CELEX: 62009TJ0030
Language: fr
Date: 2010-07-08 00:00:00
Title: Arrêt du Tribunal (huitième chambre) du 8 juillet 2010. # Engelhorn KGaA contre Office de l’harmonisation dans le marché intérieur (marques, dessins et modèles) (OHMI). # Marque communautaire - Procédure d’opposition - Demande de marque communautaire verbale peerstorm - Marques communautaire et nationale verbales antérieures PETER STORM - Motif relatif de refus - Risque de confusion - Article 8, paragraphe 1, sous b), du règlement (CE) nº 40/94 [devenu article 8, paragraphe 1, sous b), du règlement (CE) nº 207/2009] - Usage sérieux des marques antérieures - Article 15 et article 43, paragraphe 2, du règlement nº 40/94 (devenus article 15 et article 42, paragraphe 2, du règlement nº 207/2009). # Affaire T-30/09.

Affaire T-30/09
      Engelhorn KGaA
      contre
      Office de l’harmonisation dans le marché intérieur (marques, dessins etmodèles) (OHMI)
      « Marque communautaire — Procédure d’opposition — Demande de marque communautaire verbale peerstorm — Marques communautaire et nationale verbales antérieures PETER STORM — Motif relatif de refus — Risque de confusion — Article 8, paragraphe 1, sous b), du règlement (CE) nº 40/94 [devenu article 8, paragraphe 1, sous b), du règlement (CE)
         nº 207/2009] — Usage sérieux des marques antérieures — Article 15 et article 43, paragraphe 2, du règlement nº 40/94 (devenus article 15 et article 42, paragraphe 2, du règlement
         nº 207/2009) »
      
      Sommaire de l'arrêt
      1.      Marque communautaire — Procédure de recours — Recours devant le juge communautaire — Requête introductive d'instance — Exigences
            de forme
      (Statut de la Cour de justice, art. 21; règlement de procédure du Tribunal, art. 44, § 1, c))
      2.      Marque communautaire — Observations des tiers et opposition — Examen de l'opposition — Preuve de l'usage de la marque antérieure
            — Usage sérieux — Notion — Interprétation compte tenu de la ratio legis de l'article 43, paragraphes 2 et 3, du règlement
            nº 40/94
      (Règlement du Conseil nº 40/94, art. 43, § 2 et 3)
      3.      Marque communautaire — Observations des tiers et opposition — Examen de l'opposition — Preuve de l'usage de la marque antérieure
            — Usage sérieux — Notion — Critères d'appréciation
      (Règlement du Conseil nº 40/94, art. 43, § 2 et 3)
      4.      Marque communautaire — Observations des tiers et opposition — Examen de l'opposition — Preuve de l'usage de la marque antérieure
            — Usage sérieux — Application des critères au cas concret
      (Règlement du Conseil nº 40/94, art. 43, § 2 et 3)
      5.      Marque communautaire — Observations des tiers et opposition — Examen de l'opposition — Preuve de l'usage de la marque antérieure
            — Usage sérieux — Critères d'appréciation — Exigence d'éléments de preuve concrets et objectifs
      (Règlement du Conseil nº 40/94, art. 15, § 2, a), et 43, § 2 et 3)
      6.      Marque communautaire — Définition et acquisition de la marque communautaire — Motifs relatifs de refus — Opposition par le
            titulaire d'une marque antérieure identique ou similaire enregistrée pour des produits ou services identiques ou similaires
            — Risque de confusion avec la marque antérieure
      (Règlement du Conseil nº 40/94, art. 8, § 1, b))
      1.      En vertu de l'article 21 du statut de la Cour de justice et de l'article 44, paragraphe 1, sous c), du règlement de procédure
         du Tribunal, la requête doit contenir un exposé sommaire des moyens invoqués. Si le corps de la requête peut être étayé et
         complété, sur des points spécifiques, par des renvois à des extraits de pièces qui y sont annexées, un renvoi global à d’autres
         écrits ne saurait pallier l’absence des éléments essentiels de l’argumentation en droit, qui, en vertu des dispositions rappelées
         ci-dessus, doivent figurer dans la requête elle-même.
      
      Il n’incombe pas au Tribunal de se substituer aux parties en essayant de rechercher les éléments pertinents dans les documents
         auxquels elles se réfèrent.
      
      (cf. points 18-19)
      2.      La ratio legis de l’exigence selon laquelle la marque antérieure doit avoir fait l’objet d’un usage sérieux, au sens de l'article
         43, paragraphes 2 et 3, du règlement nº 40/94 sur la marque communautaire, pour être opposable à une demande de marque communautaire
         consiste à limiter les conflits entre deux marques, pour autant qu’il n’existe pas de juste motif économique découlant d’une
         fonction effective de la marque sur le marché. En revanche, lesdites dispositions ne visent ni à évaluer la réussite commerciale
         ni à contrôler la stratégie économique d’une entreprise ou encore à réserver la protection des marques à leurs seules exploitations
         commerciales quantitativement importantes.
      
      (cf. point 23)
      3.      Une marque fait l’objet d’un usage sérieux lorsqu’elle est utilisée, conformément à sa fonction essentielle qui est de garantir
         l’identité d’origine des produits ou des services pour lesquels elle a été enregistrée, aux fins de créer ou de conserver
         un débouché pour ces produits et services, à l’exclusion d’usages de caractère symbolique ayant pour seul objet le maintien
         des droits conférés par la marque. De plus, la condition relative à l’usage sérieux de la marque exige que celle-ci, telle
         qu’elle est protégée sur le territoire pertinent, soit utilisée publiquement et vers l’extérieur.
      
      L’appréciation du caractère sérieux de l’usage de la marque, au sens de l'article 43, paragraphes 2 et 3, du règlement nº
         40/94 sur la marque communautaire, doit reposer sur l’ensemble des faits et des circonstances propres à établir la réalité
         de l’exploitation commerciale de celle-ci, en particulier les usages considérés comme justifiés dans le secteur économique
         concerné pour maintenir ou créer des parts de marché au profit des produits ou des services protégés par la marque, la nature
         de ces produits ou de ces services, les caractéristiques du marché, l’étendue et la fréquence de l’usage de la marque.
      
      Quant à l’importance de l’usage qui a été fait de la marque antérieure, il convient de tenir compte, notamment, du volume
         commercial de l’ensemble des actes d’usage, d’une part, et de la durée de la période pendant laquelle des actes d’usage ont
         été accomplis ainsi que de la fréquence de ces actes, d’autre part.
      
      (cf. points 24-26)
      4.      Pour examiner, dans un cas d’espèce, le caractère sérieux de l’usage d’une marque antérieure, il convient de procéder à une
         appréciation globale en tenant compte de tous les facteurs pertinents du cas d’espèce. Cette appréciation implique une certaine
         interdépendance entre les facteurs pris en compte. Ainsi, un faible volume de produits commercialisés sous ladite marque peut
         être compensé par une forte intensité ou une grande constance dans le temps de l’usage de cette marque et inversement.
      
      En outre, le chiffre d’affaires réalisé ainsi que la quantité de ventes de produits sous la marque antérieure ne sauraient
         être appréciés dans l’absolu, mais doivent l’être en rapport avec d’autres facteurs pertinents, tels que le volume de l’activité
         commerciale, les capacités de production ou de commercialisation ou le degré de diversification de l’entreprise exploitant
         la marque ainsi que les caractéristiques des produits ou des services sur le marché concerné. De ce fait, il n’est pas nécessaire
         que l’usage de la marque antérieure soit toujours quantitativement important pour être qualifié de sérieux.
      
      (cf. points 27-28)
      5.      L’usage sérieux d’une marque, au sens de l'article 43, paragraphes 2 et 3, du règlement nº 40/94 sur la marque communautaire,
         ne peut pas être démontré par des probabilités ou des présomptions, mais doit reposer sur des éléments concrets et objectifs
         qui prouvent une utilisation effective et suffisante de la marque sur le marché concerné. En outre, en vertu des dispositions
         combinées de l’article 15, paragraphe 2, sous a), et de l’article 43, paragraphes 2 et 3, dudit règlement, la preuve de l’usage
         sérieux d’une marque antérieure, nationale ou communautaire, qui fonde une opposition à l’encontre d’une demande de marque
         communautaire, comprend également la preuve de l’utilisation de la marque antérieure sous une forme qui diffère par des éléments
         n’altérant pas le caractère distinctif de cette marque dans la forme sous laquelle elle a été enregistrée.
      
      (cf. points 29-30)
      6.      Existe, pour le consommateur moyen de l'Union européenne, un risque de confusion, au sens de l'article 8, paragraphe 1, sous
         b), du règlement nº 40/94 sur la marque communautaire, entre le signe verbal peerstorm, dont l'enregistrement en tant que
         marque communautaire est demandé pour les « chaussures, vêtements, chapellerie » relevant de la classe 25 au sens de l'arrangement
         de Nice, et la marque verbale PETER STORM enregistrée antérieurement en tant que marque communautaire pour des produits identiques.
      
      Il existe un certain degré de similitudes visuelle et phonétique entre les marques en cause. S'agissant des articles d'habillement
         concernés, la similitude visuelle revêt une importance particulière en l'occurrence dès lors qu'il est reconnu que, en général,
         l'achat de vêtements implique l'examen visuel des marques.
      
      Il n'a pas été démontré que la marque antérieure, utilisée dans son ensemble dans le secteur de l’habillement, possède un
         faible degré de caractère distinctif intrinsèque sur le territoire de l’Union.
      
      À supposer même que la marque antérieure ne possède qu’un caractère distinctif faible, vu l’identité des produits visés par
         la marque antérieure et la marque demandée ainsi que les éléments de similitude entre les signes en cause notamment sur le
         plan visuel, un risque de confusion entre les marques en conflit ne peut être exclu pour le public pertinent. Tel est d’autant
         plus le cas qu'il existe également un certain degré de similitude conceptuelle entre les marques en cause.
      
      (cf. points 50-51, 75, 78-80)
ARRÊT DU TRIBUNAL (huitième chambre)
      8 juillet 2010 (*)
      
      « Marque communautaire – Procédure d’opposition – Demande de marque communautaire verbale peerstorm – Marques communautaire et nationale verbales antérieures PETER STORM – Motif relatif de refus – Risque de confusion – Article 8, paragraphe 1, sous b), du règlement (CE) n° 40/94 [devenu article 8, paragraphe 1, sous b), du règlement (CE)
         n° 207/2009] – Usage sérieux des marques antérieures – Article 15 et article 43, paragraphe 2, du règlement n° 40/94 (devenus article 15 et article 42, paragraphe 2, du règlement
         n° 207/2009) »
      
      Dans l’affaire T‑30/09,
      Engelhorn KGaA, établie à Mannheim (Allemagne), représentée par Mes W. Göpfert et K. Mende, avocats,
      
      partie requérante,
      contre
      Office de l’harmonisation dans le marché intérieur (marques, dessins et modèles) (OHMI), représenté par M. A. Folliard-Monguiral, en qualité d’agent,
      
      partie défenderesse,
      l’autre partie à la procédure devant la chambre de recours de l’OHMI, intervenant devant le Tribunal, étant
      The Outdoor Group Ltd, établie à Northampton (Royaume‑Uni), représentée par M. M. Edenborough, barrister,
      
      ayant pour objet un recours formé contre la décision de la cinquième chambre de recours de l’OHMI du 28 octobre 2008 (affaire
         R 167/2008‑5), relative à une procédure d’opposition entre The Outdoor Group Ltd et Engelhorn KGaA,
      
      LE TRIBUNAL (huitième chambre),
      composé de Mme M. E. Martins Ribeiro, président, MM. N. Wahl et A. Dittrich (rapporteur), juges,
      
      greffier : M. E. Coulon,
      vu la requête déposée au greffe du Tribunal le 21 janvier 2009,
      vu le mémoire en réponse de l’OHMI déposé au greffe du Tribunal le 9 juin 2009,
      vu le mémoire en réponse de l’intervenante déposé au greffe du Tribunal le 1er juin 2009,
      
      vu l’absence de demande de fixation d’une audience présentée par les parties dans le délai d’un mois à compter de la signification
         de la clôture de la procédure écrite et ayant dès lors décidé, sur rapport du juge rapporteur et en application de l’article
         135 bis du règlement de procédure du Tribunal, de statuer sans phase orale de la procédure,
      
      rend le présent
      Arrêt
       Antécédents du litige
      1        Le 12 novembre 2004, la requérante, Engelhorn KGaA, a présenté une demande d’enregistrement de marque communautaire à l’Office
         de l’harmonisation dans le marché intérieur (marques, dessins et modèles) (OHMI), en vertu du règlement (CE) n° 40/94 du Conseil,
         du 20 décembre 1993, sur la marque communautaire (JO 1994, L 11, p. 1), tel que modifié [remplacé par le règlement (CE) n° 207/2009
         du Conseil, du 26 février 2009, sur la marque communautaire (JO L 78, p. 1)]. 
      
      2        La marque dont l’enregistrement a été demandé est le signe verbal peerstorm. 
      
      3        Les produits pour lesquels l’enregistrement a été demandé relèvent de la classe 25 au sens de l’arrangement de Nice concernant
         la classification internationale des produits et des services aux fins de l’enregistrement des marques, du 15 juin 1957, tel
         que révisé et modifié, et correspondent à la description suivante : « Chaussures, vêtements, chapellerie ». 
      
      4        La demande de marque communautaire a été publiée au Bulletin des marques communautaires n° 25/2005, du 20 juin 2005. 
      
      5        Le 19 septembre 2005, l’intervenante, The Outdoor Group Ltd, a formé opposition au titre de l’article 42 du règlement n° 40/94
         (devenu article 41 du règlement n° 207/2009) à l’enregistrement de la marque demandée pour les produits visés au point 3 ci-dessus.
         
      
      6        L’opposition était fondée notamment sur :
      
      –        la marque communautaire verbale antérieure PETER STORM (ci‑après la « marque antérieure »), désignant les produits relevant
         de la classe 25 et correspondant à la description suivante : « Vêtements, chaussures, chapellerie, pantalons, shorts, jupes,
         robes, vestes, chemises, t-shirts, sweat-shirts, blouses, pulls, cardigans, manteaux, combinaisons, tenues de course, salopettes,
         ceintures, jeans, pantalons de jogging, blousons, sous-vêtements, vêtements de ski, gilets, chaussures, chaussettes et chapellerie » ;
         
      
      –        la marque du Royaume-Uni verbale antérieure PETER STORM, désignant les produits relevant de la classe 18 et correspondant
         à la description suivante : « Articles en cuir ou en imitation du cuir, sacs, sacs à dos, havresacs, malles, bagages, valises,
         fourre-tout, ceintures, portefeuilles ». 
      
      7        Le motif invoqué à l’appui de l’opposition était celui visé à l’article 8, paragraphe 1, sous a) et b), du règlement n° 40/94
         [devenu article 8, paragraphe 1, sous a) et b), du règlement n° 207/2009]. 
      
      8        Sur requête du 30 mai 2006 de la requérante, l’intervenante a été invitée par l’OHMI, le 4 juillet 2006, à rapporter la preuve
         de l’usage sérieux de la marque antérieure, conformément à l’article 43, paragraphe 2, du règlement n° 40/94 (devenu article
         42, paragraphe 2, du règlement n° 207/2009) et à la règle 22 du règlement (CE) n° 2868/95 de la Commission, du 13 décembre
         1995, portant modalités d’application du règlement n° 40/94 (JO L 303, p. 1), dans sa version applicable aux faits de l’espèce,
         dans un délai expirant le 5 septembre 2006. Ce délai a été prorogé par l’OHMI jusqu’au 5 novembre 2006. La preuve de l’usage
         sérieux de la marque du Royaume-Uni antérieure n’a pas été demandée. 
      
      9        Le 6 novembre 2006, l’intervenante a produit une déclaration de témoin émanant d’un collaborateur du cabinet d’avocat la représentant.
         Dans cette déclaration, ledit collaborateur indiquait que l’intervenante était la société mère des sociétés M. et B. et que
         la marque antérieure a été utilisée pendant la période de cinq années précédant la publication de la demande de marque communautaire.
         L’intervenante a également présenté le catalogue automne/hiver 2002 de la société M. paru au Royaume-Uni, dans lequel se trouve
         une collection de vêtements vendus sous la marque PETER STORM, leurs prix, ainsi qu’une liste de magasins situés au Royaume-Uni
         dans lesquels ces articles sont vendus. De plus, l’intervenante a présenté le catalogue printemps/été 2004 de la société M.
         paru au Royaume-Uni, dans lequel se trouve une collection de chaussures vendues sous la marque PETER STORM ainsi que leurs
         prix. 
      
      10      À la suite des observations de la requérante du 20 février 2007, dans lesquelles celle-ci soutenait que la preuve de l’usage
         sérieux de la marque antérieure était insuffisante, l’intervenante, invitée par l’OHMI à présenter ses propres observations,
         a produit, le 4 mai 2007, une déclaration de témoin émanant de son secrétaire. Dans cette déclaration, ledit secrétaire indique
         que l’intervenante opère dans tout le Royaume-Uni à partir de ses chaînes de magasins de détail M. et B. et que les ventes
         des produits identifiés par la marque antérieure pour les vêtements, les chaussures et la chapellerie se sont élevées à plus
         de 11 millions de livres sterling (GBP) au cours d’une période de quatre semaines en décembre 2004. Cette déclaration était
         accompagnée d’un rapport financier sur les opérations commerciales, comportant la liste des ventes de produits identifiés
         par un code au cours des quatre semaines du mois de décembre 2004. 
      
      11      Le 30 novembre 2007, la division d’opposition a rejeté l’opposition. 
      
      12      Le 14 janvier 2008, l’intervenante a formé un recours auprès de l’OHMI, au titre des articles 57 à 62 du règlement n° 40/94
         (devenus articles 58 à 64 du règlement n° 207/2009), contre la décision de la division d’opposition. 
      
      13      Par décision du 28 octobre 2008 (ci-après la « décision attaquée »), la cinquième chambre de recours de l’OHMI a accueilli
         le recours. En particulier, elle a considéré que la preuve de l’usage sérieux de la marque antérieure avait été apportée pour
         les vêtements, les chaussures et la chapellerie. Elle a conclu que, étant donné l’identité des produits désignés par la marque
         demandée et la marque antérieure et l’existence d’un certain degré de similitudes visuelle et phonétique entre les deux signes
         en cause, et compte tenu du niveau d’attention moyen dont le consommateur moyen fera preuve lors de l’achat des produits en
         cause, il existait un risque de confusion entre les deux signes en cause. 
      
       Conclusions des parties
      14      La requérante conclut à ce qu’il plaise au Tribunal :
      
      –        annuler la décision attaquée ;
      –        rejeter l’opposition dans son intégralité ;
      –        condamner l’OHMI aux dépens. 
      15      L’OHMI conclut à ce qu’il plaise au Tribunal :
      
      –        rejeter le recours ;
      –        condamner la requérante aux dépens. 
      16      L’intervenante conclut à ce qu’il plaise au Tribunal :
      
      –        rejeter le recours ;
      –        condamner la requérante aux dépens. 
       En droit
       Sur la recevabilité du renvoi global par la requérante aux écrits présentés devant l’OHMI
      17      La requérante renvoie à l’ensemble des arguments présentés par écrit lors de la procédure devant l’OHMI. 
      
      18      En vertu de l’article 21 du statut de la Cour de justice de l’Union européenne et de l’article 44, paragraphe 1, sous c),
         du règlement de procédure du Tribunal, la requête doit contenir un exposé sommaire des moyens invoqués. Selon une jurisprudence
         bien établie, si le corps de la requête peut être étayé et complété, sur des points spécifiques, par des renvois à des extraits
         de pièces qui y sont annexées, un renvoi global à d’autres écrits ne saurait pallier l’absence des éléments essentiels de
         l’argumentation en droit, qui, en vertu des dispositions rappelées ci-dessus, doivent figurer dans la requête elle-même [arrêts
         du Tribunal du 14 septembre 2004, Applied Molecular Evolution/OHMI (APPLIED MOLECULAR EVOLUTION), T‑183/03, Rec. p. II‑3113,
         point 11 ; du 19 octobre 2006, Bitburger Brauerei/OHMI – Anheuser-Busch (BUD, American Bud et Anheuser Busch Bud), T‑350/04
         à T‑352/04, Rec. p. II‑4255, point 33, et du 15 octobre 2008, Air Products and Chemicals/OHMI – Messer Group (Ferromix, Inomix
         et Alumix), T‑305/06 à T‑307/06, non publié au Recueil, point 21].
      
      19      Il n’incombe pas au Tribunal de se substituer aux parties en essayant de rechercher les éléments pertinents dans les documents
         auxquels elles se réfèrent [arrêt du Tribunal du 17 avril 2008, Dainichiseika Colour & Chemicals Mfg./OHMI – Pelikan (Représentation
         d’un pélican), T‑389/03, non publié au Recueil, point 19]. Il s’ensuit que la requête, pour autant qu’elle renvoie aux écrits
         déposés devant l’OHMI, est irrecevable dans la mesure où le renvoi global qu’elle contient n’est pas rattachable aux moyens
         et aux arguments développés dans celle-ci.
      
       Sur le fond
      20      La requérante invoque deux moyens, tirés, d’une part, d’une violation de l’article 15 du règlement n° 40/94 (devenu article
         15 du règlement n° 207/2009) et de l’article 43, paragraphe 2, du même règlement et, d’autre part, de l’article 8, paragraphe
         1, sous b), dudit règlement.
      
       Sur le premier moyen, tiré d’une violation de l’article 15 et de l’article 43, paragraphe 2, du règlement n° 40/94
      21      La requérante fait valoir, en substance, que les éléments de preuve présentés par l’intervenante ont été produits hors délai
         et qu’ils n’étaient pas suffisants pour apporter la preuve que la marque antérieure a fait l’objet d’un usage sérieux pour
         les produits pour lesquels elle a été enregistrée et sur lesquels l’opposition était fondée. S’agissant, premièrement, des
         éléments de preuve produits par l’intervenante le 6 novembre 2006, ceux-ci auraient été présentés hors délai, ce dernier expirant
         le 5 novembre 2006. De plus, ces éléments ne seraient pas suffisants, étant donné qu’ils ne fourniraient aucune information
         concernant l’usage effectif de la marque antérieure. S’agissant, deuxièmement, des éléments de preuve produits par l’intervenante
         le 4 mai 2007, la chambre de recours les aurait admis à tort, parce qu’ils auraient été présentés après l’expiration du délai
         fixé par l’OHMI pour le dépôt des preuves.
      
      22      L’OHMI et l’intervenante contestent les arguments de la requérante.
      
      23      Selon une jurisprudence constante, il ressort de l’article 43, paragraphes 2 et 3, du règlement n° 40/94 (devenu article 42,
         paragraphes 2 et 3, du règlement n° 207/2009), lu à la lumière du neuvième considérant dudit règlement (devenu considérant
         10 du règlement n° 207/2009), et de la règle 22, paragraphe 3, du règlement n° 2868/95 que la ratio legis de l’exigence selon
         laquelle la marque antérieure doit avoir fait l’objet d’un usage sérieux pour être opposable à une demande de marque communautaire
         consiste à limiter les conflits entre deux marques, pour autant qu’il n’existe pas de juste motif économique découlant d’une
         fonction effective de la marque sur le marché. En revanche, lesdites dispositions ne visent ni à évaluer la réussite commerciale
         ni à contrôler la stratégie économique d’une entreprise ou encore à réserver la protection des marques à leurs seules exploitations
         commerciales quantitativement importantes [voir, en ce sens, arrêt du Tribunal du 8 juillet 2004, Sunrider/OHMI – Espadafor
         Caba (VITAFRUIT), T‑203/02, Rec. p. II‑2811, points 36 à 38, et la jurisprudence citée].
      
      24      Une marque fait l’objet d’un usage sérieux lorsqu’elle est utilisée, conformément à sa fonction essentielle qui est de garantir
         l’identité d’origine des produits ou des services pour lesquels elle a été enregistrée, aux fins de créer ou de conserver
         un débouché pour ces produits et services, à l’exclusion d’usages de caractère symbolique ayant pour seul objet le maintien
         des droits conférés par la marque (voir, par analogie, arrêt de la Cour du 11 mars 2003, Ansul, C‑40/01, Rec. p. I‑2439, point
         43). De plus, la condition relative à l’usage sérieux de la marque exige que celle-ci, telle qu’elle est protégée sur le territoire
         pertinent, soit utilisée publiquement et vers l’extérieur (arrêt VITAFRUIT, précité, point 39 ; voir également, en ce sens
         et par analogie, arrêt Ansul, précité, point 37).
      
      25      L’appréciation du caractère sérieux de l’usage de la marque doit reposer sur l’ensemble des faits et des circonstances propres
         à établir la réalité de l’exploitation commerciale de celle-ci, en particulier les usages considérés comme justifiés dans
         le secteur économique concerné pour maintenir ou créer des parts de marché au profit des produits ou des services protégés
         par la marque, la nature de ces produits ou de ces services, les caractéristiques du marché, l’étendue et la fréquence de
         l’usage de la marque (arrêt VITAFRUIT, précité, point 40 ; voir également, par analogie, arrêt Ansul, précité, point 43).
         
      
      26      Quant à l’importance de l’usage qui a été fait de la marque antérieure, il convient de tenir compte, notamment, du volume
         commercial de l’ensemble des actes d’usage, d’une part, et de la durée de la période pendant laquelle des actes d’usage ont
         été accomplis ainsi que de la fréquence de ces actes, d’autre part [arrêts du Tribunal VITAFRUIT, précité, point 41, et du
         8 juillet 2004, MFE Marienfelde/OHMI – Vétoquinol (HIPOVITON), T‑334/01, Rec. p. II‑2787, point 35].
      
      27      Pour examiner, dans un cas d’espèce, le caractère sérieux de l’usage d’une marque antérieure, il convient de procéder à une
         appréciation globale en tenant compte de tous les facteurs pertinents du cas d’espèce. Cette appréciation implique une certaine
         interdépendance entre les facteurs pris en compte. Ainsi, un faible volume de produits commercialisés sous ladite marque peut
         être compensé par une forte intensité ou une grande constance dans le temps de l’usage de cette marque et inversement (arrêts
         VITAFRUIT, précité, point 42, et HIPOVITON, précité, point 36).
      
      28      En outre, le chiffre d’affaires réalisé ainsi que la quantité de ventes de produits sous la marque antérieure ne sauraient
         être appréciés dans l’absolu, mais doivent l’être en rapport avec d’autres facteurs pertinents, tels que le volume de l’activité
         commerciale, les capacités de production ou de commercialisation ou le degré de diversification de l’entreprise exploitant
         la marque ainsi que les caractéristiques des produits ou des services sur le marché concerné. De ce fait, il n’est pas nécessaire
         que l’usage de la marque antérieure soit toujours quantitativement important pour être qualifié de sérieux (arrêts VITAFRUIT,
         précité, point 42, et HIPOVITON, précité, point 36).
      
      29      L’usage sérieux d’une marque ne peut pas être démontré par des probabilités ou des présomptions, mais doit reposer sur des
         éléments concrets et objectifs qui prouvent une utilisation effective et suffisante de la marque sur le marché concerné [arrêts
         du Tribunal du 12 décembre 2002, Kabushiki Kaisha Fernandes/OHMI – Harrison (HIWATT), T‑39/01, Rec. p. II‑5233, point 47,
         et du 6 octobre 2004, Vitakraft-Werke Wührmann/OHMI – Krafft (VITAKRAFT), T‑356/02, Rec. p. II‑3445, point 28].
      
      30      En outre, il convient de préciser que, en vertu des dispositions combinées de l’article 15, paragraphe 2, sous a), du règlement
         n° 40/94 [devenu article 15, paragraphe 1, second alinéa, sous a), du règlement n° 207/2009], et de l’article 43, paragraphes
         2 et 3, du règlement n° 40/94, la preuve de l’usage sérieux d’une marque antérieure, nationale ou communautaire, qui fonde
         une opposition à l’encontre d’une demande de marque communautaire, comprend également la preuve de l’utilisation de la marque
         antérieure sous une forme qui diffère par des éléments n’altérant pas le caractère distinctif de cette marque dans la forme
         sous laquelle elle a été enregistrée [voir arrêt du Tribunal du 8 décembre 2005, Castellblanch/OHMI – Champagne Roederer (CRISTAL
         CASTELLBLANCH), T‑29/04, Rec. p. II‑5309, point 30, et la jurisprudence citée].
      
      31      À la lumière de ce qui précède, il convient d’examiner si c’est à juste titre que la chambre de recours a estimé que les éléments
         de preuve présentés par l’intervenante lors de la procédure devant l’OHMI démontraient l’usage sérieux de la marque antérieure.
      
      32      La demande de marque communautaire présentée par la requérante ayant été publiée le 20 juin 2005, la période de cinq années
         visée à l’article 43, paragraphe 2, du règlement n° 40/94 s’étend du 20 juin 2000 au 19 juin 2005 (ci-après la « période pertinente »).
      
      33      Ainsi qu’il ressort de l’article 15, paragraphe 1, de ce même règlement, tombent sous le coup des sanctions prévues par celui-ci
         les seules marques dont l’usage sérieux a été suspendu pendant un délai ininterrompu de cinq ans. Partant, il suffit qu’une
         marque ait fait l’objet d’un usage sérieux pendant une partie de la période pertinente pour échapper auxdites sanctions.
      
      34      S’agissant des éléments de preuves présentés par l’intervenante le 6 novembre 2006, la requérante fait, tout d’abord, valoir
         que ces éléments ont été produits tardivement et qu’ils auraient, dès lors, dû être considérés comme irrecevables.
      
      35      À cet égard, il convient de relever que la division d’opposition a accordé un délai expirant le 5 novembre 2006 à l’intervenante
         pour présenter la preuve de l’usage sérieux de la marque antérieure (voir point 8 ci-dessus). En vertu de la règle 72, paragraphe
         1, du règlement n° 2868/95, si un délai expire soit un jour où des documents ne peuvent être déposés auprès de l’OHMI, soit
         un jour où le courrier ordinaire n’est pas distribué dans la localité du siège de l’OHMI, pour des raisons autres que celles
         indiquées au paragraphe 2 de cette règle, le délai est prorogé jusqu’au premier jour où les documents peuvent être déposés
         et où le courrier ordinaire est distribué. Le 5 novembre 2006 étant un dimanche, ce délai a donc été prorogé jusqu’au prochain
         jour où les documents pouvaient être déposés auprès de l’OHMI, soit le lundi 6 novembre 2006. Il s’ensuit que les éléments
         de preuve produits le 6 novembre 2006 ont été présentés dans les délais.
      
      36      La requérante soutient, ensuite, que les éléments de preuves présentés le 6 novembre 2006 n’étaient pas suffisants, étant
         donné qu’ils ne fourniraient aucune information concernant l’usage effectif de la marque antérieure. Aucune pièce justificative
         supplémentaire, telle que des emballages, étiquettes ou dessins, propre à démontrer que les produits ont effectivement été
         proposés à la vente, n’aurait été présentée.
      
      37      À cet égard, il convient de relever que, ainsi que l’a constaté la chambre de recours au point 15 de la décision attaquée,
         les éléments de preuve produits par l’intervenante le 6 novembre 2006 sont suffisants pour apporter la preuve de l’usage sérieux
         de la marque antérieure.
      
      38      L’intervenante a notamment produit deux catalogues, parus au Royaume-Uni, du détaillant du Royaume-Uni, la société M. L’un
         datait de la saison automne/hiver 2002 et l’autre de la saison printemps/été 2004. À cet égard, il y a lieu de rappeler que,
         en vertu de la règle 22, paragraphe 4, du règlement n° 2868/95, les éléments de preuve produits pour démontrer l’usage sérieux
         de la marque en cause peuvent inclure des catalogues. La requérante n’a pas mis en doute l’authenticité de ces catalogues.
         Il est donc constant que ceux-ci sont authentiques et fiables.
      
      39      En ce qui concerne le catalogue automne/hiver 2002 comprenant 36 pages, il convient de relever que, en plus d’articles d’habillement
         désignés par différentes marques, plus de 80 articles différents y sont proposés à la vente sous la marque PETER STORM. Il
         s’agit de vestes pour hommes et femmes, de pull-overs, de pantalons, de t-shirts, de chaussures, de chaussettes, de chapeaux
         et de gants dont les caractéristiques respectives sont brièvement décrites. La marque antérieure figure, en caractères stylisés,
         à côté de chaque article. Dans ce catalogue, les prix des articles en GBP et la référence de chaque article sont indiqués.
         Ce catalogue contient un bon de commande, et un numéro de téléphone, un numéro de fax, une adresse postale et une adresse
         Internet sont mentionnés pour les achats par correspondance. En outre, des informations détaillées sont données sur les différents
         modes de commande et les conditions générales de vente comprenant notamment des informations sur les échanges et les retours
         sont inclues. De plus, une liste de plus de 240 magasins au Royaume-Uni dans lesquels les articles d’habillement peuvent être
         achetés est fournie. Leurs adresses postales et leurs numéros de téléphone respectifs sont également indiqués.
      
      40      En ce qui concerne le catalogue printemps/été 2004 comprenant six pages, celui-ci ne contient que des chaussures. En plus
         d’articles proposés sous d’autres marques, ce catalogue comprend sept articles proposés à la vente sous la marque PETER STORM
         dont les caractéristiques respectives sont brièvement décrites. La marque antérieure figure également, en caractères stylisés,
         à côté de chaque article. Dans ce catalogue, les prix des articles en GBP et la référence de chaque article sont indiqués.
         Pour les achats par correspondance, un numéro de téléphone et une adresse Internet sont mentionnés.
      
      41      Par le dépôt de ces catalogues, l’intervenante a démontré, à suffisance de droit, que la marque antérieure a été utilisée
         aux fins de créer ou de conserver un débouché pour les produits en cause, même si, contrairement à ce que la chambre de recours
         a constaté au point 15 de la décision attaquée, la société M. n’était pas un tiers par rapport à l’intervenante, puisque,
         en réalité, l’intervenante était la société mère de cette société.
      
      42      En effet, il ressort clairement de ces catalogues du détaillant du Royaume-Uni, la société M., qui contiennent également des
         articles offerts sous d’autres marques, que la marque PETER STORM a été utilisée sur le territoire du Royaume-Uni pour des
         articles d’habillement pendant une partie importante de la période pertinente, à savoir les saisons automne/hiver 2002 et
         printemps/été 2004. La marque a été attachée à un grand nombre de produits qui pouvaient être commandés par correspondance
         ou achetés dans certains magasins. Ces catalogues, qui étaient destinés aux consommateurs finals, contenaient des informations
         précises sur les produits offerts à la vente sous cette marque, leurs prix et leur mode de commercialisation au Royaume-Uni.
         Au vu des numéros de téléphone et de fax, des adresses postales et Internet indiqués pour l’achat par correspondance, ainsi
         que des données précises relatives à un très grand nombre de magasins proposant les produits en cause au Royaume-Uni, force
         est de constater que des articles d’habillement ont été offerts à la vente sous la marque PETER STORM aux consommateurs finals.
      
      43      Quant à l’importance de l’usage de la marque antérieure, il est vrai que ces catalogues ne fournissent pas d’informations
         sur la quantité de produits effectivement vendus par l’intervenante sous la marque PETER STORM. Cependant, il y a lieu de
         prendre en compte, à cet égard, le fait qu’un grand nombre d’articles désignés par la marque PETER STORM ont été proposés
         dans les catalogues et que ces articles étaient disponibles dans plus de 240 magasins au Royaume-Uni pendant une partie importante
         de la période pertinente. Ces éléments permettent, dans le cadre de l’appréciation globale du caractère sérieux de l’usage
         de la marque antérieure, de conclure à une certaine importance de cet usage. À cet égard, il convient de rappeler également
         que l’exigence de l’usage sérieux de la marque antérieure ne vise pas à évaluer la réussite commerciale de l’entreprise en
         cause (voir point 23 ci-dessus).
      
      44      Il s’ensuit que l’intervenante a, par la production des catalogues en cause, fourni suffisamment d’informations sur le lieu,
         la durée, la nature et l’importance de l’usage de la marque PETER STORM. Ces informations permettent d’exclure un usage de
         caractère symbolique ayant pour seul objet le maintien des droits conférés par la marque en cause, ainsi que l’a relevé à
         juste titre la chambre de recours au point 15 de la décision attaquée.
      
      45      Dans ces conditions, il convient de rejeter le premier moyen sans qu’il y ait lieu d’examiner si la chambre de recours pouvait,
         à bon droit, admettre les éléments de preuve produits par l’intervenante le 4 mai 2007. 
      
       Sur le second moyen, tiré d’une violation de l’article 8, paragraphe 1, sous b), du règlement n° 40/94
      46      Au soutien de ce moyen, la requérante fait valoir, en substance, que les produits couverts par la marque du Royaume-Uni antérieure
         et la marque communautaire demandée ne présentent qu’un très faible degré de similitude. En outre, au vu, d’une part, des
         différences phonétiques, visuelles et conceptuelles entre les signes en cause et, d’autre part, du caractère distinctif faible
         de la marque PETER STORM, il n’existerait pas de risque de confusion entre les marques en conflit. 
      
      47      L’OHMI et l’intervenante contestent l’argumentation de la requérante.
      
      48      Aux termes de l’article 8, paragraphe 1, sous b), du règlement n° 40/94, sur opposition du titulaire d’une marque antérieure,
         la marque demandée est refusée à l’enregistrement lorsque, en raison de son identité ou de sa similitude avec une marque antérieure
         et en raison de l’identité ou de la similitude des produits ou des services que les deux marques désignent, il existe un risque
         de confusion dans l’esprit du public du territoire sur lequel la marque antérieure est protégée. Le risque de confusion comprend
         le risque d’association avec la marque antérieure. Par ailleurs, en vertu de l’article 8, paragraphe 2, sous a), i) et ii),
         du règlement n° 40/94 [devenu article 8, paragraphe 2, sous a), i) et ii), du règlement n° 207/2009], il convient d’entendre
         par marques antérieures les marques communautaires et les marques enregistrées dans un État membre.
      
      49      Selon une jurisprudence constante, constitue un risque de confusion le risque que le public puisse croire que les produits
         ou les services en cause proviennent de la même entreprise ou d’entreprises liées économiquement. Selon cette même jurisprudence,
         le risque de confusion doit être apprécié globalement, selon la perception que le public pertinent a des signes et des produits
         ou des services en cause, et en tenant compte de tous les facteurs pertinents en l’espèce, notamment de l’interdépendance
         entre la similitude des signes et celle des produits ou des services désignés [voir arrêt du Tribunal du 9 juillet 2003, Laboratorios
         RTB/OHMI – Giorgio Beverly Hills (GIORGIO BEVERLY HILLS), T‑162/01, Rec. p. II‑2821, points 30 à 33, et la jurisprudence citée].
      
      50      S’agissant de la définition du public pertinent, il convient de constater que les produits visés par les marques en cause
         sont destinés à l’ensemble des consommateurs, de sorte que le public pertinent est le consommateur moyen, qui est censé être
         normalement informé et raisonnablement attentif et avisé.
      
      51      En ce qui concerne le territoire concerné, la marque antérieure prise en compte par la chambre de recours étant une marque
         communautaire, le territoire au regard duquel le risque de confusion doit être apprécié est celui de l’Union européenne.
      
      –       Sur la comparaison des produits
      52      En l’espèce, il est constant que les produits visés par la marque antérieure et la marque demandée sont identiques, puisqu’il
         s’agit dans les deux cas de vêtements, de chaussures et d’articles de chapellerie.
      
      53      Au vu de cette identité entre les produits visés par la marque demandée et la marque antérieure, il n’y a pas lieu de comparer
         les produits visés par la marque du Royaume-Uni antérieure et ceux visés par la marque demandée.
      
      –       Sur la comparaison des signes
      54      L’appréciation globale du risque de confusion doit, en ce qui concerne la similitude visuelle, phonétique ou conceptuelle
         des signes en conflit, être fondée sur l’impression d’ensemble produite par ceux-ci, en tenant compte, notamment, de leurs
         éléments distinctifs et dominants. La perception des marques qu’a le consommateur moyen des produits en cause joue un rôle
         déterminant dans l’appréciation globale dudit risque. À cet égard, le consommateur moyen perçoit normalement une marque comme
         un tout et ne se livre pas à un examen de ses différents détails (voir arrêt de la Cour du 12 juin 2007, OHMI/Shaker, C‑334/05 P,
         Rec. p. I‑4529, point 35, et la jurisprudence citée).
      
      55      La chambre de recours a considéré, aux points 26 à 28 de la décision attaquée, que les deux signes en cause, à savoir les
         signes peerstorm et PETER STORM, présentaient un certain degré de similitudes visuelle et phonétique. Cependant, il n’existerait
         aucune similitude conceptuelle entre ces deux signes.
      
      56      La requérante fait observer, en substance, que les signes en conflit présentent des différences visuelles, phonétiques et
         conceptuelles. À cet égard, elle souligne que la marque PETER STORM est constituée de deux mots, à savoir d’un prénom et d’un
         patronyme, tandis que la marque demandée est constituée d’un seul mot qui ne pourrait pas être segmenté pour former un prénom
         et un patronyme. 
      
      57      L’OHMI et l’intervenante contestent les arguments de la requérante à cet égard.
      
      58      En premier lieu, en ce qui concerne la comparaison visuelle des marques en cause, à savoir la marque antérieure et la marque
         demandée, il y a lieu de constater qu’il existe deux différences entre celles-ci. En effet, d’une part, tandis que la marque
         antérieure consiste en deux mots qui sont séparés par un espace, la marque demandée est constituée d’un seul mot. D’autre
         part, en ce qui concerne la partie initiale des marques en cause, la marque antérieure contient, contrairement à la marque
         demandée, la lettre « t » entre les deux lettres « e » de son premier élément. Excepté ces différences, il y a lieu de constater
         que les deux marques en conflit comprennent les mêmes lettres dans le même ordre et que, en particulier, leur élément « storm »
         est identique.
      
      59      À cet égard, il convient de relever que, certes, la partie initiale des marques verbales peut être susceptible de retenir
         l’attention du consommateur davantage que les parties suivantes [voir, en ce sens, arrêts du Tribunal du 17 mars 2004, El
         Corte Inglés/OHMI – González Cabello et Iberia Líneas Aéreas de España (MUNDICOR), T‑183/02 et T‑184/02, Rec. p. II‑965, point
         81, et du 16 mars 2005, L’Oréal/OHMI – Revlon (FLEXI AIR), T‑112/03, Rec. p. II‑949, points 64 et 65]. Toutefois, cette considération
         ne saurait valoir dans tous les cas [voir, en ce sens, arrêts du Tribunal du 14 octobre 2003, Phillips-Van Heusen/OHMI – Pash
         Textilvertrieb und Einzelhandel (BASS), T‑292/01, Rec. p. II‑4335, point 50, et du 6 juillet 2004, Grupo El Prado Cervera/OHMI
         – Héritiers Debuschewitz (CHUFAFIT), T‑117/02, Rec. p. II‑2073, point 48].
      
      60      Si, selon la jurisprudence citée au point 54 ci-dessus, le consommateur moyen perçoit normalement une marque comme un tout
         et ne se livre pas à un examen de ses différents détails, il n’en reste pas moins que, en percevant un signe verbal, il décomposera
         celui-ci en des éléments verbaux qui, pour lui, suggèrent une signification concrète ou qui ressemblent à des mots qu’il connaît
         [arrêts du Tribunal VITAKRAFT, précité, point 51, et du 13 février 2007, Mundipharma/OHMI – Altana Pharma (RESPICUR), T‑256/04,
         Rec. p. II‑449, point 57].
      
      61      En l’espèce, il convient de constater que l’élément « storm », contenu dans les deux marques en cause, attirera, en particulier,
         l’attention du consommateur moyen anglophone en raison de son aspect verbal et du fait que ce dernier comprendra son sens.
         Il s’ensuit que, s’agissant de la marque demandée, ce consommateur décomposera celle-ci en deux éléments « peer » et « storm »,
         de sorte que la différence résultant de l’espace figurant dans la marque antérieure passera au second plan.
      
      62      En ce qui concerne la différence résultant de la présence de la lettre « t » dans le premier mot de la marque antérieure,
         il y a lieu de relever que, ainsi que l’a constaté la chambre de recours au point 27 de la décision attaquée, le fait que
         cette lettre est placée entre les deux lettres « e » la rendra moins visible pour le consommateur pertinent. La chambre de
         recours a donc, à bon droit, conclu qu’il existait entre les deux marques en cause, prises dans leur ensemble, un certain
         degré de similitude visuelle.
      
      63      En deuxième lieu, en ce qui concerne la comparaison phonétique des marques en cause, la chambre de recours a, à juste titre,
         constaté, au point 26 de la décision attaquée, que l’élément « storm » se prononçait de façon identique dans les deux marques
         en cause. Pour ce qui est des éléments « peer » et « peter » figurant respectivement dans la marque demandée et dans la marque
         antérieure, il convient de relever, à l’instar de la chambre de recours, que le son des lettres « ee » dans l’élément « peer »
         et de la lettre « e » dans la première syllabe de l’élément « peter » est identique dans plusieurs langues, qu’il s’agisse
         du son « ie » en anglais, du son « éé » long en néerlandais et en allemand ou du son « é » en français. La seule différence
         résulte de la présence de la lettre « t » dans le premier élément de la marque antérieure. En effet, en raison de la présence
         à cet endroit de cette lettre, qui produit généralement un son clair et dur, cette marque comprend trois syllabes. La marque
         demandée, quant à elle, ne compte que deux syllabes.
      
      64      À cet égard, il convient de relever que le mot « peter » se prononce en mettant l’accent tonique sur la première syllabe,
         de sorte que la lettre « t » et la deuxième syllabe de ce mot deviennent moins audibles. Le fait que la lettre « t » n’est
         pas présente dans la partie initiale de la marque demandée ne saurait donc remettre en cause la conclusion de la chambre de
         recours selon laquelle il existe un certain degré de similitude phonétique entre les marques en cause.
      
      65      En troisième lieu, en ce qui concerne la comparaison conceptuelle des marques en cause, la requérante souligne que, contrairement
         à la marque demandée, la marque antérieure est constituée d’un prénom et d’un patronyme. Pour les consommateurs anglophones
         et germanophones, l’élément « peer » dans la marque demandée, loin d’être assimilé au prénom nordique, serait compris comme
         signifiant « lord ». 
      
      66      À cet égard, il convient de relever que les deux marques en cause sont constituées d’un prénom et d’un patronyme. En effet,
         s’agissant de l’élément « storm » contenu dans les deux marques en cause, il est constant que celui-ci peut constituer un
         patronyme. S’agissant des éléments « peer » et « peter » figurant respectivement dans la marque demandée et dans la marque
         antérieure, la chambre de recours a, à juste titre, au point 28 de la décision attaquée, constaté que ceux-ci constituaient
         des prénoms. En ce qui concerne l’élément « peer », certes, celui-ci pourrait être compris comme signifiant « lord » pour
         un consommateur anglophone. Néanmoins, notamment dans les pays nordiques et en Allemagne, Peer est un prénom. Le fait que
         la marque demandée s’écrit en un seul mot ne saurait infirmer la constatation selon laquelle les deux marques en cause sont
         constituées d’un prénom et d’un patronyme. L’intervenante a en effet relevé à bon droit que le consommateur pertinent était
         habitué à ce que des espaces soient omis entre un prénom et un patronyme constituant une marque, en vue de former une adresse
         Internet. 
      
      67      En l’espèce, il y a lieu d’ajouter que, ainsi que l’a relevé la requérante, les consommateurs anglophones associeront le patronyme
         Storm à la notion d’intempérie. Compte tenu de la présence de l’élément « storm » dans les deux marques en cause, qui attirera,
         en particulier, en raison de son aspect verbal et de ce que le consommateur moyen anglophone comprendra son sens, l’attention
         de ce dernier (voir points 60 et 61 ci-dessus), les marques en cause suggèrent que les produits visés, à savoir les chaussures,
         les vêtements et la chapellerie, assurent une protection contre les intempéries.
      
      68      Étant donné que les deux marques en cause sont constitués d’un prénom et d’un patronyme et que celles-ci suggèrent que les
         produits en cause protègent contre les intempéries, il y a lieu de relever que, contrairement à ce que la chambre de recours
         a constaté au point 28 de la décision attaquée, il existe un certain degré de similitude conceptuelle entre les deux marques
         en cause.
      
      69      Au vu de tout ce qui précède, la chambre de recours a donc, à bon droit, conclu qu’il existait, entre les marques en cause,
         un certain degré de similitudes visuelle et phonétique. De plus, contrairement aux constatations de la chambre de recours,
         il existe également un certain degré de similitude conceptuelle entre les marques en cause.
      
      –       Sur le risque de confusion
      70      L’appréciation globale du risque de confusion implique une certaine interdépendance entre les facteurs pris en compte et,
         notamment, la similitude des marques et celle des produits ou des services désignés. Ainsi, un faible degré de similitude
         entre les produits ou les services désignés peut être compensé par un degré élevé de similitude entre les marques, et inversement
         [arrêt de la Cour du 29 septembre 1998, Canon, C‑39/97, Rec. p. I‑5507, point 17, et arrêt du Tribunal du 14 décembre 2006,
         Mast-Jägermeister/OHMI – Licorera Zacapaneca (VENADO avec cadre e.a.), T‑81/03, T‑82/03 et T‑103/03, Rec. p. II‑5409, point
         74].
      
      71      La chambre de recours a considéré, au point 30 de la décision attaquée, que, étant donné l’identité des produits en cause
         et l’existence d’un certain degré de similitudes visuelle et phonétique entre les signes en cause, il existait un risque de
         confusion entre les marques en conflit pour le public pertinent.
      
      72      La requérante soutient que la marque PETER STORM possède un faible degré de caractère distinctif intrinsèque, car, d’une part,
         le public pertinent serait habitué à voir des marques composées d’un prénom et d’un patronyme pour des articles d’habillement
         et, d’autre part, le prénom Peter et le patronyme Storm seraient courants et non reconnaissables. En ce qui concerne, en particulier,
         le patronyme Storm, les consommateurs anglophones l’associeraient à la notion d’intempérie. Il n’existerait donc pas de risque
         de confusion. 
      
      73      L’OHMI et l’intervenante contestent l’argumentation de la requérante.
      
      74      À cet égard, premièrement, il convient de relever que, certes, le risque de confusion est d’autant plus élevé que le caractère
         distinctif de la marque antérieure s’avère important (voir, par analogie, arrêts de la Cour Canon, précité, point 18, et du
         22 juin 1999, Lloyd Schuhfabrik Meyer, C‑342/97, Rec. p. I‑3819, point 20). Toutefois, la reconnaissance d’un caractère faiblement
         distinctif de la marque antérieure n’empêche pas de constater l’existence d’un risque de confusion en l’espèce. En effet,
         si le caractère distinctif de la marque antérieure doit être pris en compte pour apprécier le risque de confusion, il n’est
         qu’un élément parmi d’autres intervenant lors de cette appréciation. Ainsi, même en présence d’une marque antérieure à caractère
         distinctif faible, il peut exister un risque de confusion, notamment, en raison d’une similitude des signes et des produits
         ou des services visés [voir arrêt du Tribunal du 13 décembre 2007, Xentral/OHMI – Pages jaunes (PAGESJAUNES.COM), T‑134/06,
         Rec. p. II‑5213, point 70, et la jurisprudence citée].
      
      75      Deuxièmement, il y a lieu de constater que, dans le cas d’espèce, la requérante n’a pas démontré que la marque antérieure,
         utilisée dans son ensemble dans le secteur de l’habillement, possède un faible degré de caractère distinctif intrinsèque sur
         le territoire de l’Union.
      
      76      À cet égard, il convient de relever que les critères d’appréciation du caractère distinctif de marques constituées par un
         nom de personne sont les mêmes que ceux applicables aux autres catégories de marques. Des critères généraux plus stricts,
         tirés, par exemple, d’un nombre préétabli de personnes portant le même nom, au-delà duquel ce nom pourrait être considéré
         comme dépourvu de caractère distinctif, et de l’utilisation répandue ou non de patronymes dans le secteur concerné, ne sauraient
         être appliqués à de telles marques. Le caractère distinctif d’une marque, quelle que soit la catégorie dont elle relève, doit
         faire l’objet d’une appréciation concrète (voir, par analogie, arrêt de la Cour du 16 septembre 2004, Nichols, C‑404/02, Rec.
         p. I‑8499, points 25 à 27).
      
      77      Si l’usage de signes constitués d’un prénom et d’un patronyme est certes courant dans le secteur de l’habillement, les arguments
         de la requérante relatifs respectivement au mot « peter » et au mot « storm » ne sauraient permettre de conclure à l’existence
         d’un faible degré de caractère distinctif intrinsèque de la marque antérieure. En effet, la marque antérieure en cause est
         le signe PETER STORM, qui, bien que composé de deux éléments, doit être prise en compte dans son ensemble. À cet égard, il
         convient de rappeler que le consommateur moyen perçoit normalement une marque comme un tout et ne se livre pas à l’examen
         de ses différents détails (voir la jurisprudence citée au point 54 ci-dessus). Le fait que le consommateur moyen décomposera
         un signe verbal en des éléments verbaux qui, pour lui, suggèrent une signification concrète ou qui ressemblent à des mots
         qu’il connaît (voir, en ce sens, la jurisprudence citée au point 60 ci-dessus) ne saurait cependant signifier que ce consommateur
         considérera ces éléments en tant que signes séparés. En affirmant que les mots « peter » et « storm » sont courants et non
         reconnaissables, et que le mot « storm » est utilisé dans la formation de marques, la requérante n’a pas pris en compte le
         fait que les éléments « peter » et « storm » forment effectivement un seul signe. Les arguments de la requérante qui concernent
         séparément le mot « peter » et le mot « storm » ne sont donc pas suffisants pour démontrer l’existence d’un caractère distinctif
         faible de la marque antérieure PETER STORM.
      
      78      Par ailleurs, il convient de rappeler que la chambre de recours a conclu à bon droit qu’il existait un certain degré de similitudes
         visuelle et phonétique entre les marques en cause. S’agissant des articles d’habillement concernés, à savoir des vêtements,
         des chaussures et de la chapellerie, la similitude visuelle revêt une importance particulière en l’occurrence dès lors qu’il
         est reconnu que, en général, l’achat de vêtements implique l’examen visuel des marques [voir, en ce sens, arrêt du Tribunal
         du 12 juillet 2006, Rossi/OHMI – Marcorossi (MARCOROSSI), T‑97/05, non publié au Recueil, point 45, et la jurisprudence citée].
      
      79      À supposer même que la marque antérieure ne possède qu’un caractère distinctif faible, vu l’identité des produits visés par
         la marque antérieure et la marque demandée (voir point 52 ci-dessus) ainsi que les éléments de similitude entre les signes
         en cause constatés par la chambre de recours notamment sur le plan visuel, celle-ci a, à bon droit, conclu, au point 30 de
         la décision attaquée, qu’un risque de confusion entre les marques en conflit ne pouvait être exclu pour le public pertinent.
      
      80      Tel est d’autant plus le cas que, contrairement aux constatations de la chambre de recours, il existe également un certain
         degré de similitude conceptuelle entre les marques en cause. À cet égard, il y a lieu de relever que le Tribunal ne saurait
         être lié par l’appréciation erronée par la chambre de recours de la similitude conceptuelle entre les deux marques en cause,
         dès lors que ladite appréciation fait partie des conclusions dont la légalité est contestée devant le Tribunal (voir, en ce
         sens, arrêt de la Cour du 18 décembre 2008, Éditions Albert René/OHMI, C‑16/06 P, Rec. p. I‑10053, point 48).
      
      81      Dans ces conditions, il résulte de l’ensemble de ce qui précède que, sans qu’il y ait lieu de se prononcer sur la recevabilité
         du chef de conclusions de la requérante visant au rejet de l’opposition dans son intégralité, le recours doit être rejeté
         [voir, en ce sens, arrêts du Tribunal du 22 mai 2008, NewSoft Technology/OHMI – Soft (Presto! Bizcard Reader), T‑205/06, non
         publié au Recueil, point 70, et du 11 juin 2009, Hedgefund Intelligence/OHMI – Hedge Invest (InvestHedge), T‑67/08, non publié
         au Recueil, point 58].
      
       Sur les dépens
      82      Aux termes de l’article 87, paragraphe 2, du règlement de procédure, toute partie qui succombe est condamnée aux dépens, s’il
         est conclu en ce sens. La requérante ayant succombé, il y a lieu de la condamner aux dépens, conformément aux conclusions
         de l’OHMI et de l’intervenante.
      
      Par ces motifs,
      LE TRIBUNAL (huitième chambre)
      déclare et arrête :
      1)      Le recours est rejeté.
      2)      Engelhorn KGaA est condamnée à supporter ses propres dépens ainsi que ceux de l’Office de l’harmonisation dans le marché intérieur
            (marques, dessins et modèles) (OHMI) et de The Outdoor Group Ltd.
      
               Martins Ribeiro 
            
            
               Wahl 
            
            
               Dittrich
            
         Ainsi prononcé en audience publique à Luxembourg, le 8 juillet 2010.
      Signatures
      * Langue de procédure : l’anglais.