Decision ID: 39455ab0-0196-5d31-ba90-d24382565193
Year: 2017
Language: fr
Court: FR_TC
Chamber: FR_TC_004
Canton: FR
Region: Espace_Mittelland
Law Area: civil_law

considérant en fait
A. A._, née en 1977, et B._, né en 1966, sont parents hors mariage de C._, né en 2011. A._ est mère d’un second enfant prénommé D._, né en 2003, avec qui elle vit. Les parties sont séparées depuis 2011.
Une curatelle éducative a été instaurée en faveur de C._ par la Justice de paix de l’arrondissement de la Gruyère (ci-après: la Justice de paix) le 7 mai 2012. A._ bénéficiait déjà de ce soutien pour D._. Cette fonction est actuellement exercée par E._, intervenante auprès du Service de l’enfance et de la jeunesse (ci-après: SEJ).
Par décision du 27 février 2014, la Justice de paix a approuvé la convention du même jour instaurant l’autorité parentale conjointe sur C._ et attribuant la garde de l’enfant à sa mère, le droit de visite du père étant réservé.
B. Le 5 août 2014, B._ a demandé la garde de l’enfant. Il a exercé une garde de fait de novembre 2014 à janvier 2015, la mère étant alors à F._.
Une audience s’est tenue devant la Justice de paix le 22 janvier 2015. La mère s’est opposée à la requête du père. Une enquête sociale a alors été sollicitée du SEJ, qui a déposé son rapport le 10 août 2015, proposant le transfert de la garde au père, un droit de visite usuel étant accordé à la mère. Le SEJ a fondé sa décision sur le besoin pour C._ d’évoluer dans un environnement sain, rassurant et prévisible, environnement que B._ est à son avis plus à même de lui assurer. A._ a contesté ce rapport le 21 septembre 2015.
La Justice de paix a tenu une audience le 24 septembre 2015. Ont alors été entendues les parties, la curatrice et la grand-mère paternelle de C._. Une audience supplémentaire s’est déroulée le 18 mars 2016.
Par décision du 10 août 2016, la Justice de paix a maintenu l’autorité parentale conjointe mais a confié la garde de fait de C._ à B._. Il a accordé à la mère un droit de visite du mercredi à 11h50 dès la fin de l’école au jeudi soir à 20h00, toutes les semaines durant la période scolaire, ainsi qu’un week-end sur deux du vendredi 19h00 au dimanche 19h00, plus la moitié des vacances scolaires. Elle a en outre prévu que, dès la deuxième année harmos, A._ verrait son fils selon les horaires scolaires, mais d’une durée égale à celle décrite ci-avant, à savoir au minimum un jour et demi par semaine du lundi au vendredi, les modalités des week-ends et vacances étant inchangées.
La Justice de paix a retiré l’effet suspensif à son recours.
C. A._ recourt le 23 août 2016, concluant à ce qu’elle continue à exercer la garde de C._, le père bénéficiant d’un droit de visite un week-end sur deux du vendredi soir au dimanche soir, chaque mercredi à midi ou dès la fin de l’école jusqu’au jeudi soir à 18h00, ainsi que durant la moitié des vacances scolaires.
Elle a sollicité que son recours soit muni de l’effet suspensif. B._ s’y est opposé le 31 août 2016, exposant notamment qu’il garde d’ores et déjà son fils du lundi au jeudi matin, ce que la recourante a confirmé le 6 septembre 2016.
Tribunal cantonal TC Page 3 de 7
Par décision du 6 septembre 2016, le Juge délégué a restitué partiellement l’effet suspensif, en ce sens qu’il a ordonné que C._ soit chez son père du lundi midi après le repas au jeudi en début de matinée, ainsi qu’un week-end sur deux du vendredi soir au lundi matin.
B._ a répondu au fond le 10 octobre 2016, concluant au rejet du recours.
Le Juge délégué a entendu les parties ainsi que E._ le 13 décembre 2016.

en droit
1. a) Les dispositions de la procédure devant l'autorité de protection de l'adulte sont applicables par analogie aux procédures relatives aux enfants devant les autorités de protection (art. 314 CC), de sorte que la procédure de recours est régie par les art. 450 à 450e CC. Les décisions de la Justice de paix peuvent dès lors faire l’objet d’un recours auprès de la Cour de protection de l'enfant et de l'adulte du Tribunal cantonal (art. 450 al. 1 CC, art. 8 de la loi du 15 juin 2010 concernant la protection de l'enfant et de l'adulte [LPEA], art. 14 al. 1 let. c du Règlement du Tribunal cantonal du 22 novembre 2012 précisant son organisation et son fonctionnement [RTC]).
b) Le délai de recours de trente jours (art. 450b CC) a été respecté. La recourante soutient en effet que la décision, envoyée aux parties le vendredi 12 août 2016, lui a été notifiée le mardi 16 août 2016, ce que rien au dossier ne contredit.
c) La mère a évidemment qualité de partie (art. 450 al. 2 ch. 1 CC).