Decision ID: 7df9f9b4-a03e-5827-aec9-dd1e4baaeb2b
Year: 2013
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_014
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: social_law

Attendu en fait que Monsieur G_, né en 1965, exerçant la profession de maçon, a été victime d’un accident dans le cadre de son travail le 24 octobre 2011 ; qu’il a chuté dans la boue sur le flanc droit en descendant d’un talus ; que le médecin consulté le jour-même, le Docteur L_, a constaté une contusion post traumatique du bassin et de la hanche droite ;
Que le cas a été pris en charge par la CAISSE NATIONALE SUISSE D'ASSURANCE EN CAS D'ACCIDENTS (ci-après: la SUVA) ;
Que dans un rapport du 28 février 2012, le Dr M_, médecin d’arrondissement de la SUVA, a conclu à une reprise progressive du travail ;
Que le 30 mars 2012, l’assuré a informé la SUVA que selon une imagerie par résonance magnétique (IRM) pratiquée le jour-même, le diagnostic d’une hernie discale était posé ;
Que la SUVA, ayant des doutes quant à sa responsabilité concernant les troubles de la hanche, a suspendu ses prestations dès le 1
er
avril 2012 ;
Que la ZURICH COMPAGNIE D’ASSURANCES SA, soit l’assurance perte de gain maladie, a alors versé les indemnités journalières à l’assuré du 3 avril 2012 au 23 mars 2013, date à compter de laquelle elle a estimé qu’il était apte à travailler à plein temps, ce sur la base de l’avis de son médecin conseil, le Dr N_ ;
Que par décision du 16 mai 2013, confirmée sur opposition le 5 juillet 2013, la SUVA a nié sa responsabilité pour les troubles de la hanche droite, au motif qu’il ne pouvait être établi aucun lien de causalité entre ceux-ci et l’accident intervenu le 24 octobre 2011 ;
Que l’assuré, représenté par le SYNDICAT UNIA, a interjeté recours le 6 août 2013 contre ladite décision ; qu’il conclut, préalablement, à ce que des enquêtes soient ouvertes, principalement, à ce qu’il soit constaté que le lien de causalité entre les troubles de la hanche droite et l’accident du 24 octobre 2011 est établi, et à ce que la SUVA soit condamnée aux prestations d’assurance correspondantes dès le 24 octobre 2011 et pour une durée indéterminée, subsidiairement, à ce que la SUVA soit condamnée à prendre en charge également un nouvel accident subi le 3 mai 2013 et à verser les prestations dues à ce titre ;
Que le 11 septembre 2013, l’assuré a sollicité le rétablissement de l’effet suspensif à son recours, alléguant se trouver dans une situation financière des plus précaires ;
Qu’invitée à se déterminer, la SUVA s’est opposée au rétablissement de l’effet suspensif, rappelant qu’ « il n’est pas d’usage que des prestations contestées soient versées pendant la procédure de recours » ;
Que les parties ont été informées que la cause était gardée à juger sur la question de l’effet suspensif ;
Que parallèlement à la présente procédure, l’assuré a saisi la Cour de céans d’une demande en paiement dirigée contre la ZURICH COMPAGNIE D’ASSURANCES SA ; que cette demande a été enregistrée sous le n° de cause A/2513/2013 ;

Considérant en droit que conformément à l'art. 134 al. 1 let. a ch. 5 de la loi sur l'organisation judiciaire, du 26 septembre 2010 (LOJ; RS
E 2 05
) en vigueur dès le 1er janvier 2011, la Chambre des assurances sociales de la Cour de justice connaît en instance unique des contestations prévues à l’art. 56 de la loi fédérale sur la partie générale du droit des assurances sociales, du 6 octobre 2000 (LPGA;
RS 830.1
) relatives à la loi fédérale sur l'assurance-accidents, du 20 mars 1981 (LAA;
RS 832.20
) ;
Que sa compétence pour juger du cas d’espèce est ainsi établie ;
Qu’interjeté dans le délai légal et la forme prescrite, le recours est recevable (art. 56 et 60 LPGA ; art. 89B de la loi sur la procédure administrative, du 12 septembre 1985 - LPA ; RS
E 5 10
) ;
Que le litige porte sur le droit de l'assuré à des prestations LAA ;
Que l'assuré sollicite préalablement la restitution de l’effet suspensif ;
Que la LPGA ne contient pas de dispositions propres sur l'effet suspensif ; que selon l'art. 55 al. 1 LPGA, les points de procédure qui ne sont pas réglés de manière exhaustive aux art. 27 à 54 LPGA ou par les dispositions des lois spéciales sont régis par la loi fédérale du 20 décembre 1968 sur la procédure administrative (PA;
RS 172.021
) ; que l'art. 56 LPGA, qui concerne le droit de recours, ne règle pas l'effet suspensif éventuel du recours (Ueli KIESER, ATSG-Kommentar, p. 562 ch. m. 16 ad art. 56 et la référence; ATF
129 V 376
consid. 4.3 in fine) ; que l'art. 61 LPGA pose des exigences auxquelles doit satisfaire la procédure devant le tribunal cantonal des assurances, laquelle est réglée par le droit cantonal, sous réserve de l'art. 1 al. 3 PA ; que selon l'art. 1 al. 3 PA, l'art. 55 al. 2 et 4 PA, concernant le retrait de l'effet suspensif, s'applique à la procédure devant les autorités cantonales de dernière instance qui ne statuent pas définitivement en vertu du droit public fédéral ;
Que selon l'art. 11 al. 2 OPGA, l'assureur peut, sur requête ou d'office, retirer l'effet suspensif ou rétablir l'effet suspensif retiré dans la décision ; qu’une telle requête doit être traitée sans délai. L'art. 55 al. 3 PA prévoit que l'autorité de recours ou son président peut restituer l'effet suspensif à un recours auquel l'autorité inférieure l'avait retiré ; que la demande de restitution de l'effet suspensif est traitée sans délai ;
Que s'agissant du retrait par l'administration de l'effet suspensif à une opposition ou à un recours ou de la restitution de l'effet suspensif, l'entrée en vigueur de la LPGA et de l'OPGA n'a rien changé à la jurisprudence en la matière (arrêt précité P.-S. du 24 février 2004) ; que d'après la jurisprudence, la possibilité de retirer l'effet suspensif au recours n'est pas subordonnée à la condition qu'il existe, dans le cas particulier, des circonstances tout à fait exceptionnelles qui justifient cette mesure ; qu’il incombe bien plutôt à l'autorité appelée à statuer, en application de l'art. 55 PA, d'examiner si les motifs qui parlent en faveur de l'exécution immédiate de la décision l'emportent sur ceux qui peuvent être invoqués à l'appui de la solution contraire ; que l'autorité dispose sur ce point d'une certaine liberté d'appréciation; qu'en général, elle se fondera sur l'état de fait tel qu'il résulte du dossier, sans effectuer de longues investigations supplémentaires ; qu’en procédant à la pesée des intérêts en présence, les prévisions sur l'issue du litige au fond peuvent également être prises en considération; qu'il faut cependant qu'elles ne fassent aucun doute ; que par ailleurs, l'autorité ne saurait retirer l'effet suspensif au recours lorsqu'elle n'a pas de raisons convaincantes pour le faire (ATF
124 V 88
s. consid. 6a,
117 V 191
consid. 2b et les références) ;
Qu’en l'espèce, l'intimée a nié le droit de l'assuré à ses prestations, considérant que les troubles de la hanche droite ne sont pas en lien de causalité avec l’accident du 24 novembre 2011 ;
Que l’assuré a contesté ce refus et requis la restitution de l’effet suspensif, au motif qu’il se trouve dans une situation financière difficile ; que cet argument n’est, au regard de la jurisprudence précitée, pas suffisant pour admettre sa requête ; qu’en effet, il est à craindre dans un tel cas que s’il n’obtenait pas gain de cause sur le fond, la procédure en restitution des prestations reçues à tort ne se révèle infructueuse ; que par ailleurs, s’agissant des chances de prévision sur l’issue du litige, elle ne présente pas un degré de certitude suffisant pour pouvoir être prise en considération ; qu’à cet égard, les rapports médicaux au dossier ne permettent pas en l’état de conclure d’une façon certaine à l’existence d’un rapport de causalité naturelle et adéquate entre les troubles dont il souffre à la hanche droite et l’accident du 24 novembre 2011 ; qu’une instruction sera nécessaire ;
Qu’au vu de ce qui précède, la requête en restitution de l’effet suspensif au recours est rejetée ;