CELEX: 61964CJ0021
Language: fr
Date: 1965-03-31 00:00:00
Title: Arrêt de la Cour du 31 mars 1965. # Macchiorlati Dalmas & Figli contre Haute Autorité de la CECA. # Affaire 21-64.

Avis juridique important

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61964J0021

Arrêt de la Cour du 31 mars 1965.  -  Macchiorlati Dalmas & Figli contre Haute Autorité de la CECA.  -  Affaire 21-64.  

Recueil de jurisprudence édition française page 00227 édition néerlandaise page 00232 édition allemande page 00242 édition italienne page 00222 édition spéciale anglaise page 00175 édition spéciale danoise page 00043 édition spéciale grecque page 00051 édition spéciale portugaise page 00055 édition spéciale espagnole page 00181

SommairePartiesObjet du litigeMotifs de l'arrêtDécisions sur les dépensesDispositif
Mots clés

1 . DISPOSITIONS FINANCIERES - PRELEVEMENTS - MAJORATIONS DE RETARD - CARACTERE - SANCTION OU ASTREINTE ( TRAITE C.E.C.A . , ART . 36 , 50 , PARAGRAPHE 3 )  2 . DISPOSITIONS FINANCIERES - PRELEVEMENTS - REGLES VISANT LES CONDITIONS D ' ASSIETTE ET DE PERCEPTION - STRICTE INTERPRETATION  ( TRAITE C.E.C.A . , ART . 50 , PARAGRAPHE 2 )  3 . EXCEPTION D ' ILLEGALITE AU SENS DE L ' ARTICLE 36 , ALINEA 3 , DU TRAITE C.E.C.A . - LIMITATION DU CHAMP D ' APPLICATION AUX DECISIONS ET RECOMMANDATIONS GENERALES - DECISION INDIVIDUELLE - PEREMPTION DU DELAI DE RECOURS  4 . EXCEPTION D ' ILLEGALITE AU SENS DE L ' ARTICLE 36 , ALINEA 3 , DU TRAITE C.E.C.A . - LIEN JURIDIQUE DIRECT ENTRE L ' ACTE ATTAQUE ET L ' ACTE GENERAL CONTESTE  

Sommaire

1 . LES MAJORATIONS DES PRELEVEMENTS PREVUES AU PARAGRAPHE 3 DE L ' ARTICLE 50 DU TRAITE C.E.C.A . CONSTITUENT DES SANCTIONS OU ASTREINTES AU SENS DE L ' ARTICLE 36 DE CE TRAITE . 2 . LES DISPOSITIONS DE L ' ARTICLE 50 , PARAGRAPHE 2 , DU TRAITE C.E.C.A . NE VISENT QUE LES CONDITIONS D ' ASSIETTE ET DE PERCEPTION DES PRELEVEMENTS ET NE SE REFERENT PAS AUX MAJORATIONS DE RETARD PREVUES AU PARAGRAPHE 3 DE CET ARTICLE . S ' AGISSANT DE REGLES QUI PREVOIENT DES CONDITIONS DE FORME SUBSTANTIELLE POUR LA VALIDITE DES DECISIONS DE LA HAUTE AUTORITE EN MATIERE DE PRELEVEMENT , ON NE SAURAIT PAR VOIE D ' INTERPRETATION EN ETENDRE LA PORTEE ET LES APPLIQUER A DES CAS NON PREVUS PAR LE TRAITE .  3 . CF . SOMMAIRE NO 4 , AFFAIRE 3-59 , RECUEIL , VI-1 , P . 121 .  * / 659J0003 /*  4 . IL NE PEUT ETRE EXCIPE DE L ' ILLEGALITE DES DECISIONS GENERALES QUE DANS LA MESURE OU IL EXISTE UN LIEN JURIDIQUE DIRECT ENTRE ELLES ET L ' ACTE INDIVIDUEL ATTAQUE .  

Parties

DANS L ' AFFAIRE 21-64 MACCHIORLATI DALMAS ET FIGLI , SOCIETE EN COMMANDITE SIMPLE , AYANT SON SIEGE A TURIN , REPRESENTEE PAR M . GIUSEPPE MACCHIORLATI DALMAS , ASSISTEE PAR ME ANTONIO ASTOLFI , AVOCAT A LA COUR DE CASSATION DE LA REPUBLIQUE ITALIENNE , AYANT FAIT ELECTION DE DOMICILE CHEZ ME ERNEST ARENDT , 6 , RUE WILLY-GOERGEN A LUXEMBOURG , PARTIE REQUERANTE , CONTRE HAUTE AUTORITE DE LA COMMUNAUTE EUROPEENNE DU CHARBON ET DE L ' ACIER , REPRESENTEE PAR SON CONSEILLER JURIDIQUE , M . ITALO TELCHINI , EN QUALITE D ' AGENT , ASSISTE PAR ME PIERO ZICCARDI , PROFESSEUR A L ' UNIVERSITE DE MILAN , AVOCAT A LA COUR DE CASSATION DE LA REPUBLIQUE ITALIENNE , AYANT FAIT ELECTION DE DOMICILE A SON SIEGE , 2 , PLACE DE METZ A LUXEMBOURG , PARTIE DEFENDERESSE ,  

Objet du litige

AYANT POUR OBJET " L ' ANNULATION , LA REVOCATION OU TOUT AU MOINS LA MODIFICATION DE LA DECISION ADOPTEE PAR LA HAUTE AUTORITE LE 8 AVRIL 1964 ET COMMUNIQUEE A LA REQUERANTE LE 14 AVRIL 1964 , AUX TERMES DE LAQUELLE CELLE-CI ETAIT TENUE DE PAYER 7 000 000 DE LIRES ITALIENNES " A TITRE DE MAJORATIONS DE RETARD SUR LES PRELEVEMENTS " , 

Motifs de l'arrêt

P . 244 SUR LA RECEVABILITE ATTENDU QUE LE RECOURS EST DIRIGE CONTRE LA DECISION DU 8 AVRIL 1964 QUI IMPOSE A LA REQUERANTE LE PAIEMENT DE MAJORATIONS DE RETARD SUR LES PRELEVEMENTS , CONFORMEMENT A L ' ARTICLE 6 DE LA DECISION 3-52 ; QUE LA DECISION 3-52 EST FONDEE SUR L ' ARTICLE 50 , PARAGRAPHE 3 , DU TRAITE , AUX TERMES DUQUEL LA HAUTE AUTORITE PEUT INFLIGER DES MAJORATIONS DE RETARD AUX ENTREPRISES QUI NE RESPECTERAIENT PAS LES DECISIONS PRISES PAR ELLE EN MATIERE DE PRELEVEMENT ; QUE CES MAJORATIONS CONSTITUENT DE CE FAIT DES SANCTIONS PECUNIAIRES OU ASTREINTES AU SENS DE L ' ARTICLE 36 DU TRAITE ; QUE LA FACULTE , RECONNUE A LA HAUTE AUTORITE PAR L ' ARTICLE 6 , ALINEA 3 , DE LA DECISION 3-52 , D ' EN FAIRE REMISE PARTIELLE OU TOTALE DANS LES CAS OU ELLE L ' ESTIME JUSTIFIE , INDIQUE QUE CES MAJORATIONS NE SONT PAS DE SIMPLES INTERETS MORATOIRES ; QU ' AUX TERMES DE L ' ARTICLE 36 , ALINEA 2 , DU TRAITE , LES SANCTIONS PECUNIAIRES PEUVENT FAIRE L ' OBJET D ' UN RECOURS DE PLEINE JURIDICTION ; ATTENDU QU ' A L ' APPUI DE SON RECOURS LA REQUERANTE INVOQUE NOTAMMENT LE CARACTERE IRREGULIER DE LA DECISION DU 13 FEVRIER 1959 ET DE CERTAINES DECISIONS GENERALES EN MATIERE DE PRELEVEMENTS , AU MOTIF QUE , LESDITES DECISIONS ETANT LE SUPPORT JURIDIQUE ET LOGIQUE DE LA DECISION ATTAQUEE , LEUR IRREGULARITE DOIT ENTRAINER L ' ANNULATION DE CELLE-CI ; QUE LA DEFENDERESSE EXCIPE DE L ' IRRECEVABILITE DE CES MOYENS ; ATTENDU QUE L ' ARTICLE 36 , ALINEA 3 , DU TRAITE NE SAURAIT PERMETTRE A UN REQUERANT DE SE PREVALOIR NON SEULEMENT DE L ' IRREGULARITE DES DECISIONS ET RECOMMANDATIONS GENERALES , MAIS ENCORE DE L ' IRREGULARITE DES DECISIONS ET RECOMMANDATIONS DONT IL A ETE LE DESTINATAIRE ; QU ' UNE TELLE INTERPRETATION SERAIT EN CONTRADICTION AVEC LE PRINCIPE CONSACRE PAR L ' ARTICLE 33 ; QU ' EN EFFET , LE DELAI PEREMPTOIRE DE RECOURS PREVU PAR CETTE DISPOSITION CORRESPOND A LA NECESSITE D ' EVITER QUE LA LEGALITE DES DECISIONS ADMINISTRATIVES NE SOIT REMISE EN CAUSE INDEFINIMENT ; P . 245 QUE LA DECISION DU 13 FEVRIER 1959 EST UNE DECISION INDIVIDUELLE ADRESSEE A LA REQUERANTE ; QUE LE DELAI D ' UN MOIS PREVU POUR L ' INTRODUCTION D ' UN RECOURS ETANT EXPIRE , LA REQUERANTE NE SAURAIT EXCIPER DE L ' ILLEGALITE DE CETTE DECISION PAR LE TRUCHEMENT DE L ' ARTICLE 36 , ALINEA 3 , DU TRAITE ; QUE , DES LORS , LES MOYENS INVOQUES PAR LA REQUERANTE A L ' ENCONTRE DE CETTE DECISION SONT IRRECEVABLES ; ATTENDU QU ' IL NE PEUT ETRE EXCIPE DE L ' ILLEGALITE DES DECISIONS GENERALES QUE DANS LA MESURE OU IL EXISTE UN LIEN JURIDIQUE DIRECT ENTRE L ' ACTE ATTAQUE ET LESDITES DECISIONS GENERALES ; QU ' EN L ' ESPECE , L ' ACTE ATTAQUE SE LIMITE A FIXER LE MONTANT DES SOMMES DUES PAR LA REQUERANTE A TITRE DE MAJORATIONS DE RETARD , LE MONTANT DES ARRIERES A TITRE PRINCIPAL AYANT ETE FIXE DANS LA DECISION DU 13 FEVRIER 1959 ; QUE , PARTANT , AUCUN LIEN JURIDIQUE DIRECT N ' EXISTE ENTRE LA DECISION ATTAQUEE ET LES DECISIONS GENERALES CRITIQUEES , DANS LA MESURE OU CELLES-CI ONT TRAIT AU TAUX DE PRELEVEMENT ET AUX ELEMENTS DE CALCUL UTILISES A CET EFFET ; QUE , PAR CONSEQUENT , LES MOYENS INVOQUES PAR LA REQUERANTE A L ' ENCONTRE DES DECISIONS GENERALES CONCERNANT LES PRELEVEMENTS NE SONT RECEVABLES QUE POUR AUTANT QU ' ILS VISENT LES DISPOSITIONS DESDITES DECISIONS QUI SE TROUVENT A LA BASE DE LA DECISION ENTREPRISE DU 8 AVRIL 1964 . SUR LE FOND QUANT AUX CONCLUSIONS PRINCIPALES EN CE QUI CONCERNE LA DECISION DU 8 AVRIL 1964 1 ) ATTENDU QUE LA REQUERANTE SOUTIENT QUE CETTE DECISION EST IRREGULIERE DU FAIT QU ' ELLE NE SERAIT PAS MOTIVEE A SUFFISANCE DE DROIT ; QU ' ELLE FAIT TOUT D ' ABORD VALOIR QUE SES MOTIFS SONT CONFUS , ET CITE CERTAINS PASSAGES DE L ' EXPOSE DES MOTIFS POUR EN DEDUIRE LE CARACTERE MATERIELLEMENT INEXACT ET CONTRADICTOIRE ; QUE CEPENDANT , SI L ' ON REPLACE CES PASSAGES DANS LEUR CONTEXTE , LA DECISION LITIGIEUSE APPARAIT SUFFISAMMENT MOTIVEE ; QU ' ELLE LAISSE EN EFFET CLAIREMENT RESSORTIR LES ELEMENTS DE FAIT ET DE DROIT QUI L ' ETAYENT ; QUE LA REQUERANTE SOUTIENT ENSUITE QUE LADITE DECISION N ' EXPOSE PAS LES RAISONS POUR LESQUELLES LA HAUTE AUTORITE A ESTIME DEVOIR REJETER SA DEMANDE DE REMISE DES MAJORATIONS DE RETARD PRESENTEE LE 18 FEVRIER 1964 ; QUE CEPENDANT , AUX TERMES DE L ' ARTICLE 36 , ALINEA 3 , DU TRAITE , LA HAUTE AUTORITE EST OBLIGEE D ' ENTENDRE LES INTERESSES AVANT DE PRENDRE DES SANCTIONS PECUNIAIRES A LEUR EGARD , MAIS N ' EST PAS TENUE D ' EXPLICITER LES RAISONS POUR LESQUELLES ELLE  ESTIME NE PAS DONNER SUITE AUX OBSERVATIONS FORMULEES ; P . 246 QU ' EN L ' ESPECE , LA REQUERANTE A ETE REGULIEREMENT MISE EN MESURE DE PRESENTER SES OBSERVATIONS AVANT L ' INTERVENTION DE LA DECISION ATTAQUEE ; QUE , D ' AILLEURS , LES RAISONS POUR LESQUELLES CES OBSERVATIONS N ' ONT PAS ETE RETENUES PAR LA HAUTE AUTORITE SONT IMPLICITEMENT ENONCEES DANS LA PARTIE DE L ' EXPOSE DES MOTIFS QUI PREND POSITION AU SUJET DES OBSERVATIONS ANALOGUES PRECEDEMMENT FORMULEES PAR LA REQUERANTE LE 20 FEVRIER 1962 ; QUE , POUR TOUTES CES RAISONS , LE MOYEN N ' EST PAS FONDE ; 2 ) ATTENDU QUE LA REQUERANTE AFFIRME EN OUTRE QUE LA HAUTE AUTORITE A COMMIS UN DETOURNEMENT DE POUVOIR DU FAIT QU ' ELLE A MAINTENU L ' EXIGENCE DU PAIEMENT DES MAJORATIONS DE RETARD , ALORS QU ' AU COURS DE L ' ENTRETIEN DU 21 AVRIL 1960 ELLE LUI AURAIT DONNE L ' ASSURANCE QUE CES MAJORATIONS SERAIENT REMISES AU CAS OU LES ARRIERES DES PRELEVEMENTS SERAIENT REGULIEREMENT PAYES ; QU ' ELLE AJOUTE QUE C ' EST SUR LA BASE DE CES ASSURANCES QU ' ELLE S ' EST DESISTEE DANS L ' AFFAIRE 22-59 ; QU ' A L ' APPUI DE CE MOYEN , ELLE SE REFERE A UNE PARTIE DE LA CORRESPONDANCE ECHANGEE ENTRE LES PARTIES APRES LE 21 AVRIL 1960 , ET AVANCE DES OFFRES DE PREUVE PORTANT SUR LES ASSURANCES VERBALES QUE CERTAINS FONCTIONNAIRES DE LA HAUTE AUTORITE LUI AURAIENT DONNEES A CET EGARD ; ATTENDU QU ' IL NE RESSORT PAS DE LA LETTRE DE LA HAUTE AUTORITE DU 6 MAI 1960 QUE CELLE-CI AIT DONNE L ' ASSURANCE D ' UNE REMISE DES MAJORATIONS LITIGIEUSES ; QUE LES REGLES GENERALES DE DROIT REGISSANT , D ' UNE PART , L ' EXERCICE DE L ' AUTORITE ADMINISTRATIVE , ET , D ' AUTRE PART , LA VALIDITE OU L ' EFFICACITE DES TRANSACTIONS , AURAIENT EXIGE QUE CETTE ASSURANCE EUT ETE FORMELLEMENT APPROUVEE PAR LES AUTORITES RESPONSABLES DE LA HAUTE AUTORITE ; QUE CE PRINCIPE VAUT D ' AUTANT PLUS QU ' EN L ' ESPECE LADITE ASSURANCE AURAIT COMPORTE LA RENONCIATION DE LA HAUTE AUTORITE A FAIRE VALOIR DES PRETENTIONS QUI DECOULAIENT D ' UNE DECISION DUMENT ADOPTEE PAR LES AUTORITES COMPETENTES ; QUE , PAR LETTRES DU 11 MAI 1960 ET DU 20 FEVRIER 1962 , LA REQUERANTE A SOLLICITE DE NOUVEAU L ' EXONERATION DES MAJORATIONS DE RETARD , SANS FAIRE ETAT DE LA PRETENDUE TRANSACTION QUI L ' EN AURAIT DECHARGEE ; QUE , DANS CES CONDITIONS , L ' OFFRE DE PREUVE PRESENTEE PAR LA REQUERANTE EST DEVENUE SANS OBJET DU FAIT DES CONSIDERATIONS QUI PRECEDENT ; QU ' IL Y A DONC LIEU DE LA DEBOUTER ; QUE , POUR TOUTES CES RAISONS , LE MOYEN DOIT ETRE REJETE ; 3 ) ATTENDU QUE LA REQUERANTE FAIT ENCORE VALOIR QUE LA DECISION DU 8 AVRIL 1964 VIOLE L ' ARTICLE 6 DE LA DECISION GENERALE 3- 52 , PUISQUE DANS LE CALCUL DES MAJORATIONS DE RETARD , ELLE AURAIT ARRONDI LEUR MONTANT VERS LE HAUT , DEPASSANT AINSI LE TAUX GLOBAL DE 1 POURCENT PREVU PAR CET ARTICLE ; P . 247 QU ' EN EFFET LE MONTANT DE CHAQUE MAJORATION DE RETARD AURAIT ETE ARRONDI TANT VERS LE HAUT QUE VERS LE BAS ET UNIQUEMENT PAR FRACTIONS DE LIRES , SI BIEN QUE LA DETTE GLOBALE DE LA REQUERANTE SE TROUVERAIT AUGMENTEE DE 0,83 LIRE ; QUE CETTE AFFIRMATION N ' A PAS ETE CONTESTEE ; QUE , CEPENDANT , CETTE INFIME AUGMENTATION A ETE LARGEMENT ABSORBEE PAR LA REDUCTION DES MAJORATIONS DE RETARD DECIDEE PAR LA HAUTE AUTORITE ; QUE LE MONTANT DES MAJORATIONS DE RETARD NE DEPASSE DONC PAS LE POURCENTAGE DE 1 POURCENT FIXE PAR L ' ARTICLE 6 DE LA DECISION 3-52 ; QUE LE MOYEN N ' EST DONC PAS FONDE . EN CE QUI CONCERNE LES DECISIONS GENERALES 3-52 ET 29-55 1 ) ATTENDU QUE LA REQUERANTE SOUTIENT QUE L ' ARTICLE 6 DE LA DECISION 3-52 ET LA DECISION 29-55 NE RESPECTENT PAS L ' ARTICLE 50 , PARAGRAPHE 3 , DU TRAITE QUI FIXE LE TAUX MAXIMUM DES MAJORATIONS DE RETARD ; QUE CES DISPOSITIONS SERAIENT CONTRAIRES AU PRINCIPE GENERAL CONTENU DANS L ' ARTICLE 36 DU TRAITE , SUIVANT LEQUEL LES INTERESSES DOIVENT ETRE MIS EN MESURE DE PRESENTER LEURS OBSERVATIONS AVANT D ' ETRE SOUMIS A DES SANCTIONS PECUNIAIRES ; QUE L ' ARTICLE 6 PRECITE FIXERAIT UN TAUX CONSTANT POUR LES MAJORATIONS DE RETARD , INDEPENDAMMENT DE LA NATURE , DE LA GRAVITE ET DU CARACTERE REPETE DE L ' INEXECUTION QU ' ELLES SANCTIONNENT ; ATTENDU QU ' EN CE QUI CONCERNE LE PREMIER MOYEN , L ' ARTICLE 6 DE LA DECISION 3-52 FIXE A 12 POURCENT LE TAUX ANNUEL DES MAJORATIONS DE RETARD , ALORS QUE L ' ARTICLE 50 , PARAGRAPHE 3 , DU TRAITE , PREVOIT UN TAUX ANNUEL MAXIMUM DE 20 POURCENT ; QU ' AINSI L ' ARTICLE 6 PRECITE , N ' AYANT PAS DEPASSE LA LIMITE ENONCEE PAR LE TRAITE POUR LA FIXATION DES MAJORATIONS DE RETARD , NE SAURAIT ETRE CONSIDERE COMME PRIS EN VIOLATION DU TRAITE ; ATTENDU QU ' EN CE QUI CONCERNE LE DEUXIEME MOYEN , LES MAJORATIONS DE RETARD N ' ONT PAS ETE EN L ' ESPECE APPLIQUEES EN VIOLATION DE L ' ARTICLE 36 , ALINEA 3 , DU TRAITE , PUISQUE LA REQUERANTE A ETE MISE EN MESURE DE PRESENTER SES OBSERVATIONS AVANT L ' INTERVENTION DE LA DECISION INDIVIDUELLE DU 8 AVRIL 1964 , LUI INFLIGEANT LES MAJORATIONS LITIGIEUSES ; ATTENDU , ENFIN , QUANT AU TROISIEME MOYEN , QU ' IL RESSORT DE LA DECISION DU 14 NOVEMBRE 1962 , EN GRANDE PARTIE REPRODUITE PAR LA DECISION ATTAQUEE , QUE LE MONTANT DES MAJORATIONS DE RETARD A DEJA FAIT L ' OBJET D ' UNE REDUCTION DE 2 000 000 DE LIRES ; QU ' AINSI LA HAUTE AUTORITE A TENU COMPTE DE LA SITUATION INDIVIDUELLE DE LA REQUERANTE ET DES ELEMENTS POUVANT JUSTIFIER UN AMENAGEMENT DU MONTANT CONTESTE ; P . 248 QU ' IL Y A DONC LIEU DE REJETER CES MOYENS COMME NON FONDES ; 2 ) ATTENDU QUE LA REQUERANTE FAIT ENCORE VALOIR QUE LA DECISION 3-52 SERAIT ILLEGALE , EN CE QU ' ELLE AURAIT ETE ADOPTEE SANS LA CONSULTATION PREALABLE DU CONSEIL SPECIAL DE MINISTRES , PREVUE PAR L ' ARTICLE 50 , PARAGRAPHE 2 , DU TRAITE , CET ARTICLE DEVANT S ' APPLIQUER EGALEMENT EN MATIERE DE MAJORATIONS DE RETARD ; QUE LES DISPOSITIONS DE L ' ARTICLE 50 , PARAGRAPHE 2 , DU TRAITE NE VISENT QUE LES CONDITIONS D ' ASSIETTE ET DE PERCEPTION DES PRELEVEMENTS ; QUE SI LE LEGISLATEUR AVAIT VOULU ETENDRE LA PORTEE DE CES DISPOSITIONS AUX MAJORATIONS DE RETARD QU ' IL PREND EN CONSIDERATION DANS LE PARAGRAPHE SUIVANT , IL L ' AURAIT EXPRESSEMENT MENTIONNE ; QUE , S ' AGISSANT DE DISPOSITIONS PREVOYANT DES CONDITIONS DE FORME SUBSTANTIELLES POUR LA VALIDITE DES DECISIONS DE LA HAUTE AUTORITE EN MATIERE DE PRELEVEMENT , ON NE SAURAIT , PAR VOIE D ' INTERPRETATION , EN ETENDRE L ' APPLICATION A DES CAS NON PREVUS PAR LE TRAITE ; QUE , DES LORS , LE MOYEN EST DEPOURVU DE FONDEMENT . QUANT AUX CONCLUSIONS SUBSIDIAIRES ATTENDU QUE LA REQUERANTE CONCLUT EN OUTRE , A TITRE TRES SUBSIDIAIRE , A UNE REDUCTION EQUITABLE DES MAJORATIONS DE RETARD ; QU ' A L ' APPUI DE CES CONCLUSIONS , ELLE AVANCE UNE SERIE D ' ELEMENTS DE FAITS TELS QUE LE NIVEAU EXCESSIF ATTEINT PAR LES MAJORATIONS LITIGIEUSES , LES DIMENSIONS MODESTES DE L ' ENTREPRISE , LA REGULARITE AVEC LAQUELLE CELLE-CI S ' EST ACQUITTEE DE SON OBLIGATION DE VERSER LE MONTANT DE LA DETTE PRINCIPALE ; QUE LE NIVEAU DES MAJORATIONS LITIGIEUSES NE DEPASSE PAS LE MAXIMUM PREVU PAR L ' ARTICLE 50 , PARAGRAPHE 3 , DU TRAITE ; QUE LE MONTANT GLOBAL DESDITES MAJORATIONS , TEL QU ' IL EST REDUIT PAR LA DECISION DU 14 NOVEMBRE 1962 , N ' EST PAS EXCESSIF PAR RAPPORT AU MONTANT DE LA DETTE PRINCIPALE , OU DISPROPORTIONNE PAR RAPPORT AUX CAPACITES ECONOMIQUES D ' UNE ENTREPRISE MOYENNE ; QUE LA REQUERANTE N ' A PAS APPORTE LA PREUVE DE L ' EXISTENCE DE DIFFICULTES ECONOMIQUES PARTICULIERES DANS LESQUELLES ELLE SE TROUVERAIT ET QUI SERAIENT DE NATURE A JUSTIFIER UNE REDUCTION DU MONTANT DES MAJORATIONS LITIGIEUSES ; QU ' IL N ' Y A DONC PAS LIEU DE MODIFIER L ' APPRECIATION FAITE PAR LA DEFENDERESSE QUANT AU MONTANT DE CES MAJORATIONS ; QUE LES CONCLUSIONS DE LA REQUERANTE DOIVENT DONC ETRE REJETEES .  

Décisions sur les dépenses

SUR LES DEPENS ATTENDU QU ' AUX TERMES DE L ' ARTICLE 69 , PARAGRAPHE 2 , DU REGLEMENT DE PROCEDURE , TOUTE PARTIE QUI SUCCOMBE EST CONDAMNEE AUX DEPENS DE L ' INSTANCE ; QU ' EN L ' ESPECE LA PARTIE REQUERANTE A SUCCOMBE DANS SES MOYENS ;  

Dispositif

LA COUR REJETANT TOUTES AUTRES CONCLUSIONS PLUS AMPLES OU CONTRAIRES , DECLARE ET ARRETE : 1 ) LE RECOURS EST REJETE ; 2 ) LA PARTIE REQUERANTE EST CONDAMNEE AUX DEPENS DE L ' INSTANCE .