CELEX: 61980CJ0127
Language: fr
Date: 1982-03-11
Title: Arrêt de la Cour (première chambre) du 11 mars 1982. # Vincent Grogan contre Commission des Communautés européennes. # Ancien fonctionnaire - Taux de change pour le calcul de la pension. # Affaire 127/80.

Avis juridique important

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61980J0127

Arrêt de la Cour (première chambre) du 11 mars 1982.  -  Vincent Grogan contre Commission des Communautés européennes.  -  Ancien fonctionnaire - Taux de change pour le calcul de la pension.  -  Affaire 127/80.  

Recueil de jurisprudence 1982 page 00869

SommairePartiesObjet du litigeMotifs de l'arrêtDécisions sur les dépensesDispositif
Mots clés

FONCTIONNAIRES - PENSIONS - FIXATION DU DROIT A PENSION - PAIEMENT DE PRESTATIONS - DISTINCTION - MONTANT DES PRESTATIONS AFFECTE PAR LE JEU DES TAUX DE CHANGE ET DES COEFFICIENTS CORRECTEURS - ATTEINTE AU DROIT A PENSION - ABSENCE  ( STATUT DES FONCTIONNAIRES , ANNEXE VIII , CHAPITRE 2 ET ART . 45 , 46 )    

Sommaire

LES DISPOSITIONS DE L ' ANNEXE VIII DU STATUT DES FONCTIONNAIRES FONT UNE DISTINCTION NETTE ENTRE LA FIXATION DU ' DROIT A PENSION ' , MATIERE RELEVANT DU CHAPITRE 2 DE L ' ANNEXE , ET LE ' PAIEMENT DES PRESTATIONS ' , REGI PAR LES ARTICLES 45 ET 46 DE L ' ANNEXE . BIEN QU ' AFFECTANT LE PAIEMENT DE PRESTATIONS AU SENS DE CES DERNIERS  ARTICLES , DES CHANGEMENTS INTERVENUS DANS LES MONTANTS EFFECTIVEMENT PAYES AU PENSIONNE QUI RESULTENT DU SEUL JEU DES TAUX DE CHANGE ET DES COEFFICIENTS CORRECTEURS NE PORTENT PAS , POUR AUTANT , ATTEINTE AU DROIT A PENSION TEL QU ' IL EST ETABLI EN APPLICATION DU CHAPITRE 2 DE L ' ANNEXE .    

Parties

DANS L ' AFFAIRE 127/80 , VINCENT GROGAN , ANCIEN FONCTIONNAIRE DE LA COMMISSION DES COMMUNAUTES EUROPEENNES , DEMEURANT A DUBLIN , REPRESENTE PAR M . GERALD FITZGERALD , SOLICITOR A DUBLIN , AYANT ELU DOMICILE A LUXEMBOURG CHEZ M . JEAN HOSS , 15 , COTE D ' EICH ,   PARTIE REQUERANTE ,   CONTRE  COMMISSION DES COMMUNAUTES EUROPEENNES , REPRESENTEE PAR SON CONSEILLER JURIDIQUE M . ANTHONY MCCLELLAN , EN QUALITE D ' AGENT , ASSISTE PAR M DANIEL JACOB , AVOCAT AU BARREAU DE BRUXELLES , AYANT ELU DOMICILE A LUXEMBOURG     CHEZ SON CONSEILLER JURIDIQUE M . MARIO CERVINO , BATIMENT JEAN MONNET , KIRCHBERG ,   PARTIE DEFENDERESSE ,    

Objet du litige

AYANT POUR OBJET L ' ANNULATION DE LA DECISION IMPLICITE DE LA COMMISSION REJETANT LE RECLAMATION DU REQUERANT PRESENTEE AU TITRE DE L ' ARTICLE 90 , PARAGRAPHE 2 , DU STATUT DES FONCTIONNAIRES ET CONCERNANT L ' APPLICATION A SON CAS DES REGLEMENTS N 3085/78 ET 3086/78 DU CONSEIL , DU 21 DECEMBRE 1978 , MODIFIANT LE STATUT DES FONCTIONNAIRES ET LE REGIME APPLICABLE AUX AUTRES AGENTS DES COMMUNAUTES EUROPEENNES EN CE QUI CONCERNE LES PARITES MONETAIRES A UTILISER , AINSI QUE LES COEFFICIENTS CORRECTEURS APPLICABLES AUX REMUNERATIONS ET AUX PENSIONS DES FONCTIONNAIRES ET AUTRES AGENTS DES COMMUNAUTES EUROPEENNES ( JO 1978 , L 369 ),  

Motifs de l'arrêt

1 PAR REQUETE DEPOSEE AU GREFFE DE LA COUR , LE 27 MAI 1980 , M . GROGAN , ANCIEN FONCTIONNAIRE DE LA COMMISSION DES COMMUNAUTES EUROPEENNES , A INTRODUIT , EN VERTU DE L ' ARTICLE 91 DU STATUT DES FONCTIONNAIRES ( CI-APRES : LE STATUT ), UN RECOURS EN ANNULATION DE LA DECISION DE LA COMMISSION PORTANT REDUCTION DES MENSUALITES DE PENSION DUES AU REQUERANT DEPUIS LE MOIS D ' OCTOBRE 1979 , AINSI QUE DU REJET IMPLICITE DE SA RECLAMATION PRESENTEE CONTRE LADITE DECISION .        2 A L ' APPUI DE SON RECOURS , LE REQUERANT INVOQUE L ' ILLEGALITE DU REGLEMENT N 3085/78 DU CONSEIL , DU 21 DECEMBRE 1978 ( JO L 369 , P . 6 ), QUI A MODIFIE LES DISPOSITIONS DU STATUT EN CE QUI CONCERNE LES PARITES MONETAIRES A UTILISER , AINSI QUE CELLES DU REGLEMENT N 3086/78 DU CONSEIL , DE LA MEME DATE , PORTANT ADAPTATION DES COEFFICIENTS CORRECTEURS DONT SONT AFFECTEES LES REMUNERATIONS ET PENSIONS DES FONCTIONNAIRES ET AUTRES AGENTS DES COMMUNAUTES EUROPEENNES A LA SUITE DE LA MODIFICATION DU STATUT CONCERNANT LES PARITES MONETAIRES A UTILISER DANS L ' APPLICATION DU STATUT ( JO L 369 , P . 8 ).    3 LE REQUERANT , MIS A LA RETRAITE APRES QUE SON POSTE LUI A ETE RETIRE DANS L ' INTERET DU SERVICE , CONFORMEMENT A L ' ARTICLE 50 DU STATUT , EN 1975 , EST BENEFICIAIRE D ' UNE PENSION AU TITRE DE L ' ARTICLE 77 DU STATUT . EN VERTU DE L ' ARTICLE 45 , TROISIEME ALINEA , DE L ' ANNEXE VIII DU STATUT , IL POUVAIT CHOISIR LE VERSEMENT DES PRESTATIONS A TITRE DE PENSION , SOIT DANS LA MONNAIE DE SON PAYS D ' ORIGINE , SOIT DANS CELLE DE SON PAYS DE RESIDENCE , SOIT ENCORE DANS CELLE DU SIEGE DE L ' INSTITUTION DONT IL RELEVAIT AVANT LA RETRAITE . LE REQUERANT , QUI S ' EST ETABLI DANS SON PAYS D ' ORIGINE , L ' IRLANDE , A OPTE POUR LE PAIEMENT DES PRESTATIONS DANS LA MONNAIE DU PAYS OU LA COMMISSION A SON SIEGE PROVISOIRE , A SAVOIR EN FRANCS BELGES .    4 D ' APRES L ' ARTICLE 82 , PARAGRAPHE 1 , DU STATUT , LES PENSIONS SONT AFFECTEES D ' UN COEFFICIENT CORRECTEUR FIXE SUR LA BASE DES ARTICLES 64 ET 65 , PARAGRAPHE 2 , DU STATUT POUR LE PAYS DES COMMUNAUTES OU LE TITULAIRE DECLARE FIXER SON DOMICILE ; CES PENSIONS SONT PAYEES DANS LES CONDITIONS PREVUES A L ' ARTICLE 63 POUR LE PAIEMENT DES REMUNERATIONS .    5 LES ARTICLES 63 ET 64 DU STATUT , DANS LE TEXTE EN VIGUEUR JUSQU ' A LA FIN DE L ' ANNEE 1978 , DISPOSAIENT : ' LA REMUNERATION DU FONCTIONNAIRE EST EXPRIMEE EN FRANCS BELGES ; ELLE EST PAYEE DANS LA MONNAIE DU PAYS OU LE FONCTIONNAIRE EXERCE SES FONCTIONS ; LA REMUNERATION PAYEE EN UNE MONNAIE AUTRE QUE LE FRANC BELGE EST CALCULEE SUR LES PARITES ACCEPTEES PAR LE FONDS MONETAIRE INTERNATIONAL A LA DATE DU 1 JANVIER 1965 ; LA REMUNERATION DU FONCTIONNAIRE EXPRIMEE EN FRANCS BELGES . . . EST AFFECTEE D ' UN COEFFICIENT CORRECTEUR SUPERIEUR , INFERIEUR OU EGAL A 100 % , SELON LES CONDITIONS DE VIE AUX DIFFERENTS     LIEUX D ' AFFECTATION ; LE COEFFICIENT CORRECTEUR , APPLICABLE A LA REMUNERATION DES COMMUNAUTES , EST , A LA DATE DU 1 JANVIER 1962 , EGAL A 100 % ' .    6 DEPUIS 1971 , CERTAINES MONNAIES DES ETATS MEMBRES , DONT LA LIVRE IRLANDAISE , ONT SUBI DES DEPRECIATIONS DE PLUS EN PLUS IMPORTANTES PAR RAPPORT A LEUR VALEUR DE 1965 . DANS UNE PREMIERE PERIODE , QUI S ' EST ETENDUE JUSQU ' EN 1978 , LE CONSEIL N ' A PAS MODIFIE LES TAUX DE CHANGE FIXES PAR L ' ARTICLE 63 DU STATUT ; TOUTEFOIS , POUR MAINTENIR LE POUVOIR D ' ACHAT DES PENSIONS VERSEES EN MONNAIE DEPRECIEE , IL A AUGMENTE LES COEFFICIENTS CORRECTEURS VISES A L ' ARTICLE 64 DU STATUT POUR LES PAYS CONCERNES .    7 IL EN EST RESULTE QUE , POUR CEUX DES PENSIONNES RESIDANT EN IRLANDE QUI AVAIENT OPTE POUR LE VERSEMENT DES PRESTATIONS EN LIVRES IRLANDAISES , LA REDUCTION DU POUVOIR D ' ACHAT DES MONTANTS CALCULES SUR LA BASE DES ANCIENNES PARITES A ETE COMPENSEE PAR L ' AUGMENTATION DU COEFFICIENT CORRECTEUR APPLICABLE A L ' IRLANDE . CEUX DES PENSIONNES QUI , COMME LE REQUERANT , AVAIENT CHOISI LE VERSEMENT DES PRESTATIONS EN FRANCS BELGES , DONT LE MONTANT POUVAIT ETRE CONVERTI EN LIVRES IRLANDAISES AU TAUX DE CHANGE DU JOUR , ET QUI N ' ETAIENT DONC PAS EXPOSES A UN RISQUE COMPARABLE DE REDUCTION DU POUVOIR D ' ACHAT , ONT CEPENDANT VU LEURS PENSIONS AFFECTEES DE LA MEME AUGMENTATION DU COEFFICIENT CORRECTEUR , CELUI-CI ETANT D ' APPLICATION GENERALE .    8 C ' EST AINSI QUE , ENTRE 1973 , DATE DE L ' ADHESION DE L ' IRLANDE AUX COMMUNAUTES , ET 1978 , LES MONTANTS EFFECTIVEMENT PAYES AUX PENSIONNES RESIDANT EN IRLANDE MAIS AYANT CHOISI LE VERSEMENT DES PRESTATIONS EN FRANCS BELGES SE SONT PROGRESSIVEMENT ELEVES PAR LE SIMPLE FAIT D ' ETRE AFFECTES PAR LE COEFFICIENT CORRECTEUR AUGMENTE , CES MONTANTS ETANT FINALEMENT TRES SUPERIEURS A CEUX PAYES AUX PENSIONNES RESIDANT EN IRLANDE ET AYANT CHOISI LE VERSEMENT EN LIVRES IRLANDAISES .    9 LE REGLEMENT N 3085/78 A MIS FIN A CE SYSTEME , EN SUBSTITUANT AUX ANCIENNES PARITES L ' APPLICATION DES TAUX DE CHANGE ACTUALISES . EN MEME TEMPS , LE REGLEMENT N 3086/78 A RAMENE LES COEFFICIENTS CORRECTEURS A LEUR FONCTION ORIGINALE DE PALLIER LES DIFFERENCES DES CONDITIONS DE VIE PAR RAPPORT A CELLES EXIS    TANT DANS LES PAYS DES SIEGES PROVISOIRES DES COMMUNAUTES . LE COEFFICIENT CORRECTEUR APPLICABLE A L ' IRLANDE A ETE SENSIBLEMENT REDUIT A CETTE OCCASION .    10 LES REGLEMENTS N 3085/78 ET N 3086/78 ONT ETE APPLICABLES A PARTIR DU 1 AVRIL 1979 . L ' ARTICLE 4 , ALINEA 3 , DU REGLEMENT N 3085/78 PREVOIT CEPENDANT :    ' TOUTEFOIS , POUR LES PENSIONS ET INDEMNITES DONT LES MONTANTS NETS SUBISSENT UNE DIMINUTION PAR RAPPORT A L ' APPLICATION DU SYSTEME ACTUEL , LE PRESENT REGLEMENT N ' EST APPLICABLE QU ' A PARTIR DU 1 OCTOBRE 1979 . APRES CETTE DATE , LA DIFFERENCE ENTRE LES MONTANTS NETS TELS QU ' ILS RESULTENT DE L ' APPLICATION DU PRESENT REGLEMENT ET CEUX PERCUS AU TITRE DU MOIS DE SEPTEMBRE 1979 EST REDUITE A RAISON D ' UN DIXIEME PAR MOIS . '   11 LE 23 OCTOBRE 1979 , LA COMMISSION A FAIT SAVOIR AU REQUERANT QUE LE NOUVEAU SYSTEME SERAIT APPLIQUE AU VERSEMENT DE SA PENSION A PARTIR DU 1 OCTOBRE 1979 . LE MONTANT NET DE LA PRESTATION , S ' ELEVANT A 30 145 BFR AU MOIS DE SEPTEMBRE 1979 , SERAIT REDUIT A 13 080 BFR ; TOUTEFOIS , EN APPLICATION DE L ' ARTICLE 4 , ALINEA 3 , DU REGLEMENT N 3085/78 PRECITE , LA REDUCTION SERAIT OPEREE A RAISON D ' UN DIXIEME PAR MOIS , A PARTIR DU MOIS D ' OCTOBRE 1979 JUSQU ' AU MOIS DE JUILLET 1980 .    12 LA RECLAMATION CONTRE CETTE DECISION , INTRODUITE LE 12 NOVEMBRE 1979 , ETANT RESTEE SANS REPONSE DANS LE DELAI DE QUATRE MOIS PREVU PAR LE STATUT , LE REQUERANT A INTRODUIT LE PRESENT RECOURS LE 27 MAI 1980 . LE 15 JUILLET 1980 , LA COMMISSION LUI A NOTIFIE SA DECISION DE REJETER LA RECLAMATION .   SUR LE PREMIER MOYEN ( DROITS ACQUIS )    13 LE REQUERANT FAIT D ' ABORD VALOIR QUE LA DECISION ATTAQUEE , AINSI QUE LES REGLEMENTS N 3085/78 ET N 3086/78 DONT ELLE CONSTITUE L ' EXECUTION A SON EGARD , NE POUVAIT LE PRIVER D ' UN DROIT DEFINITIF A UNE PENSION ETABLIE EN APPLICATION DE L ' ARTICLE 77 DU STATUT . LA NATURE DEFINITIVE D ' UN TEL DROIT RESULTERAIT DU CARACTERE CONTRIBUTIF DU REGIME DE PENSIONS COMMUNAUTAIRE , LE DROIT A LA PENSION ETANT PROPORTIONNEL AUX COTISATIONS PAYEES . APRES LA CESSATION DE LA RELATION D ' EMPLOYE A EMPLOYEUR ENTRE LE REQUERANT ET LA COMMISSION , INTERVENUE EN 1975 LORSQUE LA COMMISSION LUI A RETIRE SON EMPLOI DANS L ' INTERET DU     SERVICE , LE MONTANT DE LA PENSION N ' AURAIT PU ETRE MODIFIE QU ' EN VERTU DES DISPOSITIONS DU STATUT DEJA APPLICABLES A CE MOMENT .    14 IL Y A LIEU D ' OBSERVER , A CET EGARD , QUE LES DISPOSITIONS DE L ' ANNEXE VIII DU STATUT FONT UNE DISTINCTION NETTE ENTRE LA FIXATION DU ' DROIT A PENSION ' , MATIERE RELEVANT DU CHAPITRE 2 DE L ' ANNEXE , ET LE ' PAIEMENT DES PRESTATIONS '  REGI PAR LES ARTICLES 45 ET 46 DE L ' ANNEXE . LES ARGUMENTS AVANCES PAR LE REQUERANT PARTENT DE L ' IDEE QUE SON ' DROIT A PENSION ' , AU SENS DU STATUT , AURAIT SUBI UNE DIMINUTION .    15 OR , LES CHANGEMENTS INTERVENUS DANS LES MONTANTS EFFECTIVEMENT PAYES AU REQUERANT ONT RESULTE DU JEU DES TAUX DE CHANGE ET DES COEFFICIENTS CORRECTEURS . CES CHANGEMENTS , BIEN QU ' AFFECTANT LE PAIEMENT DES PRESTATIONS AU SENS DES ARTICLES 45 ET 46 DE L ' ANNEXE VIII , N ' ONT PAS POUR AUTANT PORTE ATTEINTE AU DROIT A PENSION DU REQUERANT , TEL QU ' IL A ETE ETABLI EN APPLICATION DU CHAPITRE 2 DE L ' ANNEXE VIII ET TEL QU ' IL CONTINUE DE SERVIR DE BASE AU CALCUL DES MONTANTS EFFECTIVEMENT PAYES DES PRESTATIONS .    16 IL EN RESULTE QUE CE MOYEN MANQUE DE PERTINENCE ET QUE SON EXAMEN N ' EST , DES LORS , PAS NECESSAIRE .   SUR LE DEUXIEME MOYEN ( LEGALITE DES COEFFICIENTS CORRECTEURS )    17 LE REQUERANT SOUTIENT ENSUITE L ' ILLEGALITE DU REGLEMENT N 3086/78 EN CE QUE CELUI-CI AURAIT MODIFIE LES COEFFICIENTS CORRECTEURS POUR D ' AUTRES MOTIFS QUE CEUX QUI POURRAIENT JUSTIFIER UNE TELLE ACTION SELON LES TERMES DES ARTICLES 64 ET 65 , PARAGRAPHE 2 , DU STATUT .    18 LA COMMISSION A DEFENDU LA LEGALITE DE LA FIXATION DES COEFFICIENTS CORRECTEURS PAR LE REGLEMENT N 3086/78 EN INVOQUANT DEUX ARGUMENTS . D ' UNE PART , LE MAINTIEN DE L ' ANCIEN SYSTEME AURAIT EU POUR RESULTAT DE PERPETUER , SANS JUSTIFICATION , UNE INEGALITE DE PLUS EN PLUS MANIFESTE ENTRE DEUX CATEGORIES DE PENSIONNES , SELON LE CHOIX QU ' ILS AURAIENT FAIT , CONFORMEMENT A L ' ARTICLE 45 DE L ' ANNEXE VIII , D ' ETRE PAYES EN FRANCS BELGES OU DANS LA MONNAIE DE LEUR PAYS     DE RESIDENCE . D ' AUTRE PART , LE NOUVEAU SYSTEME TEL QUE DECOULANT , NOTAMMENT , DES REGLEMENTS N 3085/78 ET N 3086/78 , AURAIT PRECISEMENT EU POUR EFFET DE RAMENER LES COEFFICIENTS CORRECTEURS AUX FONCTIONS QUE LEUR ATTRIBUE LE STATUT , PLUTOT QUE DE LES UTILISER POUR COMPENSER DES FLUCTUATIONS MONETAIRES .    19 CETTE ARGUMENTATION DE LA COMMISSION DOIT ETRE ACCUEILLIE . ELLE SOULEVE CEPENDANT UN PROBLEME DIFFERENT , SUR LEQUEL LA COMMISSION N ' A PAS PRIS POSITION AU COURS DU PRESENT LITIGE , CELUI DE SAVOIR SI L ' UTILISATION ANTERIEURE DES COEFFICIENTS CORRECTEURS A DES FINS MONETAIRES , TELLE QUE PRATIQUEE PENDANT LA PERIODE AYANT PRECEDE LA MISE EN OEUVRE DU REGLEMENT N 3086/78 , DOIT ETRE CONSIDEREE COMME CONFORME AU STATUT .    20 IL Y A LIEU DE RAPPELER QUE L ' ARTICLE 64 DU STATUT PREVOIT LA FIXATION DE COEFFICIENTS CORRECTEURS ' SELON LES CONDITIONS DE VIE AUX DIFFERENTS LIEUX D ' AFFECTATION ' ; L ' ARTICLE 65 , PARAGRAPHE 2 , DU STATUT DISPOSE QUE , EN CAS DE ' VARIATION SENSIBLE DU COUT DE LA VIE ' , LE CONSEIL PEUT ADAPTER LES COEFFICIENTS CORRECTEURS .    21 L ' AUGMENTATION GRADUELLE DU COEFFICIENT CORRECTEUR APPLICABLE A L ' IRLANDE , TELLE QU ' ELLE S ' EST REALISEE DANS LA PERIODE S ' ETENDANT DU MOMENT DE L ' ADHESION JUSQU ' A 1979 , A EU POUR OBJET DE PERMETTRE LE MAINTIEN DES PARITES FIXES ACCEPTEES PAR LE FONDS MONETAIRE INTERNATIONAL EN 1965 , SANS PORTER ATTEINTE AU POUVOIR D ' ACHAT DES PRESTATIONS PAYEES AUX ANCIENS AGENTS DE LA COMMUNAUTE RESIDANT EN IRLANDE , DONT LA PENSION DEVAIT ETRE CONVERTIE EN LIVRES IRLANDAISES EN APPLICATION DE L ' ARTICLE 63 DU STATUT . SI L ' OBJECTIF DE NE PAS REPERCUTER LE MAINTIEN DE TAUX DE CHANGE FIXES , EN TEMPS DE PERTURBATIONS MONETAIRES , SUR LES PENSIONNES RESIDANT DANS DES PAYS A MONNAIE FAIBLE EST TOUT A FAIT CONFORME A L ' ESPRIT DU STATUT , IL N ' EN RESULTE PAS NECESSAIREMENT QUE LES DISPOSITIONS DU STATUT PERMETTAIENT D ' UTILISER LE JEU DES COEFFICIENTS CORRECTEURS A DES FINS MONETAIRES .    22 D ' APRES LA COMMISSION , UNE TELLE UTILISATION DES COEFFICIENTS CORRECTEURS ETAIT JUSTIFIEE EN TANT QU ' EXPEDIENT TRANSITOIRE DESTINE A CORRIGER LES EFFETS DES PARITES FIXEES EN 1965 , DANS L ' ATTENTE D ' UNE MODIFICATION DES TAUX DE CHANGE ETABLIS PAR L ' ARTICLE 63 DU STATUT .        23 LA COUR A DEJA RECONNU DANS UN AUTRE CONTEXTE , DANS L ' ARRET DU 24 OCTOBRE 1973 ( SCHLUTER , 9/73 , RECUEIL , P . 1135 ), QU ' IL PEUT ETRE LOISIBLE AU CONSEIL DE RECOURIR A UN EXPEDIENT PROVISOIRE DEVANT UNE SITUATION CARACTERISEE PAR L ' ABSENCE DE TOUTE PREVISION ADEQUATE PERMETTANT DE REAGIR D ' URGENCE A DES EVENEMENTS SOUDAINS SUSCEPTIBLES DE CREER UNE SITUATION GRAVE , NOTAMMENT LORSQUE LES MESURES A PRENDRE CONCERNENT UN DOMAINE ETROITEMENT LIE A LA POLITIQUE MONETAIRE DES ETATS MEMBRES DONT ELLES DOIVENT PARTIELLEMENT CORRIGER LES EFFETS . LA COUR A TOUTEFOIS AJOUTE QU ' UNE TELLE SITUATION NE PEUT ETRE QUE PROVISOIRE , LA BASE LEGALE DES MESURES EN QUESTION DEVANT ETRE FINALEMENT TROUVEE DANS LES DISPOSITIONS APPROPRIEES DU DROIT COMMUNAUTAIRE .    24 EN L ' OCCURRENCE , LA MODIFICATION DES TAUX DE CHANGE , ET L ' ADAPTATION CORRESPONDANTE DES COEFFICIENTS CORRECTEURS , SONT SEULEMENT INTERVENUES A LA FIN DE L ' ANNEE 1978 . LES MESURES PROVISOIRES ONT AINSI REGI LA SITUATION DES PENSIONNES ETABLIS DANS DES PAYS A MONNAIE FAIBLE PENDANT UNE PERIODE D ' ENVIRON SEPT ANNEES .    25 IL FAUT CEPENDANT ADMETTRE QUE CETTE PERIODE A ETE CARACTERISEE PAR DES INCERTITUDES SUR L ' EVOLUTION MONETAIRE ULTERIEURE . DANS CES CONDITIONS , LES HESITATIONS DU CONSEIL POUR ADAPTER LES DISPOSITIONS COMMUNAUTAIRES A LA NOUVELLE SITUATION MONETAIRE POUVAIENT S ' EXPLIQUER PAR LES DIFFICULTES DE TROUVER , NON SEULEMENT DANS LE DOMAINE DU STATUT MAIS EGALEMENT DANS D ' AUTRES DOMAINES , DES CRITERES PERMETTANT D ' ETABLIR DES TAUX DE CONVERSION SURS .    26 IL DECOULE DE TOUT CE QUI PRECEDE QUE LE MOYEN TIRE DE L ' ILLEGALITE DE LA FIXATION DU COEFFICIENT CORRECTEUR APPLICABLE A L ' IRLANDE N ' EST PAS FONDE .   SUR LE TROISIEME MOYEN ( CONFIANCE LEGITIME )    27 LE REQUERANT ALLEGUE ENFIN QUE LES REDUCTIONS DES PRESTATIONS PAYEES A TITRE DE PENSION PAR L ' APPLICATION DES REGLEMENTS N 3085/78 ET N 3086/78 VIOLERAIENT CERTAINS PRINCIPES GENERAUX DE DROIT PROTEGES PAR LE DROIT COMMUNAUTAIRE . IL FAIT VALOIR , A CET EFFET , QU ' IL POUVAIT S ' ATTENDRE AU PAIEMENT CONTINU DES PRESTATIONS QUI LUI AVAIENT ETE OCTROYEES ET DONT LE NIVEAU L ' AVAIT GUIDE QUAND IL A CHOISI LE MODE DE VIE QUI SERAIT LE SIEN PENDANT SES ANNEES DE RETRAITE .        28 CE MOYEN DOIT ETRE COMPRIS DANS LE SENS QU ' IL ALLEGUE LA VIOLATION DU PRINCIPE DE LA PROTECTION DE LA CONFIANCE LEGITIME QUE LES AGENTS DES COMMUNAUTES PEUVENT AVOIR DANS LE RESPECT DES ENGAGEMENTS AUXQUELS LES INSTITUTIONS SE SONT LIEES . AU COURS DE LA PROCEDURE ORALE , LE REQUERANT A PRECISE QUE CE MOYEN VISE AUSSI BIEN L ' INTRODUCTION DU NOUVEAU REGIME RESULTANT DES REGLEMENTS N 3085/78 ET N 3086/78 QUE LES MODALITES DE CETTE INTRODUCTION .    29 COMME IL A ETE EXPLIQUE CI-DESSUS , L ' INTRODUCTION DU NOUVEAU REGIME AVAIT POUR OBJET DE REGULARISER UNE SITUATION QUI S ' ETAIT DETERIOREE SUITE AUX FLUCTUATIONS MONETAIRES ET A L ' APPLICATION PROLONGEE D ' EXPEDIENTS PROVISOIRES DESTINES A FAIRE FACE A CES FLUCTUATIONS . EN MEME TEMPS , CETTE INTRODUCTION PERMETTAIT DE RAMENER LES DIFFERENTES CATEGORIES DE PENSIONNES RESIDANT DANS DES PAYS A MONNAIE FAIBLE A UNE SITUATION OU L ' EGALITE DE TRAITEMENT SERAIT ASSUREE .    30 AUCUNE DES INSTITUTIONS DE LA COMMUNAUTE NE S ' ETANT ENGAGEE A MAINTENIR UNE SITUATION FAVORABLE A UNE CATEGORIE DETERMINEE DE PENSIONNES RESULTANT DE L ' APPLICATION DE CES EXPEDIENTS PROVISOIRES , LE MOYEN DU REQUERANT DOIT ETRE REJETE POUR AUTANT QU ' IL VISE L ' INTRODUCTION DU NOUVEAU REGIME EN TANT QUE TEL .    31 EN CE QUI CONCERNE LES MODALITES DE CETTE INTRODUCTION , IL CONVIENT DE RAPPELER QUE CE SONT LES HESITATIONS DU CONSEIL A MODIFIER LES DISPOSITIONS DU STATUT SUR LES TAUX DE CHANGE QUI ONT EU POUR EFFET DE FAIRE AUGMENTER PROGRESSIVEMENT LES PRESTATIONS DUES A LA CATEGORIE DE PENSIONNES DONT RELEVE LE REQUERANT . CETTE AUGMENTATION S ' ETANT ETENDUE SUR UNE PERIODE D ' A PEU PRES SEPT ANNEES , LE CONSEIL A NEANMOINS DECIDE , PAR L ' INSERTION DE L ' ARTICLE 4 , ALINEA 3 , DU REGLEMENT N 3085/78 , DE FAIRE SUPPORTER LA PERTE DE CETTE AUGMENTATION AUX PENSIONNES APRES UNE PERIODE TRANSITOIRE RELATIVEMENT BREVE , UN SYSTEME DE REDUCTIONS MENSUELLES QUI S ' ECHELONNAIT SUR DIX MOIS ETANT APPLIQUE A PARTIR DU 1 OCTOBRE 1979 , SOIT SIX MOIS APRES L ' ENTREE EN VIGUEUR DES REGLEMENTS N 3085/78 ET 3086/78 .    32 IL Y A LIEU DE SOULIGNER QUE LA DETERIORATION DE LA SITUATION , TELLE QU ' ELLE SE MANIFESTAIT AVANT L ' ADOPTION DES REGLEMENTS N 3085/78 ET N 3086/78 , N ' ETAIT NULLEMENT IMPUTABLE AU COMPORTEMENT DES PENSIONNES ; L ' EVOLUTION PROLONGEE     DE CETTE DETERIORATION ETAIT DUE A L ' INACTION DU CONSEIL , QUI N ' A PAS RECTIFIE DES TAUX DE CHANGE AYANT PERDU TOUT RAPPORT AVEC LA REALITE ECONOMIQUE .    33 SI CETTE INACTION DU CONSEIL PEUT DE QUELQUE FACON S ' EXPLIQUER , ON NE SAURAIT POUR AUTANT MECONNAITRE QUE LES PENSIONNES BENEFICIANT DE CETTE INACTION POUVAIENT S ' ATTENDRE A CE QUE LE CONSEIL TIENNE COMPTE DE LA SITUATION DANS LAQUELLE L ' APPLICATION PROLONGEE DU REGIME PROVISOIRE LES AVAIT PLACES . CECI EST D ' AUTANT PLUS VRAI EN MATIERE DE PENSIONS QU ' ELLES SONT DESTINEES A ASSURER UN NIVEAU DE VIE ADEQUAT AUX FONCTIONNAIRES AYANT QUITTE LE SERVICE DES COMMUNAUTES .    34 IL S ' ENSUIT QUE LE CONSEIL NE POUVAIT PAS , SANS VIOLER LA CONFIANCE LEGITIME DES PENSIONNES , APRES UNE PERIODE D ' INACTION S ' ETENDANT SUR PLUSIEURS ANNEES , FIXER UNE PERIODE TRANSITOIRE POUR LA REDUCTION PROGRESSIVE DES MONTANTS PAYES , QUI NE COUVRAIT QUE DIX MOIS . UNE PERIODE D ' AU MOINS LE DOUBLE AURAIT DU ETRE ENVISAGEE POUR CETTE OPERATION .    35 LE MOYEN TIRE DE LA VIOLATION DE LA CONFIANCE LEGITIME EST , DES LORS , FONDE POUR AUTANT QU ' IL VISE LA DUREE DU REGIME TRANSITOIRE ETABLI PAR L ' ARTICLE 4 , ALINEA 3 , DU REGLEMENT N 3085/78 .    36 IL EN RESULTE QUE , A DEFAUT DE REGIME TRANSITOIRE RESPECTANT LA LEGALITE , LA COMMISSION N ' ETAIT PAS EN DROIT DE PROCEDER A L ' APPLICATION DES REGLEMENTS N 3085/78 ET N 3086/78 A L ' EGARD DU REQUERANT ET QUE , PARTANT , IL Y A LIEU D ' ANNULER LA DECISION ATTAQUEE .    37 IL INCOMBE AUX INSTITUTIONS COMPETENTES DE PRENDRE LES MESURES NECESSAIRES POUR REMEDIER A L ' ILLEGALITE CONSTATEE ET D ' ETABLIR , NOTAMMENT , AVEC EFFET RETROACTIF , UN REGIME TRANSITOIRE APPROPRIE .    

Décisions sur les dépenses

SUR LES DEPENS  38 AUX TERMES DE L ' ARTICLE 69 , PARAGRAPHE 3 , DU REGLEMENT DE PROCEDURE , LA COUR PEUT COMPENSER LES DEPENS .       PAR CES MOTIFS ,    

Dispositif

LA COUR ( PREMIERE CHAMBRE ) DECLARE ET ARRETE :   1 ) LA DECISION DE LA COMMISSION PORTANT REDUCTION DE LA PENSION DU REQUERANT , PRISE EN APPLICATION DE L ' ARTICLE 4 DU REGLEMENT N 3085/78 DU CONSEIL , DU 21 DECEMBRE 1978 ( JO L 369 , P . 6 ), ET DONT LE REQUERANT A ETE INFORME PAR MEMORANDUM DU 23 OCTOBRE 1979 , EST ANNULEE .   2)CHACUNE DES PARTIES SUPPORTERA SES PROPRES DEPENS .