Decision ID: ca8db2cb-45a2-409e-98eb-50f7236fa452
Year: 2022
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_006
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 

EN FAIT
A.
En date du 7 décembre 2021, le Tribunal de protection de l'adulte et de l'enfant (ci-après: Tribunal de protection) a rendu l'ordonnance suivante (
DTAE/7836/2021
):
"1. Instaure une garde alternée de la mineure E_, née le _ 2016 entre B_ et A_.
2. Dit que la garde alternée se déroulera d’entente entre les parents, avec le passage de l’enfant le vendredi après l’école.
3. Dit que le domicile légal de l’enfant est auprès de B_.
4. Renonce à fixer des appels téléphoniques entre la mineure et le parent chez qui elle ne séjourne pas durant la semaine.
5. Maintient la curatelle d’organisation et de surveillance des relations personnelles en faveur de la mineure afin d’accompagner la stabilisation de la garde alternée.
6. Invite les parties à régler à l’amiable leurs différends financiers.
7. Invite les curateurs à tenir informé le Tribunal de l’évolution de la situation et de préaviser la levée de la curatelle lorsqu’elle sera envisageable.
8. Arrête les frais judiciaires à 400 fr. et les met à la charge des parties à raison de la moitié chacune.
9. Déboute les parties de toutes autres conclusions."
S'agissant des chiffres contestés (ch. 4 et 6), le Tribunal de protection a retenu en substance qu'il n'avait pas besoin de fixer les modalités d'appels téléphoniques des parents avec l'enfant durant la semaine où celle-ci ne résidait pas avec l'un ou l'autre des parents, dans la mesure où l'enfant pouvait librement prendre contact avec lui si elle en éprouvait le besoin, aucun des parents ne s'opposant à ce que l'enfant appelle l'autre parent lorsqu'elle résidait chez lui.
S'agissant du partage des allocations familiales et des autres points d'ordre financier, le Tribunal de protection a rappelé aux parties qu'il n'était pas compétent en la matière à défaut d'accord entre elles.
Cette ordonnance a été communiquée pour notification le 2 février 2022 aux parties. Une première tentative de notification infructueuse ayant été opérée chez A_ le 10 février 2022, le pli ayant été finalement retourné à l'expéditeur, A_ ayant déménagé et n'étant plus atteignable à l'adresse mentionnée alors en France.
B. a)
Par courrier expédié le 8 mars 2022 à l'adresse de la Chambre de surveillance de la Cour de justice, A_ a déclaré recourir contre les chiffres 4 et 6 du dispositif de l'ordonnance précitée. Il considère, d'une part, qu'il est dans l'intérêt de sa fille que les relations téléphoniques soient fixées avec son père, respectivement avec sa mère, au cours des semaines où celle-ci réside chez l'autre parent. D'autre part, il reproche au Tribunal de protection de ne pas avoir partagé les allocations familiales et souhaite une condamnation de la mère de l'enfant au paiement d'arriérés d'allocations familiales, dont il soutient avoir droit à hauteur de 2'100 fr.
b)
Le 14 avril 2022, le Tribunal de protection a informé la Chambre de surveillance ne pas souhaiter revoir sa décision.
c)
Par réponse au recours du 4 mai 2022, B_ a conclu au rejet de celui-ci et à la confirmation de l'ordonnance attaquée, relevant s'agissant des modalités d'appels téléphoniques que l'enfant était âgée de six ans et qu'il n'était pas opportun de lui imposer de tels appels avec l'un ou l'autre parent, la mise en œuvre de la garde alternée étant par ailleurs encore fragile.
Quant au partage des allocations familiales, elle estime que c'est à juste titre que le Tribunal de protection a considéré qu'il n'était pas compétent pour se prononcer sur cet aspect en l'absence d'accord des parties.
d)
Les parties ont persisté pour le surplus dans leurs positions, respectivement par réplique, duplique et écriture spontanée des 2 et 17 juin 2022 et 7 juillet 2022.
C.
Ressortent pour le surplus de la procédure les faits pertinents suivants:
a)
L'enfant E_ est née le _ 2016 de la relation entretenue hors mariage entre B_ et A_. Les parties vivent séparées depuis juin 2016 déjà. A_ a reconnu l'enfant E_ le _ 2017. Tant la mère que le père de l'enfant ont d'autres enfants issus d'autres relations.
b
) Le Tribunal de protection connaît la situation de l'enfant E_ depuis le 5 mai 2017. Il a attribué le 12 décembre 2017, sur requête de A_, l'autorité parentale conjointe sur l'enfant, confié la garde à la mère et fixé un droit aux relations personnelles du père avec sa fille, élargi par décision du 11 septembre 2018 de la Chambre de surveillance de la Cour de justice, sur recours.
c)
Par nouvelles requêtes des 17 janvier 2019, 30 mai 2020 et 18 mars 2021, A_ s'est adressé au Tribunal de protection, notamment pour réclamer l'instauration de la garde alternée.
En date du 29 mars 2021, le Service de protection des mineurs (ci-après: SPMi) a préavisé favorablement l'instauration de la garde partagée, les parents de l'enfant ayant conclu un accord sur ce point, ainsi que sur ses modalités.
Dans des rapports rendus les 12 août et 4 octobre 2021, le SPMi a considéré que la communication entre les parents était fonctionnelle dans un climat plutôt apaisé, la garde alternée se déroulant correctement. Des éventuels appels téléphoniques devaient répondre à un besoin de l'enfant, qui n'apparaissait pas fondamental en l'état, la mineure ayant accès à ses deux parents sans qu'une réglementation à ce propos ne soit nécessaire.
Ces propos ont été confirmés lors de l'audience du Tribunal de protection du 7 décembre 2021. Les parties n'étaient toutefois pas parvenues à un accord quant à leurs différends financiers relatifs à l'enfant et en particulier quant aux arriérés de contributions d'entretien et au partage des allocations familiales.
A l'issue de cette audience, le Tribunal de protection a prononcé l'ordonnance querellée.

EN DROIT
1.
1.1
Les dispositions de la procédure devant l'autorité de protection de l'adulte sont applicables par analogie aux mesures de protection de l'enfant (art. 314 al. 1 CC).![endif]>![if>