Decision ID: 0e7c2e96-2901-5926-868f-c0eb8f7dd7bb
Year: 2017
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_006
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 

EN FAIT
A.
a)
B_, né le _ 1922 et C_, née le _ 1934, tous deux originaires de Genève, ont contracté mariage le _ 1957.
![endif]>![if>
Deux enfants sont issus de cette union, soit A_, née _ le _ 1963, et D_, né le _ 1964.
b)
B_ est issu d'une famille d'industriels zurichois. Il est propriétaire d'un patrimoine important, notamment immobilier. Il a fait donation, à parts égales en 2011, de la nue-propriété de plusieurs immeubles zurichois à ses deux enfants, tout en conservant l'usufruit de ces biens. Il a également fait donation en 2008 à son seul fils D_ de la nue-propriété de la demeure familiale sise à Nyon, en conservant également l'usufruit de ce bien. Il est propriétaire d'une villa en Corse. Il est titulaire de plusieurs comptes ouverts auprès de banques différentes, sur lesquels il a donné procuration à son fils D_, demeurant valables même en cas d'incapacité.
Il vivait jusqu'en mai 2014, dans un appartement loué par le couple, sis _ à Genève, dans lequel son épouse demeure toujours actuellement.
c)
Son fils, D_ exerce la profession de gestionnaire de fortune. Il est diplômé de _ et de _ et dirige aujourd'hui une société de gestion de fortune, E_, soumise au contrôle de la FINMA, conformément à la Loi fédérale sur les placements collectifs de capitaux.
Dans le cadre de ses activités professionnelles, D_ a notamment collaboré avec son père B_, qui était lui-même actif dans la finance durant une partie de sa carrière.
A_ est femme au foyer. Elle n'a pas suivi de formation académique et ne dispose pas d'expérience professionnelle particulière.
d)
Depuis le mois de mai 2014, B_ réside dans un établissement médical spécialisé, la F_, en raison de la dégradation de son état de santé et de la perte de sa capacité de discernement.
e)
Par courrier de son conseil du 24 novembre 2015, A_ a requis du Tribunal de protection de l'adulte et de l'enfant (ci-après : le Tribunal de protection) l'instauration d'une mesure de curatelle de portée générale en faveur de son père B_, dont elle indiquait qu'il était désormais incapable de gérer ses biens et de prendre des décisions en raison de ses troubles cognitifs.
A_ joignait notamment à sa requête un certificat médical établi le 20 novembre 2015 à son intention par la Doctoresse G_, médecin FMH spécialiste en psychiatrie dans lequel celle-ci indiquait que B_ souffrait d'une maladie neurodégénérative affectant gravement ses capacités cognitives et sa capacité de discernement, de sorte que l'instauration d'une curatelle de portée générale était préconisée.
f)
Par décision du 25 novembre 2015, le Tribunal de protection a désigné Me Evelyne BOUCHAARA en qualité de curatrice d'office de B_, aux fins de représenter les intérêts de celui-ci dans le cadre de la procédure en cours.
g)
Par courrier de leur conseil commun du 11 décembre 2015, C_ et D_ indiquaient au Tribunal de protection leur stupéfaction d'avoir appris fortuitement les démarches initiées par A_ envers leur époux et père respectif. Ils ont exprimé que, si l'état de santé actuel de B_, inhérent à son âge, n'était pas contesté, ils s'étaient toutefois toujours occupés, sans problème particulier de celui-ci, tant sur le plan des soins que sur celui de la gestion de son patrimoine, et sur ce dernier point, avec l'aide d'une fiduciaire.
h)
Entendue par le Tribunal de protection le 15 janvier 2016, C_ a indiqué que son époux n'était plus capable de discernement et résidait dans un établissement médical spécialisé depuis le 15 mai 2014. Sa fille l'avait beaucoup aidée dans le choix de cet établissement. Son fils gérait quant à lui les affaires de son époux depuis lors. Père et fils avaient géré ensemble pendant trente ans les affaires de son époux tandis que leur fille n'y avait pas participé et n'était jamais intervenue dans ce cadre, jusqu'à la date du signalement qu'elle avait fait au Tribunal de protection.
i)
Entendue par le Tribunal de protection le 11 mars 2016, A_ a indiqué que son père était entré en établissement médical spécialisé en mai 2014 car il devenait un poids insupportable pour sa mère. Elle s'était inquiétée, déjà quatre ou cinq ans avant son hospitalisation de la compréhension qu'il avait de ses affaires administratives et financières. Son frère D_ s'était progressivement occupé des affaires de ses parents, d'abord avec l'aide de son père puis seul. Elle ne recevait pas d'informations de son frère sur cette gestion, celui-ci lui assurant que tout était sous contrôle. Elle avait eu des doutes quant à la bonne gestion de son frère lorsqu'elle avait découvert fortuitement, en automne 2015, qu'il était devenu nu-propriétaire en 2008 de la maison familiale sise à Nyon, ses parents en conservant l'usufruit. Elle avait reçu, dans le cadre d'autres donations, précédemment, une part égale à celle de son frère. Elle ignorait si son frère procédait à des placements financiers risqués pour le compte de son père. Il lui semblait qu'il avait placé l'argent de son père dans un fonds de placement qu'il gérait. Elle n'était pas fondée de procuration pour les affaires de son père et ignorait si son frère disposait de tels pouvoirs.
Elle s'occupait au quotidien de gérer les affaires ménagères et médicales de ses parents. Depuis le mois de novembre 2015, son frère s'impliquait également sur ces plans et était présent auprès de ses parents. Avant la découverte de la donation de la maison de Nyon, elle s'entendait bien avec son frère, même si elle le fréquentait peu. Depuis lors, la communication était rompue. Son frère ne contestait cependant pas les décisions qu'elle prenait pour ses parents. Elle se sentait néanmoins trahie par son frère et ses parents.
Pour attester de l'incapacité de discernement de son père, elle indiquait qu'à son entrée en établissement médical spécialisé, il n'avait pas réalisé avoir changé de lieu de vie. Aujourd'hui, il était calme, heureux et serein mais elle trouvait qu'il n'était pas suffisamment stimulé.
j)
Par décision
DTAE/1606/2016
, du 4 avril 2016, le Tribunal de protection a décidé de procéder à l'audition de D_, hors la présence de A_, laquelle, par courrier de son conseil du 18 avril 2016, à l'attention du Tribunal de protection, a indiqué qu'elle renonçait à recourir contre cette décision.
k)
D_ a été entendu par le Tribunal de protection le 20 mai 2016. Il a indiqué qu'il s'opposait formellement à l'instauration d'une curatelle en faveur de son père. Au niveau de la représentation thérapeutique, toute la famille prenait les décisions pour lui et en premier lieu son épouse, ce qui lui paraissait fondamental. A_ avait trouvé l'établissement thérapeutique pour leur père et bien que lui-même en ait trouvé un autre, il s'était rallié au choix de sa sœur qui n'était pas critiquable.
Il avait toujours géré les avoirs de ses parents, d'abord avec son père, puis sur la base d'une procuration signée par ce dernier en sa faveur en 2008 ou 2009, seul et ce, depuis 2013. Son père avait lui-même investi ses avoirs et depuis qu'il avait repris la gestion de ces derniers, il n'avait fait aucun nouveau placement, les placements initiaux étant adéquats. Il a versé à la procédure la performance des portefeuilles de titres de son père, relevant leur bonne performance. Il précisait être gérant LPCC, sa société ayant une masse sous gestion d'un milliard de francs, ce qui impliquait une gestion précautionneuse et des audits réguliers, le dernier datant de 2015. La part qu'il gérait pour son père était infime. A_ possédait également des parts du même fonds et recevait très régulièrement des informations à leur sujet, qui étaient similaires à celles concernant les parts de leur père. Il ne prélevait aucune participation financière pour la gestion des affaires de ses parents.
B_ disposait par ailleurs d'un patrimoine immobilier à Zurich, qu'une régie était chargée de gérer. Les revenus immobiliers excédaient 300'000 fr. nets par an et suffisaient largement à couvrir à eux seuls toute la prise en charge de son père qui s'élevait à environ 140'000 fr. par an. Une fiduciaire gérait les frais médicaux de ses parents, vérifiait les factures et préparait les paiements. Elle s'occupait également des déclarations fiscales de ses parents. Il contrôlait et signait tous les virements. Il était au bénéfice d'une procuration orale pour la gestion des affaires de son père et de sa mère, qu'il tenait au courant.
Ses parents étaient usufruitiers d'une maison à Nyon que sa mère occupait une partie de l'année et dont les charges étaient gérées par la fiduciaire. Son père lui en avait fait donation. Il n'en retirait aucun profit et ne s'y rendait que pour visiter sa mère. La source du conflit avec sa sœur provenait de cette donation.
l)
La curatrice de représentation de B_, Me Evelyne BOUCHAARA, après avoir indiqué en début de procédure, en audience, au Tribunal de protection qu'une mesure était nécessaire, s'est déterminée par écrit en date du 6 juin 2016 en rejetant la nécessité d'une quelconque mesure. Elle a relevé que sur le plan de l'assistance, B_ était placé dans un établissement médico-social depuis mai 2014 et que sa famille prenait toutes les décisions nécessaires à ses besoins personnels sans qu'il n'y ait d'antagonisme et qu'au besoin, son épouse, capable de discernement pouvait prendre toute décision le concernant à ce sujet. Les besoins d'assistance de B_ étaient ainsi suffisamment assurés par son épouse et ses enfants et ne nécessitaient pas l'instauration d'une mesure de curatelle.
Le besoin de protection en matière de représentation et de gestion de B_ était quant à lui assuré par son fils, D_. Ce dernier était au bénéfice d'une procuration générale de son père, établie en 2008, alors que B_ était pleinement capable de discernement, puisqu'il avait géré ses affaires jusqu'en 2013. D_ possédait toutes les qualités professionnelles et l'expérience nécessaire pour assumer la gestion des avoirs de son père. La gestion du portefeuille de B_ était faite par le biais de la société de D_ et restait conforme à la volonté initiale de son père, lequel avait effectué des placements dans des fonds de prévoyance professionnelle, que D_ n'avaient pas modifiés. Il s'agissait d'une gestion conservatrice. La société de D_ était par ailleurs soumise au contrôle de la FINMA et à des audits réguliers. Il n'avait pas de problèmes financiers. La couverture des besoins personnels de B_ ne dépendait par ailleurs pas des revenus de son portefeuille d'actions mais étaient largement couverte par les revenus des biens immobiliers zurichois qu'il possédait, dont la gestion était assurée par une régie immobilière. Il n'y avait ainsi pas lieu d'instaurer une mesure de curatelle de portée générale. Elle préconisait toutefois, en appliquant par analogie l'art. 368 CC, applicable dans le cadre d'un mandat d'inaptitude, de limiter les pouvoirs de son fils en soumettant les actes relevant de l'art. 416 CC à l'approbation du Tribunal de protection.
m)
Le 20 juin 2016, C_ et D_ ont déposé une écriture commune au Tribunal de protection. Ils ont conclu principalement au rejet de la requête de mise sous curatelle de portée générale formée par A_ et subsidiairement à l'instauration par le Tribunal de protection d'une curatelle de représentation avec nomination de C_ et de Me X_ en tant que co-curatrices.
Ils ont produit à l'appui de leurs écritures, plusieurs pièces, soit notamment l'attestation du 1
er
juin 2016 de la F_ d'un montant de 109'500 fr concernant les frais de prise en charge de B_ pour l'année 2015, l'attestation de la société fiduciaire H_ du 6 juin 2016 indiquant être chargée de la déclaration fiscale de B_ et C_ depuis 2011 et, depuis 2012, également de diverses tâches administratives liées à la préparation des ordres de paiement du ménage, ainsi qu'au tri des factures médicales et leur envoi aux institutions concernées, le compte de résultat des biens immobiliers de B_ pour l'année 2015 affichant un résultat net de 307'943 fr. 45 établi par I_ à Zürich, le rapport du 18 avril 2016 du fonds de pension J_ ainsi que le graphique et les divers courriels adressés à A_ afin de l'informer de la performance de ce fonds, la procuration générale signée par B_ le 26 septembre 2008 en faveur de D_ sur le compte 2_ auprès de la Banque K_ précisant que ladite procuration ne s'éteignait pas par la perte de la capacité civile du client, le pouvoir d'administration complète signé par B_ en faveur de D_ le 22 janvier 2007 sur tous les avoirs en dépôts (instruments financiers, métaux précieux, espèces) sur le compte L_ n° 1_ ouvert au nom de B_, ledit pouvoir ne s'éteignant pas en cas d'incapacité légale ainsi qu'une attestation du Docteur M_, médecin interne FMH, du 13 juin 2016, attestant que C_ possédait la capacité de discernement pour gérer elle-même ses affaires et le cas échéant déléguer cette gestion à un mandataire.
n)
A_ a déposé des conclusions au Tribunal de protection le 20 juin 2016 concluant à l'instauration d'une curatelle de portée générale et de durée illimitée en faveur de B_. Elle a indiqué que son frère gérait seul les avoirs de son père sur la base de procurations qui ne sont plus valables du fait de l'état d'incapacité de son père, sans contrôle du Tribunal de protection, qu'il procéderait à des placements risqués, qu'il avait lui-même mandaté la fiduciaire H_ avec laquelle il entretenait des liens étroits et qu'il aurait retiré de l'argent sur les comptes bancaires de son père.
A_ a produit diverses pièces complémentaires dont un extrait partiel du Registre foncier sur lequel son frère et elle apparaissent comme nue-propriétaires de biens immobiliers à Zurich, un extrait du Registre du commerce de H_, les copies des lettres du conseil de A_ aux banques auprès desquelles son père dispose d'un compte afin de leur signaler son incapacité de discernement, différents échanges de courriels ainsi qu'une lettre de rappel de la F_ du 20 juin 2016.
o)
Des observations, au titre de réplique spontanée ont encore été déposées au Tribunal de protection le 30 juin 2016.
B.
a)
Par décision
DTAE/3404/2016
du 1
er
juillet 2016, notifiée aux intervenants à la procédure le 6 juillet 2016, le Tribunal de protection, après examen de la situation qui lui était soumise, a estimé qu'aucune mesure de protection en faveur de B_ ne devait être mise en place, indiqué classer la procédure et mis à la charge de B_ un émolument de décision de 5'000 fr.![endif]>![if>
En substance, le Tribunal de protection a estimé que bien que les conditions de l'art. 390 CC soient objectivement réalisées, compte tenu de l'incapacité de discernement de B_, tel n'était pas le cas des conditions de l'art. 389 CC puisque la prise en charge médico-sociale de B_ était assurée par l'institution dans laquelle il demeurait et son financement garanti par les revenus de ses biens immobiliers, tout en relevant qu'il disposait d'une fortune mobilière conséquente dont il avait lui-même décidé de l'investissement de façon telle que cette gestion était pratiquement inchangée depuis que son fils s'en occupait intégralement. Aucun élément du dossier ne venait appuyer la thèse d'une mauvaise gestion de la part de D_ des biens de son père, ni celle d'un conflit d'intérêts, tels qu'allégués par A_.
b)
Par acte déposé au greffe de la Cour de justice le 8 août 2016, A_ a formé un recours contre cette décision, dont elle sollicite l'annulation.
Elle conclut, au fond, à l'instauration en faveur de B_ d'une mesure de curatelle de portée générale et de durée illimitée, les frais de la procédure devant être laissés à charge de l'Etat de Genève.
Elle considère que le Tribunal de protection l'a privée du droit de participer à l'administration des preuves en ne la laissant pas interroger sa mère et son frère lors de leur audition, ce qui doit être réparée par une nouvelle audition contradictoire par la Chambre de surveillance, de son frère, sa mère et elle-même.
Elle sollicite par ailleurs, à titre préalable, pour la première fois devant la Chambre de céans, la production de diverses pièces de la part de son frère, D_, soit un état de fortune semestriel de tous les comptes de B_ du 1
er
janvier 2014 au jour du recours, ainsi que les relevés de ses comptes courants pendant la même période et ses déclarations fiscales des années 2014 et 2015, de même que la comptabilité des dépenses effectuées au moyen des avoirs de B_. Elle considère que le Tribunal de protection devait solliciter de D_, la totalité de ces pièces, au vu des indications données par ses soins, ce qu'il n'a pas fait, la renvoyant à mieux agir, soit au dépôt d'une requête en reddition de comptes dont elle ne comprend pas sur quelle base, elle pourrait la solliciter.
Au fond, elle estime nécessaire l'instauration d'une mesure de curatelle de portée générale, au sens de l'art. 398 al. 1 CC, compte tenu de l'incapacité de discernement avérée et durable de son père, du fait qu'il n'a laissé aucun mandat pour cause d'inaptitude au sens de l'art. 370 CC (recte 360 CC) en faveur de D_, qui pourtant s'occupe de la gestion des biens de son père et que C_ ne peut plus représenter son époux au sens de l'art. 374 CC a contrario, puisqu'elle ne fait plus ménage commun avec celui-ci. Cette dernière ne lui semble par ailleurs pas capable de vérifier la bonne gestion des biens de B_, effectuée par son frère. La mesure lui paraît d'autant plus indispensable compte tenu de l'ampleur du patrimoine de son père et des dispositions à prendre à ce sujet. Elle relève que D_ ne dispose pas d'une procuration générale lui permettant de se légitimer comme représentant autorisé de son père, notamment en relation avec le patrimoine immobilier et deux litiges qui seraient en cours. S'agissant des comptes bancaires, elle ignore si B_ dispose d'autres comptes que ceux pour lesquels D_ a produit deux pouvoirs en sa faveur. D_ s'est arrogé unilatéralement le droit de gérer l'ensemble du patrimoine de son père, sans procuration générale de ce dernier et sans que ce dernier puisse encore valablement formuler des souhaits dans ce sens ou que les pouvoirs données antérieurement soient encore effectifs.
Elle considère que D_ se trouve en situation de conflit d'intérêts en raison de son statut de nu-propriétaire de certains biens immobiliers dont son père est usufruitier et au sujet des avoirs de B_, investis en grande partie dans des fonds d'investissements volatils et donc risqués, dont D_ est l'un des gérants professionnels et pour lesquels il est rémunéré. Elle relève que D_ a exprimé son intention de ne pas se soumettre aux directives applicables en matière de gestion conservatoire des avoirs du patrimoine de la personne protégée en cas de mesure de curatelle.
Elle relève par ailleurs que les frais de B_ ne se limitent pas au paiement de la clinique mais englobent également les impôts ainsi que la location de l'appartement conjugal et les frais du personnel au service de C_, de telle sorte que le budget annuel à charge de B_ est élevé. Elle prétend que des prélèvements importants ont été faits sur les comptes de son père et que le Tribunal de protection aurait dû faire preuve de plus de diligence dans la vérification de la situation. Elle sollicite qu'un curateur tiers, qualifié et indépendant, soumis au contrôle du Tribunal de protection soit nommé, dans le cadre d'une curatelle de portée générale qu'il est indispensable d'ordonner, afin que les intérêts de B_ soient préservées alors qu'actuellement D_ agit à sa guise en privilégiant ses intérêts propres, sans rendre compte des décisions prises unilatéralement par ses soins.
c)
Le Tribunal de protection, par courrier du 7 septembre 2016, a indiqué qu'il ne souhaitait pas revoir sa décision.
d)
Par courrier du 27 septembre 2016, la curatrice de B_ a conclu au rejet du recours. Les intérêts de B_ sont assurés par sa famille sur le plan thérapeutique. Les dépenses de B_ sont couvertes sans problème depuis que ce dernier n'est plus apte à gérer ses affaires et il n'a pas été établi qu'il y ait un risque que tel ne soit plus le cas à l'avenir. B_ a travaillé pendant trente ans avec son fils et la teneur des procurations qu'il a établies en sa faveur démontre que sa volonté était que ce dernier continue de s'occuper de ses affaires, au cas où il deviendrait incapable.
e)
C_ et D_ ont conclu, par écriture commune du 10 octobre 2016, au rejet du recours de A_, à la confirmation de la décision entreprise et à la condamnation de A_ aux frais et dépens de l'instance de recours.
Ils ont déposé des pièces nouvelles, soit notamment un courriel attestant du paiement des factures des mois d'avril et mai 2016 de la F_, en réponse à l'accusation de A_ d'un défaut de paiement de cette institution, une procuration en faveur de D_ sur le compte de la banque N_ de B_, divers échanges de courriels entre A_ et D_ ainsi que l'état financier du compte K_ de B_.
Ils ont indiqué que C_ continuait d'assurer l'administration ordinaire et extraordinaire des biens de son époux et qu'en cas de besoin, notamment s'agissant du volet financier, elle déléguait certaines tâches extraordinaires à son fils D_, à la fiduciaire ainsi qu'à une régie immobilière. B_ avait d'ailleurs toujours entretenu des rapports étroits avec son père, raison pour laquelle il avait reçu de sa part des procurations sur ses comptes bancaires, demeurant valables en cas d'incapacité du titulaire du compte. Ils ont repris pour l'essentiel l'argumentation soutenue devant le Tribunal de protection.
f)
A_ a encore répliqué par écritures du 31 octobre 2016 et a déposé des pièces nouvelles.
g)
C_ et D_ ont dupliqué par écriture du 21 novembre 2016.

EN DROIT
1.
1.1
Les décisions de l'autorité de protection de l'adulte peuvent faire l'objet, dans les trente jours dès leur notification, d'un recours devant le juge compétent, à savoir la Chambre de surveillance de la Cour de justice (art. 450 al. 1 et 450b al. 1 CC; art. 53 al. 1 et 2 LaCC).![endif]>![if>