Decision ID: 2fb56489-4d17-5f92-b2b0-42a4851b76a0
Year: 2018
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_001
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law

EN FAIT
, que, par ordonnance du 28 juin 2018 (
OTPI/431/2018
), le Tribunal de première instance, statuant sur mesures provisionnelles dans le cadre de la procédure en divorce opposant les parties, a condamné A_ à verser à B_, une
provisio ad litem
de 17'000 fr. (ch. 1 du dispositif), a réservé le sort des frais avec la décision finale (ch. 2), a dit qu'il n'était pas alloué de dépens (ch. 3) et a débouté les parties de toutes autres conclusions (ch. 4);
Que, le 12 juillet 2018, A_ a formé appel de cette ordonnance qu'il a reçue le
2 juillet 2018 et a conclu à son annulation et cela fait, à ce que la Cour de justice, après avoir ordonné la production de diverses pièces par B_, la déboute de toutes ses conclusions avec suite de frais et dépens;
Qu'il a conclu, à titre préalable, à l'octroi de l'effet suspensif à son appel au motif que, s'il devait s'acquitter immédiatement d'une
provisio ad litem
en faveur de l'intimée, il se trouverait dans une situation financière difficile dans la mesure où il ne dispose pas des économies nécessaires pour ce faire, tandis que l'intimée, quant à elle, a des ressources suffisantes pour couvrir l'avance de frais qui a été sollicitée par le Tribunal pour la suite de la procédure, ainsi que ses honoraires d'avocat;
Qu'invitée à se déterminer sur l'effet suspensif sollicité, l'intimée a déclaré, par courrier expédié le 17 juillet 2018 à l'attention de la Cour de céans, qu'elle ne s'y opposait pas;
Considérant,

EN DROIT
, que la Cour est saisie d'un appel au sens de l'art. 308 CPC;
Que le jugement querellé portant sur des mesures provisionnelles, l'appel n'a pas d'effet suspensif
ex lege
(art. 315 al. 4 let. b CPC);
Qu'à teneur de l'art. 315 al. 5 CPC, l'exécution de mesures provisionnelles peut exceptionnellement être suspendue si la partie concernée risque de subir un préjudice difficilement réparable, notion permettant de tenir compte également d'un préjudice de fait et s'examinant à l'aune de l'efficacité du jugement à rendre à l'issue de la procédure ordinaire, qui en serait compromise (ATF
138 III 378
consid. 6.3; arrêt du Tribunal fédéral
4P.5/2002
du 8 avril 2002 consid. 3a);
Que, saisie d'une demande d'effet suspensif au sens de l'art. 315 al. 5 CPC, l'autorité cantonale d'appel doit ainsi procéder à une nouvelle pesée des intérêts entre les deux préjudices difficilement réparables, celui du demandeur à l'action si la mesure n'était pas exécutée immédiatement et celui qu'entraînerait pour le défendeur l'exécution de cette mesure (ATF
138 III 378
consid. 6.3 et les références citées;
137 III 475
consid. 4.1; arrêt du Tribunal fédéral
5A_514/2012
du 4 septembre 2012 consid. 3.2.2);
Que concernant le paiement d'une somme d'argent, à teneur de la jurisprudence du Tribunal fédéral, il appartient à la partie recourante de démontrer qu'à défaut d'effet suspensif, elle est exposée à d'importantes difficultés financières (arrêt du Tribunal fédéral
5A_708/2013
du 14 mai 2014 consid. 1.1);
Que toutefois, en l'espèce, l'intimée ne s'opposant pas à l'octroi de l'effet suspensif de l'appel interjeté, il n'est pas nécessaire d'effectuer cette pesée des intérêts en présence;
Qu'au vu de ce qui précède, la requête tendant à suspendre le caractère exécutoire du jugement attaqué sera admise;
Qu'il sera statué sur les frais et dépens liés à la présente décision avec la décision au fond (art. 104 al. 3 CPC).
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