Decision ID: e5534a66-942c-4e2d-8685-5175112bbb47
Year: 2005
Language: fr
Court: VD_TC
Chamber: VD_TC_031
Canton: VD
Region: Région lémanique
Law Area: public_law

Vu les faits suivants
A. Le 8 mars 2001, A._ a été engagé dès le 1er mai 2001 comme infirmier à l’Hôpital X._ à 2********. Il s’agissait d’un emploi à plein temps et le contrat a été conclu pour une durée indéterminée. Le 20 décembre 2004, l’Hôpital X._ a résilié le contrat, avec effet au 31 mars 2005.
A._ s’est annoncé à l’Office régional de placement de la Riviera (ci-après : l’ORP). Le 13 janvier 2005, il a demandé à recevoir des indemnités au sens des art. 8ss de la loi fédérale sur l’assurance-chômage, du 25 juin 1982 (LACI ; RS 837.0), dès le 1er avril 2005, auprès de la Caisse de chômage Unia à Vevey (ci-après : la Caisse). Sur le formulaire ad hoc, il lui a été rappelé que les recherches de travail durant le délai de congé étaient indispensables. La conseillère de l’ORP lui a rappelé expressément cette obligation lors d’un entretien du 28 février 2005. Le 8 avril 2005, l’ORP a informé A._ qu’à sa connaissance, celui-ci n’avait effectué que deux recherches d’emploi, les 10 et 12 mars 2005. Comme cela n’était pas suffisant, l’ORP a averti A._ qu’il aurait pu avoir commis une faute et l’a invité à s’expliquer à ce sujet. Le 13 avril 2005, A._ a indiqué avoir effectué quatre recherches supplémentaires au mois d’avril. Le 29 avril 2005, l’ORP a suspendu le droit de A._ aux indemnités de chômage pour neuf jours à compter du 1er avril 2005, au motif que l’assuré n’ait effectué que deux recherches d’emploi dans les trois mois de son délai de congé. Le 11 août 2005, le Service cantonal de l’emploi (ci-après : le Service cantonal) a rejeté l’opposition formée par A._ contre cette décision qu’il a confirmée.
B. A._ a recouru, en faisant valoir que la sanction était très sévère, qu’il ne savait pas devoir faire des recherches d’emploi pendant le délai de congé, qu’il se trouvait dans une période difficile à la suite de son divorce.
Le Service cantonal se réfère à sa décision. L’ORP et la Caisse ont renoncé à se déterminer.

Considérant en droit
1. Le litige porte sur la suspension du droit de l’assuré à l’indemnité de chômage pendant neuf jours.
2. Le droit à l’indemnité est notamment suspendu lorsque l’assuré ne fait pas tout ce qu’on peut raisonnablement exiger de lui pour trouver un travail convenable (art. 30 al. 1 let. c LACI). L’assuré qui fait valoir des prestations d’assurance doit entreprendre tout ce qu’on peut raisonnablement exiger de lui pour éviter le chômage ou l’abréger ; il lui incombe, en particulier, de rechercher du travail et d’apporter la preuve des efforts qu’il a fournis en ce sens (art. 17 al. 1 LACI). L’art. 26 de l’ordonnance sur l’assurance-chômage, du 31 août 1983 (RS 837.02), précise à ce propos que l’assuré doit fournir la preuve des efforts qu’il entreprend pour trouver du travail (al. 2), en présentant à cet effet des justificatifs (al. 2bis).
L’obligation de rechercher un nouvel emploi prend naissance dès le congédiement. L’assuré a le devoir d’entreprendre des démarches avant le début de son chômage, y compris dans le délai de congé ; s’il n’existe pas de normes quant au nombre de recherches que l’assuré est tenu d’effectuer, les efforts que l’on peut exiger de lui s’apprécient tant au regard de la qualité que du nombre des démarches entreprises (arrêts du Tribunal fédéral des assurances C 234/04 du 21 mars 2005 ; C 280/01 du 23 janvier 2003 ; C 305/01 du 22 octobre 2002 ; C 141/02 du 16 septembre 2002, et les références citées).
Entre le 20 décembre 2004 et le 21 mars 2005, le recourant n’a pu justifier que de deux recherches d’emploi. Cela est manifestement trop peu. Quant aux explications qu’il fournit à ce propos, elles ne sont pas déterminantes. Le recourant ne pouvait ignorer son obligation, qui lui a été rappelée dès son inscription à l’ORP et encore par la conseillère en charge de son dossier. De même, il était son importance, au regard de la jurisprudence qui vient d’être rappelée, que le recourant a travaillé pour l’Hôpital X._ jusqu’à fin mars 2005. Celui qui sait qu’il va perdre son emploi prochainement doit tout faire pour en trouver un autre le plus rapidement possible, et en tout cas avant de devoir s’inscrire au chômage. Enfin, la situation personnelle du recourant ne saurait excuser son inertie. Une personne confrontée à des difficultés familiales et financières doit se préoccuper au premier chef de conserver une source de revenus.
La faute étant établie, reste à mesurer la quotité de la sanction, qui doit être proportionnée (art. 30 al. 3 LACI). En cas de faute légère, la durée de la suspension est de un à quinze jours (art. 45 al. 2 let. a OACI). En l’occurrence, une suspension de neuf jours pour une faute légère, comme celle reprochée au recourant, est conforme à la pratique (cf. les arrêts précités du Tribunal fédéral des assurances ; dans la cause C 280/01, quatre offres présentées dans un délai de trois mois avaient justifié une suspension de neuf jours ; dans la cause C 234/04, la suspension a été fixée à huit jours pour dix-sept offres formulées en six mois).
3. Le recours doit ainsi être rejeté et la décision attaquée confirmée. Il est statué sans frais. Il n’y a pas lieu d’allouer des dépens.