Decision ID: 81296769-dcb5-5bc2-97cf-b5661165692d
Year: 2018
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_001
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: civil_law

EN FAIT
, que B_ et A_ sont les parents de C_, née le
_ 1997, et D_, née le _ 2001;
Vu la demande de divorce formée par B_ le 11 décembre 2013;
Vu l'arrêt
ACJC/796/2016
du 10 juin 2016 par lequel la Cour, sur mesures provisionnelles, a fixé la contribution due par A_ pour l'entretien de C_ à 14'000 fr., dès le 1
er
septembre 2015;
Vu le rejet dans la mesures de sa recevabilité du recours au Tribunal fédéral interjeté contre cet arrêt par A_ (arrêt du Tribunal fédéral
5A_524/2016
du 12 décembre 2016);
Vu l'ordonnance
OTPI/601/2017
du 8 novembre 2017, par laquelle le Tribunal, sur mesures provisionnelles, a fixé la contribution d'entretien due par A_ en faveur de D_ à 9'000 fr., dès le 1
er
septembre 2017;
Vu l'arrêt
ACJC/512/2018
du 18 avril 2018, par lequel la Cour, sur mesures provisionnelles, a fixé la contribution d'entretien due par A_ en faveur de B_ à 40'000 fr., dès le 1
er
septembre 2017;
Attendu que par jugement
JTPI/11684/2018
du 15 août 2018, reçu par les parties le lendemain, le Tribunal de première instance a notamment dissous par le divorce le mariage contracté par B_ et A_, (chiffre 1 du dispositif), condamné A_ à payer à C_, par mois et d'avance, une contribution à son entretien de 7'000 fr., tant que la jeune fille poursuivra des études régulières, au plus tard jusqu'à ses 25 ans (ch. 5), condamné A_ à payer à B_, par mois et d'avance, allocations d'études non comprises, à titre de contribution à l'entretien de D_, les montants suivants: 2'500 fr. jusqu'en août 2019, 4'000 fr. dès septembre 2019 et 4'600 fr. à partir de janvier 2020, et tant que D_ poursuivra des études ou une formation professionnelle régulières, au plus tard jusqu'à ses 25 ans (ch. 6) et condamné A_ à payer à B_, par mois et d'avance, à titre de contribution post-divorce à son entretien, les montants suivants : 15'000 fr. jusqu'à et y compris juillet 2021 et 10'000 fr. jusqu'à et y compris juillet 2026 (ch. 10);
Que par acte déposé au greffe de la Cour le 14 septembre 2018, B_ a formé appel contre ce jugement, concluant à l'annulation des ch. 6, 9, 10, 11 et 12 de son dispositif et cela fait, sollicité, en substance, que A_ soit condamné à contribuer à l'entretien de D_ en versant les montants de 7'500 fr. par mois et d'avance jusqu'au 30 août 2019, 9'000 fr. par mois et d'avance dès septembre 2019 et 9'500 fr. par mois et d'avance à partir de janvier 2020 et jusqu'à ses 25 ans ainsi qu'à son propre entretien en versant un montant de 5'400'000 fr. sous forme de capital immédiatement exigible;
Que par acte déposé au greffe de la Cour le 17 septembre 2018, A_ a également formé appel contre ce jugement, concluant à la réforme du jugement entrepris en ce sens notamment qu'aucune contribution ne soit allouée pour l'entretien de B_, subsidiairement qu'elle soit fixée à 2'500 fr. par mois jusqu'au 26 juillet 2021, que la contribution à l'entretien de C_ soit fixée à 2'500 fr. par mois et d'avance pour autant qu'elle poursuive des études sérieuses et régulières mais au plus tard jusqu'à ses 25 ans et que la contribution à l'entretien de D_ soit fixée à 2'500 fr. par mois et d'avance jusqu'à sa majorité, voire au-delà en cas d'études sérieuses et régulières;
Qu'il a conclu, préalablement, à ce que la Cour autorise, provisoirement et à titre de mesures conservatoires, l'exécution anticipée du jugement entrepris à raison des contributions inférieures à l'entretien de B_, D_ et C_ ainsi que la fourniture de sûretés de 200'000 fr. par B_ jusqu'à droit jugé sur la procédure d'appel; alternativement, il a conclu à ce que la Cour ordonne à B_, au titre de mesures conservatoires, de fournir des sûretés de 800'000 fr. jusqu'à droit jugé sur la procédure d'appel;
Qu'il a allégué qu'il ne disposait durablement pas des moyens de s'acquitter des contributions fixées sur mesures provisionnelles; qu'à défaut de mesures de sûretés, il subirait un préjudice irréparable et important;
Qu'invitée à se déterminer, B_ a conclu, sous suite de frais et dépens, au déboutement de A_ de toutes ses conclusions préalables; qu'elle a allégué que la demande d'exécution anticipée du jugement lui causerait un préjudice irréparable, que la fortune de A_ s'élevait à tout le moins à 25'000'000 fr. et que la requête de sûretés ne reposait sur aucune base légale;
Que le 24 octobre 2018, les parties ont été informées de ce que la cause était gardée à juger sur mesures conservatoires et sûretés;
Considérant,

EN DROIT
, que la Cour est saisie d'un appel au sens de l'art. 308 al. 2 CPC, les conclusions litigieuses portant sur une question patrimoniale, dont la valeur pécuniaire est supérieure à 10'000 fr.;
Que l'appel a effet suspensif
ex lege
(art. 315 al. 1 CPC);
Que la procédure concernant la modification de la contribution d'entretien post-divorce est régie par la maxime des débats (art. 296, 55 al. 2 al 98 al. 2 CPC);
Qu'aux termes de l'art. 315 al. 2 CPC, l'instance d'appel peut autoriser l'exécution provisoire;
Que la Présidente soussignée a compétence pour statuer sur la requête d'exécution provisoire, vu la nature incidente et provisionnelle d'une telle décision et la délégation prévue à cet effet par l'art. 18 al. 2 LaCC, concrétisée par une décision de la Chambre civile siégeant en audience plénière et publiée sur le site Internet de la Cour;
Qu'en la matière, l'instance d'appel dispose d'un large pouvoir d'appréciation (cf. Jeandin, in Code de procédure civile commenté, Bohnet/Haldy/Jeandin/-Schweizer, n. 4 ad art. 315 CPC);
Que l'effet suspensif de l'appel constituant la règle, l'exécution anticipée ne doit être accordée qu'exceptionnellement, lorsque les circonstances l'exigent, notamment si une des parties est exposée, à défaut, à subir un préjudice difficilement réparable;
Qu'en principe, le fait d'être exposé au paiement d'une somme d'argent n'entraîne aucun préjudice de cette nature (ATF
138 III 333
consid. 1.3.1 et les références);
Que selon les principes généraux en matière d'effet suspensif, applicables également à l'exécution provisoire, le juge procède à une pesée des intérêts en présence et se demande en particulier si sa décision est de nature à provoquer une situation irréversible;
Qu'en l'espèce, l'appelant ne rend pas vraisemblable qu'il subirait un préjudice difficilement réparable si le jugement querellé n'était pas exécuté immédiatement; qu'il n'allègue pas, ni ne démontre, que le versement, durant la procédure d'appel, des contributions d'entretien fixées sur mesures provisionnelles porterait atteinte à son minimum vital;
Que le Tribunal a retenu que les revenus mensuels de l'appelant s'élevaient à 34'300 fr.;
Qu'il peut toutefois être exigé de l'appelant qu'il mette à contribution, pour la durée limitée de la procédure d'appel, sa fortune mobilière, estimée par le Tribunal à 5'000'000 fr.;
Qu'il ne peut être d'emblée considéré que le montant retenu à ce titre par le Tribunal est manifestement inexact; que la situation financière de l'appelant n'est pas facile à appréhender; qu'il appartiendra en conséquence au juge de trancher cette question dans le cadre de l'examen de l'appel au fond;
Que par ailleurs le paiement de contributions d'entretien ne constitue en principe pas un dommage difficilement réparable;
Qu'en outre, il ne peut être retenu que l'appel de l'intimée serait d'emblée manifestement infondé, ni que celui de l'appelant serait, au contraire, manifestement fondé;
Qu'il n'y a donc pas lieu d'ordonner l'exécution anticipée des ch. 5, 6 et 10 du jugement querellé;
Que, compte tenu de ce qui précède, il n'y a pas lieu de faire droit à la requête de l'appelant tendant à la fourniture de sûretés;
Qu'en effet, à teneur de l'art. 315 al. 2 CPC, ce n'est que si l'instance d'appel retire l'effet suspensif qu'il peut ordonner au besoin des mesures conservatoires ou la fourniture de sûretés (Jeandin, in Code de procédure civile commenté, 2011, n. 6 ad art. 315 CPC);
Que l'art. 315 al. 2 CPC ne constitue pas une base légale pour ordonner la fourniture de sûretés lorsque l'exécution anticipée de la décision ne se justifie pas (Reetz/Hilber, Kommentar zur Schweizerischen Zivil-prozessordnung [ZPO], 3
ème
éd., 2016, n. 32 ad art. 315 CPC);
Que l'appelant n'invoque aucune autre base légale pour fonder sa requête en fourniture de sûretés, étant précisé que les sûretés en garantie de dépens prévues à l'art. 99 CPC ne peuvent pas être ordonnées dans le cadre d'une procédure de divorce (art. 99 al. 3 let. b CPC);
Que la requête de sûretés formée par l'appelant sera, dès lors, également rejetée;
Qu'il sera statué sur les frais et dépens de l'incident avec la décision au fond (art. 104 al. 3 CPC).
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