Decision ID: 4eb26289-bb0c-56ed-8954-6766e19d2128
Year: 2004
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_014
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: social_law

Attendu en fait que
Monsieur F_, né le octobre 1964, avait été mis au bénéfice d’une rente entière d’invalidité dès le 1
er
août 1985 ;
Qu’à la suite de plusieurs révisions du dossier survenues en 1989, 1992 et 1994, le droit à la rente avait été maintenu ;
Que l’assuré a accompli du 21 octobre au 15 décembre 2002 un stage dans le cadre du Centre d’observation professionnelle de assurance-invalidité (ci-après COPAI) ;
Qu’il appert des conclusions du rapport établi à l’issue du stage le 14 janvier 2003, que l’assuré présentait une capacité de travail de 60% ;
Que par décision du 2 avril 2003, l’OCAI a, retenant un degré d’invalidité de 35,9%, supprimé la rente avec effet au 1
er
juin 2003 ;
Qu’il a retiré l’effet suspensif à une éventuelle opposition ;
Que l’assuré a fait opposition le 16 avril et requis le rétablissement de l’effet suspensif ;
Que par décision incidente sur opposition du 20 juin 2003, l’OCAI a rejeté la requête ;
Qu’il rappelle en effet qu’en avril 1987, les médecins avaient estimé à 100% l’incapacité de travailler de l’intéressé en qualité de sommelier ou de garçon d’office ; qu’ils avaient cependant relevé qu’un recyclage devait être envisagé dans une profession adaptée ;
Que le Docteur A_ a, dans son rapport d’expertise du 22 juin 2002, déclaré que l’assuré pouvait à présent travailler à plein temps dans une activité légère avec possibilités de changement de position ;
Que les maîtres de stage du COPAI ont conclu à une capacité de travail de 60% dans un emploi simple, léger et pratique ;
Qu’il résulte de la comparaison théorique des gains à laquelle a procédé l’OCAI un taux d’invalidité de 35,9% ;
Que l’intéressé, représenté par Maître Pierre GABUS, a interjeté recours le 2 juillet contre la décision incidente sur opposition ;
Qu’il souligne que dans son rapport du 26 juin 2002, le Docteur B_ qualifie l’état de santé de son patient de stationnaire ;
Qu’il constate que le COPAI s’est borné à une appréciation théorique de sa capacité de travail, puisqu’il avait été très souvent absent, précisément en raison de son état de santé ;
Qu’il fait enfin valoir que la suppression de la rente le place dans une situation financière très difficile, les prestations de l’AI constituant le seul revenu, pour lui-même, son épouse et leurs deux enfants encore mineurs ;
Que par arrêt incident du 23 septembre 2003, le Tribunal cantonal des assurances sociales a refusé de rétablir l’effet suspensif ;
Que l’assuré a déposé le 10 octobre 2003 un recours de droit administratif contre ledit arrêt ;
Que le 1
er
avril 2004, le Tribunal fédéral des assurances – TFA – constatant que l’élection des deux juges assesseurs ayant participé à la procédure et à la décision avait été invalidée par le Tribunal fédéral, a annulé l’arrêt du 23 septembre 2003, en raison de la composition irrégulière du Tribunal ;
Que le TFA a renvoyé la cause au Tribunal de céans pour qu’il statue à nouveau ;

Considérant en droit
que le Tribunal de céans s’est à nouveau saisi du dossier, siégeant sans assesseur, dans une composition de trois juges, conformément à la disposition transitoire adoptée par le Grand Conseil le 13 février 2004 (art. 162 LOJ) ;
Que selon l’article 97 al. 2 LAVS, applicable par analogie à l’assurance-invalidité en vertu de l’article 81 LAI (dispositions applicables en l’espèce dans leur teneur en vigueur jusqu’au 31 décembre 2002 [entrée en vigueur de la loi fédérale sur la partie générale du droit des assurances sociales, LPGA, au 1
er
janvier 2003] ; ATF
127 V 467
consid. 1,
121 V 366
consid. 1b), l’OCAI peut, dans sa décision, prévoir qu’un recours éventuel n’aura pas d’effet suspensif, même si la décision porte sur une prestation pécuniaire ; qu’au surplus, l’article 55 al 2 à 4 PA est applicable ;
Queselon l’alinéa 3 de cette disposition, l’autorité de recours ou son président peut restituer l’effet suspensif à un recours auquel l’autorité inférieure l’avait retiré ;
Que la demande de restitution de l’effet suspensif est traitée sans délai ;
Que d’après la jurisprudence relative à l’article 55 al. 1 PA, la possibilité de retirer l’effet suspensif au recours n’est pas subordonnée à la condition qu’il existe, dans le cas particulier, des circonstances tout à fait exceptionnelles qui justifient cette mesure ;
Qu’il incombe bien plutôt à l’autorité appelée à statuer, en application de l’article 55 PA, d’examiner si les motifs qui parlent en faveur de l’exécution immédiate de la décision l’emportent sur ceux qui peuvent être invoqués à l’appui de la solution contraire ;
Que l’autorité dispose sur ce point d’une certaine liberté d’appréciation ;
Qu’en général, elle se fondera sur l’état de fait tel qu’il résulte du dossier, sans effectuer de longues investigations supplémentaires ;
Qu’en procédant à la pesée des intérêts en présence, les prévisions sur l’issue du litige au fond peuvent également être prises en considération ;
Qu’il faut cependant qu’elles ne fassent aucun doute ;
Que par ailleurs, l’autorité ne saurait retirer l’effet suspensif au recours lorsqu’elle n’a pas de raisons convaincantes pour le faire (ATF
124 V 88
sv consid. 6a,
117 V 191
consid. 2b et les références) ;
Que ces principes s’appliquent également dans le cadre de l’article 97 al. 2 LAVS (ATF
110 V 46
).
Qu’en l’espèce, les prévisions sur l’issue du litige au fond ne présentent manifestement pas un degré de certitude suffisant pour être prises en considération en faveur du recourant ;
Que le recourant fait valoir que la cessation subite du versement de sa rente d’invalidité le place, lui et sa famille, dans une situation financière précaire ;
Qu’il ne fournit toutefois à cet égard aucun renseignement sur ses revenus ni sur l’étendue de ses charges ;
Qu’on ignore par ailleurs si son épouse exerce ou non une activité professionnelle ;
Qu’il est ainsi difficile de se faire une opinion précise sur les ressources du recourant et de sa famille ;
Que, quoiqu’il en soit, en pareilles circonstances, l’intérêt de l’administration apparaît généralement prépondérant ; que si le recourant n’obtient pas gain de cause, il est à craindre que la procédure en restitution des prestations versées à tort ne se révèle infructueuse ;
Que cet intérêt de l’administration l’emporte sur celui de l’assuré (ATF
119 V 507
consid. 4 et les références,
105 V 269
consid. 3) ;
Qu’il ne se justifie dès lors pas de rétablir l’effet suspensif à l’opposition formée par le recourant ;
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