CELEX: 32011D0307
Language: fr
Date: 2011-05-13 00:00:00
Title: 2011/307/UE: Décision du Conseil du 13 mai 2011 concernant la conclusion d’un accord sous forme de protocole entre l’Union européenne et la République arabe d’Égypte instituant un mécanisme de règlement des différends relatifs aux dispositions commerciales de l’accord euro-méditerranéen établissant une association entre les Communautés européennes et leurs États membres, d’une part, et la République arabe d’Égypte, d’autre part

26.5.2011   
            
            
               FR
            
            
               Journal officiel de l'Union européenne
            
            
               L 138/2
            
         DÉCISION DU CONSEIL
   du 13 mai 2011
   concernant la conclusion d’un accord sous forme de protocole entre l’Union européenne et la République arabe d’Égypte instituant un mécanisme de règlement des différends relatifs aux dispositions commerciales de l’accord euro-méditerranéen établissant une association entre les Communautés européennes et leurs États membres, d’une part, et la République arabe d’Égypte, d’autre part
   (2011/307/UE)
   LE CONSEIL DE L’UNION EUROPÉENNE,
   vu le traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, et notamment son article 207, paragraphe 4, premier alinéa, en liaison avec l’article 218, paragraphe 6, point a) v),
   vu la proposition de la Commission européenne,
   vu l’approbation du Parlement européen,
   considérant ce qui suit:
   
               (1)
            
            
               Le 24 février 2006, le Conseil a autorisé la Commission à ouvrir des négociations avec les partenaires de la région méditerranéenne afin d’établir un mécanisme de règlement des différends relatifs aux dispositions commerciales.
            
         
               (2)
            
            
               Les négociations ont été menées par la Commission en consultation avec le comité désigné conformément à l’article 207 du traité et compte tenu des directives de négociation arrêtées par le Conseil.
            
         
               (3)
            
            
               Ces négociations ont abouti et un accord sous forme de protocole (ci-après dénommé «protocole») entre l’Union européenne et la République arabe d’Égypte instituant un mécanisme de règlement des différends relatifs aux dispositions commerciales de l’accord euro-méditerranéen établissant une association entre les Communautés européennes et leurs États membres, d’une part, et la République arabe d’Égypte, d’autre part (1), a été paraphé le 27 avril 2010.
            
         
               (4)
            
            
               Le protocole a été signé, au nom de l’Union européenne, le 11 novembre 2010.
            
         
               (5)
            
            
               Il convient de conclure le protocole,
            
         A ADOPTÉ LA PRÉSENTE DÉCISION:
   Article premier
   L’accord sous forme de protocole entre l’Union européenne et la République arabe d’Égypte instituant un mécanisme de règlement des différends relatifs aux dispositions commerciales de l’accord euro-méditerranéen établissant une association entre les Communautés européennes et leurs États membres, d’une part, et la République arabe d’Égypte, d’autre part (ci-après dénommé «protocole»), est approuvé au nom de l’Union.
   Le texte du protocole est joint à la présente décision.
   Article 2
   Le président du Conseil procède, au nom de l’Union, à la notification prévue à l’article 23 du protocole (2).
   Article 3
   La présente décision entre en vigueur le jour de son adoption.
   
      Fait à Bruxelles, le 13 mai 2011.
      
         
            Par le Conseil
         
         
            Le président
         
         MARTONYI J.
      
   
   
      (1)  JO L 304 du 30.9.2004, p. 39.
   
      (2)  La date d’entrée en vigueur de l’accord sera publiée au Journal officiel de l’Union européenne par le secrétariat général du Conseil.
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               26.5.2011   
            
            
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               Journal officiel de l'Union européenne
            
            
               L 138/3
            
         PROTOCOLE
   entre l’Union européenne et la République arabe d’Égypte instituant un mécanisme de règlement des différends relatifs aux dispositions commerciales de l’accord euro-méditerranéen établissant une association entre les Communautés européennes et leurs États membres, d’une part, et la République arabe d’Égypte, d’autre part
   L’UNION EUROPÉENNE, ci-après dénommée «Union»,
   d’une part,
   et
   LA RÉPUBLIQUE ARABE D’ÉGYPTE, ci-après dénommée «Égypte»,
   d’autre part,
   SONT CONVENUES DE CE QUI SUIT:
   CHAPITRE I
   
      OBJECTIF ET CHAMP D’APPLICATION
   
   Article 1
   Objectif
   Le présent protocole a pour objectif de prévenir et de régler tout différend de nature commerciale entre les parties, en vue de parvenir, dans la mesure du possible, à une solution mutuellement acceptée.
   Article 2
   Application du protocole
   1.   Les dispositions du présent protocole s’appliquent à tout différend relatif à l’interprétation et à l’application des dispositions du titre II (à l’exception des articles 22, 23 et 24) de l’accord euro-méditerranéen établissant une association entre les Communautés européennes et leurs États membres, d’une part, et la République arabe d’Égypte, d’autre part (ci-après dénommé «accord d’association») (1), sauf disposition contraire expresse. L’article 82 de l’accord d’association s’applique aux différends relatifs à l’application et à l’interprétation des autres dispositions de l’accord d’association.
   2.   Les procédures du présent protocole s’appliquent si, soixante jours après avoir été saisi d’un différend conformément à l’article 82 de l’accord d’association, le conseil d’association n’a pas été en mesure de régler le différend.
   3.   Aux fins du paragraphe 2, un différend est considéré comme réglé quand le conseil d’association a adopté une décision conformément à l’article 82, paragraphe 2, de l’accord d’association, ou quand il a déclaré que le différend a cessé d’exister.
   CHAPITRE II
   
      CONSULTATIONS ET MÉDIATION
   
   Article 3
   Consultations
   1.   Les parties s’efforcent de surmonter toute divergence concernant l’interprétation et l’application des dispositions visées à l’article 2 en engageant des consultations de bonne foi en vue de parvenir à une solution rapide, équitable et mutuellement acceptée.
   2.   Une partie demande des consultations au moyen d’une demande écrite adressée à l’autre partie, avec copie au sous-comité «industrie, commerce, services et investissement», en identifiant toute mesure en cause et les dispositions de l’accord d’association qu’elle considère applicables.
   3.   Des consultations sont organisées dans les quarante jours suivant la date de réception de la demande, et ce sur le territoire de la partie mise en cause, à moins que les parties n’en conviennent différemment. Les consultations sont réputées achevées dans les soixante jours suivant la date de réception de la demande de consultation, sauf si les deux parties décident de les poursuivre. Les consultations, en particulier toute information communiquée et les positions adoptées par les parties durant la procédure, sont confidentielles et sans préjudice des droits que chacune des parties pourrait exercer dans une suite éventuelle de la procédure.
   4.   Dans les cas d’urgence, y compris ceux impliquant des marchandises périssables ou saisonnières, des consultations sont organisées dans les quinze jours suivant la date de réception de la demande et sont réputées achevées dans les trente jours suivant la date de réception de la demande.
   5.   Si la partie à laquelle la demande de consultations est adressée n’y répond pas dans les quinze jours suivant la date de sa réception, ou si les consultations n’ont pas lieu dans les délais prévus respectivement au paragraphe 3 ou 4, ou si les consultations ont été achevées sans qu’un accord apportant une solution mutuellement acceptée n’ait été trouvé, la partie plaignante peut demander l’établissement d’un groupe spécial d’arbitrage, conformément à l’article 5.
   Article 4
   Médiation
   1.   Si les consultations ne débouchent pas sur une solution mutuellement acceptée, les parties peuvent, d’un commun accord, recourir à un médiateur. Toute demande de médiation doit être présentée par écrit à la partie mise en cause et au sous-comité «industrie, commerce, services et investissement» et citer la mesure ayant fait l’objet de consultations, ainsi que le mandat convenu d’un commun accord pour cette médiation. Chaque partie s’engage à examiner avec compréhension toutes les demandes de médiation.
   2.   À moins que les parties ne s’accordent sur un médiateur dans les quinze jours suivant la date de réception de la demande de médiation, les présidents du sous-comité «industrie, commerce, services et investissement» ou le délégué des présidents sélectionnent un médiateur par tirage au sort parmi les personnes figurant sur la liste visée à l’article 19 et qui ne sont ressortissantes d’aucune des parties. La sélection est faite dans les dix jours suivant la date de réception de la demande. Le médiateur convoque une réunion avec les parties au plus tôt vingt jours et au plus tard trente jours après sa sélection. Il reçoit les observations de chacune des parties au plus tard quinze jours avant la réunion et peut demander des informations supplémentaires aux parties, à des experts ou à des conseillers techniques, s’il le juge nécessaire. Toute information obtenue de la sorte doit être communiquée à chacune des parties et soumise à leurs observations. Le médiateur émet un avis dans les quarante-cinq jours suivant sa sélection.
   3.   L’avis du médiateur peut comporter une recommandation sur des mesures compatibles avec les dispositions visées à l’article 2 permettant de résoudre le différend. Son avis n’a aucun caractère contraignant.
   4.   Les parties peuvent convenir de modifier les délais mentionnés au paragraphe 2. Le médiateur peut également décider de modifier ces délais à la demande de l’une ou l’autre des parties, au regard des difficultés particulières rencontrées par la partie concernée ou de la complexité du cas.
   5.   Les procédures impliquant une médiation, en particulier l’avis du médiateur, toute information communiquée et les positions adoptées par les parties durant la procédure sont confidentielles et sans préjudice des droits que chacune des parties pourrait exercer dans une suite éventuelle de la procédure.
   6.   Si les parties en conviennent, la procédure de médiation peut se poursuivre pendant que la procédure du groupe spécial d’arbitrage se déroule.
   7.   Le médiateur n’est remplacé que pour les raisons et selon les procédures détaillées aux paragraphes 18 à 21 des règles de procédure.
   CHAPITRE III
   
      PROCÉDURES DE RÈGLEMENT DES DIFFÉRENDS
   
   
      SECTION I
   
   
      
         Procédure d’arbitrage
      
   
   Article 5
   Engagement de la procédure d’arbitrage
   1.   Lorsque les parties ne parviennent pas à résoudre leur différend par le recours aux consultations prévues à l’article 3 ou par le recours à la médiation prévue à l’article 4, la partie plaignante peut demander l’établissement d’un groupe spécial d’arbitrage.
   2.   La demande d’établissement d’un groupe spécial d’arbitrage est notifiée par écrit à la partie mise en cause et au sous-comité «industrie, commerce, services et investissement». La partie plaignante identifie dans sa demande la mesure spécifique en cause et explique en quoi une telle mesure constitue une violation des dispositions visées à l’article 2. L’établissement d’un groupe spécial d’arbitrage est demandé au plus tard dix-huit mois après la date de réception de la demande de consultations, sans préjudice des droits de la partie plaignante à demander de nouvelles consultations sur la même question à l’avenir.
   Article 6
   Établissement du groupe spécial d’arbitrage
   1.   Un groupe spécial d’arbitrage se compose de trois arbitres.
   2.   Dans les quinze jours suivant la date de réception, par la partie mise en cause, de la demande d’établissement d’un groupe spécial d’arbitrage, les parties se consultent en vue de parvenir à un accord sur la composition du groupe spécial d’arbitrage.
   3.   Dans l’hypothèse où les parties ne peuvent pas s’accorder sur sa composition dans le délai visé au paragraphe 2, chacune des parties a la possibilité de demander aux présidents du sous-comité «industrie, commerce, services et investissement», ou au délégué des présidents, de sélectionner les trois membres du groupe spécial d’arbitrage par tirage au sort dans la liste établie en vertu de l’article 19, en tirant au sort un nom parmi ceux figurant sur la liste des personnes proposées par la partie plaignante, un nom parmi ceux figurant sur la liste des personnes proposées par la partie mise en cause et un nom parmi ceux figurant sur la liste des personnes choisies par les parties pour exercer les fonctions de président. Si les parties s’entendent pour désigner un ou plusieurs membres du groupe spécial d’arbitrage, le ou les membres restants sont sélectionnés selon la même procédure.
   4.   Les présidents du sous-comité «industrie, commerce, services et investissement» ou le délégué des présidents sélectionnent les arbitres dans les dix jours suivant la demande présentée en vertu du paragraphe 3, par l’une ou l’autre des parties.
   5.   La date d’établissement du groupe spécial d’arbitrage est la date à laquelle les trois arbitres sont désignés.
   6.   Les arbitres ne sont remplacés que pour les raisons et selon les procédures détaillées aux paragraphes 18 à 21 des règles de procédure.
   Article 7
   Rapport intérimaire du groupe spécial d’arbitrage
   Le groupe spécial d’arbitrage transmet aux parties un rapport intérimaire exposant les constatations de fait, l’applicabilité des dispositions pertinentes et les justifications fondamentales de ses constatations et recommandations, en règle générale dans les cent vingt jours au plus tard suivant la date d’établissement du groupe spécial d’arbitrage. Chacune des parties peut demander par écrit que le groupe spécial d’arbitrage réexamine des aspects précis de son rapport intérimaire dans les quinze jours de sa notification. Les constatations de la décision finale du groupe spécial comprennent un examen des arguments avancés durant la phase de réexamen intérimaire.
   Article 8
   Décision du groupe spécial d’arbitrage
   1.   Le groupe spécial d’arbitrage notifie sa décision aux parties et au sous-comité «industrie, commerce, services et investissement» en règle générale dans les cent cinquante jours suivant la date d’établissement du groupe spécial. Si le président du groupe spécial d’arbitrage juge que ce délai ne peut être tenu, il en informe par écrit les parties et le sous-comité «industrie, commerce, services et investissement» en précisant les raisons du retard et la date à laquelle le groupe spécial d’arbitrage envisage de conclure ses travaux. La décision ne saurait en aucun cas être notifiée plus de cent quatre-vingts jours après la date d’établissement du groupe spécial d’arbitrage.
   2.   Le groupe spécial d’arbitrage doit, à la demande des deux parties, suspendre ses travaux à tout moment, pour une période convenue par les parties n’excédant pas douze mois, et reprendre ses travaux à l’échéance de cette période convenue à la demande de la partie plaignante. Si la partie plaignante ne demande pas la reprise des travaux du groupe spécial d’arbitrage avant l’échéance de la période de suspension convenue, la procédure est close. La suspension et la clôture des travaux du groupe spécial d’arbitrage sont sans préjudice des droits que chacune des parties pourrait exercer dans une autre procédure sur la même question.
   3.   Dans les cas d’urgence, notamment ceux impliquant des marchandises périssables ou saisonnières, le groupe spécial d’arbitrage met tout en œuvre pour notifier sa décision dans les soixante-quinze jours suivant la date d’établissement du groupe spécial. Elle ne saurait en aucun cas être notifiée plus de quatre-vingt-dix jours après la date d’établissement du groupe spécial. Le groupe spécial d’arbitrage rend, dans les dix jours suivant la date d’établissement du groupe spécial, une décision préliminaire sur le caractère urgent de l’affaire.
   
      SECTION II
   
   
      
         Mise en œuvre
      
   
   Article 9
   Mise en œuvre des décisions du groupe spécial d’arbitrage et du comité d’appel
   Chaque partie prend toute mesure nécessaire pour mettre en œuvre la décision du groupe spécial d’arbitrage et les parties s’efforcent de s’entendre sur le délai requis pour mettre en œuvre la décision.
   Article 10
   Délai raisonnable pour la mise en œuvre
   1.   Trente jours au plus tard après réception, par les parties, de la notification de la décision du groupe spécial d’arbitrage, la partie mise en cause informe la partie plaignante et le sous-comité «industrie, commerce, services et investissement» du délai qui lui sera nécessaire pour sa mise en œuvre (délai raisonnable), si une mise en œuvre immédiate n’est pas possible.
   2.   En cas de désaccord entre les parties sur le délai raisonnable pour la mise en œuvre de la décision du groupe spécial d’arbitrage, la partie plaignante peut demander, par écrit, au groupe spécial d’arbitrage, dans les vingt jours suivant la réception de la notification faite par la partie mise en cause au titre du paragraphe 1, de déterminer la durée dudit délai. Cette demande doit être notifiée simultanément à l’autre partie et au sous-comité «industrie, commerce, services et investissement». Le groupe spécial d’arbitrage notifie sa décision aux parties et au sous-comité «industrie, commerce, services et investissement» dans les trente jours suivant la date de réception de la demande.
   3.   Le délai raisonnable peut être prolongé d’un commun accord des parties.
   Article 11
   Examen de mesures adoptées pour mettre en œuvre la décision du groupe spécial d’arbitrage
   1.   La partie mise en cause notifie à l’autre partie et au sous-comité «industrie, commerce, services et investissement», avant la fin du délai raisonnable, toute mesure qu’elle a adoptée en vue de mettre en œuvre la décision du groupe spécial d’arbitrage.
   2.   En cas de désaccord entre les parties sur l’existence d’une mesure notifiée au titre du paragraphe 1 ou sur sa compatibilité avec les dispositions visées à l’article 2, la partie plaignante peut demander par écrit au groupe spécial d’arbitrage de statuer sur la question. Une telle demande doit identifier la mesure spécifique en question et expliquer en quoi la mesure est incompatible avec les dispositions visées à l’article 2. Le groupe spécial d’arbitrage notifie sa décision dans les quatre-vingt-dix jours suivant la date de réception de la demande.
   Article 12
   Mesures temporaires en cas de non-mise en œuvre
   1.   Si la partie mise en cause ne notifie pas de mesure pour mettre en œuvre la décision du groupe spécial d’arbitrage avant l’expiration du délai raisonnable ou si le groupe spécial d’arbitrage décide que la mesure notifiée au titre de l’article 11, paragraphe 1, est incompatible avec les obligations de ladite partie au titre des dispositions visées à l’article 2, la partie mise en cause soumet, à la demande éventuelle de la partie plaignante, une offre de compensation temporaire.
   2.   En l’absence d’accord sur la compensation dans les trente jours suivant l’expiration du délai raisonnable ou la notification de la décision du groupe spécial d’arbitrage visée à l’article 11, selon laquelle la mesure adoptée est incompatible avec les dispositions visées à l’article 2, la partie plaignante a le droit, après notification à l’autre partie et au sous-comité «industrie, commerce, services et investissement», de suspendre les obligations découlant de toute disposition visée à l’article 2 à concurrence du niveau de l’annulation ou de la réduction des avantages due à la violation. La partie plaignante peut mettre en œuvre la suspension quinze jours après la date de réception de la notification par la partie mise en cause, à moins que cette dernière n’ait demandé une procédure d’arbitrage conformément au paragraphe 3.
   3.   Si la partie mise en cause considère que le niveau de suspension n’est pas équivalent au niveau de l’annulation ou de la réduction des avantages due à la violation, elle peut demander, par écrit, au groupe spécial d’arbitrage de se prononcer sur la question. Une telle demande doit être notifiée à l’autre partie et au sous-comité «industrie, commerce, services et investissement» avant l’expiration du délai de quinze jours visé au paragraphe 2. Le groupe spécial d’arbitrage, après avoir sollicité, si nécessaire, l’avis d’experts, notifie sa décision relative au niveau de suspension des obligations aux parties et à l’organe institutionnel chargé des questions commerciales dans les trente jours suivant la date de réception de la demande. Les obligations ne peuvent pas être suspendues tant que le groupe spécial d’arbitrage n’a pas rendu sa décision et toute suspension doit être compatible avec la décision du groupe spécial d’arbitrage.
   4.   La suspension des obligations est temporaire et n’est appliquée que jusqu’à ce que la mesure jugée incompatible avec les dispositions visées à l’article 2 ait été retirée ou modifiée de manière à la rendre conforme auxdites dispositions, comme déterminé en vertu de l’article 13, ou jusqu’à ce que les parties soient parvenues à un accord pour régler le différend.
   Article 13
   Examen des mesures de mise en œuvre adoptées après la suspension des obligations
   1.   La partie mise en cause notifie à l’autre partie et au sous-comité «industrie, commerce, services et investissement» toute mesure qu’elle a adoptée pour mettre en œuvre la décision du groupe spécial d’arbitrage, ainsi que sa demande que la partie plaignante mette fin à la suspension des obligations.
   2.   Si dans les trente jours suivant la date de réception de la notification, les parties ne parviennent pas à se mettre d’accord sur la compatibilité des mesures notifiées avec les dispositions visées à l’article 2, la partie plaignante doit demander par écrit au groupe spécial d’arbitrage de se prononcer sur la question. Cette demande doit être notifiée simultanément à l’autre partie et au sous-comité «industrie, commerce, services et investissement». La décision du groupe spécial d’arbitrage est notifiée aux parties et au sous-comité «industrie, commerce, services et investissement» dans les quarante-cinq jours suivant la date de réception de la demande. Si le groupe spécial d’arbitrage décide que la mesure adoptée pour mettre en œuvre la décision est compatible avec les dispositions visées à l’article 2, la suspension des obligations prend fin.
   
      SECTION III
   
   
      
         Dispositions communes
      
   
   Article 14
   Solution convenue d’un commun accord
   Les parties peuvent à tout moment conclure un accord pour régler un différend au titre du présent protocole. Elles en informent le sous-comité «industrie, commerce, services et investissement» et le groupe spécial d’arbitrage. Dès notification de la solution convenue d’un commun accord, le groupe spécial d’arbitrage met fin à ses travaux et la procédure est close.
   Article 15
   Règles de procédure
   1.   Les procédures de règlement des différends visées au chapitre III sont régies par les règles de procédure annexées au présent protocole.
   2.   Toute session du groupe spécial d’arbitrage est ouverte au public, conformément aux règles de procédure, à moins que les parties n’en conviennent différemment.
   Article 16
   Information générale et technique
   À la demande d’une partie ou de sa propre initiative, le groupe spécial d’arbitrage peut obtenir des informations jugées appropriées aux fins de sa procédure. En particulier, le groupe spécial d’arbitrage est également autorisé à solliciter l’avis pertinent d’experts, s’il le juge nécessaire. Le groupe spécial d’arbitrage demande l’avis des parties avant de choisir ces experts. Toute information obtenue de la sorte doit être communiquée à chacune des parties et soumise à leurs observations. Conformément aux règles de procédure, et sauf convention contraire entre les parties, les personnes physiques ou morales établies dans les parties et intéressées à la procédure sont autorisées à soumettre par écrit des observations au groupe spécial d’arbitrage. Ces communications ne concernent que les aspects factuels du différend et non des arguments de droit.
   Article 17
   Règles d’interprétation
   Tout groupe spécial d’arbitrage applique et interprète les dispositions visées à l’article 2 en vertu des règles coutumières d’interprétation du droit international public, et notamment de la convention de Vienne sur le droit des traités. Les décisions du groupe spécial d’arbitrage ne peuvent pas accroître ou diminuer les droits et obligations énoncés dans les dispositions visées à l’article 2.
   Article 18
   Décision du groupe spécial d’arbitrage
   1.   Le groupe spécial d’arbitrage ne ménage aucun effort pour prendre ses décisions par consensus. Toutefois, dans les cas où il n’est pas possible d’arriver à une décision par consensus, la décision sur la question en cause est prise à la majorité des voix. Cependant, les avis divergents des arbitres ne sont en aucun cas rendus publics.
   2.   Toute décision du groupe spécial d’arbitrage est contraignante pour les parties et ne crée aucun droit ni aucune obligation pour les personnes physiques ou morales. La décision expose les constatations de fait, l’applicabilité des dispositions pertinentes de l’accord d’association et les justifications fondamentales de ses constatations et conclusions. Le sous-comité «industrie, commerce, services et investissement» rend publique la décision du groupe spécial d’arbitrage dans son intégralité, à moins qu’il n’en décide autrement pour garantir la confidentialité des informations commerciales confidentielles.
   CHAPITRE IV
   
      DISPOSITIONS GÉNÉRALES
   
   Article 19
   Listes d’arbitres
   1.   Le sous-comité «industrie, commerce, services et investissement» dresse, dans les six mois suivant l’entrée en vigueur du présent protocole, une liste d’au moins quinze personnes qui sont disposées et aptes à exercer les fonctions d’arbitre. Chaque partie propose au moins cinq personnes pour exercer les fonctions d’arbitre. Les deux parties sélectionnent aussi au moins cinq personnes qui ne sont ressortissantes d’aucune d’elles pour exercer les fonctions de président du groupe spécial d’arbitrage. Le sous-comité «industrie, commerce, services et investissement» veille à ce que la liste soit toujours maintenue à ce même niveau.
   2.   Les arbitres doivent, par leur formation ou leur expérience, être des spécialistes du droit et du commerce international. Ils doivent être indépendants, siéger à titre personnel, ne prendre d’instruction d’aucune organisation ni d’aucun gouvernement, n’être affiliés au gouvernement d’aucune des parties et respecter le code de conduite figurant à l'annexe du présent protocole.
   3.   Le sous-comité «industrie, commerce, services et investissement» peut dresser des listes supplémentaires d’au moins quinze personnes ayant une expertise sectorielle dans les matières spécifiques couvertes par l’accord d’association. Lorsqu’il est fait usage de la procédure de sélection de l’article 6, paragraphe 2, les présidents du sous-comité «industrie, commerce, services et investissement» peuvent utiliser une telle liste sectorielle moyennant l’accord des deux parties.
   4.   Si la liste visée au paragraphe 1 n’est pas établie à la date où une demande de médiation ou d’établissement d’un groupe spécial d’arbitrage est effectuée, les arbitres sont tirés au sort parmi les personnes ayant été officiellement proposées par l’une des parties ou par les deux. Les personnes proposées pour exercer les fonctions de président du groupe spécial d’arbitrage ou de médiateur ne doivent pas être ressortissantes de l’une ou l’autre des parties.
   Article 20
   Relation avec les obligations de l’OMC
   1.   Si une partie cherche à obtenir le règlement d’un différend relatif à une obligation dans le cadre de l’OMC, elle a recours aux règles et procédures de l’accord instituant l’OMC, qui s’appliquent nonobstant les dispositions du présent accord.
   2.   Si une partie cherche à obtenir le règlement d’un différend résultant du champ d’application du présent accord tel que défini dans son article 2, elle a recours aux règles et procédures du présent accord.
   3.   Sauf convention contraire des parties, si une partie cherche à obtenir le règlement d’un différend relatif à une obligation résultant du champ d’application du présent accord tel que défini dans son article 2, équivalente en substance à une obligation dans le cadre de l’OMC, elle a recours aux règles et procédures de l’accord instituant l’OMC, qui s’appliquent nonobstant les dispositions du présent accord.
   4.   Une fois que des procédures de règlement des différends ont été engagées, l’enceinte saisie en vertu des paragraphes précédents, si elle ne s’est pas déclarée incompétente, est utilisée à l’exclusion de l’autre.
   5.   Rien dans le présent accord ne fait obstacle à la mise en œuvre par une partie d’une suspension des obligations autorisée par l’organe de règlement des différends de l’OMC. L’accord OMC ne peut être invoqué pour empêcher une partie de suspendre ses obligations au titre du présent accord.
   Article 21
   Délais
   1.   Tous les délais définis dans le présent protocole, y compris les délais de notification des décisions des groupes spéciaux d’arbitrage, correspondent au nombre de jours de calendrier suivant l’acte ou le fait auxquels ils se rapportent.
   2.   Tout délai mentionné dans le présent protocole peut être prolongé d’un commun accord entre les parties. Les parties s’engagent à examiner avec compréhension toute demande de prolongation de délai motivée par les difficultés que rencontre l’une des parties pour se conformer aux procédures du présent protocole. À la demande d’une partie, le groupe spécial d’arbitrage peut prolonger les délais applicables aux procédures, compte tenu des niveaux de développement différents des parties.
   Article 22
   Révision et modification du protocole
   1.   Au plus tard trois ans après l’entrée en vigueur du présent protocole et de ses annexes, le conseil d’association réexamine leur mise en œuvre, en vue de décider s’ils doivent être maintenus, modifiés ou abrogés.
   2.   Lors de ce réexamen, le conseil d’association peut considérer la possibilité de créer un organe d’appel commun à plusieurs accords euro-méditerranéens.
   3.   Le conseil d’association peut décider de modifier le présent protocole et ses annexes.
   Article 23
   Entrée en vigueur
   Le présent protocole est approuvé par les parties selon les procédures qui leur sont propres. Le protocole entre en vigueur le premier jour du deuxième mois suivant la date à laquelle les parties se sont mutuellement notifié l’accomplissement des procédures visées dans le présent article.
   
      Fait à Bruxelles, le onze novembre deux mille dix, en double exemplaire, en langues allemande, anglaise, bulgare, danoise, espagnole, estonienne, finnoise, française, grecque, hongroise, italienne, lettone, lituanienne, maltaise, néerlandaise, polonaise, portugaise, roumaine, slovaque, slovène, suédoise, tchèque et arabe, chacun de ces textes faisant également foi.
      
         За Европейския съюз
         Por la Unión Europea
         Za Evropskou unii
         For Den Europæiske Union
         Für die Europäische Union
         Euroopa Liidu nimel
         Για την Ευρωπαϊκή Ένωση
         For the European Union
         Pour l’Union européenne
         Per l’Unione europea
         Eiropas Savienības vārdā –
         Europos Sąjungos vardu
         Az Európai Unió részéről
         Għall-Unjoni Ewropea
         Voor de Europese Unie
         W imieniu Unii Europejskiej
         Pela União Europeia
         Pentru Uniunea Europeană
         Za Európsku úniu
         Za Evropsko unijo
         Euroopan unionin puolesta
         För Europeiska unionen
         
            
         
            
      
      
         За Арабска република Египет
         Por la República Árabe de Egipto
         Za Egyptskou arabskou republiku
         For Den Arabiske Republik Egypten
         Für die Arabische Republik Ägypten
         Egiptuse Araabia Vabariigi nimel
         Για την Αραβική Δημοκρατία της Αιγύπτου
         For the Arab Republic of Egypt
         Pour la République arabe d'Égypte
         Per la Repubblica araba d'Egitto
         Ēģiptes Arābu Republikas vārdā –
         Egipto Arabų Respublikos vardu
         Az Egyiptomi Arab Köztársaság részéről
         Għar-Repubblika Għarbija tal-Eġittu
         Voor de Arabische Republiek Egypte
         W imieniu Arabskiej Republiki Egiptu
         Pela República Árabe do Egipto
         Pentru Republica Arabă Egipt
         Za Arabsko republiko Egipt
         Za Egyptskú arabskú republiku
         Egyptin arabitasavallan puolesta
         På Arabrepubliken Egyptens vägnar
         
            
         
            
      
   
   
      (1)  Les dispositions du présent protocole ne portent pas atteinte à l’article 34 du protocole relatif à la définition de la notion de «produits originaires» et aux méthodes de coopération administrative.
   ANNEXES
   
               ANNEXE I
            
            
               :
            
            
               
                  RÈGLES DE PROCÉDURE DE L’ARBITRAGE
               
            
         
               ANNEXE II
            
            
               :
            
            
               
                  CODE DE CONDUITE À L’INTENTION DES MEMBRES DES GROUPES SPÉCIAUX D’ARBITRAGE ET DES MÉDIATEURS