Decision ID: adff851c-1a03-5255-8065-2bb2e27a4c1f
Year: 2021
Language: fr
Court: FR_TC
Chamber: FR_TC_006
Canton: FR
Region: Espace_Mittelland
Law Area: penal_law

considérant en fait
A. Par jugement rendu le 9 juillet 2020, le Tribunal pénal de l’arrondissement de la Sarine ( : Tribunal pénal) a reconnu A._ coupable de tentative de lésions corporelles graves, vol, brigandage, dommages à la propriété, recel, violation du domaine secret ou du domaine privé au moyen d’un appareil de prise de vues, contrainte, violation de domicile, empêchement d’accomplir un acte officiel, contravention à la loi fédérale sur les stupéfiants, contravention à la loi fédérale sur le transport de voyageurs et contravention à la loi d’application du code pénal (refuser de décliner son identité ; troubler la tranquillité publique). En conséquence, le prévenu a été condamné respectivement à une peine privative de liberté de 30 mois – dont 6 mois fermes et 24 mois avec sursis pendant 3 ans –, au paiement d'une peine pécuniaire de 40 jours-amende (à CHF 10.- l’unité) – avec sursis pendant 3 ans – et au paiement d’une amende de CHF 1'000.-.
Les premiers juges ont en revanche pris acte de la prescription de l'action pénale eu égard aux chefs de prévention de contravention à la loi fédérale sur les stupéfiants et contravention à la loi fédérale sur le transport de voyageurs s’agissant des faits antérieurs au 9 juillet 2017 et, partant, ont prononcé le classement de la procédure dans cette mesure.
Les premiers juges ont en outre prononcé l’expulsion judiciaire obligatoire de A._ du territoire helvétique pour une durée de 5 ans, avec signalement dans le SIS.
Ce jugement se prononce par ailleurs, outre la question des frais – lesquels ont été intégralement mis à la charge du prévenu –, sur le sort des stupéfiants et des autres biens et objets saisis au cours de l’instruction – lesquels ont été confisqués et, cas échéant, détruits –, ainsi que sur le sort des conclusions civiles formulées par les parties plaignantes.
B. En bref, procédant à une appréciation globale des éléments au dossier, le Tribunal pénal a retenu les faits suivants :
 Le prévenu a voyagé sans titre de transport valable, à 20 reprises, entre le 8 juin 2017 et le 18 janvier 2019, sur une ligne de D._ (cf. jugement entrepris, let. B. et L. p. 6 ss et p. 16) ;
 Le 18 juillet 2017, entre 11h15 et 15h00, le prévenu a causé du scandale en hurlant dans la rue à E._, rue F._, devant le centre commercial G._. Il a en outre refusé de s’identifier et de suivre la police. Les agents présents ont dû le menotter pour l’acheminer au poste de police (cf. jugement entrepris, let. C. p. 8) ;
 Le 31 octobre 2017 vers 23h00, le prévenu, accompagné de trois autres personnes, ont fait chuter B._ à deux reprises entre la gare et H._, à E._, avenue I._. Ils l’ont ensuite roué de coups de poing et de pied lorsqu’il se trouvait au sol. Le téléphone portable et la veste de la victime (valeur totale : CHF 950.-) ont également été endommagés. Au cours de l’agression, le prévenu a frappé B._ à la tête avec une bouteille de J._ en verre. En raison des coups reçus, B._ a souffert d’un traumatisme crânien mineur, d’une plaie de 5 cm et d’une autre plaie de 2 cm au niveau de l’occiput gauche ayant nécessité la pose de 12 agrafes, d’un hématome rétro-auriculaire gauche de 3 cm avec deux égratignures de 2 cm chacune, d’un gonflement avec douleurs au niveau de la face latérale de la main
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droite, ainsi que d’égratignures au niveau de la hanche et du genou gauche (cf. jugement entrepris, let. D. p. 8 s.) ;
Ces faits sont partiellement contestés en appel.
 Entre décembre 2015 et le 10 janvier 2019, le prévenu a consommé une quantité indéterminée de marijuana avec des connaissances lors de soirées à E._ et K._ (cf. jugement entrepris, let. E. p. 10) ;
 Dans la nuit du 10 au 11 mai 2018, le prévenu a pénétré sans droit dans l’école primaire de L._, située à M._, route N._ (cf. jugement entrepris, let. F. p. 10 s.) ;
 Le vendredi 1er juin 2018 à 00h10, le prévenu, O._, P._, Q._, R._ et S._ ont barré le chemin et encerclé T._ à E._, boulevard U._, dans les escaliers reliant la route V._. Ils l’ont ensuite poussé et maintenu contre un mur, avant de le bousculer. Une des personnes présentes a en outre dérobé le portemonnaie de la victime dans la veste de cette dernière (cf. jugement entrepris, let. G. p. 11 s.) ;
 Le 7 juillet 2018 vers 23h00, le prévenu a volé le portemonnaie (contenant CHF 1'600.-) et le téléphone portable W._ appartenant à X._, dans la poche de la jaquette de ce dernier, à E._, avenue I._, devant le restaurant Y._. Le prévenu a ensuite pris la fuite à pied (cf. jugement entrepris, let. H. p. 12 s.) ;
 Le 20 août 2017, Z._, accompagné de AA._ a dérobé un téléphone portable AB._ appartenant AC._ à E._, boulevard U._, dans le restaurant Kebab de la victime. Entre décembre 2017 et le 10 juillet 2018, le prévenu s’est vu remettre d’une manière indéterminée le téléphone portable volé tout en connaissant ou devant supposer son origine douteuse (cf. jugement entrepris, let. I. p. 13) ;
 Le 23 août 2018 entre 10h00 et 10h20, le prévenu s’est introduit dans les toilettes des dames situées à AD._, à E._, boulevard U._. Il a ensuite filmé AE._ avec son téléphone portable lorsque celle-ci se trouvait dans une cabine de toilette. Par la suite, il a pris la fuite à pied lorsque la victime lui a demandé de l’accompagner à la police (cf. jugement entrepris, let. J. p. 13 s.) ;
 Le 7 septembre 2018 vers 21h30, O._, AF._, AG._, AH._, AI._, Q._ et le prévenu ont suivi C._ à E._, rue AJ._, dans le parking privé extérieur situé derrière le bâtiment du boulevard U._. AF._, arrivé en premier sur les lieux, a alors retenu la victime contre une voiture et lui a demandé de l’argent. C._ s’est exécuté en donnant une partie de l’argent qu’il avait sur lui. Par la suite, le prévenu a saisi la victime par le pull et l’a plaquée contre le capot d’une voiture. Il l’a alors fouillée et lui a dérobé la somme CHF 1'000.-, en billets de CHF 100.-, que C._ avait cachée dans son caleçon. Les jeunes gens ont ensuite pris la fuite à pied. Le prévenu, AG._ et AF._ se sont partagés l’argent (cf. jugement entrepris, let. K. p. 14 ss) ;
Ces faits sont partiellement contestés en appel.
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 Le 6 février 2019 vers 21h45, lors d’un contrôle de police à l’arrêt de bus AK._, sur la route AL._, le prévenu a pris la fuite à pied afin de se soustraire au contrôle et a refusé de s’arrêter malgré les injonctions des agents (cf. jugement entrepris, let. M. p. 16 s.).
C. Le 2 septembre 2020, A._ a déposé une déclaration d’appel (motivée) contre le jugement du 9 juillet 2020. Il conclut, principalement, à l’admission de son appel et à la réformation du jugement entrepris, en ce sens qu’il soit acquitté des chefs de prévention de tentative de lésions corporelles graves (cf. point 1.3 de l’acte d’accusation du 7 mars 2019) et brigandage (cf. point 1.10 de l’acte d’accusation du 7 mars 2019) et à ce qu’il soit condamné respectivement pour lésions corporelles simples, d’une part, et pour vol et éventuellement contrainte, d’autre part. En conséquence, il conclut à ce qu’il soit condamné à une peine privative de liberté de 24 mois, avec sursis pendant 3 ans, la peine pécuniaire et l’amende n’étant pas contestées. Ce faisant, il critique la quotité de la peine qui lui a été infligée en première instance uniquement comme conséquence des acquittements demandés et non pas à titre indépendant. A titre principal et subsidiaire, l’appelant conteste par ailleurs l’expulsion judiciaire obligatoire du territoire helvétique pour une durée de 5 ans prononcée à son encontre, ainsi que son signalement dans le SIS. Enfin, il conclut à ce que les frais de la procédure d’appel soient laissés à la charge de l’Etat.
Le 17 septembre 2020, le Ministère public a fait savoir à la Cour qu’il ne présentait ni demande de non-entrée en matière ni appel joint. Les parties plaignantes en ont fait de même implicitement, dès lors qu’elles ne se sont pas manifestées dans le délai qui leur a été imparti à cet effet.
D. La Cour a siégé le 24 février 2021. Ont comparu, au nom de A._, Me Emilie Dafflon, avocate-stagiaire auprès de l’Etude de Me Christian Delaloye, d’une part, et le Procureur général adjoint au nom du Ministère public, d’autre part. L’appelant, bien que régulièrement cité, ne s’est pas présenté.
Me Emilie Dafflon a confirmé les conclusions prises à l’appui de la déclaration d’appel du prévenu du 9 juillet 2020. Le Procureur général adjoint a conclu au rejet de l'appel du prévenu et à la confirmation du jugement entrepris. La procédure probatoire a ensuite été close. Me Emilie Dafflon et le Procureur général adjoint ont plaidé. Me Emilie Dafflon a répliqué. Le Procureur général adjoint a renoncé à dupliquer.

en droit
1.
1.1. A teneur de l'art. 407 al. 1 let. a CPP, l'appel ou l'appel joint est réputé retiré si la partie qui l'a déclaré fait défaut aux débats d'appel sans excuse valable et ne se fait pas représenter. L'art. 407 al. 1 CPP repose sur la considération que celui qui ne se présente pas aux débats d'appel, sans excuse valable, renonce à son droit d'être présent à ces débats, droit dont la privation doit alors être compensée par la possibilité de se faire représenter (ATF 127 I 213 consid. 4). En l'espèce, A._ n'a pas comparu à la séance de ce jour. En revanche, Me Emilie Dafflon, défenseur d'office de l'appelant, était présente, si bien que l'on doit considérer que A._ était dûment représenté. L'art. 407 CPP précité ne s'applique donc pas et les débats peuvent être tenus (arrêt TF 6B_894/2014 du 25 mars 2015 consid. 1.5).
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1.2. L’appel, déposé en temps utile contre un jugement final rendu par un tribunal de première instance (art. 398 al. 1, 399 al. 1 et 3 CPP), est recevable. Le prévenu condamné a qualité pour interjeter appel (art. 104 al. 1 let. a, 382 al. 1 et 399 al. 1 et 3 CPP).
1.3. Saisie d'un appel contre un jugement ne portant pas que sur des contraventions, la Cour d'appel jouit d'un plein pouvoir d'examen sur tous les points attaqués du jugement (art. 398 al. 2 CPP): elle revoit la cause librement en fait, en droit et en opportunité (art. 398 al. 3 CPP; TF, arrêt 6B_319/2015 du 22 décembre 2015 consid. 2.1), sans être liée par les motifs invoqués par les parties ni par leurs conclusions, sauf lorsqu'elle statue sur l'action civile (art. 391 al. 1 CPP). Elle n'examine toutefois que les points attaqués du jugement de première instance, sauf s'il s'agit de prévenir – en faveur du prévenu – des décisions illégales ou inéquitables (art. 404 CPP).
Dans la mesure où l’appelant ne remet pas en cause sa condamnation pour vol, dommages à la propriété, recel, violation du domaine secret ou du domaine privé au moyen d’un appareil de prise de vues, contrainte, violation de domicile, empêchement d’accomplir un acte officiel, contravention à la loi fédérale sur les stupéfiants, contravention à la loi fédérale sur le transport de voyageurs et contravention à la loi d’application du code pénal (refuser de décliner son identité ; troubler la tranquillité publique), le jugement attaqué, sur ce point (ch. 2 du dispositif du jugement attaqué), qui n’est pas non plus contesté par le Ministère public, est entré en force (art. 399 al. 4 et 402 a contrario CPP). Il en va de même des chiffres 1.i-ii. 3.ii-iii. et 5.i.-13. du dispositif du jugement entrepris.
1.4. En principe, la procédure est orale (art. 405 CPP), sauf exceptions, non réalisées en l'espèce (art. 406 al. 1 et 2 CPP). La Cour se fonde sur les preuves administrées pendant la procédure préliminaire et la procédure de première instance (art. 389 al. 1 CPP). Elle peut tout de même répéter l'administration des preuves examinées en première instance si les dispositions en matière de preuves ont été enfreintes, si l'administration des preuves était incomplète ou si les pièces relatives à l'administration des preuves ne semblent pas fiables (art. 389 al. 2 CPP). A l'instar du tribunal de première instance, elle conserve en ces cas la possibilité de faire administrer une nouvelle fois toutes les preuves qui lui sont essentielles pour juger de la culpabilité et de la peine ou qui sont importantes pour forger la conviction intime des membres du tribunal. La Cour d'appel peut également administrer, d'office ou sur requête, les preuves complémentaires nécessaires au traitement du recours (art. 389 al. 3 CPP).
En l’espèce, l’appelant n’a pas requis la réouverture de la procédure probatoire et la Cour ne voit pas de motifs d’y procéder d’office, le dossier étant complet.
2.
Dans un premier moyen (cf. déclaration d’appel, ch. I., p. 6 ss), l’appelant conteste partiellement les faits survenus le 31 octobre 2017, tels que retenus par Tribunal pénal. Selon le prévenu, les faits retenus contre lui ont été établis de manière grossière, approximative et en bloc. S’il admet avoir frappé B._ à la tête avec une bouteille de J._ en verre le jour en question, il conteste en revanche l’avoir roué de coups de poing et de pied lorsqu’il se trouvait au sol. En bref, il fait valoir pour l’essentiel qu’aucun élément au dossier, pas même les déclarations de la victime, ne permettent de retenir cet état de fait (ibidem). En somme, il résulte de ce qui précède qu’il s’en prend à l’établissement des faits, dès lors qu’il invoque une constatation incomplète et erronée des faits et une violation de la présomption d’innocence (cf. plaidoirie de Me Emilie Dafflon en séance).
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2.1. La constatation des faits est incomplète au sens de l’art. 398 al. 3 let. b CPP lorsque toutes les circonstances de fait et tous les moyens de preuve déterminants pour le jugement n’ont pas été pris en compte par le tribunal de première instance. Elle est erronée lorsque le tribunal a omis d’administrer la preuve d’un fait pertinent, a apprécié de manière erronée le résultat de l’administration d’un moyen de preuve ou a fondé sa décision sur des faits erronés, en contradiction avec les pièces, par exemple (CR CPP-KISTLER VIANIN, 2011, art. 398, n. 19).
2.2. La présomption d'innocence, garantie par les art. 14 par. 2 Pacte ONU, 6 § 2 CEDH, 32 al. 1 Cst. et 10 CPP, ainsi que son corollaire, le principe in dubio pro reo, concernent tant le fardeau de la preuve que l'appréciation des preuves au sens large (ATF 144 IV 345 consid. 2.2.3.1 ; 127 I 38 consid. 2a). En tant que règle relative au fardeau de la preuve, la présomption d'innocence signifie que toute personne prévenue d'une infraction pénale doit être présumée innocente jusqu'à ce que sa culpabilité soit légalement établie et, partant, qu'il appartient à l'accusation de prouver la culpabilité de l'intéressé. La présomption d'innocence est violée si le juge du fond condamne l'accusé au motif que son innocence n'est pas établie, s'il a tenu la culpabilité pour établie uniquement parce que le prévenu n'a pas apporté les preuves qui auraient permis de lever les doutes quant à son innocence ou à sa culpabilité ou encore s'il a condamné l'accusé au seul motif que sa culpabilité est plus vraisemblable que son innocence (ATF 127 I 38 consid. 2a ; 124 IV 86 consid. 2a). Cela étant, le juge du fond ne peut retenir un fait défavorable à l'accusé que s'il est convaincu de la matérialité de ce fait, de sorte que le doute profite à l'accusé (ATF 120 Ia 31 consid. 2c). Comme principe présidant à l'appréciation des preuves, la présomption d'innocence est violée si le juge du fond se déclare convaincu de faits défavorables à l'accusé sur lesquels, compte tenu des éléments de preuve qui lui sont soumis, il aurait au contraire dû, objectivement, éprouver des doutes (ATF 127 I 38 et 120 Ia 31, précités). Il ne doit pas s'agir de doutes abstraits ou théoriques, qui sont toujours possibles ; ces principes sont violés lorsque l'appréciation objective de l'ensemble des éléments de preuve laisse subsister un doute sérieux et insurmontable quant à la culpabilité de l'accusé (ATF 127 I 38 et 124 IV 86 précités), autrement dit lorsque le juge du fond retient un état de fait défavorable à l'accusé alors qu'il existe un doute raisonnable quant au déroulement véritable des événements (PIQUEREZ, Traité de procédure pénale suisse, 2ème éd., 2006, n. 705 ; ATF 120 Ia 31 précité).
Il faut donc, pour condamner, que le juge soit intimement convaincu et que cette conviction repose sur des éléments de preuve sérieux, excluant le doute. Le principe de la libre appréciation des preuves prévu à l’art. 10 al. 2 CPP signifie que le juge apprécie souverainement les preuves régulièrement produites, d'après sa conviction. Il fonde sa décision sur les preuves qui lui sont apportées au cours de la procédure préliminaire et des débats (art. 350 al. 2 CPP). Une certitude absolue n'est pas nécessaire ; la conviction subjective du juge suffit, si elle est raisonnablement justifiée. N'importe quel indice peut, suivant les circonstances, emporter la conviction du juge. Seuls cependant des faits établis avec une vraisemblance confinant à la certitude peuvent être mis à la charge de l'accusé. Le juge décide ainsi selon son intime conviction si un fait est établi ou non, avec la force probante qu'il croit pouvoir reconnaître à chaque preuve administrée, voire à un indice, pour autant qu'ils ressortent du dossier (ATF 133 I 33 consid. 2.1). Tout ce qui est demandé au juge est de former raisonnablement sa conviction et d'en donner les motifs (PIQUEREZ, n. 709).
2.3. S’agissant des faits qui se sont déroulés le 31 octobre 2017, procédant à une appréciation globale des éléments au dossier, les premiers juges ont écarté la version des faits présentée par le prévenu, au motif qu’il n’a que mollement contesté la version des faits avancée par le plaignant, dont les déclarations sont apparues claires, constantes et, en définitive, crédibles (cf. jugement entrepris, consid. 3., p. 9).
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2.4. La Cour partage ces différentes considérations et y renvoie expressément (art. 82 al. 4 CPP) pour considérer et retenir, à son tour, que la crédibilité de l’appelant est inconsistante, pour ne pas dire nulle. Force est ainsi de constater que la ligne de défense de l’intéressé se résume à plaider qu’il ne garde aucun souvenir précis de la soirée en question – au motif qu’il était fortement aviné – tout en contestant malgré tout avoir roué de coups de poing et de pied le plaignant lorsque celui-ci s’est retrouvé au sol, ce qui, en soi, est déjà contradictoire.
Dans ces circonstances, c’est en vain que l’appelant dénonce une violation du principe de la présomption d’innocence. Comme cela vient d’être rappelé, dans le système de la libre appréciation des preuves, n'importe quel indice peut, suivant les circonstances, emporter la conviction du juge. Un témoignage peut être préféré à plusieurs autres, même un rapport d'expertise peut faire l'objet d'une appréciation. En cas de parole contre parole ou en cas de versions successives du prévenu, il doit déterminer laquelle des versions est la plus crédible. Examinant ainsi librement les moyens de preuve valablement produits, le juge doit déterminer s'il parvient à une certitude morale, à une intime conviction. La conviction personnelle du juge du fond doit être « approuvable » par tout un chacun, et en premier lieu par les juridictions de recours (CR CPP–VERNIORY, 2011, art. 10 n. 34 s; CORBOZ, In dubio pro reo, in RJB 1993, p. 421 ss). Or, contrairement à ce que prétend l’appelant, le Tribunal pénal a exposé, de manière circonstanciée et convaincante, pourquoi il a fait fi des dénégations du prévenu pour se rallier à la version des faits avancée par le plaignant (cf. jugement entrepris, consid. 3., p. 9).
S’il y a lieu d’admettre, avec l’appelant, que le plaignant ne l’a pas expressément désigné comme étant l’auteur des coups de poing et de pied qu’il a reçus lorsqu’ils se trouvait au sol – il a en effet désigné un individu « portant un foulard vert » (DO/2'465) –, il n’en demeure pas moins qu’il ressort du récit des faits présenté par le plaignant – que la Cour n’a aucune raison de mettre en doute – que le prévenu et trois de ses comparses étaient présents tout au long de l’agression subie par B._ (ibidem). D’ailleurs, c’est bien le prévenu qui, le premier, s’est approché du plaignant pour tenter de le faire chuter au sol (ibidem). Dans ces circonstances, on peut – et doit – raisonnablement admettre que A._ a agi comme coauteur et en bande. En tout état de cause, on ne discerne aucune violation de la présomption d’innocence dans la mesure où les premiers juges n’ont pas retenu que seul le prévenu avait roué de coups de poing et de pied la victime lorsqu’elle s’est retrouvée au sol, mais qu’il était accompagné de trois autres personnes. Par surabondance de motifs, même à admettre que le prévenu n’a pas roué de coups de poing et de pied le plaignant lorsqu’il se trouvait au sol, la tentative de lésions corporelles graves serait néanmoins réalisée du seul fait que le prévenu a frappé B._ à la tête avec une bouteille de J._ en verre – ce qu’il ne conteste d’ailleurs plus –, comme on y reviendra plus avant (cf. infra consid. 3.3.).
Compte tenu de l’ensemble de ce qui précède et tout particulièrement de l’absence totale de crédibilité du prévenu et, corollairement, de ses dénégations dépourvues de consistance, la Cour retient que, le 31 octobre 2017 vers 23h00, le prévenu, accompagné de trois autres personnes, ont fait chuter B._ à deux reprises entre la gare et H._, à E._, avenue I._. Ils l’ont ensuite roué de coups de poing et de pied lorsqu’il se trouvait au sol. Le téléphone portable et la veste de la victime (valeur totale : CHF 950.-) ont également été endommagés. Au cours de l’agression, le prévenu a frappé B._ à la tête avec une bouteille de J._ en verre. En raison des coups reçus, B._ a souffert d’un traumatisme crânien mineur, d’une plaie de 5 cm et d’une autre plaie de 2 cm au niveau de l’occiput gauche ayant nécessité la pose de 12 agrafes, d’un hématome rétro-auriculaire gauche de 3 cm avec deux égratignures de 2 cm chacune, d’un gonflement avec douleurs au niveau de la
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face latérale de la main droite, ainsi que d’égratignures au niveau de la hanche et du genou gauche.
Il s’ensuit le rejet de l’appel sous l’angle de l’établissement des faits.
3. L’appelant conteste sa condamnation pour tentative de lésions corporelles graves également sous l’angle de la qualification juridique des faits. A cet égard, il fait valoir pour l’essentiel qu’il n’est pas établi qu’il ait voulu provoquer chez sa victime une lésion corporelle grave, aucun résultat de la sorte n’ayant en l’espèce été constaté. La loi prévoyant déjà l’utilisation d’un objet dangereux à l’art. 123 ch. 2 al. 2 CP, c’est cette qualification qui aurait dû être privilégiée. Il affirme pour le surplus qu’il a frappé B._ à la tête au moyen d’une bouteille vide, et ce, à une seule reprise ou encore que le coup en question a été asséné avec une force modérée et sans acharnement, de sorte que le risque de causer des lésions corporelles graves était infime, selon lui, tellement infime qu’il ne saurait être retenu qu’il avait la volonté de provoquer de telles lésions (cf. déclaration d’appel, consid. 2., p. 8 ss et plaidoirie de Me Emilie Dafflon en séance).
3.1. A titre liminaire, en tant que l’appelant fonde son argumentation non sur la base des faits retenus par le Tribunal pénal – et repris à son compte par la Cour –, dont il n'a pourtant pas démontré la fausseté (cf. supra consid. 2.), mais sur la base de faits qu’il invoque librement (il en va notamment ainsi lorsque le prévenu conteste avoir roué de coups de poing et de pied le plaignant lorsque celui-ci s’est retrouvé au sol au cours de leur altercation), il n'articule aucun grief recevable tiré de l'application erronée du droit matériel, de sorte que son grief tombe à faux. En tout état de cause, compte tenu du contexte factuel décrit plus haut et comme on y reviendra plus avant (cf. infra consid. 3.3.), l’appelant n’est tout simplement pas crédible lorsqu’il affirme qu’il n’a jamais eu l’intention, même sous l’angle du dol éventuel, de causer des lésions corporelles graves au plaignant. Pour le surplus, en tant que l’appelant s’en prend à l’établissement des faits, la Cour se limitera à renvoyer à ce qui a dit plus haut à ce sujet, dès lors que l’appelant se borne, une nouvelle fois, à répéter des griefs déjà soulevés (cf. supra consid. 2).
3.2. Le Tribunal pénal a exposé de manière exhaustive les énoncés de fait légaux et la jurisprudence relative à la tentative (art. 22 CP) et à l’infraction réprimée par l’art. 122 CP (cf. jugement attaqué, ch. V., p.18 ss). On peut dès lors se limiter, tout en renvoyant au jugement entrepris sur ce point (ibidem), à rappeler que les infractions de lésions corporelles peuvent être commises par dol éventuel, élément subjectif qui est réalisé lorsque l’auteur envisage le résultat dommageable, mais agit néanmoins, même s’il ne le souhaite pas, parce qu’il s’en accommode pour le cas où il se produirait (ATF 135 IV 152 consid. 2.3.2 ; ATF 130 IV 58 consid. 8.2 ; ATF 125 IV 242 consid. 3c). Déterminer ce qu’une personne a su, envisagé, voulu ou accepté relève des constations de faits. Est en revanche une question de droit, celle de savoir si l’autorité concernée s’est fondée sur une juste conception du dol éventuel et si elle l’a correctement appliquée au vu des éléments retenus (ATF 125 IV 242 consid. 3c).
3.3. En l’espèce, les premiers juges se sont fondés sur l’importance du risque généré par le comportement délictueux pour retenir l’intention d’infliger des lésions graves. Ils ont pris en considération les caractéristiques de l’objet employé par le prévenu – soit une bouteille en verre –, la zone du corps de la victime visée – à savoir la tête –, le contexte de l’altercation litigieuse – qui se caractérise par des actes de violence gratuite non provoqués par la victime – et la nature des blessures subies par le plaignant qui se situent à la limite supérieure de la notion de lésions corporelles simples. Cette appréciation est adéquate. On peut relever d’abord que le prévenu est également condamné dans un autre cas pour brigandage – cas qu’il conteste également – pour
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avoir usé de violence pour commettre un vol (cf. infra consid. 4). Tout comme dans le cas ici contesté, la détermination de l’intention de l’auteur ne réside pas sur ses aveux, mais sur l’importance du risque assumé. Comme pour les coups de poing et de pied administrés, chacun sait que le comportement reproché, à savoir frapper quelqu’un à la tête avec une bouteille en verre, est susceptible d’engendrer des blessures graves de nature à mettre en danger la vie ou défigurer de manière grave la personne qui reçoit un tel coup, en particulier s’il atteint la victime à la tête, comme en l’espèce.
Compte tenu de la violence déployée, encore confirmée par l’acharnement qui a suivi lorsque, dans un deuxième temps, les auteurs ont rattrapé la victime et l’ont rouée de coups de poing et de pied lorsqu’elle se trouvait au sol, l’intention d’infliger des lésions graves ne fait aucun doute, à tout le moins par dol éventuel. Comme la victime n’a en définitive subi que des lésions corporelles simples, l’infraction est demeurée au stade de la tentative. L’infraction de tentative de lésions corporelles graves est ainsi réalisée.
Il s’ensuit le rejet de l’appel sous cet angle également.
4.
L’appelant conteste ensuite partiellement les faits survenus le 7 septembre 2018, tels que retenus par les premiers juges (cf. déclaration d’appel, ch. II, point 1., p. 13 ss). Selon le prévenu, les faits retenus contre lui ont, une fois encore, été établis de manière grossière, approximative et en bloc. En bref, il ne conteste pas avoir fouillé C._ et lui avoir dérobé la somme de CHF 1'000.-, en billets de CHF 100.-, que celui-ci cachait dans son caleçon. Il conteste en revanche avoir usé de menace ou de violence pour arriver à ses fins, de même qu’il conteste avoir exercé une quelconque pression visant à mettre la victime hors d’état de résister. A cet égard, il fait valoir pour l’essentiel qu’au moment où il est arrivé sur les lieux, C._ était déjà maintenu contre une voiture par l’un de ses comparses. Il prétend donc s’être servi et être immédiatement parti. En somme, il résulte de ce qui précède qu’il s’en prend à l’établissement des faits, dès lors qu’il invoque une constatation incomplète et erronée des faits et une violation de la présomption d’innocence (cf. plaidoirie de Me Emilie Dafflon en séance).
4.1. S’agissant des faits qui se sont déroulés le 7 septembre 2018, procédant à une appréciation globale des éléments au dossier, les premiers juges ont écarté la version des faits présentée par le prévenu, au motif qu’elle entrait en totale contradiction avec celle avancée par le plaignant notamment, dont les déclarations sont apparues claires, constantes et, en définitive, crédibles (cf. jugement entrepris, let. K, p. 14 s.).
4.2. La Cour partage ces différentes considérations et y renvoie expressément (art. 82 al. 4 CPP) pour considérer et retenir, à son tour, que la crédibilité de l’appelant est une fois encore inconsistante, pour ne pas dire nulle. Ainsi, le prévenu n’est tout simplement pas crédible lorsqu’il prétend qu’il aurait joué un rôle largement passif, se cantonnant à un rôle de simple observateur pendant que l’un de ses comparses – soit AF._ – molestait la victime, avant de se servir et de prendre la fuite. Un tel rôle est en effet incompatible avec le butin qu’il admet lui-même avoir pris, soit CHF 1'000.-, ce qui représente l’essentiel de l’argent que la victime avait sur elle et laisse, bien au contraire, supposer que l’appelant a occupé un rôle de premier plan et pas simplement celui d’opportuniste, comme il espère nous le faire croire. Par surabondance de motifs, à suivre ses propres explications, l’appelant ne conteste que mollement les violences exercées sur la victime puisqu’il admet qu’il s’est servi « en maintenant le plaignant contre la voiture le temps de
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prendre l’argent dans son pantalon », soit en faisant usage de contrainte (cf. déclaration d’appel, p. 17, notamment).
Dans ces circonstances, c’est en vain que l’appelant dénonce une violation du principe de la présomption d’innocence. Compte tenu de ce qui précède, en particulier de l’absence totale de crédibilité du prévenu, la Cour retient que, le 7 septembre 2018 vers 21h30, O._, AF._, AG._, AH._, AI._, Q._ et le prévenu ont suivi C._ à E._, rue AJ._, dans le parking privé extérieur situé derrière le bâtiment du boulevard U._. AF._, arrivé en premier sur les lieux, a alors retenu la victime contre une voiture et lui a demandé de l’argent. C._ s’est exécuté en donnant une partie de l’argent qu’il avait sur lui. Par la suite, le prévenu a saisi la victime par le pull et l’a plaquée contre le capot d’une voiture. Il l’a alors fouillée et lui a dérobé la somme CHF 1'000.-, en billets de CHF 100.-, que C._ avait cachée dans son caleçon. Les jeunes gens ont ensuite pris la fuite à pied. Le prévenu, AG._ et AF._ se sont partagés l’argent.
Il s’ensuit le rejet de l’appel sous l’angle de l’établissement des faits.
5.
Enfin, l’appelant conteste sa condamnation pour brigandage faisant valoir que les éléments constitutifs de cette infraction ne seraient pas non plus réalisés. S’il reconnait avoir maintenu « le plaignant contre la voiture le temps de prendre l’argent dans son pantalon », il conteste, en revanche, que son comportement ait atteint une intensité suffisante au regard de l’art. 140 al. 1 CP. Il conteste en particulier avoir brisé la résistance de la victime avec violence et que cette violence n’aurait pas été de nature à rendre le plaignant complètement incapable de se défendre. Il requiert d’être condamné pour vol, cas échéant, en concours avec l’infraction de contrainte (art. 181 CP), et non pour brigandage (cf. plaidoirie de Me Emilie Dafflon en séance).
Cette argumentation ne saurait être suivie. En premier lieu, la qualification juridique qu’il propose – soit de qualifier les faits retenus contre lui de vol avec contrainte – est non seulement erronée, mais bien plus encore, elle est un non-sens puisque, faut-il le rappeler, l’infraction de brigandage réprimée par l’art. 140 CP n’est rien d’autre qu’une forme aggravée de l’infraction de vol impliquant l’usage d’un moyen de contrainte, celle-là absorbant celles-ci (PC CP, 2017, 2ème éd.,art. 140 n. 9).
Par surabondance de motifs, même à admettre qu’il s’est limité à maintenir « le plaignant contre la voiture le temps de prendre l’argent dans son pantalon » – ce qui, quoi qu’il en pense, peut et doit être considéré comme un acte de contrainte (cf. supra consid. 4.2.) –, l’infraction de brigandage serait de toute façon réalisée. En effet, contrairement à ce qu’il semble croire ou, à tout le moins, soutenir, le fait de mettre la victime hors d’état de résister réalise déjà le brigandage, l’usage de la violence étant un mode de commission alternatif, mais pas une condition supplémentaire à la mise hors d’état de résister. Or, dans le cas présent, il suffit de rappeler que le prévenu et pas moins de 6 de ses comparses ont suivi le plaignant depuis la gare et, du propre aveu de l’appelant, au moins l’un d’entre eux, à savoir AF._, a fait usage de violence à l’égard C._. Dans ces circonstances, compte tenu du fait également que le prévenu et ses comparses étaient en supériorité numérique et du fait qu’ils ont encerclé la victime, on peut et doit raisonnablement admettre que celle-ci a été mise hors d’état de résister.
En réalité, il résulte de la motivation de l’appelant qu’il s’en prend, une nouvelle fois, essentiellement – pour ne pas dire exclusivement – à l’établissement des faits, dès lors qu’il se
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limite à articuler l’essentiel de son argumentation non sur la base des faits retenus par le Tribunal pénal – et repris à son compte par la Cour –, dont il n'a pourtant pas démontré la fausseté (cf. supra consid. 4.), mais sur la base de faits qu’il invoque librement (il en va notamment ainsi lorsque le prévenu conteste avoir usé de violence). Ce faisant, il n'articule aucun grief recevable tiré de l'application erronée du droit matériel, de sorte que son grief tombe à faux. Par voie de conséquence, la Cour se limitera à renvoyer à ce qui a été dit plus haut à ce sujet, dès lors que l’appelant se borne, une nouvelle fois, à répéter des griefs déjà soulevés (cf. supra consid. 4).
Il s’ensuit le rejet de l’appel sous cet angle également.
6.
La culpabilité de l’appelant est confirmée en appel. L’appelant n'allègue cependant pas contester la quotité de la peine à titre indépendant, à tout le moins, il ne motive aucunement ce grief. La Cour n’est ainsi pas tenue de revoir la peine prononcée par les premiers juges à titre indépendant (cf. arrêt TF 6B_419/2014 du 9 janvier 2015 consid. 2.3). Au demeurant, il ne ressort pas du dossier que la fixation de la peine, telle qu’opérée par le Tribunal pénal, apparaîtrait comme illégale ou inéquitable (art. 404 al. 2 CPP).
7.
L'appelant conteste encore l'expulsion prononcée à son encontre. Il se prévaut de la clause de rigueur. En bref, il fait valoir qu'en raison des liens qu'il entretient avec ses deux parents et ses frères – lesquels vivent en Suisse et constituent sa seule famille proche –, du fait qu’il est arrivé en Suisse en 2008 (recte : 2010 ; cf. DO/2’253) à l’âge de 12 ans – où il a effectué le solde de sa scolarité obligatoire –, du fait qu’il cherche assidument une place d’apprentissage – et, plus généralement, un emploi stable – et compte tenu de son absence d’antécédents, un renvoi dans son pays d’origine le placerait dans une situation personnelle grave, ce d’autant qu’il n’y est plus retourné depuis son arrivée en Suisse. Dans ce contexte, il évoque également la situation géopolitique à AM._ et le risque d’être enrôlé dans l’armée et rappelle que la situation sous l’angle des droits humains est préoccupante dans ce pays, en particulier au sein de l’armée. En définitive, il soutient que l'intérêt public à son expulsion ne l'emporte pas sur son intérêt privé à rester en Suisse dans le cas particulier (cf. déclaration d’appel, ch. III. p. 20 ss).
7.1. Le Tribunal pénal a correctement et exhaustivement exposé les énoncés de faits légaux, la doctrine et la jurisprudence relatifs à l’expulsion judiciaire obligatoire prévue par l’art. 66a CP (cf. jugement entrepris, ch. VIII., p. 41 ss), si bien qu’il suffit d’y renvoyer, tout en rappelant qu’aux termes de l'art. 66a al. 1 let. b et c CP, le juge expulse de Suisse l'étranger qui est condamné notamment pour lésions corporelles graves (art. 122 CP) et/ou pour brigandage (art. 140 CP).
Selon l'art. 66a al. 2 CP, le juge peut exceptionnellement renoncer à une expulsion lorsque celle-ci mettrait l'étranger dans une situation personnelle grave et que les intérêts publics à l'expulsion ne l'emportent pas sur l'intérêt privé de l'étranger à demeurer en Suisse. A cet égard, il tiendra compte de la situation particulière de l'étranger qui est né ou qui a grandi en Suisse.
Ainsi, l'art. 66a CP prévoit l'expulsion « obligatoire » de l'étranger condamné pour l'une des infractions ou combinaison d'infractions listées à l'al. 1, quelle que soit la quotité de la peine prononcée à son encontre. L'expulsion est donc en principe indépendante de la gravité des faits retenus (ATF 144 IV 332 consid. 3.1.3 ; arrêt TF 6B_506/2017 du 14 février 2018 consid. 1.1).
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En règle générale, il convient d'admettre l'existence d'un cas de rigueur au sens de l'art. 66a al. 2 CP lorsque l'expulsion constituerait, pour l'intéressé, une ingérence d'une certaine importance dans son droit au respect de sa vie privée et familiale garanti par la Constitution fédérale (art. 13 Cst.) et par le droit international, en particulier l'art. 8 CEDH (arrêt TF 6B_143/2019 du 6 mars 2019 consid. 3.3.1 ; arrêt TF 6B_724/2018 du 30 octobre 2018 consid. 2.3.2 ; arrêt TF 6B_371/2018 du 21 août 2018 consid. 2.5).
En recourant à la notion de cas de rigueur dans le cadre de l'art. 66a al. 2 CP, le législateur a fait usage d'un concept ancré depuis longtemps dans le droit des étrangers. Compte tenu également du lien étroit entre l'expulsion pénale et les mesures de droit des étrangers, il est justifié de s'inspirer, de manière générale, des critères prévus par l'art. 31 al. 1 OASA (Ordonnance relative à l'admission, au séjour et à l'exercice d'une activité lucrative du 24 octobre 2007 ; RS 142.201) et de la jurisprudence y relative dans le cadre de l'application de l'art. 66a al. 2 CP (ATF 144 IV 332 consid. 3.3.2 ; arrêt TF 6B_143/2019 du 6 mars 2019 consid. 3.3.1 ; arrêt TF 6B_627/2018 du 22 mars 2019 consid. 1.3.5). Cette disposition commande de tenir compte notamment de l'intégration du requérant, du respect de l'ordre juridique suisse par le requérant, de la situation familiale, particulièrement de la période de scolarisation et de la durée de la scolarité des enfants, de la situation financière ainsi que de la volonté de prendre part à la vie économique et d'acquérir une formation, de la durée de la présence en Suisse, de l'état de santé ainsi que des possibilités de réintégration dans l'Etat de provenance. Comme la liste de l'art. 31 al. 1 OASA n'est pas exhaustive et que l'expulsion relève du droit pénal, le juge devra également, dans l'examen du cas de rigueur, tenir compte des perspectives de réinsertion sociale du condamné (ATF 144 IV 332 consid. 3.3.2 et les références doctrinales citées ; arrêt TF 6B_143/2019 du 6 mars 2019 consid. 3.3.1 ; arrêt TF 6B_627/2018 du 22 mars 2019 consid. 1.3.5).
7.2. Selon la jurisprudence, pour se prévaloir du respect au droit de sa vie privée au sens de l'art. 8 par. 1 CEDH, l'étranger doit établir l'existence de liens sociaux et professionnels spécialement intenses avec la Suisse, notablement supérieurs à ceux qui résultent d'une intégration ordinaire. Le Tribunal fédéral n'adopte pas une approche schématique qui consisterait à présumer, à partir d'une certaine durée de séjour en Suisse, que l'étranger y est enraciné et dispose de ce fait d'un droit de présence dans notre pays. Il procède bien plutôt à une pesée des intérêts en présence, en considérant la durée du séjour en Suisse comme un élément parmi d'autres et en n'accordant qu'un faible poids aux années passées en Suisse dans l'illégalité, en prison ou au bénéfice d'une simple tolérance (cf. ATF 134 II 10 consid. 4.3 ; arrêt TF 6B_143/2019 du 6 mars 2019 consid. 3.3.2 et les arrêts cités). Par ailleurs, les relations visées par l'art. 8 par. 1 CEDH en matière de « vie familiale » sont avant tout celles qui concernent la famille dite nucléaire, soit celles qui existent entre époux ainsi qu'entre parents et enfants mineurs vivant en ménage commun (ATF 144 II 1 consid. 6.1 ; ATF 135 I 143 consid. 1.3.2 ; arrêt TF 6B_143/2019 du 6 mars 2019 consid. 3.3.2).
7.3. Le juge doit fixer la durée de l'expulsion dans la fourchette prévue de cinq à quinze ans, en tenant compte du principe de la proportionnalité (Message du 26 juin 2013 concernant une modification du Code pénal et du Code pénal militaire, FF 2013 5416). Le critère d’appréciation est la nécessité de protéger la société pendant un certain temps en fonction de la dangerosité de l’auteur, du risque qu’il récidive, de la gravité des infractions qu’il est susceptible de commettre à l’avenir et des liens d’attache avec le pays d’accueil (cf. arrêt TF 6B_1043/2017 du 14 août 2018 consid. 3.1.3 ; arrêt TF 6B_861/2018 du 24 octobre 2018 consid. 2.6 ; GRODECKI/JEANNERET, L’expulsion judiciaire, in : DUPONT/KUHN [ÉD.], Droit pénal, Evolutions en 2018, p. 149).
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7.4. En l’espèce, le Tribunal pénal a retenu « que le prévenu est en Suisse depuis 2010. Il est célibataire et sans enfant. Ses parents et son frère sont en Suisse ; toutefois, il n’a que très peu de contact avec son géniteur. Il n'est au bénéfice d'aucune formation. Il n'a dès lors aucune attache particulière en Suisse. A._ a déjà été condamné à deux reprises par la Justice pénale des mineurs. Ce jour, il a été condamné notamment pour des infractions de violence. De plus, il n’a aucun projet concret pour son avenir » (cf. jugement entrepris, consid. 8.ii., p. 44).
Ces différentes considérations sont pertinentes et il n’y a pas lieu d’y revenir. L’appelant ne les conteste d’ailleurs que mollement dans la mesure où il évoque surtout la situation géopolitique préoccupante qui prévaut à AM._. Quoi qu’il en soit, il ressort indubitablement du dossier de la cause qu’il ne peut pas se prévaloir d'une intégration particulièrement réussie en Suisse. Quand bien même il y réside depuis 10 ans – soit depuis août 2010 (DO/2'253) –, il ne justifie d’aucune formation aboutie et est actuellement soutenu financièrement par les services sociaux. Certes, il est au bénéfice d’un permis B, mais il n’a trouvé aucune place d’apprentissage et aucun emploi à ce jour. S’il n’a pas de fortune, le prévenu a en revanche des dettes auprès des services sociaux. En somme, sous réserve de sa relation avec ses parents et ses frères, comme on y reviendra ci-après, il doit être retenu que l'appelant n’a pas été en mesure d'établir l'existence de liens sociaux particulièrement intenses en Suisse.
Il est vrai en revanche que les parents et les frères de l’appelant vivent en Suisse, ils constituent sa seule famille proche. Il est indéniable que son expulsion aura un impact significatif sur leurs relations réciproques. Cela étant, ces seuls intérêts privés ne suffisent pas à contrebalancer l’intérêt public à son expulsion, ce d’autant qu’il ressort de la récente jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme que, si la situation générale des droits humains à AM._ reste certes préoccupante, elle ne représente pas en tant que tel un obstacle au renvoi (cf. jugement CEDH du 20 septembre 2017, cas n° 41282/16, § 70).
Dans ses dernières jurisprudences, le Tribunal administratif fédéral relève, quant à lui, qu’en cas de retour d’un AM._ dans son pays, un risque majeur de sanction ne peut être admis qu’en présence de facteurs qui font apparaître l’intéressé comme une personne indésirable aux yeux des autorités de AM._, notamment parce qu’il a été identifié comme un opposant au régime ou a occupé une fonction en vue avant de quitter le pays, a déserté ou encore a été reconnu comme réfractaire au service militaire (cf. notamment arrêt TAF E-6449/2017 du 18 avril 2019, consid. 4.2 et les réf. citées; arrêt TAF E-4429/2017 du 17 avril 2019, consid. 5.2; arrêt TAF E-5022/2017 du 10 juillet 2018, consid. 6.1.6). Il rappelle en outre que si la sanction infligée en cas d’insoumission ou de désertion s’accompagne en général d’une incarcération dans des conditions inhumaines, et souvent des tortures – la désertion et le refus de servir étant considérés comme une manifestation d’opposition au régime –, la crainte d’une telle sanction n’est fondée que si la personne en cause a déjà été concrètement en contact avec l’autorité militaire ou avec une autre autorité et si ce contact laissait présager un prochain recrutement (par exemple à la suite de la réception d’une convocation de l’armée ; cf. arrêt TAF E-6449/2017 précité, consid. 3.7 et les réf. citées). Enfin, le Tribunal administratif fédéral considère qu’une éventuelle incorporation dans le service national après le retour à AM._ n’expose pas l’intéressé au risque d’être soumis à un traitement inhumain ou dégradant au sens de l’art. 3 CEDH (cf. arrêt TAF E-6449/2017 précité, consid. 6.6 et les réf. citées). Au vu de ces différentes jurisprudences, il apparaît donc que l’appelant, qui n’entre dans aucune des catégories à risque définies par le Tribunal administratif fédéral, ne serait pas exposé à un danger immédiat pour son intégrité physique en cas de retour à AM._.
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Cela étant, il est vrai que, sans être nulles, ses perspectives de réinsertion à AM._ semblent ténues, pour ne pas dire toutes relatives. Toutefois, elles n’apparaissent pas plus élevées en Suisse dans la mesure où l’intéressé n’a pas été en mesure d’acquérir une formation et dès lors qu’il n’a aucun projet concret pour son avenir. S’il est néanmoins parvenu à entreprendre un apprentissage en 2016, il l’a interrompu depuis et n’a pas retrouvé d’autre place d’apprentissage par la suite. Depuis sa libération au mois de décembre 2018, le prévenu dit avoir recherché du travail. Pour corroborer ses dires, il a produit un curriculum vitae et une lettre de motivation, non datée, sans que l’on comprenne quel poste et quelle entreprise étaient visés par sa candidature spontanée (cf. bordereau complémentaire de pièces du 24 février 2021). Quoi qu’il en soit, force est de constater qu’il n’a trouvé aucun emploi à ce jour et qu’il émarge actuellement à l’aide sociale. Enfin, il y a lieu de prendre en considération le fait que l’appelant ne dispose que d’un permis B et il n’est pas exclu qu’il ne soit pas renouvelé à l’avenir en raison de sa condamnation. On doit en conclure que malgré son relativement long séjour en Suisse, l’intéressé n’est absolument pas intégré socialement et professionnellement.
On constate en outre que l’appelant a été confronté très jeune à la justice pénale. S’il est exact que le prévenu n’a pas fait l’objet d’une nouvelle condamnation et que son casier judicaire ne mentionne que la présente procédure, il n’en demeure pas moins qu’il ressort du dossier de la cause qu’il a déjà été condamné à deux reprises par la Justice pénale des mineurs. On relèvera également que le prévenu a fait l’objet de plusieurs arrestations et/ou détentions pour des motifs de sûretés, sans que cela n'infléchisse en rien sa dynamique délictueuse. Ce parcours révèle que l’appelant est ancré dans la délinquance, qu’il est incapable de respecter l’ordre juridique suisse et qu’il représente un danger sérieux pour la sécurité publique.
En définitive, compte tenu de l’intégration médiocre de l’appelant en Suisse, de son ancrage dans la délinquance et de son incapacité de respecter l’ordre juridique suisse, l’intérêt public à l’expulsion doit l’emporter sur son intérêt privé à demeurer en Suisse.
Quant à la durée de l’expulsion de 5 ans, elle ne peut qu’être confirmée dans la mesure où il s’agit du minimum prévu par la loi (cf. art. 66a al. 1 CP). D’autre part, elle tient adéquatement compte de la gravité des infractions reprochées au prévenu et prend suffisamment en considération les liens du prévenu avec la Suisse, en particulier ceux qu’il entretient avec sa famille proche.
Il s’ensuit le rejet de l’appel sur ces différents points.
8.
Selon l'art. 426 al. 1 CPP, le prévenu supporte les frais de procédure de première instance s'il est condamné. Quant aux frais d'appel, ils sont à la charge des parties dans la mesure où elles ont obtenu gain de cause ou succombé (art. 428 al. 1 CPP); si elle rend une nouvelle décision, l'autorité d'appel se prononce également sur les frais fixés par l'autorité inférieure (art. 428 al. 3 CPP).
8.1. En l’espèce, une autre répartition des frais judiciaires de première instance ne se justifie pas, dès lors que le jugement entrepris est intégralement confirmé en appel.
Quant aux frais de la procédure d’appel, ils doivent être mis à la charge de A._, qui succombe. Ils sont fixés à CHF 2’200.- (émolument: CHF 2’000.-; débours: CHF 200.-), hors frais de défense d'office.
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8.2. Les débours comprennent notamment les frais imputables à la défense d’office et à l’assistance judiciaire gratuite (art. 422 al. 2 let. a CPP), qui sont dans un premier temps supportés par l’Etat puis remboursés par le prévenu si sa situation financière le permet (art. 135 al. 1 et 4 CPP). Le tribunal qui statue au fond fixe l’indemnité à la fin de la procédure, conformément au tarif du canton du for du procès (art. 135 al. 1 et 2 CPP).
Selon l'art. 57 al. 1 et 2 RJ, l'indemnité du défenseur d'office doit être fixée compte tenu du travail requis ainsi que de l'importance et de la difficulté de l'affaire, sur la base d'un tarif horaire de CHF 180.-. Si l’affaire est essentiellement traitée par un stagiaire, les opérations qu’il a menées sont rémunérées sur la base d’une indemnité horaire de CHF 120.-. Les courriers et téléphones qui ne sortent pas d'une simple gestion administrative du dossier peuvent, par application analogique de l'art. 67 RJ, être indemnisés par une indemnité forfaitaire de CHF 500.- au maximum. Les débours nécessaires sont remboursés au prix coûtant, les frais de copie, de port et de téléphone étant toutefois fixés forfaitairement à 5% de l'indemnité de base (art. 58 RJ). Le taux de la TVA est de 8 % pour les opérations antérieures au 1er janvier 2018 et de 7.7 % pour les opérations postérieures (art. 25 al. 1 LTVA). Les frais de déplacement, englobant tous les frais (transports, repas, etc.), ainsi que le temps y consacré, sont fixés conformément aux art. 76 ss RJ, qui prévoient que les avocats ou leurs stagiaires ont droit à une indemnité de CHF 2.50 par kilomètre parcouru pour les déplacements à l'intérieur du canton. Quant aux déplacements en ville de Fribourg pour un avocat qui y a son étude, ils sont indemnisés par un forfait de CHF 30.- (art. 77 al. 4 RJ).
8.3. Sur la base de la liste de frais produite aujourd’hui en séance, la Cour fait globalement droit aux prétentions de Me Christian Delaloye – sauf à réduire de 2 heures la durée effective de la séance de ce jour – pour retenir que sa stagiaire a consacré utilement 17.41 heures à la défense du prévenu. Aux honoraires d’un montant de CHF 2'089.20 (à un tarif CHF 120.-/h) s’ajoutent un forfait correspondance de CHF 200.-, un montant de CHF 114.45 pour les débours (5 %) et les frais de vacation par CHF 30.-. Ce montant total de CHF 2'433.65.- est soumis à la TVA de 7.7 %, soit CHF 187.40, de sorte que l’indemnité de Me Christian Delaloye, pour la procédure d’appel, est fixée à CHF 2'621.05, TVA comprise.
En application de l’art. 135 al. 4 CPP, A._ sera tenu de rembourser cette indemnité à l'Etat dès que sa situation financière le permettra.
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