CELEX: 62013CJ0273
Language: fr
Date: 2014-10-16
Title: Arrêt de la Cour (sixième chambre) du 16 octobre 2014. # République de Pologne contre Commission européenne. # Pourvoi - FEOGA, FEAGA et Feader - Dépenses exclues du financement communautaire - Dépenses effectuées par la République de Pologne. # Affaire C-273/13 P.

ARRÊT DE LA COUR (sixième chambre)
      16 octobre 2014 (*)
      
      «Pourvoi – FEOGA, FEAGA et Feader – Dépenses exclues du financement communautaire – Dépenses effectuées par la République de Pologne»
      Dans l’affaire C‑273/13 P,
      ayant pour objet un pourvoi au titre de l’article 56 du statut de la Cour de justice de l’Union européenne, introduit le 17
         mai 2013,
      
      République de Pologne, représentée par M. B. Majczyna, en qualité d’agent,
      
      partie requérante,
      l’autre partie à la procédure étant:
      Commission européenne, représentée par M. P. Rossi et Mme A. Szmytkowska, en qualité d’agents,
      
      partie défenderesse en première instance,
      LA COUR (sixième chambre),
      composée de M. A. Borg Barthet (rapporteur), faisant fonction de président de la sixième chambre, M. E. Levits et Mme M. Berger, juges,
      
      avocat général: Mme E. Sharpston,
      
      greffier: M. A. Calot Escobar,
      vu la procédure écrite,
      vu la décision prise, l’avocat général entendu, de juger l’affaire sans conclusions,
      rend le présent
      Arrêt
      1        Par son pourvoi, la République de Pologne demande l’annulation de l’arrêt du Tribunal de l’Union européenne Pologne/Commission
         (T‑241/10, EU:T:2013:96, ci-après l’«arrêt attaqué»), par lequel celui-ci a rejeté son recours tendant à l’annulation de la
         décision 2010/152/UE de la Commission, du 11 mars 2010, écartant du financement de l’Union européenne certaines dépenses effectuées
         par les États membres au titre du Fonds européen d’orientation et de garantie agricole (FEOGA), section «Garantie», du Fonds
         européen agricole de garantie (FEAGA) et du Fonds européen agricole pour le développement rural (Feader) (JO L 63, p. 7, ci-après
         la «décision litigieuse»), en ce qu’elle exclut certaines dépenses effectuées par la République de Pologne.
      
       Le cadre juridique
      2        Le considérant 13 du règlement (CE) n° 1782/2003 du Conseil, du 29 septembre 2003, établissant des règles communes pour les
         régimes de soutien direct dans le cadre de la politique agricole commune et établissant certains régimes de soutien en faveur
         des agriculteurs et modifiant les règlements (CEE) n° 2019/93, (CE) n° 1452/2001, (CE) n° 1453/2001, (CE) n° 1454/2001, (CE)
         n° 1868/94, (CE) n° 1251/1999, (CE) n° 1254/1999, (CE) n° 1673/2000, (CEE) n° 2358/71 et (CE) n° 2529/2001 (JO L 270, p. 1),
         énonce:
      
      «Les différents éléments du système intégré visent à améliorer l’efficacité des procédures de gestion et de contrôle. Par
         conséquent, en ce qui concerne les régimes communautaires ne relevant pas du présent règlement, il convient d’autoriser les
         États membres à y avoir recours pour autant qu’ils n’enfreignent pas, de quelque manière que ce soit, les dispositions concernées.»
      
      3        L’article 18 du règlement n° 1782/2003, intitulé «Éléments du système intégré», dispose:
      
      «1.      Le système intégré comprend les éléments suivants:
      a)      une base de données informatisée;
      b)      un système d’identification des parcelles agricoles;
      c)      un système d’identification et d’enregistrement des droits au paiement tel que visé à l’article 21;
      d)      des demandes d’aide;
      e)      un système intégré de contrôle;
      f)      un système unique d’identification de chaque agriculteur introduisant une demande d’aide.
      [...]»
      4        L’article 20 de ce règlement prévoit:
      
      «Le système d’identification des parcelles agricoles est constitué sur la base de plans et de documents cadastraux ou d’autres
         références cartographiques. Les techniques utilisées s’appuient sur un système d’information géographique informatisé comprenant
         de préférence une couverture d’ortho-imagerie aérienne ou spatiale, avec des normes homogènes garantissant une précision au
         moins équivalente à celle de la cartographie à une échelle de 1:10 000.»
      
      5        L’article 6, paragraphe 2, du règlement (CE) n° 796/2004 de la Commission, du 21 avril 2004, portant modalités d’application
         de la conditionnalité, de la modulation et du système intégré de gestion et de contrôle prévus par le règlement n° 1782/2003
         (JO L 141, p. 18), est libellé comme suit:
      
      «L’État membre veille à ce qu’au moins 90 % de la superficie individuelle d’au moins 75 % des parcelles de référence faisant
         l’objet d’une demande d’aide soit éligible en vertu du régime de paiement unique. Cette appréciation est effectuée annuellement
         à l’aide de méthodes statistiques appropriées.»
      
      6        Aux termes de l’article 53 du règlement n° 796/2004: 
      
      «Lorsque les différences entre la superficie déclarée et la superficie déterminée conformément à l’article 50, paragraphes
         3, 4, point b), et 5, proviennent d’irrégularités commises intentionnellement, l’agriculteur se voit refuser le bénéfice des
         régimes d’aide auxquels il aurait pu prétendre en application de l’article 50, paragraphes 3, 4, point b), et 5, pour l’année
         civile considérée.
      
      En outre, si la différence excède 20 % de la superficie déterminée, l’agriculteur est à nouveau exclu du bénéfice de l’aide
         à concurrence d’un montant égal au montant correspondant à la différence entre la superficie déclarée et la superficie déterminée
         conformément à l’article 50, paragraphes 3, 4, point b), et 5. Ce montant est retenu sur les paiements à effectuer au titre
         de n’importe lequel des régimes d’aide visés aux titres III et IV du règlement (CE) n° 1782/2003 auxquels l’agriculteur peut
         prétendre sur la base des demandes qu’il introduit au cours des trois années civiles suivant celle de la constatation. Si
         cette somme ne peut être entièrement prélevée sur lesdits paiements, le solde est annulé.»
      
       Les antécédents du litige et l’arrêt attaqué
      7        Par la décision litigieuse, la Commission européenne a écarté du financement de l’Union européenne des dépenses déclarées
         au titre des années 2005 à 2007, en ce qui concerne la République de Pologne, pour un total de 279 794 442,15 zlotys polonais
         (PLN) ainsi que de 23 689 783,20 euros, et portant sur les aides à la surface.
      
      8        Par une requête déposée au greffe du Tribunal le 24 mai 2010, la République de Pologne a demandé au Tribunal d’annuler la
         décision litigieuse en tant qu’elle exclut ces dépenses.
      
      9        À l’appui de son recours, cet État membre avait soulevé deux moyens.
      
      10      Par son premier moyen, la République de Pologne contestait les motifs de la décision litigieuse par lesquels la Commission
         avait conclu que certaines dépenses devaient être exclues du financement comme non conformes aux règles du droit de l’Union.
      
      11      Le Tribunal a rappelé, à titre liminaire, aux points 20 et 21 de l’arrêt attaqué, que les fonds agricoles européens ne financent
         que les interventions effectuées conformément aux dispositions du droit de l’Union dans le cadre de l’organisation commune
         des marchés agricoles et que, selon les règles relatives à ces fonds agricoles, les États membres sont tenus d’organiser un
         ensemble de contrôles administratifs et de contrôles sur place permettant d’assurer que les conditions matérielles et formelles
         d’octroi des aides sont correctement observées.
      
      12      S’agissant de la première branche de ce premier moyen, relative à l’absence de vectorisation du système d’identification des
         parcelles agricoles devant s’appuyer sur un système d’information géographique informatisé (ci-après le «SIPA-SIG»), le Tribunal
         a relevé, au point 32 de l’arrêt attaqué, que, en vertu de l’article 18 du règlement n° 1782/2003, le système d’identification
         des parcelles agricoles est un élément du système intégré de gestion et de contrôle visant à améliorer l’efficacité des procédures
         de gestion et de contrôle. Il a constaté, au point 33 de cet arrêt, qu’il ne ressortait pas expressément de l’article 20 de
         ce règlement que le SIPA-SIG devait être vectorisé.
      
      13      Le Tribunal a considéré, au point 35 de l’arrêt attaqué, que cet article 20 constituait la disposition au regard de laquelle
         devait être appréciée la conformité du SIPA-SIG au droit de l’Union, dans le respect des principes qu’il avait rappelés aux
         points 20 et 21 de cet arrêt. Aux points 36 et 37 dudit arrêt, il a constaté que l’absence de vectorisation complète du SIPA-SIG
         ne constituait pas le motif pour lequel la Commission avait écarté du financement de l’Union un certain niveau de dépenses
         qui avait été pris en charge par le fonds concerné. Le Tribunal a, dès lors, écarté, au point 38 de l’arrêt attaqué, l’argument
         de la République de Pologne tiré de ce que le caractère incomplet de la vectorisation du SIPA-SIG ne constituait pas une violation
         de l’article 20 du règlement n° 1782/2003.
      
      14      Au point 44 de l’arrêt attaqué, le Tribunal a relevé que, au vu des anomalies affectant un certain nombre de parcelles de
         référence figurant dans le SIPA-SIG, la Commission avait considéré que ce dernier était insuffisant pour garantir que le paiement
         des aides avait été effectué dans des conditions régulières. Le Tribunal en a déduit que c’était non pas l’absence de mesures
         de surveillance et de modalités de contrôle particulières, mais l’insuffisance de fiabilité et d’efficacité du SIPA-SIG qui
         avait conduit la Commission à appliquer une correction financière.
      
      15      Aux points 55 à 57 de cet arrêt, le Tribunal a écarté l’argument de la République de Pologne, selon lequel le SIPA-SIG remplissant
         les conditions d’actualisation et de fiabilité définies à l’article 6, paragraphe 2, du règlement n° 796/2004, la conformité
         des paiements était garantie. En effet, selon le Tribunal, cette disposition énonce l’une des conditions générales que doit
         remplir le système intégré de gestion et de contrôle des dépenses imputées sur le budget de l’Union, qui s’applique sans préjudice
         des autres exigences auxquelles est soumis le système intégré de gestion et de contrôle, au nombre desquelles figure celle
         portant sur la précision et la fiabilité du SIPA-SIG, ce qui peut conduire la Commission, lorsqu’elle estime que le manque
         de précision et de fiabilité du SIPA-SIG induit un risque pour le fonds concerné, à remettre en cause la prise en charge de
         dépenses par ce dernier.
      
      16      S’agissant de la deuxième branche du premier moyen invoqué par la République de Pologne, relatif à l’application de l’article
         53 du règlement n° 796/2004, le Tribunal a rappelé, au point 83 de l’arrêt attaqué, en se référant à l’arrêt Bonda (C‑489/10,
         EU:C:2012:319, points 28 à 36), que les sanctions prévues à cet article 53 sont de nature administrative et non de nature
         pénale.
      
      17      Au point 86 de l’arrêt attaqué, le Tribunal a considéré que le fait que la mise en œuvre des dispositions de l’article 53
         du règlement n° 796/2004 et des sanctions qu’elles prévoient soit subordonnée au déroulement d’une procédure juridictionnelle
         est contraire aux objectifs de la politique agricole commune. Le Tribunal a ajouté, au point 87 de cet arrêt, que, si les
         sanctions prévues à cet article 53 étaient appliquées, après qu’un tribunal eut reconnu le caractère intentionnel du manquement,
         de telles modalités de mise en œuvre des sanctions contreviendraient expressément aux dispositions même dudit article, selon
         lesquelles, ainsi que la Commission l’a fait valoir, la minoration du versement de l’aide devait être opérée pour l’année
         civile considérée, voire pour les trois années civiles suivantes, si les conditions visées au même article étaient remplies.
         Il en a conclu, au point 89 dudit arrêt, que la Commission avait correctement interprété l’article 53 du règlement n° 796/2004,
         les modalités de mise en œuvre de cet article par les autorités polonaises permettant que les sanctions prévues ne soient
         pas appliquées dans tous les cas nécessaires.
      
      18      Au point 92 de l’arrêt attaqué, le Tribunal a écarté l’argument de la République de Pologne selon lequel il existerait une
         différence de traitement entre l’application des sanctions résultant du droit de l’Union et celle des sanctions prévues par
         le droit national, au motif que cet argument ne comportait aucune précision ou aucun développement permettant de comprendre,
         notamment, la manière dont cette éventuelle différence de traitement serait susceptible d’influer sur la légalité de la décision
         litigieuse, en tant qu’elle était fondée sur le grief tenant à l’application de l’article 53 du règlement n° 796/2004.
      
      19      Au point 96 de cet arrêt, le Tribunal a écarté l’argument de la République de Pologne selon lequel, en cas de jugement défavorable
         rendu par un tribunal, l’agriculteur concerné devait, conformément à l’article 73 du règlement n° 796/2004, rembourser les
         sommes indûment perçues, notamment par imputation sur les avances ou les paiements qui lui étaient dus par ailleurs. En effet,
         selon le Tribunal, une telle argumentation ne permettait pas de revenir sur le constat de la Commission selon lequel les sanctions
         prévues à l’article 53 du règlement n° 796/2004 ne sont appliquées ni immédiatement ni dans tous les cas nécessaires.
      
      20      S’agissant de la troisième branche du premier moyen de la République de Pologne, relative à l’admission des parcelles au bénéfice
         des paiements, le Tribunal a rappelé, au point 102 de l’arrêt attaqué, la jurisprudence selon laquelle les éléments de droit
         et de fait sur lesquels se fonde un recours doivent ressortir, de manière à tout le moins sommaire, du texte même de la requête
         et qu’il ne suffit pas, par conséquent, qu’il soit fait référence dans cette dernière à de tels éléments figurant dans une
         annexe de celle-ci. Il a également rappelé que les annexes d’une requête ont une fonction purement probatoire et instrumentale.
      
      21      Au point 105 de l’arrêt attaqué, l’argument de la République de Pologne tiré du faible nombre de cas dans lesquels la Commission
         avait considéré que des terres avaient été admises à tort comme terres agricoles a été écarté par le Tribunal dans la mesure
         où, d’une part, il s’agissait de cinq cas d’irrégularités sur un total de 60 parcelles contrôlées, ce qui n’a pas été contredit
         par la République de Pologne. D’autre part, selon le Tribunal, un tel argument n’était pas susceptible, à lui seul, de démontrer
         que le système de contrôle de l’admission des terres au régime d’aide concerné était fiable et efficace, faute d’être assorti
         de précisions d’où il serait ressorti que les cas visés en l’espèce se rapportaient bien à des terrains éligibles à ce régime
         d’aide.
      
      22      Aux points 106 à 111 de cet arrêt, le Tribunal a examiné l’argument de la République de Pologne tiré de ce que la Commission
         n’aurait fourni aucun motif supplémentaire pour maintenir sa position relative au caractère trop libéral de l’admission des
         terres au régime d’aide concerné, alors que cette conclusion aurait été contestée par une argumentation détaillée figurant
         dans un courrier du 12 juin 2007 (ci-après le «courrier du 12 juin 2007»). À cet égard, le Tribunal a écarté cet argument
         comme étant irrecevable, aux points 107 et 108 dudit arrêt, dans la mesure où, par celui-ci, cet État membre contestait le
         bien-fondé du grief relatif à l’admission des terres audit régime d’aide et où la requête ne contenait aucun élément de droit
         et de fait sur lequel il était susceptible de reposer, et dès lors que la République de Pologne se bornait à renvoyer purement
         et simplement au courrier du 12 juin 2007. 
      
      23      Aux points 112 à 118 de cet arrêt, le Tribunal a examiné et a rejeté comme étant non fondé l’argument de la République de
         Pologne tiré de ce que les terres étaient maintenues dans de bonnes conditions agricoles et environnementales à la date du
         contrôle.
      
      24      Aux points 119 à 121 dudit arrêt, le Tribunal a analysé et a écarté l’argument de la République de Pologne selon lequel le
         contrôle effectué par les auditeurs a eu lieu plus de six mois après les contrôles de base, période pendant laquelle des mesures
         agrotechniques auraient pu cesser ou pendant laquelle l’utilisation du sol aurait pu être modifiée, au motif que la République
         de Pologne, supportant la charge de la preuve, n’avait apporté aucun élément de nature à établir les circonstances dont elle
         faisait état.
      
      25      Aux points 122 à 125 de l’arrêt attaqué, le Tribunal a examiné et a écarté l’argument de la République de Pologne selon lequel
         le grief tiré du caractère trop libéral de l’admission des terres au régime d’aide concerné n’est ni justifié ni fondé au
         regard du nombre d’irrégularités constatées, au motif notamment que la République de Pologne, qui supportait la charge de
         la preuve, n’avait pas démontré l’absence de risque pour le fonds en cause.
      
      26      S’agissant de la quatrième branche du premier moyen invoqué par la République de Pologne, relative à l’insuffisance du nombre
         de contrôles sur place dans la voïvodie d’Opole (Pologne), le Tribunal a, aux points 134 et 135 dudit arrêt, écarté les données
         présentées par cet État membre, selon lesquelles le taux d’irrégularités aurait été de 12,3 % au titre de l’année 2004 dans
         cette voïvodie.
      
      27      Par son second moyen, la République de Pologne contestait, dans deux branches distinctes, le niveau des corrections financières
         appliquées par la Commission dans la décision litigieuse, en ce qui concerne l’absence de vectorisation du SIPA-SIG et le
         nombre de contrôles sur place dans la voïvodie d’Opole. Seule l’appréciation du Tribunal relative à la première branche de
         ce moyen est contestée dans le cadre du présent pourvoi.
      
      28      Le Tribunal a rappelé, à titre liminaire, en se référant à une jurisprudence constante, qu’il appartient à l’État membre de
         démontrer que la Commission a commis une erreur quant aux conséquences financières à tirer des irrégularités constatées.
      
      29      En ce qui concerne les corrections financières relatives aux sommes destinées au régime de paiement unique à la surface (ci-après
         le «RPUS») et au régime des paiements directs nationaux complémentaires (ci-après les «PDNC»), le Tribunal a apprécié en détail,
         aux points 154 et 155 de l’arrêt attaqué, les données fournies par la République de Pologne dans sa requête ainsi que dans
         sa réponse du 5 juillet 2012 aux questions posées par le Tribunal (ci-après le «courrier du 5 juillet 2012»), au vu desquelles
         elle a déterminé le risque pour le fonds concerné qu’elle pouvait admettre et qui résultait du manque de fiabilité du SIPA-SIG.
         À cet égard, le Tribunal a relevé, aux points 156 et 157 de cet arrêt, que, même en prenant en considération les données figurant
         dans le courrier du 5 juillet 2012, plusieurs éléments demeuraient inexpliqués et incohérents.
      
      30      Au point 158 dudit arrêt, le Tribunal a relevé que les surfaces déclarées en trop, que la République de Pologne utilisait
         comme base de calcul des paiements excédentaires et qui ressortaient de tableaux récapitulatifs inclus dans un courrier du
         6 avril 2009 (ci-après le «courrier du 6 avril 2009») et dans celui du 5 juillet 2012, ne correspondaient pas aux données
         figurant dans chacun des tableaux se rapportant au RPUS et aux PDNC relatifs à l’année 2005 ainsi qu’au RPUS et aux PDNC relatifs
         à l’année 2006 contenus dans lesdits courriers.
      
      31      Au point 159 du même arrêt, le Tribunal a considéré que les explications fournies au sujet des discordances présentes dans
         le courrier du 6 avril 2009 ne permettaient pas de démontrer l’existence d’une erreur commise par la Commission, dès lors
         que la République de Pologne se bornait à affirmer que ces discordances étaient dues à deux phénomènes et que ce courrier
         ne contenait aucun élément de preuve venant au soutien de ces explications, qui n’étaient pas développées par ailleurs.
      
      32      Au point 160 de l’arrêt attaqué, le Tribunal a jugé que la République de Pologne, par les allégations et les incohérences
         dans les calculs qu’elle avait soumis à la Commission et devant le Tribunal, n’avait pas prouvé que la Commission avait commis
         une erreur quant aux conséquences financières devant être tirées des irrégularités constatées.
      
      33      Par l’arrêt attaqué, le Tribunal a rejeté le recours comme étant non fondé.
      
       Les conclusions des parties
      34      Par son pourvoi, la République de Pologne demande à la Cour:
      
      –        d’annuler l’arrêt attaqué;
      –        de déclarer la décision litigieuse illégale, et
      –        de condamner la Commission aux dépens exposés tant en première instance que dans le cadre du pourvoi.
      35      La Commission demande à la Cour:
      
      –        de rejeter le pourvoi comme étant dénué de tout fondement, et
      –        de condamner la République de Pologne aux dépens.
       Sur le pourvoi
      36      À l’appui de son pourvoi, la République de Pologne soulève quatre moyens.
      
      37      Il convient d’examiner, en premier lieu, la seconde branche du premier moyen ainsi que le troisième moyen, tirés d’une insuffisance
         de motivation de l’arrêt attaqué.
      
       Sur la seconde branche du premier moyen et le troisième moyen du pourvoi, tirés d’une insuffisance de motivation de l’arrêt
            attaqué
       Argumentation des parties
      38      Par la seconde branche de son premier moyen, la République de Pologne reproche au Tribunal d’avoir tenu compte, aux points
         37 et 38 de l’arrêt attaqué, des arguments de la Commission relatifs à l’absence de fonctionnalité et de précisions du SIPA-SIG,
         sans prendre en considération les explications fournies par cet État membre à cet égard. Il n’aurait pas non plus précisé
         quelles étaient les exigences prévues à l’article 20 du règlement n° 1782/2003 qui n’auraient pas été remplies par le SIPA-SIG
         applicable en Pologne pendant les années 2005 et 2006.
      
      39      Par la première branche de son troisième moyen, la République de Pologne fait grief au Tribunal de ne pas avoir indiqué, lorsqu’il
         a considéré au point 37 de l’arrêt attaqué que le SIPA-SIG n’était ni opérationnel ni précis, les conditions matérielles et
         formelles résultant de l’article 20 du règlement n° 1782/2003 qui avaient été violées. Le Tribunal n’aurait pas non plus précisé,
         au point 44 de cet arrêt, dans quelle mesure le grief tiré d’une insuffisance de fiabilité et d’efficacité du SIPA-SIG se
         traduisait par une incompatibilité de celui-ci avec l’article 20 du règlement n° 1782/2003. La motivation dudit arrêt serait
         également dénuée de cohérence, dans la mesure où le Tribunal aurait constaté, au point 57 du même arrêt, que le SIPA-SIG était
         conforme aux conditions prévues à l’article 6, paragraphe 2, du règlement n° 796/2004.
      
      40      Par la deuxième branche de son troisième moyen, la République de Pologne soutient que le Tribunal n’a pas suffisamment expliqué,
         au point 86 de l’arrêt attaqué, en quoi le déroulement d’une procédure juridictionnelle précédant l’application des sanctions
         prévues à l’article 53 du règlement n° 796/2004 serait contraire aux objectifs de la politique agricole commune. De même,
         le point 87 de cet arrêt ne comporterait aucune motivation en ce qui concerne le point de savoir si le Tribunal estimait que
         la mise en œuvre des sanctions devait intervenir au cours de l’année civile au titre de laquelle l’agriculteur avait introduit
         une demande de paiement. Le Tribunal n’aurait pas non plus démontré qu’une telle exigence résultait de l’article 53 du règlement
         n° 796/2004. Au point 96 dudit arrêt, le Tribunal se serait limité à affirmer que les modalités de mise en œuvre de cet article
         53 par les autorités polonaises présentaient un risque pour le fonds concerné, dès lors que les sanctions ne sont pas appliquées
         immédiatement, sans motiver une telle affirmation ni les modalités de la détermination de la période au cours de laquelle
         l’application de la sanction serait constitutive d’un éventuel retard.
      
      41      S’agissant de la troisième branche du troisième moyen du pourvoi, la République de Pologne reproche au Tribunal d’avoir, aux
         points 98 à 125 de l’arrêt attaqué, limité la motivation aux cas d’irrégularités identifiées par la Commission et aux arguments
         présentés par la République de Pologne à cet égard, lesquels ne seraient, selon le Tribunal, assortis d’aucune précision.
         Le Tribunal ne se serait dès lors pas prononcé sur la fiabilité, l’efficacité et la conformité au droit de l’Union du système
         d’admission des parcelles au bénéfice des paiements mis en œuvre par les autorités polonaises.
      
      42      Par la quatrième branche de ce troisième moyen, la République de Pologne fait grief au Tribunal de ne pas avoir précisé les
         raisons pour lesquelles il avait estimé, au point 159 de l’arrêt attaqué, que les explications fournies par les autorités
         polonaises au sujet des insuffisances relevées dans le SIPA-SIG ne permettaient pas de démontrer l’existence d’une erreur
         commise par la Commission. De même, le Tribunal n’aurait pas indiqué en quoi les calculs effectués par les autorités polonaises
         présentaient un manque de cohérence. Cet État membre reproche aussi au Tribunal de ne pas avoir tenu compte, dans les motifs
         de cet arrêt, des données qu’il aurait exposées au cours de l’enquête réalisée en vue d’établir le risque réel pour le fonds
         concerné. Le Tribunal n’aurait pas non plus motivé l’affirmation figurant au point 158 dudit arrêt, selon laquelle les données
         fournies par les autorités polonaises ne correspondaient pas aux chiffres spécifiques produits à l’annexe du courrier du 6
         avril 2009. Dans ces conditions, le Tribunal n’aurait pas effectué une analyse objective de la perte réelle supportée par
         le budget de l’Union. 
      
      43      La Commission considère que la seconde branche du premier moyen du pourvoi ainsi que le troisième moyen de ce dernier doivent
         être écartés dans la mesure où les arguments présentés par la République de Pologne sont dénués de fondement.
      
      44      S’agissant plus particulièrement de ce troisième moyen, la Commission ajoute que le Tribunal devait examiner le point de savoir
         si elle avait présenté des éléments de preuve du doute sérieux et raisonnable qu’elle éprouvait et si, et dans quelle mesure,
         les arguments invoqués par la République de Pologne permettaient d’infirmer ce doute.
      
       Appréciation de la Cour
      45      Il convient de rappeler que l’obligation de motivation n’impose pas au Tribunal de fournir un exposé qui suivrait, de manière
         exhaustive et un par un, tous les raisonnements articulés par les parties au litige et que la motivation peut donc être implicite
         à condition qu’elle permette aux intéressés de connaître les raisons pour lesquelles le Tribunal n’a pas fait droit à leurs
         arguments et à la Cour de disposer des éléments suffisants pour exercer son contrôle (arrêt FIAMM e.a./Conseil et Commission,
         C-120/06 P et C-121/06 P, EU:C:2008:476, point 96 et jurisprudence citée).
      
      46      Par la seconde branche de son premier moyen et la première branche de son troisième moyen, qu’il convient d’examiner ensemble,
         la République de Pologne reproche, en substance, au Tribunal de ne pas avoir précisé les critères et les exigences prévus
         à l’article 20 du règlement n° 1782/2003 que le SIPA-SIG applicable en Pologne n’aurait pas respectés.
      
      47      Le Tribunal a tout d’abord constaté, au point 32 de l’arrêt attaqué, que l’article 18 du règlement n° 1782/2003 prévoit que
         le système d’identification des parcelles agricoles est un élément du système intégré de gestion et de contrôle, dont les
         différents éléments visent, conformément au considérant 13 de ce règlement, à améliorer l’efficacité des procédures de gestion
         et de contrôle. Au point 35 de cet arrêt, il a relevé que la conformité du SIPA-SIG à l’article 20 du règlement n° 1782/2003
         devait être appréciée dans le respect des principes qu’il avait rappelés aux points 20 et 21 dudit arrêt, selon lesquels,
         en substance, les États membres sont tenus d’organiser un ensemble de contrôles administratifs et de contrôles sur place permettant
         d’assurer que les conditions matérielles et formelles d’octroi des aides sont correctement observées.
      
      48      Il a ensuite relevé, aux points 37 et 38 de l’arrêt attaqué, que le motif justifiant les corrections financières appliquées
         par la Commission reposait sur le manque de fonctionnalité et de précision du SIPA-SIG. Aux points 40 à 44 de cet arrêt, le
         Tribunal a écarté l’argument de la République de Pologne selon lequel, les dispositions relatives aux mesures nationales de
         surveillance et de contrôle supplémentaires résultant de l’article 20 du règlement n° 1782/2003, il n’existerait pas de vide
         juridique dans le droit de l’Union et il a jugé que c’était l’insuffisance de fiabilité et d’efficacité du SIPA-SIG, et non
         l’absence de mesures de surveillance et de modalités de contrôle particulières, qui avait conduit la Commission à appliquer
         une correction financière.
      
      49      Enfin, le Tribunal a examiné, aux points 46 à 59 de l’arrêt attaqué, les arguments avancés par la République de Pologne tirés,
         d’une part, du caractère fonctionnel, précis, fiable et actualisé du SIPA-SIG et tenant à la tenue du cadastre et à l’existence
         d’un système géodésique sur la base desquels est fondé le SIPA-SIG ainsi que, d’autre part, du respect des conditions fixées
         à l’article 6, paragraphe 2, du règlement n° 796/2004. Le Tribunal a jugé que le système polonais en cause manquait de précision
         et de fiabilité et il a rejeté ces arguments aux points 51, 54 et 58 de cet arrêt.
      
      50      Il s’ensuit qu’il ne saurait être reproché au Tribunal d’avoir omis, d’une part, d’examiner les arguments invoqués par la
         République de Pologne en ce qui concerne la fonctionnalité et la précision du SIPA-SIG et, d’autre part, d’indiquer les exigences
         visées à l’article 20 du règlement n° 1782/2003, auxquelles le SIPA-SIG applicable en Pologne ne satisfaisait pas.
      
      51      En ce qui concerne l’argument de la République de Pologne selon lequel la motivation de l’arrêt attaqué est entachée de contradictions,
         dès lors que le Tribunal a constaté la conformité du SIPA-SIG à l’article 6, paragraphe 2, du règlement n° 796/2004, il convient
         de relever que celui-ci repose sur une lecture erronée des points 55 à 58 de l’arrêt attaqué. 
      
      52      En effet, le Tribunal, qui n’a aucunement jugé que le SIPA-SIG était conforme à l’article 6 de ce règlement, a seulement écarté
         l’argument de la République de Pologne selon lequel le SIPA-SIG remplissait les conditions d’actualisation et de fiabilité
         visées à l’article 6, paragraphe 2, du règlement n° 796/2004, au motif qu’il s’agit de l’une des conditions générales qui
         s’applique, sans préjudice des autres exigences s’imposant au système intégré de gestion et de contrôle, au nombre desquelles
         figure celle relative à la précision et à la fiabilité du SIPA-SIG.
      
      53      Par conséquent, la seconde branche du premier moyen ainsi que la première branche du troisième moyen du pourvoi doivent être
         rejetées.
      
      54      S’agissant de la deuxième branche de ce troisième moyen, il y a lieu de constater que le Tribunal a dûment motivé son appréciation
         selon laquelle le déroulement d’une procédure juridictionnelle précédant l’application des sanctions administratives serait
         contraire aux objectifs de la politique agricole commune.
      
      55      En effet, le Tribunal s’est référé au point 35 de l’arrêt Bonda (EU:C:2012:319), qui renvoie au neuvième considérant du règlement
         (CE, Euratom) n° 2988/95 du Conseil, du 18 décembre 1995, relatif à la protection des intérêts financiers des Communautés
         européennes (JO L 312, p. 1), et à l’article 6, paragraphe 5, de ce règlement, dont il ressort que les sanctions administratives
         prises dans le cadre de la réalisation des objectifs de la politique agricole commune font partie intégrante des régimes d’aide,
         qu’elles ont une finalité propre et qu’elles peuvent être appliquées indépendamment d’éventuelles sanctions pénales.
      
      56      Dès lors que les sanctions prévues à l’article 53 du règlement n° 796/2004 visent à garantir la réalisation des objectifs
         de ladite politique, l’absence d’efficacité dans l’application d’une disposition établissant de telles sanctions présente
         un risque financier pour le fonds concerné et, partant, a une incidence négative sur ces objectifs. Le premier argument invoqué
         au soutien de la deuxième branche du troisième moyen du pourvoi doit, par conséquent, être écarté.
      
      57      De même, les deux autres arguments soulevés par la République de Pologne au soutien de cette deuxième branche, relatifs au
         moment où les sanctions doivent être appliquées et au caractère immédiat de celles-ci, doivent être rejetés. En effet, aux
         fins de la solution du litige, il était pertinent d’examiner les arguments avancés par la République de Pologne et visant
         à démontrer la conformité à l’article 53 du règlement n° 796/2004 des modalités de mise en œuvre des sanctions prévues à cet
         article, mais dès lors que le Tribunal avait écarté ces arguments, il n’était pas tenu de développer des considérations à
         cet égard.
      
      58      Ainsi, au point 87 de l’arrêt attaqué, dans la mesure où le Tribunal avait jugé que l’argument par lequel la République de
         Pologne soutenait qu’un État membre disposait de la possibilité de suspendre l’application du droit de l’Union ne pouvait,
         en tout état de cause, être admis, il n’était pas nécessaire d’indiquer le moment précis où devaient intervenir les sanctions.
         De même, dans la mesure où, au point 96 de cet arrêt, le Tribunal avait écarté l’argument par lequel la République de Pologne
         soutenait que, en cas de jugement défavorable, l’agriculteur concerné devait rembourser les sommes indûment perçues, notamment
         par imputation sur les avances ou les paiements qui lui seraient dus par ailleurs, au motif que ce type de situation présentait
         un risque pour le fonds concerné, le Tribunal n’était pas tenu d’indiquer la durée précise à partir de laquelle le délai constaté
         constitue un retard.
      
      59      Il s’ensuit que la deuxième branche du troisième moyen du pourvoi doit être rejetée.
      
      60      S’agissant de la troisième branche de ce troisième moyen, il y a lieu de rappeler la jurisprudence constante selon laquelle
         il appartient à la Commission, aux fins de prouver l’existence d’une violation des règles de l’organisation commune des marchés
         agricoles, non pas de démontrer d’une façon exhaustive l’insuffisance des contrôles effectués par les administrations nationales
         ou l’irrégularité des chiffres transmis par elles, mais de présenter un élément de preuve du doute sérieux et raisonnable
         qu’elle éprouve à l’égard de ces contrôles ou de ces chiffres. Cet allègement de l’exigence de la preuve pour la Commission
         s’explique par le fait que c’est l’État membre qui est le mieux placé pour recueillir et vérifier les données nécessaires
         à l’apurement des comptes du Fonds européen d’orientation et de garantie agricole (FEOGA), et auquel il incombe, en conséquence,
         de présenter la preuve la plus détaillée et complète de la réalité de ses contrôles ou de ses chiffres et, le cas échéant,
         de l’inexactitude des affirmations de la Commission (arrêts Allemagne/Commission, C-344/01, EU:C:2004:121, point 58, ainsi
         que Portugal/Commission, C-335/03, EU:C:2005:231, point 68 et jurisprudence citée).
      
      61      Il en résulte que l’appréciation du Tribunal devait porter non pas sur la fiabilité du système polonais d’admission des terres
         au bénéfice des paiements, mais sur le point de savoir si la Commission avait émis des doutes sérieux et raisonnables et,
         dans l’affirmative, si, et dans quelle mesure, la République de Pologne avait infirmé ces doutes.
      
      62      En l’occurrence, le Tribunal a constaté, au point 105 de l’arrêt attaqué, que la Commission s’était fondée sur cinq cas d’irrégularités
         sur un total de 60 parcelles contrôlées, ce qui n’avait pas été contredit par la République de Pologne. Ces cinq cas d’irrégularités
         constituant des éléments de preuve du doute sérieux et raisonnable que la Commission éprouvait, il incombait, par conséquent,
         au Tribunal d’examiner les éléments de preuve et les arguments avancés par la République de Pologne et susceptibles d’infirmer
         ce doute.
      
      63      Ainsi, au point 107 de l’arrêt attaqué, le Tribunal a rejeté, comme étant en partie irrecevable, l’argument par lequel la
         République de Pologne contestait le bien-fondé du grief tenant à l’admission des terres au régime d’aide en cause. Au point
         111 de cet arrêt, le Tribunal a écarté l’argument tiré de l’insuffisance de motivation de la décision litigieuse. Aux points
         116 à 118 dudit arrêt, il a rejeté l’argument tiré de ce que la Commission avait établi une confusion entre l’éligibilité
         des terres agricoles au régime d’aide et la question du maintien des terres dans de bonnes conditions agricoles et environnementales
         à la date du contrôle. Le Tribunal a également écarté, au point 120 du même arrêt, l’argument relatif à la période écoulée
         entre le contrôle effectué par les auditeurs et les contrôles de base ainsi que, aux points 124 et 125 de l’arrêt attaqué,
         l’argument tiré du nombre d’irrégularités constatées, au motif que la République de Pologne n’avait pas démontré l’absence
         de risque pour le fonds concerné.
      
      64      Il s’ensuit que le Tribunal a apprécié, en détail, les arguments et les éléments de preuve avancés par la République de Pologne
         et susceptibles d’infirmer le doute sérieux et raisonnable éprouvé par la Commission en ce qui concerne l’admission des terres
         au bénéfice des paiements et il a considéré, de façon motivée, que ces arguments et ces éléments de preuve ne démontraient
         pas l’absence de risque pour ledit fonds, en permettant ainsi à la Cour d’exercer son contrôle.
      
      65      Partant la troisième branche du troisième moyen du pourvoi doit également être rejetée. 
      
      66      S’agissant de la quatrième branche de ce troisième moyen, il y a lieu de relever qu’il incombe au Tribunal non pas de procéder
         à une analyse objective de la perte réelle supportée par le budget de l’Union, mais d’examiner la légalité de la décision
         litigieuse et de vérifier si celle-ci n’est pas entachée d’une erreur qu’aurait commise la Commission en ce qui concerne les
         corrections financières relatives aux sommes destinées au RPUS et aux PDNC. À cet égard, ainsi que le Tribunal l’a rappelé
         à bon droit au point 138 de l’arrêt attaqué, il appartient à l’État membre de démontrer que la Commission a commis une erreur
         quant aux conséquences financières à tirer des irrégularités constatées. 
      
      67      Le Tribunal a, dès lors, examiné de manière détaillée les arguments invoqués par la République de Pologne à cet égard, aux
         points 154 à 160 de l’arrêt attaqué. Force est de relever que le Tribunal s’est référé aux données figurant dans la requête
         et dans les courriers des 5 juillet 2012 et 6 avril 2009.
      
      68      Il s’ensuit qu’il ne saurait être reproché au Tribunal de ne pas avoir tenu compte des données fournies par la République
         de Pologne en vue d’établir le risque réel encouru par le fonds concerné.
      
      69      S’agissant des arguments tirés de l’absence de motivation des points 158 et 159 de l’arrêt attaqué, ils doivent également
         être rejetés, dans la mesure où le Tribunal a motivé son appréciation figurant auxdits points. Il a ainsi indiqué expressément,
         à la deuxième phrase de ce point 158, la différence existant entre les données relatives aux surfaces déclarées en trop et
         celles figurant dans le tableau se rapportant au RPUS relatif à l’année 2005. S’agissant de ce point 159, le Tribunal a non
         seulement jugé que le renvoi opéré, dans la requête, aux explications relatives aux discordances figurant dans le courrier
         du 6 avril 2009 était irrecevable, conformément à la jurisprudence citée au point 150 de cet arrêt, mais il a également considéré,
         à titre surabondant, que ces explications ne permettaient pas de démontrer l’existence d’une erreur qu’aurait commise la Commission.
         En effet, selon le Tribunal, la République de Pologne s’est bornée à affirmer que ces discordances étaient dues à deux phénomènes
         et que le courrier du 6 avril 2009 ne contenait aucun élément de preuve venant au soutien de ces deux explications, qui n’étaient
         pas développées par ailleurs. 
      
      70      Il résulte des considérations qui précèdent que la quatrième branche du troisième moyen du pourvoi doit être écartée et que,
         partant, ce troisième moyen doit également être écarté dans son ensemble. 
      
       Sur la première branche du premier moyen du pourvoi, tiré d’une interprétation erronée de l’article 20 du règlement n° 1782/2003
       Argumentation des parties
      71      Par la première branche de son premier moyen, la République de Pologne fait grief au Tribunal d’avoir interprété de façon
         erronée l’article 20 du règlement n° 1782/2003, dans la mesure où il aurait estimé que cette disposition impose l’institution
         d’un SIPA-SIG entièrement vectorisé ou d’un système équivalent, alors qu’une vectorisation complète ne serait pas requise
         pour satisfaire aux critères prévus par cette disposition, ainsi que le Tribunal l’aurait constaté à bon droit au point 33
         de l’arrêt attaqué. Ce faisant, le Tribunal aurait retenu des exigences plus strictes que celles résultant de cet article
         20, ce qui l’aurait conduit à écarter, à tort, l’argument selon lequel le SIPA-SIG applicable en Pologne pendant les années
         2005 et 2006 remplissait la condition de précision et de fiabilité fixée à l’article 6, paragraphe 2, du règlement n° 796/2004.
      
      72      La Commission estime que les arguments de la République de Pologne, tirés de ce que le Tribunal aurait considéré que la vectorisation
         était obligatoire, doivent être écartés. 
      
       Appréciation de la Cour
      73      Force est de constater que la première branche du premier moyen du pourvoi repose sur une lecture erronée de l’arrêt attaqué.
         
      
      74      En effet, d’une part, au point 33 de cet arrêt, et ainsi que le souligne au demeurant la République de Pologne, le Tribunal
         a constaté qu’il ne ressortait pas expressément des dispositions de l’article 20 du règlement n° 1782/2003 que le SIPA-SIG
         devait être vectorisé.
      
      75      D’autre part, aux points 36 à 38 de l’arrêt attaqué, le Tribunal a jugé que l’absence de vectorisation complète du SIPA-SIG
         ne constituait pas le motif pour lequel la Commission avait écarté du financement de l’Union un certain niveau de dépenses
         qui avait été pris en charge par le fonds concerné, dans la mesure, premièrement, où elle avait constaté que le SIPA-SIG n’était
         pas actualisé, qu’il contenait des erreurs, des omissions et des discordances portant sur des éléments inéligibles au régime
         d’aide à la surface, sur la description non graphique de l’utilisation des sols à l’intérieur des parcelles ainsi que sur
         le pourcentage de chaque utilisation des sols et, deuxièmement, où elle en avait conclu que le SIPA-SIG n’était ni opérationnel
         ni précis.
      
      76      Il s’ensuit que, selon le Tribunal, les corrections financières appliquées par la Commission reposaient non pas sur l’absence
         de vectorisation complète du SIPA-SIG, mais sur les problèmes de fonctionnalité et d’exactitude portant atteinte à ce système.
         Le Tribunal n’a pu, dès lors, interpréter l’article 20 du règlement n° 1782/2003 comme imposant l’établissement d’un système
         pleinement vectorisé et n’a, par conséquent, pas commis d’erreur de droit à cet égard.
      
      77      De même, c’est sans commettre d’erreur de droit que le Tribunal a rejeté l’argument soulevé par la République de Pologne,
         tiré de ce que le SIPA-SIG remplissait les conditions d’actualisation et de fiabilité fixées à l’article 6, paragraphe 2,
         du règlement n° 796/2004. En effet, il a indiqué que cette disposition énonce l’une des conditions générales que doit remplir
         le système intégré de gestion et de contrôle des dépenses imputées sur le budget de l’Union et que cette condition s’applique
         sans préjudice des autres exigences s’imposant à ce système intégré, au nombre desquelles figure celle portant sur la précision
         et la fiabilité du SIPA-SIG. Le Tribunal en a conclu, à bon droit, que la Commission peut, lorsqu’elle estime que le manque
         de précision et de fiabilité du SIPA-SIG induit un risque pour le fonds concerné, remettre en cause la prise en charge de
         dépenses par celui-ci, même si la condition posée à l’article 6, paragraphe 2, du règlement n° 796/2004 est remplie. 
      
      78      Il s’ensuit que la première branche du premier moyen du pourvoi doit être rejetée.
      
       Sur le deuxième moyen du pourvoi, tiré d’une interprétation erronée de l’article 53 du règlement n° 796/2004 
       Argumentation des parties
      79      Par son deuxième moyen, la République de Pologne reproche au Tribunal d’avoir interprété de façon erronée l’article 53 du
         règlement n° 796/2004. Le Tribunal aurait constaté à cet égard, aux points 79 et 94 de l’arrêt attaqué, que le grief de la
         Commission était fondé sur la circonstance que la mise en œuvre de cet article par les autorités polonaises présentait un
         faible risque pour le fonds concerné, au motif qu’elle exigeait, en principe, une décision juridictionnelle préalable. La
         République de Pologne en déduit que, selon le Tribunal, toutes les irrégularités consistant dans une surdéclaration donnent
         lieu à l’application d’une sanction au titre de cet article 53, sans que soit pris en considération le point de savoir si
         l’intention du bénéficiaire avait été définitivement établie. Or, la nécessité de sanctionner également les irrégularités
         pour lesquelles le caractère intentionnel de la surdéclaration n’avait pas été constaté dans la cadre d’une procédure administrative
         ne résulterait pas dudit article 53.
      
      80      Dans ces conditions, la République de Pologne conteste l’interprétation de l’article 53 du règlement n° 796/2004 à laquelle
         le Tribunal s’est livré aux points 86, 87, 89, 92 et 96 de l’arrêt attaqué.
      
      81      La Commission considère que le deuxième moyen du pourvoi doit être écarté dans la mesure où le raisonnement de la République
         de Pologne est erroné.
      
       Appréciation de la Cour
      82      Il convient de relever que le deuxième moyen du pourvoi part de la prémisse correcte selon laquelle le Tribunal a constaté,
         aux points 79 et 94 de l’arrêt attaqué, que le grief de la Commission tiré d’une application erronée de l’article 53 du règlement
         n° 796/2004 était fondé uniquement sur la circonstance que la mise en œuvre de cet article par les autorités polonaises présentait
         un risque pour le fonds concerné, au motif qu’elle exige, en principe, une décision préalable d’une juridiction pour que les
         sanctions découlant d’un non-respect intentionnel de la réglementation concernée soient appliquées.
      
      83      La République de Pologne déduit de cette constatation que, selon le Tribunal, toutes les irrégularités résultant de surdéclarations
         donnent lieu à l’application d’une sanction au titre de l’article 53 du règlement n° 796/2004, sans que soit pris en considération
         le caractère intentionnel du comportement du bénéficiaire de l’aide.
      
      84      Or, une telle déduction repose sur une lecture erronée de l’arrêt attaqué.
      
      85      En effet, le Tribunal a rappelé, au point 80 de cet arrêt, que l’article 53, premier alinéa, du règlement n° 796/2004 prévoit
         que, lorsque les différences entre la superficie déclarée et la superficie déterminée conformément à l’article 50, paragraphes
         3, 4, sous b), et 5, de ce règlement proviennent d’irrégularités commises intentionnellement, l’agriculteur se voit refuser
         le bénéfice des régimes d’aide auxquels il aurait pu prétendre en application des dispositions susmentionnées pour l’année
         civile considérée. 
      
      86      Aux points 83 et 84 de l’arrêt attaqué, le Tribunal s’est référé à l’arrêt Bonda (EU:C:2012:319), duquel il ressort que les
         sanctions prévues à l’article 53 du règlement n° 796/2004 sont de nature administrative et non de nature pénale. Au point
         86 de cet arrêt, il en a déduit que le fait que la mise en œuvre des dispositions de l’article 53 du règlement n° 796/2004
         et des sanctions qu’elles comportent soit subordonnée au déroulement d’une procédure juridictionnelle, à l’issue de laquelle
         le tribunal compétent constate la réalité du comportement intentionnel de l’agriculteur mis en cause, serait contraire aux
         objectifs de la politique agricole commune. Au point 87 de cet arrêt, le Tribunal a jugé que le fait que les sanctions soient
         appliquées après qu’un Tribunal a reconnu le caractère intentionnel du manquement contreviendrait expressément aux dispositions
         mêmes de l’article 53 du règlement n° 796/2004. Il en a conclu, au point 89 de l’arrêt attaqué, que la Commission a correctement
         interprété cet article, ses modalités de mise en œuvre par les autorités polonaises permettant que les sanctions prévues ne
         soient pas appliquées dans tous les cas nécessaires. 
      
      87      Aux points 92 et 96 de l’arrêt attaqué, le Tribunal a rejeté les arguments invoqués par la République de Pologne, au motif
         qu’ils n’étaient pas susceptibles de remettre en cause le bien-fondé de la décision litigieuse en ce qui concerne le grief
         tenant à l’application de l’article 53 du règlement n° 796/2004.
      
      88      Ce faisant, le Tribunal a jugé que la détermination du caractère intentionnel de l’irrégularité commise par le bénéficiaire
         de l’aide en cause, aux fins d’appliquer les sanctions prévues à l’article 53 du règlement n° 796/2004, doit s’effectuer dans
         le cadre d’une procédure administrative menée par les autorités nationales de contrôle et non dans le cadre d’une procédure
         juridictionnelle. Contrairement à ce qu’allègue la République de Pologne, il ne ressort pas des motifs de l’arrêt attaqué
         que le Tribunal a considéré que toute irrégularité conduisait à l’application d’une sanction au titre de l’article 53 du règlement
         n° 796/2004, indépendamment du comportement intentionnel de l’agriculteur concerné.
      
      89      Il s’ensuit que le deuxième moyen du pourvoi doit également être écarté.
      
       Sur le quatrième moyen du pourvoi, tiré de la violation du principe du contradictoire et de ce que le Tribunal a statué ultra
            petita
       Argumentation des parties
      90      Par la première branche de son quatrième moyen, la République de Pologne reproche au Tribunal d’avoir, aux points 105 à 107
         de l’arrêt attaqué, écarté comme étant irrecevable son argumentation relative aux réserves émises par la Commission quant
         au caractère trop libéral de l’admission des terres au régime d’aide concerné, au motif que la requête se bornait à renvoyer
         au courrier du 12 juin 2007. Le Tribunal aurait ainsi méconnu une preuve essentielle en écartant les éléments figurant dans
         ce courrier.
      
      91      Par la deuxième branche de ce quatrième moyen, la République de Pologne considère que, au point 134 de l’arrêt attaqué, le
         Tribunal a mis en doute, à tort, la réalité du taux d’irrégularités de 12,3 % dans la voïvodie d’Opole, en s’appuyant exclusivement
         sur l’irrecevabilité du renvoi, dans la requête, à une lettre du 10 mars 2008 adressée à la Commission. En ne prenant pas
         en compte ce document, qui aurait été régulièrement joint à la requête, le Tribunal aurait méconnu les principes régissant
         l’administration de la preuve devant lui.
      
      92      Par la troisième branche dudit quatrième moyen, la République de Pologne considère que l’arrêt attaqué ne respecte pas le
         principe du contradictoire. En effet, au point 33 de cet arrêt, le Tribunal a jugé que l’obligation de vectorisation invoquée
         ne résultait pas de l’article 20 du règlement n° 1782/2003, de sorte que le Tribunal aurait élargi le champ de son appréciation
         au-delà de ce qui faisait l’objet du grief essentiel de la Commission, qui était tiré de l’absence de vectorisation des parcelles.
      
      93      La Commission considère que les trois branches du quatrième moyen du pourvoi doivent être rejetées.
      
       Appréciation de la Cour
      94      S’agissant de la première branche du quatrième moyen du pourvoi, il convient de constater que l’arrêt du Tribunal n’est entaché
         d’aucune erreur de droit en ce qui concerne l’examen du grief relatif à l’admission des terres au régime d’aide concerné.
      
      95      En effet, d’une part, le Tribunal a constaté que, dans la mesure où, par cette argumentation, la République de Pologne contestait
         le bien-fondé du grief de la Commission tenant à l’admission des terres audit régime d’aide, la requête ne contenait aucun
         élément de droit et de fait sur lequel cet argument était susceptible de reposer et qu’elle se bornait à renvoyer purement
         et simplement aux arguments figurant dans le courrier du 12 juin 2007. Le Tribunal a, dès lors, appliqué la jurisprudence
         qu’il a rappelée au point 102 de l’arrêt attaqué et selon laquelle il découle de l’article 44, paragraphe 1, sous c), de son
         règlement de procédure que les éléments de droit et de fait sur lesquels se fonde un recours doivent ressortir, de manière
         à tout le moins sommaire, du texte même de la requête et qu’il ne suffit pas qu’il soit fait référence dans la requête à de
         tels éléments figurant dans une annexe de celle-ci. Par conséquent, c’est à bon droit que le Tribunal a écarté ladite argumentation
         comme étant irrecevable.
      
      96      D’autre part, aux points 109 à 111 de l’arrêt attaqué, le Tribunal a examiné la même argumentation en tant que, par celle-ci,
         la République de Pologne faisait valoir que la décision litigieuse était insuffisamment motivée.
      
      97      Il ne saurait dès lors être reproché au Tribunal d’avoir méconnu une preuve essentielle. Partant, la première branche du quatrième
         moyen du pourvoi doit être rejetée.
      
      98      En ce qui concerne la deuxième branche de ce quatrième moyen, force est de relever qu’elle repose sur une lecture erronée
         de l’arrêt attaqué, dans la mesure où le Tribunal a tenu compte du courrier du 10 mars 2008 adressé à la Commission.
      
      99      En effet, d’une part, le Tribunal a relevé, au point 134 de l’arrêt attaqué, que, pour contester le grief tiré de l’insuffisance
         du nombre des contrôles sur place dans la voïvodie d’Opole pendant l’année 2005, la République de Pologne s’était fondée sur
         des données, figurant dans sa requête, selon lesquelles le taux d’irrégularités aurait été de 12,3 % pendant l’année 2004
         dans cette voïvodie. Il a constaté, à cet égard, que la République de Pologne ne renvoyait, dans cette requête, à aucun élément
         permettant d’établir la réalité de ce taux d’irrégularités, puisqu’elle se limitait à mentionner le courrier du 10 mars 2008
         adressé à la Commission, dans lequel elle exposait les motifs pour lesquels elle avait décidé de ne pas augmenter le taux
         de contrôles sur place. Le Tribunal en a déduit que le simple renvoi à une annexe de la requête ne saurait constituer la preuve
         de la réalité dudit taux, sans toutefois déclarer cet argument irrecevable, contrairement à ce que soutient la République
         de Pologne.
      
      100    D’autre part, au point 135 de l’arrêt attaqué, le Tribunal a examiné ledit courrier du 10 mars 2008. Il a jugé, à cet égard,
         que les éléments figurant dans celui-ci ne permettaient aucunement de déterminer la réalité du taux de 12,3 % d’irrégularités
         invoqué, faute pour la République de Pologne d’avoir expliqué précisément la manière dont ce taux avait été déterminé et d’avoir
         présenté les données à partir desquelles il avait été calculé.
      
      101    Il s’ensuit que la deuxième branche du quatrième moyen du pourvoi doit être rejetée.
      
      102    S’agissant de la troisième branche du quatrième moyen du pourvoi, il suffit de relever, ainsi que cela ressort de l’examen
         de la première branche du premier moyen de celui-ci, que le grief de la Commission était fondé non pas sur l’absence de vectorisation
         complète du SIPA-SIG, mais sur le manque de fonctionnalité et d’exactitude de ce système. Par conséquent, il ne saurait être
         reproché au Tribunal d’avoir statué au-delà de ce qui faisait l’objet de ce grief.
      
      103    Il résulte des considérations qui précèdent que la troisième branche du quatrième moyen du pourvoi doit être écartée de même
         que le quatrième moyen de ce dernier dans son ensemble. Par conséquent, le pourvoi doit être rejeté dans son intégralité.
      
       Sur les dépens
      104    Aux termes de l’article 138, paragraphe 1, du règlement de procédure de la Cour, applicable à la procédure de pourvoi en vertu
         de l’article 184, paragraphe 1, du même règlement, toute partie qui succombe est condamnée aux dépens, s’il est conclu en
         ce sens. La Commission ayant conclu à la condamnation de la République de Pologne aux dépens et cette dernière ayant succombé
         en ses moyens, il y a lieu de la condamner aux dépens. 
      
      Par ces motifs, la Cour (sixième chambre) déclare et arrête:
      1)      Le pourvoi est rejeté.
      2)      La République de Pologne est condamnée aux dépens.
      Signatures
      * Langue de procédure: le polonais.