Decision ID: 9c0ce82d-7e84-59bb-9e1c-6d360fac0c62
Year: 2017
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_004
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law

EN FAIT
, le contrat de bail conclu par les parties en 2012, portant sur la location d'un appartement de quatre pièces au 4
ème
étage de l'immeuble sis _ à Genève;
Attendu que le loyer, charges comprises, a été fixé en dernier lieu à 2'200 fr. par mois;
Qu'à la suite d'une vaine mise en demeure du 21 février 2017, les bailleurs ont, par avis du 27 mars 2017, résilié le contrat de bail pour le 30 avril 2017 pour défaut de paiement;
Que les locaux n'ont pas été restitués par la locataire;
Que, par requête déposée le 20 juin 2017 au Tribunal des baux et loyers, les bailleurs ont requis l'évacuation de la locataire, assortie de mesures d'exécution directes du jugement d'évacuation, ainsi que le paiement des arriérés de loyer, par la procédure de protection de cas clair;
Qu'à l'audience du 31 août 2017 devant le Tribunal des baux et loyers, les bailleurs ont précisé que le montant de la dette s'élevait à 25'730 fr.;
Que le conseil de la locataire a déclaré que cette dernière confirmait avoir des arriérés de loyer; que l'octroi d'un délai de départ de trois ou quatre mois serait idéal afin de permettre à la locataire de trouver une solution de relogement; qu'il a requis un sursis humanitaire de cinq mois, compte tenu de l'état de santé de la locataire, certificat médical à l'appui;
Que les bailleurs ont déclaré être d'accord d'accorder un délai maximal de deux mois à la locataire pour restituer le logement;
Que la cause a été gardée à juger à l'issue de l'audience;
Que, par jugement
JTBL/801/2017
rendu le 31 août 2017, expédié pour notification aux parties le 8 septembre suivant, le Tribunal des baux et loyers a condamné la locataire à évacuer de sa personne et de ses biens et de toute autre personne faisant ménage commun avec elle l'appartement en cause (ch. 1 du dispositif), a autorisé les bailleurs à requérir l'évacuation par la force publique de la locataire dès le 60
ème
jour suivant l'entrée en force du jugement (ch. 2), a condamné la locataire à payer aux bailleurs la somme de 25'730 fr., avec intérêts à 5% dès le 1
er
juin 2016 (ch. 3), a débouté les parties de toutes autres conclusions (ch. 4) et a dit que la procédure était gratuite (ch. 5);
Vu le recours déposé le 21 septembre 2017 par A_ contre ce jugement;
Que A_ a préalablement requis la suspension du caractère exécutoire des mesures d'exécution ordonnées par le Tribunal des baux et loyers;
Qu'elle a conclu à ce qu'il soit sursis à l'exécution de l'évacuation jusqu'au 31 mars 2018;
Qu'invités à se déterminer, les bailleurs ont, par écritures du 28 septembre 2017, conclu, sur effet suspensif, à son rejet, et, au fond, au déboutement de la locataire et à la confirmation du jugement entrepris;
Considérant,

EN DROIT
, que seule la voie du recours est ouverte contre les mesures d'exécution (art. 309 let. a et 319 let. a CPC);
Que le recours ne suspend pas la force de chose jugée, l'instance d'appel pouvant suspendre le caractère exécutoire (art. 325 al. 1 et 2 CPC);
Que l'instance de recours est habilitée à décider d'office ou sur requête de suspendre le caractère exécutoire (cf. Jeandin, in Code de procédure civile commenté, Bohnet/Haldy/Jeandin/ Schweizer, n. 5 ad art. 325 CPC);
Que la Présidente soussignée a compétence pour statuer sur la suspension du caractère exécutoire de la décision entreprise, vu la nature incidente et provisionnelle d'une telle décision et la délégation prévue à cet effet par l'art. 18 al. 2 LaCC, concrétisée par une décision de la Chambre civile siégeant en audience plénière et publiée sur le site Internet de la Cour;
Qu'en la matière, l'instance de recours dispose d'un large pouvoir d'appréciation
(cf. Jeandin, op. cit., n. 6 ad art. 325 CPC);
Que selon les principes généraux en matière d'effet suspensif, le juge procèdera à une pesée des intérêts en présence et se demandera en particulier si sa décision est de nature à provoquer une situation irréversible;
Considérant que seules les mesures d'exécution ont été remises en cause par la recourante, de sorte que seule la voie du recours est ouverte;
Qu'il ne se justifie pas de suspendre le caractère exécutoire du chiffre 2 du jugement entrepris, d'une part, un sursis à l'exécution de soixante jours ayant été accordé par les premiers juges, et, d'autre part, en raison du montant important de la dette, représentant plus d'un an de loyers;
Que, par ailleurs, le recours est,
prima facie
, dénué de chance de succès, le sursis requis jusqu'au 31 mars 2018 par la recourante s'assimilant à une prolongation de bail;
Qu'il convient également de tenir compte de la courte durée présumable de la présente procédure, jugée selon la procédure sommaire (art. 257 al. 1 CPC), les intimés ayant par ailleurs d'ores et déjà répondu au fond;
Qu'en conséquence, la requête de la recourante sera rejetée.
* * * * *