Decision ID: f4b4af50-d5ef-402d-97bc-1cc56353fbcf
Year: 2009
Language: fr
Court: VD_TC
Chamber: VD_TC_031
Canton: VD
Region: Région lémanique
Law Area: public_law

Vu les faits suivants
A.
La société Aiglon Collège Services S.A. (ci-après: Aiglon Collège) a son siège à Ollon. Elle poursuit le but d’exploiter l’institut d’éducation pour jeunes gens et jeunes filles créé en 1949 à Chesières sur Ollon par John Corlette, institut donnant un enseignement et une éducation conformes aux traditions anglo-saxons (sic). Aiglon College est notamment propriétaire, à Chesières, des parcelles n°2548, 2550, 2556, 2557, 2558 et 2559 du Registre foncier d’Ollon. Sur la parcelle n°2548 est érigée une maison d’habitation (n°ECA 1797), sur la parcelle n°2550 un bâtiment scolaire (n°ECA n°1800, dit de Clairmont), sur la parcelle n°2559 une maison (n°ECA 3603) servant d’infirmerie. Le solde de ces terrains est libre de construction. Sis au lieu-dit «Es Oches», ces bien-fonds d’une surface totale de 7'112 m2 forment un ensemble en pente sur un axe Nord-Sud, entre l’Avenue Centrale et le chemin des Râpes. Ils sont régis par le plan partiel d’affectation «Les Ecovets-Chesières-Villars-Arveyes» (PPA ECVA), adopté le 25 juin 1982 par le Conseil communal d’Ollon et approuvé le 14 août 1985 par le Conseil d’Etat. Ce plan classe les parcelles n°2548, 2550, 2556, 2557, 2558 et 2559 dans une zone intermédiaire devant faire l’objet d’une planification spéciale. A cette fin, le Conseil communal a adopté, le 28 septembre 2007, le plan partiel d’affectation «En Collonge» (PPA), ainsi que son règlement (RPPA), que le Département de l’économie a approuvé préalablement le 30 janvier 2008.
Le PPA définit une zone mixte destinée à accueillir des constructions scolaires, des bâtiments d’hébergement liés à ces constructions, des bâtiments d’habitation à caractère privatif, ainsi que des activités non gênantes (art. 2 RPPA). Le PPA a pour but de développer les possibilités de construction et d’assurer un développement harmonieux des constructions scolaires de l’Aiglon Collège; d’assurer l’insertion des constructions nouvelles dans le paysage alpin du hameau de Chesières et de garantir la qualité du tissu bâti; de tenir compte des zones de dangers naturels à l’intérieur du périmètre du PPA (art. 4 RPPA). Le PPA définit des aires d’évolution des constructions à l’intérieur desquelles doivent s’implanter les constructions nouvelles (Chapitre III, art. 12-19 RPPA), en précisant pour chaque type d’aires, les surfaces de plancher brutes maximales (Spb), le volume, la hauteur maximale au faîte (HMF) et à l’acrotère (HMA), la longueur des façades maximale (LFM) et la forme des toits. Le RPPA contient des prescriptions relatives aux accès, à la circulation et au stationnement (Chapitre IV, art. 20-23), aux aménagements extérieurs (Chapitre V, art. 24-30), à la forêt (Chapitre VI, art. 31), ainsi que des dispositions finales (Chapitre VII, art. 32-38).
B.
Le 10 avril 2008, Aiglon Collège a présenté une demande de permis de construire portant sur la création d’une salle de sport dans le périmètre du PPA. Le projet consisterait à démolir une partie du bâtiment n°1797 et à agrandir le bâtiment n°1800. Il impliquerait l’abattage d’une dizaine d’arbres. La salle de sport, y compris ses dépendances, présenterait la forme d’un quadrilatère irrégulier, à toit plat. La longueur des côtés serait de 56,32 m au Nord, 36,48 m à l’Est, 34,16 m au Sud et 38,50 m à l’Ouest. Le bâtiment compterait trois niveaux, inférieur, médian et supérieur (désignés respectivement comme -2, -1 et 0). La façade Sud serait dégagée, hormis une portion du niveau inférieur, semi-enterrée à l’Ouest (cf. coupe C-C). Les façades Est et Ouest seraient partiellement enterrées, sous le niveau du terrain naturel (coupes A-A et B-B). La salle de sport occuperait les niveaux inférieur et médian (-2 et -1). Les dépendances du niveau inférieur abriteraient des vestiaires, des douches, des sanitaires, des locaux techniques et de stockage, ainsi qu’une salle de classe. Les dépendances du niveau médian accueilleraient une salle de gymnastique, une galerie avec des gradins pour 260 spectateurs, une cafeteria d’une capacité de 100 places, une boutique, des vestiaires, des sanitaires, un bureau et un local technique. Le niveau supérieur comprendrait le hall d’entrée au Nord, ainsi que le toit. Deux accès sont prévus, l’un piétonnier au Nord, où une place serait aménagée aux abords de l’Avenue Centrale, l’autre au Sud, destiné aux piétons et aux véhicules, par un chemin débouchant sur le chemin des Râpes avec un espace de stationnement de sept places.
Le projet a été mis à l’enquête publique du 7 mai au 5 juin 2008.
Le 16 juin 2008, la Municipalité a délivré l’autorisation d’abattage d’arbres, sous condition d’une plantation de dix arbres à titre de compensation. Le 6 août 2008, la Centrale des autorisations (CAMAC) a produit la synthèse des préavis des services cantonaux (synthèse CAMAC) et délivré les autorisations spéciales, sous diverses charges et conditions. Les 28 et 29 juillet 2008, la communauté des copropriétaires de la PPE L’Esparcette (ci-après: la PPE), propriétaire de la parcelle n°2547, jouxtant à l’Ouest la parcelle n°2548, et sur laquelle est érigée une maison d’habitation (n°ECA 5352), s’est adressée à la Municipalité pour lui faire part de préoccupations liées notamment à la longueur des façades, au volume du bâtiment projeté, à la hauteur, à l’implantation, aux accès. Le 25 août 2008, la Municipalité a délivré le permis de construire, en considérant que le bâtiment projeté était conforme au PPA. Elle a notifié sa décision à la PPE, nonobstant le caractère tardif de son intervention.
C.
La PPE ainsi que les copropriétaires à titre individuel, soit Myles et Dianne Marmion, Catherine Vanegas, Josiane Thomas, Goetz et Sabine Winter, Richard et Katherine Lunn, Jean-Paul et Margrith Cherix, Jacqueline Krieg, Gillian et Thomas Button, Sandra Bodmer, Martin, Peter et Stephen Haley, Dorothea Kosin, Ian et Sarah Goalen, Charalambos Boikos, Darryl et Inri Farber, Claudine et Philippe Lappartient, Françoise Pham, ainsi que Peter et Caroline Hesz, ont recouru contre la décision du 25 août 2008 dont ils demandent l’annulation, ainsi que celle des autorisations spéciales. La Municipalité propose le rejet du recours, Aiglon Collège son rejet dans la mesure de sa recevabilité. Invitée à répliquer, la recourante a maintenu ses conclusions.
D.
La procédure a été suspendue du 20 octobre 2008 au 13 février 2009, à raison des pourparlers transactionnels, lesquels n’ont pas abouti.
E.
Le Tribunal a tenu une audience avec inspection locale le 27 mai 2009. Il a entendu, pour les recourants, Miguel Ernand, administrateur de la PPE, ainsi que Catherine Vanegas, Josiane Thomas, Jean-Paul Cherix et Thomas Button, assistés de Me Benoît Bovay; pour la Municipalité, Jean-Louis Bornand, Conseiller municipal, et Gilbert Lenoir, chef du Service des bâtiments, assistés par Me Jacques Haldy; pour la constructrice, Patricia Bremner et Marco Beata, administrateurs, Eugène Mathys, consultant, Denis Muller et Milena Cvijanovic, architectes, assistés par Me Philippe Kenel. Edgar Dupertuis, géomètre, a participé à l’inspection locale. Sur place, des gabarits avaient été installés et des marques de peinture apposées sur les murs des bâtiments n°1797 et 1800, indiquant la hauteur du bâtiment projeté. A l’issue de l’audience, la constructrice a produit des pièces relatives au calcul de l’altitude moyenne, ainsi qu’au volume du bâtiment. Les parties, qui ont eu accès à ces pièces, ont produit des déterminations finales.
F.
Le Tribunal a statué par voie de circulation.

Considérant en droit
1.
a) A qualité pour recourir tout personne physique ou morale ayant pris part à la procédure devant l’autorité précédente, ou ayant été privée de la possibilité de le faire, qui est atteinte par la décision attaquée et dispose d’un intérêt digne de protection à ce qu’elle soit annulée ou modifiée (art. 75 al. 1 de la loi du 28 octobre 2008 sur la procédure administrative – LPA-VD, RSV 173.36, applicable à la procédure de recours devant le Tribunal cantonal, par renvoi de l’art. 99 de la même loi).
b) La LPA-VD a abrogé, dès son entrée en vigueur le 1
er
janvier 2009, la loi du 18 décembre 1989 sur la juridiction et la procédure administratives (LJPA), applicable au moment du dépôt du recours. Selon la jurisprudence y relative, la teneur de l’art. 37 al. 1 LJPA qui définissait la qualité pour agir sous l’ancien droit, avait été tenue pour équivalente à celle de l’art. 103 let. a de l’ancienne loi fédérale d’organisation judiciaire du 16 décembre 1943 (aOJ), ainsi qu’à celle de l’art. 89 al. 1 let. c de la loi fédérale du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral (LTF; RS 173.110), entrée en vigueur le 1
er
janvier 2007, et qui a abrogé l’aOJ (art. 131 al. 1 LTF). L’art. 37 al. 1 LJPA a été interprété à la lumière de la jurisprudence du Tribunal fédéral relative aux art. 103 let. a OJ et 89 al. 1 let. c LTF (voir par exemple arrêt AC.2006.0158 du 7 mars 2007, et les arrêts cités; les principes développés sous l’angle de l’art. 103 let. a OJ sont applicables à l’art. 89 al. 1 let. c LTF; ATF 133 II 249 consid. 1.3.1 p. 252/253, 468 consid. 1 p. 470; ATAF 2008/31 consid. 3). L’art. 75 al. 1 LPA-VD se singularise de l’art. 89 al. 1 LTF (ainsi que de l’art. 48 al. 1 let. b de la loi fédérale du 20 décembre 1968 sur la procédure administrative – PA, RS 172.021), en ce qu’il ne subordonne pas la qualité pour agir à une atteinte spéciale ou particulière. En cela, l’art. 75 al. 1 LPA-VD reconnaît plus largement la qualité pour agir que ne le faisait l’art. 37 al. 1 LJPA (cf. Benoît Bovay, La loi vaudoise du 28 octobre 2008 sur la procédure administrative, RDAF 2009 I p. 161ss, p. 180-182). Cette distinction n’a cependant aucune portée en l’espèce, car la qualité pour agir est acquise en l’espèce, même s’il fallait appliquer le critère de l’atteinte spéciale.
c) L’intérêt dont dépend la qualité pour agir peut être juridique ou de fait; il ne doit pas nécessairement correspondre à celui protégé par la norme invoquée. Il faut toutefois que le recourant soit touché plus que quiconque ou la généralité des administrés dans un intérêt important, résultant de sa situation par rapport à l'objet litigieux. Un intérêt digne de protection existe lorsque la situation de fait ou de droit du recourant peut être influencée par le sort de la cause; il faut que l'admission du recours procure au recourant un avantage de nature économique, matérielle ou autre (ATF 133 II 400 consid.
2.4.2 p. 406; 133 V 239 consid. 6.2 p. 242; 131 V 298 consid. 3 p. 300
, et les arrêts cités). L'intérêt doit être direct et concret; en particulier, la personne doit se trouver dans un rapport suffisamment étroit avec la décision; tel n'est pas le cas de celui qui n'est atteint que de manière indirecte et médiate (ATF 130 V 196 consid. 3 p. 202/203, 514 consid. 3.1 p. 515, et les arrêts cités). Le recours formé dans le seul intérêt de la loi ou d'un tiers est irrecevable (ATF 124 II 499 consid. 3b p. 504; 123 II 542 consid. 2e p. 545; 121 II 39 consid. 2c/aa p. 43/44, et les arrêts cités). Le tiers n'est en principe pas habilité à agir, car il ne subit, par définition, pas d'atteinte à un intérêt juridique, lors que la décision n'entraîne aucune diminution de ses droits, ni aggravation de ses obligations.
d) Pour que l’administrateur puisse agir pour le compte de la communauté des copropriétaires par étages, il doit disposer d’une autorisation préalable de l’assemblée des copropriétaires selon l’art. 712t al. 2 CC; si une telle autorisation fait défaut au moment du dépôt du recours, un délai raisonnable doit être imparti pour y remédier (arrêt AC.2007.0244 du 15 janvier 2009, consid. 1). Il est superflu de procéder de la sorte en l’espèce, puisque les copropriétaires, pris individuellement, agissent aux côtés de la PPE, ce qu’ils sont recevables à faire (arrêts AC.2003.0235 du 24 août 2005, consid. 2; AC.1999.0055 du 24 février 2000, consid. 1d et e).
e) Comme copropriétaires de la parcelle immédiatement voisine des bien-fonds sur lesquels le projet litigieux devrait être réalisé, les copropriétaires sont en principe atteints dans un intérêt digne de protection au sens de l’art. 75 al. 1 LPA-VD. Savoir ce qu’il en est exactement se détermine relativement aux différents moyens soulevés dans le recours. Cette condition est remplie en tant que les recourants se prévalent des dispositions du RPPA relatives aux volumes, aux hauteurs, aux distances, aux accès, aux places de stationnement et aux aménagements extérieurs.
f) L’art. 75 al. 1 LPA-VD subordonne désormais la qualité pour agir à la participation à la procédure devant l’autorité précédente (condition dite du «formelle Beschwer»), soit en l’occurrence, la procédure d’opposition. Cette exigence n’est toutefois pas applicable à un recours déposé, comme en l’espèce, sous l’empire de LJPA qui n’imposait pas cette condition.
Il y a lieu d’entrer en matière.
2.
Sous réserve des autorisations spéciales, la décision attaquée a été rendue en application du PPA et du RPPA.
a) Les griefs formulés à l’encontre d’un plan d’affectation en vigueur dans le cadre de la procédure du permis de construire ne sont recevables que lorsque les personnes touchées
n'
ont
pas pu se rendre pleinement compte de la portée du plan ou qu'il n'
on
t pas eu la possibilité, effective et concrète, de défendre
leurs
droits dans la procédure d'adoption du plan, ou qu'il
s
puisse
nt
démontrer que l'intérêt public lié à la limitation contestée a disparu (
cf. en dernier lieu, arrêt AC.2007.0320 du 29 septembre 2008, consid. 2;
ATF 123 II 337 consid.
3a p. 342; 119 Ib 480 consid. 5c p. 486; 116 Ia 207 consid. 3b p. 211,
et les arrêts cités).
b) Ces conditions ne sont pas remplies en l’espèce.
La procédure d’adoption du PPA s’est déroulée
conformément aux exigences des art. 56ss de la loi du 4 décembre 1985 sur l’aménagement du territoire et les constructions (LATC; RSV 700.11).
Le
29 novembre 2006, le
Service du développement territorial (SDT) a
établi le rapport au sens de l’art. 47 de l’ordonnance fédérale du 28 juin 2000 sur l’aménagement du territoire (OAT; RS 701.) et procédé à l’examen préalable du
projet de
PPA
, conformément à l’art.
56 LATC
. Le projet
a
été mis à l’enquête publique du 14 juillet au 13 août 2007
(art. 57 LATC),
selon un avis publié dans la Feuille d’avis officielle le 20 juillet 2007. Aucune opposition n’a été enregistrée. Le 28 septembre 2007, le
Conseil communal
a adopté le projet
(art. 58 LATC)
, approuvé par le Département le 30 janvier 2008
(art. 61 LATC). Les recourants ne font valoir aucun élément laissant entrevoir une irrégularité à cet égard. Ils n’exposent pas davantage en quoi ils auraient été empêchés à faire valoir d’éventuelles objections au PPA,
à l’époque de sa confection
.
Que nombre d’entre eux résident le plus clair de leur temps à l’étranger n’y change rien: il incombe
à l’administrateur local de la PPE
de veiller aux intérêts de la communauté; il peut, de son propre chef, prendre toutes les mesures urgentes requises pour empêcher ou réparer un dommage (art. 712s al. 1 CC). Il est possible, qu’à l’instar de ce qui s’est produit dans la procédure du permis de construire, l’administrateur n’ait pas porté à la consultation des avis publics toute l’attention voulue. Cela ne justifie pas pour autant de créer, en faveur des recourants, une quelconque exception aux règles applicables à l’ensemble des citoyens. Quant à l’utilité du PPA, elle ne fait aucun doute, indépendamment de son c
ontenu. Le développement des activités de l’Aiglon Coll
è
ge et l’extension de ses installations qui en découlent, commandent d’être intégrés dans une planification uniforme et cohérente, du point de vue de l’aménagement du territoire, compte tenu de la dispersion sur plusieurs sites des locaux scolaires et de leurs annexes. Le PPA et le RPPA déterminent
pour
l’essentiel l’implantation des con
s
tructions nouvelles
, leur destination
et leur volume.
En tant qu’ils s’en prennent au PPA comme tel, parce que les règles qu’il pose permettraient une utilisation trop intensive des terrains, en contradiction avec l’affectation et le caractère des lieux, les recourants sont forclos. Les seuls griefs à examiner concernent la violation alléguée de diverses dispositions du RPPA.
Il est à noter que l
ors de l’audience du 27 mai 2009, les recourants ont abandonné les griefs soulevés initialement, ayant trait à la distance à respecter entre bâtiments (art. 15 RPPA), ainsi qu’à la création du chemin piétonnier en lisière de forêt.
3.
Les recourants tiennent la procédure pour irrégulière parce que la Municipalité ne leur aurait notifié, avec sa décision, ni les autorisations spéciales, ni la synthèse CAMAC.
a) Toute nouvelle installation doit permettre une utilisation rationnelle de l’énergie, de prendre en compte les possibilités de récupérer la chaleur et de recourir aux énergies renouvelables (art. 5 de la loi du 16 mai 2006 sur l’énergie – LVLEne; RSV 730.01). Ces exigences sont concrétisées dans le règlement d’application de la LVLEne, du 4 octobre 2006 (RLVLEne; RSV 730.01.1) qui contient de nombreuses prescriptions au sujet de l’utilisation rationnelle de l’énergie dans les bâtiments, point qui fait également l’objet de l’art. 97 LATC et de l’art. 40d du règlement d’application de cette loi, du 19 septembre 1986 (RLATC; RSV 700.11.1). En l’occurrence, la réalisation du bâtiment projeté requiert une autorisation spéciale (au sens de l’art. 120 LATC) pour ce qui concerne les installations de ventilation (art. 35 RLVLEne, mis en relation avec l’art. 30 RLATC et l’Annexe III à ce règlement), l’isolation de l’enveloppe du bâtiment (art. 19 RLVLEne) et l’utilisation des énergies renouvelables (art. 25ss RLVLEne). Dans une première version, du 24 juin 2008, la synthèse CAMAC indiquait que la première de ces autorisations spéciales était accordée; tel n’était pas le cas des deux autres, en l’état, faute d’indications nécessaires. Le 23 juillet 2008, Aiglon Collège a complété le dossier dans le sens réclamé, de sorte que la CAMAC, dans la version finale de sa synthèse, du 6 août 2008, a indiqué que le Service de l’environnement avait délivré les autorisations spéciales manquantes.
b) Le permis de construire est notifié avec la synthèse CAMAC comprenant les autorisations spéciales requises (art. 114 LATC et 75 RLATC). Les opposants sont avisés de la décision municipale (art. 116 LATC). En l’occurrence, l’intervention des recourants, des 28 et 29 juillet 2008, alors que le délai d’enquête public avait expiré le 5 juin précédent, était manifestement tardive. Il est dès lors douteux que la Municipalité était tenue de notifier aux recourants sa décision. Elle l’a quand même fait, en leur faisant part de l’octroi du permis de construire. Tout en leur indiquant la voie et le délai de recours, elle ne leur a pas remis de copie du permis de construire, ni de la synthèse CAMAC faisant état des autorisations spéciales. A supposer que la procédure eût été irrégulière à cet égard, un tel défaut aurait été réparé dans le cadre de la procédure de recours, puisque les recourants ont eu accès au dossier contenant les pièces en question, et se sont déterminés à ce sujet.
4.
Les recourants se plaignent du défaut de coordination entre les procédures d’abattage d’arbres et d’autorisation de construire.
a)
A teneur de l’art. 25a de la loi fédérale du 22 juin 1979 sur l’aménagement du territoire (LAT; RS 700), une autorité chargée de la coordination est désignée lorsque l’implantation ou la transformation d’une construction ou d’une installation nécessite des décisions émanant de plusieurs autorités (al. 1). Selon l’al. 2 de cette disposition, l’autorité en question peut prendre les dispositions nécessaires pour conduire les procédures (let. a); elle veille à ce que toutes les pièces du dossier soient mises en même temps à l’enquête publique (let. b); elle recueille les avis circonstanciés relatifs au projet auprès de toutes les autorités concernées par la procédure (let. c); elle pourvoit à la concordance matérielle, ainsi que, en règle générale, à une notification commune ou simultanée de ces décisions (let. d). Les décisions ne doivent pas se contredire (al. 3).
b) L’autorisation d’abattage d’arbres du 16 juin 2008 repose sur un préavis établi le 7 mai 2008 par le garde-forestier. Selon le formulaire annexé, dix arbres seraient abattus, dont un fruitier, deux frênes, cinq platanes, un frêne double et un frêne triple. La demande a fait l’objet d’une enquête publique, au cours de laquelle personne ne s’est manifesté. Sous réserve d’un frêne, de grande valeur, l’importance paysagère de ces arbres est faible. Ils sont en outre tous blessés, ce qui justifie leur abattage, soumis à compensation. La décision d’abattage repose ainsi sur un motif de sécurité publique, conformément à l’art. 6 de la loi du 10 décembre 1969 sur la protection de la nature, des monuments et des sites (LPNMS, RSV 450.11). Les recourants, hormis une contestation générale du préavis, ne font valoir aucun élément de nature à contredire l’appréciation retenue par l’autorité communale. Le motif d’octroi de l’autorisation d’abattage est ainsi réalisé, ce qui rend admissible une procédure séparée (arrêt AC.2008.0206 du 30 décembre 2008,consid. 3b; ATF 1P.532/1999 du 23 décembre 1999, consid. 3). Dès lors qu’elles poursuivent des finalités différentes, la conduite parallèle des procédures d’abattage et d’autorisation de construire ne viole pas le principe de la coordination ancré à l’art. 25a LAT. Pour le surplus, la décision de la Municipalité octroyant le permis de construire se réfère expressément à celle du 16 juin 2008. Cette manière de faire est conforme au principe de la coordination (arrêts AC.2008.0206, précité; AC.1999.0048 du 20 septembre 2000, consid. 10b).
5.
a) Le PPA définit des aires d’évolution à l’intérieur desquels doivent s’implanter les constructions nouvelles (art. 12 al. 1 RPPA). Pour le secteur «Es Oches», le PPA prévoit trois aires d’évolution, soit deux aires A, au Nord et au Sud, ainsi qu’une aire A’, entre les deux précédentes. Pour ces aires, l’art. 12 al. 2 RPPA prévoit des règles de construction selon le tableau suivant, étant précisé que les surfaces de plancher brutes (Spb) s’entendent comme des maximums.
Aire
Spb (m2)
Volume (m3)
HMF (m)
HMA (m)
LFM (m)
Toit à pans
Toit plat
A
2’900
13,20
22
+
4,5
12
+
A’
16’000
11,5
+
Comme confirmé lors de l’audience du 27 mai 2009, il faut comprendre que dans l’aire A, il y a deux variantes possibles, selon que la toiture est plate ou non. Dans l’aire A’, seule la toiture plate est autorisée. De même, seules s’imposent les normes expressément prévues. Pour l’aire A’, le PPA ne contient que trois règles, sur sept possibles, soit le volume, la hauteur maximale à l’acrotère et la toiture plate. Po
ur la partie Nord du bâtiment, la hauteur maximale à l’acrotère est de 4,5m et la longueur de la façade de 12m (art. 12 al. 2 RPPA). Le solde du bâtiment, abritant la salle de sport proprement dite, doit contenir un volume maximal de 16'000 m3, et une hauteur à l’acrotère de 11,5m. Au niveau supérieur (0), la seule façade apparente est celle du sas d’entrée, dont la longueur est de 5,61m et la hauteur de 2,85m. Pour l’aire d’évolution des constructions A, le bâtiment d’accès est d’une hauteur maximale de 4,5m à l’acrotère (art. 13 al. 1 RPPA). Les façades Sud et Ouest ont une hauteur de 10,24m.
b) Le PPA divise le secteur «Es Osches» concerné en quatre parties: l’aire A occupe la partie méridionale, l’aire A’ la partie centrale; la partie septentrionale est divisée entre l’aire A, au Nord-Ouest, comprenant le bâtiment n°1797, d’une part, et, d’autre part, un périmètre 1, au Nord-Est, comprenant le bâtiment n°1800, ainsi que ses abords immédiats au Sud. Le périmètre 1, désigné en kaki sur le plan, est défini comme constructible selon le PPA. Il est régi par l’art. 9 RPPA. Selon le plan de situation joint à la demande de permis de construire, le bâtiment projeté s’inscrirait, pour la majeure partie, dans l’aire A’. Sa partie septentrionale, correspondant à l’entrée du bâtiment et aux dépendances sises au Nord, se trouverait dans l’aire A, ainsi que dans le périmètre 1.
aa) Dans un premier moyen, les recourants invoquent l’art. 9 RPPA, aux termes duquel, dans le périmètre 1, la surface de plancher brute est limitée à 2'000 m2.
Les documents produits par la constructrice après l’audience du 27 mai 2009 indiquent que la surface de plancher brute existante dans le bâtiment n°1800 (Clairmont) est de 1'562,61 m2. La surface de plancher brute de la partie du bâtiment projeté englobée dans ce périmètre 1 est de 69,33 m2 (soit 10,83 m2 au niveau 0 et 58,50 m2 au niveau -1). Le total, de 1'631,94 m2, est inférieur à la norme de 2'000 m2 fixé par l’art. 9 RPPA. Le Tribunal n’a pas de motifs de s’écarter de ce calcul, que les recourants ne critiquent pas dans leurs écritures finales.
bb) Dans un deuxième moyen, les recourants contestent que le bâtiment projeté puisse empiéter sur l’aire A et le périmètre 1, sis dans la partie septentrionale du secteur. Selon eux, le bâtiment devrait s’implanter dans l’aire A’ exclusivement. A première vue, la conception défendue par les recourants, correspondant à une lecture littérale du RPPA, n’est pas dépourvue de poids. Elle n’est pas décisive pour autant. En premier lieu, le PPA définit les aires A et A’ comme des
«aires d’évolution des constructions à l’intérieur desquelles doivent s’implanter les constructions nouvelles»
(art. 12 al. 1 RPPA). En cela, le PPA vise à définir les parties des terrains, sises au-dessus du niveau du sol, dans lesquelles les constructions nouvelles doivent prendre place. L’utilisation du terme «implanter» montre bien que le PPA ne prohibe pas les constructions en sous-sol. Il importe peu que celles-ci dépassent, au-dessous du sol, les limites de l’aire d’évolution définie par le PPA. Cela ne revient cependant pas à donner toute latitude au constructeur. Lorsque, comme en l’espèce, le bâtiment projeté dépasse, en sous-sol, les limites de l’aire A’ et s’étendent au-dessous des limites de l’aire A et du périmètre 1, le risque d’une extension en sous-sol démesurée du bâtiment est empêchée par les règles relatives à la surface de plancher brute dans le périmètre 1 (art. 9 RPPA), ainsi que par celles limitant le volume total du bâtiment (art. 12 al. 2 RPPA). En outre, le choix de la constructrice d’accoler le futur bâtiment à ceux existants dans la partie septentrionale du secteur «Es Osches» présente l’avantage de pouvoir enterrer le bâtiment projeté plus haut dans la pente du terrain et, partant, de répartir le volume autorisé sur une surface plus grande. Cela a pour conséquence, en l’occurrence, que l’altitude du bâtiment, tel que projeté, sera moins élevée que la cote maximale permise par le PPA dans l’aire A’. Cette solution est plus favorable aux recourants que celle qu’ils préconisent. Il est paradoxal qu’ils s’en plaignent.
cc) Pour les recourants, le volume du bâtiment projeté dépasserait la norme de 16'000 m3. Après l’audience du 27 mai 2009, la constructrice a produit des documents complétant le dossier sur ce point. Il en ressort que le volume total du bâtiment projeté est de 15'985,44 m3 (soit 1'604,04 m3 dans l’aire A, 13'825,84 m3 dans l’aire A’ et 555,56 m3 dans le périmètre 1). Le Tribunal n’a pas de raison de s’écarter de ces calculs, que les recourants n’ont pas remis en cause dans leurs écritures finales.
c) Les griefs de violation de l’art. 12 RPPA sont ainsi mal fondés.
6.
Les recourants se prévalent de l’art. 14 RPPA, à teneur duquel l’altitude moyenne est définie par la moyenne des altitudes des quatre angles du rectangle dans lequel le bâtiment principal est inscrit; elle est calculée par rapport au terrain naturel ou par rapport au terrain aménagé, si celui-ci se situe au-dessous du terrain naturel.
Il ressort du plan de situation joint à la demande d’autorisation de construire que l’altitude du terrain a été mesurée à chaque angle saillant du bâtiment projeté, qui présente la forme d’un quadrilatère irrégulier. Selon le calcul effectué de la sorte, l’altitude moyenne a été fixée à 98,35m. Les recourants ont contesté ce mode de faire, qu’ils considèrent comme incompatible avec l’art. 14 RPPA; selon eux, il aurait fallu inscrire le bâtiment dans un rectangle, puis mesurer la hauteur du terrain à chaque angle de ce rectangle. Après l’audience du 27 mai 2009, la constructrice a produit un plan topographique, établi en janvier 2009 par le géomètre Gilles Blatt. Selon les mesures effectuées aux quatre angles du rectangle dans lequel s’inscrirait le bâtiment projeté, l’altitude moyenne est de 99,69m. Sur ce point également, la méthode retenue par la constructrice est plus favorable aux recourants que celle résultant de l’application de l’art. 14 RPPA.
Les recourants le contestent, en faisant valoir que l’altitude moyenne ainsi établie ne tiendrait pas compte du niveau du terrain aménagé, qui se trouverait en dessous du terrain naturel. Le Tribunal, qui a inspecté les lieux et vérifié les indications figurant sur le plan de situation et le plan topographique, n’a pas constaté que les points de mesure ne correspondent pas au niveau du terrain, naturel ou aménagé. Les allégations des recourants à cet égard ne sont pas vérifiées.
Les recourants soutiennent enfin que le rectangle pris en compte par le géomètre Blatt n’engloberait pas les terrasses et les aménagements extérieurs. Cet argument n’est pas décisif, car l’art. 14 RPPA se réfère au rectangle dans lequel s’inscrit le bâtiment
principal
. Il n’y a dès lors pas lieu de tenir compte de la terrasse prévue dans le secteur Sud, ni des aménagements extérieurs.
7.
Les recourants critiquent le projet, s’agissant des accès et des espaces de verdure.
a) L’accès par le Chemin des Collonges est destiné à desservir les différentes constructions qui bordent ce chemin sur ces deux côtés; le stationnement extérieur y est autorisé, de même que le rebroussement des véhicules (art. 20 RPPA). Les accès des véhicules aux aires de constructions nouvelles sont exceptionnellement autorisées dans les espaces de verdure, si aucune autre possibilité n’est réalisable dans les aires prévues à cet usage; ces accès seront traités de manière à être intégrés dans le paysage (art. 24 al. 2 RPPA). Comme le montrent les plans mis à l’enquête, le projet, envisagé initialement, de créer une aire de stationnement à l’Ouest du bâtiment projeté, a été abandonné. Quant aux accès, ils ne se feront pas par le Chemin de Collonges, comme semblent le croire les recourants, mais par celui des Râpes. A cet endroit, englobé dans l’aire d’évolution des constructions A méridionale définie par le PPA, il est prévu de créer sept places de stationnement pour des véhicules. Cette surface n’est pas comprise dans les espaces de verdure. Partant, les art. 20 et 24 al. 2 RPPA ne s’appliquent pas en l’occurrence.
Partant du principe que le bâtiment projeté servira au public, les recourants soulignent l’absence d’aire de stationnement souterraine et de places de parcage en suffisance dans le secteur. L’argument porte à faux, dès lors que le bâtiment sera utilisé uniquement à des fins scolaires (cf. consid. 8 ci-dessous). Subséquemment, le projet ne prévoit aucun espace de stationnement public. Les élèves qui fréquenteront le centre sportif se déplaceront soit à pied depuis les autres installations de l’école à Chésières, soit par le moyen de navettes de véhicules de transport dont dispose l’Aiglon Collège. Les places existantes aux abords des bâtiments n°1797 et 1800, ainsi que celles que le projet prévoit de créer suffisent pour répondre aux besoins privés de l’établissement scolaire.
b) Les espaces de verdure sont destinés à l’aménagement d’espaces verts tels que des prairies, des pelouses ou des haies; ils sont inconstructibles, à l’exception d’aménagements paysagers, par exemple des chemins piétonniers, du mobilier urbain, des espaces de sport ou de détente (art. 24 al. 1 RPPA). Le RPPA prévoit de créer un espace de verdure sur le pourtour interne des limites de son périmètre. Les aires d’évolution A et A’ tiennent compte de ces espaces, sous réserve de l’accès au Chemin des Râpes, correspondant à un chemin préexistant. Quant aux accès prévus au Nord, dont notamment une placette, ainsi que tous les aménagements extérieurs, ils devront faire l’objet d’une autorisation complémentaire de la part de la Municipalité, selon ce qu’indique le permis litigieux. Les recourantes contestent ce mode de faire, que le PPA ne proscrit pas. Au demeurant, on ne voit pas en quoi les droits des tiers seraient lésés par cette procédure en deux temps.
c) L’arborisation existante, située à l’intérieur du périmètre du PPA, est régie par le règlement communal sur la protection des arbres; les arbres de valeur doivent être conservés, à défaut, compensés (art. 27 RPPA). Quant à l’arborisation au sens de l’art. 28 RPPA, elle est destinée à structurer le chemin des Collonges; elle est obligatoire et doit être réalisée au plus tard lors de l’implantation de nouvelles constructions dans l’aire d’évolution des constructions F. Les arbres dont le projet prévoit l’abattage ont fait l’objet d’une autorisation séparée; cette question est dès lors exorbitante du litige (consid. 4 ci-dessus). Quant à l’art. 28 RPPA, invoqué par les recourants, il concerne un autre secteur du PPA.
8.
Les recourants estiment que le bâtiment projeté serait incompatible avec le PPA dans la mesure où, à raison de ses dimensions, de son usage public, de la présence de places de stationnement et de la possibilité d’utiliser la terrasse en toiture pour des réceptions, il ne correspondrait plus à une activité non-gênante au sens de l’art. 2 RPPA. Les recourants critiquent en outre le défaut d’étude acoustique.
a) Les gradins prévus dans la galerie placée au-dessus de la salle de sport proprement dite auraient une capacité de 260 places, selon le projet, lequel prévoit en outre la création d’une cafeteria d’une capacité maximale de 100 personnes. Les recourants en déduisent qu’il ne s’agirait plus d’une infrastructure scolaire, mais publique, qui n’aurait pas sa place dans l’aire d’évolution A’. Ils craignent en particulier que le bâtiment puisse répondre à la pénurie de salles publiques disponibles dans le secteur, et serve à toutes sortes d’occasions sportives, musicales, culturelles et festives. Lors de l’audience du 27 mai 2009, les représentants de la constructrices ont formellement démenti que telle soit leur intention. Ils ont admis tout au plus que la salle pourrait servir lors de compétitions sportives internes, de cérémonies de remises de diplôme ou de journées destinées à l’information des futurs élèves, etc. Quant à la Municipalité, elle a manifesté sa volonté de veiller attentivement au respect du caractère privé des installations sportives créées dans le bâtiment, de manière à ce que l’affectation de celui-ci ne soit pas modifiée. Pour le surplus, il ressort clairement du dossier que le bâtiment projeté s’inscrit dans le cadre général du développement de l’Aiglon Collège, auquel il servira de centre sportif. Il est possible que lors de manifestations organisées par la constructrice, la salle connaisse une affluence particulière, justifiant l’effectif de places prévu pour les gradins de la galerie. Mais il s’agira là d’occasions relativement rares; rien ne permet de dire, en tout cas, que le bâtiment projeté servirait à des réunions sportives sans rapport avec les activités de l’Aiglon Collège. Au demeurant, les autres infrastructures qui pourraient servir à l’accueil du public sont limitées dans leur capacité, s’agissant notamment des aires de stationnement et de la cafeteria. Lors de l’audience du 27 mai 2009, les représentants de la constructrice ont précisé que la cafeteria ne sera pas équipée d’une cuisine permettant de préparer des repas sur place. Dès lors que l’on ne se trouve pas en présence d’une installation sportive ouverte au public, avec une annexe comprenant un bar et une cuisine, la question de sa conformité aux règles relatives à la protection contre le bruit (cf. arrêt AC.2007.0123 du 10 juin 2008), ne se pose pas.
b) Pour les bâtiments destinés à accueillir des infrastructures scolaires, telles que les salles de gymnastique, les toitures peuvent être plates (art. 18 RPPA). Les éléments de construction émergeant de la toiture (cheminées, bouches d’aération, cages d’escaliers, etc.) doivent être réduits au minimum nécessaire et faire l’objet d’une étude architecturale appropriée (art. 19 RPPA). Selon les plans mis à l’enquête, des lanternons seraient percés dans la toiture plate du bâtiment; celle-ci serait recouverte de végétaux sur 60% environ de sa surface. Selon les déclarations faites par les représentants de la constructrice lors de l’audience du 27 mai 2009, la toiture ainsi aménagée pourrait servir au délassement des étudiants après le sport. Même si le projet, caressé initialement, de créer sur le toit une esplanade pouvant accueillir des invités et servir à des réceptions a été abandonné, des doutes subsistent objectivement à ce propos. Le projet prévoit de créer une volée d’escaliers permettant d’accéder au toit, sur lequel serait aménagé une sorte de jardin et posées des barrières de sécurité. Quoi qu’en dise la constructrice, la tentation sera forte d’utiliser cet espace particulièrement bien situé pour toutes sortes d’occasions conviviales, notoirement gênantes pour le voisinage, à l’instar de toute activité humaine. Quant aux étudiants désireux de se reposer après l’effort ou de réviser leurs cours, ils pourront le faire sur la terrasse prévue au Sud du bâtiment, en contrebas de la parcelle. Le Tribunal retient dès lors que l’aménagement de la terrasse en toiture, tel que projeté, constitue un élément superflu du bâtiment, de nature à remettre en cause son affectation exclusivement privée. Il comporte en outre le risque d’une utilisation propre à produire des nuisances sonores excessives pour le voisinage. L’engagement de la Municipalité de veiller à tout changement d’affectation à cet égard ne paraît pas suffisant pour prévenir le danger légitimement redouté par les recourants.
c) La décision attaquée doit dès lors être complétée par l’adjonction d’une condition interdisant l’utilisation de la toiture pour quelque usage que ce soit. Les aménagements autres que l’installation de végétaux doivent être interdits, notamment la création de chemins et la pose de barrières de sécurité. Les escaliers d’accès à la toiture seront supprimés et remplacés par un accès de service destiné à l’entretien exclusivement.
9.
Le recours doit ainsi être admis partiellement. La décision attaquée est complétée dans le sens du considérant qui précède. Le recours est rejeté pour le surplus. Les frais sont mis partiellement à la charge des recourants, qui succombent pour l’essentiel, et de la constructrice. Toutes les parties ayant droit à des dépens réduits, ceux-ci seront compensés.