Decision ID: cd5ae84c-5784-4662-951c-b4c6a32f52b7
Year: 2012
Language: fr
Court: VD_TC
Chamber: VD_TC_031
Canton: VD
Region: Région lémanique
Law Area: public_law

Vu les faits suivants
A.
La Commune de Payerne exploite un déchetterie réservée aux ménages. En décembre 2011, la Municipalité a invité les entreprises Y._ Transport S.A. (ci-après Y._), Z._S.A. et X._ (ci-après: X._) à lui présenter une offre pour l’élimination des déchets de bois et des capsules Nespresso. Le document joint à la demande municipale définit le marché, ainsi que les critères d’adjudication, et leur pondération. Le prix comprend le prix du traitement (par tonne et par mois), une ristourne éventuelle, ainsi que le prix du transport, soit le coût unitaire du transport, tant pour le bois que les capsules. Selon le tableau d’évaluation établi le 23 février 2012 par le Service communal des infrastructures, l’offre de Y._ a reçu 296,61 points (sur 300), celle de X._ 280 points. Le 2 mars 2012, la Municipalité a informé les soumissionnaires que le marché était adjugé à Y._.
B.
X._ a recouru contre la décision du 2 mars 2012. La Municipalité conclut principalement à l’irrecevabilité du recours, subsidiairement à son rejet. Y._ ne s’est pas déterminée.
C.
Le 19 mars 2012, le juge instructeur a accordé provisoirement l’effet suspensif au recours. Le 23 mai 2012, il a admis la demande de levée de cette mesure, présentée par la Municipalité.
D.
Le Tribunal a statué par voie de circulation.

Considérant en droit
1.
La matière est régie par l’accord intercantonal sur les marchés publics, du 25 novembre 1994 (AIMP; RSV 726.91), ainsi que par la loi cantonale sur les marchés publics, du 24 juin 1996 (LMP-VD; RSV 726.01) et le règlement y relatif, du 7 juillet 2004 (RLMP-VD; RSV 726.01.1).
2.
a) L’acte de recours doit indiquer ses motifs (art. 79 al. 1 de la loi du 28 octobre 2008 sur la procédure administrative – LPA-VD, RSV 173.36). Il s’ensuit pour le recourant le devoir d’articuler ses griefs de manière suffisamment intelligible pour que l’on puisse déduire de l'acte de recours dans quelle mesure et pour quelles raisons il conteste la décision attaquée (cf., en dernier lieu, arrêts CR.2011.0047 du 29 novembre 2011; AC.2010.0225 du 18 novembre 2011; AC.2010.0213 du 15 septembre 2011, et les arrêts cités).
b) Le marché litigieux a fait l’objet d’un appel d’offres détaillé; ce document mentionne les critères d’adjudication et leur pondération. Le tableau d’évaluation transcrit l’appréciation de l’autorité communale, de manière précise; les raisons pour lesquelles Municipalité a décidé comme elle l’a fait, en ressortent clairement. La recourante, qui effectuait autrefois les prestations qui font l’objet de la procédure, se plaint de voir son offre écartée injustement. Elle rappelle que son activité est sérieuse, ses installations performantes, et ses partenaires fiables. Elle estime être victime d’un "acte de racisme". Pour le reste, l’acte de recours ne contient aucun argument topique, relatif aux critères d’adjudication et à leur évaluation. Si l’on comprend que la recourante est mécontente de la décision attaquée et en demande implicitement la réforme en sa faveur, ses griefs sont indiscernables. La recourante a eu l’occasion de répliquer et de se déterminer sur la demande de l’effet suspensif. Elle n’a pas saisi cette occasion pour remédier aux défauts de son recours, notamment par la consultation du dossier produit par la Municipalité. Après le prononcé de la décision incidente du 23 mai 2012, elle a encore disposé d’un délai pour se déterminer sur le sort de la procédure, qu’elle n’a pas utilisé.
3.
Le recours est ainsi irrecevable au regard de l’art. 79 al. 1 LPA-VD. Les frais sont mis à la charge de la recourante (art. 49 LPA-VD). La Municipalité, qui est intervenue par l’entremise d’un mandataire, a droit à des dépens (art. 55 LPA-VD). Il n’y a pas lieu d’allouer des dépens à l’adjudicataire, qui n’a pas procédé.