Decision ID: 82c301b7-52d4-5622-b809-6ab61b6ef04d
Year: 2021
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_004
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law

EN FAIT
, que les parties ont été liées par un contrat de bail à loyer du 25 avril 2014, portant sur la location d'un appartement de 5,5 pièces au 1
er
étage de l'immeuble sis [no.] _, rue 1_, à Genève;
Que par avis officiel du 30 avril 2015, la bailleresse a résilié le bail avec effet au 30 juin 2015, pour défaut de paiement du loyer;
Que contestée en temps utile par les locataires, le Tribunal des baux et loyers a, par jugement
JTBL/836/2016
du 15 septembre 2016, confirmé la validité de cette résiliation (cause C/2_/2015);
Que ce jugement a été confirmé, sur appel, par arrêt de la Cour de justice
ACJC/866/2017
du 12 juillet 2017, qui n'a fait l'objet d'aucun recours auprès du Tribunal fédéral;
Que par jugement
JTBL/905/2017
du 28 septembre 2017, le Tribunal des baux et loyers, statuant par la voie de la procédure sommaire en cas clair, a prononcé l'évacuation immédiate de A_ et B_ de l'appartement de 5,5 pièces se trouvant au 1
er
étage de l'immeuble sis [no.] _, rue 1_, à Genève, et autorisé la SOCIETE IMMOBILIERE E_ SA à requérir leur expulsion par la force publique (cause C/18637/2017);
Qu'il a également condamné A_ et B_ au paiement de la somme de 99'991 fr. 20 en mains de la bailleresse, ce montant couvrant les créances dues à titre de loyers et indemnités pour occupation illicite du 1
er
novembre 2014 au 30 septembre 2017, d'acompte de chauffage de mai 2016 à juillet 2017, de solde de chauffage 2014/2015 et de solde de chauffage 2015/2016;
Que par arrêt
ACJC/686/2018
du 4 juin 2018, la Cour a déclaré irrecevable l'appel formé par B_ et A_ contre ce jugement; que la Cour a retenu que son précédent arrêt du 12 juillet 2017 n'ayant fait l'objet d'aucun recours au Tribunal fédéral, il était revêtu de l'autorité de la chose jugée et ne pouvait plus être remis en cause, hormis par la voie de la révision;
Que par demande du 23 mai 2019, B_ et A_ ont saisi le Tribunal des baux et loyers d'une demande en révision du jugement (
JTBL/905/2017
) du 28 septembre 2017;
Que par demande du 6 juin 2019, B_ et A_ ont saisi la Cour de justice d'une demande en révision du même jugement du Tribunal du 28 septembre 2017;
Que par jugement
JTBL/764/2019
du 19 août 2019 notifié aux parties le jour-même, le Tribunal, après s'être déclaré compétent pour connaître de la demande de révision, a déclaré celle-ci irrecevable et en restitution des loyers trop perçus déposée le
24 mai 2019 (recte : 23 mai 2019) par B_ et A_, débouté les parties de toutes autres conclusions et dit que la procédure était gratuite;
Que par arrêt
ACJC/1540/2020
du 9 novembre 2020, la Cour a déclaré recevable le recours formé le 2 septembre 2019 par B_ et A_ contre le jugement précité et l'a rejeté;
Considérant,

EN DROIT
, que la demande en révision doit être déposée auprès du tribunal ayant statué en dernière instance (art. 328 al. 1 let. a CPC); que le législateur entend par là le tribunal qui a statué en dernier lieu sur la question topique, soit la décision qui bénéficie de l'autorité de la chose jugée sur le fond (ATF
134 III 669
consid. 2 et 3; arrêt du Tribunal fédéral TF
5A_289/2012
du 18 juin 2012 consid. 1.3; Schweizer, in Code de procédure civile commenté, Bohnet/Haldy/Jeandin/Schweizer/
Tappy [éd.], 2
ème
éd. 2019, n. 12 ad art. 328 CPC);
Qu'en l'espèce, la décision dont la révision est requise est le jugement
JTBL/905/2017
du 28 septembre 2017 rendu par le Tribunal; que la Cour n'a en effet pas statué sur les conclusions des demandeurs, dès lors qu'elle a, le 4 juin 2018, déclaré l'appel formé contre ce jugement irrecevable;
Que le Tribunal a par ailleurs statué sur la demande en révision formée par les demandeurs et que le recours formé contre cette décision a été rejeté par la Cour le 5 novembre 2020;
Que la Cour n'est par conséquent pas compétente pour juger de la demande en révision;
Que, partant, ladite demande sera déclarée irrecevable, sans qu'il soit nécessaire de requérir les observations de la partie adverse (art. 330 CPC);
Qu'à teneur de l'art. 22 al. 1 LaCC, il n'est pas prélevé de frais dans les causes soumises à la juridiction des baux et loyers, étant rappelé que l'art. 116 al. 1 CPC autorise les cantons à prévoir des dispenses de frais dans d'autres litiges que ceux visés à l'art. 114 CPC (ATF
139 III 182
consid. 2.6).
* * * * *