Decision ID: d69c51c5-cd9e-592a-90eb-7c2875652c1f
Year: 2006
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_014
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: social_law

EN FAIT
Par jugement du 18 mai 2006, la 1
ère
chambre du Tribunal de première instance a prononcé le divorce de Madame R_, née R1_ et Monsieur R_, mariés en date du 14 décembre 1995.
Selon le chiffre 4 du jugement précité, le Tribunal de première instance a ordonné au fonds de prévoyance de M. R_ soit la CAP, Caisse d'assurance du personnel de la Ville de Genève et des Services Industriels de Genève, de verser le 50 % des avoirs de libre passage constitués pendant le mariage à Mme R_, née R1_, à titre d'indemnité équitable.
Le jugement de divorce est devenu définitif le 30 juin 2006 et a été communiqué au Tribunal cantonal des assurances sociales le 11 juillet 2006.
Le 21 juillet 2006, à la demande du Tribunal de céans, la CAP a attesté que l'avoir de prévoyance de M. R_ calculé du 1
er
juin 1988 au 30 juin 2006 était de fr. 266'562.-. A la date du mariage, la prestation de libre passage s'élevait à fr. 65'927.-, laquelle majorée des intérêts composés dus pendant le mariage était de fr. 95'231.- au 30 juin 2006.
Le 24 juillet 2006, le Tribunal cantonal des assurances sociales a informé les demandeurs qu’un montant de fr. 85'665,50 revenait à la demanderesse et leur a imparti un délai afin qu’elles se prononcent sur ce calcul.
Les demandeurs n'ont pas fait d'observations.
Sur quoi, la cause a été gardée à juger.

EN DROIT
1. L'art. 25a de la loi fédérale sur le libre passage dans la prévoyance professionnelle, vieillesse, survivants et invalidité du 17 décembre 1993 (LFLP), entré en vigueur le 1er janvier 2000, règle la procédure en cas de divorce. Lorsque les conjoints ne sont pas d’accord sur la prestation de sortie à partager (art. 122 et 123 Code Civil - CC), le juge du lieu du divorce compétent au sens de l'art. 73 al. 1 de la loi fédérale sur la prévoyance professionnelle du 25 juin 1982 (LPP), soit à Genève le Tribunal cantonal des assurances sociales depuis le 1
er
août 2003, doit, après que l'affaire lui a été transmise (art. 142 CC), exécuter d'office le partage sur la base de la clé de répartition déterminée par le juge du divorce.
2. Selon l'art. 22 LFLP (nouvelle teneur en vigueur depuis le 1er janvier 2000), en cas de divorce, les prestations de sortie acquises durant le mariage sont partagées conformément aux art. 122, 123, 141 et 142 CC; les art. 3 à 5 LFLP s'appliquent par analogie au montant à transférer (al. 1). Pour chaque conjoint, la prestation de sortie à partager correspond à la différence entre la prestation de sortie, augmentée des avoirs de libre passage existant éventuellement au moment du divorce, et la prestation de sortie, augmentée des avoirs de libre passage existant éventuellement au moment de la conclusion du mariage (cf. art. 24 LFLP). Pour ce calcul, on ajoute à la prestation de sortie et à l'avoir de libre passage existant au moment de la conclusion du mariage les intérêts dus au moment du divorce (ATF
128 V 230
; ATF
129 V 444
).
3. En l’espèce, le juge de première instance a ordonné le partage par moitié de l'avoir de prévoyance du demandeur accumulé auprès de la CAP.
Les dates pertinentes sont, d’une part, celle du mariage, le 14 décembre 1995, d’autre part le 30 juin 2006, date à laquelle le jugement de divorce est devenu exécutoire.
Selon les documents produits, la prestation acquise pendant le mariage auprès de la CAP par M. R_ est de fr. 171'331.- (soit fr. 266'562.- - fr. 95'231.-). Ainsi M. R_ doit à son ex-épouse le montant de fr. 85'665,50 (fr. 171'331.- : 2).
4. En vertu de l'art. 22 al. 1 LFLP, les dispositions 3 à 5 de cette loi s'appliquent par analogie au montant à transférer, lorsque les prestations de sortie sont partagées après un divorce. L'art. 3 LFLP dispose que lorsque l'assuré entre dans une nouvelle institution de prévoyance, l'ancienne institution de prévoyance doit verser la prestation de sortie à cette nouvelle institution. Selon l'art. 4 al. 1 LFLP, s'il n'entre pas dans une autre institution de prévoyance, il doit communiquer à son institution de prévoyance sous quelle autre forme admise il entend maintenir sa prévoyance. A défaut de notification, l'institution de prévoyance verse la prestation de sortie, y compris les intérêts moratoires, à l'institution supplétive (art. 4 al. 2 LFPL).
5. Il incombera ainsi à la CAP de requérir l'ouverture d'un compte au nom de Mme R_ auprès de la Fondation institution supplétive LPP afin que le montant précité lui soit crédité.
6. Conformément à la jurisprudence, depuis le jour déterminant pour le partage jusqu'au moment du transfert de la prestation de sortie ou de la demeure, le conjoint divorcé bénéficiaire de cette prestation a droit à des intérêts compensatoires sur le montant de celle-ci. Ces intérêts sont calculés au taux minimum légal selon l'art. 12 de l'ordonnance sur la prévoyance professionnelle vieillesse, survivants et invalidité du 18 avril 1984 (OPP 2) ou selon le taux réglementaire, si celui-ci est supérieur (ATF non publié B 36/02 du 18 juillet 2003)
7. Aucun émolument ne sera perçu, la procédure étant gratuite (art. 73 al. 2 LPP et 89H al. 1 de la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 1985).