Decision ID: 5cf04b1d-acfc-4f1a-938f-efa9b967d1ee
Year: 2020
Language: fr
Court: VD_TC
Chamber: VD_TC_031
Canton: VD
Region: Région lémanique
Law Area: public_law

Vu les faits suivants:
A.
Le territoire de la Commune de Corcelles-près-Concise est régi par un règlement sur le plan d'extension et la police des constructions, approuvé par le Conseil d'Etat le 30 mars 1983 (ci-après: RPE). Ce territoire comprend, à sa limite Sud-Est, une bande de terre, large en moyenne d'une centaine de mètres et longue de 1'500 m, enserrée entre la rive du lac de Neuchâtel et une zone forestière, qui marquait autrefois l'emprise de l'ancienne ligne CFF reliant Yverdon à Neuchâtel. Sur un segment de huit cents mètres environ, cette bande de terre est partagée dans sa longueur entre une zone appelée "aire forestière", le long de la rive, et, en retrait de celle-ci, une zone de "maisons de vacances ou d'habitat temporaire". Cette portion de territoire, dite des "Grèves" est subdivisée en une quarantaine de parcelles contiguës et rectangulaires, dans un axe Nord-Ouest/Sud-Est, dont la surface varie entre 1'000 et 7'000 m2. Elles sont disposées de telle manière que chacune comporte une portion Sud-Est de terrain dans la zone d'aire forestière au bord du lac et une portion Nord-Ouest dans la zone de "maisons de vacances ou d'habitat temporaire", adossée à la zone forestière. Elles sont pratiquement toutes construites, sur leur portion Nord-Ouest, d'une maison ou d'un pavillon de vacances. Une servitude de passage à pied et pour tous véhicules, aménagée en chemin d'accès privé, traverse les parcelles parallèlement à la rive, en amont des maisons ou pavillons de vacances, dans la zone de "maisons de vacances ou d’habitat temporaire", à quelque 10 à 15 mètres de la zone forestière. Le ruban de terrain ainsi circonscrit entre le chemin d’accès et la zone forestière accueille de nombreuses dépendances.
B.
En 1979, C._ était propriétaire de la parcelle n° 292 de Corcelles-près-Concise, sise dans le secteur précité des Grèves, soit à l'intérieur de l'objet protégé par l'inventaire fédéral et cantonal des sites et paysages (IFP, objet 1203 et IMNS, objet 127). Cette parcelle comprenait alors une maison d'habitation n° ECA 283, de 229 m
2
. Le 13 juillet 1979, la propriétaire a demandé l'autorisation de construire un pavillon de jardin, un hangar à bateaux, ainsi qu'une passerelle d'embarquement sur son fonds.
La Municipalité de Corcelles-près-Concise (ci-après: la municipalité) a accordé le permis de construire sollicité le 1
er
novembre 1979, mais uniquement pour le pavillon de jardin, en précisant que la construction d'un hangar à bateaux ne pouvait pas être autorisée.
Le 29 mars 1982, l'Inspecteur des forêts s'est adressé à C._, constatant qu'un hangar à bateaux avait été construit illicitement à moins de 10 mètres de la limite de la zone soumise au régime forestier. Il lui a imparti un délai au 30 avril 1982 pour supprimer cette construction, sous la menace d'une dénonciation auprès de la Préfecture du district de Grandson.
C.
En 2002, A._ est devenu propriétaire du bien-fonds. En 2008, il a requis l'autorisation d'effectuer des travaux de transformation à l'intérieur de la maison d'habitation se trouvant sur sa parcelle, en précisant que ni la volumétrie du bâtiment ni l'emplacement des façades ne seraient modifiés. Le projet prévoyait en particulier la transformation du premier étage, avec extension par un balcon-terrasse au Sud-Est, équipé d'un escalier extérieur.
Dans sa synthèse CAMAC n° 93292 du 22 janvier 2009, le Service des forêts, de la faune et de la nature, Inspection des forêts (SFFN, désormais Direction générale de l'environnement, Direction des ressources et du patrimoine naturels, Inspection cantonale des forêts, ci-après: DGE-FORET), a délivré l'autorisation spéciale requise aux conditions impératives suivantes:
"Le bâtiment à agrandir est situé à moins de 10 m de la lisière forestière.
L'extension prévoit un escalier extérieur empiétant [sic] sur l'aire forestière. En outre, l'extension du bâtiment a pour effet d'accroître la pression sur l'aire forestière située au sud du bâtiment. Or, l'occupation actuelle a déjà entraîné une pression excessive sur l'aire forestière dont le nombre d'arbres a été réduit et la végétation dénaturée au point que son état est largement en dessous du seuil admissible. Le statut particulier de cette aire forestière exige un taux de boisement d'au moins 50 %.
Le Service des forêts, de la faune et de la nature autorise l'extension souhaitée à condition que soient plantés au moins 5 arbres de hautes tiges et 10 buissons dans l'aire forestière. (...)"
Le 13 février 2009, après avoir mis le projet à l'enquête publique, qui n'a donné lieu à aucune opposition, la municipalité a accordé le permis de construire sollicité, aux conditions posées par les autorités cantonales concernées dans la synthèse CAMAC.
D.
Le 28 janvier 2016, le propriétaire de la parcelle voisine n° 291, B._, avec lequel A._ est en litige depuis plusieurs années, s'est adressé à la municipalité, émettant diverses remarques relatives aux constructions sises sur la parcelle n° 292. En particulier, il a fait valoir que le permis de construire octroyé en 2009 n'avait pas été respecté. Il a en outre relevé la présence d'un hangar à bateaux et d'autres aménagements qui selon lui n'auraient fait l'objet d'aucun permis de construire.
Le 21 avril 2016, la Commission de salubrité de la Commune de Corcelles-près-Concise a effectué une visite sur la parcelle d'A._. Il ressort du préavis au permis d'habiter établi le 3 mai 2016 que les constructions constatées n'étaient pas conformes à l'autorisation octroyée. En particulier, le procès-verbal de la visite comprend les remarques suivantes:
"1) Plusieurs adaptations ont été apportées à la distribution intérieure par rapport au plan mis à l'enquête. En principe ces modifications ne contreviennent pas le règlement communal et n'ont pas d'incidence en termes de sécurité. Un plan tel que construit est demandé.
2) La Commission a constaté que les éléments suivants ne sont pas conformes au plan mis à l'enquête:
- balcon: 6.11 x 2.97 m sur le plan d'enquête a été fait de 9.38 x 3.46 m
- escalier extérieur reliant le premier étage au jardin: sa position a été adaptée et il se trouve à env. 20 cm à l'Ouest de ce qui [a] été prévu sur le plan déposé à l'enquête
3) le propriétaire a indiqué à la Commission que les plantations exigées dans le permis de construire n'ont pas été réalisées.
La Commission recommande une discussion avec le CCFN [ndr: ou SFFN] sur les deux derniers points puisque les éléments décrits sous 2) pourraient se trouver en conflit avec les dispositions de l'aire forestière de par leurs dimensions et 3) était une exigence du CCFN à laquelle le permis de construire était subordonné."
Le 18 mai 2016, la municipalité a informé A._ que suite au préavis négatif de la Commission de salubrité, la délivrance du permis d'habiter était reportée. Elle lui a imparti un délai pour lui faire parvenir un dossier de plans tel que construit, un plan tel que construit du géomètre, ainsi qu'une preuve des plantations compensatoires effectuées.
Par lettre du 8 juin 2016, la municipalité a encore indiqué à A._ que la Commission de salubrité avait constaté l'existence d'un hangar à bateaux construit dans la zone forestière. La municipalité enjoignait à A._ de lui transmettre une copie du permis de construire concernant ce hangar, ou, à défaut, de lui indiquer la date de sa construction.
Le 8 juillet 2016, l'intéressé a transmis à la municipalité un dossier de plans de sa maison établi par un architecte, les plans de situation établis par un géomètre, une copie d'un contrat conclu avec un paysagiste concernant les plantations compensatoires à réaliser, ainsi que "différents plans attestant de la destruction d'une grande véranda au niveau du sol lors des travaux". Il a en outre admis que la terrasse du premier étage était plus longue d'environ 3 mètres par rapport aux plans soumis à la municipalité, expliquant que cette différence résultait d'une omission du précédent architecte, qu'il ignorait. Par ailleurs, lors des travaux de 2009, une grande véranda qui empiétait davantage sur la forêt forestière avait été détruite. Par conséquent, l'impact de la maison était désormais plus faible qu'auparavant. S'agissant des plantations compensatoires, il avait bien planté des arbustes, qui n'avaient cependant pas survécu. Il a en outre maintenu que l'Inspecteur des forêts lui avait assuré oralement, en 2013, que le nombre d'arbres était suffisant. Enfin, il a fait valoir que le hangar à bateaux datait de 1980 ou 1981, et n'entraînait, selon lui, qu'un faible impact sur la zone forestière.
E.
Par décision du 23 août 2016 adressée à A._, la municipalité s'est exprimée comme suit:
"Nous avons pris connaissance de votre envoi du 8 juillet 2016, qui nous conduit aux considérations et à la décision suivante:
1. Permis de construire de 2009
Tant selon les constatations de la Commission de salubrité que selon votre envoi, il s'avère que votre mandant a réalisé des travaux ne correspondant pas à ceux qui ont été autorisés en 2009, en particulier s'agissant de la terrasse. Ces travaux empiètent sur l'aire forestière et, comme vous le savez, ils ne sauraient ainsi être autorisés sans l'aval des Services de l'Etat. Ainsi, dans un délai au
23 septembre 2016
, nous vous demandons de déposer un dossier d'enquête concernant ces travaux réalisés sans autorisation et sans respecter les plans de 2009 ayant conduit au permis de construire. Ce dossier permettra aux Services cantonaux de se prononcer sur la compatibilité des aménagements réalisés sans autorisation, avant que la Municipalité ne statue.
2. Autres aménagements
L'analyse du dossier a permis de constater que le hangar à bateaux construit sur le fonds de votre client n'a jamais fait l'objet d'une autorisation. Bien au contraire, la lettre municipale du 1
er
novembre 1979, sur la base d'une détermination du SAT du 14 août 1979, contient le refus de construire ce hangar, alors que le permis concernant le pavillon a été délivré. Il en résulte que votre client a manifestement passé outre ce refus. Il convient donc que ce hangar, qui n'a jamais été autorisé, soit inclus dans le dossier d'enquête sollicité plus haut.
De même, le mur en béton délimitant la propriété de votre mandant côté lac n'a pas fait l'objet d'une autorisation. Il convient donc également d'inclure ce mur dans la demande de permis.
3. Plantations compensatoires
Nous avons pris note que votre client allait procéder aux plantations compensatoires ordonnées et un délai au 23 septembre 2016 est ainsi imparti à votre mandant pour réaliser ces plantations. M. [...], Inspecteur des forêts, reçoit une copie de la présente pour son information.
[...]".
Par acte du 23 septembre 2016, A._ a formé recours contre cette décision auprès de la Cour de droit administratif et public du Tribunal cantonal (ci-après: le tribunal ou la CDAP), concluant à son annulation.
Par arrêt du 13 octobre 2017 (AC.2016.0342), le tribunal a rejeté le recours et confirmé la décision rendue le 23 août 2016 par la municipalité.
F.
Le 11 août 2018, A._ a déposé une demande de permis de construire portant sur "
l'agrandissement du balcon Démolition de la véranda et d'un chemin et d'une place
" sur sa parcelle n° 292.
Le projet a été mis à l'enquête publique du 12 septembre au 11 octobre 2018 et a suscité l'opposition de B._, propriétaire de la parcelle voisine n° 291.
La synthèse CAMAC n° 179627 a été établie le 12 novembre 2018. Aux termes de celle-ci, les services concernés ont refusé d'accorder les autorisations spéciales requises. On peut en extraire le passage suivant:
"[...]
La Direction des ressources et du patrimoine naturels, Inspection cantonale des forêts du 10
ème
arrondissement (DTE/DGE/DIRNA/FO10)
refuse de délivrer l'autorisation spéciale requise.
Le projet prévoit la construction d'un balcon-terrasse en forêt et à moins de 10 mètres de la lisière, ce qui est interdit par les art. 4 ss LFo et 27 LVLFo. De plus, il est situé dans un inventaire fédéral du paysage et dans un inventaire cantonal des monuments naturels et des sites.

Considérant que les conditions pour une autorisation exceptionnelle ne sont pas remplies (démonstration de l'intérêt prépondérant et de l'emplacement imposé notamment), l'inspection des forêts du 7
ème
arrondissement refuse le projet.
Le Service du développement territorial, Hors zone à bâtir (SDT/HZB2)
refuse de délivrer l'autorisation spéciale requise.
Les travaux inclus dans la zone de maisons de vacances ou d'habitat temporaire (constructible) demeure de compétence communale, les avis des autres services de l'Etat étant réservés.
En revanche le solde des travaux compris à l'intérieur de l'aire forestière du PGA est soumis à autorisation du département selon l'article 120, alinéa 1, lettre a LATC.
Le 14 août 1979, le Service de l'aménagement du territoire (aujourd'hui SDT) s'opposait à un projet de hangar à bateaux. Le 1
er
novembre, la Commune confirmait cette prise de position à Mme C._, alors propriétaire. Malgré cela, le hangar a été construit presque entièrement dans l'aire forestière.
Au terme d'une enquête publique du 7 novembre au 8 décembre 2008, la Municipalité de Corcelles-près-Concise a délivré un permis de construire pour la transformation de la villa ECA n° 283 construite en 1971 (dossier CAMAC n° 93292). Le projet prévoyait un escalier d'accès à la terrasse supérieure, aujourd'hui réalisé, dans l'aire forestière. D'ailleurs, la Commission des rives du lac avait indiqué dans la synthèse CAMAC n° 93292 du 2 janvier 2009 que d'autres solutions, évitant l'aire forestière, auraient pu être développées. Le Service du développement territorial (SDT), notamment sa Division Hors zone à bâtir, n'a pas été consulté pour ces travaux.
Le balcon au sud-est a été agrandi illicitement au sud-est et empiète maintenant sur l'aire forestière. Selon le présent dossier d'enquête publique, une véranda (aujourd'hui démolie) existait au rez-de-chaussée, sous ledit balcon. Elle débordait également dans l'aire forestière. Non cadastrée selon le plan géomètre du bureau D._ du 13 juillet 1979 et ne figurant pas sur les plans du bureau E._ du 9 juillet 1979, cette construction avait manifestement été réalisée après l'édification de la villa. Après examen de ses archives, le SDT ne l'avait pas autorisée.
L'opposition déposée le 10 octobre 2018 par le propriétaire voisin M. B._ fait mention d'une décision que la Commune de Corcelles-près-Concise aurait envoyée le 23 août 2016 à M. A._. Il lui aurait été signifié de produire un dossier d'enquête publique incluant divers travaux réalisés sans autorisations, dont un remblai et une digue au bord du lac.
La présente demande vise à régulariser l'agrandissement du balcon ainsi que la démolition de la véranda, d'un chemin et d'une place.
Le SDT peut se déterminer sur les travaux soumis à l'enquête publique comme suit:
La suppression de la véranda, du chemin et de la place permettent de restituer une situation manifestement conforme à l'aire forestière (art. 18 al. 3 et 22 LAT).
En revanche, le balcon ne pourra pas être régularisé pour les motifs suivants:
Il n'est pas conforme à l'aire forestière (art. 18 al. 3 et 22 LAT).
Il n'est pas imposé par sa destination hors des zones à bâtir pour des motifs techniques (art. 24 LAT).
Conformément à la jurisprudence en la matière du Tribunal cantonal (AC.2005.0236, AC.2007.0286) et du Tribunal fédéral (1A.36/2001, 1A.276/2006), tous les objets (routes privées, places de stationnement, terrasse, balcon, avant-toit, chemin, cabanon de jardin, poulailler, clapiers, bûcher, serres, couverts, balançoires et toboggans, piscine, étangs, mouvements de terre, murs, bordure drainante, sauts-de-loup, jardin potager, plantations d'essences exotiques, etc), en rapport direct avec des constructions situées en zone à bâtir, doivent être exclusivement prévus à l'intérieur de cette dernière.
Enfin, les préavis négatifs de la DGE-FO10 et –BIODIV montrent que des intérêts publics prépondérants s'opposent au balcon réalisé partiellement dans l'aire forestière (art. 24 let. b LAT et 81 al. 2 LATC).
Au vu de ce qui précède, le Service du développement territorial (SDT) refuse de délivrer son autorisation spéciale (art. 22 et 24 LAT). En aucun cas, le permis de construire communal ne peut être délivré pour la régularisation du balcon.
Le hangar à bateaux, l'escalier, le remblai et la digue, qui ne font pas l'objet de la présente demande, feront l'objet d'un examen séparé. A l'issue de cette analyse, le SDT statuera également sur le sort du balcon réalisé partiellement hors des zones à bâtir.
La Direction des ressources et du patrimoine naturels, Biodiversité et paysage (DTE/DGE/DIRNA/BIODIV)
refuse de délivrer l'autorisation spéciale requise pour le motif ci-dessous:
Le projet consiste à mettre en conformité un balcon terrasse construit dans l'aire forestière sur la parcelle N° 292 sise sur le territoire communal de Corcelles-près-Concise.
Le projet se situe dans un secteur de valeur supérieure en matière de protection du paysage, il est localisé dans:
. L'inventaire fédéral des paysages, sites et monuments naturels d'importance nationale (IFP N° 1203 Grèves vaudoises de la rive nord du lac de Neuchâtel),
. l'inventaire des monuments naturels et des sites (IMNS N° 127). A ce titre, il requiert une autorisation spéciale au sens de l'article 17 de la Loi sur la protection de la nature des monuments naturels et des sites.
L'inspecteur forestier a émis un préavis négatif au projet qui ne respecte pas la législation forestière en matière de construction.
Considérant ce qui précède, la DGE-BIODIV préavise négativement les travaux et refuse de délivrer l'autorisation spéciale requise.
[...]".
G.
Par décision du 27 novembre 2018, intitulée "
Mise en conformité du balcon – terrasse pour Monsieur A._ – bâtiment ECA N°283 – parcelle n°292 Les Grèves à Corcelles-près-Concise
", la municipalité a refusé de délivrer le permis de construire portant sur l'agrandissement du balcon-terrasse (représentant un triangle de l'ordre de 3 m
2
situé à l'angle sud/est empiétant sur l'aire forestière), en se référant à la synthèse CAMAC du 12 novembre 2018 (n° 179627) et aux refus des services concernés de délivrer les autorisations spéciales requises.
H.
Par acte du 14 janvier 2019, A._ (ci-après: le recourant) a recouru auprès de la CDAP contre ces décisions, en concluant, principalement, à leur réforme en ce sens que l'agrandissement du balcon situé sur la face Sud-Est du bâtiment n° ECA 283 est autorisé, respectivement régularisé, et subsidiairement, à l'annulation des décisions litigieuses. A titre de mesure d'instruction, le recourant a sollicité la tenue d'une inspection locale.
Le 19 février 2019, la DGE-FORET a déposé sa réponse au recours, en concluant à son rejet. En substance, elle a exposé que les conditions posées à la délivrance d'une autorisation spéciale n'étaient pas réalisées. Il n'y avait pas, en l'espèce, de raison d'empiéter dans l'aire forestière; en outre, la construction litigieuse se situait dans un secteur de valeur supérieure en matière de protection du paysage, impliquant que les intérêts publics l'emportent sur les intérêts privés du recourant. Enfin, elle attendait que l'aménagement en cause soit démantelé.
Le 21 février 2019, la municipalité a, à son tour, conclu au rejet du recours, en se référant intégralement à la synthèse CAMAC (n° 179627).
Le 22 février 2019, le Service du développement territorial (SDT) a conclu au rejet du recours. En substance, il a exposé que le projet n'était pas conforme à l'affectation de l'aire forestière et que, le bâtiment principal se situant en zone constructible, son éventuel agrandissement devait se limiter à cette même zone.
Le 20 février 2019, B._ a déposé sa réponse au recours, en concluant à son rejet. Il s'est en outre opposé à la tenue d'une inspection locale.
Le 29 mai 2019, le recourant s'est déterminé sur les réponses déposées par les autres parties et a réitéré sa demande d'inspection locale. A l'appui de son écriture, il a notamment produit un rapport d'expertise établi le 6 mai 2019 par le bureau F._, parvenant à la conclusion que l'agrandissement litigieux ne saurait être considéré comme une atteinte significative à la protection de la nature et du paysage et à la conservation de la forêt.
Le 3 juillet 2019, le SDT et la municipalité ont indiqué ne pas avoir d'observations complémentaires à formuler.
Quant à B._, il a déposé un mémoire complémentaire le
5 août 2019.
I.
Le tribunal a statué par voie de circulation.
Considérant en droit:
1.
Déposé dans le délai de trente jours fixé par l'art. 95 de la loi vaudoise du 28 octobre 2008 sur la procédure administrative (LPA-VD; BLV 173.36), le recours est intervenu en temps utile. Il respecte au surplus les conditions formelles énoncées à l'art. 79 LPA-VD (applicable par renvoi de l'art. 99 LPA-VD), si bien qu'il y a lieu d'entrer en matière sur le fond.
2.
A titre préalable, il convient de circonscrire l'objet du litige.
a) L'objet du litige est défini par trois éléments: la décision attaquée, les conclusions du recours et les motifs de celui-ci. Selon le principe de l’unité de la procédure, ne peuvent être examinés et jugés, en principe, que les rapports juridiques à propos desquels l’autorité administrative s’est prononcée préalablement, d’une manière qui la lie sous forme de décision. L’objet du litige peut être réduit devant l’autorité de recours, mais pas étendu, ni modifié (art. 79 LPA-VD applicable par renvoi de l'art. 99 LPA-VD; ATF 136 V 362 consid. 3.4.2 p. 365).
b) En l'espèce, les décisions attaquées portent sur le refus de délivrer les autorisations spéciales requises en vue de la régularisation de l'agrandissement du balcon, ainsi que sur le refus de délivrer le permis de construire correspondant. Quand bien même la DGE-FORET a indiqué dans ses déterminations du 19 février 2019 qu'elle attendait que les aménagements qui n'ont pas été autorisés soient démantelés, on constate que ni la décision municipale, ni les décisions des services cantonaux contenues dans la synthèse CAMAC ne contiennent d'ordre de remise en état. Dans cette mesure, le litige est circonscrit à la seule question de la régularisation de l'agrandissement du balcon mis à l'enquête publique du 12 septembre au 11 octobre 2018, à l'exclusion de celle d'une éventuelle remise en état.
3.
Le recourant conteste la qualité de partie à la procédure de B._. Il estime que l'agrandissement du balcon ne porterait atteinte ni à sa situation juridique, ni à sa situation de fait, étant précisé que les arguments développés ne porteraient que sur la défense de l'intérêt général.
a) aa) L'art. 81 LPA-VD (applicable par renvoi de l'art. 99 LPA-VD), relatif à l'échange d'écritures en matière de recours administratif, dispose à son al. 4 que l'autorité peut également solliciter les déterminations d'autorités ou de tiers intéressés.
Cette disposition laisse une grande place au pouvoir d'appréciation du juge (GE.2017.0224/GE.2017.0172 du 3 septembre 2018 consid. 6). En matière de construction, lorsqu'un tiers a fait opposition avec succès à la délivrance d'une autorisation de construire, le tribunal a pour pratique de lui offrir la possibilité d'intervenir dans la procédure de recours et d'y prendre des conclusions. Cela se justifie par le fait que la procédure de recours, engagée en général par celui qui a sollicité l'autorisation et ne l'a pas obtenue, pourrait déboucher sur l'octroi du permis de construire. Il s'agit donc de sauvegarder le droit d'être entendu de l'opposant, qui n'avait pas de raison de recourir contre la décision refusant l'autorisation (AC.2006.0234 du 8 janvier 2007 consid. 1).
bb) Dans le cas d'espèce, il convient ainsi de se poser la question de savoir si B._ dispose d'un intérêt à ce que la décision de la municipalité soit confirmée. Cette question peut être examinée à l'aune de l'art. 75 LPA-VD (par renvoi de l'art. 99 LPA-VD).
cc) Selon cette disposition, la qualité pour recourir est reconnue à toute personne physique ou morale ayant pris part à la procédure devant l'autorité précédente, qui est atteinte par la décision attaquée et qui dispose d'un intérêt digne de protection à ce qu'elle soit annulée ou modifiée (art. 75 let. a LPA-VD).
Le critère de l'intérêt digne de protection à l'annulation de la décision attaquée est également prévu par la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF; RS 173.110), pour le recours en matière de droit public (art. 89 al. 1 let. c LTF), et il y a lieu d'appliquer ici la jurisprudence développée à ce propos (principe de l'unité de la procédure, cf. art. 111 al. 1 LTF; AC.2018.0073 du 27 mars 2018 consid. 1a).
Le recourant doit se trouver dans une relation spéciale, étroite et digne d'être prise en considération avec l'objet de la contestation. Il doit en outre retirer un avantage pratique de l'annulation ou de la modification de la décision contestée, ce qui implique qu'il soit touché dans une mesure et avec une intensité plus grandes que la généralité des administrés (ATF 143 II 506 consid. 5.1 p. 512; 141 II 50 consid. 2.1 p. 52; TF 1C_609/2017 du 4 décembre 2018 consid. 2.1.1). En d'autres termes, la personne qui souhaite former un recours doit être potentiellement directement touchée par l'acte qu'elle attaque. En effet, afin d'exclure l'action populaire, la seule poursuite d'un intérêt général et abstrait à la correcte application du droit ne suffit pas (ATF 144 I 43 consid. 2.1 p. 46; 139 II 499 consid. 2.2 p. 504; TF 1C_493/2017 du 29 octobre 2018 consid. 3.1; AC.2018.0412 du 27 novembre 2018 consid. 3a/aa).
En matière de droit des constructions, le voisin direct de la construction ou de l'installation litigieuse a en principe la qualité pour recourir (ATF 139 II 499 consid. 2.2 p. 504; TF 1C_382/2017 du 16 mai 2018 consid. 1.2.1). La proximité avec l'objet du litige ne suffit néanmoins pas à elle seule à conférer au voisin la qualité pour recourir. Le critère de la distance constitue certes un indice essentiel, mais il n'est pas à lui seul déterminant; s'il est certain ou très vraisemblable que l'installation ou la construction litigieuse sera à l'origine d'immissions - bruit, poussières, vibrations, lumière, fumée - atteignant spécialement les voisins, même situés à une certaine distance, ceux-ci peuvent avoir la qualité pour recourir (ATF 140 II 214 consid. 2.3 p. 219; 136 II 281 consid. 2.3.1 p. 285; TF 1C_170/2018 du 10 juillet 2018 consid. 4.1). Lorsque le recourant est un voisin direct, l'intérêt qu'il invoque ne doit pas nécessairement correspondre à l'intérêt protégé par les normes dont il dénonce la violation. Il peut bien plutôt exiger le contrôle du projet de construction au regard de toutes les normes qui ont un effet juridique ou concret sur sa situation, de sorte que l'admission du recours lui procurerait un avantage pratique. Ainsi, le propriétaire d'un bien-fonds directement voisin, qui a formé opposition lors de l'enquête publique (conformément à l'exigence de la participation à la procédure devant l'autorité précédente), a en principe qualité pour recourir lorsqu'il critique notamment les effets de la construction projetée sur son immeuble (ATF 141 II 50 consid. 2.1 p. 52; ATF 137 II 30 consid. 2.2.2 p. 33; AC.2017.0060 du 23 mai 2018 consid. 1a).
b) En l'espèce, B._, propriétaire de la parcelle n° 291 (laquelle jouxte directement la parcelle n° 292 du recourant), a formé opposition dans le cadre de l'enquête publique. Aux termes de ses écritures, il estime que la construction litigieuse ne respecterait ni les plans approuvés par les autorités, ni la législation forestière. Il n'explique toutefois pas, de manière circonstanciée, en quoi l'agrandissement du balcon aurait un quelconque impact sur sa propre situation.
Quoi qu'il en soit, en tant que voisin direct, B._ peut à tout le moins se prévaloir d'un intérêt à ce que la parcelle n° 291 soit utilisée moins intensément (en particulier à proximité de la forêt). Partant, la qualité de partie, soit d'opposant, à la présente procédure doit lui être reconnue.
4.
A titre de mesure d'instruction, le recourant sollicite la tenue d'une inspection locale.
a) Le droit d'être entendu, tel qu'il est garanti par les art. 29 al. 2 de la Constitution fédérale de la Confédération suisse du 18 avril 1999 (Cst.; RS 101) et 27 al. 2 de la Constitution du Canton de Vaud du 14 avril 2003 (Cst-VD; BLV 101.01), comprend notamment le droit pour l'administré d'offrir des preuves pertinentes, d'obtenir qu'il y soit donné suite et de participer à l'administration des preuves essentielles ou à tout le moins de s'exprimer sur son résultat, lorsque cela est de nature à influer sur la décision à rendre (ATF 145 I 167 consid. 4.1 p. 170; 140 I 285 consid. 6.3.1 p. 299; PE.2018.0117 du 7 janvier 2019 consid. 2a). Les garanties ancrées aux art. 29 al. 2 Cst. et 27 al. 2 Cst-VD ne comprennent toutefois pas le droit d'être entendu oralement (cf. ATF 140 I 68 consid. 9.6.1 p. 76; TF 2D_51/2018 du 17 janvier 2019 consid. 4.1).
Devant le tribunal, la procédure est en principe écrite (art. 27 al. 1 LPA-VD). Aux termes de l'art. 34 LPA-VD, les parties participent à l'administration des preuves (al. 1) et peuvent notamment présenter des offres de preuve (al. 2 let. d). L'autorité n'est toutefois pas liée par les offres de preuve formulées par les parties (art. 28 al. 2 LPA-VD; cf. ég. art. 34 al. 3 LPA-VD); de jurisprudence constante en effet, le droit d'être entendu n'empêche pas l'autorité de mettre un terme à l'instruction lorsque les preuves administrées lui ont permis de former sa conviction et que, procédant d'une manière non arbitraire à une appréciation anticipée des preuves qui lui sont encore proposées, elle a la certitude que ces dernières ne pourraient l'amener à modifier son opinion (ATF 140 I 285 consid. 6.3.1 p. 299; TF 2C_954/2018 du 3 décembre 2018 consid. 5; PE.2018.0208 du 29 mai 2019 consid. 3a).
b) En l'espèce, il convient de relever que les éléments figurant au dossier, notamment le plan de situation, ainsi que les plans du bâtiment concerné et de ses abords permettent au tribunal de se faire une idée complète et précise des faits pertinents. De plus, les images disponibles sur le site internet "Guichet cartographique cantonal" de l'Etat de Vaud permettent de se rendre compte de la configuration des lieux, et en particulier de la proximité entre l'aire forestière et le bâtiment n° ECA 283, situés sur la parcelle du recourant. Dès lors, par appréciation anticipée des preuves, le tribunal s’estime en mesure de statuer en connaissance de cause et renoncera en conséquence à une vision locale, sans qu’il n’en résulte une violation du droit d’être entendu des parties.
5.
Le recourant soutient que son droit d'être entendu aurait été violé par les autorités cantonales concernées dans la procédure menant aux décisions attaquées.
a) Le droit d'être entendu garanti par l'art. 29 al. 2 Cst. comprend notamment le droit pour l'intéressé de s'exprimer sur les éléments pertinents avant qu'une décision ne soit prise touchant sa situation juridique (ATF 142 II 218 consid. 2.3 p. 222; 142 III 48 consid. 4.1.1 p. 52; 137 IV 33 consid. 9.2 p. 48). En droit vaudois, aux termes de l’art. 33 al. 1 LPA-VD, hormis lorsqu’il y a péril en la demeure, les parties ont le droit d’être entendues avant toute décision les concernant.
La jurisprudence a en outre précisé qu'une violation du droit d’être entendu est considérée comme réparée lorsque l'intéressé jouit de la possibilité de s'exprimer librement devant une autorité de recours disposant du même pouvoir d'examen que l'autorité inférieure, qui peut ainsi contrôler librement l'état de fait et les considérations juridiques de la décision attaquée, à condition que l'atteinte aux droits procéduraux de la partie lésée ne soit pas particulièrement grave (ATF 142 II 218 consid. 2.8.1 p. 226; 137 I 195 consid. 2.3.2 p. 197).
b) En l'occurrence, le recourant fait valoir que ni la DGE-FORET, ni la Direction générale de l'environnement, Direction des ressources et du patrimoine naturels, Biodiversité et paysage (ci-après: DGE-BIODIV), ne l'auraient invité à produire des documents ou à fournir des explications relatives à l'agrandissement du balcon litigieux, avant de rendre leurs décisions respectives. Quant au SDT, il aurait rendu sa décision sans attendre les renseignements qu'il avait requis par courrier électronique du 21 septembre 2018. En outre, le recourant estime qu'il n'aurait pas été orienté par les autorités concernées sur les étapes et aspects décisifs de la procédure.
c) En l'espèce, on constate que le recourant a déposé auprès des autorités une demande de permis de construire, accompagnées des pièces utiles, pour mise à l'enquête publique. Le dossier en question comprend notamment un plan de situation et des plans du bâtiment concerné, sur lesquels sont représentés, d'une part, le balcon litigieux (dans ses dimensions d'origine et après agrandissement), et d'autre part, la limite séparant l'aire forestière de la zone de "maisons de vacances ou d'habitat temporaire". Dans cette mesure, et comme cela ressort des considérants qui suivent (cf. infra consid. 6 et 7), les autorités concernées disposaient des informations nécessaires pour rendre leur décision. Elles pouvaient ainsi se passer de requérir, auprès du recourant, des informations ou explications complémentaires. En particulier, les renseignements requis par le SDT dans son courrier électronique du 21 septembre 2018, relatifs notamment à la véranda, au chemin et à la place, ainsi qu'à d'autres éventuels travaux réalisés hors de la zone à bâtir, ne sont pas déterminants pour l'issue du présent litige.
A supposer toutefois que le recourant n'ait pas pu s'exprimer à satisfaction - sur les éléments pertinents - au cours de la procédure ayant mené aux décisions attaquées, le vice de procédure qui en découlerait devrait être considéré comme réparé. Le recourant s'est en effet amplement déterminé dans le cadre de la présente procédure de recours devant la CDAP, qui dispose d'un plein pouvoir d’examen en fait et en droit (art. 98 LPA-VD).
Partant, mal fondé, le grief doit être rejeté.
6.
Sur le fond, le litige porte sur la question de savoir si l'agrandissement du balcon situé en face Sud-Est du bâtiment peut être régularisé.
a) aa) Selon l'art. 22 de la loi fédérale du 22 juin 1979 sur l'aménagement du territoire (LAT; RS 700), aucune construction ou installation ne peut être créée ou transformée sans autorisation de l’autorité compétente (al. 1). L’autorisation est délivrée si la construction ou l’installation est conforme à l’affectation de la zone (al. 2 let. a).
Conformément à l'art. 24 LAT, en dérogation à l’art. 22, al. 2, let. a LAT, des autorisations peuvent être délivrées pour de nouvelles constructions ou installations ou pour tout changement d’affectation si l’implantation de ces constructions ou installations hors de la zone à bâtir est imposée par leur destination (let. a) et qu'aucun intérêt prépondérant ne s’y oppose (b). Par ailleurs, l'art. 24c LAT prévoit que, hors de la zone à bâtir, les constructions et installations qui peuvent être utilisées conformément à leur destination mais qui ne sont plus conformes à l’affectation de la zone bénéficient en principe de la garantie de la situation acquise (al. 1). L’autorité compétente peut autoriser la rénovation de telles constructions et installations, leur transformation partielle, leur agrandissement mesuré ou leur reconstruction, pour autant que les bâtiments aient été érigés ou transformés légalement (al. 2). L'art. 41 al. 1 OAT précise que l’art. 24c LAT est applicable aux constructions et installations qui ont été érigées ou transformées légalement avant l’attribution du bien-fonds à un territoire non constructible au sens du droit fédéral (constructions et installations érigées selon l’ancien droit).
Quant à l'art. 18 al. 3 LAT, il prévoit que l’aire forestière est définie et protégée par la législation sur les forêts. Elle fait partie du territoire non constructible. C'est la loi sur les forêts qui définit quelles constructions et installations peuvent y être implantées (Muggli, in Commentaire pratique LAT: Construire hors zone à bâtir, 2017, n. 32 ad. art. 24 LAT).
bb) A cet égard, la loi fédérale du 4 octobre 1991 sur les forêts (LFo; RS 921.0) dispose, dans son chapitre relatif à la protection des forêts contre les atteintes de l'homme, que les défrichements sont interdits, sauf à certaines conditions exceptionnelles (art. 5 LFo). Par défrichement, on entend tout changement durable ou temporaire de l'affectation du sol forestier (art. 4 LFo). N'est toutefois pas considérée comme défrichement l'affectation du sol forestier à des constructions et installations forestières, de même qu'à des petites constructions et installations non forestières (art. 4 let. a de l'ordonnance fédérale du 30 novembre 1992 sur les forêts; OFo; RS 921.01).
Selon l'art. 16 LFo, les exploitations qui ne constituent pas un défrichement au sens de l'art. 4 LFo, mais qui compromettent ou perturbent les fonctions ou la gestion de la forêt sont interdites (al. 1). Si des raisons importantes le justifient, les cantons peuvent autoriser de telles exploitations en imposant des conditions et des charges (al. 2). L'art. 14 al. 2 OFo précise que des autorisations exceptionnelles pour construire en forêt de petites constructions ou installations non forestières, au sens de l'art. 24 LAT, ne peuvent être délivrées qu'en accord avec l'autorité forestière cantonale compétente.
cc) S'agissant des constructions et installations à proximité de la forêt, l'art. 17 LFo prévoit qu'elles peuvent être autorisées uniquement si elles n’en compromettent ni la conservation, ni le traitement, ni l’exploitation (al. 1). Les cantons fixent la distance minimale appropriée qui doit séparer les constructions et les installations de la lisière de la forêt. Cette distance est déterminée compte tenu de la situation et de la hauteur prévisible du peuplement (al. 2).
Selon l’art. 27 de la loi forestière vaudoise du 8 mai 2012 (LVLFO; BLV 921.01), la distance minimale des constructions et installations par rapport à la forêt doit être fixée en fonction de la situation et de la hauteur prévisible du peuplement. Dans tous les cas, les constructions et installations seront interdites à moins de dix mètres de la limite de la forêt (al. 1). Des dérogations ne peuvent être octroyées par l’autorité cantonale que si la conservation, le traitement et l’exploitation de la forêt ne sont pas compromis et si la protection du site, de la nature et du paysage est assurée; elles peuvent alors faire l’objet d’une mention au Registre foncier (al. 4).
L’art. 26 du règlement du 18 décembre 2013 d’application de la LVLFO (RLVLFo; BLV 921.01.1) précise les conditions d’octroi des dérogations dans les termes suivants:
"
Art. 26 Distance par rapport à la forêt (LVLFo, art. 27)
1
Le service ne peut accorder des dérogations que lorsque les conditions suivantes sont remplies :
a. la construction ne peut être édifiée qu'à l'endroit prévu ;
b. l'intérêt de sa réalisation l'emporte sur la protection de l'aire forestière ;
c. il n'en résulte pas de sérieux danger pour l'environnement ;
d. l'aménagement des zones limitrophes répond aux conditions de l'article 58 de la loi forestière.
2
Les dérogations peuvent en outre être assorties de conditions.
3
Lors de la pesée des intérêts en présence, il est prêté une attention particulière à la valeur écologique des lisières, ainsi qu'aux territoires ou liaisons biologiques d'importance régionale ou supra-régionale selon le réseau écologique cantonal.
"
dd) Aux termes de l'art. 80 de la loi du 4 décembre 1985 sur l'aménagement du territoire et les constructions (LATC; BLV 700.11), les bâtiments existants non conformes aux règles de la zone à bâtir entrées en force postérieurement, relatives aux dimensions des bâtiments, à la distance aux limites, au coefficient d'occupation ou d'utilisation du sol, ou à l'affectation de la zone, mais n'empiétant pas sur une limite des constructions, peuvent être entretenus ou réparés (al. 1). Leur transformation dans les limites des volumes existants ou leur agrandissement peuvent être autorisés, pour autant qu'il n'en résulte pas une atteinte sensible au développement, au caractère ou à la destination de la zone; les travaux ne doivent pas aggraver l'atteinte à la réglementation en vigueur ou les inconvénients qui en résultent pour le voisinage (al. 2).
L'art. 80 LATC n'exclut pas tous les inconvénients que peut entraîner pour le voisinage la transformation ou l'agrandissement d'un bâtiment non réglementaire; elle prohibe seulement l'aggravation des inconvénients qui sont en relation avec l'atteinte à la réglementation (arrêt TF 1C_43/2009 du 5 mai 2009 consid. 4; AC.2018.0079 du 4 septembre 2018 consid. 4b et les références citées). Pour déterminer si l'on se trouve en présence d'une aggravation de l'atteinte au sens de l'art. 80 al. 2 LATC, il convient de rechercher le but que poursuit la norme transgressée (AC.2018.0079 précité consid. 4b; AC.2017.0222 du 19 avril 2018 consid. 2b; AC.2017.0017 du 19 octobre 2017 consid. 5c/aa).
La jurisprudence a précisé que l'art. 80 LATC est applicable par analogie aux travaux de transformation prévus sur des bâtiments existants situés dans l'espace réglementaire de dix mètres par rapport à la lisière de forêt (AC.2017.0069 du 20 mars 2018 consid. 6; AC.2017.0112/AC.2017.0117 du 14 mai 2018 consid. 4; AC.2007.0233 du 3 novembre 2009 consid. 3).
b) A titre préalable, il convient de rappeler que l'agrandissement du balcon litigieux a fait l'objet d'une autorisation spéciale en 2009. Selon les plans mis à l'enquête publique à l'époque, il était prévu d'allonger le balcon d'un peu plus d'un mètre en direction de l'Est et d'augmenter sa profondeur d'une vingtaine de centimètres. Tel que prévu, l'agrandissement projeté était de peu importance par rapport aux dimensions du balcon existant et n'empiétait pas sur l'aire forestière.
Les travaux effectivement réalisés se sont toutefois écartés - de manière significative - du projet tel qu'autorisé. Il ressort en effet des plans mis à l'enquête complémentaire que les dimensions du balcon ont été approximativement doublées par rapport aux dimensions d'origine (ajoutant approximativement 5 m en longueur et 1 m en profondeur), de sorte que la surface du balcon a pour ainsi dire été quadruplée. Il s'ensuit, d'une part, que l'agrandissement litigieux empiète davantage qu'autorisé sur la bande de dix mètres à la lisière de forêt, et d'autre part, que l'angle Sud-Est du balcon empiète sur l'aire forestière, à concurrence d'environ 3 m
2
.
c) Il convient ainsi de déterminer si l'agrandissement en cause peut être autorisé
a posteriori
.
aa) Comme on l'a vu, à quelques exceptions près, il est interdit de réaliser des constructions ou installations dans l'aire forestière, celle-ci étant, en principe, inconstructible. Dans cette mesure, les extensions d'un bâtiment implanté en zone à bâtir ne sauraient, en principe, empiéter dans l'aire forestière. En l'espèce, il ne ressort pas du dossier que l'agrandissement litigieux (qui empiète dans l'aire forestière) répondrait à une contrainte technique quelconque, qui le rendrait nécessaire à cet endroit. Il apparaît bien plus qu'il relève de la pure convenance personnelle. De plus, la conservation de la forêt constitue un intérêt prépondérant qui s'oppose à l'agrandissement du balcon, tel que réalisé. A cet égard, on rappellera que le SFFN avait indiqué en 2009 - en lien avec le projet d'agrandissement du balcon (bien plus limité) et l'ajout d'un escalier extérieur - que
"l'extension du bâtiment a pour effet d'accroître la pression sur l'aire forestière située au sud du bâtiment. Or, l'occupation actuelle a déjà entraîné une pression excessive sur l'aire forestière dont le nombre d'arbres a été réduit et la végétation dénaturée au point que son état est largement en dessous du seuil admissible. Le statut particulier de cette aire forestière exige un taux de boisement d'au moins 50 %"
. Le SFFN avait du reste conditionné la délivrance de son autorisation spéciale à la plantation de cinq arbres de hautes tiges et dix buissons dans l'aire forestière. Dans ces circonstances, il est manifeste que l'intérêt privé du recourant doit céder le pas devant l'intérêt public à la conservation de l'aire forestière.
Vu ce qui précède, l'expertise - privée - que le recourant a produite en cours de procédure ne lui est d'aucun secours. D'ailleurs, le rapport d'expertise établi le 6 mai 2019 par le bureau F._ ne conteste pas que l'agrandissement litigieux constitue bel et bien une atteinte à la protection de la nature et du paysage, ainsi qu'à la conservation de la forêt, même si l'expert s'efforce d'en minimiser l'impact - qu'il qualifie de "non significatif" – notamment sur le traitement et l'exploitation de la forêt. On ne voit pas en quoi l'appréciation de cet expert privé l'emporterait sur celle des services spécialisés de l'Etat de Vaud en matière de conservation de la forêt. A cet égard, il y a lieu de rappeler que l'un des buts essentiels de l'aménagement du territoire est de protéger les bases naturelles de la vie, telles que la forêt et le paysage (art. 1 al. 2 let. a LAT) et que l'un des principes est de maintenir la forêt dans ses diverses fonctions (art. 3 al. 2 let. e LAT)
Pour ces motifs déjà, l'agrandissement litigieux ne saurait être régularisé.
bb) De surcroît, l'agrandissement en cause - et l'empiètement qu'il entraîne dans les derniers mètres de la bande de dix mètres à la lisière et dans l'aire forestière - doivent être considérés comme une aggravation de l'atteinte aux dispositions applicables (de la législation forestière), au sens de l'art. 80 LATC. En effet, les dispositions précitées (art. 27 LVLFO et 26 RLVLFo) - qui interdisent de construire dans la bande de dix mètres à la lisière de forêt, sauf lorsque l'implantation d'un ouvrage est imposé à cet endroit par sa destination et qu'il ne nuit pas à la forêt - visent à protéger l'aire forestière et à permettre sa conservation dans de bonnes conditions. Or, l'ouvrage litigieux compromet les objectifs poursuivis par la loi et son règlement d'application.
Pour ce motif également, l'agrandissement du balcon ne saurait être autorisé.
cc) En outre, les différents arguments développés à l'appui du recours ne sauraient être suivis.
Le recourant soutient notamment que l'ouvrage litigieux doit être examiné au regard de l'art. 22 LAT; à cet égard, il se réfère à l'arrêt 1A.123/2005 rendu le 10 novembre 2005 par le Tribunal fédéral, dont il ressort qu'un ancrage souterrain érigé dans l'aire forestière, servant de prolongement à une construction sise en zone constructible, constitue une partie de la construction principale elle-même soumise à l'art. 22 LAT, et non une installation indépendante. Dans cet arrêt, le Tribunal fédéral estime qu'à ce titre, un tel ancrage est soumis à l'art. 22 LAT relatif aux constructions en zones à bâtir, et non à l'art. 24 LAT, qui régit les constructions prévues hors des zones à bâtir. D'après cet arrêt, la seule question à se poser est celle de la compatibilité de cet ancrage et des travaux qu'il nécessite, avec la conservation de la forêt. Enfin, le Tribunal fédéral retient qu'il n'y a pas lieu de soumettre l'ancrage souterrain de la construction à une procédure indépendante d'autorisation exceptionnelle, distincte de la procédure d'autorisation selon l'art. 22 LAT. En l'espèce, comme on l'a vu, l'agrandissement litigieux n'est pas compatible avec la conservation de la forêt, aggrave l'atteinte à la réglementation forestière et n'est pas imposé par sa destination à l'endroit où il se trouve. Dans ces conditions, on voit mal ce que le recourant entend tirer de l'arrêt précité du Tribunal fédéral.
S'agissant ensuite de l'argument selon lequel il conviendrait de soumettre la portion du balcon géographiquement sise en aire forestière au régime des petites constructions non forestières, au sens des art. 4 let. a OFo, respectivement 26 LVLFO, il ne convainc pas non plus. Dès lors que l'angle en cause ne constitue pas une construction indépendante sise dans l'aire forestière, on ne saurait appliquer ces dispositions.
Enfin, le raisonnement visant à dire que l'angle Sud-Est du balcon devrait être examinée au regard de l'art. 24c LAT, ne saurait être suivi non plus. On ne se trouve pas en présence d'un bâtiment implanté hors de la zone à bâtir qui n'est plus conforme à l'affectation de la zone, de sorte que les règles relatives à la situation acquise hors de la zone à bâtir ne sont pas applicables.
En définitive, c'est à bon droit - et sans violation des dispositions applicables - que les services concernés ont refusé de délivrer les autorisations spéciales requises et que la municipalité a refusé d'accorder le permis de construire sollicité.
7.
Le recourant se plaint en outre d'une violation de l'art. 17 de la loi sur la protection de la nature, des monuments et des sites (LPNMS; BLV 450.11).
A cet égard, il relève que la DGE-BIODIV a refusé de délivrer l'autorisation spéciale requise, en invoquant le préavis négatif de l'inspecteur forestier et l'implantation du projet dans un secteur de valeur supérieure en matière de protection du paysage, en raison de l'IFP 1203 et de l'IMNS 127. La DGE-BIODIV n'aurait toutefois ni examiné, ni explicité en quoi l'agrandissement du balcon litigieux porterait atteinte à ces objets inventoriés. Sur ce point, la décision attaquée serait insuffisamment motivée, au regard de l'art. 42 LPA-VD. En outre, le recourant ne voit pas quel dommage l'agrandissement du balcon causerait aux biens inventoriés.
En l'occurrence, dès lors que l'agrandissement du balcon ne peut être autorisé eu égard à l'empiètement qu'il entraîne sur la bande de dix mètres à la lisière de forêt et l'aire forestière (cf. consid. 6), la question de savoir si la DGE-BIODIV était légitimée à refuser la délivrance de l'autorisation requise au sens de l'art. 17 LPNMS peut demeurer indécise. Il en va de même de la question de savoir si le préavis de cette autorité est suffisamment motivé. On peut encore souligner que, comme l'extension illégale du balcon est localisée dans un secteur de valeur supérieure en matière de protection du paysage (IFP 1203 et IMNS 127), l'intérêt public à la sauvegarde du paysage (art. 1 al. 2 let. a LAT), à une bonne intégration des constructions dans le paysage (art. 3 al. 2 let. b LAT), ainsi qu'à la conservation des sites naturels (art. 3 al. 2 let. d LAT) devrait largement l'emporter sur l'intérêt privé du recourant à pouvoir utiliser une partie du balcon qui porte atteinte à la protection du paysage.
Mal fondé, ce grief est écarté.
8.
Enfin, le recourant fait valoir que les autorités intimées auraient autorisé, voire régularisé, sur les parcelles voisines, de nombreuses constructions nouvelles (telles que des hangars à voitures, des installations de bâchage de bateaux ou des pavillons de jardin) ayant un impact beaucoup plus important sur l'aire forestière que l'agrandissement du balcon litigieux. Il se réfère en particulier aux constructions sises sur les parcelles n
os
291 et 312.
a) Il y a inégalité de traitement au sens de l'art. 8 al. 1 Cst. lorsque, sans motifs sérieux, deux décisions soumettent deux situations de fait semblables à des règles juridiques différentes; les situations comparées ne doivent pas nécessairement être identiques en tous points, mais leur similitude doit être établie en ce qui concerne les éléments de fait pertinents pour la décision à prendre (ATF 137 I 58 consid. 4.4 p. 68; 136 I 297 consid. 6.1 p. 304, 345 consid. 5 p. 347 et les arrêts cités). Cela étant, le principe de la légalité de l'activité administrative prévaut sur celui de l'égalité de traitement. En conséquence, le justiciable ne peut généralement pas se prétendre victime d'une inégalité devant la loi lorsque celle-ci est correctement appliquée à son cas, alors qu'elle aurait été faussement, voire pas appliquée du tout dans d'autres cas. Cela présuppose cependant, de la part de l'autorité dont la décision est attaquée, la volonté d'appliquer correctement à l'avenir les dispositions légales en question. Le citoyen ne peut prétendre à l'égalité dans l'illégalité que s'il y a lieu de prévoir que l'administration persévérera dans l'inobservation de la loi. Il faut encore que l'autorité n'ait pas respecté la loi selon une pratique constante, et non pas dans un ou quelques cas isolés, et qu'aucun intérêt public ou privé prépondérant n'impose de donner la préférence au respect de la légalité (ATF 139 II 49 consid. 7.1 p. 61 et les références citées).
b) La présente affaire concerne le balcon d'un bâtiment implanté dans la zone de "maisons de vacances ou d'habitat temporaire", dont l'agrandissement empiète en partie sur l'aire forestière et en partie sur la bande de dix mètres à la lisière de forêt. Et comme on l'a vu plus haut, la loi a été correctement appliquée au cas du recourant. Celui-ci prétend toutefois que sa situation serait comparable à celle de B._ avec lequel il est en conflit depuis de nombreuses années et qui est propriétaire de la parcelle contiguë n° 291, abritant une installation de bâchage de bateaux constituant un ouvrage non forestier implanté exclusivement dans l'aire forestière; or, dans l'arrêt AC.2014.0113 du 16 mars 2015, la cour de céans a précisément constaté la nullité du permis de construire municipal pour l'installation de bâchage de bateau qui n'avait pas fait l'objet de l'autorisation cantonale spéciale. Il affirme que d'autres ouvrages illicites situés notamment sur la parcelle n° 312 auraient été tolérés ou régularisés à tort par les autorités cantonales. Point n'est besoin d'examiner plus avant cet argument. Il suffit de constater que rien dans le dossier ne permet d'affirmer que les autorités compétentes persévéreraient dans l'inobservation de la loi s'agissant de tels ouvrages – si tant est que ceux-ci soient illicites et aient été régularisés ou tolérés à tort – selon une pratique constante et non pas dans quelques cas isolés.
Il n'y a donc pas lieu de se prononcer en détail sur le sort des constructions prétendument illicites du voisinage. Quoi qu'il en soit, tout porte à croire que les autorités compétentes ont la volonté d'appliquer correctement la loi à toutes les constructions illégales qui se trouveraient dans la même situation que celle du recourant. Enfin, l'intérêt public à la protection de la forêt et du paysage impose de donner la préférence au respect de la légalité.
Dans ces circonstances, le recourant ne saurait se plaindre d'une inégalité de traitement.
Mal fondé, ce grief doit être rejeté.
9.
Les considérants qui précèdent conduisent au rejet du recours et à la confirmation des décisions attaquées. Vu l'issue du litige, le recourant supportera les frais de justice, légèrement réduits vu l'absence de mesures d'instructions particulières. La municipalité, qui a procédé par l'intermédiaire d'un mandataire professionnel, a droit à des dépens réduits, dans la mesure où elle n'a pas déposé d'écritures motivées dans le cadre de la présente procédure. B._, qui obtient également gain de cause par l'intermédiaire d'un avocat, a droit à des dépens (art. 49, 55, 91 et 99 LPA-VD).