Decision ID: 85d33d19-eb5c-5817-b742-66ccaa28d621
Year: 2014
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_001
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law

EN FAIT
, le jugement
JTPI/13217/2014
du 28 octobre 2014, notifié à A_ le 5 novembre 2014, aux termes duquel le Tribunal de première instance, statuant sur mesures protectrices de l'union conjugale, a, notamment, condamné A_ à verser, dès le 1
er
juin 2014, par mois et d'avance, allocations familiales non comprises, la somme de 1'200 fr. à titre de contribution à l'entretien de la famille (ch. 7);
Vu l'appel déposé le 17 novembre 2014 par A_ au greffe de la Cour de justice par lequel il conteste le chiffre précité du dispositif, indiquant que le montant de 1'200 fr. par mois pour l'entretien de sa famille dès le 1
er
juin 2014 comprend les allocations familiales comprises et qu'il demande, en outre, la suspension de la présente procédure jusqu'à droit jugé sur sa demande en rectification formée contre le jugement susmentionné;
Vu la demande d'octroi de l'effet suspensif formée par l'appelant, celui-ci exposant qu'à défaut d'inclure les allocations familiales dans le montant de 1'200 fr. dû par mois, il est porté atteinte à son minimum vital;
Qu'invitée à se déterminer sur la requête d'effet suspensif, l'intimée s'en rapporte à justice, mais explique qu'elle acquiesce à l'appel;
Considérant,

EN DROIT
, que la Cour est saisie d'un appel au sens de l'art. 308 CPC;
Que le jugement querellé portant sur des mesures provisionnelles, l'appel n'a pas d'effet suspensif
ex lege
(art. 315 al. 4 let. b CPC);
Que la Présidente soussignée a compétence pour statuer sur la requête d'effet suspensif, vu la nature incidente et provisionnelle d'une telle décision et la délégation prévue à cet effet par l'art. 18 al. 2 LaCC, concrétisée par une décision de la Chambre civile siégeant en audience plénière et publiée sur le site Internet de la Cour;
Qu'à teneur de l'art. 315 al. 5 CPC, l'exécution de mesures provisionnelles peut exceptionnellement être suspendue si la partie concernée risque de subir un préjudice difficilement réparable, notion se distinguant de celle de "préjudice irréparable" au sens notamment de l'art. 93 al. 1 let. a LTF (sur cette dernière notion, cf. arrêt du Tribunal fédéral
4A_458/2010
du 18 novembre 2010 consid. 1.1), permettant de tenir compte également d'un préjudice de fait et s'examinant à l'aune de l'efficacité du jugement à rendre à l'issue de la procédure ordinaire, qui en serait compromise (arrêt du Tribunal fédéral
4P.5/2002
du 8 avril 2002 consid. 3a);
Que, saisie d'une demande d'effet suspensif au sens de l'art. 315 al. 5 CPC, l'autorité cantonale d'appel doit ainsi procéder à une nouvelle pesée des intérêts entre les deux préjudices difficilement réparables, celui du demandeur à l'action si la mesure n'était pas exécutée immédiatement et celui qu'entraînerait pour le défendeur l'exécution de cette mesure (ATF
138 III 378
consid. 6.3 et les références citées;
137 III 475
consid. 4.1; arrêt du Tribunal fédéral
5A_514/2012
du 4 septembre 2012 consid. 3.2.2);
Qu'en l'espèce, les parties s'accordent sur le fait que le montant de 1'200 fr. par mois dû à titre de contribution d'entretien à la famille doit comporter les allocations familiales;
Que,
prima facie
, cet accord paraît compatible avec les intérêts des enfants;
Que, par ailleurs, au vu des revenus et des charges du débirentier, il apparaît que si les allocations familiales étaient exclues du montant dû par celui-ci, ce dernier serait susceptible d'être atteint dans son minimum vital;
Qu'il y a, partant, lieu d'accorder la suspension de l'effet exécutoire du jugement querellé, en tant que la somme mensuellement due s'élève à 1'200 fr., allocations familiales incluses;
Qu'il ne peut, en l'état, être statué sur le fond du litige, dès lors que l'appelant conclut à la suspension de la procédure jusqu'à droit jugé sur sa demande de rectification;
Que l'appelant a d'ailleurs été invité à informer la Cour de l'avancement de celle-ci;
Qu'il sera statué sur les frais et dépens de l'incident avec la décision au fond (art. 104
al. 3 CPC);
Considérant enfin que la présente décision, de nature incidente, rendue dans le cadre d'une procédure dont la valeur litigeuse est supérieure à 30'000 fr., est susceptible d'un recours en matière civile au Tribunal fédéral, dans les limites de l'art. 93 LTF (ATF
137 III 475
consid. 1; arrêt du Tribunal fédéral
4D_26/2011
consid. 2 et 3) et que la décision relative à une requête d'effet suspensif étant une mesure provisionnelle au sens de l'art. 98 LTF, seule peut être invoquée la violation des droits constitutionnels (art. 98 LTF; ATF
137 III 475
consid. 2; arrêt du Tribunal fédéral
2C_8/2011
du 3 mars 2011
consid. 3.1).
* * * * *