Decision ID: 4d3febc1-6dd3-4b0e-a45b-9fdd8dc12cee
Year: 2017
Language: fr
Court: VD_TC
Chamber: VD_TC_010
Canton: VD
Region: Région lémanique
Law Area: 

En fait et en droit :
1.
Le 28 avril 2010, [...] et G._ ont signé avec [...], représenté par la régie [...] SA, un contrat de bail portant sur un appartement de 4,5 pièces, immeuble [...], route de [...], pour un loyer mensuel de 2'135 fr., charges comprises.
A la suite de la séparation des époux, le Président du Tribunal civil de l’arrondissement de l’Est vaudois a attribué, lors de l’audience du 5 décembre 2013, la jouissance du logement conjugal à G._, laquelle s’est vue transférer à son seul nom le contrat de conciergerie conclu avec la régie.
Par courrier recommandé du 27 février 2017, la régie [...] a rappelé à G._ sa mise en demeure du 17 janvier 2017 pour des loyers impayés et lui a signifié la résiliation de son bail pour le 31 mars 2017.
Le 4 mai 2017, V._, par l’intermédiaire de [...] et [...], a déposé une requête de protection en cas clair contre [...] et G._, en concluant à l’expulsion de ces derniers de l’appartement et de la place de parc.
Par décision du 6 juillet 2017, la Juge de paix du district de Lavaux-Oron a prononcé l’irrecevabilité de la requête précitée (I), a arrêté à 550 fr. les frais judiciaires à la charge de V._ et les a compensés avec l’avance de frais versée (II), a dit qu’il n’était pas alloué de dépens (III) et a rayé la cause du rôle (IV).

En droit, le premier juge a considéré qu’en l’absence au dossier de pièces essentielles en matière d’expulsion telles que les sommations de l’art. 257d al. 1 CO (Code des obligations ; RS 220), le cas clair au sens de l’art. 257 CPC (Code de procédure civile du 19 décembre 2008 ; RS 272) devait être écarté et que la requête de [...] devait être déclarée irrecevable.
2.
Par acte du 18 juillet 2017, G._ a déclaré « faire appel » contre la décision précitée, tout en mentionnant en haut de son acte « recours à la décision rendue par le Juge de paix ». Elle n’a pas formellement pris de conclusions, mais a déclaré contester l’avis d’expulsion que la décision du 6 juillet 2017 contiendrait.
3.
Le recours est recevable contre les décisions finales de première instance qui ne peuvent faire l’objet d’un appel (art. 319 let. a CPC), notamment lorsque, dans une cause patrimoniale, la valeur litigieuse au dernier état des conclusions est inférieure à 10'000 francs (art. 308 al. 2 CPC). Le délai pour recourir est de dix jours notamment pour les décisions prises en procédure sommaire (art. 321 al. 2 CPC).
En l’espèce, l’acte a été déposé en temps utile. Quant à la valeur litigieuse fondant la compétence de la chambre de céans, le montant des arriérés ne ressort pas de la décision attaquée. La question de la compétence de la Chambre des recours par rapport à la Cour d’appel civile peut cependant rester ouverte. Il n'est en effet pas nécessaire de déterminer si l'écriture du 18 juillet 2017 doit être traitée comme un recours ou un appel ; le vice constaté ci-dessous fonde, dans les deux hypothèses, l'irrecevabilité manifeste de l'acte de G._.
4.
La décision du 6 juillet 2017 − objet du présent recours − refuse à la bailleresse la protection des cas clairs prévue par l’art. 257 CPC pour requérir l’expulsion de la locataire. Ayant obtenu entièrement gain de cause en première instance, la locataire ne dispose pas d’un intérêt digne de protection (art. 59 al. 2 let. a CPC) à recourir.
5.
Il résulte de ce qui précède que le recours doit être déclaré irrecevable, selon le mode procédural de l’art. 322 al. 1 CPC.
Le présent arrêt peut être rendu sans frais judiciaires (art. 11 TFJC [tarif du 28 septembre 2010 des frais judiciaires civils ; RSV 270.11.5]).
Il n’y a pas matière à l’allocation de dépens, l’intimé n’ayant pas été invité à se déterminer.