CELEX: 62008FJ0099
Language: fr
Date: 2009-11-17 00:00:00
Title: Arrêt du Tribunal de la fonction publique (première chambre) du 17 novembre 2009. # Rita Di Prospero contre Commission des Communautés européennes. # Fonction publique - Concours général - Domaine de la lutte antifraude - Avis de concours EPSO/AD/116/08 et EPSO/AD/117/08 - Impossibilité pour les candidats de s’inscrire simultanément à plusieurs concours - Refus de la candidature de la requérante au concours EPSO/AD/117/08. # Affaire F-99/08.

ARRÊT DU TRIBUNAL DE LA FONCTION PUBLIQUE (première chambre)
      
      17 novembre 2009 
      
      Affaire F‑99/08
      
      Rita Di Prospero
      contre
      Commission des Communautés européennes 
      « Fonction publique – Concours général – Domaine de la lutte antifraude – Avis de concours EPSO/AD/116/08 et EPSO/AD/117/08 – Impossibilité pour les candidats de s’inscrire simultanément à plusieurs concours – Refus de la candidature de la requérante au concours EPSO/AD/117/08 »
      Objet : Recours, introduit au titre des articles 236 CE et 152 EA, par lequel Mme Di Prospero demande l’annulation de la décision de l’Office de sélection du personnel des Communautés européennes (EPSO)
         ne lui permettant pas de faire acte de candidature au concours EPSO/AD/117/08, décision résultant de la lecture combinée de
         l’avis de concours, publié au Journal officiel de l’Union européenne du 23 janvier 2008 (JO C 16 A, p. 1), prévoyant l’organisation des concours généraux EPSO/AD/116/08 pour le recrutement d’administrateurs
         (AD 8) dans le domaine de la lutte antifraude et EPSO/AD/117/08 pour le recrutement d’administrateurs principaux (AD 11) dans
         le même domaine, et des courriers électroniques de l’EPSO adressés à la requérante en date des 26 et 27 février 2008.
      
      Décision : La décision de l’EPSO de ne pas avoir permis à la requérante de faire acte de candidature au concours EPSO/AD/117/08 est annulée.
         La Commission supporte l’ensemble des dépens.
      
      
      Sommaire
      
      Fonctionnaires – Concours – Conditions d’admission
      (Statut des fonctionnaires, art. 27, alinéa 1)
      
      L’autorité investie du pouvoir de nomination dispose d’un large pouvoir d’appréciation pour déterminer les critères de capacité
         exigés par les emplois à pourvoir et pour spécifier, en fonction de ces critères et dans l’intérêt du service, les conditions
         et modalités d’organisation d’un concours. Toutefois, l’exercice du pouvoir d’appréciation dont disposent les institutions
         en matière d’organisation de concours, en particulier en ce qui concerne la fixation des conditions d’admission des candidatures,
         est délimité par l’exigence de compatibilité avec les dispositions impératives de l’article 27, premier alinéa, du statut.
         En effet, c’est de manière impérative que l’article 27, premier alinéa, définit le but de tout recrutement. Cette disposition
         ne cesse pas de s’imposer à l’autorité investie du pouvoir de nomination et tant les exigences liées aux emplois à pourvoir
         que l’intérêt du service ne peuvent être conçus que dans le plein respect de cette disposition. Cependant, si les clauses
         limitant l’inscription de candidats à un concours sont susceptibles de restreindre les possibilités de l’institution de recruter
         les meilleurs candidats au sens de l’article 27, premier alinéa, du statut, il n’en résulte pas pour autant que toute clause
         portant une telle limitation est contraire à l’article susmentionné. En effet, le pouvoir d’appréciation de l’administration
         dans l’organisation des concours, et plus généralement l’intérêt du service, offrent à l’institution le droit de poser les
         conditions qu’elle juge appropriées et qui, tout en limitant l’accès des candidats à un concours, et donc forcément le nombre
         des candidats inscrits, ne comportent cependant pas le risque de compromettre l’objectif d’assurer l’inscription des candidats
         qui présentent les plus hautes qualités de compétence, de rendement et d’intégrité au sens de l’article 27, premier alinéa,
         du statut.
      
      Si les conditions limitant l’accès des candidats à un concours comportent le risque de compromettre l’objectif d’assurer l’inscription
         des candidats qui présentent les plus hautes qualités, les conditions en question doivent être jugées contraires à l’article
         27, premier alinéa, du statut. Pour être légale, toute clause d’admission à un concours doit correspondre à une double condition,
         laquelle exige, en sa première branche, que la clause soit justifiée par des exigences liées aux emplois à pourvoir et, plus
         généralement, par l’intérêt du service et, en sa seconde branche, qu’elle respecte la finalité de l’article 27, premier alinéa,
         du statut. Si, le plus souvent, ces deux branches se chevauchent largement, elles correspondent cependant à des concepts distincts.
      
      (voir points 27 à 30, 32 et 35)
      Référence à :
      Tribunal de première instance : 8 novembre 1990, Bataille e.a./Parlement, T‑56/89, Rec. p. II‑597, point 48 ; 6 mars 1997,
         de Kerros et Kohn-Bergé/Commission, T‑40/96 et T‑55/96, RecFP p. I‑A‑47 et II‑135, points 40 et 51 ; 15 février 2005, Pyres/Commission,
         T‑256/01, RecFP p. I‑A‑23 et II‑99, point 36 ; 27 septembre 2006, Blackler/Parlement, T‑420/04, RecFP p. I‑A‑2‑185 et II‑A‑2‑943,
         point 45, et la jurisprudence citée
      
ARRÊT DU TRIBUNAL DE LA FONCTION PUBLIQUE (première chambre)
      
      17 novembre 2009 (*)
      
      « Fonction publique – Concours général – Domaine de la lutte antifraude – Avis de concours EPSO/AD/116/08 et EPSO/AD/117/08 – Impossibilité pour les candidats de s’inscrire simultanément à plusieurs concours – Refus de la candidature de la requérante au concours EPSO/AD/117/08 »
      Dans l’affaire F‑99/08,
      ayant pour objet un recours introduit au titre des articles 236 CE et 152 EA,
      Rita Di Prospero, agent temporaire de la Commission des Communautés européennes, demeurant à Uccle (Belgique), représentée par Mes S. Rodrigues et C. Bernard-Glanz, avocats,
      
      partie requérante,
      contre
      Commission des Communautés européennes, représentée par Mmes C. Berardis-Kayser et B. Eggers, en qualité d’agents,
      
      partie défenderesse,
      LE TRIBUNAL (première chambre),
      composé de MM. S. Gervasoni (président), H. Kreppel et H. Tagaras (rapporteur), juges,
      greffier : M. R. Schiano, administrateur,
      vu la procédure écrite et à la suite de l’audience du 18 mai 2009,
      rend le présent
      Arrêt
      1        Par requête parvenue au greffe du Tribunal le 12 décembre 2008 par télécopie (le dépôt de l’original étant intervenu le 15
         décembre suivant), Mme Di Prospero a introduit le présent recours tendant à l’annulation de la décision de l’Office de sélection du personnel des
         Communautés européennes (EPSO) par laquelle il ne lui a pas été permis de faire acte de candidature au concours EPSO/AD/117/08,
         décision résultant de la lecture combinée de l’avis de concours, publié au Journal officiel de l’Union européenne du 23 janvier 2008 (JO C 16 A, p. 1), prévoyant l’organisation des concours généraux EPSO/AD/116/08 pour le recrutement d’administrateurs
         (AD 8) dans le domaine de la lutte antifraude et EPSO/AD/117/08 pour le recrutement d’administrateurs principaux (AD 11) dans
         le même domaine (ci-après l’« avis de concours »), et des courriers électroniques de l’EPSO adressés à la requérante en date
         des 26 et 27 février 2008.
      
       Cadre juridique
      2        L’article 4 du statut des fonctionnaires des Communautés européennes (ci-après le « statut ») dispose :
      
      « Toute nomination ou promotion ne peut avoir pour objet que de pourvoir à la vacance d’un emploi dans les conditions prévues
         au présent statut.
      
      Toute vacance d’emploi dans une institution est portée à la connaissance du personnel de cette institution dès que l’autorité
         investie du pouvoir de nomination a décidé qu’il y a lieu de pourvoir à cet emploi.
      
      S’il n’est pas possible de pourvoir à cette vacance d’emploi par voie de mutation, de nomination en application de l’article
         45 bis ou de promotion, celle-ci est portée à la connaissance du personnel des autres institutions et/ou un concours interne
         est organisé. »
      
      3        L’article 27 du statut énonce :
      
      « Le recrutement doit viser à assurer à l’institution le concours de fonctionnaires possédant les plus hautes qualités de
         compétence, de rendement et d’intégrité, recrutés sur une base géographique aussi large que possible parmi les ressortissants
         des États membres des Communautés.
      
      Aucun emploi ne doit être réservé aux ressortissants d’un État membre déterminé. » 
      4        L’article 29, paragraphe 1, du statut prévoit :
      
      « En vue de pourvoir aux vacances d’emploi dans une institution, l’autorité investie du pouvoir de nomination, après avoir
         examiné :
      
      a)      les possibilités de pourvoir l’emploi par voie de :
      i)      mutation ou
      ii)      nomination conformément à l’article 45 bis ou
      iii)      promotion
      au sein de l’institution ;
      b)      les demandes de transfert de fonctionnaires du même grade d’autres institutions et/ou les possibilités d’organiser un concours
         interne à l’institution ouvert uniquement aux fonctionnaires et aux agents temporaires visés à l’article 2 du régime applicable
         aux autres agents des Communautés européennes ;
      
      ouvre la procédure de concours sur titres, sur épreuves ou sur titres et épreuves. La procédure de concours est déterminée
         à l’annexe III.
      
      Cette procédure peut être ouverte également en vue de constituer une réserve de recrutement. » 
      5        Aux termes de l’article 1er, paragraphe 1, de l’annexe III du statut :
      
      « L’avis de concours est arrêté par l’autorité investie du pouvoir de nomination, après consultation de la commission paritaire.
      Il doit spécifier :
      a)      la nature du concours (concours interne à l’institution, concours interne aux institutions, concours général, le cas échéant,
         commun à deux ou plusieurs institutions) ;
      
      b)      les modalités (concours sur titres, sur épreuves ou sur titres et épreuves) ;
      c)      la nature des fonctions et attributions afférentes aux emplois à pourvoir ainsi que le groupe de fonctions et le grade proposés ;
      d)      compte tenu de l’article 5, paragraphe 3, du statut, les diplômes et autres titres ou le niveau d’expérience requis pour les
         emplois à pourvoir ;
      
      e)      dans le cas de concours sur épreuves, la nature des examens et leur cotation respective ;
      f)      éventuellement, les connaissances linguistiques requises par la nature particulière des postes à pourvoir ;
      g)      éventuellement, la limite d’âge ainsi que le report de la limite d’âge applicable aux agents en fonction depuis au minimum
         un an ;
      
      h)      la date limite de réception des candidatures ;
      i)      le cas échéant, les dérogations accordées en vertu de l’article 28, [sous] a), du statut.
      […] »
      6        L’avis de concours prévoit l’organisation des concours généraux EPSO/AD/116/08 pour le recrutement d’administrateurs (AD 8)
         et EPSO/AD/117/08 pour le recrutement d’administrateurs principaux (AD 11) dans le domaine de la lutte antifraude. Parallèlement,
         l’EPSO a également organisé, toujours dans le domaine de la lutte antifraude, le concours EPSO/AST/45/08 pour le recrutement
         d’assistants (AST 4), dont l’avis a également été publié au Journal officiel de l’Union européenne du 23 janvier 2008 (JO C 16 A, p. 16).
      
      7        Le cinquième alinéa du titre I de l’avis de concours, titre intitulé « Nature des fonctions et conditions d’admission », (ci-après
         la « clause contestée ») est rédigé comme suit :
      
      « L’attention des candidats est attirée sur le fait que les épreuves des concours [EPSO/AD116/08, EPSO/AD/117/08 et EPSO/AST/45/08]
         pourraient être organisées simultanément. Dès lors, les candidats ne peuvent s’inscrire qu’à un seul de ces trois concours.
         Ce choix doit être fait au moment de l’inscription électronique et ne pourra pas être modifié après la date limite d’inscription. »
      
      8        Au point B, sous b), du titre I de l’avis de concours, relatif aux conditions spécifiques d’admission, il est prévu : 
      
      « […]
      2. Expérience professionnelle
      
               EPSO/AD/116/08
               A[dministrateurs] (AD 8)
               Les candidats doivent :
               –        postérieurement, au titre/diplôme exigé […],
               [ou]
               –        postérieurement au titre/diplôme et à l’expérience professionnelle exigés […]
               avoir acquis une expérience professionnelle d’une durée minimale de neuf ans, dont au moins la moitié dans des activités liées
                  à la lutte antifraude.
               
            
            
               EPSO/AD/117/08
               A[dministrateurs principaux] (AD 11)
               Les candidats doivent :
               
               –        postérieurement au titre/diplôme exigé […],
               [ou]
               –        postérieurement au titre/diplôme et à l’expérience professionnelle exigés […]
               avoir acquis une expérience professionnelle d’une durée minimale de seize ans, dont au moins la moitié dans des activités
                  liées à la lutte antifraude.
               
            
         […] »
      9        La date limite fixée pour l’inscription électronique aux concours EPSO/AD/l16/08 et EPSO/AD/117/08 était le 26 février 2008.
      
       Faits à l’origine du litige
      10      La requérante, agent temporaire de l’Office européen de lutte antifraude (OLAF), a déposé, le 26 février 2008, sa candidature
         en ligne au concours EPSO/AD/116/08. Lorsqu’elle a ensuite voulu s’inscrire, par le même procédé électronique, au concours
         EPSO/AD/117/08, elle n’a pas été en mesure de le faire, le site internet de l’EPSO ne le lui permettant pas. Par courriel
         du même jour, elle a demandé à l’EPSO que son inscription à ce dernier concours soit acceptée ; l’EPSO lui a répondu, toujours
         ce même 26 février, que l’avis de concours disposait que les candidats ne pouvaient déposer leur candidature qu’à un seul
         des trois concours. Le lendemain, le 27 février 2008, l’EPSO lui confirmait cette information. 
      
      11      La requérante a introduit le 26 mai 2008 une réclamation contre la décision de l’EPSO de lui avoir refusé de faire acte de
         candidature au concours EPSO/AD/117/08. Par note du 2 septembre 2008, notifiée le 4 septembre suivant, l’EPSO a rejeté cette
         réclamation. 
      
       Conclusions des parties et procédure
      12      La requérante conclut à ce qu’il plaise au Tribunal :
      
      –        déclarer la requête recevable ;
      –        annuler la décision de l’EPSO de ne pas lui avoir permis de faire acte de candidature au concours EPSO/AD/117/08 ;
      –        condamner la Commission des Communautés européennes aux dépens.
      13      La Commission conclut à ce qu’il plaise au Tribunal :
      
      –        rejeter le recours ;
      –        condamner la requérante aux dépens.
      14      Dans le cadre de mesures d’organisation de la procédure prises conformément à l’article 56 du règlement de procédure et portées
         à la connaissance des parties par lettres du 6 avril 2009, le Tribunal a demandé certaines précisions à la Commission. La
         Commission a déféré à ces mesures d’organisation dans le délai imparti.
      
       Arguments des parties
      15      À l’appui de ses conclusions en annulation, la requérante invoque deux moyens. Le premier moyen est tiré de la violation combinée
         des articles 4 et 29 du statut ainsi que de l’article 1er de l’annexe III du statut, en ce que la clause contestée ajouterait « implicitement mais nécessairement » une condition « pour
         avoir le droit de concourir », laquelle n’est ni prévue ni autorisée par le statut. Le second moyen est tiré de la violation
         de l’article 27, premier alinéa, du statut et des principes qui en découlent pour sa mise en œuvre, la clause contestée ayant
         pour conséquence – selon la requérante – d’une part, de ne pas permettre le recrutement du personnel présentant les « plus
         hautes qualités de compétence, de rendement et d’intégrité » et d’autre part, d’empêcher un recrutement « sur une base […]
         aussi large que possible ». 
      
      16      La Commission, après avoir, d’une part, indiqué que, en réalité, la requérante soulevait une exception d’illégalité visant
         la clause contestée et, d’autre part, notamment lors de l’audience, mis en cause l’intérêt à agir de la requérante, conclut
         au rejet des moyens comme non fondés. Elle fait valoir en particulier que la clause contestée n’est pas incompatible avec
         l’objectif visé à l’article 27, premier alinéa, du statut et qu’elle a été adoptée conformément à l’intérêt du service ainsi
         qu’aux principes de proportionnalité et de bonne administration.
      
       Appréciation du Tribunal
       Sur l’intérêt à agir 
      17      La Commission a soulevé, implicitement dans ses écrits puis explicitement lors de l’audience, la question de l’intérêt à agir
         de la requérante. Elle a en effet soutenu que la requérante ne remplissait pas, en toute hypothèse, les conditions spécifiques
         d’admission au concours EPSO/AD/117/08 liées à l’expérience professionnelle, car elle ne pourrait se prévaloir au total de
         seize années d’expérience professionnelle, le temps consacré à la rédaction de sa thèse de doctorat ne pouvant être pris en
         compte au titre de ladite expérience.
      
      18      À cet égard, il résulte de l’acte de candidature de la requérante pour le concours EPSO/AD/116/08 que celle-ci faisait état
         d’une expérience professionnelle de treize années et six mois, dont – selon elle – neuf années et deux mois dans le domaine
         de la lutte antifraude, ce sans compter ses trois années de doctorat pendant lesquelles elle aurait été, sur une période de
         deux années, assistante à l’université ; il ressort d’ailleurs du dossier que, pour cette période de doctorat, la requérante
         avait interrogé l’EPSO par courriel du 1er février 2008 (soit avant son inscription au concours) sur la possibilité d’en tenir compte au titre de l’expérience professionnelle,
         l’EPSO ayant répondu qu’une telle question serait tranchée par le jury du concours. 
      
      19      Selon la jurisprudence, la notion d’expérience professionnelle requise doit être interprétée exclusivement à la lumière des
         finalités du concours en cause, telles qu’elles résultent de la description générale des tâches à accomplir (voir arrêt du
         Tribunal du 22 mai 2008, Pascual-García/Commission, F‑145/06, RecFP p. I‑A‑1‑0000 et II‑A‑1‑0000, point 64). 
      
      20      Il est vrai que, dans le cadre de ses réponses aux mesures d’organisation de la procédure, la Commission a indiqué que, aux
         fins d’admission des candidats aux concours EPSO/AD/116/08 et EPSO/AD/117/08, le jury n’avait accepté au titre de l’expérience
         professionnelle requise qu’une expérience « professionnelle effective, normalement basée sur un contrat de travail » et que
         la ou les années consacrées à la rédaction d’un doctorat n’avaient pas été prises en compte, à l’exception du « temps (partiel)
         couvert par un contrat de travail, par exemple comme assistant universitaire ». Cependant, dans la mesure où la non-admission
         de la requérante au concours EPSO/AD/117/08 ne résulte pas d’une décision du jury constatant son défaut de satisfaire à la
         condition de l’expérience professionnelle de seize années, mais de l’impossibilité pure et simple de s’inscrire audit concours,
         impossibilité pratique résultant du système informatique mis en place par l’EPSO pour l’inscription aux concours en cause
         (cités au point 6 du présent arrêt) et confirmée et expliquée par lettres de l’EPSO des 26 et 27 février 2008, la seule affirmation
         de la Commission reproduite ci-dessus ne suffit pas pour conduire le Tribunal à rejeter le recours comme irrecevable pour
         défaut d’intérêt à agir.
      
      21      Premièrement, l’affirmation de la Commission n’est pas accompagnée d’une attestation écrite du jury certifiant ce qu’elle
         a fait valoir s’agissant des années consacrées à la rédaction d’une thèse de doctorat au regard de l’expérience professionnelle,
         ni même d’autres moyens de preuve, tels que des références concrètes à des cas proches ou identiques à celui de la requérante,
         c’est-à-dire des cas de candidats qui se seraient inscrits au concours EPSO/AD/117/08, mais dont la candidature n’aurait pas
         été admise pour non-respect de la condition relative à l’expérience professionnelle en raison du fait que la rédaction d’une
         thèse de doctorat, sans contrat de travail comme assistant universitaire, n’aurait pu être prise en compte au titre de ladite
         expérience. En revanche, lors de l’audience, la requérante a soutenu (certes, sans que cela ait été confirmé par la Commission,
         qui ne l’a cependant pas non plus contredit, mais a simplement indiqué pouvoir éventuellement procéder à une vérification),
         que, parmi les lauréats du concours EPSO/AD/117/08, un candidat avait fait valoir une année passée dans une « law school »
         en Angleterre au titre de l’expérience professionnelle.
      
      22      Deuxièmement, il est certes vrai que les jurys de concours disposent, en principe, d’un pouvoir discrétionnaire dans l’appréciation
         de l’expérience professionnelle des candidats comme condition d’admission à un concours, en ce qui concerne tant la nature
         et la durée de celle-ci que le rapport plus ou moins étroit qu’elle peut présenter avec les exigences du poste à pourvoir
         et que, dans le cadre de son contrôle de légalité, le juge communautaire doit se limiter à vérifier que l’exercice de ce pouvoir
         n’a pas été entaché d’une erreur manifeste (voir arrêt Pascual-García/Commission, précité, point 55, et la jurisprudence citée).
         Cependant, à supposer même que, en l’espèce, le jury de concours se soit fixé une ligne de conduite conformément à laquelle
         le temps consacré à la rédaction d’une thèse de doctorat n’était pas comptabilisé au titre de l’expérience professionnelle,
         cette ligne de conduite a été forcément fixée et maintenue au vu de candidatures admissibles (pour lesquelles le jury a dû
         examiner la condition relative à l’expérience professionnelle) et, en toute hypothèse, sans tenir compte du cas particulier
         de la requérante (ou, le cas échéant, d’autres personnes également empêchées de s’inscrire au concours EPSO/AD/117/08) ; or,
         il est probable que l’expérience professionnelle de ces dernières personnes, y compris de la requérante, ait présenté des
         particularités de nature à conduire le jury du concours à appréhender différemment la condition relative à l’expérience professionnelle.
         Ainsi, rien n’exclut que si le jury avait eu à connaître de l’expérience professionnelle de la requérante (ou d’autres personnes
         dont l’inscription aurait été refusée), soit il se serait fixé une ligne de conduite différente, en acceptant la possibilité
         de prendre en compte au titre de l’expérience professionnelle une certaine période de rédaction de la thèse sans contrat de
         travail rémunéré, fût-ce sous conditions (par exemple, que le temps consacré à la seule rédaction ne dépasse pas un certain
         pourcentage du temps durant lequel, dans le cadre de l’élaboration de la thèse, l’intéressé a occupé un poste rémunéré, en
         qualité d’assistant universitaire ou autre), soit il aurait admis des dérogations dans des cas particuliers (par exemple,
         pour les sujets de thèse présentant un rapport particulièrement étroit avec le domaine visé par l’avis de concours). 
      
      23      Troisièmement, s’il est vrai que, saisi d’une question analogue, le Tribunal, pour juger qu’une période d’études doctorales
         avait à bon droit été comptabilisée au titre de l’expérience professionnelle, s’est expressément référé à la circonstance
         que les activités de recherche en question non seulement étaient réelles et effectives, mais aussi qu’elles étaient rémunérées,
         rien dans le raisonnement ou les termes de la décision du Tribunal, intervenue dans des circonstances factuelles particulières,
         ne permet une interprétation en ce sens que, pour être qualifié d’expérience professionnelle, le travail lié à la préparation
         d’un doctorat doit, en toute hypothèse, comporter également des prestations rémunérées et qu’une décision contraire d’un jury
         de concours constituerait une erreur manifeste (voir arrêt Pascual-García/Commission, précité, points 57, 65 et 66). 
      
      24      Quatrièmement, rejeter le recours comme irrecevable pour défaut d’intérêt à agir priverait la requérante de son droit de faire
         examiner par le jury lui-même, dans le contexte particulier de la candidature qu’elle a soumise, la question générale de la
         prise en compte, au titre de l’expérience professionnelle requise par un avis de concours, du temps consacré à l’élaboration
         d’un doctorat ; ce, alors que, en raison notamment du pouvoir discrétionnaire dont disposent les jurys de concours dans l’appréciation
         de l’expérience professionnelle, il n’existe pas sur cette question une jurisprudence claire et de portée générale et que
         l’EPSO lui-même, lorsque la requérante lui a posé la question, n’a pu y répondre et a simplement indiqué que la question serait
         tranchée par le jury du concours (voir point 18 du présent arrêt).
      
      25      Il en résulte que le recours est recevable.
      
       Sur les conclusions en annulation
       Sur l’article 27, premier alinéa, du statut et la jurisprudence relative au pouvoir d’appréciation et à l’intérêt du service
      26      Il est constant que les dispositions de l’article 27, premier alinéa, du statut, aux termes desquelles le recrutement doit
         viser à assurer à l’institution le concours de fonctionnaires possédant les plus hautes qualités de compétence, de rendement
         et d’intégrité, reposent sur l’objectif primordial que tout fonctionnaire des Communautés européennes dispose de qualités
         d’un niveau très élevé. 
      
      27      Il est vrai que l’autorité investie du pouvoir de nomination (ci-après l’« AIPN ») dispose d’un large pouvoir d’appréciation
         pour déterminer les critères de capacité exigés par les postes à pourvoir et pour spécifier, en fonction de ces critères et
         dans l’intérêt du service, les conditions et modalités d’organisation d’un concours (voir arrêts du Tribunal de première instance
         du 15 février 2005, Pyres/Commission, T‑256/01, RecFP p. I‑A‑23 et II‑99, point 36, et du 27 septembre 2006, Blackler/Parlement,
         T‑420/04, RecFP p. I‑A‑2‑185 et II‑A‑2‑943, point 45, et la jurisprudence citée). Selon le juge communautaire, les articles
         4 et 29 du statut ouvrent ainsi à l’AIPN plusieurs possibilités d’exercer un tel pouvoir lorsqu’il s’agit de pourvoir aux
         vacances d’emploi dans une institution ; de même l’article 1er de l’annexe III du statut confère à l’AIPN un pouvoir d’appréciation étendu lors de l’organisation du concours (voir arrêt
         du Tribunal de première instance du 8 novembre 1990, Bataille e.a./Parlement, T‑56/89, Rec. p. II‑597, point 42). 
      
      28      Toutefois, l’exercice du pouvoir d’appréciation dont disposent les institutions en matière d’organisation de concours, en
         particulier en ce qui concerne la fixation des conditions d’admission des candidatures, est délimité par l’exigence de compatibilité
         avec les dispositions impératives de l’article 27, premier alinéa, du statut. En effet, « c’est de manière impérative que
         l’article 27, premier alinéa, définit le but de tout recrutement » (voir arrêts Bataille e.a./Parlement, précité, point 48,
         et du Tribunal de première instance du 6 mars 1997, de Kerros et Kohn-Bergé/Commission, T‑40/96 et T‑55/96, RecFP p. I‑A‑47
         et II‑135, point 40, ces arrêts se référant également à l’article 29, paragraphe 1, du statut). 
      
      29      S’agissant en particulier des conditions d’admission à un concours, et au-delà même de l’obligation pour l’institution, d’une
         part d’opérer le choix que ménage son large pouvoir d’appréciation en fonction des exigences liées aux emplois à pourvoir
         et, plus généralement, de l’intérêt du service, d’autre part d’établir l’existence d’un lien suffisant entre la condition
         contestée et ces exigences et intérêt (voir arrêts du Tribunal de première instance du 28 mars 1996, Noonan/Commission, T‑60/92,
         Rec. p. II‑215, point 43, et de Kerros et Kohn-Bergé/Commission, précité, point 42), il a été jugé que l’article 27, premier
         alinéa, du statut ne cesse pas de s’imposer à l’AIPN et tant les exigences liées aux emplois à pourvoir que l’intérêt du service
         ne peuvent être conçus que dans le plein respect de cette disposition (arrêt de Kerros et Kohn-Bergé/Commission, précité,
         point 51). Ainsi, les conditions d’admission de tout concours, qui résultent des exigences et intérêt susmentionnés, doivent
         en toute hypothèse rester compatibles avec les dispositions de l’article 27, premier alinéa, du statut. 
      
      30      Cependant, si les clauses limitant l’inscription de candidats à un concours sont susceptibles de restreindre les possibilités
         de l’institution de recruter les meilleurs candidats au sens de l’article 27, premier alinéa, du statut, il n’en résulte pas
         pour autant que toute clause portant une telle limitation est contraire à l’article susmentionné. En effet, le pouvoir d’appréciation
         de l’administration dans l’organisation des concours, et plus généralement l’intérêt du service, offrent à l’institution le
         droit de poser les conditions qu’elle juge appropriées et qui, tout en limitant l’accès des candidats à un concours, et donc
         forcément le nombre des candidats inscrits, ne comportent cependant pas le risque de compromettre l’objectif d’assurer l’inscription
         des candidats qui présentent les plus hautes qualités de compétence, de rendement et d’intégrité au sens de l’article 27,
         premier alinéa, du statut.
      
      31      Ainsi, et s’agissant d’une condition exigeant une expérience professionnelle de trois années en qualité d’agent temporaire,
         condition que la Commission, en tenant pour « acquis que les agents temporaires possèdent les plus hautes qualités requises
         par [l’article 27, premier alinéa, du statut] », a insérée dans un avis de concours de titularisation, le Tribunal de première
         instance a accepté la conformité au statut de ladite condition, en relevant, entre autres, que les agents admis à participer
         à la procédure de titularisation « ont démontré […] mériter par leurs prestations sous le couvert d’un statut temporaire »
         la chance d’être titularisés (arrêt de Kerros et Kohn-Bergé/Commission, précité, points 45 et 47). 
      
      32      En revanche, si les conditions limitant l’accès des candidats à un concours comportent le risque dont il est fait état dans
         le point 30, à savoir le risque de compromettre l’objectif d’assurer l’inscription des candidats qui présentent les plus hautes
         qualités, les conditions en question sont jugées contraires à l’article 27, premier alinéa, du statut. 
      
      33      Il a été ainsi jugé, d’une part, et en ce qui concerne tout particulièrement l’intérêt du service, que dans la mesure où la
         condition mentionnée au point 31 du présent arrêt, liée à une ancienneté de service de trois années, prévoyait de surcroît
         que la période de service auprès de l’institution devait être ininterrompue, cette condition supplémentaire n’était justifiée
         de toute évidence que par les difficultés d’ordre pratique rencontrées par l’institution lors de l’organisation des concours
         internes, compte tenu du nombre élevé d’agents qui satisferaient à une simple condition de trois années d’ancienneté, et que,
         dès lors, elle était incompatible avec l’article 27, premier alinéa, du statut et ne pouvait constituer en soi un intérêt
         légitime de l’institution (voir arrêt de Kerros et Kohn-Bergé/Commission, précité, points 48 à 51). Il en résulte que ne relèvent
         pas de l’intérêt du service les considérations à caractère purement pratique, liées aux difficultés matérielles d’organisation
         et de déroulement des concours. 
      
      34      D’autre part, et de manière plus générale, il a été jugé que le fait d’exclure d’un concours les agents temporaires de l’institution,
         recrutés en dehors des listes de réserve établies à la suite de concours généraux externes, ne saurait constituer un moyen
         approprié pour atteindre l’objectif visé à l’article 27, premier alinéa, du statut et pourrait même conduire à un résultat
         contraire à la finalité dudit article, à savoir conduire à exclure un candidat disposant des mêmes ou, éventuellement, de
         meilleures qualifications que celles d’autres candidats admis à concourir (voir arrêt Bataille e.a./Parlement, précité, point
         48). En outre, l’intérêt du service ne saurait justifier la décision d’une institution de réserver l’accès à un concours interne
         à ses seuls agents temporaires et non à ses fonctionnaires ; ceci, eu égard notamment à ce que toute procédure de recrutement
         doit conduire à la nomination de fonctionnaires possédant les plus hautes qualités de compétence, de rendement et d’intégrité,
         rien n’indiquant que les fonctionnaires exclus ne possèdent pas des compétences égales, voire supérieures à celles des agents
         temporaires intéressés (voir arrêt du Tribunal de première instance du 12 novembre 1998, Carrasco Benítez/Commission, T‑294/97,
         RecFP p. I‑A‑601 et II‑1819, point 51). 
      
      35      Il en résulte que, pour être légale, toute clause d’admission à un concours doit correspondre à une double condition, laquelle
         exige, en sa première branche, que la clause soit justifiée par des exigences liées aux emplois à pourvoir et, plus généralement,
         par l’intérêt du service et, en sa seconde branche, qu’elle respecte la finalité de l’article 27, premier alinéa, du statut.
         Si, le plus souvent, ces deux branches se chevauchent largement, elles correspondent cependant à des concepts distincts. 
      
       Sur le cas d’espèce
      36      Il y a lieu de commencer par indiquer qu’en invoquant le moyen tiré de la violation de l’article 27, premier alinéa, du statut
         au soutien de ses conclusions en annulation de la décision de l’EPSO par laquelle il ne lui a pas été permis de faire acte
         de candidature au concours EPSO/AD/117/08, la requérante soulève en réalité une exception d’illégalité de la clause contestée.
      
      37      Il convient ensuite de formuler deux observations à caractère général, relatives à l’hypothèse dans laquelle existeraient
         deux ou plusieurs concours (ou plusieurs branches d’un même concours) organisés simultanément et visant à pourvoir des postes
         dans un même domaine de l’activité communautaire, la seule différence entre ces concours (ou branches de concours) ayant trait
         au niveau de la formation et/ou de l’expérience professionnelle requis dans ledit domaine et, partant, à la catégorie ou grade
         d’entrée en fonctions. Tel est le cas en l’espèce s’agissant des concours EPSO/AD/116/08, EPSO/AD/117/08 et EPSO/AST/45/08,
         lesquels ont été organisés simultanément pour pourvoir des postes vacants, respectivement d’assistants (AST 4), d’administrateurs
         (AD 8) et d’administrateurs principaux (AD 11), au sein de l’OLAF, dans le domaine très spécifique de la lutte antifraude.
         
      
      38      La première observation vise en particulier les concours portant sur un domaine étroitement délimité de l’activité communautaire,
         comme c’est le cas de l’espèce, et consiste dans une double constatation. D’une part, s’il est incontestable que la possibilité
         pour les candidats d’accéder simultanément à plusieurs concours (ou branches de concours) organisés parallèlement permettrait
         l’inscription d’un nombre quantitativement plus important de candidats à chacun de ces concours et, partant, le recrutement
         des fonctionnaires « sur une base aussi large que possible », dont la nécessité a été reconnue à plusieurs reprises par la
         jurisprudence (arrêt de la Cour du 31 mars 1965, Rauch/Commission, 16/64, Rec. p. 179, 190 ; arrêts du Tribunal de première
         instance du 23 janvier 2003, Angioli/Commission, T‑53/00, RecFP p. I‑A‑13 et II‑73, point 50, et du 8 novembre 2006, Chetcuti/Commission,
         T‑357/04, RecFP p. I‑A‑2‑255 et II‑A‑2‑1323, point 48), ce nombre, vu la délimitation par hypothèse étroite du domaine concerné
         par le concours, ne pourrait normalement être excessivement élevé. D’autre part, si le besoin de rechercher et de recruter
         les meilleurs candidats milite nécessairement en faveur d’un accès aux concours qui serait ouvert à tous les candidats susceptibles
         de remplir les conditions d’admission, il en va à plus forte raison ainsi s’agissant de concours dans des domaines étroitement
         délimités de l’activité communautaire, en raison du nombre par définition réduit de personnes ayant la formation et l’expérience
         professionnelle spécifiques requises par les avis de concours portant sur de tels domaines. 
      
      39      La seconde observation a trait aux réactions prévisibles des candidats à l’égard de la possibilité de s’inscrire simultanément
         à plusieurs concours (ou branches de concours) qui se déroulent simultanément. S’il n’est pas possible de faire, dans l’abstrait,
         des suppositions sur l’usage que les candidats feraient d’une telle possibilité, force est de constater que les candidats
         remplissant les seules conditions d’admission d’un concours requérant moins de compétences ne sauraient justifier d’aucun
         intérêt à s’inscrire aux concours dont le niveau des compétences requises est plus élevé et n’auraient donc aucune raison
         de le faire (ce, car ils ne pourraient s’attendre qu’au rejet de leur candidature pour défaut de remplir les conditions requises),
         la question ne pouvant ainsi se poser que pour ceux dont la formation et l’expérience professionnelle se situeraient « à la
         limite » des exigences requises pour le concours imposant les conditions les plus élevées (comme c’est le cas de la requérante
         dans la présente affaire) ; or, ces derniers candidats ne peuvent représenter, normalement, qu’un faible pourcentage de l’ensemble
         des candidats. Certes, s’agissant des candidats qui, remplissant les exigences requises pour le concours imposant les conditions
         les plus élevées, remplissent également, et par définition, celles d’un concours de niveau moindre, il peut être soutenu (et
         la Commission l’a fait lors de l’audience) que, notamment durant une crise économique et vu les avantages d’une carrière dans
         les institutions, ils conservent un intérêt à se porter candidats également à ce dernier concours, car cela augmenterait leurs
         chances de recrutement par les institutions communautaires. Il est cependant également probable que la grande majorité de
         ces candidats (et, notamment, ceux dont les compétences et l’expérience professionnelle se situent nettement au-dessus des
         minima fixés par l’avis du concours le moins exigeant) souhaite, au regard précisément du niveau élevé de leurs compétences
         et expérience professionnelle, se présenter uniquement au concours dont les conditions d’admissions sont plus exigeantes et
         dont les postes à pourvoir, d’une part, permettent d’accéder au grade le plus élevé, d’autre part, nécessitent de plus hautes
         compétences et, enfin, induisent des responsabilités plus importantes ; de plus, il n’est nullement établi (par exemple, au
         moyen d’études, de statistiques, etc.) qu’un nombre substantiel de ces candidats postuleraient effectivement au concours de
         niveau moindre, lequel ne leur donnerait qu’une perspective de travail en décalage avec le niveau, par hypothèse plus élevé,
         de leurs études, formation et expérience professionnelle. 
      
      40      En l’espèce, il n’est pas contesté, d’une part, que la possibilité de s’inscrire simultanément aux concours EPSO/AD/116/08,
         EPSO/AD/117/08 et EPSO/AST/45/08 aurait eu pour conséquence l’inscription d’un plus grand nombre de candidats à chacun des
         concours et, d’autre part et par conséquent, que la clause contestée limite l’accès de candidats potentiels auxdits concours.
         En effet, et s’il est vrai que la clause contestée n’a pas pour effet immédiat et direct d’exclure totalement un candidat
         des concours en cause, en ce que, comme le relève la Commission, elle n’oblige celui-ci qu’à effectuer un choix parmi les
         concours, il n’en demeure pas moins qu’une telle clause empêche l’inscription à un des concours susmentionnés d’un candidat
         disposant, pour le concours concerné, des mêmes ou, éventuellement, de meilleures qualifications que celles d’autres candidats
         admis à concourir ; tel est le cas notamment des candidats qui, remplissant les conditions d’admission du concours EPSO/AD/117/08,
         se sont inscrits à l’un des deux concours du grade AD et n’ont pu s’inscrire à l’autre, ainsi que de ceux, comme la requérante
         qui, remplissant les conditions d’admission du concours EPSO/AD/116/08, mais conservant des doutes sur la question de savoir
         s’ils remplissaient ou non les conditions d’admission du concours EPSO/AD/117/08, se sont inscrits au premier, mais n’ont
         pu tenter leur chance au second. 
      
      41      Il convient cependant d’examiner si la limitation imposée par la clause contestée en l’espèce relève des hypothèses visées
         au point 30 du présent arrêt et, de manière plus générale, satisfait à la double condition dont il est fait état au point
         35 de celui-ci, à savoir si, tout en limitant l’accès des candidats à un concours et donc forcément le nombre des candidats
         inscrits, d’une part elle se justifie par des exigences liées aux emplois à pourvoir et, notamment, par l’intérêt du service,
         d’autre part elle respecte la finalité de l’article 27, premier alinéa, du statut. 
      
      42      La Commission répond par l’affirmative à cette question, en avançant une série de motifs visant notamment à démontrer que
         la clause contestée est justifiée par l’intérêt du service. En particulier, selon la Commission, la clause contestée aurait
         permis, premièrement, d’accélérer la procédure de sélection et de recrutement, deuxièmement, de favoriser une concurrence
         homogène au sein du groupe de candidats inscrits pour chacun des concours, troisièmement, d’éviter le chevauchement de candidats
         qui réussiraient aux deux concours de niveau AD en cause, quatrièmement, d’éviter les risques liés à la date d’organisation
         des épreuves lesquelles pourraient avoir lieu le même jour pour les différents concours, cinquièmement, de respecter l’égalité
         entre les candidats, en ce que certains pourraient plus aisément prendre des jours de congés et donc passer tous les concours
         tandis que d’autres n’auraient pas les mêmes facilités pour prendre de tels jours et devraient opérer un choix entre les concours,
         sixièmement, d’éviter des frais supplémentaires de location de lieux et d’achats de matériels, ainsi que des frais liés au
         coût des questions, ces dernières étant préparées et fournies à la Commission par des consultants externes, qui les factureraient
         à l’unité et à des tarifs élevés. 
      
      43      Le premier motif ne peut être retenu car, si l’objectif de la célérité des procédures de sélection et de recrutement peut
         relever de l’intérêt du service dans la mesure où cet objectif n’a pas un caractère purement organisationnel (voir point 33
         du présent arrêt), il n’a pas été allégué, et moins encore prouvé, que, dans les circonstances de l’espèce, cet objectif ne
         heurte pas la disposition de l’article 27, premier alinéa, du statut, dont le caractère impératif a été reconnu à maintes
         reprises par la jurisprudence ; au contraire, l’argumentation de la Commission ne peut que s’interpréter en ce sens que celle-ci
         a accordé la priorité à l’objectif de la célérité par rapport à celui du recrutement des candidats possédant les plus hautes
         qualités dans le sens de l’article 27, premier alinéa, du statut. En tout état de cause, l’économie de temps que la clause
         contestée a permise est relativement limitée et sans rapport de proportionnalité avec l’atteinte portée à l’article 27, premier
         alinéa, du statut et la restriction du droit d’accès au concours que cette même clause a comportées. Certes, au soutien de
         son argumentation, la Commission a notamment fait observer, lors de l’audience, qu’un nombre plus important de candidats inscrits
         à chacun des concours aurait eu pour conséquence d’allonger la correction des tests de présélection pour les deux concours
         auxquels la requérante souhaitait s’inscrire, et notamment la phase durant laquelle les candidats ont la possibilité de contester
         les notes qui leur ont été attribuées, contestations pour lesquelles l’institution doit procéder, au cas par cas, aux vérifications
         appropriées. Toutefois, ainsi que l’a d’ailleurs reconnu la Commission lors de l’audience, la correction des tests de présélection
         est automatique et informatisée ; quant aux allégations relatives aux retards qui résulteraient des éventuelles contestations
         des résultats et des vérifications que ces contestations impliquent, contestations et vérifications qui seraient plus importantes
         en nombre, force est de constater que ces allégations partent de la prémisse d’une augmentation substantielle du nombre des
         candidats à chaque concours, prémisse non établie (voir la première constatation faite au point 38 du présent arrêt et les
         considérations exposées au point 39 de celui-ci) et non étayée du moindre élément de preuve de la part de la Commission. Cette
         dernière n’est ainsi pas fondée à invoquer, au soutien de sa position, des considérations tirées d’un besoin d’accélérer les
         procédures de sélection et de recrutement. 
      
      44      Par le deuxième motif invoqué au titre de l’intérêt du service, la Commission allègue que la clause contestée permettrait
         de favoriser une concurrence homogène au sein du groupe de candidats inscrits pour chacun des concours, car elle obligerait
         les candidats à opérer un choix permettant d’organiser deux concours étroitement liés avec une concurrence plus équitable
         en vue d’obtenir des résultats qui soient aussi plus adaptés aux profils des postes à pourvoir. Un tel motif pourrait être
         compatible avec l’article 27, premier alinéa, du statut, dans la mesure où la recherche des candidats disposant des plus hautes
         qualités de compétence, de rendement et d’intégrité ne peut pas se faire dans l’abstrait, mais au vu des postes à pourvoir ;
         or, dans le cadre du pouvoir d’appréciation qui est le sien en matière de concours, l’administration pourrait être amenée
         à considérer, notamment, que les candidats surqualifiés par rapport aux postes qu’ils occupent ne sont pas en mesure de mettre
         au profit de l’institution leurs « plus hautes qualités » ou, d’une manière plus générale, qu’une procédure de concours, de
         par sa nature comparative, ne peut se concevoir qu’entre candidats ayant des profils comparables. À cet égard, cependant,
         et s’agissant alors d’un avis de concours visant des emplois relevant de la catégorie C (correspondant à des fonctions d’exécution
         nécessitant des connaissances du niveau de l’enseignement moyen ou une expérience professionnelle d’un niveau équivalent)
         et interdisant l’accès au concours à des candidats titulaires d’un diplôme universitaire, il a été jugé, en tenant compte
         de l’objectif impératif énoncé à l’article 27, premier alinéa, du statut, que la possession d’un titre universitaire ne saurait,
         d’une part, empêcher lesdits candidats d’accomplir les tâches liées aux emplois à pourvoir ou, d’autre part, avoir des effets
         négatifs sur la qualité du travail des intéressés ou sur leur rendement (voir arrêt Noonan/Commission, précité, points 34
         et 38 à 42). Le juge communautaire a ajouté, s’agissant de l’argument de l’institution selon lequel, si elle n’excluait pas
         les candidats titulaires d’un diplôme universitaire, les autres candidats risqueraient d’être reçus en plus petit nombre ou
         même d’être tous évincés, qu’un tel argument ne saurait être retenu, car il ne ferait aucun doute que les candidats titulaires
         d’un diplôme universitaire pourraient accomplir les futures tâches des lauréats du concours de la même manière que les autres
         candidats, et répondre au critère consacré par l’article 27, premier alinéa, du statut (voir, en ce sens, arrêt Noonan/Commission,
         précité, point 36). Le juge communautaire a également indiqué que, si, lors de chaque procédure de concours interne, l’AIPN
         était tenue de fixer les critères de sélection conformément à l’intérêt du service, la Commission ne pouvait exclure du concours
         les candidats visés par la condition contestée au motif qu’ils auraient de meilleures chances d’être reçus que les autres
         candidats (voir arrêt Noonan/Commission, précité, points 36 et 37) ; en tout état de cause, le juge communautaire est donc
         parti de la prémisse que, à partir du moment où les candidats remplissent les conditions d’admission à un concours, l’absence
         de similitude ou de comparabilité de leurs profils ne constitue nullement une circonstance de nature à faire obstacle à ce
         que le concours se déroule conformément à sa finalité et remplisse ses fonctions. 
      
      45      En l’espèce, et vu, notamment, la jurisprudence qui vient d’être mentionnée, aucun élément ne permet de déduire que les candidats
         qui remplissaient les conditions d’admission du concours EPSO/AD/117/08 n’auraient pas eu un profil également adapté aux postes
         à pourvoir dans le cadre du concours EPSO/AD/116/08 ; de la même manière, rien de permet d’affirmer que c’étaient les candidats
         qui remplissaient seulement les conditions d’admission du concours EPSO/AD/116/08, et non ceux qui remplissaient également
         celles du concours EPSO/AD/117/08, qui auraient eu nécessairement le profil le plus adapté pour les postes à pourvoir dans
         le cadre du premier desdits concours. En outre, force est de constater que la prémisse de l’arrêt Noonan/Commission, précité,
         telle que relevée et rappelée au point précédent, vaut à plus forte raison en l’espèce, étant donné que les profils des candidats
         remplissant les conditions d’admission des concours EPSO/AD/117/08 et EPSO/AD/116/08 sont globalement plus proches entre eux
         que les profils distingués, au regard de la possession ou non d’un titre universitaire, par l’avis de concours dans l’arrêt
         précité du Tribunal de première instance, seule la durée de l’expérience professionnelle requise distinguant les candidats
         remplissant les conditions d’admission des deux concours ici en cause de ceux qui remplissaient uniquement les conditions
         d’admission du concours EPSO/AD/116/08 ; ainsi, il ne saurait nullement être allégué que la participation de tous les candidats
         potentiels à chacun de ces deux concours (et notamment au concours EPSO/AD/116/08) ferait obstacle à ce que le concours se
         déroule conformément à sa finalité, qui est notamment d’aboutir, au terme d’une procédure de sélection objective et comparative,
         au recrutement des candidats possédant les plus hautes qualités au sens de l’article 27, premier alinéa, du statut. 
      
      46      Par le troisième motif invoqué, la Commission fait valoir que la clause contestée consisterait à éviter le « chevauchement »
         de candidats qui réussiraient simultanément aux deux concours. S’il est vrai qu’un tel risque de « chevauchement » existe,
         notamment en ce que les mêmes personnes pourraient être inscrites tant sur la liste de réserve du concours EPSO/AD/117/08
         que sur celle du concours EPSO/AD/116/08 et que, après acceptation par ces personnes des emplois AD 11 de la première liste,
         la seconde liste, pour les emplois AD 8, se trouverait épuisée sans que l’administration ait pu entre-temps satisfaire ses
         besoins en termes de recrutement de fonctionnaires AD 8, il y a lieu d’observer qu’un tel risque existe pour chaque concours
         organisé par l’EPSO, une situation dans laquelle un candidat serait inscrit parallèlement sur la liste de réserve de plusieurs
         concours étant relativement fréquente ; or, dans une telle situation et en vue d’éviter une éventuelle pénurie de candidats,
         un allongement du nombre de candidats sur la liste de réserve permettrait facilement de pallier ce risque. En tout état de
         cause, ce motif invoqué par la Commission pour justifier la clause contestée est incompatible avec les objectifs énoncés à
         l’article 27, premier alinéa, du statut et n’apparaît pas proportionnellement suffisant pour justifier les effets entraînés
         par la clause contestée, une solution alternative, moins attentatoire à l’accès aux concours en vue d’un emploi au sein des
         institutions communautaires, pouvant être trouvée. 
      
      47      Quant au quatrième motif invoqué et lié aux dates d’organisation des épreuves, à savoir que ces dernières pourraient avoir
         lieu simultanément pour les différents concours et qu’un candidat serait ainsi convoqué le même jour pour des épreuves de
         concours différents, il résulte des pièces du dossier que, pour ce qui est des tests de présélection, les candidats pouvaient
         choisir la date à laquelle ils souhaitaient les passer, ce à l’intérieur d’une période définie allant du 26 mars au 9 avril
         2008. Concernant par ailleurs les épreuves écrites, qui se sont déroulées le même jour, à savoir le 21 octobre 2008, mais
         aussi les épreuves orales, et étant donné que le nombre des candidats admis à ces épreuves était beaucoup plus limité que
         le nombre de ceux s’étant présentés aux tests de présélection, il est difficilement imaginable que pallier un tel obstacle
         aurait constitué une charge administrativement lourde et disproportionnée pour la Commission ; en effet, rien n’empêchait
         la Commission de prévoir des dates proches mais différentes pour la passation des épreuves. En toute hypothèse, ce motif manque
         totalement en droit puisque, étant à caractère purement organisationnel, il ne correspond manifestement pas à l’intérêt du
         service (voir point 33 du présent arrêt), et va à l’encontre de l’objectif de l’article 27, premier alinéa, du statut. 
      
      48      Pour les mêmes raisons qui viennent d’être évoquées in fine du point précédent, manquent en droit les cinquième et sixième
         motifs invoqués. De surcroît, le premier d’entre eux est purement hypothétique en fait, la Commission n’ayant apporté aucun
         élément de preuve au soutien de l’allégation selon laquelle certains candidats n’auraient pu obtenir les jours de congé supplémentaires
         requis pour la participation aux épreuves des deux concours auxquels la requérante souhaitait se présenter. Pour ce qui est
         du motif lié aux frais supplémentaires de location de lieux et d’achats de matériels, si, comme la requérante l’a indiqué
         lors de l’audience sans être contestée par la Commission, 1 974 candidats ont été admis à participer au concours EPSO/AD/116/08
         et 427 candidats l’ont été au concours EPSO/AD/117/08, ces données chiffrées démontrent et confirment que, à supposer même,
         contrairement à la première constatation faite au point 38 du présent arrêt et aux considérations exposées au point 39 de
         celui-ci, que tous les candidats admis au concours EPSO/AD/117/08 se soient inscrits au concours EPSO/AD/116/08 et qu’un pourcentage
         de candidats inscrits à ce dernier (considérant – à l’instar de la requérante – leur expérience professionnelle comme pouvant
         être jugée suffisante aux fins de l’admission au concours visant à pourvoir des postes AD 11) aient également postulé au concours
         EPSO/AD/117/08, le coût additionnel pour la location de lieux et l’achat de matériels, ainsi que pour les questions supplémentaires
         aurait été relativement limité ; ceci appelle ainsi la même observation que celle faite au sujet du premier motif, à savoir
         que l’économie réalisée est sans rapport de proportionnalité avec l’atteinte à l’article 27, premier alinéa, du statut et
         la restriction de l’accès au concours que la clause contestée comporte.
      
      49      Les considérations exposées au sujet du premier et du sixième motifs valent en outre à plus forte raison si, comme il l’a
         été relevé lors de l’audience (sans – il est vrai – que la Commission ait été en mesure de le confirmer formellement), les
         tests de présélection étaient du même niveau de difficultés pour le concours visant à pourvoir les postes de grade AD 8 et
         le concours visant à pourvoir les postes de grade AD 11, ce qui signifie qu’une personne souhaitant participer aux deux concours
         aurait pu passer un seul test, lequel aurait valu pour les deux concours.
      
      50      Au surplus, et à la lumière du raisonnement par lequel le Tribunal a, aux points 42 à 47 du présent arrêt, écarté chacun des
         motifs invoqués par la Commission, il apparaît clairement que, à concevoir même ces motifs comme un ensemble, ils ne sauraient
         toujours pas (en raison notamment du caractère impératif de l’article 27, premier alinéa, du statut et du domaine étroitement
         délimité des concours concernés – voir en particulier point 28 du présent arrêt, ainsi que la deuxième constatation faite
         au point 38 du celui-ci) justifier la clause contestée. 
      
      51      Il résulte de tout ce qui précède qu’est fondé le moyen de la requérante tiré de l’incompatibilité avec l’article 27, premier
         alinéa, du statut de la clause qui interdit l’inscription simultanée aux concours généraux EPSO/AD/116/08 et EPSO/AD/117/08
         pour le recrutement respectivement d’administrateurs (AD 8) et d’administrateurs principaux (AD 11) dans le domaine de la
         lutte antifraude. 
      
      52      Par voie de conséquence, et sans qu’il soit besoin de se prononcer sur l’autre moyen soulevé par la requérante, il convient
         d’annuler la décision de l’EPSO, faisant application de la clause contestée, par laquelle il ne lui a pas été permis de faire
         acte de candidature au concours EPSO/AD/117/08. 
      
       Sur les dépens
      53      Aux termes de l’article 87, paragraphe 1, du règlement de procédure, sous réserve des autres dispositions du chapitre huitième
         du titre deuxième dudit règlement, toute partie qui succombe est condamnée aux dépens, s’il est conclu en ce sens. En vertu
         du paragraphe 2 du même article, le Tribunal peut décider, lorsque l’équité l’exige, qu’une partie qui succombe n’est condamnée
         que partiellement aux dépens, voire qu’elle ne doit pas être condamnée à ce titre.
      
      54      En l’espèce, la Commission est la partie qui succombe. En outre, la requérante a, dans ses conclusions, expressément conclu
         à ce que la Commission soit condamnée aux dépens. Les circonstances de l’espèce ne justifiant pas l’application des dispositions
         de l’article 87, paragraphe 2, du règlement de procédure, il y a donc lieu de condamner la Commission à l’ensemble des dépens.
      
      Par ces motifs,
      LE TRIBUNAL (première chambre)
      déclare et arrête :
      1)      La décision de l’Office de sélection du personnel des Communautés européennes (EPSO) de ne pas avoir permis à Mme Di Prospero de faire acte de candidature au concours EPSO/AD/117/08 est annulée.
      2)      La Commission des Communautés européennes supporte l’ensemble des dépens.
      
               Gervasoni 
            
            
                Kreppel 
            
            
                Tagaras
            
         Ainsi prononcé en audience publique à Luxembourg, le 17 novembre 2009.
      
               Le greffier 
            
             
            
                      Le président
            
         
               W. Hakenberg 
            
             
            
                      S. Gervasoni
            
         * Langue de procédure : le français.