Decision ID: 8804b165-46e8-5dbe-b7a2-6e653b4d63e9
Year: 2015
Language: fr
Court: FR_TC
Chamber: FR_TC_011
Canton: FR
Region: Espace_Mittelland
Law Area: social_law

considérant en fait
A. A._, née en 1953, domiciliée à B._, souffre notamment de la maladie de Bechterew (aussi appelée spondylarthrite ankylosante) et d'une polyarthrite rhumatoïde juvénile. Selon elle, ces troubles se traduisent par l'ossification de sa hanche gauche avec le bassin, réduisant ainsi les possibilités de mouvement de l'articulation, ainsi que le blocage complet de sa colonne vertébrale.
Le 27 janvier 2009, l'assurée a consulté le Dr C._, spécialiste FMH en chirurgie orthopédique et traumatologie de l'appareil locomoteur au sein de l'Hôpital D._. Celui-ci est alors d'avis qu'il n'est pas en mesure d'améliorer la situation par l'implantation d'une prothèse totale de hanche, "au vu de l'important atrophie avec cette dégénérescence adipeuse de la musculature fessière gauche". Pour sa part, dans son rapport du 3 juillet 2009, le Dr E._, spécialiste FMH en chirurgie orthopédique et traumatologie de l'appareil locomoteur au sein du F._ estime que "techniquement, une désarthrodèse-PTH G est envisageable [...]. Par contre, l'évolution adipeuse des muscles fessiers contre-indique formellement cette intervention [...]".
Lors de leur consultation du 4 avril 2012, les Drs G._ et H._, tous deux spécialistes FMH en chirurgie orthopédique et traumatologie de l'appareil locomoteur au sein de l’Hôpital I._ sont d'avis que la pose d'une prothèse de hanche est possible, bien que, du côté gauche, les risques soient plus élevés.
B. Le 21 mars 2013, se fondant sur le rapport de la consultation précitée, l’Hôpital I._ a demandé au Service du médecin cantonal (ci-après: SMC) une garantie de paiement pour la pose d'une prothèse de hanche du côté gauche, effectuée dans le cadre d'une hospitalisation hors canton. Cette garantie a été limitée au tarif de référence du canton de Fribourg par décision du 22 mars 2013 et, suite à une demande de reconsidération du 26 mars 2013, le 3 avril 2013.
Le 16 avril 2013, l'assurée a ratifié un document intitulé "Behandlungsvertrag „Klassenwechsel‟ [...]". Ce document contenait notamment le passage suivant: "Ihre Krankenversicherung sowie Ihr Wohnkanton decken anteilsmässig nach den geltenden tarifen den Grundversicherungsanteil der Behandlungskosten (exklusiv allfälliger Selbstbehalte und Franchisen)". Selon ce document, compte tenu des frais de traitement et après déduction des parts prises en charge par le canton de domicile et l'assurance de base, l'assurée devait transférer un montant de 3'123 francs à l’Hôpital I._.
Le même jour, l'opération de désankylose et d'implantation d'une prothèse de hanche droite a été réalisée par les Drs G._ et H._ à l’Hôpital I._. L'assurée est, par la suite, demeurée hospitalisée d'abord dans cet hôpital, du 15 avril 2013 au 2 mai 2013, puis au Berner Reha Zentrum Heiligenschwendi, du 6 mai 2013 au 1er juin 2013, dans le cadre d'une réhabilitation musculo-squelettique.
C. Par courrier du 7 octobre 2013, l'assurée s'est plainte auprès du SMC d'avoir dû s'acquitter de la somme de 3'123 francs au titre de la différence de contribution cantonale entre les cantons de Berne et Fribourg, demandant que lui soient fournies les indications pour recouvrer ce montant.
Par acte du 10 octobre 2013, le SMC a considéré que les conditions nécessaires pour que l'opération à l’Hôpital I._ soit prise en charge selon tarif de cet hôpital n'étaient pas
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remplies, l'intervention étant possible dans le canton de Fribourg selon les mêmes conditions. En outre, à ses dires, bien qu'informée de ce fait par le document intitulé "Behandlungsvertrag „Klassenwechsel‟[...]", l'assurée avait accepté cette hospitalisation. Finalement, ajoutant avoir traité le courrier du 7 octobre 2013 comme une réclamation, il a informé l'assurée de son droit de recours auprès de la Cour de céans.
D. Contre ce dernier acte, l'assurée interjette recours, le 4 novembre 2013 mais régularisé le 10 novembre 2013, auprès du Tribunal cantonal concluant, en substance, à ce que la différence de tarifs, soit 3'123 francs, lui soit remboursée.
A l'appui de ses conclusions, outre un renvoi à son courrier du 7 octobre 2013, elle affirme avoir été convaincue que l'opération de sa hanche gauche n'était pas possible dans le canton de Fribourg, les médecins fribourgeois n'osant pas l'entreprendre. Elle se plaint aussi du fait que le Médecin cantonal n'ait pas tenu compte des refus de l'opérer, tant dans le canton de Fribourg qu'ailleurs. Or, selon elle, son opération, bien que compliquée, est une réussite au vu de son handicap.
Dans ses observations du 23 janvier 2014, la Direction de la santé et des affaires sociales (: DSAS) conclut au rejet du recours et à ce que les frais soient mis à charge de la recourante. A l'appui de ses conclusions, elle affirme que les modalités d'intervention étaient possibles dans le canton de Fribourg. Elle est également d'avis que le refus de prise en charge fribourgeois n'étant pas dicté par une impossibilité objective de fournir la prestation mais au non respect du principe de nécessité existant en matière de prise en charge des coûts.
Dans un second échange d'écritures, les parties campent sur leurs positions.
Il sera fait état des arguments développés par les parties à l'appui de leurs conclusions dans les considérants de droit du présent arrêt, pour autant que cela soit utile à la solution du litige.

en droit
1. Dans une première décision du 22 mars 2013, le SMC a refusé la garantie de paiement pour la pose d'une prothèse de hanche du côté gauche demandée le 21 mars 2013 par l’Hôpital I._. Suite à une demande de reconsidération du 26 mars 2013, ce refus a été répété le 3 avril 2013. Ce n'est que le 7 octobre 2013 que l'assurée a agi contre cette décision et requis le remboursement des 3'123 francs. On peut dès lors se demander si cette réclamation, faite après l'échéance du délai de trente jours prescrit par l'art. 6 de l'ordonnance du 9 février 2012 concernant la participation financière de l’Etat aux hospitalisations hors canton (RSF 842.1.611), ne devrait pas être considérée comme tardive. Cela étant, l'acte du 10 octobre 2013 doit toutefois être considéré comme une nouvelle décision, dans la mesure où l'autorité intimée est entrée en matière sur le fond en examinant les conditions matérielles du droit à la garantie.
En outre, il appert que le dossier de la cause ne comprend pas d'élément permettant de conclure à une notification valable à la recourante des décisions du 22 mars 2013 et du 3 avril 2013. Certes, l'assurée avait été informée de son obligation de verser un montant de 3'123 francs lorsqu'elle a ratifié le document "Behandlungsvertrag „Klassenwechsel‟[...]". Ce document ne traite cependant pas d'un refus de garantie constaté par le SMC, mais uniquement d'un montant à verser. Dès lors,
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se pose la question si, par son acte du 10 octobre 2013, le SMC n'a pas notifié la décision motivée de garantie de paiement au sens de l'art. 5 de l'ordonnance précitée.