Decision ID: a0444e58-4af4-5c23-932e-df29abc7f643
Year: 2008
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_007
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 

EN FAIT
Sur réquisition de I_ SA, l'Office des poursuites (ci-après : l'Office) a notifié le 2 mai 2008 un commandement de payer à S_ SA, soit pour elle son administrateur M. A_, dans le cadre de la poursuite n° 08 xxxx03 B. La débitrice n'a pas formé opposition au commandement de payer.
Suite au dépôt d'une réquisition de continuer la poursuite par la créancière, l'Office a notifié à S_ SA une commination de faillite le 1
er
septembre 2008, soit pour elle à Mme C_, une employée.
Par courrier du 10 septembre 2008 mais posté que le 12 septembre 2008 à 19h.42, S_ SA a formé une plainte devant la Commission de céans contre cette commination de faillite au motif qu'il n'aurait été notifié aucun commandement de payer dans le cadre de cette poursuite. De plus, S_ SA indique qu'I_ SA ne figure pas parmi ses créancières et que cette société serait inconnue à l'adresse indiquée, concluant ainsi à la nullité de la poursuite.
Invitée à se déterminer, I_ SA a écrit à la Commission de céans le 3 octobre 2008 concluant à l'irrecevabilité de la plainte, subsidiairement à son rejet, avec suite de dépens. I_ SA relève que l'on ignore qui est le signataire de la plainte, soit s'il s'agit d'une personne titulaire d'une signature sociale. Pour le surplus, I_ SA confirme être créancière de la plaignante, sur la base d'un contrat signé le 29 mars 2006 relatif à trois insertions publicitaires dans le Magazine "
Scène Genevoise/Scène Romande
" dont l'exécution n'a fait l'objet d'aucune plainte par la poursuivie. I_ SA termine en indiquant être dûment inscrite au Registre du commerce de Genève.
Dans son rapport du 3 octobre 2008, l'Office s'en rapporte à la justice quant à la recevabilité de la plainte dont il n'exclut pas qu'elle soit tardive. Principalement, l'Office conclut au rejet de la plainte, relevant que le commandement de payer a été notifié à M. A_ le 2 mai 2008, alors que celui-ci était encore selon le Registre du commerce, inscrit en tant qu'administrateur. L'Office relève qu'il n'est pas de sa compétence ni de celle de la Commission de céans d'examiner des arguments de fonds quant au bienfondé de la créance proprement dite et termine en constatant qu'I_ SA est dûment inscrite au Registre du commerce, à l'adresse indiquée sur le commandement de payer et la commination de faillite.

EN DROIT
La présente plainte a été formée auprès de l’autorité compétente contre une mesure sujette à plainte (art. 17 LP ; art. 10 al. 1 et 13 LaLP).
Même si l'identité du signataire de la plainte n'est pas déterminée en l'état et que la recevabilité de la plainte peut être sujette à caution de ce fait, cette question peut rester ouverte.
En effet, la commination de faillite a été notifiée à la plaignante le 1
er
septembre 2008 et la plainte, bien que datée du 10 septembre 2008, a été postée auprès d'un Office de poste que le 12 septembre 2008, selon timbre postal.
Elle est donc tardive et partant, irrecevable.
Cela étant, en vertu de l'art. 22 al. 1 LP, la Commission de céans peut constater en tout temps la nullité d'une mesure.
L'acte attaqué est une commination de faillite que la plaignante estime nulle, du fait du défaut de notification d'un quelconque commandement de payer.
Un commandement de payer est notifié, s'agissant d'une société anonyme comme en l'état, soit à un membre de l'administration, du comité, à un directeur ou à un fondé de procuration (art. 65 al. 1 ch. 2), voire à un employé si les personnes en question ne sont pas rencontrées à leur bureau (art. 65 al. 2 LP).
En l'espèce, le commandement de payer a été notifié le 2 mai 2008 en la personne de M. A_, administrateur de la société, avec signature individuelle, pourvu de pouvoirs jusqu'au 28 mai 2008, date de sa radiation. Aucune opposition n'a été formulée à ce commandement de payer.
Ainsi, il y a lieu de constater qu'il y a bien eu notification d'un commandement de payer, qu'aucune opposition n'a été formulée et que c'est à bon droit que l'Office a donné suite à la réquisition de continuer la poursuite déposée par la créancière, en notifiant la commination de faillite querellée.
3. La plaignante soutenant l'absence de personnalité juridique de sa poursuivante. Cet argument est sans fondement, I_ SA étant régulièrement inscrite au Registre du commerce de Genève depuis le 1
er
septembre 2000, avec un siège social inchangé.
Ce second argument sera également écarté.
La plaignante invoque encore que selon elle, la poursuivante ne fait pas partie de ses créanciers.
Cette question ne relève toutefois pas de la compétence de la Commission de céans.
Sous réserve d’un abus de droit manifeste, non réalisé en l’espèce, il n’appartient, en effet, ni aux offices des poursuites ni aux autorités de surveillance de décider si une prétention est exigée à bon droit ou non (ATF
115 III 21
, SJ 1989 p. 400 consid. 3b ; ATF
113 III 2
, JdT
1989 II 120
-121 consid. 2b ; ATF
112 III 48
, JdT
1988 II 145
, ATF non publié
7B.219/2006
et
7B.220/2006
du 16 avril 2007 consid. 3.3). A ce stade de la poursuite, la plaignante, qui entend contester la créance en poursuite, doit agir par le biais de l’action en annulation ou en suspension de la poursuite (art. 85 et 85a LP ; art. 20 al. 1 let. c et 19 let. e LaLP), voire, en dernier ressort, par celui de l’action en répétition de l’indu (art. 86 LP). Ces actions relèvent toutes de la compétence exclusive du juge ordinaire, devant lequel la plaignante sera renvoyée à agir, si elle l’estime opportun.
5. Aucune cause de nullité ne frappant cette poursuite, la présente plainte sera de ce fait déclarée irrecevable pour cause de tardiveté.
* * * * *