Decision ID: aa140a26-e080-5b10-aea1-5e618ba3711f
Year: 2007
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_014
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: social_law

EN FAIT
Par jugement du 19 octobre 2006, la 2
ème
chambre du Tribunal de première instance a prononcé le divorce de Madame C_, née D_ le 1969, et Monsieur C_, né le 1967, lesquels s'étaient mariés en date du 10 janvier 1992.
Au chiffre 6 du dispositif du jugement précité, le Tribunal de première instance a donné acte aux parties de ce qu'elles étaient d'accord avec le partage des prestations de sortie de leurs institutions de prévoyance. Au chiffre 8, le TPI a homologué la convention de divorce du 20 août 2006, laquelle précise ce qui suit, s'agissant du partage des avoirs de prévoyance professionnelle :
1. M. C_ a été, pendant la presque totalité de la durée du mariage, seul à travailler. Il se fera donner acte de son engagement de verser à Madame C_ la moitié du montant qu'il a cotisé au titre de la prévoyance professionnelle (deuxième pilier) durant le mariage, selon les modalités définies ci-après.
2. Le montant de l'avoir de prévoyance professionnelle de M. C_ disponible auprès de la Caisse Inter-Entreprises de Prévoyance Professionnelle, à laquelle il est affilié, est de CHF 28'422.55. Toutefois, le 10 décembre 2003, M. Cartier a retiré CHF 50'003.35 de son deuxième pilier, dans le cadre de l'ordonnance sur l'encouragement à la propriété du logement (OELP), afin d'acquérir l'appartement familial. Ce montant doit donc être ajouté à son avoir actuel, afin de déterminer le montant réel de sa prestation de sortie. En incluant ce montant, la prestation de sortie de M. C_, arrêtée au 31 décembre 2005, s'élève à CHF 78'425.90.
3. M. C_ s'engage à verser à Madame C_ la moitié de ce montant, soit CHF 39'212.95. Toutefois, comme la somme concrètement disponible auprès de la Caisse Inter-Entreprises de Prévoyance Professionnelle est insuffisante, ce montant ne sera pas acquitté en une seule fois, mais versé selon les modalités suivantes :
Un premier versement en capital de CHF 25'000.-, qui seront directement transférés par la Caisse Inter-Entreprises de Prévoyance Professionnelle à la caisse de Madame Karin C_ (désignée au ch. 4 ci-dessous) ;
A compter du prononcé du divorce, la moitié du montant cotisé chaque mois par M. C_ au titre de la prévoyance professionnelle (deuxième pilier) sera versée sur le compte de prévoyance professionnelle de Madame C_, jusqu'à ce que la somme totale versée par Monsieur C_ (y inclus le versement initial de CHF 25'000.-) atteigne 39'212.95.
4. Mme C_ (n° d'AVS 254 69 542 419) est actuellement affiliée auprès de la Fondation de Prévoyance Professionnelle de GONDRAND (Personalvorsorgestiftung GONDRAND, Uferstrasse 70, 4019 Bâle), à laquelle les sommes visées au ch. 3 ci-dessus seront versées.
5. Compte tenu de la brièveté de la cotisation de Madame C_ pendant le mariage, Monsieur C_ renonce à faire valoir ses droits sur le deuxième pilier de son épouse.
Le Tribunal de Première Instance a considéré, à la lettre F de la partie "En droit" de son jugement, que cet accord sur le partage des avoirs de prévoyance professionnelle était conforme à l'art. 122 CC.
Le jugement de divorce est devenu définitif le 24 novembre 2006 et a été transmis d'office au Tribunal de céans le 7 décembre 2006 pour exécution du partage.
Aucune investigation supplémentaire n'étant nécessaire compte tenu des termes de la convention, la cause a été gardée à juger.

EN DROIT
L'art. 25a de la loi fédérale sur le libre passage dans la prévoyance professionnelle, vieillesse, survivants et invalidité du 17 décembre 1993 (LFLP), entré en vigueur le 1er janvier 2000, règle la procédure en cas de divorce. Lorsque les conjoints ne sont pas d’accord sur la prestation de sortie à partager (art. 122 et 123 Code Civil - CC), le juge du lieu du divorce compétent au sens de l'art. 73 al. 1 de la loi fédérale sur la prévoyance professionnelle du 25 juin 1982 (LPP), soit à Genève le Tribunal cantonal des assurances sociales depuis le 1
er
août 2003, doit, après que l'affaire lui a été transmise (art. 142 CC), exécuter d'office le partage sur la base de la clé de répartition déterminée par le juge du divorce.
Selon l'art. 22 LFLP (nouvelle teneur en vigueur depuis le 1er janvier 2000), en cas de divorce, les prestations de sortie acquises durant le mariage sont partagées conformément aux art. 122, 123, 141 et 142 CC; les art. 3 à 5 LFLP s'appliquent par analogie au montant à transférer (al. 1). Pour chaque conjoint, la prestation de sortie à partager correspond à la différence entre la prestation de sortie, augmentée des avoirs de libre passage existant éventuellement au moment du divorce, et la prestation de sortie, augmentée des avoirs de libre passage existant éventuellement au moment de la conclusion du mariage (cf. art. 24 LFLP). Pour ce calcul, on ajoute à la prestation de sortie et à l'avoir de libre passage existant au moment de la conclusion du mariage les intérêts dus au moment du divorce (ATF
128 V 230
; ATF
129 V 444
).
En l’espèce, le juge de première instance a homologué la convention de divorce conclue par les demandeurs et confirmé ainsi ses termes en matière de partage des prestations de sortie. Il convient donc de s'y conformer et de rendre un jugement en ce sens.
Conformément à la jurisprudence, depuis le jour déterminant pour le partage jusqu'au moment du transfert de la prestation de sortie ou de la demeure, le conjoint divorcé bénéficiaire de cette prestation a droit à des intérêts compensatoires sur le montant de celle-ci. Ces intérêts sont calculés au taux minimum légal selon l'art. 12 de l'ordonnance sur la prévoyance professionnelle vieillesse, survivants et invalidité du 18 avril 1984 (OPP 2) ou selon le taux réglementaire, si celui-ci est supérieur (ATF non publié B 36/02 du 18 juillet 2003)
Aucun émolument ne sera perçu, la procédure étant gratuite (art. 73 al. 2 LPP et 89H al. 1 de la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 1985).
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