Decision ID: e739642f-7f47-5743-a5bc-f8ad9f1f2990
Year: 2017
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_007
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 

EN FAIT
b.
a.
La radiation du Registre du commerce de la raison individuelle "C_", exploitée par A_, a été publiée dans la Feuille officielle suisse du commerce (FOSC) le 3 mars 2016.![endif]>![if>
b.
Le 6 mai 2016, le commandement de payer, poursuite n° 16 xxxx65 V requise par B_ SA, a été notifié en mains du fils de A_. Aucune opposition n'ayant été formée, la créancière a sollicité la continuation de la poursuite le 22 juin 2016.
c.
A la suite d'un problème technique lié à la réception de la réquisition précitée, qui a été formée par voie électronique, la commination de faillite n'a été notifiée que le 13 octobre 2016.
d.
Le 18 novembre 2016, la créancière a requis la faillite de A_.
A.
Par ordonnance du 16 janvier 2017, le Tribunal de première instance a sursis à statuer sur la requête de faillite et transmis la cause à la Chambre de céans, afin qu'elle examine la validité de la commination de faillite. Un doute existait quant à la question de savoir si la commination de faillite avait été requise dans les six mois à compter de la radiation de la raison individuelle.![endif]>![if>
L'Office a exposé avoir reçu la réquisition de continuer la poursuite le 22 juin 2016 et expliqué les motifs ayant conduit au retard apporté à la notification de la commination de faillite.
Ni le poursuivi ni la créancière ne se sont manifestés dans le délai imparti à cet effet par la Chambre de céans.

EN DROIT
1.
1.1
Selon l’art. 22 al. 1 phr. 2 LP, les autorités de surveillance constatent indépendamment de toute plainte la nullité de mesures contraires à des dispositions édictées dans l’intérêt public ou dans l’intérêt de personnes qui ne sont pas parties à la procédure. La LP prévoit explicitement que le juge saisi d’une réquisition de faillite ajourne sa décision et soumet le cas à l’autorité de surveillance s’il estime qu’une décision nulle a été rendue dans la procédure antérieure (art. 173 al. 2 et 3 LP).
En l'espèce, le Tribunal de première instance a transmis la cause à la Chambre de céans comme objet de sa compétence, au motif qu'il convenait de vérifier si la continuation de la poursuite avait été requise dans les six mois suivant la radiation du poursuivi du Registre du commerce. La question de la validité des actes de poursuite ressortissant de la compétence de la Chambre de céans, cette dernière entrera en matière sur la demande du Tribunal (art. 10 al. 1 LaLP).
2
. Doit être tranchée la question de savoir si la commination de faillite, dans la poursuite n° 16 xxxx65 V, est entachée de nullité.
2.1
La poursuite se continue par voie de faillite lorsque le débiteur est inscrit au registre du commerce en qualité "de chef d'une raison individuelle (art. 934 et 935 CO)" (art. 39 al. 1 ch. 1 LP). Le débiteur inscrit au Registre du commerce en cette qualité et qui en est radié demeure sujet à la poursuite par voie de faillite durant les six mois suivant la publication de sa radiation dans la FOSC, si le créancier a requis la continuation de la poursuite avant l'expiration de ce délai (art. 40 LP). La voie de la faillite est exclue pour le recouvrement de certaines créances, notamment celles découlant du droit public ou d'obligations d'entretien relatives au droit de la famille (art. 43 LP).
2.2
En l'espèce, l'inscription du poursuivi en qualité de chef d'une raison individuelle a été radiée le 3 mars 2016, date de la publication dans la FOSC. Partant, il est demeuré sujet à la poursuite par voie de faillite jusqu'au 3 septembre 2016, le
dies a quo
de la prolongation de six mois des effets de l'inscription au registre du commerce étant le lendemain de la publication de sa radiation (cf. Rigot, CR-LP, ad art. 40 n° 7). C'est donc à bon droit que l'Office lui a notifié une commination de faillite, la continuation de la poursuite n° 16 xxxx65 V ayant été requise le 22 juin 2016, soit avant l'expiration du délai de six mois fixé par
l'art. 40 al. 1 LP.
Par ailleurs, les créances en poursuite ne se rapportent pas à des créances de droit public, pour lesquelles la poursuite par voie de la faillite est exclue (art. 43 LP). En effet, malgré le caractère obligatoire de droit public de l'assurance-maladie de base, la relation contractuelle avec une personne morale de droit privé exclut l'application de l'art. 43 ch. 1 LP (ATF
125 III 250
).
Par conséquent, la commination de faillite, dans la poursuite n° 16 xxxx65 V, est valable.
* * * * *