Decision ID: 05142e11-d100-5684-938c-31f2adde2f3c
Year: 2021
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_009
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: penal_law

Vu, EN FAIT, la demande de révision interjetée par le Ministère public (MP) en date du 1
er
novembre 2021 dans la procédure P/7887/2019 dirigée contre A_, né le _ 1948, pour des faits commis le 4 octobre 2018, soit l'importation en Suisse d'une pièce antique de monnaie romaine provenant de Grèce sans la déclarer comme bien culturel, et qui ont fait l'objet de l'ordonnance pénale (OP) du 21 décembre 2020 par laquelle il a été condamné à une peine pécuniaire de 30 jours-amende à CHF 30.- le jour avec sursis pendant trois ans pour infraction à l'art. 24 al. 1 let. c de la loi fédérale sur le transfert international des biens culturels et aux frais de la procédure en CHF 510.-, montant dont A_ s'est acquitté ;
Attendu que le MP expose que, postérieurement à la condamnation prononcée dans la susdite procédure, le MP a été informé par l'Administration fédérale des douanes que dite pièce antique était en réalité un faux et aucunement un bien culturel ;
Que ces faits sont établis par le dossier, en particulier le courrier d'expert du 5 mai 2021 à l'attention de l'Administration fédérale des douanes ;
Que A_ a expliqué posséder cette pièce depuis près de 40 ans, l'ayant reçue à Genève d'un collègue grec et l'avoir depuis toujours gardée dans sa poche ;
Que le MP conclut à l'annulation de l'OP du 21 décembre 2020 et au classement de la procédure P/7887/2019, subsidiairement à son renvoi au MP en vue de classement ;
Que, par courrier du 19 novembre 2021, adressé à la Chambre pénale d'appel et de révision (CPAR), A_ conclut à l'admission de la demande en révision de l'OP du 21 décembre 2021. Il a également sollicité l'assistance juridique le 9 novembre 2021 ;
B.

Considérant, EN DROIT, que l'art. 410 al. 1 let. a du code de procédure pénale (CPP) permet à toute personne lésée par un jugement entré en force d'en demander la révision s'il existe des faits ou des moyens de preuve qui étaient inconnus de l'autorité inférieure et qui sont de nature à motiver l'acquittement ou une condamnation sensiblement moins sévère du condamné ;
Que la révision visée par l'art. 410 al. 1 let. a CPP peut porter tant sur la question de la culpabilité que sur celle de la peine en faveur ou en défaveur du condamné ou de la personne acquittée. La loi exige que le motif de révision soit suffisamment important pour que la peine soit augmentée ou diminuée. Elle est une voie de recours subsidiaire qui n'intervient que lorsque le jugement ne peut plus être corrigé par aucun autre moyen de recours, la juridiction d'appel étant seule compétente pour statuer sur les décisions des autorités cantonales sur les jugements entrés en force rendus par les tribunaux, les ordonnances pénales non frappées d'opposition émises par le MP ou les autorités pénales compétentes en matière de contravention. Elle présuppose l'entrée en force du jugement ou de l'ordonnance pénale si aucune opposition n'a été formée à son encontre alors qu'est légitimé à recourir, le MP et tout autre partie qui a un intérêt juridiquement protégé, notamment le prévenu ou la partie plaignante sur la question de la culpabilité, respectivement de ses prétentions civiles (A. KUHN / Y. JEANNERET [éds],
Commentaire romand :
Code de procédure pénale suisse
, 2
e
édition, Bâle 2019, n. 2ss
ad
art. 410 CPP) ;
Que, selon l'art. 354 al. 3 CPP, si aucune opposition n'est formée, l'ordonnance pénale est assimilée à un jugement entré en force ;
Qu'aux termes de l'art. 413 al. 2 CPP, si la juridiction d'appel constate que les motifs de révision sont fondés, elle annule partiellement ou entièrement la décision attaquée ; elle renvoie la cause pour nouveau traitement et nouveau jugement à l'autorité qu'elle désigne (let. a) ou elle rend elle-même une nouvelle décision si l'état du dossier le permet (let. b) ;
Que la CPAR est l'autorité compétente en matière de révision (art. 21 al. 1 let. b CPP
cum
art. 130 al. 1 let. a de la loi sur l'organisation judiciaire [LOJ]) ;
Que la demande de révision a été formée par-devant l'autorité compétente et selon la forme prévue par la loi ;
Qu'en l'espèce, il est établi que A_ n'a pu se rendre coupable des faits qui lui étaient reprochés dans l'OP du 21 décembre 2020 ;
Que tant le MP que A_ ignoraient cette circonstance ;
Que A_ n'a pas fait opposition à l'OP du 21 décembre 2020, de sorte que celle-ci est entrée en force ;
Qu'il convient partant d'admettre la demande de révision et d'annuler l'ordonnance pénale du 21 décembre 2020 ;
Que la CPAR est en mesure de prononcer le classement de la procédure P/7887/2019 ;
Qu'il n'y a pas lieu de nommer un défenseur d'office à A_ dans la mesure où cela ne paraît pas nécessaire à la sauvegarde de ses intérêts ;
Que les frais de la procédure seront laissés à la charge de l'Etat ;
* * *