Decision ID: 10e298eb-6dad-5c06-81a9-2690df368334
Year: 2009
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_014
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: social_law

EN FAIT
Monsieur M_ (ci-après l’assuré), né en 1958, s'est annoncé à l’Office cantonal de l’emploi (ci-après l’OCE) et un délai-cadre d'indemnisation a été ouvert en sa faveur du 4 mars 2002 au 3 mars 2004.
Le 8 mars 2005, l'assuré a déposé une nouvelle demande d’indemnité de chômage.
Par décision du 9 octobre 2007, l’OCE a nié son droit à l'indemnité pour la période du 4 mars 2002 au 3 mars 2004 et celle postérieure au 8 mars 2005, au motif qu'en raison de son statut d'indépendant, il ne pouvait être considéré comme apte au placement.
Cette décision faisait suite à l’arrêt rendu par le Tribunal de céans le 29 novembre 2006, qui renvoyait la cause à l’OCE pour instruction complémentaire et nouvelle décision (
ATAS/1083/2006
, cause A/253/2006).
Le 4 novembre 2007, l’assuré a formé opposition à la décision du 9 octobre 2007.
Par courrier du 7 novembre 2007, l'OCE a accusé réception de cette opposition et précisé à l’assuré qu’une décision lui serait adressée sous pli recommandé une fois l’instruction du dossier terminée.
Par courrier du 28 avril 2008 adressé à l’OCE, l'assuré s'est plaint de ne pas avoir encore reçu de décision et a précisé par ailleurs : « J’attends, bien entendu, d’être auditionné. Toutefois, je vous signale que je ne serai pas joignable d’ici le 9 juin ».
Par décision du 6 mai 2008, l'OCE a rejeté l'opposition. Cette décision, notifiée à l'assuré par courrier recommandé du même jour, a été retournée à l'OCE par La Poste, avec la mention "non réclamé", le 20 mai 2008. L’OCE l’a réexpédiée à l’assuré le lendemain, sous pli simple, en attirant expressément son attention sur le fait que le délai de recours avait commencé à courir à l’échéance du délai de garde de sept jours, suite à la première notification infructueuse.
Par écriture du 19 juin 2008, l'assuré a interjeté recours contre la décision du 6 mai 2008 en concluant notamment à son annulation.
S’agissant de la recevabilité de son recours, il fait grief à l’intimé de lui avoir notifié une décision alors qu’il lui annoncé son absence de Genève jusqu’au 9 juin 2008 par courrier du 28 avril 2008. Le recourant explique s’être rendu en Afrique pour se marier et produit à cet égard la copie des billets d’avion établis à son nom (une réservation sur le vol Casablanca-Conakry [Guinée] le 9 mai 2008 et une sur le vol Casablanca-Genève le 7 juin 2008). Le recourant conteste que le délai de recours ait commencé à courir le 6 mai 2008 et soutient qu’il n’a débuté que le 6 juin 2008, voire le 21 mai 2008.
Invité à se déterminer, l’intimé, dans sa réponse des 28 juillet et 13 août 2008, a conclu à l'irrecevabilité du recours pour cause de tardiveté et à son rejet quant au fond.
L’intimé relève que le recourant, dans son pli du 28 avril 2008, n'a ni mentionné qu'il serait dans l'impossibilité de prendre connaissance de son courrier, ni qu'il serait absent de Genève jusqu'au 9 juin 2008. Selon l'intimé, il appartenait au recourant de faire en sorte que son courrier lui parvienne ou soit relevé par une tierce personne.
La décision litigieuse ayant été envoyée le 6 mai 2008, elle doit selon l’intimé être considérée comme ayant été notifiée le dernier jour du délai de garde, soit le 14 mai 2008, de sorte que le délai pour recourir est venu à échéance le 13 juin 2008, date à laquelle le recourant était de retour à Genève. Or, le recours a été interjeté le 19 juin 2008 et le recourant n'a pas apporté la preuve qu’il aurait été empêché d'agir dans le délai légal pour une raison indépendante de sa volonté.
Dans sa réplique du 4 septembre 2008, le recourant fait remarquer qu’il a fourni les preuves de son absence de Genève. Il souligne que malgré le fait qu’il ait demandé à être entendu, l’intimé ne s’est jamais manifesté, ni par écrit, ni par téléphone.
Il ajoute que, quand bien même il aurait donné à un tiers procuration de retirer la décision litigieuse, il n’est pas certain que le contenu de cette dernière aurait pu lui être communiqué dès lors que le service postal de la Guinée n'existe plus; or le tiers en question n’aurait pu interjeter recours à sa place.
Le recourant en tire la conclusion qu’il ne peut être tenu pour responsable et émet l’hypothèse que l'intimé lui a intentionnellement notifié sa décision le 6 mai 2008, sachant qu’il ne pourrait en prendre connaissance.
Après avoir adressé une copie de l’écriture du recourant à l’intimé, le Tribunal de céans a gardé la cause à juger.

EN DROIT
Conformément à l'art. 56V al. 1 let. a ch. 8 de la loi genevoise sur l'organisation judiciaire (LOJ), le Tribunal cantonal des assurances sociales connaît en instance unique des contestations prévues à l’article 56 de la loi fédérale sur la partie générale du droit des assurances sociales du 6 octobre 2000 (LPGA) relatives à la loi fédérale sur l’assurance-chômage obligatoire et l’indemnité en cas d’insolvabilité du 25 juin 1982 (LACI). Sa compétence pour juger du cas d’espèce est ainsi établie.
La LPGA est entrée en vigueur le 1er janvier 2003, entraînant la modification de nombreuses dispositions légales dans le domaine des assurances sociales. Sur le plan matériel, le point de savoir quel droit s'applique doit être tranché à la lumière du principe selon lequel les règles applicables sont celles en vigueur au moment où les faits juridiquement déterminants se sont produits (ATF
130 V 230
consid. 1.1; 335 consid. 1.2; ATF
129 V 4
consid. 1.2; ATF
127 V 467
consid. 1,
126 V 136
consid. 4b et les références). Les règles de procédure quant à elles s'appliquent sans réserve dès le jour de son entrée en vigueur (ATF
117 V 93
consid. 6b,
112 V 360
consid. 4a; RAMA 1998 KV 37 p. 316 consid. 3b). La LPGA s’applique donc au cas d’espèce.
Le litige porte sur la recevabilité du recours interjeté le 19 juin 2008 contre la décision sur opposition du 6 mai 2008.