Decision ID: bc550b38-548f-423e-9f7f-c25b76f4c7b1
Year: 2020
Language: fr
Court: VS_BZG
Chamber: VS_BZG_999
Canton: VS
Region: Région lémanique
Law Area: 

Faits
A. Le territoire de la commune de A _ est régi par un plan d’affectation des
zones (ci-après : PAZ) et un règlement communal de construction (ci-après : RCC) votés
en conseil général, le 23 octobre 2000, et approuvés en Conseil d’Etat, le 25 juin 2003.
Sur les hauts de la station de E _, les surfaces sont pour l’essentiel rangées en
zone agricole 2 (art. 112 RCC) et en zone destinée à la pratique des activités sportives
pour le domaine skiable (art. 120a RCC), quand elles ne font pas partie de l’aire forestière.
Le domaine skiable de B _ SA s’étend sur les territoires de quatre communes,
dont celle de A _, et fait l’objet d’un plan d’aménagement détaillé (ci-après :
PAD). Dans le cadre de sa restructuration et conformément aux principes fixés dans le
plan directeur cantonal, B _ SA a réalisé une planification globale de son
domaine skiable pour la période 2005-2020. Cette planification nécessitait une
modification partielle des PAZ des quatre communes concernées.
B. Le 19 octobre 2007, ces collectivités, dont celle de A _, ont fait publier au
Bulletin officiel (B. O.) n° xxx (p. xxx) un projet de modifications partielles de leurs PAZ,
de leurs règlements communaux des constructions et des zones, ainsi que du PAD du
domaine skiable de B _ SA. Deux demandes d’autorisation de défrichement
liées à cette planification ont également été mises à l’enquête à cette occasion.
Ce projet a suscité plusieurs oppositions émanant de particuliers et du WWF Suisse. A
la suite de séances de conciliation, il a été légèrement modifié. Les conseils communaux
des collectivités concernées ont écarté les oppositions qui ont été maintenues, décisions
communiquées le 1er octobre 2008.
Le 17 avril 2009, les communes concernées ont fait paraître au B. O. n° xxx (p. xxx s.)
les décisions que leur pouvoir législatif respectif avaient prises entre les mois de
décembre 2008 et de février 2009 d’adopter les modifications partielles précitées ; ont
été également mis à l’enquête à cette occasion un nouveau dossier de défrichement
ainsi qu’une demande y relative concernant le secteur « D _ – C _ »
et modifiant l’une des requêtes publiées en 2007.
A la suite de cette publication, seul le WWF Suisse a déposé un recours administratif au
Conseil d’Etat contre ces décisions, le 16 mai 2009.
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C. Le 7 août suivant, les communes ont remis à l’exécutif cantonal une requête
d’homologation pour les modifications partielles précitées de leurs PAZ, de leurs
règlements et du PAD.
Le Service des affaires intérieures et communales (ci-après : SAIC), organe d’instruction
du Conseil d’Etat, a dès lors consulté les services cantonaux appelés à rendre leurs
préavis. Dans le cadre de cette procédure, une séance réunissant des représentants de
la commune de A _, de B _ SA et des divers services cantonaux
impliqués s’est tenue, le 3 août 2010, à l’issue de laquelle il a été décidé de modifier le
projet de planification globale dans le secteur « D _ – C _ ». Ledit
secteur a alors fait l’objet d’une procédure de planification distincte, amorcée par la
publication d’un avis au B. O. n° xxx du xxx 2011 (p. xxx). Le contentieux qui en a résulté
est tranché ce jour dans l’affaire A1 20 70, après avoir donné lieu à une première
procédure de recours jusque devant le Tribunal fédéral. Il concerne notamment la
planification d’un télémix permettant aux skieurs de rallier C _ depuis
D _, à proximité du terrain de golf.
Pour ce qui a trait à la planification globale du domaine skiable de B _ SA, à
l’exception du secteur susmentionné, le Service du développement territorial (ci-après :
SDT) a rendu un premier préavis de synthèse favorable, le 16 février 2011, tout en
émettant diverses remarques qui impliquaient de modifier et de compléter le dossier
d’homologation. Le 1er mars 2012, le SDT a proposé au SAIC de faire approuver la
planification en question par le Conseil d’Etat, sous certaines réserves et conditions.
D. Le 7 septembre 2012, le Département des finances, des institutions et de la santé,
actuellement le Département de la sécurité, des institutions et du sport (ci-après : DSIS),
a publié au B. O. n° xxx (p. xxx) un avis informatif concernant les modifications apportées
aux PAZ et aux règlements des communes concernées, dont celle de A _,
ainsi qu’au PAD du domaine skiable de B _ SA dans le cadre de la procédure
d’homologation en cours.
Le 6 février 2013, le Conseil d’Etat a approuvé le projet de planification globale du
domaine skiable de B _ SA, à savoir les modifications partielles des PAZ et
des règlements des communes impliquées, ainsi que celles touchant le PAD de ce
domaine skiable. Par même décision, il a autorisé le défrichement sollicité pour la
réalisation de la piste de liaison « C _ - D _ » et qui portait sur une
surface de 3 853 m2. Ce prononcé a fait l’objet d’un avis publié au B. O. n° xxx du xxx
2013 (p. xxx).
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E. Le 18 mars 2013, R _, S _, T _, U _,
V _, W _, X _, Y _ et Z _ ont conclu
céans, sous suite de dépens, à l’annulation de cette décision en ce qu’elle concernait le
défrichement et la création de la piste « C _ - D _ ». Ils ont requis la
transmission du dossier de défrichement à l’Office fédéral des transports (ci-après :
OFT), chargé de statuer sur l’octroi de la concession et l’approbation des plans du
télémix et, subsidiairement, le traitement des questions relatives à la création de ladite
piste d’accès dans le cadre de la procédure de planification parallèle ouverte pour le
secteur « D _ – C _ ». Les susnommés ont d’abord justifié leur
qualité pour agir en indiquant être tous propriétaires de parcelles sises à proximité de la
station de départ du télémix projeté, installation de remontée mécanique dont ils avaient
contesté la construction auprès de l’OFT. A la forme, ils ont invoqué une violation de leur
droit d’être entendus, arguant que l’accès à l’intégralité du dossier leur avait été refusé.
Sur le fond, ils ont soutenu que la planification de la piste de ski précitée devait être
intégrée à la procédure distincte relative au secteur « D _ –
C _ », puisque l’existence de ce tracé était justifiée par la réalisation du
télémix projeté dans ce secteur et objet de ladite procédure ; cette solution s’imposait
pour des raisons de coordination. De même, le défrichement induit par la création de
cette piste devait être approuvé par l’OFT. Enfin, les intéressés ont invoqué la violation
de l’article 47 de l’ordonnance du 28 juin 2000 sur l’aménagement du territoire (OAT ;
RS 700.1) ainsi que des dispositions topiques de la loi fédérale du 7 octobre 1983 sur la
protection de l'environnement (LPE ; RS 814.01) et de l'ordonnance fédérale sur 19
octobre 1968 relative à l'étude de l'impact sur l'environnement (OEIE ; RS 814.011). A
titre de moyens de preuve, ils ont sollicité le dépôt du dossier de la cause, ainsi que
l’audition d’un juriste du SAIC. Ils ont joint à leur mémoire en particulier une lettre de
l’OFT du 18 janvier 2013, dans laquelle celui-ci confirmait être compétent pour statuer,
dans le cadre de la procédure d’approbation des plans du télémix, sur les défrichements
liés à la réalisation de cette installation et à la piste d’accès indispensable à son
exploitation et demandait que le défrichement et les servitudes liés à ce projet soient
traités matériellement dans le PAZ / PAD et qu’une réserve concernant la compétence
fédérale en matière d’autorisation y soit intégrée.
Le 27 mars 2013, le Conseil d’Etat a déposé son dossier et proposé déclarer le recours
irrecevable, précisant que les intéressés n’étaient jamais intervenus dans le cadre de la
procédure d’homologation et de défrichement, que ce soit au stade de la publication du
projet en 2007 ou au stade de l’avis informatif du 7 septembre 2012.
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Sur la base de ce même constat, la commune de A _, seule des quatre
collectivités à intervenir, a proposé de déclarer le recours irrecevable, subsidiairement
de le rejeter pour autant que recevable, le 3 mai 2013. Elle a en outre relevé que la piste
de liaison critiquée, pour laquelle un défrichement portant sur une surface de 3 853 m2
avait été autorisé, devait être distinguée de la piste d’accès au télémix projeté, laquelle
reliait la station de départ de cette installation de remontée mécanique depuis
F _ (sommet du téléski G _) et pour laquelle un défrichement de
4 393 m2 devait être approuvé par l’OFT. Elle s’est demandée si les opposants n’avaient
pas confondu les deux tracés.
Le 8 mai 2013, ceux-ci ont précisé qu’ils contestaient l’aménagement de toute la partie
inférieure de la piste de liaison « C _ - D _ », c’est-à-dire depuis
H _, ainsi que tout défrichement nécessaire à la création de cette piste. Ils ne
s’opposaient en revanche pas à l’entrée en force de la décision d’homologation pour les
autres points de la planification globale. Dès lors, à la demande de la commune de
A _ et d’entente avec les opposants, la Cour de droit public a, le 17 mai 2013,
levé l’effet suspensif du recours A1 13 233 dans toute la mesure acceptée par ceux-ci.
Le 25 juin suivant, la procédure a été suspendue à la demande des parties qui avaient
engagé des pourparlers.
Sur requête de la commune de A _ et d’entente avec les opposants, la Cour
de droit public a levé l’effet suspensif du recours A1 13 233 pour le secteur I _,
le 18 octobre 2013.
Le 14 avril 2014, les parties ont indiqué s’être accordées, d’entente avec
B _ SA, sur une modification du tracé de la partie inférieure de la piste de
liaison « C _ – D _ ». Elles ont déposé une convention datée du
23 décembre 2013 formalisant cet accord, ainsi qu’un plan montrant la variante
proposée (en rose) et le tracé homologué (en orange) contre lequel les opposants
indiquaient maintenir leur recours. Trois jours plus tard, la Cour de droit public a indiqué
qu’elle levait l’effet suspensif du recours A1 13 xxx pour tout le domaine skiable du
secteur de E _, à l’exception du tracé inférieur de la piste « C _ –
D _ ».
A la suite de l’arrêt du Tribunal fédéral 1C_515/2014 rendu le 22 juin 2016, qui admettait
partiellement le recours formé dans l’affaire de la planification du télémix et renvoyait le
dossier pour compléments d’instruction, les parties ont été invitées à se déterminer à
nouveau.
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Le 14 décembre 2016, R _, S _, T _, U _,
V _, W _, X _, Y _ et Z _ ont indiqué
qu’ils attendaient que la modification du tracé de la piste « C _ –
D _ », que mentionnait la convention du 23 décembre 2013, soit homologuée,
avant de retirer leur recours.
Le lendemain, le juge chargé de l’instruction a pris acte de ces indications et confirmé
que l’instruction de la cause était suspendue.
La décision d’homologation du Conseil d’Etat relative à la planification du télémix a été
rendue, le 4 mars 2020. Elle a fait l’objet d’un recours de droit administratif céans, le
20 avril suivant (A1 20 70).

Considérant en droit
1.1 Aux termes de l’article 44 alinéa 1 lettre a de la loi du 6 octobre 1976 sur la procédure
et la juridiction administratives (LPJA ; RS/VS 172.6), applicable à la procédure de
recours de droit administratif par renvoi de l’article 80 alinéa 1 lettre a LPJA, a qualité
pour recourir quiconque est atteint par la décision et a un intérêt digne de protection à
ce qu'elle soit annulée ou modifiée. En revanche n'a pas qualité pour recourir celui qui a
négligé d'agir devant une instance inférieure alors qu'il en avait la possibilité (al. 2).
En matière d’aménagement du territoire, l’article 34 de la loi du 23 janvier 1987
d'application de la loi fédérale sur l’aménagement du territoire (LcAT ; RS/VS 701.1)
règle la procédure d’enquête publique précédant l’adoption ou la modification d’un PAZ
et/ou d’un règlement communal des constructions. Il prévoit que les règlements et les
plans d'affectation des zones sont déposés publiquement pendant 30 jours. La mise à
l'enquête est portée à la connaissance du public par insertion dans le B. O. et par
affichage au pilier communal (al. 1). Ont qualité pour former opposition les personnes
touchées par les mesures d'aménagement et qui possèdent un intérêt digne de
protection à ce qu'elles soient annulées ou modifiées (al. 2). Les oppositions dûment
motivées doivent être adressées par écrit au conseil municipal dans les 30 jours dès la
publication dans le B. O. Celui qui n'a pas formé opposition dans les délais ne peut plus
faire valoir ses droits dans la procédure, sauf si des modifications éventuelles sont
apportées ultérieurement au plan d'affectation des zones et aux règlements. Mention en
est faite dans la publication (al. 3).
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1.2 En l’occurrence, il est constant que les recourants n’ont pas formé opposition à la
suite de la publication au B. O. du xxx 2007, qui faisait mention du projet de modifications
partielles des PAZ des quatre communes concernées (dont celle de A _), de
leurs règlements communaux des constructions et des zones, ainsi que du PAD du
domaine skiable de B _ SA. Dite publication indiquait également la mise à
l’enquête de deux demandes d’autorisation de défrichement, dont celle liée à la création
du télémix et de la piste de ski « C _ – D _ ». Les recourants ne sont
pas non plus intervenus à la suite de l’avis informatif que le DSIS a fait paraître au B. O.
du xxx 2012.
En vertu des articles 44 alinéa 2 LPJA et 34 alinéa 3 LcAT, les recourants sont forclos.
On devait en effet attendre de leur part qu’ils déposent une opposition et fassent valoir
leurs arguments dans le délai ouvert par la publication du projet de modifications
partielles au B. O. du xxx 2007. S’ils s’estimaient touchés par les modifications décidées
en cours de procédure et parues au B. O. du xxx 2012, ils devaient également faire valoir
leurs observations dans le délai ouvert par cette publication. Dès lors qu’ils se sont
abstenus de faire opposition ou de déposer des observations, les recourants n’ont pas
qualité pour agir céans contre la décision d’homologation rendue le 6 février 2013.
2.1 Attendu ce qui précède, le recours est irrecevable (art. 80 al. 1 let. e et 60 al. 1
LPJA). Ce résultat s’impose sans qu’il ne soit nécessaire de donner suite à l’offre de
preuve des recourants relative à l’audition d’un juriste du SAIC.
2.2 Vu l'issue du litige, les frais de la cause sont mis à la charge des recourants,
solidairement entre eux (art. 88 al. 2 et 89 al. 1 LPJA) ; ceux-ci n’ont pas droit à des
dépens (art. 91 al. 1 a contrario LPJA).
2.3 Eu égard aux principes de la couverture des frais et de l’équivalence des prestations
et compte tenu des critères d'appréciation et des limites des articles 13 alinéa 1 et 25 de
la loi du 11 février 2009 fixant le tarif des frais et dépens devant les autorités judiciaires
ou administratives (LTar ; RS/VS 173.8), l'émolument de justice est fixé à 1500 fr.,
débours compris (art. 11 LTar).
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