Decision ID: 5d5aeacb-d0a7-5440-8fac-c0273ad8d5c7
Year: 2017
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_013
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: public_law

EN FAIT
1. Monsieur A_ (ci-après : le contribuable) a remis à l’administration fiscale cantonale (ci-après : AFC-GE) sa déclaration fiscale 2013 le 1
er
avril 2014 en mentionnant qu’il habitait _, avenue B_ à Genève.![endif]>![if>
2. L’AFC-GE lui a transmis sous pli simple les bordereaux de taxation relatifs à l’impôt cantonal et communal (ci-après : ICC) et à l’impôt fédéral direct (IFD) le 9 juillet 2014, à l’adresse précitée.![endif]>![if>
3. Le 14 juillet 2014, le contribuable a formé une réclamation à l’encontre des deux décisions de taxation ICC et IFD. Son courrier mentionnait qu’il était domicilié _, avenue B_.![endif]>![if>
4. Le recourant a effectué des démarches auprès de l’office cantonal de la population et des migrations (ci-après : OCPM) pour indiquer qu’il déménageait le 10 novembre 2014 au _, rue de C_, chez Monsieur D_.![endif]>![if>
5. Le 2 décembre 2014, l’AFC-GE lui a adressé sous pli simple, à l’adresse _, rue de C_, deux décisions sur réclamation, admettant partiellement sa réclamation et rectifiant les bordereaux ICC et IFD du 9 juillet 2014. ![endif]>![if>
6. Le 2 février 2015, l’AFC-GE a adressé au contribuable à son adresse _, rue de C_ un rappel de paiement concernant l’ICC 2013. Le même jour, elle lui a adressé par pli recommandé une sommation pour le paiement du montant de l’IFD 2013 restant dû à cette date, en se référant au bordereau IFD 2013 du 2 décembre 2014. Cette sommation était accompagnée d’une menace de mise aux poursuites.![endif]>![if>
7. Le 5 mars 2015, l’AFC-GE a notifié un commandement de payer à M. A_ en rapport avec le paiement de l’IFD 2013, se référant au bordereau notifié le 2 décembre 2014. Le commandement de payer a été notifié au contribuable lui-même qui y a fait opposition.![endif]>![if>
8. Le 9 mars 2015, l’AFC-GE a adressé au contribuable, à son adresse _, rue de C_, un pli recommandé contenant une sommation relative au paiement de l’ICC 2013 non payée. La sommation se référait également au bordereau d’impôt notifié le 2 décembre 2014. Selon l’extrait du site de la poste relatif au suivi des envois, ce courrier a été distribué le 11 mars 2015. ![endif]>![if>
9. Le 15 mai 2015, l’AFC-GE a fait notifier au contribuable un commandement de payer en rapport avec le montant de l’ICC non payé. Le commandement de payer se référait au bordereau ICC expédié le 2 décembre 2014. Il a été notifié au contribuable lui-même qui y a fait opposition. ![endif]>![if>
10. Le 7 septembre 2015, le Tribunal de première instance a prononcé la mainlevée définitive de l’opposition formée par le contribuable contre le commandement de payer relatif à l’IFD. ![endif]>![if>
11. Le 28 septembre 2015, le contribuable a formé un recours auprès du Tribunal administratif de première instance (ci-après : TAPI) contre les deux décisions sur opposition du 2 décembre 2014. Il concluait à leur annulation.![endif]>![if>
Il venait de prendre connaissance de celles-ci le 15 septembre 2015 à la suite d’une visite au service des taxations pour connaître « le résultat de sa réclamation du 14 juillet 2015 [recte : 14 juillet 2014] ».
Sur le fond, il contestait le montant des deux bordereaux d’impôt ICC et IFD fondé sur des revenus trop élevés.
12. Le 20 janvier 2016, l’AFC-GE a conclu à l’irrecevabilité du recours en raison de sa tardiveté. Le recourant ne pouvait soutenir valablement n’avoir pris connaissance des décisions litigieuses que le 15 septembre 2015, dans la mesure où la sommation qu’il avait reçue le 9 mars 2015 relative à l’ICC 2013 avait fait état des bordereaux litigieux. Il en était allé de même des deux commandements notifiés les 10 mars et 27 mai 2015 qu’il avait lui-même réceptionnés. ![endif]>![if>
13. Le 17 mars 2016, le contribuable a répliqué par l’intermédiaire de son conseil. Il persistait à affirmer ne pas avoir reçu les décisions rectificatives de sa taxation 2013 du 2 décembre 2014 ni les rappels du 2 février 2015. L’AFC-GE n’était pas en mesure de prouver le contraire. Ces courriers lui avaient été adressés au _, rue de C_ alors que les précédents l’avaient été au _, avenue B_. Le _, rue de C_ était une adresse de correspondance, puisqu’il avait dû quitter le logement familial suite à son divorce, mais n’y habitait pas. Il n’avait pas compris la teneur de la sommation de payer du 9 mars 2015 et n’avait pas compris, d’une manière générale, avant le 7 septembre 2015, que des bordereaux rectificatifs lui avaient été adressés. ![endif]>![if>
14. Le 2 mai 2016, l’AFC-GE a persisté dans ses conclusions en irrecevabilité du recours. ![endif]>![if>
15. Par jugement du 12 septembre 2016, le TAPI a déclaré irrecevable le recours du 28 septembre 2015 du contribuable contre les décisions sur réclamation du 2 décembre 2014. Celui-ci était tardif dans la mesure où il avait eu connaissance, dès le mois de mars 2015 de l’existence de bordereaux du 2 décembre 2014. L’intéressé n’avait invoqué aucun motif valable de restitution du délai. ![endif]>![if>
16. Par acte déposé le 12 octobre 2016, le contribuable a interjeté un recours auprès de la chambre administrative de la Cour de justice contre le jugement du TAPI du 12 septembre 2016 précité. Il a complété son recours, ainsi qu’il l’avait demandé dans l’acte de recours initial le 17 octobre 2016. Après le dépôt de sa réclamation le 14 juillet 2014, il s’était rendu au guichet de taxation. Il avait été informé qu’une réponse lui parviendrait plus tard. Il affirmait ne pas avoir reçu les décisions sur réclamation du 2 décembre 2014 et les bordereaux y afférents. Lors de l’audience de mainlevée définitive du 7 septembre 2015, il avait invoqué le fait qu’il avait réclamé contre les bordereaux initiaux et que sa réclamation était toujours pendante. Le tribunal civil n’avait pas jugé utile de se prononcer sur ce moyen. Il n’avait eu connaissance des bordereaux litigieux que le 15 septembre 2015. ![endif]>![if>
Sur le fond, la taxation fiscale dont il avait fait l’objet ne tenait pas compte des montants reçus par son ex-épouse qui ne pouvaient fiscalement lui être attribués.
17. Le 13 octobre 2016, le TAPI a transmis son dossier sans formuler d’observations. ![endif]>![if>
18. À la demande du juge délégué, Le 24 octobre 2016, l’AFC-GE a transmis son dossier sans formuler d’observations. ![endif]>![if>
19. Le 31 octobre 2016, le recourant a écrit à la chambre administrative pour fournir un complément d’information en rapport avec son état de santé. Dans la mesure où il n’avait pas reçu les décisions sur réclamation par pli recommandé, on ne pouvait lui faire rigueur du retard dans le recours qu’il avait interjeté. Depuis son divorce en 2013, il souffrait d’un état dépressif et de perte de mémoire ainsi qu’en attestait un certificat médical du 18 octobre 2016 du Docteur E_, spécialiste en médecine interne, impliquant des troubles de la concentration et une fatigue chronique. ![endif]>![if>
20. Sur ce, la cause a été gardée à juger.![endif]>![if>

EN DROIT
1. Interjeté en temps utile devant la juridiction compétente, le recours est recevable (art. 132 de la loi sur l'organisation judiciaire du 26 septembre 2010 - LOJ -
E 2 05
; art. 62 al. 1 let. a de la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 1985 - LPA -
E 5 10
).![endif]>![if>
2. Le contentieux fiscal en matière d’ICC est soumis aux dispositions de la loi de procédure fiscale du 4 octobre 2001 (LPFisc -
D 3 17
) ainsi qu’à celles de la LPA si les dispositions de la LPFisc n’y dérogent pas (art. 2 al. 2 LPFisc). Pour l’IFD, selon l’art. 5 al. 2 du règlement d’application de diverses dispositions fiscales fédérales du 30 décembre 1958 (RDDFF
D 3 80.04
), la procédure est réglée par les articles 140 à 144 de la loi fédérale sur l’impôt fédéral direct du 14 décembre 1990 (LIFD -
RS 642.11
).![endif]>![if>
3. Selon l’art. 49 al. 1 LPFisc, en matière d’ICC le contribuable peut s'opposer à la décision sur réclamation du département en s'adressant, dans les trente jours à compter de la notification de la décision attaquée, au Tribunal administratif de première instance. La LPFisc ne prévoit pas de suspension des délais (art. 63 al. 2 let. e LPA).![endif]>![if>