Decision ID: 23261ca0-3e96-59fb-9a1c-4419b252a883
Year: 2019
Language: fr
Court: FR_TC
Chamber: FR_TC_005
Canton: FR
Region: Espace_Mittelland
Law Area: penal_law

considérant en fait
A. Le 20 février 2017, B._ a déposé une plainte pénale contre C._. Cette plainte a également été signée par son époux, A._ (DO/2004 ss).
En substance, elle a fait état de ce qui suit: elle est arrivée en Suisse en août 2014 afin de débuter une activité en tant que médecin assistant au sein de D._. A cette époque, C._ (compatriote qu’elle et son époux connaissaient depuis plusieurs années) lui a proposé de reprendre le leasing de la voiture de marque VW Tiguan (leasing établi au nom de la société E._ Sàrl, dont C._ était l’associé gérant avec signature individuelle). Ce contrat de leasing courrait jusqu’en février 2018 (les mensualités s’élevaient à CHF 565.80). B._ a alors rempli un formulaire dans le but de reprendre ce contrat. Toutefois, quelques jours plus tard, C._ l'a informée que le transfert de leasing avait été refusé par le garage et lui a proposé de faire comme si ce transfert avait été accepté, précisant que cela l’arrangeait car le kilométrage était supérieur à celui autorisé par le contrat. Il a dit aux époux A._ et B._ que le véhicule serait le leur à la fin du contrat et qu’il n’avait pas d’autres prétentions à faire valoir, hormis qu’ils s’acquittent des mensualités et frais relatifs au véhicule (not. entretien, assurance, impôt). Ainsi, suite à cet accord oral, d'août 2014 à novembre 2016, B._ a conduit le véhicule et payé les mensualités du leasing et tous les frais. En outre, les quatre pneus ont été changés pour un montant de l’ordre de CHF 800.-. En novembre 2016, après l’arrivée en Suisse de A._, les époux ont voulu régulariser la situation avec C._ et une rencontre a eu lieu, le 9 décembre 2016, entre C._ et A._. A cette occasion, C._ a dit qu’il avait besoin d’argent en raison de son divorce, s'est emparé de la clé de la voiture et est reparti au volant du véhicule, emportant avec lui un tapis IKEA, deux bouteilles de vin et cinq CD se trouvant dans la voiture ainsi que les quatre pneus. Durant la période concernée, B._ s’était liée d’amitié avec celle qui était alors encore l’épouse de C._ et, comme elle, médecin au sein de D._. B._ travaillait beaucoup et a fait confiance à C._. Elle estime qu’elle et son mari ont été victimes d’une fraude puisque plus de CHF 20'000.- ont été payés pour la voiture en quelque 27 mois, sans compter les pneus et les objets qui s’y trouvaient, alors que le contrat de leasing aurait dû leur être transféré, de sorte qu’ils auraient pu devenir propriétaires du véhicule à la fin du contrat (DO/2004 ss, 2007).
C._ a été entendu par la police le 29 mars 2017. Il a pour l’essentiel déclaré ce qui suit: il a prêté son véhicule à B._ afin qu'elle puisse avoir un moyen de locomotion pour se rendre à son lieu de travail. Il voulait l’aider, comme il l’avait déjà fait auparavant. En octobre 2014, il a fait une demande auprès du garage F._ afin que l’intéressée puisse reprendre le leasing. Le 14 octobre 2014, le garage lui a répondu que cela n'était pas possible car elle était au bénéfice d'un permis L et avait un contrat de travail d'une durée déterminée. Il a alors demandé à B._ de lui rendre sa voiture, mais celle-ci souhaitait la garder. Etant donné qu'elle avait besoin d'un véhicule, il a été d'accord de lui prêter sa voiture à condition qu'elle paie les frais. Il a gardé le double de la clé du véhicule jusqu’à ce que son épouse, G._, la donne à B._, en octobre 2016, sans l’en aviser. Il a demandé à plusieurs reprises à B._ de lui rendre le véhicule, mais elle lui a toujours demandé d’attendre que son mari déménage en Suisse afin qu’ils puissent trouver une solution. A l’arrivée de celui-ci en automne 2016, il a demandé aux époux A._ et B._ de régler « cette histoire de voiture »; selon lui, ils avaient convenu que l’entente prenait fin avec l’arrivée définitive en Suisse de l’époux. Le 9  2016, une rencontre a eu lieu avec A._ afin de régulariser la situation. A cette
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occasion, le précité lui a donné la clé du véhicule et l’a invité à le conduire vu qu’il s’agissait tout de même du sien et qu’il le connaissait mieux. Dans le cadre de la discussion qui a suivi, il a expliqué à A._ qu'il avait patienté assez longtemps, qu'il considérait que les époux A._ et B._ pouvaient maintenant se procurer un véhicule par leurs propres moyens et qu'il voulait désormais récupérer sa voiture pour la retourner au garage afin d'en reprendre une nouvelle en leasing. Au terme de cette discussion, il a demandé à A._ de prendre les affaires se trouvant dans le véhicule, avant de repartir au volant du véhicule. Arrivé chez lui, il a constaté qu’il restait un tapis dans le coffre. Suite à cela, il a demandé plusieurs fois aux époux A._ et B._ de lui redonner le double de la clé de la voiture encore en leur possession et de venir récupérer leurs affaires, en vain. Au début 2017, il a retourné le véhicule VW Tiguan à un concessionnaire H._ et a repris un nouveau véhicule en leasing. Il a précisé qu’il pense que G._ a poussé A._ et B._ à se retourner contre lui (DO/2053 ss).
Une procédure préliminaire a été ouverte contre C._ pour abus de confiance et vol (DO/3000).
Les 23 août 2017 et 11 décembre 2017, le Ministère public a confronté les parties (DO/3000 ss, 3029 ss). Il a également auditionné l’ex-épouse de C._, G._, le 11 décembre 2017 (DO/3036 ss).
Les parties se sont en outre déterminées à plusieurs reprises par écrit et ont produit diverses pièces, notamment le contrat de leasing portant sur le véhicule VW Tiguan (DO/9020).
En parallèle, d’autres plaintes ou dénonciations pénales ont été déposées contre C._, notamment par son ex-épouse et A._ (DO/2062 ss).
B. Le 4 octobre 2019, le Ministère public a rendu plusieurs ordonnances, soit en particulier:
- une ordonnance pénale en ce qui concerne notamment les quatre pneus, reconnaissant C._ coupable d’appropriation illégitime (DO/10’024 ss); ce dernier y a formé opposition le 17 octobre 2019;
- une ordonnance de classement, entre autres en ce qui concerne la plainte pénale déposée le 20 février 2017, frais à la charge de l’Etat (DO/10'014 ss);
- une ordonnance de non-entrée en matière, notamment s’agissant d’une dénonciation déposée par A._ (cf. assistance judiciaire octroyée à C._ dans le cadre de la procédure matrimoniale), frais à la charge de l’Etat (DO/10'021 ss).
C. Par mémoire du 17 octobre 2019, A._ et B._ ont interjeté recours contre l’ordonnance de classement.
Le 7 novembre 2019, le Ministère public a produit ses dossiers et conclu au rejet du recours, sous suite de frais, renonçant à se déterminer.
Le 15 novembre 2019, A._ et B._ ont complété leur recours.
Par courrier remis à la Poste le 2 décembre 2019, C._ a renoncé à se déterminer sur le recours.
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en droit
1.
1.1. En application des art. 20 al. 1 let. b et 322 al. 2 CPP ainsi que de l’art. 85 al. 1 LJ, la voie du recours à la Chambre pénale (ci-après: la Chambre) est ouverte contre une ordonnance de classement.
1.2. Selon les art. 322 al. 2 et 396 al. 1 CPP, le recours est adressé par écrit, dans le délai de dix jours, à l’autorité de recours. Le recours déposé le 17 octobre 2019 contre une ordonnance notifiée le 9 octobre 2019 l’a été à temps.
S'agissant du complément du 15 novembre 2019, il est communément admis en procédure que la motivation d'un acte de recours doit être entièrement contenue dans l'acte de recours lui-même. L'art. 89 al. 1 CPP interdit la prolongation des délais fixés par la loi. La motivation du recours ne saurait dès lors être complétée ou corrigée ultérieurement, le délai de l’art. 385 al. 3 CPP ne pouvant être utilisé à cette fin (arrêt TF 1B_232/2017 du 19 juillet 2017 in RSJ 2017 p. 446). Il ne sera ainsi pas tenu compte du complément précité, étant précisé que le Ministère public a renoncé à se déterminer sur le recours dans son écrit du 7 novembre 2019, de sorte que l’acte du 15  2019 ne peut pas être considéré comme une réplique spontanée.
1.3. Toute partie qui a un intérêt juridiquement protégé à l’annulation ou à la modification d’une décision a qualité pour recourir contre celle-ci (art. 382 al. 1 CPP). La partie plaignante a la qualité de partie (art. 104 al. 1 let. b CPP). On entend par partie plaignante le lésé qui déclare  vouloir participer à la procédure pénale comme demandeur au pénal ou au civil. Une plainte pénale équivaut à une telle déclaration (art. 118 al. 1 et 2 CPP).
En l’occurrence, il ressort de l’écrit du 20 février 2017 que c’est bien B._ qui dépose plainte pénale (« Je, soussignée, B._ (...) je veux déposer plainte contre (...) », DO/2004 ss). L’époux a quant à lui cosigné la plainte, de sorte que peut se poser la question de sa qualité de partie. Cette question peut toutefois demeurer ouverte en l’état, B._ ayant en tout état de cause qualité pour recourir.