Decision ID: ec7dd8d1-7c61-5d0e-acd9-5080b73ecab0
Year: 2018
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_014
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: social_law

Attendu en fait que Monsieur A_, né le _ 1944, employé de la maison C_ SA, était affilié auprès de la Caisse paritaire prévoyance de l'industrie et de la construction (CPPIC : ci-après la caisse), depuis le 1
er
janvier 2004 ; qu’il était marié depuis le 28 janvier 1988 avec Madame A_ (ci-après l’intéressée), née le _ 1954 ;
Qu’il est décédé le 20 juin 2007 ;
Que par courrier du 1
er
juillet 2007 adressé à la CPPIC, l’intéressée a sollicité le versement du capital-décès en lieu et place de la rente de veuve, en exposant que son mari était décédé avant l'âge ordinaire de sa retraite au 1
er
octobre 2009 ;
Que le 24 septembre 2007, la CPPIC a fixé le montant de la rente due à l’intéressée à CHF 1'061.35 par mois à compter du 1
er
juillet 2007 ;
Que par acte du 17 septembre 2009 signé par Monsieur B_, son beau-frère, au bénéfice d'une procuration, l’intéressée a déposé auprès du Tribunal cantonal des assurances sociales (TCAS), alors compétent, une demande visant à ce que la CPPIC soit condamnée à lui verser le capital-décès de CHF 290'000.- avec intérêts dès le 2 juillet 2007, CHF 10'000.- de dommages intérêts pour résistance passive et CHF 58'000.- de dommages intérêts pour manquement aux devoirs de transparence et d'information ;
Que par arrêt du 9 février 2010 (
ATAS/129/2010
), le TCAS a rejeté la demande de l’intéressée ; qu’il a considéré que l’intéressée ne pouvait prétendre à aucune autre prestation qu’une rente de veuve, de sorte que la décision de la caisse de lui verser une rente était conforme au droit ;
Que l’intéressée a déposé, le 12 mars 2010, un recours en matière de droit public auprès du Tribunal fédéral contre ledit arrêt ;
Que par arrêt du 1
er
septembre 2010 (
9C_224/2010
), le Tribunal fédéral a rejeté le recours ;
Que le 30 octobre 2018, l’intéressée a demandé à la chambre de céans (anciennement TCAS) de réviser son arrêt du 9 février 2010 ;
Qu’invitée à se déterminer, la caisse a conclu, le 7 décembre 2018, à l’irrecevabilité de la demande, - et, à titre subsidiaire, à son rejet -, à la condamnation de l’intéressée au paiement de la somme de CHF 2'500.- à titre de dépens en sa faveur et à une amende pour abus de procédures ;
Que ce courrier a été transmis à l’intéressée et la cause gardée à juger ;

Considérant en droit que conformément à l'art. 134 al. 1 let. b de la loi sur l'organisation judiciaire, du 26 septembre 2010 (LOJ; RS
E 2 05
) en vigueur dès le 1
er
janvier 2011, la Chambre des assurances sociales de la Cour de justice connaît en instance unique des contestations relatives à la prévoyance professionnelle opposant institutions de prévoyance, employeurs et ayants droit, y compris en cas de divorce, ainsi qu’aux prétentions en responsabilité (art. 331 à 331e du code des obligations ; art. 52, 56a, al. 1, et art. 73 de la loi fédérale sur la prévoyance professionnelle, vieillesse, survivants et invalidité du 25 juin 1982 ; art. 142 code civil) ;
Qu’en l’espèce, l’intéressée a demandé la révision de l’arrêt rendu par le TCAS le 9 février 2010 ;
Qu’une décision juridictionnelle passée en force ne peut être modifiée que dans un procès en révision du jugement (art. 61 let. i LPGA) ;
Qu’à teneur de l'art. 89I al. 2 et 3 de la loi sur la procédure administrative, du 12 septembre 1985 (LPA -
E 5 10
), l'art. 61 let i LPGA est applicable pour les causes visées à l'art. 134 al. 1 LOJ et l'art. 80 LPA pour les causes visées à l'art. 134 al. 3 LOJ ; que cependant, la LPGA renvoyant au droit cantonal s'agissant de la procédure devant le tribunal cantonal des assurances, il convient d'appliquer l'art 80 LPA dans toutes les hypothèses ;
Qu’aux termes de l’art. 80 LPA, il y a lieu à révision lorsque, dans une affaire réglée par une décision définitive, il apparaît :
a) qu'un crime ou un délit, établi par une procédure pénale ou d'une autre manière, a influencé la décision;
b) que des faits ou des moyens de preuve nouveaux et importants existent, que le recourant ne pouvait connaître ou invoquer dans la procédure précédente;
c) que, par inadvertance, la décision ne tient pas compte de faits invoqués et établis par pièce;
d) que la juridiction n'a pas statué sur certaines conclusions des parties de manière à commettre un déni de justice formel;
e) que la juridiction qui a statué n'était pas composée comme la loi l'ordonne ou que les dispositions sur la récusation ont été violées ; (cf. également art. 53 al. 1 LPGA)
Qu’aux termes de l’art. 53 al. 1 LPGA, « les décisions et les décisions sur opposition formellement passées en force sont soumises à révision si l'assuré ou l'assureur découvre subséquemment des faits nouveaux importants ou trouve des nouveaux moyens de preuve qui ne pouvaient être produits auparavant » ;
Que lorsque le tribunal estime que le motif de révision est établi, il doit annuler totalement ou partiellement l'arrêt rendu et statuer à nouveau au fond (cf. BOVAY, Procédure administrative, éd. Staempfli, p. 441) ;
Qu’en l’espèce, l’arrêt du TCAS dont il est demandé la révision a fait l’objet d’un arrêt du Tribunal fédéral du 1
er
septembre 2010 ;
Que la chambre de céans ne saurait dès lors entrer en matière ;
Que la demande en révision doit en effet être transmise à l’instance qui a prononcé ledit jugement, soit en l’occurrence le Tribunal fédéral ;