Decision ID: e70bbd8c-ca73-5a11-b3a7-4ae25469a880
Year: 2017
Language: fr
Court: FR_TC
Chamber: FR_TC_004
Canton: FR
Region: Espace_Mittelland
Law Area: civil_law

considérant en fait
A. B._, né en 1947, et A._, née en 1948, se sont mariés en 2002. Le 17 décembre 2015, A._ a déposé une demande de curatelle en faveur de son époux, B._, au motif que depuis son AVC, en mars 2009, c’est elle qui s’occupe de toutes les affaires financières et médicales du couple.
Le 3 février 2016, les époux A._ et B._ ont comparu devant la Justice de paix de l’arrondissement du Lac (ci-après: la Justice de paix). Lors de cette séance, la Justice de paix a constaté que B._ n’était pas apte à répondre aux questions qui lui étaient posées et qu’il était manifestement incapable de discernement. A._ a quant à elle informé les juges que son mari avait conclu un contrat de bail en 2012 portant sur la location de sa boucherie, lequel faisait actuellement l’objet d’une procédure civile.
B. Par courrier du 4 avril 2016, C._ et D._, fils de B._, ont informé la Justice de paix que leur père aurait vendu sa part de copropriété de la maison qu’il détenait avec son épouse, à E._, à cette dernière. Ils relèvent toutefois que leur père souffre de la maladie d’Alzheimer et que ses facultés mentales sont fortement diminuées, de sorte qu’ils doutent qu’il ait eu les capacités intellectuelles suffisantes pour conclure un tel contrat.
Le 10 mai 2016, C._ et D._ ont comparu devant la Juge de paix de l’arrondissement du Lac (ci-après: la Juge de paix). Ils ont indiqué que leur père n’était plus capable de s’occuper de ses affaires et ont requis l’institution d’une mesure de curatelle exercée par une personne neutre, dans la mesure où ils remettent en doute la gestion des affaires de leur père effectuée par son épouse.
En date du 13 octobre 2016, A._ et B._ ont une nouvelle fois comparu devant la Justice de paix. Il a été constaté que B._ n’arrivait pas à répondre aux questions posées et qu’il était manifestement incapable de discernement. A._ s’est quant à elle expliquée sur les circonstances de la vente, respectivement l’achat de la part de copropriété de son époux. Elle s’est dite favorable à l’institution d’une curatelle en faveur de son mari.
C. Par décision du 13 octobre 2016, la Justice de paix a retiré le pouvoir légal de représentation au sens de l’art. 376 al. 2 CC à A._ et a institué en faveur de son époux une curatelle de représentation avec gestion du patrimoine au sens des art. 394 al. 1 et 395 al. 1 CC ayant pour objet de le représenter dans le cadre du règlement de ses affaires administratives et financières, de le représenter dans toutes les procédures judiciaires et de prendre connaissance de sa correspondance. F._, curatrice professionnelle auprès du Service des curatelles G._, a été nommée à la fonction de curatrice de B._. En outre, l’effet suspensif à un éventuel recours a été retiré et les frais judiciaires mis à la charge de l’intéressé.
D. Par acte du 12 décembre 2016, A._ a interjeté recours contre cette décision. Elle a conclu à sa réformation en ce sens que son pouvoir légal de représentation lui est retiré exclusivement s’agissant de la gestion des affaires patrimoniales de son époux laquelle est assurée par un professionnel, sous contrôle de la famille, la gestion administrative et médicale demeurant dans ses compétences. Elle a également conclu à l’annulation de la décision attaquée et au renvoi de la cause aux premiers juges pour nouvelle décision. Subsidiairement, elle a conclu à ce que la vente de la part de copropriété conclue entre époux soit annulée.
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E. Les 4 et 11 janvier 2017, la Justice de paix a informé la Cour que B._ avait été placé à des fins d’assistance, le 2 janvier 2017. Le 13 janvier 2017, elle a transmis à la Cour un certificat médical concernant B._, établi par le Dr H._, spécialiste FMH en médecine interne et médecine du sport, le 20 juin 2014.

en droit
1. a) Selon l'art. 8 de la loi du 15 juin 2010 concernant la protection de l'enfant et de l'adulte (LPEA), le Tribunal cantonal connaît des recours contre les décisions rendues par l'autorité de protection - soit la Justice de paix (art. 2 al. 1 LPEA) - ou par son président ou sa présidente. La Cour de protection de l'enfant et de l'adulte (art. 14 al. 1 let. c du Règlement du Tribunal cantonal du 22 novembre 2012 précisant son organisation et son fonctionnement [RTC]) est compétente pour statuer.
b) En l'absence de dispositions cantonales contraires, les dispositions de la procédure civile s'appliquent par analogie (art. 450f CC).