CELEX: 62003TJ0134
Language: fr
Date: 2005-09-27
Title: Arrêt du Tribunal de première instance (première chambre élargie) du 27 septembre 2005. # Common Market Fertilizers SA contre Commission des Communautés européennes. # Remise de droits à l'importation - Article 1er, paragraphe 3, du règlement (CE) nº 3319/94 - Facturation directe à l'importateur - Notion de 'groupe d'experts' au sens de l'article 907 du règlement (CEE) nº 2454/93 - Droits de la défense - 'Négligence manifeste' au sens de l'article 239 du règlement (CEE) nº 2913/92 - Obligation de motivation. # Affaires jointes T-134/03 et T-135/03.

Affaires jointes T-134/03 et T-135/03
      Common Market Fertilizers SA
      contre
      Commission des Communautés européennes
      « Remise de droits à l’importation — Article 1er, paragraphe 3, du règlement (CE) nº 3319/94 — Facturation directe à l’importateur — Notion de ‘groupe d’experts’ au sens de l’article 907 du règlement (CEE) nº 2454/93 — Droits de la défense — ‘Négligence manifeste’ au sens de l’article 239 du règlement (CEE) nº 2913/92 — Obligation de motivation »
      Arrêt du Tribunal  (première chambre élargie) du 27 septembre 2005 
      Sommaire de l’arrêt
      1.     Exception d’illégalité — Exception soulevée au stade de la réplique — Irrecevabilité
      (Règlement de procédure du Tribunal, art. 44, § 1, et 48, § 2)
      2.     Recours en annulation — Moyens — Incompétence de l’institution auteur de l’acte attaqué — Moyen d’ordre public — Incompétence
            de l’institution auteur de l’acte constituant la base juridique de l’acte attaqué — Absence de caractère d’ordre public du
            moyen
      (Art. 230 CE)
      3.     Ressources propres des Communautés européennes — Remboursement ou remise des droits à l’importation ou à l’exportation — Distinction
            entre « groupe d’experts » au sens de l’article 907, premier alinéa, du règlement nº 2454/93 et « comité de réglementation »
            au sens de l’article 5 de la décision 1999/468
      (Art. 7 CE et 249 CE ; règlement de la Commission nº 2454/93, art. 907, al. 1 ; décision du Conseil 1999/468)
      4.     Recours en annulation — Moyens — Violation des formes substantielles — Violation par une institution de son règlement intérieur
            — Moyen invoqué par une personne physique ou morale — Inadmissibilité
      (Art. 230 CE)
      5.     Communauté européenne — Régime linguistique — Envoi d’un document par la Commission à un État membre dans une langue autre
            que sa langue officielle — Inadmissibilité — Document adressé aux représentants des États membres composant un groupe d’experts
            devant se prononcer sur la demande d’un particulier — Auteur de la demande ne pouvant se prévaloir d’une éventuelle violation
            du régime linguistique
      (Règlement du Conseil nº 1, art. 3)
      6.     Ressources propres des Communautés européennes — Remboursement ou remise des droits à l’importation ou à l’exportation — Pouvoir
            de décision de la Commission — Respect des droits de la défense — Droit de l’opérateur économique concerné d’être entendu
            — Portée — Droit à une audition — Absence
      (Règlement du Conseil nº 2913/92, art. 239 ; règlement de la Commission nº 2454/93, art. 906 bis)
      7.     Ressources propres des Communautés européennes — Remboursement ou remise des droits à l’importation ou à l’exportation — Circonstances
            n’impliquant « ni manoeuvre ni négligence manifeste » de l’intéressé — Notion de négligence manifeste — Interprétation stricte
            — Critères
      (Règlement du Conseil nº 2913/92, art. 220 et 239, § 1)
      8.     Politique commerciale commune — Défense contre les pratiques de dumping — Procédure de réexamen — Objet
      (Règlement du Conseil nº 384/96, art. 11, § 8)
      9.     Ressources propres des Communautés européennes — Remboursement ou remise des droits à l’importation ou à l’exportation — Existence
            d’une situation particulière — Circonstances n’impliquant « ni manoeuvre ni négligence manifeste » de l’intéressé — Conditions
            cumulatives
      (Règlement de la Commission nº 2454/93, art. 905)
      10.   Actes des institutions — Motivation — Obligation — Portée — Décisions de rejet de demandes de remboursement ou de remise des
            droits à l’importation
      (Art. 253 CE ; règlement du Conseil nº 2913/92, art. 239)
      1.     À moins qu’elle ne soit fondée sur un élément de droit ou de fait qui se serait révélé au cours de la procédure au sens de
         l’article 48, paragraphe 2, du règlement de procédure du Tribunal, une exception d’illégalité est irrecevable au stade de
         la réplique, car le cadre d’un litige est déterminé par la requête introductive d’instance.
      
      (cf. point 51)
      2.     Si le Tribunal doit relever d’office l’incompétence de l’auteur de l’acte attaqué, il ne doit pas examiner d’office le point
         de savoir si l’institution ayant adopté la disposition constituant la base juridique de la décision litigieuse n’a pas outrepassé
         ses compétences.
      
      (cf. point 52)
      3.     Le groupe d’experts qui, en application de l’article 907, premier alinéa, du règlement nº 2454/93, fixant certaines dispositions
         d’application du règlement nº 2913/92 établissant le code des douanes communautaire, se réunit « dans le cadre du comité [du
         code des douanes] » ne constitue pas un comité de réglementation au sens de l’article 5 de la décision 1999/468 fixant les
         modalités de l’exercice des compétences d’exécution conférées à la Commission.
      
      En effet, il résulte du considérant 7 et de l’article 5 de cette décision que la procédure de réglementation est utilisée
         pour les « mesures de portée générale ayant pour objet de mettre en application les éléments essentiels d’actes de base ».
      
      Considérer que le comité de réglementation au sens de l’article 5 de la décision précitée est compétent pour rendre un avis
         sur une proposition de décision individuelle de remboursement ou de remise de droits de douane équivaudrait à assimiler purement
         et simplement les notions de décision et d’acte de portée générale, pourtant fondamentalement distinctes en vertu de l’article
         249 CE, et, partant, à violer cette dernière disposition tout comme l’article 7 CE et la décision 1999/468.
      
      Cette conclusion est corroborée par le libellé de l’article 907, premier alinéa, du règlement nº 2454/93. L’expression « dans
         le cadre du comité » reflète le fait que le groupe d’experts visé à l’article 907 est à l’évidence une entité distincte sur
         le plan fonctionnel du comité du code des douanes. Si le législateur avait voulu que le comité du code des douanes soit consulté
         dans le cadre des procédures individuelles de remise ou de remboursement, il aurait utilisé l’expression « après consultation
         du comité ».
      
      (cf. points 55, 57-59)
      4.     Le règlement intérieur du comité du code des douanes a pour objet d’assurer le fonctionnement interne dudit comité dans le
         plein respect des prérogatives de ses membres. Il en résulte que les personnes physiques ou morales ne sauraient se prévaloir
         d’une prétendue violation de ce règlement, qui n’est pas destiné à assurer la protection des particuliers.
      
      (cf. point 79)
      5.     L’article 3 du règlement nº 1 vise à assurer que les textes adressés par une institution à un État membre ou à une personne
         relevant de la juridiction d’un État membre soient rédigés dans la langue de cet État. Lorsque des documents sont adressés
         par la Commission à un groupe d’experts, composé de représentants des États membres et chargé de se prononcer sur le bien-fondé
         de la demande d’un particulier, ce dernier, n’étant pas le destinataire desdits documents, ne saurait se prévaloir d’une prétendue
         violation de l’article 3 précité.
      
      (cf. point 86)
      6.     Le principe du respect des droits de la défense exige que toute personne à l’encontre de laquelle une décision faisant grief
         peut être prise soit en mesure de faire connaître utilement son point de vue, à tout le moins, au sujet des éléments retenus
         à sa charge par la Commission pour fonder sa décision.
      
      Dans le cas des décisions en matière de remboursement ou de remise des droits à l’importation prises par la Commission en
         application de l’article 239 du règlement nº 2913/92 établissant le code des douanes communautaire, le respect des droits
         de la défense du demandeur de la remise est assuré par la procédure visée à l’article 906 bis du règlement nº 2454/93, fixant
         certaines dispositions d’application du règlement nº 2913/92.
      
      S’agissant du droit du demandeur de la remise à être entendu dans le cadre d’une audition, ni la disposition spécifique relative
         à cette procédure, ni le principe général du respect des droits de la défense ne lui confèrent le droit à une telle audition.
      
      En outre, la nature spécifique de la décision prise par la Commission en application de l’article 239 du code des douanes
         ne rend aucunement indispensable l’octroi, au demandeur de la remise, de la possibilité de faire valoir ses observations oralement
         en plus de l’exposé écrit de son point de vue.
      
      (cf. points 105-106, 108-109)
      7.     Pour apprécier s’il y a négligence manifeste au sens de l’article 239 du règlement nº 2913/92, établissant le code des douanes
         communautaire, il convient de tenir compte, notamment, de la complexité des dispositions dont l’inexécution a fait naître
         la dette douanière, ainsi que de l’expérience professionnelle et de la diligence de l’opérateur.
      
      À cet égard, la Commission jouit d’un pouvoir d’appréciation lorsqu’elle adopte une décision en application de cet article.
         De plus, le remboursement ou la remise des droits à l’importation, qui ne peuvent être accordés que sous certaines conditions
         et dans des cas spécifiquement prévus, constituent une exception au régime normal des importations et des exportations et,
         par conséquent, les dispositions prévoyant un tel remboursement sont d’interprétation stricte. En particulier, l’absence de
         négligence manifeste étant une condition sine qua non pour pouvoir prétendre à un remboursement ou à une remise des droits
         à l’importation, il s’ensuit que cette notion doit être interprétée de telle sorte que le nombre de cas de remboursement ou
         de remise reste limité.
      
      S’agissant de l’éventuelle erreur ayant conduit à la naissance de la dette douanière, l’opérateur ne saurait s’exonérer de
         sa responsabilité propre en invoquant l’erreur, réelle ou non, de ses commissionnaires. En tout état de cause, une telle erreur
         ne saurait être supportée par le budget communautaire.
      
      S’agissant de l’expérience professionnelle de l’opérateur économique, il convient de rechercher s’il s’agit d’un opérateur
         dont l’activité professionnelle consiste, pour l’essentiel, en des opérations d’importation et d’exportation et s’il a déjà
         acquis une certaine expérience de ces opérations.
      
      En ce qui concerne la diligence de l’opérateur, il incombe à ce dernier, dès lors qu’il a des doutes quant à l’application
         exacte des dispositions dont l’inexécution peut faire naître une dette douanière, de s’informer et de rechercher tous les
         éclaircissements possibles pour ne pas contrevenir aux dispositions visées.
      
      (cf. points 135-137, 139-142)
      8.     La procédure de réexamen prévue à l’article 11, paragraphe 8, du règlement antidumping de base nº 384/96 opère en cas d’évolution
         des données ayant permis l’établissement des valeurs mises en oeuvre dans le règlement ayant institué des droits antidumping.
         Elle a donc pour finalité d’adapter les droits imposés à l’évolution des éléments qui étaient à leur origine et suppose la
         modification de ces éléments.
      
      (cf. point 145)
      9.     Il ressort du libellé de l’article 905 du règlement nº 2454/93, fixant certaines dispositions d’application du règlement nº 2913/92
         établissant le code des douanes communautaire, que le remboursement des droits à l’importation est subordonné à la réunion
         de deux conditions cumulatives, à savoir, premièrement, l’existence d’une situation particulière et, deuxièmement, l’absence
         de négligence manifeste et de manoeuvre de la part de l’intéressé. En conséquence, il suffit que l’une des deux conditions
         fasse défaut pour que le remboursement des droits doive être refusé.
      
      (cf. point 148)
      10.   La motivation exigée par l’article 253 CE doit faire apparaître, d’une façon claire et non équivoque, le raisonnement de l’institution
         auteur de l’acte, de manière à permettre aux intéressés de connaître les justifications de la mesure prise et de défendre
         leurs droits et au juge d’exercer son contrôle. Il ne saurait toutefois être exigé que la motivation spécifie tous les différents
         éléments de fait et de droit pertinents. En effet, la question de savoir si la motivation d’une décision satisfait à ces exigences
         doit être appréciée au regard non seulement de son libellé, mais aussi de son contexte ainsi que de l’ensemble des règles
         juridiques régissant la matière concernée.
      
      S’agissant de décisions de rejet de demandes de remise en application de l’article 239 du règlement nº 2913/92 établissant
         le code des douanes communautaire, l’obligation de motivation incombant à la Commission consiste à expliciter les raisons
         pour lesquelles les conditions prévues par ladite disposition ne sont pas remplies.
      
      (cf. points 156-157)
ARRÊT DU TRIBUNAL (première chambre élargie)
      27 septembre 2005 (*)
      
      « Remise de droits à l’importation – Article 1er, paragraphe 3, du règlement (CE) n° 3319/94 – Facturation directe à l’importateur – Notion de ‘groupe d’experts’ au sens de l’article 907 du règlement (CEE) n° 2454/93 – Droits de la défense – ‘Négligence manifeste’ au sens de l’article 239 du règlement (CEE) n° 2913/92 – Obligation de motivation »
      Dans les affaires jointes T‑134/03 et T‑135/03,
      Common Market Fertilizers SA, établie à Bruxelles (Belgique), représentée par M. A. Sutton, barrister, et Me N. Flandin, avocat, 
      
      partie requérante,
      contre
      Commission des Communautés européennes, représentée par M. X. Lewis, en qualité d’agent, ayant élu domicile à Luxembourg,
      
      partie défenderesse,
      ayant pour objet une demande d’annulation des décisions C (2002) 5217 final et C (2002) 5218 final de la Commission, du 20
         décembre 2002, constatant que la remise des droits à l’importation n’est pas justifiée dans un cas particulier, 
      
      LE TRIBUNAL DE PREMIÈRE INSTANCE DES COMMUNAUTÉS EUROPÉENNES (première chambre élargie),
      
      composé de MM. B. Vesterdorf, président, J. D. Cooke, R. García-Valdecasas, Mmes I. Labucka et V. Trstenjak, juges,
      
      greffier : Mme C. Kristensen, administrateur,
      
      vu la procédure écrite et à la suite de l’audience du 25 janvier 2005,
      rend le présent
      Arrêt
       Cadre juridique
      1       L’article 1er, paragraphe 3, deuxième alinéa, du règlement (CE) n° 3319/94 du Conseil, du 22 décembre 1994, instituant un droit antidumping
         définitif sur les importations de mélange d’urée et de nitrate d’ammonium en solution originaire de Bulgarie et de Pologne,
         exporté par des sociétés autres que celles qui sont exemptées du droit, et portant perception définitive des montants garantis
         par le droit provisoire (JO L 350, p. 20), établit le droit antidumping spécifique suivant :
      
      « […] Pour les importations mises en libre pratique qui ne sont pas directement facturées à l’importateur non lié par l’un
         des exportateurs ou producteurs susmentionnés situés en Pologne, il est institué le droit spécifique suivant : 
      
      pour le produit […] certifié de Zaklady Azotowe Pulawy […] un droit spécifique de 19 écus par tonne de produit est institué
         (code Taric additionnel : 8795). » 
      
      2       L’article 239 du règlement (CEE) n° 2913/92 du Conseil, du 12 octobre 1992, établissant le code des douanes communautaire
         (JO L 302, p. 1), tel que modifié par le règlement (CE) n° 2700/2000 du Parlement européen et du Conseil, du 16 novembre 2000
         (JO L 311, p. 17) (ci-après le « code des douanes »), se lit comme suit :
      
      « 1. Il peut être procédé au remboursement ou à la remise des droits à l’importation ou des droits à l’exportation dans des
         situations autres que celles visées aux articles 236, 237 et 238 : 
      
      –       à déterminer selon la procédure du comité, 
      –       qui résultent de circonstances n’impliquant ni manœuvre ni négligence manifeste de la part de l’intéressé. Les situations
         dans lesquelles il peut être fait application de cette disposition ainsi que les modalités de procédure à suivre à cette fin
         sont définies selon la procédure du comité. Le remboursement ou la remise peuvent être subordonnées à des conditions particulières.
      
      2. Le remboursement ou la remise des droits pour les motifs indiqués au paragraphe 1 est accordé sur demande déposée auprès
         du bureau de douane concerné […] »
      
      3       Il ressort de l’article 4, paragraphe 24, du code des douanes qu’en application dudit code on entend par procédure du comité,
         notamment la procédure visée aux articles 247 et 247 bis. 
      
      4       L’article 247 du code des douanes prévoit que « [l]es mesures nécessaires pour la mise en oeuvre du présent code […] sont
         arrêtées en conformité avec la procédure de réglementation visée à l’article 247 bis, paragraphe 2 […] » 
      
      5       L’article 247 bis du code des douanes dispose :
       « 1. La Commission est assistée par le comité du code des douanes, ci-après dénommé ‘comité’. 
      2. Dans le cas où il est fait référence au présent paragraphe, les articles 5 et 7 de la décision 1999/468/CE s’appliquent
         […] 
      
      3. Le comité adopte son règlement intérieur. »
      6       L’article 4 du règlement intérieur du comité du code des douanes dispose : 
      « 1. La convocation, l’ordre du jour, ainsi que les projets de mesures sur lesquels l’avis du comité est demandé et tout autre
         document de travail sont transmis par le président aux Représentations permanentes et aux membres du comité, conformément
         à l’article 14, paragraphe 2, en règle générale quatorze jours de calendrier au plus tard avant la date de la réunion.
      
      2. Dans des cas urgents et lorsque les mesures à arrêter doivent être appliquées immédiatement, le président peut, à la demande
         d’un membre du comité ou de sa propre initiative, abréger le délai de transmission visé au paragraphe précédent jusqu’à cinq
         jours de calendrier avant la date de la réunion.
      
      3. En cas d’extrême urgence, le président peut s’écarter des délais fixés aux paragraphes 1 et 2. S’il est proposé d’inscrire
         une question à l’ordre du jour d’une réunion au cours de celle-ci, l’approbation de la majorité simple des membres du comité
         est requise. »
      
      7       L’article 5 de la décision 1999/468/CE du Conseil, du 28 juin 1999, fixant les modalités de l’exercice des compétences d’exécution
         conférées à la Commission (JO L 184, p. 23, ci-après la « décision comitologie ») dispose :
      
      « Procédure de réglementation
      1. La Commission est assistée par un comité de réglementation composé des représentants des États membres et présidé par le
         représentant de la Commission.
      
      2. Le représentant de la Commission soumet au comité un projet des mesures à prendre. Le comité émet son avis sur ce projet
         dans un délai que le président peut fixer en fonction de l’urgence de la question en cause. L’avis est émis à la majorité
         prévue à l’article 205, paragraphe 2, [CE] pour l’adoption des décisions que le Conseil est appelé à prendre sur proposition
         de la Commission. Lors des votes au sein du comité, les voix des représentants des États membres sont affectées de la pondération
         définie à l’article précité. Le président ne prend pas part au vote.
      
      3. La Commission arrête, sans préjudice de l’article 8, les mesures envisagées lorsqu’elles sont conformes à l’avis du comité.
      4. Lorsque les mesures envisagées ne sont pas conformes à l’avis du comité, ou en l’absence d’avis, la Commission soumet sans
         tarder au Conseil une proposition relative aux mesures à prendre et en informe le Parlement européen […] » 
      
      8       L’article 905 du règlement (CEE) n° 2454/93 de la Commission, du 2 juillet 1993, fixant certaines dispositions d’application
         du code des douanes (JO L 253, p. 1), tel que modifié par le règlement (CE) n° 1677/98 de la Commission, du 29 juillet 1998
         (JO L 212, p. 18, ci-après le « règlement d’application ») prévoit notamment :
      
      « 1. Lorsque l’autorité douanière de décision, saisie de la demande de remboursement ou de remise au titre de l’article 239,
         paragraphe 2, du code, n’est pas en mesure, sur la base de l’article 899, de décider et que la demande est assortie de justifications
         susceptibles de constituer une situation particulière qui résulte de circonstances n’impliquant ni manoeuvre ni négligence
         manifeste de la part de l’intéressé, l’État membre dont relève cette autorité transmet le cas à la Commission pour être réglé
         conformément à la procédure prévue aux articles 906 à 909.
      
      Toutefois, sauf en cas de doute de la part de l’autorité douanière de décision, celle-ci peut décider elle-même de procéder
         au remboursement ou à la remise des droits lorsqu’elle estime que les conditions visées à l’article 239, paragraphe 1, du
         code sont remplies et pour autant que le montant qui concerne chaque opérateur par suite d’une même situation particulière
         et se référant, le cas échéant, à plusieurs opérations d’importation ou d’exportation soit inférieur à 50 000 écus.
      
      Le terme ‘intéressé’ doit être entendu dans le même sens qu’à l’article 899.
      Dans tous les autres cas, l’autorité douanière de décision rejette la demande.
      2. Le dossier adressé à la Commission doit comporter tous les éléments nécessaires à un examen complet du cas présenté. Il
         doit en outre comprendre une déclaration, signée par le demandeur du remboursement ou de la remise, attestant du fait qu’il
         a pu prendre connaissance du dossier et indiquant soit qu’il n’a rien à y ajouter, soit tout élément additionnel qu’il lui
         semble important d’y faire figurer.
      
      La Commission accuse immédiatement réception de ce dossier à l’État membre concerné.
      Lorsqu’il s’avère que les éléments d’information communiqués par l’État membre sont insuffisants pour lui permettre de statuer
         en toute connaissance de cause sur le cas qui lui est soumis, la Commission peut demander la communication d’éléments d’information
         complémentaires. »
      
      9       L’article 906 du règlement d’application dispose :
      « Dans les quinze jours suivant la date de réception du dossier visé à l’article 905, paragraphe 2, la Commission en communique
         copie aux États membres. 
      
      L’examen de ce dossier est inscrit dès que possible à l’ordre du jour d’une réunion du comité prévu à l’article 247 du code. »
      10     Postérieurement aux faits de l’espèce, l’article 906, second alinéa, du règlement d’application a été modifié comme suit par
         le règlement (CE) n° 1335/2003 de la Commission, du 25 juillet 2003, modifiant le règlement d’application (JO L 187, p. 16) :
      
      « L’examen de ce dossier est inscrit dès que possible à l’ordre du jour d’une réunion du groupe d’experts, visé à l’article
         907. »
      
      11     L’article 906 bis du règlement d’application prévoit :
      « À tout moment de la procédure prévue aux articles 906 et 907, lorsque la Commission a l’intention de prendre une décision
         défavorable au demandeur du remboursement ou de la remise, elle lui communique ses objections par écrit, ainsi que tous les
         documents sur lesquels elle fonde lesdites objections. Le demandeur du remboursement ou de la remise exprime son point de
         vue par écrit dans le délai d’un mois à compter de la date de l’envoi desdites objections. S’il n’a pas fait connaître son
         point de vue dans ledit délai, il est considéré qu’il a renoncé à la possibilité d’exprimer sa position. »
      
      12     L’article 907, premier alinéa, du règlement d’application dispose : 
      « Après consultation d’un groupe d’experts composé de représentants de tous les États membres réunis dans le cadre du comité
         afin d’examiner le cas d’espèce, la Commission prend une décision établissant soit que la situation particulière examinée
         justifie l’octroi du remboursement ou de la remise, soit qu’elle ne le justifie pas. »
      
      13     L’article 3 du règlement n° 1 du Conseil, du 15 avril 1958, portant fixation du régime linguistique de la Communauté économique
         européenne (JO 1958, 17, p. 385) dispose :
      
      « Les textes adressés par les institutions à un État membre ou à une personne relevant de la juridiction d’un État membre
         sont rédigés dans la langue de cet État. »
      
       Faits à l’origine du litige
      14     La requérante, établie en Belgique, est grossiste en produits chimiques et notamment en solutions azotées (urée et nitrate
         d’ammonium). Le groupe de la requérante comprend notamment Rellmann GmbH, située à Hambourg (Allemagne), filiale à 100 % de
         la requérante et Agro Baltic GmbH, basée à Rostock (Allemagne) et filiale à 100 % de Rellmann. En 1989, la requérante a acquis
         la société Champagne Fertilisants qui est son représentant fiscal pour toutes ses opérations en France.
      
      15     L’exportateur, l’entreprise polonaise Zaklady Azotowe Pulawy (ci-après « ZAP ») vend les produits à Agro Baltic. Au sein du
         groupe de la requérante, le circuit commercial est le suivant : Agro Baltic revend les produits à Rellmann, qui les revend
         à son tour à la requérante. Les factures correspondantes sont établies.
      
      16     Dans l’affaire T‑134/03, Agro Baltic a acheté à ZAP entre mars et septembre 1997 trois cargaisons de mélange d’urée et de
         nitrate d’ammonium. Ces cargaisons ont suivi le circuit commercial décrit au point 15 ci-dessus.
      
      17     Cogema, commissionnaire agréé en douane, a été mandaté pour procéder à la mise en libre pratique des produits au nom d’Agro
         Baltic et à leur mise à la consommation au nom de la requérante.
      
      18     Les marchandises ont ainsi, dans un premier temps, été mises en libre pratique au nom d’Agro Baltic, sous déclaration EU0
         à laquelle étaient jointes les factures de ZAP à Agro Baltic et les certificats EUR.1 attestant de l’origine polonaise des
         marchandises. Les marchandises ont été placées de façon concomitante sous le régime de l’entrepôt dont elles sont sorties
         quelques minutes plus tard en vue de leur mise à la consommation au nom de Champagne Fertilisants.
      
      19     Dans l’affaire T‑135/03, Agro Baltic a acheté à ZAP une cargaison en janvier 1995, qui a ensuite suivi le circuit commercial
         décrit au point 15 ci-dessus.
      
      20     Agro Baltic a mandaté la société SCAC Rouen (ci-après « SCAC »), commissionnaire agréé en douane, pour procéder à la mise
         en libre pratique des marchandises au nom d’Agro Baltic et à leur mise à la consommation au nom de la requérante. Il s’agissait
         donc, pour une même marchandise, de déposer deux déclarations en douane à l’importation, auprès du même bureau de douane avec
         mention de deux destinataires distincts, de façon à pouvoir dissocier le paiement des droits de douane de celui de la TVA.
         
      
      21     SCAC a utilisé une procédure de dédouanement simplifiée de mise en libre pratique et de mise à la consommation au seul nom
         de la requérante. À cet effet, SCAC a déposé une déclaration IM4 au nom de la requérante, à laquelle était jointe la facture
         de Rellmann à la requérante et un certificat EUR.1 attestant de l’origine polonaise des marchandises. 
      
      22     Dans un premier temps, l’administration française compétente a accepté les déclarations afférentes aux deux présentes affaires,
         a accordé l’exemption des droits de douane à l’importation sur la base des certificats EUR.1 et n’a pas réclamé le paiement
         de droits antidumping. 
      
      23     À la suite d’un contrôle a posteriori, les autorités françaises compétentes ont considéré toutefois que le droit spécifique
         de 19 écus par tonne instauré par l’article 1er, paragraphe 3, deuxième alinéa, du règlement n° 3319/94 aurait dû être appliqué à toutes les cargaisons afférentes aux deux
         présentes affaires. Selon elles, en effet, l’importateur réel des marchandises était la requérante, non destinataire d’une
         facture directe de ZAP, alors même que les produits en cause étaient certifiés de ZAP. Dans le dossier ayant donné lieu à
         l’affaire T‑134/03, plus précisément, les autorités françaises compétentes ont considéré notamment que l’entreposage intermédiaire
         des marchandises constituait une fiction juridique en raison de sa durée extrêmement brève et que la requérante avait déjà
         acquis les marchandises dans les trois opérations en cause avant même le dépôt des déclarations de mise en libre pratique
         au nom d’Agro Baltic. Dans le dossier ayant donné lieu à l’affaire T‑135/03, plus précisément, les autorités françaises compétentes
         ont considéré qu’une seule déclaration de mise en libre pratique et de mise à la consommation au nom de la requérante avait
         été effectuée.
      
      24     C’est dans ces conditions que, dans le dossier ayant donné lieu à l’affaire T‑134/03, les agents du Centre du renseignement
         d’orientation et de contrôle de Poitiers ont, le 4 décembre 1998, dressé un procès-verbal aux termes duquel un total de droits
         et taxes de 3 911 497 francs français (FRF) (564 855 euros) avait été éludé. Dans le dossier ayant donné lieu à l’affaire
         T‑135/03, la direction interrégionale des douanes de Rouen a dressé le 13 novembre 1997 un procès-verbal dont il résulte qu’un
         total de droits et taxes de 840 271 FRF (128 098 euros) aurait dû être appliqué.
      
      25     En novembre et en décembre 1999, la requérante a introduit des demandes de remise de droits auprès de l’administration française
         des douanes sur la base de l’article 239 du code des douanes. Le 14 février 2002, cette dernière a transmis lesdites demandes
         à la Commission qui les a enregistrées sous les numéros de référence REM 02/02 (affaire T-134/03) et REM 03/02 (affaire T-135/03).
      
      26     Par courriers des 9 et 10 septembre 2002, auxquels il a été répondu le 11 octobre 2002, la Commission a indiqué à la requérante
         qu’elle comptait prendre une décision négative dans les dossiers REM 02/02 et REM 03/02.
      
      27     Le 12 novembre 2002, le groupe d’experts REM/REC s’est réuni dans le cadre du comité des douanes, section des remboursements.
         Aux termes du compte rendu sommaire de cette réunion, établi le 29 novembre 2002, le vote final auquel a procédé le groupe
         d’experts a abouti au résultat suivant, en ce qui concerne les dossiers REM 02/02 et REM 03/02 : « six délégations votent
         en faveur de la proposition de la Commission, quatre délégations s’abstiennent et cinq délégations votent contre la proposition
         de la Commission ». 
      
      28     Le 20 décembre 2002, la Commission, estimant qu’il y avait négligence manifeste de la part de la requérante et absence de
         situation particulière et que, partant, les conditions d’application de l’article 239 du code des douanes n’étaient pas remplies,
         a adopté les décisions C (2002) 5217 final (dossier REM 02/02) et C (2002) 5218 final (dossier REM 03/02) constatant que la
         remise des droits à l’importation n’était pas justifiée (ci-après les « décisions litigieuses »). Elle a notifié ces décisions
         à l’administration française des douanes qui, à son tour, les a transmises à la requérante le 10 février 2003.
      
       Procédure et conclusions des parties
      29     Par requêtes déposées au greffe du Tribunal le 18 avril 2003, la requérante a introduit les présents recours.
      30     Sur rapport du juge rapporteur, le Tribunal a décidé d’ouvrir la procédure orale. Dans le cadre des mesures d’organisation
         de la procédure, il a invité les parties à répondre à certaines questions lors de l’audience. Les parties entendues, le Tribunal
         a joint les affaires T‑134/03 et T‑135/03 aux fins de la procédure orale et de l’arrêt.
      
      31     Les parties ont été entendues en leurs plaidoiries et en leurs réponses aux questions du Tribunal lors de l’audience du 25
         janvier 2005.
      
      32     La requérante conclut à ce qu’il plaise au Tribunal :
      –       annuler les décisions litigieuses ;
      –       condamner la Commission aux dépens.
      33     La Commission conclut à ce qu’il plaise au Tribunal :
      –       rejeter le recours ;
      –       condamner la requérante aux dépens.
       En droit
      34     Au soutien de ses recours, la requérante invoque trois moyens, tirés, le premier, de la violation des formes substantielles
         et des droits de la défense, le deuxième, d'une erreur manifeste d'appréciation dans l'application de l'article 239 du code
         des douanes et, le troisième, de la violation de l’obligation de motivation.
      
       Sur le premier moyen, tiré de la violation des formes substantielles et des droits de la défense
      35     Le présent moyen est divisé en cinq branches tirées de la violation, premièrement, de l’article 7 CE et de l’article 5 de
         la décision comitologie, deuxièmement, de l’article 906, paragraphe 1, du règlement d’application, troisièmement, de l’article
         4, paragraphe 1, du règlement intérieur du comité du code des douanes, quatrièmement, de l’article 3 du règlement n° 1 et,
         enfin, des droits de la défense.
      
       Sur la première branche du premier moyen, tirée de la violation de l’article 7 CE et de l’article 5 de la décision comitologie
      –       Arguments des parties
      36     La requérante fait valoir en substance que les mesures nécessaires pour la mise en œuvre du code des douanes, et notamment
         de son article 239, sont, en application de l’article 247 dudit code, arrêtées en conformité avec la procédure de réglementation
         visée à l’article 247 bis, paragraphe 2. Elle rappelle que cette dernière disposition énonce que la Commission est assistée
         par le comité du code des douanes et vise précisément l’article 5 de la décision comitologie, relatif au comité de réglementation.
      
      37     La requérante soutient que le « comité » réuni le 12 novembre 2002 (voir point 27 ci-dessus) était nécessairement un comité
         de réglementation au sens de l’article 5 de la décision comitologie. 
      
      38     Elle poursuit en indiquant que l’application au résultat du vote du « comité » de la pondération prévue à l’article 205 CE
         ne permettait pas à la proposition de la Commission d’atteindre la majorité qualifiée requise de 62 voix. 
      
      39     La requérante estime dès lors qu’il y a eu absence d’avis de la part du « comité » au sens de l’article 5, paragraphe 4, de
         la décision comitologie et que la Commission aurait donc dû sans tarder soumettre sa proposition au Conseil et en informer
         le Parlement européen, ce dont elle se serait abstenue. En adoptant malgré tout les décisions litigieuses, la Commission aurait
         agi en dehors du cadre de ses compétences, en violation de l’article 7 CE et de l’article 5 de la décision comitologie. Partant,
         les décisions litigieuses seraient frappées d’un vice substantiel. 
      
      40     À la Commission qui soutient (voir point 45 ci-après) que le « comité » en question est en réalité un groupe d’experts dont
         elle s’est elle-même entourée en adoptant l’article 907 du règlement d’application, la requérante rétorque que la Commission,
         en adoptant ledit article 907, n’a pas pris une mesure d’application du code des douanes mais s’est indûment octroyé une compétence
         en violation de l’article 7 CE. 
      
      41     Elle ajoute que l’argumentation de la Commission doit être écartée, puisqu’elle est de nature à rendre l’article 907, premier
         alinéa, du règlement d’application illégal pour défaut de base juridique. Pour le cas où cette argumentation serait accueillie
         par le Tribunal, elle excipe dans la réplique, en application de l’article 241 CE, de l’illégalité de l’article 907, premier
         alinéa, du règlement d’application. La requérante se réfère en outre à l’arrêt du Tribunal du 28 janvier 2003, Laboratoires
         Servier/Commission (T‑147/00, Rec. p. II‑85, point 45), aux termes duquel « selon une jurisprudence bien établie, l’incompétence
         de l’institution qui a adopté l’acte attaqué représente un moyen d’annulation d’ordre public qui doit être relevé d’office
         par le juge communautaire ».
      
      42     À titre surabondant, la requérante soutient que le libellé de l’article 907, premier alinéa, du règlement d’application, qui
         prévoit la réunion du groupe d’experts dans le cadre « du comité », et non « d’un comité », milite en faveur de l’interprétation
         selon laquelle le comité en question est le seul auquel il est fait référence dans le règlement d’application, c’est-à-dire
         celui visé à l’article 906, second alinéa, du règlement d’application, à savoir le comité de réglementation prévu à l’article
         247 du code des douanes. La requérante allègue en outre que si l’interprétation de la Commission était correcte, la procédure
         prévue à l’article 906, second alinéa, du règlement d’application, dont il résulterait que le comité prévu à l’article 247
         du code des douanes se réunit avant l’adoption de toute décision par la Commission en matière de remboursement et de remise
         de droits, n’aurait dès lors pas été respectée. Ainsi, l’article 906, second alinéa, du règlement d’application, aurait été
         violé. 
      
      43     Cet argument ne serait pas infirmé par le nouveau libellé de l’article 906, second alinéa, du règlement d’application (voir
         point 10 ci-dessus) dans lequel l’expression « du comité » a été remplacée par celle de « groupe d’experts, visé à l’article
         907 », dans la mesure où cette modification est intervenue postérieurement à la réunion du « comité » en question en l’espèce.
         
      
      44     La requérante fait enfin remarquer que le fait pour la Commission d’avoir procédé de sa propre initiative au décompte des
         voix à l’issue du vote du comité du 12 novembre 2002 selon la pondération prévue à l’article 205 CE atteste du fait que le
         « comité » en cause est bien un comité de réglementation au sens de l’article 5 de la décision comitologie. En réponse à la
         Commission qui soutient que le groupe d’experts est distinct du comité du code des douanes tout en y étant « adossé », puisqu’il
         se réunit dans le cadre de ce comité en application de l’article 907 du règlement d’application (voir point 49 ci-après),
         la requérante fait valoir l’absence de ligne budgétaire propre à ce groupe d’experts, l’identité de sa composition avec celle
         du comité du code des douanes et le fait qu’il n’y est pas fait référence dans les dispositions du règlement intérieur du
         comité du code des douanes relatives à son ordre du jour.
      
      45     La Commission estime que la requérante qualifie erronément le groupe d’experts de comité de réglementation au sens de l’article
         5 de la décision comitologie. Elle expose que ledit groupe d’experts n’est ni un comité de réglementation ni, d’ailleurs,
         un quelconque comité régi par la décision comitologie. Il s’agirait en réalité d’un groupe d’experts dont elle s’est elle-même
         entourée en adoptant l’article 907, premier alinéa, du règlement d’application, seule disposition régissant sa nature juridique,
         sa compétence et son fonctionnement.
      
      46     La Commission expose encore que l’article 239 du code des douanes ne lui impose pas de statuer sur des cas individuels de
         remise ou de remboursement avec l’assistance du comité prévu à l’article 247 du code des douanes, mais vise des « situations »
         et des « modalités de procédure ». Ainsi, l’article 239 du code des douanes attribuerait à la Commission la tâche d’arrêter
         « les modalités de procédure » selon la procédure du comité prévue à l’article 247 du code des douanes. 
      
      47     Or, la Commission aurait précisément déterminé ces situations et ces modalités de procédure dans les articles 905 et suivants
         du règlement d’application, selon la procédure prévue à l’article 247 du code des douanes, en prévoyant que c’est elle qui
         statue sur certaines demandes individuelles de remise ou de remboursement. 
      
      48     Par conséquent, il ne serait ni nécessaire ni logique que le groupe d’experts mentionné à l’article 907 du règlement d’application
         soit un comité de réglementation au sens de la décision comitologie, puisque ledit groupe est appelé à donner à la Commission
         un avis sur les propositions de décisions individuelles de remise ou de remboursement, comme en l’espèce, et non sur une modification
         de la réglementation douanière. 
      49     Selon la Commission, le groupe d’experts se réunirait, conformément à l’article 907 du règlement d’application, « au sein »
         du comité auquel il serait « adossé ». Cela signifierait effectivement que le groupe d’experts se réunit dans la même composition
         que le comité du code des douanes, mais avec des fonctions différentes. Le dossier individuel de remboursement ou de remise
         serait transmis au comité pour qu’il en délibère en tant que groupe d’experts en application de l’article 907, premier alinéa,
         du règlement d’application. La Commission fait valoir que ce système de groupe d’experts fonctionnant avec des règles propres
         au sein de comités au sens de la décision comitologie, s’il est en voie de nécessaire rationalisation, fonctionne toutefois
         depuis des dizaines d’années dans de nombreux domaines de l’action communautaire. Elle allègue que les incohérences relevées
         par la requérante (point 44 ci-dessus) ne sont pas de nature à remettre en cause le rôle et la nature du groupe d’experts.
      
      50     La Commission estime dès lors que les règles de comptage des votes de l’article 205 CE propres à la procédure de réglementation
         ne trouvent pas à s’appliquer en l’espèce. À cet égard, le fait qu’elle pondère les votes du groupe d’experts ne devrait pas
         induire en erreur ni conduire à se méprendre sur la nature juridique et le statut dudit groupe d’experts au sein du comité.
         La Commission rappelle qu’une majorité des représentants des États membres du groupe d’experts s’est prononcée en faveur de
         sa proposition, qu’il y a donc bien eu avis dudit groupe. Elle ajoute qu’en tout état de cause cet avis est purement consultatif
         et ne la lie pas. 
      
      –       Appréciation du Tribunal
      51     S’agissant, tout d’abord, de l’exception d’illégalité soulevée par la requérante, il convient de relever qu’elle n’a été invoquée
         que dans la réplique. Or, la Cour a jugé que le cadre du litige est déterminé par la requête introductive d’instance et qu’une
         exception d’illégalité est irrecevable au stade de la réplique (arrêt de la Cour du 11 juillet 1985, Salerno e.a./Commission
         et Conseil, 87/77, 130/77, 22/83, 9/84 et 10/84, Rec. p. 2523, points 36 et 37). En outre, l'exception d'illégalité n'est
         fondée sur aucun élément de droit ou de fait qui se serait révélé au cours de la procédure au sens de l'article 48, paragraphe
         2, du règlement de procédure du Tribunal.
      
      52     Le Tribunal ne saurait se saisir d’office de la question de l’illégalité éventuelle de l’article 907, paragraphe 1, du règlement
         d’application. En effet,  une telle illégalité n’est pas d’ordre public (voir, en ce sens, arrêt de la Cour du 17 décembre
         1959, Société des fonderies de Pont-à-Mousson/Haute Autorité, 14/59, Rec. p. 445, 474). Le Tribunal doit certes relever d’office,
         comme le rappelle la requérante dans sa réplique, l’incompétence de l’auteur de l’acte attaqué. Toutefois, il ne fait pas
         de doute en l’espèce que la Commission a agi dans le cadre de ses compétences en adoptant les décisions litigieuses. En effet,
         ces dernières ont été prises sur la base de l’article 907, premier alinéa, du règlement d’application, lui-même adopté selon
         l’avis du comité du code des douanes conformément à la procédure prévue aux articles 239, 247 et 247 bis dudit code. En outre,
         il ne ressort pas de la jurisprudence que le Tribunal doit examiner d’office le point de savoir si, en adoptant le contenu
         de l’article 907, premier alinéa, du règlement d’application, base juridique des décisions litigieuses, la Commission n’a
         pas outrepassé ses compétences. À cet égard, l’arrêt Laboratoires Servier/Commission, point 41 supra, invoqué par la requérante,
         ne saurait lui être d’un quelconque secours dans la mesure où il a trait à l’incompétence de l’institution qui a adopté l’acte
         attaqué et non à l’incompétence de l’institution ayant adopté l’acte sur la base duquel l’acte attaqué a été pris.
      
      53     Au vu de ce qui précède, il y a lieu de rejeter comme irrecevable l’exception d’illégalité soulevée par la requérante.
      54     Il convient ensuite d’examiner la question de savoir si le groupe d’experts qui, en application de l’article 907, premier
         alinéa, du règlement d’application, se réunit « dans le cadre du comité [du code des douanes] » constitue, ou non, un comité
         de réglementation au sens de l’article 5 de la décision comitologie.
      
      55     À cet égard, il convient de rappeler qu’il résulte du considérant 7 et de l’article 5 de la décision comitologie que la procédure
         de réglementation est utilisée pour les « mesures de portée générale ayant pour objet de mettre en application les éléments
         essentiels d’actes de base ».
      
      56     Or, il est constant que les décisions litigieuses sont des décisions individuelles et, partant, n’ont aucune portée générale.
      57     Considérer, avec la requérante, que le comité de réglementation au sens de l’article 5 de la décision comitologie est compétent
         pour rendre un avis sur une proposition de décision individuelle de remboursement ou de remise de droits de douane équivaudrait
         à assimiler purement et simplement les notions de décision et d’acte de portée générale, pourtant fondamentalement distinctes
         en vertu de l’article 249 CE et de la jurisprudence (voir, en ce sens, arrêt de la Cour du 14 décembre 1962, Confédération
         nationale des producteurs de fruits et légumes e.a./Conseil, 16/62 et 17/62, Rec. p. 901), et, partant, à violer cette dernière
         disposition tout comme l’article 7 CE et la décision comitologie.
      
      58     Ce seul motif est suffisant pour conclure que le groupe d’experts visé à l’article 907 du règlement d’application n’est pas
         un comité de réglementation au sens de l’article 5 de la décision comitologie.
      
      59     Cette conclusion est corroborée par le libellé de l’article 907, premier alinéa, du règlement d’application. L’expression
         « dans le cadre du comité » reflète le fait que le groupe d’experts visé à l’article 907 est à l’évidence une entité distincte
         sur le plan fonctionnel du comité du code des douanes. Si le législateur, en l’occurrence la Commission, avait voulu que le
         comité du code des douanes soit consulté dans le cadre des procédures individuelles de remise ou de remboursement, il aurait,
         sans nul doute, utilisé l’expression « après consultation du comité ». 
      
      60     Il s’ensuit que la première branche du premier moyen doit être rejetée.
       Sur la deuxième branche du premier moyen, tirée de la violation de l’article 906, premier alinéa, du règlement d’application
      –       Arguments des parties
      61     La requérante soutient que la Commission a commis une violation substantielle des règles de procédure prévues par l’article
         906, premier alinéa, du règlement d’application en omettant d’envoyer aux États membres une copie des dossiers transmis par
         l’administration française des douanes dans les quinze jours suivant leur réception par ses services. Elle allègue que les
         dossiers en question ont été transmis aux États membres quelques jours seulement avant la réunion du groupe d’experts mentionnée
         au point 27 ci-dessus, soit plusieurs mois après l’expiration du délai prévu par l’article 906, premier alinéa, du règlement
         d’application. 
      
      62     La Commission allègue en substance que la requérante assimile de façon erronée, aux fins de l’application de l’article 906,
         premier alinéa, du règlement d’application, la demande de remise transmise à la Commission par l’administration douanière
         française et la proposition de décision négative de la Commission. Elle soutient, pièces à l’appui, avoir transmis le 28 février
         2002 aux États membres ladite demande qu’elle avait reçue le 14 février 2002. Dans ces conditions, le vice de procédure allégué
         par la requérante ne serait pas établi. 
      
      63     La Commission ajoute que, même à considérer ledit vice de procédure établi, celui-ci ne saurait en tout état de cause être
         qualifié de « substantiel », c’est-à-dire comme ayant eu une influence sur les décisions litigieuses et devant nécessairement
         conduire à l’annulation de celles-ci. 
      
      64     De surcroît, la Commission émet un fort doute quant à la possibilité pour un opérateur de se prévaloir utilement de la violation
         de l’article 906 du règlement d’application aux fins de l’annulation des décisions litigieuses. Elle relève que cet article
         vise à garantir l’information rapide des États membres afin de permettre à ces derniers de se préparer à contribuer au processus
         décisionnel. Ainsi, s’il crée un droit positif dans le chef des États membres, l’article 906 n’instaurerait nullement un tel
         droit au profit des personnes privées. 
      
      –       Appréciation du Tribunal
      65     Il y a lieu de relever que la requérante, qui n’a pas répondu dans sa réplique aux arguments présentés dans son mémoire en
         défense par la Commission, n’a pas établi que la Commission n’aurait pas envoyé, dans son courrier du 28 février 2002 aux
         États membres, l’intégralité du dossier mentionné à l’article 906, premier alinéa, et visé à l’article 905, paragraphe 2,
         du règlement d’application ni que, partant, les États membres n’auraient pas été adéquatement informés. Il ressort, à cet
         égard, du procès-verbal de la réunion du groupe d’experts visé au point 27 ci-dessus qu’une consultation a eu lieu sur les
         points clés de la demande de remboursement. Il ressort en outre dudit procès-verbal que les avocats de la requérante ont directement
         transmis des documents aux représentants de tous les États membres siégeant au sein du groupe d’experts. Dans ces conditions,
         la requérante n’a pas établi de violation de l’article 906 du règlement d’application. En tout état de cause, elle ne démontre
         pas que l'omission alléguée aurait eu une influence sur les décisions litigieuses.
      
      66     Il s’ensuit que la deuxième branche du premier moyen doit être rejetée.
       Sur la troisième branche du premier moyen, tirée de la violation de l’article 4, paragraphe 1, du règlement intérieur du comité
         du code des douanes.
      
      –       Arguments des parties
      67     La requérante soutient que les décisions litigieuses sont entachées d’un vice de forme substantiel dans la mesure où elles
         auraient été prises en violation de l’article 4, paragraphe 1, du règlement intérieur du comité du code des douanes, lequel
         prévoit que « tout autre document de travail » doit, en règle générale, être transmis quatorze jours calendaires au plus tard
         avant la date de la réunion du comité.
      
      68     Or, il résulterait des contacts que les avocats de la requérante ont pris directement avec les représentants des États membres
         siégeant dans le groupe d’experts que ces derniers se sont vu transmettre la réponse du 11 octobre 2002 de la requérante aux
         courriers de la Commission des 9 et 10 septembre 2002 visés au point 26 ci-dessus seulement sept jours calendaires avant la
         réunion. Le temps supplémentaire accordé aux membres du groupe d’experts avant de procéder au vote aurait étendu ce délai
         à onze jours, soit un délai inférieur au délai de quatorze jours prévu à l’article 4, paragraphe 1, du règlement intérieur
         du comité du code des douanes. La requérante fait valoir que ce retard dans la transmission par la Commission de ses arguments
         en réponse aux courriers des 9 et 10 septembre 2002 constitue une violation des droits de la défense, l’autorisant à se prévaloir
         de la violation de l’article 4, paragraphe 1, du règlement intérieur du comité du code des douanes.
      
      69     Au soutien de son argumentation, la requérante invoque l’arrêt du 10 février 1998, Allemagne/Commission (C‑263/95, Rec. p. I‑441,
         points 31 et 32), dans lequel la Cour a déclaré incompressible le délai d’envoi d’un dossier dans le cadre d’une procédure
         devant un comité de réglementation et a jugé que le non-respect de ce délai constituait une violation des formes substantielles
         entraînant l’annulation de la décision prise par la Commission. À la Commission qui répond (voir point 72 ci-après) que l’arrêt
         susmentionné n’est pas pertinent en l’espèce, car rendu sur requête d’un État membre dont les droits n’avaient pas été respectés,
         la requérante rétorque que ledit arrêt n’exclut pas spécifiquement la possibilité pour les personnes morales de relever les
         violations commises lors de la consultation du comité en cause.
      
      70     À la Commission qui fait valoir qu’un opérateur ne saurait utilement se prévaloir de la violation de l’article 4 du règlement
         intérieur du comité du code des douanes (voir point 73 ci-après), la requérante oppose l’arrêt de la Cour du 15 juin 1994,
         Commission/BASF e.a. (C‑137/92 P, Rec. p. I‑2555).
      
      71     À la Commission qui soutient que, en tout état de cause, les délais prescrits à l’article 4, paragraphes 2 et 3, du règlement
         intérieur du comité du code des douanes ont été respectés compte tenu de la situation d’urgence caractérisant les présentes
         affaires (point 75 ci-après), la requérante rétorque qu’il n’y a pas eu de situation d’urgence. Elle fait valoir que cet argument
         de la Commission est en contradiction avec le fait que, malgré une prétendue urgence, cette dernière a accordé aux membres
         du groupe d’experts un délai supplémentaire pour se prononcer sur son projet de décision négative pourtant transmis, lui,
         dans les délais légaux.
      
      72     La Commission soutient que la référence faite par la requérante à l’arrêt Allemagne/Commission, point 69 supra, est sans pertinence
         en l’espèce. Elle relève que, dans l’affaire ayant donné lieu à cet arrêt, la partie requérante était un État membre qui n’avait
         pas pu exercer ses compétences au sein du comité en raison du retard dans la transmission des documents. En revanche, dans
         les présentes affaires, un retard − s’il était avéré − dans la transmission des documents au groupe d’experts n’aurait pas
         affecté les droits de la requérante. 
      
      73     La Commission émet, en outre, des doutes quant à la possibilité pour un opérateur de se prévaloir utilement de la violation
         d’une règle d’ordre interne (telle que celle prévue à l’article 4, paragraphe 1, du règlement intérieur du comité du code
         des douanes) pour étayer une demande d’annulation de décisions telles que les décisions litigieuses. Elle invoque à cet égard
         l’arrêt de la Cour du 7 mai 1991, Nakajima/Conseil (C‑69/89, Rec. p. I‑2069, points 49 à 51). La Commission ajoute, dans sa
         duplique, que l’arrêt Commission/BASF e.a., point 70 supra, ne peut être utilement invoqué par la requérante dans la mesure
         où, contrairement à la disposition dont la violation était alléguée dans l’affaire ayant donné lieu à cet arrêt, l’article
         4, paragraphe 1, du règlement intérieur du comité du code des douanes ne vise pas à protéger les droits des entreprises.
      
      74     La Commission fait encore valoir que le document essentiel aux fins de l’application de l’article 4 du règlement intérieur
         du comité du code des douanes, à savoir son projet de décision négative, a été transmis dans les délais aux membres du groupe
         d’experts. Ces derniers auraient également été destinataires, dès le 23 septembre 2002, des courriers dits des droits de la
         défense envoyés à la requérante les 9 et 10 septembre 2002. 
      
      75     Par ailleurs, quand bien même il serait considéré que le délai de quatorze jours calendaires prescrit à l’article 4, paragraphe
         1, du règlement intérieur du comité du code des douanes n’a pas été respecté, ce délai vaudrait en règle générale, mais pourrait
         être réduit en cas d’urgence, en application de l’article 4, paragraphes 2 et 3, du même règlement intérieur. Or, il y aurait
         eu urgence en l’espèce en raison de la nécessité pour la Commission de rendre les décisions litigieuses dans le délai imparti
         par l’article 907, deuxième alinéa, du règlement d’application, dès lors que l’absence de réponse dans ledit délai aurait
         valu acceptation de la demande de la requérante. 
      
      76     En outre, la requérante ne démontrerait pas en quoi ses droits seraient affectés par la transmission tardive de son courrier
         du 11 octobre 2002. Dans ces conditions, il n’y aurait pas violation de l’article 4, paragraphe 1, du règlement intérieur
         du comité du code des douanes.
      
      –       Appréciation du Tribunal
      77     Sans qu’il soit besoin de statuer sur le point de savoir si la réponse de la requérante du 11 octobre 2002 aux courriers de
         la Commission des 9 et 10 septembre 2002 constitue un document de travail au sens de l’article 4, paragraphe 1, du règlement
         intérieur du comité du code des douanes ni sur celui de savoir s’il y avait une situation d’urgence au sens des paragraphes
         2 et 3 dudit article, il y a lieu d'observer qu’il résulte du dossier que les membres du groupe d’experts ont disposé de treize
         jours calendaires (du 6 au 18 novembre 2002) pour prendre connaissance de la réponse de la requérante. 
      
      78     S’agissant de l’arrêt Allemagne/Commission, point 69 supra, invoqué par la requérante, il suffit d’observer que, le groupe
         d’experts n’étant pas un comité de réglementation, la solution dégagée dans cet arrêt ne trouve pas à s’appliquer dans les
         présentes affaires.
      
      79     Au demeurant, il convient de relever que l’article 4, paragraphe 1, du règlement intérieur du comité du code des douanes a
         pour objet d’assurer le fonctionnement interne dudit comité dans le plein respect des prérogatives de ses membres. Il en résulte
         que les personnes physiques ou morales ne sauraient se prévaloir d’une prétendue violation de cette règle, qui n’est pas destinée
         à assurer la protection des particuliers (voir, en ce sens, arrêt Nakajima/Conseil, point 73 supra, points 49 à 51). Or, la
         requérante étant une partie tierce, contrairement à l’Allemagne dans l’arrêt Allemagne/Commission, point 69 supra, la solution
         dégagée dans ledit arrêt ne saurait, pour cette raison également, trouver application en l’espèce.
      
      80     Il s’ensuit que la troisième branche du premier moyen doit également être rejetée.
       Sur la quatrième branche du premier moyen, tirée de la violation de l’article 3 du règlement n° 1
      –       Arguments des parties
      81     La requérante fait valoir que les représentants de certains États membres siégeant au sein du groupe d’experts n’ont pas reçu
         dans leur langue copie de certains documents du dossier de la Commission. Cela serait particulièrement regrettable au regard
         de la complexité et de la technicité des dossiers en l’espèce ainsi que de la brièveté du délai imparti aux représentants
         des États membres pour l’étudier. La requérante fait observer à cet égard que certains représentants des États membres se
         sont plaints de ne pas avoir reçu les documents en cause dans leur langue. Dans ces conditions, les décisions litigieuses
         auraient été adoptées en violation de l’article 3 du règlement n° 1 et, partant, d’une forme substantielle.
      
      82     Dans sa réplique, la requérante fait valoir que l’approche de la Commission, exposée au point 85 ci-après, implique une exclusion
         de tout contrôle juridictionnel lorsqu’un État membre ne soulève pas une violation du règlement en cause.
      
      83     La Commission indique d’abord que la pratique administrative du groupe d’experts (dont elle rappelle qu’il n’est pas investi
         d’une mission législative) consiste à envoyer la lettre « dite des droits de la défense » (visée au point 26 ci-dessus) aux
         représentants des États membres dans leur langue, les autres documents étant envoyés en français et en anglais. 
      
      84     La Commission fait ensuite valoir que la requérante ne démontre pas en quoi la pratique suivie affecte sa situation juridique
         propre. Elle admet que cette pratique est susceptible d’affecter les droits des États membres destinataires des documents
         en cause, mais estime que, dans un tel cas, c’est aux États membres qu’il appartient de faire valoir leurs droits.
      
      85     Dans ces conditions, un particulier ne saurait utilement se prévaloir de la violation d’un droit d’un État membre lorsque
         celui-ci ne s’en plaint pas. Or, en l’occurence, le procédé n’aurait suscité aucune contestation de la part des représentants
         des États membres ni aucune demande de traduction.
      
      –       Appréciation du Tribunal
      86     L'article 3 du règlement nº 1 vise à assurer que les textes adressés par une institution à un État membre ou à une personne
         relevant de la juridiction d'un État membre soient rédigés dans la langue de cet État. Or, en l'espèce, le destinataire des
         documents en cause du dossier de la Commission n'était pas la requérante, mais les représentants des États membres composant
         le groupe d'experts mentionné à l'article 907 du règlement d'application. Partant, ladite disposition ne visant pas en l'occurrence
         à garantir les droits de la requérante ou sa situation juridique propre dans la procédure administrative de remise de droits
         à l'importation, celle-ci ne saurait se prévaloir d'une prétendue violation de cette règle.
      
      87     Au surplus, et en tout état de cause, la requérante n'a pas apporté la preuve que l'un quelconque des membres du groupe d'experts
         aurait éprouvé des difficultés à contribuer à la formulation de l'avis de ce groupe en raison de l'absence d'une version linguistique
         particulière de l'un des documents transmis par la Commission. D'une part, en effet, l'offre de preuve de la requérante à
         ce sujet se limite à une attestation qu'elle a elle-même établie et signée. D'autre part, l'ensemble des informations contenues
         dans le dossier ne permet pas de parvenir à une telle conclusion.
      
      88     Il s’ensuit que la quatrième branche du premier moyen doit également être rejetée.
       Sur la cinquième branche du premier moyen, tirée de la violation des droits de la défense
      –       Arguments des parties
      89     La requérante soutient que la Commission n’a pas respecté les droits de la défense en ce qu’elle ne lui a pas accordé d’audition
         ni un accès aisé et le plus large possible aux documents qu’elle avait demandés. 
      
      90     S’agissant, premièrement, de l’audition, la requérante indique avoir demandé le 2 octobre 2002 à la Commission  à être entendue
         oralement au sujet des présentes affaires. Cette demande aurait été rejetée par courrier du 8 octobre 2002 aux motifs que
         la procédure applicable de l’article 906 bis du règlement d’application prévoyait que l’intéressé faisait connaître son point
         de vue par écrit et que la requérante avait été reçue par les services de la Commission à trois reprises avant le dépôt de
         la demande initiale de remise. En outre, la Commission aurait souligné dans les décisions litigieuses que la requérante n’avait
         pas prouvé que son point de vue ne pouvait être exposé qu’oralement. 
      
      91     La requérante estime que le refus de la Commission constitue une violation du droit d’être entendu et une erreur manifeste
         d’appréciation. 
      
      92     La requérante rappelle que, selon une jurisprudence constante, le respect des droits de la défense dans toute procédure ouverte
         à l’encontre d’une personne et susceptible d’aboutir à un acte lui faisant grief constitue un principe fondamental de droit
         communautaire qui doit être assuré même en l’absence de toute réglementation concernant la procédure en cause (arrêts de la
         Cour du 12 février 1992, Pays-Bas e.a./Commission, C‑48/90 et C‑66/90, Rec. p. I‑565, point 44 ; du 29 juin 1994, Fiskano/Commission,
         C‑135/92, Rec. p. I‑2885, point 39, et du 24 octobre 1996, Commission/Lisrestal e.a., C‑32/95 P, Rec. p. I‑5373, point 21 ;
         arrêt du Tribunal du 10 mai 2001, Kaufring e.a./Commission, T‑186/97, T‑187/97, T‑190/97 à T‑192/97, T‑210/97, T‑211/97, T‑216/97
         à T‑218/97, T‑279/97, T‑280/97, T‑293/97 et T‑147/99, Rec. p. II‑1337, point 151). La requérante poursuit en indiquant que
         la Cour a constamment reconnu le principe du droit à une procédure orale (audi alteram partem) comme une règle procédurale
         essentielle, notamment en matière de procédure administrative (arrêts de la Cour du 23 octobre 1974, Transocean Marine Paint/Commission,
         17/74, Rec. p. 1063 ; du 13 février 1979, Hoffman-La Roche/Commission, 85/76, Rec. p. 461, et du 26 juin 1980, National Panasonic/Commission,
         136/79, Rec. p. 2033). Elle ajoute que, eu égard au pouvoir d’appréciation dont dispose la Commission lorsqu’elle adopte une
         décision en application de la clause générale d’équité de l’article 239 du code des douanes, le respect du droit d’être entendu
         doit d’autant plus être garanti (arrêts du Tribunal du 9 novembre 1995, France-aviation/Commission, T‑346/94, Rec. p. II‑2841,
         point 34 ; du 19 février 1998, Eyckeler & Malt/Commission, T‑42/96, Rec. p. II‑401, point 77 ; du 17 septembre 1998, Primex
         Produkte Import-Export e.a./Commission, T‑50/96, Rec. p. II‑3773, point 60 ; du 18 janvier 2000, Mehibas Dordtselaan/Commission,
         T‑290/97, Rec. p. II‑15, point 46, et Kaufring e.a./Commission, précité, point 152).
      
      93     Dès lors, la requérante estime en substance que le droit d’être entendu doit être interprété de façon extensive, c’est-à-dire
         qu’elle a un droit à être entendue tant au moyen de ses écrits qu’oralement. Sur ce point, le fait que le règlement d’application
         prévoit seulement une procédure écrite en son article 906 bis ne signifierait pas qu’une procédure orale ait été expressément
         exclue. La requérante évoque à cet égard les domaines du droit de la concurrence et du droit antidumping, dans lesquels sont
         prévues des procédures écrites et orales. Elle ajoute que, dans le domaine des aides d’État, la jurisprudence a admis le principe
         d’une audition orale en l’absence de réglementation la prévoyant formellement.
      
      94     La requérante soutient que, selon la jurisprudence de la Cour, l’intéressé doit être en mesure de faire valoir utilement son
         point de vue au cours de la procédure administrative (arrêt de la Cour du 11 novembre 1987, France/Commission, 259/85, Rec.
         p. 4393, point 12). Il en résulterait dans la pratique la possibilité pour l’intéressé d’être entendu oralement. De la même
         façon, l’article 6 de la convention européenne des droits de l’homme et des libertés fondamentales devrait être interprété
         extensivement, c’est-à-dire comme incluant le droit d’être entendu par écrit, mais également oralement. 
      
      95     Dans ces conditions, la requérante estime que, en rejetant sa demande d’être entendue oralement au motif qu’elle n’aurait
         pas prouvé que son point de vue aurait gagné à être exposé oralement, la Commission n’a pas respecté la jurisprudence susvisée,
         et ce sans aucune justification. La requérante soutient encore qu’il ne lui appartenait pas d’apporter une telle preuve.
      
      96     Enfin, la requérante avance que la seule question pertinente est celle de savoir si elle a été mise en mesure, au cours de
         la procédure, de faire valoir utilement son point de vue en réponse aux griefs de la Commission. Or, cela n’aurait pas été
         le cas. En effet, la requérante indique avoir été effectivement reçue à trois reprises par les services de la Commission,
         mais ces entretiens auraient eu lieu bien avant le transfert de la demande de remise à la Commission et avec des interlocuteurs
         différents. En outre, lors de ces entretiens, aucun des arguments soulevés par la Commission n’aurait encore été connu de
         la requérante pour la simple raison que la procédure devant la Commission elle-même n’était pas encore entamée. Surtout, la
         requérante estime que les seuls échanges écrits entre elle et l’administration française et la Commission n’ont pas permis
         de clarifier certains points essentiels. Ces points auraient pu être abordés dans le cadre d’une procédure plus directe et
         plus dynamique, telle qu’une audition par les services de la Commission, grâce à laquelle les droits de la défense auraient
         été respectés. À titre d’exemple, la requérante indique que, dans l’affaire T‑134/03, elle n’a pas été en mesure par le seul
         recours à l’écrit de dissiper le doute nourri par les autorités douanières françaises quant à la réalité de l’erreur technique
         commise par Cogema, doute qui aurait conduit ces dernières à conclure à l’absence de situation particulière. Dans l’affaire
         T‑135/03, en substance, la Commission n’aborderait pas le point de savoir s’il y a eu ou non un contournement de la législation
         antidumping par la requérante, alors que cet élément serait capital pour établir éventuellement l’existence d’une situation
         particulière au sens de l’article 239 du code des douanes.
      
      97     En ce qui concerne, deuxièmement, l’accès au dossier, la requérante, en se référant à l’article 1er du règlement (CE) n° 1049/2001 du Parlement européen et du Conseil, du 30 mai 2001, relatif à l’accès du public aux documents
         du Parlement européen, du Conseil et de la Commission (JO L 145, p. 43), allègue que la Commission n’a fait droit qu’avec
         difficulté, et seulement partiellement au jour du dépôt des requêtes, à sa demande légitime d’accès à certains documents.
      
      98     La requérante indique plus particulièrement avoir demandé le 23 janvier 2003 à la Commission l’accès au compte rendu de la
         réunion du groupe d’experts du 12 novembre 2002, puis avoir dû reformuler sa demande les 24 février et 20 mars 2003 en raison
         du caractère extrêmement succinct de l’information communiquée par la Commission par courrier du 3 février 2003.
      
      99     S’agissant, premièrement, de l’audition, la Commission estime que la requérante a eu pleinement les moyens de faire connaître
         son point de vue, ainsi que l’attesteraient ses réponses amples et détaillées du 11 octobre 2002 dans l’affaire REM 02/02.  Elle fait observer par ailleurs qu’elle a fait preuve d’un grand esprit d’ouverture en recevant la requérante à trois reprises.
         Elle soutient encore que l’argumentation de la requérante pourrait avoir une certaine pertinence si cette dernière démontrait
         ne pas avoir été en mesure de faire valoir utilement son point de vue. Or, la requérante n’aurait nullement démontré que le
         recours exclusif à l’écrit avait diminué l’efficacité de sa défense.
      
      100   La Commission allègue ensuite que la jurisprudence citée par la requérante concerne une situation antérieure à l’entrée en
         vigueur du règlement n° 1677/98 qui a inséré dans le règlement d'application notamment un nouvel article 906 bis, lequel prévoit
         que le demandeur du remboursement ou de la remise communique ses objections par écrit à la Commission lorsque cette dernière
         envisage de prendre une décision défavorable. 
      
      101   La Commission relève que ces nouvelles dispositions ont été appliquées dans le cadre de l’affaire ayant donné lieu à l’arrêt
         Kaufring e.a./Commission, point 92 supra. Elle souligne que le Tribunal n’a pas annulé la décision de la Commission dans cette
         affaire pour défaut d’audition et qu’il a considéré comme suffisante la possibilité offerte par l’article 906 bis du règlement
         d’application de présenter des observations par écrit.
      
      102   En ce qui concerne, deuxièmement, l’accès au dossier, la Commission estime que l’argumentation de la requérante est sans pertinence.
         Elle indique avoir transmis à la requérante tous les documents demandés. La Commission relève encore que, s’agissant du seul
         document auquel la requérante n’a pas eu accès immédiatement, à savoir le compte rendu de la réunion du groupe d’experts,
         la demande d’accès correspondante a été formulée le 23 janvier 2003, soit après la date d’adoption des décisions litigieuses.
         Dans ces conditions, à supposer même qu’il y ait eu un refus d’accès au dossier, quod non, ce refus ne serait par nature pas
         susceptible d’affecter la validité des décisions litigieuses.
      
      103   À titre surabondant, la Commission fait valoir que le retard enregistré dans la transmission dudit compte rendu était justifié
         au regard du règlement n° 1049/2001. En effet, le document en question contiendrait des informations sensibles liées à des
         intérêts commerciaux et l’avocat de la requérante n’aurait pas justifié d’emblée de son pouvoir lors du dépôt de la demande
         d’accès.
      
      104   Enfin, la Commission souligne que la requérante n’invoque pas de violation de l’article 906 bis du règlement d’application.
      –       Appréciation du Tribunal
      105   Il convient d’emblée de rappeler que le principe du respect des droits de la défense exige que toute personne à l’encontre
         de laquelle une décision faisant grief peut être prise soit en mesure de faire connaître utilement son point de vue, à tout
         le moins, au sujet des éléments retenus à sa charge par la Commission pour fonder sa décision (voir, en ce sens, arrêts Fiskano/Commission,
         point 92 supra, point 40 ; Commission/Lisrestal e.a., point 92 supra, point 21, et Kaufring e.a./Commission, point 92 supra,
         point 153).
      
      106   Dans le cas des décisions prises par la Commission en application de l’article 239 du code des douanes, le respect des droits
         de la défense du demandeur de la remise est assuré par la procédure visée à l’article 906 bis du règlement d’application (voir
         point 11 ci-dessus).
      
      107   En l’espèce, cette procédure a été accomplie par la communication, en annexe au courrier du 9 septembre 2002 (voir point 26
         ci-dessus), d’un mémorandum de dix pages dans lequel étaient exposés les éléments factuels et réglementaires justifiant l’intention
         de la Commission de prendre une décision négative dans les affaires REM 02/02 et REM 03/02. De surcroît, la requérante a exercé
         son droit de faire connaître son point de vue sur les objections de la Commission par l’envoi du courrier du 11 octobre 2002
         comportant 24 pages complétées par 14 annexes dans l’affaire REM 02/02 et 21 pages complétées par 10 annexes dans l’affaire
         REM 03/02, dans lequel étaient développés ses commentaires et arguments.
      
      108   S’agissant, premièrement, du refus opposé à la demande de la requérante d’être entendue dans le cadre d’une audition, il suffit
         de constater que ni la disposition spécifique relative à la procédure administrative en cause, à savoir l’article 906 bis
         du règlement d’application, ni le principe général du respect des droits de la défense ne confèrent au demandeur de la remise
         le droit à une telle audition.
      
      109   En outre, la nature spécifique de la décision prise par la Commission en application de l’article 239 du code des douanes
         ne rend aucunement indispensable l’octroi, au demandeur de la remise, de la possibilité de faire valoir ses observations oralement
         en plus de l’exposé écrit de son point de vue.
      
      110   Le Tribunal considère donc que, par son courrier détaillé du 11 octobre 2002, la requérante a pleinement exercé la possibilité
         qui lui était offerte de faire connaître à la Commission son point de vue. Les exemples que la requérante avance (voir point
         96 ci-dessus) pour soutenir la position contraire ne sont pas de nature à remettre en cause cette conclusion, ces exemples
         ne révélant aucun élément que la requérante ne pouvait faire valoir par écrit.
      
      111   En ce qui concerne, deuxièmement, l’accès au dossier, il y a lieu de constater, comme la Commission le relève à juste titre,
         que la demande d’accès a été introduite postérieurement à l’adoption des décisions litigieuses, au cours de la préparation
         des présents recours. Ainsi, la violation du règlement n° 1049/2001 alléguée par la requérante, à la supposer avérée, ne saurait
         affecter la validité des décisions litigieuses, qui doit être appréciée au jour de leur adoption. Au surplus, le Tribunal
         relève que la requérante n’a pas démontré qu’elle n’a pas eu accès aux documents demandés. En effet, le compte rendu de la
         réunion du groupe d’experts a été fourni dans sa version intégrale par la Commission.
      
      112   Il s’ensuit que la cinquième branche du premier moyen doit être rejetée dans ses deux volets.
      113   Aucune des cinq branches du premier moyen n’ayant été accueillie, il convient de rejeter celui-ci.
       Sur le deuxième moyen, tiré d'une erreur manifeste d'appréciation dans l'application de l'article 239 du code des douanes
      114   Le deuxième moyen est tiré de l’erreur manifeste d’appréciation que la Commission aurait commise en considérant que les conditions
         d’application de l’article 239 du code des douanes n’étaient pas remplies. Il s’articule en trois branches. La première branche
         est tirée du refus de la Commission de reconnaître l’existence d’une situation particulière. La deuxième branche est tirée
         de l’absence de manœuvre de la part de la requérante. La troisième branche est tirée du refus de la Commission de conclure
         à l’absence de négligence manifeste de la requérante.
      
      115   Il est constant que la requérante n’a pas commis de manœuvres, de sorte qu'il n'y a pas lieu d'examiner la deuxième branche.
         Au demeurant, il convient d'examiner, tout d'abord, la troisième branche, relative à la prétendue absence de négligence de
         la part de la requérante.
      
       Arguments des parties
      116   La requérante rappelle que l’une des conditions cumulatives aux fins de l’application de l’article 239 du code des douanes
         est l’absence de négligence manifeste de l’opérateur. Elle ajoute que, selon la jurisprudence (arrêt Kaufring e.a./Commission,
         point 92 supra, point 278), la négligence manifeste correspond au caractère décelable de l’erreur au sens de l’article 220,
         paragraphe 2, du code des douanes. 
      
      117   Afin d’apprécier le caractère décelable de l’erreur au sens de cette dernière disposition, il conviendrait de tenir compte
         notamment de la nature précise de l’erreur, de l’expérience professionnelle et de la diligence de l’opérateur (arrêts de la
         Cour du 26 juin 1990, Deutsche Fernsprecher, C‑64/89, Rec. p. I‑2535, point 24 ; du 8 avril 1992, Beirafio, C‑371/90, Rec.
         p. I‑2715, point 21 ; du 16 juillet 1992, Belovo, C‑187/91, Rec. p. I‑4937, point 17, et du 1er avril 1993, Hewlett Packard France, C‑250/91, Rec. p. I‑1819, point 22). Cette appréciation devrait se faire au vu des circonstances
         particulières de l’espèce (arrêt de la Cour du 14 mai 1996, Faroe Seafood e.a., C‑153/94 et C‑204/94, Rec. p. I‑2465, point
         101).
      
      118   À la lumière de ces principes, la requérante soutient que la Commission a commis une erreur manifeste d’appréciation en considérant
         que la condition relative à l’absence de négligence manifeste n’était pas remplie en l’espèce.
      
      119   S’agissant, premièrement, de la nature précise de l’erreur, il conviendrait, selon la jurisprudence, d’apprécier cette dernière
         notamment au vu du laps de temps durant lequel les autorités compétentes ont persisté dans l’erreur.
      
      120   Or, c’est à tort que, selon la requérante, la Commission écarterait d’office le critère du laps de temps en envisageant, pour
         la nier, la commission d’une erreur par les seules autorités douanières. Il s’agirait plutôt dans les présentes affaires de
         considérer les erreurs commises par les commissionnaires en douane, à savoir, dans l’affaire T‑134/03, la mise en entrepôt
         fictive effectuée par Cogema et, dans l’affaire T‑135/03, le non-respect par SCAC des instructions qui lui avaient été adressées
         par le choix d’une procédure de dédouanement simplifiée.
      
      121   La requérante soutient que, en dépit de son expérience professionnelle et de sa diligence, elle ne pouvait ni prévoir ni déceler
         ces erreurs des commissionnaires en douane.
      
      122   S’agissant, deuxièmement, de l’expérience professionnelle de l’opérateur économique, la requérante indique qu’en vertu de
         l’arrêt de la Cour du 11 novembre 1999, Söhl & Sölke (C‑48/98, Rec. p. I‑7877, point 57), il convient de rechercher si l’activité
         de cet opérateur consiste essentiellement en des opérations d’importation et d’exportation et si l’opérateur en question dispose
         d’une expérience antérieure dans l’exercice de ces opérations. 
      
      123   La requérante fait valoir qu’elle importe fréquemment les produits visés par le règlement n° 3319/94. Cela n’impliquerait
         pas qu’elle soit spécialisée dans les procédures de dédouanement de ces produits en France. C’est la raison pour laquelle,
         précisément, elle aurait fait appel à un commissionnaire en douane agréé et qu’elle n’aurait pas été en mesure de déceler
         l’erreur commise par ce dernier.
      
      124   S’agissant troisièmement, de la diligence de la requérante, cette dernière indique qu’en vertu de l’arrêt Söhl & Söhlke, point
         122 supra (point 58), tout opérateur qui a des doutes sur l’application exacte des dispositions dont l’inexécution peut faire
         naître une dette douanière doit s’informer et rechercher tous les éclaircissements possibles pour ne pas contrevenir aux dispositions
         visées.
      
      125   Or, dans les présentes affaires, la requérante aurait fait preuve de toute la diligence nécessaire. Elle aurait tout d’abord
         modifié, à la suite de l’adoption du règlement, la procédure de dédouanement suivie jusqu’alors afin de ne pas se trouver
         en situation de facturation indirecte. La requérante soutient ensuite que les erreurs de facturation isolées et mineures pointées
         par la Commission relèvent des aléas normaux du commerce et qu’aucune négligence ne saurait lui être imputée dès lors que
         lesdites erreurs ont été rectifiées.
      
      126   Dans sa réplique, la requérante fait valoir que le caractère prétendument irréalisable de ses instructions à Cogema et à SCAC,
         d’une part, et la non-utilisation de la possibilité de remboursement prévue par le règlement (CE) n° 384/96 du Conseil, du
         22 décembre 1995, relatif à la défense contre les importations qui font l’objet d’un dumping de la part de pays non membres
         de la Communauté européenne (JO 1996, L 56, p. 1), tel que modifié, d’autre part, n’ont aucun rapport, au regard de la jurisprudence
         bien établie (voir point 124 ci-dessus), avec la démonstration d’un prétendu manque de diligence.
      
      127   Dès lors, il ne saurait, selon la requérante, lui être reproché un quelconque manque de diligence. Il résulterait de ce qui
         précède qu’aucune négligence manifeste ne peut être établie à son encontre.
      
      128   La Commission fait observer, en ce qui concerne, premièrement, la nature précise de l’erreur, que l’argumentation de la requérante
         tendant à atténuer sa responsabilité propre en raison de l’erreur prétendument commise par le commissionnaire en douane n’est
         pas opérante. En effet, dans le cadre d’une procédure de remise, un opérateur ne saurait se voir exonérer de sa propre responsabilité
         en raison de l’erreur, réelle ou non, de son commissionnaire. Une responsabilité contractuelle éventuelle de ce dernier échapperait
         à la procédure ayant conduit à l’adoption de la décision attaquée. 
      
      129   En outre, la Commission soutient que la requérante entretient une confusion entre l’erreur du commissionnaire et celle de
         l’autorité douanière, seule cette dernière étant susceptible de concourir à la création d’une situation particulière.
      
      130   En ce qui concerne, deuxièmement, l’expérience professionnelle de la requérante, la Commission fait tout d’abord valoir que
         son expérience professionnelle ne doit pas s’apprécier dans le cadre d’un seul État membre. Au regard de la jurisprudence,
         il suffirait, pour que la requérante soit considérée comme disposant de l’expérience professionnelle requise, qu’elle ait
         effectué quelques opérations d’importation pour les mêmes marchandises que celles en cause dans l’Union européenne et qu’elle
         ait l’habitude en général des opérations d’importation et d’exportation. Or, ce serait le cas en l’espèce, et ce d’autant
         que la requérante a procédé à l’acquisition de son représentant fiscal en France, Champagne Fertilisants, de sorte que la
         requérante devait être considérée, et ce dès la première livraison des marchandises en cause, comme un opérateur économique
         expérimenté.
      
      131   La Commission ajoute que la requérante a fait montre d’imprudence en donnant, en dépit de son inexpérience alléguée, des instructions
         précises à ses commissionnaires en douane, plutôt que de solliciter les conseils de ces derniers, et ce d’autant que le règlement
         n° 3319/94 soulève des difficultés d’application.
      
      132   En ce qui concerne, troisièmement, la diligence de la requérante, la Commission, tout en admettant que des erreurs sont possibles
         dans la facturation, rétorque que la requérante a manqué de diligence également à d’autres égards, ainsi que cela résulterait
         des paragraphes 79 à 82 de la décision REM 02/02 et des paragraphes 75 à 79 de la décision REM 03/02. 
      
      133   La requérante aurait notamment donné des instructions irréalisables à ses commissionnaires en douane et ne se serait pas assurée
         de leur suivi. 
      
      134   En outre, la requérante n’aurait pas tenté d’utiliser, en laissant s’écouler jusqu’à son expiration le délai correspondant,
         la possibilité de remboursement prévue à l’article 11, paragraphe 8, du règlement n° 384/96.
      
       Appréciation du Tribunal
      135   Il convient de rappeler, à titre liminaire, que pour apprécier s’il y a négligence manifeste au sens de l’article 239 du code
         des douanes, il convient de tenir compte, notamment, de la complexité des dispositions dont l’inexécution a fait naître la
         dette douanière, ainsi que de l’expérience professionnelle et de la diligence de l’opérateur (arrêts de la Cour Söhl & Söhlke,
         point 122 supra, point 56, et du 13 mars 2003, Pays-Bas/Commission, C‑156/00, Rec. p. I‑2527, point 92).
      
      136   Il est par ailleurs de jurisprudence constante que la Commission jouit d’un pouvoir d’appréciation lorsqu’elle adopte une
         décision en application de l’article 239 du code des douanes (arrêt Mehibas Dordtselaan/Commission, point 92 supra, points
         46 et 78). Il y a lieu également de relever que le remboursement ou la remise des droits à l’importation, qui ne peuvent être
         accordés que sous certaines conditions et dans des cas spécifiquement prévus, constituent une exception au régime normal des
         importations et des exportations et, par conséquent, que les dispositions prévoyant un tel remboursement sont d’interprétation
         stricte. En particulier, l’absence de négligence manifeste étant une condition sine qua non pour pouvoir prétendre à un remboursement
         ou à une remise des droits à l’importation, il s’ensuit que cette notion doit être interprétée de telle sorte que le nombre
         de cas de remboursement ou de remise reste limité (arrêt Söhl & Sölke, point 122 supra, point 52).
      
      137   En ce qui concerne, premièrement, la complexité des dispositions dont l’inexécution a fait naître la dette douanière, il suffit
         de relever que le Tribunal a déjà jugé (arrêt du 21 septembre 2004, Gondrand Frères/Commission, T‑104/02, non encore publié
         au Recueil, points 59 à 62 et 66) que l’article 1er, paragraphe 3, deuxième alinéa, du règlement nº 3319/94 ne présentait pas de difficulté notable d’interprétation.
      
      138   En ce qui concerne, en outre, la nature précise de l’erreur, le Tribunal considère que la jurisprudence invoquée par la requérante
         (point 117 ci-dessus) n’est pas pertinente, dans la mesure où seule est en question en l’espèce la prétendue erreur des commissionnaires
         et non celle des autorités douanières. 
      
      139   Cependant, il importe de souligner que c’est à juste titre que la Commission soutient que la requérante ne saurait s’exonérer
         de sa responsabilité propre en invoquant l’erreur, réelle ou non, de ses commissionnaires. À cet égard, il y a lieu de rappeler
         que le schéma d’importation des produits en cause a été élaboré par la seule requérante, qui, en outre, a librement choisi
         ses commissionnaires en douane, de sorte qu’il importe peu, aux fins de l’application de l’article 239 du code des douanes,
         de savoir qui, entre l’opérateur et son mandataire, a commis une éventuelle erreur ayant conduit à la naissance de la dette
         douanière. En tout état de cause, une telle erreur ne saurait être supportée par le budget communautaire (voir, en ce sens,
         concernant l’existence d’une situation particulière, arrêt Mehibas Dordtselaan/Commission, point 92 supra, points 76 à 78
         et 82 à 83).
      
      140   En ce qui concerne, deuxièmement, l’expérience professionnelle de la requérante, le Tribunal rappelle qu’il convient de rechercher
         s’il s’agit d’un opérateur économique dont l’activité professionnelle consiste, pour l’essentiel, en des opérations d’importation
         et d’exportation et s’il avait déjà acquis une certaine expérience dans l’exercice de ces opérations (arrêt Söhl & Söhlke,
         point 122 supra, point 57).
      
      141   À cet égard, force est de constater que la requérante admet elle-même détenir une expérience certaine dans les opérations
         d’importation des produits azotés visées par le règlement nº 3319/94. En outre, comme la Commission le fait valoir à juste
         titre, la requérante avait déjà procédé, avant les faits à l’origine des présentes affaires, à des importations des mêmes
         produits. Dans ces conditions, c’est à bon droit que la Commission considère que la requérante disposait de l’expérience professionnelle
         requise, et ce dès la première livraison dans l’affaire REM 02/02.
      
      142   En ce qui concerne, troisièmement, la diligence de l’opérateur, le Tribunal rappelle qu’il incombe à ce dernier, dès lors
         qu’il a des doutes quant à l’application exacte des dispositions dont l’inexécution peut faire naître une dette douanière,
         de s’informer et de rechercher tous les éclaircissements possibles pour ne pas contrevenir aux dispositions visées (arrêt
         Söhl & Sölke, point 122 supra, point 58). 
      
      143   Or, comme la Commission le souligne à juste titre, il ressort du dossier que la requérante, qui allègue pourtant une prétendue
         inexpérience dans les opérations de dédouanement des produits en cause, ainsi que des difficultés inhérentes à l’application
         du règlement nº 3319/94, non seulement n’a aucunement sollicité les conseils de ses commissionnaires en douane, mais encore
         leur a transmis des instructions très précises. Il est à relever que dans les décisions litigieuses, la Commission n’a pas
         omis d’expliquer les raisons pour lesquelles la requérante aurait dû avoir des doutes quant à l’application exacte des dispositions
         dont l’inexécution peut faire naître une dette douanière (voir, en ce sens, arrêt Kaufring e.a./Commission, point 92 supra,
         point 296).
      
      144   En outre, les erreurs de la requérante dans l’établissement de ses factures militent elles aussi en faveur d’un manque de
         diligence de sa part.
      
      145   En revanche, il ne saurait être reproché à la requérante de ne pas avoir fait usage de la possibilité ouverte par l’article
         11, paragraphe 8, du règlement n° 384/96. En effet, la procédure de réexamen opère en cas d’évolution des données ayant permis
         l’établissement des valeurs mises en œuvre dans le règlement ayant institué des droits antidumping. Elle a donc pour finalité
         d’adapter les droits imposés à l’évolution des éléments qui étaient à leur origine et suppose la modification de ces éléments
         (arrêt du Tribunal du 29 juin 2000, Medici Grimm/Conseil, T‑7/99, Rec. p. II‑2671, point 82).
      
      146   Pris dans son ensemble, le comportement de la requérante pendant le déroulement des opérations en cause ne saurait donc être
         considéré comme suffisamment diligent.
      
      147   Il résulte de ce qui précède que la Commission n’a pas commis d’erreur manifeste d’appréciation en considérant dans les décisions
         litigieuses que la condition relative à l’absence de négligence manifeste de la part de la requérante n’était pas remplie.
         Partant, la troisième branche du deuxième moyen doit être rejetée comme non fondée.
      
      148   Par ailleurs, il ressort du libellé de l’article 905 du règlement d’application que le remboursement des droits à l’importation
         est subordonné à la réunion de deux conditions cumulatives, à savoir, premièrement, l’existence d’une situation particulière
         et, deuxièmement, l’absence de négligence manifeste et de manœuvre de la part de l’intéressé. En conséquence, il suffit que
         l’une des deux conditions fasse défaut pour que le remboursement des droits doive être refusé (arrêts du Tribunal Mehibas
         Dordtselaan/Commission, point 92 supra, point 87 ; du 12 février 2004, Aslantrans/Commission, T‑282/01, non encore publié
         au Recueil, point 53 ; Gondrand Frères/Commission, point 137 supra, point 57).
      
      149   La condition relative à l’absence de négligence manifeste n’étant pas remplie, il n’est pas nécessaire d’examiner la première
         branche du deuxième moyen relative à l’existence d’une situation particulière. 
      
      150   Partant, il y a lieu de rejeter le deuxième moyen comme non fondé.
       Sur le troisième moyen, tiré de la violation de l’obligation de motivation
       Arguments des parties
      151   La requérante soutient que la Commission n’a pas respecté l’obligation de motivation qui lui incombait en application de l’article
         253 CE.
      
      152   Plus précisément, la requérante fait grief à la Commission de ne pas avoir indiqué les raisons pour lesquelles elle n’avait
         pas pris en compte, dans les décisions litigieuses, le fait que la législation antidumping n’avait pas été contournée. La
         requérante estime en effet que la situation de facturation indirecte, créée selon elle artificiellement par la faute des commissionnaires
         en douane, ne saurait à elle seule justifier l’imposition du droit spécifique prévu à l’article 1er, paragraphe 3, deuxième alinéa, du règlement n° 3319/94.
      
      153   La requérante poursuit en indiquant que l’article 239 du code des douanes est une clause d’équité destinée à être appliquée
         dans les circonstances où il ne serait pas équitable d’imposer à un opérateur économique donné un préjudice, tel que l’imposition
         d’un droit spécifique, qu’il n’aurait normalement pas subi. Elle ajoute que les décisions litigieuses ne sauraient être considérées
         comme équitables dans la mesure où, en l’absence d’erreurs de la part de Cogema et de SCAC, elle n’aurait pas été redevable
         du droit spécifique. En omettant de préciser en quoi ses décisions seraient équitables, la Commission aurait manqué à son
         obligation de motivation.
      
      154   Enfin, la requérante fait valoir que la Commission, quand bien même elle estime que l’affaire REM 1/98 n’est pas comparable
         aux affaires REM 02/02 et 03/02, a omis d’expliquer la raison pour laquelle, dans l’affaire REM 1/98, et contrairement à la
         position adoptée dans les présentes affaires, elle a pris en compte le fait que le prix à l’importation était supérieur au
         prix minimal fixé par le règlement n° 3319/94.
      
      155   La Commission renvoie à cet égard aux arguments qu’elle a développés dans le cadre de la première branche du deuxième moyen,
         relatifs, d’une part, à la prétendue faute des commissionnaires en douane et, d’autre part, à la comparaison des présentes
         affaires avec l’affaire REM 1/98.
      
       Appréciation du Tribunal
      156   Selon une jurisprudence constante, la motivation exigée par l’article 253 CE doit faire apparaître, d’une façon claire et
         non équivoque, le raisonnement de l’institution auteur de l’acte, de manière à permettre aux intéressés de connaître les justifications
         de la mesure prise et de défendre leurs droits et au juge d’exercer son contrôle. Il ne saurait toutefois être exigé que la
         motivation spécifie tous les différents éléments de fait et de droit pertinents. En effet, la question de savoir si la motivation
         d’une décision satisfait à ces exigences doit être appréciée au regard non seulement de son libellé, mais aussi de son contexte
         ainsi que de l’ensemble des règles juridiques régissant la matière concernée (voir arrêt Mehibas Dordtselaan/Commission, point
         92 supra, point 92, et la jurisprudence citée).
      
      157   S’agissant de décisions de rejet de demandes de remise en application de l’article 239 du code des douanes, l’obligation de
         motivation incombant à la Commission consiste à expliciter les raisons pour lesquelles les conditions prévues par ladite disposition
         ne sont pas remplies.
      
      158   Or, il ressort de la lecture des décisions litigieuses que la Commission a clairement exposé les raisons pour lesquelles elle
         considérait que les conditions prévues à l’article 239 du code des douanes n’étaient pas remplies. Il suffit en effet de constater
         que, en ce qui concerne l’affaire T‑134/03, la Commission a exposé en quoi les conditions relatives à l’existence d’une situation
         particulière et à l’absence de négligence manifeste n’étaient pas remplies, respectivement, aux paragraphes 35 à 68 (pages
         10 à 21) et 69 à 86 (pages 21 à 26) de la décision REM 02/02. Elle a procédé de même dans la décision REM 03/02 à l’origine
         de l’affaire T‑135/03, aux paragraphes 34 à 65 (pages 10 à 21) et 66 à 80 (pages 21 à 25).
      
      159   Au surplus, le Tribunal constate qu’il a pu exercer son contrôle sur la légalité des décisions litigieuses. Il relève également
         qu’il ressort du dossier de la procédure administrative, de la requête et de la réplique ainsi que de l’audience que la requérante
         a parfaitement compris tant les projets de décision négative que les décisions litigieuses et a été en mesure de développer
         un argumentaire solide et détaillé, en ce qui concerne le fond, au soutien de ses demandes de remise puis de ses recours en
         annulation dirigés contre les décisions litigieuses.
      
      160   Dans ces conditions, le troisième moyen doit être rejeté comme non fondé.
      161   Il résulte de tout ce qui précède que les recours doivent être rejetés.
       Sur les dépens
      162   Aux termes de l’article 87, paragraphe 2, du règlement de procédure du Tribunal, toute partie qui succombe est condamnée aux
         dépens s’il est conclu en ce sens. La requérante ayant succombé, il y a lieu de décider qu’elle supportera, outre ses propres
         dépens, ceux de la Commission, conformément aux conclusions de cette dernière.
      
      Par ces motifs,
      LE TRIBUNAL (première chambre élargie) 
      déclare et arrête :
      1)      Les recours sont rejetés.
      2)      La requérante supportera ses propres dépens ainsi que ceux de la Commission.
      
               Vesterdorf
            
            
               Cooke 
            
            
                García-Valdecasas 
            
         
               Labucka 
            
             
            
               V. Trstenjak
            
         Ainsi prononcé en audience publique à Luxembourg, le 27 septembre 2005. 
      
               Le greffier 
            
             
            
                      Le président
            
         
               H. Jung 
            
             
            
                      B. Vesterdorf
            
         * Langue de procédure : le français.