Decision ID: ab8e8742-3431-56ee-8861-7f3ae502f9a8
Year: 2017
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_001
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law

EN FAIT
, que par jugement du 27 juillet 2017, le Tribunal de première instance a ordonné à tout débiteur et/ou employeur de A_, en particulier à la Banque D_, _, de verser, mensuellement à B_, par prélèvement sur la part de la rémunération nette de A_, y compris d'éventuelles primes, commissions, gratifications ou treizième salaire, un montant de 2'500 fr. par mois, à concurrence de la contribution d'entretien courante due pour B_ à 2'500 fr. par mois, dès le 20 juin 2016 (ch. 1 du dispositif), dit que l'obligation visée sous chiffre 1 ci-dessus s'étendait notamment à toute caisse de compensation, caisse maladie, accident ou de chômage (ch. 2) ainsi qu'à toute modification dans le montant de la contribution d'entretien courante (ch. 3), dit que B_ était tenu d'annoncer à tout débiteur, employeur, caisse de compensation, caisse maladie, accident ou de chômage, toute modification dans le montant de contribution d'entretien courante (ch. 4), statué sur les frais (ch. 5 à 8) et débouté les parties de toutes autres conclusions (ch. 9);
Que par acte déposé au greffe de la Cour le 10 août 2017, A_ a formé appel contre ce jugement, concluant à son annulation et au déboutement de C_ et B_ de toutes leurs conclusions, avec suite de frais, subsidiairement à la suspension de la procédure jusqu'à l'entrée en force de l'arrêt de la Cour statuant sur modification du jugement de divorce dans le cadre de la procédure C/1_;
Qu'il a également conclu à la suspension du caractère exécutoire du jugement attaqué; qu'il a fait valoir à cet égard que compte tenu de la modification du jugement de divorce concernant la contribution d'entretien, la requête d'avis au débiteur était vidée de son objet puisqu'il s'était acquitté de ses obligations; la requête d'avis au débiteur était en outre une manœuvre qui contrevenait aux décisions de la Cour décidant de suspendre les procédures de séquestre et de mainlevée jusqu'à droit jugé sur l'action en modification du jugement de divorce;
Qu'invité à se déterminer à cet égard, B_ a conclu au rejet de la requête d'effet suspensif au motif qu'il subirait un préjudice difficilement réparable si tel était le cas;
Considérant,

EN DROIT
, que la Cour est saisie d'un appel au sens de l'art. 308 CPC;
Que le jugement querellé portant sur des mesures provisionnelles, l'appel n'a pas d'effet suspensif ex lege (art. 315 al. 4 let. b CPC);
Qu'à teneur de l'art. 315 al. 5 CPC, l'exécution de mesures provisionnelles peut exceptionnellement être suspendue si la partie concernée risque de subir un préjudice difficilement réparable, notion permettant de tenir compte également d'un préjudice de fait et s'examinant à l'aune de l'efficacité du jugement à rendre à l'issue de la procédure ordinaire, qui en serait compromise (ATF
138 III 378
consid. 6.3; arrêt du Tribunal fédéral
4P.5/2002
du 8 avril 2002 consid. 3a);
Qu'à teneur de la jurisprudence du Tribunal fédéral, la simple exécution de créances d'argent n'emporte pas en soi un dommage difficilement réparable dans la mesure où le poursuivi peut en obtenir la restitution s'il obtient finalement gain de cause (ATF
138 III 333
consid. 1.3.1; arrêts du Tribunal fédéral
5A_143/2012
du 9 mai 2012 consid. 2.2.1;
5D_52/2010
du 10 mai 2010 consid. 1.1.1 in SJ 2011 I p. 134);
Qu'il appartient donc à la partie recourante de démontrer qu'à défaut d'effet suspensif, elle est exposée à d'importantes difficultés financières ou qu'elle ne pourra pas obtenir le remboursement du montant payé au cas où elle obtiendrait gain de cause au fond (arrêt du Tribunal fédéral
5A_708/2013
du 14 mai 2014 consid. 1.1);
Qu'en l'espèce, l'intimé est domicilié à l'étranger, dans un pays situé hors de l'Union européenne, soit au _;
Qu'il y a lieu d'admettre que la récupération d'une somme dans ce pays, si elle n'est pas impossible, peut s'avérer difficile et ainsi causer un dommage difficilement réparable à l'appelant;
Que l'appel ne paraît pas d'emblée dénué de chances de succès;
Que l'intimé ne rend par ailleurs pas vraisemblable qu'il subirait un dommage difficilement réparable en cas d'octroi de l'effet suspensif;
Qu'il sera dès lors fait droit à la requête tendant à l'octroi de l'effet suspensif à l'appel;
Qu'il sera statué sur les frais liés à la présente décision dans l'arrêt rendu sur le fond (art. 104 al. 3 CC).
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