageait, 6 mois par an en moyenne, avec sa mère.
Oeuvrant toujours comme architecte à 75% pour le compte d’une société de
H_, il percevait un salaire mensuel brut de 7500 fr., servi douze fois l’an. Il a
ajouté ne pas exercer d’autre activité professionnelle rémunérée, souffrir de problèmes
de santé (surpoids et cholestérol) et être « sous traitement médical léger ». Au titre de
ses charges courantes, il a signalé devoir s’acquitter du montant du loyer (1300 fr.),
des frais médicaux de sa mère « lorsqu’elle est là », et des frais de son véhicule
automobile, qui lui est nécessaire pour se rendre de son domicile, à I_, à son
lieu de travail, à J_ (R11, p. 237). Il faisait encore l’objet à cette époque
d’une saisie de l’Office des poursuites, de l’ordre de 950 fr. par mois (R8, p. 236 s.).
3. Sous son ch. 1, l’acte d’accusation retient que par convention de séparation du
24 février 2003, Z_ s’est engagé à verser à son épouse une contribution
mensuelle globale de 2500 fr. pour l’entretien de ses trois enfants, E_,
F_ et G_, les allocations familiales étant versées en sus.
Ainsi, Z_ accusait un retard de 15'690 fr. dans le paiement des contributions
d’entretien pour l’année 2007.
Le 12 décembre 2007, dame X_ a porté plainte à raison de ces faits. Ce
faisant, Z_ s’est, d’après la représentante du Ministère public, rendu
coupable de violation d’une obligation d’entretien au sens de l’art. 217 CP.
3.1 Dans son écriture du 14 mai 2012 (ch. 5.5, p. 15 s.), Z_ fait grief au
premier juge d’avoir retenu à tort qu’il était débiteur de la somme de 2500 fr. à titre de
contribution à l’entretien de ses trois enfants, alors qu’un accord était intervenu entre
les parties pour abaisser dite somme à 1950 fr. par mois. Preuve en est l’échange de
courriers du 18 février 2005 entre les précédents conseils des époux (M e K_
pour dame X_ et M e L_ pour Z_). Par ailleurs,
Z_ a avancé, en substance, que le décompte de la plaignante selon laquelle
il devait s’acquitter au total de la somme de 37'776 pour l’année 2007 – dont 30'000 fr.
(12 x 2500 fr.) au titre de contribution d’entretien et 7776 fr. (12 x 648 fr.) au titre
d’allocations familiales – serait de toute manière erroné, et ne tiendrait pas compte du
fait qu’en ayant signé, le 22 mai 2007, la transaction où il se reconnaissait débiteur
notamment de la somme de 14'800 fr. au titre d’arriérés pour la période courant de
janvier 2005 à mars 2007, seule la période postérieure (i.e. dès avril 2007) serait
pertinente pour déterminer l’éventuelle nouvelle transgression de l’art. 217 CP.
3.1.1 Lors du débat pénal tenu le 22 mai 2007 par devant le Tribunal de district de
M_, dans le cadre d’une précédente procédure intentée contre Z_
pour violation de l’art. 217 CP (THC P1 06 31 ; doss., p. 8 s.), celui-ci s’est tout d’abord
reconnu débiteur envers son épouse de la somme de 32'300 fr. à titre d’arriérés de
contributions pour la période courant de décembre 2003 à décembre 2004
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inclusivement, ce qui correspond, à 200 fr. près, à 13 mois à 2500 fr. l’un (32'500 fr.),
soit le montant arrêté dans la convention de séparation signée sous seing privé en
janvier/février 2003. Z_ s’est par ailleurs reconnu débiteur de la somme de
14'800 fr., au titre d’arriérés pour la période courant de janvier 2005 à mars 2007. Dite
somme n’étant pas un multiple de 2500, on ignore si l’intéressé ne s’est pas du tout, ou
en revanche seulement partiellement, acquitté de ses obligations durant cette période.
Par ailleurs, Z_ a pris l’engagement de rembourser ces montants « au mieux
de ses facultés ». Il n’en demeure pas moins que dame Z_ a,
consécutivement aux engagements de son époux, déclaré retirer sa plainte fondée sur
l’art. 217 CP. Ainsi, compte tenu du caractère irrévocable du retrait de plainte (art. 33
al. 2 CP), il faut convenir que seule l’absence de règlement des contributions
d’entretien à partir d’avril 2007 pouvait être concernée par la nouvelle plainte pénale
portée le 12 décembre 2007.
3.1.2 Le 18 février 2005, l’ancien avocat de dame X_ (i.e. M e K_) a
réagi au pli adressé le 7 du même mois par l’un des précédents conseil de
Z_ (i.e. M e L_), en invitant ce dernier à « verser immédiatement [les
montants] proposés sur le compte bancaire de son épouse ». Il a estimé qu’il s’agissait
là d’un montant minimum, et qu’il était trop tôt pour le retenir en vue de la « signature
finale de la convention de divorce ». L’ancien mandataire de dame X_ a
relevé que, si conformément à la pratique vaudoise – qui n’est pas celle appliquée par
les Tribunaux valaisans – le montant proposé au titre de contribution d’entretien en
faveur des enfants correspondait à 35% du salaire net du débirentier, cela représentait
un revenu mensuel net de 7714 fr., que Z_ pouvait « aisément » réaliser,
« ne serait-ce déjà qu’en comptabilisant un treizième salaire ». Au terme de son
courrier, l’ancien avocat de dame X_ a attiré l’attention de l’époux sur le fait
qu’il « compt[ait] sur les versements réguliers des montants proposés dans [la]
correspondance du 7 février 2005, allocations familiales en sus ».
Dans son pli du 25 août 2006, M e L_ s’est référé à la lettre du 18 février 2005
de son confrère et observé que celui-ci avait manifesté son accord quant à la
modification de la contribution d’entretien pour les enfants, à concurrence de 1950 fr.
par mois.
3.1.3 Interrogée le 9 janvier 2008 en qualité de plaignante, dame X_ a
déclaré se constituer partie civile et demandé la réserve de ses prétentions. Elle a
remis à cette occasion aux enquêteurs un décompte concernant les arriérés de
contributions d’entretien dont son époux était redevable pour toute l’année 2007, soit
un solde impayé de 15'690 fr. (37'776 fr. [12 x 2500 fr. + 12 x 648 fr.] – 22'086 fr.
[paiements effectifs]) (p. 27). Dame X_ a ajouté que son conjoint n’avait
versé aucun des montants promis dans l’arrangement signé devant le Tribunal des
districts de M_ (R1 et R3, p. 21).
A lire le document intitulé « recherche d’écritures » établi le 6 décembre 2007 par le
N_, et que dame X_ avait joint à sa plainte, son époux lui aurait
versé sur son compte bancaire pour la période courant du 8 janvier au 8 novembre
2007 la somme de 25'332 fr., correspondant à 10 mensualités de 1950 fr. l’une au titre
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de contributions d’entretien (10 x 1950 fr., soit 19'500 fr.) et à 9 mois d’allocations
familiales (9 x 648 fr., soit 5832 fr.) (doss., p. 11).
3.1.4 Lors de son interrogatoire du 17 janvier 2008 comme prévenu, Z_ a
déclaré qu’il savait devoir verser à cette époque la somme de 1950 fr. à l’entretien de
ses enfants, plus 648 fr. au titre des allocations familiales. Il a contesté devoir la
somme de 2500 fr. prévue initialement dans la convention de séparation, mais qui avait
été rectifiée et revue à la baisse (R3 et 4, doss., p. 23). Sous l’angle de sa situation
financière de l’époque, il a avancé percevoir, pour son activité d’architecte salarié, un
salaire mensuel brut de 8170 fr., et net – après déduction des charges sociales et
d’une saisie de salaire de l’ordre de 2000 fr. – de 4950 francs. En outre, il a signalé
faire l’objet de nombreuses poursuites, pour plus de 200'000 fr., et avoir délivré des
actes de défaut de biens (R2, p. 22).
D’après les décomptes de salaire des mois de juin et juillet 2007, Z_
bénéficiait d’un salaire mensuel net – hors allocations familiales (670 fr.50) – de 6950
fr.20 (7500 fr. bruts – 1220 fr.30 de charges sociales]). Il faisait toutefois l’objet d’une
retenue de salaire de l’Office des poursuites de 2000 fr. par mois (doss., p. 38 s.).
Z_ a également versé en cause cinq récépissés attestant du versement des
contributions d’entretien, de 1950 fr. l’une, pour les mois de juillet à octobre 2007,
selon les mentions manuscrites apposées sur ces documents. Il apparaît toutefois que
chacun de ces versements a été effectué avec 3 ou 4 mois de retard (doss., p. 40 et
consid. 3b du jugement entrepris, p. 12).
3.2 Cela étant, le juge de céans retient, au vu des éléments concordant au dossier
que constituent notamment l’échange de courriers des anciens avocats respectifs des
époux, et la déclaration crédible sur ce point de Z_, que celui-ci a établi que,
dès 2005 et en 2007 encore, les parties étaient effectivement convenues d’abaisser la
contribution globale prévue à l’entretien des enfants de 2500 fr. à 1950 francs. C’est
ainsi dire que le décompte sur lequel s’est fondé le Ministère public pour rédiger son
acte d’accusation et imputer à Z_ un retard de 15'690 fr. dans le paiement
des contributions d’entretien est erroné. Surtout, force est de constater que les charges
financières de l’appelant, singulièrement en 2007, n’ont pas été établies, pas
davantage que l’éventuelle possibilité qu’avait l’intéressé, qui travaillait avec un taux
d’activité de 75%, de bénéficier d’un salaire supérieur à celui effectivement réalisé. A
cet égard, on observera que, dans son courrier du 25 août 2006, en page 2, l’ancien
avocat de Z_ a fait référence à l’état dépressif sévère de son client, à la suite
de la séparation, supposé attesté par un rapport du D r O_, et qui l’avait
« rendu incapable d’exécuter correctement son travail ». Les conséquences juridiques
à tirer de cet état de fait lacunaire seront examinées plus loin (cf. infra, consid. 8).
4. L’acte d’accusation retient, sous ch. 2, que le 14 décembre 2007, vers 18h,
Z_ s’est rendu, dans le cadre de l’exercice d’un droit de visite, au domicile de
dame X_ et de Y_. En présence de son épouse, Z_ s’est
retrouvé en difficulté face à deux de ses enfants. Il a fait preuve d’autorité pour les
emmener. Il a pénétré dans la maison pour y chercher le cadet de ses enfants, qui lui
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échappait, et cela en dépit de l’interdiction d’y pénétrer, que dame X_ lui
avait clairement signifiée.
Les 17 et 18 décembre 2007, Y_ et dame X_ ont porté plainte pour
violation de domicile (art. 186 CP), infraction dont Z_ doit être reconnu
coupable.
4.1 Dans sa déclaration d’appel (ch. 5.4, p. 14 s.), Z_ reproche au premier
magistrat d’avoir tenu sa version concernant cet événement comme peu crédible, du
fait qu’il «n’a eu de cesse de mentir et de se contredire en procédure ». Sa déposition
à la police selon laquelle il a « sans doute franchi ce seuil » ne consacrerait aucun
aveu de sa part, mais serait plutôt la déclaration d’une personne ne se souvenant plus
du déroulement exact des faits et qui serait mise sous pression par le fait d’être
entendue par la police.
4.1.1 Interrogée le 25 janvier 2008 en qualité de partie plaignante, dame X_
a rapporté que le 14 décembre 2007, qui correspondait à un jour où son époux devait
venir chercher les enfants afin d’exercer son droit de visite, ses deux cadets lui ont
« donné du fil à retordre », en ce sens qu’ils n’étaient pas décidés à suivre leur père, et
se sont cachés dans le logement, à C_. A un moment donné, alors qu’elle
se trouvait dans le hall d’entrée de l’appartement, elle a entendu que son époux, qui
avait parqué son véhicule au bas de l’immeuble, était monté sur la terrasse privée,
après avoir franchi un portail d’accès. Elle lui a alors demandé ce qu’il faisait là et lui a
dit d’aller attendre les enfants dans la voiture. Au lieu de cela, Z_ a fait le tour
et a pénétré dans la maison pour se retrouver devant la porte de l’appartement. Dame
X_ se trouvait devant la porte, dans la cage d’escaliers, et aidait son dernier
fils à attacher ses souliers. S’adressant aux enfants, Z_ leur a demandé de
se dépêcher. G_ a alors déclaré n’avoir pas envie de venir, et s’est
déchaussé, imité par sa sœur, F_. Sentant perdre le contrôle de la situation,
Z_ a empoigné sa fille et l’a emmenée dans les escaliers, avant de remonter
seul pour faire face à son épouse, qui se trouvait toujours devant la porte de
l’appartement. Voyant cela, dame X_ a dit avoir eu peur, et a intimé à son
mari l’ordre de ne pas franchir la porte. Celui-ci l’a alors empoignée par les épaules,
soulevée puis poussée de côté malgré l’injonction, et a fait quelques pas à l’intérieur de
l’appartement, pour aller chercher G_ qui se trouvait sur le canapé de la
réception. Dame X_ a décrit son époux comme étant « hors de lui ».
Finalement, Z_ est parti avec les trois enfants, qui criaient dans l’automobile.
Par la suite, Z_ n’a plus exercé son droit de visite, comme indiqué dans un
pli adressé notamment au juge en charge du dossier matrimonial. Dame X_
a relevé que son époux ne s’était jamais comporté ainsi (R2, p. 48 s.).
A l’occasion de son audition par le procureur, le 4 octobre 2010, dame X_ a
précisé que le logement où s’étaient déroulés les événements susdécrits était celui de
son compagnon, Y_, qui n’était pas là au moment des faits. Elle a ajouté que
Z_ avait pénétré dans la cour privée de la maison, puis avait tapé à toutes
les fenêtres et portes-fenêtres sur son passage jusqu’à la terrasse privée (R5 à 8, p.
138 s.).
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4.1.2 A la suite de sa plainte portée le 17 décembre 2007 pour violation de domicile,
Y_ a été entendu par la police le 25 janvier 2008. N’étant lui-même pas
présent au moment des faits, dame X_, en pleurs, l’avait appelé et lui avait
expliqué le déroulement des faits. Personnellement, Y_ a reconnu n’avoir
jamais, y compris par le passé, adressé à Z_ une injonction de sortir ; ce
dernier s’était toujours comporté de manière correcte en sa présence (R3, p. 46).
Devant le procureur en audience du 8 octobre 2010, Y_ a précisé connaître
dame X_ depuis 1999, travaillant dans le même cabinet de dentiste, et vivre
avec elle depuis 8 ans. S’agissant des événements du 14 décembre 2007, il a répété
qu’il n’était pas présent, mais que, selon les dires de sa compagne et des enfants,
Z_ était vraiment entré dans l’appartement. Il a précisé être locataire du
logement, à C_, propriété de son père. C’était la première fois que l’exercice
du droit de visite, qui ne se passait pas très bien d’une manière générale, avait donné
lieu à une violation de domicile (R14 ss, p. 140).
Enfin, en audience du 7 mars 2012 devant le juge de district, Y_ a souligné
être formellement le seul locataire de l’appartement au moment des faits, mais que
dame X_ vivait avec elle en concubinage dans ce logement (R 2 et 3,
p. 234).
4.1.3 Lors de son premier interrogatoire du 12 février 2008 par la police, Z_
a exposé s’être rendu le 14 décembre 2007 au domicile de ses enfants afin d’exercer
son droit de visite. E_ est descendu le premier de l’appartement et lui a dit
que son frère et sa sœur se préparaient encore. Z_ a alors décidé d’aller les
rejoindre. Il a quitté son véhicule, a pénétré dans la cage d’escaliers de l’immeuble et
est parvenu devant la porte d’entrée de l’appartement de son épouse. Celle-ci se
trouvait sur le palier, avec G_ et F_. A sa vue, dame X_
a hurlé, en lui disant qu’il n’avait rien à faire là et qu’il devait quitter les lieux
immédiatement. Z_ a alors demandé à ses enfants de se dépêcher.
S’adressant à F_ et G_, dame X_ leur a dit qu’ils
pouvaient rester à la maison si ils le souhaitaient. En colère dans son for intérieur,
Z_ a compris qu’il perdait le contrôle de la situation s’il ne réagissait pas tout
de suite : il a alors fait valoir son autorité et a pris fermement F_, la tirant
dans les escaliers pour qu’elle descende à la voiture. Craignant un instant que son
épouse, toujours devant la porte, ne referme celle-ci afin qu’il ne puisse prendre son
dernier enfant, G_, Z_ a reconnu avoir « sans doute franchi ce
seuil pour l’attraper sous les cris de [sa femme] ». Celle-ci a fait une crise de nerfs, se
jetant au sol dans l’appartement et hurlant. Z_ a alors saisi son fils, l’a mis
par-dessus ses épaules, et a rapidement quitté les lieux. Une fois dans la voiture,
F_ et G_ ont pleuré un peu, puis le week-end avec les enfants
s’est passé normalement. Z_ a estimé que son épouse avait manipulé les
enfants pour qu’ils ne viennent pas avec lui. A la question de savoir s’il avait toqué aux
fenêtres du salon avant d’entrer dans l’immeuble, Z_ a répondu par
l’affirmative, précisant que, ne voyant personne, il avait ensuite fait le tour pour rentrer
dans la maison (R2, p. 51 s.).
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Devant le procureur, le 4 octobre 2010, Z_ a indiqué n’avoir jamais eu
l’intention de rentrer dans l’appartement lorsqu’il est allé chercher les enfants le
14 décembre 2007, sa seule volonté étant d’exercer son droit de visite. Il a en définitive
réfuté avoir pénétré dans l’appartement et démenti avoir préalablement à son entrée
dans l’immeuble, frappé aux fenêtres privées de l’appartement (R25,p. 142).
Enfin, lors de son interrogatoire devant le juge de district, Z_ a derechef
contesté être entré dans l’appartement ou avoir touché le seuil. A la question de savoir
pourquoi il avait dès lors signé le procès-verbal d’interrogatoire devant la police, il a
avancé avoir eu « une sorte de peur de contredire la police », qu’il était un réfugié
politique et qu’il venait d’un pays où il avait été battu par les forces de l’ordre (R2 et 3,
p. 236).
4.2 En l’occurrence, force est de constater que la première version des faits donnée
par Z_ à la police le 12 février 2008 – soit moins de 2 mois après les
événements du 14 décembre 2007 – se recoupe très largement avec celle de dame
Z_. L’intéressé a ainsi reconnu avoir toqué aux fenêtres, avant d’entrer dans
la maison et de trouver son épouse sur le palier de la porte, où les deux cadets se
préparaient à partir avec lui, enfilant leurs chaussures. Expliquant craindre, après avoir
saisi F_, que son épouse ne referme la porte en emmenant à l’intérieur
G_, il a indiqué avoir « sans doute franchi ce seuil pour attraper [le dernier
nommé] ». Si les termes utilisés ne dénotent à ce stade aucune certitude de
Z_ concernant son propre comportement, l’intéressé a en revanche
clairement déclaré que son épouse s’était « jetée au sol dans l’appartement, en
hurlant ». La question posée par les enquêteurs lors de l’interrogatoire de police était
formulée de manière très ouverte, puisqu’il a été demandé à Z_ de
simplement donner ses explications, ce qu’il a fait en fournissant beaucoup de détails,
ce qui constitue un indice de la véracité des événements décrits. Les rétractations
ultérieures, lors des auditions du 4 octobre 2010 auprès du procureur et du 7 mars
2012 devant le juge de district – soit près de 3 ans, respectivement 5 ans après les
faits incriminés – sont peu développées et ne sont ainsi guère crédibles. Elles ne sont
en outre pas étrangères au fait que, dans l’intervalle, il avait été mis en cause, selon
plainte du 8 juillet 2008, pour des événements plus graves, susceptibles d’être qualifiés
juridiquement de menaces (sur l’appréciation d’aveux suivis de rétractations, cf. arrêt
du Tribunal fédéral 6B_380/2008 du 4 août 2008 consid. 5.3 et les références). Aussi,
le juge de céans n’éprouve aucun doute sérieux, fondé et irréductible sur le fait que
Z_ a effectivement franchi le seuil de la porte et a pénétré dans
l’appartement, malgré l’injonction contraire de son épouse.
5. Enfin, sous son ch. 3, l’acte d’accusation retient que le 5 juillet 2008, Z_,
en présence de son fils E_, né le xxx 1997, a pointé une arme en direction
de son épouse en déclarant « Pan, pan. Ce n’est qu’un avertissement ».
Peu après ces faits, Z_ a téléphoné à son épouse en lui demandant si elle
avait eu peur de l’arme à feu, en ajoutant que ce n’était qu’un jouet cette fois-ci et qu’il
espérait qu’elle avait compris l’avertissement.
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Ce faisant, Z_ s’est, de l’avis du Ministère public, rendu coupable de
menaces.
5.1 Dans son écriture d’appel (ch. 5.3, p. 12 s.), Z_ remet en cause
l’appréciation du premier juge, selon lequel, compte tenu du contexte extrêmement
houleux entre les parties, l’épouse a été objectivement effrayée par son comportement
du 5 juillet 2008. Selon lui, comme les autorités pénales ont refusé de voir à quoi
pouvait ressembler le jouet qu’il a manipulé, il n’est pas possible de déterminer si celui-
ci était objectivement de nature à alarmer la plaignante. Z_ réfute également
l’existence d’un lien de causalité entre l’événement du 5 juillet 2008 et la soi-disant
crainte éprouvée par son épouse, la prétendue frayeur pouvant plutôt être mise sur le
compte des « échanges antérieurs entre les parties ».
5.1.1 Entendue par la police le 10 septembre 2008 en qualité de plaignante, dame
X_ a déclaré que le samedi 5 juillet 2008, son époux, à l’issue de son droit
de visite, a ramené vers 12h20 les enfants. Ceux-ci étaient en pleurs, car Z_
leur avait dit qu’il aurait mieux fait de tuer tout de suite leur mère et son compagnon,
Y_. Z_ s’était également énervé envers eux, car ils voulaient
participer à l’anniversaire du compagnon de leur mère. Vers 13h45, Z_ a
contacté son épouse par téléphone, déclarant vouloir voir leur fils aîné, E_,
pour lui remettre un cadeau d’anniversaire. Lorsqu’il est arrivé en véhicule dans la cour
intérieure de l’immeuble, Z_ a abaissé sa vitre et a pointé, de la main droite,
une arme à feu sur son épouse, qui se tenait à sa hauteur. Affirmant ne pas connaître
les armes à feu, dame X_ a avancé être dans l’impossibilité de dire s’il
s’agissait d’une vraie arme ou non. Pointant l’arme dans sa direction, Z_ a
prononcé les termes « pan, pan », ajoutant : « ce n’est qu’un avertissement ». Puis, il a
rabaissé l’arme et a intimé l’ordre à E_ de monter dans le voiture. Dame
X_ les a suivis à pieds. Arrivé à la Place P_, Z_ a remis
une caméra à son fils, qui est ensuite revenu à la maison, et a indiqué à sa mère que
la caméra lui avait été offerte pour filmer son entourage, ses futures vacances, etc.
Vers 14h, dame X_ est partie en voiture avec son compagnon, Y_,
suivie par ses parents qui avaient à leur bord les enfants. C’est alors qu’elle a reçu un
nouvel appel téléphonique de son époux, qui lui a demandé si elle avait eu peur de
l’arme à feu, ajoutant qu’il n’avait utilisé cette fois-ci qu’un jouet, et qu’il espérait qu’elle
avait compris l’avertissement. Il lui a encore demandé s’il pouvait les suivre pour se
rendre à la fête d’anniversaire, ce qu’elle a refusé en lui signalant qu’elle allait avertir la
police. Pendant tout le trajet jusqu’à Q_, où avait lieu la fête, Z_ n’a
pas arrêté de l’appeler sur son téléphone portable. De guerre lasse, dame
X_ a répondu que s’il continuait à la contacter, elle déposerait une nouvelle
plainte à son encontre. Vers 17h30, elle a appris que son époux était arrivé à la fête
d’anniversaire ; ses parents ont gentiment dit à Z_ qu’il n’y avait pas été
convié et qu’il devait quitter les lieux discrètement, ce à quoi l’intéressé leur a rétorqué
qu’il « passait juste par là, car il avait un projet de construction à proximité et qu’il était
venu faire des photos ». Finalement, Z_ est parti, après l’intervention de son
épouse, vers 18h30, quand le match de football entre les invités devait débuter. Le
lundi suivant, la secrétaire de dame X_ l’a avertie que son époux avait laissé
un message menaçant sur le répondeur, disant en substance : « Y_ ! Bon
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anniversaire pour ta petite vie ! ». Enfin, lors de sa dernière visite chez son père,
E_ avait entendu une discussion entre son parrain, R_, et le
premier nommé, au cours de laquelle il aurait été fait état d’une arme, un « P99 » (R3,
p. 79 s.). Déclarant n’être « pas rassurée du tout », dame X_ a remis, à
l’issue de son audition, une copie notamment de la lettre rédigée par E_ à
l’intention de Madame S_, de l’Office de la protection de l’enfance (R5, p.
82).
Devant le juge d’instruction, dame X_ a confirmé le contenu de sa première
déclaration, ajoutant que selon elle, si l’affaire relative à la violation de domicile avait
été liquidée auparavant, il n’y aurait sans doute pas eu l’épisode de la menace avec
l’arme (R8, p. 139).
5.1.2 A lire la lettre rédigée à une date indéterminée par le fils aîné (E_), son
père s’est fâché en apprenant que les enfants étaient pressés de rentrer à la maison
pour se rendre à l’anniversaire de Y_. Il a alors dit qu’il « aurait mieux fait de
le tuer tout de suite il y a quelques années ». Lorsque son père est revenu pour lui
offrir un cadeau, E_ est monté dans sa voiture et l’a vu prendre son « pistolet
noir en plastique » et le braquer sur sa mère. Puis, son père a appuyé sur la détente,
ce qui a provoqué un « clic », et a interpellé sa mère en ces termes : « et ça c’est un
avertissement ». E_ a indiqué avoir peur que son père n’apprenne qu’il avait
rédigé cette lettre, avoir trouvé que ce qui s’était passé n’était « pas normal » et qu’il
fallait « faire quelque chose pour que cela cesse » (p. 88-89).
5.1.3 Interrogé par la police le 21 septembre 2008, Z_ a affirmé avoir
ramené les enfants le samedi 5 juillet 2008 vers 12h à la maison. Se rendant compte
vers 14h qu’il ne reverrait pas E_ jusqu’au 6 août 2008, alors que celui-ci a
son anniversaire le 18 juillet, Z_ a contacté son épouse afin de remettre à
son fils une caméra, « pour filmer son anniversaire et ses vacances ». Il a également
pris un sac avec les jouets des deux autres enfants, comprenant des pistolets, des
mitraillettes et des sabres. Après avoir garé la voiture devant la maison de son épouse,
Z_ a remis la caméra ainsi que le sac de jouets à E_, qui était
descendu de l’appartement. Voyant sa femme énervée, il a ensuite déplacé son
véhicule à la Place P_, où il a expliqué le fonctionnement de la caméra à son
fils. Puis, il s’est rendu à T_, chez des amis, R_ et U_, où
il est resté jusque vers 17h ou 18h. Ayant un projet de complexe hôtelier à
Q_, il est monté y prendre des photographies. Près d’un terrain de football,
sa fille l’a reconnu et l’a appelé : il a affirmé avoir été « très surpris de voir [ses
enfants], car [il] pensait qu’ils étaient en route pour D_ ». Puis, E_
lui a demandé de le suivre, « car il voulait [lui] montrer une fête ». Z_ a alors
rencontré ses beaux-parents, de même que son épouse, qui lui a dit sèchement de
déguerpir tout de suite, le terrain loué pour la fête étant privé (R4, p. 83 s.). Sur
question des enquêteurs, Z_ a réfuté avoir menacé son épouse, en pointant
une arme dans sa direction. Les seules armes qu’il avait dans sa voiture étaient les
pistolets de ses enfants ; il a reconnu avoir « joué avec ces armes avec [s]on fils dans
la voiture » (R4, p. 84 s.). Enfin, il a déclaré ne pas avoir souvenir d’avoir appelé son
épouse le samedi 5 juillet 2008, et qu’en « aucun cas [il n’avait] fait de menaces envers
- 15 -
elle en lui demandant si elle avait eu peur et que ce n’était qu’un avertissement « (R7,
p. 85).
Le 18 août 2008, Z_ a adressé à son avocat de l’époque un courrier
expliquant sa version des événements du 5 juillet 2008 en ces termes (p. 87):
Ma femme, très perspicace, me connaît en profondeur et sait très bien à quoi s’en tenir sur mes moindres
gestes. Elle a apprécié durant 20 ans mon sens de l’humour et les facéties dont j’avais l’habitude de
l’amuser ! Par ailleurs, mes convictions religieuses m’interdisent tout comportement agressif au sens
propre. J’affirme avec le Christ que « Je ne veux pas la mort du pécheur, mais qu’il se convertisse et qu’il
vive ! »
Cela étant dit, j’affirme que les reproches de « menaces » qui me sont reprochés sont infondés. La
description des faits par Me A_ est sciemment travestie et augmentée de détails imaginaires.
Aucun doute n’était possible sur la nature du jouet en plastique que je brandissais en le faisant cliqueter
innocemment. Tout dans mon attitude tenait de la plaisanterie. Je venais de passer quelques jours joyeux
avec mes enfants et nous avions largement usé ensemble des « armes » dont vous trouverez la totalité
dans le colis, ci-joint à disposition du juge.
Devant le magistrat instructeur, Z_ a une nouvelle fois réfuté avoir eu
l’intention, le 5 juillet 2008, de menacer de mort son épouse, ajoutant qu’il ne l’avait
jamais fait et ne le pourrait pas. Invité à relire sa lettre adressée le 18 août 2008 à son
avocat, il a affirmé avoir simplement voulu préciser à celui-ci que la matière était du
plastique et qu’il s’agissait d’un jouet (R27 et 31, p. 143 s.).
Enfin, lors des débats de première instance, il a indiqué qu’il jouait avec son fils
E_, dans la voiture, lorsque son épouse est arrivée (R6, p. 236).
5.1.4 Dans le cadre de la procédure matrimoniale, V_, hygiéniste dentaire
ayant fait son apprentissage dans le cabinet de Y_ et de dame X_,
a été appelée à témoigner. Elle a ainsi rapporté avoir été invitée au 50 e anniversaire de
Y_, à Q_. Elle s’est souvenue que Z_ était venu à la fête
et agaçait son épouse, puis, une fois parti, avait continué à tourner autour de la fête et
d’appeler sa femme sur son téléphone portable. Z_ était resté entre 20 et
30 minutes sur les lieux, et avait discuté avec ses beaux-parents (p. 101 ss).
5.2 Cela étant, les déclarations de Z_ sont peu crédibles. Invité la première
fois par la police à s’exprimer de manière libre sur les événements du 5 juillet 2008,
Z_ n’a pipé mot du passage où il aurait manipulé une arme, fût-elle en
plastique. Ce n’est qu’après interpellation des enquêteurs sur cet aspect qu’il a
reconnu à demi-mot avoir joué avec les armes dans la voiture, avec son fils. Ce
comportement dénote déjà une volonté de cacher des faits incriminants. Surtout, et
indépendamment de la propre lettre de son fils, Z_ avait lui-même, dans son
courrier du 18 août 2008 destiné à son avocat, fait référence au fait qu’il avait brandi un
pistolet en plastique « en le faisant cliqueter innocemment ». Si, dans ce même
courrier, l’intéressé indique avoir agi par plaisanterie – ayant, les jours précédents,
largement usé avec ses enfants des « armes » en question –, il convient de rappeler
que, le 5 juillet 2008, la manipulation de cet objet est intervenue non plus dans un
- 16 -
cadre ludique, mais alors qu’il se trouvait en présence de son épouse, laquelle avait,
avec son compagnon, porté plainte à son encontre pour violation de domicile quelque
6 mois plus tôt. Il y a également lieu de prendre en compte les autres événements
survenus le 5 juillet 2008 : Z_ a constamment recherché une certaine
proximité incommodante avec son épouse, tentant de la contacter de manière
incessante par téléphone, puis se présentant à l’anniversaire de Y_, comme
confirmé par le témoin V_ (cf. supra, consid. 5.1.4). Sur ce dernier point, la
thèse de Z_ selon laquelle il serait monté à Q_ pour y prendre des
photos, le samedi, dans le cadre de son travail, et serait tombé par hasard sur ses
enfants F_ et E_ – dont il a prétendu qu’il les croyait en route pour
D_, alors qu’eux-mêmes avaient indiqué être pressés de se rendre à la fête
(cf. supra, consid. 5.1.2) – est invraisemblable. Enfin, il n’est pas possible d’inférer que
dame X_ n’était pas personnellement effrayée, du seul fait qu’elle aurait
laissé E_ monter en voiture avec son père, jusqu’à la Place P_. En
effet, elle les a suivis jusqu’à cet emplacement, et aucune menace n’avait été proférée
à l’encontre de l’enfant. A noter encore qu’elle n’a pu qu’être alarmée en apprenant
que son mari avait discuté, avec le parrain de E_, d’un « P99 », ce qui
correspond à une arme de poing (cf. Walther P99), et non plus à un jouet en plastique.
C’est ainsi dire que le juge de céans tient pour avérée la version des événements telle
que décrite par la représentante du Ministère public dans son acte d’accusation, et qui
correspond à la déclaration de dame Z_, qui se recoupe notamment avec la
relation des événements contenue dans la lettre de son fils (cf. « ça c’est un
avertissement »).

III. Considérant en droit
6. Aux termes de l’art. 180 CP, celui qui, par une menace grave, aura alarmé ou
effrayé une personne sera, sur plainte, puni d'une peine privative de liberté de 3 ans au
plus ou d'une peine pécuniaire (al. 1). La poursuite aura lieu d'office, notamment si
l'auteur est le conjoint de la victime et que la menace a été commise durant le mariage
ou dans l'année qui a suivi le divorce (al. 2 let. a).
6.1
6.1.1 Sur le plan objectif, l'infraction suppose que l'auteur ait émis une menace, qu'elle
soit grave et qu'elle ait eu pour conséquence que la victime a été alarmée ou effrayée
(lien de causalité : cf. Dupuis et al., Code pénal, Petit commentaire, 2 e éd. 2013, n. 6
ad art. 180 CP). Par menace, il faut entendre que l'auteur, par ses paroles ou son
comportement, fait volontairement redouter à la victime la survenance d'un préjudice
au sens large (ATF 122 IV 97 consid. 2b), qui doit être présentée par l’auteur comme
un événement dépendant, directement ou indirectement, de sa volonté (Delnon/Rüdy,
in Basler Kommentar, Strafrecht II, 2. Aufl. 2007, n. 14a ad art. 180 CP). La loi n’exige
pas que l’auteur envisage sérieusement d’exécuter sa menace; il suffit qu’il le fasse
croire à sa victime (Delon/Rüdy, op. cit., n. 17 ad art. 180 CP). Peu importe par ailleurs
- 17 -
que l’acte préjudiciable puisse effectivement survenir ou non (Corboz, Les infractions
en droit suisse, vol. I, 3 e éd. 2010, n. 4 ad art. 180 CP; Trechsel/Fingerhuth, in Trechsel
et al. [Hrsg.], Schweizerisches Strafgesetzbuch, Praxiskommentar, 2. Aufl. 2013, n. 2
ad art. 180 CP). Ainsi, le fait de brandir une arme à feu chargée à blanc, ou hors d’état
de tirer (ATF 99 IV 212 consid. 1a), ou un pistolet d’enfant (Delnon/Rüdy, op. cit., n. 28
ad art. 180 CP), peut constituer une menace, tout comme le fait de faire le geste
d’égorger sa victime ou de désassurer une arme (Delnon/Rüdy, op. cit., n. 14a ad art.
180 CP; Dupuis et al., op. cit., n. 7-8 ad art. 180 CP).
Toute menace ne tombe pas sous le coup de l’art. 180 CP : la loi exige en effet qu’elle
soit grave (Dupuis et al., op. cit., n. 11 ad art. 180 CP). Une menace est qualifiée de
grave si elle est objectivement de nature à alarmer ou à effrayer la victime. Il faut donc
se demander si une personne raisonnable, dotée d'une résistance psychologique
normale, aurait ressenti la menace comme grave dans la même situation (ATF 99 IV
212 consid. 1a ; cf. ég. arrêts du Tribunal fédéral 6B_435/2011 du 6 octobre 2011
consid. 3.1 ; 6B_640/2008 du 12 février 2009 consid. 5 [« sensibilité moyenne »]). Pour
déterminer si une menace grave a été proférée, il ne faut pas se fonder exclusivement
sur les termes utilisés par l'auteur ou une attitude en particulier. Il faut tenir compte de
l'ensemble de la situation, parce que la menace peut aussi bien résulter d'un geste que
d'une allusion (ATF 99 IV 212 consid. 1a). Le comportement de l'auteur doit être
examiné dans son ensemble pour déterminer ce que le destinataire était fondé à
redouter (Corboz, op. cit., n. 8 ad art. 180 CP). Le juge dispose d'un certain pouvoir
d'appréciation pour dire si la menace doit être qualifiée de grave (arrêt du Tribunal
fédéral 6B_598/2011 du 27 juillet 2012 consid.1.1 ; Donatsch, Strafrecht III, Delikte
gegen den Einzelnen, 9. Aufl. 2008, p. 402).
Enfin, pour que l’infraction soit consommée, il faut que la personne soit effrayée ou
alarmée par la menace grave. Si ce résultat ne s’est pas produit, seule la tentative peut
entrer en ligne de compte (ATF 99 IV 215 consid. 1a; arrêt du Tribunal fédéral
6B_655/2007 du 11 avril 2008 consid. 8.2 ; Corboz, op. cit., n. 14 ad art. 180 CP).
6.1.2 Subjectivement, l'auteur doit avoir l'intention non seulement de proférer des
menaces graves, mais aussi d'alarmer ou d'effrayer le destinataire. Le dol éventuel
suffit (arrêt 6B_598/2011 précité consid.1.1). De simples plaisanteries de mauvais goût
ne sont en général pas punissables (Dupuis et al., op. cit., n. 19 ad art. 180 CP;
Trechsel/Fingerhuth, op. cit., n. 4 ad art. 180 CP).
6.2 En l’occurrence, la partie plaignante et le prévenu étant toujours mariés le 5 juillet
2008, l’hypothèse de l’art. 180 al. 2 let. a CP est réalisée, si bien que la poursuite
pénale devait avoir lieu d’office, même indépendamment de la dénonciation déposée le
8 juillet 2008 par la première nommée.
Sur le fond, il a été arrêté en fait (cf. supra, consid. 5.2) que le 5 juillet 2008, alors qu’il
était dans son véhicule en présence de son fils E_ et à proximité de dame
Z_, le prévenu a brandi un pistolet en plastique en imitant des coups de feu
(« pan, pan ») et en ajoutant à l’intention de son épouse qu’il s’agissait là « d’un
avertissement ». A cet égard, il importe peu que l’objet en question ait pu – ce qui n’a
- 18 -
pu être déterminé en cours d’instruction – être aisément perçu comme étant un jouet,
et non une arme de poing. En effet, la menace résultait dans le cas particulier du fait
de manipuler le jouet et de sous-entendre que, la prochaine fois, il pourrait s’agir d’une
véritable arme à feu. Une telle menace de la part du prévenu ne pouvait
qu’objectivement être perçue comme étant grave de la part de la partie plaignante,
compte tenu des sérieuses difficultés rencontrées depuis leur séparation, notamment
concernant l’exercice du droite de visite, et ayant abouti au mois de décembre 2007 au
dépôt de plaintes pénales pour violation de domicile. Dans un tel contexte, la
plaignante a indubitablement été alarmée par les agissements de son époux, qui a par
la suite continué à l’importuner le même jour en tentant de la contacter
téléphoniquement sans relâche et en se rendant encore à la fête d’anniversaire à
laquelle il n’avait pas été convié.
Sur le plan subjectif, le prévenu, qui avait mal pris ce jour là l’empressement de ses
enfants à vouloir se rendre à la fête d’anniversaire du compagnon de leur mère, était
conscient que son geste, allié à ses propos (« ça n’est qu’un avertissement »), ne
pouvait être compris par la plaignante comme relevant de la simple facétie ou de
l’humour, pour reprendre les termes du courrier du 18 août 2008 (cf. supra, consid.
5.1.3). Au contraire, le prévenu a sciemment cherché à alarmer son épouse.
Partant, il a, objectivement et subjectivement, transgressé l’art. 180 CP, comme retenu
à bon escient par la juridiction précédente.
7. Selon l’art. 186 CP, celui qui, d'une manière illicite et contre la volonté de l'ayant
droit, aura pénétré dans une maison, dans une habitation, dans un local fermé faisant
partie d'une maison, dans un espace, cour ou jardin clos et attenant à une maison, ou
dans un chantier, ou y sera demeuré au mépris de l'injonction de sortir à lui adressée
par un ayant droit sera, sur plainte, puni d'une peine privative de liberté de 3 ans au
plus ou d'une peine pécuniaire.
7.1
7.1.1 Le droit au domicile ainsi protégé appartient à celui qui détient le pouvoir de
disposer des lieux, en vertu d'un droit réel ou personnel ou encore d'un rapport de droit
public (ATF 118 IV 167 consid. 1c). Lorsqu’un immeuble se compose de plusieurs
appartements, tous les habitants, qu’ils soient locataires ou propriétaires, ont un droit
d’usage sur les parties communes de l’immeuble, notamment la porte d’entrée, les
corridors et les escaliers (Corboz, op. cit., n. 29 ad art. 186 CP ; ATF 83 IV 154 consid.
2). Selon la doctrine actuelle, tout ayant droit doit voir protégé son droit au domicile ;
par conséquent, lorsque plusieurs personnes habitent dans le même appartement,
qu’elles soient partenaires ou simples colocataires, l’accord de chacun est nécessaire
pour autoriser valablement une personne à se trouver dans le domicile (Dupuis et al.,
op. cit., n. 23 in fine ad art. 186 CP; cf. ég. Delnon/Rüdy, op. cit., n. 25 ad art. 186 CP;
Corboz, op. cit., n. 30 ad art. 186 CP [époux]).
La violation de domicile peut revêtir deux formes: soit l'auteur pénètre dans les lieux
contre la volonté de l'ayant droit – celle-ci pouvant être manifestée oralement, par écrit,
par geste ou résulter des circonstances (ATF 128 IV 81 consid. 4a) – soit il y demeure
- 19 -
au mépris de l'injonction de sortir à lui adressée par l'ayant droit (arrêt du Tribunal
fédéral 6B_95/2010 du 17 mai 2010 consid. 1.2 ; Dupuis et al., op. cit., n. 15 ad art.
186 CP ; Corboz, op. cit., n. 7 ad art. 186 CP).
Dans la première hypothèse, l'infraction est consommée dès que l'auteur s'introduit
contre la volonté de l'ayant droit dans le domaine clos (ATF 87 IV 120). Il y a intrusion
illicite aussitôt que l'auteur pénètre dans un local sans l'autorisation de celui qui a le
pouvoir d'en disposer (ATF 108 IV 33 consid. 5c). L’infraction est consommée dès que
l’auteur a introduit une partie de son corps dans le domaine clos, par exemple le pied
dans l’entrebâillement de la porte (ATF 87 IV 120 consid. 2 ; Corboz, op. cit., n. 16 ad
art. 186 CP; Donatsch, op. cit., p. 447). La seconde hypothèse vise le cas où l'auteur
se trouve déjà dans les lieux et qu'il n'y a pas pénétré contre la volonté de l'ayant droit.
L'infraction est alors commise lorsque l'auteur ne quitte pas les lieux, malgré l'ordre
intimé en ce sens par l'ayant droit (arrêt 6B_95/2010 précité consid. 1.2 ; Corboz, op.
cit., n. 19-20 ad art. 186 CP).
7.1.2 La violation de domicile est intentionnelle; le dol éventuel suffit. Il ne s’agit pas
d’un « délit de dessein », de sorte qu’il suffit que l’auteur ait eu l’intention de pénétrer
dans un local sans droit et contre la volonté de l’ayant droit ou d’y rester sans droit au
mépris de l’injonction de sortir ; il importe peu qu’il ait agi dans ce seul but ou que,
poursuivant un autre objectif, il ait accepté la violation de domicile comme une
conséquence inévitable, voir même indésirable, de son acte (Corboz, op. cit., n. 45-46
ad art. 186 CP; cf. ég. ATF 108 IV 33 consid. 5c).
7.1.3 La plainte pénale est une déclaration de volonté inconditionnelle par laquelle le
lésé requiert la mise en oeuvre d'une poursuite pénale. Elle constitue une simple
condition d'ouverture de l'action pénale (ATF 128 IV 81 consid. 2a ; cf. ég. art. 303 al. 1
et 339 al. 2 let. b CPP). Sous l'angle des faits, le lésé peut limiter à son gré l'étendue
de la plainte, dès lors qu'il lui appartient de désigner ceux qu'il entend faire poursuivre.
Sous réserve des infractions poursuivies d'office, l'enquête et l'examen du juge ne
peuvent ainsi porter que sur les faits dont l'ayant droit se prévaut (ATF 85 IV 75 consid.
2 p. 75 ; arrêt du Tribunal fédéral 6B_550/2009 consid. 3.2).
7.2
7.2.1 En l’occurrence, il n’est pas disputé qu’Y_ est locataire de
l’appartement à C_ – propriété de son père – et qu’il occupait ce logement
avec sa compagne, dame X_ (cf. supra, consid. 4.1.2). Aussi, tant
Y_ que dame X_ revêtaient, individuellement, la qualité d’ayant
droit, et pouvaient porter plainte les 17 respectivement 18 décembre 2007, à raison
des événements survenus le 14 du même mois. La condition d’ouverture de l’action
pénale privée que constitue le dépôt d’une plainte pénale valable étant réalisée, il
convient de qualifier juridiquement les faits retenus.
7.2.2 Il a été circonscrit en fait (cf. supra, consid. 4.2) que le prévenu, le 14 décembre
2007, après avoir toqué aux fenêtres du logement de son épouse puis avoir pénétré
dans la cage d’escaliers de son immeuble, a franchi le seuil de l’appartement, « sous
les cris » de l’intéressée, comme il l’a concédé lors de son premier interrogatoire (cf.
- 20 -
supra, consid. 4.1.3), pour y chercher son fils G_. Ce faisant, le prévenu a
passé outre l’interdiction d’entrer que venait de lui signifier la partie plaignante.
Subjectivement, il importe peu qu’en ayant pénétré dans l’appartement occupé par son
épouse, le prévenu n’ait souhaité qu’aller chercher son cadet, en vue d’exercer son
droit de visite ; il était en effet conscient de passer outre l’interdiction d’entrer. Aussi, le
prévenu doit être reconnu coupable de violation de domicile au sens de l’art. 186 CP
pour avoir franchi le seuil de l’appartement occupé notamment par son épouse, sans
que ce ne soit encore ici le lieu de déterminer si le seul fait d’être resté auparavant
dans la cage d’escaliers de l’immeuble, en dépit de la remarque de son épouse selon
laquelle il « n’avait rien à faire là » (cf. supra, consid. 4.1.3), réalisait déjà les éléments
constitutifs de cette infraction.
8. Aux termes de l’art. 217 al. 1 CP, celui qui n'aura pas fourni les aliments ou les
subsides qu'il doit en vertu du droit de la famille, quoiqu'il en eût les moyens ou pût les
avoir, sera, sur plainte, puni d'une peine privative de liberté de 3 ans au plus ou d'une
peine pécuniaire.
8.1
8.1.1 D'un point de vue objectif, l'obligation d'entretien – fixée par jugement civil ou en
vertu d’une convention privée (Trechsel/Christener-Trechsel, in Trechsel et al. [Hrsg.],
Schweizerisches Strafgeseztbuch, Praxiskommentar, 2. Aufl. 2013, n. 7 ad art. 217
CP) – est violée lorsque le débiteur ne fournit pas intégralement, à temps et à
disposition de la personne habilitée à la recevoir, la prestation d'entretien qu'il doit en
vertu du droit de la famille (Corboz, op. cit., n. 14 ad art. 217 CP). En revanche, on ne
peut reprocher à l'auteur d'avoir violé son obligation d'entretien que s'il avait les
moyens de la remplir ou aurait pu les avoir (Corboz, op. cit., n. 20 ad art. 217 CP). Par
là, on entend celui qui, d'une part, ne dispose certes pas de moyens suffisants pour
s'acquitter de son obligation, mais qui, d'autre part, ne saisit pas les occasions de gain
qui lui sont offertes et qu'il pourrait accepter (ATF 126 IV 131 consid. 3a). La capacité
économique du débiteur de verser la contribution d'entretien se détermine par analogie
avec le droit des poursuites relatif au minimum vital (art. 93 LP; ATF 121 IV 272 consid.
3c ; arrêt du Tribunal fédéral 6B_1/2012 du 18 avril 2012 consid. 1.1.1). Pour la
période concernée, il faut donc établir l’ensemble des revenus du débiteur – en faisant
une moyenne si les revenus sont irréguliers – et en déduire les charges
incompressibles correspondant au minimum vital du droit des poursuites. Les créances
d’aliments étant prioritaires par rapport aux autres dettes, le débiteur ne peut pas
choisir de payer en premier lieu d’autres dettes qui ne rentrent pas dans son minimum
vital. Si ce calcul permet de dégager un solde positif, soit un revenu qui pourrait être
saisi, et que le débiteur n’a pas utilisé ce solde pour payer sa contribution d’entretien,
alors il réalise objectivement l’infraction (Jeannaret, La violation d’une obligation
d’entretien au sens de l’art. 217 CP, in Foëx [éd.], La défaillance de paiement, retard et
défaut de paiement, Fribourg 2002, p. 197 ss, spéc. p. 207 ; Neves/Pereira, La
violation d’une obligation d’entretien, art. 217 CP, in FamPra.ch 2013 p. 346 ss, spéc.
p. 358).
Dans un arrêt relativement récent, la Haute Cour a rappelé que la détermination de la
capacité économique par analogie avec le droit des poursuites relatif au minimum vital
- 21 -
vaut en particulier lorsque le revenu du prévenu n’est pas d'une ampleur telle que l'on
puisse d'emblée admettre l'existence d'un disponible une fois les charges déduites.
Dans un tel cas de figure, il appartient au juge de déterminer les charges admissibles,
puis les déduire du revenu du prévenu, ce qui permet de vérifier s'il existe ou non un
disponible durant la période déterminante. A défaut de procéder de la sorte,
l'établissement des faits relativement à la capacité du débirentier de fournir la
prestation ne peut qu'être taxée d'arbitraire (arrêt du Tribunal fédéral 6B_264/2011 du
19 juillet 2011 consid. 3.2).
C’est ici le lieu de rappeler, d’une manière plus générale, que l’art. 9 CPP consacre la
maxime d'accusation. Selon cette disposition, une infraction ne peut faire l'objet d'un
jugement que si le ministère public a déposé auprès du tribunal compétent un acte
d'accusation dirigé contre une personne déterminée sur la base de faits précisément
décrits. En effet, le prévenu doit connaître exactement les faits qui lui sont imputés et
les peines et mesures auxquelles il est exposé, afin qu'il puisse s'expliquer et préparer
efficacement sa défense (ATF 126 I 19 consid. 2a; 120 IV 348 consid. 2b). Le tribunal
est lié par l'état de fait décrit dans l'acte d'accusation, mais peut s'écarter de
l'appréciation juridique qu'en fait le ministère public (art. 350 al. 1 CPP), à condition
d'en informer les parties présentes et de les inviter à se prononcer (art. 344 CPP). Le
principe de l'accusation découle également de l'art. 29 al. 2 Cst. (droit d'être entendu),
de l'art. 32 al. 2 Cst. (droit d'être informé, dans les plus brefs délais et de manière
détaillée, des accusations portées contre soi) et de l'art. 6 ch. 3 let. a CEDH (droit
d'être informé de la nature et de la cause de l'accusation). Les art. 324 ss CPP règlent
la mise en accusation, en particulier le contenu strict de l'acte d'accusation. Selon l'art.
325 CPP, l'acte d'accusation désigne notamment les actes reprochés au prévenu, le
lieu, la date et l'heure de leur commission ainsi que leurs conséquences et le mode de
procéder de l'auteur (let. f); les infractions réalisées et les dispositions légales
applicables de l'avis du ministère public (let. g). En d'autres termes, l'acte d'accusation
doit contenir les faits qui, de l'avis du ministère public, correspondent à tous les
éléments constitutifs de l'infraction reprochée à l'accusé (arrêt du Tribunal fédéral
6B_424/2012 du 25 octobre 2012 consid. 1.1).
8.1.2 L’infraction est intentionnelle, mais le dol éventuel suffit. L’intention doit porter
sur tous les éléments constitutifs (Corboz, op. cit., n. 30 ad art. 217 CP ; Bosshard, in
Basler Kommentar, Strafrecht II, 2. Aufl. 2007, n. 21 ad art. 217 CP).
8.1.3 La violation d'une obligation d'entretien constitue un délit continu (ATF 132 IV 49
consid. 3.1.2.3). Si le débiteur omet fautivement de verser les contributions d’entretien
pendant un certain temps sans interruption, le délai de plainte ne commence à courir
qu’à compter de la dernière omission (ATF 126 IV 131 consid. 2a ; 121 IV 272 consid.
2a). La plainte vaut alors pour toute la période antérieure d’omissions fautives, et non
pas seulement pour les 3 mois qui précèdent (ATF 126 IV 131 consid. 2a ; Corboz, op.
cit., n. 37 ad art. 217 CP). En revanche, une extension de la plainte pour la période
postérieure au dépôt de celle-ci n’a pas lieu d’être, sous réserve d’une déclaration
correspondante de l’ayant droit durant la procédure pénale (Bosshard, op. cit., n. 27 ad
art. 217 CP ; cf. ég. Trechsel/Christener-Trechsel, op. cit., n. 18 ad art. 217 CP).
- 22 -
8.2
8.2.1 En l’espèce, l’épouse du prévenu, titulaire du droit de garde sur leurs enfants
mineurs communs en vertu de la convention de séparation signée sous seing privé en
janvier/février 2003 (cf. art 3 ; doss., p. 6) – et donc habilitée à ce titre à agir pour le
compte des bénéficiaires de l’entretien – a, le 12 décembre 2007, porté plainte contre
le prévenu, motif pris que celui-ci ne s’acquittait qu’avec 3 ou 4 mois de retard de la
contribution, et à concurrence seulement de 1950 fr. en lieu et place du montant de
2500 fr. stipulé dans la convention. On l’a vu (cf. supra, consid. 3.1.1), dans le cadre de
la précédente procédure pénale, le prévenu a reconnu devoir des arriérés de
contribution d’entretien jusqu’au mois de mars 2007 inclusivement, et la plaignante a
retiré, de manière inconditionnelle, sa plainte pénale. Durant l’instruction de la présente
procédure, l’intéressée n’a pas sollicité une extension de sa plainte. Partant, la période
pendant laquelle le prévenu n’aurait pas satisfait à son obligation d’entretien court du
mois d’avril 2007 à celui de décembre 2007.
8.2.2 Sur le fond, il a été arrêté en fait que pendant cette période à tout le moins, les
parties étaient convenues que le montant de la contribution due à l’entretien des
enfants, telle que prévue selon la convention signée en 2003, soit abaissée de 2500 fr.
à 1950 fr. par mois (cf. supra, consid. 3.2). Le décompte sur lequel s’est fondé la
représentante du Ministère public pour dresser son acte d’accusation et reprocher au
prévenu d’avoir un arriéré de 15'690 fr. pour toute l’année 2007 est en conséquence
erroné. Enfin – et surtout – on cherche en vain au dossier, que ce soit dans l’acte
d’accusation ou dans le jugement de première instance, la détermination des charges
du prévenu et le calcul de son minimum vital. Eu égard à son revenu mensuel – effectif
– de l’ordre de 6950 fr.20, hors allocations familiales et sans tenir compte de la saisie
(2000 fr.) effectuée par l’Office des poursuites, il n’est pas possible de conclure
d’emblée que l’intéressé disposait effectivement, chaque mois, du montant nécessaire
pour s’acquitter, totalement et en temps utile, de son obligation d’entretien envers ses
enfants mineurs (1950 francs). Il incombait à l’accusation d’éclaircir de manière précise
la situation patrimoniale du prévenu, et d’indiquer dans son acte d’accusation le
montant qui restait à disposition du prénommé pour satisfaire son obligation
d’entretien. Par ailleurs, se plaçant cette fois-ci sur le terrain du revenu que le prévenu
aurait pu réaliser, le premier juge a retenu que l’intéressé « n’a nullement justifié pour
quel motif sérieux il ne travaillait, à l’époque, qu’à 75%, alors qu’un travail à plein
temps lui aurait permis de servir plus aisément les contributions d’entretien dues »
(jugement entrepris, consid. 8b, p. 24). L’instruction de la cause n’a pourtant jamais
porté sur le point de savoir pourquoi, depuis sa séparation d’avec son épouse, le
prévenu a, apparemment, abaissé son taux d’activité à 75% et opté pour un travail
comme salarié alors qu’il était précédemment architecte indépendant. C’est dire qu’en
reprochant au prévenu de ne pas avoir établi pour quel motif il n’aurait pas pu exercer,
en 2007, une activité à plein temps, et donc obtenir une rémunération supérieure à
celle effectivement perçue, le magistrat de première instance a procédé à un
renversement inadmissible du fardeau de la preuve (cf. arrêt du Tribunal fédéral
6B_695/2012 du 9 avril 2013 consid. 2.2.1).
- 23 -
Partant, le juge de céans ne peut que constater que l’accusation n’a pas établi que les
conditions d’application de l’art. 217 CP étaient réunies. En conséquence, le prévenu
doit être acquitté de ce chef d’accusation.
9. Aux termes de l’art. 47 CP, le juge fixe la peine d'après la culpabilité de l'auteur. Il
prend en considération les antécédents et la situation personnelle de ce dernier ainsi
que l'effet de la peine sur son avenir (al. 1). La culpabilité est déterminée par la gravité
de la lésion ou de la mise en danger du bien juridique concerné, par le caractère
répréhensible de l'acte, par les motivations et les buts de l'auteur et par la mesure dans
laquelle celui-ci aurait pu éviter la mise en danger ou la lésion, compte tenu de sa
situation personnelle et des circonstances extérieures (al. 2).
9.1
9.1.1 En principe, toute personne dont la culpabilité justifierait une condamnation à
6 mois de privation de liberté ou à 180 jours-amende au plus peut être condamnée, si
elle accepte ce genre de peine et s'il n'est pas nécessaire de prononcer une peine
privative de liberté ferme, à fournir un travail d'intérêt général (ATF 134 IV 97 consid.
6.3.3.2). Cette peine tend à favoriser, à des fins de prévention spéciale, le maintien de
l'auteur dans son milieu social, en le faisant compenser l'infraction par une prestation
personnelle en faveur de la communauté plutôt que par une privation de liberté ou une
peine pécuniaire (ATF 134 IV 97 consid. 6.3.2). Bien que le texte légal ne prévoie
aucune cause d'exclusion tenant à la personne de l'auteur, seule peut être condamnée
à fournir un travail d'intérêt général une personne apte au travail (ATF 134 IV 97
consid. 6.3.3.3; Stratenwerth, Schweizerisches Strafrecht, Allgemeiner Teil II, 2. Aufl.
2006, n. 4 ad § 3, p. 80; Jeannaret, Les peines selon le nouveau Code pénal, in
Pfister-Liechti [éd.], Partie générale du code pénal, Berne 2007, p. 19). En effet, en
fournissant un travail d'intérêt général, le condamné doit rendre un véritable service à
la communauté. Autrement dit, sa collaboration doit être un avantage. Le prononcé
d'une peine de travail d'intérêt général suppose dès lors que l'auteur soit en mesure,
dans le délai qui lui sera imparti pour exécuter la peine (cf. art. 38 CP), d'accomplir des
tâches utiles sans que la formation à lui donner, la surveillance à exercer ou les
précautions à prendre pour sa sécurité ou pour celle des autres travailleurs,
notamment sur le plan médical, compliquent à ce point la marche du service que sa
collaboration présenterait un intérêt manifestement insuffisant pour justifier son
engagement par une institution habilitée (arrêt du Tribunal fédéral 6B_268/2008 du 2
mars 2009 consid. 4.1).
9.1.2 Aux termes de l’art. 48 CP, le juge atténue la peine notamment si l’auteur a agi
dans une détresse profonde (let. a ch. 2), si l'auteur a agi en proie à une émotion
violente que les circonstances rendaient excusable ou s'il a agi dans un état de profond
désarroi (let. c), si l'auteur a manifesté par des actes un repentir sincère, notamment
s'il a réparé le dommage autant qu'on pouvait l'attendre de lui (let. d) ou si l'intérêt à
punir a sensiblement diminué en raison du temps écoulé depuis l'infraction et que
l'auteur s'est bien comporté dans l'intervalle (let. e).
A l'exception du fait que l'atténuation de la peine est devenue obligatoire, la règle de
l'art. 48 let. e CP reprend sans modification de fond l'art. 64 al. 8 aCP, de sorte qu'il
- 24 -
reste possible de se référer à la jurisprudence y relative. Selon celle-ci, l'atténuation de
la peine en raison du temps écoulé depuis l'infraction procède de la même idée que la
prescription. L'effet guérisseur du temps écoulé, qui rend moindre la nécessité de
punir, doit aussi pouvoir être pris en considération lorsque la prescription n'est pas
encore acquise, si l'infraction est ancienne et si le délinquant s'est bien comporté dans
l'intervalle (ATF 132 IV 1 consid. 6.1.1). Cela suppose, d'une part, qu'un temps
relativement long se soit écoulé depuis l'infraction. Cette première condition est en tout
cas réalisée lorsque les 2/3 du délai de prescription de l'action pénale sont écoulés. Le
juge peut toutefois réduire ce délai pour tenir compte de la nature et de la gravité de
l'infraction. Pour déterminer si l'action pénale est proche de la prescription, il faut se
référer à la date à laquelle les faits ont été souverainement établis, savoir celle du
jugement de première instance à moins que le recours n'ait eu, en vertu de la
procédure, un effet dévolutif et suspensif (ATF 132 IV 1 consid. 6.2.1) – étant ici
précisé que tel est justement le cas de l’appel, du moins dans les limites des points
contestés (art. 402 CPP). Il faut, d'autre part, que le condamné se soit bien comporté,
c'est-à-dire qu'il n'ait pas commis une autre infraction ou des actes incorrects, durant
cette période (cf. ATF 132 IV 1 consid. 6.3 ; arrêt du Tribunal fédéral 6B_482/2011 du
21 novembre 2011 consid. 1.1).
9.1.3 Le principe de célérité impose aux autorités, dès le moment où le prévenu est
informé des soupçons qui pèsent sur lui, de mener la procédure pénale sans
désemparer, afin de ne pas maintenir inutilement l'intéressé dans les angoisses qu'elle
suscite (ATF 124 I 139 consid. 2a). Le principe de célérité se distingue de la
circonstance atténuante du temps relativement long (art. 48 let. e CP), liée à l'approche
de la prescription et qui suppose que l'accusé se soit bien comporté dans l'intervalle
(Wiprächtiger, in Basler Kommentar, Strafrecht I, 2. Aufl. 2007, n. 31 ad art. 64 CP).
Comme les retards dans la procédure pénale ne peuvent être guéris, le Tribunal
fédéral a fait découler de la violation du principe de la célérité des conséquences sur le
plan de la peine. Le plus souvent, la violation de ce principe conduira ainsi à une
réduction de la peine, parfois même à la renonciation à toute peine ou encore à une
ordonnance de non-lieu (en tant qu'ultima ratio dans des cas extrêmes; ATF 117 IV
124 consid. 4d; 124 I 139 consid. 2a). La jurisprudence a ainsi créé praeter legem des
sanctions autonomes de nature matérielle (ATF 130 IV 54 consid. 3.3.1 ; arrêt du
Tribunal fédéral 6B_200/2009 du 27 août 2009 consid. 4.1). Comme on ne peut pas
exiger de l'autorité pénale qu'elle s'occupe constamment d'une seule et unique affaire,
il est inévitable qu'une procédure comporte quelques temps morts. Lorsqu'aucun d'eux
n'est d'une durée vraiment choquante, c'est l'appréciation d'ensemble qui prévaut. Des
périodes d'activités intenses peuvent donc compenser le fait que le dossier a été laissé
momentanément de côté en raison d'autres affaires (ATF 124 I 139 consid. 2c). Selon
la jurisprudence européenne, apparaissent comme des carences choquantes une
inactivité de 13 ou 14 mois au stade de l'instruction, un délai de 4 ans pour qu'il soit
statué sur un recours contre l'acte d'accusation, un délai de 10 ou 11 mois pour que le
dossier soit transmis à l'autorité de recours (ATF 124 I 139 consid. 2c ; arrêt
6B_200/2009 précité consid. 4.2).
9.2 En l’espèce, la situation personnelle actuelle du prévenu a été exposée au consid.
2, auquel il convient de se référer.
- 25 -
L’intéressé ne figure pas au casier judiciaire suisse.
Le prévenu a été reconnu coupable, pour les faits survenus le 14 décembre 2007, de
violation de domicile (art. 186 CP), et pour les événements du 5 juillet 2008, de
menace (art. 180 CP). Alors qu’il se savait sous le coup d’une première enquête, pour
laquelle il avait été interrogé le 12 février 2008 (cf. supra, consid. 4.1.3), le prévenu n’a
pas hésité à adopter un comportement encore plus grave, en menaçant son épouse
dans un contexte où les relations entre conjoints étaient éminemment tendues. La
culpabilité du prévenu ne saurait ainsi être minimisée. En confirmant aux débats
d’appel, sans y apporter la moindre modification, ses précédentes déclarations faites à
la police et devant le juge d’instruction – qui ont été jugées peu crédibles –, le prévenu
s’est évertué à réfuter les faits qui lui sont reprochés et à s’afficher comme une victime
de la vindicte de son épouse.
Si l’on se fie à la convention signée en janvier/février 2003, le prévenu vivait séparé de
son épouse depuis le mois de décembre 2002, soit 5 ans avant les événements
survenus au domicile de la seconde nommée. Compte tenu du long écoulement du
temps, le prévenu, qui a affirmé avoir « perd[u] le contrôle de la situation » le
14 septembre 2007 notamment, ne peut se prévaloir d’avoir agi dans un état de
profonde détresse ou en proie à une émotion violente, du fait de la séparation,
douloureusement ressentie. La seule circonstance atténuante entrant en ligne de
considération est précisément le fait que l'intérêt à punir a sensiblement diminué en
raison de l’écoulement du temps. Le délai de prescription de l’action pénale tant pour
les menaces (art. 180 CP) que pour la violation de domicile (art. 186 CP) est de 7 ans
(cf. art. 97 al. 1 let. c CP). Or, au minimum 5 ans – soit plus de 2/3 du délai de
prescription de 7 ans – se sont écoulés entre la date de commission de ces infractions
et la tenue des débats en appel, où la question de la réalisation de ces délits, compte
tenu des griefs soulevés, devait être revue avec un plein pouvoir de cognition par le
juge de céans. Par ailleurs, il n’apparaît pas que le prévenu ait, dans l’intervalle,
commis une autre infraction ou des actes incorrects. Les conditions d’application de
l’art. 48 let. e CP sont donc réunies. En revanche, il n’y a pas lieu de constater, en sus,
comme le souhaiterait le prévenu (cf. écriture d’appel, ch. 5.6, p. 18), une violation du
principe de célérité : il ne résulte en effet pas de la chronologie des faits (cf.
« procédure » du présent jugement) que l’instruction, en dépit de quelques temps
morts, ait connu une période de totale inactivité pendant plus de 13 ou 14 mois d’affilée
(cf. supra, consid. 9.1.3).
De même, une exemption de peine au sens de l’art. 53 CP n’est guère envisageable
(cf. ATF 135 IV 12 consid. 3.4.3). D’une part, on rappellera que la poursuite pour
menaces entre conjoints devait avoir lieu d’office, ce qui constitue un indice du fait qu’il
existe un intérêt public à ce que le contrevenant réponde des faits qui lui sont
reprochés, même si la situation entre désormais ex-conjoints semble s’être apaisée.
D’autre part, le prévenu n’a jamais reconnu avoir adopté les comportements qui lui
sont reprochés (i.e. menaces et violation de domicile) ni n’a démontré avoir réparé le
dommage, ne serait-ce qu’en présentant formellement ses excuses aux parties
plaignantes.
- 26 -
Le concours d’infractions entre les menaces et la violation de domicile commande en
revanche l’aggravation de la peine (art. 49 al. 1 CP). Ainsi, le cadre maximal de la
peine se monte à 4 1⁄2 ans de peine privative de liberté ou à une peine pécuniaire de
360 jours-amende. Tout bien pesé, une peine de l’ordre de 25 jours-amende serait
nécessaire, mais suffisante, pour sanctionner les comportements illicites adoptés par le
prévenu, sous réserve encore d’une peine additionnelle au sens de l’art. 42 al. 4 CP
(cf. infra, consid. 10). Toutefois, en lieu et place de cette peine pécuniaire – largement
inférieure à 180 jours (cf. art. 37 al. 1 CP) –, et compte tenu de l’accord manifesté par
le prévenu encore aux débats d’appel, le juge de céans décide de lui infliger 100 h (25
x 4 [cf. art. 39 al. 2 CP]) de travail d’intérêt général.
C’est le lieu de préciser que le seul surpoids évoqué par le prévenu lors de son
interrogatoire devant le juge de district ne constitue pas un obstacle médical au
prononcé de ce type de sanction (cf. supra, consid. 2 et 9.1.1).
10.
10.1 Aux termes de l’art. 42 CP, le juge suspend en règle générale l'exécution d'une
peine pécuniaire, d'un travail d'intérêt général ou d'une peine privative de liberté de
6 mois au moins et de 2 ans au plus lorsqu'une peine ferme ne paraît pas nécessaire
pour détourner l'auteur d'autres crimes ou délits (al. 1). Si, durant les 5 ans qui
précèdent l'infraction, l'auteur a été condamné à une peine privative de liberté ferme ou
avec sursis de 6 mois au moins ou à une peine pécuniaire de 180 jours-amende au
moins, il ne peut y avoir de sursis à l'exécution de la peine qu'en cas de circonstances
particulièrement favorables (al. 2). Le juge peut prononcer, en plus du sursis, une
peine pécuniaire sans sursis ou une amende selon l'art. 106 CP (al. 4). Le Tribunal
fédéral s'est prononcé sur cette combinaison de peines dans deux arrêts de principe
(ATF 134 IV 1 et 60). Cette combinaison se justifie lorsque le sursis peut être octroyé,
mais que, pour des motifs de prévention spéciale, une sanction ferme accompagnant
la sanction avec sursis paraît mieux à même d'amener l'auteur à s'amender. Elle doit
contribuer, dans l'optique de la prévention tant générale que spéciale, à renforcer le
potentiel coercitif de la peine avec sursis. Cette forme d'admonestation adressée au
condamné doit attirer son attention (et celle de tous) sur le sérieux de la situation en le
sensibilisant à ce qui l'attend s'il ne s'amende pas (ATF 134 IV 60 consid. 7.3.1). La
combinaison prévue à l'art. 42 al. 4 CP constitue un "sursis qualitativement partiel"
(ATF 134 IV 1 consid. 4.5.2). En outre, le juge prononce dans son jugement, pour le
cas où de manière fautive le condamné ne paie pas l'amende, une peine privative de
liberté de substitution d'un jour au moins et de 3 mois au plus (art. 106 al. 2 CP).
10.2. En l’occurrence, les conditions tant objectives que subjectives quant à l’octroi du
sursis sont réalisées, de sorte que la peine de travail d’intérêt général de 100 heures
doit être entièrement suspendue. Le prévenu est certes un délinquant primaire,
puisqu’il ne figure pas au casier judiciaire suisse. Comme déjà exposé, il n’a en
revanche pas hésité à adopter à nouveau un comportement illicite le 5 juillet 2008,
alors qu’il se savait sous le coup d’une enquête pénale à raison des événements du
14 décembre 2007 ; il s’est en outre enfermé dans le déni des faits dénoncés. Dans un
tel contexte, le juge de céans – suivant en cela le magistrat de première instance – fixe
à 3 ans la durée du délai d’épreuve (art. 44 al. 1 CP). Compte tenu de l’absence de
- 27 -
prise de conscience des faits qui lui sont reprochés, le prononcé d’une amende
additionnelle de 600 fr. est adéquat. En cas de non paiement fautif de l’amende
additionnelle, la peine privative de liberté de substitution (art. 106 al. 2 CP) est fixée à
6 jours.
11. En définitive, l’appel est partiellement admis, en ce sens que l’appelant se voit
acquitté du chef d’accusation de violation d’une obligation, et que la peine infligée pour
la transgression des art. 180 et 186 CP a également été revue en conséquence.
12.
12.1 Si l'autorité de recours rend elle-même une nouvelle décision, elle se prononce
également sur les frais fixés par l'autorité inférieure (art. 428 al. 3 CPP). En vertu de
l'art. 426 al. 1 CPP, le prévenu supporte les frais de procédure s'il est condamné. En
cas de classement ou d'acquittement, conformément au principe posé par l'art. 423
CPP, les frais sont supportés par le canton qui a conduit la procédure. Toutefois, tout
ou partie des frais de procédure peuvent être mis à la charge du prévenu acquitté s'il a,
de manière illicite et fautive, provoqué l'ouverture de la procédure ou rendu plus difficile
la conduite de celle-ci (art. 426 al. 2 CPP ; arrêt du Tribunal fédéral 1B_21/2012 du 27
mars 2012 consid. 2.4). L'art. 427 al. 1 let. a CPP prescrit qu'en cas d'acquittement du
prévenu, notamment, les frais de procédure causés par les conclusions civiles de la
partie plaignante peuvent être mis à la charge de celle-ci.
12.2 Dans le cas particulier, l’appelant n’a pas remis en cause la quotité des frais fixés
par l’autorité inférieure à concurrence de 2500 fr. (1500 fr. pour l’activité devant le juge
d’instruction, puis le Ministère public [dont 953 fr. d’émolument et 547 fr. de débours] +
1000 fr. pour l’activité du Tribunal de district [dont 975 fr. d’émolument et 25 fr. de
débours]), conformément aux dispositions légales applicables (cf. art. 3, 10, 13 et 22
LTar), si bien qu’il peut être renvoyé au considérant 11 du jugement entrepris. Une
nouvelle répartition s’impose en revanche du fait de l’acquittement de l’appelant d’un
des trois chefs d’accusation. Comme ni les conditions de l’art. 426 al. 1 CPP ni celles
de l’art. 427 al. 1 let. a CPP – en l’absence de conclusions civiles des parties
plaignantes – ne sont réunies, les frais correspondant au pan de l’affaire relatif à la
violation de l’obligation d’entretien – arrêtés à 840 fr. (soit approximativement 1/3 de
2500 fr.) – sont mis à la charge du fisc du canton du Valais. Pour le surplus, l’appelant,
qui remboursera à son ex-épouse l’avance de frais de 900 fr. effectuée, supportera le
montant de 1660 fr. (2500 fr. – 840 francs).
12.3 Pour la procédure d'appel devant le Tribunal cantonal, l'émolument est compris
entre 380 fr. et 5000 fr. (art. 22 let. f LTar). En l'espèce, vu le degré de difficulté de
l'affaire, les principes de la couverture des frais et de l'équivalence des prestations,
ainsi que la situation financière des parties (art. 13 LTar), ledit émolument, comprenant
celui pour l’ordonnance du 21 mai 2013 concernant les preuves aux débats, est fixé à
875 fr., montant auquel s’ajoute 25 fr. de débours pour les services de l’huissier
judiciaire (cf. art. 10 al. 2 LTar), soit en définitive 900 francs. Compte tenu de
l’admission partielle des conclusions du prévenu, les frais judiciaires d’appel sont mis
pour 2/3 à la charge du prénommé, soit à concurrence de 600 fr., le solde, par 300 fr.,
étant assumé par le fisc.
- 28 -
13.
13.1 Le sort des dépens est réglé par les art. 429 ss CPP en première instance et 436
al. 1 CPP en appel. D'une manière générale, les indemnités sont allouées ou mises à
la charge des parties dans la mesure où celles-ci ont eu gain de cause ou ont
succombé (Mizel/Rétornaz, in Commentaire romand, Code de procédure pénale
suisse, Bâle 2011, n. 1 ad art. 436 CPP). Si le prévenu est acquitté totalement ou en
partie ou s'il bénéficie d'une ordonnance de classement, il a droit notamment à une
indemnité pour les dépenses occasionnées par l'exercice raisonnable de ses droits de
procédure (art. 429 al. 1 let. a CP). Par ailleurs, la partie plaignante peut demander au
prévenu une juste indemnité pour les dépenses obligatoires occasionnées par la
procédure dans la mesure où celui-ci est astreint au paiement des frais conformément
à l'art. 428 al. 1 CPP (cf. art. 433 al. 1 let. a CPP). Il lui appartient, le cas échéant, de
chiffrer et de justifier ses prétentions; à défaut, l'autorité pénale n'entre pas en matière
sur la demande (art. 433 al. 2 CPP; Mizel/Rétornaz, op. cit., n. 13 ad art. 433 CPP); la
maxime d'instruction ne s'applique, en effet, pas à l'égard de la partie plaignante (arrêt
du Tribunal fédéral 1B_475/2011 du 11 janvier 2012 consid. 2.2).
13.2 En l'occurrence, l'appelant ayant partiellement obtenu gain de cause en raison de
son acquittement du chef de l’art. 217 CP, il convient de lui allouer une indemnité à titre
de dépens tant pour l’activité de son avocat en première instance que devant l’autorité
d’appel. L’activité de son conseil en première instance a essentiellement consisté,
depuis le début de son intervention le 22 avril 2010 (doss., p. 121), en l’envoi de
plusieurs dizaines de courriers ainsi qu’en la participation à la séance d’instruction du 4
octobre 2010 devant le juge d’instruction (d’une durée de 2h) et aux débats du 7 mars
2012 (d’une durée de 2h15). Quant à son activité devant le Tribunal cantonal, elle a
consisté pour l’essentiel en la rédaction d’une déclaration d'appel de 19 pages, ainsi
qu'en la préparation et participation aux débats du 5 juillet 2013, qui ont duré 35
minutes. Dans ces conditions, eu égard à la fourchette prévue par l'art. 36 LTar (de
550 à 3300 fr. devant le Tribunal de district et de 1100 à 8800 fr. devant le Tribunal
cantonal), aux critères posés par l'art. 27 LTar et au sort réservé aux conclusions de
l’appelant, l’Etat du Valais lui versera une indemnité – réduite (2/3) – de 1500 fr. en
première instance et de 900 fr. en appel, débours compris, pour ses dépenses
nécessaires.
Pour le surplus, l’appelant a été condamné pour violation des art. 180 et 186 CP, à
raison des faits décrits dans les plaintes pénales portées par dame X_, qui a
conclu à l’allocation d’une indemnité à titre de dépens de 3379 fr.30 devant la
juridiction précédente (doss., p. 249) et de 500 fr. en instance d’appel. Aussi, vu les
critères sus-exposés et le sort réservé aux conclusions de la partie plaignante
concernée, l’appelant lui versera une indemnité – réduite (1/3) – de 2000 fr. pour la
procédure de première instance et de 350 fr. pour celle en appel.
Tout comme en première instance, la partie plaignante Y_ n’a pour sa part
nullement conclu à l’allocation d’une indemnité pour ses dépenses. En conséquence, il
ne lui est pas alloué de dépens.
- 29 -