Decision ID: 0f3a0d50-c829-5724-9ea3-40a8ac91a82d
Year: 2012
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_007
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 

EN FAIT
A. a.
M. B_, résidant de l'EMS X_, est décédé le 23 juin 2011.
b.
Par jugement du 1
er
septembre 2011, le Tribunal de première instance a ordonné la liquidation selon les règles de la faillite de la succession répudiée de M. B_.
Le délai pour les productions dans cette faillite, liquidée en la forme sommaire, a été fixé au 23 février 2012.
c.
L'état de collocation et l'inventaire ont été déposés le 13 mars 2012. Les créanciers en ont été avisés par publication dans la FOSC et la FAO du même jour.
L'inventaire fait état de biens estimés à 11'985 fr. 30 au total.
L'état de collocation laisse apparaître un passif d'un montant total de
497'321 fr. 18. La créance d'EMS X_ y figure en 3
ème
classe pour la somme de 10'686 fr. 15 (n° 10). Le dividende prévisible calculé sur la base de l'estimation des actifs s'élève à 1% pour les créances de 3
ème
classe.
Aucune action en contestation de l'état de collocation n'a été intentée dans le délai de 20 jours de l'art. 250 LP. A l'instar de l'inventaire, il n'a pas non plus fait l'objet d'une plainte devant la Chambre de céans dans le délai de 10 jours de l'art. 17 LP.
d.
Le tableau de distribution des deniers a été déposé le 7 juin 2012.
Par pli recommandé du même jour, l'Office a communiqué à EMS
X_ un "avis spécial aux créanciers et au failli concernant le dépôt du tableau de distribution".
Il en ressort que pour sa créance de 10'686 fr. 15, colloquée en 3
ème
classe, un dividende de 1,3777 %, correspondant à 147 fr. 20, est versé à EMS
X_.
B.
a.
Par courrier expédié le 12 juin 2012, EMS X_ a formé plainte contre le tableau de distribution déposé le 7 juin 2012.
EMS X_ conteste la somme de 147 fr. 20 qui lui est distribuée, alors qu'il avait produit une créance de 10'686 fr. 15 et que le Service des prestations complémentaires (SPC) a, selon lui, dû verser à l'Office des faillites le montant relatif aux frais de pension de M. B_.
b.
Dans son rapport du 5 juillet 2012, l'Office a conclu au rejet de la plainte.
Il expose notamment qu'à teneur du compte de la faillite considérée au 5 juillet 2012, l'actif net attribuable aux créanciers s'élève à 9'927 fr. Il en ressort en outre que le SPC ne lui a pas versé le montant des rentes servies à M. B_.

EN DROIT
1.
1.1
La Chambre de surveillance est compétente pour statuer sur les plaintes formées en application de la LP (art. 13 LP; art. 126 al. 2 let. c LOJ; art. 6 al. 1 et 3 et 7 al. 1 LaLP) contre des mesures non attaquables par la voie judiciaire
(art. 17 al. 1 LP).
Il est constant qu'un tableau de distribution des deniers est une mesure sujette à plainte, que le plaignant, créancier, a qualité pour contester par cette voie.
1.2.
La plainte contre une mesure de l'Office doit être déposée dans les dix jours suivant celui où le plaignant a eu connaissance de la décision attaquée (art. 17 al. 2 LP).
En l'espèce, le pli recommandé contenant l'avis concernant le dépôt du tableau de distribution a été reçu par le plaignant le 11 juin 2012. Expédiée le 12 juin 2012 selon les formes prescrites par la loi (art. 9 al. 1 LaLP), la plainte a été formée en temps utile.
2. 2.1
Un tableau de distribution des deniers, s'il représente une mesure en soi sujette à plainte (cf. art. 88 OAOF), ne peut être contesté par cette voie que pour le motif qu'il serait contraire à l'état de collocation, ne respecterait par l'art. 85 OAOF, ou serait incomplet ou inintelligible (Pierre-Robert Gilliéron, Poursuite pour dettes, faillite et concordat, 4
ème
éd. 2005, n° 2075; Walter A. Stoffel/Isabelle Chabloz, Voies d'exécution, 2
ème
éd., § 11 n° 129; Nicolas Jeandin/Niki Casonato, in CR-LP, ad art. 261 n° 16 ss; Matthias Staehelin, in BaK SchKG-II, 2
ème
éd., ad art. 261 n° 11). Le plaignant ne peut, en effet, plus faire valoir des griefs matériels relatifs à l'existence de la créance. Seuls des griefs relatifs à l'établissement de cet acte peuvent être avancés et, à ce stade de la procédure, on doit seulement examiner si le tableau de distribution correspond à l'état de collocation (ATF
102 III 155
).
2.2
En l'espèce, l'état de collocation a été déposé le 13 mars 2012. Le plaignant en a été informé par publication dans la FOSC et la FAO ainsi que par pli recommandé conformément à l'art. 249 al. 1 et 2 LP. Il n'a pas formé plainte contre cet acte (art. 17 LP) ni intenté d'action en contestation de l'état de collocation (art. 250 LP), étant rappelé que l'état de collocation dressé dans le cadre d'une faillite ne peut être contesté par la voie de la plainte que pour le motif qu'il serait imprécis, inintelligible ou entaché de vices formels, ou que certaines prescriptions de procédure n'auraient pas été observées, en particulier lorsque l'administration de la faillite n'a pas effectué correctement son examen
prima facie
des créances ou des productions et que les griefs dépassant cet examen doivent faire l'objet d'une action en contestation de l'état de collocation (Stoffel/Chabloz, op. cit., § 11 n° 95; Gilliéron, Commentaire, ad art. 250 n° 24 ss, spéc. 29 et 32; Jeandin, Etat de collocation, FJS n° 990b p. 15 ss; Dieter Hierholzer, in BaK SchKG-II, 2
ème
éd., ad art. 250 n° 8; SJ
2000 II 234
).
Cet acte est donc devenu définitif et l'Office a dressé le tableau de distribution des deniers et établi le compte final conformément aux art. 261 ss LP et 83 ss OAOF.
S'agissant de la créance du plaignant, il apparaît que le tableau de distribution n'est ni contraire à l'état de collocation, ni incomplet ou inintelligible. Le plaignant ne fait d'ailleurs pas valoir de tels griefs à l'encontre de cet acte. Il s'ensuit que le grief est irrecevable (cf.
DCSO/496/2009
du 26 novembre 2009).
Pour ce qui est du montant des rentes servies par le SPC, il résulte de la pièce produite par l'Office que, contrairement à ce que prétend le plaignant, celles-ci ne lui ont pas été versées. Quoi qu'il en soit, comme le relève l'Office à juste titre, ce grief, dirigé contre l'inventaire, est tardif et, partant, également irrecevable.
3.
La procédure de plainte est gratuite (art. 20a al. 2 ch. 5 LP et art. 61 al. 2 let. a OELP).
* * * * *