Decision ID: f6c81bf2-7253-512e-92d3-62f55701b600
Year: 2016
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_001
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law

EN FAIT
que par ordonnance du 11 septembre 2015, expédiée aux parties par plis recommandés du 14 septembre 2015, le Tribunal de protection de l'adulte et de l'enfant, statuant sur mesures superprovisionnelles, a institué une curatelle de représentation et de gestion du patrimoine au profit de A_, en nommant
Me C_ aux fonctions de curatrice provisoire (C/18251/2015);
Que cette dernière a notamment pour tâche de représenter A_ dans ses rapports avec les tiers en matière juridique, les droits civils de ce dernier étant limités en conséquence;
Que l'ordonnance précitée est immédiatement exécutoire nonobstant recours;
Que, dans la présente procédure, l'acte d'appel déposé le 16 septembre 2015 par le mandataire professionnel de A_, Me Dimitri LAVROV, ne contient aucune mention, ni signature de Me C_, en sa qualité de curatrice provisoire;
Considérant

EN DROIT
que la Cour est saisie d'un appel, la décision déférée statuant sur des conclusions pécuniaires d'une quotité supérieure à 10'000 fr. (art. 91 al. 1, 308 al. 1 let. a et 308 al. 2 CPC);
Que l'art. 60 CPC consacre l'obligation pour le juge d'examiner d'office la recevabilité des actes qui lui sont soumis (arrêt du Tribunal fédéral
5A_585/2013
du 27 novembre 2013 consid. 5);
Que l'exercice des droits civils confère la capacité d'ester en justice (art. 12 CC et 67
al. 2 CPC);
Que la capacité de revendiquer en justice ("
Postulationsfähigkeit
"; arrêt du Tribunal fédéral
4A_87/2012
du 10 avril 2012 consid. 3.2.3
in fine
, in SJ
2011 I 443
), attribut de la capacité d'ester en justice, constitue une condition de recevabilité de l'acte introduit (art. 59 al. 2 let. c CPC; ATF
132 I 1
consid. 3.2; Jeandin, Code de procédure civile commenté, 2011, n° 16 ad art. 67 CPC);
Que la personne qui n'a pas l'exercice des droits civils agit par l'intermédiaire de son représentant légal (art. 67 al. 2 CPC); elle ne peut pas en conséquence procéder, que ce soit personnellement ou par l'entremise d'un mandataire conventionnel (Jeandin,
op. cit., n° 7 et ss ad art. 67 CPC);
Que toutefois une telle personne, pour autant qu'elle soit capable de discernement, peut accomplir provisoirement les actes nécessaires s'il y a péril en la demeure (art. 67 al. 3 let d CPC);
Qu'il y a péril en la demeure, notamment, dans le cas particulier du respect des délais d'action ou de recours (Sterchi, in Berner Kommentar ZPO, 2012, n° 15 ad art. 67 ZPO);
Que, dans cette hypothèse, le juge impartit au représentant légal un délai pour ratifier l'acte; à défaut, la requête, la demande ou le recours du représenté sera déclaré irrecevable, sous suite de frais (ATF
112 II 102
consid. 2; arrêt du Tribunal fédéral
5A_15/2009
du 2 juin 2009 consid. 4.1; Tenchio, in Basler Kommentar ZPO, n° 29
ad art. 67 ZPO);
Qu'est capable de discernement au sens du droit civil celui qui a la faculté d'agir raisonnablement (art. 16 CC; ATF
134 II 235
consid. 4.3.2;
124 III 5
consid. 1a, JdT
1998 I 361
;
117 II 231
consid. 2a); la capacité de discernement est relative : elle doit être appréciée par rapport à un acte déterminé, en fonction de sa nature et de son importance, les facultés requises devant exister au moment de l'acte (ATF
134 II 235
consid. 4.3.2;
118 Ia 236
consid. 2b
in fine
); la pratique considère que la capacité de discernement doit en principe être présumée (ATF
134 II 235
consid. 4.3.3;
124 III 5
consid. 1b, JdT
1998 I 361
;
117 II 231
consid. 2b);
Qu'en l'espèce, une curatelle de représentation en matière judiciaire et une curatelle de gestion du patrimoine ont été provisoirement instituées au profit de l'appelant, limitant ainsi l'exercice de ses droits civils et sa capacité d'ester en justice, par ordonnance du Tribunal de protection de l'adulte et de l'enfant, immédiatement exécutoire, prononcée le 11 septembre 2015;
Que cette ordonnance ayant été notifiée dans le délai légal d'appel contre le jugement du 13 août 2015, il y avait péril en la demeure;
Que la capacité de discernement de l'appelant sera présumée, étant donné que, dans le but de préserver ses intérêts, il était cohérent que ce dernier appelle, par l'entremise de son mandataire professionnel, du jugement le déboutant de ses conclusions en paiement prises à l'encontre de B_;
Que, dès lors, il importe, avant de statuer sur la recevabilité de l'appel interjeté le
16 septembre 2015, de savoir si la curatrice de l'appelant entend ratifier celui-ci ou non;
Que Me C_ sera donc invitée à ratifier ledit acte, en y apposant sa signature, ou par tout autre moyen équivalant, ou à informer la Cour de ce qu'elle n'entend pas ratifier l'appel de A_;
Qu'un délai de dix jours lui sera ainsi imparti à cet effet;
Que la cause sera ensuite gardée à juger.
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