CELEX: 62004CJ0316
Language: fr
Date: 2005-11-10
Title: Arrêt de la Cour (deuxième chambre) du 10 novembre 2005.#Stichting Zuid-Hollandse Milieufederatie contre College voor de toelating van bestrijdingsmiddelen.#Demande de décision préjudicielle: College van Beroep voor het bedrijfsleven - Pays-Bas.#Autorisation de mise sur le marché des produits phytopharmaceutiques et biocides - Directive 91/414/CEE - Article 8 - Directive 98/8/CE - Article 16 - Pouvoir des États membres pendant la période transitoire.#Affaire C-316/04.

Affaire C-316/04
      Stichting Zuid-Hollandse Milieufederatie
      contre
      College voor de toelating van bestrijdingsmiddelen
      (demande de décision préjudicielle, introduite par 
      le College van Beroep voor het bedrijfsleven)
      «Autorisation de mise sur le marché des produits phytopharmaceutiques et biocides — Directive 91/414/CEE — Article 8 — Directive
         98/8/CE — Article 16 — Pouvoir des États membres pendant la période transitoire»
      
      Conclusions de l'avocat général M. F. G. Jacobs, présentées le 14 juillet 2005 
      Arrêt de la Cour (deuxième chambre) du 10 novembre 2005 
      Sommaire de l'arrêt
      1.     Rapprochement des législations — Produits biocides — Directive 98/8 — Autorisation préalable de mise sur le marché — Mesures
            transitoires — Obligation de «standstill» — Absence — Obligations des États membres pendant le délai de transposition — Obligation
            de ne pas adopter des dispositions susceptibles de compromettre sérieusement le résultat prescrit par la directive — Appréciation
            par la juridiction nationale
      (Art. 10, al. 2, CE et 249, al. 3, CE; directive du Parlement européen et du Conseil 98/8, art. 16, § 1)
      2.     Agriculture — Rapprochement des législations — Mise sur le marché des produits phytopharmaceutiques — Directive 91/414 — Autorisation
            par un État membre de la mise sur le marché sur son territoire de produits phytopharmaceutiques contenant des substances actives
            non visées à l'annexe I, déjà sur le marché deux ans après la notification de la directive — Obligation de respecter les exigences
            de l'article 4 ou 8, paragraphe 3, de la directive — Absence
      (Directive du Conseil 91/414, art. 8, § 2)
      3.     Rapprochement des législations — Produits biocides — Directive 98/8 — Autorisation préalable de mise sur le marché — Mesures
            transitoires — Portée de l'article 16 identique à celle de l'article 8, paragraphe 2, de la directive 91/414
      (Directive du Parlement européen et du Conseil 98/8, art. 16, § 1; directive du Conseil 91/414, art. 8, § 2)
      4.     Agriculture — Rapprochement des législations — Mise sur le marché des produits phytopharmaceutiques — Directive 91/414 — Réexamen
            desdits produits — Notion — Réglementation nationale prévoyant une évaluation pouvant avoir pour conséquence l'indication
            de la substance active aux fins de l'autorisation ou de l'enregistrement de plein droit des produits phytopharmaceutiques
            la contenant — Appréciation par la juridiction nationale — Critères
      (Directive du Conseil 91/414, art. 8, § 3)
      5.     Agriculture — Rapprochement des législations — Mise sur le marché des produits phytopharmaceutiques — Directive 91/414 — Réexamen
            desdits produits — Autorisation par un État membre de la mise sur le marché sur son territoire de produits phytopharmaceutiques
            contenant des substances actives non visées à l'annexe I, déjà sur le marché deux ans après la notification de la directive
            — Exigences concernant les données à fournir — Portée
      (Directive du Conseil 91/414, art. 8, § 3)
      1.     L'article 16, paragraphe 1, de la directive 98/8, concernant la mise sur le marché des produits biocides, qui prévoit une
         période transitoire au cours de laquelle les États membres sont autorisés à continuer d'appliquer leurs systèmes nationaux,
         bien qu'ils ne soient pas conformes à ladite directive, doit être interprété en ce sens qu'il ne constitue pas une obligation
         de «standstill». Cependant, les articles 10, deuxième alinéa, CE et 249, troisième alinéa, CE ainsi que la directive 98/8
         imposent que, pendant la période transitoire prévue à l'article 16, paragraphe 1, de cette directive, les États membres s'abstiennent
         de prendre des dispositions de nature à compromettre sérieusement la réalisation du résultat prescrit par celle-ci. Il appartient
         à la juridiction nationale d'apprécier si tel est le cas des dispositions nationales dont elle est chargée d'examiner la légalité.
      
      (cf. points 43-44, disp. 1)
      2.     L'article 8, paragraphe 2, de la directive 91/414, concernant la mise sur le marché des produits phytopharmaceutiques, doit
         être interprété en ce sens que, si un État membre autorise la mise sur le marché, sur son territoire, de produits phytopharmaceutiques
         contenant des substances actives non visées à l'annexe I de ladite directive et qui étaient déjà sur le marché deux ans après
         la date de notification de celle-ci, il n'est pas tenu d'observer les dispositions de l'article 4 ou 8, paragraphe 3, de cette
         même directive.
      
      (cf. point 57, disp. 2)
      3.     L'article 16, paragraphe 1, de la directive 98/8, concernant la mise sur le marché des produits biocides, qui prévoit une
         période transitoire au cours de laquelle les États membres sont autorisés à continuer d'appliquer leurs systèmes nationaux,
         bien qu'ils ne soient pas conformes à ladite directive, a la même signification que l'article 8, paragraphe 2, de la directive
         91/414, concernant la mise sur le marché des produits phytopharmaceutiques, qui permet à un État membre, pendant une période
         transitoire, d'autoriser la mise sur le marché sur son territoire de produits phytopharmaceutiques contenant des substances
         actives non visées à l'annexe I, déjà sur le marché deux ans après la date de notification de la directive.
      
      (cf. point 63, disp. 3)
      4.     Un réexamen au sens de la directive 91/414, concernant la mise sur le marché des produits phytopharmaceutiques, présuppose
         que le produit phytopharmaceutique en question ait déjà fait l'objet d'une autorisation et que cette dernière soit encore
         valable au moment du réexamen. Par ailleurs, il ressort de la lecture combinée des articles 4, paragraphe 5, et 8, paragraphe
         3, de ladite directive que l'objet de ce réexamen n'est pas une réévaluation d'une substance active isolée, mais bien celle
         du produit phytopharmaceutique final, et que c'est à l'initiative des autorités nationales et non à celle des particuliers
         intéressés qu'il est procédé à un tel réexamen. Il appartient au juge national d'apprécier si l'évaluation prévue par une
         disposition d'une loi nationale sur les pesticides, laquelle évaluation pouvant avoir pour conséquence l'indication de la
         substance active aux fins de l'autorisation ou de l'enregistrement de plein droit des produits phytopharmaceutiques qui la
         contiennent, correspond à toutes les caractéristiques du réexamen au sens de l'article 8, paragraphe 3, de la directive 91/414
         et, notamment, à celles ainsi précisées.
      
      (cf. points 67-69, disp. 4)
      5.     L'article 8, paragraphe 3, de la directive 91/414, concernant la mise sur le marché des produits phytopharmaceutiques, qui
         prévoit que lorsqu'ils procèdent au réexamen de produits phytopharmaceutiques contenant une substance active non visée à l'annexe
         I, et qui est déjà sur le marché deux ans après la date de notification de la directive, et avant que ce réexamen ait lieu,
         les États membres appliquent les exigences prévues à l'article 4, paragraphe 1, point b), i) à v), et points c) à f), selon
         les dispositions nationales concernant les données à fournir, doit être interprété en ce sens qu'il ne contient que des dispositions
         relatives à la fourniture de données préalablement à un réexamen.
      
      (cf. point 74, disp. 5)
ARRÊT DE LA COUR (deuxième chambre)
      10 novembre 2005 (*)
      
      «Autorisation de mise sur le marché des produits phytopharmaceutiques et biocides – Directive 91/414/CEE – Article 8 – Directive 98/8/CE – Article 16 – Pouvoir des États membres pendant la période transitoire»
      Dans l'affaire C-316/04,
      ayant pour objet une demande de décision préjudicielle au titre de l'article 234 CE, introduite par le College van Beroep
         voor het bedrijfsleven (Pays-Bas), par décision du 22 juillet 2004, parvenue à la Cour le 26 juillet 2004, dans la procédure
      
      Stichting Zuid-Hollandse Milieufederatie
      contre
      College voor de toelating van bestrijdingsmiddelen,
      en présence de:
      3M Nederland BV e.a.,
      LA COUR (deuxième chambre),
      composée de M. C. W. A. Timmermans, président de chambre, MM. J. Makarczyk, R. Schintgen, G. Arestis et J. Klučka (rapporteur),
         juges,
      
      avocat général: M. F. G. Jacobs,
      greffier: Mme M. Ferreira, administrateur principal,
      
      vu la procédure écrite et à la suite de l'audience du 2 juin 2005,
      considérant les observations présentées:
      –       pour la Stichting Zuid-Hollandse Milieufederatie, par M. J. Rutteman, en qualité d'agent,
      –       pour 3M Nederland BV e.a., par Me D. Waelbroeck, avocat,
      
      –       pour le gouvernement néerlandais, par Mmes H. G. Sevenster, J. G. M. van Bakel et C. M. Wissels, en qualité d'agents,
      
      –       pour le gouvernement danois, par M. A. Rahbøl Jacobsen, en qualité d'agent, assisté de Me P. Biering, advokat,
      
      –       pour le gouvernement français, par M. G. de Bergues et Mme R. Loosli‑Surrans, en qualité d'agents,
      
      –       pour la Commission des Communautés européennes, par MM. B. Doherty et M. van Beek, en qualité d'agents,
      ayant entendu l'avocat général en ses conclusions à l'audience du 14 juillet 2005,
      rend le présent
      Arrêt
      1       La demande de décision préjudicielle porte sur l'interprétation des dispositions transitoires de la directive 91/414/CEE du
         Conseil, du 15 juillet 1991, concernant la mise sur le marché des produits phytopharmaceutiques (JO L 230, p. 1), et de celles
         de la directive 98/8/CE du Parlement européen et du Conseil, du 16 février 1998, concernant la mise sur le marché des produits
         biocides (JO L 123, p. 1).
      
      2       Cette demande a été présentée dans le cadre d'un litige opposant la Stichting Zuid-Hollandse Milieufederatie (ci-après la
         «Stichting») au College voor de toelating van bestrijdingsmiddelen (ci-après le «College»), au sujet de la procédure et des
         conditions prévues par le droit néerlandais pour la délivrance des autorisations de mise sur le marché des produits pesticides.
      
       Le cadre juridique
       La réglementation communautaire
       La directive 91/414
      3       Conformément à l'article 2, paragraphe 1, de la directive 91/414, on entend par produits phytopharmaceutiques «[l]es substances
         actives et les préparations contenant une ou plusieurs substances actives qui sont présentées sous la forme dans laquelle
         elles sont livrées à l'utilisateur» et qui sont principalement destinées à protéger les végétaux ou les produits végétaux
         contre les organismes nuisibles. En vertu de l'article 2, paragraphe 4, de ladite directive, les substances actives sont définies
         comme «substances ou micro‑organismes, y compris les virus exerçant une action générale ou spécifique» sur les organismes
         nuisibles ou sur les végétaux, parties de végétaux ou produits végétaux.
      
      4       Selon l'article 3, paragraphe 1, de la directive 91/414, un produit phytopharmaceutique ne peut être mis sur le marché et
         utilisé dans un État membre que lorsque les autorités compétentes de celui-ci l'ont autorisé conformément aux dispositions
         de cette directive.
      
      5       En vertu de l'article 4, paragraphe 1, de ladite directive, les États membres veillent à ce qu'un produit phytopharmaceutique
         soit autorisé uniquement «si ses substances actives sont énumérées à l'annexe I et si [sont remplies] les conditions fixées
         à ladite annexe», ainsi que celles énoncées au paragraphe 1, sous b) à f), du même article. 
      
      6       L'article 4, paragraphe 5, de la directive 91/414 est libellé de la manière suivante:
      «Les autorisations peuvent être réexaminées à tout moment si l'on a des raisons de croire que l'une des exigences énumérées
         au paragraphe 1 n'est plus respectée. Dans ce cas, les États membres peuvent demander au demandeur de l'autorisation ou à
         la partie à laquelle une extension du champ d'application a été accordée conformément à l'article 9 de fournir les informations
         supplémentaires requises pour ce réexamen. L'autorisation peut, s'il y a lieu, être maintenue pour la durée nécessaire pour
         procéder à un réexamen et pour fournir ces informations supplémentaires.»
      
      7       L'article 8 de ladite directive est relatif aux mesures transitoires et dérogatoires. Le paragraphe 1 de cet article précise
         les exigences auxquelles il doit être satisfait pour délivrer une autorisation de mise sur le marché de produits phytopharmaceutiques
         contenant une substance active ne figurant pas à l'annexe I de la même directive et qui n'était pas encore sur le marché deux
         ans après la notification de celle-ci.
      
      8       Aux termes de l'article 8, paragraphe 2, de la directive 91/414: 
      «Par dérogation à l'article 4 et sans préjudice des dispositions du paragraphe 3 et de la directive 79/117/CEE, un État membre
         peut, pendant une période de douze ans à compter de la date de notification de la présente directive, autoriser la mise sur
         le marché sur son territoire, de produits phytopharmaceutiques contenant des substances actives non visées à l'annexe I, qui
         sont déjà sur le marché deux ans après la date de notification de la présente directive.
      
      […]»
      9       En vertu du paragraphe 3 du même article 8, «[l]orsqu'ils procèdent au réexamen de produits phytopharmaceutiques contenant
         une substance active, conformément au paragraphe 2, et avant que ce réexamen ait lieu, les États membres appliquent les exigences
         prévues à l'article 4 paragraphe 1 point b) i) à v), points c) à f), selon les dispositions nationales concernant les données
         à fournir».
      
      10     Conformément à l'article 13, paragraphe 6, de la directive 91/414, «pour les substances actives déjà sur le marché deux ans
         après la notification de la présente directive, les États membres pourront continuer, dans le respect des dispositions du
         traité, d'appliquer les règles nationales antérieures concernant les exigences en matière d'informations tant que ces substances
         ne seront pas inscrites à l'annexe I».
      
      11     Aux termes de l'article 23 de ladite directive, la mise en œuvre de cette dernière devait avoir lieu «dans un délai de deux
         ans à partir de la date de notification».
      
       La directive 98/8
      12     Conformément à l'article 2, paragraphe 1, sous a), de la directive 98/8, les produits biocides sont définis comme «substances
         actives et […] préparations contenant une ou plusieurs substances actives qui sont présentées sous la forme dans laquelle
         elles sont livrées à l'utilisateur, qui sont destinées à détruire, repousser ou rendre inoffensifs les organismes nuisibles,
         à en prévenir l'action ou à les combattre de toute autre manière, par une action chimique ou biologique». 
      
      13     En vertu de l'article 3, paragraphe 1, de ladite directive, «[l]es États membres disposent qu'un produit biocide n'est pas
         mis sur le marché ni utilisé sur leur territoire à moins d'avoir été autorisé conformément à la présente directive».
      
      14     L'article 5, paragraphe 1, de la même directive prévoit que les États membres autorisent un produit biocide uniquement si
         «sa ou ses substances actives sont énumérées à l'annexe I ou I A et si les exigences fixées dans lesdites annexes sont satisfaites»
         et si un certain nombre d'autres conditions sont remplies.
      
      15     L'article 16, paragraphe 1, de la directive 98/8, relatif aux mesures transitoires, prévoit qu'«un État membre peut, pendant
         une période de dix ans […], continuer à appliquer son système ou ses pratiques en vigueur pour la mise sur le marché des produits
         biocides. Il peut, en particulier, conformément aux règles nationales existantes, autoriser la mise sur le marché sur son
         territoire d'un produit biocide contenant des substances actives non inscrites à l'annexe I ou I A […]». Cependant, ces substances
         actives doivent se trouver sur le marché dans un délai maximal de 24 mois à compter de l'entrée en vigueur de ladite directive,
         en tant que substances actives d'un produit biocide à des fins autres que celles de recherche et développement scientifiques
         ou de recherche et développement de production.
      
      16     Conformément au paragraphe 5 de ce même article, «[l]es dispositions de la directive 83/189/CEE du Conseil du 28 mars 1983
         prévoyant une procédure d'information dans le domaine des normes et réglementations techniques […] restent applicables durant
         la période transitoire visée au paragraphe 2».
      
      17     L'article 34 de la même directive dispose que les États membres mettent en vigueur les mesures nécessaires pour se conformer
         à cette directive dans un délai maximal de 24 mois à compter de l'entrée en vigueur de celle-ci. Conformément à son article
         35, cette directive «entre en vigueur le vingtième jour suivant celui de sa publication», soit le 14 mai 1998.
      
       La réglementation nationale
      18     L'article 2, paragraphe 1, de la loi sur les pesticides (Bestrijdingsmiddelenwet) de 1962 (Stb. 1962, n° 288), dans sa version
         applicable au moment des faits au principal (ci-après la «Bmw»), dispose:
      
      «Il est interdit de livrer, de détenir ou de détenir en stock, d'introduire ou d'utiliser aux Pays-Bas tout pesticide dont
         il n'est pas établi qu'il a été autorisé en vertu de la présente loi ou, lorsqu'il s'agit d'un produit biocide présentant
         un faible risque, a été enregistré.»
      
      19     L'article 3, paragraphe 1, de la Bmw vise à transposer principalement les dispositions de l'article 4, paragraphe 1, de la
         directive 91/414. En particulier, cet article 3, paragraphe 1, sous a), points 1 à 10, fixe des conditions qui correspondent
         pour l'essentiel à celles dudit article 4, paragraphe 1, sous b), i) à v), et le même article 3, paragraphe 1, sous b) à d),
         fixe les conditions qui correspondent à celles prévues audit article 4, paragraphe 1, sous c) à e).
      
      20     L'article 3, paragraphe 2, sous a), de la Bmw vise à transposer les dispositions de l'article 4, paragraphe 1, sous a), de
         la directive 91/414.
      
      21     L'article 4, paragraphe 1, de cette même loi prévoit que les décisions relatives à l'autorisation ou à l'enregistrement de
         pesticides sont prises, sur demande, par le College.
      
      22     L'article 25d de la Bmw est libellé de la manière suivante:
      «1.      Par dérogation aux dispositions des articles 3, 3a, 4, paragraphe l, et 5, paragraphe l, ou des textes pris pour leur application,
         un produit phytopharmaceutique dont la ou les substances actives ont été indiquées par le College est autorisé ou enregistré
         de plein droit à compter de la date visée au paragraphe 3.
      
      2.      Pour déterminer une substance active, visée au paragraphe 1, il est tenu compte des effets de cette substance, visés à l'article
         3, paragraphe 1, sous a), points 3 à 10.
      
      3.      […] Par dérogation à l'article 5, paragraphe l, l'autorisation ou l'enregistrement est valable jusqu'à la date limite de mise
         en œuvre d'une disposition communautaire relative à la substance active concernée au sens de l'article 3, paragraphe 2, sous
         a), étant entendu qu'il reste en tout cas valable après le 26 juillet 2003 ou le 15 mai 2010 si, au plus tard à l'une ou à
         l'autre de ces dates, aucune disposition communautaire indiquant si la substance active concernée peut être utilisée comme
         composant d'un produit phytopharmaceutique ou d'un produit biocide n'a été arrêtée.
      
      […]»
       Le litige au principal et les questions préjudicielles
      23     Le 12 juin 2002, la Stichting a introduit une réclamation contre la décision rendue le même jour, par laquelle le College
         a établi une liste des substances actives en application de l’article 25d de la Bmw et a accordé d'office les autorisations
         visées à ce même article.
      
      24     Par décision du 12 mai 2004, le College a considéré les griefs de la Stichting non fondés V.
      25     Le 28 mai 2004, la Stichting a introduit un recours contre cette décision devant le College van Beroep voor het bedrijfsleven
         qui, saisi en substance d'un problème relatif à la compatibilité de l'article 25d de la Bmw avec les dispositions transitoires
         des directives 91/414 et 98/8, a décidé de surseoir à statuer et de poser à la Cour les questions préjudicielles suivantes:
      
      «1)      a)     L'article 8 de la directive sur les produits phytopharmaceutiques se prête-t-il à une application par le juge national après
         l'expiration du délai visé à l'article 23 de cette directive?
      
               b)     L'article 16 de la directive sur les produits biocides se prête-t-il à une application par le juge national après l'expiration
         du délai visé à l'article 34 de cette directive?
      
      2)      L'article 16 de la directive sur les produits biocides doit-il être interprété en ce sens qu'il a la même signification que
         l'article 8, paragraphe 2, de la directive sur les produits phytopharmaceutiques?
      
      3)      L'article 16, paragraphe 1, de la directive sur les produits biocides doit-il être interprété en ce sens qu'il crée une obligation
         de standstill?
      
      En cas de réponse négative à cette question:
      L'article 16, paragraphe 1, de la directive sur les produits biocides apporte-t-il des restrictions aux modifications de la
         réglementation nationale relative à la mise sur le marché de produits biocides et, le cas échéant, lesquelles?
      
      4)      En cas de réponse négative à la deuxième question:
               a)     L'article 8, paragraphe 2, de la directive sur les produits phytopharmaceutiques doit-il être interprété en ce sens que, si
         un État membre autorise la mise sur le marché, sur son territoire, de produits phytopharmaceutiques contenant des substances
         actives non visées à l'annexe I et qui étaient déjà sur le marché deux ans après la date de notification de cette directive,
         il doit observer les dispositions de l'article 4 de cette directive?
      
               b)     L'article 8, paragraphe 2, de la directive sur les produits phytopharmaceutiques doit-il ensuite être interprété en ce sens
         que, si un État membre autorise la mise sur le marché, sur son territoire, de produits phytopharmaceutiques contenant des
         substances actives non visées à l'annexe I et qui étaient déjà sur le marché deux ans après la date de notification de cette
         directive, il doit observer les dispositions de l'article 8, paragraphe 3, de cette directive?
      
      5)      L'article 8, paragraphe 3, de la directive sur les produits phytopharmaceutiques doit-il être interprété en ce sens que, par
         réexamen, il faut aussi entendre une évaluation qui tient compte des effets d'une substance active sur la santé humaine et
         animale et sur l'environnement, et sur la base de laquelle cette substance active est indiquée, laquelle indication a pour
         effet que les produits phytopharmaceutiques qui contiennent la substance active sont autorisés ou enregistrés de plein droit?
      
      6)      L'article 8, paragraphe 3, de la directive sur les produits phytopharmaceutiques doit-il être interprété en ce sens qu'il
         ne contient que des dispositions relatives à la fourniture de données préalablement à un réexamen ou doit-il être interprété
         en ce sens que les conditions qu'il cite sont également importantes pour la manière dont un réexamen doit être organisé et
         effectué?»
      
       Sur les questions préjudicielles
       Sur la recevabilité
      26     Dans ses observations soumises à la Cour, le gouvernement français exprime, à titre liminaire, des doutes quant à la recevabilité
         de certaines questions posées. 
      
      27     Il relève d'abord que la juridiction de renvoi se réfère, dans la première partie de sa première question, à l'ensemble de
         l'article 8 de la directive 91/414 sans préciser lequel des paragraphes de cet article, qui visent des situations sensiblement
         différentes, est en cause. Il considère ensuite que l'article 23 de ladite directive ne concerne que l'application de l'article
         10, paragraphe 1, deuxième tiret, de celle-ci, relatif aux procédures de reconnaissance mutuelle en relation avec certaines
         exigences de l'article 4 de la directive 91/414. Par conséquent, la première partie de la première question concernant l'interprétation
         de l'article 8 de la même directive serait irrecevable au motif que la réponse n'est pas nécessaire à la résolution du litige
         au principal.
      
      28     Enfin, en ce qui concerne la seconde partie de la première question, mais également les deuxième et troisième questions, qui
         portent sur l’interprétation de la directive 98/8, le gouvernement français estime qu'elles sont irrecevables, au motif que
         le litige au principal est relatif aux produits phytopharmaceutiques et non aux produits biocides.
      
      29     À cet égard, il convient de rappeler que, conformément à une jurisprudence constante, dans le cadre de la coopération entre
         la Cour et les juridictions nationales, instituée par l'article 234 CE, il appartient au seul juge national, qui est saisi
         du litige et qui doit assumer la responsabilité de la décision juridictionnelle à intervenir, d'apprécier, au regard des particularités
         de l'affaire, tant la nécessité d'une décision préjudicielle pour être en mesure de rendre son jugement que la pertinence
         des questions qu'il pose à la Cour. En conséquence, dès lors que les questions préjudicielles posées portent sur l'interprétation
         du droit communautaire, la Cour est, en principe, tenue de statuer (voir, notamment, arrêts du 15 décembre 1995, Bosman, C-415/93,
         Rec. p. I‑4921, point 59, et du 19 février 2002, Arduino, C-35/99, Rec. p. I‑1529, point 24).
      
      30     Toutefois, la Cour a également indiqué que, dans des hypothèses exceptionnelles, il lui appartient d'examiner les conditions
         dans lesquelles elle est saisie par le juge national en vue de vérifier sa propre compétence (voir, en ce sens, arrêt du 16
         décembre 1981, Foglia, 244/80, Rec. p. 3045, point 21). Le refus de statuer sur une question préjudicielle, posée par une
         juridiction nationale, n'est possible que lorsqu'il apparaît de manière manifeste que l'interprétation du droit communautaire
         sollicitée n'a aucun rapport avec la réalité ou l'objet du litige au principal, lorsque le problème est de nature hypothétique
         ou lorsque la Cour ne dispose pas des éléments de fait et de droit nécessaires pour répondre de façon utile aux questions
         qui lui sont posées (voir, notamment, arrêts précités Bosman, point 61, et Arduino, point 25).
      
      31     En l'espèce, il n'apparaît pas de manière manifeste que les questions posées par la juridiction de renvoi relèvent de l'un
         desdits cas de figure.
      
      32     D'une part, bien que le College van Beroep voor het bedrijfsleven n'a pas indiqué dans la première partie de sa première question
         les paragraphes de l'article 8 de la directive 91/414 qu'il a entendu viser, cette juridiction a néanmoins fourni à la Cour
         tous les éléments nécessaires pour qu'elle soit en mesure de lui apporter une réponse utile. En effet, il ressort sans équivoque
         de la décision de renvoi que le College van Beroep voor het bedrijfsleven a visé les paragraphes 2 et 3 dudit article 8, en
         ce qu'ils sont relatifs aux produits phytopharmaceutiques contenant des substances actives non inscrites à l'annexe I de la
         même directive, et qui sont déjà sur le marché deux ans après la date de notification de celle-ci, ainsi que le paragraphe
         1 de l'article 23 de ladite directive, en ce qu'il fixe le délai de transposition dans les deux ans à partir de la date de
         la notification de cette même directive.
      
      33     D'autre part, il ne saurait être soutenu que l'interprétation de la directive 98/8 n'a aucun rapport avec la réalité ou l'objet
         du litige au principal ou que le problème posé est de nature hypothétique, puisqu'il ressort tant de la décision de renvoi
         que des observations du gouvernement néerlandais que l'article 25d de la Bmw vise à transposer non seulement l'article 8,
         paragraphe 2, de la directive 91/414, mais également l'article 16, paragraphe 1, de la directive 98/8.
      
      34     Dès lors, toutes les questions posées sont recevables.
       Sur le fond
       Sur la troisième question
      35     Par sa troisième question, qu'il convient d'analyser en premier lieu, la juridiction de renvoi demande s'il convient d'interpréter
         l'article 16, paragraphe 1, de la directive 98/8 comme constituant une obligation de «standstill» ou si cet article contient
         d'autres restrictions au droit des États membres de modifier leurs systèmes d'autorisation existants pendant la période transitoire.
      
      36     Selon la Stichting, l'absence dans la directive 91/414 des termes «continuer à appliquer son système ou ses pratiques en vigueur
         V», tels qu'ils figurent à l’article 16 de la directive 98/8, signifie que le système des autorisations de mise sur le marché
         applicable au moment de l'entrée en vigueur de cette dernière directive doit être maintenu. Des modifications ne seraient
         autorisées que dans la mesure où elles aboutissent à un système plus conforme à la directive 98/8.
      
      37     Il convient de relever, tout d'abord, que l'éventuelle existence d'une obligation de «standstill» ne peut pas être déduite
         du libellé même de l'article 16, paragraphe 1, de la directive 98/8, lequel article ne contient aucune formulation explicite
         en ce sens.
      
      38     Une telle obligation de «standstill» ne résulte pas davantage du dix‑huitième considérant de la directive 98/8, selon lequel,
         d'une part, «les États membres devraient pouvoir autoriser, pour une durée limitée, des produits biocides, qui ne respectent
         pas les conditions susmentionnées en particulier dans le cas d'un danger imprévu menaçant l'homme, les animaux et l'environnement
         et qui ne peut être combattu par d'autres moyens», et, d'autre part, «la procédure communautaire ne devrait pas empêcher les
         États membres d'autoriser, sur leur territoire, pour une durée limitée, l'utilisation de produits biocides contenant une substance
         active non encore inscrite sur la liste communautaire, à condition qu'un dossier conforme aux exigences communautaires ait
         été soumis et que l'État membre en cause estime que la substance active et les produits biocides satisfont aux conditions
         communautaires fixées à cet égard».
      
      39     En outre, ainsi que le font valoir à bon droit 3M Nederland BV e.a. (ci-après «3M Nederland e.a.»), le gouvernement néerlandais
         et la Commission des Communautés européennes, l'article 16, paragraphe 5, de la directive 98/8 prévoit que les dispositions
         de la directive 83/189, établissant une procédure d'information dans le domaine des normes et réglementations techniques,
         restent applicables durant la période transitoire. Il y a également lieu de relever que l'article 34, paragraphe 3, de la
         directive 98/8 impose aux États membres l'obligation de communiquer à la Commission les textes des dispositions de droit interne
         qu'ils adoptent dans le domaine couvert par cette même directive. Dans la mesure où le paragraphe 1 de ce dernier article
         prévoit une communication spécifique pour les mesures internes adoptées afin de transposer la directive 98/8, et compte tenu
         de la finalité des dispositions des articles 16, paragraphe 5, et 34, paragraphe 3, de celle-ci force est de constater que
         ladite directive a envisagé également d'autres modifications des régimes nationaux au cours de la période transitoire que
         celles visant à assurer sa transposition.
      
      40     Il s'ensuit qu'il n'y a pas lieu d'interpréter les termes «continuer à appliquer son système ou ses pratiques en vigueur pour
         la mise sur le marché des produits biocides», figurant à l'article 16, paragraphe 1, de la directive 98/8 comme constituant
         une obligation de «standstill». 
      
      41     Cependant, le droit des États membres de modifier leurs systèmes d'autorisation des produits biocides ne saurait être considéré
         comme illimité.
      
      42     En effet, il convient de rappeler que, si les États membres ne sont pas tenus d'adopter les mesures de transposition d'une
         directive avant l'expiration du délai prévu à cet effet, il résulte de l'application combinée des articles 10, deuxième alinéa,
         CE et 249, troisième alinéa, CE ainsi que de la directive elle-même que, pendant ce délai, ils doivent s'abstenir de prendre
         des dispositions de nature à compromettre sérieusement le résultat prescrit par cette directive (arrêt du 18 décembre 1997,
         Inter‑Environnement Wallonie, C‑129/96, Rec. p. I‑7411, point 45). Il en va de même en ce qui concerne une période transitoire,
         telle que celle prévue en l'espèce à l'article 16, paragraphe 1, de la directive 98/8, au cours de laquelle les États membres
         sont autorisés à continuer d'appliquer leurs systèmes nationaux, bien qu'ils ne soient pas conformes à ladite directive.
      
      43     Par conséquent, il appartient à la juridiction nationale d'apprécier si tel est le cas des dispositions nationales dont elle
         est chargée d'examiner la légalité.
      
      44     Il convient donc de répondre à la troisième question que l'article 16, paragraphe 1, de la directive 98/8 doit être interprété
         en ce sens qu'il ne constitue pas une obligation de «standstill». Cependant, les articles 10, deuxième alinéa, CE et 249,
         troisième alinéa, CE ainsi que la directive 98/8 imposent que, pendant la période transitoire prévue à l'article 16, paragraphe
         1, de cette directive, les États membres s'abstiennent de prendre des dispositions de nature à compromettre sérieusement la
         réalisation du résultat prescrit par celle-ci.
      
       Sur la quatrième question
      45     Par sa quatrième question, qui se subdivise en deux parties, la juridiction de renvoi demande si l'article 8, paragraphe 2,
         de la directive 91/414 doit être interprété en ce sens que, si un État membre autorise la mise sur le marché, sur son territoire,
         de produits phytopharmaceutiques contenant des substances actives non visées à l'annexe I de cette même directive et qui étaient
         déjà sur le marché deux ans après la date de notification de celle-ci, il doit respecter les dispositions de l'article 4 ou
         8, paragraphe 3, de ladite directive.
      
      46     À titre liminaire, il y a lieu de relever, ainsi que le font valoir à juste titre 3M Nederland e.a., le gouvernement néerlandais
         et la Commission, que l'article 8, paragraphe 2, de la directive 91/414 s'applique par dérogation à l'article 4 de cette même
         directive et que, à la différence du paragraphe 1 dudit article 8, il ne spécifie pas les exigences auxquelles il doit être
         satisfait pour délivrer une autorisation de mise sur le marché. Il précise, cependant, qu'une telle autorisation est délivrée
         sans préjudice des dispositions du paragraphe 3 du même article 8.
      
      47     Aux termes de ce paragraphe 3, «les États membres appliquent les exigences prévues à l'article 4, paragraphe 1 point b) i)
         à v), points c) à f)», lorsqu'ils procèdent au «réexamen de produits phytopharmaceutiques contenant une substance active»
         non visée à l'annexe I de la directive 91/414 et qui est déjà sur le marché deux ans après la date de notification de cette
         directive, et avant que ce réexamen ait lieu.
      
      48     Un tel réexamen présuppose, ainsi que le soutiennent également 3M Nederland e.a. et le gouvernement néerlandais, que le produit
         phytopharmaceutique a déjà fait l'objet d'une autorisation de mise sur le marché et que celle-ci est encore valable. Cela
         peut être déduit, notamment, de l'article 4, paragraphe 5, de la directive 91/414, aux termes duquel les autorisations de
         produits phytopharmaceutiques dont les substances actives sont énumérées à l'annexe I de cette directive peuvent êtres réexaminées
         à tout moment s'il y a des raisons de croire que l'une des exigences pour leur octroi n'est plus respectée.
      
      49     En outre, ainsi qu'il a été jugé au point 39 de l'arrêt du 3 mai 2001, Monsanto (C‑306/98, Rec. p. I-3279), c'est à l'aune
         des exigences prévues à l'article 4, paragraphe 1, sous b), i) à v), et sous c) à f), de la directive 91/414 que les États
         membres décident de procéder au réexamen de produits phytopharmaceutiques.
      
      50     L'article 8, paragraphe 3, de la directive 91/414 doit donc être interprété en ce sens que la procédure de réexamen prévue
         par cette disposition comporte une phase préalable, fonctionnellement liée à ce dernier, au cours de laquelle les États membres
         sont également tenus de respecter  les exigences prévues à l'article 4, paragraphe 1, sous b), i) à v), et sous c) à f), de
         ladite directive. Cette phase est cependant distincte de la procédure d'autorisation prévue à l'article 8, paragraphe 2, de
         cette même directive.
      
      51     Dès lors, il n'apparaît pas que les États membres seraient obligés d'observer les dispositions de l'article 4, paragraphe
         1, sous b), i) à v), et sous c) à f), de la directive 91/414, lorsqu'ils décident de procéder à une autorisation de mise sur
         le marché, sur leur territoire respectif, de produits phytopharmaceutiques contenant des substances actives non visées à l'annexe
         I de ladite directive et qui étaient déjà sur le marché deux ans après la date de notification de celle-ci. C'est donc en
         principe la procédure définie au niveau national qui est applicable aux fins de la délivrance de ces autorisations de mise
         sur le marché.
      
      52     Toutefois, les gouvernements danois et français font valoir en substance que l'obligation de respecter, en cas de procédure
         d'autorisation de produits phytopharmaceutiques en vertu de l'article 8, paragraphe 2, de la directive 91/414, les dispositions
         de l'article 4 de ladite directive, visées au paragraphe 3 du même article 8, résulte d'une lecture combinée des termes «sans
         préjudice des dispositions du paragraphe 3» et «[l]orsqu'ils procèdent au réexamen de produits phytopharmaceutiques contenant
         une substance active, conformément au paragraphe 2», figurant respectivement aux  paragraphes 2 et 3 de cet article 8.
      
      53     Cet argument ne saurait être retenu.
      54     En effet, ainsi que l'a relevé M. l'avocat général aux points 70 à 72 de ses conclusions, le renvoi effectué à l'article 8,
         paragraphe 2, de la directive 91/414 au paragraphe 3 de ce même article se limite à préciser que les produits phytopharmaceutiques
         autorisés conformément aux exigences du droit interne, en vertu dudit paragraphe 2, n'échappent pas à la procédure et aux
         conditions spécifiques du réexamen définies au paragraphe 3 dudit article 8. Parallèlement, les termes «[l]orsqu'ils procèdent
         au réexamen de produits phytopharmaceutiques contenant une substance active, conformément au paragraphe 2» signifient que
         la procédure de réexamen prévue à l'article 8, paragraphe 3, de la directive 91/414 s'applique aux produits phytopharmaceutiques
         contenant des substances actives non visées à l'annexe I de cette directive, qui sont déjà sur le marché deux ans après la
         date de notification de la même directive. Cette procédure vise donc des produits autorisés conformément au paragraphe 2 dudit
         article 8.
      
      55     Cette interprétation est conforme à l'économie et à la finalité du régime transitoire instauré par la directive 91/414, qui
         prévoit même pour les produits phytopharmaceutiques contenant des substances non visées à son annexe I et qui étaient, par
         conséquent, autorisés sur le fondement de l'article 8, paragraphe 2, de cette même directive une procédure de réexamen, laquelle
         correspond, dans certains aspects, à la procédure de réexamen de droit commun, prévue à l'article 4, paragraphe 5, de ladite
         directive.
      
      56     De plus, en ce qui concerne les exigences en matière de fourniture de données auxquelles est soumis le demandeur d'une autorisation
         de mise sur le marché d'un produit phytopharmaceutique, l'article 13, paragraphe 6, de la directive 91/414 prévoit que les
         États membres pourront continuer, dans le respect des dispositions du traité CE, d'appliquer les règles nationales antérieures
         concernant les exigences en matière d'informations tant que ces substances ne seront pas inscrites à l'annexe I de ladite
         directive.
      
      57     Compte tenu de ce qui précède, il y a lieu de répondre à la quatrième question que l'article 8, paragraphe 2, de la directive
         91/414 doit être interprété en ce sens que, si un État membre autorise la mise sur le marché, sur son territoire, de produits
         phytopharmaceutiques contenant des substances actives non visées à l'annexe I de ladite directive et qui étaient déjà sur
         le marché deux ans après la date de notification de celle-ci, il n'est pas tenu d'observer les dispositions de l'article 4
         ou 8, paragraphe 3, de cette même directive.
      
       Sur la deuxième question
      58     Par sa deuxième question, qu'il convient d'examiner ensuite, la juridiction de renvoi demande en substance si, en dépit de
         formulations différentes, les régimes transitoires prévus à l'article 16, paragraphe 1, de la directive 98/8 et à l'article
         8, paragraphe 2, de la directive 91/414 ont la même signification.
      
      59     À cet égard, il y a lieu de relever d'abord que, conformément au vingtième considérant de la directive 98/8, il convient de
         garantir une coopération étroite avec les autres législations communautaires, et en particulier avec la directive 91/414.
      
      60     Ensuite, il importe de rappeler que l'article 8, paragraphe 2, de la directive 91/414 ainsi que l'article 16, paragraphe 1,
         de la directive 98/8 ont pour but de permettre aux États membres d'appliquer, pendant la période transitoire définie dans
         ces deux directives, les procédures d'autorisation nationales existantes pour la mise sur le marché des produits couverts
         par ces mêmes directives et contenant des substances actives qui n'ont pas encore été évaluées au niveau communautaire. 
      
      61     Par conséquent, rien ne semble indiquer que la volonté du législateur communautaire était de donner à ces dernières une signification
         différente.
      
      62     Cette interprétation est corroborée par les points 43 et 44 de l'arrêt Monsanto, précité, aux termes desquels la Cour a jugé
         que le régime transitoire instauré par l'article 8, paragraphe 2, de la directive 91/414 correspond à la solution retenue
         à l'article 16, paragraphe 1, de la directive 98/8. 
      
      63     Au vu de ce qui précède, il convient de répondre à la deuxième question que l'article 16, paragraphe 1, de la directive 98/8
         a la même signification que l'article 8, paragraphe 2, de la directive 91/414.
      
       Sur la cinquième question
      64     Par sa cinquième question, la juridiction de renvoi demande en substance si par réexamen, tel que visé à l'article 8, paragraphe
         3, de la directive 91/414, il convient également d'entendre une évaluation au sens de l'article 25d, paragraphe 2, de la Bmw,
         laquelle évaluation peut avoir pour conséquence l'indication de la substance active aux fins de l'autorisation ou de l'enregistrement
         de plein droit des produits phytopharmaceutiques qui la contiennent.
      
      65     La Stichting soutient que l'indication des substances actives, au sens de l'article 25d de la Bmw, doit être considérée comme
         une autorisation au sens des articles 3, 4 et 8 de la directive 91/414. Le gouvernement français considère que la notion de
         réexamen de produits phytopharmaceutiques contenant une substance active, conformément à l'article 8, paragraphe 2, de cette
         même directive, doit couvrir non seulement le réexamen de produits bénéficiant déjà d'une autorisation de mise sur le marché,
         mais également l'examen de produits nouveaux qui n'en bénéficient pas encore et qui contiennent une substance active déjà
         utilisée dans les produits ayant bénéficié d'une autorisation en vertu de cette dernière disposition. La Commission fait valoir
         que, à l'instar de la procédure de réexamen des produits prévue à l'article 8, paragraphe 3, de la directive 91/414, l'évaluation
         des substances actives visé à l'article 25d de la Bmw a pour origine une initiative des autorités nationales. Par conséquent,
         la Stichting, le gouvernement français et la Commission concluent que ladite évaluation serait un réexamen et devrait respecter
         les exigences dudit article 8, paragraphe 3.
      
      66     3M Nederland e.a. ainsi que le gouvernement néerlandais estiment, en revanche, que  l'article 8, paragraphe 3, de la directive
         91/414 et l'article 25d de la Bmw ont des objets et des champs d'application différents. En effet, le premier de ces articles
         ne s'appliquerait qu'en cas de réexamen des produits disposant encore d'une autorisation valable, ce qui serait confirmé au
         point 34 de l'arrêt Monsanto, précité, tandis que le second ne s'appliquerait qu'aux pesticides dont les autorisations arrivent
         à expiration. De plus, compte tenu des différences dans la définition des termes «réexamen» et «vérification», ni les prolongations
         automatiques des autorisations ni l'évaluation des substances actives, laquelle, en vertu de l'article 25d de la Bmw, tient
         compte des effets sur la santé humaine et animale ainsi que sur l'environnement, ne sauraient être considérés comme des réexamens,
         au sens de l'article 8, paragraphe 3, de la directive 91/414.
      
      67     À cet égard, il y a lieu de rappeler, ainsi qu'il a déjà été jugé au point 48 du présent arrêt qu'un réexamen au sens de la
         directive 91/414 présuppose que le produit phytopharmaceutique en question ait déjà fait l'objet d'une autorisation et que
         cette dernière soit encore valable au moment du réexamen.
      
      68     Par ailleurs, il ressort de la lecture combinée des articles 4, paragraphe 5, et 8, paragraphe 3, de la directive 91/414 que
         l'objet de ce réexamen n'est pas une réévaluation d'une substance active isolée, mais bien celle du produit phytopharmaceutique
         final, et que c'est à l'initiative des autorités nationales et non à celle des particuliers intéressés qu'il est procédé à
         un tel réexamen.
      
      69     Il y a donc lieu de répondre à la cinquième question qu'il appartient à la juridiction de renvoi d'apprécier si l'évaluation
         prévue à l'article 25d, paragraphe 2, de la Bmw correspond à toutes les caractéristiques du réexamen au sens de l'article
         8, paragraphe 3, de la directive 91/414 et, notamment, à celles qui sont précisées aux points 67 et 68 du présent arrêt.
      
       Sur la sixième question
      70     Par sa sixième question, la juridiction de renvoi demande si l'article 8, paragraphe 3, de la directive 91/414 contient uniquement
         des dispositions concernant la communication de données préalablement à un réexamen ou s'il doit être interprété en ce sens
         que les conditions qu'il énonce ont également une incidence sur la manière dont un réexamen doit être organisé et effectué.
      
      71     À cet égard, il a déjà été rappelé au point 47 du présent arrêt que, conformément à l'article 8, paragraphe 3, de la directive
         91/414, les États membres appliquent les exigences prévues à l'article 4, paragraphe 1, sous b), i) à v), et sous c) à f),
         de ladite directive lorsqu'ils procèdent au «réexamen de produits phytopharmaceutiques contenant une substance active» non
         visée à l'annexe I de la même directive et qui est déjà sur le marché deux ans après la date de notification de celle-ci,
         et avant que ce réexamen ait lieu. Par ailleurs, il ressort de la lecture de l'article 8, paragraphe 3, de la directive 91/414
         que les États membres appliquent ces exigences selon les dispositions nationales concernant les données à fournir.
      
      72     Les exigences prévues à l'article 4, paragraphe 1, sous b) à e), de la directive 91/414 sont relatives à la sécurité et à
         l'efficacité des produits phytopharmaceutiques. L'article 4, paragraphe 1, sous f), de la même directive impose, quant à lui,
         aux États membres l'obligation d'établir des niveaux maximaux de résidus et de les notifier pour approbation à la Commission.
         C'est à l'aune de ces critères que les États membres décident de procéder au réexamen de produits phytopharmaceutiques (voir,
         en ce sens, arrêt Monsanto, précité, point 39).
      
      73     En outre, il convient de constater, ainsi que l'a relevé M. l'avocat général au point 88 de ses conclusions, que l'article
         8, paragraphe 3, de la directive 91/414 ne contient aucune règle relative à l'organisation et à la conduite du réexamen.
      
      74     Dans ces conditions, il y a lieu de répondre à la sixième question que l'article 8, paragraphe 3, de la directive 91/414 doit
         être interprété en ce sens qu'il ne contient que des dispositions relatives à la fourniture de données préalablement à un
         réexamen.
      
       Sur la première question
      75     Par sa première question, qui est subdivisée en deux parties, la juridiction de renvoi demande en substance si l'article 8,
         paragraphes 2 et 3, de la directive 91/414 et l'article 16, paragraphe 1, de la directive 98/8 produisent un effet direct
         après l'expiration des délais pour la transposition desdites directives en droit interne.
      
      76     Compte tenu de la réponse apportée aux autres questions, il n'y a pas lieu de répondre à cette première question.
      77     Selon une jurisprudence constante, l'obligation des États membres, découlant d'une directive, d'atteindre le résultat prévu
         par celle-ci ainsi que leur devoir, en vertu de l'article 10 CE, de prendre toutes mesures générales ou particulières, propres
         à assurer l'exécution de cette obligation, s'imposent à toutes les autorités de ces États, y compris, dans le cadre de leurs
         compétences, les autorités juridictionnelles (voir, notamment, arrêts du 10 avril 1984, Von Colson et Kamann, 14/83, Rec.
         p.  1891, point 26, et du 13 novembre 1990, Marleasing, C-106/89, Rec. p. I-4135, point 8).
      
      78     C'est pourquoi, en appliquant le droit interne et, notamment, les dispositions d'une réglementation, telle que celle en l'espèce,
         spécifiquement adoptée afin de mettre en œuvre les exigences d'une directive, la juridiction nationale est tenue d'interpréter
         le droit national dans toute la mesure du possible à la lumière du texte et de la finalité de la directive en cause pour atteindre
         le résultat visé par celle-ci et, partant, se conformer à l'article 249, troisième alinéa, CE (voir en ce sens, notamment,
         arrêts précités Von Colson et Kamann, point 26, et Marleasing, point 8).
      
       Sur les dépens
      79     La procédure revêtant, à l'égard des parties au principal, le caractère d'un incident soulevé devant la juridiction de renvoi,
         il appartient à celle-ci de statuer sur les dépens. Les frais exposés pour soumettre des observations à la Cour, autres que
         ceux desdites parties, ne peuvent faire l'objet d'un remboursement.
      
      Par ces motifs, la Cour (deuxième chambre) dit pour droit:
      1)      L'article 16, paragraphe 1, de la directive 98/8/CE du Parlement européen et du Conseil, du 16 février 1998, concernant la
            mise sur le marché des produits biocides, doit être interprété en ce sens qu'il ne constitue pas une obligation de «standstill».
            Cependant, les articles 10, deuxième alinéa, CE et 249, troisième alinéa, CE ainsi que la directive 98/8 imposent que, pendant
            la période transitoire prévue à l'article 16, paragraphe 1, de cette directive, les États membres s'abstiennent de prendre
            des dispositions de nature à compromettre sérieusement la réalisation du résultat prescrit par celle-ci.
      2)      L'article 8, paragraphe 2, de la directive 91/414/CEE du Conseil, du 15 juillet 1991, concernant la mise sur le marché des
            produits phytopharmaceutiques, doit être interprété en ce sens que, si un État membre autorise la mise sur le marché, sur
            son territoire, de produits phytopharmaceutiques contenant des substances actives non visées à l'annexe I de ladite directive
            et qui étaient déjà sur le marché deux ans après la date de notification de celle-ci, il n'est pas tenu d'observer les dispositions
            de l'article 4 ou 8, paragraphe 3, de cette même directive.
      3)      L'article 16, paragraphe 1, de la directive 98/8 a la même signification que l'article 8, paragraphe 2, de la directive 91/414.
      4)      Il appartient à la juridiction de renvoi d'apprécier si l'évaluation prévue à l'article 25d, paragraphe 2, de la loi sur les
            pesticides (Bestrijdingsmiddelenwet) de 1962 correspond à toutes les caractéristiques du réexamen au sens de l'article 8,
            paragraphe 3, de la directive 91/414.
      5)      L'article 8, paragraphe 3, de la directive 91/414 doit être interprété en ce sens qu'il ne contient que des dispositions relatives
            à la fourniture de données préalablement à un réexamen.
      6)      Il n'y a pas lieu de répondre à la première question.
      Signatures
      * Langue de procédure: le néerlandais.