Decision ID: 1f67766e-ca86-49a0-add7-6e4a8be9de23
Year: 2020
Language: fr
Court: CH_BSTG
Chamber: CH_BSTG_001
Canton: CH
Region: Federation
Law Area: penal_law

La Cour des plaintes, vu:
- la procédure pénale menée depuis le 25 octobre 2019 par le Ministère public
du canton de Vaud (ci-après: MP-VD) notamment contre A., du chef de dom-
mage à la propriété (art. 144 du Code pénal suisse du 21 décembre 1937
[CP; RS 311.0]; dossier vaudois PE19.020998, procès-verbal des opéra-
tions);
- la demande de reprise de la procédure contre A. du chef de l’art. 95 al. 1 let.
b de la loi fédérale sur la circulation routière du 19 décembre 1958 (LCR; RS
741.01) adressée par le Ministère public du canton de Neuchâtel au MP-VD
le 23 juin 2020 (dossier vaudois PE19.020998, pièces 12 et 13);
- l’ordonnance de reprise d’enquête après fixation de for rendue par le MP-VD
le 29 juin 2020, par laquelle dite autorité informe les parties de l’attribution
du for décidée par le ministères publics des cantons concernés et se saisit
de la cause diligentée par le canton de Neuchâtel (act. 1.1);
- la lettre de A. du 7 juillet 2020 (date du timbre postal) au MP-VD dans laquelle
il conteste notamment le for, demandant la réattribution au canton de Neu-
châtel (act. 1);
- la lettre du 9 juillet 2020 du MP-VD expliquant à A. les motifs ayant com-
mandé la reprise de la procédure, en confirmant le bien-fondé et lui impar-
tissant un délai pour lui « faire savoir s’il maintient sa position consistant à
contester le for », auquel cas, comme dans l’hypothèse où il ne répondrait
pas, le dossier serait transmis au Tribunal pénal fédéral, comme objet de sa
compétence (act. 2.1);
- la transmission de la cause à la Cour des plaintes du Tribunal pénal fédéral
(ci-après: la Cour de céans) par le MP-VD en date du 27 juillet 2020, dans
laquelle il conclut au rejet du recours, sous suite de frais;
- l’invitation du 30 juillet 2020 de la Cour de céans à A. (ci-après: le recourant)
à confirmer son intention de recourir auprès d’elle contre l’attribution de for
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aux autorités vaudoises et, le cas échéant, à compléter les motifs comman-
dant la réattribution aux autorités neuchâteloises, à défaut de quoi il ne serait
pas entré en matière sur son recours (act. 3);
- l’absence de réponse du recourant dans le délai imparti;

et considérant:
que lorsque plusieurs autorités paraissent compétentes à raison du lieu, les
ministères publics concernés se communiquent sans délai les éléments es-
sentiels de l’affaire et s’entendent aussi vite que possible sur le for (art. 39
al. 2 du Code de procédure pénale suisse [CPP; RS 312.0]);
qu’à teneur de l’art. 41 al. 1 CPP, lorsqu’une partie entend contester la com-
pétence de l’autorité en charge de la procédure pénale, elle doit immédiate-
ment demander à cette dernière de transmettre l’affaire à l’autorité compé-
tente. L'autorité en charge doit alors mettre en œuvre un échange de vues
avec le canton concerné, ou rendre directement une décision confirmant sa
propre compétence. En d’autres termes, la partie, qui entend contester la
compétence de l’autorité en charge de la procédure pénale, doit s’en préva-
loir en premier lieu auprès de cette autorité, afin de faire valoir son droit d’être
entendue et obtenir une décision susceptible de recours. La partie peut atta-
quer la décision de cette autorité confirmant le for initial dans les dix jours
devant la Cour des plaintes du Tribunal pénal fédéral (art. 41 al. 2 CPP en
lien avec les art. 40 al. 2 CPP et 37 al. 1 de la loi fédérale sur l’organisation
des autorités pénales de la Confédération [LOAP; RS 173.71]; TPF 2013
179 consid. 1; arrêt du Tribunal pénal fédéral BG.2019.43-44 du 17 sep-
tembre 2019 consid. 1.1; SCHMID/JOSITSCH, Praxiskommentar, 3e éd. 2018,
n. 3 ad art. 41 CPP);
que le prononcé originaire par lequel les autorités cantonales s’entendent
sur le for (art. 39 al. 2 CPP) – sans contestation de la part des parties – est
de nature interne et non susceptible de recours direct à la Cour de céans au
sens notamment de l’art. 393 al. 1 let. a CPP (cf. KUHN, Basler Kommentar,
2e éd. 2014, n. 10 ad art. 41 CPP), nonobstant le fait qu’il indique, dans cette
procédure comme dans de nombreuses autres, la voie de recours au Tribu-
nal pénal fédéral;
qu’en l’occurrence, suite à la procédure de fixation de for engagée avec le
canton de Neuchâtel, le MP-VD s'est déclaré compétent pour reprendre la
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procédure neuchâteloise et a notifié son ordonnance y relative – qui indique
faussement la voie de recours au Tribunal pénal fédéral – aux parties, no-
tamment à A.;
qu’en s’adressant en premier lieu au MP-VD, en date du 7 juillet 2020, soit à
l’autorité qui avait rendu le prononcé relatif à l’attribution du for, le recourant
a respecté la procédure prévue à l’art. 41 al. 1 CPP;
que, le 9 juillet 2020, le MP-VD a exposé les motifs de la reprise de for par
le MP-VD au recourant, soit le fait qu’en présence d’infractions de gravité
identique, l’autorité compétente pour la poursuite et le jugement est celle du
lieu où les premiers actes de poursuite ont été entrepris (art. 34 al. 1, 2e
phrase CPP), et en a confirmé le bien-fondé – l’invitant à lui faire savoir s’il
entendait maintenir sa contestation de for, auquel cas, comme en cas d’ab-
sence de réponse de sa part, le dossier serait transmis à la Cour de céans;
qu’il en découle que le prononcé susceptible de recours à la Cour de céans
est la lettre du MP-VD du 9 juillet 2020, laquelle n’indique pas, à proprement
parler, de voies de recours;
qu’au vu du dossier vaudois en possession de la Cour de céans, le recourant
n’a pas répondu au MP-VD;
que la pratique a déduit du principe de la bonne foi consacré à l'art. 5 al. 3
de la Constitution fédérale de la Confédération suisse du 18 avril 1999 (Cst.;
RS 101) que les parties ne doivent subir aucun préjudice en raison d'une
indication inexacte des voies de droit, seul pouvant toutefois bénéficier de la
protection de la bonne foi celui qui ne pouvait pas constater l'inexactitude de
la voie de droit indiquée, même avec la diligence qu'on pouvait attendre de
lui (arrêt du Tribunal fédéral 6B_964/2013 du 6 février 2015 consid. 3.4 et
arrêts cités);
que, dans ces conditions, estimant que A. devait bénéficier de la protection
de la bonne foi et qu’un silence ne pouvait être interprété comme un recours
satisfaisant aux conditions de l’art. 385 CPP, la Cour de céans a invité A. à
confirmer son intention de recourir par devant elle contre l’attribution du for
aux autorités vaudoises et, le cas échéant, à compléter les motifs qui com-
mandent la réattribution aux autorités neuchâteloises, à défaut de quoi elle
n’entrerait pas en matière sur la cause;
que A. n’a pas répondu dans le délai imparti, de sorte qu’il n’est pas entré en
matière sur le recours, lequel doit être déclaré irrecevable;
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que conformément à l’art. 428 al. 1 CPP, les frais de la procédure de recours
sont mis à la charge des parties dans la mesure où elles ont obtenu gain de
cause ou succombé; la partie dont le recours est déclaré irrecevable est éga-
lement considérée avoir succombé;
que les frais de justice doivent être calculés en application des art. 73 al. 2
LOAP, ainsi que des art. 5 et 8 al. 1 du règlement du Tribunal pénal fédéral
du 31 août 2010 sur les frais, émoluments, dépens, et indemnités de la pro-
cédure pénale fédérale (RFPPF; RS 173.713.162) et seront pour la présente
cause fixés au minimum légal de CHF 200.--.
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