CELEX: 62007FJ0100
Language: fr
Date: 2009-03-10
Title: Arrêt du Tribunal de la fonction publique (première chambre) du 10 mars 2009. # Kyriakos Tsirimiagos contre Comité des régions de l’Union européenne. # Fonction publique - Fonctionnaires - Rémunération - Transfert d’une partie des émoluments en dehors du pays d’affectation - Article 17, paragraphe 2, sous b), de l’annexe VII de l’ancien statut - Compte d’épargne-logement - Répétition de l’indu - Conditions - Irrégularité des transferts - Caractère évident de l’irrégularité. # Affaire F-100/07.

ARRÊT DU TRIBUNAL DE LA FONCTION PUBLIQUE (première chambre)
      
      10 mars 2009 
      
      Affaire F‑100/07
      
      Kyriakos Tsirimiagos
      contre
      Comité des régions de l’Union européenne
      « Fonction publique – Fonctionnaires – Rémunération – Transfert d’une partie des émoluments en dehors du pays d’affectation – Article 17, paragraphe 2, sous b), de l’annexe VII de l’ancien statut – Compte d’épargne-logement – Répétition de l’indu – Conditions – Irrégularité des transferts – Caractère évident de l’irrégularité »
      Objet : Recours, introduit au titre des articles 236 CE et 152 EA, par lequel M. Tsirimiagos demande, en substance, d’une part, l’annulation
         de la décision du Comité des régions, du 21 novembre 2006, visant à récupérer, en application de l’article 85 du statut, les
         montants qui lui ont été versés au titre du coefficient correcteur sur la partie de ses émoluments transférée en France d’avril 2004
         à mai 2005, montants s’élevant à 2 120,16 euros, d’autre part, l’annulation, pour autant que de besoin, de la décision du
         21 juin 2007 rejetant sa réclamation, dans la mesure où cette décision confirme la récupération pour un montant de 2 038,61 euros,
         et, enfin, la condamnation du Comité des régions à lui rembourser la somme de 2 038,61 euros retenue sur sa rémunération.
      
      Décision : La décision du Comité des régions, du 21 novembre 2006, telle que modifiée par la décision du 21 juin 2007, est annulée en
         ce qu’elle ordonne la récupération des montants résultant de l’application du coefficient correcteur aux transferts effectués
         par le requérant en faveur de son compte d’épargne-logement, d’avril 2004 à mai 2005, pour un montant de 15 300 euros. Le
         Comité des régions est condamné à rembourser au requérant le montant de 15 300 euros, augmenté des intérêts moratoires, retenu
         sur sa rémunération, correspondant à l’application du coefficient correcteur aux transferts effectués en faveur de son compte
         d’épargne-logement, d’avril 2004 à mai 2005 ; ces intérêts courent à compter de la date de la récupération et jusqu’à la date
         du paiement effectif, au taux fixé par la Banque centrale européenne pour les principales opérations de refinancement et applicable
         durant la période concernée, majoré de deux points. Le recours est rejeté pour le surplus. Le Comité des régions est condamné
         à supporter, outre ses propres dépens, la moitié des dépens du requérant. Le requérant supporte la moitié de ses propres dépens.
      
      
      Sommaire
      
      1.      Fonctionnaires – Recours – Acte faisant grief – Notion – Note de l’administration informant l’intéressé de son intention de
            procéder à la répétition de l’indu en l’absence d’explication satisfaisante ou de pièce justificative complémentaire apportées
            par celui‑ci – Exclusion
      (Statut des fonctionnaires, art. 90 et 91)
      2.      Fonctionnaires – Répétition de l’indu – Conditions – Irrégularité évidente du versement – Connaissance par l’intéressé – Transfert
            d’une partie des émoluments du fonctionnaire en dehors du pays d’affectation pour alimenter un compte d’épargne-logement
      (Statut des fonctionnaires, art. 85 ; annexe VII, art. 17, § 2)
      3.      Fonctionnaires – Recours – Compétence de pleine juridiction – Réparation du préjudice matériel subi par un fonctionnaire en
            raison de la répétition illégale d’une somme – Remboursement – Octroi d’intérêts moratoires
      (Statut des fonctionnaires, art. 91, § 1)
      
      1.      Une note de l’administration informant un fonctionnaire de son intention de procéder, en l’absence d’explication satisfaisante
         ou de pièce justificative complémentaire pouvant être apportées par celui-ci, à la répétition de l’indu de certaines sommes,
         et n’indiquant ni le montant de l’éventuelle répétition ni les modalités de la récupération, ne peut être considérée comme
         un acte faisant grief au fonctionnaire, car elle n’affecte pas directement et immédiatement ses intérêts, en modifiant de
         façon caractérisée la situation juridique de celui-ci, ni ne constitue une prise de position définitive de l’administration.
         De surcroît, une telle note ne permet nullement à l’intéressé d’apprécier l’opportunité d’une contestation de celle-ci, par
         l’introduction d’une réclamation, au titre de l’article 90, paragraphe 2, du statut.
      
      (voir points 41 et 42)
      
      2.      Il ressort de l’article 85 du statut que la répétition de l’indu est soumise à deux conditions cumulatives, dont la première
         consiste dans l’irrégularité du versement que l’administration cherche à récupérer et, la seconde, dans la connaissance de
         cette irrégularité par le fonctionnaire ou dans la constatation que l’irrégularité en question était si évidente que le fonctionnaire
         ne pouvait manquer d’en avoir connaissance.
      
      À supposer même que l’article 17, paragraphe 2, de l’annexe VII du statut, dans sa rédaction antérieure à l’entrée en vigueur
         du règlement nº 723/2004, modifiant le statut des fonctionnaires ainsi que le régime applicable aux autres agents, qui permet
         au fonctionnaire de faire effectuer le transfert d’une partie de ses émoluments en dehors du pays d’affectation pour couvrir
         des dépenses résultant notamment de charges régulières et prouvées qu’il aurait à assumer en dehors du pays du siège de son
         institution ou du pays où il exerce ses fonctions, ne soit pas d’application lorsque le transfert est destiné à alimenter
         un compte d’épargne-logement reconnu en tant que tel par la législation d’un État membre, le caractère irrégulier d’un tel
         versement n’est pas si évident que ledit fonctionnaire ne pouvait manquer d’en avoir connaissance, notamment lorsque le libellé
         des textes applicables ne permet pas de donner une réponse claire et non équivoque à la question de l’applicabilité de cette
         disposition à un tel transfert, et que le comportement des services compétents a pu raisonnablement laisser croire à l’intéressé
         que leur position penchait en faveur de cette applicabilité.
      
      En revanche, à supposer même que le transfert sur un compte d’épargne-logement relève du champ d’application matériel de l’article 17,
         paragraphe 2, de l’annexe VII du statut, dans sa rédaction susmentionnée, un tel transfert ne peut être effectué qu’à hauteur
         du plafond de ce compte tel que fixé par la législation nationale. Dès lors, le transfert d’une partie des émoluments d’un
         fonctionnaire pour alimenter un contrat d’épargne-logement au-delà dudit plafond ne peut en aucun cas être considéré comme
         régulier. Une telle irrégularité doit être considérée comme évidente pour un fonctionnaire expérimenté dans le domaine du
         droit de la fonction publique communautaire.
      
      (voir points 55, 60, 61, 64, 66, 70, 74 et 75)
      3.      Le juge communautaire de la fonction publique, disposant de pouvoirs de pleine juridiction en matière pécuniaire, est compétent
         pour ordonner, à titre de réparation du préjudice matériel, le remboursement au requérant d’une somme indûment répétée par
         l’administration, augmentée des intérêts moratoires à compter de la date de la récupération et jusqu’à la date du paiement
         effectif.
      
      (voir points 79 et 80)
      Référence à :
      Tribunal de première instance : 18 septembre 2002, Puente Martín/Commission, T‑29/01, RecFP p. I‑A‑157 et II‑833, point 88 ;
         9 juillet 2003, Efthymiou/Commission, T‑22/01, RecFP p. I‑A‑177 et II‑891, point 45
      
      Tribunal de la fonction publique : 16 janvier 2007, Borbély/Commission, F‑126/05, RecFP p. I‑A‑1‑0000 et II‑A‑1‑0000, point 73
ARRÊT DU TRIBUNAL DE LA FONCTION PUBLIQUE (première chambre)
      
      10 mars 2009 (*)
      
      « Fonction publique – Fonctionnaires – Rémunération – Transfert d’une partie des émoluments en dehors du pays d’affectation – Article 17, paragraphe 2, sous b), de l’annexe VII de l’ancien statut – Compte d’épargne-logement – Répétition de l’indu – Conditions – Irrégularité des transferts – Caractère évident de l’irrégularité »
      Dans l’affaire F‑100/07,
      ayant pour objet un recours introduit au titre des articles 236 CE et 152 EA,
      Kyriakos Tsirimiagos, fonctionnaire du Comité des régions de l’Union européenne, demeurant à Kraainem (Belgique), représenté par Me M.-A. Lucas, avocat,
      
      partie requérante,
      contre
      Comité des régions de l’Union européenne, représenté par M. P. Cervilla, en qualité d’agent, assisté de Me B. Wägenbaur, avocat, 
      
      partie défenderesse,
      LE TRIBUNAL (première chambre),
      composé de MM. S. Gervasoni, président, H. Kreppel et H. Tagaras (rapporteur), juges,
      greffier : M. R. Schiano, administrateur,
      vu la procédure écrite et à la suite de l’audience du 14 octobre 2008,
      rend le présent
      Arrêt
      1        Par requête parvenue au greffe du Tribunal le 1er octobre 2007 par télécopie (le dépôt de l’original étant intervenu le 5 octobre suivant), M. Tsirimiagos, fonctionnaire du
         Comité des régions de l’Union européenne (ci-après le « CDR »), demande en substance, d’une part, l’annulation de la décision
         du 21 novembre 2006 du CDR visant à récupérer, en application de l’article 85 du statut des fonctionnaires des Communautés
         européennes, les montants qui lui ont été versés au titre du coefficient correcteur (ci-après le « CC ») sur la partie de
         ses émoluments transférée en France d’avril 2004 à mai 2005, montants s’élevant à 2 120,16 euros, d’autre part, l’annulation,
         pour autant que de besoin, de la décision du 21 juin 2007 portant rejet de sa réclamation, dans la mesure où cette décision
         confirme la récupération pour un montant de 2 038,61 euros, et, enfin, la condamnation du CDR à lui rembourser la somme de
         2 038,61 euros retenue sur sa rémunération.
      
       Cadre juridique
       Dispositions statutaires
      2        L’article 85 du statut des fonctionnaires des Communautés européennes (ci-après le « statut ») est rédigé comme suit :
      
      « Toute somme indûment perçue donne lieu à répétition si le bénéficiaire a eu connaissance de l’irrégularité du versement
         ou si celle-ci était si évidente qu’il ne pouvait manquer d’en avoir connaissance. 
      
      La demande de répétition doit intervenir au plus tard au terme d’un délai de cinq ans commençant à courir à compter de la
         date à laquelle la somme a été versée. Ce délai n’est pas opposable à l’autorité investie [du] pouvoir de nomination lorsque
         celle-ci est en mesure d’établir que l’intéressé a délibérément induit l’administration en erreur en vue d’obtenir le versement
         de la somme considérée. »
      
      3        L’article 17, paragraphe 2, de l’annexe VII du statut des fonctionnaires des Communautés européennes, dans sa rédaction en
         vigueur avant le 1er mai 2004 (ci-après l’« ancien statut »), prévoyait :
      
      « Dans les conditions fixées par une réglementation établie d’un commun accord par les institutions des Communautés après
         avis du comité du statut, le fonctionnaire peut :
      
      a)      faire transférer régulièrement, par l’entremise de l’institution dont il relève, une partie de ses émoluments ne dépassant
         pas le montant qu’il perçoit au titre de l’indemnité de dépaysement ou d’expatriation :
      
      […]
      b)      faire effectuer des transferts réguliers dépassant le plafond indiqué [sous] a), in limine pour autant qu’ils soient destinés
         à couvrir des dépenses résultant notamment de charges régulières et prouvées que l’intéressé aurait à assumer en dehors du
         pays du siège de son institution ou du pays où il exerce ses fonctions ;
      
      […] »
      4        Sur la base de l’article 17 de l’annexe VII de l’ancien statut, un « Règlement fixant les modalités relatives aux transferts
         d’une partie des émoluments des fonctionnaires des Communautés européennes » (ci-après l’« ancienne réglementation commune »)
         est entré en vigueur le 1er janvier 1980, avec effet au 1er avril 1979. L’article 1er de cette ancienne réglementation commune permettait au fonctionnaire de faire transférer régulièrement une partie de ses
         émoluments non supérieure au montant qu’il percevait au titre de l’indemnité de dépaysement ou d’expatriation, tandis que
         l’article 2 de celle-ci disposait :
      
      « En application de l’article 17, paragraphe 2, [sous] b), de l’annexe VII [de l’ancien] statut, le fonctionnaire peut, en
         outre, faire transférer régulièrement, sur sa demande et par l’entremise de l’institution, une partie de ses émoluments supérieure
         au montant visé à l’article 1er, pour autant que ces transferts soient destinés à couvrir des dépenses résultant de charges régulières et prouvées hors du
         pays de son affectation.
      
      Sont à considérer comme des dépenses justifiant de tels transferts :
      [...]
      –        sur présentation de l’acte notarié et du contrat de prêt, le remboursement d’un prêt hypothécaire remboursable pendant sept
         ans au moins et relatif soit à l’acquisition d’un terrain à bâtir pour maison individuelle, soit à la construction, l’achat
         ou la transformation d’une première habitation ou, le cas échéant, d’une deuxième habitation dans un pays des Communautés,
         
      
      –        sur présentation de l’acte notarié, les rentes viagères, et, sur présentation du contrat, les primes dues au titre de contrats
         d’assurance vie/invalidité ou de contrats d’épargne-logement relatifs aux opérations immobilières visées ci-dessus. 
      
      [...] »
      5        Les chefs d’administration des différentes institutions communautaires ont approuvé, le 3 décembre 1992, la conclusion n° 204/92
         sur les modalités relatives aux transferts d’une partie des émoluments des fonctionnaires, conclusion se référant en substance
         à l’article 2 de l’ancienne réglementation commune (ci-après la « conclusion des chefs d’administration »), laquelle a précisé
         à ses points 2 et 4 : 
      
      « 2. Est considéré comme ‘contrat d’épargne-logement’, tout régime d’épargne particulier qui permet au fonctionnaire qui verse
         à un compte bancaire spécial d’obtenir à l’issue d’une période contractuelle d’épargne, un prêt destiné aux opérations immobilières
         visées aux deux derniers tirets de l’article 2 de [l’ancienne] réglementation [commune]. Un contrat d’épargne-logement reconnu
         en tant que tel par la législation nationale le régissant est acceptable au terme de la présente définition.
      
      4. En cas de contrat d’épargne-logement le fonctionnaire est tenu de produire une attestation de l’organisme financier concerné,
         par laquelle celui-ci s’engage à informer l’institution chaque fois que le fonds d’épargne sera débloqué, ainsi que de souscrire
         lui-même un engagement portant sur l’affectation des fonds d’épargne à des opérations immobilières telles que définies par
         le [2e tiret ci-dessus du deuxième alinéa] de l’article 2 de [l’ancienne] réglementation [commune].
      
      Au cas où cette affectation des fonds d’épargne n’est pas respectée, l’institution met fin au transfert et récupère la partie
         correspondant à la participation de l’institution […] »
      
      6        Suite à l’entrée en vigueur, le 1er mai 2004, du règlement (CE, Euratom) n° 723/2004 du Conseil, du 22 mars 2004, modifiant le statut des fonctionnaires des Communautés
         européennes ainsi que le régime applicable aux autres agents de ces Communautés (JO L 124, p. 1), l’article 17, paragraphe
         2, de l’annexe VII du statut a limité les possibilités de transfert, avec application du CC, d’une partie de la rémunération
         des fonctionnaires, en ne l’autorisant plus que dans le cas des frais de scolarité des enfants à charge fréquentant un établissement
         d’enseignement dans un État membre autre que celui d’affectation et, dans la limite de 5 % du traitement de base, dans le
         cas de versements réguliers au profit de toute autre personne vis-à-vis de laquelle le fonctionnaire démontre avoir des obligations
         en vertu d’une décision de justice ou d’une décision administrative.
      
      7        L’article 17 de l’annexe XIII du statut prévoit cependant des mesures transitoires : 
      
      « Pendant la période allant du 1er mai 2004 au 31 décembre 2008, par dérogation à l’article 17, paragraphe 2, de l’annexe VII du statut, le fonctionnaire peut
         transférer un montant supplémentaire, sous réserve du respect des conditions suivantes :
      
      a)      ce montant doit avoir été transféré régulièrement avant le 1er mai 2004 et les conditions requises pour l’autorisation doivent toujours être remplies ;
      
      b)      ce montant supplémentaire ne peut avoir pour effet d’augmenter le total des transferts au-delà des seuils suivants, exprimés
         en pourcentage du montant total transféré chaque mois avant le 1er mai 2004 :
      
      1er mai – 31 décembre 2004 : 100 %
      
      1er janvier – 31 décembre 2005 : 80 %
      
      1er janvier – 31 décembre 2006 : 60 %
      
      1er janvier – 31 décembre 2007 : 40 %
      
      1er janvier – 31 décembre 2008 : 20 % »
      
      8        Sur la base de l’article 17, paragraphe 2, de l’annexe VII du statut, une « Réglementation commune relative aux transferts
         d’une partie des émoluments des fonctionnaires des Communautés européennes », applicable à partir du 1er mai 2004, a abrogé et remplacé l’ancienne réglementation commune. Le CDR a approuvé, par décision du 11 octobre 2004, cette
         nouvelle réglementation commune. L’article 3, premier alinéa, de celle-ci dispose :
      
      « L’institution vérifie régulièrement que les conditions qui ont justifié l’autorisation de transfert demeurent toujours remplies.
         Elle peut, dans ce cadre, demander la production de toute pièce justificative qu’elle juge utile. Elle met fin au transfert
         lorsqu’elle constate que les conditions qui ont justifié l’octroi du transfert ne sont plus remplies ou lorsque le fonctionnaire
         ne produit pas les pièces justificatives qui lui sont demandées. De telles vérifications peuvent donner lieu à l’application
         de l’article 85 du statut. »
      
       Droit français
      9        Les articles L315-1 et suivants du code français de la construction et de l’habitation, dans leur version applicable à la
         date d’ouverture des comptes bancaires dans le cas d’espèce (ci-après le « CCH »), articles relatifs à l’épargne-logement,
         énoncent :
      
      « Article L315-1 
      Le régime de l’épargne-logement a pour objet de permettre l’octroi de prêts aux personnes physiques qui ont fait des dépôts
         à un compte d’épargne-logement et qui affectent cette épargne au financement de logements destinés à l’habitation principale.
      
      Les titulaires d’un compte d’épargne-logement qui n’affectent pas cette épargne au financement de logements destinés à l’habitation
         principale dans les conditions du premier alinéa peuvent l’affecter au financement de logements ayant une autre destination
         dans les conditions fixées par un décret en Conseil d’État qui détermine notamment les destinations autorisées. Ces destinations
         sont exclusives, à l’exception des résidences de tourisme, de tout usage commercial ou professionnel. 
      
      […]
      Article L315-3
      Les dépôts d’épargne-logement sont reçus par la caisse nationale d’épargne et les caisses d’épargne ordinaires ainsi que dans
         les banques et organismes de crédit qui s’engagent par convention avec l’État à appliquer les règles fixées pour le fonctionnement
         de l’épargne-logement.
      
      Article L315-4
      Les bénéficiaires d’un prêt d’épargne-logement reçoivent de l’État, lors de la réalisation du prêt, une prime d’épargne dont
         le montant est fixé compte tenu de leur effort d’épargne.
      
      Article L315-5
      Les intérêts et la prime d’épargne versés aux titulaires de comptes d’épargne-logement ne sont pas pris en compte pour le
         calcul de l’allocation de logement. »
      
      10      Les articles R*315-2 et suivants du CCH relatifs au compte d’épargne-logement (ci-après le « CEL ») disposent : 
      
      « Article R*315-2
      Les sommes inscrites aux [CEL] portent intérêt, à un taux fixé par arrêté du ministre chargé des finances [et] du ministre
         chargé de la construction et de l’habitation.
      
      Au 31 décembre de chaque année, l’intérêt s’ajoute au capital et devient lui-même productif d’intérêt.
      Article R*315-3
      Il est délivré aux titulaires de [CEL] un livret mentionnant les opérations effectuées à leur compte.
      Le montant du dépôt minimum auquel est subordonnée l’ouverture d’un [CEL] et le montant minimum des versements ultérieurs
         sont fixés par arrêté du ministre chargé des finances et du ministre chargé de la construction et de l’habitation.
      
      Les sommes inscrites au compte sont remboursables à vue. Toutefois, le retrait de fonds qui aurait pour effet de réduire le
         montant du dépôt à un montant inférieur au dépôt minimum prévu à l’alinéa précédent entraîne la clôture du compte.
      
      Article R*315-4
      Le montant maximum des sommes qui peuvent être portées à un [CEL] est fixé par arrêté du ministre chargé des finances et du
         ministre chargé de la construction et de l’habitation.
      
      […]
      Article R*315-7
      Les titulaires d’un [CEL] peuvent […] obtenir un prêt lorsque ce compte est ouvert depuis [18] mois au moins et lorsque le
         montant des intérêts acquis s’élève au moins à un montant fixé par arrêté du ministre chargé des finances et du ministre chargé
         de la construction et de l’habitation, en fonction du minimum exigé pour l’ouverture du compte ainsi que du taux d’intérêt
         appliqué aux dépôts.
      
      […]
      Article R*315-12 
      […] le montant et la durée maximum des prêts sont fixés de telle sorte que le total des intérêts à payer par l’emprunteur
         soit égal au total des intérêts acquis à la date de la demande du prêt et pris en compte pour le calcul du montant du prêt
         multiplié par un coefficient au minimum égal à 1.
      
      […]
      Article R*315-16 
      Les bénéficiaires des prêts […] reçoivent de l’État une prime d’épargne versée au moment de la réalisation du prêt.
      […] »
      11      L’article R*315-24 du CCH dispose qu’il est institué une catégorie particulière de CEL sous la forme de plans contractuels
         d’épargne à terme déterminé, appelés plans d’épargne-logement (ci-après le « PEL »).
      
       Notes internes au CDR
      12      Le requérant, chef de l’unité du personnel du CDR, a rédigé et fait diffuser, le 23 mars 2004, une communication au personnel,
         dont le contenu était le suivant (ci-après la « note du 23 mars 2004 ») :
      
      « L’article 16 de l’annexe XIII du projet de […] statut […] prévoit la possibilité de continuer à effectuer, pendant une période
         transitoire et à des pourcentages dégressifs, des transferts d’une partie des émoluments qui ne seraient plus autorisés sur
         la base de l’article 17, paragraphe 2, du […] statut.
      
      Votre attention est attirée sur le fait que pour bénéficier de ces dispositions transitoires, le transfert doit exister avant
         le 1er mai 2004. L’interprétation qui semble actuellement prévaloir est que ‘pour exister avant le 1er mai 2004’, le transfert doit avoir été effectué lors du paiement de la rémunération du mois d’avril 2004.
      
      Il en résulte que pour pouvoir effectuer le transfert avec la rémunération d’avril, l’[u]nité du [p]ersonnel (M. Didier G[oetz])
         doit être en possession des demandes et des pièces justificatives pour le 31 mars 2004 au plus tard. 
      
      Sont concernées : les personnes qui souhaitent modifier les transferts existants ou les personnes qui souhaiteraient effectuer
         à l’avenir un transfert. Ces personnes sont dès lors invitées à faire les démarches le plus rapidement possible, afin de tenir
         compte du temps nécessaire pour le traitement du dossier. »
      
      13      Le requérant, toujours en sa qualité de chef de l’unité du personnel, a également rédigé et fait diffuser, le 23 décembre
         2004, la note suivante (ci-après la « note du 23 décembre 2004 ») :
      
      « 1. Conformément à la réglementation en vigueur en la matière […], les demandes de transferts doivent faire l’objet d’une
         confirmation annuelle des bénéficiaires et d’un contrôle annuel par l’administration.
      
      À cet effet, je vous prie de bien vouloir :
      1.1      confirmer votre volonté de continuer à transférer une partie des émoluments en 2005, par retour d’e-mail à Mme B[uceta] […] avec copie à M. G[oetz] […]
      
      1.2      fournir pour l’année 2004, les pièces justificatives (relevé des comptes bancaires actualisé au 31 [décembre] 2004 et copie
         des contrats) pour les montants dépassant l’indemnité de dépaysement ou d’expatriation.
      
      L’ensemble de ces informations devra impérativement être communiqué pour le 12 janvier 2005, au plus tard, à Mme B[uceta] […] 
      
      À défaut de production de ces pièces, il sera mis fin au transfert avec effet immédiat et application éventuelle de l’article
         85 du [s]tatut (répétition de l’indu).
      
      […] »
       Faits à l’origine du litige
      14      Le requérant, ressortissant grec et juriste de formation, a été nommé fonctionnaire de la Commission des Communautés européennes
         au mois d’octobre 1996. Au mois de février 1997, il a été transféré au CDR et affecté, en tant qu’administrateur, au sein
         du service du personnel, avant d’être promu, le 1er juillet 2001, au poste de chef de l’unité du personnel, qu’il a occupé jusqu’à son affectation au poste de chef du service
         juridique du CDR, le 1er décembre 2005.
      
      15      Après avoir rédigé et fait diffuser, en tant que chef de l’unité du personnel, la note du 23 mars 2004, le requérant, souhaitant
         introduire une demande de transfert d’une partie de ses émoluments avec application du CC, aurait pris contact avec la Banque
         populaire d’Alsace (ci-après la « banque ») à la fin du mois de mars 2004. Le 25 mars 2004, il aurait passé un accord oral
         avec un employé de la banque, s’agissant de l’ouverture d’un PEL et d’un CEL ; le 26 mars 2004, il a ouvert un compte-chèques
         auprès de la banque. 
      
      16      Le requérant a ensuite introduit, au titre de l’article 17, paragraphe 2, sous b), de l’annexe VII de l’ancien statut, une
         « [d]emande de transfert d’une partie des émoluments par les soins du CDR » auprès de M. Goetz, responsable du secteur « régime
         pécuniaire » de l’unité du personnel du CDR (ci-après le « responsable du secteur ‘régime pécuniaire’ ») ; dans le formulaire
         de demande, daté du 1er avril 2004 bien que le requérant soutient que la demande a été effectuée le 31 mars 2004, celui-ci indiquait comme motif
         l’ouverture d’un « [PEL] » et cochait la rubrique prévoyant que le montant serait transféré dans l’État membre « où [il avait]
         des obligations de paiement dont la preuve [était] établie » . Cependant, le requérant, toujours dans le même formulaire,
         n’a pas rempli les rubriques relatives respectivement au numéro de compte et au nom de la banque et n’a pas joint de documents
         justificatifs.
      
      17      Le responsable du secteur « régime pécuniaire » et M. Bescós Ferraz, directeur de l’administration du CDR (ci-après le « directeur
         de l’administration du CDR »), agissant en qualité d’ordonnateur, ont complété et signé, d’après le requérant en date du 31
         mars 2004, la partie du formulaire de demande de transfert réservée au secteur « régime pécuniaire ». Le même jour, ils ont
         transmis à M. Di Rocco, « liquidateur » du CDR, une note, pour exécution avec effet au 1er avril 2004, concernant le transfert d’une partie des émoluments du requérant, note indiquant le numéro de son compte-chèques
         à la banque et les coordonnées de cette dernière, en précisant les termes suivants : « à la demande de l’intéressé du 31 mars
         2004 ».
      
      18      En dates respectivement des 6 et 7 avril 2004, le requérant a signé les contrats d’ouverture d’un CEL et d’un PEL auprès de
         la banque. Des transferts mensuels d’une partie de ses émoluments ont alors commencé à être effectués vers son compte-chèques
         auprès de la banque, ces transferts étant destinés à alimenter son CEL et son PEL. Le montant mensuel transféré était de 2 183,42
         euros jusqu’en décembre 2004 et de 1 746, 74 euros à compter de janvier 2005, montants affectés d’un CC de 1,191 en avril
         2004, 1,063 de mai à décembre 2004 et 1,069 à compter de janvier 2005. Ainsi, par les transferts que le CDR effectuait, le
         compte-chèques du requérant auprès de la banque a été crédité, de 2 600,45 euros en avril 2004, de 2 320,88 euros mensuellement
         pour la période allant de mai à décembre 2004 et de 1 867,27 euros mensuellement à compter de janvier 2005 ; il est constant
         qu’un montant de 100 euros était transféré mensuellement du compte-chèques sur le PEL du requérant et que le reste des sommes
         transférées devait alimenter le CEL. 
      
      19      Ainsi que cela ressort d’un relevé bancaire annexé à la requête et concernant le CEL du requérant, le solde de ce compte était,
         en date du 30 novembre 2004, de 15 000 euros. Le plafond du CEL, fixé à 15 300 euros en application de l’article R*315-4 du
         CCH, allant être atteint avec le transfert du mois de décembre 2004, le requérant a ouvert, le 3 décembre 2004, un compte
         sur livret (ci-après le « CSL ») auprès de la banque, compte sur lequel il a transféré une somme de 14 700 euros provenant
         de son CEL. Cette opération de déplafonnement a ainsi permis la continuation des versements du compte-chèques vers le CEL.
         
      
      20      À la suite de la diffusion de la note du 23 décembre 2004, le requérant a confirmé, par courriel du même jour adressé à Mme Buceta, avec copie au responsable du secteur « régime pécuniaire » (conformément à la note du 23 décembre 2004), qu’il souhaitait
         poursuivre le transfert d’une partie de ses émoluments et lui a communiqué les pièces justificatives des transferts opérés
         en 2004, à savoir cinq documents de la banque, le premier indiquant le solde de ses compte-chèques, CSL, CEL et PEL au 3 janvier
         2005 et les mouvements du compte-chèques du 3 au 15 décembre 2004, le deuxième ceux du PEL du mois de mai au mois de décembre
         2004, le troisième les mouvements du CSL à la date du 3 décembre 2004 et le solde de ce compte au 31 décembre 2004, le quatrième
         les mouvements du CEL à la date du 3 décembre 2004, le cinquième document étant la convention d’ouverture de son CSL.
      
      21      Par lettre du 30 mai 2005, le directeur de l’administration du CDR a indiqué au requérant que les transferts qu’il faisait
         à l’étranger étaient « dans certains cas effectués sur [la] base de contrats prévoyant une simple faculté [de paiement] et
         non [une] obligation de [paiement] » et l’a ainsi informé que, à partir du mois de juin 2005, les « versements [effectués
         sur la base] d’un contrat ne faisant pas apparaître clairement une obligation de versement ne [seraient] donc plus considérés
         comme des contrats remplissant les conditions de l’article 2 [deuxième alinéa] de [l’ancienne] réglementation commune[ ; i]ls
         ne [pourraient] donc justifier la continuation des transferts à l’étranger ». 
      
      22      Ce même 30 mai 2005, le requérant a adressé au responsable du secteur « régime pécuniaire » un courriel par lequel il demandait
         l’arrêt de tout transfert le concernant à partir du mois de juin 2005. 
      
      23      Par lettre du 13 janvier 2006, le directeur de l’administration du CDR, se référant à l’article 17, paragraphe 2, sous a),
         de l’annexe VII de l’ancien statut, a demandé au requérant de lui indiquer les raisons justifiant le transfert de 16 % de
         sa rémunération en France – effectué du mois d’avril 2004 jusqu’au moment où celui-ci avait décidé d’interrompre ledit transfert
         – dans la mesure où le requérant ne possédait pas la nationalité française. 
      
      24      En réponse, par lettre datée de ce même 13 janvier 2006, le requérant a indiqué que le transfert d’une partie de ses émoluments
         d’avril 2004 à mai 2005 avait pour fondement l’article 17, paragraphe 2, sous b), – et non sous a), – de l’annexe VII de l’ancien
         statut et que l’arrêt de ces transferts sur son CEL résultait de la décision du CDR du 30 mai 2005, le requérant faisant observer
         qu’il avait volontairement demandé l’arrêt des transferts vers son PEL.
      
      25      Par courrier du 1er juin 2006, le directeur de l’administration du CDR a indiqué au requérant qu’il n’avait fourni aucune information quant au
         transfert d’une partie de ses émoluments, transfert effectué au titre de l’article 17, paragraphe 2, sous a), de l’annexe
         VII de l’ancien statut et correspondant à la demande faite le 1er avril 2004 ; ce transfert ne nécessiterait aucune justification pour autant qu’il soit effectué dans le pays dont le bénéficiaire
         est ressortissant ou dans lequel se situe son domicile propre ou la résidence d’un membre de sa famille à sa charge, ce qui,
         cependant, ne serait pas le cas du requérant. Dans ce courrier, le directeur de l’administration du CDR a ajouté que, suite
         à l’opération de déplafonnement, les justificatifs bancaires du requérant étaient incomplets et insuffisants et que, vu ses
         fonctions antérieures de chef de l’unité du personnel et en application de l’article 85 du statut, le CDR procèderait, en
         l’absence de toute explication satisfaisante ou autre pièce justificative, à la répétition de l’indu des sommes versées au
         titre du CC sur les montants indûment transférés. 
      
      26      En réponse, par courrier du 19 juillet 2006, le requérant a fait observer que les transferts d’une partie de ses émoluments
         avaient été effectués conformément à l’article 17, paragraphe 2, sous b), de l’annexe VII de l’ancien statut et qu’il avait
         procédé à l’opération de déplafonnement afin de se conformer à la législation française ; le requérant a également fait état
         de contradictions dans la position du CDR quant aux transferts effectués sur le CEL.
      
      27      Par note du 26 juillet 2006, le directeur de l’administration du CDR, se référant à sa lettre du 1er juin 2006 et à la réponse du requérant du 19 juillet 2006, a indiqué à celui-ci, d’une part, qu’une analyse approfondie de
         son dossier confirmait l’absence d’obligation de versement d’une partie de ses émoluments au titre de l’article 17, paragraphe
         2, sous b), de l’annexe VII de l’ancien statut, d’autre part, que « l’obligation légale qui justif[iait] les [transferts en
         application de l’article susmentionné], c’est-à-dire le PEL et le CEL, ne [contenaient] pas la totalité des sommes transférées,
         dont la plus grande partie se [serait trouvée] sur un [CSL] ou sur un compte-chèque[s] » et qu’[il « en découl[ait] qu’une
         partie considérable de [ses] transferts n’[avait] pas de base légale » ; le directeur de l’administration du CDR en concluait
         qu’il y avait lieu de procéder à la répétition de l’indu, mais constatait ne pas disposer de certains justificatifs et invitait
         le requérant à soumettre pour le 10 août 2006 certains relevés bancaires et autres informations, ce afin de calculer de manière
         exacte les sommes à recouvrer (ci-après la « note du 26 juillet 2006 »).
      
      28      Par courrier du 6 septembre 2006 adressé au directeur de l’administration du CDR, le requérant a affirmé avoir transmis toutes
         les explications concernant les transferts effectués en faveur du CEL et l’opération de déplafonnement.
      
      29      Par courrier du 21 novembre 2006 adressé au requérant, le directeur de l’administration du CDR a décidé qu’une « partie des
         versements » des émoluments de celui-ci avait été réalisée sans base légale et que les montants versés au titre du CC entre
         avril 2004 et mai 2005, s’élevant à 2 120,16 euros, allaient être répétés en application de l’article 85 du statut (ci-après
         la « décision du 21 novembre 2006 »). 
      
      30      Le 22 février 2007, le requérant a introduit une réclamation contre la décision du 21 novembre 2006. Dans cette réclamation,
         le requérant défendait la régularité de ses transferts et invoquait l’irrégularité de la récupération des sommes correspondant
         aux CC appliqués à ces transferts, cette irrégularité étant, selon lui, manifeste en ce qui concerne les transferts effectués
         au profit du PEL. 
      
      31      Par décision du 21 juin 2007, le CDR a rejeté l’essentiel de la réclamation du requérant au motif que les conditions de l’article
         85 du statut, tenant à l’irrégularité des transferts effectués au profit du CEL et au caractère évident pour le requérant
         de cette irrégularité, étaient remplies dans le cas d’espèce ; cependant, considérant que le montant déjà récupéré de 2 120,16
         euros englobait « à tort les [CC] appliqués tant sur le PEL que sur le CEL et qu’il [devait] de fait être corrigé en conséquence »,
         le CDR a accueilli partiellement la réclamation introduite par le requérant et a décidé que le montant total qui aurait dû
         être récupéré s’élevait finalement à 2 038,61 euros et que, dès lors, un montant de 81,55 euros, correspondant au CC applicable
         au titre des transferts opérés vers le PEL, devait être reversé au requérant (ci-après la « décision du 21 juin 2007 »).
      
       Conclusions des parties et procédure 
      32      Le requérant conclut à ce qu’il plaise au Tribunal : 
      
      –        annuler la décision du CDR du 21 novembre 2006 visant à récupérer les montants qui lui ont été versés au titre du CC sur la
         partie de ses émoluments transférée en France d’avril 2004 à mai 2005, pour un montant de 2 120,16 euros ;
      
      –        annuler, pour autant que de besoin, la décision du 21 juin 2007 de rejet de sa réclamation, dans la mesure où cette décision
         confirme la récupération pour un montant de 2 038,61 euros ; 
      
      –        condamner le CDR à lui rembourser la somme de 2 038,61 euros retenue sur sa rémunération, majorée d’intérêts de retard au
         taux de 8 % l’an à dater du 1er décembre 2006, date de la récupération et jusqu’à complet payement ;
      
      –        condamner le CDR au paiement d’un montant de 1 000 euros en compensation du préjudice moral subi ;
      –        condamner le CDR aux dépens.
      33      Le CDR conclut à ce qu’il plaise au Tribunal : 
      
      –        rejeter le présent recours ;
      –        statuer sur les dépens comme de droit.
      34      Au cours de l’audience du 14 octobre 2008, le président a décidé de suspendre l’audience et d’inviter les parties à participer
         à une réunion informelle afin d’entamer une tentative de règlement amiable ; les parties n’ayant pas trouvé d’accord lors
         de la réunion informelle, l’audience a été reprise. Toujours lors de cette audience, et conformément à l’article 55 du règlement
         de procédure, le Tribunal a décidé de mesures d’organisation de la procédure, qui ont été portées à la connaissance des parties
         à l’issue de l’audience, puis par courrier du 15 octobre 2008 ; les parties ont déféré à ces mesures dans le délai imparti.
         
      
       Sur l’objet du litige
      35      Il y a lieu de constater que, outre l’annulation de la décision du 21 novembre 2006 visant à récupérer les montants versés
         au titre du CC sur la partie de ses émoluments transférée en France d’avril 2004 à mai 2005, pour un montant de 2 120,16 euros,
         le requérant demande également l’annulation, pour autant que de besoin, de la décision du 21 juin 2007, dans la mesure où
         cette décision, déduisant du montant à récupérer une somme de 81,55 euros, confirme la récupération pour un montant de 2 038,61
         euros. À cet égard, il convient de rappeler que, selon la jurisprudence, les conclusions en annulation formellement dirigées
         contre le rejet d’une réclamation ont pour effet de saisir le Tribunal de l’acte contre lequel la réclamation a été présentée
         et sont, comme telles, dépourvues de contenu autonome (arrêt de la Cour du 17 janvier 1989, Vainker/Parlement, 293/87, Rec.
         p. 23, point 8 ; arrêts du Tribunal de première instance du 10 décembre 1992, Williams/Cour des comptes, T‑33/91, Rec. p. II‑2499,
         point 23 ; du 10 juin 2004, Liakoura/Conseil, T‑330/03, RecFP p. I‑A‑191 et II‑859, point 13, et du 6 avril 2006, Camós Grau/Commission,
         T‑309/03, Rec. p. II‑1173, point 43).
      
      36      Dès lors, la décision contre laquelle les conclusions en annulation sont dirigées (ci-après la « décision attaquée ») est
         la seule décision du 21 novembre 2006, telle que modifiée par la décision du 21 juin 2007.
      
       Sur la recevabilité
       Arguments des parties
      37      À titre liminaire, le CDR excipe de l’irrecevabilité du recours en ce que l’acte faisant grief serait la note du 26 juillet
         2006, avec comme conséquence la tardiveté de la réclamation introduite par le requérant et donc l’irrégularité de la procédure
         précontentieuse. 
      
      38      En réponse, le requérant fait valoir en substance que la note du 26 juillet 2006 n’arrêtait pas le montant de la somme à récupérer
         et comportait une ambiguïté fondamentale sur la question de savoir si la répétition de l’indu était justifiée par l’absence
         d’obligation de paiement caractérisant le CEL, à savoir si « seuls les transferts opérés sur le PEL étaient réguliers et devaient
         être recouvrés les montants correspondant à tous les transferts opérés sur le CEL », ou par l’absence d’obligation de transfert
         après l’opération de déplafonnement, à savoir si « les transferts opérés tant sur le CEL que sur le PEL avant le 3 décembre
         2004 étaient réguliers et ne devaient être récupérés que les montants correspondant aux transferts opérés sur le CEL après
         cette date ». Dès lors, la note du 26 juillet 2006 du CDR ne constituerait qu’un acte préparatoire de l’acte faisant grief.
      
       Appréciation du Tribunal
      39      Il convient de rappeler d’emblée la jurisprudence selon laquelle un acte faisant grief est celui qui produit des effets juridiques
         obligatoires de nature à affecter directement et immédiatement les intérêts du requérant, en modifiant de façon caractérisée
         la situation juridique de celui-ci (voir arrêt du Tribunal du 28 juin 2006, Grünheid/Commission, F‑101/05, RecFP p. I‑A‑1‑55
         et II‑A‑1‑199, point 33 et la jurisprudence citée), un tel acte devant émaner de l’autorité compétente et renfermer une prise
         de position définitive de l’administration (voir arrêts du Tribunal de première instance du 30 juin 1993, Devillez e.a./Parlement,
         T‑46/90, Rec. p. II‑699, points 13 et 14, ainsi que du 21 juillet 1998, Mellett/Cour de justice, T‑66/96 et T‑221/97, RecFP
         p. I‑A‑449 et II‑1305, points 83 et 84).
      
      40      Force est de constater que la note du 26 juillet 2006 ne correspond pas à cette définition. 
      
      41      En premier lieu, si la note du 26 juillet 2006 annonce au requérant l’intention ou, même, la décision du CDR de procéder à
         la répétition de l’indu, il n’en reste pas moins qu’elle ne constitue pas pour autant une décision ordonnant la répétition
         de l’indu. En effet, il ressort de la note du 26 juillet 2006 que le CDR, bien que considérant qu’il y avait lieu de procéder
         à la répétition de l’indu, constatait qu’il ne disposait pas de certains justificatifs et invitait le requérant à soumettre,
         pour le 10 août 2006, certains relevés bancaires et autres informations, ce afin de calculer de manière exacte les sommes
         à recouvrer. Ainsi, et dès lors que la note du 26 juillet 2006 n’ordonnait pas la répétition de l’indu, rien n’excluait que,
         à la lumière des relevés et informations transmis par le requérant, le CDR renonce à la répétition. 
      
      42      En second lieu, la note du 26 juillet 2006 n’indique ni le montant de la répétition, lequel devait être déterminé sur la base
         des relevés bancaires et autres informations à soumettre par le requérant, ni les modalités de la récupération des sommes
         indûment versées. Or, en raison de la technicité et de la complexité des règles applicables aux transferts d’une partie des
         émoluments, et en particulier des règles relatives au calcul des majorations auxquelles donne lieu l’application des CC, il
         n’était pas possible pour le requérant de déterminer avec une précision suffisante le montant de la répétition à venir ; par
         ailleurs, il ignorait totalement les modalités de récupération qui lui seraient imposées. Dans ces conditions, non seulement
         la note du 26 juillet 2006 ne peut être considérée comme affectant directement et immédiatement les intérêts du requérant,
         en modifiant de façon caractérisée la situation juridique de celui-ci, ni comme une prise de position définitive de l’administration
         du CDR, mais, de surcroît, une telle note ne permettait nullement au requérant d’apprécier l’opportunité d’une contestation
         de celle-ci, par l’introduction d’une réclamation, au titre de l’article 90, paragraphe 2, du statut. 
      
      43      En rapport avec les considérations exposées au point précédent, le Tribunal relève également que la note du 26 juillet 2006
         semble reconnaître que les versements opérés tant sur le PEL que sur le CEL correspondaient à une obligation légale et que
         seuls les versements effectués sur le CEL après l’opération de « déplafonnement » étaient irréguliers ; ce, tandis que le
         calcul du montant à récupérer, calcul effectué ensuite par le CDR et dont le résultat apparaît dans la décision du 21 novembre
         2006, part de la prémisse que tous les versements effectués sur le CEL, mais aussi tous ceux effectués sur le PEL, étaient
         irréguliers (même si cette dernière décision déclare qu’est entachée d’irrégularité seulement « une partie » des transferts
         du requérant, expression due à une erreur, ainsi que le CDR l’a reconnu de l’audience). En outre, dans la décision du 21 juin
         2007 accueillant partiellement la réclamation, le CDR revient de nouveau sur sa position précédente, en ce qu’il considère
         qu’il n’y avait pas lieu de récupérer le montant résultant de l’application du CC aux transferts destinés au PEL. Devant de
         telles incohérences dans la position du CDR, il ne pourrait raisonnablement être fait grief au requérant de ne pas avoir attaqué
         la note du 26 juillet 2006, laquelle reflète une position du CDR non seulement imprécise mais qui, comme cela vient d’être
         exposé, a été modifiée par la suite à deux reprises, d’abord dans la décision du 21 novembre 2006, puis dans la décision du
         21 juin 2007.
      
      44      Il s’ensuit que l’exception d’irrecevabilité doit être rejetée. 
      
       Sur les conclusions en annulation
       Arguments des parties
      45      À l’appui de ses conclusions en annulation, le requérant invoque deux moyens.
      
      46      Le premier moyen est tiré de la violation de l’article 85, premier alinéa, du statut, ainsi que de l’article 17, paragraphe
         2, sous b), de l’annexe VII de l’ancien statut et de l’article 2, deuxième alinéa, dernier tiret, de l’ancienne règlementation
         commune, dans la mesure où la décision attaquée a conclu à l’irrégularité des transferts. Le second moyen, également tiré
         de la violation de l’article 85, premier alinéa, du statut, repose sur le prétendu caractère évident de l’irrégularité des
         transferts.
      
       Sur le premier moyen, tiré de la prétendue irrégularité des transferts
      47      Ce moyen comporte deux branches.
      
      48      Dans la première branche du moyen, le requérant fait grief au CDR d’avoir considéré, dans la décision attaquée, que les transferts
         d’une partie de ses émoluments opérés au titre du CEL ne correspondaient pas à une obligation de paiement, de telle sorte
         qu’ils n’étaient pas « dus », au sens de l’article 2, deuxième alinéa, de l’ancienne réglementation commune, ni destinés à
         couvrir des dépenses résultant de « charges régulières et prouvées » que l’intéressé aurait eu à assurer en dehors du pays
         du siège de son institution ou du pays où il exerce ses fonctions, selon les termes de l’article 17, paragraphe 2, sous b),
         de l’annexe VII de l’ancien statut ; ce, alors que l’ancienne réglementation commune, telle qu’interprétée par la conclusion
         des chefs d’administration, et une décision du 4 juillet 2005 du secrétaire général du CDR ressortant d’une note de celui-ci
         du 11 juillet 2005, annexée à la requête (ci-après la « note du 11 juillet 2005 »), et dont le requérant était parmi les destinataires,
         n’exigerait pas que les transferts correspondent à des versements obligatoires, mais seulement qu’ils relèvent d’un régime
         d’épargne permettant au fonctionnaire qui verse les sommes transférées à un compte bancaire spécial d’obtenir à la fin d’une
         période contractuelle d’épargne un prêt immobilier, étant entendu que relève d’un tel régime un contrat d’épargne-logement
         reconnu en tant que tel par la législation nationale le régissant. Or, en l’espèce, les transferts auraient été effectués
         vers un contrat d’épargne-logement reconnu en tant que tel par la législation française, à savoir un CEL. 
      
      49      S’agissant de la première branche de ce moyen, le CDR estime que le requérant méconnaît clairement le contenu des dispositions
         de l’article 17, paragraphe 2, sous b), de l’annexe VII de l’ancien statut, ainsi que de l’article 2, deuxième alinéa, de
         l’ancienne réglementation commune, qui, tant par leur libellé que par leur finalité, plaident dans le sens de l’exigence d’une
         obligation de paiement, obligation qui n’existerait pas concernant les versements effectués sur le CEL. Le CDR ajoute que
         la conclusion des chefs d’administration ne saurait déroger ni à l’article 2, deuxième alinéa, de l’ancienne réglementation
         commune, ni à l’article 17, paragraphe 2, sous b), de l’annexe VII de l’ancien statut, ce en vertu de la hiérarchie des normes.
         Concernant la note du 11 juillet 2005, outre le fait qu’elle est postérieure à la période litigieuse, le CDR indique qu’elle
         n’est que le résultat d’une réflexion interne et n’était d’ailleurs pas destinée à être communiquée. Enfin, le CDR fait observer
         que le requérant n’a introduit aucune réclamation à l’encontre de la décision du 30 mai 2005 par laquelle les transferts d’une
         partie de ses émoluments avaient été interrompus.
      
      50      En ce qui concerne la seconde branche du premier moyen, le requérant fait grief au CDR d’avoir considéré, dans la décision
         attaquée, que les transferts d’une partie de ses émoluments effectués après l’opération de « déplafonnement », intervenue
         le 3 décembre 2004, n’avaient pas ou plus été opérés au titre d’un contrat d’épargne-logement au sens de l’article 2, deuxième
         alinéa, de l’ancienne réglementation commune, alors que, d’une part, cette opération de « déplafonnement » du CEL vers le
         CSL correspondrait à une pratique bancaire constante conforme à la réglementation française du CEL, réglementation à laquelle
         renverrait la conclusion des chefs d’administration et que, d’autre part, cette pratique « permet[trait] à l’intéressé de
         se constituer [une] épargne supplémentaire […] nécessaire pour financer la majeure partie de son opération immobilière ».
      
      51      Sur la seconde branche du premier moyen, relative à la régularité des transferts du CEL vers le CSL, à savoir de l’opération
         de « déplafonnement », le CDR fait valoir que, même si une telle opération n’est pas expressément prohibée par la réglementation
         française, elle est, d’une part, dénuée de tout intérêt au regard de cette réglementation et n’est, d’autre part, pas couverte
         par la réglementation communautaire.
      
       Sur le second moyen, tiré du prétendu caractère évident de l’irrégularité des transferts
      52      Le second moyen est tiré de la violation de l’article 85, premier alinéa, du statut en ce que le CDR a considéré que l’irrégularité
         des transferts du requérant était si évidente qu’il ne pouvait, compte tenu de ses qualifications et de son expérience professionnelles,
         manquer d’en avoir connaissance. Le requérant estime que, au regard de la conclusion des chefs d’administration, qui reflétait
         la pratique interinstitutionnelle en définissant la notion de contrat d’épargne-logement sans la moindre référence à la notion
         d’obligation de paiement et qui disposait que tout régime d’épargne reconnu comme tel par la législation applicable était
         acceptable au regard de cette définition, et de la note du 11 juillet 2005, il ne pouvait évidemment pas, quelles qu’aient
         pu être ses qualifications et son expérience professionnelles, imaginer que les transferts opérés vers son CEL étaient irréguliers,
         au motif qu’ils ne correspondaient pas à des paiements obligatoires. De plus, le requérant allègue que l’opération de « déplafonnement »
         de son CEL par le virement du solde de ce dernier sur un CSL était conforme à une pratique bancaire constante, correspondant
         elle-même apparemment au régime légal et réglementaire français de l’épargne-logement. 
      
      53      En réponse, le CDR soutient que, conformément à une jurisprudence constante, au regard de sa formation, de son niveau de connaissances
         et des responsabilités et tâches qui lui étaient attribuées, à savoir chef de l’unité du personnel et, à ce titre, ordonnateur,
         il ne fait aucun doute que le requérant savait « dès le départ » ou ne pouvait manquer de savoir que les versements effectués
         de son compte-chèques vers son CEL étaient irréguliers ; ceci serait corroboré par le caractère manifestement irrégulier de
         la « dénaturation » du CEL à compter de l’opération de déplafonnement, l’irrégularité des versements effectués après cette
         opération étant connue du requérant ou ne pouvant lui échapper.
      
       Appréciation du Tribunal
      54      Il convient de rappeler d’emblée que, à compter du 1er mai 2004, l’article 17, paragraphe 2, de l’annexe VII du statut ne couvre plus les transferts du type de ceux visés dans
         la présente affaire et que ce n’est qu’à titre transitoire, et pour une période expirant le 31 décembre 2008 (et avec un plafond
         qui décroît chaque année), que l’article 17 de l’annexe XIII du statut autorise la poursuite des transferts couverts par l’article
         17, paragraphe 2, de l’annexe VII de l’ancien statut, ce sous forme d’un montant supplémentaire et à la condition notamment
         que ce montant ait été « transféré régulièrement » avant le 1er mai 2004. Selon les parties, qui sont en accord sur ce point, pour que cette condition soit remplie, il suffit qu’un seul
         transfert ait été effectué avant le 1er mai 2004. 
      
      55      Il ressort, par ailleurs, de l’article 85 du statut que la répétition de l’indu est soumise à deux conditions cumulatives,
         dont la première consiste dans l’irrégularité du versement que l’administration cherche à récupérer et, la seconde, dans la
         connaissance de cette irrégularité par le fonctionnaire ou dans la constatation que l’irrégularité en question était si évidente
         que le fonctionnaire ne pouvait manquer d’en avoir connaissance.
      
      56      En l’espèce, le CDR fait valoir, d’une part, que l’application d’un CC aux transferts d’une partie des émoluments du requérant
         en France, transferts effectués entre avril 2004 et mai 2005 et destinés à alimenter son CEL auprès de la banque, a donné
         lieu, dans la mesure où ces derniers auraient eu pour base légale les dispositions de l’article 17, paragraphe 2, sous b),
         de l’annexe VII de l’ancien statut, combinées avec celles de l’article 2, deuxième alinéa, de l’ancienne réglementation commune,
         à des versements irréguliers au sens de l’article 85 du statut, d’autre part, que l’irrégularité était si évidente que le
         requérant la connaissait « dès le départ » ou ne pouvait manquer d’en avoir connaissance. Le requérant, quant à lui, nie l’irrégularité
         des opérations de transfert et, en particulier, l’irrégularité du versement que représente le montant résultant de l’application
         du CC ; il ajoute que, à supposer même qu’il existe une telle irrégularité, celle-ci ne pourrait être considérée comme si
         évidente qu’il ne pouvait manquer d’en avoir connaissance. 
      
      57      En ce qui concerne la question de la régularité des transferts effectués vers le CEL du requérant, il y a lieu de constater
         que, comme il ressort d’ailleurs de l’argumentation des parties, elle se pose en deux branches distinctes. La première a trait
         à la régularité, de manière générale, de tout versement effectué sur le CEL, tandis que la deuxième porte, en particulier,
         sur les versements effectués sur le CEL après que le requérant a transféré vers le CSL la quasi-totalité des montants se trouvant
         sur le CEL (dont le plafond de 15 300 euros allait être atteint), de sorte que puissent reprendre les versements du CDR destinés
         au CEL.
      
      58      S’agissant de la première branche de la question relative à la régularité des transferts vers le CEL, le CDR tire notamment
         argument de la référence de l’article 17, paragraphe 2, de l’annexe VII de l’ancien statut aux « charges régulières et prouvées
         que l’intéressé aurait à assumer » pour conclure à l’irrégularité des versements alimentant le CEL ; en effet, les versements
         sur le CEL ne résultant, selon le CDR, d’aucune obligation de paiement, ils ne relèveraient donc pas de la notion susmentionnée
         de « charges » et, partant, du champ d’application matériel de l’article 17 susmentionné. Pour soutenir sa position, le requérant
         prend, en revanche, appui sur l’article 2 de l’ancienne réglementation commune, laquelle, parmi les exemples qu’elle donne
         de dépenses justifiant les transferts au titre de l’article 17, paragraphe 2, de l’annexe VII de l’ancien statut, cite expressément
         celles résultant de versements opérés au titre de « contrats d’épargne-logement » ; il se réfère aussi à l’interprétation
         de cette réglementation, telle qu’elle apparaît dans la conclusion des chefs d’administration et telle qu’elle prévaudrait
         également au sein du CDR.
      
      59      Toutefois, le Tribunal considère être à même de résoudre le litige dont il est saisi sans se prononcer sur la première branche
         de la question relative à la régularité des transferts vers le CEL. 
      
      60      En effet, à supposer même que l’interprétation soutenue par le CDR soit correcte, de sorte que les versements sur le CEL ne
         relèveraient pas du champ d’application matériel de l’article 17, paragraphe 2, de l’annexe VII de l’ancien statut et que
         les montants reçus par le requérant au titre du CC pour les transferts effectués vers le CEL constitueraient des versements
         irréguliers au sens de l’article 85 du statut, force est de constater que, contrairement à ce que le CDR fait valoir, cette
         irrégularité est loin de présenter le caractère évident qui permettrait au Tribunal de conclure que le requérant la connaissait
         ou ne pouvait manquer d’en avoir connaissance.
      
      61      D’une part, en ce qui concerne le libellé des textes applicables, il y a lieu de relever qu’il ne permet pas de donner une
         réponse claire et non équivoque à la question de l’applicabilité de l’article 17, paragraphe 2, de l’annexe VII de l’ancien
         statut aux transferts vers le CEL. 
      
      62      Si la référence de cet article aux « charges régulières et prouvées que l’intéressé aurait à assumer » semble plaider plutôt
         en faveur de l’interprétation soutenue par le CDR, en revanche, la mention dans l’ancienne réglementation commune des « contrats
         d’épargne-logement », en tant qu’exemple de contrats engendrant des dépenses susceptibles de justifier des transferts au titre
         de l’article 17 susmentionné, pourrait, en dépit de la référence de cette disposition aux « primes dues » au titre de tels
         contrats, rejoindre l’interprétation défendue par le requérant. 
      
      63      Ainsi, sur la seule base des textes applicables, il ne peut raisonnablement être soutenu que l’une ou l’autre des deux interprétations,
         auxquelles ces textes se prêtent, est si manifestement infondée que l’article 85 du statut pourrait trouver application dans
         la présente affaire. 
      
      64      D’autre part, l’interprétation que ces textes ont reçue de la part des personnes responsables de leur application apparaît
         aller davantage dans le sens de la thèse du requérant que de celle du CDR. 
      
      65      À cet égard, il convient de rappeler la conclusion des chefs d’administration, dans laquelle il est expressément énoncé qu’« [e]st
         considéré comme ‘contrat d’épargne-logement’, tout régime d’épargne particulier qui permet au fonctionnaire qui verse à un
         compte bancaire spécial d’obtenir à l’issue d’une période contractuelle d’épargne, un prêt destiné aux opérations immobilières
         visées aux deux derniers tirets de l’article 2 de [l’ancienne] réglementation [commune ; u]n contrat d’épargne-logement reconnu
         en tant que tel par la législation nationale le régissant est acceptable aux termes de la présente définition ». 
      
      66      De plus, et surtout, le Tribunal relève que, à supposer même que le CDR n’avait pas une position arrêtée quant à l’interprétation
         à retenir des textes applicables en matière de transfert d’une partie des émoluments vers un CEL, le comportement des services
         compétents de cette institution a pu raisonnablement laisser croire au requérant que leur position penchait en faveur de l’applicabilité
         de l’article 17, paragraphe 2, de l’annexe VII de l’ancien statut aux versements effectués sur le CEL. Tout d’abord, il résulte
         de la demande du requérant du 23 décembre 2004, visant à pouvoir continuer les transferts pour l’année 2005, que les services
         compétents du CDR ont eu parfaitement connaissance du fait que la majeure partie des transferts du requérant avaient été opérés
         vers le CEL, ce sans que lesdits services n’expriment même un quelconque doute quant à l’applicabilité de l’article 17, paragraphe
         2, de l’annexe VII de l’ancien statut à ces transferts ; de surcroît, le secrétaire général du CDR a, dans sa note du 11 juillet
         2005, reconnu, aux fins de l’application de l’article 17, paragraphe 2, de l’annexe VII de l’ancien statut, tous les schémas
         d’épargne visant des transactions immobilières, « même s’ils ne comportent pas d’obligation juridique d’effectuer des paiements
         réguliers au sens strict du terme » ; en outre, dans la note du 26 juillet 2006, qui, selon le CDR, constitue le véritable
         acte faisant grief, il est expressément énoncé que les versements sur le CEL correspondent à une obligation légale (« [o]r,
         l’obligation légale qui justifie lesdits transferts, c’est-à-dire le PEL et le CEL, ne contiennent pas la totalité des sommes
         transférées, dont la plus grande partie se trouverait sur un [CSL] »), avec comme conséquence inéluctable que de tels versements
         semblent relever, dans ladite décision, de l’article 17, paragraphe 2, de l’annexe VII de l’ancien statut. 
      
      67      Dans ces conditions, lorsque le CDR conclut à l’irrégularité des versements sur le CEL, le Tribunal ne saurait retenir la
         position de celui-ci suivant laquelle cette irrégularité était si évidente que le requérant la connaissait dès le départ ou
         ne pouvait manquer d’en avoir connaissance. 
      
      68      Les constatations auxquelles le Tribunal aboutit aux points 61 à 67 du présent arrêt ne peuvent nullement être tenues en échec
         par la circonstance, mise en avant par le CDR, que le requérant était un juriste expérimenté dans le droit de la fonction
         publique. En effet, il n’existe aucune raison objective permettant non seulement de supposer qu’un tel juriste, et en l’occurrence
         le requérant, pouvait avoir une position arrêtée en faveur de la thèse de l’irrégularité des versements sur le CEL, alors
         même que cela n’était pas le cas des services compétents au sein du CDR et que le secrétaire général du CDR avait, au contraire,
         une position en faveur de la régularité de tels versements, mais, au surplus, d’imaginer que le bien-fondé d’une telle position
         était du degré d’évidence requis pour l’application de l’article 85 du statut.
      
      69      Doivent aussi être écartés, comme inopérants, les arguments que le CDR tire des démarches que le requérant a entreprises en
         mars et avril 2004 afin de pouvoir bénéficier d’un premier transfert avant le 1er mai 2004 et, partant, du régime transitoire introduit par l’article 17 de l’annexe XIII du statut. En effet, à supposer même
         que le comportement du requérant lors de ces démarches n’ait pas été irréprochable, par exemple en ce que, dans sa demande
         datée du 1er avril 2004, il faisait état d’obligations de paiement dont la preuve aurait été établie, ainsi que d’un compte ouvert à son
         nom, en s’appuyant sur un accord oral avec un employé de la banque, et ce malgré le fait que la signature par lui de ses PEL
         et CEL n’est intervenue, respectivement, que les 6 et 7 avril 2004, il n’en reste pas moins que, de par sa nature, un tel
         comportement est étranger à la question de savoir si le requérant pouvait ou non manquer d’avoir connaissance du fait que
         les versements sur le CEL ne relevaient pas de l’article 17, paragraphe 2, de l’annexe VII de l’ancien statut ; le CDR ne
         saurait non plus déduire d’un tel comportement du requérant, l’existence d’une sorte de mauvaise foi générale, qui plaiderait
         en faveur de la thèse suivant laquelle le requérant ne pouvait que connaître l’irrégularité et devait ainsi faire l’objet
         d’une mesure d’application de l’article 85 du statut. Par ailleurs, si la demande du 1er avril 2004 du requérant, susmentionnée, ne comportait pas, en dépit de l’indication expresse du formulaire utilisé, les pièces
         justificatives requises (ou si elle a été introduite en dehors du délai expirant le 31 mars 2004, et quelle que soit la nature
         de ce délai), le Tribunal observe que les services compétents du CDR ont donné suite à une telle demande ; par conséquent,
         et au-delà des reproches visant le requérant, le CDR pourrait également s’élever contre ses propres services qui ont décidé
         de faire droit à une telle demande. Dans ce contexte, le Tribunal constate que, si le CDR fait des allusions à une collusion
         entre le requérant et d’autres fonctionnaires et agents de l’institution, notamment une personne subordonnée au requérant
         et mise en cause tant dans une enquête de l’OLAF que dans une procédure disciplinaire engagée au sein du CDR, il convient
         cependant de constater que la personne qui a signé, en qualité d’ordonnateur, la demande de transfert introduite par le requérant
         était le directeur de l’administration du CDR, lequel, comme l’institution l’a confirmé lors de l’audience, n’a nullement
         été visé par la procédure disciplinaire en cours. 
      
      70      En revanche, en ce qui concerne la seconde branche de la question relative à la régularité des transferts vers le CEL, à savoir
         celle relative à l’opération de « déplafonnement », force est de constater que, à supposer même que les versements sur le
         CEL relèvent du champ d’application matériel de l’article 17, paragraphe 2, de l’annexe VII de l’ancien statut, de tels versements
         ne peuvent être effectués qu’à hauteur du plafond du CEL, tel que fixé par la législation nationale. 
      
      71      Toute autre interprétation aurait comme conséquence d’ouvrir, au bénéfice des intéressés, un droit pratiquement illimité au
         transfert vers un CEL, au titre des dispositions de l’article 17, paragraphe 2, de l’annexe VII de l’ancien statut, combiné
         avec l’article 17 de l’annexe XIII du statut, alors même que la législation française prévoit un plafond d’épargne sur le
         CEL. Serait ainsi conférée aux intéressés la possibilité de profiter d’un avantage pécuniaire important et injustifié, ce
         par un moyen détourné, à savoir l’utilisation d’un compte avec un plafond limité, dont la finalité serait éventuellement conforme
         aux dispositions statutaires, mais qui, en réalité, ne servirait qu’à faire écran à un autre compte, lequel, en revanche,
         ne serait à l’évidence pas conforme auxdites dispositions et pourrait, au surplus, être alimenté de manière illimitée. En
         outre, lorsque le requérant, pour conclure à la régularité des transferts vers le CEL, tire argument de la conclusion des
         chefs d’administration, force est de constater que cette conclusion accepte comme relevant de l’article 17, paragraphe 2,
         de l’annexe VII de l’ancien statut les versements sur un contrat d’épargne-logement « reconnu en tant que tel par la législation
         nationale le régissant » ; or, si pour défendre la régularité éventuelle des versements effectués sur un CEL, au titre de
         l’article 17, paragraphe 2, de l’annexe VII de l’ancien statut, le requérant s’appuie sur la reconnaissance par la législation
         nationale d’un tel contrat d’épargne-logement, il devrait également admettre que, dans l’appréciation de la régularité de
         ces transferts au regard des dispositions statutaires, il doit être tenu compte de ladite législation, laquelle, concernant
         le CEL, a clairement fixé les conditions d’alimentation d’un tel compte, en limitant les possibilités de versements sur ce
         compte par l’existence d’un plafond à hauteur de 15 300 euros, les versements effectués au-delà d’une telle somme ne pouvant
         ainsi, en aucun cas, entrer dans le champ d’application matériel de l’article 17, paragraphe 2, de l’annexe VII du statut.
         
      
      72      Le requérant n’a présenté aucun argument de nature à mettre en doute cette constatation. En particulier, s’agissant de l’argument
         suivant lequel la législation française autorise le titulaire d’un CEL à effectuer des versements à partir de ce compte vers
         un autre compte, le Tribunal considère que la question qui se pose, concernant l’application des dispositions de l’article
         17, paragraphe 2, de l’annexe VII de l’ancien statut, n’est pas de savoir si la législation française autorise une telle opération
         de « déplafonnement », mais de vérifier qu’une telle opération, lorsqu’elle a lieu et permet ainsi de reprendre les versements
         sur un compte qui était plafonné, est conforme aux dispositions statutaires autorisant le transfert d’une partie des émoluments
         avec application du CC. Or, cette question ne peut recevoir qu’une réponse négative. 
      
      73      En outre, et en ce qui concerne la déclaration sur l’honneur de M. Torti, lequel, ainsi que cela ressort de ladite déclaration,
         exercerait la fonction de comptable au sein du CDR et serait ancien auditeur de la Cour des comptes des Communautés européennes,
         déclaration lue et déposée par le requérant lors de l’audience, force est de constater que, à la supposer même recevable,
         cette déclaration, par ailleurs non datée, ne fait en substance qu’exposer le point de vue de son rédacteur sur la régularité
         de l’opération de déplafonnement ; s’il est vrai que M. Torti déclare avoir été amené à vérifier des dossiers de transferts
         d’une partie des émoluments de fonctionnaires de la Commission, il ne parle par la suite que de sa position personnelle à
         l’égard de cette opération de « déplafonnement », sans déclarer directement et expressément que cette pratique avait été admise,
         par la Commission ou par une autre institution, comme étant conforme aux dispositions de l’article 17, paragraphe 2, de l’annexe
         VII de l’ancien statut. 
      
      74      Le Tribunal ayant répondu à la seconde branche de la question relative à la régularité des transferts vers le CEL en ce sens
         que les versements effectués après que le requérant a procédé à l’opération de « déplafonnement » de son CEL vers son CSL
         ne peuvent en aucun cas être considérés comme réguliers et relever ainsi du champ d’application matériel de l’article 17,
         paragraphe 2, de l’annexe VII de l’ancien statut, il convient dès lors d’aborder l’examen de la deuxième condition à laquelle
         est subordonnée la légalité de la répétition de l’indu, à savoir la condition suivant laquelle le requérant connaissait l’irrégularité
         ou ne pouvait manquer d’en avoir connaissance en raison de l’évidence de celle-ci. 
      
      75      Au regard des considérations exposées au point 71 du présent arrêt, et au vu de l’expérience du requérant dans le domaine
         du droit de la fonction publique communautaire, le Tribunal aboutit à la conclusion que l’irrégularité de l’opération de « déplafonnement »
         au regard des dispositions statutaires devait être pour lui si évidente qu’il ne pouvait manquer d’en avoir connaissance.
         Dans ce contexte, le Tribunal rappelle, concernant la mise en œuvre de l’article 85 du statut, la décision en vertu de laquelle
         il suffit que l’intéressé éprouve de simples doutes sur le bien-fondé des versements en question pour qu’il soit obligé de
         se manifester auprès de l’administration pour que cette dernière effectue les vérifications nécessaires (voir arrêt du Tribunal
         de première instance du 30 mai 2001, Barth/Commission, T‑348/00, RecFP p. I‑A‑119 et II‑557, point 34) ; en l’espèce, indépendamment
         même de sa qualité de juriste et de chef de l’unité du personnel du CDR, le requérant, comme toute personne de bon sens, ne
         pouvait raisonnablement croire qu’il était en droit d’affecter mensuellement, et aussi longtemps qu’il le souhaitait, ce malgré
         la législation française fixant le plafond des versements sur le CEL à hauteur de 15 300 euros, une partie substantielle de
         ses émoluments sur un tel compte, afin de bénéficier d’un CC avantageux – entraînant en conséquence une augmentation de fait
         de la rémunération qu’il percevait au sein du CDR – mais a dû éprouver bien plus que des doutes quant au bien-fondé de l’opération
         de « déplafonnement » au regard des dispositions statutaires applicables pour le transfert d’une partie de ses émoluments
         avec application du CC ; ce, sachant de surcroît qu’il ne serait jamais tenu d’apporter la preuve qu’il allait procéder à
         une acquisition immobilière que les transferts de l’article 17, paragraphe 2, de l’annexe VII de l’ancien statut étaient destinés
         à faciliter. 
      
      76      Il résulte de tout ce qui précède que la décision attaquée doit être annulée dans la mesure où elle ordonne la récupération
         des montants résultant de l’application du CC aux transferts effectués en faveur du CEL pour un montant de 15 300 euros, correspondant
         au plafond fixé par la législation française. En revanche, les conclusions en annulation doivent être rejetées en ce qu’elles
         tendent à l’annulation de ladite décision dans la mesure où elle ordonne la récupération des montants résultant de l’application
         du CC aux transferts effectués en faveur du CEL au-delà du montant de 15 300 euros. 
      
       Sur les conclusions en indemnité
       Arguments des parties
      77      Le requérant demande, par un « recours en indemnité et de pleine juridiction », réparation du préjudice matériel consistant
         dans la récupération de la somme de 2 038,61 euros, ainsi que réparation du préjudice moral, pour un montant évalué à 1 000
         euros, en raison de l’atteinte à sa tranquillité d’esprit et surtout à son honneur et à sa réputation professionnelle.
      
      78      Le CDR considère, à supposer même que cette demande puisse être qualifiée valablement de « recours en indemnité », que, dès
         lors que la décision attaquée est légale, aucun comportement illégal ne peut être reproché au CDR et que le recours en indemnité
         doit donc être rejeté. Partant, la conclusion tendant à la récupération de la somme de 2 038,61 euros reviendrait en définitive
         à demander une injonction au Tribunal, pour laquelle il ne serait pas compétent.
      
       Appréciation du Tribunal
      79      En ce qui concerne la réparation du préjudice matériel, le Tribunal constate que le montant demandé par le requérant, à savoir
         2 038,61 euros, correspond exactement à celui dont le CDR a déjà procédé à la récupération. Les conclusions en annulation
         de la décision attaquée ayant été partiellement rejetées, il y a lieu de rejeter également la demande indemnitaire dans la
         mesure où elle se rapporte aux montants pour lesquels les conclusions en annulation ont été rejetées. S’agissant, en revanche,
         des montants pour lesquels les conclusions en annulation ont été accueillies, le Tribunal, disposant de pouvoirs de pleine
         juridiction en matière pécuniaire, est compétent pour ordonner le remboursement de ces sommes au requérant. 
      
      80      Il y a lieu, dès lors, de condamner le CDR à rembourser au requérant le montant, déjà récupéré, correspondant à l’application
         du CC aux transferts effectués en faveur du CEL pour un montant de 15 300 euros, augmenté des intérêts moratoires à compter
         de la date de la récupération et jusqu’à la date du paiement effectif, au taux fixé par la Banque centrale européenne pour
         les principales opérations de refinancement et applicable durant la période concernée, majoré de deux points (voir arrêts
         du Tribunal de première instance du 18 septembre 2002, Puente Martín/Commission, T‑29/01, RecFP p. I‑A‑157 et II‑833, point
         88, et du 9 juillet 2003, Efthymiou/Commission, T‑22/01, RecFP p. I‑A‑177 et II‑891, point 45 ; arrêt du Tribunal du 16 janvier
         2007, Borbély/Commission, F‑126/05, RecFP p. I‑A‑1‑0000 et II‑A‑1‑89, point 73).
      
      81      S’agissant du prétendu préjudice moral, le Tribunal constate, d’une part, que son arrêt donne en partie raison au requérant,
         ce qui, selon la jurisprudence, est de nature à constituer une satisfaction suffisante pour le préjudice moral éventuellement
         subi, et d’autre part, que rien dans le dossier de l’affaire, et en particulier dans l’argumentation du requérant, ne permet
         de soutenir que ce dernier a subi un préjudice moral plus important que d’autres fonctionnaires lorsqu’ils font l’objet d’une
         répétition de l’indu. Il convient dès lors de rejeter la demande fondée sur un prétendu préjudice moral. 
      
       Sur les dépens
      82      En vertu de l’article 122 du règlement de procédure, les dispositions du chapitre huitième du titre deuxième dudit règlement
         relatives aux dépens et frais de justice ne s’appliquent qu’aux affaires introduites devant le Tribunal à compter de l’entrée
         en vigueur de ce règlement de procédure, à savoir le 1er novembre 2007. Les dispositions du règlement de procédure du Tribunal de première instance des Communautés européennes pertinentes
         en la matière continuent à s’appliquer mutatis mutandis aux affaires pendantes devant le Tribunal avant cette date. 
      
      83      Aux termes de l’article 87, paragraphe 2, du règlement de procédure du Tribunal de première instance, toute partie qui succombe
         est condamnée aux dépens, s’il est conclu en ce sens. Toutefois, en vertu de l’article 88 du même règlement, dans les litiges
         entre les Communautés et leurs agents, les frais exposés par les institutions restent à la charge de celles-ci. 
      
      84      En outre, selon l’article 87, paragraphe 3, du règlement de procédure du Tribunal de première instance, le Tribunal peut répartir
         les dépens ou décider que chaque partie supporte ses propres dépens si les parties succombent respectivement sur un ou plusieurs
         chefs, ou pour des motifs exceptionnels.
      
      85      En l’espèce, les conclusions en annulation du requérant ont été rejetées dans la mesure où elles visaient la répétition des
         montants résultant de l’application du CC aux transferts effectués en faveur du CEL au-delà du montant de 15 300 euros, tandis
         qu’elles ont été accueillies dans la mesure où elles visaient les transferts effectués en faveur du CEL pour ce montant de
         15 300 euros. 
      
      86      Il sera ainsi fait une juste appréciation de l’espèce en condamnant le CDR à supporter, outre ses propres dépens, la moitié
         des dépens du requérant.
      
      Par ces motifs,
      LE TRIBUNAL (première chambre)
      déclare et arrête :
      1)      La décision du Comité des régions de l’Union européenne du 21 novembre 2006, telle que modifiée par la décision du 21 juin
            2007, est annulée en ce qu’elle ordonne la récupération des montants résultant de l’application du coefficient correcteur
            aux transferts effectués par M. Tsirimiagos en faveur de son compte d’épargne-logement, d’avril 2004 à mai 2005, pour un montant
            de 15 300 euros. 
      2)      Le Comité des régions de l’Union européenne est condamné à rembourser à M. Tsirimiagos le montant, augmenté des intérêts moratoires,
            retenu sur sa rémunération, correspondant à l’application du coefficient correcteur aux transferts effectués en faveur de
            son compte d’épargne-logement, d’avril 2004 à mai 2005, pour un montant de 15 300 euros ; ces intérêts courent à compter de
            la date de la récupération et jusqu’à la date du paiement effectif, au taux fixé par la Banque centrale européenne pour les
            principales opérations de refinancement et applicable durant la période concernée, majoré de deux points. 
      3)      Le recours est rejeté pour le surplus.
      4)      Le Comité des régions de l’Union européenne est condamné à supporter, outre ses propres dépens, la moitié des dépens du requérant.
            
      5)      Le requérant supporte la moitié de ses propres dépens.
      
               Gervasoni
            
            
               Kreppel 
            
            
               Tagaras
            
         Ainsi prononcé en audience publique à Luxembourg, le 10 mars 2009.
      
               Le greffier 
            
             
            
                      Le président
            
         
               W. Hakenberg 
            
             
            
                      S. Gervasoni
            
         * Langue de procédure : le français.