Decision ID: 43aecbad-1e40-5d52-bf11-47be4409eb32
Year: 2010
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_007
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 

EN FAIT
K_ AG a déposé une réquisition de poursuite dirigée contre I_ SA, c/o M. W_, administrateur, Rue D_ x à Genève, afin de recouvrer la somme de 1'816 fr. 85 au titre de factures de télécommunication, 190 fr. 60 au titre d'intérêts de retard, 259 fr. de frais d'encaissement et 45 fr. au titre de vérification de solvabilité, qui a été enregistrée par l'Office des poursuites (ci-après : l'Office) le 8 juillet 2010, sous n° 10 xxxx87 A.
En date du 1
er
novembre 2010, l'Office a procédé à la notification de ce commandement de payer à I_ SA, en mains de M. W_, administrateur. I_ SA a formé opposition totale à ce commandement de payer.
Par acte daté du 3 novembre 2010, I_ SA a porté plainte contre ce commandement de payer, concluant notamment à ce que cette poursuite soit annulée et radiée du registre de l'Office, au motif que la créance en poursuite ne la concerne pas mais la société P_, M. W_, à Genève.
C.a. Bien que la possibilité lui en ait été offerte, K_ AG n'a pas déposé d'observations.
C.b. L'Office a déposé pour sa part son rapport daté du 15 novembre 2010. Il conclut à l'irrecevabilité de cette plainte, considérant que les griefs énoncés relèvent du fond et qu'il n'appartient pas à la Commission de céans de les trancher. En effet, l'Office estime qu'il appartient au juge de la mainlevée de se déterminer sur le bienfondé de la prétention réclamée.

EN DROIT
1. La présente plainte a été formée en temps utile auprès de l’autorité compétente contre une mesure sujette à plainte par une personne ayant qualité pour agir par cette voie (art. 17 LP ; art. 10 al. 1 et 13 LaLP).
Elle est donc recevable.
2.a. Sauf dans les cas où la loi prescrit la voie judiciaire, il peut être porté plainte à l'autorité de surveillance lorsqu'une mesure d'un organe de l'exécution forcée est contraire à la loi ou ne paraît pas justifiée en fait (art. 17 al. 1 LP).
Sous réserve d’un abus de droit manifeste, il n’appartient ni aux offices des poursuites ni aux autorités de surveillance de décider si une prétention est exigée à bon droit ou non (ATF
115 III 18
consid. 3b ; ATF non publié
7B.219/2006
et
7B.220/2006
du 16 avril 2007 consid. 3.3). La plainte ne peut donc jamais aboutir à un jugement sur le fond du droit qui fait l’objet de l’exécution forcée : un tel jugement relève exclusivement de la juridiction civile ou administrative (Pierre-Robert
Gilliéron
, Poursuite pour dettes, faillite et concordat, 4
ème
éd., p. 43).
2.b. En l'espèce, la Commission de céans retient, à teneur de la plainte, que la plaignante conteste devoir les prétentions de sa créancière, mais ne remet aucunement en cause le bien fondé des opérations exécutées par l'Office, dans le respect des dispositions légales en la matière.
Or, comme rappelé ci-dessus, il n'appartient pas à la Commission de céans de revoir la justification des créances à l'origine de la procédure de réalisation forcée et encore moins de se substituer au juge civil pour déterminer si la prétention réclamée l'est à bon escient. Ainsi, la plaignante a préservé ses droits, en formant opposition totale à la poursuite, lorsque le commandement de payer lui a été notifié le 1
er
novembre dernier et il incombera au juge de la mainlevée de se déterminer sur le bienfondé de la créance réclamée.
La plainte doit en conséquence être déclarée irrecevable pour ce motif, aucun abus manifeste de droit, sanctionné le cas échéant par la nullité de la poursuite considérée, n’étant au demeurant établi ni même allégué.
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