Decision ID: 92148454-e85c-575f-9a23-4c73a8cfefdc
Year: 2017
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_014
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: social_law

ATTENDU EN FAIT
Que Monsieur A_ (ci-après : l’assuré) a déposé une demande d’indemnités de chômage en mai 2016 ;
Que par décision du 6 septembre 2016,
la Caisse cantonale genevoise de chômage (ci-après : la caisse) a refusé de donner suite à sa demande au motif qu’il réunissait en sa personne la double qualité d’employeur et d’employé ;
Que par courrier du 21 septembre 2016, l’assuré s’est opposé à cette décision ;
Que par décision du 20 décembre 2016, annulant et remplaçant celle du 6 septembre 2016, la caisse a confirmé la négation du droit à l’indemnité et réclamé au surplus à l’assuré le remboursement des prestations versées à tort du 16 septembre au 31 octobre 2016 ;
Que cette décision mentionnait à titre de voies de droit une opposition possible auprès d’elle-même ;
Que par courrier du 21 décembre 2016, l’assuré a saisi la Cour de céans d’un recours contre cette décision ;
Qu’invitée à se déterminer, l’intimée, dans sa réponse du 27 janvier 2017 a conclu à l’irrecevabilité du recours en rappelant que sa décision du 20 décembre 2016 avait annulé et remplacé celle du 6 septembre 2016 et qu’elle était susceptible d’être contestée par voie d’opposition ;
Qu’elle a ajouté qu’au demeurant, l’assuré l’avait d’ailleurs saisie d’une opposition en bonne et due forme le 10 janvier 2017 ;

CONSIDERANT EN DROIT
Que, conformément à la loi genevoise sur l’organisation judiciaire du 22 novembre 1941 (LOJ), la Chambre des assurances sociales de la Cour de justice connaît, en instance unique, des contestations prévues à l'art. 56 de la loi fédérale sur la partie générale du droit des assurances sociales du 6 octobre 2000 (LPGA) relatives à la loi fédérale sur l'assurance-chômage obligatoire et l'indemnité en cas d'insolvabilité du 25 juin 1982 (loi sur l’assurance-chômage, LACI -
RS 837.0
) ;
Que l'art. 52 al. 1 LPGA prévoit cependant qu'avant d'être soumises à la Chambre de céans, les décisions d'un assureur doivent être attaquées dans les trente jours par voie d'opposition auprès de l'assureur qui les a rendues ;
Qu’en l’occurrence, force est de constater que l’assuré n’a pas encore épuisé les voies de droit qui s’offraient à lui auprès de l'assureur et qui étaient pourtant expressément mentionnées dans la décision litigieuse ;
Qu’il ressort de la jurisprudence que le juge ne peut être saisi valablement d’un recours avant que n’ait été rendue la décision que l'assuré entend contester (ATFA non publié du 4 juillet 2000 en la cause H 4/00, considérant 1 b ; Revue à l’intention des caisses de compensation [RCC] 1988 p. 487 consid. 3 b) ;
Qu’il convient dès lors de considérer le "recours" interjeté par l’assuré auprès de la Chambre de céans comme irrecevable ;
Que l'art. 11 al. 3 de la loi cantonale du 12 septembre 1985 sur la procédure administrative (LPA ;
E 5 10
) - applicable par renvoi de l'art. 89A LPA - prévoit que l'autorité qui décline sa compétence transmet d'office l'affaire à l'autorité compétente, à qui il incombera de rendre une décision sur opposition après avoir examiné notamment si l'assuré a agi en temps utile ;
Qu'en conséquence, le "recours" interjeté par l'assuré doit donc être considéré comme une opposition et être transmis à l'assureur comme objet de sa compétence, à charge pour ce dernier de rendre une décision sur opposition dans les meilleurs délais, décision contre laquelle l'assuré pourra alors interjeter recours si elle ne lui donne pas satisfaction.