Decision ID: 954bc76c-fed7-59e7-b562-3deb1855862b
Year: 2021
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_004
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law

EN FAIT
, le contrat de bail conclu par les parties, portant sur la location d'un appartement de 2 pièces au 4
ème
étage de l'immeuble sis 1_, à Genève;
Attendu que le loyer, charges comprises, a été fixé en dernier lieu à 1'174 fr. par mois;
Qu'à la suite d'une vaine mise en demeure de régler l'arriéré de loyer, la bailleresse a, par avis du 7 mars 2018, résilié le contrat de bail pour le 30 avril 2018;
Que les locaux n'ont pas été restitués par le locataire;
Que, par requête déposée le 25 juin 2018 au Tribunal des baux et loyers, la bailleresse a requis l'évacuation du locataire, assortie de mesures d'exécution directes du jugement d'évacuation, par la procédure de protection de cas clair; qu'elle a également conclu à la condamnation du locataire à lui verser la somme de 3'655 fr., avec intérêts à 5% dès le
1
er
mai 2018;
Qu'à l'audience du 9 août 2018 devant le Tribunal, un délai d'épreuve d'une année a été accordée au locataire; qu'un second délai d'épreuve d'un an a été octroyé au locataire à l'audience du Tribunal du 3 septembre 2019 compte tenu de l'irrégularité du paiement des indemnités pour occupation illicite;
Qu'à l'audience du 24 novembre 2020, le locataire avait accumulé un retard de paiement de 7'469 fr. 90; que la bailleresse a consenti un nouveau délai d'épreuve de six mois;
Qu'à l'audience du 1
er
juin 2021, l'arriéré d'indemnité s'élevait à 5'870 fr.; que la bailleresse a persisté dans ses conclusions, aucun versement n'étant intervenu depuis janvier 2021;
Que le locataire a conclu à l'octroi d'un sursis humanitaire de six mois en raison de ses difficultés professionnelles et psychologiques, le mettant dans l'incapacité de gérer ses affaires administratives;
Que la cause a été gardée à juger à l'issue de l'audience;
Que, par jugement
JTBL/513/2021
rendu le 1er juin 2021, reçu par le locataire le 11 juin 2021, le Tribunal l'a condamné à évacuer de sa personne et de ses biens et de toute autre personne faisant ménage commun avec lui l'appartement en cause (ch. 1 du dispositif), a autorisé la bailleresse à requérir l'évacuation par la force publique du locataire dès l'entrée en force du jugement (ch. 2), a condamné le locataire à verser à la bailleresse 5'870 fr., avec intérêts à 5% dès le 1
er
avril 2021 (ch. 3), a autorisé la bailleresse à prélever cette somme sur la garantie de loyer (ch. 4), a débouté les parties de toutes autres conclusions (ch. 5) et a dit que la procédure était gratuite (ch. 6);
Vu le recours déposé le 21 juin 2021 au greffe universel par A_ contre le chiffre 2 du dispositif de ce jugement;
Qu'il a conclu à ce qu'il soit sursis à l'exécution de l'évacuation durant six mois;
Que A_ a préalablement requis la suspension du caractère exécutoire des mesures d'exécution ordonnées par le Tribunal des baux et loyers;
Qu'invitée à se déterminer, la bailleresse s'est, par écritures du 24 juin 2021, rapportée à justice s'agissant de l'effet suspensif, et a conclu au rejet du recours;
Considérant,

EN DROIT
, que seule la voie du recours est ouverte contre les mesures d'exécution (art. 309 let. a et 319 let. a CPC);
Que le recours ne suspend pas la force de chose jugée, l'instance d'appel pouvant suspendre le caractère exécutoire (art. 325 al. 1 et 2 CPC);
Que l'instance de recours est habilitée à décider d'office ou sur requête de suspendre le caractère exécutoire (cf. Jeandin, in Commentaire Romand, Code de procédure civile 2
ème
éd., n. 6 ad art. 325 CPC);
Qu'en la matière, l'instance d'appel dispose d'un large pouvoir d'appréciation
(ATF
137 III 475
consid. 4.1; arrêts du Tribunal fédéral
5A_403/2015
du 28 août 2015 consid. 5;
5A_419/2014
du 9 octobre 2014 consid. 7.1.2);
Que, selon les principes généraux, l'autorité procède à une pesée des intérêts en présence et doit se demander, en particulier, si la décision est de nature à provoquer une situation irréversible; qu'elle prend également en considération les chances de succès du recours (arrêts du Tribunal fédéral
4A_337/2014
du 14 juillet 2014 consid. 3.1;
4D_30/2010
du 25 mars 2010 consid. 2.3);
Considérant que seules les mesures d'exécution ont été remises en cause par le recourant, de sorte que seule la voie du recours est ouverte;
Qu'il ne se justifie pas de suspendre le caractère exécutoire du chiffre 2 du dispositif du jugement entrepris;
Qu'en effet, le recours paraît,
prima facie
et sans préjudice de l'examen au fond, dénué de chance de succès; que le recourant a bénéficié, de fait, de plus de trois ans d'occupation de l'appartement en cause;
Qu'il n'a pas démontré avoir entrepris, depuis fin avril 2018, de recherches de solutions de relogement;
Que le recourant reste de plus devoir près de 6'000 fr. à l'intimée;
Qu'en conséquence, la requête du recourant sera rejetée.
* * * * *