Decision ID: 91084a75-d28c-5c2e-9fee-369037c86dde
Year: 2005
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_014
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: social_law

EN FAIT
Par jugement du 16 décembre 2004, la 13ème Chambre du Tribunal de première instance a prononcé la dissolution du mariage contraté le 24 août 1990 à Zurich par Madame B_, née G_ le 17 février 1953, et Monsieur B_, né en février 1954.
Selon le chiffre 16 du jugement précité, le Tribunal de première instance a ordonné le partage par moitié des avoirs de prévoyance professionnelle acquis par chacun des époux durant le mariage et transmis la cause au Tribunal de céans.
Le jugement de divorce est devenu définitif le 2 février 2005.
Le Tribunal de céans a sollicité des parties le nom de leur institution de prévoyance, puis a interpellé les institutions défenderesses en les priant de lui communiquer les montants des avoirs LPP acquis par leur assuré durant le mariage, soit entre le 24 août 1990 et le 2 février 2005.
Les investigations effectuées par le Tribunal ont permis d’établir que Madame B_ G_ n’a pas cotisé à une caisse de prévoyance durant le mariage. Elle a ouvert un compte de libre-passage auprès du CREDIT SUISSE, place Bel-Air à Genève.
S’agissant des avoirs LPP du demandeur, l’instruction a permis d’établir les faits suivants :
a) Selon le courrier de l’ALLIANZ SUISSE du 1
er
juin 2005, une prestation de libre passage de 164'133 fr. 30 lui avait été transférée en date du 6 mars 1997 par la GENERALI (précédemment Union Suisse, Genève). Le 7 juin 2005, l’ALLIANZ SUISSE a transféré la prestation de sortie d’un montant de 363'884 fr. à la MOBILIERE SUISSE, à Berne.
b) Selon le courrier de la CAISSE DE PENSION DES COLLABORATEURS DU GROUPE MOBILIERE du 17 juin 2005, la prestation de sortie du demandeur s’élève à 363'497 fr. 75 au 2 février 2005. Après déduction de la prestation de sortie acquise au moment du mariage, augmentée des intérêts au moment du divorce, soit 106'265 fr. 15, la prestation de sortie acquise par le demandeur durant le mariage s’élève à 256'232 fr. 60.
Ces documents ont été transmis aux parties en date du 27 juin 2005 et un délai leur a été fixé au 15 juillet 2005 pour faire part de leurs éventuelles observations.
En l'absence d'objections dans le délai fixé, la cause a été gardée à juger.

EN DROIT
1. L'art. 25a de la loi fédérale sur le libre passage dans la prévoyance professionnelle, vieillesse, survivants et invalidité du 17 décembre 1993 (LFLP), entré en vigueur le 1er janvier 2000, règle la procédure en cas de divorce. Lorsque les conjoints ne sont pas d’accord sur la prestation de sortie à partager (art. 122 et 123 Code Civil - CC), le juge du lieu du divorce compétent au sens de l'art. 73 al. 1 de la loi fédérale sur la prévoyance professionnelle du 25 juin 1982 (LPP), soit à Genève le Tribunal cantonal des assurances sociales depuis le 1
er
août 2003, doit, après que l'affaire lui a été transmise (art. 142 CC), exécuter d'office le partage sur la base de la clé de répartition déterminée par le juge du divorce.
2. Selon l'art. 22 LFLP (nouvelle teneur en vigueur depuis le 1er janvier 2000), en cas de divorce, les prestations de sortie acquises durant le mariage sont partagées conformément aux art. 122, 123, 141 et 142 CC; les art. 3 à 5 LFLP s'appliquent par analogie au montant à transférer (al. 1). Pour chaque conjoint, la prestation de sortie à partager correspond à la différence entre la prestation de sortie, augmentée des avoirs de libre passage existant éventuellement au moment du divorce, et la prestation de sortie, augmentée des avoirs de libre passage existant éventuellement au moment de la conclusion du mariage (cf. art. 24 LFLP). Pour ce calcul, on ajoute à la prestation de sortie et à l'avoir de libre passage existant au moment de la conclusion du mariage les intérêts dus au moment du divorce (ATF
128 V 230
; ATF
129 V 444
).
3. En l’espèce, le juge de première instance a ordonné le partage par moitié des avoirs de prévoyance acquis par les ex-époux durant le mariage, soit du 24 août 1990 au 2 février 2005, date à laquelle le jugement de divorce est devenu exécutoire.
Selon les documents produits, la demanderesse n’a pas cotisé auprès d’une institution de prévoyance durant le mariage.
La prestation acquise pendant le mariage par le demandeur s’élève à 256'232 fr. 60 au 2 février 2005, les intérêts ayant déjà été calculés par l’institution de prévoyance défenderesse ; il doit en conséquence à son ex-épouse le montant de 128'116 fr. 30 (256’232 fr. 60: 2).
4. Conformément à la jurisprudence, depuis le jour déterminant pour le partage jusqu'au moment du transfert de la prestation de sortie ou de la demeure, le conjoint divorcé bénéficiaire de cette prestation a droit à des intérêts compensatoires sur le montant de celle-ci. Ces intérêts sont calculés au taux minimum légal selon l'art. 12 de l'ordonnance sur la prévoyance professionnelle vieillesse, survivants et invalidité du 18 avril 1984 (OPP 2) ou selon le taux réglementaire, si celui-ci est supérieur (ATF non publié B 36/02 du 18 juillet 2003)
5. Aucun émolument ne sera perçu, la procédure étant gratuite (art. 73 al. 2 LPP et 89H al. 1 de la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 1985).
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