Decision ID: e618cb98-df71-47c5-9ec2-5bcae21f0a85
Year: 2015
Language: fr
Court: VS_TC
Chamber: VS_TC_001
Canton: VS
Region: Région lémanique
Law Area: 

II. Statuant en faits
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2.1 X_ est né le 31 décembre 1995, à F_ en G_. Après
avoir effectué la sixième année primaire, il n’a pas entrepris de formation. D’une part,
ses parents ne disposaient pas de moyens financiers suffisants, d’autre part,
l’intéressé pratiquait le football et s’entraînait tous les jours (R.1.17.04 p. 245).
Au mois de juin 2010, X_ a quitté G_. L’année suivante, il a
sollicité l’asile successivement en H_, au début de l’année, en I_,
au mois de mars, et en J_, au mois de juin. L’autorité compétente
I_ a rejeté sa requête, alors que celles de H_ et de J_
n’ont pas statué avant que le prévenu ne quitte leur territoire. Après avoir dormi en
plein air, en H_, il a été hébergé dans des centres de requérants et dans un
appartement, en I_ et en J_ (R2.06 p. 246).
2.2 Le 5 août 2012, X_ a pénétré en Suisse (R5.03 p. 249). Le lendemain, il
a annoncé son arrivée au centre d’enregistrement et de procédure de K_, et
a déposé une demande d’asile. Entendu par l’office fédéral des migrations (ci-après :
ODM), le 27 août suivant, il a notamment déclaré qu’il avait déjà séjourné en Suisse
(R2.03 p. 246). Le 18 septembre 2012, l’ODM l’a attribué au canton de L_. Il
a résidé au foyer de P_ jusqu’au 28 mars 2013. A cette date, «il a été
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annoncé disparu» par ce centre de requérants (p. 251). Le prévenu est entré «dans la
clandestinité», afin de prévenir son renvoi en J_, Etat compétent pour mener
la procédure d’asile. A compter de cette époque, il n’a plus bénéficié d’une aide
financière, en sorte qu’il a dû compter sur l’assistance de compatriotes pour survivre
(R3 p. 53; R5 p. 56).
2.3 Au mois de décembre 2013, X_ entendait se rendre dans un night-club,
à L_. Il ne disposait d’aucune pièce d’identité, en sorte que le service d’ordre
lui en a interdit l’accès. Un ressortissant Q_, qui l’accompagnait, lui a
proposé d’établir une fausse carte d’identité I_ pour le prix de 50 francs. Le
prévenu a accepté. Il a, par la suite, présenté ce document qui lui a permis de
fréquenter des boîtes de nuit à L_ (R5 p. 59).
2.4 Au printemps 2014, X_ a contracté un abonnement, d’une durée de trois
mois, dans un fitness, sis à E_. Il s’est acquitté du prix de 230 fr. (R7 p. 59).
Lors de son arrestation, il détenait 390 francs. Selon lui, il s’agissait, à concurrence de
190 fr., du salaire versé par un tiers pour monter une tente à L_, et, à
hauteur du solde, d’un don d’une cousine qui résidait en R_. Il ignorait les
coordonnées des intéressés (R3 p. 53).
2.5 A l’époque de son arrestation, X_ occupait une chambre, prise à bail,
dans l’appartement de S_, au chemin T_, à E_, depuis
deux mois (R8 p. 56). Il avait versé au bailleur deux loyers, dont le second se montait,
selon lui, à 500 francs. Il a prétendu s’être acquitté de ce montant au moyen du salaire
perçu lors de l’exécution de travaux sur différents chantiers, à L_. Il n’a pas
été à même d’indiquer l’identité des entrepreneurs qui l’avaient employé (R13 p. 60).
S_ a, pour sa part, exposé que, à deux reprises, le prévenu lui avait versé le
loyer convenu de 790 fr. (R4 p. 120)
Lorsque la police a procédé à la perquisition de la chambre occupée par X_,
elle a séquestré différents objets, en particulier des balances électroniques, un lot de
papier cellophane, la carte d’identité I_ du prévenu et le montant de
409 fr. 90 (p. 83).
3. Lors de son arrestation, X_ a déclaré qu’il disposait de deux téléphones
cellulaires, dont le second contenait deux cartes SIM (R4 p. 53). L’identification
rétroactive des usagers des raccordements téléphoniques a révélé que le prévenu
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entretenait des contacts réguliers avec des consommateurs de cocaïne, connus des
agents de la police judiciaire (p. 49).
3.1
3.1.1 Interrogés en automne 2014 en qualité de prévenus, les intéressés ont exposé
qu’ils s’approvisionnaient en particulier auprès de U_, V_,
W_, AA_ ou BB_. Sur présentation d’une planche
photographique, ils ont formellement identifié leur fournisseur en la personne de
X_. Ils ont spécifié que les transactions se déroulaient, pour l’essentiel, dans
différents lieux à E_, à proximité de la gare de CC_ ou encore sur
le parking DD_, à O_. La cocaïne était conditionnée en demi-
boulettes de 0.4 g, ou en boulettes de 0.7 g à 0.8 g (R2 s. p. 110; R3 p. 113; R2
p. 116).
Selon leurs déclarations initiales, le prévenu a procédé aux transactions suivantes :
 du mois de juin 2014 jusqu’à son arrestation, il a vendu à A_ 8 doses
de cocaïne, d’un poids de 0.8 g l’unité, au prix de 100 fr. (R3 p. 110); il s’est
donc agi d’une quantité totale de 6.4 g (8 x 0.8 g) et d’un prix de 800 fr.;
 du mois de janvier au mois de décembre 2012, EE_ lui a acheté de la
cocaïne, conditionnée en demi-boulettes ou en boulettes, cédées
respectivement au prix de 50 fr. et 100 fr. (R3 p. 113); le prix total s’est monté à
13'000 fr., dont 10'000 fr. à compter du mois d’avril; la quantité s’est élevée, à
tout le moins, à 91 g (130 x 0.7 g);
 du mois de juillet 2013 au mois d’août 2014, EE_ a encore acquis,
auprès de l’intéressé, de la cocaïne pour un montant de 10'500 fr., soit une
quantité minimale de 73.5 g (105 x 0.7 g) (R3 p. 114);
 du mois de septembre 2013 au mois d’août 2014, le prévenu a vendu
quotidiennement à FF_, le frère de EE_, 560 boulettes de
cocaïne d’un poids de 0.7 g l’unité au prix de 70 fr.; le prix total s’est monté à
39’200 fr.; le prévenu a, en outre, offert à FF_ 100 boulettes de ce
stupéfiant; la quantité totale s’est donc montée à 462 g ([560 + 100] x 0.7 g) de
cocaïne (R2 p. 116);
 entre le printemps, voire le début de l’été 2013, et le mois d’août 2014, il a
encore cédé 90 boulettes à S_ (R4 p. 120); le prix de la boulette se
montait à 100 fr.; la quantité s’est dès lors élevée au minimum à 63 g (90 x
0.7 g) et le prix total à 9000 fr.;
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 du printemps 2013 au mois d’août 2014, GG_ a acheté au prévenu
130 boulettes de cocaïne au prix de 100 fr.; le prix total s’est monté à 13'000 fr.;
la transaction a porté, à tout le moins, sur 91 g (130 x 0.7 g); le prévenu lui a,
en outre, offert, à trois ou quatre reprises, une demi-boulette, soit, à tout le
moins, 1.2 g (3 x 0.4 g) (R4 p. 124);
 durant 15 mois, jusqu’au mois d’août 2014, HH_ a acquis auprès de
X_ des boulettes ou des demi-boulettes, respectivement à 100 fr. et
50 fr. l’unité, pour un montant total supérieur à 8000 fr. (R3 p. 128); la quantité
de cocaïne s’est ainsi élevée pour le moins à 56 g (80 x 0.7 g);
 du début de l’année 2014 jusqu’au 1 er août suivant, X_ a offert à
II_ 20 demi-boulettes de 0.4 g, soit 8 g de cocaïne (R4 p. 131);
 du mois de janvier au mois de juillet 2014, JJ_ lui a acheté 90 demi-
boulettes de cocaïne d’un poids de 0.4 g, soit 36 g, au prix de 50 fr. l’unité; le
prix total s’est monté à 4500 fr. (R4 p. 133);
 dès la fin de l’été 2013 et durant douze mois, KK_ a versé à
X_ le montant mensuel de 150 fr., en moyenne, soit quelque 1800 fr.
au total, pour l’acquisition de demi-boulettes et de boulettes de cocaïne d’un
prix de 50 fr. et de 100 fr. l’unité (R4 p. 137); les transactions ont ainsi porté sur
une quantité totale minimale de 12.6 g (18 x 0.7 g);
 du mois de janvier au mois d’août 2014, LL_ a acquis auprès de
l’intéressé 96 demi-boulettes à 50 fr. l’unité (R4 p. 140); eu égard au poids de
l’unité - 0.4 g -, il s’est agi de 38.4 g (96 x 0.4 g) de cocaïne; le prix total s’est
monté à 4800 fr.;
 entre la fin 2013, voire le début 2014, et l’arrestation du prévenu, celui-ci a
encore cédé 45 boulettes de cocaïne à 100 fr. l’unité à MM_ (R4
p. 143); eu égard au poids minimal, il s’est agi d’une quantité de 31.5 g (45 x
0.7 g); le prix total s’est monté à 4500 fr.;
 dans les 5 à 6 semaines qui ont précédé l’arrestation de X_,
NN_ lui a acheté une quinzaine de boulettes à 100 fr., soit pour un
montant total de 1500 fr.; les transactions ont porté sur une quantité minimale
de 10.5 g (15 x 0.7 g) de cocaïne (R4 p. 147);
 de l’été 2012 à l’été 2014, X_ a vendu à OO_ 96 boulettes
à 100 fr. l’unité, soit une quantité, à tout le moins de 67.2 g (96 x 0.7 g) de
cocaïne; le prix total s’est monté à 9600 fr. (R4 p. 151);
- 8 -
 du mois de février 2013 au mois d’août 2014, PP_ a acquis auprès de
l’intéressé 123 boulettes à 100 fr. pièce, soit une quantité minimale de 86.1 g
(123 x 0.7 g) de cocaïne; le prix total s’est monté à 12'300 fr. (R4 p. 155);
 entre le mois de mars et le début septembre 2014, QQ_ a acheté à
X_ de la cocaïne pour un prix de 3000 fr.; les stupéfiants étaient
conditionnés sous forme de demi-boulettes et de boulettes d’un prix de 50 fr. et
100 fr. (R4 p. 159); la transaction a ainsi porté à tout le moins sur 21 g (30 x 0.7
g);
 durant le mois d’août 2014, X_ a encore cédé à RR_ une
vingtaine de boulettes à 100 fr. l’unité, soit une quantité de 14 g (20 x 0.7 g) de
cocaïne; le prix total s’est monté à 2000 fr. (R4 p. 163).
3.1.2 FF_ a souligné que X_ «écoul[ait] énormément de cocaïne
dans la région de O_-CC_-E_» (R2 p. 116).
HH_ et II_ se sont liées d’amitié avec le prévenu. Celui-ci leur a
révélé son identité, son origine et son adresse à E_ (R3 p. 128; R4 p. 131). A
une reprise, il a invité HH_ à verser, pour son compte, un montant de 100 fr.
à sa maman, qui résidait en I_ (R3 p. 128). II_ a qualifié leur
relation d’intime (R4 p. 131). Elle a souligné que X_ «n’avait
malheureusement (...) pas le choix de faire autrement dans sa situation» (R7 p. 222).
Elle avait tenté, sans succès, de le dissuader de trafiquer (R4 p. 131). Interrogée par le
représentant du Ministère public le 20 février 2015, elle a relevé que, lors de son
interrogatoire, le 29 septembre 2014, les agents de la police étaient «bien acharnés»
(R8 p. 222). Elle n’a pas, pour autant, rétracté ses aveux.
KK_ et LL_ ont rapporté que X_ leur avait indiqué qu’il
était originaire de G_ et que, avant de s’établir en Suisse, il avait résidé en
J_ (R5 p. 137; R4 p. 140).
3.1.3 Le 3 septembre 2014, EE_ a déclaré avoir acquis auprès du prévenu
de la cocaïne du mois de février au mois de décembre 2012, puis du mois de juillet
2013 au mois d’août 2014. Il a spécifié que, durant la première période, il avait
consacré 500 fr. à 1000 fr. par mois, puis, dès le mois d’avril jusqu’à la fin 2012, un
montant total de 10'000 fr. (R3 p. 113). Le 20 février 2015, il a pu, malgré ses
problèmes de mémoire, situer le début des transactions dans le temps, soit à compter
du mois d’avril 2012. A cette époque, sa femme et lui-même avaient suspendu la vie
commune. Il avait alors «plongé dans la consommation de cocaïne». X_ était
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son fournisseur (R7 p. 206). Durant les six premiers mois de l’année 2013, il était
parvenu à cesser de prendre de la cocaïne. En été, le droit de visite sur son fils lui
avait été retiré. Il avait alors repris sa consommation (R8 p. 207).
A la suite de cette audition, le conseil de EE_ a signifié au représentant du
Ministère public la convention de mesures protectrices conclue en séance du 22 mai
2012, tenue devant la juge de district de O_. Sous chiffre 1, les époux
EE_ et SS_ ont spécifié que la suspension de la vie commune
était intervenue le 1 er avril 2012 (p. 203).
3.1.4 Le 22 septembre 2014, GG_ a indiqué que, du printemps 2013 au
mois d’août 2014, le prévenu lui avait, d’une part, vendu 130 boulettes de cocaïne à
100 fr. l’unité, d’autre part, offert, à trois ou quatre reprises, une demi-boulette de ce
stupéfiant. Il consacrait, en moyenne, 1000 fr. par mois à son addiction. Le montant
variait de 600 fr. à 1400 fr. (R4 p. 124). Le 20 février 2015, il a précisé que les
inspecteurs ne l’avaient pas «forcé à dire des choses»; en revanche, ils avaient fait «le
calcul pour [lui]» en partant des appels téléphoniques. Il a précisé, à cet égard, que les
entretiens téléphoniques avec le prévenu n’avaient pas porté uniquement sur des
transactions de drogue. Le chiffre de 130 g de cocaïne constituait une estimation. Il
était d’avis que ses achats étaient inférieurs; il n’a pas, pour autant, indiqué une
quantité déterminée (R9 p. 214). Lorsqu’il avait déclaré, le 22 septembre 2014, qu’il
investissait certains mois 1400 fr. dans l’achat de stupéfiants, il n’avait «[p]eut-être (...)
pas bien compris les questions à la police». Il n’affectait, en effet, pas plus de 1000 fr.
par mois à son addiction, parfois un peu moins, mais jamais plus (R8 et 10 p. 213 s.).
GG_ a souligné qu’il comprenait le français, mais avec difficulté. Il avait
néanmoins saisi les questions du représentant du Ministère public (R10 p. 214).
Le 24 septembre 2014, S_ a déclaré que, à compter du mois d’août 2013,
X_ avait été son unique fournisseur durant une année. Il était ainsi «bien
servi» et ils étaient «presque des amis». Lorsqu’il le contactait, le prévenu «était
rapidement là» (R4 p. 120). S_ a nuancé ses propos le 20 février 2015. Il a
exposé qu’il achetait des stupéfiants auprès d’autres trafiquants. Il a ajouté que le
nombre de 90 boulettes, indiqué initialement, était une estimation. Il n’était pas certain
de ce chiffre. Il a précisé que, lors de son interrogatoire, il était «un peu stressé» (R8 s.
p. 210 s.). Les agents de la police judiciaire ne l’avaient pas «forcé» à donner des
dates et des quantités précises. Il «a[vait] essayé de répondre le mieux possible» (R10
p. 211).
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3.1.5 EE_ et FF_ ont déclaré que les dernières livraisons de
cocaïne de X_ étaient de mauvaise qualité (R9 p. 207; R8 p. 216). Le
20 février 2015, FF_ a indiqué au premier procureur que, lors de son
interrogatoire du 3 septembre 2014, les agents de la police judiciaire n’avaient exercé
aucune pression (R11 p. 217). PP_ a souligné que ceux-ci «s[’étaient]
montrés cordiaux» (R9 p. 225).
3.2 Interrogé le 2 septembre 2014 par les agents de la police judiciaire, X_ a
déclaré qu’il n’avait jamais vendu de stupéfiants (R6 p. 53). Entendu le 5 septembre
2014 par le juge des mesures de contrainte, il a reconnu qu’il avait cédé, «contre [s]a
volonté», 5 à 6 g de cocaïne à trois ou quatre clients (R2 p. 31). Le 11 septembre
suivant, il a précisé, à cet égard, qu’il avait rencontré, dans le train, le dénommé
TT_, au mois de juin 2014. X_ lui avait exposé les difficultés
auxquelles il était confronté. TT_ lui avait proposé de vendre des
médicaments destinés à soigner les hémorroïdes. Ces médicaments se présentaient
sous forme de poudre blanche, dont chaque dose était emballée dans une enveloppe
en papier. Le prix de vente de l’unité variait, selon la quantité, de 50 fr. à 90 francs. Le
prévenu avait accepté d’agir en qualité d’intermédiaire. Il s’était conformé aux
instructions de TT_ et avait livré, à UU_, les médicaments aux
destinataires désignés par celui-ci. Il avait perçu, à titre de commission, le montant de
10 fr. par transaction. Quelque deux semaines avant son arrestation, un client lui avait
indiqué qu’il s’agissait de cocaïne. Il n’avait, par la suite, plus agi en qualité de
représentant de TT_ (R1 p. 55). Lors de ses auditions postérieures, il a
confirmé ses déclarations. Le 27 octobre 2014, il a contesté les propos des
consommateurs qui le mettaient en cause. Selon lui, ils entendaient lui «pourrir [s]a
vie» (R29 p. 64).
Entendu par le premier procureur, le 20 février 2015, X_ a précisé que, avant
les livraisons, TT_ s’entretenait avec les consommateurs. Il a ajouté que, en
2013, il s’était blessé et avait été hospitalisé. Son traitement avait duré 3 mois, période
durant laquelle il était demeuré au foyer de P_ (R3 p. 227 s.). Interpellé,
l’office de la population et des migrations du canton de L_ a indiqué au
premier procureur, le 16 mars 2015, que les pièces du dossier de ce foyer infirmaient
les dires de l’intéressé. Aucun document n’indiquait qu’il avait souffert, durant son
séjour, de problèmes de santé (p. 251).
Aux débats de première instance, tenus le 10 juin 2015, le prévenu a confirmé ses
déclarations. Il s’est interrogé sur les motifs pour lesquels 16 personnes prétendaient,
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à tort, qu’il leur avait cédé de la cocaïne (R4 p. 323). Il a ajouté que les téléphones
saisis ne lui appartenaient pas (R3 p. 323). Lors de sa première audition par les agents
de la police judiciaire, il avait certes admis qu’il en était le détenteur, mais il était alors
«perturbé» en raison de son arrestation. Il a néanmoins reconnu qu’il utilisait ces
raccordements téléphoniques (R6 p. 323).
Aux débats en appel, X_ a admis qu’il s’était adonné au trafic de cocaïne à
compter du début de l’année 2014. Il s’était approvisionné auprès de TT_
jusqu’au mois de mai 2014. A cette époque, celui-ci avait regagné G_ pour
s’occuper de sa mère, victime du virus VV_. Le prévenu s’était alors adressé
à un autre fournisseur. Il a spécifié que, initialement, il confiait les revenus du trafic à
TT_, qui ne les lui avait pas restitués. A la suite du départ de celui-ci, il avait
affecté les profits tirés du trafic de drogue, qu’il conservait dorénavant, à la couverture
de ses besoins. X_ a qualifié son comportement de «très, très grave». Il a
regretté d’avoir agi contrairement au droit. Il a ajouté qu’il n’avait pas trouvé d’autre
solution pour «survivre».
3.3 Appréciant librement les preuves, la cour de céans retient, en fait, sur la base
notamment des réflexions exposées dans le présent considérant (consid. 3.3.1 à 3.3.3)
que X_ a livré aux consommateurs entendus en cause les quantités de
cocaïne indiquées initialement, hormis en ce qui concerne EE_ (consid.
3.3.4).
3.3.1 Les déclarations de A_, EE_ et FF_, S_,
GG_, HH_, II_, JJ_, KK_,
LL_, MM_, NN_, OO_, PP_,
WW_ et RR_ sont, pour l’essentiel, concordantes dans la mesure
où elles portent, le cas échéant, sur le domicile du prévenu, la manière de le contacter,
ses pseudonymes et prénoms - U_, W_, BB_,
V_ ou AA_ -, ou encore le lieu des transactions. Certes, ils étaient
consommateurs de cocaïne, mais les effets de la drogue n’étaient, avec une
vraisemblance confinant à la certitude, pas de nature à altérer leur capacité de
déposer. Leurs déclarations précises sur leur situation personnelle et professionnelle,
ainsi que sur les circonstances des transactions, ne révèlent, en effet, aucun trouble de
compréhension, de concentration ou encore d’expression.
Parmi les consommateurs qui l’ont mis en cause, le prévenu comptait des amis. Il
s’était confié à eux. Il leur avait indiqué qu’il était originaire de G_, qu’il avait
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séjourné en J_ ou encore que ses proches résidaient en I_. Dans
ces circonstances, on cherche, en vain, les motifs pour lesquels les intéressés auraient
souhaité lui «pourrir [l]a vie», lorsqu’ils ont fait état de transactions intervenues en 2012
et en 2013. L’appelant n’avance aucune explication à cet égard.
Lorsqu’ils ont procédé aux auditions des consommateurs concernés, les agents de la
police judiciaire n’ont exercé aucune pression. PP_ a souligné qu’ils s’étaient
montrés cordiaux. II_ a certes fait état d’un acharnement, mais elle n’a pas,
pour autant, rétracté ses aveux. Eu égard aux circonstances de l’enregistrement des
dépositions, il n’y a pas lieu d’accueillir celles-ci avec réserve.
3.3.2 Lors de son interrogatoire par le représentant du Ministère public, GG_
a indiqué qu’il consacrait, au maximum, 1000 fr. par mois à l’acquisition de stupéfiants.
Il avait certes déclaré devant les agents de la police judiciaire que le montant de
1000 fr. constituait une moyenne et que le coût mensuel de son addiction pouvait ainsi
varier, par exemple, entre 600 fr. et 1400 francs. Il n’avait cependant «[p]eut-être» pas
bien compris les questions. Cela ne résiste pas à l’examen. Lors de son audition par
les inspecteurs, GG_ a, en effet, indiqué sa profession, le nom de sa
compagne, l’activité de celle-ci, leurs revenus et leurs charges. Il a précisé dans
quelles circonstances il avait fait la connaissance de X_. Il a spécifié que
l’investissement mensuel de 1000 fr. constituait une moyenne. Il a poursuivi en ces
termes : «Je veux dire par là que des mois je pouvais investir 600 fr. comme je pouvais
en dépenser 1400 fr.». Pareille déclaration, rapprochée du terme «en moyenne»,
signifie que le montant de 1000 fr. était situé entre plusieurs valeurs. S’il s’était agi d’un
montant maximum, l’intéressé n’aurait pas manqué de le spécifier, le 22 septembre
2014. A cette date, il a, par ailleurs, déclaré que leur relation était «quasiment basée
uniquement sur la cocaïne». Lorsqu’il a prétendu, le 20 février 2015, que les entretiens
téléphoniques étaient également amicaux, il n’est ainsi pas crédible. Il y a dès lors lieu
de retenir que, conformément à ses déclarations initiales, il a acquis, du printemps
2013 au mois d’août 2014, 130 boulettes de cocaïne au prix de 100 fr. l’unité, soit une
quantité minimale de 91 g.
S_ a, initialement, déclaré qu’à la fin du printemps ou au début de l’été 2013,
il avait fait la connaissance du prévenu. Il avait acquis de la cocaïne auprès de celui-ci
et d’un autre fournisseur jusqu’au mois d’août 2013. Par la suite, il s’était approvisionné
exclusivement auprès de X_. Le 20 février 2015, il a nuancé cette
déclaration. Il a fait valoir qu’il s’adressait à différents revendeurs de drogue. Il a ajouté
que, devant les agents de la police judiciaire, il avait cherché à répondre «le mieux
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possible». Il était certes un peu stressé. Les inspecteurs ne lui avaient pas, pour
autant, suggéré des dates et des quantités. Dans ces circonstances, on cherche, en
vain, les motifs pour lesquels il aurait distingué, le 24 septembre 2014, la phase où il
s’était adressé à deux dealers et celle où il n’avait traité qu’avec X_, si cela
n’était pas conforme à la vérité. S_ a d’ailleurs souligné qu’il était «bien
servi» par le prévenu et qu’ils étaient «presque des amis», ce qui est aussi de nature à
corroborer ses déclarations initiales. Il convient dès lors de retenir celles-ci, soit la
vente de quelque 90 boulettes de cocaïne, au prix de 100 fr. l’unité.
3.3.3 A compter du mois de mars 2013, le prévenu n’a plus bénéficié d’aide financière.
Il a pourtant pu fréquenter, au mois de décembre suivant, des night-clubs et acquérir
une fausse carte d’identité. Il a, il est vrai, indiqué qu’il avait pu contribuer à son
entretien au moyen d’un don et des revenus perçus pour la réalisation de travaux. On
ne saurait accorder un quelconque crédit à cette déclaration. X_ a, en effet,
été dans l’incapacité d’indiquer l’identité de la donatrice et/ou de ses employeurs. Le
11 septembre 2014, il avait, de surcroît, souligné qu’il «n’a[vait] plus d’entrée d’argent
depuis janvier 2013» (R5 p. 56). Les moyens dont il disposait provenaient dès lors,
avec une vraisemblance confinant à la certitude, du trafic de stupéfiants.
X_ a expliqué que, en 2013, il avait été victime d’un accident, en sorte
qu’incapable de se déplacer pendant quelques mois, il était demeuré à L_.
L’office de la population et des migrations du canton de L_ a souligné que les
pièces du dossier du foyer de P_ infirmaient les dires de l’intéressé, qui ne
sauraient dès lors être retenus.
Le prévenu a exposé, aux débats en appel, qu’il confiait les revenus du commerce de
stupéfiants à TT_. Celui-ci, lorsqu’il avait quitté la Suisse au mois de mai
2014, ne les lui avait pas restitués. Cette relation des faits n’est pas convaincante. Au
printemps 2014, l’appelant a, en effet, contracté un abonnement dans un fitness, sis à
E_. Il disposait donc, à cette époque, d’un montant à tout le moins de 230 fr.
après avoir couvert ses besoins incompressibles.
3.3.4 EE_ a exposé les motifs pour lesquels il pouvait situer, dans le temps,
le début des transactions. Les vérifications entreprises par le premier procureur ont
corroboré l’exactitude de ces déclarations. Certes, X_ a annoncé son arrivée
au centre d’enregistrement et de procédure de K_, le 6 août 2012. Il a
cependant déclaré, lors de son audition par l’ODM, le 27 août 2012, qu’il avait déjà
- 14 -
séjourné en Suisse. Dans ces circonstances, lorsque EE_ fait valoir que les
transactions ont débuté au mois d’avril 2012, il est crédible.
Du mois d’avril au mois de décembre 2012, l’intéressé a investi un montant de
10'000 francs. Du mois de juillet 2013 au mois d’août 2014, il a consacré, à son
addiction, un montant supplémentaire de 10'500 francs. Il achetait la boulette de
cocaïne, d’un poids de quelque 0.7 g, au prix de 100 fr. l’unité. Il y a dès lors lieu de
retenir que X_ lui a vendu 205 boulettes ([10'000 fr. + 10'500 fr.] :
100 fr./boulette), soit une quantité de 143.5 g (205 x 0.7 g).
3.4 Les transactions ont, dans ces circonstances, porté sur une quantité minimale de
cocaïne de 1148.4 g (6.4 g + 143.5 g + 462 g + 63 g + 91 g + 1.2 g + 56 g + 8 g + 36 g
+ 12.6 g + 38.4 g + 31.5 g + 10.5 g + 67.2 g + 86.1 g + 21 g + 14 g). A défaut de
cocaïne saisie, aucune analyse de la qualité de la drogue n’a pu être effectuée. Selon
les chiffres de la société suisse de médecine légale, le degré de pureté moyen des
saisies de cocaïne pour des doses inférieures à 1 g s’élevait, en 2013, à 33 %. La
quantité de cocaïne pure cédée par le prévenu à des tiers s’est ainsi élevée à quelque
379 g (33 % de 1148.4 g).
X_ a offert des boulettes de cocaïne à FF_ et à II_, ainsi
que des demi-boulettes à GG_. Le chiffre d’affaires réalisé s’est, dans ces
circonstances, monté à 134'500 fr. (800 fr. + 10'000 fr. + 10'500 fr. + 39'200 fr. +
9000 fr. + 13'000 fr. + 8000 fr. + 4500 fr. + 1800 fr. + 4800 fr. + 4500 fr. + 1500 fr. +
9600 fr. + 12'300 fr. + 3000 fr. + 2000 fr.).
3.5 Durant la détention, le prévenu a adopté un comportement général qualifié de bon
par le personnel. Il n’a pas fait l’objet de sanctions disciplinaires. A compter du 27 juillet
2015, il a œuvré à l’atelier d’imprimerie. Il a donné entière satisfaction dans l’exécution
des tâches qui lui étaient confiées.

III. Considérant en droit
4. Les premiers juges ont rappelé de manière pertinente la teneur et la portée de
l’article 19 al. 1 et 2 LStup, en sorte que l’on peut s’y référer (consid. 3 du jugement
querellé).
- 15 -
En l’espèce, du mois d’avril 2012 jusqu’à son arrestation, le 2 septembre 2014, le
prévenu a vendu ou offert quelque 379 g de cocaïne pure, conditionnée sous forme de
boulettes et de demi-boulettes, cédées à différents consommateurs. Il a agi avec
conscience et volonté. Le seuil du cas grave - 18 g s’agissant de ce stupéfiant - est
largement dépassé, en sorte que la condamnation de l’intéressé pour infraction à
l’article 19 al. 2 let. a CP ne procède pas d’une violation du droit fédéral.
L’appelant n’exerçait pas d’activité professionnelle. Il s’est adonné au trafic de
stupéfiants pour couvrir notamment ses besoins incompressibles. Il y a consacré
l’essentiel de son temps durant plus de deux ans. Il a donné suite aux nombreuses
demandes de consommateurs réguliers. Son chiffre d’affaires s’est élevé à
134'500 francs. Il sied de rappeler, à cet égard, que la durée de l’activité délictueuse ne
doit pas être prise en considération (ATF 129 IV 188 consid. 3.2). Dans ces conditions,
les premiers juges ont, à juste titre, considéré que l’auteur avait agi par métier, au sens
de l’article 19 al. 2 let. c LStup.
5. Le prévenu n’a pas contesté s’être rendu coupable de faux dans les certificats au
sens de l’article 252 al. 3 CP, en sorte qu’il peut être fait référence, à cet égard, au
considérant pertinent du jugement entrepris (consid. 4 du jugement querellé).
6. Le prévenu conteste, subsidiairement, la mesure de la peine.
6.1 Les premiers juges ont rappelé la teneur et la portée de l’article 47 CP, ainsi que
les principes applicables dans le domaine spécifique des infractions à la LStup, en
sorte que l’on peut s’y référer (consid. 5a du jugement querellé).
6.1.1 Il convient d’ajouter que, selon l’article 3 al. 2 DPMin, lorsque plusieurs
infractions commises avant et après l’âge de 18 ans doivent être jugées en même
temps, le code pénal est seul applicable en ce qui concerne les peines. Conformément
à l’article 49 al. 3 CP, en pareille hypothèse, le juge fixe la peine d’ensemble en
application des al. 1 et 2, en sorte que l’auteur ne soit pas plus sévèrement puni que si
les diverses infractions avaient fait l’objet de jugements distincts.
Autrement dit, l’auteur ne doit pas être jugé plus sévèrement parce qu’il comparaît pour
l’ensemble de ses actes devant une juridiction pour adultes. La sanction prévue pour
les mineurs est notoirement et logiquement moins sévère que celle des adultes. Aussi,
l’autorité de jugement devra distinguer les faits qui se sont produits avant les dix-huit
ans, qui méritent une peine moins sévère, et les faits ultérieurs, qui justifient une
- 16 -
sanction d’adulte (Queloz/Humbert, Commentaire romand, 2009, n. 100 ad art. 49 CP;
cf. ég. Riedo, Jugendstrafrecht und Jugendstrafprozessrecht, 2013, n° 520).
6.1.2 Le comportement de la victime peut constituer une circonstance atténuante, si
elle provoque l'auteur par un comportement initial. Ainsi, selon l’article 48 let. b CPP, le
juge peut atténuer la peine lorsque l'auteur a été induit en tentation grave par la
conduite de la victime. Il faut toutefois que la victime ait excité et tenté l'auteur jusqu'à
ce qu'il succombe, par un comportement actif ou par des pressions morales (arrêt
6B_494/2008 du 12 septembre 2008 consid. 2.1.3; ATF 97 IV 76). La conduite de la
victime doit avoir été si provocante que même un homme conscient de ses
responsabilités aurait eu de la peine à y résister (arrêt 6B_494/2008 du 12 septembre
2008 consid. 2.1.3; ATF 102 IV 273 consid. 2c; 98 IV 67 consid. 1c). Le juge ne saurait
retenir cette circonstance atténuante au motif que la «morale» de la victime serait
douteuse ou que l'auteur se serait vu offert une «occasion favorable» (arrêt
6B_494/2008 du 12 septembre 2008 consid. 2.1.3). Cette circonstance atténuante ne
s'applique pratiquement qu'en matière d'infraction sexuelle (arrêt 6B_281/2013 du
16 juillet 2013 consid. 3.2.4).
L'article 48 let. e CP conduit à l'atténuation de la peine à la double condition que
l'intérêt à punir ait sensiblement diminué en raison du temps écoulé depuis l'infraction
et que l'auteur se soit bien comporté dans l'intervalle. La jurisprudence admet qu'il s'est
écoulé un temps relativement long au sens de l'article 48 let. e CP lorsque les deux
tiers du délai de prescription de l'action pénale ont été atteints. Le juge peut toutefois
réduire ce délai pour tenir compte de la nature et de la gravité de l'infraction (ATF 140
IV 145 consid. 3.1; 132 IV 1 consid. 6.2). Pour déterminer si l'action pénale est proche
de la prescription, le juge doit se référer à la date à laquelle les faits ont été
souverainement établis, et non au jugement de première instance (moment où cesse
de courir la prescription [art. 97 al. 3 CP]). Ainsi, lorsque le condamné a fait appel, il
faut prendre en considération le moment où le jugement de seconde instance a été
rendu dès lors que ce recours a un effet dévolutif (cf. art. 398 al. 2 CPP; ATF 140 IV
145 consid. 3.1; 132 IV 1 consid. 6.2.1).
6.2 La situation personnelle du prévenu a été exposée (consid. 2.1). Il n’a pas
d’antécédents judiciaires.
Avant le 31 décembre 2013, il a vendu à EE_, 101.5 g de cocaïne, à
FF_, 130.6 g, à S_, 31.5 g, à GG_, 51.2 g, à
HH_, 29.8 g, à KK_, 4.2 g, à OO_, 50.4 g et à
https://www.swisslex.ch/Doc/ShowDocComingFromCitation/e6afef6b-e4cc-47d3-918c-eafd5d2efd9c?citationId=7e90adc2-a997-4d4e-bb65-99ce3207c973&source=document-link&SP=4|cqxmdz https://www.swisslex.ch/DOC/ShowLawViewByGuid/564c189e-a29d-4671-9de2-ba95ae975807/89f24d4f-c93f-4113-82a2-d2490b297abf?source=document-link&SP=6|cqxmdz https://www.swisslex.ch/DOC/ShowLawViewByGuid/564c189e-a29d-4671-9de2-ba95ae975807/89f24d4f-c93f-4113-82a2-d2490b297abf?source=document-link&SP=6|cqxmdz https://www.swisslex.ch/DOC/ShowLawViewByGuid/564c189e-a29d-4671-9de2-ba95ae975807/48e24138-31b9-49f0-8e8e-e9ab47644d3d?source=document-link&SP=6|cqxmdz https://www.swisslex.ch/DOC/ShowLawViewByGuid/315c575f-b12a-4355-a1ad-3474409d0494/8976b67b-6945-4aee-9b8c-0086ee033819?source=document-link&SP=6|cqxmdz
- 17 -
PP_, 49.8 g, soit une quantité pure de quelque 148.1 g (33% de 449 g
[101.5 g + 130.6 g + 31.5 g + 51.2 g + 29.8 g + 4.2 g + 50.4 g + 49.8 g]). Il convient
donc de tenir compte de la peine encourue par un mineur, soit un jour à un an,
s’agissant d’un crime passible d’une peine privative de liberté inférieure à 3 ans au
moins (art. 25 al. 1 et 2 let. a DPMin; cf. FF 1999 p. 2057).
La culpabilité du prévenu est lourde. Il a vendu une quantité de cocaïne importante,
soit, à compter de 18 ans révolus, quelque 230.9 g et, avant la majorité, environ
148.1 g. Il savait ou aurait dû savoir que cette quantité était propre à mettre en danger
la santé de plusieurs centaines de personnes. Il ne le conteste pas.
Le prévenu a transgressé la loi dans une situation de nécessité, à tout le moins à
compter du mois de mars 2013. Il vivait alors dans la clandestinité et ne bénéficiait plus
d’une aide financière. Son jeune âge doit, en outre, être pris en compte dans la fixation
de la peine. Durant la détention, l’intéressé a adopté un bon comportement. Il a donné
satisfaction dans l’exécution des tâches qui lui étaient confiées.
Après avoir contesté les faits pendant l’instruction et devant les premiers juges, le
prévenu les a finalement admis en partie. Il a qualifié sa faute de «très, très grave»,
avant d’exprimer des regrets. Même s’il a minimisé, dans le temps, l’ampleur des
transactions, cela laisse augurer la prise de conscience de la nécessité de changer de
comportement.
Le prévenu fait valoir, à titre de circonstance atténuante, qu’il a été induit en tentation
grave par la conduite des consommateurs. La demande d’un intéressé à un trafiquant
ne se confond pas avec une conduite si provocante que même un homme conscient
de ses responsabilités aurait eu de la peine à y résister. Les consommateurs, qui ont
mis en cause l’appelant, n’ont, en particulier, pas déclaré qu’ils avaient dû insister pour
obtenir de la drogue. S_ a souligné que, lorsqu’il le contactait, le prévenu
«était rapidement là». L’appelant a, en outre, offert des boulettes de cocaïne à
FF_ et des demi-boulettes à II_ et GG_. Il ne saurait dès
lors prétendre que les intéressés ont donné lieu à la cession de stupéfiants de façon si
sérieuse qu’il ne paraît pas entièrement responsable de sa décision de transgresser la
loi. Le motif d’atténuation invoqué, qui joue, de surcroît, essentiellement un rôle en
matière de délits sexuels, ne saurait donc être retenu.
L’appelant se prévaut également de l’écoulement du temps. Les infractions ont été
commises du printemps 2012 à l’été 2014. Les deux tiers du délai de prescription de
- 18 -
15 ans (art. 97 al. 1 let. b CP) ne sont pas atteints. Il n’y a dès lors pas lieu d’atténuer
la peine en raison de l’effet guérisseur de l’écoulement du temps.
Le concours d’infractions commande une peine aggravée (art. 49 al. 1 CP).
Eu égard à l’ensemble des circonstances, en particulier au jeune âge du prévenu, à sa
situation précaire à compter du mois de mars 2013, et aux aveux partiels aux débats
en appel, la cour estime que la peine privative de liberté prononcée par les premiers
juges - 45 mois - est exagérément sévère. Une peine de 3 ans est nécessaire, mais
suffisante pour réprimer le comportement contraire au droit adopté par l’intéressé. La
détention avant jugement, subie depuis le 2 septembre 2014, doit être déduite de la
peine prononcée (art. 51 CP).
6.3 Une peine privative de liberté d’un an au moins et de trois ans au plus peut être
assortie d'un sursis partiel afin de tenir compte de façon appropriée de la faute de
l'auteur (cf. art. 43 al. 1 CP). L'octroi du sursis partiel, comme celui du sursis complet,
suppose que le pronostic quant au comportement futur de l'auteur ne soit pas
défavorable (ATF 134 IV 1 consid. 5.3.1, 53 consid. 4.3.1, 60 consid. 7.4 et 7.5). Le
pronostic doit être posé sur la base de tous les éléments propres à éclairer l'ensemble
du caractère de l'accusé et ses chances d'amendement. Il n'est pas admissible
d'accorder un poids particulier à certains critères et d'en négliger d'autres qui sont
pertinents. La prise de conscience de la responsabilité de l'auteur, les remords ou
regrets exprimés ainsi que le comportement durant la procédure pénale sont autant de
critères déterminants à prendre en considération dans l'établissement du pronostic
(arrêt 6B_97/2014 du 26 juin 2014 consid. 1.4.2). Le nouveau droit pose des exigences
moins élevées quant au pronostic pour l'octroi du sursis. Auparavant, il fallait que le
pronostic soit favorable. Le sursis est désormais la règle dont on ne peut s'écarter
qu'en présence d'un pronostic défavorable. Il prime en cas d'incertitude (ATF 135 IV
180 consid. 2.1; 134 IV 5 consid. 4.4.2). Le fait que la peine est, le cas échéant,
exécutée partiellement doit être pris en compte (arrêt 6B_510/2010 du 4 octobre 2010
consid. 4.2).
Lorsqu'il prononce une peine privative de liberté assortie d'un sursis partiel, le juge doit
fixer au moment du jugement la quotité de la peine qui est exécutoire et celle qui est
assortie du sursis. S'il prononce une peine de trois ans de privation de liberté, il peut
assortir du sursis une partie de la peine allant de dix-huit à trente mois (art. 43 al. 2 et 3
CP).
http://relevancy.bger.ch/php/aza/http/index.php?lang=fr&type=highlight_simple_query&page=1&from_date=01.01.2009&to_date=01.01.2010&sort=relevance&insertion_date=&top_subcollection_aza=all&query_words=%22sursis+partiel%22&rank=0&azaclir=aza&highlight_docid=atf%3A%2F%2F134-IV-60%3Afr&number_of_ranks=0#page60
- 19 -
6.4 En l’espèce, au vu de la peine infligée, soit trois ans de privation de liberté, l’octroi
d’un sursis partiel est objectivement possible.
L’appelant n’a pas d’antécédents judiciaires. Durant l’instruction et en première
instance, il a contesté les faits qui lui étaient imputés. En revanche, aux débats d’appel,
il les a reconnus pour partie. Il a qualifié son comportement de «très, très grave» et a
exprimé des remords. Ainsi qu’il a été relevé, l’intéressé a transgressé la loi par
nécessité. Durant la détention avant jugement, il s’est bien comporté. L’exécution d’une
partie de la peine est, par ailleurs, de nature à détourner l’appelant, qui n’a pas 20 ans
révolus, de la délinquance. Dans ces circonstances, le pronostic n’est pas défavorable.
Il y a dès lors lieu de lui accorder le sursis partiel. La durée de la peine ferme est fixée
à dix-huit mois. X_ est, partant, mis au bénéfice du sursis partiel à raison de
dix-huit mois, avec un délai d’épreuve de trois ans, eu égard au risque de récidive.
7. Le prévenu n’a pas entrepris les chiffres 2 et 3 du dispositif - sort des objets et des
valeurs patrimoniales séquestrés -, qui sont confirmés pour les motifs pertinents
exposés par les premiers juges (consid. 8 du jugement querellé).
8. Si l'autorité de recours rend elle-même une nouvelle décision, elle se prononce
également sur les frais fixés par l'autorité inférieure (art. 428 al. 3 CPP).
8.1 En vertu de l’article 426 CPP, le prévenu supporte les frais de procédure s’il est
condamné (al. 1).
En l’occurrence, l’appelant est reconnu coupable de violation grave de la loi fédérale
sur les stupéfiants et de faux dans les certificats. Il est condamné à trois ans de peine
privative de liberté. Les frais d’instruction et de première instance, non contestés, fixés
respectivement à 4900 fr. et 1800 fr., conformément aux dispositions applicables
(art. 10 al. 2, 13 al. 1 et 2, 22 let. b et d LTar), sont dès lors mis à sa charge.
8.2
8.2.1 L’article 428 al. 1 CPP prévoit que les frais dans la procédure de recours sont
mis à la charge des parties dans la mesure où elles ont obtenu gain de cause ou
succombé. Pour déterminer si une partie succombe ou obtient gain de cause, il faut
examiner dans quelle mesure ses conclusions sont admises (arrêt 6B_438/2013 du
18 juillet 2013 consid. 2.4; Domeisen, Commentaire bâlois, 2 e éd., 2014, n. 6 ad
art. 428 CPP).
- 20 -
Pour la procédure d'appel devant le Tribunal cantonal, l'émolument est compris entre
380 fr. et 6000 fr. (art. 22 let. f LTar).
8.2.2 En l’occurrence, l’appel du prévenu, qui tendait au prononcé d’une peine
compatible avec l’octroi du sursis partiel, est admis. Les frais de seconde instance
sont, partant, mis à la charge de l’Etat du Valais. La cause présentait un degré de
difficulté ordinaire. Eu égard aux principes de la couverture des frais et de
l’équivalence des prestations, les frais sont fixés à 1200 fr. (y compris, l’émolument de
la décision du 19 août 2015).
8.3
8.3.1 Le Ministère public peut contester le montant de l’indemnité pour la défense
d’office (ATF 139 IV 199 consid. 4). Le conseil d’office est également légitimé à se
plaindre du montant des honoraires qui lui ont été alloués (arrêt 6B_353/2012 du
26 septembre 2012 consid. 3, et réf. cit.).
En l’espèce, les intéressés n’ont pas contesté l’indemnité de 4400 fr. allouée au conseil
commis d’office. La cour de céans ne saurait dès lors examiner l’ampleur de ce
montant. Le prévenu sera tenu de le rembourser à l’Etat du Valais dès que sa situation
financière le lui permettra (art. 135 al. 4 let. a CPP).
8.3.2 Le sort des dépens de la procédure d'appel est réglé par l'article 436 al. 1 CPP
(Domeisen, n. 3 ad art. 428 CPP). En vertu de cette disposition, les prétentions en
indemnités dans la procédure de recours sont régies par les articles 429 à 434 CPP.
Cela implique, d'une manière générale, que les indemnités sont allouées ou mises à la
charge des parties dans la mesure où celles-ci ont eu gain de cause ou ont succombé
(Wehrenberg/Frank, Commentaire bâlois, 2 e éd., 2014, n. 4 ad art. 436 CPP;
Mizel/Rétornaz, Commentaire romand, 2011, n. 1 ad art. 436 CPP).
Les honoraires varient entre 1100 fr. et 8800 fr. devant le Tribunal cantonal, en appel
(art. 36 LTar).
8.3.3 En l’occurrence, l’activité du conseil du prévenu a, pour l’essentiel, consisté à
rédiger la déclaration d’appel, à préparer les débats et à participer à cette audience. Le
degré de difficulté de la cause doit être qualifié d’ordinaire. Il convient de tenir compte
de la responsabilité accrue qui lui incombait eu égard à la peine prononcée en
première instance. Dans ces circonstances, l’Etat du Valais versera, à titre de dépens,
une indemnité de 2000 fr. à M e N_, débours compris.
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