Decision ID: 6b16ce91-2830-5c32-9adc-05d4cd27b957
Year: 2013
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_013
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: public_law

EN FAIT
Monsieur D_, né le _ 1970, originaire d'Algérie, alias M_, né le _ 1973, originaire du Maroc, a occupé à de très nombreuses reprises, depuis 2003, les services de police genevois, principalement pour des vols.
Entre 2003 et 2012, l'intéressé a été condamné à treize reprises :
- le 29 août 2003, à trois mois d'emprisonnement pour vol et infraction à la loi sur le séjour et l'établissement des étrangers du 26 mars 1991 (aLFSEE - aRS 142.20) ;
- le 2 octobre 2003, à deux mois d'emprisonnement pour vol et infractions à la loi sur le séjour et l'établissement des étrangers et à la loi fédérale sur les stupéfiants et les substances psychotropes du 3 octobre 1951 (LStup -
RS 812.121
) ;
- le 29 mars 2004, à quarante jours d'emprisonnement pour recel et rupture de ban ;
- le 20 septembre 2004, à trente jours d'emprisonnement pour vol ;
- le 24 février 2005, à trois mois d'emprisonnement pour vol et tentative de vol ;
- le 9 juin 2005, à quatre mois d'emprisonnement pour vol ;
- le 28 février 2006, à six mois d'emprisonnement pour vol par métier et en bande ;
- le 18 septembre 2006, à quinze jours d'emprisonnement pour tentative de vol ;
- le 6 juin 2008, à trois mois d'emprisonnement pour vol et infraction à l'art. 19 LStup ;
- le 29 décembre 2008, à six mois d'emprisonnement pour vol et infraction à l'art. 115 de la loi fédérale sur les étrangers du 16 décembre 2005 (LEtr -
RS 142.20
) ;
- le 30 octobre 2009, à six mois d'emprisonnement pour vol et infraction à l'art. 286 du Code pénal suisse du 21 décembre 1937 (CP -
RS 311.0
) ;
- le 23 septembre 2010, à huit mois d'emprisonnement pour vol et infraction à l'art. 115 LEtr ;
- le 2 septembre 2011, à cinquante jours d'emprisonnement pour infraction à l'art. 115 LEtr ;
- le 24 février 2012, à cent quatre-vingt jours d'emprisonnement pour vol et infraction à l'art. 115 LEtr.
Le 6 novembre 2003, l'office fédéral des réfugiés, devenu depuis l’office fédéral des migrations (ci-après : ODM), a prononcé à l'encontre de M. D_ une interdiction d'entrée en Suisse valable jusqu'au 5 novembre 2013, qui lui a été notifiée en date du 17 novembre 2003.
Par courrier du 30 avril 2009, adressé à la prison de Champ-Dollon, l'office cantonal de la population (ci-après : OCP) a prononcé à l'encontre de M. D_ une décision de renvoi de Suisse, en application de l'art. 64 LEtr.
Le 5 juillet 2012, les autorités judiciaires ont libéré l'intéressé, qui a été remis entre les mains des services de police.
Un vol pour son refoulement à destination d'Alger avait été réservé pour le même jour à 15h au départ de Genève, mais M. D_ s'est opposé à son renvoi, au motif qu’il aurait avalé une lame de rasoir ainsi qu'un coupe-ongles, ce qui s’est avéré inexact. Son refoulement n’a donc pas pu avoir lieu. M. D_ a été transféré à l'hôpital de Belle-Idée où il a passé la nuit, ceci avant d'être acheminé le lendemain dans les locaux de la police.
Le 6 juillet 2012, l'officier de police a prononcé un ordre de mise en détention administrative à l'encontre de M. D_ pour une durée de trois mois.
Par jugement du 9 juillet 2012 (
JTAPI/837/2012
), le Tribunal administratif de première instance (ci-après : TAPI) a confirmé l'ordre de mise en détention administrative, pris par l'officier de police le 6 juillet 2012, à l'encontre de M. D_ pour une durée de deux mois, soit jusqu'au 6 septembre 2012. Ce jugement n'a pas fait l'objet d'un recours.
Le 18 juillet 2012, la police judiciaire genevoise a adressé aux autorités françaises une demande de réadmission de l’intéressé. Le même jour, les autorités compétentes françaises ont refusé cette demande au motif que M. D_ n’avait jamais bénéficié d’un titre de séjour en France.
Le 20 août 2012, M. D_ a adressé au Consulat de la République Algérienne Démocratique et Populaire à Genève une demande d’établissement d’un laissez-passer, respectivement d’un passeport, afin de pouvoir retourner en Algérie.
Lors d’un entretien du 22 août 2012 avec un représentant de l’OCP, M. D_ a indiqué qu’il ne souhaitait plus rentrer en Algérie.
En date du 30 août 2012, l’ODM a formellement requis de l’Ambassade de la République Algérienne Démocratique et Populaire à Berne qu’elle délivre un laissez-passer pour M. D_, afin qu’il puisse pénétrer sur le territoire algérien le 20 septembre 2012, date d'un vol organisé avec escorte policière.
Par requête motivée du 31 août 2012, l'OCP a demandé la prolongation de la détention administrative de M. D_ pour une durée de deux mois, afin d'organiser son renvoi par vol avec escorte policière à destination de l'Algérie.
Par jugement du 3 septembre 2012 (
JTAPI/1018/2012
), le TAPI a prolongé la détention administrative de M. D_ pour une durée de deux mois. Ce jugement n'a pas fait l'objet d'un recours.
Le laissez-passer n'ayant pas pu être établi à temps par les autorités algériennes, le renvoi de l'intéressé n'a pas pu être effectué le 20 septembre 2012.
Par requête motivée du 30 octobre 2012, l'OCP a sollicité la prolongation de la détention administrative de M. D_ pour une durée de deux mois, afin d'organiser son renvoi une fois un nouveau laissez-passer établi.
Par jugement du 1
er
novembre 2012 (
JTAPI/1319/2012
), le TAPI a prolongé, comme demandé, la détention administrative de M. D_ pour deux mois, soit jusqu’au 30 décembre 2012. Ce jugement a été remis en mains propres à l’intéressé le 1
er
novembre 2012.
M. D_ n’avait jamais collaboré avec les autorités chargées de son renvoi. Il avait fait obstacle à son embarquement à bord d’un avion de ligne le 5 juillet 2012, en déclarant faussement qu’il avait avalé une lame de rasoir ainsi qu’un coupe-ongles. Il s’était constamment opposé à son renvoi en Algérie. Il avait refusé toute participation à un programme cantonal d’aide au départ et déclaré ne pas être disposé à retourner dans son pays, quelle que soit la durée de la détention administrative.
Entendu lors de l’audience de comparution personnelle le 1
er
novembre 2012, il avait déclaré qu’il ne retournerait en Algérie que si ses enfants, qu’il n’avait pas revus depuis 2010 et qui vivaient en France, l’accompagnaient avec leur mère. Ces éléments n’avaient jamais été évoqués précédemment.
Par acte posté le 12 novembre 2012, M. D_, représenté par un avocat, a recouru contre ce jugement auprès de la chambre administrative de la Cour de justice (ci-après : la chambre administrative) en concluant à son annulation.
Par arrêt du 22 novembre 2012 (
ATA/797/2012
), la chambre administrative a rejeté le recours de M. D_.
Les conditions justifiant le prononcé d’une mise en détention administrative de l’intéressé étaient réalisées, notamment parce que ce dernier avait été condamné à plusieurs reprises pour crime au sens de l’art. 10 CP (art. 76 al. 1 let. b ch. 1 renvoyant à l’art. 75 al. 1 let. h LEtr), et parce que des éléments concrets faisaient craindre qu’il ne se soustraie à son renvoi au sens de l’art. 76 al. 1 let. b ch. 3 LEtr, étant rappelé que M. D_ avait répété, en dernier lieu devant le TAPI le 1
er
novembre 2012, qu’il ne retournerait en Algérie que s’il pouvait s’y rendre accompagné de sa femme et de ses enfants, alors qu’un tel accord ne pouvait être conditionnel d’une part, et que l’exigence qu’il posait n’était pas réalisable, d’autre part. En tout état, il avait déjà refusé le 5 juillet 2012 de prendre un vol à destination de l’Algérie. Si M. D_ n’était pas responsable du fait qu’un laissez-passer n’avait pas pu être établi à temps par les autorités de son pays afin qu’il puisse prendre le vol prévu le 20 septembre 2012, il n’avait rien entrepris par la suite pour faciliter de telles démarches, alléguant même un prétexte pour ne pas s'entretenir avec le vice-consul de son pays, qui s’était pourtant déplacé à Frambois afin de le rencontrer.
Quand bien même M. D_ se prévalait d'un état de santé déficient, aucune raison médicale n'était de nature à rendre impossible le renvoi de l’intéressé et il n'existait aucune impossibilité juridique ou matérielle à l'exécution dudit renvoi.
La durée de la prolongation de la détention était nécessaire, adéquate et proportionnée aux démarches devant être entreprises pour renvoyer l’intéressé, qui était seul responsable de son maintien en détention.
Le 4 décembre 2012, un nouveau laissez-passer, « valable pour un seul voyage limité à un (01) jour », a été délivré par les autorités algériennes au nom de M. D_ pour permettre son retour en Algérie en date du 6 décembre 2012.
Le 6 décembre 2012, l'intéressé a catégoriquement refusé de monter à bord du vol à destination d'Alger sur lequel une place avait été réservée en vue de son refoulement sous escorte policière.
Le 10 décembre 2012, l’officier de police a ordonné la mise en détention administrative de M. D_ pour une durée d'un mois sur la base de l'art. 78 al. 1 LEtr (détention pour insoumission). Lors de son audition, M. D_ a déclaré qu'il n'entendait toujours pas retourner en Algérie.
Par jugement du 13 décembre 2012 (
JTAPI/1516/2012
), remis en mains propres aux parties à l'issue de l'audience, le TAPI a confirmé l'ordre de mise en détention administrative pour une durée d'un mois, jusqu'au 10 janvier 2013.
Par acte mis à la poste le 24 décembre 2012 et reçu au greffe de la chambre administrative le 3 janvier 2013, M. D_ a recouru contre le jugement susmentionné, concluant à son annulation et à l'annulation de l'ordre de mise en détention administrative pour insoumission du 10 décembre 2012.
Par arrêt du 10 janvier 2013 (
ATA/20/2013
), la chambre administrative a rejeté le recours de M. D_ contre le jugement du TAPI du 13 décembre 2012, considérant que les conditions de la mise en détention pour insoumission étaient réunies et que celle-ci respectait l’art. 78 al. 2 LEtr, ayant été prononcée pour un mois seulement, soit jusqu’au 10 janvier 2013.
Dans l’intervalle toutefois, et par jugement du 7 janvier 2013, le TAPI avait prolongé la détention administrative pour insoumission prononcée sur requête de l’OCP du 4 janvier 2012, et cela pour deux mois, soit jusqu’au 10 mars 2013. Lors de cette dernière procédure, M. D_ a expliqué au TAPI le 7 janvier 2013 qu’il avait demandé au Consulat général d’Algérie de l’autoriser à se rendre en France car il était sans nouvelles de la mère de ses enfants, mais était en contact avec sa sœur et son beau-frère, domiciliés à Lyon. La carte de séjour française, au bénéfice de laquelle il se trouvait lorsqu’il avait 18 ans, était échue. Au début janvier 2013, il avait demandé à voir un médecin pour ses problèmes au nez et aux oreilles. Un médecin l’avait ausculté à Frambois et lui avait indiqué qu’il devrait subir une intervention chirurgicale du nez, un examen médical étant nécessaire pour les oreilles. Il avait compris qu’il devrait se rendre aux Hôpitaux universitaires de Genève (ci-après : HUG) dès qu’une place serait disponible. De plus, il suivait un traitement contre l’asthme et l’anxiété.
Le représentant de l’OCP avait confirmé qu’il n’aurait aucune difficulté à obtenir un nouveau laissez-passer pour M. D_, puisqu’un tel document avait déjà été délivré à 2 reprises pour l’intéressé. L’OCP n’aurait pas été opposé à laisser l’intéressé se rendre en France s’il avait produit un titre de séjour l’autorisant à pénétrer sur le territoire français, ce qui n’avait pas été le cas.
A l’encontre de ce jugement, M. D_, assisté d’un conseil, a recouru en déposant un acte le 17 janvier 2013 auprès du greffe de la chambre civile de la Cour de justice, lequel l’a transmis à la chambre administrative, qui l’a reçu le 18 janvier 2013.
Par arrêt du 24 janvier 2013 (
ATA/45/2013
), la chambre administrative a rejeté le recours.
Le 5 mars 2013, l'OCP a sollicité une nouvelle prolongation de la détention administrative de M. D_, pour une durée de deux mois.
Lors de l'audience s'étant tenue devant le TAPI le 7 mars 2013, M. D_ a déclaré avoir fait une tentative de suicide deux semaines auparavant et avoir dû séjourner de ce fait trois jours à l'hôpital. Les démarches entreprises en France par sa sœur concernant l'obtention d'un permis de séjour dans ce pays étaient sur le point d'aboutir.
Par jugement du 7 mars 2013, le TAPI a admis la demande de prolongation de la détention administrative pour une durée de deux mois, soit jusqu'au 10 mai 2013.
Ce jugement n'a pas fait l'objet d'un recours.
Le 6 mai 2013, l'OCP a sollicité une nouvelle prolongation de la détention administrative de M. D_, pour une durée de deux mois.
Par jugement du 8 mai 2013, le TAPI a admis la demande de prolongation de la détention administrative pour une durée de deux mois, soit jusqu'au 8 juillet 2013.
Le 2 juillet 2013, l'OCP a sollicité une nouvelle prolongation de la détention administrative de M. D_, pour une durée de deux mois.
a. Le 4 juillet 2013, lors de l'audience s'étant tenue devant le TAPI, M. D_ a déclaré être toujours opposé à se rendre en Algérie. Il souhaitait pouvoir vivre avec ses enfants qui résidaient à Paris. Pour régulariser sa situation en France, il devait se rendre personnellement auprès de l'administration compétente, bien que cette exigence ne soit pas documentée.
En raison de l'asthme dont il souffrait, sa détention à la maison Z_ était extrêmement pénible, car il devait partager sa cellule avec un fumeur.
Il avait pu s'entretenir avec son avocat pendant seulement dix minutes.
b. Le représentant de l'OCP a affirmé pouvoir rapidement obtenir un laissez-passer pour l'intéressé en cas de consentement de ce dernier à se rendre en Algérie. Les démarches visant au renouvellement de sa carte de séjour en France pouvaient être entreprises depuis l'Algérie. L'OCP ignorait les problèmes de cohabitation avec un fumeur et le nécessaire serait fait à cet égard.
Par jugement du 4 juillet 2013, le TAPI a admis la demande de prolongation de la détention administrative pour une durée de deux mois, soit jusqu'au 8 septembre 2013.
Le conseil de M. D_ avait reçu l'intégralité du dossier plus de 24 heures avant l'audience, et sa plaidoirie circonstanciée démontrait qu'il avait disposé d’un laps de temps suffisant pour préparer la défense de son client, lequel avait pu s'exprimer autant qu'il le souhaitait lors de l'audience.
Le principe de la détention pour insoumission avait déjà été admis. Le délai maximum de dix-huit mois n'était de loin pas atteint, et aucune autre mesure n'était propre à assurer sa présence le jour où son renvoi pourrait être exécuté. Le principe de proportionnalité était donc respecté.
Les problèmes de santé allégués n'étaient pas nouveaux, et ne faisaient pas obstacle au renvoi. Quant aux standards de détention de l'intéressé, il n'était pas démontré qu'ils soient contraires aux obligations internationales de la Suisse en la matière. Les autorités compétentes devaient cependant faire le nécessaire, comme elles s'y étaient du reste engagées lors de l'audience, pour éviter la cohabitation avec un fumeur.
Le 8 juillet 2013, Mme X_, directrice de la maison d'arrêt Z_, a écrit un courrier électronique à l'officier de police et à l'OCP. Elle avait pris connaissance du jugement du TAPI et s'étonnait du grief de M. D_ en lien avec sa cohabitation avec un fumeur. En effet, d’une part l'intéressé avait, expressément et « sous la menace », demandé à partager sa cellule avec un autre pensionnaire, Monsieur M_. D'autre part, M. D_ était lui-même fumeur et n'avait donc, à aucun moment, sollicité une place dans une cellule non-fumeur ; si tel avait été le cas, il aurait immédiatement obtenu satisfaction.
Par acte posté le 15 juillet 2013, M. D_ a interjeté recours auprès de la chambre administrative contre le jugement précité, concluant à son annulation et à sa mise en liberté immédiate.
Il n'avait pas bénéficié du temps nécessaire à la préparation de sa défense, n'ayant pu s'entretenir que dix minutes avec son avocat. Ses conditions de détention étaient constitutives d'un traitement inhumain ou dégradant, dès lors que, souffrant d'asthme, il était contraint de partager sa cellule avec un fumeur.
Il refusait certes de prendre l'avion pour retourner en Algérie, mais non sans raisons convaincantes ; en effet, il souffrait d'affections oto-rhino-laryngologiques qui l'empêchaient de prendre l'avion, ainsi que de graves troubles psychiatriques associés à une dépendance aux psychotropes ; des démarches administratives étaient en cours pour régularises sa situation en France, où vivait toute sa famille ; il avait quitté l'Algérie il y avait de cela plus de vingt-sept ans et n'avait donc plus de lien avec son pays. La détention pour insoumission était dès lors disproportionnée.
Enfin, l'assistance juridique devrait lui être accordée.
Le 17 juillet 2013, M. D_ a été transféré au centre de détention administrative de Frambois.
Le 19 juillet 2013, l'OCP a conclu au rejet du recours.
Le principe de la détention pour insoumission avait déjà été entériné par la chambre administrative.
M. D_ se plaignait de ne pas avoir eu le temps de s'entretenir avec son conseil, alors même qu'il pouvait contacter ce dernier en tout temps par téléphone, et que sa défense avait été assurée de manière effective lors de l'audience par-devant le TAPI.
Le grief tiré de conditions inhumaines ou dégradantes de détention en lien avec la cohabitation avec un fumeur devait être écarté. L'intéressé était lui-même fumeur et avait insisté personnellement pour se trouver avec son compagnon de cellule. De plus, il avait été transféré à Frambois.
Les démarches de M. D_ en France n'étaient pas documentées, et pouvaient quoi qu'il en soit être poursuivies depuis l'Algérie.
Aucun certificat médical récent n'attestait que l'intéressé serait inapte à voyager ou que son renvoi en Algérie ne serait pas raisonnablement exigible pour raisons de santé. La durée de la détention, si elle était confirmée, serait inférieure au maximum légal.
Le 19 juillet 2013, le juge délégué a imparti à M. D_ un délai au 22 juillet à 12h00 pour produire une éventuelle réplique.
Sur quoi, la cause a été gardée à juger, M. D_ n'ayant pas fait usage du délai précité.

EN DROIT
Interjeté le 15 juillet 2013, le recours de M. D_ dirigé contre le jugement du TAPI du 4 juillet 2013, remis en mains propres le jour même, l'a été en temps utile devant la juridiction compétente (art. 132 al. 2 de la loi sur l'organisation judiciaire du 26 septembre 2010 - LOJ -
E 2 05
; art. 10 al. 1 de la loi d'application de la loi fédérale sur les étrangers du 16 juin 1988 - LaLEtr –
F 2 10
; art. 62 al. 1 let. b de la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 1985 - LPA -
E 5 10
).
Selon l’art. 10 al. 2 LaLEtr, la chambre administrative doit statuer dans les dix jours qui suivent sa saisine. Ayant reçu le recours le 16 juillet 2013 et statuant ce jour, elle respecte ce délai.