Decision ID: 628e22f0-4e3c-5d4b-9001-057d33471c71
Year: 2007
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_007
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 

EN FAIT
A. Dans le cadre de la poursuite n° 06 xxxx75 X, l’Office des poursuites (ci-après : l’Office) a, sur réquisition de continuer la poursuite déposée par la société R_ SA le 10 avril 2007, notifié une commination de faillite à M. S_ en date du 8 mai 2007.
B. Par acte du 11 mai 2007, M. S_ a porté plainte contre la notification de la commination de faillite précitée. Il a indiqué ne plus exploiter l’entreprise individuelle « B_ » – S_ depuis le 20 avril 2007. A l’appui de sa plainte, il a produit un extrait Internet du Registre du commerce relatif à la société susmentionnée, ainsi que la commination de faillite querellée. M. S_ conclut à l’annulation dudit acte.
C. Dans son rapport du 21 mai 2007, l’Office indique que dans la mesure où M. S_ est inscrit au Registre du commerce en qualité d’associé gérant de la société à responsabilité limitée S_ Sàrl, la poursuite doit se continuer par voie de faillite conformément à l’art. 39 al. 1 ch. 5 LP. L’Office expose encore que la radiation de l’entreprise individuelle « B_ » – S_ en date du 20 avril 2007 n’est pas pertinente puisque le débiteur reste soumis à la poursuite par voie de faillite durant les six mois qui suivent la publication (art. 40 LP). Enfin, l’on ne se trouverait pas dans l’une des exceptions de l’art. 43 LP.
L’Office conclut au rejet de la plainte.
D. Invité à présenter ses observations sur la plainte, la société R_ SA a rappelé la teneur des art. 39 et 40 LP et a conclu au rejet de la plainte.
E. Selon l’extrait du Registre du commerce, situation au 15 juin 2007, l’inscription de la raison individuelle « B_ » – S_ a été radiée par suite de cessation d’activité et la radiation a été publiée dans la FOSC du 20 avril 2007.
Il résulte également du Registre du commerce que M. S_ est associé gérant de la société S_ Sàrl, inscrite le 12 mars 2007.

EN DROIT
1. Il peut être porté plainte à l’autorité de surveillance lorsqu’une mesure de l’office est contraire à la loi ou ne paraît pas justifiée en fait, à moins que la loi ne prescrive la voie judiciaire. La plainte doit être déposée dans les dix jours de celui où le plaignant a eu connaissance de la mesure (art. 17 al. 1 et 2 LP). Lorsque le plaignant invoque la nullité absolue d’un acte de poursuite, la plainte est recevable en tout temps (art. 22 al. 1 LP).
Une commination de faillite constitue une mesure sujette à plainte.
Le poursuivi menacé de faillite a qualité pour former plainte contre la commination de faillite.
La présente plainte satisfait aux exigences de forme et de contenu prescrites par la loi (art. 13 al. 1 et 2 LaLP).
En outre, le plaignant conteste le mode de continuation de la poursuite. Il invoque ainsi un motif de nullité qui peut être soulevé en tout temps (Walter A.
Stoffel
, Voies d’exécution § 9 n° 27 ; ATF
115 III 89
consid. 1, JdT
1992 II 16
).
La Commission de céans entrera par conséquent en matière sur la plainte.
2.a. La poursuite se continue par voie de faillite, soit comme « poursuite ordinaire par voie de faillite », soit comme « poursuite pour effets de change » (art. 177 à 189), lorsque le débiteur est inscrit au registre du commerce notamment en qualité de chef d’une raison individuelle ou d’associé gérant d’une société à responsabilité limitée (art. 39 al. 1 ch. 1 et 5 LP).
L’art. 39 al. 3 LP détermine le moment où l’inscription, ou la radiation, au registre du commerce du poursuivi prend date pour l’application du mode de poursuite (art. 39 al. 1 LP) ainsi que le
dies a quo
du délai de qualification (art. 40 LP), soit le lendemain de la publication dans la FOSC.
2.b. L’art. 43 LP prévoit des exceptions à l’assujettissement à la poursuite par voie de faillite, en considération de la nature de certaines prétentions à recouvrer, comme les impôts, amendes, contributions périodiques d’entretien.
2.c. Le moment déterminant pour le choix du mode de continuer la poursuite est la date de la réquisition de continuer la poursuite. L’Office doit, à cette date, s’en tenir à l’inscription telle qu’elle figure au Registre du commerce, étant rappelé qu’il appartient au juge de la faillite de communiquer le jugement de clôture au registre du commerce (art. 176 al. 1 ch. 3 LP). Les autorités de poursuite n’ont pas à contrôler si les inscriptions ou radiations opérées au registre du commerce sont justifiées ou non. L’état du registre est déterminant. Ainsi celui qui, au moment où la continuation de la poursuite est requise, est inscrit au registre du commerce en l’une des qualités prévues, de manière exhaustive, par l’art. 39 al. 1 LP est soumis à la poursuite par voie de faillite (Pierre-Robert
Gilliéron
, Commentaire ad art. 39 n° 16 ss ; ATF
120 III 4
, JdT
1996 II 126
).
3. Dans le cas particulier, il appert que la réquisition de continuer la poursuite a été déposée le 10 avril 2007, soit avant la publication de la radiation de l’entreprise individuelle du plaignant dans la FOSC. Au surplus, au moment du dépôt de la réquisition de continuer la poursuite, le plaignant était également inscrit au Registre du commerce en qualité d’associé gérant de la société S_ Sàrl. Enfin, la prétention faisant l’objet de la poursuite considérée n’est pas de celles en recouvrement desquelles l’art. 43 LP exclut la voie de la faillite.
Au vu de ce qui précède et des principes rappelés au considérant 2 ci-dessus, c’est à bon droit que l’Office a notifié au plaignant une commination de faillite dans le cadre de la poursuite n° 06 xxxx75 X.
La présente plainte sera donc rejetée.
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