Decision ID: 778414f2-d903-5b5f-ab2e-dd0e1b501633
Year: 2021
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_002
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law

EN FAIT
, que la partie recourante a conclu, à titre préalable, à la suspension du caractère exécutoire du jugement précité; qu'elle fait valoir que la requête de mainlevée a été déposée en lien avec une poursuite en validation de séquestre; qui si l'effet suspensif n'était pas accordé, elle serait tenue d'agir en validation dans le délai de dix jours dès la notification du jugement entrepris, pour que les fonds saisis restent bloqués; que si le séquestre était levé, elle subirait un dommage irréparable, étant contrainte de recommencer les démarches entreprises; que le recours présente de bonnes chances de succès;
Que la partie intimée s'en est rapportée à justice à concurrence de 28'800 fr., soit le montant que la recourante admet lui être probablement dû sur le fond, et conclu au rejet de la requête pour le surplus;
Considérant,

EN DROIT
, que la suspension du caractère exécutoire du jugement prévue par l'art. 325 al. 2 CPC implique que la partie recourante allègue et établisse la possibilité que la décision querellée lui cause un préjudice difficilement réparable, à moins que celui-ci ne fasse d'emblée aucun doute (ATF
136 IV 92
consid. 4);
Que si la requête de mainlevée est rejetée, le créancier [séquestrant] doit intenter action à compter de la notification de cette décision (art. 279 al. 2 2
ème
phrase LP); que les effets du séquestre cessent lorsque le créancier laisse écouler les délais qui sont assignés par l'art. 279 LP (art. 280 ch. 1 LP);
Qu'en principe, une décision négative n'a pas d'effet susceptible d'être suspendu;
Qu'éviter au poursuivi de devoir déposer une action en libération de dette ne constitue pas, en lui-même, un motif suffisant pour suspendre l'effet exécutoire attaché à une décision de mainlevée (arrêt du Tribunal fédéral
5A_578/2016
du 1er septembre 2016, consid. 2.3);
Qu'en l'espèce, la question de savoir si le recourant pourrait obtenir une prolongation du délai de l'art. 279 al. 2 2
ème
phrase LP pour intenter action, par le biais de la restitution de l'effet suspensif d'une décision négative peut rester indécise;
Qu'en effet, la requête doit être rejetée pour d'autres motifs;
Que, tout d'abord, les chances de succès du recours paraissent,
prima facie
et sans préjudice de la décision à rendre sur le fond, ténues;
Qu'ensuite, le dommage allégué ne parait pas irréparable; que la recourante, qui ne fournit aucun élément concret à cet égard, ne rend en effet pas vraisemblable qu'elle ne pourrait obtenir paiement de la somme à laquelle elle prétend, si le séquestre devait être levé;
Que le dépôt d'une action au fond, laquelle pourra cas échéant être suspendue dans l'attente de l'issue de la présente procédure, n'est pas constitutive d'un dommage irréparable, par analogie avec ce qui vaut pour le débiteur tenu d'agir en libération de dettes;
Que la suspension de l'effet exécutoire du jugement litigieux sera par conséquent refusée;
Qu'il sera statué sur les frais liés à la présente décision dans l'arrêt rendu sur le fond (art. 104 al. 3 CPC).
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