Decision ID: 34d95188-a390-5d64-885d-bf6a85a3f583
Year: 2020
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_005
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 

EN FAIT
A.
Le 1
er
novembre 2019, A_ (ci-après : le recourant) a sollicité l'assistance juridique pour une action en responsabilité dirigée contre C_ [compagnie d'assurances] et D_ SA (C/1_/2019), formée pour un dommage allégué de plus de
400'000 fr.
B.
Par décision du 2 décembre 2019, reçu le 6 du même mois par le recourant, le Vice-président du Tribunal civil a admis le recourant au bénéfice de l'assistance juridique avec effet au 1
er
novembre 2019 limité à la prise en charge des frais judiciaires de
1
ère
instance (ch. 1 du dispositif), réservé le réexamen de sa situation financière à l'issue et attiré son attention sur le fait que les montants obtenus devront être prioritairement affectés au remboursement des prestations de l'Etat (ch. 2) et rejeté la demande en ce qu'elle concernait la rémunération de Me B_ (ch. 3).
Il a été retenu que les revenus du recourant totalisaient 3'209 fr. (rentes AI, SUVA et E_ [compagnie d'assurances]) et que ses charges mensuelles étaient de 1'765 fr. comprenant la participation au loyer de sa concubine (700 fr.), l'abonnement de bus au tarif invalide (45 fr.), l'entretien de base selon les normes OP pour une vie en communauté (850 fr.), augmenté de 20% (170 fr.). Il disposait ainsi d'un disponible mensuel de 1'444 fr. qui lui permettait d'assumer les honoraires de son avocat, au besoin par mensualités. En revanche, son solde était insuffisant pour qu'il puisse s'acquitter de frais judiciaires qui lui étaient réclamés, ceux d'introduction s'élevant à 24'000 fr.
C.
a.
Recours est formé contre cette décision, par acte expédié le 16 décembre 2019 à la Présidence de la Cour de justice. Le recourant conclut, sous suite de frais et dépens, à ce que son recours soit déclaré recevable, à être mis au bénéfice de l'assistance juridique y compris pour la prise en charge des honoraires de son avocat dans la procédure C/1_/2019, à être autorisé à compléter son mémoire et au déboutement de tout tiers de toutes autres ou contraire conclusion.
Il reproche au premier juge de ne pas avoir tenu compte de la haute complexité de la procédure, dont l'instruction s'annonçait, selon lui, extrêmement longue, notamment par de probables échanges pluraux d'écritures. Il était ainsi manifeste qu'il n'aurait pas les moyens d'assumer les coûts de son avocat, quand bien même il effectuerait des paiements mensuels. A cela s'ajoutait que s'il devait succomber au procès, il se retrouverait dans l'impossibilité de régler la participation aux honoraires d'avocat de ses parties adverses, ainsi que ceux de son propre avocat, ce qui serait incompatible avec la
ratio legis
de l'assistance juridique, dont le but est de permettre un accès à la justice.
Le recourant produit une pièce nouvelle, soit le mémoire de demande à l'origine de la requête d'assistance juridique.
b.
Dans ses observations du 18 décembre 2019, la Vice-présidente du Tribunal civil a relevé que le recourant n'avait pas contesté les revenus et les charges retenus à son égard dans la décision querellée, plaidant uniquement que son solde de 1'444 fr. par mois ne serait pas suffisant à couvrir ses honoraires d'avocat dès lors qu'il s'agissait d'une procédure longue et complexe. Or, la somme de 34'656 fr., soit le solde mensuel du recourant sur deux ans, paraissait suffisante pour couvrir le montant prévisible des honoraires de son avocat. Le Vice-président du Tribunal civil a relevé avoir déjà indemnisé le conseil du recourant relativement à ce même litige pour 23h15 d'activité et que ce dernier avait conservé la somme de 54'613 fr. 30 du rétroactif invalidité du recourant afin de couvrir notamment la rédaction de la demande. Le conseil du recourant s'occupait du dossier depuis 5 ans et devait donc y consacrer moins de temps que pour un nouveau dossier dont la prise de connaissance est passablement chronophage.
c.
Par pli du 19 décembre 2019, reçu par le recourant le lendemain, le recourant a été informé de ce que la cause était gardée à juger.
d.
Par courrier expédié le 12 janvier 2020, le recourant a contesté le montant de son solde mensuel tel qu'arrêté par le Tribunal à 1'444 fr. faisant valoir qu'il réglait la totalité du loyer du concubinage, soit 1'600 fr. par mois et non 700 fr. Il a répété qu'en cas de perte du procès, il s'exposerait à devoir indemniser deux, voire trois avocats, et que cela le plongerait dans une indigence définitive.

EN DROIT
1.
1.1.
En tant qu'elle refuse partiellement l'assistance juridique, la décision entreprise, rendue en procédure sommaire (art. 119 al. 3 CPC), est sujette à recours auprès de la présidente de la Cour de justice (art. 121 CPC, 21 al. 3 LaCC et 1 al. 3 RAJ), compétence expressément déléguée au vice-président soussigné sur la base des art. 29 al. 5 LOJ et 10 al. 1 du Règlement de la Cour de justice (RSG
E 2 05.47
). Le recours, écrit et motivé, est introduit auprès de l'instance de recours (art. 321 al. 1 CPC) dans un délai de dix jours (art. 321 al. 2 CPC et 11 RAJ).