Decision ID: d472362e-7244-4780-a193-7da1716a2ecc
Year: 2016
Language: fr
Court: VD_TC
Chamber: VD_TC_031
Canton: VD
Region: Région lémanique
Law Area: public_law

Vu les faits suivants
A.
X._ SA est une société constituée le 23 avril 2001 dont le but social est la création et l’exploitation d’un parcours forestier aérien ainsi que toute activité dans le domaine du sport et des loisirs. Un de ses administrateurs (avec signature individuelle) est Z._. X._ SA exploite depuis 2006 un parcours « d’accrobranche » au 2********, sis principalement sur la Commune de Bougy-Villars (ci-après : la commune). De 2007 à 2014, les activités de X._ SA n’ont pas été soumises à l’impôt sur le divertissement.
B.
Le 23 avril 2015, la Municipalité de Bougy-Villars a rendu une décision d’assujettissement de X._ SA à l’impôt sur le divertissement, tout en renonçant à percevoir l’arriéré de cet impôt de 2007 à 2013.
X._ SA a recouru contre cette décision auprès de la commission de recours de la commune (ci-après : la commission) le 21 mai 2015. Par décision du 27 octobre 2015, la commission a rejeté le recours précité.
C.
Le 30 novembre 2015, X._ SA a recouru devant la Cour de droit administratif et public du Tribunal cantonal (CDAP) contre cette décision. Elle se plaint notamment du fait qu'elle n'a pas été auditionnée par la commission.
Le 10 décembre 2015, la commission a exposé que le droit d’être entendu de la recourante avait été respecté dans la mesure où Z._ avait été entendu lors d’un entretien téléphonique. La recourante s’est déterminée le 22 décembre 2015. Elle confirme que Z._ a effectivement reçu un appel téléphonique d’un membre de la commission (Y._), au cours duquel une discussion tout à fait informelle avait été menée sur la question litigieuse. Elle a déclaré maintenir son recours. La commission a, en date du 5 janvier 2016, admis que la seule audition de la recourante avait été l’entretien téléphonique entre Z._ et Y._ et a confirmé sa décision.
D.
La cour a statué sans autre mesure d'instruction, selon la procédure simplifiée de l'art. 82 de la loi vaudoise du 28 octobre 2008 sur la procédure administrative (LPA-VD; RSV 173.36).

Considérant en droit
1.
Déposé dans le délai de trente jours fixé par l’art. 95 de la loi vaudoise du 28 octobre 2008 sur la procédure administrative (LPA-VD; RSV 173.36), le recours est intervenu en temps utile. Il respecte au surplus les conditions formelles énoncées à l’art. 79 LPA-VD.
2.
a) L'art. 47 de la loi vaudoise du 5 décembre 1956 sur les impôts communaux (LICom, RSV 650.11) a la teneur suivante:
"Audition du recourant
1
La commission de recours convoque le recourant et ordonne toutes mesures d'instruction qu'elle juge nécessaires.
2
Abrogé."
La violation de cette prescription conduit en principe à l'annulation pure et simple de la décision viciée, à moins que celui qui n’a pas été entendu dans la procédure devant la commission communale de recours renonce formellement à ce droit (cf., en dernier lieu, arrêts FI.2015.0082 du 3 août 2015, FI.2015.0040 du 2 juin 2015; FI.2014.0101 du 9 avril 2015 et FI.2014.0011 du 3 octobre 2014).
b) En l'espèce, l'autorité intimée a statué sans entendre préalablement la recourante. Certes, un entretien téléphonique a eu lieu entre un des administrateurs de cette dernière et un membre de la commission. Cependant, cela ne saurait suffire pour admettre que le droit d’être entendu de la recourante a été respecté. Comme le relève à juste titre l’intéressée, une telle conversation téléphonique ne peut être assimilée à une audition au sens de l’art. 47 LIcom. La commission n’était pas dans sa composition régulière puisque seul un de ses membres a procédé à l’appel. De plus, la recourante n’a pas eu le temps nécessaire pour préparer sa défense, ni se faire assister, comme elle en aurait eu la faculté si elle avait reçu une convocation à une audience. Ainsi, la commission a violé l'art. 47 LICom. Ce vice n'est pas réparable, la recourante n'ayant pas renoncé formellement à son droit d'être auditionnée ; elle s'en plaint au contraire.
3.
Manifestement bien fondé, le recours doit être admis pour violation de l’art. 47 LICom et la décision attaquée annulée. La cause sera renvoyée à l'autorité intimée pour qu’elle statue à nouveau, après avoir entendu personnellement un représentant de la recourante.
Vu l'issue du litige, les frais de justice seront mis à la charge de la commune (art. 49 al. 1, 91 et 99 LPA-VD). Obtenant gain de cause en ayant procédé par l’intermédiaire d’un mandataire professionnel, la recourante a droit à des dépens, également à charge de la commune (art. 55, 91 et 99 LPA-VD).