Decision ID: 126182b7-83b2-51de-9592-dfc7283c5492
Year: 2010
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_014
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: social_law

EN FAIT
Par jugement du 5 février 2009, la 18
ème
chambre du Tribunal de première instance a prononcé le divorce de Madame N_, née N_ en 1965, et Monsieur O_, né en 1962, mariés en date du 2 juin 1990 au Rwanda.
Selon le chiffre 9 du dispositif du jugement précité, le Tribunal de première instance a considéré qu'il était équitable de renoncer au partage des avoirs LPP, voire au versement d'une indemnité équitable, compte tenu du risque d'invalidité non négligeable lié à la maladie dont souffre la demanderesse.
Par arrêt du 18 septembre 2009, la Cour de Justice a cependant annulé ce dispositif et ordonné le partage par moitié des prestations de sortie de la prévoyance professionnelle calculées durant la période du mariage, soit pour le demandeur, celle comptabilisée auprès de SWISS LIFE, et pour la demanderesse, celle déposée en compte de libre passage auprès des RENTES GENEVOISES.
Cet arrêt est devenu définitif le 31 octobre 2009 et a été transmis d'office au Tribunal de céans le 21 janvier 2010 pour exécution du partage.
Le prononcé du divorce est entré en force le 17 mars 2009.
L'instruction menée par le Tribunal de céans a permis d'établir les faits suivants :
S'agissant de Madame N_ :
- A fin 2000, la demanderesse est venue à Genève accomplir un stage de six mois pour le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), a continué à travailler pour ce même employeur jusqu'en août 2006, puis pour l'Organisation mondiale pour la santé.
- Par courrier du 12 mars 2010, les RENTES GENEVOISES, auprès desquelles la demanderesse est affiliée depuis le 1
er
août 2006, ont indiqué que les avoirs LPP accumulés par celle-ci durant le mariage s'élevaient à
57'111 fr. 80
, intérêts au 17 mars 2009 compris.
S'agissant de Monsieur O_ :

- Le demandeur a rejoint sa famille à Genève en avril 2002. Il a travaillé pour le Tribunal pénal international, puis a suivi une formation en droit humanitaire auprès du CICR. Il a été engagé par un employeur genevois en août 2007.
- SWISS LIFE a informé le Tribunal de céans, le 12 mars 2010, qu'elle affiliait le demandeur depuis août 2007 et que celui-ci avait accumulé à titre d'avoirs LPP, un montant de 3'957 fr. intérêts au 17 mars 2009 compris.
Ces documents ont été transmis aux parties en date du 15 mars 2010. La juridiction leur a indiqué qu'à défaut d'observations d'ici au 29 mars 2010, un arrêt serait rendu sur cette base.
En l'absence d'objections dans le délai fixé, la cause a été gardée à juger.
EN DROIT
L'art. 25a de la Loi fédérale sur le libre passage dans la prévoyance professionnelle vieillesse, survivants et invalidité, du 17 décembre 1993 (Loi sur le libre passage, LFLP ;
RS 831.42
), entré en vigueur le 1er janvier 2000, règle la procédure en cas de divorce. Lorsque les conjoints ne sont pas d’accord sur la prestation de sortie à partager (art. 122 et 123 Code Civil - CC), le juge du lieu du divorce compétent au sens de l'art. 73 al. 1 de la Loi fédérale sur la prévoyance professionnelle vieillesse, survivants et invalidité, du 25 juin 1982 (LPP ;
RS 831.40
), soit à Genève le Tribunal cantonal des assurances sociales depuis le 1
er
août 2003, doit, après que l'affaire lui a été transmise (art. 142 CC), exécuter d'office le partage sur la base de la clé de répartition déterminée par le juge du divorce.
Selon l'art. 22 LFLP (nouvelle teneur en vigueur depuis le 1er janvier 2000), en cas de divorce, les prestations de sortie acquises durant le mariage sont partagées conformément aux art. 122, 123, 141 et 142 CC; les art. 3 à 5 LFLP s'appliquent par analogie au montant à transférer (al. 1). Pour chaque conjoint, la prestation de sortie à partager correspond à la différence entre la prestation de sortie, augmentée des avoirs de libre passage existant éventuellement au moment du divorce, et la prestation de sortie, augmentée des avoirs de libre passage existant éventuellement au moment de la conclusion du mariage (cf. art. 24 LFLP). Pour ce calcul, on ajoute à la prestation de sortie et à l'avoir de libre passage existant au moment de la conclusion du mariage les intérêts dus au moment du divorce (ATF
128 V 230
; ATF
129 V 444
).
En l’espèce, la Cour de Justice a ordonné le partage par moitié des prestations de sortie acquises durant le mariage par les demandeurs. Les dates pertinentes sont, d’une part, celle du mariage, le 2 juin 1990, d’autre part le 17 mars 2009, date à laquelle le prononcé du divorce est devenu exécutoire.
Selon les documents produits, la prestation acquise pendant le mariage par le demandeur est de
3'957 fr.
tandis que celle acquise par la demanderesse est de
57'111 fr. 80
, les intérêts ayant déjà été calculés par les institutions de prévoyance défenderesses. Ainsi le demandeur doit à son ex-épouse le montant de
1'978 fr. 50
(3'957 fr. : 2) et celle-ci doit à celui-là le montant de
28'555 fr. 90
(57'111 fr. 80 : 2), de sorte que c’est la demanderesse qui doit au demandeur le montant de
26'577 fr. 40
(28'555 fr. 90 - 1'978 fr. 50).
Conformément à la jurisprudence, depuis le jour déterminant pour le partage jusqu'au moment du transfert de la prestation de sortie ou de la demeure, le conjoint divorcé bénéficiaire de cette prestation a droit à des intérêts compensatoires sur le montant de celle-ci. Ces intérêts sont calculés au taux minimum légal selon l'art. 12 OPP 2 ou selon le taux réglementaire, si celui-ci est supérieur (ATF
129 V 255
consid. 3).
Aucun émolument ne sera perçu, la procédure étant gratuite (art. 73 al. 2 LPP et 89H al. 1 de la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 1985).
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