Decision ID: f914db3c-1b84-4464-acea-afb0e5883652
Year: 2016
Language: fr
Court: VD_TC
Chamber: VD_TC_031
Canton: VD
Region: Région lémanique
Law Area: public_law

Vu les faits suivants
A.
A.X_, né le ********1985, de nationalité togolaise, a obtenu à l'Université de Lomé un diplôme de master I en Transport et Logistique. Il est entré en Suisse le 22 mai 2010 et a obtenu des permis B temporaires pour études valables jusqu'au 31 mai 2011 pour effectuer un stage en logistique hospitalière au Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV). Le certificat de travail intermédiaire établi le 31 mars 2011 atteste ce qui suit:
"
Monsieur X_ a été engagé au sein du de la Direction de la logistique hospitalière du CHUV en qualité de stagiaire non-universitaire en contrat à durée déterminée.
Ses activités sont les suivantes:
Evaluation des modes de gestion des magasins de matériel des différents sites du CHUV.
Chiffrer les transports de marchandises entre le CHUV et les différents sites régulièrement livrés.
Propositions et mise en oeuvre d'optimisation de ces transports au sein de la cité hospitalière.
Monsieur X_ fait preuve d'une grande faculté d'adaptation et d'organisation dans son activité, c'est un collaborateur capable, appliqué et consciencieux. Il démontre des connaissances et compétences adaptées à son activité, nous pouvons compter pleinement sur son engagement.
Polyvalent et autonome, Monsieur X_ a également de bonnes capacités d'analyse et de synthèse. Il nous donne satisfaction.
Monsieur X_ s'est rapidement intégré à son équipe Il entretient d'excellentes relations avec ses collègues ainsi qu'avec sa hiérarchie. Il est un collaborateur fiable et digne de confiance".
B.
Dès le 1
er
juin 2011, A.X_ a séjourné illégalement en Suisse, un projet d'embauche chez Y_n'ayant pas abouti.
C.
Le 27 février 2013, le 12 mars 2013, le 15 avril 2013, le Service de la population (SPOP) a demandé divers documents à A.X_, qui avait requis une prolongation de son autorisation de séjour. Le 8 juin 2013, celui-ci a demandé une prolongation de délai de trois mois pour pouvoir "[s]
'aligner aux normes
", mais n'a pas transmis d'autre information.
D.
Par ordonnance du 22 juillet 2014, le Ministère public du Canton de Berne a condamné A.X_ pour faux dans les certificats à une peine pécuniaire de 15 jours-amende avec sursis avec un délai d'épreuve de deux ans cumulé d'une amende.
E.
Le 15 août 2014, A.X_ est devenu le père d'une petite fille, dont la mère est B.Z_, née le ******** 1993, de nationalité camerounaise, au bénéfice d'un permis de séjour.
F.
A.X_ et B.Z_ ont déposé une demande d'ouverture d'un dossier de mariage.
G.
Le 25 mars 2015, le SPOP (Etat civil de Lausanne) a informé A.X_ et B.Z_ qu'après un examen préliminaire des pièces figurant au dossier, il constatait que A.X_ n'avait produit aucun document attestant de la légalité de son séjour en Suisse. Il lui impartissait dès lors un délai de 60 jours pour lui faire parvenir la copie d'un titre de séjour en cours de validité ou de toute autre pièce établissant la légalité de son séjour en Suisse. A défaut d'un tel document, une décision de non-entrée en matière serait rendue et le dossier serait classé sans suite.
H.
Le 22 mai 2015, A.X_ a prié le SPOP de lui établir un permis de séjour de courte durée en vue de mariage et de l'autoriser à séjourner en Suisse jusqu'à ce qu'une décision soit rendue.
I.
Le 29 mai 2015, le SPOP (Analyses états tiers) a invité A.X_ à lui transmettre divers renseignements et documents.
J.
Le 9 juin 2015, le SPOP a informé A.X_ qu'il entendait refuser l'octroi d'une autorisation de séjour en vue de mariage. En effet, il n'était pas en mesure d'assurer de manière autonome ses besoins financiers, sa fiancée ayant recours aux prestations de l'aide sociale, ce qui excluait que les conditions du regroupement familial ultérieur soient remplies. Le SPOP octroyait dès lors un délai à A.X_ pour exercer son droit d'être entendu.
K.
A.X_ s'est déterminé le 26 août 2015. Il a exposé qu'il avait exercé diverses activités professionnelles et qu'il avait largement les compétences pour trouver un travail dans le Canton de Vaud. Quant à la mère de son enfant, elle avait une formation qui lui permettait d'exercer une activité professionnelle.
L.
Par décision du 1
er
septembre 2015, le SPOP a refusé l'octroi d'une autorisation de séjour en vue de mariage en faveur de A.X_ et a prononcé son renvoi de Suisse. Il a estimé que l'intéressé n'était pas en mesure d'assurer de manière autonome ses besoins financiers, sa fiancée ayant recours aux prestations de l'aide sociale, ce qui excluait que les conditions du regroupement familial ultérieur soient remplies.
M.
Par acte du 5 octobre 2015, A.X_ (ci-après: le recourant) a recouru auprès de la Cour de droit administratif et public (CDAP) du Tribunal cantonal contre cette décision. Il conclut, principalement, à l'admission du recours et à la constatation de la nullité de la décision attaquée, la cause étant renvoyée à l'autorité de première instance pour nouvelle décision dans le sens des considérants, subsidiairement, à la réforme de la décision attaquée en ce sens qu'une autorisation de séjour en vue de mariage est délivrée. Le recourant se prévaut des art. 8 et 12 de la Convention du 4 novembre 1950 de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales (CEDH; RS 0.101). Il expose que l'autorisation en vue de mariage ne peut pas lui être refusée uniquement sur la base de son séjour illégal. Il estime remplir les conditions d'un regroupement familial ultérieur. Il aurait de véritables perspectives professionnelles en Suisse et serait en pourparlers à cet effet avec le CHUV, mais sa situation de police des étrangers bloquerait ses démarches. De plus, le SPOP pourrait lui refuser ultérieurement le renouvellement de l'autorisation de séjour, s'il devait s'avérer qu'il ne parvenait pas à être autonome financièrement. Quant à sa fiancée, même si elle a perçu des montants importants au titre du revenu d'insertion (RI), elle a achevé une formation lui permettant d'exercer une activité professionnelle. Le recourant invoque aussi les relations qu'il entretient avec sa fille de deux ans et sa fiancée. Enfin, il souligne qu'il n'existe pas d'intérêt public à son éloignement, la seule infraction pouvant lui être reprochée étant un faux dans les certificats à une peine pécuniaire de 15 jours-amende avec sursis avec un délai d'épreuve de 2 ans cumulé d'une amende.
N.
Le SPOP (ci-après: l'autorité intimée) a répondu le 21 octobre 2015 et a conclu au rejet du recours.
Il expose que la fiancée du recourant a eu recours aux prestations de l'aide sociale entre 2006 et 2010, puis à nouveau entre juillet 2013 et novembre 2013, et finalement depuis janvier 2014 jusqu'à ce jour. Le montant global de l'assistance versée à cette dernière s'élevait à plus de CHF 95'000 francs selon l'attestation établie en juin 2015 par le Centre social régional de Lausanne. Aucun élément concret dans son dossier ne permet de considérer que sa situation financière va s'améliorer dans le futur. Par ailleurs, le recourant n'ayant à ce jour produit ni contrat de travail, ni même une promesse d'emploi, on ne saurait admettre qu'il pourra prochainement être indépendant financièrement. Dans ce contexte, l'autorité intimée s'étonne d'ailleurs, au vu des dires du recourant, que le CHUV ne lui ait pas délivré une promesse d'emploi conditionnée à l'octroi d'une autorisation de séjour. Dès lors que la condition prévue à l'art. 44 let. c de la
loi fédérale du 16 décembre 2005 sur les étrangers (LEtr; RS 142.20)
n'est manifestement pas remplie, le recourant ne peut pas prétendre à l'octroi d'une autorisation de séjour en vue de mariage. Par ailleurs, l'autorité intimée estime que c'est à tort que le recourant soutient qu'il peut se prévaloir de l'art. 8 CEDH en relation avec la présence en Suisse de sa fille. En effet, tant la fille du recourant que sa fiancée n'ont pas la nationalité suisse, ne sont pas titulaires d'autorisations d'établissement ni d'autorisations de séjour découlant d'un droit stable.
O.
Le recourant s'est déterminé le 11 décembre 2015 et a maintenu ses conclusions. Il conteste que l'on puisse reprocher à sa fiancée d'avoir perçu l'aide sociale entre 2006 et 2010 vu qu'elle était mineure à cette époque. En outre, même si sa fiancée a perçu l'aide sociale après avoir obtenu son certificat fédéral de capacité (CFC) en août 2013, il indique qu'elle a aussi travaillé et produit des certificats de salaire pour novembre et décembre 2013. Il assure que la situation financière de sa fiancée va s'améliorer. Il souligne aussi que, même si sa fiancée n'est pas titulaire d'une autorisation de séjour découlant d'un droit stable, elle vit en Suisse depuis neuf ans et y est arrivée en tant que mineure. Le recourant produit aussi un courrier du Directeur des ressources humaines du CHUV, datée du 4 novembre 2015, avec le texte suivant:
"Par la présente, je peux confirmer que, compte tenu des compétences que peut faire valoir Monsieur A. X_ et du fait qu'il a déjà travaillé au CHUV à notre satisfaction, il pourrait tout-à-fait postuler auprès de notre institution et aurait de bonnes chances d'être engagé comme gestionnaire de logistique. A ce titre, il pourrait être engagé au niveau de fonction 4 de notre échelle salariale, à un salaire moyen annuel de CHF 66'407.00".
P.
Par courrier du 17 décembre 2015, l'autorité intimée a indiqué qu'elle maintenait ses conclusions, la lettre du CHUV du 4 novembre 2015 n'ayant pas la valeur d'une promesse ferme d'emploi.
Q.
Le 21 janvier 2016, le recourant a informé le tribunal que sa fiancée avait eu un entretien qui devrait déboucher sur un contrat de travail débutant le 1
er
février 2016. Il a ensuite produit un contrat de travail conclu entre sa fiancée et la C_ dans le cadre du programme "Réorienter sa carrière en EMS", portant sur la période du 1
er
février au 31 juillet 2016, pour un salaire mensuel brut de CHF 3'748.00.
R.
Par courrier du 2 février, l'autorité intimée a indiqué qu'elle maintenait ses conclusions, la durée du contrat de travail signé par la fiancée du recourant étant limitée au 31 juillet 2016.
S.
Le recourant a produit aussi une attestation du CHUV, datée du 8 février 2016, aux termes de laquelle la Direction des ressources humaines confirmait qu'elle serait prête à engager le recourant au sein de son département de la logistique hospitalière "
si un poste, correspondant à ses qualifications, venait à se libérer prochainement
".
T.
Par courrier du 17 février 2016, l'autorité intimée a indiqué qu'elle maintenait ses conclusions.

Considérant en droit
1.
Interjeté en temps utile auprès de l'autorité compétente, le recours satisfait par ailleurs aux autres conditions formelles de recevabilité (cf. art. 79 de la loi vaudoise du 28 octobre 2008 sur la procédure administrative [LPA-VD; RSV 173.36], applicable par renvoi de l'art. 99 LPA-VD), de sorte qu'il y a lieu d'entrer en matière sur le fond.
2.
Le recourant a sollicité son audition.
a) Le droit d’être entendu tel que garanti par l’art. 29 al. 2 de la Constitution fédérale de la Confédération suisse du 18 avril 1999 (Cst.; RS 101) comprend le droit pour l’intéressé de s’expliquer avant qu’une décision ne soit prise à son détriment, celui de fournir des preuves quant aux faits de nature à influer sur le sort de la décision, celui d’avoir accès au dossier, de participer à l’administration des preuves essentielles et de se déterminer sur son résultat lorsque cela est de nature à influer sur la décision à rendre (ATF 129 II 497 consid. 2.2 p. 505, 124 I 49 consid. 3a p. 51 et les réf. cit.). En particulier, le droit de faire administrer les preuves suppose notamment que le fait à prouver soit pertinent et que le moyen de preuve proposé soit apte et nécessaire à prouver ce fait. L’autorité peut donc mettre un terme à l’instruction lorsque les preuves administrées lui ont permis de forger sa conviction et que, procédant d’une manière non arbitraire à une appréciation anticipée des preuves proposées, elle a la certitude qu’elles ne pourraient pas l’amener à modifier sa décision (ATF 130 II 425 consid. 2.1 p. 429 et les réf. citées).
b) En l'espèce, le dossier de la cause est suffisamment complet pour permettre au tribunal de statuer en toute connaissance de cause. En particulier, il contient l'ensemble de la correspondance échangée entre le recourant et l'autorité intimée, les documents relatifs à sa situation familiale, financière et professionnelle. Pour le reste, le recourant a pu faire valoir ses arguments lors de l'échange d'écritures intervenu dans la présente procédure. Il y a dès lors lieu de rejeter sa requête d'audition.
3.
Le recourant estime avoir droit à ce qu'une autorisation de séjour en vue de la célébration de son mariage en Suisse avec une ressortissante camerounaise au bénéfice d'une autorisation de séjour lui soit délivrée.
a) Selon l'art. 98 al. 4 du Code civil suisse du 10 décembre 1907 (CC; RS 210), les fiancés qui ne sont pas citoyens suisses doivent établir la légalité de leur séjour en Suisse au cours de la procédure préparatoire (al. 4). L'office de l'état civil refuse de célébrer le mariage, notamment, si les fiancés qui ne sont pas citoyens suisses n'ont pas établi la légalité de leur séjour en Suisse (cf. art. 67 al. 3 en lien avec art. 66 al. 2 let. e de l'Ordonnance sur l'état civil du 28 avril 2004 [OEC; RS 211.112.2]).
b) L'art. 14 de la Constitution fédérale de la Confédération suisse du 18 avril 1999 (Cst.; RS 101) et l'art. 12 CEDH garantissent en principe le droit au mariage à toute personne physique majeure, quelle que soit sa nationalité - y compris les apatrides - et sa religion (ATF 138 I 41 consid. 3 p. 46; 137 I 351 consid. 3.5 p. 357).
A la faveur d'une interprétation conforme de la législation suisse à l'art. 12 CEDH, le Tribunal fédéral a soumis l'octroi d'une autorisation de séjour en vue de mariage aux conditions suivantes: les autorités de police des étrangers sont tenues de délivrer un titre de séjour en vue du mariage lorsqu'il n'y a pas d'indice que l'étranger entende, par cet acte, invoquer abusivement les règles sur le regroupement familial et qu'il apparaît clairement que l'intéressé remplira les conditions d'une admission en Suisse après son union (cf. art. 17 al. 2 LEtr par analogie). Dans un tel cas, il serait en effet disproportionné d'exiger de l'étranger qu'il rentre dans son pays pour s'y marier ou pour y engager à distance une procédure en vue d'obtenir le droit de revenir en Suisse pour se marier. En revanche, dans la situation inverse, soit si, en raison des circonstances, notamment de la situation personnelle de l'étranger, il apparaît d'emblée que ce dernier ne pourra pas, même une fois marié, être admis à séjourner en Suisse, l'autorité de police des étrangers pourra renoncer à lui délivrer une autorisation de séjour provisoire en vue du mariage; il n'y a en effet pas de raison de l'autoriser à séjourner en Suisse pour s'y marier alors qu'il ne pourra de toute façon pas, par la suite, y vivre avec sa famille (ATF 137 I 351 consid. 3.7 p. 360, confirmé in ATF 138 I 41 consid. 4 p. 47; arrêt TF 2C_950/2014 du 9 juillet 2015 consid. 4 et les références citées).
c) Selon l'art. 17 al. 2 LEtr, auquel la jurisprudence précitée se réfère par analogie, l'étranger entré légalement en Suisse pour un séjour temporaire et qui dépose ultérieurement une demande d'autorisation de séjour durable peut être autorisé à attendre la décision en Suisse, si les conditions d'admission sont manifestement remplies. Une telle autorisation temporaire, dite de "séjour procédural", doit être décidée sur la base d'une appréciation sommaire des chances de succès de la requête au fond, conformément à la pratique en matière de mesures provisionnelles (ATF 139 I 37 consid. 2.2). Aux termes de l’art. 6 de l'ordonnance relative à l'admission, au séjour et à l'exercice d'une activité lucrative du 24 octobre 2007 (OASA; RS 142.201), les conditions d'admission visées à l'art. 17 al. 2 LEtr sont manifestement remplies notamment lorsque les documents fournis attestent d'un droit légal ou d'un droit découlant du droit international public à l'octroi d'une autorisation de séjour ou de séjour de courte durée, lorsqu'aucun motif de révocation au sens de l'art. 62 LEtr n’existe et que la personne concernée accepte de collaborer au sens de l'art. 90 LEtr (al. 1). L'engagement d'une procédure matrimoniale ou familiale ne confère aucun droit lors de la procédure d'autorisation (cf. art. 6 al. 2 OASA), mais sera prise en considération dans l’appréciation sommaire des conditions de l’art. 17 al. 2 LEtr, en particulier lorsqu'il existe déjà une vie familiale digne de protection au sens de l'art. 8 CEDH, à laquelle l'application de l'art. 17 al. 1 LEtr porterait atteinte (ATF 139 I 37 consid. 2.2). Dès lors que l'art. 17 al. 2 LEtr exige que les conditions de délivrance de l'autorisation de séjour soient manifestement remplies, le requérant doit être autorisé à poursuivre son séjour en Suisse lorsque les chances que l'autorisation soit délivrée apparaissent significativement plus élevées que celles de son refus (ATF 139 I 37 consid. 4.1; arrêt PE.2015.0074 du 21 avril 2015 consid. 3b).
d) Partant, il convient de vérifier si le recourant satisfait aux critères susmentionnés, de manière à ce que, dans l'affirmative, il puisse prétendre à une autorisation de séjour de courte durée en vue de préparer son mariage avec sa fiancée en Suisse (cf. ATF 139 I 37 consid. 3.5.2 p. 48; arrêt TF 2C_950/2014 du 9 juillet 2015 consid. 4 et les références citées).
4.
a) En l'occurrence, le dossier ne contient aucun indice permettant de douter que le mariage serait sérieusement voulu et indiquant qu'il viserait en réalité à éluder les règles sur l'admission et le séjour des étrangers en Suisse; bien au contraire. Partant, seule reste à trancher la question de savoir si, au regard des circonstances du cas d'espèce, il apparaît d'emblée que le recourant, une fois marié, pourrait être admis à séjourner en Suisse. Ceci conduit nécessairement à se demander si les conditions de fond qui président à l'octroi d'une autorisation de séjour "ordinaire", c'est-à-dire d'un titre non limité à la préparation et célébration du mariage, seraient réunies en cas de mariage.
b) En vertu de l'art. 44 LEtr, l'autorité compétente peut octroyer une autorisation de séjour au conjoint étranger du titulaire d'une autorisation de séjour aux conditions cumulatives qu'ils vivent en ménage commun (let. a), qu'ils disposent d'un logement approprié (let. b) et qu'ils ne dépendent pas de l'aide sociale (let. c).
D'après la jurisprudence, la notion d'aide sociale doit être interprétée dans un sens technique. Elle comprend l'aide sociale traditionnelle et les revenus minima d'aide sociale, à l'exclusion des prestations d'assurances sociales, comme les indemnités de chômage ou les prestations complémentaires à l'AVS et à l'AI. Pour apprécier si une personne se trouve dans une large mesure à la charge de l'aide sociale, il faut tenir compte du montant total des prestations déjà versées à ce titre. Pour évaluer si elle tombe d'une manière continue à la charge de l'aide sociale, il faut examiner sa situation financière à long terme. Il convient en particulier d'estimer, en se fondant sur la situation financière actuelle de l'intéressé et sur son évolution probable, y compris au regard des capacités financières des membres de sa famille, s'il existe des risques que, par la suite, il se trouve à la charge de l'assistance publique (arrêts TF 2C_47/2014 du 5 mars 2014 consid. 2.1, TF 2C_268/2011 du 22 juillet 2011 consid. 6.2.2 et 6.2.3 et les références citées; cf. également entre autres arrêts CDAP PE.2014.0407 du 9 décembre 2015, PE.2015.0098 du 24 août 2015, PE.2014.0163 du 30 octobre 2014).
c) Il résulte du dossier que la fiancée du recourant a bénéficié du RI pour un montant de CHF 38'266
entre juillet 2013 (soit
depuis la fin de son apprentissage
) et novembre 2013, ainsi que depuis janvier 2014, vraisemblablement jusqu'à ce jour, en tout cas jusqu'en janvier 2016.
Les montants perçus depuis février 2016 doivent toutefois être moins élevés qu'auparavant puisqu'elle a conclu un contrat de travail avec la C_ dans le cadre du programme "Réorienter sa carrière en EMS", portant sur la période du 1
er
février au 31 juillet 2016, pour un salaire mensuel brut de CHF 3'748. Il est certes peu encourageant de constater que la fiancée du recourant n'a dans un premier temps pas exploité la formation qu'elle a suivie et qu'elle ne s'est pas investie professionnelle. Le fait qu'elle suive à présent un cours et qu'elle effectue un stage permet toutefois d'espérer une amélioration de sa situation financière. S'il n'est pas garanti que l'amélioration sera durable, rien ne permet non plus de dire que l'échec est inévitable. Pour ce qui concerne le recourant lui-même, il est vrai qu'il n'a pas produit de promesse d'embauche. Il a néanmoins produit des attestations qui ne peuvent pas être écartées sans autre. Ces attestations émanent en effet d'un employeur chez qui il a déjà travaillé pour une durée d'une année et qui a donc pu apprécier son travail. Elles démontrent que le recourant pourrait très vraisemblablement être engagé par cet employeur si un poste correspondant à son profil était vacant. Par ailleurs le montant du salaire articulé par l'employeur, soit CHF 66'407, serait suffisant pour permettre au recourant d'entretenir son épouse et sa fille. Au vu des éléments nouveaux que constituent les attestations du CHUV et la prise d'emploi de la fiancée du recourant, la décision rendue par l'autorité intimée ne se justifie plus et il convient de délivrer au recourant une autorisation de séjour de courte durée en vue de mariage.
Encore doit-on rappeler qu'une telle autorisation temporaire, délivrée afin de permettre aux fiancés de préparer et de célébrer leur mariage, ne constitue pas une garantie qu'une autorisation de séjour ordinaire annuelle sera accordée, respectivement renouvelée après la cérémonie, indépendamment de l'évolution de la situation du recourant. Le recourant devra démontrer au long cours qu'il exerce de manière assidue et régulière une activité lucrative assurant son autonomie financière. Si cette condition n'est pas réalisée, le SPOP sera susceptible de lui refuser la délivrance, respectivement le renouvellement d'une autorisation de séjour ordinaire annuelle. Il reviendra ainsi à l'autorité intimée de vérifier quelle est la situation financière du recourant et de sa famille lors des échéances régulières de son autorisation de séjour.
Au vu de ce qui précède, il n'est pas nécessaire d'examiner si le recourant pourrait se prévaloir avec succès de sa relation avec sa fille pour bénéficier d'un titre de séjour (regroupement familial inversé).
5.
a) Vu ce qui précède, le recours doit être admis, la décision attaquée doit être annulée et la cause doit être renvoyée au SPOP pour qu'il délivre une autorisation de séjour de courte durée en vue de mariage.
b) Le recours étant admis en raison de faits nouveaux, intervenus après que la décision attaquée a été rendue, le recourant n'a pas droit à des dépens et devra assumer les frais judiciaires.