CELEX: 62007FJ0022
Language: fr
Date: 2008-09-04
Title: Arrêt du Tribunal de la fonction publique (deuxième chambre) du 4 septembre 2008. # Paul Lafili contre Commission des Communautés européennes. # Fonction publique - Fonctionnaires - Entrée en vigueur du règlement (CEE, Euratom) nº 723/2004 - Articles 44 et 46 du statut - Article 7 de l’annexe XIII du statut - Promotion - Classement - Facteur de multiplication. # Affaire F-22/07.

ARRÊT DU TRIBUNAL DE LA FONCTION PUBLIQUE (deuxième chambre)
      
      4 septembre 2008 
      
      Affaire F-22/07
      
      Paul Lafili
      contre
      Commission des Communautés européennes 
      « Fonction publique – Fonctionnaires – Entrée en vigueur du règlement (CEE, Euratom) n° 723/2004 – Articles 44 et 46 du statut – Article 7 de l’annexe XIII du statut – Promotion – Classement – Facteur de multiplication »
      Objet : Recours, introduit au titre des articles 236 CE et 152 EA, par lequel M. Lafili demande : l’annulation de la décision de l’administration,
         du 11 mai 2006, le classant au grade AD 13, échelon 5, telle que contenue dans ses fiches de salaire du mois de juin 2006
         et des mois suivants, et, par voie de conséquence, sa restitution, avec effet au 1er mai 2006, dans le grade AD 13, échelon 2, avec maintien du facteur de multiplication 1,1172071, ainsi que la reconstitution,
         de façon intégrale, de sa carrière avec effet rétroactif jusqu’au 1er mai 2006 à la date de son classement en grade et échelon ainsi rectifié (y compris la valorisation de son expérience dans
         le classement ainsi rectifié, ses droits à l’avancement et ses droits à pension), en ce compris le paiement d’intérêts de
         retard sur la base du taux fixé par la Banque centrale européenne pour les opérations principales de refinancement, applicable
         pendant la période concernée, majoré de deux points, sur l’ensemble des sommes correspondant à la différence entre le traitement
         relatif à son classement et celui relatif au classement auquel il aurait dû avoir droit jusqu’à la date où interviendra la
         régularisation de sa situation.
      
      Décision : La décision du chef de l’unité A 6 « Structure des carrières, évaluation et promotion » de la direction générale « Personnel
         et administration » de la Commission, du 11 mai 2006, est annulée. Le requérant supporte la moitié de ses propres dépens.
         La Commission supporte ses propres dépens et la moitié des dépens exposés par le requérant.
      
      
      Sommaire
      
      1.      Fonctionnaires – Recours – Acte faisant grief – Notion
      (Statut des fonctionnaires, art. 90 et 91)
      2.      Fonctionnaires – Rémunération – Règles transitoires applicables après l’entrée en vigueur du règlement n° 723/2004
      (Statut des fonctionnaires, annexe XIII, art. 7, § 7)
      3.      Fonctionnaires – Rémunération – Règles transitoires applicables après l’entrée en vigueur du règlement n° 723/2004
      (Statut des fonctionnaires, art. 66 ; annexe XIII, art. 2, § 1, et 7, § 6 et 7 ; règlement du Conseil n° 723/2004)
      
      1.      Seuls des actes produisant des effets juridiques obligatoires de nature à affecter directement et immédiatement la situation
         juridique des intéressés peuvent être considérés comme leur faisant grief et sont susceptibles de faire courir les délais
         de réclamation et de recours au titre des articles 90 et 91 du statut.
      
      Tel est le cas d’une communication de l’administration informant un fonctionnaire du fait que son classement en échelon ainsi
         que le facteur de multiplication applicable à sa rémunération ont été fixés de manière erronée et feront par la suite l’objet
         d’une rectification.
      
      (voir points 30 à 32)
      Référence à :
      Cour : 8 mars 2007, Strack/Commission, C‑237/06 P, non publié au Recueil, point 62
      Tribunal de première instance : 19 octobre 1995, Obst/Commission, T‑562/93, RecFP p. I‑A‑247 et II‑737, point 23 ; 22 mars
         2006, Strack/Commission, T‑4/05, RecFP p. I‑A‑2‑83 et II‑A‑2‑361, point 35
      
      
      2.      Une décision fixant le classement en échelon d’un fonctionnaire, ainsi que le facteur de multiplication applicable à sa rémunération
         en vertu de l’article 7, paragraphe 7, de l’annexe  XIII du statut, signée par une autorité qui n’est pas habilitée à cet
         effet selon les dispositions relatives à l’exercice des pouvoirs dévolus par le statut à l’autorité investie du pouvoir de
         nomination en vigueur dans l’institution concernée, est entachée d’un vice d’incompétence quant à son auteur, en l’absence
         d’une subdélégation justifiant une dérogation aux critères de répartition contenus dans lesdites dispositions, dont la finalité
         est précisément de garantir que la décision à intervenir sera adoptée par l’autorité, en principe, la mieux à même de la prendre
         au regard des règles d’une bonne administration en matière de gestion du personnel.
      
      (voir points 34, 38 et 39)
      Référence à :
      Cour : 30 mai 1973, De Greef/Commission, 46/72, Rec. p. 543, point 18
      Tribunal de première instance : 7 février 2007, Caló/Commission, T‑118/04 et T‑134/04, non encore publié au Recueil, points 67
         et 68
      
      
      3.      Si le facteur de multiplication applicable à la rémunération d’un fonctionnaire recruté avant l’entrée en vigueur du règlement
         nº 723/2004, modifiant le statut des fonctionnaires ainsi que le régime applicable aux autres agents, est supérieur à l’unité
         à la suite d’une première promotion intervenue après la date d’entrée en vigueur dudit règlement, il doit faire l’objet de
         la conversion visée par l’article 7, paragraphe 7, de l’annexe XIII du statut et être transformé en ancienneté d’échelon.
         Ne saurait être retenue à cet égard une interprétation selon laquelle cette disposition ne s’applique que dans l’hypothèse
         où le dépassement de l’unité par le facteur de multiplication découle de l’avancement d’échelon intervenant après une promotion,
         mais pas directement de la promotion elle‑même, de sorte que, dans ce dernier cas, il conviendrait de faire exclusivement
         application de l’article 7, paragraphe 6, de l’annexe XIII, et de déterminer un nouveau facteur de multiplication.
      
      En effet, le libellé de l’article 7, paragraphes 6 et 7, de l’annexe XIII du statut est suffisamment ambivalent pour justifier
         la recherche d’une interprétation non exclusivement littérale qui soit conforme à l’économie et à la finalité des dispositions
         transitoires en cause. À cet égard, l’interprétation écartée pourrait avoir pour effet de maintenir l’application de facteurs
         de multiplication pour une durée illimitée, pendant toute la carrière de l’intéressé et même au‑delà, après sa mise à la retraite,
         alors que l’application du facteur de multiplication, qui constitue une mesure de transition, est destinée à garantir le niveau
         de traitement mensuel de base versé aux fonctionnaires recrutés avant le 1er mai 2004, lequel traitement, conformément à l’article 7, paragraphe 1, de l’annexe XIII du statut, ne peut subir de modification
         en raison du changement de dénomination des grades opéré en application de l’article 2, paragraphe 1, de ladite annexe. Une
         fois que le facteur de multiplication atteint l’unité, l’article 7, paragraphe 7, quatrième phrase, de ladite annexe, tel
         qu’il est libellé, ne saurait faire obstacle à l’application du nouvel article 66 du statut fixant, sur la base d’une nouvelle
         structure de carrière, pour chaque grade et chaque échelon, les traitements de base des fonctionnaires. Une telle mise à l’écart
         de la grille salariale insérée dans ledit article 66, qui irait à l’encontre du principe d’application immédiate d’une réglementation
         nouvelle, ne peut être retenue en l’absence d’une indication claire et dépourvue d’ambiguïté donnée en ce sens par le législateur.
      
      En outre, l’interprétation écartée aurait également pour effet de rompre, pour l’avenir, l’égalité de traitement en matière
         de rémunération entre les fonctionnaires recrutés avant le 1er mai 2004 et ceux recrutés à compter de cette date, alors que les mesures de transition devraient, par nature, avoir pour
         objet de faciliter la transition d’une réglementation ancienne vers une réglementation nouvelle, en protégeant les droits
         acquis, sans pour autant maintenir, au profit d’une catégorie de fonctionnaires, les effets de la réglementation ancienne
         aux situations à naître dans l’avenir, tel un avancement d’échelon dans le cadre d’une nouvelle structure de carrière.
      
      (voir points 73, 75, 78, 80, 81, 83, 86 et 88)
ARRÊT DU TRIBUNAL DE LA FONCTION PUBLIQUEDE L’UNION EUROPÉENNE (deuxième chambre)
      
      4 septembre 2008 (*)
      
      « Fonction publique – Fonctionnaires – Entrée en vigueur du règlement (CEE, Euratom) n° 723/2004 – Articles 44 et 46 du statut – Article 7 de l’annexe XIII du statut – Promotion – Classement – Facteur de multiplication »
      Dans l’affaire F‑22/07,
      ayant pour objet un recours introduit au titre des articles 236 CE et 152 EA,
      Paul Lafili, fonctionnaire de la Commission des Communautés européennes, demeurant à Genk (Belgique), représenté par Mes G. Vandersanden et L. Levi, avocats,
      
      partie requérante,
      contre
      Commission des Communautés européennes, représentée par MM. J. Currall, H. Kraemer et Mme K. Herrmann, en qualité d’agents,
      
      partie défenderesse,
      LE TRIBUNAL (deuxième chambre),
      composé de M. S. Van Raepenbusch (rapporteur), président, Mme I. Boruta et M. H. Kanninen, juges,
      
      greffier : M. R. Schiano, administrateur,
      vu la procédure écrite et à la suite de l’audience du 10 avril 2008,
      rend le présent
      Arrêt
      1        Par requête parvenue au greffe du Tribunal le 16 mars 2007 par télécopie (le dépôt de l’original étant intervenu le 20 mars
         suivant), M. Lafili demande :
      
      –        l’annulation de la décision de l’administration du 11 mai 2006, de le classer au grade AD 13, échelon 5, telle que contenue
         dans ses fiches de salaire du mois de juin 2006 et des mois suivants, et, par voie de conséquence,
      
      –        sa restitution, avec effet au 1er mai 2006, dans le grade et l’échelon AD 13, échelon 2, avec maintien du facteur de multiplication 1,1172071, ainsi que
      
      –        la reconstitution de façon intégrale de sa carrière avec effet rétroactif jusqu’au 1er mai 2006 à la date de son classement en grade et échelon ainsi rectifié (y compris la valorisation de son expérience dans
         le classement ainsi rectifié, ses droits à l’avancement et ses droits à pension), en ce compris le paiement d’intérêts de
         retard sur la base du taux fixé par la Banque centrale européenne (BCE) pour les opérations principales de refinancement,
         applicable pendant la période concernée, majoré de deux points, sur l’ensemble des sommes correspondant à la différence entre
         le traitement relatif à son classement et celui relatif au classement auquel il aurait dû avoir droit jusqu’à la date où interviendra
         la régularisation de sa situation.
      
       Cadre juridique
      2        Aux termes de l’article 44, premier alinéa, du statut des fonctionnaires de Communautés européennes, tel que modifié par le
         règlement (CEE, Euratom) n° 723/2004 du Conseil, du 22 mars 2004 (JO L 124, p. 1), entré en vigueur le 1er mai 2004 (ci-après le « statut ») :
      
      « Le fonctionnaire comptant deux ans d’ancienneté dans un échelon de son grade accède automatiquement à l’échelon suivant
         de ce grade. »
      
      3        L’article 46 du statut dispose :
      
      « Le fonctionnaire nommé à un grade supérieur conformément à l’article 45 est classé au premier échelon de ce grade. Toutefois,
         le fonctionnaire des grades AD 9 à AD 13 exerçant les fonctions de chef d’unité qui est nommé à un grade supérieur conformément
         à l’article 45 est classé au deuxième échelon de son nouveau grade. […] »
      
      4        L’article 66 du statut prévoit, pour le nouveau grade 13, cinq échelons.
      
      5        L’annexe XIII du statut contient des « mesures de transition » applicables, après l’entrée en vigueur du règlement n° 723/2004,
         aux fonctionnaires des Communautés.
      
      6        L’article 2, paragraphes 1 et 2, de l’annexe XIII du statut dispose que, après le 1er mai 2004, les grades A 1 à A 8 des fonctionnaires placés dans une des positions visées à l’article 35 du statut, sont renommés,
         respectivement, A*16, A*15, A*14, A*12, A*11, A*10, A*8 et A*7. Le paragraphe 2 de ce même article incorpore les nouveaux
         grades intermédiaires A*13, A*9, A*6 et A*5 et prévoit le traitement mensuel de base fixé pour chaque grade et chaque échelon
         « [s]ous réserve des dispositions prévues à l’article 7 de la présente annexe ».
      
      7        L’article 7 de l’annexe XIII du statut dispose :
      
      « Le traitement mensuel de base des fonctionnaires recrutés avant le 1er mai 2004 est fixé selon les règles suivantes :
      
      1.      Le traitement mensuel de base versé à chaque fonctionnaire ne subit aucune modification en raison du changement de dénomination
         des grades opéré en application de l’article 2, paragraphe 1.
      
      2.      Pour chaque fonctionnaire, un facteur de multiplication est calculé au 1er mai 2004. Ce facteur de multiplication est égal au rapport existant entre le traitement mensuel de base versé au fonctionnaire
         avant le 1er mai 2004 et le montant d’application défini à l’article 2, paragraphe 2.
      
      […]
      5.      Pour chaque fonctionnaire, […] la première promotion obtenue après le 1er mai 2004, entraîne […] une augmentation du traitement mensuel de base à déterminer sur la base du tableau suivant :
      
      
               Échelon
            
            
         
               Grade
            
            
               1
            
            
               2
            
            
               3
            
            
               4
            
            
               5
            
            
               6
            
            
               7
            
            
               8
            
         
               A
            
            
               13,1 %
            
            
               11,0 %
            
            
               6,8 %
            
            
               5,7 %
            
            
               5,5 %
            
            
               5,2 %
            
            
               5,2 %
            
            
               4,9 %
            
         
               B
            
            
               11,9 %
            
            
               10,5 %
            
            
               6,4 %
            
            
               4,9 %
            
            
               4,8 %
            
            
               4,7 %
            
            
               4,5 %
            
            
               4,3 %
            
         
               C
            
            
               8,5 %
            
            
               6,3 %
            
            
               4,6 %
            
            
               4,0 %
            
            
               3,9 %
            
            
               3,7 %
            
            
               3,6 %
            
            
               3,5 %
            
         
               D
            
            
               6,1 %
            
            
               4,6 %
            
            
               4,3 %
            
            
               4,1 %
            
            
               4,0 %
            
            
               3,9 %
            
            
               3,7 %
            
            
               3,6 %
            
         
               […]
            
             
             
             
             
             
             
             
             
         6.      Lors de cette première promotion, un nouveau facteur de multiplication est déterminé. Ce facteur de multiplication est égal
         au rapport entre les nouveaux traitements de base résultant de l’application du paragraphe 5 et le montant d’application figurant
         à l’article 2, paragraphe 2, de la présente annexe. Sous réserve du paragraphe 7, ce facteur de multiplication est appliqué
         lors de l’avancement d’échelon et de l’adaptation des rémunérations.
      
      7.      Si, après une promotion, le facteur de multiplication est inférieur à un, le fonctionnaire, par dérogation à l’article 44
         du statut, reste au premier échelon de son nouveau grade aussi longtemps que le facteur de multiplication reste inférieur
         à 1 ou que l’intéressé ne bénéficie pas d’une nouvelle promotion. Un nouveau facteur de multiplication est calculé pour tenir
         compte de la valeur de l’avancement d’échelon auquel le fonctionnaire aurait pu prétendre en vertu dudit article. Lorsque
         le facteur atteint l’unité, le fonctionnaire commence à progresser échelon après échelon conformément à l’article 44 du statut.
         Si ce facteur dépasse l’unité, le solde restant éventuellement est converti en ancienneté dans l’échelon.
      
      8.      Le facteur de multiplication est appliqué lors des promotions ultérieures. »
      8        Par dérogation à l’annexe I, B, du statut, pour la période du 1er mai 2004 au 30 avril 2011, l’article 9 de l’annexe XIII prévoit, en ce qui concerne les fonctionnaires des grades AD 12 et
         AD 13 ainsi que de grade AST 10, que les pourcentages prévus par l’article 6, paragraphe 2, du statut sont les suivants :
      
      
               Grade
            
            
               Du 1er mai 2004 jusqu’au
               
            
            
          
            
               30 avril 2005
            
            
               30 avril 2006
            
            
               30 avril 2007
            
            
               30 avril 2008
            
            
               30 avril 2009
            
            
               30 avril 2010
            
            
               30 avril 2011
            
         
               A*/AD 13
            
            
               –
            
            
               –
            
            
               5 %
            
            
               10 %
            
            
               15 %
            
            
               20 %
            
            
               20 %
            
         
               A*/AD 12
            
            
               5 %
            
            
               5 %
            
            
               5 %
            
            
               10 %
            
            
               15 %
            
            
               20 %
            
            
               25 %
            
         
               B*/AST 10
            
            
               5 %
            
            
               5 %
            
            
               5 %
            
            
               10 %
            
            
               15 %
            
            
               20 %
            
            
               20 %
            
          
             
             
             
             
             
             
             
         9        De plus, aux termes des considérants 10 et 11 du règlement n° 723/2004 :
      
      « Il est manifestement nécessaire de confirmer le principe d’évolution de carrière fondée sur le mérite et de renforcer le
         lien entre performance et rémunération en offrant davantage d’incitations en récompense des bonnes prestations au moyen de
         modifications structurelles du système de carrières, tout en assurant l’équivalence des profils de carrière moyens entre la
         nouvelle et l’ancienne structure dans le respect du tableau des effectifs et de la discipline budgétaire.
      
      La modernisation du système de carrières implique une meilleure reconnaissance de l’expérience professionnelle des fonctionnaires
         et du principe de l’apprentissage tout au long de la vie. Il convient donc de remplacer les catégories de personnel existantes
         et de reclasser le personnel dans les nouveaux groupes de fonctions des administrateurs (AD) et des assistants (AST), ainsi
         que de faciliter également le passage du second vers le premier grâce à un nouveau mécanisme de certification. »
      
      10      Enfin, il ressort de l’annexe I, point 4, de la décision de la Commission des Communautés européennes, du 16 juin 2005, relative
         à l’exercice des pouvoirs dévolus par le statut à l’autorité investie du pouvoir de nomination (AIPN) et par le régime applicable
         aux autres agents (RAA) à l’autorité habilitée à conclure des contrats d’engagement (AHCC) (publiée aux Informations administratives n° 47‑2005, du 24 juin 2005 , ci-après la « décision AIPN ») que « [l]es pouvoirs dévolus par le statut et le RAA et non
         visés dans les tables suivantes sont exercés par le [d]irecteur général du [p]ersonnel ». S’agissant du déroulement de la
         carrière, la « [t]able des AIPN » ne comporte aucune disposition spécifique concernant l’application de l’article 7 de l’annexe
         XIII du statut.
      
      11      L’article 1er, deuxième alinéa, de la décision AIPN prévoit que les pouvoirs dévolus par le statut à l’AIPN et par le RAA à l’AHCC « liés
         à l’exécution de la gestion des droits pécuniaires individuels, tels que visés à [l’]annexe I sont exercés par le directeur
         [de l’Office ‘Gestion et liquidation des droits individuels’ (PMO)] dans les conditions fixées dans ladite annexe I ». Le
         point 17 de la partie VIII « Régime pécuniaire et avantages sociaux » de la « [t]able des AIPN » de l’annexe I désigne le
         directeur du PMO comme AIPN compétente pour la liquidation des rémunérations.
      
       Faits à l’origine du litige
      12      Au 1er avril 2004, le requérant était classé dans le grade A 4, échelon 7, devenu, à compter du 1er mai 2004, le grade A*12, échelon 7, conformément à l’article 2, paragraphe 1, de l’annexe XIII du statut, le facteur de multiplication
         visé à l’article 2, paragraphe 2, et à l’article 7, paragraphe 2, de ladite annexe étant de 0,944249.
      
      13      Le 1er juillet 2004, le requérant a accédé au huitième échelon du grade A*12, le facteur de multiplication de 0,944249 ayant été
         maintenu.
      
      14      Par décision du 22 juillet 2005 du directeur général de la direction générale (DG) « Personnel et administration », le requérant
         a été promu au grade A*13, avec effet rétroactif au 1er mai 2004 (ci-après la « décision du 22 juillet 2005 ») avec une ancienneté d’échelon prenant également effet à cette date.
         L’article 2 de ladite décision se lit comme suit :
      
      « Il lui est attribué dans le grade l’échelon 1 (classement provisoire). L’ancienneté dans cet échelon prend effet le 1er mai 2004 (ancienneté provisoire). Le coefficient technique est [de] 1,1172071. »
      
      15      Par note du 11 mai 2006, le chef de l’unité A 6 « Structure des carrières, évaluation et promotion » de la DG « Personnel
         et administration » a informé le requérant que, après deux années d’ancienneté au premier échelon de son grade, il serait
         classé au grade AD 13 (ancien A*13), cinquième échelon, avec un facteur de multiplication égal à un. Cette note se lit notamment
         comme suit :
      
      « Sur votre bulletin de paie de mai 2006 le facteur [technique de 1,1172071] a été appliqué erronément à l’échelon 2. En effet,
         l’interprétation que la DG [‘Personnel et administration’] fait de l’article 7, paragraphe 7, de l’annexe XIII du statut qui
         régit les modalités de gestion du facteur multiplicateur est que, deux années après la promotion, le facteur multiplicateur
         ne peut pas être supérieur à l’unité. Un nouveau classement en échelon dans le grade est effectué, éventuellement, au-delà
         de l’échelon 2 pour tenir compte du niveau de traitement de base.
      
      Dans votre cas cela signifie que le classement du mois de mai 2006 devrait être AD 13[, échelon 5,] avec un facteur multiplicateur
         égal à 1. Le traitement de base est de 11 916,61 [euros].
      
      L’adaptation technique n’a pas pu se faire en temps utile pour la paie de mai. En conséquence, un rectificatif sera effectué
         sur la paie de juin avec effet au mois de mai 2006. »
      
      16      Le 10 août 2006, le requérant a introduit, en vertu de l’article 90, paragraphe 2, du statut, une réclamation dirigée, d’une
         part, contre la note du 11 mai 2006 et, d’autre part, contre les bulletins de rémunération pour les mois suivant le mois de
         mai 2006. En substance, le requérant a demandé un classement au grade AD 13, échelon 2, avec un facteur de multiplication
         de 1,1172071.
      
      17      Par décision du 4 décembre 2006, l’AIPN a rejeté la réclamation introduite par le requérant.
      
       Conclusions des parties et procédure
      18      Le requérant conclut à ce qu’il plaise au Tribunal :
      
      –        déclarer le présent recours recevable et fondé ;
      –        en conséquence :
      –        annuler son classement au grade AD 13, échelon 5, contenu dans une note de la DG « Personnel et administration » du 11 mai
         2006 et dans la fiche de salaire de juin 2006 et dans les fiches de salaire subséquentes ;
      
      –        le restituer, avec effet au 1er mai 2006, dans le grade AD 13, échelon 2, avec maintien du facteur de multiplication 1,1172071 ;
      
      –        reconstituer de façon intégrale sa carrière avec effet rétroactif au 1er mai 2006 à la date de son classement en grade et échelon ainsi rectifié (y compris la valorisation de son expérience dans
         le classement ainsi rectifié, ses droits à l’avancement et ses droits à pension), en ce compris le paiement d’intérêts de
         retard sur la base du taux fixé par la BCE pour les opérations principales de refinancement, applicable pendant la période
         concernée, majoré de deux points, sur l’ensemble des sommes correspondant à la différence entre le traitement correspondant
         à son classement figurant dans la décision de classement et le classement auquel il aurait dû avoir droit jusqu’à la date
         où interviendra la décision de son classement régulier ;
      
      –        condamner la Commission à l’ensemble des dépens.
      19      La Commission conclut à ce qu’il plaise au Tribunal :
      
      –        rejeter le recours comme non fondé ;
      –        statuer sur les dépens comme de droit.
      20      Après avoir entendu les parties en leurs plaidoiries et en leurs réponses aux questions du Tribunal lors de l’audience du
         10 avril 2008 et après avoir clôturé la procédure orale, le Tribunal, par ordonnance du 21 avril 2008, a décidé la réouverture
         de ladite procédure orale en vertu de l’article 52, paragraphe 2, du règlement de procédure et invité la Commission, conformément
         à l’article 56 de ce même règlement, à produire tout document de nature à établir la compétence du chef de l’unité A 6 « Structure
         des carrières, évaluation et promotion » de la DG « Personnel et administration » ou de tout autre fonctionnaire du PMO habilité
         à faire application de l’article 7, paragraphe 7, de l’annexe XIII du statut.
      
      21      La Commission a déféré à cette demande par des observations écrites du 20 mai 2008, parvenues au Tribunal le 21 mai 2008 par
         télécopie (le dépôt de l’original étant intervenu le 22 mai suivant). En réponse à la demande du Tribunal, le requérant a
         pris position sur lesdites observations par lettre du 5 juin 2008.
      
      22      Le 6 juin 2008, le président de la deuxième chambre du Tribunal a clôturé la procédure orale et mis l’affaire en délibéré.
      
       En droit
      23      À l’appui de son recours, le requérant soulève trois moyens tirés, premièrement, de la violation des articles 44 et 46 du
         statut et de l’article 7 de son annexe XIII, deuxièmement, de la violation de la décision du 22 juillet 2005 et d’un vice
         d’incompétence et, troisièmement, de la violation du principe de protection de la confiance légitime.
      
       Sur la recevabilité du recours et le moyen tiré d’un vice d’incompétence
      24      Il convient d’examiner ensemble la question visant à identifier l’acte contre lequel le requérant devait diriger ses conclusions,
         soulevée par la Commission, et le moyen tiré par le requérant d’un vice d’incompétence.
      
       Arguments des parties
      25      La Commission fait valoir que le requérant ne saurait valablement attaquer à la fois la note du 11 mai 2006 et les bulletins
         de rémunération des mois suivant le mois de mai 2006. En effet, si la note du 11 mai 2006 devait être considérée comme une
         décision, les bulletins de rémunération revêtiraient un caractère purement confirmatif (voir, par analogie, arrêt du Tribunal
         de première instance du 22 novembre 1990, Lestelle/Commission, T‑4/90, Rec. p. II‑689, points 23 à 26) et ne constitueraient
         pas des actes faisant grief au sens de l’article 90, paragraphe 2, du statut. Si, en revanche, la note du 11 mai 2006 devait
         constituer une simple note d’information dépourvue de caractère décisionnel, les seuls actes faisant grief, au sens de l’article
         90, paragraphe 2, du statut, seraient les bulletins de rémunération établis pour les mois suivant le mois de mai 2006, dans
         la mesure où ils feraient apparaître clairement l’existence et la portée d’une décision.
      
      26      Le requérant laisse à la sagesse du Tribunal le soin de décider quel est l’acte attaquable : la note du 11 mai 2006 ou les
         bulletins de rémunération pris en exécution de celle-ci.
      
      27      Sur le fond, le requérant soulève un vice d’incompétence en faisant valoir que la remise en cause du facteur de multiplication
         à son égard résulte d’une décision qui n’aurait pas été adoptée par l’AIPN. En effet, le nouveau classement du requérant,
         tel qu’il aurait été opéré par la note du 11 mai 2006, ne saurait être le résultat, ainsi que le prétendrait la Commission,
         d’une application automatique à une situation individuelle de l’article 7, paragraphe 7, de l’annexe XIII du statut, mais
         résulterait d’une décision de l’administration quant à l’interprétation qu’il convenait de donner à cette disposition, après
         une période d’incertitude et de tergiversations. Le directeur du PMO, qui exercerait, certes, les pouvoirs liés à la gestion
         des droits pécuniaires individuels, n’aurait toutefois pas la compétence pour fixer le classement d’un fonctionnaire. Or,
         le requérant constate que la décision du 11 mai 2006 a été prise sous la signature du chef de l’unité A 6 « Structure des
         carrières, évaluation et promotion » de la DG « Personnel et administration », sans que la Commission ait produit de document
         démontrant que ledit chef d’unité était compétent pour définir un nouveau classement pour le requérant.
      
      28      Le requérant en déduit que la note du 11 mai 2006 est entachée d’un vice d’incompétence, qui constituerait une violation d’une
         formalité substantielle devant, comme telle, entraîner l’annulation de ladite note.
      
      29      En réponse à ce dernier grief, la Commission rétorque que ni le chef de l’unité A 6 « Structure des carrières, évaluation
         et promotion » de la DG « Personnel et administration » ni le PMO n’auraient modifié de leur propre initiative le facteur
         de multiplication, mais se seraient limités à tirer les conséquences d’une modification à cet égard intervenue ipso jure.
         Dans ses observations du 20 mai 2008 en réponse à la question posée par le Tribunal, la Commission fait valoir que, s’agissant
         du requérant, le directeur du PMO était bien habilité à faire application de l’article 7, paragraphe 7, de l’annexe XIII du
         statut, au sens de la décision AIPN, et que la note du 11 mai 2006 ne revêtait pas un caractère décisionnel mais informait
         le requérant du fait qu’une décision sur le classement serait prise ultérieurement. 
      
       Appréciation du Tribunal
      30      Il convient de rappeler, à titre liminaire, que, selon une jurisprudence constante, l’existence d’un acte faisant grief au
         sens de l’article 90, paragraphe 2, et de l’article 91, paragraphe 1, du statut est une condition indispensable de la recevabilité
         de tout recours formé par les fonctionnaires contre l’institution dont ils relèvent (arrêt du Tribunal de première instance
         du 13 juillet 1993, Moat/Commission, T‑20/92, Rec. p. II‑799, point 39, et ordonnance du Tribunal de première instance du
         22 mars 2006, Strack/Commission, T‑4/05, RecFP p. II‑A‑2‑361, point 35). De plus, selon la jurisprudence, seuls des actes
         affectant directement et immédiatement la situation juridique des intéressés peuvent être considérés comme faisant grief (arrêt
         de la Cour du 8 mars 2007, Strack/Commission, C‑237/06 P, Rec. p. I‑33*, point 62 ; arrêts du Tribunal de première instance
         du 19 octobre 1995, Obst/Commission, T‑562/93, RecFP p. I‑A‑247 et II‑737, point 23, et ordonnance Strack/Commission, précitée,
         point 35).
      
      31      En l’espèce, par sa note du 11 mai 2006, le chef de l’unité A 6 « Structure des carrières, évaluation et promotion » de la
         DG « Personnel et administration » a informé le requérant du fait qu’il avait été classé par erreur à l’échelon 2 du grade
         A*13, avec un facteur de multiplication de 1,1172071, qu’il aurait dû être classé à l’échelon 5 du même grade avec un facteur
         de multiplication égal à l’unité et que, l’« adaptation technique » n’ayant pas « pu se faire en temps utile pour la paie
         de mai », « un rectificatif sera[it] effectué sur la paie de juin avec effet au mois de mai 2006 ». Le requérant a été invité,
         « [p]our toute information complémentaire », à s’adresser à un conseiller, nommément désigné, auprès de la direction A « Personnel
         et carrière » de la DG « Personnel et administration », « qui suit ce dossier ».
      
      32      Un tel acte, en ce qu’il fixe le classement en échelon du requérant, ainsi que le facteur de multiplication applicable à sa
         rémunération, doit être considéré comme ayant produit des effets juridiques obligatoires de nature à affecter directement
         et immédiatement la situation juridique de ce dernier et constitue donc un acte faisant grief susceptible de faire courir
         les délais de réclamation et de recours au titre des articles 90 et 91 du statut. 
      
      33      Dans ces conditions, il y a lieu de considérer le bulletin de rémunération du mois de juin 2006, comme ceux des mois subséquents,
         en ce qu’ils laissent apparaître l’existence et la portée de la décision intervenue le 11 mai 2006 quant au classement du
         requérant et au facteur de multiplication applicable, comme des actes purement confirmatifs de celle-ci et de n’examiner le
         recours qu’en tant qu’il est dirigé contre la note du 11 mai 2006 (ci-après la « décision attaquée »). Cette dernière, au
         demeurant, qualifie l’intervention du PMO d’« adaptation technique » qui « n’a pas pu se faire en temps utile pour la paie
         de mai », tout en annonçant le « rectificatif » qui « sera effectué sur la paie de juin ».
      
      34      En ce qui concerne le moyen tiré d’un vice d’incompétence, au motif que l’auteur de la décision attaquée, à savoir le chef
         de l’unité A 6 « Structure des carrières, évaluation et promotion » de la DG « Personnel et administration », ne serait pas
         l’AIPN compétente, il convient de rappeler que la décision AIPN prévoit, au point 4 de son annexe I, que le directeur général
         de la DG « Personnel et administration » exerce, en principe, les pouvoirs dévolus par le statut à l’AIPN, sous réserve de
         ce qui est indiqué dans les « tables suivantes ». Or, la partie III « Déroulement de carrière » de la « [t]able des AIPN »
         ne contient aucune mention particulière concernant, directement ou indirectement, l’application de l’article 7, paragraphe
         7, de l’annexe XIII du statut. De plus, dans sa réponse à la question contenue dans l’ordonnance du Tribunal du 21 avril 2008,
         la Commission n’a invoqué aucune disposition de la décision AIPN désignant le chef de l’unité susvisée en qualité d’AIPN pour
         la mise en œuvre de l’article 7, paragraphe 7, de l’annexe XIII du statut ou de manière générale en matière de classement
         des fonctionnaires.
      
      35      La Commission rétorque que, en réalité, la décision de modifier le classement du requérant et le facteur de multiplication
         applicable a été prise par le directeur du PMO, dans le cadre de ses pouvoirs liés à la gestion des droits pécuniaires individuels,
         pour lesquels il détient la qualité d’AIPN. Selon la Commission, le directeur du PMO se serait borné à tirer les conséquences
         automatiques, d’ordre pécuniaire, de l’article 7, paragraphe 7, de l’annexe XIII du statut et la note du 11 mai 2006 émanant
         du chef de l’unité A 6 « Structure des carrières, évaluation et promotion » de la DG « Personnel et administration », ne revêtant
         pas un caractère décisionnel, aurait eu pour seul objet d’informer le requérant de la décision qui allait être prise quant
         à son classement et à sa rémunération. 
      
      36      Une telle thèse ne saurait être retenue. Elle est, d’abord, contredite par les termes mêmes de la décision attaquée, laquelle
         mentionne expressément que le dossier du requérant est « suivi » non pas par le PMO, mais par un conseiller de la direction
         A « Personnel et carrière » de la DG « Personnel et administration ». De plus, comme déjà indiqué au point 33 du présent arrêt,
         l’intervention du PMO pour tirer les conséquences pécuniaires de la décision attaquée relèvent, selon ses propres termes,
         de l’« adaptation technique ».  
      
      37      Plus fondamentalement, la détermination du classement du requérant en échelon et du facteur de multiplication qui lui était
         applicable, au regard de l’article 7, paragraphe 7, de l’annexe XIII du statut, compte tenu particulièrement de l’ambiguïté
         de la disposition, ainsi qu’il ressort des développements ci-après, en réponse au premier moyen, et du contexte dans lequel
         la décision a été prise, dépassait les pouvoirs « liés à l’exécution de la gestion des droits pécuniaires individuels » que
         détient le directeur du PMO, en vertu de l’article 1er, deuxième alinéa, de la décision AIPN et de la partie VIII, point 17, de la « [t]able des AIPN », contenue dans son annexe
         I.
      
      38      Il s’ensuit que, conformément à la décision AIPN, la décision attaquée relevait de la compétence du directeur général de la
         DG « Personnel et administration ». De plus, la Commission n’a invoqué l’existence d’aucune subdélégation qui aurait pu, le
         cas échéant, justifier une dérogation aux critères de répartition contenus dans la décision AIPN dont la finalité est précisément
         de garantir que la décision à intervenir sera adoptée par l’autorité, en principe, la mieux à même de la prendre au regard
         des règles d’une bonne administration en matière de gestion du personnel (voir, en ce sens, arrêt de la Cour du 30 mai 1973,
         De Greef/Commission, 46/72, Rec. p. 543, point 18 ; arrêt du Tribunal de première instance du 7 février 2007, Caló/Commission,
         T‑118/04 et T‑134/04, non encore publié au Recueil, points 67 et 68).
      
      39      Il découle de ce qui précède que la décision attaquée est entachée d’un vice d’incompétence quant à son auteur et doit être
         annulée pour ce motif. Toutefois, afin de garantir une bonne administration de la justice, il convient d’examiner les autres
         moyens invoqués par le requérant. 
      
       Sur le premier moyen, tiré de la violation des articles 44 et 46 du statut et de l’article 7 de l’annexe XIII du statut
       Arguments des parties
      –       Position du requérant
      40      Selon le requérant, c’est à tort que la Commission a considéré que, si le facteur de multiplication est supérieur à l’unité
         à la suite d’une première promotion, il doit faire l’objet de la conversion visée par l’article 7, paragraphe 7, de l’annexe
         XIII du statut et être transformé en ancienneté d’échelon, alors que ce facteur devrait être maintenu pendant toute la carrière
         de l’intéressé et même être appliqué à la pension.
      
      41      En effet, le libellé clair de l’article 7, paragraphe 7, de l’annexe XIII du statut montrerait que cette disposition n’a vocation
         à s’appliquer que dans un cas, à savoir celui où le facteur de multiplication est inférieur à l’unité après une promotion.
         Dans un tel cas, l’octroi d’un premier avancement bisannuel d’échelon est remplacé par le calcul d’un nouveau facteur de multiplication
         qui tient compte dudit avancement d’échelon auquel le fonctionnaire aurait pu prétendre, et ce jusqu’à ce qu’il atteigne l’unité
         (le cas échéant, après plusieurs périodes bisannuelles). De fait, le début de l’article 7, paragraphe 7, limiterait clairement
         son champ d’application : « Si, après une promotion, le facteur de multiplication est inférieur à un, […] ».
      
      42      L’on ne saurait dissocier la quatrième phrase de l’article 7, paragraphe 7, de l’annexe XIII du statut des trois phrases qui
         la précèdent, ainsi qu’il ressortirait de l’utilisation de l’adjectif démonstratif « ce » pour désigner le facteur de multiplication
         visé précédemment, ainsi que de l’adverbe « éventuellement ». Cette quatrième phrase se réfère nécessairement, selon le requérant,
         à l’hypothèse où il existerait un solde résultant de la progression d’échelon, visé par la phrase précédente, ce qui déclencherait
         le mécanisme de conversion du solde en ancienneté dans l’échelon. En d’autres termes, la quatrième phrase de l’article 7,
         paragraphe 7, ne concernerait que l’hypothèse où un facteur de multiplication devient supérieur à l’unité, non pas directement
         à la suite d’une première promotion, mais à la suite d’un ou de plusieurs avancements d’échelon intervenant après la promotion.
      
      43      Tous les autres cas, et notamment celui où, directement après une promotion, le facteur de multiplication est égal ou supérieur
         à l’unité, seraient régis par les autres dispositions de l’article 7 de l’annexe XIII du statut, en particulier son paragraphe
         6. Celui-ci préciserait que le facteur de multiplication, déterminé lors de la première promotion, est applicable lors de
         l’avancement d’échelon et de l’adaptation des rémunérations pour autant que l’on ne se trouve pas dans l’hypothèse visée par
         l’article 7, paragraphe 7, de l’annexe XIII du statut. Le requérant souligne également que, selon l’article 7, paragraphe
         8, de l’annexe XIII du statut, le facteur de multiplication est appliqué lors des promotions ultérieures.
      
      44      Le requérant ajoute qu’il est correct de parler de « solde » pour le facteur de multiplication, non supérieur à l’unité après
         la première promotion, mais qui le devient après un avancement d’échelon. En revanche, une telle notion serait dénuée de sens
         pour le facteur de multiplication qui est supérieur à l’unité dès la première promotion. L’article 7, paragraphe 7, de l’annexe
         XIII du statut ayant été conçu exclusivement pour décrire le mécanisme de résorption du facteur de multiplication inférieur
         à l’unité, le « solde » ne pourrait jamais être arithmétiquement supérieur à la valeur d’un échelon. La valeur de ce « solde »
         dépassant l’unité pourrait donc être convertie en ancienneté dans l’échelon et non pas en « ancienneté d’échelon » comme le
         prétendrait la Commission.
      
      45      De plus, l’interprétation soutenue par la Commission ne permettrait pas de conférer une utilité à tous les termes employés
         par l’article 7, paragraphe 7, de l’annexe XIII du statut. En effet, si cet article s’appliquait non seulement à la situation
         où le facteur de multiplication, inférieur à l’unité, s’en approche, voire le dépasse, du fait des augmentations bisannuelles,
         mais également à la situation où le facteur est supérieur à l’unité dès la première promotion, les termes « lors de l’avancement
         d’échelon » visés par l’article 7, paragraphe 6, deuxième phrase in fine de la même annexe, perdraient toute utilité : il
         n’y aurait alors aucune hypothèse où cette disposition trouverait à s’appliquer en cas d’avancement d’échelon puisque, à suivre
         la Commission, aucun facteur de multiplication ne pourrait être appliqué, que ce facteur soit inférieur ou supérieur à l’unité.
      
      46      En outre, si l’interprétation de la Commission était exacte, la dernière phrase de l’article 7, paragraphe 7, de l’annexe
         XIII du statut selon laquelle, « [s]i ce facteur [de multiplication] dépasse l’unité, le solde restant éventuellement est
         converti en ancienneté dans l’échelon », aurait dû, en réalité, se lire : «Si ce facteur dépasse l’unité après la promotion,
         il est maintenu pendant la durée du premier échelon. Lorsque le fonctionnaire passe au deuxième échelon, le facteur est ramené
         à l’unité et le solde est converti en ancienneté dans l’échelon, ou dans plusieurs échelons. Si les 5 échelons d’un grade
         ne permettent pas de convertir entièrement le facteur supérieur à l’unité, le solde éventuel est perdu. » Alors qu’aucune
         disposition statutaire ni réglementaire ne permet le maintien du facteur supérieur à l’unité pendant une période limitée à
         deux ans, la Commission aurait été amenée à maintenir ce facteur pendant deux ans pour ensuite le réduire à l’unité pour éviter
         la violation de l’article 46 du statut (qui garantit la promotion au premier échelon du grade supérieur) et de l’article 7,
         paragraphe 5, de l’annexe XIII du statut (qui garantit l’augmentation de salaire lors de la première promotion). Aucune disposition
         statutaire ni réglementaire ne lui permettrait non plus de convertir après deux ans le « solde » du facteur de multiplication
         dépassant l’unité en ancienneté assurant le passage à un échelon autre que celui immédiatement supérieur. Enfin, aucune disposition
         statutaire ou réglementaire ne permettrait à la Commission de ne pas appliquer, deux ans après une promotion, l’augmentation
         normale du traitement de base prévue entre le premier et le second échelon, soit 4,2 %, et de limiter le traitement de base
         au niveau du salaire de référence de l’échelon 5.
      
      47      Dans son mémoire en réplique, le requérant explique encore que, si le législateur avait eu la volonté que la Commission lui
         prête, il aurait rédigé autrement la quatrième phrase du paragraphe 7 de l’article 7 de l’annexe XIII du statut. Tout d’abord,
         il aurait visuellement séparé cette quatrième phrase des trois autres, en créant à tout le moins un alinéa sinon un paragraphe
         séparé. Ensuite, il aurait clairement exposé la situation visée – celle du facteur de multiplication supérieur à l’unité directement
         après une promotion : il n’aurait pas utilisé l’adjectif démonstratif « ce » ; il aurait expliqué, le cas échéant par un renvoi
         au mécanisme mis en place par l’article 7, paragraphe 7, que le « solde » apparaissant après une promotion était maintenu
         pendant deux ans puis, au moment de l’avancement d’échelon, converti en ancienneté dans l’échelon ou dans plusieurs échelons,
         tout en plafonnant le traitement de base à celui du cinquième échelon de la grille. Il aurait enfin dû compléter l’alinéa
         formé des trois premières phrases pour régir l’hypothèse d’un solde supérieur à l’unité en cas de résorption des facteurs
         de multiplication inférieurs à l’unité.
      
      48      Par ailleurs, le requérant estime que, en étendant le champ d’application de l’article 7, paragraphe 7, de l’annexe XIII du
         statut à l’hypothèse où le facteur de multiplication est supérieur à l’unité après la première promotion, la Commission a
         méconnu l’article 44 du statut.
      
      49      Certes, la première phrase du paragraphe 7 de l’article 7 de l’annexe XIII du statut comporte une dérogation explicite à l’article
         44 du statut puisqu’elle maintient le fonctionnaire, dont le facteur est inférieur à l’unité, au même échelon, après l’expiration
         de la période de deux ans au terme de laquelle, en vertu dudit article 44, il aurait normalement dû accéder automatiquement
         à l’échelon suivant de son grade. Toutefois, la dernière phrase de ce même paragraphe 7 de l’article 7, qui prévoit la conversion
         du solde du facteur de multiplication en ancienneté, ne contient aucune dérogation à l’article 44 du statut. Or, l’avancement
         d’échelon ne pourrait s’écarter de la règle énoncée à ce dernier article que si le statut le prévoit explicitement.
      
      50      Enfin, l’interprétation défendue par la Commission méconnaîtrait l’article 46 du statut. En effet, cette disposition impose
         l’obligation de promouvoir au premier échelon du grade. Or, en reclassant le requérant à l’échelon 5 du grade AD 13, l’administration
         aurait porté atteinte à cette règle.
      
      51      Le requérant estime que l’interprétation qu’il soutient est corroborée, d’une part, par les travaux préparatoires du règlement
         n° 723/2004, d’où il ressortirait que le facteur de multiplication supérieur à l’unité doit être maintenu pendant toute la
         carrière du fonctionnaire et, d’autre part, par des documents internes à la Commission (en particulier, les « fiches explicatives »
         et la « simulation de carrière » mises à la disposition des fonctionnaires ainsi que le « module de présentation de la nouvelle
         structure de carrière, et en particulier des mesures transitoires qui s’appliquent aux fonctionnaires », qui a été un temps
         diffusé sur le site « Intracomm »). La finalité et l’économie générale de l’article 7 de l’annexe XIII du statut seraient
         également de nature à conforter la thèse du requérant.
      
      52      S’agissant de ce dernier argument, le requérant souligne que la réforme des carrières a été introduite, ainsi qu’il ressort
         notamment des considérants 10 et 11 du règlement n° 723/2004, pour renforcer la progression au mérite.
      
      53      Or, l’interprétation de la Commission aurait précisément pour effet de recréer des « goulots d’étranglement » et une limitation
         dans la progression salariale. Le requérant observe aussi que les échelons 4 et 5 ont été conçus comme des ralentisseurs de
         progression salariale pour les fonctionnaires les moins méritants. En effet, avec des vitesses de promotion moyennes de trois
         à cinq ans (correspondant aux taux de 33 % à 20 % prévus à l’annexe I, B, du statut), les fonctionnaires moyens obtiendraient
         leur promotion alors qu’ils sont placés dans les échelons 2 et 3 des différents grades, les plus lents étant promus lorsqu’ils
         sont classés aux grades 4 et 5. La promotion à l’échelon 1 du grade supérieur, ainsi que le prévoit l’article 46 du statut,
         n’apporterait une augmentation salariale que de 1,38 % si le fonctionnaire était à l’échelon 4 dans le grade inférieur – contre
         13,14 % pour le fonctionnaire classé à l’échelon 1 du grade inférieur, 8,58 % pour le fonctionnaire classé à l’échelon 2 du
         grade inférieur et 4,20 % pour le fonctionnaire classé à l’échelon 3 du grade inférieur. Cette augmentation serait nulle si
         le fonctionnaire est classé à l’échelon 5 du grade inférieur. Le classement à l’échelon 5 pénaliserait donc lourdement le
         fonctionnaire au moment d’une nouvelle promotion.
      
      54      Il serait faux de soutenir, comme le fait la Commission, que la vocation à carrière serait épuisée deux ans après la première
         promotion, ce qui ferait obstacle à un maintien du facteur de multiplication au-delà du premier avancement d’échelon. Tout
         d’abord, les fonctionnaires ne seraient pas toujours effectivement promouvables vers le grade supérieur, par exemple lorsqu’ils
         ont atteint le dernier grade de leur carrière. Ensuite, l’âge avancé et l’approche de la retraite bloqueraient les possibilités
         effectives de promotion, la vocation à carrière ne pouvant alors se poursuivre que par avancement d’échelons. Or, selon la
         thèse défendue par la Commission, les fonctionnaires méritants qui, comme le requérant, ont un facteur de multiplication supérieur
         à l’unité après la première promotion risqueraient de se voir privés brutalement de toute progression au-delà de la deuxième
         année suivant leur première promotion, contrairement à leurs collègues dont le facteur de multiplication est inférieur à l’unité
         après la première promotion.
      
      55      Aussi, l’interprétation de la Commission désavantagerait-elle fortement un fonctionnaire qui vient d’être désigné parmi les
         plus méritants sous le prétexte qu’il se trouve affecté d’un facteur de multiplication supérieur à l’unité. Elle porterait
         ainsi atteinte à la ratio legis de la réforme des carrières.
      
      56      Dans son mémoire en réplique, le requérant observe que le législateur ne pouvait ignorer qu’un nombre élevé de fonctionnaires
         se retrouveraient placés dans des grades et échelons correspondant à des niveaux salariaux proches du premier échelon du grade
         supérieur, entraînant automatiquement l’application de facteurs de multiplication dépassant l’unité après la première promotion.
         Le législateur n’aurait pu vouloir ramener à l’unité de tels facteurs de multiplication sans le prévoir clairement. Le requérant
         attire, à cet égard, l’attention sur la situation des fonctionnaires de grade AD 12, grade au-delà duquel aucune promotion
         ne serait possible, sauf pour des postes d’encadrement.
      
      –       Position de la Commission
      57      La Commission décrit, à titre liminaire, la nouvelle structure de carrière, dite « linéaire », comme suit :
      
      –        la catégorie A*, devenue le groupe de fonctions AD au 1er mai 2006, comprend nettement plus de grades que n’en comptait l’ancienne catégorie A. Elle comporte ainsi 12 grades (A*5
         à A* 16) au lieu de huit (A 8 à A 1), ainsi qu’il ressort de l’article 5, paragraphe 2, du statut et de l’annexe I, A, de
         celui-ci ;
      
      –        cependant, la valeur relative des anciens grades, à l’intérieur de l’ancienne « gamme » de grades, serait moins élevée que
         la valeur relative des grades relevant de la nouvelle structure de carrière, grades dans lesquels les grades des fonctionnaires
         en service avant le 1er mai 2004 ont été convertis, en application de l’article 2, paragraphe 1, de l’annexe XIII (ci-après le « premier grade de
         destination »). C’est pour compenser cette différence de valeur relative que les fonctionnaires en service avant le 1er mai 2004 n’ont pas été placés dans le premier grade de destination en tant que tel, mais dans un grade juridiquement distinct
         de celui-ci, tout en portant la même dénomination, et que la Commission qualifie de « grade de transition ». La spécificité
         des grades de transition découlerait de l’application d’un facteur de multiplication, conformément à l’article 2, paragraphe
         2, et à l’article 7, paragraphes 2 à 8, de l’annexe XIII du statut. Le facteur de multiplication exprimerait le rapport entre
         le traitement de base effectivement perçu avant le 1er mai 2004 et le traitement de base afférent au premier grade de destination (ci-après le « montant d’application ») ;
      
      –        selon l’article 66 du statut, le nombre d’échelons par grade a été ramené de huit – pour la plupart des anciens grades de
         la catégorie A – à cinq, pour tous les nouveaux grades, à l’exception du nouveau grade AD 16 ;
      
      –        les augmentations en pourcentage du traitement de base qu’entraînent les avancements d’échelon (ci-après la « valeur des échelons »),
         d’une part, sont les mêmes pour chaque grade – à l’exception du grade AD 16 – et, d’autre part, ne sont pas constantes pour
         les différents échelons, mais revêtent un caractère dégressif. Ainsi, la valeur des échelons est de 4,2 % pour les deuxième
         et troisième échelons, de 2,8 % pour le quatrième échelon et de 1,38 % pour le cinquième échelon. En revanche, dans l’ancienne
         structure de carrière, la valeur des échelons n’était pas la même d’un grade à l’autre (et variait sensiblement entre les
         différentes catégories), alors qu’elle était constante pour les différents échelons à l’intérieur d’un même grade ;
      
      –        l’augmentation du traitement de base qu’entraîne l’avancement du premier au dernier échelon d’un même grade (ci-après l’« amplitude
         du grade ») est de 13,1 % – sauf en ce qui concerne le grade AD 16 –, alors que, dans l’ancienne structure de carrière, l’amplitude
         des grades – à l’exception de l’ancien grade A 8 – variait entre 12 % et 42 % ;
      
      –        le traitement de base afférent au cinquième échelon d’un grade est égal à celui afférent au premier échelon du grade supérieur.
      58      Ces différentes caractéristiques refléteraient, selon la Commission, le souci du législateur de donner effet au principe d’évolution
         de carrière fondée sur le mérite et de renforcer le lien entre les performances et la rémunération « en offrant davantage
         d’incitations en récompense de bonnes prestations », ainsi qu’il ressort du considérant 10 du règlement n° 723/2004.
      
      59      La Commission explique, ensuite, le régime de l’article 7 de l’annexe XIII du statut applicable à la première promotion comme
         suit :
      
      –        conformément au paragraphe 5 de l’article 7 de l’annexe XIII du statut, la première promotion entraîne une augmentation du
         traitement de base selon des pourcentages y figurant qui varient – de manière dégressive – en fonction de l’échelon dans lequel
         le fonctionnaire se trouve au moment de sa promotion. Ces pourcentages représentent la moyenne arithmétique des augmentations
         en pourcentage du traitement de base qu’entraînait, dans l’ancienne structure de carrière, une promotion à partir de l’échelon
         correspondant ;
      
      –        conformément à l’article 46 du statut, le fonctionnaire est placé, suite à la première promotion, au premier échelon d’un
         nouveau grade de transition, affecté, tout comme le grade de transition à partir duquel il a été promu, d’un facteur de multiplication.
         Ce dernier, déterminé conformément à l’article 7, paragraphes 6 à 8, de l’annexe XIII du statut (ci-après le « deuxième facteur
         de multiplication ») est différent du facteur de multiplication ayant été appliqué jusqu’à la première promotion ;
      
      –        lorsque, comme c’est le plus souvent le cas, le traitement de base afférent au premier échelon du nouveau grade de transition
         est inférieur au traitement de base afférent au premier échelon du grade de destination correspondant, le deuxième facteur
         de multiplication est inférieur à l’unité. En revanche, il est supérieur à l’unité lorsque le traitement de base afférent
         au premier échelon du nouveau grade de transition est supérieur au traitement de base afférent au grade de destination correspondant
         [tel est le cas après promotion à partir d’un échelon relativement élevé (normalement 7 ou 8), de certains grades de transition,
         dont le grade A*12, devenu le grade AD 12] ;
      
      –        il découle donc des dispositions combinées de la troisième phrase de l’article 7, paragraphe 6, de l’annexe XIII du statut
         et des trois premières phrases de l’article 7, paragraphe 7, de ladite annexe que, lorsque le deuxième facteur de multiplication
         est inférieur à l’unité, les avancements d’échelon dans le nouveau grade de transition entraînent une augmentation du traitement
         de base, selon les pourcentages résultant de l’application de l’article 66 du statut, le facteur de multiplication étant adapté
         en conséquence et s’approchant de plus en plus de l’unité. Cette opération est répétée aussi longtemps que le traitement de
         base dans le nouveau grade de transition reste inférieur au traitement de base correspondant au grade de destination ;
      
      –        en revanche, lorsque le deuxième facteur de multiplication est supérieur à l’unité, les dispositions combinées de la troisième
         phrase de l’article 7, paragraphe 6, de l’annexe XIII du statut et de la quatrième phrase de l’article 7, paragraphe 7, de
         ladite annexe exigent que, lors du premier avancement d’échelon dans le nouveau grade de transition, le « solde » soit converti
         en ancienneté dans l’échelon en application, par analogie, du dernier alinéa de l’article 7, paragraphe 5, de la même annexe
         (l’opération étant, en réalité, inverse de celle qui y est décrite, dans la mesure où un montant est converti en une ancienneté
         d’échelon, et non pas une ancienneté dans l’échelon en un montant). Ce solde correspond à la différence entre, d’une part,
         le traitement de base – hypothétique – calculé sur la base d’une augmentation de 4,2 % du traitement de base effectivement
         perçu au titre du premier échelon du nouveau grade de transition (suite à l’application d’un deuxième facteur de multiplication,
         supérieur à l’unité) et, d’autre part, le traitement de base afférent à l’échelon du grade de destination auquel le fonctionnaire
         concerné est placé (entre le deuxième et le cinquième échelon) ;
      
      –        enfin, afin d’effectuer la conversion du solde restant en ancienneté dans l’échelon, il convient :
      –        d’abord, d’additionner le solde et le traitement de base afférent au deuxième échelon du grade de destination correspondant,
         pour obtenir ce que la Commission appelle la « somme représentant la valeur de l’avancement au deuxième échelon » ;
      
      –        ensuite, de placer le fonctionnaire à l’échelon le plus élevé auquel correspond un traitement de base égal ou inférieur à
         la somme représentant la valeur de l’avancement au deuxième échelon. Il en résulte, selon le cas, un classement pouvant varier
         entre le deuxième et le cinquième échelon ;
      
      –        si le traitement de base afférent à ce dernier échelon est inférieur à la somme représentant la valeur de l’avancement au
         deuxième échelon, la différence est convertie en ancienneté dans l’échelon concerné, en application, par analogie, du dernier
         alinéa de l’article 7, paragraphe 5, de l’annexe XIII.
      
      60      Si, compte tenu des avancements d’échelon successifs, l’augmentation globale du traitement de base liée à la première promotion
         est moins élevée dans le cas où celle-ci se fait à partir d’un échelon élevé du grade de transition respectif, cela serait
         dû à la nouvelle structure de carrière, caractérisée, d’une part, par le caractère dégressif de la valeur des échelons et,
         d’autre part, par le principe d’un classement au premier échelon du nouveau grade, conformément à la première phrase de l’article
         46 du statut. Ainsi, par exemple, une promotion à partir de l’échelon 5 du grade X n’entraînerait aucune augmentation du traitement
         de base pendant les deux premières années passées dans le grade X+1, ce qui aurait pour conséquence que l’augmentation globale
         du traitement de base liée à une telle promotion serait moins élevée que ne l’aurait été l’augmentation globale du traitement
         de base liée à une promotion à partir d’un échelon moins élevé.
      
      61      Contrairement à la thèse défendue par le requérant, l’article 7, paragraphe 7, de l’annexe XIII du statut ne viserait pas
         uniquement le cas où, après une promotion, le facteur de multiplication résultant du calcul prévu au paragraphe 6 du même
         article est inférieur à l’unité.
      
      62      En effet, les quatre phrases du paragraphe 7 de l’article 7 de l’annexe XIII du statut couvriraient deux situations distinctes :
      
      –        les trois premières phrases du paragraphe 7 de l’article 7 de ladite annexe viseraient la situation dans laquelle le deuxième
         facteur de multiplication est inférieur à l’unité. Selon ces dispositions, un fonctionnaire, ayant obtenu un facteur de multiplication
         inférieur à l’unité après la première promotion, reste classé au premier échelon, jusqu’au moment où le facteur de multiplication,
         calculé « virtuellement » pour tenir compte de la valeur de l’avancement d’échelon auquel il aurait eu droit en l’absence
         des dispositions de ce paragraphe, atteint l’unité ;
      
      –        en revanche, la quatrième phrase du paragraphe 7 de l’article 7 de ladite annexe viserait la situation dans laquelle le deuxième
         facteur de multiplication est supérieur à l’unité. La conclusion selon laquelle cette quatrième phrase couvre une situation
         distincte de celle visée par les trois premières phrases serait clairement étayée par l’utilisation de l’expression « si »,
         par opposition à l’expression « lorsque », utilisée à la troisième phrase (cette même différence se trouve également dans
         d’autres versions linguistiques, notamment anglaise et allemande, de cette disposition). En réalité, la quatrième phrase de
         l’article 7, paragraphe 7, de l’annexe XIII s’appliquerait chaque fois que le facteur de multiplication est supérieur à l’unité,
         que ce soit directement après la promotion ou à un moment ultérieur, suite à un ou à plusieurs avancements d’échelon.
      
      63      Si le deuxième facteur de multiplication est supérieur à l’unité, la conversion du solde restant en ancienneté d’échelon n’aurait
         pas lieu au moment même de la première promotion, dès lors que la première phrase du paragraphe 6 de l’article 7 de l’annexe
         XIII du statut dispose qu’un nouveau facteur de multiplication est calculé après la première promotion, sans exclure qu’à
         ce moment ce facteur ne puisse être supérieur à l’unité. Cependant, en vertu de la troisième phrase du paragraphe 6 de l’article
         7 de ladite annexe, l’application du facteur de multiplication ainsi obtenu « lors de l’avancement d’échelon et de l’adaptation
         des rémunérations » se ferait « sous réserve » du paragraphe 7 de l’article 7 de la même annexe dont la dernière phrase prévoit,
         pour le cas où le facteur de multiplication est supérieur à l’unité, la conversion en ancienneté d’échelon.
      
      64      Par ailleurs, selon la Commission, il serait parfaitement cohérent avec l’objectif poursuivi par l’article 7, paragraphe 5,
         de l’annexe XIII du statut, qui est de préserver la vocation à la carrière du fonctionnaire en service au moment de l’entrée
         en vigueur du règlement n° 723/2004, d’interpréter l’article 7, paragraphes 6 et 7, de ladite annexe de telle sorte que les
         effets dans le temps d’une situation résultant de l’application de l’article 7, paragraphe 5, de la même annexe – à savoir
         un facteur de multiplication supérieur à l’unité – n’aillent pas au-delà du moment auquel la vocation à carrière même cesse
         d’exister, à savoir deux ans après la première promotion (le fonctionnaire étant promouvable, à ce moment-là, au grade supérieur
         suivant, conformément à l’article 45, paragraphe 1, du statut). Partant, un tel facteur de multiplication ne saurait être
         maintenu au-delà du premier avancement d’échelon dans le grade détenu par le fonctionnaire concerné après la première promotion.
      
      65      Le fait de ne pas ramener le facteur de multiplication à l’unité aurait pour conséquence que certains fonctionnaires, recrutés
         avant le 1er mai 2004, pourraient, à partir de la première promotion, bénéficier, sans justification aucune, pendant tout le reste de
         leur carrière, d’un traitement de base supérieur à celui afférent à leur grade de destination. Cette situation se prolongerait
         même après leur mise à la retraite.
      
      66      Cette incohérence serait encore amplifiée par le fait que ces fonctionnaires se sont vu appliquer, dès le début, un traitement
         de base relativement plus élevé que celui appliqué, au moment de leur recrutement, aux fonctionnaires engagés après le 1er mai 2004. La solution préconisée par le requérant reviendrait à un enrichissement sans cause, contraire à la logique sous-jacente
         à la réforme de la structure des carrières opérée par le règlement n° 723/2004. Partant, il serait essentiel, dans toute la
         mesure du possible, de procéder à une interprétation des dispositions statutaires permettant de ramener le facteur de multiplication
         à l’unité deux ans après la première promotion, et ceci notamment afin de garantir l’égalité de traitement avec les fonctionnaires
         recrutés après le 1er mai 2004.
      
      67      Cette analyse ne serait pas démentie par l’argument du requérant selon lequel la ratio legis de la réforme de la structure
         de carrière est d’éviter des « goulots d’étranglement » dans les carrières des fonctionnaires. En effet, une telle ratio legis
         ne serait pas incompatible avec la finalité des dispositions transitoires visant à régir la transition de l’ancienne vers
         la nouvelle structure de carrière.
      
      68      Dans son mémoire en duplique, la Commission résume comme suit les règles qui permettent précisément de préserver la vocation
         à la carrière depuis la réforme du statut :
      
      –        l’article 7, paragraphe 3, de l’annexe XIII du statut prévoit, seulement pour le grade de transition dans lequel est converti
         le grade détenu au 30 avril 2004, un avancement d’échelon ayant des effets pécuniaires équivalents à ceux qu’aurait eu – avant
         la réforme de la structure de carrière – un avancement dans le grade détenu à cette même date ; de même, l’article 7, paragraphe
         5, de ladite annexe prévoit que la première promotion entraîne une augmentation du traitement de base selon des pourcentages
         représentant la moyenne arithmétique des augmentations en pourcentage du traitement de base qu’entraînait, dans l’ancienne
         structure de carrière, une promotion à partir de l’échelon correspondant ;
      
      –        la structure de carrière mise en place par le règlement n° 723/2004 confère aux fonctionnaires se trouvant dans des situations
         déterminées (en fin de carrière) une vocation à carrière supplémentaire sans avoir à accéder à des fonctions d’encadrement
         intermédiaire ;
      
      –        néanmoins, les effets de l’article 7, paragraphe 5, de l’annexe XIII du statut ne sauraient s’étendre au-delà d’une période
         de deux ans après la première promotion. En effet, étant donné que, désormais, la vocation à carrière est régie uniquement
         par les règles posées par le règlement n° 723/2004, un fonctionnaire ne peut prétendre à bénéficier, pendant tout le reste
         de sa carrière, d’un traitement de base supérieur à celui afférent à son grade de destination.
      
      69      Selon la Commission, les travaux préparatoires (en particulier les travaux au sein du comité du statut) concernant l’article
         7 de l’annexe XIII du statut reflètent, contrairement à ce que prétend le requérant, la volonté du législateur de ne pas garantir,
         pendant toute la carrière d’un fonctionnaire déterminé, le maintien d’un deuxième facteur de multiplication dépassant l’unité,
         ce qui constituerait une anomalie au regard de la nouvelle structure de carrière alors que l’existence d’un facteur de multiplication
         inférieur à l’unité serait conforme à la logique de transition. L’absence de toute disposition explicite en ce sens démontrerait
         clairement que le législateur a voulu rester cohérent avec le principe général qui sous-tend l’annexe XIII du statut, selon
         lequel les dispositions transitoires ne sont pas destinées à être appliquées au-delà d’une période raisonnable.
      
      70      Quant à l’argument du requérant selon lequel l’article 44 du statut, auquel la dernière phrase de l’article 7, paragraphe
         7, de l’annexe XIII ne dérogerait pas expressément, ne permet pas un avancement de plusieurs échelons, la Commission fait
         valoir que la dérogation qu’une règle de droit apporte à une autre ne doit pas nécessairement être prévue expressément, mais
         peut résulter des principes non écrits régissant l’articulation entre deux règles de droit prima facie applicables, tels que
         les principes lex specialis derogat legi generali et lex primaria derogat legi subsidiariae (voir, en ce sens, arrêt du 11
         juillet 2007, Centeno Mediavilla e.a./Commission, T‑58/05, non encore publié au Recueil, point 114, par lequel le Tribunal
         de première instance aurait jugé qu’il était inhérent à une disposition transitoire d’emporter exception à certaines règles
         statutaires dont l’application est nécessairement affectée par le changement de régime). Or, il résulterait de l’article 7,
         paragraphe 7, de l’annexe XIII du statut, qui constitue précisément une disposition transitoire, qu’un deuxième facteur de
         multiplication supérieur à l’unité doit être résorbé, moyennant une bonification d’ancienneté d’échelon, lors du premier avancement
         d’échelon dans le nouveau grade.
      
      71      Enfin, quant à la prétendue atteinte à l’article 46 du statut, la Commission observe que, en l’espèce, après sa promotion
         au grade A*13, le requérant a été classé au premier échelon de ce grade, ainsi qu’il ressort de ses bulletins de rémunération
         établis entre sa promotion et son avancement d’échelon au mois de mai 2006 (qui indiqueraient clairement en néerlandais « actuele
         rang A*1301 »).
      
      72      L’article 46 du statut devrait précisément être lu en combinaison avec l’article 7, paragraphe 7, de l’annexe XIII du statut.
         Partant, lors du premier avancement d’échelon du requérant dans le nouveau grade de transition, prévu par l’article 44 du
         statut, le « solde » a été converti, selon la Commission, en ancienneté dans l’échelon. L’article 46 du statut aurait donc
         été pleinement respecté.
      
       Appréciation du Tribunal
      73      L’annexe XIII du statut contient des mesures de transition applicables, après l’entrée en vigueur du règlement n° 723/2004,
         aux fonctionnaires des Communautés. L’article 7 de ladite annexe régit le « traitement mensuel de base des fonctionnaires
         recrutés avant le 1er mai 2004 ». Il est prévu, en son paragraphe 1, que ce traitement ne saurait subir aucune modification en raison du changement
         de dénomination des grades opéré en application de l’article 2, paragraphe 1, de l’annexe XIII et, en son paragraphe 2, qu’un
         facteur de multiplication, égal au rapport existant entre le traitement mensuel de base versé au fonctionnaire avant le 1er mai 2004 et celui découlant de l’article 2, paragraphe 2, de la même annexe, est calculé pour chaque fonctionnaire.
      
      74      Les paragraphes 5 à 8 de l’article 7 de l’annexe XIII du statut permettent de déterminer, pour chaque fonctionnaire, l’augmentation
         du traitement de base à la suite d’une promotion intervenue après le 1er mai 2004.
      
      75      Ainsi, selon le paragraphe 5 de l’article 7 de l’annexe XIII du statut, la première promotion obtenue après le 1er mai 2004 entraîne une augmentation du traitement mensuel de base à concurrence d’un pourcentage déterminé sur la base du
         tableau figurant audit paragraphe. Le paragraphe 6 de ce même article précise que, lors de cette première promotion, un nouveau
         facteur de multiplication est déterminé et que, sous réserve du paragraphe 7, il est appliqué lors de l’avancement d’échelon
         et de l’adaptation des rémunérations.
      
      76      Le paragraphe 7 de l’article 7 de l’annexe XIII du statut régit à cet égard trois hypothèses. Premièrement, lorsque, après
         une promotion, le facteur de multiplication est inférieur à l’unité :
      
      –        le fonctionnaire concerné reste au premier échelon de son nouveau grade de transition par dérogation à l’article 44 du statut
         aussi longtemps que le facteur de multiplication est inférieur à l’unité ou que l’intéressé ne bénéficie pas d’une nouvelle
         promotion (première phrase du paragraphe 7 de l’article 7 de l’annexe XIII du statut),
      
      –        étant entendu qu’un nouveau facteur de multiplication est calculé pour tenir compte de la valeur de l’avancement d’échelon
         auquel le fonctionnaire aurait pu prétendre en vertu de l’article 44 du statut (deuxième phrase du paragraphe 7 de l’article
         7 de l’annexe XIII du statut).
      
      77      Deuxièmement, lorsque le facteur de multiplication atteint l’unité, le fonctionnaire concerné commence à progresser échelon
         après échelon, conformément à l’article 44 du statut (troisième phrase du paragraphe 7 de l’article 7 de l’annexe XIII du
         statut).
      
      78      Troisièmement, lorsque le facteur de multiplication (« ce facteur » dans la version française) dépasse l’unité, « le solde
         restant éventuellement est converti en ancienneté dans l’échelon » (quatrième phrase du paragraphe 7 de l’article 7 de l’annexe
         XIII du statut).
      
      79      Enfin, le paragraphe 8 de l’article 7 de l’annexe XIII du statut prévoit que le facteur de multiplication est appliqué lors
         des promotions ultérieures.
      
      80      Le présent litige concerne la portée qu’il convient de reconnaître à la quatrième phrase de l’article 7, paragraphe 7, de
         l’annexe XIII du statut. Selon le requérant, en substance, cette phrase ne s’applique que dans l’hypothèse où le dépassement
         de l’unité par le facteur de multiplication découle de l’avancement d’échelon intervenant après une promotion, mais pas directement
         de la promotion elle-même. Dans ce dernier cas, il conviendrait de faire exclusivement application de l’article 7, paragraphe
         6, de l’annexe XIII.
      
      81      Une telle interprétation ne saurait être retenue.
      
      82      En effet, force est de constater, en premier lieu, que l’article 7, paragraphe 6, de l’annexe XIII du statut comporte, s’agissant
         de l’avancement d’échelon, un renvoi au paragraphe 7 du même article, lequel régit, comme indiqué aux points 76 à 78 du présent
         arrêt, les trois hypothèses, susceptibles de se produire après une promotion, d’un facteur de multiplication inférieur, égal
         ou supérieur à l’unité. En d’autres termes, le paragraphe 6, dernière phrase, de l’article 7 de ladite annexe prévoit expressément
         que le facteur de multiplication, calculé après la promotion, s’applique lors de l’avancement d’échelon sous réserve des modalités
         inscrites au paragraphe 7.
      
      83      Or, contrairement à ce que soutient le requérant, la simple lecture de l’article 7, paragraphe 7, de l’annexe XIII du statut
         ne permet pas d’établir que la quatrième phrase de cette disposition ne s’applique que lorsque le dépassement de l’unité par
         le facteur de multiplication est le résultat d’un avancement d’échelon et non de la promotion proprement dite. D’abord, la
         circonstance que les trois hypothèses couvertes par ledit paragraphe soient régies dans un seul et même alinéa n’a pas à proprement
         parler de signification quant au champ d’application de la quatrième phrase de ce paragraphe. Ensuite, l’utilisation à la
         quatrième phrase, dans la version française, de l’adjectif démonstratif « ce » pour viser le facteur de multiplication ne
         signifie pas nécessairement que celui-ci peut avoir dépassé l’unité seulement en raison de l’avancement d’échelon, et non
         du fait de la seule promotion. Du reste, plusieurs autres versions linguistiques, telles les versions espagnole, allemande,
         anglaise, grecque, italienne, portugaise ou finnoise, utilisent l’article indéfini pour désigner le facteur de multiplication.
         Enfin, il est vrai que l’utilisation de l’expression « ancienneté dans l’échelon », plutôt que celle d’« ancienneté d’échelon »
         pourrait militer en faveur de la thèse du requérant, dans la mesure où, par les termes utilisés, le législateur communautaire
         pourrait avoir voulu empêcher l’octroi de plusieurs échelons à l’intéressé, en compensation de la réduction du facteur de
         multiplication à l’unité. Toutefois, outre le fait que la version espagnole de la disposition en cause utilise l’expression
         « ancienneté dans le grade », le libellé de l’article 7, paragraphes 6 et 7, est suffisamment ambivalent pour justifier la
         recherche d’une interprétation non exclusivement littérale qui soit conforme à l’économie et à la finalité des dispositions
         transitoires en cause.
      
      84      En deuxième lieu, s’agissant précisément de l’économie et de la finalité des dispositions transitoires en cause, il convient
         de rappeler, à titre liminaire, que, selon un principe généralement reconnu, une règle nouvelle s’applique, en principe, immédiatement
         aux situations à naître ainsi qu’aux effets futurs des situations nées, sans être cependant entièrement constituées, sous
         l’empire de la règle ancienne (voir, en ce sens, arrêts de la Cour du 9 décembre 1965, Singer, 44/65, Rec. p. 1191, 1200 ;
         du 15 février 1978, Bauche et Delquignies, 96/77, Rec. p. 383, point 48 ; du 16 mai 1979, Tomadini, 84/78, Rec. p. 1801, point
         21 ; du 5 février 1981, P./Commission, 40/79, Rec. p. 361, point 12 ; du 10 juillet 1986, Licata/CES, 270/84, Rec. p. 2305,
         point 31 ; du 29 janvier 2002, Pokrzeptowicz-Meyer, C‑162/00, Rec. p. I‑1049, point 50 ; ordonnance de la Cour du 13 juin
         2006, Echouikh, C‑336/05, Rec. p. I‑5223, point 54 ; arrêt Centeno Mediavilla e.a./Commission, précité, point 51 ; arrêt du
         Tribunal du 30 novembre 2006, Balabanis et Le Dour/Commission, F‑77/05, non encore publié au Recueil, point 39).
      
      85      En l’espèce, il y a lieu de relever que, en vertu de son article 2, le règlement n° 723/2004 est entré en vigueur le 1er mai 2004, de telle sorte que, sous réserve des dispositions transitoires prévues par le législateur ou, de façon générale,
         des principes généraux, tels que les principes de sécurité juridique, de non-rétroactivité ou de protection des droits acquis,
         les dispositions nouvelles du statut, introduites par ledit règlement, et singulièrement celles régissant la nouvelle structure
         de carrière et le traitement mensuel de base, s’appliquent immédiatement aux situations visées au point précédent.
      
      86      Or, l’interprétation défendue par le requérant pourrait avoir pour effet de maintenir l’application de facteurs de multiplication
         pour une durée illimitée, pendant toute la carrière de l’intéressé et même au-delà, après sa mise à la retraite, alors que
         l’application du facteur de multiplication, qui constitue une mesure de transition, est destinée à garantir le niveau de traitement
         mensuel de base versé aux fonctionnaires recrutés avant le 1er mai 2004, lequel traitement, conformément à l’article 7, paragraphe 1, de l’annexe XIII du statut, ne peut subir de modification
         en raison du changement de dénomination des grades opéré en application de l’article 2, paragraphe 1, de ladite annexe. Une
         fois que le facteur de multiplication atteint l’unité, l’article 7, paragraphe 7, quatrième phrase, de ladite annexe, tel
         qu’il est libellé, ne saurait faire obstacle à l’application du nouvel article 66 du statut fixant, sur la base d’une nouvelle
         structure de carrière, pour chaque grade et chaque échelon, les traitements de base des fonctionnaires. Une telle mise à l’écart
         de la grille salariale comprise audit article 66, qui irait à l’encontre du principe d’application immédiate d’une réglementation
         nouvelle, ainsi qu’il ressort de la jurisprudence rappelée au point 84 du présent arrêt, ne peut être retenue en l’absence
         d’une indication claire et dépourvue d’ambiguïté donnée en ce sens par le législateur.
      
      87      Au contraire, il ressort du tableau des traitements mensuels de base figurant à l’article 2, paragraphe 2, de l’annexe XIII
         du statut, lequel ne comporte aucun facteur de multiplication supérieur à l’unité, que, eu égard à l’économie des dispositions
         transitoires, un facteur supérieur à l’unité constitue une anomalie qu’il convient de ne pas laisser perdurer.
      
      88      En troisième lieu, ainsi que l’a souligné à juste titre la Commission, l’interprétation de l’article 7, paragraphe 7, quatrième
         phrase, de l’annexe XIII du statut, défendue par le requérant, aurait également pour effet de rompre, pour l’avenir, l’égalité
         de traitement en matière de rémunération entre les fonctionnaires recrutés avant le 1er mai 2004 et ceux recrutés à compter de cette date, alors que les mesures de transition devraient, par nature, avoir pour
         objet de faciliter la transition d’une réglementation ancienne vers une réglementation nouvelle, en protégeant les droits
         acquis, sans pour autant maintenir au profit d’une catégorie de fonctionnaires les effets de la réglementation ancienne aux
         situations à naître dans l’avenir, tel un avancement d’échelon dans le cadre d’une nouvelle structure de carrière.
      
      89      Il convient d’ajouter que, en présence de dispositions équivoques dans leur articulation, susceptibles de plus d’une interprétation,
         telles que celles applicables en l’espèce, il convient de donner la préférence à l’interprétation qui permet d’éviter une
         telle différence de traitement entre fonctionnaires (arrêt du Tribunal du 8 novembre 2007, Deffaa/Commission, F‑125/06, non
         encore publié au Recueil, point 89 ; voir, dans le même sens, de façon générale, arrêts de la Cour du 13 décembre 1983, Commission/Conseil,
         218/82, Rec. p. 4063, point 15, et du 25 novembre 1986, Klensch e.a., 201/85 et 202/85, Rec. p. 3477, point 21 ; arrêt du
         Tribunal de première instance du 27 juin 2001, Leroy e.a./Conseil, T‑164/99, T‑37/00 et T‑38/00, Rec. p. II‑1819, point 80).
      
      90      En quatrième lieu, il est vrai que les articles 44 et 46 du statut, auxquels l’article 7, paragraphe 7, dernière phrase, de
         l’annexe XIII ne déroge pas expressément, ne prévoient pas la possibilité pour un fonctionnaire comptant deux ans d’ancienneté
         dans un échelon ou pour un fonctionnaire promu d’avancer de plusieurs échelons, ce qui pourrait laisser accroire que le fonctionnaire
         concerné, en avançant d’un seul échelon dans le grade supérieur après une promotion, voie son traitement de base affecté d’un
         facteur de multiplication supérieur à l’unité.
      
      91      Toutefois, ainsi que le Tribunal de première instance l’a souligné dans son arrêt Centeno Mediavilla e.a./Commission (précité,
         point 114), il est inhérent à une disposition transitoire telle que celle en cause, d’emporter exception à certaines règles
         statutaires dont l’application est nécessairement affectée par le changement de régime. De plus, l’annexe XIII du statut se
         présente précisément comme un texte regroupant les mesures de transition applicables aux fonctionnaires, à la suite de l’entrée
         en vigueur de la réforme du statut, sans que systématiquement aient été précisées par le législateur communautaire les règles
         statutaires auxquelles il était dérogé. En tout état de cause, la thèse défendue par le requérant comporterait une dérogation
         illimitée dans le temps à l’article 66 du statut, ce que l’article 7, paragraphe 7, de l’annexe XIII ne prévoit pas non plus
         expressément, et irait à l’encontre de l’économie même d’une disposition transitoire, ainsi qu’il ressort des points 85 à
         87 du présent arrêt.
      
      92      En dernier lieu, quant aux inconvénients allégués par le requérant, découlant de son classement au dernier échelon de son
         grade, il convient d’observer, premièrement, qu’un tel classement ne constitue pas, en soi, un désavantage, deuxièmement,
         que, si une réforme statutaire peut comporter des dispositions moins favorables pour les fonctionnaires que les anciennes
         dispositions, une telle conséquence découle des choix opérés par le législateur qui les estime conformes à l’intérêt du service
         (voir, en ce sens, arrêts du Tribunal de première instance du 30 septembre 1998, Ryan/Cour des comptes, T‑121/97, Rec. p. II‑3885,
         point 98, et Centeno Mediavilla e.a./Commission, précité, points 86 et 113), troisièmement, que le législateur a introduit
         des grades supplémentaires dans la structure de carrière et qu’il n’est pas exclu que le requérant puisse, dans l’avenir,
         bénéficier d’une promotion vers le grade AD 14.
      
      93      Compte tenu de tout ce qui précède, il y a lieu de rejeter le premier moyen.
      
       Sur le deuxième moyen, tiré de la violation de la décision du 22 juillet 2005 
       Arguments des parties
      94      Le requérant observe que la décision attaquée a remis en cause le facteur de multiplication de 1,1172071 au moment de l’avancement
         d’échelon, au 1er mai 2006, et porté ainsi atteinte à un élément définitif de son classement tel que décidé par l’AIPN et que cette dernière
         n’avait pas identifié comme susceptible de faire l’objet de révision. Ce facteur de multiplication aurait d’ailleurs été appliqué
         au requérant pendant deux années jusqu’à l’avancement d’échelon intervenu le 1er mai 2006.
      
      95      La Commission rétorque que le facteur de multiplication, tel qu’il a été fixé par la décision du 22 juillet 2005, ne peut
         se référer qu’au premier échelon du grade A*13. Or, ainsi que la Commission l’a soutenu en réponse au premier moyen, un facteur
         de multiplication supérieur à l’unité serait ipso jure résorbé, lors du premier avancement d’échelon suivant la première promotion.
      
       Appréciation du Tribunal
      96      Il suffit à cet égard de constater que la décision du 22 juillet 2005 ne comporte pas d’éléments intangibles, l’échelon lui-même,
         en l’occurrence le premier échelon, étant susceptible d’évoluer en fonction de l’ancienneté du requérant. L’on ne saurait
         reprocher à l’administration d’avoir, lors du premier avancement d’échelon après la promotion, pris les mesures nécessaires,
         eu égard à la réponse au premier moyen, pour ramener le facteur de multiplication à l’unité, en application de l’article 7,
         paragraphe 7, de l’annexe XIII du statut, sans que le traitement mensuel de base du requérant ait été diminué.
      
      97      Il y a lieu, en conséquence, de rejeter le deuxième moyen.
      
       Sur le troisième moyen, tiré de la violation du principe de protection de la confiance légitime
       Arguments des parties
      98      Le requérant observe que, dans les fiches explicatives sur le statut, la grille des traitements a été présentée de façon répétitive
         comme constituée de 16 grades comprenant chacun cinq échelons d’ancienneté correspondant à une hausse automatique de salaire
         de 13,1 % sur huit ans dans chaque grade. Le simulateur de carrière et le module auraient confirmé ce principe. Il en irait
         de même du libellé de l’article 7 de l’annexe XIII du statut ainsi que de la décision attaquée.
      
      99      Ces différentes informations, émanant de la DG « Personnel et administration » elle-même, voire du vice-président de la Commission
         alors en charge des affaires du personnel, constitueraient autant de promesses d’une progression salariale à chaque avancement
         d’échelon et du maintien du facteur de multiplication lorsque celui-ci était supérieur à l’unité après la première promotion.
      
      100    De telles assurances, émanant de personnes autorisées, seraient de nature à créer une confiance légitime chez le requérant
         dans la mesure où précisément elles seraient conformes aux prescrits statutaires.
      
      101    Le requérant ajoute que, à tout le moins, la Commission a pris soin d’expliquer en temps utile l’application complexe de l’article
         7 de l’annexe XIII du statut pour ce qui est de ses effets positifs pour les fonctionnaires, lorsque le facteur multiplicateur
         appliqué est inférieur à l’unité après la promotion, mais se serait abstenue de le faire s’agissant des conséquences négatives
         d’un facteur multiplicateur supérieur à l’unité. Ceci serait constitutif d’une erreur administrative.
      
      102    Le requérant relève, enfin, qu’il n’a jamais été informé, après sa promotion, que son classement et le facteur de multiplication
         pourraient être « provisoires et susceptibles de modification » en raison « d’un examen interinstitutionnel » ni, un an plus
         tard, que son classement et le facteur de multiplication devaient « désormais être considérés comme définitifs », selon les
         termes de la réponse à sa réclamation.
      
      103    Dans son mémoire en réplique, le requérant se réfère également à l’obligation qui incombe à tout employeur d’informer utilement
         les membres de son personnel sur les éléments essentiels de la relation de travail, au titre desquels figure la rémunération.
         Cette obligation résulterait de la directive 91/533/CEE du Conseil, du 14 octobre 1991, relative à l’obligation de l’employeur
         d’informer le travailleur des conditions applicables au contrat ou à la relation de travail (JO L 288, p. 32), ainsi que de
         l’article 2, paragraphe 6, de la charte sociale européenne révisée du Conseil de l’Europe (n° 163), adoptée le 3 mai 1996.
         Une telle obligation d’informer utilement les fonctionnaires des éléments essentiels de la relation de travail découlerait
         également, de façon plus générale, du droit à une bonne administration, tel qu’énoncé à l’article 41 de la charte des droits
         fondamentaux de l’Union européenne, proclamée à Nice le 7 décembre 2000 (JO C 364, p. 1).
      
      104    Or, en l’espèce, l’information, au sens des normes internationales mentionnées au point précédent, n’aurait eu lieu, de manière
         générale, que le 27 avril 2007 (soit plus d’un mois après l’introduction du présent recours), par le biais des Informations administratives n° 25/2007 et, s’agissant du requérant, que par la notification de la décision de rejet de sa réclamation en décembre 2006,
         et ce en contredisant tout ce qui avait été écrit et communiqué jusqu’alors par l’administration.
      
      105    Enfin, selon le requérant, le fait que les fiches explicatives contiennent un « avis juridique important » soulignant leur
         caractère informatif et faisant renvoi au règlement modifiant le statut ne remettrait pas en cause le constat de l’existence
         d’une confiance légitime en sa faveur. En effet, les « avis juridiques importants » ne sauraient être des clauses d’exonération
         avec un effet illimité. Ils ne viseraient qu’à attirer l’attention du lecteur sur le fait que l’interprétation donnée de la
         législation ne peut fixer les droits des membres du personnel de façon détaillée.
      
      106    La Commission rétorque que le droit de se fier au principe de protection de la confiance légitime est subordonné à trois conditions
         ayant trait à la nature des assurances fournies : premièrement, ces assurances doivent être précises, inconditionnelles et
         concordantes ; deuxièmement, elles doivent émaner de sources autorisées et fiables ; troisièmement, elles doivent être conformes
         aux dispositions du statut et aux normes applicables en général. Sur ce dernier point, la Commission souligne que, selon une
         jurisprudence constante, la communication d’une interprétation erronée d’une règle communautaire ne saurait engager la responsabilité
         de l’administration (voir, notamment, arrêt du Tribunal de première instance du 8 décembre 2005, Reynolds/Parlement, T‑237/00,
         RecFP p. I‑A‑385 et II‑1731, points 139 et 140, ainsi que la jurisprudence citée).
      
      107    Or, la Commission constate que, en l’espèce, les fiches explicatives en cause contiennent un « avis juridique important »
         selon lequel « tous ces documents ont un but informatif sans valeur juridique » et que « seuls font foi les textes adoptés
         par les législateurs ». Dès lors, ne serait pas remplie la condition relative au caractère précis et inconditionnel des assurances
         fournies.
      
      108    En outre, l’ensemble des fiches explicatives constituerait un texte de nature générale qui n’est pas spécifiquement adressé
         au requérant. Partant, il ne serait pas de nature à susciter, chez le requérant, des attentes raisonnables. Tel serait également
         le cas du « simulateur de carrière » que le requérant a employé le 9 août 2006. Par ailleurs, ce simulateur se trouvait sur
         un site archivé depuis le 1er janvier 2005, de sorte qu’il ne serait pas exclu que la simulation effectuée au mois d’août 2006 soit entachée d’erreurs.
      
      109    En tout état de cause, les assurances alléguées n’auraient pas été conformes à l’article 7, paragraphes 6 et 7, de l’annexe
         XIII du statut.
      
      110    Dans son mémoire en duplique, la Commission souligne que, à supposer même que la prétendue omission, par elle-même, d’informer
         utilement son personnel de l’application qu’elle entendait faire de l’article 7, paragraphe 7, de l’annexe XIII du statut
         puisse constituer une faute de service, ceci n’aurait pas pour conséquence de rendre illégale la décision attaquée, mais seulement
         de permettre l’introduction d’un recours en indemnité, à condition que le requérant démontre avoir subi un préjudice du fait
         de cette omission.
      
       Appréciation du Tribunal
      111    Il convient de rappeler que, selon une jurisprudence constante, le droit de réclamer la protection de la confiance légitime,
         qui est un des principes fondamentaux du droit communautaire, s’étend à tout particulier qui se trouve dans une situation
         de laquelle il ressort que l’administration communautaire, en lui fournissant des assurances précises inconditionnelles et
         concordantes, émanant de sources autorisées et fiables, a fait naître chez l’intéressé des espérances conformes aux dispositions
         du statut et aux normes applicables en général (voir, en ce sens, arrêts de la Cour du 16 novembre 1983, Thyssen/Commission,
         188/82, Rec. p. 3721, point 11, et du 6 février 1986, Vlachou/Cour des comptes, 162/84, Rec. p. 481, point 6 ; arrêts du Tribunal
         de première instance du 5 novembre 2002, Ronsse/Commission, T‑205/01, RecFP p. I‑A‑211 et II‑1065, point 54, et Reynolds/Parlement,
         précité, points 139 et 140). Il est également de jurisprudence constante que, en principe, la communication d’une interprétation
         erronée d’une règle communautaire n’est pas, par elle-même, constitutive d’une faute de service (arrêts de la Cour du 28 mai
         1970, Richez-Parise e.a./Commission, 19/69, 20/69, 25/69 et 30/69, Rec. p. 325, points 36 et 37, ainsi que du 11 juillet 1980,
         Kohll/Commission, 137/79, Rec. p. 2601, point 14 ; arrêt du Tribunal de première instance du 27 mars 1990, Chomel/Commission,
         T‑123/89, Rec. p. II‑131, points 28 à 30, et Reynolds/Parlement, précité, points 139 et 140).
      
      112    Or, en l’espèce, il suffit de constater que les espérances alléguées par le requérant, ainsi qu’il ressort de la réponse au
         premier moyen, ne sont pas conformes à l’article 7, paragraphe 7, de l’annexe XIII du statut.
      
      113    Il convient, en conséquence, de rejeter également le troisième moyen.
      
      114    Compte tenu de tout ce qui précède, la décision attaquée doit être annulée pour vice d’incompétence.
      
       Sur les dépens
      115    En vertu de l’article 122 du règlement de procédure, les dispositions du chapitre huitième du titre deuxième dudit règlement,
         relatives aux dépens et frais de justice, ne s’appliquent qu’aux affaires introduites devant le Tribunal à compter de l’entrée
         en vigueur de ce règlement de procédure, à savoir le 1er novembre 2007. Les dispositions du règlement de procédure du Tribunal de première instance pertinentes en la matière continuent
         à s’appliquer mutatis mutandis aux affaires pendantes devant le Tribunal avant cette date.
      
      116    Aux termes de l’article 87, paragraphe 2, du règlement de procédure du Tribunal de première instance, toute partie qui succombe
         est condamnée aux dépens, s’il est conclu en ce sens. Selon l’article 87, paragraphe 3, premier alinéa, du règlement de procédure
         du Tribunal de première instance, le Tribunal peut répartir les dépens si les parties succombent respectivement sur un ou
         plusieurs chefs ou pour des motifs exceptionnels, étant entendu que, dans les litiges entre les Communautés et leurs agents,
         les frais exposés par les institutions restent à la charge de celles-ci, conformément à l’article 88 dudit règlement de procédure.
      
      117    En l’espèce, le recours ayant été partiellement accueilli, il sera fait une juste appréciation des circonstances de la cause
         en décidant que la Commission supporte ses propres dépens ainsi que la moitié des dépens exposés par le requérant.
      
      Par ces motifs,
      LE TRIBUNAL (deuxième chambre)
      déclare et arrête :
      1)      La décision du chef de l’unité A 6 « Structure des carrières, évaluation et promotion » de la direction générale « Personnel
            et administration » de la Commission des Communautés européennes, du 11 mai 2006, est annulée.
      2)      M. Lafili supporte la moitié de ses propres dépens.
      3)      La Commission des Communautés européennes supporte ses propres dépens et la moitié des dépens exposés par M. Lafili.
      
               Van Raepenbusch 
            
            
                Boruta 
            
            
                Kanninen
            
         Ainsi prononcé en audience publique à Luxembourg, le 4 septembre 2008.
      
               Le greffier 
            
             
            
                      Le président
            
         
               W. Hakenberg 
            
             
            
                      S. Van Raepenbusch
            
         
         Les textes de la présente décision ainsi que des décisions des juridictions communautaires citées dans celle-ci et non encore
            publiées au Recueil sont disponibles sur le site internet de la Cour de justice : www.curia.europa.eu
         
      
      * Langue de procédure : le français.