Decision ID: 81bdc760-8b38-55f0-aa63-fd7e34f6fa92
Year: 2022
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_001
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law

EN FAIT
, que par jugement du 21 décembre 2021, le Tribunal de première instance a notamment condamné D_ à verser par mois et d'avance, en mains de C_, à titre de contribution pour l'entretien de l'enfant B_, dès le 1er juin 2021, sous déduction des montants déjà versés, les montants de 800 fr. jusqu'à 5 ans révolus, 900 fr. de 5 ans révolus à 10 ans révolus, 1'000 fr. de 10 ans à 15 ans révolus et 1'100 fr. de 15 ans révolus à 18 ans révolus, et au-delà en cas d'études sérieuses et régulières suivies (ch. 3 du dispositif);
Que le Tribunal a retenu que les charges effectives de l'enfant mineur s'élèvent à 798 fr. 90, que celles de sa mère, qui dépend entièrement de l'Hospice général, sont de 2'855 fr. et que le père perçoit un salaire de 4'409 fr. 15 par mois et supporte des charges de 2'790 fr., ce qui lui laisse un disponible de 1'619 fr. 15;
Que par acte expédié le 1
er
février 2021, D_ a formé appel contre le ch. 3 précité; qu'il a conclu à ce qu'il lui soit donné acte de son engagement à verser à C_, à titre de contribution à l'entretien de B_, une somme mensuelle de 400 fr., allocations familiales non comprises tant qu'il n'aura pas de revenus supplémentaires à 4'400 fr. nets par mois (13
ème
salaire et prime inclus) dès le 1
er
juin 2021, ainsi que les allocations familiales s'il les perçoit;
Qu'il soutient que ses charges se sont modifiées, en ce qui concerne notamment son loyer et son assurance maladie, et qu'elles s'élèvent actuellement à 3'992 fr., de sorte que son disponible est, au plus, de 407 fr., voire 290 fr.; que la contribution d'entretien fixée par le Tribunal entame ainsi son minimum vital;
B_ a conclu au rejet de l'appel et à la confirmation du jugement du 21 décembre 2021;
Que dans sa réponse, elle a préalablement conclu au retrait de l'effet suspensif à l'appel formé par D_; qu'elle a contesté que ce dernier devait supporter de nouvelles charges et a invoqué que sa mère ne couvrait pas ses propres charges, de sorte que l'effet suspensif la plaçait dans une situation précaire;
Que D_ a conclu au déboutement de B_ de ses conclusions sur retrait d'effet suspensif et à ce qu'il lui soit donné acte de ce qu'il continuera de payer durant la procédure un montant de 400 fr. à titre de contribution à l'entretien de sa fille;
Considérant,

EN DROIT
, que la Cour est saisie d'un appel au sens de l'art. 308 CPC;
Que selon l'art. 315 CPC, l'appel suspend la force de chose jugée et le caractère exécutoire de la décision dans la mesure des conclusions prises en appel (al. 1);
Que selon l'art. 315 al. 2 CPC, l'instance d'appel peut autoriser l'exécution anticipée; elle ordonne au besoin des mesures conservatoires ou la fourniture de sûretés;
Que l'effet suspensif de l'appel constituant la règle, l'exécution anticipée ne doit être accordée qu'exceptionnellement, lorsque les circonstances l'exigent, notamment si une des parties est exposée, à défaut, à subir un préjudice difficilement réparable;
Qu'en la matière, l'instance d'appel dispose d'un large pouvoir d'appréciation (Jeandin, Commentaire romand, CPC, 2
ème
éd. 2019, n. 4 ad art. 315 CPC);
Qu'en l'espèce, à suivre les explications de l'appelant devant la Cour, son minimum vital serait entamé s'il devait verser le montant de la contribution d'entretien fixée par le Tribunal, compte tenu de l'augmentation de ses charges; qu'il ne peut être considéré à ce stade,
prima facie
, que l'appel est d'emblée manifestement dépourvu de toute chance de succès; qu'il convient dès lors de s'en tenir au principe selon lequel l'appel a un effet suspensif, auquel il ne peut être dérogé qu'exceptionnellement;
Que cela étant, l'appelant admet devoir verser un montant mensuel de 400 fr. à l'entretien de sa fille, lequel sera dès lors dû, à tout le moins, à l'issue de la procédure devant la Cour;
Que la requête d'exécution anticipée sera par conséquent admise en tant qu'elle porte sur le paiement par l'appelant dudit montant de 400 fr. par mois;
Qu'en ce qui concerne les contributions d'entretien dues pour des périodes désormais révolues, il ne se justifie cependant pas d'ordonner formellement l'exécution anticipée du jugement attaqué, l'appelant s'étant engagé à verser ce montant et l'intimée pouvant attendre le prononcé de l'arrêt de la Cour pour obtenir, si nécessaire, le payement des montants qui lui seront éventuellement alloués;
Que l'exécution anticipée ne sera par conséquent ordonnée qu'à compter du premier jour du mois courant, soit le 1
er
mars 2022;
Que les frais relatifs à la présente procédure seront fixés dans le cadre de l'arrêt au fond (art. 104 al. 3 CPC).
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