Decision ID: df33cf2e-0a32-4a5f-98a5-ea888156c41b
Year: 2005
Language: fr
Court: VD_TC
Chamber: VD_TC_031
Canton: VD
Region: Région lémanique
Law Area: public_law

Vu les faits suivants
A. X._, ressortissant de Serbie et Monténégro né le 6 juillet 1983, est entré illégalement en Suisse dans le courant de l'année 2003. Impliqué dans un accident de la circulation et contrôlé par la police en date du 23 février 2004, il a été dénoncé le 18 mars 2004 pour séjour illégal et prise d'emploi sans autorisation. Le 6 avril 2004, l'Office fédéral des étrangers, par l'intermédiaire de l'IMES (Office de l'immigration, de l'intégration et de l'émigration suisses) a rendu à son encontre une décision d'interdiction d'entrée en Suisse pour une durée de 5 ans, décision qui lui a été notifiée en mains propres le 5 mai 2004 par la police municipale de Prilly.
B. X._ a recouru contre cette décision le 6 mai 2005, en faisant valoir qu'il avait épousé le 29 avril 2004 à Vevey Y._, une compatriote titulaire d'un permis d'établissement; il demandait à être mis au bénéfice d'une autorisation de séjour au titre du regroupement familial. Le 24 mai 2004, l'IMES (actuellement l'Office féréral des migrations, ODM) a rapporté sa décision, et le 3 novembre 2004, X._ s'est finalement vu délivrer une autorisation de séjour.
C. Le 30 novembre 2004, le bureau des étrangers de Vevey a informé le SPOP que les époux XY._ étaient séparés depuis le 15 septembre 2004 et que X._ avait quitté la commune.
D. À la demande du SPOP, X._ et Y._ ont été entendus respectivement par les polices de 1.************* et de Vevey, qui ont remis leurs rapports au SPOP en date du 18 février 2005, respectivement du 28 février 2005. Ces rapports étaient rédigés en ces termes:
Rapport établi par la police de 1.************* suite à l'audition de X._
"(....)
M. X._ a été entendu à notre poste le mardi 01 février 2005 et nous a communiqué les renseignements suivants.
Situation du couple:
M. X._ a déclaré avoir rencontré sa femme par hasard, lors d'une sortie au mois de novembre 2003 à Vevey. Après avoir fait plus ample connaissance et être sortis quelques mois ensemble, Mme Y._lui a proposé de se marier avec elle, ce qu'il a accepté.
Les époux XY._ se sont séparés le 15 septembre 2004 suit à un différend entre eux. Aucune mesure protectrice de l'union conjugale n'a été prononcée selon ce Monsieur.
Aucune violence conjugale n'est à déplorer. Un éventuel divorce n'est pas prévu pour le moment. L'intéressé n'est pas contraint de verser de pension à sa femme.
Il n'existe pas d'indices pouvant laisser penser à un mariage de complaisance.
Enfants:
Aucun enfant n'est issu de ce mariage.
Examen de situation:
M. X._ est titulaire d'un permis d'établissement livret "B" valable jusqu'au 28 avril 2005. Il s'est marié le 29 avril 2004 à Vevey/VD avec Mme Y._.
Suite à sa séparation, dès la mi-novembre 2004, il a élu domicile à 1.*************, **************, chez sa sœur Mme Z._ née ************** et son beau-frère M. A._.
L'intéressé est employé par l'entreprise de M. A._ , soit 2.***************, sise à 3.***************, ceci depuis le mois d'octobre 2004. Il perçoit un salaire mensuel brut de CHF 5000.--. Avant cet emploi, et depuis son arrivée sur notre territoire, il était sans activité.
D'après M. X._, il ne fait l'objet d'aucune poursuite en cours. Il n'a pas de dettes et n'est pas pris en charge par un service social.
Il semble bien intégré dans notre pays. Toutefois, il ne parle quasiment pas notre langue.
Son frère B._ vit à Chavornay. Sa sœur Z._ ainsi que son beau-frère A._ et leurs enfants, vivent avec lui à 1.*************. Le reste de sa famille se trouve au Kosovo.
Selon le résultat de l'enquête, M. X._ a été informé que le SPOP pourrait être amené à décider la révocation de son autorisation de séjour et lui impartir un délai pour quitter la Suisse. A ceci, l'intéressé s'est contenté d'en prendre acte et n'a fait aucun commentaire.
Remarques: Il est utile de noter que M. X._ a été auditionné avec l'aide de M. A._ pour la traduction.
(...)"
Rapport établi par la police de Vevey suite à l'audition de Y._
" (...)
Mme Y._ a répondu comme suit aux questions qui lui ont été posées.
Dans quelles circonstances avez-vous rencontré votre conjoint
Vers le mois de mars 2003, j'ai rencontré mon époux alors que je me trouvais dans un établissement public lausannois en compagnie de plusieurs amis.
Qui a proposé le mariage ?
C'est X._ qui a proposé le mariage.
Date de la séparation ?
Nous sommes séparés depuis le 15 septembre 2004. Actuellement, j'habite chez mes parents à 4.***************.
Qui a requis la séparation et pour quels motifs ?
C'est moi qui ai fait la demande. Tout d'abord, mon mari n'est pas venu au mariage traditionnel qui devait avoir lieu le 8 août 2004 au Kosovo, plus précisément à Hoqa e Vögel. J'ai dû annuler la cérémonie. Mon mari me mentait beaucoup et me faisait pression pour ce qui concerne les papiers visant à obtenir son permis d'établissement. J'aimerais encore préciser qu'à partir du mariage civil, il tenait beaucoup de propos de soumission afin de me rabaisser.
Des mesures protectrices de l'union conjugale ont-elles été prononcées ?
Non, mais la demande a été faite via un écrit au Tribunal d'arrondissement de l'Est vaudois.
Au sein de votre couple, avez-vous connu des violences conjugales par des atteintes à l'intégrité physique ou psychique ?
Oui, surtout des menaces telles que "tant que je serai vivant, tu ne pourras jamais te remarier avec un autre homme et aussi des messages SMS qui indiquaient "tu m'appartiens, si tu divorces, je me suiciderai et je retournerai au Kosovo dans un cercueil".
Date éventuelle du divorce ?
Pas encore définie.
Cas échéant, une procédure est-elle envisagée ?
Cas échéant, une procédure est-elle envisagée ?
Oui. Un des époux est-il contraint au versement d'une pension en faveur de son conjoint ?
Pour l'instant, aucune pension n'est versée. Toutefois la rente AI de mon père est complétée de CHF 148.-- par mois, versement de soutien.
Des enfants sont-ils issus de cette union ?
Des enfants sont-ils issus de cette union ?
Non. Selon le résultat de l'enquête, le Service de la population pourrait être amené à décider la révocation de l'autorisation de séjour de votre mari et lui impartir un délai pour quitter la Suisse, comment vous déterminez-vous à ce sujet ?
Si mon mari est renvoyé au Kosovo, je serai enfin tranquille. Je pourrai vivre sans contrainte et menace de sa part. "
E. Par décision du 28 avril 2005, le SPOP a refusé de renouveler l'autorisation de séjour de X._, au motif que les époux XY._ vivaient séparés depuis le mois de septembre 2004, que la vie commune n'avait duré que 4 mois et 17 jours, que le motif initial de l'autorisation n'existait plus et que le but du séjour devait être considéré comme atteint. Il relevait en outre que la poursuite du séjour ne se justifiait pas et ne pouvait pas être autorisée, invoquant notamment l'art. 9 al. 2 lit. a de la loi fédérale du 21 mars 1931 sur l'établissement et le séjour des étrangers (LSEE) et la directive fédérale 623.12. Un délai d'un mois était imparti à X._ pour quitter le territoire vaudois dès notification de la décision, intervenue le 9 mai 2005 par remise en mains propres à l'intéressé lui-même.
F. X._ a recouru contre cette décision le 30 mai 2005 en concluant à ce que son autorisation de séjour soit renouvelée. En substance, il reproche à l'autorité intimée d'avoir fondé sa décision sur le soupçon d'un mariage de complaisance en invoquant l'art. 9 al. 2 let. a LSEE, sans lui donner au préalable la possibilité de s'exprimer et sans examiner la possibilité d'une prolongation de l'autorisation. Par ailleurs, il expose longuement que la séparation d'avec son épouse résulte d'un différend survenu à propos de la cérémonie organisée au Kosovo, qu'il a tout tenté pour surmonter ce problème et reprendre la vie commune, mais qu'il a été systématiquement repoussé, qu'il désire s'établir durablement en Suisse et y fonder un foyer, mais qu'il a aujourd'hui la fâcheuse impression d'avoir été trompé et que ce mariage a été accepté par son épouse pour des raisons matérielles. Il fait en outre valoir que son comportement en Suisse a toujours été exemplaire, qu'il a un travail et qu'il est bien intégré.
G. L'effet suspensif a été accordé au recours par décision incidente du 10 juin 2005.
H. L'avance de frais requise a été acquittée dans le délai imparti.
I. Le SPOP a répondu le 30 juin 2005 en concluant au rejet du recours. Après avoir cité in extenso les rapports de police des 18 et 28 février 2005, il fait valoir que la fin de la vie commune avant l'échéance des 5 ans de mariage justifie de révoquer l'autorisation de séjour du recourant et que les conditions d'une prolongation de l'autorisation de séjour ne sont pas réunies. Il admet en outre qu'une erreur de plume s'est glissée dans la décision entreprise et qu'il y a lieu de se référer à l'art. 9 al. 2 let. b LSEE et non à l'art. 9 al. 2 let. a LSEE.
J. X._ a déposé des déterminations complémentaires le 10 août 2005 dans lesquelles il confirme ses conclusions et réitère les reproches d'abus du pouvoir d'appréciation et de violation du droit d'être entendu à l'égard du SPOP s'agissant de la suspicion d'un mariage de complaisance.
K. Le SPOP a déposé des déterminations finales le 17 août 2005 en maintenant ses conclusions.
L. Le tribunal a statué par voie de circulation.
M. Les arguments respectifs des parties seront repris dans la partie droit ci-dessous dans la mesure utile.

Considérant en droit
1. a) Aux termes de l’art. 4 al. 1 de la Loi du 18 décembre 1989 sur la juridiction et la procédure administratives (ci-après : LJPA), le Tribunal administratif connaît en dernière instance cantonale de tous les recours contre les décisions administratives cantonales ou communales lorsque aucune autre autorité n’est expressément désignée par la loi pour en connaître. Il est ainsi compétent pour statuer sur les recours interjetés contre les décisions du Service de la population.
Déposé en temps utile, selon les formes prescrites par la loi, le recours est formellement recevable, de sorte qu’il y a lieu d’entrer en matière sur le fond.
b) En dehors des cas où une disposition légale prévoit expressément le contrôle de l’opportunité d’une décision, le Tribunal administratif n’exerce qu’un contrôle en légalité, c’est-à-dire examine si la décision entreprise est contraire à une disposition légale ou réglementaire expresse, ou relève d’un excès ou d’un abus du pouvoir d’appréciation (art. 36 litt. a et c LJPA). La loi sur le séjour et l’établissement des étrangers du 26 mars 1931 (LSEE) ne prévoyant aucune disposition étendant le pouvoir de contrôle de l’autorité de recours à l’inopportunité, ce grief ne saurait donc être examiné par le Tribunal de céans.
Il y a abus du pouvoir d’appréciation lorsqu’une autorité, usant des compétences qui lui sont dévolues par la loi, se laisse guider par des considérations non pertinentes ou étrangères au but des dispositions applicables, ou encore lorsqu’elle statue en violation des principes généraux du droit administratif que sont l’interdiction de l’arbitraire, l’égalité de traitement, la bonne foi et la proportionnalité.
2. Selon l’art. 1a LSEE, tout étranger a le droit de résider sur le territoire suisse s’il est au bénéfice d’une autorisation de séjour ou d’établissement ou si, selon la présente loi, il n’a pas besoin d’une telle autorisation. Selon l’art. 4 LSEE, l’autorité statue librement, dans le cadre des prescriptions légales et des traités avec l’étranger, sur l’octroi de l’autorisation de séjour. Pour les autorisations, les autorités doivent tenir compte des intérêts moraux et économiques du pays, ainsi que du degré de surpopulation étrangère (art. 16 LSEE). Ainsi, les ressortissants étrangers ne bénéficient d’aucun droit à l’obtention d’une autorisation de séjour, voire d’établissement, sous réserve des dispositions contraires résultant des traités internationaux et de la loi.
3. En l'espèce, le SPOP a refusé de renouveler l'autorisation de séjour du recourant, obtenue à la suite de son mariage, du fait de la séparation des époux.
a) Selon l'art. 17 al. 1 LSEE, applicable aux conjoints de titulaires d'autorisations de séjour annuelles, l'autorité ne délivrera qu'une autorisation de séjour, même s'il est prévu que l'étranger s'installera à demeure en Suisse et l'IMES fixera, dans chaque cas, la date à partir de laquelle l'établissement pourra être accordé.
L'al. 2 de cette disposition précise notamment que si cette date a déjà été fixée ou si l'étranger possède l'autorisation d'établissement, son conjoint a droit à l'autorisation de séjour aussi longtemps que les époux vivent ensemble. Toujours selon l'art. 17 al. 2 LSEE, après un séjour régulier et ininterrompu de cinq ans, le conjoint a lui aussi droit à l'autorisation d'établissement et les enfants célibataires âgés de moins de 18 ans ont le droit d'être inclus dans l'autorisation d'établissement aussi longtemps qu'ils vivent auprès de leurs parents. Ces droits s'éteignent toutefois si l'ayant-droit a enfreint l'ordre public. La simple lecture de l'art. 17 al. 2 LSEE met en lumière que l'octroi ou la prolongation de l'autorisation de séjour du conjoint d'un ressortissant étranger au bénéfice d'une autorisation d'établissement est lié à la vie commune des époux. Enfin, en application de l'art. 9 al. 2 let. b LSEE, l'autorisation de séjour prend fin lorsque l'une des conditions qui y sont attachées n'est pas remplies.
b) Afin de coordonner la pratique des différentes autorités cantonales chargées d'appliquer la législation fédérale en matière de séjour des étrangers, l'IMES (actuellement l'Office fédéral des migrations, ci-après : ODM) a édicté un certain nombre de directives. Il y est précisé que l'objet visé par le législateur est de permettre aux conjoints de vivre ensemble. Ainsi, en cas de divorce ou de rupture de l'union conjugale à la suite de décès, de la nullité du mariage ou de la cessation de la vie commune, il convient de réexaminer les conditions de séjour de l'étranger admis en application des art. 7 et 17 LSEE ou 38 de l'Ordonnance du 6 octobre 1986 limitant le nombre des étrangers (OLE). Ce principe est rappelé au chiffre 653 des directives relatives au conjoint étranger d'un étranger. Il y est précisé qu'à la différence du conjoint étranger d'un citoyen suisse, le droit du conjoint étranger d'un établi prend fin si les conjoints cessent la vie commune avant l'échéance des cinq ans de mariage. Les droits découlant de l'art. 17 al. 2 LSEE n'existent plus. Dans ce cas, l'autorisation de séjour pourra être refusée, révoquée ou ne plus être renouvelée (cf. art. 9 al. 2 let. b LSEE).
c) Dans le cas présent, il est établi que les époux XY._ vivent séparés depuis le 15 septembre 2004. Malgré les déclarations du recourant tendant à démontrer que cette séparation ne serait que provisoire et que les époux devraient pouvoir reprendre la vie commune, un tel espoir apparaît vain au regard des déclarations de Y._ telles que recueillies par la police de Vevey lors de son audition du 28 février 2005. En outre, le recourant admet qu'il a vainement essayé de convaincre son épouse de reprendre la vie commune après leur séparation, mais qu'il a sans cesse été repoussé. Même s'il affirme avoir encore l'espoir de recréer une véritable communauté conjugale, on peut légitimement douter de ses chances de succès, alors que la vie commune n'a duré qu'à peine plus de 4 mois, que les époux sont maintenant séparés depuis plus d'une année et que l'épouse a clairement manifesté son désaccord en demandant des mesures protectrices de l'union conjugale dans l'attente d'ouvrir une procédure en divorce (cf. rapport de la police de Vevey du 28 février 2005). Par ailleurs, en faisant valoir que ce mariage aurait été accepté par son épouse uniquement pour des raisons matérielles, et qu'il a été trompé en croyant qu'elle souhaitait comme lui créer un véritable foyer, le recourant appuie la thèse d'une séparation définitive, sans espoir de réconciliation. Dès lors que la séparation des époux est établie, qu'elle dure depuis plus d'une année et qu'elle ne revêt manifestement pas un caractère provisoire, il faut admettre que les conditions liées à la révocation de l'autorisation de séjour du recourant sont remplies.
4. Il est néanmoins possible, dans certains cas, notamment pour éviter des situations d’extrême rigueur, de renouveler ou de maintenir l’autorisation de séjour malgré la rupture de l’union conjugale. L’examen d’un éventuel cas de rigueur doit être examiné à la lumière de la directive 654 de l’IMES, selon laquelle les circonstances suivantes seront déterminantes : la durée du séjour, les liens personnels avec la Suisse (notamment les conséquences d’un refus pour les enfants), la situation professionnelle, la situation économique et du marché de l’emploi, le comportement et le degré d’intégration.
En l'espèce, la durée du séjour en Suisse du recourant est relativement brève, puisqu'il est n'arrivé dans notre pays qu'en décembre 2003 et n'y séjourne donc que depuis à peine deux ans. Il n'entretient pas non plus de liens personnels étroits avec notre pays, puisqu'à l'exception de sa sœur et de son beau-frère, tous les membres de sa famille vivent à l'étranger et qu'aucun enfant n'est issu de son mariage; enfin, à l’exception du fait qu'il exerce une activité lucrative à l'entière satisfaction de son employeur – qui est au demeurant aussi son beau-frère - rien ne démontre qu'il soit particulièrement intégré dans notre pays, dont il ne parle pas la langue, de sorte que son renvoi ne saurait constituer un cas de rigueur. Dès lors, au vu de l'ensemble des circonstances, force est d'admettre que le SPOP n'a pas abusé de son pouvoir d'appréciation en refusant de prolonger son autorisation de séjour.
5. Le recourant fait encore valoir que la décision attaquée aurait été influencée par les soupçons du SPOP quant à l'existence d'un mariage de complaisance. Il estime que ce grief a pesé d'un poids considérable dans le refus de l'intimée de renouveler son autorisation, sans que celle-ci n'ait établi les faits à satisfaction de droit et sans lui avoir donné la possibilité de s'exprimer sur ce point. Il y voit une violation du droit d'être entendu et un abus par le SPOP de son pouvoir d'appréciation.
Contrairement à ce que soutient le recourant, l'allusion à l'éventualité d'un mariage de complaisance ne saurait être retenue comme un élément déterminant pris en considération par le SPOP à l'appui de sa décision. Comme elle l'indique expressément dans son mémoire de réponse au recours, l'autorité intimée a laissé cette question indécise dans la mesure où la simple séparation du couple suffisait à justifier le réexamen de la situation du recourant (cf. déterminations du SPOP du 30 juin 2005). Or, il s'agit là d'un élément de fait établi à satisfaction de droit, ainsi qu'on l'a vu ci-dessus, et le SPOP n'a pas abusé de son pouvoir d'appréciation en considérant que la dissolution de la communauté conjugale était irrémédiable et que les circonstances d'un cas de rigueur n'étaient pas réunies. Dès lors, la simple mention de ses soupçons quant à la conclusion d'un mariage de complaisance ne porte pas à conséquence. En outre, la décision attaquée étant fondée – à juste titre - sur l’art. 9 al. 2 let. b LSEE et la directive 654 de l'ODM, le recourant a eu amplement l’occasion de se déterminer tout au long de l’instruction du recours, de sorte que son droit d’être entendu a été respecté.
6. Les considérants qui précèdent conduisent au rejet du recours, aux frais de l'intéressé, qui ne se verra pas allouer de dépens (art. 55 al. 1 LJPA). Un nouveau délai de départ lui sera imparti pour quitter le territoire vaudois (art. 12 al. 3 LSEE)