Decision ID: a0605411-50cc-5924-975f-64adbe8c3acd
Year: 2015
Language: fr
Court: FR_TC
Chamber: FR_TC_011
Canton: FR
Region: Espace_Mittelland
Law Area: social_law

attendu
que l'assuré, né en 1954, marié, père de quatre enfants désormais tous majeurs, s'est vu signifier un refus de rente AI le 25 mai 2010 par l'Office de l'assurance-invalidité du canton de Fribourg (: l'OAI), au vu d'un degré d'invalidité de 8.72%, décision confirmée par arrêt du 19 avril 2012 du Tribunal de céans;
que le 24 mars 2013, Me Kaufmann, déjà mandataire dans la procédure antérieure, déposa auprès de l'OAI une procuration du 17 du même mois, et requit la consultation du dossier (il y fut fait droit le 26 mars 2014), sa mission étant de déposer une nouvelle demande de prestations;
que ce mandataire signa le 30 juin 2014 un formulaire de demande ad hoc, dans lequel il indiqua, au titre de l'atteinte à la santé, "Dépression grave, Anxiété", avec une aggravation depuis deux ans, ainsi que le suivi par le Dr B._, psychiatre, depuis deux ans, pour dépression; il ajouta qu'un certificat médical suivrait;
que le 11 août 2014, l'OAI annonça projeter le refus d'entrer en matière sur cette nouvelle demande, arguant qu'un nouvel examen ne pourrait être envisagé que s'il était rendu plausible par l'assuré que des modifications déterminantes étaient intervenues, par la production notamment d'une attestation médicale motivant l'aggravation de l'état de santé et précisant depuis quand celle-là était survenue; un délai de 30 jours, non prolongeable, était octroyé pour apporter la preuve de l'aggravation ou formuler des objections;
que par courrier du 29 août 2014, le mandataire indiqua que la détermination et les pièces justificatives concernant l'état de santé parviendraient à l'OAI d'ici le 13 septembre 2014 au plus tard;
que le 15 septembre 2014, l'avocat requis une prolongation de délai de 30 jours, arguant n'avoir pas encore pu rassembler les informations médicales pour compléter la demande;
que par décision du 23 septembre 2014, l'OAI refusa d'entrer en matière sur la nouvelle demande de prestations, dès lors qu'il n'avait pas été rendu vraisemblable que les conditions de fait s'étaient modifiées de manière essentielle depuis la décision précédente; en outre, comme indiqué dans le projet du 11 août 2014, le délai pour apporter les preuves de l'aggravation de l'état de santé ne pouvait être prolongé;
que contre cette décision, l'assuré, représenté par Me Kaufmann, dépose recours le 29 octobre 2014, concluant, sous suite de frais et dépens, au renvoi de la cause à l'OAI pour examen matériel; il demande, subsidiairement, d'être mis au bénéfice de l'assistance judiciaire; en outre, il requiert un délai supplémentaire de 20 jours pour compléter le dossier de la cause;
qu'il soutient que l'OAI a refusé de lui accorder une prolongation de délai pour déposer des documents médicaux, ce qui constitue une inégalité de traitement dès lors que dans d'autres dossiers, notamment pour son épouse, cela fut admis; il n'a pas encore pu rassembler tous les documents médicaux, mais produit "pour l'instant" un rapport du Dr B._, "attestant bel et bien une aggravation de [l']état de santé psychique depuis 2012";
que le 4 novembre 2014, il est indiqué au mandataire du recourant qu'il ne serait pas fait droit à sa requête de prolongation de délai pour compléter le dossier; il est en outre demandé que soit précisée et justifiée la requête d'assistance judiciaire, et que soit produite une procuration;
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que le 17 novembre 2014, Me Kaufmann requiert une prolongation de délai pour déposer ses conclusions quant à l'assistance judiciaire, les pièces justificatives de celles-ci ainsi que la procuration, arguant ne pouvoir s'entretenir avec son client que la semaine qui suivrait;
que le 5 décembre 2014, il demande une dernière prolongation pour déposer les pièces justificatives, l'intéressé n'ayant pas encore eu l'opportunité de lui remettre les documents, notamment pour le Service social; un ultime délai au 31 décembre 2014 lui est octroyé;
que dans sa détermination du 9 décembre 2014, l'OAI conclut au rejet du recours; l'administration relève qu'aucune pièce médicale propre à établir l'aggravation de l'état de santé n'était jointe à la demande de prestations AI, et que six mois après la communication de l'intention de déposer une telle demande, aucun document médical ne lui avait encore été communiqué lorsque fut rendue la décision attaquée; or, après un refus de rente, une demande ultérieure aurait dû être étayée médicalement avec une pièce fournie à l'appui de celle-ci ou établie au plus tard à ce moment-là; et il n'y avait pas lieu de donner une prolongation de délai pour fournir cette pièce, le délai de 30 jours dès la notification du projet de décision étant suffisant pour régulariser la situation; l'affaire de l'épouse était quelque peu différente, dans la mesure où celle-ci était au bénéfice d'une rente AI, et il avait pu lui être accordé une prolongation de délai pour motiver l'aggravation alléguée; en cas de nouvelle demande faisant suite à un refus de rente, en revanche, "soit l'assuré a une attestation prouvant l'aggravation de son état de santé, motif du dépôt de sa demande, soit il ne l'a pas";
que le 5 janvier 2015, soit hors le délai fixé pour ce faire, le recourant conclut à ce qu'il soit mis au bénéfice de l'assistance judicaire et que son mandataire lui soit désigné comme conseil juridique d'office; aucune pièce n'est produite, mais il est allégué que l'intéressé ne touche même pas l'aide spécifique du Service social et est entièrement à la charge de ses enfants; une procuration datant du 17 mars 2014 est produite;

considérant
que selon l'art. 87 al. 4 du règlement du 17 janvier 1961 sur l'assurance-invalidité (RAI; RS 831.201), lorsque la rente a été refusée parce que le degré d'invalidité était insuffisant, la nouvelle demande ne peut être examinée que si les conditions prévues à l'al. 3 sont remplies; d'après cet alinéa, lorsqu'une demande de révision est déposée, celle-ci doit établir de façon plausible que l'invalidité s'est modifiée de manière à influencer les droits de l'assuré;
que lorsqu'il dépose une nouvelle demande, l'assuré doit ainsi rendre plausible une modification notable des faits déterminants influant sur le droit aux prestations, (cf. ATF 130 V 64 consid. 5.2.5; 130 V 71 consid. 2.2),
que, dit autrement, lorsqu'elle est saisie d'une nouvelle demande, l'administration doit commencer par examiner si les allégations de l'assuré sont, d'une manière générale, plausibles; si tel n'est pas le cas, l'affaire est liquidée d'entrée de cause et sans autres investigations par un refus d'entrée en matière; le principe inquisitoire, selon lequel les faits pertinents de la cause doivent être constatés d'office par l'autorité (cf. art. 43 al. 1 de la loi fédérale du 6 octobre 2000 sur la partie générale du droit des assurances sociales [LPGA; RS 830.1]), ne s'applique pas à la procédure de l'art. 87 al. 3
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RAI; eu égard au caractère atypique de celle-ci dans le droit des assurances sociales, l'administration peut appliquer par analogie l'art. 43 al. 3 LPGA, lequel permet aux organes de l'AI de statuer en l'état du dossier en cas de refus de l'assuré de coopérer, à la procédure régie par l'art. 87 al. 3 RAI, à la condition de s'en tenir aux principes découlant de la protection de la bonne foi; ainsi, lorsqu'un assuré introduit une nouvelle demande de prestations sans rendre plausible que son invalidité s'est modifiée, notamment en se bornant à renvoyer à des pièces médicales qu'il propose de produire ultérieurement ou à des avis médicaux qui devraient selon lui être recueillis d'office, l'administration doit lui impartir un délai raisonnable pour déposer ses moyens de preuve, en l'avertissant qu'elle n'entrera pas en matière sur sa demande pour le cas où il ne se plierait pas à ses injonctions; enfin, cela présuppose que les moyens proposés soient pertinents, en d'autres termes qu'ils soient de nature à rendre plausibles les faits allégués (cf. arrêt 9C_789/2012 du 27 juillet 2013 consid. 2 et les réf.).
que l’office AI communique à l’assuré, au moyen d’un préavis, toute décision finale qu’il entend prendre au sujet d’une demande de prestations (cf. art. 57a de la loi du 19 juin 1959 sur l'assurance-invalidité [LAI; RS 831.20]); l’assuré a le droit d’être entendu, conformément à l’art. 42 LPGA;