Decision ID: 24f28559-c6f6-417c-9f8a-73edb8f92d69
Year: 2015
Language: fr
Court: VD_TC
Chamber: VD_TC_002
Canton: VD
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law

En fait et en droit :
1.
Par contrat de bail à loyer du 19 avril 2012, I._ a pris à bail des locaux commerciaux (bureau, cuisinette, WC séparé, local archive au sous-sol) dans l'immeuble sis à la rue [...], à Yverdon-les-Bains, pour un loyer mensuel de 2'150 fr., chauffage et eau chaude comprise.
Z._ a acquis la propriété de l'immeuble précité le 9 juillet 2012.
Par contrat du 10 octobre 2013, K._ a sous-loué à I._ les locaux sis à la rue [...] avec effet au 1
er
novembre 2013.
Le 14 octobre 2013, I._ a informé la gérance [...] de la sous-location.
Par lettre recommandée du 12 septembre 2014, la bailleresse, agissant par l’intermédiaire de la gérance immobilière [...], a imparti un délai de trente jours au locataire pour s’acquitter du montant de 3'225 fr., arrêté selon un tableau récapitulatif de paiement des loyers annexés, à défaut de quoi le bail serait résilié conformément à l’art. 257d CO (Code des obligations du 30 mars 1911; RS 220).
Le 28 octobre 2014, constatant que la somme réclamée n’avait pas été intégralement payée, la bailleresse a notifié au locataire la résiliation du contrat de bail pour le 30 novembre 2014.
Par requête en cas clair adressée le 26 janvier 2015 à la Juge de paix du district du Jura – Nord vaudois, la bailleresse a requis l’expulsion de I._ dans un délai de vingt jours dès notification de la décision.
Par courrier du 4 mai 2015, I._ a informé la juge de paix du fait que K._, sous-locataire, avait demandé à la Commission de conciliation en matière de baux à loyer une prolongation de bail.
2.
Par ordonnance d’expulsion du 7 mai 2015, la Juge de paix du district du Jura – Nord vaudois a notamment ordonné à I._ de quitter et rendre libres pour le jeudi 4 juin 2015 à midi les locaux occupés dans l’immeuble sis [...] à Yverdon-les-Bains (I), dit qu’à défaut pour la partie locataire de quitter volontairement ces locaux, l’huissier de paix est chargé sous la responsabilité du juge de paix de procéder à l’exécution forcée de la décision sur requête de la partie bailleresse, avec au besoin l’ouverture forcée des locaux (II) et ordonné aux agents de la force publique de concourir à l’exécution forcée de la décision, s’ils en sont requis par l’huissier de paix (III).
Par acte du 11 mai 2015, K._ a interjeté appel contre cette ordonnance, concluant implicitement à sa réforme en ce sens que l'expulsion ne soit pas prononcée.
Par courrier du 22 mai 2015, I._ a fait valoir que l'appel du sous-locataire ne représentait pas son intérêt et qu'il était seul signataire du bail. Il a dès lors requis que cet appel ne soit pas pris en compte.
3.
3.1
L'appel est recevable contre les décisions finales de première instance (art. 308 al. 1 let. a CPC [Code de procédure civile du 19 décembre 2008, RS 272]), dans les causes patrimoniales dont la valeur litigieuse est supérieure à 10'000 fr. (art. 308 al. 2 CPC).
La qualité pour recourir est une condition de recevabilité de l’appel, respectivement du recours. En principe, seules les parties à la procédure principale disposent de la qualité pour recourir, tout comme leurs successeurs à titre universel ou particulier, ainsi que les parties intervenantes ou appelées en cause (Jeandin, in CPC commenté, Bâle 2011, nn. 12-13 ad Intro. art. 308-334 CPC). Les tiers n’ont qualité pour recourir que si leurs intérêts juridiques sont touchés directement par la décision contestée (Reetz, in Kommentar zur Schweizerischen Zivilprozessordnung [ZPO], 2
e
éd., Zurich 2013, n. 35 ad rem. prél. art. 308-318 CPC ; Seiler, Die Berufung nach ZPO, Zurich 2013, n. 88, p. 49 ; Blickenstorfer, in Schweizerische Zivilprozessordnung – Kommentar [DIKE-Komm. ZPO], Zurich/St Gall 2011, n. 86 ad rem. prél. art. 308-334 CPC ; Jeandin, in CPC commenté, Bâle 2011, nn. 12-13 ad Intro. art. 308-334 CPC).

En droit du bail, la sous-location n’engendre pas de relations contractuelles directes entre le bailleur principal et le sous-locataire (ATF 120 II 112, JT 1995 I 202 ; Lachat, Le bail à loyer, Lausanne 2008, p. 579 ; Bise/Planas, in Commentaire pratique – Droit du bail à loyer, Bâle 2010, n. 80 ad art. 262 CO). Conformément à la jurisprudence de la Cour de céans, on doit en déduire que, même si le prononcé d’expulsion lui est opposable (admettent l’opposabilité Lachat, op. cit., p. 580 et Bise/Planas, op. cit., n. 85 ad art. 262 CO), le sous-locataire, qui n’est pas partie à la procédure d’expulsion, n’est pas touché dans ses intérêts juridiques, mais tout au plus dans ses intérêts de fait, par l’ordonnance d’expulsion (CACI 10 juillet 2014/382; CACI 19 septembre 2013/483).
3.2
En l’espèce, l’appelant n'est pas locataire des locaux dont l'expulsion a été prononcée, mais uniquement sous-locataire, conformément au contrat de sous-location signé le 10 octobre 2013. Il n'était d'ailleurs pas partie à la procédure de première instance, laquelle opposait la bailleresse Z._ au locataire I._. Nonobstant son intérêt de fait à voir l'ordonnance d'expulsion annulée, K._ se voit dès lors dépourvu de la qualité pour faire appel contre l'ordonnance attaquée.
4.
Au vu de ce qui précède, l'appel est irrecevable.
L'arrêt peut être rendu sans frais (art. 6 al. 3 TFJC [tarif des frais judiciaires civils du 28 septembre 2010; RSV 270.11.5]).