Decision ID: 07f72e94-4401-56df-925c-929cb58394fb
Year: 2019
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_013
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: public_law

Vu, en fait, que Monsieur A_, né le _1981 et ressortissant du Bangladesh, était au bénéfice d’une autorisation de séjour pour études à Lucerne valable jusqu’au 12 avril 2005 ;
8 mars 2018
(Rectif.erreur matérielle du 21.02.2019)
que, par la suite, il n’a pas quitté le territoire helvétique malgré l’interdiction d’entrer en Suisse prononcée le 15 septembre 2005 par le secrétariat d’État aux migrations contre lui, la décision de refus du 16 janvier 2007 de l’office cantonal de la population, devenu l’office cantonal de la population et des migrations (ci-après : OCPM), de lui octroyer une autorisation de séjour, les différents délais impartis par cet office pour quitter la Suisse, et, en dernier lieu, la décision de l’OCPM du 8 janvier 2018 refusant de le mettre au bénéfice d’une autorisation de séjour à quelque titre que ce soit et lui impartissant un délai au
17 avril 2019
pour quitter la Suisse ;
que, par jugement du 4 octobre 2018, le Tribunal administratif de première instance a rejeté le recours formé par M. A_ contre cette dernière décision ;
que, par acte expédié le 5 novembre 2018 à la chambre administrative de la Cour de justice, M. A_ a recouru contre ce jugement, concluant à son annulation et à l’octroi d’une autorisation de séjour ;
que l’OCPM a conclu au rejet du recours ; qu’il a, en outre, indiqué, en réponse à un courrier qu’il avait reçu du recourant le 26 novembre 2018 sollicitant l’autorisation de rester en Suisse durant la procédure, qu’une telle requête aurait dû être formée au travers d’une demande d’effet suspensif, précisant qu’il s’y opposait d’ores et déjà ; le recourant pouvait, en effet, se faire représenter dans la procédure civile et bénéficiait, au surplus, d’une autorisation de séjourner en Italie, de sorte qu’il pouvait, en cas de besoin, se présenter à toute audience civile nécessitant sa présence ;
que dans sa réplique, le recourant a sollicité l’effet suspensif à son recours, exposant qu’il devait pouvoir rester en Suisse pour suivre une procédure civile en vue du recouvrement d’une créance fondée sur un arrêt du Tribunal fédéral ;
qu’il n’y a pas lieu d’interpeller l’OCPM sur la requête, celui-ci s’étant déjà exprimé à cet égard ;

Considérant, en droit, l’art. 9 al. 1 du règlement interne de la chambre administrative de la Cour de justice du 26 septembre 2017, à teneur duquel les décisions sur effet suspensif sont prises par la présidente de ladite chambre, respectivement par la vice-présidente, ou en cas d’empêchement de ceux-ci, par un juge ;
qu’aux termes de l’art. 66 de la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 1985 (LPA -
E 5 10
), sauf disposition légale contraire, le recours a effet suspensif à moins que l’autorité qui a pris la décision attaquée n’ait ordonné l’exécution nonobstant recours (al. 1) ; que toutefois, lorsque aucun intérêt public ou privé prépondérant ne s’y oppose, la juridiction de recours peut, sur la demande de la partie dont les intérêts sont gravement menacés, retirer ou restituer l’effet suspensif (al. 3) ;
que, par ailleurs, l’art. 21 al 1 LPA permet le prononcé de mesures provisionnelles ;
que selon la jurisprudence constante de la chambre administrative, des mesures provisionnelles – au nombre desquelles compte la restitution de l'effet suspensif – ne sont légitimes que si elles s’avèrent indispensables au maintien d’un état de fait ou à la sauvegarde d’intérêts compromis (ATF
119 V 503
consid. 3 ;
ATA/503/2018
du 23 mai 2018 ;
ATA/955/2016
du 9 novembre 2016 consid. 4) ;
qu’elles ne sauraient, en principe, anticiper le jugement définitif (Isabelle HÄNER, Vorsorgliche Massnahmen in Verwaltungsverfahren und Verwaltungsprozess in RDS
1997 II 253
-420, 265) ;
que, par ailleurs, l'octroi de mesures provisionnelles présuppose l'urgence, à savoir que le refus de les ordonner crée pour l'intéressé la menace d'un dommage difficile à réparer (ATF
130 II 149
consid. 2.2 ;
127 II 132
consid. 3 = RDAF
2002 I 405
) ;
qu’un effet suspensif ne peut être restitué lorsque le recours est dirigé contre une décision à contenu négatif ; la fonction de l’effet suspensif est de maintenir un régime juridique prévalant avant la décision contestée. Si, sous le régime antérieur, le droit objet du contentieux judiciaire n’existait pas, 1’effet suspensif ne peut être restitué car cela reviendrait à accorder au recourant d’être mis au bénéfice d’un régime juridique dont il ne bénéficiait pas (ATF
127 II 132
;
126 V 407
;
116 Ib 344
;
ATA/676/2018
du 27 juin 2018 consid. 5a ;
ATA/658/2016
du 28 juillet 2016 consid. 1a) ;
que la restitution de l'effet suspensif est subordonnée à l'existence de justes motifs, qui résident dans un intérêt public ou privé prépondérant à l’absence d’exécution immédiate de la décision (arrêt du Tribunal fédéral
2C_1161/2013
du 27 février 2014 consid. 5.5.1) ;
que la chambre de céans dispose dans l’octroi de mesures provisionnelles d'un large pouvoir d'appréciation (ibidem) ;
qu’en l’espèce, le recourant ne dispose plus d’un titre de séjour depuis le 16 janvier 2007, date de la décision de l’OCPM qu’il n’a pas contestée ;
qu’ainsi, sa demande de restitution de l’effet suspensif constitue une requête de mesures provisionnelles, revenant à demander l’octroi, pendant la durée de la procédure de recours, d’une autorisation de séjour ;
que toutefois comme indiqué ci-dessus, le prononcé de mesures provisionnelles ne saurait anticiper le jugement au fond ;
que, par ailleurs, il convient de relever que le recourant ne soutient pas que son retour, pendant la procédure de recours, en Italie où il dispose d’une autorisation de séjour l’exposerait à subir un dommage difficilement réparable ;
que, comme le relève l’OCPM, le recourant peut continuer à se faire représenter dans la procédure de recouvrement et, si une audience y relative devait nécessiter sa présence, revenir d’Italie à Genève pour assister à celle-ci ;
que, partant, l’intérêt public à l’exécution immédiate de la décision contestée l’emporte sur l’intérêt privé du recourant, de sorte qu’il convient de rejeter sa requête ;
qu’il sera statué avec la décision au fond sur les frais du présent incident.