Decision ID: 3d7fc178-872c-5c5a-aafd-034133e96048
Year: 2018
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_006
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 

EN FAIT
A.
a)
Par décision
CTAE/1864/2016
du 24 juin 2016, notifiée à A_ le 28 juin 2016, le Tribunal de protection de l'adulte et de l'enfant (ci-après : le Tribunal de protection) a approuvé les rapport et comptes établis par D_ couvrant la période du 14 décembre 2011 au 31 décembre 2014 dans la curatelle de représentation et de gestion du patrimoine de feu E_, sous réserve des questions liées aux créances des enfants envers feu E_ et son époux, et fixé l'émolument de contrôle concernant ledit rapport et comptes à 10'079 fr. en vertu de l'art. 53 al. 1 RTFMC.![endif]>![if>
Par décision
CTAE/1870/2016
du 24 juin 2016, notifiée à A_ le 28 juin 2016, le Tribunal de protection a également approuvé les rapport et comptes finaux établis par D_ couvrant la période du 31 décembre 2014 au 15 avril 2015 dans la curatelle de représentation et de gestion du patrimoine de feu E_, sous réserve des questions liées aux créances des enfants envers feu E_ et son époux, et fixé l'émolument de contrôle concernant ledit rapport et comptes à 1'523 fr. en vertu de l'art. 53 al. 1 RTFMC.
b)
Par acte déposé au greffe de la Cour de justice le 28 juillet 2016, A_ a formé un recours contre ces décisions, dont il sollicite l'annulation.
Préalablement, A_ a conclu à l'autorisation de consulter l'entier du dossier de procédure C/24452/2011, d'en prélever copie et de compléter son acte de recours au vu des pièces auxquelles il n'avait jusque-là pas eu accès.
Principalement, A_ a conclu à ce qu'il soit ordonné au Tribunal de protection de réformer les rapports et comptes établis par D_ de manière à faire apparaître les dépenses, recettes et états de biens de feu E_ pour les périodes annuelles concernées, les créances de feu E_ contre B_ et lui-même pour chacune desdites périodes, ainsi que la conclusion d'un contrat de bail sur l'immeuble sis_ (Genève) en faveur de B_.
c)
Dans sa réponse, B_ a conclu principalement à l'irrecevabilité du recours formé par A_ et subsidiairement au déboutement de celui-ci de toutes ses conclusions, avec suite de frais judiciaires et dépens.
d)
C_, curatrice de feu E_, a conclu au déboutement de A_ de toutes ses conclusions, avec suite de frais judiciaires et dépens.
e)
Le Tribunal de protection a indiqué qu'il n'entendait pas faire application des prérogatives offertes par l'art. 450d CC
.
f)
Par courrier de son conseil du 24 octobre 2016, A_ a spontanément répliqué, persistant dans les conclusions de son recours.
B.
a)
Par décision
DTAE/3982/2016
du 3 août 2016, notifiée à A_ le 15 août 2016, le Tribunal de protection a approuvé le rapport final de C_ dans la curatelle de représentation et de gestion du patrimoine de feu E_. Il a arrêté les honoraires de la curatrice à 15'079 fr., dont à déduire une provision de 8'000 fr. en vertu du Règlement fixant la rémunération des curateurs (35 heures 30 d'activité à 400 fr./heure, 2 heures d'activité à 150 fr./heure et 579 fr. 95 de frais).![endif]>![if>
b)
Par acte déposé au greffe de la Cour de justice le 14 septembre 2016, A_ a formé un recours contre cette décision, dont il sollicite l'annulation.
Préalablement, A_ a conclu à la jonction de son recours avec le recours formé le 28 juillet 2016, à l'autorisation de consulter l'entier du dossier de procédure C/24452/2011, d'en lever copie et de compléter son acte de recours au vu des pièces auxquelles il n'avait jusque-là pas eu accès.
Principalement, A_ a conclu à ce qu'il soit ordonné au Tribunal de protection de réformer le rapport final établi par C_ de manière à faire apparaître les dépenses, recettes et états de biens de feu E_ pour les périodes annuelles concernées, les créances de feu E_ contre B_ et lui-même pour chacune desdites périodes, ainsi que la conclusion d'un contrat de bail sur l'immeuble sis _ (Genève) en faveur de B_.
c)
B_ a conclu principalement à l'irrecevabilité du recours formé par A_ et subsidiairement au déboutement de celui-ci de toutes ses conclusions, avec suite de frais judiciaires et dépens. Préalablement, elle a conclu à la jonction des procédures de recours.
d)
C_ a conclu au déboutement de A_ de toutes ses conclusions, avec suite de frais judiciaires et dépens.
e)
Le Tribunal de protection a indiqué qu'il n'entendait pas faire application des prérogatives offertes par l'art. 450d CC
.
C.
Les éléments pertinents suivants ressortent de la procédure :![endif]>![if>
a)
A_, citoyen _ né en 1953, est le fils de D_, né en 1925, et de feu E_, née en 1927, tous deux ressortissants _.
b)
B_, née en 1956, de nationalité _ et _, est la fille de D_ et de E_. Elle est la sœur de A_.
c)
Par ordonnance du 14 décembre 2011, statuant sur requête de D_, le Tribunal tutélaire a désigné celui-ci aux fonctions de curateur de son épouse E_, aux fins de gérer et administrer ses biens, d'encaisser ses revenus et ses rentes et de pourvoir à leur gestion et de la représenter à l'égard de ses créanciers. La procédure porte le numéro C/24452/2011.
d)
Par courrier du 26 décembre 2012, A_ a fait part au Tribunal tutélaire de ses inquiétudes quant à la capacité de son père D_ d'exécuter correctement son mandat de curateur de sa mère E_
.
Par courrier du 3 mars 2013,
A_ a réitéré ses doutes auprès du Tribunal de protection, demandant notamment si celui-ci avait effectivement autorisé son père D_ à procéder à la vente d'un bien immobilier sis en _, dont sa mère E_ était selon lui seule propriétaire et dont D_ lui refusait l'accès.
Par courrier du 12 avril 2013, le Tribunal de protection a interrogé D_ au sujet de cet immeuble, qui n'apparaissait pas dans l'inventaire que celui-ci lui avait remis au mois de février 2012. Le Tribunal a rappelé à D_ que l'éventuelle aliénation d'un immeuble appartenant à la personne protégée était soumise à son autorisation préalable.
Par courrier de son conseil du 3 avril 2013,
D_ a répondu avoir seulement entrepris des démarches administratives pour que le bien immobilier en question soit correctement inscrit au nom de E_ au cadastre local et avoir fait en sorte que ledit bien demeure vide de tout occupant dans l'intervalle.
e)
Par acte de son conseil du 3 juin 2013, A_ a sollicité du Tribunal de protection l'autorisation de consulter le dossier de procédure ayant trait aux mesures de protection prises à l'endroit de sa mère E_.
Le 7 juin 2013, le Tribunal de protection a rejeté la requête de A_, au motif que celui-ci n'était pas partie à la procédure au sens de la loi et ne jouissait pas du droit de consulter le dossier.
Par arrêt du 26 août 2013 (DAS/_/2013), la Chambre de surveillance de la Cour de justice a rejeté le recours formé par A_ contre cette décision, considérant notamment que si les proches de la personne concernée avaient la faculté de recourir contre les décisions du Tribunal de protection, ils n'avaient pas pour autant le droit de consulter le dossier, à moins qu'ils ne soient intervenus comme parties requérantes des mesures de protection.
f)
Le 7 août 2013, A_ a saisi le Tribunal de protection d'une requête de mesures provisionnelles et superprovisionnelles tendant à la libération de D_ de ses fonctions de curateur, ainsi qu'à son autorisation d'accéder au dossier de la cause inscrite sous le numéro C/24452/2011.
Le 22 août 2013, statuant sur mesures superprovisionnelles, le Tribunal de protection a refusé l'accès au dossier à A_, considérant qu'en l'état de la cause, cette demande était de nature exploratoire. Le Tribunal de protection a également refusé de relever le curateur de ses fonctions à titre superprovisionnel.
g)
Par ordonnance du 29 janvier 2014, statuant sur mesures provisionnelles, le Tribunal de protection a rejeté la requête de A_ visant à consulter le dossier, considérant notamment que la motivation de celui-ci tenait davantage à préserver ses avantages successoraux qu'à sauvegarder les intérêts de sa mère E_.
Simultanément, le Tribunal de protection a nommé C_, avocate, en qualité de co-curatrice de E_. Il a chargé celle-ci, notamment, de déterminer l'ensemble des éléments du patrimoine de la personne protégée, de la représenter dans la gestion de sa fortune mobilière et de son bien immobilier situé en _, de la représenter dans la procédure l'opposant à A_ devant les autorités judiciaires _, ainsi que de faire valoir ses éventuelles créances à l'égard de ses deux enfants.
Le Tribunal de protection a libéré D_ des tâches susvisées et l'a chargé d'apporter l'assistance personnelle à son épouse, de la représenter dans ses affaires administratives courantes et de la représenter pour la gestion financière de sa part de copropriété dans son domicile de _ (Genève), ainsi que pour la gestion de ses avoirs bancaires déposés auprès de la seule _ SA.
A l'appui de sa décision, le Tribunal de protection a considéré qu'il existait un conflit d'intérêts entre D_ et son épouse concernant certains biens, dont la gestion devait être confiée à un curateur tiers. Il a également retenu qu'un conflit ouvert existait entre D_ et son fils A_, concernant notamment le bien immobilier de E_ en _.
h)
E_ est décédée le _ 2015 à Genève.
Aux termes de ses dernières dispositions testamentaires, qui soumettent sa succession au droit _, elle a laissé pour unique héritier D_, sous réserve de legs mineurs attribués à ses enfants A_ et B_.
Ces dispositions testamentaires n'ont fait l'objet d'aucune contestation.
i)
D_ est décédé le _ 2015 à Genève.
Par testament daté du 17 mai 2013, il a soumis sa succession au droit _ et laissé pour seule héritière sa fille, B_.
j)
Le 16 mai 2016, A_ a formé par-devant les Tribunaux genevois, à l'encontre de B_, une action tendant à l'annulation du testament susvisé, à la déclaration de l'indignité de B_ d'être héritière de son père et au partage de la succession conformément à un testament établi antérieurement par D_.
La cause est à ce jour pendante.
k)
Par courrier de son conseil du 30 juin 2016, A_ a requis du Tribunal de protection de pouvoir consulter les comptes finaux de E_ approuvés par décisions
CTAE/1864/2016
et
CTAE/1870/2016
du 24 juin 2016.
Le 1
er
juillet 2016, le Tribunal de protection a indiqué mettre à disposition de A_, pour consultation et levée de copies, les décomptes et pièces afférentes aux deux périodes concernées, soit du 14 décembre 2011 au 31 décembre 2014 et du 1
er
janvier 2015 au 15 avril 2015.
l)
Par courrier de son conseil du 8 juillet 2016, A_ a contesté le caractère exhaustif des rapports et comptes mis à sa disposition. Il a sollicité de pouvoir consulter l'ensemble du dossier concernant E_ dans les plus brefs délais.
Par courrier du 12 juillet 2016, le Tribunal de protection lui a répondu qu'il ne pouvait l'autoriser à prendre connaissance de l'intégralité du dossier, vu
"le secret de protection"
auquel il était soumis.

EN DROIT
1.
1.1.
Les décisions de l'autorité de protection de l'adulte peuvent faire l'objet d'un recours (art. 450 al. 1 CC) dans les trente jours dès leur notification aux parties (art. 450b al. 1 CC) auprès de la Chambre de surveillance de la Cour de justice (art. 53 al. 1 LaCC).![endif]>![if>
Ont qualité pour recourir les personnes parties à la procédure (art. 450 al. 2 ch. 1), les proches de la personne concernée (ch. 2) et les personnes qui ont un intérêt juridique à l'annulation ou à la modification de la décision attaquée (ch. 3).