Decision ID: d554fd93-ebe8-5434-8c0d-88d8cc9d3f38
Year: 2005
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_003
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law

EN FAIT
A. E_ SA (ci-après E_), société inscrite au Registre du Commerce de Genève, avec siège à Lancy, a pour but le développement, la fabrication, le commerce, la distribution et le montage d’éléments de construction E_ ou d’éléments de construction de tout autre type.
Par contrat conclu oralement le 1
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juillet 1994, cette société a engagé T_, dès le 19 juillet 1994, en qualité de responsable de la division « Tableaux électriques ». Le 29 mai 2001, T_ a été nommé fondé de pouvoir de E_. T_ était en particulier chargé de la gestion opérationnelle et commerciale de la division susmentionnée ; en particulier, outre le travail administratif, il s’occupait des offres à la clientèle, de la conclusion de nouveaux contrats et de l’engagement des travailleurs intérimaires, du contrôle des heures effectuées par ces derniers, ainsi que du paiement de leur rémunération.
Son dernier salaire horaire brut s’est élevé à fr. 31.-.
B. Dans le cadre de son travail, T_ gérait une caisse contenant des espèces, alimentée essentiellement par des versements opérés par l’employeur. Cette caisse servait au paiement des salaires des intérimaires et à la couverture de divers menus frais.
Sur le sujet, A_ a déclaré aux premiers juges que, dans le cadre de chantiers menés par T_, il arrivait que ce dernier paie les intérimaires engagés pour certaines tâches, les montants ainsi avancés étant ensuite remboursés par E_.
Dans le cadre de la présente procédure, chacune des parties a produit un relevé de ladite caisse pour la période postérieure au 1
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janvier 2003, établi par ses soins (pièce 14 T_ et 11 E_).
Ces deux décomptes présentent, outre quelques différences de montants relativement mineures en relation avec le montant des salaires payés et le total des frais divers, deux différences majeures essentielles :
Ainsi, le relevé établi par E_ fait état d’un versement de sa part de 5'000 fr. en faveur de ladite caisse en août 2004, versement absent du relevé établi par T_, étant précisé que la réalité de ce versement est établie par pièces (pce 12 deuxième feuillet E_).
Par ailleurs, ledit relevé fait état de deux versements totalisant fr. 16'081.70 opérés en mains de T_ par l’administration fiscale cantonale, représentant un remboursement d’impôts, en date du 18 octobre 2004. Sur le sujet, T_ admet avoir encaissé ce montant, payé au moyen de deux chèques postaux, en espèces ; il affirme toutefois avoir versé fr. 2'000.- (seul montant dont son relevé tient compte) dans la caisse gérée par ses soins, et avoir adressé à B_, soit à la société B_ SA à Saint Gall, le solde, soit fr. 14'081.70, en espèces, dans une enveloppe adressée par pli LSI. A l’appui de son dire, il produit un récépissé postal relatif à un envoi LSI adressé à B_ SA en date du 29 octobre 2003. E_ conteste avoir reçu un pli recommandé contenant la somme indiquée et avoir encaissé cette dernière.
C. De 1994 à fin 2003, T_ a régulièrement et chaque année reçu des montants équivalents à un salaire mensuel par an, lesquels étaient versés en deux versements l’an, à raison d’une moitié chaque fois. Ces montants sont qualifiés, sur les fiches de paie y afférentes, de « gratification » ou de « 13ème salaire ». Leur versement n’est accompagné d’aucune réserve.
Le 30 septembre 2003, E_ a remis à T_ une fiche de paie, aux termes de laquelle il était dû à T_ fr. 6'277.50 à titre de « gratification + vacances » pour la période du 1
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avril au 30 septembre 2003.
Ce montant n’a toutefois pas été versé à T_.
Sur le sujet, E_ a expliqué avoir suspendu le versement en question, car elle reprochait à T_ des manquements en relation avec un chantier confié par sa cliente C_ SA. Cette dernière avait en effet réduit la facture de E_, en raison de défectuosités constatées sur certains tableaux électriques. Les sociétés fournissant les intérimaires ayant réclamé intégralement le paiement de leurs factures, il en était résulté pour E_ une perte de fr. 6'373.50. T_ avait été invité à « régler le problème » avec les sociétés intérimaires – ce qu’il n’avait pas fait – à défaut de quoi aucune gratification ne lui serait versée.
T_ conteste avoir une responsabilité quelconque dans ce qui précède.
D. Par courrier expédié le 30 octobre 2003, E_ a résilié le contrat de travail de T_, pour des motifs économiques, avec effet au 31 décembre 2003. T_ était invité, d’ici la fin de l’année, à terminer les dossiers en cours, sans conclure de nouvelles affaires (« es werden keine Arbeiten mehr offeriert »).
Dans un courrier adressé le 25 novembre 2003 à B_, administrateur délégué de E_, T_ a relevé l’aspect subit de son licenciement, donné sans avertissement ni discussion préalable ; rappelé qu’étant dans sa dixième année de service, son délai de congé était de trois mois ; enfin réclamé le paiement du montant impayé correspondant aux « vacances et gratification » pour la période du 1
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avril au 30 septembre 2003, selon feuille de paie du 30 septembre 2003, ainsi que l’établissement d’un certificat de travail temporaire.
Aucune suite n’ayant été donnée à ce courrier, T_ a relancé B_ par courrier du 23 décembre 2003. Reprenant les points de son précédent courrier, il a attiré l’attention de son correspondant sur le paiement futur de son salaire pour le mois de janvier 2004 et de la « gratification et vacances du 1.10.2003 au 31.01.2004 ». Il lui a de plus transmis le formulaire « Attestation de l’employeur » exigé par la caisse de chômage, afin qu’il le complète.
Le 29 décembre 2003, E_, annotant le courrier de T_ du 23 décembre 2003, a admis que les rapports de travail prenaient fin au 31 janvier 2004 et a annoncé la délivrance prochaine d’un certificat de travail.
E. Le 5 janvier 2004, E_ a donné à T_ des instructions concernant les modalités du dernier mois de travail ; ainsi, T_ devait, ce mois-là, travailler selon un horaire de 07h00/12h00 et 13h00/17h00, soit 9 heures par jour, comme son collègue A_. E_ a également réclamé le rapport des heures travaillées en décembre 2003, document qui lui a été transmis le jour-même par T_.
A_ a confirmé qu’en janvier 2004, T_ avait travaillé à plein temps. T_ n’avait toutefois pas les mêmes horaire de travail que lui : il venait en effet plus tôt le matin, travaillait de manière continue et quittait l’entreprise entre 14h et 15h. En février 2004, il était encore venu travailler deux semaines, sans toutefois être payé.
Le 30 janvier 2003, T_ a faxé à B_ un rapport indiquant qu’il avait travaillé 173h en janvier 2004. L’exemplaire de ce rapport déposé à la procédure est accompagné d’une feuille annexe indiquant combien d’heures ont été travaillées chaque jour. E_ soutient toutefois ne pas avoir reçu ce dernier document. S’agissant de l’activité effectuée, T_ a précisé qu’elle avait consisté en la liquidation des dossiers en cours et la mise au courant de son collègue A_. Conformément aux instructions reçues, il n’avait plus pris de nouvelles commandes, sous réserve de celles qui étaient de peu d’importance et qui pouvaient être réalisées avant la fin janvier 2004, ce qui expliquait le montant faible facturé ce mois-là.
F. Le 2 février 2004, T_ a relancé E_ afin d’obtenir le formulaire destiné à la caisse de chômage, son certificat de salaire 2003 pour la déclaration d’impôts, son certificat de travail ainsi que les coordonnées de la caisse APG de la société.
Le 12 février 2004, il a réitéré sa demande et réclamé le paiement de son salaire pour le mois de janvier 2004, du montant demeuré impayé pour les « vacances et gratification » du 1
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avril au 30 septembre 2003, de « l’indemnité de vacances et gratification » du 1
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octobre 2003 au 31 janvier 2004, ainsi que la délivrance d’un certificat de travail, du formulaire destiné à la caisse de chômage et les coordonnées de l’assurance perte de gain de la société ; il a également demandé que lui soit communiqué l’état de la caisse de l’entreprise à fin 2003. Il a en outre formellement contesté une déclaration de E_ selon laquelle il aurait détourné de l’argent de la société.
Par courrier du 23 février 2004, T_ a fait état d’un entretien téléphonique que sa compagne D_ avait eu le 21 février 2004 avec E_, lors duquel cette dernière s’était engagée à communiquer dans la semaine les coordonnées de son assurance perte de gain et à donner suite à la demande concernant la caisse de l’entreprise, dont le solde en sa faveur se montait à fr. 3'173.55. Il a par ailleurs réitéré sa demande concernant la délivrance d’un certificat de travail, du formulaire destiné à la caisse de chômage, et le paiement de son salaire du mois de janvier 2004.
Le 23 mars 2004, T_ a demandé une dernière fois à E_ que lui soient retournés le formulaire destiné à la caisse de chômage ainsi que les coordonnées de l’assurance perte de gain de la société.
G. Par demande parvenue au greffe de la Juridiction des prud’hommes le 23 mars 2004, T_ a assigné E_ en paiement de fr. 6'277.50, plus intérêts moratoires au taux de 5% l’an dès le 1
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octobre 2003, et de fr. 12'721.55, plus intérêts moratoires au taux de 5% l’an dès le 1
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février 2004. Lesdites sommes se décomposent comme suit :
- fr. 5'363.00 à titre de salaire pour le mois de janvier 2004;
- fr. 6'277.50 à titre de treizième salaire et d’indemnité pour vacances non prises en nature du 1
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avril 2003 au 30 septembre 2003;
- fr. 4'185.00 à titre de treizième salaire et d’indemnité pour vacances non prises en nature du 1
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octobre 2003 au 31 janvier 2004;
- fr. 3'173.55 à titre de remboursement des montants avancés pour le paiement des employés.
T_ a également réclamé la délivrance d’un certificat de travail, de l’attestation de l’employeur pour la caisse de chômage, de deux certificats de salaire, le premier pour l’année 2003 et le second pour l’année 2004, et la communication des coordonnées de l’assurance perte de gain de la société.
Non conciliée le 23 avril 2004, la cause a été portée devant le Tribunal des Prud’hommes, groupe 4.
H. A l’audience du 29 juin 2004, E_ a comparu par A_ ; celui-ci a déclaré que E_ lui avait demandé de la représenter, mais qu’il n’était pas en mesure de renseigner utilement le Tribunal et qu’il accomplissait son dernier jour de travail pour la défenderesse. Au vu des ces déclarations, la cause n’étant pas en état d’être jugée, une ordonnance préparatoire a été rendue le 20 octobre 2004, invitant E_ à comparaître lors d’une nouvelle audience par une personne disposant d’informations suffisantes sur le présent litige.
A l’audience du 23 novembre 2004, E_ n’était ni présente, ni représentée. A_, qui ne travaillait plus pour la société, a été entendu comme témoin. T_ a alors persisté dans ses conclusions, renonçant à l’audition des témoins F_ et D_.
A l’issue de cette audience, la cause a été gardée à juger.
I. Par jugement du 12 avril 2005, communiqué aux parties par plis du greffe du 15 avril 2005, le Tribunal des Prud’hommes, groupe 4, faisant droit aux conclusions de T_ et déclarant statuer contradictoirement, a condamné E_ à payer à T_ fr. 12'721,55 brut avec int. moratoires à 5% l’an dès le 1
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février 2004 et fr. 6'277.50 brut avec int. moratoires à 5% l’an dès le 1
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octobre 2003 ; il a également condamné E_ à remettre à T_ un certificat de travail conforme à l’art. 330a al. 1 CO, un certificat de salaire pour les années 2003 et 2004, une attestation complète destinée à l’assurance chômage et les coordonnées de l’assurance perte de gain de la société.
En substance, le Tribunal a retenu que T_ avait travaillé 173 heures en janvier 2004 et qu’il pouvait ainsi prétendre à une rémunération, au taux horaire de fr. 31.- brut, de fr. 5'363.- brut à ce titre. Au vu des pièces produites, en particulier de la fiche de paie établie à ce titre pour la période du 1
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avril 2003 au 30 septembre 2003, T_ pouvait également prétendre au versement de fr. 6'277.50 pour cette période, et de fr. 4'185.- au prorata temporis pour la période subséquente du 1
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octobre 2003 au 31 janvier 2004. Enfin, il était d’usage que T_ avance les salaires payés aux intérimaires, pour se faire ensuite rembourser par E_ ; le montant de fr. 3'173.55 réclamé à ce titre résultant des pièces produites et n’ayant pas été contesté, T_ pouvait prétendre à son paiement.
J. E_ appelle de ce jugement par acte du 18 mai 2005.
Elle fait préalablement valoir que le jugement attaqué aurait dû être rendu par défaut, dans la mesure où elle n’a pas valablement comparu durant la procédure de première instance ; ainsi, elle conclut principalement au renvoi de la cause aux premiers juges pour que son appel soit traité comme une opposition ; subsidiairement, elle sollicite que la Cour d’appel, après avoir ordonné la réouverture des enquêtes et invité T_ à produire un décompte détaillé des heures effectuées en janvier 2004, annule le jugement entrepris en tant qu’il donne droit aux conclusions financières de T_ et rejette ces dernières.
A l’appui de sa position sur le fond, elle fait valoir que le droit au salaire de T_ pour janvier 2004 n’est pas contesté dans son principe, mais uniquement dans sa quotité, le nombre d’heures travaillées allégué n’étant pas établi par des rapports d’heures journaliers et étant disproportionné par rapport au montant facturé aux clients (fr. 191.25 seulement). Aucun treizième salaire n’était dû pour la période postérieure au 1
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avril 2003, les montants versés précédemment à T_ n’étant constitutifs que d’une gratification aléatoire ; en revanche, T_ pouvait, pour cette période, prétendre à une indemnité pour vacances non prises, dont la quotité devrait être déterminée. Enfin, le décompte de caisse produit par ses soins montrait un solde en sa faveur de fr. 14'474.35, montant qu’elle entendait réclamer à titre reconventionnel si la cause était renvoyée au Tribunal.
T_ conclut à la confirmation du jugement déféré.
A ses yeux, E_ a valablement été représentée en première instance et la demande reconventionnelle est irrecevable pour ne pas avoir été soumise aux premiers juges. Sur le fond, les premiers juges ont correctement apprécié les faits et appliqué le droit.

EN DROIT
1. L’appelante sollicite à titre principal que son appel soit traité comme une opposition, question qui doit être résolue en premier lieu.
Aux termes de l’art. 13 al. 2 et 3 de la loi genevoise sur la juridiction des Prud’hommes (LJP), une société peut être représentée par un membre de son personnel, lequel doit être muni des pouvoirs nécessaires pour transiger.
En l’espèce, à la première audience tenue devant les premiers juges, le 29 juin 2004, E_ était représentée par son employé A_, dont c’était le dernier jour de travail. Celui-ci a indiqué que son employeur l’avait prié de venir le représenter à l’audience, mais a déclaré ne pas être en mesure de renseigner utilement les premiers juges. Ces derniers ont alors ordonné la convocation d’une seconde audience, invitant E_ a y être représentée par une personne « disposant d’informations suffisantes ». Il n’en demeure pas moins qu’à l’audience précitée, A_ – qui a confirmé avoir été requis par son employeur pour le représenter à l’audience et n’a pas indiqué ne pas avoir pouvoir de transiger – a valablement représenté E_ à teneur de l’art. 13 LJP.
Etant valablement représentée lors de la première audience, E_ n’était pas défaillante, même si elle ne s’est pas présentée à l’audience fixée ultérieurement ; il est en effet constant en procédure civile qu’une partie qui a valablement comparu ne peut plus faire défaut.
Le jugement attaqué a dès lors bien été rendu contradictoirement.
Il n’est partant pas susceptible d’opposition, mais uniquement d’appel, ce qui conduit au rejet des conclusions principales de l’appelante, tendant au renvoi de la cause aux premiers juges.
2. L’appel a pour le surplus été interjeté dans le délai et suivant la forme prescrite. Il est dès lors recevable.
Sont toutefois irrecevables, pour ne pas avoir été soumises aux premiers juges, les conclusions reconventionnelles formées par l’appelante dans le corps de son écriture, mais non reprises dans les conclusions formelles de l’appel. L’appelante n’est pas davantage recevable à faire valoir, pour la première fois en appel, des créances compensatoires pour des causes antérieures à la clôture des débats devant les premiers juges.
Pour le surplus, la cognition de la Cour est complète.
3. L’appelante réclame devant la Cour la réouverture des enquêtes et la production, par T_, d’un décompte d’heures journalier pour janvier 2005.
N’ayant pas indiqué dans l’acte d’appel le nom des éventuels témoins à entendre, conformément à l’art. 59 al. 3 in fine LJP, elle ne peut pas réclamer d’autres enquêtes par témoins que celles requises par l’intimé dans son écriture de réponse, accompagnée de la liste des témoins en appel conformément à la prescription de l’art. 59 al. 3 LJP appliquée par renvoi de l’art. 61 al. 2 LJP.
T_ ayant pour le surplus déposé à la procédure en première instance déjà un décompte journalier des heures travaillées en janvier 2004, et ayant indiqué à la Cour la nature des activités effectuées durant ce mois-là, cette conclusion préalable devient sans objet.
4. L’appelante ne conteste pas le jugement attaqué, en tant qu’il la condamne à remettre à T_ un certificat de travail et divers autres documents, ce qui dispense la Cour de revoir cette question.
5. Les premiers juges ont condamné E_ à verser à T_ le salaire de janvier 2004, soit fr. 5'363.- brut correspondant à 173 heures de travail, au taux horaire de fr. 31.- brut.
L’appelante ne conteste pas que les relations de travail n’ont pris fin que le 31 janvier 2004 ; elle ne conteste pas davantage devoir à T_ fr. 31.- brut pour chaque heure travaillée en janvier 2004.
Aux termes du rapport d’heures établi à fin janvier 2004, T_ a indiqué avoir travaillé 173 heures ce mois-là
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Il est prouvé par pièces que, le 5 janvier 2004, l’appelante a expressément invité T_ à travailler 9 heures chaque jour ouvrable, à l’instar de son collègue A_, et ce dernier a confirmé que T_ avait, durant le mois de janvier 2004, bien travaillé à plein temps.
Ces éléments permettent à la Cour de retenir que T_ a bien effectué pour E_ les 173 heures indiquées dans son rapport d’heures mensuel.
L’appelante fait valoir que pour cette période, T_ a facturé moins de 200 fr., soit un chiffre nettement inférieur à celui des mois précédents. Elle oublie toutefois que, par courrier du 30 octobre 2003, elle a expressément donné pour instructions à T_ de ne pas « donner de nouveaux travaux » et T_ a confirmé qu’en janvier 2004, il s’était dès lors borné à liquider les chantiers en cours, ce qui explique de manière hautement vraisemblable le faible montant facturé ce mois-là.
En définitive, la Cour admet, à l’instar du Tribunal, que T_ a effectué en janvier 2004 le nombre d’heures indiqué, soit 173. Au tarif de fr. 31.- brut de l’heure, il est dès lors bien dû à ce dernier fr. 5'363.- brut comme retenu par les premiers juges.
6. L’appelante conteste à T_ le droit de recevoir une somme à titre de treizième salaire pour la période du 1
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avril 2003 au 31 janvier 2004 ; selon elle, les sommes reçues précédemment par l’intimé représentaient non un élément du salaire, mais une gratification aléatoire, T_ ne pouvant y prétendre pour la période considérée, dans la mesure où il n’a pas résolu à sa satisfaction le problème lié au client C_ SA. En revanche, elle admet que l’intimé a droit à une indemnité vacances pour la période concernée.
Les premiers juges ont retenu que T_ avait droit à fr. 6'277.50 à titre de treizième salaire et d’indemnités pour vacances non prises en nature pour la période du 1
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avril au 30 septembre 2003, et à fr. 4'185.- au même titre pour la période du 1
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octobre 2003 au 31 janvier 2004.
Le jugement entrepris rappelle correctement les principes applicables, lorsqu’il s’agit de déterminer si des montants versés régulièrement à un travailleur l’ont été à titre de gratification aléatoire ou de salaire. Point n’est dès lors besoin de les rappeler ici.
En l’espèce, l’appelant a régulièrement reçu, depuis 1994 et ceci deux fois l’an, divers montants, correspondant, à teneur des fiches de paie produites, à un treizième salaire, respectivement à une gratification, accompagnée ou non d’une indemnité vacances. La régularité de ces versements, opérés durant presque 10 ans deux fois l’an sans réserve, permet de retenir qu’il s’agissait bien d’une part du salaire, à laquelle T_ pouvait prétendre, et non d’une gratification aléatoire, dépendant du seul bon vouloir de l’employeur, étant encore précisé que deux autres employés de E_ ont confirmé avoir reçu des montants similaires, pour des engagements de relative courte durée, au prorata temporis.
Plus particulièrement, E_ a bien établi, pour la période du 1
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avril au 30 septembre 2003, une fiche de paie dont il résulte qu’il est dû à T_ la somme de fr. 6'277.50 (correspondant à 202,50 heures de travail), à titre de gratification et d’indemnité vacances, reconnaissant ainsi qu’il avait droit à cette somme. E_ SA ne pouvait ainsi en retenir le versement, quoi qu’il en soit de la responsabilité de T_ dans le « problème » rencontré avec C_ SA, laquelle responsabilité n’est au demeurant pas avérée à ce stade de la procédure.
Il en résulte que les premiers juges ont avec raison condamné E_ au versement de ce montant.
Par identité de motif, la somme de fr. 4'185.-, calculée au prorata temporis pour la période du 1
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octobre 2003 au 31 janvier 2004, sur la base du montant alloué ci-dessus, est due à T_.
Enfin, la Cour relève que les montants ci-dessus représentent non seulement une part de salaire à laquelle T_ peut prétendre, mais également une indemnité-vacances dont le principe du paiement n’est pas contesté.
7. Les premiers juges ont enfin donné droit aux conclusions de T_, tendant au versement de fr. 3'175.55 représentant, selon son dire, le solde en sa faveur du compte de caisse.
Sur le sujet, la Cour constate que T_ ne rapporte pas la preuve de sa prétention. En particulier, son décompte ne tient pas compte du versement en ses mains d’un montant de fr. 5'000.-, opéré par E_ en août 2003, et dont le versement est attesté par la production du chèque postal correspondant. La prise en compte de ce montant au crédit du compte de caisse réduit à néant la créance qu’il fait valoir dans la présente procédure, sans qu’il soit nécessaire de se prononcer sur la réalité du versement de fr. 14'081.70 qu’il dit avoir adressé à E_ le 26 octobre 2003, en espèces et au moyen d’un pli recommandé.
8. Il résulte de ce qui précède que le jugement entrepris est partiellement réformé.
L’indemnité de témoins allouée au stade de l’appel (fr. 200.-) sera mise à la charge de l’appelante, qui succombe (art. 78 al. 1 in LJP).
Pour le surplus, la procédure reste gratuite, compte tenu de la valeur litigieuse.
Il ne sera pas alloué de dépens, aucune des parties n’ayant plaidé de manière téméraire.