Decision ID: c6a1663d-0d9c-5478-97f0-cf9e7af2f644
Year: 2011
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_007
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 

EN FAIT
A. Par acte posté le 10 décembre 2010, M. U_ a saisi l'Autorité de surveillance des offices des poursuites et des faillites (ci-après : l'Autorité de surveillance). Il fait grief à l'Office des poursuites de lui avoir fait notifier un commandement de payer, poursuite n° 10 xxxx18 A, par voie de publication dans la FAO du 8 décembre 2010. M. U_ fait référence, sans les joindre, à quatre pièces annexées.
Par courrier, envoyé sous pli recommandé le 13 décembre 2010 à l'adresse indiquée dans la plainte, l'Autorité de surveillance a imparti à M. U_ un délai au 23 décembre 2010 pour produire la décision attaquée ainsi que les annexes mentionnées.
M. U_ n'a pas déféré à cette injonction.
Selon les données de La Poste (Track & Trace), un avis de retrait a été déposé dans sa boîte aux lettres le 14 décembre 2010.

EN DROIT
1. L'Autorité de surveillance est compétente pour statuer sur les plaintes formées en application de la LP (art. 13 LP ; art. 125 et 126 LOJ ; art. 6 al. 1 et 3 et 7 al. 1 LaLP) contre des mesures non attaquables par la voie judiciaire (art. 17 al. 1 LP).
2. Les cantons sont compétents pour organiser la procédure de plainte. Les règles qu’ils édictent à cette fin ne doivent rien renfermer de contraire à la lettre et à l’esprit des assez nombreuses règles que comporte le droit fédéral en la matière (art. 20a al. 3 LP ; Pierre-Robert
Gilliéron
, Commentaire, ad art. 20a n° 9 ss et 147 ss ; Flavio
Cometta
, in SchKG I, ad art. 20a n° 2 ss et 48 ; Franco
Lorandi
, Betreibungsrechtliche Beschwerde und Nichtigkeit. Kommentar zu den Artikeln 13-30 SchKG, ad art. 20a n° 92 ss). Il revient aux cantons de déterminer notamment la forme et le contenu auxquels doivent satisfaire les plaintes, étant précisé que l’on doit considérer comme de droit fédéral que la plainte doit contenir un exposé des motifs et des moyens invoqués, des conclusions et la signature du plaignant (Antoine
Favre
, Droit des poursuites, 3
ème
éd., p. 70).
Selon l’art. 9 al. 1 et 2 LaLP, les plaintes à la Commission de céans doivent être formulées par écrit, être rédigées en français, être accompagnées des pièces auxquelles elles renvoient et être suffisamment motivées. Il est conforme à l’esprit du renvoi que l’art. 9 al. 4 LaLP fait à la LPA d’exiger par ailleurs que les plaintes, ne serait-ce qu’implicitement, désignent la mesure attaquée et comportent les conclusions du plaignant (art. 65 al. 1 LPA). A défaut, la Commission de céans doit impartir au plaignant un bref délai pour satisfaire à ces exigences, sous peine d’irrecevabilité (art. 9 al. 2 LaLP et art. 65 al. 2 LPA).
3. Dans le cas particulier, l'Autorité de surveillance a, par courrier du 13 décembre 2010, envoyé sous pli recommandé, imparti au plaignant un délai au 23 suivant pour produire l'acte attaqué et les annexes mentionnées. L'intéressé, qui n'a pas retiré ce pli, n'a pas donné suite.
Il devait pourtant s'attendre à recevoir une communication de l'Autorité de surveillance à laquelle il s'était adressé le 10 décembre 2010.
Or, selon la jurisprudence, ce courrier, en tant qu'il avait été envoyé sous pli recommandé et qu'il avait fait l'objet d'une tentative infructueuse de notification par la poste, est réputé notifié le septième jour après cette tentative en cas de non retrait (ATF
127 I 31
consid. 2a/aa , ATF
117 III 4
consid. 2 ; arrêt du Tribunal fédéral
5A_595/2009
du 10 décembre 2009).
4. La plainte doit en conséquence être déclarée irrecevable.
5. La présente décision est prise en application des art. 72 LPA et 9 al. 2 LaLP. Elle sera toutefois communiquée à l'Office des poursuites.
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