Decision ID: ffbeb664-1ee1-5616-a644-da2ec4d2ba96
Year: 2019
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_006
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 

EN FAIT
A.
Par signalement du 16 avril 2019 à l'adresse du Tribunal de protection de l'adulte et de l'enfant (ci-après : le Tribunal de protection), le Service de santé de l'enfance et de la jeunesse a fait part de son inquiétude relative au majeur A_, né le _ 2000, collégien en 3
ème
année du Collège C_ et vivant chez ses parents. Celui-ci avait présenté des malaises à plusieurs reprises depuis le début de l'année scolaire ayant parfois justifié l'appel d'une ambulance. Le jeune adulte et son père se sont convaincus de ce que les causes de ces malaises résidaient dans l'air du collège, ce qui n'avait été objectivé par aucune des analyses effectuées. Le jeune adulte avait fini par ne plus fréquenter l'établissement, disant craindre de mourir. Le mal-être physique et psychique du jeune adulte est apparu évident aux personnes présentes lors d'un rendez-vous avec la famille. Son père n'a pas été en état d'entendre les assurances qui lui ont été transmises et a fait preuve d'un comportement agressif. Les responsables de l'établissement scolaire ont reçu des courriers menaçants au ton inadéquat et agressif, initialement signés par le père, puis par le jeune adulte lui-même. Celui-ci est sous l'emprise de son père et affecté d'une peur permanente de la mort avec refus d'être aidé.
Le Tribunal de protection a initié une instruction suite à ce signalement.
B.
Par décision
DTAE/2249/2019
du 17 avril 2019, il a procédé à la nomination d'un curateur d'office en la personne de B_, avocat, dans le but de représenter A_ dans la procédure civile actuellement pendante par-devant lui.
Par courrier du 23 avril 2019, A_ a formé recours contre la décision de désignation d'un curateur d'office, exposant ne pas avoir besoin d'un tel curateur, souhaitant décider de ses choix et gérer sa fortune et sa vie lui-même. Pour le surplus, il relate les griefs faits au curateur désigné en 2010 en faveur de sa propre mère. Le recourant a adressé à la Chambre de surveillance de la Cour de justice, postérieurement à l'envoi du recours, des liasses de documents ainsi que des nouveaux courriers en date des 23, 26, 27 avril, 1
er
, 4, 13, 16, 20 et 28 mai (deux fois) 2019, dans lesquels il persiste à estimer ne pas avoir besoin de curateur et propose qu'une curatelle soit instaurée à l'égard du directeur du Collège C_. Certains de ces courriers signés par le jeune adulte, sa mère et son père mentionnent à plusieurs reprises « ma femme », « ni pour ma femme, ni pour moi ».
En date du 23 mai 2019, le curateur d'office a informé la Chambre de surveillance avoir tenté à maintes reprises d'entrer en contact avec son protégé sans succès et s'en rapporter à justice quant au recours.
Le 24 mai 2019, le Tribunal de protection n'a pas souhaité revoir sa décision.
Dans son dernier courrier daté du 28 mai 2019, signé par le jeune adulte, figure l'en-tête «concerne : notre fils A_».
C.
Plusieurs courriers au dossier émanant du curateur d'office indiquent que A_ refuse de s'entretenir avec lui.
En réponse à une demande du Tribunal de protection du 3 mai 2019, le
Dr D_ a fait parvenir au Tribunal de protection un rapport médical le 19 mai 2019, exposant connaître la famille et le jeune depuis quatorze ans, les parents ayant, dès l'école primaire, requis la prescription de médicaments pour l'enfant contre des allergies et un asthme qu'il n'avait pas eu l'occasion de pouvoir mettre en évidence. De même avaient-ils insisté pour que l'enfant change de classe sous prétexte qu'il aurait des allergies respiratoires. Selon les investigations, le jeune adulte souffrirait d'épilepsie, de rhume des foins et d'asthme allergique partiellement contrôlés. Ces investigations n'avaient été réalisées qu'en 2019 sur insistance du pédiatre et du service médical de l'école. Le père refuse tout traitement contre l'épilepsie et l'asthme pour son fils, lequel suit l'avis de son père et refuse de prendre les traitements. L'argumentaire du père et du jeune adulte sort de toute logique scientifique. Le jeune adulte est sous l'emprise de son père et préfère ne pas se faire soigner plutôt que d'aller à l'encontre de ses opinions. Le médecin estime dès lors que dans ce contexte, il est incapable de prendre des décisions correctes concernant son suivi et son traitement médical et se met immédiatement en danger.

EN DROIT
1.
1.1
Les décisions de l'autorité de protection peuvent faire l'objet d'un recours
(art. 450 al. 1 CC), dans les trente jours à compter de leur notification (art. 450b
al. 1 CC) auprès de la Chambre de surveillance de la Cour de justice (art. 53
al. 1 LaCC).