Decision ID: cf613002-2cd4-5ea6-88bc-785dd2d170d3
Year: 2017
Language: fr
Court: FR_TC
Chamber: FR_TC_005
Canton: FR
Region: Espace_Mittelland
Law Area: penal_law

considérant en fait
A. Par ordonnance pénale du 16 mai 2017, le Ministère public a reconnu A._ coupable de délit et de contravention à la loi fédérale sur les stupéfiants et l’a condamnée à un travail d’intérêt général de 40 heures avec sursis pendant 2 ans (délit) et à un travail d’intérêt général de 16 heures, ferme (contravention). De plus, les frais, par CHF 415.-, ont été mis à sa charge. En bref, il a été reproché à A._ d’avoir acheté, durant la période comprise entre le mois de février 2014 et le 1er février 2017, pour elle et son mari, B._, une quantité d’environ 180 grammes de marijuana pour la somme totale d’environ CHF 1'800.- auprès d’inconnus et en divers endroits. Par ailleurs, durant la période comprise entre le mois de mai 2014 et le 1er février 2017, la prévenue a consommé une quantité indéterminée de marijuana (inférieure à 180 grammes) à son domicile, les faits antérieurs au mois de mai 2014 étant prescrits.
Par courrier daté du 26 mai 2017, A._ a formé une opposition non motivée à cette ordonnance. De plus, elle a requis la désignation d’un avocat d’office compte tenu de son indigence.
Le 1er juin 2017, le Ministère public a indiqué à l’opposante qu’il maintenait son ordonnance pénale et que le dossier de la cause était transmis au Juge de police de l’arrondissement de la Glâne (: le Juge de police). Le 7 juin 2017, ce dernier a cité A._ à comparaître en tant que prévenue à l’audience du 27 juin 2017.
B. Par décision du même jour, le Juge de police a rejeté la requête de défense d’office de A._, au motif que la procédure ne présente pas de difficulté sur le plan des faits ou du droit qu’elle ne saurait surmonter seule, et que l’affaire est de peu de gravité.
C. Par courrier du 16 juin 2017, A._, assistée de son époux, a interjeté recours contre cette décision, concluant à son annulation, à l’octroi de l’assistance judiciaire et à la nomination d’un avocat d’office.
Le même jour, toujours assistée de son époux, elle a fait valoir ses arguments à l’appui de son opposition, en particulier la violation de ses droits de prévenue lors de son audition par la police. Elle a également contesté les faits qui lui sont reprochés. De plus, elle a présenté et motivé ses réquisitions de preuves.
Le 19 juin 2017, le Juge de police a cité à comparaître à l’audience du 27 juin 2017 le policier qui a auditionné la prévenue. Les débats ont toutefois été annulés compte tenu de la procédure de recours pendante.
Le 21 juin 2017, le Juge de police a déposé ses observations sur le recours et a conclu à son rejet.

en droit
1. a) Aux termes de l'art. 393 al. 1 let. b CPP, le recours est recevable contre les ordonnances, les décisions et les actes de procédure des tribunaux de première instance, « sauf contre ceux de la direction de la procédure » (en allemand: «ausgenommen sind verfahrens-
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leitende Entscheide»; en italien: «sono eccettuate le decisioni ordinatorie»). Cette disposition doit être lue en corrélation avec l'art. 65 al. 1 CPP, aux termes duquel « les ordonnances rendues par les tribunaux » (en allemand: « verfahrensleitende Anordnungen der Gerichte »; en italien: « le disposizioni ordinatorie del giudice ») ne peuvent être attaquées qu'avec la décision finale. Les décisions contre lesquelles un recours immédiat est exclu selon les art. 65 al. 1 et 393 al. 1 let. b in fine CPP concernent, malgré la formulation trompeuse de la version française, non pas celles prises par la direction de la procédure, mais celles relatives à la marche de la procédure (PIQUEREZ/MACALUSO, Procédure pénale suisse, 3e éd., 2011, n. 1969). Il s'agit en particulier de toutes les décisions qu'exigent l'avancement et le déroulement de la procédure avant ou pendant les débats (ATF 138 IV 193 consid. 4.3.1 pp. 195 s.).
Selon la jurisprudence, ces décisions peuvent toutefois faire l’objet d’un recours selon le CPP lorsqu’elles sont susceptibles de causer un préjudice irréparable (ATF 140 IV 202 consid. 2.1 in fine p. 205/SJ 2015 I 73; cf. RFJ 2013 p. 64 ss). Constitue un préjudice irréparable un dommage de nature juridique qui ne puisse pas être réparé ultérieurement par un jugement final ou une autre décision favorable au recourant (arrêt TF_6B 805/2014 du 20 octobre 2014; ATF 137 IV 172 consid. 2.1). Ainsi, notamment, une décision par laquelle un tribunal de première instance refuse de nommer un défenseur d’office au prévenu est susceptible de recours selon les art. 393 ss CPP, dans la mesure où un tel refus est de nature à causer un préjudice irréparable à l’intéressé (ATF 140 IV 202 consid. 2.2/SJ 2015 I 73; ATF 139 IV 113/JdT 2014 IV 30), puisque, dans l'hypothèse où le refus de désigner un défenseur d’office est annulé en fin de procédure, on conçoit mal que le prévenu puisse se trouver ensuite dans la même situation que s'il avait été d'emblée assisté (arrêt TF 1B_37/2014 du 10 juin 2014 consid. 2.2 et l’arrêt cité).
En l’espèce, l’ordonnance attaquée prononcée par le Juge de police avant les débats rejette une requête de désignation d’un défenseur d’office et est ainsi susceptible de causer un préjudice irréparable à la recourante, de sorte qu’un recours immédiat devant la Chambre pénale du Tribunal cantonal (art. 396 al. 1 CPP; art. 85 al. 1 LJ [loi du 31 mai 2010 sur la justice; RSF 130.1]) est ouvert à son encontre.