Decision ID: c16b05ad-2b20-52c6-8fae-fd2bb5149bd7
Year: 2017
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_001
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law

EN FAIT
, que par jugement du 9 novembre 2016, le Tribunal de première instance, statuant sur mesures protectrices de l'union conjugale, a notamment attribué à B_ la jouissance exclusive du domicile conjugal sis _ (ch. 2 du dispositif), condamné A_ à quitter le domicile conjugal précité dans un délai de six mois à compter de l'entrée en force du jugement (ch. 3), condamné B_ à verser à A_, par mois et d'avance, un montant de 2'000 fr. à titre de contribution à son entretien, à compter de son départ du domicile conjugal et ce durant une période de six mois, délai au terme duquel la contribution d'entretien sera réduite à 1'000 fr. (ch. 4) et qu'à verser un montant de 4'000 fr.à titre de provisio ad litem (ch. 7);
Que concernant le domicile conjugal, le Tribunal l'a attribué à B_ au motif que celui-ci tentait de se lancer dans une activité professionnelle indépendante dans le consulting en travaillant à la maison, de sorte que son maintien au domicile conjugal apparaissait comme la situation la moins onéreuse et que A_ n'avait pas de motif particulier d'y rester;
Que par acte déposé au greffe de la Cour le 21 novembre 2016, A_ a formé appel contre les chiffres précités du dispositif du jugement du 9 novembre 2016, concluant notamment à ce que le domicile conjugal lui soit attribué et à ce que B_ soit condamné à le quitter dans les quatre semaines suivant la date à laquelle l'arrêt de la Cour sera rendu et à ce que B_ soit condamné à lui verser une contribution d'entretien de 9'300 fr. ainsi qu'une provisio ad litem de 25'000 fr. pour ses frais d'avocat afférents à la procédure de première instance;
Qu'elle a conclu, préalablement, à l'octroi de l'effet suspensif à son appel, invoquant à cet égard qu'elle ne pourrait pas trouver un appartement suffisamment spacieux pour recevoir ses deux enfants avec une contribution d'entretien de 2'000 fr, puis de 1'000 fr., qu'en l'absence d'effet suspensif, elle se trouverait à la rue et subirait un grave préjudice difficilement réparable et que les parties ont cohabité et continuent de cohabiter malgré la procédure en cours;
Qu'invité à se déterminer à cet égard, B_ a conclu au rejet de la requête d'octroi de l'effet suspensif; qu'il invoque qu'il subirait un préjudice difficilement réparable s'il devait continuer à cohabiter avec A_, qu'un long délai de six mois a été octroyé à cette dernière de sorte que sa situation a déjà été prise en compte; que les enfants sont majeurs de sorte qu'elle n'a pas besoin d'un logement de quatre pièces pour les accueillir; qu'il est dans l'intérêt de leur fille C_, qui rencontre des difficultés, de ne plus subir l'ambiance extrêmement tendue liée à la cohabitation des parties dans le logement familial; que A_ ne soutient pas qu'elle ne pourrait pas être temporairement logée chez des amis ou de la famille; qu'elle a déjà commencé à chercher un logement et qu'au vu des critères d'attribution, le domicile conjugal lui sera attribué à lui;
Considérant,

EN DROIT
, que la Cour est saisie d'un appel au sens de l'art. 308 CPC;
Que l'ordonnance querellée portant sur des mesures provisionnelles, l'appel n'a pas d'effet suspensif ex lege (art. 315 al. 4 let. b CPC);
Qu'à teneur de l'art. 315 al. 5 CPC, l'exécution de mesures provisionnelles peut exceptionnellement être suspendue si la partie concernée risque de subir un préjudice difficilement réparable, notion permettant de tenir compte également d'un préjudice de fait et s'examinant à l'aune de l'efficacité du jugement à rendre à l'issue de la procédure ordinaire, qui en serait compromise (ATF
138 III 378
consid. 6.3; arrêt du Tribunal fédéral
4P.5/2002
du 8 avril 2002 consid. 3a);
Que, saisie d'une demande d'effet suspensif au sens de l'art. 315 al. 5 CPC, l'autorité cantonale d'appel doit ainsi procéder à une nouvelle pesée des intérêts entre les deux préjudices difficilement réparables, celui du demandeur à l'action si la mesure n'était pas exécutée immédiatement et celui qu'entraînerait pour le défendeur l'exécution de cette mesure (ATF
138 III 378
consid. 6.3 et les références citées;
137 III 475
consid. 4.1; arrêt du Tribunal fédéral
5A_514/2012
du 4 septembre 2012 consid. 3.2.2);
Que l'autorité cantonale doit faire preuve de retenue et ne modifier la décision de première instance que dans des cas exceptionnels; elle dispose cependant d'un large pouvoir d'appréciation permettant de tenir compte des circonstances concrètes du cas d'espèce (ATF
137 III 475
consid. 4.1 p. 478;
5A_403/2015
du 28 août 2015 consid. 5).
Qu'en l'espèce, le fait de devoir quitter le domicile conjugal pour la durée de la procédure d'appel avant, le cas échéant, si elle obtenait gain de cause, d'y revenir, ne constitue pas en tant que tel un préjudice difficilement réparable;
Que l'appelante dispose d'un délai de six mois pour quitter le domicile conjugal, soit un délai relativement long, étant par ailleurs relevé que les mesures protectrices de l'union conjugale sont soumises à la procédure sommaire, caractérisée par une certaine rapidité;
Que l'appelante n'a pas allégué qu'elle n'avait ni famille ni ami qui pourrait l'héberger pour la durée de la procédure devant la Cour;
Que les enfants des parties sont actuellement majeurs et aucun droit de visite sur eux n'a été fixé de sorte qu'il n'y a pas lieu de prendre en compte, en l'état, que l'appelante doit disposer de suffisamment de place pour leur permettre de dormir chez elle lors de l'exercice d'un droit de visite;
Qu'il ne peut être considéré à ce stade que l'appel est manifestement bien fondé;
Qu'au vu de ces circonstances, la requête de l'appelante tendant à la suspension du caractère exécutoire du jugement attaqué sera rejetée;
Qu'il sera statué sur les frais et dépens de l'incident avec la décision au fond (art. 104 al. 3 CPC).
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