Decision ID: a85e836a-5b21-4e1e-9ece-780d7bef9fad
Year: 2022
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_006
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 

EN FAIT
A.
a)
Le Tribunal de protection de l'adulte et de l'enfant (ci-après: le Tribunal de protection) a eu connaissance de la situation de B_, née le _ 1932, originaire de F_ (Lucerne), à réception, le 6 mai 2019, d'un courrier du maire de la commune G_ sollicitant l'institution d'une mesure de protection en faveur de l'intéressée, au motif que celle-ci, qui vivait avec sa fille, A_, qui gérait ses affaires, s'était plainte auprès du service social de la commune du fait que la précitée l'infantilisait et la frappait.![endif]>![if>
b)
B_ n'a pas déposé de mandat pour cause d'inaptitude. Elle ne fait l'objet d'aucune poursuite, ni acte de défaut de biens dans le canton de Genève.
c)
B_ ayant intégré l'établissement médico-social (ci-après: EMS) H_, depuis lors, et déclaré qu’elle s'y sentait bien, le Tribunal de protection avait classé la procédure.
d)
Aux termes d’un rapport du 13 décembre 2019 du Dr J_, médecin adjoint agrégé [à] I_, B_ souffrait de troubles neurocognitifs majeurs, avec aggravation significative des performances cognitives, soit du langage et de la mémoire épisodique verbale.
e)
Le 20 février 2020, la directrice de l'EMS H_ a informé le Tribunal de protection du fait que le comportement de B_, qui se montrait opposante aux soins et agressive envers le personnel et les résidents, perturbait gravement la vie communautaire. Une évaluation psychiatrique de l'intéressée avait été sollicitée auprès des urgences psychiatriques de l'Hôpital K_ par le médecin répondant de l'EMS, le Dr L_, mais A_ s'y était immédiatement opposée.
A_ ayant emmené de force sa mère pour la soustraire à cette évaluation, elle sollicitait la prise de toutes mesures urgentes pour protéger la personne concernée, précisant qu’elle avait également alerté la police, ainsi que le Ministère public, de la situation. Elle produisait également un certificat médical du 21 février 2020 du Dr L_, attestant que B_ souffrait d'importants troubles cognitifs nécessitant des soins qu'elle s'obstinait à refuser, que le début de son séjour en EMS avait été marqué par un refus de s'alimenter et que la patiente passait son temps à déambuler dans les corridors en fauteuil roulant, en se montrant très agressive avec tout le monde.
f)
Par courrier reçu le 21 février 2020, A_, par l'intermédiaire d'un conseil, indiquant agir en qualité de représentante thérapeutique de sa mère, a déclaré s'opposer à l'expertise de cette dernière.
g)
Par décision rendue sur mesures superprovisionnelles le 2 mars 2020, le Tribunal de protection a institué une mesure de curatelle de portée générale en faveur de B_ et confié le mandat à D_, avocat.
h)
Par décision du même jour, il a également nommé E_, avocat, en qualité de curateur de représentation de l'intéressée.
i)
Le curateur de la mesure a immédiatement procédé à la réintégration de B_ – que sa fille avait déplacé à l'EMS M_ – à l'EMS le H_, rien ne permettant de douter de la capacité d'accueil de cette structure, malgré la position de la fille de sa protégée.
j)
Par courrier du 25 mars 2020, il a informé le Tribunal de protection que B_ avait été placée à des fins d'assistance, mesure ordonnée par un médecin, à la Clinique N_ et qu’une expertise psychiatrique et physique allait être effectuée pour évaluer sa situation médicale et déterminer le lieu de vie le plus adapté.
k)
Par ordonnance du 19 mai 2020 (
DTAE/2663/2020
), le Tribunal de protection, statuant sur mesures provisionnelles, a confirmé la mesure de curatelle de portée générale instaurée en faveur de B_.
l)
La Chambre de surveillance de la Cour de justice a rejeté le recours formé par A_ contre cette ordonnance (
DAS/165/2020
du 8 octobre 2020).
Elle a retenu que la mesure de curatelle de portée générale instaurée était toujours nécessaire. La fille de la personne concernée rencontrait des difficultés dans la prise en charge de sa mère, dont l'état avait nécessité des séjours hospitaliers. Elle s'opposait aux mesures préconisées par les médecins et avait soustrait sa mère à une expertise qu'elle n'estimait pas nécessaire en la faisant quitter l'EMS Le H_, lequel se plaignait du comportement de la patiente, notamment de son agressivité et de ses déambulations dans les couloirs. Un nouveau lieu de vie devait être trouvé à l'intéressée qui était hospitalisée à la Clinique N_. La fille de celle-ci semblait minimiser l'état de santé de sa mère, dégradé et irréversible, qui n'offrait que peu de solution de vie et de traitement. Elle n'était de ce fait pas capable pour l'instant, compte tenu de sa forte implication émotionnelle, de prendre des décisions conformes à l'intérêt de sa mère, de sorte qu'il était prématuré d'envisager la levée de la mesure et/ou de la confier à A_, avant l'instruction complète de la cause et tant qu'un lieu de vie adéquat à l'état de santé de la personne concernée n'avait pas été trouvé.
S'agissant de l'aspect financier, administratif et juridique, la fille de la concernée considérait qu'une curatelle de représentation et de gestion était suffisante. Si certes, elle s'occupait des questions administratives lorsque sa mère habitait avec elle, un problème était survenu depuis lors avec le Service des prestations complémentaires (ci-après: SPC), en lien avec l'héritage qu'elle et sa mère devaient recevoir et qu'il lui était reproché de ne pas avoir annoncé à temps. Le curateur nommé sur mesures superprovisionnelles avait déjà contesté les décisions de suppression des prestations et il était important qu'il poursuive sa tâche. Il convenait également d'analyser le fondement de la reconnaissance de dettes que la fille de la personne concernée lui avait fait signer, alors que son état de santé semblait déjà dégradé. La concernée était en l'état du dossier débitrice d'une somme de 26'000 fr., auprès de tiers, soit 5'000 fr. en faveur de l'EMS M_, 20'000 fr. de remboursements réclamés par le SPC, 800 fr. en faveur de la Caisse des médecins et 1'100 fr. en faveur de son assurance maladie. Compte tenu du conflit d'intérêts potentiel en lien avec la somme de 80'000 fr. que devrait recevoir la personne concernée, et notamment la reconnaissance de dettes de 40'000 fr. signée par sa mère, il convenait également que l'aspect financier, administratif et juridique des intérêts de la concernée soit confié à un tiers neutre. La désignation d'un avocat à cette fonction était adéquate.
m)
Le Tribunal de protection a tenu une audience le 1
er
septembre 2020.
Le curateur de la mesure a indiqué que sa protégée était toujours hospitalisée au sein de la Clinique N_ et qu'il était compliqué de trouver un établissement disposé à accueillir l’intéressée en raison de ses déambulations. Trois établissements étaient envisagés mais les garanties financières n'étaient pas suffisantes puisqu'elle ne bénéficiait que d'une rente de l'assurance vieillesse, les prestations complémentaires qui lui étaient servies ayant été suspendues, suite à l'absence de renseignements fournis en son temps au service concerné. Des informations relatives à la succession de son époux, à laquelle participait également sa fille, avaient été sollicitées par ce service. Il demeurait dans l'attente de la convention de partage successoral. Le Service des prestations complémentaires avait rendu une nouvelle décision tenant compte d'une fortune de 80'000 fr., pourtant inexistante.
A_ a exposé que la succession de son père, décédé en Inde en 2004 et qui avait déshérité ses deux filles et B_, avait été complexe et avait nécessité l'intervention d'un avocat dans ce pays. Elles avaient finalement reçu chacune une somme de 78'000 fr., avant déductions, sous la forme d'une donation de la sœur du défunt. Le montant avait été annoncé à l'Administration fiscale cantonale, mais pas au Service des prestations complémentaires. Sa mère avait signé une reconnaissance de dette de 40'000 fr. en sa faveur en 2018. Elle était disposée à remettre un dossier à ce propos au curateur.
Le curateur de représentation a considéré que l'implication de A_ justifiait qu'un tiers neutre intervienne, soulignant la grande expérience du curateur provisoire nommé.
n)
Le 16 septembre 2020, le curateur de la mesure a indiqué au Tribunal de protection qu'il ne parvenait pas, malgré les efforts de la Clinique N_, à trouver un établissement qui accepte d'accueillir sa protégée. Un placement à l'EMS O_ avait échoué, pour une raison médicale, à laquelle il croyait peu, estimant l'implication de la fille de sa protégée et l'insuffisance de moyens financiers à l'origine de cet échec.
o)
Le Tribunal de protection a tenu une nouvelle audience le 15 décembre 2020.
Le curateur de la mesure a indiqué que sa protégée avait intégré l'EMS C_, annexe de l'EMS O_, environ trois semaines auparavant. La situation financière de l'intéressée auprès du Service des prestations complémentaires avait été mise à jour et elle bénéficiait désormais de la prise en charge pleine et entière de ses frais de séjour en EMS. En raison de la situation sanitaire, il n'avait pas pu rencontrer sa protégée, les équipes médicales lui ayant indiqué qu'il n'était pas possible de s'entretenir avec elle. En raison de l'insolvabilité de celle-ci, il ne voyait pas l'intérêt de remettre en cause la reconnaissance de dette signée en faveur de A_. Il paraissait nécessaire de solliciter un rapport médical quant au discernement actuel de la personne concernée et la question de sa représentation en matière médicale.
A_ s'est déclarée satisfaite du placement de sa mère à l'EMS C_, celle-ci étant prise en charge de manière adéquate, dans un établissement à taille humaine qui accueillait des pensionnaires souffrant de pathologies semblables à la sienne. Sa mère, avec qui elle parlait au téléphone chaque jour, était suivie par le Dr J_, médecin neurologue, depuis 2014 pour sa pathologie, qui était évolutive. Elle avait considéré la mesure de protection excessive à l'époque et restait soucieuse pour l'avenir, n'ayant par ailleurs pas l'intention de soumettre sa mère à des examens complémentaires pour déterminer son discernement actuel, compte tenu du fait qu'elle ne pourrait pas se soumettre à un
Mini Mental State
ou à un test de l'horloge, compte tenu de son état. Par contre, elle sollicitait l'établissement d'un rapport médical actualisé par le médecin précité. La dette relative à la reconnaissance signée par sa mère avait été acquittée par elle-même, qui avait débité en sa faveur le compte joint de l'héritage.
Le curateur de représentation a expliqué avoir rencontré la concernée le 20 juillet 2020 au sein de la Clinique N_; elle était quasiment mutique, sans possibilité de créer un lien. Son discernement paraissait aboli.
p)
Le Dr J_ a établi un certificat médical le 5 février 2021; il avait rencontré sa patiente pour la dernière fois le 19 janvier 2021 et connaissait celle-ci depuis le 12 janvier 2017. En raison de la pathologie à évolution progressive dont elle souffrait, elle avait besoin d'assistance pour la gestion de ses affaires administratives et financières et n'avait pas la capacité de discernement pour assumer sa propre assistance personnelle ou comprendre une situation d'ordre médical et prendre des décisions conformes à ses intérêts s'agissant de son traitement médical ou de son suivi. Du fait d'une mauvaise compréhension de ses engagements, elle pourrait être amenée à être influencée par des personnes mal intentionnées et à agir de manière contraire à ses intérêts. En l'état, elle ne semblait pas capable de réaliser des achats compulsifs ou déraisonnables, mais pourrait cependant acquiescer de manière passive, sans comprendre les enjeux de telles sollicitations. Les troubles cognitifs dont souffrait sa patiente représentaient un risque de mise en danger dans le cadre domestique et pour les tiers, de manière non intentionnelle. Elle n'était pas en mesure d'être entendue par le Tribunal.
q)
Le médecin traitant de B_, la Dre P_, dans un certificat médical du 12 février 2021, complété le 19 mars 2021, a indiqué s'occuper du suivi de sa patiente depuis le mois de novembre 2020, au sein de l'EMS C_, et a confirmé, en substance, l'avis médical du Docteur J_, précisant que sa patiente souffrait d'une démence de type Alzheimer de forme atypique ou mixte et qu'elle ne se rendait que partiellement compte de ses troubles cognitifs.
r)
Dans ses déterminations du 11 mars 2021, le curateur de la mesure, qui préconisait la confirmation de la curatelle de portée générale sur le fond, a relevé que sa protégée était définitivement installée en résidence, que le dossier SPC avait été épuré, que sa situation financière était désormais saine, et que les relations étaient devenues normales et agréables avec la fille de l'intéressée. Afin de décharger le Service de protection de l'adulte (SPAd), le curateur était disposé à continuer son mandat à un tarif réduit, soit 200 fr. de l'heure.
s)
Dans ses déterminations du 15 mars 2021, le curateur de représentation était d'avis que la mesure actuelle pouvait être transformée en curatelle de représentation et de gestion, en raison du risque théorique que la personne concernée soit la victime de personnes mal intentionnées. Il a, en substance relevé que la situation, qui avait été régularisée grâce à l'intervention du curateur de la mesure, était désormais stabilisée, avec la nécessité de confier la représentation en matière médicale et sociale de B_ à un curateur étranger à la famille et ce, afin de préserver cette dernière d'interventions imprévisibles et peu en accord avec ses intérêts, de A_.
t)
Dans ses observations du 31 mars 2021, A_ a commenté les rapports médicaux du Dr J_ et de la Dre P_, requis du Tribunal qu'il instruise la possibilité que l'EMS C_ prenne en charge sa mère sans qu'une mesure de protection ne soit instaurée en sa faveur, sollicité, cas échéant, sa désignation à la place de D_, avocat, lequel lui avait indiqué ne pas souhaiter poursuivre son mandat, et contesté la véracité des motifs retenus pour ne pas lui confier la curatelle de sa mère.
u)
Le 27 mai 2021, le Tribunal de protection a imparti un délai au 18 juin 2021 pour d'éventuelles observations, délai à l'issue duquel la cause serait gardée à juger.
v)
Par courrier du 3 juin 2021, le curateur de la mesure, qui partageait les préoccupations du curateur de représentation s'agissant des difficultés rencontrées avec A_, a, en substance, confirmé ses observations du 11 mars 2021, relevant que des actes d'instruction complémentaires ne se justifiaient pas, compte tenu du fait que sa protégée n'était pas en état de se déterminer et devait être assistée et représentée. Si les interventions incessantes et contre-productives de A_ l'avaient initialement convaincu de ne pas être favorable à une perpétuation de son mandat, il était désormais disposé à continuer celui-ci.
w)
Le curateur de représentation a persisté dans son préavis du 15 mars 2021.
x)
A_ a réitéré sa demande d'actes d'instruction complémentaires et formé des observations. Si la curatelle devait être maintenue, elle souhaitait que celle-ci lui soit confiée dans tous les domaines. Sinon, l'EMS C_ lui avait confirmé qu'il pouvait s'occuper des affaires administratives et financières de sa mère.
B.
Par ordonnance du 10 août 2021, adressée pour notification le 9 novembre 2021, le Tribunal de protection a confirmé la mesure de curatelle de portée générale instituée sur mesures superprovisionnelles et confirmée sur mesures provisionnelles les 2 mars et 19 mai 2020 en faveur de B_ (ch. 1 du dispositif), confirmé D_, avocat, dans ses fonctions de curateur (ch. 2), dit que la rémunération du curateur était provisoirement laissée à la charge de l’Etat (ch. 3) et fixée au tarif horaire de 200 fr. (ch. 4), rappelé que B_ était privée de plein droit de l’exercice de ses droits civils (ch. 5), autorisé le curateur à prendre connaissance de la correspondance de la personne concernée, dans les limites du mandat (ch. 6) et laissé les frais judiciaires à la charge de l’Etat (ch. 7).
En substance, le Tribunal de protection a considéré que si B_ avait pu bénéficier de l’aide de sa fille pour la soutenir dans la gestion de ses affaires avant le prononcé des mesures superprovisionnelles, l’appui qu'elle lui apportait était pour le moins inadéquat et insuffisant, notamment en lien avec la procédure complexe qui avait dû être menée à l’égard du Service des prestations complémentaires en raison de la négligence ou du manque d’aptitude de sa fille, liée à la procédure indienne. L’équilibre acquis devait ainsi pouvoir perdurer et une curatelle couvrant à tout le moins les domaines précités être instaurée, avec désignation d’un curateur neutre externe à la famille, disposant des compétences nécessaires. Cette mesure serait privilégiée à l’intervention de l’EMS C_ en faveur de sa résidente afin d’éviter toute interférence de A_ dans la gestion des affaires administratives de sa mère, compte tenu du comportement procédurier, quérulent et imprévisible que cette dernière était susceptible d’adopter, comme le démontraient les dernières déterminations qu’elle avait adressées au Tribunal de protection, dans lesquelles elle ressassait des éléments anciens.
Concernant l’assistance personnelle et la représentation en matière médicale, A_ n’hésitait pas à tenir des propos forts à l’encontre de tous les intervenants qui ne partageaient pas ses opinions, de sorte qu’elle n’était pas capable de prendre la distance nécessaire ou accepter la gravité de la pathologie de sa mère pour prendre des décisions conformes à ses intérêts. Seule la mesure de protection instaurée avait en effet permis de retrouver le calme et la sérénité nécessaires afin que les intérêts de la personne concernée soient préservés, de sorte que pour maintenir cette stabilité, les tâches relevant de l’assistance personnelle et du domaine médical devaient également être confiées à un tiers neutre.
La mesure de curatelle de portée générale devait être confirmée sur le fond et D_, avocat, maintenu dans ses fonctions de curateur dans la mesure où il connaissait d’ores et déjà le dossier et s’était dit disposé à poursuivre son mandat à un tarif réduit.
C. a)

Par acte expédié le 17 décembre 2021 au greffe de la Chambre de surveillance de la Cour de justice, A_ a formé recours contre cette ordonnance, qu’elle a reçue le 10 novembre 2021. Elle a conclu à ce qu'elle soit réformée en ce sens que seule une curatelle limitée à la gestion et la représentation dans le domaine des soins et médical de B_ soit prononcée, et lui soit confiée, la gestion administrative devant pour le surplus être laissée à la Résidence C_ dans laquelle séjourne B_, à défaut de lui être confiée. Elle relevait notamment qu'elle était avocate en droit commercial et capable de s'occuper de tous les aspects de la curatelle, ce qu'elle avait fait pendant plus de dix ans en fonctionnant comme curatrice de fait. Elle avait préparé les déclarations d'impôts de sa mère, assuré le suivi de la succession de son père en Inde, tenté d'obtenir le versement des montants hérités et les informations et documents administratifs nécessaires au traitement de l'affaire par le fisc suisse.
Elle a déposé un chargé de pièces, dont certaines nouvelles.
b)
Le Tribunal de protection n’a pas souhaité faire usage des prérogatives prévues par l’art. 450d CC.
c)
Le curateur de représentation a conclu à ce que la curatelle de portée générale instituée en faveur de B_ soit transformée en une curatelle de représentation limitée aux aspects social et des soins, avec maintien de D_ aux fonctions de curateur. B_ était âgée de 89 ans, résidait depuis le 26 novembre 2020 à la Résidence C_, laquelle pourrait se charger de l’administration courante des affaires de l'intéressée, afin d’apporter une protection appropriée à celle-ci, laquelle était sans fortune et émargeait au Service des prestations complémentaires. Selon l’infirmière responsable de B_, les limites cognitives de celle-ci étaient importantes; elle s’exprimait par monosyllabes ou par des cris pour manifester un mécontentement. Sa fille la visitait une fois par semaine, lui téléphonait tous les jours et participait aux séances mensuelles destinées à faire le point. Elle semblait rassurée par la qualité des soins apportés à sa mère. L’infirmière référente relevait cependant que la fille de la concernée était trop impliquée émotionnellement et susceptible d’être imprévisible, de sorte que selon elle la mesure mise en place était adéquate en particulier en raison du fait que A_ n’intervenait pas en qualité de mandataire. La Dre P_, médecin-traitant de l’intéressée, relevait l’implication de la fille auprès de sa mère mais ressentait un malaise dans cette relation. Le manque de recul et l’implication émotionnelle de A_ à l’endroit de sa mère commandaient de maintenir une mesure de protection en faveur de la concernée destinée à préserver cette dernière de tout risque qui pourrait survenir au cas où A_ exercerait tout ou partie de la curatelle. La question se posait du maintien ou non d’une mesure aussi incisive que la curatelle de portée générale, étant rappelé que la curatelle devait apporter la protection appropriée, tout en préservant au mieux la liberté de la personne concernée.
d)
B_, par l’intermédiaire de son curateur D_, a conclu à l’irrecevabilité du recours, selon lui tardif, et considère que celui-ci est infondé. Il s’en rapporte cependant à justice.
e)
Par plis du 10 février 2022, la Chambre de surveillance de la Cour de justice a avisé les parties que la cause serait gardé à juger à l’issue d’un délai de dix jours.
f)
A_ a répliqué en date du 1
er
mars 2022. Elle a sollicité préalablement que les mesures probatoires requises soient instruites, notamment concernant le choix du curateur et, principalement, elle a conclu à l’annulation de l’ordonnance rendue, à l’instauration d’une curatelle limitée à la représentation en matière sociale et médicale, à sa nomination aux fonctions de curateur en lieu et place de D_, à la révocation de D_ de ses fonctions de curateur de portée générale et à ce qu’il soit dit que la gestion administrative, financière, juridique sera assurée par la Résidence C_ dans laquelle séjourne sa mère.
Elle a produit un bordereau de pièces nouvelles.
g)
B_, par l’intermédiaire de son curateur, a répliqué le 10 mars 2022, persistant dans ses conclusions.
EN DROIT
1.
1.1
Les décisions du Tribunal de protection peuvent faire l’objet d’un recours devant la Chambre de surveillance de la Cour de justice dans un délai de trente jours à compter de leur notification (art. 450b al. 1 CC ; 53 al. 1 LaCC).![endif]>![if>
Ont qualité pour recourir les personnes parties à la procédure, les proches de la personne concernée et les personnes qui ont un intérêt juridique à l’annulation ou à la modification de la décision attaquée (art. 450 al. 2 CC).