Decision ID: df819e48-695d-541f-94a7-0a2b88e88d70
Year: 2018
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_006
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 

EN FAIT
A. a)
B_, né le _ 1939, est veuf depuis le décès de son épouse survenu en _ 2013. Il est le père de deux filles, A_ et C_, qui s'opposent dans un important conflit familial, notamment en lien avec la succession de feu leur mère.
b)
Le 30 avril 2013
,
une curatelle de portée générale a été instaurée en faveur de B_. D_, avocat, a été désigné en qualité de curateur.
c)
A_ a, à diverses reprises, sollicité la révocation de ce curateur, en proposant d'être elle-même désignée à cette fonction.
d)
Par ordonnance rendue le 3 mars 2015, le Tribunal de protection de l'adulte et de l'enfant (ci-après : le Tribunal de protection), après avoir relevé le précédent curateur de portée générale, a désigné E_, avocat, et A_, fille du protégé, en qualité de co-curateurs, le premier étant chargé des aspects administratifs, juridiques et financiers et la seconde des aspects sociaux, d'assistance à la personne et médicaux de la mesure. Cette décision n'a pas été déclarée exécutoire nonobstant recours.
Deux recours ont été formés contre cette ordonnance auprès de la Chambre de surveillance, qui a confirmé l'ordonnance querellée par décision du 26 août 2015, communiquée à A_ le 3 septembre 2015, sans avoir au préalable retiré l'effet suspensif des recours.
Le recours formé auprès du Tribunal fédéral a été déclaré irrecevable par arrêt du 3 mars 2016.
e)
Dans le cadre d'un courrier adressé au Tribunal de protection le 3 avril 2017, A_ a rendu compte de l'activité qu'elle a fournie en qualité de curatrice de son père depuis le 3 septembre 2015.
B.
Par décision
CTAE/892/2018
rendue le 23 mars 2018, le Tribunal de protection a approuvé le rapport rendu par A_ en sa qualité de curatrice de son père B_ couvrant la période du 3 mars 2015 au 28 février 2017.
C. a)
Par acte expédié à la Chambre de surveillance le 26 avril 2018, A_ recourt contre cette décision, qu'elle a reçue le 28 mars 2018 et dont elle sollicite l'annulation. Elle conclut, principalement, à ce qu'il soit constaté qu'elle est entrée en fonction en qualité de co-curatrice le 3 septembre 2015, à ce que la date mentionnée sur la décision entreprise soit corrigée en ce sens et à ce que son rapport soit approuvé pour la période allant du 3 septembre 2015 au 28 février 2017.
Elle reproche au Tribunal de protection d'avoir omis de tenir compte de l'effet suspensif des recours sur la décision du 3 mars 2015 la désignant comme curatrice, et d'avoir en conséquence retenu une date erronée dans sa décision approuvant son rapport de curatelle.
b)
Dans son courrier accompagnant son recours, la recourante a sollicité que les juges de la Cour ayant déjà statué dans la présente cause soient écartés. Sa demande a été soumise à la Délégation des Juges de la Cour de justice en matière de récusation, qui l'a déclarée irrecevable par décision du 31 août 2018.
c)
Le Tribunal de protection n'a pas souhaité revoir sa décision.
d)
Par avis du 9 juillet 2018, les parties à la procédure ont été informées de ce que la cause serait gardée à juger à l'issue d'un délai de dix jours.

EN DROIT
1.
1.1
Les décisions de l'autorité de protection peuvent faire l'objet d'un recours auprès de la Chambre de surveillance de la Cour de justice (art. 450 al. 1 CC et 53 al. 1 LaCC) dans un délai de trente jours à compter de leur notification (art. 450b al. 1 CC).
Les personnes parties à la procédure ont qualité pour recourir (art. 450 al. 2 ch. 1 CC). Le curateur a qualité de partie à la procédure lorsque celle-ci a pour objet ses actes ou ses omissions (art. 450 al. 2 ch. 1 CC; steck, Protection de l'adulte, leuba/ stettler/büchler/häfeli, 2013, n. 21 ad art. 450).