Decision ID: f60f3d87-c63b-44cd-9371-90f503d16c33
Year: 2022
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_006
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 

EN FAIT
A.
a.
B_ et A_ sont les parents non mariés des enfants F_, né le _ 2019 et de G_, né le _ 2021. ![endif]>![if>
Les parents sont titulaires de l’autorité parentale conjointe sur leurs enfants.
Ils se sont séparés au début de l’année 2022, les mineurs étant demeurés avec leur mère. Les relations entre les parties sont conflictuelles.
b.
Le 15 mars 2022, A_ a formé devant le Tribunal de protection de l’adulte et de l’enfant (ci-après: le Tribunal de protection) une requête, concluant à ce que la garde des deux enfants soit attribuée à part égale entre les parents.
c.
Dans un rapport du 1
er
juin 2022, le Service de protection des mineurs a recommandé, sur mesures superprovisionnelles, l’instauration d’une curatelle de surveillance des relations personnelles «au bénéfice des deux parents» et une garde partagée. Il convenait par ailleurs de mandater le Service d’évaluation et d’accompagnement de la séparation parentale afin qu’il effectue une évaluation de la situation familiale.
d.
Le Tribunal de protection a tenu une audience le 16 juin 2022. Les représentantes du Service de protection des mineurs ont confirmé la teneur de leur rapport et relevé qu’un conflit très vif opposait les parties. Toutes deux avaient, séparément, la capacité d’élever leurs enfants.
B_ s’est déclarée opposée à une garde partagée et a proposé, pour le père, un droit de visite d’un week-end sur deux du vendredi en fin de journée jusqu’au dimanche en fin de journée, ainsi que chaque semaine, du mardi en fin de journée jusqu’au mercredi midi, de même que durant deux semaines non consécutives de vacances par an. Elle a précisé que lesdites modalités étaient déjà en vigueur depuis l’intervention du Service de protection des mineurs et que les visites se passaient bien.
A_ s’est rallié au préavis du Service de protection des mineurs. Il a indiqué avoir des horaires irréguliers mais s’être arrangé avec son employeur pour pouvoir terminer à 17h30 plusieurs jours par semaine. Il lui arrivait, trois ou quatre fois par année, de se déplacer hors de Genève, lesdits déplacements pouvant durer jusqu’à une semaine.
Au terme de l’audience, le Tribunal de protection a proposé aux parties d’avaliser la situation qui prévalait en l’état, tout en instaurant une curatelle d’organisation et de surveillance des relations personnelles entre les enfants et leur père, dans l’attente du rapport du Service d’évaluation et d’accompagnement de la séparation parentale.
A_ a déclaré ne pas être opposé à cette proposition; il souhaitait toutefois bénéficier d’un droit de visite un peu plus étendu durant la semaine où il ne verrait pas ses enfants le week-end, à savoir du mardi à 18h00 jusqu’au jeudi à 18h00. En cas de nécessité, il pouvait faire appel à sa mère pour prendre en charge les enfants.
B_ a indiqué pour sa part souhaiter passer le mercredi avec ses enfants, à tout le moins une semaine sur deux, dès qu’elle aurait réduit son taux d’activité à 80%.
Le Tribunal de protection a gardé la cause à délibérer sur mesures provisionnelles.
B.
Par ordonnance
DTAE/3945/2022
du 16 juin 2022, le Tribunal de protection, statuant sur mesures provisionnelles, a attribué à B_ la garde des mineurs F_ et G_ (chiffre 1 du dispositif), accordé à A_ un droit de visite sur les deux enfants devant s’exercer, sauf accord contraire entre les parents et les curatrices, selon les modalités suivantes: un week-end sur deux, du vendredi à la sortie de la crèche jusqu’au dimanche en fin d’après-midi et, en alternance l’autre semaine, du mardi à la sortie de la crèche jusqu’au mercredi en fin de journée, respectivement jusqu’au jeudi matin à la crèche, à l’heure fixée d’entente avec la crèche et les curatrices s’agissant de F_, ce à compter de la prochaine rentrée; durant trois périodes de cinq jours non consécutives au cours des vacances d’été 2022, ainsi que pendant la moitié des petites vacances scolaires (ch. 2), précisé que sauf accord contraire entre les parents et les curatrices, les enfants seront avec leur mère en cas de déplacement professionnel de leur père hors de Genève durant les visites prévues (ch. 3), invité les parties, lorsque les passages des enfants ne peuvent pas s’effectuer par l’intermédiaire de la crèche, à solliciter autant que possible les membres de leur famille paternelle pour les assurer, du moins aussi longtemps qu’elles ne parviendront pas à préserver ces derniers de leurs tensions (ch. 4), exhorté les parties à mettre chacune en place un suivi thérapeutique individuel au long cours (ch. 5), instauré une curatelle d’organisation et de surveillance du droit de visite (ch. 6), désigné deux intervenantes en protection de l’enfant et une suppléante aux fonctions de curatrices des mineurs (ch. 7), rappelé que la décision était immédiatement exécutoire (ch. 8) et débouté les parties de toutes autres conclusions (ch. 9).![endif]>![if>
Statuant préparatoirement, le Tribunal de protection a par ailleurs sollicité une évaluation sociale auprès du Service d’évaluation et d’accompagnement de la séparation parentale.
Dans les considérants de sa décision, le Tribunal de protection a notamment considéré qu’il se justifiait de prononcer des mesures provisionnelles, de manière à clarifier la situation et tenter de favoriser un apaisement progressif de celle-ci. Afin de tenir compte du besoin de stabilité des mineurs, les modalités actuelles de leur prise en charge devaient être avalisées à titre provisoire, en accordant au père un large droit de visite selon les modalités mises en place à la faveur de la récente intervention du Service de protection des mineurs. Afin de permettre à F_ de passer des moments privilégiés avec son père, il convenait de prévoir que dès la rentrée, l’enfant resterait avec lui jusqu’au jeudi matin retour à la crèche.
C.
a.
Le 1
er
juillet 2022, A_ a formé recours contre cette ordonnance, reçue le 22 juin 2022, concluant à l’annulation du chiffre 2 de son dispositif et cela fait, à ce que le droit de visite suivant lui soit accordé: un week-end sur deux, du vendredi à la sortie de la crèche jusqu’au dimanche en fin d’après-midi et, chaque semaine, du mardi à la sortie de la crèche jusqu’au mercredi en fin de journée, respectivement jusqu’au jeudi matin à la crèche, à l’heure fixée d’entente avec la crèche et les curatrices, s’agissant de F_, ce à compter de la prochaine rentrée, les frais et dépens devant être compensés. ![endif]>![if>
Le recourant a fait grief au Tribunal de protection d’avoir commis une erreur. Il avait en effet retenu, dans les considérants de sa décision, que le droit de garde actuel devait être avalisé, tout en réduisant en réalité le temps que les enfants passaient avec leur père. En effet, actuellement et d’entente entre les parties, il voyait ses deux fils toutes les semaines du mardi en fin de journée jusqu’au mercredi midi, alors que le Tribunal de protection avait limité son droit de visite, en semaine, à une semaine sur deux.
b.
Le Tribunal de protection a persisté dans les termes de l’ordonnance litigieuse.
c.
B_ a conclu au rejet du recours.
Selon elle, le recourant peinait déjà à assumer avec régularité le droit de visite en vigueur, en raison de ses absences professionnelles. Elle désirait par ailleurs également disposer d’un mercredi sur deux avec ses enfants, afin de participer avec eux à certaines activités extrascolaires.
d.
Dans ses observations du 9 août 2022, le Service de protection des mineurs a expliqué que dès le mois d’avril 2022, il avait été convenu avec les parties que les deux enfants seraient chez leur père tous les mardis en fin de journée jusqu’au mercredi en fin de journée, ainsi qu’un week-end sur deux, du vendredi en fin de journée jusqu’au dimanche en fin de journée. Rien ne s’opposait au maintien de l’organisation mise en place d’entente entre les parties, dans l’attente du rapport du Service d’évaluation et d’accompagnement de la séparation parentale. Pour le surplus, la mère ayant déménagé, les enfants n’avaient pas de place en crèche.
e.
Par avis du greffe de la Chambre de surveillance du 11 août 2022, les parties ont été informées de ce que la cause serait mise en délibération à l’échéance d’un délai de dix jours.

EN DROIT
1.
1.1
Les décisions de l'autorité de protection prises sur mesures provisionnelles peuvent faire l'objet d'un recours dans les dix jours à compter de leur notification (art. 445 al. 3 CC), auprès de la Chambre de surveillance de la Cour de justice (art. 53 al. 1 LaCC).![endif]>![if>