Decision ID: 325664fc-f760-525b-897b-dce1492af9d1
Year: 2016
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_006
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 

EN FAIT
A.
B_ est née le _ 2004 à _. Elle est de nationalité brésilienne. Sa mère est née le _ 1985 à _ (Brésil). Elle est également de nationalité brésilienne. Le père biologique de B_ est inconnu.
La mère de B_, C_, a épousé à Genève le _2008 A_, né le _ 1982 à _, de nationalité italienne. Trois enfants sont issus de cette union, les jumeaux D_ et E_, nés le _ 2011, et F_, né le _ 2012.
B.
Par requête du 7 mai 2015, A_ a sollicité de la Cour de justice l'adoption de B_. Il a indiqué qu'il avait connu B_ en 2006 alors qu'elle venait d'avoir deux ans. Il a fait valoir qu'il la considérait comme sa propre fille, B_ n'ayant jamais rencontré son père biologique, lequel n'avait de son côté jamais cherché à reprendre contact avec la mère de l'enfant.
Par déclaration écrite du 16 juin 2015, la mère de l'enfant a consenti à la demande d'adoption de son conjoint.
Dans une déclaration manuscrite jointe à la requête, B_ a également déclaré être d'accord avec son adoption par A_.
C.
Selon l'enquête psycho-sociale en vue d'adoption de l'enfant du conjoint effectuée par le Service d'Autorisation et de surveillance des lieux de placement le 7 janvier 2016, l'adoption par A_ de B_ correspond à l'intérêt de celle-ci. En effet, un lien d'attachement profond s'est tissé entre les deux. A_ s'est investi comme un père depuis plus de cinq ans.

EN DROIT
1.
Compte tenu de la nationalité étrangère de l'adoptant, la cause présente un caractère d'extranéité.
La Convention de La Haye du 29 mai 1993 sur la protection des enfants et la coopération en matière d'adoption internationale (CLaH) n'est pas applicable dans le cas particulier, l'enfant dont l'adoption est requise n'ayant pas été déplacé vers un autre Etat en vue de son adoption.
En fonction du domicile du requérant dans le canton de Genève, la Cour de justice est l'autorité compétente pour prononcer l'adoption (art. 75 al. 1 LDIP; art. 268 al. 1 CC; art. 120 al. 1 let. c LOJ).
Le droit suisse est applicable (art. 77 al. 1 LDIP).
2.
Dans le cadre des art. 264 et ss CC, il convient de prendre en compte que le requérant fournit des soins et pourvoit à l'éducation de B_ depuis plus d'une année (art. 264 CC), qu'il est marié avec la mère de l'enfant depuis plus de cinq ans (art. 264a al. 3 CC) et que l'écart d'âge avec l'enfant est de plus de seize ans (art. 265 al. 1 CC).
La mère de l'enfant a donné son consentement à l'adoption et l'enfant elle-même, âgée de onze ans, a exprimé par écrit son souhait d'être adoptée par le requérant (art. 265 al. 2 et 265a al. 1 CC).
Il n'y a pas lieu de requérir le consentement du père biologique de l'enfant, lequel est demeuré inconnu.
Au vu de ces éléments, des liens affectifs qui unissent le requérant à l'enfant et de la bonne intégration de cette dernière dans la famille, l'adoption sera prononcée par la Chambre civile de la Cour de justice. Cette adoption sert en effet l'intérêt de la mineure sans porter une atteinte inéquitable à ses demi-frères (art. 264 in fine CC).
Le lien de filiation de l'adoptée avec sa mère est maintenu (art. 267 al. 2 CC).
3.
Les frais de la procédure, arrêtés à 1'000 fr. (art. 15 al. 1 et 3 let. a LaCC; art. 26 du Règlement fixant le tarif des frais en matière civile), sont mis à la charge du requérant. Ils sont compensés avec l'avance de ce montant, qui reste acquise à l'Etat (art. 98 et 101 CPC; art. 15 al. 1 LaCC).
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