Decision ID: 8931509e-c848-52eb-a3ac-8ca1807837f9
Year: 2017
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_007
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 

EN FAIT
A.
a.
Le 25 mai 2016, "EX-D_ SA", représentée par Me B_, a requis la poursuite de C_, en se fondant sur l'acte de défaut de biens n° 95 xxxx88 D établi le 15 avril 1997.![endif]>![if>
b.
La FINMA a prononcé la faillite de D_ SA le _2012. Elle a ordonné la reprise du portefeuille d'assurés de cette société par A_ SA. Ces informations figurent sur le site Internet de la FINMA, ont fait l'objet d'un communiqué de presse de la FINMA du _2012 et d'une publication dans la Feuille Officielle Suisse du Commerce (FOSC).
c
. Le 28 février 2017, le commandement de payer, poursuite n° 16 xxxx60 S, a été notifié au poursuivi, qui n'y a pas formé opposition. Le créancier est "Ex-D_ SA".
d
. Le 21 mars 2017, A_ SA a requis la continuation de la poursuite.
e
. Constatant que la créancière était en liquidation, l'Office des poursuites
(ci-après: l'Office) a demandé, le 25 avril 2017, à Me B_ de fournir une procuration d'Ex-D_ SA et d'A_ SA.
f.
N'ayant reçu aucune procuration de la part de l'avocat, l'Office a, par décision du 16 mai 2017, considéré la poursuite susmentionnée comme nulle et de nul effet - Ex-D_ SA n'existant pas - et annulé la notification du commandement de payer.
B.
Par plainte expédiée le 29 mai 2017, A_ SA demande l'annulation de cette décision. Elle ne conteste pas que D_ SA n'existe plus, étant en liquidation. Elle soutient toutefois avoir repris la totalité du portefeuille d'assurés de cette assurance. Par ailleurs, l'annulation de la poursuite plus d'une année après la réquisition de poursuite lui causait un préjudice. Elle produit la procuration qu'elle a donnée à E_ SA, en vue du recouvrement de la créance, ainsi que celle de cette société en faveur de son conseil.![endif]>![if>
L'Office conclut au rejet de la plainte, la poursuite étant nulle de plein droit.
Le poursuivi ne s'est pas déterminé dans le délai imparti à cet effet.

EN DROIT
1.
La Chambre de surveillance est compétente pour statuer sur les plaintes formées en application de la LP (art. 13 LP; art. 126 al. 2 let. c LOJ; art. 5 al. 1 et 3 et 7
al. 1 LaLP) contre des mesures non attaquables par la voie judiciaire (art. 17
al. 1 LP), telle la décision déclarant nulle une poursuite et annulant un commandement de payer.
Déposée dans le délai légal (art. 17 al. 1 LP) et selon la forme prescrite (art. 9 al. 1 et 2 LaLP; art. 65 al. 1 et 2 LPA), la plainte est recevable.
2.
Est litigieuse la question de savoir si l'Office était fondé à déclarer nulle la poursuite et annuler le commandement de payer.
2.
1 Selon l'art. 67 al. 1 ch. 1 LP, la réquisition de poursuite doit énoncer les nom et domicile du créancier. Est nulle de plein droit la poursuite engagée par une entité dépourvue de la capacité d'être partie du fait qu'elle ne jouit pas de la personnalité juridique ou qu'elle est inexistante; la nullité doit en être relevée d'office (ATF
140 III 175
consid. 4.1;
114 III 62
consid. 1;
105 III 107
consid. 2). En revanche, la désignation inexacte, impropre ou équivoque, voire totalement fausse, ou incomplète d'une partie n'entraîne la nullité de la poursuite que lorsqu'elle est de nature à induire les intéressés en erreur et que tel a effectivement été le cas. Dans ce cas, les actes de poursuite déjà réalisés seront rectifiés
(ATF
120 III 11
consid. 1b; Acocella, in BaK SchKG I, 2ème édition, 2010,
n° 27 ad art. 38 LP).
2.2
En l'espèce, la poursuite a été requise par "EX-D_ SA", soit une société, qui n'existe pas. En effet, la raison sociale "EX-D_ SA" n'est pas inscrite au registre du commerce, ce que la plaignante ne conteste pas. Toutefois, il ne fait aucun doute que la créancière visée était bien D_ SA. Or, celle-ci est tombée en faillite, et la FINMA a ordonné la reprise de l'ensemble du portefeuille des assurés de D_ SA par A_ SA. Le transfert du portefeuille d'assurés à une autre assurance, comme mesure de sûretés que la FINMA est habilitée à prononcer, est expressément prévu par l'art. 51 al. 2 let. d de la Loi sur la surveillance des entreprises d'assurances (LSA; RS961.01). L'information relative à ce transfert a été largement rendue publique, notamment, par le communiqué de presse de la FINMA du _2012 et la publication dans la FOSC. La connaissance de la reprise par A_ SA du portefeuille d'assurés de D_ SA peut donc être imputée au poursuivi.
Par ailleurs, la réquisition de poursuite fait état d'un acte de défaut de biens dont le numéro et la date d'établissement sont clairement visés. Ainsi, la désignation inexacte de la créancière – EX-D_ SA au lieu d'A_ SA, qui a repris le portefeuille d'assurés de D_ SA – ne pouvait pas prêter à confusion. Il ne fait, en effet, aucun doute que la créance déduite en poursuite est celle détenue précédemment par D_ SA, dont le portefeuille d'assurés a été repris par A_ SA.
Partant, il y a lieu d'accueillir la plainte, d'annuler la décision du 16 mai 2017 et d'inviter l'Office à rectifier ses registres et le commandement de payer en ce sens que la créancière de la poursuite n° 16 xxxx60 S est A_ SA.
3
. La procédure de plainte est gratuite (art. 20a al. 2 ch. 5 LP, art. 61 al. 2 let. a OELP).
* * * * *