Decision ID: 19e20962-55f4-4040-980a-a829075bc28f
Year: 2015
Language: fr
Court: CH_BSTG
Chamber: CH_BSTG_001
Canton: CH
Region: Federation
Law Area: penal_law

Remise en vue de confiscation (art. 74a EIMP)
B u n d e s s t r a f g e r i c h t
T r i b u n a l p é n a l f é d é r a l
T r i b u n a l e p e n a l e f e d e r a l e
T r i b u n a l p e n a l f e d e r a l
Numéro de dossier: RR.2015.229
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Faits:
A. Le 6 mars 2001, la société B. SA a pris en charge aux Ports-Francs de
Genève 45 caisses contenant des antiquités, par le biais de C., alors
responsable de son département D. Ces biens étaient la propriété d'un
marchand d'art anglais nommé E. Ils ont été entreposés dans des locaux de
B. SA sis auxdits Ports-Francs, au nom de F. SA, entité domiciliée au
Panama et représentée par la fiduciaire genevoise G. (act. 1.5; dossier du
Ministère public de la République et canton de Genève [ci-après: le MP-GE],
act. 300041).
B. Le 13 juin 2001, un protocole d'accord a été établi entre B. SA et la société
A. SÀRL en constitution, représentée par C. Ce document prévoyait
notamment que la première donnait en location à la seconde les locaux
abritant les biens précités (act. 1.3).
C. Le 22 juin 2001, A. SÀRL a été inscrite au registre du Commerce de la
République et canton de Genève. Depuis lors, C. en est l'associé gérant
unique (act. 1.2).
D. Le 27 juillet 2001, A. SÀRL a adressé à la fiduciaire G. un certificat de prise
en charge concernant les biens en cause (act. 1.7).
E. Par demande d'entraide du 25 février 2014, le Procureur de la République
auprès du Tribunal ordinaire de Rome a demandé aux autorités suisses la
perquisition des locaux de A. SÀRL à Genève. Il a exposé que des objets
acquis en violation de l'art. 174 du code italien des biens culturels et des
sites (sortie ou exportation illicites) pourraient s'y trouver, singulièrement des
sarcophages étrusques (dossier du MP-GE, act. 100'002).
F. Le 31 mars 2014, le Ministère public de la République et canton de Genève
(ci-après: le MP-GE), à qui l'Office fédéral de la justice (ci-après: l'OFJ) avait
délégué la cause pour traitement, est entré en matière sur la demande
(dossier du MP-GE, act. 200'000).
G. Le même jour, le MP-GE a ordonné une perquisition concernant tous les
locaux de A. SÀRL à Genève (dossier du MP-GE, act. 300'000).
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H. Au terme de celle-ci, qui s'est déroulée le 2 avril 2014, le MP-GE a séquestré
les 45 caisses remises par E. à B. SA en mars 2001 (dossier du MP-GE,
act. 300'020).
I. Le 5 juin 2015, le Procureur de la République auprès du Tribunal ordinaire
de Rome a transmis au MP-GE un jugement de ce tribunal ordonnant la
confiscation de tous les objets séquestrés (cf. act. 1.1).
J. Par décision de clôture partielle du 16 juillet 2015, le MP-GE a ordonné la
remise de ceux-ci en vue de confiscation (act. 1).
K. Par mémoire du 17 août 2015, A. SÀRL a interjeté un recours contre cette
décision, dont elle a demandé l'annulation. Elle a conclu en substance à ce
que la remise à l'Etat requérant des biens en question soit suspendue jusqu'à
ce qu'elle ait encaissé le produit de la vente de ceux-ci, à hauteur de
CHF 150'000.--, au titre d'arriéré de frais de garde de la marchandise garanti
par un droit de rétention (act. 1).
L. Le MP-GE et l'OFJ ont répondu au recours respectivement les 2 et
15 septembre 2015. Le premier a conclu à son irrecevabilité, éventuellement
à son rejet, et le second à son rejet dans la mesure de sa recevabilité (act. 6
et 7).
M. Par réplique du 28 septembre 2015, la recourante a maintenu ses
conclusions (act. 7).
Les arguments et moyens de preuve invoqués par les parties seront repris,
si nécessaire, dans les considérants en droit.

La Cour considère en droit:
1.
1.1 La Confédération suisse et la République italienne sont toutes deux parties
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à la Convention européenne d’entraide judiciaire en matière pénale du
20 avril 1959, entrée en vigueur le 20 mars 1967 pour la Suisse et le 12 juin
1962 pour l'Italie (CEEJ; RS 0.351.1) et ont passé un Accord en vue de la
compléter et d’en faciliter l’application (RS 0.351.945.41; ci-après: l'Accord
italo-suisse). A compter du 12 décembre 2008, les art. 48 ss de la
Convention d’application de l’Accord Schengen du 14 juin 1985 (CAAS; n°
CELEX 42000A0922(02); Journal officiel de l’Union européenne L 239 du
22 septembre 2000, p. 19 à 62) s’appliquent également à l’entraide pénale
entre ces deux Etats (arrêt du Tribunal pénal fédéral RR.2013.293 du
21 février 2014, consid. 1.2; cf. plus généralement l'arrêt du Tribunal pénal
fédéral RR.2008.98-99 du 18 décembre 2008, consid. 1.3). Peut également
s'appliquer en l'occurrence la Convention du Conseil de l’Europe relative au
blanchiment, au dépistage, à la saisie et à la confiscation des produits du
crime (CBl; RS 0.311.53), entrée en vigueur pour la Suisse le 1er septembre
1993 et pour l’Italie le 1er mai 1994. Les dispositions de ces traités l’emportent
sur le droit autonome qui régit la matière, soit la loi fédérale du 20 mars 1981
sur l'entraide internationale en matière pénale (EIMP; RS 351.1) et son
ordonnance d’exécution (OEIMP; RS 351.11). Le droit interne reste toutefois
applicable aux questions non réglées, explicitement ou implicitement, par le
traité et lorsqu’il est plus favorable à l’entraide (ATF 140 IV 128 consid. 2;
137 IV 33 consid. 2.2.2; 136 IV 82 consid. 3.1; arrêt du Tribunal pénal fédéral
RR.2013.301-302 du 22 mai 2014, consid. 1), ce qui vaut aussi dans le
rapport entre elles des normes internationales (cf. art. 48 ch. 2 CAAS, 39 ch.
2 CBl et I ch. 2 de l’Accord italo-suisse). L’application de la norme la plus
favorable doit avoir lieu dans le respect des droits fondamentaux (ATF 135
IV 212 consid. 2.3; 123 II 595 consid. 7c).
1.2 En vertu de l'art. 37 al. 2 let. a de la loi fédérale sur l'organisation des
autorités pénales de la Confédération (LOAP; RS 173.71), mis en relation
avec les art. 25 al. 1 et 80e al. 1 EIMP, la Cour de céans est compétente
pour connaître des recours dirigés contre les décisions de clôture de la
procédure d'entraide rendues par l'autorité d'exécution.
1.3 Aux termes de l'art. 80h let. b EIMP, a qualité pour recourir en matière
d'entraide quiconque est personnellement et directement touché par une
mesure d'entraide et a un intérêt digne de protection à ce qu'elle soit annulée
ou modifiée. Est directement touchée, au sens de cette disposition, la
personne qui doit se soumettre directement à une mesure d'entraide.
Lorsque la demande tend à la remise d'objets ou de valeurs en vue de
confiscation ou de restitution (art. 74a EIMP), la qualité pour agir appartient
en premier lieu au détenteur des avoirs, soit en particulier au titulaire du
compte bancaire sur lequel se trouvent les fonds concernés (ATF 131 II 169
consid. 2.2.1) ou au propriétaire des objets saisis (ATF 123 II 134,
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consid. 1c), selon les critères déduits de l'art. 80h let. b EIMP. Est notamment
légitimée à intervenir, dans le cadre spécifique de l'art. 74a EIMP, la
personne lésée résidant en Suisse qui allègue être au bénéfice de droits sur
ces objets ou valeurs (art. 74a al. 4 let. c EIMP). Tel est le cas de la
recourante (let. K.; cf. infra consid. 3).
1.4 Le délai de recours contre l'ordonnance de clôture est de 30 jours dès la
communication écrite de celle-ci (art. 80k EIMP), c'est-à-dire de sa
notification (ATF 136 IV 16 consid. 2.3). Interjeté le lundi 17 août 2015 contre
une décision notifiée au plus tôt le 17 juillet précédent, le recours l'a été en
temps utile.
1.5 Il y a donc lieu d'entrer en matière.
2. Selon le MP-GE, les conditions auxquelles l'art. 74a EIMP subordonne la
remise à l'Etat requérant de biens saisis sont remplies en l'espèce. D'avis
contraire, la recourante dénonce une violation de l'alinéa 4 let. c de cette
disposition. Elle affirme qu'elle est au bénéfice d'un droit de rétention sur les
biens dont la remise a été ordonnée, destiné à couvrir une créance en arriéré
de frais d'entreposage, et que celui-ci empêche temporairement la mesure
ordonnée.
3.
3.1 Aux termes de l'art. 74a al. 1 et 2 EIMP, sur demande de l'autorité étrangère
compétente, les objets ou valeurs saisis à titre conservatoire, soit notamment
le produit ou le résultat de l'infraction, la valeur de remplacement et
l'avantage illicite (let. b), peuvent lui être remis au terme de la procédure
d'entraide (art. 80d EIMP), en vue de confiscation ou de restitution à l'ayant
droit. Selon l'alinéa 3 de cette disposition légale, la remise peut intervenir à
tous les stades de la procédure étrangère, en règle générale sur décision
définitive et exécutoire de l'Etat requérant.
3.2 Les conditions posées par l'art. 74a, al. 1 et 3, EIMP sont en l'occurrence
réunies, compte tenu en particulier du jugement de confiscation italien, selon
lequel les biens litigieux, vestiges archéologiques appartenant à l'Etat
requérant, lui ont été dérobés par des pilleurs de tombe (tombaroli). Cela
n'est d'ailleurs pas contesté.
4.
4.1 L'art. 74a al. 4 let. c EIMP dispose notamment que les objets ou valeurs
saisis à titre conservatoire peuvent être retenus en Suisse si une personne
étrangère à l'infraction et dont les prétentions ne sont pas garanties par l'Etat
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requérant rend vraisemblable qu'elle a acquis de bonne foi en Suisse des
droits sur ces objets ou valeurs.
4.2 La recourante n'a jamais été soupçonnée d'avoir pris part, à quel titre que ce
soit, aux pillages de tombes dont les biens litigieux sont issus; elle doit donc
être considérée comme étrangère à l'infraction ayant donné lieu à la
demande d'entraide. Par ailleurs, l'Etat italien n'a pas garanti la créance que
fait valoir la recourante.
Il y a donc lieu d'examiner si la recourante a acquis des droits sur la
marchandise litigieuse.
4.3
4.3.1 B. SA et F. SA ont passé une convention par laquelle la première conserve
les biens litigieux au nom de la seconde, contre rémunération. Par la suite,
la recourante s'est substituée à B. SA, comme le démontre le certificat de
prise en charge qu'elle a adressé à la fiduciaire G. le 27 juillet 2001 (let. D);
cela n'est du reste pas contesté. Etant donné que F. SA est une société
panaméenne, il sied de déterminer le droit applicable à la convention.
4.3.1.1 Les pièces figurant au dossier ne permettent pas d'admettre que les parties
au contrat se sont entendues, au sens de l'art. 116 LDIP, sur ce point. On
ignore en particulier si des conditions générales d'affaires ont valablement
été intégrées à la convention et, le cas échéant, lesquelles (le certificat de
prise en charge du 27 juillet 2001 mentionne celles de l'Association H.,
tandis que la recourante a produit en annexe à son mémoire du 17 août
2015 celles de l'Association I. [act. 1.9]).
4.3.1.2 C'est donc sur la base de l'art. 117 LDIP que la question doit être tranchée.
Est ainsi applicable le droit de l'Etat avec lequel la convention présente les
liens les plus étroits (art. 117 al. 1 LDIP) – soit, lorsque le contrat a été
conclu comme en l'espèce dans l'exercice d'une activité professionnelle ou
commerciale, celui dans lequel la partie qui doit fournir la prestation
caractéristique a son établissement (art. 117 al. 2 LDIP).
4.3.1.3 Les parties à la convention en cause ont désigné celle-ci comme un contrat
d'entreposage (act. 1.9, passim), qualification qui ne prête pas le flanc à la
critique au regard des engagements respectifs pris en l'occurrence.
Compte tenu des importantes similarités que présente ce type d'accord
avec le contrat de dépôt – traités tous deux par le législateur au titre dix-
neuvième du CO (art. 472 à 491), intitulé "[d]u dépôt" –, il y a lieu
d'appliquer par analogie l'art. 117 al. 3 let. d LDIP, selon lequel la prestation
caractéristique est dans le contrat de dépôt celle du dépositaire. Partant,
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c'est l'entrepositaire, soit en l'espèce la recourante, qui fournit la prestation
caractéristique. Etant donné que l'intéressée a son siège à Z. (GE; cf.
act. 1.2), le droit suisse est applicable au contrat.
4.3.2
4.3.2.1 L'art. 485 al. 3 CO prévoit, sous le titre marginal "[d]roits de l'entrepositaire",
que les créances de celui-ci sont garanties par un droit de rétention sur les
marchandises, aussi longtemps qu'il est en possession de celles-ci ou qu'il
en peut disposer au moyen du titre qui les représente.
4.3.2.2 Les biens litigieux sont en possession de la recourante, de sorte que celle-
ci est au bénéfice d'un droit de rétention. Ce dernier est un droit réel,
catégorie précisément visée par l'art. 74a al. 4 EIMP (ATF 123 II 595
consid. 6b/aa p. 613 et les références citées; HARARI, Remise
internationale d'objets et valeurs, réflexions à l'occasion de la modification
de l'EIMP, in: Etudes en l'honneur de Dominique Poncet, Genève 1997,
p. 188). Ainsi, la recourante a acquis sur ladite marchandise des droits, au
sens de cette disposition légale.
Reste à déterminer si l'intéressée a rendu vraisemblable qu'elle l'a fait de
bonne foi.
4.4
4.4.1 La notion de bonne foi au sens de l'art. 74a al. 4 EIMP est la même que celle
de l'art. 70 al. 2 CP. Ce dernier dispose (en reprenant le texte de
l'art. 59 ch. 1 al. 2 aCP) que ["l]a confiscation n'est pas prononcée lorsqu'un
tiers a acquis les valeurs dans l'ignorance des faits qui l'auraient justifiée [...]"
(MICHAEL AEPLI, Basler Kommentar, Internationales Strafrecht 2015, n° 61
ad art. 74a EIMP; HARARI, op. cit., p. 192 s.). Dès que le tiers sait ou ne peut
pas ignorer que les valeurs sont le résultat de l'infraction, il n'est pas protégé
(DUPUIS ET AL., Petit Commentaire du Code pénal, Bâle 2012, n° 21 ad art.
70 CP); tel est notamment le cas lorsque, bien que n'étant pas receleur, il
aura agi alors qu'il savait que les valeurs partimoniales acquises étaient le
résultat ou la rétribution d'une infraction ou qu'il aurait, au vu des
circonstances, dû le présumer (Message du Conseil fédéral concernant la
modification du code pénal suisse et du code pénal militaire du 30 juin 1993
[introduisant notamment l'art. 59 aCP cité plus haut], FF 1993 III 269, 301).
L'ensemble des circonstances doit être pris en considération, notamment la
possibilité qu'avait le tiers d'obtenir des renseignements (cf. [s'agissant
d'objets d'art] ATF 123 II 134, consid. 6 et [plus généralement] FLORIAN
BAUMANN, Basler Kommentar, Strafrecht I, 3e éd., Bâle 2013, n° 58 ad
art. 70/71 CP). La connaissance des organes – de fait et de droit – d'une
société est imputée à cette dernière (arrêt du Tribunal pénal fédéral
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BB.2010.71-75 du 18 février 2011, consid. 5.2 et 5.3; FLORIAN BAUMANN,
ibidem).
4.4.2 Il convient donc de se demander si la recourante – respectivement C., qui
en est le membre fondateur et l'associé gérant unique – aurait dû présumer
au vu des circonstances que les biens litigieux étaient le résultat de fouilles
illégales.
4.4.3 En mars 2001, E. a demandé à C., responsable à l'époque du département
D. de B. SA, d'entreposer 45 caisses détenues jusque-là par J. SA, alors que
les locaux des deux sociétés précitées se trouvaient dans un même bâtiment
sis aux Ports-Francs de Genève, à des étages différents (act. 1.6). Précisant
que les coffres en question renfermaient des antiquités, le marchand anglais
a fait établir le contrat d'entreposage au nom d'une société offshore,
représentée par une fiduciaire sise à Genève. Il n'a pas demandé à B. SA de
faire assurer les biens en question (act. 9, p. 3) et n'a pas dressé un
inventaire de ceux-ci, alors qu'il s'agit-là pour l'entreposant des précautions
les plus élémentaires dans un tel contexte pour se prémunir contre tout
éventuel dommage. Ce comportement pour le moins inhabituel, qui pouvait
s'expliquer uniquement par une volonté de dissimuler les biens litigieux,
respectivement d'empêcher leur traçabilité, devait de toute évidence éveiller
les soupçons de C.
A cela s'ajoute qu'au début du mois de juin 2001, un inventaire précis et
détaillé de la marchandise litigieuse a été établi – non pas à l'initiative d'une
des parties au contrat mais dans le cadre d'une procédure judiciaire initiée
par les héritiers du défunt amant de E. à l'encontre de ce dernier (cf. act. 1,
p. 4). A partir de ce moment-là, C. savait que deux sarcophages étrusques,
dans un excellent état de conservation, figuraient parmi les objets confiés au
nom de F. SA. Or, il ne pouvait pas échapper à celui-ci, déjà actif
professionnellement depuis plusieurs années dans l'entreposage de biens
culturels, qu'une entreprise privée n'est en principe pas habilitée à détenir de
tels vestiges archéologiques.
Compte tenu de l'ensemble de ces circonstances, C. devait présumer que la
marchandise déposée au nom de F. SA provenait de fouilles illégales,
d'autant qu'il ne pouvait quoi qu'il en dise pas ignorer la réputation sulfureuse
qu'avait E. à l'époque déjà (il ressort d'un article publié par le journal K. le
13 juillet 2004 [act. 6.1] que le prénommé était une personnalité de tout
temps controversée, impliquée à plusieurs reprises dans le commerce de
biens exportés illégalement ou volés). Il n'a pourtant pas demandé au
marchand anglais de produire des documents propres à établir l'origine des
biens en question, alors qu'il aurait eu tout loisir de le faire.
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Il s'ensuit que la recourante n'a pas rendu vraisemblable qu'elle a acquis de
bonne foi, au sens de l'art. 74a al. 4 EIMP, les droits invoqués. Le grief tiré
d'une violation de cette disposition est donc mal fondé.
5. Compte tenu de ce qui précède, le recours est mal fondé.
6. En règle générale, les frais de procédure comprenant l'émolument d'arrêté,
les émoluments de chancellerie et les débours sont mis à la charge de la
partie qui succombe (art. 63 al. 1 PA, applicable par renvoi de l'art. 39 al. 2
let. b LOAP). Le montant de l'émolument est calculé en fonction de l'ampleur
et de la difficulté de la cause, de la façon de procéder des parties, de leur
situation financière et des frais de chancellerie (art. 73 al. 2 LOAP). La
recourante supportera ainsi les frais du présent arrêt, lesquels se limitent à
un émolument fixé à CHF 5'000.-- (art. 73 al. 2 LOAP et art. 8 al. 3 du
règlement du Tribunal pénal fédéral sur les frais, émoluments, dépens et
indemnités de la procédure pénale fédérale du 31 août 2010 [RFPPF; RS
173.713.162] et art. 63 al. 5 PA), couvert par l'avance de frais versée.
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