Decision ID: 70caae2a-5f25-5123-b159-6a7debd338d2
Year: 2020
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_011
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: penal_law

EN FAIT
:
A.
a.
Par acte expédié au greffe de la Chambre de céans le 8 mai 2020, A_ recourt
contre l'ordonnance du 24 avril 2020, notifiée par pli simple, aux termes de laquelle le Ministère public a refusé d'entrer en matière sur sa plainte.
La recourante conclut, sous suite de frais, à l'annulation de l'ordonnance querellée, au renvoi de la cause au Ministère public pour l'ouverture d'une instruction et pour qu'il procède à son audition ainsi qu'à celle du Dr C_ et de la Dresse D_.
b.
La recourante a été dispensée de l'avance de sûretés, son conseil et curatrice de représentation plaidant au bénéfice de l'assistance juridique.
B.
Les faits pertinents suivants ressortent du dossier :
a.
E_ et F_, aujourd'hui divorcés, sont les parents de A_, née le _ 2007, et de G_, née le _ 2014.
b.
Par ordonnance du 4 décembre 2018, le Ministère public a décidé de ne pas entrer en matière sur la plainte pénale que A_ avait déposée contre son père pour voies de fait.
c.
Le 20 octobre 2019, à 20h59, une patrouille de police est intervenue à l'avenue 1_, à Genève, à la suite d'un conflit opposant H_ à A_.
d.
Le 25 octobre 2019, cette dernière, accompagnée de sa mère, s'est présentée au poste de police 2_ pour y déposer plainte contre la précitée.
Elle a, en substance, exposé que le samedi 19 octobre 2019, vers 10h30, son père était venu la chercher, ainsi que sa soeur cadette, au domicile de sa mère. Vers 13h30, alors qu'elles se trouvaient toutes deux sur le lieu de travail de leur père - un salon de coiffure sis à la rue 3_ (GE) -, les dénommées "I_" et H_ étaient venues les chercher avec leur père pour les conduire au domicile de la dernière nommée, à J_ (GE), afin d'y être hébergés pour le week-end.
À leur arrivée, ils avaient discuté mais, trouvant la conversation ennuyeuse, elle s'était endormie sur le canapé du salon. À son réveil, elle s'était sentie étourdie et avait constaté l'absence de son père. Après que H_ et "I_" lui eurent indiqué que ce dernier était reparti travailler - et dans la mesure où elle était chez des inconnues -, un sentiment d'insécurité l'avait saisie.
Les deux femmes lui avaient proposé à manger, mais elle avait décliné. Elles avaient néanmoins insisté et déclaré que c'était "
impoli de refuser
", de sorte qu'elle avait couvert ses oreilles avec ses mains pour ne plus les entendre. À cet instant-là, H_ et "I_" l'avaient "
embêtée
" en tapant sur son épaule droite à plusieurs reprises, ce qu'elle avait trouvé "
désagréable
".
Au retour de son père, vers 20h00, elle lui avait confié ce qu'il s'était passé, mais il ne l'avait pas crue et avait haussé le ton. La soirée s'était terminée sans incident et sa soeur et elle-même étaient parties se coucher. Durant la nuit, elle n'avait toutefois pas cessé de pleurer, ne comprenant pas pour quelle raison son père ne l'avait pas prise au sérieux.
Vers 4h00 du matin, sa soeur cadette s'était réveillée fiévreuse, de sorte que "I_" lui avait posé un foulard ainsi que deux tranches de citron sur la tête. Lorsqu'elle lui avait indiqué que "
cela ne serv[ait] à rien
" et qu'il fallait administrer un médicament à sa soeur, "I_" lui avait crié dessus, lui avait dit qu'elle était "
stupide
" et qu'elle "
savait mieux les choses
" qu'elle. Elle n'avait toutefois pas rétorqué et s'était rendormie.
À son réveil, le lendemain vers 11h30, son père était une nouvelle fois absent. H_ et "I_" lui avaient proposé à manger, ce qu'elle avait à nouveau décliné, n'ayant toujours pas d'appétit. "I_" s'était alors assise à côté d'elle sur le canapé et lui avait dit, en la pointant du doigt, "
je vais bien t'éduquer
", ce qui l'avait fait pleurer. H_ avait alors haussé le ton et l'avait menacée d'appeler la police si elle ne cessait pas de pleurer. Effrayée, elle s'était dirigée vers la porte d'entrée, l'avait ouverte et avait crié "
au secours
". "I_" l'avait alors violemment saisie et mordue à la taille, ce qui lui avait fait "
très mal
". Afin de l'éloigner de la porte d'entrée, cette dernière lui avait tiré les cheveux et griffé le poignet droit. H_ s'était ensuite approchée d'elle, l'avait saisie par la main droite et crié qu'elle était "
impolie
" et qu'elle allait "
l'éduquer
". Les deux femmes l'avaient finalement fait entrer de force dans l'appartement et avaient fermé la porte à clé. Elle s'était alors dirigée vers le salon mais ces dernières l'avaient suivie en lui disant "
on va faire le nécessaire pour t'éduquer et t'apprendre les bonnes manières
".
Lorsqu'elle avait ensuite demandé à voir ses parents, "I_" lui avait annoncée qu'elle était en couple avec son père et qu'ils attendaient un enfant, ce qui l'avait "
choquée
".
Au retour de son père, elle lui avait relaté les faits mais ce dernier ne l'avait pas crue, malgré ses blessures. Ils avaient ensuite conduit sa soeur, prise de vomissements, à l'Hôpital.
De retour au domicile de H_, son père, en colère, lui avait indiqué qu'ils allaient rentrer chez eux. Ils s'étaient toutefois rendus chez un dénommé K_, au L_ (quartier-GE). À leur arrivée, son père lui avait dit "
tu es contente, on restera deux nuits au L_ et ensuite on sera à la rue".
Elle n'avait toutefois pas compris sa réaction et en quoi elle était fautive. Finalement, elle avait profité de la brève absence de son père pour s'emparer de son téléphone et appeler sa mère, qui était venue la récupérer, ainsi que sa soeur cadette, et avait contacté la police.
À l'appui de sa plainte, A_ a notamment produit un constat médical établi le 20 octobre 2019 par le Dr C_, constatant les lésions suivantes : "
cutané: 2 dermabrasions du visage joue gauche, 1 trace griffure sur le front, 1 hématome au niveau du menton. Multiples petites traces de griffures sur le poignet droit. 3 hématomes au niveau du flanc gauche, 1 hématome au niveau du flanc droit
", accompagné d'une dispense d'école du 28 octobre au 3 novembre 2020 délivrée par ce même praticien.
Des photographies de ces lésions ont également été versées à la procédure.
e.
Par courrier du 27 novembre 2019, E_ a également déposé plainte contre H_, F_ et I_. Elle se constituait partie plaignante, tant sur le plan civil que pénal.
f.
Entendu par la police le 14 janvier 2020, F_ a expliqué qu'il ignorait qui était la dénommée "I_" et qu'à l'exception de H_, aucune autre personne n'était présente au moment des faits litigieux. Cette dernière n'avait pas crié sur sa fille ni ne lui avait dit qu'elle était stupide. Enfin, il n'avait constaté aucune lésion sur le corps de sa fille, hormis une marque sur sa joue gauche. À cet égard, A_ lui avait indiqué qu'elle s'était blessée elle-même la veille. H_ avait pris une photographie de la blessure de sa fille, le 19 octobre 2020, pour s'assurer qu'il ne soit pas accusé d'en être à l'origine.
Il avait "
peur
" d'être seul en compagnie de sa fille aînée, puisqu'elle avait déposé plainte contre lui par le passé. Elle lui reprochait également de la délaisser, de sorte qu'elle ne lui adressait plus la parole. Lorsqu'il parvenait toutefois à discuter avec elle, elle ne lui parlait que d'argent, comme sa mère.
Le dimanche 20 octobre 2019, vers 10h30, il s'était absenté pour rendre visite à un ami. À son retour, aux alentours de 11h30, H_ lui avait expliqué avoir été contrainte de décrocher l'ensemble de ses tableaux, A_ ayant menacé de les briser.
Cette dernière, qui la soupçonnait d'entretenir une relation intime avec lui, avait adopté une attitude agressive durant son absence et avait cassé des bougies.
Plus tard dans la journée, il avait emmené ses deux filles à l'hôpital car sa cadette était malade. À leur retour chez H_, son aînée avait apostrophé cette dernière en lui disant "
pourquoi tu me regardes comme ça
?", avait levé la main comme si elle allait la frapper, puis lui avait crachée dessus. Il s'était interposé et ils avaient quitté l'appartement.
Avant de partir, H_ lui avait également confié que sa fille avait brisé la monture de ses lunettes et lancé son téléphone portable contre un mur.
g.
Entendue le lendemain par la police en qualité de prévenue, H_ a contesté avoir fait preuve de violence à l'égard de A_ et lui avoir dit qu'elle était stupide. Aucune dénommée "I_" n'était, en outre, présente durant le week-end.
F_, un ami rencontré à la Mosquée, lui avait demandé d'accueillir ses filles durant un week-end, ce qu'elle avait accepté. Lorsqu'elle les avait récupérées, elle avait constaté que la cadette était fiévreuse et que l'aînée présentait une marque sur la pommette gauche. Lorsqu'elle lui avait demandé l'origine de sa blessure, cette dernière lui avait indiqué qu'elle s'était blessée toute seule, s'étant "
énervé
e" contre son père lors d'une conversation téléphonique.
À son arrivée, A_ avait sous-entendu qu'elle partageait sa chambre à coucher avec son père, ce qu'elle avait démenti. Par la suite, elle avait refusé de manger, déclaré que "
[sa]mère [lui] a[vait] dit de ne pas manger chez les arabes",
et avait refusé de lui adresser la parole. F_ était parti travailler et ses filles s'étaient finalement endormies sur le canapé du salon. À cet instant-là, elle avait pris - à l'insu de la plaignante - une photographie de la blessure constatée sur sa joue, qu'elle avait envoyée au père de cette dernière.
Vers 3h30 du matin, elle avait entendu des cris et des pleurs, A_ hurlant afin que sa soeur, malade, soit emmenée à l'hôpital. Afin de faire baisser la fièvre, elle avait imbibé un linge d'huile et de citron, qu'elle avait posé sur la tête de l'enfant, ce qui avait mis en colère la précitée. Elle avait finalement administré un médicament à la cadette et elles étaient toutes retournées se coucher.
Le lendemain, à 10h00, F_, qui avait un rendez-vous, avait quitté l'appartement. Durant son absence, A_ avait refusé de lui adresser la parole et de prendre un petit-déjeuner.
Lorsqu'elle s'était rendue dans sa salle de bain, elle avait constaté que A_ avait cassé toutes ses bougies. Elle l'avait également traitée de "
vieille
" et de "
pute
", lui avait demandé à pouvoir utiliser son téléphone et s'en était emparée. Lorsqu'elle avait tenté de le récupérer, A_ l'avait lancé contre le mur, fissurant l'écran.
Par la suite, elle avait tenté d'avoir une discussion avec elle, mais celle-ci s'était saisie de ses lunettes et avait brisé la monture. Au retour de F_, elle ne lui avait toutefois pas confié ce qu'il s'était passé, afin de lui éviter des ennuis.
Après le retour de ce dernier et de ses filles de l'hôpital, elle s'était enquise auprès de A_ de l'état de santé de sa soeur cadette, mais celle-ci lui avait répondu "
pute, ne parle pas avec moi
". Elle s'était ensuite mise à tout casser dans son appartement, la contraignant à ranger ses cadres photos.
Elle avait finalement prié F_ de quitter son appartement et ce dernier lui avait présenté ses excuses. En enfilant ses chaussures, A_ lui avait dit "
pourquoi tu me regardes comme ça?
" et avait levé la main comme si elle allait la gifler, avant de lui cracher sur le visage et la poitrine, ce qui l'avait fait pleurer. Elle avait finalement confié au père de cette dernière tout ce qu'il s'était passé durant son absence, et il s'était une nouvelle fois excusé.
h.
Par décision du 26 février 2020, le Tribunal de protection de l'adulte et de l'enfant a désigné Me B_ en qualité de curatrice de représentation de A_.
i.
Par ordonnance du 24 avril 2020, le Ministère public a constaté l'absence de qualité de partie plaignante de E_.
C.
Dans sa décision querellée, le Ministère public retient qu'au vu des déclarations contradictoires des parties et de l'absence de tout autre élément de preuve, il ne pouvait privilégier une version plutôt qu'une autre. Les photographies produites ne révélaient "
quasiment
" pas de lésions et celles décrites dans le certificat médical n'étaient pas nécessairement compatibles avec les allégations de A_. Aussi, il convenait de tenir compte de l'important conflit qui opposait les parents de la plaignante mais également cette dernière à son père, puisqu'elle avait déposé plainte contre celui-ci en août 2018. Les déclarations de A_ devaient également être considérées avec prudence, compte tenu du contexte dans lequel elles avaient été émises, soit alors qu'elle s'était sentie délaissée par son père qui l'avait confiée, avec sa soeur cadette, à une inconnue. Par ailleurs, l'enquête de police n'avait pas permis d'identifier la dénommée I_ évoquée par la plaignante.
Dans ces conditions, les éléments constitutifs de l'infraction de voies de fait (art. 126 CP) et d'injure (art. 177 CP), n'étaient manifestement pas réalisés, de sorte qu'il était décidé de ne pas entrer en matière sur les faits visés par la procédure (art. 310 al. 1 let. a CPP).
D.
a.
À l'appui de son recours, A_ fait grief au Ministère public d'avoir violé l'art. 310 al. 1 let. a CPP. Si les déclarations des parties étaient certes contradictoires, elles devaient néanmoins être éclaircies. Si l'on devait, en outre, admettre que l'examen des photographies ne révélaient rien de probant, il ressortait toutefois des pièces médicales produites qu'elle avait été examinée par un médecin à peine trois heures après la survenue des faits litigieux. Lors de cette consultation, plusieurs blessures avaient été constatées. Sur le plan psychique, le médecin avait également relevé qu'elle était visiblement "
choquée
" par les évènements et en pleurs. Elle ne s'était, de surcroît, pas rendue à l'école jusqu'au 11 novembre 2018, en raison de ces évènements. Il apparaissait dès lors vraisemblable qu'elle avait été victime de violences. Ceci était d'autant plus vrai que le Procureur avait requis du Tribunal de protection de l'adulte et de l'enfant (TPAE) qu'un curateur soit désigné en vue de la représenter.
En tout état, ses déclarations n'apparaissaient, à ce stade, pas moins crédibles que celles de la mise en cause et de son père. Ce dernier avait en effet affirmé avoir constaté qu'elle avait adopté un comportement hostile à l'égard de H_, alors même qu'il avait été absent durant la majeure partie du week-end.
Il était dès lors prématuré de conclure à l'absence de toute prévention pénale, les faits reprochés à H_ étant manifestement constitutifs de voies de fait (art. 126 CP), voire de lésions corporelles simples (art. 123 CP) et d'injure (art. 177 CP).
Enfin, les médecins qui l'avaient examinée à la suite des évènements litigieux devaient être entendus. Il appartenait également au Ministère public de mener des recherches au sujet de la dénommée I_. En tout état, et en cas de doute sur la véracité de ses propos, une expertise de crédibilité pouvait, le cas échéant, être ordonnée.
Elle produisait également un certificat médical établi le 4 novembre 2019 par la Dresse M_, dont la teneur est la suivante: "
L'enfant A_ (...) est malade et l'affection médicale dont elle souffre l'empêche de fréquenter l'école du 04.11.2019 au 08.11.2029 inclus
", ainsi qu'une attestation de suivi psychothérapeutique, datée du 9 décembre 2019, émanant de la Dresse D_, dont la teneur est la suivante: "
Le médecin soussigné atteste suivre l'enfant A_, pour un trouble de l'adaptation avec des crises d'angoisses et parfois même de panique, accompagnées par un trouble du comportement survenu suite à l'agression psychique et morale subie de la part de l'entourage proche du père et ceci dans un contexte de discorde parentale
".
b.
Dans ses observations, le Ministère public conclut au rejet du recours, persistant dans son ordonnance. A_ avait été entendue par la police en présence de sa mère. En outre, l'audition du médecin ayant établi le constat médical du 20 octobre 2019 n'était pas propre à établir les faits, puisque ce dernier n'était pas présent et ne pourrait que confirmer la teneur de son constat. Quant à la dénommée I_, les enquêtes n'avaient pas permis de déterminer ni son identité ni même sa présence dans l'appartement les jours des faits dénoncés et aucun acte d'instruction complémentaire ne paraissait propre à faire avancer l'enquête sur ce point.
c.
Dans sa réplique, A_ persiste dans les conclusions de son recours et relève que sa mère, dans son courrier au Ministère public du 27 novembre 2019, déclarait déposer plainte notamment contre une dénommée I_. Or, aucun acte d'enquête n'avait été effectué en vue de rechercher cette personne.

EN DROIT
:
1.
Le recours est recevable pour avoir été déposé selon la forme et dans le délai prescrits (art. 385 al. 1 et 396 al. 1 CPP) - les formalités de notification (art. 85 al. 2 CPP) n'ayant pas été observées -, concerner une ordonnance sujette à recours auprès de la Chambre de céans (art. 393 al. 1 let. a CPP) et émaner de la plaignante qui, partie à la procédure (art. 104 al. 1 let. b CPP), a qualité pour agir, ayant un intérêt juridiquement protégé à la modification ou à l'annulation de la décision querellée (art. 382 al. 1 CPP).
2.
Il en va de même des pièces nouvelles produites à l'appui de cet acte (arrêts du Tribunal fédéral
1B_368/2014
du 5 février 2015 consid. 3.1 et 3.2 ainsi que
1B_768/2012
du 15 janvier 2013 consid. 2.1).
3.
La recourante reproche au Ministère public de ne pas être entré en matière sur sa plainte.
3.1.
Selon l'art. 310 al. 1 let. a CPP, le ministère public rend immédiatement une ordonnance de non-entrée en matière s'il ressort de la dénonciation ou du rapport de police que les éléments constitutifs de l'infraction ou les conditions à l'ouverture de l'action pénale ne sont manifestement pas réunis (let. a). Le ministère public doit être certain que les faits ne sont pas punissables (ATF
137 IV 285
consid. 2.3 et les références citées).
Le principe "
in dubio pro duriore
" découle du principe de la légalité (art. 5 al. 1 Cst. et 2 al. 2 CPP en relation avec les art. 19 al. 1 et 324 CPP; ATF
138 IV 86
consid. 4.2; arrêt du Tribunal fédéral
6B_185/2016
du 30 novembre 2016 consid. 2.1.2 et les références citées). Il signifie qu'en principe, un classement ou une non-entrée en matière ne peuvent être prononcés par le ministère public que lorsqu'il apparaît clairement que les faits ne sont pas punissables ou que les conditions à la poursuite pénale ne sont pas remplies. Le ministère public et l'autorité de recours disposent, dans ce cadre, d'un certain pouvoir d'appréciation. La procédure doit se poursuivre lorsqu'une condamnation apparaît plus vraisemblable qu'un acquittement ou lorsque les probabilités d'acquittement et de condamnation apparaissent équivalentes, en particulier en présence d'infraction grave (ATF
138 IV 86
consid. 4.1.2; ATF
137 IV 285
consid. 2.5; arrêt du Tribunal fédéral
6B_185/2016
du 30 novembre 2016 consid. 2.1.2 et les références). En cas de doute, il appartient donc au juge matériellement compétent de se prononcer (arrêt du Tribunal fédéral
6B_185/2016
du 20 novembre 2016 consid. 2.1.2 et les références).
3.2
. Dans les procédures où l'accusation repose essentiellement sur les déclarations de la victime, auxquelles s'opposent celles du prévenu et lorsqu'il n'est pas possible d'estimer que certaines dépositions sont plus crédibles que d'autres, le principe "in dubio pro duriore" impose en règle générale que le prévenu soit mis en accusation. Cela vaut en particulier lorsqu'il s'agit de délits commis typiquement "entre quatre yeux" pour lesquels il n'existe souvent aucune preuve objective. Il peut toutefois être renoncé à une mise en accusation lorsque la partie plaignante fait des dépositions contradictoires, rendant ses accusations moins crédibles ou encore lorsqu'une condamnation apparaît au vu de l'ensemble des circonstances a priori improbable pour d'autres motifs (ATF
143 IV 241
consid. 2.2.2 p. 243 ; arrêt du Tribunal fédéral
6B_116/2019
du 11 mars 2019 consid. 2.1). Face à des versions contradictoires des parties, il peut être exceptionnellement renoncé à une mise en accusation lorsqu'il n'est pas possible d'apprécier l'une ou l'autre version comme étant plus ou moins plausible et qu'aucun résultat n'est à escompter d'autres moyens de preuve (arrêts du Tribunal fédéral
6B_174/2019
du 21 février 2019 consid. 2.2 et les références citées).
3.3.
L'art. 123 CP réprime les lésions du corps humain ou de la santé qui ne peuvent être qualifiées de graves au sens de l'art. 122 CP. Cette disposition protège l'intégrité corporelle et la santé tant physique que psychique. Elle implique une atteinte importante aux biens juridiques ainsi protégés. À titre d'exemples, la jurisprudence cite l'administration d'injections, la tonsure totale et tout acte qui provoque un état maladif, l'aggrave ou en retarde la guérison, comme les blessures, les meurtrissures, les écorchures ou les griffures, sauf si ces lésions n'ont pas d'autres conséquences qu'un trouble passager et sans importance du sentiment de bien-être (ATF
134 IV 189
consid. 1.1 p. 191 et les références citées ; plus récemment arrêt du Tribunal fédéral
6B_1283/2018
du 14 février 2019 consid. 2.1).
3.4
. Les voies de fait, réprimées par l'art. 126 CP, se définissent comme des atteintes physiques qui excèdent ce qui est socialement toléré et qui ne causent ni lésions corporelles, ni dommage à la santé. Une telle atteinte peut exister même si elle n'a causé aucune douleur physique. Une éraflure au nez avec contusion a été considérée comme une voie de fait; de même une meurtrissure au bras et une douleur à la mâchoire sans contusion (ATF
134 IV 189
consid. 1.2 et 1.3). Ont également été qualifiés de voies de fait : une gifle, un coup de poing ou de pied, de fortes bourrades avec les mains ou les coudes (arrêts du Tribunal fédéral
6B_693/2017
du 24 août 2017 consid. 2.1 ;
6B_1009/2014
du 2 avril 2015 consid. 4.2).
3.5.
Se rend coupable d'injure celui qui aura, par la parole, l'écriture, l'image, le geste ou par des voies de fait, attaqué autrui dans son honneur (art. 177 al. 1 CP).
3.6.
En l'espèce, les parties ont fourni des versions contradictoires, la recourante soutenant avoir été violentée par H_ et une dénommée "I_". H_ conteste toute violence physique ou injure à l'endroit de la recourante. Quant à la dénommée "I_", dont l'existence et donc la présence dans l'appartement est contestée par les mis en cause et par le propre père de la recourante, elle n'a pas été entendue par la police, faute d'avoir pu être identifiée. Si la recourante indique, dans sa réplique, qu'il s'agit de I_, elle ne fournit cependant aucun élément supplémentaire qui permettrait de la localiser pour l'entendre, ce nom n'apparaissant pas dans la base de données de l'Office cantonal de la population.
Si le constat médical produit mentionne certes des blessures légères, rien ne permet de les attribuer à H_, ce d'autant que la recourante elle-même a déclaré que c'était "I_" qui les lui avait infligées. On relèvera en outre que tant H_ que le père de la recourante ont affirmé de manière concordante que la plaignante présentait déjà, à son arrivée, des dermabrasions sur la pommette gauche et qu'elle leur aurait expliqué s'être blessée elle-même la veille des faits litigieux. Cette blessure et la légère éraflure au front ne coïncident au demeurant pas avec ses allégations selon lesquelles "I_" lui aurait tiré les cheveux, violemment saisie et mordue à la taille et griffé le poignet droit.
Ainsi, faute d'autre preuve disponible permettant d'objectiver les faits allégués, les chances d'un acquittement paraissent nettement plus élevées que celles d'une condamnation.
Les mesures d'instruction sollicitées par la recourante ne sont pas propres à modifier ce constat. L'audition des médecins n'est en effet pas de nature à éclaircir les faits litigieux, ceux-ci n'ayant pas assisté aux faits et n'ayant fait que rapporter les propres déclarations de la plaignante.
4.
Justifiée, l'ordonnance
querellée sera donc confirmée.
5.
La recourante, qui succombe, supportera les frais envers l'État, fixés en totalité à CHF 800.- (art. 428 al. 1 CPP et 13 al. 1 du Règlement fixant le tarif des frais en matière pénale, RTFMP ;
E 4 10.03
), étant précisé que l'autorité de deuxième instance est tenue de dresser un état de frais pour la procédure de recours, sans égard à l'obtention ou non de l'assistance judiciaire (arrêt du Tribunal fédéral
1B_203/2011
du 18 mai 2011 consid. 4).
* * * * *