Decision ID: ea18c3d7-a86d-435f-8c1b-71bfefbcb858
Year: 2015
Language: fr
Court: VS_TC
Chamber: VS_TC_001
Canton: VS
Region: Région lémanique
Law Area: 

II. Statuant en faits
2.
2.1 Par contrat signé le 25 juillet 2011, Y_ a été engagé par X_ SA
(ci-après X_) en qualité de vendeur à temps complet (43 heures par
semaine) pour un salaire mensuel brut de 2500 fr., payable "à la fin de chaque mois,
au plus tard le 28 ème
jour du mois pour lequel le salaire est dû" (cf. art. 3.1, 5.1 et 5.2.
du contrat, p. 7 s. du dossier). Les charges sociales représentaient au total 10,01% du
salaire (AVS/AI/APG : 5,15% ; contribution ALFA : 0,30% ; cotisation AC : 1,10% ;
cotisation AANP : 1,71% ; cotisation AAC : 0,85% ; cotisation assurance IJM : 0,90%) ;
- 11 -
étaient encore déduits du salaire 32 fr.90 à titre de cotisation LPP et 45 fr.75 pour
l’impôt à la source, de sorte que le revenu mensuel net était de (montant arrondi)
2171 fr. (cf. requête, rubrique "4. conditions de travail").
La relation contractuelle, soumise au droit suisse (cf. art. 319 ss CO) et prévue pour
une durée indéterminée, a débuté le 25 juillet 2011 ; la résiliation pouvait intervenir par
écrit pour la fin d’un mois moyennant un préavis d’un mois pendant la première année
de service, de deux mois de la 2 ème
à la 9 ème
année de service, et de trois mois par la
suite (art. 2.1 à 2.5 et 13.2 du contrat). Le travailleur avait droit à 20 jours de vacances
par année, et devait "s’efforc[er] de prendre l’entier de [celles-ci] chaque année et au
plus tard jusqu’au 31 mars de l’année suivante" (art. 9.1 et 9.3 du contrat, p. 9 du
dossier). Lors de son interrogatoire, Y_ a réfuté avoir pris des vacances
payées par son employeur depuis 2011 (cf. Y_, R7).
Le jugement de première instance retient par ailleurs (p. 2) que le contrat de travail
signé par les parties évoque une commission (cf. art. 5.3) dont le montant n’est
cependant ni déterminé ni déterminable, point nullement contesté, le travailleur n’ayant
du reste formulé aucune prétention en première instance sur la base de cette
rémunération complémentaire (cf. Y_, R9).
2.2 Par lettre du 27 mai 2013, X_ a licencié Y_ "pour des raisons
économiques". Le prénommé a été payé jusqu’au 28 mai 2013 par son employeur, qui
ne lui a plus fourni de travail au-delà de cette date (cf. Y_, R2 ss).
2.3 Par courrier expédié le 25 juillet 2013 à X_, Y_ a sollicité le
versement du salaire jusqu’à l’échéance du délai de congé de deux mois, soit jusqu’au
31 juillet 2013. L’employeur n’a pas donné suite à la requête de son ancien travailleur.
Au mois de juillet 2013, ce dernier a œuvré comme employé intérimaire pour la société
D_ SA et a perçu un salaire brut de 221 fr.80 pour 8 heures d’activité
(cf. jugement de première instance, p. 2).
2.4 En tant que de besoin, d’autres faits nécessaires à la résolution de la cause –
singulièrement ceux relatifs à la situation financière de Y_ lors du dépôt de
sa requête d’assistance judiciaire pour la procédure d’appel (cf. infra, consid. 7) –
seront repris dans la suite du présent jugement.
- 12 -

III. Considérant en droit
3. Dans un premier moyen, l’appelante et défenderesse conteste le caractère abusif
du congé signifié avec effet immédiat le 27 mai 2013 à l’appelé et demandeur.
3.1
3.1.1 Selon l'art. 337 al. 1, 1 ère
phrase, CO, l'employeur et le travailleur peuvent résilier
immédiatement le contrat en tout temps pour de justes motifs. Sont notamment
considérées comme de justes motifs toutes les circonstances qui, selon les règles de
la bonne foi, ne permettent pas d'exiger de celui qui a donné le congé la continuation
des rapports de travail (art. 337 al. 2 CO). En règle générale, seule une violation
particulièrement grave des obligations contractuelles peut justifier une telle résiliation ;
si le manquement est moins grave, il ne peut entraîner une résiliation immédiate que
s'il a été répété malgré un avertissement (ATF 130 III 213 consid. 3.1).
D’après la jurisprudence, la résiliation immédiate pour justes motifs, qui constitue une
mesure exceptionnelle, doit être admise de manière restrictive (ATF 130 III 28 consid.
4.1). Elle n'est pas destinée à sanctionner un comportement isolé et à procurer à
l'employeur une satisfaction (ATF 129 III 380 consid. 3.1 ; arrêt 4A_507/2010 du
2 décembre 2010 consid. 3.2). La gravité de l'infraction ne saurait ainsi entraîner à elle
seule l'application de l'art. 337 al. 1 CO. Ce qui est déterminant, c'est que les faits
invoqués à l'appui d'une résiliation immédiate aient entraîné la perte du rapport de
confiance qui constitue le fondement du contrat de travail (ATF 130 III 213 consid. 3.1 ;
127 III 153 consid. 1c ; arrêts 4A_60/2014 du 22 juillet 2014 consid. 3.1, in SJ 2014 I
p. 481 ss ; 4A_507/2010 précité consid. 3.2).
C'est à l'employeur qui entend se prévaloir de justes motifs de licenciement immédiat
de démontrer l’existence des justes motifs (arrêts 4C.298/2005 du 3 janvier 2006
consid. 3.1 in fine ; 4C.174/2003 du 27 octobre 2003 consid. 3.2.3 ; Brunner/Bühler/
Waeber/Bruchez, Commentaire du contrat de travail, 3 e éd. 2004, n. 13 ad
art. 337 CO), de même que le respect des autres conditions matérielles et formelles
requises pour cette mesure (cf. éventuels avertissements préalables, immédiateté du
renvoi, respect des formes convenues) (Gloor, in Dunand/Mahon [éd.], Commentaire
du contrat de travail, Berne 2013, n. 71 ad art. 337 CO ; cf. ég. arrêts 4A_37/2010 du
13 avril 2010 consid. 4.2, résumé in JdT 2011 II p. 218 ; 4C.12/2004 du 8 avril 2004
consid. 2.1, in JAR 2005, p. 170).
- 13 -
3.1.2 Le juge apprécie librement s'il existe de justes motifs (art. 337 al. 3 in initio CO)
et il applique les règles du droit et de l'équité (art. 4 CC) ; à cet effet, il prendra en
considération tous les éléments du cas particulier, notamment la position et la
responsabilité du travailleur, le type et la durée des rapports contractuels, ainsi que la
nature et l'importance des incidents invoqués (ATF 137 III 303 consid. 2.1.1). Un
pouvoir d'appréciation large étant laissé au juge, il serait erroné d'établir une
casuistique en se focalisant sur un seul élément du comportement de l'employé
congédié sorti de son contexte. La comparaison entre le cas objet de l'examen et
d'autres décisions judiciaires doit être effectuée avec circonspection (arrêts
4A_60/2014 précité consid. 3.2, in SJ 2014 I p. 481 ss ; 4C.247/2006 du 27 octobre
2006 consid. 2.6).
De manière générale, l’ivresse au travail ne constitue pas un motif de licenciement
avec effet immédiat, sans avertissement préalable (cf. arrêt 4A_115/2010 du 14 mai
2010 consid. 2.3 [chauffeur sur le tarmac de l’aéroport de Genève circulant avec un
taux d’alcoolémie ne dépassant pas 0,5 g ‰]), à tout le moins lorsque la qualité du
travail n’est en soi pas affectée (cf. arrêt 4C.112/2002 du 8 octobre 2002 consid. 5
[consommation de stupéfiants], in JAR 2003, p. 329 ; Gloor, op. cit., n. 31 ad
art. 337 CO). Des auteurs de doctrine sont en revanche d’avis qu’en présence d’un fort
taux d’alcoolémie, lorsque par exemple la sécurité des personnes transportées ou
d’autres usagers a été gravement mise en danger par un travailleur actif comme
chauffeur ou pilote, un licenciement avec effet immédiat peut être admis au regard de
l’ensemble des circonstances (Wyler/Heinzer, Droit du travail, 3 e éd. 2014, p. 576).
Peuvent également servir de juste motif de résiliation immédiate une altercation brutale
– au cours de laquelle un travailleur moleste un de ses collègues, même si les faits
surviennent en dehors des heures de travail (cf. arrêt 4C.346/2002 du 14 janvier 2003)
–, ou une infraction pénale commise au préjudice de l’employeur, telle que le vol ou
l’abus de confiance (cf. arrêt 4C.51/2006 du 27 juin 2006 consid. 2.1.1 ; pour ces
divers exemples, cf. Carruzzo, Le contrat individuel de travail, Genève/Zurich/Bâle
2009, n. 4 ad art. 337 CO ; cf. ég. Staehelin, Zürcher Kommentar, n. 22 ad
art. 337 CO ; Rehbinder, Berner Kommentar, n. 9 ad art. 337 CO). Toutefois, lorsque le
congé immédiat est donné sur la base de soupçons de la commission d'une infraction
pénale, le licenciement sera en général considéré comme injustifié si l'enquête pénale
n'aboutit pas à une condamnation (cf. arrêt 4C.103/1999 du 9 août 1999 consid. 3, in
JAR 2001, p. 304) ; c'est alors la situation réelle qui prévaut, quand bien même elle
n'est établie que postérieurement à la résiliation des rapports de travail (arrêt
- 14 -
4C.413/2004 du 10 mars 2005 consid. 2.2 in fine ; cf. ég. Caruzzo, op. cit., n. 4 ad
art. 337 CO et note de pied 60 ; Gloor, op. cit., n. 40 et 56 ad art. 337 CO).
Des circonstances extraordinaires, impossibles à prévoir lors de la conclusion d’un
contrat de durée indéterminée, peuvent également constituer un juste motif de
résiliation immédiate. Par exemple, en raison d’une brusque et grave détérioration de
la conjoncture économique, allant au-delà de simples variations conjoncturelles et
l’exposant à la ruine (et non à de simples pertes), l’employeur pourrait être contraint de
devoir réduire drastiquement sa masse salariale. Le juge doit alors apprécier le motif
invoqué et tenir compte de la durée restante du contrat. Lorsque la durée du contrat
qui reste à courir est courte, il n’est généralement pas exorbitant d’exiger de
l’employeur qu’il respecte ses engagements (Carruzzo, op. cit., n. 2 in fine ad
art. 337 CO ; cf. ég., sous l’angle de la théorie de l’imprévision ou "clausula rebula sic
stantibus", Corboz, Le contrat et le juge, in Bellanger/Chaix/Chappuis et al. [éd.], Le
contrat dans tous ses états, Berne 2004, p. 284 ; arrêt 4C.61/2006 du 24 mai 2006
consid. 3.3).
3.2 En l’espèce, il a été circonscrit en fait que l’appelé et demandeur, au bénéfice
depuis le 25 juillet 2011 d’un contrat de travail de durée indéterminée, a été licencié
avec effet immédiat le 27 mai 2013 "pour raisons économiques", lesquelles – sauf
circonstances tout à fait exceptionnelles dont l’appelante n’a pas allégué et encore
moins établi la réalisation – ne constituent pas un juste motif au sens de l’art. 337 CO
permettant à l’employeur de mettre fin de manière unilatérale et immédiate aux
relations de travail. Bien plus, il appartenait à l’appelante et défenderesse, même dans
l’hypothèse d’une situation déficitaire avérée, de licencier son travailleur en respectant
le délai de congé ordinaire de deux mois prévu selon contrat, et reprenant la
réglementation de l’art. 335c al. 1 CO.
En tant que l’appelante et défenderesse soutient pour la première fois en instance
d’appel que le véritable motif du licenciement – lequel relève de l’établissement des
faits (cf. ATF 131 III 535 consid. 4.3) –, réside tantôt dans les prétendus problèmes de
boisson du travailleur ou ses pugilats avec d’autres collègues, tantôt dans les
malversations soi-disant effectuées au préjudice de l’employeur, elle se fonde sur un
état de fait qui diverge de celui retenu par la juridiction inférieure, et dont elle n’a pas
démontré le caractère inexact (cf. art. 317 al. 1 let. b CPC ; supra, consid. 1.3.2).
L’appelante et défenderesse ne craint par ailleurs pas la contradiction, puisque à
rigueur du texte de l’avis de licenciement immédiat qu’elle a joint à son écriture d’appel
- 15 -
(pièce 4), elle avait souligné que, "si dans quelques mois la situation de la société
[devait] s’amélior[er], [elle] serai[t] ravie de [le] réembaucher au sein de [son] équipe",
termes n’excluant pas une collaboration future – malgré les dénégations de la première
nommée dans son écriture d’appel (cf. all. 16, p. 8) – et rendant ainsi d’autant moins
plausibles les difficultés prétendument rencontrées avec le travailleur concerné
pendant la durée des rapports contractuels.
Du reste, pour ce qui est des soi-disant problèmes de boisson, l’employeur aurait en
principe dû établir qu’il avait adressé un ou des avertissement(s) à son travailleur,
préalablement au licenciement immédiat signifié le 27 mai 2013 (cf. supra, consid.
3.1.2). Quant à l’assertion selon laquelle l’intéressé aurait encaissé lors des livraisons
auprès de clients certains montants qui n’auraient pas ensuite été remis à l’employeur,
elle n’aurait pu justifier – a posteriori – le licenciement du travailleur que si une enquête
pénale à ce sujet avait abouti à une condamnation de celui-ci par exemple pour abus
de confiance (art. 138 CP). Le seul dépôt de la dénonciation pénale, le 26 mai 2014,
coïncidant à un jour près à celui de l’écriture d’appel, est manifestement insuffisant à
apporter la démonstration de la véracité des soupçons de l’employeur et donc du
caractère justifié du licenciement immédiat.
Vu ce qui précède, les critiques de l’appelante et défenderesse concernant le caractère
prétendument non abusif du congé sont sans consistance.
4. L’appelante et défenderesse s’en prend ensuite à l’ampleur de l’indemnité pour
résiliation abusive octroyée par l’autorité de première instance au travailleur en
application de l’art. 337c al. 1 CO. A l’en croire, la juridiction inférieure aurait omis de
tenir compte du fait que le travailleur avait déjà pris ses vacances, "puisque le magasin
ferme durant 4 semaines en août et 4 semaines en décembre, soit au total 8
semaines", et qu’il avait ainsi déjà pris 8 semaines de vacances tant en 2011 qu’en
2012, soit au total 80 jours, donc 40 jours de plus que prévu par son contrat de travail.
Et l’appelante et défenderesse de conclure qu’elle ne doit ainsi aucune prestation
pécuniaire à son ancien travailleur (appel, p. 15 s.).
4.1
4.1.1 Le travailleur licencié de manière injustifiée a droit à ce qu'il aurait gagné, si les
rapports de travail avaient pris fin à l'échéance du délai de congé ou à la cessation du
contrat conclu pour une durée déterminée (art. 337c al. 1 CO). La prétention du
travailleur fondée sur cette disposition est une créance en dommages-intérêts qui
comprend non seulement le salaire, mais aussi le droit aux vacances, remplacé par
- 16 -
des prestations en argent (ATF 117 II 270 consid. 3b). C'est le salaire hypothétique
réalisé durant le délai de congé qui est déterminant (ATF 125 III 14 consid. 2b ; arrêts
4C.174/2003 du 27 octobre 2003 consid. 3.4.1 ; 4C.127/2002 du 3 septembre 2002
consid. 4.1 [rémunération dépendant du chiffre d’affaires]).
Il convient toutefois d'imputer sur l'indemnité due notamment le revenu que le salarié a
tiré d'un autre travail ou le revenu auquel il a intentionnellement renoncé (art. 337c al. 2
CO). Cette déduction est une expression du principe général imposant à celui qui subit
un dommage de faire tout ce que l'on peut raisonnablement exiger de lui pour le
réduire (art. 44 al. 1 CO). Pour déterminer si le travailleur a renoncé intentionnellement
à un revenu, il faut tenir compte des circonstances du cas (arrêts 4C.293/2004 du
15 juillet 2005 consid. 2.3 ; 4C.100/2001 du 12 juin 2001 consid. 6a). Il s'agira en
particulier d'examiner si l'on peut exiger du travailleur qu'il accepte un poste donné
("zumutbare Arbeit" ; arrêt 4C.321/2005 du 27 février 2006 consid. 6.2 ; Duc/Subilia,
Commentaire du contrat individuel de travail, 2 e éd. 2010, n. 11 ad art. 337c CO ;
Brühwiler, Kommentar zum Einzelarbeitsvertrag, 3. Aufl. 2014, n. 9 ad art. 337c CO ;
Rehbinder, op. cit., n. 5 ad art. 337c CO). La charge de la preuve appartient en
principe à l'employeur, étant précisé que le travailleur doit aussi, en vertu du principe
de la bonne foi, collaborer à l'établissement des faits (arrêts 4C.351/2004 du 20 janvier
2005 consid. 7.1.1 ; 4C.100/2001 précité consid. 6a).
4.1.2 L'employeur accorde au travailleur, chaque année de service quatre semaines
de vacances au moins (art. 329a al. 1 CO), pendant lesquelles il doit verser à son
employé le salaire total y afférent (cf. art. 329d al. 1 CO). D'après l'art. 329d al. 2 CO,
tant que durent les rapports de travail, les vacances ne peuvent pas être remplacées
par des prestations en argent ou d'autres avantages. En règle générale, le salaire
relatif aux vacances doit être versé au moment où celles-ci sont prises. L'inclusion de
l'indemnité de vacances dans le salaire total est toutefois admissible dans des
situations très particulières, en particulier si un employé à temps partiel a un travail très
irrégulier (cf. ATF 118 II 136 consid. 3b ; 116 II 515 consid. 4a ; 107 II 430 consid. 3a).
Le Tribunal fédéral, prenant en considération les vives critiques de la doctrine, s'est
demandé s'il se justifiait de maintenir une dérogation au principe posé par l'art. 329d
CO, mais il a laissé la question ouverte, en relevant qu'il fallait en tous les cas que la
part du salaire global destinée à l'indemnisation des vacances fasse l'objet d'une
mention expresse dans le contrat de travail, lorsque celui-ci est conclu par écrit, ainsi
que dans les différents décomptes de salaire (ATF 129 III 493 consid. 3.2 et 3.3 ; sur
l’ensemble de la question, cf. arrêt 4C.174/2003 précité consid. 5.2).
- 17 -
Selon la jurisprudence, le droit aux vacances n'est toutefois pas absolu. S'il est admis
pour tous les travailleurs renvoyés abruptement alors que le contrat aurait
normalement pu prendre fin dans un délai relativement bref, estimé à deux ou trois
mois, il n'en va pas de même lorsque le travailleur est indemnisé pour une longue
période au cours de laquelle il ne travaille pas ; dans ce dernier cas, l'indemnité reçue
inclut le droit aux vacances (ATF 117 II 270 consid. 3b ; plus récemment, cf. ATF 128
III 271 consid. 4a/bb ; arrêts 4A_257/2008 du 23 juillet 2008 consid. 3 ; 4C.59/2006 du
27 juin 2006 consid. 3).
4.2
4.2.1 En l’espèce, vu le caractère injustifié du licenciement avec effet immédiat,
l’appelé et demandeur peut prétendre à ce qu’il aurait gagné si les relations de travail
avaient pris fin après un congé ordinaire, lequel aurait dû, conformément aux termes
contractuels, être signifié deux mois à l’avance pour la fin du mois (cf. supra, consid.
2.2). Le travailleur n’ayant plus été rétribué à partir du 29 mai 2013 (cf. supra, consid.
2.2), il a droit à ce qu’il aurait pu percevoir si la relation contractuelle avait pris fin le
31 juillet 2013. Son salaire mensuel brut étant de 2500 fr., le salaire dû pour cette
période se monte, conformément aux calculs effectués par la juridiction précédente
(cf. jugement entrepris, consid. 2a, p. 5) à 5241 fr.95 bruts ([2500 fr. / 31 x 3 jours
{solde du salaire pour mai, du 29 au 31}] + [2500 fr. x 2 mois {salaires de juin et
juillet}]). Le contrat de travail ne faisait aucunement mention de l’octroi d’un treizième
salaire, et l’appelé et demandeur a par ailleurs confirmé son inexistence lorsqu’il a
rempli, sous la rubrique "conditions de travail", la formule de demande en procédure
simplifiée mise à disposition par le Tribunal du travail. Quant à la commission évoquée
dans le contrat, dont il a été dit que l’ampleur n’était ni déterminée ni déterminable
(cf. supra, consid. 2.1), le travailleur n’a formulé aucune prétention à son sujet. La part
proportionnelle d'un éventuel treizième salaire (voire d’une commission) n'a donc pas à
être ajoutée à la somme due à titre de salaire. Doit en revanche être déduit de la
somme indiquée ci-avant le montant de 221 fr.80 obtenu durant le mois de juillet 2013
lorsque l’intéressé a œuvré, comme employé intérimaire, pour D_ SA
(cf. supra, consid. 2.3), sachant pour le surplus que l’appelante et défenderesse n’a
pas allégué et encore moins démontré que le premier nommé aurait renoncé
intentionnellement à d’autres sources de revenus.
4.2.2 L’appelé et demandeur ayant été engagé à temps complet pour un horaire
hebdomadaire de travail de 43 heures (cf. supra, consid. 2.1), il n’existe pas d’indice
permettant d’inférer que l’indemnité de vacances serait déjà comprise dans le salaire
- 18 -
total (cf. supra, consid. 4.1.2). L’appelante et défenderesse ne le soutient du reste pas.
Elle avance en revanche que le travailleur avait déjà pris 40 jours de congé de plus
que ne le lui permettait son contrat, de sorte que sa prétention pécuniaire serait
infondée. Si le point de savoir si le travailleur peut percevoir le salaire afférent aux
vacances constitue une question de droit, la détermination du nombre de jours de
vacances déjà prises ou, au contraire, devant encore être indemnisées, relève de
l’établissement des faits. L’argumentation de l’appelante et défenderesse revient donc
à rediscuter ceux-ci. A cet égard, se fondant sur la teneur du contrat de travail
(cf. art. 9.1) et les déclarations – non contredites en première instance – du travailleur,
la juridiction précédente a considéré que celui-ci aurait pu, pendant les relations
contractuelles qui ont duré deux ans et une semaine (i.e. du 25 juillet 2011 au 31 juillet
2013, correspondant à l’échéance si un congé ordinaire avait été donné), bénéficier au
total de 40 jours de vacances payées, qu’il n’avait en définitive jamais prises
(cf. jugement attaqué, consid. 2b, p. 5 s.). Les seules affirmations contraires de
l’appelante et défenderesse dans son écriture d’appel (p. 13 et 15), qui ne reposent sur
aucun moyen de preuve admissible (cf. supra, consid. 1.3.2), sont impropres à établir
le caractère prétendument inexact des constatations de fait de l’autorité de première
instance. Par surabondance, comme souligné de manière pertinente par l’appelé et
demandeur dans sa réponse à l’appel (p. 12), la thèse selon laquelle le magasin
fermerait impérativement chaque année durant quatre semaines en août et quatre
semaines en décembre ne trouve aucune assise au dossier, le contrat de travail n’y
faisant aucunement référence mais indiquant au contraire que "l’employeur choisira la
date des vacances de l’employé en s’efforçant dans toute la mesure du possible de
tenir compte des souhaits de l’employé" (cf. art. 9.2). La fermeture du magasin durant
le mois de décembre paraît d’autant plus saugrenue d’un point de vue commercial qu’il
est notoire que, durant cette période, l’achat de biens par les consommateurs est plus
important, ne serait-ce qu’en raison des fêtes de fin d’année et du fait que les salariés
perçoivent généralement leur 13 e salaire et autres gratifications à cette époque.
En résumé, il n’y a pas lieu de se distancier de l’appréciation de la juridiction inférieure
concernant le nombre de jours de vacances devant encore être rémunérés. Dès lors
que le travailleur ne se voit pas indemnisé pour une longue période, puisque le contrat
aurait pu prendre fin de manière ordinaire dans les deux mois pour la fin du mois,
l’indemnité pour licenciement abusif de 5020 fr.15 (5241 fr.95 – 221 fr.80) ne comprend
pas le droit aux vacances (cf. supra, consid. 4.1.2 in fine). Il convient donc d’ajouter à
cette somme le pourcentage du revenu correspondant à une indemnité de vacances
qui est de 8,33% pour quatre semaines de vacances par an (cf. arrêt 4C.174/2003
- 19 -
précité consid. 3.4.2 ; Wyler/Heinzer, op. cit., p. 400), soit en l’occurrence pour deux
ans (montant arrondi), 5000 fr. bruts ([2500 fr. x 24 mois] x 8,33%).
4.2.3 Cela étant, l'appelante et défenderesse doit verser à l’appelé et demandeur –
dans la mesure où les conclusions de celui-ci portaient sur un montant brut (Dietschy,
op. cit., n. 159, p. 83 ; Bohnet, Actions civiles, conditions et conclusions, Bâle 2014, n.
2 ad § 87, p. 1024 et la réf. à l’arrêt 4A_492/2010 du 11 novembre 2010 consid. 2) –, la
somme de 10'020 fr.15 bruts (5241 fr.95 – 221 fr.80 + 5000 fr.), sans intérêt, dès lors
que cet accessoire n’a pas été réclamé.
Les charges sociales (cf. supra, consid. 2.1) sont à prélever sur la somme en question
et à verser par l’appelante et défenderesse aux caisses et institutions concernées.
5. Dans un ultime moyen, l’appelante et défenderesse fait valoir qu’elle dispose d’une
créance en dommages et intérêts de 30'000 fr. à l’encontre de son ancien travailleur,
en raison des malversations auxquelles se serait livré celui-ci (cf. appel, p. 16).
5.1
5.1.1 Il n’y a pas demande reconventionnelle à proprement parler (cf. supra, consid.
1.2.1) lorsque la conclusion de la partie défenderesse tend uniquement à vider de sa
substance la prétention du demandeur, comme en cas de déclaration de compensation
(Leuenberger, op. cit., n. 8 ad art. 224 CPC ; cf. ég. Pahud, op. cit., n. 2 ad art. 224
CPC). Selon l'art. 124 CO, la compensation suppose une déclaration de volonté de la
part de l'intéressé, à laquelle le juge ne peut suppléer d'office (arrêt 4C.84/2002 du
22 octobre 2002 consid. 2.2). Elle peut être expresse ou résulter d’actes concluants et
doit exprimer la volonté de celui qui entend compenser de manière non équivoque. Il
doit également ressortir de la déclaration expresse ou des circonstances quelle est la
créance à compenser et quelle est la créance compensante (arrêts 4A_82/2009 du
7 avril 2009 consid. 2.2 ; 4C.25/2005 du 15 août 2005 consid. 4.1, non publié aux ATF
131 III 636 ; Peter, in Basler Kommentar, Obligationenrecht I, 5. Aufl. 2011, n. 4 ad
art. 124 CO).
Si, jusqu’au 31 décembre 2010, le droit cantonal pouvait préciser jusqu'à quel stade de
la procédure judiciaire l'objection de compensation pouvait être soulevée (cf. ATF 63 II
133 consid. 2 ; arrêt 4A_240/2007 du 20 septembre 2007 consid. 5 ; Jeandin, in
Commentaire romand, Code des obligations I, 2 e éd. 2012, n. 4 art. 124 CO ; Aepli,
Zürcher Kommentar, n. 23 ad Vorbemerkungen zu art. 120-126 CO), cette question est
désormais régie par le CPC suisse. La déclaration de compensation constituant une
circonstance de fait ("Tatsachenbehauptung"), elle doit être invoquée lors de l’échange
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d’écritures en première instance mais au plus tard lors des débats d’instruction ; en
procédure d’appel, elle ne peut être prise en compte que si les conditions de l’art. 317
al. 1 CPC sont remplies ; enfin, elle est exclue en tant que fait nouveau en procédure
de recours cantonal (au sens des art. 319 ss CPC) et devant le Tribunal fédéral (sur
l’ensemble de la question, cf. Kessler, in Honsell et al. [Hrsg.], Obligationenrecht,
Kurzkommentar, Basel 2014, n. 4 ad Vor Art. 120-126 CO ; cf. ég., pour la procédure
devant le Tribunal fédéral, arrêt 4C.84/2002 précité consid. 2).
En tout état de cause, la compensation, même déclarée sans équivoque, ne se produit
que dans la mesure où la créance compensante existe ; en conséquence, si cette
créance est contestée, elle doit être élucidée dans le procès (ATF 136 III 624 consid.
4.2.3 ; arrêt 4A_23/2011 du 23 mars 2011 consid. 3.3 ; Jeandin, op. cit., n. 18 ad
art. 120 CO).
5.1.2 A teneur de l'art. 321e al. 1 CO, le travailleur répond du dommage qu'il cause à
l'employeur intentionnellement ou par négligence. Il faut donc que le travailleur ait violé
une des obligations qui lui incombent en vertu des art. 321 à 321d CO, à savoir
notamment l'obligation d'exécuter personnellement et avec soin le travail confié
(Staehelin, op. cit., n. 4 ss ad art. 321e CO ; Tercier/Favre, Les contrats spéciaux,
4 e éd. 2009, n. 3400, p. 500). D’une manière générale, l’étendue du devoir de diligence
du travailleur se mesure en première ligne d'après le contrat passé par les parties
(art. 321e al. 2 CO ; Staehelin, op. cit., n. 4 ad art. 321e CO ; arrêt 4C.174/2003 précité
consid. 6.2). En fonction du degré de maîtrise dont dispose un employé sur l’argent qui
lui a été confié par des clients afin de payer la marchandise achetée et qu’il n’aurait
volontairement, dans le dessein de s’enrichir, pas transféré à son employeur,
l’infraction de vol (art. 139 CP) ou d’abus de confiance (art. 138 CP) peut être retenue
(cf. arrêt 6B_33/2008 du 12 juin 2008 consid. 3.1 ; cf. ég. Dupuis et al. [éd.], Code
pénal, Petit Commentaire, Bâle 2012, n. 14 ad art. 138 CP ; Niggli/Riedo, in Basler
Kommentar, Strafrecht II, 3. Aufl. 2014, n. 77-78 CP ad art. 138 CP et les arrêts
divergents cités concernant notamment des caissiers).
5.2 Dans le cas particulier, l’appelante et défenderesse a, indépendamment de ses
conclusions reconventionnelles formulées sous chiffre 3 de son écriture d’appel dont le
sort a été scellé au considérant 1.2.3, déclaré compenser ses prétentions en réparation
du dommage résultant des soi-disant malversations dont se serait rendu coupable son
ancien travailleur avec les indemnités dues à celui-ci en vertu de l’art. 337c CO. Outre
le fait que la déclaration de compensation de l’intéressée est en elle-même tardive en
appel, car ne reposant sur aucun fait nouveau admissible au sens de l’art. 317 al. 1
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CPC, la créance compensante – soit celle en réparation du dommage occasionné par
l’absence de restitution à l’employeur de certains montants encaissés en espèces
auprès de clients – n’a pas été établie. En tout état de cause, on peine à comprendre
comment l’appelante et défenderesse a pu objecter de la compensation à concurrence
de 30'000 fr., alors qu’à lire la dénonciation pénale adressée le 26 mai 2014 au
Ministère public, seuls trois cas d’abus de confiance, respectivement de vol, ont été
relatés, pour la somme de 6400 fr. ([1300 fr. + 200 fr. {client E_}] + [2000 fr. +
2000 fr. {client F_}] + [900 fr. {client G_}]).
Dans ces circonstances, l’appelante et défenderesse a failli à établir qu’elle était en
droit d’invoquer une créance envers son ancien travailleur, de nature à faire obstacle,
en tout ou partie, à sa propre condamnation à lui verser la somme de 10'020 fr.15
bruts.
6. Il découle de ce qui précède que l’appel, mal fondé en tous points, doit être rejeté,
dans la mesure de sa recevabilité, et le jugement de première instance confirmé, en ce
sens que l’appelante et défenderesse se voit condamnée à verser à l’appelé et
demandeur le montant de 10'020 fr.15 bruts, les charges sociales devant être
prélevées sur cette somme par la première nommée et versées en faveur des caisses
et institutions concernées. Toute autre ou plus ample conclusion est rejetée.
7. L’appelé et demandeur a déposé une requête d’assistance judiciaire le 23 juin
2014, dans le cadre de la procédure d’appel. A cette date, le premier nommé
bénéficiait pour seuls revenus d’indemnités de chômage oscillant entre (montants
arrondis) 1440 fr. et 1600 fr. selon les mois (cf. décomptes d’avril et mai 2014), tandis
que son loyer représentait une charge mensuelle de 850 fr. (cf. procès-verbal de saisie
du 18 février 2014 dans la poursuite n o xxx1 de l’Office du district de H_).
Dans ces circonstances, et tenant compte de la base mensuelle du minimum vital
prévue pour un débiteur vivant seul (1100 fr. ; cf. BlSchK 73/2009, p. 197), l’indigence
de l’intéressé (cf. art. 117 let. a CPC ; ATF 135 I 221 consid. 5.1) est sans conteste
établie. Ses chances de succès (cf. art. 117 let. b CPC) étaient également données,
dans la mesure où, en tant qu’appelé en seconde instance, il a demandé la
confirmation du précédent jugement, lequel avait accueilli pour l’essentiel ses
prétentions. Enfin, compte tenu de son absence de connaissances juridiques, l’appelé
et demandeur n’est pas en mesure de défendre seul en justice ses intérêts (art. 118
al. 1 let. c CPC) devant une juridiction d’appel ; il en va d’autant plus ainsi que son
adverse partie est elle-même assistée d’un mandataire professionnel, si bien que le
principe de l’égalité des armes commande de lui adjoindre également les services d’un
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avocat (cf. arrêts 5A_838/2013 du 3 février 2014 consid. 2.4 ; 5A_395/2012 du
16 juillet 2012 consid. 4.3). Partant, l’appelé et demandeur est mis au bénéfice de
l’assistance judiciaire partielle au sens de l’art. 118 al. 1 let. b et c CPC – n’ayant en
revanche pas dû verser des avances ou des sûretés (let. a) –, avec effet le 23 juin
2014, M e N_, avocate à B_, lui étant désignée conseil juridique
commis d’office dès cette date dans le cadre du procès en appel.
8. Il reste à statuer sur le sort des frais et dépens.
8.1 Conformément à l’art. 114 let. c CPC, se rapportant aux contestations de droit du
travail d’une valeur litigieuse n’excédant pas 30'000 fr., il n’est pas perçu de frais
judiciaires.
8.2
8.2.1 Il résulte de la formulation de l’art. 114 CPC que cette disposition ne concerne
que les frais judiciaires, et non les dépens en faveur de la partie adverse (arrêt
4A_194/2010 du 17 novembre 2010 consid. 2.2.1 in fine, non publié sur ce point aux
ATF 137 III 47 ; Rüegg, in Basler Kommentar, Schweizerische Zivilprozessordnung, 2.
Aufl. 2013, n. 1 ad art. 114 CPC). Si la partie ayant obtenu l’assistance judiciaire
obtient gain de cause, la fixation et la répartition des frais s’opère en principe selon les
règles ordinaires des art. 104 ss CPC ; ainsi, selon l’art. 106 al. 1 CPC – qui vaut tant
en première qu’en seconde instance cantonale (cf. ATF 137 III 470 consid. 6.5.3 ; arrêt
5A_496/2013 du 11 septembre 2013 consid. 4.4.1) –, les frais sont mis à la charge de
la partie succombante (1 re phrase). Par ailleurs, des dépens normaux sont alloués au
bénéficiaire de l’assistance judiciaire victorieux (Tappy, op. cit., n. 14 ad art. 122 CPC).
D’ordinaire, l’honoraire global auquel peut prétendre le conseil juridique d’une partie
dans une cause où la valeur litigieuse est supérieure à 10'001 fr. mais n’excède pas
20'000 fr. – comme en l’espèce (cf. supra, consid. 1.1) –, oscille entre 2300 fr. et
3300 fr. en première instance (art. 34 al. 1 LTar), avant la réduction de 60% applicable
en procédure d'appel (art. 35 al. 1 LTar). En outre, lorsqu'il y a une disproportion
manifeste entre la valeur litigieuse et l'intérêt des parties au procès ou entre la
rémunération due d'après le présent tarif et le travail effectif du conseil juridique,
l'autorité peut ramener les honoraires au-dessous du minimum prévu (art. 29 al. 2
LTar). Si d’autres règles prévalent pour la procédure de première instance devant le
Tribunal du travail (cf. RVJ 2009 p. 164 consid. 5a/bb), ces dispositions trouvent en
revanche pleinement application devant le Tribunal cantonal.
- 23 -
8.2.2 Dans le cas particulier, dès lors que le demandeur – qui a obtenu à peu de
choses près l’entier de ses conclusions (10'020 fr.15, au lieu des 10'545 fr. réclamés) –
n’a pas agi en première instance par l’intermédiaire d’un représentant professionnel
(art. 95 al. 3 let. b CPC) ni justifié d’une indemnité équitable pour les démarches
effectuées (art. 95 al. 3 let. c CPC ; cf. arrêt 4A_355/2013 du 22 octobre 2013 consid.
4.2 et les réf. ; cf. ég. ATF 133 III 439 consid. 4) et que ses débours étaient
insignifiants, l’intéressé ne s’est, à juste titre, pas vu allouer une indemnité à titre de
dépens.
8.2.3 En appel, eu égard à la valeur litigieuse relativement faible, au degré usuel de
difficulté de la cause, ainsi qu’à l’activité utilement déployée par le conseil de l’appelé
et demandeur – qui a, pour l’essentiel, consisté en la rédaction et le dépôt d’une
requête d’assistance judiciaire, d’une réponse à l’appel de 14 pages motivée en fait et
en droit, et de trois courriers –, l’indemnité en plein doit être arrêtée à concurrence de
(montant arrondi) 2000 fr., TVA et débours (par 74 fr.20) compris, étant ici précisé que
les démarches apparemment entreprises auprès du Ministère public au vu de la liste
de frais déposée le 9 juin 2015 sont étrangères à la procédure civile en cause. Vu le
sort de l’appel, cette indemnité est mise à la charge de l’appelante et défenderesse, qui
supporte ses propres frais d’intervention en justice.