Decision ID: b82cd692-a1fc-5194-9bc1-485a76ee6d37
Year: 2020
Language: fr
Court: FR_TC
Chamber: FR_TC_005
Canton: FR
Region: Espace_Mittelland
Law Area: penal_law

considérant en fait
A. Le 21 août 2018, vers 15h45, A._ et B._ ont eu une altercation sur un chemin à C._, près de l'entrée de la forêt.
Le 26 août 2018, B._ a déposé plainte pénale contre inconnu pour dommages à la propriété. Elle a accusé le cycliste d'avoir cassé son téléphone portable en le faisant tomber.
Lors de son audition en qualité de personne appelée à donner des renseignements à la gendarmerie de D._ le 26 août 2018, B._ a expliqué les circonstances de l'altercation. Elle se promenait sur le chemin avec sa sœur et ses quatre chiens. Alors qu'elle était penchée en avant, dos à la route, afin de prendre son petit chien dans les bras, un cycliste inconnu est arrivé à vive allure. L'entendant arriver, elle s'est relevée et a constaté qu'il venait de l'éviter de justesse en la frôlant. En effectuant cette manœuvre, il a failli perdre la maîtrise de son cycle et a dérapé avec sa roue arrière, sans tomber. Il est directement revenu vers les deux femmes, en indiquant de manière très agressive que c'était un chemin réservé aux cyclistes. Elles lui ont répondu que le chemin était destiné à tout le monde. Comme c'était la dixième fois environ depuis trois semaines que ce cycliste les dépassait à vive allure, B._ avait déjà sorti son téléphone portable prête à le filmer au cas où. Au vu de l'agressivité du cycliste et de l'évènement, elle a tout de suite commencé à filmer la scène. Le cycliste a alors donné un coup avec sa main sur son téléphone portable, ce qui a eu pour conséquence de le projeter au sol et de le briser. Elle a appelé la police, alors que le cycliste lui indiquait qu’elle avait cassé ses lunettes. Le cycliste a ensuite quitté les lieux. Sur question de l'inspecteur, elle a cependant contesté l'avoir touché ou avoir cassé ses lunettes.
Sa sœur, E._, a également été entendue par la police le même jour en qualité de personne appelée à donner des renseignements. Elle a, peu ou prou, exposé le même état de fait.
Le 20 novembre 2018, sans être au courant de la plainte déposée à son encontre par B._, A._ a déposé plainte pénale pour lésions corporelles simples et voies de fait contre inconnue.
Dans sa plainte pénale, A._ a tout d'abord expliqué avoir été systématiquement importuné dans son parcours à vélo, et ce depuis le mois de juillet 2018, par trois ou quatre chiens qui n'étaient pas tenus en laisse par leurs maîtresses. Il a indiqué avoir déjà croisé les deux femmes quatre ou cinq fois avant l'altercation et que celles-ci l'ont à chaque fois invectivé. Il a ensuite soutenu que le 21 août 2018, alors qu'il circulait à vélo sur le chemin, B._ l'a saisi par le bras pour le contraindre à s'arrêter, puis s'est approchée très près de lui en le filmant avec son téléphone portable et en lui tournant autour avant de finalement le frapper au visage, à la hauteur de son œil gauche. Le coup lui aurait occasionné une coupure à la joue du fait de la pression de celui-ci sur ses lunettes. Il a ensuite quitté les lieux afin de rentrer chez lui. Dès l'arrivée à son domicile, il a remarqué la coupure en se regardant dans le miroir. Il s'est ensuite directement rendu aux urgences de F._ afin de faire constater sa blessure par un médecin.
En annexe de la plainte susmentionnée, il a notamment joint un plan du lieu de l'altercation, des photos du chemin, des photos de sa blessure prises chez lui puis aux urgences et le constat de coups et blessures établi par le Service des urgences de F._ le 21 août 2018 à 23h00.
Par courrier du 10 décembre 2018, A._ a complété sa plainte pénale. Il y a indiqué penser que le comportement dangereux de B._ était prémédité et mûrement réfléchi. Il a exposé
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en sus avoir été informé qu'une plainte avait été déposée à son encontre et a estimé celle-ci "infondée et diffamatoire; elle n'a que pour but d'induire la justice en erreur dans cette manœuvre".
Le 24 décembre 2018, A._ a été entendu en qualité de prévenu à la gendarmerie de D._ au sujet de la plainte pénale déposée par B._ pour dommages à la propriété. Il a contesté avoir endommagé le téléphone portable de B._ et a confirmé les déclarations et explications se trouvant dans sa propre plainte pénale déposée le 20 novembre 2018 et le complément du 10 décembre 2018.
B. Un rapport de dénonciation daté du 25 décembre 2018 établi par la gendarmerie de D._ a été transmis au Ministère public en date du 10 janvier 2019. Ledit rapport indiquait que le 21 août 2018, l'intervention de la police a été sollicitée par B._ à C._, à l'entrée de la forêt, car elle venait d'avoir une altercation avec un cycliste inconnu. Lors de l'intervention, une vidéo de l'incident a été remise aux gendarmes. Le rapport mentionnait également les auditions du 26 août 2018, celle du 24 décembre 2018 et le dépôt des deux plaintes pénales. Il y était encore précisé qu'il n'avait pas été possible pour les services de la gendarmerie de déterminer si le téléphone portable de B._ était déjà cassé avant l'altercation ou s'il avait été cassé lors de celle-ci. En outre, il leur avait également été impossible de déterminer le déroulement exact des faits, les versions étant divergentes.
Par citations du 22 janvier 2019, le Ministère public a requis la comparution de B._ et A._ le 5 mars 2019.
B._ et A._ ont ainsi été auditionnés le 5 mars 2019, en confrontation, par la greffière en charge du dossier. Chacun a, dans les grandes lignes, confirmé sa version des faits ressortant des auditions menées par la police et des deux plaintes pénales.
Suite à l'audition du 5 mars 2019, A._ a requis du Ministère public, par courrier du 12 mars 2019, une copie du CD comprenant la vidéo prise par B._ le 21 août 2018. Sur question subséquente de A._, la greffière en charge du dossier s'est renseignée par courriel du 13 mars 2019 auprès du gendarme ayant rédigé le rapport de dénonciation du 25 décembre 2018 pour obtenir deux photos extraites de la vidéo et savoir à quel moment la vidéo avait été transmise à ce dernier. Le gendarme précité a répondu par courriel du 15 mars 2019 que la vidéo lui avait été remise le jour de l'altercation par l'application "WhatsApp" à 16h50.
Par détermination spontanée du 4 avril 2019, A._ a fait part de ses réquisitions de preuve, ses déterminations ainsi que ses conclusions civiles. Il y a notamment largement exposé sa propre analyse de la vidéo produite par B._.
C. B._ a été condamnée le 24 juin 2019 par ordonnance pénale pour contrainte et voies de fait. Le Ministère public a en effet retenu que "le 21 août 2018, A._ et B._ ont eu une altercation sur un chemin à C._, près de l'entrée de la forêt.  a débuté lorsque B._ s'est mise en travers du chemin de A._, lequel arrivait en vélo. Il a, de ce fait, été obligé de s'arrêter. Au cours de l'altercation, B._ a porté un coup au visage de A._, infligeant une griffure sur la joue de celui-ci".
Par ordonnance du même jour, le Ministère public a classé la procédure pénale ouverte contre A._ pour dommages à la propriété.
D. Par acte du 30 juin 2019, remis à la poste le 2 juillet 2019, B._ a formé opposition contre l'ordonnance pénale pour contrainte et voies de fait. En substance, celle-ci a encore une fois contesté avoir empoigné puis blessé A._. Aucun nouvel élément pouvant la disculper n'a cependant été soulevé.
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E. Le 10 juillet 2019, un avis de clôture d'instruction du Ministère public a été transmis à B._ indiquant qu'une ordonnance de classement allait être rendue, sous réserve de l'approbation par le Procureur général.
La procédure pénale ouverte contre B._ pour voies de fait et contrainte a ainsi été classée par ordonnance du 3 octobre 2019, ordonnance annulant et remplaçant ainsi l'ordonnance pénale du 24 juin 2019.
F. Par acte du 14 octobre 2019, A._ a déposé un recours à l'encontre de l'ordonnance de classement du 3 octobre 2019.
G. Invité à se déterminer, le Ministère public a confirmé son ordonnance du 3 octobre 2019 et a conclu au rejet du recours par courrier du 29 octobre 2019.
H. Par acte judiciaire du 27 janvier 2020, le Président de la Chambre pénale a invité B._ à se déterminer sur le recours déposé par A._ le 14 octobre 2019. Un délai de dix jours lui a été octroyé à cet effet.
Par courrier du 2 février 2020, B._ s'est déterminée sur ledit recours. Le contenu de sa détermination est, peu ou prou, identique au contenu de son opposition à l'ordonnance pénale du 2 juillet 2019.
I. Par courrier du 14 février 2020, le recourant a déposé des observations spontanées sur la détermination de B._.

en droit
1.
1.1. Les parties peuvent attaquer une ordonnance de classement rendue par le ministère public en application des art. 319 ss CPP dans les dix jours devant l'autorité de recours (art. 322 al. 2 et 396 al. 1 CPP; art. 20 al. 1 let. b CPP) qui est, dans le canton de Fribourg, la Chambre pénale du Tribunal cantonal (ci-après: la Chambre pénale) (art. 85 al. 1 LJ).
1.2. Selon l'art. 322 al. 2 et 396 al. 1 CPP, le recours est adressé par écrit, dans un délai de dix jours, à l'autorité de recours. Le recours déposé le 14 octobre 2019 l'a été en temps utile.