Decision ID: 5b958736-bb42-5fe9-bec1-07a284561f06
Year: 2020
Language: fr
Court: FR_TC
Chamber: FR_TC_005
Canton: FR
Region: Espace_Mittelland
Law Area: penal_law

considérant en fait
A. A._ et C._, qui ont vécu ensemble jusqu'à fin juin 2015, sont les parents de l'enfant E._, née en 2015. Depuis la séparation, un lourd conflit les oppose quant à la garde et aux relations personnelles avec l’enfant. De nombreuses procédures civiles et pénales ont été ouvertes et sont, en partie, actuellement encore pendantes.
B. Le 7 juin 2019, A._ a déposé une plainte pénale contre C._ (F 19 6261) et son avocat D._ (F 19 6262) pour « tentative d’intimidation de ses témoins et experts ». Elle a assorti sa plainte d’une demande de récusation du Procureur général et de l’ensemble du Ministère public fribourgeois.
Par arrêt du 11 octobre 2019 (502 2019 215), la Chambre pénale (ci-après: la Chambre) a partiellement admis la demande de récusation précitée et a prononcé la récusation du Procureur général dans les procédures F 19 6261 et F 19 6262. Cet arrêt faisait suite à celui du 13 septembre 2019 (502 2019 214) dans lequel la récusation du Procureur général avait déjà été prononcée. L’ensemble des procédures touchées par la demande de récusation du magistrat précité avait pour fondement les certificats médicaux émis par le médecin traitant de A._. Dans ces circonstances, par unité de procédure, il convenait que ces procédures soient toutes confiées à un seul procureur, raison pour laquelle la demande de récusation du Procureur général a également été admise le 11 octobre 2019.
C. Le traitement de la plainte pénale a été repris par la Procureure B._ qui a prononcé deux ordonnances de non-entrée en matière le 31 mars 2020.
D. Le 17 avril 2020, A._ a interjeté recours contre lesdites ordonnances en concluant à leur annulation. Elle a également demandé la récusation de la Procureure précitée et à ce que le dossier soit confié à « un-e procureur-e extraordinaire, hors du Ministère Public fribourgeois ».
Dans ses observations du 15 mai 2020, la Procureure a conclu au rejet de la demande de récusation et à ce que le recours soit déclaré irrecevable, subsidiairement à ce qu’il soit rejeté.
Le 9 juin 2020, la recourante demanderesse a répliqué.

en droit
1.
1.1. L’art. 30 CPP prescrit que si des raisons objectives le justifient, le ministère public et les tribunaux peuvent ordonner la jonction ou la disjonction de procédures pénales. En l’espèce, le recours et la demande de récusation du 17 avril 2020 en lien avec les ordonnances de non-entrée en matière du 31 mars 2020 concernent bien les mêmes faits. Par conséquent, par simplification et économie de procédure, il convient d’ordonner la jonction de ces procédures (502 2020 66, 502 2020 67, 502 2020 68 et 502 2020 69).
Tribunal cantonal TC Page 3 de 8
1.2.
1.2.1. En application des art. 310 al. 2 et 322 al. 2 CPP, la voie du recours à la Chambre est ouverte contre une ordonnance de non-entrée en matière.
1.2.2. Selon les art. 322 al. 2 et 396 al. 1 CPP, le recours est adressé par écrit, dans le délai de dix jours, à l’autorité de recours. Les ordonnances querellées ayant été notifiées le 7 avril 2020, les recours déposés le 17 avril 2020 l’ont été dans le délai légal.
1.2.3. Toute partie qui a un intérêt juridiquement protégé à l’annulation ou à la modification d’une décision a qualité pour recourir contre celle-ci (art. 382 al. 1 CPP). La partie plaignante a la qualité de partie (art. 104 al. 1 let. b CPP). On entend par partie plaignante le lésé qui déclare expressément vouloir participer à la procédure pénale comme demandeur au pénal ou au civil. Une plainte pénale équivaut à une telle déclaration (art. 118 al. 1 et 2 CPP).
Le Ministère public relève, dans ses observations du 15 mai 2020, que la liberté d’action de la recourante n’a aucunement été atteinte par l’infraction concernée. A son avis, elle n’aurait subi aucun préjudice du fait des agissements de C._ et de son mandataire, ce qui exclurait un intérêt juridiquement protégé à l’annulation de l’ordonnance querellée. Partant, les recours devraient être déclarés irrecevables. De son côté, la recourante évoque être directement visée par ces agissements et que ses témoins et experts ne seraient « pas visés pour eux-mêmes, mais uniquement en tant qu’instruments pour nuire à sa cause ». Compte tenu du sort qui est réservé aux présents recours, cette question peut toutefois être laissée ouverte.