Decision ID: 59467e03-d305-4bbb-95a4-9a728ddfd5c6
Year: 2021
Language: fr
Court: CH_BSTG
Chamber: CH_BSTG_001
Canton: CH
Region: Federation
Law Area: penal_law

Faits:
A. Historique de l’affaire et jugement de première instance
A.1 A teneur de l’acte d’accusation du Ministère public de la Confédération (ci-après :
MPC) du 30 juin 2020, il était reproché à A. d’avoir importé, au mois de janvier
2019, en Suisse depuis l’Italie, un total de 112 contrefaçons d’EUR 20.-, 50.-,
100.- et 500.- pour un montant total d’EUR 11'960, puis d’avoir entre le 1er février
et le 6 juillet 2019 mis en circulation un total de 85 contrefaçons pour un montant
d’EUR 9'170.- et tenté de mettre en circulation un total de 2 contrefaçons pour
un montant d’EUR 200.-. Par ailleurs, il lui était également reproché d’avoir, en
date du 23 novembre 2018 et sur territoire suisse, commis trois vols dans divers
magasins pour un montant total d’environ CHF 17'600.-. En lien avec les mises
en circulation des contrefaçons et les vols susmentionnés, il était reproché à A.
les infractions d’escroquerie par métier et de blanchiment d’argent. Enfin, il lui
était aussi reproché d’avoir, entre la mi-décembre 2018 et le 6 juillet 2019, com-
mis des infractions constitutives de faux dans les titres, de faux dans les certifi-
cats, de lésions corporelles simples, de voies de fait et de violation à la Loi fédé-
rale sur les étrangers et l’intégration (TPF 5.100.001-016).
A.2 Les débats de première instance se sont déroulés le 17 août 2020 en présence
du MPC, du prévenu et de la défense (TPF 5.720.001-016 ; 5.721.001-036 ;
5.731.001-015).
A.3 La lecture du dispositif du jugement SK.2020.22 a eu lieu le 20 août 2020.
La Cour des affaires pénales du Tribunal pénal fédéral a reconnu A. coupable de
lésions corporelles simples (art. 123 ch. 1 CP), voies de fait (art. 126 al. 1 CP),
vol (art. 139 ch. 1 CP), escroquerie par métier (art. 146 al. 2 CP), mise en circu-
lation de fausse monnaie (art. 242 al. 1 CP en relation avec l’art. 250 CP), tenta-
tive de mise en circulation de fausse monnaie (art. 242 al. 1 CP en relation avec
les art. 22 et 250 CP), importation de fausse monnaie (art. 244 al. 1 CP en relation
avec l’art. 250 CP), faux dans les titres (art. 251 ch. 1 CP), faux dans les certifi-
cats (art. 252 CP), blanchiment d’argent (art. 305bis ch. 1 CP) et infraction à la Loi
fédérale sur les étrangers et l’intégration (art. 115 al. 1 let. b LEI) (TPF 5.930.001-
007).
A.4 Le 31 août 2020, A. a annoncé faire appel du jugement SK.2020.22 (TPF
5.940.001).
A.5 Le 1er décembre 2020, le jugement motivé a été envoyé aux parties
(TPF 5.930.008-135). Il a été reçu en date du 2 décembre 2020 par Me Dhyaf
(CAR 1.100.093).
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B. Procédure devant la Cour d’appel du Tribunal pénal fédéral
B.1 Le 1er décembre 2020, l’annonce d’appel ainsi que le dossier ont été transmis à
la Cour d’appel du Tribunal pénal fédéral (CAR.1.100.003-004 ; 1.100.084-093).
B.2 Le 22 décembre 2020, Me Dhyaf, pour le compte de son client A., a expressé-
ment renoncé à déclarer appel et a transmis une note d’honoraires
(CAR.1.300.001-003).

La Cour d’appel considère:
1. Recevabilité
1.1 La procédure d’appel est divisée en deux étapes : l’annonce d’appel et la décla-
ration d’appel.
1.1.1 Dans un premier temps, la partie souhaitant interjeter appel l’annonce au tribunal
de première instance, par écrit ou oralement pour mention au procès-verbal,
dans le délai de dix jours à compter de la communication du jugement (art. 399
al. 1 CPP).
Dans ce cas, le tribunal de première instance motive son jugement et le notifie à
toutes les parties (art. 82 al. 2 et 84 al. 4 CPP).
Lorsque le jugement motivé est rédigé, le tribunal de première instance transmet
l’annonce et le dossier à la juridiction d’appel (art. 399 al. 2 CPP).
Dès que la juridiction d’appel reçoit le dossier, le jugement motivé et l’annonce
d’appel, la cause passe sous son autorité (KISTLER VIANIN, Commentaire romand
2e éd. 2019, n. 9 ad art. 399 CPP ; EUGSTER, Commentaire bâlois, 2e éd. 2014,
n. 1d ad art. 399 CPP).
1.1.2 Selon l’art. 399 al. 3 CPP, la partie qui annonce l’appel adresse une déclaration
d’appel écrite à la juridiction d’appel dans les vingt jours à compter de la notification
du jugement motivé (v. arrêts du Tribunal fédéral 6B_1336/2017 du 22 mai 2018
consid. 2.1, 6B_469/2015 du 17 août 2015 consid. 3 et les références citées). L’ap-
pelant doit ainsi faire valoir par deux fois sa volonté de ne pas accepter le juge-
ment, à savoir une première fois lors de l’annonce d’appel auprès du tribunal de
première instance après la communication du dispositif et une deuxième fois après
réception du jugement motivé par une déclaration d’appel auprès de la juridiction
d’appel (KISTLER VIANIN, Commentaire romand 2e éd. 2019, n. 10 ad art. 399 CPP ;
EUGSTER, Commentaire bâlois, 2e éd. 2014, n. 1 ad art. 399 CPP).
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1.2 Les parties peuvent encore renoncer à poursuivre la procédure.
1.2.1 Une fois la cause passée sous autorité de la Cour d’appel du Tribunal pénal fé-
déral, la partie qui a annoncé interjeter appel et qui souhaite revenir sur sa déci-
sion doit communiquer le retrait de son appel à la Cour d’appel. A ce stade, elle
ne peut plus retirer son annonce d’appel, cette dernière ayant déjà produit ses
effets et engendré la motivation du jugement. Dans ce cas de figure, le compor-
tement actif de la partie qui retire son appel est comparable à celui de celle qui
retire son annonce au sens de l’art. 386 al. 1 CPP. Dès lors, il est possible de
raisonner par analogie : la Cour prend acte du retrait, l’appel est alors sans objet
et la cause doit être rayée du rôle (art. 403 al. 1 let. c et 386 al. 1 CPP p.a.).
1.2.2 A teneur de l’art. 386 al. 3 CPP, le retrait est définitif (ZIEGLER/KELLER, Commen-
taire bâlois, 2e éd. 2014, n. 4 ad art. 386 CPP).
1.2.3 La juridiction d’appel rend par écrit sa décision sur la recevabilité de l’appel lors-
que les conditions à l’ouverture de l’action pénale ne sont pas réunies ou qu’il
existe un empêchement de procéder (art. 403 al. 1 let. c, CPP, EUGSTER, Com-
mentaire bâlois, 2e éd. 2014, n. 5 et n. 6 ad art. 403 CPP).
1.2.4 En cas de retrait de l’appel, le jugement est réputé être entré en force rétroacti-
vement à la date à laquelle il a été rendu (art. 437 al. 1 let. b et al. 2 CPP, v. PER-
RIN/ROTEN, Commentaire romand, 2e éd. 2019, n. 30 ad art. 437 CPP ; SPREN-
GER, Commentaire bâlois, 2. éd. 2014, n. 24 ad art. 437 CPP).
1.3 In casu, le jugement motivé SK.2020.22 du 20 août 2020 a été notifié à Me Dhyaf
en date du 2 décembre 2020. L’appelant avait ainsi jusqu’au 22 décembre 2020
pour faire parvenir sa déclaration d’appel à la Cour d’appel du Tribunal pénal
fédéral (art. 399 al. 3 CPP).
Par courrier du 22 décembre 2020, A. a renoncé à déclarer appel
(CAR.1.300.001-003). Partant, son appel est devenu sans objet et le jugement
SK.2020.22 est entré en force, avec effet rétroactif, le 20 août 2020 (art. 437
par. 1 let. b et par. 2 CPP).
2. Frais
2.1 A teneur de l’art. 428 al. 1 CPP, les frais de la procédure de recours sont mis à
la charge des parties dans la mesure où elles ont obtenu gain de cause ou suc-
combé. La partie dont le recours est irrecevable ou qui retire le recours est éga-
lement considérée avoir succombé. Il en va de même lorsque le recours déposé
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est devenu sans objet (JOSITSCH/SCHMID, Schweizerische Strafprozessordnung :
Praxiskommentar, 3e éd. 2017, n. 4 ad art. 428 CPP).
2.2 Compte tenu du sort de l’appel, les frais de procédure doivent être mis à la charge
de A.
Les frais de justice pour la présente cause sont fixés à CHF 200.- (art. 73 al. 3
let. c LOAP en lien avec les art. 5 et 7bis du règlement du Tribunal pénal fédéral
sur les frais, émoluments, dépens et indemnités de la procédure pénale fédérale
du 31 août 2010, RFPPF ; RS 173.713.162).
3. Indemnité
3.1 Selon l’art. 135 al. 1 et 2 CPP, le défenseur d’office est indemnisé au tarif des
avocats de la Confédération et l’indemnité est fixée à la fin de la procédure par
le tribunal qui statue au fond.
A teneur de l’art. 11 al. 1 du règlement du Tribunal pénal fédéral sur les frais,
émoluments, dépens et indemnités de la procédure pénale fédérale (RFPPF ;
RS 173.713.162), les frais d’avocats comprennent les honoraires et les débours
nécessaires tels que les frais de port et de communications téléphoniques.
Les honoraires sont fixés en fonction du temps effectivement consacré à la cause
et nécessaire à la défense de la partie représentée (arrêt du Tribunal fédéral
2C_509/2007 du 19 novembre 2007 consid. 4). L’avocat d’office ne saurait en
revanche être rétribué pour des activités qui ne sont pas nécessaires à la défense
des intérêts de son client ou qui consistent en un soutien moral (arrêt du Tribunal
fédéral 5P.462/2002 du 30 janvier 2003 consid. 2.3 in fine et les références ci-
tées). Lorsque le juge statue sur la base d’une liste de frais et qu’il entend s’en
écarter, il doit brièvement indiquer les raisons pour lesquelles il tient certaines
prétentions injustifiées (arrêt du Tribunal fédéral 6B_124/2012 du 22 juin 2018
consid. 2.2 et les références citées).
Le tarif horaire est de CHF 200.- au minimum et de CHF 300.- au maximum
(art. 12 al. 1 RFPPF).
3.2 In casu, le tarif horaire est fixé, comme en première instance, à CHF 230.- (v. ju-
gement SK.2020.22 consid. 20).
3.3 En date du 22 décembre 2020, le défenseur de A. a fait parvenir à la Cour de
céans une note d’honoraires relative à ses activités pour la période allant du 31
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août 2020 au 22 décembre 2020 (CAR.1.300.001-003). La liste des opérations
fait état de 9 heures de travail.
Au vu de l’affaire, la liste des opérations précitée appelle les remarques sui-
vantes :
Seules les heures d’activités nécessaires à la défense des intérêts de A. dans le
cadre de la procédure d’appel peuvent être indemnisées.
Comme le relève lui-même Me Dhyaf, une indemnité relative au temps d’analyse
du jugement de première instance lui a déjà été accordée par la Cour des affaires
pénales du Tribunal pénal fédéral (CAR 1.300.001 ; TPF 5.930.079).
S’agissant de la correspondance au prévenu, Me Dhyaf a indiqué 3,11 heures
d’activité (0,17 + 0,17 + 0,25 + 0,25 + 0,25 + 0,17 + 0,25 + 0,17 + 0,17 + 0,25 +
0,25 + 0,17 + 0,25 + 0,17 + 0,17). La Cour considère que cette activité doit en
grande partie être retranchée de la note d’honoraires de Me Dhyaf dans la me-
sure où il devait principalement s’agir in casu de présenter et expliquer le juge-
ment SK.2020.22 à son client et de convenir, d’entente avec lui, de la suite à
donner à la procédure en fonction des chances de succès de l’appel. Partant, la
Cour admet 0,84 heure d’activité (0,17 + 0,25 + 0,25 + 0,17) et en retranche 2,27.
S’agissant de la correspondance et des appels téléphoniques à la mère du pré-
venu, Me Dhyaf a indiqué 1,18 heure d’activité (0,17 + 0,25 + 0,25 + 0,17 + 0,17
+ 0,17). La Cour admet l’activité de 0,25 heure relative à l’organisation de la sortie
de prison de A. L’activité restante de 0,93 heure doit en revanche être retranchée.
S’agissant de l’étude du dossier, la Cour considère qu’il n’y a pas lieu d’indemni-
ser davantage que l’étude du jugement de première instance au vu de l’absence
de complexité particulière de la cause. Sont donc retranchées 2,58 heures de la
note d’honoraires (0,25 + 0,50 + 0,33 + 1 + 0,33 + 0,17).
S’agissant de la correspondance avec les autorités, Me Dhyaf indique 2,19
heures d’activités (0,17 + 0,17 + 0,17 + 0,33 +0,17 + 0,25 + 0,25 + 0,17 + 0,17 +
0,17 + 0,17). Ce poste n’appelle pas de remarques particulières et est admis.
La Cour considère ainsi que l’activité déployée par Me Dhyaf du 31 août 2020 au
22 décembre 2020 représente au total 3,28 heures d’activité (0,84 + 0,25 + 2,19).
3.4 L’indemnité de Me Dhyaf se chiffre ainsi à CHF 754,40.-, étant précisé que
Me Dhyaf n’est pas soumis à la TVA (CAR 1.300.002-003 ; TPF 5.930.079).
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