Decision ID: 9be1c95c-def8-4337-ad9e-5aa681195238
Year: 2022
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_001
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law

EN FAIT
, que par ordonnance du 14 octobre 2022, le Tribunal de première instance, statuant sur mesures provisionnelles, a condamné A_ à payer à B_, dès le 1
er
mai 2022, 430 fr. à titre de contribution à l'entretien de chacun des enfants E_, D_ et C_ (ch. 1 à 3 du dispositif), rejeté la requête pour le surplus (ch. 4) et renvoyé la décision sur les frais à la décision finale (ch. 5);
Que par acte expédiée à la Cour de justice le 28 octobre 2022, A_ a formé appel contre cette ordonnance; qu'elle a conclu, avec suite de frais, à l'annulation des chiffres 1 à 3 de son dispositif et au rejet de la requête de mesures provisionnelles formée le 28 juillet 2022 par B_;
Qu'elle a préalablement conclu à la suspension du caractère exécutoire des chiffres 1 à 3 du dispositif de l'ordonnance attaquée; qu'elle a soutenu que le paiement de l'arriéré de contribution (soit 7'740 fr.) et de la contribution courante (1'290 fr.) la placerait dans d'importantes difficultés financières;
Qu'invité à se déterminer, B_ a conclu au rejet de cette requête; qu'il relève notamment qu'après déduction des sommes versées, pour un montant total de 3'900 fr., l'arriéré s'élève à 5'130 fr.;
Considérant,

EN DROIT
, que l'appel n'a pas d'effet suspensif lorsqu'il a pour objet des décisions portant sur des mesures provisionnelles (art. 315 al. 4 let. b CPC);
Que toutefois, l'exécution de mesures provisionnelles peut exceptionnellement être suspendue si la partie concernée risque de subir un préjudice difficilement réparable
(art. 315 al. 5 CPC);
Que, saisie d'une demande d'effet suspensif, l'autorité de recours doit faire preuve de retenue et ne modifier la décision de première instance que dans des cas exceptionnels; elle dispose cependant d'un large pouvoir d'appréciation permettant de tenir compte des circonstances concrètes du cas d'espèce (ATF
137 III 475
consid. 4.1;
arrêts
5A_853/2021
du 8 novembre 2021 consid. 5.1;
5A_792/2018
du 6 février 2019 consid. 3.2.2);
Que s'agissant du paiement de sommes d'argent, il appartient à la partie recourante qui requiert la restitution de l'effet suspensif de démontrer qu'à défaut de son prononcé elle serait exposée à d'importantes difficultés financières ou qu'elle ne pourrait pas obtenir le remboursement du montant payé au cas où elle obtiendrait gain de cause au fond
(ATF
138 III 333
consid. 1.3.1;
137 III 637
consid. 1.2);
Qu'en l'espèce, il ressort des explications de l'appelante devant la Cour qu'elle perçoit un revenu mensuel moyen net de 6'389 fr. et que ses charges s'élèvent à 4'707 fr.; que sans qu'il soit nécessaire à ce stade d'établir plus précisément son budget, contesté par l'intimé, même en tenant compte des chiffres allégués par l'appelante, celle-ci dispose d'un disponible de 1'682 fr., lequel lui permet de s'acquitter des contributions d'entretien fixées par le Tribunal, d'un montant total de 1'290 fr.;
Qu'il n'est dès lors pas rendu vraisemblable que le paiement des contributions d'entretien précitées serait susceptible de causer un préjudice difficilement réparable à l'appelante; que ce constat vaut tant pour les contributions courantes que pour l'arriéré, d'un montant relativement faible eu égard au disponible de l'appelante, qu'elle n'a pas rendu vraisemblable ne pas être en mesure de payer;
Qu'au vu de ce qui précède, la requête d'effet suspensif sera rejetée;
Qu'il sera statué sur les frais et dépens liés à la présente décision dans l'arrêt au fond (art. 104 al. 3 CPC).
* * * * *