Decision ID: 2bb4d025-ca97-5c5a-a0a1-e2bec3991ea8
Year: 2020
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_013
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: public_law

EN FAIT
1) Par jugement du 16 décembre 2019, le Tribunal administratif de première instance (ci-après : TAPI) a déclaré irrecevable le recours formé par Monsieur A_ contre la décision de l'office cantonal de la population et des migrations (ci-après : OCPM) du 12 septembre 2019.
Selon le système de suivi des envois de la Poste, M. A_ avait reçu le 4 novembre 2019 le pli du TAPI du 25 octobre 2019 lui impartissant un délai au 25 novembre 2019 pour s'acquitter, sous peine d'irrecevabilité, de l'avance de frais de CHF 400.- et un délai échéant le 8 novembre 2019 pour indiquer une adresse de correspondance en Suisse.
L'intéressé avait, par courrier du 8 novembre 2019, communiqué une adresse de correspondance en Suisse et précisé qu'il verserait l'avance de frais dans le délai. Ce paiement n'était toutefois pas intervenu.
2) Par acte expédié le 21 décembre 2019 au TAPI, M. A_ a indiqué qu'il venait de recevoir l'information de sa banque selon laquelle le montant de CHF 400.- qu'il lui avait demandé de verser au TAPI le 18 novembre 2019 avait été « retourné » à la banque en raison d'une erreur de saisie de cette dernière. Il procèderait à nouveau au virement « dès la semaine prochaine ».
3) Le 7 janvier 2020, le TAPI a transmis ce courrier à la chambre administrative de la Cour de justice (ci-après : la chambre administrative), pour raison de compétence.
4) Par courrier recommandé du 9 janvier 2020, la chambre administrative a imparti à M. A_ un délai au 23 janvier 2020 pour produire toute pièce utile (ordre de virement, correspondance avec la banque) relative au virement, avant le 25 novembre 2019, de l'avance de frais.
M. A_ ne s'est pas manifesté dans le délai imparti.
5) Par courrier du 5 février 2020, il a fait parvenir au TAPI, qui l'a transmise à la chambre de céans, copie de la preuve de son paiement de l'avance de frais relative à la procédure de recours devant cette dernière.
6) Par pli du 7 février 2020, les parties ont été informées que M. A_ n'avait pas produit les pièces demandées le 9 janvier 2020 et que la cause était gardée à juger.

EN DROIT
1) Le recours a été interjeté en temps utile et transmis à juste titre par le TAPI à la chambre de céans (art. 132 de la loi sur l'organisation judiciaire du 26 septembre 2010 - LOJ -
E 2 05
; art. 62 al. 1 let. a de la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 1985 - LPA -
E 5 10
).
La question de savoir si le recours répond aux exigences minimales de motivation et de conclusions prescrites par l'art. 65 al. 1 et 2 LPA peut demeurer indécise, dès lors que le recours est de toute manière mal fondé, comme cela sera exposé ci-après.
2) a. Selon l'art. 86 LPA, la juridiction saisie invite le recourant à payer une avance de frais destinée à couvrir les frais et émoluments de procédure présumables. À cette fin, elle lui fixe un délai suffisant (al. 1). Si l'avance de frais n'est pas faite dans le délai imparti, la juridiction déclare le recours irrecevable (al. 2).
À rigueur de texte, l'art. 86 LPA ne laisse aucune place à des circonstances extraordinaires qui justifieraient que l'avance de frais n'intervienne pas dans le délai imparti. La référence au « délai suffisant » laisse une certaine marge d'appréciation à l'autorité judiciaire saisie. Selon la jurisprudence, il convient d'appliquer par analogie la notion de cas de force majeure de l'art. 16 al. 1 LPA afin d'examiner si l'intéressé a été empêché sans sa faute de verser l'avance de frais dans le délai (
ATA/184/2019
du 26 février 2019 consid. 3 ;
ATA/1028/2016
du 6 décembre 2016 consid. 4 ;
ATA/916/2015
du 8 septembre 2015 consid. 2c).
b. En l'espèce, il n'est pas contesté que le recourant a été valablement atteint par la communication du TAPI lui impartissant un délai au 25 novembre 2019 pour effectuer le paiement de l'avance de frais. Il apparaît, par ailleurs, que le délai fixé, de trente jours, constitue un délai suffisant. Il n'est pas non plus contesté que l'avance de frais n'a pas été acquittée dans le délai imparti.
Le recourant fait valoir qu'il avait donné à sa banque l'ordre de virer l'avance de frais le 18 novembre 2019, mais que celle-ci aurait commis « une erreur de saisie », de sorte que le montant n'était pas parvenu dans le délai au TAPI. Toutefois, il n'a produit aucune pièce attestant de ses dires. Il n'a, en outre, pas répondu à la demande expresse de la chambre de céans de bien vouloir produire une telle pièce.
Dans ces circonstances, la chambre de céans ne peut que constater que, l'avance de frais n'ayant pas été acquittée dans le délai imparti, le TAPI était fondé à déclarer le recours irrecevable, conformément à l'art. 86 al. 2 LPA.
En outre, aucun élément au dossier ne laisse à penser qu'un cas de force majeure aurait empêché le recourant d'agir dans le délai imparti ; il ne le fait d'ailleurs pas valoir.
Manifestement mal fondé, le présent recours doit être rejeté, sans échange d'écritures (art. 72 LPA).
3) Vu l'issue du litige, un émolument de CHF 400.- sera mis à la charge du recourant, qui ne peut se voir allouer une indemnité de procédure (art. 87 LPA).