Decision ID: 65408fd9-ac29-5a2b-81ea-284584af2236
Year: 2014
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_006
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 

EN FAIT
A.
Par ordonnance du 8 mai 2014, la 5
ème
chambre du Tribunal de protection de l'adulte et de l'enfant (ci-après : le Tribunal de protection) a instauré une curatelle de portée générale en faveur de A._, né le _ 1991, originaire de Genève (ch. 1 du dispositif), rappelé que de plein droit la personne concernée ne peut plus exercer ses droits civils (ch. 2), suspendu l'exercice de ses droits politiques (ch. 3) et désigné deux employées du Service de protection de l'adulte aux fonctions de co-curatrices (ch. 4).![endif]>![if>
En substance, le Tribunal de protection a retenu que A._ était atteint de schizophrénie paranoïde et que l'instruction de la cause avait démontré son besoin d'aide dans tous les domaines notamment ceux de l'assistance personnelle, de la gestion du patrimoine et des rapports juridiques avec les tiers, celui-ci se livrant à des actes contraires à ses intérêts qu'il n'était pas en mesure de défendre correctement, ne semblant pas capable de résister à l'influence de tiers éventuellement mal intentionnés.
L'ordonnance a été communiquée aux parties le 5 juin 2014 pour notification.
B.
Par acte déposé au greffe de la Cour de justice le 30 juin 2014, A._, agissant par l'intermédiaire de son curateur nommé d'office, a recouru contre l'ordonnance en question. Il conclut à son annulation et à l'instauration d'une curatelle de représentation et de gestion en sa faveur, subsidiairement au renvoi de la cause à l'autorité de protection pour nouvelle décision dans le sens des considérants. Il soutient que le Tribunal de protection a violé le principe de proportionnalité en ordonnant la mesure la plus incisive, en retenant, sans aucun élément au dossier dans ce sens, l'altération durable de sa capacité de discernement. Le recourant reproche en outre au Tribunal de protection de ne pas avoir pris en compte l'avis d'un médecin, qu'il avait entendu dans une demande parallèle de levée d'une mesure de placement à des fins d'assistance à laquelle il était soumis, et ayant abouti à une décision de levée. Il considère dès lors que la mesure qu'il propose est suffisante pour la sauvegarde de ses intérêts notamment financiers. Il produit en outre à l'appui de son recours une attestation du 23 juin 2014 du médecin entendu alors par le Tribunal de protection, laquelle expose que le recourant possède sa capacité de discernement par rapport à son état de santé, comprend qu'il est atteint d'un trouble psychique chronique, comprend le traitement qui lui est proposé et l'accepte librement. Ce médecin expose en outre que le recourant a certes besoin d'aide dans la gestion de ses affaires administratives et sociales mais semble présenter des ressources et une autonomie suffisantes pour gérer sa situation de santé, s'engager dans des soins ambulatoires et continuer son traitement. L'avis médical expose enfin qu'une curatelle de portée générale enlèverait au recourant la part de responsabilité qui lui appartient. ![endif]>![if>
Par prise de position du 10 juillet 2014, le Tribunal de protection a persisté dans sa décision.
C.
Il ressort de la procédure les faits pertinents suivants : ![endif]>![if>
A._ est né à Genève le _ 1991.
Le 29 décembre 2013, il a été hospitalisé en entrée non volontaire à la Clinique de Belle-Idée sur ordre d'un médecin. Il avait déjà fait l'objet d'hospitalisations sur la base de certificats médicaux.
Le 28 janvier 2014, le médecin répondant de la Clinique de Belle-Idée a requis du Tribunal de protection la prolongation de la mesure de placement à des fins d'assistance en faveur de ce patient.
Une audience a été tenue par le Tribunal de protection en date du 4 février 2014 au sein de la Clinique de Belle-Idée, lors de laquelle le médecin concerné a évoqué l'éventualité de l'instauration d'une mesure de curatelle de représentation en faveur du patient. Il a relevé que la famille de celui-ci n'était plus en mesure de lui apporter l'aide dont il avait besoin dans la gestion de ses affaires.
Par décision du même jour, le Tribunal de protection a prolongé le placement à des fins d'assistance instauré en faveur du patient et a ordonné son maintien à la Clinique de Belle-Idée.
Par certificat médical du 8 avril 2014, les médecins B._ et C._, médecins au sein du Département de santé mentale et de psychiatrie des Hôpitaux universitaires de Genève, ont appuyé la demande de curatelle en faveur du recourant.
Ils ont attesté que l'état de santé de leur patient ne lui permettait pas de gérer convenablement ses affaires administratives et que ses parents n'étaient plus en mesure de lui apporter l'aide dont il avait besoin, le relais étant alors pris par les assistantes sociales des Hôpitaux universitaires de Genève. Le patient remplissait les conditions à l'instauration d'une mise sous curatelle et la maladie psychique dont il souffrait n'altérait pas son jugement concernant cette mesure.
Par décision du 17 avril 2014, le Tribunal de protection a désigné Andreas FABJAN, avocat, aux fonctions de curateur d'office du recourant pour la procédure.
Le Tribunal de protection a tenu une audience le 8 mai 2014, lors de laquelle B._ a confirmé que l'intéressé souffrait d'une schizophrénie paranoïde et qu'il présentait une évolution favorable depuis qu'il adhérait au traitement médicamenteux ainsi qu'au suivi psychothérapeutique prodigué. Un projet d'intégration dans un foyer était en discussion. La médecin estimait que le patient devait conserver ses droits civils. Elle ne savait toutefois pas s'il était en mesure de résister à de mauvaises influences. Le patient recevait une rente AI versée sur un compte dont les parents conservaient la carte bancaire afin de procéder aux paiements habituels. Toutefois, des retards de paiements avaient été constatés. Il lui paraissait nécessaire d'instaurer au moins une mesure de représentation et de gestion en faveur de l'intéressé.
La personne concernée a exposé percevoir un montant de 1'300 fr. mensuel de rente que ses parents géraient, lui remettant l'argent dont il avait besoin. Il a confirmé avoir besoin d'aide pour gérer ses affaires administratives même s'il s'estimait apte à en assumer la gestion lorsqu'il se portait bien.
Quant aux parents du recourant, ils ont indiqué avoir par le passé géré les affaires administratives de leur fils, ce qui avait été une tâche ardue. Le père du recourant rencontrait lui-même des difficultés psychologiques importantes depuis une année, qui l'avaient empêché de continuer à prendre en charge les affaires de son fils ainsi que les siennes, ayant été agressé et avait dû cesser de travailler. Il était assisté par l'assistance publique. Il a en outre exposé que la situation de son fils s'était améliorée mais que le paiement de factures restait en souffrance, dans la mesure où il ne percevait pas de prestations complémentaires et ne savait pas quelles démarches entreprendre. D'autre part, son fils faisait des dépenses exagérées notamment en nourriture, chaussures et vêtements. Le budget familial était modeste.
Quant au curateur d'office, il a déclaré que tant le recourant, que ses parents, que lui-même, étaient favorables à l'instauration d'une mesure de protection limitée à la représentation et à la gestion du patrimoine. Il estimait qu'une limitation de l'exercice des droits civils ne semblait pas nécessaire vu l'amélioration de l'état de santé de son protégé.
Dans le cadre de l'instruction d'une cause parallèle visant la levée du placement à des fins d'assistance du recourant, le Tribunal de protection a procédé à l'audition du médecin C._ en date du 3 juin 2014, soit postérieurement à l'ordonnance entreprise. Ce médecin a déclaré que le patient n'avait plus d'obligation de soins et répondait très bien au traitement. L'amélioration clinique de celui-ci était notable, le patient ayant atteint le niveau de fonctionnement psychique comparable à celui qu'il avait avant d'être hospitalisé. Son état psychique était stable et il ne présentait pas de violence, ni de menace. Le patient était très participatif et un réel partenaire de soins. Ses parents étaient également très participatifs. Le patient ne consommait pas de toxiques, il respectait les règles. Des mesures étaient en cours afin de tenter de trouver une place dans un foyer ou dans une résidence communautaire ce qui correspondait à la volonté du patient.
Le médecin C._ a en outre délivré le 23 juin 2014 l'avis médical mentionné ci-dessus (cf. B.).

EN DROIT
1.
1.1
Les décisions de l'autorité de protection peuvent faire l'objet d'un recours (art. 450 al. 1 CC) dans les trente jours à compter de leur notification (art. 450b al. 1 CC) auprès de la Chambre de surveillance de la Cour de justice (art. 53 al. 1 LaCC). ![endif]>![if>
La personne concernée a qualité pour recourir (art. 450 al. 2 ch. 1 CC).