Decision ID: 00d1ae4f-fdbc-5619-9039-a66e5fe51187
Year: 2017
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_001
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law

EN FAIT
A.
Par jugement
JTPI/7373/2017
du 13 juin 2017, reçu le lendemain par A_, le Tribunal de première instance, statuant sur incident de
cautio judicatum solvi
,
a condamné A_ agissant
"en qualité de chef de l'entreprise individuelle A_"
à fournir, dans un délai de soixante jours à compter de l'entrée en force du jugement, des sûretés à hauteur de 100'000 fr., sous forme soit d'espèces ayant leur cours en Suisse auprès des Services financiers du Pouvoir judiciaire, soit d'un cautionnement solidaire d'une banque suisse de premier ordre pour garantir à C_ le paiement des dépens et dommages-intérêts résultant du procès (ch. 1 du dispositif), condamné A_ agissant "
en qualité de chef de l'entreprise individuelle A_"
à fournir, dans un délai de soixante jours à compter de l'entrée à force du jugement, des sûretés à hauteur de 100'000 fr. sous forme soit d'espèces ayant leur cours en Suisse auprès des Services financiers du Pouvoir judiciaire, soit d'un cautionnement solidaire d'une banque suisse de premier ordre pour garantir à B_ le paiement des dépens et dommages-intérêts résultant du procès (ch. 2), dit que si ces sûretés n'étaient pas fournies dans ce délai ou selon les formes prescrites, la demande de A_ agissant
"en qualité de chef de l'entreprise individuelle A_"
serait déclarée irrecevable (ch. 3), condamné A_ agissant
"en qualité de chef de l'entreprise individuelle A_"
aux dépens, comprenant une indemnité de procédure de 2'000 fr. à titre de participation aux honoraires du conseil de C_ et de 2'000 fr. à titre de participation aux honoraires du conseil de B_ (ch. 4), condamné A_ agissant
"en qualité de chef de l'entreprise individuelle A_"
à un émolument de décision en 1'500 fr. payable aux Services financiers du Pouvoir judiciaire
(ch. 5) et débouté les parties de toutes autres conclusions (ch. 6).
Le Tribunal a indiqué au pied de sa décision que celle-ci pouvait faire l'objet d'un recours à déposer à la Cour de justice dans un délai de trente jours suivant sa notification.
B. a.
Par acte déposé au greffe de la Cour de justice le 26 juin 2017, A_ et A_
" en qualité de chef de l'entreprise individuelle A_"
, sise à _ (USA), recourent contre le jugement précité, dont ils requièrent l'annulation. Ils concluent à ce que C_ et B_ soient déboutés de leurs conclusions, avec suite de frais et dépens.
b.
Par arrêt
ACJC/921/2017
du 28 juillet 2017, la Cour a suspendu le caractère exécutoire attaché au jugement du Tribunal du 13 juin 2017 et dit qu'il serait statué sur les frais dans l'arrêt rendu sur le fond.
c.
B_ a conclu au rejet du recours, avec suite de frais et dépens.
d.
C_ s'en est rapporté à justice.
e.
D_, E_ et F_ en ont fait de même.
f.
G_, défaillant, ainsi que H_ ne se sont pas déterminés sur le recours.
g.
Les parties ont été informées le 28 août 2017 de ce que la cause était gardée à juger.
C.
Les faits suivants résultent de la procédure.
a.
Le 11 août 2008, H_, sise à I_, A_, domicilié à I_, et A_, "
en qualité de chef de l'entreprise individuelle A_
" à J_ (ci-après : les parties demanderesses), actifs dans le domaine du commerce d'œuvres d'art, ont assigné, conjointement et solidairement, G_, domicilié en Colombie, B_, avec siège à Genève, C_, citoyen suisse domicilié au Tessin, D_, E_ et F_, toutes trois sises à K_ (Italie) devant le Tribunal de première instance (ci- après : le Tribunal) en paiement de 1'625'000 fr. plus intérêts à 5% l'an dès le 1
er
novembre 2007 à H_, 1'625'000 fr. plus intérêts à 5% l'an dès le 1
er
novembre 2007 à A_ "
en sa qualité de chef de maison de l'entreprise individuelle A_
" et 20'000 fr. à A_, avec suite de dépens, sous réserve d'amplification.
Les parties demanderesses ont allégué que l'entreprise A_ et la société H_, désignées comme des "entités" contrôlées par A_, avaient "pour but social le commerce d'œuvres d'art". Elles ont exposé que A_ et, partant, les entités qu'il contrôlait avaient subi une atteinte à la personnalité, qui avait entraîné un dommage financier de 2'000'000 euros, soit 3'250'000 fr., à répartir par moitié entre H_ et l'entreprise A_, ainsi qu'un tort moral de 20'000 fr. à verser à A_.
b.
C_ et B_ ont requis du Tribunal qu'il condamne la partie demanderesse sise aux Etats-Unis au versement de sûretés pour le paiement des dépens résultant du procès.
c.
H_ à I_, A_ à I_ et A_ à J_ s'y sont opposés, en faisant valoir que la H_ était sise à I_ et que les deux autres parties demanderesses ne faisaient qu'une, à savoir A_, ressortissant français domicilié à I_, qui exerçait une partie de son activité professionnelle aux Etats-Unis, en exploitant une entreprise individuelle dont le bureau était situé à J_.
Les parties demanderesses ont produit un certificat du Département de taxation et finance de l'Etat de J_ du 17 mai 2005 mentionnant le numéro d'identification de la taxe sur les ventes de "A_" (numéro d'identification 1_), ainsi qu'une attestation du 27 janvier 2010 de la fiduciaire J_ L_. Celle-ci indiquait que durant plus de dix ans elle avait effectué la comptabilité de A_ et préparé ses déclarations américaines d'impôts sur le revenu, A_ déclarant ses revenus et pertes résultant de ses activités aux Etats-Unis dans sa déclaration américaine.
d.
Par jugement du 13 décembre 2012, le Tribunal, statuant sur incident de
cautio judicatum solvi
, a condamné A_ à fournir, dans un délai de soixante jours à compter de l'entrée en force du jugement, des sûretés à hauteur de 100'000 fr. pour garantir à C_ le paiement des dépens et dommages-intérêts résultant du procès, a dit que la demande de A_ serait déclarée irrecevable si les sûretés n'étaient pas fournies dans le délai imparti ou selon les formes prescrites, a mis à sa charge les dépens de l'incident comprenant une indemnité de procédure de 2'000 fr. valant participation aux honoraires d'avocat de C_, l'a condamné à verser un émolument de décision de 1'500 fr. aux Services financiers du Pouvoir judiciaire et a débouté les parties de toutes autres conclusions.
Le Tribunal n'a pas statué sur la requête de sûretés de B_.
e.
Par arrêt
ACJC/1476/2014
du 18 novembre 2014, la Cour, statuant sur recours de A_ (formé le 8 février 2013) et de B_, a annulé le jugement précité, renvoyé la cause au Tribunal pour instruction et nouvelle décision dans le sens des considérants et réservé le sort des frais de première instance.
La Cour a retenu que A_ alléguait que sa galerie d'art à J_ était constituée sous la forme d'une entreprise individuelle, de sorte qu'elle n'avait pas la personnalité juridique et qu'en sa qualité de chef de cette entreprise, seul son domicile français devait être pris en considération. La Cour a considéré que les éléments factuels résultant du dossier étaient insuffisants pour trancher cet aspect du litige, A_ n'ayant fourni aucune indication ni pièce à ce sujet, étant précisé que le fait qu'il bénéficiait personnellement d'un numéro de contribuable ne permettait pas d'établir quelle était la forme juridique utilisée pour l'exploitation de la galerie d'art de J_. Il était nécessaire de déterminer si l'activité déployée aux Etats-Unis l'était sous la forme d'une entreprise individuelle ("Sole Proprietorship") ou par l'intermédiaire d'une société ayant la personnalité morale. Dans le premier cas, seul serait pertinent le domicile de A_ en qualité de personne physique, alors que dans le second cas, le siège de la personne morale aux Etats-Unis aurait permis à B_ et à C_ d'obtenir le versement d'une
cautio judicatum solvi
.
La Cour a arrêté les frais judiciaires de recours formé par A_ à 1'200 fr., invité les Services financiers du Pouvoir judiciaire à restituer à celui-ci le solde de l'avance de 240 fr., fixé le montant des dépens du recours formé par A_ à 3'900 fr. et délégué la répartition des frais et dépens du recours formé par A_ au Tribunal.
C_ s'en était rapporté à justice devant la Cour.
f.
Le Tribunal a invité A_ à fournir tous documents utiles permettant de déterminer sous quelle forme il exerçait son activité aux Etats-Unis.
g.
A_ a allégué que son activité aux Etats-Unis n'était pas exercée sous la forme d'une société ou d'une entité juridique distincte.
Il a produit un certificat du Département de taxation et finance de l'Etat de J_ du 21 juillet 2014 mentionnant le numéro d'identification de la taxe sur les ventes "de A_, 2_, J_, 3_". Il a déposé également une attestation du 26 mai 2015 de la fiduciaire L_. qui a complété l'attestation du 27 janvier 2010, en précisant que A_ était une personne physique ("individual"), et non pas une société ou une autre entité commerciale ("not corporation or other business entity"). L'adresse de l'activité ("business address") aux Etats-Unis était "c/o M_, N_, J_, 4_". Le numéro d'identification de contribuable de A_ était le 5_. L'activité exercée était la vente d'œuvres d'art. Le numéro d'identification de la taxe sur les ventes était le 6_.
A_ a ensuite produit les traductions en français des deux certificats du Département de taxation et finance de l'Etat de J_ et des deux attestations de la fiduciaire précitée.
h.
Lors de l'audience de plaidoiries sur
cautio judicatum solvi,
B_ a persisté à demander que A_ soit condamné à fournir des sûretés.
C_ s'en est rapporté à l'appréciation du Tribunal.
A_ et la H_ ont conclu au rejet de la requête de sûretés.
D_, E_ et F_ s'en sont rapportées à justice.
La cause a été gardée à juger sur incident de
cautio judicatum solvi
le 28 avril 2017.

EN DROIT
1.
Aux termes de l'art. 405 al. 1 CPC entré en vigueur le 1
er
janvier 2011, les recours sont régis par le droit en vigueur au moment de la communication de la décision entreprise. Comme il s'agit en l'espèce d'un appel dirigé contre un jugement notifié aux parties après le 1
er
janvier 2011, la procédure d'appel est régie par le nouveau droit de procédure.
2. 2.1
Selon l'art. 103 CPC, les décisions relatives aux avances de frais et aux sûretés peuvent faire l'objet d'un recours.
La décision entreprise est une ordonnance d'instruction, soumise au délai de recours de dix jours de l'art. 321 al. 2 CPC (TAPPY, in Code de procédure civile commenté, 2011, n. 14 et 11 ad art. 1003 CPC).
Interjeté, en dépit de la mention figurant au pied du jugement attaqué, dans le délai de dix jours (art. 142 al. 1 et 3 CPC) et selon la forme prévue par la loi, le recours est recevable (art. 321 al. 1 CPC).
2.2
La cognition de la Cour est limitée à la constatation manifestement inexacte des faits et à la violation du droit (art. 320 CPC).
3.
Le recourant fait grief au Tribunal de l'avoir condamné à fournir des sûretés, alors qu'il est domicilié en France et que l'activité qu'il déploie aux Etats-Unis ne l'est pas par le biais d'une personne morale ou d'une entité juridique distincte.
3.1.1
La question de la
cautio judicatum solvi
s'examine selon l'ancien droit de procédure applicable, puisque la procédure en première instance est régie par celui-ci jusqu'à la clôture de l'instance (art. 404 al. 1 CPC).
3.1.2
Selon l'art. 102 al. 1 aLPC, si le défendeur genevois ou domicilié à Genève le requiert d'entrée de cause, le demandeur étranger, non domicilié dans le canton, est tenu de fournir des sûretés pour le paiement des dépens résultant du procès.
A teneur de l'art. 103 al. 1 et 2 aLPC, le demandeur étranger est dispensé de fournir de telles sûretés s'il est domicilié dans un Etat dans lequel on ne les exige pas d'un plaideur genevois ou dans un Etat signataire d'une convention prévoyant la dispense de telles sûretés ou encore s'il dispose à Genève de biens en suffisance pour assurer le paiement de telles sûretés.
Certaines conventions internationales peuvent exclure le paiement de telles sûretés, notamment lorsque cette obligation est liée exclusivement au domicile du demandeur dans un Etat signataire notamment de la Convention de la Haye relative à la procédure civile du 1er mars 1954 (
RS 0.274.12
; art. 17 à 19), à laquelle la Suisse et la France sont parties, ou de celle du 25 octobre 1980 tendant à faciliter l'accès à la justice (
RS 0.274.133
; art. 14), à laquelle la Suisse et la France sont également parties, à condition que le demandeur réside dans l'un des pays contractants.
La dispense de fournir des sûretés peut également être prévue par un traité bilatéral, généralement dans un traité d'établissement, conclu entre la Suisse et un Etat dont le demandeur étranger est ressortissant.
L'art. I al. 1er du traité conclu entre la Suisse et les États-Unis d'Amérique du Nord le 25 novembre 1850 (0.142.113.361) prévoit notamment que les citoyens américains et suisses "
auront libre accès devant les tribunaux et pourront faire valoir leurs droits en justice à l'instar des nationaux
"; il est précisé qu'"
on ne pourra leur imposer (...) pour l'exercice des droits mentionnés plus haut, aucune condition pécuniaire ou autre plus onéreuse qu'aux citoyens du pays dans lequel ils résident, ni aucune condition à laquelle ceux-ci ne seraient pas tenus
". Cela étant, le Tribunal fédéral a jugé que la garantie du libre accès aux tribunaux instituée par le Traité n'avait pas pour effet de supprimer l'obligation, pour un demandeur américain domicilié aux Etats-Unis, de fournir des sûretés dans un procès intenté en Suisse (ATF
121 I 108
; arrêt du Tribunal fédéral
4P.153/2003
du 7 octobre 2003 consid. 2.3.1; Bertossa/Gaillard/Guyet/ Schmidt, Commentaire de la loi de procédure civile du canton de Genève du 10 avril 1987, n. 2 ad art. 103 aLPC).
3.1.3
Chaque plaideur doit, si la loi ne prescrit le contraire, prouver les faits qu'il allègue pour en déduire son droit (art. 8 CC). Si des faits juridiquement déterminants restent douteux ou ne sont pas établis, la conséquence de l'absence de preuve est supportée par la partie demanderesse. En principe, la règle de l'art. 8 CC s'applique également lorsque la preuve porte sur des faits négatifs. Les règles de la bonne foi imposent toutefois à l'autre partie de coopérer à la procédure probatoire, notamment en offrant la preuve du contraire (ATF
119 II 305
consid. 1b/aa;
106 II 29
consid. 2). C'est dans le cadre de l'appréciation des preuves que le juge se prononcera sur le résultat de la collaboration de la partie adverse ou qu'il tirera les conséquences d'un refus de collaborer à l'administration de la preuve (ATF
119 II 305
consid. 1b/aa). L'art. 8 CC garantit aussi le droit à la contre-preuve. Lorsqu'une partie est chargée du fardeau de la preuve, son adversaire peut administrer la preuve de faits qui devraient contrecarrer la preuve principale en déterminant le juge à douter de sa valeur (ATF
130 III 321
; arrêt du Tribunal fédéral
4A_256/2013
du 17 octobre 2013 consid. 2.2).
Le fardeau de l'allégation et de la preuve du motif qui fonde la fourniture des sûretés incombe au défendeur requérant.
3.2
En l'espèce, les allégués formés par le recourant dans la demande en paiement du 11 août 2008 ont pu porter à confusion, dans la mesure où il désignait son entreprise américaine comme une entité qu'il contrôlait, qui avait un but social et qui avait pu subir une atteinte à la personnalité. Cependant, les intimés ayant requis des sûretés, à qui incombe le fardeau de la preuve, n'ont fourni aucun élément apte à faire apparaître que le recourant exercerait aux Etats-Unis une activité sous la forme d'une entité dotée de la personnalité juridique et non en tant que personne physique.
En revanche, le recourant, invité par le Tribunal à collaborer à l'administration des preuves en fournissant tous les éléments en sa possession nécessaires à la vérification des conditions d'application de l'art. 102 aLPC, a produit une attestation de son ancienne fiduciaire, dont il résulte qu'il ne réside pas aux Etats-Unis et que son activité dans la vente d'œuvres d'art aux Etats-Unis n'est pas exercée sous la forme d'une société qui aurait la personnalité morale, ni même sous la forme d'une entité commerciale distincte. Il dispose, en tant que personne physique, d'un numéro d'identification de contribuable aux Etats-Unis, ainsi que d'un numéro d'identification de la taxe sur les ventes de l'Etat de J_. Il n'est par ailleurs pas contesté qu'il est domicilié en France.
Au vu de ces éléments, il y a lieu d'admettre, contrairement à ce qu'a retenu le Tribunal, que toutes les parties demanderesses résident ou sont sises en France, de sorte qu'elles ne sont pas tenues de fournir des sûretés pour le paiement des dépens résultant du procès.
Il est ainsi superflu de déterminer si le Tribunal a statué
ultra petita
, comme le soutient le recourant, en ordonnant la fourniture de sûretés en faveur de l'intimé C_, alors que celui-ci s'en était rapporté à justice.
Dès lors, les chiffres 1 à 3 du dispositif du jugement attaqué seront annulés. Les requêtes de sûretés formées par B_ et par C_ à l'encontre de A_ agissant "en qualité de chef de l'entreprise individuelle A_, sise _, J_, _" seront rejetées.
4. 4.1
Si l'instance de recours statue à nouveau, elle se prononce sur les frais de la première instance (art. 318 al. 3 CPC par analogie).
B_ et C_ seront condamnés, solidairement entre eux, aux dépens de première instance, lesquels comprendront une indemnité de procédure de 1'000 fr. chacun à titre de participation aux honoraires du conseil d'A_ (art. 176 al. 1, 181 al. 1 et al. 3 aLPC). L'émolument de décision de 1'500 fr. fixé par le premier juge sera mis à la charge de B_ et de C_, solidairement entre eux.
Par ailleurs, le Tribunal n'a pas statué sur les frais judiciaires du recours formé le 8 février 2013 par A_ contre le jugement du 13 décembre 2012, fixés à 1'200 fr. et dont la répartition lui avait été déléguée par la Cour. Ceux-ci seront mis à la charge de B_ et de C_, solidairement entre eux, et compensés avec l'avance de frais fournie par le recourant.
Le jugement attaqué n'est pas contesté en tant qu'il a omis de statuer sur les dépens du recours contre le jugement du Tribunal du 13 décembre 2012. Il n'y a donc pas lieu de statuer sur ces dépens, étant rappelé que l'art. 105 al. 2 CPC ne prescrit pas que les dépens soient fixés d'office (ATF
139 III 334
consid. 4.2).
4.2
Les frais judiciaires du recours seront arrêtés à 1'200 fr. (art. 13 et
41 RTFMC), y compris ceux relatifs à l'arrêt du 28 juillet 2017 sur effet suspensif, mis à la charge de B_ et de C_, solidairement entre eux (art. 106
al. 1 CPC), et compensés avec l'avance effectuée, qui demeure acquise à l'Etat (art. 111 al. 1 CPC).
Compte tenu de la valeur litigieuse, du fait que les questions litigieuses ne posaient pas de difficulté particulière et de la faible ampleur de la procédure de recours, les dépens du recours seront fixés à 2'000 fr., débours inclus (art. 23 et 25 LaCC, art. 84, 85,86 et 90 RTFMC). Ils seront mis à la charge de B_ et de C_, solidairement entre eux.
* * * * * *