CELEX: 62010CJ0565
Language: fr
Date: 2012-07-19
Title: Arrêt de la Cour (septième chambre) du 19 juillet 2012.#Commission européenne contre République italienne.#Manquement d’État – Directive 91/271/CEE – Traitement des eaux urbaines résiduaires – Articles 3, 4 et 10 – Systèmes de collecte – Traitement secondaire ou équivalent – Stations d’épuration – Échantillons représentatifs.#Affaire C‑565/10.

ARRÊT DE LA COUR (septième chambre)
      19 juillet 2012 (*)
      
      «Manquement d’État – Directive 91/271/CEE – Traitement des eaux urbaines résiduaires – Articles 3, 4 et 10 – Systèmes de collecte – Traitement secondaire ou équivalent – Stations d’épuration – Échantillons représentatifs»
      Dans l’affaire C‑565/10,
      ayant pour objet un recours en manquement au titre de l’article 258 TFUE, introduit le 2 décembre 2010,
      Commission européenne, représentée par Mmes S. Pardo Quintillán et D. Recchia, en qualité d’agents, ayant élu domicile à Luxembourg,
      
      partie requérante,
      contre
      République italienne, représentée par Mme G. Palmieri, en qualité d’agent, assistée de Mme M. Russo, avvocato dello Stato, ayant élu domicile à Luxembourg,
      
      partie défenderesse,
      LA COUR (septième chambre),
      composée de M. J. Malenovský, président de chambre, Mme R. Silva de Lapuerta (rapporteur) et M. T. von Danwitz, juges,
      
      avocat général: Mme V. Trstenjak,
      
      greffier: M. A. Calot Escobar,
      vu la procédure écrite,
      vu la décision prise, l’avocat général entendu, de juger l’affaire sans conclusions,
      rend le présent
      Arrêt
      1        Par sa requête, la Commission européenne demande à la Cour de constater que, en ayant omis:
      
      –        de prendre les dispositions nécessaires afin de garantir que les agglomérations de Chieti, de Gissi (Abruzzes), d’Acri, de
         Siderno, de Bagnara Calabra, de Bianco, de Cassano allo Ionio, de Castrovillari, de Crotone, de Santa Maria del Cedro, de
         Gioia Tauro, de Lamezia Terme, de Melito di Porto Salvo, de Mesoraca, de Montebello Ionico, de Montepaone, de Motta San Giovanni,
         de Reggio Calabria, de Rende, de Rossano, de Scalea, de Sellia Marina, de Soverato, de Strongoli (Calabre), d’Afragola, de
         Nola, d’Ariano Irpino, d’Avellino, de Battipaglia, de Benevento, de Capaccio, de Capri, de Caserta, de Mercato San Severino,
         de Torre del Greco, d’Aversa, d’Ischia, de Casamicciola Terme, de Forio, de Napoli Est, de Napoli Nord, de Napoli Ovest, de
         Vico Equense, de Salerno, de Montesarchio (Campanie), de Cervignano del Friuli, de Monfalcone (Frioul-Vénétie Julienne), de
         Frascati, de Zagarolo (Latium), de Camisano, de Genova, de La Spezia, de Riva Ligure, de Sanremo, de Ventimiglia (Ligurie),
         de Tolentino (Marches), de Campobasso 1, d’Isernia (Molise), de Manduria, de Porto Cesareo, de Supersano, de Taviano (Pouilles),
         de Follonica, de Piombino (Toscane), de Misterbianco et autres, de Paternò, d’Aci Catena, d’Adrano, de Catania et autres,
         de Giarre-Mascali-Riposto et autres, de Caltagirone, d’Aci Castello, d’Acireale et autres, de Belpasso, de Biancavilla, de
         Gravina di Catania, de Tremestieri Etneo, de San Giovanni La Punta, de Caltanissetta-San Cataldo, de Macchitella, de Niscemi,
         d’Agrigento et sa banlieue, de Favara, de Palma di Montechiaro, de Porto Empedocle, de Sciacca, de Cefalù, de Carini et ASI
         Palermo, de Palermo et des zones limitrophes, de Santa Flavia, d’Augusta, d’Avola, de Priolo Gargallo, de Carlentini, de Ragusa,
         de Marina di Ragusa, de Santa Croce Camerina, de Vittoria, de Scoglitti, de Favignana, de Marsala, de Partanna 1 (Villa Ruggero),
         de Capo d’Orlando, de Giardini Naxos, de Consortile Letojanni, de Pace del Mela, de Piraino, de Roccalumera, de Consortile
         Sant’Agata Militello, de Consortile Torregrotta, de Messina 1, de Messina et de Messina 6 (Sicile), dont l’équivalent habitant
         (EH) est supérieur à 15 000 et qui rejettent dans des eaux réceptrices non considérées comme «zones sensibles» au sens de
         l’article 5 de la directive 91/271/CEE du Conseil, du 21 mai 1991, relative au traitement des eaux urbaines résiduaires (JO
         L 135, p. 40), telle que modifiée par le règlement (CE) n° 1137/2008 du Parlement européen et du Conseil, du 22 octobre 2008
         (JO L 311, p. 1, ci-après la «directive 91/271»), soient équipées de systèmes de collecte des eaux urbaines résiduaires conformément
         à l’article 3 de cette directive,
      
      –        de prendre les dispositions nécessaires afin de garantir que, dans les agglomérations de Gissi, de Lanciano-Castel Frentano
         (Abruzzes), d’Acri, de Siderno, de Bagnara Calabra, de Cassano allo Ionio, de Castrovillari, de Crotone, de Melito di Porto
         Salvo, de Montebello Ionico, de Montepaone, de Motta San Giovanni, de Reggio Calabria, de Rossano (Calabre), d’Ariano Irpino,
         d’Avellino, de Battipaglia, de Benevento, de Capaccio, de Capri, de Caserta, d’Aversa, d’Ischia, de Casamicciola Terme, de
         Forio, de Massa Lubrense, de Napoli Est, de Napoli Nord, de Vico Equense (Campanie), de Trieste-Muggia-San Dorligo (Frioul-Vénétie
         Julienne), de Zagarolo (Latium), d’Albenga, de Borghetto Santo Spirito, de Finale Ligure, de Genova, de Imperia, de La Spezia,
         de Santa Margherita Ligure, de Quinto, de Rapallo, de Recco, de Riva Ligure (Ligurie), de Campobasso 1, d’Isernia (Molise),
         de Casamassima, de Casarano, de Manduria, de Monte Sant’Angelo, de Porto Cesareo, de Salice Salentino, de San Giovanni Rotondo,
         de San Vito dei Normanni, de Squinzano, de Supersano, de Vernole (Pouilles), de Vicenza (Vénétie), de Misterbianco et autres,
         de Scordia-Militello Val di Catania, de Palagonia, d’Aci Catena, de Giarre-Mascali-Riposto et autres, de Caltagirone, d’Aci
         Castello, de Bronte, d’Acireale et autres, de Belpasso, de Gravina di Catania, de Tremestieri Etneo, de San Giovanni La Punta,
         de Macchitella, de Niscemi, de Riesi, d’Agrigento et sa banlieue, de Favara, de Palma di Montechiaro, de Menfi, de Porto Empedocle,
         de Ribera, de Sciacca, de Bagheria, de Cefalù, de Carini et ASI Palermo, de Misilmeri, de Monreale, de Santa Flavia, de Termini
         Imerese, de Trabia, d’Augusta, d’Avola, de Carlentini, de Rosolini, de Pozzallo, de Ragusa, de Modica, de Scicli, de Scoglitti,
         de Campobello di Mazara, de Castelvetrano 1, de Triscina Marinella, de Trapani-Erice (Casa Santa), de Favignana, de Marsala,
         de Mazara del Vallo, de Partanna 1 (Villa Ruggero), de Barcellona Pozzo di Gotto, de Capo d’Orlando, de Furnari, de Giardini
         Naxos, de Consortile Letojanni, de Pace del Mela, de Piraino, de Roccalumera, de Consortile Sant’Agata Militello, de Consortile
         Torregrotta, de Gioiosa Marea, de Messina 1, de Messina 6, de Milazzo, de Patti et de Rometta (Sicile), dont l’EH est supérieur
         à 15 000 et qui rejettent dans des eaux réceptrices non considérées comme des «zones sensibles» au sens de l’article 5 de
         la directive 91/271, les eaux résiduaires urbaines pénétrant dans des systèmes de collecte soient soumises à un traitement
         conforme aux dispositions de l’article 4, paragraphes 1 et 3, de cette directive, et
      
      –        de prendre les dispositions nécessaires afin que les stations d’épuration des eaux urbaines résiduaires construites pour satisfaire
         aux exigences des articles 4 à 7 de la directive 91/271 soient conçues, construites, exploitées et entretenues de manière
         à avoir un rendement suffisant dans toutes les conditions climatiques normales du lieu où elles sont situées et afin que les
         stations d’épuration soient conçues de manière à tenir compte des variations saisonnières de la charge dans les agglomérations
         de Gissi, de Lanciano-Castel Frentano (Abruzzes), d’Acri, de Siderno, de Bagnara Calabra, de Cassano allo Ionio, de Castrovillari,
         de Crotone, de Melito di Porto Salvo, de Montebello Ionico, de Montepaone, de Motta San Giovanni, de Reggio Calabria, de Rossano
         (Calabre), d’Ariano Irpino, d’Avellino, de Battipaglia, de Benevento, de Capaccio, de Capri, de Caserta, d’Aversa, d’Ischia,
         de Casamicciola Terme, de Forio, de Massa Lubrense, de Napoli Est, de Napoli Nord, de Vico Equense (Campanie), de Trieste-Muggia-San
         Dorligo (Frioul-Vénétie Julienne), de Zagarolo (Latium), d’Albenga, de Borghetto Santo Spirito, de Finale Ligure, de Genova,
         d’Imperia, de La Spezia, de Santa Margherita Ligure, de Quinto, de Rapallo, de Recco, de Riva Ligure (Ligurie), de Campobasso
         1, d’Isernia (Molise), de Casamassima, de Casarano, de Manduria, de Monte Sant’Angelo, de Porto Cesareo, de Salice Salentino,
         de San Giovanni Rotondo, de San Vito dei Normanni, de Squinzano, de Supersano, de Vernole (Pouilles), de Vicenza (Vénétie),
         de Misterbianco et autres, de Scordia-Militello Val di Catania, de Palagonia, d’Aci Catena, de Giarre-Mascali-Riposto et autres,
         de Caltagirone, d’Aci Castello, de Bronte, d’Acireale et autres, de Belpasso, de Gravina di Catania, de Tremestieri Etneo,
         de San Giovanni La Punta, de Macchitella, de Niscemi, de Riesi, d’Agrigento et sa banlieue, de Favara, de Palma di Montechiaro,
         de Menfi, de Porto Empedocle, de Ribera, de Sciacca, de Bagheria, de Cefalù, de Carini et ASI Palermo, de Misilmeri, de Monreale,
         de Santa Flavia, de Termini Imerese, de Trabia, d’Augusta, d’Avola, de Carlentini, de Rosolini, de Pozzallo, de Ragusa, de
         Modica, de Scicli, de Scoglitti, de Campobello di Mazara, de Castelvetrano 1, de Triscina Marinella, de Trapani-Erice (Casa
         Santa), de Favignana, de Marsala, de Mazara del Vallo, de Partanna 1 (Villa Ruggero), de Barcellona Pozzo di Gotto, de Capo
         d’Orlando, de Furnari, de Giardini Naxos, de Consortile Letojanni, de Pace del Mela, de Piraino, de Roccalumera, de Consortile
         Sant’Agata Militello, de Consortile Torregrotta, de Gioiosa Marea, de Messina 1, de Messina 6, de Milazzo, de Patti et de
         Rometta (Sicile),
      
      la République italienne a manqué aux obligations qui lui incombent en vertu des articles 3, 4, paragraphes 1 et 3, et 10 de
         la directive 91/271.
      
       Le cadre juridique
      2        Selon l’article 1er, premier alinéa, de la directive 91/271, celle-ci concerne la collecte, le traitement et le rejet des eaux urbaines résiduaires
         ainsi que le traitement et le rejet des eaux usées provenant de certains secteurs industriels. Aux termes du second alinéa
         dudit article 1er, cette directive a pour objet de protéger l’environnement contre une détérioration due aux rejets des eaux résiduaires.
      
      3        L’article 3 de la directive 91/271 dispose:
      
      «1.      Les États membres veillent à ce que toutes les agglomérations soient équipées de systèmes de collecte des eaux urbaines résiduaires:
      –        au plus tard le 31 décembre 2000 pour celles dont l’équivalent habitant (EH) est supérieur à 15 000
      [...]
      Lorsque l’installation d’un système de collecte ne se justifie pas, soit parce qu’il ne présenterait pas d’intérêt pour l’environnement,
         soit parce que son coût serait excessif, des systèmes individuels ou d’autres systèmes appropriés assurant un niveau identique
         de protection de l’environnement sont utilisés.
      
      2.      Les systèmes de collecte décrits au paragraphe 1 doivent répondre aux prescriptions de l’annexe I point A. [...]»
      4        L’article 4 de cette directive prévoit:
      
      «1.      Les États membres veillent à ce que les eaux urbaines résiduaires qui pénètrent dans les systèmes de collecte soient, avant
         d’être rejetées, soumises à un traitement secondaire ou à un traitement équivalent selon les modalités suivantes:
      
      –        au plus tard le 31 décembre 2000 pour tous les rejets provenant d’agglomérations ayant un EH de plus de 15 000,
      [...]
      3.      Les rejets des stations d’épuration des eaux urbaines résiduaires visées aux paragraphes 1 et 2 doivent répondre aux prescriptions
         pertinentes de l’annexe I, point B. [...]
      
      4.      La charge exprimée en EH est calculée sur la base de la charge moyenne maximale hebdomadaire qui pénètre dans la station d’épuration
         au cours de l’année, à l’exclusion des situations inhabituelles comme celles qui sont dues à de fortes précipitations.»
      
      5        Aux termes de l’article 10 de ladite directive:
      
      «Les États membres veillent à ce que les stations d’épuration des eaux urbaines résiduaires construites pour satisfaire aux
         exigences des articles 4, 5, 6 et 7 soient conçues, construites, exploitées et entretenues de manière à avoir un rendement
         suffisant dans toutes les conditions climatiques normales du lieu où elles sont situées. Il convient de tenir compte des variations
         saisonnières de la charge lors de la conception de ces installations.»
      
      6        L’annexe I de la directive 91/271, intitulée «Prescriptions relatives aux eaux urbaines résiduaires», prévoit, à son point
         A, les prescriptions auxquelles doivent répondre les systèmes de collecte et, à son point B, celles applicables aux rejets
         provenant des stations d’épuration des eaux urbaines résiduaires dans les eaux réceptrices. Parmi ces dernières figure celle
         selon laquelle lesdites stations sont conçues ou modifiées de manière que des échantillons représentatifs des eaux usées entrantes
         et des effluents traités puissent être obtenus avant rejet dans les eaux réceptrices. S’agissant des stations d’épuration
         d’une taille correspondant à un EH compris entre 10 000 et 49 999, le point D de ladite annexe I fixe à 12 le nombre minimal
         d’échantillons à prélever à intervalles réguliers au cours d’une année entière.
      
       La procédure précontentieuse
      7        Après avoir mis la République italienne en demeure de présenter ses observations sur l’application des articles 3, 4 et 10
         de la directive 91/271 dans certaines agglomérations, la Commission lui a adressé, le 24 février 2009, un avis motivé l’invitant
         à prendre les mesures nécessaires pour se conformer à cet avis dans un délai de deux mois à compter de sa réception.
      
      8        Considérant que, à l’expiration de ce délai, les obligations prévues auxdits articles n’étaient pas respectées dans un grand
         nombre d’agglomérations, la Commission a décidé d’introduire le présent recours.
      
       Sur le recours
       Argumentation des parties
      9        Dans sa requête, la Commission détaille, pour chacune des agglomérations visées au point 1 du présent arrêt, les infractions
         à la directive 91/271 qu’elle reproche à la République italienne.
      
      10      Sans contester la non-conformité de la situation de certaines agglomérations visées par le recours de la Commission aux obligations
         résultant de la directive 91/271, la République italienne fait valoir qu’elle entend établir ce qui a été réalisé pour se
         conformer à ces obligations et indique que, depuis l’engagement de la procédure précontentieuse, il a été remédié à de nombreuses
         situations non conformes.
      
      11      À cet égard, dans son mémoire en défense, la République italienne soutient que les obligations lui incombant en vertu des
         dispositions de la directive 91/271 sont désormais respectées dans les agglomérations suivantes: Chieti, Gissi (Abruzzes),
         Cassano allo Ionio, Gioia Tauro, Melito di Porto Salvo, Montepaone (Calabre), Afragola, Nola, Ariano Irpino, Avellino, Caserta,
         Mercato San Severino, Torre del Greco, Aversa, Napoli Nord, Napoli Ovest, Salerno, Montesarchio (Campanie), Monfalcone (Frioul-Vénétie
         Julienne), Zagarolo (Latium), Borghetto Santo Spirito, Camisano, Finale Ligure, Genova, La Spezia, Quinto, Riva Ligure, Sanremo,
         Ventimiglia (Ligurie), Tolentino (Marches), Campobasso 1, Isernia (Molise), Casarano, Manduria, Monte Sant’Angelo, Salice
         Salentino, San Giovanni Rotondo, Squinzano, Vernole (Pouilles), Follonica, Piombino (Toscane), Vicenza (Vénétie), Bronte,
         Biancavilla, Caltanissetta-San Cataldo, Paternò, Menfi, Avola, Pozzallo, Modica, Marina di Ragusa, Santa Croce Camerina, Vittoria,
         Trapani-Erice, Priolo Gargallo, Rosolini et Partanna (Sicile).
      
      12      S’agissant des agglomérations de Bagnara Calabra, de Castrovillari, de Crotone, de Santa Maria del Cedro, de Lamezia Terme,
         de Cosenza-Rende, de Rossano, de Scalea, de Siderno, de Bianco, de Sellia Marina, de Soverato (Calabre), de Benevento (Campanie),
         de Casamassima (Pouilles), de Bagheria, de Riesi et de Consortile Letojanni (Sicile), la République italienne fait valoir
         que les interventions nécessaires pour se conformer aux dispositions de la directive 91/271 sont en cours de finalisation.
      
      13      Par ailleurs, la République italienne indique que, dans les agglomérations de Mesoraca, de Montebello Ionico, de Motta San
         Giovanni (Calabre), d’Imperia, de Santa Margherita Ligure (Ligurie), de Porto Cesareo, de San Vito dei Normanni, de Taviano
         (Pouilles), de Monreale, de Termini Imerese et de Carlentini (Sicile), l’achèvement des interventions nécessaires pour se
         conformer auxdites dispositions est programmé avant la fin de l’année 2012.
      
      14      Enfin, concernant la mise en conformité des autres agglomérations aux dispositions de la directive 91/271, la République italienne
         soit précise que cette mise en conformité aura lieu après l’année 2012, soit n’indique pas le moment auquel celle-ci interviendra.
      
      15      Après avoir examiné les informations contenues dans le mémoire en défense de la République italienne, la Commission a, dans
         sa réplique, considéré qu’il n’était plus nécessaire de demander la constatation d’un manquement, par cet État membre, aux
         obligations lui incombant en vertu de l’article 3 de la directive 91/271 en ce qui concerne les agglomérations de Chieti,
         de Gissi (Abruzzes), de Cassano allo Ionio, de Gioia Tauro, de Melito di Porto Salvo, de Montepaone (Calabre), d’Afragola,
         de Nola, d’Ariano Irpino, d’Avellino, de Caserta, de Mercato San Severino, de Torre del Greco, d’Aversa, de Napoli Nord, de
         Napoli Ovest, de Salerno, de Montesarchio, de Battipaglia, de Benevento, de Capaccio, de Capri, d’Ischia, de Casamicciola
         Terme, de Forio, de Napoli Est, de Vico Equense (Campanie), de Monfalcone (Frioul-Vénétie Julienne), de Zagarolo (Latium),
         de Camisano, de Genova, de La Spezia, de Riva Ligure, de Sanremo, de Ventimiglia (Ligurie), de Tolentino (Marches), de Campobasso
         1, d’Isernia (Molise), de Manduria (Pouilles), de Follonica, de Piombino (Toscane), de Paternò, de Biancavilla, de Caltanissetta-San
         Cataldo, de Macchitella, de Niscemi, de Favara, de Palma di Montechiaro, d’Avola, de Ragusa, de Marina di Ragusa, de Santa
         Croce Camerina, de Vittoria, de Favignana, de Partanna 1, de Capo d’Orlando, de Giardini Naxos, de Consortile Letojanni, de
         Pace del Mela, de Piraino, de Roccalumera, de Consortile Sant’Agata Militello et de Consortile Torregrotta (Sicile).
      
      16      De même, la Commission estime que, s’agissant des agglomérations de Gissi (Abruzzes), de Cassano allo Ionio, de Melito di
         Porto Salvo, de Montepaone (Calabre), d’Ariano Irpino, d’Avellino, de Caserta, d’Aversa, de Napoli Nord (Campanie), de Zagarolo
         (Latium), de Genova, de La Spezia (Ligurie), d’Isernia (Molise), de Manduria, de Monte Sant’Angelo, de Salice Salentino, de
         San Giovanni Rotondo, de Squinzano, de Vernole (Pouilles), de Vicenza (Vénétie), de Bronte, de Rosolini, de Pozzallo, de Modica,
         de Trapani-Erice, de Favignana et de Partanna 1 (Sicile), il n’y a plus lieu de poursuivre la République italienne pour une
         violation des articles 4 et 10 de la directive 91/271.
      
      17      En revanche, s’agissant des situations respectives des agglomérations de Borghetto Santo Spirito, de Finale Ligure, de Quinto
         et Riva Ligure (Ligurie), de Campobasso 1 (Molise), de Casarano (Pouilles), de Priolo Gargallo, de Menfi et d’Avola (Sicile),
         qui, selon la République italienne, sont conformes aux obligations prévues par la directive 91/271, la Commission affirme
         que ces agglomérations ne satisfont pas encore à ces obligations.
      
      18      Dans sa duplique, la République italienne soutient que, outre les agglomérations mentionnées au point précédent, celles de
         Bagnara Calabra, de Bianco, de Crotone, de Santa Maria del Cedro, de Rossano, de Scalea (Calabre), de Battipaglia (Campanie),
         de Supersano (Pouilles), de Palma di Montechiaro, de Giardini Naxos, de Consortile Letojanni, de Piraino, de Messina 1 et
         de Messina (Sicile) sont également conformes aux obligations découlant de la directive 91/271.
      
      19      En ce qui concerne les autres agglomérations faisant l’objet du recours de la Commission, tel que modifié à la suite de la
         réplique de celle-ci, la République italienne ne conteste pas la réalité du manquement reproché et fournit des indications
         relatives à l’évolution prévue de la situation dans celles-ci.
      
       Appréciation de la Cour
      20      À titre liminaire, il y a lieu de relever que la Commission a, dans sa réplique, décidé de ne pas maintenir ses griefs tirés
         d’une violation de l’article 3 de la directive 91/271 s’agissant des agglomérations visées au point 15 du présent arrêt et
         d’une violation des articles 4 et 10 de cette directive concernant les agglomérations citées au point 16 du présent arrêt.
      
       Sur le grief tiré d’une violation de l’article 3 de la directive 91/271
      21      Conformément à l’article 3, paragraphe 1, premier alinéa, premier tiret, de la directive 91/271, les agglomérations dont l’EH
         est supérieur à 15 000 auraient dû être équipées de systèmes de collecte de leurs eaux urbaines résiduaires au plus tard le
         31 décembre 2000.
      
      22      Par ailleurs, il y a lieu de rappeler que, selon une jurisprudence constante, l’existence d’un manquement doit être appréciée
         en fonction de la situation de l’État membre telle qu’elle se présentait au terme du délai fixé dans l’avis motivé et les
         changements intervenus par la suite ne sauraient être pris en compte par la Cour (arrêts du 11 octobre 2001, Commission/Autriche,
         C‑110/00, Rec. p. I‑7545, point 13; du 14 juillet 2005, Commission/Allemagne, C‑433/03, Rec. p. I‑6985, point 32, et du 25
         mars 2010, Commission/Espagne, C‑392/08, Rec. p. I‑2537, point 26).
      
      23      En l’espèce, l’avis motivé, daté du 19 février 2009 et adressé le 24 février 2009 à la République italienne, impartissait
         à cet État membre un délai de deux mois à compter de la réception de cet avis pour se conformer à celui-ci.
      
      24      Or, ainsi que la République italienne le reconnaît elle-même, force est de constater que, à l’expiration du délai imparti
         dans l’avis motivé, les agglomérations d’Acri, de Siderno, de Castrovillari, de Lamezia Terme, de Mesoraca, de Montebello
         Ionico, de Motta San Giovanni, de Reggio Calabria, de Rende, de Sellia Marina, de Soverato, de Strongoli (Calabre), de Cervignano
         del Friuli (Frioul-Vénétie Julienne), de Frascati (Latium), de Porto Cesareo, de Taviano (Pouilles), de Misterbianco et autres,
         de Aci Catena, de Adrano, de Catania et autres, de Giarre-Mascali-Riposto et autres, de Caltagirone, de Aci Castello, de Acireale
         et autres, de Belpasso, de Gravina di Catania, de Tremestieri Etneo, de San Giovanni La Punta, de Agrigento et sa banlieue,
         de Porto Empedocle, de Sciacca, de Cefalù, de Carini et ASI Palermo, de Monreale, de Palermo et zones limitrophes, de Santa
         Flavia, de Augusta, de Carlentini, de Scoglitti, de Marsala, et de Messina 6 (Sicile) n’étaient pas équipées de systèmes permettant
         de collecter la totalité de leurs eaux urbaines résiduaires.
      
      25      S’agissant des agglomérations de Bagnara Calabra, de Bianco, de Crotone, de Santa Maria del Cedro, de Rossano, et de Scalea
         (Calabre), il ressort des indications fournies par la République italienne que, au terme du délai fixé dans l’avis motivé,
         les travaux visant à équiper ces agglomérations de systèmes de collecte de leurs eaux urbaines résiduaires n’étaient pas achevés.
      
      26      Il ressort également desdites indications que, à l’expiration dudit délai, la collecte de la totalité des eaux urbaines résiduaires
         des agglomérations de Supersano (Pouilles), de Messina 1 et de Messina (Sicile) n’était pas assurée.
      
      27      Concernant l’agglomération de Priolo Gargallo (Sicile), il suffit de relever que, après avoir elle-même indiqué que l’EH relatif
         à cette agglomération était de 100 000, la République italienne a, au cours des procédures précontentieuse et écrite, changé
         à plusieurs reprises cet EH sans fournir d’éléments de nature à justifier ces changements.
      
      28      En effet, ledit EH ne correspond ni aux indications fournies précédemment par la République italienne à la Commission aux
         fins de l’élaboration d’un rapport sur la mise en œuvre de la directive 91/271 ni à celles fournies ensuite par ce même État
         membre, successivement dans sa réponse à l’avis motivé, dans son mémoire en défense et dans sa duplique.
      
      29      En outre, à supposer même que les EH de 20 000 et de 18 000, indiqués par la République italienne dans sa duplique, soient
         justifiés, il ne saurait être considéré que, au terme du délai imparti dans l’avis motivé, l’agglomération de Priollo Gargallo
         était équipée d’un système permettant de collecter la totalité de ses eaux urbaines résiduaires, conformément à l’obligation
         énoncée à l’article 3, paragraphe 1, premier alinéa, de la directive 91/271, puisque, concernant cette agglomération, cet
         État membre avait, en réponse à l’avis motivé, indiqué un taux de collecte de 95 % pour un EH de 11 600, ce qui impliquerait
         que des eaux urbaines résiduaires correspondant au moins à un EH situé entre 6 980 et 8 980 ne seraient pas collectées dans
         ladite agglomération.
      
      30      Dans ces conditions, il y a lieu de constater que, en ayant omis de prendre les dispositions nécessaires afin de garantir
         que les agglomérations d’Acri, de Siderno, de Bagnara Calabra, de Bianco, de Castrovillari, de Crotone, de Santa Maria del
         Cedro, de Lamezia Terme, de Mesoraca, de Montebello Ionico, de Motta San Giovanni, de Reggio Calabria, de Rende, de Rossano,
         de Scalea, de Sellia Marina, de Soverato, de Strongoli (Calabre), de Cervignano del Friuli (Frioul-Vénétie Julienne), de Frascati
         (Latium), de Porto Cesareo, de Supersano, de Taviano (Pouilles), de Misterbianco et autres, d’Aci Catena, d’Adrano, de Catania
         et autres, de Giarre-Mascali-Riposto et autres, de Caltagirone, d’Aci Castello, d’Acireale et autres, de Belpasso, de Gravina
         di Catania, de Tremestieri Etneo, de San Giovanni La Punta, d’Agrigento et sa banlieue, de Porto Empedocle, de Sciacca, de
         Cefalù, de Carini et ASI Palermo, de Palermo et zones limitrophes, de Santa Flavia, d’Augusta, de Priolo Gargallo, de Carlentini,
         de Scoglitti, de Marsala, de Messina 1, de Messina et de Messina 6 (Sicile), dont l’EH est supérieur à 15 000 et qui rejettent
         dans des eaux réceptrices non considérées comme «zones sensibles» au sens de l’article 5 de la directive 91/271, soient équipées
         de systèmes de collecte des eaux urbaines résiduaires, la République italienne a manqué aux obligations qui lui incombent
         en vertu de l’article 3 de ladite directive.
      
       Sur le grief tiré d’une violation de l’article 4, paragraphes 1 et 3, de la directive 91/271
      31      L’article 4, paragraphe 1, de la directive 91/271 prévoit que, dans les agglomérations dont l’EH est supérieur à 15 000, la
         totalité des eaux urbaines résiduaires pénétrant dans des systèmes de collecte doivent, avant d’être rejetées, être soumises
         à un traitement secondaire ou à un traitement équivalent au plus tard le 31 décembre 2000.
      
      32      Par ailleurs, selon ledit article 4, paragraphe 3, ce traitement secondaire ou ce traitement équivalent doit être assuré par
         des stations d’épuration dont les rejets répondent aux prescriptions de l’annexe I, point B, de la directive 91/271.
      
      33      Il convient de relever que la République italienne ne conteste pas que, au terme du délai fixé dans l’avis motivé, l’obligation
         de soumettre les eaux urbaines résiduaires pénétrant dans des systèmes de collecte à un traitement secondaire ou à un traitement
         équivalent, prévue à l’article 4, paragraphe 1, de la directive 91/271, n’était pas respectée dans les agglomérations de Lanciano-Castel
         Frentano (Abruzzes), d’Acri, de Siderno, de Castrovillari, de Montebello Ionico, de Motta San Giovanni, de Reggio Calabria
         (Calabre), de Benevento, de Capaccio, de Capri, d’Ischia, de Casamicciola Terme, de Forio, de Massa Lubrense, de Napoli Est,
         de Vico Equense (Campanie), de Trieste-Muggia-San Dorligo (Frioul-Vénétie Julienne), d’Albenga, de Imperia, de Santa Margherita
         Ligure, de Rapallo, de Recco (Ligurie), de Casamassima, de Porto Cesareo, de San Vito dei Normanni (Pouilles), de Misterbianco
         et autres, de Scordia-Militello Val di Catania, de Palagonia, d’Aci Catena, de Giarre-Mascali-Riposto et autres, de Caltagirone,
         d’Aci Castello, d’Acireale et autres, de Belpasso, de Gravina di Catania, de Tremestieri Etneo, de San Giovanni La Punta,
         de Macchitella, de Niscemi, de Riesi, d’Agrigento et sa banlieue, de Favara, de Porto Empedocle, de Ribera, de Sciacca, de
         Bagheria, de Cefalù, de Carini et ASI Palermo, de Misilmeri, de Monreale, de Santa Flavia, de Termini Imerese, de Trabia,
         d’Augusta, de Carlentini, de Ragusa, de Scicli, de Scoglitti, de Campobello di Mazara, de Castelvetrano 1, de Triscina Marinella,
         de Marsala, de Mazara del Vallo, de Barcellona Pozzo di Gotto, de Capo d’Orlando, de Furnari, de Pace del Mela, de Roccalumera,
         de Consortile Sant’Agata Militello, de Consortile Torregrotta, de Gioiosa Marea, de Messina 6, de Milazzo, de Patti et de
         Rometta (Sicile).
      
      34      S’agissant des agglomérations de Bagnara Calabra, de Crotone, de Rossano (Calabre), de Supersano (Pouilles), et de Messina
         1 (Sicile), il suffit de constater que, dans la mesure où ces agglomérations n’étaient pas équipées de systèmes permettant
         de collecter la totalité de leurs eaux urbaines résiduaires, l’obligation de soumettre la totalité des rejets à un traitement
         secondaire ou à un traitement équivalent, prévue à l’article 4, paragraphe 1, de la directive 91/271, n’était donc a fortiori
         pas remplie (arrêts du 25 octobre 2007, Commission/Grèce, C‑440/06, point 25, et du 7 mai 2009, Commission/Portugal, C‑530/07,
         point 55).
      
      35      Par ailleurs, il ressort des indications fournies par la République italienne que, à l’expiration du délai imparti dans l’avis
         motivé, les stations d’épuration des agglomérations de Battipaglia (Campanie), de Borghetto Santo Spirito, de Finale Ligure,
         de Quinto, de Riva Ligure (Ligurie), d’Avola, de Palma di Montechiaro, de Giardini Naxos, de Consortile Letojanni et de Piraino
         (Sicile), qui, conformément à l’article 4, paragraphes 1 et 3, de la directive 91/271, visent à assurer le traitement secondaire
         ou le traitement équivalent de la totalité des eaux urbaines qui pénètrent dans les systèmes de collecte et à garantir que
         les rejets en émanant répondent aux prescriptions du point B de l’annexe I de la même directive, n’étaient pas en fonction.
      
      36      Concernant l’agglomération de Campobasso 1 (Molise), il y a lieu de rappeler que, si la Commission a, dans sa réplique, estimé
         qu’il n’était plus nécessaire de demander la constatation d’un manquement à l’article 3 de la directive 91/271, elle a néanmoins
         maintenu son grief tiré d’une violation de l’article 4 de cette directive, en faisant valoir que, d’après le mémoire en défense
         de la République italienne et les annexes à ce mémoire, le nombre annuel d’échantillons prélevés ne correspondait pas au minimum
         prévu à l’annexe I, point D, de ladite directive.
      
      37      Or, dans la mesure où la République italienne a, en annexe à sa duplique, produit le nombre minimal d’échantillons devant
         être prélevés à intervalles réguliers au cours d’une année entière, conformément à ladite annexe I, point D, il n’y a pas
         lieu de constater un manquement à l’article 4 de la directive 91/271 s’agissant de ladite agglomération.
      
      38      En revanche, les rejets émanant de la station d’épuration de l’agglomération de Casarano (Pouilles) ne peuvent pas être considérés
         comme étant conformes audit article 4 en raison de l’insuffisance du nombre d’échantillons prélevés. En effet, la République
         italienne n’a fourni aucun échantillon pour les années 2009 et 2010. En outre, ainsi que cet État membre l’a précisé dans
         son mémoire en défense, ladite station a été mise en service à une date postérieure à celle de l’expiration du délai fixé
         dans l’avis motivé.
      
      39      Il en va de même en ce qui concerne les rejets émanant de la station d’épuration de l’agglomération de Menfi (Sicile), puisque
         la République italienne n’a pas produit d’échantillons relatifs à ces rejets pour l’année 2009.
      
      40      Dans ces conditions, il y a lieu de constater que, en ayant omis de prendre les dispositions nécessaires afin de garantir
         que, dans les agglomérations de Lanciano-Castel Frentano (Abruzzes), d’Acri, de Siderno, de Bagnara Calabra, de Castrovillari,
         de Crotone, de Montebello Ionico, de Motta San Giovanni, de Reggio Calabria, de Rossano (Calabre), de Battipaglia, de Benevento,
         de Capaccio, de Capri, d’Ischia, de Casamicciola Terme, de Forio, de Massa Lubrense, de Napoli Est, de Vico Equense (Campanie),
         de Trieste-Muggia-San Dorligo (Frioul-Vénétie Julienne), d’Albenga, de Borghetto Santo Spirito, de Finale Ligure, de Imperia,
         de Santa Margherita Ligure, de Quinto, de Rapallo, de Recco, de Riva Ligure (Ligurie), de Casamassima, de Casarano, de Porto
         Cesareo, de San Vito dei Normanni, de Supersano (Pouilles), de Misterbianco et autres, de Scordia-Militello Val di Catania,
         de Palagonia, d’Aci Catena, de Giarre-Mascali-Riposto et autres, de Caltagirone, d’Aci Castello, d’Acireale et autres, de
         Belpasso, de Gravina di Catania, de Tremestieri Etneo, de San Giovanni La Punta, de Macchitella, de Niscemi, de Riesi, d’Agrigento
         et sa banlieue, de Favara, de Palma di Montechiaro, de Menfi, de Porto Empedocle, de Ribera, de Sciacca, de Bagheria, de Cefalù,
         de Carini et ASI Palermo, de Misilmeri, de Monreale, de Santa Flavia, de Termini Imerese, de Trabia, d’Augusta, d’Avola, de
         Carlentini, de Ragusa, de Scicli, de Scoglitti, de Campobello di Mazara, de Castelvetrano 1, de Triscina Marinella, de Marsala,
         de Mazara del Vallo, de Barcellona Pozzo di Gotto, de Capo d’Orlando, de Furnari, de Giardini Naxos, de Consortile Letojanni,
         de Pace del Mela, de Piraino, de Roccalumera, de Consortile Sant’Agata Militello, de Consortile Torregrotta, de Gioiosa Marea,
         de Messina 1, de Messina 6, de Milazzo, de Patti et de Rometta (Sicile), dont l’EH est supérieur à 15 000 et qui rejettent
         dans des eaux réceptrices non considérées comme des «zones sensibles» au sens de l’article 5 de la directive 91/271, les eaux
         résiduaires urbaines pénétrant dans des systèmes de collecte soient soumises à un traitement secondaire ou à un traitement
         équivalent, la République italienne a manqué aux obligations qui lui incombent en vertu de l’article 4, paragraphes 1 et 3,
         de ladite directive.
      
       Sur le grief tiré d’une violation de l’article 10 de la directive 91/271
      41      Il convient de rappeler que l’article 10 de la directive 91/271 prévoit que les stations d’épuration des eaux urbaines résiduaires
         construites pour satisfaire aux exigences des articles 4 à 7 de cette directive doivent être conçues, construites, exploitées
         et entretenues de manière à avoir un rendement suffisant dans toutes les conditions climatiques normales du lieu où elles
         sont situées et compte tenu des variations saisonnières de la charge.
      
      42      Il en résulte que le respect de l’obligation énoncée audit article 10 présuppose notamment que les exigences prévues à l’article
         4 de la directive 91/271 soient satisfaites.
      
      43      Par conséquent, ladite obligation ne saurait être considérée comme étant remplie dans les agglomérations où le traitement
         secondaire ou le traitement équivalent de la totalité des eaux urbaines pénétrant dans les systèmes de collecte n’est pas
         assuré par des stations d’épuration dont les rejets répondent aux prescriptions de l’annexe I, point B, de la directive 91/271.
      
      44      Dans ces conditions, il y a lieu de constater que, en ayant omis de prendre les dispositions nécessaires afin que les stations
         d’épuration des eaux urbaines résiduaires construites pour satisfaire aux exigences des articles 4 à 7 de la directive 91/271
         soient conçues, construites, exploitées et entretenues de manière à avoir un rendement suffisant dans toutes les conditions
         climatiques normales du lieu où elles sont situées et afin que les stations d’épuration soient conçues de manière à tenir
         compte des variations saisonnières de la charge dans les agglomérations de Lanciano-Castel Frentano (Abruzzes), d’Acri, de
         Siderno, de Bagnara Calabra, de Castrovillari, de Crotone, de Montebello Ionico, de Motta San Giovanni, de Reggio Calabria,
         de Rossano (Calabre), de Battipaglia, de Benevento, de Capaccio, de Capri, d’Ischia, de Casamicciola Terme, de Forio, de Massa
         Lubrense, de Napoli Est, de Vico Equense (Campanie), de Trieste-Muggia-San Dorligo (Frioul-Vénétie Julienne), d’Albenga, de
         Borghetto Santo Spirito, de Finale Ligure, de Imperia, de Santa Margherita Ligure, de Quinto, de Rapallo, de Recco, de Riva
         Ligure (Ligurie), de Casamassima, de Casarano, de Porto Cesareo, de San Vito dei Normanni, de Supersano (Pouilles), de Misterbianco
         et autres, de Scordia-Militello Val di Catania, de Palagonia, d’Aci Catena, de Giarre-Mascali-Riposto et autres, de Caltagirone,
         d’Aci Castello, d’Acireale et autres, de Belpasso, de Gravina di Catania, de Tremestieri Etneo, de San Giovanni La Punta,
         de Macchitella, de Niscemi, de Riesi, d’Agrigento et sa banlieue, de Favara, de Palma di Montechiaro, de Menfi, de Porto Empedocle,
         de Ribera, de Sciacca, de Bagheria, de Cefalù, de Carini et ASI Palermo, de Misilmeri, de Monreale, de Santa Flavia, de Termini
         Imerese, de Trabia, d’Augusta, d’Avola, de Carlentini, de Ragusa, de Scicli, de Scoglitti, de Campobello di Mazara, de Castelvetrano
         1, de Triscina Marinella, de Marsala, de Mazara del Vallo, de Barcellona Pozzo di Gotto, de Capo d’Orlando, de Furnari, de
         Giardini Naxos, de Consortile Letojanni, de Pace del Mela, de Piraino, de Roccalumera, de Consortile Sant’Agata Militello,
         de Consortile Torregrotta, de Gioiosa Marea, de Messina 1, de Messina 6, de Milazzo, de Patti et de Rometta (Sicile), la République
         italienne a manqué aux obligations qui lui incombent en vertu de l’article 10 de la directive 91/271.
      
       Sur les dépens
      45      En vertu de l’article 69, paragraphe 2, du règlement de procédure, toute partie qui succombe est condamnée aux dépens, s’il
         est conclu en ce sens. La Commission ayant conclu à la condamnation de la République italienne et cette dernière ayant succombé
         en ses moyens, il y a lieu de la condamner aux dépens.
      
      Par ces motifs, la Cour (septième chambre) déclare et arrête:
      1)      En ayant omis:
      –        de prendre les dispositions nécessaires afin de garantir que les agglomérations d’Acri, de Siderno, de Bagnara Calabra, de
            Bianco, de Castrovillari, de Crotone, de Santa Maria del Cedro, de Lamezia Terme, de Mesoraca, de Montebello Ionico, de Motta
            San Giovanni, de Reggio Calabria, de Rende, de Rossano, de Scalea, de Sellia Marina, de Soverato, de Strongoli (Calabre),
            de Cervignano del Friuli (Frioul-Vénétie Julienne), de Frascati (Latium), de Porto Cesareo, de Supersano, de Taviano (Pouilles),
            de Misterbianco et autres, de Aci Catena, de Adrano, de Catania et autres, de Giarre-Mascali-Riposto et autres, de Caltagirone,
            de Aci Castello, de Acireale et autres, de Belpasso, de Gravina di Catania, de Tremestieri Etneo, de San Giovanni La Punta,
            de Agrigento et sa banlieue, de Porto Empedocle, de Sciacca, de Cefalù, de Carini et ASI Palermo, de Palermo et zones limitrophes,
            de Santa Flavia, de Augusta, de Priolo Gargallo, de Carlentini, de Scoglitti, de Marsala, de Messina 1, de Messina et de Messina
            6 (Sicile), dont l’équivalent habitant est supérieur à 15 000 et qui rejettent dans des eaux réceptrices non considérées comme
            «zones sensibles» au sens de l’article 5 de la directive 91/271/CEE du Conseil, du 21 mai 1991, relative au traitement des
            eaux urbaines résiduaires, telle que modifiée par le règlement (CE) n° 1137/2008 du Parlement européen et du Conseil, du 22
            octobre 2008, soient équipées de systèmes de collecte des eaux urbaines résiduaires, conformément à l’article 3 de cette directive,
      –        de prendre les dispositions nécessaires afin de garantir que, dans les agglomérations de Lanciano-Castel Frentano (Abruzzes),
            d’Acri, de Siderno, de Bagnara Calabra, de Castrovillari, de Crotone, de Montebello Ionico, de Motta San Giovanni, de Reggio
            Calabria, de Rossano (Calabre), de Battipaglia, de Benevento, de Capaccio, de Capri, d’Ischia, de Casamicciola Terme, de Forio,
            de Massa Lubrense, de Napoli Est, de Vico Equense (Campanie), de Trieste-Muggia-San Dorligo (Frioul-Vénétie Julienne), d’Albenga,
            de Borghetto Santo Spirito, de Finale Ligure, de Imperia, de Santa Margherita Ligure, de Quinto, de Rapallo, de Recco, de
            Riva Ligure (Ligurie), de Casamassima, de Casarano, de Porto Cesareo, de San Vito dei Normanni, de Supersano (Pouilles), de
            Misterbianco et autres, de Scordia-Militello Val di Catania, de Palagonia, d’Aci Catena, de Giarre-Mascali-Riposto et autres,
            de Caltagirone, d’Aci Castello, d’Acireale et autres, de Belpasso, de Gravina di Catania, de Tremestieri Etneo, de San Giovanni
            La Punta, de Macchitella, de Niscemi, de Riesi, d’Agrigento et sa banlieue, de Favara, de Palma di Montechiaro, de Menfi,
            de Porto Empedocle, de Ribera, de Sciacca, de Bagheria, de Cefalù, de Carini et ASI Palermo, de Misilmeri, de Monreale, de
            Santa Flavia, de Termini Imerese, de Trabia, d’Augusta, d’Avola, de Carlentini, de Ragusa, de Scicli, de Scoglitti, de Campobello
            di Mazara, de Castelvetrano 1, de Triscina Marinella, de Marsala, de Mazara del Vallo, de Barcellona Pozzo di Gotto, de Capo
            d’Orlando, de Furnari, de Giardini Naxos, de Consortile Letojanni, de Pace del Mela, de Piraino, de Roccalumera, de Consortile
            Sant’Agata Militello, de Consortile Torregrotta, de Gioiosa Marea, de Messina 1, de Messina 6, de Milazzo, de Patti et de
            Rometta (Sicile), dont l’équivalent habitant est supérieur à 15 000 et qui rejettent dans des eaux réceptrices non considérées
            comme des «zones sensibles» au sens de l’article 5 de la directive 91/271, telle que modifiée par le règlement n° 1137/2008,
            les eaux résiduaires urbaines pénétrant dans des systèmes de collecte soient soumises à un traitement conforme aux dispositions
            de l’article 4, paragraphes 1 et 3, de cette directive, et
      –        de prendre les dispositions nécessaires afin que les stations d’épuration des eaux urbaines résiduaires construites pour satisfaire
            aux exigences des articles 4 à 7 de la directive 91/271, telle que modifiée par le règlement n° 1137/2008, soient conçues,
            construites, exploitées et entretenues de manière à avoir un rendement suffisant dans toutes les conditions climatiques normales
            du lieu où elles sont situées et afin que les stations d’épuration soient conçues de manière à tenir compte des variations
            saisonnières de la charge dans les agglomérations de Lanciano-Castel Frentano (Abruzzes), d’Acri, de Siderno, de Bagnara Calabra,
            de Castrovillari, de Crotone, de Montebello Ionico, de Motta San Giovanni, de Reggio Calabria, de Rossano (Calabre), de Battipaglia,
            de Benevento, de Capaccio, de Capri, d’Ischia, de Casamicciola Terme, de Forio, de Massa Lubrense, de Napoli Est, de Vico
            Equense (Campanie), de Trieste-Muggia-San Dorligo (Frioul-Vénétie Julienne), d’Albenga, de Borghetto Santo Spirito, de Finale
            Ligure, de Imperia, de Santa Margherita Ligure, de Quinto, de Rapallo, de Recco, de Riva Ligure (Ligurie), de Casamassima,
            de Casarano, de Porto Cesareo, de San Vito dei Normanni, de Supersano (Pouilles), de Misterbianco et autres, de Scordia-Militello
            Val di Catania, de Palagonia, d’Aci Catena, de Giarre-Mascali-Riposto et autres, de Caltagirone, d’Aci Castello, d’Acireale
            et autres, de Belpasso, de Gravina di Catania, de Tremestieri Etneo, de San Giovanni La Punta, de Macchitella, de Niscemi,
            de Riesi, d’Agrigento et sa banlieue, de Favara, de Palma di Montechiaro, de Menfi, de Porto Empedocle, de Ribera, de Sciacca,
            de Bagheria, de Cefalù, de Carini et ASI Palermo, de Misilmeri, de Monreale, de Santa Flavia, de Termini Imerese, de Trabia,
            d’Augusta, d’Avola, de Carlentini, de Ragusa, de Scicli, de Scoglitti, de Campobello di Mazara, de Castelvetrano 1, de Triscina
            Marinella, de Marsala, de Mazara del Vallo, de Barcellona Pozzo di Gotto, de Capo d’Orlando, de Furnari, de Giardini Naxos,
            de Consortile Letojanni, de Pace del Mela, de Piraino, de Roccalumera, de Consortile Sant’Agata Militello, de Consortile Torregrotta,
            de Gioiosa Marea, de Messina 1, de Messina 6, de Milazzo, de Patti et de Rometta (Sicile),
      la République italienne a manqué aux obligations qui lui incombent en vertu des articles 3, 4, paragraphes 1 et 3, et 10 de
            la directive 91/271, telle que modifiée par le règlement n° 1137/2008.
      2)      La République italienne est condamnée aux dépens.
      Signatures
      * Langue de procédure: l’italien.