Decision ID: abd98e55-4c13-5480-bdcf-3fb4cdb1da96
Year: 2015
Language: fr
Court: FR_TC
Chamber: FR_TC_004
Canton: FR
Region: Espace_Mittelland
Law Area: civil_law

considérant en fait
A. B._, née en 1970, est atteinte d’une sclérose en plaques primaire progressive et du syndrome de la queue de cheval avec une paralysie des membres inférieurs, diagnostiquée en 2007. En raison de sa maladie, elle a fait l’objet d’une curatelle volontaire du 21 novembre 2011 au 8 mai 2012.
B. Par courrier du 15 septembre 2014, A._, époux de B._, a requis de la Justice de paix de l’arrondissement de la Sarine (ci-après : la Justice de paix) l’institution d’une mesure de curatelle en faveur de son épouse en raison du fait qu’elle allait intégrer le Foyer C._ à D._ et que son responsable lui avait indiqué qu’une mesure de protection de l’adulte était nécessaire pour des motifs administratifs et financiers (DO 1).
Par courrier du 15 janvier 2015, E._, adjoint de direction et responsable Service social du Foyer C._, a confirmé à la Justice de paix avoir proposé aux époux A._ et B._ de déposer une demande de mesure de protection de l’adulte en faveur de B._ compte tenu de sa situation de handicap et de son état de santé qui s’est fortement aggravé à tel point qu’un placement institutionnel est inévitable. Il a en outre relevé que l’intéressée était apparue ralentie sur le plan intellectuel et qu’elle était dans l’incapacité physique de signer un document du fait de sa maladie. Selon lui, le placement de B._ en institution va provoquer des changements importants au niveau économique ; des démarches administratives fastidieuses et longues doivent être entreprises ; elles ne semblent pas être à la portée de son époux qui a d’importantes difficultés sur le plan de la compréhension de la langue française et du système administratif ; il craint dès lors que l’intéressée se retrouve dans une situation économique ne lui permettant pas d’assumer ses charges si aucune mesure de protection n’est instituée (DO 5 ss).
Par lettre du 9 février 2015, les époux A._ et B._ ont retiré leur requête d’institution d’une mesure de protection en faveur de B._, indiquant qu’ils croyaient que l’institution d’une telle mesure était obligatoire dans le cas de B._ (DO 7).
Le 12 février 2015, F._ et G._, respectivement responsable de l’Antenne III et infirmière référente auprès de la Fondation H._, ont fait part à la Justice de paix du fait que B._ se trouvait dans un état de dépendance très avancé justifiant l’institutionnalisation et nécessitant une assistance en soins continuelle. Elles ont relevé que ses capacités cognitives et son processus décisionnel étaient altérés et qu’elle ne se rendait pas compte de l’état dans lequel elle se trouvait. De plus, B._ exercerait une forte pression psychologique sur son époux de sorte qu’elles craignent que la gestion financière du couple soit difficile et rende la situation compliquée (DO 9).
Le 16 février 2015, les époux A._ et B._ ont comparu devant la Justice de paix. A cette occasion, A._ a déclaré que son épouse n’avait pas besoin d’une mesure de curatelle dans la mesure où il était capable d’entreprendre les démarches administratives nécessaires en faveur de son épouse et qu’il pouvait se faire assister par sa cousine en cas de besoin (DO 11 ss).
En date du 23 février 2015, le Dr I._, médecin auprès du Service de neurologie de l’Hôpital J._, a délivré à la Justice de paix un rapport concernant l’état de santé de
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B._. Après avoir précisé qu’elle est paraplégique et présente de graves problèmes visuels, il a indiqué qu’elle ne dispose pas de la capacité de discernement et n’est pas en mesure de gérer ses affaires (DO 16 ss).
Le 6 mars 2015, le Dr K._, médecin généraliste à L._, a établi un rapport concernant sa patiente. Il a émis des doutes quant à sa capacité de gérer elle-même ses affaires. Selon lui, la désignation de son époux comme mandataire pourrait être problématique dans la mesure où il ne parait pas armé pour résister aux injonctions de son épouse (DO 19).
Par courrier du 26 mars 2015, M._, N._, et O._, respectivement responsable des soins et animation, assistante sociale, et directeur de l’Association C._, à D._, ont rapporté en substance à la Justice de paix que B._ ne pouvait ni se nourrir, ni se mouvoir, ou encore se vêtir ou se laver sans aide. Selon eux, elle ne se rend cependant pas compte de sa situation qui nécessite une surveillance importante. Ils ont également indiqué qu’elle avait de la difficulté à réfléchir et à apprécier de façon claire une situation, qu’elle ne se rendait pas compte de la réalité financière et qu’elle se montrait insistante envers son mari, si bien qu’ils se sont prononcé en faveur de l’institution d’une mesure de curatelle (DO 22 ss).
B. Par décision du 31 mars 2015, la Justice de paix a institué en faveur de B._ une curatelle de représentation avec gestion du patrimoine, au sens de l’art. 394 CC en lien avec l’art. 395 CC, ayant pour objet sa représentation dans le cadre de ses affaires administratives et financières, la gestion de ses revenus et de sa fortune, et la prise de connaissance de sa correspondance. Le curateur a également pour mission de veiller au bien-être social et médical de B._ ainsi qu’à l’adéquation de son lieu de vie. En outre, P._, Chef de service auprès du Q._ a été désigné comme curateur de B._.
C. Par courrier du 26 mai 2015, A._ a interjeté recours contre cette décision, contestant l’institution de la mesure de curatelle et la désignation de P._ en tant de curateur, alléguant être capable de gérer seul les affaires de son épouse.
Invitée à se déterminer, la Justice de paix s’est référée au contenu du dossier (cf. courrier du 1er juin 2015).
Le 10 juillet 2015, P._ a indiqué que les époux A._ et B._ avaient déménagé à R._ de sorte qu’en cas de confirmation de la mesure de protection, le mandat de curatelle en faveur de B._ serait repris par le Service des curatelles de S._.

en droit
1. a) Selon l'art. 8 de la loi du 15 juin 2010 concernant la protection de l'enfant et de l'adulte (LPEA), le Tribunal cantonal connaît des recours contre les décisions rendues par l'autorité de protection - soit la Justice de paix (art. 2 al. 1 LPEA) - ou par son président ou sa présidente. La Cour de protection de l'enfant et de l'adulte (art. 14 al. 1 let. d du Règlement du Tribunal cantonal du 22 novembre 2012 précisant son organisation et son fonctionnement [RTC]) est compétente pour statuer.
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