Decision ID: bacf1fcf-1c13-5dc9-8727-afc9845c1c96
Year: 2014
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_013
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: public_law

EN FAIT
1. Madame et Monsieur A_ (ci-après : les époux ou les contribuables) se sont vus notifier par l’administration fiscale cantonale (ci-après : AFC-GE) un bordereau de taxation pour l’impôt fédéral direct (ci-après : IFD) 2010 ainsi qu’un bordereau de taxation pour l’impôt cantonal et communal (ci-après : ICC) 2010, de CHF 896.- et de respectivement CHF 3’450.-, tous deux datés du 31 août 2011.
2. Par lettre simple du 31 octobre 2011, puis par sommation recommandée du 5 décembre 2011, l’AFC-GE a demandé aux contribuables de s’acquitter de l’ICC 2010.
3. Par courrier daté du 16 juillet 2012, et mis à la poste le 19 juillet 2012, les époux ont réclamé contre les bordereaux précités, par la plume d’un mandataire. Ce dernier expliquait le retard par le fait que le contribuable avait eu des problèmes de santé et ne lui avait pas communiqué les informations utiles dans le délai fixé.
4. Le 30 juillet 2012, l’AFC-GE a déclaré les réclamations irrecevables, car tardives.
5. Le 30 août 2012, par un seul acte, les époux ont saisi le Tribunal administratif de première instance (ci-après : TAPI) d’un recours contre les décisions précitées. La réclamation avait été formée tardivement du fait des problèmes de santé du contribuable au cours de l’année 2011.
6. Par jugement du 18 février 2013, le TAPI a rejeté le recours, tant en matière d’ICC que d’IFD. Les problèmes de santé du contribuable n’avaient jamais été prouvés. De plus, l’intéressé n’avait pas allégué qu’il aurait été empêché de charger un tiers d’accomplir les actes de procédure nécessaires.
7. Par acte daté du 12 mars 2013, mis à la poste le 14 mars 2013 et reçu à la chambre administrative de la Cour de justice (ci-après : la chambre administrative) le lendemain, les époux ont formé recours contre le jugement précité.
Cet acte n’étant pas signé, un court délai a été imparti aux époux pour régulariser la situation, ce qu’ils ont fait le 25 mars 2013. Ils étaient conscients qu’ils avaient dépassé les délais de réclamation, mais les conséquences financières de l’erreur de taxation étaient extrêmement importantes pour eux.
8. Le 24 avril 2013, l’AFC-GE a conclu au rejet du recours. Le 27 mai 2013, les recourants ont maintenu leurs conclusions antérieures.
9. Sur quoi la cause a été gardée à juger.

EN DROIT
1) Interjeté en temps utile devant la juridiction compétente, le recours est recevable (art. 132 de la loi sur l’organisation judiciaire du 26 septembre 2010 - LOJ -
E 2 05
; art. 62 al. 1 let. a de la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 1985 - LPA -
E 5 10
).![endif]>![if>
2) a. Les délais de réclamation et de recours fixés par la loi sont des dispositions impératives de droit public. Ils ne sont, en principe, pas susceptibles d’être prolongés (art. 119 al. 1 de la loi fédérale sur l’impôt fédéral direct du 14 décembre 1990 - LIFD -
RS 642.11
; art. 21 al. 1 de la loi genevoise de procédure fiscale du 4 octobre 2001 - LPFisc -
D 3 17
; art. 16 al. 1 1
ère
phrase LPA), restitués ou suspendus, si ce n’est par le législateur lui-même (
ATA/199/2012
du 3 avril 2012 consid. 3 ;
ATA/351/2011
du 31 mai 2011 consid. 4 ;
ATA/515/2009
du 13 octobre 2009 consid. 4 ;
ATA/266/2009
du 26 mai 2009 consid. 2). Ainsi, celui qui n’agit pas dans le délai prescrit est forclos et la décision en cause acquiert force obligatoire (
ATA/712/2010
du 19 octobre 2010 et les références citées).![endif]>![if>
b. Aux termes des art. 132 al. 1 LIFD et 39 al. 1 LPFisc, le contribuable peut adresser à l’autorité une réclamation écrite contre la décision de taxation dans les trente jours qui suivent sa notification.
3. a. Selon les art. 46 LPA, 116 al. 1 LIFD et 19 al. 1 LPFisc, les décisions et les prononcés sont notifiés au contribuable par écrit et doivent indiquer les voies de droit.
b. La notification doit permettre au destinataire de prendre connaissance de la décision et, le cas échéant, de faire usage des voies de droit ouvertes à son encontre. Une décision est notifiée, non pas au moment où le contribuable en prend connaissance, mais le jour où elle est dûment communiquée (ATF
113 Ib 296
consid. 2a p. 297). S’agissant d’un acte soumis à réception, la notification est réputée parfaite au moment où la décision entre dans la sphère d’influence de son destinataire (
ATA/199/2012
précité).
4. De jurisprudence constante, si une autorité envoie une décision soumise à recours par pli simple, c’est à elle de supporter le risque de l’absence de preuve de la date de notification (ATF
129 I 8
consid. 2.2 p. 10 ;
124 V 400
consid. 2a p. 402 ;
122 I 97
consid. 3b p. 2). Ainsi, l’AFC-GE n’envoyant pas ses décisions par pli recommandé, le fardeau de la preuve de la notification lui incombait (
ATA/157/2007
du 27 mars 2007). Cela étant, lorsque le contribuable ne conteste pas avoir reçu la décision peu de temps après sa date d’expédition, ni n’allègue ne l’avoir jamais reçue, la chambre administrative admet que la décision entreprise a été réceptionnée quelques jours après son expédition (
ATA/137/2012
du 13 mars 2012).
5. En l’espèce, les décisions initiales ont été expédiées la 31 août 2011. L’AFC-GE a postérieurement adressé aux recourants un rappel, puis une sommation, en recommandé. Ce n’est toutefois que sept mois après avoir reçu ce dernier courrier que la réclamation a été déposée.
Partant, celle-ci était tardive, puisque ne respectant pas le délai de trente jours dans lequel elle pouvait être formulée. C’est à juste titre que le TAPI a considéré que la réclamation était irrecevable. Le recours sera en conséquence rejeté.
6. Vu l’issue du litige, un émolument de CHF 500.- sera mis à la charge des recourants (art. 87 al. 1 LPA) et aucune indemnité de procédure ne leur sera allouée (art. 87 al. 2 LPA).
* * * * *