CELEX: 62009FJ0018
Language: fr
Date: 2011-11-10
Title: ARRÊT DU TRIBUNAL DE LA FONCTION PUBLIQUE (deuxième chambre) 10 novembre 2011.#Mohamed Merhzaoui contre Conseil de l’Union européenne.#Fonction publique – Fonctionnaires – Promotion – Classement en grade – Agents locaux nommés fonctionnaires – Article 10 de l’annexe XIII du statut – Article 3 de l’annexe du RAA – Exercice de promotion 2008 – Examen comparatif des mérites entre fonctionnaires relevant du parcours de carrière AST – Procédure basée sur les rapports de notation 2005/2006 – Critère du niveau des responsabilités exercées.#Affaire F‑18/09.

ARRÊT DU TRIBUNAL DE LA FONCTION PUBLIQUE DE L’UNION EUROPÉENNE (deuxième chambre)
      
      10 novembre 2011 (*)
      
      « Fonction publique – Fonctionnaires – Promotion – Classement en grade – Agents locaux nommés fonctionnaires – Article 10 de l’annexe XIII du statut – Article 3 de l’annexe du RAA – Exercice de promotion 2008 – Examen comparatif des mérites entre fonctionnaires relevant du parcours de carrière AST – Procédure basée sur les rapports de notation 2005/2006 – Critère du niveau des responsabilités exercées »
      Dans l’affaire F-18/09,
      ayant pour objet un recours introduit au titre des articles 236 CE et 152 EA,
      Mohamed Merhzaoui, fonctionnaire du Conseil de l’Union européenne, demeurant à Bruxelles (Belgique), représenté par Mes S. Orlandi, A. Coolen, J.-N. Louis et É. Marchal, avocats,
      
      partie requérante,
      contre
      Conseil de l’Union européenne, représenté par M. M. Bauer et Mme G. Kimberley, en qualité d’agents,
      
      partie défenderesse,
      LE TRIBUNAL DE LA FONCTION PUBLIQUE(deuxième chambre),
      
      composé de Mme I. Boruta, faisant fonction de président (rapporteur), M. S. Van Raepenbusch et Mme M. I. Rofes i Pujol, juges, 
      
      greffier : M. J. Tomac, administrateur,
      vu la procédure écrite et à la suite de l’audience du 9 juin 2011,
      rend le présent
      Arrêt
      1        Par requête parvenue au greffe du Tribunal le 2 mars 2009 (le dépôt de l’original étant intervenu le 11 mars suivant), M.
         Merhzaoui demande, en substance, l’annulation des décisions du Conseil de l’Union européenne de l’affecter au parcours de
         carrière du groupe de fonctions des assistants AST 1 à AST 7 et de ne pas le promouvoir au grade AST 2 au titre de l’exercice
         de promotion 2008.
      
       Cadre juridique
      2        L’article 45, paragraphe 1, du statut des fonctionnaires de l’Union européenne, tel que modifié par le règlement (CE, Euratom)
         no 723/2004 du Conseil, du 22 mars 2004, entré en vigueur le 1er mai 2004 (ci-après le « statut » ou le « nouveau statut »), prévoit :
      
      « La promotion est attribuée par décision de l’autorité investie du pouvoir de nomination en considération de l’article 6,
         paragraphe 2. Elle entraîne pour le fonctionnaire la nomination au grade supérieur du groupe de fonctions auquel il appartient.
         Elle se fait exclusivement au choix, parmi les fonctionnaires justifiant d’un minimum de deux ans d’ancienneté dans leur grade,
         après examen comparatif des mérites des fonctionnaires ayant vocation à la promotion. Aux fins de l’examen comparatif des
         mérites, l’autorité investie du pouvoir de nomination prend en considération, en particulier, les rapports dont les fonctionnaires
         ont fait l’objet, l’utilisation dans l’exercice de leurs fonctions des langues autres que la langue dont ils ont justifié
         posséder une connaissance approfondie conformément à l’article 28, [sous] f) et, le cas échéant, le niveau des responsabilités
         exercées. »
      
      3        L’article 10 de l’annexe XIII du statut, relative aux mesures de transition nécessitées par l’entrée en vigueur du règlement
         no 723/2004, énonce :
      
      « 1. Les fonctionnaires en fonction dans les catégories C ou D avant le 1er mai 2004 sont affectés à compter du 1er mai 2006 aux parcours de carrière permettant des promotions :
      
      a)      dans l’ancienne catégorie C, jusqu’au grade AST 7 ;
      b)      dans l’ancienne catégorie D, jusqu’au grade AST 5 ;
      [….] »
      4        L’article 12, paragraphe 3, de l’annexe XIII du statut dispose que [l]es fonctionnaires inscrits sur une liste [de réserve]
         avant le 1er mai 2006 et recrutés entre le 1er mai 2004 et le 30 avril 2006 sont classés […] lorsque la liste a été établie pour la catégorie A*, B* ou C*, dans le grade
         publié dans l’avis de concours ».
      
      5        L’article 1er, paragraphe 1, de l’annexe du régime applicable aux autres agents de l’Union européenne tel que modifié par le règlement
         no 723/2004 (ci-après le « RAA »), relative aux mesures de transition rendues nécessaires par l’entrée en vigueur dudit règlement,
         prévoit :
      
      « Les dispositions de l’annexe XIII du statut s’appliquent par analogie aux autres agents en fonction au 30 avril 2004. »
      6        L’article 3 de l’annexe du RAA dispose :
      
      « Pendant une durée de cinq ans à compter du 1er mai 2004, les agents locaux et les agents contractuels du secrétariat général du Conseil qui avaient le statut d’agents locaux
         dudit secrétariat général avant le 1er mai 2004 sont admis à se présenter aux concours internes du Conseil dans les mêmes conditions que les fonctionnaires et agents
         temporaires de l’institution. »
      
       Faits à l’origine du litige
      7        Le 14 décembre 1994, le requérant est entré en service auprès du secrétariat général du Conseil en tant qu’agent intérimaire.
         Il a été affecté initialement à un poste d’huissier puis réaffecté, à compter du 1er juin 1995, au service du tri du courrier. 
      
      8        Le 1er janvier 2002, le requérant a été engagé comme agent local. 
      
      9        Le 29 avril 2004, le Conseil a publié l’avis de concours interne Conseil/C/275 ouvert aux fonctionnaires et autres agents
         du secrétariat général du Conseil visant à la constitution d’une liste de réserve de commis adjoints, lequel précisait qu’en
         cas de réussite la nomination s’effectuerait au grade C 5. Cependant, ledit avis mentionnait dans un nota bene que, « [s]uite
         à l’adoption par le Conseil du statut modifié, qui comporte notamment un nouveau système de carrière », la nomination des
         lauréats se ferait « selon les nouvelles dispositions en vigueur ».
      
      10      Le 25 mai 2004, le Conseil a publié un corrigendum à l’avis de concours Conseil/C/275 précisant qu’il était destiné au recrutement
         de commis adjoints de la catégorie C* et que la nomination des lauréats s’effectuerait « au grade de base, premier échelon,
         de la catégorie C*, sauf pour les fonctionnaires, qui conserveront leur grade et leur échelon ».
      
      11      Suite à l’entrée en vigueur du nouveau statut le 1er mai 2004, le grade C 5 a été, à cette date, renommé C*1, puis, le 1er mai 2006, AST 1.
      
      12      Le 7 octobre 2004, le Conseil a publié une note à l’attention des candidats au concours interne Conseil/C/275, laquelle précisait
         que pour pouvoir progresser dans la carrière au-delà du grade AST 7 les lauréats devraient faire l’objet d’une attestation.
      
      13      Le 26 avril 2005, la liste de réserve établie à l’issue du concours interne Conseil/C/275 a été publiée. Cette dernière comportait
         le nom du requérant.
      
      14      Par décision de l’autorité investie du pouvoir de nomination (ci-après l’« AIPN ») du 14 juillet 2005, prenant effet le 1er juin 2005, le requérant, qui entre-temps avait été engagé comme agent contractuel du groupe de fonctions I de grade 1, échelon
         1, a été nommé fonctionnaire stagiaire de grade C*1, échelon 2 et affecté à un emploi de commis. À l’issue de son stage, par
         décision de l’AIPN du 30 mars 2006, avec effet au 1er mars 2006, il a été titularisé dans ses emploi et grade.
      
      15      Par communication au personnel no 39/08 du 29 février 2008 (ci-après la « CP no 39/08 »), le secrétaire général adjoint du Conseil, en sa qualité d’AIPN, a informé le personnel de l’institution des modalités
         de l’exercice de promotion 2008 et des noms des fonctionnaires promouvables au grade supérieur. Le nom du requérant figurait
         sur la liste des fonctionnaires de grade AST 1, relevant du parcours de carrière AST 1 à AST 7 et promouvables au grade AST 2.
         Par ailleurs, le secrétaire général du Conseil indiquait dans la CP no 39/08 :
      
      « J’attire l’attention des fonctionnaires promouvables sur le fait que les commissions consultatives de promotion disposent,
         pour chaque fonctionnaire promouvable, des rapports de notation dont il a fait l’objet (depuis son entrée dans le grade jusqu’au
         dernier disponible), ainsi que d’un historique de carrière. Les derniers rapports de notation ([1er janvier] 2005[/30 juin] 2006) ont été établis au début de l’année 2007. Même si un nouvel exercice de notation vient de commencer,
         il y aura un certain délai avant que les rapports soient établis. L’AIPN a, dès lors, décidé de baser l’exercice de promotion
         2008 sur les rapports 2005[/]2006 pour permettre de le terminer avant fin avril, ce qui n’aurait pas été possible en utilisant
         les nouveaux rapports. Toutes les démarches nécessaires ont été faites pour garantir la comparaison des mérites sur une base
         égale dans les cas où aucun rapport n’avait été rédigé pour cette période. » 
      
      16      L’auteur de la CP no 39/08 indiquait également ce sur quoi portaient les historiques de carrière de chaque fonctionnaire mis à la disposition
         des commissions de promotion et ajoutait que celles-ci disposaient également des relevés récapitulatifs des congés pour raison
         de maladie ou d’accident portant sur les trois dernières années. 
      
      17      La CP no 39/08 comportait en outre une note explicative sur les modalités de l’exercice de promotion 2008 et notamment sur l’incidence
         des règles du nouveau statut. Il y était mentionné que l’AIPN avait décidé de prévoir des commissions consultatives de promotion
         distinctes pour les fonctionnaires du groupe de fonctions des assistants selon que leur parcours de carrière autorisait des
         promotions jusqu’au grade 5, 7 ou 11.
      
      18      Par communication au personnel no 35/08 du 3 mars 2008, le secrétaire général adjoint du Conseil a porté à la connaissance du personnel de l’institution les
         orientations données aux notateurs pour l’exercice de notation concernant la période comprise entre le 1er juillet 2006 et le 31 décembre 2007 (ci-après la « CP no 35/08 »). L’auteur y indiquait notamment :
      
      « À l’occasion du lancement de cet exercice de notation, je tiens à féliciter les services qui, au cours de l’exercice de
         notation précédent, ont respecté les orientations reprises dans mon message du 8 novembre 2006[…]. Malheureusement, j’ai dû
         constater une nouvelle fois que, lors de ce dernier exercice, ces orientations n’ont pas été respectées uniformément au sein
         du [s]ecrétariat général. Une telle situation nuit à la comparabilité des rapports de notation et peut conduire à des inégalités
         de traitement, notamment dans le cadre de la promotion et des procédures d’attestation, de certification et d’octroi de la
         pension immédiate sans réduction. Ce risque d’inégalités rend difficile une gestion efficace et équitable des ressources humaines
         au [secrétariat général du Conseil]. »
      
      19      Par communication au personnel no 75/08 du 24 avril 2008, le secrétaire général du Conseil a publié la liste des fonctionnaires du groupe de fonctions AST
         et relevant du parcours de carrière AST 1 à AST 11 proposés pour une promotion par la commission consultative de promotion
         compétente, liste établie par grade. À la fin de la communication, il était indiqué que l’AIPN avait décidé de suivre la proposition
         de ladite commission.
      
      20      Par communication au personnel no 76/08 du 29 avril 2008, le secrétaire général adjoint, a publié la liste des fonctionnaires du groupe de fonctions AST et
         relevant du parcours de carrière AST 1 à AST 7 proposés pour une promotion au grade supérieur au titre de l’exercice de promotion
         2008 par la commission consultative de promotion compétente, liste établie par grade. À la fin de la communication, il était
         indiqué qu’il avait décidé de suivre, en tant qu’AIPN, la proposition de ladite commission, laquelle ne comportait pas la
         promotion du requérant au grade AST 2.
      
      21      Le 29 mai 2008, le requérant a introduit une réclamation, au titre de l’article 90, paragraphe 2, du statut, dirigée contre
         la décision de l’AIPN de ne pas le promouvoir au grade AST 2 au titre de l’exercice de promotion 2008 et, en substance, contre
         la décision de le classer dans le parcours de carrière AST 1-AST 7. Cette réclamation, réceptionnée par le Conseil le 30 mai
         2008, a fait l’objet d’une décision de rejet implicite le 30 septembre suivant.
      
      22      Par lettre du 24 juillet 2008, réceptionnée le 29 juillet suivant, le requérant a introduit une seconde réclamation au titre
         de l’article 90, paragraphe 2 du statut contre la décision de l’AIPN de ne pas le promouvoir au grade AST 2 au titre de l’exercice
         de promotion 2008 et, pour autant que de besoin, contre les décisions de l’AIPN de promouvoir à ce grade des fonctionnaires
         moins méritants. Cette seconde réclamation a été traitée par l’AIPN, en accord avec le requérant, comme étant ampliative de
         la première réclamation.
      
      23      Par décision du 10 novembre 2008, dont le requérant a accusé réception le 20 novembre suivant, l’AIPN a rejeté explicitement
         les réclamations du requérant. 
      
       Conclusions des parties et procédure
      24      Le requérant conclut à ce qu’il plaise au Tribunal :
      
      –        annuler la décision, publiée le 29 février 2008, de l’affecter au parcours de carrière AST 1 à AST 7 ;
      –        annuler la décision, publiée le 29 avril 2008, de ne pas promouvoir le requérant au grade AST 2 au titre de l’exercice de
         promotion 2008 ;
      
      –        annuler, « pour autant que besoin », les décisions de promouvoir au grade AST 2 des fonctionnaires moins méritants ; 
      –        condamner la partie défenderesse aux dépens
      25      Le Conseil conclut à ce qu’il plaise au Tribunal :
      
      –        rejeter le recours ;
      –        condamner la partie requérante à l’ensemble des dépens.
      26      Par ordonnance du président de la deuxième chambre du Tribunal du 20 avril 2010, la procédure dans la présente affaire a été
         suspendue dans l’intérêt d’une bonne administration de la justice jusqu’au prononcé de la décision du Tribunal mettant fin
         à l’instance dans l’affaire Noël/Conseil enregistrée sous la référence F-31/09 (ci-après l’« arrêt Nöel »).
      
      27      Suite à l’arrêt du Tribunal du 28 octobre 2010 mettant fin à l’instance dans l’affaire F-31/09, Noël/Conseil, la reprise de
         la procédure dans la présente affaire a été signifiée aux parties le 7 décembre 2010. Les parties ont présenté leurs observations
         sur les conséquences de l’arrêt Noël sur la présente affaire par lettre du Conseil du 21 décembre 2010 et de la partie requérante
         du 10 janvier 2011. 
      
      28      Par ordonnance du président de la deuxième chambre du Tribunal du 11 avril 2011, la présente affaire a été jointe, dans l’intérêt
         d’une bonne administration de la justice à l’affaire F-20/09, Juvyns/Conseil, aux fins de la procédure orale. 
      
       En droit
       Sur les conclusions en annulation de la décision d’affecter le requérant au parcours de carrière AST 1 à AST 7
       Arguments des parties 
      29      Au soutien de ses conclusions en annulation, le requérant soulève dans sa requête un moyen unique tiré de ce que l’administration
         aurait commis une erreur de droit en lui appliquant l’article 10, paragraphe 1, de l’annexe XIII du statut, selon lequel les
         fonctionnaires en fonction dans la catégorie C avant le 1er mai 2004 sont affectés à compter du 1er mai 2006 au parcours de carrière permettant uniquement des promotions jusqu’au grade AST 7. Le requérant fait valoir que,
         avant le 1er mai 2004, il était agent local et non fonctionnaire. Or, aucune disposition du statut ne prévoirait que l’article 10 de l’annexe
         XIII du statut serait applicable aux agents locaux.
      
      30      En défense, le Conseil estime que l’article 10, paragraphe 1, de l’annexe XIII du statut est applicable par analogie aux agents
         locaux devenus fonctionnaires suite à leur réussite à un concours interne, car la situation factuelle des agents locaux ne
         présenterait pas de différence essentielle par rapport à celle des fonctionnaires des anciennes catégories C et D.
      
      31      À l’audience, le requérant a indiqué au sujet de l’incidence de l’arrêt Noël sur la présente affaire, que, à considérer que
         les dispositions de l’article 10, paragraphe 3, de l’annexe XIII du statut lui soient applicables, l’administration aurait
         commis une erreur manifeste d’appréciation lorsque, pour les besoins de l’application desdites dispositions, elle a apprécié
         les fonctions qu’il occupait afin de déterminer à quelle catégorie de fonctionnaires prévue par l’ancienne nomenclature, à
         savoir B, C ou D, il devait être assimilé. En effet, le requérant relève que, dès lors que son rapport de notation 2005/2006
         faisait état de ce qu’il exerçait des fonctions de coordinateur d’équipe, lesquelles fonctions correspondaient, selon lui,
         à celles de chef d’équipe, il aurait dû être assimilé à un fonctionnaire de l’ancienne catégorie B et, par suite, être affecté
         au parcours de carrière AST 1 à AST 11 et classé au grade le plus bas possible prévu dans la nouvelle nomenclature pour les
         fonctionnaires relevant de l’ancienne catégorie B, à savoir AST 5. En tout état de cause, le requérant affirme que, dès lors
         que l’administration l’avait assimilé à un fonctionnaire de l’ancienne catégorie C, il aurait dû être nommé au grade AST 2,
         puisqu’en vertu de l’article 2 de l’annexe XIII du statut, les fonctionnaires de grade C 5, en exercice au 1er mai 2004, ont vu leur grade renommé, suite à la réforme statutaire, en grade AST 2. 
      
      32      Pour sa part, le Conseil a estimé que la solution dégagée par le Tribunal dans l’arrêt Noël devrait également être appliquée
         en l’espèce et que, par suite, il conviendrait de rejeter les présentes conclusions en annulation. 
      
       Appréciation du Tribunal
      33      À titre liminaire, il doit être relevé que le requérant a attendu le 29 mai 2008 pour introduire sa première réclamation contre
         la décision de l’affecter au parcours de carrière AST 1 à AST 7. Or, cette décision, dès lors qu’elle constitue l’exécution
         de l’article 10, paragraphe 1, de l’annexe XIII du statut, doit être considérée comme ayant été adoptée à la date à laquelle
         celui-ci est devenu d’application, soit le 1er mai 2006.
      
      34      Cependant, il doit également être relevé que le Conseil n’a pas expressément informé le requérant de l’adoption de la décision,
         du 1er mai 2006, de l’affecter au parcours de carrière AST 1 à AST 7 et que l’existence de cette décision ne pouvait être déduite
         de la seule lecture des dispositions statutaires pertinentes. Par suite, il y a lieu de considérer que le requérant a pu ne
         prendre connaissance de la décision l’affectant au parcours de carrière AST 1 à AST 7 qu’à l’occasion de l’exercice de promotion
         2008, premier exercice de promotion depuis sa titularisation pour lequel il disposait de l’ancienneté requise par l’article
         45 du statut pour être promu. Dans ces conditions, la réclamation et le présent recours ont été introduits dans les délais
         statutaires. 
      
      35      Sur le fond, et ainsi que l’a relevé le Tribunal aux points 19 et suivants de l’arrêt Noël, il doit être constaté que, contrairement
         aux affirmations du requérant, l’article 10, paragraphe 3, de l’annexe XIII du statut est applicable aux agents locaux, puisqu’aux
         termes de l’article 1er, paragraphe 1, de l’annexe du RAA, les dispositions de l’annexe XIII du statut sont applicables par analogie aux autres agents
         en fonction au 30 avril 2004, y inclus donc les agents locaux. Or, ainsi qu’il a été dit plus haut, à la date du 30 avril
         2004 le requérant était agent local. Ainsi, du fait de son statut d’agent local à la date du 30 avril 2004, l’article 10 de
         l’annexe XIII du statut lui est applicable par analogie. Aussi, c’est à bon droit que le requérant a été assimilé à un fonctionnaire
         de l’ancienne catégorie C, catégorie qui correspondait « à des fonctions d’exécution nécessitant des connaissances du niveau
         de l’enseignement moyen », dès lors qu’il ressort du dossier que celui-ci, affecté au service du tri du courrier du secrétariat
         général du Conseil, avait pour tâches, selon les indications figurant dans son rapport de notation 2005/2006, d’« identifier
         les destinataires des plis envoyés au Conseil[, ainsi que de] veiller à leur envoi correct par ses collègues » et « à ce que
         les permanences soient assurées pendant la pause de midi et le soir, lorsque cela est nécessaire ». Partant, c’est également
         à bon droit que le requérant a été affecté au parcours de carrière permettant des promotions uniquement jusqu’au grade AST 7.
      
      36      Cette constatation n’est pas remise en cause par le moyen soulevé lors de l’audience par le requérant selon lequel l’administration
         aurait commis une erreur manifeste dans l’appréciation des fonctions qu’il exerçait en tant qu’agent local, ce moyen étant
         irrecevable. En effet, dans sa requête, le requérant s’est borné à soulever un moyen tiré d’une erreur de droit en ce que
         l’administration lui aurait appliqué à tort l’article 10, paragraphe 3, de l’annexe XIII du statut, sans soulever de moyen
         subsidiaire tiré d’une erreur d’appréciation dans l’application à sa situation personnelle desdites dispositions, ce qu’il
         aurait pu faire dès lors qu’à l’occasion du rejet de la réclamation il avait pu prendre connaissance du raisonnement suivi
         par l’administration. Partant, le requérant ne saurait soulever à l’audience un second moyen tiré de l’erreur manifeste d’appréciation
         sans que celui-ci ne soit considéré comme un moyen nouveau, car insusceptible de se rattacher à l’un de ceux soulevés dans
         la requête. Or, l’article 43, paragraphe 1, du règlement de procédure du Tribunal interdit la production de moyens nouveaux
         après le premier échange de mémoires, à moins que ceux-ci ne se fondent sur des éléments qui se sont révélés pendant la procédure.
         Certes, l’arrêt Noël, à l’occasion duquel le Tribunal a constaté que l’article 10, paragraphe 3, de l’annexe XIII du statut
         s’appliquait aux agents locaux, n’avait pas encore été rendu lorsque le requérant a introduit son recours, mais il est constant
         que le prononcé d’un arrêt, à l’occasion duquel le Tribunal explicite l’interprétation à donner à une règle de droit ne fait
         que révéler une situation juridique préexistante de sorte qu’il ne saurait être considéré comme un élément nouveau (voir,
         en ce sens, arrêt du Tribunal de première instance du 20 mai 2003, Diehl-Leistner/Commission, T-80/01, point 38). 
      
      37      En tout état de cause, il doit être relevé que le rapport de notation 2005/2006 du requérant indique que celui-ci exerce,
         non pas comme il le soutient, les fonctions de chef d’équipe, mais celles de coordinateur d’équipe. Or, ces fonctions ne figurent
         pas parmi celles expressément prévues par le statut. Certes, ce qualificatif employé de « coordinateur d’équipe du tri courrier »,
         suggère que le requérant a notamment pour tâche d’organiser le travail de certains de ses collègues, mais, pour autant, l’emploi
         de ce terme par l’évaluateur ne démontre pas que, à l’instar d’un chef d’unité, le requérant ait disposé à leur égard d’un
         pouvoir de direction. Au contraire, il ressort des précisions apportées par le Conseil en cours d’audience que la fonction
         de coordinateur d’équipe au sein du service du tri du courrier que remplissait le requérant lui avait été attribuée de façon
         informelle et qu’elle correspondait à celle d’une personne jouant le rôle, eu égard à son expérience, d’un primus inter pares.
         
      
      38      Enfin, quant aux griefs dirigés par le requérant contre son classement en grade, il y a lieu d’observer que l’avis de concours
         Conseil/C/275, modifié par le corrigendum du 25 mai 2004, auquel le requérant a été reçu, mentionnait expressément que la
         nomination des lauréats se ferait au grade correspondant au grade C 5 dans la nouvelle nomenclature. Dès lors que, comme l’a
         relevé l’AIPN dans le rejet de la réclamation, l’article 12, paragraphe 3, de l’annexe XIII du statut, rendu applicable au
         requérant par l’article 1er de l’annexe du RAA, dispose que les fonctionnaires inscrits sur une liste de réserve avant le 1er mai 2006 et recrutés entre le 1er mai 2004 et le 30 avril 2006, sont classés, lorsque la liste a été établie pour la catégorie C*, dans le grade publié dans
         l’avis de concours, c’est à juste titre que le requérant a été nommé au grade C*1, lequel est devenu, par application des
         dispositions transitoires contenues à l’annexe XIII, du statut, le grade AST 1. 
      
      39      Il résulte de ce qui précède qu’il convient de rejeter les conclusions en annulation dirigées contre la décision d’affecter
         le requérant au parcours de carrière AST 1 à AST 7.
      
       Sur les conclusions en annulation de la décision de ne pas promouvoir le requérant au grade AST 2 au titre de l’exercice de
            promotion 2008 et, « pour autant que besoin », des décisions de promouvoir au grade AST 2 des fonctionnaires moins méritants
      40      À l’appui de ses conclusions, le requérant soulève deux moyens qui doivent être compris, eu égard à ses écrits, comme étant
         tirés : 
      
      –        le premier, de la violation de l’article 45 du statut, de la violation des principes d’égalité de traitement dans le déroulement
         de la carrière et de bonne administration, ainsi que de l’existence d’une erreur manifeste d’appréciation ; 
      
      –        le deuxième, de la violation de l’obligation de motivation.
       Sur la recevabilité des moyens et des griefs soulevés par le requérant 
      41      Le Conseil soulève, à titre liminaire, une exception d’irrecevabilité à l’égard, d’une part, du grief, présenté dans le cadre
         du premier moyen, tiré de la violation du principe d’égalité de traitement dans le déroulement de la carrière et, d’autre
         part, du deuxième moyen au motif que le requérant ne développerait nullement ce grief et ce moyen. 
      
      42      À cet égard, s’agissant du grief tiré de la violation du principe d’égalité de traitement, il convient de rappeler que, en
         vertu de l’article 35, paragraphe 1, sous e), du règlement de procédure, la requête doit contenir l’exposé des moyens et arguments
         de fait et de droit invoqués. Ces éléments doivent être suffisamment clairs et précis pour permettre à la partie défenderesse
         de préparer sa défense et au Tribunal de statuer sur le recours, le cas échéant, sans autres informations. 
      
      43      Afin de garantir la sécurité juridique et une bonne administration de la justice, il est nécessaire, pour qu’un grief soit
         recevable, que les éléments essentiels de fait et de droit sur lesquels celui-ci se fonde ressortent de façon cohérente et
         compréhensible du texte de la requête elle-même. 
      
      44      Il en est d’autant plus ainsi que, selon l’article 7, paragraphe 3, de l’annexe I du statut de la Cour de justice de l’Union
         européenne, la phase écrite de la procédure devant le Tribunal ne comporte, en principe, qu’un seul échange de mémoires, sauf
         décision contraire du Tribunal. Cette particularité de la procédure devant le Tribunal explique que, à la différence de ce
         qui est prévu devant la Cour ou le Tribunal de l’Union européenne par l’article 21, premier alinéa, du statut de la Cour,
         l’exposé des moyens et arguments dans la requête ne saurait être sommaire (arrêt du Tribunal du 9 mars 2010, N/Parlement,
         F-26/09, point 70).
      
      45      En l’espèce, il ressort des écrits du requérant que, pour soutenir l’existence d’une violation du principe d’égalité de traitement,
         ce dernier allègue que les orientations données aux notateurs par le secrétaire général adjoint du Conseil n’ont pas été suivies
         uniformément au sein du secrétariat général, ce dont témoignerait la CP no 35/08. Cependant, le requérant ne précise pas laquelle de ces orientations n’aurait pas été respectée par les notateurs.
         Or, il n’appartient pas au juge de dégager de la CP no 35/08 les arguments susceptibles de constituer le fondement du grief tiré de la violation du principe de l’égalité de traitement.
         
      
      46      En outre, ledit grief concerne le rapport de notation du requérant établi pour la période allant du 1er janvier 2005 au 30 juin 2006 et non la décision de ne pas promouvoir celui-ci au titre de l’exercice de promotion 2008. Or,
         il ne ressort pas du dossier que le requérant ait contesté ce rapport de notation, soit par réclamation, soit, ainsi qu’il
         était en droit de le faire, en introduisant directement un recours (arrêt de la Cour du 15 mars 1989, Bevan/Commission, 140/87,
         point 11 ; arrêt du Tribunal de première instance du 29 février 1996, Lopes/Cour de justice, T-547/93, point 163). Au surplus,
         le présent recours a été introduit après qu’un délai bien supérieur à quatre mois se soit écoulé depuis non seulement la date
         de la finalisation du rapport de notation concerné par le grief en cause, à savoir celui établi pour la période allant du
         1er janvier 2005 au 30 juin 2006, mais également depuis la date de la publication de la CP no 35/08, laquelle, selon le requérant, lui aurait permis de se rendre compte de la prétendue illégalité dont serait entaché
         ledit rapport de notation. En conséquence, le grief présenté dans le cadre du premier moyen, tiré de la violation du principe
         d’égalité de traitement, doit être rejeté comme irrecevable.
      
      47      En ce qui concerne le second moyen, tiré de la violation de l’obligation de motivation, il y a lieu de rappeler qu’il est
         de jurisprudence constante qu’un défaut de motivation constitue un moyen d’ordre public qui peut, en tout état de cause, être
         examiné d’office par le juge de l’Union (voir, en ce sens, arrêt de la Cour du 20 février 1997, Commission/Daffix, C-166/95 P,
         point 24 ; arrêt du Tribunal de première instance du 3 octobre 2006, Nijs/Cour des comptes, T-171/05, point 31). Il s’ensuit
         qu’un grief tiré de la violation de l’obligation de motivation ne saurait être irrecevable au motif qu’il est insuffisamment
         développé dans la requête. 
      
      48      Il résulte de l’ensemble de ce qui précède que les premier et second moyens sont recevables, mais, pour ce qui est du premier,
         uniquement en ce qu’il est tiré de la violation de l’article 45 du statut, du principe de bonne administration et de l’erreur
         manifeste d’appréciation. 
      
       Sur le premier moyen, tiré de la violation de l’article 45 du statut, de la violation du principe de bonne administration
         et de l’erreur manifeste d’appréciation
      
      –       Arguments des parties
      49      Dans une première branche du moyen, le requérant soutient que les termes « le cas échéant » figurant à l’article 45 du statut
         signifieraient non pas que l’AIPN peut, pour la promotion, prendre en compte le niveau des responsabilités exercées uniquement
         à titre accessoire, mais qu’elle doit en tenir compte dès lors qu’un fonctionnaire exerce des responsabilités d’un niveau
         supérieur à celui des responsabilités correspondant à son grade. Or, en l’espèce, l’AIPN n’aurait tenu compte du niveau des
         responsabilités exercées qu’à titre subsidiaire. 
      
      50      Dans une deuxième branche du moyen, le requérant affirme que l’AIPN a commis une erreur manifeste dans l’appréciation du niveau
         des responsabilités qu’il exerçait ainsi que de ses mérites, ce dont témoignerait la circonstance que des fonctionnaires ayant
         un niveau de responsabilités et des mérites manifestement inférieurs aux siens ont été promus. 
      
      51      Dans une troisième et dernière branche du moyen, le requérant soutient que le Conseil a violé l’article 45 du statut ainsi
         que le principe de bonne administration en ne prenant pas les dispositions nécessaires à l’établissement, en temps utile,
         des rapports de notation de ses fonctionnaires pour la période allant du 1er juillet 2006 au 31 janvier 2007. En effet, le requérant relève que la commission consultative de promotion et l’AIPN ont procédé
         à l’examen comparatif des fonctionnaires promouvables sur le seul fondement des rapports de notation portant sur la période
         allant du 1er janvier 2005 au 30 juin 2006 (ci-après les « rapports de notation 2005/2006 ») sans attendre l’établissement des rapports
         de notation pour la période allant du 1er juillet 2006 au 31 janvier 2007 (ci-après les « rapports de notation 2006/2007 »), ni même prendre en considération d’autres
         éléments susceptibles de refléter le mérite des fonctionnaires promouvables pour cette dernière période. 
      
      52      Selon le requérant, l’absence de prise en considération par l’AIPN des rapports de notation 2006/2007 l’aurait particulièrement
         pénalisé, car si tel avait été le cas lors de l’examen comparatif des fonctionnaires promouvables, l’AIPN aurait constaté
         l’excellence de ses mérites pendant cette période ainsi que le niveau important des responsabilités qu’il exerçait, puisque,
         bien qu’étant fonctionnaire de grade AST 1, il assumait les fonctions de coordinateur d’équipe au sein du service du tri du
         courrier. En outre, le seul rapport de notation le concernant que l’administration aurait eu à sa disposition portait sur
         la période comprise entre le 1er mai 2005 et le 30 juin 2006, soit une période plus courte que celle visée dans les rapports de notation de ses collègues
         dont disposait l’AIPN et de surcroît une période pendant laquelle il était encore fonctionnaire stagiaire.
      
      53      En défense le Conseil a fait état, dans ses écrits, de ce que le niveau des responsabilités exercées par les fonctionnaires
         promouvables n’avait été pris en compte par l’AIPN qu’à titre subsidiaire, mais que, pour autant, il n’en résultait aucune
         irrégularité, car, en substance, les termes « le cas échéant », figurant à l’article 45 du statut, devraient être compris
         comme signifiant que le niveau des responsabilités exercées ne doit être pris en considération que dans des cas spécifiques,
         par exemple, lorsque le fonctionnaire en cause a accepté d’exercer un emploi relevant d’un parcours de carrière supérieur
         au sien. Or, tel n’était pas le cas en l’espèce. 
      
      54      Lors de l’audience, le Conseil a cependant indiqué avoir commis une erreur de plume dans ses écrits et a finalement soutenu
         que le niveau des responsabilités exercées avait été pris en compte par l’AIPN à titre principal.
      
      55      En ce qui concerne la deuxième branche du moyen, le Conseil conteste que des fonctionnaires de niveaux de responsabilités
         et de mérites inférieurs à ceux du requérant ont été promus au titre de l’exercice de promotion 2008. L’AIPN a indiqué dans
         le rejet de la réclamation que, après examen comparatif des appréciations analytiques et d’ordre général des rapports de notation
         2005/2006, des connaissances et des niveaux de responsabilités, les mérites des quatre fonctionnaires proposés pour une promotion
         au titre de l’exercice 2008 avaient tous été considérés comme égaux ou supérieurs à ceux du requérant. Le Conseil soutient
         que, en tout état de cause, il n’existerait pas de faisceau d’indices suffisant pour démontrer que l’AIPN aurait commis une
         erreur d’appréciation. 
      
      56      En ce qui concerne la troisième branche du moyen, le Conseil allègue que celle-ci est irrecevable, car la décision de baser
         l’exercice de promotion 2008 sur les rapports de notation 2005/2006, sans attendre que soient établis les rapports de notation
         2006/2007, ne ferait pas personnellement grief au requérant puisque cette décision concernerait, de façon non discriminatoire,
         l’ensemble du personnel du secrétariat général.
      
      57      À titre subsidiaire, le Conseil estime qu’aucune règle ne lui imposait, dans la perspective d’adopter les décisions de promotion
         au titre de l’exercice 2008, d’établir les rapports de notation pour la période allant du 1er juillet 2006 au 31 janvier 2007 afin de pouvoir tenir compte des 18 derniers mois précédant l’exercice de promotion. En outre,
         il fait valoir que l’article 43 du statut admet que les rapports de notation ne soient établis que tous les deux ans. Le Conseil
         ayant décidé d’établir des rapports de notation tous les 18 mois et l’exercice de promotion étant, quant à lui, annuel, il
         serait inévitable qu’à un moment donné les mêmes rapports de notation soient pris en compte pour deux exercices de promotion
         consécutifs. 
      
      58      En tout état de cause, le Conseil fait valoir qu’attendre l’achèvement complet de l’exercice de notation 2006/2007 l’aurait
         conduit, soit à retarder considérablement l’exercice de promotion 2008, soit à prendre le risque de ne pas recueillir tous
         les rapports de notation 2006/2007 en temps utile. Dans cette dernière hypothèse, les commissions consultatives de promotion
         auraient été dans l’impossibilité de comparer les mérites des fonctionnaires promouvables sur une base égalitaire. Aussi,
         en décidant de fonder l’exercice de promotion 2008 sur les rapports de notation 2005/2006, le Conseil estime que l’AIPN a
         agi dans les limites de ses pouvoirs et en conformité avec le principe de bonne administration. 
      
      –       Appréciation du Tribunal
      59      En ce qui concerne la première branche du moyen, tirée de ce que l’AIPN aurait commis une erreur de droit en ne tenant compte
         qu’à titre subsidiaire du niveau des responsabilités exercées par les fonctionnaires promouvables, il convient de rappeler
         que, comme l’a jugé le Tribunal dans son arrêt du 5 mai 2010, Bouillez e.a./Conseil (F-53/08, points 56 et suivants), l’expression
         « le cas échéant », figurant à l’article 45 du statut, signifie que, dans la mesure où, en principe, les agents d’un même
         grade sont censés occuper des fonctions de responsabilités équivalentes, lorsque tel n’est pas le cas, cette circonstance
         doit être prise en considération lors de la procédure de promotion et que, par conséquent, l’administration est tenue, lorsqu’elle
         procède à l’examen comparatif des fonctionnaires promouvables, de tenir compte du niveau des responsabilités exercées par
         un fonctionnaire promouvable lorsque celles-ci excèdent celles normalement dévolues à un fonctionnaire de son grade. 
      
      60      En l’espèce, si le Conseil a initialement indiqué que l’AIPN n’avait pris en considération le niveau des responsabilités exercées
         par les fonctionnaires promouvables qu’à titre subsidiaire, avant de se raviser lors de l’audience, il ressort en tout état
         de cause du rejet de la réclamation, dont la motivation est supposée coïncider avec celle de la décision de ne pas promouvoir
         le requérant au grade AST 2 (voir, en ce sens, arrêt du Tribunal de première instance du 11 juin 1996, Anacoreta Correia/Commission,
         T-118/95, point 82) que « les rapports de notation […], l’utilisation dans l’exercice de leurs fonctions des langues autre
         que la langue dont ils ont justifié posséder une connaissance approfondie […] ainsi que, le cas échéant, le niveau des responsabilités
         exercées, ont constitué des éléments déterminants dans l’examen [par la commission consultative de promotion] des mérites
         aux fins de la promotion ». L’AIPN s’étant fondée, pour adopter les décisions de promotion, sur les travaux de la commission
         consultative de promotion, dont il vient d’être rappelé qu’ils ont comporté à titre principal, et non à titre subsidiaire,
         l’examen comparatif des niveaux des responsabilités exercées par les fonctionnaires promouvables, il s’ensuit que le requérant
         n’établit pas à suffisance de droit que le niveau des responsabilités exercées n’a pas été pris en compte par l’AIPN, à titre
         principal, dans le cadre de l’examen comparatif des mérites. En conséquence, la première branche du premier moyen doit être
         rejetée. 
      
      61      S’agissant de la deuxième branche du premier moyen, il suffit de relever, pour la rejeter, que le requérant ne fournit aucun
         indice au soutien de son allégation, selon laquelle l’AIPN aurait commis une erreur manifeste dans l’appréciation du niveau
         des responsabilités qu’il exerçait ainsi que de ses mérites, ce dont témoignerait la circonstance qu’auraient été promus des
         fonctionnaires de niveau de responsabilités et de mérites manifestement inférieurs aux siens, susceptible de démontrer que
         l’AIPN aurait effectivement promu de tels fonctionnaires. Or, selon une jurisprudence constante, d’une part, un acte administratif
         jouit d’une présomption de légalité et, d’autre part, la charge de la preuve pèse, par principe, sur celui qui allègue, de
         sorte qu’il incombe au requérant de fournir à tout le moins des indices suffisamment précis, objectifs et concordants de nature
         à soutenir la véracité ou la vraisemblance des faits à l’appui de sa prétention (arrêt du Tribunal du 4 février 2010, Wiame/Commission,
         F-15/08, point 21). Par conséquent, un requérant ne disposant ni de preuve ni, à tout le moins, d’un faisceau d’indices doit
         accepter la présomption de légalité attachée aux décisions adoptées en matière de promotion et ne saurait exiger du Tribunal
         qu’il prenne lui-même connaissance de tous les rapports de notation des autres candidats à la promotion et qu’il procède à
         l’examen des niveaux de responsabilités exercées par les candidats à la promotion afin de déterminer si l’AIPN a commis une
         erreur manifeste d’appréciation lorsqu’elle a décidé de ne pas promouvoir le requérant.
      
      62      Il en est d’autant plus ainsi lorsque, comme en l’espèce, l’AIPN a indiqué dans le rejet de la réclamation qu’il ressortait
         « d’un examen comparatif des appréciations analytiques et d’ordre général des rapports de notation, des connaissances et des
         niveaux de responsabilités que les mérites des autres fonctionnaires proposés pour la promotion pouvaient être considérés
         comme égaux ou supérieurs » à ceux du requérant.
      
      63      Pour ce qui est de l’exception d’irrecevabilité soulevée par le Conseil à l’encontre de la troisième branche du premier moyen
         au motif que le fait que l’AIPN ait procédé à l’exercice de promotion 2008 sans attendre l’établissement des rapports de notation
         2006/2007 ne ferait pas personnellement grief au requérant dès lors qu’il a concerné l’ensemble du personnel du secrétariat
         général, il y a lieu d’observer que, si, selon une jurisprudence constante, un fonctionnaire n’est pas habilité à agir dans
         l’intérêt de la loi ou des institutions et ne peut faire valoir, à l’appui d’un recours en annulation, que les griefs qui
         lui sont personnels (arrêt du Tribunal du 23 janvier 2007, Chassagne/Commission, F-43/05, point 100), il suffit que l’illégalité
         alléguée ait eu des conséquences sur la situation juridique du requérant, pour que le grief qu’il en tire soit considéré comme
         un grief personnel. Or, en l’espèce, la situation juridique personnelle du requérant a été affectée par le comportement collectif
         de l’administration, de sorte que le grief que celui-ci formule à l’égard de ce comportement doit être considéré comme recevable.
         
      
      64      Sur le fond, il convient de faire observer que, si, selon une jurisprudence constante, le rapport de notation constitue un
         élément indispensable d’appréciation chaque fois que la carrière d’un fonctionnaire est prise en considération en vue de l’adoption
         d’une décision concernant sa promotion (voir, notamment, arrêt de la Cour du 17 décembre 1992, Moritz/Commission, C-68/91,
         point 16), l’article 43 du statut n’impose l’établissement d’un rapport de notation que tous les deux ans. Sachant que le
         statut ne prévoit pas que l’exercice de promotion doit avoir la même périodicité que l’exercice de notation, force est de
         constater que le statut n’exclut pas qu’une promotion puisse être décidée sans que l’AIPN ne dispose d’un rapport de notation
         récent. 
      
      65      Certes, ce dont le requérant fait grief à l’administration n’est pas tant d’avoir omis de tenir compte d’une période travaillée
         pour décider des promotions mais de ne pas avoir retardé l’exercice de promotion afin de disposer du rapport de notation portant
         sur une période d’évaluation close et précédant immédiatement l’exercice de promotion. Néanmoins, compte tenu de ce que ni
         le statut ni les règles internes au Conseil n’imposent de synchronisation entre les exercices de notation et de promotion
         et que l’administration dispose d’un large pouvoir d’appréciation pour organiser la procédure de promotion, il y a lieu de
         considérer que, même s’il aurait été souhaitable que l’administration s’efforce de disposer des rapports de notation 2006/2007
         pour l’exercice de promotion 2008, l’absence de prise en compte, à titre exceptionnel, desdits rapports ne constitue pas une
         illégalité, particulièrement lorsque, comme en l’espèce, l’ensemble des fonctionnaires promouvables ont été traités de façon
         identique. 
      
      66      Il en est d’autant plus ainsi que, selon la jurisprudence, le fait pour l’AIPN de ne pas disposer du rapport de notation le
         plus récent d’un des candidats, lorsqu’elle procède à l’examen comparatif des mérites des fonctionnaires promouvables, n’est
         pas susceptible d’entacher la procédure de promotion d’une irrégularité lorsque cette absence de rapport de notation est due
         au déroulement normal de la procédure de notation (voir, en ce sens, arrêt du Tribunal de première instance du 15 novembre
         2001, Sebastiani/Commission, T-194/99, points 45, 46 et 49). 
      
      67      Ainsi, le Conseil ayant pu, à bon droit, procéder, pour l’exercice de promotion 2008, à l’examen comparatif des mérites des
         fonctionnaires promouvables au grade AST 2 sur le fondement des seuls rapports de notation 2005/2006, le requérant ne saurait
         tirer argument, pour demander l’annulation de la décision de ne pas le promouvoir au titre de cet exercice, de ce que l’AIPN
         n’a disposé dans son seul cas que d’un rapport de notation établi pour une période de seulement treize mois au cours de laquelle,
         en outre, il était fonctionnaire stagiaire. En effet, la nomination d’un fonctionnaire étant susceptible d’intervenir, selon
         les besoins du service, indépendamment de la date de début de la période d’évaluation dans le cadre de l’exercice de notation,
         il est inévitable que les fonctionnaires nouvellement nommés soient évalués sur une période plus courte que celle retenue
         pour l’évaluation de leurs collègues. 
      
      68      Enfin, à considérer que le requérant soulèverait également une erreur manifeste d’appréciation en ce que l’administration
         aurait mal apprécié son niveau de responsabilités au motif qu’elle n’aurait pas disposé des rapports de notation 2006/2007,
         il y aurait lieu également de rejeter ce grief. En effet, dès lors que, à titre exceptionnel, l’AIPN peut baser un exercice
         de promotion sur des rapports établis pour une période expirant, comme en l’espèce, environ 19 mois avant la date de lancement
         de l’exercice de promotion en question, il doit être admis qu’elle est en droit d’apprécier les autres critères de l’article
         45 en se référant uniquement à cette même période. En toute hypothèse le grief ne pourrait qu’être rejeté, car les responsabilités
         prétendument omises de l’appréciation de l’administration, à savoir celles de coordinateur d’équipe au sein du service du
         tri du courrier, figuraient déjà dans son rapport de notation 2005/2006 de sorte que l’AIPN a pu en tenir compte.
      
      69      Il s’ensuit que la troisième branche du premier moyen et, par voie de conséquence, l’ensemble du premier moyen doit être rejeté.
      
       Sur le second moyen, tiré de la violation de l’obligation de motivation
      70      Le requérant soutient, sans autre explication, que la décision de ne pas le promouvoir au grade AST 2 au titre de l’exercice
         de promotion 2008 est insuffisamment motivée. 
      
      71      À cet égard, il y a lieu de rappeler que, si l’AIPN n’est pas tenue de faire figurer dans les décisions de non-promotion,
         la motivation de ces décisions, elle est, en revanche, tenue d’apporter cette motivation au stade du rejet de la réclamation
         d’un candidat non promu (voir, en ce sens, arrêt Anacoreta Correia/Commission, précité, point 82 ; arrêt du Tribunal du 8
         octobre 2008, Barbin/Parlement, F-81/07, point 27). 
      
      72      De plus, il doit être précisé que l’obligation de motivation suppose que le destinataire d’une décision faisant grief soit
         mis à même de comprendre, d’une façon claire et non équivoque, le raisonnement de l’administration. Ainsi, l’administration
         est tenue, en fonction de ces circonstances, de fournir à l’intéressé des éléments d’information spécifiques à son cas, sans
         pouvoir se contenter de considérations générales ou d’une simple référence à la régularité de la procédure suivie, étant rappelé
         qu’en tout état de cause, les pures clauses de style et les énonciations abstraites, dépourvues de lien direct avec les détails
         de l’affaire, ne satisfont pas aux exigences de motivation (voir, notamment, arrêt du Tribunal de première instance du 1er mars 2005, Smit/Europol, T-143/03, points 37 et 38). 
      
      73      En l’espèce, force est de constater que les explications fournies par le Conseil dans le rejet de la réclamation au sujet
         des raisons ayant conduit l’AIPN à adopter la décision de ne pas promouvoir le requérant au titre de l’exercice de promotion
         2008 sont stéréotypées puisqu’elles se limitent à l’affirmation selon laquelle la décision de ne pas promouvoir le requérant
         satisfait aux conditions légales pour le motif qu’« il ressort d’un examen comparatif des appréciations analytiques et d’ordre
         général des rapports de notation, des connaissances et des niveaux de responsabilités que les mérites des quatre fonctionnaires
         proposés pour la promotion pouvaient être considérés comme supérieurs [à ceux du requérant] ». 
      
      74      Pour autant, la décision de ne pas promouvoir le requérant au grade AST 2 au titre de l’exercice de promotion 2008 ne saurait
         être annulée pour violation de l’obligation de motivation. En effet, il convient de rappeler que, si l’obligation de motivation
         a pour but de permettre au destinataire de l’acte d’en apprécier le bien-fondé et, par suite, l’opportunité d’introduire un
         recours devant le Tribunal et, à ce dernier, de pouvoir exercer son contrôle sur la légalité dudit acte (voir, arrêt du Tribunal
         du 10 septembre 2009, Behmer/Parlement, F-124/07, point 58, et la jurisprudence citée), une décision est suffisamment motivée
         si elle est intervenue dans un contexte connu du fonctionnaire concerné, susceptible de lui permettre de comprendre la portée
         de la mesure prise à son égard (voir, notamment, arrêt du Tribunal 23 novembre 2010, Gheysens/Conseil, F-8/10, point 63).
      
      75      L’étendue de l’obligation de motivation doit être appréciée en fonction des circonstances concrètes, notamment du contenu
         de l’acte, de la nature des motifs invoqués et de l’intérêt que le destinataire peut avoir à recevoir des explications (arrêts
         du Tribunal de première instance du 26 janvier 1995, Pierrat/Cour de justice, T-60/94, points 31 et 32 ; du 27 avril 1999,
         Thinus/Commission, T-283/97, point 73, du 25 octobre 2005, Salazar Brier/Commission, T-83/03, point 78 et du 23 novembre 2006,
         Lavagnoli/Commission, T-422/04, point 69). Ainsi, s’agissant de la motivation d’une décision adoptée dans le cadre d’une procédure
         affectant un grand nombre d’individus, telle une procédure de promotion, il ne saurait être exigé de l’AIPN qu’elle motive
         sa décision à l’occasion du rejet de la réclamation au-delà des griefs invoqués dans ladite réclamation, en expliquant notamment
         pour quelles raisons chacun des fonctionnaires promouvables avaient des mérites supérieurs à ceux de l’auteur de la réclamation.
      
      76      En l’espèce, il est constant que, dans sa réclamation, le requérant a soulevé, de façon suffisamment détaillée pour que l’administration
         en comprenne la portée, un grief tiré de ce que l’AIPN n’a tenu compte que de façon facultative du niveau des responsabilités
         exercées par chaque fonctionnaire promouvable, un grief tiré de ce que certains fonctionnaires auraient été promus alors que
         le niveau des responsabilités qu’ils exerçaient était inférieur au niveau des responsabilités exercées par le requérant, ainsi
         qu’un grief tiré de ce que le Conseil n’aurait pas pris les dispositions nécessaires à l’établissement, en temps utile, des
         rapports de notation 2006/2007, ce qui aurait eu pour conséquence que l’AIPN n’aurait pas pu tenir compte de l’excellence
         de ses mérites et du niveau effectif des responsabilités qu’il a exercées pendant la période allant du 1er juillet 2006 au 31 décembre 2007.
      
      77      Or, le Tribunal estime que le rejet de la réclamation contenait, en réponse aux différents points soulevés dans la réclamation,
         des précisions suffisantes pour permettre au requérant d’apprécier le bien-fondé des griefs qu’il avait présentés et, par
         suite, l’opportunité d’introduire un recours devant le Tribunal. En effet, le rejet de la réclamation mentionnait, comme il
         a été relevé au point 59 du présent arrêt, que « les rapports de notation […], l’utilisation dans l’exercice de leurs fonctions
         des langues autre que la langue dont ils ont justifié posséder une connaissance approfondie […] ainsi que, le cas échéant,
         le niveau des responsabilités exercées, ont constitué des éléments déterminants dans l’examen [par la commission consultative
         de promotion] des mérites aux fins de la promotion ». En outre, le rejet de la réclamation a notamment rappelé que la CP no 39/08 avait expliqué les raisons du choix de l’AIPN de baser l’exercice de promotion sur les rapports de notation 2005/2006,
         à savoir qu’« attendre l’achèvement complet de l’exercice de notation 2006/2007, commencé le 22 février 2008 par la publication
         de la [communication au personnel] no 14/08, aurait conduit l’AIPN à exagérément retarder l’exercice de promotion 2008 et même à prendre le risque de ne pas recueillir
         tous les rapports de notation [de sorte que d]ans cette dernière hypothèse, les commissions consultatives de promotion n’auraient
         pas pu effectuer la comparaison des mérites des fonctionnaires promouvables sur une base égale, en violation du principe d’égalité
         de traitement et de la jurisprudence ». 
      
      78      Par conséquent, il convient de rejeter le deuxième moyen comme étant non fondé.
      
      79      Aucun des moyens soulevés n’étant fondé, il convient de rejeter les conclusions en annulation de la décision de ne pas promouvoir
         le requérant au grade AST 2 au titre de l’exercice de promotion 2008.
      
      80      Le requérant ayant fondé ses conclusions tenant à l’annulation, « pour autant que de besoin », des décisions de promouvoir
         au grade AST 2 des fonctionnaires supposés moins méritants que lui sur la prémisse que la décision de ne pas le promouvoir
         au grade AST 2 au titre de l’exercice de promotion 2008 serait illégale, il convient, par voie de conséquence, de rejeter
         lesdites conclusions. 
      
      81      Il résulte de tout ce qui précède que le recours doit être rejeté dans son ensemble. 
      
       Sur les dépens
      82      Aux termes de l’article 87, paragraphe 1, du règlement de procédure, sous réserve des autres dispositions du chapitre huitième
         du titre deuxième dudit règlement, toute partie qui succombe est condamnée aux dépens, s’il est conclu en ce sens. En vertu
         du paragraphe 2 du même article, le Tribunal peut décider, lorsque l’équité l’exige, qu’une partie qui succombe n’est condamnée
         que partiellement aux dépens, voire qu’elle ne doit pas être condamnée à ce titre.
      
      83      Il résulte des motifs énoncés ci-dessus que le requérant a succombé en son recours. En outre, le Conseil a, dans ses conclusions,
         expressément demandé que le requérant soit condamné aux dépens. Les circonstances de l’espèce ne justifiant pas l’application
         des dispositions de l’article 87, paragraphe 2, du règlement de procédure, il y a donc lieu de condamner le requérant à supporter,
         outre ses propres dépens, les dépens exposés par le Conseil.
      
      Par ces motifs,
      LE TRIBUNAL DE LA FONCTION PUBLIQUE (deuxième chambre)
      
      déclare et arrête :
      1)      Le recours est rejeté.
      2)      M. Merhzaoui supporte ses dépens et ceux du Conseil de l’Union européenne. 
      
               Boruta 
            
            
                Van Raepenbusch 
            
            
                Rofes i Pujol
            
         Ainsi prononcé en audience publique à Luxembourg, le 10 novembre 2011.
      
               Le greffier 
            
             
            
                      Le président
            
         
               W. Hakenberg 
            
             
            
                      S. Van Raepenbusch
            
         * Langue de procédure : le français.