Decision ID: 38d7fa96-c7ba-5cc0-874f-a17516bd4632
Year: 2016
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_001
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law

EN FAIT
, le jugement du Tribunal de première instance
JTPI/587/2016
du
20 janvier 2016, notifié le lendemain à A_, par lequel le Tribunal, statuant sur mesures protectrices de l'union conjugale, l'a, notamment, condamné à contribuer à hauteur de 1'5000 fr. par mois à l'entretien de B_ à compter du 1
er
janvier 2016 (ch. 2) et a attribué à celle-ci la jouissance exclusive du domicile conjugal (ch. 3), le mari disposant d'un mois dès le prononcé du jugement pour quitter celui-ci (ch. 4);
Vu l'appel expédié le 30 janvier 2016 par A_ au greffe de la Cour de justice, par lequel il critique l'attribution du domicile conjugal à son épouse, faisant valoir que c'était toujours lui qui s'était acquitté du loyer et considérant que la contribution d'entretien est trop élevée, compte tenu du fait que son épouse avait sous-loué une chambre de l'appartement pour 450 fr. par mois;
Qu'il demande à la Cour "de suspendre le jugement";
Qu'invitée à se déterminer sur la requête d'effet suspensif, l'intimée s'y oppose, expliquant que le bail n'avait pu être signé que grâce à ses relations personnelles; son mari avait versé le loyer de mai 2012 à décembre 2014; c'était elle qui l'avait intégralement assumé en 2015; elle avait, d'un commun accord avec son mari, sous-loué une pièce de l'appartement pendant 18 mois, tant pour rendre service à une amie que pour faire face aux charges du ménage lorsque son époux était au chômage; ce n'était que lorsqu'elle l'avait accompagné à l'Hospice général qu'elle avait appris qu'il avait perçu des indemnités de chômage qu'il lui avait cachées;
Considérant,

EN DROIT
, que la Cour est saisie d'un appel au sens de l'art. 308 CPC;
Que l'ordonnance querellée portant sur des mesures provisionnelles, l'appel n'a pas d'effet suspensif ex lege (art. 315 al. 4 let. b CPC);
Que la Présidente soussignée a compétence pour statuer sur la requête d'effet suspensif, vu la nature incidente et provisionnelle d'une telle décision et la délégation prévue à cet effet par l'art. 18 al. 2 LaCC, concrétisée par une décision de la Chambre civile siégeant en audience plénière et publiée sur le site Internet de la Cour;
Qu'à teneur de l'art. 315 al. 5 CPC, l'exécution de mesures provisionnelles peut exceptionnellement être suspendue si la partie concernée risque de subir un préjudice difficilement réparable, notion permettant de tenir compte également d'un préjudice de fait et s'examinant à l'aune de l'efficacité du jugement à rendre à l'issue de la procédure ordinaire, qui en serait compromise (arrêt du Tribunal fédéral
4P.5/2002
du 8 avril 2002 consid. 3a);
Que l'exécution immédiate demeure la règle et la suspension du caractère exécutoire l'exception et que le paiement de contributions d'entretien ne constitue en principe pas un dommage difficilement réparable (ATF
107 Ia 269
; arrêts du Tribunal fédéral
4D_26/2011
du 6 mai 2011 consid. 2;
5P.104/2005
du 18 juillet 2005 consid. 1.2);
Qu'en l'espèce, il ressort du dossier que les relations entre les parties sont particulièrement tendues, de sorte que la cohabitation pendant la procédure d'appel s'apparente à un préjudice difficilement réparable;
Que l'appelant est au bénéfice d'un revenu de 5'500 fr. par mois, alors que l'intimée ne réalise que des revenus irréguliers et faibles en tant que courte-pointière;
Qu'il apparaît ainsi que l'appelant devrait, sous l'angle de la vraisemblance, être en mesure de trouver une solution de logement, même temporaire, pendant la procédure d'appel, de sorte que l'exécution du jugement querellé n'est pas susceptible de lui causer un préjudice difficilement réparable;
Que, partant, la requête d'effet suspensif sera rejetée sur ce point;
Que, par ailleurs, elle doit également l'être s'agissant de la contribution d'entretien mise à sa charge, dès lors que ses revenus de 5'500 fr. et ses charges non contestées de 2'561 fr. 40 lui permettent de s'acquitter de la somme de 1'500 fr., tout en lui laissant un disponible de près de 1'500 fr. par mois;
Que si son appel était admis, l'appelant pourra compenser les montants éventuels versés en trop pendant la procédure d'appel dans le cadre de la liquidation du régime matrimonial;
Qu'au vu de ce qui précède, la requête d'effet suspensif sera rejetée;
Qu'il sera statué sur les frais et dépens de l'incident avec la décision au fond (art. 104
al. 3 CPC);
Considérant enfin que la présente décision, de nature incidente, rendue dans le cadre d'une procédure dont la valeur litigeuse est supérieure à 30'000 fr., est susceptible d'un recours en matière civile au Tribunal fédéral, dans les limites de l'art. 93 LTF (ATF
137 III 475
consid. 1; arrêt du Tribunal fédéral
4D_26/2011
consid. 2 et 3) et de l'art. 98 LTF (ATF
137 III 475
consid. 2; arrêt du Tribunal fédéral
2C_8/2011
du 3 mars 2011 consid. 3.1).
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