Decision ID: 91f7c447-f2dc-451d-a229-e9360f4cab4d
Year: 2019
Language: fr
Court: CH_BGer
Chamber: CH_BGer_001
Canton: CH
Region: Federation
Law Area: public_law

Faits :
A.
Par commission rogatoire du 13 décembre 2017, le Ministère public supérieur d'Olomouc, en République tchèque, a requis la coopération des autorités suisses dans le cadre d'une enquête diligentée notamment pour violation des obligations lors de la gestion des biens d'autrui et faillite frauduleuse au sens des art. 220 al. 1 et 3 et 224 al. 1 let. a et c et al. 4 du Code pénal de la République tchèque. L'autorité requérante mène une enquête portant principalement sur la conclusion par B._ - dont l'actionnaire unique était, dans un premier temps, C._, puis, dans un second temps, D._ - de prêts syndiqués aux fins de versements de dividendes et sur le remboursement de ces prêts par l'octroi d'un crédit à des conditions désavantageuses pour B._, qui ont contribué à sa faillite. L'autorité requérante a notamment identifié deux transferts, ayant eu lieu le 24 janvier 2007, pour des montants de CZK..., respectivement de EUR..., du compte de B._ détenu auprès de la banque E._ SA, à U._, à destination d'un compte inconnu. L'enquête a, par la suite, permis d'établir que les versements avaient été effectués en faveur de C._ et qu'une partie de ces fonds avait été, postérieurement, versée en faveur de A._ Limited avec l'intitulé " Dividend payment ". Il a en outre été établi que cette dernière faisait partie d'un groupe de sociétés - auquel appartiennent également B._ et D._ - et que plusieurs versements entre ces différentes sociétés avaient eu lieu notamment en lien avec les versements de dividendes. L'autorité requérante a sollicité la remise d'informations concernant le compte n° 1 détenu auprès de la banque E._ SA, les relevés bancaires pour la période du 1er au 31 janvier 2007, ainsi que les informations relatives au compte sur lequel auraient été transférés les virements litigieux.
Le Ministère public de la République et canton de Genève est entré en matière par décision du 23 janvier 2018. En exécution et en complément du prononcé précité, il a ordonné, le 22 juin 2018, la saisie probatoire de la documentation bancaire concernant le compte n° 2 ouvert au nom de A._ Limited.
Le 1er octobre 2018, le Ministère public genevois a notifié à la banque E._ SA l'invitation aux parties à se déterminer sur la transmission des pièces saisies, ainsi que l'avis de prochaine clôture. Il a invité le conseil de A._ Limited à fournir tous les documents lui permettant de représenter la société.
Par décision de clôture partielle du 2 novembre 2018, il a ordonné la transmission à l'autorité requérante de la documentation relative à la relation bancaire n° 2 ouverte auprès de la banque E._ SA au nom de A._ Limited.
B.
Le 2 mai 2019, la Cour des plaintes du Tribunal pénal fédéral a rejeté le recours déposé le 5 décembre 2018 par A._ Limited contre cette décision.
Cette autorité a considéré que la notification opérée auprès de la banque ne violait pas le droit d'être entendue de la société dans la mesure où cette dernière n'avait pas fourni les documents attestant le pouvoir de représentation de son conseil (consid. 2.3.3). Elle a écarté les griefs soulevés en lien avec l'absence alléguée de tri des documents saisis par le Ministère public, respectivement d'octroi à A._ Limited d'un délai approprié pour participer au tri des pièces (consid. 2.4.4). Elle a également retenu que la motivation de l'ordonnance du Ministère public était suffisante (consid. 2.5.3). Elle a enfin confirmé que la transmission de la documentation bancaire du compte de A._ Limited ne violait pas les principes de proportionnalité et de l'utilité potentielle dans la mesure où les documents saisis avaient révélé d'autres mouvements suspects en lien avec les sociétés impliquées dans l'enquête pénale tchèque (consid. 3.2).
C.
Par acte du 13 mai 2019, A._ Limited forme un recours en matière de droit public contre cet arrêt, concluant à son annulation et au renvoi de la cause à l'autorité précédente pour nouvelle décision dans le sens des considérants.
Il n'a pas été demandé de réponse.

Considérant en droit :
1.
Selon l'art. 109 al. 1 LTF, la cour siège à trois juges lorsqu'elle refuse d'entrer en matière sur un recours soumis à l'exigence de l'art. 84 LTF.
1.1. A teneur de l'al. 1 de la seconde disposition susmentionnée, le recours est recevable à l'encontre d'un arrêt du Tribunal pénal fédéral en matière d'entraide judiciaire internationale si celui-ci a pour objet notamment la transmission de renseignements concernant le domaine secret et s'il concerne un cas particulièrement important. Un cas est particulièrement important notamment lorsqu'il y a des raisons de supposer que la procédure à l'étranger viole des principes fondamentaux ou comporte d'autres vices graves (art. 84 al. 2 LTF).
Ces motifs d'entrée en matière ne sont toutefois pas exhaustifs et le Tribunal fédéral peut être appelé à intervenir lorsqu'il s'agit de trancher une question juridique de principe ou lorsque l'instance précédente s'est écartée de la jurisprudence suivie jusque-là (ATF 142 IV 250 consid. 1.3 p. 254).
En vertu de l'art. 42 al. 2 LTF, il incombe à la partie recourante de démontrer que les conditions d'entrée en matière posées à l'art. 84 LTF sont réunies (ATF 139 IV 294 consid. 1.1 p. 297). En particulier, il ne suffit pas d'invoquer des violations des droits fondamentaux de procédure pour justifier l'entrée en matière; seule une violation importante, suffisamment détaillée et crédible peut conduire, le cas échéant, à considérer que la condition de recevabilité posée à l'art. 84 al. 2 LTF est réalisée (arrêt 1C_393/2018 du 14 décembre 2018 consid. 1.4 et 1.5 destinés à la publication).
1.2. La présente cause porte certes sur la transmission de documents bancaires, soit des renseignements touchant le domaine secret. Toutefois, compte tenu des faits à l'origine de la demande, soit des infractions dont la recourante ne prétend pas qu'elles auraient un caractère politique ou fiscal, et de la nature de la transmission envisagée, limitée à la documentation relative à un compte bancaire, le cas ne revêt en soi aucune importance particulière.
1.3. La recourante soutient que tel serait cependant le cas dès lors que l'autorité précédente se serait écartée des principes jurisprudentiels interdisant la transmission en vrac des pièces et exigeant qu'elle donne aux intéressés la possibilité effective et concrète de participer au tri des documents et de s'exprimer en leur impartissant un délai approprié (ATF 130 II 14 consid. 4.4 p. 17) et que l'autorité d'exécution n'aurait pas respecté les règles de la bonne foi.
1.4. Il ressort de l'arrêt attaqué (cf. consid. 2.4.4.1) que le Ministère public a effectué un tri des documents saisis puisqu'il a identifié d'autres versements qui permettraient de retracer les fonds d'origine délictueuse. Partant, un cas particulièrement important ne saurait résulter du seul fait que la recourante conteste le résultat du tri opéré notamment en application de la jurisprudence permettant d'interpréter de manière extensive une requête d'entraide (ATF 136 IV 82 consid. 4.1 p. 85; 121 II 241 consid. 3a p. 243).
S'agissant ensuite de son droit de se prononcer sur ce tri (ATF 130 II 14 consid. 4.4 p. 18), une éventuelle violation à cet égard peut être réparée au cours de la procédure de recours durant laquelle la recourante peut s'exprimer de manière complète (arrêt 1C_504/2015 du 2 octobre 2015 consid. 1.4 in RDAF 2015 I p. 496). Il est constant que la recourante a eu accès au dossier le 10 octobre 2018, soit plus de vingt jours avant que le Ministère public ne rende sa décision de clôture; à ce laps de temps, durant lequel elle aurait pu consulter les pièces et déterminer celles qui devaient à son avis ne pas être transmises à l'Etat requérant, s'ajoute le délai de recours contre la décision de clôture partielle dans lequel elle aurait pu et dû faire valoir ses moyens quant à la pertinence des pièces et préciser celles qu'elle considérait comme devant ne pas être communiquées à l'Etat requérant. Ces considérations suffisent en outre à répondre au moyen de la recourante pris de la violation des règles de la bonne foi de la part de l'autorité d'exécution en lien avec sa participation au tri des pièces.
2.
Faute de porter sur un cas particulièrement important, le recours est irrecevable.
La recourante, qui succombe, supporte les frais judiciaires (art. 66 al. 1 LTF). Il n'est pas alloué de dépens (art. 68 al. 3 LTF).