Decision ID: 74a12b3d-d561-57d5-a7f6-1e9793a64ac9
Year: 2019
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_001
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law

EN FAIT
A.
a)
A_, né le _ 1981 à _ (France), de nationalité française et, C_, née [C_], le _ 1974 à _ (Portugal), de nationalité portugaise, se sont mariés le _ 2012 à _ (Genève).
Ils sont les parents de D_, née le _ 2011 à Genève.
C_ est en outre la mère de l'enfant B_, né le _ 2004 à Genève, de nationalité portugaise. L'acte de naissance de l'enfant ne fait état d'aucune filiation paternelle.
Les époux font ménage commun depuis décembre 2010.
B.
Par requête du 8 janvier 2018, A_ a souhaité pouvoir adopter le fils de sa conjointe. Il a exposé vivre depuis plus de huit ans avec ce dernier et sa mère. Le père biologique du mineur ne l'ayant jamais reconnu, il a pris immédiatement la place de ce père absent et a noué avec B_ des liens filiaux. L'arrivée de sa fille D_, en _ 2011, n'a pas changé leur relation. Il n'a fait aucune différence entre les deux enfants. Il s'investit énormément dans l'éducation de B_, dans son parcours scolaire et ses activités sportives et souhaite dorénavant officialiser les liens qui l'unissent à ce dernier.
La mère du mineur a appuyé la demande d'adoption de son fils, formée par son époux.
Quant à l'enfant B_, il a déclaré qu'il s'était immédiatement bien entendu avec A_. Ce dernier vivait avec lui et sa mère et ils partageaient de nombreuses activités. Il lui apportait beaucoup de bonheur et était présent lorsqu'il avait besoin de lui. Il représentait un modèle pour lui, l'inspirait et lui apprenait beaucoup de choses. Il savait maintenant ce que cela signifiait d'avoir un père.
C.
Par décision du 4 juin 2018, le Tribunal de protection a désigné une curatrice aux fins de représenter l'enfant dans la procédure d'adoption et d'effectuer l'enquête ordinaire.
Par rapport rendu le 17 avril 2019, le Service d'autorisation et de surveillance des lieux de placement a exposé avoir exécuté l'enquête sollicitée par le Tribunal de protection et considéré qu'il était dans l'intérêt de l'enfant B_ d'être adopté par A_ qui lui fournissait des soins et assurait son éducation depuis neuf ans. B_ était intégré à la famille du requérant qui le considérait comme l'enfant du couple. Le mineur était dépourvu de filiation paternelle. Il était âgé de 15 ans et, capable de discernement, avait été entendu personnellement et de manière appropriée et avait valablement consenti à son adoption. La fille du couple, D_, âgée de 8 ans était très attachée à B_ qu'elle considérait comme son frère. Elle avait toujours vécu avec ce dernier et son père était, pour elle, également celui de B_. Elle avait été informée du projet d'adoption. A_ avait très vite construit un lien de qualité avec B_ et leur relation s'était renforcée au fil des années. Il remplissait, depuis que l'enfant était âgé de
5 ans et demi, le rôle du père. A_ souhaitait formaliser le lien qu'il
avait établi avec B_ tout au long des années et soulignait l'importance
de lui assurer les droits et les garanties qu'offrait un lien de filiation.
Le couple souhaitait que B_ porte, après adoption, le nom de famille C_/A_, le mineur ayant confirmé par écrit qu'il consentait également à porter ce nom de famille. L'intérêt de l'enfant commandait de prononcer l'adoption afin d'officialiser les liens existants et qu'il bénéficie d'une double filiation.
Par ordonnance du 2 mai 2019, le Tribunal de protection a constaté que le consentement de la mère de l'enfant était définitif et irrévocable et qu'il y avait lieu de renoncer à obtenir le consentement du père biologique de l'enfant, a consenti à l'adoption de l'enfant B_ par le conjoint de C_ et a transmis le dossier à la Cour de justice pour la suite de la procédure d'adoption, après l'échéance du délai de recours, le 12 juin 2019.

EN DROIT
1.
1.1
La cause présente un élément d'extranéité en raison de la nationalité étrangère de l'enfant, de sa mère, ainsi que de l'adoptant.
Selon l'art. 75 al. 1 LDIP, l'adoption est prononcée par l'autorité judiciaire ou administrative suisse du domicile de l'adoptant ou des époux adoptants. En l'espèce, A_ est domicilié à Genève, de sorte que les autorités de ce canton sont compétentes pour prononcer l'adoption.
La Chambre civile de la Cour de justice est l'autorité compétente pour prononcer l'adoption à Genève (art. 120 al. 1 let. c LOJ).
1.2
Selon l'art. 77 al. 1 LDIP, les conditions d'une adoption prononcée en Suisse sont régies par le droit suisse, soit par les art. 264 et ss CC.
2.
Selon l'art. 264c al. 1 CC, une personne peut adopter l'enfant de son conjoint, pour autant que le couple fasse ménage commun depuis au moins 3 ans (al. 2), condition réalisée en l'espèce. Pour le surplus les conditions ordinaires sont applicables.
Le requérant a fourni des soins et a pourvu de manière appropriée à l'éducation de l'enfant depuis plus d'une année (art. 264 al. 1 CC), l'enfant vivant avec lui depuis 2010. L'écart d'âge de 16 ans au minimum entre l'adoptant et le mineur adopté (art. 264d al. 1 CC) est en outre respecté.
Il résulte de l'enquête sociale effectuée sur la base de l'art. 268a CC, que l'adoption répond aux intérêts de l'enfant, l'adoptant s'étant impliqué comme un véritable père dans la vie et l'éducation de l'enfant depuis qu'il vit avec lui. L'enfant le considère d'ailleurs comme son propre père.
Enfin, comme il ressort du dossier, tant l'enfant B_ concerné par la procédure (art. 265 al. 1 CC), que sa mère (art. 265a al. 1 CC), se sont prononcés favorablement à l'adoption, l'enfant commun du couple, D_ ayant également été informée du projet (art. 268a
quater
al. 1 CC). Par ailleurs, conformément à ce qu'a déjà retenu le Tribunal de protection, il peut être fait abstraction du consentement du père biologique, inconnu (art. 265c CC).
Par conséquent, l'adoption requise, qui officialisera une relation filiale existante dans les faits depuis plusieurs années et permettra à l'enfant d'acquérir une double filiation, sera prononcée (art. 268 al. 1 CC).
3.
Conformément à l'art. 267 al. 2 CC, les liens de filiation antérieurs de l'enfant sont rompus, sauf à l'égard de sa mère (al. 3).
Selon l'art. 270 al. 1 CC, l'enfant de conjoints qui portent des noms différents acquiert celui de leurs deux noms de célibataire qu'ils ont choisi de donner à leurs enfants communs lors de la conclusion du mariage. En l'espèce, les conjoints ont choisi que leur fille D_ porte le nom composé C_/A_, ce qui a été validé par l'état civil. S'agissant de la présente adoption, la mère de l'adopté, l'adoptant et le mineur concerné ont formé le voeu que ce dernier porte également le nom de famille C_/A_, soit celui porté par sa soeur et qu'ils ont choisi pour les enfants du couple. Il sera fait droit à leur requête, afin que les deux mineurs portent le même nom de famille.
Aucun des parents n'étant de nationalité suisse, l'art. 271 CC, concernant le droit de cité, ne trouve pas application. Il n'appartient par ailleurs pas à la Cour de se prononcer sur l'acquisition éventuelle d'une nationalité étrangère par l'adopté.
4.
Les frais de la procédure arrêtés à 1'000 fr. sont mis à la charge de l'adoptant. Ils sont entièrement couverts par l'avance de frais de même montant versée, laquelle est acquise à l'Etat de Genève (art. 2 RTFMC; 98, 101 et 111 CPC).
* * * * *