Decision ID: 16562755-79fc-452a-8b74-acf0e87199a3
Year: 2014
Language: fr
Court: VD_TC
Chamber: VD_TC_003
Canton: VD
Region: Région lémanique
Law Area: penal_law

En fait :
A.
Par jugement du 4 décembre 2012, le Tribunal de police de l'arrondissement de l'Est vaudois a notamment condamné B.G._ pour escroquerie à une peine privative de liberté de 4 mois (IV).
B.G._ a fait appel du jugement précité.
Par jugement rendu le 20 mars 2013, la Cour d’appel pénale a rejeté son appel.
B.
Le 3 juin 2014, B.G._ a déposé une demande de révision à l’encontre du jugement rendu le 20 mars 2013 par la Cour d’appel pénale du Tribunal cantonal, requête qu’il a réitérée par courrier du 24 juin 2014 en reprenant les mêmes arguments. A l’appui de sa demande, il a produit différentes pièces. Il requiert en outre la désignation d’un défenseur d’office pour la procédure de révision.
C.
Les faits qui ont fondé la condamnation dont la révision est demandée sont les suivants :
1.
B.G._ est né en 1963. Il est originaire de la commune de Saanen/ BE. Fils unique, il a suivi une scolarité sans particularité, interrompue pour entreprendre – sans le terminer – un apprentissage d’électricien. Il a ensuite été actif dans d’innombrables sociétés déficitaires qu’il a fondées lui-même ou par l’intermédiaire de prête-noms. Il est marié et père de deux enfants. Sa situation financière est très largement obérée : il fait l'objet de nombreuses poursuites et actes de défaut de biens.
2.
A Veytaux, le 17 octobre 2005, B.G._ a souscrit par Internet sur l’e-shop de W._ SA huit appareils et abonnements de téléphonie mobile (cinq au nom de Z._ SA [...] et trois au nom de Z._ SA au nom de S._). Comme le veut l'usage, W._ SA a vérifié si la société Z._ figurait au registre du commerce. Ensuite, elle s'est enquise de savoir si la commande avait été effectuée par une personne autorisée à engager la société. Les contrats de commande mentionnaient le nom de S._, seule personne inscrite au registre du commerce. S._ agissait comme prête-nom, le prévenu comme gérant de fait. Quelques jours plus tard, ce dernier a pris livraison des téléphones mobiles et les a utilisés jusqu’au mois de mai 2006, sans payer les factures correspondantes, accumulant ainsi un arriéré de 8’899 fr. 30 (frais de résiliation et intérêts non compris). Faute de paiement, W._ SA a procédé au blocage des lignes le 5 mai 2006, qui a été immédiatement levé, B.G._ certifiant par téléphone avoir procédé au paiement de 4’229 fr. 65, le 30 mars 2006, et promettant l’envoi d’une preuve du versement. Le 7 juin 2006, après de nombreuses tentatives dilatoires de la part de B.G._, W._ SA a définitivement résilié les accès du prévenu, celui-ci n’ayant jamais rien versé.
W._ SA a déposé plainte et s’est constituée partie civile à hauteur d’un montant 9’741 fr., comprenant le montant total des arriérés, ses frais de résiliation (730 fr.) et les intérêts (111 fr. 70).

En droit :
1.
1.1
L'art. 410 al. 1 let. a CPP permet à toute personne lésée par un jugement entré en force d'en demander la révision s'il existe des faits ou des moyens de preuve qui étaient inconnus de l'autorité inférieure et qui sont de nature à motiver l'acquittement ou une condamnation sensiblement moins sévère du condamné.
Cette disposition reprend la double exigence posée à l'art. 385 CP selon laquelle les faits ou moyens de preuve invoqués doivent être nouveaux et sérieux (Message du Conseil fédéral relatif à l'unification de la procédure pénale du 21 décembre 2005, FF 2006 II 1057 ss, spéc. 1303; TF 6B_310/2011 c. 1.2 et les références citées). Les faits ou moyens de preuve sont nouveaux lorsque le juge n’en a pas eu connaissance au moment où il s’est prononcé, c’est-à-dire lorsqu’ils ne lui ont pas été soumis sous quelque forme que ce soit. Ils sont sérieux lorsqu’ils sont propres à ébranler les constatations de fait sur lesquelles se fonde la condamnation et que l’état de fait ainsi modifié rend possible un jugement sensiblement plus favorable au condamné
(
ATF 137 IV 59 c. 5.1.2 pp. 66 s;
ATF 130 IV 72 c. 1; TF 6B_310/2011 c. 1.2).
1.2
Pour être valides en la forme, les demandes de révision doivent être motivées et adressées par écrit à la juridiction d’appel, les motifs de révision devant être exposés et justifiés dans la demande (art. 411 al. 1 CPP; Piquerez, Traité de procédure pénale suisse, 3
e
édition, Schulthess § 2011, n. 2092, p. 679; Niggli/Wiprächtiger, Basler Kommentar, Schweizerische Strafprozessordnung Jungenstrafprozessordnung, Bâle 2011, n. 6 ad art. 411 CPP, p. 2731). L’art. 412 al. 2 CPP prescrit que la juridiction d'appel n'entre pas en matière sur la demande de révision si celle-ci est manifestement irrecevable ou non motivée ou si une demande de révision invoquant les mêmes motifs a déjà été rejetée par le passé. La procédure de non-entrée en matière selon cette disposition est en principe réservée à des vices de nature formelle; il est toutefois également possible de prononcer une décision de non-entrée en matière lorsque les motifs de révision invoqués apparaissent d'emblée non vraisemblables ou mal fondés (TF 6B_293/2013 du 19 juillet 2013 c. 3.3; TF 6B_415/2012 du 14 décembre 2012 c. 1.1 et les références citées).
1.3
Une demande de révision contre une ordonnance de condamnation doit être qualifiée d’abusive si elle repose sur des faits que le condamné connaissait initialement, qu’il n’avait aucune raison légitime de taire et qu’il aurait pu révéler dans une procédure ordinaire mise en oeuvre par une simple opposition. En revanche, une révision peut entrer en considération à l’égard d’une ordonnance de condamnation pour des faits et des moyens de preuve importants que le condamné ne connaissait pas au moment du prononcé de l’ordonnance ou dont il ne pouvait pas se prévaloir ou n’avait pas de raison de se prévaloir à celle époque (ATF 130 IV 72 consid. 2.2). Celle jurisprudence s’applique aussi à une procédure de révision régie par le CPP (TF 6B_310/2011 du 20 juin 2011).
2.
En l’espèce,
B.G._ produit,
à
l’appui de sa demande de révision, deux pièces, qui, selon lui, prouveraient qu’il aurait agi, à l’époque des faits litigieux, comme employé de Z._ SA et sur procuration de S._ (pièce 122/1). On constate toutefois que ces deux documents sont
postérieurs aux faits litigieux de 2005, le contrat de travail datant de 2006 et la procuration de 2007, de sorte qu’on ne saurait les considérer propres à ébranler les faits fondant le jugement contesté. Pour le reste, le requérant se limite à rediscuter du cas, ce qui est irrecevable. Force est ainsi de constater que le requérant n’invoque aucun fait nouveau ou sérieux susceptible d’aboutir à un autre constat que celui des autorités précédentes.
Il y a dès lors lieu de refuser d’entrer en matière au sens de l’art. 412 al. 2 CPP, la demande de révision de B.G._ étant manifestement infondée, ce qui rend sans objet la requête d’assistance judiciaire du prénommé.
3.
La présente décision sera rendue sans frais.