Decision ID: 47c49dfb-5962-4eb0-87d1-7723027ee273
Year: 2015
Language: fr
Court: VS_BZG
Chamber: VS_BZG_005
Canton: VS
Region: Région lémanique
Law Area: 

II. Statuant en faits
A. A _ SA, actuellement Y _ SA, de siège social à D _, a
pour but l'exploitation d'un bureau d'architecture, ainsi que toutes les activités liées à
l'immobilier, l'achat, la vente, l'échange, la construction et la gérance. Le 22 décembre
2010, la raison sociale A _ SA est changée en Y _ SA. Cette
modification a été publiée le 3 janvier 2011 dans la FOSC. A _ SA était
copropriétaire avec CC _, domicilié à VV _, de la parcelle n° xxx, de
6950 m2, à L _.
X _ SA, de siège social à B _, est active notamment dans la
promotion immobilière, la gestion d'immeubles et de copropriétés, le courtage
immobilier, le conseil technique et commercial dans le secteur de la construction et
réalisation d'opérations immobilières. Le 2 juin 2009, X _ SA a été inscrite au
registre du commerce.
B. En 2003/2004, le bureau d’architectes J _ SA, à D _, a établi un
projet de construction (J _, R. 138, p. 1445), sur un périmètre englobant non
seulement les immeubles construits ultérieurement par A _ SA et par la suite
par X _ SA, mais aussi des immeubles situés au nord de ceux-ci. L’ensemble
résidentiel « xxx », construit sur la parcelle n° xxx, à L _, est constitué : de trois
immeubles mitoyens A-B-C au Nord, de deux immeubles mitoyens D-E à l’Est, des sous-
sols et parkings souterrains pour les deux groupes d’immeubles, des places de parc et
aménagements extérieurs.
Le 16 avril 2004, la commune de L _ a délivré une autorisation de construire,
sur la base du dossier établi par le bureau d’architectes J _ SA.
En 2005, Z _ a acquis la parcelle n° xxx avec les plans pour le projet de
promotion. Dès 2005, un projet de promotion d’immeubles résidentiels a été développé.
Le bureau WW _ SA y a contribué en qualité de bureau d’ingénieur civil. Les
plans d’architecte ont été élaborés par Z _.
En 2006, A _ SA et CC _ ont acquis la parcelle n° xxx et le projet de
construction avec les plans de Z _. Les plans étaient aux centièmes et
n’étaient pas des plans d’exécution (CC _, R. 6, p. 1353).
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Le 24 novembre 2006, le projet de construction modifié des immeubles A-B-C et D-E a
été autorisé par la commune de L _.
C. Les organes de X _ SA ont envisagé l’acquisition d’un complexe résidentiel
à construire, à L _. Ainsi, dès la fin 2008, par l’intermédiaire de AA _
(R. 26, p. 1419 ; G _, R. 272, p. 1471), des négociations ont eu lieu entre
A _ SA et les organes de X _ SA concernant le dossier de la
promotion « xxx », portant sur la parcelle n° xxx, à L _. G _ a alors
proposé une opération somptueuse à S _ (S _, R. 158, p. 1457).
Le 30 janvier 2009, une lettre adressée par A _ SA à BB _, architecte
conseil des organes de X _ SA, atteste l’existence de ces négociations. Dans
cette lettre du 30 janvier 2009, A _ SA indique une promesse d'une «mission
de l'architecte jusqu'à réception et livraison des logements», avec la possibilité d'obtenir
un prix de vente de xx’xxx’xxx fr. (G _, R. 303, p. 1474), pour les appartements,
en recommandant son notaire K _, avec ses numéros de téléphone et de fax.
Cette lettre du 30 janvier 2009 indique des frais d'étude de x’xxx’xxx fr. et des frais de
promotion de xxx’xxx fr. (G _, R. 304 s., p. 1474 s.). Les organes de
X _ SA demandent des modifications du projet 2006.
A _ SA entendait ainsi vendre à X _ SA la parcelle n° xxx, sur
laquelle se trouvaient des constructions en chantier depuis février 2009. Selon la
demanderesse, A _ SA cédait aussi à X _ SA le projet architectural
relatif avec les dossiers de plans ; A _ SA assumait la direction des travaux ;
selon elle, A _ SA garantissait X _ SA de la commercialisation de
l'objet en assurant un prix total de vente de plus de 26 millions de francs ; selon elle,
A _ SA se chargeait de la vente des locaux et appartements moyennant le
versement d'une commission (S _, R. 198, p. 1461). Toujours selon la
demanderesse, cette promotion devait apporter à X _ SA un bénéfice de
l'ordre de x’xxx’xxx francs.
Vers le 20 février 2009, les constructions ont débuté sous la direction de
A _ SA (DD _, R. 90. P. 1426). Ainsi, dès février 2009, l'immeuble
projeté était déjà en chantier, le radier avait déjà été coulé et les semelles construites.
Selon la demanderesse, les travaux déjà effectués lors de la conclusion de l'acte de
vente, y compris les prestations architecturales, faisaient partie intégrante de l'objet et
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entraient dans le prix de vente que X _ SA s'engageait à payer (S_,
R. 169, 181, p. 1459 s.). Les travaux de mise en chantier, de terrassement, de ferraillage
notamment, dont la plus grande partie a été effectuée par Q _ SA, à
L _, représentait une prestation de l'ordre de xxx’xxx fr. à xxx’xxx fr. A cette
époque, A _ SA avait adapté et complété le dossier des plans. Le 30 mars
2009, A _ SA a remis le tableau de planification des ventes des appartements.
Le 24 avril 2009, la commune de L _ a délivré une deuxième autorisation de
construire pour les modifications du projet. Le 11 mai 2009, A _ SA a émis les
plans d'architecte au 1/50 qu'elle avait élaborés. Le 2 juin 2009, X _ SA a été
inscrite au RC. Le 14 juillet 2009, A _ SA a établi un « devis détaillé par CFC
» de xx’xxx’xxx fr.
D. Le 16 juillet 2009, devant le notaire K _ (K _, R. 40, p. 1419),
Y _ SA et CC _, représentés par G _, ont vendu à
X _ SA la parcelle n° xxx, plan n° xxx, nom local "xxx", à L _. Le prix
de vente a été fixé à x’xxx’xxx francs. Selon l'art. 2 du contrat, la vente portait sur cette
parcelle et sur les plans de construction liés à la parcelle. Le contrat prévoyait que
l'acquéreur était informé que des autorisations de construire des xxx 2004 et xxx 2009
avaient été délivrées et que des travaux de constructions des PPE venaient de débuter.
En outre, seul un mandat d'architecte et de surveillance du chantier avait été attribué à
Y _ SA en relation avec les immeubles à construire, de sorte que les parties
attestaient qu'il n'y avait aucun contrat d'entreprise générale lié à la vente entre elles ou
avec des tiers (art. IV, ch. 1 et 2 de l'acte de vente du 16 juillet 2009). La vente a été
inscrite au registre foncier le 14 octobre 2009. Selon le notaire, K _, choisi par
G _ (R. 54, p. 1421 ; S_, R. 169, p. 1459 ; G _, R. 279,
p. 1471), le retard dans l’inscription n’était pas imputable à A _ SA (R. 43,
p. 1419). Les plans avaient été communiqués à Me K _ par G _
(R. 81, p. 1424). X _ SA a payé l'intégralité du prix de vente par x’xxx’xxx
francs. Selon le notaire K _, un projet d’acte avait été préalablement
communiqué à MeXX _, avocat de X _ SA (R. 50, p. 1420).
E. Egalement le 16 juillet 2009, A _ SA, prédécesseur de Y _ SA, et
X _ SA ont signé, chez Me K _, un autre contrat, relatif aux
prestations d'architecte et de direction des travaux concernant l’ensemble résidentiel
"xxx", à xxx. Le notaire K _ conteste avoir préparé ce contrat
(R. 56, 62, p. 1421, 1422), lequel a été préparé par G _ (S_, R. 205,
p. 1463 ; G _, R. 323, p. 1480). Le règlement SIA 102 de 1984 était applicable
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dans la mesure où le contrat ne prévoyait pas de disposition contraire. Selon l'art. 2 du
contrat, le "mandat" de Y _ SA comprenait "un mandat total d'architecte
(prestation totale à 100%)", la direction des travaux, le décompte final et la direction des
travaux de garantie, renvoyant pour le surplus aux art. 4.1 à 4.5 d'un tableau des
prestations et pourcentages annexé au contrat qui précisait que la prestation totale
100%, correspondait à l'accomplissement des prestations ordinaires nécessaires et
décrivait les phases (de l'avant-projet à la phase finale) selon lesquelles la prestation
totale se répartissait. Les jeux de plans d'architecte datés du 11 mai 2009 faisaient partie
intégrante du contrat. Les honoraires étaient fixés forfaitairement et s'élevaient à
x’xxx’xxx fr. TTC pour cinq bâtiments. Les honoraires étaient fixes et ne pouvaient pas
être adaptés, la TVA étant à la charge de Y _ SA. Les honoraires étaient
payables selon le calendrier suivant : xxx’xxx fr. au 1er juin 2009, xxx’xxx fr. au 31 août
2009, trois acomptes de xxx’xxx fr. en décembre 2010, à la remise des clés, xx’xxx fr.
lors de la remise des décomptes finaux et des clés. Les parties ont corrigé à la main les
échéances pour les quatre derniers acomptes en modifiant la date et en ajoutant la
mention "remise des clés". S’agissant du tableau des prestations et pourcentages,
annexé au contrat, sous la rubrique "étendue du mandat", le contrat indiquait que le
mandat correspondait à un "mandat total d'architecte (prestations totales à 100%) avec
la direction des travaux, le décompte final et la direction des travaux de garantie, selon
tableau des prestations annexé (art. 4.1 à 4.5)". Ce tableau des prestations et
pourcentages prévoyait dans la phase de l'avant-projet, l'analyse du problème pour 1%
du mandat, la recherche de partis pour 4,5% du mandat, l'avant-projet et l'estimation
sommaire du coût de construction et des détails pour 3,5%. Ce tableau prévoyait sous
point 4.2 la phase du projet, soit le projet définitif, l'estimation du coût de construction et
des délais, la procédure de demande d'autorisation de construire, l'étude de détail et le
devis général, pour 26%. En phase 4.3, ce tableau prévoyait la phase de préparation de
l'exécution, soit les dessins provisoires d'exécution, les appels d'offre, les analyses des
offres et propositions d'adjudication, ainsi que le calendrier de l'exécution pour 19%.
Quant à la phase de l'exécution, sous point 4.4, le contrat prévoyait les contrats avec les
entrepreneurs et les fournisseurs pour 1%, les dessins définitifs d'exécution pour 9%, la
direction architecturale pour 5% et la direction des travaux pour 27%, soit un total de
42%.
A la mi-juillet 2009, la grande majorité des plans avaient été élaborée, dont les plans
d’architecte au 1 : 50 du 11 mai 2009, à savoir les plans d’exécution (expertise compl.,
p. 9). A cette date, la valeur des travaux réalisés s’élevait à x’xxx’xxx fr. (expertise, p.
12 ; expertise compl., p. 4).
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F. Selon la demanderesse, s’agissant de la vente, le coût des travaux, relatifs à la
première phase, commencés en février 2009, incombait à A _ SA et à
CC _ (S_, R. 202 ss, p. 1462 ; T _, R. 244, p. 1468). Selon
elle, les plans pour la construction de février au 16 juillet 2009 étaient compris dans le
prix de vente (S_, R. 204, p. 1462 ; T _, R. 234, p. 1466).
A _ SA a contracté avec des entreprises, dont Q _ SA (facture de
xxx’xxx fr. du 16 mars 2009 adressée à A _ SA). Selon la demanderesse,
A _ SA a demandé à Q _ SA de refaire les factures au nom de
X _ SA, alors qu'elles incombaient selon elle à la défenderesse. Selon elle,
pour éviter une hypothèque légale, X _ SA a dû s'acquitter de ces travaux dont
le coût incombait aux vendeurs. Selon elle, les vendeurs n’ont pas informé les organes
de X _ SA que des contrats d'entreprise pour la réalisation de l'immeuble
avaient déjà été signés. Selon la demanderesse, les factures pour la première phase
des travaux commandés par les vendeurs leur incombaient.
Selon la demanderesse, s’agissant du mandat d’architecte, X _ SA a été
amenée à signer un contrat y relatif au prix de x’xxx’xxx francs. Selon elle, ce contrat
prévoyait le paiement d'un premier acompte de xxx’xxx fr. au 1er juin 2009, à savoir un
mois et demi avant la signature du contrat, alors que X _ SA n'avait été inscrite
au RC que le 2 juin 2009. Selon elle, la quasi-totalité des prestations prévues par le
contrat d'architecte avait déjà été réalisée au moment de la signature de l'acte de vente
le 16 juillet 2009, notamment les phases 4-1, 4-2, 4-3 et au moins les 3/4 de la phase
4-4, à savoir, selon elle, le 90% des prestations architecturales totales. Selon elle,
G _ reconnaissait expressément qu’alors « environ 55% du mandat
d'architecte est effectué ». Ainsi, selon elle, A _ SA a admis pour le moins que
55% du mandat d'architecte était effectué. Selon elle, au jour de la prise de possession,
le 16 juillet 2009, la base des édifices était déjà réalisée et était donc comprise dans le
prix de vente. Selon X _ SA, elle ne voulait pas conclure un nouveau contrat
d'architecte puisque les prestations architecturales avaient déjà été accomplies pour
près du 90% des prestations totales. Selon elle, A _ SA était sujette à de
nombreuses poursuites qu’elle ignorait. Depuis le 22 septembre 2006, elle avait fait
l'objet de 16 poursuites pour x’xxx’xxx fr. Elle était donc insolvable.
G. Le 29 octobre 2009, un avenant au procès-verbal du chantier n° xxx de l'ensemble
résidentiel "xxx" à L _ a été établi par Y _ SA. Cet avenant faisait
état de l'absence du paiement des factures échues, dont les entrepreneurs réclamaient
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le paiement. Un délai au 30 octobre 2009 au plus tard a été imparti à X _ SA
pour régler tous les montants échus.
H. Le 15 décembre 2009, P _ SA a racheté le dossier à X _ SA, pour
le prix de xx’xxx’xxx fr. (W _, R. 132, p. 1443). X _ SA est resté
toutefois le maître d’oeuvre jusqu’en été 2010.
Le 16 décembre 2009, X _ SA a résilié le contrat d’architecte de A _
SA (S_, R. 192 ; expertise compl., p. 15).
I. Le 28 décembre 2009, par lettre recommandée, Y _ SA a interpellé
X _ SA, en raison de l'absence de paiement des deux premiers acomptes de
xxx’xxx fr. (xxx’xxx fr.), dus conformément au contrat de mandat d'architecte du 16 juillet
2009. Y _ SA réclamait également un montant de xxx’xxx fr. avancé par elle.
Y _ SA a imparti à X _ SA un délai au 4 janvier 2010 pour régler le
montant de xxx’xxx fr. (xxx’xxx fr. + xxx’xxx fr. + xxx’xxx fr.).
J. Le 1er janvier 2010, le mandat d’architecte est repris par l’architecte V _
(R. 112, p. 1439). Egalement le 1er janvier 2010, un constat de l’état des travaux a été
établi par l’architecte V _. Les honoraires de l’architecte V _ pour
son activité se sont élevés à xxx’xxx fr., en relation avec son contrat avec
X _ SA (R. 108, p. 1439).
K. Le 6 janvier 2010, Y _ SA a pris note de la résiliation du contrat par
X _ SA et de ce que celle-ci avait mandaté un autre architecte pour terminer
le chantier. Y _ SA a rappelé à X _ SA qu'un montant total de xxx’xxx
fr. lui était dû, à savoir, xxx’xxx fr. au titre de prestations effectuées par
Y _ SA, conformément au contrat, soit "81% selon les factures et demandes
d'acomptes déjà adressées", ainsi que xxx’xxx fr., au titre d'avances effectuées par
Y _ SA à diverses entreprises. Y _ SA a imparti à X _ SA
un délai au 15 janvier 2010 à midi au plus tard pour régler le montant de xxx’xxx fr.
(xxx’xxx fr. + xxx’xxx fr.) sur les xxx’xxx fr. dus, paiement qui constituait "un préalable à
toute discussion".
L. Le 28 janvier 2010, l’expert YY _, architecte ETS à ZZ _, a été
mandaté par le tribunal du district de Sion pour établir un constat des travaux (preuve à
futur ; C2 10 xxx).
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Le 6 mai 2010, l'architecte YY _ a établi un rapport d'expertise (C2 10 12).
YY _ a estimé que, selon constat à fin janvier 2010, les prestations exécutées
par Y _ SA sur le chantier "xxx", à L _, s'élevaient à 74%. L'architecte
YY _ a ainsi considéré que le montant total dû par X _ SA à
Y _ SA s'élevait à xx’xxx fr. pour l'ensemble des prestations effectuées jusqu'à
la "révocation du contrat", dont xx’xxx fr. à titre d'indemnités pour les prestations non
accomplies.
M. Le 12 juillet 2010, X _ SA et P _ SA ont signé une convention,
par laquelle P _ SA reprenait en l’état la promotion « xxx », à L _.
Selon la demanderesse, lors de la vente à P _ SA, le prix obtenu avait été
diminué approximativement du montant des honoraires de l’architecte V _ de
l'ordre de xxx’xxx francs.
N. Le 24 septembre 2010, l'architecte YY _ a complété son rapport d’expertise
(expertise complémentaire), lequel précisait que l'expertise ne permettait pas de
confirmer que Y _ SA avait avancé le montant de xxx’xxx fr. 10 (C2 10 xxx).
L'architecte YY _ a également relevé que l'acte de vente de la parcelle n° xxx,
du 16 juillet 2009, comprenait déjà la vente des "plans de constructions liés à la parcelle",
mais aucun point portant sur la "vente de prestations d'architecte". YY _ en a
conclu que les honoraires de Y _ SA ne devraient pas être retranchés en
raison de l'acte de vente précité (C2 10 xxx).
O. Le 25 octobre 2010, Y _ SA a fait notifier à X _ SA un
commandement de payer, poursuite n° xxx, par l’office des poursuites de B _,
pour les montants suivants : xxx’xxx fr. avec intérêts à 5% dès le 1er juin 2009; xxx fr.
avec intérêts à 5% dès le 31 août 2009; xxx’xxx fr. avec intérêts à 5% dès le 4 janvier
2010. Sous la rubrique "titre et date de la créance; cause de l'obligation" figuraient les
indications suivantes: contrat relatif aux prestations d'architecte et de direction des
travaux signé entre les parties le 16 juillet 2009, expertise judiciaire du 6 mai 2010 et
complément d'expertise du 24 septembre 2010. Le 30 novembre 2010, Y _ SA
a requis la mainlevée provisoire de l'opposition formée par X _ SA audit
commandement de payer. Le 28 janvier 2011, la séance s’est tenue devant le tribunal
de première instance de B _. Le 17 juin 2011, le TPI a prononcé la mainlevée
provisoire. Le 16 décembre 2011, la Cour de Justice de B _ a notamment
prononcé : « Prononce la mainlevée provisoire de l'opposition formée au
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commandement de payer, poursuite n° xxx, à concurrence de xxx’xxx fr. avec intérêts à
5% l'an dès le 1er juin 2009 et de xxx’xxx fr. avec intérêts à 5% l'an dès le 31 août 2009.
Confirme ledit jugement pour le surplus ».
P. En janvier 2011, la raison sociale A _ SA a été changée en
Y _ SA.
Le 1er décembre 2011, l’expert F _, architecte SIA à ZZ _, a rédigé
un rapport d’expertise (surexpertise), sur mandat du tribunal du district de Sion dans le
cadre de la procédure de preuve à futur (C2 10 xxx). Le 8 mars 2012, le tribunal a
prononcé (C2 10 xxx) :
1. La procédure de preuve à futur est close. 2. Les frais de la procédure de preuve à futur, arrêtés à xx’xxx fr., sont provisoirement assumés par Y _ SA,
de siège social à D _, à concurrence de x’xxx fr. et par X _ SA, de siège social à B _, à concurrence de xx’xxx fr..
3. Y _ SA et X _ SA supportent provisoirement leurs propres dépens. 4. Si l'action au fond ne devait pas être ouverte, les frais, tels que fixés ci-dessus, seront définitivement conservés par
Y _ SA à concurrence de x’xxx fr. et par X _ SA à concurrence de xx’xxx fr., sans allocation de dépens.
Q. Selon X _ SA, en raison d'inexécutions, Y _ SA lui doit xxx’xxx fr.
pour les honoraires de V _, xx’xxx fr. pour divers travaux (isolation des
façades, étanchéité toit, ascenseur, cloisonnement, sanitaire, ponts de froid) (rapport
V _ du 2 avril 2010). Selon elle, la vente signée le 16 juillet 2009, inscrite le
14 octobre 2009, avec expédition délivrée le 24 novembre 2009, a eu pour conséquence
que les établissements bancaires n’ont pas libéré les fonds. Selon elle, les
conséquences de retard dans l'inscription de l'acte de vente et de la délivrance d'une
expédition incombaient à A _ SA, devenue Y _ SA (rapport de
BB _ 11 janvier 2010).
Selon X _ SA, lors de la conclusion de l'acte de vente et du contrat d'architecte,
A _ SA avait garanti à X _ SA que l'ensemble des appartements
seraient vendus et que le prix de vente, sous déduction contractuelle de 3 à 5%, revenait
à X _ SA (lettre de A _ SA du 30 janvier 2009). Selon elle,
A _ SA a remis à cet effet le 30 mars 2009 à X _ SA un tableau selon
lequel elle planifiait les ventes selon deux variantes, une optimiste à raison de
x’xxx fr./m2, l'autre à x’xxx fr./m2. Selon elle, le prix de vente minimum estimé par
A _ SA s’élevait à xx’xxx’xxx francs. Selon X _ SA, dans le
programme des ventes, A _ SA avait garanti à X _ SA un prix de
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vente de l'immeuble et la promotion en général pour un prix total de xx’xxx’xxxfr. (pce
17).
Aucune vente n'a été réalisée en relation avec l'immeuble de 64 appartements.
A _ SA a devisé le coût des constructions selon « Devis détaillé par CFC », le
14 juillet 2009, 2 jours avant la signature des conventions, à xx’xxx’xxx francs. Selon
elle, X _ SA s'est vue dans l'obligation de rechercher un acquéreur pour
l'immeuble et la finalisation de la promotion. Selon la demanderesse, A _ SA
a agi par une société qu'elle contrôlait, AAA _ Sàrl, domiciliée à la même
adresse, route xxx, à D _, laquelle allait se charger des ventes auxquelles la
société A _ SA s'était engagée (pce 23). X _ SA s'est trouvée dans
l'obligation de vendre l'objet dans les meilleurs délais, vu que les ventes d'appartements
n'avaient pas été effectuées par A _ SA, comme celle-ci s'y était engagée.
Dans ces circonstances, X _ SA est entrée en négociation et a conclu un
contrat de vente devant Me C _, à P _ SA, de siège à B _,
pour le prix de xx’xxx’xxx fr. (pce 19). Selon la demanderesse, la garantie d'obtenir
xx’xxx’xxx fr. donnée par A _ SA et le prix obtenu de P _ SA de
xx’xxx fr., a entraîné une perte de 5 millions de francs.
Selon X _ SA, l'architecte V _ a dû reprendre la direction des travaux
dans un état chaotique, ce que l’architecte V _ conteste (R. 111, p. 1439).
Y _ SA a sollicité trois entreprises pour acheter des appartements. Comme
X _ SA, à B _, n'était pas apte à assumer la vente des appartements,
elle devait recourir à un courtier. Selon elle, l’acte instrumenté par Me C _, de
54 pages, plus un avenant, démontrent que la vente était complexe, à la différence de
l’acte instrumenté par Me K _ le 16 juillet 2009, de 6 pages. Selon
X _ SA, dans la lettre du 30 janvier 2009 à BB _, A _ SA
expose le volet « foncier » avec offre de courtage, avec le coût des frais d'acquisition
«2,2% notaire et frais de mutation». Selon elle, cette lettre démontre que la vente du
bien-fonds, avec les bâtiments en cours d'édification, et la direction des travaux sont liés
et forment un tout. Selon elle, comme la prise de possession au 16 juillet 2009 prévoit
que « dès cette date, tous les profits, risques et charges, se référant à l'objet du présent
acte passeront à l'acquéreuse », les dettes antérieures continueront à être assumées
par A _ SA et par CC _. Elle rappelle que dans l'acte de vente, il est
précisé sous chiffre 3 que « les vendeurs ... s'engagent en outre à s'acquitter de toutes
obligations non encore échues ... », à savoir toutes les factures et dettes nées avant le
16 juillet 2009. Selon elle, le projet architectural était déjà grandement élaboré et avancé.
- 23 -
Sur la base des procès-verbaux de chantier de Y _ SA, G _,
l’administrateur unique, n'était que rarement présent aux séances de chantier. Selon
elle, il n'a pas assumé la direction des travaux dans lesquels il s'était engagé.
X _ SA relève que, à part quatre procès-verbaux de chantier (pces 29, 31,
32 et 35), Y _ SA n’a pas produit les procès-verbaux 1 à 32, lesquels
démontrent que lors de la prise de possession le 16 juillet 2009, la promotion était déjà
largement engagée. Selon elle, la lettre du 30 janvier 2009 annonce la conclusion d'un
contrat de courtage (« Taux de commission de vente : entre 3% et 5% TVA de 7,6% »).
R. X _ SA a émis les prétentions suivantes : - factures payées par
X _ SA dont le coût incombait A _ SA (al. 28), par x’xxx’xxx fr.;-
dommages et intérêts pour inexécution et/ou exécution défectueuse (al. 86), par
xxx’xxx fr., à savoir un total de x’xxx’xxx fr.
En outre, le 2 mai 2011, X _ SA a mis en demeure A _ SA de lui
verser x’xxx’xxx fr., à titre de dommage. Le 16 mai 2011, un commandement de payer,
poursuite n° xxx de x’xxx’xxx fr. a été notifié à Y _ SA par l’OPF de
D _ et a été frappé d'opposition. De son côté, A _ SA a fait notifier
un commandement de payer de xxx’xxx fr. à X _ SA par l’OP de B _.
S. Selon Y _ SA, seuls le contrat de vente et le contrat d'architecte et de
direction des travaux ont été conclus le 16 juillet 2009. Selon elle, le contrat de vente
indiquait de manière complète l'objet de la vente, à savoir la parcelle n° xxx et les plans
de construction. Selon elle, le contrat relatif aux prestations d'architecte et à la direction
des travaux indiquait de manière complète l'étendue du mandat, à savoir le mandat total
d'architecte (prestation totale à 100 %) avec la direction des travaux, le décompte final
et la direction des travaux de garantie. Selon elle, les deux actes ont pour objet des
prestations différentes et engagent les parties dans des relations contractuelles
distinctes. Selon le notaire K _, sans être clair (« j’imagine »), la vente et le
mandat d’architecte étaient deux relations juridiques différentes (R. 46, 76, 77, p. 1420,
1424). S _ a contesté cette allégation, car, selon lui, les deux actes sont liés
(R. 175, 181, p. 1459). Ainsi, le contrat de vente a été signé devant notaire et a été passé
en connaissance de cause, sans précipitation ni contrainte (K _, R. 72,
p. 1424 ; S_, R. 178, p. 1460). La rédaction de l'acte définitif a fait suite à
différents projets, des échanges de courriers, des courriels et des modifications
intervenus entre les parties et le notaire. Selon Y _ SA, l’objet était la vente de
la parcelle et des plans ; l’acte portait sur le chantier dès son commencement. Le notaire
- 24 -
K _ a confirmé ce point de vue (R. 74, p. 1424). Ainsi, le premier extrait a été
requis le 11 mai 2009, et l'acte a été signé le 16 juillet 2009, à savoir deux mois plus
tard. Les discussions ont commencé bien avant la lettre du 17 février 2009. Ainsi, le
dossier a été transmis le 4 février 2009 par A _ SA à BB _, architecte
conseil de X _ SA. Dans la lettre du 17 février 2009, à savoir 13 jours plus tard,
Guillaud écrit avoir étudié le dossier. De plus, X _ SA s'est acquittée de toutes
les factures qui lui ont été adressées pour le début des travaux. Selon elle, s’agissant du
contrat d'architecte, la rémunération prévue pour l'activité de A _ SA en qualité
d'architecte et de direction des travaux a été fixée à x’xxx’xxx fr. pour les cinq bâtiments,
à 100%, à titre d’honoraire forfaitaire. Selon le contrat, les honoraires étaient payables
en plusieurs tranches, à savoir xxx’xxx fr. au 1er juin 2009, xxx’xxx fr. au 31 août 2009 et
le solde à la remise des clés, en décembre 2010. L'échéance de paiement de la première
tranche a été ainsi fixée à une date antérieure à la signature du contrat ; il a ainsi été
signé avec un effet rétroactif. Selon elle, le contrat d'architecte est clair. Sous la rubrique
"étendue du mandat", il indiquait que le mandat correspondait à un "mandat total
d'architecte (prestations totales à 100%) avec la direction des travaux, le décompte final
et la direction des travaux de garantie, selon tableau des prestations annexé (art. 4.1 à
4.5)". Ce tableau des prestations et pourcentages prévoyait dans la phase de l'avant-
projet, l'analyse du problème pour 1% du mandat, la recherche de partis pour 4,5% du
mandat, l'avant-projet et l'estimation sommaire du coût de construction et des détails
pour 3,5%. Ce tableau prévoyait sous point 4.2 la phase du projet, soit le projet définitif,
l'estimation du coût de construction et des délais, la procédure de demande
d'autorisation de construire, l'étude de détail et le devis général, pour 26%. En phase
4.3, ce tableau prévoyait la phase de préparation de l'exécution, soit les dessins
provisoires d'exécution, les appels d'offre, les analyses des offres et propositions
d'adjudication, ainsi que le calendrier de l'exécution pour 19%. Quant à la phase de
l'exécution, sous point 4.4, le contrat prévoyait les contrats avec les entrepreneurs et les
fournisseurs pour 1%, les dessins définitifs d'exécution pour 9%, la direction
architecturale pour 5% et la direction des travaux pour 27%, soit un total de 42%. Selon
Y _ SA, c'est dans la phase 4.4, soit la direction des travaux que s'est achevé
son mandat. Toutes les phases déjà effectuées et les montants avancés étaient, selon
elle, déjà compris dans le contrat en question. Selon Y _ SA, les x’xxx’xxx fr.
n’étaient pas compris dans le prix de vente, car le contrat d'architecte ne portait pas sur
les plans de construction mentionnés dans l'acte de vente, lequel ne comprenait aucun
point portant sur la vente des prestations d'architecte. Selon elle, le contrat d'architecte
a été exécuté jusqu'à la fin du mandat. Selon elle, pendant toute l'exécution du mandat,
il n'y a jamais eu d’avis de défaut, ni de récrimination au sujet des travaux effectués.
- 25 -
Selon elle, le chantier s’est déroulé sans aucun problème, car les procès-verbaux de
chantier déposés n'ont donné lieu à aucune remarque de la part de X _ SA.
Selon elle, la reprise du chantier par V _ le 1er janvier 2010 s'est faite sans
retard ni problème. A _ SA a remis immédiatement la totalité de son dossier
et des plans au maître de l’oeuvre. X _ SA a souhaité revendre le projet à un
promoteur. A cette occasion, X _ SA a inclus dans les documents remis à
l'acheteur, la SI P _ SA, le tableau (pce 19) qui porte à l'arrière de chaque
page le logo de X _ SA. Dans ce document, le montant de x’xxx’xxx fr. apparaît
dans la colonne "contrat" ainsi que déjà dans la colonne "payé". X _ SA a donc
présenté ce document à la SI P _ SA lors des négociations de revente, en
incluant dans son décompte les x’xxx’xxx fr. dus à A _ SA. Selon elle,
X _ SA a fait croire à l'acheteur la SI P _ SA que ce montant avait
été payé.
Selon Y _ SA, aucun contrat n'a été passé entre les parties pour la vente des
appartements. Selon elle, A _ SA n'a jamais été mandatée pour la vente des
appartements. Ainsi, A _ SA n'a émis aucune plaquette de vente. Elle n'a pas
non plus effectué de publicité. Elle n'a eu aucun contact avec des acheteurs potentiels,
sauf trois entreprises qui s'étaient engagées à prendre un appartement en
compensation. Selon elle, X _ SA voulait passer un contrat de courtage avec
AAA _ Sàrl. AAA _ Sàrl avait déjà été mandatée dans ce sens par
A _ SA. Aucun contrat de courtage n'a été conclu entre X _ SA et
AAA _ Sàrl. En particulier, le mandat de vente proposé par
AAA _ Sàrl n'a jamais été accepté par X _ SA et n’a jamais été signé.
Selon elle, le but de X _ SA est notamment le courtage immobilier. Elle n'avait
à ce titre aucune raison de passer un contrat de courtage avec AAA _ Sàrl, ni
avec A _ SA.
Selon Y _ SA, comme le 29 octobre 2009 aucun paiement n'était intervenu
auprès des entrepreneurs, le directeur des travaux, A _ SA, a relancé le maître
d'oeuvre, l'invitant à verser tous les montants échus pour le 30 octobre 2009 au plus
tard. Le 28 décembre 2009, aucun versement n'avait été effectué en faveur de
A _ SA. En janvier 2010, les montants dus à A _ SA n'étaient
toujours pas payés par le maître d'oeuvre malgré plusieurs avis ; une mise en demeure
a été adressée à X _ SA. X _ SA a mis un terme au mandat de
A _ SA. A _ SA a pris acte de la résiliation de son mandat et a remis
immédiatement la totalité de son dossier et des plans au maître d'oeuvre. Selon les
- 26 -
rapports d’expertise de YY _, des 6 mai et 24 septembre 2010, le montant dû
par X _ SA à A _ SA pour le travail effectué conformément au
mandat jusqu'à sa résiliation s'élève à xxx’xxx fr. toutes taxes comprises. Selon elle, ce
montant de xxx’xxx fr. lui est dû. Selon elle, à ce montant de xxx’xxx fr. TTC s'ajoute une
somme de xx’xxx fr. correspondant aux 4% et 2% pris en considération à 100% dans le
décompte de A _ SA. Selon elle, s'y ajoute encore une somme de xx’xxx fr.
correspondant au point 4.5 soit à la phase finale. Selon elle, en qualité de maître
d'ouvrage, X _ SA doit s'acquitter de la totalité des paiements consécutifs à
l'ouvrage et doit également rembourser les factures payées en avance par A _
SA, lesquelles se montent à xxx’xxx fr. (facture de x’xxx fr. payée à la commune de
L _ ; facture de xx fr. payée à R _ SA ; facture de xx’xxx fr. payée à
la N _ ; facture de x’xxx fr. payée à la N _ ; facture de x’xxx fr. payée
à I _ SA ; facture de xxx fr. payée à I _ SA ; facture de x’xxx fr. payée
à I _ SA ; facture de xxx’xxx fr. payée à Q _ ; facture de xxx fr. payée
à O _ SA).
T. Selon l’expert judiciaire HH _, opinion retenue par le tribunal, les travaux de
construction ont débuté vers le 20 février 2009 avec les excavations puis la réalisation
des radiers des immeubles A-B-C et D-E ainsi que le radier des parkings (expertise,
p. 7). Pour la barre A-B-C, les travaux de béton armé et de maçonnerie brute des sous-
sols et des parkings ont été terminés au début juillet 2009, y compris la pose des
incorporés pour le sanitaire et l’électricité. A cette même date les travaux étaient en cours
au 1er étage. La pose des drains extérieurs et la mise en place des remblais avaient
débuté sur les faces Sud et Nord. Pour la barre D-E, les travaux de béton armé et de
maçonnerie brute des sous-sols et des parkings avaient été terminés au début juillet. Au
16 juillet 2009 les travaux de maçonnerie et de béton armé étaient en cours au 1er étage,
y compris la pose des incorporés (sanitaire et électricité) (expertise, p. 8). Du 16 juillet
au 15 décembre 2009, la principale activité a été la poursuite du gros-oeuvre sur les
deux barres d'immeubles. Le coulage de la dalle toiture de la barre D-E a eu lieu vers le
15 novembre 2009 (PV N° xxx du 11.11.09 et N° xxx du 18.11.09). Les travaux de gros
oeuvre sur la barre A-B-C avaient atteint, lors de l’interruption des travaux en décembre
2009, le 3ème étage sur rez (PV N° xxx du 9.12.09, PV N° xxx du 16.12.09). Les travaux
sur la barre A-B-C étaient en cours au 3ème étage lors de l’arrêt de fin d’année 2009 du
chantier. Les travaux de la structure du 3ème étage étaient réalisés à environ 65% pour
ce qui concerne la dalle sur le 3ème et à 95% pour ce qui concerne les éléments porteurs
du solde de la dalle. Dans le domaine du second œuvre, des commandes avaient été
faites pour les ascenseurs et les serrureries. Au 15 décembre 2009, étaient en cours
- 27 -
dans la barre D-E les travaux de second oeuvre (installations électriques et sanitaires,
fenêtres, étanchéité couverture, chauffage, ventilation, ascenseurs, serrureries diverses,
plâtrerie). Les travaux de génie civil de la rampe d’accès au parking avaient été
entièrement réalisés au 15 décembre 2009. La valeur des travaux réalisés aux 2 dates
clés du 16 juillet et du 16 décembre 2009 pour les 2 barres d’immeubles, est la suivante :
CFC Travaux Montant total % A-B-C % D-E
201 Terrassement xxx’xxx 64.0 36.0
211 Maçonnerie BA x’xxx’xxx 64.0 36.0
221 Fenêtres xxx’xxx 64.0 36.0
225 Couverture étanchéité xxx’xxx 58.4 41.6
23 Installations électriques xxx’xxx 64.1 35.9
24 Installation de chauffage xxx’xxx 61.7 38.3
244 Installation de ventilation xxx’xxx 63.0 37.0
25 Installations sanitaires xxx’xxx 62.5 37.5
261 Ascenseurs xxx’xxx 60.0 40.0
272 Serrureries diverses xxx’xxx 60.0 40.0
271-285 Gypserie, cloisons, peinture x’xxx’xxx 62.3 37.7
En effet, les montants des travaux effectués par Q _ (sans terrassements)
sont :
Prestations Montants %
Total selon contrat x’xxx’xxx 100.00 %
Au 16 juillet x’xxx’xxx 34.81 %
Au 15 décembre x’xxx’xxx 81.36 %
Du 16 juillet au 15 décembre 2009 x’xxx’xxx 46.55 %
Ces montants des travaux effectués par Q _ (terrassements inclus) sont :
Prestations Montants %
Total selon contrat x’xxx’xxx 100.00 %
Au 16 juillet x’xxx’xxx 36.82 %
Au 15 décembre x’xxx’xxx 81.95 %
Du 16 juillet au 15 décembre 2009 x’xxx’xxx 45.13 %
Les valeurs des travaux pour l’ensemble des corps de métiers sont :
Prestations Montants %
Total selon contrats xx’xxx’xxx 100.00 %
Au 16 juillet x’xxx’xxx 14.49 %
Au 15 décembre x’xxx’xxx 37.81 %
- 28 -
Du 16 juillet au 15 décembre 2009 x’xxx’xxx 23.33 %
Selon l’expert, opinion retenue par le tribunal, en raison de l’avancement des
travaux (expertise, p. 12) : - la valeur des travaux effectués au 16 juillet 2009 était de
x’xxx’xxx fr. ; - la valeur des travaux effectués au 15 décembre 2009 était de
x’xxx’xxx fr. ; - la valeur des travaux effectués entre le 16 juillet 2009 et le 15 décembre
2009 était de x’xxx’xxx fr, ce qui représente 23.33 % du montant total des contrats. Selon
l’expert, opinion retenue par le tribunal, les prestations architecturales effectives, portant
sur la surveillance et la direction des travaux pour la période du 16 juillet 2009 au 15
décembre 2009, ont consisté dans le complètement et dans l’adaptation des plans
d’exécution, initialement établis, et en la direction de travaux d’une valeur de 3'260'467
fr. (expertise, p. 17).
Le contrat d’architecte prévoyait une rémunération forfaitaire de CHF x’xxx’xxx TTC pour
l’ensemble des prestations ordinaires de planification, de préparation d’exécution et de
direction des travaux décrite dans le règlement SIA 102 version 1984 de la SIA relatif
aux prestations d’architecte. Le règlement SIA 102 décrit toutes les prestations partielles
à accomplir par l’architecte et leur attribue un % par rapport au total des prestations.
Selon l’expert, opinion retenue par le tribunal, lorsqu’il a été mis fin au mandat de
l’architecte, Y _ SA avait accompli 100 % des prestations des phases avant-
projet (4.1), projet (4.2) et préparation de l’exécution (4.3). Il avait élaboré également
100 % des contrats avec les entreprises (4.4.1) et des dessins définitifs d’exécution
(4.4.2). Par contre, les prestations de direction architecturale et de direction de travaux
étaient liées à l’exécution des travaux. A mi-décembre 2009, 37.8% du montant des
travaux adjugés avaient été réalisés pour un montant de x’xxx’xxx francs. Selon l’expert,
opinion retenue par le tribunal, il faut multiplier le montant total des honoraires de ces
prestations partielles (4.4.3 et 4.4.4) par le pourcent des travaux exécutés au moment
de la fin du contrat. Les prestations de la phase finale (4.5) n’ont pas été exécutées
puisque le chantier n’était pas terminé. Selon l’expert, opinion retenue par le tribunal, le
calcul du montant des honoraires s’élèvent à xxx’xxx fr. à mi-décembre 2009 (sans prise
en compte d’une éventuelle indemnité pour les prestations non effectuées). Durant les
5 mois de mi-juillet à mi-décembre 2009, l’architecte A _ SA a accompli les
3 prestations partielles suivantes : - (4.4.2) dessins définitifs d’exécution ; selon l’expert,
40 % de cette prestation avaient été effectués dans les 5 mois considérés ; - (4.4.3)
direction architecturale ; cette prestation est liée au volume des travaux effectués durant
les 5 mois ; il en va de même pour la prestation partielle de direction des travaux ; les
travaux effectués durant ces 5 mois ont une valeur de x’xxx’xxx fr. qui représente 23.3%
- 29 -
des travaux adjugés ; - (4.4.4) direction des travaux ; selon l’expert, opinion retenue par
le tribunal, ces honoraires s’élèvent à xxx’xxx fr. pour les prestations effectuées de juillet
à décembre 2009 (sans prise en compte d’une éventuelle indemnité pour les prestations
non effectuées). S’agissant des prestations non effectuées par A _ SA, à la
suite de la résiliation du mandat avant son terme, selon l’art. 1.14.3 du Règlement SIA
102, si la résiliation a lieu en temps inopportun et si l’architecte n’a commis aucune faute,
il a droit à une indemnité égale à 10 % des honoraires correspondant aux prestations
non accomplies, ou davantage lorsque le préjudice prouvé dépasse ce pourcentage.
L’expert applique ce pourcentage de 10 %, car tous les plans étaient faits, le personnel
chargé de la direction des travaux devait être démobilisé, la fin prématurée du contrat
d’architecte a entraîné une perte de chiffre d’affaires. A la fin du contrat d’architecte,
aucune réclamation n’a été formulée concernant la qualité du projet de
A _ SA. Ainsi, selon l’expert, opinion retenue par le tribunal, il faut ajouter aux
montants des honoraires 10% du solde des honoraires dus pour la prestation totale, à
savoir 10 % de x’xxx’xxx fr. – xxx’xxx fr. = xxx’xxx fr., à savoir 10 % de xxx’xxx fr. =
xx’xxx francs. Selon l’expert, opinion retenue par le tribunal, le total des honoraires se
monte ainsi à xxx’xxx francs. Le total des honoraires pour les 5 mois de 2009 (mi-juillet
- mi-décembre) s’élève à xxx’xxx fr. (expertise, p. 19).
Selon l’expert (expertise, p. 23 ; expertise compl., p. 10), opinion retenue par le tribunal,
le coût des travaux effectués jusqu’au 16 juillet 2009 n’incombait pas à Y _
SA. En effet, si la volonté des parties avait été d’inclure dans l’acte de vente non
seulement le prix de la vente des x’xxx m2 de la parcelle n° xxx de L _ et des
« plans de construction liés à la parcelle » mais d’y inclure également le prix des factures
d’un montant de x’xxx’xxx fr. ou le prix des travaux effectués estimé à x’xxx’xxx fr., le
prix de la vente en aurait été augmenté d’autant ce qui aurait également eu pour effet
une hausse des émoluments du notaire et des droits de mutation.
Selon l’expert, si l’on se base sur la version qu’il estime la plus plausible de l’acte de
vente, les honoraires dus à l’architecte sont de xxx’xxx francs. Si l’on se base sur le
contrat concernant les prestations d’architecte et de direction des travaux les honoraires
sont de xxx’xxx francs. Il faut ajouter à ces 2 montants l’indemnité de xx’xxx fr. pour la
fin prématurée du contrat par X _ SA. Selon l’expert, les honoraires dus à
A _ SA sont donc compris entre xxx’xxx fr. et xxx’xxx francs. Selon l’expert, la
fixation des honoraires dus à A _ SA dépend donc du poids que l’on accorde
aux 2 contrats signés. L’expert estime que l’on pourrait attribuer un poids égal aux
2 contrats puisqu’ils ont été signés tous deux le même jour par 2 sociétés qui étaient en
- 30 -
mesure d’apprécier la situation puisqu’elles disposaient toutes deux de l’appui de
professionnels de la construction. Selon l’expert, opinion retenue par le tribunal, la
rétribution de A _ SA est la moyenne arithmétique des montants des
honoraires calculés selon les 2 contrats, à savoir xxx’xxx fr. + xxx’xxx fr. divisé par 2. Le
montant dû selon ce mode de faire est ainsi de xxx’xxx fr., arrondi à xxx’xxx fr., sans les
intérêts de retard. L’expert vérifie également ce calcul de la manière suivante (expertise
compl., p. 21, p. 1827) :
Montant des honoraires sur la base de l'acte de vente xxx’xxx fr.
Montant des honoraires sur la base du contrat
d'architecte et de direction des travaux xxx’xxx fr.
Total x’xxx’xxx fr.
Moyenne arithmétique xxx’xxx fr.
Indemnité de 10 % pour résiliation du contrat xx’xxx fr.
Honoraires dus selon appréciation de l'expert xxx’xxx fr.
Arrondi à xxx’xxx fr.
En conclusion, l’expert relève, opinion retenue par le tribunal, que Y _ SA peut
faire valoir une prétention de xxx’xxx fr. à l’endroit de X _ SA. Selon lui, ce
montant se réduit de xx’xxx fr., à savoir à xxx’xxx fr. (montant arrondi) si le tribunal
considère que les conditions pour l’obtention de l’indemnité pour résiliation anticipée du
contrat ne sont pas remplies. L’expert relève que X _ SA ne peut pas émettre
de prétention à l’égard de A _ SA pour les anomalies constatées par
l’architecte V _.
- 31 -

III. Considérant en droit
1. Les normes SIA ne sont pas l’expression d’un usage, mais ont le caractère de
conditions générales. Elles ne sont applicables que si les parties ont convenu,
expressément ou par actes concluants, de les incorporer à leur contrat (MORIN,
Commentaire romand, n. 169 ad art. 1 CO; arrêt 4A_548/2013 du 31 mars 2014 consid.
3.3.1; ATF 118 II 295 consid. 2). L’incorporation des conditions générales dans un
contrat résulte donc d’un accord entre les parties en vertu duquel celles-ci acceptent que
des conditions générales déterminées règleront tout ou partie de leur contrat (en tant
que partie intégrante de celui-ci).
Cet accord peut être exprès ou tacite. Il découle souvent d’un simple renvoi aux
conditions générales concernées. L’acceptation d’une partie est globale lorsque celle-ci
n’a pas pris connaissance du contenu des conditions générales, n’y a pas réfléchi ou ne
les a pas comprises (GAUCH/SCHLUEP/SCHMID, Schweizerisches Obligationenrecht, AT,
n. 1130). Le principe de la confiance permet d’opposer des conditions générales à la
partie qui a consenti à leur incorporation globale, sous réserve du caractère insolite d’une
close particulière. En effet, en acceptant d’intégrer au contrat des clauses qu’elle n’avait
pas lues ou pas comprises alors qu’elle avait la possibilité de le faire, elle a objectivement
indiqué à l’autre partie qu’elle en assumait le contenu (ATF 135 III 1 consid. 2; 119 II 443
consid. 1a; MORIN, op. cit., n. 173 ad art. 1 CO).
La partie qui entend se prévaloir d'une norme SIA doit donc alléguer et prouver les
circonstances de fait démontrant qu'il a été convenu de l'incorporer dans le contrat.
2. Le contrat d'architecte qui comprend non seulement la direction de travaux mais
également l'établissement de plans, constitue un contrat mixte qui relève, suivant les
prestations, du contrat d'entreprise ou du mandat (arrêt 4A_471/2010, consid. 4.3.2; ATF
127 III 543 consid: 2a; TERCIER/FAVRE, n. 4314 p. 648 et n. 5343 ss p. 804 s.). Ainsi,
lorsqu’un architecte est chargé d’établir des plans, des soumissions ou des projets de
construction, il conclut un contrat d’entreprise (art. 363 CO); s’il est chargé des
adjudications et de la surveillance des travaux, il s’agit d’un mandat (art. 394 CO); si sa
mission englobe des activités relevant des deux catégories, le contrat est mixte et relève,
suivant les prestations, du mandat ou du contrat d’entreprise (ATF 127 III 543 consid.
2a). Le contrat d'architecte global – qui n’est soumis à aucune forme particulière (arrêt
4A_663/2012 du 6 mars 2013 consid. 5.2.1; TERCIER/FAVRE, Les contrats spéciaux, n.
5365) – est celui par lequel un architecte se charge au moins de l'établissement des
- 32 -
plans (esquisses et projets de construction, plans d'exécution et de détail) et de la
direction des travaux, avec ou sans l'adjudication de travaux. Ce contrat constitue un
contrat mixte, qui relève, suivant les prestations, du mandat ou du contrat d'entreprise
(arrêts 4A_471/2010 du 2 décembre 2010 consid. 4.3.2; 4C.87/2003 du 25 août 2003
consid. 4.3.2, non publié aux ATF 129 III 738). Une dissociation concernant les
conséquences juridiques est ainsi envisageable, en ce sens que la responsabilité pour
une faute de plan peut s’analyser au regard des règles du contrat d’entreprise et celle
pour la mauvaise direction des travaux d’après les règles du mandat (ATF 109 II 462
consid. 3d; cf. ég. ATF 134 III 361 consid. 5.1; arrêts 4A_90/2013 du 10 juin 2013 consid.
3; 4A_53/2012 du 31 juillet 2012 consid. 3.4; 4A_252/2010 du 25 novembre 2010 consid.
4.1). La jurisprudence a posé qu’il fallait appliquer les règles du mandat en ce qui
concerne la responsabilité de l’architecte pour une mauvaise évaluation du coût des
travaux (ATF 119 II 249 consid. 3b), bien qu’elle admette l’existence d’un contrat
d’entreprise lorsque l’architecte est chargé exclusivement d’élaborer un devis écrit (ATF
114 II 53 consid. 2b). En particulier, le Tribunal fédéral (cf. ATF 114 II 53 consid. 2b) ne
s’est pas rallié à l’opinion de Gauch, selon laquelle le contrat d’architecte global doit être
soumis de manière uniforme aux règles du mandat (GAUCH, Der Werkvertrag, n. 58-61,
p. 22 s.; dans le même sens, cf. ég. FELLMANN, Haftung von Architekt und Ingenieur, in
Koller [Hrsg.], Haftung für Werkmängel, p. 85 s.; SCHUMACHER, Die Haftung des
Architekten aus Vertrag, in Gauch/Tercier, Le droit de l’architecte, p. 113 ss, n. 397,
p. 127 et note de pied 58, pour qui la dissociation n’est guère envisageable lorsque
l’erreur de construction trouve son origine dans la phase de planification et se répercute
lors de la phase d’exécution des travaux). La seule mention, à l’ATF 127 III 543 consid.
2a, selon laquelle « une partie de la doctrine voudrait que la responsabilité de l'architecte
global soit soumise exclusivement aux règles du mandat » ne signifie pas que la Haute
Cour ait modifié en ce sens sa jurisprudence. Dans sa pratique la plus récente, le
Tribunal fédéral s’en tient donc à la qualification du contrat d’architecte global en tant
que contrat mixte (ATF 134 III 361 consid. 5.1; plus récemment, cf. arrêts 4A_53/2012
précité consid. 3.5; 4C.259/2006 du 23 octobre 2006 consid. 2; CHAIX, Commentaire
romand, n. 29 ad art. 363 CO).
D’un autre côté, les règles du mandat trouvent application sans autre au contrat
d’architecte global, en particulier l’art. 394 al. 3 CO, lorsque les parties n'ont pas
explicitement convenu d'une rémunération. En effet, dans cette hypothèse, il se justifie
d'appliquer l'art. 394 al. 3 CO à l'ensemble des prestations du contrat d’architecte global,
car une distinction entre les deux catégories (i.e. prestations relevant du mandat [art.
394 al. 3 CO] et prestations relevant de l’entreprise [art. 374 ss CO]) n'engendrerait
- 33 -
pratiquement aucune différence dans le résultat; si nécessaire, le juge doit arrêter une
rémunération objectivement proportionnée aux services rendus, en tenant compte
notamment du genre et de la durée de la mission accomplie, de son importance et de
ses difficultés, et de la responsabilité assumée par l'architecte (arrêt 4A_230/2013 du
17 septembre 2013 consid. 2; EGLI/STÖCKLI, Das Planerhonorar, in Die Planerverträgen,
n. 7.37 et 7.44). Enfin, relèvent également du mandat les mesures à prendre si des
défauts apparaissent en cour d'exécution, parce que cette activité se rattache à la
direction et au contrôle des travaux (arrêts 4C.14/2002 du 5 juillet 2002 consid. 4.2;
4C.81/2000 du 23 mai 2000 consid. 2a, in SJ 2001 I p. 136; ATF 110 II 380 consid. 2).
3. Selon la demanderesse, trois contrats (vente immobilière, contrat d'architecte, contrat
de courtage) seraient interdépendants. Selon elle, l'objet de la vente comporte
notamment les plans de construction et les travaux effectués depuis février 2009 ; tout
ce qui avait été effectué et exécuté avant cette date incomberait à la défenderesse ; elle
aurait payé des factures revenant à la défenderesse, pour éviter l'inscription d'une
hypothèque légale ; la vente immobilière comporterait dans le prix des travaux
d'architecture ; le contrat d'architecte serait grandement incorporé dans la vente
immobilière.
En l’espèce, le 16 juillet 2009, la demanderesse a non seulement signé avec la
défenderesse l’acte de vente, mais aussi le contrat relatif à des prestations d'architecte
et de direction des travaux avec la défenderesse concernant le même ensemble
résidentiel "xxx", à L _, dans lequel les honoraires d'architecte étaient fixés
forfaitairement et s'élevaient à x’xxx’xxx fr. TTC pour l'ensemble résidentiel. Les plans
cédés dans le cadre du contrat de vente concernaient le même ensemble résidentiel que
celui visé par le contrat relatif aux prestations d'architecte. Ce contrat d'architecte était
un "mandat total d'architecte", comprenant l'accomplissement de toutes les prestations
ordinaires nécessaires (selon un tableau joint au contrat). En outre, aucun montant des
acomptes d'honoraires prévus par ce contrat n'avait été rectifié, contrairement à
certaines échéances de paiement qui avaient été modifiées à la main. Sur cette base
déjà, toutes les prestations d'architecte ne pouvaient pas être incluses dans le contrat
de vente, eu égard à la teneur du contrat d'architecte signé en parallèle.
En réalité, les prestations de la défenderesse font l'objet de deux contrats distincts.
L'acte de vente indique qu’un mandat d'architecte et de surveillance du chantier est
attribué à la venderesse. Parallèlement, un contrat d'architecte et de direction des
travaux a été conclu entre les parties. Selon le contrat, le mandat comprenait les
- 34 -
prestations suivantes : mandat total d'architecte (prestation totale à 100 %) avec la
direction des travaux, décompte final et direction des travaux de garantie sur l'immeuble
vendu. Les contrats signés le 16 juillet 2009 concernent l'un, une vente et l'autre, signé
parallèlement, des prestations d'architecte. Les deux contrats sont de natures
différentes. Professionnelle de la branche, assistée de professionnels, la demanderesse
- dont les buts sont notamment l'exécution de promotions immobilières - ne pouvait pas
ignorer, lors de la signature, qu'elle signait deux contrats de natures différentes. Les
premiers rapports d’expertise judiciaire (du 6 mai 2010 et du 24 septembre 2010)
indiquent que le montant total dû pour la prestation de la défenderesse depuis le début
du contrat jusqu'à sa résiliation s'élève à xxx’xxx fr. TTC (expertise YY _). Ce
total de xxx’xxx fr. correspond à la première tranche de xxx’xxx fr. exigible dès le 1er juin
2009, plus la deuxième tranche de xxx’xxx fr. exigible dès le 31 août 2009, ainsi que
xxx’xxx fr., à savoir la part réalisée au moment de la résiliation du mandat. Le
déroulement du chantier n'a pas donné lieu à des problèmes, comme en attestent les
procès-verbaux de chantier qui n'ont donné lieu à aucune remarque de la part de la
demanderesse. La surexpertise du 1er décembre 2011 (expertise F _) retient
un montant de xxx’xxx fr.
En l’occurrence, le tribunal retient l’opinion de l’expert HH _ (expertise, p. 23 ;
do. p. 1711; expertise compl., p. 10 ; do. p. 1816). Le coût des travaux effectués jusqu’au
16 juillet 2009 n’incombait pas à la défenderesse. En effet, si la volonté des parties avait
été d’inclure dans l’acte de vente non seulement le prix de la vente des x’xxx m2 de la
parcelle n° xxx de L _ et des « plans de construction liés à la parcelle », mais
d’y inclure également le prix des factures d’un montant de x’xxx’xxx fr. ou le prix des
travaux effectués estimé à x’xxx’xxx fr., le prix de la vente en aurait été augmenté
d’autant.
Sur la base de la version la plus plausible de l’acte de vente, les honoraires dus à
l’architecte sont de xxx’xxx francs. Si l’on se base sur le contrat concernant les
prestations d’architecte et de direction des travaux les honoraires sont de xxx’xxx francs.
Il faut ajouter à ces 2 montants l’indemnité de xx’xxx fr. pour la fin prématurée du contrat.
Les honoraires dus à la défenderesse sont donc compris entre xxx’xxx fr. et xxx’xxx
francs (expertise compl. p. 12 ; do. p. 1818). A l’instar de l’expert, le tribunal retient un
poids égal aux deux contrats puisqu’ils ont été signés tous deux le même jour par deux
sociétés qui étaient en mesure d’apprécier la situation puisqu’elles disposaient toutes
deux de l’appui de professionnels de la construction. A l’instar de l’expert, le tribunal
considère que la rétribution due à la défenderesse est la moyenne arithmétique des
- 35 -
montants des honoraires calculés selon les 2 contrats, à savoir xxx’xxx fr. + xxx’xxx fr.
(recte : xxx’xxx fr.) divisé par 2. Le montant dû selon ce mode de faire est ainsi de xxx’xxx
fr., arrondi à xxx’xxx fr., sans les intérêts de retard (p. 1827). Comme les conditions pour
l’obtention de l’indemnité pour résiliation anticipée du contrat sont remplies, il n’y pas lieu
de réduire ce montant de xx’xxx francs.
La demanderesse doit dès lors xxx’xxx fr. à la défenderesse.
4. La demanderesse invoque un vice de consentement, à savoir l'existence d'une erreur
essentielle lors de la conclusion du contrat de vente de la parcelle, à L _. Selon
la demanderesse, elle achetait non seulement le terrain, mais également les plans
d'exécution de l'architecte et un projet dont la construction avait déjà débuté en février
2009 et qui était déjà avancé lors de la signature de l'acte de vente. La demanderesse
estime que 90% des prestations d'architecte étaient comprises dans le contrat de vente.
La demanderesse estime qu'en signant le contrat d'architecte, elle entendait seulement
reprendre la suite du contrat d'architecte pour que la construction soit achevée et non
pas conclure un nouveau contrat d'architecte portant sur l'ensemble des prestations.
L'intention de celle-ci n'était donc pas de prendre en charge des prestations déjà
effectuées avant la signature de l'acte de vente et qui étaient comprises dans le prix de
vente.
Selon l'art. 23 CO, le contrat n'oblige pas celle des parties qui, au moment de conclure,
se trouvait dans une erreur essentielle. Selon l'art. 24 al. 1 ch. 3 et 4 CO, parmi d'autres
cas, il y a erreur essentielle lorsque l'un des cocontractants a promis une prestation
notablement plus étendue qu'il ne le voulait (ch. 3), ou lorsqu'il s'est mépris sur des faits
qu'il pouvait considérer, du point de vue de la loyauté en affaires, comme des éléments
nécessaires du contrat (ch. 4). Dans cette seconde hypothèse, l'erreur a porté sur un
point déterminé, considéré par la victime comme un élément nécessaire du contrat, et
dont l'autre partie a reconnu ou pouvait reconnaître qu'il avait un tel caractère; il faut
encore que l'erreur concernât un fait qu'il est objectivement justifié de considérer comme
un élément essentiel (ATF 118 II 58 consid. 3b p. 63; arrêt 4A_228/2007). Selon les art.
21 al. 1 et 31 al. 1 CO, la partie victime d'une lésion, d'une erreur essentielle, d'un dol
ou d'une crainte fondée n'est pas obligée si elle déclare invalider le contrât dans le délai
prévu par la loi. Par un tel droit formateur, la partie scelle définitivement le sort du contrat.
Le contrat entaché d'erreur ou de dol ou conclu sous l'empire d'une crainte fondée, est
tenu pour ratifié lorsque la partie qu'il n'oblige point a laissé s'écouler une année sans
déclarer à l’autre sa résolution de ne pas le maintenir, ou sans répéter ce qu'elle a payé.
- 36 -
Le délai court dès que l'erreur ou le dol a été découvert, ou dès que la crainte s'est
dissipée (art. 31 al. 2 CO).
En l'espèce, la demanderesse a signé à la même date un acte de vente d'une parcelle
sur laquelle un projet d'un ensemble résidentiel avait débuté et un contrat d'architecte et
de direction de travaux concernant ce même ensemble résidentiel. Ce contrat comportait
notamment un "mandat total d'architecte (prestation totale à 100%)" et la direction des
travaux, ainsi que des honoraires forfaitaires de x’xxx’xxx fr. pour l'ensemble résidentiel,
étant précisé que les deux premiers acomptes de xxx’xxx fr. devaient être réglés le 1er
juin 2009 et le 31 août 2009 respectivement. Alors que certaines échéances de paiement
ont été modifiées à la main sur ce contrat, les parties n'ont pas modifié la première
échéance, bien que celle-ci fût antérieure à la signature du contrat. En outre, aucune
autre modification n'a été apportée à la main sur ledit contrat. Professionnelle des
affaires immobilières, la demanderesse était suffisamment informée lors de la signature
du contrat de vente et du contrat d'architecte sur l'avancement du projet d'ensemble
résidentiel "xxx". En connaissance de cause, elle a signé le contrat d'architecte et de
direction de travaux qui prévoyait une prestation d'architecte totale et des honoraires
forfaitaires de x’xxx’xxx fr. Il n'est pas établi qu'elle se serait méprise sur des éléments
de faits essentiels. De surcroît, la demanderesse n’a pas établi qu'elle aurait invalidé le
contrat dans le délai d'une année. En réalité elle a résilié le contrat et a mandaté un
nouvel architecte pour terminer les travaux.
L’exception découlant des art. 23 ss CO doit dès lors être rejetée.
5. Initialement, selon la demanderesse, le contrat d’architecte a été effectué de manière
défectueuse, car la défenderesse n'a pas assumé la direction et la surveillance des
travaux comme les règles de l'art le lui imposaient. Elle se réfère ainsi au rapport de
l’architecte V _ du 2 avril 2010. Elle invoque l’art. 398 CO. Sur ce point,
X _ SA a émis les prétentions suivantes : factures payées par X _
SA dont le coût incombait A _ SA (al. 28), par x’xxx’xxx fr. ; dommages et
intérêts pour inexécution et/ou exécution défectueuse (al. 86), par xxx’xxx fr. ; à savoir
un total de x’xxx’xxx fr..
Aux termes de l'art. 398 al. 2 CO, le mandataire est responsable envers le mandant de
la bonne et fidèle exécution du mandat; l'art. 398 al. 1 CO renvoie au surplus aux règles
sur la responsabilité du travailleur dans les rapports de travail (art. 321e CO; cf. ég. art.
321 ss CO; ATF 119 II 456 consid. 2). Pour que la responsabilité du mandataire soit
- 37 -
engagée, il faut ainsi que l'on puisse lui reprocher une violation des règles de l'art (1°),
un dommage (2°), une relation de causalité – naturelle et adéquate – entre le
manquement et le dommage (3°) et, enfin, une faute (4°), laquelle est présumée (art. 97
CO; cf. ATF 108 II 59 consid. 1; 105 II 284 consid. 1 ; sur les conditions de l’action, cf.
TERCIER/FAVRE, op. cit., n. 5196 ss, p. 779). Comme pour toute responsabilité, ces
conditions sont cumulatives (arrêt 4C.88/2004 du 2 juin 2004 consid. 3.1). L'échec de la
mission assumée n'est certes pas suffisant pour engager la responsabilité du
mandataire; il doit seulement réparer les conséquences d'actes ou d'omissions
contraires à son devoir de diligence. La norme SIA 102, inspirée par le Code d’honneur
de l’UIA (Union internationale des architectes) précise les devoirs de l’architecte. A
teneur de ce règlement, l’architecte se doit notamment de servir les intérêts de son
mandant au mieux de sa conscience, en faisant appel à tout son savoir. Le mandataire
tient compte de l’état généralement reconnu des connaissances propres à sa profession,
qui correspond à la définition de l’obligation de moyens caractérisant le mandat. Pour
juger du niveau des exigences et déterminer l’étendue du devoir de diligence qui
incombe au mandataire, il faut tenir compte de critères objectifs. Les exigences ne
peuvent pas être définies de manière abstraite une fois pour toutes (ATF 133 III 121
consid. 3.1); elles dépendent de la nature des activités prévues par le mandat, analysée
en fonction de l’ensemble des circonstances concrètes du cas d’espèce, notamment de
la difficulté du service (ATF 117 II 563 consid. 2a), du temps à disposition du mandataire
(ATF 120 II 248 consid. 2c), des moyens disponibles, de la marge d’appréciation, du
caractère habituel ou inhabituel de l’affaire (arrêt 4A_75/2007 du 4 juin 2007 consid. 4.3),
de l’importance de l’affaire et de la qualification des parties, en particulier des aptitudes,
connaissances techniques et capacités du mandataire que le mandant connaît ou aurait
dû connaitre (ATF 127 III 357 consid. 1 et 3). Il s'agit donc de déterminer comment un
mandataire consciencieux, placé dans la même situation, aurait agi en gérant l'affaire en
cause; les exigences sont plus rigoureuses à l'égard du mandataire qui exerce son
activité à titre professionnel et contre rémunération (cf. ATF 115 II 62 consid. 3a; arrêt
4A_329/2009 du 1er décembre 2010 consid. 3.3 ; cf. ég. FELLMANN, Berner Kommentar,
n. 406 ss ad art. 398 CO). Le niveau des exigences est souvent fixé dans des règles
déontologiques ou des règles générales, appelées «règles de l’art». Sur ce point, il est
fréquent que le juge s’en remette largement à l’avis d’un expert (TERCIER/FAVRE, op. cit.,
n. 5125 et 5127). Le mandataire (architecte) s’adjoindra lui-même les services d’un
spécialiste lors de difficultés particulières. S’il est chargé de la surveillance des travaux,
il répond des fautes de coordination et des instructions insuffisantes données aux
maîtres d’état (ABRAVANEL, Les devoirs généraux de l’architecte, in Gauch/Tercier, Le
- 38 -
droit de l’architecte, p. 99 ss, n. 335, p. 106 ; FELLMANN, op. cit., n. 371-373 ad art. 398
CO).
En l’espèce, le déroulement du chantier n'a pas connu de problèmes, comme en
attestent les procès-verbaux de chantier qui n'ont donné lieu à aucune remarque de la
part de la demanderesse. A l’instar de l’expert, le tribunal considère que la
demanderesse ne peut pas émettre de prétention à l’égard de la défenderesse,
notamment pour les anomalies constatées par le nouvel architecte mandaté.
De surcroît, initialement, la demanderesse réclamait à la défenderesse x’xxx’xxx fr., avec
intérêt moyen dès le 1er janvier 2010. Par la suite, le 16 janvier 2012 (p. 479), la
demanderesse, assistée d’un avocat professionnel, a modifié ses conclusions, et a retiré
cette conclusion.
Partant, en tout état de cause, cette prétention de la demanderesse doit être rejetée.
6. En procédure, la demanderesse a invoqué enfin un contrat de courtage inexécuté.
Selon elle, la défenderesse aurait aussi proposé la vente du projet résidentiel « Parc
Avenue ». Selon elle, la défenderesse a donné toutes garanties pour obtenir un prix de
l'ordre de xx’xxx’xxx fr. Selon la demanderesse, elle a dû vendre la promotion pour
xx’xxx’xxx fr. à P _ SA, alors que si la défenderesse avait accompli ses
obligations découlant de l’éventuel contrat de courtage, il aurait été possible d'obtenir
xx’xxx’xxx fr. Selon elle, le dommage est ainsi de x’xxx’xxx fr. Selon la demanderesse,
un contrat de courtage exclusif aurait été conclu. L’exclusivité aurait été conférée à la
défenderesse, laquelle avait déjà prévu en sa faveur une commission de 3 à 5 %. Selon
elle, l'inexécution du contrat de courtage par la défenderesse engage sa responsabilité
au sens de l’art. 398 CO.
Sur ce point, le 2 mai 2011, la demanderesse a mis en demeure la défenderesse de lui
verser x’xxx’xxx fr., à titre de dommage. Le 16 mai 2011, un commandement de payer,
poursuite n° xxx de x’xxx’xxx fr. a été notifié à la défenderesse par l’OPF de D _
et a été frappé d'opposition.
La demanderesse ne réclame plus le montant précité en la présente procédure. De
surcroît, rien n’atteste qu’un contrat de mandat aurait été conclu. Professionnelles des
- 39 -
affaires immobilières, les parties n’auraient pas manqué, le cas échéant, de signer un
véritable contrat de courtage, si telle avait été la volonté des parties.
Partant, en tout état de cause, cette éventuelle prétention de la demanderesse doit être
rejetée.
7. Jusqu’à la fin de l’instruction, la défenderesse a réclamé à la demanderesse
xxx’xxx fr. plus intérêts, ainsi que xxx’xxx fr. plus intérêts, pour les avances effectuées à
divers entrepreneurs. Dans ses dernières conclusion, elle réclame xxx’xxx fr., plus
intérêts à 5 % dès le 21 septembre 2009, ainsi que xxx’xxx fr. plus intérêts à 5 % dès le
21 septembre 2009 pour les avances effectuées à divers entrepreneurs.
S’agissant du premier montant, la défenderesse fonde cette prétention sur le premier
rapport d'expertise qui estimait l'ensemble des prestations effectuées par elle
à xxx’xxx fr., dont xxx’xxx fr. à titre d'indemnités pour les prestations non accomplies.
Selon elle, à ce montant de xxx’xxx fr. TTC s'ajoute une somme de xx’xxx fr.
correspondant aux 4% et 2% pris en considération à 100% dans le décompte de
A _ SA. Selon elle, s'y ajoute encore une somme de xx’xxx fr. correspondant
au point 4.5 soit à la phase finale.
Sur ce point, comme indiqué plus haut (consid. 3), la demanderesse doit xxx’xxx fr. à la
défenderesse.
S’agissant du second montant de xxx’xxx fr., la défenderesse fonde cette prétention en
raison des paiements qu’elle a dû effectuer, lesquels sont consécutifs à l'ouvrage. La
demanderesse doit rembourser les factures payées en avance par la défenderesse,
lesquelles se montent à xxx’xxx fr. (facture de x’xxx fr. payée à la commune de
L _ ; facture de xx fr. payée à R _ SA ; facture de xx’xxx fr. payée à
la N _ ; facture de x’xxx fr. payée à la N _ ; facture de x’xxx fr. payée
à I _ SA ; facture de xxx fr. payée à I _ SA ; facture de x’xxx fr. payée
à I _ SA ; facture de xxx’xxx fr. payée à Q _ SA ; facture de xxx fr.
payée à O _ SA). Ces factures sont établies et sont à la charge de la
demanderesse.
Partant, la demanderesse doit encore xxx’xxx fr. à la défenderesse.
8. En définitive, pour les motifs énoncés plus haut, la demanderesse doit être reconnue
débitrice de la défenderesse à concurrence de xxx’xxx fr., avec intérêt légal à 5% l’an
- 40 -
(art. 104 al. 1 CO) dès le 30 décembre 2009, lendemain de la réception de l'interpellation
contenue dans la mise en demeure du 28 décembre 2009 (art. 102 al. 1 CO). Pour
l’essentiel, ce montant correspond à celui réclamé dans la poursuite n° xxx de l’office
des poursuites de B _.
Partant, l’action en libération de dette introduite par la demanderesse doit être rejetée,
si bien que la mainlevée accordée à titre provisoire le 16 décembre 2011 devrait devenir
définitive, à concurrence du montant précité (art. 83 al. 3 LP). Cependant, comme la
défenderesse ne conclut pas à la mainlevée définitive, cette dernière n’a pas à être
prononcée, à peine de statuer ultra petita.
En outre, la demanderesse doit également être reconnue débitrice de la défenderesse
à concurrence de xxx’xxx fr., également avec intérêt légal à 5% dès le 30 décembre
2009.
9. Les conclusions de la demanderesse étant rejetées, et les conclusions de la
défenderesse admises pour l’essentiel, les frais de procédure et de jugement sont mis
à la charge de la demanderesse.
9.1. Les débours totaux de l'autorité (art. 3 al. 2, 7 à 12 LTar) comprennent les
indemnités des témoins (xx fr. + xxx fr. + xxx fr. + xxx fr.), les frais de la procédure de
preuve à futur (xx’xxx fr., débours + émolument), les frais d'expertises (xx’xxx fr. +
xx’xxx fr.), les frais I _ SA (xxx fr.), les frais du RF (xx fr.), les frais de copie de
la commune de L _ (xxx fr.), ainsi que les indemnités d'huissier (xxx fr.), à
savoir au total xx’xxx fr..
Jusqu’au 12 janvier 2012, après la fin des échanges d’écritures, la valeur litigieuse
s’élevait à x’xxx’xxx fr. ; depuis cette date, elle est de xxx’xxx fr. (xxx’xxx fr. +
xxx’xxx fr.) ; avec le mémoire-conclusions, elle est de xxx’xxx fr. (xxx’xxx fr. +
xxx’xxx fr.).
Selon l'art. 16 LTar, pour les contestations civiles de nature pécuniaire d'une valeur de
xxx’xxx fr. à x’xxx’xxx fr., l'émolument est fixé entre xx’xxx fr. et xx’xxx fr. Pour les
contestations civiles de nature pécuniaire d'une valeur litigieuse supérieure à
x’xxx’xxx fr., l'émolument est fixé entre xx’xxx fr. et xx’xxx francs. Eu égard aux valeurs
litigieuses successives de x’xxx’xxx fr., de xxx’xxx fr. et de xxx’xxx fr., à la nature, la
complexité et à la difficulté de l'affaire, aux circonstances et à la situation des parties
- 41 -
notamment, l'émolument et les débours du tribunal sont fixés à x’xxx’xxx fr. au total
(émolument : xx’xxx fr.; débours : xx’xxx fr. (art. 3 al. 1 LTar).
Les avances totales des parties s'élèvent à xxx’xxx fr. dans la présente procédure
xx’xxx fr. dans le C2, sous déduction de x’xxx fr. et x’xxx fr. qui ont déjà été restitués aux
parties. Les avances couvrent donc les frais du Tribunal (xxx’xxx fr. + xx’xxx fr. –
x’xxx fr. – x’xxx fr. = xxx’xxx fr.). Partant, la demanderesse versera encore x’xxx fr. à la
défenderesse en remboursement de toutes ses avances.
9.2. Les dépens, arrêtés globalement, comprennent l'indemnité à la partie pouvant y
prétendre et ses frais d'avocat (art. 4 al. 1 LTar). Les frais d'avocat comprennent les
honoraires et les débours (art. 4 al. 3 LTar).
Jusqu’au 12 janvier 2012, après la fin des échanges d’écritures, la valeur litigieuse
s’élevait à x’xxx’xxx fr. Depuis cette date, elle est de xxx’xxx fr. (xxx’xxx fr. + xxx’xxx fr.),
puis finalement de xxx’xxx fr..
Selon l'art. 32 LTar, pour les contestations civiles de nature pécuniaire entre xxx’xxx fr.
et x’xxx’xxx fr., les honoraires sont fixés entre xx’xxx fr. et xx’xxx fr. Pour les contestations
civiles de nature pécuniaire d'une valeur litigieuse supérieure à x’xxx’xxx fr., les
honoraires sont de 3,3 % sans dépasser xxx’xxx francs. Les honoraires sont fixés entre
un minimum et un maximum prévus par le chapitre 4 de la LTar, d'après la nature et
l'importance de la cause, ses difficultés, l'ampleur du travail, le temps utilement consacré
par l'avocat et la situation financière des parties (art. 27 al. 1 LTar). Ils sont en règle
générale, proportionnels à la valeur litigieuse (art. 27 al. 2 LTar). Eu égard aux principes
exposés et à la règle posée à l'art. 29 al. 2 LTar, le tribunal fixe à xx’xxx fr., le montant
dû à la défenderesse par la demanderesse du chef des dépens, honoraires et débours
compris, y compris ceux de la cause C2 10 12.