Decision ID: a8a68539-2506-5835-9b84-30f8b0eaead6
Year: 2011
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_007
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 

EN FAIT
A.
a.
Le 8 juillet 2010, l'Office des poursuites (ci-après : l'Office) a enregistré une réquisition de continuer la poursuite n
o
10 xxxx51 C ; le 15 juillet 2010, il a enregistré une réquisition de continuer la poursuite n° 10 xxxx28 L ; toutes deux sont dirigées par G_ SA contre M. B_.
b.
Les 5 octobre, 19 novembre 2010 et 17 janvier 2011, G_ SA a écrit à l'Office pour le prier de lui transmettre le procès-verbal de saisie, poursuite n° 10 xxxx51 C.
A ces rappels, l'Office a répondu, le 12 octobre 2010, que le débiteur était convoqué pour le 18 suivant ; le 2 décembre 2010, il a informé G_ SA qu'un délai de paiement au 30 novembre 2010 avait été accordé à l'intéressé ; le 26 janvier 2011, il a écrit qu'il était dans l'attente de pièces justificatives pour compléter son dossier.
c.
Les 12 octobre, 22 novembre 2010 et 17 janvier 2011, G_ SA a écrit à l'Office pour le prier de lui transmettre le procès-verbal de saisie, poursuite n° 10 xxxx28 L.
A ces rappels, l'Office a répondu, le 19 novembre 2010, que "
la saisie est fixée pour le 18 octobre 2010
" ; le 26 janvier 2011, il a écrit qu'il était dans l'attente de pièces justificatives pour compléter son dossier.
B
.
a.
Par deux actes postés le 9 mars 2011, G_ SA a formé plainte pour retard injustifié. Elle conclut à ce que l'Office soit prié de lui transmettre immédiatement les procès-verbaux de la saisie exécutée dans le cadre des deux poursuites susmentionnées.
Ces plaintes ont été enregistrées sous causes A/737/2011 (poursuite n° 10 xxxx51 C) et A/738/2011 (poursuite n° 10 xxxx28 L).
b.
Dans ces rapports du 23 mars 2011, l'Office expose que, suite aux réquisitions de continuer la poursuite des 8 et 15 juillet 2010, un avis de saisie a été communiqué à M. B_ le 20 août 2010, fixant la saisie au 18 octobre 2010 ; ce jour-là, le débiteur a été interrogé et invité à lui transmettre son bilan 2010, le compte d'exploitation, les extraits de compte bancaires ainsi que son contrat de travail ; le 28 janvier 2011, l'Office a procédé à la saisie des actifs mobiliers du restaurant "D_" exploité par le débiteur ; le procès-verbal de saisie, série n° 10 xxxx51 C, a été rédigé et expédié le 15 mars 2011, le délai de participation expirant le 28 février 2011. L'Office affirme qu'il a procédé diligemment et conclut au rejet des plaintes.

EN DROIT
1.
L'Autorité de surveillance est compétente pour statuer sur les plaintes formées en application de la LP (art. 13 LP ; art. 125 et 126 LOJ ; art. 6 al. 1 et 3 et 7 al. 1 LaLP) contre des mesures non attaquables par la voie judiciaire ou, comme en l’espèce, pour retard injustifié (art. 17 al. 1 et 2 LP).
Une plainte pour déni de justice ou retard injustifié peut être formée en tout temps (art. 17 al. 3 LP).
En tant que poursuivante, la plaignante a qualité pour se plaindre d’un retard injustifié dans le traitement de ses réquisitions de continuer la poursuite.
Ses plaintes satisfont aux exigences de forme et de contenu prescrites par la loi (art. 9 al. 1 et 2 LaLP).
Elles sont donc recevables.
2.
Conformément à l'art. 70 LPA, applicable par renvoi de l'art. 9 al. 4 LaLP, les causes A/737/2011 et A/738/2011 seront jointes en une même procédure sous cause A/737/2011.
3. 3.1.
A teneur de l’art. 89 LP, lorsque le débiteur est sujet à la poursuite par voie de saisie, l’office, après réception de la réquisition de continuer la poursuite, procède sans retard à la saisie ou y fait procéder par l’office du lieu où se trouvent les biens à saisir.
Selon l'art. 114 LP, l'office des poursuites notifie sans retard une copie du procès-verbal de saisie aux créanciers et au débiteur à l'expiration du délai de participation de trente jours.
Le non-respect de cette prescription de procéder "sans retard", c'est-à-dire que l'office doit agir sans désemparer, mais en tenant compte de toutes les circonstances, soit en principe dans un délai de quelques jours, peut donner lieu à une plainte pour retard injustifié, et, en cas de dommage, entraîner la responsabilité du canton (art. 5 LP). Il ne constitue pas, en revanche, une cause d'annulation ou de nullité de la saisie. (Walter A. Stoffel, Voies d'exécution, § 3 n° 57 ss ; Pierre-Robert
Gilliéron
, Commentaire, ad art. 89 n° 40 ss ; Bénédict
Foëx
, Commentaire romand de la LP ad art. 89 n° 15 ss).
3.2.
En l'espèce, les réquisitions de continuer la poursuite ont été enregistrées les 8 et 15 juillet 2010 et la saisie a été exécutée le 28 janvier 2011, soit six mois plus tard.
Durant ce laps de temps, l'Office a, le 18 octobre 2010, interrogé le poursuivi lequel devait produire diverses pièces dont ses états financiers. L'Office n'explique toutefois pas pour quelles raisons, il n'a pu exécuter la saisie que trois mois plus tard, en particulier si le débiteur a tardé à lui remettre ces documents, le cas échéant, s'il l'a mis en demeure de le faire. L'Autorité de céans relèvera, par ailleurs, qu'il n'appartenait pas à l'Office d'accorder un délai de paiement au poursuivi, retardant ainsi les opérations auxquelles il devait procéder (
DCSO/479/2010
du 11 novembre 2010 consid. 2.).
Suite à l'exécution de la saisie, le procès-verbal y relatif a été communiqué aux parties le 15 mars 2011, soit dans les quinze jours suivant l'échéance du délai de participation.
3.3.
La plainte est ainsi devenue sans objet, ce que l'Autorité de céans constatera, et la cause A/737/2011 sera rayée du rôle.
* * * * *