Decision ID: ea56d50c-5d77-5d9a-8adb-157bc7305a1c
Year: 2015
Language: fr
Court: GE_CJ
Chamber: GE_CJ_006
Canton: GE
Region: Région lémanique
Law Area: 

EN FAIT
A.
Par courrier du 6 juin 2014, C._ a demandé au Tribunal de protection de l'adulte et de l'enfant (ci-après : le Tribunal de protection) d'instaurer une mesure en faveur de son fils B._, né le 18 septembre 1996, lequel présente un handicap mental depuis son enfance.![endif]>![if>
Elle a joint à son courrier un certificat médical du Dr D._ du 23 mai 2014, lequel atteste du fait que B._ est empêché d'assurer lui-même la sauvegarde de ses intérêts en raison de troubles psychiques. Il était apte à désigner un mandataire mais incapable d'en contrôler l'activité de façon appropriée à la sauvegarde de ses intérêts, à moyen et long terme. Il souffrait d'une incapacité durable de discernement et avait besoin de protection. Il y avait lieu de restreindre totalement l'exercice de ses droits civils.
B.
Par courrier du 20 juin 2014, le directeur de la Fondation E._ a attesté du fait que B._ était scolarisé au sein de son école spécialisée "F._" à temps complet depuis août 2013. Il bénéficiait d'un encadrement socio-éducatif et d'un emploi du temps personnalisé et adapté.![endif]>![if>
C.
Entendue par le Tribunal de protection le 17 juillet 2014, C._ a confirmé sa demande d'instauration d'une mesure de protection en faveur de son fils. Elle a précisé que ce dernier ne se rendait pas compte du prix des choses et avait besoin d'être protégé dans tous les domaines. Il était capable de signer son prénom mais il était incapable de se rendre compte du contenu d'un contrat. Elle a indiqué avoir entamé des démarches pour que son fils obtienne une rente de l'Assurance invalidité et des prestations complémentaires dès sa majorité. Elle a précisé qu'elle s'était toujours occupée des affaires administratives et financières de ce dernier et qu'elle se chargeait de lui au quotidien. Son père et elle-même, séparés, entretenaient de bonnes relations et participaient aux décisions importantes concernant B._.![endif]>![if>
Lors de la même audience, le Dr D._ a confirmé que l'intéressé avait besoin d'être protégé de façon complète et qu'il était susceptible d'être influencé par des tiers. Il a précisé que le père de B._ participait aux décisions importantes. Ce dernier avait une grande confiance en son ex-épouse concernant la prise en charge de leur enfant commun.
B._ a expliqué de son côté que cela se passait bien lorsqu'il voyait son père. Il faisait du jardinage et bricolait avec lui. Il aimait travailler le bois.
Lors de l'audience du 28 août 2014 devant le Tribunal de protection, A._ a déclaré que même s'il n'avait pas obtenu l'autorité parentale, son ex-femme et lui-même s'entendaient bien et de ce fait, il participait aux décisions concernant leur fils. Il a déclaré qu'il préférait que son ex-femme se charge seule de la curatelle, ayant confiance en elle et sachant qu'il pourrait toujours donner son avis le cas échéant.
C._ a déclaré qu'elle était d'accord d'assumer seule la curatelle de son fils.
D.
Par ordonnance du 28 août 2014, communiquée aux parties pour notification le 17 septembre 2014, le Tribunal de protection a instauré une curatelle de portée générale en faveur de B._ (ch. 1 du dispositif), rappelé que celui-ci était privé de plein droit de l'exercice de ses droits civils (ch. 2), désigné C._ aux fonctions de curatrice de l'enfant (ch. 3), dispensé la curatrice de remettre un inventaire, d'établir des comptes et rapports périodiques et de solliciter les autorisations spécifiques (ch. 4), autorisé celle-ci à prendre connaissance de la correspondance de B._ et, en cas de nécessité, à pénétrer dans son lieu de vie (ch. 5), suspendu l'exercice des droits civils de B._ (ch. 6), dit que la décision était immédiatement exécutoire nonobstant recours (ch. 7) et mis les frais de la procédure à la charge de l'Etat (ch. 8).![endif]>![if>
En substance, le Tribunal de protection a considéré, en ce qui concernait la nomination du curateur, que C._ s'était toujours bien occupée du bien-être de son fils ainsi que de ses affaires administratives et financières. Par ailleurs, les décisions importantes concernant l'intéressé avaient toujours été prises de concert avec le père de l'enfant. C._ avait émis le souhait d'être désignée aux fonctions de curatrice de son fils, avec l'accord du père.
E.
Par acte expédié le 16 octobre 2014 à la Chambre de surveillance de la Cour de justice, A._ a formé un recours contre cette décision. Il a indiqué avoir pris conscience lors de son audition devant le Tribunal de protection qu'il avait la possibilité d'avoir un droit de décision concernant son fils. Il a fait valoir que C._ avait actuellement des difficultés financières dès lors qu'elle était sans emploi. D'autre part, elle avait de la peine à gérer avec autorité l'adolescence de son fils. Il a également rappelé qu'il avait toujours assumé ses obligations envers ce dernier. Il a conclu à l'instauration d'une curatelle partagée avec son ex-épouse.![endif]>![if>
Par lettre du 3 novembre 2014, C._ a reconnu que depuis la perte de son emploi en 2012 elle était inquiète, mais elle a affirmé qu'elle continuait "toujours à faire le maximum pour B._". Elle a admis que son fils avait actuellement besoin de la présence de son père et ne s'est pas opposée à ce que ce dernier dispose d'une curatelle partagée.
Par lettre du 6 novembre 2014, le Tribunal de protection a informé la Chambre de surveillance du fait qu'il n'entendait pas faire usage des dispositions de l'art. 450d al. 2 CC et qu'il persistait dans la décision querellée.

EN DROIT
1.
1.1
Les décisions de l'autorité de protection de l'adulte peuvent faire l'objet, dans les trente jours, d'un recours écrit et motivé, devant le juge compétent, à savoir la Chambre de surveillance de la Cour de justice (art. 450 al. 1 et al. 3 et 450b CC; art. 126 al. 3 LOJ; art. 53 al. 1 et 2 LaCC).