Decision ID: a8f9e6c4-a47b-58d8-a873-f17661a1b583
Year: 2017
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_007
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 

EN FAIT
, la réquisition de poursuite, datée du 22 février 2017 et reçue par l'Office des poursuites (ci-après : l'Office) le 23 février 2017 de A_ SA (ci-après : la créancière) à l’encontre de B_ (ci-après : le débiteur);
Attendu que par acte expédié le 20 juillet 2017 au greffe de la Chambre de surveillance des Offices des poursuites et des faillites (ci-après : la Chambre de surveillance), la créancière s'est plainte d'un retard injustifié dans le traitement de cette réquisition de poursuite, au motif qu'elle n'avait aucune nouvelle de l'Office à ce sujet;
Que dans ses observations reçues le 2 août 2017, ce dernier s’en est rapporté à justice au sujet de cette plainte;
Qu'il a expliqué avoir traité cette réquisition de poursuite le 4 mai 2017, que le commandement de payer correspondant n° 17 xxxx86 G a alors été édité et remis à la Poste pour notification à l'adresse indiquée par la créancière, qu'il a été retourné non notifié le 7 juin 2017 à l'Office, lequel a expédié le 2 août 2017 une sommation au débiteur, l'enjoignant de se rendre dans les locaux dudit Office en vue de la notification de ce commandement de payer et qu'à défaut, il serait fait recours à la force publique à son encontre;
Que par courrier du 21 novembre 2017, la créancière s'est enquise de la décision prise au sujet de sa présente plainte pour retard injustifié de l'Office;
Considérant,

EN DROIT
, que la Chambre de surveillance est compétente pour statuer sur les plaintes formées en application de la LP (art. 13 LP; art. 126 al. 2 let. c LOJ; art. 6 al. 1 et 3 et 7 al. 1 LaLP) contre des mesures de l'Office non attaquables par la voie judiciaire ou, comme en l'espèce, pour retard injustifié (art. 17 al. 1 et 2 LP);
Que le créancier poursuivant a qualité pour se plaindre en tout temps d'un retard injustifié dans le traitement de sa réquisition de poursuite à l’encontre du débiteur, sa présente plainte satisfaisant en outre aux exigences de forme légales (art. 17 al. 3 LP;
9 al. 1 et 2 LaLP);
Qu’elle est dès lors recevable à la forme;
Considérant qu'aux termes des art. 69 al. 1 et 71 LP, dès réception de la réquisition de poursuite, c'est-à-dire «
aussi vite que possible
», l’Office rédige le commandement de payer correspondant et le notifie au débiteur;
Qu'en l'espèce, la réquisition de poursuite visée a été reçue par l’Office le 23 février 2017 et qu'il n'a pris la mesure nécessaire pour notifier l'acte de poursuite correspondant que le 4 mai 2017;
Qu'en outre, à la suite de l'impossibilité de notifier cet acte, revenu en retour à l'Office le 7 juin 2017, non notifié au débiteur, ledit Office n'a expédié qu'au début août 2017 seulement une sommation enjoignant à ce débiteur de se rendre dans ses locaux pour se voir notifier ledit acte;
Que cette situation est constitutive d’un retard injustifié de l’Office, quand bien même il s’est heurté à une attitude récalcitrante du débiteur;
Que ce retard injustifié doit être constaté;
Qu’en effet, il appartient audit Office de faire diligence dans le traitement des actes de poursuite qui lui parviennent, de sorte que des délais successifs de deux mois d'attente entre les différentes mesures qu'il a prises pour parvenir à notifier l'acte de poursuite en question au débiteur visé n’est pas admissible, même face à un débiteur peu coopérant;
Qu’il est en outre rappelé à cet égard que la loi ne laisse aucune place à une surcharge de travail ou à une désorganisation dudit Office, même réelle, pour justifier cette violation du principe de célérité;
Qu’en particulier, des problèmes informatiques ne constituent en aucun cas des faits de nature à justifier le retard apporté par l'Office à l'exécution des mesures qui lui incombent légalement (ATF
107 III 3
; SJ 1993 p. 291);
Que la présente décision sera transmise au Préposé de l’Office afin qu’il prenne les mesures nécessaires à éviter que les circonstances du cas d’espèce ne se reproduisent;
Qu’en application de l’art. 62 al. 2 OELP, il n’est alloué aucun frais ni dépens dans la procédure de plainte au sens de l'art. 17 LP.
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