CELEX: 51993PC0342
Language: fr
Date: 1993-12-03
Title: Proposition de REGLEMENT DU PARLEMENT EUROPEEN ET DU CONSEIL sur les dessins ou modèles communautaires

COMMISSION DES COMVTUNAUTES EUROPEENNES
                                         COM(93)342  final-COD 463
                                         Bruxelles, le 3  décembre 1993
                          Proposition de
   REGLEMENT DU PARLEMENT EUROPEEN ET DU CONSEIL
           sur les dessins ou modèles communautaires
                  (présentée par la Commission)
 ---pagebreak---                                   TABLE DES MATIERES
                                                           page
EXPOSE DES MOTIFS                                             1
PROPOSITION DE REGLEMENT DU PARLEMENT EUROPEEN
ETDU CONSEIL                                                 61
TITRE L DISPOSITIONS GENERALES
Article 1er Dessin ou modèle communautaire                   66
Article 2 Office communautaire des dessins ou modèles        67
TITRE a     DROIT DES DESSINS ET MODELES
Première section : Conditions de protection
Article 3 Définitions                                        67
Article 4 Conditions générales                               68
Article 5 Nouveauté                                          68
Article 6 Caractère individuel                               68
Article 7 Date de référence                                  69
Article 8 Divulgations non opposables                        69
Article 9 Dessins ou modèles techniques non arbitraires et
            dessins et modèles d'interconnexions             70
Article 10 Dessins ou modèles contraires à l'ordre public    70
Section 2 : Etendue et durée de la protection
Article 11 Etendue de la protection                          70
Article 12 Durée de la protection du dessin ou modèle
            communautaire non enregistré                     71
Article 13 Durée de la protection du dessin ou modèle
            communautaire enregistré                         71
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Section 3 : Le droit au dessin ou modèle communautaire
Article 14 Titularité du droit au dessin ou modèle communautaire       71
                                                                       71
Article 15 Pluralité de créateurs
Article 16 Revendications du droit à un dessin ou modèle communautaire 72
Article 17 Effets de la décision de justice sur la titularité
             au dessin ou modèle communautaire enregistré              72
 Article 18 Présomption en faveur du demandeur de l'enregistrement      73
 Article 19 Droits propres au créateur                                  73
 Section 4 : Effets du dessin ou modèle communautaire
 Article 20 Droits conférés par le dessin ou modèle communautaire
             non enregistré                                             73
 Article 21  Droits conférés par le dessin ou modèle communautaire
             enregistré                                                 74
 Article 22  Limitation des droits conférés par le dessin ou modèle
             communautaire                                     ,        74
 Article 23   Utilisation du dessin ou modèle communautaire enregistré
             à des fins de réparation                                   75
 Article 24  Epuisement des droits                                      75
 Article 25  Droits au dessin ou modèle communautaire enregistré fondé
              sur une utilisation antérieure                            75
 Section 5 : Nullité
 Article 26 Déclaration de la nullité                                   76
 Article 27 Motifs de nullité                                           76
 Article 28 Effets de la nullité                                        77
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TITRE IEL DES DESSINS ET MODELES COMMUNAUTAIRES COMME OBJETS DE
            PROPRIETE
Article 29 Assimilation des dessins ou modèles communautaires
            à des dessins ou modèles nationaux                                       77
Article 30 Transfert                                                                 78
Article 31 Droits réels sur un dessin ou modèle communautaire
            enregistré                                                               79
Article 32 Exécution forcée d'un dessin ou modèle communautaire
            enregistré                                                               79
Article 33 Procédure de faillite ou procédures analogues                             79
Article 34 Licences                                                                  80
Article 35 Opposabilité aux tiers                                                    80
Article 36 La demande d'enregistrement d'un dessin ou modèle
            communautaire en tant qu'objet de propriété                              81
TITRE IV. DEMANDE D'ENREGISTREMENT DTJN DESSIN OU MODELE
            COMMUNAUTAIRE
Première section : Dépôt de la demande et conditions auxquelles elle doit satisfaire
Article 37 Dépôt de la demande d'enregistrement                                      81
Article 38 Transmission de la demande                                                82
Article 39 Conditions auxquelles la demande doit satisfaire                          82
Article 40 Demande multiple                                                          83
Article 41 Date de dépôt                                                             84
Article 42 Classification                                                            84
Section 2 : Priorité
Article 43  Priorité                                                                 84
Article 44  Revendication de priorité                                                85
Article 45  Effet du droit de priorité                                               85
Article 46  Valeur de dépôt national du dépôt communautaire                          86
 Article 47  Priorité d'exposition                                                   86
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TTTREV. PROCEDURE D'ENREGISTREMENT
Article 48 Examen de la conformité de la demande aux
            conditions de forme                                    86
Article 49 Irrégularités auxquelles il peut être remédié           87
Article 50 Enregistrement                                          87
Article 51 Publication                                             88
Article 52 Ajournement de la publication                           88
ITTRE VL DUREE DE LA PROTECTION DU DESSIN OU MODELE
            COMMUNAUTAIRE ENREGISTRE
Article 53 Durée de la protection                                  89
Article 54 Renouvellement                                          89
TITRE VIL RENONCIATION ET NULLITE DU DESSIN OU MODELE
             COMMUNAUTAIRE DEPOSE
Article 55  Renonciation                                           90
Article 56  Demande en nullité                                     91
Article 57  Examen de la demande                                   91
Article 58  Participation à la procédure du contrefacteur présumé,
            de la Commission et des Etats membres                  91
TITRE VIILREOOURS CONTRE LES DECISIONS DE L'OFnCE
 Article 59 Décisions susceptibles de recours                      92
 Article 60 Personnes admises à former le recours et à être
             parties à l'instance                                  92
 Article 61 Délai et forme du recours                              92
 Article 62 Révision préjudicielle                                 92
 Article 63 Examen du recours                                      92
 Article 64 Décision sur le recours                                 94
 Article 65 Recours devant la Cour de justice                       94
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TTTRE K. PROCEDURE DEVANT L'OFFICE
Première section : Dispositions générales
Article 66 Motivation des décisions                                                           95
Article 67 Examen d'office des faits                                                          95
Article 68 Procédure orale                                                                    95
Article 69 Instruction                                                                        96
Article 70 Notification                                                                       96
Article 71 Restitutio in integrum                                            - . . : . . . . 96
Article 72 Référence aux principes généraux                                                   97
Article 73 Fin des obligations financières . . . .                                            97
Section 2 : Frais
Article 74 Répartition des frais                                                              98
Article 75 Exécution des décisions fixant le montant des frais                                99
Section 3 : Information du public et des autorités des Etats membres
Article 76  Registre des dessins ou modèles communautaires                                  100
Article 77  Publications périodiques                                                        100
Article 78  Inspection publique                                                             100
Article 79  Coopération administrative et judiciaire                                         101
Article 80  Echange de publications                                                          101
Section 4 : Représentation
Article 81 Principes généraux relatifs à la représentation                                  102
Article 82 Mandataires agréés                                                                102
TITRE X. COMPETENCE ET PROCEDURE POUR LES ACTIONS EN JUSTICE
            RELATIVESAUX DESSINS ET MODELES COMMUNAUTAIRES
 Première section : Compétence judiciaire et exécution des décisions
 Article 83 Application de la Convention sur la compétence judiciaire et l'exécution
             des décisions                                                                   104
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Section 2 : Litiges en matière de contrefaçon et de nullité des dessins ou modèles
            communautaires
Article 84 Tribunaux des dessins ou modèles communautaires                             105
Article 85 Compétence en matière de contrefaçon et de nullité                          105
Article 86 Compétence internationale                                                   106
Article 87 Etendue de la compétence en matière de contrefaçon                          106
Article 88 Action ou demande reconventionnelle en nullité
            d'un dessin ou modèle communautaire                                        107
Article 89 Présomption de validité - Défense au fond                                   107
Article 90 Décisions en matière de nullité                                             108
Article 91 Effets de la décision en matière de nullité                                 109
Article 92 Droit applicable                                                            109
Article 93 Sanctions de l'action en contrefaçon                                        109
Article 94 Mesures provisoires et conservatoires                                       110
Article 95 Règles spécifiques en matière de connexité                                  111
Article 96 Compétence des tribunaux des dessins ou modèles
            communautaires de deuxième instance - Pourvoi en cassation                 111
Section 3 : Autres litiges relatifs aux dessins et modèles communautaires
Article 97 Dispositions complémentaires concernant la compétence des tribunaux
            nationaux autres que les tribunaux des dessins ou modèles
            communautaires                                                             112
Article 98 Obligation du tribunal national                                             112
TITRE XL INCIDENCE SUR LE DROIT DES ETATS MEMBRES
Article 99 Actions intentées parallèlement sur la base des dessins ou
            modèles communautaires et sur la base d'enregistrements nationaux
            de dessins ou modèles                                                      113
Article 100 Rapports avec les autres formes de protection prévues par les législations
            nationales                                                                 113
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TTIRE XIL L'OFFICE COMMUNAUTAIRE DES DESSINS ET MODELES
Première section : Dispositions générales
Article 101 Statut juridique                                              114
Article 102 Services administratifs                                       115
Article 103 Personnel                                                     115
Article 104 Privilèges et immunités                                       115
Article 105 Responsabilité                                                115
Article 106 Compétence de la Cour de justice                              116
Section 2 : Direction de l'Office
Article 107 Compétence du Président                                       116
Article 108 Nomination de hauts fonctionnaires                            117
Section 3 : Conseil d'administration
Article 109 Institution et compétence                                     117
Article 110 Composition                                                   118
Article 111 Présidence                                                    118
Article 112 Sessions                                                      118
Section 4 : Application des procédures
Article 113 Compétence                                                    119
Article 114 Divisions de l'examen des conditions de forme                 119
Article 115 Division de l'administration des dessins ou modèles
             et des questions juridiques                                  120
Article 116 Divisions d'annulation                                        120
Article 117 Chambres de recours                                           120
 Article 118 Indépendance des membres des Chambres de recours             121
 Article 119 Exclusion et récusation                                      121
 Article 120 Nomination des membres des Divisions d'annulation
             et des Chambres de recours pendant une période de transition 122
 Section 5 : Dispositions budgétaires
 Article 121 Budget                                                        122
 Article 122 Taxes                                                        123
 ---pagebreak---                                              Vlll
TITRE XIIL DISPOSITIONS FINALES
Article 123 Langues officielles                                    124
Article 124 Dispositions communautaires d'application              124
Article 125 Système d'échange d'informations                       124
Article 126 Etablissement d'un comité et procédure pour l'adoption
            des modalités d'application                            124
Article 127 Règlement relatif aux taxes                            125
Article 128 Entrée en vigueur                                      126
 ---pagebreak---                                       EXPOSE DES MOTIFS
                                    PARTIE I : GENERALITES
1 .Introduction
1.1 Le présent règlement a pour objet de créer un système communautaire de protection
     juridique pour les dessins ou modèles industriels.
1.2 La protection juridique des dessins ou modèles prend actuellement naissance par voie
      d'enregistrement. En dehors des pays du Bénélux qui appliquent un principe dé territorialité
      régionale depuis 1975, la protection des dessins ou modèles est nationale. La protection est
      accordée, sur demande, Etat par Etat, et l'effet juridique produit est limité au territoire de
      l'Etat dans lequel la protection est accordée.
1.3 Les conflits de nature à entraver la libre circulation des marchandises sont inévitables. Un
      dessin ou modèle qui remplit les conditions requises pour obtenir la protection dans un Etat
      membre peut ne pas les remplir dans un autre. Si des marchandises légalement fabriquées
      par un concurrent dans un pays où les dessins ou modèles ne sont pas protégés doivent être
      commercialisées dans un pays où il existe une telle protection, l'entrée dans ce dernier
      pourra leur être interdite en vertu des dispositions de l'article 36 du traité CEE. De même,
      en raison du caractère strictement national de la protection, un dessin ou modèle peut être
      enregistré par destitulairesdifférents dans des Etats membres différents. Le titulaire du
      droit dans un pays peut, en invoquant les dispositions de l'article 36 du traité CEE,
      empêcher l'importation dans ce pays de marchandises qui enfreindraient ses droits
      également dans le cas où le dessin ou modèle incorporé dans les marchandises dans un autre
      Etat membre est enregistré au nom d'un autre titulaire.
1.4 Les droits que confère un dessin ou modèle ont pris de plus en plus d'importance au cours
      de la dernière décennie parce que les dessins ou modèles sont devenus de puissants
       instruments de commercialisation. Beaucoup de marchandises sont recherchées par les
       consommateurs non seulement pour leur fonction mais et sans doute davantage encore pour
       leur esthétique industrielle. Enumérer les marchandises dans lesquelles sont incorporés des
       dessins ou modèles ne serait pas chose facile. L'éventail des "produits" en cause est très
       large, allant des objets façonnés et des bijoux aux machines perfectionnées, outils, produits
       électroniques, produits électroniques grand public, automobiles, yachts, meubles et
       équipements de bureau, articles de sport, mode et habillement et appareils ménagers pour
       ne citer que quelques champs d'application classiques de l'esthétique industrielle
       contemporaine. Les obstacles artificiels à leur commerce auraient des répercussions sur la
                                                    1
 ---pagebreak---      vente de la plupart des produits manufacturés et sont donc incompatibles avec le bon
     fonctionnement d'un marché intérieur.
1.5 Pour assurer la libre circulation des marchandises dans lesquelles sont incorporés des
     dessins ou modèles sur un marché intérieur, il est nécessaire de mettre en place un système
     de protection au niveau de la Communauté. En effet, un système de protection à l'échelle
     de la Communauté ne saurait procéder du simple rapprochement des législations des Etats
     membres. Même s'ils présentaient un caractère uniforme, les régimes nationaux ne
     satisferaient pas aux besoins du marché intérieur parce que la protection s'arrêterait aux
     frontières de l'Etat dans lequel elle aurait été obtenue. En dépit du rapprochement des
     législations, le risque qu'il y ait des droits concurrents dans un autre Etat membre
     demeurerait réel.
1.6 L'action nécessaire pour créer un système communautaire de protection pour les dessins ou
     modèles ne peut être engagée qu'au niveau de la Communauté et ne peut en aucun cas être
     remplacée par une action engagée par les Etats membres à l'intérieur de leurs territoires. Un
     régime de protection supranational passe par une action supranationale. L'instrument
     juridique prévu pour atteindre ce but est le règlement.
1.7 Le règlement répond en l'occurrence au principe de la subsidiarité. La Commission doit
      légiférer parce que les mesures à prendre sont nécessaires pour atteindre les objectifs du
      marché intérieur et que ces mesures ne peuvent être adoptées au niveau des Etats membres
      mais uniquement au niveau de la Communauté.
2.    La base juridique
2.1 La proposition de règlement poursuit pour les dessins ou modèles industriels et pour les
      marchandises dans lesquelles ils sont incorporés des objectifs comparables à ceux visés par
      d'autres initiatives communautaires dans le domaine de la propriété intellectuelle et
      industrielle, à savoir l'établissement et le fonctionnement d'un marché commun des produits
      de l'esthétique industrielle et, partant, leur libre circulation, le libre jeu de la concurrence
      en la matière et la protection de cette forme de propriété industrielle et commerciale
      (article 2, article 3 sous a) et f) et, enfin, article 36 du traité CEE).
 2.2 Aux termes de l'article 8A du traité CEE, la Communauté arrête, conformément aux
       dispositions dudit traité, à savoir l'article 100A, les mesures destinées à établir le marché
       intérieur qui comporte un espace sans frontières intérieures dans lequel est assurée la libre
       circulation des marchandises, y compris les produits de l'esthétique industrielle.
       L'article 100A du traité CEE habilite la Communauté à adopter "les mesures" de
       rapprochement des législations nécessaires pour atteindre les objectifs du marché intérieur.
 ---pagebreak---     Le terme "mesures" couvre tout type d'instrument juridique, quel qu'il soit. "Arrêter des
    mesures" signifie donc adopter les dispositions juridiques appropriées. Aux fins de
    l'article 100A, les dispositions appropriées sont celles qui poursuivent les objectifs fixés à
    l'article 8 A, à savoir les dispositions qui ont pour objet l'établissement et le fonctionnement
    du marché intérieur. Le choix de l'instrument dépend de ce qui s'avère approprié et
    nécessaire pour atteindre l'objectif poursuivi.
2.3 L'objectif de la mesure à prendre est de créer à l'échelle de la Communauté un droit qui naît
    et qui expire en même temps dans tout l'espace communautaire et qui confère à son titulaire
     un droit unitaire. Cet objectif ne peut pas être atteint par une directive. Par voie de directive,
     il est possible de rapprocher les législations des Etats membres et, partant, d'instaurer des
     règles de droit qui protègent les dessins ou modèles aux mêmes conditions, pour une
    période de même durée, avec la même étendue de protection et les mêmes droits conférés
     dans tous les Etats membres. Mais une directive ne peut pas remplacer les différents
     régimes nationaux de protection, qui ont une application exclusivement territoriale et
     imposent aux usagers l'obligation de dépôts multiples, le paiement de taxes différentes et
     le gestion des droits obtenus dans des Etats membres différents, par un simple droit valable
     dans toute la Communauté. Le règlement s'impose en conséquence. Il ressort des
     considérations énoncées dans l'introduction que la situation actuelle où la protection des
     dessins ou modèles est nationale et limitée au territoire pour lequel elle a été consentie crée
     des entraves aux échanges entre pays. Sauf à instaurer un droit à l'échelle de la
     Communauté, on continuera de recourir à l'article 36 pour légitimer le maintien de
     restrictions à l'importation : l'action communautaire préconisée est donc nécessaire pour
     atteindre les objectifs fixés concernant le marché intérieur.
2.4 L'harmonisation au sens de l'article 100A ne consiste pas simplement à modifier les
     législations nationales mais aussi à y suppléer ou à les remplacer. La création d'un dessin
     ou modèle communautaire complète et remplace les règles de protection nationales et peut
      donc être considérée comme un rapprochement des législations des Etats membres dans ce
      domaine au sens de l'article 100A du traité CEE.
2.5 L'Office communautaire des dessins ou modèles à créer en vertu de l'article 2 du règlement
      devrait, pour des raisons d'économie, avoir des structures administratives en commun avec
      l'Office des marques communautaires institué dans le cadre du règlement sur la marque
      communautaire dont l'adoption précédera celle du présent règlement.
 ---pagebreak--- 3.   L'importance de la protection des dessins ou modèles pour la Communauté
3.1 Une protection des dessins ou modèles bien adaptée à l'économie est d'une importance
     capitale pour la Communauté, pour les Etats membres, pour leurs entreprises et en
     particulier pour les petites et moyennes entreprises.
3.2 Avec l'élévation du niveau de vie, les consommateurs sont de plus en plus exigeants en ce
     qui concerne la qualité des dessins ou modèles, si bien que l'esthétique industrielle est
     devenue un instrument de commercialisation extrêmement puissant. Dans beaucoup de
     branches d'activité, les entreprises se livrent principalement concurrence sur l'esthétique
     industrielle. L'activité économique serait dans certains cas paralysée si les entreprises
     n'étaient pas en mesure de stimuler la demande pour leurs produits en développant de
     nouveaux dessins ou modèles. C'est très souvent le dessin ou modèle qui détermine le
     succès ou l'échec commercial et, avec l'achèvement du marché intérieur, cette tendance
     d'évolution va probablement se renforcer encore. Les entreprises qui parviennent à s'attirer
     des consommateurs par l'esthétique industrielle de leurs produits pourront, en tirant
     avantage des conditions commerciales d'un marché unique, se placer dans une position qui
     leur permettra d'accroître leur part relative du marché des produits en cause au détriment
     de leurs concurrents. Dans le paysage économique communautaire, il y a beaucoup de
     réalisations qui témoignent de la réussite commerciale des entreprises tablant sur
     l'esthétique industrielle. Celles-ci sont représentées et leurs produits se trouvent de plus en
     plus fréquemment dans un grand nombre de centres commerciaux de la Communauté.
3.3 Une esthétique industrielle de qualité est un des principaux atouts des entreprises basées
     dans la Communauté dans la concurrence qui les oppose à celles de paystiersdont les coûts
     de main-d'oeuvre sont souvent plus faibles. Beaucoup de produits de l'esthétique industrielle
     originaires de la Communauté jouissent d'une réputation enviable sur le marché. Le
      règlement a entre autres pour objet de sauvegarder les bases de cette réputation, de valoriser
      les activités d'esthétique industrielles et de favoriser les investissements dans les dessins ou
      modèles en les protégeant contre les comportements parasites.
 3.4 La reproduction des dessins ou modèles est généralement facile. Dans de nombreux cas,
      aucun savoir-faire n'est nécessaire pour reproduire des produits de l'esthétique industrielle.
      La contrefaçon est donc largement répandue dans la Communauté comme dans les pays
      tiers et les agents économiques réclament une législation qui offre au moins un certain degré
      de protection contre les détournements.
 3.5 Le système communautaire de protection des dessins ou modèles montrera la voie sur la
      scène internationale et donnera à la Communauté davantage d'autorité pour promouvoir une
      protection équitable au-delà de son aire de souveraineté.
 ---pagebreak--- 4.   La protection des dessins ou modèles dans les Etats membres
4.1 Tous les Etats membres à l'exception de la Grèce assurent la protection juridique des dessins
     ou modèles dans le cadre d'un régime spécifique. Cette protection spécifique est souvent
     invoquée en même temps que celle conférée par le droit d'auteur. Les conditions
     d'application de la législation sur le droit d'auteur et le degré de mobilisation de cet
     instrument juridique diffèrent beaucoup selon les Etats membres. Dans certains d'entre eux,
     le droit d'auteur s'applique largement, ce qui a pour effet de réduire la nécessité pour de
     multiples branches d'activité de recourir à la protection spécifique des dessins ou modèles.
     Mais même dans ces pays, la protection des dessins ou modèles plus fonctionnels est le plus
     souvent demandée sur la base du régime spécifique. D'autres instruments juridiques comme
     le droit des marques et le droit de la concurrence déloyale peuvent parfois aussi être
     mobilisés aux conditions applicables dans les différents domaines du droit de la propriété
     industrielle et intellectuelle.
4.2 Onze Etats membres appliquent un système de protection des dessins ou modèles par voie
     d'enregistrement. Le Royaume-Uni a récemment instauré une protection pour les dessins
      ou modèles non enregistrés avec effet au 1er janvier 1989. Les dessins ou modèles
      antérieurs relèvent exclusivement de la législation en vigueur avant cette date sous réserve
      de certaines restrictions concernant la protection par le droit d'auteur de dessins ou modèles
      existants qui font l'objet de dispositions transitoires. L'impact du droit sur les dessins ou
      modèles non enregistrés britanniques sur le comportement des agents économiques ne peut
      pas encore être évalué.
 4.3 L'histoire des législations nationales régissant les dessins ou modèles est plus ou moins
      longue selon les Etats membres. Certaines législations sont très récentes comme la
      législation britannique. D'autres sont vraiment très anciennes. La loi française sur les
      dessins ou modèles remonte ainsi à 1909 et n'a fait l'objet de modifications techniques qu'en
      1991. La date d'entrée en vigueur des législations actuellement en vigueur est, il est vrai,
      sans intérêt pour les usagers du système. Les premières lois datent des débuts de l'ère
      industrielle où elles ont manifestement été inspirées par des principes du droit des brevets.
      En dépit des modifications qui ont pu être apportées aux lois par la suite et des nouvelles
      législations qui ont pu être adoptées, on y trouve toujours les caractéristiques des premières
      lois gouvernant les brevets ainsi que les dessins ou modèles. Le droit national n'a pas été
      capable de s'adapter pleinement à l'évolution de l'industrie et de l'économie et cela, au
      détriment des usagers du système. C'est cet héritage des débuts de l'ère industrielle que
      beaucoup de branches d'activité déplorent aujourd'hui.
 4.4 Le lien avec le droit des brevets originaire tient en premier lieu aux conditions d'obtention
       de la protection lesquelles reposent très souvent sur le concept de nouveauté qui n'est pas
 ---pagebreak---       tout à fait compatible avec les caractéristiques des dessins ou modèles. C'est ainsi qu'un
      examen préalable à l'enregistrement attache parfois une importance excessive aux
      enregistrements antérieurs dans une zone géographique donnée et à un concept du dessin
      ou modèle qui privilégie l'ornementation des produits sans suffisamment tenir compte des
      caractéristiques de l'esthétique industrielle contemporaine : la fusion de la forme et de la
      fonction.
4.5 Le règlement a pour objet de créer un système de protection des dessins ou modèles qui soit
      moderne et bien adapté à la réalité des activités de l'esthétique industrielle comme aux
      besoins des usagers de ce système.
5.    La nécessité d'une action communautaire
5.1 Avec le développement de la Communauté et l'achèvement du marché intérieur, les droits
       de propriété industrielle qui naissent avec l'enregistrement pour un territoire donné doivent
       être remplacés ou progressivement étendus par des droits applicables à l'échelle de la
       Communauté. Ce n'est qu'en instaurant de tels droits que l'on pourra surmonter les effets de
       la territorialité nationale de la protection conférée à la propriété industrielle. Pour les
       brevets, la Communauté s'emploie à mettre en oeuvre le plus rapidement possible l'accord
       en matière de brevets communautaires du 15 décembre 1989(1). Pour les marques, l'adoption
       d'une proposition de règlement sur la marque communautaire est imminente. La présente
       proposition de règlement ajoute une nouvelle pièce à la mosaïque des droits de propriété
       industrielle.
5.2 Pour que les milieux économiques puissenttirerprofit des avantages d'un marché unique,
       il faut que les droits nationaux soient progressivement remplacés par des droits applicables
       à l'échelle de la Communauté. Les petites et moyennes entreprises en particulier et les
       créateurs individuels ne sont pas armés pour faire protéger et défendre en justice des
       investissements consacrés à l'esthétique industrielle dans douze Etats membres différents.
       Même pour les entreprises qui sont bien placées pour recourir aux différents systèmes de
       protection nationale, la démarche est lourde et coûteuse. Le résultat en est que les agents
       économiques limitent souvent les enregistrements aux marchés les plus importants du
        moment pour eux en courant lerisquebien réel de compromettre leur avenir commercial
       dans d'autres pays, avec des répercussions très défavorables sur la libre circulation des
        marchandises.
 (,)
     89/695/CEE, JO n° L 401 du 30 décembre 1989, p. 1
 ---pagebreak--- 5.3 Pour toutes ces raisons, la nécessité d'une action communautaire est maintenant proclamée
    par la très grande majorité des branches activité.
6.  Les effets du règlement au niveau international
6.1 Au niveau international, la protection des dessins ou modèles souffre du manque de
    conventions internationales qui assureraient un certain degré d'harmonisation en instaurant
    des droits minimaux. La Convention de Paris pour la protection de la propriété industrielle
    prévoit à l'article 5<»um<»uies que "les dessins ou modèles industriels seront protégés dans tous
    les pays de l'Union", mais ne contient aucune disposition concernant le droit substantiel. La
    Convention de Berne pour la protection des oeuvres littéraires et artistiques offre aux Etats
    de l'Union la possibilité d'assurer la protection des "oeuvres des arts appliqués et [des]
    dessins ou modèles industriels" par la législation sur le droit d'auteur, par une législation
    spéciale ou par les deux. Comme il n'existe pas de dispositions contraignantes dans les
    conventions internationales, les régimes de protection des dessins ou modèles diffèrent
    beaucoup plus les uns des autres que ce n'est le cas, par exemple, pour les législations sur
    le droit d'auteur ou les brevets. Il n'est donc pas aisé pour les entreprises basées dans la
    Communauté d'acquérir des droits et de les gérer dans des paystiers,et c'est pour les petites
    et moyennes entreprises une tâche quasiment impossible.
6.2 L'Arrangement concernant le dépôt international des dessins ou modèles industriels signé
    à La Haye a pour objet de faciliter aux usagers l'obtention de la protection dans plusieurs
    Etats en créant un système de dépôt international centralisé. Par une demande
    d'enregistrement auprès de l'OMPI, il est possible d'obtenir une protection dans un ou
    plusieurs ou la totalité de ces Etats parties à l'Arrangement. Mais il faut relever que la
    protection est strictement nationale et soumise aux conditions fixées dans les législations
     des pays désignés dans la demande d'enregistrement. Les pays désignés peuvent refuser la
     protection si les conditions d'obtention prévues par la législation nationale ne sont pas
     remplies. Ce système d'enregistrement international pourrait toujours présenter un grand
     intérêt pour les entreprises basées dans la Communauté après l'entrée en vigueur du système
     communautaire de protection des dessins ou modèles, s'il ne souffrait du fait qu'en dehors
     de sept Etats membres de la Communauté (les pays du Bénélux, la France, l'Allemagne,
     l'Italie et l'Espagne), la plupart des pays industrialisés ne sont pas parties à l'Arrangement.
     En tout, vingt pays y ont adhéré, mais à l'exception de la Suisse, on ne trouve aucun grand
     pays industrialisé et surtout aucun des grands pays de destination des exportations de la
     Communauté. Une révision de l'Arrangement est actuellement à l'étude au sein de l'OMPI
     en vue notamment de faciliter la participation d'un plus grand nombre de pays et en
     particulier des Etats-Unis et du Japon.
 ---pagebreak--- 6.3 Quand le système communautaire de protection des dessins ou modèles entrera en vigueur,
     il sera probablement nécessaire de créer un lien entre les dessins ou modèles
     communautaires et l'Arrangement (révisé) de La Haye. Un tel lien donnera la possibilité aux
     particuliers et aux entreprises d'obtenir un dessin ou modèle communautaire par voie de
     dépôt dans le système de La Haye et, aux entreprises de la Communauté, d'obtenir un dépôt
     international par enregistrement dans la Communauté. On pourrait pour ce faire s'inspirer
     des dispositions du Protocole relatif à l'Arrangement de Madrid concernant l'enregistrement
     international des marques qui établit un lien entre la marque communautaire et
     l'Arrangement de Madrid.
6.4 Les considérations qui ont été émises sous le point 4.3 sur les inconvénients inhérents au
     fait que les réglementations relatives aux dessins ou modèles ont été inspirées des principes
     gouvernant le droit des brevets sont d'autant plus valables pour des pays qui comptent parmi
     les principaux partenaires commerciaux de la Communauté et qui appliquent directement
     les règles du droit des brevets à des dessins ou modèles intitulés "Design patents". Les
     règles de droit en vigueur dans des paystiersdeviennent une source de préoccupation pour
     la Communauté si les entreprises communautairesrisquentd'être désavantagées par des
     réglementations qui ne revêtent en soi aucun caractère discriminatoire mais ne leur offrent
     pas de moyens faciles de protéger les caractéristiques de leur production.
6.5 En créant la législation appropriée dans son territoire, la Communauté accroît sensiblement
      ses chances d'exercer une influence sur la situation dans le reste du monde.
6.6 Les dispositions du présent règlement sont pleinement compatibles avec les dispositions
      relatives aux dessins ou modèles industriels du projet d'Arrangement TRIP qui en est au
      stade de la négociation.
7.    Préparation et consultation
7.1 Le règlement repose sur un travail préparatoire très complet et la large consultation des
      milieux intéressés. En juin 1991, les services de la Commission ont publié un document de
      réflexion : Livre vert sur la protection juridique des dessins ou modèles industriels
      (III/F/5131/91).
 7.2 A la suite de la publication du Livre vert, les services de la Commission ont reçu des
      contributions écrites d'un grand nombre d'organisations professionnelles et de praticiens du
      droit de la propriété industrielle ainsi que de créateurs. Les organisations professionnelles
      ont très souvent créé des groupes de travail intersectoriels pour discuter les idées avancées
      dans le Livre vert et présenter des observations et suggestions à la Commission. Les
      remarques faites au nom de grandes organisations représentant un large échantillon
                                                   8
 ---pagebreak---      d'activités dans tous les Etats membres de la Communauté méritent à l'évidence toute
     l'attention voulue.
7.3 Les contributions ont été complétées par l'audition d'un large groupe de parties intéressées,
     d'organisations de consommateurs, d'organisations internationales et de représentants des
     Etats membres à titre d'observateurs, qui a été organisée les 25 et 26 février 1992. Le
     compte rendu détaillé de cette audition a été diffusé par les services de la Commission en
     juillet 1992 (III/F/5252/92). Les experts gouvernementaux de la propriété industrielle des
     Etats membres ont été consultés lors d'une audition tenue le 25 mars 1992. Enfin, une
     audition sur la question la plus controversée, à savoir la protection juridique des dessins ou
     modèles s'appliquant aux pièces détachées automobiles, a eu lieu le 16 octobre 1992. Seules
     les parties directement intéressées ont été invitées à cette dernière audition.
7.4 Le contenu du présent règlement prend en considération bon nombre des observations qui
     ont été présentées dans ce contexte.
8.   Les caractéristiques fondamentales du système communautaire de protection des dessins
     ou modèles
8.1 Le système communautaire de protection des dessins ou modèles est un système à deux
      degrés, qui introduit une protection fondée sur l'enregistrement, d'une part, et une protection
      automatique qui naît avec la divulgation du dessin ou modèle au public, d'autre part.
8.2 Les dessins ou modèles sont les caractéristiques de l'apparence d'un produit qui peuvent être
      perçues par les sens. Aucun critère esthétique n'est pris en compte. Les dessins ou modèles
      esthétiques et fonctionnels sont protégeables sans distinction. Toutefois, les caractéristiques
      imposées par une fonction technique du produit et qui ne laissent aucune liberté dans la
      conception d'éléments arbitraires ne sont pas protégeables de manière à ne pas monopoliser
      les fonctions techniques par la protection d'un dessin ou modèle. Ces caractéristiques
      peuvent éventuellement être protégées par la législation sur les brevets ou les modèles
      d'utilité lorsque les conditions d'obtention d'une telle protection sont réunies. Aux fins de
      l'interopérabilité des produits, les dessins ou modèles, même arbitraires, des interconnexions
      ne sont pas protégeables, sauf dans le cas d'interconnexion de produits modulaires.
 8.3 Les conditions fondamentales pour qu'un dessin ou modèle puisse bénéficier d'une
      protection sont la nouveauté et le caractère individuel, autrement dit, aux yeux de
      l'utilisateur averti, le dessin ou modèle doit se distinguer des autres dessins ou modèles
      existant sur le marché.
 ---pagebreak--- 8.4 Le dessin ou modèle communautaire non enregistré confère au titulaire du droit une
     protection contre sa reproduction tandis que le dessin ou modèle communautaire enregistré
     lui accorde un véritable droit exclusif sur l'utilisation du dessin ou modèle.
8.5 La durée de la protection est de trois ans pour le dessin ou modèle non enregistré; elle est
     fixée à cinq ans pour le dessin ou modèle enregistré mais elle peut être prorogée par
     périodes de même durée jusqu'à un total de vingt-cinq ans.
8.6 II est important pour les créateurs et les entreprises de pouvoir tester un dessin ou modèle
     sur le marché sans pour autant en compromettre le caractère de nouveauté, comme cela
     arrive dans beaucoup de régimes de protection des dessins ou modèles. C'est pourquoi le
     règlement dispose que la divulgation qui en est faite par le créateur lui-même ou son ayant-
     cause dans une période d'une durée déterminée ne porte pas préjudice au caractère novateur
     du dessin ou modèle en question.
8.7 Conformément aux avis exprimés par les milieux intéressés, le système d'enregistrement
     ne repose pas sur un examen sur le fond des conditions d'obtention de la protection avant
     l'enregistrement. Cette approche devrait permettre une procédure rapide et bon marché.
8.8 Après enregistrement, les dessins ou modèles sont publiés. Il reste que certaines branches
      d'activité ont besoin de pouvoir garder secrets leurs dessins ou modèles pendant un certain
     temps. D'autres, comme l'industrie textile notamment, qui produisent de nombreux dessins
      ou modèles à intervalles rapprochés doivent avoir la possibilité de réduire leurs frais en
      demandant l'ajournement de la publication.
8.9 Le règlement instaure l'enregistrement multiple permettant de réduire les frais.
      L'enregistrement d'un nombre indéfini de dessins ou modèles apparentés peut ainsi faire
      l'objet d'une seule et même demande.
8.10 En permettant à l'Office des dessins ou modèles de/ partager le cadre administratif de
      l'Office des marques, les frais d'administration et de fonctionnement peuvent être réduits.
      De plus, il apparaît opportun de s'inspirer des dispositions relatives au règlement des litiges,
      aux procédures administratives et au financement qui se trouvent dans le règlement sur la
      marque communautaire sauf en ce qui concerne les aspects où les dessins ou modèles
      diffèrent des marques et appellent des solutions particulières.
9.    La protection des dessins ou modèles et la concurrence
 9.1 Les droits de propriété intellectuelle et industrielle confèrent à leurtitulairedes droits
       exclusifs. Compte tenu des objectifs que de tels droits poursuivent concernant
                                                  10
 ---pagebreak---      l'investissement dans l'innovation et la créativité, cet aspect particulier de la propriété
     intellectuelle et industrielle ne pose normalement pas de problème au regard de la politique
     de la concurrence dès lors que les droits sont exercés équitablement et que le jeu de la
     concurrence n'est pas faussé par la monopolisation de produits génériques.
9.2 Le règlement est parfaitement conforme à ces orientations. La protection des dessins ou
     modèles ne monopolise pas des produits donnés, mais protège l'apparence individuelle
     qu'un créateur donne à un produit. La protection du dessin ou modèle d'une montre
     n'entrave pas le jeu de la concurrence sur le marché des montres.
9.3 Dans des cas très rares, une protection des dessins ou modèles aussi étendue que celle
     conférée par le dessin ou modèle communautaire peut avoir des effets* secondaires
     indésirables en évinçant ou limitant la concurrence sur les marchés. Cela est vrai notamment
     des produits complexes durables et coûteux comme les véhicules automobiles où la
     protection des dessins ou modèles qui s'appliquent à des pièces particulières dont se
      compose le produit complexe peut créer un véritable marché captif pour les pièces
     détachées.
9.4 Pour ces produits, une disposition relative aux réparations a été introduite qui permet la
      reproduction des dessins ou modèles en vue de produire des pièces détachées trois ans après
      la première mise sur le marché du produit auquel le dessin ou modèle a été appliqué. Le
      fabricant a ainsi un droit exclusif pendant une période de trois ans sans que le
      consommateur soit indéfiniment lié à un seul fabricant.
9.5 Quoi qu'il en soit, les articles 85 et 86 du traité CEE demeurent applicables. Bien que,
      comme il résulte de la jurisprudence de la Cour de justice(2), le simple exercice par le
      propriétaire d'un dessin ou modèle protégé de son droit exclusif ne constitue pas en lui-
      même un abus de position dominante, il peut constituer un abus et donc être interdit par
      l'article 86 du traité CEE s'il donne lieu, de la part d'une entreprise en position dominante,
      à certains comportements abusifs tels que le refus arbitraire de livrer des pièces de rechange
      à des réparateurs indépendants, la fixation des prix des pièces de rechange à un niveau
      inéquitable ou la décision de ne plus produire de pièces de rechange pour un produit
      particulier, même si celui-ci est toujours en circulation, à condition que ces comportements
       soient susceptibles d'affecter le commerce entre Etats membres.
 (2)
       CJCE, 5 octobre 1988, affaire 53/87, Cicra contre Renault, RCJ 1988, p. 6039
       CJCE, 5 octobre 1988, affaire 238/87, Volvo contre Veng, RCJ 1988, p. 6211
                                                   11
 ---pagebreak---                        PARTIE n : DISPOSITIONS PARTICULIERES
                                             TITREI
                                DISPOSITIONS GENERALES
                                          Article premier
Paragraphes 1 et 2
La disposition introduit l'expression "dessin ou modèle communautaire" pour les dessins ou
modèles enregistrés et non enregistrés.
Paragraphe 3
La disposition arrête le principe de base : le caractère unitaire du dessin-ou du modèle
communautaire.
                                             Article 2
L'introduction du dessin ou du modèle communautaire impose la création d'un Office
communautaire des dessins ou modèles pour les besoins de leur enregistrement.
                                             ITTRE II
                             DROIT DES DESSINS ET MODELES
                                          Première section
                                     Conditions de protection
                                              Article 3
La disposition comprend deux définitions importantes : le "dessin ou modèle" et le "produit".
La définition du dessin ou modèle a pour objet d'indiquer que toute caractéristique de l'apparence
qui peut être perçue par les sens, vue et toucher, entre en ligne de compte. Peu importe que le
dessin ou modèle ait un caractère esthétique ou fonctionnel ou qu'il soit déterminant dans le
choix du produit par l'utilisateur final.
Divers éléments spécifiques qui peuvent composer un dessin ou modèle sont cités dans la
disposition. L'énumération n'en est pas exhaustive. Le poids et l'élasticité peuvent ainsi constituer
 des caractéristiques du dessin ou du modèle dans certains cas. Il est évident qu'une couleur en
 soi ou un matériau en tant que tel ne saurait bénéficier d'une protection. En revanche, le choix
 d'une couleur en liaison avec d'autres éléments du dessin ou du modèle ou la combinaison des
 couleurs dans un dessin ou modèle graphique peut accentuer le caractère individuel du dessin ou
                                                  12
 ---pagebreak--- modèle et constituer en soi un élément susceptible d'être protégé quand il s'applique à un produit
particulier. Un matériau ou une texture peut de la même manière être l'expression d'une idée
extrêmement originale et un élément décisif dans la perception que l'on peut avoir de l'existence
d'un dessin ou modèle protégeable.
Par produit, on entend tout article auquel on peut appliquer un dessin ou modèle. Les articles
énumérés ne le sont qu'à titre d'exemple. Il semble néanmoins utile de citer explicitement un
certain nombre de produits, tels les caractères typographiques, qui ne sont pas considérés dans
certaines législations comme des "produits" pour la protection des dessins ou modèles.
Les dessins ou modèles appliqués à des parties de produit sont également protégeables. Il est
donc possible de demander la protection pour un élément particulier d'un produit, tous les autres
éléments de l'apparence de ce dernier étant banals. Des composants ou des éléments destinés à
faire partie d'un produit complexe plus important peuvent être protégés en tant que produit, à
condition qu'ils puissent être commercialisés séparément et que leurs dessins ou modèles
remplissent les conditions d'obtention de la protection.
Les programmes d'ordinateur et les produits semi-conducteurs ne sont pas considérés comme des
"produits" aux fins de l'application du règlement sur le dessin ou modèle communautaire.
En ce qui concerne les programmes d'ordinateur, l'exclusion peut paraître superflue puisque les
programmes d'ordinateur tels qu'ils sont définis dans la directive concernant la protection
juridique des programmes d'ordinateur^ ne peuvent pas faire l'objet d'un dessin ou d'un modèle.
Il peut en revanche être utile de dire explicitement que la protection par le droit d'auteur qui est
prévue dans la directive citée ne peut pas être complétée ou renforcée en faisant protéger "l'aspect
ou le toucher" d'un programme d'ordinateur par le biais d'un dessin ou d'un modèle. Cela n'exclut
pas la protection de dessins ou modèles graphiques particuliers quand ils s'appliquent à des
icônes ou à des menus, par exemple, pour autant que les conditions normales d'obtention de la
protection soient remplies.
 Pour ce qui est des produits semi-conducteurs, l'exclusion ne va pas de soi. S'il n'était exclu
 explicitement, le dessin ou modèle de la topographie de produits semi-conducteurs serait
 probablement susceptible d'être protégé dans le cadre du règlement. Il a donc paru nécessaire
 d'exclure les produits semi-conducteurs du champ de la protection pour ne pas compromettre
 w
      Directive du Conseil 91/250/CEE, JO n° L 122 du 17 mai 1991, p. 42.
                                                 13
 ---pagebreak--- l'équilibre créé par la directive concernant la protection juridique des topographies de produits
semi-conducteurs(4) adoptée il y a quelque temps.
                                              Article 4
Paragraphe 1
Cet article énumère les conditions d'obtention de la protection.
Elles sont doubles : le dessin ou le modèle doit être nouveau et présenter un caractère individuel.
Paragraphe 2
En ce qui concerne les dessins ou modèles appliqués à des produits qui font partie d'un produit
complexe, le dessin ou le modèle de chaque élément doit remplir les conditions relatives à la
nouveauté et au caractère individuel. Si tel n'est pas le cas, il ne peut pas bénéficier de la
protection. Lorsqu'un nouveau modèle de voiture est mis dans le commerce, la protection d'un
dessin ou modèle est souvent demandée pour la voiture en tant que telle mais aussi pour un
certain nombre de ses composants, les pièces de carrosserie notamment. La condition énoncée
veut que la nouveauté et le caractère individuel d'une aile de voiture, par exemple, soit apprécié
en soi. Celle-ci ne peut tenir son caractère individuel du caractère individuel de la voiture
considérée dans son ensemble. Le principe consacré par la disposition est généralement admis
 et correspond aux dispositions de l'article 2 paragraphe 2 de la directive concernant la protection
juridique des topographies de produits semi-conducteurs.
                                              Article 5
 Cette disposition définit la notion de nouveauté.
 Paragraphe 1
 De l'avis de la majorité des milieux économiques, la condition fondamentale pour obtenir la
 protection est que le dessin ou le modèle soit nouveau. C'est là un critère objectif. Peu importe
 que le dessin ou modèle soit le résultat d'une création indépendante ou qu'il ait été copié. La
 nouveauté s'apprécie à l'échelle du monde. Le dessin ou le modèle qui a déjà été enregistré ou
 autrement divulgué au public ailleurs dans le monde n'est pas nouveau. Toutefois, seuls les
 dessins ou modèles antérieurs identiques ou quasi identiques détruisent la nouveauté, ce que
 rimpression globale de similarité" ne parvient pas à faire. Il se peut cependant que des dessins
 ou modèles antérieurs non identiques doivent être examinés pour apprécier le caractère individuel
 du dessin ou modèle.
 (4)
       Directive du Conseil 87/54/CEE, JO n° L 24 du 27 janvier 1987, p. 36.
                                                  14
 ---pagebreak--- Paragraphe 2
Le concept de "divulgation au public" est défini. Toute divulgation qui n'est pas faite à titre
confidentiel est assimilable à la divulgation du dessin ou du modèle au public.
                                              Article 6
Paragraphe 1
Cette disposition définit la seconde condition d'obtention de la protection, qui est le caractère
individuel. Un dessin ou modèle a un caractère individuel pour autant qu'il produise une
impression globale différente de celle donnée par des dessins ou modèles existant antérieurement.
Peu importe que le dessin ou le modèle ultérieur diffère d'un dessin ou modèle antérieur par un
nombre même important de détails si l'impression globale qui s'en dégage est celle du "déjà vu".
Là personne sur laquelle cette impression globale de différence doit être faite est un "utilisateur
averti". Ce sera peut-être mais pas forcément le consommateur final, lequel peut parfaitement
ignorer l'apparence du produit, s'il s'agit d'une pièce intérieure d'une machine ou d'un dispositif
mécanique à remplacer au cours d'une réparation, par exemple. En pareil cas, l'"utilisateur averti"
sera la personne qui remplace la pièce ou le dispositif. On lui imputera un niveau de connaissance
ou d'information qui dépendra du caractère du dessin ou du modèle. L'emploi de l'expression
"utilisateur averti" indique en tout état de cause aussi que la similitude ne doit pas être appréciée
au niveau "des experts en dessins ou modèles".
La disposition impose un seuil élevé de différence par rapport à des dessins ou modèles
antérieurs mais offre en même temps une protection d'une large portée (Article 11 ). Si un dessin
ou modèle n'était pas examiné sous cet aspect précis, les altérations apportées à un dessin ou
modèle antérieur pourraient bénéficier de la protection en tant que dessin ou modèle nouveau
puisque le critère de nouveauté de l'article 5 exclut
 uniquement les dessins ou modèles identiques. Dans un certain nombre de législations, la
recherche d'antériorité est dans la pratique limitée aux dessins ou modèles identiques ou quasi-
 identiques, ce qui réduit à néant la portée de la protection. Les entreprises européennes ont
 néanmoins besoin d'une protection qui soit plus large que la simple interdiction des reproductions
 identiques et qui aillent même beaucoup plus loin. L'envers de la médaille est la nécessité
 d'imposer un seuil élevé pour le caractère individuel.
 En ce qui concerne les moyens destinés à maintenir et à faire respecter ce seuil élevé de
 protection, cf. les articles 56 et 58.
 Compte tenu de ce qui vient d'être dit, le nombre des dessins ou modèles susceptibles d'être
 protégés par un dessin ou modèle communautaire sera moins important que dans certaines
 législations nationales. La plupart des branches d'activité consultées ont malgré tout souligné que
                                                  15
 ---pagebreak--- les exigences posées leur semblaient raisonnables et conformes aux véritables intérêts de
l'économie communautaire.
Paragraphe 2
Si le caractère individuel devait être apprécié par rapport à tous les dessins ou modèles antérieurs,
les seuils pourraient devenir beaucoup trop difficiles à franchir. Il serait par ailleurs inadmissible
qu'un présumé contrefacteur faisant l'objet d'une action en contrefaçon puisse contester la validité
d'un dessin ou modèle qu'il est supposé avoir copié en invoquant un dessin ou modèle antérieur
qui aurait disparu depuis longtemps du marché et qu'on devrait aller chercher au fin fond d'un
musée. Ce risque de recherche abusive d'antériorité a été évoqué par la profession comme
argument contre la condition objective de la nouveauté. Il est nécessaire de parer à ce risque
d'abus. Mais d'aucuns ont par ailleurs fait valoir que d'anciens modèles ou dessins Méritent d'être
ranimés et doivent être protégés. C'est pourquoi la disposition définit et limite les dessins ou
modèles antérieurs par rapport auxquels le caractère individuel d'un dessin ou modèle
communautaire doit être apprécié. Les dessins ou modèles appliqués à des produits qui ne se
trouvent plus sur le marché - à l'intérieur comme à l'extérieur de la Communauté - ne sont pas
pris en considération. En d'autres termes, un dessin ou modèle dont la protection a expiré interdit
à untiersd'acquérir un droit exclusif sur un dessin ou modèle similaire aussi longtemps que le
produit auquel il est appliqué subsiste sur le marché. Mais il y a aussi lieu de tenir compte des
dessins ou modèles communautaires enregistrés et des dessins ou modèles nationaux enregistrés
qui ont été publiés et qui n'ont pas encore expiré indépendamment du fait que le produit auquel
le dessin ou le modèle s'applique est mis dans le commerce ou pas. La limitation aux produits
effectivement commercialisés serait incompatible avec les obligations contractées par des Etats
membres dans le cadre de la Convention de Paris pour la protection de la propriété industrielle.
Paragraphe 3
La disposition a pour objet de donner des orientations aux tribunaux qui ont à apprécier si un
dessin ou modèle présente le caractère individuel requis. Ils devront accorder plus de poids aux
caractéristiques communes qu'aux différences parce que c'est l'impression globale qui s'en dégage
qui compte. La liberté du créateur doit, par ailleurs, être prise en considération dans ce contexte.
 (Voir également article 11 paragraphe 2).
                                              Article 7
Paragraphe a
 Le moment où les critères doivent être remplis est la date "date de référence". Elle diffère selon
 que le dessin ou modèle communautaire est enregistré ou non. Pour le dessin ou le modèle
 communautaire non enregistré, il s'agit de la date où il prend naissance, c'est-à-dire le jour où il
 est divulgué au public. L'article 12 définit comment cette date doit être établie.
                                                  16
 ---pagebreak--- Paragraphe b
Pour le dessin ou le modèle communautaire enregistré, la date de référence est la date à laquelle
la demande d'enregistrement a été déposée ou, si une priorité est revendiquée, la date de priorité.
                                              Article 8
Paragraphe 1
La disposition définit les divulgations qui n'ont pas pour effet d'ôter à un dessin ou modèle
communautaire enregistré son caractère de nouveauté et son caractère individuel.
La disposition précise que dans le cas où la protection est revendiquée pour un dessin ou modèle
communautaire enregistré, la divulgation qui en aura été faite pendant une période de douze mois
précédant la date de référence (date de dépôt de la demande ou, le cas échéant,-date de priorité
antérieure) n'a pas d'effet sur le caractère de nouveauté et sur le caractère individuel du dessin
ou du modèle en question dès lors qu'elle a été effectuée par le créateur lui-même ou son ayant-
droit ou qu'elle résulte d'une conduite abusive vis-à-vis du créateur ou de son ayant-cause.
Il s'ensuit, tout d'abord, que le créateur peut utiliser le dessin ou le modèle et le tester sur le
marché pendant douze mois sansrisquerde lui ôter son caractère de nouveauté et son caractère
 individuel. La disposition crée un "délai de grâce", mais évite d'employer l'expression qui
pourrait prêter à confusion avec le concept utilisé dans le droit des brevets, qui est différent.
Ensuite, la disposition consacre le principe selon lequel toutes les formes de divulgation autres
 que celles décrites ont pour effet d'ôter au dessin ou modèle ultérieur son caractère de nouveauté,
 même si le dessin ou le modèle antérieur n'est pas connu ou ne pouvait pas être connu du créateur
 du dessin ou du modèle ultérieur. Un dessin ou modèle divulgué en Sicile, par exemple, et
 seulement commercialisé localement dans cette région a en théorie pour effet d'empêcher un
 créateur en Irlande de faire protéger un dessin ou modèle identique même s'il l'a mis au point
 sans s'inspirer du dessin ou du modèle sicilien. Dans la pratique, les effets seront sans doute
 moins spectaculaires. Un dessin ou modèle communautaire non enregistré antérieur ne garantit
 pas qu'un dessin ou modèle mis au point plus tard de manière indépendante ne puisse être
 enregistré de bonne foi et demeure valable parce qu'il n'est pas contesté. De plus, même dans
 le cas où letitulairedu droit sur un dessin ou modèle antérieur prend connaissance du dessin ou
 du modèle communautaire ultérieur, il pourra certes faire annuler le droit exclusif en introduisant
 un recours devant l'Office communautaire (article 56) ou en intentant une action devant un
 tribunal communautaire des dessins ou modèles communautaires (article 85 c) ou d)), mais il ne
 pourra pas empêcher le créateur ultérieur ou son ayant-droit de commercialiser le produit auquel
  le dessin ou le modèle est appliqué parce que le dessin ou le modèle non enregistré ne confère
  à sontitulairequ'une protection contre la reproduction (article 20). Pour toutes ces raisons, la
  disposition ne semble pas devoir être trop radicale dans les faits.
                                                   17
 ---pagebreak--- Paragraphe 2
Si un dessin ou modèle qui a été divulgué abusivement au sens de l'article 8 paragraphe 1 adonné
lieu à un dessin ou modèle communautaire enregistré ou à un dessin ou modèle enregistré d'un
Etat membre, le caractère abusif de la divulgation ne peut plus être invoquée, car c'est le principe
de la sécurité juridique qui doit prévaloir. Toutefois, letitulairedu droit au dessin ou modèle
communautaire peut avoir recours à la procédure prévue à l'article 16 et demander le transfert
à son nom du droit obtenu à la suite de la divulgation abusive.
                                              Article 9
Paragraphe 1
Le règlement ne fait pas de distinction entre les dessins ou modèles esthétiques et fonctionnels;
ils sont protégeables de la même manière. Dans des cas extrêmes, la forme suit la fonction sans
possibilité de variation. Le créateur ne peut en l'occurrence faire valoir que le résultat est le fruit
de sa créativité personnelle. Le dessin ou le modèle n'a alors aucun caractère individuel et n'ouvre
pas droit à la protection. Il est toutefois peu vraisemblable que le dessin ou le modèle soit
totalement exclu de toute protection. En effet, ce sont très souvent seulement certaines
caractéristiques spécifiques sans possibilité de variation qui sont dictées par la fonction. La
disposition n'exclut donc la protection que dans la mesure où il n'y a aucune liberté d'introduire
 des éléments arbitraires.
Paragraphe 2
 Selon cette disposition, le dessin ou modèle appliqué à des interconnexions qui doivent
obligatoirement être reproduites dans leur forme et leurs dimensions exactes n'est pas susceptible
 de protection même s'il est arbitraire en ce sens que leur forme et leurs dimensions ne sont pas
 dictées exclusivement par leur fonction technique. Le but de cette disposition est de renforcer
 l'interopérabilité de produits de fabrication différente et d'éviter que les producteurs de produits
 auxquels sont appliqués des dessins ou modèles créent des marchés captifs, par exemple de
 périphériques, en monopolisant la forme et les dimensions des interconnexions.
 Ainsi les dimensions des raccords d'un pot d'échappement qui sont dictées par la nécessité de
 monter ledit pot d'échappement sur un modèle de voiture particulier ne peuvent pas constituer
 un élément de dessin ou modèle protégeable parce que les dimensions sont dictées par le bas de
 caisse de la voiture.
 Paragraphe 3
 Il convient de prévoir une exception à la disposition du paragraphe 2 pour les interconnexions
 de produits modulaires, à condition naturellement que les interconnexions remplissent les
 conditions d'obtention de la protection, en particulier celle relative au caractère individuel
 (article 6). C'est ainsi que des raccords qui permettent d'emboîter une chaise d'une fabrication
  donnée dans des rangées d'autres chaises de même fabrication ou qui permettent de les empiler
                                                  18
 ---pagebreak--- ou encore les éléments d'interconnexion de jouets conçus pour à être assemblés devraient en
principe pouvoir bénéficier de la protection. Sinon, il serait possible à des concurrents de faire
l'impasse et de s'imposer directement sur un marché spécial sur lequel le caractère innovatif du
dessin ou du modèle en question consiste souvent - mais pas uniquement - dans la conception
d'éléments d'interconnexion permettant un nombre indéfini d'interconnexions au sein d'un
système donné.
                                               Article 10
On trouve une disposition similaire concernant l'ordre public et les bonnes moeurs dans beaucoup
de législations nationales sur les dessins ou modèles et dans la législation uniforme du Bénélux.
                                                Section 2
                                  Etendue et durée de la protection
                                               Article 11
Paragraphe 1
 Cet article définit l'étendue de la protection. Il pose deux grands principes.
Tout d'abord, pour apprécier si un dessin ou modèle ultérieur enfreint un dessin ou modèle
 antérieur, c'est l'impression générale de similitude qui importe et non les différences qui peuvent
 être relevées dans des détails ou des aspects particuliers. Mention est faite de "l'utilisateur averti".
Cette notion est expliquée dans le commentaire de l'article 6. L'impression globale créée sur
 Putilisateur averti" peut différer de l'impression globale créée sur le simple consommateur en
 ce sens que le premier peut constater des différences frappantes qui échapperaient totalement à
 l'attention du second. Beaucoup dépend du caractère du dessin ou du modèle.
 Paragraphe 2
 Le paragraphe 2 a pour objet de donner aux juges des orientations dans les actions en
 contrefaçon. Ce qui compte, ce n'est pas de légères variations apportées par le concurrent au
 dessin ou modèle reproduit (reproduction intelligente) mais les caractéristiques communes.
 Des dessins ou modèles extrêmement fonctionnels pour lesquels le créateur doit respecter des
 paramètres précis auront probablement plus de similitudes entre eux que des dessins ou modèles
 pour lesquels le créateur est tout à fait libre. C'est pourquoi le paragraphe 2 consacre le principe
 selon lequel la liberté du créateur doit être prise en considération pour apprécier la similitude
 entre un dessin ou modèle et un autre existant antérieurement.
                                                    19
 ---pagebreak---                                               Article 12
Cet article fixe la durée de protection du dessin ou du modèle communautaire non enregistré. La
protection naît avec la divulgation au public. La charge de la preuve concernant la date à laquelle
le dessin ou le modèle a été divulgué au public revient autitulairedu dessin ou du modèle. Il
paraît opportun pour le cas où la date serait contestée de garder des traces de la divulgation du
dessin ou du modèle. Les pratiques commerciales varient d'une branche d'activité à l'autre et il
n'est pas possible de réglementer d'une manière générale les moyens à produire pour établir la
date de la divulgation d'un dessin ou modèle au public.
                                              Article 13
Cet article fixe la durée de protection du dessin ou du modèle communautaire enregistré. Elle est
de cinq ans et prorogeable pendant quatre autres périodes de cinq ans chacune à compter de la
date de la demande d'enregistrement. Si le dessin ou le modèle a bénéficié d'une protection en
tant que dessin ou modèle communautaire non enregistré ayant fait l'objet d'une demande
d'enregistrement à la fin de la période de douze mois visée à l'article 8 paragraphe 1, la durée
maximale de protection d'un dessin ou modèle communautaire peut atteindre 26 ans.
                                              Section 3
                           Le droit au dessin ou modèle communautaire
                                              Article 14
 Paragraphe 1
 La disposition consacre le principe important selon lequel le droit au dessin ou modèle appartient
 initialement au créateur. Toutefois,rienn'empêche le créateur de transférer dès l'origine son droit
 à une autre personne, Payant-cause" généralement le fabricant du produit auquel le dessin ou
 modèle est appliqué. Le dessin ou modèle communautaire ne conférant que des droits
 économiques et non des droits moraux, le transfert du droit du créateur à l'ayant-cause est total,
 à l'exception du droit visé à l'article 19 qu'a le créateur d'être désigné en tant que tel auprès de
 l'Office dans le cas d'un dessin ou modèle communautaire enregistré.
 Paragraphe 2
 Lorsqu'un dessin ou modèle est mis au point par un créateur salarié dans l'exercice d'une activité
 couverte par un contrat de travail, le droit appartient à l'employeur sauf disposition contractuelle
  contraire. Dans la disposition correspondante de la directive sur la protection juridique des
  programmes d'ordinateur^, le droit de l'employeur est limité à l'exercice des droits économiques.
  (S)
        Directive du Conseil 91/250/CEE, JO n° L 122 du 17 mai 1991, p. 42.
                                                   20
 ---pagebreak--- La différence tient au fait que la directive en question offre une protection par le droit d'auteur,
laquelle, selon la législation de certains Etats membres, confère à l'auteur une protection qui ne
peut être transférée totalement. Aucune restriction comparable n'existe pour le transfert des droits
sur des dessins ou modèles. C'est pourquoi, on a repris la solution indiquée à l'article 3
paragraphe 2 sous a) de la directive concernant la protection juridique des topographies de
produits semi-conducteurs(6). Dans cette directive, la solution est seulement indiquée à titre
optionnel. Dans le présent règlement, il a paru nécessaire d'apporter une solution uniforme.
                                               Article 15
Lorsqu'un dessin ou modèle a été mis au point conjointement par deux créateurs ou plus, le droit
au le dessin ou modèle leur appartient conjointement. Si les modalités d'exercice de ce droit ne
sont pas fixées par contrat, le droit est exercé conjointement.
Cette dernière règle ne figure pas explicitement dans le règlement.
Dans le cas où un dessin ou modèle a été mis au point par deux créateurs indépendamment l'un
de l'autre, voir les commentaires sur l'article 8 paragraphe 1.
                                               Article 16
Paragraphe 1
 Il peut arriver qu'un dessin ou modèle soit enregistré par une personne qui ne soit pas habilité.
 C'est ainsi le cas du créateur salarié qui fait enregistrer un dessin ou un modèle dont le titulaire
 légitime est l'employeur en vertu des dispositions de l'article 14 paragraphe 2. Dans cette
 situation, letitulairedu droit peut revendiquer le transfert du droit enregistré à son profit (action
 en revendication). On trouvera une disposition similaire à l'article 23 de l'Accord en matière de
 brevets communautaires du 15 décembre 1989(7).
 Paragraphe 2
 Lorsque l'enregistrement ne précise pas que le droit appartient à plusieurs créateurs
 conjointement, chacun des titulaires du droit peut demander une rectification conformément au
 paragraphe 1.
 Paragraphe 3
  Sauf dans les cas où l'enregistrement a été effectué de mauvaise foi, il semble nécessaire de
 limiter les possibilités de correction dans le temps. La limite est fixée à deux ans à compter de
 la publication.
 (6)
       Directive du Conseil 87/54/CEE, JO n° L 24 du 27 janvier 1987, p. 36.
 (7)
       89/695/CEE, JO n° L 401 du 30 décembre 1989, p. 1.
                                                   21
 ---pagebreak--- Paragraphe 3
Sauf dans les cas où l'enregistrement a été effectué de mauvaise foi, il semble nécessaire de
limiter les possibilités de correction dans le temps. La limite est fixée à deux ans à compter de
la publication.
Paragraphe 4
Le fait qu'une procédure judiciaire en correction ait été entamée doit faire l'objet d'une inscription
au registre. Il en est de même de la décision prise concernant latitularitéou toute autre mesure
mettant fin à la procédure.
                                              Article 17
Paragraphe 1
Cette disposition expose les effets d'une décision judiciaire reconnaissant le transfert d'un dessin
ou modèle communautaire autitulairelégitime du droit à la suite de l'action visée à l'article 16.
Cette disposition s'inspire elle aussi étroitement de la disposition de l'article 24 de la Convention
sur le brevet communautaire{8). Elle a pour effet que les licences et autres droits accordés par une
personne nontitulaires'éteignent quand il est établi qu'ils ont été accordés par une personne non
titulaire.
Paragraphe 2
Lorsque des préparatifs effectifs et sérieux ont été faits pour exploiter commercialement la
 licence ou un autre droit, l'effet d'une déchéance peut être désastreux. Pour en tempérer la
 rigueur, il est prévu qu'une licence inspirée par le "droit d'usage antérieur" (article 25) peut être
 consentie, sur demande.
 Paragraphe 3
 Lorsque letitulairede la licence ou d'un autre droit a agi de mauvaise foi au moment où il a
 commencé à exploiter la licence ou le droit, il est déchu de tous ses droits.
                                              Article 18
 Cette disposition confère à l'Office le droit de présumer que la personne au nom de laquelle la
 demande est présentée est letitulairedu droit au dessin ou modèle. Cette disposition, qui suit la
 disposition similaire de l'article 60 paragraphe 3 de la Convention sur le Brevet européen, a pour
 but d'éviter que, dans une procédure devant l'Office, on puisse soulever la question de la
 titularité, compte tenu du fait que l'Office n'a pas compétence pour statuer sur ces questions qui
 relèvent de la compétence des juridictions nationales.
 (8)
       89/695/CEE, JO n° L 401 du 30 décembre 1989, p. 1
                                                  22
 ---pagebreak--- Si la question de la titularité était soulevée au cours de la procédure d'enregistrement, l'Office
aurait à poursuivre la procédure avec le demandeur initial. La personne prétendant être le titulaire
légitime du droit pourrait alors revendiquer le transfert du droit au moyen de l'action mentionnée
à l'article 16. Si la question est soulevée au cours d'une action en nullité, l'Office pourrait, s'il le
juge approprié, suspendre la procédure et inviter la personne qui prétend être letitulairelégitime
du droit à faire trancher ce problème par une juridiction nationale.
                                              Article 19
Cette disposition accorde au créateur un droit de paternité sur le dessin ou le modèle pour ce qui
concerne les procédures devant l'Office et le Registre des dessins ou modèles communautaires
(cf. également article 14 paragraphe 1).
Il arrive souvent que des dessins ou modèles soient créés par les services d'esthétique industrielle
 d'un secteur ou par des équipes de créateurs et il peut s'avérer difficile sinon impossible
 d'indiquer les noms de tous les participants à la création d'un dessin ou modèle. En ce cas, il
 suffit d'indiquer, par exemple, que le dessin ou le modèle a été mis au point par le service
 d'esthétique industrielle de l'entreprise en question. Des dispositions détaillées visant à garantir
 que, dans ce cas seront élaborées dans le règlement d'exécution le droit de paternité du créateur
 soit sauvegardé.
 Il n'a pas paru possible d'exiger que le nom du créateur (ou de l'équipe) soit cité dans d'autres
 contextes, par exemple sur le produit lui-même, sur l'emballage ou encore dans la documentation
 accompagnant le produit.
                                               Section 4
                             Effets du dessin ou modèle communautaire
                                              Article 20
 Le dessin ou le modèle communautaire non enregistré confère un droit de protection contre la
 reproduction uniquement et non un droit de monopole. C'est pourquoi le libellé diffère de celui
  de l'article 21 paragraphe 1 qui porte sur les droits conférés par le dessin ou le modèle
 communautaire enregistré, en ce sens qu'il ne confère pas de droit exclusif. En cas de
  reproduction non autorisée, letitulairedu droit peut engager une action contre les contrefacteurs
  indirects, des importateurs ou des grossistes, par exemple, pour empêcher le commerce des
  produits contrefaisants.
                                                  23
 ---pagebreak---                                               Article 21
Paragraphe 1
Le dessin ou modèle communautaire enregistré confère un droit de monopole. Letitulairedu
droit a un droit exclusif sur l'utilisation du dessin ou du modèle et il peut opposer son droit à tout
dessin ou modèle similaire, même lorsque le dessin ou le modèle contrefaisant a été mis au point
de bonne foi.
Paragraphe 2
Toutefois, si un dessin ou modèle communautaire enregistré n'a pas été publié parce que le
titulaire du droit a fait usage de la possibilité d'ajourner la publication, le dessin ou modèle
communautaire ne confère à sontitulairequ'un droit de protection contre la reproduction. Le
droit exclusif n'est conféré que par la publication. Il va sans dire que cet effet n'est pas rétroactif.
Quiconque a conçu de manière indépendante un dessin ou modèle bénéficiant de la protection
du dessin ou modèle communautaire enregistré et désormais publié n'est donc pas affecté par le
droit exclusif.
                                              Article 22
La disposition prévoit un certain nombre de limites aux droits conférés par un dessin ou un
modèle communautaire.
Paragraphe 1
Les points a) et b) correspondent aux dispositions de l'article 27 de l'Accord en matière de brevets
communautaires du 15 décembre 1989(9). Le point c) contient une disposition sur l'utilisation du
 dessin ou du modèle de bonne foi en vue de l'enseignement ou à titre de citation, l'élément
essentiel étant que son utilisation ne porte pas préjudice à l'exploitation normale du dessin ou du
 modèle. La source doit en être indiquée.
 Paragraphe 2
 Les points a) à c) introduisent pour les dessins ou modèles les exceptions prévues pour les
 brevets à l'article 5ter de la Convention de Paris pour la protection de la propriété industrielle.
                                               Article 23
 Le but de cette disposition est d'éviter la création de marchés captifs pour certaines pièces
 détachées.
 (9)
       89/695/CEE, JO n° L 401 du 30 décembre 1989, p. 1.
                                                   24
 ---pagebreak--- Selon les dispositions de l'article 9 paragraphe 2, le dessin ou modèle d'interconnexions
mécaniques ne peut constituer un objet susceptible de bénéficier d'une protection. Cela signifie
en pratique que toutes les dimensions des parties d'un produit complexe peuvent être reproduites.
En outre, toute partie d'un produit de ce type peut être considérée comme sans importance pour
l'utilisateur si, par exemple, la pièce de rechange est invisible, ce qui est souvent le cas pour les
pièces internes d'une machine, un moteur de voiture, etc.
Toutefois, si la pièce en question est externe et destinée à être vue et qu'en outre aux yeux du
consommateur final, elle doive idéalement s'accorder à l'apparence générale du produit
complexe, l'accès à la reproduction des dimensions et autres éléments d'interconnexion
mécanique seraient en soi insuffisant pour rendre la concurrence possible dans le domaine des
pièces en question. Le consommateur qui a acheté un produit de longue durée et peut être
onéreux (par exemple une automobile) serait indéfiniment lié, pour l'achat des pièces externes,
au fabricant du produit complexe. Cela pourrait aboutir à la création de conditions malsaines de
concurrence sur le marché des pièces détachées, mais aussi en pratique assurer au fabricant du
produit complexe un monopole d'une durée dépassant celle de la protection de son dessin ou
modèle. Si les concurrents n'étaient autorisés à pénétrer le marché qu'après que la protection du
dessin ou modèle ait expiré, on peut raisonnablement supposer qu'aucune entreprise ne trouverait
cela intéressant. Si l'on veut qu'il y ait concurrence, l'accès au marché doit être possible au
moment où l'on peut envisager réalistement d'investir dans la production..
Cette disposition empiète sur les droits dutitulairedu droit sur le dessin ou modèle et son
 application devrait donc être subordonnée à des conditions très strictes.
En premier lieu, une période de trois ans à dater de la première mise sur le marché du produit est
prévue pendant laquelle letitulairedu droit sur le dessin ou modèle a un droit exclusif.
Deuxièmement, le dessin ou modèle doit être appliqué à un produit qui est une partie d'un produit
 complexe de l'apparence duquel il dépend. Cette condition est par exemple remplie par le dessin
 ou modèle d'une portière d'automobile, qui est conçue pour correspondre aux autres portières de
 la voiture et à l'ensemble de la caisse, mais pas nécessairement à toutes les autres parties qui
 remplissent une fonction ornementale.
 En troisième lieu, l'objectif de la reproduction doit être de permettre la réparation au sens de la
 restauration de l'apparence originale du produit complexe. Cette condition peut être difficile à
 réaliser dans la pratique. Toutefois, du fait que la reproduction ne peut être réalisée que trois ans
 au moins à partir de la première mise sur le marché, il est improbable qu'un producteur
 indépendant de pièces détachées puisse pénétrer le marché des sous-traitants qui fournissent des
 pièces détachées pour la première monte et la première commercialisation du produit complexe.
                                                  25
 ---pagebreak--- La disposition a pour but de garantir une concurrence loyale sur le marché. Il est donc nécessaire
qu'un producteur indépendant de pièces détachées rende visible pour le consommateur que son
produit est d'une autre origine que la pièce originale du produit complexe. Il ne doit pas y avoir
de commercialisation trompeuse susceptible d'induire en erreur le consommateur. Dans ces
conditions, il est clair également que le fabricant du produit complexe initial n'a aucune
responsabilité en ce qui concerne la qualité de la pièce ainsi remplacée.
                                             Article 24
Cette disposition contient une codification de la jurisprudence de la Cour de justice concernant
l'épuisement des "droits de propriété industrielle et commerciale" au sens de l'article 36 du
traité CEE. Cette disposition, qui concerne la mise sur le marché sur le territoire de la
Communauté contient des dispositions similaires à celles d'autres actes communautaires, en
particulier la Convention sur le Brevet communautaire et la proposition de règlement sur la
marque communautaire.
                                             Article 25
Un dessin ou modèle devient objet d'un droit exclusif au moment de la demande d'enregistrement
communautaire. Dans de rares cas, il arrive qu'un dessin ou modèle relevant du champ de la
protection dutitulairedu droit sur le dessin ou modèle communautaire ait été mis au point
indépendamment par un autre créateur qui, par rapport autitulaireaura tardé à divulguer son
 dessin ou modèle au public ou à en demander l'enregistrement. D'une manière générale, il est
nécessaire de prévoir que le droit découlant du dessin ou du modèle communautaire exclut tous
 les autres droits. Dans des cas exceptionnels, pourtant, l'effet de cette règle peut apparaître trop
 sévère, à savoir notamment lorsque le second créateur a déjà fait des préparatifs sérieux
 (financiers ou d'autre nature) pour exploiter le dessin ou le modèle en question. Pour tenir compte
 de cette éventualité, on a prévu un droit d'antériorité inspiré des règles du droit des brevets.
 Le droit d'antériorité n'est pas obligatoire pour le dessin ou le modèle communautaire non
 enregistré, étant donné que le créateur indépendant d'un dessin ou modèle identique ne peut être
 considéré comme un contrefacteur, cf. Article 20.
                                                  26
 ---pagebreak---                                              Section 5
                                               Nullité
                                             Article 26
Paragraphe 1
Cette disposition énonce le principe selon lequel la nullité d'un dessin ou modèle communautaire
ne peut être prononcée que par des juridictions nationales spécialisées appelées juridictions des
dessins ou modèles communautaires (article 84). Dans le cas d'un dessin ou modèle
communautaire enregistré, toutefois, la compétence de ces juridictions est
soumise à la condition que l'action en nullité ait été intentée par voie de demande
reconventionnelle dans une action en contrefaçon (cf. article 85, d), l'action directe en nullité
devant être présentée devant le service compétent de l'Office (cf. articles 56 et suivants).
Paragraphe 2
Il pourrait dans certains cas y avoir intérêt à obtenir une déclaration de nullité même après qu'un
dessin ou modèle ait expiré ou fait l'objet d'une renonciation, par exemple, lorsque le droit au
dessin ou modèle a été invoqué, avant son expiration ou son abandon, à rencontre d'une partie
par une décision qui n'est pas encore devenue définitive.
                                             Article 27
Cette importante disposition contient la liste exhaustive des motifs de nullité d'un dessin ou
modèle communautaire.
Paragraphe 1
Le premier cas, et le plus évident, est celui dans lequel les conditions d'octroi de la protection
énoncées à l'article 4 ne sont pas remplies (paragraphe 1 a)).
Le deuxième motif de nullité mentionné au paragraphe 1 b) correspond au cas dans lequel les
caractéristiques distinctives du dessin ou modèle ne peuvent bénéficier de la protection parce
qu'elles sont dictées entièrement par une fonction technique ne laissant aucune liberté de
concevoir un dessin ou modèle arbitraire ou constituent des interconnexions (article 9
paragraphes 1 et 2). Il faut souligner que ce motif de nullité n'aboutit souvent qu'à une nullité
partielle. Cette disposition sera vraisemblablement utilisée dans des actions en contrefaçon dans
lesquelles un contrefacteur présumé fait valoir que la caractéristique du dessin ou modèle qu'il
est accusé de contrefaire constitue un élément qui n'est pas susceptible d'être protégé.
                                                  27
 ---pagebreak--- Les règles de compétence et de procédure, y compris celles qui concernent la compétence de la
Commission d'intervenir (articles 56 et 58) sur la déclaration de nullité sont également
applicables au cas de nullité partielle.
Le troisième motif de nullité mentionné au paragraphe 1 c) concerne les cas dans lesquels un
dessin ou modèle est contraire à l'ordre public ou aux bonnes moeurs. Ces cas seront
probablement rarissimes, ils n'en posent pas moins une question très délicate : la contradiction
avec l'ordre public ou les bonnes moeurs doit-elle être évaluée en utilisant une "notion
communautaire" ou en se référant à une sensibilité nationale particulière qui peut différer
profondément d'un pays à l'autre ? Bien que ce soit la première solution qui ait été adoptée dans
le cas du brevet communautaire et dans celui de la marque communautaire, on a estimé que cela
pouvait être risqué dans le cas du dessin ou modèle parce que cela signifierait, soit que
l'interprétation de ces notions devrait se situer au niveau le plus bas existant dans la
Communauté, soit qu'une interprétation autonome devrait finalement être dégagée par la Cour
de justice, ce qui pourrait poser des problèmes politiques. On a donc suggéré que la nullité ne soit
prononcée qu'à l'égard de l'Etat ou des Etats membres dans lesquels ce motif de nullité est retenu,
le dessin ou modèle communautaire restant valide dans tous les autres Etats membres
(paragraphe 3 a)).
Un quatrième motif de nullité (paragraphe 1 point d)) concerne le cas dans lequel letitulairedu
droit n'est pas letitulairelégitime, mais s'est par exemple approprié abusivement le droit sur le
dessin ou modèle. Ce motif ne peut être invoqué que par letitulairelégitime qui doit, à cet effet,
engager tout d'abord la procédure de l'article 16, afin d'obtenir une décision de justice
reconnaissant son droit sur le dessin ou modèle. Cette disposition a pour but de venir en aide au
titulaire légitime
lorsque celui-ci préfère mettre à néant avec un effet ex-tunç le droit exploité abusivement plutôt
que de poursuivre l'exploitation du droit exclusif au dessin ou au modèle en son propre nom sur
 la base de la décision reconnaissant sa titularité.
Paragraphe 2
 Le paragraphe 2 traite d'un cas particulier de la nullité qui est celui des "droits antérieurs". Cette
 disposition concerne les demandes d'enregistrement déjà déposées ou les dessins ou modèles déjà
 enregistrés auprès d'un office de la propriété industrielle, mais qui n'ont pas encore été diffusés
 au public à la date à laquelle, conformément à l'article 7 a), la nouveauté et le caractère individuel
 d'un dessin ou modèle communautaire enregistré ultérieur doivent être examinés. Il ne s'agit pas
 d'un problème théorique limité aux quelques mois qui peuvent séparer la demande
 d'enregistrement de la publication du dessin ou modèle : ce cas concerne également le dessin ou
 modèle enregistré gardé secret par l'office compétent en vertu de la législation en vigueur.
                                                 28
 ---pagebreak--- Toutefois, dans le cas du dessin ou modèle communautaire enregistré dont la publication a été
ajournée conformément à l'article 52, le problème ne se pose qu'en cas de reproduction,
cf. article 21 paragraphe 2.
Ces droits antérieurs ne sont pas couverts par les dispositions des articles 5 et 6 et ne peuvent être
opposés à un droit ultérieur sur un dessin ou modèle, car ils ne sont pas "des divulgations" au
sens technique. D'autre part, il serait impossible de laisser de tels droits antérieurs sans aucune
protection contre des dessins ou modèles enregistrés ultérieurement. Ce serait non seulement
extrêmement inéquitable, mais en outre cela ôterait toute utilité au mécanisme de l'ajournement
de la publication que connaissent plusieurs réglementations nationales et qui est également prévu
pour le dessin ou modèle communautaire enregistré, même si la protection se limite à la
reproduction.
La solution proposée consiste donc à admettre que lestitulairesde ces droits antérieurs peuvent
les invoquer comme motifs de nullité à rencontre du dessin ou modèle communautaire enregistré
ultérieurement. La possibilité d'invoquer ce motif serait toutefois limité autitulairedu droit
antérieur et ce droit antérieur ne pourrait être invoqué par untiers,présumé contrefacteur.
La protection que le dessin ou modèle communautaire enregistré ultérieur mérite par rapport à
ces droits antérieurs qui n'étaient pas connus du public lorsque la demande a été déposée justifie
d'imposer une limitation supplémentaire à ce motif de nullité dans le cas où les droits antérieurs
sont des droits sur un dessin ou modèle d'un ou de plusieurs Etats membres qui ont par
conséquent une validité territoriale plus restreinte que la Communauté toute entière. Dans de tels
cas, la nullité ne sera déclarée que pour cet Etat ou ces Etats, laissant intacte la protection assurée
par le dessin ou modèle communautaire enregistré sur le reste du territoire de la Communauté
(paragraphe 3 b).
                                             Article 28
Cette disposition expose le principe de l'effet ex-tunc de la nullité. Le paragraphe 2 prévoit deux
cas dans lesquels cet effet est mitigé : celui d'une décision en matière de contrefaçon passée en
force de chose jugée qui a déjà été exécutée et une obligation contractuelle qui a déjà été réalisée.
                                                  29
 ---pagebreak---                                               TTTREffl
 DES DESSINS ET MODELES COMMUNAUTAIRES COMME OBJETS DE PROPRIETE
                                            Article 29 à 36
Ces articles traitent du dessin ou modèle communautaire et de la demande d'enregistrement d'un
dessin ou modèle communautaire comme objets de propriété. Ces dispositions suivent
étroitement les dispositions similaires déjà adoptées pour le brevet et la marque communautaire.
Il semble donc superflu de les commenter en détail.
                                              ITTRE IV
  DEMANDE D'ENREGISTREMENT DTJN DESSIN OU MODELE COMMUNAUTAIRE
                                           Première section
                  Dépôt de la demande et conditions auxquelles elle doit satisfaire
                                           Articles 37 et 38
Ces deux articles indiquent où doit être déposée la demande d'enregistrement d'un dessin ou
modèle communautaire.
Le demandeur peut présenter soit la demande directement à l'Office communautaire des dessins
ou modèles soit au service central de la propriété industrielle d'un Etat membre. Ce choix
s'inspire de celui qui est offert par le règlement relatif à la marque communautaire.
Etant donné l'étendue géographique et la diversité linguistique de la Communauté, la possibilité
 de présenter une demande à un office national constitue une facilité pour les demandeurs qui
préfèrent établir le premier contact avec une autorité plus familière proche de leur domicile.
 Cependant, la présente proposition n'oblige pas chaque Etat membre à mettre à la disposition de
 ses résidents les moyens de présenter leur demande auprès de l'office national de la propriété
 industrielle, elle donne simplement aux résidents la possibilité de le faire si la législation de l'Etat
 membre le permet. Il est probable que la plupart des services centraux de ces offices, en
 particulier leurs "services de dessins ou modèles", accepteront de remplir cette tâche. La
 Belgique, le Luxembourg et les Pays-Bas pourraient charger de cette tâche le Bureau Bénélux
 des dessins ou modèles sis à La Haye.
 Après une période de démarrage, il conviendra d'examiner comment fonctionne le système
 proposé : l'expérience montrera si la préférence des demandeurs va à un service central ou à un
                                                   30
 ---pagebreak--- service décentralisé. L'article 38 paragraphe 3 prévoit que la Commission établit un rapport sur
le fonctionnement du système après une période de dix ans, assorti éventuellement de toute
proposition visant à le modifier.
Lorsque la demande est présentée à un service national, celui-ci doit la transmettre à l'Office
communautaire dans le délai de deux semaines après sa présentation. Le service national peut
exiger le paiement d'une taxe destinée à couvrir les frais administratifs de réception et de
transmission de la demande.
Lerisque,même minime, que la demande ne parvienne pas à l'Office communautaire ne peut être
négligé (retard ou perte du dossier au cours du transfert ou encore erreur du service national).
Afin de réduire au minimum les conséquences de ces actes, il a été prévu que l'Office
communautaire informe le demandeur dès qu'il reçoit la demande transmise par un service
national. Le demandeur sera ainsi en mesure de déceler très rapidement tout retard ou toute perte
éventuels de la demande s'il ne reçoit pas de l'Office communautaire un avis de réception de la
demande dans un délai raisonnable à dater du dépôt de la demande auprès du service national.
 Si le retard ou la perte de la demande se traduit par la perte de certains droits pour le demandeur,
l'éventuelle responsabilité du service national sera régie par la législation nationale applicable
en l'espèce.
                                              Article 39
 Cet article énumère les conditions que la demande doit remplir.
 La demande est constituée d'un certain nombre d'éléments. Certains d'entre eux conditionnent
 la validité de la demande, d'autres sont facultatifs et dépendent de la situation particulière du
 demandeur.
 Paragraphes 1 et 4
 Les éléments indispensables sont les suivants :
 - la demande d'enregistrement, qui consiste en fait en un formulaire multilingue mis à la
     disposition des demandeurs par l'Office communautaire et par chaque service national
     (paragraphe 1 a));
  - l'identification du demandeur (paragraphe 1 b));
  - une représentation graphique ou photographique du dessin ou modèle propre à être reproduite
     (la représentation sera utilisée pour la publication du dessin ou modèle dans le registre des
     dessins ou modèles communautaires : comme il est très vraisemblable que les représentations
     des dessins ou modèles enregistrés seront stockés par l'office sur disques optiques, le règlement
     d'exécution pourrait fixer des normes techniques permettant de définir quelles sont les
     représentations propres à la reproduction) (paragraphe 1 c));
                                                   31
 ---pagebreak--- - la mention du nom du créateur ou l'indication de l'équipe de créateurs (paragraphe 4 - cf.
   également article 16).
Paragraphe 3
Les éléments facultatifs sont les suivants :
- une description expliquant la représentation graphique ou photographique ces textes peuvent
   être utiles pour identifier les caractéristiques particulières de l'apparence du produit qui
   constituent l'essence du dessin ou modèle et peuvent ne pas être très visibles sur une photo ou
   un dessin) (paragraphe 3 a));
- l'indication des produits dans lesquels il est prévu que le dessin ou modèle soit incorporé et la
   classification des produits conformément à l'Arrangement de Locarno (l'indication et la
   classification ne serviront qu'à des fins de classification et de recherche et n'auront aucun effet
   sur la portée de la protection du droit sur le dessin ou modèle) (paragraphe 3 b) et c);
- un spécimen ou un échantillon du produit dans lequel le dessin ou modèle est incorporé : les
   spécimens ou échantillons peuvent concerner des produits bidimensionnels (principalement
   des textiles) ainsi que des produits tridimensionnels. Le règlement d'exécution devra prévoir
   des dispositions particulières régissant les normes et les tailles maximales de ces spécimens
   en tenant compte du fait qu'ils devront être conservés et classés par l'Office (paragraphe 3 d));
- une demande d'ajournement de la publication du dessin ou modèle (paragraphe 3 e ) - cf.
   article 52).
Paragraphe 2
La représentation du dessin ou modèle propre à la reproduction peut être remplacée par un
spécimen ou un échantillon dans les cas suivants :
- si la demande porte sur un dessin ou modèle bidimensionnel et
- en cas de présentation d'une demande d'ajournement de la publication du dessin ou modèle.
Cette disposition a pour but de répondre à un besoin particulier de l'industrie textile qui pourrait
utiliser le système de l'ajournement de la publication pour présenter un nombre de demandes
beaucoup plus élevé que le nombre de dessins ou modèles qui devront finalement être protégés.
Il serait excessif d'exiger de ce secteur qu'il dépose des représentations graphiques ou
 photographiques coûteuses pour toutes ses demandes à ce stade très précoce, alors que le dépôt
 d'un spécimen ou d'un échantillon serait plus aisé et moins cher. Toutefois, à l'expiration de la
 période d'ajournement, les dessins ou modèles pour lesquels la protection doit être maintenue
 devront être publiés dans le Bulletin des dessins ou modèles et, à cette fin, il faudra que la
 représentation graphique ou photographique ait été déposée (cf. article 52 paragraphe 4 b)).
 Paragraphe 5
 En ce qui concerne les taxes, il est proposé que la demande donne lieu au paiement de deux
 taxes :
                                                   32
 ---pagebreak---   - une taxe d'enregistrement,
   - une taxe de publication.
En cas de demande d'ajournement de la publication, la taxe de publication devrait à ce stade être
remplacée par une taxe plus faible d'ajournement de la publication principalement destinée à
couvrir le coût de la publication de la mention de l'ajournement (voir article 52 paragraphe 3).
Le montant de ces taxes ainsi que des autres taxes prévues dans le règlement sera fixé
conformément à la procédure de l'article 127 dans un règlement relatif aux taxes.
                                             Article 40
Paragraphe 1
Le système de la "demande multiple" existe dans plusieurs ordres juridiques nationaux ainsi que
dans l'Arrangement de La Haye concernant le dépôt national des dessins ou modèles industriels.
Son objectif est de faciliter le dépôt des demandes pour les secteurs de l'industrie qui produisent
un grand nombre de dessins ou modèles et pour lesquels le coût et la charge administrative liés
à l'obtention de droits pour chacun d'eux seraient trop élevés. Le système des dessins ou modèles
communautaires, qui devrait être très moderne et pouvoir interopérer avec le système du dépôt
international de l'Arrangement de La Haye devait nécessairement prévoir cette possibilité.
Cette disposition permet de demander en une seule fois l'enregistrement d'un certain nombre de
dessins ou modèles. Contrairement à ce qui avait été suggéré dans le Livre vert, aucun plafond
n'a été fixé. Une condition a toutefois été prévue : que les produits dans lesquels les dessins ou
modèles sont destinés à être incorporés appartiennent tous à la même sous-classe conformément
à l'Arrangement de Locarno ou au même ensemble ou assortiment d'articles. Cette limitation
apparaît nécessaire pour éviter que l'instrument soit utilisé pour payer des taxes d'enregistrement
et de publication plus faibles en présentant ensemble des dessins ou modèles destinés à toutes
sortes de produits. Une demande multiple doit être caractérisée par un élément unitaire qui réside
normalement dans le fait que tous les produits appartiennent à la même sous-classe (les classes
prévues dans l'Arrangement de Locarno sont trop larges pour répondre à ce besoin d'unité dans
 une seule demande). Toutefois, la limitation à une sous-classe pourrait dans certains cas aboutir
 à des situations inéquitables : un même dessin ou modèle pourrait être appliqué à des produits
 qui, en raison de leur nature physique, appartiennent à des sous-classes, voire à des classes
 différentes. Ce peut être le cas d'une ornementation qu'un fabricant veut appliquer sur une série
 d'articles de ménage différents (vaisselle en porcelaine, verres, fourchettes, cuillères, couteaux,
 ustensiles de cuisine, etc.). Ce fabricant devrait avoir la possibilité de présenter une demande
 multiple pour tous les usages de ce dessin ou modèle; La disposition vise également à couvrir les
 différentes possibilités de "décoration intérieure" résultant de l'idée d'un dessin ou modèle
 unitaire : c'est ce que devrait permettre la référence à un "même assortiment d'articles".
                                                  33
 ---pagebreak--- Paragraphe 2
En ce qui concerne les taxes, le traitement d'une demande multiple s'inspire de suggestions que
l'OMPI a présentées pour la révision, actuellement en cours, de l'Arrangement de La Haye. Outre
le paiement des taxes d'enregistrement et de publication normales, le demandeur doit payer une
taxe supplémentaire d'enregistrement et de publication qui devrait correspondre à un pourcentage
des taxes de base exigibles pour chaque dessin ou modèle supplémentaire. L'utilisation de cette
formule permet d'éviter de devoir fixer un plafond au nombre de dessins ou modèles combinés
dans une demande multiple. Le montant de ce pourcentage et ses variations possibles en fonction
du nombre de dessins ou modèles devra être fixé conformément à la politique suivie en matière
de taxes par l'autorité qui adoptera le règlement relatif aux taxes (cf. article 127).
                                                Article 41
Cette disposition détermine la date de présentation d'une demande d'enregistrement d'un dessin
ou d'un modèle communautaire (y compris une demande multiple) comme étant la date à laquelle
le document contenant les informations obligatoires à fournir pour la demande (cf. article 39
paragraphes 1 et 2) sont déposées soit à l'Office, soit au service central de la propriété industrielle
nationale (y compris le Bureau Bénélux). Les modalités d'octroi de cette date figurent dans les
 articles 48 et 49.
                                                Article 42
 Cette disposition prévoit l'obligation générale, aux fins d'application du règlement, de suivre la
 classification prévue dans l'Arrangement de Locarno de 1968. Soulignons une nouvelle fois que
 l'utilisation de cette classification qui est basée sur des produits n'a aucun effet sur l'étendue de
 la protection accordée à un dessin ou modèle communautaire.
                                                Section 2
                                                 Priorité
                                             Article 43 à 47
 Ces articles traitent du droit de priorité. Conformément à la Convention de Paris pour la
 protection de la propriété industrielle, les dessins ou modèles bénéficient d'un droit de priorité
 de six mois. Le dessin ou modèle communautaire enregistré, qui résulte d'un accord régional
  entre les Etats membres de la CEE, qui sont tous parties à la Convention de Paris, doit donc
  bénéficier d'un droit de priorité résultant d'une demande antérieure présentée pour le même
  dessin ou modèle dans tout Etat partie à la Convention de Paris.
                                                    34
 ---pagebreak--- La possibilité d'invoquer la priorité d'une demande communautaire pour obtenir la protection
dans ou pour un Etat partie à la Convention de Paris devra être négociée ultérieurement au sein
de l'OMPI et elle résultera du fait que le dessin ou modèle communautaire enregistré est reconnu
comme un instrument de protection valide en vertu de la Convention de Paris. L'article 46 énonce
déjà ce principe en ce qui concerne les Etats membres de la CEE, à savoir qu'une demande
d'enregistrement d'un dessin ou modèle communautaire pour laquelle une date de présentation
de demande d'enregistrement a été accordée est réputée avoir valeur d'enregistrement national
régulier dans chaque Etat membre.
Les articles 43 à 47 ont été rédigés en suivant les dispositions presque identiques de la
Convention sur le brevet communautaire et de la proposition de règlement sur la marque
communautaire. Il ne paraît donc pas utile de les commenter en détail.
                                              TTTREV
                             PROCEDURE D'ENREGISTREMENT
                                              Article 48
Comme il a été souligné dans l'introduction, la procédure d'enregistrement devant l'Office doit
être simple, bon marché et rapide. Aucun examen de fond de la conformité du dessin ou modèle
avec les conditions d'octroi de la protection et aucune procédure d'opposition ne sont prévus
avant l'enregistrement. L'Office doit simplement vérifier la conformité de la demande aux
conditions de forme, laissant le contrôle de la validité intrinsèque du dessin ou modèle aux
procédures inter partes engagées devant les juridictions nationales ou devant l'Office après
l'enregistrement.
Paragraphe 1
Il résulte de l'application de ce principe général que l'Office n'examine pas si la demande est
 conforme aux conditions à remplir pour bénéficier de la protection, ni si elle pose des problèmes
 comme l'éventuelle nature technique non arbitraire des caractéristiques pour lesquelles la
protection est demandée et qui est exclue en vertu de l'article 9. Elle n'examine pas non plus la
 non-conformité éventuelle du dessin ou du modèle avec les exigences relatives à l'ordre public
 ou aux bonnes moeurs prévues à l'article 10.
 Bien que l'Office ne s'intéresse pas aux conditions de fond à remplir pour la protection, il n'est
 pas tenu d'enregistrer une demande formellement correcte mais se rapportant à quelque chose qui
 ne répond manifestement pas à la définition du dessin ou modèle. Si un droit sur un dessin ou
 modèle est demandé pour un thème musical (non la représentation graphique de quelques
                                                   35
 ---pagebreak--- mesures) ou pour un nom ou un slogan (non leur représentation graphique), l'Office doit être
habilité à refuser la demande d'emblée. Le demandeur pourra former un recours contre cette
décision en vertu des articles 59 et suivants.
Paragraphe 2
Cette disposition indique quels éléments sont pris en considération par l'Office lors de l'examen
de conformité aux conditions de forme. Il doit tout d'abord être établi que la demande contient
les éléments nécessaires qui permettent d'accorder une date de présentation (les éléments
mentionnés dans les articles 39 paragraphes 1 et 2). En second lieu, l'Office doit vérifier la
conformité de la demande avec toutes les autres conditions énoncées à l'article 39 (mention du
créateur ou de l'équipe de créateurs, éléments facultatifs, paiement des taxes, conformité aux
conditions de présentation énoncées dans le règlement d'exécution) et, dans le cas d'une demande
multiple, avec les conditions énoncées à l'article 40 (éléments facultatifs, paiement des taxes
supplémentaires, conformité avec les conditions de présentation fixées dans le règlement
d'exécution). Enfin, l'Office doit vérifier que les conditions auxquelles est soumise la
revendication de priorité de l'article 44 sont remplies.
                                              Article 49
Cet article indique quelles sont les conséquences de certaines irrégularités contenues dans la
demande. Dans ce cas, l'Office invite le demandeur à remédier aux irrégularités dans un délai
donné.
 S'il est remédié aux irrégularités dans les délais, l'Office accorde une date de présentation de la
 demande, mais cette date est fixée différemment suivant la gravité des irrégularités constatées.
 Si les irrégularités concernent l'existence d'une demande d'enregistrement, l'identification du
 demandeur, la représentation du dessin ou modèle ou, le cas échéant, le dépôt d'un spécimen ou
d'un échantillon, la date de présentation de la demande sera la date à laquelle il a été remédié à
 ces irrégularités. Si les irrégularités portent sur d'autres conditions que la demande (ou la
 demande multiple) doit remplir, la date de présentation de la demande reste celle à laquelle la
 demande a été présentée à l'Office ou au service national.
 S'il n'est pas remédié aux irrégularités en temps voulu, y compris au défaut de paiement de taxes
 exigibles, la demande est rejetée. Le demandeur a un droit de recours contre cette décision de
 l'Office (articles 59 et suivants).
 Pour les exigences relatives au droit de priorité, le fait de ne pas remédier aux irrégularités
 aboutit simplement à la perte du droit de priorité pour la demande, qui continuera à être traitée
 mais qui sera alors examinée sur SU compatibilité avec les conditions de fond à la date de
 présentation de la demande et non à la date antérieure de priorité.
                                                  36
 ---pagebreak---                                               Article 50
Dès qu'il a été accordé une date de présentation de la demande, celle-ci est enregistrée en tant que
dessin ou modèle communautaire enregistré. La date mentionnée dans le registre est celle de la
présentation de la demande. Etant donné la simplicité de l'examen de la compatibilité avec les
conditions de forme et la brièveté des délais qui ont été prévus pour la transmission de la
demande d'un service national à l'Office ou pour remédier à d'éventuelles irrégularités, la date
d'enregistrement devrait en principe se situer dans les six mois suivant la date de la présentation.
                                              Article 51
L'enregistrement est suivi le plus rapidement possible de la publication du dessin ou modèle
communautaire enregistré dans le Bulletin des dessins ou modèles communautaires. Le délai
séparant l'enregistrement de la publication dépendra, d'une part, du temps nécessaire à la
préparation technique de la publication et, d'autre part, de la fréquence avec laquelle l'Office fera
paraître le Bulletin (parution mensuelle ou bimensuelle). La disposition indique ce que la
publication doit contenir, en laissant la possibilité de prévoir des règles plus détaillées dans le
règlement d'exécution.
La disposition est basée sur l'idée que le Bulletin des dessins ou modèles communautaires sera
publiée sous la forme d'un périodique traditionnel, comme c'est actuellement le cas dans le
système national de plusieurs Etats membres et dans le système de dépôt international de
La Haye; il pourra néanmoins s'avérer plus utile à l'avenir, à la lumière de l'innovation
technologique, d'autoriser l'Office à choisir un moyen plus efficace et plus moderne de "faire
connaître les dessins ou modèles au public".
Du point de vue de l'effet juridique, il faut souligner que, sur le plan technique, le dessin ou
modèle sera accessible au public à partir de la date à laquelle il a été enregistré et non à partir de
 la date à laquelle il est publié dans le Bulletin : l'accès du public au registre est en effet garanti
dès cette date antérieure.
                                              Article 52
 Cet article prévoit qu'un dessin ou modèle communautaire enregistré peut demeurer secret pour
 une période ne dépassant trente mois. Il correspond à un besoin de plusieurs secteurs industriels
 qui estiment qu'ils ne peuvent publier leurs dessins ou modèles avant que le produit
 correspondant ne se trouve sur le marché. En particulier, dans le domaine de la mode (mais le
 problème n'est pas rare non plus dans le domaine de l'automobile), laisser les concurrents
 connaître à l'avance la ligne générale de la future collection pourrait compromettre le succès
 d'une opération commerciale basée sur le caractère exclusif de cette ligne, la protection du
                                                   37
 ---pagebreak--- savoir-faire ne suffisant pas dans ce cas à empêcher les concurrents de mettre sur le marché des
dessins ou modèles similaires (éventuellement des "reproductions intelligentes") en même temps
que le titulaire du droit ou même avant lui. Il est alors nécessaire de recourir au secret, mais si
celui-ci était laissé à la seule discrétion de chaque entreprise, le risque de perdre la protection en
raison d'une demande d'enregistrement tardive serait trop grand. L'ajournement de la publication
est donc la bonne réponse à ce besoin.
Paragraphe 1
La demande d'ajournement doit être faite au moment de la présentation de la demande. La
procédure d'enregistrement est trop courte pour que la demande d'ajournement puisse être faite
à une date ultérieure. La période pendant laquelle le dessin ou modèle communautaire enregistré
peut être gardé secret ne peut dépasser trente mois à partir de la date de présentation de la
demande ou de la date de priorité. Cette période devrait permettre de respecter l'équilibre entre
le besoin du secret exposé ci-dessus et le besoin de sécurité juridique et de transparence auquel
l'existence de dessins ou modèles valides mais non publiés fera certainement obstacle.
Paragraphes 2 et 3
Si une date de présentation est accordée pour la demande accompagnée d'une demande
d'ajournement de la publication, le dessin ou modèle correspondant est enregistré dans le même
délai et selon la même procédure qu'un dessin ou modèle communautaire enregistré normal. Mais
le dépôt de la représentation du dessin ou modèle et le dossier relatif à la demande
d'enregistrement ne seront pas rendus publics.
Le public sera informé par l'intermédiaire du Registre et du Bulletin de l'identité du demandeur,
de la durée de l'ajournement de la publication de la représentation du dessin ou du modèle et de
la date de présentation de la demande.
Paragraphes 4, 5 et 7
A l'expiration de ce délai, ou antérieurement à la demande dutitulaire,les éléments qui ont été
gardés secrets seront rendus publics par l'Office par l'intermédiaire du Registre et du Bulletin et
la date à laquelle ceci aura lieu constituera la date de publication. Il faut toutefois qu'une
condition soit remplie : le titulaire du droit doit payer là taxe de publication, puisque, lors de la
présentation de la demande, il n'avait payé que la taxe d'ajournement de la publication, moins
 élevée. Si, au surplus, letitulairedu droit a déposé un échantillon au lieu d'une représentation du
 dessin ou modèle dans l'un des cas visés à l'article 38 paragraphe 2, il doit à ce stade fournir la
 représentation propre à la reproduction pour permettre la publication au Bulletin. Si l'une
 quelconque de ces conditions n'est pas remplie, le droit sur le dessin ou modèle perd ses effets
 dès l'origine.
                                                   38
 ---pagebreak--- Le titulaire du droit sur le dessin ou modèle peut toutefois opter pour la renonciation à ce droit.
Dans ce cas, il n'y a pas de publication et le titulaire évite que le droit sur le dessin ou modèle
perde ses effets - protection contre la reproduction, cf. Article 21 paragraphe 2 - dès l'origine.
Paragraphe 6
Il devrait ressortir clairement des considérations qui précèdent que letitulaireen droit d'un dessin
ou modèle communautaire enregistré faisant l'objet d'une mesure d'ajournement de la publication
bénéficie d'un droit qui peut être invoqué à l'encontre de contrefacteurs. Toutefois, compte tenu
du fait que les contrefacteurs ne peuvent être réputés avoir connaissance du dessin ou modèle
étant donné sa nature secrète, le droit conféré est uniquement une protection contre la
reproduction, aussi longtemps que la publication n'a pas eu lieu et l'action visant à reconnaître
le droit est subordonnée à la communication préalable au contrefacteur présumé de la totalité du
dossier, y compris la représentation du dessin ou modèle. Ceci ne signifie toutefois pas que
l'information devrait également être portée à la connaissance du grand public.
                                                TITRE VI
                    DUREE DE LA PROTECTION DU DESSIN OU MODELE
                                 COMMUNAUTAIRE ENREGISTRE
                                                Article 53
Cette disposition, introduite pour des raisons de logique, confirme ce qui a été énoncé à
 l'article 13, c'est-à-dire que la durée de la protection du dessin ou modèle communautaire
 enregistré est de cinq ans à compter de la date de présentation de la demande, renouvelable par
 période de cinq ans jusqu'à un maximum de 25 ans.
                                                Article 54
 Cet article, rédigé d'après l'article correspondant de la proposition de règlement sur la marque
 communautaire, expose la procédure à suivre pour renouveler la protection à l'expiration de
 chaque période de cinq ans.
 Le renouvellement doit être demandé par le titulaire du droit ou par une personne qu'il a
 expressément autorisé : on estime que le renouvellement est un acte suffisamment important pour
  que l'on exige cet engagement personnel du titulaire du droit et qu'on ne le laisse pas par exemple
  à la seule initiative d'un titulaire de licence. Le renouvellement fait en outre l'objet du paiement
  d'une taxe de renouvellement qui, à long terme, constituera la principale source de revenu de
  l'Office.
                                                     39
 ---pagebreak--- L'Office organisera l'information du titulaire du droit en temps utile avant l'expiration du droit
sur le dessin ou modèle. La demande de renouvellement et le paiement de la taxe doivent avoir
lieu au cours des six mois précédant l'expiration. Toutefois, une période supplémentaire de six
mois après l'expiration est accordée pour présenter la demande et payer la taxe de
renouvellement, sous réserve du paiement d'une taxe supplémentaire.
                                              TITRE VII
                  RENONCIATION ET NULLrTE DU DESSIN OU MODELE
                                  COMMUNAUTAIRE DEPOSE
                                               Article 55
Cette disposition traite de la renonciation à un dessin ou modèle communautaire enregistré à
l'initiative ou avec le consentement dutitulairedu droit. Elle a été rédigée sur le modèle de la
disposition similaire concernant la marque communautaire.
                                           Articles 56 à 58
Les articles 56 et 57 sont rédigés sur le modèle des dispositions introduisant les actions en
renonciation ou en nullité de la marque communautaire et instituent une procédure centralisée
 devant l'Office qui devrait constituer l'instrument de base permettant de contrôler la validité d'un
 dessin ou modèle communautaire enregistré après son enregistrement. Cette procédure peut être
 engagée dès que le dessin ou modèle communautaire a été enregistré ou à n'importe quel moment
pendant sa durée de vie, voire après son expiration. Elle répond à un double besoin : le besoin
 d'une réaction des concurrents contre la revendication de la protection immédiatement après
 l'enregistrement (dans certains Etats membres, ce besoin est couvert par la procédure en
 opposition) et le besoin de pouvoir ultérieurement attaquer le droit sur le dessin ou modèle pour
 toute la Communauté à n'importe quel moment.
 Dans le premier cas, une réaction rapide d'une partie intéressée contre l'enregistrement
 empêcherait que le droit sur le dessin ou modèle soit exercé à son encontre par une juridiction
 nationale avant qu'une décision définitive soit prise sur le problème de la validité, compte tenu
 de la disposition de l'article 95 paragraphe 1. Même si le titulaire du droit agit plus rapidement
 que latiercepartie et essaie d'exercer ses droits avant que la procédure en nullité ne soit engagée
 devant l'Office, l'article 95 paragraphe 2 permet toujours à la tierce partie (qui est devenue
 techniquement un contrefacteur présumé) d'engager cette procédure et de demander à un juge
  national de suspendre la procédure en nullité jusqu'à ce que l'Office ait statué sur la question de
                                                   40
 ---pagebreak--- la validité (cette disposition confère aux juridictions nationales un pouvoir discrétionnaire afin
d'éviter les procédures vexatoires). Il faut également signaler que la durée de la procédure devant
l'Office peut en règle générale être influencée par la manière dont le Président gère les opérations
de l'office. Ceci devrait éviter des procédures inutilement longues.
Dans le deuxième cas, la déclaration d'invalidité n'aurait qu'un effet rétroactif, mais elle pourrait
toujours être utile pour obtenir par exemple des dommages - intérêts en cas d'exercice abusif du
droit. La composition internationale des divisions de l'Office et la compétence de leurs membres
seront autant de garanties de la valeur et de l'impartialité des décisions de l'Office dans ce
domaine.
La procédure peut être engagée par toute personne physique ou juridique, y compris la
Commission et les Etats membres, estimant qu'il y a de bonnes raisons pour qu'un dessin ou
modèle communautaire enregistré soit déclaré nul. Il existe toutefois deux cas dans lesquels il
faut faire la preuve d'un intérêt particulier pour pouvoir engager l'action : si le motif de nullité
invoqué est le défaut detitularitédutitulairedu droit (article 26 paragraphe 1 d)) ou si le motif
invoqué est l'existence d'un "droit antérieur" au sens de l'article 27 paragraphe 2.
La procédure est une procédure inter partes qui se déroule devant une division d'annulation de
 l'Office. Il n'apparaît pas utile de décrire en détail les dispositions relatives à la mise en oeuvre
 de cette procédure et à l'examen de la demande en nullité par la division de l'Office, étant donné
 que ces dispositions suivent strictement les dispositions similaires déjà adoptées pour cette
 procédure administrative inter partes pour le brevet européen (procédure d'opposition), le brevet
 communautaire (procédure de révocation) la marque communautaire (procédures de déchéance
 et de nullité).
 La partie qui succombe peut former un recours contre la décision de l'Office (articles 59 et
 suivants).
 L'article 58 facilite l'accès aux actions en nullité, aussi longtemps que la procédure est pendante
 devant l'Office, car tout contrefacteur présumé contre lequel le titulaire essaie d'obtenir la
 reconnaissance de ses droits. Il a le droit d'intervenir dans la procédure et de faire valoir ses
 moyens devant l'Office.
 En outre, la Commission et les Etats membres sont habilités à être parties à l'instance. Ceci
 couvre par exemple la situation dans laquelle les parties règlent l'affaire à l'amiable sans que la
  Cour statue sur la nullité. Si l'intérêt public commande que l'on parvienne à une décision
  définitive, la Commission et les Etats membres ont ainsi un moyen d'y parvenir.
                                                   41
 ---pagebreak--- La Commission a l'intention de créer un comité consultatif chargé de l'aide dans sa mission de
surveillance des enregistrements de l'Office. La création de ce comité est de la compétence de
la Commission.
Le comité qui sera présidé par un représentant de la Commission sera composé des représentants
des Etats membres et, sur base ad hoc, des représentants de l'industrie.
Ceci devrait permettre de garantir que les modalités pratiques de l'enregistrement seront
conformes aux intentions du règlement.
                                            ITTRE Vffl
                     RECOURS CONTRE LES DECISIONS DE L'OFFICE
                                          Articles 59 à 65
Ces articles traitent du recours ouvert à toute partie à une procédure devant l'Office qui est lésée
par une décision de cette dernière. Il existe ainsi un droit de recours contre les décisions prises
pendant la procédure d'enregistrement (procédure ex-parte> ou pendant la procédure de nullité
(procédure inter partes^ ainsi que contre d'autres types de décision que l'Office peut être appelée
à prendre en application du règlement (par exemple des décisions concernant les mandataires
agréés, des décisions sur le restitutio in integrum, etc.).
Cette série de dispositions suit de très près les dispositions similaires qui ont été élaborées pour
 la marque communautaire. Les discussions sur ces dispositions au sein du Conseil n'étant pas
encore achevées au moment de la rédaction de la présente proposition, il importe de noter que
 le contenu de celle-ci devra être adapté pour tenir compte de toute modification introduite dans
le règlement sur la marque communautaire, que la Commission pourrait juger acceptable dans
 le présent contexte. Il n'est guère utile de souligner à quel point il est important pour les
 utilisateurs des marques et des dessins ou modèles communautaires que ces deux instruments
 soient présentés avec un système de recours strictement identique.
 Compte tenu des observations qui précèdent, il semble superflu de commenter en détail chaque
 disposition relative aux recours. Il suffit de rappeler que le recours est formé devant l'une des
 Chambres de recours instituées au sein de l'Office et qui ont une nature quasi juridictionnelle
 (cf. également les articles 117 à 120). Les décisions des Chambres de recours sont susceptibles
 de recours devant la Cour de justice. On peut toutefois s'attendre à ce que la Cour de justice
 demande au Conseil, conformément à l'article 168 A CEE, d'attribuer ces affaires au Tribunal de
 première instance, sous réserve de la possibilité de contrôler les décisions de ce dernier sur les
                                                  42
 ---pagebreak--- questions de droit (contrôle de cassation). Au cas où une décision prise par une Chambre de
recours serait estimée non conforme au droit communautaire mais n'aurait pas fait l'objet d'un
recours par la partie intéressée et serait donc passée en force de chose jugée, la Commission ou
un Etat membre pourrait introduire un "recours dans l'intérêt du droit" devant la Cour de justice.
La décision de la Cour sur ce recours n'aurait pas d'effet sur la décision en cause mais établirait
la règle imperative à appliquer à l'avenir à des cas similaires.
                                               ITTRE IX
                                  PROCEDURE DEVANT L'OFFICE
                                            Première section
                                         Dispositions générales
                                                Section 2
                                                  Frais
                                                Section 3
                      Information du public et des autorités des Etats membres
                                            Articles 66 à 80
 Ces articles contiennent un certain nombre de dispositions énonçant les règles générales à suivre
 au cours de toute procédure devant l'Office. Sauf un petit nombre d'exceptions qui seront
 exposées ci-dessous, ces règles ont été reprises littéralement de celles quifigurentdans le projet
 de règlement sur la marque communautaire. Pour la plupart d'entre elles, il aurait été plus facile,
 pour les rendre applicables en ce qui concerne l'Office des dessins ou modèles communautaires,
 de se référer aux dispositions correspondantes de la marque communautaire et de les déclarer
 applicables mutatis mutandis dans le cadre du règlement. Néanmoins on a estimé après réflexion
 qu'il serait utile pour les utilisateurs du dessin ou modèle communautaire de disposer de toutes
 les règles applicables dans un seul instrument, sans devoir faire référence à un autre. Le présent
 exposé des motifs se bornera à examiner les dispositions prévoyant des règles particulières, à
 savoir les articles 76, 77 et 78.
 L'article 76 institue le Registre des dessins ou modèles communautaires. Il dispose que toute
 inscription dans le registre doit être ouverte à la consultation, sauf celles qui font l'objet d'une
 mesure d'ajournement de la publication conformément à l'article 52 paragraphe 2.
 L'article 77 prévoit que l'office a deux publications périodiques : le Bulletin des dessins ou
 modèles communautaires qui publie les dessins ou modèles communautaires enregistrés et le
                                                    43
 ---pagebreak--- Journal officiel de l'Office des dessins ou modèles communautaires qui contient les
communications et les informations d'ordre général destinées aux utilisateurs du système. Il n'est
pas exclu qu'à l'avenir le Journal officiel de l'Office des dessins ou modèles communautaires
puisse être fusionné avec le Journal officiel de l'Office des marques communautaires compte tenu
de la similarité de leur contenu et du public auquel il s'adresse.
L'article 78 traite de la consultation des dossiers et contient un certain nombre de dispositions
dictées par la spécificité des procédures en matière de dessins ou modèles.
Le principe général (article 78 paragraphe 1) est que les dossiers relatifs à des demandes
d'enregistrement de dessins ou modèles communautaires ne sont pas ouverts à la consultation
publique sans le consentement du demandeur aussi longtemps que les dessins* ou modèles
enregistrés n'ont pas été publiés. Il est complété par une disposition qui prévoit que les dossiers
concernant un dessin ou modèle communautaire enregistré faisant l'objet d'une mesure
d'ajournement de la publication ne peuvent être consultés par le public qu'avec le consentement
dutitulaireen droit. Cette exclusion vaut jusqu'à l'expiration de la période d'ajournement. Si le
dessin ou modèle communautaire enregistré fait l'objet d'une renonciation avant ou à l'expiration
de la période d'ajournement, et en tout cas avant la publication, le dossier reste alors secret
indéfiniment. Il n'y a en effet aucune raison d'ouvrir à la consultation publique un dossier
concernant un dessin ou un modèle pour lesquels letitulairea abandonné dès l'origine toute
revendication de protection. Aucun droit ne peut être exercé sur la base de ce dessin ou modèle
communautaire enregistré et il paraît donc équitable que la personne qui a renoncé à son droit
puisse être habilitée à ne pas rendre publiques les conceptions et les idées contenues dans le
dessin ou modèle communautaire enregistré qui a été abandonné. A l'exception de ces cas, les
dossiers doivent en principe être ouverts à la consultation publique.
L'article 78 paragraphe 2 énonce une exception à la règle qui exclut de la consultation publique
les dossiers relatifs à une demande d'enregistrement ou à un droit sur un dessin ou modèle qui
n'a pas encore été publié ou à un droit sur un dessin ou modèle qui a été abandonné avant la
publication. L'office peut décider d'ouvrir le dossier à la consultation sans le consentement du
demandeur ou dutitulairedu droit si la personne qui souhaite consulter le dossier peut faire la
preuve d'un intérêt légitime. Ce sera en particulier le cas si le demandeur ou letitulairea entrepris
 des démarches pour invoquer son droit au dessin ou modèle communautaire enregistré à
 l'encontre de cette personne : il ne serait que juste dans ces conditions que la personne menacée
 d'une action en justice ait accès aux preuves documentaires qui seront déterminantes si l'action
 est finalement intentée.
                                                   44
 ---pagebreak---                                              Section 4
                                          Représentation
                                         Articles 81 et 82
Ces articles traitent de la question de la représentation devant l'Office. Les principes généraux
contenus dans l'article 81 sont inspirés des dispositions du règlement sur la marque
communautaire (ainsi que, comme le règlement lui-même, des dispositions des conventions sur
le brevet européen et le brevet communautaire). De même, l'article 82 expose le principe, contenu
également dans ce règlement et dans ces conventions, selon lequel les mandataires agréés devant
l'Office ne peuvent être que des personnesfigurantsur une liste des mandataires agréés tenue par
l'Office. La représentation devant l'Office peut également être assurée par des avocats qualifiés
dans un Etat membre dans la mesure où ils sont autorisés dans cet Etat à agir en tant que
mandataire agréé dans des affaires de dessins ou modèles.
Les conditions à remplir pourfigurersur la liste ont été élaborées en tenant compte des exigences
particulières qui peuvent être imposées à une personne souhaitant agir en tant que représentant
devant un Office traitant du droit des dessins ou modèles. Outre le fait que la personne qui désire
figurer sur la liste doit avoir son domicile professionnel ou le lieu de son emploi dans la
Communauté, elle doit être habilitée à représenter, en matière de propriété industrielle, des
personnes auprès du service central de la propriété industrielle de l'Etat dans lequel elle a son
domicile professionnel ou le lieu de son emploi. Cette disposition très large couvre l'aptitude à
la représentation dans des affaires de brevets et/ou de marques. Il a paru logique d'inclure dans
cette large approche des personnes figurant sur la liste des mandataires agréés habilités à
représenter des personnes devant l'Office des brevets européens ainsi que des personnes dont les
nomsfigurentsur la liste des mandataires agréés tenue par l'Office communautaire des marques.
Dans les Etats membres dans lesquels l'habilitation à l'activité devant le service central de la
propriété industrielle n'est pas subordonnée à l'exigence d'une qualification professionnelle
particulière, ce qui est souvent le cas pour la représentation dans le domaine des marques, cette
 condition est remplacée par une expérience professionnelle d'au moins cinq ans, à moins que la
 législation de l'Etat membre en question ne reconnaisse officiellement cette habilitation à la
 personne intéressée.
                                                 45
 ---pagebreak---                                              TITREX
           COMPETENCE ET PROCEDURE POUR LES ACTIONS EN JUSTICE
             RELATIVES AUX DESSINS ET MODELES COMMUNAUTAIRES
                                          Première section
                        Compétence judiciaire et exécution des décisions
                                             Section 2
                          Litiges en matière de contrefaçon et de nullité
                             des dessins ou modèles communautaires
                                             Section 3
                 Autres litiges relatifs aux dessins et modèles communautaires -
                                          Articles 83 à 98
Les articles 83 à 98 traitent du système de règlement des litiges en matière de dessins ou modèles
communautaires. Ils s'inspirent largement des dispositions correspondantes du projet de
règlement de la marque communautaire étant donné que, dans ce domaine comme dans celui des
procédures devant l'Office, il est extrêmement important pour les utilisateurs de disposer de
règles aussi uniformes que possible. Cette série de dispositionstientégalement compte dans toute
la mesure du possible du système de règlement des litiges très similaire instauré par le protocole
sur le règlement des litiges annexé à l'Accord en matière de brevets communautaires, sauf, pour
des raisons évidentes, les dispositions qui concernent le rôle de la Cour d'Appel pour le brevet
communautaire.
Le présent exposé des motifs sera donc limité à des commentaires sur les caractéristiques
particulières du système de règlement des litiges en matière de droit sur les dessins ou modèles
sans entrer dans le détail des dispositions qui ont déjà été adoptées par la Communauté ou par
les Etats membres dans un autre contexte. On ne trouvera donc pas de commentaires sur les
articles 90,91,92,95, 96 et 97.
D'une manière générale, il devrait suffire de rappeler que le système de règlement des litiges
comprend les règles de compétence et de procédure applicables à des actions relatives à des
 droits sur des dessins ou modèles qui exercent leurs effets sur la totalité de la Communauté et
 dont l'exécution est en principe confiée aux juridictions des Etats membres. Trois sections sont
 consacrées à ce système :
 - La section 1 énonce le principe de l'application de la Convention de Bruxelles sur la
   compétence judiciaire et l'exécution des décisions.
                                                 46
 ---pagebreak--- - La section 2 comprend une série de règles remplaçant ou complétant les dispositions
  correspondantes de la Convention de Bruxelles et applicables aux litiges en matière de
  contrefaçon et de nullité d'un dessin ou modèle communautaire.
- La section 3 contient certaines règles particulières complétant les règles générales de la
  Convention de Bruxelles et applicables aux autres litiges relatifs aux dessins ou modèles
  communautaires.
L'article 83, qui énonce le principe de l'application de la Convention de Bruxelles
du 27 septembre 196 8 concernant la compétencejudiciaire et l'exécution des décisions en matière
civile et commerciale dans les pays de la CEE est tout à fait conforme aux dispositions
correspondantes concernant la marque communautaire et le brevet communautaire.
Les dérogations à la Convention de Bruxelles (portant souvent plus sur la forme que sur le fond)
exposées au paragraphe 2 sont nécessaires à l'introduction d'une série de règles tout à fait
unitaires concernant la compétence judiciaire et l'exécution des décisions et couvrant également
les cas qui, sous le régime de la Convention de Bruxelles, seraient laissés aux différentes règles
non harmonisées du droit international privé des Etats membres (par exemple, le cas dans lequel
le défendeur n'est pas domicilié dans la Communauté). En l'absence d'un régime exhaustif et
unitaire, il y aurait un grand risque que des conflits de compétence (positifs et négatifs)
apparaissent entre des juridictions de différents Etats membres, que des décisions contradictoires
soient prises dans des cas identiques et,finalement,que le "forum shopping" soit utilisé dans une
mesure incompatible avec le fonctionnement d'un marché intégré.
Le règlement ne prévoit pas de disposition transitoire pour le cas où, dans certains Etats
membres, la Convention de Bruxelles ne serait pas encore en vigueur au moment où le règlement
sera appliqué. Cette situation semble tellement improbable, si l'on tient compte des progrès
rapides réalisés dans la ratification de la Convention de San Sebastian de 1989 concernant
l'adhésion de l'Espagne et du Portugal à la Convention de Bruxelles (déjà en vigueur dans les dix
 autres Etats membres), qu'envisager cette hypothèse dans le règlement s'apparenterait à une
 maladresse politique. Tout problème qui pourrait se poser pour de futurs membres de la
 Communauté ou dans le cadre d'une extension du règlement sur l'espace économique européen
 pourrait être examiné lors des négociations menées dans ces différents contextes.
 L'article 84 dispose que les Etats membres désignent un nombre limité de juridictions nationales
 du premier et du second degré qui agiront en tant que "juridictions des dessins ou modèles
 communautaires", en ce sens qu'elles auront compétence exclusive pour connaître des affaires
 de contrefaçon et de nullité en matière de dessins ou modèles communautaires.
 Cette disposition suit le modèle des dispositions correspondantes instituant les juridictions
 communautaires dans le cas des brevets et dans celui des marques. Le souhait est que les Etats
                                                 47
 ---pagebreak--- membres, en désignant ces juridictions, se limitent à celles qui sont mentionnées dans l'annexe
au protocole sur le règlement des litiges en matière de brevets communautaires (sous réserve de
complément en ce qui concerne l'Espagne, le Portugal et les nouveaux Landers de la république
fédérale allemande).
Les juridictions des dessins ou modèles communautaires auront compétence exclusive
(article 85) pour les actions en contrefaçon relatives à des dessins ou modèles communautaires
mais également, pour autant que la législation de l'Etat membre où la juridiction est sise le
permet, pour des actions en tentative de contrefaçon et des actions en constatation de non-
contrefaçon. En ce qui concerne la nullité, il convient de faire une différence entre les dessins ou
modèles communautaires enregistrés et les dessins ou modèles communautaires non enregistrés.
Pour les dessins ou modèles communautaires enregistrés, une action directe en nullité est ouverte
devant l'Office en vertu des articles 56 et suivants du règlement. Pour faciliter le caractère
centralisé de cette action, aucune action directe en vue d'obtenir la constatation de la nullité d'un
dessin ou modèle communautaire enregistré n'est autorisée devant les juridictions
communautaires des dessins ou modèles : toutefois, le défendeur dans une action en contrefaçon
doit être autorisé à soulever cette question devant les juridictions communautaires des dessins
ou modèles, à condition qu'il le fasse par voie de demande reconventionnelle. On peut s'étonner
de ce que cette limitation, qui a été acceptée pour les brevets et les marques communautaires, soit
maintenue dans le cas d'un droit de protection qui, comme dans le cas du dessin ou modèle
communautaire enregistré, a été accordé sans examen préalable au fond ou sans possibilité
 d'opposition pour les parties intéressées. La Commission est d'avis que, bien que le dessin ou
 modèle communautaire enregistré ait indubitablement moins de force qu'un brevet ou une
 marque communautaire, il n'est pas excessif d'exiger d'une personne qui est attaquée sur la base
 d'un tel droit qu'elle réagisse par une demande reconventionnelle et pas simplement en posant
 la question de la validité comme moyen de défense au fond, sans demander simultanément au
juge de statuer avec effet ereaomnes sur la validité du droit sur le dessin ou modèle. L'avantage
 de conserver le registre des dessins ou modèles communautaires exempt de tout droit dont la
 nullité a été constatée par une juridiction compétente devrait prévaloir sur la charge procédurale
 limitée qui est imposée au défendeur en exigeant de lui qu'il formule une demande
 reconventionnelle.
 Pour les dessins ou modèles communautaires non enregistrés, il n'a pas été prévu d'action devant
 des instances centrales : il est donc nécessaire de fixer des règles de compétence pour les cas
 dans lesquels une action en nullité devra être intentée. L'article 85 c) reconnaît, pour cette action
 directe, une compétence exclusive aux juridictions communautaires des dessins ou modèles qui
jouiraient manifestement de la même compétence exclusive si la question de la nullité devait être
 posée par le défendeur par le biais d'une demande reconventionnelle au cours d'une action en
 contrefaçon. Bien que dans ce cas l'exclusion d'une défense au fond présentée autrement que par
                                                 48
 ---pagebreak--- une demande reconventionnelle ne pourrait être justifiée par l'avantage de disposer d'un registre
"propre", il semble qu'il soit dans l'intérêt du public au sens large qu'un dessin ou modèle
communautaire non enregistré dont la nullité a été constatée par un juge compétent ne doive plus,
si cette nullité est invoquée à l'encontre de tiers dans d'autres circonstances, faire l'objet d'un
examen quant à sa validité.
Les articles 86 et 87 qui contiennent les règles de compétence internationale suivent entièrement
les dispositions correspondantes concernant le brevet et les marques communautaires. Rappelons
simplement que l'article 86 nécessitera, comme les deux dispositions correspondantes du brevet
communautaire et de la marque communautaire, des négociations avec les pays de l'AELE parties
à la Convention de Lugano de 1988 sur la compétence judiciaire et l'exécution des décisions,
dans la mesure où il contient des règles qui entrent en conflit avec les obligations des Etats
membres aux termes de cette Convention lorsque le défendeur est domicilié dans un pays de
l'AELE. On espère que ces difficultés pourront être résolues dans le cadre de l'espace
économique européen.
Il faut également souligner que l'application de l'article 86 à des actions directes en nullité d'un
dessin ou modèle communautaire non enregistré (situation qui n'existe pas avec le brevet ou la
marque communautaire) aura pour effet de fournir un "for" unique dans la Communauté, étant
donné que l'autre "for", celui de l'endroit où l'acte illégal a été commis, typique des affaires de
 contrefaçon, serait tout simplement inapplicable. L'action en nullité devra donc être portée
exclusivement dans l'Etat membre où le défendeur (letitulairedu droit) a son domicile. Si ce
 critère fait défaut, la compétence appartiendra à l'Etat membre dans lequel le titulaire a un
 établissement ou, à défaut, où le plaignant (la personne qui conteste la validité) a son domicile
 ou un établissement, ou enfin dans l'Etat membre où l'Office a son siège.
 L'article 89 exclut en principe que la nullité puisse être invoquée comme moyen de défense dans
 une action en contrefaçon autrement que, par la voie d'une demande reconventionnelle. Cette
 disposition a déjà été examinée à propos de l'article 85. Le paragraphe 3 prévoit toutefois une
 exception à cette exclusion dans le cas où le défendeur invoque une nullité résultant de
 l'existence d'un "droit national antérieur" au sens de l'article 27 paragraphe 2. Etant donné que
 ce type de droits ne peut être invoqué contre un dessin ou modèle communautaire par d'autres
 personnes que lestitulairesdu droit, il va de soi qu'une telle défense ne pourrait être soulevée que
 par letitulairedu droit antérieur. La raison pour laquelle il est permis, dans un tel cas, d'invoquer
 la nullité sans passer par la demande reconventionnelle est que l'éventuelle constatation d'une
 nullité du dessin ou modèle communautaire ne pourrait déboucher que sur une nullité partielle
 parce que celle-ci serait limitée au territoire de l'Etat membre ou des Etats membre où le motif
 de nullité a été retenu.
                                                  49
 ---pagebreak--- La disposition du paragraphe 1 de l'article 89 a pour but de limiter les recours abusifs fondés sur
la nullité du dessin ou modèle communautaire. Elle doit cependant être complétée par une
disposition prévoyant le renversement de la charge de la preuve lorsque letitulairedu droit
prouve que son dessin ou modèle a un caractère individuel, en ce sens qu'il diffère de manière
significative des autres dessins ou modèles existant sur le marché. Si c'est le cas, il est fort
probable que le dessin ou modèle en question a bien été créé par le créateur lui-même et n'est pas
une copie. Il est alors également probable qu'il est nouveau. Il semble normal dans ce cas de
demander au contrefacteur présumé, qui conteste la validité du dessin ou modèle communautaire
au motif qu'il n'est pas nouveau d'en administrer la preuve.
Il n'apparaît pas nécessaire de prévoir une disposition correspondante pour les actions en nullité
devant l'Office. Si un tiers dépose devant l'Office une demande en nullité, il va sans dire que
l'Office lui demandera des informations à l'appui de sa réclamation.
L'article 93 traite de la question des sanctions dans les actions en contrefaçon. Cette question est
particulièrement délicate. Les milieux intéressés ont indiqué à plusieurs reprises que l'exécution
efficace des droits conférés par les dessins ou modèles communautaires et une plus grande
uniformité dans les réactions des juridictions nationales à la contrefaçon étaient fondamentales
 pour le succès du projet de dessins ou modèles communautaires.
 Il faut admettre qu'au stade actuel de l'intégration européenne, il est difficile d'intervenir dans des
 domaines où les traditions et les règles de fond et de procédure du droit civil appliquées par les
j uridictions des Etats membres diffèrent profondément. Il conviendrait donc de maintenir la règle
 de base selon laquelle chaque juridiction nationale applique les sanctions prévues par la
 législation de l'Etat membre dans lequel elle est située pour obtenir la reconnaissance des droits
 violés par une contrefaçon. Ceci s'applique en particulier aux "dommages-intérêts", domaine dans
 lequel les méthodes appliquées par les différentes juridictions sont tellement différentes qu'il
 serait inutile d'essayer de trouver un dénominateur commun dans le domaine limité de la
 protection des dessins ou modèles. Tout le problème consistant à arriver à des sanctions plus
 uniformes dans le domaine de la responsabilité extra contractuelle devrait être résolu plus
 globalement au niveau communautaire dans la perspective du marché intérieur.
 En attendant de futures initiatives dans ce domaine, il convient de rappeler les obligations qui
 incombent aux Etats membres, en vertu des traités internationaux existants et des traités
 actuellement en cours de discussion en ce qui concerne le respect des droits de propriété
  intellectuelle.
  Malgré les difficultés, certains progrès peuvent être réalisés dans ce domaine, en instituant des
  instruments communs et en demandant aux juges de recourir à ces instruments si les conditions
  énoncées dans la disposition sont remplies. Cette disposition indique trois sanctions communes :
                                                   50
 ---pagebreak--- - le juge ordonne d'interdire au contrefacteur de continuer à commettre les actes de contrefaçon,
- le juge ordonne la saisie des produits contrefaisants,
- le juge ordonne au contrefacteur de fournir des informations sur l'origine des produits
    contrefaisants et les réseaux par lesquels ils sont commercialisés.
L'interdiction de continuer à commettre les actes de contrefaçon a déjà été acceptée comme
sanction commune pour le brevet et pour la marque communautaires. Si le juge conclut à ce que
le défendeur a contrefait ou tenté de contrefaire un dessin ou modèle communautaire, il doit
rendre une ordonnance d'interdiction, sauf s'il existe des raisons particulières de ne pas agir ainsi.
Les mesures propres à garantir l'exécution de ces décisions seront prises conformément à la lex
M.
La saisie des produits contrefaisants et l'obligation de fournir des informations doivent
également, sauf s'il existe dés raisons particulières de ne pas agir ainsi, être ordonnées par le juge
si celui-ci constate qu'un dessin ou modèle communautaire a été contrefait (la tentative de
contrefaçon ne joue pas dans ce cas). Ces raisons particulières pourraient être par exemple le fait
que dans la situation donnée, la saisie des produits serait inutile ou trop sévère. De même, dans
certains cas, l'ordre de fournir des informations pourrait être vide de tout sens si, par exemple,
le contrefacteur est le producteur des biens contrefaisants. Néanmoins, le juge doit donner, dans
chaque décision, les raisons pour lesquelles il a estimé que, dans la situation donnée, il ne serait
pas approprié d'appliquer l'une de ces sanctions ou les deux, ce qui permet aux instances
 supérieures de contrôler l'application de cette disposition.
 L'article 94 traite des mesures provisoires et conservatoires. Les paragraphes 1 et 3 correspondent
 littéralement aux dispositions adoptées pour le brevet communautaire et pour la marque
 communautaire sinon que le droit de demander des informations sur l'origine des produits
 présumément contrefaisants (article 93 paragraphe 2 sous a)) a été explicitement déclaré
 applicable. Le paragraphe 2, qui est nouveau, appelle quelques remarques.
 L'interdiction d'invoquer la nullité d'un dessin ou modèle communautaire en tant que moyen de
 défense autrement que par une demande reconventionnelle (cf. article 89) s'applique au cours de
 l'action principale en contrefaçon. Cependant, les actions en contrefaçon sont normalement
 précédées ou suivies de demandes de mesures provisoires qui jouent un rôle extraordinairement
 important dans la tactique procédurale. Obliger un défendeur à invoquer comme moyen de
 défense la nullité par voie de demande reconventionnelle dans le cadre d'une demande de mesure
 provisoire serait tout simplement inéquitable. De plus, beaucoup d'ordres juridiques n'autorisent
 pas le recours à la demande reconventionnelle au cours d'une procédure qui doit, par définition,
  être rapide et basée sur des constatations faites à première vue. D'autre part, il serait injustifié
  d'interdire au défendeur d'invoquer la nullité du dessin ou modèle communautaire en tant que
  moyen de défense, étant donné que les arguments qu'il pourrait faire valoir pourraient être
                                                    51
 ---pagebreak--- extrêmement utiles au juge pour prendre sa décision. Pour ces raisons, il a été expressément
prévu que, dans ces actions, la nullité peut être invoquée par le défendeur autrement que par la
voie d'une demande reconventionnelle. Les dispositions de l'article 89 paragraphe 2 concernant
la charge de la preuve sont dans ce cas applicables.
L'article 98, qui concerne les actions relatives à des dessins ou modèles communautaires autres
que les actions en contrefaçon ou en nullité, étend à ces actions l'interdiction d'invoquer la nullité
du dessin ou modèle comme moyen de défense autrement que par une demande
reconventionnelle et concerne également les deux exceptions prévues dans les cas de "droits
nationaux antérieurs" et de "mesures provisoires et conservatoires".
                                              TTTREXI
                       INCIDENCE SUR LE DROIT DES ETATS MEMBRES
                                              Article 99
La création d'un dessin ou modèle communautaire soulève la question de la relation entre ce
nouveautitrede protection et les droits nationaux existant sur des dessins ou modèles déposés
 qui font l'objet d'une proposition parallèle de directive d'harmonisation des dispositions de base
 du droit positif qui leur sont applicables. Tout en espérant que le système des dessins ou modèles
 communautaires occupera rapidement une position prééminente grâce à sa conception moderne,
 à son faible coût et à ses mécanismes procéduraux conviviaux, la Commission sait très bien qu'il
 serait illusoire de supposer que l'on puisse abandonner immédiatement des instruments nationaux
 bien rodés. Les droits nationaux sur les dessins ou modèles déposés et les dessins ou modèles
 communautaires devront donc coexister au cours des prochaines années et il convient de clarifier
 leurs relations.
 Contrairement à ce qui a été suggéré dans le Livre vert, les remarques des milieux intéressés ont
 convaincu la Commission que, si les deux formes de protection coexistent, il n'y a pas de raison
 valable de prévoir que, si un même dessin ou modèle est protégé à la fois par un dessin ou
 modèle communautaire et par un droit sur un dessin ou modèle national, ce dernier devrait
 devenir sans effet. Il pourrait certes s'avérer inutile pour untitulairede conserver pour le même
 dessin ou modèle des protections parallèles valables sur le même territoire et, après
 harmonisation, soumises à des règles identiques de droit positif conférant à ce dernier une
 protection de même portée. Toutefois, la décision d'abandonner les protections nationales
  superflues devrait être réservée auxtitulairesde droits au lieu d'être imposée par le législateur.
  Il en résulte qu'il sera parfaitement possible pour untitulairede maintenir pour le même dessin
  ou modèle des protections parallèles consistant dans un dessin ou modèle communautaire et dans
                                                   52
 ---pagebreak--- des droits sur un dessin ou modèle enregistré dans un ou plusieurs Etats membres. Ce "cumul"
de protection du même dessin ou modèle par destitresdifférents de même nature a un précédent
dans la proposition de règlement sur la marque communautaire qui permet également la
coexistence de marques nationales et communautaires identiques entre les mains du même
titulaire.
Cette ligne de conduite étant tracée, la Commission a toutefois estimé qu'il conviendrait, comme
dans le cas de la marque communautaire, d'éviter que le titulaire du droit intente abusivement des
actions en justice ayant le même objet entre les mêmes parties en invoquant l'un des droits
coexistants après qu'une juridiction compétente ait déjà statué sur la base du droit parallèle.
L'article 99, rédigé d'après un article similaire de la proposition de règlement sur la marque
communautaire autorise les juridictions à prévenir les conséquences d'actions vexàtoires de ce
type.
                                              Article 100
Il s'agit d'une disposition fondamentale, qui expose la règle qui gouverne la relation entre la
protection résultant du système du dessin ou modèle communautaire et la protection dont un
dessin ou modèle peut bénéficier en vertu d'autres instruments juridiques nationaux ou
communautaires.
Le principe général sur lequel cette disposition est fondée est celui du "cumul" : si un dessin ou
modèle protégé par un dessin ou modèle communautaire peut également être protégé, en vertu
 de dispositions communautaires ou nationales, par un autre instrument juridique, l'existence de
 la protection résultant du dessin ou modèle communautaire ne devrait pas faire obstacle à ce que
 le titulaire du droit invoque l'autre protection. Tandis que le paragraphe 1 énonce ce principe pour
 un certain nombre de formes particulières de protection, les paragraphes 2 et 3 traitent de la
 forme de protection actuelle la plus importante et la plus courante, celle offerte par le droit
 d'auteur.
 Paragraphe 1
 Parmi les formes particulières de protection qui pourraient, dans certains cas, coexister avec la
 protection offerte par le dessin ou modèle communautaire, le paragraphe l mentionne les
 marques et autres signes distinctifs protégés, les brevets et les modèles d'utilité, les caractères
 typographiques, la responsabilité civile et les dispositions relatives à la concurrence déloyale.
 On entend avant tout par marque les marques nationales des Etats membres, y compris celles qui
 résultent d'un enregistrement national en vertu de l'Arrangement de Madrid. Il est donc possible
  de cumuler la protection d'un dessin ou modèle communautaire avec une marque communautaire,
  qu'il est aisé de créer. La référence à d'autres signes distinctifs devraient couvrir un certain
                                                    53
 ---pagebreak--- nombre de droits qui sont reconnus par les ordres juridiques nationaux, comme par exemple les
noms commerciaux ou les enseignes.
La référence aux brevets couvre à la fois les brevets nationaux et les brevets européens
mentionnant des Etats membres et elle couvrira également les brevets communautaires. La
référence au modèle d'utilité concerne les Etats membres qui connaissent cet instrument
(actuellement uniquement l'Allemagne, l'Italie, la Grèce, l'Espagne et le Portugal et, plus
récemment, le Danemark), mais elle devrait également couvrir le "droit à un dessin ou modèle
non enregistré" introduit au Royaume-Uni par une loi de 1988 (Act on Copyright, Designs and
Patents) et qui constitue une autre réponse au besoin de protection de certaines innovations
techniques qui n'atteignent pas le niveau requis pour la protection par le brevet.
Les caractères typographiques ont été mentionnés pour garantir que la protection particulière
accordée à ces dessins ou modèles dans certains Etats membres, en particulier ceux qui ont ratifié
la Convention de Vienne de 1973, soit couverte.
Enfin, on a mentionné les dispositions relatives à la responsabilité civile et la concurrence
déloyale qui peuvent être des instruments très utiles pour compléter la protection particulière du
dessin ou modèle.
Le cumul avec la protection des topographies ou des produits semi-conducteurs n'a pas été
mentionné pour les raisons exposées dans les commentaires sur l'article 3.
Paragraphe 2
Le paragraphe 2 contient les règles de base du cumul de la protection conférée par le dessin ou
 modèle communautaire et celle résultant du droit d'auteur.
L'attitude du législateur à l'égard de la protection par le droit d'auteur des dessins ou modèles
varie énormément selon les Etats membres, comme le Livre vert l'indique et comme les études
 comparatives qui ont été faites sur ce sujet le confirment toutes.
 La Commission tient à souligner qu'elle demeure attachée à la politique exposée à cet égard dans
 le Livre vert. Un fonctionnement harmonieux du marché intérieur des produits incorporant des
 dessins ou modèles ne pourra être pleinement assuré que si le système communautaire des
 dessins ou modèles est complété par une harmonisation des règles nationales sur le droit d'auteur
 en ce qui concerne la protection des dessins ou modèles. C'est là toutefois une tâche énorme qui
 nécessite une préparation très importante, de nouvelles études comparatives et des contacts avec
 les autorités nationales et les milieux universitaires et autres. Si l'introduction des dessins ou
 modèles communautaires devait être subordonnée à la réalisation de cette harmonisation, la
 nécessité urgente de donner à l'industrie des dessins ou modèles un outil efficace en vue du
                                                  54
 ---pagebreak--- marché intérieur ne serait pas réalisable dans un délai raisonnable. Néanmoins, il importe que les
Etats membres soient conscients de l'intention de la Commission d'avancer dans cette voie :
l'acceptation du principe du "cumul" de la protection, tel qu'il est défini dans ce paragraphe,
constituerait leur première contribution dans cette direction. H faut également souligner qu'il
serait difficile d'exiger des Etats membres qui attachent traditionnellement la plus grande
importance à la protection des dessins ou modèles par le droit d'auteur, comme la France ou les
Etats du Bénélux, d'accepter "l'approche conforme aux préoccupations des entreprises" de ce
règlement, s'ils n'étaient pas suffisamment convaincus que des règles harmonisées seront arrêtées
sur le droit d'auteur au niveau communautaire afin de protéger l'aspect créatif de l'esthétique
industrielle.
L'acceptation par les Etats membres du principe du "cumul" ne devrait toutefois pas empêcher
ceux qui appliquent déjà ce principe à des conditions restrictives (l'Allemagne, l'Espagne, le
Portugal, le Danemark et llrlande) de continuer à le faire : pour le moment, chaque Etat membre
continuerait à déterminer de manière autonome l'étendue et les conditions de la protection, y
compris le niveau d'originalité exigé. En revanche, l'introduction du principe du "cumul" dans
 le règlement aurait un effet immédiat sur l'Italie où ce principe est exclu par la législation
 actuellement en vigueur.
 Outre l'acceptation du principe du "cumul", ce paragraphe exige que les Etats membres concernés
 suppriment quelques dispositions de leur législation sur les droits d'auteur qui, en raison de leur
 caractère désuet, mettraient en péril l'application du cumul.
 Les pays de "Common Law" appliquent une règle (les instruments juridiques diffèrent en Irlande
 et en Grande-Bretagne, mais le résultat est le même) qui prévoit que la possibilité de protéger un
 dessin ou modèle par le droit d'auteur dépend du nombre de produits dans lesquels le dessin ou
 modèle doit être incorporé. Si ce nombre dépasse cinquante, la protection en vertu du droit
 d'auteur ne peut plus être accordée (Irlande) où les conditions de la protection sont radicalement
 réduites (Royaume-Uni). Ce chiffre arbitraire, qui se justifie historiquement par la pratique des
 services nationaux de la propriété industrielle pendant les premières années de ce siècle, ne
 devrait plus avoir sa place dans une protection moderne des oeuvres des arts appliqués.
 En Italie, la législation sur le droit d'auteur subordonne la protection à la condition de la
  "scindibilità" (possibilité de séparer l'oeuvre d'art industrielle du produit dans lequel cette oeuvre
  est incorporée). L'interprétation donnée par la jurisprudence à cette notion a abouti à
  l'impossibilité pour l'esthétique industrielle moderne de bénéficier en Italie de la protection par
  le droit d'auteur, même pour les créations les plus prestigieuses et les moins contestées d'artistes
  contemporains, alors que la protection peut être accordée à des dessins ou modèles ornementaux
  bi-dimensionnels même s'ils n'ont qu'un niveau d'originalité très faible. La Commission estime
                                                    55
 ---pagebreak--- qu'il serait bon, et elle est fortement soutenue en cela par des demandes très explicites de tous
les milieux intéressés, que cette disposition soit supprimée sans attendre l'harmonisation future.
Paragraphe 3
Le paragraphe 3 traite d'un autre problème urgent lié à l'application du principe du cumul de la
protection par le dessin ou modèle et de la protection par le droit d'auteur. Le Livre vert a exposé
le problème que soulève une disposition de la Convention de Berne qui n'autorise les Etats
parties à cette Convention à accorder la protection prévue par la législation sur le droit d'auteur
aux dessins ou modèles ayant leur origine dans un autre Etat partie à la Convention que sous la
condition de la "réciprocité". Si, dans le pays d'origine du dessin ou modèle, la protection ne peut
être accordée que sous la forme particulière d'un droit à un dessin ou modèle enregistré, c'est
uniquement sous cette forme que la protection pourra être invoquée dans les autres Etats parties
à la Convention de Berne, et non en vertu de la législation sur le droit d'auteur.
Cette disposition, légitime dans un contexte international dans lequel, en l'absence de règles
 détaillées comme dans le domaine des brevets ou des marques, il est difficile de sefiertotalement
au principe du "traitement national", pose un problème si elle est appliquée dans un contexte
 intra-communautaire. H est évident que cette disposition aboutit à une discrimination dans le
traitement des personnes qui cherchent à bénéficier de la protection existant dans le pays d'où le
 dessin ou modèle est originaire. Une entreprise italienne - mais ce peut souvent être aussi le cas
 d'une entreprise, allemande - se verra refuser en France ou dans les pays du Bénélux la protection
 en vertu de la législation sur le droit d'auteur pour ses dessins ou modèles au motif que ceux-ci
 ne peuvent bénéficier de la protection conférée par le droit d'auteur italien (ou allemand) en vertu
 de la législation actuellement en vigueur en Italie (ou dans de très rares cas seulement en vertu
 de la législation allemande). En revanche, ces mêmes dessins ou modèles bénéficieraient
 pleinement de la protection offerte par le droit d'auteur en France ou dans les pays du Bénélux
 s'ils étaient originaires de ces pays.
 L'introduction du principe du "cumul" énoncé au paragraphe 2 et l'élimination de la limitation
 la plus flagrante de la protection par le droit d'auteur en Italie par la suppression de la condition
 de la "scindibilità" devraient amener les pays qui accordent une protection très généreuse aux
 dessins ou modèles en vertu de leur législation sur le droit d'auteur à accepter d'abandonner cette
 pratique discriminatoire dans les relations intra-communautaires.
                                                   56
 ---pagebreak---                                              TITRE XII
                LWFICE COMMUNAUTAIRE DES DESSINS ET MODELES
                                              Section 1
                                       Dispositions générales
                                              Section 2
                                        Direction de l'Office
                                              Section 3
                                     Conseil d'administration
                                         Articles 101 à 112                        - '
Ces articles traitent du caractère général et de la question de l'Office communautaire des dessins
ou modèles, l'organe communautaire qui sera chargé de veiller à la mise en oeuvre des
procédures relatives aux dessins ou modèles communautaires enregistrés en vertu de ce
règlement.
Les dispositions reflètent les dispositions pertinentes du règlement sur la marque communautaire.
Par exemple, le statut de son personnel, ses privilèges et immunités, ses langues de procédure
seront les mêmes que celles adoptées pour l'Office des marques. Le siège de l'Office
communautaire des dessins ou modèles sera le même que celui de l'Office communautaire des
marques.
                                              Section 4
                                    Application des procédures
                                         Articles 113 à 119
Ces dispositions énumèrent les Divisions de l'Office communautaire des dessins ou modèles qui
seront compétentes pour traiter les procédures prévues par le règlement.
Quatre divisions ont été prévues :
 - les Divisions chargées de l'examen des conditions de forme, chargées d'examiner la conformité
   avec les conditions de formes d'une demande d'enregistrement de dessin ou modèle
   communautaire, jusqu'à la décision d'enregistrement,
 - la Division de l'administration des dessins ou modèles et des questions juridiques, compétente
   pour prendre toute décision requise par le règlement qui ne relève pas de la compétence d'une
   Division chargée de l'examen des conditions de forme ou d'une Division d'annulation. Elle
                                                   57
 ---pagebreak---    s'occupera en particulier des inscriptions dans le Registre et de la tenue de la liste des
   mandataires agréés,
- les Divisions d'annulation, chargées de mettre en oeuvre les procédures d'annulation,
- les Chambres de recours, chargées de statuer sur les recours formés contre les décisions de
   toute autre division de l'Office.
Etant donné la nature quasi juridictionnelle des Chambres de recours, l'article 118 prévoit pour
leurs membres des garanties d'indépendance inspirées de celles prévues dans le règlement sur la
marque communautaire pour les membres des Chambres de recours instaurées par celui-ci.
                                            Article 120
Pendant la période de démarrage de l'Office communautaire des dessins ou modèles, le nombre
d'affaires que les Divisions d'annulation et les Chambres de recours auront à traiter sera
nécessairement modeste puis augmentera progressivement, peut-être selon un rythme différent
pour les deux divisions, jusqu'à ce qu'il justifie que l'Office leur attribue un complément de
personnel permanent.
Avant que ce stade soit atteint, on a estimé approprié de donner au Président de l'Office la
possibilité de nommer, sur la base de contrats à court terme, pour exécuter les tâches
 correspondant à ces deux divisions, des personnes ayant une expérience dans le domaine de la
législation sur les dessins ou modèles. Les conditions à remplir par ces personnes diffèrent pour
 les deux divisions et elles sont manifestement plus élevées pour la fonction de membre d'une
 Chambre de recours. Dans ce dernier cas également, pour garantir le principe de l'indépendance
 des membres, le contrat à court terme ne peut être inférieur à un an.
 La compétence de décider à quel moment la période transitoire expirera pour chacune de ces
 deux divisions, de sorte qu'elles devront elles aussi être pourvues de personnel à plein temps,
 appartient à la Commission sur proposition du Président de l'Office.
                                             Section 5
                                     Dispositions budgétaires
                                        Articles 121 et 122
 Ces articles traitent des règles budgétaires etfinancièresapplicables à l'Office communautaire
 des dessins ou modèles.
                                                  58
 ---pagebreak---                                              ITTRE Xm
                                     DISPOSITIONS FINALES
                                              Article 123
Les langues officielles et les langues de procédure de l'Office seront les mêmes que celles de
l'Office communautaire des marques. Les règles qui régissent le choix d'une langue pour les
différentes procédures devant l'Office seront un peu plus simples pour l'Office des dessins ou
modèles du fait qu'il n'y a pas de procédure d'opposition. Les règles seront énoncées dans le
règlement d'exécution lorsque le règlement sur la marque communautaire aura été définitivement
arrêté.
                                              Article 124
Cette disposition traite du règlement d'exécution. Un règlement d'exécution est indispensable
pour que les différentes procédures devant l'Office puissent être mises en oeuvre de manière
claire et efficace. Un certain nombre de formalités détaillées (la durée de certains délais, les
détails de la présentation des demandes, etc.) devront être fixées de façon que les utilisateurs du
 système sachent comment agir dans la pratique, dans le respect des règles fondamentales
instaurées par le règlement principal. La pratique consistant à adopter un règlement d'exécution
 selon une procédure moins rigoureuse que celle qui a présidé à l'adoption de l'instrument
juridique principal, afin de faciliter l'adoption de modifications permettant d'adapter les règles
 aux besoins futurs, est tout à fait commune dans le domaine de la propriété industrielle et a déjà
 été utilisé dans le cas du brevet européen, du brevet communautaire et de la marque
 communautaire.
 Il est proposé que les règles de compétence et de procédure pour l'adoption du règlement
 d'exécution soient les mêmes que celles prévues pour le règlement sur les taxes, pour les raisons
 exposées aux articles 126 et 127.
                                              Article 125
 Un système d'échange d'informations sur les décisions prises par les différentes juridictions des
 dessins ou modèles communautaires et par les Divisions de l'Office en ce qui concerne
 l'interprétation des conditions d'octroi de la protection devrait contribuer de manière significative
 à unifier la jurisprudence future de la Cour de justice dans ce domaine. Il concernerait aussi bien
 les dessins ou modèles communautaires que les droits découlant de dessins ou modèles déposés
 dans des Etats membres. Les informations obtenues à l'aide de ce système feront l'objet
 d'échanges de vues périodiques au sein du Conseil d'administration (article 104). Ceci permettra
 à la Commission de déterminer, en parfaite connaissance de l'opinion du Conseil d'administration
                                                   59
 ---pagebreak--- si et à quel moment il convient d'introduire une nouvelle initiative destinée à adapter les règles
relatives aux conditions d'octroi de la protection.
                                         Articles 126 et 127
L'article 127 concerne le règlement relatif aux taxes. Il énonce le principe fondamental selon
lequel les montants des taxes serontfixésà un niveau propre à garantir que les recettes de l'Office
communautaire des dessins ou modèles soient en principe suffisantes pour que le bilan de l'Office
soit en équilibre. Pour cela, il faut qu'un niveau approprié de taxes garantisse l'autofinancement
de l'Office communautaire des dessins ou modèles. Comme nous l'avons déjà souligné, une
importance toute particulière sera attachée dans ce contexte à la taxe de renouvellement, dont la
structure progressive éventuelle devra être fixée par l'autorité qui adoptera le règlement sur les
taxes.
Il est conforme au système institutionnel communautaire, tel qu'il résulte de la décision dite sur
la "comitologie", que l'adoption du règlement sur les taxes soit du ressort de la Commission,
puisqu'il s'agit d'une législation dérivée par rapport au règlement principal (article 126).
                                             Article 128
 Cette dernière disposition introduit une distinction entre le moment de l'entrée en vigueur du
 règlement, c'est-à-dire le moment où il aura force de loi dans la Communauté, et le moment où
 ses règles pourront être concrètement appliquées, en particulier celui où l'Office communautaire
 des dessins ou modèles ouvrira ses portes au public.
 L'entrée en vigueur formelle peut être fixée au soixantième jour suivant la publication du
 règlement au JOCE; mais une période plus longue est nécessaire pour préparer l'ouverture de
 l'Office. Cette ouverture demande en effet un important effort de préparation : élaboration et
 adoption du règlement d'exécution, sélection des principaux membres du personnel chargés de
 faire démarrer l'Office et principalement le vice-président, choix et équipement des bâtiments
 dans lesquels l'Office communautaire des dessins ou modèles sera implanté : ce ne sont que
 quelques-unes des nombreuses tâches qui devront être menées à bien avant que l'Office puisse
 être ouvert au public. Les travaux de préparation de l'ouverture devront être réalisés par les
 services de la Commission qui auront besoin de l'aide des spécialistes des différents Etats
 membres.
 La Commission espère qu'il sera possible d'ouvrir l'Office communautaire des dessins ou
 modèles au public trois ans après la date à laquelle le présent règlement aura été arrêté.
                                                  60
 ---pagebreak---                                             Proposition de
                               nïT
             REGLEMENT               PARLEMENT EUROPEEN ET DU CONSEIL
                             sur les dessins ou modèles communautaires
LE PARLEMENT EUROPEEN ET LE CONSEIL DE L'UNION EUROPEENNE,
vu le traité instituant la Communauté européenne et, notamment, son article 100 A,
vu la proposition de la Commission(1),
vu l'avis du Comité économique et social(2),
(1) considérant que les objectifs de la Communauté définis dans le traité comprennent
     l'établissement d'une union toujours plus étroite entre les peuples de l'Europe, le
      resserrement des relations entre les Etats appartenant à laCommunauté ainsi que le progrès
      économique et social de ces Etats par une action commune destinée à éliminer les barrières
      qui cloisonnent l'Europe; considérant qu'à cette fin, le traité prévoit l'établissement d'un
      marché intérieur et comporte l'élimination des entraves à la libre circulation des
      marchandises ainsi que la création d'un régime assurant que la concurrence n'est pas faussée
      sur le marché commun; qu'un système unifié d'obtention d'un dessin ou modèle
      communautaire bénéficiant d'une protection uniforme et produisant des effets uniformes sur
      tout le territoire de la Communauté contribue à la réalisation de ces objectifs;
(2) considérant que les pays du Bénélux ont introduit une législation uniforme pour protéger
      les dessins ou modèles; que la seule autre protection existant dans la Communauté pout les
      dessins ou modèles relève du droit national et est limitée au territoire de l'Etat membre
      concerné; qu'à l'heure actuelle, il existe un Etat membre qui ne dispose pas d'une législation
      de ce type; que des dessins ou modèles identiques peuvent bénéficier d'une protection qui
      diffère selon l'Etat membre et couvre des propriétaires différents; que cela entraîne
      inévitablement des conflits lors des échanges entre Etats membres;
 (3) considérant que les différences substantielles existant entre les législations des Etats
       membres qui régissent les dessins ou modèles constituent autant d'obstacles et de sources
       de distorsions de la concurrence au niveau communautaire entre les producteurs des biens
       protégés parce que, à la différence du commerce intérieur des produits intégrant un dessin
 (1)
       JO n°
 (2)
       JO n°
                                                  61
 ---pagebreak---      ou un modèle et la concurrence entre ces produits au niveau national, le commerce et la
     concurrence dans la Communauté sont empêchés et faussés par le nombre important de
     demandes, de bureaux, de procédures, de réglementations, de droits exclusifs limités à un
     pays ainsi que par les dépenses administratives cumulées qui entraînent pour le demandeur
     des frais et taxes élevés;
(4) considérant que la limitation de la protection des dessins ou modèles au territoire des
     différents Etats membres, que leurs législations soient ou non rapprochées, peut entraîner,
     dans le cas de produits qui incorporent un dessin ou modèle particulier, une division du
     marché intérieur en zones dans lesquelles opèrent destitulairesdifférents, ce qui est de
     nature à faire obstacle à la libre circulation des marchandises;
(5) considérant qu'il est donc nécessaire de créer un droit communautaire des dessins ou
     modèles directement applicable dans chaque Etat membre, ainsi qu'une autorité
     communautaire dotée de pouvoirs au niveau communautaire dans ce domaine parce que ce
     n'est qu'ainsi que l'on pourra, en présentant une demande unique devant un office des
     dessins et des modèles commun suivant une procédure unique en vertu d'une législation
     unique, obtenir une protection d'un dessin ou d'un modèle pour un territoire unique
     comprenant tous les Etats membres;
(6) considérant qu'il incombe donc à la Communauté de prendre des mesures pour réaliser ces
     objectifs, qui ne peuvent l'être par les Etats membres agissant séparément et qui, en raison
     de l'importance et des effets de la création d'un droit conféré par les dessins ou modèles
     communautaires et d'une autorité communautaire en la matière, ne peuvent être réalisés que
     par la Communauté;
(7) considérant qu'une esthétique industrielle de qualité représente pour les entreprises
     communautaires, dans la concurrence qui les oppose aux entreprises d'autres pays, un
     important atout qui s'avère souvent déterminant dans le succès commercial du produit
      auquel elle est associée; qu'une protection accrue de l'esthétique industrielle a pour effet non
      seulement d'encourager les créateurs individuels à contribuer à établir la supériorité
      communautaire dans ce domaine, mais également de favoriser l'innovation et le
      développement de nouveaux produits et l'investissement dans leur production; qu'un
      système de protection des dessins ou modèles plus accessible et mieux adapté aux
      nécessités du marché intérieur est de ce fait essentiel pour l'économie communautaire;
 (8) considérant qu'un tel système de protection constituerait le préalable à la recherche d'une
      protection correspondante sur les marchés d'exportation les plus importants de la
      Communauté;
                                                  62
 ---pagebreak--- (9) considérant que les dessins ou modèles produits pour répondre à une exigence fonctionnelle
     et ne laissant à son créateur aucune possibilité d'y inclure des caractéristiques différentes
     ou arbitraires ne doivent cependant pas être exclus de cette protection;
(10) considérant que l'interopérabilité de produits de fabrication différente ne devrait pas être
      empêchée par l'extension de la protection aux raccords mécaniques;
(11) considérant que, toutefois, les raccords mécaniques peuvent constituer un important élément
      des caractéristiques novatrices de produits modulaires spécialement conçus pour permettre
      la connexion simultanée, dans un système modulaire, d'un nombre illimité de produits,
      identiques ou différents mais toujours interchangeables, et doivent par conséquent être
      admis à bénéficier de la protection; que cette dérogation ne devrait toutefois pas faire
      obstacle au remplacement d'une pièce d'un système non modulaire par une pièce d'une autre
      fabrication pour la seule raison que cette dernière partie doit avoir une forme et un aspect
      particuliers de manière à permettre au système de remplir la fonction que l'on attend de lui.
(12) considérant que la protection juridique des dessins ou modèles peut, dans certains cas,
      permettre la création de monopoles pour des produits généraux et de marchés captifs en
      liant indûment le consommateur à un produit d'une fabrication bien précise et qu'il est donc
      nécessaire de prévoir une disposition autorisant la reproduction de dessins ou modèles
      appliquée à des parties de produits complexes à des fins de réparation dans des conditions
      tout à fait particulières;
 (13) considérant que les dispositions du présent règlement ne portent pas atteinte à l'application
       des règles de la concurrence des articles 85 et 86 du traité;
 (14) considérant que le droit sur le dessin ou modèle communautaire doit répondre aux besoins
       de tous les secteurs de l'économie de la Communauté et que ces secteurs sont nombreux et
       variés;
 (15) considérant que certains de ces secteurs produisent d'importantes quantités de dessins ou
       modèles destinés à des produits qui ont souvent un cycle de vie économique court, pour
       lesquels il est avantageux d'obtenir la protection sans devoir supporter les formalités
       d'enregistrement et pour lesquels la durée de protection joue un rôle secondaire; que, d'autre
       part, il existe des secteurs de l'économie qui apprécient les avantages de l'enregistrement
       en raison du degré plus élevé de sécurité juridique qu'il procure et qui demandent à
       bénéficier d'une protection plus longue correspondant à la durée de vie prévisible de leurs
       produits sur le marché;
                                                  63
 ---pagebreak--- (16) considérant que cette situation requiert deux formes de protection, à savoir une protection
     à court terme correspondant au dessin ou modèle non enregistré et une protection à plus
     long terme correspondant au dessin ou modèle enregistré;
(17) considérant qu'un dessin ou modèle communautaire enregistré exige la création et la tenue
     d'un registre dans lequel seront inscrites toutes les demandes qui satisfont à des conditions
     formelles et ont obtenu une date de présentation de demande d'enregistrement; qu'un Office
     des dessins ou modèles communautaires est nécessaire pour remplir cette fonction; que le
     système d'enregistrement ne devrait pas être basé sur un examen visant à déterminer
     préalablement à l'enregistrement si le dessin ou modèle remplit les conditions d'obtention
      de la protection, ce qui permettrait de réduire au minimum les modalités de l'enregistrement
      et autres démarches à accomplir par le demandeur;
(18) considérant que, pour être valide, un dessin ou modèle communautaire doit être nouveau,
      en ce sens qu'il ne doit pas être le même qu'un autre dessin ou modèle précédemment
      divulgué au public et posséder un caractère individuel par rapport à d'autres dessins ou
      modèles qui sont exploités sur le marché, ou qui ont été précédemment publiés après
      enregistrement comme dessins ou modèles communautaires ou droits sur des dessins ou
      modèles d'un Etat membre encore valides;
(19) considérant qu'il est également nécessaire de permettre au créateur ou à son ayant droit de
      tester les produits intégrant le dessin ou modèle sur le marché avant de décider si la
      protection offerte par l'enregistrement communautaire est souhaitable; qu'il est donc
      nécessaire de prévoir que la divulgation du dessin ou modèle par le créateur ou son ayant
      droit, ou la divulgation abusive pendant une période de douze mois précédant la date de
      présentation de la demande d'enregistrement, ne devrait pas empêcher d'évaluer la
      nouveauté ou le caractère individuel du dessin ou modèle en question;
 (20) considérant que la nature exclusive du droit conféré par le dessin ou modèle communautaire
      enregistré correspond à la volonté de lui donner une sécurité juridique plus grande; qu'en
      revanche, le dessin ou modèle communautaire non enregistré ne devrait conférer que le droit
      d'empêcher la copie et que ce droit devrait également être étendu au commerce des produits
      auxquels sont appliqués des dessins ou modèles délictueux;
 (21) considérant que les mesures destinées à garantir l'exercice de ces droits sont du ressort du
       législateur national et qu'il est donc nécessaire de prévoir certaines sanctions de base
       uniformes dans tous les Etats membres; que ces sanctions devraient permettre, quelle que
       soit la juridiction saisie, de mettre fin aux actes délictueux, d'obtenir des informations sur
       la source et les canaux de distribution dont le contrefacteur a disposé et de saisir les produits
       délictueux;
                                                   64
 ---pagebreak--- (22) considérant que le traitement dans un lieu unique des recours en nullité d'un dessin ou
     modèle communautaire enregistré se traduirait par des économies en termes de coût et de
     temps par rapport aux procédures faisant intervenir des tribunaux nationaux différents; que,
      si ce lieu était une juridiction du pays dans lequel le titulaire du dessin ou modèle est
      domicilié, un ressortissant d'un autre pays contestant la validité du dessin ou modèle en
      question pourrait toujours se trouver confronté à des coûts et à des difficultés excessives;
     que, dans ces conditions, il convient que l'Office communautaire des dessins ou modèles
      (ci-après : "l'Office") puisse connaître des actions directes en nullité formées par la
      Commission, les Etats membre ou par des tiers;
(23) qu'en particulier l'intervention de la Commission et des Etats membres apporterait une
      contribution significative au maintien d'une pratique constante en ce qui concerne les
      conditions d'octroi de la protection;
(24) qu'il est nécessaire de prévoir des garanties comprenant un droit de recours auprès d'une
      Chambre de recours et, en dernier ressort, auprès de la Cour de justice; que cette solution
      encouragerait le développement d'une interprétation uniforme des conditions de validité des
      dessins ou modèles communautaires;
(25) qu'un des objectifs fondamentaux du règlement est que la procédure à suivre pour faire
      enregistrer un dessin ou modèle communautaire s'accompagne pour le demandeur d'un
      minimum de frais et de difficultés, afin de la rendre facilement accessible aux petites et
      moyennes entreprises ainsi qu'aux créateurs individuels;
 (26) considérant que les secteurs de l'économie qui produisent, sur de brèves périodes de temps,
       un grand nombre de dessins ou modèles à cycle de vie relativement courts, dont une faible
      proportion seulement sera finalement commercialisée trouveront avantage à utiliser le
       dessin ou modèle communautaire non enregistré; que ces secteurs ont également besoin de
       pouvoir recourir plus facilement aux dessins ou modèles communautaires enregistrés; que
       ce besoin serait satisfait par la possibilité de combiner plusieurs dessins ou modèles dans
       une demande multiple;
 (27) considérant que la publication normale après enregistrement d'un dessin ou modèle
       communautaire pourrait dans certains cas ruiner ou mettre en péril le succès d'une opération
       commerciale englobant ce dessin ou ce modèle; que, dans de tels cas, la solution consisterait
       à obtenir l'ajournement de la publication pendant une période raisonnable;
 (28) considérant qu'il est essentiel que l'exercice des droits conférés par le dessin ou modèle
       communautaire soit garanti d'une manière efficace sur tout le territoire de la Communauté;
       que des règles particulières concernant les litiges en matière de dessins ou modèles
                                                    65
 ---pagebreak---      communautaires doivent être adoptées pour garantir que ce résultat sera atteint; qu'en ce qui
     concerne les recours en contrefaçon et les recours en annulation, une limitation du nombre
     des juridictions nationales compétentes peut encourager la spécialisation des juges; qu'à
     cette fin, les Etats membres doivent désigner des "tribunaux de dessins ou modèles
     communautaires";
(29) considérant que le système de règlement des litiges devrait éviter dans toute la mesure du
     possible le "forum shopping"; qu'il est donc nécessaire d'établir des règles claires de
     compétence internationale;
(30) que le présent règlement n'exclut pas l'application aux dessins ou modèles protégés par le
     dessin ou modèle communautaire d'autres réglementations pertinentes desEtats membres,
     telles que celles relatives à la protection acquise par voie d'enregistrement ou celles relatives
     aux droits conférés par un dessin ou modèle non enregistré, aux marques commerciales, aux
     brevets et aux modèles d'utilité, à la concurrence déloyale et à la responsabilité civile;
(31) considérant qu'il importe, dans l'attente de l'harmonisation du droit d'auteur, de consacrer
     le principe du cumul de la protection spécifique des dessins ou modèles communautaires
     et de la protection par le droit d'auteur, tout en laissant aux Etats membres toute liberté pour
     déterminer l'étendue de la protection par le droit d'auteur et les conditions auxquelles cette
     protection est accordée; qu'entre les Etats membres le droit communautaire interdit déjà aux
     Etats membres d'exiger que la protection par le droit d'auteur ne soit accordée qu'à la
     condition de la réciprocité; qu'il est nécessaire que les législations et les pratiques nationales
     incompatibles avec le droit communautaire soient abolies;
ONT ARRETE LE PRESENT REGLEMENT:
                                               ITTRE I
                                   DISPOSITIONS GENERALES
                                            Article premier
                                 Dessin ou modèle communautaire
 1.   Les dessins ou modèles qui remplissent les conditions énoncées dans le présent règlement
      sont protégés par un système communautaire de droits, dénommés ci-après "Dessins ou
      modèles communautaires".
                                                   66
 ---pagebreak--- 2.    Aux termes du présent règlement, un dessin ou modèle communautaire est protégé
           a) sans aucune formalité, en qualité de "dessin ou modèle communautaire non
              enregistré",
           b) en qualité de "dessin ou modèle communautaire enregistré", s'il est enregistré selon
              les modalités prévues par le présent règlement.
3.    Le dessin ou modèle communautaire a un caractère unitaire. Il produit les mêmes effets
      dans l'ensemble de la Communauté; il ne peut être enregistré, transféré, faire l'objet d'une
      renonciation ou d'une décision de nullité que pour l'ensemble de la Communauté. Ce
      principe s'applique sauf disposition contraire du présent règlement.
                                             Article 2
                           Office communautaire des dessins ou modèles
Il est institué un Office communautaire des dessins ou modèles, ci-après dénommé "l'Office".
                                             TTTREII
                              DROIT DES DESSINS ET MODELES
                                         Première section
                                      Conditions de protection
                                             Article 3
                                            Définitions
Aux fins du présent règlement, on entend par
a)     "dessin ou modèle" l'apparence d'un produit ou d'une partie de produit que lui confèrent les
       caractéristiques spécifiques des lignes, des contours, des couleurs, de la forme ou des
       matériaux du produit lui-même ou de son ornementation;
b)     "produit" tout article industriel ou artisanal, y compris des parties conçues pour être
       assemblées en un objet complexe, des ensembles ou des compositions d'articles, des
       emballages, des présentations, des symboles graphiques et des caractères typographiques;
       à l'exception, toutefois, des programmes d'ordinateur et des produits semi-conducteurs.
                                                 67
 ---pagebreak---                                              Article 4
                                       Conditions générales
1.  Un dessin ou modèle est protégé par un dessin ou modèle communautaire dans la mesure
    où il est nouveau et présente un caractère individuel.
2.  Le dessin ou modèle d'un produit qui constitue une partie d'un article complexe n'est
    considéré comme nouveau et présentant un caractère individuel que dans la mesure où le
    dessin ou modèle appliqué à la partie en tant que telle remplit les conditions de nouveauté
    et de caractère individuel.
                                             Article 5
                                            Nouveauté
1.  Un dessin ou modèle est considéré comme nouveau si aucun dessin ou modèle identique
    n'a été divulgué au public avant la date de référence. Des dessins ou modèles sont réputés
    être identiques si leurs caractéristiques spécifiques ne diffèrent que par des détails
    insignifiants.
2.  Un dessin ou modèle est réputé avoir été divulgué au public s'il a été publié après
    enregistrement ou autrement, exposé, utilisé dans le commerce ou rendu public de toute
    autre manière. Toutefois, il n'est pas réputé avoir été divulgué au public s'il a seulement été
    divulgué à untierssous des conditions explicites ou implicites de secret.
                                             Article 6
                                        Caractère individuel
 1. Un dessin ou modèle est considéré comme ayant un caractère individuel si l'impression
    globale qu'il produit sur l'utilisateur averti diffère de manière significative de celle que
    produit sur un tel utilisateur tout dessin ou modèle visé au paragraphe 2.
2.   Aux fins de l'application du paragraphe 1 sont pris en considération les dessins ou modèles
     qui :
         a) forment l'objet d'exploitation commerciale sur le marché dans la Communauté ou
             ailleurs à la date de référence ou
         b) ont été publiés comme dessins ou modèles communautaires enregistrés ou comme
             enregistrements de dessins ou modèles d'un Etat membre et dont la protection n'a pas
             expiré à la date de référence.
                                                 68
 ---pagebreak---     L'appréciation du caractère individuel se fonde, en principe, davantage sur les
    caractéristiques communes que sur les différences et il est tenu compte du degré de liberté
    du créateur dans l'élaboration du dessin ou modèle.
                                            Article 7
                                        Date de référence
La date de référence au sens des articles 5 paragraphe 1 première phrase et 6 paragraphe 2 est :
a)  pour un dessin ou modèle communautaire non enregistré, la date à laquelle le dessin ou
    modèle pour lequel la protection est demandée a été divulgué au public par le créateur ou
    son ayant droit ou par untiersà la suite d'une information fournie ou d'actes accomplis par
    le créateur ou son ayant droit,
b)  pour un dessin ou modèle communautaire enregistré, la date de présentation de la demande
    d'enregistrement ou, si une priorité est revendiquée, la date de priorité.
                                             Article 8
                                  Divulgations non opposables
1.   Si un dessin ou modèle, pour lequel la protection est demandée au titre d'un dessin ou
     modèle communautaire enregistré, a été divulgué au public par le créateur ou son ayant
     droit ou par untierssur la base d'informations fournies ou d'actes accomplis par le créateur
     ou son ayant droit ou à la suite d'une conduite abusive à l'égard du créateur ou de son ayant
     droit pendant la période de douze mois précédant la date de présentation de la demande
     d'enregistrement ou, si une priorité est revendiquée, la date de priorité, cette divulgation
     n'est pas prise en considération aux fins de l'application des articles 5 et 6.
2.   Les dispositions du paragraphe 1 ne s'appliquent pas lorsque l'objet de la divulgation
     abusive est un dessin ou modèle qui a donné lieu à un dessin ou modèle communautaire
     enregistré ou à un enregistrement d'un dessin ou modèle dans un Etat membre.
                                                69
 ---pagebreak---                                              Article 9
                    Dessins ou modèles techniques non arbitraires et dessins
                                   et modèles d'interconnexions
1.   Ne peut pas être protégé comme dessin ou modèle communautaire, un dessin ou modèle où
     la fonction technique ne laisse aucune liberté en ce qui concerne des caractéristiques
     arbitraires de l'apparence du produit.
2.   Ne peut pas être protégé comme dessin ou modèle communautaire un dessin ou modèle qui
     doit nécessairement être reproduit dans sa forme et ses dimensions exactes pour que le
     produit dans lequel le dessin ou modèle est incorporé ou auquel il s'applique puisse être
     assemblé ou raccordé mécaniquement à un autre produit.
3.   Par dérogation au paragraphe 2, est protégé comme dessin ou modèle communautaire, un
     dessin ou modèle répondant aux conditions fixées aux articles 5 et 6 et dont l'objet est de
     permettre l'assemblage ou la connexion simultanés d'une pluralité ou d'un nombre défini de
     produits identiques ou interchangeables l'un avec l'autre au sein d'un système modulaire.
                                            Article 10
                           Dessins ou modèles contraires à l'ordre public
Ne peut pas être protégé comme dessin ou modèle communautaire, un dessin ou modèle dont
l'exploitation ou la publication est contraire à l'ordre public ou aux bonnes moeurs.
                                             Section 2
                                 Etendue et durée de la protection
                                             Article 11
                                      Etendue de la protection
 1.   La protection conférée par le dessin ou modèle communautaire s'étend à tout dessin ou
      modèle qui produit sur l'utilisateur averti une impression globale significativement
      similaire.
 2.   Pour déterminer l'étendue de la protection, l'appréciation se fonde par principe davantage
      sur les caractéristiques communes que sur les différences ettientcompte du degré de liberté
      du créateur dans la réalisation du dessin ou modèle.
                                                 70
 ---pagebreak---                                              Article 12
                                  Durée de la protection du dessin
                            ou modèle communautaire non enregistré
Un dessin ou modèle qui remplit les conditions énoncées dans la première section est protégé
sans aucune formalité en qualité de dessin ou modèle communautaire non enregistré pendant une
période de trois ans à compter de la date visée à l'article 7 sous a).
                                             Article 13
                                  Durée de la protection du dessin
                               ou modèle communautaire enregistré
Par l'enregistrement par l'Office, un dessin ou modèle qui remplit les conditions énoncées dans
la première section est protégé en qualité de dessin ou modèle communautaire enregistré pendant
une période de cinq ans à compter de la date de présentation de la demande d'enregistrement. La
durée de la protection peut être prorogée conformément à l'article 53.
                                              Section 3
                           Le droit au dessin ou modèle communautaire
                                              Article 14
                      Titularité du droit au dessin ou modèle communautaire
 1.   Latitularitédu droit au dessin ou modèle communautaire appartient au créateur ou à son
      ayant droit.
 2.   Lorsqu'un dessin ou modèle est réalisé par un salarié dans l'exercice de ses obligations ou
      suivant les instructions de son employeur, la titularité du droit au dessin ou modèle
      appartient à l'employeur, sauf disposition contractuelle contraire.
                                              Article 15
                                        Pluralité de créateurs
 Si plusieurs personnes ont réalisé conjointement un dessin ou modèle, la titularité du droit au
 dessin ou modèle communautaire leur appartient conjointement.
                                                  71
 ---pagebreak---                                             Article 16
                                     Revendication du droit
                             à un dessin ou modèle communautaire
   Si le droit à un dessin ou modèle communautaire non enregistré est revendiqué par une
   personne qui n'est pas habilitée en vertu de l'article 14 ou si un dessin ou modèle
   communautaire enregistré a été enregistré au nom d'une telle personne, la personne habilitée
   aux termes de cet article peut, sans préjudice de tous autres droits ou actions, revendiquer
   le transfert du dessin ou modèle communautaire en qualité de titulaire.
   Lorsqu'une personne possède conjointement à une autre le droit à un dessin ou modèle
   communautaire, elle peut, conformément aux dispositions du paragraphe 1, revendiquer son
   transfert en qualité de cotitulaire.
   Dans le cas d'un dessin ou modèle communautaire enregistré, les droits visés au
   paragraphe 1 ne sont exercés en justice que dans un délai de deux ans à compter de la date
   de publication du dessin ou modèle communautaire enregistré. Cette disposition ne
   s'applique pas si le titulaire du dessin ou modèle communautaire enregistré savait, au
   moment de l'enregistrement du dessin ou modèle ou du transfert de celui-ci à son nom, qu'il
   n'y avait pas droit.
   Dans le cas d'un dessin ou modèle communautaire enregistré, l'introduction d'une demande
   en justice en vertu du paragraphe 1 fait l'objet d'une inscription au Registre des dessins ou
   modèles communautaires. Est également inscrite, la décision coulée en force de chose jugée
   concernant la demande en justice ou toute autre mesure mettant fin à la procédure.
                                             Article 17
                         Effets de la décision de justice sur la titularité
                        au dessin ou modèle communautaire enregistré
1.  Lorsqu'un changement intégral de propriété d'un dessin ou modèle communautaire
    enregistré intervient à la suite d'une demande en justice formulée en application de
    l'article 16 paragraphe 1, les licences et autres droits s'éteignent par l'inscription de la
    personne habilitée au Registre des dessins ou modèles communautaires.
2.  Si, avant l'inscription au Registre de l'introduction de la demande en justice prévue à
    l'article 16 paragraphe 1, le titulaire du dessin ou modèle communautaire enregistré ou un
    licencié a exploité le dessin ou modèle dans la Communauté ou fait des préparatifs effectifs
    et sérieux à cette fin, il peut poursuivre cette exploitation, à condition de demander, dans
                                                 72
 ---pagebreak---      le délai prescrit par le règlement d'exécution, une licence non exclusive au nouveau titulaire
     inscrit au Registre des dessins ou modèles communautaires. La licence doit être concédée
     pour une période et à des conditions raisonnables.
3.   Le paragraphe 2 n'est pas applicable si le titulaire du dessin ou de la licence, était de
     mauvaise foi au moment du commencement de l'exploitation ou des préparatifs effectués
     à cette fin.
                                              Article 18
                    Présomption en faveur du demandeur de l'enregistrement
La personne au nom de laquelle la demande d'enregistrement d'un dessin ou modèle
communautaire a été faite est réputée être la personne possédant latitularitédu droit dans toute
procédure devant l'Office.
                                              Article 19
                                      Droits propres au créateur
Le créateur a le droit, à l'égard du demandeur ou du titulaire du dessin ou modèle communautaire
enregistré, d'être désigné en tant que tel auprès de l'Office ou dans le Registre. Si le dessin ou
modèle résulte d'un travail d'équipe, le nom du créateur peut être remplacé par la désignation de
l'équipe.
                                              Section 4
                             Effets du dessin ou modèle communautaire
                                              Article 20
              Droits conférés par le dessin ou modèle communautaire non enregistré
Le dessin ou modèle communautaire non enregistré confère à sontitulairele droit d'interdire à
 touttiersn'ayant pas son consentement de copier le dessin ou modèle ou d'utiliser un dessin ou
 modèle compris dans l'étendue de la protection du dessin ou modèle non enregistré et résultant
 de cette activité de copie. L'utilisation comprend, en particulier, la fabrication, l'offre, la mise sur
 le marché ou l'exploitation d'un produit dans lequel ce dessin ou ce modèle est incorporé ou
 auquel il est appliqué, ainsi que l'importation, l'exportation et la détention de ce produit aux fins
 précitées.
                                                   73
 ---pagebreak---                                            Article 21
              Droits conférés par le dessin ou modèle communautaire enregistré
   Le dessin ou modèle communautaire enregistré confère à son titulaire le droit exclusif
   d'utiliser le dessin ou modèle et d'interdire à tout tiers n'ayant pas son consentement
   d'utiliser un dessin ou modèle, compris dans l'étendue de la là protection du dessin ou
   modèle enregistré. L'utilisation comprend, en particulier, la fabrication, l'offre, la mise sur
   le marché ou l'exploitation d'un produit dans lequel ce dessin ou modèle incorporé ou
   auquel il est appliqué, ainsi que l'importation, l'exportation et la détention de ce produit aux
   fins précitées.
   Par dérogation au paragraphe 1, un dessin ou modèle communautaire enregistré faisant
   l'objet d'une mesure d'ajournement de la publication conformément à l'article 52 confère à
   sontitulaireles droits énoncés à l'article 20.
                                           Article 22
           Limitation des droits conférés par le dessin ou modèle communautaire
1. Les droits conférés par le dessin ou modèle communautaire ne s'étendent pas :
       a) aux actes accomplis àtitreprivé et à des fins non commerciales,
       b) aux actes accomplis à des fins expérimentales,
       c) à la reproduction du dessin ou modèle à des fins d'illustration ou d'enseignement,
            pour autant que ces actes soient compatibles avec les pratiques commerciales
            loyales, ne portent pas indûment préjudice à l'exploitation normale du dessin ou
            modèle et que la source soit indiquée.
2.  En outre, les droits conférés par le dessin ou modèle communautaire ne s'étendent pas :
       a) aux équipements à bord de navires ou d'aéronefs immatriculés dans un pays tiers,
            lorsqu'ils pénètrent temporairement sur le territoire de la Communauté,
       b) à l'importation dans la Communauté de pièces détachées et d'accessoires auxfinsde
            réparation de ces véhicules,
        c) à l'exécution de réparations sur ces véhicules.
                                                74
 ---pagebreak---                                               Article 23
                     Utilisation du dessin ou modèle communautaire enregistré
                                       à des fins de réparation
Les droits conférés par un dessin ou modèle communautaire enregistré ne sont pas opposables
à un tiers qui, trois ans au moins après la date de première mise sur le marché d'un produit dans
lequel le dessin ou le modèle est incorporé ou auquel il est appliqué, utilise ce dessin ou modèle
conformément à l'article 21, à condition que
   a) le produit dans lequel le dessin ou modèle incorporé ou auquel il est appliqué soit une partie
       d'un produit complexe dont l'apparence conditionne le dessin ou modèle protégé,
   b) cette utilisation ait pour but de permettre la réparation du produit complexe de manière à
       restaurer son apparence initiale et
   c) le public ne soit pas induit en erreur sur l'origine du produit utilisé pour la réparation.
                                              Article 24
                                        Epuisement des droits
Les droits conférés par le dessin ou modèle communautaire ne s'étendent pas aux actes
 concernant un produit dans lequel il est incorporé ou auquel s'applique un dessin ou modèle
 compris dans l'étendue de la protection du dessin ou modèle communautaire et qui ont été mis
 dans le commerce, sur le territoire de la Communauté, par le titulaire du dessin ou modèle
 communautaire ou avec son consentement.
                                               Article 25
                        Droits au dessin ou modèle communautaire enregistré
                                  fondé sur une utilisation antérieure
 Les droits conférés par un dessin ou modèle communautaire enregistré ne sont pas opposables
 à untiersqui peut prouver :
    a) qu'avant la date de présentation de la demande d'enregistrement ou,
    b) si la priorité est revendiquée, avant la date de priorité,
 il a commencé à utiliser de bonne foi dans la Communauté - ou il a effectué de sérieux
 préparatifs à cettefin- un dessin ou modèle compris dans l'étendue de la protection du dessin ou
 modèle communautaire enregistré, qui avait été réalisé indépendamment de ce dernier et n'avait,
 à cette date, pas encore été divulgué au public. Ce tiers a le droit d'exploiter le dessin ou le
 modèle pour les besoins de l'entreprise dans laquelle il a utilisé ou envisagé d'utiliser ce dessin
 ou ce modèle. Ce droit ne peut être transféré séparément de l'entreprise.
                                                   75
 ---pagebreak---                                             Section 5
                                             Nullité
                                            Article 26
                                     Déclaration de la nullité
1. Un dessin ou modèle communautaire ne peut être déclaré nul que par un tribunal des dessins
   ou modèles communautaires. La nullité d'un dessin ou modèle communautaire enregistré
   peut également être prononcée par l'Office, conformément à la procédure prévue au
   titre Vïï.
2. Une demande en nullité peut être présentée même si le dessin ou modèle communautaire
   s'est éteint ou a fait l'objet de renonciation.
                                            Article 27
                                         Motifs de nullité
1. Un dessin ou modèle communautaire ne peut être déclaré nul que
   a) si le dessin ou modèle objet de la protection ne remplit pas les conditions énoncées à
       l'article 4, ou
   b) dans la mesure où ses caractéristiques spécifiques techniques ou d'interconnexion ne
       sont pas susceptibles d'être protégées en vertu de l'article 9, paragraphe 1 ou 2, ou
   c) dans la mesure où son exploitation ou sa publication est contraire à l'ordre public ou aux
       bonnes moeurs, ou si
   d) letitulairedu dessin ou modèle communautaire n'est pas, en vertu d'une décision de
       justice, la personne habilitée au sens des articles 14 et 15.
2. Un dessin ou modèle communautaire peut être déclaré nul s'il existe un dessin ou modèle,
    divulgué au public après la date de référence au sens de l'article 7 sous a) ou b) selon le cas,
    qui est protégé, depuis une date antérieure à cette date de référence, à titre de dessin ou
    modèle communautaire enregistré, à titre d'enregistrement dans un ou plusieurs Etats
    membres ou à titre d'une demande d'obtention de l'un ou l'autre de ces droits.
                                                 76
 ---pagebreak--- 3. Par dérogation à l'article 1er paragraphe 3,
     a) dans le cas mentionné au paragraphe 1 sous c), la nullité n'est prononcée que pour ce qui
         concerne l'Etat membre ou les Etats membres où le motif de nullité a été retenu,
     b) dans le cas mentionné au paragraphe 2, dans la mesure où les droits et les demandes
         d'obtention de ces droits ne produisent d'effets dans un ou certains Etats membres, la
         nullité n'est prononcée que pour ce qui concerne cet Etat ou ces Etats
                                             Article 28
                                        Effets de la nullité
1.   Le dessin ou modèle communautaire qui a été déclaré nul est réputé n'avoir pas eu, dès
     l'origine, les effets prévus au présent règlement.
2.   Sous réserve des dispositions nationales relatives soit aux recours en réparation du préjudice
     causé par la faute ou la mauvaise foi dutitulairedu dessin ou modèle communautaire, soit
     à l'enrichissement sans cause, l'effet rétroactif de la nullité du dessin ou modèle
     communautaire n'affecte pas :
          a) les décisions en contrefaçon ayant acquis l'autorité de la chose jugée et exécutées
             antérieurement à la décision de nullité,
          b) les contrats conclus antérieurement à la décision de nullité, dans le mesure où ils ont
             été exécutés antérieurement à cette décision; toutefois, la restitution de sommes
             versées en vertu du contrat, dans la mesure où les circonstances le justifient, peut
             être réclamée pour des raisons d'équité.
                                             TITRE ffl
 DES DESSINS ET MODELES COMMUNAUTAIRES COMME OBJETS DE PROPRIETE
                                             Article 29
                       Assimilation des dessins ou modèles communautaires
                                à des dessins ou modèles nationaux
 1.   Sauf dispositions contraires prévues aux articles 30 à 34, le dessin ou modèle
      communautaire en tant qu'objet de propriété est considéré en sa totalité et pour l'ensemble
                                                 77
 ---pagebreak---    de la Communauté comme l'enregistrement d'un dessin ou modèle de l'Etat membre sur le
   territoire duquel,
       a) letitulairea son siège ou son domicile à la date considérée, ou
       b) si le poinr a) n'est pas applicable, le titulaire a un établissement à la date considérée.
2. Dans le cas d'un dessin ou modèle communautaire enregistré, l'application du paragraphe 1
   se fait sur la base des inscriptions faites au Registre.
3. En cas de cotitulanté, si plusieurs titulaires remplissent la condition énoncée au
   paragraphe 1 sous a) ou, si cette disposition est inapplicable, la condition énoncée au
   paragraphe 1 sous b), l'Etat membre visé au paragraphe 1 est déterminé :
       a) dans le cas d'un dessin ou modèle communautaire non enregistré, par'référence au
            cotitulaire désigné d'un commun accord par les titulaires;
       b) dans le cas d'un dessin ou d'un modèle communautaire enregistré, par référence au
            premier des cotitulaires dans l'ordre de leur inscription sur le Registre.
4. Lorsque les paragraphes 1, 2 et 3 ne sont pas applicables, l'Etat membre visé au
   paragraphe 1 est celui sur le territoire duquel l'Office a son siège.
                                            Article 30
                                            Transfert
1. Le dessin ou modèle communautaire peut faire l'objet d'un transfert.
2.  Le transfert d'un dessin ou modèle communautaire enregistré est soumis aux dispositions
    suivantes :
        a) sur demande d'une des parties, le transfert est inscrit au Registre des dessins ou
            modèles communautaires et publié;
        b) tant que le transfert n'a pas été inscrit au Registre des dessins ou modèles
            communautaires, l'ayant cause ne peut se prévaloir des droits découlant du dessin
            ou modèle communautaire enregistré;
        c) lorsque des délais doivent être observés vis-à-vis de l'Office, l'ayant cause peut faire
             à l'Office les déclarations prévues à cet effet dès que celui-ci a reçu la demande
             d'enregistrement du transfert;
        d) tous les documents qui doivent être notifiés au titulaire du dessin ou modèle
             communautaire enregistré sont adressés à la personne enregistrée en qualité de
             titulaire ou à son représentant, s'il en a été désigné un.
                                                78
 ---pagebreak---                                            Article 31
               Droits réels sur un dessin ou modèle communautaire enregistré
1.  Le dessin ou modèle communautaire enregistré peut être donné en gage ou faire l'objet de
    droits réels.
2.  Sur requête d'une partie, les droits visés au paragraphe 1 sont inscrits au Registre des
    dessins ou modèles communautaires et publiés.
                                           Article 32
              Exécution forcée d'un dessin ou modèle communautaire enregistré '
1.  Le dessin ou modèle communautaire enregistré peut faire l'objet d'une exécution forcée.
2.  En matière de procédure d'exécution forcée sur un dessin ou modèle communautaire
    enregistré, la compétence exclusive appartient aux tribunaux et aux autorités de l'Etat
    membre déterminé en application de l'article 29.
3.  Sur requête d'une des parties, l'exécution forcée est inscrite au Registre des dessins ou
    modèles communautaires et publiée.
                                           Article 33
                        Procédure de faillite ou procédures analogues
 1. Jusqu'à l'entrée en vigueur entre les Etats membres de dispositions communes en la matière,
    un dessin ou modèle communautaire ne peut être compris dans une procédure de faillite ou
    une procédure analogue que dans l'Etat membre où en premier lieu une telle procédure a été
    ouverte au sens de la loi nationale ou des conventions applicables en la matière.
2.  Lorsqu'un dessin ou modèle communautaire enregistré est compris dans une procédure de
    faillite ou une procédure analogue, l'inscription à cet effet doit être portée au Registre des
    dessins ou modèles communautaires et publiée sur demande de l'autorité nationale
    compétente.
                                                79
 ---pagebreak---                                             Article 34
                                            Licences
1.  Le dessin ou modèle communautaire peut faire l'objet de licences pour tout ou partie de la
    Communauté. Les licences peuvent être exclusives ou non exclusives.
2.  Sans préjudice des stipulations du contrat de licence, le licencié ne peut engager une
    procédure relative à la contrefaçon d'un dessin ou modèle communautaire qu'avec le
    consentement dutitulairede celui-ci. Toutefois, letitulaired'une licence exclusive peut
    engager une telle procédure si, après mise en demeure, letitulairedu dessin ou modèle
    communautaire n'agit pas lui-même en contrefaçon dans le délai approprié.
3.  Tout licencié est recevable à intervenir dans l'instance en contrefaçon engagée par le
    titulaire du dessin ou modèle communautaire afin d'obtenir réparation du préjudice qui lui
    est propre.
4.  Sur requête d'une des parties, l'octroi ou le transfert d'une licence de dessin ou modèle
    communautaire enregistré est inscrit au Registre des dessins ou modèles communautaires
    et publié.
                                            Article 35
                                      Opposabilité aux tiers
 1. L'opposabilité auxtiersdes actes juridiques visés aux articles 30,31,32 et l'article 34 est
    régie par la législation de l'Etat membre déterminé conformément aux dispositions de
    l'article 29.
2.  Pour les dessins ou modèles communautaires enregistrés, les actes juridiques visés aux
     articles 30, 31 et 34 ne sont opposables auxtiers,dans tous les Etats membres, qu'après leur
     inscription au Registre des dessins ou modèles communautaires. Toutefois, avant son
     inscription, un tel acte est opposable aux tiers qui ont acquis des droits sur le dessin ou
     modèle communautaire enregistré après la date de cet acte, mais qui avaient connaissance
     de celui-ci lors de l'acquisition de ces droits.
 3.  Le paragraphe 2 n'est pas applicable à l'égard d'une personne qui acquiert le dessin ou
     modèle communautaire enregistré ou un droit sur celui-ci par transfert de l'entreprise dans
     sa totalité ou par toute autre succession àtitreuniversel.
                                                 80
 ---pagebreak---    Jusqu'à l'entrée en vigueur entre les Etats membres de dispositions communes en matière
   de faillite, l'opposabilité aux tiers d'une procédure de faillite ou de procédures analogues
   portant sur un dessin ou modèle communautaire est régie par le droit de l'Etat membre ou
   en premier lieu une telle procédure a été ouverte au sens de la loi nationale ou des
   conventions applicables en la matière.
                                            Article 36
            La demande d'enregistrement d'un dessin ou modèle communautaire
                                  en tant qu'objet de propriété
1. La demande d'enregistrement d'un dessin ou modèle communautaire en tant qu'objet de
   propriété est considérée, en sa totalité et pour l'ensemble du territoire de la Communauté,
   comme l'enregistrement d'un dessin sur un dessin ou modèle de l'Etat membre déterminé
   conformément aux dispositions de l'article 29.
2. Les articles 30 à 35 s'appliquent aux demandes d'enregistrement de dessins ou modèles
   communautaires. Lorsque la mise en oeuvre de l'une de ces dispositions est subordonnée
   à l'inscription dans le Registre des dessins ou modèles communautaires, cette formalité doit
   être accomplie lors de l'enregistrement du dessin ou modèle communautaire.
                                            ITTRE IV
 DEMANDE D'ENREGISTREMENT DTJN DESSIN OU MODELE COMMUNAUTAIRE
                                         Première section
               Dépôt de la demande et conditions auxquelles elle doit satisfaire
                                            Article 37
                             Dépôt de la demande d'enregistrement
1.  La demande d'enregistrement d'un dessin ou modèle communautaire est déposée, au choix
    du demandeur,
        a) auprès de l'Office ou
        b) si la législation de l'Etat membre considéré le permet, auprès du service central de
            la propriété industrielle d'un Etat membre ou auprès du Bureau Bénélux des Dessins
            ou Modèles.
                                                 81
 ---pagebreak---     Une demande déposée auprès du service central de la propriété industrielle d'un Etat
    membre ou auprès du Bureau Bénélux des Dessins ou Modèles produit les mêmes effets que
    si elle avait été déposée à la même date à l'Office.
                                            Article 38
                                  Transmission de la demande
1.  Lorsque la demande est déposée auprès du service central de la propriété industrielle d'un
    Etat membre ou auprès du Bureau Bénélux des Dessins ou Modèles, ce service ou ce
    Bureau prend toutes les mesures nécessaires pour transmettre la demande à l'Office dans un
    délai de deux semaines après son dépôt. Il peut exiger du demandeur une taxe qui ne
    dépasse pas le coût administratif afférent à la réception et à la transmission de la demande.
2.  Dès réception par l'Office d'une demande transmise par un service central de la propriété
    industrielle ou par le Bureau Bénélux des Dessins ou Modèles, l'Office en informe le
    demandeur en indiquant la date de réception de la demande.
3.  Dix ans après l'entrée en vigueur du présent règlement, la Commission établit un rapport sur
    le fonctionnement du système de dépôt des demandes d'enregistrement de dessins ou
    modèles communautaires assorti, le cas échéant, de propositions visant à modifier ce
     système.
                                             Article 39
                        Conditions auxquelles la demande doit satisfaire
1.   La demande d'enregistrement d'un dessin ou modèle communautaire doit contenir :
         a) une requête en enregistrement;
         b) les indications qui permettent d'identifier le demandeur;
         c) une représentation du dessin ou modèle apte à être reproduite.
2.   Si la demande porte sur un dessin et qu'elle contient une demande d'ajoumement de la
     publication en vertu de l'article 52, la représentation du dessin peut être remplacée par un
     spécimen ou un échantillon du produit dans lequel le dessin est incorporé ou auquel il est
     appliqué.
 3.  En outre, la demande peut contenir :
          a) une description expliquant la représentation;
                                                 82
 ---pagebreak---          b) l'indication des produits dans lesquels le dessin ou modèle est destiné à être
             appliqué;
          c) une classification en classes et sous-classes des produits dans lesquels le dessin ou
             modèle est destiné à être incorporé ou auxquels il est destiné à être appliqué;
          d) un spécimen ou un échantillon du produit dans lequel le dessin ou modèle reproduit
             dans la représentation est incorporé ou auquel il est appliqué;
          e) une demande d'ajournement de la publication de la demande conforme aux
             dispositions de l'article 52.
4.    La demande comprend la désignation du créateur ou l'équipe de créateurs. Si le demandeur
    . n'est pas le créateur ou s'il n'est pas l'unique créateur, cette désignation comporte une
      déclaration précisant l'origine du droit à l'obtention du dessin ou modèle communautaire.
5.    La demande donne lieu au paiement de la taxe d'enregistrement et de la taxe de publication.
      Lorsqu'une demande d'ajournement est faite conformément aux dispositions du
      paragraphe 3 sous e), la taxe de publication est remplacée par la taxe d'ajournement de la
      publication.
6.    La demande doit satisfaire aux conditions prévues par le règlement d'exécution.
                                             Article 40
                                         Demande multiple
1.    Plusieurs dessins et modèles peuvent être combinés en une demande d'enregistrement
      multiple de dessins ou modèles communautaires. Sauf lorsqu'il s'agit d'ornementations, cette
      possibilité est subordonnée à la condition que les produits dans lesquels les dessins ou
      modèles sont destinés à être incorporés ou auxquels ils sont destinés à être appliqués fassent
      tous partie de la même sous-classe ou du même ensemble ou composition d'articles.
2.    Outre le paiement des taxes visées à l'article 39 paragraphe 5, la demande d'enregistrement
      multiple donne lieu au paiement d'une taxe supplémentaire d'enregistrement et d'une taxe
      supplémentaire de publication. Pour autant que la demande d'enregistrement multiple
      contient une demande d'ajournement de la publication, la taxe supplémentaire de
      publication est remplacée par la taxe supplémentaire d'ajournement de la publication. Les
      taxes supplémentaires correspondent à un pourcentage des taxes de base exigibles pour
      chaque dessin ou modèle supplémentaire.
 3.   La demande d'enregistrement multiple doit satisfaire les conditions prévues par le règlement
      d'exécution.
                                                  83
 ---pagebreak---                                              Article 41
                                            Date de dépôt
La date de dépôt de la demande d'enregistrement d'un dessin ou modèle'communautaire est celle
à laquelle les documents contenant les informations prévues à l'article 39 paragraphes 1 et 2 sont
déposés auprès de l'Office ou, si la demande est déposée auprès duu service central de la
propriété industrielle d'un Etat membre ou auprès du Bureau Bénélux des Dessins ou Modèles,
auprès de ce service ou de ce Bureau, sous réserve du paiement des taxes mentionnées à
l'article 39 paragraphe 5 et, le cas échéant, à l'article 40 paragraphe 2 dans un délai de deux mois
à compter du dépôt des documents indiqués ci-dessus.
                                             Article 42
                                            Classification
La classification des dessins ou modèles prévue à l'annexe de l'Arrangement de Locarno du
8 octobre 1968 instituant une classification internationale pour les dessins et les modèles
industriels s'applique aux fins du présent règlement.
                                              Section 2
                                               Priorité
                                              Article 43
                                               Priorité
 1.    La personne qui a régulièrement déposé une demande d'enregistrement d'un dessin ou
       modèle dans ou pour l'un des Etats parties à la Convention de Paris pour la protection de
       la propriété industrielle (ci-après "Convention de Paris"), ou son ayant cause, jouit, pour
       effectuer le dépôt d'une demande d'enregistrement d'un dessin ou modèle communautaire
       pour le même dessin ou modèle, d'un droit de priorité pendant un délai de six mois à
       compter de la date de dépôt de la première demande.
 2.    Est reconnu comme donnant naissance au droit de priorité, tout dépôt ayant la valeur d'un
       dépôt national régulier en vertu de la législation nationale de l'Etat dans lequel il a été
       effectué ou en vertu d'accords bilatéraux ou multilatéraux.
                                                   84
 ---pagebreak--- 3.    Par dépôt national régulier, on entend tout dépôt qui suffit à établir la date à laquelle la
      demande a été déposée, quel que soit le sort ultérieur réservé à cette demande.
4.    Afin de déterminer la priorité, est considérée comme première demande une demande
      ultérieure déposée pour un dessin ou modèle qui a déjà fait l'objet d'une première demande
      antérieure dans ou pour le même Etat, sous réserve que, à la date de dépôt de la demande
      ultérieure, la demande antérieure ait été retirée, abandonnée ou refusée sans avoir été
      soumise à l'inspection publique et sans laisser subsister de droits et qu'elle n'ait pas encore
      servi de base pour la revendication du droit de priorité. La demande antérieure ne peut plus
      servir alors pour la revendication du droit de priorité.
5.    Si le premier dépôt a été effectué dans un Etat qui n'est pas partie à la Convention de Paris,
      les dispositions des paragraphes 1 à 4 ne s'appliquent que dans la mesure où cet Etat, selon
      des constatations publiées, accorde, sur la base d'un dépôt effectué auprès de l'Office un
      droit de priorité soumis à des conditions et ayant des effets équivalents à ceux prévus par
      le présent règlement.
                                             Article 44
                                     Revendication de priorité
Le demandeur d'un dessin ou modèle communautaire qui veut se prévaloir de la priorité d'une
demande antérieure est tenu de produire une déclaration de priorité et une copie de la demande
antérieure. Si la langue de la demande antérieure n'est pas une des langues de procédure de
l'Office, celui-ci peut exiger une traduction de la demande antérieure dans une des langues de
procédure de l'Office. La procédure pour l'application de cette disposition est prescrite par le
règlement d'exécution.
                                             Article 45
                                      Effet du droit de priorité
 Par l'effet du droit de priorité, la date de priorité est considérée comme date de dépôt de la
 demande d'enregistrement d'un dessin ou modèle communautaire, aux fins de l'application des
 articles 5, 6, 8, 25 et 27 paragraphe 2.
                                                 85
 ---pagebreak---                                               Article 46
                        Valeur de dépôt national du dépôt communautaire
La demande d'enregistrement d'un dessin ou modèle communautaire à laquelle une date de dépôt
a été accordée a, dans les Etats membres, la valeur d'un dépôt national régulier compte tenu, le
cas échéant, du droit de priorité invoqué à l'appui de cette demande.
                                              Article 47
                                         Priorité d'exposition
1.    Si le demandeur d'un dessin ou modèle communautaire enregistré a exposé des produits,
      dans lesquels le dessin ou le modèle incorporé ou auxquels il est appliqué, lors d'une
      exposition internationale officielle ou officiellement reconnue au sens de la Convention sur
      les expositions internationales, signée à Paris le 22 novembre 1928 et révisée en dernier lieu
      le 30 novembre 1972, il peut, à condition de déposer la demande dans un délai de six mois
      à compter de la date de la première présentation de ces produits, se prévaloir, à partir de
      cette date, d'un droit de priorité au sens de l'article 45.
2.    Le demandeur qui souhaite se prévaloir de la priorité conformément au paragraphe 1, dans
      les conditions fixées par le règlement d'exécution, apporter la preuve qu'il a présenté à
      l'exposition les produits dans lesquels le dessin ou modèle est incorporé.
3.    Une priorité d'exposition accordée dans un Etat membre ou dans un pays tiers ne prolonge
      pas le délai de priorité prévu à l'article 43.
                                               TTTREV
                              PROCEDURE D'ENREGISTREMENT
                                               Article 48
                 Examen de la conformité de la demande aux conditions de forme
 1.    L'Office refuse toute demande d'enregistrement de dessin ou modèle communautaire si son
       objet ne répond manifestement pas à la définition de l'article 3.
                                                   86
 ---pagebreak--- 2.   L'Office examine si :
         a) la demande remplit les conditions pour qu'il lui soit accordé une date de dépôt,
             conformément à l'article 39 paragraphes 1 et 2;
         b) la demande satisfait aux autres conditions prévues à l'article 39 et, en cas de
             demande multiple, à l'article 40;
         c) au cas où une priorité est invoquée, il est satisfait aux exigences relatives à cette
             revendication.
                                             Article 49
                           Irrégularités auxquelles il peut être remédié
1.   Si la demande ne satisfait pas aux exigences visées à l'article 48 paragraphe 2 a) et b),
     l'Office invite le demandeur à remédier, dans le délai prescrit, aux irrégularités ou au défaut
     de paiement des taxes constaté.
2.   Si le demandeur se conforme à l'invitation de l'Office en temps voulu, celui-ci accorde,
     comme date de dépôt, la date initiale de dépôt de la demande entachée des irrégularités
     constatées. Toutefois, si les irrégularités auxquelles il est remédié à l'invitation de l'Office
     portent sur les conditions visées à l'article 39 paragraphes 1 ou 2, l'Office accorde comme
     date de dépôt où la demande la date à laquelle il est remédié aux irrégularités constatées.
3.   S'il n'est pas remédié, dans le délai prescrit, aux irrégularités ou au défaut de paiement
     constatés en application du paragraphe 1, l'Office rejette la demande.
4.   L'inobservation des dispositions concernant la revendication de priorité entraîne la perte du
     droit de priorité pour la demande.
                                             Article 50
                                          Enregistrement
La demande à laquelle une date de dépôt a été accordée est immédiatement enregistrée en qualité
de dessin ou modèle communautaire enregistré. L'inscription au registre porte la date à laquelle
la date de dépôt a été accordée.
                                                  87
 ---pagebreak---                                              Article 51
                                             Publication
Dès l'enregistrement, le dessin ou modèle communautaire enregistré est publié par l'Office dans
le Bulletin des dessins ou modèles communautaires. La publication contient :
a) les informations qui permettent d'identifier le titulaire du dessin ou modèle communautaire
     enregistré;
b)   le numéro et la date de dépôt et, si une priorité a été revendiquée, la date de priorité;
c)   la mention du créateur ou l'indication de l'équipe de créateurs;
d)   la reproduction de la représentation du dessin ou modèle;
e)   lorsqu'un spécimen ou un échantillon a été déposé, la référence à ce dépôt;
f)   tous autres renseignements prescrits par le règlement d'exécution.
                                              Article 52
                                    Ajournement de la publication
 1.  Le demandeur d'un dessin ou modèle communautaire enregistré peut demander, au moment
      du dépôt de sa demande, l'ajournement de la publication du dessin ou modèle
      communautaire enregistré pendant un délai ne dépassant pas 30 mois à compter de la date
      de dépôt de la demande ou, si une priorité a été revendiquée, à compter de la date de
      priorité.
2.    A la suite de cette demande, si l'Office a accordé une date de dépôt, le dessin ou modèle
      communautaire enregistré est inscrit dans le Registre, mais ni la représentation du dessin
      ou modèle, ni aucun dossier relatif à la demande n'est ouvert à l'inspection publique, sous
      réserve des dispositions de l'article 78 paragraphe 2.
 3.   L'Office publie dans le Bulletin des dessins ou modèles communautaires la mention de
      l'ajournement de la publication du dessin ou modèle communautaire enregistré. Cette
      mention est accompagnée d'informations permettant au moins d'identifier letitulairedu
      dessin ou modèle communautaire enregistré, la date de dépôt de la demande, la durée du
      délai pour lequel l'ajournement a été demandé et tous autres renseignements prescrits par
      le règlement d'exécution.
 4.   A l'expiration du délai d'ajournement, ou à toute date antérieure à la demande du titulaire,
      l'Office ouvre à l'inspection publique toutes les inscriptions au registre et le dossier
       concernant la demande d'enregistrement et publie le dessin ou modèle communautaire
       enregistré dans le Bulletin des dessins ou modèles communautaires, à condition que, dans
       le délai prescrit par le règlement d'exécution :
                                                  88
 ---pagebreak---          a) la taxe de publication et, dans le cas d'une demande multiple, la taxe supplémentaire
             de publication aient été payées;
         b) en cas d'utilisation de la faculté ouverte par l'article 39 paragraphe 2, le titulaire ait
             déposé auprès de l'Office une représentation du dessin ou modèle apte à la
             reproduction.
         Si letitulairene se conforme pas à ces dispositions, le dessin ou modèle communautaire
         enregistré est réputé ne pas avoir eu, dès l'origine, les effets mentionnés dans le présent
         règlement, à moins qu'il ne fasse l'objet d'une renonciation, conformément aux
         dispositions de l'article 55.
5.  Dans le cas d'une demande multiple, les dispositions du présent article peuvent ne
    s'appliquer qu'à certains des dessins ou modèles qui en font partie.
6.  L'introduction d'actions en justice sur la base du dessin ou modèle communautaire
    enregistré pendant le délai d'ajournement de la publication est subordonnée à la condition
     que les informations contenues dans le Registre et dans le dossier relatif à la demande aient
    été communiquées à la personne contre laquelle l'action est dirigée.
7.  Dans le présent règlement, toute référence à la date de publication d'un dessin ou modèle
     communautaire enregistré faisant l'objet d'une mesure d'ajournement de la publication sera
     comprise comme signifiant la date à laquelle l'Office a procédé à l'opération visée au
     paragraphe 4.
                                             TITRE VI
     DUREE DE LA PROTECTION DU DESSIN OU MODELE COMMUNAUTAIRE
                                           ENREGISTRE
                                              Article 53
                                       Durée de la protection
La durée de protection du dessin ou modèle communautaire enregistré est de cinq années à
compter de la date de dépôt de la demande. Elle peut être prorogée, en application des
dispositions de l'article 54, par périodes de cinq ans, jusqu'à une durée totale de vingt-cinq années
à partir de la date de dépôt de la demande.
                                                  89
 ---pagebreak---                                                Article 54
                                           Renouvellement
1.  L'enregistrement du dessin ou modèle communautaire est renouvelé sur demande du
    titulaire ou de toute personne expressément autorisée par lui, pour autant que la taxe de
    renouvellement ait été acquittée.
2.  En temps utile avant l'expiration de l'enregistrement, l'Office informe de cette expiration le
    titulaire du dessin ou modèle communautaire enregistré et tout titulaire d'un droit inscrit au
    registre sur ce dessin ou ce modèle communautaire enregistré. L'absence d'information
    n'engage pas la responsabilité de l'Office.
3.  La demande de renouvellement est à présenter et la taxe de renouvellement à acquitter dans
    un délai de six mois expirant le dernier jour du mois au cours duquel la période de
    protection prend fin. A défaut, la demande peut encore être présentée et la taxe acquittée
    dans un délai supplémentaire de six mois à prenant cours le lendemain du jour visé dans la
    première phrase, sous réserve du paiement d'une surtaxe au cours dudit délai
    supplémentaire.
4.  Le renouvellement prend effet le jour suivant la date d'expiration de l'enregistrement II est
    inscrit au Registre.
                                              ITTRE VII
    RENONCIATION ET NULLITE DU DESSIN OU MODELE COMMUNAUTAIRE
                                               DEPOSE
                                               Article 55        ,
                                             Renonciation
 1.  La renonciation à un dessin ou modèle communautaire enregistré est déclarée par écrit à
     l'Office par le titulaire. Elle n'a d'effet qu'après son inscription au Registre.
 2.  La renonciation n'est inscrite au Registre qu'avec l'accord du titulaire d'un droit inscrit au
     Registre des dessins ou modèles communautaires. Si une licence a été inscrite au Registre,
     la renonciation n'est inscrite au Registre que si le titulaire du dessin ou modèle
     communautaire enregistré justifie qu'il a informé le licencié de son intention de renoncer;
     l'inscription est faite à l'issue du délai prescrit par le règlement d'exécution.
                                                    90
 ---pagebreak---                                              Article 56
                                        Demande en nullité
1.  La Commission, les Etats membres et toute autre personne physique ou morale peut
    présenter à l'Office une demande en nullité d'un dessin ou modèle communautaire
    enregistré; toutefois, dans le cas précisé à l'article 27 paragraphe 1 sous d), la demande ne
    peut être présentée que par la ou les personnestitulairesdu droit au dessin ou modèle et,
    dans le cas visé à l'article 27 paragraphe 2, que par letitulairedu droit antérieur.
2.  La demande est présentée par écrit et motivée. Elle n'est réputée présentée qu'après
    paiement de la taxe.
3.  La demande en nullité est irrecevable si un tribunal des dessins ou modèles communautaires
    a statué entre les mêmes parties sur une demande ayant le même objet et la même cause et
    que cette décision a acquis l'autorité de la chose jugée.
                                             Article 57
                                      Examen de la demande
1.  Si la demande en nullité est recevable, l'Office examine si les motifs de nullité visés à
    l'article 27 s'opposent au maintien du dessin ou modèle communautaire enregistré.
2.  Au cours de l'examen de la demande, effectué conformément aux dispositions du règlement
    d'exécution, l'Office invite les parties, aussi souvent qu'il est nécessaire, à présenter, dans
    le délai qu'il leur impartit, leurs observations sur les communications qui émanent des autres
    parties ou qu'il leur a adressées.
3.  La décision prononçant la nullité du dessin ou modèle communautaire enregistré est inscrite
    au Registre des dessins ou modèles communautaires lorsqu'elle est définitive.
                                             Article 58
                      Participation à la procédure du contrefacteur présumé,
                              de la Commission et des Etats membres
 1.  Au cas où une demande en nullité d'un dessin ou modèle communautaire enregistré a été
     présentée et aussi longtemps que la division d'annulation n'a pas pris de décision définitive,
     touttiersqui apporte la preuve qu'une procédure en contrefaçon fondée sur le même dessin
                                                  91
 ---pagebreak---    ou modèle communautaire a été engagée à son encontre peut intervenir dans la procédure
   de nullité à condition qu'il produise une déclaration d'intervention dans un délai de trois
   mois à compter de la date à laquelle l'action en contrefaçon a été introduite. Cette
   disposition s'applique à tout tiers qui apporte la preuve qu'après avoir été requis par le
   titulaire du dessin ou modèle communautaire de cesser la contrefaçon présumée dudit dessin
   ou modèle, il introduit à l'encontre dudit titulaire une action tendant à faire constater
   judiciairement qu'il n'est pas contrefacteur.
2. La Commission et les Etats membres ont le droit d'être parties à l'instance conformément
    au règlement d'exécution.
3. La déclaration d'intervention ou la demande de participation à l'instance doivent être
   présentées par écrit et motivées. Elles ne prennent effet qu'après paiement de la la taxe visée
    à l'article 56 paragraphe 2. L'intervention et la demande de participation sont ensuite
   traitées, sous réserve des exceptions prévues dans le règlement d'exécution, comme des
    demandes en nullité.
                                         ITTRE VIO
                   RECOURS CONTRE LES DECISIONS DE L'OFFICE
                                          Article 59
                              Décisions susceptibles de recours
1.  Les décisions des Divisions d'examen des conditions de forme, de la Division de
    l'administration des dessins ou modèles et des questions juridiques et des Divisions
    d'annulation sont susceptibles de recours. Le recours a un effet suspensif.
2.  Une décision qui ne met pasfinà une procédure à l'égard de l'une des parties ne peut faire
    l'objet d'un recours qu'avec la décision finale, à moins que ladite décision ne prévoie un
    recours indépendant.
                                               92
 ---pagebreak---                                                Article 60
                 Personnes admises à former le recours et à être parties à l'instance
Toute partie à la procédure ayant conduit à une décision peur recourir contre cette décision pour
autant qu'elle n'ait pas fait droit à ses prétentions. Les autres parties à la dite procédure sont, de
droit, parties à la procédure de recours.
                                               Article 61
                                       Délai et forme du recours
Le recours doit être formé par écrit auprès de l'Office dans un délai de deux mois à compter
du jour de la notification de ta décision. Le recours n'est considéré comme formé qu'après
paiement de la taxe de recours. Un mémoire exposant les motifs du recours doit être déposé
dans un délai de quatre mois à compter de la date de notification de la décision.
                                               Article 62
                                         Révision préjudicielle
1.    Si l'instance dont la décision est attaquée considère le recours comme recevable et fondé,
      elle doit y faire droit. Cette disposition ne s'applique pas lorsque la procédure oppose celui
      qui a introduit le recours à une autre partie.
2.    S'il n'est pas fait droit au recours dans le délai d'un mois à compter de la réception du
      mémoire exposant les motifs, le recours doit être immédiatement déféré à la Chambre de
      recours, sans avis sur le fond.
                                               Article 63
                                          Examen du recours
 1.   Si le recours est recevable, la Chambre dé recours examine s'il peut y être fait droit.
 2.    Au cours de l'examen du recours, la Chambre de recours invite les parties, aussi souvent
       qu'il est nécessaire, à présenter, dans un délai qu'elle leur impartit, leurs observations sur
       les communications qui émanent des autres parties ou qu'elle leur a adressées.
                                                    93
 ---pagebreak---                                             Article 64
                                    Décision sur le recours
1. A la suite de l'examen au fond du recours, la Chambre de recours statue sur celui-ci. Elle
   peut, soit exercer les compétences de l'instance qui a pris la décision attaquée, soit renvoyer
   l'affaire à ladite instance pour suite à donner.
2. Si la Chambre de recours renvoie l'affaire à l'instance qui a pris la décision attaquée, celle-ci
   est liée par les motifs et le dispositif de la décision de la Chambre de recours, pour autant
   que les faits de la cause soient les mêmes.
3. Les décisions des Chambres de recours ne prennent effet qu'à dater de l'expiration du délai
   visé à l'article 65 paragraphe 5 ou, si un recours a été introduit devant la Cour de justice
   pendant ce délai, à compter du rejet de celui-ci.
                                            Article 65
                               Recours devant la Cour de justice
1. Les décisions de l'Office prises par les Chambres de recours statuant sur un recours sont
   susceptibles d'un recours devant la Cour de justice.
2. Le recours est ouvert pour incompétence, violation des formes substantielles, violation du
   Traité, du présent règlement ou de toute règle de droit relative à leur application, ou
    détournement de pouvoir.
3. La Cour de justice a compétence aussi bien pour annuler que pour réformer la décision
    attaquée.
4.  Le recours est ouvert à toute partie à la procédure devant la Chambre de recours pour autant
    que la décision de celle-ci n'a pas fait droit à ses prétentions.
5.  Le recours est formé devant la Cour de justice dans un délai de deux mois à compter de la
    notification de la décision de la Chambre de recours.
6.  L'Office est tenu à prendre les mesures que comporte l'exécution de l'arrêt de la Cour de
   justice.
                                                 94
 ---pagebreak---                                              TITRE DC
                               PROCEDURE DEVANT L'OFFICE
                                          Première section
                                      Dispositions générales
                                             Article 66
                                     Motivation des décisions
Les décisions de l'Office sont motivées. Elles ne peuvent être fondées que sur des motifs ou des
preuves au sujet desquel(le)s les parties ont pu prendre position.
                                              Article 67
                                     Examen d'office des faits
1.   Au cours de la procédure, l'Office, procède à l'examen d'office des faits; toutefois, dans une
     action en nullité, l'examen est limité aux moyens invoqués et aux demandes présentés par
     les parties.
2.   L'Office peut ne pas tenir compte des faits que les parties n'ont pas invoqués ou des preuves
     qu'elles n'ont pas produites en temps utile.
                                              Article 68
                                           Procédure orale
1.   L'Office recourt à la procédure orale soit d'office, soit sur requête d'une des parties à la
     procédure, à condition qu'il le juge utile.
2.   La procédure orale, y compris le prononcé de la décision, est publique, sauf décision
     contraire prise par l'Office au cas où la publicité de l'audience pourrait présenter, notamment
     pour une partie à la procédure, des inconvénients graves et injustifiés.
                                                  95
 ---pagebreak---                                              Article 69
                                            Instruction
1.   Dans toute procédure devant l'Office, les mesures d'instruction suivantes peuvent
     notamment être prises :
         a) l'audition des parties,
         b) la demande de renseignements,
         c)  la production de documents et d'informations,
         d)  l'audition des témoins,
         e)  l'expertise,
         f)  les déclarations écrites faites sous serment ou solennellement ou qui ont un effet
             équivalent d'après la législation de l'Etat dans lequel elles sont faites. '
2.   L'instance compétente de l'Office peut charger un de ses membres de procéder aux mesures
     d'instruction.
3.   Si l'Office estime nécessaire qu'une partie, un témoin ou un expert dépose oralement, il cite
     la personne concernée à comparaître devant lui.
4.   Les parties sont informées de l'audition d'un témoin ou d'un expert devant l'Office. Elles ont
     le droit d'être présentes et de poser des questions au témoin ou à l'expert.
                                             Article 70
                                            Notification
L'Office notifie d'office aux personnes concernées toutes les décisions et invitations à
comparaître devant lui ainsi que les communications qui font courir un délai ou dont la
notification est prévue par d'autres dispositions du présent règlement ou par le règlement
d'exécution, ou prescrite par le Président de l'Office.
                                              Article 71
                                       Restitutio in integrum
 1.   Le demandeur ou letitulaired'un dessin ou modèle communautaire enregistré ou toute autre
      partie à une procédure devant l'Office qui, bien qu'ayant fait preuve de toute la vigilence
      nécessitée par les circonstances, n'a pas été en mesure d'observer un délai à l'égard de
      l'Office est, sur requête, rétabli dans ses droits si l'empêchement a eu pour conséquence
      directe, en vertu du présent règlement, la perte d'un droit ou celle d'un moyen de recours.
                                                  96
 ---pagebreak--- 2.    La requête doit être présentée par écrit dans un délai de deux mois à compter de la cessation
      de l'empêchement. L'acte non accompli doit être réalisé dans ce délai. La requête n'est
      recevable que dans un délai d'un an à compter de l'expiration du délai non observé. En cas
      de non-présentation de la demande de renouvellement de l'enregistrement ou de non-
      paiement d'une taxe de renouvellement, le délai supplémentaire de six mois prévu à
      l'article 54 paragraphe 3 deuxième phrase, est déduit de la période d'une année.
3.    La requête doit être motivée et indiquer les faits et les justifications de fait invoqués à son
      appui. Elle n'est réputée présentée qu'après paiement de la taxe de restitutio in integrum.
4.    L'instance de l'Office compétente pour statuer sur l'acte non accompli statue sur la requête.
5.    Les dispositions du présent article ne sont pas applicables aux délais prévus au paragraphe 2
      du présent article et au paragraphe 1 de l'article 43.
6.    Lorsque le demandeur ou le titulaire d'un dessin ou modèle communautaire enregistré est
      rétabli dans ses droits, il ne peut invoquer ses droits contre un tiers qui, de bonne foi,
      pendant la période comprise entre la perte des droits sur la demande d'enregistrement ou sur
      le dessin ou modèle communautaire enregistré et la publication de la mention du
      rétablissement de ce droit, a mis dans le commerce des produits dans lesquels est incorporé
      ou auxquels est appliqué un dessin ou un modèle compris dans l'étendue de la protection
      du dessin ou modèle communautaire enregistré.
7.     Letiersqui peut se prévaloir des dispositions du paragraphe 6 peut formertierceopposition
       contre la décision rétablissant dans ses droits le demandeur ou letitulairedu dessin ou
       modèle communautaire enregistré, dans un délai de deux mois à compter de la date de
       publication de la mention du rétablissement du droit.
8.     Aucune disposition du présent article n'affecte le droit pour un Etat membre d'accorder la
       restitutio in integrum quant aux délais prévus par le présent règlement et qui doivent être
       observés vis-à-vis des autorités de cet Etat.
                                              Article 72
                                 Référence aux principes généraux
 En l'absence de dispositions de procédure dans le présent règlement, le règlement d'exécution,
 le règlement relatif aux taxes ou le règlement de procédure des Chambres de recours, l'Office
 prend en considération les principes généralement admis en la matière dans les Etats membres.
                                                  97
 ---pagebreak---                                             Article 73
                                 Fin des obligations financières
1.  Le droit de l'Office d'exiger le paiement de taxes se prescrit par quatre ans à compter de la
    fin de l'année civile au cours de laquelle la taxe est devenue exigible.
2.  Les droits à l'encontre de l'Office en matière de remboursement de taxes ou de trop-perçu
    par celui-ci lors du paiement de taxes se prescrivent par quatre ans à compter de la fin de
    l'année civile au cours de laquelle le droit ont pris naissance.
3.  Le délai prévu aux paragraphes 1 et 2 est interrompu, dans le cas visé au paragraphe 1, par
    une invitation à acquitter la taxe et, dans le cas visé au paragraphe 2, par une requête écrite
    en vue de faire valoir ce droit. Ce délai recommence à courir à compter de la date de son
    interruption; il expire au plus tard au terme d'une période de six ans calculée à compter de
    la fin de l'année civile au cours de laquelle il a commencé à courir initialement, à moins
    qu'une action en justice n'ait été engagée entre-temps pour faire valoir ce droit; en pareil cas,
    le délai expire au plus tôt au terme d'une période d'une année à compter de la date à laquelle
    la décision est passée en force de chose jugée.
                                             Section 2
                                               Frais
                                            Article 74
                                       Répartition des frais
 1.  La partie perdante dans une action en nullité d'un dessin ou modèle communautaire
     enregistré ou dans un recours supporte les taxes exposées par l'autre partie, ainsi que tous
     les frais exposés par celle-ci indispensables auxfinsdes procédures, y compris les frais de
     déplacement et de séjour et la rémunération d'un agent, conseil ou avocat, dans la limite des
     tarifs fixés pour chaque catégorie de frais dans les conditions prévues par le règlement
     d'exécution.
 2.  Toutefois, dans la mesure ou les parties succombent respectivement sur un ou plusieurs
     chefs ou dans la mesure où l'équité l'exige, la Division d'annulation ou la Chambre de
      recours décide d'une répartition différente des frais.
 3.   La partie qui met fin à une procédure par la renonciation au dessin ou modèle
      communautaire enregistré, ou par le non-renouvellement de son enregistrement ou par le
                                                 98
 ---pagebreak---    retrait de la demande en nullité ou le recours, supporte les taxes ainsi que les frais encourus
   par l'autre partie, dans les conditions prévues aux paragraphes 1 et 2.
4. En cas de non-lieu à statuer, la Division d'annulation ou la Chambre de recours règle
   librement les frais.
5. Lorsque les parties concluent devant la Division d'annulation ou la Chambre de recours un
   règlement des frais différent de celui résultant de l'application des paragraphes 1 à 4,
   l'instance concernée prend acte de cet accord.
6. Sur requête, le greffe de la Division d'annulation ou de la Chambre de recours fixe le
   montant des frais à rembourser en vertu des paragraphes précédents. Ce montant peut, sur
   requête présentée dans le délai présent par le règlement d'exécution, être révisé par décision
   de la Division d'annulation ou de la Chambre de recours.
                                             Article 75
                       Exécution des décisionsfixantle montant des frais
1. Toute décision définitive de l'Office qui fixe le montant des frais formetitreexécutoire.
2. L'exécution forcée est régie par les règles de la procédure civile en vigueur dans l'Etat sur
   le territoire duquel elle a lieu. La formule exécutoire est apposée, sans autre contrôle que
    celui de la vérification de l'authenticité dutitre,par l'autorité nationale que le gouvernement
    de chacun des Etats membres désigne à cet effet et dont il donnera connaissance à l'Office
    et à la Cour de justice.
3.  Après l'accomplissement de ces formalités à la demande de l'intéressé, celui-ci peut
   poursuivre l'exécution forcée en saisissant directement l'organe compétent, suivant la
    législation nationale.
4.  L'exécution forcée ne peut être suspendue qu'en vertu d'une décision de la Cour de justice.
    Toutefois, le contrôle de la régularité des mesures d'exécution relève de la compétence des
   juridictions de l'Etat membre concerné.
                                                 99
 ---pagebreak---                                               Section 3
                    Information du public et des autorités des Etats membres
                                             Article 76
                         Registre des dessins ou modèles communautaires
L'Office tient un registre, dénommé Registre des dessins ou modèles communautaires, où sont
portées les indications dont l'inscription est prévue par le présent règlement ou le règlement
d'exécution. Le Registre est ouvert à l'inspection publique, pour autant que l'article 52
paragraphe 2 en dispose autrement pour les inscriptions relatives à des dessins ou modèles
communautaires enregistrés dont la publication a été ajournée.
                                             Article 77
                                      Publications périodiques
L'Office publie périodiquement :
   a) un "Bulletin des dessins ou modèles communautaires" contenant les inscriptions ouvertes
      à l'inspection publique dans le Registre des dessins ou modèles communautaires ainsi que
      toutes les autres indications dont la publication est prescrite par le présent règlement ou par
      le règlement d'exécution;
   b) un "Journal officiel de l'Office des dessins ou modèles communautaires" contenant les
      communications et les informations d'ordre général émanant du Président de l'Office, ainsi
      que toute autres informations relatives au présent règlement et à son application.
                                              Article 78
                                        Inspection publique
 1.   Les dossiers relatifs à des demandes d'enregistrement de dessins ou modèles
      communautaires qui n'ont pas encore été publiées ainsi que les dossiers relatifs à des dessins
      de modèles communautaires enregistrés qui font l'objet d'une mesure d'ajournement de
      publication conformément aux dispositions de l'article 52 ou qui, pendant l'application de
      cette mesure, ont fait l'objet d'une renonciation avant ou à l'expiration du délai
       d'ajournement, ne peuvent être ouverts à l'inspection publique qu'avec l'accord du
       demandeur ou dutitulairedu dessin ou modèle communautaire enregistré.
                                                  100
 ---pagebreak--- 2.   Quiconque justifie d'un intérêt légitime peut procéder à l'inspection du dossier sans le
     consentement du demandeur ou du titulaire du dessin ou modèle communautaire enregistré
     avant la publication de celui-ci ou après la renonciation à celui-ci dans le cas prévu au
     paragraphe 1. Cette disposition s'applique en particulier si l'intéressé prouve que le
     demandeur ou letitulaired'un dessin ou modèle communautaire enregistré a entrepris des
     démarches pour se prévaloir, à son encontre, des droits conférés par le dessin ou modèle
     communataire enregistré.
3.   Après la publication du dessin ou modèle communautaire enregistré, le dossier est sur
     requête ouvert à l'inspection publique.
4.   Toutefois, lorsque le dossier est ouvert à l'inspection publique conformément au
     paragraphe 2 ou 3, des pièces du dossier peuvent en être exclues selon les dispositions du
     règlement d'exécution.
                                            Article 79
                             Coopération administrative et judiciaire
Sauf dispositions contraires du présent règlement ou des législations nationales, l'Office et les
juridictions ou autres autorités compétentes des Etats membres s'assistent mutuellement, sur
demande, en se communiquant des informations ou des dossiers. Lorsque l'Office communique
des dossiers aux juridictions, aux ministères publics ou aux services centraux de la propriété
industrielle, la communication n'est pas soumise aux restrictions prévues à l'article 78.
                                             Article 80
                                     Echange de publications
 1.   L'Office et les Services centraux de la propriété industrielle des Etats membres échangent,
      sur requête, pour leurs propres besoins et gratuitement, un ou plusieurs exemplaires de leurs
      publications respectives.
 2.   L'Office peut conclure des accords portant sur l'échange ou l'envoi de publications.
                                                101
 ---pagebreak---                                           Section 4
                                        Représentation
                                          Article 81
                        Principes généraux relatifs à la représentation
1. Sous réserve des dispositions du paragraphe 2, nul n'est tenu de se faire représenter devant
   l'Office.
2. Sans préjudice des dispositions du paragraphe 3 deuxième phrase, les personnes physiques
   ou morales qui n'ont ni leur domicile, ni siège ni d'établissement industriel où commercial
   effectif et sérieux dans la Communauté doivent être représentées devant l'Office,
   conformément à l'article 82 paragraphe 1, dans toute procédure auprès de l'Office instituée
   par le présent règlement, sauf pour le dépôt d'une demande d'enregistrement de dessin ou
   modèle communautaire.
3. Les personnes physiques ou morales qui ont leur domicile, ou leur siège ou un établissement
   industriel ou commercial effectif et sérieux dans la Communauté peuvent agir devant
   l'Office par l'entremise d'un employé, qui dépose auprès de l'Office un pouvoir signé qui
   doit être versé au dossier et dont les modalités sont précisées par le règlement d'exécution.
   L'employé d'une personne morale visé au présent paragraphe peut agir également pour
   d'autres personnes morales qui sont économiquement liées à cette personne, même si ces
    autres personnes morales n'ont ni leur domicile, ni siège ni d'établissement industriel ou
    commercial effectif et sérieux dans la Communauté.
                                          Article 82
                                     Mandataires agréés
    La représentation des personnes physiques ou morales devant l'Office ne peut être assurée
    que :
        a) par tout avocat habilité à exercer sur le territoire de l'un des Etats membres et
           possédant son domicile professionnel dans la Communauté, dans la mesure où il
           peut agitr dans ledit Etat, en qualité de mandataire en matière de propriété
            industrielle, ou
        b) par les mandataires agréés inscrits sur une liste tenue à cet effet par l'Office. Les
            représentants devant l'Office déposent auprès de celui-ci un pouvoir signé qui doit
            être versé au dossier et dont les modalités sont précisées par le règlement
            d'exécution.
                                              102
 ---pagebreak--- 2. Peut être inscrite sur la liste des mandataires agréés toute personne physique qui :
      a) a son domicile professionnel ou le lieu de son emploi dans la Communauté;
      b) est habilitée à représenter des personnes physiques ou morales :
           - en matière de brevet devant l'Office européen des brevets,
           - en matière de marques devant l'Office communautaire des marques ou
           - en matière de propriété industrielle, y compris les dessins ou modèles, devant le
              service central de la propriété industrielle de l'Etat membre sur le territoire duquel
              elle exerce ou est employée. Lorsque, dans cet Etat, l'habilitation n'est pas
              subordonnée à l'exigence d'une qualification professionnelle spéciale, les
              personnes demandant leur inscription sur la liste qui agissent davant le service
              central de la propriété industrielle dudit Etat en matière de propriété industrielle,
              y compris les dessins ou modèles, doivent avoir exercé àtitrehabituel pendant
              cinq ans au moins. Toutefois, sont dispensées de cette condition d'exercice de la
              profession les personnes dont la qualification professionnelle à pour assurer, en
              matière de propriété industrielle, y compris les dessins ou modèles, la
              représentation des personnes physiques ou morales devant le service central de
              la propriété industrielle de l'un des Etats membres est officiellement reconnue
              conformément à la réglementation de cet Etat
3. L'inscription est effectuée sur requête accompagnée d'une attestation foumie par le service
   central de la propriété industrielle de l'Etat membre concerné, par l'Office européen des
   brevets ou par l'Office communautaire des marques, indiquant que les conditions visées au
   paragraphe 2 sont remplies.
4. Le Président de l'Office peut accorder une dérogation à l'exigence visée au
   paragraphe 2 sous b) troisièmetiretdeuxième phrase, lorsque le requérant fournit la preuve
   qu'il a acquis la qualification requise d'une autre manière.
5. Le règlement d'exécution définit les conditions dans lesquelles une personne peut être radiée
   de la liste des mandataires agrées.
                                                103
 ---pagebreak---                                              TTTREX
         COMPETENCE ET PROCEDURE POUR LES ACTIONS EN JUSTICE
           RELATIVES AUX DESSINS ET MODELES COMMUNAUTAIRES
                                         Première section
                                   Compétence judiciaire et
                                     exécution des décisions
                                             Article 83
                  Application de la convention sur la compétence judiciaire et -
                                    l'exécution des décisions
1. A moins que le présent règlement n'en dispose autrement, les dispositions de la Convention
   concernant la compétence judiciaire et l'exécution des décisions en matière civile et
   commerciale, signée à Bruxelles le 27 septembre 1968, telle que modifiée par les
   conventions relatives à l'adhésion à cette convention des Etats adhérant aux Communautés
   européennes, l'ensemble de cette convention et de ces conventions d'adhésion étant ci-après
   dénommé "la convention d'exécution", sont applicables aux procédures concernant les
   dessins ou modèles communautaires et aux demandes d'enregistrement de dessins ou
   modèles communautaires, ainsi qu'aux procédures concernant les actions intentées sur la
   base de dessins ou modèles communautaires et d'enregistrements nationaux de dessins ou
   modèles bénéficiant d'un cumul de protection.
2. En ce qui conceme les procédures résultant des actions et demandes visées à l'article 85 :
       a) l'article 2, l'article 4, l'article 5 points 1,3, 4 et 5 ainsi que l'article 24 de la
            convention d'exécution ne sont pas applicables;
       b) les articles 17 et 18 de cette Convention sont applicables dans les limites prévues à
            l'article 86 paragraphe 4 du présent règlement;
       c) les dispositions du titre II de cette Convention qui s'appliquent aux personnes
            domiciliées dans un Etat membre s'appliquent également aux personnes qui ne sont
            pas domiciliées dans un Etat membre mais qui y ont un établissement.
3. Il sera donné application à l'article 16 point 3 de la Convention d'exécution en engageant
   les procédures en vue d'une action ou d'une demande au sens de l'article 85 sous c) et d),
   devant un Tribunal des dessins ou modèles communautaires compétent aux termes de
   l'article 86.
                                                 104
 ---pagebreak---                                             Section 2
                         Litiges en matière de contrefaçon et de nullité
                            des dessins ou modèles communautaires
                                           Article 84
                       Tribunaux des dessins ou modèles communautaires
1.  Les Etats membres désignent sur leur territoire un nombre aussi limité que possible de
    juridictions nationales de première et deuxième instance (tribunaux des dessins ou modèles
     communautaires), chargées de remplir les fonctions qui leur sont attribuées par le présent
     règlement.
2.   Chaque Etat membre communique à la Commission, dans un délai de trois ans à compter
     de l'entrée en vigueur du présent règlement, une liste des tribunaux des dessins ou modèles
     communautaires, contenant l'indication de leur dénomination et de leur compétence
     territoriale.
3.   Tout changement intervenant après la communication visée au paragraphe 2 et relatif au
     nombre, à la dénomination ou à la compétence territoriale desdits tribunaux est
     communiqué sans délai par l'Etat membre concerné à la Commission.
4.   Les informations visées aux paragraphes 2 et 3 sont notifiées par la Commission aux Etats
     membres et publiées au Journal officiel des Communautés européennes.
5.   Aussi longtemps qu'un Etat membre n'a pas procédé à la communication prévue au
     paragraphe 2, toute procédure résultant d'une action visée à l'article 85 et pour laquelle les
     tribunaux de cet Etat sont compétents en application de l'article 86, est portée devant lé
     tribunal de cet Etat qui aurait compétence territoriale et d'attribution s'il s'agissait d'une
     procédure relative à un enregistrement de dessin ou modèle de l'Etat concerné.
                                            Article 85
                       Compétence en matière de contrefaçon et de nullité
Les tribunaux des dessins ou modèles communautaires ont compétence exclusive :
a) pour les actions en contrefaçon et - si la législation nationale les admet - en menace de
      contrefaçon d'un dessin ou modèle communautaire;
b) pour les actions en constatation de non-contrefaçon, si la législation nationale les admet;
c) pour les actions en nullité d'un dessin ou modèle communautaire non enregistré;
                                               105
 ---pagebreak--- d)  pour les demandes reconventionnelles en nullité d'un dessin ou modèle communautaire
    présentées dans le cadre des actions visées sous a).
                                           Article 86
                                   Compétence internationale
1.  Sous réserve des dispositions du présent règlement ainsi que des dispositions de la
    Convention d'exécution applicables en vertu de l'article 83, les procédures résultant dés
    actions et demandes visées à l'article 85 sont portées devant les tribunaux de l'Etat membre
    sur le territoire duquel le défendeur a son domicile ou, si celui-ci n'est pas domicilié dans
    l'un des Etats membres, de l'Etat membre sur le territoire duquel il a un établissement.
2.  Si le défendeur n'a ni son domicile ni un établissement sur le territoire d'un Etat membre,
    ces procédures sont portées devant les tribunaux de l'Etat membre sur le territoire duquel
    le demandeur a son domicile ou, si ce dernier n'est pas domicilié dans l'un des Etats
    membres, de l'Etat membre sur le territoire duquel il a un établissement.
3.  Si ni le défendeur ni le demandeur ne sont ainsi domiciliés ou n'ont un tel établissement, ces
    procédures sont portées devant les tribunaux de l'Etat membre dans lequel l'Office a son
    siège.
4.  Nonobstant les dispositions des paragraphes 1,2 et 3 ci-dessus :
         a) l'article 17 de la Convention d'exécution est applicable si les parties conviennent
             qu'un autre tribunal des dessins ou modèles communautaires est compétent;
         b) l'article 18 de cette Convention est applicable si le défendeur comparaît devant un
             autre tribunal des dessins ou modèles communautaires.
5.  Les procédures résultant des actions et demandes visées à l'article 85 sous a) et d) peuvent
     également être portées devant les tribunaux de l'Etat membre sur le territoire duquel le fait
     de contrefaçon a été commis ou menace d'être commis.
                                            Article 87
                       Etendue de la compétence en matière de contrefaçon
 1.  Un tribunal des dessins ou modèles communautaires dont la compétence est fondée sur
     l'article 86 paragraphes 1,2, 3 ou 4 est compétent pour statuer sur les faits de contrefaçon
     commis ou menaçant d'être commis sur le territoire de tout Etat membre.
                                               106
 ---pagebreak--- 2.  Un tribunal des dessins ou modèles communautaires dont la compétence est fondée sur
    l'article 86 paragraphe 5 est compétent uniquement pour statuer sur les faits de contrefaçon
    commis ou menaçant d'être commis sur le territoire de l'Etat membre dans lequel est situé
    ce tribunal.
                                          Article 88
                       Action ou demande reconventionnelle en nullité
                            d'un dessin ou modèle communautaire
1.  L'action ou la demande reconventionnelle en nullité d'un dessin ou modèle communautaire
    ne peut être fondée que sur les motifs de nullité énoncés à l'article 27.
2.  Dans le cas prévu à l'article 27 paragraphe 1 sous d), l'action ou la demande
    reconventionnelle ne peut être introduite que par la ou les personne(s)titulairesdu droit au
    dessin ou modèle communautaire et, dans le cas spécifié à l'article 27 paragraphe 2, par le
    titulaire du droit antérieur.
3.  Si la demande reconventionnelle est introduite dans un litige auquel letitulairedu dessin
    ou modèle communautaire n'est pas déjà partie, il en est informé et peut intervenir au litige
    conformément aux conditions prévues par la législation de l'Etat membre où le tribunal a
     son siège.
4.  La validité d'un dessin ou modèle communautaire ne peut être contestée par une action en
     constatation de non-contrefaçon.
                                          Article 89
                          Présomption de validité - Défense au fond
 1.  Dans les procédures résultant d'actions en contrefaçon ou en menace de contrefaçon, les
     tribunaux des dessins ou modèles communautaires considèrent le dessin ou modèle
     communautaire comme valide, à moins que le défendeur n'en conteste la validité par une
     demande reconventionnelle en nullité.
 2.  Lorsque, dans les procédures résultant d'actions en contrefaçon ou en menace de
     contrefaçon, letitulaired'un dessin ou modèle communautaire justifie sa revendication du
     caractère individuel de son dessin ou modèle communautaire, les tribunaux des dessins ou
     modèles communautaires considèrent le dessin ou modèle communautaire comme nouveau
                                              107
 ---pagebreak---     au sens de l'article 5, à moins que le défendant au principal n'ait apporté la preuve contraire
    dans la procédure d'une demande reconventionnelle en nullité.
3.  Dans les procédures visées au paragraphe 1, l'exception de nullité du dessin ou modèle
    communautaire présentée par une voie autre qu'une demande reconventionnelle est
    recevable dans la mesure où le défendeur fait valoir que le dessin ou modèle communautaire
    pourrait être déclaré nul en raison de l'existence d'un droit national antérieur du défendant
    au sens de l'article 27 paragraphe 2.
                                            Article 90
                                  Décisions en matière de nullité
1.  Lorsque, dans une procédure devant un tribunal des dessins ou modèles communautaires,
    la validité du dessin ou modèle communautaire a été contestée par une demande
    reconventionnelle,
         a) si le tribunal estime qu'un des motifs de nullité visés à l'article 27 s'oppose au
             maintien du dessin ou modèle communautaire, il ordonne l'annulation du dessin ou
             le modèle communautaire;
         b) si le tribunal estime qu'aucun des motifs de nullité visés à l'article 27 ne s'oppose au
             maintien du dessin ou du modèle communautaire, il rejette la demande
             reconventionnelle.
2.  Le tribunal des dessins ou modèles communautaires saisi d'une demande reconventionnelle
     en nullité d'un dessin ou modèle communautaire enregistré communique à l'Office la date
     à laquelle la demande a été introduite. L'Office inscrit ce fait au registre des dessins ou
     modèles communautaires.
 3.  Un tribunal des dessins ou modèles communautaires saisi d'une demande reconventionnelle
     en nullité d'un dessin ou modèle communautaire enregistré peut, à la demande du titulaire
     du dessin ou modèle communautaire enregistré et après audition des autres parties, surseoir
     à statuer et inviter le défendeur à présenter une demande en nullité à l'Office dans un délai
     qu'il lui impartit. Si cette demande n'est pas présentée dans ce délai, la procédure est
     poursuivie; la demande reconventionnelle est réputée retirée. L'article 95 paragraphe 3 est
     applicable.
 4.  Lorsqu'un tribunal des dessins ou modèles communautaires a rendu une décision passée en
     force de chose jugée sur une demande reconventionnelle en nullité d'un dessin ou modèle
     communautaire enregistré, une copie de la décision est transmise à l'Office. Toute partie
                                                108
 ---pagebreak---      peut demander des informations quant à cette transmission. L'office inscrit au registre des
     dessins ou modèles communautaires la mention de la décision dans les conditions prévues
     au règlement d'exécution.
5.   Aucune demande reconventionnelle en nullité d'un dessin ou modèle communautaire
     enregistré ne peut être introduite si une décision passée en force de chose jugée a déjà été
     rendue par l'Office entre les mêmes parties sur une demande ayant le même objet et la
     même cause.
                                             Article 91
                             Effets de la décision en matière de nullité
Lorsque la décision d'un tribunal des dessins ou modèles communautaires ordonnant l'annulation
d'un dessin ou modèle communautaire est passée en force de chose jugée, elle produit dans tous
les Etats membres, sous réserve de l'article 27 paragraphe 3, les effets énoncés à l'article 28.
                                              Article 92
                                           Droit applicable
1.   Les tribunaux des dessins ou modèles communautaires appliquent les dispositions du
     présent règlement.
2.   Pour toutes les questions qui n'entrent pas dans le champ d'application du présent règlement,
     le tribunal des dessins ou modèles communautaires applique son droit national, y compris
      son droit international privé.
 3.   A moins que le présent règlement n'en dispose autrement, le tribunal des dessins ou modèles
      communautaires applique les règles de procédure applicables au même type de procédures
      relatives à un enregistrement de dessin ou modèle dans l'Etat membre sur le territoire duquel
      ce tribunal est situé.
                                              Article 93
                                Sanctions de l'action en contrefaçon
 1.   Lorsque, dans une action en contrefaçon ou en menace de contrefaçon, un tribunal des
      dessins ou modèles communautaires constate que le défendeur a contrefait ou menacé de
      contrefaire un dessin ou modèle communautaire, il rend, sauf s'il y a des raisons
                                                  109
 ---pagebreak---    particulières de ne pas agir de la sorte, une ordonnance lui interdisant de poursuivre les
   actes de contrefaçon ou de menace de contrefaçon.
2. Lorsque, dans une action en contrefaçon, un tribunal des dessins ou modèles
   communautaires constate que le défendeur a contrefait un dessin ou modèle communautaire,
   il
        a) ordonne au contrefacteur de fournir sur le champs des informations sur l'origine des
            produits de contrefaçon et les réseaux par lesquels ils sont commercialisés;
        b) ordonne de saisir les produitde contrefaçon, sauf s'il existe des raisons particulières
            de ne pas agir de la sorte.
3. Le tribunal des dessins ou modèles communautaires prend, conformément à la loi nationale,
   les mesures propres à garantir le respect des ordonnances visées aux paragraphes 1 et 2.
4. Par ailleurs, le tribunal des dessins ou modèles communautaires applique la loi de l'Etat
   membre, y compris son droit international privé, dans lequel les actes de contrefaçon ou de
   menace de contrefaçon ont été commis.
                                           Article 94
                             Mesures provisoires et conservatoires
   Les mesures provisoires et conservatoires prévues par la loi d'un Etat membre pour les
    enregistrements de dessins ou modèles nationaux ou qui résultent de l'application de la
    disposition de l'article 93 paragraphe 2 sous a), peuvent être demandées, à propos d'un
    dessin ou modèle communautaire, aux autorités judiciaires, y compris les tribunaux des
    dessins ou modèles communautaires de cet Etat, même si, en vertu du présent règlement,
    une juridiction des dessins ou modèles communautaires d'un autre Etat membre est
    compétente pour connaître du fond.
    Dans les procédures concernant des mesures provisoires et conservatoires, l'exception de
    nullité d'un dessin ou modèle communautaire soulevée par le défendeur autrement que par
    la voie d'une demande reconventionnelle est recevable. L'article 88 paragraphe 2 s'applique.
    Un tribunal des dessins ou modèles communautaires dont la compétence est fondée sur
    l'article 86 paragraphe 1,2, 3 ou 4 est compétent pour ordonner des mesures provisoires ou
    conservatoires qui, sous réserve de toute procédure requise aux fins de la reconnaissance
    et de l'exécution conformément autitrem de la Convention d'exécution, sont applicables
    sur le territoire de tout Etat membre. Cette compétence n'appartient à aucune autre
    juridiction.
                                               110
 ---pagebreak---                                            Article 95
                          Règles spécifiques en matière de connexité
   Sauf s'il existe des raisons particulières de poursuivre la procédure, un tribunal des dessins
   ou modèles communautaires saisi d'une action visée à l'article 85, à l'exception d'une action
   en constatation de non-contrefaçon, sursoit à statuer, de sa propre initiative après audition
   des parties, ou à la demande de l'une des parties et après audition des autres parties, lorsque
   la validité du dessin ou modèle communautaire est déjà contestée par une demande
   reconventionnelle devant un autre tribunal des dessins ou modèles communautaires ou que,
   s'agissant d'un dessin ou modèle communautaire enregistré, d'une demande en nullité a déjà
   été introduite auprès de l'Office.
   Sauf s'il existe des raisons particulières de poursuivre la procédure, l'Office saisi d'une
   demande en nullité d'un dessin ou modèle communautaire enregistré sursoit à statuer, de sa
   propre initiative après audition des parties, ou à la demande de l'une des parties et après
   audition des autres parties, lorsque la validité du dessin ou modèle communautaire
   enregistré est déjà contestée par une demande reconventionnelle devant un tribunal des
   dessins ou modèles communautaires. Toutefois, si l'une des parties à la procédure devant
   le tribunal des dessins ou modèles communautaires le demande, le tribunal peut, après
   audition des autres parties à cette procédure, surseoir à statuer. Dans ce cas, l'Office poursuit
   la procédure pendant devant lui.
    Le tribunal des dessins ou modèles communautaires qui sursoit à statuer peut ordonner des
    mesures provisoires ou conservatoires pour la durée de la suspension.
                                            Article 96
             Compétence des tribunaux des dessins ou modèles communautaires
                          de deuxième instance - Pourvoi en cassation
1.  Les décisions des tribunaux des dessins ou modèles communautaires de première instance
    rendues dans les procédures résultant des actions et demandes visées à l'article 85 sont
    susceptibles de recours devant les tribunaux des dessins ou modèles communautaires de
    deuxième instance.
2.  Les conditions dans lesquelles un recours peut être formé devant un tribunal des dessins ou
    modèles communautaires de deuxième instance sont déterminées par la loi nationale de
    l'Etat membre sur le territoire duquel ce tribunal est situé.
                                                111
 ---pagebreak---      Les dispositions nationales relatives au pourvoi en cassation sont applicables aux décisions
     des tribunaux des dessins ou modèles communautaires de deuxième instance.
                                                Section 3
                                  Autres litiges relatifs aux dessins
                                     et modèles communautaires
                                                Article 97
                     Dispositions complémentaires concernant la compétence
                               des tribunaux nationaux autres que les
                        tribunaux des dessins ou modèles communautaires
1.   Dans l'Etat membre dont les tribunaux sont compétents conformément à l'article 83
     paragraphe 1, les actions en matière de dessins ou modèles communautaires autres que
     celles visées à l'article 85 sont portées devant les tribunaux qui auraient compétence
     territoriale et d'attribution s'il s'agissait d'actions relatives aux enregistrements nationaux de
     dessins ou modèles dans l'Etat concerné.
2.   Lorsque, en vertu de l'article 83 paragraphe 1 et du paragraphe 1 du présent article, aucun
     tribunal n'est compétent pour connaître d'une action relative à des dessins ou modèles
     communautaires autre que celles visées à l'article S5, cette action peut être portée devant
     les tribunaux de l'Etat membre sur le territoire duquel l'Office a son siège.
                                                Article 98
                                    Obligation du tribunal national
Le tribunal national saisi d'une action relative à un dessin ou modèle communautaire autre que
les actions visées à l'article 85 doit tenir ce dessin ou modèle communautaire pour valide.
L'article 89 paragraphe 2 et l'article 94 paragraphe 2 sont, toutefois, applicables, mutatis
mutandis.
                                                     112
 ---pagebreak---                                           TITRE XI
                  INCIDENCE SUR LE DROIT DES ETATS MEMBRES
                                          Article 99
                          Actions intentées parallèlement sur la base
                           des dessins ou modèles communautaires
              et sur la base d'enregistrements nationaux de dessins ou modèles
1. Lorsque des actions en contrefaçon ou en menace de contrefaçon sont formées pour les
   mêmes faits et entre les mêmes parties devant des juridictions d'Etats membres différents
   saisis, l'une sur la base d'un dessin ou modèle communautaire et l'autre sur la base d'un
   enregistrement national de dessin ou modèle ouvrant droit à un cumul de protection, la
   juridiction saisie en second lieu doit, même d'office, se dessaisir en faveur du tribunal
   premier saisi. La juridiction qui devrait se dessaisir peut surseoir à statuer si la compétence
   de l'autre juridiction est contestée.
2. Le tribunal des dessins ou modèles communautaires saisi d'une action en contrefaçon ou en
    menace de contrefaçon sur la base d'un dessin ou modèle communautaire rejette Taction,
   si, sur les mêmes faits, un jugement définitif a été rendu sur le fond entre les mêmes parties
    sur la base d'un enregistrement national d'un sujet d'un dessin ou modèle ouvrant droit à un
    cumul de protection.
3.  La juridiction saisie d'une action en contrefaçon ou en menace de contrefaçon sur la base
    de l'enregistrement national d'un dessin ou modèle rejette l'action si, sur les mêmes faits,
    un jugement définitif a été rendu sur le fond entre les mêmes parties sur la base d'un dessin
    ou modèle communautaire ouvrant droit à un cumul de protection.
4.  Les paragraphes précédents ne s'appliquent pas aux mesures provisoires et conservatoires.
                                          Article 100
                         Rapports avec les autres formes de protection
                             prévues par les législations nationales
1.  Le présent règlement n'affecte pas le droit d'intenter des actions en justice concernant des
    dessins ou modèles, protégés en qualité de dessins ou modèles communautaires, sur la base
    de dispositions du droit communautaire ou du droit d'un Etat membre, relatives aux marques
    et autres signes distinctifs, aux brevets et aux modèles d'utilité, aux caractères
    typographiques, à la responsabilité civile et à la concurrence déloyale.
                                               113
 ---pagebreak--- 2.  Jusqu'à ce qu'une harmonisation plus poussée des lois des Etats membres sur le droit
    d'auteur ait été réalisée, un dessin ou modèle protégé par un dessin ou modèle
    communautaire bénéficie également de la protection prévue par ces lois à compter de la date
    à laquelle il a été créé oufixésous une forme quelconque, indépendamment du nombre de
    produits dans lesquels il est destiné à être incorporé ou auxquels il est destiné à être
    appliqué et indépendamment de la possibilité de le dissocier desdits produits. L'étendue et
    les conditions d'octroi de cette protection, y compris le degré d'originalité exigé, sont
    déterminés par chaque Etat membre.
3.  Chaque Etat membre accepte de protéger, en application de sa loi sur le droit d'auteur, un
    dessin ou modèle protégé par le dessin ou modèle communautaire qui remplit les conditions
    requises par cette loi même si, dans un autre Etat membre qui constitue le pay s d'origine du
    dessin ou modèle, ce dernier ne réunit pas les conditions requises pour bénéficier de la
    protection prévue par la loi de cet Etat sur le droit d'auteur.
                                            TITRE XD
              L'OFnCE COMMUNAUTAIRE DES DESSINS ET MODELES
                                             Section 1
                                      Dispositions générales
                                            Article 101
                                          Statut juridique
 1.  L'Office est un organisme de la Communauté. Il a la personnalité juridique.
2.   L'Office est situé au siège de l'Office communautaire des marques.
3.   Dans chacun des Etats membres, l'Office possède la capacité juridique la plus large
     reconnue aux personnes morales par les législations nationales; il peut notamment acquérir
     ou aliéner des biens immobiliers et mobiliers et ester en justice. A cet effet, il est représenté
     par son Président.
                                                 114
 ---pagebreak---                                              Article 102
                                      Services administratifs
L'Office communautaire des dessins peut avoir recours aux services administratifs de l'Office
communautaire des marques sous les conditions définies dans le règlement d'exécution du
règlement (CEE) n° .../... du Conseil(3) sur la marque communautaire et de celles établies dans
le présent règlement.
                                             Article 103
                                              Personnel
 1.   Sous réserve de l'application de l'article 118 aux membres des chambres de recours, le statut
     des fonctionnaires des Communautés européennes, le régime applicable aux autres agents
     des Communautés européennes et les réglementations d'exécution de ces dispositions,
     arrêtées de commun accord par les Institutions des Communautés européennes, s'appliquent
      au personnel de l'Office.
2.    Sans préjudice de l'article 108, les pouvoirs dévolus à chaque Institution par le statut et par
      le régime applicable aux autres agents sont exercés par l'Office à l'égard de son personnel.
                                             Article 104
                                     Privilèges et immunités
 Le protocole sur les privilèges et immunités des Communautés européennes est applicable à
l'Office.
                                             Article 105
                                           Responsabilité
 1.   La responsabilité contractuelle de l'Office est régie par la loi applicable au contrat en cause.
 2.   La Cour de justice est compétente pour statuer en vertu d'une clause compromissoire
       contenue dans un contrat passé par l'Office.
 <3)   JO n°
                                                  115
 ---pagebreak--- 3.  En matière de responsabilité non contractuelle, l'Office doit réparer, conformément aux
    principes généraux communs aux droits des Etats membres, les dommages causés par ses
    services ou par ses agents daiis l'exercice de leurs fonctions.
4.  La Cour de justice est compétente pour connaître des litiges relatifs à la réparation des
     dommages visés au paragraphe 3.
5.   La responsabilité personnelle des agents envers l'Office est réglée dans les dispositions
     fixant leur statut ou le régime qui leur est applicable.
                                             Article 106
                                 Compétence de la Cour de justice
La Cour de justice est compétente pour les actions introduite contre l'Office dans les conditions
prévues aux articles 173 et 175 du Traité à moins que la décision en question soit sujette à un
recours devant la Chambre de recours en vertu des dispositions du présent règlement.
                                              Section 2
                                        Direction de l'Office
                                             Article 107
                                      Compétence du Président
 1.  La direction de l'Office est assurée par un Président.
 2.   En complément des compétences octroyées au Président par le présent règlement, le
      Président a notamment les pouvoirs ci-après :
         a) il prend toutes mesures utiles, notamment l'adoption d'instructions administratives
              internes et la publication de communications, en vue d'assurer le fonctionnement de
              l'Office;
         b) il peut soumettre à la Commission tout projet de modification du présent règlement,
              pour autant qu'il s'applique aux dessins ou modèles communautaires enregistrés, du
              règlement d'exécution, du règlement de procédure des Chambres de recours, du
              règlement relatif aux taxes, ou de toute autre réglementation applicable aux dessins
              ou modèles communautaires enregistrés, après avoir entendu le Conseil
              d'administration;
                                                  116
 ---pagebreak---         c) il soumet, chaque année, un rapport d'activités à la Commission , au Parlement
            Européen et au Conseil d'administration;
        d) il exerce, à l'égard du personnel, les pouvoirs prévus à l'article 103 paragraphe 1;
        e) il peut déléguer ses pouvoirs.
3.  Le Président est assisté d'un ou plusieurs vice-présidents. En cas d'absence ou
    d'empêchement du Président, le Vice-président ou un des vice-présidents assume ses
    fonctions suivant la procédure fixée par le Conseil d'administration.
                                            Article 108
                               Nomination de hauts fonctionnaires
1.  Le Président de l'Office est nommé par la Commission sur la base d'une liste de trois
    candidats au maximum que le Conseil d'administration a dressée. Il est révoqué par la
    Commission sur proposition du Conseil d'administration.
2.  La durée du mandat du Président est de cinq ans au maximum. Ce mandat est renouvelable.
3.  Le ou les vice-présidents de l'Office sont nommés révoqués selon la procédure prévue au
    paragraphe 1, le Président entendu.
4.  La Commission exerce le pouvoir disciplinaire sur les fonctionnaires visés aux
    paragraphes 1 et 3.
                                              Section 3
                                      Conseil d'administration
                                             Article 109
                                     Institution et compétence
 1.  Un Conseil d'administration est institué au sein de l'Office.
     En complément de toute compétence qui lui est octroyée par d'autres dispositions du présent
     règlement, il a les compétences définies ci-après.
     a) Il fixe la date à partir de laquelle les demandes d'enregistrement de dessins ou modèles
         communautaires peuvent être déposées conformément à l'article 128 paragraphe 2.
                                                 117
 ---pagebreak---     b) Il conseille le Président sur les matières relevant de la compétence de l'Office.
    c) Il est consulté avant l'adoption des directives relatives à l'examen des conditions de
        forme et aux actions en nullité qui se déroulent devant l'Office ainsi que dans les autres
        cas prévus par le présent règlement.
    d) Il procède périodiquement un échange de vues sur l'évolution de la jurisprudence qui lui
        est communiquée dans le cadre de l'échange d'informations instauré par l'article 125.
    e) Il peut présenter des avis et demander des informations au Président et à la Commission
        s'il l'estime nécessaire.
                                          Article 110
                                          Composition
1.  Le Conseil d'administration est composé d'un représentant de chaque Etat membre et d'un
    représentant de la Commission ainsi que de leurs suppléants.
2.  Les membres du Conseil d'administration peuvent se faire assister de conseillers ou
    d'experts, dans les limites prévues par son règlement intérieur.
                                           Article 111
                                           Présidence
1.  Le Conseil d'administration élit parmi ses membres un Président et un Vice-président. Le
    Vice-président remplace de droit le Président en cas d'empêchement.
2.  La durée du mandat du Président et du Vice-président est de trois ans. Ce mandat est
    renouvelable.
                                           Article 112
                                             Sessions
 1.  Le Conseil d'administration se réunit sur convocation de son Président.
2.   Le Président de l'Office prend part aux délibérations, à moins que le Conseil
     d'administration en décide autrement. Il n'a pas le droit de vote.
                                                118
 ---pagebreak--- 3.   Le Conseil d'administrationtientune session ordinaire une fois par an; en outre, il se réunit
      à l'initiative de son Président ou à la demande de la Commission ou du tiers de ses Etats
      membres.
4.   Il arrête son règlement intérieur.
5.    Le Conseil d'administration prend ses décisions à la majorité simple des représentants des
      Etats membres. Toutefois, les décisions que le Conseil d'administration est compétent pour
      prendre en vertu de l'article 108 paragraphes 1 et 3 requièrent la majorité des trois-quarts
      des représentants des Etats membres. Dans les deux cas chaque Etat membre dispose d'une
      seule voix.
6.    Le Conseil d'administration peut inviter des observateurs à participer à ses sessions.
7.    Le secrétariat du Conseil d'administration est assuré par l'Office.
                                              Section 4
                                    Application des procédures
                                             Article 113
                                             Compétence
Sont compétents pour prendre toute décision dans le cadre des procédures prescrites par le
présent règlement :
   a) les divisions de l'examen des conditions de forme;
   b) la division de l'administration des dessins ou modèles et des questions juridiques;
   c) les divisions d'annulation;
   d) les chambres de recours.
                                             Article 114
                           Divisions de l'examen des conditions de forme
 Les divisions de l'examen des conditions de forme sont compétentes pour prendre toute décision
 concernant les demandes d'enregistrement de dessins ou modèles communautaires.
                                                 119
 ---pagebreak---                                          Article 115
                    Division de l'administration des dessins ou modèles
                                 et des questions juridiques
1. La division de l'administration de dessins ou modèles et des questions juridiques est
   compétente pour toute décision requise par le présent règlement qui ne relève ni de la
   compétence d'une division de l'examen des conditions de forme ni de la compétence d'une
   division d'annulation. Elle est compétente, en particulier, pour toute décision relative aux
   inscriptions au Registre des dessins ou modèles communautaires.
2. Elle est également compétente pour tenir la liste des mandataires agréés visée à l'article 82.
3. Les décisions de la division sont prises par un membre.
                                         Article 116
                                    Divisions d'annulation
1. Les divisions d'annulation son compétentes pour toute décision relative aux demandes en
   nullité d'un dessin ou modèle communautaire enregistré.
2. Une division d'annulation se compose de trois membres. Au moins deux de ses membres
   sont juristes.
                                          Article 117
                                    Chambres de recours
1.  Les chambres de recours son compétentes pour statuer sur les recours formés contre les
    décisions rendues par les divisions de l'examen des conditions de forme, la division de
    l'administration des dessins ou modèles et des questions juridiques et les divisions
    d'annulation.
2.  Une chambre de recours se compose de trois membres. Au moins deux de ses membres sont
   juristes.
                                              120
 ---pagebreak---                                           Article 118
                    Indépendance des membres des Chambres de recours
1. Les membres des chambres de recours, y compris leur Président, sont nommés pour une
   période de cinq ans, selon la procédure prévue à l'article 108 pour la nomination du
   Président. Us ne peuvent être relevés de leurs fonctions pendant cette période, sauf pour
   motifs graves et si la Cour de justice, saisie par l'institution qui les a nommés, prend une
   décision à cet effet. Leur mandat peut être prorogé.
2. Les membres des chambres de recours sont indépendants. Dans leurs décisions, ils ne sont
   liés par aucune instruction.
3. Les membres des chambres de recours ne peuvent être membres d'une autre instance de
   l'Office ni d'aucune instance de l'Office communautaire des marques, à l'exception de ses
   chambres de recours.
                                          Article 119
                                    Exclusion et récusation
1. Les membres des divisions d'annulation et des chambres de recours ne peuvent participer
   au règlement d'une affaire s'ils y possèdent un intérêt personnel ou s'ils y sont
   antérieurement intervenus en qualité de représentants d'une des parties. Les membres des
   chambres de recours ne peuvent, en outre, prendre part à la procédure s'ils ont pris part à la
   décision qui fait l'objet du recours.
2.  Si, pour l'une des raisons mentionnées au paragraphe 1 ou pour tout autre motif, un membre
    de la division d'annulation ou d'une chambre de recours estime ne pas pouvoir participer au
    règlement d'une affaire, il en avertit la division ou la chambre.
3. Les membres de la division d'annulation ou d'une chambre de recours peuvent être récusés
    par toute partie pour l'une des raisons mentionnées au paragraphe 1 ou s'ils peuvent être
    suspectés de partialité. La récusation n'est pas recevable lorsque la partie en cause a fait des
    actes de procédure, bien qu'elle ait déjà eu connaissance du motif de récusation. Aucune
    récusation ne peut être fondée sur la nationalité des membres.
4.  La division d'annulation ou la chambre de recours statue, dans les cas visés aux
    paragraphes 2 et 3, sans la participation du membre intéressé. Pour prendre cette décision,
    le membre qui s'abstient ou qui est récusé est remplacé, au sein de la division ou de la
    chambre, par son suppléant.
                                                121
 ---pagebreak---                                            Article 120
                    Nomination des membres des Divisions d'annulation
               et des Chambres de recours pendant une période de transition
1. Pendant une période de transition, dont la date d'expiration est fixée par la Commission sur
   proposition du Président de l'Office, le Président peut nommer, sur la base d'un contrat à
   court terme, comme membres des divisions d'annulation, des personnes employées soit dans
   les services centraux de la propriété industrielle des Etats membres soit à l'Office Bénélux
   des dessins ou modèles, soit dans des juridictions ou autres autorités des Etats membres, et
   ayant une expérience en matière de validité des demandes ou des enregistrements nationaux
   de dessins ou modèles dans les Etats membres. Ces personnes peuvent continuer à exercer
   leur emploi. Leur mandat est renouvelable.
2. Pendant une période de transition, dont la date d'expiration est fixée par la Commission sur
   proposition du Président de l'Office, la Commission peut nommer comme membres des
   chambres de recours des membres des juridictions ou d'autres autorités de la Communauté
   ou des Etats membres qui peuvent poursuivre les activités qu'ils exercent dans leur
   juridiction ou de l'autorité d'origine. Ces personnes peuvent être nommées pour une durée
   inférieure à cinq ans, mais non inférieure à un an, et leur mandat est renouvelable.
                                            Section 5
                                   Dispositions budgétaires
                                           Article 121
                                             Budget
1.  Les recettes de l'Office se composent des taxes dues en vertu du présent règlement et, en
   tant que nécessaire, d'une contribution de la Communauté.
2.  Les dépenses de l'Office comprennent la rémunération du personnel, les dépenses
    administratives et d'infrastructure et les frais de fonctionnement.
3.  Au plus tard le 15 février de chaque année, le Président établit un avant-projet de budget
    couvrant les frais de fonctionnement et le programme de travail prévus pour l'exercice
    financier suivant et transmet cet avant-projet, ainsi qu'un organigramme, au Conseil
    d'administration.
                                                122
 ---pagebreak--- 4.   Les recettes et les dépenses sont équilibrées.
5.   Au plus tard le 31 mars de chaque année, le Conseil d'administration adopte le projet de
     budget et le transmet, avec l'organigramme, à la Commission qui, sur cette base, établit
     l'état prévisionnel correspondant de l'avant-projet de budget général des Communautés
     européennes.
6.   Le Conseil d'administration adopte le budget définitif de l'Office avant le début de l'exercice
     financier, en l'ajustant, le cas échéant, en fonction de la contribution de la Communauté et
     des autres recettes de l'Office.
7.   Le Président exécute le budget de l'Office.
8.   Le contrôle de l'engagement et du paiement de toutes les dépenses de l'Office ainsi que de
     l'établissement et du recouvrement de toutes ses recettes est effectué par le contrôleur
     financier de la Commission.
9.   Au plus tard le 31 mars de chaque année, le Président transmet à la Commission, au Conseil
     d'administration et à la Cour des comptes le bilan de toutes les recettes et dépenses de
     l'Office pour l'exercice financier précédent.
     La Cour des comptes examine le bilan conformément à l'article 206 bis de traité.
 10. Le Conseil d'administration donne décharge au Président sur l'exécution du budget.
 11. Le Conseil d'administration adopte les dispositionsfinancièresinternes de l'Office après
      consultation avec la Commission et la Cour des comptes.
                                            Article 122
                                               Taxes
Le montant des taxes visées dans le présent règlement est fixé par la Commission après
consultation du Comité visé à l'article 126.
                                                 123
 ---pagebreak---                                            TITRE X m
                                   DISPOSITIONS FINALES
                                            Article 123
                                        Langues officielles
Les langues officielles et les langues de procédure de l'Office sont les mêmes que celles de
l'Office communautaires des marques
                                            Article 124
                           Dispositions communautaires d'application
Les modalités d'application du présent règlement, en particulier les dispositions concernant le
dépôt des demandes, les demandes multiples, l'examen de la conformité aux conditions de forme,
l'enregistrement, la publication et l'ajournement de la publication, ainsi que les règlements de
procédure des chambres de recours sont fixées par un règlement d'exécution conformément à la
procédure définie à l'article 126.
                                            Article 125
                                Système d'échange d'informations
Il est institué un système d'échange d'informations concernant les décisions relatives au respect
 des conditions d'obtenton de la protection, tant pour les dessins ou modèles communautaires que
pour les enregistrements des dessins ou modèles d'Etats membres. Le règlement d'exécution
 détermine comment et par quelle autorité le système est géré.
                                             Article 126
                              Etablissement d'un comité et procédure
                            pour l'adoption des modalités d'application
 La Commission est assistée par un comité consultatif sur les taxes, le règlement d'exécution et
 la procédure des chambres de recours qui est composé des représentants des Etats membres et
 présidé par le représentant de la Commission.
                                                 124
 ---pagebreak--- Le représentant de la Commission soumet au comité un projet des mesures à prendre. Le Comité
émet son avis sur ce projet, dans le délai que le Président peut fixer en fonction de l'urgence de
la question en cause, le cas échéant en procédant à un vote.
L'avis est inscrit au procès-verbal; en outre, chaque Etat membre a le droit de demander que sa
position figure à ce procès-verbal.
La Commission tient le plus grand compte de l'avis émis par le comité. Elle informe le comité
de la façon dont elle a tenu compte de cet avis.
                                            Article 127
                                    Règlement relatif aux taxes
 1.   Le règlement relatif aux taxes fixe notamment les montants des taxes et leur mode de
      perception.
 2.   Outre les taxes déjà prévues dans le présent règlement, des taxes sont exigibles, selon les
      modalités d'applicationfixéespar le règlement d'exécution, dans les cas énumérés ci-après :
          a)  paiement tardif de la taxe d'enregistrement,
          b)  paiement tardif de la taxe de publication;
          c)  paiement tardif de la taxe d'ajournement de la publication;
          d)  paiement tardif des taxes additionnelles pour les demandes multiples;
          e)  délivrance d'une copie du certificat d'enregistrement;
          f) enregistrement du transfert du dessin ou communautaire enregistré;
          g) enregistrement d'une licence ou d'un autre droit sur un dessin ou modèle
              communautaire enregistré;
          h) radiation de l'enregistrement d'une licence ou d'un autre droit;
          i) délivrance d'un extrait du Registre;
          j) inspection des dossiers;
          k) délivrance de copies de documents de dépôt;
          l) communication d'information contenue dans un dossier;
          m) réexamen de lafixationdes frais de procédure à rembourser;
          n) délivrance de copies certifiées d'une demande,
 3.   Les montants des taxes seront fixés de façon à assurer que les recettes correspondantes sont
      en principe suffisantes pour que les dépenses et les recettes de l'Office soient en équilibre.
                                                 125
 ---pagebreak---                                           Article 128
                                       Entrée en vigueur
1.   Le présent règlement entre en vigueur le soixantième jour suivant celui de sa publication
     au Journal officiel des Communautés européennes.
2.   Les demandes d'enregistrement des dessins ou modèles communautaires peuvent être
     déposées à l'Office à partir de la date fixée par le Conseil d'administration sur la
     recommandation du Président de l'Office.
3.   Les demandes d'enregistrement des dessins ou modèles communautaires déposées dans les
     trois mois précédant la date visée au paragraphe 2 sont réputées avoir été présentées à cette
     date.
Le présent règlement est obligatoire dans tous ses éléments et directement applicable dans tout
Etat membre.
Fait à Bruxelles, le
               Par le Parlement européen                  Par le Conseil
               Le président                               Le président
                                               126
 ---pagebreak--- FICHE FINANCIERE
1.     Titre
       Proposition de règlement (CEE) du Conseil sur le dessin ou modèle
       communautaire
2.     Liane budgétaire
       B5-305, à créer
3.     Base Juridique
       Article 100 A du traité
4.     Description de la mesure
4.1    Objectifs particuliers
       Le règlement proposé créerait un système unitaire protégeant dans
       toute la Communauté les oeuvres des créateurs de dessins et modèles
       et comprendrait deux types de dessins et modèles communautaires,
       l'un accordant un droit sur un dessin ou modèle enregistré et
       l'autre un droit sur un dessin ou modèle non enregistré. En
       s'assurant la titularité de ce droit, le créateur serait en mesure
       de se protéger contre des contrefacteurs de son dessin ou modèle.
       Un système communautaire mettrait fin au problème que posent les
       législations nationales sur les dessins et modèles actuellement en
       vigueur, à savoir le fait que des droits contradictoires peuvent
       exister dans différents Etats membres, ce qui a des effets
       manifestement négatifs sur le fonctionnement du marché intérieur.
                                    127
 ---pagebreak---      Le droit enregistré exige la création d'un office communautaire des
     dessins et modèles, c'est-à-dire d'un organisme disposant de
     l'indépendance Juridique, administrative et financière nécessaire
     pour mener à bien les tâches liées à l'enregistrement. Il est prévu
     que cet office ait une structure basée sur celle de l'Office
     communautaire des marques - proposé dans la communication de la
     Commission au Conseil du 25 novembre 1980, modifiée le 9 août 1984,
     (JO r|| C 230 du 31.8.1984) concernant un règlement sur la marque
     communautaire.
     Selon la proposition, l'Office serait constitué de quatre
     départements chargés, respectivement, de l'examen des formalités,
     des recours en nullité, des matières juridiques et administratives
     et du règlement des litiges. Ses fonctions administratives seraient
     en grande partie les mêmes que celles de l'Office communautaire des
     marques; des économies d'échelle pourraient donc être réalisées,
     par exemple dans le domaine de l'administration, si les deux
     offices se partageaient certains services admininistratifs.
4.2. Période
     Les actions destinées à mettre en oeuvre le règlement s'étendront
     sur plusieurs années. On suppose qu'il faudra près de deux ans pour
     que l'Office communautaire des dessins et modèles soit prêt à
     ouvrir et on estime qu'il faudra encore compter une période de
     trois à cinq ans pour qu'il soit pleinement opérationnel. Cette
     période serait, de préférence, d'une durée de 4 années - v.
     paragraphe 7.4 ci-dessous. A ce moment, les dépenses de l'office
     devraient être couvertes par les recettes tirées des taxes
     d'enregistrement et autres.
      Il n'est pas encore possible de dire à quel moment ces actions
     démarreront, ni par conséquent à quel moment l'office ouvrira, mais
     rien n'est envisagé avant 1996 au plus tôt.
                                    128
 ---pagebreak--- 4.3. Personnes affectées par la mesure
     La protection conférée par le dessin ou modèle communautaire
     affectera les personnes qui demandent un enregistrement, les
     titulaires de dessins et modèles communautaires ainsi que ceux qui
     commercialisent des biens de dessins ou modèles ou les
     contrefacteurs. Un grand nombre de secteurs industriels dans les
     Etats membres seront donc touchés par cette mesure.
     Elle concernera également certaines institutions communautaires y
     compris, outre le nouvel Office communautaire des dessins et
     modèles   lui-même, l'Office communautaire des marques, la Cour de
     Justice qui peut être saisie en vertu du règlement et la Commission
     en raison de son droit à participer à certaines actions concernant
     des dessins et modèles engagées devant l'Office.
5.   Classification des dépenses Qt des rQÇQtt^s
5.1. Dépenses non obligatoires
5.2. Crédits dissociés
6.   Nature des dépenses et des recettes
6.1. Subvention à 100 %
     Pour les deux années prévues avant l'ouverture de l'Office des
     dessins et modèles, on estime que les dépenses seront de l'ordre de
     1 570 000 écus pour la première année et de 2 254 540 écus pour la
     deuxième année, montants nécessaires pour couvrir les coûts de
     création et de mise en service de l'Office. Comme aucune taxe ne
     sera perçue pendant cette période, des subventions seront
     nécessaires pour couvrir ces dépenses. On suppose que l'Office
     communautaire des marques existera déjà, de sorte que les coûts de
     création de l'Office des dessins et modèles pourraient être
      inférieurs à ce qu'ils auraient été autrement.
                                  129
 ---pagebreak--- 6.2. Cofinancement
     Après son ouverture, l'Office commencera à recevoir des recettes
     provenant des taxes et la subvention ne sera plus nécessaire que
     pour compléter celles-ci afin de couvrir les dépenses pendant une
     période d'environ 4 ans. Après cette période, l'Office devrait être
     pleinement opérationnel et financé par ses propres ressources. Ce
     n'est que si tel n'était pas le cas qu'il faudrait demander à la
     Communauté de lui accorder une subvention suffisante Jusqu'à ce que
     l'équilibre soit atteint. Cette subvention serait de toute façon
     progressivement réduite, l'objectif étant de parvenir à ce que
     l'Office équilibre ses dépenses au moyen des recettes provenant des
     taxes aussi rapidement que cela sera raisonnablement possible. Les
     taxes pourront dans une certaine mesure être fixées de manière à
     avoir un contrôle sur la date à laquelle cet équilibre sera
     atteint. Ceci est exposé plus en détail au point 7.4 ci-dessous, où
     l'on trouve toutefois aussi un avertissement sur la portée limitée
     de ce contrôle, en particulier du fait que les taxes de
     renouvellement ne seront payables qu'à partir de la cinquième année
     et qu'elles constitueront une source importante de revenus.
6.3. Intérêts
     Pas d'intérêt.
6.4- Autres
     Néant.
6.5. Remboursement
     Non.
6.6. Modification du niveau des recettes
     Non.
                                 130
 ---pagebreak--- 7.   Effets financiers
7.1. Coût total de la mesure
     Les coûts initiaux de la création de l'Office sont estimés
     respectivement à 1 570 000 et 2 254 540 écus pour chacune des deux
     années précédant l'ouverture, ce qui donne un total de
     3 824 540 écus. Rappelons que l'année réelle d'ouverture n'est pas
     encore connue. Les chiffres sont obtenus en prenant en compte les
     coûts directs de personnel, notamment les salaires, les autres
     coûts liés au personnel tels que les prestations sociales, les
     pensions, les assurances etc., la fourniture de services pour
     l'Office et l'équipement de l'Office qui comprendra des équipements
     informatiques ab initio.
     Ces équipements informatiques ne se réduiront pas uniquement à
     l'ordinateur qui doit exécuter les tâches administratives générales
     de l'Office. Une grosse installation informatique constituera
     l'instrument essentiel du système d'enregistrement des dessins et
     modèles - qui est lui-même la raison d'être de l'Office - et elle
     devra exécuter avec une grande fiabilité les nombreuses fonctions
     liées à l'enregistrement et à toute action, y compris les actions
     Judiciaires, qui pourront en résulter pendant une période qui
     pourra être longue. Pour que l'Office puisse fonctionner avec
     efficacité et efficience, il faudra un ordinateur sophistiqué et un
     équipement technique capable d'enregistrer des images graphiques
t    par balayage optique, de les associer avec diverses données
     textuelles et de reproduire le tout de différentes manières   en
     fonction de la demande. Le coût en sera donc inévitablement élevé
     et l'achat doit être effectué avant l'ouverture de l'Office. Il
     s'agira toutefois d'une dépense qui sera faite une seule fois.
                                 131
 ---pagebreak--- 7.2.    Composition du budget - Ecus
 Année             -2          -1               1              2
 Effectifs          10          14              22             45
 totaux
 Effectifs        670.000     966.140       1.564.200       3.294.000
 (1.1)
 Effectifs        200.000     288.400         466.400         983.250
 (1.2)
 Equipement       700.000   1.000.000         750.000         250.000
 (2)
 TOTAL          1.570.000   2.254.540       2.780.600       4.527.250
        L'année H -2" signifie la première des deux années précédant
         l'ouverture de l'Office. Cette date ne pourra être antérieure à
        1996 et il est très vraisemblable qu'elle sera postérieure. Les
        chiffres incluent un coefficient d'inflation annuel.
7.3.    Echéancier Indicatif
             ECUS                       CE                    CP
 Année-2     (1996?)               1.570.000             1.570.000
 Année-1     (1997?)               2.254.540              2.254.540
 Année+1     (1998?)               2.780.600              2.780.600
 Année+2     (1999?)              4.527.250              4.527.250
                                     132
 ---pagebreak---        On suppose que l'année - 2 est 1996, mais comme il a déjà été
        indiqué, ce pourrait être une année postérieure. A partir de
        l'année + 1, les recettes provenant des taxes commenceront à
       compenser les dépenses Jusqu'à ce que dépenses et recettes
       s'équiIibrent.
7.4.   Estimation du revenu des taxes
       Une large gamme de taxes est envisagée. La cinquième année après
        l'ouverture (année + 5) sera une année significative parce que ce
       sera le moment où les premières taxes de renouvellement pourront
       être perçues. Celles-ci seront fixées à un niveau relativement
       élevé et elles représenteront une source importante de revenus. En
       revanche, avant cette date, les taxes les plus importantes seront
       celles qui sont perçues pour l'enregistrement et qui couvrent
        l'enregistrement lui-même, la demande, les éventuelles demandes
       multiples, etc. Aux fins de l'estimation, elles ont été regroupées
       en une taxe générale d'enregistrement et le tableau qui suit
       présente en résumé l'effet sur la subvention communautaire des
       chiffres choisis pour cette taxe, à savoir 200, 300 et 400 écus.
       L'estimation suppose une augmentation plus ou moins linéaire des
       enregistrements pendant les cinq premières années. Des taxes seront
       également perçues lors des recours en annulation mais elles auront
       vraisemblablement moins d'effet aux fins de l'estimation que les
        taxes d'enregistrement.
  ANNEE          -2      -1      +1      +2      +3      +4       +5
 Subvention
 200 ECUS      1570000 2254540 1735600 3247250 2507250 1967250 -192750
 Subvention
 300 ECUS      1570000 2254540 2040600 2747250 1707250 967250 -1192750
 Subvention
 400 ECUS      1570000 2254540 1335600 2247250 907250 -32750 -2192750
                                     133
 ---pagebreak---    Si le niveau de taxe général d'enregistrement était 300 écus, ceci
   permettrait de disposer d'un excédent pour l'année + 5 et la
   subvention ne serait plus nécessaire. Si la taxe d'enregistrement
   était fixée à 200 écus, l'année d'équilibre serait l'année + 5, ce
   qui ne laisserait aucune marge pour l'imprévu. Les taxes perçues
   pour le recours en annulation ne peuvent être fixées trop haut car
   elles pourraient provoquer des difficultés politiques. Si,
   toutefois, la taxe d'enregistrement était fixée à 400 écus, l'année
   d'équilibre serait l'année + 4 au lieu de l'année + 5, bien qu'on
   aboutisse à un excédent trop élevé de recettes sur les dépenses au
   cours de l'année + 5 lors de la perception des taxes de
   renouvellement. Cet excédent pourrait être difficile à Justifier
   auprès des contribuables mais constituerait I'option préférée car
   l'équilibre pourrait être atteint dès que possible. Si nécessaire,
   les taxes pourraient être révisées à ce stade et cette révision
   pourrait prendre en compte la réaction publique.
8. Mesures anti-fraude
   Le président de l'Office doit présenter chaque année à la
   Commission et à la Cour des comptes les comptes de la totalité des
   recettes et dépenses de l'Office pour l'exercice écoulé. De plus,
   les règles financières applicables au budget général des
   Communautés s'appliqueront à l'Office. On prévoit donc que les
   mesures anti-fraude seront couvertes par ces procédures.
                               134
 ---pagebreak--- 9.   Mattri se des coûts
9.1. Objectifs
     La mesure proposée est destinée à satisfaire le besoin d'un régime
     communautaire permettant aux entreprises d'obtenir, par une
     procédure unique, un droit sur un dessin ou modèle leur conférant
     une protection uniforme dans toute la Communauté.   Après une
     période initiale de cinq ans à dater de l'ouverture, l'Office
     communautaire des dessins et modèles devrait être pleinement
     opérationnel et financièrement indépendant et il devrait délivrer
     8 000 enregistrements par an. On estime en outre qu'il examinera,
     sur demande, la validité de 3 600 enregistrements par an et que ses
     Chambres de recours traiteront 500 recours contre des décisions
     prises par I'office.
9.2. Justification de la mesure
     Les raisons Justifiant l'intervention financière de la Communauté
     sont, comme il est mentionné au paragraphe 4 point 1 et expliqué
     plus en détail ci-dessous, qu'un système unitaire est le seul moyen
     permettant d'éliminer les barrières au marché intérieur dues au
     fait que les législations des Etats membres accordent des droits
     sur des dessins et modèles qui ne sont pas compatibles les uns avec
      les autres. L'harmonisation de ces dispositions ne suffirait pas à
     elle seule à éliminer ces obstacles. Il faut également noter que
      l'appui financier de la Communauté ne sera nécessaire que pendant
     un nombre relativement faible d'années, parce qu'une fois que
      l'Office sera pleinement opérationnel, il est prévu qu'il puisse
     être financé par ses propres ressources en déterminant les taxes de
     manière appropriée.
                                   135
 ---pagebreak--- Le règlement fournira une procédure unique permettant d'obtenir un
droit unitaire ayant un effet uniforme sur tout le territoire de la
Communauté. Les législations des Etats membres sur la protection
des dessins et modèles actuellement en vigueur diffèrent
considérablement les unes des autres, ce qui a pour effet
d'empêcher les échanges et la concurrence pour les produits qui
incorporent un dessin ou modèle et de créer des distorsions de
concurrence en raison du grand nombre de demandes, de procédures
devant des offices différents, de législations, de droits exclusifs
limités à un Etat ainsi qu'en raison des coûts et des taxes élevés
que les créateurs souhaitant obtenir une protection doivent payer.
Bien qu'il soit souhaitable de rapprocher les législations
nationales en matière de dessins et modèles, ce rapprochement ne
saurait se substituer à un système communautaire de protection et
ne satisferait pas les besoins du marché intérieur puisque la
protection continuerait à s'arrêter aux frontières de l'Etat dans
lequel elle a été acquise. Il subsisterait donc, malgré le
rapprochement des législations, de grands risques que des droits
contradictoires existent dans d'autres Etats membres et la seule
solution consiste à instituer un système de protection
supranational. Il est donc nécessaire de créer un droit sur des
dessins et modèles qui soit directement applicable dans tout Etat
membre et une autorité communautaire en matière de dessins et
modèles investie de pouvoirs au niveau communautaire, parce que
c'est le seul moyen de faire en sorte qu'un créateur puisse
obtenir, par une demande auprès d'un office des dessins et modèles
unique, en suivant une procédure unique régie par une législation
unique, un droit unique sur un dessin ou modèle valable pour un
territoire couvrant tous les Etats membres.
Le présent règlement est l'instrument Juridique qui permet de
réaliser cet objectif. Il est manifestement nécessaire parce que
 les procédures nationales ne pourraient en aucun cas fournir cette
solution supranationale au problème de l'existence de droits
contradictoires dans un marché intérieur.
                            136
 ---pagebreak--- 9.3.   Suivi et évaluation :
9.3.1. Indications de performance
       Celles-ci comprennent :
       . le nombre de dessins et modèles enregistrés auprès de l'Office
       . le nombre de demandes en nullité examinées par l'Office
       . le nombre de recours devant les chambres d'appel contre des
       . décisions de l'Office.
9.3.2. Evaluation
       L'Office doit présenter chaque année un rapport de gestion à la
       Commission et au conseil d'administration de l'Office.
9.4.   Cohérence :
9.4.1. Programme financier de la DG XV (EX DG III)
       Les travaux préparatoires à exécuter par les fonctionnaires
       concernés sont prévus dans le programme financier de la DG XV (EX
       DG III).
9.4.2. Oblectifs correspondants
       Il serait pratique que l'Office communautaire des dessins et mo-
       dèles se partage des services administratifs avec ceux de l'Office
       communautaire des marques, ce qui lui permettrait de partager avec
       ce dernier certaines fonctions administratives. Sa procédure
       budgétaire et son contrôle financier seront régis conformément à la
       section 5 du titre XII du présent règlement. Des prévisions des
       recettes et des dépenses de l'Office communautaire des dessins et
       modèles seront établies chaque année. Elles seront complètement
       séparées du budget de l'Office communautaire des marques.
        Il existe donc un Intérêt commun à mener à bien ces deux objectifs
       que constituent la création d'un Office communautaire des marques
       et la création d'un Office communautaire des dessins et modèles.
       Cependant, l'Office des dessins et modèles sera une institution
        indépendante, c'est la raison pour laquelle on n'a pas estimé que
                                   137
 ---pagebreak---        les progrès réalisés dans l'élaboration de la présente proposition
       devraient obligatoirement souffrir de la stagnation de l'autre
       proposition.
9.4.3. Incertitudes
       A ce stade, on ne prévoit aucun élément particulier de nature à
       affecter les résultats de la mesure.
10.    Dépenses administratives
10.1.  Effectifs de la Commission
       Il n'est pas nécessaire d'augmenter les effectifs. Actuellement,
       les travaux occupent déjà à plein temps deux fonctionnaires de
       grade A et à temps partiel des fonctionnaires au niveau du chef
       d'unité et du grade B. Cette situation devra être maintenue pour
       mener à bien les travaux nécessaires pour faire progresser la pro-
       position, y compris la représentation dans les groupes de travail
       du Conseil et la poursuite d'échanges de vues permanents avec des
       groupements de défense de l'intérêt  public.
10.2.  Dépenses administratives
       Des dépenses supplémentaires s'avéreront peut-être nécessaires pour
       répondre aux besoins suivants :
       Missions - (Ligne budgétaire A 1300)
       Dix missions par an environ, comprenant chacune une personne pen-
       dant une période moyenne de deux Jours et ayant lieu
       vraisemblablement dans l'une des grandes capitales de la
       Communauté, dont le coût annuel est estimé à 7 000 écus, à partir
       de 1993.
       Réunions spéciales, telles que réunions d'experts - (Ligne
       budgétaire A 2500)
       Le coût de 2 réunions par an à Bruxelles comprenant chacune
       20 participants est estimé à 24 000 écus par an, à partir de 1993.
                                  138
 ---pagebreak---                  L'IMPACT DE LA PROPOSITION SUR LES ENTREPRISES
                                   (et en particulier les PME)
1.Pourquoi une législation communautaire est-elle nécessaire ?
Afm d'instaurer un système communautaire de protection des dessins et modèles industriels
poursuivant les objectifs suivants :
  a) garantir que les créateurs et le secteur de l'esthétique industrielle puissent organiser une
      meilleure protection grâce à une action unique ayant un effet direct et uniforme dans toute
      la Communauté
  b) améliorer le fonctionnement du marché intérieur
  c) améliorer la compétitivité de l'industrie européenne des dessins et modèles en soutenant la
      supériorité notoire des produits des créateurs européens par rapport aux produits originaires
      d'autres parties du monde qui entrent en concurrence avec eux.
2, Quels seront les secteurs affectés ?
  a) Le secteur le plus affecté sera celui des entreprises manufacturières dont les produits ont
      une apparence qui incorpore des dessins et modèles présentant une valeur commerciale.
  b) Les entreprises de toute taille pourront être affectées, des multinationales, pour lesquelles
      les dessins et modèles peuvent ne représenter qu'un aspect d'un produit ou d'une série de
      produits beaucoup plus complexes, aux PME, y compris celles qui n'emploient qu'un très
      petit nombre de personnes. Dans ce dernier cas, le dessin ou modèle peut constituer le
      principal atout du produit.
   c) Il n'y a pas de raison de supposer que certaines zones géographiques profiteront davantage
       de la mesure.
                                                 139
 ---pagebreak--- 3. Que devront faire les entreprises pour se conformer à la proposition ?
Les entreprises ne devront procéder qu'à un enregistrement communautaire unique pour chaque
dessin ou modèle. Elles ne devront plus procéder à des enregistrements nationaux en vertu de
procédures nationales différentes dans tous les pays où il existe un marché potentiel pour leurs
produits. Comme elles bénéficieront en outre, pendant une période initiale, de la protection
automatique conférée par le dessin ou modèle communautaire non enregistré, leur vie en sera
beaucoup facilitée.
D'autre part, plusieurs organisations représentant des PME producteurs de pièces de rechange
pour automobile avancent l'argument que, contrairement aux intentions de la Commission,
l'interprétation que l'Office et, en dernier ressort, la Cour européenne de justice donneront des
critères relatifs au caractère individuel et à la nouveauté pourrait aboutir à un seuil de protection
inférieur à celui qui est envisagé. Ils font valoir que, dans cette hypothèse, il se pourrait qu'un
grand nombre de produits dont le dessin ou modèle est en grande partie fonctionnel, dont
l'esthétique est faible ou nulle et dont la forme extérieure est en grande partie prédéterminée
pourrait bénéficier de la protection prévue par le règlement.
4. Quels sont les effets économiques probables de la proposition ?
a) sur l'emploi ?
La sécurité apportée par l'existence d'une protection au niveau communautaire devrait stimuler
les créateurs en les incitant à la fois à innover et à élargir leur marché, ce qui aura des effets
positifs sur l'emploi, notamment dans les petites entreprises.
Les droits à la protection doivent être respectés par les tiers, tels que les fabricants concurrents
 et ceux qui commercialisent des produits d'autres fabricants dont le dessin ou modèle est protégé.
Toutefois, la proposition contient des mesures qui visent à éviter tout effet indûment onéreux sur
 les activités des PME dans le domaine des pièces de rechange de produits complexes tels les
 véhicules à moteur.
 b) sur l'investissement et la création de nouvelles entreprises ?
 La possibilité pour les entreprises de protéger leurs dessins et modèles au niveau communautaire
 leur donnera une certitude beaucoup plus grande de récupérer leurs coûts et les encouragera donc
 à investir. Il est difficile déjuger exactement de l'effet de la mesure sur les grandes entreprises
 manufacturières pour lesquelles les dessins et modèles peuvent ne représenter qu'un aspect du
 produit. Par ailleurs, la proposition devrait inciter à la création de petites entreprises pour
 lesauelles le dessin ou modèle du produit peut constituer l'élément primordial.
 ---pagebreak--- En ce qui concerne les entreprises qui commercialisent des produits dont le dessin ou modèle est
protégé, des dispositions ont été prévues qui limitent dans une certaine mesure l'exercice des
droits sur le dessin ou modèle contre celles qui exercent leurs activités sur le marché des pièces
de rechange, comme par exemple les fournisseurs, les réparateurs et les assureurs du marché de
l'après-vente. Par conséquent, tout en fournissant une protection destinée à encourager la
création, ces dispositions assurent aux producteurs indépendants un certain degré de concurrence.
c) sur la situation concurrentielle des entreprises ?
L'assurance que les entreprises tireront de la facilité avec laquelle elles pourront obtenir une
protection communautaire devrait les encourager à faire davantage appel aux créateurs de dessins
et modèles et à exploiter plus systématiquement les droits conférés par les dessins et modèles.
La nature des dessins et modèles protégeables est telle que ceux-ci n'épuisent pas les possibilités
d'autres créateurs dans un type de production donné et l'amélioration de la compétitivité qui
résulte de cette liberté devrait profiter aux entreprises de toute taille, sans constituer une grave
menace même pour les très petites entreprises.
5.La proposition contient-elle des mesurestenantcompte de la situation particulière des PME ?
Il est prévu que les taxes d'enregistrement des dessins et modèles communautaires soient fixées
 à un taux aussi bas que possible. Bien que les mesures contenues dans la proposition ne soient
 pas particulièrement destinées aux petites et moyennes entreprises, celles-ci peuvent en tirer un
 profit proportionnellement plus grand que les grandes entreprises parce que la simplicité et le
 coût modeste des procédures permettant d'obtenir une protection au niveau communautaire
 devraient s'avérer plus intéressantes pour elles. C'est dans certaines des PME présentant la taille
 la plus réduite que tendent à se concentrer actuellement la plupart des créateurs innovateurs et
 originaux de dessins et modèles.
 La proposition introduira les droits exclusifs dont bénéficient les créateurs et leurs ayants droit
 et ces droits devront être respectés par leurs concurrents. Pour les PME qui commercialisent des
 produits d'autres fabricants dont le dessin ou modèle est protégé, il n'est pas souhaitable que le
 droit de propriété industrielle contienne des exemptions en faveur de secteurs particuliers.
 Toutefois, pour les raisons indiquées ci-dessus, les commerçants en pièces de rechange et les
 fabricants de ces pièces peuvent échapper dans une certaine mesure à l'exercice à leur encontre
 des droits se rapportant à ces pièces. Etant donné que les droits naissent sans examen préalable,
 l'office communautaire des dessins et modèles doit fournir un système peu onéreux qui permette
 à chacun de mettre en cause la validité des droits sur des dessins et modèles qui sont ou peuvent
 être exercés contre eux. La proposition prévoit clairement que la Commission peut intervenir
  activement dans ce processus, ainsi d'ailleurs que les Etats membres, pour veiller à ce que les
  dispositions pertinentes soient appliquées dans le sens voulu.
                                                  141
 ---pagebreak--- Certains ont exprimé des craintes à propos de l'entrée en vigueur de ces droits sans examen
préalable en soutenant qu'il pouvait en résulter un nombre excessif de procès. Mais l'expérience
d'Etats membres comme la France et l'Allemagne ne semble pas devoir les confirmer. Les litiges
ne peuvent être entièrement exclus et lorsqu'il y a procès, cela peut être coûteux.
6. Consultation
Les services de la Commission ont publié un Livre vert intitulé "La protection juridique des
dessins et modèles industriels" (III/F/5131/91). Celui-ci a été largement diffusé à plus de
500 destinataires. A la suite du très grand nombre de commentaires reçus, les parties intéressées
ont été invitées à une audition à Bruxelles les 25 et 26 février 1992. Les réactions ont été en
général très favorables et bien qu'un grand nombre de points de détail devront faire l'objet de
discussions, un petit nombre seulement de problèmes restent à résoudre, principalement en ce
qui concerne les critères d'octroi de la protection et le type de dessins et modèles à exclure de la
protection.
Certains secteurs se sont inquiétés de ce que la production de certains produits fonctionnels
puisse devenir un monopole en raison de l'existence de droits sur les dessins et modèles et ils
fondent leurs craintes sur l'absence de distinction entre le dessin ou modèle esthétique et le dessin
ou modèle fonctionnel. Or, l'expérience montre que cette distinction est très souvent arbitraire
et que la protection de dessins et modèles fonctionnels doit en tout cas être prévue d'une manière
ou d'une autre. Le règlement sur les dessins et modèles subordonne l'octroi de la protection à la
condition que le produit ait une apparence distincte et, de ce fait, ces inquiétudes ne devraient
pas s'avérer justifiées.
Certains secteurs ont fait valoir que le marché des pièces de rechange tirerait profit de l'exclusion
de la protection de tout dessin ou modèle destiné exclusivement à permettre au produit qui
l'incorpore d'être connecté mécaniquement à un autre produit et la proposition contient des
 dispositions appropriées à cette fin. Ce souci a en particulier été formulé par les secteurs de
 l'automobile et de l'informatique, les producteurs indépendants de pièces de rechange contestant
 la position des fabricants de produits d'origine qu'ils perçoivent comme monopolistique. Les
 constructeurs automobiles, représentés par l'ACEA(1), soutiennent avec force qu'ils ont droit à la
 protection des dessins et modèles pour certains composants d'automobiles pour être en mesure
 de récupérer les coûts afférents aux dessins et modèles, qu'ils exigent cette protection et ils
 considèrent donc qu'ils ont fait suffisamment de concessions en acceptant les dispositions sur
 l'exclusion d'un dessin ou modèle dicté uniquement par la manière dont le produit qui l'incorpore
 (,)
       ACEA : Association des Constructeurs Européens d'Automobiles
                                                 142
 ---pagebreak--- doit se raccorder mécaniquement à un autre produit. Par ailleurs, 1*EAPA(2), le CLEDIPA(3),
l'AIRC(4) et le CLEPA(5), qui représentent les fabricants de composants et de pièces de rechange,
continuent à insister non seulement pour que l'on exclue de la protection les dessins ou modèles
dont les produits doivent être raccordés mécaniquement aux parties restantes d'un produit
complexe comme une automobile, mais également les autres dessins et modèles qui doivent s'y
adapter visuellement. Ils ont proposé différentes solutions, telles que l'exception "must-match"
de la protection ou une disposition prévoyant une licence légale, en déclarant qu'ils n'étaient pas
adversaires du paiement de redevances proportionnelles mais qu'ils s'opposaient à ce qu'on leur
interdise de fabriquer et de commercialiser des pièces de rechange. Des représentants du secteur
des assurances et des consommateurs ont également fait valoir que la protection des dessins et
modèles de ces pièces entraînerait une augmentation des coûts de réparation et des primes
d'assurance.
 w
      EAPA : European Automotive Panel Association
 (3>
      CLEDIPA :Comité de Liaison Européen de la Distribution Indépendante de Pièces de
      rechange et Equipements pour Automobiles
 (4)
      AIRC : Association Internationale des Réparateurs en Carrosserie
 (5)
      CLEPA : Comité de Liaison de la Construction d'Equipements et de Pièces
      d'Automobiles
                                                 143
 ---pagebreak---                                                                       ISSN 0254-1491
                                                                COM(93) 342 final
                                                       DOCUMENTS
FR                                                                               08
                                     N° de catalogue : CB-CO-93-414-FÏI-C
                                                             ISBN 92-77-58376-2
Office des publications officielles des Communautés européennes
Lr2985 Luxembourg