Decision ID: 02a6b867-1d5a-4e4a-865b-16a6de805311
Year: 2005
Language: fr
Court: CH_BGer
Chamber: CH_BGer_006
Canton: CH
Region: Federation
Law Area: penal_law

Faits:
Faits:
A. X._ a été renvoyé devant la Cour correctionnelle sans jury du canton de Genève. Il était accusé d'avoir fait subir, à plusieurs reprises entre 1994 et 1999, à sa fille A._, née en 1990, des attouchements sur le sexe avec la main, de manière appuyée et prolongée, par dessus les habits. Représentée par un curateur, cette dernière a participé à la procédure en qualité de partie civile.
Après une longue instruction, la Cour correctionnelle a acquitté X._ par jugement du 2 juillet 2004.
Après une longue instruction, la Cour correctionnelle a acquitté X._ par jugement du 2 juillet 2004.
B. A._ s'est pourvue en cassation auprès de la Cour de cassation du canton de Genève.
Par arrêt du 25 février 2005, la Cour a déclaré le pourvoi irrecevable faute de qualité pour recourir, au motif que A._ n'avait pas pris de conclusions civiles chiffrées, mais s'était limitée à solliciter la réserve de ses droits.
Par le même arrêt, la Cour de cassation cantonale a également déclaré irrecevable le pourvoi interjeté par B._, la mère de A._, qui s'était également constituée partie civile.
Par le même arrêt, la Cour de cassation cantonale a également déclaré irrecevable le pourvoi interjeté par B._, la mère de A._, qui s'était également constituée partie civile.
C. A._ a saisi le Tribunal fédéral d'un recours de droit public et d'un pourvoi en nullité. Elle a en outre requis l'assistance judiciaire.
Dans ses observations adressées au Tribunal fédéral lors de la transmission du dossier, conformément à l'art. 274 al. 1 PPF, la Cour de cassation cantonale s'est déterminée sur l'allégation de la recourante selon laquelle, contrairement à ce qui ressort de l'arrêt attaqué, elle aurait bien conclu devant la Cour correctionnelle à l'allocation d'une indemnité pour tort moral de 50'000 francs. La Cour de cassation cantonale relève que ni le jugement ni le procès-verbal de la Cour correctionnelle ne font état de telles conclusions, mais qu'il s'est avéré, à l'écoute de l'enregistrement de l'audience, que le mandataire de la recourante avait, dans le cadre de sa plaidoirie, conclu oralement au paiement d'une indemnité pour tort moral.
Le Ministère public et X._ ont été invités à se déterminer sur le recours de droit public. Le premier a conclu à l'admission alors que le second estime qu'il doit être rejeté au motif que les conclusions n'auraient pas été valablement formulées au regard des exigences du droit de procédure genevois.

Le Tribunal fédéral considère en droit:
I. Recours de droit public
I. Recours de droit public
1. La recourante se plaint d'une violation de la garantie constitutionnelle d'être traitée sans arbitraire par les organes de l'Etat (art. 9 Cst.). Elle soutient que la Cour de cassation cantonale est tombée dans l'arbitraire en retenant qu'elle n'avait pas pris de conclusions civiles chiffrées devant la Cour correctionnelle.
Une décision arbitraire est une décision manifestement insoutenable. L'arbitraire ne résulte pas du seul fait qu'une autre solution pourrait entrer en considération ou même qu'elle serait préférable. Une décision ne viole le principe constitutionnel de l'interdiction de l'arbitraire que si elle se trouve en contradiction claire avec la situation de fait, qu'elle viole gravement une norme ou un principe juridique indiscuté, ou encore lorsqu'elle heurte de manière choquante le sentiment de la justice et de l'équité. En matière d'appréciation des preuves et d'établissement des faits, la décision n'est arbitraire que si le juge n'a manifestement pas compris le sens et la portée d'un moyen de preuve, s'il a omis, sans raison sérieuse, de tenir compte d'un moyen important propre à modifier la décision attaquée ou encore si, sur la base des éléments recueillis, il a fait des déductions insoutenables. Pour qu'une décision soit annulée pour cause d'arbitraire, il ne suffit pas que la motivation formulée soit insoutenable, il faut encore que la décision apparaisse arbitraire dans son résultat (ATF 129 I 8 consid. 2.1).
Le fait invoqué par la recourante dans son recours au Tribunal fédéral et confirmé par la Cour de cassation cantonale dans ses observations, à savoir que des conclusions chiffrées ont été articulées devant la Cour correctionnelle, ne ressort ni de l'arrêt attaqué ni du jugement ou du procès-verbal de la Cour correctionnelle. Il n'a par ailleurs pas été allégué dans l'acte de recours cantonal. La recourante est néanmoins habilitée à l'invoquer dans le présent recours de droit public pour arbitraire car il s'agit d'un moyen que seule la motivation de l'arrêt attaqué donne l'occasion de soulever (ATF 99 Ia 113 consid. 4a, 129 I 49 consid. 3, 128 I 354 consid. 6c).
L'articulation de conclusions chiffrées devant la Cour correctionnelle pourrait conduire à admettre la recevabilité du recours adressé à la Cour de cassation cantonale, les autres conditions de recevabilité n'étant pas contestées. La condition est toutefois que ces conclusions soient formellement valables, c'est-à-dire que la façon de procéder de la recourante, consistant à prendre des conclusions orales au stade des plaidoiries, soit conforme aux exigences du droit de procédure cantonal en la matière. Or la Cour de cassation cantonale ne s'est pas prononcée sur cette question de droit cantonal et il n'appartient pas au Tribunal fédéral de le faire. La pertinence du fait ignoré par la Cour de cassation cantonale, soit l'articulation de conclusions chiffrées lors des plaidoiries devant la Cour correctionnelle, ne saurait donc être niée en l'état de la procédure. Il s'ensuit l'admission du recours et l'annulation de l'arrêt attaqué.
L'articulation de conclusions chiffrées devant la Cour correctionnelle pourrait conduire à admettre la recevabilité du recours adressé à la Cour de cassation cantonale, les autres conditions de recevabilité n'étant pas contestées. La condition est toutefois que ces conclusions soient formellement valables, c'est-à-dire que la façon de procéder de la recourante, consistant à prendre des conclusions orales au stade des plaidoiries, soit conforme aux exigences du droit de procédure cantonal en la matière. Or la Cour de cassation cantonale ne s'est pas prononcée sur cette question de droit cantonal et il n'appartient pas au Tribunal fédéral de le faire. La pertinence du fait ignoré par la Cour de cassation cantonale, soit l'articulation de conclusions chiffrées lors des plaidoiries devant la Cour correctionnelle, ne saurait donc être niée en l'état de la procédure. Il s'ensuit l'admission du recours et l'annulation de l'arrêt attaqué.
2. Vu l'issue de celui-ci, les frais afférents au recours de droit public doivent être mis à la charge de l'intimé qui succombe (art. 156 al. 1 et 2 OJ). L'indemnité de partie allouée à la recourante (art. 159 al. 1 et 2 OJ) est mise à la charge de l'intimé. Le recouvrement de cette créance n'apparaissant pas problématique (voir ATF 122 I 322 consid. 3a), la requête d'assistance judiciaire présentée par la recourante est partant sans objet.
II. Pourvoi en nullité
II. Pourvoi en nullité
3. L'arrêt attaqué étant annulé, le pourvoi n'a plus d'objet.
3. L'arrêt attaqué étant annulé, le pourvoi n'a plus d'objet.
4. Conformément à la pratique, il n'est ni prélevé de frais ni alloué d'indemnité. La requête d'assistance judiciaire pour ce recours inutile est rejetée. Cela se justifie d'autant plus que le pourvoi, essentiellement fondé sur un fait qui n'a pas été constaté par la Cour de cassation cantonale, était manifestement irrecevable (cf. art. 277bis al. 1 PPF; art. 152 OJ).
Il n'est pas alloué d'indemnité à la partie intimée qui n'a pas été invitée à déposer de réponse.