Decision ID: dc9964d9-1271-40d9-a53f-a0c15832a8b6
Year: 2016
Language: fr
Court: VS_TC
Chamber: VS_TC_001
Canton: VS
Region: Région lémanique
Law Area: 

Faits
A. Le 30 septembre 2014, la Commune de A_ a attesté que B_,
née le xxx 1987, originaire de C_, épouse de X_, séparée depuis
le 25 juillet 2014, a quitté définitivement la commune à cette dernière date avec leur
fille D_, née le xxx 2011 (pièce 1 déposée par la Caisse Y_, ci-
après : Y_).
Par décision du 11 février 2015, Y_ a nié le droit aux allocations familiales
pour l’enfant D_ dès le 25 juillet 2014, en raison du départ de l’enfant pour le
C_ à cette date, et réclamé à X_ la restitution des allocations
familiales perçues à tort, soit un montant total de 788 fr. 35 pour la période du 5 août
au 31 octobre 2014.
Le 3 mars 2015, X_ a écrit à Y_ qu’il s’opposait à cette décision. Il
a requis l’octroi des allocations familiales jusqu’aux dix-huit ans de sa fille, en
expliquant que celle-ci n’avait pas choisi de vivre en C_, qu’elle n’avait
malheureusement pas la chance de vivre dans le pays où elle était née et dont elle
était ressortissante, que, comme tous les enfants suisses, elle avait toutefois droit aux
allocations familiales que ce soit en Suisse ou en C_ et que chaque voyage
pour aller voir sa fille dans ce pays tiers lui coûtait entre 3000 et 4000 francs.
Par décision du 5 mars 2015, Y_ a rejeté l’opposition de X_ et
confirmé sa décision du 11 février précédent. Citant les dispositions topiques, cette
caisse a expliqué que les allocations familiales n’étaient octroyées pour les enfants
domiciliés à l’étranger que si la Suisse était liée par un accord avec le pays
correspondant mais qu’aucune convention en ce sens n’avait été signée entre la
Suisse et le C_.
B. Dans une lettre datée du 27 mars 2015 et postée le 31 mars suivant, X_
a indiqué recourir contre cette décision, en contestant la restitution des allocations
familiales reçues du 5 août au 31 octobre 2014 ainsi que la suppression des
allocations familiales futures jusqu’à la majorité de sa fille D_. Il a insisté sur
la fait que sa fille, née en Suisse et de nationalité suisse, avait été emmenée par sa
mère en C_ sans son consentement à lui et que, pour tenter de rapatrier sa
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fille en Suisse, il avait engagé d’importantes dépenses en billets d’avion - annexés au
courrier de recours - et frais d’avocat sur la période durant laquelle Y_ lui
réclamait le remboursement des allocations familiales, en plus d’économiser un peu
d’argent pour sa fille lorsqu’elle reviendrait vivre en Suisse.
Dans sa réponse du 21 avril 2015, Y_ a conclu au rejet du recours et à la
confirmation de sa décision sur opposition du 5 mars 2015. Elle a invoqué une nouvelle
fois que les allocations familiales pour l’enfant D_ ne pouvaient être
octroyées après le 25 juillet 2014, étant donné que l’enfant était domicilié dès cette
date dans un pays non conventionné.
Par courrier du 22 juin 2015, le recourant a demandé de tenir compte des difficultés
financières qu’il rencontrait pour voir et passer du temps avec sa fille, que ce soit pour
ses frais de voyage au moins deux fois par année et pour les frais de séjour en Suisse
de sa fille lors des vacances scolaires.
Y_ n’ayant pas déposé d’observations sur ce courrier, l’échange d’écritures a
été clos le 17 juillet 2015.

Considérant en droit
1. Selon l'article 1 LAFAm (loi du 24 mars 2006 sur les allocations familiales), la loi
fédérale du 6 octobre 2000 sur la partie générale du droit des assurances sociales
(LPGA) s'applique aux allocations familiales, à moins que la LAFam n'y déroge
expressément.
Posté le 31 mars 2014, le présent recours contre la décision sur opposition du 5 mars
précédent a été interjeté dans le délai légal de trente jours (art. 60 LPGA) devant
l'instance compétente (art. 56, 57 et 58 LPGA ; art. 81bis al. 1 LPJA). Ce recours
répond par ailleurs aux autres conditions formelles de recevabilité (art. 61 let. b LPGA),
de sorte que la Cour doit entrer en matière.
2.1 Pour les enfants vivant à l'étranger, le Conseil fédéral détermine les conditions
d'octroi des allocations. Le montant des allocations est établi en fonction du pouvoir
d'achat du pays de résidence (art. 4 al. 3 LAFam). Pour les enfants ayant leur domicile
à l'étranger, les allocations familiales ne sont versées que si une convention
internationale le prévoit (art. 7 al. 1 de l’ordonnance du 31 octobre 2007 sur les
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allocations familiales ou OAFam). Les salariés assurés obligatoirement à l'AVS
conformément à l'article 1a alinéa 1 lettre c (ressortissants suisses travaillant à
l’étranger) ou alinéa 3 lettre a LAVS (personnes travaillant à l’étranger pour le compte
d’un employeur dont le siège est en Suisse) ou en vertu d'une convention
internationale ont droit aux allocations familiales pour les enfants domiciliés à l'étranger
même si aucune convention internationale ne le prévoit (art. 7 al. 2 OAFam).
Les prestations sont octroyées pour les enfants ayant leur domicile à l’étranger si la
Suisse y est obligée en vertu de conventions internationales. Pour les allocations
familiales selon la LAFam, seuls l’Accord sur la libre circulation des personnes, la
Convention AELE, la convention avec l’ex-Yougoslavie (qui continue à s’appliquer aux
ressortissants de la Bosnie-Herzégovine, du Monténégro et de la Serbie) prévoient une
telle obligation. Jusqu’au 31 mars 2010, les prestations étaient également versées aux
ressortissants du Kosovo pour les enfants vivant à l’étranger. Pour les allocations
familiales selon la LFA (loi fédérale sur les allocations familiales dans l'agriculture),
l’obligation d’exporter est en outre contenue dans les conventions avec la Croatie, la
Turquie, la Macédoine et Saint-Marin. Les personnes qui n’entrent pas dans le champ
d’application des conventions internationales n’ont pas droit aux allocations familiales
pour leurs enfants domiciliés à l’étranger, sauf dans les cas couverts par l’article 7
alinéa 2 OAFam (ch. 304 des DAFam ou Directives établies par l’Office fédéral des
assurances sociales pour l’application de la loi fédérale sur les allocations familiales
LAFam). La Suisse est liée aux Etats suivants par des conventions de sécurité sociale
qui incluent les allocations familiales : Serbie, Monténégro, Bosnie-Herzégovine,
Croatie, Macédoine, Turquie et Saint-Marin. Jusqu’au 31 mars 2010, les prestations
étaient également versées aux ressortissants du Kosovo pour les enfants vivant à
l’étranger (ch. 321 des DAFam).
Les prestations indûment touchées doivent être restituées. La restitution ne peut être
exigée lorsque l'intéressé était de bonne foi et qu'elle le mettrait dans une situation
difficile (art. 25 al. 1 LPGA).
2.2 Il ressort clairement des dispositions susmentionnées que la fille du recourant,
domiciliée en C_ depuis le 25 juillet 2014, n’a plus droit aux allocations
familiales dès cette date, puisqu’aucune convention internationale relative à l’octroi des
allocations familiales pour les enfants domiciliés dans ce pays n’a été signée entre la
Suisse et le C_. Le fait, quoique regrettable, que le recourant n’ait pas
consenti au départ de sa fille pour le C_, que celle-ci soit née en Suisse et de
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nationalité suisse et que lui-même encourt des frais pour lui rendre visite ou la recevoir
chez lui lors de vacances scolaires n’y change rien.
En conséquence, X_ est bien tenu de rembourser à Y_ les
allocations familiales indûment touchées pour la période du 5 août au 31 octobre 2014,
d’un total de 788 fr. 35.
Toutefois, à l’entrée en force du présent jugement, le recourant pourra au besoin
demander la remise de l’obligation de restituer cette somme, en apportant les preuves
exigées par l’article 25 alinéa 1, seconde phrase LPGA, à savoir qu’il a reçu de bonne
foi ces allocations familiales entre le 5 août et le 31 octobre 2014 et que le
remboursement de ce montant de 788 fr. 35 le mettrait dans une situation financière
difficile.
2.3 Partant, le recours est rejeté et les décisions de Y_ des 11 février et
5 mars 2015 sont confirmées.
Il n’est pas perçu de frais (art. 61 let. a i.i. LPGA).