CELEX: 61984CJ0117
Language: fr
Date: 1985-06-04 00:00:00
Title: Arrêt de la Cour (cinquième chambre) du 4 juin 1985. # Office national des pensions pour travailleurs salariés (ONPTS) contre Salvatore Ruzzu. # Demande de décision préjudicielle: Cour du travail de Mons - Belgique. # Sécurité sociale - Cumul des pensions. # Affaire 117/84.

Avis juridique important

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61984J0117

Arrêt de la Cour (cinquième chambre) du 4 juin 1985.  -  Office national des pensions pour travailleurs salariés (ONPTS) contre Salvatore Ruzzu.  -  Demande de décision préjudicielle: Cour du travail de Mons - Belgique.  -  Sécurité sociale - Cumul des pensions.  -  Affaire 117/84.  

Recueil de jurisprudence 1985 page 01697

SommairePartiesObjet du litigeMotifs de l'arrêtDécisions sur les dépensesDispositif
Mots clés

SECURITE SOCIALE DES TRAVAILLEURS MIGRANTS - PRESTATIONS - REGLES NATIONALES ANTICUMUL - INOPPOSABILITE AUX BENEFICIAIRES DE PRESTATIONS DE MEME NATURE LIQUIDEES CONFORMEMENT AUX DISPOSITIONS DU REGLEMENT NO 1408/71 - REDUCTION DES ANNEES SUPPLEMENTAIRES D ' OCCUPATION FICTIVE EN FONCTION DU NOMBRE D ' ANNEES POUR LEQUEL LE TRAVAILLEUR PEUT PRETENDRE A UNE PENSION DANS UN AUTRE ETAT MEMBRE - INADMISSIBILITE  ( REGLEMENT DU CONSEIL NO 1408/71 , ART . 12 , PAR  2 , ET ART . 46 , PAR  1 )    

Sommaire

CONFORMEMENT AUX ARTICLES 12 , PARAGRAPHE 2 , ET 46 , PARAGRAPHE 1 , DU REGLEMENT NO 1408/71 , LE MONTANT DE LA PENSION DU TRAVAILLEUR MIGRANT DOIT ETRE DETERMINE SELON LA LEGISLATION NATIONALE APPLICABLE , INDEPENDAMMENT DU DROIT A PENSION POUVANT RESULTER DE LA LEGISLATION DE TOUT AUTRE ETAT MEMBRE . IL S ' ENSUIT QU ' UNE NORME NATIONALE QUI REDUIT LES ANNEES SUPPLEMENTAIRES D ' OCCUPATION FICTIVE DONT POURRAIT BENEFICIER LE TRAVAILLEUR , EN FONCTION DU NOMBRE D ' ANNEES POUR LEQUEL LE TRAVAILLEUR PEUT PRETENDRE A UNE PENSION DANS UN AUTRE ETAT MEMBRE , CONSTITUE UNE CLAUSE DE REDUCTION AU SENS DE L ' ARTICLE 12 , PARAGRAPHE 2 , DU REGLEMENT NO 1408/71 , DONT L ' APPLICATION EST ECARTEE EN VERTU DE LA DERNIERE PHRASE DE CE TEXTE , LORS DU CALCUL DU MONTANT DE LA PENSION AU TITRE DE L ' ARTICLE 46 , PARAGRAPHE 1 , DE CE REGLEMENT .    

Parties

DANS L ' AFFAIRE 117/84 , AYANT POUR OBJET UNE DEMANDE ADRESSEE A LA COUR , EN APPLICATION DE L ' ARTICLE 177 DU TRAITE CEE , PAR LA COUR DU TRAVAIL DE MONS , ET VISANT A OBTENIR , DANS LE LITIGE PENDANT DEVANT CETTE JURIDICTION ENTRE  OFFICE NATIONAL DES PENSIONS POUR TRAVAILLEURS SALARIES ( ONPTS )   ET  SALVATORE RUZZU ,    

Objet du litige

UNE DECISION A TITRE PREJUDICIEL SUR L ' INTERPRETATION A DONNER A L ' ARTICLE 51 DU TRAITE CEE , AUX ARTICLES 12 ET 46 DU REGLEMENT NO 1408/71 DU CONSEIL , DU 14 JUIN 1971 , RELATIF A L ' APPLICATION DES REGIMES DE SECURITE SOCIALE AUX TRAVAILLEURS SALARIES ET A LEUR FAMILLE QUI SE DEPLACENT A L ' INTERIEUR DE LA COMMUNAUTE ( JO L 149 , P . 1 ), ET AU REGLEMENT NO 574/72 DU CONSEIL , DU 21 MARS 1972 , FIXANT LES MODALITES D ' APPLICATION DU REGLEMENT NO 1408/71 ( JO L 74 , P . 1 ),  

Motifs de l'arrêt

1 PAR ARRET DU 2 MAI 1984 , PARVENU A LA COUR LE 7 MAI SUIVANT , LA COUR DU TRAVAIL DE MONS A POSE , EN VERTU DE L ' ARTICLE 177 DU TRAITE CEE , UNE QUESTION PREJUDICIELLE CONCERNANT L ' INTERPRETATION A DONNER AUX ARTICLES 12 ET 46 DU REGLEMENT NO 1408/71 DU CONSEIL , DU 14 JUIN 1971 , RELATIF A L ' APPLICATION DES REGIMES DE SECURITE SOCIALE AUX TRAVAILLEURS SALARIES ET A LEUR FAMILLE QUI SE DEPLACENT A L ' INTERIEUR DE LA COMMUNAUTE ( JO L 149 , P . 1 ) ET AU REGLEMENT NO 574/72 DU CONSEIL , DU 21 MARS 1972 , FIXANT LES MODALITES D ' APPLICATION DU REGLEMENT NO 1408/71 ( JO L 74 , P . 1 ).   2 CETTE QUESTION A ETE SOULEVEE DANS LE CADRE D ' UN LITIGE AYANT POUR OBJET LA DECISION DE L ' OFFICE NATIONAL DES PENSIONS POUR TRAVAILLEURS SALARIES ( ONPTS ) DE NE PAS RECONNAITRE A M . S . RUZZU , UN ANCIEN OUVRIER MINEUR ITALIEN , LE BENEFICE D ' UNE PENSION COMPLETE DE 30/30 , MOTIF PRIS DE CE QUE L ' INTERESSE RECOIT UNE PENSION PARTIELLE AU TITRE DE PERIODES D ' EMPLOI ACCOMPLIES EN ITALIE .   3 IL RESSORT DU DOSSIER TRANSMIS PAR LA JURIDICTION NATIONALE QUE , PAR SUITE D ' UNE MODIFICATION APPORTEE LE 1ER AVRIL 1975 A L ' ARTICLE 10 , PARAGRAPHE 2 , 1* , DE L ' ARRETE ROYAL BELGE NO 50 , DU 24 OCTOBRE 1967 , UN OUVRIER MINEUR QUI A TRAVAILLE AU FOND DES MINES PENDANT UNE PERIODE DE VINGT-CINQ ANS A DROIT A UNE PENSION COMPLETE DE 30/30 . LES CINQ ANNEES SUPPLEMENTAIRES D ' OCCUPATION FICTIVE DONT IL BENEFICIE NE SONT PAS LOCALISEES DANS LE TEMPS . L ' ONPTS AVAIT TOUTEFOIS POUR PRATIQUE DE REDUIRE LE BENEFICE DE CES ANNEES D ' OCCUPATION FICTIVE EN FONCTION DES ANNEES D ' OCCUPATION EFFECTIVE DANS UN AUTRE ETAT . CETTE PRATIQUE A TROUVE UNE BASE TEXTUELLE DANS UNE LOI DU 10 FEVRIER 1981 , ENTREE EN VIGUEUR RETROACTIVEMENT LE 1ER JANVIER 1981 , QUI PREVOIT QUE LE NOMBRE D ' ANNEES SUPPLEMENTAIRES RECONNUES AINSI DANS LE CHEF D ' UN OUVRIER MINEUR EST DIMINUE DU NOMBRE D ' ANNEES POUR LESQUELLES IL PEUT PRETENDRE A UNE PENSION EN VERTU D ' UN AUTRE REGIME BELGE , A L ' EXCLUSION DE CELUI DES TRAVAILLEURS INDEPENDANTS , OU EN VERTU D ' UN REGIME D ' UN PAYS ETRANGER .   4 M . RUZZU A TRAVAILLE COMME SALARIE EN ITALIE , AVANT D ' ETRE EMPLOYE EN BELGIQUE , DE 1952 A 1969 , COMME MINEUR DE FOND . A PARTIR DE L ' ANNEE 1969 JUSQU ' AU 31 OCTOBRE 1977 , IL A OBTENU DES PRESTATIONS D ' INVALIDITE EN TANT QUE MINEUR DE FOND . CETTE DERNIERE PERIODE ETANT ASSIMILEE PAR LA LEGISLATION BELGE A UNE PERIODE D ' OCCUPATION EFFECTIVE , M . RUZZU A PU JUSTIFIER D ' UNE CARRIERE DE VINGT-CINQ ANS . DEPUIS LE 1ER NOVEMBRE 1977 , IL EST RETRAITE . L ' ONPTS A CONSTATE , PAR DECISION DU 6 FEVRIER 1981 , QUE M . RUZZU POUVAIT FAIRE VALOIR UNE CARRIERE DE 30 ANS AU SENS DE L ' ARTICLE 10 , PARAGRAPHE 2 , 1* , DE L ' ARRETE ROYAL BELGE NO 50 , PRECITE , EN VUE D ' OBTENIR UNE PENSION COMPLETE , MAIS IL A REDUIT CELLE-CI , CONFORMEMENT A SA PRATIQUE CONSTANTE , D ' UNE FRACTION DE 4/30 CORRESPONDANT A QUATRE ANNEES SUPPLEMENTAIRES D ' OCCUPATION FICTIVE , AU MOTIF QUE CES ANNEES COINCIDERAIENT AVEC DES ANNEES D ' OCCUPATION EFFECTIVE EN ITALIE .   5 LA DECISION DE L ' ONPTS A ETE CONTESTEE DEVANT LES JURIDICTIONS COMPETENTES . AYANT A TRANCHER CE LITIGE , LA COUR DU TRAVAIL DE MONS A CONSIDERE QUE LA LOI DU 10 FEVRIER 1981 ETAIT D ' APPLICATION IMMEDIATE A PARTIR DU 1ER JANVIER 1981 . TOUTEFOIS , ELLE S ' EST DEMANDEE , EU EGARD A LA JURISPRUDENCE DE LA COUR ET NOTAMMENT A L ' ARRET DU 2 JUILLET 1981 ( CELESTRE , 116 , 117 , 119 , 120 ET 121/80 , REC . P . 1737 ), SI LA REDUCTION PRESCRITE PAR LA LOI PRECITEE ETAIT CONFORME AU DROIT COMMUNAUTAIRE . EN CONSEQUENCE , ELLE A SAISI LA COUR A TITRE PREJUDICIEL DE LA QUESTION SUIVANTE :    '  L ' ARTICLE 51 DU TRAITE DE ROME ET LES REGLEMENTS EUROPEENS NO 1408/71 - NOTAMMENT LES ARTICLES 12 ET 46 - ET NO 574/72 DOIVENT-ILS ETRE INTERPRETES DE SORTE QU ' EST CONFORME AUX OBJECTIFS DU TRAITE ET AUX NORMES DES REGLEMENTS LA CLAUSE D ' UNE LEGISLATION D ' UN ETAT MEMBRE QUI COMPORTE LA DIMINUTION DES PERIODES D ' ASSURANCE SUPPLEMENTAIRES , RETENUES PAR CETTE LEGISLATION SUR BASE DE SON APPLICATION EXCLUSIVE ET EN DEHORS DU RECOURS A LA PRORATISATION ( LEGISLATION TYPE A ), DU NOMBRE D ' ANNEES ( CELLES-CI NE SE SUPERPOSENT PAS AUX PRECEDENTES ) POUR LESQUELLES LE TRAVAILLEUR PEUT PRETENDRE DANS UN AUTRE ETAT MEMBRE A UNE PRESTATION DE PENSION D ' INVALIDITE ETABLIE SELON LES REGLES COMMUNAUTAIRES ( LEGISLATION TYPE B ), CETTE DIMINUTION ENTRAINANT LA REDUCTION DE LA PRESTATION DE RETRAITE DUE EN VERTU DE LA SEULE LEGISLATION NATIONALE ( LEGISLATION TYPE A ) PAR SUITE DU BENEFICE DE LA PRESTATION D ' INVALIDITE PRORATISEE DANS UN AUTRE ETAT MEMBRE ( LEGISLATION TYPE B ) ? IL IMPORTE DE PRECISER QUE CES DEUX PRESTATIONS SONT A CONSIDERER COMME DE MEME NATURE ( AFFAIRE CELESTRE ) ET LA REDUCTION QUE LA CLAUSE ENTRAINE EST CELLE DE LA PRESTATION DE RETRAITE ACQUISE EN L ' ABSENCE DE L ' APPLICATION DU DROIT COMMUNAUTAIRE ( VOIR AFFAIRE JERZAK ). UNE REPONSE AFFIRMATIVE N ' AURAIT-ELLE PAS POUR EFFET DE FAIRE PERDRE AU TRAVAILLEUR MIGRANT LE BENEFICE D ' UNE PERIODE D ' ASSURANCE SUPPLEMENTAIRE DANS L ' ETAT MEMBRE A LEGISLATION DE TYPE A ET N ' IMPLIQUERAIT-ELLE PAS QUE L ' APPLICATION , AU TITRE DE L ' ARTICLE 12 , PARAGRAPHE 2 , DU REGLEMENT NO 1408/71 D ' UNE CLAUSE DE NON-CUMUL SE JUSTIFIERAIT AUSSI SI LA PRESTATION A REDUIRE A ETE ACQUISE PAR LA SEULE LEGISLATION NATIONALE ( TYPE A)? '  6 LA QUESTION SOUMISE A LA COUR PAR LA COUR DU TRAVAIL DE MONS CONCERNE UN PROBLEME D ' INTERPRETATION DU DROIT COMMUNAUTAIRE , QUI EST EN SUBSTANCE DE SAVOIR SI UNE NORME NATIONALE QUI REDUIT LES ANNEES SUPPLEMENTAIRES D ' OCCUPATION FICTIVE DONT POURRAIT BENEFICIER LE TRAVAILLEUR , EN FONCTION DU NOMBRE D ' ANNEES POUR LEQUEL LE TRAVAILLEUR PEUT PRETENDRE A UNE PENSION DANS UN AUTRE ETAT MEMBRE , CONSTITUE UNE CLAUSE DE REDUCTION AU SENS DE L ' ARTICLE 12 , PARAGRAPHE 2 , DU REGLEMENT NO 1408/71 , DONT L ' APPLICATION SERAIT ECARTEE EN VERTU DE LA DERNIERE PHRASE DE CE TEXTE , LORS DU CALCUL DU MONTANT DE LA PENSION AU TITRE DE L ' ARTICLE 46 , PARAGRAPHE 1 , DE CE REGLEMENT .   7 L ' ONPTS FAIT VALOIR QUE L ' ARTICLE 12 , PARAGRAPHE 2 , DU REGLEMENT NO 1408/71 DU CONSEIL NE PEUT ETRE INVOQUE POUR UNE PRESTATION ACCORDEE CONFORMEMENT A L ' ARTICLE 46 , PARAGRAPHE 1 , DE CE REGLEMENT . EN EFFET , L ' ARTICLE 12 EST INTITULE '  NON-CUMUL DE PRESTATIONS '  ALORS QUE , SELON L ' ONPTS , L ' ARTICLE 46 , PARAGRAPHE 1 , HABILITERAIT L ' ETAT A DETERMINER LES PERIODES D ' ASSURANCE OU DE RESIDENCE A PRENDRE EN COMPTE EN VERTU DE SA LEGISLATION . LE POUVOIR DES LEGISLATEURS NATIONAUX POUR DETERMINER LES PERIODES D ' ASSURANCE SERAIT ENCORE CONFIRME PAR L ' ARTICLE 1ER , SOUS R ), DU REGLEMENT NO 1408/71 . POUR L ' ONPTS , L ' ARTICLE 12 , PARAGRAPHE 2 , DU REGLEMENT NO 1408/71 SE REFERE UNIQUEMENT A DES PRESTATIONS ET NON A DES PERIODES D ' ASSURANCE . IL EN RESULTERAIT QUE , LORS DE L ' APPLICATION DE L ' ARTICLE 46 , PARAGRAPHE 1 , DU REGLEMENT NO 1408/71 , IL NE FAUT PAS ECARTER UNE NORME NATIONALE QUI REDUIT LES ANNEES SUPPLEMENTAIRES D ' OCCUPATION FICTIVE DONT POURRAIT BENEFICIER LE TRAVAILLEUR , EN FONCTION DU NOMBRE D ' ANNEES POUR LEQUEL LE TRAVAILLEUR PEUT PRETENDRE A UNE PENSION DANS UN AUTRE ETAT MEMBRE .   8 M . RUZZU ESTIME QUE LA SOLUTION DU LITIGE DOIT ETRE RECHERCHEE DANS L ' INTERPRETATION DU PARAGRAPHE 1 , ET NON DU PARAGRAPHE 2 , DE L ' ARTICLE 12 DU REGLEMENT NO 1408/71 . IL CONCLUT QU ' AUCUNE REDUCTION DE LA PENSION BELGE NE PEUT ETRE OPEREE EN VERTU DE CETTE DISPOSITION , PUISQUE , DANS LE CAS D ' ESPECE , IL N ' Y A PAS UNE SUPERPOSITION DES PERIODES D ' ASSURANCE AU SENS DUDIT ARTICLE 12 , PARAGRAPHE 1 .   9 LA COMMISSION ESTIME QU ' UNE NORME NATIONALE QUI REDUIT LES ANNEES SUPPLEMENTAIRES D ' OCCUPATION FICTIVE DONT POURRAIT BENEFICIER LE TRAVAILLEUR , EN FONCTION DU NOMBRE D ' ANNEES POUR LEQUEL LE TRAVAILLEUR PEUT PRETENDRE A UNE PENSION DANS UN AUTRE ETAT MEMBRE , CONSTITUE UNE CLAUSE DE REDUCTION AU SENS DE L ' ARTICLE 12 , PARAGRAPHE 2 , DU REGLEMENT NO 1408/71 ET QUE , DANS LE CALCUL DE LA PRESTATION , CONFORMEMENT A L ' ARTICLE 46 , PARAGRAPHE 1 , CETTE NORME NATIONALE DOIT ETRE ECARTEE SUR LA BASE DE LA DERNIERE PHRASE DUDIT ARTICLE 12 , PARAGRAPHE 2 .   10 LE GOUVERNEMENT BELGE CONSIDERE QUE LA LOI DU 10 FEVRIER 1981 NE PEUT EN AUCUN CAS ETRE QUALIFIEE DE CLAUSE DE REDUCTION AU SENS DE L ' ARTICLE 12 , PARAGRAPHE 2 , DU REGLEMENT NO 1408/71 . SELON LUI , CETTE LOI PRECISE SIMPLEMENT LES MODALITES DE PRISE EN COMPTE DES PERIODES D ' ASSURANCE ACCOMPLIES PAR UN TRAVAILLEUR EN VUE DE LA DETERMINATION DE SON DROIT A PENSION . LA QUESTION POSEE REVIENDRAIT A FAIRE TRANCHER UN PROBLEME QUI RELEVE DU SEUL DROIT INTERNE .   11 LE GOUVERNEMENT ITALIEN DEDUIT DU DISPOSITIF DE L ' ARRET DU 2 JUILLET 1981 ( CELESTRE , PRECITE ) QUE L ' ARTICLE 12 , PARAGRAPHE 2 , DU REGLEMENT NO 1408/71 S ' OPPOSE , LORS DU CALCUL D ' UNE PENSION LIQUIDEE EN VERTU DE L ' ARTICLE 46 , PARAGRAPHE 1 , DU REGLEMENT , A L ' APPLICATION D ' UNE REGLE NATIONALE QUI REDUIT EN FONCTION DES ANNEES D ' ASSURANCE ACCOMPLIES DANS UN AUTRE ETAT MEMBRE , LE BENEFICE D ' ANNEES SUPPLEMENTAIRES D ' OCCUPATION FICTIVE .   12 IL Y A LIEU D ' ABORD DE FAIRE REMARQUER QUE LE MONTANT DE LA PENSION D ' UN TRAVAILLEUR QUI A ETE SOUMIS A LA LEGISLATION DE PLUSIEURS ETATS MEMBRES , DOIT , DANS L ' ETAT MEMBRE OU '  LES CONDITIONS REQUISES POUR L ' OUVERTURE DU DROIT AUX PRESTATIONS SONT SATISFAITES SANS QU ' IL SOIT NECESSAIRE DE FAIRE APPLICATION DES DISPOSITIONS DE L ' ARTICLE 45 ' , ETRE CALCULE CONFORMEMENT AUX DISPOSITIONS DE L ' ARTICLE 46 , PARAGRAPHE 1 .   13 AINSI QUE LA COUR L ' A AFFIRME PAR L ' ARRET DU 2 JUILLET 1981 ( CELESTRE , PRECITE ), '  EN CE QUI CONCERNE L ' APPLICATION DES DISPOSITIONS DE L ' ARTICLE 46 DU REGLEMENT NO 1408/71 , ... IL RESSORT DE LA DERNIERE PHRASE DE L ' ARTICLE 12 , PARAGRAPHE 2 , DU REGLEMENT QUE LES CLAUSES DE REDUCTION , DE SUSPENSION OU DE SUPPRESSION PREVUES PAR LA LEGISLATION NATIONALE NE SONT PAS D ' APPLICATION . IL S ' ENSUIT QUE LE MONTANT VISE A L ' ARTICLE 46 , PARAGRAPHE 1 , EST LE MONTANT AUQUEL LE TRAVAILLEUR AURAIT DROIT SELON LA LEGISLATION NATIONALE S ' IL NE BENEFICIAIT PAS D ' UNE PENSION EN VERTU DE LA LEGISLATION D ' UN AUTRE ETAT MEMBRE ' .   14 IL RESULTE DE L ' ARRET PRECITE QUE , SELON LES ARTICLES 12 , PARAGRAPHE 2 , ET 46 , PARAGRAPHE 1 , DU REGLEMENT NO 1408/71 , LE MONTANT DE LA PENSION DU TRAVAILLEUR MIGRANT DOIT ETRE DETERMINE SELON LA LEGISLATION NATIONALE APPLICABLE , INDEPENDAMMENT DU DROIT A PENSION POUVANT RESULTER DE LA LEGISLATION DE TOUT AUTRE ETAT MEMBRE .   15 LE FAIT QUE LA REDUCTION , EN FONCTION DU NOMBRE D ' ANNEES POUR LEQUEL LE TRAVAILLEUR PEUT PRETENDRE A UNE PENSION DANS UN AUTRE ETAT MEMBRE , DES ANNEES SUPPLEMENTAIRES D ' OCCUPATION FICTIVE DONT POURRAIT BENEFICIER LE TRAVAILLEUR , SOIT DORENAVANT OPEREE DANS LE CADRE NATIONAL SUR LA BASE D ' UNE DISPOSITION LEGISLATIVE ET NON PLUS A LA SUITE D ' UNE SIMPLE PRATIQUE ADMINISTRATIVE N ' EST PAS DE NATURE A MODIFIER CETTE CONCLUSION .   16 POUR CES RAISONS , IL CONVIENT DE REPONDRE A LA QUESTION POSEE PAR LA JURIDICTION NATIONALE QU ' UNE NORME NATIONALE QUI REDUIT LES ANNEES SUPPLEMENTAIRES D ' OCCUPATION FICTIVE DONT POURRAIT BENEFICIER LE TRAVAILLEUR , EN FONCTION DU NOMBRE D ' ANNEES POUR LEQUEL LE TRAVAILLEUR PEUT PRETENDRE A UNE PENSION DANS UN AUTRE ETAT MEMBRE , CONSTITUE UNE CLAUSE DE REDUCTION AU SENS DE L ' ARTICLE 12 , PARAGRAPHE 2 , DU REGLEMENT NO 1408/71 DU CONSEIL , DU 14 JUIN 1971 , RELATIF A L ' APPLICATION DES REGIMES DE SECURITE SOCIALE AUX TRAVAILLEURS SALARIES ET A LEUR FAMILLE QUI SE DEPLACENT A L ' INTERIEUR DE LA COMMUNAUTE , DONT L ' APPLICATION EST ECARTEE EN VERTU DE LA DERNIERE PHRASE DE CE TEXTE , LORS DU CALCUL DU MONTANT DE LA PENSION AU TITRE DE L ' ARTICLE 46 , PARAGRAPHE 1 , DE CE REGLEMENT .    

Décisions sur les dépenses

SUR LES DEPENS 17 LES FRAIS EXPOSES PAR LE GOUVERNEMENT BELGE , LE GOUVERNEMENT ITALIEN ET LA COMMISSION DES COMMUNAUTES EUROPEENNES , QUI ONT SOUMIS DES OBSERVATIONS A LA COUR , NE PEUVENT FAIRE L ' OBJET DE REMBOURSEMENT . LA PROCEDURE REVETANT , A L ' EGARD DES PARTIES AU PRINCIPAL , LE CARACTERE D ' UN INCIDENT SOULEVE DEVANT LA JURIDICTION NATIONALE , IL APPARTIENT A CELLE-CI DE STATUER SUR LES DEPENS .    

Dispositif

PAR CES MOTIFS , LA COUR ( CINQUIEME CHAMBRE ),   STATUANT SUR LES QUESTIONS A ELLE SOUMISES PAR LA COUR DU TRAVAIL DE MONS , PAR ARRET DU 2 MAI 1984 , DIT POUR DROIT :   UNE NORME NATIONALE QUI REDUIT LES ANNEES SUPPLEMENTAIRES D ' OCCUPATION FICTIVE DONT POURRAIT BENEFICIER LE TRAVAILLEUR , EN FONCTION DU NOMBRE D ' ANNEES POUR LEQUEL LE TRAVAILLEUR PEUT PRETENDRE A UNE PENSION DANS UN AUTRE ETAT MEMBRE , CONSTITUE UNE CLAUSE DE REDUCTION AU SENS DE L ' ARTICLE 12 , PARAGRAPHE 2 , DU REGLEMENT NO 1408/71 DU CONSEIL , DU 14 JUIN 1971 , RELATIF A L ' APPLICATION DES REGIMES DE SECURITE SOCIALE AUX TRAVAILLEURS SALARIES ET A LEUR FAMILLE QUI SE DEPLACENT A L ' INTERIEUR DE LA COMMUNAUTE , DONT L ' APPLICATION EST ECARTEE EN VERTU DE LA DERNIERE PHRASE DE CE TEXTE , LORS DU CALCUL DU MONTANT DE LA PENSION AU TITRE DE L ' ARTICLE 46 , PARAGRAPHE 1 , DE CE REGLEMENT .