Decision ID: 04d0a54d-a36e-5230-b23c-5c08aa0928f7
Year: 2018
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_002
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law

Vu, EN FAIT, le jugement
JTPI/16426/2017
rendu le 11 décembre 2017 par le Tribunal de première instance dans la cause C/25171/2017-22 SFC, prononçant la faillite de A_SA, en liquidation;
Vu le recours formé le 28 décembre 2017 par A_SA, en liquidation aux termes duquel celle-ci a allégué être solvable;
Vu la décision de la Cour de justice du 3 janvier 2018 accordant la suspension de l'effet exécutoire attaché au jugement entrepris;
Vu l'ordonnance de la Cour du 1
er
février 2018 adressée par courrier recommandé à la recourante, lui impartissant un délai au 12 février 2018 pour déposer les pièces justifiant de sa solvabilité (comptes 2014, 2015, 2016 à ce jour, contrats en cours, etc.) et pour se déterminer sur la liste des poursuites jointe en annexe;
Attendu que ce délai a été prolongé au 22 février 2018;
Que, le 23 février 2018, la recourante a produit une attestation de sa fiduciaire datée du 20 novembre 2017 indiquant qu'elle avait des créances en 1'160'768 fr. à récupérer auprès de débiteurs, étant précisé que la moitié de ce montant concernait des "débiteurs douteux" et des créances de 2015;
Que la fiduciaire précisait que les montants récupérés permettraient d'assainir la recourante et proposait un sursis concordataire de 4 mois;
Que la recourante a ajouté qu'elle ne pouvait fournir d'autres documents attestant de sa solvabilité en raison du fait que son administrateur unique était en prison;
Qu'elle a relevé que la plupart des poursuites la concernant et figurant sur la liste qui lui avait été transmise par la Cour étaient payées;
Que, selon le Registre du commerce, la recourante a été dissoute par décision de son assemblée générale du 24 novembre 2017;
Considérant,

EN DROIT
, qu'à teneur de l'art. 174 al. 2 LP, l'autorité de recours peut annuler le jugement de faillite lorsque le débiteur rend vraisemblable sa solvabilité et qu'il établit par titre que la dette, intérêts et frais compris, a été payée (ch. 1), que la totalité du montant à rembourser a été déposée auprès de l'autorité de recours à l'intention du créancier (ch. 2) ou que le créancier a retiré sa réquisition de faillite (ch. 3);
Qu'ainsi, le débiteur ne doit pas seulement prouver le paiement de la dette à l'origine de la faillite, mais également rendre vraisemblable sa solvabilité, ces deux conditions étant cumulatives (arrêts du Tribunal fédéral
5A_516/2015
du 3 septembre 2015 consid. 3.1;
5A_413/2014
du 20 juin 2014 consid. 3 et les arrêts cités);
Qu'en l'espèce, il ressort de l'extrait des poursuites de la recourante que celle-ci fait l'objet de plus de 100 poursuites pendantes, pour un montant de plus de 1'842'000 fr.;
Qu'aucun élément du dossier ne rend vraisemblable que ces poursuites auraient été soldées, en tout ou en partie;
Que la seule attestation de sa fiduciaire selon laquelle la recourante a des débiteurs pour 1'160'768 fr. ne suffit pas à rendre vraisemblable sa solvabilité, ce d'autant plus que la moitié de ces débiteurs sont douteux et que leurs dettes datent de 2015;
Qu'à cela s'ajoute le fait que la recourante, dont l'administrateur unique est en prison, est entrée en liquidation en novembre 2017, de sorte que des revenus suffisants à couvrir ses dettes ne pourront vraisemblablement pas être retirés de son activité commerciale;
Qu'il ne saurait être entré en matière sur la question du sursis concordataire soulevée par la fiduciaire de la recourante, dans la mesure, d'une part, où ladite fiduciaire n'est pas partie à la procédure et où, d'autre part, cette conclusion, prise pour la première fois devant la Cour, est nouvelle, et partant irrecevable (cf. art. 326 al. 1 CPC);
Que compte tenu de ce qui précède, la recourante n'a pas rendu vraisemblable sa solvabilité;
Que les conditions posées par l'art. 174 al. 2 LP font ainsi défaut;
Que le recours est dès lors manifestement infondé, de sorte qu'il sera rejeté d'entrée de cause et sans débats (art. 322 al. 1
in fine
CPC);
Qu'il n'est pas nécessaire de fixer à nouveau le moment de l'ouverture de la faillite dans la mesure où l'effet suspensif ordonné se rapporte uniquement à la force exécutoire du jugement attaqué (cf. arrêts du Tribunal fédéral
5A_92/2016
du 17 mars 2016 consid. 1.3.2.1;
5A_899/2014
du 5 janvier 2015 consid. 5);
Que les frais judiciaires de recours, arrêtés à 220 fr., seront mis à la charge de la recourante qui succombe (art. 106 al. 1 CPC) et compensés avec l'avance de frais fournie, qui reste acquise à l'État de Genève (art. 111 al. 1 CPC);
Qu'il n'y a pas lieu d'allouer de dépens à l'intimée, qui n'a pas été invitée à se déterminer devant la Cour de céans (art. 95 al. 3 let. b CPC).
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