Decision ID: bcb46766-1ff9-5b01-a716-a4d6daf201dc
Year: 2017
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_007
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 

EN FAIT
A.
a.
Par courrier adressé le 18 novembre 2016 par Maître H_, avocat, à Maître A_, avocat, au sujet des sociétés C_ SA, D_ SA, E_ SA et F_ SA, ayant leur siège à Genève auprès de la société G_ SA, (ci-après : les sociétés débitrices), le premier a déclaré au second que son mandant, B_ (ci-après : le créancier) était l’administrateur unique desdites sociétés, avec un pouvoir de signature individuelle, et qu’il avait confirmé à Maître H_ qu’il n’avait jamais confié de mandat de représenter ces sociétés à Maître A_.![endif]>![if>
Par réponse du 18 novembre 2016 à ce courrier, Maître A_ a confirmé à son tour à Maître H_ qu’il ne représentait en aucune façon les sociétés suisses précitées, son seul mandat consistant à représenter des sociétés sœurs australiennes dans une procédure pénale à Genève.
b.
Le 9 novembre 2016, Maître H_ avait formé, pour le compte de B_, pris en personne, à l’encontre de chacune des sociétés débitrices précitées, quatre réquisitions de poursuite portant sur des honoraires d’administrateur et ayant donné lieu à quatre commandements de payer, poursuites n° 16 xxxx98 Y, 16 xxxx03 M, 16 xxxx61 V et 16 xxxx89 H.
Ces quatre réquisitions de poursuites indiquaient toutes Maître A_ comme représentant des sociétés débitrices, ainsi que l’adresse de son Etude.
c.
L’Office des poursuites (ci-après : l’Office), après avoir tenté en vain de les notifier au siège desdites sociétés auprès de G_ SA, a notifié, successivement les 12,13 et 14 juillet 2017, ces quatre commandements de payer dans les locaux de l’Etude de Me A_, soit pour lui en mains d’une de ses employées, laquelle y a formé oppositions.
B. a.
Par acte expédié le 21 juillet 2017 au greffe de la Chambre de surveillance des Offices des poursuites et des faillites (ci-après: la Chambre de céans), Maître A_ a formé quatre plaintes contre les quatre notifications précitées, dont il a conclu à la nullité, de même qu’à celle des poursuites correspondantes.
En substance, il a fait valoir qu’il n’avait jamais été le représentant des sociétés débitrices, ce que le créancier savait parfaitement au demeurant, de sorte que ces notifications étaient nulles au regard des réquisits de l’art. 65 LP.
b.
Dans ses observations du 3 août 2017 au sujet de cette plainte, l’Office s’en est rapporté à justice.
Il a expliqué avoir en vain tenté de notifier ces quatre commandements de payer au siège des sociétés débitrices, soit chez G_ SA, dont l’administrateur était par ailleurs, précisément, le créancier poursuivant, soit B_.
Finalement, l’Office les avait notifiés auprès du représentant de ces sociétés, telles que mentionné dans les réquisitions de poursuite, à savoir Maître A_.
Toutefois, l’Office a admis que ce dernier n’était pas le représentant autorisé des sociétés débitrices au sens de l’art. 65 al. 1 ch. 2 LP.
c.
Maître H_ ayant cessé d’occuper dans le cadre de la représentation de B_, ce dernier a sollicité des délais successifs du greffe de la Chambre de surveillance en vue de pouvoir déposer ses observations au sujet des présentes plaintes.
Il n’a finalement pas déposé d’observations à ce titre.

EN DROIT
1.
1.1
La Chambre de surveillance est compétente pour statuer sur les plaintes formées en application de la LP (art. 13 LP; art. 125 et 126 LOJ; art. 6 al. 1 et 3 et 7 al. 1 LaLP) contre des mesures non attaquables par la voie judiciaire (art. 17 al. 1 LP). La plainte doit être déposée dans les dix jours de celui où le plaignant a eu connaissance de la mesure (art. 17 al. 3 LP).![endif]>![if>
La notification d’un commandement de payer est une mesure sujette à plainte et le tiers, allégué comme représentant qualifié pour recevoir cette notification, a qualité pour agir par cette voie.
Formée en temps utile par ce tiers contre les quatre notifications de commandements de payer du cas d’espèce, dont il est allégué qu’elles sont viciées, la présente plainte, expédiée dans les 10 jours dès la connaissance par le tiers en cause de ces notifications, est recevable, pour avoir également respecté la forme prescrite (art. 17 al. 4 LP).
1.2
Vu leur connexité, les quatre présentes plaintes, référencées sous les n° de causes A/3121/2017,
A/3122/2017,
A/3126/2017 et A/3127/2017, seront jointes sous le n° de cause
A/3121/2017 (art. 74 LPA).
2.
2.1
Un commandement de payer est un acte de poursuite qui doit faire l’objet d’une communication revêtant la forme qualifiée de la notification (art. 72 et 161 LP). ![endif]>![if>
Cette notification consiste en la remise de l’acte en mains du poursuivi ou, en l’absence de ce dernier, en mains d’une des personnes de remplacement désignées par la loi et aux lieux prévus par la loi, au besoin au terme d’une recherche sérieuse du poursuivi ou, à défaut, d’une des personnes de remplacement (ATF
117 III 7
, consid. 3b; Stoffel, Voies d’exécution, § 3 n° 20 ss ; Kren-Kostkiewicz, Zustellung von Betreibungsurkunden, in BlSchK 1996, p. 201 ss, 204; Donzallaz, La notification en droit interne suisse, Berne 2002, p. 212 s. n° 378 s.).
L’art. 65 al. 1 ch. 2 LP prévoit que lorsque la poursuite est dirigée contre une société anonyme, cette poursuite doit être notifiée à son représentant, soit à un membre de son administration, un directeur ou un fondé de procuration (ATF
134 III 112
, JT
2008 II 75
cons. 3.1).
Cela étant, la notification irrégulière d’un commandement de payer n’est pas sanctionnée de nullité absolue. La notification qui n’aurait pas été effectuée selon les règles imposées par les art. 64 à 66 LP n’est, en effet, entachée de nullité que dans la mesure où l’acte de poursuite n’est pas parvenu à la connaissance du débiteur, nullité qui doit être constatée d’office et en tout temps par la Chambre de surveillance.
2.2
En l’espèce, et l’Office l’a d’ailleurs admis dans le cadre de la présente procédure au sujet des quatre présentes plaintes, le tiers avocat auquel les commandements de payer en question ont été notifiés n’était ni un administrateur ni un directeur ni fondé de procuration des sociétés débitrices visées par ces commandements de payer, ni non plus d’ailleurs un avocat constitué par leur administrateur unique.
Par conséquent, les quatre commandements de payer en question n’avaient aucun moyen de parvenir à la connaissance desdites sociétés débitrices.
Il en découle que les notifications de ces quatre commandements de payer, poursuites n° 16 xxxx98 Y, 16 xxxx03 M, 16 xxxx61 V et 16 xxxx89 H, les 12, 13 et 14 juillet 2017 en mains d’un tiers, étranger à ces sociétés débitrices et ne les représentant pas non plus, sont nulles de même que les oppositions formées par l’employée de ce tiers à l’encontre desdites poursuites lors de ces notifications.
La présente plainte sera dès lors admise partiellement et ces notifications déclarées nulles.
Ce ne sera en revanche pas le cas des poursuites n° 16 xxxx98 Y, 16 xxxx03 M, 16 xxxx61 V et 16 xxxx89 H, dont la validité en tant que telle n’est pas altérée par le vice dans la notification des commandements de payer correspondants.
3.
Il n'est pas perçu de dépens (art. 62 al. OELP).