Decision ID: d89a3a26-3c0e-479b-846f-e1598e53ee4a
Year: 2019
Language: fr
Court: VD_TC
Chamber: VD_TC_031
Canton: VD
Region: Région lémanique
Law Area: public_law

Vu les faits suivants:
A.
B._ (ci-après: l'intéressé ou le recourant 2), né le ******** 1986, de nationalité mexicaine, a déposé le 16 décembre 2015 une demande pour un visa de long séjour (visa D) auprès de l'ambassade suisse au Mexique. Il a indiqué qu'il était étudiant et que le but de son séjour était d'effectuer un stage de six mois au sein de la Maison C._ à ******** (VD) afin de perfectionner ses connaissances en français et d'acquérir une expérience dans son domaine de formation, à savoir l'administration d'entreprises. Il a précisé qu'il serait logé et nourri sur le lieu du stage. Avec sa demande, il a notamment joint une lettre du 20 novembre 2015 de D._, présidente de l'association E._ à ********, exposant qu'elle était disposée à recevoir l'intéressé en qualité de stagiaire pour une durée de six mois à compter de janvier 2016, ainsi qu'une convention de stage du 8 décembre 2015, indiquant que l'activité consisterait en la gestion et l'accueil des hôtes de la Maison C._ et prévoyant un défraiement de 800 fr. par mois. Dans un courriel du 2 février 2016, D._ a fait savoir au Service de la population du canton de Vaud (ci-après: SPOP) que suite à leur échange téléphonique, duquel il ressortait que le SPOP prévoyait de ne pas autoriser le stage, elle acceptait cette décision sans autres formalités.
Le 18 janvier 2016, D._ a adressé au SPOP une demande de permis de séjour de courte durée avec activité lucrative en faveur d'B._, l'activité envisagée étant un stage de 30 heures par semaine pour une durée de six mois, avec un défraiement mensuel de 800 fr., la nourriture et le logement étant déduits du salaire. La participation de l'intéressé à un cours de langue était également prévue. Dans un courrier du même jour, D._ expliquait ce qui suit:
Notre Association E._, à but non lucratif, s'occupe essentiellement du quotidien de la Maison C._ en qualité de Monument historique d'intérêt national. Notre réseau comporte, entre autres, un lien particulier avec l'association mexicaine ********, avec qui nous avons réalisé plusieurs projets culturels: dans ce cadre nous avons reçu en 2014 l'ambassadeur du Mexique en Suisse, qui, visitant la Maison souhaitait vivement accorder la possibilité à des jeunes de son pays d'expérimenter un séjour formateur dans ce cadre particulier.
Ainsi B._ a obtenu un bachelor en économie dans son pays, il a effectué une partie de ses études en ********, à ********. Il souhaiterait s'immatriculer à l'université de ******** en 2016 pour son master qu'il oriente vers la démarche qualité et l'étude liée aux normes d'accréditation. Pour ce faire, il a besoin de parfaire ses connaissances linguistiques et c'est ainsi que nous avons accepté la possibilité de l'accueillir dans notre Maison en qualité de stagiaire.
Le 20 février 2016, l'intéressé est entré en Suisse. Dans le rapport d'arrivée du 21 mars 2016, il a indiqué que le but de son séjour était d'effectuer des études. A ce titre, il a joint une attestation d'inscription du 11 mars 2016 à un cours semi-intensif de français auprès de l'école ******** à ********s, qui aurait lieu du 11 avril au 8 juillet 2016, ainsi qu'une attestation d'accueil à la Maison C._, signé par D._ et l'intéressé le 10 mars 2016, indiquant que le défraiement du stagiaire était de 800 fr. par mois et qu'en sus, il était nourri et logé durant toute la période.
Sur demande du SPOP du 12 avril 2016, l'intéressé a fourni des pièces complémentaires, en particulier une lettre de motivation - où il expliquait vouloir apprendre parfaitement le français afin de pouvoir s'inscrire à l'université de ******** dans la filière "european business", études qu'il ne pouvait pas entreprendre au Mexique -, un curriculum vitae et un document dans lequel il s'engageait à quitter la Suisse une fois ses études terminées.
Par décision du 17 juin 2016, le Service de l'emploi, division contrôle du marché du travail et protection des travailleurs (ci-après: SDE) a refusé d'autoriser l'exercice de l'activité lucrative, au motif que les conditions applicables en vue de l'admission en tant que stagiaire n'étaient pas réunies.
Dans une décision du 23 août 2016, le SPOP a refusé d'octroyer une autorisation de séjour à l'intéressé, au motif qu'il était lié par la décision du SDE, et a prononcé son renvoi de Suisse.
Par lettre du 9 septembre 2016 au SPOP, l'intéressé a fait valoir qu'il y avait eu une confusion dans le traitement de son dossier, estimant que le SPOP n'avait pas statué sur sa demande de visa pour étudiant. Il lui demandait donc de se prononcer sur ce point, exposant que sa motivation pour apprendre le français et étudier en Suisse n'avait pas changé. Il a joint à sa demande une attestation de son inscription à deux session de cours de français de niveau B2 ayant lieu du 22 août au 25 novembre 2016 et du 5 décembre 2016 au 10 février 2017, ainsi que sa demande d'admission du 7 septembre 2016 auprès de l'Université de ******** pour débuter un Master of Arts en gestion d'entreprise au semestre de printemps 2017.
Dans un courrier du 14 décembre 2016, le SPOP a fait savoir à l'intéressé qu'il était disposé à entrer en matière sur sa demande de suivre des études auprès de l'Université de ******** et lui a imparti un délai au 28 février 2017 afin qu'il produise une attestation d'immatriculation définitive pour le semestre de printemps 2017.
Dans une lettre du 27 février 2017, l'intéressé a indiqué au SPOP qu'il avait dû rentrer au Mexique afin de réunir des documents manquants pour son inscription à l'Université de ******** et qu'il espérait pouvoir procéder à son immatriculation au plus tard au semestre de printemps 2018. Il a précisé qu'il avait quitté la Suisse le 13 janvier 2017.
L'intéressé est revenu en Suisse, déclarant son arrivée auprès de la commune de ******** le 18 décembre 2017. Il a déposé une nouvelle demande de permis de séjour pour études à cette même date auprès du SPOP, indiquant que les cours à l'Université de ******** débuteraient le 19 février 2018. Il a notamment joint à sa demande une attestation du 24 février 2017 de l'Université F._ du Mexique (F._) certifiant qu'il avait accrédité partiellement un diplôme en gestion (niveau "licenciatura") et contenant la liste des cours et des crédits obtenus entre janvier 2006 et janvier 2016. Il a également transmis une lettre du 11 décembre 2017 du Service d'admission et d'inscription de l'Université de ********, qui admettait son inscription sous conditions pour entamer un préalable au master, à savoir de la réussite de son diplôme auprès de l'F._ et de la présentation de celui-ci d'ici le 31 janvier 2018.
Par courrier du 18 mai 2018, le SPOP a fait savoir à l'intéressé qu'il avait l'intention de refuser sa demande de permis de séjour pour études, au motif qu'il n'avait pas fourni d'attestation d'immatriculation définitive à l'Université de ******** dans le délai imparti au 11 avril 2018. Le SPOP lui octroyait un délai pour faire valoir ses remarques et objections.
L'intéressé a confirmé au SPOP, dans un courrier du 28 mai 2018, qu'il n'avait pas pu finaliser son inscription auprès de l'Université de ********, car il avait rencontré des difficultés pour obtenir son diplôme original auprès de l'Université du Mexique. Il déclarait être conscient que l'octroi d'un permis de séjour pour études ne pouvait avoir lieu pour l'instant, et indiquait qu'il souhaitait renvoyer sa demande pour un prochain semestre. Il expliquait vouloir rester en Suisse en attendant de pouvoir réaliser ce projet et qu'il allait déposer une nouvelle demande pour effectuer un stage, en vue de l'obtention d'un permis de séjour, étant soutenu économiquement par la E._ et G._. Il demandait qu'un délai lui soit accordé pour finaliser cette nouvelle démarche.
Il a dès lors déposé, le 13 juin 2018, une demande de permis de séjour de courte durée avec exercice d'une activité lucrative, pour travailler, du 15 juin au 15 décembre 2018, comme employé polyvalent non qualifié auprès d'H._, société active dans l'organisation d'évènements, à ********. Il a joint le contrat de travail conclu avec cette société (signé par D._ pour l'employeur) prévoyant un taux d'activité de 50% et un salaire mensuel brut de 2'500 francs.
Le SDE a refusé cette demande le 26 septembre 2018 au motif que l'activité en cause ne répondait pas aux critères de qualifications personnelles prévus par la loi (art. 23 de la loi fédérale du 16 décembre 2005 sur les étrangers et l'intégration [LEI; RS 142.20]).
B.
Le 19 décembre 2018, l'intéressé a déposé une nouvelle demande de permis de séjour avec exercice d'une activité lucrative auprès de la commune de ********, qui a été transmise au SDE en mars 2019. L'employeur requérant était A._ (ci-après également: l'employeur ou le recourant 1) exploitant d'une entreprise forestière, en la forme d'une entreprise individuelle, à ********, et souhaitait engager l'intéressé en tant que gestionnaire (avec position de cadre). Les demandeurs ont joint le contrat de travail de durée indéterminée qu'ils avaient conclu le 10 décembre 2018, prévoyant 42,5 heures de travail par semaine pour un salaire mensuel brut de 4'200 fr., l'entrée en service étant prévue le 1
er
mars 2019. Ils ont également produit un cahier des charges indiquant que le poste de travail avait pour missions générales d'apporter un appui technique en gestion comptable et financière, ainsi que de procéder à la facturation (mission générale 1), de développer l'ensemble des activités de l'entreprise (mission générale 2) et d'œuvrer en tant que machiniste-forestier en cas de nécessité (mission générale 3). Un diplôme en gestion était requis pour ce poste.
A l'appui de la demande, l'employeur a notamment produit un contrat de location de service qu'il avait conclu avec I._ (ci-après: I._) le 17 août 2018, selon lequel un forestier-bûcheron avait été délégué dans l'entreprise du 20 au 29 août 2018, et deux notes d'honoraires que lui avait été adressées I._ en septembre et octobre 2018 pour des montants de respectivement 2'297, 60 fr. et 1'789,70 francs. L'employeur a également produit des relevés de compte de l'entreprise, concernant des paiements à J._ pour des montants de 2'692,50 fr. en juin 2018 et de 1669,35 fr. en juillet 2018, à K._ à hauteur de 2'183 fr. en juillet 2018 et 532 fr. en décembre 2018, ainsi que des paiements supplémentaires à I._ à hauteur de 1'298,80 fr. en septembre 2018 et de 5'565.60 fr. en novembre 2018. Il a exposé qu'il s'agissait de paiements à des personnes qu'il avait souhaité engager, mais dont les essais ne s'étaient pas révélés concluants (cf. courriel de l'employeur au SDE du 3 mars 2019).
A la demande du SDE qui lui demandait des précisions sur ses motivations à engager B._, l'employeur a expliqué dans un document envoyé par courriel le 2 avril 2019, qu'il voulait l'employer comme gestionnaire d'entreprise et machiniste-forestier non seulement car ce dernier était très motivé, mais aussi car il n'avait trouvé personne qui était capable de faire ces deux choses, ce qui était essentiel pour le poste. L'employeur estimait en effet que l'intéressé avait les capacités pour faire évoluer son entreprise ainsi que d'apprendre à piloter une pelle-araignée. L'employeur précisait encore que l'intéressé était très bien intégré à la vie sociale de la région, faisant notamment partie du FC ********.
Dans une décision du 5 avril 2019, le SDE a refusé la demande, au motif que ni les conditions légales relatives aux qualifications personnelles (art. 23 LEI), ni celles relatives à la priorité des travailleurs indigènes ou des ressortissants d'un Etat membre de l'UE/AELE n'étaient réunies (art. 21 LEI). Sur le premier point, le SDE a retenu que l'activité de gestionnaire d'entreprise forestière ne remplissait pas les critères de qualifications personnelles, vu le cahier des charges produit avec la demande. Sur le second point, le SDE estimait qu'il ne devrait pas être impossible de trouver un profil analogue à celui d'B._ sur le marché du travail indigène et européen ou de former ou faire former dans un délai raisonnable un travailleur disponible sur le marché du travail, de sorte qu'on ne saurait considérer que l'employeur avait fait tous les efforts nécessaires pour trouver un tel employé.
C.
Par acte du 3 mai 2019, A._ et B._ ont recouru contre cette décision devant la Cour de droit administratif et public du Tribunal cantonal (CDAP), en concluant en substance à ce qu'une autorisation de séjour avec activité lucrative soit octroyée au recourant 2. Ils ont fait valoir que l'intégration exemplaire de celui-ci dans la vie sociale de la région dans laquelle il séjournait régulièrement depuis quelques années et sa parfaite maîtrise du français n'avaient pas été prises en considération. Il était indiqué que A._ ne souhaitait pas engager ou devoir former une autre personne provenant du marché indigène ou européen alors qu'B._ avait toutes les qualités requises et toute la confiance de l'employeur.
Dans sa réponse du 1
er
juillet 2019, le SDE a maintenu sa position.
Par courrier du 6 juin 2019, le SPOP a déclaré qu'il renonçait à se déterminer.
D.
La Cour a statué par voie de circulation.

Considérant en droit:
1.
Déposé dans le délai de trente jours suivant la notification de la décision litigieuse, le recours est intervenu en temps utile (cf. art. 95 de la loi cantonale vaudoise du 28 octobre 2008 sur la procédure administrative [LPA-VD; BLV 173.36]). Par ailleurs, les deux recourants ont un intérêt digne de protection au recours, le recourant 1 en tant que destinataire de la décision et le recourant 2 car il est directement touché par celle-ci. Au surplus, l'acte de recours respecte les autres conditions formelles de recevabilité (cf. art. 79 LPa-VD par renvoi de l'art. 99 LPA-VD), de sorte qu'il y a lieu d'entrer en matière au fond.
2.
Le litige porte sur le refus du SDE d'octroyer au recourant 2 une autorisation de séjour avec exercice d'une activité lucrative.
3.
a) Aux termes de l'art. 18 LEI, un étranger ne peut être admis en vue de l’exercice d’une activité lucrative salariée que si son admission sert les intérêts économiques du pays (let. a), si son employeur a déposé une demande (let. b) et si les conditions fixées aux art. 20 à 25 de la loi sont remplies (let. c). Le Conseil fédéral peut limiter le nombre de ces autorisations (art. 20 LEI).
Parmi ces conditions, l'art. 23 al. 1 LEI relatif aux "qualités personnelles" de la personne étrangère, prévoit que seuls les cadres, les spécialistes ou autres travailleurs qualifiés peuvent obtenir une autorisation de courte durée ou de séjour.
La référence aux "autres travailleurs qualifiés"
devrait permettre d'admettre des travailleurs étrangers en tenant davantage compte des exigences du marché de l'emploi que de la fonction exercée ou de la spécificité de la formation suivie, cela pour autant que les prestations offertes par le travailleur étranger concerné ne puissent être trouvées parmi la main-d’œuvre résidante au sens de l'art. 21 LEI (
Marc
S
PESCHA
, in : Spescha/ Thür/Zünd/Bolzli/Hruschka, Migrationsrecht, 2015, p. 99, ch. 1 ad art. 23 LEtr). Il n'en demeure pas moins que le statut de courte durée, comme celui du séjour durable, reste réservé à la main-d’œuvre très qualifiée et qu'il est nécessaire que le travailleur en question ait les connaissances spéciales et les qualifications requises
(Message concernant la loi sur les étrangers [ci-après: Message LEtr], du 8 mars 2002, FF 2002 3469, p. 3540
). C'est ainsi que l'admission sera, en principe, refusée pour des postes ne requérant aucune formation particulière (Lisa O
TT
, in: Caroni/Gächter/Thurnherr, [édit.], Bundesgesetz über die Ausländerinnen und Ausländer, 2010, pp. 179-180, ch. 6 ad art. 23 LEtr) (cf. TAF arrêt C-5184/2014 du 31 mars 2016 consid. 5.4.1).
Le ch. 4.3.5
des
Directives et commentaires, I. Domaine des étrangers (Directives LEI), état au 1
er
juin 2019, du Secrétariat d'Etat aux migrations (SEM) (cf. également CDAP PE.2016.0379 du 5 janvier 2017 consid. 3a; PE.2013.0265 du 19 août 2014 consid. 2c et PE.2013.420 du 13 février 2014 consid. 4d)
précisent ce qui suit:
Les qualifications personnelles peuvent avoir été obtenues, selon la profession ou la spécialisation, à différents niveaux: diplôme universitaire ou d'une haute école spécialisée; formation professionnelle spéciale assortie de plusieurs années d’expérience; diplôme professionnel complété d'une formation supplémentaire; connaissances linguistiques exceptionnelles et indispensables dans des domaines spécifiques. Lors de l'examen sous l'angle du marché du travail, l'existence des qualifications personnelles requises peut souvent être déduite de la fonction du travailleur étranger, par exemple lorsqu'il s'agit de personnes appelées à créer ou à diriger des entreprises importantes pour le marché du travail.
Quant à l'art. 23 al. 3 LEI, il prévoit, en dérogation aux deux premiers alinéas de l'art. 23 LEI, que peuvent être admises notamment les personnes possédant des connaissances ou des capacités professionnelles particulières, si leur admission répond de manière avérée à un besoin (let. c).
Peuvent se réclamer de cette disposition des travailleurs moins qualifiés, mais qui disposent de connaissances et de capacités spécialisées indispensables à l’accomplissement de certaines activités, par exemple le travail du cirque, le nettoyage et l’entretien d’installations spéciales ou la construction de tunnels. Il doit toutefois s’agir d’activités ne pouvant pas, ou alors de manière insuffisante, être exécutées par un travailleur indigène ou ressortissant d’un Etat membre de l’UE ou de l’AELE (Message LEtr, p. 3541; cf. TAF arrêt C-5184/2014 précité consid. 5.4.2).
b) En l'occurrence, le SDE est d'avis que vu le cahier des charges signé par les recourants, l'activité de gestionnaire d'entreprise forestière envisagée pour B._ ne remplit "manifestement" pas les critères de qualifications personnelles au sens de l'art. 23 LEI. Pour leur part, les recourants font valoir que le susnommé a toutes les qualités requises pour le poste en question, ainsi que la confiance de l'employeur. Ce dernier fait valoir qu'il a créé son entreprise de toutes pièces au prix de nombreuses heures de travail et qu'il ne veut pas en confier la gestion à quelqu'un qui n'est pas proche et n'a pas les qualités requises. Il ressort en outre du document envoyé le 2 avril 2019 par l'employeur au SDE que le premier voulait engager le recourant 2 car il n'avait trouvé personne qui était capable d'être à la fois gestionnaire d'entreprise et machiniste-forestier.
Or, comme l'a retenu le SDE, il faut constater que l'activité que le recourant 2 serait amené à exercer ne requiert, sur le principe, pas de qualifications spécifiques, que ce soit dans le domaine de la gestion d'une entreprise ou dans celui de la conduite d'engins-forestiers. En effet, les tâches qu'il devrait accomplir, au vu du cahier des charges signé par les recourants - lesquelles consistent, d'une part, dans la gestion comptable et financière et la facturation, ainsi que le développement des activités de l'entreprise - paraissent bien plutôt rentrer dans le cadre des tâches usuelles de la gestion d'une entreprise, sans requérir de compétences particulières au sens de l'art. 23 LEI. Il en va de même de l'activité de machiniste-forestier, pour ce qui est de la part du poste relevant de ce domaine.
Par ailleurs, il est douteux que le recourant 2 possède un diplôme en gestion délivré par l'F._ (cf. le certificat établi le 24 février 2017 par cette université indiquant qu'il a partiellement accrédité des études de licence ["licenciatura"]). Ce dernier ne fait en outre pas valoir qu'il dispose d'une quelconque formation ou expérience professionnelle en tant que forestier-bûcheron ou dans la conduite d'engins forestiers, et cela ne ressort pas non plus du dossier. A cet égard, l'employeur a d'ailleurs précisé qu'une formation de machiniste-forestier devrait lui être dispensée au sein de l'entreprise avant qu'il puisse travailler sur le terrain (cf. cahier des charges, ch. 6). Ainsi, même si le poste en question devait être considéré comme requérant des qualités spécifiques au sens de l'art. 23 LEI, car il nécessiterait à la fois des capacités de gestionnaire d'entreprise et de machiniste-forestier, le profil du recourant ne correspondrait pas aux exigences d'un tel poste. L'argument de l'employeur à cet égard tombe ainsi à faux. On précisera que l'employeur garde en tout temps la possibilité d'engager et de former une autre personne issue du marché indigène de l'emploi ou ressortissant de l'UE/AELE (cf. ci-après).
4.
a) Au demeurant, en vertu de l'art. 21 al. 1 LEI, qui prévoit un ordre de priorité entre les travailleurs, un étranger ne peut être admis en vue de l'exercice d'une activité lucrative que s'il est démontré qu'aucun travailleur en Suisse ni aucun ressortissant d'un Etat avec lequel a été conclu un accord sur la libre circulation des personnes correspondant au profil requis n'a pu être trouvé. Selon l'art. 21 al. 2 LEI, sont considérés comme travailleurs en Suisse, les suisses (let. a), les titulaires d'une autorisation d'établissement (let. b) et les titulaires d'une autorisation de séjour qui ont le droit d'exercer une activité lucrative (let. c).
L'employeur potentiel doit apporter la preuve qu'il a effectué des recherches suffisantes afin de trouver un employé déjà disponible sur le marché du travail. Le SEM donne les précisions suivantes dans les Directives LEI précitées:
4.3.2 Ordre de priorité (art. 21 LEtr)
4.3.2.1 Principe
[...]
Les employeurs sont tenus d'annoncer le plus rapidement possible aux offices régionaux de placement (ORP) les emplois vacants, qu'ils présument ne pouvoir repourvoir qu'en faisant appel à du personnel venant de l'étranger. Les offices de placement jouent un rôle clé dans l'exploitation optimale des ressources offertes par le marché du travail sur l'ensemble du territoire suisse. L'employeur doit, de son côté, entreprendre toutes les démarches nécessaires – annonces dans les quotidiens et la presse spécialisée, recours aux médias électroniques et aux agences privées de placement – pour trouver un travailleur disponible. On attend des employeurs qu’ils déploient des efforts en vue d’offrir une formation continue spécifique aux travailleurs disponibles sur le marché suisse du travail (cf. arrêts du TAF C-2638/2010 du 21 mars 2011, consid. 6.3., C-1123/2013 du 13 mars 2014, consid. 6.4. et C-106/2013 du 23 juillet 2014, consid. 6).
[...]
4.3.2.2 Efforts de recherche
L'employeur doit être en mesure de rendre crédible les efforts qu'il a déployés, en temps opportun et de manière appropriée, en vue d'attribuer le poste en question à des candidats indigènes ou à des candidats ressortissants de l’UE/AELE. Des ressortissants d’Etats tiers ne seront contactés que dans le cas où les efforts entrepris n’ont pas abouti. Il convient dès lors de veiller à ce que ces démarches ne soient pas entreprises à la seule fin de s’acquitter d’une exigence. Elles doivent être engagées suffisamment tôt, dans un délai convenable avant l’échéance prévue pour la signature du contrat de travail. En outre, il faut éviter que les personnes ayant la priorité ne soient exclues sur la base de critères professionnels non pertinents tels que des séjours à l’étranger, des aptitudes linguistiques ou techniques qui ne sont pas indispensables pour exercer l’activité en question, etc.
Selon la jurisprudence, il convient de se montrer strict quant à l’exigence des recherches faites sur le marché de l'emploi. Il y a ainsi lieu de refuser le permis de travail lorsqu’il apparaît que c’est par pure convenance personnelle que le choix de l’employeur s’est porté sur un étranger extra-européen plutôt que sur des demandeurs d’emploi suisses ou européens présentant des qualifications comparables (cf. notamment CDAP PE.2018.0434 du 11 avril 2019 consid. 2b; PE.2016.0379 du 5 janvier 2017 consid. 2b; PE.2014.0006 du 1
er
juillet 2014 consid. 2b et les références).
b) En l'espèce, même si l'employeur a effectué certaines démarches afin de trouver un travailleur indigène ou ressortissant de l'UE/AELE, en particulier en faisant appel à une entreprise de location de services (I._), il ne soutient en revanche pas avoir annoncé le poste à l'ORP, mis des annonces dans les quotidiens et la presse spécialisée ou avoir recouru aux médias électroniques. On ne saurait dès lors considérer qu'il a fourni tous les efforts que l'on pouvait attendre de lui afin de trouver un travailleur disponible sur le marché indigène ou ressortissant d'un Etat membre de l'UE/AELE, avec le profil requis, au besoin à l'issue d'un délai raisonnable de formation. L'employeur semble d'ailleurs admettre qu'il n'a pas fourni tous les efforts exigibles à cet égard, puisqu'il a déclaré qu'il ne souhaitait pas engager ou devoir former une autre personne provenant du marché indigène ou européen car il considérait qu'B._ avait toutes les qualités requises. Dans ces conditions, l'employeur paraît avoir eu la volonté d'employer le recourant 2 et lui seul plutôt qu'une autre personne, par pure convenance personnelle. Les conditions de l'art. 21 LEI ne sont donc pas réunies.
Enfin, la question de savoir si le recourant 2 est intégré socialement n'est pas déterminante en l'espèce, dès lors que les conditions des art. 21 al. 1 et 23 al. 1 et al. 3 let. c LEI ne sont pas réunies.
5.
Vu ce qui précède, les griefs des recourants sont mal fondés, de sorte que le recours doit être rejeté et la décision attaquée confirmée.
Les frais judiciaires, par 600 (six cents) francs, sont mis à la charge des recourants qui succombent, solidairement entre eux (art. 49 al. 1 et 51 al. 2 LPA-VD).
Il n'est pas alloué de dépens.