CELEX: 51998PC0480(03)
Language: fr
Date: 1998-07-22
Title: Proposition de directive du Conseil concernant la répartition des capacités d'infrastructure ferroviaire, la tarification de l'infrastructure ferroviaire et la certification en matière de sécurité

Avis juridique important

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51998PC0480(03)

Proposition de directive du Conseil concernant la répartition des capacités d'infrastructure ferroviaire, la tarification de l'infrastructure ferroviaire et la certification en matière de sécurité  /* COM/98/0480 final - SYN 98/0267 */  

Journal officiel n° C 321 du 20/10/1998 p. 0010

Proposition de directive du Conseil concernant la répartition des capacités d'infrastructure ferroviaire, la tarification de l'infrastructure ferroviaire et la certification en matière de sécurité (98/C 321/07) (Texte présentant de l'intérêt pour l'EEE) COM(1998) 480 final - 98/0267(SYN)(Présentée par la Commission le 29 septembre 1998)LE CONSEIL DE L'UNION EUROPÉENNE,vu le traité instituant la Communauté européenne, et notamment son article 75,vu la proposition de la Commission,vu l'avis du Comité économique et social,statuant conformément à la procédure prévue à l'article 189 C du traité, en coopération avec le Parlement européen,(1) considérant qu'une plus grande intégration du secteur ferroviaire de la Communauté est un élément essentiel en vue de l'achèvement du marché unique et de la réalisation d'une mobilité durable;(2) considérant que la directive 91/440/CEE du Conseil du 29 juillet 1991 relative au développement des chemins de fer communautaire (1) prévoit certains droits d'accès au trafic international par chemin de fer pour des entreprises ferroviaires et des regroupements internationaux d'entreprises ferroviaires; que ces droits impliquent que des utilisateurs multiples puissent utiliser l'infrastructure ferroviaire;(3) considérant que la directive 95/19/CE du Conseil du 19 juin 1995 concernant la répartition des capacités d'infrastructure ferroviaire et la perception de redevances d'utilisation de l'infrastructure (2) définit un cadre général pour la répartition de ces capacités;(4) considérant que ces directives ont contribué à créer d'importantes disparités entre les structures des redevances d'utilisation de l'infrastructure ferroviaire et entre les niveaux de ces redevances, ainsi que dans la forme et la durée des procédures de répartition des capacités;(5) considérant que des systèmes appropriés de répartition des capacités de l'infrastructure ferroviaire, combinés à l'existence d'entreprises ferroviaires compétitives, conduiront à un meilleur équilibre entre les différents modes de transport;(6) considérant que, en incitant à une utilisation optimale de l'infrastructure ferroviaire, le coût du transport pesant sur la société diminuera;(7) considérant qu'il existe un nombre limité, mais en progression, d'entreprises désireuses d'utiliser l'infrastructure ferroviaire communautaire;(8) considérant qu'il est souhaitable que les acheteurs de services ferroviaires puissent avoir directement accès à la procédure de répartition des capacités;(9) considérant que les systèmes de tarification et de répartition des capacités doivent assurer à toutes les entreprises un accès égal et non discriminatoire et s'efforcer, dans la mesure du possible, de répondre aux besoins de tous les utilisateurs et de tous les types de trafic, et ce, de manière équitable et non discriminatoire;(10) considérant que les systèmes de tarification et de répartition des capacités doivent inciter les gestionnaires d'infrastructure ferroviaire à optimiser l'utilisation de leur infrastructure dans l'intérêt de la société tout entière;(11) considérant que les systèmes de répartition des capacités doivent émettre des signaux clairs et cohérents qui permettent aux entreprises ferroviaires de prendre des décisions rationnelles;(12) considérant qu'il est souhaitable de laisser une certaine marge de manoeuvre aux gestionnaire d'infrastructure afin de permettre une utilisation plus efficace du réseau de l'infrastructure;(13) considérant qu'il peut être nécessaire, dans le cadre des systèmes de tarification et de répartition des capacités, de tenir compte du fait que différents segments du réseau ferroviaire peuvent avoir été conçus de manière à répondre aux besoins d'utilisateurs principaux différents;(14) considérant que les exigences liées aux services de transport de voyageurs et celles liées au fret peuvent souvent être incompatibles; que les exigences liées au transport de voyageurs peuvent être à l'origine d'un réseau dont la construction et l'entretien sont plus coûteux qu'un réseau conçu exclusivement pour le fret;(15) considérant que les besoins de services différents doivent être dûment pesés l'un par rapport à l'autre;(16) considérant que l'écart croissant en termes de vitesse entre le matériel roulant réservé au fret et le matériel roulant destiné au transport de voyageurs risque d'aggraver l'opposition entre ces deux types de trafic;(17) considérant que les services exploités en vertu de contrats conclus avec les pouvoirs publics peuvent rendre nécessaire l'adoption de règles particulières afin de préserver leur attrait pour les utilisateurs;(18) considérant que, généralement, des utilisateurs différents et des catégories d'utilisateurs différentes ne produisent pas les mêmes effets sur les capacités;(19) considérant que les systèmes de tarification et de répartition des capacités doivent tenir compte des effets de la saturation croissante des capacités et de la rareté des capacités;(20) considérant que, compte tenu des calendriers différents de programmation des divers types de trafic, il est souhaitable de veiller à ce que les demandes de capacités qui sont introduites une fois le processus de programmation achevé soient satisfaites;(21) considérant que l'utilisation des technologies de l'information est susceptible d'accélérer le processus de programmation et d'en renforcer la réactivité, de faciliter l'introduction de demandes de capacités par les candidats et de faciliter l'établissement de sillons qui empruntent le réseau de plus d'un gestionnaire d'infrastructure;(22) considérant que, pour assurer un résultat optimal pour les entreprises ferroviaires et les différents types de trafic, il est opportun d'exiger un contrôle de l'utilisation des capacités lorsque la coordination des capacités de l'infrastructure est indispensable pour pouvoir répondre aux besoins des utilisateurs;(23) considérant que la position de monopole détenue par le gestionnaire de l'infrastructure rend souhaitable un examen des capacités disponibles et des méthodes de renforcement de celles-ci lorsque le processus de répartition des capacités de l'infrastructure n'est pas à même de répondre aux besoins des utilisateurs;(24) considérant que, en raison du manque d'informations sur les demandes d'autres entreprises ferroviaires ainsi que sur les contraintes du système, il peut être difficile pour les entreprises ferroviaires d'optimiser leurs demandes de capacités;(25) considérant qu'il est important d'assurer une meilleure coordination des systèmes de répartition des capacités de manière à rendre le transport ferroviaire plus intéressant pour le trafic utilisant le réseau de plusieurs gestionnaires d'infrastructure, et en particulier pour le trafic international;(26) considérant qu'il importe de réduire autant que possible les distorsions de concurrence pouvant se produire, soit entre infrastructure ferroviaires, soit entre modes de transport différents, du fait de l'existence de divergences notables dans les principes de tarification;(27) considérant qu'il est souhaitable de définir les composantes du service d'infrastructure qui sont essentielles pour permettre à un opérateur de fournir un service et qui doivent être assurées en contrepartie de redevances d'accès minimales;(28) considérant que les investissements dans l'infrastructure ferroviaire sont souhaitables et que les systèmes de tarification de l'infrastructure doivent prévoir des mesures d'incitation pour que les gestionnaires de l'infrastructure réalisent les investissements appropriés lorsque ceux-ci sont rentables;(29) considérant qu'un système de tarification émet des signaux économiques pour les utilisateurs; qu'il est important que ces signaux transmis aux entreprises ferroviaires soient cohérents et incitent celles-ci à prendre des décisions rationnelles;(30) considérant que des systèmes appropriés de tarification de l'infrastructure ferroviaire, s'ajoutant à des systèmes appropriés de tarification des autres infrastructures de transport et à l'existence d'entreprises ferroviaires compétitives, permettront d'établir un équilibre optimal entre les différents modes de transport;(31) considérant qu'il est opportun de laisser une certaine marge de manoeuvre aux gestionnaires de l'infrastructure pour la modification des redevances, de manière à encourager une utilisation plus efficace du réseau d'infrastructures, par exemple en modifiant les sillons, ou à obtenir l'engagement à long terme des entreprises ferroviaires;(32) considérant que, pour permettre l'établissement des redevances d'utilisation de l'infrastructure à des niveaux adaptés et équitables, les gestionnaires de l'infrastructure doivent estimer et compatibiliser la valeur de leurs actifs, et acquérir une bonne connaissance des déterminants des coûts d'exploitation de l'infrastructure;(33) considérant qu'il est souhaitable de faire en sorte que les coûts externes soient pris en considération dans les décisions arrêtées en matière de transport, ainsi que la Commission l'a souligné dans son livre vert intitulé «Vers une tarification équitable et efficace dans les transports» (3);(34) considérant qu'il est utile que tout système de tarification de l'infrastructure permette au trafic qui couvre au moins le coût supplémentaire qu'il impose à la société d'utiliser le réseau ferroviaire;(35) considérant que, même si des négociations menées pour chaque sillon peuvent refléter la valeur marchande de l'accès, l'asymétrie de l'information peut être à l'origine de résultats décevants et les négociations peuvent être trop coûteuses;(36) considérant que l'infrastructure ferroviaire est un monopole naturel; qu'il est, dès lors, nécessaire d'inciter, par des mesures d'encouragement, les gestionnaires de l'infrastructure à réduire les coûts et à gérer leur infrastructure de manière efficace;(37) considérant qu'il est important de veiller à ce que les redevances perçues sur le trafic international ne soient pas de nature à empêcher le rail de répondre aux besoins du marché;(38) considérant que le niveau général de recouvrement des coûts par le biais d'une tarification de l'infrastructure aura des répercussions sur le niveau des contributions publiques;(39) considérant que les réductions consenties aux opérateurs doivent être liées à des réductions réelles des coûts;(40) considérant qu'il est utile de prévoir des mesures d'incitation qui encouragent les entreprises ferroviaires et le gestionnaire de l'infrastructure à réduire au minimum les défaillances du réseau;(41) considérant que la répartition des capacités a un coût pour le gestionnaire de l'infrastructure qu'il convient de recouvrer;(42) considérant que, conformément au principe de subsidiarité et au principe de proportionnalité tels qu'énoncés à l'article 3 B du traité, les objectifs de la présente directive, à savoir la coordination des systèmes des États membres régissant la répartition des capacités d'infrastructure ferroviaire et la perception de redevances d'utilisation de ladite infrastructure, ne peuvent pas être réalisés de manière suffisante par les États membres compte tenu de la nécessité d'assurer des conditions d'accès à l'infrastructure équitables et non discriminatoires et de tenir compte de la dimension manifestement internationale du fonctionnement d'éléments importants des réseaux ferroviaires et peuvent donc en raison de la nécessité d'une action transnationale coordonnée être mieux réalisés au niveau communautaire; que la présente directive se limite au minimum requis pour atteindre ces objectifs et n'excède pas ce qui est nécessaire à cette fin;(43) considérant que le règlement (CEE) n° 2830/77 du Conseil du 12 décembre 1977 relatif aux mesures nécessaires pour rendre comparables la comptabilité et les comptes annuels des entreprises (4), le règlement (CEE) n° 2183/78 du Conseil du 19 septembre 1978 relatif à la fixation de principes uniformes pour le calcul des coûts des entreprises de chemin de fer (5) ainsi que la décision 82/529/CEE du Conseil du 19 juillet 1982 relative à la formation des prix pour les transports internationaux de marchandises par chemin de fer (6), modifiés en dernier lieu par l'acte d'adhésion de l'Autriche, de la Finlande et de la Suède, sont devenues obsolètes et doivent dès lors être abrogés;(44) considérant que les exigences de la directive 95/19/CE en matière de certificat de sécurité devraient être réitérées dans la présente directive; que la directive 95/19/CE devrait, dès lors, être abrogée,A ARRÊTÉ LA PRÉSENTE DIRECTIVE:CHAPITRE I DISPOSITIONS PRÉLIMINAIRES Article premier Champ d'application1. La présente directive a pour objet de définir les principes et les procédures à suivre pour la fixation et la perception de redevances d'utilisation de l'infrastructure ferroviaire et pour la répartition des capacités de cette infrastructure. Les États membres veillent à ce que les systèmes de tarification et de répartition des capacités de l'infrastructure ferroviaire respectent les principes énoncés dans la présente directive et permettent au gestionnaire de l'infrastructure de commercialiser les capacités de l'infrastructure disponible et d'en faire une utilisation effective et optimale.2. La présente directive s'applique à l'infrastructure ferroviaire de grandes lignes utilisée pour les services ferroviaires nationaux et internationaux.3. Les réseaux locaux autonomes de transport de voyageurs, ainsi que les réseaux réservés exclusivement à la prestation de services urbains et suburbains de transport de voyageurs, par exemple les réseaux de tramway ou de métro léger, sont exclus du champ d'application de la présente directive.Les réseaux privés réservés au seul usage de leur propriétaire pour ses propres activités de fret sont également exclus du champ d'application de la présente directive.4. Les entreprises ferroviaires et les regroupements internationaux dont l'activité est limitée à la fourniture de services de navette transportant des véhicules routiers à travers le tunnel sous la Manche sont exclus du champ d'application de la présente directive.Article 2 DéfinitionsAux fins de la présente directive, on entend par:a) «répartition»: l'affectation des capacités d'infrastructure ferroviaire par un gestionnaire d'infrastructure ou un organisme de répartition;b) «candidat autorisé»: toute personne physique ou morale ayant des raisons commerciales ou de service public d'acquérir des capacités d'infrastructure pour l'exploitation d'un service ferroviaire, qui remplit les conditions requises pour pouvoir demander cette réservation de capacités et qui souhaite réserver des capacités de l'infrastructure ferroviaire considérée; cette définition comprend notamment les entreprises ferroviaires titulaires d'une licence;c) «infrastructure à capacités limitées»: la section de l'infrastructure pour laquelle les demandes de capacités ne peuvent être totalement satisfaites, même après coordination des différentes demandes de réservation de capacités;d) «plan de renforcement des capacités»: une mesure ou une série de mesures, assortie(s) d'un calendrier de mise en oeuvre et visant à réduire les contraintes en matière de capacités qui entraînent la déclaration d'une section de l'infrastructure comme «infrastructure à capacités limitées»;e) «coordination»: la procédure mise en oeuvre par l'organisme de répartition et les candidats autorisés afin de rechercher une solution en cas de demandes concurrentes pour la réservation des capacités de l'infrastructure;f) «accord-cadre»: un accord général définissant les besoins d'un candidat autorisé en termes de capacités d'infrastructure ferroviaire sur une durée dépassant la période de validité de l'horaire;g) «capacité de l'infrastructure»: la possibilité de programmer des sillons sur un segment de l'infrastructure;h) «gestionnaire de l'infrastructure», tout organisme ou toute entreprise chargé(e) de l'établissement et de l'entretien de l'infrastructure ferroviaire;i) «réseau»: l'ensemble de l'infrastructure ferroviaire appartenant à un gestionnaire de l'infrastructure et gérée par lui,j) «document de référence du réseau»: document précisant, de manière détaillée, les règles générales, les délais, les procédures et les critères relatifs aux systèmes de tarification et de répartition des capacités; ce document contient aussi toutes les autres informations nécessaires pour permettre l'introduction de demandes de capacités;k) «entreprise ferroviaire»: toute entreprise à statut public ou privé, dont l'activité est la prestation de services ferroviaires pour le transport de marchandises et/ou de voyageurs, la traction devant obligatoirement être assurée par cette entreprise;l) «organisme de contrôle»: l'organisme chargé de surveiller les procédures de répartition de capacités d'infrastructure ferroviaire et les systèmes de tarification;m) «processus de programmation»: le processus qui débute par l'introduction de demandes de capacités d'infrastructure et s'achève par la présentation d'un horaire de service;n) «demande soumise à la procédure accélérée»: la demande de capacités qui, faute d'avoir eu connaissance de ce besoin suffisamment à l'avance, ne peut être traitée dans le cadre du processus normal de programmation;o) «sillon»: la capacité d'infrastructure requise pour faire circuler un train donné d'un point à un autre à un moment donné;p) «horaire de service»: les données définissant tous les mouvements programmés des trains et du matériel roulant, sur l'infrastructure concernée, pendant la période de validité de cet horaire.Article 3 Document de référence du réseau1. Le gestionnaire de l'infrastructure établit et publie, en liaison avec les candidats autorisés et les autres parties intéressées, un document de référence du réseau.2. Le document de référence du réseau expose les caractéristiques de l'infrastructure mise à la disposition des entreprises ferroviaires. Il contient des informations précisant les conditions d'accès à l'infrastructure ferroviaire concernée. Il comprend un chapitre distinct, énonçant les principes de tarification et présentant, le cas échéant, un barème, conformément à l'article 7, ainsi qu'un chapitre indiquant les critères et les règles de répartition des capacités, en vertu de l'article 17. Il contient aussi des renseignements détaillés sur les procédures et les délais à respecter.3. Le document de référence du réseau est communiqué à toutes les parties qui sont ou souhaiteraient devenir des candidats autorisés, contre paiement d'un droit qui ne peut être supérieur au coût de publication de ce document.4. Le document de référence du réseau est tenu à jour et, le cas échéant, modifié.CHAPITRE II REDEVANCES D'INFRASTRUCTURE Article 4 Établissement et recouvrement des redevances1. Les États membres peuvent mettre en place un cadre pour la tarification, mais en respectant l'indépendance de gestion prévue à l'article 7 de la directive 91/440/CEE. L'établissement de règles de tarification spécifiques et le recouvrement des redevances d'utilisation de l'infrastructure incombent au gestionnaire de l'infrastructure.2. Si le gestionnaire de l'infrastructure n'est pas indépendant des entreprises ferroviaires sur le plan juridique, organisationnel et décisionnel, les fonctions visées au paragraphe 1 et décrites dans le présent chapitre sont assumées par un organisme de tarification qui est indépendant des entreprises ferroviaires sur le plan juridique, organisationnel et décisionnel.3. Les gestionnaires de l'infrastructure coopèrent de manière à assurer le fonctionnement efficace des services ferroviaires traversant plus d'un réseau. Ils peuvent établir, à cet effet, les organisations communes nécessaires. Toute collaboration ou organisation commune est soumise aux règles énoncées dans la présente directive.4. Sauf lorsque des dispositions particulières sont prises en application de l'article 9, paragraphe 1, le gestionnaire de l'infrastructure veille à ce que le système de tarification en vigueur soit fondé sur les mêmes principes sur l'ensemble de son réseau.5. Le gestionnaire de l'infrastructure s'assure que le système de tarification est appliqué de manière telle que les différentes entreprises ferroviaires effectuant des prestations de services de nature équivalente sur une même partie du marché soient soumises à des redevances objectives, équivalentes et non discriminatoires.6. Le gestionnaire de l'infrastructure ou l'organisme de tarification respecte la confidentialité, sous l'angle commercial, des informations que lui communiquent les candidats autorisés.Article 5 Services1. Les entreprises ferroviaires peuvent prétendre à l'ensemble des prestations décrites à l'annexe en tant qu'ensemble de prestations minimales, ainsi qu'aux services décrits à l'annexe en tant que services d'accès obligatoires.2. Pour garantir le fonctionnement du réseau en toute sécurité, le gestionnaire de l'infrastructure peut exiger des entreprises ferroviaires qu'elles procurent un certain nombre de prestations. Ces prestations sont décrites à l'annexe comme prestations obligatoires et peuvent être fournies soit par le gestionnaire de l'infrastructure lui-même, soit par une autre entité agréée par un organisme de contrôle indépendant.3. Si le gestionnaire de l'infrastructure fournit l'un ou l'autre des services décrits à l'annexe en tant que prestations complémentaires, il doit les fournir à tout candidat autorisé qui en fait la demande.4. Les entreprises ferroviaires peuvent demander en sus au gestionnaire de l'infrastructure ou à d'autres fournisseurs un ensemble de services connexes, énumérés à l'annexe. Le gestionnaire de l'infrastructure n'est pas tenu de fournir ces prestations connexes.Article 6 Coût de l'infrastructure et comptabilité1. Les États membres définissent les conditions appropriées, comprenant le cas échéant des paiement ex ante, pour que les comptes du gestionnaire de l'infrastructure, dans des conditions normales d'activité et considérés sur une période raisonnable, présentent au moins un équilibre entre, d'une part, les recettes tirées des redevances d'utilisation de l'infrastructure, l'excédent dégagé d'autres activités commerciales et les aides d'État et, d'autre part, les dépenses d'infrastructure. Les aides d'État sont réalisées conformément aux articles 77, 92 et 93 du traité.2. Le gestionnaire de l'infrastructure doit, tout en respectant les exigences en matière de sécurité, et en maintenant et en améliorant la qualité de service de l'infrastructure, être encouragé par des mesures d'incitation à réduire les coûts de fourniture de l'infrastructure et le niveau des redevances d'accès.3. Les États membres veillent à ce que la disposition prévue au paragraphe 2 soit mise en oeuvre dans le cadre, soit d'un contrat conclu, pour une durée minimale de trois ans, entre l'autorité compétente et le gestionnaire de l'infrastructure et prévoyant les aides d'État mentionnées au paragraphe 1, soit d'un régime de contrôle approprié, qui devra être instauré et prévoira les pouvoirs nécessaires.4. Lorsqu'un contrat est conclu en vertu du paragraphe 3, ses modalités et la structure des versements destinés à soutenir financièrement le gestionnaire de l'infrastructure sont convenus à l'avance et couvrent toute la durée du contrat.5. Le gestionnaire de l'infrastructure dresse et tient à jour un inventaire des actifs qu'il gère. Cet inventaire précise la valeur actuelle de ces actifs, ainsi que les différents postes de dépenses consacrées au renforcement et au renouvellement de l'infrastructure.6. Le gestionnaire de l'infrastructure établit une méthode d'imputation des coûts entre les différents types de matériel roulant et les différentes activités, en exploitant les meilleurs connaissances disponibles sur l'origine des coûts.Article 7 Chapitre sur les redevances et les systèmes de tarification1. Le gestionnaire de l'infrastructure établit, en liaison avec les candidats autorisés et les autres parties intéressées, un chapitre sur les redevances et les systèmes de tarification qui est intégré dans le document de référence du réseau.2. Le chapitre contient toutes les précisions nécessaires sur le système de tarification et des informations suffisantes sur les redevances applicables aux prestations de services énumérées à l'annexe et assurées par un seul fournisseur. Il contient également des renseignements sur le système de tarification en vigueur ainsi que des indications sur les modifications probables du montant des redevances au cours des cinq années suivantes. Il comprend aussi une analyse générale des ventes et des recettes, qui ne doit pas permettre de connaître les redevances payées par une entreprise pour un service déterminé.3. Si le gestionnaire de l'infrastructure applique un système de réductions tel que défini à l'article 10, un système d'amélioration des performances au sens de l'article 12, ou des droits de réservation tels que définis à l'article 13, le chapitre doit apporter des précisions sur ces systèmes.4. À la demande d'un candidat autorisé, l'organe de contrôle demande au gestionnaire de l'infrastructure de lui communiquer, sous réserve que cette demande ne soit pas excessive, dans un délai d'un mois à compter de celle-ci et gratuitement, des informations suffisamment détaillées sur la méthode d'établissement des coûts de revient qu'il utilise pour calculer les redevances d'utilisation de l'infrastructure, ainsi que des indications sur la manière dont il établit et impute les coûts entre les différents types de matériel roulant et les différents services, afin de permettre à ce candidat de vérifier que les redevances satisfont aux exigences de la présente directive.5. Afin de permettre d'apprécier la faisabilité d'une prestation de service, le gestionnaire de l'infrastructure fournit gratuitement à tout candidat autorisé qui en fait la demande, dans un délai d'un mois à compter de celle-ci, des informations sur les redevances applicables aux types de matériel roulant et aux services qui ne figurent pas dans les informations publiées.Article 8 Principes de tarification1. Les redevances d'utilisation de l'infrastructure sont versées au gestionnaire de l'infrastructure, qui les affecte au financement de ses activités.2. Les États membres peuvent exiger du gestionnaire de l'infrastructure qu'il fournisse toute information nécessaire sur les redevances imposées leur permettant de s'assurer que les redevances sont perçues sur une base non discriminatoire.3. Sans préjudice des dispositions du paragraphe 5, la redevance d'utilisation de l'infrastructure ferroviaire, qui comprend l'ensemble des prestations minimales et l'un ou l'autre des services d'accès, est égale au coût directement imputable à l'exploitation des trains.4. Le gestionnaire de l'infrastructure inclut dans le montant de la redevance d'utilisation de l'infrastructure une redevance sur la rareté des capacités. Cette redevance n'est perçue que sur les sections identifiables de l'infrastructure qui sont soumises à des contraintes en matière de capacités. La détermination du montant de cette redevance s'effectue selon une méthode sur laquelle les parties intéressées sont consultées au préalable. La méthode utilisée est décrite dans le chapitre consacré aux principes de tarification.5. La redevance d'utilisation de l'infrastructure peut être modifiée par une composante visant à tenir compte du coût des effets externes produits par l'exploitation des trains. Cette composante doit être différenciée en fonction de l'ampleur de l'effet externe engendré. Le niveau de cette composante doit être calculé sur la base d'une méthode publiée au sujet de laquelle les entreprises ferroviaires qui utilisent ou voudraient utiliser l'infrastructure auront été consultées. En l'absence d'un niveau de tarification comparable des coûts externes pour d'autres modes de transport concurrents, cette composante de la redevance n'entraînera aucune modification du montant global des recettes réalisées par le gestionnaire de l'infrastructure. Dans les cas où l'intégration d'une composante au titre des effets externes dans la redevance entraîne un accroissement des recettes, il appartient aux États membres de décider de l'affectation de ces recettes supplémentaires.6. Afin d'éviter toute variation excessive, les redevances visées aux paragraphes 3, 4 et 5 peuvent être exprimées en moyennes calculées sur un éventail suffisant de trains et de périodes. Toutefois, l'importance relative des redevances d'utilisation de l'infrastructure doit être en rapport avec l'écart relatif des coûts des différents services.7. Si les services énumérés dans l'annexe comme prestations complémentaires, obligatoires et connexes ne peuvent être assurés que par un seul fournisseur, la redevance imposée pour le service considéré doit être liée au coût de la prestation fondé sur le degré d'utilisation réel.8. Des redevances sont perçues au titre des capacités utilisées pour l'entretien de l'infrastructure. Ces redevances ne doivent pas être supérieures au montant net du manque à gagner supporté par le gestionnaire de l'infrastructure du fait des opérations d'entretien.Article 9 Exceptions aux principes de tarification1. Dans des cas exceptionnels et pour des projets particuliers, les systèmes de tarification de l'utilisation de l'infrastructure ou d'une infrastructure renforcée peuvent être fondés sur les coûts supplémentaires à long terme qui découlent de l'investissement réalisé, majorés d'un taux de rentabilité raisonnable. Les redevances ne peuvent être calculées sur cette base que sous réserve que le gestionnaire de l'infrastructure prouve à l'organisme de contrôle que:a) l'investissement nécessaire n'aurait pu être réalisé sans cela,et queb) tant l'investissement que le système de tarification permettent un renforcement de l'efficience économique.2. Les États membres font en sorte, en principe, que toute prestation qui est de nature à couvrir au moins le coût qu'elle génère n'est pas empêchée par le système de tarification d'utiliser les capacités de l'infrastructure. Si un organisme de tarification veut recouvrer un niveau de coût supérieur à ce qu'autorise l'article 8, paragraphes 3, 4 et 5, il ne peut le faire, pour des services autres que le fret, qu'en imposant des redevances supplémentaires conformément à l'un des groupes de règles figurant aux paragraphes 3, 4 et 5 du présent article.3. Une redevance forfaitaire peut être perçue auprès de l'entreprise ferroviaire qui utilise le plus un segment de l'infrastructure, tandis qu'un système de redevances forfaitaires et de redevances variables est appliqué aux autres entreprises ferroviaires. À cet effet, le réseau peut être divisé en segments, aucun de ces segments ne devant être inférieur à 1 000 kilomètres de long. La redevance est calculée sur la base des coûts qui sont liés au segment de l'infrastructure considéré mais ne sont pas couverts par les redevances visées à l'article 8, paragraphe 3. Elle ne doit pas être supérieure à ces coûts. En cas de perception d'une redevance forfaitaire, l'organisme de tarification doit faire en sorte que, lorsque, simultanément, elles fournissent un service équivalent sur le même marché, les autres entreprises ferroviaires ne soient pas soumises à une redevance moyenne ou à une redevance pour la réalisation d'une prestation complémentaire qui soit supérieure de plus de 10 % à celle qui est perçue auprès de l'entreprise ferroviaire qui utilise le plus le segment considéré.4. Les redevances peuvent être augmentées et modulées dans le cadre de négociations en fonction de l'élasticité de la demande pour différents services ou types de services. De telles modifications ne sont autorisées que sous la stricte surveillance d'un organisme de contrôle et sous réserve qu'il existe des mesures de sauvegarde garantissant que les redevances payées par les utilisateurs qui dépendent du transport ferroviaire ne sont pas excessives. Les organismes de contrôle établissent et publient, après consultation, les règles à suivre en la matière. Les redevances calculées selon cette méthode font l'objet d'un contrat conclu entre le gestionnaire de l'infrastructure et le candidat autorisé.5. Le gestionnaire de l'infrastructure peut publier des tarifs, en établissant une distinction entre différents types de trafic clairement définis, suivant qu'ils sont ou non disposés à payer des redevances supérieures aux coûts qu'ils entraînent. Cette méthode n'est autorisée que lorsqu'il existe des mesures de sauvegarde garantissant que les redevances payées par les utilisateurs qui dépendent du transport ferroviaire ne sont pas excessives et que des mesures ont été prises pour faire en sorte que le trafic qui est apte à couvrir au moins les coûts supplémentaires qu'il génère puisse être accepté. Un organisme contrôle les tarifs appliqués aux différents types de trafic et vérifie qu'ils sont appropriés.Article 10 Réductions1. Les éventuelles réductions consenties sur les redevances perçues auprès d'une entreprise ferroviaire par le gestionnaire de l'infrastructure, pour une prestation de service quelle qu'elle soit, doivent remplir les critères énoncés aux paragraphes 2, 3 et 4 sans préjudice des dispositions des articles 85, 86 et 90 du traité.2. Les réductions ne sont pas supérieures à l'économie réelle réalisée par le gestionnaire de l'infrastructure dans le cadre de son activité par référence à un aller simple équivalent. Pour déterminer le niveau de réduction, il ne peut être tenu aucun compte des économies déjà intégrées dans la redevance perçue.3. Les réductions ne peuvent porter que sur des redevances perçues pour une section déterminée de l'infrastructure.4. Des systèmes de réductions distincts doivent être appliqués à des types de services différents.Article 11 Système de compensation des coûts marginaux et d'infrastructure non couverts dans les autres modes de transport1. Les États membres peuvent instaurer un système à durée limitée afin de compenser, lors de l'utilisation de l'infrastructure ferroviaire, les coûts marginaux externes et les coûts d'infrastructure non couverts dans d'autres modes de transport, lorsque la réalité de ces coûts peut être établie et dans la mesure où ces coûts dépassent les coûts marginaux externes et d'infrastructure propres au chemin de fer.2. La méthode employée et les calculs effectués doivent être rendus publics. Il est notamment nécessaire de faire la preuve des coûts spécifiques de l'infrastructure de transport concurrente non couverts, et que le transport ferroviaire permet d'éviter, et de veiller à ce que le système soit appliqué aux entreprises à des conditions non discriminatoires.3. Les États membres vérifient que les systèmes de cette nature sont compatibles avec les articles 77, 92 et 93 du traité.Article 12 Système d'amélioration des performances1. Les systèmes de tarification de l'infrastructure encouragent les entreprises ferroviaires et le gestionnaire de l'infrastructure à réduire au minimum les défaillances et à améliorer les performances du réseau ferroviaire, par l'établissement d'un système d'amélioration des performances, qui est assorti de sanctions en cas d'actes à l'origine de défaillances du réseau, de compensations pour les entreprises qui sont victimes de ces défaillances et de primes en cas de bonnes performances dépassant les prévisions.2. Les principes de base du système d'amélioration des performances s'appliquent à l'ensemble du réseau.Article 13 Droits de réservation de capacités1. Le gestionnaire de l'infrastructure peut percevoir un droit au titre des capacités demandées mais non utilisées, en respectant les principes énoncés aux paragraphes 2 à 6.2. Le droit sert à encourager une utilisation efficace des capacités.3. Lorsque toutes les demandes de capacités peuvent être satisfaites sans recourir à une coordination, le droit ne dépasse pas les coûts de fourniture du sillon concerné.4. Lorsqu'une coordination est nécessaire, le droit n'est pas supérieur à la valeur de la capacité demandée.5. Des dispositions particulières peuvent être prises dans le cas où une entreprise a conclu un accord lui permettant d'exploiter un ou plusieurs trains sans devoir préciser les horaires exacts d'exploitation de ces trains.6. Le droit de réservation de capacités ne peut être perçu qu'a l'issue de la période convenue pour l'utilisation des capacités réservées.CHAPITRE III RÉPARTITION DES CAPACITÉS Article 14 Droits1. Le droit d'utiliser l'infrastructure ferroviaire est accordé par le gestionnaire de l'infrastructure concerné.2. Les capacités disponibles sont réparties par le gestionnaire de l'infrastructure et ne peuvent, une fois affectées à un candidat autorisé, être transférées par le bénéficiaire à une autre entreprise ou un autre service. L'utilisation de capacités par une entreprise ferroviaire pour exercer les activités d'un candidat autorisé, qui n'est pas une entreprise ferroviaire, n'est pas considérée comme un transfert.3. Le droit d'utiliser des capacités déterminées de l'infrastructure ferroviaire sous forme de sillons peut être accordé aux candidats autorisés pour une durée maximale correspondant à une seule période de validité de l'horaire.4. Un gestionnaire de l'infrastructure et un candidat autorisé peuvent conclure un accord-cadre en ce qui concerne l'utilisation des capacités sur l'infrastructure ferroviaire concernée, pour une durée supérieure à une période de validité de l'horaire, conformément à l'article 20.5. Les droits et les obligations du gestionnaire de l'infrastructure et des candidats autorisés en ce qui concerne la répartition des capacités sont fixés contractuellement.Article 15 Mise en oeuvre de la répartition des capacités1. Les États membres peuvent mettre en place un cadre pour la répartition des capacités de l'infrastructure ferroviaire, mais en respectant l'indépendance de gestion prévue à l'article 7 de la directive 91/440/CEE. Le gestionnaire de l'infrastructure établit les règles spécifiques de répartition des capacités et accomplit les procédures de répartition de ces capacités. Il veille notamment à ce que les capacités d'infrastructure ferroviaire soient réparties sur une base équitable et non discriminatoire et dans le respect du droit communautaire.2. Si le gestionnaire de l'infrastructure n'est pas indépendant des entreprises ferroviaires sur le plan juridique, organisationnel et décisionnel, la fonction de répartition est assumée par un organisme de répartition, qui est indépendant des entreprises ferroviaires sur le plan juridique, organisationnel et décisionnel.3. Le gestionnaire de l'infrastructure et l'organisme de répartition respectent la confidentialité, sous l'angle commercial, des informations qui leur sont communiquées.Article 16 Collaboration en vue de répartir les capacités sur plusieurs réseaux1. Les gestionnaires de l'infrastructure collaborent afin de permettre la création et la répartition efficace de capacités impliquant plusieurs réseaux et créent toutes les organisations communes nécessaires à cette fin. Toute collaboration ou organisation commune est soumise aux règles fixées par la présente directive.Les gestionnaires de l'infrastructure mettent notamment en place une organisation chargée de coordonner la répartition des capacités au niveau international, organisation comprenant des représentants des gestionnaires de toutes les infrastructures ferroviaires dont les décisions de répartition ont une incidence sur l'activité de plusieurs autres gestionnaires d'infrastructure. Cette organisation peut inclure des représentants appropriés de gestionnaires de l'infrastructure extérieurs à la Communauté. La Commission est informée des réunions de l'organisation et est invitée à y participer en qualité d'observateur.2. Lors des réunions ou des autres activités entreprises dans le cadre de la répartition des capacités d'infrastructure pour les services ferroviaires empruntant plusieurs réseaux, les décisions sont prises par les seuls représentants des gestionnaires de l'infrastructure.3. Les représentants qui collaborent en vertu du paragraphe 1 veillent à ce que les conditions de participation, les modes de fonctionnement de cette collaboration et tous les critères utilisés pour l'évaluation et la répartition des capacités soient rendus publics.4. Dans le cadre de la collaboration visée au paragraphe 1, premier alinéa, les gestionnaires de l'infrastructure peuvent évaluer les besoins et, le cas échéant, organiser et demander la création de sillons internationaux afin de faciliter l'exploitation des trains de marchandises qui font l'objet d'une demande soumise à la procédure accélérée.Ces sillons internationaux préétablis sont mis à la disposition des candidats autorisés par l'entremise de l'un des gestionnaires d'infrastructure participants.Article 17 Document de référence du réseau - Répartition des capacités1. Le gestionnaire de l'infrastructure établit, en liaison avec les candidats autorisés, d'autres parties intéressées et, le cas échéant, d'autres gestionnaires d'infrastructure, un chapitre sur les principes et les critères de répartition des capacités qui est intégré dans le document de référence du réseau.2. Le document de référence du réseau expose les grandes caractéristiques des capacités de l'infrastructure mises à la disposition des entreprises ferroviaires et précise les restrictions éventuelles qui en limitent l'utilisation, et notamment les contraintes probables imposées par l'entretien du réseau.3. Le document de référence précise également les procédures et délais relatifs à la répartition des capacités et arrête les critères spécifiques applicables, et notamment:a) les modalités d'introduction des demandes de capacités auprès du gestionnaire de l'infrastructure par les candidats autorisés;b) les dispositions auxquelles il doit être satisfait par les candidats autorisés;c) les délais applicables aux procédures de demande et de répartition;d) les principes régissant le processus de coordination;e) les procédures à suivre et les critères à appliquer lorsque les capacités disponibles sont limitées;f) les spécifications concernant les infrastructures spécialisées;g) les règles concernant la prise en compte éventuelle des niveaux antérieurs d'utilisation des capacités pour déterminer les priorités lors du processus de répartition.4. Le document de référence détaille les mesures prises pour assurer un traitement adéquat des services de fret, des services internationaux et des demandes soumises à la procédure accélérée.5. Il est publié au plus tard quatre mois avant la date limite pour l'introduction des demandes de capacités d'infrastructure.Article 18 Principes de répartitionLorsqu'il arrête les règles et principes régissant la répartition des capacités, le gestionnaire de l'infrastructure tient compte des contraintes ou de la pertinence de facteurs tels que:a) le partage et le développement de l'infrastructure disponible pour le transport national et international de voyageurs et de marchandises, de la manière la plus efficace et la plus économique possible et compte tenu des intérêts de tous les utilisateurs des services ferroviaires;b) l'absence de discrimination entre entreprises ou catégories d'entreprises;c) l'encouragement de la concurrence au niveau des prestations de services ferroviaires;d) le maintien et l'amélioration des niveaux de fiabilité du service;e) la prise en compte des besoins raisonnables des candidats autorisés et du gestionnaire de l'infrastructure en ce qui concerne le développement futur de leurs activités;f) la marge de manoeuvre maximale laissée au gestionnaire de l'infrastructure en ce qui concerne la répartition des capacités sous réserve de la satisfaction des besoins raisonnables des candidats autorisés;g) l'absence de contraintes excessives imposées aux autres entreprises qui détiennent ou souhaitent détenir des droits d'utilisation de l'infrastructure afin de développer leurs activités;h) la prise en compte des intérêts financiers des bailleurs de fonds publics pour l'achat de services de voyageurs;i) l'adoption de mesures d'incitation à l'amélioration des performances.Article 19 Candidats autorisés1. Les demandes visant à obtenir des capacités d'infrastructure ferroviaire ne peuvent être introduites que par un candidat autorisé.2. Le gestionnaire de l'infrastructure peut imposer aux candidats autorisés des règles afin d'assurer la sauvegarde de ses aspirations légitimes en ce qui concerne les recettes et l'utilisation future de l'infrastructure. Ces règles sont appropriées, transparentes et non discriminatoires. Elles sont publiées, dans le cadre des principes de répartition, dans le document de référence du réseau et la Commission en est informée.3. Les règles visées au paragraphe 2 ne portent que sur la fourniture d'une garantie financière ne devant pas dépasser un niveau approprié, proportionnel au niveau d'activité envisagé du candidat autorisé, et sur la capacité à présenter des offres conformes en vue de l'obtention de capacités.Article 20 Accords-cadres1. Sans préjudice des dispositions des articles 85, 86 et 90 du traité, un candidat autorisé et un gestionnaire de l'infrastructure peuvent conclure un accord-cadre précisant les caractéristiques des capacités d'infrastructure ferroviaire requises par le candidat autorisé pour toute durée dépassant une période de validité de l'horaire. L'accord-cadre ne définit pas un sillon de façon détaillée mais est établi de manière à répondre aux besoins commerciaux légitimes du candidat autorisé.2. L'accord-cadre ne doit pas faire obstacle à l'utilisation de l'infrastructure concernée par d'autres candidats autorisés ou services.3. L'accord-cadre doit pouvoir être modifié ou limité afin de permettre une meilleure utilisation de l'infrastructure ferroviaire.4. Les parties à un accord-cadre peuvent convenir de sanctions dans l'hypothèse où il faudrait modifier ou mettre un terme à l'accord.5. L'accord-cadre est conclu en principe pour une durée maximale de cinq ans. Le gestionnaire de l'infrastructure peut, dans des cas spécifiques, accepter des périodes plus longues. Toute dérogation de ce type est motivée par l'existence de contrats commerciaux, d'investissement particuliers ou de risques.6. Tout en respectant la confidentialité sous l'angle commercial, les dispositions générales de chaque accord-cadre sont communiquées à toute partie intéressée.7. Les utilisateurs ayant des besoins spécifiques peuvent souhaiter définir, dans l'accord-cadre, plus précisément qu'il n'est normalement autorisé, certains aspects des capacités compte tenu de l'importance économique ou sociale qu'ils revêtent. Le gestionnaire de l'infrastructure peut tenir compte de ces besoins pour mettre à leur disposition des capacités définies de façon plus spécifique pour autant que l'achat se fasse dans le cadre d'un contrat reconnaissant le coût de cette opération pour le gestionnaire de l'infrastructure et qu'il soit compatible avec les principes fixés dans le document de référence du réseau.Article 21 Calendrier du processus de répartition1. Le gestionnaire de l'infrastructure respecte pour la répartition des capacités le calendrier figurant aux paragraphes 2 à 7.2. L'horaire de service est établi une fois par année civile.3. Les modifications d'horaire interviennent à minuit le dernier samedi de mai. Lorsqu'une modification ou un ajustement est opéré après l'été, il intervient le dernier samedi de septembre ainsi que, le cas échéant, à d'autres moments entre ces dates.4. Les demandes de capacités à intégrer dans l'horaire de service doivent être introduites au plus tard douze mois avant l'entrée en vigueur de l'horaire.5. Au plus tard onze mois avant l'entrée en vigueur de l'horaire de service, les gestionnaires de l'infrastructure établissent des sillons internationaux provisoires en collaboration avec les autres organismes de répartition compétents visés à l'article 16. Les gestionnaires de l'infrastructure s'assurent dans la mesure du possible que ces sillons sont respectés dans la suite de la procédure.6. Les gestionnaires de l'infrastructure conviennent, avec les gestionnaires d'infrastructure concernés, des sillons internationaux à intégrer dans l'horaire de service avant de commencer les consultations concernant le projet d'horaire. Des ajustements ne seront opérés qu'en cas d'absolue nécessité.7. Au plus tard quatre mois après la date limite pour la présentation des offres par les candidats autorisés, le gestionnaire de l'infrastructure établit un projet d'horaire.Article 22 Demandes1. Les candidats autorisés peuvent introduire auprès du gestionnaire de l'infrastructure une demande visant à obtenir des droits d'utilisation de l'infrastructure ferroviaire, en contrepartie d'une redevance conforme aux dispositions du chapitre II.2. Les demandes relatives à l'horaire régulier doivent respecter les délais fixés à l'article 21.3. Un candidat autorisé, qui est partie à un accord-cadre, introduit sa demande conformément aux dispositions de cet accord.4. Les candidats autorisés peuvent demander des capacités impliquant plusieurs réseaux en s'adressant à un seul gestionnaire de l'infrastructure, ce dernier étant alors habilité à agir pour le compte du candidat autorisé dans sa recherche de capacités auprès des gestionnaires d'infrastructure compétents.5. Les gestionnaires de l'infrastructure font en sorte que, pour les capacités impliquant plusieurs réseaux, les candidats autorisés puissent introduire leurs demandes auprès d'une instance commune instituée par les gestionnaires de l'infrastructure.Article 23 Programmation1. Le gestionnaire de l'infrastructure s'efforce, dans la mesure du possible, de satisfaire toutes les demandes de capacités, et notamment celles portant sur les sillons qui traversent plus d'un réseau, et de tenir compte de toutes les contraintes auxquelles les candidats autorisés doivent faire face, telles que l'incidence économique sur leurs activités.2. Le gestionnaire de l'infrastructure veille à ce que, sauf dans les cas prévus à l'article 20, paragraphe 7, à l'article 25, paragraphe 3, et à l'article 27, aucune priorité ne soit accordée à un quelconque type de service ou candidat autorisé dans le cadre de la procédure de programmation et de coordination.3. Le gestionnaire de l'infrastructure consulte les parties intéressées au sujet du projet d'horaire et leur laisse la faculté de présenter leurs observations durant une période d'au moins un mois. Les parties intéressées comprennent toutes celles qui ont introduit une demande de capacités ainsi que les autres parties qui souhaitent formuler des commentaires au sujet de l'incidence que l'horaire pourrait avoir sur leur aptitude à fournir des services ferroviaires durant la période de validité de l'horaire.4. Le gestionnaire de l'infrastructure adopte les mesures appropriées afin de prendre en compte les préoccupations exprimées.Article 24 Procédure de coordination1. Le gestionnaire de l'infrastructure confronté, dans le cadre de la procédure de coordination, à des demandes concurrentes s'efforce, par la coordination des demandes, d'assurer la meilleure adéquation possible entre les demandes.2. Lorsque la situation est telle qu'une coordination s'impose, le gestionnaire de l'infrastructure peut, dans des limites raisonnables, proposer des capacités différentes de celle qui ont été demandées.3. Le gestionnaire de l'infrastructure s'efforce, en consultant les candidats concernés, de résoudre les conflits éventuels en tenant compte des principes énumérés à l'article 18.4. Les principes régissant la procédure de coordination sont définis dans le document de référence du réseau. Ils reflètent, en particulier, la difficulté de tracer des sillons internationaux et l'incidence que toute modification risque d'avoir sur les autres gestionnaires de l'infrastructure.5. Lorsqu'une demande de capacités ne peut être satisfaite sans coordination, le gestionnaire de l'infrastructure s'efforce de traiter l'ensemble des demandes par la voie de la coordination.Article 25 Pénurie de capacités1. Lorsque, à l'issue de la coordination des sillons demandés et de la consultation des candidats, il s'avère impossible de répondre favorablement à toutes les demandes de capacités, le gestionnaire de l'infrastructure déclare immédiatement la section de l'infrastructure concernée, infrastructure à capacités limitées. Il en va de même des infrastructures dont on peut penser qu'elles souffriront d'une même pénurie dans un proche avenir.2. Lorsqu'une infrastructure a été déclarée à capacités limitées, le gestionnaire de l'infrastructure procède à une analyse des capacités conformément aux dispositions de l'article 28, sauf si un plan de renforcement des capacités, visé à l'article 29, a déjà été mis en oeuvre.3. Si les redevances perçues en vertu de l'article 8, paragraphe 4, n'ont pas donné des résultats satisfaisants et que l'infrastructure a été déclarée à capacités limitées, le gestionnaire de l'infrastructure peut appliquer en outre des critères de priorité à la répartition des capacités.4. Les critères de priorité tiennent compte de l'importance d'un service pour la collectivité, par rapport à un quelconque autre service qui sera en conséquence exclu. Il convient notamment de tenir compte de l'incidence de cette exclusion dans d'autres États membres.5. L'importance des services de fret, et en particulier des services de fret internationaux, est dûment prise en compte lors de la fixation des critères de priorité.6. Pour les infrastructures déclarées à capacités limitées, le gestionnaire de l'infrastructure prend les mesures nécessaires, au niveau approprié, afin d'assurer qu'il puisse honorer les demandes soumises à la procédure accélérée et qui sont prévues ou prévisibles au moment du processus de programmation. Il veille à ce que la possibilité de satisfaire ces demandes soit comparable à celle dont bénéficient les demandes introduites dans le cadre du processus de programmation.7. Les procédures à suivre et les critères appliqués lorsque les infrastructures sont déclarées à capacités limitées sont arrêtées dans le document de référence du réseau.Article 26 Demandes soumises à la procédure accélérée1. Le gestionnaire de l'infrastructure veille à pouvoir répondre, à tout moment, dans un délai maximal de cinq jours, aux demandes de sillons individuels introduites dans le cadre de la procédure accélérée. Le temps de réponse moyen pour ce type de demande doit être inférieur à deux jours.2. Le gestionnaire de l'infrastructure procède, le cas échéant, à une évaluation de la nécessité de maintenir une réserve de capacités dans le cadre de l'horaire définitif afin de lui permettre de répondre rapidement aux demandes prévisibles de capacités introduites dans le cadre de la procédure accélérée.3. Le gestionnaire de l'infrastructure veille à ce que les informations concernant la réserve de capacités utilisable pour satisfaire les demandes soumises à la procédure accélérée soient mises à la disposition de tous les candidats autorisés susceptibles d'utiliser ces capacités.4. Des statistiques générales concernant les temps de réponse aux demandes soumises à la procédure accélérée et la suite réservée à ces demandes sont publiées pour chaque période de validité de l'horaire visée à l'article 21.Article 27 Infrastructure spécialisée1. Sauf disponibilité d'itinéraires de substitution appropriés, la capacité d'infrastructure ferroviaire est considérée comme étant disponible pour l'utilisation de tous les types de services conformes aux caractéristiques requises pour emprunter la ligne en question.2. Lorsque des itinéraires de substitution adéquats existent, le gestionnaire de l'infrastructure peut, après consultation des parties intéressées, désigner des infrastructures spécifiques à utiliser par des types déterminés de trafic. Sans préjudice des dispositions des articles 85, 86 et 90 du traité, lorsque cette désignation a eu lieu, le gestionnaire de l'infrastructure peut accorder la priorité à ce type de trafic lors de la répartition des capacités.Cette désignation ne fait pas obstacle à l'utilisation de ces infrastructures par d'autres types de trafic dès lors que des capacités sont disponibles et que les trains présentent les caractéristiques requises pour emprunter la ligne en question.3. Lorsque l'infrastructure a été désignée conformément au paragraphe 2, il en est fait état dans le document de référence du réseau.Article 28 Analyse des capacités1. L'objectif de l'analyse des capacités visée à l'article 25, paragraphe 2, est de déterminer les restrictions de capacités, qui empêchent que les demandes de capacités puissent être satisfaites de manière appropriée, et de proposer des méthodes permettant de satisfaire les demandes supplémentaires. Cette analyse détermine les raisons de ces contraintes et les mesures qui pourraient être prises à court et moyen terme pour y remédier.2. L'analyse porte sur l'infrastructure, les procédures d'exploitation, la nature des différents services offerts et l'incidence de ces facteurs sur les capacités. Toute mesure proposée peut notamment comprendre la modification de l'itinéraire, la reprogrammation des services, la modification des vitesses et l'amélioration de l'infrastructure.3. L'analyse des capacités est effectuée par le gestionnaire de l'infrastructure en liaison avec les utilisateurs existants et potentiels de l'infrastructure concernée.4. L'analyse des capacités est menée à bien dans un délai de deux mois après que l'infrastructure eut été déclarée infrastructure à capacités limitées.Article 29 Plan de renforcement des capacités1. Dans un délai de six mois suivant l'achèvement de l'analyse des capacités visée à l'article 28, le gestionnaire de l'infrastructure propose un plan de renforcement des capacités.2. Le plan de renforcement des capacités est établi après consultation des utilisateurs de l'infrastructure à capacités limitée concernée. Il indique les raisons des contraintes de capacités, les pistes qui peuvent être suivies pour renforcer les capacités, l'évolution probable du trafic, les contraintes qui pèsent sur le développement de l'infrastructure, le coût des solutions envisageables, notamment pour ce qui est des modifications probables des redevances d'accès et une analyse coût-avantage des mesures pouvant être prises pour renforcer les capacités.3. Le plan proposé comporte un plan d'action et un calendrier pour sa mise en oeuvre.4. Le gestionnaire de l'infrastructure qui, sauf pour des raisons de force majeure, tarde à mettre en oeuvre le plan d'action dressé dans le cadre du plan de renforcement des capacités renonce, dès lors qu'il lui en est fait la demande par les entreprises ferroviaires utilisant l'infrastructure concernée, à percevoir une quelconque redevance au titre de la pénurie de capacités sur l'infrastructure concernée.Article 30 Utilisation des sillons1. Le gestionnaire de l'infrastructure arrête les modalités d'utilisation des sillons accordés aux candidats autorisés conformément aux dispositions des paragraphes 2, 3 et 4.2. Pour l'infrastructure à capacités limitées, le gestionnaire de l'infrastructure impose la renonciation à un sillon qui, sur une période d'au moins un mois, a été utilisé à moins de 75 % de la capacité réservée.3. Pour les sections d'infrastructure ayant fait l'objet d'une coordination tout en n'étant pas à capacités limitées, le gestionnaire de l'infrastructure peut exiger la renonciation à un sillon qui, sur une période d'au moins un mois, a été utilisé à moins de 75 % de la capacité réservée.4. Dans le document de référence du réseau, le gestionnaire de l'infrastructure peut arrêter les conditions de prise en compte des niveaux d'utilisation antérieurs des sillons lors de la détermination des priorités dans le cadre de la procédure de répartition.Article 31 Réservation de capacités pour l'entretien du réseau1. Les demandes de réservation de capacités en vue d'effectuer des travaux d'entretien sont introduites dans le cadre du processus de programmation.2. Le gestionnaire de l'infrastructure tient dûment compte de l'incidence des réservations de capacités pour l'entretien du réseau sur l'activité des autres candidats autorisés.Article 32 Arbitrage1. Le gestionnaire de l'infrastructure prévoit la possibilité d'engager une procédure d'arbitrage, en vue de trancher un litige, dans un délai de dix jours ouvrables, lorsqu'il répartit les capacités ferroviaires ou participe à une organisation commune chargée de répartir les capacités ferroviaires internationales. L'arbitrage contribue à la résolution des litiges relatifs à la répartition des capacités d'infrastructure. Les procédures et modes de fonctionnement sont fixés en liaison avec les candidats autorisés et sont publiées dans le cadre du document de référence du réseau.2. Lorsqu'un arbitrage est demandé, chaque participant à la procédure d'arbitrage assume sa propre part des coûts. Les coûts supplémentaires de l'arbitrage sont répartis également entre les parties.3. Lorsque des candidats autorisés et un gestionnaire de l'infrastructure ou une organisation commune de gestionnaires de l'infrastructure demandent un arbitrage, ils s'engagent à fournir toutes les informations nécessaires pour parvenir à une décision et à respecter la sentence prise par l'instance d'arbitrage.CHAPITRE IV DISPOSITIONS GÉNÉRALES Article 33 Organisme de contrôle1. Sans préjudice des dispositions de l'article 32, les États membres instituent un organisme de contrôle. Cet organisme est indépendant des gestionnaires d'infrastructure, des organismes de tarification, des organismes de répartition et des candidats autorisés, sur le plan organisationnel, financier, juridique et décisionnel. Cet organisme fonctionne conformément aux principes énoncés aux paragraphes 2 à 8.2. Une entreprise peut saisir cet organisme dès lors qu'elle estime être victime d'un traitement inéquitable, d'une discrimination ou de tout autre préjudice, notamment pour introduire un recours contre les décisions prises par le gestionnaire de l'infrastructure en ce qui concerne:a) le document de référence du réseau;b) les critères contenus dans ce document;c) la procédure de répartition et ses résultats;d) le système de tarification;e) le niveau ou la structure des redevances d'utilisation de l'infrastructure qu'elle est ou pourrait être tenue d'acquitter.3. L'organisme de contrôle veille à ce que les redevances fixées par le gestionnaire de l'infrastructure soient conformes aux dispositions du chapitre II et non discriminatoires. Les négociations entre les entreprises ferroviaires et un gestionnaire de l'infrastructure concernant le niveau des redevances d'utilisation de l'infrastructure en vertu de l'article 9 paragraphe 4, ne sont autorisées que si elles ont lieu sous l'égide de l'organisme de contrôle. L'organisme de contrôle intervient immédiatement si les négociations sont susceptibles de contrevenir aux dispositions de la présente directive.4. L'organisme de contrôle est habilité à demander les informations utiles au gestionnaire de l'infrastructure, aux candidats autorisés et à toute autre partie intéressée dans l'État membre concerné; ces informations sont fournies sans tarder.5. L'organisme de contrôle examine les plaintes et adopte les mesures nécessaires afin de remédier à la situation dans un délai maximum de deux mois suivant la réception de toutes les informations.6. Les décisions prises par l'organisme de contrôle sont contraignantes pour toutes les parties concernées.7. Au cas où un recours est introduit contre un refus d'octroyer des capacités ou contre les modalités d'une proposition de capacités, l'organisme de contrôle conclut soit qu'il n'y a pas lieu de modifier la décision prise par le gestionnaire de l'infrastructure, soit que la décision incriminée doit être modifiée conformément aux lignes directrices fixées par l'organisme de contrôle.8. Les États membres adoptent les mesures nécessaires pour que les décisions prises par l'organisme de contrôle soient soumises à un contrôle juridictionnel.Article 34 Certificat de sécurité1. Les dispositions de sécurité qui régissent la certification en matière de sécurité concernant les entreprises ferroviaires qui sont établies ou qui s'établiront dans la Communauté et les regroupements internationaux qu'elles constituent, lorsque ces entreprises et regroupements effectuent les services visés à l'article 10 de la directive 91/440/CEE dans les conditions dudit article, sont conformes aux paragraphes 2 et 3 du présent article.2. Les États membres prévoient l'obligation de présenter un certificat de sécurité fixant les exigences imposées aux entreprises ferroviaires en matière de sécurité en vue d'assurer un service sans danger sur les trajets concernés.3. En vue l'obtention du certificat de sécurité, l'entreprise ferroviaire doit respecter les prescriptions de la législation nationale compatibles avec la législation communautaire, imposées de manière non discriminatoire en ce qui concerne les exigences techniques et opérationnelles spécifiques pour les services ferroviaires et les exigences de sécurité s'appliquant au personnel, au matériel roulant et à l'organisation interne de l'entreprise.Elle doit notamment fournir la preuve que son personnel affecté à la conduite et à l'accompagnement des trains effectuant les services visés à l'article 10 de la directive 91/440/CEE possède la formation requise pour se conformer aux règles de circulation appliquées par le gestionnaire de l'infrastructure et pour respecter les consignes de sécurité qui lui sont imposées dans l'intérêt de la circulation des trains.L'entreprise doit prouver que le matériel roulant composant ces trains a été agréé par l'autorité publique ou par le gestionnaire de l'infrastructure et contrôlé suivant les règlements d'exploitation en vigueur sur l'infrastructure empruntée. Le certificat de sécurité est délivré par l'instance désignée à cet effet par l'État membre où se trouve l'infrastructure empruntée.Article 35 RapportLa Commission soumet au Conseil, quatre ans après l'entrée en vigueur de la présente directive, un rapport accompagné, le cas échéant, de propositions de mesures communautaires complémentaires.Article 36 TranspositionLes États membres mettent en vigueur les dispositions législatives, réglementaires et administratives nécessaires pour se conformer à la présente directive le 1er janvier 2000. Ils en informent immédiatement la Commission.Lorsque les États membres adoptent ces dispositions, celle-ci contiennent une référence à la présente directive ou sont accompagnées d'une telle référence lors de leur publication officielle. Les modalités de cette référence sont arrêtées par les États membres.Article 37 AbrogationsLe règlement (CEE) n° 2830/77, le règlement (CEE) n° 2183/78, la décision 82/529/CEE et la directive 95/19/CE sont abrogés, avec effet à la date indiquée à l'article 36.Article 38 Entrée en vigueurLa présente directive entre en vigueur le vingtième jour suivant celui de sa publication au Journal officiel des Communautés européennes.Article 39 DestinatairesLes États membres sont destinataires de la présente directive.(1) JO L 237 du 24.8.1991, p. 25.(2) JO L 143 du 27.6.1995, p. 75.(3) COM(95) 691 final.(4) JO L 334 du 24.12.1977, p. 13.(5) JO L 258 du 21.9.1978, p. 1.(6) JO L 234 du 9.8.1982, p. 5.ANNEXE L'ensemble des prestations minimales comprend:a) le traitement des demandes de capacités;b) le droit d'utiliser les capacités accordées;c) l'utilisation des branchements et aiguillages du réseau;d) la régulation de la circulation des trains comprenant la signalisation, la régulation, la répartition ainsi que la communication et la fourniture d'informations concernant la circulation des trains.e) toute autre information nécessaire à la mise en oeuvre ou à l'exploitation du service pour lequel les capacités ont été accordées.Les services d'accès comprennent:a) l'accès aux infrastructures d'approvisionnement en combustible;b) l'accès aux gares de voyageurs, à leurs bâtiments et aux autres infrastructures;c) l'accès aux terminaux de marchandises;d) l'accès aux gares de triage;e) l'accès aux gares de formation;f) l'accès aux gares de remisage;g) l'accès aux centres d'entretien et aux autres infrastructures techniques.Les services obligatoires comprennent:a) l'assistance en cas d'accident grave ou de perturbation sérieuse de la circulation normale des trains;b) l'intervention de la police en cas de nécessité;c) le contrôle du respect des normes de sécurité et de la réglementation par les entreprises.Les services complémentaires comprennent:a) l'utilisation du système d'alimentation électrique pour le courant de traction;b) le courant de traction;c) le préchauffage des voitures;d) la fourniture du combustible;e) les services de manoeuvre;f) la mise à disposition de contrats sur mesure pour:- le contrôle du transport de marchandises dangereuses,- l'assistance à la circulation de convois spéciaux.Les services connexes comprennent:a) l'accès au réseau de télécommunications;b) la fourniture d'informations complémentaires;c) le contrôle technique du matériel roulant.