Decision ID: 9c6425b5-6077-5b1b-8b6b-bbf0926b648f
Year: 2013
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_005
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 

EN FAIT
A.
Le 19 juillet 2013, A_ (ci-après : la recourante) a sollicité l'assistance juridique pour un recours formé auprès de la Chambre administrative de la Cour de justice (ci-après : CACJ) à l'encontre d'une décision de l'Office du logement du 19 juin 2013 (A/2371/2013). Dans sa requête, elle a demandé la nomination de l'ASLOCA en tant que conseil juridique.![endif]>![if>
B.
Par décision du 22 juillet 2013, notifiée le 29 juillet 2013, la Vice-présidente du Tribunal civil a rejeté la requête d'assistance juridique précitée, au motif que les conditions posées pour la nomination et la rémunération d'un mandataire professionnellement qualifié, soit en l'espèce l'ASLOCA, par l'Assistance juridique n'étaient manifestement pas réalisées, tant au regard de l'art. 10 al. 2 LPA qu'à celui de l'art. 68 al. 2 let. d CPC, applicable de par le renvoi de l'art. 8 al. 3 RAJ. Le fait que l'art. 9 LPA autorise une partie à se faire représenter par un mandataire personnellement qualifié dans le cadre d'une procédure administrative n'était pas pertinent sous l'angle des règles applicables en matière d'assistance juridique.![endif]>![if>
C.
a.
Recours est formé contre cette décision, par acte expédié le 28 août 2013 à la Présidence de la Cour de justice. La recourante conclut principalement à l'annulation de la décision entreprise, à l'octroi de l'assistance juridique et à la nomination de l'ASLOCA, subsidiairement de Maurizio LOCCIOLA, mandataire professionnellement qualifié auprès de l'ASLOCA, en tant que représentant d'office. À titre subsidiaire, la recourante sollicite l'octroi partiel de l'assistance juridique, limité à l'exonération de l'avance de frais requise par la CACJ et à l'exonération des frais de procédure dans l'hypothèse où elle devrait succomber dans la procédure administrative. La recourante fait valoir que l'art. 10 al. 2 LPA, qui ne mentionne que l'assistance par un avocat ou par un avocat-stagiaire, est lacunaire et qu'il appartient au juge de combler cette lacune, ou d'interpréter cette disposition conformément au droit constitutionnel. En effet, dès lors que l'art. 9 al. 1 LPA autorise les mandataires professionnellement qualifiés à représenter une partie devant les autorités administratives, les premiers cités devraient également pouvoir être nommés d'office. La recourante se prévaut ensuite de l'art. 12 RAJ, qui prévoit que le conseil juridique peut être un avocat ou un mandataire professionnellement qualifié au sens de l'article 10 de la loi d’application du code civil suisse et autres lois fédérales en matière civile, du 28 novembre 2010. La recourante allègue cependant que le renvoi à l'art. 10 LaCC n'a pas de sens dès lors que cette loi a été abrogée. Selon elle, l'introduction de la notion de mandataire professionnellement qualifié dans le RAJ, parallèlement à l'entrée en vigueur du CPC, aurait pour conséquence d'étendre la possibilité d'octroyer l'assistance juridique aux mandataires professionnellement qualifiés également en matière administrative, et non seulement aux cas prévus à l'art. 68 al. 2 let. d CPC. Pour le surplus, la recourante argue que la nomination d'avocats en lieu et place de mandataires professionnellement qualifiés ne respecte pas l'art. 9 al. 3 Cst. GE, aux termes duquel l'action de l'Etat doit être pertinente, efficace et efficiente. En effet, les seconds nommés seraient souvent plus compétents que les avocats et exercent à un tarif moins élevé dans le cadre de l'assistance juridique. De plus, priver un justiciable de la possibilité de recourir à un mandataire associatif lorsque l'assistance juridique est sollicitée ne poursuit aucun intérêt digne de protection. Enfin, la recourante fait valoir que la décision entreprise consacre un déni de justice, voire une violation du droit d'être entendu, dans la mesure où elle ne se prononce pas sur l'exemption de l'avance de frais et l'exonération des frais judiciaires.![endif]>![if>
b.
La Vice-présidente du Tribunal civil a renoncé à formuler des observations.

EN DROIT
1.
1.1.
La décision entreprise est sujette à recours auprès du président de la Cour de justice en tant qu'elle refuse l'assistance juridique (art. 10 al. 3 LPA), compétence déléguée à la vice-présidente soussignée (art. 29 al. 5 LOJ ; arrêt du Tribunal fédéral
2D_6/2012
du 31 juillet 2012 consid. 2). Le recours, écrit et motivé, est introduit auprès de l'instance de recours dans un délai de 30 jours (art. 10 al. 3 LPA, 130, 131 et 321 al. 1 CPC, applicables par renvoi des art. 10 al. 4 LPA et 8 al. 3 RAJ ; arrêt du Tribunal fédéral
1B_171/2011
du 15 juin 2011 consid. 2.2).![endif]>![if>
1.2.
En l'espèce, le recours est recevable pour avoir été interjeté dans le délai utile et en la forme écrite prescrite par la loi.
1.3.
Lorsque la Cour est saisie d'un recours (art. 10 al. 3 LPA), son pouvoir d'examen est limité à la violation du droit et à la constatation manifestement inexacte des faits (art. 320 CPC, applicable par renvoi de l'art. 8 al. 3 RAJ ; arrêt du Tribunal fédéral
1B_171/2011
précité). Il appartient en particulier au recourant de motiver en droit son recours et de démontrer l'arbitraire des faits retenus par l'instance inférieure (Hohl, Procédure civile, tome II, 2
ème
éd., n. 2513-2515).
1.4.
Il n'y a pas lieu d'entendre la recourante, celle-ci ne le sollicitant pas et le dossier contenant suffisamment d'éléments pour statuer.
2.
2.1.
Aux termes de l'art. 9 de la loi sur la procédure administrative (ci-après : LPA ; entrée en vigueur le 1er janvier 1986), les parties, à moins qu’elles ne doivent agir personnellement ou que l’urgence ne le permette pas, peuvent se faire représenter par un conjoint, un partenaire enregistré, un ascendant ou un descendant majeur, respectivement par un avocat ou par un autre mandataire professionnellement qualifié pour la cause dont il s’agit. ![endif]>![if>