CELEX: 62005CJ0326
Language: fr
Date: 2007-07-18
Title: Arrêt de la Cour (troisième chambre) du 18 juillet 2007.#Industrias Químicas del Vallés SA contre Commission des Communautés européennes.#Pourvoi - Non-inscription du métalaxyl à l’annexe I de la directive 91/414/CEE - Retrait des autorisations accordées aux produits phytopharmaceutiques contenant cette substance active - Dénaturation des éléments de preuve - Erreur manifeste d’appréciation.#Affaire C-326/05 P.

Affaire C-326/05 P
      Industrias Químicas del Vallés SA
      contre
      Commission des Communautés européennes
      «Pourvoi — Non-inscription du métalaxyl à l’annexe I de la directive 91/414/CEE — Retrait des autorisations accordées aux produits phytopharmaceutiques contenant cette substance active — Dénaturation des éléments de preuve — Erreur manifeste d’appréciation»
      Sommaire de l'arrêt
      1.        Pourvoi — Moyens — Dénaturation des éléments de preuve — Inexactitude matérielle des constatations des faits résultant des
            pièces du dossier — Recevabilité
      (Art. 225 CE)
      2.        Pourvoi — Moyens — Dénaturation des éléments de preuve — Notion — Appréciation manifestement erronée desdits éléments
      3.        Agriculture — Rapprochement des législations — Mise sur le marché des produits phytopharmaceutiques — Directive 91/414
      (Directive du Conseil 91/414, art. 19 et annexe I)
      1.        Sont recevables au stade du pourvoi des griefs relatifs à la constatation des faits et à leur appréciation dans la décision
         attaquée, lorsque le requérant allègue que le Tribunal a effectué des constatations dont l'inexactitude matérielle résulte
         des pièces du dossier ou qu'il a dénaturé les éléments de preuve qui lui ont été soumis.
      
      (cf. point 57)
      2.        Une dénaturation des éléments de preuve existe lorsque, sans qu'il soit nécessaire d'avoir recours à de nouveaux éléments
         de preuve, l'appréciation faite par le Tribunal des éléments de preuve existants apparaît manifestement erronée. Tel est notamment
         le cas lorsque les déductions que le Tribunal a tirées de certains documents ne sont pas conformes au sens et à la portée
         desdits documents lus dans leur intégralité.
      
      (cf. points 60, 63)
      3.        Ainsi qu'il ressort de ses cinquième, sixième et neuvième considérants, la directive 91/414, concernant la mise sur le marché
         des produits phytopharmaceutiques, vise à l'élimination des entraves aux échanges intracommunautaires de ces produits, tout
         en maintenant un niveau élevé de protection de l'environnement et de la santé humaine et animale. Dans ce cadre, afin de pouvoir
         poursuivre efficacement l'objectif qui lui est assigné, et en considération des évaluations techniques complexes qu'elle doit
         opérer, un large pouvoir d'appréciation doit être reconnu à la Commission.
      
      L'exercice de ce pouvoir n'est toutefois pas soustrait au contrôle juridictionnel. En effet, dans le cadre de ce contrôle,
         le juge communautaire doit vérifier le respect des règles de procédure, l'exactitude matérielle des faits retenus par la Commission,
         l'absence d'erreur manifeste dans l'appréciation de ces faits ou l'absence de détournement de pouvoir.
      
      En particulier, lorsqu'une partie invoque une erreur manifeste d'appréciation qu'aurait commise l'institution compétente,
         le juge communautaire doit contrôler si cette institution a examiné, avec soin et impartialité, tous les éléments pertinents
         du cas d'espèce, éléments qui appuient les conclusions qui en sont tirées.
      
      (cf. points 74-77)
ARRÊT DE LA COUR (troisième chambre)
      18 juillet 2007 (*)
      
      «Pourvoi – Non-inscription du métalaxyl à l’annexe I de la directive 91/414/CEE – Retrait des autorisations accordées aux produits phytopharmaceutiques contenant cette substance active – Dénaturation des éléments de preuve – Erreur manifeste d’appréciation»
      Dans l’affaire C‑326/05 P,
      ayant pour objet un pourvoi au titre de l’article 56 du statut de la Cour de justice, introduit le 26 août 2005,
      Industrias Químicas del Vallés SA, établie à Mollet del Vallés (Espagne), représentée par Mes C. Fernández Vicién, I. Moreno-Tapia Rivas et J. Sabater Marotias, abogados,
      
      partie requérante,
      l’autre partie à la procédure étant:
      Commission des Communautés européennes, représentée par M. B. Doherty et Mme S. Pardo Quintillán, en qualité d’agents, ayant élu domicile à Luxembourg,
      
      partie défenderesse en première instance,
      LA COUR (troisième chambre),
      composée de M. A. Rosas, président de chambre, MM. A. Tizzano (rapporteur), A. Borg Barthet, U. Lõhmus et A. Ó Caoimh, juges,
      avocat général: M. D. Ruiz-Jarabo Colomer,
      greffier: Mme M. Ferreira, administrateur principal,
      
      vu la procédure écrite et à la suite de l’audience du 27 septembre 2006,
      ayant entendu l’avocat général en ses conclusions à l’audience du 30 novembre 2006,
      rend le présent
      Arrêt
      1        Par son pourvoi, Industrias Químicas del Vallés SA (ci-après «IQV») demande l’annulation de l’arrêt du Tribunal de première
         instance des Communautés européennes du 28 juin 2005, Industrias Químicas del Vallés/Commission (T‑158/03, Rec. p. II-2425,
         ci-après l’«arrêt attaqué»), par lequel celui-ci a rejeté son recours tendant à l’annulation de la décision 2003/308/CE de
         la Commission, du 2 mai 2003, concernant la non-inscription du métalaxyl à l’annexe I de la directive 91/414/CEE du Conseil
         et le retrait des autorisations accordées aux produits phytopharmaceutiques contenant cette substance active (JO L 113, p.
         8, ci-après la «décision litigieuse»).
      
       Le cadre juridique
      2        La directive 91/414/CEE du Conseil, du 15 juillet 1991, concernant la mise sur le marché des produits phytopharmaceutiques
         (JO L 230, p. 1), établit le régime communautaire applicable à l’autorisation et au retrait de l’autorisation de mise sur
         le marché des produits phytopharmaceutiques. Conformément à l’article 4 de cette directive, les États membres n’autorisent
         que la commercialisation des produits phytopharmaceutiques dont les «substances actives sont énumérées à l’annexe I». L’article
         5 de ladite directive détermine les conditions requises pour l’inscription de ces substances à cette annexe. Ces conditions
         visent à protéger la santé humaine et animale ainsi que l’environnement.
      
      3        L’article 6 de la directive 91/414 dispose: 
      
      «1.       L’inscription d’une substance active à l’annexe I est décidée selon la procédure prévue à l’article 19.
      [...]
      2.       Un État membre qui reçoit une demande afin d’obtenir l’inclusion d’une substance active à l’annexe I veille à ce qu’un dossier
         dont il suppose qu’il satisfait aux exigences de l’annexe II soit transmis sans délai excessif par l’intéressé aux autres
         États membres et à la Commission accompagné d’un dossier conforme à l’annexe III concernant au moins une préparation contenant
         cette substance active. La Commission saisit le comité phytosanitaire permanent, visé à l’article 19, de l’examen du dossier.
      
      3.       Sans préjudice du paragraphe 4, sur demande d’un État membre, et dans un délai de trois à six mois après la saisine du comité,
         visé à l’article 19, il est constaté, selon la procédure visée à l’article 20, si le dossier est présenté conformément aux
         exigences des annexes II et III.
      
      4.       S’il ressort de l’évaluation du dossier visé au paragraphe 2 que des informations complémentaires sont nécessaires, la Commission
         peut demander ces informations au demandeur. L’intéressé, ou son représentant mandaté, peut être invité par la Commission
         à lui présenter ses observations, notamment lorsqu’une décision défavorable est envisagée.
      
      [...]»
      4        L’article 8, paragraphe 2, de la directive 91/414 prévoit un régime transitoire et dérogatoire pour les substances actives
         non visées à l’annexe I, mais déjà présentes sur le marché deux ans après la date de notification de ladite directive. La
         mise sur le marché de ces substances peut être autorisée par les États membres pour une période provisoire de douze ans. Selon
         ledit article 8, paragraphe 2, durant cette période transitoire, les substances actives concernées doivent faire l’objet d’un
         programme d’évaluation au terme duquel il peut être décidé, «après examen de cette substance active par le comité visé à l’article
         19 et selon la procédure prévue à ce même article, que ladite substance peut être incluse à l’annexe I et dans quelles conditions,
         ou lorsque les exigences de l’article 5 ne sont pas respectées ou que les informations et données requises n’ont pas été présentées
         au cours de la période prescrite, que cette substance active ne sera pas incluse à l’annexe I».
      
      5        Cette période transitoire, devant initialement expirer le 26 juillet 2003, a été prorogée, jusqu’au 31 décembre 2005, par
         le règlement (CE) n° 2076/2002 de la Commission, du 20 novembre 2002, prolongeant la période visée à l’article 8, paragraphe
         2, de la directive 91/414 et concernant la non-inclusion de certaines substances actives à l’annexe I de cette directive,
         ainsi que le retrait des autorisations relatives à des produits phytopharmaceutiques contenant ces substances (JO L 319, p.
         3), puis, jusqu’au 31 décembre 2006, par le règlement (CE) n° 1335/2005 de la Commission, du 12 août 2005, modifiant le règlement
         n° 2076/2002 et les décisions 2002/928/CE, 2004/129/CE, 2004/140/CE, 2004/247/CE et 2005/303/CE en ce qui concerne la période
         visée à l’article 8, paragraphe 2, de la directive 91/414 et le maintien de l’utilisation de certaines substances non énumérées
         à son annexe I (JO L 211, p. 6), à moins qu’une décision sur l’inscription d’une substance active à l’annexe I de la directive
         91/414 ait été prise avant cette date.
      
      6        Aux termes de l’article 19 de la directive 91/414:
      
      «Dans les cas où il est fait référence à la procédure définie au présent article, le comité phytosanitaire permanent [...]
         est saisi sans délai par son président soit à l’initiative de celui-ci, soit à la demande d’un État membre.
      
      Le représentant de la Commission soumet au comité un projet des mesures à prendre. Le comité émet son avis sur ce projet dans
         un délai que le président peut fixer en fonction de l’urgence de la question. [...]
      
      La Commission arrête les mesures envisagées lorsqu’elles sont conformes à l’avis du comité.
      Lorsque les mesures envisagées ne sont pas conformes à l’avis du comité, ou en l’absence d’avis, la Commission soumet sans
         tarder au Conseil une proposition relative aux mesures à prendre. Le Conseil statue à la majorité qualifiée.
      
      Si, à l’expiration d’un délai de trois mois à compter de la saisine du Conseil, celui-ci n’a pas statué, les mesures proposées
         sont arrêtées par la Commission.»
      
      7        La directive 91/414 contient également des dispositions en matière de confidentialité. Son article 13 concerne les demandes
         d’autorisation de mise sur le marché des produits phytopharmaceutiques contenant les substances actives déjà inscrites à l’annexe
         I de cette directive. Cet article permet l’utilisation de données fournies par un autre demandeur à condition que celui-ci
         accorde son autorisation à cet effet. 
      
      8        L’article 14 de la directive 91/414 dispose:
      
      «[...] les États membres et la Commission veillent à ce que les indications fournies par les demandeurs, qui constituent un
         secret industriel ou commercial, restent confidentielles, si le demandeur [...] en [fait] la demande et si l’État membre,
         ou la Commission, accepte la justification fournie par le demandeur.
      
      [...]»
      9        Par le règlement (CEE) n° 3600/92 de la Commission, du 11 décembre 1992, établissant les modalités de mise en œuvre de la
         première phase du programme de travail visé à l’article 8 paragraphe 2 de la directive 91/414 (JO L 366, p. 10), tel que modifié
         par le règlement (CE) n° 2266/2000 de la Commission, du 12 octobre 2000 (JO L 259, p. 27, ci-après le «règlement nº 3600/92»),
         la Commission a mis en œuvre la procédure d’évaluation de plusieurs substances en vue de leur inscription éventuelle à l’annexe
         I de la directive 91/414. Le métalaxyl figurait parmi ces substances. 
      
      10      Aux termes de l’article 4, paragraphe l, du règlement nº 3600/92, «[t]out producteur désireux d’obtenir l’inscription d’une
         substance active mentionnée à l’annexe I du présent règlement [...] dans l’annexe I de la directive [91/414], le notifie à
         la Commission dans un délai de six mois à compter de la date d’entrée en vigueur du présent règlement». 
      
      11      L’article 5 du règlement nº 3600/92 prévoit:
      
      «1.       La Commission examine avec le comité [phytosanitaire] les notifications […].
      2.       Après l’examen prévu au paragraphe 1, il est décidé, conformément à la procédure prévue à l’article 19 de la directive [91/414],
         par voie de règlement: 
      
      a)       d’établir la liste des substances actives qui ont été retenues pour évaluation en vue de leur inscription éventuelle dans
         l’annexe I de la directive [91/414]; 
      
      b)       de désigner un État membre rapporteur pour chacune des substances actives retenues dans la liste prévue au point a). 
      […]
      4.       Le règlement visé au paragraphe 2 mentionne pour chaque substance retenue: 
      […]
      –        la date limite pour la soumission à l’État membre rapporteur des dossiers visés à l’article 6, prévoyant en principe un délai
         de douze mois pour la compilation des documents et pour la soumission, par les parties intéressées, d’informations techniques
         ou scientifiques concernant les effets dangereux éventuels de la substance ou de ses résidus sur la santé des humains ou des
         animaux, ou sur l’environnement.
      
      […]»
      12      L’article 6 du règlement nº 3600/92 dispose:
      
      «1.       Dans le délai visé à l’article 5 paragraphe 4 troisième tiret, les auteurs de la notification indiqués dans le règlement visé
         audit article doivent, individuellement ou collectivement, transmettre à l’autorité désignée de l’État membre rapporteur pour
         une substance active déterminée: 
      
      a)       le dossier sommaire visé au paragraphe 2; 
      b)       le dossier complet visé au paragraphe 3. 
      [...]
      Lorsque pour une substance le règlement visé à l’article 5 paragraphe 4 mentionne plusieurs notifications, les auteurs des
         notifications en cause prennent toute initiative raisonnable pour présenter collectivement les dossiers visés au premier alinéa.
         Si un dossier n’a pas été présenté par tous les auteurs de notification concernés, il indique les efforts entrepris et les
         raisons pour lesquelles certains producteurs n’ont pas participé à la présentation. 
      
      [...]
      4.       Lorsque, pour une substance active déterminée, la transmission des dossiers visés au paragraphe 1 n’a pas eu lieu dans le
         délai prévu à l’article 5 paragraphe 4 ou lorsque les dossiers transmis ne satisfont à l’évidence pas aux exigences indiquées
         aux paragraphes 2 et 3, l’État membre rapporteur en informe la Commission en indiquant les raisons invoquées par les auteurs
         de la notification. 
      
      5.       Sur la base du rapport de l’État membre rapporteur, visé au paragraphe 4, la Commission soumet au comité un avant-projet de
         décision de ne pas inscrire la substance active à l’annexe I conformément à l’article 8 paragraphe 2 quatrième alinéa de la
         directive [91/414], à moins que: 
      
      –        un nouveau délai n’ait été accordé pour soumettre un dossier conforme aux exigences des paragraphes 2 et 3; un nouveau délai
         n’est accordé que s’il s’avère que le retard est dû à des tentatives de soumission de dossiers collectifs […] ou à un cas
         de force majeure, 
      
      [...]»
      13      L’article 7 du règlement nº 3600/92 prévoit: 
      
      «1.      Pour chaque substance active pour laquelle un État membre a été désigné comme État membre rapporteur, ce dernier doit: 
      a)      examiner les dossiers visés à l’article 6 paragraphes 2 et 3 [...] ainsi que toute information visée à l’article 5 paragraphe
         4 troisième tiret et toutes autres informations disponibles [...]; 
      
      b)       immédiatement après l’examen d’un dossier, veiller à ce que ses auteurs soumettent un dossier sommaire à jour aux autres États
         membres et à la Commission; 
      
      c)       faire parvenir à la Commission, le plus rapidement possible et au plus tard dans un délai de douze mois à compter de la réception
         d’un dossier tel que celui visé à l’article 6 paragraphes 2 et 3, un rapport d’évaluation dudit dossier et contenant une des
         recommandations suivantes: 
      
      –        inscrire la substance active dans l’annexe I de la directive [91/414], en indiquant les conditions de cette inscription, 
      –        retirer la substance active du marché, 
      [...]
      2.       Dès le début de l’examen visé au paragraphe 1, l’État membre rapporteur peut inviter les auteurs de la notification à apporter
         des améliorations ou des compléments à leurs dossiers. En outre, dès le début de cet examen, l’État membre rapporteur peut
         consulter des experts d’autres États membres ou demander des informations scientifiques ou techniques supplémentaires à ces
         derniers, pour faciliter l’évaluation. 
      
      3.       Après avoir reçu le dossier sommaire et le rapport visé au paragraphe 1, la Commission confie au comité [phytosanitaire] la
         mission d’examiner le dossier et le rapport en question. 
      
      Avant de transmettre le dossier et le rapport au comité [phytosanitaire], la Commission distribue le rapport de l’État membre
         rapporteur aux autres États membres, pour information. […]
      
      Avant que le dossier et le rapport soient transmis au comité [phytosanitaire], une consultation d’experts des États membres
         peut être organisée […].
      
      3 bis . Après l’examen visé au paragraphe 3, [...] la Commission saisit le comité:
      a)       d’un projet de directive visant à inscrire la substance active en cause à l’annexe I de la directive [91/414] en fixant, le
         cas échéant, les conditions d’inscription, y compris le délai;
      
      b)        d’un projet de décision adressé aux États membres concernant le retrait des autorisations de produits phytopharmaceutiques
         contenant la substance active, conformément à l’article 8 paragraphe 2 quatrième alinéa de la directive, et visant à ne pas
         inscrire ladite substance dans l’annexe I de la directive;
      
      c)       d’un projet de décision adressé aux États membres et visant le retrait du marché de produits phytopharmaceutiques contenant
         la substance active, tout en conservant la possibilité de réexaminer l’inscription dans l’annexe I de la directive après la
         communication des résultats d’essais supplémentaires ou d’informations complémentaires
      
      ou
      d)       d’un projet de décision visant à reporter l’inscription de la substance active à l’annexe I de la directive jusqu’à la communication
         des résultats d’essais supplémentaires ou d’informations complémentaires. 
      
      4.       Toutefois, lorsque, à la suite de l’examen visé au paragraphe 3, les résultats de certains essais supplémentaires ou des informations
         supplémentaires doivent être présentés, la Commission fixe: 
      
      –        le délai dans lequel les résultats ou les informations en cause devront être soumis à l’État membre rapporteur ainsi qu’aux
         experts désignés conformément au paragraphe 2, ce délai expire le 25 mai 2002, sauf si une date limite plus rapprochée est
         fixée par la Commission à l’égard d’une substance active particulière, à l’exception des résultats des études à long terme
         jugées nécessaires par l’État membre rapporteur et par la Commission lors de l’examen du dossier qui ne seront probablement
         pas achevées avant l’expiration du délai fixé, à condition que les informations soumises attestent que ces études ont été
         commanditées et que leurs résultats soient présentés au plus tard le 25 mai 2003. Dans des cas exceptionnels, lorsque l’État
         membre rapporteur et la Commission n’ont pas pu identifier de telles études avant le 25 mai 2001, une autre date peut être
         fixée pour l’achèvement de ces études, dès lors que l’auteur de la notification prouve à l’État membre rapporteur que de telles
         études ont été commanditées dans les trois mois suivant la demande de réalisation des études et qu’il fournit un procès-verbal
         et un rapport d’avancement sur l’étude avant le 25 mai 2002,
      
      –        le délai dans lequel les auteurs de la notification en cause devront communiquer à l’État membre rapporteur et à la Commission
         leur engagement de soumettre les résultats ou les informations requis dans le délai prévu au premier tiret.
      
      [...]
      5.       La Commission saisit le comité d’un projet de décision prévoyant que la substance active en cause ne sera pas inscrite dans
         l’annexe I conformément à l’article 8 paragraphe 2 dernier alinéa de la directive [91/414] lorsque: 
      
      –        les auteurs de la notification en cause n’ont pas communiqué leur engagement de soumettre les résultats requis dans le délai
         visé au deuxième tiret du paragraphe 4, 
      
      –        l’État membre rapporteur a informé la Commission de ce que les résultats visés au premier tiret du paragraphe 4 ne lui ont
         pas été soumis dans le délai prévu.
      
      –        […]»
      14      En application de l’article 8, paragraphe 1, du règlement nº 3600/92, après avoir reçu les résultats d’essais ou les informations
         supplémentaires, l’État membre rapporteur doit les examiner, en veillant à ce que ces résultats ou informations soient transmis
         par l’auteur de la notification aux autres États membres ainsi qu’à la Commission. En outre, au plus tard dans un délai de
         six mois à compter de la réception de ces résultats ou informations, l’État membre rapporteur doit transmettre un rapport
         d’évaluation de l’ensemble du dossier accompagné d’une recommandation concernant l’inscription ou non de la substance active
         à l’annexe I de la directive 91/414.
      
      15      Aux termes du paragraphe 3 de cet article 8, «[a]vant de transmettre le dossier et le rapport au comité [phytosanitaire],
         la Commission communique le rapport du rapporteur aux États membres pour information et peut procéder à une consultation d’experts
         d’un ou de plusieurs États membres». Cette même disposition précise que «[l]a Commission peut consulter certains ou la totalité
         des auteurs des notifications de substances actives au sujet du rapport ou de parties du rapport concernant la substance active
         en cause» et que, à cette fin, «[l]’État membre rapporteur fournit l’assistance technique et scientifique nécessaire lors
         de ces consultations». 
      
      16      À l’issue de l’examen par le comité phytosanitaire, la Commission établit un projet de décision concernant l’inscription ou
         non de la substance à l’annexe I de la directive 91/414. Ce projet est ensuite soumis audit comité pour approbation selon
         la procédure prévue à l’article 19 de ladite directive.
      
       Les faits à l’origine du litige et la décision litigieuse
      17      IQV est une société de droit espagnol dont les activités comprennent la production et la commercialisation de produits chimiques
         et phytopharmaceutiques. Elle importe notamment du métalaxyl en Espagne et commercialise dans plusieurs États membres des
         produits contenant cette substance active.
      
      18      En avril 1995, IQV ainsi que l’entreprise allemande Ciba Geigy AG (devenue Syngenta AG, ci-après «Syngenta») ont toutes deux
         présenté à la Direcção-geral de Protecção das Culturas (Direction générale de la protection des cultures, ci-après la «DGPC»)
         une demande d’inscription de la substance active métalaxyl à l’annexe I de la directive 91/414. La République portugaise avait,
         en effet, été désignée comme État membre rapporteur en ce qui concerne cette substance active.
      
      19      Avant d’effectuer la notification prévue à l’article 4, paragraphe 1, du règlement nº 3600/92, IQV et Syngenta avaient établi
         des contacts en vue de la création d’un groupe de projet («task force») chargé d’élaborer un dossier collectif unique. Cependant,
         Syngenta a ensuite décidé de ne pas procéder à une notification collective. En conséquence, Syngenta et IQV ont présenté des
         dossiers séparés aux autorités portugaises, respectivement les 19 et le 26 avril 1995.
      
      20      À la suite de l’examen de ces dossiers, la DGPC a estimé que le dossier produit par Syngenta était complet, alors que celui
         déposé par IQV présentait des lacunes. Pour cette raison, par lettre du 22 mars 1996, la DGPC a invité IQV à compléter son
         dossier, selon un calendrier précis. 
      
      21      Au cours des mois suivants, les autorités portugaises et IQV ont eu un échange de correspondance portant sur la nécessité
         pour cette dernière de fournir les éléments manquant à son dossier et sur la fixation, à cette fin, d’un délai. 
      
      22      Le 11 mai 1998, Syngenta a informé la DGPC de ce qu’elle se retirait de la procédure d’évaluation du métalaxyl. IQV demeurait
         donc la seule société partie à la procédure. 
      
      23      Par lettre du 15 janvier 1999, IQV a indiqué aux autorités portugaises qu’elles avaient l’obligation d’utiliser toutes les
         informations et tous les documents soumis par l’ensemble des auteurs de notifications, en soulignant que, si un dossier complet
         lui était demandé, un délai supplémentaire devait lui être accordé afin qu’elle puisse produire et synthétiser toute l’information
         requise. 
      
      24      Par lettres respectivement des 5 février et 15 mars 1999, la DGPC et IQV ont demandé à la Commission son avis sur l’utilisation
         par l’État membre rapporteur des études communiquées par l’auteur d’une notification qui s’est ultérieurement retiré de la
         procédure d’évaluation d’une substance active. 
      
      25      Par lettre du 19 juillet 1999 (ci-après la «lettre 19 juillet 1999»), la Commission a répondu à la DGPC, en joignant un avis
         de ses services juridiques libellé comme suit:
      
      «[…]
      2.      […] Il n’y a pas de doutes que [Syngenta] a cédé ses droits sur les études au rapporteur afin que ce dernier les utilise en
         conformité aux règles qui régissent la procédure d’évaluation. La question reste donc celle de savoir si lesdites règles permettent
         au rapporteur d’utiliser des données après que l’auteur de la notification qui les a fournies s’est retiré de la procédure.
      
      3.      Les dispositions ne semblent pas offrir une solution très explicite […]. Le rapporteur examine les dossiers soumis et [...]
         peut utiliser ‘toute information’ et non seulement celles fournies par les auteurs de la notification ou les parties intéressées.
      
      4.      Tant la directive [91/414] que le règlement [nº 3600/92] tendent à favoriser la participation conjointe des différents producteurs
         à la procédure d’évaluation […]. Il n’en reste pas moins que plusieurs auteurs de la notification [peuvent] participer sans
         avoir trouvé un accord. Dans un tel cas, le rapporteur tient compte de l’ensemble des études fournies. Donc la substance active
         est inscrite même si les données fournies par un producteur sont incomplètes, les études effectuées par un auteur de la notification
         bénéficient donc [à] l’ensemble des producteurs même en cas d’absence d’accord.
      
      5.      Dans le système de la directive [91/414], l’inscription d’une substance active à l’annexe I n’est pas liée exclusivement au
         producteur qui l’a demandée et peut même être demandée indépendamment par un État membre. Les efforts de la firme qui a effectué
         les études scientifiques sont en effet rémunérés par un droit exclusif de se baser sur ces études au moment de l’autorisation
         par les États membres des produits contenant la substance active […]. Il semblerait donc que, même si tout producteur bénéficie
         de l’inscription de la substance active grâce aux études effectuées par ses concurrents, il ne pourra pas obtenir l’autorisation
         d’un produit contenant ladite substance sans effectuer à nouveau les études ou obtenir de l’auteur le droit de s’en servir.
      
      Il semblerait donc étrange que des règles différentes et des droits différents s’appliquent lorsqu’un auteur de la notification
         se retire de la procédure. Il semblerait presque paradoxal de protéger mieux un producteur lorsqu’il abandonne le marché d’une
         substance active que lorsqu’il y est en concurrence avec les autres auteurs de la notification. Les textes d’ailleurs ne font
         aucune distinction entre la protection offerte aux études fournies par les producteurs dans les deux cas. Il semblerait donc
         que le même régime ait à s’appliquer.
      
      6.      Toutefois, l’auteur de la notification est tenu de donner un certain nombre de garanties envers l’État membre rapporteur:
         
      
      –        il assume la responsabilité de soumettre à l’État membre rapporteur, aux autres États membres, à la Commission et aux experts
         visés à l’article 7, paragraphe 2 (‘peer review’), un dossier sommaire et, le cas échéant, un dossier complet, conformément
         à l’article 6, paragraphe 1, du règlement n° 3600/92;
      
      –        il doit répondre d’une manière adéquate aux demandes de l’État membre rapporteur pour apporter des améliorations ou des compléments
         au dossier […].
      
      Il en découle que l’intention du législateur était apparemment d’instaurer un système de collaboration étroite entre l’État
         membre rapporteur et l’auteur de la notification, dans lequel le support technique […] et la possibilité d’obtenir toute information
         utile […] doivent être assurés par l’auteur de la notification.
      
      7.      En conclusion, […] l’examen de la question semble indiquer aux services de la Commission que, si un auteur de la notification
         retire sa participation dans le programme de travail, ceci ne devrait pas empêcher l’État membre rapporteur d’examiner les
         données fournies et de délivrer le rapport d’évaluation, en particulier lorsqu’un autre auteur de la notification pour la
         même substance a exprimé un intérêt pour la finalisation de cette évaluation.
      
      […]»
      26      Le 28 octobre 1999, la DGPC a informé IQV de ce qu’elle était disposée à préparer le rapport d’évaluation du métalaxyl en
         se fondant sur l’ensemble des informations disponibles, y compris celles figurant dans le dossier fourni par Syngenta. Ce
         courrier précisait toutefois que, dans l’hypothèse où des questions supplémentaires seraient soulevées pendant l’évaluation
         ou des données supplémentaires seraient demandées, ces questions et ces demandes d’informations complémentaires seraient adressées
         à IQV.
      
      27      Le 26 janvier 2001, en application de l’article 7 du règlement nº 3600/92, la DGPC a transmis à la Commission son rapport
         d’évaluation du métalaxyl, rédigé sur la base des dossiers produits par IQV et Syngenta. Dans leur rapport, les autorités
         portugaises indiquaient que certaines informations complémentaires étaient nécessaires pour compléter l’évaluation de cette
         substance. En conséquence, selon la DGPC, il n’était pas possible à ce stade de proposer l’inclusion de ladite substance dans
         l’annexe I de la directive 91/414. 
      
      28      Par lettres des 2 et 15 février 2001, les autorités portugaises ont demandé à IQV d’envoyer aux États membres et à la Commission,
         avant le 15 mars 2001, un dossier sommaire actualisé et, dans l’hypothèse où une demande lui serait faite en ce sens, un dossier
         complet. 
      
      29      Le 26 mars 2001, la Commission a informé IQV de ce que, dans la mesure où cette dernière n’avait pas envoyé un dossier sommaire
         actualisé dans le délai prescrit, il n’était pas possible de procéder à un examen utile du métalaxyl et de parvenir à une
         conclusion concernant cette substance, en relevant que, conformément à l’article 6, paragraphe 1, du règlement nº 3600/92,
         les auteurs de la notification avaient l’obligation de transmettre à l’autorité compétente de l’État membre rapporteur un
         dossier sommaire ainsi qu’un dossier complet. Par conséquent, la Commission a indiqué que, en l’absence d’une telle transmission,
         elle envisageait de proposer l’adoption d’une décision visant à ne pas inclure le métalaxyl dans l’annexe I de la directive
         91/414.
      
      30      Par une lettre du 4 mai 2001 adressée à la Commission, IQV a expliqué qu’elle avait l’intention d’acquérir les études de Syngenta
         qui étaient protégées. En outre, elle a demandé à cette institution de lui indiquer si les autorités portugaises avaient été
         chargées de distribuer la documentation nécessaire aux États membres, se proposant de supporter elle-même les frais d’une
         telle distribution. Par la suite, dans une lettre du 7 juin 2001 adressée à la Commission, IQV a fourni la liste des études
         figurant dans le dossier de Syngenta qui étaient protégées, en soulignant qu’il était peu probable que Syngenta accepte de
         les lui vendre.
      
      31      Dans cette lettre du 7 juin 2001, IQV a, par ailleurs, essayé d’identifier parmi ces études celles qui seraient nécessaires
         pour compléter son propre dossier. IQV a expliqué que la reproduction desdites études pouvait être effectuée dans le respect
         du délai expirant au mois de mai 2002. Cependant, elle demandait à la Commission de confirmer cette liste afin qu’elle soit
         en mesure de respecter ledit délai. Le même jour, afin de constituer un dossier complet, IQV a contacté Syngenta pour lui
         proposer d’acheter certaines études réalisées dans le cadre de la notification effectuée par cette dernière.
      
      32      Par une lettre du 11 juillet 2001, la Commission a indiqué à IQV que celle-ci devait compléter son dossier avant le 25 mai
         2002, ses services devant adopter une décision finale concernant le métalaxyl avant la fin du mois de juillet 2003. La Commission
         a également souligné que, si IQV ne disposait pas d’un dossier complet, elle ne pourrait probablement pas répondre dans un
         délai raisonnable aux questions soulevées par les experts des États membres ou par cette institution.
      
      33      Par une lettre du 26 septembre 2001, la DGPC a informé IQV de ce qu’elle refusait d’assurer la distribution du dossier de
         Syngenta aux États membres et à la Commission.
      
      34      Étant donné le refus de Syngenta de vendre ses études à IQV, et celui des autorités portugaises de distribuer le dossier de
         celle-ci, par une lettre du 15 octobre 2001, la Commission a fait savoir à IQV qu’il ne lui était pas possible de mener efficacement
         les consultations d’experts (mécanisme dit du «peer review») relatives au métalaxyl. 
      
      35      Par une lettre du 1er avril 2002, IQV a informé la Commission de ce qu’elle était disposée à mener toutes les études nécessaires pour obtenir l’inscription
         du métalaxyl à l’annexe I de la directive 91/414. Le 12 avril suivant, elle a présenté un dossier sommaire à jour et a confirmé
         sa décision de constituer un dossier complet.
      
      36      Par une lettre du 6 juin 2002, la Commission a fait savoir à IQV que seules les substances actives pour lesquelles des données
         complètes seraient disponibles au plus tard le 31 décembre 2003 pourraient bénéficier d’une date limite d’évaluation prorogée
         au-delà de cette date. Dans ce courrier, la Commission relevait qu’IQV ne pourrait, selon elle, constituer un dossier complet
         pour cette date et que, par conséquent, elle serait tenue de proposer la non-inscription du métalaxyl à l’annexe I de la directive
         91/414. La Commission précisait cependant qu’IQV avait la possibilité de déposer un dossier en vue de l’enregistrement du
         métalaxyl en tant que «nouvelle substance active».
      
      37      Le 14 juin 2002, par une lettre adressée à la Commission, IQV a indiqué qu’elle continuait de mener les études nécessaires
         afin de combler les lacunes identifiées dans le rapport des autorités portugaises, en s’engageant à présenter ces études pour
         le mois de mai 2003. S’agissant de la présentation d’un dossier d’enregistrement du métalaxyl en tant que nouvelle substance
         active, IQV a précisé que la constitution d’un tel dossier ne serait pas possible avant la fin de l’année 2005. Toutefois,
         étant donné que cette constitution représentait un investissement financier important, IQV considérait que celle-ci n’était
         envisageable que si la Commission garantissait que le métalaxyl serait autorisé pendant une période transitoire, afin qu’elle
         ne perde pas de parts de marché durant la procédure d’évaluation.
      
      38      La Commission a saisi le comité phytosanitaire d’un projet de décision négative sur le métalaxyl en juin 2002. À la suite
         de l’approbation de ce projet par ledit comité lors de sa réunion des 18 et 19 octobre 2002, la Commission a adopté la décision
         litigieuse le 2 mai 2003. 
      
       La procédure devant le Tribunal et l’arrêt attaqué
      39      Par requête déposée au greffe du Tribunal le 9 mai 2003, IQV a introduit un recours tendant à l’annulation de la décision
         litigieuse. Le même jour, elle a également introduit une demande de sursis à l’exécution de cette décision.
      
      40      Par l’ordonnance du 5 août 2003, Industrias Químicas del Vallés/Commission (T‑158/03 R, Rec. p. II-3041), le président du
         Tribunal a rejeté la demande en référé présentée par IQV. Cette dernière a alors formé un pourvoi contre ladite ordonnance.
         
      
      41      Après avoir conclu à une erreur de droit commise par le président du Tribunal dans la mise en balance des intérêts en présence
         et considéré remplies les conditions du fumus boni juris et de l’urgence, le président de la Cour a annulé, par l’ordonnance
         du 21 octobre 2003, Industrias Químicas del Vallés/Commission [C‑365/03 P(R), Rec. p. I-12389], l’ordonnance du 5 août 2003,
         Industrias Químicas del Vallés/Commission, précitée, et ordonné le sursis à l’exécution de la décision litigieuse.
      
      42      Par l’arrêt attaqué, le Tribunal s’est prononcé sur le fond de l’affaire en rejetant les trois moyens invoqués par IQV. Ces
         derniers étaient tirés d’une application erronée de la directive 91/414 et du règlement nº 3600/92 à l’affaire en cause, d’une
         violation du principe de proportionnalité et d’un détournement de pouvoir.
      
      43      Tout d’abord, le Tribunal à jugé que la Commission n’avait pas violé la réglementation applicable à l’évaluation de substances
         actives ni sa propre interprétation des dispositions relatives à l’utilisation des études présentées par un autre auteur de
         la notification avant le retrait de ce dernier. En effet, IQV aurait dû, en tout état de cause, présenter à l’État membre
         rapporteur un dossier complet dans les délais prévus par le règlement nº 3600/92. Le Tribunal a également considéré qu’était
         justifiée la présomption invoquée par la Commission, selon laquelle, n’ayant pas accès aux études présentées par Syngenta,
         IQV n’était pas en mesure de répondre aux questions qui seraient soulevées dans le cadre de la révision paritaire.
      
      44      Ensuite, le Tribunal a estimé que la décision litigieuse ne violait pas le principe de proportionnalité, car, dans les circonstances
         de l’affaire, seul le retrait du marché des produits phytopharmaceutiques contenant du métalaxyl permettait de garantir que
         l’objectif de protection de la santé humaine et animale ainsi que de l’environnement soit atteint. 
      
      45      Enfin, le juge de première instance a rejeté le moyen tiré du détournement de pouvoir, au motif qu’IQV n’avait présenté aucun
         indice révélateur de ce que la Commission avait arrêté la décision litigieuse à la suite de pressions exercées par Syngenta.
      
       La procédure devant la Cour et les conclusions des parties
      46      Par requête déposée au greffe de la Cour le 26 août 2005, IQV a introduit le présent pourvoi, dirigé contre l’arrêt attaqué,
         ainsi qu’une nouvelle demande de sursis à l’exécution de la décision litigieuse. Cette demande a été rejetée par l’ordonnance
         du président de la Cour du 15 décembre 2005, Industrias Químicas del Vallés/Commission (C‑326/05 P-R, non publiée au Recueil).
      
      47      IQV conclut à ce que la Cour:
      
      –        déclare le présent pourvoi recevable et fondé;
      –        annule l’arrêt attaqué;
      –        fasse droit à la requête déposée en première instance, dont l’objet était l’annulation de la décision litigieuse;
      –        subsidiairement, renvoie l’affaire devant le Tribunal;
      –        condamne la Commission aux dépens afférents à la procédure de première instance et au pourvoi et, le cas échéant, à ceux résultant
         de la procédure relative aux mesures provisoires.
      
      48      La Commission conclut à ce que la Cour:
      
      –        rejette le pourvoi comme irrecevable ou, à titre subsidiaire, comme non fondé, en ce qui concerne les premier à troisième
         moyens, les première et troisième branches du quatrième moyen, la première branche du cinquième moyen, le septième moyen ainsi
         que les allégations formulées aux points 108 et 109 du pourvoi, et concernant le contenu de certaines déclarations du représentant
         légal d’IQV formulées au cours de l’audience devant le Tribunal;
      
      –        rejette le pourvoi, pour le surplus, comme non fondé;
      –        condamne IQV aux dépens.
       Sur le pourvoi
      49      Dans son pourvoi, la requérante soulève sept moyens afin d’obtenir l’annulation de l’arrêt attaqué et de la décision litigieuse
         ou, subsidiairement, le renvoi de l’affaire devant le Tribunal pour qu’il soit à nouveau statué sur cette dernière.
      
       Sur le premier moyen
       Argumentation des parties
      50      Par son premier moyen, la requérante fait valoir que le Tribunal a dénaturé des éléments de preuve qui lui ont été soumis
         pour conclure, aux points 94 et 104 de l’arrêt attaqué, que la Commission n’avait nullement modifié, en cours de procédure,
         sa position sur la nécessité, pour IQV, de déposer un dossier complet. 
      
      51      Selon IQV, il ressortirait de la lettre du 19 juillet 1999 ainsi que d’autres documents, dont le Tribunal n’aurait pas tenu
         compte, que, dans un premier temps, la Commission et la DGPC avaient considéré qu’il était possible de mener l’évaluation
         du métalaxyl non seulement sur la base du dossier déposé par IQV, mais aussi à la lumière de l’ensemble des informations disponibles,
         y compris les études présentées par Syngenta. Ce n’est que dans un second temps que la Commission aurait réclamé à la requérante
         un dossier complet, en modifiant ainsi sa ligne de conduite et en rendant de fait impossible la production d’un tel dossier
         dans le délai imparti. 
      
      52      En particulier, en se référant à un seul passage de la lettre du 19 juillet 1999, sans considérer l’intégralité du contenu
         de celle-ci, le Tribunal aurait méconnu le sens littéral de cette lettre. En effet, une lecture globale de ce document révélerait
         que la Commission ne considérait pas, en 1999, comme nécessaire le dépôt d’un dossier complet par IQV, que ce soit pour la
         poursuite de l’évaluation du métalaxyl ou pour l’éventuelle inscription de cette substance à l’annexe I de la directive 91/414.
         
      
      53      De plus, en analysant ladite lettre, le Tribunal n’aurait pas tenu compte de la succession des faits, ainsi que des documents
         postérieurs à cette même lettre. À cet égard, IQV fait principalement état d’une lettre de la DGPC datée du 28 octobre 1999,
         seul document dont elle avait connaissance à l’époque des faits, dans laquelle, d’une part, aucune mention n’aurait été faite
         de la possibilité de lui demander un dossier complet et, d’autre part, il aurait été affirmé que la procédure se poursuivrait
         sur la base de toute information disponible. 
      
      54      La Commission soutient que ce moyen est irrecevable, la requérante n’ayant démontré aucune dénaturation des éléments de preuve
         soumis au Tribunal. 
      
      55      Le moyen serait, en outre, dénué de fondement. La Commission n’aurait, en effet, jamais changé de ligne de conduite en cours
         de procédure, mais aurait, au contraire, toujours exigé qu’IQV présente un dossier complet. Cette constatation résulterait
         du texte même de la lettre du 19 juillet 1999, ainsi que le Tribunal l’aurait relevé à juste titre. 
      
       Appréciation de la Cour
      56      Tout d’abord, il y a lieu d’examiner l’exception d’irrecevabilité soulevée par la Commission. 
      
      57      À cet égard, il convient de rappeler que, conformément à la jurisprudence de la Cour, sont recevables au stade du pourvoi
         des griefs relatifs à la constatation des faits et à leur appréciation dans la décision attaquée, lorsque le requérant allègue
         que le Tribunal a effectué des constatations dont l’inexactitude matérielle résulte des pièces du dossier ou qu’il a dénaturé
         les éléments de preuve qui lui ont été soumis (voir, en ce sens, arrêts du 24 octobre 2002, Aéroports de Paris/Commission,
         C-82/01 P, Rec. p. I-9297, point 56, ainsi que du 18 janvier 2007, PKK et KNK/Conseil, C-229/05 P, non encore publié au Recueil,
         point 35). 
      
      58      Or, tel est bien le cas en l’occurrence. En effet, le moyen soulevé par la requérante vise de façon circonstanciée une erreur
         manifeste que le Tribunal aurait commise dans la lecture de documents produits en première instance.
      
      59      Dans ces conditions, il y a lieu de déclarer le premier moyen du pourvoi recevable.
      
      60      Quant au bien-fondé de ce moyen, il convient de rappeler qu’une dénaturation des éléments de preuve existe lorsque, sans qu’il
         soit nécessaire d’avoir recours à de nouveaux éléments de preuve, l’appréciation des éléments de preuve existants apparaît
         manifestement erronée (arrêt PKK et KNK/Conseil, précité, point 37, et, en ce sens, voir également arrêt du 6 avril 2006,
         General Motors/Commission, C‑551/03 P, Rec. p. I-3173, point 54).
      
      61      À la lumière de ce critère, la Cour relève que le juge de première instance s’est fondé sur le contenu de la lettre du 19
         juillet 1999 ainsi que sur celui d’une lettre du 28 octobre 1999 adressée par la DGPC à IQV, pour conclure que la Commission
         n’avait nullement changé d’avis sur la nécessité pour IQV de déposer un dossier complet et que, par conséquent, la Commission
         avait à bon droit refusé de proroger le délai applicable audit dépôt.
      
      62      Au point 94 de l’arrêt attaqué, le Tribunal a ainsi affirmé que «les termes de la lettre du 19 juillet 1999 relatifs aux obligations
         pesant sur IQV sont très clairs: “[l’auteur de la notification] assume la responsabilité de soumettre à l’État membre rapporteur,
         aux autres États membres et aux experts visés à l’article 7, paragraphe 2 (‘peer review’), un dossier sommaire, et, le cas
         échéant, un dossier complet”. Même si la lettre de la DGPC à IQV du 28 octobre 1999 n’a pas repris ce passage, il est évident
         que la position de la Commission n’a nullement changé». Au point 104 dudit arrêt, le Tribunal a ajouté que «la position de
         la Commission n’a pas changé en la matière [...]. La Commission ne s’est pas contredite en exigeant un dossier complet en
         2001, puisque, déjà en juillet 1999, l’avis juridique adressé à la DGPC mentionnait cette obligation». 
      
      63      Toutefois, ainsi que l’a relevé M. l’avocat général aux points 63 à 70 de ses conclusions, les déductions que le Tribunal
         a tirées desdites lettres ne sont pas conformes au sens et à la portée de ces documents lus dans leur intégralité.
      
      64      En effet, s’il est vrai que, selon le point 6 de la lettre du 19 juillet 1999, IQV était tenue de soumettre «le cas échéant,
         un dossier complet», il n’en reste pas moins que, dans d’autres passages du même document, la Commission a précisé à la DGPC:
         
      
      –        «[i]l n’y a pas de doutes que [Syngenta] a cédé ses droits sur les études au rapporteur afin que ce dernier les utilise en
         conformité avec les règles qui régissent la procédure d’évaluation» (point 2); 
      
      –        «[l]e rapporteur examine les dossiers soumis et [...] peut utiliser ‘toute information’ et non seulement celles fournies par
         les auteurs de la notification» (point 3);
      
      –        «[lorsque plusieurs auteurs de notification participent à une procédure d’évaluation sans avoir trouvé un accord,] le rapporteur
         tient compte de l’ensemble des études fournies. Donc, la substance active est inscrite même si les données fournies par un
         producteur sont incomplètes, les études effectuées par un auteur de la notification bénéficient donc [à] l’ensemble des producteurs
         même en cas d’absence d’accord» (point 4); 
      
      –        «[d]ans le système de la directive [91/414], l’inscription d’une substance active à l’annexe I n’est pas liée exclusivement
         au producteur qui l’a demandée et peut même être demandée indépendamment par un État membre» (point 5);
      
      –        «[e]n conclusion, […] l’examen de la question semble indiquer aux services de la Commission que, si un auteur de la notification
         retire sa participation dans le programme de travail, ceci ne devrait pas empêcher l’État membre rapporteur d’examiner les
         données fournies et de délivrer le rapport d’évaluation, en particulier lorsqu’un autre auteur de la notification pour la
         même substance a exprimé un intérêt pour la finalisation de cette évaluation» (point 7).
      
      65      Il ressort donc des termes de la lettre 19 juillet 1999 pris dans leur ensemble que, si la Commission a mentionné l’obligation
         éventuelle de produire un dossier complet, elle a surtout confirmé aux autorités portugaises que la procédure d’évaluation
         de la substance active devait être menée sur la base de l’ensemble des données disponibles et que, en tout état de cause,
         le caractère incomplet du dossier d’IQV ne constituait, en tant que tel, un obstacle ni à la poursuite de la procédure d’évaluation
         ni à l’éventuelle inscription du métalaxyl à l’annexe I de la directive 91/414.
      
      66      En outre, la portée de cette lettre ressort également du courrier adressé le 28 octobre 1999 à IQV dans lequel, après avoir
         pris connaissance de l’avis de la Commission, la DGPC a indiqué, sans mentionner une quelconque possibilité de demander la
         production d’un dossier complet, qu’elle aurait tenu compte du dossier présenté par Syngenta et que seules des informations
         additionnelles auraient pu être demandées à IQV. Par ailleurs, ainsi que le constate la Commission au point 5 des motifs de
         la décision litigieuse, les autorités portugaises ont transmis, le 26 janvier 2001, leur rapport d’évaluation du métalaxyl
         rédigé sur la base des informations fournies par les auteurs des deux notifications.
      
      67      Au demeurant, il convient finalement de relever que la Commission, dans sa lettre du 26 mars 2001, s’est référée à l’obligation
         de produire un dossier sommaire et à celle de présenter un dossier complet tout en indiquant que cette dernière obligation
         ne s’imposait que «si demandée».
      
      68      Partant, force est de constater que les constatations de fait figurant aux points 94 et 104 de l’arrêt attaqué, selon lesquelles
         la Commission n’avait nullement changé de position sur la nécessité pour la requérante de produire un «dossier complet» à
         l’appui de sa demande d’enregistrement du métalaxyl, sont inexactes et constituent une dénaturation des éléments de preuve
         soumis au Tribunal. 
      
      69      Dès lors, il y a lieu d’accueillir le premier moyen du pourvoi et d’annuler l’arrêt attaqué, sans qu’il soit nécessaire de
         statuer sur les autres moyens invoqués par IQV. 
      
       Sur le recours devant le Tribunal
      70      Conformément à l’article 61, premier alinéa, seconde phrase, du statut de la Cour de justice, cette dernière peut, en cas
         d’annulation de la décision du Tribunal, statuer définitivement sur le litige lorsque celui-ci est en état d’être jugé.
      
      71      Il y a lieu, en l’espèce, de faire application de cette disposition, la Cour disposant de tous les éléments nécessaires pour
         juger l’affaire au fond. 
      
      72      Par les deuxième et troisième branches du premier moyen – qu’il convient d’examiner en premier lieu – IQV faisait valoir en
         substance que la Commission a commis une erreur manifeste d’appréciation en exigeant le dépôt d’un dossier complet dans le
         délai imparti et en refusant de proroger ce délai. En effet, la Commission, elle-même, aurait, en raison de sa conduite contradictoire,
         mis IQV dans l’impossibilité de satisfaire à cette obligation dans ledit délai. 
      
      73      La Commission a soutenu avoir correctement apprécié les faits de l’espèce, avoir fait une application correcte des dispositions
         législatives et ne pas avoir observé un comportement contradictoire à propos de la nécessité pour IQV de présenter un dossier
         complet, afin que la procédure d’examen du métalaxyl soit menée à son terme.
      
      74      Or, il convient de rappeler que, ainsi qu’il ressort de ses cinquième, sixième et neuvième considérants, la directive 91/414
         vise à l’élimination des entraves aux échanges intracommunautaires de produits phytopharmaceutiques, tout en maintenant un
         niveau élevé de protection de l’environnement et de la santé humaine et animale (voir, également, arrêt du 14 septembre 2006,
         Stichting Zuid‑Hollandse Milieufederatie, C-138/05, Rec. p. I-8339, point 43). 
      
      75      Ainsi que l’a jugé, à bon droit, le Tribunal au point 95 de l’arrêt attaqué, dans ce cadre, afin de pouvoir poursuivre efficacement
         l’objectif qui lui est assigné, et en considération des évaluations techniques complexes qu’elle doit opérer, un large pouvoir
         d’appréciation doit être reconnu à la Commission.
      
      76      L’exercice de ce pouvoir n’est toutefois pas soustrait au contrôle juridictionnel. En effet, il résulte d’une jurisprudence
         constante que, dans le cadre de ce contrôle, le juge communautaire doit vérifier le respect des règles de procédure, l’exactitude
         matérielle des faits retenus par la Commission, l’absence d’erreur manifeste dans l’appréciation de ces faits ou l’absence
         de détournement de pouvoir (arrêts du 25 janvier 1979, Racke, 98/78, Rec. p. 69, point 5, et du 22 octobre 1991, Nölle, C‑16/90,
         Rec. p. I-5163, point 12).
      
      77      En particulier, lorsqu’une partie invoque une erreur manifeste d’appréciation qu’aurait commise l’institution compétente,
         le juge communautaire doit contrôler si cette institution a examiné, avec soin et impartialité, tous les éléments pertinents
         du cas d’espèce, éléments qui appuient les conclusions qui en sont tirées (voir, notamment, arrêt du 21 novembre 1991, Technische
         Universität München, C‑269/90, Rec. p. I‑5469, point 14). 
      
      78      Il convient donc d’examiner si la décision litigieuse a été prise dans le respect des principes énoncés ci-avant.
      
      79      À cet égard, il y a lieu de relever que, sur la base des lettres susmentionnées, rédigées en 1999 par la Commission et par
         la DGPC, IQV avait pu comprendre, ainsi qu’il ressort des points 61 à 67 du présent arrêt, que l’évaluation du métalaxyl serait
         poursuivie sur la base de toutes les informations disponibles (y compris les études contenues dans le dossier présenté par
         Syngenta) et que, le cas échéant, les autorités compétentes lui demanderaient seulement de fournir des clarifications ou des
         données additionnelles. Par ailleurs, les lettres de la DGPC, citées au point 28 du présent arrêt, témoignent également d’un
         comportement pour le moins contradictoire de celle-ci vis-à-vis d’IQV.
      
      80      Force est dès lors de constater que la requérante s’est trouvée dans une situation imprévue et complexe, compte tenu notamment
         du temps et des efforts nécessaires à l’établissement des études scientifiques requises, lorsque la Commission lui a demandé
         de produire un dossier complet.
      
      81      Ainsi, alors que, dans sa lettre du 7 juin 2001, IQV indiquait qu’elle pourrait compléter son dossier dans les délais requis,
         à savoir avant le mois de mai 2002, si la liste des études nécessaires à cette fin figurant dans le dossier de Syngenta pouvait
         être confirmée par la Commission, cette dernière, dans sa lettre du 11 juillet 2001, s’est bornée à souligner que le délai
         imparti pour compléter le dossier expirait le 25 mai 2002 et qu’une décision finale concernant le métalaxyl devrait être adoptée
         avant la fin du mois de juillet 2003. Il est constant que la Commission n’a jamais confirmé la liste des études dressée par
         IQV dans sa lettre du 7 juin 2001.
      
      82      Ainsi qu’il ressort des lettres d’IQV mentionnées aux points 35 à 37 du présent arrêt, et particulièrement de celle du 14
         juin 2002, IQV a cependant continué à clairement manifester son intention de soumettre à la Commission les études faisant
         défaut dans son dossier, en s’engageant à les produire pour le mois de mai 2003. 
      
      83      Toutefois, il est constant que, en ne répondant pas à cette lettre du 14 juin 2002 et en saisissant, au cours de la même période,
         le comité phytosanitaire d’un projet de décision négative sur le métalaxyl, la Commission n’a pas non plus tenu compte de
         cet engagement. 
      
      84      Il en résulte que c’est à juste titre que la requérante a fait valoir que l’impossibilité de déposer un dossier complet dans
         le délai imparti, expirant le 25 mai 2002, était due, au moins en partie, au comportement contradictoire des autorités compétentes.
         Il est également évident que la Commission n’a aucunement pris en considération cette circonstance lorsqu’elle a décidé d’adopter
         la décision litigieuse et de refuser la prorogation dudit délai jusqu’en mai 2003, comme IQV l’avait demandé.
      
      85      Cette constatation ne saurait être infirmée par l’argument invoqué par la Commission, selon lequel les circonstances de l’espèce
         excluaient la possibilité d’accorder de nouveaux délais à IQV pour que celle-ci puisse présenter les informations manquantes.
         En effet, ainsi que M. l’avocat général l’a relevé aux points 77 à 84 de ses conclusions, une prorogation du délai en vue
         de compléter le dossier était parfaitement possible sur la base de la réglementation en vigueur à l’époque des faits, la Commission
         ayant accordé une telle prorogation dans le cadre de procédures similaires d’évaluation d’autres substances actives. La Commission
         a, par ailleurs, reconnu dans son mémoire en défense présenté en première instance que la prorogation, jusqu’au 31 décembre
         2005, du terme prévu pour l’évaluation des substances actives «s’appliquait également au métalaxyl». 
      
      86      De plus, la Commission avait, elle-même, dans sa lettre à IQV mentionnée au point 36 du présent arrêt, confirmé qu’elle pouvait
         en principe utiliser toute information qui lui serait soumise avant le 31 décembre 2003, soit à une date postérieure de plusieurs
         mois à celle de mai 2003 proposée par IQV et refusée par la Commission. 
      
      87      De surcroît, il convient de relever que la Commission n’a pas contesté, y compris à l’audience, l’absence d’indications selon
         lesquelles l’utilisation du métalaxyl pouvait présenter un quelconque risque pour la santé publique ou l’environnement. 
      
      88      Il s’ensuit que la Commission a commis une erreur manifeste d’appréciation en refusant d’accorder à IQV une prorogation du
         délai imparti pour la production des études faisant défaut dans son dossier et en décidant, par conséquent, de ne pas inscrire
         le métalaxyl à l’annexe I de la directive 91/414 au seul motif que la requérante n’avait pas présenté un dossier complet dans
         ledit délai.
      
      89      Dès lors, la décision litigieuse est entachée d’une erreur de droit et doit être annulée.
      
       Sur les dépens
      90      Aux termes de l’article 69, paragraphe 2, du règlement de procédure, applicable à la procédure de pourvoi en vertu de l’article
         118 du même règlement, toute partie qui succombe est condamnée aux dépens, s’il est conclu en ce sens. IQV ayant conclu à
         la condamnation de la Commission et cette dernière ayant succombé en ses moyens, il y a lieu de la condamner aux dépens de
         la présente instance et de la procédure de première instance, y compris ceux afférents aux procédures de référé tant devant
         la Cour que devant le Tribunal.
      
      Par ces motifs, la Cour (troisième chambre) déclare et arrête:
      1)      L’arrêt du Tribunal de première instance des Communautés européennes du 28 juin 2005, Industrias Químicas del Vallés/Commission
            (T-158/03), est annulé.
      2)      La décision 2003/308/CE de la Commission, du 2 mai 2003, concernant la non-inscription du métalaxyl à l’annexe I de la directive
            91/414/CEE du Conseil et le retrait des autorisations accordées aux produits phytopharmaceutiques contenant cette substance
            active, est annulée.
      3)      La Commission des Communautés européennes est condamnée aux dépens de la présente instance et de la procédure de première
            instance, y compris ceux afférents aux procédures de référé tant devant la Cour que devant le Tribunal.
      Signatures
      * Langue de procédure: l’espagnol.