Decision ID: bcb4a8e2-6c13-5422-b6de-64407bc1c2ec
Year: 2021
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_013
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: public_law

Attendu, en fait, que par décision du 11 mai 2021, déclarée exécutoire nonobstant recours, les Transports publics genevois (ci-après : TPG) ont résilié les rapports de service les liant à Monsieur A_ au motif que l’incapacité de travail de celui-ci ne lui permettait plus d’exercer son activité son état de santé n’étant plus compatible avec les besoins du service ;
Que M. A_ a présenté une incapacité de travail ininterrompue à 100 % du 9 au 19 août 2019, puis de façon continue depuis le 26 août 2019 et que le médecin-conseil des TPG ayant évalué sa situation médicale, a conclu qu’il n’était plus apte à conduire ni des bus ni des trams ;
Vu le recours interjeté le 11 juin 2021 par M. A_ auprès de la chambre administrative de la Cour de justice (ci-après : la chambre administrative) contre cette décision, dont il demande l'annulation, les TPG ayant violé leur obligation de tenter de le reclasser et ayant failli à leur devoir d’accompagnement dans cette démarche ;
Que M. A_ souhaitait réintégrer l’entreprise et jugeait le licenciement disproportionné et contraire au droit ;
Qu’à titre préalable, M. A_ a requis la restitution de l’effet suspensif, au motif que ses intérêts pécuniaires étaient gravement menacés, estimant devoir toucher son salaire en tout cas pour la durée de la procédure qui risquait de durer plusieurs mois ;
qu’invités à se déterminer sur effet suspensif, les TPG ont conclu au rejet de la requête y relative ; la chambre administrative ne pouvait pas ordonner la réintégration, mais uniquement la proposer ; or, les TPG s’opposaient d’ores et déjà à toute réintégration de l’intéressé qui aurait pour le surplus épuisé son droit au salaire au mois de juillet 2021 ;
que par ailleurs les stages effectués n’avaient pas interrompu l’écoulement du délai de 720 jours, principe que la chambre administrative avait confirmé dans un arrêt récent ;
que le recourant n’a pas répliqué dans le délai imparti ;
que sur ce, les parties ont été informées que la cause était gardée à juger sur effet suspensif ;

Considérant, en droit, l'art. 9 al. 1 du règlement interne de la chambre administrative de la Cour de justice du 26 mai 2020, à teneur duquel les décisions sur effet suspensif sont prises par la présidente de ladite chambre, respectivement par le vice-président, ou en cas d'empêchement de ceux-ci, par un juge ;
qu'aux termes de l'art. 66 de la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 1985 (LPA -
E 5 10
), sauf disposition légale contraire, le recours a effet suspensif à moins que l'autorité qui a pris la décision attaquée n'ait ordonné l'exécution nonobstant recours (al. 1) ; que toutefois, lorsqu’aucun intérêt public ou privé prépondérant ne s'y oppose, la juridiction de recours peut, sur la demande de la partie dont les intérêts sont gravement menacés, retirer ou restituer l'effet suspensif (al. 3) ;
que selon la jurisprudence constante de la chambre administrative, des mesures provisionnelles, dont font partie la restitution et le retrait de l'effet suspensif, ne sont légitimes que si elles s'avèrent indispensables au maintien d'un état de fait ou à la sauvegarde d'intérêts compromis (ATF
119 V 503
consid. 3 ;
ATA/303/2020
du 19 mars 2020 ;
ATA/503/2018
du 23 mai 2018) ;
qu'elles ne sauraient, en principe, anticiper le jugement définitif (Isabelle HÄNER, Vorsorgliche Massnahmen in Verwaltungsverfahren und Verwaltungsprozess in
RDS
1997 II 253
-420, 265) ; que, par ailleurs, l'octroi de mesures provisionnelles présuppose l'urgence, à savoir que le refus de les ordonner crée pour l'intéressé la menace d'un dommage difficile à réparer (ATF
130 II 149
consid. 2.2 ;
127 II 132
consid. 3) ;
que lors de l'octroi ou du retrait de l'effet suspensif, l'autorité de recours dispose d'un large pouvoir d'appréciation qui varie selon la nature de l'affaire (arrêt du Tribunal fédéral
2C_1161/2013
du 27 février 2014 consid. 5.5.1) ;
qu’en l’espèce, le statut du personnel du 1
er
janvier 1999 (ci-après : SP) auquel le recourant est soumis, prévoit qu’en cas de licenciement ne reposant pas sur un motif fondé, le juge peut proposer la réintégration de l’employé ; si l’entreprise s’y oppose ou celui-ci y renonce, le juge fixe une indemnité (art. 72 ch. 1 SP) ;
qu’ainsi, en cas d’admission du recours, la chambre de céans ne pourrait ordonner la réintégration du recourant, mais uniquement la proposer ; partant, la restitution de l’effet suspensif, qui aurait pour effet de réintégrer le recourant pendant la durée de la procédure, irait au-delà des compétences de la chambre administrative, de sorte qu’elle ne peut l’ordonner (
ATA/1043/2020
du 19 octobre 2020 ;
ATA/641/2020
du 1
er
juillet 2020 consid. 7 et 8 ;
ATA/303/2020
du 19 mars 2020) ;
que, par ailleurs, l’intérêt public à la préservation des finances de l’entité publique intimée, au vu de l’incertitude de la capacité du recourant à rembourser les mois de traitement qu’il réclame, est important et prime son intérêt financier à percevoir les indemnités pour incapacité de travail, ou son traitement, pendant le délai de congé (
ATA/1043/2020
précité ;
ATA/303/2020
précité);
qu’au vu de ce qui précède, la requête de restitution de l’effet suspensif sera rejetée ;
que le sort des frais de la procédure sera réservé jusqu’à droit jugé au fond.