Decision ID: 199eb9d1-7994-5ca7-9ecd-18f8bca1b867
Year: 2020
Language: fr
Court: FR_TC
Chamber: FR_TC_001
Canton: FR
Region: Espace_Mittelland
Law Area: civil_law

considérant en fait
A. Le 17 juillet 2001, A._, propriétaire de l’immeuble art. 523 du Registre foncier de la Commune de C._ (secteur D._) [ci-après: art. 523], a conclu un contrat de servitudes avec les époux E._ et F._, propriétaires à ce moment-là de l’immeuble voisin art. 328 du même Registre foncier [ci-après: art. 328], instituant une servitude de « passage à pied et pour tout véhicule, selon plan spécial », en faveur et à charge des deux parcelles « en vue d’améliorer l’accès, à la route cantonale [...] [de] la villa à construire, sur l’art. 523 [...] ».
Dans le cadre de l’agrandissement du bâtiment existant sur l’art. 328, un mur a été construit, en automne 2016, en limite de propriété entre les deux articles susmentionnés.
La société B._ SA a acquis l’art. 328 en date du 21 juin 2017.
B. Le 13 septembre 2017, A._ a déposé une requête de conciliation auprès de la Présidente du Tribunal civil de l’arrondissement de la Sarine (ci-après: la Présidente) à l’encontre de B._ SA et, après la délivrance de l’autorisation de procéder, la demande au fond, le 25 juin 2018. Il a pris les conclusions suivantes:
I. La demande de A._ est admise.
II. Principalement:
La société B._ SA est condamnée à détruire, à ses frais, l’intégralité de la partie du mur érigé[e] sur l’assiette de la servitude de passage grevant l’immeuble art. 328 du Registre foncier de la Commune de D._ en faveur de l’immeuble art. 523 du Registre foncier de la Commune de D._, ainsi qu’à entreprendre toute démarche à ses frais afin de permettre à A._ de jouir de ladite servitude d’une manière identique à ce qui était possible avant la construction du mur précité.
Subsidiairement:
La société B._ SA est condamnée à détruire, à ses frais, la partie du mur érigé[e] sur l’assiette de la servitude de passage grevant l’immeuble art. 328 du Registre foncier de la Commune de D._ en faveur de l’immeuble art. 523 du Registre foncier de la Commune de D._ s’étendant de l’ancien muret incurvé qui traversait d’Est en Ouest l’assiette de ladite servitude à l’extrémité Nord de ce mur, ainsi qu’à entreprendre toute démarche à ses frais afin de permettre à A._ de jouir, sur la partie concernée, de ladite servitude d’une manière identique à ce qui était possible avant la construction du mur précité.
La société B._ SA est condamnée à verser à A._ une indemnité, d’un montant qui sera chiffré ultérieurement au vu des conclusions d’une expertise judiciaire mais qui devrait s’élever à CHF 20'000.- au minimum, en raison de l’impossibilité faite à celui-ci de jouir de la servitude de passage grevant l’immeuble art. 328 du Registre foncier de la Commune de D._ sur toute la partie située au Sud de l’ancien muret incurvé suite à la construction d’un mur sur l’assiette de ladite servitude.
Plus subsidiairement:
La société B._ SA est condamnée à verser à A._ une indemnité, d’un montant qui sera chiffré ultérieurement au vu des conclusions d’une expertise judiciaire mais qui devrait s’élever à CHF 20'000.- au minimum, en raison de l’impossibilité faite à celui-ci de jouir de la servitude de passage grevant l’immeuble art. 328 du Registre foncier de la Commune de D._ en faveur de
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l’immeuble art. 523 du Registre foncier de la Commune de D._ suite à la construction d’un mur sur l’assiette de la servitude.
III. Les frais (art. 95 al. 1 CPC) sont mis à la charge de la société B._ SA.
Dans sa réponse du 21 septembre 2018, la société défenderesse a conclu au rejet de la demande.
Lors de l’audience du 11 mars 2019, A._ et, au nom de la société B._ SA, G._ ont été entendus et les témoins E._, H._, I._, J._ et K._ interrogés.
Par ordonnance de preuves du 13 mars 2019, la Présidente a rejeté les réquisitions de preuves de A._ tendant à l’établissement d’une expertise et, subsidiairement, au procédé d’une inspection des lieux.
Par décision du 22 juillet 2019, la Présidente a rejeté la demande introduite par A._ et mis les frais à la charge de ce dernier.
C. Par mémoire du 13 septembre 2019, A._ a interjeté appel contre cette décision.
Préalablement, il conclut à l’admission de son appel, à l’annulation de l’ordonnance de preuves rendue le 13 mars 2019 et à la mise en œuvre d’une expertise judiciaire portant sur tous les faits à l’appui desquels il l’a requise en première instance, soit en particulier sur l’établissement d’une comparaison entre la situation antérieure à la construction du mur et la situation actuelle concernant notamment les possibilités de croisement, la visibilité et les risques d’accidents, sur la détermination précise de l’assiette de la servitude ainsi que sur le montant de sa prétention financière, respectivement sur les éléments factuels permettant de chiffrer dite prétention. Subsidiairement, il requiert la mise en œuvre d’une inspection des lieux.
Au fond, il conclut à l’admission de son appel et, principalement, à ce que les chiffres I à IV du dispositif de la décision du 22 juillet 2019 soient modifiés pour prendre la teneur suivante:
I. La demande déposée par A._ le 25 juin 2018 à l’encontre de la société B._ SA est admise.
Partant, la société B._ SA est condamnée à détruire, à ses frais, l’intégralité de la partie du mur érigé[e] sur l’assiette de la servitude de passage grevant l’immeuble art. 328 du Registre foncier de la Commune de D._ en faveur de l’immeuble art. 523 du Registre foncier de la Commune de D._, ainsi qu’à entreprendre toute démarche à ses frais afin de permettre à A._ de jouir de ladite servitude d’une manière identique à ce qui était possible avant la construction du mur précité.
II. Les frais (frais judiciaires et dépens) sont mis à la charge de la société B._ SA.
III. Les frais judiciaires dus à l’Etat sont fixés à CHF 2'500.- (frais de conciliation par CHF 500.- compris).
Les avances prestées par A._ lui sont restituées.
IV. Les dépens alloués à A._ s’élèvent à CHF 11'316.95, TVA par CHF 351.30 et débours compris.
Subsidiairement et plus subsidiairement, A._ reprend les conclusions formulées en première instance, également sous suite de frais.
Enfin, il prend des conclusions encore plus subsidiaires tendant au renvoi de la cause à l’instance précédente pour complément d’instruction.
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Dans sa réponse du 7 novembre 2019, B._ SA conclut, sous suite de frais, au rejet de l’appel et à la confirmation de la décision attaquée.
Le 22 novembre 2019, A._ a déposé une détermination spontanée, sur laquelle B._ SA s’est prononcée par mémoire du 5 décembre 2019.
A._ a encore apporté des précisions par courrier du 9 décembre 2019 et B._ SA s’est déterminée le 12 décembre 2019.

en droit
1.
1.1. L’appel est recevable contre les décisions finales et les décisions incidentes de première instance ainsi que contre les décisions de première instance sur les mesures provisionnelles. Dans les affaires patrimoniales, l’appel est recevable si la valeur litigieuse au dernier état des conclusions est de CHF 10'000.- au moins (art. 308 al. 1 et 2 CPC).
La valeur litigieuse du cas d’espèce est de CHF 20'000.-. L’appel contre la décision attaquée est ainsi recevable.
Par ailleurs, la valeur litigieuse déterminante pour recourir au Tribunal fédéral est la même, de sorte que seule la voie du recours constitutionnel subsidiaire est ouverte contre le présent arrêt (art. 74 al. 1 let. b LTF).