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Liste des communes de la Charente Cette page liste les du département français de la Charente au . Liste des communes. Le tableau suivant donne la liste des communes, en précisant leur code Insee, leur code postal principal, leur arrondissement, leur canton, leur intercommunalité, leur superficie, leur population et leur densité, d'après les chiffres de l'Insee issus du recensement 2020.
CAC 40 Le CAC 40 est le principal indice boursier de la Bourse de Paris. Son code ISIN est FR0003500008 et son code mnémonique est « PX1 ». Créé avec de base au par la Compagnie des agents de change, l'indice CAC 40 (CAC signifiant Cotation Assistée en Continu) est déterminé à partir des cours de quarante actions cotées en continu sur le premier marché parmi les cent sociétés dont les échanges sont les plus abondants sur Euronext Paris, qui fait partie d'Euronext, la première bourse européenne. Ces sociétés, représentatives des différentes branches d'activités, reflètent en principe la tendance globale de l'économie des grandes entreprises françaises et leur liste est revue régulièrement pour maintenir cette représentativité. C'est un indice sans dividendes. Coté tous les jours ouvrés de 9h00 à 17h30. Il est mis à jour toutes les 15 secondes. Histoire. Avant 1988. Principale mesure de la santé boursière en France, le CAC 40 est un indice boursier relativement récent. <br>Pour mesurer les performances avant 1988, il existe un indice Insee de la Bourse de Paris, qui a connu un quintuplement dans les années 1920 puis un nouveau quintuplement dans les années 1950, malgré les incertitudes géopolitiques lors de ces deux époques de forte croissance économique. Les années 1960 et 1970 avaient cependant marqué un coup d'arrêt à cette tendance, les petits porteurs se détournant progressivement d'une bourse de Paris orientée durablement à la baisse (la proportion de Français détenant des actions diminuant jusqu'à 7 % dans les années 1970). Cependant, le début des années 1980, malgré un contexte économique morose, marque un nouveau retournement de tendance puisque les cours repartent enfin à la hausse. Alors que les prémices de la mondialisation financière se font sentir partout dans le monde, les réformes du système bancaire menées sous François Mitterrand - dont la loi bancaire de 1984 - ouvrent la voie à l'équivalent parisien du Big Bang de la Bourse de Londres en 1986 et à la création de l'indice boursier du CAC 40 le 31 décembre 1987. Principales évolutions. Sa création fait suite au krach d'octobre 1987 qui a modifié le monopole des transactions boursières. Celles-ci étaient auparavant directement gérées par des officiers ministériels, les agents de change. À la suite de la loi -70 du 22 janvier 1988, ce sont les sociétés de bourse qui ont pris le relais. CAC, qui signifiait alors « Compagnie des agents de change », est devenu aujourd'hui l’acronyme de « Cotation assistée en continu » : l'indice donne donc, en continu, une idée de l'évolution du marché. Défini avec la valeur de le , il est à son plus bas historique, à , le 29 janvier 1988. Mais le CAC 40 voit officiellement le jour le et termine l'année, le 30 décembre 1988 à points. Le CAC 40 était à cette époque composé des entreprises suivantes : Bulle Internet. Porté par la , le CAC 40 atteint un plus haut en séance le à points, puis s'effondre jusqu'à points le , son plus bas niveau en séance depuis 1997, sur fond de baisse générale des indices en Europe et aux États-Unis. Depuis le , à l'instar des principaux indices mondiaux, il prend en compte non seulement la capitalisation boursière des sociétés, mais aussi le flottant, c'est-à-dire la partie disponible sur le marché. Sa valeur a varié fortement au cours de la dernière décennie (voir graphique). Évolution depuis 2005. Le CAC 40 a passé à la hausse les le , après une hausse de 150 % en quatre ans environ puis il a atteint le points. Mi-juillet 2007, l'indice représentait environ 70 % de la capitalisation totale de la Place de Paris, soit  milliards d'euros. Au début 2008, la capitalisation est d'un peu moins de  milliards d'euros. Le lundi , le CAC 40 chute fortement et il revient sous les en juillet puis sous les au 10 octobre. On peut parler d'une crise boursière puisque le CAC 40 a cédé plus de 43,5 % depuis début janvier 2008 et près de 22 % dans la seule semaine du 6 au . Le lundi l'indice progressait de 11,18 % à points, la plus forte progression quotidienne depuis sa création. Ce record survenait peu après le record inverse de la plus forte chute : le lundi , le CAC 40 clôturait en baisse de 9,04 % à points. Le , le CAC 40 enregistre la deuxième meilleure progression de son histoire (+ 10,09 %) à points. Cependant, avec une chute de 42,68 % sur l'ensemble de l'année 2008, le CAC 40 a connu la pire année de son histoire. Il faut attendre 2009 pour que son cours retrouve une valeur stable, après un plus bas enregistré le 9 mars 2009 à . L'indice progresse ensuite régulièrement jusqu'en 2011, avant le krach de juillet-août 2011. Du au , le CAC 40 chute de 28,8 % (de ). Il repart cependant rapidement à la hausse, dépassant durablement les depuis 2013. Sa capitalisation boursière était au de d'euros. En décembre 2017, elle dépasse d'euros pour atteindre en avril 2018 Alors que l'absence de fleurons des nouvelles technologies était régulièrement soulignée, le CAC 40 en intègre à partir de 2017. Ainsi, en mars 2017, le groupe Atos fait son entrée, en septembre de la même année, c'est au tour de STMicroelectronics puis de Dassault Systèmes en septembre 2018 de renforcer encore le poids du secteur technologique. Enfin, en juin 2019, Thales intègre le CAC 40. Dans un indice longtemps dominé par les valeurs financières ou industrielles, le secteur technologique trouve peu à peu sa place. L'année 2019 est marquée par une distribution record de d'euros, dont 49,2 de dividendes et 10,7 de rachats d'actions. Le CAC 40 essuie la plus forte baisse de son histoire le 12 mars 2020 : , en pleine crise sanitaire du coronavirus ; les bourses des autres pays subissent des chutes du même ordre. Krach boursier de 2020 déclenché par la pandémie de Covid-19 et record absolu. La Bourse de Paris était installée depuis la fin de l'année 2019 autour des (zone historiquement haute) grâce à ses valeurs phares (KHOL : Kering, Hermès, L'Oréal, LVMH). Elle connaît un premier décrochage entre le 27 et le 31 janvier () à la suite de l'annonce des premiers cas de coronavirus sur le territoire français, décrochage toutefois temporaire puisque le mercredi 19 février 2020, Paris retrouve ses niveaux records () depuis la crise de 2008. Cependant, la montée en puissance du coronavirus en Europe (d'abord en Italie) vient terminer la fête. Le lundi 24 février, le CAC 40 perd au début d'un mois noir qui atteindra son paroxysme dans la semaine du 9 au 13 mars, avec le lundi, l'une des pires chutes de l'histoire du CAC 40 () ; journée qui débutait avec la chute du pétrole () des suites d'un conflit diplomatique entre l'OPEP, accompagné par la vague de mesures de confinement prises partout dans le monde, menaçant l'économie d'une des plus graves crises économique par son ampleur. Mais c'est le jeudi 12 mars qui enregistre la plus grosse chute de l'histoire de l'indice CAC 40 : à . Il s'agit de sa pire séance depuis sa création en 1988. Cette journée est notamment marquée par les rumeurs de confinement décidé le soir même par le président de la République Emmanuel Macron et la déception des annonces de la Banque centrale européenne quant au soutien de l'économie. Le CAC 40 continue de perdre des points jusqu'à atteindre le jeudi 18 mars. En , l'indice parisien a ainsi perdu près de de sa valeur ; à titre de comparaison, lors de la crise économique de 2008, avaient été nécessaires pour faire perdre à l'indice de sa valeur et lors de l'explosion de la bulle Internet, avec également de perte. Le premier rebond a également été rapide avec une reprise de avant la fin du mois de mars. Une seconde forte hausse de a lieu en novembre en réaction aux annonces sur l'efficacité des premiers vaccins. Au début d'avril 2021, l'indice phare de la Bourse de Paris a dépassé son pic d'avant-crise , porté par les espoirs de reprise. À , il n'est plus très loin de son record de 2007 et réalise l'une des meilleures performances parmi les Bourses mondiales depuis le début de l'année, grâce à un rattrapage des valeurs dites « "value" » ou cycliques. Pendant l'été 2021, il dépasse les , proche de son record historique, record largement dépassé en prenant en compte les dividendes. Le 5 novembre 2021, le CAC 40 dépasse pour la première fois le seuil des . Le mercredi 5 janvier 2022, il atteint un record de en clôture. Un record en séance est aussi atteint en milieu d'après-midi, avec . Le jeudi 16 février 2023, à 11h30, le CAC 40 atteint un record absolu à 7 387,29 points. Le lundi 6 mars 2023, à 9h54, le CAC 40 atteint un nouveau record absolu à 7 401,15 points. Modes de calcul. La composition du CAC 40 est mise à jour trimestriellement par un comité d'experts : le « Conseil scientifique des indices (CSI) ». L'indice doit être représentatif du marché financier parisien aussi bien en termes de capitalisation flottante qu'en volumes de transactions. Quand une société n'est plus cotée, elle est remplacée, en principe, par une des valeurs du CAC Next 20 répondant aux exigences financières de cotation dans le CAC 40 (liquidité du titre, capitalisation boursière suffisante, échange quotidien important de titres…). Chacune des quarante sociétés a son indice qui est pondéré en fonction de la valeur de ses titres disponibles sur le marché. Les pondérations varient d'une société à l'autre en fonction de sa capitalisation flottante. Quand une valeur cote à la hausse, le CAC 40 augmente la pondération de la valeur, toutes choses égales par ailleurs. Le cours d'un des quarante titres peut voir sa cotation suspendue pendant s'il varie de plus de 10 %, puis deux fois 5 % dans le même sens. On dit alors que le titre est réservé à la hausse ou à la baisse. Le CAC 40 est publié du lundi au vendredi de à , mis à jour toutes les et publiés en temps réel sur Euronext. La journée commence par une phase de préouverture de à où les ordres s'accumulent sans qu'aucune transaction ne soit réalisée. Ensuite, de à , la cotation s'effectue en continu. Le cours de clôture est fixé à ("fixing" en jargon boursier) après cinq minutes où le prix d'équilibre est calculé afin de permettre l'échange du plus grand nombre de titres. Chaque fixing est suivi d'une période de cinq minutes de « TAL » ("trading at last"), durant laquelle il est possible d'entrer des ordres afin qu'ils soient exécutés au cours de fixing et à ce cours seulement. Il est calculé en dividendes non réinvestis (contrairement à l'indice allemand DAX : ce qui rend absurde toute comparaison sur le long terme entre les deux indices). La valeur réelle correspondant à cet indice doit s'apprécier en fonction de divers éléments tels que la valorisation prenant en compte les dividendes réinvestis. Euronext publie chaque mois l'évolution de l'indice avec dividendes ou la dépréciation due à l'inflation, mesurée par exemple par l'indice des prix. Au , source Euronext, le CAC 40 était calculé ainsi : Les deux critères officiels, le flottant et les capitaux échangés, ne sont toutefois pas des critères automatiques « contrairement à de nombreux autres indices ». Les membres du « Conseil scientifique des indices (CSI) » disposent d'une marge d'appréciation. Dividendes réinvestis. La version du CAC 40 avec dividendes réinvestis ("total return"), publiée également toutes les , existe avec 2 codes ISIN, selon que l’on cherche l’indice avec dividendes bruts réinvestis : CAC40 GR ("gross total return" : QS0011131834 / Mnémo PX1GR) ou avec dividendes Nets réinvestis : CAC40 NR ("Net total Return" : QS0011131826 / Mnémo PX1NR). L'indice avec dividendes Nets réinvestis est calculé après une retenue à la source dont le taux est celui qui serait appliqué aux dividendes versés par les valeurs composant l'indice à un fonds d'investissement basé au Luxembourg. Ce taux est par exemple de 25 % pour les dividendes versés par les sociétés du CAC 40 dont la France est le domicile fiscal. Les taux actuels de retenue à la source sont entrés en vigueur le . Avant cette date, la retenue à la source prise en compte pour les sociétés du CAC 40 dont la France est le domicile fiscal était de 0 %. Le niveau des indices antérieurs n'a pas été ajusté. Remarques. Il ne faut pas confondre l'évolution à long terme du CAC 40 et celle à long terme de l'ensemble des valeurs cotées sur cette bourse puisque les valeurs qui se comportent mal finissent par être remplacées dans sa liste par d'autres ayant pris l'avantage sur elles. Le CAC 40 est un indice, il se calcule, on ne peut pas l'échanger en tant que tel. En revanche, un portefeuille d'actions donné peut se fixer comme contrainte d'avoir la composition la plus voisine possible de celle du CAC 40. Ainsi, un portefeuille comprenant à un instant l'ensemble pondéré des quarante valeurs du CAC 40 courant s'écartera progressivement de l'indice en fonction des évolutions du poids indiciel de chaque valeur, et son évolution ne sera plus exactement la même que celle du CAC 40. Il existe cependant un dérivé réglementé du CAC 40, le CAC40 Index future, ainsi que des fonds indiciels cotés et non cotés sur le CAC 40. Composition. Composition actuelle. La composition du CAC 40 est la suivante: Détention par des investisseurs étrangers. Selon l'étude annuelle 2019 de la Banque de France sur les 36 sociétés du CAC 40 résidentes en France, les investisseurs étrangers ne détenaient plus que d'euros d'actions du CAC 40 à fin 2018, soit un taux de détention de 42,2 %, contre 43,1 % fin 2017 et 48 % en 2013. Cette baisse s'explique essentiellement par un changement dans la composition de l'indice. Les détenteurs étrangers d'actions françaises sont à 44,2 % originaires de la zone euro, à 33 % des États-Unis et à 6,4 % du Royaume-Uni ; la part des sociétés françaises détenues majoritairement par des intérêts étrangers (10 sur 36, soit 28 %) est tombée à son plus bas niveau depuis 2008. La participation des investisseurs étrangers au capital de l'ensemble des sociétés françaises (37,8 % au total, sachant que ce taux est de 27,6 % pour les valeurs hors CAC 40) est nettement plus faible que dans les autres pays européens : les non-résidents détiennent environ 50 % de l'ensemble des actions cotées en Italie, en Espagne et en Allemagne, autour de 60 % au Royaume-Uni et en Belgique et près de 90 % aux Pays-Bas. Selon l'étude 2014 de la Banque de France, les non-résidents représentent 46,7 % de la capitalisation boursière totale du CAC 40 à fin 2013 ; plus de la moitié des groupes de l'indice sont détenus à plus de 50 % par des investisseurs étrangers, dont 4 à plus de 60 %. Deux secteurs sont détenus en majorité par des actionnaires étrangers : la santé et le secteur « pétrole, gaz et matériaux » ; à l'inverse, les services aux collectivités sont très franco-français. La part des non-résidents a progressé de 46,3 % à 46,7 % en 2013 (et de cinq points depuis 2010, après une chute en 2007) du fait de leurs achats nets de d'euros alors que les investisseurs français ont été vendeurs nets de 10 Mds € ; par contre, l'évolution des cours a réduit la progression de la part des non-résidents, car les valeurs les plus internationales ont accusé un retard boursier. Une autre étude annuelle, publiée par le FMI, précise la répartition de ces non-résidents : 18,8 % d'Européens, 15,9 % d'Américains et 3,4 % de Britanniques. Cette internationalisation de l'actionnariat est à rapprocher de celle de l'activité des groupes du CAC 40 : 70 % de leur chiffre d'affaires est localisé à l'étranger ainsi que les deux tiers de leurs effectifs. En avril 2014, le cabinet d'analyse financière Alphavalue estime que 49,9 % de la part du capital des entreprises du CAC 40 est détenue par des investisseurs étrangers et que 27 % est contrôlée par les fonds souverains, notamment norvégien et qatari. D'après Laurent Mauduit, . Il souligne que les équivalents du CAC 40 aux États-Unis et au Royaume-Uni , en particulier en raison de la présence de retraite par capitalisation dans ces pays. Salariat. Entre 2006 et 2011, les salaires de l’ensemble des entreprises du CAC 40 ont augmenté de 13 %, les effectifs de 10 % pour une croissance de 25 % de la masse salariale. Cependant, plus d’un tiers sont des emplois précaires : contrats à durée déterminée et stages, temps partiels subis, emplois en dessous du niveau de qualification. En 2006, les entreprises du CAC 40 emploient de salariés et de salariés en 2016. Distribution des dividendes. D'après un rapport d'Oxfam et du Basic de mai 2018, le taux de distribution des profits des entreprises du CAC 40 à leurs actionnaires a atteint 67,4 % entre 2009 et 2014, soit le taux le plus important parmi les principales places boursières mondiales ; ce taux est deux fois plus important que dans les années 2000. Il atteint 80 % dans les entreprises dont l'État français est actionnaire. Le record du montant global annuel des dividendes du CAC 40 a atteint un record en 2007 ( d’euros), dont les niveaux de 2014 et 2016 ont été proches ( d’euros). Patrick Artus, directeur de la recherche et des études de la banque Natixis, juge l'analyse d'Oxfam , notamment parce qu'elle ne tient pas compte du fait que la rémunération de l'actionnaire ne dépend pas seulement du versement du dividende, mais aussi du cours de l'action : . Par ailleurs, additionner les dividendes versés est un calcul trompeur, car il revient parfois à compter plusieurs fois les mêmes dividendes. La plupart des sociétés du CAC 40 n'ont pas seulement pour actionnaires des personnes physiques, mais aussi d'autres sociétés. Or, comme l'explique Rémy Prud'homme, professeur d'économie, comptabiliser les dividendes que les sociétés . Ainsi, au 31 décembre 2018, seul 12,4 % des actionnaires de Total étaient des personnes physiques, les autres étaient des sociétés. Pour connaître le montant net reçu par les actionnaires, il faudrait savoir combien de dividendes les sociétés du CAC 40 se versent entre elles. Les groupes du CAC 40 versent d'euros à leurs actionnaires en 2018, ce qui représente une augmentation de 12,8 % sur un an et de 62 % sur dix ans. Revenus des dirigeants. En 2010, les dirigeants des entreprises du CAC 40 ont touché en moyenne d’euros, en augmentation de 34 % par rapport à 2009. En 2013, le salaire moyen pour un patron du CAC 40 s'élève à d'euros. En 2016, la rémunération moyenne d'un patron du CAC 40 s'élève à d'euros. La rémunération des dirigeants a crû de 46 % entre 2009 et 2016, soit deux fois plus vite que la moyenne des salariés. 54,5 % de leur rémunération dépend du cours de l’action et 29 % de l’évolution du bénéfice. Cumul des dirigeants. Les sociétés du CAC 40 sont dirigées par un nombre réduit d'administrateurs. En effet, 39 de ces sociétés ont au moins un dirigeant commun. En 2010, Total, GDF Suez et BNP Paribas sont les plus connectées avec chacune 19 liens avec d'autres entreprises du CAC 40 puis viennent Saint-Gobain avec 18 liens, et AXA avec 17 tandis que Lafarge et Sanofi-Aventis ont chacune 15 liens avec d'autres sociétés. Imposition. En 2019, les sociétés du CAC 40 ont payé € d'impôts sur les sociétés en France (hors impôts sur les sociétés payés dans le reste du monde) selon les calculs de l'Institut économique Molinari, un think tank libéral. Cela représente plus de la moitié des € budgétés dans la loi de finances au titre de l'impôt sur les sociétés pour la même année. Selon le conseil des prélèvements obligatoires français (CPO) et le Trésor Public, le taux d'imposition implicite (avant déficits fiscaux) est de 23,5% sur les grandes entreprises en France, contre 22 à 27% sur les entreprises de tailles plus modestes. Les impôts payés par les entreprises du CAC 40 ont augmenté entre 2009 et 2014 de 28 %. Entre 2010 et 2017 selon l'organisation altermondialiste Attac, les impôts versés par les entreprises du CAC 40 ont baissé de 6,4 %, alors que leurs bénéfices sont en augmentation. Le rapport d'Oxfam et du Basic de mai 2018 identifie filiales des sociétés du CAC 40 dans des paradis fiscaux ou juridiques en 2016, soit 85 de plus qu'en 2008. Impact environnemental. L’Observatoire des multinationales estime qu'en 2019, le CAC 40 a émis 1,6 milliard de tonnes de en 2019, en tenant compte des émissions indirectes, contre de tonnes pour les émissions annuelles comptabilisées pour l'ensemble de la France. Si ce total est en baisse de 3 % par rapport à 2017, cela est uniquement dû au désengagement progressif d'Engie du charbon. En 2021, Oxfam publie un rapport sur les trajectoires climatiques de du CAC 40, selon lequel : Historique des performances annuelles. Les performances annuelles du CAC 40 se sont rapprochées de celles du Dow Jones, les grands marchés boursiers étant de plus en plus dépendants les uns des autres depuis une quinzaine d'années. Performances annuelles calculées au 31 décembre de chaque année. CAC 40 : calculé hors dividendes (FR0003500008, PX1)CAC 40 GR : calculé dividendes bruts réinvestis (QS0011131834, PX1GR)CAC 40 NR : calculé dividendes nets réinvestis (QS0011131826, PX1NR)Depuis le janvier 2010, le taux de retenue à la source pris en compte pour le calcul de l'indice CAC40 NR "(dividendes Nets réinvestis)" a changé. Par exemple, pour les sociétés du CAC40 fiscalement domiciliées en France, le taux pris en compte est passé de 0 % à 25 %. Le niveau des indices antérieurs n'a pas été ajusté.
Communication La communication est l'ensemble des interactions avec un tiers humain ou animal qui véhiculent une ou plusieurs informations. En dehors de la communication animale, on distingue chez l'être humain, la communication interpersonnelle, la communication de groupe et la communication de masse, c'est-à-dire de l'ensemble des moyens et techniques permettant la diffusion du message d'une organisation sociale auprès d'une large audience. Plusieurs disciplines emploient la notion de communication sans s'accorder sur une définition commune. Comme le constate le philosophe français Daniel Bougnoux en 2001 : . Si tout le monde s'accorde pour la définir au moins comme un processus psychologique et social, les points de vue divergent lorsqu'il s'agit de la qualifier. Les « sciences de l'information et de la communication » proposent une approche de la communication basée sur la théorie de l'information, éventuellement complétée par les apports des sciences cognitives. La psychologie sociale s'intéresse essentiellement à la communication interpersonnelle. Un « métier de la communication » est une activité professionnelle destinée à convaincre ou persuader à travers les médias, le nom moderne de la rhétorique. Parmi les formes pour communiquer, la communication non verbale désigne tout échange n'exploitant la parole ou le texte. Principaux domaines. Entre humains, la pratique de la communication est indissociable de la vie en société. L'étude de la communication englobe un champ très vaste que l'on peut diviser en communication interpersonnelle, de groupe et de masse. Communication interpersonnelle. La communication humaine comporte une part de rhétorique, art de convaincre ou de persuader dont l'enseignement remonte à la Grèce antique. Elle comporte, avec la communication verbale, une part non verbale qui inclut diction, gestes et attitudes. La rhétorique implique une intention consciente d'agir sur autrui. Elle sert aussi pour analyser avec une certaine distance la tentative de l'interlocuteur, la nature des figures qu'il emploie, sa communication non verbale. Quand s'instaure un rapport de domination, ou qu'une des deux personnes agit de façon dissimulée sur le contexte (""), la communication peut se qualifier de manipulation mentale. Au milieu du l'école de Palo Alto, influencée par le courant cybernétique de Norbert Wiener, généralise les apports de la théorie mathématique de la communication aux relations entre les êtres vivants : la communication interpersonnelle y est fondée sur la relation de personne à personne, chacune étant à tour de rôle l'émetteur et/ou le récepteur dans une relation de face à face : la rétroaction est censée être facilitée sinon quasi systématique. Le modèle cybernétique fait correspondre le message à un répertoire de significations. Ce modèle s'appuie sur des significations explicites. Or les perceptions humaines ne se limitent pas à ces dernières, même si toute perception comporte une part d'interprétation de signes. Celle-ci, comme celle de la situation dans laquelle on se trouve, varie selon des hypothèses… que par la suite on peut remettre en cause. Certes, l'usage rituel, coutumier, normal, de paroles ou de gestes orientent les associations interprétatives auxquelles ils donnent lieu, et constituent des répertoires de significations qui cadrent l'expérience de la communication mais la relation entre humains ne se réduit pas à cette canalisation socialement construite. L'interactionnisme symbolique de George Herbert Mead, puis les travaux d'Erwin Goffman, étudient des situations où les acteurs s'influencent réciproquement et coordonnent leurs actions sans réflexion préalable. Un réseau des chercheurs en anthropologie de la communication a été constitué en sciences de l'information et de la communication (SIC), en France à la fin du . Il est initié à partir de l'analyse des travaux de Palo Alto, et en particulier par ceux d'Erving Goffman et de Gregory Bateson, à partir des publications du Belge Yves Winkin (1981). Stéphane Olivesi effectue quelque temps après des variations critiques autour de l’École de Palo Alto en vue de passer d'une « anthropologie à une épistémologie de la communication » (1997). L'Argentin Eliseo Veron (1987), qui a rencontré Lévi-Strauss et l'a traduit, développera un modèle sémio-anthropologique, l'enseignera à l'université Paris VIII où il dirigea le département des sciences de l'information et de la communication. Constatant que les acteurs impliqués dans une relation de face à face n'ont pas la distance et le temps pour « décortiquer » rationnellement la complexité de ce qui se passe ici et maintenant, Béatrice Galinon-Mélénec, effectue l'analyse des relations de face à face à partir d'une analyse des flux d'interactions qui s'établissent entre « Hommes-traces » (« corps-traces ») via une interactions de « signes-traces » (2011). Cette anthroposémiotique constitue une critique des approches de la "communication interpersonnelle" orientée vers la seule rhétorique argumentaire. Dans la lignée de l'anthropologie des mondes contemporains, on trouve Pascal Lardellier dont la recherche porte sur les rites sociaux. Paul Rasse, vice-président de la SFSIC, développe quant à lui une « anthropologie des technologies de la communication ». Joanna Nowicki, chercheuse en SIC née en Pologne, explore l'anthropologie inter culturelle via "L'homme des confins" (2008). Communication de groupe. La communication de groupe part de plus d'un émetteur s'adressant à une catégorie d'individus bien définis, par un message ciblé sur leur compréhension et leur culture propre. C'est celle qui est apparue avec les formes modernes de culture, souvent axées sur la culture de masse (société de consommation), dont la publicité ciblée est la plus récente et la plus manifeste. Les effets de la communication de groupe se situent entre ceux de la communication interpersonnelle et ceux de la communication de masse. La communication de groupe est aussi complexe et multiple car elle est liée à la taille du groupe, la fonction du groupe et la personnalité des membres qui le composent. On peut également intégrer cette notion dans la communication interne à une entité. Les groupes peuvent alors être des catégories de personnels, des individus au sein d'un même service, etc. On peut aussi intégrer cette notion à une communication externe ciblée vers certains partenaires ou parties prenantes de l'entité. Communication de masse. Dans la communication de masse, un émetteur (ou un ensemble d'émetteurs liés entre eux) s'adresse à un ensemble de récepteurs disponibles plus ou moins ciblés. Là, la compréhension est considérée comme la moins bonne, car le bruit est fort, mais les récepteurs bien plus nombreux. Elle dispose rarement d'une rétroaction, ou alors très lente (on a vu des campagnes jugées agaçantes par des consommateurs, couches pour bébé par exemple, conduire à des "baisses" de ventes du produit vanté). Ce type de communication émerge avec : Aujourd'hui, les NTIC et en particulier Internet abaissent à un niveau sans précédent le coût de communication et de plus rendent la rétroaction possible. En France, l'État lie significativement Culture et Communication en les confiant à un même ministère. « Psychologie des foules » (1895) du psychopathologue Gustave Le Bon est un ouvrage considéré comme fondateur de la notion de « masse », bien qu'il soit contestable sur son contenu et son objectivité. "La persuasion clandestine", ouvrage de Vance Packard, montre à ce sujet que la science de la manipulation était déjà bien avancée en 1957. Retour au meilleur des mondes d'Aldous Huxley va dans le même sens. Enjeux. Besoin d'identité. L'image que nous donnons doit être confirmée par autrui. Le fait que le rôle, le statut et la place des acteurs soient bien identifiés permet aux interlocuteurs de se reconnaître dans une position sociale, d'éviter les mal-entendus, les conflits, et d'assurer la crédibilité. L'identité situationnelle du locuteur est repérable dans l'énonciation. Pour une entreprise, l'image de marque correspond à l'identité de l'entreprise perçue par ses parties prenantes. Toute atteinte à l'image de marque est un risque de réputation, préjudiciable à la bonne marche de l'entreprise, à sa crédibilité et à la confiance que lui accordent ses clients. Besoin de souveraineté. Une communication habile est synonyme d'influence. La prolifération du renseignement d'origine source ouverte, les publications d'organisations non gouvernementales dans le contexte de mondialisation, sous l'influence de l'idéologie de la transparence démocratique ou des théories du complot, peut menacer la souveraineté et l'indépendance des États. La communication et le secret sont des composantes essentielles du fonctionnement de toute organisation sociale. Ces deux pôles déterminent ses limites et son autonomie. Ils s'exercent dans la diplomatie et l'exercice de la souveraineté d'une État. Lorsqu'un chef d'État ou un représentant d'un gouvernement s'exprime lors d'une réunion internationale, d'un sommet de la Terre, d'une conférence internationale sur un sujet d'intérêt mondial (commerce international, gestion de l'eau, santé, biodiversité), la communication est essentielle sur le plan de la perception de l'autorité. Dynamique des territoires. L'espace physique et psychique (intime) doit être protégé. Dans toute organisation, chacun défend son espace et évite les intrusions injustifiées. Dans la vie économique territoriale, pour l'organisation de pôles de compétence par exemple, la communication s'établit entre des organisations très différentes : services déconcentrés des États en régions (Länder…), conseils régionaux, directions régionales de groupes industriels, petites et moyennes entreprises, chambres de commerce et d'industrie, universités et grandes écoles, centre d'études et de recherches. Afin de se comprendre avec toutes les précisions du langage, il est souvent préférable, au niveau régional ou local en tous cas, d'utiliser la langue maternelle, quitte à employer une langue véhiculaire lors des séjours internationaux. Besoin d'une langue. L'importance de la langue dans la communication apparaît au cours de l'Histoire. Les traductions en du "Livre des merveilles du monde" de Jean de Mandeville eurent un impact considérable au sur les explorateurs (notamment Christophe Colomb), peut-être davantage que le "Devisement du monde" qui relatait les voyages supposés de Marco Polo. fait en 1539 de la langue vernaculaire la langue officielle en imposant par l'Ordonnance de Villers-Cotterêts de diffuser les actes administratifs et juridiques en français et non plus en latin. L'utilisation du français ou de l'anglais est un enjeu quotidien au sein de la relation Québec-Canada. Il est souvent reconnu que l'influence culturelle et économique d'un pays se perçoit par l'influence et l'utilisation de sa langue. On notera donc l'influence forte de l'anglais et du chinois actuellement. Mais au temps de , la langue de la diplomatie et de la noblesse était le français. On a vu aussi l'impact considérable qu'eurent, au , certaines œuvres écrites en français, dans des domaines qui restaient encore réservés au latin : l"'Utopia" de Thomas More, le "Discours de la méthode" de Descartes (1637), les "Provinciales" de Pascal (1656). Au , la Bible de Sacy eut un impact considérable sur la littérature. Au , les cours européennes communiquaient en français. L'anglais aujourd'hui est largement employé pour la communication dans de nombreux domaines (informatique, affaires, sciences essentiellement). Les langues ont des statuts de communication très différents : les six langues officielles des Nations unies sont l'anglais, l'espagnol, le français, le russe, l'arabe et le chinois. Néanmoins, les langues maternelles restent les langues de communication localement, en particulier en Europe, qui a défini une politique sur ce point. Les langues ne sont pas forcément parlées. Elles peuvent aussi être gestuelles. La Langue des signes française permet par exemple de communiquer entre et avec les malentendants et les non-entendant. C'est une langue à part entière, et qui connaît sa propre évolution. Au Québec il s'agit de la langue des signes québécoise. Se référer à la Langue des signes, au Braille et la Convention relative aux droits des personnes handicapées (article 2). Mise en réseau avec les outils de télécommunication. La communication est le passage obligé pour entrer en relation avec autrui. À ce stade, il faut noter l'importance des moyens de télécommunication basés sur des techniques optiques, électriques et électroniques, développées depuis le . Le télégraphe électrique fonctionne à partir de 1838, le téléphone à la fin du siècle. Les autres médias fondés sur les techniques électroniques, radio à partir des années 1920, télévision après la Seconde Guerre mondiale sont des moyens de diffusion, sans possibilité d'interaction avec la plupart des auditeurs. Avec les dernières générations d'outils de télécommunications électroniques, la rétroaction devient plus aisée, et les messages se sont beaucoup enrichis (documents, images). Les messageries électroniques, l'internet… permettent d'atteindre des groupes de personnes, et de faire une véritable communication de groupe. Message à transmettre. Les aspects techniques de la communication ne doivent pas cacher l'essentiel : la communication a pour objectif de faire passer un message. L'avènement de l'internet depuis les années 1960 a suscité diverses études de la part de philosophes et de sociologues. Parmi ces études, on retiendra celles de Pierre Musso et de Philippe Breton, qui, sous des arguments un peu différents, portent le même diagnostic : la communication a tendance à être instrumentalisée par les outils de télécommunication et les technologies de l'information. L'idée est qu'il existe une croyance selon laquelle on communique bien parce que l'on dispose de moyens techniques sophistiqués (dernière version du logiciel, mobile…). Pierre Musso note que cette croyance serait fondée sur la philosophie des réseaux, sorte de pseudo-« religion » qui serait la résurgence de la philosophie de Saint-Simon, fondée sur le principe de gravitation universelle. En réalité, sur le fond, la communication cherche bien à répondre à l'un des objectifs suivants : On parle alors d'enjeux de la communication. Ces enjeux sont liés aux différentes fonctions du message (voir les concepts de Roman Jakobson). On voit qu'une communication trop axée sur des moyens techniques peut faire oublier les risques inhérents à la communication. Sciences de l'information et de la communication. Concernant la communication en tant que science, certaines notions ont été dégagées par les différents modèles de communication explicités plus bas. Durant les années 1980, S. H. Chaffee et C. R. Berger proposèrent une définition généraliste qui reste de nos jours une base connue des sciences de la communication : « La science de la communication cherche à comprendre la production, le traitement et les effets des symboles et des systèmes de signes par des théories analysables, contenant des généralisations légitimes permettant d'expliquer les phénomènes associés à la production, aux traitements et aux effets. » (traduit de l'anglais) Distinction entre information et communication. Selon Paul Watzlawick, chercheur de l’École de Palo Alto, la communication est de l'ordre de la « relation », l'information de l'ordre du « contenu » d'un message. Au moment de la naissance de la discipline des sciences de l'information et de la communication en France (1975-1995) Daniel Bougnoux distingue information et communication dans un ouvrage didactique qui regroupe des textes de nombreux auteurs susceptibles d'illustrer l'un ou l'autre terme. Pour lui, la communication est de l'ordre du « chaud » et l'information de l'ordre du « froid ». Pour Dominique Wolton, spécialiste de la communication politique, pendant des siècles, la rareté de l'information et la difficulté de sa transmission étaient telles « que l'on croyait de bonne foi que l'information créait de la communication ». (…) La « croissance de l'information et sa multiplication, comme l'hétérogénéité des récepteurs rendent finalement visible cette dissociation entre information et communication ». (…) L'explosion de la « communication » telle qu'elle est comprise en général peut même amplifier l"'incommunication" ». Au sein du CNU (comité national des universités), dans la section SIC fondée en 1975, l'influence respective des recherches de l'information et de la communication fluctuent. Avec le développement d'Internet, les questions se portent fréquemment sur la façon dont ce média influence la qualité de l'une et de l'autre. Selon Irène Lautier, pour Dominique Wolton, le mot « information » fut « d'abord lié à une revendication politique : la liberté d'information comme condition de la démocratie et le complément de la liberté de conscience » puis « le symbole de la presse » et du « droit de savoir ce qu'il se passe », avant d'être repris dans l'informatique, pour parler de « système d'information ». Le développement d'Internet a encore modifié la donne, avec l'explosion des communications sous forme de blogs et de mailing, où la part d'information vérifiée et codifiée fut dès le départ très modeste et beaucoup plus faible que dans les « systèmes d'information » des entreprises. Cette masse croissante de communication a suscité une demande de journalisme plus indépendant, capable de la trier, recouper, hiérarchiser, pour transformer de simples émetteurs de message en sources d'information, en allant jusqu'à assurer la protection de l'anonymat quand c'est nécessaire, afin de rétablir une relative hiérarchie entre les différents émetteurs de message, basée plus sur la compétence et la fiabilité que sur la puissance et la motivation. La protection des sources d'information des journalistes permet par ailleurs de vérifier auprès des institutions et entreprises que la communication affichée à l'extérieur par le porte-parole officiel correspond bien à la réalité vécue à l'intérieur. Communication verbale et communication non verbale. Une communication verbale est faite de signes linguistiques. Ces signes confèrent un corpus appelé langue, ou plus généralement langage, mais les linguistes viennent à distinguer langue et langage. L'écriture, la langue des signes, la voix sont des médias, des moyens de communiquer. L'art de conceptualiser ce message dans un langage afin de minimiser les interférences est appelé la rhétorique. Aristote et Cicéron étaient des théoriciens de rhétorique, qui devint l'un des sept arts libéraux dans le haut Moyen Âge. Est dite « non verbale » une communication basée sur la compréhension implicite de signes non exprimés par un langage : l'art, la musique, la kinesthésie, les couleurs, voire les vêtements ou les odeurs. Ces signes, leur assemblage et leur compréhension ou leur interprétation sont dans leur grande majorité dépendants de la culture. La communication non verbale peut ainsi être ambiguë (Adler, 2013). Par exemple, un clin d'œil peut être interprété différemment d'un individu à l'autre. Pour certains, il pourra s'agir d'un signe de remerciement, alors que pour d'autres, il pourra s'agir d'un manque d'assurance. Ce type de signe ayant une signification différente selon les cultures est nommé « emblème ». Mais on définit en premier lieu la communication non verbale à travers le corps, la posture, les gestes ou encore les différentes expressions du visage. Le mot verbal peut également être compris comme exprimé de vive voix (Petit Larousse). On parlera alors de communication verbale, par opposition à la communication écrite. Mais la communication n'est pas qu'orale. Elle est aussi non verbale (voir plus bas). La communication passe donc aussi par le corps. Ainsi elle sera non verbale ou plutôt non verbalisée. La communication non verbale peut être para-verbale, c'est-à-dire qui accompagne la vocalisation. Ainsi lorsque le locuteur explique qu'il faut aller à droite et qu'il bouge sa main dans cette direction, c'est un cas de communication para verbale. Croiser les bras dans un signe de protection est aussi une communication non verbale. Mais ici ce sera pour dire que : « je me retranche derrière mes idées laissez-moi tranquille ». Mimiques et posture font partie de la communication. Des gestes risquent de faire passer un message comme plus fort, plus prononcé que ce que l'on dit. Le ton d'un message est aussi une forme de non-verbal. C'est cette base, le non-verbal, qui définit par exemple ce qu'on appelle le jeu d'un acteur, au théâtre. On parle d’"intelligence non verbale" lorsqu'une personne utilise à la fois ses capacités d'écoute et d'observation pour analyser son interlocuteur. Cette analyse en temps réel au cours de la relation porte sur l'ensemble de sa communication, ainsi que sur ses actions et réactions dans un environnement donné. L'objectif étant l'optimisation de la communication et des relations. La maîtrise de la communication non verbale et verbale, ainsi que l'exploitation des erreurs de perception (biais cognitifs) permettent d'influencer l'issue de la relation et des échanges, selon la thèse défendue par Eric Goulard. Contextes de communication. Une communication est gravée dans un contexte. Elle peut avoir lieu à un instant donné, dans un lieu donné, et vis-à-vis d'une situation, d'un évènement donné. Tout cet environnement, qui ne fait pas partie de la communication à proprement parler, mais qui accompagne cette communication, est appelé contexte. L'environnement peut générer du bruit, ou être source d'interférences. La philosophie du langage s'intéresse au contexte, et la linguistique précise le contexte d'une phrase : voir contexte (linguistique). Le contexte intervient dans les enjeux cités plus haut : culture, changement de médias, langue, souveraineté, identité, dynamisme des territoires, mise en réseau. Réseaux. On nomme réseau un ensemble d'acteurs, d'agents économiques, de nœuds, ou lieux de communication grâce auxquels les messages circulent. L'information se concentre et se redistribue ainsi. Réseaux sociaux Un réseau social est un agencement de liens entre des individus et/ou des organisations, possédant des intérêts communs (par exemple réseaux d'anciens élèves de grandes écoles, d'universités, d'associations, d'ONG, de centres de recherche, d'organismes publics…). Par extension, l’expression « réseaux sociaux » désigne les « médias sociaux », qui sont les applications web qui permettent la création et la publication de contenus générés par l’utilisateur et le développement de réseaux sociaux en ligne en connectant les profils des utilisateurs. Voir dans le cas d'entreprises : Entreprise étendue. Sur le plan technique Des réseaux de transport (routes, canaux, chemins de fer), des réseaux de télécommunications et informatiques (télégraphe, téléphonie, web) se sont développés considérablement depuis deux siècles. Voir aussi sur ce sujet : télécommunications, sémaphore, télégraphie, téléphonie. Interactions informelles On découvrit dans les années 1960 que la généralisation des ascenseurs automatiques, qui supprimait les garçons d'ascenseur, supprimait un nœud important de communication informelle entre les étages d'une entreprise (car le garçon d'ascenseur connaissait tout le monde et tout le monde lui parlait). Ce rôle a été partiellement remplacé par les "coins café" considérés aujourd'hui comme indispensables dans les bureaux, et lieux d'échanges informels souvent importants. Temporalité. Une communication qui peut durer dans le temps (le message n'est pas supprimé au moment où il est envoyé) est dite « intemporelle ». Par exemple, un message rédigé dans un livre est intemporel. Cette notion est liée au contact entre les entités qui communiquent. Un message éphémère, lui, est dit « temporel ». Par exemple, une discussion orale est éphémère, temporelle. La communication est notamment enseignée dans les écoles d'ingénieurs. Localisation. Dans l'espace, une communication peut être : Cette notion est liée à l'expression du contact entre les entités qui communiquent. Code. Le code (information) est un concept souvent mis en avant dans la vision mécaniste de la communication. Il est pourtant rarement adéquat, ne s'appliquant bien qu'aux seules situations hiérarchiques et autoritaires : interface humain-machine, relations humain-animal, etc. Par extension et d'une manière pessimiste, la notion de code est souvent employée pour l'étude des relations humaines. Dans ce cadre simplifié, pour communiquer, l'émetteur et le récepteur doivent disposer d'un code commun. La communication se caractérise alors surtout par l'utilisation d'un code établissant les correspondances entre un signe et son sens qui doit être commun aux interlocuteurs. L'absence de code commun entre émetteur et récepteur est l'une des sources d'échecs de la communication, chacun pouvant supposer que l'autre comprend son code, sans que ce soit le cas : Dans tous ces exemples, la notion de code explique l'incompréhension entre les êtres humains; mais la notion n'explique pas pour autant la compréhension. Or les situations sont courantes où le défaut de code n'apporte pas de catastrophe, au contraire : relations sourd-entendant, relations aveugle-voyant, relations entre étrangers sans mots communs, etc. Entre humains, on peut toujours essayer de se faire comprendre ; essayez donc de vous « faire comprendre » d'un ordinateur qui détecte une faute de syntaxe dans l'ordre envoyé. Non, décidément, le code est une notion trop évidente pour être utilisée sans pincettes. Transmission. La communication consiste à transmettre un message afin d'établir un contact. L'établissement du contact comporte certains risques, notamment lors de l'« ouverture » et « fermeture » de la communication. Les risques d'intrusion, de non-réponse, de blocage et d'abandon existent réellement. Ce point fait l'objet de la confidentialité en sécurité de l'information, on l'appelle le message. Protocole de communication. On désigne sous ce terme tout ce qui rend la communication possible ou plus aisée sans rapport avec le contenu de la communication elle-même. Attendre une tonalité pour numéroter, demander à l'interlocuteur de se répéter, épeler son nom, s'entendre tacitement sur le moment où une communication sera considérée comme terminée font partie des protocoles. La mise en œuvre d'un protocole demande la définition de normes élaborées. Voir aussi Rétroaction. Le message de Rétroaction (ou Feedback en anglais), est le message, verbal ou non, renvoyé sous forme de réaction par le récepteur, à l'émetteur. La possibilité d'obtenir et de traiter une telle réponse ouvre la voie à la communication bidirectionnelle. Selon les cas, le feed-back consiste à confirmer ou infirmer la réception du message, demander des précisions, relancer ou terminer la discussion. La notion de rétroaction (feed-back) est issue des travaux de Norbert Wiener dans les années 1950 sur la cybernétique. Elle correspond au saut technologique du passage de la mécanographie à l'informatique, et à l'apparition des premiers ordinateurs basés sur des technologies électroniques. Cette notion montre qu'il existe à côté de la vision linéaire (unidirectionnelle) de la communication la possibilité et l'intérêt de créer et d'entretenir un processus circulaire (bidirectionnelle) avec trois formes de Feed-Back : La boucle de rétroaction a conduit à définir des modèles théoriques et systémiques de système d'information (niveaux opérationnel, organisationnel, décisionnel). Modèles. De nombreux théoriciens de la communication ont cherché à conceptualiser « le processus de communication ». La liste présentée ci-après ne peut prétendre être exhaustive, tant les modèles sont nombreux et complémentaires. L'objectif est de fournir un aperçu de l'évolution générale en explicitant les modèles les plus connus ainsi que leurs apports. Modèle de Shannon et Weaver. Le modèle de Claude Shannon et Weaver désigne un modèle linéaire simple de la communication : cette dernière y est réduite à sa plus simple expression, la transmission d'un message. On peut résumer ce modèle en : Apparu dans "Théorie mathématique de la communication" (1948), ce schéma sert à deux mathématiciens Claude Shannon (père entre autres de nombreux concepts informatiques modernes) et Warren Weaver (scientifique versé tant dans la vulgarisation que la direction de grands instituts), à illustrer le travail de "mesure de l'information" entrepris pendant la Seconde Guerre mondiale par Claude Shannon (ce dernier a été embauché par Weaver à l'Office of Scientific Research and Development pour découvrir, dans le code ennemi, les parties chiffrées du signal au milieu du brouillage). À l'origine, les recherches de Shannon ne concernent pas la communication, mais bien le renseignement militaire. C'est Weaver qui a « traduit » la notion de brouillage par celle de « bruit », la notion de signal par « message », la notion de codeur par « émetteur », la notion de décodeur par « récepteur »… Jusqu'à la fin de sa vie, Claude Shannon se défendra contre la reprise du soi-disant modèle pour autre chose que des considérations mathématiques. Le modèle dit de Shannon et Weaver n'a en effet de prétention qu'illustrative. Mais il a souvent été pris au pied de la lettre, révélant alors la forte influence béhavioriste du modèle de Pavlov (stimulus-réponse). Ce modèle, malgré son immense popularité (), ne s'applique pas à toutes les situations de communication et présente de très nombreux défauts : En sus de sa linéarité, le modèle de Shannon et Weaver considère que le récepteur est passif : toutes les recherches en sciences de l'information et de la communication montrent que cela est simpliste, ou faux. Modèle de Lasswell. Harold Dwight Lasswell, politologue et psychiatre américain, s'est fait un nom en modélisant la communication de masse à travers les questions : « Qui, dit quoi, par quel canal, à qui et avec quel effet ? ». Questions reprises de la méthode que Quintilien, pédagogue latin du , enseignait à ses apprentis rhéteurs. Ce modèle conçoit la communication comme étant un processus d'influence et de persuasion, très proche de la publicité. Ce modèle dépasse la simple transmission du message (même s'il y reste centré) et envisage notamment les notions d'étapes de communication, la capacité de pluralité des émetteurs et des récepteurs et de finalité d'une communication (ses enjeux). Pourtant il est critiquable, sur la même base que les critiques émises contre le modèle de Claude Shannon et Weaver. En effet, il envisage la communication comme une relation d'autorité et de persuasion. Et il néglige le message de rétroaction, ainsi que les notions de psychologie et de sociologie de part et d'autre de la relation de communication. Le récepteur est toujours considéré comme passif, ce qui est encore inexact, car il existe en général interaction entre l'émetteur et le récepteur, ce qui n'est pas pris en compte dans ce modèle. L'un de ses ouvrages majeurs, "Propaganda Technique in the World War" (1927), fait partie des ouvrages de référence dans l'usage de la propagande dans la Seconde Guerre mondiale. Sa vision autoritaire, voire autoritariste de la communication, lui vaut de nombreux ennemis, encore aujourd'hui. Ce modèle est à lier par antithèse aux travaux de Marshall McLuhan ("La Galaxie Gutenberg", 1967) et Régis Debray ("Traité de médiologie", 1991). Modèle de Jakobson. Le linguiste russe Roman Jakobson (1896-1982) propose un autre modèle. Basé sur la linguistique, il développe un point de vue centré non plus sur la transmission d'un message, mais sur le message lui-même, évitant ainsi les dangers d'instrumentalisation technique (voir sur ce point philosophie des réseaux). Il est composé de six facteurs. À chacun de ces facteurs est lié une fonction du message, explicitée par Jakobson : On notera l'apparition ou la réapparition des trois dernières notions (contexte, code, contact) qui complètent énormément la vision d'ensemble sur ce qu'est une communication. Certains facteurs peuvent être considérés comme des agents de communication (destinataire). Sur le contexte, voir l'article perception de l'environnement. Ces travaux sont à lier à l'impulsion linguistique de Ferdinand de Saussure, conceptuelle de Shannon et Weaver, et philosophique de John L. Austin. Modèle de Gerbner. George Gerbner, sociologue des années 1950, avait l'ambition de formuler un modèle général de la communication. Il présente en 1956 un modèle beaucoup plus complexe que les précédents. Son modèle s'articule autour de deux propositions essentielles : Le trait particulier de ce modèle est qu'on peut l'appliquer aux différentes formes de communication en fonction du contexte. Il convient à un acte de communication interpersonnelle entre deux personnes mais aussi au processus plus complexe de la communication de masse. Modèle de Newcomb. Theodore M. Newcomb, en 1953, présente le modèle ABX triangulaire et devient le premier à introduire le rôle de communication dans la relation sociale. Newcomb relève en effet dans les relations sociales deux dimensions. L'attitude, qui est la qualité du lien affectif, et l'union qui est la spécificité du lien. À travers ces deux grilles d'analyse, il va s'intéresser à l'équilibre ou le déséquilibre d'une relation sociale. Une relation est dite équilibrée lorsque les attitudes ont la même orientation. Son hypothèse est que nous sommes tous à la recherche d'un équilibre dans la situation de communication. S'il n'est pas atteint, nous souhaiterons alors soit réduire ce déséquilibre, soit rompre la relation. Newcomb s'intéresse donc à la notion de similarité, à leur possession, leur association ou à leur contraire. Il nous fait également remarquer que les relations se nouent généralement autour d'un objet (thème de conversation, une personne, une passion commune…). Il exposera par la suite 8 schémas de relation, dont 4 modèles équilibrés et 4 modèles déséquilibrés. Le modèle de Newcomb soulève donc des faits essentiels selon quoi toute situation de communication met en présence des individus caractérisés par des attitudes, des motivations et que toute situation de communication peut être un moyen de faire évoluer une relation. La communication est donc ici appréhendée comme un phénomène dynamique et complexe et non mécanique. Modèle de Matilda et John Riley. Ce modèle introduit de nouvelles notions liées à la sociologie, notamment celle de contexte et d'appartenance à un groupe. Il considère en premier lieu l'appartenance des individus humains à des groupes qui influencent la façon de voir, de penser et de juger de leurs membres et évoluent dans un contexte social dont ils dépendent. L'émetteur rebaptisé communicateur, et le récepteur sont distribués dans des groupes primaires (familles, communauté, petits groupes…) sociologiques. Ce modèle est le premier à prendre en compte la notion d'une boucle de rétroaction, entre l'émetteur et le récepteur. Cela montre qu'il y a réciprocité et inter-influence entre les individus. Il est à l'origine des travaux sur la communication de groupe. Études de communication. De nombreux jeunes souhaitent se lancer dans le domaine professionnel de la communication. De nombreux étudiants apprécient les métiers de la communication : Chargé de communication, attaché de presse, directeur de communication, et sont donc de plus en plus nombreux à se lancer dans des cursus en école de communication qui peuvent aller de bac+2 à bac+5.
Liste des communes de la Vienne Cette page liste les du département français de la Vienne au . Historique. La Vienne est un département français créé à la Révolution française, le en application de la loi du , à partir d'une portion de la province du Poitou. La Vienne est située dans la région Nouvelle-Aquitaine. Les communes de la Vienne étaient 281 au , 280 au avec la création de la commune nouvelle de Senillé-Saint-Sauveur et 274 au , avec la création des communes nouvelles de Beaumont Saint-Cyr, Jaunay-Marigny, Saint-Martin-la-Pallu et Champigny en Rochereau puis enfin 266 avec la création de Boivre-la-Vallée et Valence-en-Poitou, ainsi que l'extension à Varennes de Saint-Martin-la-Pallu au . Liste des communes. Le tableau suivant donne la liste des communes, en précisant leur code Insee, leur code postal principal, leur arrondissement, leur canton, leur intercommunalité, leur superficie, leur population et leur densité, d'après les chiffres de l'Insee issus du recensement 2020.
Liste des communes de l'Ain Cette page liste les du département français de l'Ain au . Liste des communes. Le tableau suivant donne la liste des communes, en précisant leur code Insee, leur code postal principal, leur arrondissement, leur canton, leur intercommunalité, leur superficie, leur population et leur densité, d'après les chiffres de l'Insee issus du recensement 2020.
Liste des communes de l'Aisne Cette page liste les du département français de l'Aisne au . Historique. Au , les communes de Bazoches-sur-Vesles et Saint-Thibaut se sont regroupées pour former la commune nouvelle de Bazoches-et-Saint-Thibaut. Le nombre de communes du département passe alors de 800 à 799. Au , les communes de Berzy-le-Sec et Noyant-et-Aconin se sont regroupées pour former la commune nouvelle de Bernoy-le-Château. Le nombre de communes du département passe alors de 799 à 798. Liste des communes. Le tableau suivant donne la liste des communes, en précisant leur code Insee, leur code postal principal, leur arrondissement, leur canton, leur intercommunalité, leur superficie, leur population et leur densité, d'après les chiffres de l'Insee issus du recensement 2020. Caractéristiques communales du département. Superficie. Alors que l'Aisne admet une superficie de kilomètres carrés, la taille moyenne d’une commune est de et la médiane de . Population. Au , l'Aisne compte habitants, ce qui fait en moyenne une population de habitants, par commune, avec une population médiane à . Densité. Au , l'Aisne compte habitants par kilomètre carré, ce qui fait une densité médiane à habitants par kilomètre carré.
Liste des communes de l'Allier Cette page liste les du département français de l'Allier au . Liste des communes. Le tableau suivant donne la liste des communes, en précisant leur code Insee, leur code postal principal, leur arrondissement, leur canton, leur intercommunalité, leur superficie, leur population et leur densité, d'après les chiffres de l'Insee issus du recensement 2020. Urbanisme. Suivant la classification de l'Insee, la typologie des communes de l'Allier se répartit ainsi : Les communes urbaines du département forment 8 aires urbaines : Note : les données présentées ici ne concernent que les communes appartenant à l'Allier. Il est possible qu'une aire urbaine s'étende sur plusieurs départements (c'est le cas de celle de Vichy). Les deux communes urbaines multipolarisées n'appartiennent pas spécifiquement à une seule aire urbaine. Les aires urbaines de l'Allier se rattachent à trois espaces urbains distincts :
Liste des communes des Alpes-de-Haute-Provence Cette page liste les du département français des Alpes-de-Haute-Provence au . Liste des communes. Le tableau suivant donne la liste des communes, en précisant leur code Insee, leur code postal principal, leur arrondissement, leur canton, leur intercommunalité, leur superficie, leur population et leur densité, d'après les chiffres de l'Insee issus du recensement 2020. Urbanisme. Suivant la classification de l'Insee, la typologie des communes des Alpes-de-Haute-Provence se répartit ainsi : Les communes urbaines du département forment 3 aires urbaines : Note : les données présentées ici ne concernent que les communes appartenant aux Alpes-de-Haute-Provence. Il est possible qu'une aire urbaine s'étende sur plusieurs départements (c'est le cas de celle de Gap). Les trois communes urbaines multipolarisées n'appartiennent pas spécifiquement à une seule aire urbaine. Les aires urbaines des Alpes-de-Haute-Provence se rattachent à trois espaces urbains distincts :
Liste des communes des Hautes-Alpes Cette page liste les du département français des Hautes-Alpes au . Liste des communes. Le tableau suivant donne la liste des communes, en précisant leur code Insee, leur code postal principal, leur arrondissement, leur canton, leur intercommunalité, leur superficie, leur population et leur densité, d'après les chiffres de l'Insee issus du recensement 2020. Urbanisme. Suivant la classification de l'Insee, la typologie des communes des Hautes-Alpes se répartit ainsi : Les communes urbaines du département forment deux aires urbaines : Note : les données présentées ici ne concernent que les communes appartenant aux Hautes-Alpes. Il est possible qu'une aire urbaine s'étende sur plusieurs départements (c'est le cas de celle de Gap). Les aires urbaines des Hautes-Alpes se rattachent à deux espaces urbains distincts :
Liste des communes des Alpes-Maritimes Cette page liste les du département français des Alpes-Maritimes au . Liste des communes. Le tableau suivant donne la liste des communes, en précisant leur code Insee, leur code postal principal, leur arrondissement, leur canton, leur intercommunalité, leur superficie, leur population et leur densité, d'après les chiffres de l'Insee issus du recensement 2020. Intercommunalités. Les Alpes-Maritimes possèdent les intercommunalités suivantes : Urbanisme. Suivant la classification de l'Insee, la typologie des communes des Alpes-Maritimes se répartit ainsi : Les communes urbaines du département forment deux aires urbaines : Note : les données présentées ici ne concernent que les communes appartenant aux Alpes-Maritimes. Il est possible qu'une aire urbaine s'étende sur plusieurs départements (c'est le cas de celle de Nice). Les trois communes urbaines multipôlarisées n'appartiennent pas spécifiquement à une seule aire urbaine. Les aires urbaines des Alpes-Maritimes se rattachent à un seul espace urbain, celui de Nice-Côte d’Azur :
Cancer Le cancer est une maladie provoquée par la transformation de cellules qui deviennent anormales et prolifèrent de façon excessive. Ces cellules déréglées finissent parfois par former une masse qu'on appelle tumeur maligne. Les cellules cancéreuses ont tendance à envahir les tissus voisins et à se détacher de la tumeur initiale. Elles migrent alors par les vaisseaux sanguins et les vaisseaux lymphatiques pour aller former une autre tumeur (métastase). Les cancers rassemblent un ensemble de pathologies très diverses de formes et de conséquences, tout en partageant cependant systématiquement un ensemble très typique de caractéristiques quel que soit le cancer concerné. Le pronostic dépend beaucoup du stade auquel est diagnostiqué un cancer. Dans les cas les plus graves, la survie du patient est menacée — en particulier le stade dit "terminal" implique que le patient est condamné à mourir des conséquences directes ou indirectes de son cancer à plus ou moins brève échéance. C'est pourquoi le dépistage du cancer doit être le plus précoce possible. Il est possible de guérir d'un cancer. Il est aussi possible d'avoir des récidives (parfois plusieurs années après), ou d'avoir un cancer peu agressif dont le traitement peut générer plus d'effets indésirables que de bénéfices pour le patient (par exemple, certains gliomes évoluent peu et peuvent ne jamais menacer la survie du patient bien qu'ils soient une éventuelle cause de troubles : le plus souvent des céphalées), d'où le maintien d'un contrôle régulier sur plusieurs années. La prévalence des cancers varie fortement dans la population. Ce sont des maladies typiquement multifactorielles alliant terrain individuel et histoire/environnement personnel. Dans le terrain, on retrouve en particulier des mutations génétiques qui peuvent être héréditaires ou sporadiques — 31 localisations chromosomiques de mutation potentiellement cancéreuse s'expliquent par des mutations aléatoires et concernent les 2/3 de la variation du risque (et non pas les 2/3 des cas de cancers comme l'ont souvent rapporté les médias), le reste se partageant entre facteurs environnementaux et prédispositions génétiques. Des facteurs hormonaux, et épigénétiques sont possibles. Des études scientifiques concluent que seuls 5 à 10 % des cas de cancer sont uniquement attribués à des facteurs génétiques contre 25 à 30 % au tabagisme, 30 à 35 % aux régimes alimentaires ( alcoolisme, viandes trop cuites), 15 à 20 % aux infections, et 10 à 25 % à d'autres facteurs environnementaux (rayons ionisants, stress, activité physique insuffisante, pollution de l'environnement). Les recherches actuelles ont du mal à identifier des facteurs de risques uniquement liés à un facteur environnemental ou comportemental. Certaines études mettent par exemple en relief certaines prédispositions génétiques du cancer qui ne favoriseraient l'apparition de la maladie qu'en cas de facteur externe : les obèses diabétiques ne seraient pas tous égaux face au risque de cancer selon leurs gènes. Des études futures vont sans doute permettre de mieux comprendre l’interaction entre l'environnement et la génétique. Plusieurs types de cancers semblent en augmentation. Si, dans certains cas, cette progression est liée à des facteurs de risque identifiés (tabac, alcool, polluants industriels reconnus cancérigènes, obésité, sédentarité, exposition au soleil), il est difficile dans certains cas d'attribuer à des facteurs précis l'augmentation observée. L'amélioration des outils de diagnostic et le vieillissement de la population expliquent une part importante de la progression de l'incidence de certains cancers. À l'inverse, une étude de l'Institut de veille sanitaire montre que les cancers de l'estomac, de l’œsophage (chez l'homme), du col de l'utérus et le lymphome de Hodgkin ont régressé entre 1980 et 2000. Terminologie et étymologie. Le mot latin "cancer" (« crabe, chancre, cancer ») est apparenté au grec "καρκινος", "karkinos" (« écrevisse »). Selon le livre sur la chirurgie du médecin de l'Antiquité, Paul d'Égine, ce nom aurait été donné par Hippocrate, parce que le cancer « a des veines étendues de tous côtés, de même que le crabe a des pieds » : la zone centrale arrondie de certaines tumeurs se prolonge par des ramifications en rayon, comme les pattes de ce crustacé. Paul d'Égine fait également référence à l'adhérence de la tumeur aux tissus voisins en ajoutant que le nom du cancer « lui vient, selon quelques-uns, de ce que quand il s'est emparé d'un organe, il ne le lâche plus, de même que fait le crabe quand il s'est attaché à quelque chose ». L'oncologie (ou cancérologie) est la spécialité médicale qui étudie les cancers, leur diagnostic et leur traitement. Les oncologues ou cancérologues peuvent être spécialisés, comme les chimiothérapeutes ou radiothérapeutes. Les cancers sont de plusieurs types et la terminologie médicale est plus spécifique : tumeur maligne, néoplasie, néoplasme, polymitose, carcinome. Dans la langue populaire, le cancer est désigné par des termes synonymes comme tumeur ou crabe. Biologie. Histologie. On retrouve dans tous les cancers les éléments histologiques suivants : C'est seulement si toutes ces caractéristiques sont réunies qu'il s'agit d'un vrai cancer, car il existe des hyperplasies tissulaires non-cancéreuse et même non-tumorales (exemple typique : les tissus cicatriciels présentent une surabondance de tissus conjonctifs, mais dont la nature n'est ni cancéreuse ni tumorale). Typologie. Par type tissulaire. On distingue généralement : Par organe. Il existe un classement selon les organes touchés, par exemple : Il existe presque autant de sources de cancer que de tissus dans l'organisme. Certains sont toutefois plus fréquents que d'autres. Génétique. D'un point de vue pathologique, les cancers sont des maladies génétiques, c'est-à-dire qu'ils ont pour origine une modification quantitative ou qualitative de nos gènes. Comme il s'agit d'altérations génétiques somatiques qui ne sont présentes que dans le tissu malade, la plupart des cancers ne sont donc pas eux-mêmes héréditaires, seul un terrain plus ou moins favorable pouvant l'être. Les cancers familiaux (10 % des cancers humains) sont associés à une altération constitutionnelle (ou germinale) d'un gène. Cette altération est donc présente dans toutes les cellules de l'organisme, gamètes inclus. Elle peut être transmise à la descendance. Il y a trois grandes catégories de gènes associés aux maladies cancéreuses : les oncogènes, les gènes suppresseurs de tumeurs et les gènes de réparation de l'ADN. Transformation cellulaire. La transformation cellulaire désigne ici les étapes successives de la cellule différenciée saine jusqu'au stade cancéreux. Contrairement aux maladies génétiques comme la mucoviscidose, les myopathies ou certaines hémophilies qui sont des maladies monogéniques (un seul gène est généralement altéré), le cancer est une maladie multigénique. Chaque cancer a pour origine l'altération de 10 à 20 gènes. Ces altérations se produisent de manière successive, chacune d'entre elles favorisant la suivante (voir encadré). Cette suite d'altérations se produit généralement sur une très longue plage chronologique (5 à 20 ans) ; elle n'est pas aléatoire et pour chaque type de cancer, on a pu mettre en évidence d'une part une certaine spécificité des gènes altérés et d'autre part une chronologie dans le développement des évènements. Dans les cancers du côlon, cette succession d'événements comprend (entre autres) tout d'abord l'inactivation du gène suppresseur de tumeur APC, puis une mutation de l'oncogène Ha-ras suivi de l'inactivation du gène suppresseur de tumeur P53. Il y a d'autres événements qui restent à identifier. Le point essentiel est la spécificité des gènes altérés et leur chronologie. Dans un autre type de cancer, les gènes impliqués et la chronologie sont totalement différents. APC n'est altéré que dans les cancers du côlon et jamais dans les cancers de la peau. Par contre l'altération de P53 peut être retrouvée dans pratiquement tous les types de cancers. Dans le cancer de la peau, contrairement au cancer du côlon, l'altération du gène P53 est l'un des premiers événements. Cette très grande diversité génétique est à la base de l'hétérogénéité de la pathologie cancéreuse. À l'intérieur même d'un type de cancer particulier comme le cancer bronchique, existent plusieurs sous-types (cancer bronchique à petites cellules, adénocarcinome, cancer bronchique à grandes cellules) chacun étant associé à des altérations génétiques particulières. La situation est identique pour d'autres cancers comme celui du sein, de l'estomac ou de la peau, chaque organe pouvant être associé à plusieurs types de cancers suivant le type histologique de la cellule ayant été à l'origine de la maladie. Dédifférenciation. C'est le dernier stade de la transformation en cellule cancéreuse. C'est un processus au cours duquel la cellule perd ses spécifictés tissulaires et "retourne" à un état proche de la cellule souche. Cette capacité est liée à l'expression voire la surexpression de gènes en principe exprimés dans des cellules souches indifférenciées. Une des problématiques liées à ces cellules tient au fait qu'elles sont un poids mort pour l'organisme (elles cessent progressivement d'assumer leurs fonctions tissulaires originales et propres à répondre aux besoins de l'organisme). Origine. Environ 15 % des cancers humains peuvent être associés à des agents infectieux. Cela peut être des virus (virus de l'hépatite B et cancer du foie, papillomavirus humain et cancer du col de l'utérus, virus d'Epstein-Barr et lymphome de Burkitt), plus rarement des bactéries (Helicobacter et cancer gastrique) ou encore plus rarement des parasites (schistosomes et cancer du foie). Dans tous ces cas, outre l'infection, on trouve également des altérations d'oncogènes ou de gènes suppresseurs dans les tumeurs. L'agent infectieux n'intervient qu’à une étape du processus de transformation cellulaire. L'origine des altérations qui modifient les oncogènes et les gènes suppresseurs de tumeurs est multiple. On les classe généralement en deux grandes catégories, exogène et endogène. En 2000, dans leur article « The hallmarks of cancer », Robert Weinberg et Douglas Hanahan ont suggéré que la transformation cellulaire cancéreuse passe par l'acquisition d'au moins six propriétés : Chronologie de la transformation cancéreuse. La cancérogenèse est causée par un rayonnement ou des substances "cancérogènes" entraînant des anomalies génétiques touchant l'architecture ou la séquence de l'ADN. À ce stade, le cancer en formation n'est cliniquement pas observable et n'a pas de conséquence fonctionnelle. Les cellules cancéreuses acquièrent d'un mécanisme d'élongation ou d'entretien de l'ADN télomérique, ce qui leur permet de se diviser indéfiniment (immortalisation). C'est une étape-clé de l'immortalisation cellulaire qui est utilisée comme marqueur lors d’un diagnostic. La télomérase, un complexe enzymatique rallongeant les télomères par addition de séquences de télomères répétées aux extrémités des chromosomes est activée dans environ 80 % des tumeurs. La plupart des cancers produisent la télomérase, mais souvent à un stade tardif, la cancérogénèse débutant par une érosion importante des télomères. Selon une théorie apparue au début du , le cancer apparaît quand quelque chose désorganise la multicellularité et que certaines cellules commencent à se comporter comme si elles étaient isolées. Des gènes actifs dans sept types de cancers solides ont été récemment étudiés du point de vue de leur ascendance ; ils remontent effectivement à des organismes unicellulaires et dans ces cancers les gènes d'origine animale étaient devenus silencieux. Selon les auteurs de ce travail, certains de ces gènes (connus pour être responsables de cancers) ont en outre tant de liens avec d'autres gènes que les traitements contre le cancer, ne ciblant qu'une seule de ces connexions ne peuvent qu'avoir des effets limités. La formation d'un cancer – au sens strict – comporte deux étapes distinctes et nécessairement successives : cancérogenèse et tumorogenèse. Cancérogenèse. Le stade cancérogenèse de la transformation cancéreuse nécessite deux étapes : l'initiation et la promotion. Ces deux étapes sont obligatoirement successives et l'initiation précède toujours la promotion, sans quoi le processus cancéreux s'arrête. Initiation. L'initiation correspond à l'accumulation des anomalies génétiques. L'initiation (ou transformation cellulaire) comporte deux éléments majeurs : L'initiation est la conséquence de la carcinogenèse. L'action des carcinogènes mute des gènes importants dans le maintien de l'intégrité et des caractéristiques de chaque type cellulaire. Il en résulte des pertes ou gains de fonctions cellulaires : Promotion. La promotion recouvre la réception par la cellule de facteurs de prolifération qui vont entraîner les divisions. Ces signaux vont donc pérenniser les anomalies au cours des divisions, et ainsi assurer la descendance de la cellule anormale, qui va de surcroît accumuler de nouvelles anomalies génétiques (voir Transformation cellulaire). La promotion est caractérisée par une grande instabilité génomique et une augmentation de la perte d'homéostasie. L'instabilité génomique est due à des mutations de deux types de gènes : Ces points de contrôle et de réparation altérés, la cellule cancéreuse a désormais perdu la capacité à « reconnaître sa vieillesse », initier sa mort et réparer les dommages de son ADN. La réponse aux signaux de croissance physiologiques est en outre disproportionnée. Ensuite, la cellule commence à produire ses propres signaux de prolifération (cf. infra) : la croissance incontrôlée d'un pool de cellules n'a alors plus de limite. À ce stade, le cancer est infraclinique : c'est une masse de cellules qui survit dans l'organisme. L'environnement des cellules cancéreuses (ou "stroma", microenvironnement) est dit non coopératif : il ne fournit pas aux cellules cancéreuses les nutriments et le soutien que leur développement réclame. Cette phase est critique dans le développement clinique du cancer : si le "stroma" reste non-permissif, le cancer n'évolue pas, ou alors très lentement. Si, en revanche, il peut s'établir une réciprocité de maintien entre cancer et "stroma", le cancer envoie des signaux permissifs au stroma, qui se modifie en faveur du cancer et va lui apporter nutriments et soutien. Ainsi le cancer grossit, produit de plus en plus de signaux permissifs Dans le cas où la réciprocité s'établit, l'évolution du cancer reprend et passe à un stade clinique. Le stroma devient permissif à deux conditions : Tumorigenèse. Il s'agit du développement du cancer donnant des conséquences cliniques : il grossit dans des limites histologiques précises (on parle de cancer in situ), puis les dépasse et devient donc invasif avec dissémination très probable de métastases. La "néoangiogenèse" et la mise en place d'une circulation sanguine stable et relativement efficace sont les préalables indispensables à cette phase : la croissance tumorale est telle qu'elle ne peut plus se contenter d'une diffusion à partir d'un stroma non permissif, mais nécessite des apports importants et dédiés. La tumeur grossit jusqu'à atteindre la lame basale : le cancer est dit "in situ" et son risque de métastase est faible. La croissance tumorale continue et la membrane basale se rompt, le cancer devenant alors invasif : les cellules cancéreuses ont de grandes facilités à atteindre les courants métastatiques (circulation lymphatique pour les carcinomes et circulation veineuse pour les sarcomes), et la dissémination dans le corps débute. Évolution. De son foyer initial, le cancer va (en dehors de tout traitement ou si le traitement n'est pas efficace) : L'évolution dépend du type du cancer et de sa prise en charge : certains ne font que très peu de métastases et sont très sensibles aux traitements permettant d'aboutir dans la grande majorité des cas à une rémission complète et prolongée (ce terme de "rémission" est spécifique de la cancérologie et diffère de "guérison" par l'absence de certitude quant à une récidive à court, moyen ou long terme). D'autres sont difficilement maîtrisables et peuvent entraîner le décès à court terme. Une évaluation précise du type du cancer auprès d'un médecin spécialisé est donc indispensable. De quoi meurt-on exactement quand on « meurt d'un cancer » ? C'est une question fréquemment posée par ceux qui ont peine à croire qu'une petite tumeur puisse menacer tout un organisme. La réponse est que la vie dépend de la bonne marche d'un certain nombre de fonctions, dont la respiration (au sens large, en incluant la distribution d'oxygène par la circulation sanguine), la digestion et l'excrétion (reins, foie). Selon celui des trois systèmes qui est altéré par les cellules cancéreuses, par exemple, le patient meurt — si l'on n'arrive pas à juguler la progression du mal : Causes du cancer. Mutations génétiques aléatoires. Des études américaines de Christian Tomasetti et Bert Vogelstein ensuite rejoints par Lu Li, publiées en 2014 et 2017 parviennent à la conclusion que deux cancers sur trois sont dus à des mutations génétiques aléatoires et ne seraient donc pas liés à des causes héréditaires ou environnementales. Ces résultats ont néanmoins suscité la controverse et ne font pas consensus à l'heure actuelle. L'OMS estime que 30% à 50% des cancers peuvent être évités, en s'appuyant sur les causes actuellement connues. Les facteurs de risque du cancer peuvent être endogènes (provenant de l'organisme) ou exogènes (extérieurs à l'organisme). L'étude sur des registres de vrais jumeaux ou des changements de taux de cancer chez les populations migrantes permet de démontrer la part environnementale de nombreux cancers. Risques endogènes. Dans certains cas, l'apparition d'un cancer a une composante héréditaire. C'est le cas de quelques-uns comme certains cancers du sein. Certains cancers induits par certains comportements transmis de génération en génération (consommation d'alcool ou de tabac) peuvent être confondus avec un risque génétique vrai, et inversement, certains gènes prédisposant au cancer pourraient n'être activés que dans certaines circonstances (obésité, alcoolisme). Risques dits « environnementaux ». Les facteurs exogènes de risque (facteurs non-génétiques ou « environnementaux ») dépassent le seul champ de l'environnement (au sens français du terme), puisque recouvrant aussi, par exemple, les bactéries et virus inducteurs de cancers. Ils sont pour partie liés à l'environnement et pour partie aux comportements à risque qui augmentent l'exposition de l'individu à ces facteurs. Pour l'Académie nationale française de médecine (rapport 2007), le tabac reste la principale cause de cancer. Viennent ensuite l'alcool, le surpoids et l'insuffisance d'exercice physique, puis les expositions professionnelles et les traitements hormonaux de la ménopause chez la femme. La moitié des origines du cancer demeure inexpliquée. Tabac. Le tabac est un facteur de risque majeur pour différents cancers (80 % des cancers du poumon, 75 % du larynx, 50 % de la vessie), il est aussi impliqué dans certains cancers du foie, du pancréas, de l'estomac, du rein, du col de l'utérus, du sein, du côlon-rectum, de l'ovaire et de certaines leucémies. C'est la première cause de mortalité évitable par cancer avec près de par an en France, soit environ 25 % de la mortalité totale par cancer. Alcool. L'alcool est en France L'éthanol (alcool) - même à dose modérée est classé dans la liste des cancérogènes du groupe 1 du CIRC ; il augmente le risque de plusieurs cancers, d'autant plus que la dose ingérée est importante - il n'y a pas de dose sans effet. Les cancers les plus favorisés par l'alcool incluent le cancer du foie et le cancer du pancréas ; les cancers des voies aérodigestives supérieures : cancer de la bouche (langue, rhinopharynx, lèvres), cancer de l'œsophage, cancer de l'estomac ; et le cancer du sein, une femme augmente son risque de cancer du sein de 10 % par d'alcool par jour. Le rapport du Circ (Iarc, 2007) estime la part attribuable à l'alcool à 10,8 % de l'incidence des cancers et 9,4 % des décès par cancers chez l’homme et à respectivement 4,5 % et 3 % chez la femme. En 2015, on estime que la consommation d'alcool est responsable de plus de par cancer par an en France, sur un total de . L'alcool est un facteur de risque pour de nombreux accidents et maladies. Il a été estimé, pour l'année 2015, que (toutes causes confondues) étaient attribuables à l'alcool par an en France, sur un total de toutes causes confondues. Alimentation. L'alimentation joue un rôle dans la survenue ou la prévention de cancers, elle serait particulièrement impliquée dans la forte prévalence du cancer colorectal qui touche environ et en tue par an en France. Selon le Fonds mondial de recherche contre le cancer, 30 à 40 % des cancers seraient imputables à l'alimentation. Outre l'alcool cité plus haut, la consommation excessive de viandes rouges, de charcuterie ou de sel et les mycotoxines pourraient augmenter le risque de cancer et des ovaires, mais le lait réduirait le risque de cancer colorectal. La consommation de viandes rouges est souvent citée comme un facteur probable des cancers colorectaux, sauf dans le cas d'une consommation modérée ( par jour). Plusieurs méta-études jugent cependant les données statistiques insuffisantes pour conclure, mais l'OMS et le CIRC ont jugé en 2015 que la viande rouge devait être classée en cancérigène probable (groupe 2A) et les charcuteries en cancérigène (groupe 1). Le lien entre la consommation de viandes transformées (charcuteries par exemple) et certains cancers (colorectal, œsophage et estomac) semble mieux établi. Plusieurs études attribuent l'effet cancérigène des viandes transformées à l'ajout d'agents de conservation à base de nitrites absents dans la viande fraîche. Les nitrites sont des précurseurs d'une famille de composés cancérigènes, les nitrosamines. L'exposition aux nitrosamines, associée à la consommation de viande et de poisson transformés - dont en particulier les produits fumés - augmente le risque de cancer de l'estomac. La consommation de légumes conservés en saumure acide (de type pickles) augmente le risque de cancer de l'estomac et de l’œsophage, ils contiennent eux aussi de grande quantité de précurseurs de nitrosamines. Il existe aussi un lien entre consommation de viandes rouges ou transformées avec le cancer du pancréas, sans que les graisses saturées ne puissent être incriminées ; pour les auteurs, l'effet du mode de cuisson sur le sur-risque est à explorer. Le mode de cuisson de la viande comme des aliments végétaux semble effectivement jouer un rôle important dans leur potentiel cancérigène. Deux composés, l'acrylamide et le benzopyrène, produits par les cuissons à hautes températures (friture, en particulier pour les produits de pomme de terre frits ; cuisson au contact de la flamme, en particulier pour les viandes) sont plus particulièrement cités parmi les facteurs de risques reconnus. Une forte consommation de sel est corrélée à un risque plus élevé de cancer de l'estomac. Les consommations de maté et de noix de bétel sont corrélées à un risque plus élevé de cancer de l'œsophage et/ou du pharynx. La consommation de matières grasses saturées pourrait aussi être un facteur de risque, en particulier pour le cancer colorectal, certaines matières grasses pouvant toutefois avoir un effet protecteur comme les huiles de poisson et l'huile d'olive, les méta-analyses étant cependant moins catégoriques. Outre les mycotoxines évoquées plus haut (dont en particulier l'aflatoxine), d'autres contaminants cancérigènes peuvent être présents dans les aliments, parfois naturellement (hydrazines dans les champignons frais par exemple), parfois à des teneurs anormalement élevées pour cause soit de concentration tout au long de la chaîne alimentaire (métaux lourds dont en particulier le cadmium - par exemple dans le foie de bœuf ou l'hépatopancréas des crustacés, soit de contamination de l'environnement : métaux lourds de nouveau dont en particulier l'arsenic dans les eaux de certains pays comme le Bangladesh, hydrocarbures aromatiques polycycliques, furfural, dioxine - par exemple dans le lait et les produits laitiers). Sur le plan des facteurs protecteurs, la consommation régulière de fruits et légumes diminue le risque de survenue d'un cancer. Une étude publiée dans Food and Chemical Toxicology estime qu'une augmentation de la consommation de fruits et légumes éviterait de cancer par an aux États-Unis en ne générant que dix cas liés aux résidus de pesticides. En revanche, la consommation en quantité élevée d'agrumes (plus de six fois par semaine) augmenterait le risque de cancer de la peau. La recherche met en évidence le lien entre plusieurs substances d'origine végétale et la réduction de risque de certains cancers: brassicacées (choux, brocolis, etc.), ail, lycopène et autres caroténoïdes, flavonoïdes, huile d'olive, mais c'est bien la consommation de fruits et légumes en général - et non de compléments alimentaires - qui est encouragée par les pouvoirs publics. La consommation de fibres - typiquement apportées par les fruits, les légumes et les céréales entières - réduit aussi le risque de cancer. La pratique du jeûne intermittent, de la diète cétogène, et de la restriction calorique, les régimes pauvres en glucides et riches en protéines et Atkins pourraient avoir un effet protecteur et améliorer les chances de survie des malades. L'apport en oméga-3 - souvent mis en avant dans la littérature grand public - pourrait avoir un effet. Une étude stipule que, après étude des données relatives à 48 essais randomisés et contrôlés et à 41 études de cohortes, . Enfin, et parce qu’ils contribuent à l’obésité, des apports énergétiques excessifs (alimentation trop riche c’est-à-dire trop dense en calories, une consommation excessive de boissons sucrées ou de grandes tailles de portion) sont une cause indirecte de cancer. Obésité. L'obésité jouerait un rôle dans près de 4 % des cancers, et pour beaucoup des "cancers hormono-dépendants" (du sein et de l'utérus, et semble-t-il colorectal, de la vésicule biliaire, de la prostate, du pancréas et des reins ; à cause d'une production œstrogénique anormale et accrue dans les tissus gras). Un indice de masse corporelle de 30 à 35 (seuil de l'obésité) augmente d'un tiers le risque de mourir du cancer. auraient été causés par l'obésité par an entre 2000 et 2010. Une étude américaine récente a conclu que 9 % des cas de cancer colorectal, 17 % des cas de cancer du sein, 21 % des cas de cancer de la vésicule biliaire, 24 % des cas de cancer du rein, 28 % des cas de cancer du pancréas, 35 % des cas de cancer de l'œsophage et une écrasante majorité de 49 % des cas de cancer de l'endomètre avaient l'obésité comme cause probable. De plus les chances de survie sont moindres chez l'obèse, car leur cancer est souvent détecté plus tardivement. Aux États-Unis où l'obésité a fortement progressé (touchant 15 % des enfants et adolescents de 6 à 19 ans en 2000, avec 65 % des adultes étant soit en situation d'embonpoint, soit obèses, soit 3 fois plus qu'en 1980), elle serait même déjà la cause de 14 % des décès par cancer chez les hommes et 20 % chez les femmes (devant le tabagisme). Probablement pour les mêmes raisons (hormonales), l'obésité de la mère aggrave aussi le risque de cancer du testicule chez le futur enfant (il y en avait déjà un indice avec un taux plus faible de cancer des testicules observé chez les hommes conçus durant la dernière guerre mondiale en Europe de l'Ouest, alors que la nourriture était rationnée). Pourtant, environ 40 % des gens sondés sur tous les continents ne connaissaient pas le lien entre obésité et cancer. Le message de la campagne mondiale 2009 contre le cancer de l'UICC était qu'environ un cancer sur trois parmi les cancers les plus communs pourrait être évité par un poids normal, entretenu par une alimentation saine et équilibrée et une activité physique suffisante. Une étude récente a conclu que le risque de cancer du pancréas double pour ceux qui étaient obèses ou en surpoids à l'adolescence, par rapport à ceux qui n'ont jamais été obèses ou en surpoids. Sur tous les cas de cancer étudiés, 27 % ont été attribués à l'obésité (les autres facteurs de risque pour ce type de cancer sont surtout le tabagisme - 25 % des cas -, puis le diabète). Activité physique. L'activité physique pratiquée au quotidien a un effet protecteur vis-à-vis du cancer. Cet effet est plus marqué pour le cancer du côlon, du sein, de l'utérus et des poumons. Polluants. Le rôle exact des polluants dans la genèse des cancers reste difficile à évaluer, sauf dans le cas des expositions professionnelles où de nombreuses reconnaissances officielles confirment le lien entre cancer et exposition aux polluants. Les risques associés au contact en milieu professionnel avec des produits cancérogènes sont reconnus pour de nombreuses substances : amiante, benzène, trichloréthylène, arsenic, formaldéhyde, gaz moutarde, iode 131, les poussières de bois, le goudron de houille et la suie. Les mycotoxines peuvent être inhalées dans des locaux insalubres, l'effet à long terme est cependant mal quantifié. L'exposition aux pesticides est responsable de certains cancers (lymphome, leucémie, prostate) chez les agriculteurs, en particulier les arboriculteurs et viticulteurs. L'incidence d'autres cancers chez les agriculteurs est moindre que dans l'ensemble de la population, notamment en raison d'un mode de vie plus sain (vie active, moins de fumeurs). L'OMS estime à 10 % la proportion de cancers liés au travail, ce qui correspond à plus de annuels dans le monde. En France 2,5 à 3 millions de travailleurs seraient exposés, générant 11 à nouveaux cas de cancer par an, dont seulement 15 à 30 % seraient officiellement reconnus. Une autre étude comptabilise environ 12 000 cancers dus à l'exposition professionnelle en France en 2015. Néanmoins ces comptabilisations sont partielles car elles reposent sur les causes actuellement avérées de cancers et sur les données d'exposition dont on ne dispose que pour une partie d'entre eux. Par construction, il s'agit donc d'une sous-estimation. Radiations solaires. Les UV du soleil sont cancérigènes. Il est notamment important d'éviter une surexposition au soleil, ou d'utiliser des crèmes solaires dont l'effet protection est démontré lors d'une exposition prolongée au soleil. Microorganismes et virus. Les microorganismes (comme les bactéries) et les virus, font partie des facteurs exogènes du cancer. Certains cancers peuvent être induits par des virus, tels le cancer du col de l'utérus provoqué par le VPH. Perturbateurs endocriniens. Mimant les hormones naturelles, certains perturbateurs endocriniens sont fortement soupçonnés d'initier des cancers dits « dépendants des hormones » (par exemple, le cancer du sein) ; la perturbation peut se produire "in utero" et donner par exemple des cancers du testicule, ou d'autres types de cancers susceptibles d'être induits par des molécules telles que le distilbène. Éclairage artificiel. L'éclairage artificiel est évoqué, et parfois assimilé à la catégorie pollution lumineuse (pour le cancer du sein au moins), via une perturbation endocrinienne chez les femmes exposées à une lumière artificielle la nuit. Les femmes travaillant en équipe de nuit ont un risque de cancer du sein plus élevé. Radioactivité. Les rayonnements ionisants, artificiel ou naturel, sont cancérigènes au-delà d'un seuil estimé à 100 à . Les risques associés à des doses dites faibles (inférieures à ) sont mal connus. Une étude publiée en 2015, coordonnée par le Centre international de recherche sur le cancer, conclut que le risque existe aussi pour de faibles expositions. Les risques de pollution radioactive militaire, industrielle ou accidentelle sont encadrés par des règles de radioprotection. Nanomatériaux. Certains nanomatériaux ont une toxicité avérée, et/ou une génotoxicité potentielle, aggravée par la taille infime de ces particules qui peuvent ainsi atteindre l'ADN et le génome. Ils sont suspectés de contribuer à certains cancers. Un projet européen "Nanogenotox" doit pré-évaluer cette question, ou au moins proposer des outils de mesure du risque, sur la base de tests faits sur 14 matériaux à base de dioxyde de titane, silice et nanotubes de carbone. Ces trois nanomatériaux ont été choisis car déjà utilisés dans des cosmétiques, aliments, produits de consommation courante. Sexualité non protégée. Les rapports sexuels de toutes natures qui ne sont pas protégés en raison des risques de contamination par certaines souches du VPH qui peuvent causer des verrues génitales ou anales, et d’autres encore peuvent évoluer en cancer du col utérin, de l’anus, du pénis ou de la gorge. Prévention. Il convient de faire la différence entre la "prévention", qui cherche à diminuer la survenue de la maladie en luttant contre ses facteurs favorisants, et le "dépistage", qui cherche à mettre en évidence une maladie de manière précoce pour la traiter plus facilement. La prévention du cancer se fonde sur : En France, le « Plan Cancer » (2003-2007/2009-2013) prévoit une réorganisation de la recherche médicale, le renforcement de la prévention primaire, des efforts de dépistage, une amélioration de la prise en charge des maladies, des aides à l'insertion sociale des malades et des actions pour améliorer l'environnement. Dépistage. Il consiste en la détection la plus précoce possible de lésions précancéreuses ou de cancers, chez des personnes ne présentant pas encore de symptômes évidents. Le but est de trouver, dans une population donnée, des lésions que l'on peut encore traiter facilement : si l'on attend les symptômes, il est souvent nécessaire d'avoir recours à des traitements plus « lourds » pour traiter la maladie. Cela se fait par la clinique (l'examen du patient) : palpation des seins, toucher rectal et des examens paracliniques (scanner, IRM, tomographie optique ou parfois échographie). Certains dépistages ont prouvé leur intérêt en diminuant le nombre de décès par cancer : le frottis du col utérin, pour dépister les lésions précancéreuses et les petits cancers du col utérin et les examens colorectaux. La mammographie, pour dépister des cancers du sein à un stade précoce, a fait l'objet de plusieurs controverses, en raison d'un fort accroissement des faux-positifs dans la population de moins de 50 ans, et il existe un consensus pour ne la pratiquer de façon systématique qu'au-delà de cet âge. Pour autant, si tous les acteurs en rejettent l'idée avant 50 ans, tous n'adhèrent pas au principe d'un dépistage systématique après cet âge. Pour Sorensen , les fièvres prolongées non-expliquées (FPI) sont un marqueur de néoplasies occultes. Diagnostic. Même s'il existe des éléments permettant d'identifier un cancer avec une grande probabilité, le diagnostic de certitude ne se fait que sur analyse au microscope (anatomopathologie) d'un échantillon de la tumeur (éventuellement aidé par d'autres techniques comme le scanner, l'IRM voire parfois l'échographie). Cet échantillon vient soit d'une biopsie (simple prélèvement d'un morceau de la tumeur) qui peut être faite, suivant la localisation, suivant différentes procédures (fibroscopie, ponction à travers la peau…), soit d'une pièce opératoire (tumeur enlevée par le chirurgien). Traitements. Historique. Cet historique est surtout basé sur la revue "MIT Technology Review" : Description. Le traitement est effectué en milieu spécialisé, en règle sur une stratégie définie par une équipe médicale pluridisciplinaire (c'est-à-dire comportant des médecins de plusieurs spécialités : oncologie, radiothérapie, chirurgie, gynécologie, gastro-entérologie). Il nécessite d'avoir un diagnostic de certitude et de connaître le type du cancer ; d'évaluer son extension locale, régionale et la présence ou non de métastases ; et d'évaluer l'état général du patient (âge, fonctions cardiaque et rénale, présence d'autres maladies). Suivant les cas, il repose sur : Certains cancers peuvent bénéficier également : Souvent, plusieurs de ces types de traitements sont nécessaires chez un même patient. Il ne faut pas oublier le traitement des conséquences de la tumeur, la prise en charge des effets secondaires du traitement et le traitement de la douleur. Chirurgie. L’exérèse est une technique nécessitant des équipes entrainées à traiter le cancer diagnostiqué. Pour ce faire, en France, les ARS délivrent des habilitations aux établissement habitués à traiter tel ou tel cancer et pratiquant un nombre d’intervention annuel suffisant. Toutefois des établissements ne disposant pas de cette habilitation pratiquent ces opérations prétextant une situation d'urgence qui n'est généralement que relative. De ce fait, un transfert vers un établissement spécialisé reste possible. L'infographie publiée par France Info récapitule le nombre d'opération par cancer et par établissement en moyenne annuelle entre 2016 et 2018. Médecine personnalisée. La médecine personnalisée permet à l'aide du développement des diagnostics moléculaires de cibler les anomalies spécifiques à chaque tumeur. Elle comprend les traitements d'immunothérapie et les thérapies ciblées. Le profilage moléculaire des tumeurs, permet en analysant en profondeur l'ADN, l'ARN et les protéines des tumeurs de proposer des options thérapeutiques plus adaptées à chaque patient. Chaque cancer et chaque patient est différent il est donc indispensable d’utiliser les armes les plus adaptées à chaque cas. C’est ce que l’on appelle la médecine personnalisée. La médecine propose une avancée majeure dans ce sens en permettant l’analyse très précise des tumeurs solides (profilage moléculaire). En effet chaque cancer possède ce que l’on pourrait comparer à une empreinte digitale, les biologistes peuvent la lire à travers son ADN et ses protéines. Ces signatures renseignent sur les forces et faiblesse de chaque tumeur et permettent de dresser la liste des médicaments les plus susceptibles d’affaiblir le cancer efficacement. Grâce à l’analyse complète (ADN et protéines) des tumeurs, les oncologues peuvent donc proposer à leurs patients atteints de cancers métastatiques des traitements personnalisés, et parfois même encore en phase d’essai clinique. Objectif: lutter de manière hautement ciblée contre le cancer. Souvent les oncologues n’ont accès qu’à quelques analyses restreintes remboursées par la sécurité sociale et ne peuvent pas proposer ce profilage complet. Profiler une tumeur cancéreuse exige la maîtrise d’une batterie de tests en laboratoire et d’analyses pointues, qui chiffrent le coût de l’opération à plusieurs milliers d'euros. Le profilage moléculaire des tumeurs : pour qui est-ce conseillé ? Il ne s’agit pas d’un test pour détecter un cancer ou un risque de développer un cancer. Cette analyse profonde de la tumeur n’est indiquée que pour les patients adultes déjà diagnostiqués pour un cancer solide avancé ( ou ). Un cancer solide veut dire un cancer d’un ou de plusieurs organes, à l’opposé d'un cancer liquide, c’est-à-dire du sang ou de la moelle. Les cancers moins avancés, les leucémies, les myélomes ou les cancers chez l’enfant ne sont malheureusement pas concernés par ce remboursement car les techniques sont différentes et les bénéfices pour les patients moins clairs. Quelles sont les chances qu'un test de ce type permette de trouver un meilleur traitement pour le patient ? Effectuer un profilage moléculaire n’est malheureusement pas une garantie pour trouver une solution pour tout le monde. Dans le cancer métastatique avancé, une étude scientifique a montré qu’une option thérapeutique était trouvée pour 92 % des patients. Mais comme chaque cancer est différent, il peut arriver qu'aucune alternative ne soit trouvée. Cela dépend du type de cancer, de sa gravité, du traitement déjà pris et de nombreux autres paramètres. Seul un oncologue peut évaluer les chances de chaque cas. Comment ça marche ? L’oncologue, après avoir commandé une analyse spécifique chez une firme spécialisée, recevra un kit pour transport d'échantillon. Le médecin enverra gratuitement une biopsie récente (petite partie de la tumeur ou de l’échantillon de sang) à cette société. L’analyse sera faite dans un délai de 7 à 10 jours et les résultats seront transmis à l’oncologue. Il obtiendra ainsi de nombreuses informations sur la carte d'identité spécifique de la tumeur avec, dans de nombreux cas, des recommandations de traitement personnalisés. Si le rapport d’analyse suggère des nouveaux traitements, sont-ils disponibles ou remboursés ? Une liste de médicaments potentiellement efficaces du monde entier et pour de nombreux types de cancer est fournie au docteur. Ces traitements ne sont pas nécessairement disponibles ou remboursés dans votre pays. Dans certains cas, si un médicament n’est pas officiellement disponible ou remboursé, il peut vous être suggéré de prendre part à un essai clinique ou un usage compassionnel. Si vous êtres dans le cas, demandez à l’oncologue quelles sont les meilleures options. Dans une publication récente, l'oncologue a pu prescrire un traitement dans 60,4 % des cas, conformément à la recommandation de l’analyse moléculaire. Le patient a-t-il une chance réelle de répondre au traitement et de vivre plus longtemps ? Chaque patient est différent et un traitement peut réagir différemment selon les patients. Les tests peuvent suggérer des médicaments potentiellement plus efficaces ou d’informer sur certains traitements inefficaces ou toxiques pour le patient. Si le traitement s’avère en effet efficace, cela peut améliorer l’espérance de vie ou la qualité de vie. Dans des publications récentes, la moitié des patients présentait une nette amélioration de la survie. L’oncologue est le meilleur conseil pour orienter vers le choix le plus judicieux au cas par cas. Immunothérapie. Après des décennies de déceptions dans le traitement du cancer, l'utilisation de l'immunothérapie a finalement atteint l'âge de maturité et a entraîné un véritable changement de paradigme dans le traitement du cancer pour de nombreux types de tumeurs. Avec l'avènement de nouvelles immunothérapies basées sur une compréhension croissante du système immunitaire humain, la guérison est devenue une possibilité réelle pour de nombreux patients. Contrairement aux chimiothérapies qui permettent parfois de détruire 99 % de la tumeur mais où le 1 % restant résiste à la chimiothérapie et cause souvent une rechute, les immunothérapies permettent souvent d'éliminer durablement les tumeurs. Une molécule, appelée PD-1, a rapidement été identifiée et ciblée avec succès par des inhibiteurs de points de contrôle. Le Yervoy développé par Bristol-Myers Squibb a été le premier traitement approuvé en 2011 par la "Food and Drug Administration" (FDA) des États-Unis pour le traitement du mélanome. Trois ans plus tard, la FDA a approuvé le pembrolizumab (Keytruda) et le nivolumab (Opdivo) deux inhibiteurs de PD-1 respectivement de Merck et de Bristol-Myers Squibb. L'un et l'autre ont été approuvés pour traiter certains types de cancer du poumon, de cancer du rein et de lymphome de Hodgkin, créant la plus importante nouvelle classe de médicaments contre le cancer depuis un siècle. Le renouveau de l'immunothérapie comprend différentes stratégies parfois associées dont des virus anti-cancer, des lymphocytes T génétiquement reprogrammés (notamment à l'aide de récepteur antigénique chimérique, voir aussi : transfert adoptif de cellule) et des vaccins conçus pour susciter une réponse immunitaire contre la tumeur. En , plus de étaient recherchés pour participer à des études pour des médicaments ciblant une seule protéine appelée PD-1. Le nombre total d'essais d'immunothérapie en cours dépasse en vraisemblablement , d’après Jeff Bluestone, immunologiste à l'Université de Californie à San Francisco. Même si ces nouvelles thérapies font naître de grands espoirs, les traitements ne sont pas encore efficaces pour tous les malades. En effet, pour un grand nombre de patients les traitements n'apportent pas les effets escomptés. Par exemple, dans le cas du Yervoy seuls 20 % des patients atteints de mélanome métastatiques peuvent être guéris. Le protocole Keytruda remplace cependant désormais la chimiothérapie pour certains types de cancer du poumon. Des essais cliniques basés en particulier sur des lymphocytes T et sur les lymphocytes NK, paraissent cependant très prometteurs. L'INSERM a mis en évidence que les vaisseaux HEV étaient le principal moyen d'accès des lymphocytes tueurs aux tumeurs. Ainsi, dans le cas du mélanome métastatique, les tumeurs irriguées par un grand nombre de vaisseaux HEV répondent mieux à l’immunothérapie anti-PD-1 plus anti-CTLA-4. Un traitement visant à augmenter la proportion de vaisseaux HEV dans les tumeurs pourrait être une voie d’amélioration de l’efficacité de l’immunothérapie. Le taux de réponse d'un patient aux immunothérapies peut être estimé en réalisant une analyse moléculaire complète de la tumeur par profilage moléculaire des tumeurs. Thérapies ciblées. Les thérapies ciblées visent à bloquer certains mécanismes spécifiques des cellules cancéreuses comme leur vascularisation ou leur croissance, ou à déclencher leur mort programmée (apoptose). D’importants progrès thérapeutiques ont été réalisés au cours de la dernière décennie grâce aux thérapies ciblant les voies de signalisation impliquées dans la croissance et la survie des cellules tumorales, et ces traitements ont démontré leur efficacité pour une partie des patients. Ces traitements ne créent pas de dommages aux cellules et tissus sains environnant les tumeurs. Traitements alternatifs. En médecine, les traitements reposent sur des études scientifiques de bonne qualité, qui sont nécessaires avant qu'un traitement puisse être considéré comme efficace. Il existe de nombreux traitements alternatifs, mais l'évaluation scientifique de leur efficacité est souvent soit inexistante, soit non validée en pratique clinique, c'est-à-dire validées dans des modèles expérimentaux ou animaux, mais pas chez l'humain. Par exemple, de nombreuses substances tuent les cellules cancéreuses en laboratoire ou chez l'animal, mais fonctionnent mal chez l'humain. De nombreuses personnes se tournent vers des traitements alternatifs pensant qu'ils n'ont pas d'effets négatifs, ce qui n'est pas toujours le cas, certains étant nocifs et pouvant même entraîner la mort. D'autre part, le simple fait de retarder un traitement reconnu peut permettre au cancer de se développer et d'atteindre d'autres parties du corps. Certains traitements alternatifs sont assimilables à du charlatanisme ou de la fraude, ces méthodes étant souvent basées sur des théories de la maladie qui sont contraires aux idées scientifiques reconnues, de simples témoignages de patients étant parfois utilisés comme preuves. Ces « remèdes miraculeux » prétendent souvent soigner d'autres maladies que le cancer. Quelques exemples de traitements alternatifs : La supplémentation de très fortes doses de vitamine C en médecine orthomoléculaire, dont l'idée initiale a été donnée par Irwin Stone, reprise par Linus Pauling (mort d'un cancer de la prostate, à l'âge honorable de 93 ans toutefois) et notamment Matthias Rath (dont les travaux sont très controversés). Un effet favorable semble exister chez les cultures cellulaires ou chez des animaux, mais aucune preuve satisfaisante n'existe chez l'être humain à titre curatif, ou préventif. La Société Suisse de lutte contre le cancer souligne en particulier les faiblesses du dossier scientifique de Matthias Rath. Il existe de nombreux régimes alimentaires censés lutter contre le cancer, par exemple : la cure de raisin de Johanna Brandt, la cure anticancer de Rudolf Breuss, l'instinctothérapie de Guy-Claude Burger, des régimes végétariens, le régime cétogène, la méthode de Gerson-Kelley, la diététique de Kousmine, le régime et la thérapie du Moerman, la thérapie de Livingtone-Wheeler, le zen macrobiotique. Certaines théories utilisent le jeûne thérapeutique dans le but de « détoxifier » l'organisme ou pour faire « maigrir » les tumeurs. Les preuves scientifiques disponibles ne soutiennent pas une efficacité significative contre le cancer chez l'humain. Des périodes de jeûne même de courte durée peuvent avoir des effets négatifs sur certaines personnes affaiblies, sur de longues périodes, les effets peuvent être plus graves et même entraîner la mort. D'autres méthodes font appel à la guérison par la foi et la prière, depuis l'Antiquité, il existe notamment aux États-Unis des évangélistes guérisseurs. La chirurgie psychique est pratiquée par des guérisseurs aux Philippines, la méthode très controversée de Hamer en Allemagne et en France Voir aussi les travaux de Mirko Beljanski. Par ailleurs, G. Edward Griffin prétend que le cancer résulterait notamment d'une carence en vitamine B17 ordinairement appelée amygdaline ou laetrile. Le professeur Didier Raoult a exposé dans "Le Point" en 2014 les travaux de William Coley, qui ont fait l'objet d'un article dans la revue "". Un autre traitement alternatif, ou plutôt une approche alternative, est la chronothérapie. Elle consiste à administrer les agents anti-cancers à des moments spécifiques de la journée pour maximiser les bénéfices du traitement et réduire les effets secondaires. Elle se dirige plus vers une médecine spécialisée pour les rythmes endogènes de chaque patient. Règles hygiénodiététiques. Une étude de l'Institut national du cancer publiée en 2020 se donne pour objectif d'évaluer scientifiquement l'intérêt de différents régimes alimentaires étudiés chez les personnes souffrant ou ayant souffert d'un cancer. Cette étude compile 63 méta-analyses, 22 analyses poolées, 65 essais d'intervention et 93 études de cohorte. Les résultats validés sont classés en trois niveaux de confiance : suggéré, probable, convaincant. Cette étude confirme les facteurs de risques suivants : Concernant l'alimentation, les résultats validés scientifiquement font défaut : L’intérêt potentiel du soja ou d'extraits de "Coriolus versicolor" est à prendre avec précautions du fait d'absence de précisions sur les doses et la fréquence de consommation. Cette étude fait suite à deux autres qui avaient mis en évidence les bénéfices de l’activité physique et de l’arrêt du tabac. Psycho-oncologie et qualité de vie. Le diagnostic et les traitements contre le cancer génèrent une grande détresse chez le patient et ses proches. Ils altèrent profondément la vie du malade (par exemple, son parcours scolaire ou professionnel, ses relations sociales, etc.). Dans les années 1970, la discipline de psycho-oncologie s'est développée pour répondre aux besoins psychologiques particuliers des personnes souffrant du cancer. La psycho-oncologie est pluridisciplinaire et a plusieurs objectifs allant de la diminution de la détresse du patient, du traitement de certains symptômes secondaires comme les nausées ou les troubles cognitifs, en passant par l'aide aux survivants dans le long-terme. Elle s'avère un complément efficace dans le traitement médical des patients, améliorant la tolérance aux traitements et la qualité de vie durant et après les traitements. Après le cancer. Le nombre de patients survivant au-delà du traitement actif du cancer est en forte augmentation en France comme aux États-Unis, l'ensemble des malades représentant 3,8 millions de personnes en France en 2020. Ils doivent parfois suivre un traitement plus léger, pendant plusieurs années ou à vie. L'identité d'ancien malade est plus ou moins assumée par les jeunes, certains choisissant leur métier en fonction de cette expérience quand d'autres tentent de mener une vie normale. La plupart des patients souffrent de séquelles du cancer et/ou de son traitement, qui peuvent être physiques, psychologiques et sociales. Leur prise en charge est souvent moins structurée que celle des patients en phase active de traitement, le suivi systématique étant contesté par certains praticiens qui préfèrent réagir aux symptômes des patients. La peur de la rechute est le principal facteur de risque psychologique, présent chez 50 à 75 % des malades. Coûts économiques et socio-économiques. La chimiothérapie et la chirurgie lourde, ainsi que les traitements au long cours font du cancer une des maladies financièrement les plus coûteuses pour la société. Le coût social du cancer est difficile à évaluer, mais est important et ne cesse d'augmenter. Avec l'industrialisation des pays pauvres et l'évolution de leur mode de vie et de l'espérance de vie, le cancer tend à se globaliser sur la planète. En 2010, plus de 50 % des nouveaux cas de cancer et près des 2/3 des décès par cancer touchent des personnes à faible revenu, à revenu inférieur à la moyenne et des pays en développement à revenu intermédiaire du monde (à titre de comparaison, en 1970, les pays en développement ne représentaient que 15 % des cancers nouvellement signalés). En 2030, le monde en développement sera censé supporter 70 % du fardeau mondial du cancer. En France, dans les années 2000, environ nouveaux cas étaient détectés par an, avec une augmentation régulière du nombre de cas ( nouveaux cas attendus en 2010 selon les modélisations de l'INVS – rendues nécessaire par le fait qu'en France, seule environ 20 % de la population est concernée par un registre du cancer), dont le coût annuel est estimé à 30 milliards d'euros pour 2004. 730 millions d'euros ont été accordés au Plan cancer (2009-2013), dont 95 millions pour la recherche et 400 millions pour les soins. La recherche porte aussi sur les moyens de diminuer les coûts socio-économiques de la maladie et des soins. Les Rencontres parlementaires sur le Cancer (jeudi ) à l'Assemblée nationale ont porté sur le thème : « Cancer : quels coûts pour la société ? ». Certaines réflexions de la littérature internationale suggèrent « d'accepter, sans se poser de question, les stratégies thérapeutiques dont les coûts marginaux pour le système de santé par année de vie gagnée demeurent inférieurs à deux fois le PNB par tête », soit moins de . Force est de rapprocher ce chiffre du fait que la moyenne des années de vie perdues est de quinze ans sur l'ensemble des cancers. Des médecins et ONG telles le MDRGF et le réseau européen HEAL protestent contre le fait que ces types d'approche, ne portant que sur les coûts du soin, omettent de poser la question des causes environnementales et comportementales du cancer. Mieux les traiter permettrait selon eux d'importantes économies, plus durables, avec peut-être une forte réduction du nombre et de la gravité des cancers. Selon une étude publiée par les chercheurs de l'université d'Oxford (et rapportée dans le quotidien Direct Matin du ), le coût financier pour l'Union européenne s’élève à 26 milliards d'euros par an, ce chiffre inclut les coûts de la maladie pour les systèmes de santé, le manque à gagner lié à l'incapacité de travailler des malades, ainsi que . Le cancer, même guéri, peut avoir des implications économiques à long terme. En France, par exemple, les patients ont, jusqu'en 2015 des difficultés à avoir certains prêts jusqu'à l'instauration, le , du « droit à l'oubli ». Ce droit permet aux personnes guéries de certains cancers ou d'une hépatite C de contracter un emprunt sans avoir à déclarer leur ancienne maladie après une période définie. Épidémiologie. En 2012, le cancer a causé la mort de de personnes, surtout dans les pays en voie de développement, en raison d'un diagnostic tardif et l'inaptitude à proposer un traitement dans un système de santé adapté, selon une étude de l'Organisation mondiale de la santé. En 2008, 56 % des de nouveaux cas de cancer et 63 % des de décès associés à un cancer dans le monde sont survenus dans les pays en développement selon une étude fondée sur de cancer. Les cancers les plus fréquemment diagnostiqués dans le monde sont ceux du poumon (12,7 %), du sein (10,9 %) et le cancer colorectal (9,7 %). Les décès les plus fréquents sont provoqués par le cancer du poumon (18,2 %), de l'estomac (9,7 %) et le cancer du foie (9,2 %). Les cancers du col utérin et du foie sont beaucoup plus fréquents dans les régions en développement, tandis que ceux de la prostate et du côlon-rectum sont plus fréquents dans les régions développées. En prenant en compte le nombre d'habitants de chaque pays, ce sont les pays d'Amérique du Nord, ceux d'Europe de l'Ouest et l'Australie qui enregistrent les taux de mortalité les plus élevés. France. . Son incidence diffère selon le sexe (chiffres 2012 et 2017) : le cancer de la prostate est le plus fréquent des cancers métastatiques chez l'homme (28 % des nouveaux cas de cancers masculins), nettement devant celui du poumon (14 %) et du côlon-rectum (12 %). Chez la femme, le plus fréquent est le cancer du sein (31 %), devant le cancer colorectal (12 %) et le cancer du poumon (7 %). Il existe une augmentation du nombre de certains cancers. Les cancers du poumon, mésothéliomes, hémopathies malignes, tumeurs cérébrales et cancers du sein, de l'ovaire, du testicule, de la prostate et de la thyroïde sont en augmentation très significative depuis les années 1980. Ceci est en partie lié au vieillissement et à la croissance de la population et touche différemment l'homme et la femme. De 1980 à 2005 (en tenant compte de la démographie), le taux de cancers s'est élevé de 35 % pour les hommes et de 43 % pour les femmes. En 2008, l'INSERM a conclu d'une revue de la littérature scientifique mondiale relative aux liens entre ces neuf cancers en augmentation et exposition passive à des cancérogènes, avérés ou suspectés dans l'environnement (incluant donc le tabagisme passif, mais non le tabagisme actif), que ni les améliorations du dépistage ni l'évolution de la démographie ne pouvaient expliquer cette augmentation. L’exposition aux cancérigènes de l'environnement est donc supposée, mais reste mal évaluée, bien que des liens de causalité soient déjà établis par exemple entre cancer du poumon et pollution particulaire de l’air par le trafic automobile, le chauffage et l’industrie (« Environ à par cancer du poumon pourraient être évités chaque année dans vingt-trois villes européennes si les niveaux de PM2,5 particules fines étaient ramenés respectivement à 20 et à 15 microgrammes par millimètre cube (µg/mm) ». Mais la norme européenne sur les PM2,5 (max de en 2010) ne sera en vigueur qu'en 2015. Il est essentiel de bien noter la différence entre l'incidence d'un cancer (la fréquence annuelle calculée sur une durée précise) et la mortalité. Ce tableau montre bien que certains cancers très fréquents (prostate) ont une mortalité faible contrairement à des cancers plus rares (pancréas) qui ont une mortalité très élevée. La France est parfois présentée comme étant le pays ayant la plus longue survie après cancer. Mais concernant la survie à 5 ans après le diagnostic, elle serait le second en Europe derrière la Suède, avec environ 52 % de survie (63 % pour les femmes, 44 % pour les hommes). Cela cache de grandes disparités selon les cancers. On atteint des chances de survie de 95 % pour le cancer de la thyroïde ; chez les hommes, on atteint 80 % de survie à 5 ans pour le cancer de la prostate, et quasiment 100 % pour les cancers des testicules et, chez les femmes, 85 % pour le cancer du sein entre 15 et 44 ans, mais 78 % au-delà de 75 ans. En revanche, les cancers profonds sont diagnostiqués plus tardivement et sont très souvent mortels : cancer du pancréas (10 % de survie), du poumon En France, outre l'InVS et l'INPES, l'INSERM, les ARS et ORS, l'Institut de recherche et documentation en économie de la santé (IRDES) et la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (DREES) dépendant du ministère chargé de la santé, existent plus spécifiquement : Dans le cadre du Plan cancer 2009-2013, depuis 2007, l'Institut national du cancer publie annuellement une synthèse des données sur le cancer. En 2015, selon un rapport InVS réalisé dans le plan cancer 2014-2019 : en France métropolitaine les registres des cancers ne couvrent que 20 % de la population. Pour la période 2008-2010 et pour 8 cancers chez l'homme et 8 chez la femme, des disparités départementales persistent pour certains cancers (liés au tabac, à l'alcool, à l'environnement) et . Chez les hommes, l'incidence des cancers des lèvres-bouche-pharynx, du larynx, du poumon et de l’œsophage plus élevée dans les départements du nord, avec une incidence très élevée (dans le Pas-de-Calais, le Nord et la Seine-Maritime notamment) alors que les départements de l'ouest et du sud sont en "sous-incidence". Les femmes sont plus victimes du cancer du poumon dans le sud et l'Île-de-France, plus particulièrement dans les départements urbanisés (Alpes-Maritimes : 18,6 ; Hérault : 19,0 ; Haute-Garonne : 18,6 et dans une moindre mesure Var : 17,4) et en Île-de-France (17,5), mais avec une sous-incidence dans le nord. Pour les autres cancers étudiés, les différences départementales sont moins nettes. En 2018, selon les données de l'Institut national du cancer, de cancer sont diagnostiqués, et en sont mortes. Taux de survie et surmortalité. Le taux de survie des cancers n'a cessé de s'améliorer au cours des décennies : dans les années 2010, la survie à est similaire, en Angleterre et en Écosse, à la survie à un an en 1970. Le taux de survie dépend aussi de l'âge. Cinq ans après le diagnostic, 70 % des survivent (99 % en population générale). Alors que seuls 40 % des malades cancéreux âgés de survivront plus de ; compte tenu du risque de métastases, on ne parle pas de guérison pour un cancer, mais de rémission (voir "Évolution" plus loin). En France et au Canada, le cancer est la première cause de mortalité chez les plus de . Pour estimer l'efficacité du dépistage et des soins, on utilise le taux de survie et la surmortalité à une certaine durée après le diagnostic. Taux de survie. En Europe, selon l'étude « "Eurocare-5" » (publié dans "" en 2013, il varie beaucoup selon le type de cancer, avec par exemple un taux de survie élevé à cinq ans pour les tumeurs ou cancers des testicules, des lèvres, de la thyroïde ou encore de la prostate. Les chances de survie varient aussi significativement selon le pays ; les pays de l'Ouest (Autriche, Belgique, France, Allemagne, Suisse, Italie, Espagne, Portugal) ont de meilleurs taux de survie après cancer. La Bulgarie, les Pays baltes, la Pologne la Slovaquie ont les scores les plus bas, tandis que le Royaume-Uni et le Danemark ont des résultats moyens. En France, d'après La Ligue nationale contre le cancer, le taux de survie à cinq ans après diagnostic en France, pour des patients suivis entre 1989 et 1997 était, en 2006 : En France, selon un rapport conjoint de l'Institut de veille sanitaire (InVS), du réseau Francim des registres des cancers, de l'Institut national du cancer (INCa) et des Hôpitaux de Lyon, la durée de survie des patients atteints d'un cancer de la prostate, du sein ou du côlon-rectum, a augmenté dans la période allant de 2005 à 2010 comparativement à la période allant de 1989 à 1993. Surmortalité. Pour un groupe de personnes chez lesquelles on a diagnostiqué un cancer, on peut distinguer celles mortes des suites de leur cancer, et celles mortes d'une autre cause. La surmortalité à une durée "t" (par exemple de ) liée au cancer est la probabilité de mourir du seul fait du cancer durant la durée "t" qui suit le diagnostic. Le problème de l'évaluation de cette mortalité est qu'il faudrait connaître les causes de tous les décès des personnes dont on a diagnostiqué un cancer, ce qui est impossible. On utilise donc une autre estimation ; pour un groupe de personnes du même sexe et du même âge, on utilise la « survie relative », c'est-à-dire le rapport entre : La surmortalité est alors le complément à 1 de cette survie relative. Les études montrent une surmortalité d'environ 2 % au-delà de après le diagnostic dans les pays développés, ce qui pointe l'irrationalité de la ségrégation que subissent les patients ayant eu un cancer de la part des assurances et des banques (surtaxes, refus de prêt). Les résultats ci-après sont issus du document "Cancers — Pronostics à long terme" de l'INSERM. L'étude Eurocare s'est penchée sur une vingtaine de pays européens pour des cas diagnostiqués durant trois périodes (les malades étudiés durant une période forment une « cohorte ») : 1978-1985, 1985-1989 et 1990-1994. Cette étude ne distingue pas le stade du diagnostic. L'étude américaine SEER s'est intéressée au stade du cancer au moment de son diagnostic, selon trois catégories : Chez l'enfant. Selon une grande étude européenne publiée fin 2004 et fondée sur les registres du cancer, l'analyse d'une base de données financée par l'Union européenne regroupant de cancers et couvrant environ la moitié des enfants (jusqu'à ) et un quart des adolescents (15 à ), le taux moyen de l'incidence du cancer par classe d'âge dans les années 1990, calculé sur près de , s'établit à par million d'enfants, contre 118 dans les années 1970 et 124 dans les années 1980. Ainsi, les cancers de l'enfant sont en augmentation. Dans les pays industrialisés, environ sur 500 déclare un cancer avant l'âge de (presque par an en France, dont 50 % avant l'âge de ). Chez les adolescents, ce taux est de 193 par million au cours des années 1990, contre 147 dans les années 1970 et 165 dans les années 1980. Dans les années 1990, le taux de cancer chez l'enfant était en Europe un peu plus important à l'Est qu'à l'Ouest, à cause de cancers de la thyroïde plus fréquents (attribués aux retombées de Tchernobyl). Si les cancers des enfants ne comptent que pour moins de 1 % du nombre total de cancers. Dans les pays économiquement affluents, bien que les cancers soient guéris dans environ 70 % des cas, ils restent la seconde cause de mortalité de l'enfant. En France, les leucémies sont les cancers les plus fréquents chez l'enfant ( nouveaux par an). Suivent (principalement) : Les tumeurs embryonnaires sont plus fréquentes les premières années de la vie, et des sarcomes osseux et des tissus mous chez les grands enfants. En raison d'une évaluation difficile des expositions indirectes et des effets de synergies possibles, des relations certaines de cause à effet sont difficiles à établir, mais les pesticides (ingérés ou inhalés par l'enfant, ou ses parents avant la naissance) semblent être l'une des causes d'augmentation, notamment pour les tumeurs du cerveau, avec sur 16 qui concluent à une relation causale possible en cas d'emploi de sprays insecticides ou d'autres pesticides par les parents, (OR 1,5 ; 2,2) ou par la manipulation de pesticides agricoles (RR 2,0 ; 2,9 ; 3,3) (dans de mêmes conditions environnementales, les enfants sont significativement plus exposés que les adultes aux pesticides, alors même qu'ils y sont "a priori" plus vulnérables). D'autres cancers de l'enfant semblent induits ou co-induits par des pesticides (leucémie, neuroblastome, tumeur de Wilms, sarcomes des tissus mous, sarcomes d'Ewing, lymphome non-Hodgkinien, cancer colorectal et cancer des testicules). Dans ce dernier cas, un effet "perturbateur endocrinien" est probable. Par exemple, une étude suggère que l'exposition de la femme enceinte aux pesticides domestiques augmente le risque de cancers hématopoïétiques (cancer du sang) de l'enfant. Cette étude a exploité le RNHE, le « Registre national des hémopathies malignes de l'enfant » (antérieurement dénommé « Registre national des leucémies de l'enfant ») qui enregistre les cas signalés d'hémopathie maligne ou à la limite de la malignité, chez les enfants habitant en France métropolitaine ayant moins de au moment du diagnostic. Chez l'adolescent et le jeune adulte. Les données sont difficilement connues concernant les adolescents et les jeunes adultes. Cependant, en France, la tranche d'âge des 15 à 25 ans fait l'objet d'un suivi particulier. Environ et jeunes adultes (dits "AJA") sont diagnostiqués d’un cancer chaque année en France. Le cancer est la de mortalité chez cette tranche d’âge (15-25 ans), après les accidents et les suicides. Les 5 cancers principaux chez les AJA sont les lymphomes, les sarcomes, les tumeurs germinales, les leucémies aiguës et les tumeurs du système nerveux central. Le taux de patients vivants 5 ans après le diagnostic dans la population AJA atteinte d'un cancer est en constante progression. Des centres de soins ainsi que des structures d'accompagnement social (comme Cheer Up !) sont spécialisés sur les jeunes Historique. Le cancer paraît être une maladie aussi vieille que le genre humain : des traces d'ostéosarcomes sont décelées dans des ossements datés du Néolithique. Des cancers sont déjà décrits dans des textes égyptiens (papyrus Ebers, papyrus Edwin Smith rédigés au avant notre ère et qui évoquent l'ablation de tumeurs). C'est le médecin antique grec Hippocrate qui donne la première définition de la maladie, distinguant la tuméfaction bénigne ("carcinos"), le cancer curable ("squirrhos") et le cancer entraînant la mort ("carcinoma") : une tumeur (gonflement) dure, non-inflammatoire, ayant tendance à récidiver et se généraliser jusqu'à la mort. Le médecin grec Galien utilise le terme "oncos" pour désigner les tumeurs, estime qu'elles sont dues à un excès de bile noire dans l'organisme et préconise l'administration de purges pour dissoudre la bile solidifiée. Cette théorie des humeurs perdure jusqu'à la Renaissance qui voit le développement de chirurgiens comme Ambroise Paré qui jugent l'exérèse utile lorsque le cancer est petit. Le médecin français Xavier Bichat propose en 1797 la « théorie tissulaire » du cancer, affirmant que les tumeurs se présentent sous la forme de tissu. En 1858, le médecin allemand Rudolf Virchow publie sa théorie de la pathologie cellulaire d'après laquelle les maladies ont leurs origines dans des altérations des cellules du corps. Il impose rapidement l'idée dans la communauté scientifique qu'il existe des caractéristiques propres à la cellule cancéreuse. Il affirme notamment que même cancéreuse, toute cellule naît d'une autre cellule (« »), favorisant l'essor de la chirurgie cancéreuse comme traitement curatif. Les premiers succès thérapeutiques sont réalisés à la fin du grâce à des chirurgiens comme Theodor Billroth qui réussit en 1881 la première ablation d'un cancer de l'estomac ; William Halsted prévient les métastases en mettant au point en 1890 la mastectomie élargie appliquée au cancer du sein ; réalise en 1898 la première hystérectomie radicale appliquée au cancer du col utérin. Parallèlement se développe la radiothérapie avec des précurseurs comme Victor Despeignes qui, en 1896, traite aux rayons X un cancer de l'estomac. Les historiens des sciences créditent comme le premier à avoir utilisé ces irradiations, non pas en complément, mais comme traitement principal du cancer du sein. En 1906, la première conférence internationale pour l'étude du cancer se réunit à Heidelberg et à Francfort, en Allemagne, sur convocation du Comité central allemand pour l'étude du cancer. On y déclare pour la première fois le cancer comme fléau de l'humanité. La chirurgie et la radiothérapie n'agissent que sur des cancers localisés. Une nouvelle méthode est mise au point au début du pour combattre les métastases : la chimiothérapie cytotoxique. L'immunologiste August von Wassermann teste en 1911 le sélénium sur un sarcome de souris et obtient une complète rémission mais la cytotoxicité de ce traitement se révèle trop forte. Les travaux des pharmacologues et sur les effets cytotoxiques du gaz moutarde conduisent à la mise sur le marché du Mustargen, premier chimiothérapique anticancéreux commercialisé dans l'histoire médicale. En montrant en 1948 que des enfants leucémiques bénéficient de rémissions relativement longues à la suite de l'utilisation de l'aminoptérine, le pédiatre Sidney Farber est considéré comme le « père de la chimiothérapie anticancéreuse ». Dans les années 1950, les médecins , et proposent de ne plus employer seul un médicament (monothérapie induisant souvent des phénomènes de résistance) mais de l'associer à d'autres médicaments (chimiothérapie combinée appelée polychimiothérapie). Depuis les années 1980 se développent d'autres traitements conventionnels généraux de chimiothérapie adjuvante, notamment l'hormonothérapie additive et l'immunothérapie. Chez les animaux. Les cancers sont présents chez presque tous les animaux, sauvages comme domestiques. Seules quelques espèces semblent épargnées, requins et rats-taupes nus notamment. On pourrait s'attendre à ce que le risque de cancer augmente avec le nombre de cellules de l'organisme : cette corrélation est bien vérifiée au sein d'une même espèce (petits chiens vs grands chiens, par exemple), mais pas du tout d'une espèce à l'autre (paradoxe de Peto). Les mécanismes développés par les espèces immunes et par les espèces de grande taille (éléphants et baleines, notamment) pour restreindre l'incidence des cancers sont étudiés "per se", et aussi dans l'optique de thérapies futures. Les animaux domestiques, dont les chiens et les chats, sont fréquemment victimes de cancers semblables à ceux des humains (en particulier : ostéosarcomes, cancer des mamelles, mélanomes buccaux, carcinomes épidermoïdes, tumeurs nasales, carcinome du poumon, sarcomes des tissus mous, et tumeurs malignes non hodgkiniennes). Ces cancers semblent également de plus en plus fréquents ; c'est même la de mortalité des chiens dans le monde (chiens dont l'espérance de vie est en moyenne de 11 ans et trois mois). 27 % des chiens meurent d'un cancer, alors que 18 % meurent d'une affection cardiaque, sachant aussi que les maladies dominantes des chiens adultes sont infectieuses bactériennes, virales ou parasitaires, et que 50 % des chiens seraient obèses (facteurs qui peuvent contribuer à augmenter le risque de certains cancers). Une médication et des moyens spécifiques (incluant chimiothérapie et radiothérapie) ont été développés pour les animaux, sur la base des mêmes molécules et moyens. Les animaux de laboratoires sont utilisés comme modèle en cancérologie humaine, y compris en épidémiologie ou pour tester de manière statistiquement significative des médicaments à grande échelle. Le , un cas de cancer osseux chez un dinosaure a été confirmé par une équipe canadienne chez un "Centrosaurus apertus" adulte mort il y a plus de d'années. Découvertes récentes en cancérologie. Les métastases du cancer maternel dans le placenta et chez le fœtus existent, mais sont si rares, qu'elles laissent penser qu'il existe des mécanismes de protection biologiques pour l'unité placentofetale, peut être liées à des réponses circulatoires ou immunologiques ou à une propriété trophoblastique intrinsèque dont la compréhension pourrait éclairer le mécanisme des métastase pour mieux les traiter. Des découvertes concernant les cellules souches pourraient faire mieux comprendre la cancérogenèse. Jusqu'à récemment, un unique modèle « "stochastique" » était proposé pour l'expliquer, en faisant l'hypothèse que toute cellule capable de se diviser peut voir son information génétique perturbée ("via" les mutations dans l'ADN) et acquérir ainsi des caractéristiques tumorales lui conférant un pouvoir cancérogène. Plus spécifiquement, ce modèle suppose que n'importe quelle cellule capable de se diviser peut être à l'origine d'un cancer, les cancers ne touchant pas les cellules incapables de se diviser comme les neurones. Un deuxième modèle se base sur le fait que ce sont les cellules souches qui acquièrent des caractéristiques tumorales, et qui donc donnent sans cesse des cellules cancéreuses différenciées. Dans ce modèle, les cellules souches sont placées en tête dans la hiérarchie de la formation de tout cancer. Pour certaines leucémies (cancers du sang), ce sont les cellules souches hématopoïétiques par exemple qui deviennent anormales et qui prolifèrent en trop grand nombre, donnant des cellules différenciées anormales et trop nombreuses. Une autre tentative d'explication a été fournie, qui suppose qu'une cellule déjà différenciée peut se dédifférencier de façon anormale, revenir au stade de cellule souche et commencer à proliférer comme décrit ci-dessus, pour redonner des cellules différenciées anormales et en grand nombre. Des cellules souches existant dans tous les tissus renouvelables, cette théorie n'est donc pas valable seulement pour les leucémies, mais aussi pour d'autres types de cancers concernant des tissus renouvelables. Cette nouvelle théorie est appuyée par l'observation de certaines tumeurs dites « hétérogènes » (hétérogénéité tumorale), qui possèdent à la fois des cellules assez différenciées et ces cellules indifférenciées que sont les cellules souches cancéreuses (CSC). Il y a donc un gradient de différenciation observé. Toutefois, il se pourrait que certains cancers aient pour origine une seule de ces deux explications (« modèle stochastique » ou « modèle des cellules souches ») ou bien les deux, la formation d'un cancer ne serait également pas identique à celle d'un autre cancer, ce qui rend les recherches difficiles. Une autre étude récente prouvant que les lymphocytes T régulateurs empêchent les réponses cytotoxiques lorsqu'un nouveau cancer se forme, une piste pourrait être de diminuer l'action de ces lymphocytes T régulateurs, sans pour autant susciter des réactions auto-immunes. La concentration en lymphocytes T à mémoire serait modulée par l'équilibre entre les différents types d'interleukines : Interleukine 15, Interleukine 7 et Interleukine 2. L'immunothérapie, basée sur l'immunologie des tumeurs, est perçue par certains comme une voie très prometteuse. D'autres voies s'ouvrent, toujours au stade de la recherche fondamentale, notamment l'oncologie physique, qui permet de mesurer les paramètres mécaniques qui régissent les rapports entre la matrice extracellulaire, le tissu cancéreux et les tissus normaux. En sciences humaines et sociales, la socio-oncologie désigne un modèle innovant de recherche-action du travail social dans le domaine de la lutte contre les cancers. C'est également une discipline fondamentale des soins oncologiques de support. Bibliographie. Littérature jeunesse. L'association Sparadrap propose sur son site une liste d'ouvrages jeunesse sur un parent malade ou décédé du cancer.
Cowboy Bebop est une série télévisée d'animation japonaise de 26 épisodes créée en 1998 par Sunrise et réalisée par Shin'ichirō Watanabe, qui fut adaptée en long métrage et en manga. Cette série de science-fiction suit les aventures d'un groupe de chasseurs de primes voyageant dans un vaisseau spatial, le Bebop, en 2071. Elle est réalisée dans un style fortement influencé par la culture cinématographique américaine. "Cowboy Bebop" fut un succès commercial au Japon et dans le monde entier, y compris en Amérique, en Europe et dans certaines régions d'Asie. Sony Pictures a diffusé le film "Cowboy Bebop" au cinéma sous le nom de "Cowboy Bebop: Knockin' on Heaven's Door", suivi par une sortie DVD. La série fut diffusée en France sur Game One, Canal+ et NT1 aux États-Unis sur Cartoon Network et Adult Swim et sur Animax au Japon, en Asie de l'Est, en Asie du Sud-Est, en Asie du Sud, en Amérique latine et dans plusieurs autres pays. Deux séries de manga "Cowboy Bebop" ont été créées, fondées sur la série télévisée, ainsi que des jeux vidéo sur PlayStation et sur PlayStation 2. Synopsis. En 2071, l'équipage du vaisseau spatial Bebop voyage dans le système solaire à la recherche de primes. Dans l'argot de l'époque, ces chasseurs de primes sont appelés « cowboys ». La plupart des épisodes tournent autour d'une prime ; cependant, le centre de l'histoire concerne le passé de chaque personnage et d'anciens événements plus généraux, qui se connectent au fur et à mesure que la série progresse. La première histoire est celle de Spike Spiegel, ancien membre d'une organisation criminelle, les Dragons Rouges, qui est hanté par un triangle amoureux qu'il a connu avec son ancien coéquipier aux Dragons Rouges, Vicious, et une mystérieuse femme nommée Julia. La seconde histoire tourne autour de Faye Valentine, une joueuse endettée et amnésique réveillée d'un sommeil cryogénique, dont le passé est un mystère. Les autres personnages ont aussi un passé à explorer : Jet Black, un ancien officier de l'agence de police interplanétaire ISSP et propriétaire du vaisseau (le Bebop), Edward, une jeune hackeuse surdouée et hyperactive, et Ein, un « chien data » échappé d'un laboratoire, possédant une intelligence supérieure mais se comportant la plupart du temps comme un chien normal. Fiche technique. La série fut créée par « Hajime Yatate », un pseudonyme collectif pour les membres de l'équipe de Sunrise, le studio d'animation qui a aussi développé ', ', "" et "Vision d'Escaflowne". "Cowboy Bebop" fut réalisé par Shin'ichirō Watanabe, aussi réalisateur de "Macross Plus", "Samurai Champloo" et des deux courts métrages "Une histoire de détective" et "L'Histoire du Kid" pour "Animatrix. La musique de "Cowboy Bebop" fut entièrement composée par Yoko Kanno, aussi compositrice de "Earth Girl Arjuna", "Macross Plus", "Vision d'Escaflowne", "" et "Wolf's Rain". Production. Au Japon, la série "Cowboy Bebop" a failli ne pas être diffusée à la télévision à cause de sa violence. Elle fut envoyée la première fois à TV Tokyo, l'un des principaux distributeurs d'anime au Japon. Cependant, à l'époque, en 1995, il y eut une controverse sur la sexualité et la violence dans les animes à cause de "Neon Genesis Evangelion". Dans un premier temps, seuls les épisodes 2, 3, 7 à 15 et 18 ont été diffusés, du 3 avril au , sur TV Tokyo. Certains téléspectateurs ont blâmé le choix de TV Tokyo et l'épisode aurait été réalisé en signe de protestation (voir la liste des épisodes). Plus tard cette même année, la série fut diffusée entièrement du 23 octobre au sur la chaîne satellite WOWOW. La série entière fut diffusée au Japon par la chaîne d'anime, Animax, qui l'a aussi diffusée sur ses chaînes en Asie du Sud-Est, Asie du Sud, Asie de l'Est, Amérique latine et dans d'autres régions. "Cowboy Bebop" fut assez populaire pour permettre la réalisation d'un long métrage, "Cowboy Bebop: Knockin' on Heaven's Door" ("Cowboy Bebop: Tengoku no Tobira"), diffusé au Japon en 2001 et aux États-Unis sous le nom de "Cowboy Bebop: The Movie" en 2003. En 2001, "Cowboy Bebop" fut le premier anime à être diffusé dans la programmation Adult Swim de Cartoon Network aux États-Unis. Il eut un succès tel qu'il continua à être diffusé jusqu'à aujourd'hui. Ce succès ouvrit la voie à de nombreux anime matures, comme "Inu-Yasha", "Lupin III", "Trigun", "Blue Gender", "Fullmetal Alchemist", "FLCL", "Witch Hunter Robin", "Samurai Champloo", "Wolf's Rain"'. Bandai a édité un jeu vidéo "Cowboy Bebop" du genre "shoot them up" au Japon sur PlayStation en 1998. Un autre jeu est sorti sur PlayStation 2 au Japon, et la version anglaise destinée à l'Amérique du Nord était prévue pour le premier trimestre 2006 ; cependant, en juin 2006, sa sortie fut annulée. En 1999, Dynamic Visions (actuellement Dybex) lance la série en VHS sur le marché francophone. En 2005, sept ans après sa première diffusion au Japon, "Cowboy Bebop" fut finalement licencié et diffusé sur le marché anglais par Beez, une filiale de Bandai Entertainment. Le , Dybex sort pour la France un coffret DVD collector limité à exemplaires reprenant toute la série accompagnée de bonus exclusifs. En 2008, une adaptation cinématographique en prises de vues réelles est attendue et sera produite par Erwin Stoff pour les studios FOX. Un des éléments les plus notables de "Cowboy Bebop" est sa musique, généralement composée par Yoko Kanno et son groupe, The Seatbelts. Il ne serait pas exagéré de dire que la musique jazz/blues définit la série aussi bien que les personnages, l'histoire ou l'animation. Yoko Kanno et The Seatbelts ont fait équipe avec Tim Jensen pour les paroles des chansons "Ask DNA" chantée par Raj Ramayya, "Gotta knock a little harder" chantée par Mai Yamane, "Call me, call me" chantée par Steve Conte et "Is It Real?" chantée par Scott Matthew. "Cowboy Bebop" fut élu par IGN en 2006 l'anime ayant la meilleure bande originale de tous les temps. Exploitation. Publications. Les deux mangas ont été édités au Japon par Kadokawa shoten, prépubliés au Japon par Asuka Fantasy DX et édités en France par Pika Édition. "Cowboy Bebop Shooting Star". La parution ayant débuté avant l'anime, on constatera que le character design est légèrement différent. De même, l'histoire ne suit pas celle de l'anime. Si elles se recoupent parfois, elles sont souvent distantes et se contredisent ponctuellement. "Cowboy Bebop". Cette série développe des histoires ponctuelles se déroulant en parallèle à l'anime, mettant à jour de nouveaux personnages du passé de nos protagonistes et les emmenant dans de nouvelles chasses à prime Jeux vidéo. Deux adaptations vidéoludiques ont vu le jour, toutes deux éditées par Bandai. La première ('), à destination de la console PSone, est sortie en 2001 et seulement au Japon. ' est la seconde adaptation. Elle a été développée par Banpresto, et est sortie le au Japon pour PlayStation 2. Jeu de société. "Cowboy Bebop : Space Serenade" est un jeu de société dans l'univers de l'animé, basé sur une mécanique de deckbuilding, créé par Johan Benvenuto et Florian Sirieix chez Don't Panic Games. Série en live-action. Une adaptation en prise de vues réelles est sortie le 19 novembre 2021 sur Netflix. Postérité. En 1998, "Cowboy Bebop" a reçu le prix de la meilleure série télévisée d'animation à l'Animation Kōbe. En , le magazine d'origine japonaise "Newtype USA" a réalisé un sondage afin d'établir les « 25 meilleurs animes de tous les temps » ; "Cowboy Bebop" est arrivé deuxième, derrière "Neon Genesis Evangelion". La série a été la première série diffusée par la chaîne américaine "Adult Swim", qui la rediffusera régulièrement pendant des années.
Carré (homonymie) Issu du latin "quadratus", le mot « carré » en français est d'abord adjectif, au sens propre pour qualifier une forme géométrique à angle droit et au sens figuré pour « droit, fort ». Comme nom masculin, le mot est substantivé sur l'adjectif ou dérive du latin "quadratum" pour désigner une figure géométrique particulière, transposée dans divers contextes. Plusieurs objets mathématiques développent d'autres aspects de la notion. Carré est aussi un nom propre, attribué à différents noms de lieux, porté par plusieurs personnalités comme nom de famille, et utilisé dans des noms déposés. Adjectif et nom commun. Dérivant de la forme géométrique. Tableau. Un carré désigne aussi un tableau carré, c'est-à-dire avec autant de lignes que de colonnes : Dérivant de l'opération algébrique. Le calcul de l'aire d'un carré, comme produit de la longueur du côté par elle-même, donne lieu à plusieurs emplois spécialisés en mathématiques : Le carré algébrique étant la deuxième puissance d'un élément, le mot est repris par l'argot étudiant, en France, où un "carré" est un élève de deuxième année de classe préparatoire aux grandes écoles. Dans le folklore médical français, un "carré" est un étudiant redoublant sa première année de médecine.
Couche physique Dans le domaine des réseaux informatiques, la couche physique est la première couche du modèle OSI (de l'anglais Open Systems Interconnection, « Interconnexion de systèmes ouverts »). Principes. La "couche physique" est chargée de la transmission effective des signaux électriques, radiofréquences ou optiques entre les interlocuteurs.<br> Son service est généralement limité à l'émission et la réception d'un bit ou d'un train de bits continu (notamment pour les supports synchrones comme la fibre optique). Cette couche est chargée de la "conversion" entre bits et signaux électriques ou optiques.<br> Elle est en pratique toujours réalisée par un circuit électronique spécifique. Le service de cette couche est approximativement défini par : Dans le cas des réseaux Ethernet, les données sont transmises sur la couche physique par un PHYceiver.
Colon Colon, l'une de ses graphies (côlon notamment) ou l'un de ses composés, peut désigner : Monnaie. Le colon (de l'espagnol ) peut désigner différentes monnaies :
Liste des communes de l'Ardèche Cette page liste les du département français de l'Ardèche au . Liste des communes. Le tableau suivant donne la liste des communes, en précisant leur code Insee, leur code postal principal, leur arrondissement, leur canton, leur intercommunalité, leur superficie, leur population et leur densité, d'après les chiffres de l'Insee issus du recensement 2020.
Cadmiage Le cadmiage correspond à un placage de métal cadmium sur un acier ou une surface de métal oxydable. Cette opération peut être considérée de manière générique comme un traitement de surface. Le cadmiage électrochimique, technique de galvanoplastie. Il consiste à déposer une couche de cadmium par électrolyse. Le cadmium ne subit pas d'oxydation au contact de l'air et se comporte très bien en milieu marin. Ce traitement est utilisé en particulier en aéronautique pour protéger les rivets d'assemblage.
Résultats de la Coupe du monde de football 2002 Cet article traite des résultats de la coupe du monde de football de 2002.
Cadmium Le cadmium est l'élément chimique de numéro atomique 48, de symbole Cd. Le corps simple cadmium est un métal. Un alliage contenant du cadmium ou un objet recouvert d'une fine couche de cadmium (métal) est dit cadmié. Généralités et histoire de la découverte du cadmium. Le cadmium est un élément du groupe 12 et de la période 5. "Stricto sensu", c'est un métal pauvre, qui ne répond pas à la définition des éléments de transition par l'IUPAC ; en pratique cependant, il est très souvent assimilé aux métaux de transition dans les manuels et de très nombreux ouvrages. Il fait partie du « groupe du zinc », ou groupe B, qui comprend, par numéro atomique croissant, Zn, Cd et Hg, éléments caractérisés par deux électrons sur la sous-couche "s" au-delà d'une sous-couche "d" complète. La configuration électronique du cadmium est . Zinc et cadmium sont des métaux électropositifs assez semblables. L'élément a été découvert en pionnier vers 1809 par le chimiste suédois ou , grâce aux premières études d'électrochimie. Mais l'élément a été redécouvert dans le cadre de la chimie minérale classique : il est dénommé en allemand « » ou « » définitivement en 1817 par le professeur de chimie analytique de l'université de Goettingen Friedrich Stromeyer qui prépare le corps simple, métal mou et blanc, pour la première fois à partir de carbonate de zinc impur, couvert de taches jaunâtres. Ces travaux concernant la chimie de l'élément cadmium sont confirmés dès 1818 par les travaux de trois chimistes allemands, le pharmacien-chimiste et industriel Carl Hermann à partir des oxydes de zinc, Karl Johann Bernhard Karsten et Paul Meissner ou pour confirmer, de façon indépendante, la première hypothèse savante. Le mot cadmium vient du latin médiéval ' ou du gréco-latin ', ancien nom donné au carbonate de zinc, avant la dénomination définitive de smithsonite, attribuée en 1832 par François Sulpice Beudant. Les mineurs des environs de la cité antique de Thèbes extrayaient déjà ce minerai pour fabriquer divers « laitons » et « bronzes ». Rappelons que la cité thébaine en Béotie est fondée selon la légende par le guerrier étranger Cadmos ou Cadmus, dont la citadelle et le royaume portent ainsi le nom de "Kadmeia", en français Cadmée. Ce nom est donc apparenté par sa racine à celui du mélange dénommé « calamine », mais aussi du minéral défini calamine. Le terme gréco-latin "cadmia" désignait en Europe à la fois tous les types de minerais de zinc oxydé, que sont les calamines décrites de manière érudite, et dans la tradition technique, les "cadmia fornacum" ou cadmies, ces dépôts de poussières et d'oxydes métalliques, formés sur les parois des fours métallurgiques. Par exemple, dans le dictionnaire Larousse du paru après 1920, la cadmie désigne en premier lieu le résidu qui s'attache au paroi du gueulards des hauts-fourneaux, et dans une autre dénomination qualifié par l'adverbe autrefois, correspond à la calamine, au sens de minéral défini et/ou de roche minerai, c'est-à-dire en rapport avec le corps « carbonate de cadmium » qui à l'état pur, se nomme smithsonite. L'adjectif « cadmique » mentionne ce qui a rapport au cadmium (élément ou corps simple), ou qualifie ce qui contient du cadmium. L'interprétation commune que le cadmium provient du mot « cadmie », parfois pris au sens de dépôt résiduel, se fonde sur ce que le cadmium métal produit par l'industrie en Haute-Silésie dès 1852 provenait de la réduction des poussières zincifères et cadmifères, autrement dit des "cadmies", recueillies dans les allonges des cornues jouant le rôle de creusets horizontaux des fours à zinc, le métal cadmium étant obtenu finalement par une distillation garantissant le moins d'impuretés possibles. Ce procédé s'est répandu dans le monde jusqu'à sa disparition vers 1920. Le cadmium est un élément toxique (notamment responsable de la maladie Itai-itai) et écotoxique, parmi les plus problématiques sur le plan de la santé environnementale parmi les éléments traces métalliques et métaux lourds. Des analyses géostatistiques ont montré que dans certaines régions du monde, dont la France, certains sols (sédimentaires marins) présentent naturellement une teneur élevée en cadmium (avec des risques de contamination de végétaux ou d'animaux et de l'eau). Certains engrais (phosphatés) sont la source la plus fréquente de contamination des sols dont en Europe. Isotopes. Le cadmium possède connus, de nombre de masse variant entre 95 et 132, et . Parmi ces isotopes, six sont stables, Cd, Cd, Cd, Cd, Cd et Cd, et constituent avec deux radionucléides primordiaux, Cd et Cd la totalité du cadmium naturel. Le plus abondant est Cd (28,73 % du cadmium naturel) et le moins abondant Cd (0,89 %). On soupçonne Cd, Cd et Cd d'être radioactifs, avec des demi-vies de l'ordre de dix millions de fois l'âge de l'univers ou même supérieures, mais leur désintégration n'a pour l'instant jamais été observée. On attribue au cadmium une masse atomique standard de . Occurrences dans les milieux naturels, minéralogie et géologie, gîtes et gisements. Le cadmium est un élément relativement rare. Le clarke s'élève à . Le cadmium existe très rarement à l'état natif. Le cadmium natif n'a été découvert, par des géologues russes dans les trapps de Sibérie orientale, qu'en 1979. Le cadmium est souvent associé au zinc, au cuivre et au plomb dans les minerais. Gisements. Les minerais assez rares, comme très souvent mêlés à la blende, la greenockite contenant potentiellement 77,8 % ou l'otavite ou carbonate naturel de cadmium, restent en pratique inexploités ou peu exploitables, car le cadmium est présent dans presque tous les minerais de zinc (la teneur en cadmium varie de 0,01 % à 0,05 %). Le cadmium métal est obtenu industriellement comme sous-produit de la métallurgie du zinc, à partir des poussières mêlées au gaz de grillage des minerais sulfurés comme les blendes , mais aussi parfois du cuivre et du plomb. Il est aussi récupéré à partir des lessives de la production électrolytique du zinc. Sa production dépend de celle du zinc, dans une proportion variable de de cadmium/tonne de Zn élaboré ( de zinc en moyenne). Le cadmium est également présent dans des minerais de plomb et de cuivre, ainsi que dans des phosphates naturels ( pour les phosphates jordaniens, pour les phosphates tunisiens). Propriétés physiques et chimiques, préparation du corps simple, alliages. Propriétés physiques. Le corps simple cadmium est un métal blanc argent brillant, légèrement bleuté, tendre et mou, très malléable et ductile, avec un éclat blanc d'étain. Il est plus mou que le zinc et l'étain. Son réseau hexagonal compact est déformé par allongement, expliquant une anisotropie des propriétés cristallines. Le métal cadmium se courbe facilement, il crisse à la flexion. Il graisse les limes. Frotté sur le papier, il laisse une trace grise. La résistivité électrique du cadmium est quatre fois plus élevée que celle du cuivre. Exposé à l'air, il perd son éclat. Avec le temps il ternit au contact de l'air. Il est peu altéré à l'air humide. Il est insoluble dans l'eau et les bases. L'eau pure est sans action, même à ébullition. Le cadmium est un métal blanc argenté ayant des propriétés physiques proches de celle du zinc. Sa masse molaire atomique est de . Sa masse spécifique est de . Son coefficient de dilatation linéaire est de l'ordre de . Par écrouissage, sa densité apparente peut passer de 8,6 à 8,69, et sa dureté Mohs se stabilise . Il est ductile (capacité à l’étirement), malléable (capacité à la mise en forme) et résiste à la corrosion atmosphérique, ce qui en fait un revêtement de protection pour les métaux ferreux. C'est pourquoi il est employé dans les revêtements galvanoplastiques, par exemple le cadmiage des aciers pour la protection en milieu eau de mer. C'est ainsi un métal d'électro-galvanisation, le revêtement protecteur de l'acier pouvant être un dépôt par voie électrolytique. Le corps simple métal cadmium est plus volatil que le zinc. Il fond à et bout vers à une pression d'une atmosphère. Lors de l'ébullition du cadmium, il se dégage des vapeurs jaunes, orange ou jaune orangé, à la fois toxiques et suffocantes. Sa densité de vapeur avoisinerait 3,94 selon Henri Sainte-Claire Deville et sa pression de vapeur est importante dès . Refroidie lentement, cette matière à l'état de vapeur cristallise en octaèdres réguliers. Une lampe à vapeur de cadmium (Cd confiné sous vide) éclaire fortement, mais avec une couleur de base bleu-vert à l'équilibre. Propriétés chimiques. Les propriétés chimiques du cadmium sont semblables à celles du zinc. Le cadmium est chalcophile. Il réagit directement avec le corps simple soufre. Le test classique est la précipitation du sulfure de cadmium jaune par le gaz sulfure d'hydrogène ou divers autres sulfures alcalins. Il s'oxyde très peu à la température ambiante et chauffé, il brûle avec une flamme orange dans l'air en donnant une fumée brune toxique, qui apparaît être de l'oxyde anhydre jaune brun , insoluble dans un excès d'hydroxyde de sodium. La réaction est exothermique : La vapeur de cadmium décompose l'eau au rouge, produisant un dégagement de gaz dihydrogène et laissant . Le cadmium est soluble dans les acides forts concentrés et parfois dilués. Réagissant avec les acides forts, il est facilement soluble dans l'acide nitrique fort et dilué, il reste peu soluble dans les acides chlorhydrique et sulfurique concentrés à moins de procéder à chaud. Le métal cadmium est dissous avec dégagement d'hydrogène dans les précédents acides décrits, mais aussi dans l'acide acétique, un acide faible. Les sels de cadmium obtenus, incolores, parfois diversement hydratés, sont solubles dans l'eau. Placé sur une lame de zinc, un sel quelconque génère l'activation du couple redox suivant, qui explique le dépôt cristallin de cadmium métal. Il est soluble dans les solutions aqueuses de nitrate d'ammonium et dans celles de l'acide sulfureux, sans dégagement de gaz hydrogène. Dans ce dernier cas, la dissolution donne un mélange de sulfite de cadmium soluble, et de sulfure de cadmium qui précipite. Le cadmium réagit également directement avec les corps simples halogènes, sélénium, phosphore Métallurgie. La métallurgie du cadmium est intégrée à celle du zinc, du plomb ou plus rarement du cuivre. Dans tous les cas, une partie du cadmium est récupérée par filtration du gaz provenant du grillage. Voici deux cas de récupération, la pyrométallurgie et l'hydrométallurgie du zinc : Pyrométallurgie. Le cadmium est récupéré lors du raffinage du zinc. L'« éponge de cadmium » obtenue est raffinée thermiquement par fusion (à ) en présence de soude pour éliminer zinc et plomb sous forme de zincate et plombate puis par distillation à . Hydrométallurgie. Le cadmium est en solution ( de Cd/L) dans le bain d'électrolyse. Il est récupéré, après épuisement de Zn, par cémentation à l'aide de zinc. On obtient des boues bleues contenant au moins environ 6 % de cadmium et 15 % de cuivre. Les autres poussières réutilisables sont enrichies à 7 à 10 %. Boues et/ou poussières sont ensuite attaquées en milieu acide sulfurique. Les ions Cd sous forme de sont à nouveau réduits en métal par cémentation avec de la poussière de zinc. Le cadmium métallique cémente ou précipite. Le cadmium se sépare du cément ou phase de cémentation qui contient différents sulfates et impuretés (Zn, As, Sb, Cu, Ni) par distillation ou vaporisation à . Procédé électrochimique pour obtenir le cadmium à 99,97 %. Le raffinage a lieu par lixiviation ou lessivage à l'acide sulfurique avec des produits purifiés, venant du procédé électrolytique menant à la production de zinc. La solution est neutralisée, les impuretés essentielles comme le Pb, le Cu ou l'As sont précipitées. L'électrolyse est conduite dans des petites unités, soient des récipients en matière plastique, avec des anodes en plomb et cathodes en aluminium, rotatives. La tension du bain est de l'ordre de avec une densité de courant de . Les dépôts électrolytiques de cadmium sont retirés et fondus. Le cadmium est commercialisé sous forme de tiges, plaques, barres, boules ou granules. Alliages. Il existe de nombreux alliages, notamment avec le Zn, Cu, Ag, Pb, Bi, Sn. Les alliages avec le plomb, l'étain, l'argent sont très ductiles et malléables, alors que les alliages du cadmium avec l'or, le cuivre, le platine et autres platinoïdes sont cassants. La présence de cadmium apporte des propriétés antifriction et souvent contribue à un abaissement du point de fusion. Ce métal est présent dans les alliages de friction, les alliages d'imprimerie, dans les alliages pour soudures et brasures, dans l'alliage de Wood, autrefois du type , excellent pour le moulage Les alliages étaient utilisés pour la soudure d'aluminium. Un alliage pour brasure typique, fondant à , est . L'alliage nettement plus cadmié et moins cuivré a même un point de fusion de l'ordre de . L'alliage or cadmium est un des premiers alliages à mémoire de forme connus. Rappelons qu'un faible apport de cadmium confère à l'or un éclat particulier. L'amalgame est le matériau de la cathode de l'élément ou pile de Weston, en contact avec une solution de comme électrolyte. Chimie du cadmium, propriétés physiques et chimiques des corps composés et complexes. La chimie du cadmium est proche de celle du zinc, et dans une moindre mesure, du plomb. Le principal nombre d'oxydation . Le cadmium monovalent reste assez rare, mais l'hydrure de cadmium (), le tétrachloroaluminate de cadmium () ne sont pas confidentiels. L'ion cadmium divalent est déplacé par le zinc métallique en solution : il est moins réactif que le zinc. Ainsi les solutions salines de cadmium II mises au contact de Zn ou Al relarguent le métal cadmium qui précipite. Les sels de cadmium () sont moins hydratés que les sels de zinc. Les halogénures de cadmium sont aussi moins ionisables, et, mis à part le fluorure de cadmium à structure ionique, ils peuvent former plus facilement des complexes en solution. La tendance des sels à former des complexes, souvent de coordination 4, est forte. Ainsi les anions ou cations complexes le plus souvent incolores , , mais aussi , , , Le cadmium forme d'importants complexes avec le dithiocarbamate… Les corps composés les mieux connus sont : Détection du cadmium par mesures analytiques physiques. Il existe une dizaine de mesures physiques par spectrométrie, précises jusqu'à parfois quelques . L'analyse chimique traditionnelle passe par exemple par la gravimétrie ou pesée après précipitation en milieu du sulfure de cadmium . Utilisations et applications du corps simple, des alliages et des composés. Le cadmium a de multiples utilisations : pour le cadmiage ou plaquage protecteur de cadmium sur des métaux ou alliages potentiellement oxydables, en galvanoplastie, pour les soudures spéciales (circuit électriques ou électroniques, alliages à températures de fusion basse…), en électrochimie (fabrication de cathode type pour accumulateur au cadmium et/ou au plomb, pour batteries rechargeables nickel cadmium) mais aussi notamment dans les écrans de télévision, les barres de contrôles des réacteurs ou piles nucléaires, les colorants (émail, glaçure rouge-orange en céramique) Alliages fusibles, déformables…. Il entre dans la composition de nombreux alliages à bas point de fusion (soudures, brasures). Les alliages à bas point de fusion sont fabriqués par exemple pour les brasures de conducteurs électriques (Ag 50 %, Cd 18 %, Zn 16 %, Cu 15 %) et pour fusibles (Bi 50 %, Pb 27 %, Sn 13 %, Cd 10 %, fond à ) ; d'autres alliages à bas point de fusion sont utilisés dans le système de protection incendie, comme les systèmes Sprinkler. Certains alliages de cadmium avec l'or font partie de la famille des métaux « intelligents » (à mémoire de forme) et servent donc à fabriquer des lunettes incassables, des tuyaux dans les centrales nucléaires… Accumulateurs. Il sert à la fabrication de certaines batteries d'accumulateurs (« piles rechargeables »), du type nickel cadmium /, /, ou encore / et /. Les accumulateurs électriques comme les « piles » rechargeables Ni-Cd, peuvent se caractériser par la matière constituant l'électrode positive, un mélange pulvérulent d'hydroxyde de nickel et de graphite et celle constituant l'électrode négative à base de cadmium avec 20 à 25 % de fer. Les matières actives sont placées dans des pochettes en acier nickelé perforées (trous de ) de de large. L'électrolyte est une solution aqueuse de KOH : . Voici l'équation-type dans le sens de la décharge (et inversement de la recharge) Il existe un « effet mémoire » au niveau des électrodes, ce qui impose une discipline minimale de charge et de décharge. Quoique supplantés actuellement par des dispositifs de type Lithium-ion ou nickel-hydrure de métal Ni-MH, les accumulateurs Ni-Cd restent employés, malgré leur effet mémoire, dans les applications où la résistance interne doit rester faible (appels de courant important) : moteurs électriques, talkies-walkies En 1992, la production d'accumulateurs Ni-Cd était de d'unités dont 60 % par des producteurs japonais et 15 % par des français ; le cadmium est ainsi également utilisé dans la collecte de l'énergie solaire. Revêtements (métal, pigments de peinture), colorants et/ou stabilisants. Mais ses principales utilisations en masse restent celles de ses composés qui concernent les revêtements anticorrosion (appliqué en couche mince sur l'acier par cadmiage, le cadmium protège contre la corrosion, en particulier saline) ou encore la fabrication de pigments stables de couleurs (jaune et rouge). Le cadmiage se justifie par le fait que le cadmium est inaltérable à l'air et a un bon comportement en milieu marin. Le cadmiage est effectué par électrolyse. Utilisé, en particulier pour protéger les rivets d'assemblage en aéronautique. Les pigments de cadmium sont essentiellement à base de sulfure de cadmium et parfois de sulfure de zinc. Ce sont des cristaux mixtes de jaune et blanc, associé à rouge, ce qui explique de couleur orange par mélange. Ces mélanges de corps purs facilement dispersables présentent une bonne résistance à la lumière et aux UV, à la chaleur et aux intempéries et ont été utilisés à grande échelle dans les peintures (couleur jaune des taxis de New-York), dans les matières plastiques (casques, verres, céramiques…). Van Gogh utilisait du pour faire le jaune de ses tournesols. Ainsi le ou le à base de mélange précis de et , l' à base de , le ont été des colorants usuels des matières plastiques, type polyoléfines et polystyrèniques, des et 1970. Mais le cadmium a été reconnu progressivement par les autorités comme un métal lourd, hautement toxique, par lui-même et ses composés, libérables des peintures, plastiques et mélanges de polymères, par décomposition thermique ou lente dégradation. D'où le déclin de cette gamme de pigments minéraux, amorcé à partir des . Des composés de cadmium, comme les carboxylates de cadmium ou parfois le sulfure de cadmium, peuvent être utilisés comme stabilisateurs ou stabilisants, avec d'autres composés métalliques à base de Zn, Ba, Sr de matériaux polymères communs, comme le PVC. Des composés obtenus avec des organo-cadmiens pouvaient être employés comme agent de moulage ou pour stabiliser le PVC. La Communauté européenne a adopté une directive limitant l'utilisation des pigments de cadmium aux seuls cas où ils ne peuvent être remplacés (polymères). Divers. Les autres usages de l'élément sont : Toxicité et écotoxicité, toxicologie du cadmium. L'élément cadmium est très toxique, comme l'avait pressenti Friedrich Stromeyer, aussi toxique que le plomb et le mercure. Par ingestion de produits solubilisés par l'organisme ou par inhalation via les sites alvéolées des bronches, passe dans le sang, s'accumule dans le foie tout en provoquant des troubles rénaux graves. Il forme des composés métalliques avec l'urée, qui joue le rôle d'un complexant. Les fumées d'oxydes de cadmium ont un potentiel de dangerosité équivalent à celui du phosgène. L'inhalation à faible concentration provoque une fièvre persistante, connue sous l'appellation de « fièvre des fonderies », « fièvre des fondeurs » ou encore « fièvre des métaux ». L'inhalation à haute concentration entraîne un œdème du poumon. La limite autorisée sur le lieu de travail est fixée à de CdO par . Le cadmium a un cation bivalent de rayon ionique très proche de celui du calcium. Ainsi, comme le strontium, le cadmium interagit avec le calcium des os. Du fait de sa forte et longue rétention dans les organismes vivants, il peut se substituer facilement au calcium dans le cristal osseux et en modifie les propriétés mécaniques. Ainsi le cadmium en excès présent dans l'organisme cause une porosité osseuse, une déformation des os, des fractures multiples, un ratatinement progressif du corps, impossible à réparer ou à soigner comme le prouvent les derniers stades de la maladie « Itai-itai » décrite en 1955 par le corps médical nippon. La maladie se dénomme simplement par le cri répété de douleur des patients, souffrant de terribles souffrances aux articulations, avant d'agoniser par atrophie osseuse et paralysie complète. Les déversements volontaires ou accidentels de matière cadmiée dans les rivières ont des effets désastreux sur la faune aquatique. Une pollution même modeste entraîne la mortalité aiguë d'une multitude de poissons. Mais la dispersion de boues contenant des métaux lourds (plomb, mercure et cadmium) explique que l'élément cadmium se retrouve, plus qu'à l'état de traces insignifiantes, dans les filières alimentaires (riz, chocolat…). Les huîtres peuvent contenir dans les eaux les moins polluées une quantité de cadmium minimale de l'ordre de de matière sèche. Mais dans les eaux de mer en partie cadmiées, elles peuvent en contenir jusqu'à , sans dépérir du fait de la présence plus importante en zinc. Il est aisé de comprendre que le recyclage maîtrisé du métal et surtout de ses sels (souvent oubliés), l'épuration soignée des eaux usées et des gaz de rejets sont un impératif pour l'environnement. Imprégnation de la population. Il varie selon de nombreux paramètres, environnementaux notamment, et dans l'urine il tend à augmenter avec l'âge et à diminuer avec l’IMC (Indice de masse corporelle). En 2018 en France, le « "Volet périnatal" » du "programme national de biosurveillance" a publié une évaluation de l'imprégnation des femmes enceintes notamment par le cadmium (et d'autres métaux et quelques polluants organiques) à l'occasion du suivi d'une cohorte de enceintes (« "Cohorte Elfe" ». Cette cohorte comprend des femmes qui ont accouché en France en 2011 hors Corse et TOM). Le dosage urinaire de enceintes arrivant à la maternité a révélé du cadmium dans 88 % des échantillons d’urine analysées (moyenne géométrique : , avec de créatinine, soit un niveau proche des moyennes trouvées chez la femme enceinte aux États-Unis de 2003 à 2010). Pour ces enceintes, une cadmiurie (teneur des urines en cadmium) dépassant le seuil HBM- 1 de augmentait avec l’âge des mères et diminuait avec l’IMC et le niveau d’étude. L'imprégnation est également globalement plus élevée chez les gros consommateurs de légumes racines (poireau, carotte, oignon) mais pas comme on aurait pu s'y attendre d'après la littérature chez les consommatrices de pomme de terre ou de poisson. Il est difficile de déduire les effets de ces indices d'imprégnation des mères par le cadmium sur l'embryon, en raison d'effet potentiels de la grossesse sur l’excrétion urinaire du cadmium (littérature est contradictoire sur ce point) et en raison des recommandations de diminution ou arrêt du tabagisme lors de la grossesse. Toxicité. Les analyses faites sur les ossements préhistoriques et des époques successives montrent que les humains se sont fortement contaminés par le cadmium à partir de la révolution industrielle. L'être humain peut par exemple se contaminer via le tabagisme, certains engrais naturellement riches en cadmium, des sources industrielles, certains fruits de mer et la cuisson dans des récipients libérant de faibles doses de cadmium. Des études entreprises surtout dès les ont confirmé les effets négatifs du cadmium sur l'organisme (système rénal notamment) et son statut de cancérigène ; il augmente la tension et est source de troubles musculo-squelettiques entraînant une déformation lente et importante du corps chez l'homme, notamment l'embryon qui peut être contaminé via le placenta chez les femmes enceintes exposées à un milieu faiblement contaminé. Son inhalation est également dangereuse. La Commission allemande de biosurveillance a retenu comme valeur seuil HBM-IIHBM- (dans l'urine) car au-dessus de ce taux, les connaissances scientifiques disponibles montrent un risque accru d’effets défavorables sur la santé pour les individus sensibles au sein de la population générale. Il a été récemment proposé par des praticiens hospitaliers d'ajouter un "profil métallique" au bilan de santé individuel. Écotoxicité. Cet élément est toxique à faibles doses pour de nombreuses espèces animales et végétales, aquatiques et terrestres. Par exemple : Le rejet et la dispersion anciens ou récents de cadmium (pigments, charge…) ou la contamination d'eaux pluviales par du cadmium en tant que contaminant fréquent des zingueries anciennes peut être une cause de pollution environnementale diffuse. Face à ces risques et à d'autres contaminations environnementales, les piles NiMH moins polluantes et moins dangereuses pour la santé ont remplacé à partir de 2008 les piles NiCd au sein de l'Union européenne. Les piles NiMH ont en outre été remplacées par des accumulateurs lithium-ion dans la quasi-totalité des appareils nomades. En Australie méridionale, dans les , les agronomes observant les terres sèches, soumises à de fréquentes remontées d'eaux salines, craignaient à terme le remplacement cationique partiel, mais catastrophique pour la qualité des cultures, du magnésium par le zinc, et du calcium par le cadmium. Mais ils ont aussi compris le rôle capital du zinc qui entrave l'action toxique du cadmium, réduit ou empêche sa fixation, en prenant la bonne place sur les sites de protéines. En milieu marin ou terrestre, une teneur en zinc plus élevée, paradoxalement toxique pour certains organismes vivants, réduit la toxicité du cadmium et surtout son entrée souvent irréversible dans l'organisme. Aussi une prime alimentation à haute teneur en cadmium, avec un déficit grave en zinc et en calcium, est bien cause de catastrophe dans la chaîne trophique. Il est impératif de proscrire le cadmium des fertilisants, et accepter des teneurs modestes de zinc, d'autant plus que l'irrigation peut parfois utiliser des eaux plus ou moins salines sur des sols pauvres et acides. Les bons sols argileux, riches en complexes argilo-humiques, ou des sols bien amendés, à pH plus élevés, sont beaucoup moins sensibles à cette pollution. Détoxication. La toxicité du cadmium pour les organismes vivants est liée au fait qu'il déplace des ions métalliques essentiels dans les macromolécules. Tous les systèmes intracellulaires de détoxification connus reposent sur des protéines aux sites riches en soufre, sites dont en pensait qu'ils peuvent toujours aussi capter d'autres métaux lourds. Liu ont récemment (2019) montré que la bactérie "" peut ainsi inerter le cadmium qui la pénètre, mais via une protéine cette fois spécifique du cadmium, dite "CadR" (qui répond sélectivement au cadmium) ; elle se lie à l'ADN et régule positivement sa transcription d'autres protéines de détoxification du cadmium. Cette sélectivité serait liée aux types de sites de liaison : le cadmium est d'abord capté par un site riche en cystéine, et par un autre site, riche cette fois en histidine, via une double liaison qui emprisonne le cadmium. Pollution par le cadmium. Elle est en forte diminution dans les mers depuis les , mais les taux restent localement préoccupants, notamment dans les coquillages et organismes du haut de la chaîne alimentaire. En Europe, la Belgique centre est particulièrement touchée, ainsi que les ex-pays de l'Est. En Chine, le cadmium serait présent dans une partie importante de la production de riz. Les origines de la pollution par le cadmium sont multiples, avec notamment : L'apport des engrais phosphatés est de de Cd/ha et par an, soit en France, . Dans la chaîne alimentaire, le cadmium se concentre principalement dans les feuilles des plantes (salades, choux mais aussi tabac). La teneur de Cd dans l'air varie de en zone rurale, à en zone industrielle et près de l'Etna. Le risque lié au cadmium des engrais phosphorés en Europe commence à être pris en compte. En Europe, la Commission a publié plusieurs textes et décisions concernant les dispositions nationales relatives à la teneur maximum admissible en cadmium des engrais. Réglementation. Le cadmium est limité ou interdit pour certains usages. Il fait partie des métaux devant être contrôlés dans l'eau potable (dans la plupart des pays). En Europe, depuis le , la directive RoHS (« "" ») limite son usage dans certains produits commercialisés en Europe (dont éclairage et électronique, hors batteries). Les autres métaux concernés sont plomb, mercure, chrome hexavalent, polybromobiphényles (PBB), polybromodiphényléthers (PBDE), ces derniers sont limités à 0,1 % du poids de matériau homogène, mais la limite imposée pour le cadmium est plus basse que pour ces derniers produits 0,01 %. Remarque : cette directive pourra être élargie à d'autres produits et à d'autres toxiques. Production et économie. La production mondiale de cadmium corps simple métallique avoisine au début des . Les principaux usages économiques dans le monde concernaient le cadmiage (près du tiers), la préparation de pigment et de stabilisants pour matières plastiques (environ un quart pour chacun), l'usage dans les accumulateurs (environ 15 %) et les alliages (3 à 4 %). La croissance mondiale et généralisée des piles et accumulateurs électrochimiques a bouleversé la répartition des emplois du cadmium. Environ 10 à 15 % de la production mondiale du cadmium se fait à partir de matériaux recyclés. Le tableau ci-contre donne les productions annuelles de différents pays. Recyclage. Il est réalisé principalement à partir des accumulateurs Ni-Cd et des soudures. Il est à noter qu’en France par exemple, près de la moitié des besoins en cadmium provient du recyclage (environ mille tonnes de cadmium recyclé par an). Consommation. Le tableau ci-contre montre les consommations par pays par année (en tonne). Le tableau ci-dessous montre l’importance de la consommation par secteur d'utilisation dans le monde occidental (en %). Commerce. En 2014, la France est exportatrice nette de cadmium, d'après les douanes françaises. Le prix moyen à la tonne à l'export était de .
Liste des communes des Ardennes Cette page liste les du département français des Ardennes au . Liste des communes. Le tableau suivant donne la liste des communes, en précisant leur code Insee, leur code postal principal, leur arrondissement, leur canton, leur intercommunalité, leur superficie, leur population et leur densité, d'après les chiffres de l'Insee issus du recensement 2020.
Liste des communes de l'Ariège Cette page liste les du département français de l'Ariège au . Liste des communes. Le tableau suivant donne la liste des communes, en précisant leur code Insee, leur code postal principal, leur arrondissement, leur canton, leur intercommunalité, leur superficie, leur population et leur densité, d'après les chiffres de l'Insee issus du recensement 2020.
Liste des communes de l'Aube Cette page liste les du département français de l'Aube au . Liste des communes. Le tableau suivant donne la liste des communes, en précisant leur code Insee, leur code postal principal, leur arrondissement, leur canton, leur intercommunalité, leur superficie, leur population et leur densité, d'après les chiffres de l'Insee issus du recensement 2020.
Liste des communes de l'Aude Cette page liste les du département français de l'Aude au . Liste des communes. Le tableau suivant donne la liste des communes, en précisant leur code Insee, leur code postal principal, leur arrondissement, leur canton, leur intercommunalité, leur superficie, leur population et leur densité, d'après les chiffres de l'Insee issus du recensement 2020.
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Liste des communes des Bouches-du-Rhône Cette page liste les du département français des Bouches-du-Rhône au . Liste des communes. Le tableau suivant donne la liste des communes, en précisant leur code Insee, leur code postal principal, leur arrondissement, leur canton, leur intercommunalité, leur superficie, leur population et leur densité, d'après les chiffres de l'Insee issus du recensement 2020.
Liste des communes du Calvados Cette page liste les du département français du Calvados au . Liste des communes. Le tableau suivant donne la liste des communes, en précisant leur code Insee, leur code postal principal, leur arrondissement, leur canton, leur intercommunalité, leur superficie, leur population et leur densité, d'après les chiffres de l'Insee issus du recensement 2020.
Liste des communes du Cantal Cette page liste les du département français du Cantal au . Histoire. En 2019, le Cantal est le français ayant le moins de communes. En raison de leur situation en milieu rural, les communes cantaliennes sont particulièrement étendues (moyenne de contre une moyenne nationale de ) et faiblement peuplées (moyenne de contre une moyenne nationale de ). À l'origine, le , le Cantal comptait . Il leur fut attribué 267 numéros de code Insee en 1943, auxquels s'ajoutèrent ceux de 2 communes créés postérieurement (Le Rouget en 1945 et Besse en 1953). Liste des communes. Le tableau suivant donne la liste des communes, en précisant leur code Insee, leur code postal principal, leur arrondissement, leur canton, leur intercommunalité, leur superficie, leur population et leur densité, d'après les chiffres de l'Insee issus du recensement 2020.
Liste des communes du Cher Cette page liste les du département français du Cher au . Historique. Le département du Cher a été créé le en application de la loi du . Liste des communes. Le tableau suivant donne la liste des communes, en précisant leur code Insee, leur code postal principal, leur arrondissement, leur canton, leur intercommunalité, leur superficie, leur population et leur densité, d'après les chiffres de l'Insee issus du recensement 2020.
Liste des communes de la Corrèze Cette page liste les du département français de la Corrèze au . Historique. Jusqu'en 1972, le département de la Corrèze comptait 289 communes. Liste des communes. Le tableau suivant donne la liste des communes, en précisant leur code Insee, leur code postal principal, leur arrondissement, leur canton, leur intercommunalité, leur superficie, leur population et leur densité, d'après les chiffres de l'Insee issus du recensement 2020.
Comète Une comète (stylisé en symbole astronomique ) est, en astronomie, un petit corps céleste constitué d'un noyau de glace et de poussière en orbite (sauf perturbation) autour d'une étoile. Lorsque son orbite, qui a généralement la forme d'une ellipse très allongée, l'amène près de cette étoile (par exemple le Soleil dans le système solaire), la comète est exposée à diverses forces émanant de cette dernière : vent stellaire, pression de radiation et gravitation. Le noyau s'entoure alors d'une sorte de fine atmosphère brillante constituée de gaz et de poussières, appelée chevelure ou "coma", souvent prolongée de deux traînées lumineuses composées également de gaz et de poussières, les queues (une de gaz ionisé et une de poussières), qui peuvent s'étendre sur plusieurs dizaines de millions de kilomètres. Le Centre des planètes mineures répertorie au . Dans le système solaire, quand elles s'approchent suffisamment de la Terre ou que leur magnitude est importante, les comètes deviennent visibles à l'œil nu (parfois même de jour) et peuvent être spectaculaires ; elles sont alors classées comme . Les comètes se distinguent des astéroïdes, autres petits corps, par l'activité de leur noyau. Cependant, les observations récentes de plusieurs astéroïdes présentant une activité cométaire, notamment dans la ceinture principale, tendent à rendre de plus en plus floue la distinction entre comète et astéroïdes. Elles proviendraient de deux réservoirs principaux du système solaire : ceinture de Kuiper et nuage d'Oort, tandis que les comètes interstellaires ont une origine extérieure au système solaire. Étymologie. Le mot vient du grec ancien , "", qui signifie « astre chevelu ». Il est employé en ce sens chez Aristote et chez Aratos de Soles dans son poème sur l'astronomie, "Les Phénomènes". Description. Une comète se compose essentiellement de trois parties : le noyau, la chevelure et les queues. Le noyau et la chevelure constituent la tête de la comète. Lors du dernier passage de la comète de Halley en 1986, six sondes spatiales (ICE, Vega-1, Vega-2, Sakigake, Suisei et Giotto) ont frôlé la comète et enregistré des données et des images précieuses pour notre connaissance des comètes. Le noyau. L'hypothèse de constitution du noyau la plus communément admise et confirmée par les récentes expériences spatiales de spectroscopie, est qu'il serait un corps solide constitué pour environ moitié de glaces (essentiellement d'eau, puis de monoxyde de carbone, dioxyde de carbone, méthane, éthane, acétylène) et environ moitié de matières météoritiques agglomérées (modèle dit de la proposé par Fred Whipple en 1950, proposé par Michael J. Belton à la suite de la mission "Deep Impact"). Ces glaces se subliment (lorsque la comète est à une distance de 1 à 3 unités astronomiques du Soleil) sous l'action du rayonnement solaire et donnent naissance à la chevelure, puis aux queues. Le diamètre du noyau (non sphérique, certaines parties étant lisses, d'autres rugueuses) est estimé entre quelques centaines de mètres et quelques dizaines de kilomètres. La période de rotation va de à . Le noyau de la comète de Halley est de forme oblongue, sa plus grande dimension mesure environ , pour un volume estimé à et une masse de , ce qui correspond à une masse volumique moyenne de par mètre cube (un cinquième de celle de l'eau dans les conditions standards à la surface de la Terre). La présence de molécules organiques dans les comètes est un élément en faveur de la théorie de la panspermie. Un scientifique de la NASA, , prétend ainsi en 2011 avoir trouvé des bactéries fossiles extraterrestres dans des comètes, mais la NASA a pris ses distances avec ces travaux, leur reprochant un manque d'évaluation par les pairs. Les noyaux cométaires sont parmi les objets les plus sombres du Système solaire avec un albedo compris entre 2 et 7 %. La chevelure. La chevelure, ou (mot latin de même sens), forme un halo à peu près sphérique entourant le noyau et constitué de particules neutres de gaz et de poussières issus de ce noyau. Ces particules sont libérées sous forme de jets lorsque la comète se rapproche du soleil, provoquant la sublimation des glaces du noyau. Cette chevelure est entourée d'un nuage d'hydrogène atomique produit par photodissociation d'un certain nombre d'espèces, principalement H2O et OH. Son diamètre est généralement compris entre et , avec des limites extrêmes de et . La chevelure s'identifie fréquemment avec la tête de la comète, étant donné le faible diamètre relatif du noyau. Les analyses du gaz de la chevelure de la comète de Halley indiquent que celle-ci contient 80 % d'eau, 10 % de monoxyde de carbone, 3 % de dioxyde de carbone, 2 % de méthane, moins de 1,5 % d'ammoniac et 0,1 % d'acide cyanhydrique. Si la comète est suffisamment active, la coma se prolonge par des traînées lumineuses appelées queues. Les queues. Une comète importante possède en général deux queues visibles : Leurs dimensions sont considérables : des longueurs de 30 à 80 millions de kilomètres sont relativement fréquentes. Orbites. Comme toute orbite céleste, celles des comètes sont définies à l'aide de six paramètres (éléments orbitaux) : la période "P", argument du périhélie ω, la longitude du nœud ascendant Ω, l'inclinaison "i", la distance du périhélie "q" et l'excentricité "e". Lorsqu'on découvre une nouvelle comète, après au moins trois observations distinctes, on modélise une première orbite en prenant e = 1 : par défaut, l'orbite est supposée parabolique. Lorsque plus d'observations ont pu être effectuées, une meilleure orbite osculatrice est calculée en affinant la valeur de l'excentricité. La majorité des comètes répertoriées ont une orbite elliptique et gravitent autour du Soleil : ce sont les comètes périodiques, leur période pouvant être modifiée par des perturbations gravitationnelles. Les comètes sont dites, par convention, à courte période quand leur période est inférieure à deux cents ans. Celles-ci seraient originaires de la ceinture de Kuiper, passeraient par un stade de centaure avant d'atteindre le Système solaire interne. Les comètes dont la période est supérieure à 200 ans, appelées comètes à longue période, sont supposées provenir du Système solaire externe (objets détachés, objets éjectés dans le nuage de Hills ou le nuage d'Oort par le passage d'étoiles et de nuages moléculaires et réinjectés dans le Système solaire par le même type de perturbation gravitationnelle). Les comètes attachées au Système solaire ont une orbite dont l'excentricité est inférieure à 1 (orbites elliptiques, donc comètes périodiques). Il existe quelques rares cas de comètes dont l'excentricité est supérieure à 1 (orbites hyperboliques, donc comètes non périodiques) : soit il s'agit de comètes provenant de l'extérieur du Système solaire (moins d'une par siècle), soit il s'agit de comètes dont l'orbite a subi des perturbations gravitationnelles telles que, en l'absence de perturbations supplémentaires modifiant leur orbite en sens inverse, elles vont sortir du Système solaire. Les comètes rasantes se caractérisent par un périhélie extrêmement proche du Soleil, parfois à quelques milliers de kilomètres seulement de la surface de celui-ci. Alors que les petites comètes rasantes peuvent complètement s'évaporer lors d'un tel passage, celles de plus grandes tailles peuvent survivre à plusieurs passages au périhélie. Cependant, l'importante évaporation et les forces de marée entraînent souvent leur fragmentation. Modification des éléments orbitaux. Lorsqu'une comète passe à proximité des grosses planètes (essentiellement Jupiter), elle subit des perturbations gravitationnelles qui peuvent modifier certains de ses éléments orbitaux. C'est ainsi que la comète Shoemaker-Levy 9, initialement en orbite autour du Soleil, a été capturée par Jupiter puis a finalement percuté cette dernière en 1994 parce que lors de son précédent passage, cette comète était passée suffisamment près de cette planète pour qu'à la fois son orbite soit modifiée et son noyau décomposé en une multitude d'éléments répartis le long de l'orbite. Les éléments orbitaux d'une comète peuvent aussi être modifiés de manière non prévisible par l'activité du noyau (perturbations non gravitationnelles). Pour ces raisons les éléments orbitaux d'une comète ne sont jamais définitifs et doivent être recalculés lors de chaque passage (dans le cas des comètes à courte période). Paramètres de quelques comètes. Voici quelques-uns des paramètres de quelques comètes connues. Comètes et étoiles filantes. Les essaims d'étoiles filantes (par exemple : Perséides, Orionides, Géminides) sont associés à des comètes. Les poussières perdues par une comète lors d'un passage se répartissent le long de l'orbite de celle-ci en formant une sorte de vaste nuage. S'il advient que la Terre, dans son mouvement orbital annuel, traverse un tel nuage, on assiste alors à une pluie d'étoiles filantes plus ou moins dense suivant l'activité et la nature de la comète. Ces « étoiles filantes » semblent provenir d'un même point du ciel appelé le radiant, un peu comme lorsqu'on est dans un tunnel rectiligne et que l'on a l'impression que les bords de celui-ci convergent vers un même point. L'essaim est nommé d'après la constellation où est situé le radiant (par exemple : Persée pour les Perséides, les Gémeaux pour les Géminides). Les poussières cométaires, lorsqu'elles pénètrent dans la haute atmosphère de la Terre, s'échauffent et s'ionisent, produisant la traînée lumineuse que l'on connaît. L'intensité d'un essaim météoritique est variable et dépend notamment du réensemencement en poussières lors de chaque passage des comètes. <br> Les comètes à l'origine de l'eau sur Terre. Une équipe internationale a pu décrypter, par les données du télescope spatial Herschel, que l'eau de la comète Hartley 2 ressemblait parfaitement, au niveau chimique, à celle des océans de la Terre alors que, jusqu'ici, on croyait que celle-ci avait été apportée par les astéroïdes. Lors de sa formation, la Terre était très chaude et ses petites réserves d'eau se seraient évaporées. L'eau que l'on retrouve aujourd'hui serait présente grâce au bombardement de corps célestes, quelques dizaines de millions d'années après la naissance de la Terre. La plupart des comètes viennent du nuage de Oort autour du système solaire. Les comètes de ce secteur renferment environ 50 % de glaces d'eau, bien que des analyses avaient démontré que cette eau contenait beaucoup plus de deutérium que celle de nos océans. Les chondrites carbonées, astéroïdes issus de la ceinture située entre Mars et Jupiter, similaire à notre eau, s'avéraient alors être les meilleurs candidats. Dorénavant, les comètes de type Hartley 2 rivalisent avec eux, ne provenant pas du nuage de Oort mais de la ceinture de Kuiper. L'hypothèse que l'eau de la Terre proviendrait des comètes avait déjà été formulée par William Whiston dans sa "Nouvelle Théorie de la Terre" en 1696. Histoire. Les comètes étaient vues autrefois comme un halo lumineux qui apparaissait épisodiquement dans le ciel, et qui était interprété, selon son aspect et selon le contexte historique, comme un signe de bon ou mauvais augure. En 1696 encore, William Whiston dans sa "Nouvelle Théorie de la Terre", avance que la comète de 1680 est celle qui provoqua le Déluge lors d'un passage juste au-dessus de la Terre. Il soutient que les comètes sont responsables des catastrophes qu'a connues la Terre tout au long de son histoire, et qu'elles sont guidées par la volonté divine : Premières observations. Dans l'Antiquité, les premières traces écrites d'observations de comètes figurent dans des annales chinoises (à l'époque ces chroniques sont essentiellement de la scapulomancie gravée sur carapace de tortues ou omoplates d’animaux) de la dynastie Shang datant de 1059 (le plus ancien passage attesté de la comète de Halley remontant à l'an 240 est consigné dans ces archives chinoises), mais aussi à la même époque sur des tablettes en écriture cunéiforme chaldéennes. Le plus ancien dessin date du : sur un livre de soie découvert en 1974 dans la tombe du marquis de Dai en Chine, sont représentés vingt-neuf types de comètes. Les premières interprétations sur la nature des comètes viennent de la philosophie naturelle grecque. Aristote, dans son traité "Du ciel", divise le cosmos en monde céleste, composé d'éléments sphériques parfaits et monde sublunaire avec ses objets imparfaits. Dans son traité "Meteorologia", Aristote classe les comètes dans le monde sublunaire : elles sont selon lui des phénomènes atmosphériques de la sphère de l'air remontant dans la sphère du feu. Au contraire, les pythagoriciens considèrent qu'il s'agit de planètes rarement observables. Diodore de Sicile y voit des poutres enflammées alimentant le soleil. Chez les Romains, Sénèque reprend la théorie d'Apollonios de Myndos selon laquelle les comètes sont des astres errants revenant à des périodes trop longues à l'échelle d'une vie humaine. Malgré ces interprétations de savants et de philosophes, la croyance populaire en fait à cette époque (et jusqu'au ) des signes annonciateurs, le plus souvent de mauvais augure, plus rarement propitiatoires : ainsi les Chaldéens et les Mésopotamiens leur offrent de l’encens pour infléchir le funeste présage ; certaines femmes grecques et romaines en deuil délient leurs cheveux pour manifester leur chagrin ; certains astrologues égyptiens pensent que sacrifices et prières ne peuvent conjurer leur pouvoir annonciateur ; les astrologues au Moyen Âge les associent à des morts illustres : comète de 451 pour la mort d’Attila, de 1223 pour Philippe-Auguste, comète de Halley pour Henri IV, etc. Outre ces présages funestes, elles sont également associées à des batailles (bon augure pour les Normands, mauvais pour les Anglo-saxons lors de la Bataille d'Hastings). En 1472, l’astronome Johann Müller observe une comète à Nuremberg. Il fonde la cométographie. Paolo Toscanelli observe les comètes de 1433, 1449, 1456 et calcule leur position. Leur nature véritable comme leur périodicité n'ont été trouvées qu'à partir de la Renaissance. En 1531, Petrus Apianus et Girolamo Fracastoro observent indépendamment que la queue des comètes est orientée à l'opposé du Soleil (des astronomes chinois au l'avaient déjà remarqué), mettant ainsi en évidence l'effet des vents solaires. Tycho Brahe (1546-1601) montre en 1577, grâce au phénomène de parallaxe, que les comètes ne sont pas un phénomène sublunaire comme on le croyait couramment à son époque. En 1609, Johannes Kepler suppose, dans son ouvrage "De cometis", que les comètes naissent par génération spontanée et suivent une trajectoire rectiligne à une vitesse variable. En 1652, il est contredit par Pierre Gassendi qui, dans son "Traité sur les comètes", leur attribue une vitesse constante et par Seth Ward (1617-1689) qui comprend qu'elles suivent des ellipses, d'où le fait qu'elles ne soient visibles que lorsqu'elles sont suffisamment proches de la terre et du soleil. Connaissance moderne. Après avoir d'abord réfuté cette théorie, Isaac Newton (1643-1727) prouve que les comètes obéissent aux mêmes lois de mécanique céleste que les planètes, et possèdent une masse. En utilisant certaines de ces observations, dont plusieurs effectuées par lui-même, Isaac Newton élabore la théorie du mouvement des comètes dans le cadre de sa Loi universelle de la gravitation et établit ainsi pour la première fois leur appartenance au système solaire. Dans la première édition de ses "Principia", Newton hésitait à attribuer aux orbites cométaires la forme de paraboles ou celle d'ellipses très allongées, plus apparentées aux trajectoires des planètes. John Flamsteed propose en 1680 une relation d'attraction-répulsion entre comètes et le Soleil. La seconde des hypothèses envisagées par Newton reçoit un appui décisif lorsqu'en 1695 l'un de ses amis, l'astronome et mathématicien Edmond Halley (1656-1742), se persuade de l'identité probable de certaines comètes dont il s'était efforcé de calculer les éléments de trajectoires (Les apparitions cométaires de 1531, 1607 et 1682, ne seraient en fait qu'une seule et même comète). Annoncé par Halley en 1705 et précisé par Alexis Claude Clairaut en novembre 1758, le retour de la « comète de 1682 » observée à l'époque par Halley lui-même et qui sera bientôt appelée « comète de Halley » se réalisa le 13 mars 1759, date du passage de la comète à son périhélie. La valeur symbolique du retour de cet astre - qui n'est pas le plus remarquable ni le plus étudié - et qui lui valut une place privilégiée aussi bien dans les observations des astronomes que dans l'attention d'un vaste public, tient dans le fait qu'il s'agit du premier retour prévu d'une comète et pour le monde scientifique, qu'il s'agit de la plus éclatante vérification de la loi de gravitation universelle, tandis que sont définitivement éclaircis les principes de la théorie des comètes. La dernière version de l'étude de Halley, réalisée en 1717, devait être jointe à des « Tables astronomiques » qu'il venait de calculer, mais le tout n'est publié qu'après sa mort en version latine (1749), en version anglaise (1752) et en traduction française (1759). Toutefois la « prévision » de Halley avait été reprise dans les éditions et traductions successives des "Principia" de Newton ainsi que dans divers traités d'astronomie. En tenant compte des études théoriques de Joseph-Louis Lagrange (1736 - 1813), Pierre-Simon de Laplace (1749-1827), Carl Friedrich Gauss (1777-1855), le retour suivant de la comète de Halley, celui de 1835, sont l'objet de plusieurs prévisions, dont les meilleures se révélèrent exactes à trois ou quatre jours près. La technique actuelle de calcul des orbites cométaires reprend avec de puissants ordinateurs la méthode de variation des éléments de la trajectoire introduite par Philip Herbert Cowell et Andrew Crommelin (1865–1939) en 1910, mais en ajoutant à l'ensemble des forces de gravitation classiques agissant sur la comète, des forces complémentaires non gravitationnelles de réaction, dues à l'éjection de matière cométaire sous l'action des rayons du Soleil. La prise en compte de ces dernières forces, introduites depuis 1973, à l'instigation de Brian G. Marsden (1937-2010), Z. Sekanina et D. K. Yeomans, permet d'améliorer suffisamment les calculs antérieurs et de reconstituer avec beaucoup de vraisemblance les caractéristiques essentielles des trajectoires cométaires correspondant à 1 109 apparitions de comètes attestées de -239 à mai 1983 Les premiers résultats obtenus par la mission Stardust (1999-2011) ont considérablement modifié les hypothèses concernant la formation des comètes. En effet les grains prélevés dans la coma de la comète Wild 2 par cette mission et ramenés sur Terre contiennent de l'olivine, matériau qui ne peut être synthétisé qu'à de très hautes températures ( K). On est donc amené à penser que les noyaux de comètes ont été formés à proximité du Soleil et ont par la suite été éjectés vers le Nuage d'Oort. Pourtant les premières interprétations données de l'analyse des grains rapportés par Stardust doivent être prises avec circonspection : on soupçonne des interactions entre le matériau qui les contenait (aérogel) avec l'atmosphère terrestre. Cela signifierait que les comètes seraient composées de matière plus ancienne que notre système solaire. Les noyaux de comètes se sont formés par accrétion : les petits grains se collent les uns aux autres pour former des grains plus gros, lesquels se rassemblent à leur tour jusqu'à atteindre la taille d'un noyau de comète, de quelques kilomètres. Selon les scientifiques français, les molécules organiques provoquant les BID, et préexistantes dans les nébuleuses primitives, n'ont donc probablement pas été détruites, mais ont pu faire partie des grains constituant les noyaux cométaires, où elles se trouvent toujours, 4,6 milliards d'années plus tard. La récupération n'est pas l'unique moyen de récupérer de la matière cométaire. La Terre traverse continuellement divers nuages de poussières stellaires et notamment de la matière cométaire lorsque l'orbite de la Terre coïncide avec le sillage d'une comète. C'est ainsi que depuis 1982, la NASA récupère à l'aide d'avions pouvant voler à haute altitude de la poussière cométaire. Missions spatiales. L'étude des comètes a considérablement progressé avec l'avènement de l'ère spatiale. Dix sondes ont contribué à mieux connaître les noyaux cométaires, les quatre premières s'étant approchées de la comète de Halley en 1986. Désignation. Avant la publication en 1705 d'Edmond Halley sur la comète portant son nom, ces petits corps du Système solaire étaient considérés comme des phénomènes isolés, uniques et non périodiques, aussi les comètes ne portaient pas de nom. Mise à part la comète de Halley, ou celle de Encke, le nom d'une comète est attribué officiellement par une commission de l'Union astronomique internationale (UAI, IAU en anglais), dont le siège est à Washington, D.C.. Certaines comètes historiques, spectaculaires et aisément visibles à l'œil nu, n'ont aucun nom officiel et sont simplement désignée comme "grande comète". Par exemple la grande comète de 1811. Traditionnellement, on donne aux comètes le nom de son (ou de ses) découvreur(s), jusqu'à trois noms maximum. Dans le cas des comètes Halley, Encke ou Lexell, il s'agit du nom des personnes qui ont déterminé la périodicité de ces astres. Quelques comètes sont nommées d'après le lieu de leur découverte (la comète Lulin) et un nombre de plus en plus important reçoit le nom d'un programme de recherche automatique, comme LINEAR ou NEAT, ou bien celui d'un satellite artificiel, comme SOHO. En plus du nom, les comètes reçoivent une référence officielle dont l'attribution obéit à un nouveau procédé (préfixe selon la période suivie d'une désignation séquentielle suivant l'ordre des découvertes : l'année, puis une lettre majuscule identifiant le demi-mois de la découverte, puis un nombre indiquant l'ordre de la découverte dans ce demi-mois) depuis le . Ancien procédé. Avant le janvier 1995 les comètes recevaient une désignation provisoire constituée par l'année de la découverte suivie d'une lettre en minuscule correspondant à l'ordre de la découverte. Par exemple, 1965f, sixième comète trouvée pendant l'année 1965. Plus tard, le nom définitif lui était attribué selon les critères suivants : l'année du passage au périhélie, suivie d'un numéro noté en chiffres romains indiquant l'ordre chronologique du passage au périhélie (exemple : 1994 , quatrième comète passée au périhélie en 1994). Ce procédé comportait de nombreux inconvénients : la multiplication des découvertes épuisait l'alphabet. Quand on découvrait une dans l'année, il fallait recommencer l'alphabet en faisant suivre la lettre du chiffre 1 (comme 1991a1). Les découvertes de comètes après leur passage au périhélie rendaient difficile une désignation officielle cohérente. Les comètes à courte période multipliaient les désignations, une nouvelle étant attribuée à chacun de leurs retours. Nouveau procédé. Depuis le , une nouvelle nomenclature, inspirée par celle appliquée aux astéroïdes, est attribuée comme ceci : Ainsi pour C/1995 O1 Hale-Bopp : Lorsque plusieurs comètes portent le nom d'un même découvreur, un numéro est parfois ajouté pour les différencier (comète Hartley 2 par exemple). Pour les comètes périodiques dont le retour a été observé au moins une fois, la désignation subit une légère modification. Par exemple la comète P/2001 J1 (NEAT) a été retrouvée en 2008, conformément aux calculs de sa période orbitale. Sa périodicité ne faisant aucun doute, elle a reçu l'appellation définitive 207P/NEAT, indiquant qu'il s'agit de la périodique confirmée. Tableau de correspondance des lettres aux quinzaines. Note : les lettres I et Z ne sont pas utilisées. Liste de comètes. Le Centre des planètes mineures répertorie au . L'une des plus célèbres est la comète de Halley, qui réapparaît tous les 75 ou 76 ans. Parmi les autres comètes les plus connues, on peut citer : Voir aussi. Articles connexes. Quelques comètes fameuses : Sondes spatiales ayant exploré des comètes :
Counter-Strike (jeu vidéo) Counter-Strike (du mot anglais , que l'on pourrait traduire par « contre-attaque »), ou l'abréviation CS, est un jeu de tir à la première personne multijoueur en ligne basé sur le principe du jeu en équipe. C'est une modification complète du jeu "Half-Life" de Valve, réalisée par Minh Le et Jess Cliffe, dont la première version est sortie le . Le jeu fait s'affronter une équipe de terroristes et d'antiterroristes au cours de plusieurs manches. Les joueurs marquent des points en accomplissant les objectifs de la carte de jeu et en éliminant leurs adversaires, dans le but de faire gagner leur équipe. Le jeu, en version 1.6 depuis septembre 2003, a connu depuis sa sortie officielle le un important succès. Début 2010, "Counter-Strike" était encore le jeu de tir à la première personne le plus joué en ligne, devant des jeux plus récents tels que son évolution '. La fréquentation du jeu finira néanmoins par baisser progressivement avec l'avènement de ' qui est aujourd'hui le jeu le plus joué de cette série. Système de jeu. Principes de base. L'action des joueurs de Counter-Strike se déroule en plusieurs manches, ou rounds, d'une durée par défaut de deux minutes, sur une carte de jeu, ou "". Une équipe de terroristes affronte une équipe d'antiterroristes. L'équipe victorieuse est celle qui a rempli ses objectifs de victoire – ils varient selon la carte, on parle aussi de scénario – ou qui a éliminé tous les joueurs de l'autre équipe. À la fin du temps réglementaire, s'il n'y a pas eu victoire directe d'une des deux équipes, en fonction du scénario de la carte, l'équipe qui n'a pas accompli ses objectifs perd par élimination. Dans la plupart des scénarios, tous les joueurs commencent avec la même quantité de points de vie et la quantité de points d'armure qu'ils ont réussi à conserver durant la manche précédente. Lorsque des dommages sont causés, par les tirs de ses adversaires ou de ses coéquipiers, ainsi que par une chute violente, les points de vie du joueur diminuent. Les tirs sont localisés (bras droit, gauche, jambe droite, gauche, torse, et tête), et causent donc plus ou moins de dommages selon l'endroit touché, en sachant qu'un tir dans la tête, ou headshot, est souvent mortel. Lorsque la totalité des points de vie est consommée, le joueur est mort. Contrairement à la plupart des jeux de tir multijoueurs, basés sur le "deathmatch", lorsqu'un joueur se fait tuer, il ne revient dans le jeu ("respawn") qu'au début de la manche suivante, et non immédiatement après ; il devient entre-temps observateur, capable, selon la configuration du serveur, de suivre la suite de la manche à travers les yeux de ses coéquipiers, des joueurs adverses, ou encore en se déplaçant librement sur toute la carte, en faisant abstraction de tous les obstacles (murs, sols, plafonds). Un joueur tué n'a plus de contact avec les personnages vivants et n'a donc plus aucune incidence directe sur la poursuite de la manche. Dans les cartes officielles, le joueur est équipé de base d'un pistolet et d'un couteau. Il peut, pendant une période limitée et dans les zones prévues à cet effet, acheter du matériel : armes à feu, gilets de protection, grenades et autres équipements utiles dans certaines conditions de jeu (kit de désamorçage, lunettes de vision nocturne, etc.). Chaque joueur commence la partie avec ($), somme par défaut qui n'est pas assez élevée pour acheter directement un matériel puissant. Puis au cours des manches, le joueur gagne de l'argent s'il tue un ennemi, s'il remplit une condition de victoire, si son équipe gagne la manche, s'il pose la bombe et que celle-ci explose, s'il libère un otage ou lui ordonne de le suivre. Au contraire, il peut perdre de l'argent s'il tue l'un de ses coéquipiers ou un otage. La somme d'argent maximale est de . En plus du score par équipe, chaque joueur se voit attribuer un score individuel. Celui-ci prend en compte le nombre de "frags" et le nombre de morts, que l'on appelle "le ratio". Les "frags" dans "Counter-Strike" sont légèrement différents de ceux de nombreux jeux de tir à la première personne : ils augmentent dans le jeu de deux manières, en tuant ses adversaires et en complétant les objectifs de victoire. Ainsi, par exemple, un tué donne un "frag", une explosion ou un désamorçage de bombe donnent trois "frags". Le nombre de morts correspond quant à lui au nombre de fois qu'un joueur a été tué. Un joueur au niveau de jeu élevé a en fin de partie plus de "frags" que de morts. Contrôles et interface. "Counter-Strike" est un jeu de tir à la première personne se jouant au clavier et à la souris, ses contrôles et son interface reprennent largement ceux de Half-Life. Le clavier est employé pour la majorité des actions – les déplacements (courir, sauter, s'accroupir, …), la gestion de l'équipement (changer d'armes, les jeter, les recharger, allumer la lampe torche, …) et la communication (écrite ou orale). La souris sert à diriger la vue subjective et l'arme, à l'aide du viseur immobile au milieu de l'écran, mais aussi, et principalement, à faire feu sur l'ennemi d'un clic gauche. Le joueur peut aussi activer la fonctionnalité secondaire de l'arme avec un clic droit tel un zoom pour un fusil de précision, un silencieux lorsque l'arme est prévue pour cela, etc. Si la souris est également équipée d'un bouton central ou d'une molette, il est possible de changer d'arme en faisant tourner la molette ou de recharger en appuyant sur le bouton central ou sur la molette. Une interface est affichée à l'écran pendant le jeu. Celle-ci est composée de différents éléments répartis sur la périphérie de l'écran. Dans le coin supérieur gauche se trouve le radar, qui montre la carte vue de dessus ainsi que les joueurs de son équipe. Dans "Counter-Strike: Source", il montre également la position des joueurs adverses qui sont dans le champ de vision des membres de son équipe, ainsi que la position de la bombe si elle se trouve dans le champ de vision d'un de ses coéquipiers. Pour le reste, on trouve en haut à droite de l'écran une lampe torche qui s'allume lorsque celle-ci est activée. En bas de l'écran, le joueur peut voir ses points de vie, ses points d'armure, ses munitions restantes, son argent et un compte à rebours indiquant le temps restant avant la fin de la manche. D'autres éléments n'apparaissent que lorsque le joueur appuie sur une touche dédiée. Ainsi, lorsque le joueur appuie sur une touche de changement d'arme, un discret menu de sélection des armes et de l'équipement (qui peut être désactivé) apparaît en surbrillance en haut de l'écran et montre les différentes pièces de son arsenal et permet de passer de l'une à l'autre visuellement. Les pièces défilent les unes après les autres à l'aide de la molette de la souris, dans l'ordre suivant : arme principale, arme secondaire, couteau, grenade et bombe. Lorsque le joueur appuie sur la touche de menu d'achat, et s'il se trouve dans la zone de départ pendant les premières secondes de la manche, le menu d'achat s'ouvre. Il montre toutes les armes et pièces d'équipements avec leur prix et leurs détails et permet au joueur d'acheter ce dont il a besoin. La fenêtre de score montre tous les joueurs, alliés et ennemis, en les classant en fonction de leur nombre de "frags" et de décès. Le ping des joueurs est également affiché. Il existe de nombreux autres menus qui permettent de dialoguer avec une console, de changer d'équipe, d'apparence, etc. Scénarios et cartes de jeu. Les cartes sont classées par type de scénario, chacun définissant des conditions de victoire spécifiques. Les deux scénarios les plus joués sont le Bombe / Désamorçage (carte de type « de_ », pour ') et la Libération d'otages (carte de type « cs_ », pour '). Dans le premier, le but des terroristes est de placer une bombe dans une des deux zones définies (zone A et zone B) et d'empêcher les antiterroristes de désamorcer la bombe. Celle-ci explose au bout de 45 secondes, donnant la victoire immédiate aux terroristes. Si la bombe est désamorcée, si tous les terroristes sont tués (quand la bombe n'a pas été posée) ou si la bombe n'a pas explosé à la fin de la manche, la victoire revient aux antiterroristes. La bombe est attribuée à un terroriste aléatoirement à chaque début de manche, et les antiterroristes peuvent acheter un kit de désamorçage qui réduit de moitié le temps nécessaire au désamorçage. Lors de l'explosion, tous les joueurs se trouvant dans la zone de déflagration sont tués. Quant au scénario de Libération d'otages, le but des antiterroristes est d'y trouver un groupe d'otages protégés par les terroristes et de les libérer. La victoire leur revient s'ils en libèrent au moins la moitié. Les terroristes quant à eux remportent la manche en éliminant tous les antiterroristes et en évitant le sauvetage des otages. Le groupe d'otage est placé sur le lieu de départ des terroristes ; une des stratégies est donc d'y rester et d'y attendre les antiterroristes. Les antiterroristes gagnent de l'argent en libérant les otages et les deux camps en perdent en les tuants Les deux autres scénarios, beaucoup moins joués, sont l'Assassinat (carte de type « as_ », pour ') et la Fuite (carte de type « es_ », pour '). Dans le premier, un des membres de l'équipe antiterroriste prend aléatoirement le rôle en début de manche d'un V.I.P.. Le but de l'équipe est de garder vivant ce personnage jusqu’à une zone définie de la carte. Si le V.I.P. est éliminé par les terroristes, les antiterroristes perdent la manche. Le V.I.P. est unique et son apparence ne ressemble à aucune de celles des autres personnages ; il est donc facilement repérable par les terroristes. Le V.I.P. dispose d'un pistolet et d'un couteau, d'un gilet pare-balles de 200 points d'armure au lieu des 100 habituels et d'un casque. Quant au scénario de la Fuite, les terroristes y débutent dans une zone fortifiée et doivent s'en échapper pour rejoindre une zone définie de l'autre côté de la carte. Si au moins 50 % de l'équipe réussit à s'enfuir, l'équipe terroriste est victorieuse. Mais outre ces quatre scénarios, il existe de nombreux autres types de cartes. De plus, à l'opposé des cartes conçues par la communauté de joueurs à l'aide du Valve Hammer Editor (on parle de "mapping"), il existe vingt-deux cartes dites officielles, réalisées par les développeurs du jeu : "as_oilrig", "cs_747", "cs_assault", "cs_backalley", "cs_estate", "cs_havana", "cs_italy", "cs_militia", "cs_office", "cs_siege", "de_airstrip", "de_aztec", "de_cbble", "de_chateau", "de_dust", "de_dust2", "de_inferno", "de_nuke", "de_piranesi", "de_prodigy", "de_storm", "de_survivor", "de_torn", "de_train" et "de_vertigo". Ces cartes se démarquent par leurs côtés tactique et technique assidûment étudiés, ainsi que le parfait équilibrage entre les deux camps dont elles font preuve. Personnages. Il existe huit personnages jouables, répartis en deux camps adverses : les terroristes ("les terros") et les antiterroristes ("les CTs", pour "contre-terroriste"). Les quatre types d'antiterroristes sont la copie conforme de groupes d'intervention et de forces spéciales connus et appartenant chacun à une nation, alors que les terroristes ne sont tirés d'aucun groupes réels existant ou ayant existé. Les personnages ne se différencient sur aucune caractéristique, faculté et autre talent (on ne parle donc pas de classe de personnage), mais uniquement sur leur apparence. Chaque personnage a en effet un habillage (plus communément appelé "skin") différent, s'adaptant plus ou moins au paysage de la carte de jeu dans une optique de camouflage. Dans le camp des antiterroristes, le joueur peut choisir parmi les quatre groupes suivants : le GIGN, ou Groupe d'Intervention de la Gendarmerie Nationale, qui n'est composé que de l'élite des forces spéciales françaises (théâtre d'opérations national). Sa devise : « Sauver des vies au mépris de la sienne » ; le SAS, ou Special Air Service, qui sont les forces spéciales britanniques fondées pendant la Seconde Guerre mondiale. Sa devise : « » (« "Qui ose gagne" ») ; le SEAL Team Six, ou Navy SEAL, qui est une unité américaine de forces spéciales de nageurs de combat. Sa devise : « La seule journée facile c'était hier » ; le GSG 9, ou Grenzschutzgruppe 9, qui est un groupe d'intervention allemand né après la prise d'otages des Jeux olympiques de Munich en 1972. Le camp des terroristes est quant à lui constitué de l'Unité d'élite, des Vengeurs Arctiques, du Guerilla et du Connexion Phoenix, qui sont des groupuscules fictifs. Dans "Counter-Strike", il existe également deux autres types de personnages, apparaissant uniquement dans deux types de scénarios. Ainsi, le VIP est un personnage incarné par un joueur aléatoire faisant partie de l'équipe des antiterroristes. Il est muni d'un pistolet et d'un couteau, d'un gilet pare-balles de 200 points d'armure et d'un casque. Il doit être évacué vivant pour que l'équipe gagne. Il n'est présent que sur les cartes de type « as_ ». Quant à l'otage, c'est un personnage à secourir par les antiterroristes sur les cartes de type « cs_ » afin de remporter la manche. Ils sont en général aux nombres de quatre, et se tiennent sur le lieu de départ des terroristes. Ils sont gérés par l'ordinateur. Armes et équipement. Dans "Counter-Strike", les armes sont réparties en trois catégories : armes principales (fusils à pompe, pistolets mitrailleurs, fusils d'assaut, fusils de précision et mitrailleuses), armes secondaires (pistolets) et arme de corps à corps (couteau). Les pistolets présents dans le jeu sont le HK USP, le Glock, le Desert Eagle, le Sig-Sauer P228, le FN Five-seveN et le Beretta 92. Seuls les fusils à pompes Benelli M3 Super 90 et Benelli M4 Super 90 sont présents dans le jeu. Au niveau des pistolets-mitrailleurs, les modèles du HK MP5, du HK UMP, du FN P90, du Ingram MAC et du Steyr TMP sont utilisés. Quant aux fusils d'assaut, ce sont le Colt M4, le AK-47, le Steyr AUG, le SIG-552, le IMI Galil et le FA-MAS. Enfin au niveau des fusils de précision, la Steyr Scout, l'Accuracy International AWP, le HK G3 et le SIG-550 ont été choisis. Le modèle FN Minimi est le seul modèle à être utilisé en tant que mitrailleuse légère. L'arsenal du joueur ne contient qu'une arme de chaque catégorie. Certaines armes disposent de deux modes de fonctionnement (avec ou sans lunette de visée, ou encore la possibilité de modifier le mode de tir : rafale ou semi-automatique par exemple), changeables d'un clic droit de souris. Enfin, certaines armes ne sont disponibles qu'en fonction du camp choisi par le joueur. Les armes montrent des qualités diverses : la fréquence de tir, la puissance de feu, la précision, la force de recul, le poids et le prix d'achat. Le profil et le prix d'achat de chaque arme est différent, permettant l'équilibre de jeu général et assurant que les armes faibles soient également attirantes. Les armes du jeu ont été reproduites à partir d'armes réelles, auxquelles Valve a attribué des noms fictifs en raison des droits sur celles-ci. Cependant, ces noms restent proches des originaux : Par exemple, le SIG-552 s'appelle Krieg 552 et le Colt M4A1 est devenu Maverick M4A1et l'Ak47 est devenue le CV-47. Techniques de jeu. Les techniques de jeu sont très importantes dans Counter-Strike. C'est ce qui influencera votre score final. Le niveau technique d'un joueur est appelé "skill". Choix de la tenue. Certaines techniques permettent d'améliorer les performances d'un joueur. La chance peut bien sûr intervenir de manière ponctuelle, mais n'a que peu d'impact sur les performances d'un joueur dans le temps : elle permet surtout de varier les situations. Choisir sa tenue permet de se camoufler et d'avoir ainsi moins de chances d'être repéré par l'ennemi. Les personnages antiterroristes auront de préférence une tenue de couleur vert clair du SEAL Team Six, noir foncé du SAS ou bleu marine du GIGN, ou bien du GSG 9 plutot basé sur des couleurs sombres. Une tenue peut également induire l'adversaire en erreur. Ainsi, il est judicieux pour un terroriste de choisir la tenue du "Connexion Phoenix", car la partie haute (veste et cagoule noires) ressemble à celle des antiterroristes. Choix de l'arme. Le choix de l'arme peut également s'avérer décisif. Chaque arme a en effet ses caractéristiques propres en termes de précision, de puissance de feu, de force de recul, de caractéristiques spéciales (silencieux, lunette de visée, etc.) de prix… Ainsi, dans les situations où le joueur dispose de peu d'argent, il peut être intéressant d'acheter un Desert Eagle (gros calibre). L’inconvénient principal de ce pistolet est qu'il ne contient que 7 balles, mais sa puissance de feu est similaire à celle des fusils d’assaut. Le MP5 est également peu onéreux, et dispose ainsi d'un bon niveau rapport qualité/prix car ses tirs sont assez précis. D'autres armes incontournables sont les fusils d’assaut, qui ont une excellente puissance de feu (ils permettent de tirer à travers les parois, caisses et portes). Par exemple, l’AK-47 des terroristes est le fusil le plus puissant mais seules les 3 premières balles tirées en rafale sont précises. Le Colt M4 des antiterroristes est un fusil puissant et avec peu de recul. C’est une arme qui augmente encore sa valeur lorsqu'on l'utilise avec son silencieux (car l’ennemi entend moins les tirs). Enfin, pour sniper, le joueur a le choix entre la très connue AWP, qui tue la plupart du temps en une seule balle, et les snipers automatiques moins puissants, moins précis, plus onéreux mais permettant de tirer plusieurs coups d’affilée. Techniques de tir. Cependant avoir une bonne arme n'est utile que si le tir est maîtrisé. Le tir est la base du jeu et conditionne donc directement l'efficacité du joueur. "Counter-Strike" est un jeu dans lequel les armes ont toutes du recul, réduisant ainsi de manière importante la précision des tirs en rafale. À bout portant ou à faible distance, le joueur pourra tenter de tirer en continu car il sera relativement assuré de toucher l’adversaire. Par contre, à moyenne ou longue distance, le tir par à-coups se révèle bien plus payant car plus précis. Le joueur augmentera ses chances de succès tout en évitant une panique amenant la plupart du temps à décharger son arme pour finalement ne toucher personne. Au contraire, le joueur gagnera souvent à prendre le temps de viser les parties vitales de l’ennemi (torse et tête). Certains joueurs visent le cou en comptant sur l'effet de recul pour que la deuxième balle tirée atteigne la tête. Pour pouvoir placer son tir, il est important de se déplacer de manière adéquate : la manière dont le joueur enchaîne ses mouvements (saut, s'accroupir, déplacements latéraux, etc.) influence son efficacité. Par exemple, la position accroupie lors des tirs permet d’avoir une meilleure précision (surtout pour les pistolets) et réduit la taille de la cible vue de l'adversaire. Il est également possible de se servir d’un élément du décor de la carte (mur, caisse…) pour se protéger. Autre technique de protection utilisée par beaucoup de joueurs : sauter au moment d'arriver dans une zone à risque. Cela peut être valable à condition que le joueur soit capable de viser de manière précise pendant son saut (difficile) ou immédiatement après sa réception. Le tir croisé (deux joueurs tirent sur une même cible) est également intéressant, car se regrouper augmente la puissance de feu tout en plaçant l'adversaire dans une situation qu'il aura forcément plus de mal à gérer (plusieurs cibles à gérer en même temps). Certains joueurs entraînés utilisent la technique du « "" » (déplacement latéral tout en tirant). Cette technique consiste à bouger de gauche à droite rapidement, tout en tirant vers l’adversaire au moment d'arrêt, en s'arrêtant l'arme du joueur redevient précise contrairement au moment où il se déplace latéralement. Lorsqu'elle est maîtrisée, cette technique s'avère assez efficace car le joueur représente une cible mobile donc plus difficile à atteindre. Mais il faut de l’entraînement pour « "strafer" » tout en tirant de manière précise. Sur un autre plan, un joueur aguerri saura prendre la décision de fuir quand il constate que les ennemis sont trop puissants ou trop nombreux : il pourra par exemple tenter de les prendre à revers. Connaissance de la carte. Une bonne connaissance de la carte peut être déterminante entre deux joueurs de même niveau. Un joueur souhaitant s'améliorer peut tenter d'apprendre les caractéristiques de la carte par cœur : les recoins, les zones dangereuses, les emplacements de bombe, les positions probables des ennemis, les chemins pour accéder à un même lieu… Le joueur pourra ainsi anticiper bien des mouvements ennemis, en déduira où et comment bien attaquer, "rusher" et se mettre à couvert quand il le faut. Ainsi, un terroriste pourra choisir le meilleur chemin le menant à l’emplacement de la bombe en fonction des positions des ennemis. Utilisation du radar. Avoir une vision « élargie » de l'environnement est également décisif. Un débutant aura tendance à se focaliser principalement sur les ennemis directement visibles dans son champ visuel. Un joueur ayant plus d'expérience parvient à avoir une vision plus large de sa situation. Pour cela, il utilisera plus d'informations. Premièrement, le son peut jouer un rôle important. Il donne des indications sur la position, l'éloignement et le contexte. Entendre des tirs permet bien évidemment de savoir que l'on approche d'une « zone à risque ». De manière plus subtile, si le joueur entend un bruit de pas dans le sable alors qu'il se trouve à l'intérieur d'un bâtiment, il pourra en déduire que quelqu'un se trouve à l'extérieur. S'il pense à ce moment-là à consulter le radar, et qu'il ne voit personne, il saura que c'est un ennemi (le radar ne montrant pas la position des ennemis). Le radar est une source d'information souvent négligée par un joueur débutant. Or c'est une source d'informations capitales : il permet notamment d'éviter de faire un tir réflexe sur un coéquipier surgissant à l'improviste ; le radar aurait permis de le voir arriver. Il permet de voir les zones où des équipiers se font tuer et donc d'éviter d'arriver dans la même zone sans méfiance. Observer ses équipiers (via le radar ou en vision directe) permet également de déduire beaucoup d'informations sur son environnement. On peut ainsi savoir si les arrières sont couverts, si certaines zones sont protégées, ou tenter de déduire la position des ennemis en fonction des mouvements et des positions de ses équipiers. Stratégies de groupe. Les techniques ci-dessus sont des techniques individuelles. Or, c'est grâce à la formation d'équipes (professionnelles ou amateurs, les "") qu'est apparue la notion de stratégie de groupe. Là où un joueur isolé doit improviser seul, les équipes permettent d'établir des plans et d'agir de manière concertée. Ainsi des manœuvres basiques comme la courte échelle permettent dorénavant d'éviter de longs détours sur certaines cartes. Un groupe peut également devenir entièrement silencieux si tous ses membres marchent au lieu de courir, ce qui est indispensable lorsqu'un autre groupe chargé de faire diversion fait volontairement du bruit. Il devient possible d'établir des plans d'offensive – des logiciels entièrement conçus pour cela existent – en organisant par exemple des diversions pour déstabiliser la défense adverse qui serait éventuellement tentée d'abandonner certaines positions pour mieux se focaliser sur le leurre, ou bien de couvrir certaines positions en s'assurant qu'aucun chemin n'est laissé sans surveillance. À chaque perte d'un de ses membres, l'équipe peut réagir en conséquence, car chaque joueur sait où se trouvent ses coéquipiers. Histoire du développement. Chronologie des versions À la sortie de "Quake II" apparaît un nouveau "mod" : "Action Quake 2". Minh Le, plus connu sous le nom de Gooseman, travaille dans l'équipe du jeu en tant que modeleur 3D, mettant au point notamment les personnages, ainsi qu'en tant que codeur. Jess Cliffe, de son côté, rejoint le site officiel en 1998 pour participer à la création de cartes. C'est ainsi que les deux concepteurs se rencontrent. Minh Le a alors envie de créer son propre "mod", mêlant armes, contre-terrorisme et multijoueur en ligne, dans le seul but de divertir la communauté gratuitement. Il expose son idée à Jess Cliffe qui, enchanté, le rejoint en tant que webmaster dans un premier temps. C'est d'ailleurs ce dernier qui trouvera le nom « "Counter-Strike" ». Au même moment sort un nouveau jeu, "Half-Life". Accompagné d'un kit de développement, permettant la création de cartes, de décors, de personnages …, ils se tournent vers cette solution. Le développement du jeu commence alors, sans budget, mais avec un moteur de jeu fourni gratuitement, le GoldSource. Sur leur temps libre, Minh Le s'occupe de la modélisation et de la programmation, alors que Jess Cliffe se charge de la 2D, des sons, du logiciel d'installation et du site Web, qui permet au "mod" de se faire connaître. Les cartes de jeu sont quant à elles réalisées par des "mappeurs" de "Team Fortress" que Minh Le a débauchés, ainsi que par la communauté de fans qui se forme progressivement autour du jeu. La première bêta du "mod" sort le 19 juin 1999. Le jeu commence alors à vraiment faire parler de lui sur Internet. Les deux concepteurs sont très à l'écoute des joueurs et corrigent très rapidement les bogues rapportés, tout en ajoutant au jeu les fonctionnalités qui leur sont suggérées. Les versions du jeu s'enchaînent ainsi à vive allure, parfois séparées de moins d'une semaine. À cette époque, le "mod" est déjà le jeu en ligne le plus joué, bien plus que de gros jeux commerciaux comme "Quake III" et "Unreal Tournament". Valve Software — l'éditeur de "Half-Life" —, ayant entendu parler du jeu, propose alors de racheter les droits du jeu, ce qu'acceptent Minh Le et Jess Cliffe, qui sont d'ailleurs recrutés en tant que programmeurs et concepteurs de jeu vidéo par la société. La version définitive, la 1.0, sort le 8 novembre 2000, sous le nom « "Half-Life : Counter-Strike" », signée Valve. Le jeu reste gratuit, mais nécessite, comme il était prévu dès le début du développement, de posséder une version du jeu original, c'est-à-dire "Half-Life". Les parties multijoueurs de "Counter-Strike" sur Internet fonctionnent à l'origine avec le service World Opponent Network (WON), qui a été fermé en 2004 avec l'arrivée de la version 1.6 du jeu, forçant les joueurs à passer sur la plate-forme Steam. Toutefois, une importante quantité de joueurs de Counter-Strike 1.5 ayant refusé le passage à la distribution Steam qu'a subi Counter-Strike avec sa version 1.6, sont restés fidèles à leur version, et face à cette obligation qui impliquait de nombreuses communications publicitaires, quelques joueurs ont créé leur propre service, appelé « WON2 ». Quel que soit le moyen de connexion, "Counter-Strike" réunit en 2008 l'une des plus grandes communautés de joueurs au monde. Après le passage à la plate-forme Steam, il est possible d'acheter et de télécharger le jeu seul pour . Valve continue plusieurs années après la sortie du jeu de "patcher" son jeu. Accueil et suites. Accueil des critiques. La presse vidéoludique a très bien accueilli "Counter-Strike". Metacritic relève une note moyenne de 88 % avec une note maximale de 100 %. GameRankings relève quant à lui une note moyenne de 89 % avec une note également maximale de 100 %. Gamekult note le jeu 9/10, GameSpot lui donne un 8,4/10 et GameSpot lui attribue un 9/10. « À posséder, tout simplement », conclut Gamekult. Les journalistes qualifient son "gameplay" d'excellent et soulignent que la réalisation est plus que correcte pour un simple "mod". Ils remarquent également les armes nombreuses et variées, et les scénarios diversifiés. Les qualités graphiques et sonores du jeu, sans être exceptionnelles, sont convenables pour l'époque. Enfin, ils applaudissent à la gratuité du jeu, au succès obtenu auprès des joueurs et au nombre de serveurs disponibles. Ils critiquent néanmoins quelques bugs à la sortie du jeu et des parties parfois monotones. "Counter-Strike" a également remporté plusieurs récompenses et s'est hissé dans plusieurs classements, "chronologiquement" : Configuration minimum / recommandée<HR> Processeur :Pentium / Pentium II <HR> Mémoire vive : de RAM / de RAM<HR> Carte graphique :Carte 3D, Direct X 6 Succès et influence. "Counter-Strike" est devenu, dès la sortie de sa première bêta en 1999, le jeu de tir à la première personne multijoueur en ligne de référence. En 2007, presque dix ans après sa sortie, c'était encore le jeu le plus joué sur Internet. La première raison de ce succès est due au jeu original, "Half-Life", sorti en novembre 1998. Utilisant une version modifiée du moteur de jeu Quake engine d'id Software, ce dernier reçoit de nombreux prix et récompenses. Les ventes du jeu augmentent très rapidement, et la communauté de joueurs s'agrandit très vite. Arrive ensuite un nouveau mod, du nom de "Counter-Strike", en téléchargement gratuit. Ainsi, le jeu se fait facilement connaître et un grand nombre de joueurs y ont accès. Le prix de "Half-Life" baisse, le rendant plus accessible, et le bouche à oreilles comme la promotion du jeu — présenté comme le successeur de Quake 2 — dans les salles de jeu en réseau le font connaitre aux amateurs du genre. Une autre raison à son succès réside dans la configuration matérielle minimum requise. Le moteur de jeu étant celui-ci de "Half-Life", l'ordinateur nécessaire pour jouer est en adéquation avec l'époque, un pentium équipé d'une carte graphique standard suffit. Également, le principe du jeu est simple et prenant. Une partie est rapide et ne demande pas beaucoup de temps libre, ce qui est parfaitement adapté aux salles de jeux en réseau, où, pour une somme modique, les joueurs se réunissent quelques heures entre amis pour jouer à "Counter-Strike". La dernière raison du succès de "Counter-Strike", qui reste avant tout un jeu en ligne, est l'explosion des abonnements ADSL dans le monde, et notamment en Europe, dans les années 2000. L'arrivée massive de nouveaux internautes induit potentiellement de nouveaux joueurs en ligne, et ainsi la communauté du jeu continue d'augmenter. Le « "" » s'est d'ailleurs étendu, grâce à la progression de l'ADSL, vers un autre type de jeu en ligne, le jeu en ligne massivement multijoueur. "Counter-Strike", dans sa version 1.5, est pendant plusieurs années le jeu multijoueurs le plus joué. À l'été 2001, le jeu comptabilise sur Internet. Le 26 avril 2002, sur le site web Clubic.com, téléchargements de "Counter-Strike 1.4" ont eu lieu en une seule journée. En 2007, GameSpy comptabilise en moyenne joueurs simultanément, et cela quelle que soit l'heure de la mesure, ce qui représente 35 % des joueurs de jeu de tir à la première personne sur Internet. Toujours d'après GameSpy, toutes les versions confondues de "Counter-Strike" ("CS1.6", "CS:CZ" et "CS:S") compte environ joueurs, soit 67 % des joueurs de jeu de tir à la première personne sur Internet. Depuis, avec les statistiques fournies par Valve grâce à Steam, on sait que le nombre de joueurs oscille entre et à tout instant de la journée (3 millions de joueurs uniques par mois en moyenne), alors que le nombre de serveurs varie entre et 150 000. Un joueur est donc toujours sûr de trouver quelqu'un avec qui jouer, ce qui est en soi une autre raison de la popularité du jeu, en plus d'en être la preuve. Début 2009, le jeu a laissé sa première place de jeu de tir à la première personne en ligne a son remake "", avec une moyenne de joueurs en temps réel contre joueurs pour "Counter-Strike: Source". Le jeu reste néanmoins l'un des jeux les plus pratiqués sur Internet. "Counter-Strike" a influencé d'autres "mods", comme ', "mod" dUnreal Tournament", ainsi que de vrais jeux, comme "Global Operations" ou "". Le jeu est aussi devenu un vrai phénomène culturel. Des bandes dessinées en ligne, tel que "Concerned", et de nombreuses vidéos, comme celles de Pure Pwnage, sont également apparues sur Internet, faisant référence au jeu, au fur et à mesure que celui-ci faisait succès. Des produits dérivés existent également : figurines, autocollants, tee-shirts, affiches. Le jeu vidéo fait également l'objet de compétitions dont les médias se font l'écho et des adaptations cinématographiques se multiplient. On assiste également à l'avènement d'une nouvelle forme d'addiction, le « jeu compulsif ». Première place en e-Sport. Après "Quake" et "StarCraft" qui provoquent l'émergence du sport électronique, "Counter-Strike" en est un moteur. Le sport électronique regroupe plusieurs aspects de l'esprit sportif – travail d'équipe, concurrence, égalité des chances, entraînement – et avec son succès, il est logique que le jeu ait donné à un grand nombre de joueurs l'envie de compétition. Ainsi des équipes, ou "", naissent sur Internet, composées en général de cinq joueurs, dans le but de s'affronter dans des matchs. Lorsqu'il y a des résultats concluants, ces équipes se développent réellement, avec entraîneurs, managers, sponsors et entraînements réguliers jusqu'à devenir de véritables clubs. De sorte que dès 2001, en Scandinavie, en Allemagne, aux Pays-Bas, au Royaume-Uni et en France, apparaissent les premières équipes professionnelles, qui parcourent le continent européen pour disputer des matches parrainés par de grandes entreprises. Le phénomène s'est ensuite exporté aux États-Unis, où l'on trouve les premiers tournois à très grosses récompenses (premier prix montant à ). Depuis, des associations se sont formées, pour réunir les professionnels et favoriser l'émergence du sport électronique. Il y a ainsi plusieurs ligues professionnelles en ligne de sport électronique, comme la Cyberathlete Amateur League (CAL) ou la CyberEvolution. De grandes compétitions ont lieu aux États-Unis, en Europe et en Asie, comme la Cyberathlete Professional League (CPL), l'Electronic Sports World Cup (ESWC), la World e-Sports Games (WEG) et la World Cyber Games (WCG). Les matchs de ces championnats, tels de grands évènements, sont commentés, analysés et parfois même retransmis à la télévision. De ces évènements sont nées de grandes équipes, au parcours souvent mythique, comme la SK Gaming ou l'équipe française aAa. Dans ces compétitions, seules les cartes de type « de_ » sont utilisées : une équipe doit poser une bombe, l'autre l'en empêcher. Les cartes jouées varient suivant la compétition, mais les cinq principales sont "de_dust2", "de_tuscan", "de_train", "de_nuke" et "de_inferno". Pour rendre les parties plus dynamiques, les manches durent au maximum 2 minutes. "Counter-Strike" est pendant plusieurs années le jeu de tir à la première personne phare des "LAN-party" et des compétitions internationales. Jusqu'aux années 2010, sa suite principale "Counter-Strike: Source" n'arrive d'ailleurs pas à s'imposer. Ceci était un problème majeur pour les organisateurs de ces compétitions, qui avaient de plus en plus de mal à trouver des sponsors dans le milieu de l'informatique. En effet, la première version de "Counter-Strike" date de 1999, fonctionne sur des configurations peu puissantes et attire de moins en moins les nouveaux joueurs. Cependant "Counter-Strike: Source" est un jeu officiel des Championship Gaming Series depuis 2007 et commence à être adopté par la plupart des compétitions. Ainsi l'Electronic Sports World Cup 2011 accueillera "Counter-Strike: Source" pour la première fois, tout en conservant ses épreuves masculines et féminines de "Counter-Strike". D'autres évènements, comme la DreamHack et la World Cyber Games, continuent d'organiser des épreuves exclusivement de "Counter-Strike". Les suites du jeu. Le succès de "Counter-Strike 1.6" a poussé Valve Software à proposer des suites. La première à voir le jour fut une version Xbox de "Counter-Strike", sortie le 5 décembre 2003, et en tout point identique à la version Windows. La qualité graphique est la même, malgré les capacités technologiques de la console bien plus poussées que celle des ordinateurs personnels de 1999. De plus, le "gameplay" souffre du passage à la manette de jeu, alors que l'ensemble clavier / souris convient parfaitement à ce type de jeu. L'éditeur a ajouté au jeu un mode solo, mais l'intelligence artificielle des bots ne suffit pas à procurer un plaisir de jeu suffisant. Enfin, le titre dispose également de son mode multijoueur, jouable jusqu’à 16 via le Xbox Live payant. Cependant, la presse n'est pas unanime : Gamekult donne 5/10 au jeu et le magazine Gaming lui attribue 4/10, alors que le magazine Joypad et Jeux vidéo Magazine le notent respectivement 7/10 et 14/20. À la suite de ce jeu, Valve Software entreprit de réaliser un nouvel opus sur PC, du nom de "" (ou "CS:CZ"). L'éditeur souhaitait clairement fournir aux joueurs un mode solo digne de leur jeu phare, avec un scénario et un intérêt réel. Ils firent appel à plusieurs studio de développements, jusqu’à en trouver un jugé satisfaisant pour finir le travail. Car le contenu commencé par le premier studio, Rogue Entertainment, passa ensuite dans les mains du deuxième, Gearbox Software, qui y ajoutèrent des choses, puis au troisième studio, Ritual Entertainment, qui y ajoutèrent également des choses, pour enfin arriver jusqu'au quatrième et dernier studio, Turtle Rock Studios. Ainsi, sa sortie était initialement annoncée pour l'été 2002, mais elle a été repoussée à de nombreuses reprises, et le jeu sortit finalement le 26 mars 2004. Le jeu propose donc un mode solo dans lequel le joueur tient le rôle d'un antiterroriste, accompagné de quatre coéquipiers, où le but est d'accomplir certains objectifs, face à cinq terroristes, sur les cartes issues de "Counter-Strike 1.6". L'intelligence artificielle est cette fois-ci efficace. Il s'accompagne de quelques nouvelles armes (lance-roquettes, cocktail Molotov…) et de dizaines de nouvelles "skins". Le mode multijoueur quant à lui est la copie conforme du jeu original. Le moteur GoldSource est daté, et les graphismes du jeu sont donc sans surprises dépassés, et très en dessous des jeux actuels au moment de sa sortie. Excepté Gen4 et son 90 %, la presse est d'accord sur la valeur du jeu : Gamekult et Canard PC lui attribuent un 4/10, et Jeux vidéo Magazine un 12/20. Le jeu coûte aujourd'hui avec Counter-Strike 1.6. Troisième à la suite de ce jeu, ' (ou "CS:S"), sorti le 7 octobre 2004. Le jeu est basé sur le moteur de jeu Source engine de "Half-Life 2". Les graphismes (textures, niveaux de détail…) ont été notablement améliorés, ainsi que les interactions avec les objets, grâce au moteur physique. Le jeu gagne ainsi en réalisme et est du même niveau graphique que les productions actuelles lors de sa sortie. Le fonctionnement du jeu a été modifié mais reste fondamentalement très proche des versions précédentes. Il est vendu conjointement avec le jeu "Half-Life 2", mais aussi dans une version "stand-alone", vendue avec ' et "" pour . Malgré les changements apparents, cette nouvelle version ne remplace pas l'ancien "Counter-Strike". Cette suite est d'ailleurs boudée de nombreux joueurs se plaignant de la nécessité d'avoir une bonne configuration pour y jouer. Certains joueurs trouvent également que le jeu, au profit de ses graphismes, a perdu son "gameplay" et le plaisir de jeu qui en découlait. Face à cette critique, un autre jeu en cours de développement, CS Promod, promet le "gameplay" de "Counter-Strike 1.6" tout en conservant le moteur graphique de "Counter-Strike: Source". Ce public mécontent se ressent également dans les statistiques, puisque le jeu original détient toujours 40 % des parts de joueurs de jeu de tir à la première personne en ligne, suivi de "CS: Source" avec 29 %. La presse, quant à elle, apprécie le jeu : Joystick le note 7/10 et ActuJeuxPC.net lui donne un 14/20. Une quatrième suite sort le 21 août 2012, ayant pour nom "". Une version jouable bêta en était sortie en novembre 2011 et les remontées avaient été positives. "Counter-Strike Nexon: Zombies" est un MMOFPS free to play offrant un PvP compétitif et de l’action PvE, qui regroupe tout le contenu du "Counter-Strike" original ainsi que de nouveaux modes de jeu, cartes, armes et hordes de Zombies. Autour du jeu. Publicité dans le jeu. Depuis début 2007, affichant une audience de 5 milliards de minutes de jeu par mois, soit plus que certaines émissions télévisées, des réclames dynamiques apparaissent sur les cartes de jeu de "Counter-Strike", incorporées au décor telles de vrais affiches publicitaires. Ces réclames sont à la charge de la société IGA Worldwide, avec laquelle Valve Software a signé un contrat fin 2006, et qui s'occupe également de la publicité dans "Battlefield 2142". Le principe de ces « affiches » dynamiques est qu'elles peuvent être remplacées à n'importe quel moment, puisque les parties du jeu, hébergées sur des serveurs, se déroulent sur Internet. Elles changent ainsi régulièrement, et s'adaptent au public visé (les publicités seront en français si Steam est configuré ainsi). Imposées aux joueurs, ces réclames ont soulevé de vives réactions, se témoignant notamment sous forme de pétitions en ligne ou de messages de mécontentement sur les forums officiels. Mais ces publicités étant plutôt discrètes, et ne vantant que des produits et services liés au jeu vidéo (tel que le jeu "Portal" de Valve ou la Cyberathlete Professional League), une majorité de joueurs ne s'en préoccupe pas réellement. Programmes tiers. Grande communauté oblige, de nombreux programmes tiers ont vu le jour. Ainsi, bien que "Counter-Strike" se joue principalement en réseau et à plusieurs, des programmes d'intelligence artificielle — des "bots" — ont été développés pour simuler le comportement de joueurs et permettent ainsi de jouer seul. Les développeurs de ces programmes s'appuient sur des algorithmes perfectionnés tels que les réseaux de neurones. Malheureusement, ces bots ne représentent tactiquement (et surtout stratégiquement) qu'un faible intérêt. En revanche, ils peuvent s'avérer être un bon entraînement pour un débutant. Il existe également des programmes hors charte, comme les "cheats". Ce sont des programmes externes ayant pour but de donner au joueur un avantage que les autres n'ont pas, le plus souvent d'une manière non prévue par le jeu original. Ces programmes permettent de voir à travers les murs ('), de viser directement la tête ('), de courir plus vite ('), de voir les adversaires sur le radar (') et d'afficher diverses informations sur ses ennemis (""), tels que leur nom, leurs armes, leur distance, s'ils rechargent, etc. Valve a mis en place une protection qui se nomme VAC (Valve Anti-Cheat) qui permet de bannir les joueurs utilisant des cheats, détectable sur "Half-Life" et ses "mods". Des mises à jour sont faites par Valve pour empêcher le fonctionnement des cheats, mais ceux-ci sont très souvent reprogrammés. Derniers types de programmes, ceux destinés à l'amélioration des serveurs de jeu. Ils améliorent l'administration d'un serveur et le gameplay par l'ajout de son, de statistiques en temps réel et de configurations pour les tournois. AMX est l'un des systèmes les plus populaires grâce à de nombreux plugins facilitant la gestion du serveur, des statistiques et des modes de jeu. Un clone du jeu appelé Counter-Strike 2D développé par Unreal Software dans un style 2D pixel art sort en mars 2004.
1P/Halley La comète de Halley (désignation officielle 1P/Halley) est la plus connue de toutes les comètes. Son demi grand axe est de 17,9 unités astronomiques (soit environ 2,7 milliards de kilomètres), son excentricité est de 0,97 et sa période est de 76 ans. Sa distance au périhélie est de 0,59 unité astronomique et sa distance à l'aphélie est de 35,3 unités astronomiques. Il s'agit d'une comète à courte période. On peut déduire de ces données les caractéristiques orbitales suivantes : vitesse au périhélie : , vitesse à l'aphélie : . La comète est le premier membre connu de la famille des comètes de Halley, famille qui regroupe les comètes périodiques dont la période est comprise entre 20 et 200 ans. Histoire. Identification. En 1705, Edmond Halley publia un livre avançant que les comètes qui étaient apparues dans le ciel en 1531, 1607 et 1682 étaient en fait une seule et même comète. Expliquant que la comète voyage sur une orbite elliptique, et prend 76 ans pour faire une révolution complète autour du Soleil, Halley prédit qu'elle reviendrait en 1758. En 1757, Lalande, aidé par Nicole-Reine Lepaute, et sur la base des formules conçues par Clairaut, décida de calculer les déviations de la comète dues aux grosses planètes. Il prédit un retard de 518 jours dû à Jupiter et de 100 jours dû à Saturne. Il annonça donc le retour de la comète, non en 1758, mais en 1759 avec un passage au périhélie en avril 1759, avec une incertitude d'un mois. Lorsque la comète réapparut en décembre 1758 avec un passage au périhélie le , ce fut un triomphe. Cette prévision permit d'asseoir définitivement la mécanique newtonienne en France, la théorie des tourbillons de Descartes tombant dans l'oubli. L'appellation « comète de Halley » apparaît pour la première fois sous la plume de dans une lettre adressée à Nicolas-Louis de Lacaille, mais Newton et Halley, morts respectivement en 1727 et 1742, n'étaient plus en vie pour assister à leur triomphe. Exploration et description. La comète de Halley a été survolée par quatre sondes en 1985 : les sondes soviétiques Vega 1 et Vega 2, la sonde européenne Giotto et la sonde japonaise "Suisei". Une autre sonde japonaise, "Sakigake", a servi également à son exploration bien qu'elle ne l'ait pas survolée. Les premiers résultats des sondes Vega ont aidé la sonde Giotto à ajuster sa trajectoire pour passer au plus près du noyau de la comète et la photographier. Giotto s'est approchée à du noyau en forme de cacahuète d'une dimension de ; Giotto a pu y voir deux gros geysers de gaz qui alimentaient la chevelure et la queue. C'était la première fois qu'une sonde spatiale s'approchait d'une comète mais depuis, la sonde Rosetta a fait mieux en envoyant un atterrisseur se poser sur la comète Tchourioumov-Guérassimenko en 2014. À son dernier passage, on a pu déterminer que son noyau est très sombre, d'un albédo d'environ 3 % soit 0,03 (par comparaison, l'albédo de la Terre est de 0,39). Les photos de la sonde Giotto sont des données précieuses permettant de mieux comprendre la constitution des comètes et le mécanisme de sublimation à l'approche du Soleil. Les trois dernières visites de la comète de Halley remontent à 1835, 1910 et 1986 ; son prochain passage au périhélie devrait avoir lieu le . Observations. Avant 1066. On peut reculer dans le temps et présumer le moment où la comète de Halley aurait dû théoriquement apparaître dans le ciel. Les premières mentions de la comète de Halley sont dues aux Chinois : celle de −611 est rapportée par Zuo Qiuming dans le "Commentaire de Zuo", sont ensuite notées celles de −467 et −240. Une comète a été aperçue dans la Grèce antique entre −468 et −466, associée à une pluie de météores ; la date du passage, sa durée, le lieu et la pluie de météorites associée suggèrent qu'il s'agissait de Halley. Selon Pline l'Ancien, une météorite, décrite de couleur brune et de la taille d'un wagon, serait tombée à Aegospotami. En −164, l'apparition de Halley entre le 22 et le 28 septembre est observée par les Babyloniens, et notée sur deux tablettes d'argile en écriture cunéiforme dont les fragments sont conservés au British Museum. Toujours à Babylone, une autre tablette mentionne le passage de 87 , indiquant que la comète a été vue « jour après jour pendant un mois ». Cette apparition peut être rapprochée de la représentation de Tigrane le Grand, un roi arménien, sur des pièces de monnaie. Selon Vahe Gurzadyan et R. Vardanyan, ce roi est représenté avec « une couronne figurant une étoile avec une queue incurvée qui peut représenter le passage de la comète de Halley en 87 » . Le passage de 12 est décrit dans le Livre des Han par les astronomes chinois de la dynastie des Han qui l'ont suivi d'août à octobre. L'apparition de 141 a été enregistrée dans les tablettes chinoises. Celle de 684, outre les archives chinoises, a été enregistrée en Europe par l'une des sources compilées dans "La Chronique de Nuremberg". La comète fut décrite en 837 lors de son passage le plus spectaculaire durant les temps historiques (à environ 5,1 millions de kilomètres, soit 0,034 UA de la Terre), à la fois dans des textes chinois, japonais et européens, notamment par L'Astronome, auteur d'une chronique sur la vie de Louis le Pieux, mais aussi par Loup de Ferrières, dans une lettre à son ami Alcuin. En 912, Halley est enregistrée dans les "Annales d'Ulster", qui indiquent : « Année sombre et pluvieuse. Une comète est apparue ». 1066. Elle a pu être observée en l'an 1066. Une comète attira en effet l'attention de l'armée de Guillaume le Conquérant et on la retrouve sur la célèbre tapisserie de Bayeux, qui illustre la conquête normande de l'Angleterre. Elle a été décrite comme ayant quatre fois la taille de Vénus et brillant d'une lumière égale à un quart de celle de la Lune. Ce passage est également mentionné dans la "Chronique anglo-saxonne". Les "Annales des quatre maîtres" irlandaises ont enregistré la comète comme une étoile apparue au septième jour des calendes de mai, le mardi après Pâques, dont l'éclat n'était pas plus grand que celui de la Lune et qui fut visible de tous pendant quatre nuits ensuite. 1682. Après le passage de 1682, l'astronome anglais Edmond Halley, en s'appuyant sur la théorie d'Isaac Newton, calcule que la comète reviendra en 1758 ; lors de cette révolution, elle s'est rapprochée de Jupiter, ce qui l'a retardée d'un an. Elle ne passe qu'en 1759, mais cela suffit pour considérer les calculs de Halley comme justes. C'est la première fois que les lois de Newton sont prises en compte en France. Lors du passage de 1682, la comète était moins brillante que la grande comète de 1680. 1910. Lors de ce passage, on a cru que la Terre allait traverser la queue de la comète et des gens s'imaginaient que ce serait la fin du monde. En réalité, la Terre n'est pas passée à travers la queue, et même si cela était arrivé, la queue d'une comète ne représente aucun danger mais on aurait pu assister à une pluie d'étoiles filantes (cf : Êta aquarides). Elle est passée quelques mois après la grande comète de janvier 1910. Références poétiques. La référence la plus célèbre est celle de Victor Hugo, dans "La Comète", poème de "La Légende des siècles" : « Il avait dit : — Tel jour cet astre reviendra. — : (…) / Quelle huée ! Ayez pour Vishnou, pour Indra, / Pour Brahma, pour Odin ou pour Baal un culte ; / (…) / Soyez un imposteur, un charlatan, un fourbe, / C'est bien. Mais n'allez pas calculer une courbe (…) . » Dans son poème "Amers", Saint-John Perse écrit : « Et comment il nous vint à l'esprit d'engager ce poème, c'est ce qu'il faudrait dire. Mais n'est-ce pas assez d'y trouver son plaisir ? Et bien fut-il, ô dieux ! Que j'en prisse soin, avant qu'il ne nous fût repris... Va voir, enfant, au tournant de la rue, comme les Filles de Halley, les belles visiteuses célestes en habit de Vestales, engagées dans la nuit à l'hameçon de verre, sont promptes à se reprendre au tournant de l'ellipse. »
Carélien Le carélien est une langue appartenant à la branche fennique de la famille des langues ouraliennes. Il est parlé par les Caréliens, habitants autochtones de la Carélie, vaste région allant du golfe de Finlande à la mer Blanche, à cheval sur la Finlande et la Russie actuelles. Aire linguistique. Le carélien est parlé par environ , majoritairement en République de Carélie (Russie) mais des communautés de langue carélienne existent aussi dans l'oblast de Tver, au nord-ouest de Moscou. Le carélien est aussi parlé en Finlande, par environ . Statut officiel. En République de Carélie, le carélien a le statut officiel de langue d'une minorité et, depuis la fin des années 1990, il est question de l'adoption d'une loi linguistique qui donnerait au carélien le statut de langue officielle à côté de la langue russe. Dans l'oblast de Tver, les Caréliens ont une autonomie culturelle qui garantit l'usage du carélien à l'école et dans les médias. En Finlande, le carélien a un statut officiel de langue nationale d'une minorité non régionale en application de la charte européenne des langues régionales ou minoritaires. Dialectes. Le carélien était classé autrefois parmi les dialectes du finnois. On le considère aujourd'hui comme une langue à part entière qui se distingue des dialectes caréliens parlés par les réfugiés de Carélie en Finlande, et leurs descendants, après la Seconde Guerre mondiale. Il se subdivise en trois grands ensembles dialectaux : Classification. Le carélien appartient aux langues fenniques, branche des langues ouraliennes, il est proche du finnois. Le finnois et le carélien ont un ancêtre commun, le proto-carélien parlé autour du Lac Ladoga pendant l'âge du fer, le carélien forme un Continuum linguistique avec les dialectes de l'est de la Finlande. D'autres formes existent comme l'estonien et d'autres langues minoritaires autour de la mer baltique. Écriture. De la première moitié du aux années 1930, il y avait une écriture basée sur l'alphabet cyrillique. Le premier livre carélien imprimé était l'Évangile selon Matthieu, publié en 1820. En 1931, l'alphabet carélien latinisé a été compilé et introduit. Le , un décret du Présidium du Comité exécutif central panrusse de l'URSS a été publié sur la traduction de l'écriture carélienne en alphabet russe. La langue écrite, créée sur la base des dialectes caréliens et livvik, était incompréhensible pour la plupart des caréliens, a fonctionné pendant une très courte période (environ deux ans) et n'a pas reçu de développement approprié. En 1939, l'enseignement de la langue carélienne dans les écoles de la république est annulé par directive. En 1940, la publication de littérature en langue carélienne a cessé. En 1989, les autorités de Carélie ont officiellement approuvé les alphabets du carélien (dialecte de Livvik). En 2007, l’alphabet carélien standardisé a été introduit et est utilisé pour l’écriture de toutes les variétés de carélien. Le Kalevala. La poésie populaire carélienne a été la source principale du Kalevala, l'épopée nationale finlandaise.
Culture du Mexique La culture du Mexique reflète l'histoire complexe du pays et est le résultat du mélange progressif de la culture indigène (en particulier mésoaméricaine) avec la culture espagnole et d'autres cultures du pays. Sa richesse culturelle est également nourrie par les 68 peuples autochtones, successeurs des sociétés préhispaniques, qui parlent des variantes ou des dialectes d'un total de soixante-huit langues ou langues, dont le nahuatl qui possède le plus grand nombre de locuteurs. Ce mélange de cultures a également façonné le pays dans sa globalité, que ce soit au niveau architectural, gastronomique, religieux, ou bien évidemment de la langue espagnole ayant remplacé les divers dialectes précolombiens comme le nahuatl ou le maya comme langue officielle. La population mexicaine est estimée à 126 millions en 2022, pour 9 en 1872 et 50 en 1960. Langues. Presque toute la population mexicaine parle le castillan. En 1996, environ 6,7 % de la population parle une langue indigène et parle le castillan en tant que deuxième langue. On compte 67 langues indigènes, dont le nahuatl (), le maya (), le zapotèque ()... Le nahuatl, l'ancienne langue des Aztèques, exerce une certaine influence sur les dialectes régionaux. Certains mots d'origine nahuatl, en particulier des noms de lieux de plantes ou d'animaux, font désormais partie intégrante de l'espagnol standard. L'anglais acquiert une importance croissante : hommes d'affaires, classe moyenne, émigrés aux États-Unis de retour au pays natal, jeunes. Une importante communauté anglo-saxonne existe dans le centre du pays (). Le bas-saxon est parlé par d'importantes communautés : . Le vénitien, l'émigration italienne aux a conduit à la formation de petits « îlots » de locuteurs du vénitien en Amérique, notamment dans la ville de Chipilo (État de Puebla, Mexique). La constitution mexicaine reconnait l'existence de 67 langues indigènes dans le pays. Traditions. Religion. Officiellement laïque depuis plus de 150 ans, 98 % des citoyens se disent catholiques. En 2020, environ 8,1 % de la population totale, ne professent aucune religion. Stéréotypes. Les charro et la china poblana ont été promus stéréotypes de la mexicanité par les gouvernements post révolutionnaires. Arts de la table. Cuisine et gastronomie. La cuisine traditionnelle mexicaine est un modèle culturel complet qui rassemble des pratiques agricoles, rituelles, des talents de longue date, des techniques culinaires et des coutumes et manières communautaires ancestrales. Littérature. La littérature du Mexique est l'une des plus prolifiques de la langue espagnole, et ses antécédents remontent à l'époque précolombienne, passant par différentes étapes. Parmi les personnalités les plus importantes, notoires et internationalement reconnues de ce pays figurent José Joaquín Fernández de Lizardi, Sor Juana Inés de la Cruz, Juan Rulfo, Juan José Arreola, Elena Garro, Octavio Paz, Rosario Castellanos, José Gorostiza, Carlos Fuentes, Amado Nervo, Jaime Sabines, José Emilio Pacheco, Alfonso Reyes, Fernando del Paso. Littérature précolombienne. Le poète préhispanique le plus connu est Nezahualcoyotl (1402-1472). Artisanats. Les savoir-faire liés à l’artisanat traditionnel relèvent (pour partie) du patrimoine culturel immatériel de l'humanité. On parle désormais de trésor humain vivant. Mais une grande partie des techniques artisanales ont régressé, ou disparu, dès le début de la colonisation, et plus encore avec la globalisation, sans qu'elles aient été suffisamment recensées et documentées. Arts visuels. Dessin. Bande dessinée. La bande dessinée mexicaine ("Historieta de México") existe depuis la fin du et est très développée. Au Mexique, le terme « "monitos" » était parfois employé pour désigner les historietas. Maintenant, « "cómic" » et « "historieta" » sont utilisés indistinctement. C'est en 1908 que la bande dessinée s'installe officiellement comme forme d'expression, pour critiquer et réfléchir sur la société mexicaine, influencée par la bande dessinée américaine moderne. Ainsi est apparue la première série mexicaine à bulles, basée sur des histoires yankee : Les Aventures d'Adonis, de Rafael Lillo et Macaco et Chamuco, aventures de deux jumeaux insupportables, de M. Torres. Peinture. L'un des aspects culturels les plus importants et les plus anciens est la peinture mexicaine, déjà présente depuis le Mexique précolombien dans les constructions et les codex, et pendant la période coloniale, dans les couvents. Au , la peinture a acquis une renommée mondiale avec des artistes qui ont exprimé une critique sociale dans leurs œuvres , tels que les muralistes David Alfaro Siqueiros, José Clemente Orozco et Diego Rivera. A côté de lui, mais avec une indépendance artistique, se trouve Frida Kahlo, dont l'œuvre est pleine d'émotion et de douleur, dans des tableaux dont elle-même est le thème central. D'autres artistes éminents sont José Luis Cuevas, Rufino Tamayo et Francisco Toledo. Architecture. L'architecture a également joué un rôle important dans l'histoire du pays. Les civilisations mésoaméricaines ont eu un grand développement stylistique et l'urbanisme a eu une grande impulsion, comme par exemple les villes de Teotihuacán et Mexico-Tenochtitlan. Avec l'arrivée des Espagnols, de nouveaux styles ont été introduits, comme le baroque et le maniérisme, dans les cathédrales et les bâtiments ; plus tard, le néoclassicisme est introduit. L'un des édifices les plus représentatifs de la modernisation est le Palais des Beaux-Arts, qui réunit l'Art nouveau et l'Art déco. Dans l'architecture moderne, on peut citer Juan O'Gorman et Luis Barragán, dont le travail alliait mysticisme religieux et sauvetage des racines nationales, intégrant la nature dans leur travail. Des organisations telles que l'UNESCO ont distingué de nombreux sites mexicains pour leurs contributions au monde culturel. Cette richesse culturelle va des complexes d'habitation construits dans le style Bauhaus, comme les maisons multifamiliales de Tlatelolco, des stades de football imposants et avant-gardistes, comme le stade Rayados à Monterrey, des ponts autoroutiers innovants, comme le téléphérique Matute Remus. pont à haubans à Guadalajara. Arts de la scène. Musique. La musique mexicaine est variée et comprend une large gamme de styles musicaux parfois influencés par la musique folklorique. Au cours des trois dernières décennies, la musique du pays a connu d'importantes évolutions tant en termes de musique classique qu'avant-gardiste, ainsi qu'une présence exceptionnelle sur la scène mondiale de la musique populaire et de rock. Ces dernières années, le sauvetage, la défense, la diffusion et l'enseignement des musiques régionales ont refait surface avec force entre les mains de Mexicains soucieux de faire vivre les traditions. "Cielito Lindo" (composée en 1882), "La Bamba", et bien d'autres font partie de la culture mexicaine et sont célèbres dans le monde entier. Après l'arrivée des Espagnols, les indigènes ont appris la musique européenne des missionnaires. De nombreuses danses de conquête pratiquées dans les communautés indigènes du pays datent de cette époque ; ainsi que certains genres associés au culte catholique, comme la danse des Matachines et le son de Concheros, entre autres. Danse. Avant l'arrivée des Espagnols, pour les peuples qui habitaient le Mexique, la danse rituelle était une partie importante de la vie quotidienne. Les religieux qui ont évangélisé ces terres ont tenté de les supprimer, mais, compte tenu de leur dangerosité, ils les ont adaptées ou christianisées, leur donnant ainsi un nouveau sens. Les Espagnols ont influencé leurs danses préhispaniques avec diverses danses de style européen, dont la valse et la polka. Ils ont forcé les indigènes à remplacer leurs divinités par des saints et des vierges. Le processus d'acculturation a été difficile, car ils ont été éduqués dans la violence et donc dans la maltraitance. Ils ont été privés de leurs expressions culturelles. Actuellement, chaque état de la République mexicaine a des danses régionales, qui représentent la culture, les coutumes et les traditions de leur communauté. Cinéma et télévision. Les premières œuvres cinématographiques datent du début du . Durant les années 1910-20, en pleine révolution mexicaine, des documentaires sont tournés. Francisco Villa et Emiliano Zapata ont conclu des contrats avec des firmes américaines et se font payer des sommes conséquentes pour se laisser filmer durant leurs actions militaires et les combats. La situation se stabilise dans les années 1930, ce qui permit un renouveau dans le cinéma. À la même époque, quelques cinéastes espagnols comme Luis Buñuel fuient la guerre d'Espagne et s'installent au Mexique. Aujourd'hui, deux groupes de télévision, Televisa et TV Azteca diffusent sur tout le territoire et possèdent des parts de nombreuses chaînes de télévision en Espagne et en Amérique latine. Autres scènes : marionnettes, mime, pantomime, prestidigitation. Les , , arts forains, cirque, théâtre de rue, spectacles de rue, arts pluridisciplinaires, performances manquent encore de documentation pour le pays. L'art de la marionnette est bien plus présent, et en tout cas signalé : Patrimoine. Liste du Patrimoine mondial. Le programme Patrimoine mondial (UNESCO, 1971) a inscrit dans sa liste du Patrimoine mondial (au ) : Liste du patrimoine mondial au Mexique. Le Mexique est le 6e pays au monde qui possède le plus de sites classés à l’UNESCO et le premier en Amérique. 31 sites culturels et naturels ont reçu cette prestigieuse distinction dans l’ensemble du pays, des villes coloniales aux cités préhispaniques, en passant par des prouesses architecturales modernes ainsi que des zones naturelles. Il faut également rajouter 7 sites Patrimoines Immatériels, comme la gastronomie, les Mariachis et de nombreuses traditions. Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité. Le programme Patrimoine culturel immatériel (UNESCO, 2003) a inscrit dans sa liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité (au ) : Registre international Mémoire du monde. Le programme Mémoire du monde (UNESCO, 1992) a inscrit dans son registre international Mémoire du monde (au ) :
Processeur Un processeur (ou unité centrale de calcul, UCC ; en anglais "central processing unit", CPU) est un composant présent dans de nombreux dispositifs électroniques qui exécute les instructions machine des programmes informatiques. Avec la mémoire, c'est notamment l'une des fonctions qui existent depuis les premiers ordinateurs. Un processeur construit en un seul circuit intégré est un microprocesseur. L'invention du transistor, en 1948, ouvrit la voie à la miniaturisation des composants électroniques. Car, auparavant, les ordinateurs prenaient la taille d'une pièce entière du fait de l'utilisation de tubes à vide volumineux, gros consommateurs d'énergie et générant beaucoup de chaleur. Les processeurs des débuts étaient conçus spécifiquement pour un ordinateur d'un type donné. Cette méthode coûteuse de conception des processeurs pour une application spécifique a conduit au développement de la production de masse de processeurs qui conviennent pour un ou plusieurs usages. Cette tendance à la standardisation qui débuta dans le domaine des ordinateurs centraux ("" à transistors discrets et mini-ordinateurs) a connu une accélération rapide avec l'avènement des circuits intégrés. Les circuits intégrés ont permis la miniaturisation des processeurs. La miniaturisation et la standardisation des processeurs ont conduit à leur diffusion dans la vie moderne bien au-delà des usages des machines programmables dédiées. Histoire. Les premiers processeurs nécessitaient un espace important, puisqu'ils étaient construits à base de tubes électroniques ou de relais électromécaniques. Leur création a pour origine les travaux de John von Neumann, qui répondaient aux difficultés liées à la reprogrammation de calculateurs comme l'ENIAC où il était nécessaire de recâbler le système pour faire fonctionner un nouveau programme. Dans cette architecture, une unité de contrôle se charge de coordonner un processeur (ayant accès aux entrées/sorties) et la mémoire. Tout cela a été décrit par un document intitulé « première ébauche d'un rapport sur l'EDVAC ». Microprocesseurs. L'introduction du microprocesseur dans les années 1970 a marqué de manière significative la conception et l'implémentation des unités centrales de traitement. Depuis l'introduction du premier microprocesseur (Intel 4004) en 1971 et du premier microprocesseur employé couramment (Intel 8080) en 1974, cette classe de processeurs a presque totalement dépassé toutes les autres méthodes d'implémentation d'unité centrale de traitement. Les fabricants d'ordinateurs centraux (mainframe et miniordinateurs) de l'époque ont lancé leurs propres programmes de développement de circuits intégrés pour mettre à niveau les architectures anciennes de leurs ordinateurs et ont par la suite produit des microprocesseurs à jeu d'instructions compatible en assurant la compatibilité ascendante avec leurs anciens modèles. Les générations précédentes des unités centrales de traitement comportaient un assemblage de composants discrets et de nombreux circuits faiblement intégrés sur une ou plusieurs cartes électroniques. Les microprocesseurs sont construits avec un très petit nombre de circuits très fortement intégrés (ULSI), habituellement un seul. Les microprocesseurs sont implémentés sur une seule puce électronique, donc de dimensions réduites, ce qui veut dire des temps de commutation plus courts liés à des facteurs physiques comme la diminution de la capacité parasite des portes. Ceci a permis aux microprocesseurs synchrones d'augmenter leur fréquence de base de quelques mégahertz à plusieurs gigahertz. De plus, à mesure que la capacité à fabriquer des transistors extrêmement petits sur un circuit intégré a augmenté, la complexité et le nombre de transistors dans un seul processeur ont considérablement crû. Cette tendance largement observée est décrite par la loi de Moore, qui s'est avérée être jusqu'ici un facteur prédictif assez précis de la croissance de la complexité des processeurs (et de tout autre circuit intégré). Les processeurs multi cœurs ("multicores") récents comportent maintenant plusieurs cœurs dans un seul circuit intégré. Leur efficacité dépend grandement de la topologie d'interconnexion entre les cœurs. En , le supercalculateur militaire IBM Roadrunner est le premier à franchir cette barre symbolique du pétaFLOPS. Puis, en novembre 2008, c'est au tour du supercalculateur Jaguar de Cray. En , ce sont les deux seuls supercalculateurs à avoir dépassé le pétaFLOPS. En , pour la sixième fois consécutive, le supercalculateur chinois Tianhe-2 "milky way-2", développé par l'université nationale chinoise pour les technologies de défense, atteint la première place du classement semestriel mondial TOP500 des supercalculateurs avec . . Tandis que la complexité, la taille, la construction, et la forme générale des processeurs ont fortement évolué au cours des soixante dernières années, la conception et la fonction de base n'ont pas beaucoup changé. Presque tous les processeurs communs d'aujourd'hui peuvent être décrits très précisément comme machines à programme enregistré de von Neumann. Alors que la loi de Moore, mentionnée ci-dessus, continue de se vérifier, des questions ont surgi au sujet des limites de la technologie des circuits intégrés à transistors. La miniaturisation des portes électroniques est si importante que les effets de phénomènes comme l'électromigration (dégradation progressive des interconnexions métalliques entraînant une diminution de la fiabilité des circuits intégrés) et les courants de fuite (leur importance augmente avec la réduction des dimensions des circuits intégrés ; ils sont à l'origine d'une consommation d'énergie électrique pénalisante), auparavant négligeables, deviennent de plus en plus significatifs. Ces nouveaux problèmes sont parmi les nombreux facteurs conduisant les chercheurs à étudier, d'une part, de nouvelles technologies de traitement telles que l'ordinateur quantique ou l'usage du calcul parallèle et, d'autre part, d'autres méthodes d'utilisation du modèle classique de von Neumann. Fonctionnement. Composition d'un processeur. Un processeur n'est pas qu'une unité de calcul. Cette dernière est incluse dans le processeur mais il fait aussi appel à une unité de contrôle, une unité d'entrée-sortie, à une horloge et à des registres. Le séquenceur, ou unité de contrôle, se charge de gérer le processeur. Il peut décoder les instructions, choisir les registres à utiliser, gérer les interruptions ou initialiser les registres au démarrage. Il fait appel à l'unité d'entrée-sortie pour communiquer avec la mémoire ou les périphériques. L'horloge doit fournir un signal régulier pour synchroniser tout le fonctionnement du processeur. Elle est présente dans les processeurs synchrones mais absente des processeurs asynchrones et des processeurs autosynchrones. Les registres sont des petites mémoires internes très rapides, pouvant être accédées facilement. Un plus grand nombre de registres permettra au processeur d'être plus indépendant de la mémoire. La taille des registres dépend de l'architecture, mais est généralement de quelques octets et correspond au nombre de bit de l'architecture (un processeur 8 bits aura des registres d'un octet). Il existe plusieurs registres, dont l'accumulateur et le compteur ordinal qui constituent la structure de base du processeur. Le premier sert à stocker les données traitées par l'UAL (l'unité de calcul arithmétique et logique), et le second donne l'adresse mémoire de l'instruction en cours d'exécution ou de la suivante (en fonction de l'architecture). D'autres registres ont été ajoutés au fil du temps : Les processeurs actuels intègrent également des éléments plus complexes : Un processeur possède aussi trois types de bus : Classification des processeurs. Un processeur est défini par : On classe les architectures en plusieurs grandes familles : Les opérations du processeur. Le rôle fondamental de la plupart des processeurs, indépendamment de la forme physique qu'ils prennent, est d'exécuter une série d'instructions stockées appelée "programme". Les instructions (parfois décomposées en micro-instructions) et les données transmises au processeur sont exprimées en mots binaires (code machine). Elles sont généralement stockées dans la mémoire. Le séquenceur ordonne la lecture du contenu de la mémoire et la constitution des mots présentés à l'ALU qui les interprète. Le langage le plus proche du code machine tout en restant lisible par des humains est le langage d'assemblage, aussi appelé langage assembleur (forme francisée du mot anglais « "assembler" »). Toutefois, l'informatique a développé toute une série de langages, dits de « bas niveau » (comme le Pascal, C, C++, Fortran, Ada, etc.), « haut niveau » (comme le python, java, etc.), destinés à simplifier l'écriture des programmes. Les opérations décrites ici sont conformes à l'architecture de von Neumann. Le programme est représenté par une série d'instructions qui réalisent des opérations en liaison avec la mémoire vive de l'ordinateur. Il y a quatre étapes que presque toutes les architectures de von Neumann utilisent : La première étape, "fetch" (recherche de l'instruction), recherche une instruction dans la mémoire vive de l'ordinateur. L'emplacement dans la mémoire est déterminé par le compteur de programme (PC), qui stocke l'adresse de la prochaine instruction dans la mémoire de programme. Après qu'une instruction ait été recherchée, le PC est incrémenté par la longueur du mot d'instruction. Dans le cas de mot de longueur constante simple, c'est toujours le même nombre. Par exemple, un mot de 32 bits de longueur constante qui emploie des mots de 8 bits de mémoire incrémenterait toujours le PC par 4 (excepté dans le cas des branchements). Le jeu d'instructions qui emploie des instructions de longueurs variables comme l'x86, incrémentent le PC par le nombre de mots de mémoire correspondant à la dernière longueur d'instruction. En outre, dans des processeurs plus complexes, l'incrémentation du PC ne se produit pas nécessairement à la fin de l'exécution d'une instruction. C'est particulièrement le cas dans des architectures fortement parallélisées et superscalaires. Souvent, la recherche de l'instruction doit être opérée dans des mémoires lentes, ralentissant le processeur qui attend l'instruction. Cette question est en grande partie résolue dans les processeurs modernes par l'utilisation de caches et de pipelines. La seconde étape, "decode" (interprétation de l'instruction), découpe l'instruction en plusieurs parties telles qu'elles puissent être utilisées par d'autres parties du processeur. La façon dont la valeur de l'instruction est interprétée est définie par le jeu d'instructions du processeur. Souvent, une partie d'une instruction, appelée opcode (code d'opération), indique l'opération à effectuer, par exemple une addition. Les parties restantes de l'instruction comportent habituellement les opérandes de l'opération. Ces opérandes peuvent prendre une valeur constante, appelée valeur immédiate, ou bien contenir l'emplacement où retrouver (dans un registre ou une adresse mémoire) la valeur de l'opérande, suivant le mode d'adressage utilisé. Dans les conceptions anciennes, les parties du processeur responsables de l'interprétation étaient fixes et non modifiables car elles étaient codées dans les circuits. Dans les processeurs plus récents, un microprogramme est souvent utilisé pour l'interprétation. Ce microprogramme est parfois modifiable pour changer la façon dont le processeur interprète les instructions, même après sa fabrication. La troisième étape, "execute" (exécution de l'instruction), met en relation différentes parties du processeur pour réaliser l'opération souhaitée. Par exemple, pour une addition, l'unité arithmétique et logique (ALU) sera connectée à des entrées et une sortie. Les entrées contiennent les nombres à additionner et la sortie contient le résultat. L'ALU est dotée de circuits pour réaliser des opérations d'arithmétique et de logique simples sur les entrées (addition, opération sur les bits). Si le résultat d'une addition est trop grand pour être codé par le processeur, un signal de débordement est positionné dans un registre d'état. La dernière étape, "writeback" (écriture du résultat), écrit les résultats de l'étape d'exécution en mémoire. Très souvent, les résultats sont écrits dans un registre interne au processeur pour bénéficier de temps d'accès très courts pour les instructions suivantes. Parfois, les résultats sont écrits plus lentement dans la mémoire vive pour bénéficier de codages de nombres plus grands. Certains types d'instructions manipulent le compteur de programme plutôt que de produire directement des données de résultat. Ces instructions sont appelées des branchements ("branch") et permettent de réaliser des boucles ("loops"), des programmes à exécution conditionnelle ou des fonctions (sous-programmes) dans des programmes. Beaucoup d'instructions servent aussi à changer l'état de drapeaux ("flags") dans un registre d'état. Ces états peuvent être utilisés pour conditionner le comportement d'un programme, puisqu'ils indiquent souvent la fin d'exécution de différentes opérations. Par exemple, une instruction de comparaison entre deux nombres va positionner un drapeau dans un registre d'état suivant le résultat de la comparaison. Ce drapeau peut alors être réutilisé par une instruction de saut pour poursuivre le déroulement du programme. Après l'exécution de l'instruction et l'écriture des résultats, tout le processus se répète, le prochain cycle d'instructions recherche l'instruction suivante puisque le compteur de programme avait été incrémenté. Si l'instruction précédente était un saut, c'est l'adresse de destination du saut qui est enregistrée dans le compteur de programme. Dans des processeurs plus complexes, plusieurs instructions peuvent être recherchées, décodées et exécutées simultanément, on parle alors d'architecture pipeline, aujourd'hui communément utilisée dans les équipements électroniques. Vitesse de traitement. La vitesse de traitement d'un processeur est encore parfois exprimée en IPS (instructions par seconde) ou en FLOPS (opérations à virgule flottante par seconde) pour l'unité de calcul en virgule flottante. Pourtant, aujourd'hui, les processeurs sont basés sur différentes architectures et techniques de parallélisation des traitements qui ne permettent plus de déterminer simplement leurs performances. Des programmes spécifiques d'évaluation des performances (Benchmarks) ont été mis au point pour obtenir des comparatifs des temps d'exécution de programmes réels. Conception et implémentation. Le codage des nombres. La manière dont un processeur représente les nombres est un choix de conception qui affecte de façon profonde son fonctionnement de base. Certains des ordinateurs les plus anciens utilisaient un modèle électrique du système numérique décimal (base 10). Certains autres ont fait le choix de systèmes numériques plus exotiques comme les systèmes trinaires (base 3). Les processeurs modernes représentent les nombres dans le système binaire (base 2) dans lequel chacun des chiffres est représenté par une grandeur physique qui ne peut prendre que deux valeurs comme une tension électrique « haute/basse » ou en informatique « vrai/faux ». Le concept physique de tension électrique est analogique par nature car elle peut prendre une infinité de valeurs. Pour les besoins de représentation physique des nombres binaires, les valeurs des tensions électriques sont définies comme des . Ces états résultent des paramètres opérationnels des éléments de commutation qui composent le processeur comme les niveaux de seuil des transistors. En plus du système de représentation des nombres, il faut s'intéresser à la taille et la précision des nombres qu'un processeur peut manipuler nativement. Dans le cas d'un processeur binaire, un « bit » correspond à une position particulière dans les nombres que le processeur peut gérer. Le nombre de bits (chiffres) qu'un processeur utilise pour représenter un nombre est souvent appelé « taille du mot » (en anglais ) ou « précision entière » lorsqu'il s'agit de nombres entiers (à l'opposé des nombres flottants). Ce nombre diffère suivant les architectures, et souvent, suivant les différents modules d'un même processeur. Par exemple, un processeur 8-bit gère nativement des nombres qui peuvent être représentés par huit chiffres binaires (chaque chiffre pouvant prendre deux valeurs), soit 2 ou . La taille du mot machine affecte le nombre d'emplacements mémoire que le processeur peut adresser (localiser). Par exemple, si un processeur binaire utilise 32 bits pour représenter une adresse mémoire et que chaque adresse mémoire est représentée par un octet (8 bits), la taille mémoire maximum qui peut être adressée par ce processeur est de 2 octets, soient 4 Go. C'est une vision très simpliste de l'espace d'adressage d'un processeur et beaucoup de conceptions utilisent des types d'adressages bien plus complexes, comme la pagination, pour adresser plus de mémoire que la taille du nombre entier le leur permettrait avec un espace d'adressage à plat. De plus grandes plages de nombres entiers nécessitent plus de structures élémentaires pour gérer les chiffres additionnels, conduisant à plus de complexité, des dimensions plus importantes, plus de consommation d'énergie et des coûts plus élevés. Il n'est donc pas rare de rencontrer des processeurs 4-bit ou 8-bit dans des applications modernes, même si des processeurs 16-bit, 32-bit, 64-bit et même 128-bit sont disponibles. Pour bénéficier des avantages à la fois des tailles d'entier courtes et longues, beaucoup de processeurs sont conçus avec différentes largeurs d'entiers dans différentes parties du composant. Par exemple, le System/370 d'IBM est doté d'un processeur nativement 32-bit mais qui utilise une FPU de 128-bit de précision pour atteindre une plus grande précision dans les calculs avec les nombres flottants. Beaucoup des processeurs les plus récents utilisent une combinaison comparable de taille de nombres, spécialement lorsque le processeur est destiné à un usage généraliste pour lequel il est nécessaire de trouver le juste équilibre entre les capacités à traiter les nombres entiers et les nombres flottants. Le signal d'horloge. La plupart des processeurs, et plus largement la plupart des circuits de logique séquentielle, ont un fonctionnement synchrone par nature. Cela veut dire qu'ils sont conçus et fonctionnent au rythme d'un signal de synchronisation. Ce signal est le « signal d'horloge ». Il prend souvent la forme d'une onde carrée périodique. En calculant le temps maximum que prend le signal électrique pour se propager dans les différentes branches des circuits du processeur, le concepteur peut sélectionner la période appropriée du signal d'horloge. Cette période doit être supérieure au temps que prend le signal pour se propager dans le pire des cas. En fixant la période de l'horloge à une valeur bien au-dessus du pire des cas de temps de propagation, il est possible de concevoir entièrement le processeur et la façon dont il déplace les données autour des « fronts » montants ou descendants du signal d'horloge. Ceci a pour avantage de simplifier significativement le processeur tant du point de vue de sa conception que de celui du nombre de ses composants. Par contre, ceci a pour inconvénient le ralentissement du processeur puisque sa vitesse doit s'adapter à celle de son élément le plus lent, même si d'autres parties sont beaucoup plus rapides. Ces limitations sont largement compensées par différentes méthodes d'accroissement du parallélisme des processeurs (voir ci-dessous). Les améliorations d'architecture ne peuvent pas, à elles seules, résoudre tous les inconvénients des processeurs globalement synchrones. Par exemple, un signal d'horloge est sujet à des retards comme tous les autres signaux électriques. Les fréquences d'horloge plus élevées que l'on trouve dans les processeurs à la complexité croissante engendrent des difficultés pour conserver le signal d'horloge en phase (synchronisé) à travers tout le processeur. En conséquence, beaucoup de processeurs actuels nécessitent plusieurs signaux d'horloge identiques de façon à éviter que le retard d'un seul signal ne puisse être la cause d'un dysfonctionnement du processeur. La forte quantité de chaleur qui doit être dissipée par le processeur constitue un autre problème majeur dû à l'accroissement des fréquences d'horloge. Les changements d'état fréquents de l'horloge font commuter un grand nombre de composants, qu'ils soient ou non utilisés à cet instant. En général, les composants qui commutent utilisent plus d'énergie que ceux qui restent dans un état statique. Ainsi, plus les fréquences d'horloge augmentent et plus la dissipation thermique en fait autant, ce qui fait que les processeurs requièrent des solutions de refroidissement plus efficaces. La méthode de "clock gating" permet de gérer la commutation involontaire de composants en inhibant le signal d'horloge sur les éléments choisis mais cette pratique est difficile à implémenter et reste réservée aux besoins de circuits à très faible consommation. Une autre méthode consiste à abandonner le signal global d'horloge ; la consommation d'énergie et la dissipation thermique sont réduites mais la conception du circuit devient plus complexe. On parle alors de processeurs asynchrones. Certaines conceptions ont été réalisés sans signal global d'horloge, utilisant par exemple les jeux d'instructions ARM ou MIPS, d'autres ne présentent que des parties asynchrones comme l'utilisation d'une UAL asynchrone avec un "pipelining" superscalaire pour atteindre des gains de performance dans les calculs arithmétiques. De tels processeurs sont actuellement plutôt réservés aux applications embarquées (ordinateurs de poche, consoles de jeux, etc.). Parallélisme. La description du mode de fonctionnement de base d'un processeur présentée au chapitre précédent présente la forme la plus simple que peut prendre un processeur. Ce type de processeur, appelé "subscalaire", exécute une instruction sur un ou deux flux de données à la fois. Ce processus est inefficace et inhérent aux processeurs subscalaires. Puisqu'une seule instruction est exécutée à la fois, tout le processeur attend la fin du traitement de cette instruction avant de s'intéresser à la suivante avec pour conséquence que le processeur reste figé sur les instructions qui nécessitent plus d'un cycle d'horloge pour s'exécuter. L'ajout d'une seconde unité d'exécution (voir ci-dessous) ne permet pas d'améliorer notablement les performances, ce n'est plus une unité d'exécution qui se trouve figée mais deux, en augmentant encore le nombre de transistors inutilisés. Ce type de conception, dans laquelle les ressources d'exécution du processeur ne traitent qu'une seule instruction à la fois ne peut atteindre que des performances scalaires (une instruction par cycle d'horloge), voire subscalaires (moins d'une instruction par cycle d'horloge). En tentant d'obtenir des performances scalaires et au-delà, on a abouti à diverses méthodes qui conduisent le processeur a un comportement moins linéaire et plus parallèle. Lorsqu'on parle de parallélisme de processeur, deux techniques de conception sont utilisées : L'ILP vise à augmenter la vitesse à laquelle les instructions sont exécutées par un processeur (c’est-à-dire augmenter l'utilisation des ressources d'exécution présentes dans le circuit intégré). Le TLP vise à augmenter le nombre de threads que le processeur pourra exécuter simultanément. Chaque méthode diffère de l'autre d'une part, par la façon avec laquelle elle est implémentée et d'autre part, du fait de leur efficacité relative à augmenter les performances des processeurs pour une application. ILP : pipelining et architecture superscalaire. Une des méthodes les plus simples pour accroître le parallélisme consiste à démarrer les premières étapes de recherche ("") et d'interprétation ("decode") d'une instruction avant la fin de l'exécution de l'instruction précédente. C'est la forme la plus simple de la technique de "pipelining". Elle est utilisée dans la plupart des processeurs modernes non spécialisés. Le pipelining permet d'exécuter plus d'une instruction à la fois en décomposant le cycle d'instruction en différentes étapes. Ce découpage peut être comparé à une chaîne d'assemblage. Le pipelining peut créer des conflits de dépendance de données, lorsque le résultat de l'opération précédente est nécessaire à l'exécution de l'opération suivante. Pour résoudre ce problème, un soin particulier doit être apporté pour vérifier ce type de situation et retarder, le cas échéant, une partie du pipeline d'instruction. Naturellement, les compléments de circuits à apporter pour cela ajoutent à la complexité des processeurs parallèles. Un processeur parallèle peut devenir presque scalaire, ralenti uniquement par les attentes du pipeline (une instruction prend moins d'un cycle d'horloge par étape). Les développements suivants du pipelining ont conduit au développement d'une méthode qui diminue encore plus les temps d'attente des composants du processeur. Les architectures dites "superscalaires" comportent plusieurs unités d'exécution identiques. Dans un processeur superscalaire, plusieurs instructions sont lues et transmises à un répartisseur qui décide si les instructions seront exécutées en parallèle (simultanément) ou non. Le cas échéant, les instructions sont réparties sur les unités d'exécution disponibles. En général, plus un processeur superscalaire est capable d'exécuter d'instructions en parallèle et plus le nombre d'instructions exécutées dans un cycle sera élevé. La plupart des difficultés rencontrées dans la conception des architectures de processeurs superscalaires résident dans la mise au point du répartisseur. Le répartisseur doit être disponible rapidement et être capable de déterminer sans erreur si les instructions peuvent être exécutées en parallèle, il doit alors les distribuer de façon à charger les unités d'exécution autant qu'il est possible. Pour cela, le pipeline d'instructions doit être rempli aussi souvent que possible, créant le besoin d'une quantité importante de mémoire cache. Les techniques de traitement aléatoire comme la prédiction de branchement, l'exécution spéculative et la résolution des dépendances aux données deviennent cruciales pour maintenir un haut niveau de performance. En tentant de prédire quel branchement (ou chemin) une instruction conditionnelle prendra, le processeur peut minimiser le temps que tout le pipeline doit attendre jusqu'à la fin d'exécution de l'instruction conditionnelle. L'exécution spéculative améliore les performances modestes en exécutant des portions de code qui seront, ou ne seront pas, nécessaires à la suite d'une instruction conditionnelle. La résolution de la dépendance aux données est obtenue en réorganisant l'ordre dans lequel les instructions sont exécutées en optimisant la disponibilité des données. Lorsque seule une partie de processeur est superscalaire, la partie qui ne l'est pas rencontre des problèmes de performance dus aux temps d'attente d'ordonnancement. Le Pentium original (P5) d'Intel disposait de deux ALU superscalaires qui pouvaient chacune accepter une instruction par cycle. Ensuite le P5 est devenu superscalaire pour les calculs sur les nombres entiers mais pas sur les nombres à virgule flottante. Les successeurs des architectures Pentium d'Intel, les P6, ont été dotés de capacités superscalaires pour les calculs sur les nombres à virgule flottante améliorant par là leurs performances en calcul flottant. Les architectures à pipeline et superscalaires augmentent le parallélisme (ILP) des processeurs en permettant à un processeur unique d'exécuter des instructions à un rythme de plus d'une instruction par cycle. La plupart des processeurs d'aujourd'hui ont au moins une partie superscalaire. Au cours des dernières années, certaines évolutions dans la conception des processeurs à fort parallélisme ne se trouvent plus dans les circuits du processeur mais ont été placées dans le logiciel ou dans son interface avec le logiciel, le jeu d'instructions ("instruction set architecture", ISA). La stratégie des "instructions très longues" ("very long instruction word", VLIW) implémente certains parallélismes directement dans le logiciel, ce qui réduit la participation du processeur au gain de performance mais augmente aussi sa simplicité. TLP : multithreading simultané et architecture multicœur. Une autre stratégie communément employée pour augmenter le parallélisme des processeurs consiste à introduire la capacité d'exécuter plusieurs threads simultanément. De manière générale, les processeurs multithreads ont été utilisés depuis plus longtemps que les processeurs à pipeline. Bon nombre des conceptions pionnières, réalisées par la société Cray Research, datant de la fin des années 1970 et des années 1980, mettaient en œuvre principalement le TLP, dégageant alors de très grandes capacités de calcul (pour l'époque). En fait, le multithreading était connu dès les années 1950 (Smotherman 2005). Dans le cas des processeurs simples, les deux méthodologies principales employées pour développer le TLP sont le "multiprocessing au niveau circuit" ("chip-level multiprocessing", CMP) et le "multithreading simultané" ("simultaneous multithreading", SMT). À un plus haut niveau, il est d'usage de réaliser des ordinateurs avec plusieurs processeurs totalement indépendants dans des organisations de type "symétrique" ("symmetric multiprocessing", SMP), donc en particulier "à accès mémoire uniforme" ("uniform memory access", UMA), ou "asymétrique" ("asymmetric multiprocessing") "à accès mémoire non uniforme" ("non uniform memory access", NUMA). Il s'agit alors de multiprocesseurs ou de processeurs multi-cœur. Alors que ces techniques diffèrent par les moyens qu'elles mettent en œuvre, elles visent toutes le même but : augmenter le nombre de threads qu'un processeur peut exécuter en parallèle. Les méthodes de parallélisme CMP et SMP sont assez semblables et demandent plus d'effort de conception que l'utilisation de deux ou trois processeurs totalement indépendants. Dans le cas du CMP, plusieurs cœurs ("cores") de processeurs sont intégrés dans le même boîtier, parfois même dans le même circuit intégré. Les SMP, eux, utilisent plusieurs boîtiers indépendants. Le NUMA est comparable au CMP mais met en œuvre un modèle d'accès mémoire non uniforme (les temps d'accès sont différents suivant que la mémoire est locale ou non locale à un processeur donné). Cette caractéristique est fondamentale dans les ordinateurs à plusieurs processeurs car pour les modèles SMP, la mémoire est partagée et les temps d'accès à la mémoire sont donc rapidement dégradés en cas d'accès simultané par plusieurs processeurs. À ce titre, le NUMA est considéré comme un modèle plus évolutif en nombre de processeurs. SMT diffère des autres améliorations de TLP puisqu'il vise à dupliquer aussi peu de portions de processeur que possible. Sa mise en œuvre ressemble à une architecture superscalaire et se trouve souvent utilisée dans les microprocesseurs superscalaires (comme les POWER5 d'IBM). Plutôt que de dupliquer un processeur complet, la conception SMT ne duplique que les parties nécessaires pour la recherche ("fetch"), l'interprétation ("decode") et la répartition des instructions ("dispatch") ainsi que les registres non spécialisés. Ceci permet à un processeur SMT de maintenir ses unités d'exécution occupées plus souvent, en leur fournissant des instructions en provenance de deux threads différents. Comme on vient de la voir, le SMT est proche de l'architecture ILP superscalaire, mais cette dernière exécute des instructions en provenance du même thread.
CD-ROM Un CD-ROM (de l' - ' », littéralement « disque compact - mémoire en lecture seule »), parfois écrit cédérom, est un disque optique utilisé pour stocker des données sous forme numérique destinées à être lues par un ordinateur ou tout autre lecteur compatible (salon, console de jeu). Le CD-ROM est une évolution du CD audio original. Grâce à leur capacité de stockage plusieurs centaines de fois supérieure à un prix similaire, les cédéroms supplantent les disquettes dans la distribution des logiciels et autres données informatiques. Historique. Le disque compact (CD), inventé par Philips en 1979, est lancé commercialement pour l'audio en 1982 par Philips et Sony. En 1984, les spécifications du "" sont étendues (avec l'édition du ) afin de lui permettre de stocker des données informatiques diverses, et non plus seulement musicales. Étymologie. "CD-ROM" est l’abréviation de l'anglais , soit "disque compact à mémoire morte". L'abréviation "CD" est communément utilisée en français, bien que ce soit l'abréviation du mot anglais et qu'en français la traduction "disque compact" soit recommandée. . Francisation. Le terme cédérom, francisation officielle de "CD-ROM", provient simplement de la lecture phonétique de ce mot anglais. Depuis (1996), le "cédérom" et son orthographe anglaise "cd-rom" sont considérés comme des noms communs en français, et prennent donc un s au pluriel. Du support aux contenus. Par extension, le terme "cédérom" est employé pour qualifier le type de programmes diffusés sur le support CD-ROM. On parle de cédéroms culturels ou éducatifs. Après une vague de popularité importante au milieu des années 1990, l'industrie des contenus interactifs sur disque optique a disparu face à la concurrence de la diffusion par Internet. Description. Fonctionnement. Les données du cédérom sont lues sur la surface du disque par un laser, les bits de données étant stockés sous forme d'alternance creux/bosses (une alternance et une continuité ) et chaque fichier a ses coordonnées sur le disque. L'information captée par le laser est transmise à l'ordinateur par une connexion interne de type SCSI, IDE, SATA, ou par un port externe USB ou E-SATA. Espace de stockage. Un cédérom ne contient que des données non modifiables : il peut être lu par un lecteur de disque optique (lecteur CD), mais ne peut être écrit que par un graveur. C'est un disque optique en matière plastique (polycarbonate), d'environ de diamètre pour d'épaisseur. Cela en fait un support très léger, pouvant contenir 650 ou de données informatiques, soit respectivement d’enregistrement audio dans le format de données des disques compacts originaux (, stéréo, non compressé, avec un échantillonnage de ). On trouve également des disques de capacités supérieures, mais leur lecture peut poser des problèmes. Types de lecture. Il existe deux modes de lecture selon le lecteur et le logiciel qui traite le signal : En pratique, les lectures modernes utilisent un mélange des deux : les pistes intérieures sont lues à la vitesse angulaire constante maximale du lecteur puis à partir d'un certain point, le lecteur passe en vitesse linéaire constante, l'électronique de traitement et la mémoire disponible devenant les facteurs limitatifs. Vitesse de lecture. À l'origine, la vitesse de gravure d'un cédérom correspondait à la vitesse de lecture d'un , c'est-à-dire un débit de pour les données et de pour la musique. Cette vitesse de lecture a ensuite été prise comme référence et notée 1x. Les générations suivantes de lecteurs de cédéroms ont été caractérisées par des multiples de cette valeur. Standard. Le standard décrit la façon selon laquelle les informations doivent être stockées sur un cédérom, selon l'usage que l'on désire en faire. Un standard est référencé dans un document appelé "book" (en français, « livre ») auquel une couleur a été affectée. Le standard du cédérom s'appelle "" (livre jaune), mis au point en 1984, comprend deux modes : Organisation des données. Les données sont gravées sur le CD-ROM suivant différents systèmes de fichiers : Il existe aussi des images des systèmes de fichiers propres aux systèmes d’exploitation hôtes, comme HFS pour Mac OS. Limitations. Comme tout support d’informations numériques, le CD-ROM permet une bonne conservation théorique des données, et en tant que « disque lu sans contact » (par le laser du lecteur), il n’est pas soumis à une usure mécanique directe. Par ailleurs, en tant que disque optique, les données qu'il contient ne peuvent pas être affectées par un champ magnétique. Cependant, le CD-ROM enregistrable s'avère modérément fiable. En effet, s’il est censé conserver les données durant une centaine d’années, il semblerait que cet argument ait été battu en brèche, que la réalité se rapprocherait plutôt des dix voire cinq ans, même en entourant le produit de protections adaptées. Son matériau polymère est en effet sensible aux rayonnements ultraviolets émis par la lumière, à la chaleur, à l'humidité, et aux rayures de surface (frottements durant les manipulations) qui entraînent rapidement des erreurs de lecture, puis une impossibilité totale de lecture. Par ailleurs, la capacité d'un ordinateur à lire un disque optique dépend de fait qu'il soit équipé d'un lecteur optique (CD ou DVD). Néanmoins, ce type de support est en voie de devenir obsolète (tout comme l'est devenu le lecteur de disquette) et de moins en moins de machines du commerce (notamment les PC portables) en sont équipées. En effet, de nouveaux supports de stockage de masse (clefs USB, cartes mémoire, disques durs externes), plus souples d'utilisation sont venus fortement concurrencer CD-ROM et DVD-ROM. Ceci étant, en 2020, les lecteurs optiques sont toujours commercialisés. Temps d'accès. Il représente le temps moyen pour aller d'une partie du CD-ROM à une autre.
Disque compact Un disque compact, le plus souvent désigné par son sigle anglais CD – abréviation de – est un disque optique utilisé pour stocker des données sous forme numérique. Le a été développé par Sony et Philips et commercialisé à partir de décembre 1982 (mars 1983 en France). Au début des années 1990, il se démocratise, et petit à petit, finit par remplacer les supports analogiques (disque microsillon, cassette audio). Principe de fonctionnement. La technique du disque compact repose sur une méthode optique : un faisceau de lumière cohérente (laser) vient frapper le disque en rotation. Les irrégularités (appelées « "pits" », cavités dont la longueur varie entre , et dont la largeur est de ) dans la surface réfléchissante de celui-ci produisent des variations binaires. Le rayon réfléchi est enregistré par un capteur. Plus précisément, lorsque le faisceau passe de la surface plane à cette cavité, il se produit des interférences : En effet, lorsque le laser est émis sur une telle discontinuité, une partie des rayons lumineux émis sera réfléchie depuis le creux, tandis que l'autre partie sera réfléchie depuis le plat. Aussi se crée-t-il une différence de marche entre ces deux rayons réfléchis, c'est-à-dire un déphasage entre les deux ondes. Or la profondeur du "pit" est très spécifique à celle du laser utilisé pour la lecture, en effet elle est "λ"/4, avec "λ" la longueur d'onde du laser. Deux ondes issues d'une source cohérente sont dites constructives (c'est-à-dire que leurs amplitudes s'additionnent) lorsque la différence de marche notée "δ" vérifie : , avec "k" un entier relatif. C'est le cas lorsque le laser se réfléchit sur un plat ou un creux (). Au contraire, lorsque le rayon se réfléchit sur un passage creux/plat (ou plat/creux), où l'onde réfléchie dans le creux parcourt donc la profondeur du "pit" multipliée par deux (aller plus retour) soit une distance , la valeur de la différence de marche vérifie : , correspondant à une différence de marche pour des ondes destructives (dont les amplitudes s'annulent). C'est donc l'intensité du signal lumineux réfléchi sur la piste du support de stockage et reçu par le capteur qui est codée en binaire. Lorsque le disque compact est utilisé comme support pour l’écoute musicale (premières utilisations), l’information binaire est ensuite transformée en un signal analogique par un convertisseur numérique-analogique. Dès son apparition, ce support a été promu par ses inventeurs et les éditeurs musicaux comme offrant une meilleure qualité sonore que les autres supports existants (notamment les disques « vinyle »). Ces qualités sont parfois contestées et de nouveaux supports sont apparus, dotés d'une résolution supérieure (SACD : , ou DVD-A : ). On constate par ailleurs, au cours des années 2010, un regain de popularité du support vinyle. Histoire. Création. Le disque compact fut inventé conjointement par les firmes Philips et Sony Corporation en 1982. Quand les deux entreprises ont décidé de travailler ensemble en 1979, le projet prévoyait que les platines laser seraient équipées des puces électroniques les plus puissantes jamais commercialisées pour un produit grand public. Les premiers CD ont été commercialisés à partir de ( en France). Ce support apporta un progrès considérable par rapport aux microsillons (qui eux-mêmes avaient été un énorme progrès par rapport aux 78 tours), sur des aspects sonores et de maniabilité : En 1980, le " (en français littéral : « Livre rouge ») détermine les caractéristiques techniques du nouveau disque et le partage des brevets entre les deux concurrents : à Philips la conception du CD (sur la base de leur expérience de la technologie du Laserdisc) et des lentilles qui permettent la lecture ; à Sony la définition du format utilisé pour numériser la musique et la méthode de correction d'erreurs. Parmi les principaux membres de l’équipe, les plus connus sont Pieter Kramer (directeur du laboratoire de recherche optique de Philips dans les années 1970) et Kees A. Schouhamer Immink pour Philips, Toshitada Doi pour Sony. Les premiers prototypes produits par Philips mesuraient de diamètre, avec un codage sur et une durée de . Sony insista pour qu’on adopte un codage sur et une durée de , d'où un diamètre augmenté à . Cette capacité aurait été choisie à la demande de Herbert von Karajan, afin que la version la plus lente de la " de Beethoven, celle enregistrée au festival de Bayreuth en 1951 sous la direction de Wilhelm Furtwängler, tienne sur un seul disque. Sony indiqua que c’était à la demande de l’épouse de son président, pour ces mêmes motifs. La vérité est moins romantique : au moment de lancer la production industrielle, Philips aurait eu un avantage grâce à une chaîne de production capable de fournir rapidement ces disques de , ce qui ne faisait pas les affaires de Sony, la firme japonaise ayant pris du retard sur la fabrication des lecteurs. Philips ne souhaitait pas favoriser le format de propre à Sony, pour les mêmes raisons. Le compromis fut le disque de qui ne donnait l’avantage à aucun des deux fabricants, tout en permettant d’utiliser tous les développements techniques et électroniques mis au point précédemment. Ces décisions ont été prises par le management et ont été imposées aux experts des équipes techniques. Un disque de de diamètre avait un temps de lecture théorique de et . À l’époque, la durée maximale d’enregistrement plafonnait en pratique à car les premiers supports pour le "mastering" audionumérique étaient des cassettes vidéo au format U-matic, dont c’était la durée d’enregistrement maximale. La version la plus longue de la symphonie de Beethoven n’aurait de toute manière pas pu trouver place en entier sur un CD avant 1988, date de l’introduction de nouveaux supports pour le "mastering" numérique. Philips et Sony annoncèrent fin août 1982 qu’elles étaient prêtes à sortir leur nouveau produit et commencèrent les ventes à l’automne . La production industrielle commença le 17 août 1982 à Langenhagen, près de Hanovre (RFA). Les premiers albums produits étaient "Une symphonie alpestre", de Richard Strauss (Herbert von Karajan avec l'Orchestre philharmonique de Berlin) et "The Visitors" (ABBA). La première platine fut vendue au Japon le accompagnée de l’album "" de Billy Joel. En Europe, le premier lecteur de CD est commercialisé en . Au début de la commercialisation des CD, on distingue les procédés analogique (A) ou numérique (D, pour "digital") pour les trois phases principales d'enregistrement (indiquées théoriquement sur chaque CD du commerce) : Un remplaçant du disque microsillon. Le succès du CD est progressif, d'autant que l'industrie du disque a décidé d'un prix de vente majoré de 60 à 70 % (en France) par rapport au microsillon et que les premiers appareils de lecture sont eux aussi d'un coût élevé (en 1983, supérieur au SMIC mensuel, en France, et en 1988 on commence à voir des modèles d'un coût de l'ordre de 50 % du SMIC mensuel) limité dans un premier temps à l’album ' d’ABBA (PolyGram, label de Philips), et à un enregistrement de la Symphonie alpestre de Richard Strauss dirigée par Karajan. En effet, le CD passe surtout dans les premiers temps pour un support réservé aux mélomanes classiques, grâce à la qualité sonore qu’il offre. Quelque 200 titres, classiques essentiellement, sont ainsi produits par Philips. C’est la mise sur le marché, en 1985, de l’album ', du groupe (premier album entièrement numérique), qui démocratise le CD : l’album se vend à plus d’un million d’exemplaires. Il ne fait plus de doute que le CD apparaît comme le support sonore de l’avenir. Dès 1986, les platines laser se vendent mieux que les autres, et en 1988 les ventes de CD dépassent celles des disques vinyle. En France, la démocratisation du CD passe par l'activité d'éditeurs indépendants comme NTI (David Mufflarz) et Christian Brunet (Levitan SA - CD One music). Cet indépendant est le premier à travailler sur le « fond de catalogue », et donc sur un prix de vente raisonnable, alors qu'un CD est toujours proposé à des tarifs ne pouvant motiver que l'élite du public. Ainsi apparaissent dans le circuit de la grande distribution des collections très bon marché, là où les CD commercialisés par les "majors" sont excessivement chers. Dès 1991 sont vendus des coffrets de dix CD pour moins de (). Cette collection (« Romance du classique ») sera vendue à plus de d'exemplaires en moins d'un mois, durant les fêtes de fin d'année. Cette politique de prix fera exploser les ventes de lecteurs de CD en France. Le CD a connu un large succès et s’est rapidement substitué aux disques vinyle comme support musical, notamment grâce aux qualités suivantes : Les CD-R (CD vierges à graver) ont les mêmes dimensions, et peuvent être utilisés pour stocker des données " (qui définit la norme audio pour le CD, telle que les de fréquence d'échantillonnage et de résolution). On distingue les , qui sont conçus pour une utilisation avec un graveur intégré à un PC, et les , qui sont conçus spécifiquement pour les enregistreurs domestiques autonomes (lesquels ne peuvent pas lire les ). Ils sont d’ailleurs plus chers car il est tenu compte d'un pourcentage pour les droits d'auteur qui sont reversés à la SACEM en France ou la SABAM en Belgique. est une marque déposée par la firme néerlandaise Koninklijke Philips Electronics N.V. et cette dernière refuse l’utilisation du terme déposé pour tout disque audio protégé contre la copie. Détails physiques. Les disques compacts sont constitués d’une galette de polycarbonate de d’épaisseur recouverte d’une fine couche d’aluminium (à l'origine, c’était d’une couche d’or et c’est encore le cas sur les disques à longue durée de vie) protégée par un film de laque. Ce film peut aussi être imprimé pour illustrer le disque. Les techniques d’impression sont l’offset et la sérigraphie. Les différentes couches sont déposées par la machine à l'état liquide sur le pourtour du centre du disque et réparties sur la surface par la force centrifuge, afin de garantir une répartition uniforme. Les informations sur un CD standard sont codées sur une piste d’alvéoles en spirale moulée dans le polycarbonate. Chaque alvéole mesure environ entre () et en largeur, et entre et en longueur. L’espace entre les pistes est de . Pour se donner une idée des dimensions, si le disque était mis à l’échelle d’un stade de football, une alvéole aurait la taille d’un grain de sable. La spirale commence presque au centre du disque pour se terminer en périphérie, ce qui autorise plusieurs tailles de disques. Un CD est lu par une diode laser de de longueur d'onde à travers la couche de polycarbonate (diamètre du spot : ). La différence de profondeur entre une alvéole (creux) et la surface plane (bosse) est d’un quart de la longueur d’onde du laser, ce qui permet d’avoir un déphasage d’une demi-longueur d’onde entre une réflexion du laser dans une alvéole et sur la surface plane. L’interférence destructive causée par cette réflexion réduit l’intensité de la lumière réfléchie dans une alvéole comparée à une réflexion sur la surface plane. En mesurant cette intensité avec une photodiode, on est capable de lire les données sur le disque. Les creux et les bosses ne représentent pas les « 0 » et les « 1 » des informations binaires. C’est le passage d’un creux à une bosse ou d’une bosse à un creux qui indique un « 1 ». S’il n’y a pas de passage bosse-creux, alors il s’agit d’un « 0 ». On appelle cela un « front ». Ensuite, ces données sont soumises au traitement EFM (") utilisé lors du codage des données audionumériques en données numériques pour CD audio, de façon à obtenir les données audionumériques brutes. Méthode de fabrication. La fabrication industrielle d’un CD se fait suivant différentes étapes : un CD ainsi produit assure une longévité de l’ordre d'un siècle s'il est stocké et manipulé soigneusement. En comparaison, un CD-R a une durée de vie de l’ordre d'une décennie, du fait de sa sensibilité aux rayons lumineux. Prématriçage. Le prématriçage correspond à la transcription des informations du client sur une bande à neuf pistes, en passant par une phase de correction d’erreurs, et de formatage des fichiers au format ISO 9660 dans le cas d’un CD-ROM. La fonction essentielle du prématriçage est le calcul du code détecteur et du code correcteur. Ces codes sont contenus sur accolés à d’informations plus des informations de synchronisation et d’en-tête. Ce procédé permet de prévenir les erreurs de transmission. Une fois cette étape passée, il n’y a plus aucune modification des données à inscrire. Création du disque matrice. La création du disque matrice, appelé aussi matrice de verre, correspond au marquage des données sur un disque de verre. Le point de départ du disque matrice est une vitre fortement polie, dont les caractéristiques de surface ressemblent de près à celles d'un miroir astronomique. Cette plaque de verre est couverte d’un substrat sensible à la lumière, appelé résine photosensible. La couverture de la plaque par un procédé de rotation (dépôt par centrifugation) assure une couche absolument plane et uniforme de d’épaisseur. C’est l’épaisseur de cette couche qui détermine la profondeur des creux. L’inscription des données est effectuée grâce à un appareil émettant un rayon laser qui est activé et désactivé en fonction des informations transmises. Le rayon ainsi modulé marque la couche photosensible de la plaque de verre. Le disque de verre est ensuite placé dans un bain de développement. Les emplacements altérés par le rayon sont lavés faisant ainsi apparaître les premiers creux. Après séchage du disque matrice suit la vaporisation sous vide d’une fine couche argentée de . À ce stade, le disque matrice est lisible par un lecteur spécial qui permet de contrôler la qualité de l’enregistrement. Galvanisation. La galvanisation est une opération qui crée la matrice de production à partir de la matrice de verre. La matrice de verre est plongée dans un bain de galvanisation comportant une anode de nickel. La couche argentée de la matrice de verre est transformée en cathode. Le courant ainsi créé entraîne un déplacement des ions de nickel sur l’anode, couvrant peu à peu la plaque de verre d’une couche de nickel. La séparation de la couche de nickel de son support de verre amène la destruction de ce dernier. Si à ce stade de l’opération les normes de qualité ne sont pas respectées, tout le processus précédent est à refaire. La couche de nickel, copie tirée directement de la matrice de verre, est nommée « original » ou « copie père » : c’est une reproduction en négatif de l’original. Pour éviter une perte de cet original, on en fait une copie appelée « copie mère », qui sert ensuite à tirer les sous-matrices. Les sous-matrices sont, comme l’original, des négatifs et servent à imprimer les données sur les disques en plastique pendant leur fabrication. Elles sont perforées au centre et polies à l’endos. La qualité du dos de la matrice a une grande influence sur le bruit qui sera perçu par les photorécepteurs des lecteurs de CD-ROM. La rugosité moyenne maximale est de . Comme l’air, la propreté de l’eau est importante pour la qualité finale du produit. Fabrication en série. La fabrication en série des disques compacts peut se faire par moulage par injection ou par pression. Le premier principe consiste en l’injection du polycarbonate liquide dans la matrice ; le second procédé a pour principe l’impression des cuvettes dans le disque encore chaud par pressage. Le polycarbonate a été retenu dans la conception des CD pour ses propriétés telles que la pureté optique, la transparence et un indice de réfraction constant. Les disques ainsi obtenus voient leur face marquée par les données, puis métallisée par une couche d’aluminium de . Pour ce faire, l’aluminium est atomisé dans un espace sous vide, et se dépose lentement sur le disque. L’atomisation est obtenue par réchauffement, ou à froid, par un procédé de pulvérisation cathodique. La couche d’aluminium ainsi déposée est enfin protégée par l’application d’un vernis protecteur, à l’aide du procédé de dépôt par centrifugation. Le vernis devient ainsi une couche uniforme de d’épaisseur. Avant conditionnement, une étiquette est imprimée sur le vernis par le principe de la sérigraphie. Il existe également des CD dont la face inférieure est noire. Emballage. Les CD sont couramment protégés par des boîtiers standards en plastique. Ce matériau, bien que fragile (très sensible aux rayures, des fissures apparaissent si l'on appuie dessus et, à l'usage, les pattes permettant l'ouverture du boitier se cassent), a été choisi pour ses propriétés optiques. Très transparent, il permet la création d'un boitier attractif, où l'on peut glisser une feuille ou un livret, afin d'améliorer la présentation. Il existe également des boitiers deux fois plus fins pour les CD-maxi- (surtout au Royaume-Uni et en Allemagne), dits boitiers « " », ou encore des doubles boitiers pour les double albums, voire plus par différents montages. On trouve aussi des pochettes en papier ou carton (souvent désignés par l’appellation Digipack). Certains albums ont eu une pochette dans d'autres matériaux (verre, métaux, bois, carton recyclé) dans le cas d'édition limitée ou de promotion en rapport avec le CD. Format audio. Le format de données, connu sous le nom de norme ", a été dressé par du groupe Philips qui possède les droits du CDDA et du logo qui apparaît sur les disques. En termes techniques, il s’agit d’une piste stéréo encodée en PCM à une résolution de (linéaire en amplitude, sans compression logarithmique des amplitudes hautes) avec une fréquence d’échantillonnage de . Échantillonnage. Les échantillons sont ensuite regroupés en ', chaque comporte six échantillons stéréo ( soit ), plus de correction d’erreur et un de ', soit un total de par . Le code correcteur est ajouté pour permettre la lecture d’un disque comportant des salissures ou rayures modérées ; il s’agit de deux codes de Reed-Solomon à la suite et d’un entrelacement des données effectué entre les deux codages. L’octet "" est utilisé pour former huit canaux de contrôle (chaque canal ayant un débit binaire de ), dans le CD standard seul, les deux premiers canaux sont utilisés et servent pour indiquer les débuts de pistes, le temps, la préaccentuation, l’autorisation de copie, le nombre de canaux (stéréo ou quadriphonie, mais bien que le bit d’indication de quadriphonie existe dans la norme, la façon dont ces canaux supplémentaires doivent être codés n’est pas définie et il n’est donc pas utilisé), les six autres canaux sont utilisés dans les extensions comme le CD+G (permet l’insertion des paroles pour les karaokés) ou le CD-Text (nom des pistes, auteurs, interprètes). La fréquence d’échantillonnage de est héritée d’une méthode de conversion numérique d’un signal audio en signal vidéo pour un enregistrement sur cassette vidéo qui était le seul support offrant une bande passante suffisante pour enregistrer la quantité de données nécessaire à un enregistrement audionumérique. Cette technologie peut stocker six échantillons (trois par canal en stéréo) par ligne horizontale. Un signal vidéo NTSC possède utilisables par trame et par seconde qui fonctionnent à par seconde. De même, un signal vidéo PAL ou SÉCAM possède et qui permet de délivrer par seconde. Ce système pouvait en outre stocker des échantillons de avec des corrections d’erreur ou des échantillons de sans correction d’erreur. Il y eut un long débat entre Philips et Sony concernant la fréquence et la résolution de l’échantillonnage : Philips privilégiait le utilisé en Europe et une résolution de (la firme néerlandaise ayant déjà développé des CNA ) tandis que Sony voulait imposer le utilisé au Japon et aux États-Unis, associé à une résolution de . C’est pour cela que les premières platines CD étaient équipées de CNA (les TDA1540), Philips ayant trouvé le moyen de les utiliser en par un suréchantillonnage 4× : le CNA fonctionnait donc à au lieu de et était précédé d’un filtre numérique. Cette fréquence quatre fois plus élevée permettait d’avoir un filtre passe-bas avec une pente beaucoup plus progressive qu’avec les CNA concurrents. Le comportement dans les fréquences proches de était plus linéaire avec moins de rotation de phase et le son en était d’autant plus pur. Structure logique. Un CD audio comme un CD-R est constitué, d'après le , de trois zones constituant la zone d'information () : Capacité de stockage et vitesse. Les spécifications du disque compact recommandent une vitesse linéaire de (soit au passage de la diode laser près du bord intérieur de la surface réfléchissante, et au bord extérieur de celle-ci) et un pas entre les pistes de . Cela correspond à un CD-ROM () de de diamètre et d'une capacité de () de données. Néanmoins, afin d’autoriser des variations dans la fabrication des supports, il y a une tolérance dans la densité des pistes. En fabriquant délibérément des disques de plus haute densité, on peut augmenter la capacité et rester très proche des spécifications du CD. En utilisant une vitesse linéaire de et un pas entre les pistes de , on atteint une nouvelle capacité maximale de (). Bien que ces disques possèdent une légère variation de fabrication, ils sont lus par la plupart des lecteurs et seul un très faible nombre de lecteurs les rejettent. Il existe des disques enregistrables de , capacité obtenue par augmentation de la densité des pistes, mais il s'agit d'un marché de niche (à cause des problèmes rencontrés au-delà de ). La capacité maximale qu’un disque peut annoncer lui-même, en accord avec les spécifications du CD-R, est au plus à . De plus, les marqueurs de temps entre 90 et sur les disques sont normalement réservés pour indiquer au lecteur qu’il lit le début du disque et non la fin. Ces deux problèmes sont fonction des fabricants de disques, des graveurs et des logiciels de gravure. Une autre technique pour augmenter la capacité d’un disque est d’écrire dans le préambule et dans la fin du disque qui sont normalement prévus pour indiquer les limites du disque. Cela permet d’étendre la capacité d’une ou deux minutes, mais cela peut provoquer des problèmes de lecture quand la fin du disque est atteinte. Une heure de musique non compressée stéréo en d’échantillonnage à , occupe de données ( occupent et occupent , ). Une heure de musique en soit compressée par 7,35 (joint stéréo, d’échantillonnage à ), occupe de données. Cette compression permet d'avoir sur le support « » (). Longévité. Les CD audio de l'industrie (pressés) ont une longévité annoncée initialement entre . Toutefois, les analyses du Laboratoire national de métrologie et d'essais (France) montrent que la durée de vie des CD gravés (CD-R) est nettement inférieure, assujettie aux conditions d'archivage, au support et au graveur. Les causes du "" résident principalement dans la migration d'encres ou de solvants à travers la mince épaisseur de plastique qui sépare la face des inscriptions de la couche réfléchissante portant l'enregistrement. Types. On distingue plusieurs formats de disques compacts répertoriés dans les Rainbow Books, en voici une liste non exhaustive : Les appareils de lecture pour CD-audio ne sont pas conçus pour lire les CD-ROM ; "a contrario", les lecteurs de CD-ROM peuvent aussi lire les CD-audio. Il existe aussi des CD « hybrides » contenant de l’information audio (lisible par un lecteur audio) et des informations d’autres types (texte, vidéo, images), lisibles par un lecteur de CD-ROM (CD en mode mixte et cités plus haut). Plus récemment, avec l’apparition de la méthode de compression audio MP3 (MPEG-1/2 Audio Layer 3), des lecteurs audio pouvant lire des pistes MP3 sur un CD-R(W) et les jouer comme un CD audio traditionnel ont été développés. L’intérêt du format MP3 est qu’il permet de stocker de 4,41 à 11 fois plus de musique que sur un CD audio avec une dégradation plus ou moins perceptible de la qualité sonore en fonction du débit auquel le disque / le morceau a été compressé. Il est possible de compresser jusqu'à 176 fois, moyennant une forte dégradation de la qualité. À présent, le CD audio (matériel) se vend beaucoup moins, principalement du fait de l'apparition au début du d'autres supports de stockage et d'appareils d'écoute plus légers, plus compacts, avec plus de capacités (lecteurs portatifs à mémoire flash intégrée), et parallèlement de l'extension du réseau Internet, permettant une diffusion sous forme dématérialisée (dans un premier temps clandestine puis peu à peu via des plates-formes de diffusion légales, proposant des morceaux ou des albums entiers en téléchargement ou en écoute instantanée).
Classification décimale de Dewey La classification décimale de Dewey (CDD) est un système visant à classer l’ensemble du fonds documentaire d’une bibliothèque, développé en 1876 par Melvil Dewey, un bibliographe américain. Elle a été complétée et perfectionnée par la classification décimale universelle (CDU) développée par Henri La Fontaine et Paul Otlet. Les dix classes retenues par la classification de Dewey correspondent à neuf disciplines fondamentales : philosophie, religion, sciences sociales, langues, sciences pures, techniques, beaux-arts et loisirs, littératures, géographie et histoire, auxquelles s’ajoute une classe « généralités ». Les subdivisions suivantes sont 10 classes, 100 divisions et 1000 sections. Histoire. Entre 1870 et 1875, Melvil Dewey fréquente l’Amherst Collège, au Massachusetts. Pendant son séjour, il commence à travailler à la bibliothèque et à repenser le système de classification. Dewey voulait rendre la collection plus accessible en classifiant par sujet plutôt que par auteur. Pour créer ce système, Dewey s’inspire principalement de deux ouvrages: La classification de la connaissance ("The classification of knowledge") de Francis Bacon, et Book Classification, publié dans The Journal of Speculative Philosophy de William Torrey Harris. En 1605, Francis Bacon publie son livre "The Proficience and Advancement of Learning Divine and Human" dans lequel il a présenté son idée pour la classification de la connaissance. Il fait valoir que toutes les connaissances pourraient être divisées en mémoire (grammaire, théorie du droit, théologie professionnelle, cosmographie et arithmétique), compréhension (enseignement de la divinité, théorie médicale, la logique, les philosophies naturelles et morales) et imagination (la poésie, la musique, la pratique médicale, les mathématiques, l’astrologie, l’art militaire et la peinture). Dans les années 1870, William Torrey Harris s’inspire de la classification des connaissances de Bacon et décide de l’élargir et de l’appliquer à la classification des documents écrits dans les bibliothèques. En mai 1873, Dewey décide d’ajouter un système décimal au système de classification hiérarchique existant de Harris afin de trouver plus facilement les livres distribués au collège Amherst. En raison du contexte dans lequel Dewey a appris et travaillé, en plus du fait que la classification de Harris s’inscrivait également dans ce contexte, son système de classification était fortement fondé sur une vision du monde anglo-saxon protestante et n’a pas nécessairement pris en compte la connaissance qui a été produite à l’extérieur de leur communauté. Cela dit, la classification décimale de Dewey est devenue par la suite l’un des systèmes de classification les plus utilisés (avec une estimation de usagers en 1964) ce qui a attiré l’attention sur les nombreuses façons dont il est limité en dehors d’une sphère anglo-saxonne et protestante. Indices et divisions. La CDD répartit les ouvrages dans dix classes. Chaque classe est elle-même divisée en dix divisions, chaque division en dix subdivisions et ainsi de suite. Aucun indice ne peut avoir moins de trois chiffres ; dans ce cas précis, celui de gauche correspond à la classe, celui du milieu à la division et celui de droite à la subdivision. Prenons l’exemple de l’indice 537 pour l’électricité : Le 0, qui doit toujours être mentionné, a une valeur de généralité : Pour les indices dépassant trois chiffres, un point doit séparer les trois premiers des suivants : Si l’indice dépasse six chiffres, on laisse un caractère d'espace (pas de point) entre le sixième et le septième chiffres : Ainsi, plus la notion à exprimer est fine, plus l’indice est long. Sur l’étiquette collée sur le dos d’un livre et indiquant sa "cote", on peut répartir l’indice sur plusieurs lignes, ce qui permet une meilleure lisibilité ; l’indice est suivi des premières lettres du nom de l’auteur ou du titre pour former la cote. La classification décimale de Dewey est souvent utilisée avec une marguerite des couleurs dans les bibliothèques des écoles primaires (BCD) et dans les Centres de documentation et d’information (CDI) des collèges et des lycées. Liste des classes. Sont détaillées dans l'article les dix classes, divisées chacune en dix divisions des deux premiers niveaux : Limites du système. Tout classement constitue un compromis entre l’objectif de simplifier la tâche du classificateur et celui de simplifier la tâche du chercheur. Dans le cas de la classification de Dewey, c’est le premier de ces deux facteurs qui a été privilégié : il n’est pas possible de se documenter sur un sujet sans savoir très précisément à quelle discipline le rattacher. Or cela pose problème lorsqu’un ouvrage traite précisément du lien entre deux disciplines. La bio-informatique, par exemple, sera-t-elle à chercher dans la section 500 ou 600 ? Et plus précisément 570 ou 620 ? Comme il n’est pas possible de répondre avec précision à cette question, la classification de Dewey se complètera utilement d’autres techniques comme : La principale critique de cette classification est qu’elle a été centrée sur l’état d’esprit de la fin du aux États-Unis d’Amérique et qu’elle représente cet état d’esprit qui ne correspond plus à notre conception actuelle des connaissances. Ainsi, dans la (Littérature), les deux premières divisions sont consacrées aux littératures en anglais (810 = Littérature américaine, 820 = Littératures anglaise et anglo-saxonnes), les six divisions suivantes aux littératures européennes ( à 880) et une seule division aux littératures des autres langues (). De même, dans la (Religion), les religions chrétiennes sont surreprésentées ( à 280) tandis que les autres religions sont classées dans une seule division (290). Critiques et Évolution. Bien qu’ayant été considérablement améliorée au cours de vingt révisions majeures, la CDD reflète toujours l’organisation générale du savoir telle qu’on la concevait aux États-Unis à la fin du . C’est pourquoi la philosophie et la religion, par exemple, qui représentaient environ 10 % de la production éditoriale à cette époque, a aujourd’hui encore une position disproportionnée dans la classification. C’est une source de critique de la CDD, qui relègue ainsi de nombreux ouvrages dans d’obscures subdivisions simplement parce qu’ils ne traitent pas de la pensée occidentale : ainsi les religions non-chrétiennes n’apparaissent que dans la (un dixième de l’espace consacré aux religions) et la littérature et l’histoire européennes sont dominantes par rapport aux autres (comme elles le sont dans les rayonnages de la Bibliothèque du Congrès des États-Unis). De même trouve-t-on ailleurs que dans l'histoire de la France des ouvrages sur l'histoire de l'islam en France ou le dictionnaire de la colonisation française, donnant l'impression d'un classement racial de l'histoire de France. Certaines divisions ou subdivisions sont également vacantes ou ne sont plus utilisées. La classification décimale universelle (CDU) est dérivée de la CDD. Marque déposée. Depuis 1988, la classification de Dewey est un nom déposé par (OCLC), qui a acheté les droits à la , créée par Melvil Dewey pour poursuivre son œuvre. Abandon. Plusieurs bibliothèques incorporent de nouveaux systèmes de classification qui représentent mieux la diversité de leurs collections, ou elles modifient le CDD pour répondre à leurs besoins. Une plainte provenant des usagers en bibliothèque publique est que la classification décimale Dewey sépare les livres sur un sujet ou culture particulière en différentes sections plutôt que de les regrouper. Par exemple, les livres sur la cuisine française seraient sous 641,54, la langue française sous 440, les guides de voyage pour la France sous 914, et l’histoire française sous 944. Pour certains, il est redondant de chercher dans de multiples endroits différents pour trouver des livres sur une culture d’intérêt et donc, n’est souvent pas propice au bouquinage. Ainsi, certaines bibliothèques ont décidé de s’éloigner de la classification décimale Dewey pour adopter des systèmes plus intuitifs. Usage International. Étant donné que le système décimal Dewey a été créé dans un espace américain, les plus grandes critiques qui viennent des usagers internationaux entourent la classification de la géographie et de la littérature. Langues. Une grande critique provenant des utilisateurs de langues non occidentales est que le DDC représente de manière disproportionnée les langues occidentales, ne laissant que les 890 pour d’autres langues non occidentales. 810 Littératures américaines 820 Littératures anglaises et anglais ancien 830 Littératures allemandes et connexes 840 Littératures françaises et connexes 850 Italien, roumain et littératures connexes 860 Littératures espagnole, portugaise, langues galiciennes 870 Littératures latines et italiques 880 Grec classique et littératures connexes 890 Littératures d’autres langues. En 1965, Meena Krishnaswami a suggéré que pour représenter plus équitablement l’Inde et les différentes langues indiennes dans la collection tout en utilisant le système décimal Dewey, 800 devraient tous être consacrés à la littérature indienne, tandis que la littérature anglaise serait dans 820 et toute autre littérature linguistique dans 890. Le genre. Melvil Dewey et son épouse Annie Godfrey Dewey ont tenu les conférences annuelles de Lake Placid sur sujets domestiques de 1899 à 1908. Au cours de ces conférences, il y a eu des discussions sur la classification des sujets domestiques. Au cours de la conférence de 1902, de nombreuses femmes ont fait valoir que les livres sur les aspects sociaux du travail domestique devraient se trouver dans les 300 (sociologie) et les aspects techniques dans les 640. Les défenseurs croyaient que cela renforcerait la légitimité du sujet en tant que véritable science sociale. Toutefois, cet objectif n’a pas été atteint et, en partie, la persistance de l’exclusion des sujets domestiques des 300 représente le stéréotype du genre et le manque de visibilité des sujets stéréotypés « femme » dans la culture du début du .
Caen Caen est une commune française du Nord-Ouest de la France en Normandie. Préfecture du département du Calvados, elle était jusqu'au le chef-lieu de l'ancienne région Basse-Normandie. Depuis 2016, elle est le siège du conseil régional de Normandie et donc la capitale politique de la région tandis que Rouen avec le siège de la préfecture (chef-lieu) est la capitale administrative. Son grand nombre d'édifices religieux lui vaut le surnom de « Ville aux cent clochers ». Ses habitants sont appelés les "Caennais" . Cité de Guillaume le Conquérant et capitale du duché de Normandie avec Rouen, la ville a hérité d’un très riche patrimoine architectural en partie détruit lors de la bataille de Caen. La ville a gardé la mémoire de ce moment clé de la Seconde Guerre mondiale en édifiant notamment un Mémorial pour la Paix, célèbre dans le monde pour les cérémonies de commémorations qui y ont lieu. Du fait de son positionnement dans la recherche (avec le Ganil par exemple), de l'ancienneté de son université (fondée en 1432), de sa grande richesse culturelle (agglomération française la plus dotée en équipements culturels rapportés au nombre d'habitants) et de son caractère festif, Caen est parfois considérée comme étant la capitale culturelle et intellectuelle de la Normandie. Peuplée intra-muros de , Caen est la commune la plus peuplée du département du Calvados. La ville se classe au rang en ce qui concerne le territoire français pris en totalité (métropole et outre-mer). Elle est au centre d'une agglomération de ( après Rouen et Le Havre) et à la tête d'une aire d'attraction de ( de la région après celle de Rouen et au national). Elle est le siège de la communauté urbaine Caen la Mer, qui compte . Géographie. Situation, relief et géomorphologie. Caen, comme toute la moitié orientale de l'ancienne Basse-Normandie, fait partie du Bassin parisien. Elle est située à deux heures au nord-ouest de Paris par l'autoroute A13, dite « autoroute de Normandie » et environ à deux heures par le train de la gare de Paris-Saint-Lazare. Elle est reliée au sud de l'Angleterre par la ligne de ferry Caen-(Ouistreham Riva-Bella) - Portsmouth. Elle se trouve à quelques kilomètres du littoral, des plages du Débarquement, des célèbres stations balnéaires de Cabourg et de Deauville entre autres, de la Suisse normande et du pays d'Auge. Caen est située au centre-nord du Calvados au milieu de sa plaine, propice à la culture céréalière (plaine de Caen) ; elle a été fondée dans une vallée alluviale marécageuse à la confluence de l'Odon et de l'Orne, fleuve qui se jette plus au nord dans la mer de la Manche. L'agglomération caennaise se développe aujourd'hui sur le plateau. Son développement urbain est marqué par un fort étalement. À l'ouest de la ville, s'étend le Bocage normand (Bessin et Bocage virois), à l'est le pays d'Auge, au sud sa plaine se prolonge jusqu'aux frontières de la Normandie avec les Pays de la Loire (campagne de Falaise). Au nord, la mer de la Manche borde l'agglomération caennaise (côte de Nacre), faisant partie de la communauté urbaine Caen la Mer. Le territoire communal couvre . Il culmine à au nord, le point le plus bas () se situant à l'est, à la sortie de l'Orne. Géologie. La pierre blonde, dont les carrières, aujourd'hui fermées, s'étendent sous la ville de Caen, fut exploitée intensivement jusqu'au début du . Elle fut très utilisée par les ducs normands, notamment pour les grands bâtiments en Angleterre puis, plus tard, pour les premiers gratte-ciels et bâtisses de New York. Au , font la navette avec le port de Caen d'où partent par an. La concurrence du béton, ajoutée à l'exploitation de plus en plus difficile des galeries, a entraîné une cessation d'activité, la pierre de Saint-Maximin la remplaçant sur les bâtiments publics. Sous l'impulsion de Jean-Marie Girault, la construction du Mémorial de Caen profite en 1986 d'une autorisation temporaire d'extraction. En , la carrière de Cintheaux, fermée à fin du , a été rouverte à la demande de la Ville de Caen pour fournir de la pierre de Caen aux grands chantiers de restauration alors entrepris. Les anciennes carrières médiévales représentent un réseau de galeries souterraines de . Lors du débarquement de Normandie, les Caennais s'y réfugient entre juin et , jusqu'à à Mondeville, Fleury-sur-Orne, la Maladrerie (quartier de Caen) et Vaucelles. Pour surveiller ses souterrains, Caen est une des rares villes françaises à être dotée, comme Paris, d'un service des carrières. Codes. Le code de la commune est « CN » dans la liste des quartiers d'immatriculation des navires en France. Climat. Caen bénéficie d’un climat océanique, avec des saisons humides et tempérées. Les températures caennaises ne sont jamais excessives du fait de la proximité avec la mer. Cette proximité maritime permet d'un côté d'adoucir les hivers rudes et de l'autre de rafraîchir les étés qui seraient chauds, grâce à la présence de la brise, vent marin qui rafraîchit les terres dès que la température sur ces dernières devient largement supérieure à celle de l'eau. Contrairement aux idées reçues, il pleut moins à Caen qu’à Montélimar ou à Nice, mais les jours de précipitations y sont plus nombreux. Les mois d'hiver sont les plus arrosés. Par ailleurs, la pluviosité varie en fonction de l'altitude et de la géographie. En effet, il pleut moins sur une région de plaine que dans une région bocagère ; ceci explique ainsi l'absence d'une grande pluviométrie à Caen étant donné que l'agglomération est construite sur la plaine (plaine de Caen). En outre, les régions côtières sont généralement moins arrosées qu'à l'intérieur du pays (relief moindre) et sont aussi plus ensoleillées. Urbanisme. Typologie. Caen est une commune urbaine. Elle fait en effet partie des communes denses ou de densité intermédiaire, au sens de la grille communale de densité de l'Insee. Elle appartient à l'unité urbaine de Caen, une agglomération intra-départementale regroupant et en 2017, dont elle est ville-centre. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Caen, dont elle est la commune-centre. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de . Occupation des sols. L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires artificialisés (94,7 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (93,8 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : Composition urbaine. Caen est au centre d'une agglomération (unité urbaine) de vingt-et-une communes ( en 2014), mais son aire urbaine est beaucoup plus étendue ( totalisant ). Depuis 1975, la population dans la ville centre et de son agglomération a tendance à baisser, alors que parallèlement la population de l'aire urbaine de Caen est à la hausse, signe d'un fort mouvement de périurbanisation. Ainsi selon les données 2016-2017, la population de l'unité urbaine de Caen ne représente que 47% de celle de l'aire urbaine de Caen. Ce chiffre est proche de celui constaté à Rennes (46%). Ce même ratio est de 70% pour Rouen et de 82% pour Le Havre. Voies de communication et transports. Transports urbains. Les transports en commun de Caen sont constitués du réseau Twisto (anc. CTAC) comprenant, depuis 2017, une quarantaine de lignes de bus dont quatre « Lianes » (lignes à niveau élevé de service). Une navette centre-ville, gratuite, desservant les principaux équipements de la ville, fonctionne du lundi au samedi, entre et . De 2002 à 2017, la ville a compté deux lignes de tramway sur pneus (lignes A et B) utilisant la technologie TVR. Depuis , après de travaux, trois lignes de tramway classique circulent, dont une (La ligne T2) desservant la presqu’île de Caen en pleine mutation (la nouvelle bibliothèque Alexis-de-Tocqueville, le Cargö, l'ESAM, Dôme...). De plus, la ville, qui possède une cinquantaine de kilomètres d'itinéraires cyclables, dispose, depuis le , d'un système de Vélos en libre-service. Celui-ci était géré de 2008 à 2018 par Clear Channel Communications avec un contrat de . Le service, V'eol, se composait de réparties tous les environ, et de , d'une conception proche des Vélib' parisiens, mais moins lourds ( au lieu des du matériel de Paris), avec possibilité de et 550 vélos. La ville ayant choisi de ne pas financer le service par la publicité, il lui revenait à . La première demi-heure d'utilisation était gratuite, moyennant l'utilisation d'une carte d'abonnement hebdomadaire ou annuelle. Depuis , ce service est devenu Vélolib géré par Twisto, composé de (Caen et agglomération), cinq véloparks et en libre service à partir de . La ville est au croisement de plusieurs voies vertes et vélo-routes nationales et européennes (EV4, VéloFrancette). La Voie verte de Caen à Ouistreham permet d'accéder à Ouistreham et aux plages de la côte de Nacre à bicyclette. Voies routières et autoroutières. L'agglomération est desservie par trois autoroutes : l'A13, l'A84 et l'A88 (entre Caen et Falaise, la sera reprise par l'A88, une fois passée aux normes autoroutières) connectant la ville à la Bretagne, à la région parisienne et au Maine. Caen est ceinturée par un boulevard périphérique. Depuis 2008, le contournement sud de Caen facilite les échanges entre la (direction Falaise) et la vers Flers et Laval. À terme, ce contournement doit relier également la RN 158 et l'A13, ce qui soulagera le boulevard périphérique Sud. Un deuxième projet, en vue cette fois-ci d'alléger le trafic sur le boulevard périphérique Nord, appelé "Liaison Inter Quartier Nord" (LIQN), connectera le boulevard Jean-Moulin (sortie ) à la (sortie , zone industrialo-portuaire). Caen est historiquement le croisement des routes nationales suivantes : (déclassée en dans sa partie est - vers Lisieux, Évreux et Paris, et vers Cherbourg-en-Cotentin, Bayeux et Carentan-les-Marais dans sa partie ouest), (vers Falaise, Argentan, Alençon, Le Mans, Tours et Bordeaux), (ancienne - vers Flers, Laval et Angers), ancienne ( vers Avranches et Rennes et vers Rouen), (ancienne - vers Cabourg, Deauville et Honfleur). Voies ferroviaires. Caen est le centre d'une vieille étoile ferrée la reliant à Paris (en ), Cherbourg (en ), Rouen (en ), Le Mans (en ), Tours (en ) et Rennes (en ) à partir de sa gare. La gare de Caen voit transiter chaque année trois millions de voyageurs. Chaque jour, plusieurs dizaines de TER ou Intercités assurent des liaisons directes avec les gares de Lisieux, Évreux, Paris-Saint-Lazare, Cherbourg, Saint-Lô, Granville, Rennes, Rouen - Rive Droite, Alençon, Le Mans, Tours et Saint-Pierre-des-Corps. Un train qui part de Caen atteint Paris-Saint-Lazare en par un cadencement chaque heure depuis . Cependant, la desserte de Caen par la grande vitesse est véritablement relancée depuis et le souhait annoncé de l'ancien Président de la République Nicolas Sarkozy de réaliser une ligne nouvelle Paris - Normandie. Cependant, ce projet est repoussé, mais des travaux sont prévus pour améliorer les conditions de transport, notamment avec la mise en place progressive de nouvelles rames début 2020. La ligne Paris-Caen atteint un terminus provisoire établi à Mondeville en 1855. La gare de Caen est ouverte en 1857, mais n'est officiellement inaugurée qu'en 1858. Dès lors, plusieurs lignes se construisent : la ligne Paris-Caen est prolongée jusqu'à Cherbourg dès 1858, puis viendront les tours de la ligne Caen-Tours, du chemin de fer de la Suisse normande, etc. Ainsi naît l'étoile ferroviaire de Caen. Bien que la notion d'étoile ferrée ne soit plus aussi vraie que dans les décennies passées, puisque certaines lignes ont été fermées et que par ailleurs les embranchements ferroviaires pour aller à Rennes, Rouen ou au Mans ne se situent pas dans la périphérie immédiate de Caen mais dans les gares un peu plus lointaines de Lison ou de Mézidon ; la ligne Paris-Caen-Cherbourg demeure la ligne Intercités la plus rentable de France pour la SNCF, avec un bénéfice de plus de d'euros par an. La coopérative Railcoop caresse de nombreux projets qui pourraient concerner la ville de Caen : il s'agirait des relations Brest-Caen-Massy, Nantes-Caen-Lille et Caen-Toulouse. Liaisons maritimes. Le port de Caen-Ouistreham permet de se rendre à Portsmouth (Angleterre) avec la compagnie Brittany Ferries, où Londres ne se trouve plus qu'à . Jusqu'à trois allers-retours sont assurés quotidiennement. Une traversée dure en journée, en nocturne. Le port de Caen-Ouistreham est également un port de commerce, un port de pêche et un port de plaisance. Le port de commerce s'étend le long du canal de Caen à la mer entre les villes de Caen et de Ouistreham. Le port de plaisance de Caen se situe au bassin Saint-Pierre, dans le centre-ville. Le port de Caen-Ouistreham est le dixième port français. Liaisons aériennes. L'aéroport de Caen-Carpiquet est, en nombre de passagers, le plus important aéroport de Normandie. Une ligne régulière vers Lyon est effectuée trois fois par jour en semaine et permet des correspondances vers l'ensemble de l'Europe. La compagnie à bas prix Volotea ainsi que Air France Hop assurent des liaisons régulières vers la Corse. De 2014 à 2020, une liaison régulière vers Londres Southend était assurée par Flybe quatre fois par semaine. L'été, sont proposés de nombreux vols charters et saisonniers vers de grandes villes françaises et européennes telles que Nice, Ajaccio, Prague, Ljubljana et bien d'autres. Logements. Caen comptait en 2005. Sur les de 1999, 93,3 % étaient des résidences principales, 0,4 % des résidences secondaires, 0,9 % des résidences occasionnelles et 5,4 % des logements vacants. Les logements individuels représentaient, en 1999, 19,9 % de l'ensemble des logements, les logements dans un immeuble locatif en représentaient donc 80,1 %. Une très grande partie des logements caennais (54,9 %) ont été construits entre 1949 et 1974 ; 17,9 % avant 1949, et donc 21 % après 1974. Seulement 3,6 % des logements ont été achevés durant les années 1990, pourcentage bien inférieur à la moyenne régionale, la proportion moyenne de logements bas-normands achevés pendant la décennie 1990 étant de 9,5 %. Les espaces verts. La ville de Caen offre d’espaces verts et de jardins publics : Certains jardins sont des sites classés ou inscrits : La commune possède également des jardins familiaux. Ceux-ci représentent actuellement de terre destinés à être cultivés et à être fleuris, répartis dans les quartiers du Chemin-Vert, de la Guérinière, du Calvaire-Saint-Pierre, de Beaulieu, de la Prairie et de la Grâce de Dieu. Le premier jardin est celui de La Guérinière, créé vers 1950 (il était alors à l'époque sur la commune de Cormelles-le-Royal) ; le dernier a été ouvert à la Grâce de Dieu en 2001. La ville de Caen a obtenu le niveau « trois fleurs » au concours des villes et villages fleuris. Quartiers de Caen. Quartiers IRIS repris par la ville de Caen : La ville a été redécoupée en neuf secteurs dotés chacun d'un conseil de quartier. Marges. Plusieurs espaces à Caen constituent des marges, à la fois sociales et géographiques. C'est le cas en particulier de la presqu'île, zone portuaire et industrielle qui concentre les populations en situation de précarité financière et légale : migrants, personnes sans domicile fixe... C'est également un lieu majeur de prostitution. Les prostituées sont majoritairement des jeunes femmes d'origine étrangère (Afrique subsaharienne et Europe de l'Est), souvent en situation irrégulière, et prises dans des réseaux. Elles opèrent dans des camionnettes et changent d'endroit à mesure qu'avance l'urbanisation de la zone : dans les années 2000, la prostitution se concentrait autour de la gare SNCF et sur la rive droite des quais de l'Orne. Ces quelque 200 à se retrouvent ainsi de plus en plus reléguées géographiquement. Elles subissent fréquemment des violences. La pandémie de covid-19 renforce leur précarité. Toponymie. Attestations anciennes. On possède un grand nombre d'attestations anciennes du nom sous diverses formes : Étymologie. On dispose de peu de sources sur la fondation de la ville de Caen et l’origine de son nom. Les hypothèses anciennes sur la question ont été multiples et la plupart du temps farfelues. Par exemple, celle qui considère que « Caen » puisse être une altération du saxon, sans doute "*Gatehēm" « maison de la barrière », si l'on reconstitue un étymon plausible, en partant du fait historique que Caen aurait été un lieu de péage. Or, il s'agit d'un point de vue qui ne relève pas de l'analyse toponymique. Seules les attestations anciennes permettent d'étudier un toponyme et d'organiser un corpus cohérent, c'est-à-dire conforme à l'évolution phonétique connue des langues d'oïl, à savoir pour Caen : "Cadomo" > "Cadon" pour *"Cadom" (chute de la voyelle finale "-o") > "Cathum" pour "*Cathom" (lénition [d] en [ð] à l'intervocalique) > "Cathem" > "Cahem" (amuïssement de [ð] et passage de [o] à [ə]). Cette évolution est comparable à celle de Rouen, mentionné à une époque ancienne comme "Ratomagos", "Rotomagus", puis "Rodomo" > "Rothom" > "Rothem" > "Rohem". D'autres Ruan, Rouans, etc. offrent des formes comparables ou encore Condom issu de "Condatomagus" avec traitement occitan des consonnes [d] [t]. Un élément "-magus" est identifié avec certitude dans les exemples précédents, il représente le celtique (gaulois) "magos" > "magus" « champ, marché » (cf. vieil irlandais "mag" « plaine »). Il est vraisemblable qu'on le retrouve aussi dans Caen étant donné la similarité des formes postérieures de Caen et de ces exemples. En revanche, le premier élément de Caen est radicalement différent. Il s'explique probablement aussi par le gaulois. La plupart des toponymistes proposent "catu-" « bataille, combat » attesté, entre autres, dans le nom du peuple gaulois des Caturiges. Le vieux celtique "catu-" a évolué en celtique insulaire comme en ancien français (lénition de [t] en [d]), d'où le gallois "cad" « combat, troupe », le breton "kad", l'irlandais "cath" « combat » et "cad-" en ancien français, d'où les formes "Cadon", "Cadomo". La signification globale du toponyme "Catumagos" est donc « champ de combat », c'est-à-dire peut-être « terrain d'exercice au combat », ou « champ de bataille ». Homonymie avec Cahan (Orne) et Cahon (Somme). Histoire. De la Préhistoire au Haut Moyen Âge. Il existait sur le site de la ville de Caen des petits noyaux d'habitats préhistoriques dispersés sur les bords de l'Odon et sur les hauteurs. Au début de l'âge du Fer, des constructions s'implantent dans le secteur de Beaulieu. Du , une bourgade gallo-romaine, "Catumagus", ayant elle-même succédé à une bourgade gauloise nommée "Catumagos" (en celtique : champ du combat), s'est développé à l'emplacement de l’actuelle abbaye aux Hommes à proximité d'une voie romaine reliant "Augustodurum" (Bayeux) à "Noviomagus" (Lisieux). Ce bourg n'était qu'un vicus sans fonctions politiques ou administratives, ce rôle étant attribué à "Aregenua", capitale des Viducasses située à une quinzaine de kilomètres au sud de Caen. Sa vocation était essentiellement artisanale. Le bourg connait de profonds changements au . À partir de 275, les invasions barbares mettent fin à la prospérité antérieure et désorganisent les réseaux commerciaux. On constate que le bourg artisanal se tourne progressivement vers les activités agricoles. À la même époque, la transgression marine dunkerquienne provoque une montée progressive des eaux qui a pour conséquence une multiplication des inondations. À la fin du , les bâtiments sont laissés au marécage qui progresse et les habitants se déplacent vers le coteau légèrement plus au nord. "Aregenua" perd de son importance et l'actuel territoire de Caen passe sous l'influence d"Augustodurum". Au , des missionnaires venus de Bayeux, notamment saint Regnobert de Bayeux, fondent des oratoires, entourés de leur cimetière, le long de l'ancienne voie romaine au centre de petits villages isolés dans la vallée de l'Orne et de l'Odon. Les invasions normandes viennent interrompre cet essor pré-urbain. Caen sous les ducs de Normandie. Au , un nouvel essor urbain accompagne le grand redémarrage du duché de Normandie. Les paroisses Saint-Étienne, Saint-Sauveur, Saint-Georges, Saint-Gilles et probablement Saint-Michel-de-Vaucelles sont fondées à cette époque. Le bourg de Caen ("burgus Cadomus") est attesté depuis le règne du duc (996-1026). Une ville, constituée de plusieurs noyaux, commence à se structurer sur l'axe reliant Saint-Pierre à Saint-Martin en passant par Saint-Sauveur. Au début du , le premier texte se référant à Caen, la charte de l’abbaye de Fécamp, la décrit ainsi . Ce mouvement urbain est confirmé et accru au par la politique de Guillaume et de son épouse Mathilde de Flandre. En 1047, après sa victoire à la bataille du Val-ès-Dunes, le duc de Normandie organise le concile de la Trêve de Dieu sur la rive droite de l'Orne vers Vaucelles et fait construire en 1061 la chapelle Sainte-Paix, alors sur le territoire de Mondeville, pour recueillir des reliques de saints amenées pour cette occasion. Le couple ducal fonde également deux grandes abbayes à l'est et à l'ouest du tissu urbain existant dans lesquelles ils se feront inhumer, en 1083 dans l'abbaye aux Dames pour Mathilde de Flandre et, en 1087 dans l'abbaye aux Hommes pour Guillaume le Conquérant. Surtout, il fait édifier vers 1058/1060 une vaste forteresse, qui n'est encore qu'un vaste camp clos de murs, entre ses deux abbayes, au sommet de l'éperon calcaire dominant la vallée de l'Orne, dans lequel le duc et sa cour résideront régulièrement, et dote le bourg en plein développement d'une enceinte urbaine englobant le noyau central de l’agglomération naissante entre Saint-Étienne-le-Vieux et Saint-Pierre (Bourg-le-Duc). D'un gros bourg de constitution anarchique, Caen devient une ville majeure et la seconde capitale de la Normandie, au détriment de Bayeux, pourtant ville épiscopale, qui voit sa prééminence rapidement remise en cause. Le choix de Guillaume est guidé par sa volonté d'une capitale positionnée au centre du duché, et surtout il vise à imposer son pouvoir dans cette partie orientale de la Normandie, terres indociles dont était issue les conjurés de 1046. Ainsi, c'est dans la cité développée par leur père que Guillaume le Roux, roi d'Angleterre, et son frère aîné, Robert Courteheuse, duc de Normandie, signent en 1091 le traité de Caen censé régler les querelles de succession. La ville poursuit son développement sous Robert Courteheuse qui fait creuser un canal entre l'Orne et l'Odon formant ainsi l'île Saint-Jean ; ce bras d'eau, appelé canal Robert, a pour effet d'assainir ce terrain marécageux, d'offrir une protection face aux agressions extérieures et d'ouvrir un bief permettant l'érection de moulins. Son frère, , qui s'empare du royaume d'Angleterre en 1100 et du duché de Normandie six ans plus tard, fait aménager le château en construisant un donjon et une nouvelle salle d'apparat (actuelle salle de l'Échiquier). Selon le chroniqueur Robert de Torigni, c'est en 1123, que Henri Beauclerc . C'est lui également qui établit l'Échiquier de Normandie alors que sa chambre des comptes siégeait dans un bâtiment, aujourd'hui disparu, rue Saint-Jean, et sa chambre de justice dans la grande salle romane, et fait clore de canaux et de murs le nouveau faubourg de la ville, l'île Saint-Jean. En 1203, Jean sans Terre affranchit la commune de Caen qui peut alors se doter d’un beffroi, d’une cloche, d’un sceau et d’un hôtel de ville, bâti sur le pont Saint-Pierre. Au cours de l’incorporation du duché à la France par le roi Philippe II Auguste, Caen tombe le , avant Rouen. Le roi de France maintient les droits municipaux et remanie profondément les défenses du château, avec notamment la construction de la chemise du donjon. Guerre de Cent Ans. lors de sa chevauchée qu'il mènera à travers la Normandie, le Vexin, le Beauvaisis, le Vimeu, le Ponthieu, le Boulonnais et le Calaisis, après avoir débarqué le à Saint-Vaast-la-Hougue dans la baie de Morsalines, est le aux portes de la ville dont les fortifications sont médiocres et, comble de malchance, les eaux de l'Orne et de l'Odon sont si basses qu'elles peuvent être franchies à gué. Le capitaine de la place Robert de Warignies s'enferme dans la citadelle alors que Raoul de Brienne, connétable de France, avec ses chevaliers se rendent au comte de Kent, Thomas de Hollande. La ville est pillée et brûlée pendant trois jours. Pressé de gagner la Picardie n'assiège pas le château, et peu après son départ la garnison française reprend la ville. Dans les années qui suivirent, tirant la leçon, la ville et ses deux abbayes s'enferment dans de solides remparts. Ils permettront de détourner les chevauchées d'Henri de Lancastre et de Charles le Mauvais, malgré quelques faiblesse dont la division en trois bourgs : Bourg-le-Roi, bien fortifié, l'île Saint-Jean, médiocrement, et l'Île-aux-Prés (place de la République) pas du tout et la présence aux deux extrémités du bourg des deux abbayes qui peuvent servir de retranchement dans le cas où elles seraient prises. En 1370, on installe une plate-forme maçonnée à la place de la charpente d'origine. C'est de Caen que Bertrand du Guesclin, connétable de France, qui a fait de la ville son quartier général, part, en 1373, reconquérir le pays, Normandie, Guyenne, Saintonge et Poitou. Sa statue, par Arthur Le Duc, orne la place Saint-Martin. Durant l'été 1417, la ville après avoir été isolée, est de nouveau assiégée et oppose pendant dix-sept jours une résistance héroïque face à qui a débarqué le à l'embouchure de la Touques avec une armée forte de , alors que Caen dispose seulement d'une centaine d'arbalétriers à cheval, vingt-deux dizainiers et leur demi-millier de fantassins, la milice bourgeoise et la garnison du château aux ordres du sire de Montenay comprenant cent hommes d'armes et un corps d'archer génois. L’envahisseur anglais massacre , pille et traite les survivants en rebelles à « leur » roi. La région de Caen sera le lieu d’une très vive résistance à l’occupant anglais qui y procédera à un grand nombre d’exécutions de résistants entre 1418 et 1450. La fondation, en 1432, de l’université de Caen fait partie des mesures de Jean de Lancastre, duc de Bedford, régent de Normandie, afin de tenter de se concilier la population caennaise. La fin de l’année 1434 voit un soulèvement commandé par Jean de Chantepie. Après la bataille de Formigny, Dunois avec une partie de l'armée française met le siège devant la ville le . vient en personne à l'abbaye d'Ardenne commander les opérations. Le , le duc de Somerset, Edmond Beaufort, capitaine du château, et Richard Harrington, grand bailli de Caen, remettent la forteresse à Dunois avec la somme de d'or, pour les frais de siège et embarquent à Ouistreham. Le fait son entrée solennelle dans la ville, escorté de René d'Anjou, roi de Sicile, du connétable de Richemont , des comtes de Clermont et de Dunois. La Normandie redevenue française, récompensera la ville de sa « fidélité et loyauté » en confirmant tous ses privilèges et libertés en 1458 (confirmation de la Charte aux Normands). Après avoir réuni, à Tours, les représentants des villes marchandes du royaume le , autorise, en novembre, un établissement des foires à Caen, par ses lettres patentes. L'objectif étant de favoriser la croissance du commerce en Normandie et de ralentir la fuite de devises, liée notamment à la puissance des foires de Bruges et d'Anvers. Les protestants, prennent le contrôle de la ville en , leur iconoclasme s'en prend, entre autres, au tombeau de Guillaume le Conquérant et de la reine Mathilde. Le service catholique est suspendu. , chef des huguenots de Normandie, après s’être enfui de Rouen et avoir rassemblé des nouvelle troupes au Havre s'empare de la ville. Arrivé à Caen en , le chef du parti huguenot, l'amiral de Coligny, ordonne, avant son départ le , la démolition, « "afin d'avoir le profit qui se tireroit des plombs ont elle étoit couverte" », de l'abbaye aux Hommes dont le chartrier est brûlé. En 1584, la peste fait à Caen. Le Parlement de Normandie et la Cour des Aides et la Chambre des Comptes sont déplacés à Caen de à à la suite du soulèvement de Rouen contre le roi ; les parlementaires fidèles au roi se rendant à Caen. En 1619, la peste s'installe à nouveau à Caen. La Révolte des va-nu-pieds amorcée à Caen le fut menée par un certain "Bras-Nus" se donnant le grade de "colonel de l’armée souffrante" ; il finit roué. Prudemment restée à l’écart des troubles de la Fronde, Caen va voir la création de l’Académie des sciences, arts et belles-lettres de Caen et de la première Académie de Physique de France qui lui acquerra une réputation de capitale des beaux esprits et le surnom d'« Athènes normande ». Au , la croissance démographique et l'essor économique que connait la ville sous le règne personnel de obligent la ville à lancer de grandes opérations d’urbanisme afin de régler les problèmes posés par la congestion de la circulation et la pression démographique. Entre 1629 et 1635, la ville fait détruire les maisons qui se trouvaient entre le carrefour Saint-Pierre et le Châtelet et déplacer la partie du cimetière de l’église Saint-Pierre qui se trouvait derrière ces maisons. La place Saint-Pierre est ainsi formée dans le deuxième quart du . La ville, trop à l’étroit dans ses murailles, finit par repousser ces frontières en investissant les Petits près. Entre 1609 et 1603, la ville fait abattre des maisons pour transformer en rue une simple venelle servant à conduire les chevaux à l’abreuvoir sur le Grand Odon et, en 1626, un pont sur l’Odon est construit au bout de la rue des Jésuites (actuelle rue Saint-Laurent). En 1635-1637, la ville lance une importante opération d’urbanisme consistant à aménager une grande place carrée entourée de maisons construites en pierre de taille sur un alignement déterminé. Cette place royale (actuelle place de la République) est terminée par l’érection du séminaire des Eudistes et de son église dédiée aux Très Saints Cœurs de Jésus et Marie entre 1664 et 1703. Non loin de la place Royale, les Jésuites, installés au collège du Mont en 1609, se font ériger l’église Sainte-Catherine-des-Arts (actuelle église Notre-Dame-de-la-Gloriette) entre 1684 et 1689. Des promenades publiques arborées sont aménagées dans la Prairie le long de l’Orne et du canal Robert ; le cours-la-Reine (actuel cours Général-de-Gaulle) est planté en 1676 et le cours de l’Orne (actuel cours Kœnig) en 1691. Pour préserver l'orthodoxie catholique et stimuler la foi, les ordres de la Contre-Réforme, soutenus par les autorités royales, multiplient les fondations d’églises, de couvents et de monastères destinés à accueillir les formes rajeunies de la piété. De nombreuses congrégations s’installent donc à Caen : Jésuites, Carmélites, Ursulines, Visitation. Jean Eudes fonde à Caen la congrégation de Jésus et Marie (Eudistes) et l'ordre de Notre-Dame de Charité. La révocation de l’Édit de Nantes s'accompagnent de nombreuses persécutions : destruction du temple, internement aux Nouveaux et Nouvelles Catholiques… Ces représailles forcèrent de nombreux Caennais protestants refusant d'abjurer, riches marchands et industriels pour la plupart, à l'exil. L’émigration atteignit les proportions d’un véritable dépeuplement et le commerce de la province en fut ruiné. Un rapport de l’intendant Foucauld adressé au ministre Pontchartrain qui voulait établir une juridiction consulaire à Caen, affirme l’impossibilité de recruter un semblable tribunal en cette ville : « La plupart des marchands de Caen, étant « religionnaires », ont quitté le royaume ; ceux qui y sont restés sont passés à Paris ou à Rouen, et le commerce est à présent « peu de chose à Caen. » L'absolutisme louis-quatorzien mit également fin aux franchises municipales dont jouissait Caen en supprimant les élections municipales et en transformant les offices d’échevin des nobles, des bourgeois et des marchands en charges vénales. Caen vit, en 1713, 1715 et 1725, des émeutes liées à la cherté du pain. Le , se produit un des plus violents séismes qu'ait connu la Normandie. L'intensité à l'épicentre situé dans la région de Caen est estimé à VII sur l'échelle MSK. Toutes les maisons de la ville ont été agitées, de nombreux dégâts sont signalés. À la Révolution, le procureur-syndic Georges Bayeux et le commandant de la place Henri de Belzunce furent massacrés par la foule. En 1793, la section caennaise des Jacobins de Caen rompit ses attaches avec ceux de Paris. Nombre de Girondins cherchant refuge à Caen lors de leur chute, celle-ci devint le centre des insurrections fédéralistes auxquelles se joignit la société caennaise des Carabots. C'est le faible recrutement des armées fédéralistes qui incita Charlotte Corday à quitter Caen le pour aller assassiner Marat à Paris. Révolution et Empire. Le , l’armée de la Convention entre à Caen, signant la fin de l’insurrection fédéraliste. Le , des émeutes débutent à la halle aux grains et au moulin Montaigu. Les émeutiers protestent contre la disette qui sévit depuis 1811. Le préfet Mechin et le maire Lentaigne de Logivière sont pris à partie. L'ordre est rétabli le soir même. Plusieurs personnes sont arrêtées dans les jours suivants. Le , arrivent en renfort dans la ville. Le , sont jugées, quatre hommes et quatre femmes sont condamnés à mort. Ils sont exécutés le . Les autres personnes sont condamnées à des travaux forcés ou à de la prison. Le voit notamment l'inauguration du canal de Caen à la mer, immédiatement suivie de celle de la gare ferroviaire (1857-58). La ville est alors un centre intellectuel important de la Normandie, avec notamment la fondation, par Arcisse de Caumont, de diverses sociétés savantes (Congrès scientifique, Société française pour la conservation des monuments, en 1834, Association normande pour la vulgarisation des sciences; Caumont participe aussi aux travaux de la Société des antiquaires de Normandie). La ville sort de ses limites historiques et s'étend sur les pentes au-dessus de la vieille ville (quartier bourgeois autour de la gare Saint-Martin, ouverte en 1884) ou quartier plus populaire au-dessus de Vaucelles. Chronologie. Les dates marquantes sont : Démographie. La croissance démographique s'amenuise. On recense en 1806, en 1856 et en 1906. Régulièrement, l'évolution est même légèrement négative : La croissance reprend à partir de 1906. En 1936, les Caennais étaient . Caen au. Caen durant la Seconde Guerre mondiale. Caen perd environ 68 % de son volume bâti durant la Seconde Guerre mondiale car elle s'est trouvée sur une ligne de front très disputée lors du débarquement en Normandie le ("Jour J"). Les bombardements anglo-américains du au font près de parmi les habitants de la ville. Elle est libérée par les forces canadiennes qui ont combattu pendant un mois les troupes SS. Quelques-uns de ses principaux monuments ont néanmoins été sauvegardés. La reconstruction de Caen a officiellement duré de 1947 à 1963 avec de larges avenues rectilignes bordées par des immeubles de pierre de Caen d'environ cinq étages, ce qui confère une certaine unité architecturale à plusieurs parties de la ville. De nombreux immeubles qui avaient un toit plat ont été chapeautés d'un toit à pentes traditionnel. La ville, profondément meurtrie par la guerre, a été décorée de l'ordre national de la Légion d'honneur en 1948. 1945 à 2000. En réparation des dommages de guerre, et comme le monastère des Bénédictines avait été en grande partie détruit en 1944 pendant la bataille de Caen, il a été confié à l'architecte Jean Zunz de le reconstruire à la Folie-Couvrechef, qui est maintenant intégrée à l'agglomération. Il a confié la verrière de "la Création du Monde" à l'artiste Sergio de Castro en 1956. La réalisation durera trois ans. En 1963 est inauguré le parc des expositions, symbolisant ainsi la fin de la reconstruction de Caen. En 1968 Caen est touchée de plein fouet par trois événements : les grèves ouvrières et la nuit d'émeute du 26 et : les mois de mai et juin dans le cadre des événements de et enfin l'affaire du Théâtre-Maison de la Culture (TMC) au mois de décembre. Politique et administration. Dans le cadre de la réforme territoriale de 2014, qui a vu la fusion des régions de Haute-Normandie et de Basse-Normandie, Caen a obtenu le siège du conseil régional de Normandie, (tandis que Rouen conserve la préfecture de Région). Elle est également le siège de certains services régionaux de l'État (Rouen étant toutefois le siège de la majorité des directions régionales de l'État) : la DRAC, la DRAAF, l'ARS, le rectorat d'académie et l'INSEE de Normandie sont à Caen. Évolutions du territoire communal. En 1951, le territoire de la Guérinière, dépendant de la commune de Cormelles-le-Royal, fut officiellement rattaché à Caen. Un arrêté préfectoral du rattache la commune de Venoix ( en 1946) à Caen (). Les limites communales actuelles sont définitivement fixées dans les années 1960–1970 : Rattachements administratifs et électoraux. Caen est le chef-lieu du Calvados et de l'arrondissement de Caen. La ville est partagée entre la et la du Calvados, couramment appelées « circonscription de Caen-Ouest » pour la première et « circonscription de Caen-Est » pour la seconde. Caen était historiquement divisée en neuf cantons dont elle était le chef-lieu, mais donnait son nom à dix cantons : Dans le cadre du redécoupage cantonal de 2014 en France, la commune est désormais le bureau centralisateur des nouveaux cantons de Caen-1, Caen-2, Caen-3, Caen-4 et Caen-5. Intercommunalité. En 1990, l’agglomération de Caen s’est organisée en district, transformé en 2002 en une communauté d'agglomération (Grand Caen, renommée Caen la Mer en 2004), regroupant depuis 2013 trente-cinq communes et . Le , elle est remplacée par une communauté urbaine d'un peu plus regroupant la communauté d'agglomération ( en 2013) et les communautés de communes Entre Thue et Mue ( en 2012) et Plaine Sud de Caen ( en 2012). Selon l'État, ce périmètre doit être considéré comme une étape et la communauté de communes Cœur de Nacre pourrait rejoindre par la suite Caen la Mer. La communauté de communes Vallées de l'Orne et de l'Odon, formée par la fusion des communautés de communes Évrecy-Orne-Odon et Vallée de l'Orne, pourrait également être incorporée à cet ensemble. Caen est également siège du Pays de Caen, dont elle est membre depuis 2006. Tendances politiques et résultats. Si l'agglomération est plutôt ancrée à gauche, Caen est traditionnellement une ville centriste. « À droite depuis Guillaume le Conquérant » selon le mot de Louis Mexandeau, l'électorat caennais met au pouvoir une coalition républicaine au lendemain de la Première Guerre mondiale, réunissant sous la direction d'Armand Marie, les anciens adversaires que sont le républicain de gauche René Perrotte, et le nationaliste de droite Jules Séjourné. Dès lors, Caen n'est plus dirigé que par des maires classés à droite de l'échiquier politique. Selon le journaliste Gilbert Rochu, pour les Caennais, . Après les mandats de l'indépendant Yves Guillou et du républicain-populaire Jean-Marie Louvel, l'affrontement droite/gauche s'est personnalisé pendant trente ans dans le duel permanent entre le maire giscardien Jean-Marie Girault et le mitterrandien Louis Mexandeau. Lors des élections nationales, la ville privilégie le candidat socialiste (second tour de 1981 : François Mitterrand 52,59 % ; second tour de 1988 : François Mitterrand : 55,48 % ; second tour de 1995 : Lionel Jospin, 50,53 %), alors qu'aux municipales, Louis Mexandeau, handicapé par une gauche calvadosienne couramment divisée, ne parvient jamais à battre Jean-Marie Girault. L'héritage de ce dernier est disputé en 2001, entre la RPR Brigitte Le Brethon et l'UDF Luc Duncombe, la première menant finalement la liste de droite et étant élue sur le bilan de l'administration Girault. Mais cette opposition jamais éteinte amène les deux protagonistes à se présenter en 2008, au bénéfice du président de région socialiste Philippe Duron, qui emporte la mairie après avoir été élu député en 2007. Lors du deuxième tour de l'élection municipale de mars 2014, la liste menée par Joël Bruneau obtient 57,03 % des suffrages et quarante-trois sièges, contre 42,96 % et douze sièges pour la liste du maire sortant Philippe Duron. Joël Bruneau est élu maire le . Lors des élections municipales de 2020, la liste menée par Joël Bruneau obtient 50.79 % des suffrages au premier tour (). Joël Bruneau est réélu maire de Caen lors du conseil municipal du , le délai étant dû à la pandémie de COVID 19. Politique de développement durable. La commune a engagé une politique de développement durable en lançant une démarche d'Agenda 21 en 2009. Internet. Deux arobases sur http://www.villes-internet.net. Wi-Fi en libre-service dans certaines zones. Jumelages. La ville de Caen est jumelée avec les villes de : Population et société. Démographie. Caen est la commune de France métropolitaine la plus peuplée et la troisième commune de Normandie après Le Havre et Rouen ainsi que la troisième agglomération. Son unité urbaine compte , tandis que la communauté urbaine Caen la Mer totalise . L'aire d'attraction caennaise affiche enfin , c'est donc la aire d'attraction française, après celle de Saint-Étienne et avant celle d'Orléans. Caen est aussi la première ville du Calvados, son aire d'attraction concentre 67,6 % de la population départementale. Les recensements menés par l'Insee montrent également que la population caennaise compte et au . La part des hommes représente 45 % de la population caennaise, celle des femmes 55 %. En ce qui concerne l'état matrimonial des Caennais, l'étude indique que 51 % de la population est célibataire, 33 % marié(e), 8 % divorcé(e) et 8 % veuf ou veuve. Le nombre moyen de personnes par ménage est de 1,8. Par ailleurs, vivent dans un quartier prioritaire en 2018, ce qui ramène une proportion de 15 %. Aujourd'hui, la plupart des communes de la communauté urbaine Caen la Mer, ainsi que celles de l'aire d'attraction et même celles du Pays de Caen connaissent une poussée démographique remarquable. Le logement moins cher, le cadre de vie et la campagne calme et paisible se conjuguent aux avantages d'une ville que peut présenter celle de Caen et qui restent très accessibles grâce aux infrastructures dont elle dispose. Toutefois la ville de Caen elle-même, après avoir continuellement perdu des habitants d'année en année depuis 1999, a récemment renoué avec une croissance démographique de plus en plus soutenue. Pyramide des âges. La population de la commune est relativement jeune. En 2018, le taux de personnes d'un âge inférieur à s'élève à 45,5 %, soit au-dessus de la moyenne départementale (35,2 %). À l'inverse, le taux de personnes d'âge supérieur à est de 22,8 % la même année, alors qu'il est de 27,9 % au niveau départemental. En 2018, la commune comptait pour , soit un taux de 53,13 % de femmes, légèrement supérieur au taux départemental (51,95 %). Les pyramides des âges de la commune et du département s'établissent comme suit. Cultes. Culte catholique. Caen se situe aujourd'hui dans le diocèse de Bayeux et Lisieux, compris dans la province ecclésiastique de Normandie. Caen ne fut jamais siège d'évêché mais faisait partie de l'ancien diocèse de Bayeux. Elle concentre toutefois de facto l'essentiel des services du diocèse, Bayeux ayant surtout gardé le rôle symbolique de résidence de l'évêque en sa cathédrale, ce qui fait d'elle officiellement le siège du diocèse. Le doyenné de l'agglomération caennaise comprend 8 paroisses, dont certaines desservent un quartier de Caen ou comprennent une église située sur le territoire de la ville de Caen. À cela s'ajoutent les chapelles des couvents et monastères de la ville, dont celle de l'Oasis où est célébrée la messe, le dimanche, sous la forme extraordinaire. Culte protestant. L'Église réformée dispose d'un temple depuis le . Construit en 1611, il fut détruit en 1685. Le deuxième temple, aménagé au dans les dépendances de l'ancien monastère des Bénédictines, rue de Geôle, a été détruit dans les bombardements de 1944. Le temple protestant de Caen actuel a été construit en 1959 au 19, rue Mélingue. La paroisse de Caen fait partie du secteur Caen-Côte de Nacre du consistoire de Basse-Normandie de l'Église protestante unie de France. Le culte anglican est célébré dans la Chapelle de la Miséricorde, ancienne chapelle des Cordeliers, puis des Bénédictines. Les anglicans disposent également d'une aumônerie au de la rue du Chemin-Vert. Le culte évangélique est célébré dans plusieurs églises disséminées dans la ville. Enfin, il existe une église adventiste du septième jour dans le bas de Venoix. Une église évangélique baptiste célébrant deux cultes le dimanche se trouve dans la rue Jean-Mermoz dans la partie sud de la ville. Culte musulman. Comme pour l'ensemble des territoires urbains métropolitains, la ville de Caen connaît une certaine présence de la communauté musulmane, conséquence de l'immigration ayant suivi la Seconde Guerre mondiale. Ils disposent de trois salles de prière à la Guérinière. La première mosquée de Caen intra-muros a ouvert en 2019 dans le quartier de la Guérinière. Une mosquée est également ouverte, depuis 2011, à Hérouville-Saint-Clair, dans la banlieue caennaise, et est à ce jour la plus grande du Calvados. Culte juif. La communauté juive est implantée depuis le Moyen Âge à Caen dans le quartier Saint-Julien. La rue aux Juifs témoigne encore aujourd'hui de cette longue histoire. En 1966, les fonds levés par les donateurs locaux et par l'American Jewish Joint Distribution Committee permettent de construire une nouvelle synagogue au 46 de l'avenue de la Libération nouvellement percée sur les ruines du quartier du Vaugueux. Aujourd'hui, la communauté est composée d'environ . Culture et spectacle. Caen est parfois considérée comme la ville de la culture en Normandie. C'est en effet l'une des agglomérations françaises qui concentre le plus d'équipements culturels rapporté au nombre d'habitants (plusieurs salles de théâtre, deux salles de cinéma d'art et d'essai, trois salles de musiques actuelles, un zénith, un conservatoire de région, un musée des Beaux-Arts, la seule bibliothèque à vocation régionale de Normandie…). La ville de Caen souhaite par ailleurs constituer un pôle culturel d’intérêt régional à l'ouest du centre-ville : Spectacle vivant. Le théâtre de Caen, inauguré en 1838, a été détruit en 1944. Un nouveau bâtiment a été reconstruit pratiquement au même emplacement. Les Arts Florissants y furent en résidence jusqu'en 2015. Une académie, le Jardin des Voix, y avait été mise en place par William Christie ; elle a pour but de former et d'offrir une exposition au public à des jeunes chanteurs et chanteuses baroques. Aujourd'hui le théâtre accueille en résidence le jeune ensemble Correspondances, et possède le label Scène d'Art lyrique. La Comédie de Caen, centre dramatique national de Normandie, regroupe trois lieux : le théâtre d'Hérouville, le théâtre rue des Cordes à Caen et la Halle aux Granges également à Caen. L'Orchestre de Caen, composé principalement des professeurs du conservatoire a donné son premier concert le . Formant un seul établissement avec le conservatoire à rayonnement régional de Caen, il organise chaque année une cinquantaine de concerts incluant les festivals Aspects des Musiques d'Aujourd'hui et le Festival International d'Orgue de Caen. Il mène des actions dynamiques et originales en direction des publics empêchés : les Mini-concerts et un cycle de découverte de l'Orchestre destiné aux enfants des écoles élémentaires. Nicolas Simon est depuis le chef principal de l'orchestre, succédant à Vahan Mardirossian qui occupait ce rôle depuis 2010. La ville dispose aussi de plusieurs théâtres occupés par des compagnies indépendantes, la cité/théâtre (Actea compagnie dans la cité, direction artistique Olivier Lopez), le Panta Théâtre (direction Guy Delamotte et Véro Dahuron) et le théâtre Foz (direction Rowland Buys et Monique Calzas). Le centre chorégraphique national de Caen en Normandie est l'un des dix-neuf centres chorégraphiques nationaux en France. Ce lieu de création, de recherche et de formation consacré à la danse contemporaine est installé depuis sa fondation en 1984 dans la Halle aux Granges. Caen accueille chaque année, depuis 1998, les Rencontres des cultures électroniques Nördik Impakt. La soirée de clôture du festival est réputée pour être l'une des plus grandes rave parties organisées en France. Le Cargö, bâtiment accueillant deux salles de concert et des studios d'enregistrement, est ouvert depuis le . Cette structure fait partie du réseau des salles des musiques actuelles et répond à un besoin culturel qui ne trouvait pas de cadre auparavant. Ainsi, de nombreux artistes et groupes de la région peuvent y enregistrer leur production pour un budget accessible, ou se produire sur une scène de taille moyenne, ce qu'ils ne pourraient faire dans le cadre du Zénith de Caen, par exemple. Cinéma. "L'Omnia", première salle de cinéma caennaise, ouvre en 1909, sur le boulevard Albert-Sorel. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, huit cinémas attirent le public cinéphile. Parmi eux, on comptait le "Majestic", rebaptisé "Pathé-Lumière", qui a déménagé dans le nouveau quartier des Rives de l'Orne en 2013 et dispose désormais de dix salles. Autre cinéma actuel de Caen, le "Lux", ouvert en 1966 et labellisé cinéma d'art et d'essai, dispose de trois salles. En périphérie, l'UGC Ciné Cité de Mondeville dispose de douze salles. Enfin, "Le Café des images", spécialisé dans le cinéma d'auteur, labellisé art et essai est installé à Hérouville-Saint-Clair. Un projet de multiplexe à Verson a été rejeté par la Commission nationale de l’aménagement commercial en . Les vingt-six salles de l’agglomération sont équipées de projecteurs numériques, le Pathé-Lumière ayant équipé les quatre dernières au premier trimestre 2012. En 2010, les cinémas de l'agglomération de Caen ont vendu . Plusieurs films ont été tournés à Caen : "Les Violents" d'Henri Calef en 1957, "Le Jour le plus long" en 1962, "La Horse" de Pierre Granier-Deferre en 1970 (dans l'ancien palais de justice de Caen), "Les Valseuses" de Bertrand Blier en 1974 (Monoprix), "La Chambre verte" de François Truffaut en 1977 (cimetière Saint-Nicolas), "Valmont" de Miloš Forman en 1989 (abbaye aux Hommes), "Saint-Cyr" de Patricia Mazuy en 2000 (abbaye aux Dames et abbaye aux Hommes), "Possession" de Neil LaBute (université de Caen, château de Caen, rue Guillaume-le-Conquérant), "Basse Normandie" de Patricia Mazuy et Simon Reggiani en 2004 (CHU et église Saint-Nicolas) ou encore "Comment c'est loin" d'Orelsan en 2015. Arts plastiques. Caen ouvre les collections de son musée des Beaux-Arts installé au cœur du château ducal. Après une période de gratuité de 2005 à 2010 pour les collections permanentes, concernant également le musée de Normandie, l'entrée est redevenue payante. Une collection remarquable de peintures du y est exposée : Le Pérugin, van der Weyden, Véronèse, Le Tintoret, Champaigne, Rubens, Le Guerchin, Tiepolo, Courbet, Corot, Monet, Boudin, Dufy, Soulages, Rebeyrolle… Caen accueille le Fonds régional d'art contemporain de Normandie-Caen, collection et expositions en art contemporain. L'École supérieure d'arts et médias de Caen - Cherbourg, par le biais de la galerie L'Hôtel, programme des expositions présentant le travail d’artistes enseignants, français ou étrangers. En 1986, la ville de Caen a créé une artothèque ; installée initialement dans l'hôtel d'Escoville, elle a déménagé en 2013 dans le palais ducal restauré. Cette institution permet à des particuliers, des entreprises ou des collectivités publiques d'emprunter des œuvres d'art contemporaines régionales, nationales et internationales, de la fin des années 1950 jusqu'à nos jours. L'artothèque de Caen organise également des expositions. Le jardin de la Luna Rossa est un petit musée d'art brut à ciel ouvert. Il est aménagé dans un jardin rue Damozanne, non loin de l'abbaye aux Hommes, derrière le Quartier Lorge. La résidence-atelier d'Yvonne Guégan, au , peut être visitée. Les maisons des jeunes et de la culture (MJC) : MJC Caen Guérinière, M.J.C. La Prairie Maison des Jeunes et de la Culture, M.J.C Chemin Vert, Maison des Jeunes et de la Culture, Association MJC Venoix et le Centre d'Animation du Calvaire Saint Pierre assure aux enfants et adolescents d’y trouver un cinéma, des spectacles, une bibliothèque, des journaux, des revues, des livres, de s'épanouir, lier jeunesse et culture dans une perspective d'éducation populaire. Festivals. Tous les mois de novembre depuis 1999, la ville de Caen accueille le festival Nördik Impakt. Il s'agit d'un festival de musiques électroniques, au sens large du terme (techno, minimal, électro, deep-house, drum'n'bass…). Le festival tend à se développer en synergie avec la ville de Caen, notamment à l'aide des soirées Nordik'Appart ou d'artistes de la scène locale. Un festival en plein air de quatre jours, organisé à Hérouville-Saint-Clair, est le festival Beauregard. Ce festival est plus orienté grand public. Depuis 1982, le festival de musique contemporaine, Aspects des Musiques d'Aujourd'hui, initié par Jean-Pierre Dautel (directeur du Conservatoire et de l'Orchestre de Caen de 1951 à 1986), accueille les principaux compositeurs actuels. Il a lieu chaque année en mars et est organisé dans le cadre de la saison de l'Orchestre de Caen au sein des locaux du Conservatoire de Caen. Depuis 2000, le Festival International d'Orgue de Caen, initié par Stéphane Béchy (directeur du Conservatoire et de l'Orchestre de Caen de 1999 à 2016) est organisé chaque année en juin et permet d'entendre le riche patrimoine d'orgues de la Ville. Depuis 1992, Les Boréales est un festival consacré à la culture nordique au sens large (pays baltes, Danemark, Estonie, Finlande, Islande, Lettonie, Norvège et Suède) autour de différents vecteurs (la littérature, le théâtre, la musique, la danse, le cirque et le cinéma). Littérature. Le prix littéraire de la Ville de Caen, créé en 1975, récompense chaque année le meilleur ouvrage de fiction écrit par un écrivain bas-normand ou dont l'action se situe dans le Calvados, la Manche ou l'Orne. Le Prix Littéraire des Lycéens de la Ville de Caen, conçu comme un prolongement du Prix littéraire de la Ville, a eu pour premier lauréat en 1998 Alain Genestar. À Saint-Germain-la-Blanche-Herbe, l'abbaye d'Ardenne abrite l'Institut mémoires de l'édition contemporaine depuis 1995. Cette association soutenue par le ministère de la Culture et le conseil régional, conserve les archives d'écrivains francophones contemporains, de chercheurs et d'éditeurs. L'École de Caen remet chaque année, depuis 2002, un prix unique en son genre, qui récompense le travail d'un auteur et d'un illustrateur, sans distinction de catégorie. Fondée en 1790 à partir de la bibliothèque de l'Université ouverte au , la Bibliothèque de Caen, classée en 1897, a été détruite en , perdant alors une grande partie de ses . Reconstruite en 1968-1971 près de l'hôtel de ville, elle abrite le plus gros fonds de Basse-Normandie, et dispose de sept bibliothèques de quartier et d'un bibliobus. En 2017, elle déménage sur la presqu'île portuaire en prenant le nom de Bibliothèque Alexis-de-Tocqueville. Elle est aujourd'hui gérée par la communauté urbaine Caen la Mer et participe au projet de numérisation "Normannia" Gastronomie. La tradition culinaire de Caen se mêle à la cuisine normande et compte comme spécialité les tripes à la mode de Caen. Depuis 1850, la Biscuiterie Jeannette, plus ancienne biscuiterie de Normandie, produit des madeleines vendues sur le marché national sous ce nom avec comme logo une fermière portant un pot-au-lait sur l’épaule. Caen abrite quatre restaurants étoilés par le "Guide Michelin", "Incognito", promu dans l'édition 2009, "Ivan Vautier" (Le Pressoir), "A Contre-Sens", promu dans l'édition 2012, et "L'Initial", promu dans l'édition 2016. L"Embuscade", cocktail à base de calvados, de crème (ou sirop) de cassis, de vin blanc et de bière, est originaire de Caen. Son nom évoque l'aspect sournois du cocktail. Enseignement. Caen est le siège de l'académie de Caen et de la région académique de Normandie, circonscription éducative dirigée par un recteur, Denis Rolland qui administre le réseau éducatif de Basse-Normandie et de Saint-Pierre-et-Miquelon depuis 2016, ainsi que l'académie de Rouen depuis 2017. L'unique université de l'académie est l'université de Caen-Normandie, toutefois son implantation ne se limite pas à la ville de Caen mais se généralise à l'ensemble de l'ancienne Basse-Normandie, ayant des antennes dans cinq autres villes ("voir section suivante"). Trois réseaux d'éducation prioritaire (REP) ont été définies sur la commune de Caen : une première dans le quartier du Chemin Vert, une deuxième à la Grâce de Dieu et une dernière à la Guérinière. Enseignement supérieur. À la rentrée 2019, on comptait pas moins de répartis sur l'ensemble des campus Caennais, ainsi qu'en lycée pour les BTS et classes préparatoires. L'université de Caen, l'une des plus anciennes de France, créée en 1432 par Jean de Lancastre, duc de Bedfort, pour le roi sur le modèle d'Oxford et de Cambridge, compte près de répartis essentiellement sur les cinq campus de la ville. L'université multidisciplinaire dispose de onze unités de formation et de recherche, de six instituts, d'une école d'ingénieurs, de deux instituts universitaires professionnalisés et de cinq antennes universitaires à Alençon, Cherbourg, Lisieux, Saint-Lô et Vire. L'école des Beaux-Arts de Caen a été fondée en 1795. L'ensemble des ateliers étaient disséminés sur quatre sites différents jusqu'en 2009, année où ils ont été réunis dans un nouvel ensemble construit sur la Presqu'île portuaire. L'établissement a alors changé de nom pour devenir l'école supérieure d'arts et médias de Caen (ESAM). La ville est le siège de la ComuE Normandie-Université qui regroupe plusieurs établissements d'enseignement supérieur de l'ensemble de la Normandie, et notamment les trois universités de Caen, Rouen et Le Havre. Les grandes écoles sont aussi présentes à Caen avec : La ville possède également une École supérieure du professorat et de l'éducation. Par ailleurs l'université populaire de Caen organise des séminaires ouverts à tous. L’association interprofessionnelle de formation continue du Calvados (AIFCC), organisme de formation des chambres de commerce et d'industrie du Calvados, abrite plusieurs instituts à Caen : Depuis 2012, l'Institut d'études politiques de Rennes possède une antenne à Caen. Le campus est transféré en 2014 dans les anciens locaux de l'École supérieure d'arts et médias de Caen, de la rue Pasteur. Le campus de Caen propose des enseignements sur le développement durable, le dialogue territorial et les transitions sous un angle pluridisciplinaire (sciences politiques, droit, géographie, histoire). Il dispose également d'une spécialisation géographique avec un parcours ouvert sur l'Europe du Nord (pays nordiques et baltiques). Deux masters peuvent y être suivis : Lycées. Quinze lycées existent actuellement à Caen, 8 sont publics, 7 sont privés : Collèges. Dix-sept collèges existent actuellement à Caen, 12 sont publics, 5 sont privés : Élémentaires et maternelles. Caen dispose de publics d'enseignement primaire, auxquels il faut ajouter les 10 autres privés. Sur les publics, 28 sont à la fois école maternelle et élémentaire, 5 sont exclusivement des écoles maternelles et 2 sont exclusivement des écoles élémentaires ; le nombre d'écoles primaires à Caen s'élève ainsi à 63 : maternelles et élémentaires. Santé. On dénombre à Caen sept infrastructures hospitalières (quatre publiques et trois privées), dont l'utilité ne se limite pas à la seule agglomération de Caen mais clairement à l'ensemble de la région ex-Basse-Normandie. Pôle d'excellence : la cardiologie; discipline peu représentée : la gynécologie. Centre hospitalier régional universitaire. Le centre hospitalier régional universitaire (CHRU de Caen) dispose de la plus grande capacité, avec . Il emploie (, dont ( en personnel médical. Le CHRU de Caen est composée de quatre établissements situés au nord, à l'est et au sud de la ville : Centre régional de lutte contre le cancer. Connu sous le nom de centre François-Baclesse, le Centre régional de lutte contre le cancer de Basse-Normandie est, comme tous les vingt autres centres régionaux de ce type en France, un établissement privé à but non lucratif et de caractère hospitalo-universitaire participant au service public hospitalier. Le centre François-Baclasse se situe donc sur le plateau de Côte de Nacre, et jouxte le CHU (Hôpital Côte de Nacre). Ses missions sont le dépistage, l'examen, l'hospitalisation et le traitement des maladies, la surveillance prolongée des résultats thérapeutiques, la recherche sur l'étiologie, la prophylaxie et la thérapeutique du cancer, et les soins palliatifs, ce pour tous les Bas-Normands et la Basse-Normandie. Un grand centre de protonthérapie, destiné aux patients atteints de cancer, s'implantera dès 2018, ce qui fera de Caen une des places fortes de traitement du cancer. Centre hospitalier spécialisé du Bon-Sauveur. Le Bon-Sauveur est à l'origine une communauté religieuse non cloîtrée fondée au à Vaucelles afin de prendre en charge « les filles et femmes débauchées » que la police arrêtait. Par la suite, elle commence à accueillir des femmes aliénées. Au , les sœurs s'installent dans l'ancien couvent des Capucins. Sous l'impulsion de Pierre-François Jamet, l'hôpital psychiatrique entre dans une véritable démarche thérapeutique et se développe rapidement jusqu'à devenir le troisième établissement de France au début de la Troisième République. En 1836, il devient asile départemental, mais ce n'est qu'en 1975 que le Bon-Sauveur est doté du statut d'établissement public et prend le nom de Centre hospitalier spécialisé du Bon-Sauveur. Cliniques. Il existe actuellement trois cliniques : Recherche. Caen dispose de deux centres de recherche d'importance nationale : le Grand accélérateur national d'ions lourds (GANIL) et le Centre d'imagerie cérébrale et de recherche en neurosciences (Cyceron). En 2016, le GANIL accueillera une nouvelle ligne accélératrice de particules, en construction depuis 2011. Par ailleurs de nombreuses équipes de recherche travaillent dans les laboratoires de l'Université de Caen ou de l'ENSICAEN. Sports. La première société sportive de la ville apparaît en 1882 avec la société de gymnastique, de tir, de préparation militaire de Caen. Les premiers clubs sont tous omnisports. Les étudiants et lycéens fondent à leur tour des sociétés sportives : l'Union sportive des Étudiants (fondée en 1892), l'Union Athlétique du lycée Malherbe (fondée en 1895] et enfin la normalienne (fondée en 1896). Une seconde société de gymnastique est créée en 1887 : « la jeunesse caennaise » mais cette dernière cesse ses activités en 1896. Il faut attendre 1899 pour qu'une autre société privée se crée : le Club Sportif caennais en 1899. Puis en 1902, un vicaire de la paroisse saint-Sauveur fonde l'Avant-Garde caennaise s'inscrivant dans le patronage. À l'opposé, la jeunesse laïque caennaise est créée en 1906. En 1886, le vélo-club caennais est fondé pour la pratique du cyclisme. Football. La pratique du football est attestée à Caen dès 1892 par les lycéens du lycée Malherbe et les étudiants de l'université. Un premier club ne regroupant pas des scolaires est créé en 1899 sous le nom de Club Sportif caennais. La ville dispose d'une équipe de football évoluant pour la saison 2022-2023 en Ligue 2 : le Stade Malherbe de Caen. Fondé en 1913, le club adopte le statut professionnel une première fois entre 1934 et 1938 puis de nouveau en 1985. Depuis 1993, le club évolue au stade Michel-d'Ornano. En 1996, le club est champion de France de Division 2 et obtient un second titre en 2010. En 2004-2005, Caen est élu meilleur public de Ligue 1 par la Ligue de football professionnel, signe de la popularité du club dans la région. Depuis , le club dispose de nouveaux locaux, modernes et fonctionnels, bâtis pour un coût de trois millions d'euros, qui abritent le siège du club et le centre de formation. Ce dernier a permis la formation de nombreux joueurs, parmi lesquels Franck Dumas, William Gallas, David Sommeil, Jérôme Rothen, Bernard Mendy, Grégory Tafforeau, Mathieu Bodmer, Anthony Deroin, Ronald Zubar, Yoan Gouffran ou encore Youssef El-Arabi. Pour la saison 2015-2016, l'équipe réserve joue en CFA 2, dans le même groupe que l'équipe première d'un autre club caennais : l'Association sportive des PTT Caen. La seconde équipe de l'ASPTT évolue en ligue de Basse-Normandie tout comme deux équipes de La Maladrerie Omni Sports et deux équipes de l'Avant Garde caennaise, ces deux clubs ayant chacun deux autres équipes engagées en divisions de district. Les autres clubs de la ville évoluent en divisions de district avec une ou deux équipes : l'Association sports et loisirs du Chemin Vert, le Football club Sud-Ouest de Caen, La Butte Caen et l'Union sportive Guérinière. Athlétisme. La pratique de l'athlétisme existe dès la fin du notamment au sein du l'Union athlétique indépendante de Caen à partir de 1893 et du club omnisports du Club Sportif caennais à partir de 1899. On court déjà autour de la Prairie. Entre 1912 et 1924, l'athlétisme est pratiqué au stade de Venoix par la section athlétisme du Stade Malherbe caennais. Puis l'activité se déplace au stade Hélitas au milieu des années 1920. La section athlétisme du SMC devient indépendante en 1988 et prend le nom de Stade Malherbe Athlétic caennais. Puis en 2000, le Caen Athletic Club est créé, reprenant le sigle d'un club sportif ayant existé au début du siècle. Des sportifs évoluent au niveau national et régional licenciés dans ce club en pleine expansion. Les athlètes participent tous les ans à de nombreuses compétitions, été comme hiver, cross en salle, et aux inter-clubs. Hockey sur glace. Caen dispose également d'une équipe de hockey sur glace évoluant en Ligue Magnus depuis la saison 2010 2011, les "Drakkars", qui avait auparavant accédé à la Ligue Magnus de 2005 à 2008, et antérieurement de 1998 à 2001 (l'équipe était alors nommée les "Léopards"). Rugby. Depuis 2007, le Stade caennais rugby club représente l'agglomération caennaise en Championnat de France de troisième division fédérale masculine. Le rugby caennais est également représenté à haut niveau féminin par l'Ovalie caennaise, le club de rugby à XV qui totalise trois titres de championnes de France (sous le nom de Caen Rugby Club) et quatre de vice-championnes en sept ans (de 1999 à 2005). Le club joue encore les tout premiers rôles en championnat et fournit nombre d'internationales à l'équipe de France. Cyclisme. La première société vélocipédique est fondée en 1886 sous le nom de « Vélo-club caennais ». Des courses sur piste sont organisées en 1895 sur un vélodrome sur le cours Montalivet. La même année, le Vélo-club organise une course avec une dizaine de participants entre Caen et Paris aller-retour en quatre jours. Un second club de cyclisme est créé en avec l'« Union Vélocipédique Caennaise » qui dure quelques années avant de disparaître. L'Étoile Sportive caennaise est créée en 1906. À partir de 1924, la ville dispose d'un véritable vélodrome. Caen a été ville-étape du Tour de France : Chaque année, le Tour de Normandie y fait étape. D'autres courses ont été courues à Caen avant la Seconde Guerre mondiale : Tennis. Le premier club de tennis est créé en avril 1894 sous le nom de "lawn-tennis club de Caen" par les étudiants de l'USEC. La mairie leur cède un terrain cours Caffarelli afin d'y installer les premiers cours. Le Stade Malherbe ouvre ses propres cours en 1920 rue Basse puis au stade Hélitas. C'est à cette occasion qu'est créé le Tennis Club Stade Hélitas qui devient le Tennis Club de Caen en 1992. Ce club organise un tournoi international, le top-ten jusqu'en 1990. Depuis 2007, il organise l'Open de Caen. Roller. Le premier club de football sur roller français, "Caen Rollersoccer Association", a été fondé à Caen en 2001. Le Championnat d'Europe de roller in line hockey juniors 2003 a eu lieu à Caen. Équitation. La filière équestre a une importance particulière à Caen depuis les . Une académie d'équitation y a été fondée en 1728 par Pierre des Brosses de La Guérinière, frère de François Robichon de La Guérinière. Agrandie en 1737, puis en 1766 à la suite d'un incendie, l'école de dressage a été reconstruite par Gustave Auvray de 1863 à 1866. Cette académie était alors une des plus prestigieuses de France. En 1818, le premier dépôt de remonte est créé à titre expérimental dans la caserne de la Visitation (actuel quartier Lorge) en vue d'acheter des chevaux directement auprès des propriétaires ou des éleveurs, de les élever et de les préparer au régime militaire. Caen est également l'une des premières villes de France à avoir organisé des courses de trotteurs. La première, programmée par la Société d'agriculture et de commerce de Caen, a lieu le . Un champ de course permanent, l'hippodrome de la Prairie, est créé en 1839. Afin de règlementer le code des courses au trot pour la France entière, est fondée à Caen la Société d'encouragement pour l'amélioration du cheval français de demi-sang (ancêtre de la Société d'encouragement à l'élevage du cheval français) le . Plusieurs prix sont courus à l'hippodrome de Caen : Prix de la Ville de Caen, Prix Henri Ballière, Prix des Ducs de Normandie ou Saint-Léger des Trotteurs. La ville a été choisie pour organiser les Jeux équestres mondiaux de 2014. Économie. L'économie caennaise du est marquée par deux industries d'ampleur : la Société métallurgique de Normandie (SMN) et Moulinex. Les hauts-fourneaux de la première, inaugurés en 1917, emploient jusqu'à ouvriers en 1974, tandis que la vie de la cité ouvrière est gérée sur le modèle paternaliste, avec les écoles ménagères pour les filles, les centres d’apprentissage pour les garçons, et l'Union sportive normande pour les ouvriers. La seconde, aux unités essaimées dans toute la Basse-Normandie, ouvre son usine de Cormelles-le-Royal en 1964 et y emploie en 1973. En outre, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, la ville lourdement détruite par les combats et les bombardements est l'une des métropoles régionales choisies dans les plans gaulliens de décentralisation industrielle. Alors que l’agriculture nourrit encore la moitié de la population bas-normande, le secteur automobile (Citroën, Saviem), l’industrie électronique (Alcatel, Philips et Bosch), et l’électroménager (Moulinex) créent industriels dans les années 1960. Installées en périphérie de la ville, les usines entrainent l'exode rural local et la poussée démographique de ce qui devient la de Caen. Ensuite, la ville profite de ses deux élus locaux devenus ministres, Michel d'Ornano implantant le Grand accélérateur national d'ions lourds porté par le CEA et le CNRS, et agrégeant d'autres laboratoires de recherche scientifique, Louis Mexandeau installant le service d’études des postes et télécommunications (SEPT), chargé de la monétique et du courrier électronique. Alors que l'industrie décline, la décennie 1980 marque une orientation vers le tertiaire (Caen abrite le siège historique du groupe de distribution Promodès dont Mondeville 2 devient la vitrine) et le tourisme, symbolisé par le Mémorial de Caen. Caen obtient la dénomination « commune touristique » en . Ces nouvelles activités se centralisent sur Caen alors que l'industrie privilégiait les communes périphériques. La santé devient un pourvoyeur d'emploi essentiel à travers le CHU qui devient le premier employeur de l'agglomération, ainsi que la fabrication de produits pharmaceutiques. Les années 1990 voient les piliers de l'industrie locale péricliter. Nationalisée et passée sous le contrôle d'Usinor-Sacilor, la SMN ferme le . Dans le même temps, l'industrie automobile caennaise se sépare de la moitié de ses effectifs. Enfin, fin 2001, Moulinex après plusieurs vagues de licenciements, ferme l'usine de Cormelles. Le port de Caen-Ouistreham menacé par la fermeture de la SMN qui représentait la moitié du trafic, se réoriente vers le trafic transmanche, concurrençant ainsi le port de Cherbourg. Aujourd'hui, il voit transiter de tonnes de marchandises par an, ce qui en fait le d'intérêt national de France. Au début du , Caen parie sur l'électronique pour sa relance. Autour de l'usine historique de semiconducteurs de Philips, en centre-ville, devenue NXP, les édiles constituent un pôle technologique sur le modèle grenoblois. Mais l'annonce de 373 suppressions de postes à Caen par NXP en rend les projets caducs. Aujourd'hui, la ville accueille également de grandes entreprises comme Valeo, et Orange y possède un de ses centres européens de recherche et de développement. Les principales activités économiques sont les centres d'appels, les activités high-tech de transactions électroniques, et le nautisme. En 2014, elle se classe première parmi les villes entre et « où il fait bon entreprendre » devant Montpellier et Strasbourg selon le magazine l'Expansion. Caen est le siège de la chambre de commerce et d'industrie de Caen et de la chambre régionale de commerce et d'industrie de Normandie. La coopérative agricole et agroalimentaire Agrial a son siège social sur Caen. Elle compte adhérents et . Culture locale et patrimoine. Monuments et lieux touristiques. Une longue histoire a doté la ville de Caen de nombreux monuments historiques dont les principaux (deux abbayes et le château) ont été construits sous Guillaume le Conquérant au . Notons qu'il existe, contrairement à l'image véhiculée par la Seconde Guerre mondiale, un centre ancien (le vieux Caen) situé à l'ouest de la ville. Surnommée « ville aux cent clochers » (comme Rouen, Dijon ou Poitiers), on y dénombre une quarantaine d'églises dont il ne reste parfois qu'un pan de mur. La capitale bas-normande compte 86 édifices protégés monuments historiques, ce qui est assez remarquable compte tenu des sinistres causés par les bombardements de l'été 1944. Bien que beaucoup d'entre eux aient été détruits en 1944, la ville compte encore de nombreux hôtels particuliers et de demeures plus modestes. Les plus anciens datent de la Renaissance, mais la majeure partie d'entre eux a été édifiée aux . La reconstruction de la ville a également doté Caen de nombreux monuments remarquables. Les orgues. Les orgues de l'abbatiale Saint-Étienne (grand-orgue Cavaillé-Coll 1885 et orgue de chœur Dupont 1992), de l’église réformée et de l’église Saint-André (orgue Dupont 1982), ainsi que les églises Saint-Pierre (JF Dupont, 1997), Saint-Jean, Saint-Julien, Saint-Paul, Saint-Ouen, chapelle de la DRAC. Vie militaire. Unités militaires ayant été en garnison à Caen : Citations. Une rose a été dédiée à la ville de Caen sous le nom de 'Triomphe de Caen' en 1861. Héraldique, logotype et devise. Devise. Devise de la ville de Caen : Elle était inscrite sur l'hôtel municipal, le Châtelet, avant la destruction de ce dernier en 1754.
Palais de la Cité Le palais de la Cité était la résidence et le siège du pouvoir des rois de France, du , tout en restant le siège des principales cours de justice jusqu'à nos jours. Il s’étendait sur la partie ouest de l’île de la Cité dans le de Paris. Une partie du palais a été convertie en prison d’État en 1370, après l’abandon du palais comme résidence par et ses successeurs. La prison de la Conciergerie occupait le rez-de-chaussée du bâtiment bordant le quai de l’Horloge et les deux tours ; l’étage supérieur était réservé au Parlement. La prison était considérée pendant la Terreur comme l’antichambre de la mort. Peu en sortaient libres. La reine Marie-Antoinette y fut d'ailleurs emprisonnée en 1793. Jusqu'au printemps 2018, une grande partie du site a été occupée par le palais de justice de Paris. L'essentiel des vestiges du palais de la Cité sont constitués par l'ancienne prison de la Conciergerie qui longe le quai de l'Horloge, au nord-est de l'île, ainsi que par la Sainte-Chapelle. Histoire. Antiquité. Entre 308 et 336, l'île de la Cité fut ceinte d'un mur défensif. Ainsi défendue, l'île fut dotée de deux grands monuments publics : à sa pointe occidentale le grand "castellum" ou "palatium" ; et sous l'actuel Marché aux Fleurs, une basilique de très grande taille. De fait, lors des invasions barbares, l'île de la Cité devint un enjeu stratégique et deux empereurs militaires y résidèrent : Julien, en 358 et durant l'hiver 359-360 puis . La muraille, avec deux mètres d'épaisseur et dont on ne sait si elle était munie de tours constituait une défense relativement faible. Le "Palatium" occupait une surface avoisinant un hectare. Cet espace abritait le Tribunal du prétoire et fut de façon temporaire la demeure des deux empereurs Julien et Valentinien. La basilique, partiellement découverte en 1844, n'a été identifiée qu'en 1986 à l'occasion d'une fouille. Ses dimensions étaient très vastes. Pendant le Moyen Âge, c'est au sein du "palatium" que s'installèrent les rois francs, ponctuellement sous les Mérovingiens puis de façon permanente sous les Capétiens. Moyen Âge. Les Mérovingiens. La période mérovingienne est mal connue du fait de la pauvreté des sources textuelles. Il est vraisemblable que les rois mérovingiens, lorsqu'ils séjournaient à Paris, résidaient dans la Citadelle de la Cité, toujours ceinte des murs du Bas-Empire. , roi des Francs de 629 à 638, avait une cour itinérante, mais on sait qu'il séjourna en son palais de la Cité. L'importance du lieu est confirmée par le fait qu'il y fit établir un atelier monétaire : les pièces issues de cet atelier portent l'inscription "Palati moneta" et représentent saint Éloi. En 635, fut fondée, sous la direction de ce saint homme et sous la protection du roi, face au palais (en bordure nord de l'actuelle préfecture de police), une abbaye de femmes consacrée à saint Martial de Limoges et connue ensuite sous le nom de Saint-Éloi. Les Carolingiens. À l'époque carolingienne, Paris cessa de jouer un rôle prédominant. Charlemagne ne séjourna qu'épisodiquement à Paris. Sous le règne de son petit-fils, , les remparts de la Cité furent endommagés, à la suite des attaques des Normands et c'est le roi Eudes qui les fit restaurer, bien qu'il n'habitât pas à Paris. De nombreuses chapelles furent érigées dans l'île de la Cité à partir du milieu du . Le palais de la Cité fut la demeure des comtes de Paris. Il fut habité par le roi Hugues Capet, premier roi capétien, qui y établit la "Curia Regis" (le Conseil royal) et divers services de son administration. le Pieux. Selon le témoignage du moine Helgaud, , fils d'Hugues Capet, entreprit à la fin de son règne de reconstruire à Paris un palais tout à fait remarquable. Il transforma profondément l'ancienne citadelle du Bas-Empire en demeurant dans les limites du rempart, qui formait un quadrilatère d'environ de côté. Ce fut le premier « Logis du Roi » : le bâtiment, situé à l'ouest du Palais, est visible sur une des miniatures des "Très Riches Heures du duc de Berry". Cette partie résidentielle s'ouvrait sur la pointe de l'île peut-être déjà occupée par un jardin, en retrait par rapport aux bâtiments dévolus à l'administration royale et à la justice, qui prenait une place prééminente au sein du Palais. fit aussi réédifier l'ancien Tribunal du prétoire, hérité des temps gallo-romains, qui s'élevait au nord-est du Palais. S'établissant sans doute sur les fondations antiques, le nouveau corps du bâtiment abrita la Salle du Roi, que les chartes dénomment "Aula Regis" (la future Grand-Salle mais de surface plus réduite). Une Chambre du Roi fut construite dans son prolongement occidental. À l'emplacement de la future Sainte-Chapelle, le roi fit édifier une chapelle Saint-Nicolas. À partir du règne de , le palais demeura, jusqu'au règne de , contraint dans son quadrilatère fortifié du Bas-Empire, le rempart étant défendu par des tours en nombre inconnu. Les documents relatifs aux règnes d' et (1031-1108) ne fournissent que de rares indications sur le Palais. Cependant, l'existence d'une Salle du Roi y est bien confirmée dès le . À partir de 1043, plusieurs diplômes font état de la réunion de la "Curia Regis", instance qui rassemblait les seigneurs palatins autour du roi et l'aidait à administrer le royaume, dans l"'Aula Regis". (1108-1137) semble avoir procédé à des adjonctions et réfections importantes. Selon la "Chronique de l'abbaye de Saint-Pierre-le-Vif de Sens", il fit construire une « Grosse Tour », dont les soubassements existent encore dans les sous-sols du Palais de justice. Celle-ci s'élevait, avec sa haute toiture, en position centrale par rapport aux corps de bâtiments qu'elle dominait. C'était un haut cylindre, percé de deux étroites meurtrières. Elle avait des créneaux et sa base avait un diamètre de , ses murs avoisinant d'épaisseur. Le donjon du Louvre, construit par , fut appelé « Tour neuve » par opposition à la Grosse Tour qui subsista jusqu'en 1778. fit modifier le Logis du Roi, entre les deux tours quadrangulaires qui l'encadraient, la tour carrée et la tour dite plus tard « de la Librairie ». Le logis était caractérisé par une façade puissamment structurée : quatre arcades surbaissées ornées d'un important corps de moulures étaient portées par de hauts contreforts et surmontées d'une sorte de chemin de ronde percé de onze ouvertures rectangulaires. Le contrefort situé entre la deuxième et la troisième arcade abritait un escalier à vis. Un bandeau soulignait la limite entre rez-de-chaussée et premier étage. fit également achever la chapelle Saint-Nicolas et pourvut généreusement à l'entretien d'un chapelain qu'il y nomma. En 1141, (1137-1180) établit auprès du Palais et de façon exclusive les changeurs sur le Grand-Pont, dès lors nommé Pont-aux-Changeurs. Moyennant redevance, ceux-ci y louaient des boutiques pour exercer leur commerce. Du côté oriental, l'entrée principale du palais se faisait dans la Grande Cour où existait un escalier d'honneur. Ainsi, vers 1165-1166, le roi accueillit officiellement les moines de Vézelay sur les « degrés du Palais ». Ces degrés devaient donner accès à l'étage d'une galerie reliant la Salle du Roi à la chapelle Saint-Nicolas. fit édifier dans son palais un oratoire royal, dédié à la Vierge, situé à l'emplacement de l'actuelle chapelle des Girondins. Dans la chapelle Saint-Michel, située au sud-est du palais, l'évêque de Paris, Maurice de Sully, célébra un dimanche de la deuxième quinzaine d' (donc soit le ou le ) le baptême du fils de , le futur Auguste. Cependant, cette chapelle resta en dehors de l'enceinte du palais jusqu'au règne de . Auguste. élargit les fonctions du palais en lui attribuant en 1190, avant son départ pour la croisade, la conservation des archives royales. Le roi fit réaliser de nombreux travaux dans le palais comme en témoigne le premier compte général connu, celui de 1202-1203. C'est sous le règne de Philippe Auguste que des lettres patentes mentionnent pour la première fois la charge de concierge du Palais qui exerçait les fonctions de basse et moyenne justice sur le territoire du palais et ses dépendances. Le chroniqueur Rigord rapporte que le roi, incommodé par les odeurs nauséabondes des rues, ordonna de paver les abords du palais, ainsi que plusieurs rues importantes de Paris. Les crues de la Seine isolaient régulièrement l'île, obligeant le souverain à se réfugier à l'abbaye Sainte-Geneviève, par exemple en 1197. À l'ouest, le Jardin du Roi occupait la pointe de l'île, au-delà d'une cour délimitée par le mur d'enceinte du palais datant de l'antiquité. C'est sans doute sous le règne de Philippe Auguste qu'il fut clos par une muraille. C'est sous le règne de Philippe Auguste que le palais de la Cité perdit son statut de principale forteresse de Paris quand le roi fit ériger le château fort du Louvre et ceindre la ville d'un nouveau rempart. Saint Louis. À partir du règne de Saint Louis (années 1240) et durant près d'un siècle de travaux, le Palais connut une expansion et une structuration remarquables correspondant au développement du rayonnement et de la centralisation du pouvoir royal. Saint Louis partagea durablement l'espace du quadrilatère initial : la partie occidentale réservée aux appartements privés de la famille royale, une partie orientale ouverte sur la Cité, une partie méridionale dévolue aux chanoines de la Sainte-Chapelle et aux chapelains du roi. Saint Louis fit construire la Sainte-Chapelle entre 1242 et 1248. Les travaux commencèrent avec la démolition de la chapelle Saint-Nicolas. En janvier 1246, le roi fonda un collège de chanoines et de marguilliers chargé de la garde des reliques. Le , la chapelle haute de la Sainte-Chapelle, dédiée à la Sainte-Couronne et à la Sainte-Croix, fut consacrée par le légat du Pape, Eudes de Châteauroux, tandis que la chapelle basse, dédiée à la Vierge, l'était par l'archevêque de Bourges, Nicolas Berruyer. Se plaçant dans la lignée architecturale et symbolique de l'antique modèle de Saint-Vital de Ravennes (526-547) et des chapelles palatines carolingiennes comme celle d'Aix-la-Chapelle (vers 800), la Sainte-Chapelle est une version magnifiée de chapelle à deux étages, aussi élevée qu'une cathédrale gothique ( de long, de large, de haut sans la flèche). À côté de la Sainte-Chapelle, jouxtant par un passage la première travée nord de son abside, Saint Louis fit édifier le Revestiaire, qui abritait les sacristies et le Trésor des Chartes. Très proche sur le plan architectural mais de dimensions plus restreintes, ce petit bâtiment comptait deux travées droites et une abside à cinq pans. Un escalier polygonal desservait ses deux niveaux au nord-ouest. Le voisinage direct de la Sainte-Chapelle conféra une dimension protectrice très particulière aux archives royales. À proximité fut aménagée la parcheminerie où l'on préparait les supports sur lesquels étaient transcrits les actes royaux. Le trésor des Chartes a subsisté jusqu'en 1783. Au nord-ouest du Palais, hors de l'enceinte de Philippe Auguste, fit élever la salle sur l'Eau, qui était vraisemblablement destinée à accueillir des cérémonies solennelles ou d'apparat. De plan rectangulaire, l'édifice était scandé au nord comme au sud par sept contreforts et par deux autres sur ses murs pignons. L'étage abritait une vaste salle alors que le rez-de-chaussée était divisé en deux et abritait des cuisines. La salle sur l'eau a été peu modifiée jusqu'au milieu du et elle a partiellement subsisté jusqu'en 1865. La tour connue sous le nom de tour Bonbec fut longtemps la tournelle des Réformateurs. Elle ne comportait comme la salle sur l'eau que deux étages. Elle fut haussée d'un niveau sous le Second Empire. C'est dans cette tour que l'on mettait à la question, sur ordre du juge de la Tournelle, juridiction criminelle. Cette tour aurait été ainsi appelée par la suite tour « bon bec » devenu Bonbec car c'est là qu'était pratiquée la « question » (la torture) qui faisait avouer les suppliciés. On sait que Saint Louis consomma son mariage dans la Chambre verte, pièce jouxtant l'oratoire, située au nord du logis du roi, même s'il couchait habituellement dans la Chambre du Roi, chambre haute contiguë à la Salle du roi, et prenait ses repas dans le niveau inférieur de cette dernière. Dans le Palais, au milieu de la cour du Mai, on plantait chaque année au printemps un arbre d'une quinzaine de mètres afin de célébrer les bienfaits de la nouvelle saison. Dans la cour, le magnifique escalier appelé Grand Degré montait jusqu'à la galerie des merciers que Saint Louis avait fait construire pour accéder directement de ses appartements à la Chapelle Haute de la Sainte Chapelle. Sous le règne de , le palais s'agrandit à l'ouest, au nord, au sud, au-delà de l'enceinte du . Autour du palais, les berges ont été étendues. On connaît la destination des bâtiments sous le règne du fils de Saint Louis. En 1278, la Salle du Roi cessa d'être l'endroit où se tenaient les sessions juridiques de la "Curia Regis" pour devenir la chambre d'attente des plaideurs avant leur entrée dans la Chambre "aus Paiz" En dehors des séances des plaids, le roi y prenait ses repas, tandis que le « Commun » se restaurait sous la Salle du Roi. Le roi dormait dans la Chambre du Roi dite Chambre Haute. La tour qui jouxtait la Chambre du roi abritait la garde-robe dans laquelle mangeaient les chambellans. Entre la Galerie des Merciers et le flanc nord de la Sainte-Chapelle, se trouvait la Maison d'audience du Roi qui voisinait avec le Trésor des Chartes. Au cœur du palais, se trouvait la Chambre aux deniers ou caisse de l'hôtel du Roi citée dans un document de 1286. Philippe IV le Bel fit reconstruire le palais. Les travaux furent achevés en 1313 sous l’impulsion d’Enguerrand de Marigny. La source essentielle pour étudier ces travaux est constituée par les journaux du Trésor. Des enclaves morcelant alors le terrain royal, Philippe IV expropria les occupants. De nombreuses chartes réglant les indemnités d'expropriation ont été conservées. De vastes salles furent construites au nord et au sud du palais de la Cité. À l'est, à l'emplacement de l'ancienne Grande salle de , elle-même devant être bâtie sur le prétoire romain, et doublant sa surface en profitant d'un espace libre au nord, le Bel fit aménager la Grand-Salle. La Grand-Salle du Palais de la Cité était la pièce où le roi tenait ses « lits de justice » et dans laquelle avaient lieu les réceptions. Les repas étaient servis sur la table de marbre noir (dont il reste un vestige à la Conciergerie). C’était une salle immense supportée par une file de piliers qui la séparait en deux nefs couvertes de berceaux lambrissés. Murs et piliers étaient ornés de statues représentant chacun des rois de France depuis Pharamond jusqu'à Philippe IV Le Bel, contemporain de ces travaux. Cette salle est exceptionnelle (le plus grand vestige de salle civile gothique d’Europe) : longue de , large de et haute de à la clé, elle fut édifiée en 1302 et 1313 par Enguerrand de Marigny. La Salle des Gens d'Armes aménagée sous la Grand-Salle servait de réfectoire au très nombreux personnel (environ ) employé au service du roi. À l'est également, la façade donnant sur la rue de la Barillerie, absorbée depuis par le boulevard du Palais, fut également remodelée et complétée. En 1298, la nouvelle enceinte était construite : c'est donc de cette époque que datent les deux portes d'entrée fortifiées ouvertes sur le front oriental du palais, placées au droit de deux voies d'antique origine, traversant l'île vers la cathédrale. Au nord-est, la grande porte encadrée par deux échauguettes se situait en face de la rue de la Vieille-Draperie, et au sud-est, la porte Saint-Michel, flanquée de deux tours, donnait sur la rue de la Barillerie. À l'est enfin, le Bel transforma l'aspect de l'entrée officielle du palais qui se trouvait dans le long corps de bâtiment rectangulaire et peu profond appelé la Galerie des Merciers (on appelait Galerie mercière le premier étage) : créée sous le règne de Saint Louis, cette longue aile servait à relier la Sainte-Chapelle et le reste du palais. L'escalier monumental était appelé au Grands Degrés et au , Perron du Beau Roi Philippe. Le retable du Parlement de Paris par André d'Ypres, vers 1450, présente le Grand Perron avec son trumeau sur lequel était représenté le roi Philippe IV, son fils étant à sa droite, et Enguerrand de Marigny, probablement à sa gauche. À l’ouest (en direction de l’actuelle pointe du Vert-Galant), on dessina des jardins et l'ancien verger qui jouxtait la Chambre du Roi sous Saint Louis fut agrandi vers le nord après démolition de deux lignes de rempart pour former un nouvel espace assurant la jonction entre la Grand-Chambre et la Salle sur l'eau : ce genre de cloître appelé le Grand Préau était caractérisé par ses arcades brisées et moulurées, portées par des colonnes à chapiteaux ornés de motifs végétaux. À l'ouest également, le roi fit agrandir ses appartements par l'adjonction d'une aile sur le revers oriental du Logis, dont il modifia la forme des baies. Au nord, les comptes de 1302 à 1305 et de 1307 font état de la construction d'une série de « Chambres sur l'eau », rendues nécessaires par la mise en place de nouvelles procédures judiciaires ou administratives : la Grand-Chambre ou Chambre des plaids, la Chambre des enquêtes qui instruisait les affaires, la Chambre des requêtes qui examinait les demandes des justiciables, une chambre spécialisée dans les affaires criminelles. La Grand-Chambre fut réédifiée avec splendeur : elle était réservée au Parlement qui abritait la chambre d'appel des tribunaux royaux et la Chambre de première instance réservée aux pairs de France. Le Parlement enregistrait les actes royaux. La Grand-Chambre fut dotée en 1499 d'un plafond sculpté à clefs pendantes réalisé à l'occasion du mariage de et Anne de Bretagne. Au nord encore, le roi fit bâtir une enceinte bordant la Seine et qui renforçait les tours toujours existantes, dites « tour d’Argent » (allusion au trésor royal qui y avait été gardé) et « tour César » (ainsi nommée en souvenir de la présence des Romains et du fait que la tour est bâtie sur des fondations romaines). Il fit construire vers 1310 une Salle des Gardes servant d’antichambre au rez-de-chaussée de la Grand-Salle. On trouve dans le "Roman de Fauvel", manuscrit français 146 de la BnF, un poème sur le palais en 1314 : (1350-1364) fit réaliser plusieurs aménagements dans le palais de la Cité. En , juste avant son avènement, alors duc de Normandie, fit procéder à des travaux dans la « Chambre du Palais », peut-être au deuxième étage du Logis du Roi. Au début des années 1350, on commença également à surélever l'aile de la Galerie Mercière, en construisant des galetas à l'est du palais. L'appartement du dauphin se trouvait dans la « Chambre des Galethas » : le futur y résida entre 1357 et 1358. En 1353, le Bon fit construire à l’angle nord-est du palais de la Cité le pavillon carré des cuisines qui était destiné au « commun » de l’hôtel du roi. Reliée à la salle des Gens d'Armes, les cuisines étaient un petit bâtiment carré de près de de côté à deux niveaux : à l'étage, une grande cheminée centrale, carrée, était portée par des colonnes ; la salle basse, largement éclairé par deux baies sur chaque face, était subdivisée en quatre travée et quatre cheminée occupaient ses angles Les quatre travées ouest de la salle des Gens d’armes furent isolées du reste de la salle par des grilles et par un mur. Toujours au nord-est, le roi fit édifier entre 1350 et 1353, sur un ancien terrain marécageux, une tour dont le beffroi était dominé par un lanternon et qui devint par la suite la tour de l'Horloge du palais de la Cité. Elle joua un rôle de guet pour la sécurité du palais. Cette tour était de forme carrée, massive, haute de et ses murs étaient épais de près d'un mètre. Au-dessus du soubassement très élevé sur lequel elle reposait, le corps en maçonnerie de la tour formait un léger retrait. Les façades nord et est étaient percées de deux fenêtres, sur deux rangées superposées. Au sommet, un petit pavillon rectangulaire était surmonté d'un clocheton. C'est en 1356 qu'apparaît la première mention de la Salle de la Pointe qui occupait la pointe occidentale de l'île de la Cité à l'extrémité des remparts que l'on connaît bien par un inventaire de 1428. Ce petit bâtiment fut dénommé par la suite « Logis », « Hostel » ou encore « Maison des Étuves du palais ». À partir de 1354, les comptes ne signalent plus que des travaux d'entretien, notamment en 1357, où l'on modifia la salle sur l'eau. On attribue également à d'autres aménagements à la Chambre du Parlement ou à la tour de la Librairie. Le , le roi donne un banquet en l'honneur de , empereur de Bohême, et de son fils Wenceslas, roi des Romains. Le repas a lieu dans la Grand-Salle du Palais en présence de la cour et d'une foule considérable de dignitaires. Les événements consécutifs à la capture de , conduisirent son fils à quitter le palais dès 1360. La veuve de s'installa à l'hôtel Saint-Pol et au Château du Louvre. ne se désintéressa cependant pas du palais qu'il utilisa pour célébrer sa souveraineté : le cadre était en effet idéal au déploiement des fastes de la royauté française, notamment pour assurer de grandes réceptions. Ainsi, c'est dans ce palais que le roi reçut avec magnificence l'empereur en qui découvrit la Sainte-Chapelle et la Grand-Salle. Dès lors, cette dernière ne servit plus que pour les banquets royaux et les lits de justice. fit réaliser plusieurs travaux pour maintenir et embellir le palais de la Cité. Ainsi, lors de réparations entreprises en 1370, dota la tour nord-est de la première horloge publique à Paris, construite par Henri de Vic, horloger lorrain. En 1371, il dota la tour de l'Horloge du palais de la Cité d'une cloche en argent. La Garde du palais, devenue résidence honoraire et occasionnelle, fut confiée à un concierge. Le nom de conciergerie s'étendit à l'ensemble des bâtiments gardés par le concierge du palais. Cette dénomination avait une triple signification : logis du concierge, logis du roi et enfin, prison attachée à l'exercice de la juridiction du concierge, mise par la suite au service du parlement. Sous , différents travaux furent entrepris et le palais abandonné par le roi continua de servir de cadre aux fastes royaux. Ainsi, à partir de 1381, une série de travaux fut dévolue à l'aménagement d'un espace carcéral : le rez-de-chaussée de l'ancien hôtel du roi fut utilisé comme prison. Jusqu'alors, les prisonniers du Parlement étaient gardés au Grand Châtelet et la seule prison existant au palais dépendait de la juridiction du concierge. La conciergerie devint une annexe du Châtelet. Sous la galerie des Merciers devait se trouver le logis du geôlier. Par la travée occidentale de la Grand-Salle basse, on accédait aux geôles aménagées dans la Salle des Gardes. Mais les principaux cachots se trouvaient le long de la berge nord. En 1383, on remplaça également la flèche de la Sainte-Chapelle dont la charpente était pourrie par une nouvelle flèche, due à Robert Fourchier. En 1416, l'empereur Sigismond demanda à visiter le palais : il assista à une messe à la Sainte-Chapelle et à une séance du Parlement. En 1418, la municipalité réclama que l'horloge comportât un cadran extérieur « pour que les habitants de la ville puissent régler leurs affaires de jour comme de nuit ». Après l'occupation anglaise, le fils de , rétablit les services de l'administration royale dans le palais de la Cité mais il n'y résida pas, de même que . Renaissance. Après que le roi eut affirmé son droit à régner, lors d'un lit de justice tenu solennellement dans la Grand-Chambre en , il fit réaliser des travaux à la Sainte-Chapelle. Il y fit notamment mettre en place une balustrade ornée d'un K, pour Karolus, et modifia de manière significative l'aspect de sa façade occidentale en la dotant d'une rose flamboyante. En 1491, à l'occasion de son mariage avec Anne de Bretagne, avait fait orner d'un plafond à caisson et clefs en pendentif la Grand-Chambre. , successeur de , réalisa plusieurs travaux. Il remania la partie sud de la cour du palais aux abords de la Sainte-Chapelle. Pour magnifier les cérémonies qui s'y déroulaient, il fit édifier un escalier monumental couvert de voûtes rampantes. Les quarante-quatre marches longeaient son flanc méridional et aboutissaient au porche de la chapelle haute. Cet escalier, qui a connu de nombreuses modifications, a subsisté, ruiné, jusqu'au tout début du . fit aussi édifier une nouvelle Chambre des comptes et ne fut achevée que sous . Célèbre grâce aux gravures d'Israël Silvestre, de Pérelle et bien d'autres artistes, sa façade orientale est bien connue. Élevée à partir de 1504 par l'architecte italien Giovanni Giocondo, elle était ornée de fleur de lys, de dauphins couronnés et de cinq statues placées dans les niches de part et d'autre des fenêtres du premier étage : la Tempérance, la Prudence, , la Justice et la Force. Son escalier latéral conduisant au premier étage, vers deux salles d'audience, puis vers le Grand Bureau destiné aux audiences solennelles. Au rez-de-chaussée se tenaient la Chambre de France et celle d'Anjou. La Chambre des Comptes de a disparu dans les flammes de l'incendie survenu dans la nuit du au . fit également rénover la Grand-Chambre par Fra Giocondo : ses dorures, son plafond sculpté, ses riches tentures fleurdelisées lui valurent l'appellation de Chambre dorée. Les derniers Valois. (1494-1547) célébra autour de la table de marbre de la Grand-Salle ses noces avec Éléonore de Habsbourg le . Le frère de celle-ci, Charles Quint, y fut somptueusement reçu le . Sous le règne d' (1547-1559), le Parlement continua à s'octroyer un rôle croissant jusque dans la conduite de la politique intérieure et extérieur. En dehors des aménagements liés à l'apparat des séances royales, seuls quelques travaux concernèrent au sud du palais, la rue de Nazareth et la rue de Jérusalem bordant l'ancien quartier des Chanoinoires, reliées entre elles par l'arc de Nazareth. (1574-1589) entreprit, à partir de 1578, la réalisation du terre-plein du futur Pont Neuf en réunissant les anciens îlots (île aux vaches, îlot de Gourdaine — l'îlot des Juifs ayant été relié avant 1550) par un apport considérable de remblais. Il fit aussi remblayer la rive sud pour y établir un quai. Ce fut la fin du Jardin du Roi et de l'hôtel du Bailliage construit au sud de ce jardin et occupé depuis le règne de par le « Concierge du Palais » nommé dès lors bailli. Les Bourbon. Avec le règne d' commença une période d'intense urbanisation aux abords du palais médiéval. Le roi concéda en 1607 au premier président du Parlement, Achille de Harlay les terrains situés à la pointe de l'île, à charge d'y bâtir des maisons : ceci aboutit à la création entre 1607 et 1620 de la place Dauphine. La rue de Harlay, percée entre l'aile orientale de la place et le jardin du bailliage, fut aménagée dans la foulée, à la suite d'expropriations faites en 1608. poursuivit l'œuvre de son père en créant les premiers véritables quais de pierre de l'île de la Cité. Le remblaiement du quai nord se fit aux dépens du rez-de-chaussée de la Conciergerie, qui fut encavé de plusieurs mètres en 1611. L'incendie de la nuit du au détruisit l'étage de la Grand-Salle et fit de grands dommages dans le reste du palais. finança la reconstruction de la partie haute de la Grand-Salle par la vente de terrains situés au long des fossés de Saint-Germain-des-Prés. Confiée à Salomon et Paul de Brosse, elle ne fut achevée qu'en 1622. Les deux architectes conservèrent le plan à deux vaisseaux mais le transposèrent en style classique. Les travaux durèrent jusqu'en 1638. À la suite d'un second incendie en 1630, il fallut également reconstruire la flèche de la Sainte-Chapelle. Par lettres patentes du , le roi fit transformer la Galerie Mercière et édifier au sud de la Grand-Salle, la Galerie Dauphine. Sous le règne de (1643-1715), le palais connut divers travaux dont la reconstruction de la Première Chambre des requêtes, du Parquet, du Greffe. Par ailleurs, des agrandissements furent entrepris vers l'ouest. En 1671, Guillaume de Lamoignon, premier président du Parlement de Paris, établit un projet d'agrandissement du palais. Le jardin de l'hôtel du bailliage, dit aussi jardin du roi, est cédé le afin d'y faire construire les nouveaux bâtiments. La cour Lamoignon et la cour Harlay sont alors créées, rendant possible d'entrer dans le palais par l'ouest en venant du Pont-Neuf. En 1686, un bâtiment neuf fut élevé par Libéral Bruant pour la cour des Monnaies. Les crues de la Seine lors de l'hiver 1689-1690 détruisirent les vitraux de la chapelle basse de la Sainte-Chapelle. En 1737, sous le règne de (1715-1774), le palais connut un troisième incendie qui détruisit la Chambre des Comptes. Gabriel construisit alors à la place un ensemble classique. Commencés en 1738, les travaux furent achevés deux ans plus tard. Cette nouvelle Chambre des Comptes est connue par des photographies prises après l'incendie de 1871. Un quatrième incendie eut lieu au début du règne de (1774-1792), dans la nuit du au . Le chantier de reconstruction va susciter des rivalités entre architectes, ainsi qu'entre autorités de tutelle (Contrôle général des Finances et Bâtiments du Roi). C'est d'abord l'architecte du Palais, Joseph-Abel Couture, qui est désigné. Il est remplacé en 1779 par Pierre-Louis Moreau-Desproux et Pierre Desmaisons. Le premier abandonne en 1781 et Desmaisons se retrouve seul aux commandes. Il doit affronter les entrepreneurs et l'Académie royale d'Architecture dont il est pourtant membre. On lui adjoint en 1782 Jacques Gondouin, puis l'année suivante Denis Antoine qui l'aidera à terminer le chantier. Il s'agit de faire table rase des constructions orientales et de remplacer l'ancienne cour dissymétrique par une cour d'honneur néoclassique imposante, dont l'homogénéité allait masquer l'identité primitive du lieu et ses édifices les plus remarquables : la Sainte-Chapelle et l'ancienne Grand-Salle devenue Salle des Pas-Perdus. Les nouvelles façades néoclassiques de la Galerie Mercière (avec son ordre colossal corinthien, son dôme carré et son escalier monumental) et de la Galerie Dauphine furent alors aménagées. Le porche avec sa colonnade remplace les simples pilastres du projet Couture. Il avait été voulu par Desmaisons pour contrebalancer la poussée des voûtes de la Galerie Mercière, objet de toutes les inquiétudes lors du chantier de reconstruction. En 1778, la Grosse Tour avait été démolie par Couture ; il avait aussi projeté de démolir les quatre tours du quai de l'Horloge mais Desmaisons s'y est opposé, sauvant ainsi ces restes du palais royal. Les travaux furent financés par un impôt spécial financé par les Parisiens. La démolition de l'enceinte orientale commença en 1781 et fut suivie en 1783 de celle du Trésor des Chartes. En 1785, Desmaisons et Antoine entamèrent la construction d'une nouvelle aile est-ouest, dite « galerie de la Sainte-Chapelle », bordant cette dernière sur son flanc nord. La Galerie Dauphine fut modifiée pour border la totalité de la Salle des Pas-Perdus. La nouvelle cour d'honneur du palais fut fermée en 1787 par une grille en fer forgé et doré, œuvre de Bigonnet sur un dessin de Desmaisons. On doit encore à ce dernier la construction d'une chapelle dans la Conciergerie, dite depuis chapelle des Girondins, pour remplacer l'oratoire détruit dans l'incendie. Révolution. En 1789, le palais de la Cité abritait les principales institutions du royaume de France dont la Chambre des Comptes, la Cour des Monnaies, la Cour des Aides et surtout le Parlement de Paris. Dès le mois de novembre, l'activité de ce dernier fut interrompue et six tribunaux de district le remplacèrent en partie dont un seul fut hébergé par le palais de la Cité. Mais le palais resta le cœur du pouvoir judiciaire : il abrita en 1791 le Tribunal de Cassation, établi dans la Grand-Chambre, le Tribunal criminel de Paris y fut également installé de même que les départements de la Police, des Domaines, des Finances et des Contributions. Entre le , date de la prise des Tuileries et le , qui vit la proclamation de la République, Paris, aux mains de la Commune, vécut une période d'insurrection accompagnée de massacres qui s'amplifièrent sous la Terreur. Étroitement lié à l'histoire du palais, le Tribunal révolutionnaire a été créé le : rapidement supprimé par la Convention, il fut rétabli en . Le , le Tribunal révolutionnaire s’installa au premier étage, dans l’ancienne grande-chambre du parlement de Paris rebaptisée salle de la Liberté et une seconde salle, dite de l'Égalité, fut établie dans l'ancienne salle Saint-Louis. L’accusateur public du tribunal, Fouquier-Tinville, avait aménagé ses bureaux au même étage, entre les tours de César et d’Argent (non loin se trouvent aussi ses appartements). De 1793 à 1794, plus de comparaissent devant lui, dont Marie-Antoinette et Robespierre. Dès lors, tous les prisonniers qui étaient détenus dans les différentes prisons de Paris, ainsi que dans certaines prisons de province, et qui devaient comparaître devant le tribunal, furent progressivement transférés à la Conciergerie. Déjà réputée comme la plus dure des prisons, pendant la Terreur, les cellules de la Conciergerie accueillent plusieurs centaines de prisonniers, où les conditions de détention sont aggravées par l'insalubrité et la promiscuité. Le nombre de condamnation des « ennemis du peuple » ne cessa de croître jusqu'à la chute de Robespierre, surtout après le vote de la loi des suspects du , qui ordonne l'arrestation de tous les ennemis de la Révolution, avoués ou présumés. Les procès collectifs remplacent les procès individuels des grandes figures de l'époque. En 1794, témoins et défenseurs sont supprimés et chaque jour, plusieurs dizaines de personnes sont guillotinées. Arrêté le , Robespierre fut condamné à mort le lendemain par le Tribunal révolutionnaire. Le , la Convention supprima le Tribunal révolutionnaire et le Tribunal de Cassation retrouva le palais de la Cité. Au fil des réformes consulaires puis impériales, l'administration judiciaire prit possession du palais, qui devint alors le palais de justice de Paris. « L’antichambre de la guillotine ». Les détenus qui avaient comparu devant le Tribunal révolutionnaire qui siégeait au Palais de justice attenant et avaient été condamnés à mort n’étaient pas ramenés dans leur cachot. Ils étaient immédiatement séparés des autres prisonniers et conduits, pour les hommes dans l’arrière-greffe, pour les femmes dans de petites cellules situées dans le couloir central. Dès que le bourreau et ses aides arrivaient, tous étaient regroupés dans le vestibule baptisé "salle de la toilette" pour y être dépouillés de leurs effets personnels, tondus et attachés. Encadrés par des gendarmes, les condamnés traversaient la salle du guichet et gagnaient la cour du Mai, donnant sur la rue de la Barillerie (qui se trouvait à l’emplacement de l’actuel boulevard du Palais). C’est là que les détenus attendaient les charrettes qui devaient les conduire à la guillotine. En tout, ont été guillotinés à Paris. Détenus célèbres. Il passe à la Conciergerie, durant la Terreur, suspectées d'actes anti-révolutionnaires, parmi lesquelles : La construction du Palais de justice. Sous le Premier Empire, la Sainte-Chapelle fut transformée en dépôt annexe des Archives nationales et elle conserva cette affectation jusqu'en 1837. La prison de la Conciergerie fut réorganisée. L'architecte Beaumont en réalisa à partir de 1807 un premier plan, puis des relevés systématiques furent effectués en 1810 et 1811 par Antoine-Marie Peyre, nommé architecte du palais de justice. Il entreprit la surélévation de la Salle Saint-Louis pour y établir la Cour de Cassation, puis il fit refaire dans un style « quasi-égyptien » l'escalier de la Sainte-Chapelle. Sous la Restauration, à la demande de , fut édifiée une chapelle expiatoire à l'emplacement du cachot de la reine Marie-Antoinette. La restauration des voûtes de la Grand-Salle basse entreprise sous l'Empire fut achevée en 1819 et entraîna son dégagement, car elle était remplie de déblais et obstruée. En 1817, il fut procédé à la scission des lieux dévolus à la justice et à l'incarcération : l'entrée de la prison se fit au niveau du quai de l'Horloge et non plus par la cour du Mai. La façade septentrionale du palais entre la tour de l'Horloge et la Tour Bonbec dans un style médiéval. Sous la Monarchie de Juillet, Guy de Gisors refit entre 1833 et 1835 la Galerie Saint-Louis en néogothique où il mit en œuvre les premières théories sur la restitution de la polychromie médiévale. Parallèlement, entre 1835 et 1840, Jean-Nicolas Huyot, l'architecte du palais conduisit avec une équipe d'architectes une série de réflexions ambitieuses sur l'agrandissement du palais après le refus du projet de Gisors. Ils prévirent entre autres la suppression de la place Dauphine, la transformation du palais selon un principe de symétrie nécessitant, la création de deux tours et d'une grande salle au sud, la suppression de la Tour Bonbec et la création de tours carrées aux angles ainsi qu'une nouvelle répartition des activités liées à l'exercice de la justice au sein du palais rénové. Le palais de justice devait être régularisé et structuré par deux grandes galeries prolongeant les deux ailes en retour sur la cour de Mai. Le quai des Orfèvres devait être transformé en une promenade créant une grande perspective jusqu'à Notre-Dame de Paris. Le , le projet d'agrandissement et d'isolement du palais de justice fit l'objet d'un arrêté de déclaration d'utilité publique. Le , après le décès de Jean-Nicolas Huyot, le préfet de la Seine, Rambuteau, nomma Joseph-Louis Duc et Honoré Daumet architectes du palais. En 1847, un nouveau projet fut adopté, sensiblement différent du précédent, le changement le plus important étant un basculement de l'entrée principale de l'est vers l'ouest, avec la création d'une nouvelle façade dotée d'un escalier monumental. Sous le Second Empire, ce projet fut en grande partie mené à bien parallèlement aux travaux de restaurations de la Sainte-Chapelle et des bâtiments médiévaux de la Conciergerie. La façade des six Chambres civiles du Tribunal de Première Instance, au Nord-Est du Palais, le long du quai de l'Horloge fut poursuivie en style néogothique de même que la façade à l'est de la Salle des Pas-Perdus. Le palais fut agrandi au nord-ouest et du côté du quai des Orfèvres. Notamment, la construction des bâtiments de la Cour de cassation commença en 1856. C'est également durant cette période que l'ancien Logis du Roi fut détruit. Dans les derniers jours de la Commune, pendant la Semaine sanglante, le palais de justice, à peine achevé, est incendié, comme d'autres monuments parisiens, le , obligeant Duc et Daumet à reprendre nombre de travaux (Joseph-Louis Duc décédera en 1879) : la salle des Pas-Perdus et la Grand-Chambre furent totalement consumées. Sous la Troisième République, les travaux ont en particulier porté sur une révision de l'organisation des parties centrales et sud-ouest du palais ; ils s'achevèrent en 1914. En 1874, le côté est de la place Dauphine fut démoli pour mettre en valeur l'ordonnance néo-grecque de la façade de Harlay. En 1881, la Cour de cassation fut terminée. Le projet de couvrir le côté méridional de l'île de la Cité d'une façade monumentale, de restructurer les Chambres correctionnelles et d'agrandir le palais fut confié à Albert Tournaire : on expropria les habitants de l'ancien quartier des chanoines en 1904, afin d'y édifier les locaux de Tribunal de grande instance de Paris. Les travaux commencé en 1907 furent achevés en 1914, peu de temps après que la crue de la Seine de 1910 ait inondé le palais. À la suite de ces travaux, le palais n'a fait l'objet que de réaménagements intérieurs et il perdit définitivement sa fonction de prison en 1934. Vestiges contemporains. La Sainte-Chapelle et la Conciergerie sont gérées par le Centre des monuments nationaux à qui elles ont été attribuées à titre de dotation par un arrêté du . Ces lieux sont ouverts au public, et des expositions temporaires y sont organisées. Les quatre tours donnant sur la Seine sont des vestiges du Moyen Âge, les façades ont été construites au . La vie quotidienne de la prison de la Conciergerie est reconstituée : le bureau du greffier, chargé d'inscrire les détenus sur les registres ; le bureau du concierge, devenu sous la Révolution, responsable des prisonniers ; des geôles révolutionnaires (cellules à pailleux, à pistole) et la cellule de Marie-Antoinette. La lame de la guillotine qui servit à l’exécution de Lacenaire est exposée. Anciennement réfectoire du Palais, elle fut réservée à la prison des hommes et sommairement compartimentée en cachots. Devant l’afflux des prisonniers, elle fut divisée par un plancher installé à mi-hauteur, permettant d’aménager ainsi deux salles superposées. C’est au-dessus de la salle des Gardes, au premier étage, dans l’ancienne grand-chambre du parlement de Paris, que siégeait le Tribunal révolutionnaire. La Rue de Paris tire son nom de Monsieur de Paris, surnom donné au bourreau du Tribunal révolutionnaire, qui venait visiter les prisonniers par ce couloir. Aussi elle fut annexée à la prison des hommes et de ce fait compartimentée en minuscules cellules. Celles des « pailleux » étaient réservées aux prisonniers sans ressources, qui ne pouvaient s'offrir que de la paille pour dormir à même le sol. Celles des « pistoles » étaient louées aux prisonniers (dits les pistoliers) de classe moyenne et étaient pourvues d'un lit. Enfin, pour les plus fortunés étaient louées des cellules pour une seule personne avec de quoi écrire (il était d'usage d'écrire ses mémoires avant de mourir), de la lumière et bien sûr un lit. Il s’agissait de l’ancien jardin du roi, auquel s’était substitué une vaste cour rectangulaire. Celle-ci était entourée d’une galerie compartimentée en cachots pour les hommes. Sombre et étroit, il distribuait sur son parcours de nombreuses pièces : la salle du guichet, le bureau du concierge, le greffe, l’arrière-greffe, le parloir, une pièce de repos pour les guichetiers, l’infirmerie, la chapelle, quelques cellules pour femmes… Ancien jardin bordant le logis du roi, cette cour était le lieu de promenade des femmes. Elle était entourée de cellules dont le confort variait suivant les possibilités pécuniaires des détenues. Dans cette cour, les femmes lavaient leur linge à une fontaine (aujourd’hui encore existante) ; sur l’une des tables de pierre, elles prenaient leur repas. L’endroit fut, dans la vie cellulaire révolutionnaire, un lieu important pour la vie sociale des prisonniers. Dans un coin subsiste ce qui fut le « côté des Douze » : un enclos triangulaire séparé par une grille de la cour des femmes, dépendant du quartier des hommes et, surtout qui comptait chacun des « douze » condamnés qui pouvaient une dernière fois, dans cet espace, dire au revoir à leur famille avant d'être emportés par la charrette (à douze places…) vers la guillotine. Il a été reconstitué dans le musée de la Conciergerie. C’était là que l’on inscrivait, dès leur arrivée, les noms des détenus sur les registres. Cette pièce est devenue la buvette du Palais de Justice. À cet endroit, les condamnés à mort étaient dépouillés de leurs objets personnels au profit de l’État ou du bourreau, peu rémunéré et pour qui, donc, il n'y avait pas de petits gains : bijoux, tabatières, lunettes, montres. Chacun d’eux était ensuite assis sur un escabeau, avait les mains liées derrière le dos, puis le col de sa chemise était échancré afin d’avoir les cheveux coupés au ras de la nuque. Les condamnés étaient ensuite escortés jusqu’à la cour du Mai, où attendaient les charrettes qui devaient les conduire sur leur lieu d’exécution. Dite « Chapelle des Girondins », elle occupe l'emplacement de l'oratoire médiéval du roi. La tradition y situe le lieu dans lequel les vingt-et-un Girondins attendirent la mort dans la nuit du au . La première cellule de Marie-Antoinette d'Autriche fut installée dans l’ancienne chambre de réunion des guichetiers (une cellule humide composée d’un lit de sangle avec deux matelas, d’un fauteuil en canne, de deux chaises et d’une table) donnant sur la cour des femmes par une étroite fenêtre. Après une tentative d’évasion (voir Alexandre Gonsse de Rougeville), Marie-Antoinette fut transférée dans la deuxième cellule. La reconstitution de la cellule de la reine a été faite pour une moitié sur l’authentique cellule et pour l’autre moitié sur la travée contiguë à l’est. Elle fut gardée par Madame Larivière qui montra trop de compassion envers la reine et fut remplacée par la citoyenne Harel qui, en tant qu'épouse d'un membre de la police secrète, était là à titre d'espionne. Elle est située à côté de la petite chapelle royale. Pour plus d'intimité, la cellule fut coupée en deux par une cloison de planches avec un paravent qui la séparait des deux gendarmes, qui assuraient sa surveillance en permanence. fit ériger à l’endroit même de la cellule de la reine, qui fut coupée par un mur, une chapelle expiatoire. La moitié ouest fut réunie à la chapelle par un local où la tradition situe les dernières heures de Maximilien de Robespierre.
Coulomb (homonymie)
Charles Augustin De Coulomb
Capacité au champ La capacité au champ est la capacité de rétention maximale en eau du sol. Elle correspond plus précisément à la quantité d'eau retenue, après 48 heures d'égouttement de l'eau libre vers la nappe phréatique, par un sol préalablement gorgé d'eau (par des pluies ou un arrosage intensif). Le terme provient d'Israelson et West ainsi que de Frank Veihmeyer et Arthur Hendrickson. Ces deux derniers auteurs définissent la capacité au champ (CC) du sol comme la quantité d’eau retenue par le sol après écoulement par gravité de l’eau excédentaire qui circule dans la macroporosité, et après que la vitesse d’écoulement a sensiblement diminué. Cela prend en général 2 à 3 jours après qu’une pluie a gorgé en eau des sols perméables et de structure et texture uniformes. Lorsque l'eau ne descend plus, le sol atteint alors son point de ressuyage ou sa capacité de rétention. La quantité totale d'eau retenue dépend essentiellement de la texture du sol et de sa profondeur. Ainsi, par exemple, un sol argilo-calcaire d'une profondeur de , d'une densité de 1,2 et d'une capacité de rétention de d'eau pour de terre fine et sèche retiendra : L'eau excédentaire descend vers la nappe phréatique, plus ou moins vite suivant la perméabilité du sol, qui dépend de la texture du sol, mais également de sa structure (sol tassé, sol ameubli ayant une bonne porosité, etc.). La capacité au champ et la perméabilité sont des données très importantes pour l'irrigation : la capacité intervient pour calculer la dose d'arrosage et la perméabilité pour déterminer la vitesse d'arrosage. Il existe également une définition physique de la capacité au champ, qui correspond à une quantité d'eau du sol à une certaine pression d'aspiration ou pression de succion : .
Château de Fontainebleau Le château de Fontainebleau est un château royal de styles principalement Renaissance et classique, près du centre-ville de Fontainebleau (Seine-et-Marne), à une soixantaine de kilomètres au sud-est de Paris, en France. Les premières traces d'un château à Fontainebleau remontent au . Les derniers travaux sont effectués au . Haut lieu de l'histoire de France, le château de Fontainebleau est l'une des demeures des souverains français depuis , qui en fait sa demeure favorite, jusqu'à Napoléon III. Plusieurs rois laissent leur empreinte dans la construction et l'histoire du château, qui est ainsi un témoin des différentes phases de l'histoire de France depuis le Moyen Âge. Entouré d'un vaste parc et voisin de la forêt de Fontainebleau, le château se compose d'éléments de styles médiévaux, Renaissance, et classiques. Il témoigne de la rencontre entre l'art italien et la tradition française exprimée tant dans son architecture que dans ses décors intérieurs. Cette spécificité s'explique par la volonté de de créer à Fontainebleau une « nouvelle Rome » dans laquelle les artistes italiens viennent exprimer leur talent et influencer l'art français. C'est ainsi que naît l'École de Fontainebleau, qui représente la période la plus riche de l'art renaissant en France, et inspire la peinture française jusqu'au milieu du , voire au-delà. surnomme ainsi le château la « maison des siècles », évoquant par là les souvenirs historiques dont les lieux sont le témoignage. Le château fait l’objet d'un classement au titre des monuments historiques par la liste de 1862, classement complété par plusieurs arrêtés pris en 1913, 1930, 2008 et 2009. Par ailleurs, depuis 1981, le château fait partie avec son parc du patrimoine mondial de l'UNESCO. Riche d'un cadre architectural de premier ordre, le château de Fontainebleau possède également une des plus importantes collections de mobilier ancien de France, et conserve une exceptionnelle collection de peintures, de sculptures, et d'objets d'art, allant du au . Histoire. Moyen Âge. Un château fort est mentionné à cet endroit pour la première fois en 1137 dans une charte du roi des Francs Louis VII le Jeune. La date exacte de la fondation du château reste inconnue, mais le premier édifice a probablement été construit sous le règne du père de , Louis VI le Gros, voire sous celui de son grand-père, Philippe, lorsqu'il réunit le Gâtinais au domaine royal français en 1068. En 1169, une autre charte de établit et dote un chapelain pour desservir la chapelle ; celle-ci sera consacrée à la Vierge et à saint Saturnin par Thomas Becket, archevêque de Cantorbéry, alors réfugié à Sens. À la Noël 1191, Philippe II Auguste fête à Fontainebleau le retour de la troisième croisade. Le château est agrandi par Louis IX, qui l'appelle « ses déserts » où il aime à prendre le « déduit de chasse » au ; il y installe des religieux de l'ordre des Trinitaires en 1259 dans l’enceinte même du château pour desservir l'hôpital-couvent qu'il fonde. De cette disposition originelle subsistent les fondations de la chapelle des Trinitaires et de leurs bâtiments conventuels, alors situés à proximité de l’actuelle chapelle de la Trinité. Philippe IV le Bel est le premier roi de France à naître au château en 1268 et fait aménager des appartements en 1286. Il est également le premier roi à y mourir des suites d'une chute de cheval en 1314, après une longue agonie. En 1313, Jeanne de Bourgogne, petite fille de saint Louis par sa mère et propriétaire du domaine de Fontainebleau, épouse Philippe de Valois, futur roi de France Philippe VI de Valois, qui y fait des séjours fréquents. En 1325, le château reçoit la visite d'Isabelle de France devenue reine d'Angleterre. En janvier 1332, a lieu à Fontainebleau la signature du contrat de mariage entre Jean II le Bon et Bonne de Luxembourg. Le roi y vit dès 1350. Charles V le Sage y installe une bibliothèque et Isabeau de Bavière y entreprend des travaux, après avoir acquis les domaines de la forêt de Bière, de Fontainebleau, de Moret et la châtellenie de Melun en 1404. Charles VI y séjourne à partir de 1388. Le château est cependant abandonné en raison des affrontements de la guerre de Cent Ans, lorsque la cour s'exile au bord de la Loire et à Bourges. Charles VII y revient après la libération de l'Île-de-France et de Paris en 1436, privilégiant le lieu pour sa salubrité. Renaissance. décide de faire édifier un logis de style Renaissance à l'emplacement du château féodal, permettant ainsi de moderniser un pied-à-terre proche de la vallée de Bière, le roi prétextant lui-même choisir cet endroit pour la chasse des bêtes « rousses et noires ». Il fait raser la précédente construction, à l'exception du donjon et d'une partie de la courtine nord, et fait appel à des artistes italiens pour assurer la construction et la décoration de son palais. C'est ainsi que sont édifiés un bâtiment dessinant la cour Ovale et un autre situé sur la basse cour ouest, tous deux reliés par une galerie. vient chasser à Fontainebleau, accompagné de sa cour et de sa favorite, la duchesse d'Étampes, délaissant ainsi plus ou moins le château de Blois, et annonçant le retour progressif de la cour dans les environs de Paris. Plusieurs conducteurs de travaux se succèdent durant son règne : Florimond de Champeverne, secrétaire et valet de chambre du roi, est nommé en 1528 conducteur jusqu'à sa mort en 1531. Pierre Paule dit l'Italien, présent dès 1528, ancien concierge du château de Moulins, valet de chambre de Louise de Savoie, dirige ensuite les travaux jusqu'à sa mort en 1535. Il est remplacé par acte du par un conducteur particulier, Salomon des Herbaines, tapissier du roi, garde des meubles et tapisseries, qui présente l'avantage de résider sur place et travaille en collaboration avec Pierre des Hôtels, notaire, secrétaire et valet de chambre du roi ; il décède en 1558. Les noms des architectes du château sont, quant à eux, plus hypothétiques : Sebastiano Serlio, pour sa part, se voyait offrir le l'assurance de livres par an pour . Il apparaît néanmoins que son apport au sein de l'édifice reste limité. Gilles Jamin, architecte et maître d'œuvre du château de Fontainebleau, ainsi que son fils Gracieux Jamin et François Jamin son petit-fils. D'autres noms ont été avancés pour identifier l'architecte qui officia sous le règne de . Si Gilles Le Breton a effectivement travaillé sur le projet du château, il n'en est pas le créateur. Le Rosso ou Girolamo della Robbia qui a proposé des décors pour la porte Dorée, peuvent eux aussi figurer parmi les architectes potentiels. Les constructions successives du règne de , notamment pour la cour du Cheval blanc, sont mieux connues depuis des recherches récentes : les trois ailes, nord, ouest et sud, de la susdite cour furent construites en 1540-1542, tandis que l'aile est datée de 1538-1539 pour sa moitié sud (pavillon des Poêles) et postérieure à 1545 pour sa moitié nord (chapelle de la Trinité et pavillon des Armes). L'aile sud fut également surélevée d'un étage, vers 1545-1546, abritant la célèbre galerie d'Ulysse. Le roi souhaite faire de Fontainebleau un foyer de l'art de la Renaissance : il collectionne les objets d'art, commande des œuvres sur la mythologie, fait venir d'Italie des antiques. Il reçoit des tableaux de la part du pape, collectionne des œuvres de maîtres italiens ("La Joconde" et "La Vierge aux rochers" de Léonard de Vinci, la "Sainte-Famille", "Saint-Michel", et la "Belle Jardinière" de Raphaël) et fait venir des moules de statues romaines ("Laocoon", "Apollon du Belvédère"…) afin de couler des bronzes. Pour la décoration du château, il commet Rosso Fiorentino qui dessine le pavillon de Pomone, le pavillon des Poesles, la galerie Basse (tous détruits) et surtout la galerie François (1534-1540). Giorgio Vasari désigne Fontainebleau comme la « Nouvelle Rome » et son école est renommée dans toute l'Europe de l’Ouest. constitue dans le château une importante bibliothèque, ancêtre de la bibliothèque nationale. Le château de Fontainebleau reçoit, entre le 4 et le , la visite de , futur époux de Madeleine de France. C'est en 1539 que reçoit à Fontainebleau Charles Quint et lui fait visiter son palais, entre le 24 et le . Ronsard se fera l'écho du faste déployé au château par l'écriture de quelques vers : Le fils de , le roi de France , complète le château avec une salle de bal et une chapelle, reliées à l'édifice par la célèbre galerie François , qui fait face à l'étang des Carpes. Il nomme Philibert Delorme pour vérifier et visiter le château le , date à laquelle la suite des travaux lui est confiée. C'est ainsi qu'une grande partie du château actuel voit le jour, dont la salle de bal. C'est à Fontainebleau que naissent la plupart des enfants de et de Catherine de Médicis, les futurs rois () et () ainsi qu'Élisabeth de France (), Claude de France (), Louis de France (), François d'Alençon () et les jumelles Victoire et Jeanne (). Deux jours après la mort d' en 1559, Catherine de Médicis remercie Philibert Delorme, protégé de Diane de Poitiers, et confie les travaux à Francesco Primaticcio, dit Le Primatice qui devient surintendant des maisons royales le . Le , le contrôleur général des bâtiments de France, Jean Bullant, est remplacé par François Sannat. C'est à cette époque que Nicolò dell'Abbate décore le château. À la mort du Primatice, le , celui-ci est remplacé par Tristan de Rostaing. Jean Bullant finit par revenir à Fontainebleau et est nommé auprès de Rostaing le comme architecte conducteur des travaux. À la mort de Jean Bullant en octobre 1578, le chantier est confié par à Baptiste Androuet du Cerceau. Pendant le règne des trois fils d' (François II, et Henri III), le château de Fontainebleau est moins habité, les monarques lui préférant le Louvre, ou encore les demeures du Val de Loire comme Amboise ou Blois. Le château est néanmoins le théâtre d'une assemblée de notables réunis du 21 au pour résoudre les questions religieuses qui troublent le royaume et aboutissant à la convocation des États Généraux. Le , et Catherine de Médicis reçoivent les ambassadeurs du pape, de l'empereur et du roi d'Espagne en vue d'une négociation afin que la France revienne sur l'édit de pacification d'Amboise. Sous le règne des Bourbons. Plus tard, agrandit la demeure de plusieurs ailes et de la porte du Baptistère : il dépense entre 1593 et 1609 près de deux millions et demi de livres pour les travaux. Il fait aménager la cour des Offices et redresser la cour Ovale alors assez irrégulière. Désormais, le palais peut accueillir près de mille personnes. Le roi vient jouer à la paume dans une salle spécialement aménagée. À cette époque, une nouvelle génération d'artistes, français et flamands, décore l'intérieur du château (Martin Fréminet, Jean de Hoey, Ambroise Dubois…). C'est la seconde école de Fontainebleau, rassemblant des artistes issus plutôt de milieux parisiens. Le château accueille entre le 14 et le la visite de Charles-Emmanuel de Savoie. C'est à Fontainebleau que se marient Concino Concini et Léonora Dori, dite Galigaï le dans la chapelle du roi, et que naît le futur , le , qui est baptisé le en même temps que ses deux sœurs, Élisabeth et Chrétienne. Le , a lieu au château l'arrestation du maréchal de Biron et du comte d'Auvergne, convaincus de trahison. Le de la même année, naît au château Élisabeth de France, fille d' puis le , son fils Gaston d'Orléans, événement fêté par une série de spectacles donnés en l'honneur de la reine Marie de Médicis. On y joue notamment une partie de la tragédie "Bradamante" de Robert Garnier. La même année, l'ambassadeur d'Espagne don Pedro de Tolède est reçu à Fontainebleau. Le , le château est le théâtre du mariage de César de Vendôme et d'Henriette de Lorraine. Louis XIII, qui hérite en 1610 un château encore en chantier, fait achever les travaux sans apporter de modification majeure. C'est là que le cardinal Barberini, neveu du pape , est reçu par au château pendant l'été 1625 ; que le maréchal d'Ornano est arrêté le . Le , et le prince électeur de Bavière signent à Fontainebleau une alliance secrète. Le 14 et le a lieu la promotion, au château, de 49 chevaliers de l'ordre du Saint-Esprit. Le est signé à Fontainebleau le contrat de mariage entre et Marie-Louise de Gonzague-Nevers. Un an plus tard, du 19 au a lieu la réception d'Henriette Marie de France, reine d'Angleterre, et de son fils, le futur . La reine Christine de Suède y demeure une première fois du 4 au ; durant son second séjour, du au , elle fait assassiner à l'épée et au poignard son écuyer et favori Giovanni Monaldeschi le pour trahison, ce qui provoque un scandale d'autant plus grand que, portant une cotte de mailles sous son habit, Monaldeschi voit son martyre prolongé. , bien que préférant les demeures situées à l'ouest de Paris et accordant toutes ses attentions au château de Versailles, aime venir à Fontainebleau. Durant son règne, Fontainebleau est considéré comme une demeure du passé, mais reste un symbole de l'héritage des rois de France, et son entretien s'inscrit donc dans la continuité de la monarchie. C'est pourquoi les modifications architecturales restent limitées, mais on observe une profonde rénovation des jardins : entre 1645 et 1646, Anne d'Autriche fait redessiner le jardin de Diane par André Le Nôtre, lequel, avec Louis Le Vau, modifie le Parterre en installant notamment au centre une fontaine de rocaille. Elle fait également décorer ses appartements, selon M. Hébert, avec quatorze paysages historiés peints par Henri Mauperché. Il est possible qu'une partie de ces tableaux se trouve aujourd'hui à la Galerie Nationale de Sofia, en particulier "Le Christ à la Samaritaine" et "le Christ et les pèlerins d'Emmaüs". C'est en 1661-1662 que Le Nôtre crée le bassin des Cascades. Le roi fait néanmoins construire un théâtre, vient au château presque chaque année : c'est à Fontainebleau que naît le Grand Dauphin le , que débute le le procès du surintendant Nicolas Fouquet à la chancellerie, qu'a lieu l'audience du cardinal Flavio Chigi, légat du pape le , qu'est célébré, le , le mariage de la nièce du roi Marie Louise d'Orléans et de , qu'est signé le traité entre la France et la Suède puis celui entre le Danemark et le duc de Holstein-Gottorp le , et en 1698. y signe le l'édit révoquant celui de Nantes et interdisant ainsi le protestantisme en France. Le compositeur Jean-Baptiste Lully suit à plusieurs reprises la Cour à Fontainebleau, la première fois en 1661 pour monter le "Ballet des Saisons", une autre en 1670 où il donne une représentation dans l'aile de la Cheminée, une troisième le pour diriger un "Te Deum" dans la chapelle de la Trinité pour le baptême de son fils aîné, Louis, et une dernière le . En 1679-1680, François d'Orbay fait construire des hôtels pour les secrétaires d'État (bâtiments de la cour des Mathurins et au coin de la grotte des Pins). En 1701, Hardouin-Mansart double l'aile de la galerie des Cerfs, le long du mur est, par un bâtiment en moellons en enduit et briques. Le , meurt à Fontainebleau Louis Armand de Bourbon, prince de Conti. Le Grand Condé s'éteint à son tour dans le château le . Du 11 au a lieu au château le premier séjour de l'ancien roi d'Angleterre et de sa femme Marie de Modène. Ceux-ci reviendront chaque année au château jusqu'en 1700. Le , le château est le théâtre de la réception de Marie-Adélaïde de Savoie, future duchesse de Bourgogne et mère de . Saint-Simon décrira notamment la scène : . Le , le château de Fontainebleau reçoit le mariage par procuration de Léopold, duc de Lorraine, et d'Élisabeth Charlotte d'Orléans. Saint-Simon affirme que la décision d'accepter pour le duc d'Anjou la couronne d'Espagne a été prise lors d'un conseil tenu le dans les appartements de de Maintenon. Vers la fin du règne de , Fontainebleau reçoit la visite entre le 21 et le de Henry St John, vicomte Bolingbroke, mandaté par Anne Stuart pour négocier la paix après la guerre de Succession d'Espagne, et la visite le de Frédéric-Auguste, prince-électeur de Saxe et roi de Pologne, sous le nom de comte de Lusace. La Régence est marquée par la visite à Fontainebleau, du tsar de Russie Pierre le Grand le 30 et . , qui s'y marie le , fait aménager une salle de spectacles, qui brûlera en 1856, et reconstruire une galerie ainsi que le "pavillon des Poêles" par Ange-Jacques Gabriel, et ne séjournent pas souvent au château, mais restent plus ou moins fidèles à la tradition d'un séjour annuel, faisant de Fontainebleau une sorte de « palais d'automne ». Le , Fontainebleau est le théâtre de la signature d'un traité d'alliance secret entre la France et l'Espagne. Le a lieu au château la première représentation du "Devin du Village" de Jean-Jacques Rousseau. Le y est signé le traité de Fontainebleau, traité secret entre la France et l'Espagne au sujet des possessions de la Louisiane. Le dauphin Louis, fils de , meurt de la tuberculose au château le . Le roi y séjourne du 24 au , puis du 2 au , et y voit jouer "Tancrède" de Voltaire. Le , a lieu à Fontainebleau la réception de Marie-Joséphine de Savoie, future comtesse de Provence, puis celle, le , de Marie-Thérèse de Savoie, future comtesse d'Artois. Le règne de est marqué par la ratification à Fontainebleau de deux traités : d'une part le traité de Fontainebleau signé en 1785 entre l'Autriche et les Pays-Bas à la suite de (la guerre de la Marmite), et d'autre part un traité de commerce entre la France et l'Angleterre, le . Époque contemporaine. Pendant la Révolution française, le palais est vidé de son mobilier. En , le feu prend dans l'Orangerie, l'incendie s'étant propagé et ayant endommagé la chapelle, réduit en cendres l'appartement du Dauphin (dans l'aile précédemment connue sous le nom de Galerie de François ). Il est occupé par l'École Centrale de Seine-et-Marne, puis devient, du au , la caserne de l'École spéciale militaire qui sera transférée à Saint-Cyr-l'École et enfin une prison. fait revivre Fontainebleau à partir de 1804, il le fait meubler, y tient sa cour pour laquelle il fait aménager 40 appartements de maître. Deux soirs par semaine, il fait donner des spectacles d'opéra et de théâtre. Fontainebleau est aussi un lieu de décision politique, comme le montrent la salle du trône et la bibliothèque de travail de l'empereur, qui y fait transférer secrètement le pape (prisonnier de l'Empereur à Savone), le , qui y resta enfermé pendant dix-neuf mois et y signera sous pression le concordat de Fontainebleau, le . Le pape quittera Fontainebleau le . Le , le château accueille la visite de et de la reine Marie-Louise. L'année 1807 est marquée par trois événements : le traité fixant les frontières entre l'Autriche et le royaume d'Italie le , un traité d'alliance franco-danois le , et un traité secret entre la France et l'Espagne concernant le Portugal le . Implanté en 1807 entre l'étang des Carpes et la forêt, le manège de Sénarmont est le principal édifice élevé à la demande de Napoléon dans l'enceinte du palais de Fontainebleau. Il est construit selon des dispositions architecturales ambitieuses, avec une charpente à la Philibert Delorme qui a permis la couverture d'un volume de dimensions exceptionnelles pour l'époque, rappelant le de 1785 d'Étienne-Louis Boullée pour la Bibliothèque du Roi. Le futur est baptisé au château le , avec 24 autres enfants de dignitaires et généraux. Napoléon passe les derniers jours de son règne dans le château avant d’abdiquer le sous la pression de ses maréchaux Ney, Berthier, et Lefebvre (le traité de Fontainebleau, qui formalise son abdication sans condition, est signé à Paris le ). Le , après avoir vainement tenté de se suicider, il prononce un discours resté fameux à sa garde dans la cour dite depuis « cour des Adieux », scène illustrée par le tableau "Les Adieux de Fontainebleau" peint par Horace Vernet. Il dit notamment à sa Vieille Garde : et les remercie : Napoléon se souviendra d'ailleurs du château de Fontainebleau lors de son séjour à Sainte-Hélène : . Pendant les Cent-Jours, Napoléon y fera un arrêt le . À la suite de Napoléon, les derniers monarques français y feront plusieurs séjours : le , Marie-Caroline de Bourbon-Sicile, duchesse de Berry, est reçue au château. et y ont dormi. Sous la monarchie de Juillet, Louis-Philippe entreprend les premiers travaux de restauration (dirigés par Jean Alaux, Picot, et Abel de Pujol) et fait redécorer et remeubler l'intérieur, avant que le château ne serve de cadre au mariage de Ferdinand-Philippe d'Orléans avec Hélène de Mecklembourg-Schwerin le . Du 20 au , le château est visité par l'ancienne reine d'Espagne Marie-Christine. Le , un garde de la forêt, Pierre Lecomte, tente d'assassiner Louis-Philippe dans le parc du château. Le palais reçoit la visite du bey de Tunis, , les 15 et . C'est en 1848 qu'Abel Blouet devient architecte du château et entreprend de nouvelles restaurations (galerie François , ailes de la cour du Cheval blanc…). À sa mort en 1853, il est remplacé par Hector Lefuel puis Alexis Paccard en 1855. Le château fait l’objet d'un classement au titre des monuments historiques par la liste de 1862. En 1867, Prosper Desbuisson devient architecte du palais et poursuit les restaurations engagées par ses prédécesseurs. Sous le Second Empire, Fontainebleau fait partie, avec Saint-Cloud, Compiègne et Biarritz, des lieux de villégiature de la cour. L'impératrice Eugénie, épouse de , passe ses soirées dans le petit théâtre construit par son mari. Elle s'attache au salon chinois, agrémenté par des objets provenant du sac du palais d'Été et par les cadeaux des ambassadeurs du Siam, reçus au château le . Ils avaient été précédés par le roi de Prusse, futur empereur allemand, (15 et ) et par (17 au ). Lors de la guerre de 1870, le château est investi par les Prussiens () ; Frédéric Charles de Prusse et son état-major l'occupent du 6 au ; il est finalement évacué cinq jours plus tard. En , les dépendances du château sont confiées à l"'École d'application de l'artillerie et du génie", après que celle-ci a quitté Metz. Les débuts de la Troisième République sont marqués par la réception d'invités de marque par les présidents de la République : le et le par Sadi Carnot, , roi des Belges, le par Félix Faure, et le par Raymond Poincaré. Le château devient la demeure occasionnelle de quelques présidents de la Troisième République. Les protections se poursuivent : les façades et combles des extérieurs des bâtiments qui encadrent la cour et la cour des Princes, ainsi que les façades et combles du Pavillon Sully, font l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le . Plusieurs événements importants auront lieu à Fontainebleau au cours du . Après une visite le de l'ancienne impératrice Eugénie, le a lieu à Fontainebleau l'inauguration du Conservatoire américain avant celle de l'École des beaux-arts américains le . Dès 1927 (date à laquelle le château est consacré musée national) et ce jusque dans les années 1930, les parties hautes de l'aile de la Belle Cheminée (incendiée en 1856) sont reconstruites grâce aux fonds Rockefeller. Le manège de Sénarmont est classé au titre des monuments historiques par arrêté du . Pendant la Seconde Guerre mondiale, l'armée allemande commandée par le général Richard Ruoff investit Fontainebleau le et l'occupe jusqu'au , puis du à fin octobre 1941. Après guerre, le château reçoit du 6 au une conférence franco-vietnamienne sous la présidence de Max André et Phạm Văn Đồng et le est créée au château l'Union internationale pour la protection de la nature. En janvier 1949, une partie du château (notamment la cour des Offices) est investie par le commandement en chef des forces alliées Centre-Europe (OTAN) et y restera jusqu'en juillet 1966. Une restauration générale du château est permise par la loi-programme des années 1964-1968 dont André Malraux est l'initiateur. Le domaine de Fontainebleau est classé au patrimoine mondial de l'UNESCO en 1981. Les 25 et se réunit à Fontainebleau le Conseil des chefs d'État et de gouvernement de la Communauté économique européenne, présidé par François Mitterrand. C'est en 1986 qu'est inauguré dans l'aile , le musée . Les bâtiments de la cour des Offices (en restauration) ont été récemment affectés au Centre européen de musique de chambre. Le ministère de la Culture et de la Communication a par ailleurs acquis en 2006 les anciennes écuries royales et y entreprend des restaurations. Le domaine national de Fontainebleau dans sa totalité, incluant les parties bâties et non bâties non encore protégées, fait l’objet d'un classement au titre des monuments historiques par arrêté du . En 2011, des visites thématiques et des expositions se tiennent au château dans le cadre du festival de l'histoire de l'art. À l'occasion du bicentenaire de la mort de en 2021, une grande exposition, intitulée "Un palais pour l'Empereur. Napoléon à Fontainebleau", est organisée au château. À cette occasion, plus de 200 œuvres issues des collections bellifontaines et de musées français ou étrangers ont été prêtées au château. Architecture et intérieur. Éléments médiévaux. Du château féodal ne restent que le donjon et des traces de courtines. Les deux tours qui défendaient la porte ainsi que les bâtiments en masure qui formaient le carré ont disparu. Le donjon, comprenant dès le une partie des appartements royaux, se présente comme une grosse tour carrée sans contreforts, coiffée en pavillon et supportant deux grandes cheminées latérales. À l'origine, la maçonnerie extérieure était faite de moellons avec un appareil de pierre de taille aux chaînages d'angle et aux encadrements des baies. Le toit était recouvert de tuiles. Dans le mur nord subsiste un escalier droit voûté en berceau qui se retournait dans le mur est pour mener au deuxième étage. Les traces de courtines du subsistent au rez-de-chaussée du corps de logis. On retrouve également des traces des bâtiments du au rez-de-chaussée des façades de la cour Ovale, où sont visibles des parties en pierres de taille. Ainsi, toutes les traces médiévales n'ont pas été détruites et un devis de 1528 précisait même à l'architecte de , d'où la conservation de traces du bâtiment du dans la cour Ovale. Bâtiments du. Aile de l'escalier du Fer-à-cheval. Pavillon des Armes et galerie des Chevreuils (détruite). Ce pavillon devait à l'origine contenir l'armurerie du roi. Il présente dans son architecture un système mixte de pierres de taille et de moellons. Ambroise Perret y pose les boiseries sculptées en 1559. Le deuxième étage fut refait au . Le pavillon des Armes se situait à l'extrémité de la galerie des Chevreuils, détruite en 1833. Celle-ci fut décorée (comme la galerie des Cerfs) par Louis Poisson de 1601 à 1608, de peintures sur plâtre et de lambris de bois en partie basse des murs. Les peintures constituaient une série de sept grandes scènes de chasse (chasse au loup, au sanglier, au cerf, au renard, au faucon, etc.), alternant avec des décors d'architectures feintes composées de niches dans lesquelles prenaient place des vases, portant un lys au naturel, surmontés de têtes de chevreuils, encadrés par des colonnes corinthiennes. Les décors de cette galerie nous sont connus aujourd'hui grâce à un dessin de Charles Percier représentant une vue extérieure de la galerie, et surtout des relevés de Antoine-Laurent Castellan, exécutés en 1833, peu avant la destruction du bâtiment. Chapelle de la Trinité. Ancienne église conventuelle des religieux Trinitaires installés ici par saint Louis en 1259, celle-ci a été rattachée au château sous . Reconstruite à partir de ce règne et sous celui d’Henri II, elle reçoit la voûte actuelle sous et fut terminée par puis enrichie par , et . On doit au peintre Martin Fréminet des scènes du mystère de la Rédemption de l'homme (les Trinitaires étant un ordre rédempteur) : "L'Apparition de Dieu à Noé" au-dessus de la tribune, "L'Annonciation" derrière le maître-autel, "Le Christ du Jugement dernier entouré des sept premières intelligences" au centre, ainsi que des personnages de l'ancienne Loi (rois de Juda, prophètes, vertus), peints sur la voûte entre 1608 et 1619. Le maître-autel, réalisé par le sculpteur italien Francesco Bordoni en 1633, lequel est aussi l'auteur du dallage en marbre multicolore du sol, est entouré de statues de souverains (saint Louis à droite de l'autel avec les traits de , et Charlemagne à gauche avec les traits de Henri IV). L’autel et le tabernacle d’origine se trouvent à l’église paroissiale de Fontainebleau où ils furent transférés à la Révolution. Le tableau d'autel a quant à lui été peint par Jean Dubois le Vieux en 1642 et représente la Sainte Trinité au moment de la déposition de croix. La tribune, portée par des colonnes de marbre, est l'œuvre de Francesco Scibec de Carpi, tout comme la clôture du chœur datant de 1554. Philibert Delorme avait présidé à la création de deux oratoires : l'un pour réalisé en 1557, l'autre pour Diane de Poitiers. Les deux furent détruits en 1605. Les boiseries et les grilles des chapelles sont l'œuvre du menuisier Jean Maujan, qui sous-traite avec Robert Andry en 1629. Barthélémy du Tremblay quant à lui avait commencé les peintures décoratives, terminées par son gendre Germain Gissey, associé à Jean Bertrand et Robert Cammel. Les dernières peintures décoratives exécutées dans la chapelle sont les tableaux ovales réalisés sous . L'orgue de François-Henry Clicquot, toujours en place, fut réalisé en 1774. Le principal événement qui eut lieu dans cette chapelle fut le mariage de et Marie Leszczyńska en 1725 (le Supérieur des Trinitaires, Louis Blouin, premier valet de Louis XIV, présenta l’eau bénite au roi et à la reine). La chapelle fut aussi le théâtre du mariage de Marie-Louise d'Orléans avec (représenté par le prince de Conti) et du baptême du prince Louis-Napoléon Bonaparte (futur ) en 1810 avec 24 autres enfants et du mariage de Ferdinand-Philippe d'Orléans avec Hélène de Mecklembourg-Schwerin le . Vestibule du Fer-à-cheval. Le vestibule du Fer-à-cheval ou « vestibule de la chapelle », situé au premier étage, présente un mobilier réalisé sous le Second Empire et copiant l'ornementation des encadrements des trois portes en bois sculpté, qui datent en partie du et desservent les différentes parties du château. Les vantaux en bois sculptés ont été réalisés par Jean Gobert en 1639, tandis que le reste du décor de la pièce est dû à Jean-Baptiste-Louis Plantar (1833). L'encadrement et la porte de la chapelle sont ornés de motifs religieux (anges, couronnes d'épines), la porte de la terrasse est décorée de trophées d'armes, de têtes de lions et de masques, et celle de la galerie François de motifs militaires et de têtes d'Hercule. Appartements des Reines-mères et du Pape. L'aile des Reines-mères abrite les appartements des Reines-mères et du Pape. Elle a été édifiée entre 1558 et 1566. Ces appartements, aménagés au puis refaits au après la reconstruction du pavillon d'angle, doivent leur nom au séjour de Catherine de Médicis, de Marie de Médicis, d'Anne d'Autriche et du pape (qui y dormit en 1804, 1812 et 1814). Les appartements sont divisés en deux : les appartements dits « », habités par le Grand Dauphin puis , et ceux dits (), habités notamment au par les tantes de , et par le comte de Provence (futur Louis XVIII) et son épouse à partir de 1770. La décoration et l'ameublement furent revus notamment sous le Second Empire, mais le décor de boiseries des trois salles les plus importantes a été renouvelé dès 1644. L'équipe de menuisiers se composait de François Moriceau, Guillaume Noyers, Pierre Dionis, Louis Torchebat, Jean Langlacé et Jean Adnet, et les peintres et doreurs étaient Henri Champagne et Claude d'Hoey, tous sous la direction de l'architecte Jacques Le Mercier. Aile des Ministres. L'aile des Ministres, dite aussi « aile basse », a été bâtie à partir de 1530 et ferme la cour du Cheval-Blanc par le nord. Construite dans le même appareil de brique et pierre que le corps de bâtiment qui lui fait face, cette aile septentrionale comporte une longue façade à un étage, assise sur un soubassement en pierre de taille de grès. Le mur en moellons de grès recouvert d'un crépi ocre, est rythmé par des portes et fenêtres rectangulaires encadrées de chambranles à deux fasces en brique (pied-droits et plates-bandes), et de pilastres surmontés de chapiteaux inspirés de l'ordre dorique, scandant les travées de largeur différente. Ce rez-de-chaussée est coiffé d'un toit orné de grandes lucarnes à frontons curvilignes, et est divisé par un pavillon central à deux étages lui-même couronné d'une lucarne monumentale à trois travées comportant une baie entre deux niches, surmontées d'un corps supérieur plus étroit lui- même d'une salamandre, emblème royal de François, ce corps étant flanqué de volutes et surmonté d'un fronton triangulaire. Les cheminées portent également le chiffre de ce roi. Objet de restaurations et de restitutions successives (d'après les gravures du ) jusqu'en 1878, cette aile abrite aujourd'hui les services administratifs du château. Aile de la galerie François. Galerie François. Construite entre 1528 et 1530, elle mesure environ de long et de large, et constituait autrefois un pont couvert jouissant d'ouvertures des deux côtés. Le roi la fit édifier et décorer afin de relier ses appartements à la chapelle de la Trinité. Il en gardait les clés et la faisait visiter à ses hôtes de marque. La galerie a été confiée à l'Italien Rosso Fiorentino qui la décora de façon originale avec des peintures, des lambris, des fresques et des stucs, de mars 1535 à mai 1537 pour les stucs, à partir de 1536 pour les fresques, et qui l'acheva juste avant la visite de Charles Quint à la Noël 1539. Les boiseries en noyer sculpté sont l'œuvre du menuisier italien Francisco Scibec de Carpi qui les réalisa dès 1535 avec des essences rares, mais se tourna presque exclusivement vers le bois de noyer à partir de 1539, date à laquelle il exécute le parquet de la galerie. Le plafond à caissons joue dans l'ensemble décoratif un rôle plutôt secondaire et affiche un style plutôt classique. La galerie dessine un jeu de travées, rythmées par des ouvertures symétriques et de grands panneaux peints. On retrouve partout le monogramme du roi. Les peintures représentent des récits de la mythologie gréco-romaine et des allégories dont le sens nous échappe aujourd'hui (Marguerite d'Angoulême, sœur de , admettait elle-même la complexité des thèmes et disait « lire en hébreu » sans explication annexe), mais qui symbolisent probablement le bon gouvernement du roi et font l'éloge de . Une scène est consacrée à l’éducation d'Achille par le centaure Chiron. Dans la travée centrale sont représentées deux scènes ovales : "Danaé" (par Le Primatice) et "La Nymphe de Fontainebleau" (réalisée en 1860 d'après une œuvre du Rosso). À l'est, du côté du buste de , sont peintes des scènes violentes : "Défaite de Pavie", "Captivité du roi à Madrid", "Combat des Centaures et des Lapithes" (par le Rosso), "La Jeunesse et la Vieillesse", "La Destruction de la flotte grecque", etc. Sous la scène de "Vénus et l'Amour au bord d'un bassin" (intitulée aussi "Vénus frustrée" ou encore "Vénus tentant de réveiller l'Amour endormi", tandis que Mars est parti guerroyer, peinte par le Rosso) est représentée, dans un tableautin réalisé en 1540, une vue du château de Fontainebleau représentant la galerie François et la porte Dorée. Rosso est également l'auteur de "La Vengeance de Nauplius", de "La Mort d'Adonis", ou encore de scène représentant "Le Roi tenant une grenade", "Le Sacrifice", et "L'Ignorance chassée". Il répand également le motif du cuir découpé qui fera école par la suite. À l'ouest sont notamment représentés "Cléobis et Biton" et "Les Jumeaux de Catane" ainsi que certaines peintures allégoriques : l'une des plus célèbres est celle de "L'Éléphant au caparaçon" ou "L'Éléphant royal" (symbole de force, de sagacité, et de pérennité de la royauté) qui porte le chiffre royal et représenterait le roi lui-même. À ses pieds figurent trois allégories de l'air, de la terre et de l'eau (la foudre représente Jupiter, le trident Neptune, et Cerbère Pluton, en référence aux trois espaces sur lesquels règne François ), ainsi qu'une cigogne qui symboliserait l'amour filial, celle-ci représentant la mère du roi, Louise de Savoie. Sur les côtés sont peintes deux fresques sur le thème des enlèvements mythologiques : à droite "Saturne déguisé en cheval enlevant Philyre", et à gauche "Jupiter, changé en taureau, enlevant Europe". Appartements intérieurs de l'Empereur. Louis XVI fit dédoubler l'aile en 1786 en ajoutant des appartements, la privant ainsi de son ouverture sur le jardin de Diane, mais faisant réaliser de fausses portes-fenêtres pour garder un aspect symétrique. Ces appartements sont occupés sous l'Empire par . Appartement des Bains (détruit). François avait fait aménager, en 1534, au rez-de-chaussée de l'aile qui porte aujourd'hui son nom, un ensemble composé de trois salles de bains et de quatre petits salons qui furent décorés de stucs, de grotesques et de fresques, dont certaines étaient dues au Primatice. Ces pièces furent détruites en 1697 pour créer un nouvel appartement. Elles ne sont connues que par des descriptions assez imparfaites. Petits appartements de. Les petits appartements de se situent à l'emplacement des anciens bains de , transformés sous en appartements privés réservés au roi, à de Pompadour puis à Du Barry. Ils furent aménagés pour de 1808 à 1810. Les salles donnant sur le jardin de Diane comportent des boiseries de style et un mobilier de style Empire. Aile des appartements royaux. L'aile dite des « appartements royaux » a été édifiée au sur les traces de l'ancien château médiéval, dont elle reprend le tracé ovoïde, autour de la cour Ovale. En 1565, Catherine de Médicis fait doubler le corps de bâtiment jouxtant le jardin de Diane et multiplie ainsi le nombre d'appartements. Les intérieurs subiront diverses modifications du . Appartements de l'impératrice Joséphine. Situé au rez-de-chaussée de l'aile des appartements royaux, les appartements de Joséphine ont été aménagés pour elle en 1808, à partir d'une suite de pièces aux lambris de style . Ils furent occupés par l'impératrice Marie-Louise à partir de 1810. Appartements royaux. Antichambre du roi aux , elle devient première antichambre du roi en 1737, date à laquelle elle sert aussi de salle à manger. Elle devient le salon des Officiers de la maison de l'Empereur en 1804, avant d'être baptisée « salle Saint-Louis » en 1814, et de devenir la deuxième salle Saint-Louis en 1837. Il s'agit de la plus ancienne salle du château. Des travaux y ont été menés en 1757, date du percement d'une grande arcade menant à la salle du Buffet. Des modifications sont apportées aux boiseries, au plafond, et au chambranle de la cheminée. Cette cheminée, en marbre du Languedoc, est ornée sur son manteau d'un bas-relief équestre représentant , réalisé vers 1600 par Matthieu Jacquet, issu de l'ancienne « Belle-Cheminée » et installé ici sous Louis-Philippe, lors des travaux de 1836 (date à laquelle le plafond a été modifié une nouvelle fois). Dix tableaux exposés au mur, où figurent des enfants, proviennent du château de Marly. Cinq tableaux exécutés par François-André Vincent dans les années 1783-1787 et installés en 1836, représentent des scènes de la vie d' ("Gabrielle d'Estrées évanouie", " relevant Sully", " soupant chez le meunier Michaut", " rencontrant Sully blessé", "Les Adieux de à Gabrielle d'Estrées à son départ pour l'armée"). Le mobilier a gardé ici son état du Second Empire : on peut par exemple noter des feux en bronze patiné représentant "Vénus et Adonis", sur un modèle de la Renaissance (acquis en "1860"). L'ameublement se compose notamment d'un ensemble de sièges (un canapé, dix fauteuils, un tabouret de pied), de fauteuils meublant de style , de chaises légères en bois doré datant du Second Empire (réalisées par Souty en 1858), de six chaises blanches de Chiavari, d'une table en hêtre signée Fourdinois (1860), d'une table de famille de style Boulle, réalisée par Jacob-Desmalter en 1840, d'une console en bois doré du , d'une console en pâte dorée de style présentée lors de l'exposition des produits de l'industrie française de 1839. Le salon conserve également plusieurs objets d'art, comme un groupe en bronze réalisé par P.J. Mène en 1861 intitulé "La Prise du renard, chasse en Écosse", un coffret en ivoire allemand réalisé dans la première moitié du , et un vase émaillé évoquant Les Saisons, par Gobert (manufacture de Sèvres), au Second Empire. Enfin, la pièce est éclairée par des lustres du , onze bras de lumière de style Renaissance, réalisés en 1837 (Chaumont), d'un flambeau couvert de Vermeil, réalisé par Biennais en 1809, et de feux ornés d'enfants tritons, exécutés en 1836 (Chaumont). L'ameublement se compose notamment de sièges en bois doré de style , recouverts en tapisserie de Beauvais à fond rose, et de dessins byzantins, livrés en 1852, et dont le bois est attribué à Fourdinois. On note également un cabinet dit « de l'Odyssée », en ébène sculpté, datant de la première moitié du , et décoré pour son intérieur d'après des gravures de Theodoor van Thulden, exécutées elles-mêmes d'après les décors du Primatice dans la Galerie d'Ulysse, et illustrant l'Odyssée. On peut également y admirer le cabinet dit « des Cariatides », en ébène sculpté, réalisé aussi dans la première moitié du , mais restauré et remanié au . Le reste du mobilier se compose de deux bas d'armoire de style Boulle, réalisées par Jacob-Desmalter en 1839, d'une table en bois doré de style , réalisée par Cruchet en 1860, d'après des dessins de l'architecte Ruprich-Robert pour le salon d'Apollon aux Tuileries. Le salon conserve également une coupe en porcelaine de la fabrique d'Adolphe Hache et Pépin Le Halleur à Vierzon, réalisée au Second Empire, deux vases en porphyre italiens du (ayant appartenu à la collection de ), de vases en nacelle de porphyre rouge, monté en bronze doré, réalisés en 1770 dans le style Transition, et de vases en nacelles en marbre vert, montés en bronze doré, d'époque . La pièce est éclairée de lustres du , de sept bras de lumière de style Renaissance exécutés en 1840 et de feux à chimères réalisés en 1837 (Chaumont). Le mobilier de style , bien qu'incomplet, restitue assez fidèlement l'aspect de la pièce lors de la réalisation des décors muraux. Les tissus des rideaux et des sièges ont été réalisés par la maison Tassinari et Chatel entre 1961 et 1981 d'après l'ancien modèle qui avait subsisté sur le paravent. L'ensemble de sièges, réalisés en 1786 par Sené et Vallois, sous la direction d'Hauré, se compose de six ployants provenant du salon des jeux de la reine du château de Compiègne, et de deux voyeuses. La pièce possède également un paravent, un écran, et deux commodes réalisées en 1786 par Beneman, sous la direction d'Hauré, à partir d'un meuble de Stöckel. La présentation de l'état se compose également d'un tapis de la Savonnerie d'époque , de vases en porcelaine de style Transition réalisés vers 1770, de candélabres, d'une pendule ornée d'une figure de "L'étude", et de feux à aiguière d'époque . Le mobilier de style Empire, plus complet, a été reconstitué en 1986. Les rideaux sont en taffetas alternativement vert et blanc, tandis que les sièges sont couverts de velours vert galonné d'or. L'important ensemble de sièges rassemble notamment des fauteuils réalisés pendant le Consulat par Jacob Frères, des tabourets de pieds réalisés en 1805 par Jacob Desmalter, quinze tabourets en X, des pliants en X exécutés par Jacob Desmalter en 1806, et des chaises signées Jacob Frères. Le paravent, réalisé par Boulard et Rode, date de 1806. Le tapis en moquette à fond vert a été retissé entre 1984 et 1986 d'après l'ancien modèle. Le reste du mobilier de style Empire se compose de consoles réalisées en 1804-1805 par Jacob Desmalter, d'un guéridon en porcelaine de Sèvres dit "La table des Saisons", peint par Georget en 1806-1807 d'après les dessins de l'architecte Brongniart, de deux candélabres à bacchants et bacchantes daté du début du , de quatre candélabres à figures ailées d'époque Consulat, de flambeaux réalisés par Galle au Premier Empire, d'une pendule ornée d'une figure représentant la poétesse grecque Sappho, réalisée par Lepaute en 1804, de huit vases en porcelaine de Sèvres, et de deux vases en ivoire montés en bronze doré d'époque , ainsi que d'un feu à galerie orné de sphinges, d'époque Consulat. Le mobilier de la chambre conserve son état du Premier Empire, reconstitué en 1986. Il se compose d'un lit à baldaquin (réalisé en 1787 pour Marie-Antoinette par Séné et Laurent, sous la direction d'Hauré, en bois de noyer et tilleul doré, en seulement trois mois et livré à Fontainebleau le , orné de guirlandes dorées et d'un lampas broché acheté en 1790 par le Garde-meuble à la faillite du fabricant lyonnais Gaudin et brodé par la veuve Baudoin. Il fut réutilisé dans cette chambre en 1805) entouré d'une balustrade dorée recouverte de velours vert, réalisée par Jacob-Desmalter en 1804 pour le trône des Tuileries et remaniée en 1805 ; des fauteuils d'apparat ornés de sphinges attribués à Jacob Frères (vers 1800) et des commodes de Stöckel et Beneman datant de 1786 (placés dans cette chambre en 1806) ainsi que des tabourets de Jacob-Desmalter. On note également la présence d'un paumier de Jacob Desmalter datant de 1805, et un paravent, un écran, et des consoles datant de 1806. La pièce était éclairée par un lustre de Ravrio datant de 1805, par des candélabres de Galle réalisés en 1807, et par des feux datant de la fin du . La chambre présente un ensemble de trois paires de vases en porcelaine de Sèvres, ornés de fleurs et de fruits, et datés du début du . La pièce conserve également une pendule ornée de "Zéphyr et Flore", par Lepaute, réalisée en 1804. La partie principale du plafond en bois peint et doré a été réalisée en 1644 pour la reine-mère Anne d'Autriche (remanié en 1747 par Guillaume Noyers et Jacques-Ange Gabriel, composé d'un médaillon principal circulaire à compartiments rayonnant d'où pend le lustre, cantonné de quatre autres médaillons décorés aux armes de France et de Navarre, ornés de cordelières de veuve en hommage à Anne d'Autriche), les boiseries, le plafond de l'alcôve (au-dessus du lit figure un dôme correspondant à l'agrandissement de la chambre sous , orné de fleurs de lys et du chiffre « M » de la reine), le trumeau de glace, une partie des lambris et la cheminée en brèche violette (réalisée par Trouard) pour Marie Leszczyńska en 1746 et 1747, et les portes peintes en faux acajou en styles arabesques ainsi que les dessus-de-porte en trompe-l'œil imitant des bas-reliefs antiques (des scènes évoquant le sommeil, la toilette, etc. par Sauvage) pour Marie-Antoinette en 1787. La soierie des murs brochée et chenillée a été retissée sur le modèle ancien exécuté à Lyon à la fin du règne de . Réalisée par Philibert de La Salle, aux décors dits de la « Perdrix blanche », elle a été retissée avec les soieries du lit en 1970 et la passementerie refaite entre 1978 et 1986. Il aura fallu près de vingt ans de recherches à la maison Tassinari et Chatel de Lyon, mais aussi aux maisons Prelle et Brocard, pour retrouver cette technique sophistiquée. La pièce est meublée dans son état , cependant incomplet. Le mobilier se compose ainsi d'un secrétaire à cylindre et d'une table à ouvrage en acier, bronze doré et marqueterie de nacre réalisés par Jean-Henri Riesener en 1786, d'un lit, d'une chaise longue, d'une paire de bergères (copies du seul fauteuil original subsistant de l'ensemble, aujourd'hui conservé au musée Gulbenkian à Lisbonne), de quatre chaises, d'un tabouret de pied en bois doré et argenté réalisé par Georges Jacob en 1786, et d'un écran de cheminée. Les garnitures sont en velours blanc lamé or et en gros de Tours jaune broché or. Le parquet en acajou de différentes teintes est au chiffre de la reine, et a été posé en 1787 par Pierre Molitor. Le trône a été réalisé en 1804 par Jacob-Desmalter d'après les dessins de Percier et Fontaine. Il est placé sur une estrade, sous un dais rouge et bleu brodé de 350 abeilles en fil d'or par Picot en 1808, et encadré par deux enseignes. Prévu initialement pour être installé à Saint-Cloud, il entra finalement à Fontainebleau en 1808. Le reste du mobilier se compose notamment d'éléments de style Empire exécutés d'après les dessins de Percier et Fontaine par Jacob-Desmalter. On note ainsi des consoles en bois doré à têtes de lions datées de 1808, des candélabres en bois dorés de Jacob Desmalter et des girandoles montées par Thomire en 1808, quatre candélabres à motifs guerriers de Thomire datant de 1808, une table de prestation de serment datant de 1813, ainsi que des flambeaux de style Empire, des feux d'époque , et une pendule murale réalisée par Lepaute en 1808. La salle conserve également des lustres de Chaumont, un écran et un paravent de style , réalisés par Boulard, Rode, et Chatard en 1805, un tapis de la Savonnerie à motifs militaires, réalisé entre 1811 et 1813 d'après les dessins de l'architecte Saint-Ange, sur le modèle de celui de la chambre de Napoléon aux Tuileries, et des ployants en bois dorés de style , réalisés par Hauré, Sené, et Vallois pour le salon des jeux de Marie-Antoinette à Compiègne en 1786-1787. Le Cabinet du Roi a été décoré entre 1543-1545. Les peintures réalisées sur des dessins de Primatice consistaient en représentation de héros et de Vertus, associés par couple sur les portes des armoires : César et la Force, Scipion et la Tempérance, Ulysse et la Prudence, Zaleucos et la Justice. Des « petites histoires » étaient peintes en grisailles en dessous de ces figures. Une des armoires au moins fut décorée sous la conduite de Serlio, architecte du roi. Deux tableaux de mêmes dimensions étaient accrochés l’un au-dessus de l’autre sur la cheminée : "Le Maître de la Maison de Joseph faisant fouiller les bagages de ses frères" et "Les Cyclopes fabriquant les armes des amours dans la forge de Vulcain". Le plafond a été modifié au fil du temps en fonction de l’agrandissement de la pièce, mais a toujours été un plafond à caisson. Les remaniements n’ont pas empêché que, de réfection en réfection, l’iconographie du décor de la pièce ait été maintenue. L’actuel plafond peint par François Boucher en 1751 reprend la découpe et le sujet d’une composition de Primatice, connue par deux dessins ("La Course des chars du Soleil et de la Lune"), qui pourrait avoir été faite en 1550-1561, au moment où fit refaire la plus grande partie des peintures de son appartement. Devenue grand cabinet ou cabinet du conseil en 1737, elle est achevée en 1753. François Boucher y réalise des lambris peints avec des allégories, Alexis Peyrotte peint quant à lui les encadrements de fleurs. Cette salle possède néanmoins un hémicycle qui fut ajouté en 1773 (orné au plafond d'une "Gloire entourée d'enfants" par Lagernée Le Jeune, ainsi que de trophées de la Moisson et de la Vendange peints par François-Gabriel Vernet) permettant ainsi un gain d'espace original. La pièce est décorée dans le style Louis XV : le plafond à caissons possède cinq tableaux, les quatre premiers aux angles représentent chacun un groupe d'enfants symbolisant une saison, le cinquième au centre "Phébus vainqueur de la Nuit", tous peints par François Boucher entre 1751 et 1753. Les lambris des murs et les portes sont ornés de figures allégoriques peintes alternativement en camaïeu bleu et rose, par Carle van Loo et Jean-Baptiste Marie Pierre : "La Guerre", "La Terre", "La Valeur", "la Force", "la Justice", "la Clémence", "la Prudence", "l'Automne", "l'Hiver", "le Feu", "la Renommée", "le Secret", "la Fidélité", "la Paix", "la Vérité", "le Printemps", "l'Air", "l'Été", "l'Eau", "l'Histoire" (réalisées entre 1751 et 1753). Le reste du décor se compose d'éléments floraux et de trophées des sciences et des arts , réalisés par Alexis Peyrotte. Le sol est couvert par un tapis de la Savonnerie, retissé en 1981 d'après l'original de la fabrique de Tournai. Le mobilier est celui mis en place sous . Les soieries furent retissées entre 1966 et 1972, et se composent d'un damas cramoisi à couronnes et étoiles, avec des broderies de brocart à feuilles de chêne (pour les sièges), et à palme (pour les rideaux), commandé en 1804 à la maison Pernon de Lyon et initialement prévu pour la chambre de l'Empereur au château de Saint-Cloud. L'ensemble de sièges se compose de deux fauteuils, de trente pliants réalisés par Marcion en 1806, de deux fauteuils et de six chaises réalisées par Jacob-Desmalter en 1808. On note la présence de deux consoles en bois doré datant de 1774, et d'une table de conseil recouverte d'un tapis de velours de soie vert. Les lustres sont de style , les flambeaux de style Empire, les feux de style , tandis que les candélabres à motifs militaires ont été réalisés par Galle en 1807. La salle possède également une pendule-borne en marbre noir ornée d'une figure de l'étude, réalisée par Lepaute en 1808. Portique de Serlio. Le portique de Serlio donne sur la cour ovale. Sa construction, en pierre de taille et grès, est issue de la même campagne de travaux que les chapelles hautes et basses Saint-Saturnin. Le portique a vraisemblablement été édifié en 1531, il est donc antérieur à l'arrivée de Serlio à Fontainebleau. Il fut déplacé par et fut reconstruit en 1893. Il était à l'origine jouxté d'un grand degré hors œuvre, supprimé à partir de 1541 et remplacé par un escalier à l'intérieur du portique jusqu'en 1767. Il se présente aujourd'hui comme un arc de triomphe à deux niveaux comportant trois arcades chacun. Deux sont en plein cintre et la troisième est en anse de panier. Aile de la Belle Cheminée. L'aile de la Belle Cheminée, dite aussi aile de l'Ancienne Comédie, bâtie entre 1565 et 1570 en pierre de Saint-Leu sur les dessins du Primatice. Commandée par Catherine de Médicis, elle tire son nom de la cheminée qui occupait la grande salle au . Elle fut abattue et ses sculptures furent dispersées. Le nom d'Ancienne Comédie lui vient de la salle de théâtre que y avait fait aménager. D'abord dite « salle de la Belle Cheminée » de 1597 à 1601, elle fut appelée « salle de spectacle » dès 1725, à l'occasion du mariage de ; elle fut détruite en 1856 par un incendie. L'escalier extérieur monumental a deux rampes à l'italienne (rampes droites et opposées) ; il fait le lien avec la cour de la Fontaine. Pavillon de la porte Dorée et appartements de Madame de Maintenon. La porte Dorée date de 1528. Elle constituait l'entrée d'honneur du château jusqu'à l'ouverture de la porte du Baptistère sous . Les murs sont de moellon enduit de crépi et l'architecture est soulignée par la pierre de taille de grès gris qui trace les lignes de force (pilastres d'ordre pseudo-corinthien à l'étage, chambranles) et compose les lucarnes couronnées comme les fenêtres de frontons triangulaires, parmi les premiers de ce type dans un château de France au siècle de la Renaissance, tandis que le toit en pavillon garde l'empreinte de la tradition gothique. Le tympan est orné de la salamandre de . À chacun des deux étages s'ouvrait une loggia à l'italienne. Celle du premier étage, fermée par un vitrage sous correspond à l'appartement de Madame de Maintenon. Les intérieurs sont décorée par les peintures du Primatice et son atelier entre 1534 et 1544, et qui ont été restaurées : le porche est orné en 1534 par le Primatice de deux scènes de l’"Histoire d'Hercule" ; il décore le vestibule de six scènes, dont plusieurs tirées de l’"Iliade". Entre l'arc de la porte et le vestibule, Benvenuto Cellini a imaginé et fondu en bronze la fameuse nymphe de Fontainebleau, qui ne sera jamais installée sur place, ayant été offerte à Diane de Poitiers par pour le château d'Anet (aujourd'hui au musée du Louvre). Les appartements dits « de Madame de Maintenon » ont été habités en 1625 par la princesse de Conti, en 1641 par Cinq-Mars, par le maréchal de Villeroy sous , puis par Madame de Maintenon entre 1686 et 1715. Sous , les appartements sont occupés par la duchesse de Bourbon, puis par Charlotte-Aglaé d'Orléans, et enfin par le comte de la Marche et Marie Fortunée d'Este-Modène. En 1804, les appartements deviennent les quartiers privés de Louis Bonaparte. En 1837, ils sont occupés par le duc et la duchesse de Broglie, puis par le maréchal Gérard en 1839, et Madame Adélaïde en 1845. Sous le Second Empire, les appartements sont habités par la princesse Mathilde, puis par Anna Murat en 1863 et 1864, et enfin le duc d'Albe en 1868. Aile de la salle de bal. Salle de bal. La salle de bal, dite parfois « galerie », longue de et large de , a une superficie qui dépasse . À l'origine (sous François ), elle était une simple loggia (réalisée sous la direction de Gilles Le Breton) qui ouvrait sur la cour Ovale et les jardins, et qui devait être couverte d'une voûte en berceau, comme en attestent les piles de consoles de retombée des arcs. puis décident de la transformer en une grande salle de réception et d'apparat pour y organiser les fêtes royales. La conception de la salle est confiée à l'architecte Philibert Delorme. Un marché de charpenterie est passé le pour le couvrement de la salle. Les peintures dont les dessins furent réalisés par le Primatice et exécutées en fresque par Nicolò dell'Abbate et son équipe, décorant la salle de bal, s'inspirent pour la plupart de la mythologie gréco-romaine. Sur le mur de la cheminée : "Diane à la chasse", "Sébastien de Rabutin tuant un loup-cervier", "Diane, Cerbère et l'Amour", "Hercule et le sanglier d'Érymanthe", et "Diane conduisant un char attelé de dragons". Sur les murs latéraux : "Le festin de Bacchus", "Apollon et les Muses au Parnasse", "Les Trois Grâces dansant devant les dieux", "Les noces de Thétis et Pélée et la pomme de Discorde", "Jupiter et Mercure chez Philémon et Baucis", "Phaéton suppliant Apollon de lui laisser conduire son char", "Vulcain forgeant les armes demandées par Vénus pour l'Amour", "La Moisson", et huit trophées d'armes peints sous les culots sculptés. Dans les embrasures: "L'Océan", "Homme avec un enfant tenant des fruits", "Amours dans les airs", "Femme tenant une rame", "Enfant et homme couronnés de pampre", "Nymphe", "Jupiter", "Deux hommes tenant un gouvernail", "Mars", "Deux hommes", "Junon", "Pan", "Deux hommes dont un tient une torche", "Pomone", "Esculape", "L'Abondance", "Hercule", "Caron, un homme, et Cerbère", "Homme endormi", "Saturne et Mercure", "Déjanire tenant la tunique de Nessus", "Adonis", "Deux hommes accoudés", "Amours dans les airs", "La Vigilance", "Vénus parée des armes de Mars", "Vénus et l'Amour", "Narcisse", "Ganymède enlevé par Jupiter", "Amazone blessée et femme tenant un trait", "Mars", "Amphitrite", "Arion", "Vulcain", "L'Assurance", "Neptune", "Hébé", "La Résolution", "Janus", "Une source et une femme", "Bacchus", "Cybèle", "Mars et Vénus", "La Nuit ou la Vérité", "Cupidon, l'Amour, et un homme se lamentant", "Saturne", "Flore", "Le Sommeil", "Homme assis sur une cathèdre", "L'Hiver", "Vulcain". Sur le mur du fond, au-dessus de la tribune : "Un Concert". La cour était invitée à des bals masqués extravagants : on a pu voir déguisé en centaure. Lors des fêtes, la table d'honneur était dressée sur des tréteaux près de la grande cheminée. Une fois le banquet terminé, on enlevait les tables pour danser. Les peintures furent peut-être restaurées par Toussaint Dubreuil sous . Utilisée régulièrement jusqu'au règne de , la salle perdit son rôle festif au pour devenir une salle des Gardes occupée par les Cent-Suisses jusqu'à la Révolution. En 1642, le surintendant des bâtiments du roi, François Sublet de Noyers fait appel à Poussin pour savoir comment éviter des dégradations qui ruinent peu à peu le décor peint. La première grande campagne de restauration n'interviendra cependant qu'en 1834, date à laquelle Jean Alaux repeint la totalité des fresques, parfois avec lourdeur, selon le procédé « Vivet ». Les menuiseries (plafond et tribune) sont quant à elles restaurées par le sculpteur Lambert-Théophile Lefébure, et le menuisier Poncet. Les lambris sont également refaits, ainsi que la marqueterie du parquet, qui reprend le schéma du plafond à caissons décoré d'or et d'argent, inspiré directement du plafond de la basilique de Constantin à Rome, et exécuté à partir de 1550 par Francesco Scibec de Carpi, lequel avait été choisi par un marché du et du pour les travaux de menuiseries: le plancher, l'estrade (en février 1550), le plafond (en ), la tribune, et les lambris. De nouvelles restaurations sont menées en 1858, 1865, 1883-1885, et entre 1963 et 1966, date à laquelle on tente de supprimer le travail de Jean Alaux, et où est rouverte la baie de la tribune. La cheminée de la salle dessinée par Philibert Delorme repose sur deux atlantes en bronze moulé représentant des satyres, moulages d'antiques conservés au musée du Capitole, peints et dorés en 1556 par Guillaume Rondel. Fondus à la Révolution, ils ont été refaits à Rome en 1966. Durant ce temps, ils furent remplacés en 1805 par des colonnes en plâtre de Percier et Fontaine. La cheminée est également décorée du chiffre « H » de mêlé aux deux « C » entrecroisés de Catherine de Médicis, ainsi que des représentations d'arcs, de flèches, de carquois, de fleurs de lys et des emblèmes de l'ordre de Saint-Michel. Les lustres néo-renaissance sont l'œuvre de Soyer et Ingé, en 1837. La porte d'entrée en pierre de taille réalisée par Philibert Delorme date du règne de et était autrefois peinte, comme le prouve un paiement fait en 1558 à deux peintres. Les vantaux aujourd'hui disparus avaient été réalisés par le menuisier Ambroise Perret. La salle de bal fut utilisée pour des événements d'importance, comme la cérémonie durant laquelle le cardinal de Richelieu fut fait chevalier de l'ordre du Saint-Esprit et pour le mariage du duc d'Orléans en 1837. Chapelle Saint-Saturnin. La chapelle Saint-Saturnin est située entre la cour Ovale et le Parterre, à l'extrémité de la salle de bal. C'est une chapelle double (ou à étage), comprenant en fait deux chapelles : une basse, pour les domestiques et les officiers, et une haute, l'étage noble, réservé au maître de maison et à sa famille. Cette disposition rappelle celle de la Sainte-Chapelle du palais de la Cité à Paris et de quelques autres Saintes chapelles royales ou princières. Construite en pierre de taille et plus dégagée qu'elle ne l'est aujourd'hui, elle apparaissait comme le pendant du portique de Serlio avec lequel elle partageait de nombreux traits français : arcs en anse-de-panier, chapiteaux de fantaisie, ici avec le cerf de Fontainebleau. On situe les débuts des travaux de la chapelle en 1541, mais le portique est de 1531. Par la suite, elle s'est trouvée enveloppée par l'aile de la salle de bal, construite sous et , et par l'aile construite sous entre le pavillon des Dauphins et la chapelle, avec une façade sur cour imitant celle de la salle de bal. Elle est achevée en 1546. La chapelle basse occupe l’emplacement d'une ancienne chapelle du . Celle-ci ayant disparu sous , elle fut reconstruite puis restaurée sous Louis-Philippe qui y fait poser de grands vitraux réalisés par Émile Wattier. Dans les vitraux, peints sur les dessins de la princesse Marie, on peut lire cette inscription : « Cette chapelle, bâtie en 1169 par le roi , a été consacrée par saint Thomas Becket ». Dès le règne de , la chapelle haute aurait dû recevoir un riche décor religieux, mais celui-ci ne fut que partiellement mis en place. Dans ce décor, les douze pilastres de la chapelle devaient être ornés des fameux Apôtres émaillés réalisés par Léonard Limosin, qui furent finalement placés par Philibert Delorme au château d'Anet. Le tableau "La Sainte Famille de François Ier" de Raphaël ornait le maître-autel avant d'être transféré au Louvre et d'être remplacé par une copie dans la chapelle. La tribune de l'orgue, réalisée sous , est dessinée par Philibert Delorme et exécutée par le menuisier Scibec de Carpi, et a été entièrement refaite au . Il ne reste de l'ancien ouvrage que deux colonnes ioniques en marbre, taillées par Ambroise Perret en 1554. En 1612, une commande passée à Ambroise Dubois prévoyait l'exécution de six grandes toiles pour couvrir les fenêtres aveuglées. Leur réalisation fut interrompue par la mort de l'artiste en 1614, mais fut reprise en 1631 par son fils Jean Dubois qui partage alors son travail avec son oncle Claude d'Hoey. L'ensemble est aujourd'hui détruit, à part le décor peint en grisaille d'or en 1639 de la chapelle basse, par Claude d'Hoey. La chapelle haute fut transformée en bibliothèque sous et le resta jusqu'au Second Empire et le déménagement des livres dans la galerie de Diane. La chapelle basse fut dotée sous de nouveaux vitraux, d'après les cartons de Marie d'Orléans. Salle des colonnes. Située sous la salle de bal, la salle des colonnes a été aménagée par Louis-Philippe. Elle doit son nom aux paires de colonnes qui scandent le passage entre chaque travée de fenêtres. Bâtiments du. Hôtel des secrétaires d'État. L'hôtel des secrétaires d'État a été construit sous le règne de afin de loger l'administration lors de déplacements importants. Jeu de paume. Le jeu de paume est un bâtiment situé au nord du château. Ce type de construction, réservé aux divertissements royaux du jeu de paume (ancêtre du tennis) était courant dans les demeures royales du . Le jeu de paume de Fontainebleau fut surtout utilisé par le roi . Construit par celui-ci vers 1600, le jeu de paume fut en proie à un incendie au qui le détruisit complètement. Il fut immédiatement reconstruit au même endroit. Aile de la galerie des Cerfs. Galerie de Diane. Cette galerie dorée autrefois appelée « galerie de la reine » (elle reliait les appartements de la reine et le cabinet de la volière), longue de et large d'environ , a été décorée une première fois de scènes illustrant le mythe de Diane, celui d'Apollon, et les victoires du roi, par Ambroise Dubois et Jean de Hoey, sur les attiques en bois des murs et le plafond de la voûte brisée. Son ancien décor nous est notamment connu grâce à un riche album aquarellé de Percier, et à des fragments de peintures et de lambris, conservés aujourd'hui au château. Pendant la Révolution la galerie de Diane devient une prison dans laquelle furent incarcérés, entre autres, des religieux Trinitaires. Abîmée au , elle fut restaurée d'abord sous par l'architecte Maximilien Joseph Hurtault qui supprima les décors du , puis pendant la Restauration, époque à laquelle sa voûte fut ornée dans le style du peintre David, par Merry-Joseph Blondel ("Diane sur son char allant vers Endymion") et Abel de Pujol. Ces décors sont complétés de 24 scènes historiques dans le style « troubadour » (notamment "Charlemagne passe les Alpes" par Hyppolite Lecomte) dont 8 nous sont parvenues. Utilisée comme salle des banquets par Louis-Philippe, elle est transformée en bibliothèque sous le Second Empire, en 1858. Ses principaux conservateurs au furent entre autres Auguste Barbier, Vatout, Jacques-Joseph Champollion, Octave Feuillet et Jean-Jacques Weiss. Contenant aujourd'hui près de volumes rassemblés grâce à Guillaume Budé à partir de 1530, elle possède en son centre un globe terrestre installé au Second Empire et réalisé auparavant pour en 1810, et qui devait être installé aux Tuileries. Galerie des Cerfs. La Galerie des Cerfs date du début du et a été restaurée au Second Empire : elle avait été divisée en appartements au et avait servi sous d'appartements pour les frères et sœurs de l'Empereur. Elle est longue de et large de . Située en rez-de-chaussée, elle doit son nom aux 43 têtes de cerfs (seuls les bois sont naturels, les têtes sont en plâtre et les yeux sont en verre) qui la décorent, installées en 1642 (elles furent toutes refaites au ). Elle est notamment ornée de peintures à l'huile sur plâtre réalisées entre 1601 et 1608 par Louis Poisson, refaites sous et présentant 13 vues cavalières des grandes demeures royales sous (Saint-Germain-en-Laye, Chambord, Amboise, Villers-Cotterêts…). Ces cartes possèdent des cadres imitant le stuc, comportant des cartouches aux motifs de cuir et peints de paysages en camaïeu. Le plafond est quant à lui orné de motifs de vénerie réalisés vers 1639-1640. La galerie conserve également les fontes d'origine des copies de statues antiques exécutées par le Primatice en 1540. Ces statues ont été apportées du Louvre en 1967. Ainsi sont exposées des copies de "Laocoon et ses enfants", de "La Vénus de Cnide", de l’"Apollon du Belvédère", de l’"Hercule Commode", et de l’"Ariane endormie", mais aussi de la "Diane à la biche", copie d'antique exécutée en 1602 par Barthélémy Prieur, qui ornait auparavant le jardin de Diane. Cette galerie fut le théâtre de l'assassinat de Giovanni, marquis de Monaldeschi, favori de Christine de Suède, le . Fortement remaniée sous le Second Empire à partir des modifications du début du , la galerie subit une restauration partielle sous l'égide des artistes Pacard et Denuelle, qui entreprirent notamment de remplacer les lambris en bois de la partie basse des murs, fortement endommagés, par un décor imitant à l'identique les lambris peints de la chapelle Saint-Saturnin. Porte du Baptistère. La porte du Baptistère, ou porte Dauphine, doit son nom au baptême de et ses sœurs, Élisabeth et Christine, qui a eu lieu le , à l'emplacement de la plate-forme. Située à l'emplacement d'une ancienne porte, aux bossages rustiques en grès, construite en 1565 par le Primatice et qui constitue aujourd'hui le rez-de-chaussée de l'édifice, la porte triomphale actuelle possède un étage en forme d'arcade surmonté d'un dôme à pans dont le fronton triangulaire est orné de sculptures représentant deux victoires soutenant les armes d'. Des bustes ornent les niches de la façade intérieure. Bâtiments du. Aile. C'est l'aile sud du château surélevée d'un étage, vers 1545-1546. À l'origine construite par , elle abritait la fameuse galerie d'Ulysse qui comportait près de 58 tableaux (connus aujourd'hui par les dessins préparatoires de Primatice conservés au musée du Louvre, et surtout grâce aux 58 gravures que Theodoor van Thulden réalisa au ). , soucieux de trouver de nouveaux espaces la transforma de 1738 à 1741, puis de 1773 à 1774, en fonction des disponibilités offertes par le trésor royal. Musée. Le musée , ouvert depuis 1986, occupe près de 15 salles de l'aile et retrace la vie de l'Empereur à travers une série de portraits (peintures et sculptures), une collection d'orfèvrerie (nef de l'Empereur en vermeil réalisée en 1804 par Henri Auguste, montre de col de Marie-Louise), d'armes (épée du sacre de 1801 issue de la manufacture d'armes de Versailles, sabre des empereurs créé en 1797), de décorations, de céramiques (services de l'Empereur), d'habits (habits du sacre, uniformes, redingote de l'Empereur), et de souvenirs personnels. Les pièces du premier étage évoquent le sacre (tableau de François Gérard datant de 1804), les campagnes de l'Empereur, sa vie quotidienne (bureau mécanique réalisé par Jacob-Desmalter), l'impératrice Marie-Louise en grand costume ou faisant le portrait de l'empereur (tableau d'Alexandre Menjaud), ou encore la naissance du roi de Rome (berceau en bronze de 1811 créé par Thomire et Duterme, jouets). Les lieux ont néanmoins gardé leur apparence d'appartements princiers grâce aux meubles et objets d'arts qu'ils présentent. Gros pavillon. Le Gros pavillon est un pavillon d'angle qui remplace le pavillon des Poesles, appelé ainsi à cause des poêles à l'allemande qui y ont été installés. Il a été édifié par Jacques-Ange Gabriel en 1750, avec un toit d'ardoises mansardé et percé de plusieurs œils-de-bœuf. L'ancienne chambre de dans le pavillon des Poêles faisait office de grand cabinet de la reine ; ornée par Jean Cotelle, elle était décorée de paysages à sujets bibliques peints par Henri Mauperché vers 1664. Son plafond était peint en camaïeu. Toute la chambre a été détruite en 1750, lors de la reconstruction du pavillon. Musée Chinois. Le musée Chinois, installé en 1863 par l'impératrice Eugénie au rez-de-chaussée du Gros pavillon, a été constitué grâce au butin de l'expédition franco-anglaise contre la Chine en 1860, jouissant notamment de la mise à sac du palais d'Été de l'empereur de Chine, et grâce à la venue en 1861 d'une délégation d'ambassadeurs siamois qui complètent la collection par plusieurs présents. La scène est d'ailleurs illustrée par une peinture de Gérôme. Les salons qui composent ce musée, aux décors de style Second Empire, furent restaurés en 1991. La visite commence par un autel servant à brûler les encens, en fonte peinte datant de 1857. Ailes de la cour des Princes. Appartement des Chasses. L'appartement des Chasses (dit aussi « appartement du Prince impérial » de 1856 à 1868) donne sur la cour Ovale et fait le lien avec la galerie de Diane. Construit sous , mais agrandie aux , cette partie du château a abrité trois appartements de suite. Le terme d'appartement des Chasses était réservé, sous la Restauration, aux pièces situées au premier étage de l'aile, mais fut étendu au rez-de-chaussée lorsque de nouveaux décors furent réalisés sous le règne de Louis-Philippe. Les appartements ont été habités par le cardinal Barberini en 1625, par Mazarin pendant la régence d'Anne d'Autriche, et par le duc et la duchesse d'Orléans sous . Ils sont occupés par le Cardinal de Fleury en 1743, par mesdames de Lauraguais et de Flavacourt en 1744, par Marie-Thérèse-Raphaëlle d'Espagne en 1745, par Marie Leszczynska en 1746, et par madame Élisabeth, duchesse de Parme, en 1749. Ils sont habités par Marie-Josèphe de Saxe de 1747 à 1767, puis par le maréchal d'Estrées et la comtesse de Coigny en 1767, et par en 1768. Ils sont de nouveau occupés en 1773, à l'étage par la comtesse d'Artois, et au rez-de-chaussée par le dauphin Louis, puis par le comte d'Artois. Sous l'Empire, les appartements accueillent le baron de Dalberg en 1804, et Marie-Julie Clary en 1807. Ils sont occupés par le duc de Bourbon, puis par le duc d'Angoulême sous la Restauration. Pendant la monarchie de Juillet, ils sont habités par le duc d'Orléans, et par les ducs d'Aumale et de Montpensier à partir de 1833. Ils reçoivent en mai 1837, Augusta de Hesse-Hombourg et Hélène de Mecklembourg-Schwerin, avant de loger en 1838. le duc de Wurtemberg, sa femme Marie, et son fils. Ils reçoivent enfin la duchesse de Kent en 1844, le prince et la princesse de Joinville en 1845, et le prince et la princesse de Salerne en 1846. Sous le Second Empire, ils accueillent Lucien Bonaparte et la princesse Murat en 1853, et sont occupés par le prince Impérial de 1856 à 1868. Abandonnés en 1870, les appartements des chasses furent rouverts à la visite en 1938, en tant qu'appartement de Louis Bonaparte, avant d'être de nouveau fermés à la fin des années 1960. Un récent projet, mené par Yves Carlier, conservateur en chef, a permis d'ouvrir en son sein une « galerie des meubles », réunissant près de 80 objets. Un escalier d'honneur, édifié en 1768 à l'emplacement d'un ancien escalier du , est orné sous Louis-Philippe de tableaux d'Alexandre-François Desportes et Jean-Baptiste Oudry représentant des scènes de chasse et des natures mortes. Le salon est orné de vastes tableaux de Jean-Baptiste Oudry ("Chasses de Louis XV", "Cerf aux abois dans les rochers de Franchard", "Bois de cerf bizarre sur fond de planches" datant de 1735) et de Jean-Jacques Bachelier ("Bois de cerf" exécutés en 1835) illustrant les chasses royales dans la forêt de Compiègne. La chambre est également ornée de scènes de chasses de Compiègne et Fontainebleau. Elle est notamment meublée du lit et de la table de nuit du Prince impérial, livrés en 1864. Le rez-de-chaussée fut habité par l'impératrice Eugénie, qui le fit restaurer à partir de 1861. Bâtiments du. Au cours du , le château de Fontainebleau n'a subi que peu de transformations extérieures. Les modifications ont surtout eu lieu à l'intérieur, par l'installation de nouveaux décors, l'aménagement de nouvelles salles, qui parfois perdent leur fonction d'origine. Ces aménagements ont surtout eu lieu sous les règnes de , , et Louis-Philippe. On peut néanmoins noter la construction en 1834 (sous Louis-Philippe), d'un petit pavillon, dit « pavillon Louis-Philippe », jouxtant la galerie de Diane. Cependant, sous le règne de , s'ouvre une nouvelle ère d'aménagements et de constructions, qui verra notamment naître le musée Chinois de l'impératrice Eugénie au rez-de-chaussée du Gros pavillon, et surtout le théâtre de , à l'extrémité de l'aile . Théâtre de. Ce théâtre, ainsi que le foyer de l'Empereur et les salons annexes, ont été aménagés à l'extrémité ouest de l'aile à partir de 1857, sur les plans de l'architecte Hector Lefuel. Disposant d'environ quatre cents places (dont une centaine debout) sur une surface de sur 15, le théâtre s'inspire des décors de l'opéra royal de Versailles. le fit construire pour l'impératrice Eugénie et recevoir la bonne société lors de soirées privées (ce ne fut jamais un théâtre public) ; pour des raisons de coût (il était compliqué à chauffer et faire venir les acteurs et les musiciens de loin par le train était onéreux), seulement une quinzaine de représentations y furent données sous son règne. Conservant encore tous ces décors réalisés par Voillenot, son mobilier, et ses boiseries, le théâtre possède toujours sa machinerie d'origine, et renferme également une collection exceptionnelle d'une vingtaine de décors de scènes, dont certains remontent au règne de . À la chute du Second Empire, le théâtre est fermé ; il rouvre au début du pour seulement quelques représentations. Les dégradations du temps font que le lustre central tomba en 1926. Pendant la Seconde Guerre mondiale, sous l'Occupation, les troupes allemandes y font donner quelques concerts mais l'administration déclare en 1941 le lieu inapte aux spectacles en raison de sa vétusté. Une restauration débute en 2007, grâce au mécénat d'Abou Dabi (pour dix millions d'euros, en contrepartie de quoi la salle est renommée théâtre Cheikh Khalifa ben Zayed Al Nahyane) : elle a permis de conserver au maximum les tissus, décors et objets d'origine. L'inauguration a lieu le , en présence du cheikh et de la ministre de la Culture, Aurélie Filippetti. Le théâtre est depuis visitable mais n'aura pas pour vocation à ce que des pièces s'y déroulent . Cours et parc. Cours. Cour du Cheval blanc. La cour du Cheval blanc, dite aussi « cour des Adieux » ou « cour d'honneur », de forme rectangulaire, est une ancienne basse-cour puis cour de service, qui devient très tôt une cour de parade. L'ensemble s'est construit sur cinq siècles, ce qui explique sa grande diversité architecturale. Cette cour acquiert son nom grâce à un moulage en plâtre de la statue équestre de Marc Aurèle au Capitole, réalisé par Vignole pour Catherine de Médicis, installé entre 1560 et 1570, disparu en 1626, et dont une petite dalle, dans l'allée centrale, rappelle l'emplacement. La statue est couverte en 1580 d'un toit pour la protéger des intempéries. Cette cour est originairement close par quatre ailes du château, dont la démolition de l'aile ouest (dite « aile de Ferrare » en raison de sa proximité avec l'hôtel du même nom), est prévue dès le . Fermée sur trois côtés depuis la démolition de cette aile remplacée par une grille d'honneur, aux décors napoléoniens (aigles en plomb doré, ornements autour du portail d'entrée), réalisée par Hurtault en 1808, la cour regarde désormais à l'ouest sur la ville. Le fameux escalier du Fer-à-cheval est réalisé en 1550 par Philibert Delorme, puis refait entre 1632 et 1634 par Jean Androuet du Cerceau. Composé de deux monumentales volées chantournées parallèles de 46 marches à palier intermédiaire, il rompt avec l'escalier à vis médiéval et présente une apparence comparable à celui du château d'Anet, créé aussi par Delorme. Noirci par l'humidité et usé par le temps, l'escalier subit quelques nettoyages au mais c'est dans les années 2020 qu'il est fondamentalement restauré. Après trois ans de travaux rendus possibles notamment avec un mécénat de l'entreprise Kärcher, la structure renovée est dévoilée au public en . Cour Ovale. La cour Ovale, au centre du château, tient sa forme singulière de l'ordonnancement de l'ancien château fort, celui-ci délimitant une cour octogonale aux angles arrondis. Elle est en partie délimitée par des façades en grès sur lesquelles court une galerie continue supportée par une rangée de colonnes. Elle fut considérablement modifiée sous (celui-ci la fit agrandir à l'est et fermer par la porte du Baptistère). Cour de la Fontaine. Cette cour est délimitée par l'aile des Reines-mères et le Gros pavillon, l'aile de la galerie François , et l'aile de la Belle Cheminée. La fontaine, située en face de l'étang des carpes, à l'extrémité de la cour, donnait une eau très pure, réservée au roi, d'où l'affectation de deux sentinelles à la garde de la fontaine de jour comme de nuit pour éviter tout empoisonnement. La fontaine, élevée en 1543 par le Primatice, était ornée d'une statue d'Hercule par Michel-Ange. Le monument actuel a été construit en 1812, et est surmonté d'une statue représentant Ulysse, exécutée par Petitot en 1819 et installée au sommet de la fontaine en 1824. Autres cours. Cour des Mathurins. La cour des Mathurins se situe au nord du château de Fontainebleau, et a joué le rôle de cour de service dès le . Son nom lui vient des premiers habitants du lieu, des religieux trinitaires, aussi appelés Mathurins. Elle est aujourd'hui aménagée en parking administratif. Cour des Princes. La cour des Princes ou « cour de la Conciergerie » a reçu sa forme rectangulaire et étroite lors de l'élévation progressive des ailes de la galerie de Diane, des appartements des Chasses et de la conciergerie. Cour des Offices. La cour des Offices ou « cour des Cuisines », édifiée par entre 1606 et 1609, est accessible par une entrée gardée par deux hermès en grès réalisés par Gilles Guérin en 1640. De forme rectangulaire, elle est fermée par trois ailes de bâtiments en grès, briques et moellons au style sobre, ponctuées de pavillons trapus. Parc et jardins. Le parc de Fontainebleau s'étend sur 115 hectares. Celui qui s'élevait sous nous est connu grâce aux dessins de Du Cerceau et à ses planches gravées dans son ouvrage"… des plus excellents bastiments de France". Jardin de Diane. Le jardin de Diane, au nord du château, fut créé par Catherine de Médicis sur un espace déjà aménagé par et portait à l'époque le nom de jardin de la Reine. Tracé à la française, le jardin fut réaménagé par et cloisonné au nord par une orangerie. Il fut de nouveau remanié sous . Au , sous puis Louis-Philippe, le jardin fut transformé en jardin anglais et l'orangerie détruite. Il doit son nom à la fontaine de Diane, placée en son centre, commandée en mai 1603 par Henri IV à l'ingénieur fontainier Tommaso Francini. L'année précédente, le roi avait par souci de conservation retiré de ce jardin la précieuse statue antique de marbre blanc aujourd'hui exposée au Louvre et connue sous le nom de Diane de Versailles. Au nom du roi, un marché de restauration avait été signé en entre le surintendant des bâtiments Jean de Fourcy et le sculpteur Barthélemy Prieur auquel avait également été commandé un premier tirage de bronze de la « Diane » pour remplacer le marbre enlevé du jardin de Fontainebleau. Dès le mois d', Pierre Biard l'Aîné, architecte et sculpteur ordinaire du roi, avait été chargé de l'exécution des quatre têtes de cerf et des quatre chiens limiers assis en bronze, destinés à orner le piédestal. Posé au centre d'un bassin circulaire à gradins, ce piédestal présente une base de forme cubique, recouverte de marbre noir et blanc, surmontée d'un tambour de pierre pour accueillir la statue. Lorsque, sur ordre du Directoire, tous les bronzes et marbres furent réquisitionnés et transférés dans le futur musée du palais du Louvre, la fontaine de Diane fut dépouillée de la partie inférieure du piédestal, en marbre, et de ses bronzes. Napoléon la fit partiellement restituer en 1813 avec la seule partie haute (ronde) du piédestal. C'est alors que l'on commit l'erreur d'apporter du château de Marly la "Diane à la biche", fondue par les frères Keller en 1684. On ne prit conscience de cette confusion qu'en 1877, lorsque le bronze d'origine de Barthélemy Prieur « signé et daté B.-P. 1602 » fut par hasard découvert et identifié au château de la Malmaison. Il rejoignit les bronzes de Pierre Briard, toujours conservés au Louvre et fut finalement rendu à Fontainebleau et mis à l'abri dans la galerie des Cerfs. La fontaine recouvra en 1964 son piédestal carré avec ses chiens assis et ses têtes de cerf en bronze. Rétablie dans son état du début du et surmontée de la "Diane à la biche" des frères Keller, proche de celle de Barthélemy Prieur, la fontaine de Diane se présente aujourd'hui telle que les frères Francini l'avaient conçue. Les jardins sont bordés à l'est par l'aile de la galerie des Cerfs en brique et pierre, et par le jeu de paume à l'ouest. Jardin anglais. Abandonné après la Révolution, l'espace constituant aujourd'hui le jardin anglais a été recréé en 1812 par l'architecte Maximilien Joseph Hurtault selon les vœux de . Cependant, les lieux ont été aménagés dès le règne de , qui y avait fait élever un « jardin des Pins ». Ce jardin, connu par les planches de Du Cerceau comme le « jardin du Clos de l'Étang », était disposé à l'emplacement de l'ancien clos des religieux trinitaires. Un marché, passé en 1538 avec Claude de Creil prévoyait plusieurs travaux : l'accroissement d'un petit jardin cultivé, la plantation de vignes, de saules, et la semence de graines de pins. En 1535 déjà, deux laboureurs de Marrac, près de Bayonne, avaient apporté des essences de pins maritimes. Le roi l'embellit alors de deux fabriques : le pavillon de Pomone (pavillon de repos construit en 1530 à l'angle nord-ouest, orné de deux fresques de l'histoire de Vertumne et Pomone par le Rosso et le Primatice, qui fut détruit en 1566) et l'actuelle grotte du jardin des Pins. Même après la disparition de ces arbres, le nom lui est resté, et y plante le premier platane, essence rare à l'époque. Plus nombreux aujourd'hui, les platanes ("Platanus)" côtoient plusieurs cyprès chauves ("Taxodium distichum"). Le jardin est aujourd'hui composé de bosquets et d'une rivière artificielle. Les essences actuellement présentes dans le jardin sont composées notamment d'épicéas, de cyprès chauves, de tulipiers de Virginie et de Sophoras du Japon, dont les plus anciens datent du Second Empire. Le jardin est orné de plusieurs sculptures d'extérieur, parmi lesquelles deux copies d'antiques en bronze du : le "Gladiateur Borghèse" et le "Gladiateur mourant", ainsi qu'une œuvre de Joseph-Charles Martin : "Télémaque assis dans l'île d'Oygie". Grotte du jardin des Pins. Cette grotte, située au rez-de-chaussée du pavillon sud-ouest de la cour du Cheval blanc et caractéristique du goût pour les nymphées au , présente des arcades à bossages rustiques soutenues par des atlantes se présentant sous la forme de satyres monstrueux ouvrant sur un intérieur orné de fresques (animaux en reliefs, cailloux, coquillages) L'architecture, due à Serlio ou à Primatice (les avis sont divergents) avec une influence certaine de Jules Romain, fut très vraisemblablement réalisée en 1545, tandis que le décor intérieur ne fut terminé que sous . Grâce à deux dessins préparatoires conservés au musée du Louvre, on sait que Primatice est le concepteur des compartiments peints à fresque. La grotte des Pins a fait l'objet d'importantes restaurations, en 1984-1986 puis en 2007, qui ont permis de rétablir la composition initiale du décor de la voûte et de replacer le sol à son niveau ancien. Fontaine Bliaud. Située au milieu du jardin, au creux d'un bosquet, la fontaine Bliaud ou Blaut, appelée Belle-Eau dès le et qui donna son nom au château, s'écoule dans un petit bassin carré à pans coupés. Étang des Carpes. Au centre d'un vaste étang peuplé de carpes, dont les premiers spécimens, une soixantaine, furent offerts à par Charles de Lorraine, s'élève le pavillon de l'Étang, un abri d'agrément octogonal à toiture basse, sobrement décoré, édifié sous , reconstruit sous en 1662 et restauré par . Il devient enfin un lieu de fêtes nautiques sous le règne de et de l'impératrice Eugénie. Les sept de ses huit faces du pavillon sont fenestrées, donnant un point d'accès sur la face nord et faisant ainsi face à la cour de la Fontaine. Une carte de la fin du atteste la présence d'un jardin de l'Étang sur une partie du plan d'eau actuel, dont l'accès était possible depuis la cour de la Fontaine. Parterre. Le « Parterre » ou « Grand jardin », ou encore « jardin du roi » a été créé sous , et retracé sous puis redessiné par André Le Nôtre. Les bassins du Tibre et du Romulus puisent leur nom dans un groupe sculptural qui les orna successivement aux . Fondu pendant la Révolution, le Tibre, moulé à nouveau d'après l'original conservé au Louvre a aujourd'hui retrouvé sa place. Le bassin central fut orné en 1817 d'une vasque succédant à une fontaine en forme de rocher dite le « pot bouillant » qui existait à cet emplacement au . Clos de murs entre 1528 et 1533, Serlio avait imaginé pour ce jardin un pavillon d'agrément. Aménagé entre 1660 et 1664, il comportait des rinceaux formant les chiffres du roi et de la reine-mère Anne d'Autriche, qui disparurent au . Les terrasses furent plantées de tilleuls sous . Le bassin des cascades a été édifié en 1661-1662 à l'extrémité du Parterre, mais depuis le , ne présente plus qu'un bassin aux niches ornées de marbre. Le bassin est orné en son centre, depuis 1866, d'un "Aigle défendant sa proie" en bronze, œuvre de Cain (fonte réalisée par Vittoz). Parc. Le parc de près de 80 hectares a été créé sous , qui y fait creuser le Grand canal de de long entre 1606 et 1609, et y fait planter plusieurs essences d'arbres, notamment des sapins, des ormes et des arbres fruitiers. Précédemment avait vers 1530 établi la « Treille du Roi » où était cultivé, sur la face sud du mur, le chasselas doré de Fontainebleau. Le canal, précédant de près de soixante ans celui de Versailles, devient vite un lieu d'attraction. On pouvait s'y promener en bateau et y fit naviguer une galère. Il est alimenté par plusieurs aqueducs établis au . Léonard de Vinci. C'est en 1692 qu'apparaît pour la dernière fois, dans les inventaires de Fontainebleau, le tableau de Léonard de Vinci, "Léda et le cygne". Les tableaux qui étaient conservés dans l'appartement des Bains, sous la galerie François ont souffert de l'humidité. Le peintre Jean de Hoey, petit-fils de Lucas de Leyde, a été nommé « garde des tableaux » au château de Fontainebleau en 1608, pour « les peintures des vieux tableaux de Sa Majesté au château de Fontainebleau, tant pour rétablir ceux qui sont gastez, peints à l'huile sur bois ou sur toile, ensemble pour nettoyer les bordures des autres tableaux à fresque des chambres, salles, galeries, cabinets d'iceluy château ». Son petit-fils, Claude (1585-1660), a suivi l'installation des tableaux de Fontainebleau qui ont été déplacés au palais du Louvre. Le château aujourd'hui. Château : quelques chiffres. Le château de Fontainebleau, entièrement meublé, a cinq hectares de bâti et recensées, de planchers, deux hectares de toitures, cinq cours, un parc et trois jardins sur et pas moins de mobiliers (la majorité étant entreposés dans les réserves) dont une centaine de pendules qui sont réglées hebdomadairement. Tourisme : quelques chiffres. Il est nécessaire de différencier, dans l'appréciation des chiffres du tourisme sur le site du château de Fontainebleau, le château lui-même (musée national du château de Fontainebleau), le domaine (château, jardins et parc), et un troisième ensemble plus large englobant le château, ses jardins, son parc et la forêt de Fontainebleau environnante. Le château de Fontainebleau a reçu en 2011, puis en 2012 en hausse de près de 4 % par rapport à 2011. Le château et son parc constituent en 2011 le deuxième site le plus visité du département de Seine-et-Marne (derrière Disneyland Paris, de visites). En tout, château, jardins et forêt de Fontainebleau accueillent quelque treize millions de visiteurs par an. En 2017, le musée national du château de Fontainebleau attire , ce qui en fait le culturel et de loisirs du département derrière Disneyland Paris, la Vallée Village et la cité médiévale de Provins. Représentations culturelles. Littérature. Sous , le château fut célébré par les poètes italiens Luigi Alamanni et Paolo Pietrasanta, protégés par le roi. Par ailleurs, le château fut utilisé comme décor de nombreux romans et œuvres littéraires : C'est également lors d'un séjour au château que Prosper Mérimée écrit et dicte sa célèbre dictée en 1857 à la demande de l'impératrice Eugénie pour distraire la cour de . Musique. Dès le règne de , alors que Fontainebleau devient progressivement un véritable pôle culturel, le château est le théâtre de nombreuses représentations musicales, de bals, et les compositeurs français à la suite de la cour de France, séjournent au château. On note la présence des compositeurs Claudin de Sermisy et Clément Janequin dans la cour de . Dans la dernière moitié du siècle, et en particulier sous le règne d', les œuvres de Roland de Lassus et Claude Goudimel sont jouées au château. Cette démarche artistique sera poursuivie au siècle suivant, avec la venue de Jean-Baptiste Lully, Michel-Richard de Lalande, Marc-Antoine Charpentier, François Couperin, et Marin Marais. Le est particulièrement marqué par la venue, sur ordre de Louis-Philippe, de l'opéra de Paris qui interprète en 1835 "Le Comte Ory" de Rossini. À partir de 1921, sous l'influence du général Pershing, le château accueille le Conservatoire américain de Fontainebleau sous la direction de Francis Casadesus et Charles-Marie Widor, mais c'est la personnalité de Nadia Boulanger qui marquera de 1949 à 1979 la vie musicale du lieu avec ses cycles d'enseignement et les concerts organisés durant la saison estivale dans la salle du jeu de paume. De nos jours, le château est toujours très actif dans ce domaine qu'il a toutefois étendu à d'autres formes de créations comme l'architecture. En 2012, la chanteuse américaine Lana Del Rey y tourne son clip "Born to Die", réalisé par Woodkid. Dans celui-ci, elle siège sur un trône entourée de tigres en plein milieu de la chapelle de la Trinité, est allongée sur le capot d'une voiture sur le côté est du Parterre et marche le long de la galerie François . Le , Norman Thavaud sort sur sa chaîne YouTube le clip vidéo de la chanson "Assassin des templiers" réalisé par Théodore Bonnet, et avec la participation Squeezie, dans le cadre d'une collaboration pour la promotion du jeu vidéo Assassin's Creed. Le , de à , plusieurs scènes sont ainsi tournées sur les toits, la cour Ovale, la chapelle Saint-Saturnin et la galerie des Fleurs. En 2019, Aya Nakamura y filme le clip de son titre "Pookie". L'artiste/DJ britannico-norvégien Alan Walker y tourne le clip de sa chanson à succès Alone, Pt. II. Cinéma. Le château de Fontainebleau, grâce à son cadre historique, a été le théâtre de nombreux tournages cinématographiques. Devant la recrudescence des demandes de tournage de films dans l'enceinte du domaine du château de Fontainebleau, la Caisse nationale des monuments historiques publie, le , une note limitant les prises de vues dans les appartements et les jardins aux scènes à caractère historique. Bien qu'une partie de l'intrigue des "Jardins du Roi" (2014), d'Alan Rickman, se déroule au château de Fontainebleau, le film a entièrement été tourné en Angleterre, de sorte qu'aucune scène n'a été tournée au château. Numismatique et billetophilie. Les premières esquisses du billet de 10 000 francs Bonaparte font apparaître au verso l'aile de l'escalier du Fer-à-cheval du château, avant qu'elle ne soit remplacée par l'hôtel des Invalides. Événements récurrents. Festival de l'histoire de l'art. Depuis 2011, le château constitue le cœur de chaque édition annuelle du Festival de l'histoire de l'art de Fontainebleau. Administration du château. Jusqu'à la Révolution, le château dépendait de l'administration des Bâtiments du roi. Le surintendant des Bâtiments nommait un contrôleur des bâtiments du roi responsable du château : Gouverneur du château de Fontainebleau : Conservateur du château de Fontainebleau : Architecte du château de Fontainebleau :
Confucianisme Le confucianisme, "Rújiā" (儒家) « école des lettrés » puis "Rúxué" (儒学) « enseignement des lettrés » , est l'une des plus grandes écoles philosophiques, morales, politiques et dans une moindre mesure religieuses de Chine. Elle s'est développée pendant plus de deux millénaires à partir de l'œuvre attribuée au philosophe Kongfuzi, « Maître Kong » 孔夫子 (551-479 av. J.-C.), connu en Occident sous le nom latinisé de Confucius. Après avoir été confrontée aux écoles de pensée concurrentes pendant la période des Royaumes combattants et violemment combattue sous le règne de Qin Shi Huang, fondateur du premier empire, elle a été imposée par l'empereur Han Wudi (-156 ~ -87) en tant que doctrine d'État et l'est restée jusqu'à la fondation de la République de Chine (1911). Elle a aussi pénétré au Viêt Nam, en Corée et au Japon où elle a été adaptée aux circonstances locales. À partir du milieu du se sont dégagés divers courants constituant le néoconfucianisme ("Lǐxué" 理学, "Dàoxué" 道学, "Xīnxué" 心学), qui en est devenu la version officielle au . Sous la dynastie Qing est apparu le "Hànxué" (漢学), critique du néo-confucianisme, puis au , le nouveau confucianisme. La Chine est depuis deux millénaires régie par un système de pensée complet formé du confucianisme, du taoïsme et du bouddhisme, le confucianisme exerçant la plus grande influence. L'influence de Confucius en Asie de l'Est est telle qu'on peut la comparer à celles de Platon et Jésus en Occident. Il n'est pas le fondateur d'une religion, mais a créé avec ses disciples, sur la base de la pensée de son époque, un système rituel achevé et une doctrine à la fois morale et sociale, capable de remédier selon lui à la décadence spirituelle de la Chine de l'époque. Pendant la révolution culturelle chinoise, une propagande politique initiée par Mao Zedong en 1973 faisait la critique de Confucius, associée systématiquement à celle de Lin Piao, sous le nom de "Pi Lin, Pi Kong". Morale confucéenne. Confucius est convaincu que la réforme de la collectivité n'est possible qu'à travers celle de la famille et de l'individu. Les hommes de l'Antiquité, dit-il, À la lumière de l'analyse de la littérature classique confucéenne (tel par exemple), qui doit être considérée comme le support des préceptes confucéens, il apparaît que le confucianisme a servi dans l'histoire de l'Asie de l'Est d'outil politique pour les gouvernants permettant la constitution de barrières hermétiques entre les divers groupes sociaux, mais a particulièrement institué un ordre hiérarchique très marqué au sein même du cercle familial, où l'épouse doit être soumise aux ordres de son mari, à qui elle doit témoigner quotidiennement son respect et sa gratitude. Ainsi, selon la morale confucéenne, dans cette même dynamique de pacification du corps social, d'ordre et d'harmonie, les enfants se doivent d'être obéissants à leurs aînés et faire preuve en toute situation de piété filiale (父母愛之, « aimer ses parents »). Plus globalement, le confucianisme permet l'émergence d'une classification verticale très poussée des couches de la société, érige en tant que dogme l'obéissance aux puissants et contribue à placer au centre l'homme, la femme n'ayant que peu voix au chapitre au regard des textes classiques. Même si l'importance des principes moralistes confucéens a quelque peu décliné en République populaire de Chine à la suite de la Révolution culturelle, l'influence latente que le confucianisme exerce encore de nos jours, par exemple sur le modèle social de la Corée du Sud, mais aussi du Japon (respect des ancêtres, piété filiale, obéissance aux aînés, patriarcat), est centrale. Confucius a accordé un rôle très important à la musique, synonyme d'ordre, d'harmonie et d'expression de sentiments nobles et élevés. La musique classique confucéenne, avec ses instruments, existe encore aujourd'hui en Asie, principalement en Corée. Le "ren". Le "ren" (仁, « sens de l'humain ») est une notion importante de la pensée de Confucius. Il se manifeste avant tout dans la relation à autrui et au premier chef dans la relation du fils au père (voir Piété filiale). C'est elle qui sert de modèle à toute relation : relation du prince et du sujet, du frère aîné et du frère cadet, du mari et de la femme et entre amis. L'ensemble est appelé « Cinq Relations » (五伦, "wulun") ou « Cinq Constantes » (五常, "wuchang"). Leur respect induit confiance et bienveillance. De la cellule familiale, le "ren" peut ainsi s'étendre à l'humanité entière, illustrant la parole de Confucius : . Le "ren" ne peut être séparé du respect des rites (禮, "li"). Confucianisme et nature. Confucius enseigne une morale et ne présente pas une métaphysique ou une cosmologie. Il recherche l’harmonie dans les relations humaines. La nature n’occupe pas de place dans sa pensée. C’est au que le néo-confucianisme créa sa cosmologie. Elle apparaît comme une ébauche d’une théorie scientifique de l’Univers voire une explication rationaliste du monde. Elle considère que l’interaction des forces de la nature est responsable de tous les phénomènes et mutations. Chaque organisme remplit avec précision sa fonction, quelle qu’elle soit, au sein d’un organisme plus vaste dont il n’est qu’une partie. Développement du confucianisme. Les principaux disciples du maître sont nommés les Douze Philosophes et révérés dans les temples confucéens. Quand le confucianisme devient doctrine officielle pour le recrutement des fonctionnaires sous les Han antérieurs, on peut déjà y distinguer différents courants. Par la suite, deux mille ans d'interprétations, d’influences extérieures et de retours aux sources successifs ont continué à compliquer le tableau. Néanmoins, selon les philosophes du Xu Fuguan (徐復觀) et (牟宗三), les différents courants ont toujours gardé comme constante l’importance de la dimension sociale et éthique de leur pensée. Ces deux spécialistes estiment qu’un confucianiste n’examine pas les choses avec une attitude détachée, mais toujours concernée. On peut proposer de distinguer six périodes dans l’histoire du confucianisme : Confucius. La relation entre le confucianisme et Confucius lui-même est ténue. Le confucianisme a profondément influencé l'Asie orientale pendant vingt siècles, néanmoins, les idées de Confucius n'ont pas été acceptées durant sa vie et il a souvent déploré le fait qu'il ne trouvait aucun maître à servir. De même que pour de nombreuses autres figures historiques majeures (Bouddha, Socrate, Jésus), on ne dispose pas de traces directes de ses idées ; ne sont parvenues jusqu'à nous que des paroles et des pensées recueillies par ses disciples dans un unique ouvrage : "Les Analectes" ou "Entretiens de Confucius". Le confucianisme s’est développé à partir de l’interprétation qu’ont faite ses successeurs des thèmes des "Analectes", mais aussi d’autres textes, appelés "Cinq classiques", dont la rédaction, la compilation ou le commentaire lui étaient attribués à tort : "Shijing", "Shujing", "Yijing", "Lijing", "Chunqiu". Le problème est aggravé par la vague d'éradication des idées discordantes durant la Dynastie Qin, plus de deux siècles après la mort de Confucius. Ce qui est parvenu de sa pensée jusqu'à nous est donc limité. Cependant, il est possible d'esquisser les idées de Confucius à travers les fragments qui restent. Confucius était un homme de lettres, qui se préoccupait des temps troublés qu'il vivait et allait de place en place en essayant de répandre ses idées politiques et d'influencer les nombreux royaumes luttant pour la domination de la Chine. L'affaiblissement de la Dynastie Zhou avait créé un vide, rempli par de petits États luttant pour le pouvoir. Intimement persuadé qu'il avait une mission, Confucius promouvait infatigablement les vertus des anciens rois et politiciens illustres, tels que le duc de Zhou (周公), et s’est efforcé de jouer un rôle politique, acceptant même à l’occasion l'invitation de souverains à la réputation douteuse comme le duc Ling de Wei. Néanmoins, bien qu'il ait été qualifié de « roi sans couronne », il n'a jamais eu l'occasion d'appliquer ses idées, a été expulsé de nombreuses fois et est finalement retourné dans ses terres natales pour passer la dernière partie de sa vie à enseigner. Les "Entretiens de Confucius", l'œuvre la plus proche de la source de ses pensées, relatent des discussions avec ses disciples. Ce livre est une compilation de conversations, de questions et de réponses ou d’éléments biographiques, et non pas l’exposé d'un système de pensée cohérent. Une citation très célèbre de cette œuvre est N'utilisant pas le raisonnement déductif et la loi de non-contradiction à la différence de nombreux philosophes occidentaux, il recourt à des tautologies et des analogies pour expliquer ses idées. De ce fait, les lecteurs occidentaux pourraient penser que sa philosophie est confuse, ou que Confucius n'a pas d'objectif clair. Cependant, il a aussi dit . Tchouang Tseu, qui a écrit lui-même une grande partie des "proverbes chinois" connus en Occident, utilisera abondamment aussi les métaphores. Avant l'empire. Les premières ébauches d'un vrai système ont été réalisées par des disciples ou des disciples de disciples. Le premier d'entre eux est Zi Si(子思), petit-fils de Confucius, à qui l’on attribue le "Zhong Yong" qui disserte sur la notion d’"invariable milieu" : pour une société et un État harmonieux, il faut que chacun soit fidèle à sa nature propre liée à la position sociale ("zhicheng", 致誠, « être fidèle à sa nature »). Cette fidélité entraîne un état de sérénité, dont on ne doit s’écarter que par des sentiments conformes aux circonstances ("zhonghe", 中和, « être en harmonie avec les circonstances »). Ce texte deviendra important surtout à partir du pour promouvoir le conformisme social et la modération. Durant la période philosophiquement fertile des Cent Écoles de Pensée, les figures les plus importantes du confucianisme sont Mencius (孟子), peut-être disciple de Zi Si, et Xun Zi(荀子)(ne pas confondre avec Sun Zi 孫子), qui développèrent les aspects éthique et politique du confucianisme, luttant contre les idées concurrentes pour gagner la confiance des dirigeants à l'aide de l'argumentation et du raisonnement. Ils se penchèrent particulièrement sur le thème de la nature humaine ("renxing" 人性). Elle est un thème essentiel chez Mencius, qui la considère comme fondamentalement bonne. Il ne semble pas avoir obtenu un très grand succès dans l’immédiat, mais devint un millénaire plus tard l’auteur principal des néoconfucianistes, la théorie de la bonne nature humaine constituant un élément essentiel de leur système métaphysique. La vision qu’a Xun Zi de la nature humaine est opposée à celle de Mencius ; il la considère comme fondamentalement mauvaise, mais s’accorde avec lui sur le rôle capital de l’éducation et des rites, qui peuvent la corriger. Certains de ses disciples, comme Han Fei Zi (韩非子), connurent un grand succès politique, mais sous la bannière légiste, s’étant ralliés à l’idée qu’un système pénal très sévère, et non l’enseignement moral préconisé par le confucianisme, faisait fonctionner la société. Ils aidèrent Qin Shi Huang à unifier la Chine sous un contrôle très strict des activités humaines. Ainsi, le rêve de Confucius d'une Chine unifiée et pacifiée fut-il réalisé sous une école de pensée diamétralement opposée à ses idées. Néanmoins, cette postérité légiste de Xun Zi peut aussi être vue comme une indication que l’opposition entre les différentes écoles de pensée n’est pas absolue. Reconnaissance officielle sous les Han. Le confucianisme survécut aux épreuves de la dynastie Qin - autodafé des textes non techniques et interdiction d’enseigner le "Shijing" et le "Shujing" - grâce à des lettrés ayant mémorisé les textes et à des redécouvertes, dont la plus notoire est celle du trésor de Classiques dissimulé dans les murs de la maison ancestrale de Confucius. Bien que les premiers empereurs de la Dynastie Han semblent plutôt avoir été partisans du huanglao(黄老)taoïsto-légiste, les lettrés confucianistes n'étaient pas mal en cour. Peut-être pour rompre avec la clique huanglao dominée par sa grand-mère l'impératrice douairière Dou, peut-être influencé par des lettrés tels que Dong Zhongshu(董仲舒), Han Wudi(漢武帝)(-156 ~ -87) fit du confucianisme la philosophie d'État officielle en établissant en -136 des chaires impériales pour les « docteurs » des Cinq Classiques confucéens à l’exclusion de tout autre corpus. Une école fut créée en -124 à Chang'an pour la formation des talents recrutés pour le service de l’État. Ces mesures ne furent toutefois pas suffisantes pour certains lettrés qui, déçus, soutinrent l'usurpation de Wang Mang(王莽)(-45 ~ 23) qui promettait de revenir à l’âge d’or des premiers Zhou vanté par Confucius. En tout état de cause, l'étude des Classiques confucéens devint la base d'examens de recrutement ou de certification des fonctionnaires, faisant du confucianisme le noyau du système d'éducation chinois - bien que le plein régime des concours mandarinaux ne débute qu'au sous les Sui. Inculqué profondément dans le système de pensée des Chinois et de leurs politiciens, cette philosophie devint un courant politique important et l'idéologie sociale dominante, particulièrement à partir du , mais non sans s’être constamment enrichie des apports d’autres courants. Car le confucianisme qui séduisit le pouvoir Han, dont les écrits de Dong Zhongshu donnent un exemple, intégrait des éléments issus d’autres écoles (yin-yang, qi, cinq éléments), et s’accommodait des structures légistes conservées par les empereurs. Il ne se limitait pas aux propositions de perfection morale pour l’amélioration de la société, mais proposait une métaphysique dans laquelle le Ciel, la Terre et la société humaine étaient liés. Le Ciel, auquel un culte impérial était rendu, réagit positivement ou négativement aux actes de l’empereur et émet des signes lisibles par les sages. Confucius était dans ce système quasiment déifié comme le sage absolu qui avait su lire les signes et transmettre ce savoir dans les écrits qu’on lui attribuait, en particulier la version "Gongyangzhuan" du "Chunqiu". Les Cinq classiques rédigés et commentés par lui contenaient des messages cachés et des présages qui devaient être retrouvés par les lettrés, qui les explicitaient dans des textes oraculaires appelés "chenwei" (讖緯). Wang Mang en fit grand usage pour justifier son usurpation. Ce confucianisme Han aux aspects ésotérico-magiques est appelé « École du nouveau texte » car, apparu au début de la dynastie, il se basait sur les textes récemment reconstitués. Les opposants à cette vision surnaturelle se regroupèrent pour leur part autour de textes découverts dans la seconde moitié du dans la maison ancestrale de Confucius, et constituent « l’École du texte ancien ». Ils voyaient Confucius seulement comme un homme modèle sans aspect surnaturel et préconisaient une exégèse plus rationnelle des classiques. Liu Xin et Yang Xiong en sont deux exemples représentatifs. Ils tentèrent d’imposer leur version, mais le Nouveau texte garda son ascendant sur les études confucéennes officielles. Les arguments des deux parties sont connus grâce au rapport du débat (58 ap. J.-C.) de la salle du Tigre blanc rédigé par Ban Gu. Vers la fin de la dynastie, Zheng Xuan (郑玄) tenta la synthèse des deux courants. Des Trois royaumes à la fin des Tang. École du Nouveau texte ou du Texte ancien, à la chute de la dynastie Han les deux partis sont également blâmés pour s’être perdus en débats scolastiques stériles et avoir laissé se corrompre le système confucéen de sélection des sages, favorisant le délitement de l’empire. Des lettrés comme Wang Bi, He Yan, Guo Xiang et Xiang Xiu s’appuient alors sur le "Yijing" et des textes taoïstes ("Daodejing", "Zhuangzi") pour proposer une nouvelle métaphysique sur laquelle baser la formation des gouvernants et l’harmonie de la société. Leur courant de pensée est nommé « École du mystère » ou « École de la profondeur » (xuanxue) d’après une phrase du "Daodejing". Parfois surnommé en Occident « néo-taoïsme », il peut aussi être considéré comme un maillon du confucianisme. En effet, Confucius reste le modèle parfait pour la plupart de ses penseurs. Ainsi, Wang Bi considère qu’il incarne mieux l’idéal taoïste du non-agir ("wuwei") que Laozi (Lao Tseu) lui-même car, contrairement à ce dernier, il n’a rien écrit. Guo Xiang également place Confucius au-dessus de Laozi et Zhuangzi car ces derniers manquent d’après lui de l’expérience du monde. Les classiques restent primordiaux pour la formation des fonctionnaires, mais le grand empire reconstitué en 265 par les Jin est repoussé au sud du Chang Jiang en 316 et disparaît définitivement en 420. De nombreux États, dont plusieurs sont fondés par des membres d’ethnies non Han, le remplacent. Le destin du confucianisme d’État suit ces changements, soutenu par certains comme Liang Wudi ou négligé par d’autres. Des textes se perdent au cours des guerres. Parallèlement, le bouddhisme gagne du terrain, des moines devenant conseillers des souverains « barbares », et certains groupes taoïstes (Nouveaux Maîtres célestes, Shangqing) se structurent et obtiennent de l’influence auprès du pouvoir. Le grand empire est reconstitué en 581 par les Sui, rapidement suivis des Tang qui restent au pouvoir jusqu'en 907. Le système des examens est réinstauré sous les Sui. Au début des Tang, de nouvelles écoles pour lettrés sont fondées, un corpus officiel des Classiques est reconstitué et les rites confucianistes sont réinstaurés. Néanmoins, le taoïsme et le bouddhisme ont aussi une grande influence en cour et au sein de l’aristocratie. La philosophie bouddhiste, en particulier, sous la forme de courants tels que Tiantai ou Huayan, séduit les élites. Une réaction contre l’emprise du bouddhisme se dessine chez certains confucianistes, comme Han Yu et Li Ao. Ils préconisent de se concentrer sur les Classiques confucéens qui montrent parfaitement la Voie sans qu’il faille recourir à des philosophies étrangères, et de prendre les sages qui y sont cités comme modèles. Ils écartent néanmoins Xunzi et les confucéens Han et désignent Mencius, qui considère la nature humaine comme fondamentalement bonne, comme le dernier confucéen orthodoxe. Han Yu est franchement hostile au bouddhisme, qu’il accuse d’être antisocial à cause de l’importance donnée au monachisme ; il critique le culte des reliques comme superstitieux et rejette les notions qu’il considère étrangères à la pensée chinoise comme le karma. Li Ao, tout en critiquant l’oisiveté des moines, fréquente des bouddhistes et a des idées proches du taoïsme et du Chan. Leurs idées seront reprises par le courant néo-confucianiste. Des Song à la fin des Ming. Différentes Écoles se développent sous les Song autour de lettrés qui, à l’instar de Han Yu des Tang, rejettent les aspects du bouddhisme qu’ils considèrent antisociaux comme le célibat, et certaines notions comme l’absence de soi, tout en lui accordant parfois aussi des qualités. Ils souhaitent remettre l’homme au centre d’un cosmos que sa bonne conduite, basée sur les vertus confucéennes, contribue à maintenir en ordre. Les premiers néoconfucianistes établissent chacun leur système cosmologique et métaphysique qui doit en fait beaucoup au bouddhisme et au fond ancien taoïste et naturaliste (taiji, "qi", "yin-yang") ; ils préconisent un certain détachement et l’effacement des désirs, et emploient parfois la méditation. Zhu Xi réalise la synthèse de leurs pensées. Les "Quatre livres" ("Analectes, Mencius, Zhong Yong, Da Xue"), les plus importants textes du confucianisme selon le courant dont il se réclame, deviennent à partir du début du le programme officiel des examens impériaux, et son interprétation du confucianisme, appelée « École du principe » (理学 "lixue") s’impose seule jusqu’à la fin du , lorsque l'« École de l’esprit » (心学 "xinxue") de Wang Yangming vient la concurrencer. Chez Zhu Xi, le cosmos est représenté comme l’ensemble Ciel-Terre présent dans les anciens classiques, mais aussi comme le taiji, source de toute création, notion adoptée très tôt par le taoïsme. L’activité du "taiji" se déploie selon une forme fondamentalement correcte appelée "[dao]li" ([道]理) ou principe, notion inspirée du "tianli" (天理) des frères Cheng, qui peut être appréhendée à travers ses reflets partiels que sont les "li" individuels des objets, êtres et phénomènes. La compréhension du "daoli" requiert donc l’étude minutieuse des classiques et l’investigation attentive de tous les phénomènes. Cette étude, proposée aussi par Cheng Yi, se nomme "qiongli" (窮理) ou "gewu" (格物) et amena parfois Zhu Xi à entreprendre des observations quasi-scientifiques. Mais un courant de penseurs comprenant l’aîné des Cheng et Lu Jiuyuan pense que l’investigation est fastidieuse et inefficace et que, puisque la nature humaine reflète parfaitement le "li" suprême, le meilleur moyen d’y accéder est l’introspection de l’esprit débarrassé de l’égocentrisme et des désirs matériels. Les néo-confucianistes pensent en effet comme Mencius que la nature humaine est fondamentalement bonne, puisqu’elle est conforme au "li" ; suivant Zhu Xi, ils rejettent Xun Zi comme hérétique. Pour expliquer les imperfections observables en réalité, Zhu Xi fait appel à la déjà ancienne notion de qi, sorte de matière ou de force qui remplit l’univers, qui peut obscurcir le "li". Malgré le prestige de Zhu Xi, le courant d'introspection et de subjectivité radicale (École de l’esprit »ou 心学 "xinxue") prit progressivement le dessus avec Wang Yangming. Il donna parfois des versions contestataires du confucianisme comme chez Li Zhi (1527-1602) et séduisit les Japonais et les Coréens. Peu après la fin des Ming (au début du ) le courant philologique Hanxue contesta l’interprétation selon eux « fantaisiste » que les néo-confucianistes ont fait des Classiques. L'influence du confucianisme sur les relations interpersonnelles en Chine. Le confucianisme en Chine. Le confucianisme est le courant de pensée philosophique principal qui a influencé la majeure partie du développement de la Chine jusqu’à nos jours (B. Yang, 2012). Malgré les différentes dynasties, régimes, révolutions et directions politiques jusqu’à notre époque actuelle, le confucianisme prédomine la société chinoise (Sun et al., 2016). Le confucianisme est une philosophie de pensée qui a débuté il y a plus de 2500 ans en Chine (Swain, 2017). Confucius, son créateur, a vécu entre 551 et 471 avant Jésus-Christ. Il a notamment travaillé sur des règles de pensées et de conduites visant à améliorer la vie sociale en Chine, au niveau politique, au niveau institutionnel et dans le but d’atteindre une harmonie à tous les niveaux (Swain, 2017). L’objectif étant de pacifier les relations entre les différentes classes sociales et les différents niveaux de pouvoirs (Swain, 2017). La dynastie des Han a imposé le confucianisme en tant que doctrine d’État (J. Li, 2019). L’idéologie de pensée de Confucius a marqué toute la civilisation chinoise jusqu’à aujourd’hui, mais aussi la vie politique en Chine. En observant la carte de la Chine de façon historique et géographique on se rend compte que les écoles confucianistes se comptent par centaine de milliers (W. Li et al., 2020). De plus elle s’est étendue sur des pays comme le Japon, la Corée du Sud ou le Vietnam (J. Li, 2019). Durant toute l’histoire de la Chine le Confucianisme a connu de nombreux moments tumultueux. Il a subi des moments de déclins au niveau politique et sociale avec de nombreuses personnes se battant contre cette philosophie de pensée. Par la suite, elle a regagné un certain niveau de popularité dans les années 1980 (J. Li, 2019). Le confucianisme a été une idéologie alternative importante contre le marxisme ou le léninisme (J. Li, 2019). De nos jours, elle gagne de plus en plus en popularité car elle est vue comme le symbole de la culture chinoise. Il n’est pas rare de voir dans les écoles et les institutions un gain de popularité autour du confucianisme. Le confucianisme est devenu un sujet de recherches de plus en plus apprécié (J. Li, 2019). On y voit l’apparition du Néoconfucianisme qui tend la société à s’ouvrir au monde extérieur et à échanger avec le reste de l’humanité (J. Li, 2019). Le président Xi Jinping a notamment annoncé l’étude du confucianisme à l’école comme un point majeur de la culture chinoise (Tan, 2017). Le rôle du confucianisme. Le premier but capital du confucianisme est de privilégier le bien et l’intérêt collectif, plutôt que l’intérêt personnel (W. Li et al., 2020). La philosophie créée par Confucius regroupe de nombreuses idées, mais principalement 5 vertus qui guident une personne au niveau personnel, au niveau de ses relations et dans son rapport avec sa famille (Sun et al., 2016). Les 5 vertus sont la fidélité (xin), la sagesse (zhi), la bienséance (li), la droiture (yi), et la bienveillance (ren) également (Chine Magazine, 2018). Le second point fondamental dans le confucianisme, régit les relations entre les personnes (Watson, 2007). Il est en effet très important que tout le monde joue son rôle, selon sa position dans la société, et respecte les limites de cette position afin qu’aucun problème ne survienne (Ma & Tsui, 2015). La piété filiale est un troisième élément clé du confucianisme. Il est important que le fils respecte son père et sa volonté. Il ne doit en aucun cas lui désobéir. Cette idée est d’autant plus importante à respecter pour le serviteur lorsqu’il sert son maître (Hu, 2007). Selon Confucius il y a toujours une autodiscipline à avoir et un respect mutuel à entretenir. De plus dans toutes les situations il faut agir avec modération et compromis (Hu, 2007). Le confucianisme dans la société actuelle chinoise au niveau professionnel. Le confucianisme joue un rôle capital dans la société, dans le développement des compagnies chinoises (Yu et al., 2021), dans la manière de manager les autres (Woods & Lamond, 2011), de gérer ses relations (Zhu et al., 2021), et notamment de développer une entreprise (Yan et al., 2020). De plus le confucianisme a créé le terme « guanxi » qui est de nos jours un terme désignant la gestion des relations, non seulement entre les personnes, mais aussi entre les objectifs, et les différentes forces existantes (M. Zhang et al., 2021). La loyauté, la réciprocité, les faveurs, et une relation éternelle sont les objectifs du guanxi (Luo, 2008). Le confucianisme dû à ses idéologies de respect et de piété filiale envers son père ou son seigneur a permis à la corruption de s’étendre très rapidement dans la vie politique et professionnelle (Hu, 2007). Les clés du succès dans l’économie chinoise viennent des idéologies de pensées chinoises, dont le confucianisme (Rowley & Oh, 2020). De surcroît, le leadership très paternel amène à de nouveaux types de management productif (Rowley & Oh, 2020). Mais, il faut reconnaître que le confucianisme n’est pas adopté par tous en entreprise. « Temples de la littérature » et textes classiques canoniques. Depuis l'époque, où, sous les Han (env. 206 av. J.-C., 220 apr. J.-C.) ; le confucianisme est devenu idéologie d'État en Chine, chaque ville qui était un centre d'administration disposait d'un temple consacré à Confucius, où les fonctionnaires de l'État devaient régulièrement organiser des cérémonies en son honneur. Les salles dans lesquelles Confucius et ses disciples étaient vénérés portaient le nom de "wénmiào" (文庙 « temples de la littérature ») ; dans ces édifices se trouvait simplement une table devant laquelle le fonctionnaire en question faisait ses génuflexions rituelles. Ces temples étaient souvent flanqués d'une bibliothèque, où les « fonctionnaires de la littérature » discutaient des textes classiques. Le confucianisme repose essentiellement sur l'étude approfondie d'un certain nombre de livres canoniques, dont les Cinq Classiques (Shi Jing《詩經》, Shu Jing《書經》, Li Ji《禮記》, Chun Qiu《春秋》et Yi Jing《易經》) canonisés dès la dynastie Han, et les Quatre Livres (Lun Yu《論語》, Da Xue《大學》, Zhong Yong《中庸》, et le Mencius《孟子》) représentant le néo-confucianisme, choisis comme programme des examens impériaux à partir du .
Corée La Corée est un pays d'Asie de l'Est divisé depuis 1945 en deux États souverains et antagonistes, la Corée du Nord et la Corée du Sud, qui revendiquent la représentation de l'ensemble de la Corée. Le territoire de la Corée a des frontières terrestres avec la Chine et la Russie, une frontière maritime avec le Japon, et trois façades maritimes sur la mer Jaune à l'ouest, le détroit de Corée au sud et la mer du Japon à l'est que les Coréens appellent mer de l'Est. Il occupe une superficie de . La Corée s'étend principalement sur la péninsule de Corée, entourée de nombreuses îles ainsi que des terres situées entre l'isthme de Corée et les fleuves Yalou et Tumen. La Corée est peuplée de plus de d’habitants presque exclusivement coréens. À la suite de la fin de la colonisation japonaise (1905 – 1945), la Corée acquiert son indépendance. Les tensions entre le camp des communistes, soutenus par l'URSS et la Chine, et le Sud, soutenu par les États-Unis, empêchent de trouver un accord sur la formation d'un gouvernement unifié. La péninsule est divisée en 1945 par l'URSS et les États-Unis sous promesse de réunifier rapidement le pays par un gouvernement unitaire démocratiquement élu. Le climat politique turbulent et les intérêts géopolitiques des deux grandes puissances empêchent cette réunification. Incidemment, les deux camps divisés se constituent des États, La division étatique ne permet pas de stabiliser le climat politique sur la péninsule. Le 25 juin 1950, la Corée bascule dans la guerre et demeure depuis 1953, à la suite de la signature de l'armistice de Panmunjeom, un conflit gelé. Les deux Corées ont la même langue officielle, le coréen, supposé d’origine altaïque. Jusqu’au , la langue coréenne n'avait pas d’écriture propre et utilisait les sinogrammes chinois par les systèmes Idu et Hyangchal. Aujourd’hui, le coréen s’écrit avec l'alphabet hangeul. En plus des deux États indépendants, le peuple coréen a une large diaspora aux États-Unis, dans les ex-républiques soviétiques et en Chine. Les Chinois ethniquement coréens habitent la préfecture autonome coréenne de Yanbian, au nord-est de la province du Jilin. Cette région peut être assimilée à l'un des trois royaumes historiques, celui de Goguryeo. La Corée est surnommée le "pays du Matin calme" ( : « pays du Matin frais » : "Joseon" (ou "Chosǒn") (조선, 朝鮮). Géographie. Topographie. Le paysage se compose à 70 % de zones montagneuses partiellement couvertes de forêts à l’est et séparées par des vallées profondes et étroites. Dans l’ouest et le sud, on trouve des plaines côtières peuplées et cultivées. La chaîne principale est constituée par les monts Taebaek, qui occupent le versant oriental de la péninsule. De plus, il existe également une cinquantaine de montagnes dépassant les d’altitude qui sont, pour la plupart, situées dans le Hamgyong au nord, dont le point culminant est le mont Paektu (). Hydrographie. Le Yalou et le Tuman sont les deux fleuves les plus importants ( et respectivement), ils marquent la frontière avec la république populaire de Chine et la Corée du Nord. Tandis que le Han (), qui traverse Séoul, et le Nakdong () assurent aussi bien les besoins en eau des villes que ceux de l’agriculture. Littoral et îles. La Corée du Sud occupe la partie méridionale de la péninsule coréenne, qui s’étend sur du continent asiatique vers le sud. Cette péninsule montagneuse est baignée à l'ouest par la mer Jaune et à l'est par la mer de l'Est (ou comme l'appellent les Japonais, mais l’appellation n'est pas reconnue par la communauté internationale, la mer du Japon). Au sud, le détroit de Corée sépare les côtes coréennes et japonaises. Ses côtes sont très découpées, et on y compte plus de trois mille îles dont la principale est Jeju, située à au sud de la péninsule. Le cas des rochers Liancourt (appelé aussi « Dokdo ») est particulier : bien qu’ils soient administrés par la Corée du Sud et compris dans le territoire coréen depuis 1954, ils sont toujours revendiqués par le Japon. Climat. Le climat local est typique des façades orientales des continents, mais avec des nuances selon les zones. La côte sud a un climat subtropical humide et est touchée par le régime des moussons appelé localement le "jangma", permettant notamment la culture du riz. En remontant vers le nord, le climat devient très vite continental avec des hivers de plus en plus rudes car plus influencé par la Sibérie. Les hivers sont relativement secs. La péninsule reste exposée aux aléas climatiques : ainsi, les inondations en Corée du Nord ont causé, en , plus de et disparus et touché plus d’un million de personnes, entraînant une demande d’aide internationale du gouvernement nord-coréen et des appels à dons d’ONG. Flore. La végétation naturelle dans la péninsule coréenne peut être classifiée selon quatre écorégions principales, essentiellement en fonction de la rudesse des hivers. Tout au sud, sur la côte exposée à un climat subtropical et pratiquement à l'abri des gelées, elle est normalement constituée d'une forêt toujours verte de type laurisylve (forêts sempervirentes de Corée méridionale) tandis que la plus grande partie de la péninsule est couverte par des arbres à feuilles caduques (forêts décidues de Corée centrale). Toutefois, ce sont des régions très peuplées, en grande partie urbanisées ou consacrées à l'agriculture. Dans les montagnes et dans le Nord de la Corée, les conifères se font de plus en plus présents, notamment le pin blanc de Corée et le sapin de Mandchourie, ce sont les zones des forêts mixtes de Mandchourie et celle des monts Changbai. Faune. La faune de Corée appartient à l'écozone paléarctique. Parmi les espèces natives ou endémiques de la péninsule coréenne, on trouve le lièvre coréen, le cerf d'eau, le mulot coréen, la grenouille brune coréenne ou encore l'. La zone coréenne démilitarisée constitue une réserve naturelle faunique inédite, abritant des espèces menacées telles que la grue à couronne rouge et le léopard de l'Amour. Culture et arts. Dans les textes chinois antiques, la Corée est désignée sous le nom des « fleuves et des montagnes brodés dans la soie » () et « la nation orientale du décorum » (). Pendant les , la route de la soie a relié la Corée à l’Arabie. Dès 845, les commerçants arabes ont écrit, Le hanbok est le vêtement traditionnel coréen, d'apparence générale assez sobre, il peut comporter certains raffinements. Le tigre blanc (백호), le dragon bleu (청룡), le phénix rouge (주작) et la tortue noire (현무) sont les quatre gardiens de la Corée ancestrale dans la mythologie coréenne. Musique et danse. Il existe traditionnellement plusieurs types de musiques, selon les cultures, en Corée. Les musiques de cour, telles les aak et tangak, d'inspiration chinoise, ou le hyangak, qui à partir du , devient plus local. Les musiques chamaniques, telles que le samulnori et ses danses tournantes, dans les nongak ou le sinawi, improvisé. La musique bouddhique, reprenant généralement les rituels apportés de Chine du bouddhisme chán (appelé son localement et zen au Japon), tandis que le hwach'ong s'inspire davantage du folklore local. Le Pansori, musique chantée accompagnée de percussions janggu est classé au patrimoine culturel immatériel par l'UNESCO. Cuisine. La péninsule coréenne se distingue également par sa cuisine, qui fait la part belle aux plats d'accompagnements ("banchan" servi lorsque l'on consomme du riz), parmi lesquels il existe une grande variété de légumes saumurés (kimchi), et parfois très épicés. On remarque une grande présence du sésame et de l'huile de sésame grillée, ainsi que depuis le milieu du de nombreux plats pimentés. Les plats les plus souvent représentés à l'étranger sont le "bulgogi" (barbecue coréen), utilisant généralement des fines tranches de bœuf (viande, langue) marinée, souvent de porc et parfois de fruits de mer. Le "bibimbap" (plat de riz couvert de cinq aliments de couleurs différentes), les "gimbap" (un mets proche du "makizushi" japonais, mais au sésame et généralement végétarien), la crêpe coréenne (une sorte d'omelette très fine), le plat nommé "japchae" (des nouilles de patates douces avec poivron, lentin du chêne, carottes) avec bœuf ou végétarien, souvent en entrée, plus rarement en plat. Les "tteok" (aliments à base de pâte de riz gluant), base de différents plats, salés ou sucrés. Les "mandu" (équivalent des "jiaozi" chinois). Comme dans les cas des "gyoza" japonais, ils sont généralement frits à l'étranger, mais comme dans les "jiaozi", ils peuvent également être bouillis ou cuits à la vapeur en Corée. Administration. La péninsule est aujourd’hui divisée, à peu près au (휴전선, 休戰線) en deux États indépendants antagonistes : De fortes tensions ont toujours existé entre les parties depuis la guerre froide, celles-ci trouvant son paroxysme durant la guerre de Corée de 1950 à 1953. Depuis, la zone tampon située le long de la frontière entre les deux États, dite « zone coréenne démilitarisée » (DMZ), concentre le plus grand nombre de forces armées au monde. Le village de Panmunjeom, lieu de signature du cessez-le-feu de 1953, est l’endroit où se déroulent traditionnellement les négociations entre les deux Corée. La déclaration conjointe Nord-Sud du est la pierre angulaire des nouvelles relations qu’entretiennent les deux États, en vue d’une réunification de la péninsule. Le , la Corée du Nord annonce qu'elle met fin aux accords de non-agression avec la Corée du Sud et qu'elle coupe, par la même occasion, le téléphone rouge entre Pyongyang et Séoul. Histoire. Comme pont et point de passage entre la Chine et le Japon, depuis ses origines, la décolonisation de la Corée a été un échec où le Nord, se rapprochant de la république populaire de Chine a adopté une politique communiste basée sur le culte de la personne (juche) et le Sud sous celle, de fait, des États-Unis par l’irruption de la guerre de Corée qui a rendu ces deux parties dépendantes de leur parrainage. Le Sud est en coopération compétitive économique avec le Japon pour s’affirmer. Le Nord s’affirme vis-à-vis du parrain chinois en se faisant plus communiste encore. L’Union soviétique et les États-Unis se sont affrontés par pays interposés, évitant un conflit direct qui, à l’époque aurait pu mener vers une escalade atomique (le limogeage de MacArthur en était une preuve). Très vite préoccupée par la situation en Europe, l’Union soviétique s’est désengagée du conflit, laissant la place à la république populaire de Chine. Un accord de paix historique a été signé le entre les deux présidents, Roh Moo-hyun sud-coréen et Kim Jong-Il nord-coréen. Il met officiellement fin à la guerre de Corée, débutée en 1950. En effet, un simple armistice avait été signé en 1953. Mais depuis peu, la Corée du Nord devenu le neuvième pays à posséder l'arme atomique, multiplie les « provocations », notamment avec les essais nucléaires et des bombardements délibérés du territoire sud-coréen, dont celui de Yeonpyeong le est l’incident le plus sérieux depuis la fin de la guerre en 1953. Pour certains analystes, par son attitude belliqueuse le régime de Pyongyang chercherait à maintenir sa population dans un semi-état de guerre permanent permettant de faire accepter à cette dernière les privations qu’elle subit, d’autant plus que la situation alimentaire de la Corée du Nord s’est aggravée de façon catastrophique ces dernières années, dont les menaces récurrentes de famine sont l’illustration. Cependant, cette dictature adopte un comportement paradoxal. En effet, un mois avant le bombardement de Yeonpyeong, elle réclamait encore une aide humanitaire à sa voisine du sud qui ne la lui avait jamais refusée jusque-là, attitude qui trahit néanmoins un affaiblissement significatif du régime totalitaire de Pyongyang.
Premier concile œcuménique du Vatican Le premier concile œcuménique du Vatican, ou simplement appelé Vatican I, est le concile œcuménique de l'Église catholique. Il se tient du au . Convoqué par Pie IX, il définit notamment l'infaillibilité pontificale. Il est interrompu quand les troupes italiennes envahissent Rome. Suspendu "sine die", il n'est jamais repris. Contexte. Contexte historique. Ce concile s'inscrit dans un contexte géopolitique très troublé, marqué sur le plan italien par le Risorgimento - l'unification italienne et la fin des 'États pontificaux' - et leur corollaire que l'on appellera la "question romaine", et sur le plan international par la guerre franco-prussienne de 1870. Le concile, dont l'œcuménicité n'est pas reconnue par les Églises orientales, s'ouvre alors que, depuis 1861, le pape a perdu son pouvoir temporel sur les États pontificaux, à l'exception de la ville de Rome, et que Rome est elle-même sous la protection des troupes françaises de Napoléon III. Contexte ecclésiastique. Pie IX évoque en privé, pour la première fois, la tenue d'un nouveau concile œcuménique le , lors d'une session de la Sacrée congrégation des rites. Le précédent concile, celui de Trente, s'était clos trois siècles auparavant. Au cours de l'année 1865, le pape mène des consultations auprès de l’épiscopat de rite latin sur des questions de discipline. Le , à l'occasion de la fête des saints Pierre et Paul, il annonce son intention de convoquer un concile. Il remet aux évêques présents un questionnaire sur l'état de l'Église. Le , la bulle d'indiction "Æterni Patris" convoque les évêques catholiques pour un concile devant se tenir à Rome dès le . La bulle trace le programme de la future assemblée : défense de la foi contre les erreurs du temps, précédemment condamnées par le "Syllabus" ; mise à jour des canons du concile de Trente. Une invitation est envoyée à l'ensemble de l’épiscopat catholique et même à des dignitaires orthodoxes. Le concile est ouvert le . Sur les mille évêques invités, les trois quarts sont présents. Tout de suite une majorité infaillibiliste et une minorité s'opposent, comportant toutes deux d'importants prélats. La majorité comprend notamment le cardinal Bilio, et divers évêques dont Victor-Auguste Dechamps (de Malines), Henry Edward Manning (de Westminster), Louis-Edourard Pie (de Poitiers) et la plupart des évêques italiens, très nombreux (35 % des participants). La minorité comprend notamment les cardinaux Rauscher (Vienne), Mathieu (Besançon), Schwarzenberg (Prague) et divers évêques dont Simor (primat de Hongrie), Ketteler (Mayence), Dupanloup (Orléans), Darboy (Paris), Place (Marseille) et beaucoup d'autres évêques allemands et français. Les Églises orientales catholiques sont réticentes. L'ensemble des évêques melkites, conduit par leur patriarche Grégoire II Joseph, et plusieurs évêques orientaux chaldéens (dont Joseph VI Audo) font également partie de la minorité. Suspension des travaux. Après plusieurs sessions, des travaux difficiles et des débats complexes, seules deux constitutions dogmatiques ont finalement pu être votées et ratifiées quand, le , les troupes italiennes pénètrent dans Rome. Le 9 octobre, ce qui reste des États pontificaux est intégré au nouveau Royaume d'Italie par plébiscite (référendum). Le concile est matériellement empêché de poursuivre ses travaux. Aussi, le 20 octobre, Pie IX le suspend-il "sine die". Les deux constitutions dogmatiques. La première constitution dogmatique du Concile Vatican I, "Dei Filius", sur les rapports entre foi et raison (dont le texte fut préparé par le théologien Jean-Baptiste Franzelin), est votée à l'unanimité par les Pères conciliaires et ratifiée aussitôt par le pape le . La deuxième constitution dogmatique, "Pastor Æternus", qui devait être un traité complet sur l'Église du Christ, reste inachevée. Seule la dernière partie sur le rôle de la papauté dans l'Eglise et son dernier chapitre sur l'infaillibilité pontificale sont votés et promulgués, en , par le pape Pie IX. L'absence d'un texte complet a donné une place et importance disproportionnée à la question de l'infaillibilité pontificale. L'infaillibilité pontificale. Une partie de la presse romaine et parisienne, inspirée par l'ultramontanisme, avait développé l'idée que le but principal du concile serait de définir le dogme de l'infaillibilité pontificale. Le même Pie IX, avait publié en 1864 le "Syllabus", texte dans lequel il condamnait, parmi d'autres 'idées modernes', la « liberté de conscience ». Pie IX revendiquait aussi dans le "Syllabus" la suprématie du fait religieux sur l'ordre temporel. Dix ans auparavant, le , Pie IX avait défini "ex cathedra" le dogme de l'Immaculée Conception de la Vierge Marie, après avoir consulté l'ensemble de l’épiscopat catholique mais sans en référer à un concile comme il est de coutume lorsqu'il s'agit de questions touchant la foi catholique. En janvier 1870, une pétition lancée par quelques évêques demande qu'on mette à l'ordre du jour du concile la question de l'infaillibilité pontificale : elle recueille la signature de plus de 400 des quelque 700 évêques présents. Peu après, 136 évêques signent une pétition en sens contraire. Les évêques et les cardinaux de la minorité étaient soutenus par plusieurs personnalités connues en Europe, comme l'évêque d'Orléans, Félix Dupanloup, l'historien allemand Ignaz von Döllinger, l'évêque de Mayence, Wilhelm Emmanuel von Ketteler. Entre les deux partis les débats furent tumultueux. On évoqua en particulier quelques cas supposés d'erreurs doctrinales commises par des papes : Honorius, condamné par le troisième concile de Constantinople (680-681), Libère, Vigile, Jean XXII. Les débats historiques font alors appel à d'autres travaux érudits, tels ceux de du théologien Alphonse de Liguori, ou ceux, plus contemporains de Rohrbacher (1789-1856) dans sa monumentale histoire de l'Église, ou encore ceux de Prosper Guéranger (1805-1875), le restaurateur de l'Abbaye bénédictine de Solesmes, pour contrer les accusations portées contre certains papes évoqués ci-dessus. Après de longs débats, le , c'est encore un quart de l'assemblée qui exprime son désaccord. Les tractations reprennent, des précisions sont apportées, mais sans rallier pourtant l'ensemble de la minorité : 55 évêques de la minorité décident alors de s'abstenir et de quitter Rome plutôt que de voter non. Le , le concile, par les voix de 533 des 535 Pères présents, affirme la primauté universelle du pape comme de droit divin et définit que l'infaillibilité pontificale est une vérité de foi divinement révélée. Cette infaillibilité pontificale est strictement et précisément délimitée : elle concerne le cas où le pape, en vertu de sa charge et en matière de foi ou de morale, prononce solennellement et "ex cathedra" qu'« une doctrine doit être tenue par toute l’Église ». Les deux Pères qui avaient voté non et ceux qui s'étaient abstenus se rallient alors, après la ratification par le pape du vote du concile. Le théologien américain Philip Schaff espérait que le pape renoncerait à ce dogme. Réception du concile. Le monde catholique accepta dans son ensemble les décisions conciliaires, à l'exception de quelques-uns dont l'historien et théologien Ignaz von Döllinger, éminente personnalité du monde intellectuel catholique. Il n’empêche qu'un groupe d'irréductibles se sépara de l'Église catholique romaine à cette occasion. C'est la naissance de l'Église des "Vieux catholiques".
Clergé Le clergé est l'ensemble des hommes et des femmes consacrés qui font partie d'un ministère ecclésiastique. Comme le terme désigne les différentes institutions d'une religion, il existe plusieurs clergés. Présentation. Le mot, en ancien français "clergié" (), provient du latin ecclésiastique "clericatus", forgé sur "clericus" (clerc) pouvant être traduit par « qui a reçu un ordre sacré », lui-même issu du grec : "klêrikos". Les religions monothéistes que sont le judaïsme, le christianisme, et l'islam ont pour point commun l'idée d'une révélation primitive. Le bouddhisme, en tant que religion fondée sur les enseignements de Bouddha. D'autre part, des religions ou des spiritualités polythéistes, telles que l'hindouisme. Dans le christianisme, certains ministères (évêque, presbytres, diacres) sont regroupés, à l'aube du autour d'un statut commun en un . Au sens large, à quelque degré que ce soit, le clergé désignait alors l’ensemble des personnes proches d'un statut « ecclésiastique », d’une église, d'une ville, d’un pays. Cela commençait au niveau des simples enfants (appelés aussi les « petits clercs »), acolytes, sous-diacres, diacres, prêtres, et plus tard les membres des universités médiévales. Clergé catholique. L'Église catholique distingue les clercs (qui enseignent) et les laïcs (qui reçoivent l'enseignement). Au, Constantin désigne les ecclésiastiques attachés au service des églises par le nom de clercs. La préséance des clercs sur les laïcs est théorisée par les pères de l'Église. Jérôme de Stridon attribue aux ministres ecclésiastiques le fait de ne rien posséder au sens où la part de leur héritage leur vient de Dieu et sont dévoués au service du culte. Dans l'ancienne nomenclature des clercs, les tonsurés et les moines sont tout d'abord exclus du clergé. Progressivement les moines, et certains religieux, nommés par les évêques pour assurer l'exercice du ministère paroissial, furent également inclus dans les privilèges ecclésiastiques et reconnus clercs. Ainsi est apparue la distinction entre les clercs réguliers d'une part, étant des moines, ou des religieux, avec des missions paroissiales, mais vivant dans des communautés religieuses ; et les clercs séculiers d'autre part, ayant des missions identiques mais destinés à vivre hors des monastères ou des communautés. Le clergé bénéficie de privilèges qui le protègent dans ses mission. L’Église assure à toutes ces personnes l'exemption du for séculier ("privilegium fori") ainsi que le privilège du canon ("privilegium canonis"). Par ce dernier, toute personne qui leur portait outrage pouvait encourir l'excommunication. De plus, en cas de persécution par exemple, tout clerc trouvant refuge dans une église était protégé contre la poursuite légale. Obligations des clercs. La vocation est un aspect important de l'accès au clergé. Il s'agit du fait que la nomination vient de Dieu. Le rôle ecclésiastique fait suite à un appel divin, et prend en compte la pureté des intentions, la science, la vertu, l'esprit de désintéressement. Les clercs doivent également posséder de grandes connaissances en science, bien que le degré d'exigence varie selon les époques. Les sciences nécessaires et spécifiques au clergé sont notamment la philosophie scolastique, visant à réfuter le rationalisme ; l'étude des sciences naturelles ; la théologie dogmatique ; la théologie morale ; l'étude de l'écriture sainte ; l'histoire ecclésiastique et le droit canon. L'étude, tout au long de la vie est une condition du maintien dans le clergé. De plus, lorsque les clercs exercent un ministère auprès des ouvriers, il leur est nécessaire de connaitre les questions liées aux classes laborieuses. C'est ce que rappelle l'encyclique "Rerum novarum", publiée par Léon XIII en 1891. La sainteté de vie est également une obligation des clercs qui doivent avoir un zèle et s'occuper du salut des âmes, tendre vers la perfection. La piété s'ajoute à la science pour l'aspect surnaturel qui est lié à la réalisation des ministères ecclésiastiques. Les activités de prière, de lecture spirituelle, de méditation font partie des obligations de la vie ecclésiastique. La prière est un devoir qui n'est pas réservé aux clercs, mais la pratique régulière est une obligation particulière propre au clergé. Cette obligation et les sanctions encourues en cas de non respect, ont été règlementés par plusieurs conciles. L'habit ecclésiastique est une manière de signifier la vocation et la modestie intérieure. Au début du christianisme, les clercs ne se distinguaient pas des laïques par leur style vestimentaire. Suite à de nombreux conciles et décrets, l'habit ecclésiastique s'est imposé et c'est le concile de Trente qui le rend obligatoire et l'habit de couleur noire est devenue le vêtement ordinaire. La hiérarchie de l’Église étant considérée comme divine, les clercs ont une obligation d'obéissance à l'évêque. Ensemble, ils doivent obéissance au pape. Il s'agit d'une forme de soumission qui comprend la doctrine, la morale, la discipline, le culte divin, les lois de réforme, les causes judiciaires. Cela se traduit par par le fait qu'un clerc ne peut pas quitter ou changer sa mission ecclésiastique sans le consentement de l'évêque. Le pape, élu par les cardinaux, nomme en général les évêques qui ordonnent et nomment les prêtres et les diacres. Les religieux (moines, religieuses, etc.) élisent leurs supérieurs (abbés, etc.). A ces règles s'ajoutent également des interdictions. Les clercs n'ont pas le droit d'acheter un objet pour le vendre à profit sans modification. Toute activité de commerce de cette sorte est prohibée afin d'éloigner du clergé le danger de l'injustice, de mensonge, l'appât du gain. Ces préoccupations étant considérées contraire au développement de la vie spirituelle et aux conseils que les clercs doivent prodiguer aux fidèles. Certaines activités ont été interdites par les papes successifs à savoir : les jeux de bourse, les placements de capitaux dans les sociétés de spéculation, l'administration des banques etc. De même, il leur est interdit d'administrer les biens d'autrui donc les professions telles que procureur, notaire, avocat des causes civiles leurs sont également interdites. La profession des armes est considérée comme incompatible avec le rôle ecclésiastique. Enfreindre ces règles est considéré, par les théologiens, comme un manquement. Dans le droit ancien, la chasse est interdite aux clercs. Car parmi les membres du clergé, nombreux venaient de famille nobles, et possédaient des forêts réservées pour la chasse. Lors du quatrième concile de Latran, l'Église s'est donc positionnée contre la pratique de la battue, avec armes, meutes, faucons etc. Clergé protestant. Lors de la Réforme protestante, les notions théologiques et sociales régissant le clergé furent profondément modifiées. En effet, Luther considère comme central le principe dit du « sacerdoce universel » selon lequel chaque baptisé est « prophète, prêtre et roi » sous la seule seigneurie du Christ. Ce concept anéantit toute hiérarchie au sein de l'Église, à commencer par celle qui place les prêtres en position d'intermédiaire entre le croyant et Dieu. Chaque baptisé a une place de valeur identique, y compris les ministres (dont les pasteurs font partie). Issus d'études de théologie et reconnus par l'Église, ils sont au service de la communauté pour l'annonce de la Parole de Dieu (prédication et sacrements) et les missions particulières qui en découlent. En aucun cas ils ne détiennent le pouvoir d'absolution. En conséquence, pour Martin Luther, la gouvernance de l'église ne peut qu'être démocratique. Il affirme clairement qu'une assemblée chrétienne a le pouvoir de juger ce qui est enseigné et d’élire et de destituer ses responsables. Organisation du clergé. Les églises protestantes sont organisées selon l'une des modalités suivantes : Universalité d'accès aux ministères. Les femmes ont accès aux ministères de la plupart des Églises protestantes, y compris aux fonctions hiérarchiques. Clergé musulman. Dans le sunnisme, il n'y a pas de clergé à proprement parler, le mot d' (qui vient du mot église) est donc impropre. Le chef, ou savant, religieux est appelé mufti, `alim ou encore cheikh. Le terme "imam" est généralement employé pour se référer aux formes diverses que peuvent prendre les chefs religieux et peut désigner aussi bien une personne présidant une prière qu'un membre d'un groupe de savants (oulémas) composés de juristes (faqih) et de muftis. Aucun d'entre eux n'a de connaissances ésotériques. Ces savants musulmans sont principalement consacrés à l'étude et peuvent être impliqués dans la mise en œuvre de la charia dont les muftis ont autorité pour émettre des avis juridiques (appelés fatwas) mais leurs infaillibilités (`isma) n'est pas une condition, contrairement au chiisme. Dans une mosquée, le muezzin fait l'appel à la prière, l'imam guide la prière et le recteur s'occupe des opérations administratives de la mosquée. Le calife est le titre porté par les successeurs de Mahomet après sa mort en 632 jusqu'à l'abolition de cette fonction par Mustafa Kemal Atatürk en 1924. Les califes réunissaient le pouvoir temporel au pouvoir spirituel. Le porteur du titre a pour rôle de garder l'unité de l'islam et tout musulman lui doit obéissance : c'est le dirigeant de l’oumma, la communauté des musulmans. L'autorité d'un calife s'étend sur un califat. Il porte aussi le titre de commandeur des croyants (`amir al-mou'minin). L'imamat. Dans le chiisme, le terme imam possède par contre des significations plus spécifiques et il ne peut être que le seul guide à la fois spirituel et temporel. La « guidance » spirituelle de l'imam ne saurait être assurée sans le lien direct avec Dieu. Le chiisme originel était composé de certains compagnons qui estimaient que `Alî, gendre et cousin de Mahomet, avait été choisi, par lui, pour lui succéder après la conquête de La Mecque, et l'aurait explicitement désigné comme son successeur et son exécuteur testamentaire (wasî) près du ruisseau de Khumm. Dès la deuxième moitié du de l'Hégire, cette précellence de l'imam Alî est devenue un élément fondamental du chiisme et elle est au cœur de son principe de foi. La prophétie en tant que message révélé (risâla) a pris la forme d'un livre, le Coran, mais le lien (imamat) qui lie les êtres humains à Dieu se poursuit et se poursuivra jusqu'à la fin des temps. Pour ce faire, l'humanité a besoin d'un Guide spirituel (imam) pour transmettre l'exégèse spirituelle du Coran et actualiser le message prophétique selon les conditions de l'époque. Les chiites vont mettre de l'importance sur la bivalence du Coran : l'exotérique (zâhir) et l'ésotérique (bâtin). La connaissance exotérique est donnée à toutes les personnes sans exception alors que l'ésotérique n'est accordée qu'aux initiés. L'imam est le continuateur de la pédagogie prophétique. L'imam détient sa connaissance (`ilm) directement par illumination divine.
Câble coaxial Le câble coaxial ou ligne coaxiale désigne une ligne de transmission ou liaison asymétrique, utilisée en basses ou hautes fréquences, composée d'un câble à deux conducteurs (central et extérieur), dont le conducteur externe assure le plus souvent le blindage. L'invention en est attribuée à Oliver Heaviside (breveté en 1880). L'Américain Herman Affel a développé le câble coaxial moderne, dont le brevet a été accepté en 1931. En réception de signaux de télévision, le câble coaxial est le plus souvent associé à la prise d'antenne ou à la fiche F. Principes techniques. L' centrale, qui peut être mono-brin ou multi-brins en cuivre ou en cuivre étamé / argenté, voire en acier cuivré, est entourée d'un matériau diélectrique, isolant. Le diélectrique peut être d'une part, entouré d'une tresse simple ou double conductrice, sous laquelle peut figurer un feuillard / un ruban en cuivre ou en aluminium enroulé ou d'un tube en cuivre nu, cuivre annelé, cuivre étamé ou aluminium étamé et d'autre part, d'une gaine extérieure isolante et protectrice. Pour les câbles coaxiaux ayant un blindage externe sous la forme d'un tube métallique, la dénomination câble "semi-rigide" est généralement employée. Sa forme spécifique permet de ne générer et de ne capter aucun flux perturbateur extérieur. Ce type de câble est employé pour la télédistribution de signaux numériques ou analogiques à haute ou basse fréquence ainsi que pour les câbles rayonnants associés à un émetteur, notamment exploités pour véhiculer les ondes radio dans les tunnels ou les souterrains. Les deux conducteurs de pôles opposés d'un câble coaxial sont de natures différentes (sur une ligne bifilaire, constituée de deux conducteurs parallèles séparés par un diélectrique, ils sont indifférenciés) : l'âme, qui est le conducteur central en cuivre est entourée d'un matériau isolant, puis d'un blindage qui est le second conducteur, généralement constitué de tresses de cuivres. La caractéristique spécifique de ce type de câble est que les axes centraux de symétrie des deux conducteurs se confondent : la conséquence est qu'ils subissent les mêmes perturbations induites par les champs électromagnétiques environnants. Le blindage évite aussi que les conducteurs ne produisent des perturbations vers le milieu extérieur. Cela fonctionne sur le principe de la cage de Faraday. Le signal utile est égal à la différence de tension entre les deux conducteurs. En théorie, quand les axes sont parfaitement confondus, les champs magnétiques extérieurs créent le même gain (ou la même perte) de potentiel sur les deux parties du câble. La tension induite (créée par les champs perturbateurs) est donc nulle, et le signal est transmis sans perturbation. Usages. Par exemple, il est possible de trouver un câble coaxial : À partir de la fin du , le câble coaxial est progressivement remplacé par la fibre optique pour les utilisations sur de longues distances (supérieures à un kilomètre) ainsi que pour les liaisons IP destinées aux entreprises ou au particulier, notamment avec le standard FTTH. Le câble coaxial peut être installé le long des murs, gouttières ou enfoui car la présence d'objets n'influence pas la propagation du signal dans la ligne dès lors qu'on ne lui applique pas une flexion ou courbure trop prononcée qui affecte son impédance. La perte énergétique dans un câble coaxial augmente avec la fréquence ou la distance (longueur de la liaison) et elle est affectée par les caractéristiques du diélectrique. On peut placer, entre la sortie d'une antenne (symétrique) et la ligne coaxiale (asymétrique) un balun ("BALanced/UNbalanced", convertisseur symétrique/asymétrique) pour équilibrer l'impédance entre l'antenne et le câble, en réception comme en émission. Toutefois, dès lors qu'on a converti le signal en asymétrique, les caractéristiques et avantages du coaxial sont également affectés. La connexion au câble coaxial doit être réalisée par l'utilisation de connecteurs coaxiaux adaptés au câble et montés en respectant les indications fournies pour conserver à l'ensemble les caractéristiques souhaitées sur le plan de la qualité de transmission (voir par exemple le connecteur BNC). Pour la TV Numérique Terrestre, les fiches sont recommandées, alors que pour la TV par satellite ce sont les fiches F à visser, bien qu'elles soient montées sur un même type de câble « grand public ». Caractéristiques. Elles sont données par les constructeurs. Caractéristiques mécaniques du câble coaxial : Caractéristiques électriques du câble coaxial : Pertes. Les courants haute fréquence circulent dans une pellicule proche de la surface des conducteurs. L'épaisseur de cette pellicule diminue quand la fréquence augmente. La résistance d'un conducteur augmente comme la racine carrée de la fréquence ; c'est ce qu'on appelle l'« effet pelliculaire ». Les pertes produisent une diminution de l'amplitude du signal en fin de ligne ; cela se manifeste par exemple par une diminution de la puissance RF rayonnée dans le cas d'un émetteur. Voici quelques règles : En réception satellite (B.I.S 950/2150 MHz) le câble ou Patc est préconisé, ainsi que pour la réception (C 21/60) de la TV terrestre numérique (TNT) « délicate ». En d'autres termes, pour une installation TV terrestre monoprise, avec une longueur de descente d'antenne standard, jusqu'à , la dégradation (atténuation) est contenue, de l'ordre de . Les pertes en mode satellite à la fréquence maximale de oscillent autour de . En outre, il existe un rapport optimum du diamètre de l'âme sur celui du blindage. Celui-ci correspond à une impédance caractéristique de , ce qui explique que cette valeur soit employée pour les câbles de réception qui doivent minimiser les pertes, toutes choses étant égales par ailleurs. Pour le transport de puissance, on aurait tendance à penser que maximiser le diamètre de l'âme diminue la résistance et donc les pertes. Ceci est vrai en continu, mais en haute fréquence, l'épaisseur réduite du diélectrique entraîne une tension de claquage plus faible, et donc une puissance maximale admissible limitée. L'optimum se réalise pour une impédance caractéristique de l'ordre de . La valeur de correspond à un compromis entre pertes en émission et pertes en réception.
Cyclades Les Cyclades (en / ) constituent un archipel de Grèce situé dans le Sud de la mer Égée, dans la périphérie de l’Égée-Méridionale. L’archipel comprend environ 250 îles, îlots et îlots-rochers. Seules 24 îles sont habitées. On les appelle Cyclades car elles forment un cercle (en / ) autour de l’île sacrée de Délos. Les petites Cyclades, au sud de Naxos entre les îles d'Ios et d'Amorgós, font partie des Cyclades et comptent 6 îles principales. De 1833 à la réforme Kallikratis de 2010, les Cyclades formaient un nome. Définition de l'archipel. Le nombre des îles considérées comme faisant partie des Cyclades a varié au cours de l'histoire. Selon Strabon, on pensait dans l'Antiquité que le groupe comprenait originellement douze îles, auxquelles trois étaient venues s'ajouter. Citant le géographe Artémidore, il énumère quinze îles dont sont alors absentes les îles du sud-est (Folegandros, Sikinos, Ios, Théra (Santorin), Amorgós, Anafi) qui sont alors désignées du nom de Sporades. Histoire. Préhistoire. Les plus anciens habitats permanents connus datent du , mais les premières traces d'activité humaine datent du Les Cyclades connurent une grande prospérité lors du néolithique, en partie grâce à l'obsidienne, dont Milo, île volcanique, était une des principales sources ; on trouve de l'obsidienne mélienne jusqu'en Thessalie et Asie Mineure. Au cours du , les îles abritèrent la civilisation cycladique, célèbre pour ses idoles de marbre. Les villages de cabanes, d'abord en terre puis en pierre, se situent en haut des collines près des cimetières placés sur les pentes de ces mêmes collines. On enterre les morts avec divers objets (vases, poignards en bronze, lames d'obsidienne, figurines en marbre, etc.). Les habitants pratiquent l'agriculture, la chasse et la pêche en plus des travaux artisanaux. Ils naviguent à la rame sur des bateaux sans voiles et aux proues relevées. Les Crétois de la civilisation minoenne occupèrent les Cyclades au Antiquité. Les Achéens s'installent dans l'archipel vers 1450 avant notre ère et les Doriens à partir de 1100 avant notre ère. Les Ioniens arrivèrent au Ils créèrent le grand sanctuaire religieux de Délos vers le Les auteurs antiques évoquent un peuplement plus ancien, avant l'arrivée des Grecs, qu'ils nomment « Pélasges ». Thucydide (I, 4) dit que Minos chassa de l'archipel ses premiers habitants, les Cariens. Hérodote (I, 171) précise que ceux-ci, aussi appelés « Lélèges », étaient arrivés depuis le continent. Ils étaient totalement indépendants (« ils ne payaient aucun tribut »), mais fournissaient des marins aux navires de Minos. Ils auraient ensuite été chassés des Cyclades par les Doriens, suivis des Ioniens, et seraient repassés sur le continent. Les Perses tentèrent de s'emparer des Cyclades en 490 avant notre ère. Les îles entrèrent ensuite dans la première Ligue de Délos en 478-477 avant de passer sous la domination totale d'Athènes. Elles versèrent leur tribut jusqu'en 404. Elles connurent alors une relative période d'autonomie avant d'entrer dans la seconde Ligue de Délos et de repasser sous la coupe d'Athènes. Elles se révoltèrent lors du conflit de 357-355, pour finalement passer sous la domination des Macédoniens. D’après Démosthène et Diodore, le tyran thessalien Alexandre de Phères mena des opérations de piraterie dans les Cyclades vers 362-360. Ses navires se seraient emparés de quelques-unes des îles, dont Tinos, et auraient emporté un grand nombre d’esclaves. Les Cyclades se révoltèrent à l’occasion de la troisième guerre sacrée (357-355) qui vit l’intervention de Philippe II de Macédoine contre la Phocide alliée à Phères. Elles commencèrent alors à passer dans l'orbite du Royaume de Macédoine. En 308, elles sont gouvernées par Antigone le Borgne qui créa la Ligue des Nésiotes. Les Ptolémées les gouvernèrent ensuite, mais, vaincus à Andros en 228, ils les cédèrent aux Macédoniens d'Antigone III Doson. Après Cynocéphales, les îles passèrent aux Rhodiens puis aux Romains. Mithridate VI, en 88 avant notre ère, après avoir chassé les Romains d'Asie mineure, s'intéressa à la Mer Égée. Son général Archélaüs soumit Délos et la plupart des Cyclades qu'il confia à Athènes qui s'était déclarée en faveur de Mithridate. Délos réussit à retourner dans le giron romain. Pour la punir, l'île fut dévastée par les troupes de Mithridate. La défaite de celui-ci par Sylla, Lucullus puis Pompée rendit l'archipel à Rome. Vespasien le constitua en province romaine. Moyen Âge. Les Goths pillèrent une partie de l'archipel au , ainsi que les Scythes en 376 sous l'empereur Valens. Lors de la division de l'Empire romain, les Cyclades passèrent à l'Empire d'Orient (ou Empire byzantin), qui les conserva jusqu'au de notre ère. Pendant toute cette période, la déforestation pour la marine (dont les insulaires fournissaient souvent les équipages) désertifie progressivement certaines des îles. En 727, les insulaires, orthodoxes, se révoltèrent contre l'Empereur iconoclaste, Léon l'Isaurien. Cosmas, à la tête de la rébellion, fut proclamé empereur. Il périt lors du siège de Constantinople. Léon rétablit brutalement son autorité sur les Cyclades. En 769, beaucoup d'îles furent à nouveau pillées par les Slaves, puis par les Sarrasins en 821. Ces derniers s'installèrent en Crète d'où ils menèrent des raids sur les Cyclades pendant plus de cent ans. En 1204, la Croisade s'empara de Constantinople, et les vainqueurs se partagèrent l'Empire byzantin. La souveraineté nominale sur les Cyclades échut aux Vénitiens. Ces derniers annoncèrent alors qu'ils laisseraient la gestion des îles à qui serait capable de s'en emparer pour eux. Cette nouvelle suscita de nombreuses vocations. De nombreux aventuriers armèrent des flottes à leurs frais et en 1207, s'emparèrent des Cyclades et y créèrent des États féodaux. André et Jérôme Ghisi (ou Ghizzi) se rendirent maîtres de Tinos, Mykonos, Skiros et Skopelos ; les Pisani prirent Kéa. On vit aussi le passage des Guistiniani, des Michieti, des Dandoli. Les Sanudi, eux, fondèrent le duché de Naxos sur les principales îles comme Naxos, Paros, Antiparos, ou Milo. Les Vénitiens administrèrent directement le reste. Époques modernes et contemporaines. Barberousse prit les îles pour les Turcs à partir de 1537. Les insulaires, meurtris par les persécutions des « Latins », lui firent bon accueil, et furent traités avec une certaine mansuétude par la « Sublime Porte » qui n'envoya que rarement des officiers et gouverneurs les diriger en son nom propre. Il y eut bien au départ une tentative d'installer des colons musulmans, des cadis (juges) et des beys (gouverneurs) sur chaque grande île, mais les pirates chrétiens les enlevaient systématiquement pour les revendre à Malte : la Porte dut y renoncer. Les îles ne furent plus gouvernées que de loin. Des magistrats locaux, souvent appelés "épitropes", gouvernaient localement. Leur principale attribution était de collecter les impôts pour le Capitan-Pacha (grand amiral de la flotte ottomane) à qui le revenu des Cyclades appartenait. Il ne venait qu'une fois par an, avec toute sa flotte, toucher la somme globale des impôts des Cyclades. Il s'installait alors dans la baie de Dryo au sud-est de Paros. Pour réunir cette somme, les insulaires se livraient à la piraterie contre les nefs des « Latins ». Toutefois, la domination ottomane était de plus en plus mal vécue. Les Cyclades furent de tous les soulèvements importants, comme en 1770-1774, lors du bref passage des Russes de Catherine II. À l'issue de la guerre d'indépendance grecque, à laquelle elles fournirent armes, navires et combattants, elles firent partie dès le départ du nouvel état. Pendant l'Occupation de la Grèce consécutive à la Seconde Guerre mondiale, les deux îles de Milo et Amorgós furent investies dès 1941 par la "Kriegsmarine" allemande, les autres par les Italiens ; d'octobre 1943 à l'été 1944 les Allemands occupèrent toutes les îles mais, se heurtant à un harcèlement constant de la Résistance, finirent par s'en retirer, non sans avoir exécuté des otages. Après la guerre, l'économie traditionnelle des Cyclades, jadis basée sur l'élevage extensif, les cultures vivrières et la pêche, se tourna de plus en plus vers le tourisme, et les constructions se multiplièrent. Géographie. Liste des îles habitées : Îles actuellement inhabitées : Antimilos, Ánydros, Aspronissi, Délos, Despotikó, Gyáros, Kéros, Makronissos, Néa Kaméni, Paléa Kaméni, Polyaigos, Rinia, Kato Koufonissi, etc. Architecture. L'architecture des Cyclades présente se caractérise par le dépouillement et la forme géométrique brute des maisons, très souvent blanches avec des volets de couleur (bleu, vert, etc.). Apparue au cours des grandes invasions, elle a eu une influence certaine sur le mouvement fonctionnaliste en architecture. Économie. La Grèce attire vers les îles centrales de la mer Égée des centaines de milliers de touristes. Particulièrement fréquentées, y compris des croisiéristes, sont Santorin, Mykonos, Naxos ou Paros. L'île de Délos, proche de Mykonos, est inhabitée et ne possède pas d'hébergement, mais est le but d'excursion de très nombreux touristes en raison de son importance archéologique et historique : l'un des centres religieux les plus importants de la Grèce antique. Chaque jour, des dizaines de ferries relient les îles entre elles et au continent.
Chiba est la capitale de la préfecture de Chiba, sur l'île de Honshū, au Japon. Toponymie. Le toponyme « Chiba » () est créé au début du , lorsqu'un membre du clan Chiba fonde la cité du même nom, dans le sud de la province de Shimōsa. Géographie. Situation. La ville de Chiba est située sur l'île de Honshū, dans le nord-ouest de la péninsule de Bōsō, à environ , à vol d'oiseau, au sud-est de Tokyo, capitale du Japon. Le long de la côte orientale de la baie de Tokyo, la capitale de la préfecture de Chiba s'étend sur , au relief peu élevé ( d'altitude), d'est en ouest et du nord au sud. Démographie. En 2016, la population de Chiba était de (), répartis sur une superficie de . Elle était en baisse de 0,33 % par rapport aux estimations du recensement de 2015 (). Voies de communication et transports. Air. L'aéroport international de Narita et l'aéroport international de Tokyo Haneda sont les principaux aéroports les plus proches. Rail. La ville est parcourue par le monorail urbain de Chiba qui comporte deux lignes. Les principales gares sont la gare de Chiba (Lignes Chūō-Sōbu, Narita, Sōbu, Sotobō et Uchibō, ainsi que le monorail de Chiba), la gare de Keisei Chiba (ligne Keisei Chiba), et la gare de Soga (lignes Keiyō, Sotobō et Uchibō), toutes dans l'arrondissement de Chūō. Urbanisme. Morphologie urbaine. La ville de Chiba est divisée en six depuis 1992. Histoire. À partir de 1907, l'excavation du site archéologique de (arrondissement de Wakaba), sur lequel un amas coquillier a été découvert révèle l'existence dans le nord de la péninsule de Bōsō d'une présence humaine durant le milieu de la période Jōmon ( ). En 1126, Chiba Tsuneshige, du clan Chiba, s'installe dans le sud de la province de Shimōsa et y fait construire une place forte : le château de Chiba. La "jōkamachi" (ville-château) prospère jusqu'en 1455, année au cours de laquelle des affrontements militaires entre différentes factions du clan Chiba entraînent sa destruction. La cité connaît un regain de prospérité, vers le milieu de l'époque d'Edo (1603-1868), lorsqu'elle est reprise par le clan Hotta du domaine de Sakura. Elle devient un relais routier ("shukuba") et un port d'où sont transportées des marchandises pour la capitale, Edo, siège du pouvoir du shogunat Tokugawa. En 1873, après l'officialisation par le gouvernement de Meiji issu de la restauration impériale, du découpage du territoire national en préfectures, la préfecture de Chiba est officiellement créée. Son administration est établie dans le bourg de Chiba, qui est alors promu centre politique, économique et culturel préfectoral. Un an plus tard, l'université de Chiba est fondée et ouvre ses portes aux jeunes gens attirés par les études de médecine. Le bourg de Chiba acquiert le statut de ville en 1921. La municipalité s'étend alors sur et regroupe (). Durant la Seconde Guerre mondiale, 70 % du centre-ville de Chiba est détruit par deux raids aériens, menés, les 7 et , par les forces armées américaines. La création d'un port et l'implantation des entreprises TEPCO et , conjuguées aux efforts des habitants, aboutissent rapidement à la reconstruction de la capitale préfectorale. L'urbanisation se poursuit, notamment au plus fort de la période du « miracle économique japonais » (décennie 1965-1975), avec le développement de la façade maritime, d'un parc industriel et de quartiers résidentiels. La population atteint le demi-million d'habitants en 1971. En 1992, Chiba s'organise en six arrondissements et devient la des villes désignées par ordonnance gouvernementale. En 2001, le monorail suspendu de , inauguré en 1988, entre dans le Livre Guinness des records, surclassant le de Wuppertal (Allemagne), long de et opérationnel depuis 1900. En 2009, la population de la ville dépasse les . Deux ans plus tard, le gouvernement japonais classe le comme « port stratégique pour le commerce extérieur », aux côtés de ceux d'Osaka, Kobe, Nagoya, Yokohama et Tokyo, entre autres. Jumelage. En 2018, la ville de Chiba est jumelée avec les municipalités étrangères suivantes : Symboles municipaux. L'arbre symbole de la municipalité de Chiba, sélectionné en 1993, est l'une des espèces d'arbres la plus commune dans la ville : le zelkova du Japon. Son oiseau et sa fleur symboles, choisis en 1993, sont respectivement la sterne naine et le lotus Ōga. Celui-ci, aussi appelé "Nelumbo" 'Ōga', est un cultivar d'une espèce fossile de lotus d'Orient. Il a été obtenu par germination de graines vieilles de deux mille ans, découvertes en 1951 par le botaniste Ichirō Ōga, dans le sous-sol d'un terrain du nord de la ville, une annexe de l'université de Tokyo. Depuis 1954, le lotus Ōga est classé monument naturel de la préfecture de Chiba, sous le nom de « lotus Ōga de Kemigawa ». Par la suite, il est devenu une plante ornementale cultivée aussi bien au Japon et en Chine qu'en Allemagne et aux États-Unis.
Cameroun Le Cameroun ( ou ), en forme longue la république du Cameroun (en anglais : et ), est un État d'Afrique du Centre-Ouest situé entre le Nigeria au nord-nord-ouest, le Tchad au nord-nord-est, la République centrafricaine à l'est, la république du Congo au sud-est, le Gabon au sud, la Guinée équatoriale au sud-ouest et le golfe de Guinée au sud-ouest. Les langues officielles sont le français et l'anglais pour un pays qui compte une multitude de langues locales. Avant la période coloniale, les habitants ne forment pas un seul groupe homogène et présentent plusieurs formes d'organisations sociales allant de royaumes structurés à des ethnies nomades. Aux anciens royaumes (Bamoun, Bonjongo, Adamaoua, Garoua) succède au la colonie allemande qui place le Cameroun sous protectorat. À l'issue de la Première Guerre mondiale, le Cameroun est placé sous mandat de la Société des Nations et confié à l'administration de la France pour sa partie orientale et du Royaume-Uni pour sa partie occidentale. L'ancienne tutelle de l'ONU sous administration française accède à l'indépendance sous l’appellation de république du Cameroun le avec comme président Ahmadou Ahidjo. Il est rejoint par le Cameroun méridional (partie du territoire sous administration britannique) le pour former la république fédérale du Cameroun qui, le 20 mai 1972, est renommée république unie du Cameroun, puis république du Cameroun en 1984. Depuis la démission d’Ahidjo en 1982, Paul Biya sert comme président du pays. Comme pour la plupart des États d’Afrique, les frontières actuelles du pays résultent de la colonisation européenne qui a séparé des mêmes ethnies telles que les Fang-Beti qui se trouvent au Cameroun et au Gabon. Le Cameroun est aujourd'hui membre de droit de l'Organisation internationale de la francophonie, du Commonwealth ainsi que de l'Organisation de la coopération islamique. Le Cameroun est surnommé « l'Afrique en miniature » en raison de sa diversité climatologique, minière, géographique, humaine, linguistique et culturelle. Le pays s’étire vers le nord jusqu’au lac Tchad, reliant l’Afrique équatoriale à l’Afrique occidentale et constituant un pont entre l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique Centrale. Le sud-ouest du pays présente une importante chaîne volcanique dominée par le mont Cameroun, qui est le point culminant d'Afrique centrale avec d'altitude. Histoire. Les premiers habitants du Cameroun sont probablement les chasseurs-cueilleurs Baka, des nomades Pygmées. Mais, dès le , se développent des sociétés sédentaires d'agriculteurs-éleveurs, peut-être venus du Sahara alors en voie de désertification et les Baka sont repoussés dans les forêts des provinces du sud et de l'est où on les trouve encore. Parmi les sédentaires, ceux du sud-ouest de l'actuel Cameroun et du sud-est du Nigeria sont les plus anciennement attestés comme utilisant des langues bantoues. Ces langues se sont ensuite répandues à travers la majeure partie de l'Afrique subsaharienne occidentale, jusqu'en Afrique du Sud, probablement en même temps que l'agriculture. La première mention historique des côtes camerounaises pourrait se trouver dans le récit dit "Périple d'Hannon", dans un texte grec très discuté. Au , ce Carthaginois atteint le mont Cameroun qu'il baptise le "Char des Dieux". Mais ce texte est controversé pour sa traduction approximative depuis le phénicien et surtout parce qu'il n'y a pas de preuve archéologique que les Carthaginois soient allés au sud d'Essaouira. En revanche, on a la certitude que, en 1472, les marins portugais du navigateur Fernando Pó sont entrés dans l'estuaire du Wouri, s'extasiant de l'abondance des crevettes dans le cours d’eau qu'ils appellent aussitôt "Rio dos Camarões" (rivière des crevettes). Les marins anglais adoptent ce nom en l'anglicisant ("Cameroons"), d'où le nom actuel de Cameroun. Après les Portugais viennent les Néerlandais puis les Allemands. Par les contacts avec les Européens et les Sahéliens (royaume du Kanem-Bornou) débutent des échanges commerciaux réguliers. Le développement de la traite négrière, soit occidentale, soit orientale, la diffusion du christianisme par le sud et de l'islam par le nord, changent profondément les sociétés du Cameroun, favorisant les groupes structurés ayant adopté une religion monothéiste et capables de se procurer des armes à feu, au détriment de l'organisation politique antérieure (comme le royaume Bamoun). Colonisation allemande, française et britannique. Dans l'optique de protéger leurs intérêts commerciaux, les Allemands établissent le leur protectorat du nom de "Kamerun". L'Allemagne est en particulier intéressée par le potentiel agricole du Cameroun et confie à de grandes firmes le soin de l'exploiter et de l'exporter. Le chancelier Otto von Bismarck définit l'ordre des priorités comme suit : le marchand d'abord, le soldat ensuite. C'est en effet sous l'influence de l'homme d'affaires Adolph Woermann, dont la compagnie implante une maison de commerce à Douala, que Bismarck, d'abord sceptique sur l'intérêt du projet colonial, se laisse convaincre. De grandes compagnies commerciales allemandes et compagnies concessionnaires s'implantent massivement dans la colonie. Laissant les grandes compagnies imposer leur ordre, l'administration se contente de les épauler, de les protéger, et d'éliminer les rébellions indigènes. Afin d'assurer l'essor économique du protectorat, les Allemands se lancent dans des travaux importants : construction de routes et de la première ligne de chemin de fer, démarrage des travaux du port de Douala, édification d'écoles et d'hôpitaux, création de grandes plantations (cacaoyers, bananiers, caféiers, hévéas, palmiers à huile...). Mais les populations locales sont, pour la plupart, soumises au travail forcé et aux châtiments corporels. Quant aux Baka, ils sont piégés et étudiés comme des animaux ; certains sont emmenés en Allemagne pour être montrés, en cage, dans les expositions coloniales. En 1918, les Allemands perdent leur colonie en raison de leur défaite lors de la Première Guerre mondiale ; la Société des Nations confie alors la majeure partie du pays à la France et deux poches occidentales limitrophes du Nigeria (colonie britannique) au Royaume-Uni. Pendant les vingt premières années, la France s'emploie notamment à liquider les rébellions de populations kirdis dans le nord du Cameroun. Si la pacification de cette région s'accompagne de massacres et de pillages récurrents, la France, à la différence de l'Allemagne, pratique aussi une politique d'assimilation à l'instar de ce qui se passe dans ses autres colonies. Le Royaume-Uni applique le régime de l"'indirect rule". Indépendance et guerre civile. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, le mouvement de l'UPC (Union des populations du Cameroun), dirigé par Ruben Um Nyobe, revendique l'indépendance et la réunification avant d'être interdit puis réprimé par les Français en pays bassa et en pays bamiléké (« guerre bamiléké »). L'indépendance de la zone française est proclamée le , le Cameroun devenant la première des dix-huit colonies africaines à accéder à l'indépendance en 1960. La réunification a lieu l'année suivante avec la partie sud de la zone britannique ("Southern Cameroons"), la partie nord ("Northern Cameroons") ayant opté pour l'union avec le Nigeria. Cette indépendance reste pourtant largement théorique puisque des « conseillers » français sont chargés d'assister chaque ministre et disposent de la réalité du pouvoir. Le gouvernement gaulliste préserve son ascendant sur le pays à travers la signature « d'accords de coopération » touchant à tous les secteurs de la souveraineté du Cameroun. Ainsi, dans le domaine monétaire, le Cameroun conserve le franc CFA et confie sa politique monétaire à son ancienne puissance tutrice. Toutes les ressources stratégiques sont exploitées par la France et des troupes sont maintenues dans le pays. Il s'ensuit une période de violente répression contre le mouvement de l'UPC, et l'ALNK, son « Armée de libération nationale du Kamerun », par le nouveau gouvernement avec l'assistance de la France, qui dure jusqu'à la fin des années 1960. D'après l'ouvrage "Kamerun ! Une guerre cachée aux origines de la Françafrique", ce sont des officiers français qui, au cours des années 1960, dirigent clandestinement les opérations de répression menées par l'armée camerounaise contre les derniers bastions de l'insurrection « "upéciste" », essentiellement dans l'ouest du pays. Tortures, regroupement et déplacement de force des populations, exécutions extrajudiciaires, guerre psychologique, villages rasés ou bombardés au napalm, les méthodes employées sont peu à peu transmises par les militaires français à leurs homologues camerounais, notamment au sein de l'École militaire interarmes du Cameroun (EMIA), dirigée au cours de cette période par des officiers français formés à la doctrine de la guerre révolutionnaire (DGR). Le , un référendum conduit à un État unitaire et met fin au fédéralisme. Présidence de Paul Biya. Le Premier ministre Paul Biya devient président de la République le 6 novembre 1982, après la démission du président Ahidjo. Le 6 avril 1984, il échappe à une tentative de coup d’État perpétrée par des membres de la Garde présidentielle. Plusieurs des putschistes sont arrêtés et quelques-uns exécutés. De nombreuses autres personnalités sont également interpellées et emprisonnées à cet effet. Associé au coup d’État manqué, l’ancien président Ahidjo sera condamné à mort par contumace puis gracié plus tard par le président Biya. La répression vise particulièrement les régions du Nord, où des centaines de personnes sont tuées. Paul Biya reprend dès lors en main le parti unique, qu'il rebaptise Rassemblement démocratique du peuple camerounais. Seul candidat, il est élu président en 1984 et 1988. Il adopte un plan d’ajustement structurel qui lui est présenté par le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale : privatisation, ouverture à la concurrence, réduction des dépenses sociales, etc. Les salaires des fonctionnaires sont réduits de 60 %, le secteur informel augmente très significativement, mais les classes dirigeantes ne sont pas affectées par ce programme. Au début des années 1990, à la suite d'opérations de désobéissance civile, baptisées « Villes mortes », et d'émeutes, il accélère la mise en œuvre du multipartisme. Il supprime la législation « contre-subversive » instaurée par son prédécesseur, restaurant ainsi la liberté d’association, et permet à une presse indépendante de commencer à paraître. Cette démocratisation a ses limites : le gouvernement continue d'avoir recours aux fraudes électorales et instrumentalise les appareils judiciaire et policier contre l'opposition. À la fin des années 1990, les « compagnies juniors » canadiennes, investies dans plus de minières, dans plus de , pour la plupart encore à l'état de projet, multiplient les contrats avec des pays africains parmi lesquels le Cameroun, où Mega Uranium a des concessions sur . L'ambassadeur américain au Cameroun, Niels Marquardt organise le voyage du premier ministre Ephraïm Inoni à l’été 2007 aux États-Unis, au cours duquel la délégation camerounaise est orientée vers des sociétés minières canadiennes, américaines, anglaises et australiennes. Le régime de Paul Biya est proche du gouvernement français, qui lui livre des armes et forme ses forces de répression. La France est le premier investisseur étranger, devant les États-Unis. Cent cinq filiales françaises sont implantées dans tous les secteurs-clés (pétrole, bois, bâtiment, téléphonie mobile, transport, banque, assurance, etc.). En février 2008, des émeutes éclatent, réclamant la baisse des prix et le départ de Paul Biya. Les manifestants sont sévèrement réprimés : une centaine de morts, des milliers d’arrestations. Depuis novembre 2016, des manifestants des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun, majoritairement anglophones, font pression pour le maintien de l'usage de la langue anglaise dans les écoles et les tribunaux de ces régions. Des personnes ont été tuées et des centaines emprisonnées à la suite de ces protestations. En 2017, le gouvernement camerounais a bloqué l'accès de ces régions à Internet pendant trois mois. En septembre, des séparatistes ont lancé une guérilla pour l'indépendance des régions anglophones du pays sous le nom de République fédérale d'Ambazonie ("Federal Republic of Ambazonia"). Le gouvernement a répondu par une offensive militaire, et l'insurrection s'est étendue aux régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. En 2019, les combats entre les guérillas séparatistes et les forces gouvernementales se poursuivent. Au cours de l'année 2020, de nombreuses attaques terroristes dont beaucoup ont été menées sans revendication et les représailles du gouvernement ont fait couler le sang dans tout le pays. Depuis 2016, plus de ont fui leurs foyers. Le conflit a indirectement conduit à une recrudescence des attaques de Boko Haram, l'armée camerounaise s'étant largement retirée de la région du Nord du pays pour se concentrer sur la lutte contre les séparatistes anglophones. Paul Biya est réélu pour un septième mandat en 2018, dans un scrutin dont la régularité est contestée par l'opposition. Il lance un « Grand dialogue national », mais aucune avancée décisive n'en ressort sur le conflit dans les régions anglophones. Paul Biya fait libérer des détenus, mais les leaders du mouvement sont toujours incarcérés. Politique. Le Cameroun est une république de type présidentiel. Le pouvoir est concentré entre les mains du président de la République reconnu par la constitution comme celui qui « définit la politique de la nation » (Titre II, Chapitre 1, article 5, alinéa 2). Le pouvoir législatif est exercé par le Parlement. Il est composé de deux chambres, l'Assemblée nationale (où on compte ) et le Sénat (composé de ), le Sénat est mis en place depuis le 14 mai 2013. On désigne souvent le régime comme étant une « "démocrature" » dans la mesure où le système politique du Cameroun s'apparente plus à une démocratie procédurale ; derrière les institutions au fonctionnement "a priori" démocratique, la réalité de l'exercice du pouvoir est celle d'une dictature qui réprime avec force toute velléité de contestation politique ou sociale. Les incarcérations de journalistes, écrivains, syndicalistes et activistes sont fréquentes. Le 10 avril 2008, l'Assemblée nationale adopte le projet de loi sur la révision constitutionnelle avec pour, 5 contre et 15 non votants. Ce projet adopté est très critiqué par les partis politiques de l'opposition puisqu'il permet à Paul Biya de prétendre à un quatrième mandat à la fin de son mandat en 2011. Le , Paul Biya est réélu à travers des élections présidentielles au premier tour de scrutin et avec 77,99 % des voix. Le , il y a un nouveau gouvernement avec à sa tête le premier ministre Philémon Yang, qui se succède à lui-même. Le , Joseph Dion Ngute est nommé Premier ministre. Sur tout le territoire, les chefs traditionnels conservent un réel pouvoir et sont consultés par les autorités centrales. Outre les codes juridiques modernes émanant des législations internationales, la réglementation juridique s'appuie sur le droit coutumier qui permet aux Camerounais de maintenir leurs cultures originelles. Il n'est pas rare que les fils des dynasties royales, des lamibé ou des sultans, exercent des responsabilités ministérielles à Yaoundé. Le Cameroun est également membre de l'Assemblée parlementaire de la francophonie. L'extrait du projet de loi /PPJL/AN adopté par l'Assemblée nationale, punissant de peine de mort qui ose s'opposer au régime par manifestation de quelque type que ce soit, classe le Cameroun parmi les gouvernements de type dictatorial. Subdivisions administratives. Le Cameroun est peuplé par 280 ethnies dont quelques grands ensembles (Sémites, Hamites, Bantous, Semi-Bantous et Soudanais) et de nombreux métissages. Sur le plan administratif, le Cameroun compte aujourd'hui dix régions elles-mêmes divisées en . Les départements sont divisés en arrondissements. Les régions sont créées à la suite d'un décret présidentiel le . Jusque-là on avait affaire aux « provinces » ou « districts ». Géographie. Le Cameroun est un pays du golfe de Guinée, sur la façade occidentale de l'Afrique. Il possède de côtes très découpées le long de l'océan Atlantique. Très étendu en latitude ( du nord au sud), le pays a schématiquement la forme d'un triangle dont la base longe le de latitude nord, tandis que le sommet, riverain du lac Tchad, atteint le . Le Cameroun est entouré des pays et étendues d'eau suivants : Par sa superficie de et sa population d'environ en 2010, le Cameroun est un pays de taille moyenne en Afrique. Le pays se situe entre la bordure méridionale du Sahara et la limite septentrionale de la forêt équatoriale du bassin du Congo au sud. L'ouest du pays est dominé par les Hauts-Plateaux, et comprend le massif le plus haut de toute l'Afrique de l'Ouest : le mont Cameroun, qui culmine à mètres ; c'est le neuvième sommet du continent africain. L'est du pays est recouvert dans sa très grande majorité d'une forêt équatoriale encore bien conservée. Le long de ses de côtes, on compte quelques cités balnéaires : Kribi, et Limbé près du mont Cameroun. Frontières terrestres. Le Cameroun partage ses frontières avec six pays, dont avec le Nigeria, avec le Tchad, avec la République centrafricaine, avec la république du Congo, avec le Gabon et avec la Guinée équatoriale. Relief. Le relief est extrêmement varié et les études géologiques et géomorphologiques rendent compte que la barrière orographique de l’Adamaoua sépare le Cameroun « humide » du Cameroun « sec ». Basses terres. Les basses terres sont composées de la cuvette de Mamfé (Sud-Ouest), de la cuvette de la Bénoué et de la plaine du Nord. Plateaux. Les plateaux camerounais comptent le Sud camerounais, avec une altitude moyenne de , et l'Adamaoua dont l'altitude moyenne est de mais qui s'élève jusqu'à . Hautes terres de l'Ouest. Les hautes terres de l'Ouest sont un bloc du socle soulevé et recouvert d'épanchements basaltiques, disposé en un arc de cercle appelé la dorsale camerounaise. Les sommets vont de . Les massifs les plus connus sont les monts Mandara (Extrême-Nord), Alantika (Nord), et les volcans encore en activité d'Oku (Nord-Ouest) et du mont Cameroun (Sud-Ouest) qui est, à d'altitude, le point culminant de l'ouest de l'Afrique. Climat. Domaine équatorial. Le domaine équatorial se caractérise par des précipitations abondantes, des températures élevées et stables et une végétation se dégradant au fur et à mesure qu'on s'éloigne de l'équateur. On distingue les plateaux du Centre et du Sud avec quatre saisons bien tranchées : petite saison de pluie (de mars à juin), petite saison sèche (juillet et août), saison de pluie (de septembre à novembre), grande saison sèche (décembre à février), et la zone occidentale (Littoral, montagnes du Sud-Ouest et hauts plateaux de l'Ouest) avec ses pluies surabondantes qui tombent pendant neuf mois d'affilée de mars à novembre. Domaine tropical. Le domaine tropical se distingue par des températures élevées et des pluies peu abondantes, de type soit soudanien (une saison pluvieuse de mai à octobre, une saison sèche de novembre à avril), soit sahélien, marqué par des pluies très irrégulières, mais absentes de décembre à mars. Les températures les plus basses sont de et les plus élevées de . Environnement. Végétation. La végétation camerounaise est diversifiée et peut être divisée en deux grandes zones : la zone tropicale et la zone équatoriale. Elle souffre d'une importante déforestation, ayant conduit à un appauvrissement de la biodiversité et à d'importantes émissions de gaz à effet de serre. Zone tropicale. La zone tropicale est en grande partie couverte de savane. On y trouve : Zone équatoriale. La végétation de la zone équatoriale camerounaise est d'un vert luxuriant et composée de : Faune. Plus de la moitié des espèces de mammifères sont amputées d'au moins 70 % de leurs effectifs, notamment à cause de la chasse. Géologie. La géologie du Cameroun présente de forts contrastes pétrographiques et structurels répartis sur quatre grands ensembles géologiques majeurs : Économie. Généralité. De 1965 à 1985, le Cameroun connaît une croissance soutenue (plus de 15 % par an en moyenne), portée par les prix des matières premières, et est longtemps parmi les pays les plus prospères du continent africain. La situation économique s'est ensuite fortement dégradée jusqu'à la dévaluation, en janvier 1994 du franc CFA, précédée par une diminution drastique des salaires de l'ordre de 70 %. Après une décennie de récession caractérisée par une forte baisse du PIB (-30 % entre 1985 et 1993) et une chute de 40 % de la consommation par habitant, le Cameroun renoue avec la croissance économique depuis 1994. Son PIB (environ de dollars américains en 2009, soit américains par habitant en PPA) représente aujourd’hui la moitié de celui de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (CEMAC), ce qui lui confère une place importante au niveau régional. Pour ce qui est des importations, les principaux partenaires économiques du Cameroun sont la France (19,1 %), la Chine (13,3 %), le Nigeria (12,4 %). Pour les exportations, ce sont l'Espagne (15,1 %), les Pays-Bas (12,8 %), la Chine (9,4 %), l'Italie (9,3 %), la France (6,5 %) et les États-Unis (6,4 %), en 2010. La dette publique constitue 14,3 % du PIB (2009), tandis que la dette extérieure est d'environ de dollars américains (estimation 2009). En 2022, le Cameroun est classé en pour l'indice mondial de l'innovation. Le Cameroun devient un pays producteur de pétrole en 1977. Prétendant vouloir faire des réserves pour les temps difficiles, les autorités gèrent les recettes pétrolières « hors budget » dans la plus totale opacité (les fonds sont placés sur des comptes parisiens, suisses et new-yorkais). Plusieurs milliards de dollars sont ainsi détournés au bénéfice de compagnies pétrolières et de responsables du régime. L'influence de la France et de ses au Cameroun reste considérable. La revue "African Affairs" note au début des années 1980 qu'ils continuent à dominer presque tous les secteurs clés de l'économie, à peu près comme ils le faisaient avant l'indépendance. Les ressortissants français contrôlent 55 % du secteur moderne de l'économie camerounaise et leur contrôle sur le système bancaire est total. Secteurs d’activités. Le pays dispose de ressources naturelles agricoles (bananes, cacao, café, coton, miel), forestières, minières (bauxite, fer, cobalt, nickel, manganèse, diamant, marbre) et pétrolières ; les compagnies minières junior de Vancouver ou de Toronto jugent qu'il . La population active se répartit en 2010 entre secteurs primaire (19,7 %), industriel (31,4 %) et tertiaire (48,9 %). La filière coton a pris de l'ampleur. La valeur de cette production reste toutefois tributaire des cours mondiaux qui varient fortement: 2 USD/lb en 2011, 0,70 USD/lb en 2015. Le pays est à la cinquième place du palmarès des sept premiers producteurs africains de coton au milieu des. Économie informelle. 75 % de la main-d'œuvre urbaine travaille dans le secteur informel et six ménages sur dix tirent au moins une partie de leurs revenus de ce secteur informel. Cette importance du secteur informel a tendance à croître de plus en plus depuis la crise économique. Il permet de remédier partiellement au problème du chômage (20 % de la population en 1995, 30 % en 2003). En 2011, le taux de chômage a dégringolé et est estimé à 13,1 %. Infrastructures de communication. Routes et voies ferrées. Le Cameroun possède de routes, dont . Réseau ferroviaire. Le réseau ferroviaire totalise de voies ferrées avec la ligne du transcamerounais, gérée par la société Camrail. Camrail est une filiale de Bolloré Africa Logistics. En janvier 2022, il est annoncé que la société mère de Camrail, Bolloré Africa Logistics, va être rachetée par l'armateur MSC. On peut se demander si la compagnie de porte-conteneurs MSC poursuivra le transport de passagers sur les rails du Cameroun. En effet, les trains de passagers vont gêner l'activité principale de MSC, à savoir le transport de conteneurs par voie ferroviaire. Cette situation contraste avec celle du Nigeria tout proche, où la compagnie ferroviaire locale NRC réalise justement des bénéfices avec le transport de passagers. Ports. Trois grands ports sont actifs, à commencer par le Port autonome de Douala. Les ports de Limbé et Kribi sont en grande partie financés par la Banque d'investissement chinoise et ont vocation à devenir des ports en eau profonde pour abriter les navires avec de plus grands tirants d'eau que ceux accédant aujourd'hui à Douala. Le Cameroun compte plusieurs ports dont les plus importants sont ceux de Douala et de Limbé. Il possède aussi un port fluvial saisonnier à Garoua (sur la rivière Bénoué). Le port en eaux profondes à Kribi est en fonction depuis 2016. Transport aérien. Le Cameroun dispose de quatre aéroports internationaux (Douala, Yaoundé-Nsimalen, Garoua et Maroua Salak) et une dizaine d'aéroports secondaires. En 2008, la compagnie nationale aérienne Cameroon Airlines fait faillite. Son successeur, Camair-Co, effectue son premier vol le . Il existe quelques compagnies privées de taille modeste dont la flotte se limite à un ou deux porteurs de moins de desservant essentiellement l'intérieur du pays. Lutte contre la corruption. On retrouve la pratique de la corruption dans les plus hauts niveaux de l'État jusqu'au fonctionnaire au bas de l'échelle. La corruption quotidienne est qualifiée de nombreux noms : « tchoko », « bière », « taxi », « carburant », « motivation » et d'autres. Malgré son potentiel naturel, minéral et humain énorme, le Cameroun souffre encore aujourd’hui de plusieurs maux qui empêchent un véritable décollage économique : la corruption, une production énergétique déficitaire par rapport à la demande, des finances publiques insuffisamment épurées, une attractivité pour des investissements de capitaux privés et étrangers en retrait par rapport à d'autres pays, une lourdeur administrative souvent handicapante. À cela s'ajoute une inadéquation entre la formation des jeunes et les besoins du marché de l'emploi qui aggrave le chômage, et l'ampleur du secteur informel. Population et société. Démographie. La population du Cameroun est estimée en 2015 à . Lors de l'indépendance du pays, en 1960, le Cameroun comptait un peu plus de . En 2001, dépassent le seuil des : Douala (la capitale économique, d'habitants), Yaoundé (la capitale politique et siège des institutions, environ d'habitants), Garoua (environ ), Bamenda (environ ), Maroua (environ ) et Bafoussam (environ ). Cependant, les estimations démographiques varient selon les sources. Selon le quotidien gouvernemental "" (en se basant sur les dossiers spéciaux hebdomadaires dans une ville du pays au cours des années 2008 et 2009), les dix agglomérations les plus peuplées sont : Douala ( d'habitants), Yaoundé (), Garoua (), Bafoussam (), Nkongsamba (), Bamenda (), Édéa (), Kribi (), Maroua () et Ngaoundéré (). Le Cameroun compte au total une vingtaine de villes ayant au moins . Selon les résultats du dernier recensement, le Cameroun compte toujours un peu plus de femmes (50,6 %) que d’hommes (49,4 %). La moitié de la population a moins de et le poids démographique des moins de se situe à 43,6 %. Les personnes âgées de plus de ne représentent que 5,5 % de la population totale. Malgré une démographie urbaine en constante croissance, une majorité (de 55 % à 65 % selon les estimations) de la population demeure en zone rurale. Les provinces les plus densément peuplées (plus de ) sont les provinces de l'Ouest, du Littoral, de l'Extrême-Nord et du Nord-Ouest. Par contre, les provinces de l'Adamaoua, de l'Est et du Sud sont très faiblement peuplées (moins de ). En fonction de l’importance numérique de l’effectif de leur population, les régions du Cameroun peuvent être classées en : Niveau de vie et IDH. Le PNUD classe le Cameroun au au niveau mondial sur en 2021. Son indice de développement humain (IDH) s'est amélioré entre 1990 et 2019, passant de à , avant de redescendre à en 2021. Ce dernier classement est établi sur les données socio-économiques telles que l'éducation, la santé ou encore le revenu par habitant. Il donne une estimation du niveau de vie général d'un pays. Indicateur de pauvreté humaine (IPH-1). Selon le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), l'indicateur de pauvreté humaine au Cameroun en 2004 est de 35,6 % de la population totale. La pauvreté est beaucoup plus présente dans les campagnes (70 %), tandis que la pauvreté urbaine touche près de de personnes, essentiellement à Yaoundé et à Douala. La moitié des ménages n'est pas raccordée au réseau électrique et le tiers n'a pas accès à l'eau potable. L'assainissement des villes, assuré par la société Hysacam (Hygiène et salubrité du Cameroun), n'est pas encore suffisant pour éradiquer des maladies telles que le paludisme, le choléra et autres. Ceci est dû aux ressources financières qui s'avèrent limitées, mais aussi et surtout aux mentalités rétrogrades des populations qui peinent à coopérer avec les autorités pour l'évolution de la salubrité dans les quartiers. Toutefois, on observe une amélioration du système collectif d'assainissement et des conditions d'hygiène des familles. En outre, on assiste au développement de l'insécurité et de la délinquance des enfants de la rue. Le taux de sous-emplois quant à lui dépasse le seuil des 35 % dans les grandes villes, ce qui pousse plusieurs personnes à se rabattre sur des petits boulots. Santé. Le système de santé camerounais se situe encore à un niveau bas. D'après l'OMS, il y a un médecin pour . On remarque aussi une répartition inégale des services médicaux dans le pays, et ce sont les zones enclavées du Grand Nord et de l'Est du pays qui en pâtissent le plus. En 2009, on estime à déclarés de VIH et de SIDA. On constate environ à la suite de ces maladies. Éducation. Le système éducatif comporte trois types d'enseignements : enseignement de base, enseignement secondaire et enseignement supérieur. La particularité du système éducatif est le bilinguisme. En effet, on peut étudier en français et en anglais et obtenir des diplômes équivalents. L'éducation est encadrée par deux principaux types d'enseignement : On dénombre des centaines d'établissements d'enseignement maternel, primaire, secondaire. Dans les grands centres urbains, l'alphabétisation est presque universelle alors que certaines régions du Cameroun, notamment la zone septentrionale, souffrent encore d'une sous-alphabétisation, ce qui n'empêche pas le pays d'afficher un taux d'alphabétisation d'environ 80 % selon l'UNICEF (un des taux les plus élevés du continent africain) ou de 70 % selon . Cependant, le pays doit faire face à une pénurie d'enseignants, pas souvent bien formés ou alors démotivés par une très modeste rémunération. L'entrée à l'école maternelle se fait en général à l'âge de trois ans. Le cycle maternel et primaire dure , aboutissant à l'obtention d'un CEP (certificat d'études primaires). L'accès au cycle secondaire se fait généralement par le biais d'un concours dit d'entrée en classe de . Il est à noter qu'au Cameroun, le terme « lycée » désigne un établissement public, tandis que le qualificatif « collège » est attribué à un établissement privé. Le cycle secondaire dure et il est sanctionné dans son cours par trois diplômes : le BEPC (brevet d'études du premier cycle) délivré après avoir accompli les quatre premières années, le Probatoire (niveau Première) et le Baccalauréat (niveau Terminale), ouvrant l'accès aux études universitaires. En moyenne, dans les écoles primaires et secondaires, les heures de cours vont du lundi au vendredi de à , avec une pause d'une heure à midi, à l'exception du mercredi où les cours s'arrêtent à . Dans plusieurs établissements, des cours sont aussi dispensés le samedi matin, selon le niveau d'études (généralement les classes d'examen). La rentrée scolaire a lieu traditionnellement le premier lundi de septembre (sauf si celui-ci est le ). L'année scolaire, à cheval sur deux années civiles, est divisée en trois trimestres d'inégale longueur : le de septembre à décembre, le de janvier à mars et le d'avril à mai. Les épreuves des examens officiels (CEP, BEPC, Probatoire, Baccalauréat) se déroulent au mois de juin, en une seule session (il n'y a pas de session de rattrapage et l'oral au Baccalauréat a été annulé en 1993), à l'exception des épreuves sportives qui se tiennent souvent en mai. Le Cameroun compte huit universités d'État (, Ngoa Ekélé), (Soa), Douala, Buéa, Dschang, Ngaoundéré, Bamenda, Maroua), une dizaine d'universités privées (dont l'université catholique d'Afrique centrale située à Yaoundé, l'université des Montagnes à Bangangté, l'université adventiste de Nanga-Eboko) et une cinquantaine d'instituts universitaires parapublics et privés répartis sur l'ensemble du territoire. En 2008, on dénombre plus de . La rentrée universitaire a lieu traditionnellement en octobre. Médias. Presse. Le Cameroun compte une douzaine de journaux quotidiens. Les plus connus sont le "" (quotidien gouvernemental bilingue), "La Nouvelle Expression", "Mutations", "Le Jour", "Le Messager", "Le Quotidien de l'économie". On dénombre aussi des hebdomadaires comme "Motbinama Press", "Repères", "Diapason", "Intégration", "Ça Presse", "Nyanga", "Situation", "Le Popoli" (journal humoristique), "La Météo", "La Nouvelle, Kalara", ou encore le bi-hebdomadaire économique, "EcoMatin". Selon les données de 2013, le Cameroun compte près de 644 journaux. Chaînes de télévision. Le paysage audiovisuel s'est considérablement diversifié depuis l'ouverture aux médias privés au début des . La principale chaîne de télévision publique, la (CRTV), voit le jour en 1985 et est basée à Yaoundé, avec une station dans chacune des dix régions du pays. Les principales chaînes de télévision privées (STV1 et 2, International, Equinoxe TV, Samba TV, , Ariane TV, Afrique media, LTM International, New TV…) sont basées à Douala et Yaoundé. Depuis les années 2000, les chaînes de télévision implantées au Cameroun initient des débats télévisés. Les plus en vue étant les débats télévisés du dimanche au cours desquels des acteurs socio-politiques, journalistes, universitaires, membres de la société civile sont régulièrement invités pour discuter des sujets d'actualité de la semaine. De tels dispositifs, malgré de nombreux manquements au niveau de l'organisation, contribuent indéniablement à l'émergence d'un espace public au Cameroun. Radio. De nombreuses radios locales (RTS 1, , Radio Véritas, , , Radio balafon, Kalak Fm, Radio Lumiere, , Poala FM, , Radio Campus, Radio Bonne Nouvelle, Satellite FM, Radio Vénus, , Radio Environnement, Radio Reine, Afrik2, Il est Écrit…) émettent sur l'ensemble du territoire. Quelques grands réseaux radiophoniques internationaux sont captés comme RFI, BBC, Africa Radio, Medi 1 radio ou Radio Vatican. Sports. Parmi la diversité des disciplines sportives pratiquées sur le territoire, le football est certainement la plus populaire. Le Cameroun est connu à l'international notamment grâce à son équipe nationale : les Lions Indomptables, et ses joueurs internationaux évoluant dans des grands clubs européens. Le plus célèbre, Samuel Eto'o, a remporté le titre de joueur africain de l'année à 4 reprises entre 2003 et 2010. Depuis 2022, il est président de la Fédération camerounaise de football. Le palmarès du Cameroun aux jeux olympiques est constitué de deux médailles d'or en athlétisme, deux médailles en boxe et une en football (2000). Les sports collectifs, tels que le basket-ball, le volley-ball et le handball, voient leurs qualifications aux compétitions continentales et internationales être de plus en plus fréquentes. Le Cameroun organise des compétitions nationales, telles que le Tour cycliste du Cameroun et la Course de l'espoir (ascension du Mont Cameroun), ainsi que des compétitions continentales (Afrobasket féminin 2015, CAN féminine 2016, Coupe d'Afrique des Nations TotalEnergie 2021, 2022). Culture. La culture camerounaise est caractérisée par une très grande diversité ethnique, linguistique, religieuse et culinaire liée à son histoire et sa géographie. Cette diversité permet le développement d'une créativité d'une grande richesse dans tous les domaines artistiques. Diversité culturelle. Ethnies. Différents groupes socioculturels sont représentés au sein de la population camerounaise. À l'image de ses milieux naturels contrastés, le Cameroun est d'une grande diversité humaine. Trois grands ensembles peuvent être identifiés : Langues. On recense au Cameroun 309 langues, dont le ngumba, le gbaya regroupant plusieurs dialectes : laii (Bétaré-Oya), do'oka (Garoua-Boulaï), yayoué (Meiganga, Ngaoundal, Dir, Tibati), bBodomo, le bamoun, le tikar, le bankon, le tunen, l'eton, l'ewondo, le douala, le bassa, le yabassi, le dibom, le mbang, le ntumu (Vallée-du-Ntem), le bakweri, le boulou, le peul ou foufouldé, le mofu-gudur, le mofu du Nord, le haoussa, le psikye, le guidar, le moundang, le mousgoum, le toupouri, le massa, le guiziga – guiziga du Nord et guiziga du Sud –, les langues bamilékées composées de plusieurs sous-ensembles comme le nufi (à Bafang), le ghomalaʼ (à Bafoussam, Baham, Bahouan, Bamendjou, Pète-Bandjoun, Batié, Bansoa, Bandenkop, Batoufam…), le nuguru, le bafia, le medumba (à Bangangté), le yemba (à Dschang), le ngomba (à Bamesso), le ngiemboon (à Mbouda), et bien d'autres. Contrairement à la majorité des pays africains, le Cameroun n'a donc pas de langue régionale dominante ou commune. Cette variété fait également du Cameroun l'un des au monde possédant une «mégadiversité linguistique» avec la mondiale, mais la en Afrique après le Nigeria. En plus de ces langues, plusieurs langues créoles se sont développées depuis le commencement des explorations européennes modernes et de la colonisation. Cela a entraîné un brassage de populations, et ce, particulièrement depuis le début du . Aujourd'hui encore, la jeunesse urbaine a créé une forme d'argot complexe dit "camfranglais" (mélange de français, d'anglais, de locutions dialectales camerounaises et de verlan) qui varie selon les villes. Par ailleurs, le ', proche de sa version nigériane, sert parfois de ' aux commerçants à travers tout le pays (en particulier dans sa moitié Sud). Il tend à se répandre dans la population au travers des productions audiovisuelles nigérianes et à la faveur des relations entre francophones et anglophones du pays. En 2011, une chaîne de télévision privée utilise le pidgin pour ses émissions d'informations. Langues officielles. Les langues officielles sont le français (environ 80 % de la population est francophone et vit dans des subdivisions francophones) et l'anglais, lequel est parlé dans deux subdivisions administratives limitrophes du Nigeria, celle du Nord-Ouest et celle du Sud-Ouest. Ce sont les deux langues de l'administration, de l'enseignement et des médias. Ce bilinguisme au Cameroun est un héritage de la colonisation et permet au Cameroun de faire à la fois partie du monde francophone et anglophone. Le Cameroun constitue ainsi le seul pays bilingue français / anglais d'Afrique jusqu'à ce que le Rwanda ajoute en 2003 l'anglais au français comme langue officielle, et est un des rares pays ayant un tel bilinguisme au monde avec le Canada, les Seychelles, le Vanuatu et Maurice. Malgré tout, le français est largement avantagé dans l'administration et les médias par le fait de la prépondérance démographique / territoriale des francophones. Certains anglophones se plaignent d'ailleurs de discrimination à l'égard de leur langue. Cependant, le bilinguisme est officiellement encouragé par le gouvernement et la plupart des documents officiels lus ou écrits le sont dans les deux langues. L'administration, les représentants des autorités sont tous censés être bilingues, et il est en principe attendu des citoyens camerounais qu'ils puissent communiquer dans les deux langues. La chaîne de télévision publique CRTV émet notamment ses informations dans les deux langues par alternance. Par ailleurs, six des huit universités publiques sont bilingues, dont deux sous régime linguistique anglophone, l'université de Buéa et l'université de Bamenda, et de nombreux lycées et écoles primaires bilingues existent sur l'ensemble du territoire. Religions. Le Cameroun est un État laïc mais est cependant membre de l'Organisation de la coopération islamique. Sa population est composée de : Gastronomie. Le Cameroun, à l'image de sa diversité ethnique, présente une vaste diversité culinaire. Diversité artistique. Art. L'art camerounais est caractérisé par une très grande diversité de style liée à son histoire et sa géographie (diversité des ethnies, des langues, des religions…). Cette diversité culturelle permet le développement d'une grande créativité sur tous les supports de l'art contemporain (art plastique, peinture, sculpture, photographie…) et inspiré par son art traditionnel (masques, statuettes, architecture…). Les œuvres publiques, les événements artistiques, les lieux d'expositions et les galeries d'art se développent petit à petit au Cameroun. Musique. Depuis les temps anciens, la musique traditionnelle est le moyen de commémorer les faits et événements ayant marqué une famille, une ethnie, un peuple durant son vécu. Elle est riche en sons et couleurs, et on peut y remarquer l'usage d'instruments tels le mvett, le tam-tam, le tambour, le balafon et diverses formes de percussions. De nos jours, l'ouverture du pays et les nouvelles technologies de l'information et de la communication ont fortement transformé l'univers musical camerounais à tel point que cette musique devenue tradition-moderne est fortement et fièrement représentée et vendue dans le monde entier, notamment l'œuvre d'artistes parmi lesquels, notamment, Ekambi Brillant, Elvis Kemayo, André-Marie Tala, Ben Decca, Grace Decca, Charlotte Dipanda, Kareyce Fotso, Manu Dibango, Claude Moundi dit « Petit-Pays », Richard Bona, Simon Ngaka, Josco L'inquiéteur, Sam Fan Thomas ou encore Yannick Noah. Cinéma. Le cinéma camerounais a vu le jour en 1965 avec le film "Point de vue 1" du réalisateur Urbain Dia Mokouri, qui a étudié en France au Conservatoire libre du cinéma français. En effet, les premières expériences cinématographiques camerounaises ont des origines européennes, notamment en France. En 1973, le gouvernement camerounais a créé un Fonds de développement de l'industrie cinématographique. Jean-Pierre Dikongué Pipa, qui a étudié au Conservatoire du Cinéma français, a tourné le film "Muna Moto" en 1975, décrivant les événements de son pays. Dans les années 1970, afin de concurrencer le cinéma occidental et américain, des films commerciaux sont produits dans lesquels se distinguent les réalisateurs Daniel Kamwa avec "Boubou Cravate" et "Pousse-pousse" et Alphonse Beni avec "Danse mon amour". En 1991, au Festival de Cannes, Bassek Ba KobHio a présenté le film "Sango Malo" et le réalisateur Jean-Marie Teno le film "Clando". Les films des réalisateurs camerounais abordent les thèmes du réalisme local. Tourisme. Progression du tourisme. Le tourisme est peu développé. En 2002, le tourisme représentait 2,5 % du PIB, en 2005, il n'en représente que 1,8 %, soit américains par habitant. Le gouvernement affirme à plusieurs reprises sa volonté de développer ce secteur, mais des tarifs aériens élevés comparés aux destinations asiatiques et un prix élevé du visa ont un effet dissuasif. Récemment, pour pallier la faiblesse du tourisme, le gouvernement a lancé un plan d'aménagement à long terme, susceptible de porter la masse de à d'ici la fin 2009. Pour cela, le gouvernement noue des liens de coopération en ouvrant des bureaux touristiques dans les grandes villes européennes telles que Paris, Londres et Madrid. Ces derniers ont pour but de vanter le Cameroun à l'étranger afin d'inciter des voyageurs à y faire un tour. Ces programmes passent également par la recherche de nouveaux investisseurs. C'est notamment le cas avec la Chine, qui signe un contrat spécial avec le gouvernement camerounais afin d'envoyer, et ce dès l' quelque par an au Cameroun. La recherche de nouveaux partenaires vise aussi les États-Unis, via un partenariat culturel et des échanges entre les deux pays. En 2012, le Cameroun accueille . Quelques sites touristiques. Le Cameroun possède trois sites naturels classés au patrimoine mondial par l'UNESCO : Officiellement, le ministère du Tourisme recense à potentiel touristique, dont une soixantaine en mesure d'accueillir des touristes. Divers. Codes. Le Cameroun a pour codes:
Caducée Le caducée (du latin "", lui-même dérivé du grec ancien , "kērū́keion", « bâton de messager ») est un des attributs du dieu Hermès dans la mythologie grecque, représenté comme une baguette de laurier ou d'olivier surmonté de deux ailes et entouré de deux serpents entrelacés. Le caducée sert à guérir les morsures de serpents et c'est pourquoi il en est orné. Le caducée est souvent confondu, à tort, avec un autre emblème du corps médical, le bâton d'Asclépios ou bâton d'Esculape, avec la coupe d'Hygie des pharmaciens ou d'autres symboles médicaux ou paramédicaux dérivés de ces derniers. Mythe. Le caducée est un des attributs du dieu Hermès dans la mythologie grecque ; il est représenté comme une baguette de laurier ou d'olivier surmontée de deux ailes et entourée de deux serpents entrelacés. Le caducée sert à guérir les morsures de serpents, c'est pourquoi il en est orné. Il est parfois représenté avec une paire d'ailes. À l'origine, ce n'était qu'un bâton orné de rubans qui flottaient au vent, remplacés avec le temps par les fameux serpents. Outre Hermès, la déesse Iris était aussi représentée avec un caducée, car elle était la messagère d'Héra, pendant féminin d'Hermès, messager de Zeus. Selon l'hymne homérique qui lui est dédié, c'est Apollon qui a donné à Hermès son bâton emblématique. En effet, alors qu'il était encore enfant, ce dernier lui déroba une partie de son troupeau et se cacha dans une grotte pour échapper à la colère olympienne. Le dieu de la beauté et des arts se mit alors à sa recherche pour le punir de ce larcin. Or, lorsqu'il trouva Hermès, ce dernier se mit à jouer de la lyre qu'il avait inventée. Apollon en fut à ce point charmé que sa colère s'apaisa immédiatement. Un accord eut lieu entre les deux divinités : Apollon épargna Hermès en échange de l'instrument mélodieux. Il en fut tellement ravi qu'il gratifia le dieu des carrefours du caducée. Selon une autre version, après que Hermès eut donné sa lyre à Apollon, il inventa la flûte de Pan ; en échange de l'instrument, Apollon lui offrit le caducée et lui apprit à prédire l'avenir avec des cailloux. Ce caducée est le sceptre porté par les hérauts, qui rend leur personne inviolable. À l'origine, il est simplement en olivier, encore orné de ses branches. Par la suite, les branches sont enroulées autour du bâton pour figurer des serpents. Interprétations. Pour Felice Vinci et Arduino Maiuri, la signification du caducée attribué traditionnellement à Hermès s'explique par la manière dont le dieu grec a produit le feu - « il prit une belle branche de laurier et en fit une grenade, / la tenant dans ses mains, et la fumée chaude s'éleva » (Hymn. Herm. 108-109). Le caducée serait originellement la branche de bois, utilisée par de nombreuses cultures archaïques, qui, si elle est tournée dans les deux sens dans un trou pratiqué dans une table en bois, allume une flamme par frottement. Dans cette interprétation, les deux serpents représentent le double mouvement de rotation, dans le sens des aiguilles d'une montre et dans le sens inverse, avec lequel le bâton tourne alternativement entre les paumes des mains jusqu'à ce que le feu s'enflamme (quant aux « ailes », elles seraient une représentation vivante de la fumée qui se dégage lorsque le feu est allumé). Pour Jean Richer, le serpent est un animal chthonien dont le symbolisme est clair : les serpents du caducée, dressés et entrelacés, signifient l’union du ciel et de la terre et l’éveil de la conscience cosmique, comme cela apparaît aussi avec le serpent d’airain de Moïse. Ce symbole serait, selon André Parrot, d’origine sumérienne. Symbole. Aujourd'hui encore c'est le symbole du commerce et de l'éloquence (il figure notamment sur les côtés de la tribune de l'Assemblée nationale de France). Le caducée ne doit pas être confondu avec le bâton d'Asclépios (ou Esculape, de son nom latin) autour duquel ne s'enroule qu'un seul serpent, symbolisant la couleuvre que promenait ce dieu antique. Par ailleurs, le bâton d'Esculape ne porte jamais l'attribut hermaïque que sont les ailes, mais est parfois surmonté d'un miroir symbolisant la prudence. Le bâton d'Asclépios sert de symbole à la médecine en Europe, mais c'est celui d'Hermès qui représente la médecine en Amérique. On parle tout aussi abusivement de « caducée » pour désigner l'emblème des pharmaciens, la coupe d'Hygie, qui représente en réalité une coupe enlacée d'un unique serpent. Enfin, par extension, le terme de caducée s'emploie pour désigner d'autres emblèmes dérivés des précédents, tels le bâton surmonté d'un diapason des audioprothésistes ou le serpent représentant la courbure du ventre de la personne enceinte pour les sages-femmes. Parallèles. Bible. Le caducée peut être rapproché du bâton de Moïse, présentant un serpent d'airain. Hindouisme. Il existe deux forces selon le yoga qui s'entremêlent autour d'une troisième et forment ainsi schématiquement un caducée le long de la colonne vertébrale, en remontant du premier chakra jusqu'au septième. Le yoga parle même d'une énergie primitive lovée au niveau du premier chakra, symbolisé par un serpent, dénommé kundalini, qu'il faut faire jaillir afin d'atteindre l'hypothétique état appelé "éveil". Dans de nombreux livres yogiques, on peut retrouver le symbole de ces trois forces : ida, pingala et sushumna. Ésotérisme. Les ésotéristes de toutes les époques ont interprété à leur façon ce symbole. Pour Omraam Mikhaël Aïvanhov, le caducée a un axe, deux lignes s'élevant en , cinq renflements. Il représente la structure occulte de l'anatomie humaine, telle que la voient Tantra-Yoga et Kundalinî Yoga. Le bâton central est le canal ("nâdî") médian sushumna, à l'intérieur de la moelle épinière ; le long de ce canal, qui est , s'élève l'énergie "kundalinî" ; les deux serpents sont les deux canaux "Idâ", , et "Pingalâ", ; de haut en bas, pour les cinq renflements : cerveau (hémisphère droit et gauche), poumons (poumon gauche, cœur ; poumon droit), foie et rate (foie à droite, rate à gauche), rein (rein gauche, rein droit), glandes génitales (glande à droite, glande à gauche). Littérature et culture populaire. Jacques de Guyse, dans ses "Chroniques de Hainaut" (1390), reprend des chroniqueurs ou auteurs plus anciens qui présentent le caducée tenu par l'idole d'or représentant le dieu Mercure dans le temple de Mercure de la mythique ville de Belgis comme "" Dans la série "", La Caducée est l'une des stations du Projet Dharma. Il s'agit, en fait, d'une station à but médical. Dans le jeu vidéo "Assassin's Creed Odyssey", le Bâton d’Hermès est un artéfact de la Première Civilisation.
Cité (ville) Une cité (latin "civitas") est un statut administratif ou honorifique attribué à un établissement humain généralement plus peuplé qu'une ville selon les règles locales. Dans l’Antiquité, avant la création des États, elle désignait un groupe d’hommes sédentarisés libres (pouvant avoir des esclaves), constituant une société politique, indépendante des autres, ayant son gouvernement, ses lois, sa religion et ses propres mœurs. Par extension, ce mot est appliqué à la désignation du lieu où ces hommes se sont réunis et ont créé un habitat fixe, la ville, et où ils avaient organisé un culte. La structuration de la cité reposait sur la spécialisation des activités pour permettre des échanges commerciaux, sur l'administration du lieu et des activités et sur une armée de protection des personnes et des biens. Les hommes exerçaient depuis l'Âge du cuivre (de -4000 à -2000 env. selon la région), où commence l'exploitation de mines et de la transformation en métal des premiers minerais utilisés (plomb, cuivre, or) par des fours et forges, une activité d'artisanat du métal pour outils, vases et armes, de la joaillerie, de la fabrication de tissus et d'objets en céramique. Ces activités impliquent l'échange avec monétarisation en plus de l'activité de culture et d'élevage sur des territoires environnant la cité, c’est-à-dire des terres cultivées que des personnes déclaraient posséder par le droit qu'ils s'étaient conféré vis-à-vis des nomades. (La sédentarisation ne concerne la majorité effective des habitants en France seulement après le Moyen Âge, et la notion de possession ne s'applique guère à ce qui n'est pas de fabrication humaine. Pour les ressources que fournit la Nature à l'être humain, il s'agit en fait d'usufruit selon le schéma prôné par la religion chrétienne.) Les significations du terme « cité » "dérivent" de la tradition de la Grèce antique, où la ville est désignée par le mot grec polis. Ainsi les textes grecs antiques n’emploient jamais le terme d’"Athènes" ni de "Sparte" en politique, mais des expressions telles que : « "Constitution des Athéniens" » (Aristote), « "les Athéniens déclarèrent la guerre" » ou « "les Spartiates envahirent les terres des Athéniens" », ou « "la flotte des Athéniens" ». Ces expressions dénotaient l'absence d'unité politique de la Grèce antique, bien qu'il y eut une unité culturelle, fondée sur les écrits homériques. De nos jours, la cité est aussi un statut légal défini différemment selon les régions du monde. À la période gallo-romaine. Dans le contexte gallo-romain, une cité correspond à plusieurs définitions : Au Moyen Âge. Dans un contexte médiéval, la cité ("civitas", rarement "urbs") correspondait à une réalité distincte de l'environnement urbain. Elle était opposée au "suburbium". Ce terme représente un regroupement d'hommes libres constituant une société politique indépendante, sans le servage. Le reprend son sens antique de prérogatives. Le terme apparaît au à partir du picard. En règle générale, aux environs du , les villes fondées dans l'antiquité en Occident ont connu une rétractation de leur emprise spatiale à l'intérieur d'un quartier fortifié (le "castrum"), qui comprenait les centres politiques ("forum", curie...) et religieux (cathédrale, résidence épiscopale), parfois le siège de l'autorité civile. Les villes ont vu leur superficie diminuer parfois de façon drastique : Senlis 7 ha, Tours 6 ha, Clermont 3 ha ; même si certaines villes ont conservé une emprise fortifiée démesurée en regard de leur population : Trèves 285 ha, Mayence 120 ha, Toulouse 90 ha, Metz 70 ha, Reims 35 ha, Bordeaux 30 ha… Un excellent exemple de la cité médiévale est fourni par la ville d'Angers, dont le rempart du Bas-Empire a été édifié à la fin du ou au début du , cernant un secteur comprenant la cathédrale, la résidence de l'évêque, le forum antique (mentionné en fonctionnement par les "Formules d'Angers" du ) et probablement un centre de pouvoir - le comte d'Angers y résidait déjà bien avant 851. La cité d'Angers a formé le noyau du développement urbain, autour duquel les faubourgs se sont développés. Le tout est resté une entité à part dans la ville (quartier canonial de Saint-Maurice au Moyen Âge), encore aujourd'hui. Dans la deuxième partie du Moyen Âge, pour des villes fortifiées on transformera des cités en "citadelles" (technique italienne). C'est la partie qui peut être inexpugnable de l'agglomération et faire sa réputation militaire. À la Renaissance. Le terme désignant l'habitant de la cité est apparu au à partir de l'italien. Au prend pleinement le sens de personne morale, au sens pris actuellement par le terme "Société" dans 'Société des Nations'. Du mouvement européen d'imitation des formes prises dans l'Antiquité, il sera issu des appellations "cité" pour des regroupements littéraires et de beaux-arts, pour des Sociétés savantes, des Académies. Ceci constitue de fait dans la vie organisée en groupe un contrepoint séculier et noble à l'harmonie religieuse qui est du ressort unique du clergé. Cette notion de groupe d'hommes donnera son sens très particulier au terme de au moment de la Révolution. Après le Siècle des Lumières. La notion de cité sera aussi bien celle d'habitat réel et de lieu d'échange d'idées ou de savoir que celui d'habitat-état rêvé dans la politique, réalisé dans l'aménagement du territoire, imaginé dans la fiction artistique. Il est devenu aussi une simple adresse postale, qui ne réfère plus qu'à un lieu. Cette forme dissociée des références aux cultes religieux voire aux mœurs, est grandement issue du travail des philosophes aboutissant ensuite à la laïcisation de la société. L'émergence des Nations a constitué la forme nouvelle de regroupement humain dans une politique moderne majeure plus ou moins démocratiquement voulue (par exemple sous l'Ancien Régime en France), se distinguant des regroupements communautaires. On trouve derrière la notion de cité, une idée d'homogénéité des éléments présents (cité universitaire, cité ouvrière...) héritée de la conception utopique de la cité harmonieuse où le système ressemble à la communauté (proximité des statuts des individus, solidarité mécanique). Au XIXe siècle. Si l'usine va pouvoir se confondre avec habitat ouvrier sur le modèle de l'entreprise Menier, cité idéale dans les faits, le terme nouveau cité ouvrière désigne un lieu à caractéristiques économiques et sociales nouvelles de la société industrielle (lorsque le lieu ne prend pas une forme dégradante de parcage de la main-d'œuvre sans hygiène, sans asile-crèche pour les enfants en bas âge : on le désigne à l'époque dans ce cas de "casernement ouvrier"). Des agglomérations opportunes sont fabriquées, administrativement elles sont une "Commune" avec un maire, souvent le patron d'usine. Ces créations sont l'effet des besoins techniques, des besoins de ressources ou bien de l'avantage financier de délocaliser sa manufacture pour éviter l'inconvénient de la compagnie de travailleurs revendicatifs, salariés ou travaillant à façon. La désignation utilisée pour la localité est opposable à village, terme issu du bas-latin 'villa' signifiant ferme agricole. "Cité" peut être aussi le label représentatif de la puissance industrielle pour une usine qui ne comporte pas du tout en fait de zone d'habitat sur son emprise. L'intérêt pour la communauté scientifique de l'époque moderne de connaître les origines de l'homme et son histoire va conduire à reconstituer par l'archéologie des cités lacustres de la période néolithique. Au milieu du la puissance publique organisatrice de l'espace d'Ordre et de Justice va organiser la mise à l'écart par leur exil de personnes privées de liberté pour cause politique en Nouvelle-Calédonie, mais aussi jusqu'à la limite de la mort par la « guillotine sèche » des travaux forcés en Guyane. On les y relègue après avoir perdu tout droit de citoyen dans une hors de métropole au Maroni. Ce nouveau terme négatif de cité, en dénégation du sens de sa racine étymologique, n’est que la continuation-constatation de ce qui a été fait depuis les et s en Louisiane concernant la liberté - désordre suivi de déportation. Un aménagement du "territoire des loisirs" débute avec les issues du modèle anglais. Les constructions hôtelières sont nouvelles, elles jouxtent le pavillonnaire et l'habitat est totalement séparé des lieux affectés à l'activité de production. Au XXe siècle. La notion de cité recouvre autant le lieu que ce qui s'y passe. Il s'agit de zones situées dans la ville pour la plupart. Il s'agit aussi de bâtiments qui sont désignés. Première moitié du : Deuxième moitié du Au dernier quart du , on confondra sémantiquement "village" (notion de "quartier" à l'intérieur de la grande ville prenant le sens de "petite ville" distincte et autonome) et cité. Aujourd'hui. Canada. Cependant, la cité peut aussi être un titre porté par les villes les plus importantes, comme c'est le cas dans les provinces canadiennes du Nouveau-Brunswick et de l'Alberta et anciennement au Québec. Ce titre peut être lié à des pouvoirs et des responsabilités plus grandes, comme dans le cas du Nouveau-Brunswick. France. Si « cité » peut au désigner le quartier de la ville le plus ancien (à Paris, Londres, Carcassonne...) ou se voir porté par le plus récent (à Lyon : la Cité internationale), ce terme désigne fréquemment une zone urbaine ou un grand ensemble créé en France dans les années 1960 dans le cadre des ZUP afin de répondre à la crise du logement, dans la périphérie des grandes villes, et ce dans une architecture issue d'un processus industriel. . Les différentes politiques d'urbanisme défaillantes et l'accumulation de personnes à revenu modeste dans ces zones (due au départ des classes moyennes dans les années 1970), ont généré des zones où la pauvreté et le chômage sont endémiques. La zone habitat est séparée de la zone industrielle et de la zone de secteur tertiaire de bureaux. Sur ces zones urbaines l'absence de transports en commun efficaces et d'opportunités réelles d’emploi sur place sont un terreau propice à la ghettoïsation et au commerce illégal en économie parallèle. En France, le terme « cité » s'oppose à celui de « ville » dans sa sémiologie et a une connotation souvent négative dans le langage courant. Royaume-Uni. Au Royaume-Uni, la cité ("") est un statut accordé par le monarque aux grandes villes denses, dynamiques, prestigieuses et historiques, telles que Manchester ou Londres. Philosophie. Aristote définit quant à lui la « cité » comme la réunion de plusieurs villages en société parfaite atteignant d’une certaine manière la limite de l’indépendance économique et offrant ainsi à l’homme la satisfaction de l’ensemble de ses besoins, et même au-delà, de tout ce que l’homme demande pour vivre ; de même que la famille se définit principalement par sa fonction de génération, la cité se définit également par sa finalité : « formée au début pour satisfaire les seuls besoins vitaux, elle existe pour permettre de bien vivre ».
Canoë-kayak Le canoë-kayak ou canoé-kayak est une activité physique de loisir ou sportive, pratiquée avec des embarcations propulsées à la pagaie, comme le canoë, le kayak, le raft ou la pirogue. Cette activité est également désignée par « sports de pagaie ». Le canoë-kayak se pratique en loisir (tourisme nautique, pratique individuelle, compétitions ou associative) ou en compétition, dans les milieux d'eau calme (étangs), d'eau vive (rivières) et maritime (estuaires, mer). La sécurité implique la maîtrise du bateau, un entraînement technique et physique, l'équipement, l'information préalable des conditions du parcours (météo, état du parcours), l'encadrement… variables selon le type de pratique. Historique. Le terme français « canoë-kayak » apparait au milieu du . Formé à partir des mots "canoë" et "kayak", il rassemble plusieurs activités de sport ou loisir réalisées non seulement avec un canoë ou un kayak, mais plus généralement avec toute embarcation propulsée par des pagaies ("sports de pagaie"), telle que la pirogue et le bateau-dragon, le radeau pneumatique ("raft") ou le wave-ski. Le canoë-kayak se distingue ainsi de l'aviron (sport), activité réalisée avec des embarcations propulsées avec des avirons (rames). L'intégration en Occident au du canoë, du kayak, du raft et de la pirogue dans une discipline sportive globale, ainsi que la redéfinition linguistique avec l'invention de ce terme composé, ont certainement participé à la réappropriation de ces pratiques ancestrales issues d'autres cultures. Le canoë est originaire d'Amérique du Nord, où les Amérindiens s'en servaient comme embarcation de transport ; la propulsion et la direction étant assurées par une pagaie simple. Le kayak nous vient des Inuits, en particulier des Aléoutes ; utilisé notamment pour la chasse, il était manœuvré à l'aide d'une pagaie simple ou double. La distinction entre canoë et kayak tient donc plus du type de pagaie et de la position d'assise qu'au nombre de ses occupants : il y a des canoës monoplaces et des kayaks à deux, quatre ou dix places par exemple. On trouve d'autres pratiques de la pagaie à travers les temps, les peuples, les régions : pirogues (Afrique, Amériques), va’a (Polynésie), vaka (îles Cook). Les embarcations mues à la pagaie sont parmi les plus anciens moyens de déplacement humains, utilisant les chemins d'eau, bien longtemps avant la roue sur les chemins de terre. Elles sont pratiquées pour divers autres usages : moyen de transport, fêtes traditionnelles, annexes à de plus grandes embarcations, loisirs de promenades, de sport à sensation, de glisse. Les pratiques de canoë-kayak ont beaucoup évolué depuis la fin du , se diversifiant notamment pour les activités de loisir et sport, aidées par l'emploi de nouveaux matériaux et procédés de fabrication dans les embarcations elles-mêmes, mais également dans la pagaie ou les accessoires de sécurité. Initialement en écorce ou en peau tendue sur une armature de bois, canoës et kayaks furent construits en toile tendue sur armature métallique, en bois latté, en métal, et désormais surtout en plastiques et matériaux composites (fibre de verre, carbone, Kevlar). Les embarcations ont pris des formes et équipements propres à de nouvelles pratiques, plus exigeantes ("free-style", haute rivière, mer…) ou grand public (embarcations non pontées — c'est-à-dire que le pagayeur est assis dessus et non plus dedans —, avec ou sans autovideur…). La forme actuelle des canoës et kayaks dépend plus de la pratique à laquelle ils sont destinés, et de préférences individuelles, que de leur origine. Ainsi, il est souvent facile de confondre un canoë avec un kayak. Seule la position assise ou à genoux du pagayeur — et la pagaie double ou simple — permet de les différencier aisément. La pratique de compétition en eau calme débute en Angleterre en 1865. La France (1869) et l'Amérique du Nord (1871) suivent. La fédération internationale est créée en 1924 ; elle organise les premiers championnats d'Europe en 1933 et les championnats du monde en 1938. Le programme olympique comprend des courses en eau calme depuis 1936. En eau vive, la première compétition se tient en 1939 en Allemagne. La Coupe du monde est créée en 1945 et le slalom en eau vive est inclus au programme olympique en 1972. Le premier championnat du monde de descente de rivière est couru en 1959 sur la Vézère (France). Technique sportive. Le canoë-kayak d'eau calme se pratique avec deux types d'embarcations qui obligent le kayakiste ou le céiste à adopter des techniques différentes, même si très souvent les concepts sont les mêmes. Propulsion en kayak : le kayakiste est assis sur un siège bas au fond du bateau. Ses pieds reposent sur des cales fixes (en loisir) ou réglables, ou une barre communément appelée « cale-pied » ou « barre à pied ». Le kayakiste pagaie alternativement des deux côtés, chassant l'eau vers l'arrière. Mais c'est en fait surtout le pagayeur qui se tire vers l'avant sur l'eau où il s'est ancré avec la pagaie, et transmet le mouvement au bateau via son tronc, par contact de ses fesses et poussée de ses pieds. Propulsion et direction sont assurées simultanément. Des actions correctives (coup de pagaie au large, en arrondi) peuvent être nécessaires. Explications techniques en commentaire Sur les kayaks de course en ligne, le kayakiste a les genoux plus relevés, et ses pieds commandent une barre de gouverne qui traverse le cale-pied, et actionne par des poulies un gouvernail. Propulsion en canoë : le pagayeur est installé assis sur un siège, un pouf ou un barreau, les genoux au fond du bateau. En compétition, on utilise des calages au niveau des genoux et des hanches. Le mouvement de pagayage est un peu différent du kayak. Notamment, la pagaie "simple" (à une pale) n'est (normalement!) utilisée que d'un côté, et il faut donc « redresser » la direction. Ceci est assuré par un 'redressement', soit en faisant gouvernail à l'arrière (débutants, loisir), soit en « col de cygne », ou (« coup en J » (freine moins, pas d'à-coup). En canoë de course en ligne, le céiste a une position dite « en tchèque », un genou au fond du bateau, l'autre en « fente avant », qui permet de produire un effort plus intense. La difficulté du mouvement, notamment en compétition, et en particulier en canoë/position tchèque, est compliquée par l'instabilité des bateaux, très profilés, combinée à la recherche de performance pour aller le plus vite possible. Le kayakiste ou céiste, en constante situation de précarité, doit gérer l'équilibre. Même les meilleurs au monde ont des pertes d'équilibre, surtout dans les fins de courses avec la fatigue. Voir l'article Course en ligne. Aux techniques de propulsion décrites ci-dessus s'ajoutent d'autres techniques pour agir sur la direction et l'équilibre (« manœuvres »), souvent associées pour réaliser des « figures » de styles, mais aussi pour gérer la navigation (tactiques, sécurité). Par exemple : la manœuvre de l« appel » consiste à utiliser une pale de la pagaie qui agit passivement en incidence à l'avant du bateau pour tourner rapidement. Lécart (en canoë) consiste à déplacer le bateau latéralement; la propulsion circulaire permet de corriger activement la direction ; les appuis, en suspension ou en poussée, permettent de stabiliser une gîte excessive voire redresser le bateau ; l'esquimautage permet de retourner complètement le bateau chaviré sans sortir du bateau ; lancrage permet d'accrocher le bateau dans un virage pour empêcher de déraper ; la chandelle est une figure consistant à soulever l'avant ou l'arrière du bateau, souvent à la faveur d'une vague ; le soleil est une chandelle aboutissant au pivotement vertical complet du bateau ; le freestyle comporte de nombreuses figures similaires au surf. En rivière, un bac consiste à traverser un courant en oblique ; un stop courant consiste à s'arrêter sur le bord ou derrière un caillou en faisant demi-tour ; une reprise de courant consiste, une fois arrêté vers l'amont, à repartir dans le courant ; une lettre à la poste combine une reprise et un stop-courant. Propulsion, manœuvres et dangers font l'objet de descriptions théoriques. Organisation de l'activité. Le canoë-kayak recouvre le sport de compétition olympique, des disciplines compétitives non olympiques et les pratiques de loisir et de tourisme libre ou commercial. La Fédération française de canoë-kayak (FFCK) catégorise les activités de canoë et de kayak en fonction de la nature du milieu aquatique où elles sont pratiquées : eau vive, eau calme, mer. La FFCK et les fédérations européennes proposent une échelle de compétences dans les trois milieux de pratique sous forme de Pagaies Couleurs - Euro Paddel Pass -, certifiées dans les écoles françaises de canoë-kayak labellisée. Des manifestations de loisir et des compétitions sont organisées. Pratiques. Loisir. Randonnée nautique. Le kayak est monoplace ou biplace, le canoë se pratique seul, à deux, voire trois à huit personnes, embarcations privées, d'associations, ou en location. Les formes sont en général polyvalentes volumineuses et assez stables. C'est une pratique touristique ou de loisir vert, surtout estivale ou occasionnelle, sur les rivières calmes, comme les parcours de l'Ardèche, la Dordogne, la Vézère, le Tarn, l'Hérault mais aussi sur les étangs et lacs… Kayak de mer. Cette discipline permet de découvrir les bords de mer (tourisme, raids) ou de réaliser des courses (Merathon, Marathon). Elle se pratique avec des kayaks très longs (cinq mètres en moyenne), souvent munis d'une dérive et quelquefois d'une voile, avec des compartiments fermés par des trappes permettant de recevoir des vivres, tentes, sacs de couchage. Le kayak est immatriculé aux affaires maritimes, le kayakiste de mer peut donc pêcher, alors que les kayaks définis comme « engins de plage » ne le permettent pas. Freestyle. En eau vive, le rodéo ou freestyle se pratique avec un kayak ou un canoë monoplace sur des "spots" (vagues ou rouleaux formés par le courant), on parle alors de "freestyle", et le pratiquant utilise les mouvements d’eau et le relief pour effectuer des figures. Les pratiquants de cette discipline se réunissent souvent sous forme de "team" où ils organisent ensemble de nombreux festivals réunissant concerts, spectacle aquatique ainsi qu’aérien. Les pratiquants dénommés « "freestylers" » ou « rodéomans » n’hésitent pas à parcourir plusieurs centaines de kilomètres à la recherche du "spot" parfait. Les plus connus en France sont Hawaï-sur-Rhône, Charnay… Kayak de rivière. La discipline consiste à descendre des rivières dans un kayak ou un canoë, généralement en plastique. Cette activité nécessite à la fois des qualités techniques, physiques et mentales afin de pouvoir être réalisée en toute sécurité. C'est également pour cette raison qu'elle se pratique généralement en équipes organisées. Wave-ski et Kayak surf. Sur une plage à vagues, le wave-ski consiste à enchaîner le plus de figures, à l’instar du "freestyle". Cette discipline est un compromis entre surf et kayak. Le kayakiste est assis sur une planche et les pieds encastrés dans des foot-straps. Le kayak-surf est davantage un bateau — on y entre ; il a généralement la forme d'un « sabot » — qu'une planche. Compétition. Les compétitions sont gérées essentiellement par la Fédération internationale de canoë (FIC), reconnue par le CIO et l'AGFIS. Le canoë-kayak est un sport olympique depuis 1936 grâce à la "course en ligne" (la vitesse sur , et en couloirs de bassin plat, la finale est accessible à travers des courses éliminatoires). Le "slalom" a été pour la première fois discipline olympique en 1972 puis a disparu jusqu’en 1992 et les Jeux olympiques de Barcelone (le slalom en bassin d'eau vive ; le parcours de à contre la montre comprend des passages de portes qui peuvent entraîner des pénalités en cas de passage incorrect). Les disciplines non olympiques sont la "descente" et plus récemment le "freestyle", le "wave-ski" et le kayak-polo. La FIC gère la descente de rivière d'eau vive contre la montre, le kayak-polo, le dragon-boat, le marathon, le freestyle, le kayak-surf, le rafting dans certains pays, et le canoë à voile. Des discussions concernant le va’a (pirogue à balancier du Pacifique) sont en cours. En France, les pratiquants en compétition sont classés par catégories basées sur l'âge. Ces catégories sont les suivantes : Outre ces catégories d'âge, il existe une catégorie spécifique nommée « handikayak », spécifique aux pratiquants handicapés. Pratique féminine. Les épreuves féminines de canoë monoplace slalom et sprint feront leur apparition aux Jeux Olympiques de Tokyo en 2020 bien qu'elles soient déjà existantes aux Championnats du Monde et aux Championnats d'Europe. Elles étaient apparues lors des Championnats du Monde 2009 et 2010. Les épreuves de canoë dames biplace et monoplace et étaient alors des épreuves de démonstration. Jusqu'en 2012, les femmes ne pouvaient concourir dans les disciplines du canoë et avaient déjà 2 fois moins de courses que les hommes dans le kayak sprint. Ce sport est encore loin de la parité, puisqu'aux derniers Jeux de Londres en 2012, les femmes ne pouvaient participer qu'à une seule épreuve contre trois pour les hommes en slalom. En sprint, deux tiers des 12 catégories étaient masculines. La justification pour laquelle le canoë était interdit aux femmes était la suivante : "concourir sur un ou les genoux déformerait le bassin et engendrerait des risques pour de futures grossesses". Course en ligne. Sur un plan d’eau calme, neuf concurrents répartis en couloirs doivent parcourir une distance donnée afin de franchir en premier la ligne d’arrivée (comme c'est également le cas en aviron (sport)). En compétition, on distingue deux types de distances : Par ailleurs, les embarcations peuvent être monoplaces, biplaces ou quadruples (on parle alors respectivement de K1, K2 ou K4 pour les kayaks et de C1, C2 et C4 pour les canoës). Slalom. Sur des eaux turbulentes, les concurrents doivent parcourir une distance d’environ trois cents mètres et négocier dix-huit à vingt-cinq portes dans un minimum de temps. Il y a plusieurs types de portes : les portes vertes qui se franchissent dans le sens du courant, les portes rouges qui se franchissent à contre-courant les porte en « sky » qui sont sur deux piquets. On doit passer entre les portes sans les toucher, dans le sens de la descente pour les vertes, en remontée pour les rouges. Chaque touche donne une pénalité de 2 points, tandis qu'une porte franchie de manière incorrecte (ou qui n'est pas franchie) entraîne 50 points de pénalité. Les pénalités sont ajoutées au temps réalisé qui est converti en points (1 point = 1 seconde). Il existe différents types d’embarcations pour pratiquer le slalom : le kayak monoplace (le kayakiste est assis dans le bateau), le canoë monoplace C1 (le céiste est à genoux dans son embarcation et utilise une pagaie simple à une pale), le canoë biplace C2. D’une manière générale les embarcations des slalomeurs de compétition sont en aramide (ou Kevlar) ou fibre de carbone ou un mélange des deux : les progrès techniques des dernières années ont fait que la conception des bateaux de slalom est sans cesse marquée par l’avènement de nouvelles formes et volumes. Les bateaux actuels mesurent entre et . Descente. Sur eau vive moyennement turbulente, le compétiteur doit aller le plus vite possible d’un point à un autre de la rivière (c’est une course contre la montre), il s’agit de bien choisir sa trajectoire en fonction des courants et des obstacles naturels que forment les rochers. Il existe deux types de courses : la descente « course classique » de moins de 30 minutes, et la descente « sprint » d’une distance de à et d'une durée comprise entre 30 secondes et 2 minutes 30 secondes ; une course sprint se déroule en deux manches, deux fois le même parcours. Kayak-polo. Sur plan d’eau calme, le kayak-polo est un sport collectif qui voit s’opposer deux équipes de cinq joueurs sur des périodes de deux fois dix minutes. C’est un sport spectaculaire où il faut associer aisance en bateau avec adresse au ballon et esprit d’équipe. On peut le comparer à du water-polo mais dans un bateau. Marathon. Le marathon est une course de longue distance sur plan d’eau ou rivière avec la possibilité d’effectuer deux ou trois portages. Les épreuves durent deux ou trois heures voire plus. Les pirogues (Dragon Boat, Va'A, Waka, Vaka). Originaire des îles du Pacifique Sud, c’est une embarcation qui peut comporter jusqu’à huit pagayeurs. Diverses embarcations traditionnelles survivent, avec même des compétitions dont : Merathon ("Ocean Racing"). Sur un parcours en mer, le mérathon est une course longue distance en kayak de mer, surf-ski ou en pirogue. "War" canoë. Le Canada est le seul pays au monde à avoir dans sa liste d'embarcations de compétition un canoë de quinze rameurs. Communément appelé « "war" canoë » il provient des premiers habitants de l'Amérique, les Iroquois par exemple qui se déplaçaient sur les rivières canadiennes pour faire la guerre. Leur bateau était semble-t-il très rapide et semblable au C-15. Bien sûr, aujourd'hui ce dernier est conçu exclusivement pour la course et a subi des refontes majeures pour optimiser sa vitesse. Le bateau est en fait un grand canoë de quatorze rameurs (sept gauchers, sept droitiers) et d'un barreur debout à l'arrière. Ce dernier s'occupe de la direction, mais occupe aussi le poste de chef de bateau (souvent l'entraîneur). C'est une embarcation rapide considérant son poids, et le bois est encore le matériau le plus répandu et le plus prisé pour ces embarcations. Les courses de "war" canoë sont très impressionnantes en raison de la grosseur des bateaux qui coursent dans les mêmes couloirs que le reste des bateaux. Kayak extrême. Les compétitions peuvent consister en des franchissements de portes ou des descentes chronométrées sur des rivières tumultueuses. Elles se déroulent en équipes ou en individuel. Autres pratiques. La position assise en kayak mono ou biplace permet la pratique à des handicapés moteurs des membres inférieurs et du dos. Des modèles de kayak stables avec des dossiers et des sièges bien formés existent dans le commerce et en location. Il est assez facile d'adapter le siège avec les matériaux modernes. Les malvoyants profitent des biplaces, des aveugles pratiquent le C2 en eau vive. Des précautions particulières concernent les personnes sensibles au froid. Des moniteurs sont formés par la FFCK pour l'accueil des handicapés (complément handikayak). Anecdotiques, des équipements ont été construits à partir d'une paire de ski, de raquettes à neige, avec pagaies modifiées, pour glisser sur la neige, voire faire des randonnées. Matériels. Les bateaux utilisés en loisir et tourisme sont essentiellement le canoë, le kayak et le raft, en matériaux rigides, tendus sur ossature (les pliants) ou gonflables. Les bateaux sont ouverts avec un espacé interne fermé faisant flottabilité, et des sièges ou fixation moulées. Les bateaux de compétition recourent aux résines synthétiques armés de tissus de verre ou de carbone/kevlar, plus légers, avec des formes plus fines mais moins robustes. Les pagaies sont en bois, en résine/fibres, ou en polyéthylène selon l'usage. S'ajoutent divers accessoires, dont le gilet de sécurité (flottabilité 30 à 70 N – 3 à 7 kgf), le casque (pour la rivière, le K-polo), la jupe (ou jupette) pour fermer l'hiloire (trou d'homme) (pour la rivière, la mer, le K-polo) ; des vêtements isothermes (en rivière et mer : par exemple combinaisons néoprène similaire à celles de plongée, bottillons…) Sécurité. Outre les aspects spécifiques (notamment en mer), quelques précautions générales pour naviguer en eau calme : le port du gilet de sécurité (selon les normes en vigueur) et autres équipements adaptés à sa taille, le port – si nécessaire – de lunettes de soleil contre la réverbération de l'eau, et autres protections de la peau et de la tête (crème solaire, couvre-chef), notamment en randonnée et en mer. La difficulté d'une rivière (à naviguer en CK) est appréciée sur une échelle de « classe » I à VI partiellement subjective en fonction des obstacles (vagues, rochers, branches), de la vitesse et du débit du courant (pente), de la notion d'engagement… La classe I correspond à un plan d'eau ou quasi sans courant, tandis que la classe VI correspond à des passages torrentueux très difficiles voire réputés infranchissables ou très exposés. On désigne en chiffre romain la difficulté globale du parcours, complétée de chiffre(s) arabe (par ex III-4, ou III(4,5+) correspondra à une classe III sur l'ensemble du parcours, avec un ou plusieurs passages en classe 4 voire un passage en classe 5/6). Cette classification est similaire à celle utilisée par des nageurs en eau-vives, mais ne s'applique pas aux difficultés de la navigation en mer.
Couramiaud Couramiaud ou Couramiau est le gentilé des habitants de Saint-Chamond (Loire). Ce terme date du Moyen Âge, il est lié aux superstitions concernant les chats noirs, supposés porter malheur et être associés aux sorcières. Dans de nombreux endroits ils étaient chassés et massacrés. Autrefois dans la ville un feu allumé par les habitants célébrait la fête de la Saint-Jean. Il symbolisait la purification et le renouveau au moment du solstice d'été. Au-dessus, était suspendue, à l'extrémité d'un mât, une cage en osier renfermant des chats noirs. Ils symbolisaient le démon. La cage tombait et se brisait quand le mât brûlait, et les chats s'enfuyaient. Alors, les Couramiauds couraient après les chats. Deux étymologies sont avancées. La première indique que « court après les chats » donne « court après les miaous » puis "courre-à-miau" et par suite "couramiaud". La seconde avance que . Actuellement, cette fête est célébrée sans ce rituel alors que le nom demeure.
Cyberpunk Le cyberpunk (association des mots "cybernétique" et "punk") est un genre de la science-fiction très apparenté à la dystopie et à la hard science-fiction. Il met souvent en scène un futur proche, avec une société technologiquement avancée (notamment pour les technologies de l'information et la cybernétique). Selon Bruce Sterling, Les mondes cyberpunks sont empreints de violence et de pessimisme ; ils sont souvent lugubres, parfois ironiquement grinçants ; les personnages sont des antihéros désabusés, cyniques et cupides. Le cyberpunk a depuis essaimé ses thématiques dans de nombreux médias, notamment dans la bande dessinée, le cinéma, la musique, les jeux vidéo et les jeux de rôle. Thématiques. En opposition avec les récits de science-fiction se déroulant dans une perspective plus large (voyages dans l'espace, découverte de nouveaux espaces, conflits mettant en jeu l'univers connu et inconnu), le "cyberpunk" est un confluent et conflit des thématiques du hackeur, de l'intelligence artificielle et des multinationales se déroulant la plupart du temps dans un futur proche sur Terre. Le lieu où l'histoire se déroule possède des caractères dystopiques, « punk », en ce sens que les personnages faisant leur possible pour se débrouiller dans un univers désorganisé, où le futur est déjà passé, se retrouvant dans la zone d'incertitude séparant une « presque-apocalypse » et l'univers post-apocalyptique, voient leurs actions se heurter à des intérêts inamovibles, impalpables. L'assimilation du terme « punk » est aussi induite par le slogan de ce mouvement, « No Future! », et par son esthétique à la fois familière et particulièrement agressive (en particulier celle de la branche dite « néo-punk » comprenant notamment le mohawk, la coupe « iroquois »). L'implication politique anarchiste vaut surtout par son opposition à l'organisation des pouvoirs dépourvue d'éthique, très fortement dénoncée et la plupart du temps combattue. Les écrivains cyberpunk empruntent divers éléments aux romans noirs, policiers et récits post-modernistes pour exprimer un côté underground, chaotique et nihiliste d'une société entièrement informatisée voire robotisée. Cette vision trouble et tourmentée du futur est souvent à l'antipode de ce qu'elle fut dans les années 1940. Dans son livre "The Gernsback Continuum", William Gibson exprime avec sarcasme le mépris de la culture cyberpunk envers le roman utopique. Dans les œuvres cyberpunk, l'action prend le plus souvent place en ligne, dans le cyberespace, ce qui a tendance à souvent brouiller les frontières entre virtuel et réalité. "Neuromancien" de William Gibson est le roman canonique du genre . L'auteur y a le génial pressentiment de ce qui va devenir le fait marquant, dans le domaine des technologies, de la décennie suivante : Internet. Il fait véritablement œuvre d'anticipation, en imaginant un futur où la technologie, au développement hypertrophique, finit par envahir irrémédiablement l’environnement humain, par le remplacer ; un univers froid où l’informatique révèle son pouvoir de contrôle, renforçant celui des autorités, où elle sacre son omniprésence en venant s’inscrire au cœur des organismes humains, au moyen de tout un arsenal de gadgets électroniques. Futur proche. Il constitue fréquemment une vision plutôt pessimiste de notre avenir. Ainsi y sont décrits des problèmes tels que la pollution, l'essor de la criminalité, la surpopulation, le décalage de plus en plus grand entre minorité de riches et majorité de pauvres. Le cyberpunk brosse un portrait sinistre et noir du monde qui serait alors entièrement dominé par des programmes informatiques et où les multinationales ont, pour la plupart, remplacé toute forme de gouvernement. L'état économique et technologique du Japon dans les années 1980 a largement inspiré et contribué à cette littérature. Les paysages artificiels, sur-urbanisés ainsi que les néons et autres enseignes lumineuses caractérisent le visuel cyberpunk. Ce que devrait nous apporter la science dans les décennies à venir se retrouve dans la littérature cyberpunk. Tous les domaines technologiques sont abordés, même si les technologies relatives à l'informatique et à l'électronique sont le plus souvent mises en avant. Le concept de Techno-accélération y est important : la technologie avance plus vite que la pensée (et la société) : l'humain semble être dépassé par la Machine. Les œuvres cyberpunks popularisent l'idée de la fusion de l'humain et du spirituel avec la machine, donnant ainsi naissance à des êtres hybrides, constitués de chair et de métal. La notion de membres artificiels, c'est-à-dire de prothèses intelligentes, plus résistantes et plus sensibles que des membres naturels, a été introduite avec le cyberpunk. De manière générale, nombre de personnages de romans cyberpunk possèdent un corps dont les facultés ont été augmentées artificiellement, que ce soit par des nanomachines ou des drogues. On peut supposer qu'une telle fascination pour les machines vient de la découverte par le grand public, à la fin des années 1970, de la puissance de calcul des ordinateurs émergents et des possibilités que l'informatique promet alors. Perception, mémoire et réalité virtuelle. Possibilité commune d'une histoire réécrite comme dans "Blade Runner" ou de l'ensemble du monde sensible qui est faux comme dans "Matrix". Dans "Jusqu'au bout du monde" de Wenders les personnages deviennent accros à l'usage d'une machine enregistrant leur propre rêve . Anti-héros et méga-corporations. Il nait un nouveau type de personnage, l’homme de la rue, solitaire et marginal, contraint de s’adapter à une évolution technologique rapide et incessante, et de s’en sortir le moins mal possible. Ce personnage sans racines, surdoué de l’électronique mais pas des relations humaines, travaille parfois pour de grandes sociétés, mais le plus souvent pour son compte ; spécialiste de l’infiltration de banques de données, de la création de virus informatiques, et de la prise de drogues suspectes, c’est un « mauvais garçon » sous tous rapports, un punk de l’âge cyber. Les anti-héros du genre cyberpunk se découvrent souvent pions manipulés dans un imbroglio de sociétés secrètes, services gouvernementaux, syndicats du crime, tout cela plus ou moins dirigé par les cadres supérieurs de multinationales devenues plus puissantes que des États ; elles ont leurs propres lois, possèdent des territoires, et contrôlent la vie de leurs employés de la naissance à la mort. Leurs dirigeants sont souvent dénués de tout sens moral. Les personnages des romans cyberpunk sont insignifiants comparativement au pouvoir quasi-divin que possèdent les méga-corporations : ils sont face à elles les grains de sable dans l'engrenage. Cette lutte de David contre Goliath est celle du hackeur contre la multinationale et constitue un thème récurrent des romans cyberpunks (comme "Gravé sur chrome", William Gibson, 1986). Bien que certains ouvrages soient ancrés sur des thèmes politiques, une large part de cette littérature penche vers un nihilisme apolitique . Histoire et origine du terme. Contexte et précurseurs. Les auteurs de romans cyberpunks prirent leur inspiration de nombreuses sources. Il est possible de faire remonter les influences du mouvement jusqu'au "Frankenstein" de Mary Shelley . En préface à l'anthologie "Mozart en verres miroirs" (""), Bruce Sterling nomme plusieurs auteurs dont Harlan Ellison, Samuel Delany, Norman Spinrad, Michael Moorcock, Brian Aldiss, J. G. Ballard, John Brunner et surtout Phillip K. Dick en source pour le genre . Origine du terme cyberpunk. Le terme cyberpunk a été popularisé par Gardner R. Dozois, éditeur du '. C'est le , dans le ', qu'un article de Dozois intitulé « » qualifie de « cyberpunk » le style de l'œuvre de l'écrivain William Gibson, et plus particulièrement de son roman "Neuromancien" (1984). Il décrivait aussi tout un groupe de jeunes auteurs « bizarres » écrivant dans le fanzine ' : Bruce Sterling, William Gibson, Lewis Shiner, Pat Cadigan et Greg Bear. Le « mouvement » cyberpunk était né. Le terme avait cependant été employé plus tôt, en , par l'écrivain américain Bruce Bethke, comme titre d'une de ses nouvelles publiées en novembre 1983 dans le magazine '. Influences et adaptations. Les innovations technologiques sur lesquelles s'appuie la littérature cyberpunk sont présentes dans beaucoup de média qui ne sont pas classés comme cyberpunks. Par exemple, certains auteurs considèrent que le film "Johnny Mnemonic", bien qu'inspiré de la nouvelle du même nom de William Gibson, n'est pas cyberpunk et marque plutôt la fin de celui-ci. Adaptations audiovisuelles. Séries télévisées. Le cyberpunk a influencé certaines séries télévisées sans que celles-ci soient futuristes. Par exemple, un des épisodes de ' qui, bien qu'il se déroule dans le présent, utilise le thème cyberpunk ; l'épisode "Clic mortel" ('), dont le scénario a été écrit par William Gibson, fait référence au téléchargement de conscience à travers Internet par des hackeurs informatiques vivant en marge de la société. Autres exemples marquants : La série américaine "Mr. Robot" (2015 - 2019, Sam Esmail), qui se déroule dans notre monde, la société hyperconnectée des années 2010, peut être vue comme une série cyberpunk. Elle reprend en effet plusieurs concepts et éléments propres au genre : multinationale surpuissante, omniprésence de l'informatique, héros solitaire et drogué, hackeurs contestataires, contrôle des masses par les médias et la technologie... Jeux. Jeux de rôle papier. Rapidement, le genre toucha le monde des jeux de rôle sur table avec des titres comme "Cyberpunk 2013" qui fit connaître R. Talsorian Games plus connu sous sa seconde version Cyberpunk 2020 et qui muta parallèlement en 1986 par l’ajout d'éléments de Fantasy en Shadowrun (FASA, Jeux Descartes). En parallèle, des versions génériques apparurent tel GURPS : "Cyberpunk" (Steve Jackson Games) et "CyberAge" (un univers du jeu de rôle "SimulacreS"). On retrouve aussi des éléments d'ambiance cyberpunk dans le jeu de plateau Warhammer 40.000, développé par Games Workshop à partir de 1987 (adapté par la suite en jeu vidéo, avec et ses suites). Plus récemment, R. Talsorian Games a édité une nouvelle version dans sa franchise Cyberpunk : Cyberpunk RED. Jeux de société. En 1996, sort le jeu "Netrunner", créé par le célèbre Richard Garfield, qui met en scène les tentatives de piratage d'un « runner » (pirate informatique) contre une corporation. Une réinterprétation du jeu est sortie en 2012, nommée . Jeux vidéo. De nombreuses adaptations d'univers cyberpunk ont été produites. On peut citer le fait que William Gibson présida lui-même l'adaptation d'un de ses romans avec le jeu de rôle Neuromancer produit en 1988 par Interplay. Indirectement, les films "Blade Runner" et la série "Max Headroom" eurent aussi des adaptations en jeu vidéo. Le jeu de rôle papier "Shadowrun" reçut jusqu'à quatre adaptations vidéo-ludiques. Plusieurs titres originaux inspirés du cyberpunk virent le jour dans différents types comme "Beneath a Steel Sky" (jeu d'aventure pointez-cliquer), Snatcher (jeu d'aventure japonais) en 1988, "Syndicate" (Jeu de stratégie en temps réel) en 1993, "System Shock" en 1994 et sa suite "System Shock 2" en 1999, "The Nomad Soul" en 1999 et "" (Tir subjectif) en 2011 et VA-11 Hall-A (Visual Novel) en 2016. L'exemple le plus fréquent de jeu vidéo à l'univers cyberpunk réussi, en termes de succès d'estime et de vente, restera probablement la série des "Deus Ex", lancée en 2000 sous l'impulsion de Warren Spector (alors Ion Storm), héritiers assumés des jeux System Shock dont il fut également l'un des créateurs. Tous les ingrédients habituels y sont : prothèses, piratage, une société sombre et désespérée dans un futur proche, etc. Square Enix s'est également inspiré du courant cyberpunk pour créer l'univers de "Final Fantasy VII", sorti en 1997. On y retrouve en effet une intrigue se déroulant sur une planète semblable à la Terre, bien que plus avancée technologiquement, contrôlée par une firme hégémonique aux dirigeants peu scrupuleux, la Shinra. Le siège de cette société se trouve à Midgar, une cité urbanisée à l'extrême, dans laquelle les personnes les plus aisées vivent dans des habitations construites sur une gigantesque plaque à au-dessus du sol, alors que la partie la plus modeste de la population est contrainte de vivre dans des taudis, situés sous la plaque et privés des rayons du soleil. L'univers du jeu accorde également une place prépondérante à la technologie, notamment par le biais de la Shinra, qui tire sa position dominante d'une technologie capable de convertir l'énergie terrestre (énergie Mako) en électricité d'une part, et qui d'autre part utilise la robotique, principalement à des fins militaires. Le protagoniste du jeu, Cloud Strife, a également été employé au sein des forces paramilitaires du conglomérat Shinra, fraîchement reconverti en mercenaire solitaire au début de l'intrigue, il incarne parfaitement cet anti-héros récurrent dans les œuvres cyberpunk. Le même studio avec la pariticipation de sa filiale Eidos Montréal développera " " en 2011, où le thème central du jeu est l'essor des sociétés dans la mondialisation, l'espionnage, la survie de l'homme, la pauvreté et l'éthique du transhumanisme avec le remplacement artificiel de parties du corps humain qui est aussi un thème compatible avec le cyberpunk. Atlus a repris des éléments cyberpunks dans plusieurs de ses jeux, notamment "Shin Megami Tensei II" où la société de Tokyo Millenium est divisée entre les riches et puissants fidèles du Centre (l'égale de la multinationale cyberpunk) et les infidèles qui doivent survivre dans un environnement métallique, dévasté et sans ressources. Un autre exemple serait Devil Summoner : Soul Hackers, où la Phantom Society exploite le réseau Paradigm X pour voler les âmes des habitants de la ville ultramoderne Amami City. L'objectif de la Phantom Society est de se servir des âmes fauchées comme source d'énergie pour invoquer Manitou et ainsi conquérir le monde. À noter que le héros de "Soul Hackers" est un jeune hackeur en marge de la société, ce qui renforce la ressemblance. En 2013 SimCity : Villes de Demain, sur PC, une extension pour le jeu SimCity qui vous invite à bâtir et gérer vos propres villes cyberpunk grâce à OmegaCo. En 2020, le studio CD Projekt Red sort sa vision d'un monde cyberpunk adapté du jeu de rôle papier "Cyberpunk 2020", avec son jeu "Cyberpunk 2077", dans lequel le joueur incarne V, un mercenaire vivant à Night City, une ville bâtie après l'effondrement des Etats-Unis. Manga et anime japonais. C'est dans les anime et les manga que le cyberpunk eut la plus grande influence . Musique. Les genres synthwave et vaporwave ont également été influencés par le style cyberpunk. Le premier est un renouveau nostalgique rétrofuturiste des origines du cyberpunk et le second est une critique dystopique du capitalisme. Sous-genres et postérité. Sous-genres. Il peut y avoir contestation au sujet de la classification des différents sous-genres du cyberpunk : par exemple, on considère le steampunk et le biopunk comme des sous-genres mais, les caractéristiques de ces sous-genres du cyberpunk étant relativement vastes et encore assez proches des caractéristiques définissant le cyberpunk, un chevauchement peut aisément survenir lors d'une identification d'une œuvre au cyberpunk et à ses sous-genres. Le cyberpunk étant un genre assez vaste, il est parfois problématique de dissocier clairement les sous-genres des simples facettes variées de ce genre. Le modèle de terminologie "~punk" peut être utilisé pour nommer des spécialités du cyberpunk ou de ses sous-genres qui ne sont pas véritablement identifiées comme séparées, soit par le manque de différences, soit par le manque d'utilisation de pareils termes. Par exemple, le terme "arcanepunk" peut faire référence à la relative alliance de la technologie et de la magie dans un univers cyberpunk. Fin probable. Dès le milieu des années 1980, les auteurs comme Gibson et Sterling annonçaient que le mouvement cyberpunk était déjà moribond, récupéré par Hollywood, digéré et recraché sous une forme dépourvue de son élément punk. À cet égard, un article de Lewis Shiner, publié dans le "New York Times" et intitulé "Confessions of an ex-Cyberpunk", fera date, et entraînera une longue réponse de la part de Bruce Sterling : "Cyberpunk in the Nineties", dans laquelle il déplore, tout en s'en amusant, que cette étiquette lui colle encore à la peau, mais revendique toujours haut et fort les valeurs véhiculées par le mouvement. Pour certains, c'est le refus du mouvement d'imaginer un meilleur futur qui est la cause de la courte durée du mouvement. C'est Neal Stephenson, dans son roman "Le Samouraï virtuel" ("Snow Crash") paru en 1992, qui enterre définitivement le cyberpunk dans les toutes premières pages. Cependant, cette opinion est contestée par les gens mettant en avant les œuvres de nouveaux auteurs comme Richard Morgan. On peut éventuellement expliquer la diminution du nombre d'œuvres cyberpunk par le fait que certains thèmes abordés, qui étaient auparavant futuristes et précurseurs, sont de plus en plus vrais dans la société contemporaine. Notamment aux thèmes, qui furent novateurs mais ne le sont plus, de l'émergence d'un réseau mondial de communication (Internet), du terrorisme de masse, du pouvoir de l'État qui s'amoindrit au profit des grandes entreprises, des prothèses et implants, etc. Ainsi, en 2007, Charles Stross publie le roman "Halting State" dont l'histoire se situe dans un futur moyennement proche (2016) mais dont les problématiques contemporaines reflètent l'actualité de 2005-2006. Il faut peut-être alors plus parler de réorientation d'une partie du cyberpunk que d'une fin.
Carte à puce Une carte à puce est une carte en matière plastique, en papier ou en carton, de quelques centimètres de côté et moins d'un millimètre d'épaisseur, portant au moins un circuit intégré capable de contenir de l'information. Le circuit intégré (la "puce") peut contenir un microprocesseur capable de traiter cette information, ou être limité à des circuits de mémoire non volatile et, éventuellement, un composant de sécurité ("carte mémoire"). Les cartes à puce sont principalement utilisées comme moyens d'identification personnelle (carte d'identité, badge d'accès aux bâtiments, carte d'assurance maladie, carte SIM) ou de paiement (carte bancaire, porte-monnaie électronique) ou preuve d'abonnement à des services prépayés (carte de téléphone, titre de transport) ; voir ci-dessous. La carte peut comporter un hologramme de sécurité pour éviter la contrefaçon. La lecture (l'écriture) des données est réalisée par des équipements spécialisés, certaines puces nécessitant un contact physique (électrique), d'autres pouvant fonctionner à distance (communication par ondes radio). Histoire. Dès 1947, une mémoire portative est décrite par un ingénieur britannique : un substrat en bakélite sur lequel sont imprimées de très fines pistes de cuivre qui, sous l'effet d'un courant important, se volatilisent irréversiblement, créant un effet mémoire. Il est question, à l'époque, de 64 bits. En 1968, Helmut Gröttrup et , deux ingénieurs de l'entreprise allemande Giesecke & Devrient, inventent une carte automatique dont le brevet ne sera finalement accordé qu'en 1982. En 1969, les Américains Halpern, Castrucci, Ellingboe, notamment, contribuent à la genèse de la mémoire portative. Le premier brevet concernant un dispositif de type carte à puce (mémoire sécurisée) est déposé le par le Français Roland Moreno, qui, par la suite, pour exploiter ce brevet, transforme en SARL la SA Innovatron, elle-même issue d'une association loi de 1901 homonyme née en 1972. En mars puis , Moreno développe par plusieurs certificats d'addition les moyens inhibiteurs revendiqués dans le premier brevet et étend la protection internationalement : Ces moyens inhibiteurs prévus dès 1974 n'ont été installés industriellement qu'en 1983. L'agencement d'un circuit intégré ASIC est en effet une lourde opération industrielle qui ne se justifie nullement en l'absence d'un risque de "fraude massive". En , la Compagnie Honeywell Bull, compagnie sous la tutelle de France Télécom, dépose de son côté une demande de brevet pour une carte portative du type carte de crédit également, comprenant au moins un dispositif de traitement de signaux électriques disposé à l’intérieur de la carte. Les Français Bernard Badet, François Guillaume et Karel Kurzweil y sont désignés inventeurs. La protection industrielle sera étendue à onze autres pays. En 1977, l'Allemand Dethloff dépose un brevet pour une carte à mémoire portative dont les moyens inhibiteurs seraient constitués par un microprocesseur. Ce perfectionnement significatif autorisant un changement de fonctions de la carte par simple reprogrammation (fonderie sur la base d'un masque spécifique). Aujourd'hui, plus des trois quarts des cartes à puce en service sont dotées d'un microprocesseur ou d'un microcontrôleur. En , le Français Michel Ugon dépose pour le compte de son employeur Bull un brevet sur une technique comparable, nommée CP8, pour « Circuit Portatif des années 1980 », comportant deux chips : un chip processeur et un chip mémoire, Cette carte intelligente, permet d'assurer un bon niveau de sécurité en implantant des algorithmes cryptographiques. Mais dans cette version bi-puces elle présente une faiblesse évidente, un espionnage du contenu des informations échangées entre le processeur et la mémoire. En , Michel Ugon dépose le brevet SPOM (self programmable only memory) qui réunit en une seule puce, le processeur et la mémoire, et résout le problème de sécurité. Ce qui ne donnera lieu à une activité industrielle qu'à partir du début des années 1990, tout en engendrant le dépôt de plus de brevets. Il s'agit de l'application cryptographique la plus répandue dans le monde ce jour. En 1978, la Direction générale des télécommunications (DGT, qui deviendra France Télécom) organise elle-même la mise au point des prototypes, la réalisation des cartes et des terminaux points de vente, et elle impulse la constitution la même année d'un groupement d'intérêt économique (GIE) intitulé "Carte à Mémoire" et regroupant autour d’elle dix banques françaises. En 1979, le géant des services pétroliers Schlumberger entre au capital d’Innovatron, pour 23 %, puis 34 % ; il devient par la suite numéro 1 mondial de la carte à puce, absorbant notamment ses deux plus lourds concurrents français : Solaic en 1997 puis Bull CP8 en 2001. À signaler cependant que, avant ces absorptions, via Innovacom qui lui appartient, France Telecom était entrée en 1989 dans le capital de la société Innovatron et qu’alors l’augmentation de capital opérée lors de la fusion des deux protagonistes avait multiplié par quinze celui-ci (porté à d’euros). Des moyens considérables ont été déployés à partir de la fin des années 1970 par Philips, IBM et Siemens pour tenter de faire annuler les brevets de Roland Moreno, en vain. En 1981, le GIE "Carte à Mémoire" lance trois expérimentations de la carte à puce, respectivement à Blois avec Bull, Caen avec Philips, et Lyon avec Schlumberger. La première diffusion massive de la carte à puce auprès du grand public débutera en 1983 avec la mise en place de la Télécarte, une carte à puce destinée à être utilisée dans les cabines téléphoniques françaises. À la fin des années 1980, le GIE "Carte bancaire", qui a succédé au GIE "Carte à mémoire", commande de cartes CP8, lançant la généralisation de la carte à puce en France en 1992. Ce délai de dix années s'explique par un "grave défaut de conception" des cartes fabriquées par Bull, qui commence par livrer plusieurs millions de cartes dont le code secret est lisible avec un jouet du commerce : sur ordre des banques, toutes ces cartes (plusieurs millions) sont purement et simplement pilonnées, afin d’éviter le discrédit public de l’ensemble de cette technique. Les premières puces sécurisées apparaîtront en 1982 (logique câblée) et 1983 (microcontrôleur). En 1988, Marc Lassus crée Gemplus en France. Cette société fut jusqu'à sa fusion avec Axalto (ex-Schlumberger) en juin 2006, le numéro 1 mondial de la carte à puce, ayant mis en circulation de 1980 à 2006 plus de de cartes. Le leader mondial de la carte à puce est depuis Gemalto, devant Oberthur Card Systems et Giesecke & Devrient. En , dépôt du brevet SPOM (Self Programmable One Chip Microprocesseur) par Bull-CP8 inventeur Michel Ugon, lequel couvre toutes les cartes à une seule puce de type microprocesseur : cartes bancaires, carte vitale… Les banques d'Amérique du Nord attendront, elles, la fin de la période d'exclusivité pour équiper leurs clients (quid de la concurrence ?), . Composition. La puce d'une carte typique est constituée d'un microprocesseur, le plus souvent en 8 bits et fonctionnant à une vitesse de , d'une mémoire morte (ROM) de taille variant entre quelques kilooctets et plusieurs centaines de kilooctets, d'une mémoire vive généralement très petite ( dans le cas d'une carte bancaire B0', pour la carte d'identité électronique (eID) Belge), et d'une mémoire de stockage de type EEPROM ou Flash. Les composants des cartes à puce suivent l'évolution générale de l'électronique ; puissance des microprocesseurs (2005 : à plus de ) et capacité de mémoire (plus de de mémoire non volatile EEPROM, de mémoire morte), diversité des types de mémoire (mémoire flash de plusieurs mégaoctets dès 2005). La puce composant peut être accessible : Carte à puce et systèmes d'exploitation. L’évolution technologique a amené la venue des microprocesseurs dont a bénéficié notamment la carte à puce. Cela lui a permis d’exécuter des tâches plus complexes à l’instar des ordinateurs, lui ouvrant de nouvelles perspectives applicatives et surtout une standardisation avec l'arrivée de système d'exploitation pour carte à puce. Fonctionnement. La carte à puce succède : Quatre catégories de carte à puce sont référencées par le Conservatoire National des Arts & Métiers. Elles se différencient par les moyens de contrôle d'accès et/ou par le mode de communication : La logique à haute intégration est mise en œuvre dans la TV payante, ainsi que dans certaines cartes RFID (multi-application, cryptographie DES, triple DES et RSA). Les cartes à microprocesseurs, largement les plus répandues de nos jours, sont : Actuellement, les cartes à puce comportent le plus souvent un microcontrôleur les rendant actives et permettant des fonctions plus élaborées, en particulier des reconnaissances de clé. Elles comportent principalement une zone mémoire, ainsi que plusieurs dispositifs de calcul destinés (entre autres) à la cryptographie. Ainsi, une fois insérées dans un lecteur, elles se comportent en fait comme un microordinateur capable d'effectuer des traitements d'information. Un code confidentiel (mot de passe, en anglais ) dans la puce, par principe inaccessibles depuis l'extérieur de la carte, est garant de la personnalité, tandis que le chiffrement assure la confidentialité. Elles sont aujourd'hui particulièrement répandues dans des applications comme les cartes bancaires françaises, les cartes Vitale, mais aussi les cartes SIM ( = Module d'identité d'abonné) utilisées dans les téléphones portables pour l'identification du propriétaire et la sauvegarde d'informations diverses (numéros de téléphone et autres). Avant d'être remise à la personne qui l'utilisera, une carte à puce est normalement 'personnalisée' électriquement (par l'organisme émetteur) via un encodeur de cartes et un programme informatique (outil de personnalisation), afin d'inscrire dans la puce les informations nécessaires à son utilisation. Par exemple, on inscrira dans une carte bancaire les références bancaires de l'utilisateur, ou dans la carte d'un contrôle d'accès, les autorisations accordées au porteur de la carte. La personnalisation physique de la carte consiste quant à elle à imprimer des données supplémentaires (nom de la personne, photo, etc) sur la carte, par exemple à l'aide d'une imprimante à sublimation, au-dessus d'une pré-impression offset. On peut considérer à juste titre que les clefs USB, récemment apparues, font partie de la famille des « cartes à puce », en tant qu'objets portatifs dotés d'une mémoire : mais une minorité de ces clefs intègrent une circuiterie protégeant l’accès à la mémoire, contrairement aux cartes à puce proprement dites, dont la caractéristique principale est de protéger les données qu'elles contiennent contre toute intrusion. Il existe en outre des cartes à puce fonctionnant à distance, par ondes radio. C'est le cas des cartes utilisées dans la norme NFC (ou Cityzi en France). Certaines de ces cartes fonctionnent aussi comme des cartes « classiques » — c'est-à-dire qu'on peut accéder aux données contenues dans la puce à partir d'un lecteur à contacts. Dans ce cas ces cartes sont dites mixtes. Les cartes à distance (RFID, NFC) possèdent une antenne et un convertisseur de signal associés à la puce. L'antenne perçoit le signal (alternatif) émis à distance par le terminal, et le convertisseur transforme ce signal d'une part en un courant continu qui alimente la puce, d'autre part en un courant alternatif appelé horloge qui sert à synchroniser les échanges de la puce et du terminal dans le temps. Les cartes de transport Navigo sont un exemple de cartes mixtes. Sécurité. La sécurité des cartes à puce repose d'une part sur les techniques matérielles propres, et d'autre part sur la conception d'éléments logiciels spécifiques. Sécurité matérielle. Trois familles de vulnérabilités matérielles sont distinguées : En réponse à ces problèmes de sécurité spécifiques, il est possible de distinguer deux sortes de solutions, selon qu'elles reposent sur des procédés entièrement logiciels, ou qu'elles impliquent la conception et l'usage de matériels spécifiques. Sécurité logicielle. Dans le contexte des cartes multi-applicatives, le plus simple moyen d’introduire du code malicieux sur une carte est de créer une application impropre et de l’installer sur la carte. Le comportement malveillant de programme permet ensuite d'extraire des données d'autres applications, soit directement en vidant le contenu de la mémoire, soit en dévoyant l'usage de données/objets qu'elles partagent. Différentes techniques matérielles et/ou logicielles peuvent être utilisée pour éviter ce type de problème de sécurité, tel que la vérification de bytecode Java Card, dans le cadre des technologies Java Card. Entreprises dans le domaine de la carte à puce. L'industrie de la carte à puce implique différents acteurs : Enfin, les fabricants de lecteurs fournissent aux intégrateurs et développeurs d'applications le matériel nécessaire pour s'interfacer avec la carte à puce. Marché. Depuis les années 1980, le marché de la carte à puce ne cesse de progresser. En 2011, d'unités ont été produites. L'essentiel de la production (75 %) est destiné au marché des télécommunications (dont les cartes SIM pour les téléphones portables), 16 % au paiement (cartes bancaires). On s'attend à une forte croissance de la technologie sans contact (et "dual interface") grâce au dynamisme de NFC. Quelques données sur le marché français (données Banque de France) : L'observatoire de la sécurité des paiements de la banque de France produit régulièrement des rapports à ce sujet. Normes. Les principaux standards en matière de carte à puce sont le fruit des travaux de l'ISO : la norme est découpée en 15 parties, et est complétée par la norme pour les communications sans contact. D'autres technologies apparaissent rapidement, et d'autres organismes de normalisation interviennent. Citons : La capacité des cartes à puce évoluant (1 gigaoctet), des protocoles de communication rapides apparaissent : USB (dont USB-Inter chip) et MMC/SD. Les besoins de communication sans contact des téléphones mobiles ont pour leur part donné naissance aux protocoles SWP (Single Wire Protocol et NFC-Wi, qui décrivent le lien entre la carte à puce (UICC) et le composant chargé des communications sans contact ("contactless front end", CFE).
Marcus Junius Brutus Marcus Junius Brutus Cæpio, dit Brutus, né vers 85 av. J.-C. à Rome et mort le à Philippes, est un sénateur romain, juriste et philosophe de la fin de la République romaine, fils de Servilia, la maîtresse de Jules César, auquel il porta le dernier coup, en le poignardant le Brutus possède à la fois l'image du traître par excellence, pour sa participation à la mort du dictateur romain, qui lui avait pardonné son adhésion au parti de Pompée, et celle d'un homme vertueux, qui préféra toujours le salut de la République au sien. Plutarque dresse de lui un portrait tragique et vertueux, constatant que « même ceux qui lui veulent du mal pour ce qu'il conjura à l'encontre de César, s'il y a eu aucune chose généreuse faite en toute la conjuration, l'attribuent à Brutus ». Biographie. Origine. Brutus prétendait descendre de Lucius Junius Brutus qui, en -509, après le viol de Lucrèce, renversa le dernier roi de Rome, Tarquin le Superbe, et, de ce fait, fonda la République romaine. Bien que Plutarque ait rapporté et approuvé cette ascendance traditionnelle, il énonça aussi une origine plus prosaïque : selon certains, il serait issu d'une « maison populaire », Junius Brutus n'ayant pas eu de descendance, car il avait lui-même fait périr ses enfants. Son père légitime était Marcus Junius Brutus, partisan de Marius, et sa mère Servilia Cæpionis, demi-sœur de Caton d'Utique. Il naquit en 85 av. J.-C. et tient de son oncle, qui l'adopta, son deuxième "cognomen" de "Cæpio". Contrairement à une idée répandue et à une rumeur rapportée par Plutarque, Brutus n'a jamais été adopté par Jules César. L'hypothèse selon laquelle il serait le fils naturel de Jules César, affirmée par Plutarque, est généralement rejetée par les historiens modernes. . Jeunesse. Brutus passa une grande partie de sa jeunesse en Grèce à étudier la philosophie. Il fut envoyé à Chypre en -58/-57 avec Caton d'Utique (Marcus Porcius Cato), son oncle, qui l'éleva, pour organiser l'annexion de l'île. Brutus y fit preuve de bonté envers la ville de Salamine de Chypre qui ployait sous les dettes. Il revint à Rome enrichi et commença son "cursus honorum". Il obtint en -53 la questure en Cilicie où il s'enrichit encore plus. Sa conduite fut ensuite dénoncée par Cicéron. La république agonisante est l'objet d'une lutte entre Jules César d'une part, et le Sénat, sous la protection de Pompée, de l'autre. Brutus suivit le parti de Pompée dans la guerre civile (bien que Pompée ait fait exécuter son père lorsque Brutus était enfant), pensant que c'était dans ce parti qu'il serait le plus utile à Rome, et combattit César à la bataille de Pharsale (-48). Choisissant d'oublier cet épisode, César, qui, d'après Plutarque, le considérait comme son propre fils, l'appela auprès de lui après sa victoire, et le combla de faveurs. César lui fit gravir les échelons du "cursus honorum" traditionnel. Il fut nommé gouverneur de Gaule cisalpine pour -46/-45, puis préteur urbain pour l'année -44, préféré alors à son concurrent, Caius Cassius Longinus, futur assassin, lui aussi, de César, qui fut nommé préteur pérégrin. Ces faveurs « intéressées » ne l'empêchèrent pas de garder ses idéaux républicains et de vertu. Assassinat de César. Devenu préteur, son tribunal fut constamment couvert de lettres lui enjoignant d'être digne du nom de Brutus, son aïeul revendiqué qui avait mis fin à la période royale de Rome, tandis qu'on soupçonnait César de vouloir se faire proclamer roi. Restant fermement républicain malgré les faveurs de César, il participa à l'organisation d'un attentat contre le dictateur avec Cassius Longinus, Publius Servilius Casca, Cimber Tillius et Decimus Junius Brutus Albinus, lui aussi ami de César. Les conjurés firent valoir la fidélité de Brutus aux idéaux de ses ancêtres. Aux Ides de Mars, il fut présent au Sénat et donna un coup de poignard à César, mais refusa que les conjurés assassinent également Marc Antoine. César, au moment de mourir, le voyant au nombre des conjurés, se serait alors écrié en grec « "καὶ σύ, τέκνον" » (« "Kaì sú, téknon" », en latin « "Tu quoque mi fili" »), signifiant « Toi aussi, mon fils ». Lutte contre les "triumvirs", bataille de Philippes et mort. Après ce meurtre et sous la pression des partisans de César, Brutus se réfugia sur le Capitole avec les conjurés et finit par rejoindre Athènes, puis sa province de Crète. Contrairement à Cassius, il fit preuve de clémence et de modération pendant les sièges de villes en Orient, en tentant notamment de protéger les édifices. Poursuivi par Marc Antoine qui voulait venger à la fois la mort de César et celle de son propre frère, Caius Antonius, assassiné sur les ordres de Cassius et Brutus en représailles de la mort de Cicéron (43), il rejoignit Cassius. La bataille décisive les opposa à Marc Antoine et Octave dans la plaine de Philippes, dans la province de Macédoine. Dans un premier temps, les troupes de Brutus s'emparèrent du camp d'Octave, tandis qu'Antoine massacrait les légions de Cassius. Ce dernier, persuadé de la défaite de Brutus, se suicida. À nouveau vaincu trois semaines plus tard par Antoine (et Octave dans une moindre mesure), Brutus se suicida. On dit qu'il se serait écrié en mourant, le 23 octobre 42 av. J.-C. : « "Vertu, tu n'es qu'un mot !" » ; mais ces paroles de désespoir n'ont rien d'historique. En apprenant la nouvelle, sa veuve, Porcia, la fille de Caton d'Utique, se serait suicidée en avalant des charbons ardents, mais ce point est discuté. Robert Garnier a composé une tragédie sur ce sujet : "Porcie" (1568). La dépouille de Brutus fut envoyée à ses vainqueurs. On peut dire que sa mort marqua définitivement la fin de la République. Octave et Antoine affirmèrent leur pouvoir avant de se déchirer eux-mêmes. Activité littéraire. Brutus cultiva un très grand intérêt pour les lettres et la philosophie. On l'a souvent considéré comme un adepte du stoïcisme, mais il se situait en réalité davantage dans l'héritage de Platon et de l'Académie et put y puiser des raisons d'intervenir contre César. Il a composé un éloge de son oncle et beau-père Caton d'Utique et d'autres ouvrages qui ne nous sont pas parvenus, en particulier un "De virtute" et un "De patientia" - il ne reste toutefois de lui que quelques lettres à Cicéron et à Atticus. Cicéron lui a dédié plusieurs de ses traités philosophiques : "Paradoxes des stoïciens", "De finibus bonorum et malorum", "De Natura Deorum", les "Tusculanes", et de ses traités sur l'art oratoire : "De claris oratoribus" et "Orator ad Brutum". Plutarque a écrit sa "Vie". La mort de Brutus. Le dernier discours de Brutus. Brutus s'exprimant à ses troupes, pour la dernière fois : Ce m'est une très grande joie, en cet instant, de constater que je n'ai été trahi par aucun de mes amis. Si j'avais des reproches à faire, je n'en ferais qu'à la Fortune. Non pour moi, mais pour ma patrie. Car je m'estime, pour ma part, plus heureux que nos vainqueurs. Dans le passé comme aujourd'hui, oui, je suis plus heureux qu'ils ne le seront jamais. Je laisserai au moins une réputation de vertu. De cela, ils ne triompheront jamais par les armes. Et tout leur argent ne parviendra pas à la ternir cette vertu. Ils ne pourront empêcher la postérité de voir en eux des individus méchants et injustes, qui auront mis à mort des hommes de bien, loyaux et justes, dans le but d'usurper un pouvoir auquel ils n'avaient aucun droit. Sa mort vue par les historiens de l'Antiquité. La mort de Brutus a été relatée par les historiens de l'Antiquité : Renonçant à sauver sa vie et croyant indigne de lui d’être pris, il se réfugia, lui aussi, dans la mort. Après s’être écrié, comme Hercule : « malheureuse vertu ! tu n’étais qu’un mot ; je te cultivais comme une réalité, et tu étais l’esclave de la fortune » ; […] Il pria un de ceux qui se trouvaient avec lui de le tuer. [...] puis il se retira à l’écart avec deux ou trois personnes seulement, dont Straton. Il l'avait connu en étudiant la rhétorique. Il approcha le plus près de lui, et prenant son épée à deux mains par le manche, il se laissa tomber de son haut sur la pointe, et il se tua ainsi. Lors Brutus se retournant vers ses amis, leur parla ainsi : Alors il appela un de ses principaux amis, nommé Straton, et il le pria de vouloir avancer sa mort. Et voyant que ce Straton temporisait et voulait le persuader d'adopter de meilleures pensées, il appela l’un de ses esclaves pour exécuter ce projet. Alors Straton lui dit : Et aussitôt, il lui fit passer son épée à travers le corps, sans que Brutus se retirât ni ne remuât. Personnage littéraire. Marc Aurèle rend hommage à Brutus. « De Sévère : l'amour de la famille, de la vérité et de la justice, et grâce à lui la découverte de Thraséas, Helvidius, Caton, Dion et Brutus, la notion d'un gouvernement démocratique, fondé sur l'égalité et le droit d'expression, et d'un empire respectant par-dessus tout la liberté de ses sujets ; mais aussi le culte constant et régulier de la philosophie, la bienfaisance, la libéralité, l'espérance et la foi en l'amitié, la franchise envers ceux qu'il désapprouvait et la transparence envers ses amis, qui n'avaient jamais à s'interroger sur ce qu'il voulait. » Marc Aurèle, "Écrits pour lui-même", 14. La "Divine Comédie", de Dante. Dans la "Divine Comédie", Dante accompagné de Virgile, descend aux Enfers, qu'il dépeint comme organisé en différents cercles. Le premier cercle accueille les auteurs de crimes dont la gravité est jugée moindre, jusqu'au neuvième cercle, où sont punis les traîtres. Trois traîtres sont dans la gueule de Lucifer : Judas Iscariote, traître envers Jésus, donc traître suprême, Brutus et Cassius, traîtres envers Jules César, donc envers l'autorité impériale. Tragédies françaises. Brutus apparaît dans trois tragédies humanistes françaises : Shakespeare. Brutus apparaît dans la pièce de William Shakespeare, "Jules César", voici un extrait de Brutus s'expliquant devant le peuple romain : Astérix le Gaulois. Dans la bande dessinée "Astérix", Brutus est présenté comme le fils adoptif et unique héritier de César. César lui lance très souvent « "Tu quoque mi fili" » ou « Toi aussi, mon fils » dans des circonstances dont la légèreté contraste avec les circonstances historiques de cette phrase . Dans "Les Douze Travaux d'Astérix", on peut voir Brutus siéger avec les conseillers de César et « jouer » constamment avec un couteau. Jules César finit par lui dire : « Brutus ! Cesse de jouer avec ce couteau ! Tu finiras par blesser quelqu'un ! » (il se blesse effectivement lui-même). Il est le principal antagoniste dans "Le Fils d'Astérix", où il veut enlever l'enfant en question et finit par brûler le village des irréductibles. Son physique change au fil des cinq albums où il apparaît : dans "Astérix Gladiateur", il a un visage carré qui s'allonge dans "La Zizanie" et "Le Devin" ; et enfin "Le Fils d'Astérix" le présente sous les traits de Tony Curtis. Il est interprété dans les adaptations au cinéma de cette série successivement par Didier Cauchy, Victor Loukianenko et Benoît Poelvoorde. Annexes. Jeu-vidéo. Dans le jeu vidéo "" figure une petite histoire annexe sous la forme d’une énigme du manuscrit de Romulus écrite par Brutus qui révèle que César était en réalité un pion de l'Ordre des Anciens et que Brutus et les conspirateurs ont été membres du Liberalis Circulum. Plus tard Dans "Assassin's Creed Origins", Brutus et Cassius font partie des premiers assassins entrainés par Aya et participent à l’assassinat de Jules César.
Cecil B. DeMille Cecil Blount DeMille, plus couramment appelé Cecil B. DeMille, est un réalisateur et producteur américain, né le à Ashfield (Massachusetts) et mort le à Los Angeles (Californie). D'abord acteur dans les années 1900, il fonda avec Jesse L. Lasky et Samuel Goldwyn une société de production cinématographique (l'ancêtre de la Paramount) et réalisa en 1914 le premier long-métrage tourné à Hollywood, "Le Mari de l'Indienne". Grâce à ses nombreuses comédies vaudevillesques avec la star d'alors Gloria Swanson, il devint l'un des réalisateurs les plus importants du cinéma muet dans les années 1920. Il se spécialisa ensuite dans les films d'aventures et historiques, tels que "Le Signe de la Croix", "Les Croisades", "Les Tuniques écarlates" (son premier film en Technicolor), "Les Naufrageurs des mers du sud", "Les Conquérants d'un nouveau monde", "Sous le plus grand chapiteau du monde" ou "Les Dix Commandements". Pionnier de son art et producteur indépendant, Cecil B. DeMille fut l'un des rares metteurs en scène à bénéficier d'une totale liberté artistique tout au long de sa carrière, et fut l'un des premiers à envisager le cinéma comme un divertissement pour le grand public. Grand directeur de foules, il sut imposer un style propre et reconnaissable. Républicain, fervent garant des valeurs morales de l'Amérique puritaine, il transgressa pourtant les règles de moralité imposées au cinéma par le code Hays dans plusieurs de ses films, contenant des scènes de sensualité exacerbée ("Le Signe de la croix") ou de métaphores à caractère érotique ("Cléopâtre"). Si son nom reste aujourd'hui associé excessivement à l'idée de démesure et de gigantisme au cinéma, apparaissant comme le représentant archétypal du film biblique (il n'en tourna pourtant que quatre dans sa carrière), Cecil B. DeMille n'en est pas moins l'un des réalisateurs les plus importants de l'âge d'or du cinéma américain. À l'instar de David W. Griffith ou Charles Chaplin, sa carrière a été décisive et son influence importante sur ses contemporains et les générations de cinéastes suivantes. Biographie. Jeunesse. Cecil Blount DeMille, né le à Ashfield, était le deuxième fils de et de Mathilda Beatrice DeMille (née Samuel). Son père Henry DeMille descendait de la famille protestante flamande de Mille, originaire de Bruges, réfugiée aux Pays-Bas à la fin du lors de l'invasion espagnole, qui avait ensuite émigré aux États-Unis en 1658, et il était membre actif de l'Église épiscopalienne américaine. Sa mère Mathilda Samuel était arrivée aux États-Unis en 1871 à 18 ans avec sa famille juive allemande. Son frère aîné William naquit le , sa sœur Agnès le (celle-ci décède prématurément en 1895). Le grand-père paternel de Cecil, William Edward DeMille, avait été un négociant important en Caroline du Nord avant de faire faillite dans les années 1860. Henry DeMille exerça plusieurs métiers : pasteur, instituteur et auteur dramatique. Il ne rencontra pas grand succès jusqu'à sa rencontre avec le dramaturge David Belasco en 1887. Cecil Blount assista à sa première représentation théâtrale à l'âge de huit ans au théâtre de Madison Square. Son père mourut le , emporté par la fièvre typhoïde. Cecil entra au collège militaire de Pennsylvanie à l'âge de quinze ans. Il voulut s'engager dans la guerre que menaient les États-Unis contre l'Espagne, mais ne fut pas enrôlé en raison de son trop jeune âge. Il sortit de l'établissement en 1898 et, suivant l'exemple de son frère, se lança dans le théâtre à Broadway. Il s'inscrit dans un cours d'art dramatique à New York et obtint son diplôme en 1900. Il joua dans une pièce à succès de , "Hearts Are Trumps". En tournée, il tomba amoureux d'une des actrices, : « Le , à minuit, assis sur les marches d'une pension de famille, au 9 Beacon Street, Boston, complètement oublieux du froid, nous célébrâmes la nouvelle année et le nouveau siècle en devenant fiancés ». Ils se marièrent le dans le New Jersey. Après une tournée au cœur de l'Amérique, il commença à écrire des pièces, parfois avec son frère. Il s'occupa également de la compagnie du Standard Opéra pendant quelque temps. Il fut engagé par David Belasco en 1907 pour une pièce écrite par son frère, "". Figurait également à l'affiche de cette pièce la future star Mary Pickford. La collaboration entre DeMille et Belasco prit fin, pour un contentieux sur la paternité d'une pièce, en 1911. Administrateur au sein de la Société américaine de théâtre, il rencontra Jesse L. Lasky, un producteur de vaudevilles et d'opérettes. Un pionnier de Hollywood. Avec Cecil arrivé à Hollywood en 1913, Samuel Goldfish (alors vendeur de gants) et Arthur Friend (un juriste), fondent une nouvelle société, la "", à laquelle un troisième comparse, Jesse L. Lasky, donne son nom. Goldfish s'occupe de la distribution, Friend de la partie juridique, et Cecil B. DeMille est chargé de réaliser les films. Pour leur première production, audacieuse, ils adaptent une pièce de théâtre, "The Squaw Man" ("Le Mari de l'Indienne"). Ils partent tourner à Hollywood, alors simple village de la côte ouest des États-Unis, dans une grange louée en et qui fait office de studio. Distribué, le film rapporte deux fois la mise financière. Fort de succès d'estime et public, Cecil B. DeMille commence le tournage de "The Virginian" le , film qui est bien accueilli, tourné à l'aide de plusieurs caméras françaises qui dominent à l'époque le marché mondial, la caméra Pathé "Professionnelle". Après "La Fille du Far-west", tourné en huit jours, il passe à "The Warrens of Virginia", adapté de la pièce de son frère, où il commence à développer son souci du réalisme, notamment avec la séquence de l'explosion d'un train. Réalisme qui coûte la vie à un homme lors du le tournage de "The Captive" en 1915, tué par une arme qui aurait dû être chargée à blanc. La "Lasky Company" engage la grande vedette cantatrice Geraldine Farrar. DeMille, pour « tester » les performances de comédienne de la star la fait tourner dans Maria Rosa (sorti en 1916) avant de lui confier le rôle de "Carmen". Rassuré sur ses prestations, il lui offre un troisième rôle dans "Temptation". Le film le plus célèbre de cette année 1915 reste "Forfaiture", qui offre à Sessue Hayakawa son premier grand rôle. « Dans ce Paris mort au plaisir, voué au silence et à l'angoisse de la guerre, les spectateurs tendus depuis des mois sur un objectif de cauchemar, se détendaient enfin devant ce drame exotique, entraînant, admirablement mené dans un esprit nouveau, un mouvement accéléré, un dynamisme jamais senti. » Des comédies conjugales aux films historiques. La période « muette » (1915-1928). En 1915, Samuel Goldfish rencontra Adolph Zukor, avec qui il fonda la "Famous Players Lasky Corporation". DeMille ne tourna que quatre films en 1916, dont "Le Cœur de Nora Flynn". Il fit aussi l'acquisition d'une grande propriété dans le canyon du Little Tujunga, non loin de Hollywood, qu'il baptisa "Le Paradis". En 1917, il tourna son premier grand film historique, "Jeanne d'Arc" ("Joan, The Woman"), avec Geraldine Farrar et Theodore Roberts. C'est aussi la première utilisation de la couleur par Cecil B. DeMille dans quelques scènes. Le film fut un échec. Adolph Zukor lui impose ensuite de tourner deux films avec Mary Pickford : "La Bête enchaînée" ("A Romance of the Redwoods") puis "La Petite Américaine" ("The Little American") qui fit d'elle « la petite fiancée de l'Amérique » et qui révéla le jeune Ramón Novarro. La surenchère des salaires des stars entraîna un bouleversement de l'industrie du cinéma et des coûts de production. DeMille ne pensait pas les stars essentielles à la réussite d'un film : « Je pensais alors, et je pense toujours, que des grands films peuvent être réalisés sans vedettes. » D'ailleurs, en 1918, il tourna "Le Rachat suprême" ("The Whispering Chorus") et "" ("Old Wives for New") sans noms connus. Il réalisa également une réadaptation de son propre film "Le Mari de l'Indienne". Après la guerre, il découvrit une jeune actrice, Gloria Swanson à laquelle il confia le premier rôle de "Après la pluie, le beau temps". Ce succès en entraîna six autres, dont "L'Admirable Crichton" ("Male and Female"). En 1920, il fonda sa propre société de production, la "Cecil B. DeMille Productions" et continua de réaliser plusieurs films par an, dont "Le Détour" et "Le Réquisitoire" avec Leatrice Joy et « se permet des moments de marivaudages très audacieux pour l'époque (rachetés par un intertitre moralisateur) et jette les bases de tous les rapports de couple de la future comédie américaine ». En 1923, à la suite d'un « concours de la meilleure idée de film » lancé dans le "Los Angeles Times", DeMille entreprit la réalisation d'un film aux moyens colossaux : "Les Dix Commandements" : deux mille cinq cents figurants, trois mille animaux, un budget de près de . Énorme succès, le film en rapporta trois fois plus. L'année suivante, il réalisa trois films aux budgets plus modestes. À la suite d'un désaccord avec la "Famous Players Lasky", il créa son propre studio, le "DeMille Studio" et y tourna "L'Empreinte du passé" ("The Road to Yesterday") et "Les Bateliers de la Volga" ("The Volga Boatman"). Un autre projet ambitieux fut celui de porter à l'écran la vie du Christ, dans "Le Roi des rois" en 1927. « Tout ce que j'ai fait dans "The King of Kings" et dans mes autres films bibliques, c'est de traduire dans un langage différent, celui des formes visuelles et sonores, les mots de la Bible. » Il tourne son dernier film muet en 1929 avec "La Fille sans dieu" ("The Godless Girl"). En 1928, il signa un contrat de trois ans avec la MGM et tourna en 1929 "Dynamite", première apparition de Kay Johnson, et apporta l'année suivante son soutien au Code Hays. Après "Madame Satan", un film musical, et une nouvelle réadaptation du "Mari de l'Indienne", un échec, il créa avec Frank Borzage, King Vidor et Lewis Milestone la "Guilde des metteurs en scène" (qui sombra peu après). Il se retrouva à cette époque sans travail. Entre incertitudes et nouveau départ. Après un voyage en Europe, où il rencontra Charles Laughton, il rentra aux États-Unis et signa un nouveau contrat avec la Paramount Pictures pour "Le Signe de la croix" qui lança Laughton et Claudette Colbert. Certaines scènes contournent allègrement le code Hays, probablement en raison des liens qu'entretenait DeMille avec William Hays, d'autres utilisent à nouveau des milliers de figurants. Il tourna ensuite deux films, "La Loi du Lynch" ("This Day and Age") et "Four Frightened People", toujours avec Claudette Colbert. Celle-ci fut en 1934 la "Cléopâtre" de DeMille, « dont une séquence au moins est anthologique, celle de la séduction de Marc-Antoine ». Henry Wilcoxon, qui interprète ce dernier, devint par la suite le producteur associé du réalisateur sur quelques films. "Les Croisades" est son dernier film historique à proprement parler. Loretta Young et Henry Wilcoxon sont les héros de cette fresque médiévale, inégale. DeMille signa un nouveau contrat avec la Paramount Pictures lui laissant plus de liberté. En 1936, il fait tourner la grande vedette Gary Cooper dans "Une aventure de Buffalo Bill" (« dont la mise en scène séduit par son aisance et un souci de l'authenticité assez rare à l'époque »), puis Fredric March et Anthony Quinn (qui deviendra son gendre) dans "Les Flibustiers". Il refuse dans le même temps de devenir candidat républicain aux élections sénatoriales. DeMille préfère continuer de raconter l'histoire des États-Unis à travers ses films. Avec "Pacific Express", dont Barbara Stanwyck était la vedette, où il racontait les débuts du chemin de fer, il relança la mode du western. Le film remporta la Palme d'or au Festival de Cannes rétroactivement en 2002. Ce fut aussi son dernier film en noir et blanc. Les films en technicolor. En 1940, il tourna son premier film en technicolor trichrome, "Les Tuniques écarlates" où il retrouva Gary Cooper pour une histoire d'aventures au cœur de la rébellion du Nord-Ouest dans les années 1880 au Canada. Toutefois, il resta fidèle à sa manière de travailler, en studio, et l'immense majorité des décors n'étaient que des toiles peintes, à l'exception de quelques plans naturels tournés par une seconde équipe. Deux ans plus tard, il retrouva Paulette Goddard pour "Les Naufrageurs des mers du sud", où s'affrontèrent John Wayne et Ray Milland. Les scènes sous-marine permettent cette année-là à Farciot Edouart et Gordon Jennings de remporter l'Oscar des Meilleurs effets spéciaux. Après l'entrée en guerre des États-Unis, le président américain Roosevelt évoqua à la radio l'histoire héroïque d'un médecin, . DeMille s'empara aussitôt de son histoire et fit venir le héros pour qu'il raconte ses exploits et déposa le titre de son futur film, "L'Odyssée du docteur Wassell". À nouveau Gary Cooper fut choisi pour interpréter le héros américain. Sorti en 1944, DeMille rajouta à la fin du film un commentaire informant qu'un marin resté seul et probablement prisonnier venait d'être retrouvé sain et sauf. Gary Cooper est pour la dernière fois le héros d'un film de DeMille en 1947, où il retrouve également Paulette Goddard, "Les Conquérants d'un nouveau monde". Le film, qui traite de l'esclavage, se place dans un contexte où le réalisateur avait refusé de s'opposer à une loi californienne qui visait à donner à tout habitant de l'État le droit au travail, qu'il fut syndiqué ou non. Deux ans plus tard, "Samson et Dalila" marqua son retour au péplum biblique. Les dirigeants de la Paramount Pictures, d'abord réticents à une nouvelle folie du réalisateur, le laissèrent finalement mener à bien son projet. Le film fut un énorme succès public, et rapporta près de onze millions de dollars. L'année suivante, il interpréta son propre rôle dans le célèbre "Boulevard du crépuscule" de Billy Wilder aux côtés de Gloria Swanson, incarnant une ancienne star du muet préparant son retour. En 1952 sortit "Sous le plus grand chapiteau du monde", premier grand rôle de Charlton Heston au cinéma. Le film, qui raconte les mésaventures d'un cirque en tournée, remporta notamment l'Oscar du meilleur film en 1953 et reçut un très bon accueil du public, et d'une partie de la critique : « La vie des coulisses, la routine quotidienne, le voyage éternel, le montage de la tente sont décrits par un véritable Victor Hugo du cinéma. » Toutefois, il semblerait que Cecil B. DeMille ne s'attarda pas longtemps avant de se consacrer entièrement à son ultime film, une réadaptation de sa propre œuvre de 1923, "Les Dix Commandements". Des moyens colossaux furent déployés : plus de trois ans d'écriture, des mois de repérage, animaux, près de figurants, sept mois de tournage dont plusieurs séquences ont été tournées en Égypte. Déjà âgé, le réalisateur fut victime un samedi d'une crise cardiaque, mais revint le surlendemain après le repos du dimanche, ne manquant ainsi aucun jour de tournage, pour terminer son travail. Le film, qui fut présenté à New York le , fut un triomphe mondial et plusieurs scènes appartiennent aujourd'hui à la légende de cinéma (l'Exode ou l'ouverture de la mer Rouge). Dans les années 1950, Cecil B. DeMille, à la suite de démêlés avec des syndicats (refus du "closed shop" lorsqu'il était présentateur au "", dissension avec la "Directors Guild of America"), devint un républicain réactionnaire en apportant son soutien au sénateur Joseph McCarthy dans la traque d'éventuels agents, militants ou sympathisants communistes aux États-Unis. Décès et postérité. Cecil B. DeMille effectua un voyage en Europe où il rencontra entre autres Churchill, le pape Pie XII et Konrad Adenauer. À son retour, il se remit au travail : il voulut faire une réadaptation des "Flibustiers" (le film fut dirigé par son gendre Anthony Quinn sous le titre "Les Boucaniers" avec Charlton Heston et Yul Brynner) et s'atteler à la réalisation de "Queen of the Queens", sur la vie de la Vierge Marie. Un dernier projet dont on ne connaît presque rien, appelé "Projet X", est évoqué plusieurs fois dans ses mémoires et ses dernières correspondances. Mais fatigué, il meurt sans avoir pu en concrétiser aucun, le . Il est inhumé au "Hollywood Forever Cemetery" de Hollywood. Une récompense, le Cecil B. DeMille Award récompense les artistes pour l'ensemble de leur carrière dans l'industrie du cinéma. Il est attribué tous les ans depuis 1952 lors de la cérémonie des "Golden Globes" à Hollywood. Un bâtiment de l'université Chapman d'Orange, en Californie, fut également nommé en son honneur. Vie privée. Cecil B. DeMille épousa le l'actrice (1874-1960) et ils eurent une fille, Cécilia (1908-1984). Ils adoptèrent également une orpheline, Katherine Lester, qui prit le nom de son père adoptif et épousa par la suite l'acteur Anthony Quinn. Cecil B. DeMille était par ailleurs franc-maçon.
Amstrad CPC LAmstrad CPC est un ordinateur personnel 8 bits produit par Amstrad dans les années 1980. CPC est le sigle de "Colour Personal Computer", « ordinateur personnel couleur », même si une version dotée d'un moniteur monochrome était disponible. L'Amstrad CPC s'est vendu à environ trois millions d'exemplaires dans le monde, dont environ un million en France. Historique. Ce projet a débuté en 1983. Amstrad, société britannique produisant du matériel HiFi dirigée par Alan Michael Sugar (souvent abrégé en « AMS »), est à la recherche d'un nouveau créneau. AMS voit une place vacante dans le marché de la micro-informatique de l'époque : jusque-là, en effet, elle s'adressait avant tout à des hobbyistes, passionnés ou susceptibles de le devenir (d'où des ordinateurs peu chers, mais en kit ou avec trop de branchements à réaliser pour le grand public, ou des appareils à la pointe de la technique, mais très chers et encore à moitié expérimentaux). Alan Sugar choisit de s'adresser à une clientèle résolument familiale, inexpérimentée et sans grands moyens : il décide donc de vendre un ordinateur dont l'installation est la plus simple possible, et qui soit directement utilisable même par un profane dès la mise sous tension (d'où le moniteur inclus et le nombre de câbles remarquablement réduit pour l'époque), le tout pour le même prix qu'un Commodore 64 sans écran. Le fait de fournir un moniteur couleur ou monochrome avec l'ordinateur pour un prix abordable participa grandement au succès de ces ordinateurs, les modèles concurrents nécessitaient souvent de monopoliser le téléviseur du salon. De plus, pour rester dans cette logique de clientèle familiale, Amstrad va organiser ses points de vente uniquement sur la base de la grande distribution. En 1984 sort l'Amstrad CPC 464, comprenant de mémoire vive, vendu avec un écran monochrome (vert) ou un écran couleur et, chose inhabituelle à l'époque, un lecteur de cassette intégré. L’Amstrad CPC 464 connaît dès sa sortie un immense succès, surtout en France, se vendant à plus d'un million d’exemplaires. En 1985 sortent successivement l'Amstrad CPC 664 où le lecteur de cassette est remplacé par un lecteur de disquette, puis l'Amstrad CPC 6128, où la mémoire vive est portée à . Les ordinateurs familiaux à disquette étaient également fournis avec des disquettes contenant le système d'exploitation CP/M, encore concurrent de MS-DOS, qui permettait d'utiliser un certain nombre de logiciels professionnels comme Multiplan, DBase ou Turbo Pascal. En 1990, voyant les ventes de ces CPC décliner, Amstrad tenta de reprendre le marché avec une version plus évoluée du CPC (l'Amstrad plus) ainsi qu'une console de jeux (la GX-4000) (voir "Tilt" no 82) : 4096 couleurs, sprites gérés par le matériel, canaux DMA pour le son, port cartouche, nouveau design. Ces machines n'avaient cependant plus assez d'atouts face aux ordinateurs Amiga de Commodore et autres 520ST d'Atari de l'époque et l'arrivée des consoles de 4 génération tel que la Mega Drive. La gamme Amstrad plus et GX-4000 disparut rapidement des rayons. Frise chronologique de production des différents modèles : Gamme et spécifications. Spécifications techniques de l'Amstrad CPC. Ces machines sont toutes équipées d'un microprocesseur Zilog Z80 à (sauf les CPC+ qui possédaient un Z80 à , mais qui n'apportaient aucun gain de vitesse, cette augmentation de fréquence servait pour les possibilités supplémentaires implantées dans le CPC+). Étant donné que le CPC partage la mémoire avec le contrôleur de l'écran (CRTC), le processeur doit attendre pendant les périodes de lecture du CRTC, entraînant le léger ralentissement de certaines instructions. L'IPC du Z80 est faible et les instructions sont toutes sujettes à des cycles d'attente pour laisser le contrôleur vidéo lire la mémoire partagée avec le Z80. En conséquence les Amstrad CPC ne peuvent exécuter au maximum qu'un million d'instructions par seconde. L'Amstrad CPC est équipé d'un générateur de son programmable (ou processeur sonore), l'AY-3-8912 fabriqué par General Instrument qui permet de décharger le Z80 de la gestion du son. Ce processeur 8 bits permet de créer des sons sur 3 canaux et possède une sonorité caractéristique des machines de l'époque (il équipe également le MSX, l'ORIC et les ZX Spectrum 128, +2 et +3). Ce son numérique se différencie des méthodes de création de sons avec les ordinateurs actuels (restitution d'ondes sonores, de boucles ou d'instruments préenregistrés) car il ne permet de programmer que des signaux électriques carrés afin de produire un son et de lui appliquer divers effets. Le résultat est un son purement électronique appelé CHIPSOUND. Résolutions graphiques avancées. Le contrôleur vidéo de l'Amstrad CPC est facilement programmable, même en Basic. On peut ainsi réduire ou augmenter la taille de l'écran. La plupart des jeux commerciaux réduisent la résolution standard de 80 à 64 octets pour faciliter les calculs d'affichage et gagner en vitesse. Au contraire, certains programmes graphiques augmentent la résolution affichable pour utiliser toute la hauteur de l'écran (par exemple Arkanoid), toute la largeur (Super Cauldron) ou même tout l'écran (page d'intro de Crazy Cars II). Il est aussi possible de mélanger les résolutions entre elles, technique courante dans le jeu vidéo, pour avoir un HUD en haute résolution et un écran de jeu en basse résolution avec plus de couleurs. Les résolutions maximales sont: Les Amstrad CPC originaux. Le premier chiffre dans le nom des CPC indique le type du système de stockage : 4 pour un stockage sur cassettes, 6 pour un stockage sur disquettes 3". Les chiffres suivants indiquent la quantité de RAM. Arnold 4. L'Arnold 4 est d'aspect extérieur identique au CPC 6128 classique mais était beaucoup moins cher à produire avec un circuit imprimé et un ASIC qui réduisaient de façon considérable la taille de la carte mère et le nombre de puces. Si la carte d'un CPC 6128 occupe tout l'espace du boîtier, c'est un 6128 classique. Si au contraire la carte n'occupe environ que les deux tiers de l'espace disponible et laisse vide une partie du boîtier, c'est un Arnold 4. CPC472. Le CPC472 est un modèle assez spécial sorti uniquement en Espagne. Il est créé par le distributeur espagnol sans en informer la maison mère pour contourner une loi espagnole d’août 1985 qui taxe l'importation de tous les ordinateurs familiaux avec moins de de RAM Le distributeur reçoit les CPC464, les modifie (un petit montage qui se met à la place d’une des ROM pour ajouter une puce de de RAM) et modifie l’inscription en CPC472. Cette mémoire supplémentaire est parfaitement inutile car invisible. La ROM utilisé par le CPC472 est la v1.1 identique à celle utilisée sur le CPC664, et la documentation du CPC472 justifie l'inaccessibilité des 8Ko de RAM supplémentaire par le fait qu'ils sont nécessaires aux nouvelles fonctions du BASIC 1.1. Ceci est faux, puisque le CPC664 n'a pas besoin de mémoire supplémentaire pour utiliser ces fonctions. De plus, la puce mémoire, bien que soudée sur la carte additionnelle n'est pas connectée au reste de la machine. Quelque temps après, cette loi fut étendue à tous les modèles familiaux. En janvier 1986, l'Espagne rejoint la CEE et supprime cette taxe d'importation spécifique, le CPC472 n'a alors plus de raison d'être. Bien qu'Amstrad ait toujours nié être au courant de ce montage, dans son autobiographie Alan Sugar affirme le contraire, indiquant que ce sont les ingénieurs d'Amstrad à Brentwood qui ont conçu la carte additionnelle et inventé la justification de cette mémoire inutilisable. Une autre loi sortie à la même époque impose que tous les ordinateurs possèdent le caractère "Ñ" spécifique à la langue espagnole. Cette loi (restée en vigueur après l'adhésion de l'Espagne à la CEE) n'est pas liée à la création du CPC472, mais est à l'origine des CPC avec un clavier espagnol, dont les premiers exemplaires furent des CPC472 en raison de la concomitance de ces deux lois. Les CPC464 vendus après 1986 et la fin de la taxe sur les ordinateurs de 64k ont conservé leur clavier espagnol. Les CRTC. Indépendamment des modèles de la gamme, Amstrad a utilisé des CRTC ("Cathodic Ray Tube Controller") provenant de divers fabricants. Même si leurs principales caractéristiques sont identiques, de légères différences existent, dues soit à un bogue dans la puce, soit à un comportement différent de celui spécifié par la documentation. C'est ainsi qu'une démo écrite pour le CRTC 1 peut ne pas s'afficher correctement (ou pas du tout) sur un CRTC 0. En 2008, cinq types de CRTC étaient identifiés : Les numéros de CRTC ont été attribués par des passionnés qui essayaient d'exploiter la machine à son maximum. C’est pourquoi ils ne respectent pas l'ordre chronologique : Le CRTC 4 (ASIC de CPC ancienne génération) est plus ancien que le CRTC 3 (Amstrad plus) parce qu’il n’a été « découvert » qu'après la sortie de l'Amstrad plus. On peut de même remarquer l’existence de deux puces distinctes rassemblées sous l'appellation CRTC 0 : en effet, cette numérotation se fonde sur le fonctionnement des puces, et aucune différence de comportement entre ces deux puces n’a été mise en évidence. Les périphériques. De nombreux périphériques étaient disponibles pour le CPC comme : Presse. De nombreux magazines mensuels ou bimensuels ont été consacrés en partie ou en totalité à cette machine. Ceux-ci pouvaient traiter de nombreux sujets comme les jeux, les utilitaires, les périphériques, la programmation, le demomaking, les fanzines, etc. Voici la liste des magazines parus en France (ils sont pour la plupart téléchargeables en version pdf) : Émulation. Il existe différents logiciels qui permettent d'émuler avec un système informatique actuel un Amstrad CPC. Il est ainsi possible de continuer à exploiter la grande logithèque disponible pour cet ordinateur sans en posséder un. Parmi les émulateurs les plus connus, on peut citer :
Cerbère Dans la mythologie grecque, Cerbère (en grec ancien ) est le chien polycéphale (généralement à trois têtes, ou cinquante selon Hésiode, ou cent chez Horace) gardant l'entrée des Enfers. Il empêche les morts de s'échapper de l'antre d'Hadès et les vivants de venir récupérer certains morts. Cerbère est notamment connu pour avoir été capturé par le demi-dieu Héraclès (Hercule) lors de ses douze travaux. On retrouve Cerbère dans de nombreuses œuvres de la littérature grecque et romaine antique, ainsi que dans l'art et l'architecture, aussi bien moderne qu'ancienne. Étymologie. L'étymologie est assez incertaine et diffère selon les sources. Dans l'Antiquité, Servius avançait que « Cerbère » est un dérivé de « "creoberos" » qui voudrait dire « dévoreur de chair ». Cette interprétation a été rejetée par Daniel Ogden. Plusieurs mots seraient à l'origine du nom « cerbère ». Pour Ogden, le mot "savara" du sanskrit serait une épithète du chien de Yama, le dieu de la mort indien "kerbero". Cette étymologie a néanmoins été critiquée. Bruce Lincoln note une similitude entre Cerberus et le chien mythologique nordique Garm, reliant les deux noms à une racine proto-indo-européenne *"ger-" « grogner » (peut-être avec les suffixes -*m/*b et -*r). Cependant, comme l'observe Ogden, cette analyse nécessite en fait que Kerberos et Garmr soient dérivés de deux racines indo-européennes différentes (respectivement *"ker-" et *"gher-"), et n'établit donc pas réellement de relation entre les deux noms. Description. De nombreuses divergences existent concernant l'exacte description de Cerbère. Selon les auteurs et les époques, le chien des enfers connaît différentes formes. La représentation la plus habituelle est celle du chien à trois têtes mais les multiplicités de descriptions arrivent avec Hésiode qui représente Cerbère avec cinquante têtes ou Pindare qui va jusqu'à lui donner cent têtes. D'autres auteurs vont donner des représentations plus extravagantes. Ainsi, Horace accorde à Cerbère une tête de chien, cent têtes de serpents et une bouche à trois langues. Pseudo-Apollodore représente le chien infernal avec trois têtes de chiens et des têtes de « tous les types de serpents », peut-être pour concilier les différences entre les auteurs. D'autres descriptions encore plus atypiques ont été faites par Jean Tzétzès avec un chien à cinquante têtes, dont trois de chiens et le reste « des têtes de bêtes de toutes sortes ». Euripide nous présente quant à lui un Cerbère à trois têtes et trois corps, et Virgile un chien à multiples dos. Enfin, il existe des représentations de Cerbère bien plus reptiliennes que canines avec Hécatée de Milet qui fait de lui un grand serpent venimeux et Ovide qui lui donne une bouche venimeuse et des serpents sur le corps. Mythe. Naissance. Cerbère était le fils d'Échidna, au corps de serpent et au visage de femme, et de Typhon le serpent à plusieurs têtes. Son frère est Orthos, chien bicéphale chargé de la garde du bétail et du château de Géryon. Il serait également le frère de l'Hydre de Lerne, du lion de Némée et de la Chimère. Dans la plupart des œuvres, il est représenté avec trois têtes. Selon certains mythes les trois têtes voient et représentent respectivement le passé, le présent et le futur ; d'autres sources suggèrent qu'elles représentent plutôt la naissance, la jeunesse et la vieillesse. Chacune des têtes n'aurait d'appétit que pour la viande vivante et autorise donc les esprits des morts à entrer dans le monde souterrain, mais les empêche d'en sortir. Cerbère fut toujours utilisé comme le fidèle gardien d'Hadès, gardant les portes donnant sur le monde souterrain. Il était enchaîné à l'entrée des Enfers et terrorisait les morts eux-mêmes qui devaient l'apaiser en lui apportant un gâteau de miel qu'on avait placé dans leur tombe en même temps que l'obole pour Charon déposée dans la bouche. Mais Cerbère était aussi terrible pour les vivants qui essayaient de forcer la porte des Enfers comme Pirithoos et Thésée, qui cherchaient à enlever Perséphone. Psyché qui était venue chercher la boîte à cosmétique de Perséphone sur l'ordre d'Aphrodite l'endormit avec un gâteau trempé dans du vin drogué. Énée fit de même avec un gâteau soporifique préparé par la Sibylle. Plusieurs héros parviennent à déjouer sa vigilance, voire à le vaincre. Orphée, décidé à sortir des Enfers sa femme Eurydice, morte d’une morsure de vipère, parvient à le charmer en chantant et en jouant de sa lyre. Hercule réussit à le faire dans les douze travaux d'Hercule (voir en dessous). Les douze travaux d'Héraclès. Eurysthée, roi de l'Argolide, donne comme dernière tâche à Héraclès la capture de Cerbère vivant. Hercule se rend alors à Éleusis, afin d'être initié aux mystères d'Éleusis, pour pouvoir entrer et sortir du monde souterrain vivant, et s'absoudre au passage pour avoir tué des centaures. Il trouve l'entrée du monde souterrain à Taenarum, et est aidé par Athéna puis Hermès pour traverser respectivement dans un sens et dans l'autre. Il passe Charon avec l'aide de Hestia. En passant dans le monde souterrain, Hercule libère Thésée, mais la terre tremble lorsqu'il essaye de libérer Pirithoos et il doit donc le laisser sur place. Ils avaient été emprisonnés par Hadès, liés magiquement à un banc pour avoir essayé d'enlever Perséphone : la magie était si forte que lorsque Hercule libéra Thésée, des morceaux de ses cuisses restèrent sur le banc, ce qui explique pourquoi ses descendants ont les cuisses maigres. Héraclès rencontre enfin Hadès et lui demande la permission d'emmener Cerbère à la surface, ce à quoi Hadès consent si Hercule parvient à maîtriser la bête sans arme, ce qu'il réussit ; il écrabouille la bête pour n'en faire qu'un petit chiot et le hisse sur son dos, le traînant hors du monde des Enfers à travers une caverne du Péloponnèse. Il l’amène à Eurysthée, qui en est si effrayé qu'il demande à Hercule de le remmener au monde souterrain. De passage à Mycènes, le monstre contamine de sa bave empoisonnée des plantes, que les sorcières utiliseront ensuite pour leurs propriétés maléfiques. Iconographie. De nombreuses références à Cerbère se trouvent dans l'art antique grec et romain : dans des sites archéologiques, on trouve des statues et des morceaux de l'architecture inspirés par la mythologie de cette créature. Le thème de Cerbère était assez populaire pendant la période antique, notamment avec la capture du chien par Héraclès. La représentation de Cerbère dans l'art est divergente. Il est parfois représenté avec deux têtes, trois têtes ou bien une seule. Il est extrêmement rare voire impossible de trouver une représentation artistique de Cerbère avec plus de trois têtes. L'une des premières représentations tricéphales est présente sur une coupe qui nous vient de Laconie vers 560 av. J.-C.. On trouve des coupes et des vases le représentant aussi avec des serpents sur la queue et sur le corps. La coupe de Corinthe, qui est l'une des premières représentations datant d'environ 590-580 av. J.-C. le montre avec une seule tête et des serpents lui recouvrant le corps. Les critiques classiques ont identifié l'une des œuvres sur Cerbère comme la , celle-ci étant le vase de Laconie dans lequel Cerbère est montré avec trois têtes, une multitude de serpents lui recouvrant le corps et une queue finissant avec une tête de serpent. On voit très souvent des représentations de serpent sur Cerbère qui fait notamment référence à l'origine de ses parents, Typhon et Echidna.
Culte initiatique
Culte à mystères Les religions à mystères ou cultes à mystères sont des cultes, rituels ou religions apparus dans la civilisation gréco-romaine à des dates variables, mais dont l'expansion la plus grande se situe aux premiers siècles de notre ère, coïncidant avec le développement du christianisme. Un phénomène diffus longtemps schématisé. L'importance de ces cultes est soulignée par Ernest Renan lorsqu'il affirme que « si le christianisme eût été arrêté dans sa croissance par quelque maladie mortelle, le monde eût été mithriaste ». De son côté, Franz Cumont a développé le concept de « religions orientales », qu'il décrit à la fois comme concurrentes et inspiratrices du christianisme. À la fin du , époque de Renan, ou au début du , à l'époque de Cumont, on aborde, sous l'influence ancienne de Montesquieu mais surtout d'Edward Gibbon, la question de l'histoire des religions antiques à travers un prisme évolutionniste qui suppose pour la civilisation antique gréco-latine un apogée (« âge d'or ») et une décadence : les religions dites « orientales » étant vues comme des signes ou comme des causes de la « décadence » de l'Empire romain. Néanmoins, les idées de Cumont sont, depuis au moins les années 1990, en « plein réexamen » et la notion même de « culte à mystères » ou de « religion orientale » pose aux chercheurs de sérieux problèmes de méthodologie et de classement, tant les réalités sont diverses dans le temps et dans l'espace. En outre, ces réalités sont mouvantes : ainsi au , Dionysos (qui n'est pas un dieu olympien) possède un caractère oriental donc « barbare » prononcé dans l'esprit d'un Athénien assistant au spectacle des "Bacchantes" d'Euripide mais, pour un Romain du début de l'empire, par le jeu de l'assimilation à Bacchus ou à Liber, il est une divinité complètement autochtone, surtout face à un Mithra ou à une Isis. Enfin, l"'interpretatio romana", qui consistait à réinterpréter les dieux étrangers comme des retranscriptions des dieux « autochtones », a certainement facilité la cohabitation entre cultes autochtones et cultes plus ou moins étrangers : il est probable que la barrière entre dieux nationaux et dieux étrangers est plus une fiction d'historiens modernes qu'une réalité de l'Antiquité. L'approche du cherche à nuancer les théories des siècles précédents. Par exemple, l'œuvre de Robert Turcan, "Les Cultes orientaux dans le monde romain", est significative de l'évolution de la réflexion, qui se donne un objet plus concret (on va parler de « cultes » plutôt que de « religions ») et plus précisément délimité dans le temps. Étymologie. Le terme « mystère » dérive du latin ', lui-même dérivant du grec ', "mustếrion" (généralement au pluriel : ', "mustếria"), qui signifie « secret », « chose secrète ». Les « mystères » désignent en particulier dans l'Athènes classique l'antique culte semi-officiel des « mystères d'Éleusis ». Un individu adepte de ces mystères est un « », du grec ' ("mustês"), littéralement un « silencieux », c'est-à-dire un homme ou une femme qui a été initié à ce culte ; « myste » vient du verbe "" ("muô"), « rester silencieux » (les philologues considèrent comme probable l'origine onomatopéique du verbe : "mmm" représentant la « non-parole »), ce qui souligne le caractère non-public de ce culte, un caractère « initiatique » au sens antique : le myste ne devait pas parler pendant l'initiation aux mystères. Néanmoins, le grec utilise aussi au moins trois autres familles de mots pour désigner les pratiques religieuses mystériques : "ἑορτή" ("héortè"), « fête », qui s'applique aux cérémonies publiques (par exemple les Grandes Dionysies à Athènes ou les processions isiaques) ; "τελετή" ("télétè"), « cérémonie d'initiation », mais aussi simple « cérémonie » ; ou encore "ὄργια" ("org-ia"), qui n'indique pas une débauche sexuelle mais une possession par le dieu (c'est l'« en-thou-siasme », le « dieu-dans-soi »). Ces mots ou leurs dérivés – par exemple "ὀργιασμός" ("orgiasmos"), dérivé de "ὄργια" – peuvent aussi bien désigner des cultes à initiation que des cultes sans initiation. La richesse du vocabulaire grec sur ce terme marque bien la complexité et la diversité des objets à étudier. Caractéristiques. Une légende mentionnée par Diodore de Sicile attribue à Orphée, prêtre légendaire d'Apollon, l'introduction en Grèce de « mystères » apportés d'Égypte, mais selon les spécialistes l'orphisme lui-même n'est pas un culte à proprement parler. Quant à l'origine « égyptienne » des inventions (comme le mythe platonicien de Thot inventant l'écriture) ou encore au retour d'Asie du dieu ou du héros, ce sont là de véritables "topoi culturels" dans l'empire gréco-latin : ils sont généralement à lire comme des mythes, plutôt que comme des réalités factuelles. Dans le même ordre d'idées, des sources secondaires font remonter les « mystères » à l'Inde antique et attribuent parfois cette idée à Hérodote, mais en fait elle ne figure pas dans ses "Histoires". Quoi qu'il en soit, ces cultes se sont répandus dans tout l'Empire, tant en Orient qu'en Occident. En Gaule, les traces les plus connues de cultes à mystères se situent à Alésia et Bibracte (Autun). Les cultes à mystères se différencient des cultes traditionnels (cultes autochtones du ou des dieux de la cité) sur différents points : ils sont enseignés par des « initiés » et ne concernent pas une ethnie ou une cité particulière. Ils ont un côté secret : pour se mettre à l'abri de tout dévoiement et profanation, ces cultes sont souvent accomplis à l'abri des regards (mais certains aspects sont publics : ainsi les processions d'Isis, très bien décrites par Apulée). À l'instar des philosophies en vogue dans les premiers siècles de notre ère – en particulier le stoïcisme et le platonisme –, ces religions s'articulent souvent sur des idées d'universalisme, de conversion des mœurs, de purification, de salvation, ainsi que sur un discours concernant l'au-delà. L'initié doit montrer sa force morale, son courage, sa droiture et pratiquer les vertus. Certains thaumaturges célèbres des premiers siècles de notre ère (Apollonius de Tyane, Jamblique) semblent devoir être mis en relation avec les cultes à mystères. Mais la divulgation des mystères peut aussi se produire et être la source d'un scandale public (on connaît bien le cas d'Alcibiade à Athènes, accusé d'avoir parodié les mystères d'Éleusis, ou celui de Clodius qui se déguise en femme pour assister au culte de Bona Dea à Rome). Les participants de certains cultes subissent des initiations successives, apprenant graduellement ce qui est présenté comme des secrets de la nature, ou de la divinité ; ils progressent éventuellement dans des grades (l'exemple le plus connu est le culte de Mithra qui comporte sept grades). Dans son parcours, l'initié doit souvent jurer. Ce serment est une preuve de son statut d'homme libre (l'esclave ne peut le faire). Néanmoins, les cultes à mystères tendront de plus en plus à admettre les non-citoyens, c'est-à-dire les femmes et les esclaves. Ces cultes apportent, contrairement aux cultes traditionnels, une vision nouvelle de l'après-vie, plus encourageante que la simple éternité dans les Champs Élysées des Enfers réservés aux plus méritants, les héros. En général, ces cultes proviennent de l'Orient (à l'instar du Dionysos de la tradition) mais aussi de pays barbares au nord de la Grèce (Orphée est thrace). Cultes. Les religions à mystères les plus connues sont : Mais on peut aussi mentionner les cultes suivants, qui peuvent comporter un aspect de culte à mystères :
Chronobiologie La chronobiologie est une discipline scientifique étudiant l’organisation temporelle des êtres vivants, des mécanismes qui en assurent la régulation (contrôle, maintien) et de ses altérations. Cette discipline traite essentiellement de l’étude des rythmes biologiques. Histoire. Premières observations. L’Homme préhistorique acquiert déjà une connaissance sommaire de l’organisation temporelle des êtres vivants (maturité des fruits, migration du gibier, frai des saumons). L’Homme du Néolithique maîtrise l'agriculture et l'élevage par sa connaissance du cycle végétal et du cycle reproducteur des animaux. Les premiers écrits décrivant les rythmes biologiques concernent la biologie végétale. Ils remontent au : Théophraste rapporte dans son "Histoire des plantes" qu’Androsthène observe sur l’île de Tylos un arbre : ce photopériodisme concerne probablement le tamarinier. Au , le médecin italien Santorio Santorio met en évidence le rythme circadien chez l’Homme en mesurant la variation journalière de son poids. Premières expérimentations et applications. En 1729, le savant français Jean-Jacques Dortous de Mairan étudie la nyctinastie chez le mimosa pudique, appelé aussi sensitive : même placée dans l’obscurité totale et dans un environnement constant (température, humidité), la plante continuait d’ouvrir ses feuilles (comme elle le fait pendant le jour) et les replier la nuit. Il expérimente ainsi pour la première fois les rythmes circadiens et montre ainsi leur nature endogène. En 1751, le naturaliste suédois Carl von Linné applique ce phénomène de nyctinastie pour concevoir une horloge florale. En 1814, le médecin Julien Joseph Virey (1755-1836) publie "Éphémérides de la vie humaine, ou Recherches sur la révolution journalière et la périodicité de ses phénomènes dans la santé et les maladies", première thèse de chronopharmacologie dans laquelle il pose la terminologie . En 1832, Augustin Pyrame de Candolle découvre que la nyctinastie de la sensitive s’exerce sur une périodicité de 22 à , montrant l’existence d’une période endogène en cours libre. Il réalise aussi la première expérience de resynchronisation biologique en exposant la sensitive à l’obscurité le jour et à un éclairage permanent la nuit. En 1910, l'entomologiste Auguste Forel est le premier à mettre en évidence une horloge interne chez les animaux : observant que les abeilles étaient attirées par la confiture à chaque fois qu'il petit-déjeunait sur la terrasse de son chalet, il nota, par un jour de mauvais temps, qu'elles revenaient à la même heure sur sa terrasse alors qu'il prenait son petit-déjeuner à l'intérieur et qu'elles ne pouvaient la sentir. En 1911, l’éthologiste allemand Karl von Frisch, en étudiant le contrôle photique de la pigmentation cutanée d'un poisson, le Vairon, découvre un mécanisme qu'il nomme « photoréception extraoculaire », cette photoréception contrôlée par la glande pinéale jouant un rôle important dans la photorégulation physiologique et la synchronisation métabolique. À partir de 1914, il porte toutes ses recherches sur l’abeille et montre avec son étudiante que l'insecte dispose d’une horloge interne, avec trois mécanismes de synchronisation ou de réglage. En 1915 dans son ouvrage "Contributions à la connaissance sur l'origine des mouvements de sommeil", le botaniste Wilhelm Pfeffer est le premier à émettre l'hypothèse d'une horloge interne autonome . En 1920, les botanistes américains Whigtman Garner et Henry Allard font une étude approfondie sur le photopériodisme et classent un grand nombre de plantes en jours courts et longs. En 1925, le biophysicien russe Alexander Chizhevsky établit une relation entre les tempêtes solaires et les catastrophes sur terre (guerres, épidémies, meurtres). Il fonde l’héliobiologie qui sera plus tard intégrée à la chronobiologie. Recherche contemporaine. Les premiers laboratoires scientifiques étudiant les oscillations biologiques se mettent en place dans les années 1920. En 1935, le biologiste allemand Erwin Bünning montre l’origine génétique du rythme circadien chez des plantes. Les travaux exhaustifs de Jürgen Aschoff, Erwin Bünning et Colin Pittendrigh dans les années 1950 sur les horloges circadiennes des oiseaux et souris, font qu’ils sont considérés comme les fondateurs de la chronobiologie. Franz Halberg, de l’université du Minnesota, qui a étudié l’influence de l’heure d’administration des médicaments et inventé le mot circadien en 1959, est considéré comme le « père de la chronobiologie américaine ». En France, c’est Alain Reinberg qui fait figure de pionnier. En 1960, le symposium à jette les bases pour le domaine de la chronobiologie. La même année, Patricia DeCoursey invente la "" (courbe de réponse de phase), un des principaux outils utilisés dans le domaine. Dans les années 1970, le premier gène de l’horloge, nommé "per" (pour ) est mis en évidence dans le règne animal (drosophile, en 1971 chez le rongeur), d'autres gènes de ce type sont identifiés dans le règne végétal (algue "Chlamydomonas reinhardtii"), fongique ("Neurospora crassa"). Des expériences « hors du temps » (isolement temporel selon le protocole de libre cours) sont menées par les biologistes allemands Jürgen Aschoff et Rutger Wever (1962) et par Michel Siffre (en 1962 et 1999) : elles montrent que diverses fonctions humaines (physiologiques, cognitives ou comportementales) sont contrôlées par une horloge circadienne de période endogène en cours libre ( et en moyenne : 24 h 5 min chez les femmes, 24 h 11 min chez les hommes, ce qui explique qu'en moyenne les femmes ont besoin de se coucher plus tôt et sont plus sujettes aux insomnies que les hommes). En 1992, Michael Rosbash met en évidence des horloges circadiennes au niveau moléculaire (ARN messager de "per"). En 1997, une étude révèle que la majorité des cellules possède une horloge moléculaire indépendante. En 2005, une horloge d'une cyanobactérie est reconstituée dans un tube à essai. Si la chronobiologie actuelle s'intéresse à la génétique et aux niveaux moléculaires (par exemple les travaux du docteur James Bendayan qui étudie les différences de rythmicité des génomes différents chez les femmes et les hommes) elle porte également son attention sur les impacts des rythmes biologiques dans un référentiel calqué sur la vie quotidienne des êtres humains et des sociétés, au travers de la chronomédecine, de la variation de la performance humaine (sports, cognition), de la chronobiologie appliquée où plus récemment de la chronoprévention des risques (influences du travail posté et du travail de nuit sur la santé au travail, analyse et couverture des risques, problématiques de santé publique). Chronobiologie et homéostasie. Bien que l’idée du facteur temps en biologie et en médecine ne soit pas nouvelle (notion que l’on retrouve chez Aristote et Pline qui constatent la rythmicité dans la reproduction, la floraison, l’hibernation ou la migration), les réflexions, recherches et pratiques de ces dernières décennies ont longtemps été influencées par une croyance en l’invariance des êtres vivants sur le « court terme », à l’échelle des , tout comme à l’échelle d’une année. Certains parlent à cet égard de dogme en visant plus ou moins directement le concept d’homéostasie, que l’on retrouve chez Walter Cannon s’inspirant des idées sur la stabilité du milieu intérieur de Claude Bernard. La contradiction entre le sujet d’étude de la chronobiologie et ce concept n’est qu’apparente et est probablement due à une mauvaise interprétation. En effet, l’homéostasie traite de la capacité qu’a le milieu intérieur d’un être vivant à se maintenir dans un état apparemment ou globalement stable et ce malgré les fluctuations et changements survenant au sein de son environnement. Or ce dernier n’est jamais constant, ses caractères perceptibles évoluent sans cesse : L’effet de fluctuations rythmiques (comme l’alternance jour/nuit sur , ou jours courts / jours longs sur une année) sur un organisme qui se veut homéostatique induit logiquement une compensation du même ordre en vue du maintien de l’organisme observé. Ces rétrocontrôles ou feed-backs réguliers permettent donc l’équilibre d’un état de « non-équilibre ». La chronobiologie s’inscrit à ce titre dans le cadre de l’étude des processus non linéaires, que l’on retrouve en thermodynamique chez des chercheurs comme Prigogine ou en science des systèmes. Elle traite donc d’oscillations des systèmes ouverts et évolutifs. Selon Alain Reinberg, de nombreux chronobiologistes s’accordent à dire que, globalement, les rythmes biologiques correspondent à une adaptation des êtres vivants aux variations prévisibles de l’environnement. La question du « Pourquoi ? » des rythmes biologiques reste toutefois « embarrassante » : selon l’auteur, tenter d’y répondre correspondrait à introduire la question de la finalité, et plus précisément celle des mécanismes de l’évolution des êtres organisés, de leur adaptation spécifique (relative à l’espèce) et individuelle à l’environnement. Dans cette situation il est donc difficile de fournir des « preuves expérimentales » de ce que l’on avance. Les rythmes biologiques peuvent donc apparaître comme une « condition » de la survie des individus ou d’une espèce dans la périodicité de l’environnement terrestre. Il faut toutefois remarquer qu’il existe certains rythmes qui ne "semblent" pas correspondre de prime abord à une nécessité environnementale. Le concept d’homéostasie doit donc impérativement intégrer les notions de dynamique et de biopériodicité. La notion d’équilibre en biologie, lorsque cet équilibre n’est pas dynamique (un déséquilibre perpétuellement rattrapé), est synonyme de mort. Caractérisation des rythmes biologiques. Un rythme biologique se caractérise par sa période, l’emplacement de l’acrophase (ou pic, ou sommet, ou zénith) de la variation dans l’échelle de temps de la période, l’amplitude et le niveau moyen de la variation (MESOR). Période. Intervalle de temps mesuré entre deux épisodes qui vont se reproduire identiques à eux-mêmes au cours de la variation. La période du rythme d’une variable biologique peut être obtenue par analyse spectrale, fournissant une estimation de la période prépondérante fondamentale et de ses harmoniques. On peut aussi l’obtenir via la connaissance du rythme des synchroniseurs (conditions expérimentales). En fonction de la période prépondérante, la chronobiologie distingue trois grands domaines de rythmes : Une même variable biologique manifeste sa rythmicité dans plusieurs de ces domaines (exemple du cortisol plasmatique). Acrophase. L’acrophase (pic, ou zénith), dont l’opposé est la « batyphase » ou « bathyphase », est la position de la plus haute valeur de la variable biologique mesurée dans l’échelle du temps, pour la période considérée en fonction d’une référence temporelle. Lorsque l’on se trouve dans le domaine circadien, le pic peut être donné en heures avec comme référence une heure (par exemple minuit de l’heure locale). Il est possible de donner l’emplacement de l’acrophase par rapport à la température corporelle, mais cela reste beaucoup plus rare. Lorsqu’on utilise la méthode du Cosinor, le pic sera le point le plus élevé de la fonction sinusoïdale, mais la plupart du temps on parle de pic au regard des valeurs expérimentales. Amplitude. La caractérisation est la même qu’en sciences physiques ou en mathématiques. Elle représente la variation totale de la valeur biologique mesurée sur la période considérée. Mesor ou niveau moyen du rythme. MESOR pour . Il s’agit de la moyenne arithmétique des mesures de la variable biologique. Propriétés des rythmes biologiques. Les rythmes biologiques ont une origine à la fois endogène et exogène : Origine endogène. Leur origine est génétique, ils sont innés et ne résultent pas d’un apprentissage individuel. Ils sont gouvernés par des "horloges biologiques" (ou "garde-temps"). Cette caractéristique peut être mise en évidence par une isolation (protocole de libre cours) durant laquelle les rythmes persistent sur une fréquence qui leur est propre. Ces facteurs endogènes sont entraînés par des facteurs exogènes, les "Zeitgebers" ou synchroniseurs. L’origine endogène prend son origine de la constitution génétique de l’espèce et de ses individus. Il est possible qu’interviennent d’une part des gènes programmant directement le rythme considéré et d’autre part la structure d’ensemble de l’individu dépendant à la fois de l’ensemble des autres données génétiques et de facteurs socio-psycho-biologiques exogènes. On connaît une horloge principale localisée dans l’hypothalamus et des "horloges secondaires" dont plusieurs sont gérées, elles aussi au niveau cérébral. Il existe plusieurs gènes codant diverses horloges biologiques : on a, par exemple, décrit une horloge alimentaire qui réglerait la préparation digestive au repas à venir ( Étienne Challet "et al.", du ). Rythmes d'origine centrale et rythmes d'origine périphérique. En fait, toutes les cellules de l’organisme, et pas seulement celles qui appartiennent aux structures cérébrales plus spécialisées, sont dotées d’une horloge propre qui est difficile à mettre en évidence dans les conditions habituelles du laboratoire. Benoît Kornmann et ses collaborateurs ont découvert la possibilité de laisser en activité ou d’annihiler l’horloge de cellules hépatiques ; cela a permis de déterminer que leur rythme circadien est à 90 % d’origine « locale » mais qu’il existe un impact « global » (central et/ou lié directement aux synchroniseurs externes) de 10 % au moins. Cette part est très robuste et persiste lorsqu’on bloque l’horloge propre des cellules périphériques. Facteurs d'entraînements exogènes, ou synchroniseurs. Le synchroniseur est un facteur environnemental, parfois social, mais toujours périodique, susceptible de modifier la période ou la phase d’un cycle biologique. Les synchroniseurs ne créent pas les rythmes biologiques mais ils en contrôlent la période et la phase. Les principaux agents d’entraînement des rythmes chez l’homme sont de nature cognitive, ainsi les indicateurs socioécologiques y jouent un grand rôle. On peut citer ici l’alternance activité/repos, lumière/obscurité au niveau quotidien, ou encore la photopériode (jours courts / jours longs) et la température au niveau annuel ou saisonnier. Conclusions et implications. Les rythmes biologiques sont donc entraînables (ajustement de la période des rythmes) mais aussi persistants (mise en évidence par protocoles de ou libres cours, dans lesquels on coupe l’individu de tous signaux susceptibles de le resynchroniser). On peut déplacer leurs phases par induction via la manipulation des synchroniseurs (lumière essentiellement) et ainsi créer des avances ou des retards de ces phases, on peut ainsi en cas de pathologie remettre à l’heure l’horloge biologique et ainsi remettre en phase l’organisation temporelle de l’individu. Les rythmes circadiens, quasiment ubiquitaires, sont peut-être les rythmes biologiques les plus remarquables et les plus facilement observables. D’autres synchroniseurs – sociaux notamment – s’adressent à notre cortex. Ils sont des signaux et peuvent être appris. Grâce à un travail cérébral spécifique, tout signal perçu comme repère temporel peut devenir un synchroniseur et orienter notre « vécu » circadien, mais aussi, le cas échéant, circannuel, ultradien Autrement formulé, notre « horlogerie » interne est influencée par le bruit des voisins, le déclenchement de la sonnerie du réveil, l’heure de passage du facteur, le moment quotidien pendant lequel telle personne a pris l’habitude de nous téléphoner — la liste est longue. Chez l’homme, les synchroniseurs sociaux ont un effet plus important que les synchroniseurs naturels, mais on observe des phénomènes semblables chez certains animaux sociaux qui se synchronisent grâce aux informations données par leurs congénères. Un synchroniseur social peut en remplacer un autre par un phénomène d’apprentissage. Désynchronisation. La désynchronisation correspond à une perte de la relation de phase des rythmes biologiques. Elle peut être d’origine externe (liée aux modifications de l’environnement) ou interne (sans relation directe avec l’environnement). Désynchronisation externe. Travail posté. Le travail de nuit ou le travail posté peuvent provoquer une désynchronisation de l’organisation temporelle de l’individu (il est difficile de prédire qui est tolérant ou non à ce type de travail). Décalage horaire ou. En cas de vol transméridien supérieur à environ cinq heures (phénomène de décalage horaire) on observe une désynchronisation chez les individus. Cécité totale. Les aveugles dont la rétine est complètement inopérante (la rétine contient des récepteurs non photiques permettant de stimuler la sécrétion de mélatonine par la glande pinéale) présentent de nombreux troubles de leur organisation temporelle. La lumière ne pouvant pas être traduite en signal hormonal de synchronisation, il s’ensuit des symptômes similaires à ceux pouvant apparaître dans d’autres cas de désynchronisation. Désynchronisation interne. Cette dernière est mal comprise. Elle est affectée par l’âge, la dépression, ou les cancers hormono-dépendants (sein, ovaires, prostate). Mise en évidence d'une désynchronisation. On peut la mettre en valeur via l’étude de rythmes marqueurs (cortisol plasmatique, mélatonine plasmatique, température). Si la désynchronisation est mise en évidence, ces marqueurs seront dits soit en avance de phase, soit en retard de phase par rapport à l’organisation temporelle de référence ("normale") pour l’individu étudié. Désynchronisation et perte de poids. L’horloge circadienne périphérique des tissus adipeux. L’horloge centrale, soit celle située dans les noyaux suprachiasmatiques (NSC), régule les horloges périphériques par entrée neuronale directe. Par contre, les entrées sympathiques seules ne peuvent être responsable de toutes les activités circadiennes. Il y a présence d’une horloge dans plusieurs organes liés à l’apport alimentaire comme l’estomac, l’intestin, le pancréas ainsi que le foie. Un changement dans l’alimentation peut influencer par entraînement neurohumoral les mécanismes des horloges circadiennes périphériques. De plus, la présence d'une horloge circadienne active dans le tissu adipeux suggère qu'il existe une composante temporelle à la régulation de la fonction des tissus adipeux. L’horloge circadienne dans l’adipocyte modifie la sensibilité de ce dernier à des stimuli spécifiques différents au cours de la journée de 24 heures tels l’insuline ou encore l’adrénaline. L’horloge des adipocytes peut aussi modifier la capacité de stockage des triglycérides comme la périlipine. Une asynchronie entre le sommeil et l’alimentation altère l’horloge circadienne de l’adipocyte et cette altération serait responsable de l’augmentation de l’adiposité. Une modification dans l’horaire d’alimentation peut aussi modifier la phase d’expression de gènes avec un rythme circadien jusqu’à 12 h sans affecter la phase de l’expression circadienne dans le NSC. Dans ce cas, il y a donc désaccouplement des horloges périphériques avec l’horloge centrale. Ce réajustement de phase fait par les horloges périphériques à la suite d'un changement dans l’horaire alimentaire se produit rapidement dans le foie, mais est plus lent dans les reins, le cœur et le pancréas. Impact du moment de la prise alimentaire sur la leptine. Bien que les mécanismes reliant la synchronisation des repas et la prise de poids soient encore méconnus, il semble que les hormones y aient leur rôle à jouer. L'expression rythmique et l'activité des voies métaboliques sont principalement attribuées à la robustesse et l'expression coordonnée des gènes de l’horloge dans les différents organes et tissus. Or, les changements dans le moment de l'apport calorifique peuvent altérer ce bien construit et modifier la rythmicité de nombreuses hormones impliquées dans le métabolisme, telles que la leptine ou encore la ghréline. En fait, les études réalisées en laboratoire ont montré que les moments durant lesquels les souris étaient éveillées et en train de manger au cours de leur nuit biologique, (c’est-à-dire le jour dans le cas des souris, puisque ce sont des animaux nocturnes) a entraîné de multiples changements métaboliques. Cela comprend notamment une modification de la sécrétion de leptine, une hormone anorexigène qui procure le sentiment de satiété à l’organisme en inhibant les neurones NPY / AgRP et en activant les neurones POMC / CART. Plus précisément, il a été montré que les valeurs plasmatiques de leptine nocturne étaient significativement diminuées. Habituellement, c’est-à-dire lorsque l’apport alimentaire est fait durant le jour biologique (la nuit pour les souris), la sécrétion de leptine par les tissus adipeux est faite proportionnellement aux réserves lipidiques. Or, plus les réserves sont élevées, plus la sécrétion de l’hormone est élevée, ce qui signifie une augmentation de la sensation de satiété et une diminution de l’apport calorifique. Par conséquent, les variations quotidiennes de l'apport alimentaire jouent directement sur la sécrétion de leptine puisqu’elle augmente après l'alimentation et diminue pendant le jeûne. Maintenant, le problème avec les souris nourries durant la nuit biologique est que le taux de leptine étant significativement inférieur, le sentiment de satiété est moindre contrairement aux souris nourries la nuit. Ainsi, la faible quantité de l’anorexigène tend à favoriser l’augmentation de l’apport calorifique par jour et ce, bien que les besoins énergétiques restent inchangés. Ce serait ainsi une cause de la prise de poids. C’est d’ailleurs un phénomène qui est aussi présent chez l’homme. Impact du déphasage de la corticostérone et de l’insuline. Comme mentionné précédemment, le moment auquel l’apport calorifique est effectué a un effet direct sur la sécrétion d’hormones, dont la corticostérone fait partie. Il a été montré expérimentalement qu’une souris habituellement nourrie la nuit et dont le rythme alimentaire est bouleversé par l’apport de ses repas le jour, montre un haut pic de corticostérone lors des repas. Il est donc suggéré que cette hormone serait liée invariablement à la prise inhabituelle de poids. En effectuant une ablation de la glande adrénale, responsable de la production de corticostérone, il est maintenant possible d’observer une perte de poids. Cela serait dû au fait que la corticostérone augmente la lipogénèse et l’accumulation de gras abdominal. La lipogénèse, se faisant normalement lorsque l’animal est en grande période d’activité, limite la création de gras abdominaux. Par contre, si elle se produit durant une phase peu active de la journée, son effet est grandement augmenté. L’insuline est également responsable de la prise de poids chez l’homme. Une expérience se faisant sur des rats a montré ses effets. Chez des rats ayant six repas par jour répartis sur une période de , le niveau de glucose dans le sang était très régulier durant la période de lumière. Par contre, les deux repas donnés pendant la nuit engendraient un niveau d’insuline beaucoup plus haut. Ainsi, le glucose sanguin s’est vu largement diminué par l’effet de l’insuline. Les rats normalement actifs la nuit et mangeant à cette période voient leur métabolisme complètement bouleversé lorsqu’ils mangent en journée. Le glucose sanguin devient alors plus élevé, ce qui amène à des risques d’augmenter la masse adipeuse de l’individu. Impact du déphasage sur le métabolisme des souris. La désynchronisation des divers éléments humoraux du métabolisme présentés plus haut est impliquée dans le découplement de deux paramètres importants du métabolisme : le ratio d’échange respiratoire (RER) et la dépense énergétique des cellules. En situation de restriction alimentaire à la nuit subjective plutôt que durant le jour subjectif, le RER subit un déphasage d’environ 10 heures dans les cellules hépatiques. Cela signifie que la prise de nourriture a un impact plus important dans les cellules du foie que l’horloge centrale. En situation de nutrition sans restriction, le RER fluctue de façon à synchroniser les moments où l’énergie provient des réserves de gras ou des intrants provenant de l’alimentation. Ici, la restriction de nourriture lors de la nuit subjective augmente la valeur moyenne de ce paramètre sur toute la période de 24 heures, indiquant que moins de réserves de gras sont sollicitées par la dépense énergétique. Le jour, la dépense énergétique vient en grande partie de l’activité musculaire, qui repose sur l’utilisation des carbohydrates (fournis directement par l’alimentation) imposée par une valeur élevée du RER (au-dessus de 1). Celui-ci étant moins sensible au "Zeitgeber" alimentaire, son déphasage se situe donc entre 5 et 7 heures, ce qui le désynchronise d’avec le déphasage du RER du foie (10h). De plus, la dépense énergétique est environ 9 % plus faible durant toute la période de 24 heures, signifiant qu’en plus de ne pas être en phase avec les pics d’utilisation des carbohydrates, moins d’énergie est dépensée par l’organisme. Ainsi, garder plus de gras stocké chez les souris nourries durant leur nuit subjective, couplé à une diminution des dépenses énergétiques, entraîne une augmentation du nombre de cellules adipeuses des individus. La désynchronisation des rythmes du foie, qui fournit une grande partie de l’énergie durant la nuit, entraîne une utilisation moins efficace du glycogène et un fort débalancement de l’homéostasie énergétique du corps, pouvant avoir des impacts sur la prise de poids. Pour conclure, plusieurs hypothèses sont émis selon lesquelles le moment auquel l’apport alimentaire est effectué aurait des impacts sur la prise de poids. En effet, le changement dans le taux de sécrétion d’hormone telles que la leptine, la ghréline, la corticostérone et l’insuline, ainsi que la diminution de l’activité physique de l’individu semble être les causes principales de ce gain. Par contre, le mécanisme précis qui explique le lien direct entre ces composantes et la prise de poids reste encore inconnu et ce, bien que le lien entre ceux-ci et l'embonpoint soit prouvé. Autres facteurs pouvant affecter les rythmes biologiques. Le sexe : la notion de rythme chez la femme est moins facile à étudier que chez l’homme (cycles menstruels). La surface corporelle joue également. L’âge est un facteur dont il faut tenir compte : Rythmes circadiens pendant le développement fœtal Les rythmes circadiens chez l’humain sont générés à partir des noyaux suprachiasmatiques (NSC) de l’hypothalamus. Ces NSC prennent du temps à être formés, mais on peut observer leur structure complète à partir d’environ 18 à 20 semaines de grossesse chez l’humain. En étudiant le développement natal chez les primates, on observe qu’après une exposition lumineuse pendant la nuit, il y a une forte augmentation de l’activité métabolique et de l’expression des gènes "c-fos" et "per1" dans les NSC à des âges équivalents à 24 semaines de gestation pour les humains. Cela prouve que l’horloge circadienne très prématurée répond aux signaux lumineux. Comme le fœtus est dépourvu de tout "Zeitgeber" (les entrées de l’environnement), l’entrainement circadien de ses NSC implique la communication maternelle de signaux circadiens. En effet, les signaux maternels sont requis pour l’entrainement de la synchronisation des rythmes postnataux du fœtus. Les premières études suggérant que l’horloge biologique du fœtus devait probablement provenir de la mère ont été faites sur des rats. Les chercheurs ont en fait déterminé que l’enzyme qui assure la production de mélatonine continuait de suivre un rythme circadien même si les sujets, soit des fœtus de rats, avaient été mis dans des environnements qui ne suivaient pas des cycles « light-dark » (LD). Ainsi, même s’ils étaient en conditions constantes, soit de lumière ou de noirceur, l’enzyme continuait de suivre un certain rythme indépendamment de l’environnement extérieur. Les fœtus étaient donc synchronisés avec le rythme de leur mère. À partir de là, plusieurs études ont été faites également chez les humains. La mère peut effectivement transmettre son cycle circadien au fœtus par de nombreuses façons, comme par la rythmicité de sa température corporelle, par la libération de cortisol et de mélatonine, par les contractions de son utérus, par les variations de la concentration de glucose, ou encore, par la libération de CRF («corticosterone releasing factor») où la corticostérone vient influencer le rythme circadien de l’activité utérine. En ce qui concerne la sécrétion rythmique du cortisol par la mère, il a effectivement été démontré que bloquer le cortisol maternel, avec de la triamcinolone par exemple, peut provoquer la perte du rythme circadien des battements cardiaques, de la respiration et de la mobilité chez le fœtus. De plus, des chercheurs ont suggéré que, chez l’humain, le niveau de glucocorticoïde maternel pouvait influencer le fonctionnement de la glande surrénale du fœtus, et de ce fait, entraîner son rythme circadien. Les rythmes circadiens maternels de CRF et de cortisol peuvent influencer l’activité des NSC du fœtus par leur grande quantité de récepteurs de glucocorticoïde lors du développement fœtal. Une autre composante qui participe grandement au développement du fœtus et du nouveau-né ainsi qu’à la régulation des rythmes circadiens est la mélatonine. Cette hormone est toutefois particulière puisque sa synthèse apparaît seulement après la naissance du nourrisson. Ainsi, durant la grossesse, elle doit être transmise par la mère via le placenta. Elle sera alors en mesure d’agir sur le fœtus grâce à ses récepteurs spécifiques présents sur les NSC à partir de la 18e semaine de grossesse, soit au même moment où les NSC sont complètement formés. Comme la mélatonine a déjà une sécrétion rythmique chez la mère, c’est elle qui va dicter au fœtus le rythme selon le jour et la nuit. Après la naissance, c’est le nourrisson qui commence à la produire de façon endogène, mais un rythme jour-nuit est réellement perçu à partir d’environ 3 mois. On sait que la mélatonine est entre autres responsable des cycles éveil-sommeil par sa sécrétion plus accrue durant la nuit, mais elle participe également à la régulation d’autres cycles dont la température corporelle. Elle ne peut donc pas être négligée. Les rythmes circadiens du fœtus apparaissent séquentiellement lors du développement. En effet, à partir de la 22e semaine, on peut déjà observer le rythme de la fréquence cardiaque qui débute. Environ à la 29e semaine de gestation, on observe une rythmicité du cycle repos-activité et de la température corporelle entrainée sur une période de 24 heures. De plus, vers la 28e semaine de la grossesse, le sommeil et le cycle de sommeil apparaissent. Ils sont essentiels au développement neurosensoriel et moteur ainsi que pour la création de la mémoire et du maintien de la plasticité cérébrale. Il est important de noter que ce cycle de sommeil ne correspond pas à celui qu’un adulte connait, il est plutôt en développement et ce développement se poursuit également après la naissance. Par exemple, chez le nouveau-né, les périodes de sommeil sont courtes et nombreuses dans une journée de façon irrégulière. Ces périodes vont durer entre 2.5 et 4 heures, le nouveau-né dort donc au total entre 16 et 18 heures par jour. Dans les mois qui suivent la naissance, la période de sommeil sans interruption s’allonge graduellement et la fréquence dans une journée diminue pour éventuellement donner un cycle normal qui suit le jour et la nuit. Finalement, au cours de la 36e semaine de gestation, il y a la formation de la voie rétino-hypothalamique. Cette dernière achemine la lumière de l’environnement aux NSC. Conditions externes lors du développement Il est important de noter que le développement des cycles circadiens chez les nouveau-nés n’est pas seulement dû à la maturité des NSC, il est également influencé par les différentes expositions aux Zeitgebers dans la période postnatale. Plusieurs études ont été faites à ce sujet. Par exemple, dans une étude, le premier groupe est formé de nourrissons nés à terme, qui n’ont pas besoin d’être gardés à long terme à l’hôpital, ils peuvent donc se développer dans une maison exposée aux conditions normales de l’environnement et où la seule personne qui leur donne les soins est leur mère. Ils sont donc exposés au patron circadien social et comportemental d’une seule personne. Le deuxième groupe est formé de nourrissons prématurés gardés à l’hôpital plus longtemps où ils sont placés dans une pièce à éclairage constant avec de nombreuses personnes qui leur donnent les soins. À la fin de cette étude, les chercheurs ont constaté que de la 6e à la 12e semaine postnatale, il était possible d’observer que les enfants restés sous un cycle normal de lumière-noirceur avaient pris plus de poids et dormaient plus que ceux restés en conditions de lumière constante. L’analyse de plusieurs situations semblables démontre que les enfants exposés à un cycle normale de lumière-noirceur développent plus rapidement leurs cycles circadiens que les autres en conditions de lumière constante. Ils seraient également moins malades et grandiraient plus vite. En effet, pour ce qui est de la croissance des jeunes enfants, le fait de dérégler les cycles jour-nuit par un environnement où il y a toujours de la lumière vient affecter la rythmicité de l’hormone de croissance. Il est donc important pour les nouveau-nés que leur horloge interne soit éduquée à un très jeune âge. Un autre exemple qui appuie ces observations est l’étude de deux groupes de bébés prématurés, où l’un d’eux a eu droit à un masque photothérapeutique plusieurs jours avant la sortie de l’hôpital, soit de 18 à 52 jours. Les jeunes bambins ont ensuite été amenés dans un environnement normal à la maison où l’éclairage suit le cycle jour-nuit. Le deuxième groupe n’avait pas accès à ce traitement et était donc soumis à la lumière constante de l’hôpital. Comme mentionné plus haut, l’exposition à cette lumière de façon constante a beaucoup de répercussions. Dans cette étude, il a été montré que le premier groupe, à l’âge de 52 semaines, avait développé un rythme circadien de mélatonine identique à celui des nourrissons non-prématurés, mais que le deuxième groupe prenait plus de temps pour développer leurs rythmes circadiens, incluant celui de la mélatonine. Cela permet de constater que dans ces situations, ce n’est bien pas le fait d’être prématuré qui affecte les rythmes, mais plutôt les conditions de l’environnement extérieur. Ainsi, ces études montrent que les Zeitgebers, dont l’éclaircissement cyclique lors de la période postnatale, ont un grand rôle à jouer dans le développement des cycles circadiens chez les nouveau-nés. Exemples d'applications. En France, Michel Siffre, spéléologue, a réalisé l'une des premières expérience d’isolement "hors temps" dans le gouffre du Scarasson, du 18 juillet au à d’altitude dans les Alpes italiennes (entre Limone et Tende). Les conditions de cette expérimentation peuvent se rapprocher des conditions de , situation dans laquelle les individus étudiés sont privés de tous synchroniseurs. Le permet de mettre en valeur les périodes des rythmes endogènes de chaque individu. Le (Canada) a étudié les rythmes circadiens de la souris et sur les phénomènes psychopathologiques humains. Chronopsychologie. En 1967, dans "Psychologie du temps", Paul Fraisse crée et développe la notion de chronopsychologie. François Testu (université de Tours), a étudié les rythmes d’apprentissage chez l’enfant, en leur faisant faire des exercices simples et en regardant les taux de réussite selon les heures. Il a observé la présence de deux acrophases, vers et (acrophase qui n’existe pas chez les petits enfants), et de deux batyphases, la première vers (elle n’est pas directement et uniquement liée à la digestion du déjeuner, sinon il y aurait également une batyphase durant toute période post-prandiale, après toute prise d’aliments). Elle dure environ , (entre et ). Cette baisse est très liée à la baisse physiologique de la vigilance correspondant au creux méridien. Claire Leconte s’étonne de voir un tel résultat sur les rythmes d’apprentissage chez l’enfant : est-il réveillé la nuit pour faire une épreuve d’attention ? Cette dernière est sans doute liée à la chute de la température, qui est au plus bas entre 3 et du matin. Outre ce cycle circadien d’attention, on note aussi un cycle ultradien d’environ , ce que Nathaniel Kleitman appelle le BRAC (, Cycle fondamental activité-repos). Par exemple après le début d’un cours, l’attention est à son maximum après environ , puis décroît et la batyphase se situe vers . Aucune recherche n’a permis de confirmer un tel résultat, la variation de l’attention lors d’un cours d’une heure est très dépendante du contenu de ce cours, de la compétence de l’enfant par rapport à l’activité à réaliser, de la motivation que cet enfant éprouve pour ce cours, du contexte pédagogique dans lequel il est fait. Dans les expériences menées, on relève de grandes différences inter-individuelles. Une étude américaine a révélé un cycle d’attention correspondant à l’intervalle entre les publicités qui coupent les émissions télévisées. Chronothérapie. Les études et découvertes en chronobiologie ont découlé de nouvelles façons de traiter certaines pathologies. Cette branche de la chronobiologie est dite chronothérapie et vise à traiter les patients en fonction de leur horloge endogène pour maximiser les bénéfices du traitement, et réduire les effets secondaires. Cela peut être une approche possible de traitement pour les troubles bipolaires. Rôle dans l'accidentologie. Alain Reinberg, en citant Folkard, insiste sur la place de la chronobiologie en accidentologie et donne quelques raisons : Ces variations de vigilance sont très étudiées dans le cas de surveillance du pilotage des navires (organisation en quarts) ou de salles de contrôles d'installation industrielles (usines chimiques, centrales nucléaires) ou de trafic (tour de contrôle, Cross). Des catastrophes industrielles de l'époque moderne se sont produites au cœur de la nuit, à un moment de vigilance moindre ; on peut citer l'exemple célèbre du naufrage du "Titanic" qui s'est produit durant la période critique aux alentours de 23 h et 1 h du matin. Justice et management. En 2011, une étude sur l’impartialité de la justice a montré que les libérations sur parole accordées par les tribunaux varient de 65 % (après une restauration) à pratiquement zéro relaxe obtenue avant la pause déjeuner. Recherche sur l'horloge biologique. L'horloge biologique est déjà largement pressentie au . En 1729 l'astronome français Jean-Jacques Dortous de Mairan cite ainsi comme exemple la feuilles du Mimosa se fermant au crépuscule et s'ouvrant à l'aube (même quand elle est conservée [vivante] dans l'obscurité). Parallèlement à la découverte de l'importance de la mélatonine, ce n'est qu'au XXᵉ siècle que le mécanisme génétique et moléculaire commence à être expliqué. Seymour Benzer et Ronald Konopka au California Institute of Technology de Pasadena créent dans les années 1970 des drosophiles mutantes présentant une horloge biologique anormale et montrent que ces mutations et anomalies proviennent d'un même gène muté qu'ils dénommeront avec d'autres le gène " (qui sera séquencé en 1984). En 2017 le travail sur les mécanismes de l'horloge biologique (identification des gènes impliqués dans le rythme circadien, chez la drosophile) réalisé par trois chercheurs américains : Jeffrey Hall, Michael Rosbash et Michael Young a été récompensé par le prix Nobel de médecine. En 1984 M. Rosbash avait isolé un gène dit "period"" contrôlant le rythme biologique circadien. Avec Jeffrey Hall il a montré que la protéine PER (codée par le gène "period") est accumulée dans les cellules avec un pic la nuit puis dégradée le jour. Puis en 1994 Michael Young montre qu'un autre gène dit ' code une protéine dite ' indispensable au déroulement du rythme circadien, TIM se liant à PER pour entrer dans le noyau de la cellule et bloquer l'activité du gène "period" (rétrocontrôle négatif). Ce principe a été détecté chez la drosophile, mais ensuite retrouvé dans les cellules de nombreuses autres espèces, dont Homo sapiens. Endocrinologie. L’endocrinologie est la science qui étudie les hormones. Celle-ci peut être associée à la chronobiologie dû à la sécrétion cyclique de certaines hormones. Les hormones peuvent suivre un cycle circadien, ultradien ou encore infradien. La sécrétion de ces hormones selon un rythme circadien permet de maintenir un rythme biologique chez l’homme ou les végétaux. La majorité des fonctions de l’organisme sont synchronisées selon le cycle diurne et nocturne. En, effet les Hommes mangent, dorment, presque toujours à la même heure. Cette rythmicité dans les activités quotidiennes cadence les fonctions physiologiques internes, dont la sécrétion d’hormones. Mélatonine. L’application la plus commune de la chronobiologie est dans le cycle sommeil-éveil. Ce cycle est régulé principalement par deux hormones ; la mélatonine et le cortisol. La mélatonine, synthétisée par la glande pinéale est souvent considérée comme l’hormone du soir. C’est un synchronisateur endogène agissant grâce à l’activation de MT1 et MT2, deux récepteurs couplés aux protéines G. C’est en fin de journée, lorsque la nuit tombe, que sa secretion sera la plus importante. Sa sécrétion est stimulée ou inhibée de manière circadienne, par les noyaux suprachiasmatique de l’hypothalamus selon le cycle lumière/obscurité. Les récepteurs de la rétine, ne recevant plus de lumière bleu, stimulent la sécrétion de mélatonine. Cette information donne au cerveau et à d’autres organes la notion de photopériodisme. Ce rythme peut être perturbé par notamment l’utilisation d’écran. En effet, les écrans d’ordinateurs et de téléphone émettent de la lumière bleue qui inhibe la sécrétion de mélatonine. Des études ont montré que cela pouvait résulter en une désynchronisation, notamment en un retard de phase. Cortisol. Le cortisol est une hormone corticostéroïde secrété par les glandes surrénales. Celui-ci est considéré comme l’hormone du réveil et de la vigilance. En effet, le cortisol est secrété tout au long de la journée, puis sa concentration diminue au cours de celle-ci. On observe surtout un pic important appelé « pic acrophase », le matin permettant de réveiller l’organisme et de stimuler la néoglucogenèse induisant la synthèse de glucose et donc de l'énergie nécessaire pour commencer la journée. La sécrétion du cortisol peut être dérèglée par une situation stressante. Lors d’un stress intense l’organisme secrètent plusieurs hormones dont le cortisol, qui induit un dérèglement du cycle nycthéméral. La synthèse  d’une dose élevée, anormale de cortisol en journée ou avant la nuit provoque un délai de phase. En effet, ce niveau anormal met quelque temps à revenir à la normale, maintenant l’organisme éveillé et en alerte pendant tout ce temps. Insuline. L’insuline est une hormone synthétisée par le pancréas et a une action hypoglycémiante. Celle-ci joue un rôle important dans le métabolisme glucidique, protéique et lipidique. Elle favorise notamment l’absorbation du glucose par les cellules. En effet, en condition normale, l’insuline est secrétée de manière périodique, après chaque repas. Étant donné que l’Homme mange environ aux mêmes heures chaque jour, la synthèse importante d’insuline est synchronisée avec les heures de repas. Sa sécrétion suit un cycle ultradien, c’est-à-dire moins de 24 heures. En dehors des repas, l’insuline est synthétisée de manière pulsatile afin de maintenir un niveau de glucose constant dans l'organisme. Hormone de croissance. L’hormone de croissance (GH ; Growth Hormone) est synthétisée par l’hypophyse et elle stimule la croissance et la division cellulaire. Des études ont montré que l’hypophyse libère la GH dans le plasma, la nuit surtout au début de la phase de sommeil profond. Il a été observé que le pic de sécrétion était décalé si le sommeil l’était aussi. Il semblerait que la sécrétion de GH soit fortement lié au sommeil et suit donc le cycle éveil/sommeil de l’organisme. Thyréostimuline. La TSH (thyroid stimultating) est une hormone régulatrice du niveau des hormones thyroïdiennes, T3 et T4 dans le sang. La TSH est secrétée par l’hypophyse et a un effet sur la thyroïde. Il a été montré que des dérèglements dans le cycle circadien nuiraient au bon fonctionnement de la thyroïde et pourrait même causer des cancers. Testostérone. La testostérone fait partie des hormones sexuelles surtout produite par les gonades masculines, les testicules ainsi qu’à faible dose par les gonades femelles, les ovaires. Elle est régulée selon l’axe hypothalamo-hypophysaire et secrétée régulièrement pendant la journée. Cependant, il a été montré que la sécrétion de testostérone suivait un cycle circadien avec une concentration maximale entre 7h et 10h et un niveau minimum aux alentours de 19h avant de réaugmenter pendant la nuit. Oestrogènes. Les œstrogènes sont les hormones sexuelles primaires chez la femelle. Elles sont produites par les ovaires principalement, mais aussi par les follicules, le placenta chez les femelles enceintes ou encore le tissu adipeux. La synthèse d’œstrogènes est stimulée par la GnRH et elles sont synthétisés par les ovaires selon le cycle menstruel. La sécrétion suit un cycle infradien, puisque la sécrétion varie mensuellement. L’ovulation est induite par montée de LH (l'hormone lutéinisante) en fin d’après-midi ou tôt dans la nuit précédant la période de chaleur. Il a été montré chez des rongeurs que l’ovulation ainsi que l’accouplement se déroulaient tard dans la nuit ou le matin du jour où débute la période fécondable. Des expériences sur des rats, par injection d’une substance permettant l’arrêt de l’excitabilité neuronale, ont permis de prouver qu’un signal neurogène venant du noyau suprachiasmatique pouvait être responsable de la poussée temporelle de LH, celle-ci étant considérée aujourd’hui comme responsable de l’horloge circadienne.  De plus, il a été remarqué que sous certains conditions changeantes, perturbant le cycle circadien, le cycle oestrogénique était altéré. Phytohormones. Les phytohormones ou hormones végétales sont impliquées dans différents stades de croissance et de développement de la plante. Ces substances chimiques peuvent servir de moyen de communication entre végétaux ou encore de moyen de défense contre des attaques extérieures. Cinq familles de phytohormones peuvent être retrouvées chez les végétaux; l'auxine, la gibbéreline, la cytokinine, l'éthylène et l'acide abscissique. Ces hormones sont capables de contrôler de nombreuses fonctions du cycle circadien des plantes. Elles permettent de moduler la période, la phase, l'amplitude et la précision e l'horloge circadienne. Les cytokinines provoquent un retard de phase, l'auxine ajuste l'amplitude et la précision de l'horloge et l'acide abscissique module la périodicité circadienne. Les végétaux utilisent les phytohormones afin de synchroniser leur horloge interne avec les différents signaux externes, notamment celui de phototropisme, de température, et de maintenir un cycle régulier. Différentes expériences ont été menées afin de voir si les phytohormones jouaient réellement un rôle dans la régulation du cycle circadien. Des résultats ont montrés que l'auxine était indispensable pour maintenir un cycle précis surtout sous une lumière constante. Concernant les cytokinins, il a été observé qu'en leur présence, celles-ci sont capables de moduler l'amplitude, la phase, la périodicité et la rythmicité. En effet, un retard de phase est observé sous une lumière constante et une obscurité constante (retard plus important à l'obscurité) permettant le maintien d'une rythmicité dans l'obscurité. Les cytokinines affectent également la périodicité en raccourcissant cette dernière. L'acide abscissique est une hormone régulant la dormance des graines ou encore la réponse de la plante face a des facteurs stressants. Contrairement aux cytokinines, l'acide abscissique montre une élongation de la périodicité et donc du cycle circadien. Les résultats étaient notamment significatifs sous lumière constant et peu de changement ont été observés dans l'obscurité. L'action de acide abscissique sur la régulation du cycle serait donc surtout dépendant de la lumière.
Hiérarchie de Chomsky En informatique théorique, en théorie des langages, et en calculabilité, la hiérarchie de Chomsky (parfois appelée hiérarchie de Chomsky-Schützenberger) est une classification des grammaires formelles (et par extension, des langages formels respectifs engendrés par les grammaires), esquissée par Noam Chomsky en 1956, et décrite de façon formelle en 1959. Présentation. La hiérarchie introduite par Noam Chomsky repose sur le modèle de grammaire formelle. Il définit les classes de sa hiérarchie comme modèles possibles pour la description des propriétés structurelles des langues naturelles. Noam Chomsky a proposé une classification en quatre types de langages, des type 0 au type 3. Cette terminologie initiale s’est maintenue, mais d’autres noms sont maintenant plus fréquents. Chomsky a présenté ces familles en termes de grammaires formelles, et les diverses classes de grammaires sont définies par des restrictions successives dans la forme des règles. Une propriété remarquable de la classification de Chomsky est que, pour chaque type, il existe une famille d’automates qui acceptent exactement les langages de ce type. Ces automates varient par la nature et l’emploi de la mémoire auxiliaire. La traduction en classes de complexité est moins nette : les langages rationnels (type 3) sont dans DTIME(n), les langages algébriques (type 2) dans DTIME(n3), les langages contextuels (type 1) en DTIME(nM), où M dépend de la grammaire, mais la réciproque n'est pas vraie. La classification de Chomsky, reprise dans la presque totalité des manuels d’enseignements de l'informatique, s'est révélée très fructueuse dans ses applications, notamment dans la conception et l’analyse des langages de programmation et la compilation de ces langages. Les langages rationnels et algébriques ont fait l’objet d'études théoriques très poussées par le passé. Les langages contextuels sont surtout employés dans la description de langues naturelles. Quatre classes de grammaires et de langages. Chomsky a défini quatre classes de grammaires, nommées de type 0 à type 3, et donc aussi quatre classes de langages, engendrés par ces grammaires hiérarchiquement imbriquées : Tous les langages de type 3 sont des langages de type 2. Tous les langages de type 2 sont des langages de type 1. Tous les langages de type 1 sont des langages de type 0. La table suivante résume la correspondance entre types de grammaire, langages et machines. Dans la présentation formelle ci-dessous, formula_1 est le vocabulaire de la grammaire, composé des symboles terminaux et non-terminaux, formula_2 est l'ensemble des symboles non-terminaux, et formula_3 est le mot vide. Type 0 : grammaires sans restriction. Aucune restriction n'est imposée aux règles. Elles ont la forme : Ces grammaires génèrent la classe des langages récursivement énumérables. Ce sont exactement les langages reconnaissables par une machine de Turing. Le problème de l'appartenance d'un mot à un langage de cette classe est "indécidable". Type 1 : grammaires contextuelles. Les règles sont de la forme : Autrement dit, toute règle comprend un non-terminal entouré de deux mots qui décrivent le "contexte" dans lequel la variable peut être remplacée. Ces grammaires sont dites contextuelles (en anglais "context-sensitive"), car le remplacement d'un élément non-terminal peut dépendre des éléments autour de lui : son contexte. Les langages produits, appelés langages contextuels ou sensibles au contexte, sont exactement ceux reconnus par une machine de Turing non déterministe à mémoire linéairement bornée, appelés couramment automates linéairement bornés. D'autres formulations équivalentes existent pour les grammaires définissant les langages contextuels. Type 2 : grammaires non-contextuelles. Les règles sont de la forme : Une telle règle peut être vue comme une règle contextuelle où le contexte des règles est vide, à condition que le membre droit formula_7 n'est pas le mot vide. L'adjectif « non contextuel » exprime le fait que les symboles non terminaux sont traités indépendamment de la place où ils apparaissent. Ces grammaires engendrent exactement les langages algébriques, appelés aussi langages hors contexte, langages acontextuels, ou langages non contextuels. Ils sont reconnus par un automate à pile. Type 3 : grammaires régulières. Les grammaires régulières sont soit les grammaires linéaires à gauche soit les grammaires linéaires à droite : Les grammaires régulières engendrent les langages rationnels. En effet, une grammaire régulière se transforme facilement en un automate fini (théorème de Kleene). Attention, on ne peut pas autoriser les deux types de règles simultanément dans une grammaire sans sortir de la classe des langages rationnels : on obtient les grammaires linéaires qui constituent une "classe intermédiaire" entre le type 2 et le type 3. Les règles d'une grammaire linéaire sont de la forme : Exemples de langages. Voir aussi les exemples sur la page grammaire formelle. La théorie des langages formels dispose de nombreux outils pour affirmer, ou infirmer, le type d'un langage (rationnel, algébrique etc.). La construction explicite d'une grammaire reconnaissant un langage donné n'est pas toujours facile. Raffinement de la hiérarchie de Chomsky. La hiérarchie originale de Chomsky comprenait quatre classes. D'autres classes sont souvent intercalées : Les grammaires d'arbres adjoints définissent une famille entre les langages algébriques et les langages contextuels. Ils sont acceptés par les automates à piles embarquéee. Ces grammaires font partie des grammaires qui permettent de mieux cerner la structure des langues naturelles, regroupés sous le nom . D'autres raffinements existent, qui montrent que la structure n'est pas « linéaire » : par exemple, si l'on compare les langages linéaires et les langages algébriques déterministes, on s’aperçoit que ces familles ne sont pas contenues l'une dans l'autre. Extension de cette hiérarchie. La hiérarchie de Chomsky concerne uniquement le domaine du calculable défini paradigmatiquement par ce que peut calculer une machine de Turing. Au-delà existent d'autres hiérarchies de langages dont la hiérarchie arithmétique.
Liste de chimistes
Numération japonaise La numération japonaise est calquée sur le modèle chinois. Les sinogrammes sont d'ailleurs restés identiques dans l'écriture kanji. Le tableau ci-dessous présente les différentes façons d'écrire les nombres en japonais. Pour le chiffre 4, « し » ("shi") est moins utilisé parce qu'il se prononce de la même façon que « la mort » (死). Une fois que l'on connaît ce tableau, il suffit de mettre les kanjis côte à côte pour construire les nombres. Une différence réside néanmoins dans le fait que l'on regroupe les chiffres par quatre et non par trois. Exemples : En japonais, le mot « zéro » n'est jamais utilisé pour un entier supérieur à « 0 », et ce, au contraire du chinois qui demande l'utilisation de 零 partout où il y a un groupe de zéros, par exemple 三百零二 pour « 302 ». De même, le mot « un » n'apparait jamais devant la dizaine, la centaine ou le millier ; si « 11 » s'écrit 十一 en japonais comme en chinois, « 111 » s'écrit 百十一 en japonais (au lieu de 一百一十一 en chinois), et « » s'écrit 千百十一 en japonais (au lieu de 一千一百一十一). C'est en fait l'ancien usage chinois qui s'est conservé en japonais. Le symbole du 1 est par contre bien écrit devant le symbole de la myriade : s'écrit ainsi 一万, pas juste 万. Aujourd'hui, les chiffres arabes sont largement utilisés en langue japonaise. Les kanjis sont à comparer avec l'écriture en lettres dans les langues fondées sur un alphabet. Contrairement à la façon de lire les nombres (« dix myriades » pour « »), les nombres sont écrits comme en anglais, les chiffres étant regroupés par groupes de trois séparés par des virgules. Écriture décimale positionnelle. Aujourd'hui il est commun d'utiliser les caractères de 0 à 9 comme dix chiffres de l'écriture décimale positionnelle. Cet usage est aussi commun dans la numération chinoise, même si l'on lit les numéros différemment dans les deux langues. Puissances de 10. Grands nombres. Les très grands nombres sont créés en groupant les chiffres par quatre (tous les ) plutôt que par trois (tous les ) comme c'est le cas dans les pays occidentaux : Exemples (la séparation par groupes de quatre chiffres est donnée pour plus de clarté) : Dans l'utilisation moderne, les chiffres indo-arabes sont écrits comme en anglais et sont séparés par des virgules tous les trois chiffres, mais tout en utilisant pour leur énonciation la division de quatre chiffres japonais. Fractions décimales. Le japonais possède aussi des chiffres pour les fractions décimales. Ils ne sont généralement plus utilisés, sauf pour noter une promotion ou des résultats sportifs. Pour représenter un taux ou une promotion, les mots suivants sont utilisés : Par exemple : Dans leur utilisation moderne, les nombres décimaux sont écrits avec le système arabe et sont lus comme des chiffres successifs. Caractères légaux. Enfin, les Japonais possèdent un jeu séparé de kanjis pour les , afin de prévenir l'ajout d'un trait ou deux, remplaçant par exemple « 2 » par « 3 ». Ce sont :
Calligramme Un calligramme est un poème dont la disposition graphique sur la page forme un dessin, généralement en rapport avec le sujet du texte, mais il arrive parfois que la forme apporte un sens qui s'oppose au texte. Cela permet d'allier l'imagination visuelle à celle portée par les mots. Histoire. Le , le journal satirique "Le Charivari" publie en couverture le verdict d'un procès intenté à son encontre. Ce texte apparait sous forme de poire, il lui était reproché précisément d'avoir caricaturé Louis Philippe sous forme de poire. C'est le poète français Guillaume Apollinaire qui est à l'origine du mot (formé par la contraction de « calligraphie » et d'« idéogramme »), dans un recueil du même nom ("Calligrammes", 1918). Étymologiquement, ce mot-valise signifie dans la mesure où il reprend l'adjectif grec "kallos" et le nom "gramma" qui signifie . Il s'agissait donc pour Apollinaire d'. Il aurait ainsi déclaré parodiquement à son ami Picasso : (). Cette forme particulière de poésie est parfois nommée « poésie graphique ». Les premiers seraient dû à Simmias de Rhodes, poète grec du , en représentant une hache, un œuf et des ailes de l'amour. Raban Maur, au , compose le "Liber de laudibus Sanctae Crucis", poème mystique de vingt-huit calligrammes. Rabelais, au , avait ainsi représenté sa dans le "Cinquième Livre". Le calligramme suppose une lecture , car le lecteur doit chercher le sens et la direction des phrases, chose qui paraît évidente dans un texte classique. Le genre fut également pratiqué à la fin du , notamment par Edmond Haraucourt. Depuis Guillaume Apollinaire, qui réalisa les célèbres calligrammes, "La Colombe poignardée et le Jet d'eau", "La Cravate et la Montre" ou encore "Voyage", André Breton (1896-1966), poète surréaliste français, décrit un vase et son reflet dans le calligramme "Pièce fausse", issu du recueil "Clair de terre". Michel Leiris dévoile la vie par le biais des termes entrelacés « amour » et « mourir » dans "Le Sceptre miroitant", extrait de l'ouvrage "Glossaire j'y serre mes gloses" (1939). Pour Jérôme Peignot, spécialiste de la typographie, le calligramme relève de quatre domaines : la littérature, la peinture, la calligraphie mais aussi la philosophie, ce qu'il développe dans son ouvrage "Du calligramme", paru en 1978, Éd. du Chêne. Un calligramme a été publié par Plantu dans le journal "Le Monde", en 2006, à partir de la phrase :
Conte Le mot conte désigne à la fois un récit de faits ou d'aventures imaginaires et le genre littéraire (avant tout oral) qui relate lesdits récits. Le conte, en tant que récit, il peut être court mais aussi long. Qu'il vise à distraire ou à édifier, il porte en lui une force émotionnelle ou philosophique puissante. Depuis la Renaissance, les contes font l'objet de réécritures, donnant naissance au fil des siècles à un genre écrit à part entière. Cependant, il est distinct du roman, de la nouvelle et du récit d'aventures par l'acceptation de l'invraisemblance propre au genre merveilleux, ainsi que par certains codes, comme la fameuse phrase d'introduction traditionnelle « Il était une fois ». Il y a deux pratiques du genre littéraire qu'est le conte : orale et écrite. Ces deux pratiques se différenciant par leur mode de création et de diffusion comme par leur contenu, il convient de les distinguer. Le conte est un objet littéraire difficile à définir étant donné son caractère hybride et . Le genre littéraire comme les histoires elles-mêmes font l'objet d'études convoquant des savoirs connexes, à la lumière des sciences humaines, tels que l'histoire littéraire, la sémiologie, la sociologie, l'anthropologie ou la psychanalyse. Le terme de « conte » est utilisé parfois pour désigner l'activité de conter, quel que soit le type d'histoires (épopée, légende, histoire de vie, nouvelle, etc.). Un terme, deux réalités littéraires : conte oral / conte écrit. Un terme. Walter Benjamin, dans son étude "Le conteur - Considérations sur l’œuvre de Nicolas Leskov (1936)", montre que l'art de raconter arrive à sa fin, et que la capacité d'écouter est de plus en plus limitée. La capacité d'échanger des expériences entre humains devient impossible. Ce serait parce que l'expérience humaine perd de sa valeur. Le début de ce processus a commencé, selon lui, avec la Première Guerre mondiale. Cette guerre aurait frappé de mutisme les combattants : leur expérience serait non communicable. Le vécu qui parcourt l'humanité par l'oralité est la source de toutes les conteuses anonymes. Cette source se partage en deux groupes imbriqués, chaque narrateur devant se représenter l'un et l'autre pour bien tenir l'histoire. Le premier groupe est constitué de voyageurs, le second de sédentaires. Le premier peut être une agricultrice, qui raconte les histoires et traditions du pays ; le second peut être un marin commerçant, qui raconte les histoires de l'ailleurs. L'imbrication de ses deux formes a été accomplie au Moyen Âge, grâce aux corporations : paysans et marins maîtrisaient déjà le récit, et les artisans en furent le liant, avec les maîtres sédentaires, qui portaient la première forme, et leurs apprentis itinérants, qui portaient la seconde, l'ensemble dialoguant dans la même pièce de travail. Pour Walter Benjamin, Nikolaï Leskov, écrivain aux traits clairs et simples, serait l'exemple d'un conteur du monde du voyage, qui mène un combat contre la bureaucratie orthodoxe en Russie. Ses thèmes peuvent être l'alcoolisme, la classe ouvrière ou les médecins. Par un ensemble de récits légendaires, dont souvent la figure centrale est le juste, il peint des hommes modestes qui deviennent des saints de façon presque normale. Ces récits invoquent quelques fois le merveilleux, mais ils préfèrent, pour ce qui est des croyances, rester dans un naturel solide. Cet intérêt pour les choses pratiques est le trait dominant de nombreux conteurs. Jeremias Gotthelf donne des conseils agricoles aux paysans ; Johann Peter Hebel explique des notions de physique. C'est parce que le vrai récit porte en lui son utilité ; cette utilitée est tantôt une morale, tantôt une instruction pratique, tantôt une règle de vie, dans tous les cas le conteur ou la conteuse sont des personnes de bon conseil pour l'auditoire. Ce conseil est plus une proposition de suite à l'histoire que la réponse à une question. Mais cette capacité à communiquer une expérience est en train de disparaître : ce sont les forces productives qui, progressivement, éloignent le récit de la parole vivante, même si elles lui donnent une nouvelle beauté. Walter Benjamin affirme que le premier signe de phénomènes qui provoquent le déclin du récit est l'apparition du roman (littérature). Le roman se place en dehors de toute tradition orale ; une conteuse racontera sa propre expérience ou celles d'autres, alors que le romancier travaille dans la solitude, en vue d'écrire un texte qui sera imprimé, seul moyen pour lui de diffuser son œuvre. Sans imprimerie, pas de romans. Dans sa solitude, une romancière sera dans l'impossibilité d'exprimer comme exemplaire son propre vécu. Écrire un roman demande d'exacerber les vies humaines, et de développer la profonde perplexité d'un être vivant. Il n'y a plus, comme dans le conte, une expérience qui peut être utile à un autre humain, pouvant se propager de bouches en bouches. En plus du roman, une autre forme de communication affaiblit encore la vitalité des récits : l'information. L'information impose la possibilité d'une vérification rapide. Mais elle n'est souvent pas plus exacte que les contes des siècles précédents. Alors que les contes invitent au merveilleux, au dépassement, l'information reste sur la question du plausible. Les informations qui viennent à nous du monde entier débordent d'explications, de précisions infinies qui desservent ce qui pourrait être un récit. Dans un conte, si l'extraordinaire y est raconté avec précision, la psychologie n'est pas imposée, donnant la liberté à l'auditoire d'exercer son imagination, et l'histoire prend alors une amplitude hors de la portée d'une information. Le conte oral ou conte populaire. Le conte oral est aussi souvent appelé conte "populaire" par les ethnologues et historiens(ennes) en raison de l'aspect traditionnel et communautaire qui a longtemps régi la création et la circulation de ces histoires. Il a participé à l'émergence des nationalismes au par référence à la notion de « peuple ». Ce type de récit fait partie de la famille de la littérature orale. Celle-ci englobe aussi l'épopée, la saga, le mythe, la devinette, la légende, le proverbe, la comptine, le mémorat, la fable, la légende urbaine, etc. Le conte est un genre "narratif", contrairement à la devinette, au proverbe ou à la comptine. Il est aussi délibérément "fictif", contrairement à la légende, la saga et le mémorat qui se présentent comme véridiques. Contrairement au mythe, le conte de tradition orale a pour cadre narratif principal le monde des hommes, avec son environnement animal végétal et minéral, même si, notamment dans le cas du conte merveilleux, ce monde est souvent en contact avec l'autre monde, celui des morts, des esprits, du petit peuple ou des dieux. Paul Zumthor, spécialiste des poétiques médiévales, montre que le conte traditionnel partage ses principales caractéristiques avec la poésie orale. Geneviève Calame-Griaule montre la même idée chez le peuple Dogon. Par l'oralité, le langage est formé d'une voix, cette voix vient d'un corps humain, ce corps étant dans un espace concret. Le corps est présent, même s'il est invisible : sa voix peut dépasser les limites visuelles. La voix s'inscrit à la fois dans la compréhension et l'imagination de l'auditoire, et peut aller jusqu'à susciter l'idée d'une puissance primitive, inspirant l'unité du corps et du cœur. Le temps où cette voix et ce corps interviennent est un élément clef de cette esthétique ; ce temps passé, l’œuvre ne pourra être refaite à l'identique, ne pouvant rester que dans la mémoire des êtres présents lorsqu'elle a été faite, vue et écoutée. Cependant, aucune esthétique générale n'a pu être élaborée, et nous ne pouvons construire que des descriptions particulières de certains genres de contes. Un nouvel art du spectacle ? Associée généralement aux arts oratoires et du spectacle, cette discipline artistique semble paradoxale. Alors qu'elle est vraisemblablement l'une des plus vieilles formes d'expression de l'histoire de l'humanité, elle semble très jeune en tant que pratique artistique formelle. En effet, ce n'est que depuis la seconde moitié du qu'elle intéresse les théoriciens de l'art et cherche à se structurer au même titre qu'une autre discipline artistique. Depuis les années 1970 en France, les années 1990 au Québec, avec le mouvement du renouveau du conte, le terme de "conte" est de plus en plus utilisé pour désigner l'art de raconter des histoires à un auditoire. Le terme de conte urbain a même émergé pour désigner un nouveau genre du conte s'appuyant sur des thématiques modernes et urbaines. Un conteur se produit au théâtre, avec une mise en scène travaillée (son, éclairage…). Le conte est pris comme une démarche artistique : il se transforme en une œuvre, en une création. Ses lieux d'exposition se diversifient : écoles, maisons de la culture, musées. Du milieu culturel émerge une organisation : formation, financement, catalogue, etc. Le conte musical, comme le Pierre et le loup de Prokovief, continue de se développer. Des conteurs ou conteuses amateurs en seraient la base, des professionnels, le sommet ; des lieux comme les maisons du conte, organisant partenariats et résidences, en seraient le ciment. Des conventions décrivent les droits d'auteur, des statuts, et se normalisent. D'autres lieux ne suivent pas le même schéma. Ainsi, au Brésil, la pratique du conte évolue en fonction d'un contexte urbain ou traditionnel. Le récit traditionnel reste attaché aux cultures populaires, par exemple des Caboclas (métis entre européen et amérindien vivant en Amazonie) ou des Ribeirinhos (peuple d'Amérique du sud vivant près des rivières). Le récit urbain se glisse dans les bouleversements des villes, avec leurs processus de partage de connaissance de vie ordinaire, et donne matière au parler courant. Ces deux types de récit coexistent au Brésil : l'industrialisation, l'exode rural, les affaiblissent, mais ne les font pas disparaître. Le conte en tant que genre écrit. Nombre de ces contes véhiculés par le bouche à oreille ont fait l'objet, depuis la Renaissance, de collectes et de réécritures par des écrivains. Ces démarches figent ces histoires dans une version donnée, et les transforment en objets appartenant au domaine de la littérature écrite. Cela amène les écrivains à se détacher peu à peu des sujets, des structures et des thèmes des contes oraux dont ils s'inspirent. Le conte littéraire est alors un récit court (contrairement au roman ou à l'épopée), dans lequel les actions sont racontées (et non représentées comme au théâtre). Selon Vial, on peut qualifier de conte . Le terme de conte littéraire n'est donc pas synonyme de conte de fées ou de littérature exclusivement enfantine, contrairement à ce que son caractère volontiers fantaisiste et invraisemblable laisse souvent penser. Cette forme littéraire peut adopter des contenus très diversifiés ; elle ne vise pas nécessairement à émerveiller le lecteur, mais peut également vouloir l'édifier (conte moral, allégorique), l'effrayer (conte d'horreur), l'amuser (conte satirique), etc.
Cas grammatical En linguistique, le cas est au sens large un trait grammatical principalement associé au nom, au pronom, à l'adjectif et au déterminant, et exprimant leur fonction syntaxique dans la proposition, ou leur rôle sémantique en rapport avec le procès exprimé par le verbe. Par exemple, l’accusatif est le cas du complément d'objet direct (fonction syntaxique) ; l’ est le cas indiquant le lieu de l’intérieur duquel on sort (rôle sémantique). Le cas ainsi défini de façon large peut s'exprimer dans les langues de trois manières : Souvent l'utilisation du mot « cas » est limitée au troisième sens, restreinte aux situations où ledit cas s'exprime morphologiquement. L'ensemble des marques casuelles forme la déclinaison des noms, des adjectifs et des pronoms. Il existe souvent plusieurs séries de tels affixes, qui répartissent les mots déclinables en plusieurs déclinaisons selon la série de marques qu'ils sont susceptibles de porter. Origine du terme. La formulation du concept de cas remonte à la Grèce ancienne : c'est en effet un trait grammatical saillant du grec ancien, qui comporte cinq cas. Les premiers grammairiens grecs ont nommé « chute » l'ensemble des variations formelles susceptibles d'affecter les mots : le terme s'apparentait donc plus à la notion moderne de flexion. Ce sont les stoïciens qui ont par la suite restreint le terme à son sens actuel de flexion liée à la fonction syntaxique. Le choix de ce terme provient d'une métaphore conceptuelle des variations formelles comme déviation loin d'une position d'équilibre, assimilée à la forme habituelle de citation du mot (son lemme, en terminologie moderne). Cette position d'équilibre a reçu le nom de ou « cas direct » (correspondant au nominatif), les autres formes étant dénommées « cas oblique ». Cette terminologie subsiste encore de nos jours pour décrire certains systèmes à deux cas. Les termes spécifiques à chaque cas n'ont été introduits que plus tard. Les grammairiens latins ont rendu la notion dans leur langue par un calque lexical : "cāsus" « chute », et ajouté, selon une métaphore semblable, le terme de "dēclīnātiō", littéralement « inclinaison ». D'autres langues ont suivi le même exemple, telles l'allemand avec "Fall" (à côté de "Kasus"), le tchèque avec "pád", etc. Hiérarchie des cas. Dans la typologie linguistique, la hiérarchie des cas désigne un ordre de cas grammaticaux . Si une langue a un cas particulier, elle a également tous les cas inférieurs à ce cas particulier. Pour le dire autrement, si une langue n'a pas de cas particulier, il est également peu probable qu'elle développe des cas supérieurs à ce cas particulier. Cette théorie a été développée par le linguiste australien Barry Blake. Sa théorie s'inspire de l'approche du linguiste italien Guglielmo Cinque. La hiérarchie est la suivante: Ce n'est cependant qu'une tendance générale. De nombreuses formes d'allemand central comme le colologien ou le luxembourgeois ont un cas datif mais n'ont pas de génitif. Dans les noms irlandais, le nominatif et l'accusatif sont tombés ensemble, et le cas datif est resté séparé dans certains paradigme. L'irlandais a également un cas génitif et vocatif. En pendjabi, l'accusatif, le génitif et le datif ont fusionné en un cas oblique, mais la langue conserve toujours les cas vocatifs, locatifs et ablatifs. Le vieil anglais avait un cas instrumental mais non un locatif ou prépositionnel. Blake soutient qu'il est "douteux que la hiérarchie puisse être étendue beaucoup plus loin" mais suggère que les cas les plus courants non répertoriés dans la hiérarchie sont les cas comitatifs, téléologiques, allatifs, perlatifs et comparatifs. Les systèmes casuels et leur évolution. Le nombre de cas dans les langues qui le marquent dans leur morphologie est extrêmement variable. Dans le cas le plus simple, certaines ne distinguent que deux cas : c'est par exemple le cas de l'ancien français, du hindi, du pachto, de l'abkhaze. À l'inverse, les langues daghestaniennes ont typiquement des systèmes de plusieurs dizaines de cas, qui marquent très précisément un grand nombre de relations spatiales. Les systèmes casuels sont susceptibles de varier au cours de l'évolution des langues. Ils ont souvent tendance à s'éroder au cours du temps : l'évolution phonétique crée des homonymies qui amènent des syncrétismes de cas ainsi que le développement d'autres moyens de distinguer les fonctions grammaticales, ce qui peut aboutir à la perte complète des déclinaisons. C'est une évolution fréquente chez les langues indo-européennes. L'indo-européen commun avait huit cas : nominatif, vocatif, accusatif, génitif, datif, ablatif, instrumental et locatif, que les langues filles ont eu tendance à perdre peu à peu. Les langues sémitiques donnent un autre exemple de réduction d'une déclinaison. Elles possédaient à l'origine trois cas : nominatif, accusatif, génitif, bien représentés en akkadien et en arabe classique. Ils se sont beaucoup réduits dans les dialectes arabes modernes et ont entièrement disparu en hébreu et en araméen. Inversement, une langue peut développer de nouveaux cas, souvent par univerbation de prépositions ou de postpositions avec le substantif, l'adjectif ou l'article dont elles indiquaient la fonction grammaticale. Ce processus est typique des langues agglutinantes, et s'observe notamment dans l'histoire des langues ouraliennes (finnois ou hongrois, par exemple). Certaines langues indo-européennes ont également connu pareille évolution, comme les langues tokhariennes, le vieux lituanien ou l'ossète. Liste de cas. Un cas n'a pas de signification dans l'absolu, il s'inscrit dans un système grammatical propre à la langue considérée ; des cas de même dénomination peuvent donc recouvrir des fonctions syntaxiques quelque peu divergentes d'une langue à l'autre. Dans de nombreuses langues, certains cas sont susceptibles d'exprimer plusieurs fonctions : on parle alors de syncrétisme. L'appellation des cas peut aussi varier selon les traditions grammaticales. La liste ci-dessous ne doit donc être prise qu'à titre indicatif. Les typologues recourent fréquemment à une subdivision fonctionnelle des cas en trois groupes : Cas centraux. Ce sont les cas les plus répandus, en ce qu'ils marquent les constituants fondamentaux de la proposition. Certaines langues ne possèdent que ce type de cas, et marquent les circonstants par l'usage secondaire de certains cas centraux ou l'intervention d'adpositions. L'inventaire des cas centraux d'une langue est directement lié à sa structure d'actance, c'est-à-dire la façon dont elle organise le marquage des différents actants par rapport aux différents types de verbes, en particulier selon leur transitivité. Cas locaux. Les cas locaux expriment en premier lieu les différentes possibilités de complément circonstanciel de lieu, mais ont souvent des fonctions figurées exprimant l'état, le temps, la cause, le but, l'attribution ou la possession. Les langues à déclinaisons diffèrent considérablement quant à leur façon d'exprimer le lieu. Certaines ont des systèmes complexes de cas locaux, variant selon plusieurs paramètres : c'est par exemple le cas du basque, des langues daghestaniennes et de la plupart des langues ouraliennes. Pour ces dernières, on peut établir le tableau récapitulatif suivant : La nomenclature dépend quelque peu des traditions descriptives : certains noms d'application spécifique dans les langues à nombreux cas locaux peuvent s'employer dans un sens plus large dans des langues qui en ont moins. D'autres langues n'ont pas du tout de cas locaux, exprimant plutôt le lieu par un usage secondaire de cas centraux éventuellement associé à l'emploi d'adpositions : c'est par exemple le cas du grec ancien, où l'accusatif exprime le lieu où l'on va, le génitif le lieu d'où l'on vient et le datif le lieu où l'on est. Il est enfin des systèmes mixtes : ainsi le sanskrit a un locatif pour le lieu où l'on est et un ablatif pour le lieu d'où l'on vient, mais utilise l'accusatif pour le lieu où l'on va (à côté de son rôle principal de marqueur de l'objet) ; le turc a également un locatif et un ablatif mais utilise le datif pour le lieu où l'on va. Exemples. Latin. Le latin possède un système de six cas (plus un locatif résiduel restreint à certains noms de lieu). C'est une langue flexionnelle où les marques de cas sont amalgamées en une désinence à celles de nombre et de genre et forment plusieurs séries, traditionnellement réparties en cinq déclinaisons. Le tableau ci-dessus illustre les principaux de leurs emplois, appliqués aux noms "amīca" « amie » (nom féminin de la première déclinaison) et "amīcus" « ami » (nom masculin de la deuxième déclinaison) au singulier. Les désinences sont soulignées en gras. Arabe. L'arabe littéral a un système à trois cas (ce qui correspond bien à son système de trois voyelles).
Comitatif En linguistique, le comitatif (parfois dénommé sociatif ou associatif) est un cas grammatical exprimant l'accompagnement. Il s'exprime en français au moyen de la préposition "avec". Exemple : « Il est allé au cinéma avec son amie. » Dans certaines autres langues plus synthétiques, comme le hongrois, le finnois, l'estonien, le japonais, le mongol et beaucoup de langues australiennes, le comitatif s'exprime au moyen d'une désinence (comme "-ga" en estonien après la forme du génitif au singulier ou celle du partitif au pluriel, "-val/-vel" en hongrois) et remplit également d'autres fonctions (notamment celle de l'instrumental). En finnois. En finnois, ce cas ("-ine", une forme a priori plurielle) est en passe de tomber en désuétude, et s'il est universellement compris, n'est plus vraiment productif et tend à ne se retrouver que dans des expressions figées : "miehet vaimoineen" ↔ "les hommes avec leurs femmes". Il est remplacé par l'utilisation de la postposition "kanssa" (avec), qui fonctionne comme un clitique et n'obéit donc pas dans la plupart des cas aux lois de l'harmonie vocalique typiques du finnois. Ce phénomène de désuétude touche aussi d'autres cas, comme l'abessif ou l'instructif. La désinence doit porter un suffixe possessif. Ex : "Hän tuli parhaine ystävineen." = « Il/elle est venu(e) avec son (sa/ses) meilleur(e/s) ami(e/s). » En letton. En letton, le sens comitatif est exprimé par la préposition "ar" et le cas instrumental (« instrumentālis »). Les désinences sont semblables, au singulier à celles de l'accusatif, et au pluriel à celles du datif : En mongol. En mongol classique, la marque du comitatif "-luγa" / "-lüge" sert également à indiquer le passé perfectif (s'emploie typiquement à la fin des récits), mais il n'est pas clair s'il s'agit de la grammaticalisation de la marque casuelle ou d'une coïncidence. En portugais. En portugais, le comitatif est exprimé par la contraction de la préposition "com" (avec) avec la forme latine du comitatif : "comigo" ("com"+"mecum"), "contigo" ("com"+"tecum"), "consigo", "connosco" et "convosco" (Eu vou "convosco" ao cinema." Je vais au cinéma "avec vous".) En tamoul. En tamoul, le suffixe associatif ஓடு (ōṭu) ou உடன் (uṭaṇ, formel) est ajouté au nom ou au pronom.
Chinois Chinois ou chinois peut désigner :
Cryptographie à clef publique
Cryptologie La cryptologie, étymologiquement la « science du secret » est considérée comme une science que depuis le XXe siècle. Elle englobe la cryptographie — l'écriture secrète – et la cryptanalyse – l'analyse de cette dernière. Le terme « crypto » provient du latin et du grec et signifie ce qui est dissimulé ou caché. À la fois art ancien et science nouvelle, la cryptologie est utilisée durant l'Antiquité par les Spartiates (la scytale) et elle devient thème de recherche scientifique académique universitaire, depuis les années 1970. Cette discipline est liée à beaucoup d'autres, notamment l'arithmétique modulaire, l'algèbre, la théorie de la complexité, la théorie de l'information ou encore les codes correcteurs d'erreurs. Histoire. Les premières méthodes de chiffrement remontent à l’Antiquité et se sont améliorées, avec la fabrication de différentes machines de chiffrement, pour obtenir un rôle majeur lors de la Première Guerre mondiale et de la Seconde Guerre mondiale. Cryptographie. La cryptographie se scinde en deux parties nettement différenciées : La première est la plus ancienne, on peut la faire remonter à l'Égypte de l'an 2000 av. J.-C. en passant par Jules César ; la seconde remonte à l'article de W. Diffie et M. Hellman, "New directions in cryptography" daté de 1976. Toutes deux visent à assurer la confidentialité de l'information, mais la cryptographie à clef secrète nécessite au préalable la mise en commun entre les destinataires d'une certaine information : la clef (symétrique), nécessaire au chiffrement ainsi qu'au déchiffrement des messages. Dans le cadre de la cryptographie à clef publique, ce n'est plus nécessaire. En effet, les clefs sont alors différentes, ne peuvent se déduire l'une de l'autre, et servent à faire des opérations opposées, d'où l"'asymétrie" entre les opérations de chiffrement et de déchiffrement. Bien que beaucoup plus récente et malgré d'énormes avantages – signature numérique, échange de clefs... – la cryptographie à clef publique ne remplace pas totalement celle à clef secrète, qui pour des raisons de vitesse de chiffrement et parfois de simplicité reste présente. À ce titre, signalons la date du dernier standard américain en la matière, l'AES : décembre 2001, ce qui prouve la vitalité encore actuelle de la cryptographie symétrique. Dans le bestiaire des algorithmes de chiffrement, on peut citer : Cryptanalyse. Le pendant de cette confidentialité se trouve dans la cryptanalyse. Évidemment, depuis l'existence de ces codes secrets, on a cherché à les "casser", à comprendre les messages chiffrés bien que l'on n'en soit pas le destinataire légitime, autrement dit "décrypter". Si la cryptanalyse du système de César est aisée (un indice : les propriétés statistiques de la langue, en français, le "e" est la lettre la plus fréquente), des systèmes beaucoup plus résistants ont vu le jour. Certains ont résisté longtemps, celui de Vigenère ("Le traité des secrètes manières d'écrire" 1586) par exemple, n'ayant été cassé par Charles Babbage qu'au milieu du . D'autres, bien que n'ayant pas de "faille" exploitable, ne sont plus utilisés car ils sont à la portée des puissances de calcul modernes. C'est le cas du DES avec sa clef de 56 bits jugée trop courte car elle peut être trouvée par recherche exhaustive ("force brute"). Dans un bestiaire de la cryptanalyse, il faudrait presque passer chaque système en revue — non seulement chaque système, mais aussi chaque mise en œuvre : "à quoi sert la meilleure porte blindée si le mur qui la soutient est en contreplaqué ?" Cela dit, si l'on veut vraiment citer quelques techniques, on a : Autres facettes de la cryptologie. La "confidentialité" n'est que l'une des facettes de la cryptologie. Elle permet également : Pour l'essentiel, c'est la cryptographie à clef publique qui fournit les bases nécessaires à ces aspects de la cryptologie. Une arme de guerre. La cryptologie a très longtemps été considérée comme une arme de guerre. Au , Énée le Tacticien, un général grec, y consacre un chapitre dans "Commentaires sur la défense des places fortes". On peut aussi citer le siège de la Rochelle, où Antoine Rossignol (1600 - 1682) décrypte les messages que les huguenots assiégés tentent de faire sortir. Richelieu y apprend ainsi que les huguenots sont affamés et attendent la flotte anglaise. Celle-ci trouvera à son arrivée la flotte française, prête au combat, ainsi qu'une digue bloquant l'accès au port. Autre exemple, la Première Guerre mondiale, où le "Room 40" — service du chiffre britannique — s'illustre tout particulièrement en décryptant un télégramme envoyé en janvier 1917 de Berlin à l'ambassadeur allemand à Washington, qui devait le retransmettre au Mexique. Ils apprennent ainsi que l'Allemagne va se lancer dans une guerre sous-marine totale et demande une alliance militaire, devant permettre au Mexique de récupérer le Nouveau-Mexique, le Texas et l'Arizona. Les Britanniques pouvaient transmettre directement ces renseignements aux États-Unis, mais ils auraient ainsi révélé aux Allemands l'interception et la mise à jour de leur code. Ils préfèrent donc envoyer un espion récupérer le message destiné aux Mexicains, faisant ainsi croire à une fuite côté Mexique. Le télégramme en clair se retrouve publié dans les journaux américains le mars 1917. À la suite de cela, le président Wilson n'a pas de mal à obtenir l'accord du congrès, les États-Unis entrent en guerre. Ces exemples illustrent bien pourquoi les gouvernements sont prudents quant à l'utilisation de moyen cryptographique. Philip Zimmermann en a fait l'expérience lorsqu'il a mis à disposition son logiciel de messagerie sécurisée, Pretty Good Privacy (PGP), en 1991. Violant les restrictions à l'exportation pour les produits cryptographiques, PGP a été très mal accueilli par le gouvernement américain qui a ouvert une enquête en 1993 — abandonnée en 1996, peu avant que le gouvernement Clinton ne libéralise grandement, à l'aube de l'ère du commerce électronique, l'usage de la cryptographie. Aspects juridiques. En France, depuis la loi pour la confiance dans l'économie numérique (LCEN), l'usage de la cryptologie est libre. Néanmoins, l'article 132-79 du code pénal prévoit que lorsqu'un moyen de cryptologie a été utilisé pour préparer ou commettre un crime ou un délit, ou pour en faciliter la préparation ou la commission, le maximum de la peine privative de liberté encourue est relevé. Les dispositions pénales ne sont toutefois pas applicables à l'auteur ou au complice de l'infraction qui, à la demande des autorités judiciaires ou administratives, leur a remis la version en clair des messages chiffrés ainsi que les conventions secrètes nécessaires au déchiffrement. Des logiciels de chiffrement avec une fonction de déni plausible permettent d'échapper à l'aggravation des peines (ex : FreeOTFE et TrueCrypt).
Charles-Augustin Coulomb Charles-Augustin Coulomb, né le à Angoulême et mort le à Paris, est un officier, ingénieur et physicien français. Il est passé à la postérité pour la formulation précise des lois du frottement solide, et pour l'invention du pendule de torsion, dynamomètre de précision qui lui permit de formuler la loi d'attraction entre solides électrisés. Il est par ailleurs l'une des personnalités les plus marquantes de l'histoire des sciences et des techniques grâce à ses nombreuses œuvres étudiant les phénomènes de l'électricité, du magnétisme et de la mécanique appliquée à l'étude des frottements et des torsions. Biographie. Charles-Augustin Coulomb (ou Charles-Augustin de Coulomb) est le fils d'Henry Coulomb, inspecteur des domaines royaux originaire de Montpellier, et de Catherine Bajet. Il étudie à Paris au collège des Quatre-Nations, bien que sa famille n'appartienne pas à strictement parler à l'aristocratie. Les cours de mathématiques de Pierre Charles Le Monnier le décident à se détourner de la médecine. Déshérité, il rejoint la famille de son père à Montpellier et participe de 1757 à 1759 aux travaux de l'académie de cette ville, dirigée par le mathématicien Augustin Danyzy. Avec l'approbation de son père, il rentre à Paris en 1759 pour assister aux cours de l'institut préparatoire dirigé par l'abbé Camus, et réussit le concours d'entrée à l'École du génie de Mézières. À sa sortie de l'école en 1761, Charles-Augustin Coulomb obtient le grade de « lieutenant en premier ». Ensuite, il est commis au levé des cartes côtières de Bretagne, puis envoyé en mission à la Martinique en 1764 en tant qu'ingénieur militaire pour participer sous les ordres du lieutenant-colonel de Rochemore à la construction du fort Bourbon car, à la suite de la guerre de Sept Ans, la colonie française est désormais isolée au milieu des possessions anglaises et espagnoles. Coulomb travaille huit années à diriger les travaux et y contracte des fièvres tropicales qui rendent sa santé fragile pour le restant de sa vie. Il réalise aussi plusieurs expériences sur la résistance des maçonneries et la tenue des murs d'escarpe (soutènements), qui lui sont inspirées par les idées de Pieter van Musschenbroek sur le frottement. Rapatrié en 1772 avec le grade de capitaine, il tente de renouer avec la carrière scientifique en adressant à l'Académie des sciences un mémoire rapportant l'ensemble de ses recherches, "Essai sur une application des règles" de maximis et de minimis "à quelques problèmes de Statique relatifs à l'Architecture" (1773). Coulomb y emploie le calcul différentiel pour étudier la flexion des poutres, la poussée des remblais sur les murs de soutènement, l'équilibre des voûtes en maçonnerie. Coulomb est affecté successivement à Cherbourg-Octeville (1774-1776), à Besançon (1777-79) et à Rochefort (1779-1780), où il est chargé de la réparation du fort de l'île d'Aix. En collaboration avec l'arsenal de Rochefort, il fait réaliser diverses expériences sur les cordages et obtient en 1781 le prix de l'Académie des sciences sur la détermination des lois du frottement et de la roideur "(raideur)" des cordes, distinction qui est suivie de son élection à l'Académie. Choisi en tant qu'expert pour l'extension du port de Saint-Malo, il est nommé à la suite de son rapport intendant des eaux et fontaines de France sur la recommandation du comte d'Angiviller en 1784, puis promu en 1786 lieutenant-colonel. La Révolution ne met sa position en péril qu'à partir de 1791. Sous la Terreur, il se réfugie prudemment avec son collègue Jean-Charles de Borda dans la région de Blois, abandonnant ses biens à Paris. Il rentre dans la capitale sous le Directoire et, les quatre dernières années de sa vie, il occupe à la demande de Bonaparte le poste d'inspecteur général de l'instruction publique, sous le ministère Fourcroy. Œuvres. Ingénieur de formation, il est surtout physicien. Il publie sept traités sur l'électricité et le magnétisme, et d'autres sur le phénomène de torsion, les frottements solides Membre de l'Académie des sciences, on a de lui des "Mémoires" et des "Recherches sur les moyens d'exécuter sous l'eau des travaux hydrauliques", 1779.
Commodore 64 Le Commodore 64 est un ordinateur personnel conçu par Commodore Business Machines Inc. en 1982, sous l'égide de Jack Tramiel. Il fut la première machine vendue à plusieurs millions d'exemplaires (de 17 à 25 millions selon les estimations), et il reste le modèle d'ordinateur personnel le plus vendu à ce jour, selon le Livre Guinness des records. Description. Le Commodore 64 utilise un microprocesseur 8 bits 6510 (un dérivé proche du 6502 qui a la possibilité de gérer des banques de mémoires en les amenant à la demande dans l'espace d'adressage du processeur) et dispose de 64 kilooctets de mémoire vive. Au Royaume-Uni, il a rivalisé en popularité avec le ZX Spectrum et a tiré bénéfice d'un clavier de taille normale et de puces graphiques et son plus avancées. La puce graphique, , fournit une résolution de 320×200 en 16 couleurs, huit sprites, des capacités de défilement (scrolling) des interruptions en fonction de la position dans le balayage de l'écran, et deux modes graphiques bitmap. Le mode texte standard fournit 40 colonnes, comme la plupart des modèles PET de Commodore. Le mode quatre couleur des sprites exige des points de deux pixels de large (2 bits = 4 couleurs). La puce sonore, SID, a trois voix, plusieurs formes d'ondes, modulations sonores et capacités de filtrage. Elle est très avancée pour son époque. Son concepteur, Bob Yannes, sera le cofondateur de la société de synthétiseur Ensoniq. Le BASIC incorporé n'offre pas un moyen facile d'accéder aux capacités graphiques et sonores avancées de la machine ; les utilisateurs doivent donc utiliser les commandes PEEK et POKE pour adresser directement la mémoire afin d'obtenir le résultat escompté, ou alors utiliser des extensions comme Simon's BASIC, ou encore programmer directement en assembleur. Les limitations extrêmes de ce BASIC, la nécessité d'avoir à se documenter afin de rechercher des informations machines proches du système (puce audio, puce vidéo) pour afficher des graphiques, pouvoir jouer de la musique et créer des sons, la lourdeur d'utiliser les instructions PEEK et POKE en BASIC sur des programmes importants, tout ceci a sans doute conduit les programmeurs de l'époque à basculer très rapidement du BASIC au langage assembleur, bien plus rapide et offrant davantage de possibilités, ce qui peut expliquer en partie le très fort engouement autour de cette machine et la qualité supérieure des jeux et démos dessus, comparativement à d'autres micro-ordinateurs de la même époque. Ceci étant dit, Commodore possédait une meilleure implémentation du BASIC, mais choisit finalement de vendre le C64 avec le même BASIC 2.0 utilisé dans le VIC-20 de peur que le C64 ne fasse chuter les ventes du PET/CBM. Le C64 hérite des machines CBM et du VIC-20 un port utilisateur programmable (6522) et un port série propriétaire fonctionnant sur un principe proche de l'IEEE-488 et permettant de brancher (et d'adresser) des périphériques, en particulier une ou plusieurs unités de mono-disquettes de 1540 (lecteur de disquette du VIC-20), 1541 et 1542. Il y eut un modèle portable avec lecteur de disquette et écran intégrés, mais sans le port du lecteur de cassette. Avec cet ordinateur est (probablement) apparue une culture "underground" informatique connue sous le nom de scène démo. Historique. Commodore tente en 1984 de remplacer le C64 par le Commodore Plus/4, qui offre un affichage plus haut en couleur, une meilleure implémentation du BASIC (V3.5) et quatre logiciels (traitement de texte, tableur, gestionnaire de fichier et graphisme) implantés en mémoire morte. Cependant, il manque à ce modèle les capacités de sprite, et il propose des capacités sonores en retrait, une bibliothèque de logiciels quasi inexistante et surtout une absence de compatibilité avec les logiciels du C64. Malgré un prix d'achat attractif ( à sa sortie), le Commodore Plus/4 est un échec. Des ordinateurs plus performants arrivant sur le marché, comme le successeur du C64, le Commodore 128 (fin 1985), entièrement compatible, Commodore positionne le C64 comme un ordinateur d'entrée de gamme, baissant son prix de façon notable. En 1986, est lancé le "Commodore 64C", qui est fonctionnellement identique à l'original, mais avec un design extérieur remodelé dans l'esprit plus « moderne » du C128. Le C64C était souvent fourni avec le système d'exploitation graphique GEOS. Les derniers jeux officiels pour Commodore 64 se sont vendus jusqu'en 1994. Pendant l'été 2004, après une absence sur le marché de près de 10 ans, (propriétaire de la marque Commodore depuis 1997) annonce un C64-Direct-to-TV, une console-joystick basée sur le C64 avec 30 titres préprogrammés en ROM, selon un principe similaire aux mini-consoles basées sur l'Atari 2600 et l'Intellivision, qui avaient eu un succès plutôt modeste auparavant. Le C64 reste toujours employé, particulièrement pour la musique. Ses programmes peuvent être utilisés sur des machines plus récentes au moyen d'un émulateur ; certains jeux sont disponibles sur le service de la Console Virtuelle de la console Wii. Renouveau du Commodore 64. En 2011, une société basée en Floride a mis en vente un « Commodore 64 » reprenant le boîtier d'origine et compatible PC. En 2017, Retro Games Ltd. annonce une réédition du Commodore 64, « The C64 Mini », une version miniaturisée de l'ordinateur personnel, dont la distribution doit être assurée par Koch Media. Celle-ci est basée sur le processeur Allwinner A20, comporte 256 Mo de RAM, 256 Mo de flash pour le système et, pour la connectique, un port HDMI, ainsi 2 ports USB, le clavier intégré étant ici uniquement représentatif, mais ne fonctionnant pas. Spécifications techniques. -40×25 caractères de 8×8 pixels 2 couleurs chacun parmi 16. -40×25 demi-résolution caractères de 4×8 pixels 4 couleurs chacun parmi 16 (39x24 en mode scrolling). Le mode texte bénéficie du scrolling hard pixel par pixel. La grande majorité des jeux type arcade redéfinissaient les caractères pour en faire l’équivalent des « tuiles » des consoles. Avec les sprites hard, on s'approche grandement des techniques utilisé par les consoles 8 bits type NES et SMS. en 320x200 chaque bloc de 8*8 peut avoir 2 couleurs parmi les 16 (mode graphique notamment utilisé pour les jeux 3D fil de fer, par exemple Elite) en 160×200 chaque bloc de 4*8 peut avoir 4 couleurs parmi les 16. les 16 couleurs sont noir, blanc, rouge, cyan, violet, vert, bleu, jaune, orange, marron, rouge clair, gris foncé, gris moyen, vert clair, bleu clair, gris clair. Jeux vidéo. La popularité et les capacités graphiques et sonores avancées du Commodore 64 lui ont permis d'accueillir plusieurs milliers de jeux vidéo. 50 jeux parmi les plus appréciés :
Cryptographie asymétrique La cryptographie asymétrique, ou cryptographie à clé publique est un domaine relativement récent de la cryptographie. Elle permet d'assurer la confidentialité d'une communication, ou d'authentifier les participants, sans que cela repose sur une donnée secrète partagée entre ceux-ci, contrairement à la cryptographie symétrique qui nécessite ce secret partagé préalable. La cryptographie asymétrique peut être illustrée avec l'exemple du "chiffrement à clé publique et privée", dont le but, comme tout chiffrement, est de garantir la confidentialité d'une donnée lors d'une transmission de celle-ci. Le terme asymétrique s'explique par le fait qu'il utilise deux clés différentes, l'une, la clé publique, pour chiffrer, l'autre, la clé privée, pour déchiffrer. L'utilisateur qui souhaite recevoir des messages engendre un tel couple de clés. Il ne transmet à personne la clé privée alors que la clé publique est transmissible sans restriction. Quiconque souhaite lui envoyer un message confidentiel utilise la clé publique pour chiffrer celui-ci. Le message chiffré obtenu ne peut être déchiffré que connaissant la clé privée. Il peut donc être communiqué publiquement : la confidentialité du message original est garantie. Le destinataire, qui n'a communiqué à personne sa clé privée, est le seul à pouvoir, à l'aide de celle-ci, déchiffrer le message transmis pour reconstituer le message original. Un problème crucial pour l'émetteur est de s'assurer que la clé publique qu'il utilise est bien celle du destinataire souhaité. Ce système a deux utilisations majeures : Historique. Concept. Le concept de cryptographie à clé publique — autre nom de la cryptographie asymétrique — est généralement attribué à Whitfield Diffie et à Martin Hellman qui l'ont présenté au public à la en 1976, puis publié quelques mois plus tard dans . Le concept aurait cependant été découvert indépendamment par d'autres chercheurs à la même époque. Ralph Merkle aurait fait la même découverte à la même époque, même si ses articles ne furent publiés qu'en 1978. Mise en œuvre. Dans leur article de 1976, W. Diffie et M. Hellman n'avaient pas pu donner l'exemple d'un système à clé publique, n'en ayant pas trouvé. Il fallut attendre 1978 pour avoir un exemple donné par Ronald Rivest, Adi Shamir et Leonard Adleman, le RSA, abréviation tirée des trois noms de ses auteurs. Les trois hommes fondèrent par la suite la société . Le système Merkle-Hellman est généralement considéré comme la première réalisation pratique d'un système de chiffrement à clé publique, il a cependant été prouvé non sûr par Shamir en 1982. Recherches secrètes du GCHQ. Parallèlement aux recherches publiques, les services du chiffre britannique (GCHQ, ) auraient mené des recherches secrètes aboutissant à des concepts et outils de chiffrement asymétrique dès la première moitié des années 1970 : Ces découvertes n'auraient été rendues publiques par le GCHQ qu'en 1997. Découverte publique. En 1976, un cryptosystème à clé asymétrique a été publié par Whitfield Diffie et Martin Hellman qui, influencés par les travaux de Ralph Merkle sur la distribution de clé publique, ont divulgué une méthode d'accord de clé publique. Cette méthode d'échange de clés, qui utilise l'exponentiation dans un corps fini, est devenue connue sous le nom d'échange de clés Diffie-Hellman. Il s'agissait de la première méthode pratique publiée pour établir une clé secrète partagée sur un canal de communication authentifié (mais non confidentiel) sans utiliser de secret partagé préalable. La « technique d'accord de clé publique » de Merkle, devenue connue sous le nom de "Merkle's Puzzles", a été inventée en 1974 et publiée seulement en 1978. Cela fait du chiffrement asymétrique un domaine plutôt nouveau de la cryptographie, bien que la cryptographie en elle-même remonte à plus de . En 1977, une généralisation du schéma de Cocks a été inventée indépendamment par Ronald Rivest, Adi Shamir et Leonard Adleman, tous alors au MIT. Ces derniers auteurs ont publié leurs travaux en 1978 dans la colonne Scientific American de Martin Gardner, et l'algorithme est devenu connu sous le nom de RSA, leurs initiales. RSA utilise l'exponentiation modulo un produit de deux très grands nombres premiers, pour chiffrer et déchiffrer, effectuant à la fois le chiffrement à clé publique et les signatures numériques à clé publique. Sa sécurité est liée à l'extrême difficulté de factoriser de grands entiers, un problème pour lequel il n'y a pas de technique générale efficace connue (bien que la factorisation première puisse être obtenue par des attaques par force brute ; cela devient d'autant plus difficile que les facteurs premiers sont très grands). Une description de l'algorithme a été publiée dans la colonne "Mathematical Games" du numéro d'août 1977 de "Scientific American". Depuis les années 1970, un grand nombre et une grande variété de techniques de chiffrement, de signature numérique, d'accord de clé et d'autres techniques ont été développées, notamment le cryptosystème Rabin, le chiffrement ElGamal, le DSA et la cryptographie à courbe elliptique. Fonctionnement. Principe général. La cryptographie asymétrique, ou "cryptographie à clé publique" est fondée sur l'existence de fonctions à sens unique et à trappe secrète. Les fonctions à sens unique sont des fonctions mathématiques telles qu'une fois appliquées à un message, il est extrêmement difficile de retrouver le message original. L'existence d'une trappe secrète permet cependant à la personne qui a conçu la fonction à sens unique de déchiffrer facilement le message grâce à un élément d'information qu'elle possède, appelé clé privée. Supposons qu'Alice souhaite recevoir un message secret de Bob sur un canal susceptible d'être écouté par un attaquant passif Eve : La terminologie classiquement retenue est : En pratique, sont utilisées des fonctions de chiffrement , les termes « clé publique » et « clé privée » correspondant alors à des paramètres employés pour ces fonctions. Fonctionnement pratique. Alice souhaite pouvoir recevoir des messages chiffrés de n'importe qui. Diffusion des clés publiques. Elle génère alors une valeur à partir d'une fonction à sens unique et à trappe secrète à l'aide d'un algorithme de chiffrement asymétrique (), par exemple RSA. Alice diffuse à tout le monde la fonction pour chiffrer les messages (notée clé publique) mais garde secrète la fonction de décodage (notée clé privée). Chiffrement. L'un des rôles de la clé publique est de permettre le chiffrement ; c'est donc cette clé qu'utilisera Bob pour envoyer des messages chiffrés à Alice. L'autre clé — l'information secrète — sert à "dé"chiffrer. Ainsi, Alice, et elle seule, peut prendre connaissance des messages de Bob. La connaissance d'une clé ne permet pas de déduire l'autre. Authentification de l'origine. D'autre part, l'utilisation par Alice de sa clé privée sur le condensat d'un message, permettra à Bob de vérifier que le message provient bien d'Alice : il appliquera la clé publique d'Alice au condensat fourni (condensat chiffré avec la clé privée d'Alice) et retrouve donc le condensat original du message. Il lui suffira de comparer le condensat ainsi obtenu et le condensat réel du message pour savoir si Alice est bien l'expéditeur. C'est donc ainsi que Bob sera rassuré sur l'origine du message reçu : il appartient bien à Alice. C'est sur ce mécanisme notamment que fonctionne la signature numérique. Analyse fonctionnelle. Analogies. Le coffre-fort. Le chiffrement : Alice a choisi un coffre-fort. Elle l'envoie ouvert à Bob, et en garde la clé. Lorsque Bob veut écrire à Alice, il y dépose son message, ferme le coffre, il n'a pas besoin de la clé pour cela, et le renvoie à Alice. À sa réception, seule Alice peut ouvrir le coffre, puisqu'elle seule en possède la clé, à supposer le coffre inviolable, et que personne ne puisse refaire la clé. L'authentification ou la signature : Alice place un message dans le coffre-fort qu'elle ferme avec sa clé privée avant de l'envoyer à Bob. Si Bob parvient à ouvrir le coffre à l'aide de la clé publique d'Alice (dont il dispose), c'est que c'est bien le coffre fermé par Alice puisque la clé de Bob ne permet d'ouvrir que les coffres fermés par Alice. Bob est donc certain que c'est bien Alice qui y a placé le message. La boîte à deux serrures. Une autre analogie envisageable serait d'imaginer une boîte avec deux serrures différentes. Lorsque l'on ferme la boîte d'un côté, seule la clé correspondant à l'autre serrure permet l'ouverture de la boîte et vice-versa. Une des clés est privée et conservée secrète, l'autre est dite publique et un exemplaire peut-être obtenu par quiconque souhaite utiliser la boîte. Pour chiffrer un message Bob prend la boîte, y place son message, et la ferme à l'aide de la clé publique. Seul le détenteur de la clé privée permettant d'accéder à l'autre serrure, Alice en l'occurrence, sera en mesure de rouvrir la boîte. Pour signer un message, Alice le place dans la boîte et ferme celle-ci à l'aide de sa clé privée. Ainsi n'importe qui ayant récupéré la clé publique pourra ouvrir la boîte. Mais comme la boîte a été fermée par la clé privée, cette personne sera assurée que c'est bien Alice, seule détentrice de cette clé, qui aura placé le message dans la boîte et fermé ladite boîte. Inconvénients et limites. Comme pour tous les systèmes liés à la sécurité, il est important d'identifier les faiblesses potentielles. Outre le mauvais choix d'un algorithme à clé asymétrique (il y en a peu qui sont largement considérés comme satisfaisants) ou une longueur de clé trop courte, le principal risque de sécurité est que la clé privée d'une paire soit connue. En contrepartie de leurs propriétés spécifiques, les chiffrements asymétriques sont globalement moins performants que leurs équivalents symétriques : les temps de traitement sont plus longs et, pour un niveau de sécurité équivalent, les clés doivent être beaucoup plus longues. Algorithmes. Tous les schémas à clé publique sont en théorie sensibles à une "attaque par force brute". Cependant, une telle attaque n'est pas pratique si la quantité de calcul nécessaire pour réussir - appelé le "facteur de travail" par Claude Shannon - est hors de portée de tous les attaquants potentiels. Dans de nombreux cas, le facteur de travail peut être augmenté en choisissant simplement une clé plus longue. Mais d'autres algorithmes peuvent intrinsèquement avoir des facteurs de travail beaucoup plus faibles, ce qui rend la résistance à une attaque par force brute (par exemple, à partir de touches plus longues) non pertinente. Certains algorithmes spéciaux et spécifiques ont été développés pour aider à attaquer certains algorithmes de cryptage à clé publique ; le RSA et système de cryptage ElGamal ont des attaques connues qui sont beaucoup plus rapides que l'approche de la force brute. Cependant, aucun d'entre eux n'est suffisamment amélioré pour être réellement pratique. Des faiblesses majeures ont été trouvées pour plusieurs algorithmes de clés asymétriques autrefois prometteurs. Le cryptosystème Merkle – Hellman a été jugé peu sûr après le développement d'une nouvelle attaque. Comme pour toutes les fonctions cryptographiques, les implémentations à clé publique peuvent être vulnérables aux . Ceux-ci sont souvent indépendants de l'algorithme utilisé. Des recherches sont en cours pour à la fois découvrir et se protéger contre de nouvelles attaques. Altération des clés publiques. Une autre vulnérabilité de sécurité potentielle dans l'utilisation de clés asymétriques est la possibilité d'une attaque "man-in-the-middle", dans laquelle la communication des clés publiques est interceptée par un tiers (le "man in the middle") puis modifiée pour fournir des clés publiques différentes à la place. Les messages et les réponses chiffrés doivent, dans tous les cas, être interceptés, déchiffrés et rechiffrés par l'attaquant à l'aide des clés publiques correctes pour les différents segments de communication afin d'éviter tout soupçon. Une communication est dite non sécurisée lorsque les données sont transmises d'une manière qui permet l'interception (également appelée "reniflage"). Ces termes font référence à la lecture des données privées de l'expéditeur dans leur intégralité. Une communication est particulièrement dangereuse lorsque les interceptions ne peuvent être empêchées ou surveillées par l'expéditeur. Une attaque de l'homme du milieu peut être difficile à mettre en œuvre en raison de la complexité des protocoles de sécurité modernes. Cependant, la tâche devient plus simple lorsqu'un expéditeur utilise des médias non sécurisés tels que des réseaux publics, Internet ou une communication sans fil. Dans ces cas, un attaquant peut compromettre l'infrastructure de communication plutôt que les données elles-mêmes. Un membre du personnel malveillant hypothétique d'un fournisseur d'accès Internet (FAI) pourrait trouver une attaque de l'homme du milieu relativement simple. La capture de la clé publique nécessiterait uniquement de rechercher la clé lorsqu'elle est envoyée via le matériel de communication du FAI ; dans les schémas de clés asymétriques correctement mis en œuvre, ce n'est pas un risque significatif. Dans certaines attaques avancées de l'homme du milieu, un côté de la communication verra les données d'origine tandis que l'autre recevra une variante malveillante. Les attaques asymétriques de l'homme du milieu peuvent empêcher les utilisateurs de réaliser que leur connexion est compromise. Cela reste le cas même lorsque les données d'un utilisateur sont connues pour être compromises parce que les données semblent correctes pour l'autre utilisateur. Cela peut conduire à des désaccords déroutants entre les utilisateurs tels que "ce doit être de votre côté !" lorsque aucun des utilisateurs n'est en faute. Par conséquent, les attaques de l'homme du milieu ne peuvent être entièrement évitées que lorsque l'infrastructure de communication est physiquement contrôlée par l'une ou les deux parties ; par exemple via une route câblée à l'intérieur du propre bâtiment de l'expéditeur. En résumé, les clés publiques sont plus faciles à modifier lorsque le matériel de communication utilisé par un expéditeur est contrôlé par un attaquant. Infrastructure à clés publiques. Une approche pour prévenir de telles attaques implique l'utilisation d'une infrastructure à clé publique (PKI) ; un ensemble de rôles, de politiques et de procédures nécessaires pour créer, gérer, distribuer, utiliser, stocker et révoquer des certificats numériques et gérer le chiffrement à clé publique. Cependant, cela a des faiblesses potentielles. Par exemple, l'autorité de certification émettant le certificat doit être reconnue par toutes les parties participantes pour avoir correctement vérifié l'identité du détenteur de la clé, pour s'être assurée de l'exactitude de la clé publique lorsqu'elle émet un certificat, pour être à l'abri du piratage informatique, et avoir pris des dispositions avec tous les participants pour vérifier tous leurs certificats avant que les communications protégées puissent commencer. Malgré ses problèmes théoriques et potentiels, cette approche est largement utilisée. Les exemples incluent TLS et son prédécesseur SSL, qui sont couramment utilisés pour assurer la sécurité des transactions du navigateur Web (par exemple, pour envoyer en toute sécurité les détails de la carte de crédit à une boutique en ligne). Outre la résistance à l'attaque d'une paire de clés particulière, la sécurité de la hiérarchie de certification doit être prise en compte lors du déploiement de systèmes à clé publique. Certaines autorités de certification - généralement un programme spécialement conçu à cet effet et exécuté sur un ordinateur serveur - garantissent les identités attribuées à des clés privées spécifiques en produisant un certificat numérique. Les certificats numériques à clé publique sont généralement valides pendant plusieurs années à la fois, de sorte que les clés privées associées doivent être conservées en toute sécurité pendant cette période. Lorsqu'une clé privée utilisée pour la création de certificats à un niveau supérieur dans la hiérarchie du serveur PKI est compromise ou accidentellement divulguée, une "attaque de l'homme au milieu" est possible, rendant tout certificat subordonné totalement non sécurisé. Articulation avec le chiffrement symétrique. La cryptographie asymétrique répond à un besoin majeur de la cryptographie symétrique : le partage "sécurisé" d'une clé entre deux correspondants, afin de prévenir l'interception de cette clé par une personne tierce non autorisée, et donc la lecture des données chiffrées sans autorisation. Les mécanismes de chiffrement symétrique étant moins coûteux en temps de calcul, ceux-ci sont préférés aux mécanismes de chiffrement asymétrique. Cependant toute utilisation de clé de chiffrement symétrique nécessite que les deux correspondants se "partagent" cette clé, c'est-à-dire la connaissent avant l'échange. Ceci peut être un problème si la communication de cette clé s'effectue par l'intermédiaire d'un medium non sécurisé, « en clair ». Afin de pallier cet inconvénient, on utilise un mécanisme de chiffrement asymétrique pour la seule phase d'échange de la clé symétrique, et l'on utilise cette dernière pour tout le reste de l'échange. Applications. Mécanismes d'authentification. Un inconvénient majeur de l'utilisation des mécanismes de chiffrement asymétriques est le fait que la clé publique est distribuée à toutes les personnes : "Bob", "Carole" et "Alice" souhaitant échanger des données de façon confidentielle. De ce fait, lorsque la personne possédant la clé privée, "Alice", déchiffre les données chiffrées, elle n'a aucun moyen de vérifier avec certitude la provenance de ces données ("Bob" ou "Carole") : on parle de problèmes d'authentification. Afin de résoudre ce problème, on utilise des mécanismes d'authentification permettant de garantir la provenance des informations chiffrées. Ces mécanismes sont eux aussi fondés sur le chiffrement asymétrique dont le principe est le suivant : Bob souhaite envoyer des données chiffrées à Alice en lui garantissant qu'il en est l'expéditeur. Cette méthode d'authentification utilise la spécificité des paires de clés asymétriques : si l'on chiffre un message en utilisant la clé publique, alors on peut déchiffrer le message en utilisant la clé privée ; l'inverse est aussi possible : si l'on chiffre en utilisant la clé privée alors on peut déchiffrer en utilisant la clé publique. Certificats. La cryptographie asymétrique est également utilisée avec les certificats numériques, celui-ci contenant la clé publique de l'entité associée au certificat. La clé privée est quant à elle stockée au niveau de cette dernière entité. Une application des certificats est par exemple la mise en œuvre d'une infrastructure à clés publiques (PKI) pour gérer l'authentification et la signature numérique d'une entité, par exemple un serveur web (Apache avec le module SSL par exemple), ou simplement un client souhaitant signer et chiffrer des informations à l'aide de son certificat de la façon décrite dans les sections précédentes. Sécurité. Un chiffrement symétrique au moyen d'une clé de propose 2128 (~ 3,4 1038) façons de chiffrer un message. Un pirate qui essaierait de déchiffrer le message par la force brute devrait les essayer une par une. Pour les systèmes à clé publique, il en va autrement. Tout d'abord les clés sont plus longues (par exemple 2048 bits minimum pour RSA) ; en effet, elles possèdent une structure mathématique très particulière (on ne peut pas choisir une suite de bits aléatoire comme clé secrète, par exemple dans le cas du RSA, seuls les nombres premiers sont utilisés). Certains algorithmes exploitant cette structure sont plus efficaces qu'une recherche exhaustive sur, par exemple, . Ainsi, dans le cas de RSA, le crible général par corps de nombres (NFS en anglais) est une méthode plus efficace que la recherche exhaustive pour la factorisation. Il faut noter le développement actuel de la cryptographie utilisant les courbes elliptiques, qui permettent (au prix d'une théorie et d'implémentations plus complexes) l'utilisation de clés nettement plus petites que celles des algorithmes classiques (une taille de étant considérée comme très sûre actuellement), pour un niveau de sécurité équivalent. Dans son édition du 6 septembre 2013, le journal "The Guardian" affirmait que la NSA était capable de déchiffrer la plupart des données chiffrées circulant sur Internet. De nombreuses sources ont cependant indiqué que la NSA n'avait pas mathématiquement cassé les chiffrements mais s'appuierait sur des faiblesses d'implémentation des protocoles de sécurité.
Coréen Le coréen est une langue parlée en Corée, dans les districts frontaliers de la République populaire de Chine (Yanbian) et dans les communautés émigrées (notamment au Japon, en Chine (Pékin, Shandong), en Russie, en Australie, aux États-Unis, en France, etc.), et est la langue officielle de la Corée du Nord et de la Corée du Sud. Si le coréen était anciennement considéré comme un isolat, les études les plus récentes considèrent qu'il fait partie des langues coréaniques, dont il est le seul survivant. Aucun lien de parenté avec d'autres familles de langues n'a été confirmé et leur classification est controversée. L'hypothétique famille altaïque, dont les langues coréaniques font parfois partie, est très controversée. Quelques similitudes avec le japonais ont été relevées. L’alphabet qui sert à écrire le coréen est le hangeul, créé au et devenu officiel au ; les "hanja" (sinogrammes employés dans cette langue) sont également utilisés, une assez grande partie du lexique étant d’origine chinoise (du moins hors du vocabulaire courant). La langue s'étend sur un territoire comparable à celui de l'Italie, environ , dont environ pour les deux Corées réunies, environ pour la préfecture chinoise de Yanbian (province de Jilin) et le reste en partie sur trois autres provinces chinoises. Système d’écriture. Le coréen utilisait les « hanja » (prononciation coréenne du mot chinois hanzi désignant les caractères chinois han — souvent nommés « sinogrammes » en français — très proches de ceux utilisés sous la Chine impériale, en République de Chine (Taïwan) et République populaire de Chine, au Japon, à Singapour, ou encore autrefois au Vietnam) du au début du . Depuis le début du l'écriture chinoise est remplacée par une écriture propre à la Corée et appelée hangeul. Il s'agit d'un alphabet créé vers 1443 sous Sejong le Grand, puis interdit à partir de 1504 par son successeur, Yeonsangun ; ces caractères seront donc interdits pour la majeure partie de la période Joseon (1392 – 1910), avant d'être réhabilités en 1894 et officialisés à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Néanmoins, en Corée du Sud, les milieux universitaires continuent d’employer la graphie combinant les deux systèmes d’écriture, en utilisant les hanja pour la notation des mots d’origine chinoise. Contrairement aux caractères chinois, le hangeul est une écriture phonétique à démarcation syllabique, chaque caractère hangeul représente donc une syllabe, elle-même composée de deux à quatre lettres, qui représentent chacune un phonème. L’alphabet hangeul comprend : ( et ). Il est utilisé en regroupant les lettres par syllabes occupant des blocs carrés, à raison de 2 à par syllabe. La forme des consonnes correspond à la morphologie des organes de phonation, celle des voyelles utilise trois symboles d’origine taoïste (c'est-à-dire le point ou trait court, le trait vertical et le trait horizontal, qui représentent respectivement le Soleil, l’Homme et la Terre). Le coréen moderne s’écrit avec des espaces entre les mots, contrairement à d’autres langues comme le chinois ou le japonais. La ponctuation coréenne a recours aux signes de la ponctuation occidentale, utilisés toutefois de façon beaucoup plus parcimonieuse qu’en Occident. Traditionnellement, le coréen s’écrivait en colonnes de haut en bas, disposées de droite à gauche (comme le chinois traditionnel), mais il est désormais écrit en rangées de gauche à droite, disposées de haut en bas (sauf en poésie où le format traditionnel est parfois conservé). Grammaire, syntaxe et usages. Le coréen étant une langue agglutinante, son système est très différent de celui du français. La langue suit la typologie SOV c’est-à-dire « Sujet Objet Verbe ». De plus le déterminant se place avant le mot qu’il détermine. Il n’y a ni article, ni genre, ni nombre ; les verbes ne se conjuguent pas selon les personnes (je, tu, il…) mais ils intègrent de nombreuses déterminations, comme l’aspect, le temps, ou le degré de politesse ; des particules invariables indiquent la fonction du mot dans la phrase. Les connecteurs entre deux propositions sont intégrés au verbe de la première proposition à connecter. Les degrés de politesse sont souvent exprimés en coréen par les suffixes ajoutés au verbe ; ils expriment différentiellement le respect et l’humilité. Lexique. Le vocabulaire de base du coréen lui est propre, cependant une grande partie des termes plus spécifiques est d’origine chinoise, on parle alors de mot sino-coréen. Les estimations vont de 60 % à 70 % de termes sino-coréens. Certains mots ont aussi une origine mongole en raison de la proximité linguistique et historique des deux langues (langues altaïques) et des invasions de la Corée par les Mongols (), d’autres ont une origine sanskrite à la suite de l’introduction du bouddhisme en Corée par les moines chinois (quatrième siècle). Plus récemment, des mots d’origine japonaise ou provenant de langues occidentales (principalement l'anglais depuis la guerre de Corée), mais également, à moindre mesure, l'allemand, le français ou d'autres langues européennes) sont apparus. En Corée du Nord, l’influence de ces langues est beaucoup moins importante. Les emprunts du coréen au français. Un certain nombre de mots français sont entrés dans le vocabulaire coréen, avec généralement des évolutions liées aux contraintes de la phonétique coréenne, fortement liées à son système d'écriture. Ce sont notamment des termes du domaine culinaire comme (bageteu) (baguette), etc. Il s’agit aussi de mots du domaine culturel qui sont passés du français au coréen par l'intermédiaire de l'anglais : (angkoreu) ("encore", avec le sens de "bis", au théâtre), (debwi) ("début", s’agissant du premier concert d’un chanteur ou de la première apparition sur scène ou à l’écran d’une actrice ou d’un acteur), (sinema) (cinéma), (nubel bageu) (nouvelle vague), (abang-gareudeu) (avant-garde). Des termes politiques français sont également entrés dans le vocabulaire coréen par l'intermédiaire de la langue anglaise, tels que (kudeta) (coup d’État), (nobeulriseu obeulije) (noblesse oblige), ("peuroletaria") (prolétariat), et (rejiseutangseu) (résistance). Enfin, des mots exprimant les sentiments sont également entrés dans le vocabulaire coréen, tels que (melangkkoli) (mélancolie) () et (rangde bu) (rendez-vous) (ce dernier terme est exclusivement employé, comme en anglais, pour désigner un rendez-vous amoureux). Les emprunts du français au coréen. Le français a emprunté directement des termes culinaires des plats coréens, comme "kimchi" (plat à base de piments et de légumes lacto-fermentés, notamment du chou chinois), "bibimbap" (d’un mot coréen signifiant « mélange », de « riz cuit » "pap", de viande et de légumes) et "bulgogi" (dont le sens littéral est « viande » "kogi" (grillée sur le) « feu » "bul", comme pour les grillades que nous faisons sur un barbecue). Cependant certains plats coréens connus par leur version turco-mongole, comme le tartare de bœuf ont conservé le nom donné par les occidentaux aux turco-mongols. Le français a également adopté le terme "chaebol" en référence aux conglomérats industriels sud-coréens ; on conserve généralement l'appellation coréenne des entreprises de ce pays. Les pratiquants du sport coréen taekwondo sont également au contact d'expressions coréennes, aussi bien pour décrire les techniques que lors du combat. Par exemple, le combat commence lorsque l'arbitre déclare "shijak" (signifiant « départ, début, commencement » en coréen). Les emprunts du coréen à l'anglais. De nombreux mots sont empruntés à la langue anglaise tels que ; sweater : (seuweteo), coat : (koteu), coffee : (keopi), computer : (keompyuteo) et des expressions tel que "Thank you" ou "Alright" car ils décrivent principalement des objets ou des habitudes d'origine non asiatique. Les noms coréens en chinois. En raison de l'utilisation historique de l'écriture chinoise "han" par les Coréens, les Chinois prononcent généralement les noms communs ou propres coréens de la même manière que les "hanja" se prononcent en chinois (il est fait de même pour les "kanji" japonais). Par exemple : Dialectes. L’aire géographique du coréen se partage en correspondant chacune à un parler, au Dongbei, principalement Sud-Est de la province du Jilin et Est de celle du Liaoning (République populaire de Chine) à l’île de Jeju. Dans chacune des deux Corées, un parler a été choisi comme langue officielle. La péninsule est extrêmement montagneuse, et le « territoire » de chaque parler correspond étroitement aux frontières naturelles entre les différentes régions géographiques. La plupart des noms des parlers correspondent par conséquent aux régions qu’ils représentent. Il y a intercompréhension plus ou moins grande entre tous ces parlers, en fonction de la distance, à l’exception de celui de l’île de Jeju. Les parlers de la péninsule ne sont donc pas tous des dialectes. Deux parlers officiels : Autres parlers : Différence entre le nord et le sud. À la suite de la séparation de la Corée en deux, des différences sont apparues entre le coréen parlé en Corée du Sud et celui parlé en Corée du Nord. Ces différences sont notables au niveau de la prononciation, de l’écriture, de la grammaire, du vocabulaire. Il faut spécifier aussi l'apport de mots nouveaux étrangers : surtout anglais pour la Corée du Sud et chinois et russes pour la Corée du Nord ; et plus spécifiquement ceux utilisés pour désigner les nouvelles technologies (internet, technologies numériques, etc.) absentes au Nord, partiellement ou totalement. Plus généralement, le coréen parlé en Corée du Nord est resté presque identique à celui parlé en 1945. Face à l'isolement, la langue parlée au nord ne suit pas les évolutions de celle du sud. À noter aussi les différences d'accent : plus rude et plus tonal au nord, plus proche des langues dites ouralo-altaïques et plus proche de l'accent japonais au sud. La langue coréenne évolue donc très rapidement des deux côtés de la frontière, et les médias ne manquent pas d'en faire l'écho, en constatant les différences de langage et de vocabulaire des réfugiés du nord qui sont pris en charge après leur passage au sud. L'accent nord-coréen et les variantes de vocabulaires surprennent au sud. Souvent, on confond un réfugié nord-coréen avec un réfugié ou travailleur immigré chinois qui peine à s'exprimer correctement en coréen (du sud), alors que cette même personne parle un coréen proche de celui parlé dans toute la péninsule avant 1945. De plus, un langage de courtoisie est né au Sud pour s'adapter à l'univers capitaliste des entreprises, et ses codes, et qui ressemble aux codes de communications des Japonais en entreprises, ce qui est inconnu en Corée du nord, où les valeurs restent celles de l'ancien voisin soviétique, au temps de l'URSS. Enfin, la diaspora coréenne, installée en grande partie dans des pays où l'anglais est la langue officielle, contribue grandement au changement de la langue en Corée du Sud. Au nord, l'apport du chinois ou du russe est, lui, finalement plutôt marginal, ce qui s'explique du fait que le pays soit fermé et isolé, depuis la fin des années 1940. Il n'y a pas de contacts humains avec les locuteurs du sud, pourtant de la même ethnie. Par ailleurs, la population en Corée du Nord ne bouge pas beaucoup et reste très sédentaire, contrairement à celle du sud. Les observateurs constatent de ce fait des différences régionales au niveau de la langue, d'une région à une autre en Corée du Nord, mais la force du régime totalitaire, du moins dans sa communication, maintient l'unité de ce langage, en le standardisant dans toutes ses provinces. Le coréen ne connait également qu'une seule forme académique officielle au sud (coréen scolaire).
Cuisine mexicaine La cuisine mexicaine (a ne pas confondre avec les cuisines indigènes) est considérée comme très variée de par son héritage préhispanique (des indigènes de Mésoamérique) et européen (principalement espagnol), conséquence de la conquête espagnole de l'empire Aztèque au cours du . Elle a aussi connu l'influence des cuisines africaines, caraïbéennes, asiatiques et moyen-orientales. La base traditionnelle de cette cuisine est le maïs, ainsi que d'autres aliments d'origine autochtone comme le haricot, l'avocat, la tomate, la dinde, les cacahuètes, la vanille et le piment, accompagnés de riz, transporté par les Espagnols. Les Européens ont amené avec eux un grand nombre d'aliments parmi lesquels les plus importants sont les viandes d'animaux domestiqués (bœuf, porc, poulet, chèvre et mouton), les produits laitiers (en particulier le fromage), et diverses herbes et épices. Les Espagnols ont conservé leurs propres habitudes alimentaires mais aussi adopté celles des autochtones. Les aliments et les techniques culinaires ont fini par se mélanger, en particulier dans les couvents de l'ère coloniale. Les influences africaines et asiatiques ont aussi été apportées pendant cette période, résultat de l'esclavage africain en Nouvelle-Espagne et le transport de marchandises par les galions de Manille reliant Manille à Acapulco. Au cours des siècles, tout ceci a conduit à l'apparition de cuisines régionales liées aux conditions locales, telles que la cuisine d'Oaxaca, de Veracruz et de la péninsule du Yucatan. La cuisine mexicaine est un aspect important de la culture, de la structure sociale et des traditions populaires du Mexique. Un des exemples les plus marquants de cette connexion est l'utilisation du mole pour les occasions spéciales et les jours de fêtes, en particulier dans les régions du sud et du centre du pays. C'est l'une des raisons pour lesquelles a été inscrite au patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO le . Les plats et boissons énergisantes cités dans l'article ne font pas tous partie de l'inscription au patrimoine immatériel de l'UNESCO, certains sont d'origine étrangère, d'autres des inventions très récentes et/ou sans connexion avec les traditions culinaires du pays. Certains sont même servis dans les restaurants mexicains comme étant de la cuisine internationale. Éléments de base. La cuisine mexicaine est aussi complexe que n'importe quelle autre cuisine du monde. Elle est principalement constituée d'ingrédients originaires du Mexique mais aussi de produits apportés par les conquistadors espagnols et bien d'autres influences apparues depuis. En plus des aliments de bases que sont le maïs et les piments, les ingrédients autochtones comprennent les tomates, les courges, les avocats, les fèves de cacao et la vanille, ainsi que d'autres ingrédients généralement non utilisés dans d'autres cuisines parmi lesquelles des fleurs comestibles, des légumes comme le "huauzontle", le "papaloquelite", et de petits avocats nains dont la peau est comestible. Les légumes occupent un rôle important dans la cuisine mexicaine. Parmi les plus courants, on trouve la courgette, le chou-fleur, le maïs, les pommes de terre, l'épinard, les blettes, les champignons, les tomates, etc. Il y a aussi d'autres légumes traditionnels délicieux comme le "huitlacoche" (champignon de maïs) et le figuier de Barbarie dont sont consommés les fruits et les raquettes La contribution européenne est constituée par le porc, le poulet, le bœuf, le fromage, certaines herbes et épices ainsi que certains fruits. Des fruits tropicaux tels que la goyave, la figue de Barbarie, la sapote, la mangue, la banane, l'ananas et la chérimole sont populaires, en particulier dans le centre et le sud du pays. La part de cuisine indigène dans la cuisine mexicaine fait encore l'objet de débats. Toutefois, la base de leur régime alimentaire reste constituée de maïs et de haricots, deux aliments complémentaires, assaisonnés de piments. Maïs. Malgré l'introduction du blé et du riz au Mexique, le principal féculent reste le maïs dans presque toutes les régions du pays. Alors qu'il peut être consommé frais, la majorité du maïs est séché, puis mélangé à de la chaux et moulu en une pâte appelée "masa". Cette pâte est utilisée aussi bien telle quelle que fermentée pour préparer une grande variété de spécialités, des boissons ("atole", "pozol", etc.) et des plats ("tamales", "sopes", "pozole", etc.). Toutefois, la manière la plus ordinaire de consommer du maïs au Mexique est de manger des tortillas, accompagnement indispensable de presque tous les plats. Les tortillas sont faites de maïs dans la plupart des contrées du pays mais d'autres versions existent, au blé dans le nord, à base de bananes plantain, de manioc et de divers légumes-feuilles dans l'Oaxaca. Piments. L'autre ingrédient de base que l'on retrouve sur tout le territoire du Mexique est le piment. La cuisine mexicaine a la réputation d'être très épicée, mais son assaisonnement est mieux décrit par l'adjectif « fort ». Beaucoup de plats ont aussi des saveurs plus subtiles. Les piments ne sont pas seulement utilisés pour la chaleur qu'ils apportent mais aussi pour leurs saveurs, les Mexicains en utilisant une très grande variété. Si un plat ou un encas ne contient pas de piment, de la sauce pimentée est habituellement ajoutée. On retrouve aussi le piment sur les fruits frais et les sucreries. L'importance du piment remonte à la période préhispanique où il était considéré comme un élément de base au même niveau que le maïs et le haricot. Durant le , Bartolomé de las Casas écrivit que sans les piments, les populations indigènes n'avaient pas vraiment l'impression de manger. Même de nos jours, la plupart des Mexicains considèrent qu'ils perdraient une partie de leur identité nationale sans les piments. Au Mexique, beaucoup de plats sont définis par les sauces et les piments qu'elles contiennent, plutôt que par la viande ou le légume qu'elles recouvrent. Ces plats comprennent l’"entomatada" (dans une sauce tomate), l’"adobo" ou "adobados", les "pipians" et les "moles". Une soupe d’"hominy" appelée "pozole" peut être blanche, verte ou rouge en fonction de la sauce utilisée ou omise. Les "tamales" se différencient par leur contenu qui peut, là aussi, être défini par la sauce : piments rouges, verts ou mole. Les plats sans sauce sont rarement consommés sans une sauce salsa ou des piments frais ou saumurés. On évoque ici les encas de cuisine de rue que sont les tacos, les "tortas", les soupes, les "sopes", les "tlacoyos", les "tlayudas", les "gorditas" et les "sincronizadas". Pour la majorité des plats, c'est le type de piment utilisé qui lui donne sa principale saveur. Cactus. Le cactus, malgré sa réputation de plante seulement décorative ou dangereuse pour ses épines, est un aliment de base dans le pays. Il est utilisé à des fins médicinales, pour la confection de délicieux plats ("Nopales") ou même de bonbons (la gourmandise acidulée appelée "Acitron"). Très souvent en salade et accompagné de viande ou de légumes, il peut être servi grillé, mariné, ou rôti. Le "nopal" n'est pas le seul cactus comestible, la "figue de Barbarie" est un classique : tout comme la figue française, le fruit de l"'Opuntia" murit en septembre. Comme dans une multitude de cactus, beaucoup de parties de la plante sont utilisées dans l'alimentation. Alors que l'on fait de la farine à base de nopal (pour confectionner des biscuits, entre autres), la "figue de Barbarie" possède des graines, à cuisiner également. Contributions espagnoles. Les principales contributions des Espagnols sont la viande et le fromage ; le régime alimentaire des Mésoaméricains contenant très peu de viandes en dehors des dindes domestiquées et les produits laitiers étant absents. Les Espagnols ont aussi introduit la technique de friture dans du saindoux. De nos jours, les principales viandes cuisinées sont le porc, le poulet, le bœuf, la chèvre et le mouton. Les fruits de mer autochtones et le poisson restent populaires, en particulier le long des côtes. La fabrication de fromages au Mexique a évolué au point de développer ses propres spécialités. C'est une activité économique importante, en particulier dans le nord, et est fréquemment réalisé à la maison. Les régions majeures de production fromagère sont l'état de Chihuahua, d'Oaxaca, de Querétaro et de Chiapas. Du fromage de chèvre est aussi produit mais n'est pas aussi populaire et plus difficile à trouver en magasin. Alimentation et société. Cuisine maison. Sur la majorité du territoire mexicain et en particulier dans les régions rurales, une grande partie de la nourriture est consommée à la maison et est constituée de plats de la cuisine traditionnelle mexicaine, préparée à partir d'ingrédients locaux. Cuisiner pour la famille est considéré comme étant le travail des femmes, aussi bien pour le quotidien que pour les célébrations. Traditionnellement, on estimait les jeunes filles prêtes à se marier lorsqu'elles savaient cuisiner, et savoir cuisiner est un talent apprécié chez les femmes au foyer. Au Mexique, le principal repas de la journée est le "comida", signifiant « repas » en espagnol. Ce terme désigne le dîner ou souper. Il commence avec une soupe, souvent un bouillon de poulet avec des pâtes ou une « soupe sèche », des pâtes ou du riz parfumé avec des oignons, de l'ail ou des légumes. Le plat principal est une viande servie en sauce avec de la sauce salsa à côté, accompagné de haricots et de tortillas, souvent accompagné d'un jus de fruit. Le soir, il est fréquent de manger les restes du "comida" ou des pains sucrés accompagné de café ou de chocolat. Le petit-déjeuner est généralement plus copieux que dans les autres pays et peut être constitué de restes, de viande dans un bouillon (comme le "pancita"), de tacos, d'enchiladas ou de viande avec des œufs. On sert habituellement des haricots, des tortillas avec du café ou du jus de fruit. Cuisine et festivals. La cuisine mexicaine est élaborée, riche en symbolisme, et souvent associée à des festivals, une des raisons pour lesquelles elle a été citée en exemple dans la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité. De nombreux aliments du Mexique ont une relation compliquée avec la structure sociale du pays. La préparation des aliments, notamment pour les évènements familiaux et sociaux, est considérée comme un investissement pour maintenir des relations sociales. La saveur, elle-même, a un aspect social, certains mets étant confectionnés pour certains dîners et pour certaines occasions, lorsqu'ils seront les plus appréciés. La faculté de bien cuisiner, appelée "sazón" (litt. « assaisonnement ») est considéré comme un don généralement acquis par l'expérience et un engagement envers ses convives. Pour le jour des morts, de la nourriture, par exemple des "tamales" et du "mole" sont placés sur les autels et les Mexicains croient au fait que les membres de la famille décédés rendent visitent et consomment l'essence de la nourriture. Si elle est consommée par les vivants après, cette nourriture est jugée sans goût. Dans le centre du Mexique, les aliments essentiels des festivals sont le "mole", le "barbocoa", les "carnitas" et les "mixiotes". Des groupes entiers de cuisiniers les préparent en grande quantité, de quoi nourrir près de cinq cents convives. La cuisine est une partie des coutumes sociales et servent à rassembler les familles et les communautés. La cuisine domestique régionale mexicaine est complètement différente de la nourriture servie dans la plupart des restaurants mexicains en dehors du Mexique. On y sert généralement une sorte de cuisine tex-mex. Certains aliments traditionnels mexicains impliquent une complexe ou longue préparation. Avant l'industrialisation, les femmes passaient traditionnellement plusieurs heures par jour à bouillir du maïs séché, puis à le moudre sur un "metate" afin d'élaborer la pâte à tortillas, cuits un par un sur un "comal". Dans certaines régions, les tortillas continuent d'être produits de cette manière. Les sauces et les "salsas" sont aussi broyés sur un mortier appelé "molcajete". De nos jours, les robots mixeurs sont très souvent utilisés, bien que la texture soit légèrement différente. La plupart des Mexicains affirmeront que ceux préparés avec un "molcajete" ont un meilleur goût mais rares sont ceux qui l'utilisent encore. Le mets le plus important pour les fêtes et les autres occasions spéciales est le "mole", tout particulièrement le "mole poblano" dans le centre du pays. Le "mole" est servie à Noël, à Paques, le Jour des morts, aux anniversaires, aux baptêmes, aux mariages ainsi qu'aux enterrements. On a tendance à le réserver uniquement pour les grandes occasions car c'est un plat très complexe et très long à préparer. Bien qu'il reste prédominant dans ce cas, d'autres plats sont admis en de telles occasions, par exemple le "barbacoa", les "carnitas" et les "mixiotes", en particulier depuis les années 1980. Cela est dû sans doute aux crises économiques de l'époque, conduisant au remplacement des ingrédients par des aliments moins chers, ou peut être au fait que ces mets pouvaient être achetés prêt à consommer ou faire partie des entreprises familiales. Un autre plat festif notable est le "tamal". Il s'agit d'une portion de semoule de maïs farcie, cuite à la vapeur. C'est l'un des aliments de bases dans de nombreuses régions du Mexique et même de l'Amérique Latine. Ses origines remontent à l'ère préhispanique et on en trouve de nombreuses variétés dans tout le Mexique. Comme le "mole", il est compliqué à préparer et propice à une préparation en grande quantité. Les "tamales" sont associés à certaines célébrations, par exemple la Chandeleur. Ils sont enveloppés dans une enveloppe de maïs dans les régions montagneuses et désertiques du Mexique et dans des feuilles de bananes dans les régions tropicales. Cuisine de rue. La cuisine de rue mexicaine est la partie la plus diversifiée de cette cuisine. Elle comprend les tacos, les quesadillas, les "pambazos", les "tamales", les "huaraches", les "alambres", l’"al pastor", et d'autres aliments difficiles à cuisiner à la maison, notamment le "barbacoa", les "carnitas", et, puisque de nombreux foyers mexicains ne disposent pas de four, le poulet rôti. Un des attraits de la cuisine de rue au Mexique est la possibilité de satisfaire sa faim sans toutes les implications sociales et émotionnelles de partager un repas à la maison, bien que les clients de longue date puissent entretenir une forme de relation amicale/familiale avec leur vendeur favori. La spécialité mexicaine de cuisine de rue la plus connue est le taco, dont l'origine est l'habitude préhispanique de se servir de tortillas pour prendre d'autres aliments, les couverts n'étant pas utilisés. L'origine du mot fait débat, certains affirmant qu'il est dérivé du nahuatl, d'autres d'expressions en espagnol. Les tacos ne sont pas consommés comme plat principal ; ils sont généralement consommés avant midi ou tard dans la soirée. À peu près n'importe quoi peut être enveloppé dans une tortilla, et au Mexique, on y met généralement du riz, de la viande (telle quelle ou parfois en sauce), de la crème, des légumes, du fromage ou simplement des piments ou une sauce salsa fraîche. Les garnitures préférées varient de région en région, généralement du porc dans le centre et le sud, du bœuf dans le nord, des fruits de mer le long des côtes et du poulet ainsi que de l'agneau dans tout le pays. Un autre élément apprécié de la cuisine de rue, en particulier à Mexico et dans les régions avoisinantes est la "torta". Il s'agit d'une sorte de pain, garni avec plusieurs ingrédients. Ses origines remontent au , lorsque les Français introduisirent de nombreuses variétés de pains. La "torta" se compose d'un pain ouvert et garni de haricots. De nos jours, on retrouve les "frijoles refritos" sur beaucoup de "tortas". À Mexico, le pain le plus utilisé pour les "tortas" est appelé "telera" ; il s'agit d'un pain relativement plat avec deux incisions à sa surface. À Puebla, le pain favori est appelé "cemita" et a aussi donné son nom au sandwich. Dans ces deux régions, le pain est rempli de garnitures variées, en particulier si c'est un sandwich chaud, avec des haricots, de la crème (la mayonnaise étant peu commune) et quelques variétés de piments. L'influence de la restauration rapide américaine sur la cuisine de rue mexicaine s'est accrue durant la fin du . On peut citer par exemple la popularité des hot dog mais préparés dans un style mexicain. Les saucisses sont généralement bouillies puis enveloppée de lard et mises à frire. Ils sont servis dans un pain à hot-dog ordinaire mais les condiments sont une combinaison typiquement mexicaine de dés de tomate, d'oignon et de "jalapeño". Outre la nourriture, les vendeurs de rue proposent aussi toutes sortes de boissons (parmi lesquelles, l’"agua fresca", le "tejuino" et le "tepache") et des gourmandises (telles que le "bionico", les "tostilocos", les "raspados"). Les vendeurs de "tamales" mettent aussi de l’"atole" pour accompagner leurs plats. Histoire. Période pré-hispanique. Au début du , les peuples indigènes du Mexique et d'Amérique centrale chassaient du gibier et ramassaient des plantes, y compris des piments sauvages. Le maïs n'était pas encore cultivé ; ainsi, l'une des premières sources de calories était les cœurs d'agaves rôtis. Vers le début du , le maïs fut domestiqué et une méthode appelée nixtamalisation, ou traitement à la chaux, fut développé pour ramollir les grains de maïs pour faciliter son moulage et améliorer sa valeur nutritionnelle. Cela permit la fabrication de tortillas et d'autres sortes de pains plats. Les peuples indigènes de Mésoamérique racontent de nombreuses histoires sur l'origine du maïs, généralement lié au don par une ou plusieurs divinités, notamment Quetzalcoatl. Les haricots étaient un autre aliment de base, consommé avec le maïs comme source de protéines complémentaire. Malgré cela, des études sur des os ont montré des signes de carence en protéine dans le régime alimentaire indigène, car la viande était difficile à obtenir. Parmi les autres sources de protéines, on retrouve l'amarante, la dinde domestique, des insectes comme les sauterelles et les larves de fourmis, les iguanes, et les œufs de tortue sur les littoraux. Quant aux légumes, on mangeait des courges et leurs graines, des "chilacayote", des "jicama" (une sorte de patate douce) et des fleurs comestibles, en particulier celles des courges. Le piment était employé pour l'alimentation mais aussi pour les rituels et comme remède. Quand les Espagnols débarquèrent, les Aztèques avaient déjà développé des techniques agricoles sophistiquées et disposaient d'une abondance de nourriture qui était à la base de leur économie. Cela leur permit d'étendre leur empire, leur procurant en tribut des denrées que les Aztèques ne pouvaient pas cultiver eux-mêmes. Selon Bernardino de Sahagún, les peuples nahua du centre du Mexique se nourrissaient de maïs, de haricots, de dinde, de poisson, de petit gibier, d'insectes et d'une variété de fruits, de légumes, de légumineuses, de graines, de tubercules, de champignons sauvages, de plantes et d'herbes qu'ils cueillaient ou cultivaient. Après la conquête. a déclaré que « l'épicier, et non le conquistador, était le véritable père espagnol de la société mexicaine ». Après la conquête, les Espagnols introduisirent une variété de produits alimentaires et de techniques culinaires européennes. La cuisine espagnole était déjà à cette époque un assemblage d'ingrédients variés, à la suite de huit siècles d'influence arabe. L'objectif initial était d'imiter leur cuisine nationale mais, avec le temps, de plus en plus d'ingrédients et de techniques culinaires autochtones furent incorporés. Ils apportèrent : de l'huile d'olive, du riz, des oignons, de l'ail, de l'origan, de la coriandre, de la cannelle, des clous de girofle et d'autres herbes et épices. Mais surtout, ils apportèrent des animaux domestiqués tels que les porcs, les bœufs, les poulets, les chèvres et les moutons, pour leur viande et leur lait, faisant croître la consommation de protéines. Le fromage devint le produit laitier le plus essentiel. La plus notable technique culinaire introduite par les Espagnols fut la friture. Malgré la domination de la culture espagnole, la cuisine mexicaine a conservé ses bases, faites de maïs, de haricots et de piment. Cela s'explique en partie par le nombre écrasant d'habitants indigènes durant le début de période coloniale, et le fait que de nombreux ingrédients de la cuisine espagnole n'étaient pas disponibles ou chers au Mexique. Une des principales voies pour le mélange des deux traditions culinaires a été les couvents. Par exemple, les Espagnols ont apporté du riz au Mexique qui s'est très bien acclimaté à Veracruz. Les tomates du Nouveau monde finirent par se substituer au coûteux safran espagnol, tout comme d'autres ingrédients locaux. La canne à sucre fut cultivée avec succès, menant à la confection de nombreuses sucreries, surtout les fruits locaux au sirop. Une confiserie appelée "alfeñique" fut adopté, mais adapté à la culture locale, tout spécialement pour le Jour des morts. Durant le , le Mexique reçut un flux d'immigrés variés, notamment, des Libanais, des Allemands, des Chinois et des Italiens, ce qui ne fut pas sans conséquence sur la nourriture. Le chef Tudor, invité au Mexique par l'empereur Maximilien de Habsbourg, influença ces nouvelles tendances. Une dernière preuve de cette mode est la variété de pains et brioches comme les "bolillos", les "conchas" et bien d'autres, que l'on retrouve dans les boulangeries mexicaines. Les Allemands et les Espagnols (Corona (bière) apportèrent les techniques de fabrication de la bière et les Chinois leur cuisine dans certaines régions du pays. Cela mena le Mexique à distinguer sa cuisine non pas par des techniques culinaires particulières mais par sa relation aux traditions populaires. Depuis le , des échanges ont eu lieu entre les cuisines mexicaines et américaines. La cuisine mexicaine continuait bien entendu d'être pratiquée dans le sud-ouest des États-Unis, après la guerre américano-mexicaine, mais Diana Kennedy établit une distinction précise entre la cuisine mexicaine et la cuisine tex-mex dans son livre "The Cuisines of Mexico" (publié en 1972). La cuisine tex-mex se construisit à partir des influences mexicaines et anglo-saxonnes, et on en retrouve des traces depuis la fin du au Texas. Elle continua d'évoluer, basée sur des tortillas de farine de blé, et fut de plus en plus apprécié au nord de la frontière seulement depuis la fin du . Du côté nord comme au sud, une grande partie de ses racines est liée aussi bien à l'industrialisation de l'alimentation qu'à la disponibilité croissante de la nourriture, surtout depuis la révolution mexicaine. Un autre signe visible de cette influence des États-Unis est l'apparition de la restauration rapide, sous forme de hamburgers, de hot dogs et de pizzas. À la fin du , l'influence internationale au Mexique a accru l'intérêt et le développement pour la haute cuisine. Au Mexique, de nombreux chefs professionnels sont formés à la cuisine internationale, mais l'utilisation des ingrédients de base mexicains et des saveurs typiques nationales est encore préférée, y compris la nourriture simple des marchés traditionnels. Il n'est pas inhabituel de voir des quesadillas ou des petits tacos parmi d'autres hors-d'œuvre à des dîners raffinés au Mexique. La cuisine professionnelle au Mexique croît et met l'accent sur les méthodes et ingrédients traditionnels. Dans les villes, la diffusion et la préservation de la cuisine mexicaine authentique est promue. On peut identifier les racines de ce mouvement à l'année 1982 avec le « cercle culinaire mexicain » de Mexico. Il a été créé par un groupe de cheffes cuisinières et d'autres experts culinaires en réaction à une crainte que les traditions soient perdues avec l'introduction croissante de techniques et aliments étrangers. En 2010, la cuisine du Mexique fut reconnue par l'Unesco en tant que patrimoine culturel immatériel de l'humanité. Boissons. Outre l'inévitable tequila, le Mexique consomme une variété notable de boissons, alcoolisées ou non - que ce soit sous forme pure ou de cocktails (telle la margarita). Des brandy, des vins, des rhums et des bières sont aussi produits localement. La boisson alcoolisée la plus consommée au cours des repas est la bière, suivie par la tequila. Le maïs n'est pas seulement mangé tel quel mais il peut aussi être consommé sous forme de boisson. Le maïs est la base d'une boisson chaude appelée "atole", qui est souvent parfumé avec des fruits, du chocolat, du riz ou d'autres parfums. Le maïs fermenté est à la base de nombreuses boissons fraîches comme le "tejuino", le "pozol" et bien d'autres. Les "aguas frescas" sont une autre boisson préparée à partir de fruits, d'eau et de sucre. On trouve aussi des thés glacés à l'hibiscus, au tamarin ou encore au riz et qu'on appelle "horchata". Beaucoup de boissons appréciées sont commercialisées par des vendeurs de rue et des "frutería", des bars à jus mexicains. Le chocolat occupe un rôle important dans l'histoire de la cuisine mexicaine. Le mot « chocolat » est originaire de la cuisine aztèque, dérivé du mot nahuatl "xocolatl". Le chocolat était d'abord servi en boisson avant d'être mangé. Il était aussi utilisé dans des rituels religieux. La civilisation maya cultivait des cacaoyers et utilisait les fèves de cacao pour produire une boisson mousseuse et amère. La boisson, appelée "xocoatl", était souvent parfumée à la vanille, au piment et au roucou. Cuisines régionales. Nord du Mexique. La nourriture consommée dans cette région a toujours différé des régions méridionales depuis l'ère préhispanique. Les peuples indigènes étaient des chasseurs-cueilleurs dont l'agriculture et les implantations étaient limitées par les terres arides. Lorsque les Européens sont arrivés, ils jugèrent les terres de ce territoire propices à l'élevage de bovins, de chèvres et de moutons. C'est ainsi que la viande, en particulier de bœuf, devint prédominante dans la région. Les plats les plus connus de la région comprennent la "machaca", la "arrachera" et le "cabrito". Le technique de cuisson qui se distingue dans cette région est la grillade, puisque la présence de ranch a favorisé la cuisson de la viande en extérieur réalisée par des hommes. L'existence de ranchs a aussi entraîné la production de fromages mexicains et le nord est la région qui en produit la plus grande variété. On pense au "queso fresco", un fromage frais fermier, au "ranchero", similaire au monterey jack, à la "cuajada", un lait caillé crémeux à base de lait frais, légèrement doux, le "requesón", similaire au fromage cottage ou à la ricotta, au "queso menonita", un fromage crémeux à pâte demi-ferme de la région de Chihuahua et 56 autres variétés de fromages fumés ("asadero"). Un autre aspect primordial dans la cuisine septentrionale est la présence de blé, entre autres pour préparer des tortillas de blé. On y élabore au moins 40 différents types de tortillas de blé. La principale raison est que la plupart des terres sont favorables à la production de blé, apporté par les Espagnols. Ces grandes tortillas ont permis de confectionner des burritos, souvent garnis de "machaca" à Sonora, qui finirent par gagner en popularité dans le Sud-Ouest des États-Unis. La variété de produits alimentaires dans le nord n'est pas aussi variée que dans le sud du Mexique à cause du climat en majeure partie désertique. Une grande partie de la cuisine y est dépendante des techniques de conservation, la déshydratation et la mise en conserve notamment. Les produits séchés comprennent la viande, le piment, la courge, les pois, le maïs, les haricots et les fruits séchés. Un certain nombre d'entre eux peuvent aussi être mis en conserve. Les techniques de conservation modifient la saveur des aliments ; par exemple, de nombreux piments sont moins forts après séchage. Dans le Nord-Est du Mexique, durant la période coloniale espagnole, Nuevo León fut fondée et des familles espagnoles d'origine juive s'y installèrent. Ils contribuèrent de façon significative à la cuisine régionale, apportant des plats tels que le "pan de semita" (pain sémitique, une forme de pain non-levé), la "capirotada" (un type de dessert), et le "cabrito" (chevreau) qui est devenu un mets typique de Monterrey, de Nuevo León, ainsi que de quelques régions de Coahuila. Le nord a connu des vagues d'immigration de Chinois, de Mormons et de Mennonites qui ont influencé la cuisine dans ces zones, notamment Chihuahua et Basse-Californie. Plus récemment, la cuisine "baja med" a fait son apparition à Tijuana et ailleurs en Basse-Californie, combinant les saveurs mexicaines et méditerranéennes. Oaxaca. La cuisine d'Oaxaca est restée plus intacte après la Conquête que celle d'autres régions, puisque les Espagnols en prirent le contrôle grâce à moins de combats et moins de perturbations dans l'économie et les systèmes de production alimentaire. Toutefois, ce fut la première région à subir le mélange des ingrédients et des styles culinaires, tandis que le centre du Mexique continuait de se rétablir. Malgré sa taille, l'état combine une grande variété d'écosystèmes et d'ingrédients locaux. Les légumes sont cultivés dans la vallée centrale, les fruits de mer sont abondants sur les côtes et la région à la limite de Veracruz produit des fruits tropicaux. La cuisine de l'état est influencée par les Mixtèques et, dans une moindre mesure, les Zapotèques. Tardivement durant la période coloniale, Oaxaca a perdu sa place de fournisseur majeur de nourriture et la cuisine régionale est revenu à un style plus indigène, conservant seulement un petit nombre d'ingrédients, notamment le poulet et le porc. La mozzarella apportée par les Espagnols fut adaptée et devint ce que l'on appelle de nos jours le fromage d'Oaxaca. Une des caractéristiques majeures de la cuisine d'Oaxaca est l'existence de 7 variétés de mole, mineurs par rapport au "mole poblano" en importance. Il s'agit de la "negro" (noire), "amarillo" (jaune), "coloradito" (légèrement rouge), "mancha manteles" (« qui tache la nappe »), "chichilo" (ragoût fumé), "rojo" (rouge), "verde" (vert). Le maïs est l'aliment de base de la région. Les tortillas sont appelées "blandas" et figurent à tous les repas. Le maïs est aussi utilisé pour confectionner des "empanadas", des "tamales" et bien plus encore. Les haricots noirs sont appréciés, souvent servis en soupe ou en sauce pour les "enfrijoladas". Les piments régionaux comprennent la "pasilla oaxaqueña" (rouge, fort et fumé), ainsi que des "amarillos", des "chilhuacles", des "chilcostles" et des "costeños". Ils apportent, avec les herbes comme la "hoja santa", un goût unique aux plats. Un autre important aspect de la cuisine régionale est le chocolat, généralement consommé en tant que boisson. Il est fréquemment moulu à la main et combiné à des amandes, de la cannelles et d'autres ingrédients. Yucatán. La nourriture de la péninsule du Yucatan se distingue de celle du reste du pays. Elle est basée sur la nourriture maya avec des influences caribéennes, du centre du Mexique, européennes (en particulier française) et moyen-orientales. Comme dans d'autres régions du Mexique, le maïs est l'aliment de base, aussi bien liquide que solide. Une façon ordinaire de consommer du maïs, surtout pour les pauvres, est sous la forme d'une boisson diluée ou un gruau de maïs blanc appelé "pozol" ou "keyem". Une des épices fondamentales de la région est la graine de roucou appelée "achiote". Elle donne à la nourriture une couleur rougeâtre et un parfum légèrement poivré avec une pointe de muscade. Les "recados" sont des pâtes d'assaisonnement, basés sur le roucou ("recado rojo") ou une mixture d'habanero et de charbon appelé "chirmole", badigeonnée aussi bien sur le poulet que le porc. Le "recado rojo" est employé pour préparer le plat le plus connu de la région, le "cochinita pibil". "Pibil" désigne la méthode de cuisson (du maya "p'ib", « enterré ») qui consiste à envelopper la nourriture dans des feuilles de bananes et à cuire dans un four enterré. Diverses viandes sont cuites de cette manière. Le habanero est un autre ingrédient typique, mais ils sont généralement servis comme condiments au lieu d'être intégré aux plats. Une caractéristique prépondérante de la cuisine du Yucatan est l'usage de fruits tropicaux ; du tamarin, des prunes, du "mamey", des avocats et des oranges amères, ce dernier étant souvent employé dans des salsa typiques. Le miel était utilisé depuis longtemps avant l'arrivée des Espagnols pour adoucir les mets et préparer un breuvage alcoolisé rituel appelé "balché". De nos jours, il existe une liqueur de miel appelée "xtabentun" qui continue d'être consommée dans la région. Les côtes offrent plusieurs plats de fruits de mer, employant du poisson comme le mérou, une variété de gorette et de cobia, qui sont frits et servis avec de la salsa épicée, à base de piment "x’catic" et de la pâte de roucou. On mange aussi des filets de conque (servi cru, juste mariné de jus de lime), des crevettes à la noix de coco et des escargots de lagon. Traditionnellement, certains plats sont servis en tant qu'entrées, comme le "brazo de reina" (un type de "tamale" à base de "chaya" et de "papadzules" (tacos aux œufs assaisonné par une sauce de graines de citrouille). La cuisine de rue consiste habituellement de taco de "cochinita pibil", de "kebbeh" d'origine libanaise, de tacos au "shawarma" et d'encas utilisant une pâte de maïs durcie appelée "piedras" et des glaces aux fruits. Mexico. Un des traits typiques de la cuisine de Mexico est qu'elle a été influencée par celle des autres régions du Mexique, ainsi que par un certain nombre d'influences étrangères. En effet, la ville de Mexico a été au cœur des migrations mexicaines depuis la période préhispanique. La majorité de ses ingrédients ne sont pas cultivés in situ mais importés de tout le pays (notamment les fruits tropicaux). La cuisine de rue est très populaire, avec des stands à taco et des comptoirs-déjeuner à tous les coins de rue. Les plats notable de la ville sont le "barbacoa" (une spécialité des régions montagneuses du centre), la "birria" (de l'Ouest du Mexique), le "cabrito" (du nord), les "carnitas" (originaires de Michoacán), les sauces "mole" (de Puebla et du centre du Mexique), les tacos garnis de nombreuses manières et de grands sandwichs appelés "tortas", habituellement écoulés par des magasins spécialisés appelés "torterías". Certains établissements de restauration se sont spécialisés dans la nourriture préhispanique, y compris les mets avec des insectes. C'est aussi ici qu'on retrouve une partie de la haute cuisine mexicaine. Ouest du Mexique. Les États de Michoacán, Jalisco et Colima ainsi que la côte pacifique se situent à l'ouest de Mexico. La cuisine de Michoacan est basée sur celle des Purépechas, qui domine encore dans la majorité de l'État. Un grand réseau de rivières et de lacs y fournit quantité de poisson. L'utilisation de maïs y est la plus diversifiée. Tandis que l’"atole" est bu dans de nombreuses parties du Mexique, il est proposé avec beaucoup plus de parfums dans la région, y compris aux mûres, au piment "cascabel" et bien d'autres. Dans la région de Bajío, les "tamales" sont souvent servis avec un ragoût de viande appelé "churipo", qui est parfumé aux fruits de l'Opuntia. La principale contribution espagnole à la cuisine locale est le riz, le porc et les épices. Parmi les plats les plus connus de l'état, on trouve la "morisquesta", un plat de saucisse et de riz, les "carnitas", de la viande de porc frite. On retrouve ce dernier dans de nombreuses zones du Mexique, mais certains déclarent que son origine authentique est Michoacán. Un autre ingrédient essentiel est le blé (le pain symbolisant la fertilité) que l'on emploie dans les pains et les pâtisseries. Le sucre permet l'existence d'une grande variété de desserts et de sucreries, notamment des gelées de fruits et de la crème glacée qu'on associe tout particulièrement à la ville de Tocumbo. La ville de Cotija a donné son nom à un fromage. La boisson alcoolisée locale est la "charanda", que l'on fermente à partir de maïs. La cuisine de Jalisco et Colima est notable pour des plats comme la "birria", le "chilayo", le "menudo" et quelques plats de porc. La cuisine de Jalisco est connue pour sa tequila, certaines régions seulement étant autorisées à utiliser l'appellation. Le centre culturel et gastronomique est Guadalajara où l'agriculture et l'élevage de bétail prospèrent. Le plat le plus connu est la "birria", un ragoût de chèvre, de bœuf, de mouton ou de porc avec des piments et des épices. Les "tortas ahogadas" sont un élément essentiel de la cuisine de rue ; il s'agit d'un sandwich recouvert de sauce pimentée. La ville de Tonalá se trouve près de Guadalajara et est réputée pour son "pozole", un ragoût d’"hominy" dont la recette initiale contiendrait de la chair humaine. De la tequila est produite tout autour de la ville. La boisson populaire locale est le "tejuino", fermenté à partir de maïs. Le "bionico" est un dessert apprécié dans la région. Sur la côte pacifique, les fruits de mer sont courants, généralement cuisinés avec des épices européennes et du piment, souvent servis avec une "salsa" piquante. Les espèces de poissons de prédilections sont le marlin, l'espadon, le vivaneau, le thon, les crevettes et le poulpe. Les fruits tropicaux sont aussi très présent. La cuisine de la péninsule de Basse-Californie repose beaucoup sur les produits de la mer, dans sa plus large diversité. Des piments verts doux figurent au menu, avec des dattes, pour les desserts entre autres. Veracruz. La cuisine de Veracruz est un assemblage d'éléments indigènes, afro-mexicains et espagnols. La contribution autochtone est l'utilisation de maïs comme aliment de base, ainsi que de vanille indigène et d'herbes appelées "acuyo" et "hoja santa". Une grande variété de fruits tropicaux complète les assiettes, notamment la papaye, le "mamey" et la sapote, en plus de la culture de citrons et d'ananas par les Espagnols. Ces derniers introduisirent aussi des herbes européennes comme le persil, le thym, la marjolaine, le laurier, la coriandre et d'autres qui caractérisent désormais la cuisine de cet état. On en trouve dans le "huachinango a la veracruzana", un plat de vivaneau rouge des plus typiques de la région. L'influence africaine vient du transport d'esclaves à travers les Caraïbes, apportant des plantes comme les cacahuètes qu'ils ont reçues des Portugais. On peut constater cet apport dans des plats tels que le "pollo encacahuatado" (poulet à la sauce cacahuète). D'autres ingrédients africains sont souvent consommés, parmi lesquels la banane plantain, le manioc et la patate douce. Ouvert sur le Golfe du Mexique, les fruits de mer s'imposent dans la majorité de l'état. La place de l'État comme voie de communication du Mexique a placé la consommation de maïs en retrait par rapport à d'autres États du Mexique, le riz étant de loin préféré. Les plats de maïs comprennent les "garnachas" (une sorte de gâteau de maïs), qu'on trouve aisément dans les régions montagneuses où les apports indigènes sont prédominants. Chiapas. Comme ailleurs au Mexique, le maïs est essentiel et les éléments indigènes fortement présents en cuisine. Accompagné d'un piment appelé "simojovel" utilisé nulle part ailleurs, la cuisine se distingue aussi par l'utilisation d'herbes comme le "chipilín" et la "hierba santa". Comme dans l'Oaxaca, les "tamales" sont habituellement enveloppés de feuilles de bananes (ou parfois dans des feuilles de "hoja santa") mais le "chipilín" est souvent incorporé dans la pâte. Comme au Yucatán, le maïs fermenté est bu sous forme de "pozol" mais il est généralement parfumé avec du cacao naturel. Les viandes prisées sont le bœuf, le porc, le poulet, en particulier dans les hautes terres propices à l'élevage de bétail. L'industrie animalière a aussi poussé à la fabrication de fromage, en grande partie dans des ranchs et de petites coopératives, les plus connues étant celles de Ocosingo, Rayón et Pijijiapan. La viande et les plats à base de fromage sont souvent accompagnés de légumes comme la courge, la chayote et la carotte. Cuisine mexicaine en dehors du Mexique. La cuisine mexicaine est proposée dans quelques restaurants éminents en Europe et aux États-Unis. Parfois, des cultivars traditionnels de maïs du Mexique sont importés et moulus dans ces établissements. États-Unis. La majeure partie de la nourriture mexicaine consommée hors du Mexique se limite vaguement aux plats de l'extrême nord du Mexique et du sud des États-Unis. Les nachos, les burritos, les fajitas, et le "chimichanga" sont des exemples de plats américains aux origines mexicaines et font partie de la cuisine tex-mex. Le chili con carne souvent associé au Mexique est originaire du Texas. Toutefois, avec la croissance de la population mexicaine aux États-Unis, la cuisine mexicaine authentique a fait peu à peu son apparition aux États-Unis. Cela peut s'expliquer par l'envie des populations d'origine mexicaine vivant dans les états annexés lors de la guerre américano-mexicaine ou issues de l'immigration récente. Autrement, davantage d'Américains ayant pu goûter à la nourriture mexicaine au Mexique, on observe une demande croissante pour des saveurs plus authentiques.
Calcul distribué Un calcul distribué, ou réparti ou encore partagé, est un calcul ou un traitement réparti sur plusieurs microprocesseurs et plus généralement sur plusieurs unités centrales informatiques, et on parle alors d'architecture distribuée ou de système distribué. Le calcul distribué est souvent réalisé sur des clusters de calcul spécialisés, mais peut aussi être réalisé sur des stations informatiques individuelles à plusieurs cœurs. La distribution d'un calcul est un domaine de recherche des sciences mathématiques et informatiques. Elle implique notamment la notion de calcul parallèle. Historique. Le calcul réparti est un concept qui apparaît dans les années 1970, lorsque le réseau Cyclades français, poussé par la CII et sa Distributed System Architecture, basés sur le Datagramme, tentent de mettre en commun les ressources informatiques des centres universitaires et de grandes entreprises en forte croissance comme EDF ou le Commissariat à l'énergie atomique. Aux États-Unis, IBM et Digital Equipment Corporation créent les architectures SNA et DECnet, en profitant de la numérisation du réseau de téléphone d'AT&T (voir Réseau téléphonique commuté) et ses connexions dédiées à moyen débit. À partir de là, la conception du grand système est concurrencée par les mini-ordinateurs en réseau, comme le Mitra 15 puis le Mini 6, qui viennent le compléter et modifier son architecture. Système distribué. Un système informatique distribué est une collection de postes ou calculateurs autonomes qui sont connectés à l'aide d'un réseau de communication. Chaque poste exécute des composantes, par exemple des séquences de calculs, issues du découpage d'un projet de calcul global, et utilise un middleware, qui s'occupe d'activer des composantes et de coordonner leurs activités de telle sorte qu'un utilisateur perçoive le système comme un unique système intégré. Une propriété importante des systèmes distribués est que la distribution est généralement cachée pour l’utilisateur et les programmeurs de l’application. Ces derniers préfèrent voir l'ensemble comme un seul et unique système, ce qui cache la complexité de la distribution le plus possible et augmente la transparence du système distribué. Cela permet de développer le plus possible les applications de la même façon que les systèmes centralisés. Un système distribué est généralement séparable en plusieurs composantes entièrement autonomes. Il n’existe pas de composante maître qui gère les autres et chacune est donc responsable de son propre fonctionnement. Cela permet notamment d’avoir une hétérogénéité dans la technologie utilisée pour chaque composante, qui peuvent être écrits dans différents langages de programmation (Java, Cobol, C++, etc.) et s'exécuter sur différents systèmes d'exploitation (Mac OS X, Linux, Windows, etc.). L’autonomie des composantes fait que les systèmes sont exécutés simultanément (programmation concurrente). De plus, contrairement aux systèmes centralisés, les systèmes distribués possèdent plusieurs points de défaillances (problème de composantes, réseau, trafics, etc.). Exigences des systèmes distribués. Le besoin d'utiliser un système distribué est souvent dérivé d'exigences non fonctionnelles soit : Projets. Le projet « pionnier », dans l'emploi du calcul distribué est le SETI@home, développé par l'université de Berkeley, en Californie (États-Unis). Ce projet, développé en collaboration avec le programme SETI ("Search for Extra-Terrestrial Intelligence"), vise la détection d'une possible trace d'activité extraterrestre dans l'espace. Cependant, le besoin croissant de puissance de calcul informatique dans la recherche médicale et autres domaines est surtout ce qui a suscité l'emploi de plus en plus important de cette technologie. Le coût des superordinateurs étant trop élevé, il est ainsi envisagé d'utiliser la puissance de calcul « disponible » d'ordinateurs au repos (ou sous-utilisés). Le procédé consiste souvent en l'installation d'un logiciel qui télécharge des données brutes à partir d'un serveur, les retravaille (les « traite ») de façon transparente pour l'utilisateur (en n'utilisant que la puissance de calcul non utilisée par les autres applications), puis renvoie les résultats aux serveurs. Certains systèmes de calcul distribué sont ouverts au public "via" Internet (cf. Quelques projets de calcul partagé) et attirent facilement les utilisateurs. On peut voir l'évolution du projet depuis ses débuts, le classement des utilisateurs, le temps de calcul réalisé par les possesseurs d'une architecture donnée, ou par tel ou tel système d'exploitation (Linux, Windows, Macintosh, etc.). Plusieurs de ces projets utilisent la plate-forme libre BOINC ("Berkeley Open Infrastructure for Network Computing"), une évolution du SETI@home original. Le calcul distribué est aussi un thème actif de recherche, avec une abondante littérature. Les plus connues des conférences sur le calcul distribué sont « "The International Conference on Dependable Systems and Networks" » et « "ACM Symposium on Principles of Distributed Computing" ». Il existe également la revue "Journal of Parallel and Distributed Computing". Une part importante du génome humain a ainsi pu être décryptée par les internautes du programme « Décrypthon » de l'AFM en collaboration avec le CNRS et IBM. Des projets sont également en cours, centralisés par le World Community Grid visant à l'analyse des protéines et à l'élaboration de solutions contre le sida. La grande majorité des projets de ce type sont faits par des universités et/ou des professeurs très sérieux diffusant leurs résultats. Le Décrypthon a par exemple contribué au décodage du génome humain qui est maintenant disponible sur Internet sans brevet déposé.
Calcul partagé
Chlore Le chlore est l'élément chimique de numéro atomique 17, de symbole Cl. C'est le plus commun des halogènes. Le chlore est abondant dans la nature, son dérivé le plus important est le sel de table ou chlorure de sodium (NaCl). Ce dernier est nécessaire à de nombreuses formes de vie. Le chlore, à l'état de corps simple, se présente sous la forme de la molécule de dichlore Cl2, qui est un gaz jaune-vert 2,5 fois plus dense que l'air, aux conditions normales de température et de pression. Ce gaz a une odeur suffocante très désagréable et est extrêmement toxique. L'ion hypochlorite de l'eau de Javel contenant un atome de chlore, on dit souvent d'une eau javellisée qu'elle est « chlorée ». Il s'agit toutefois d'un abus de langage, source fréquente de confusions entre l'élément chlore, le gaz dichlore et l'ion hypochlorite. C'est sous le nom de chlore que le dichlore est en effet répertorié pour le transport des matières dangereuses par exemple. Certains virus (norovirus par exemple), certaines bactéries ou les biofilms peuvent développer une certaine résistance au chlore. Ce phénomène est d'intérêt épidémiologique et écoépidémiologique. Découverte. Le premier chimiste à avoir isolé le dichlore est réputé être le Suédois Carl Wilhelm Scheele, en 1774. Il lui donna le nom d'acide muriatique déphlogistiqué, car il pensait que c'était un gaz composé. Avec l'abandon du phlogistique, on crut pendant quelques années que ce gaz contenait de l'oxygène, et ce n'est qu'en 1809 que le chimiste britannique Humphry Davy prouva qu'il n'en était pas ainsi, reconnut que c'était un corps simple, et lui donna son nom actuel de chlore. Le nom de chlore vient du grec "chloros" qui signifie « vert pâle », en référence à la couleur de l'élément chimique pur. Isotopes. Le chlore possède 24 isotopes connus de nombre de masse variant entre 28 et 51, ainsi que deux isomères, 34 mCl et 38 mCl. Seuls deux isotopes sont stables, 35Cl et 37Cl, et représentent la quasi-totalité du chlore naturellement présent (respectivement 75,77 et 24,23 %), le reste étant le chlore 36, un radioisotope cosmogénique présent à l'état de trace. La masse atomique standard du chlore est de . Caractéristiques notables. L'élément chimique pur a la forme d'un gaz jaune-verdâtre diatomique , le dichlore cité plus haut, dans les conditions normales de température et de pression. Le chlore est produit à partir des chlorures, par oxydation et principalement par électrolyse. Avec des métaux, il forme des sels appelés les chlorures. Le chlore se liquéfie aisément, il bout à à pression atmosphérique. Il est transporté (ou conservé) liquide, sous pression (vers ), aux températures ambiantes : sous à . Avec le fluor, le brome et l'iode, le chlore appartient à la famille des halogènes, dans le groupe 17 du tableau périodique — groupe d'éléments très électronégatifs, donc très réactifs. Il se combine aisément avec presque tous les éléments. En effet, la liaison entre les deux atomes est relativement faible (seulement ), ce qui fait de une molécule fortement réactive. Des composés avec l'oxygène, l'azote, le xénon et le krypton sont connus. Ils ne se forment pas par une réaction directe entre ces éléments, mais qui doit être "initiée" par un agent externe, catalyseur ou ionisation. Bien que très réactif, le chlore n'est pas aussi réactif que le fluor. Le gaz de chlore pur, cependant, est (comme l'oxygène) un comburant et peut soutenir la combustion des composés organiques tels que les hydrocarbures, bien que le carbone composant le carburant tende à ne brûler qu'incomplètement, une grande partie demeurant sous forme de suie. Ce qui montre l'affinité (relative) extrême du chlore pour l'hydrogène (comme tous les halogènes), produisant du chlorure d'hydrogène, un corps mieux lié que l'eau (l'oxyde d'hydrogène). À et pression atmosphérique normale, d'eau dissout de chlore et à . En solution, le chlore se trouve généralement sous forme d'ion chlorure Cl. Cet ion est le principal ion dissous dans l'eau de mer : environ 1,9 % de la masse de l'eau de mer est celle des ions chlorure. Utilisations. Le chlore est un produit chimique important dans la purification de l'eau, dans les désinfectants, les agents de blanchissement ainsi que dans le gaz moutarde. En raison de sa toxicité, le dichlore a été un des premiers gaz employés lors de la Première Guerre mondiale comme gaz de combat. Les premiers masques à gaz inventés pour s'en protéger étaient en fait des compresses ou des cagoules de toiles imbibées de thiosulfate de sodium. Le dichlore est depuis largement utilisé pour fabriquer de nombreux objets et produits courants : La chimie organique emploie le chlore comme oxydant et en substitution de l'hydrogène, parce que cette substitution confère souvent des propriétés intéressantes aux composés organiques, par exemple au néoprène (un caoutchouc synthétique résistant aux hydrocarbures). Il existe d'autres emplois dans la production des chlorates, chloroforme, tétrachlorure de carbone, et dans l'extraction de brome. En géomorphologie et paléosismologie, l'isotope Cl, créé par les rayons cosmiques, est utilisé pour la datation d'une surface ou la détermination d'un taux d'érosion. Historique. Le mot chlore vient du grec "khlôros" signifiant « vert pâle ». Le dichlore est découvert en 1774 par le chimiste Carl Wilhelm Scheele en versant quelques gouttes d'acide chlorhydrique sur du dioxyde de manganèse. Scheele pense à tort qu'il contient de l'oxygène. C'est en 1810 que Humphry Davy lui attribue le nom de "chlore", en insistant sur le fait que c'était en fait un élément chimique bien distinct. À partir du , le chlore, notamment sous forme d'eau de Javel, est utilisé comme désinfectant et pour le traitement de l'eau potable. Il est également utilisé pour le blanchiment des tissus dans l'industrie textile. Dès la fin de la Seconde Guerre mondiale, le chlore est utilisé en prépondérance pour la désinfection des eaux de centres de remise en forme et de piscines publiques et privées. Le chlore est quelquefois associé à d'autres produits algicides, pour neutraliser le développement des algues dans les eaux de baignades chaudes et froides. En 2010, le chlore intervient sous la forme du 5-chloro-uracile, remplaçant la thymine du code génétique d'une bactérie et formant un AXN (voir xénobiologie). Sources. Dans la nature, on ne trouve le chlore que combiné avec d'autres éléments, en particulier du sodium, sous forme de sel (chlorure de sodium : NaCl), mais également avec la carnallite et la sylvine. L'électrolyse chlore-soude est la principale méthode de production du chlore. Elle a lieu à partir d'une solution aqueuse de chlorure de sodium : le chlore se dégage à l'anode et l'eau est décomposée à la cathode en hydrogène (qui se dégage) et en ions hydroxyde formant progressivement une solution de soude. On peut aussi électrolyser directement le sel fondu. En laboratoire, le chlore peut s'obtenir en chauffant un mélange de solution d'acide chlorhydrique et de dioxyde de manganèse. En analyse biologique. Le taux sanguin de chlore est appelé chlorémie. Dans le sang d'un adulte de poids moyen à jeun, il doit être compris entre 98 et . Effets sur la santé. Des études ont montré une influence de la chloration des piscines sur le risque d'asthme et de rhinites allergiques, soit à cause du chlore, soit à cause des produits secondaires ou sous-produits que son usage génère, qui peuvent aussi en cas d'exposition chroniques affecter le personnel travaillant dans les piscines (trihalométhanes ou autres) qui peuvent être toxiques ou génotoxiques. Le chlore irrite le système respiratoire, spécialement chez les enfants et les personnes âgées. Une forte exposition au chlore peut entraîner un asthme induit ou syndrome de Brooks. Cet asthme serait prédisposé par l'exposition chronique à l'air des piscines intérieures qui s'accompagne d'une destruction des cellules de Clara (cellules protectrices situées dans les poumons). Dans son état gazeux, il irrite les membranes des muqueuses et dans son état liquide, il brûle la peau. Il suffit de pour distinguer son odeur, mais ce gaz est mortel à partir de pour une bouffée d'environ une minute. L'exposition à ce gaz ne devrait donc pas excéder (valeur d'exposition moyenne pondérée sur , par semaine). Sur les sites industriels, la détection du chlore est primordiale pour la sécurité des personnes, ainsi des détecteurs sont mis en place. L'Institut national de recherche et de sécurité (INERIS) a réalisé une étude indépendante sur cinq détecteurs de chlore à la demande de l'EXERA. Son utilisation pour la désinfection de l'eau potable ou des piscines génère des sous-produits dangereux, dont certains gazeux comme les chloramines, particulièrement au contact de la sueur et de l'urine. Certains sont toxiques, d'autres peuvent entraîner des défauts de naissance, d'autres encore sont génotoxiques et enfin certains sont des cancérigènes connus. D'autres effets secondaire du chlore dans l'eau potable seraient lié à ses caractéristiques très oxydantes avec pour conséquences des irritations de la peau et une sensation de sécheresse en bouche conduisant parfois à un défaut d'hydratation. La plupart des filtres à base de charbon actif éliminent facilement le chlore par adsorption, au risque toutefois d'entraîner alors dans le réservoir à température ambiante une prolifération microbienne.
Carbone Le carbone est l'élément chimique de et de Il possède trois isotopes naturels : Le carbone est l'élément le plus léger du groupe 14 du tableau périodique. Le corps simple carbone présente plusieurs formes allotropiques dont principalement le graphite et le diamant. L'élément carbone forme divers composés inorganiques comme le dioxyde de carbone , et une grande variété de composés organiques et de polymères. C'est l'élément de base de toutes les formes de vie connues. Le carbone est le élément le plus abondant dans l'univers et le le plus abondant dans la croûte terrestre. Il est présent sur Terre à l'état de corps simple (charbon et diamants), de composés inorganiques () et de composés organiques (biomasse, pétrole et gaz naturel). De nombreuses structures basées sur le carbone ont également été synthétisées : charbon actif, noir de carbone, fibres, nanotubes, fullerènes et graphène. La combustion du carbone sous toutes ses formes a été le fondement du développement technologique dès la préhistoire. Les matériaux à base de carbone ont des applications dans de nombreux autres domaines : matériaux composites, batteries lithium-ion, dépollution de l'air et de l'eau, électrodes pour les fours à arc ou la synthèse de l'aluminium Histoire et étymologie. Le nom "carbone" vient du latin "", . La fabrication de carbone sous forme de charbon de bois par pyrolyse du bois sous une couche de terre était aussi connue des Romains. Le carbone sous sa forme diamant est connu depuis l'antiquité en Asie, il est aussi mentionné dans l'ancien testament. Son nom vient aussi du romain "adámas, adámantis" (« acier dur »). La notion d'élément carbone apparaît lorsque René Antoine Ferchault de Réaumur étudie la formation d'acier à partir de fer, il constate que cette transformation correspond à l'absorption d'un élément par le fer. En 1772, Antoine Lavoisier étudie ensuite la combustion de charbon et de diamants, il constate la formation notable de dioxyde de carbone mais ne détecte pas la formation d'eau. Il prouve ainsi que ces deux matériaux sont formés uniquement de carbone. Le graphite naturel était connu depuis l'antiquité, mais sa nature n'était pas comprise car on le confondait avec la molybdénite et on croyait que c'était une forme de plomb. En 1779, Carl Wilhelm Scheele démontre, lui aussi par oxydation du graphite, qu'il est composé principalement de carbone. En 1787, la "Nomenclature chimique" de Louis-Bernard Guyton-Morveau lui consacre un article en définissant le carbone comme la forme pure du charbon. Le nom « carbone » n'apparaît dans le dictionnaire de l'Académie française qu'à sa (1832-5). L'histoire est ensuite marquée par l'importance accrue du carbone, on peut citer par exemple : Élément. Formation. L'élément carbone n'est pas directement issu du Big Bang (nucléosynthèse primordiale), car les conditions de sa formation n'étaient pas réunies (la dilatation et le refroidissement de l'univers ont été trop rapides). Le carbone est en revanche produit en masse dans le cœur des étoiles très massives, dites de la branche horizontale, où trois noyaux d'hélium fusionnent (réaction triple alpha). Le carbone est présent sur Terre depuis la formation de celle-ci. Il existe sous forme de sédiments, charbon, pétrole, et également sous sa forme pure graphite, diamant. Les diamants naturels pouvant se trouver dans la kimberlite des cheminées d'anciens volcans, notamment en Afrique du Sud et dans l'Arkansas. On peut parfois trouver des diamants microscopiques dans certaines météorites. Isotopes et masse atomique. Le carbone possède deux isotopes stables dans la nature : La masse atomique du carbone, , est légèrement supérieure à 12 en raison de la présence de l'isotope, C. Le carbone possède aussi deux radio-isotopes : Structure électronique. Le carbone possédant six électrons adopte une configuration électronique à l'état fondamental 1s 2s 2p. Il possède quatre électrons sur sa couche de valence, ce qui lui permet de former quatre liaisons covalentes, dont des liaisons de type formula_1(première liaison avec un atome) ou de type formula_2(seconde ou troisième liaison). Les liaisons de type formula_2 sont toujours accompagnées d'une liaison de type formula_1. Le recouvrement des fonctions électroniques dans une liaison formula_2 est plus faible. Ces liaisons sont donc moins « solides ». Corps simples. État solide. Le carbone est présent dans la nature dans deux formes allotropiques principales : Dans les conditions de pression normales, le carbone est sous la forme graphite, dans laquelle chaque atome est lié à trois autres dans une couche d'anneaux hexagonaux fusionnés, comme ceux des composés aromatiques hydrocarbonés. Grâce à la délocalisation des orbitales formula_2, le graphite conduit l'électricité. Le graphite est mou, car les liaisons chimiques entre les plans sont faibles (2 % de celles des plans) et les couches glissent donc facilement les unes par rapport aux autres. Sous très haute pression, le carbone cristallise dans un système cubique à face centrée nommé diamant, dans lequel chaque atome est lié à quatre autres (distance interatomique de ). Le diamant, grâce à la résistance des liaisons carbone-carbone, est, avec le nitrure de bore, la matière la plus dure à rayer. À température ambiante, la métamorphose en graphite est si lente qu'elle est indécelable. Sous certaines conditions, le carbone se cristallise en lonsdaléite, une forme similaire au diamant mais hexagonale. De toutes les pierres précieuses, le diamant est la seule à se consumer complètement. En plus du graphite (pur sp) et du diamant (pur sp), le carbone existe sous forme amorphe et hautement désordonnée (a-C). Ces formes amorphes du carbone sont un mélange de sites à trois liaisons de type graphite ou à quatre liaisons de type diamant. De nombreuses méthodes sont utilisées pour fabriquer du a-C : pulvérisation, évaporation par faisceau d'électrons, dépôt à l'arc électrique, ablation laser En 2019, la molécule cyclique (pur sp) a été synthétisée par élimination des groupes CO dans l'oxyde . Les oignons de carbone sont des structures basées sur une structure de type fullerène, mais dont la paroi est constituée de plusieurs couches de carbone. Les formes cylindriques du carbone sont appelées nanotubes (nanotube de carbone, abréviation : NTC). Elles ont été découvertes dans le culot se formant à la cathode de l'arc électrique durant la synthèse de fullerènes. Ces objets de diamètre nanométrique et de longueur atteignant parfois le millimètre se présentent comme des plans de carbone d'épaisseur monoatomique (ou graphène) enroulés sur eux-mêmes et formant un tube de diamètre nanométrique). Les nanotubes dont la paroi n'est constituée que d'un seul plan de carbone sont dits « monofeuillets ». Les nanotubes fabriqués par la méthode de l'arc électrique sont presque tous « multifeuillets ». Le graphène est constitué d'un plan unique de carbone d'épaisseur monoatomique. Le graphène peut être simplement obtenu en prélevant un plan unique de carbone d'un cristal de graphite. Conjointement à ces structures, on observe un grand nombre de nanoparticules polyédriques. À l'image des oignons et des nanotubes multifeuillets, les observations en microscopie électronique en transmission haute résolution ( HRTEM : "") révèlent que ces nanoparticules de carbone sont constituées de plusieurs couches de graphène, fermées, laissant une cavité nanométrique en leur centre. Liquide et gaz. À pression atmosphérique le carbone (graphite) se sublime à . Sous forme gazeuse, il se constitue habituellement en petites chaînes d'atomes appelées carbynes. Refroidies très lentement, celles-ci fusionnent pour former les feuilles graphitiques irrégulières et déformées qui composent la suie. Parmi ces dernières, on trouve en particulier, la forme sphérique monofeuillet C appelée fullerène, ou plus précisément buckminsterfullerène, et ses variétés C , qui forment des structures extrêmement rigides. Le carbone liquide ne se forme qu'au-dessus de la pression et de la température du point triple, et donc au-delà de (environ 100 fois la pression atmosphérique) et . Composés. Le carbone est le composant essentiel des composés organiques, qui contiennent fréquemment au moins une liaison carbone-hydrogène. Cependant le carbone existe aussi dans la nature sous forme inorganique, principalement sous la forme de dioxyde de carbone, et sous forme minérale. Carbone organique. La chimie du carbone est essentiellement covalente. Le carbone est à la base d'une multitude de composés pouvant contenir un grand nombre d'atomes, en association avec l'hydrogène, l'oxygène, l'azote, les halogènes, le phosphore, le soufre, et les métaux, par liaisons simples, doubles ou triples. L'étude et la synthèse de ces composés constituent la chimie organique. Les principaux composés organiques du carbone sont les « hydrocarbures » des molécules associant carbone et hydrogène. On classe les hydrocarbures en trois familles : Suivant le nombre d'atomes de carbone, on fait précéder le suffixe -ane, -ène ou -yne : La rotation est libre autour des liaisons simples carbone-carbone. En revanche, les liaisons doubles ou triples sont rigides : la liaison double est planaire, les angles de liaison autour des atomes de carbone sont 120°. Cela conduit à la formation de diastéréomères, c'est-à-dire de composés ayant la même formule chimique mais une disposition différente des atomes dans l'espace. La liaison triple est linéaire. En outre, le carbone sp peut former des composés chiraux (du grec "kheir" (""), la main). Le cas le plus simple est un composé possédant 4 substituants différents autour d'un atome de carbone. Suivant la disposition dans l'espace de ces substituants, on obtient deux molécules qui sont différentes : elles ne sont pas superposables, il s'agit d'une paire d'énantiomères. Les énantiomères sont l'image l'un de l'autre dans un miroir (comme nos deux mains). Dans les hydrocarbures aromatiques, les atomes de carbone forment des cycles ou "noyaux" stabilisés par des liaisons π délocalisées. Carbone inorganique. Ce type d'atomes de carbone est relativement rare en termes de variété par rapport aux carbones organique et minéral. Il se présente le plus souvent sous forme de complexes inorganiques ou organo-métalliques qui intègrent un atome de carbone nu ou une molécule de CO ou de , dans leurs sphères de coordination. Par exemple : Carbone minéral. La molécule de dioxyde de carbone existe à l'état gazeux dans l'atmosphère terrestre. Une certaine quantité de ce se dissout dans les eaux océaniques et continentales, et une partie du dissous réagit avec la molécule d'eau pour former de l'acide carbonique suivant la réaction : Puis (dihydrogénocarbonate, ou acide carbonique), étant un diacide, cède ses deux protons dans la mesure des constantes d'acidité des couples acido-basiques () et () et de la composition initiale en solutés acido-basiques de l'eau selon les équations :et : Or il se trouve que dans l'eau de mer, ce système de carbonates est présent en grandes quantités et dans des proportions telles qu'il joue un rôle tampon fondamental dans l'acidité de l'eau océanique (pH 8,1-8,4) qu'il permet de rendre très stable. Ce taux de carbonates (et de borates, pour être exact) s'appelle l'alcalinité ou titre alcalimétrique complet (TAC, mesuré en degrés français, ou kH mesuré en °allemands ; il existe d'autres unités. Le mieux est de parler en ppm, ou parties par million). Ce pH a permis à des quantités « géologiques » de tests calcaires de protozoaires planctoniques de former des roches sédimentaires calcaires constituées essentiellement d'un cristal de carbonate de calcium et de magnésium (mélange qu'on appelle le calcaire) : la pierre de Paris, le marbre, etc. Toute cette chimie est traditionnellement incluse dans la chimie inorganique, c'est-à-dire minérale, bien qu'il y ait évidemment de nombreux points sur lesquels cela ne se justifie pas. Ainsi, on pourra qualifier le carbone contenu dans le dioxyde de carbone, l'acide carbonique, l'hydrogénocarbonate et le carbonate, de carbone inorganique. C'est aussi valable pour le carbone diamant et les autres variétés allotropiques du cristal de carbone. Dangers du carbone et de ses composés. Le carbone pur a une faible toxicité pour les humains et peut être manipulé et même ingéré en toute sécurité sous la forme de graphite ou de charbon de bois. Il est résistant à la dissolution ou l'attaque chimique, même dans le contenu acide du tractus digestif, par exemple. Le charbon de bois provenant des noix de coco est d'ailleurs utilisé en médecine. En revanche, le disulfure de carbone CS, quoique de structure similaire au dioxyde de carbone, est un liquide hautement toxique utilisé comme solvant (vulcanisation du caoutchouc). Les autres oxydes de carbone sont le monoxyde de carbone CO, et le suboxyde de carbone CO, moins commun. Le monoxyde de carbone est un gaz incolore et inodore, formé par combustion incomplète des composés organiques ou du carbone pur (charbon). Le monoxyde de carbone se lie plus fortement que l'oxygène, à l'hémoglobine sanguine pour former de la carboxyhémoglobine, un composé stable. Le résultat de cette réaction est l'empoisonnement des molécules d'hémoglobine, ce qui peut être mortel (voir l'entrée en question). L'ion cyanure CN a un comportement chimique similaire à un ion halogénure. Les sels contenant l'ion cyanure sont hautement toxiques. Le cyanogène, un gaz de composition (CN) est également proche des halogènes. Avec les métaux, le carbone forme des carbures C ou des acétylures C. Quoi qu'il arrive, avec une électronégativité de 2,5, le carbone préfère former des liaisons covalentes. Quelques carbures sont des treillis covalents, comme le carbure de silicium, SiC, qui ressemble au diamant, et est d'ailleurs utilisé pour la taille de ceux-ci. La toxicité des nouvelles formes allotropiques du carbone (fullerènes, nanotubes, graphène) est aujourd'hui très étudiée. À l'état natif, ces nanostructures restent difficiles à filtrer dans l'air et pourraient constituer un danger qu'il est nécessaire d'évaluer. À noter que dans le cadre de leur utilisation, ces composés se trouvent généralement dispersés dans un solvant, ou fixés sur un substrat solide.
Commodore 128 Le Commodore 128 est un ordinateur personnel familial, aussi connu sous le nom de C128, présenté lors du "Consumer Electronics Show" (CES) de janvier 1985. Caractéristiques. C'était une version étendue et compatible du Commodore 64, mais "relooké" (allure dont allait s'inspirer l'Amiga 500) avec 128 kilo Octets de mémoire vive. Il était doté d'un nouveau processeur, le 8502, 100% compatible avec le 6510 du Commodore 64, d'un jeu d'instructions BASIC plus étendu et des possibilités d'extension par cartouche mémoire, jusqu'à 512 Ko. Il contenait également un processeur Zilog Z80 avec le système d'exploitation CP/M. Enfin, il proposait une commutation d'écran du mode standard 40 colonnes vers un mode 80 colonnes. Cet ordinateur hybride, intégrait 2 microprocesseurs différents interconnectés, qui assuraient une compatibilité matérielle complète avec différents systèmes d'exploitation. Ce concept n'a jamais été reproduit depuis avec un ordinateur personnel. Le commodore 128 est en cela un ordinateur unique et hors normes. Il y eut une version semi-portable : le Commodore 128/D avec lecteur de disquette 5"1/4 intégré, poignée et clavier clipsable au-dessous. Historique. Le Commodore 128 ne parvint pas à s'imposer. Les développeurs de jeux sortirent moins d'une dizaine de produits dédiés et quelques logiciels professionnels (GEOS, VizaWrite/Calc, Superbase) convertis depuis les versions CBM ne purent vivre, bien que parfois plus performants que leurs concurrents PC (en particulier en termes d'économie de mémoire), mais manquant de crédibilité. Le C128 a été la dernière machine à processeur 8 bits commercialisée par Commodore Business Machines, peu avant la sortie de l'Amiga.
Caféine La caféine, aussi désignée sous les noms de théine, ou 1,3,7-triméthylxanthine ou méthylthéobromine est un alcaloïde de la famille des méthylxanthines, présent dans de nombreux aliments, qui agit comme stimulant psychotrope et comme léger diurétique. La caféine a été découverte en 1819 par le chimiste allemand Friedlieb Ferdinand Runge. Il la nomma « » en tant que composé chimique du café, qui en français devint « caféine ». La caféine est présente dans les graines, les feuilles et les fruits de différentes plantes où elle agit comme insecticide naturel, paralysant ou tuant les insectes qui les consomment. En revanche, chez les mammifères, la caféine agit surtout comme stimulant du système nerveux central et du système cardiovasculaire, diminuant temporairement la somnolence et le temps de réaction et augmentant l'attention. Des boissons très populaires contiennent de la caféine comme le café, le thé et le maté. On en trouve également dans certains sodas et boissons énergisantes à base de dérivés de la noix de kola, qui en contient de grandes quantités. Le cacao en contient aussi un peu. La caféine est notamment présente dans les graines du caféier et du guarana ainsi que dans les feuilles de yerba maté et du théier. Du fait de sa présence dans des plantes autres que le caféier elle est parfois appelée « théine », « guaranine » ou encore, « matéine ». Il s'agit pourtant de la même molécule, de formule brute C8H10N4O2, avec les mêmes effets même si elle n'est consommée ni seule, ni de la même manière et qu'elle n'est pas présente à la même concentration que dans le café. De fait, la caféine est la substance psychoactive la plus consommée au monde ; elle est légale dans tous les pays, à la différence d'autres substances psychoactives. Le profil psychotrope analeptique stimulant de la caféine a été défini par électroencéphalographie quantitative après administration orale d'une dose élevée () versus placebo chez des sujets volontaires sains. Elle entraîne de la tachycardie et une stimulation mentale pendant plusieurs heures suivie d'insomnie. En Amérique du Nord, 90 % des adultes consomment de la caféine quotidiennement. La liste la caféine parmi les « substances alimentaires à buts multiples généralement reconnues comme sans danger » aux doses habituelles, mais toxiques au-delà d'une certaine dose. Provenance. On trouve de la caféine dans différentes espèces de plantes où elle jouerait le rôle de pesticide naturel (comme beaucoup d'alcaloïdes), en particulier dans les plantules dont le feuillage est en cours de développement et qui n'ont pas encore mis en place de mécanisme de protection ; la caféine entraîne la paralysie, voire la mort de certains insectes qui se nourrissent de la plante. De hautes teneurs en caféine sont mesurées dans le sol autour des plantules de caféier ; la caféine agirait donc également comme inhibiteur de la germination et de la croissance des jeunes plants de caféier voisins, augmentant ainsi les chances de survie de la plantule par élimination de la concurrence. Les produits naturels contenant de la caféine les plus utilisés sont le café, le thé et, dans une moindre mesure, le cacao. Le maté, le guarana et la noix de kola sont d'autres sources de caféine, moins couramment utilisées, que l'on utilise parfois dans des préparations à base de thé ou des boissons énergisantes. Deux des synonymes de la caféine, la matéine et la guaranine, sont d'ailleurs dérivés du nom de ces plantes. Certains inconditionnels du maté prétendent que la matéine est un stéréoisomère de la caféine et qu'il s'agirait ainsi de deux substances différentes. Cela est cependant erroné, car la caféine est une molécule achirale, sans atome de carbone asymétrique, de sorte qu'elle n'a ni énantiomère ni diastéréoisomère. Les disparités constatées expérimentalement entre les différentes sources naturelles de caféine pourraient être dues au fait que la caféine extraite de ces plantes contient également des proportions très variables d'autres xanthines alcaloïdes, dont la théophylline et la théobromine, des stimulants cardiaques, et d'autres substances telles que des polyphénols qui forment des complexes insolubles avec la caféine. À l'échelle mondiale, la première source de caféine est le « grain » de café (en fait la graine du caféier), à partir duquel le café boisson est infusé. La teneur en caféine du café varie fortement et dépend du type de grain de café et de la méthode de préparation ; même les graines issues d'un pied donné peuvent présenter des différences de concentration. La quantité contenue dans une portion de café varie d'environ pour un expresso () de la variété "arabica", à environ pour une tasse () de café filtré. Le café très torréfié présente généralement moins de caféine que celui qui l'est moins, car la torréfaction diminue la teneur en caféine de la graine. Le café "arabica" contient normalement moins de caféine que le "robusta". Les différentes espèces de caféier présentent des taux variables de caféine ; le café de Charrier ("Coffea charrieriana") originaire du Cameroun et décrit en 2008 produit ainsi des grains pratiquement sans caféine. Le café contient aussi des traces de théophylline, mais pas de théobromine. Le thé est une autre source de caféine, et l'on a souvent dit que son effet sur l'humain est plus doux et plus progressif que celui du café grâce à ses tanins qui ralentiraient l'assimilation de la caféine. Cependant cette affirmation n'a pas été démontrée chez l'homme et une étude n'indique pas de différence majeure avec le café. De surcroît, bien que le thé contienne plus de caféine que le café à poids égal, une portion habituelle en contient beaucoup moins, car le thé est normalement bien plus faiblement infusé. À côté de l'intensité de l'infusion, le type de thé, les conditions de croissance, les procédés de transformation et d'autres variables influent également sur la teneur en caféine. Il n'y a pas de relation entre la couleur d'un thé et sa teneur en caféine. Ainsi des thés tels que le pâle thé vert japonais gyokuro contiennent bien plus de caféine que d'autres thés plus foncés tels que le lapsang souchong, qui en contient très peu. Le thé contient une faible quantité de théobromine et une teneur en théophylline légèrement supérieure au café. La caféine est aussi un ingrédient commun à certains sodas tels que le Coca-Cola, où ses propriétés stimulantes remplacent les extraits de feuilles de coca et de noix de kola utilisées originellement pour sa préparation. Ces sodas contiennent généralement entre 10 et de caféine par portion. En comparaison, une boisson énergisante comme le dépasse les de caféine par portion. La caféine contenue dans ces boissons provient des ingrédients utilisés ou est ajoutée comme additif ; elle est alors obtenue par décaféination d'un produit naturel ou par synthèse chimique. Le guarana, un ingrédient typique des boissons énergisantes, contient une grande quantité de caféine et de faibles teneurs en théobromine et théophylline. Le chocolat, dérivé du cacao, contient une faible quantité de caféine. Le léger effet stimulant du chocolat est semble-t-il dû autant à la combinaison de théobromine et de théophylline qu'à la caféine. Cependant le chocolat contient trop peu de ces composés pour entraîner un effet comparable au café à portion égale. Une barre de chocolat au lait de contient ainsi à peu près dix fois moins de caféine qu'une tasse d'expresso. Ces dernières années, plusieurs fabricants ont commencé à ajouter de la caféine dans des produits de bain tels que le shampooing ou le savon, prétendant que la caféine peut être absorbée par la peau. Cependant l'efficacité de tels produits n'a pas été démontrée et il est peu vraisemblable qu'ils aient un effet stimulant sur le système nerveux central, car la caféine est difficilement absorbée à travers la peau. Des fabricants commercialisent des comprimés de caféine, affirmant qu'utiliser de la caféine de qualité pharmaceutique améliore la vigilance. Ceci a été démenti par une étude qui montre que la caféine, qu'elle soit en comprimé ou non, diminue la fatigue et augmente l'attention aussi efficacement. Histoire. Les humains consomment de la caféine depuis le Paléolithique. Les premiers peuples ont découvert que mâcher les graines, l'écorce ou les racines de certaines plantes diminuait provisoirement la fatigue, et stimulait la vigilance ou améliorait l'humeur. C'est bien plus tard qu'il fut constaté que l'effet de la caféine augmentait en faisant tremper certains composants végétaux séchés et/ou torréfiés et broyés dans l'eau chaude. De nombreuses cultures ont des légendes qui attribuent la découverte de telles plantes à des gens vivant il y a des milliers d'années. D'après une légende chinoise populaire, l'empereur de Chine Shennong a accidentellement découvert que, quand des feuilles étaient plongées dans de l'eau bouillante, une boisson caféinée, parfumée et reconstituante en résultait. La première référence au café dans la littérature apparaîtrait dans les écrits du médecin perse al-Razi, datés du . À cette époque, les grains de café n'étaient disponibles que dans leur région d'origine, l'Éthiopie. Une légende populaire attribue sa découverte à un gardien de chèvre nommé Kaldi, qui observa que ses chèvres devenaient euphoriques et restaient éveillées la nuit après avoir brouté des caféiers. Essayant à son tour les baies que les chèvres avaient consommées, il ressentit la même vitalité. En 1587, Malaye Jaziri retrace dans un ouvrage l'histoire et les controverses sur le café, intitulé « "Undat al safwa fi hill al-qahwa" ». Jaziri y relate qu'un cheikh, Jamal-al-Din al-Dhabhani, mufti d'Aden, fut le premier à adopter l'usage du café en 1454, et qu'au , les soufis du Yémen utilisaient couramment du café pour rester éveillés pendant les prières. Vers la fin du , l'utilisation du café était rapportée par un Européen habitant l'Égypte et c'est à cette époque que son usage se généralisa au Moyen-Orient. L'apparition du café comme boisson en Europe, où il fut d'abord connu en tant que « vin arabe » date du . Durant cette période, des cafés ont été créés, les premiers étant ouverts à Constantinople et Venise. En Angleterre, les premiers cafés ont ouvert à Londres en 1652, sur la . En France, la première « maison de café » est ouverte en 1671 à Marseille, port doté de liaisons régulières avec l'Orient, puis le phénomène s'étend rapidement à Paris où on compte en 1723, selon le « Dictionnaire du commerce », « ouverts à la causerie ». Les cafés sont rapidement devenus populaires dans l'ensemble de l'Europe de l'Ouest et jouèrent un rôle important dans les relations sociales du et du . L'usage de la noix de kola tout comme le grain de café et la feuille de thé, semble avoir des origines anciennes. Elle est mastiquée dans de nombreuses cultures d'Afrique de l'Ouest, individuellement ou lors de rassemblements sociaux, pour redonner de la vitalité et pour soulager la faim. En 1911, le kola a été l'objet d'une des premières menaces de santé publique documentée. Le gouvernement des États-Unis avait alors saisi quarante barils et vingt fûts de sirop de Coca-Cola à Chattanooga, dans le Tennessee, sur le motif que la caféine de cette boisson était « dangereuse pour la santé ». Le , le gouvernement intenta un procès à Coca-Cola (« ' ») afin d'obliger la compagnie à enlever la caféine de ses formules, usant d'arguments tels que l'excès de Coca-Cola dans une école de filles avait entraîné des « caprices nocturnes, violations de règles et même immoralités ». Bien que le juge rendît un verdict en faveur de Coca-Cola, deux lois furent introduites à la Chambre des représentants en 1912 pour amender le ', en ajoutant la caféine à la liste des substances « nuisibles » et « créant une dépendance » qui doivent être mentionnées sur l'étiquette d'un produit. Les premières preuves de l'utilisation de cacao sont des résidus trouvés dans un pot maya daté de 600 Dans le Nouveau Monde, le chocolat était consommé dans une boisson amère et épicée appelée "xocoatl", souvent assaisonnée avec de la vanille, du piment et du roucou. Le xocoatl était reconnu pour combattre la fatigue, une croyance qui est probablement due à sa teneur en théobromine et caféine. Le xocoatl était une denrée de luxe importante dans l'ensemble de la Mésoamérique précolombienne et les fèves de cacao étaient souvent utilisées comme monnaie d'échange. Introduit en Europe par les Espagnols, le chocolat devient une boisson populaire vers 1700. Les feuilles et les tiges du yaupon ("Ilex vomitoria") étaient utilisées par les Amérindiens pour infuser un thé appelé "asi" ou "boisson noire", dont il a été démontré par des archéologues qu'il en était déjà fait usage au cours de l'Antiquité. Le principe actif de cette boisson est la caféine et, malgré le nom latin de la plante, elle n'a pas d'action émétique. Elle fut souvent utilisée par les colons comme substitut au thé ou au café sous l'appellation ' ou ' en espagnol, "" en anglais ou "apalachine" en français. Récemment, on a fabriqué des alcools (maintenant interdits aux États-Unis), des boissons énergisantes, des gommes, des poudres de thé ou granules de thé, des chewing-gums (dont un modèle breveté à relargage contrôlé) contenant de la caféine et il a même été proposé de faire un spray nasal de microparticules. Découverte et synthèse. En 1819, le chimiste allemand Friedlieb Ferdinand Runge a isolé pour la première fois de la caféine relativement pure. Il la nomma « kaffein » en tant que composé chimique du café, qui en français devint caféine. Il effectua ce travail à la demande de Johann Wolfgang von Goethe. Elle est décrite en 1821 par Pierre Joseph Pelletier et Pierre-Jean Robiquet. En 1827, Oudry a isolé la théine du thé dont Gerardus Mulder et Jobat ont montré, en 1838, qu'il s'agit de la même substance que la caféine. La structure de la caféine a été élucidée vers la fin du par Hermann Emil Fischer qui a été également le premier à en réussir la synthèse totale. Fischer sera d'ailleurs récompensé par le Prix Nobel de chimie de 1902 en partie pour ce travail. Le caractère aromatique de la caféine est dû au fait que les atomes d'azote y sont essentiellement plans (dans l'orbitale d'hybridation sp). La caféine n'est généralement pas synthétisée car elle est déjà disponible en grande quantité en tant que sous-produit de la décaféination. On peut cependant la synthétiser à partir de la diméthylurée et de l'acide malonique. Propriétés physico-chimiques. La caféine est une molécule de la famille des méthylxanthines, qui comprend également la théophylline et la théobromine. Sous sa forme pure, elle consiste en une poudre blanche d'un goût extrêmement amer. La caféine est modérément soluble dans l'eau et les solvants organiques. À haute température, la solubilité de la caféine dans l'eau augmente. La caféine, stable dans les milieux relativement acide et basique, est une base faible et peut réagir avec des acides pour donner des sels. Cependant, dans une solution aqueuse normale, elle n'est pas ionisée. Dissoute, elle peut être présente sous forme de dimères ainsi que de polymères. La caféine est une substance absorbant dans l'UV avec un maximum à la longueur d'onde de . Consommation. La consommation mondiale de caféine a été estimée à , ce qui en fait la substance psychoactive la plus répandue et la plus consommée au monde. Ce chiffre équivaut à une boisson caféinée par jour pour chaque habitant de la planète. En Amérique du Nord, 90 % des adultes consomment de la caféine quotidiennement. Les pays où l'on consomme le plus de caféine par habitant sont indiqués dans l'histogramme ci-contre. Les valeurs des deux principales sources de caféine, le café et le thé y sont indiquées. Notons qu'une troisième source de caféine, particulièrement importante et en constante augmentation, n'est pas représentée dans ce graphique, il s'agit des boissons gazeuses. L'apport de caféine du cacao ne dépasse pas par habitant pour le Danemark, premier consommateur, et est négligé ici. L'Argentine et le Paraguay sont les deux principaux consommateurs de maté, soit un apport en caféine de 100 et par habitant (respectivement), non représenté ici. L'évolution de la consommation des trois principales sources de caféine aux États-Unis est présentée dans le graphique ci-dessous. Pharmacologie. La caféine, qui est un stimulant du système nerveux central et du métabolisme, est utilisée dans un but à la fois récréatif et médical pour réduire la fatigue physique et restaurer la vigilance quand une faiblesse ou une somnolence inhabituelle se produit. La caféine stimule le système nerveux central au niveau du cerveau, il en résulte une vigilance accrue, un flot de pensées plus claires et rapides, une augmentation de la concentration et une coordination générale du corps améliorée. Une fois dans le corps, elle a une chimie complexe et agit au travers des différents mécanismes décrits ci-dessous. Pharmacocinétique. La caféine est très rapidement et intégralement absorbée par le tube digestif, et parvient au cerveau dès la suivant l'ingestion. Dans une étude, chez 75 % des volontaires, une dose de de caféine est absorbée par l'estomac après un quart d'heure. Le pic plasmatique est atteint au bout d'une heure. La caféine diffuse rapidement dans le milieu extra-vasculaire. Elle n'est que faiblement liée aux protéines circulantes du plasma (environ 15 %). Elle passe la barrière hémato-encéphalique grâce à sa ressemblance à l'adénosine. Sa concentration dans le liquide céphalo-rachidien est égale à celle du plasma. Son passage dans le lait maternel est également important, sa concentration y est égale à 50 % de la concentration plasmatique de la mère. Chez l'adulte, la caféine est presque complètement métabolisée au niveau hépatique par oxydation, déméthylation et acétylation. La caféine ne peut être détectée dans l'organisme plus de après la dernière prise de caféine, que ce soit par analyse globulaire du sang ou par examen chimique de l'urine. Métabolisme et demi-vie. La caféine du café ou d'autres boissons est absorbée au niveau de l'estomac et de l'intestin grêle, puis redistribuée via la circulation sanguine dans tous les tissus du corps. Elle est éliminée selon une cinétique du premier ordre. La caféine peut aussi être absorbée rectalement, c'est le cas des suppositoires à base de tartrate d'ergotamine et de caféine pour le soulagement des migraines ou de chlorobutanol et de caféine pour le traitement de l'hyperémèse (nausées et vomissements incoercibles de la grossesse). La demi-vie de la caféine varie fortement suivant les individus en fonction de facteurs tels que l'âge, le fait d'être enceinte ou non, la présence d'autres médicaments concurrents ou le niveau d'activité dans le foie des enzymes nécessaires au métabolisme de la caféine. Chez des adultes en bonne santé, la demi-vie de la caféine est de 2 à (4 à en moyenne). Chez les femmes prenant des contraceptifs oraux, cette durée peut augmenter à 4- et chez celles enceintes la demi-vie est d'environ 9-. La caféine peut s'accumuler chez les individus atteints d'une hépatopathie sévère, la demi-vie pouvant aller jusqu'à . Chez les nourrissons et les jeunes enfants, la demi-vie peut être plus longue que chez les adultes ; chez les nouveau-nés, elle varie de 65 à . D'autres facteurs tels que le fait de fumer peut diminuer la demi-vie de la caféine. La caféine est métabolisée dans le foie par le système enzymatique cytochrome P450 (spécialement, l'isoenzyme 1A2) en trois isomères de la diméthylxanthine, chacun de ces métabolites a ses propres effets sur le corps : Chacun de ces métabolites est à son tour métabolisé puis excrété dans les urines. Mode d'action. Comme l'alcool et la nicotine, la caféine traverse facilement la barrière hémato-encéphalique qui sépare la circulation sanguine du cerveau du reste du corps. Une fois dans le cerveau, elle agit principalement comme antagoniste des récepteurs à adénosine, c'est-à-dire en les bloquant. En effet la molécule de caféine, qui a une structure similaire à l'adénosine, peut se fixer aux récepteurs à adénosine se trouvant à la surface des cellules sans les activer. La caféine agit donc comme un inhibiteur compétitif. L'adénosine est présente dans l'ensemble du corps, elle y joue en effet un rôle dans le métabolisme énergétique de l'ATP, mais elle a des fonctions spéciales au niveau du cerveau. Les concentrations d'adénosine dans le cerveau sont augmentées par différents types de stress métaboliques (dont l'anoxie et l'ischémie) et permettent de protéger le cerveau en supprimant l'activité neuronale et en augmentant la circulation sanguine. Ainsi la caféine, en neutralisant l'adénosine, a globalement un effet désinhibiteur sur l'activité cérébrale. Cependant, le mécanisme précis par lequel ces effets se traduisent en une augmentation de la vigilance et de l'éveil n'est pas connu. L'antagonisme de l'adénosine par la caféine provoque l'augmentation de l'activité nerveuse avec la libération d'adrénaline et l'augmentation des niveaux de dopamine. L'adrénaline est une hormone qui cause plusieurs effets tels que l'augmentation du rythme cardiaque (chronotrope positif), de la contractilité du cœur (inotrope positif), de la pression artérielle, de l'apport de sang aux muscles, la diminution de l'apport de sang aux autres organes (excepté le cerveau) et la libération de glucose par le foie, par néoglucogenèse par exemple. Quant à la dopamine, c'est un neurotransmetteur. La modulation de sa concentration a des répercussions importantes : par exemple, les effets des amphétamines sont dus à l'augmentation de l'activité de la dopamine. Certains des effets secondaires de la caféine sont probablement causés par des mécanismes non liés à l'adénosine. La caféine est connue pour être un inhibiteur compétitif de l'enzyme AMPc-Phosphodiestérase (AMPc-PDE) qui convertit l'AMP cyclique (AMPc) des cellules en sa forme non cyclique inactive, entraînant ainsi une accumulation d'AMPc dans les cellules. L'AMP cyclique participe à l'activation de la protéine kinase A (PKA) qui débute la phosphorylation d'enzymes spécifiques utilisées dans la synthèse du glucose. En bloquant son élimination, la caféine intensifie et prolonge les effets de l'adrénaline et de médicaments "adrénaline-like" tels que l'amphétamine, la méthamphétamine ou le méthylphénidate. Une augmentation des concentrations d'AMPc dans les cellules de l'épithélium stomacal entraîne une augmentation de l'activation de la protéine kinase A (PKA) qui à son tour augmente l'activation de l'ATPase H+/K+, ce qui provoque finalement une augmentation de la sécrétion d'acide gastrique des cellules. Les métabolites de la caféine contribuent aussi aux effets de la caféine. La paraxanthine est responsable de l'augmentation de la lipolyse qui libère du glycérol et des acides gras dans le sang pour être utilisés comme source d'énergie par les muscles. La théobromine est un vasodilatateur qui augmente le flux d'oxygène et de nutriments dans le cerveau et les muscles. La théophylline relâche les muscles lisses et affecte principalement le rythme et le bon fonctionnement cardiaque. Principaux effets de la caféine. De façon générale, la caféine est un stimulant et un psychostimulant. Sur le système cardiovasculaire, ce composé bioactif entraîne une accélération du rythme cardiaque et une vasodilatation. Elle présente également des effets au niveau du système respiratoire et gastro-intestinal. De plus, elle agit au niveau des muscles squelettiques, du flux sanguin rénal, de la glycogénolyse et de la lipolyse. Il y a amélioration des performances physiques et augmentation de la diurèse. La caféine peut provoquer une certaine amélioration de l'humeur, du niveau d'éveil et des performances intellectuelles. En contrepartie, l'arrêt de la consommation habituelle ou un simple oubli de prise cause souvent des symptômes de sevrage : fatigue, maux de tête, voire état dépressif. Du fait de ces symptômes de sevrage, il semble que les effets réels de psychostimulation de la caféine aient été parfois surévalués par la recherche. Ceci viendrait du fait que dans certaines études, l'état psychique dégradé lors de l'arrêt de la consommation de caféine (sevrage et manque) a été considéré comme l'état d'une personne ne consommant pas habituellement de café. L'amélioration par la disparition des effets de sevrage consécutive à un apport a alors pu être interprétée comme étant un effet bénéfique de la caféine. Cas d'une prise modérée. La quantité à partir de laquelle la caféine produit des effets varie selon les individus en fonction de leur corpulence et de leur degré de tolérance à la caféine. Les premiers effets se font sentir moins d'une heure après l'ingestion et les effets d'une faible dose disparaissent au bout de trois ou quatre heures. La consommation de caféine n'élimine pas le besoin de dormir, elle ne fait que diminuer temporairement la sensation d'être fatigué. La caféine a un effet ergogène puissant, augmentant la capacité de travail mental et physique. Une étude réalisée en 1979 a montré que des sujets qui avaient consommé de la caféine parcouraient à vélo, pendant une durée de deux heures, une distance supérieure de 7 % par rapport aux sujets témoins. Certaines études ont produit des résultats bien plus spectaculaires : une étude sur des coureurs entraînés a montré que pour une dose de de caféine par kilogramme de poids corporel, on constate une augmentation de 44 % de l'endurance en course à pied, de même qu'une augmentation de 51 % de l'endurance à vélo. D'autres études ont rapporté des effets similaires. Une étude a ainsi montré que chez des cyclistes s'exerçant sur des circuits nécessitant un travail intense, une concentration de de caféine par kilogramme de poids corporel augmente la durée de l'effort de 29 %. La caféine relâche le sphincter anal interne et de ce fait doit être évitée par les personnes souffrant d'incontinence fécale. Elle possède également une action diurétique. La caféine peut augmenter l'efficacité de certains médicaments. La caféine améliore ainsi l'efficacité des médicaments soulageant les maux de têtes de 40 % et aide l'organisme à absorber ces substances plus rapidement, diminuant plus vite la douleur. De ce fait de nombreux médicaments contre les maux de têtes vendus sans ordonnance contiennent de la caféine. Elle est également utilisée avec l'ergotamine dans le traitement des migraines et des algies vasculaires de la face, de même que pour surmonter les somnolences dues aux antihistaminiques. Alors que relativement sans danger pour l'humain, la caféine est considérablement plus toxique pour d'autres animaux tels que les chiens, les chevaux et les perroquets du fait de leur capacité bien plus limitée à métaboliser ce composé. Chez les araignées notamment, la caféine a un effet beaucoup plus significatif que d'autres composés actifs. Accoutumance, dépendance et sevrage. Comme la caféine est principalement un antagoniste des récepteurs du neurotransmetteur adénosine dans le système nerveux central, l'organisme des personnes qui consomment régulièrement de la caféine s'adapte à la présence continuelle de cette substance en augmentant substantiellement le nombre de récepteurs de l'adénosine du système nerveux central. Cette augmentation du nombre de récepteurs à adénosine rend l'organisme bien plus sensible à l'adénosine, avec deux conséquences principales. Tout d'abord, pour une même dose, les effets stimulants de la caféine sont significativement réduits, c'est le phénomène d'accoutumance. Ensuite, comme ces réponses adaptatives à la caféine rendent les individus bien plus sensibles à l'adénosine, une réduction de la prise de caféine va augmenter les effets physiologiques de l'adénosine, entraînant des symptômes de sevrages importuns. D'autres recherches contestent l'idée que la régulation des récepteurs à adénosine soit responsable de l'accoutumance aux effets stimulants de la caféine, notant entre autres que cette tolérance est insurmontable pour des doses plus élevées de caféine (cela devrait être surmontable si l'accoutumance était due à une augmentation des récepteurs) et que l'augmentation du nombre de récepteurs à l'adénosine est modeste et n'explique pas la forte accoutumance à la caféine qui se produit. L'accoutumance à la caféine se développe très rapidement. L'accoutumance complète aux effets de la caféine apparaît après la consommation de de caféine trois fois par jour pendant sept jours. L'accoutumance complète aux effets subjectifs de la caféine se produit après la consommation de de caféine trois fois par jour pendant et probablement plus tôt. Dans une autre expérience, l'accoutumance complète à la caféine a été observée chez des sujets consommant des doses de 750-, tandis qu'une accoutumance incomplète a été observée chez ceux qui consomment des doses de caféine dans la moyenne. La consommation continue de caféine finit par faire apparaître une dépendance liée à l'excès de récepteurs à l'adénosine et au manque de récepteurs à la dopamine. Elle a atteint plusieurs écrivains célèbres comme Honoré de Balzac. Comme l'adénosine sert en partie à réguler la pression sanguine en provoquant la vasodilatation, les effets accrus de l'adénosine dus au sevrage à la caféine entraîne la dilatation des vaisseaux sanguins de la tête, y occasionnant un excès de sang et pouvant générer des céphalées et des nausées. La diminution de la pression artérielle peut générer d'autres symptômes comme la bradycardie. Une activité catécholaminergique réduite peut causer des sensations de fatigue et de somnolence. Une diminution de la concentration en sérotonine quand la consommation de caféine s'arrête, peut engendrer anxiété, irritabilité, incapacité à se concentrer et diminution de la motivation pour commencer ou terminer des tâches quotidiennes ; dans les cas extrêmes, elle peut entraîner une légère dépression. Le manque de récepteurs à la dopamine peut générer une sorte d'état dépressif et une nette diminution des performances cérébrales ; c'est pourquoi on recommande toujours un sevrage progressif étalé sur plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Cependant, contrairement à d'autres stimulants du système nerveux central, la caféine n'agit pas directement sur le noyau accumbens, responsable de la dépendance psychologique. Les symptômes de sevrage peuvent apparaître entre 12 et après l'arrêt de la prise de caféine, le pic étant atteint vers . Ils durent généralement de un à cinq jours, le temps nécessaire pour que les récepteurs à adénosine du cerveau reviennent à des niveaux « normaux ». Des antalgiques tels que l'aspirine peuvent soulager ces symptômes, tout comme une faible dose de caféine. Le plus efficace étant la combinaison d'un analgésique et d'une petite quantité de caféine. Surconsommation. La consommation de caféine en grande quantité pendant une durée prolongée peut conduire à une intoxication connue sous le nom de "caféisme". Le caféisme combine généralement une dépendance à la caféine avec un grand nombre d'états physiques et mentaux désagréables dont l'anxiété, l'irritabilité, les tremblements, la fasciculation (hyperréflexie), l'insomnie, les céphalées, l'alcalose respiratoire et les palpitations cardiaques. De plus, la caféine augmentant la production d'acide gastrique, une forte consommation prolongée peut conduire à des ulcères gastro-duodénaux, des œsophagites érosives et des reflux gastro-œsophagiens. Il y a quatre troubles psychiatriques induits par la caféine, reconnus par le "", : intoxication à la caféine, trouble de l'anxiété induit par la caféine, trouble du sommeil induit par la caféine et troubles liés à la caféine non spécifiés. Intoxication. La caféine est classée dans la catégorie des substances moyennement toxiques. La Food and Drug Administration la liste parmi les « substances alimentaires à buts multiples généralement reconnues comme sans danger », mais après que le nombre de visites aux services d'urgence impliquant des boissons énergétiques avait doublé de 2000 à 2011 (passant de , adolescents ou jeunes adultes pour la plupart), selon la Federal Substance Abuse and Mental Health Services Administration. La plupart des cas concernaient des adolescents ou de jeunes adultes, aux États-Unis en 2013, après discussion avec la FDA, le groupe Wrigley a cessé son marketing et ses ventes de gommes caféinées () et en 2010, l'agence a interdit la fabrication de boissons alcoolisées contenant de la caféine. , a rappelé en 2014 Jennifer Dooren (porte-parole de la FDA qui a en 2014 lancé une alerte à la suite de la mort soudaine d'un jeune sportif (lutteur) dont l'autopsie a mis en évidence plus de de caféine par millilitre de sang, soit jusqu'à la quantité trouvée dans un café typique ou un soda caféiné). L'intoxication aiguë à la caféine intervient habituellement aux environs de , selon le poids corporel et le niveau de tolérance à la caféine. Elle peut entraîner un état de surstimulation du système nerveux central, avec des symptômes différents de ceux observés lors d'overdoses d'autres stimulants. Ils peuvent inclure anxiété, excitation, insomnie, "flushing" cutané (rougeur de la face), polyurie, troubles gastro-intestinaux, contraction involontaire, flot de pensées et de paroles incohérentes, irritabilité, arythmie cardiaque, tachycardie et agitation psychomotrice. Dans le cas d'overdoses plus importantes, manie, dépression, erreurs de jugement, désorientation, désinhibition, délire, hallucination, psychose et rhabdomyolyse (destruction de cellules musculaires) peuvent se produire. Il est recommandé de ne pas dépasser une consommation quotidienne de caféine (toutes sources) de , ce qui équivaut à environ six tasses de café ou deux à trois litres de thé par jour. Pour les femmes enceintes, il est recommandé de limiter la consommation quotidienne à un maximum de . Notamment quand elle est abusivement utilisée sous forme de poudre comme complément alimentaire (encore en vente libre aux États-Unis en 2014) ou automédication (pour maigrir), l'overdose peut conduire à la mort. Une cuillère à café de poudre de caféine peut contenir de caféine, une dose potentiellement mortelle. La FDA rappelle que le dosage de la poudre est presque impossible à faire avec les outils habituels de la cuisine. La dose létale 50 (DL) chez le rat est de . La DL de la caféine chez l'humain, qui dépend du poids et de la sensibilité individuelle, est estimée à environ 150 à de masse corporelle, soit pour un adulte normal approximativement quatre-vingt à cent tasses de café, prises en un temps limité qui va dépendre de la demi-vie. Atteindre une telle dose létale avec un café ordinaire est extrêmement difficile, cependant, des cas de mort par surdose de caféine en comprimé ont été rapportés, ainsi que des symptômes graves d'overdoses nécessitant une hospitalisation se produisant dès deux grammes de caféine. Une exception à cela pourrait être la prise d'un médicament tel que la fluvoxamine qui bloque les enzymes du foie intervenant dans le métabolisme de la caféine. Il s'ensuit une augmentation drastique d'un facteur cinq des concentrations sanguines de caféine et de ses effets. Dans ce cas, le café n'est pas contre-indiqué, mais il est fortement conseillé de réduire de façon importante la consommation de boissons caféinées, puisque boire une tasse de café aura les mêmes effets qu'en boire cinq en condition normale. La mort intervient généralement à la suite d'une fibrillation ventriculaire provoquée par les effets de la caféine sur le système cardiovasculaire. Une intoxication sévère à la caféine ne nécessite généralement qu'un traitement de soutien, mais si le patient a des concentrations sériques de caféine très élevées, alors une dialyse péritonéale, une hémodialyse ou une hémofiltration peut être nécessaire. Troubles de l'anxiété et du sommeil. Les deux troubles rarement diagnostiqués, induits par une consommation de caféine excessive pendant une durée prolongée et qui sont reconnus par l'Association américaine de psychiatrie (APA), sont le "trouble de l'anxiété induit par la caféine" et le "trouble du sommeil induit par la caféine". Le trouble du sommeil induit par la caféine se produit chez une personne qui ingère régulièrement de grandes quantités de caféine, suffisamment importantes pour induire de sévères perturbations de son sommeil et justifier des soins cliniques. Chez certains individus, une grande quantité de caféine peut induire une anxiété sévère nécessitant des soins cliniques. Ce trouble de l'anxiété induit par la caféine peut prendre des formes variées telles que de l'anxiété généralisée, des crises de panique, des troubles obsessionnels compulsifs ou même des phobies. Comme ces états peuvent être similaires à des troubles mentaux organiques tels que le trouble bipolaire ou même la schizophrénie, un grand nombre de professionnels de la médecine pensent que des personnes intoxiquées à la caféine sont couramment mal diagnostiquées et traitées avec des médicaments, alors qu'il suffit pour les psychoses induites par la caféine d'arrêter de consommer de la caféine. Une étude du "" a conclu que le caféisme, bien que rarement diagnostiqué, pourrait toucher une personne sur dix dans la population. Cœur et maladies cardiovasculaires. La caféine se fixe sur des récepteurs à la surface des cellules musculaires du cœur, ce qui entraîne une augmentation de la concentration en AMPc à l'intérieur de ces cellules (par blocage de l'enzyme qui dégrade l'AMPc), mimant ainsi les effets de l'adrénaline (qui se fixe à des récepteurs sur la cellule qui activent la production d'AMPc). L'AMPc agit comme messager secondaire et active un grand nombre de protéines kinases A (PKA). Cela a pour effet général d'augmenter la glycolyse et la quantité d'ATP disponible pour la contraction et le relâchement musculaire. D'après une étude épidémiologique, la consommation de caféine sous forme de café est corrélée significativement avec un moindre risque de maladies cardiovasculaires chez les personnes âgées de 65 ans ou plus. Cependant, cette relation n'a été vérifiée que chez les personnes qui ne souffraient pas de sévère hypertension. De plus, rien de tel n'a été trouvé chez les personnes âgées de moins de ou celles âgées de ou plus pour ce qui est de la mortalité par maladies vasculaires cérébrales. Mémoire et apprentissage. Un grand nombre d'études ont montré que la caféine pourrait avoir des effets nootropiques, provoquant certains changements dans la mémorisation et l'apprentissage. Cependant, les résultats des tests se sont révélés contradictoires et peu concluants. Des chercheurs ont découvert que la consommation à long terme de faibles doses de caféine ralentit l'apprentissage dépendant de l'hippocampe (une partie du cerveau associé au processus de mémorisation) et diminue la mémoire à long terme chez la souris. La consommation de caféine durant quatre semaines diminuait significativement la neurogenèse hippocampale comparée aux témoins au cours de l'expérience. La conclusion était que la consommation à long terme de caféine pourrait inhiber l'apprentissage dépendant de l'hippocampe et la mémoire partielle par l'inhibition de la neurogenèse hippocampale. Dans une autre étude, de la caféine était ajoutée "in vitro" à des neurones de rats. Les épines dendritiques (une partie des neurones formant des connexions entre les neurones) de l'hippocampe ont grandi de 33 % et de nouvelles épines se sont formées. Toutefois, après une heure ou deux, ces cellules ont retrouvé leur forme originale. Une autre étude encore a montré que des sujets ayant reçu de caféine avaient une activité accrue dans le lobe frontal, une région du cerveau où se situe une partie du réseau impliqué dans la mémorisation, et le cortex cingulaire antérieur, une partie du cerveau qui contrôle l'attention. Les sujets sous caféine ont également mieux effectué les exercices de mémorisation. Cependant, une étude différente a montré que la caféine pourrait diminuer la mémoire à court terme et augmenter l'occurrence du phénomène dit du « mot sur le bout de la langue ». L'étude a amené les chercheurs à suggérer que la caféine pourrait aider la mémoire à court terme quand l'information à se rappeler est liée au train de pensées, mais également à formuler l'hypothèse que la caféine gênerait la mémoire à court terme quand le train de pensées est sans lien de parenté. En résumé, la consommation de caféine augmenterait les performances mentales d'une pensée focalisée, tandis qu'elle pourrait diminuer les capacités de réflexion d'un vaste champ de pensées. Consommation pendant la grossesse. Malgré un usage largement répandu et l'idée communément admise selon laquelle la caféine est une substance sans danger, une étude de 2008 suggère que les femmes enceintes qui consomment ou plus de caféine par jour ont un risque de fausses couches environ deux fois plus élevé que les femmes qui n'en consomment pas. Cependant, une autre étude n'a pas révélé de lien entre la consommation de caféine et le risque de fausse couche. Au Royaume-Uni, la (FSA) a recommandé aux femmes enceintes de limiter leur consommation de caféine à moins de . La FSA fait remarquer que le protocole expérimental utilisé dans ces études ne permet pas de déterminer si les différences observées sont dues à la caféine elle-même ou aux modes de vie associés à une forte consommation de caféine, mais a estimé que le conseil était bon. La grossesse dure statistiquement un peu plus longtemps (quelques heures) chez les femmes buvant beaucoup de café, mais indépendamment de la caféine, ce qui laisse penser qu'un autre composant du café peut agir sur la grossesse, "a priori" sans conséquences majeures pour la santé de l’enfant. Une étude réalisée en Norvège et basée sur un panel de près de enceintes (ayant accouché d'un seul bébé après une grossesse sans complication) n'a pas trouvé de preuve de prématurité accrue. Cette étude a cependant conclu que l'exposition "in utero" à la caféine est effectivement un facteur de risque de petite poids de naissance du bébé, et ce de manière indépendante au tabagisme (qui est lui aussi facteur de risque et souvent associé à la consommation de café). Les études sur un possible effet de la consommation de caféine durant la grossesse sur le poids du nouveau-né sont néanmoins contradictoires : certaines montrent que la consommation de caféine est corrélée à un poids de naissance plus faible, d'autres ne trouvent pas d'association. Une méta-analyse de 13 études épidémiologiques a conclu à l'existence d'une association. Quel que soit le moment de la grossesse concerné, . L'OMS supposait antérieurement que sous ce risque n'existait pas, et il est généralement recommandé de ne pas dépasser plus de de caféine par jour. L'étude suédoise montre cependant qu'au-dessus de ce seuil de , une femme nord-européenne moyenne a jusqu’à . L'effet potentiel de la consommation de café pendant la grossesse sur la santé ultérieure de l'enfant est moins bien documenté. Des études chez l'animal suggèrent qu'une consommation élevée de caféine pourrait affecter le neurodéveloppement. Chez l'humain, les études épidémiologiques existantes s'accordent à conclure qu'une consommation inférieure à (environ deux tasses) est sans risque majeur pour le développement cognitif de l'enfant. Dans une cohorte épidémiologique française, l'étude EDEN, une consommation supérieure à a cependant été mise en relation avec un quotient intellectuel plus bas à l'âge de 5-6 ans. Traitement à base de caféine chez l'enfant prématuré. Une étude réalisée sur amène à penser que la caféine aurait un rôle positif sur leurs fonctions respiratoires. Le citrate de caféine a des effets bénéfiques dans le traitement des troubles de la respiration des enfants prématurés tels que l'apnée du prématuré et la dysplasie bronchopulmonaire. Le seul risque à court terme d'un traitement au citrate de caféine est la diminution temporaire de la prise de poids au cours de la thérapie. Des études sur le long terme (18 à ) ont montré des avantages durables pour le traitement à la caféine des enfants prématurés. Consommation chez l'enfant. Plusieurs études scientifiques ont réfuté la croyance selon laquelle la consommation de caféine entraîne l'ostéoporose chez l'enfant. Les enfants peuvent ressentir les mêmes effets induits par la caféine que les adultes. La plupart des boissons énergisantes (contenant de grandes quantités de caféine) ont été interdites dans de nombreuses écoles de par le monde mais elle a d'autres effets secondaires indésirables, dont problèmes d'estomac, de nervosité, de tremblements, d'accélération du rythme cardiaque, d'insomnie et d'irritabilité. Maladie de Parkinson. Plusieurs études réalisées à grande échelle ont montré que la prise de caféine est associée à une réduction du risque de développer la maladie de Parkinson chez l'homme, tandis que les études chez la femme ne sont pas concluantes. Le mécanisme par lequel la caféine est inversement corrélée à cette maladie demeure un mystère. Chez les modèles animaux, les chercheurs ont montré, sans pouvoir l'expliquer, que la caféine peut prévenir la perte de cellules nerveuses dopaminergiques que l'on observe dans la maladie de Parkinson. Décaféination. L'extraction de caféine est un procédé industriel courant qui peut être réalisé selon trois voies : La première méthode, qui a été utilisée pendant des années, tend à être remplacée par la deuxième pour des raisons sanitaires (traces résiduelles de solvants), d'impact sur l'environnement, de coût et de saveur. La dernière est la moins efficace et peut dénaturer le goût. Un café dit « décaféiné » ne l'est en fait pas totalement ; pour la plupart des marques, cinq à dix tasses de café « décaféiné » procurent une dose de caféine équivalente à celle de deux tasses de café caféiné, selon une étude nord-américaine qui a testé les cafés de neuf marques par chromatographie en phase gazeuse : hormis une marque, toutes contenaient de à de caféine. Selon le , professeur de psychiatrie à l'université de Floride, cette quantité est suffisante pour provoquer une dépendance physique au café chez certains consommateurs. Extraction par des solvants organiques. C'est le procédé classique qui repose sur la solubilité différentielle (coefficient de partage) de la caféine. La caféine du café est dissoute dans le solvant organique, généralement un solvant chloré (chloroforme, trichloréthylène ou dichlorométhane) ou le benzène, qui est ensuite éliminé par distillation. Des solvants organiques tels que l'acétate d'éthyle présentent bien moins de risques pour la santé et l'environnement que les solvants aromatiques et chlorés utilisés par le passé. Extraction au dioxyde de carbone supercritique. Le dioxyde de carbone fluide supercritique est un excellent solvant apolaire pour la caféine et, de plus, il est plus sain que les solvants organiques synthétiques. Le processus d'extraction est le suivant : le est forcé à passer au travers des grains de café à des températures supérieures à et des pressions supérieures à . Sous ces conditions le , qui est dans un état supercritique, a les propriétés d'un gaz, ce qui lui permet de pénétrer profondément dans les grains de café, mais a également celles d'un liquide qui dissout 97-99 % de la caféine. Le chargé de caféine passe ensuite au travers d'un jet d'eau sous haute pression pour en retirer la caféine. La caféine peut enfin être isolée par adsorption sur charbon activé, par distillation, recristallisation ou osmose inverse. Extraction à l'eau. Les grains de café sont mis à tremper dans l'eau. Cette eau, qui ne contient pas seulement de la caféine mais également beaucoup d'autres composés qui participent au goût du café, est ensuite passée à travers du charbon activé, qui retient la caféine. L'eau peut ensuite être remise avec les grains puis évaporée, ce qui laisse un café décaféiné doté d'un bon arôme. La caféine retirée est commercialisée comme ingrédient de sodas ou comme base de comprimés de caféine vendus sans ordonnance. Religion. Certains adeptes de l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours (Mormons), de l'Église adventiste du septième jour, de l'Église de Dieu restaurée et de la Science chrétienne évitent de consommer de la caféine ou n'en consomment pas du tout, arguant que Dieu est opposé à un usage non médical de substances psychoactives ou, pour les adventistes, que la consommation d'une substance pouvant avoir des effets néfastes sur la santé n'est pas compatible avec le respect du corps que les chrétiens devraient avoir. Les hindous vaishavistes s'abstiennent généralement de consommer de la caféine alléguant qu'elle trouble l'esprit et hyperstimule les sens. Pour être initié par un guru, on doit ne pas avoir consommé de caféine (de même pour l'alcool, la nicotine et d'autres drogues) pendant au moins une année.
Conseil national de la protection de la nature Le Conseil national de la protection de la nature (CNPN) créé en 1946, est une institution rattachée au ministère de la transition écologique et de la cohésion des territoires français, chargée d'étudier et de donner un avis consultatif sur les projets et textes législatifs ou réglementaires concernant la préservation des espèces sauvages et des espaces naturels, notamment la création d'aires protégées sur le territoire métropolitain et en Outre-mer et la délivrance de dérogations à la protection des espèces dans le cas de projets d'aménagement. Son cadre d'intervention est encadré par l'article L134-2 du code de l'environnement et précisé par le R134-20 du même code. Le CNPN est un groupe pluridisciplinaire d'experts, dont l'(ex) comité permanent et le rôle ont fait l'objet de plusieurs réformes ou projets de réforme . Initialement présidé par le ministre de l'Éducation nationale, puis (à partir de 1977) sous le contrôle du ministre chargé de la protection de la nature jusqu'en 2017, date à laquelle sa gouvernance et sa composition ont été revues. Ces experts sont depuis 2017 désignés "intuitu personae" et reconnus pour leurs compétences (en biodiversité, écologie, gestion et conservation des milieux naturels, géologie, sociologie, anthropologie, droit de l’environnement…), venant de tout le territoire français dont les territoires ultra-marins. Leur avis, consultatif mais rendu obligatoire pour un certain nombre de procédures, vise à éclairer les décisions de l'Etat (incluant les décisions des préfets) sur des sujets complexes concernant la biodiversité. Les avis du CNPN ont appuyé l'évolution des pratiques des autorités environnementales (préfets de région) vers le principe « "éviter-réduire-compenser" » qui tend lui-même à faire évoluer l'évaluation environnementale, les mesures compensatoires et restauratrices. La loi pour la reconquête de la biodiversité (2016) a demandé aux pétitionnaires de projets d’atteindre «  "une absence de perte nette de biodiversité"  » et il revient au CNPN d'évaluer rigoureusement la possibilité d'atteinte de cet objectif par les projets d'aménagement. Missions. Le CNPN est ainsi chargé de rendre des avis relatifs: – aux projets de loi, d’ordonnance et de décret qui lui sont soumis en application de l’article L. 134-2 du code de l’environnement; – aux projets d’arrêtés pour lesquels l’avis du CNPN est requis, concernant en particulier la faune, la flore, la fonge et les aires protégées; – aux dossiers d’importance nationale relatifs à la protection des espèces et de leurs habitats, en particulier les dossiers de demande de dérogation à la protection des espèces incluant au moins une espèce de compétence CNPN listées par l'arrêté du 6 janvier 2020 ; – aux projets et aux bilans de Plans Nationaux d'Action – à l'agrément des Conservatoires Botaniques Nationaux – aux projets de création d’un parc national et à son projet de charte et à la révision de celle-ci, aux projets d’extension du périmètre d’un cœur du parc national et celui du territoire des communes ayant vocation à adhérer à la charte et au projet de modification de la charte – aux projets de classement et de renouvellement de classement d’un parc naturel régional et de son projet de charte s‘agissant des parcs pour lesquels l'avis motivé de l'Etat sur l'opportunité du projet est intervenu avant l'entrée en vigueur de la loi « Biodiversité » du 8 août 2016 – à l’opportunité des projets de parc naturel régional puis aux projets de charte pour les parcs pour lesquels l'avis motivé de l'Etat est intervenu après l'entrée en vigueur de la loi du 8 août 2016 ; – au déclassement des deux catégories de parc naturel régional indiquées précédemment. – aux projets de classement , ou de déclassement total ou partiel d’une réserve naturelle nationale ; – aux projets d’octroi d’agrément des sites naturels de compensation ; Composition et organisation. Depuis 2017, le CNPN est composé de 60 membres nommés "intuitu personae" (30 titulaires et 30 suppléants), qui élisent leur président et leur vice-présidente en leur sein. Ces membres sont nommés pour 5 ans après un appel à candidature. Des membres sortants du CNPN sont impliqués dans la sélection des nominations auprès du ministère. Le CNPN a été renouvelé en avril 2022. Depuis avril 2022, il est présidé par Loïc Marion. La Vice-présidente est Martine Bigan, le secrétaire est Serge Urbano. Le CNPN est constitué de deux commissions auxquelles le CNPN plénier délègue une partie de ses avis : -la commission "Espèces et Communautés Biologiques", chargée en particulier de délivrer un avis sur les demandes de dérogation à la protection stricte des espèces et les Plans nationaux d'action. Les membres de la commission élisent le Président (Nyls de Pracontal) et le Vice-Président (Maxime Zucca). -la commission "Espaces Protégés" chargée en particulier de délivrer un avis sur les projets de création d'aires protégées. Les membres de la commission élisent le Président (Philippe Billet) et le Vice-Président (Jean-Philippe Siblet). Le Bureau du CNPN est composé du Président, de la Vice-Présidente, du Secrétaire et des Présidents et Vice-Présidents des deux commissions. Le CNPN se réunit en moyenne une quarantaine de fois par an, dans différentes commissions, conduisant à environ 300 à 400 avis rendus. Le CNPN plénier étudie notamment les dossiers liés aux projets de loi, d'arrêté, ainsi que les dossiers espèces jugés exceptionnels (concernant les grands prédateurs, par exemple) et délègue une partie des dossiers aux commissions thématiques chargées de rendre l’avis au nom du CNPN. Chaque commission, ainsi que le CNPN plénier, peuvent nommer des rapporteurs pour préparer les avis. Avis. L'ensemble des avis du CNPN sont mis en ligne par le Ministère de la transition écologique et de la cohésion des territoires, une fois la signature de l'avis apposée par le CNPN, pour le tenir à disposition du public via le site "avis biodiversité". Ces avis sont consultatifs, et leur degré de prise en compte par l'administration et les pétitionnaires varie, sans qu'aucune statistique ne soit disponible. La délivrance d'un avis défavorable constitue toutefois une fragilisation importante d'un dossier, qui peut également constituer un argument juridique. Articulation avec les CSRPN. En 2019, le gouvernement a tenté de considérablement réduire le rôle du CNPN. Un « "projet de décret relatif à la simplification de la procédure d’autorisation environnementale" » a été mis en consultation publique (de mi-avril jusqu’au 6 mai 2019) ; il envisageait à partir de septembre 2019 de transférer le rôle du CNPN aux Conseils scientifiques régionaux du patrimoine naturel (CSRPN), lesquels n'étaient pas demandeurs. Seules les dérogations concernant 37 espèces particulièrement rares et emblématiques (déterminée 20 ans plus tôt) continueraient à être traitées par le CNPN (qui antérieurement donnait des avis sur des milliers d'espèces protégées). Finalement, le CNPN et les services de l'Etat sont parvenus à un consensus visant à équilibrer la répartition des dossiers entre les CSRPN et le CNPN. Les dérogations concernant une liste beaucoup plus longue conduisent à un passage en CNPN. Depuis 2020, les CSRPN doivent donc émettre un avis sur une partie des dossier de dérogation à la protection stricte des espèces. Plusieurs membres de CSRPN sont aussi membres du CNPN et des échanges réguliers ont lieu entre ces deux niveaux territoriaux, visant à homogénéiser le format et les critères utilisés pour rendre un avis. Toutefois, de très nombreux projets d'aménagement engendrant des impacts sur les espèces protégées ne font pas l'objet d'une dérogation. Dans une tribune publiée par une vingtaine de membres du CNPN en 2019 dans Médiapart, ceux-ci relevaient que "".
Charte des paysans La Charte des paysans est une déclaration de principe, adoptée à la Conférence Mondiale sur la Réforme Agraire et le Développement Rural (en anglais WCARRD) que la FAO a organisée à Rome en 1979. Les droits des paysans :
Contrepèterie La contrepèterie ou abusivement le contrepet est un jeu de mots consistant à permuter certains phonèmes ou syllabes d'une phrase afin d'en obtenir une nouvelle, présentant souvent un sens concupiscent masqué par l'apparente innocence de la phrase initiale. Jusqu'au début du , les termes "antistrophe" et "équivoque" étaient également employés comme synonymes. Joël Martin se plaît à définir le contrepet comme , cette définition étant elle-même une contrepèterie (« L'art de délasser les cons que débouche notre bite »). L'usage veut qu'on ne donne jamais la solution d'une contrepèterie, chacun devant la trouver lui-même. On dit qu'il faut être trois pour apprécier une contrepèterie : celui qui l'énonce, celui qui la comprend, et celui qui ne la comprend pas. Le journal "Le Canard enchaîné" est célèbre pour sa sélection hebdomadaire de contrepèteries dans la rubrique intitulée "Sur l'Album de la Comtesse". Créée par Yvan Audouard en 1951, elle fut notamment reprise par Henri Monier en 1955, puis par Luc Étienne en 1957 et enfin par Joël Martin en 1984. Définition. Afin de distinguer la contrepèterie d'autres jeux sur les mots, tels que l'anagramme, on en restreint généralement la définition aux permutations de sons obtenues par produit de transpositions à supports disjoints. Notons bien que c'est le son et non l'orthographe qui compte, et cette correspondance phonétique doit être stricte. Ainsi, la confusion entre les phonèmes /ʒ/ et /g/ rend douteuse la phrase (Ne pas connaître d'orgasme sous un tel mari). De même, des cas tels que restent exceptionnels. Et l'on ne saurait admettre « Le ministre des finances trouve toutes les baisses faisables », épinglée (mais publiée) par "Le Canard enchaîné", ni une autre qui lui a échappé : « On voyait la ribaude de la tente aux festons » puisque « teston » en ancien français n'a jamais été confondu avec « téton ». Étymologie. Le terme « contrepèterie » dérive du verbe « contrepéter » signifiant « équivoquer » () puis par la suite « imiter », « contrefaire » (). La première référence à ce mot remonte en 1572 à Étienne Tabourot, d'après qui certains employaient ce terme, contrairement aux qui lui préféraient jusque-là ceux d'équivoque et d'antistrophe. Joël Martin indique que Rabelais usait du verbe "contre-petter", quand le substantif correspondant n'existait pas encore. Avant de se fixer au , des orthographes telles que "contrepéterie", "contrepetteries" ou "contre-petteries" pouvaient se rencontrer. Quant au terme "contrepet", il fut forgé par Luc Étienne pour désigner l'art de résoudre et d'inventer des contrepèteries, ainsi le contrepet est à la contrepèterie ce que la littérature est au livre. On retrouve notamment ce mot en 1957 dans le titre de l'ouvrage de référence en la matière : "L'art du contrepet" ; il est entré depuis dans le dictionnaire. Par abus de langage, le mot "contrepet" est parfois synonyme de "contrepèterie". Historique. Les plus anciennes traces de contrepèteries sont attestées chez François Rabelais. Les deux premiers exemples connus du genre apparaissent en effet en 1532 dans "Pantagruel" : la célèbre (molle à la fesse), ainsi que l'équivoque sur (à beau con le vit monte). Quarante ans plus tard, en 1572, le Dijonnais Étienne Tabourot, "alias" Seigneur des Accords, publie les "Bigarrures", premier ouvrage comportant un article traitant exclusivement du sujet. On y retrouve la première référence au terme « contrepéterie », jusque-là désignée par les appellations « antistrophe » ou « équivoque ». On ne retrouve plus de trace écrite évoquant le contrepet pendant plusieurs siècles jusqu'à la parution confidentielle du "Trésor des équivoques, antistrophes et contrepéteries" de Jacques Oncial en 1909, premier traité lui étant intégralement consacré. Citons également la publication en 1924 de "T.S.V.P.", recueil de plaisanteries relevées par J.-W. Bienstock et Curnonsky dont l'édition hors commerce comporte un chapitre supplémentaire intitulé , recensant quelques dizaines de contrepèteries. C'est en 1934 que paraît un des piliers de la littérature contrapétique : "La Redoute des contrepèteries". Louis Perceau y a compilé et trié des centaines de contrepèteries succulentes issues de la tradition orale ainsi que de sa propre composition. C'est dans cet ouvrage que l'on peut retrouver nombre de classiques tels que , qui ouvre le bal en fanfare. En 1951, l'hebdomadaire "Le Canard enchaîné" contribue activement à la popularité de la contrepèterie grâce à Yvan Audouard qui y crée la première — et à ce jour unique — plaisante rubrique lui étant spécifiquement consacrée : "Sur l'Album de la Comtesse". Il fallut attendre 1957 pour voir paraître la seconde œuvre majeure du genre : "L'art du contrepet" de Luc Étienne, affublée du sous-titre . En plus d'introduire le terme de "contrepet", cet ouvrage lui donnera réellement ses lettres de noblesse en proposant une étude méthodique et pertinente, outre quelques centaines d'exemples inédits. Cette publication valut aussitôt à son auteur la reconnaissance de ses pairs, concrétisée par son intronisation immédiate comme « Comtesse du Canard » jusqu'à son décès en 1984. Depuis les années 1970 nombre d'auteurs sont venus enrichir cette littérature. Citons notamment le dessinateur Jean Pouzet ou encore Jacques Antel, fidèle bras droit de la "Comtesse". À la mort de Luc Étienne, la relève est alors assurée (et encore à ce jour) par un autre de ses disciples : Joël Martin. Stakhanoviste du contrepet — auteur de dizaines de milliers —, il fit entrer cet art dans l'ère industrielle en doublant, puis triplant, voire quadruplant la production hebdomadaire de la "Comtesse" et en publiant dix-sept ouvrages (deux autres sont en préparation) comportant, pour la plupart, plusieurs milliers d'inédits. La contrepèterie subsiste dans la culture populaire, au côté des autres jeux de mots. Des contrepèteries sont attribuées au journal "L'Équipe" mais en réalité elles sont apocryphes car ce journal n'en publie jamais : « "Tsonga a un tennis prévisible" ». Certaines contrepèteries sont glissées à un(e) collègue en réunion de travail pour détendre l'atmosphère ou tromper l'ennui : « "À l'Éducation nationale, on aime bien l'équipe en place" ». La contrepèterie sur Radio Londres. Radio Londres, envoyait à la Résistance des messages, phrases diverses, au sens convenu. Le Colonel Rémy, éminente personnalité de la France libre, raconte dans son "Livre du courage et de la peur" que, devant choisir de telles phrases codées à lire sur Radio Londres pour avertir la Résistance, il se trouva être, avec ses amis, en possession de "La Redoute des contrepèteries". Ils eurent l'idée de se servir de ce livre. Et ils étaient en joie quand ils entendaient la charmante speakerine de la radio britannique lire avec soin, ton neutre et parfaite diction des phrases, certes au sens codé convenu, mais qui l'auraient fait rougir si elle avait su ce qu'elles pouvaient signifier en tant que contrepèteries. Il faut dire qu'ils n'avaient pas beaucoup d'occasions de se distraire ; la contrepèterie est venue à leur aide dans ces moments difficiles. On peut également relever, pendant l'Occupation, le détournement du terme « Métropolitain » en ou encore, pendant les années 1930, l'association des Croix-de-Feu du colonel de La Rocque devenue les pour ses opposants. Mussolini ne fut pas oublié avec la fameuse exclamation : « Duce, tes gladiateurs circulent dans le sang ! » La contrepèterie dans la chanson. De nombreux textes de chansons comportent des contrepèteries, implicites ou explicites. <poem> </poem> <poem> Sur l'Album de la Comtesse. "Sur l'Album de la Comtesse" est une chronique hebdomadaire de contrepèteries publiée par Le Canard enchaîné depuis 1951. Contrepèteries historiques. On remarque que, bien souvent, les contrepèteries font allusion au sexe. Le mot "vit" ne survit du reste en français que dans les contrepèteries et les chansons paillardes. Joël Martin a néanmoins écrit plusieurs chapitres de contrepèteries « de salon » dans sa "Bible du contrepet". D'autres circulent sur Internet, par exemple . Ce qui suit doit rester une liste succincte attestée de quelques contrepèteries parmi les plus courantes dans l'histoire. Amis du contrepet. Louis Perceau. Ouvrier tailleur né à Coulon (Deux-Sèvres) reconverti dans le journalisme une fois à Paris, Louis Perceau (1883-1942), dont le militantisme socialiste révolutionnaire lui valut six mois de prison, est également reconnu comme bibliographe de littérature érotique ; en témoigne notamment son travail avec Apollinaire et Fleuret entre 1914 et 1919 sur "L'Enfer de la Bibliothèque Nationale". Pour ce qui est du contrepet, Louis Perceau présenta en 1934 l'ouvrage de référence "La Redoute des Contrepèteries" (Éditions Briffaut), illustré par Jacques Touchet, où sont compilées, archivées, triées des centaines de contrepèteries. Probablement y sont également insérées quelques-unes de sa propre composition. À noter qu'il n'y cite pas Jacques Oncial ; Luc Étienne évoque la possibilité que les deux hommes se soient abreuvés aux mêmes sources (celles du bonheur) tandis que Gershon Legman suppose qu'il ne s'agit que d'une seule et même personne. Il est lui-même à l'origine de la phrase : / « Avez-vous "l'air puceau" ? » que les initiés se plaisent à poser. Luc Étienne. Professeur de sciences au lycée de Reims, régent d'Astropétique au Collège de 'Pataphysique, oulipien, Comtesse du Canard de 1957 à 1984, Luc Étienne (1908 - 1984) se fit le spécialiste de cet art, lui inventant le nom de "contrepet". Il a rédigé entre autres œuvres ("La méthode à Mimile", "l'Art de la charade à tiroirs") un "Art du contrepet" qui fait encore référence aujourd'hui et qui contient des passages fort travaillés comme ce discours d'un locataire : Il donne également des conseils : de même que le charme des mots croisés réside dans le fait d'y donner des définitions non banales, il faut une fois le contrepet trouvé lui trouver une courte introduction aussi appropriée à l'innocente phrase de base qu'à sa variante sulfureuse. Ainsi, sur les mots « roussette » et « pain », l'introduction suivante, qui utilise l'homophonie entre "pêcher" et "pécher" ne fait que rendre plus savoureuse la contrepèterie : Et sur « affale » et « bazar », quoi de plus plaisant que ces cinq mots d'introduction ? Jacques Antel. Fidèle disciple de Luc Étienne, Jacques Antel est régent de la chaire de contrepet du Collège de 'Pataphysique depuis le . Il est l'auteur du classique "Le tout de mon cru" présentant plus de 500 contrepèteries inédites (à l'exception notable de celle constituant le titre). Sa spécialité est la chasse aux contrepèteries involontaires, comme dans ses ouvrages "Titres fourrés" et "Ceux que la muse habite" s'attaquant respectivement aux articles journalistiques et à la littérature française. Joël Martin. Successeur de Luc Étienne au titre de Comtesse du Canard, Joël Martin est l'auteur de nombreuses publications toutes plus « contrepétillantes » les unes que les autres, dont "La bible du contrepet", "Le dico de la contrepèterie" ou encore un "Que sais-je" sur la contrepèterie. Marc Lagrange. Marc Lagrange, est un chirurgien digestif membre de plusieurs confréries vineuses, auteur de plusieurs ouvrages de contrepèteries sur le vin et la médecine, le vin et l'érotisme, etc. Prix Nobel (gourmand), il abreuve régulièrement " L'Album de la Comtesse" de ses facéties sémantiques dans "Le Canard enchaîné", entre ses passages sur les ondes, dont "Les Grosses Têtes" de Philippe Bouvard. Armelle Finard. Armelle Finar est l'auteur de plusieurs recueils de contrepèteries ces dernières années. Joël Martin se demande, en rapport à l'un de ses ouvrages, ou . Étienne Sloujbier. Étienne Sloujbier, linguiste, a dans son ouvrage mené un développement de la contrepèterie à tiroir visant particulièrement les permutations circulaires, ternaires, etc. Il insiste sur les contrepèteries enchevêtrées allant dans le sens de Jean Pouzet. Les contrepets inédits qu'il présente sont également classiques ou de salon. Il présente une certaine variété dans les sujets : la politique, le sport, la vie quotidienne ou encore la cuisine. Exemple : Philippe Harlé. Moniteur aux Glénans et architecte naval renommé, Philippe Harlé était connu dans le monde de la plaisance pour l'excellence de ses voiliers mais aussi pour son goût des contrepèteries qu'il glissait même dans les correspondances sérieuses avec les chantiers navals ou les clients de son bureau d'études. L'une d'entre elles a particulièrement fait florès : "Congre Debout" est , d'après les statistiques des Affaires maritimes un nom régulièrement donné à des embarcations de pêche ou de plaisance, tournant ainsi plaisamment un règlement naval indiquant que l'on ne doit pas « donner à un navire un nom attentatoire aux bonnes mœurs ou susceptible d'être confondu avec un indicatif de détresse ». Portent, ou ont porté ce nom , entre bien d'autres : un cotre des Glénans, un voilier de course type Téquila Half tonner (plan Harlé) , un semi-rigide de plongée basé en Corse et un palangrier basé à Cherbourg après avoir été enregistré dans les quartiers maritimes de Martigues puis de l'île d'Oléron. Pierre Repp. Acteur et humoriste français (1909-1986), célèbre pour son « talent de bafouilleur », Pierre Repp, a employé l'art du contrepet dans ses sketchs. Les contrepétographes. Duo lyonnais constitué de Dom Agnesina pour le texte et de Stéphane Massa-Bidal pour le graphisme qui propose de revisiter le genre de la contrepèterie illustrée. Travaillant sur l'actualité ou sur des créations originales, ils mêlent typographie, graphisme, photo et un indice pour résoudre la contrepèterie. Contrepèteries étrangères. On consultera avec profit les liens inter-langues de Wikipédia… en se rendant compte que quelques-uns référencent une forme de poésie avec les lettres échangées, sans rien de piquant. Anglophone. Le terme vient du Révérend William Archibald Spooner (1844-1930) qui en commettait souvent, volontairement ou non, dans ses sermons. Il n'est pas aussi systématiquement grivois que l'est son homologue français. L'œuvre de Shakespeare en comporterait quelques-uns. Espérantophone. Quelques exemples de "kontraŭknalo", ou contrepèterie en espéranto : Germanophone. Comme l'allemand est très phonétique, les contrepèteries sont plutôt rares. Hispanophone. « "No es lo mismo tubérculo que ver tu culo" ». Italophone. Puisqu'en italien les finales des mots sont toujours prononcées, la contrepèterie est bien plus rare qu'en français. Cependant, il y a quelques exemples, dont certains grivois : Traductions. Le problème de la traduction d'une contrepèterie peut a priori paraître absurde, étant donné la nature essentiellement phonétique de ce jeu de mots. Néanmoins, il se pose nécessairement dans le cas de la traduction d'une œuvre littéraire comportant de telles plaisanteries. Plusieurs solutions s'offrent alors au traducteur : adapter coûte que coûte, éluder le problème, ou avouer son échec dans une note de bas de page.
Chilocorus Chilocorus est un genre d'insectes coléoptères prédateurs de la famille des coccinellidés, dont les larves et les adultes ont pour proies principalement les pucerons et les cochenilles sur les arbres fruitiers et la vigne.
Coccinella Le genre Coccinella regroupe des coléoptères prédateurs de la famille des coccinellidés, dont les larves et les adultes ont pour proies principalement des pucerons aussi bien sur les arbres fruitiers, la vigne, les grandes cultures, les cultures légumières et les cultures ornementales que sur des plantes sauvages. Ce genre comprend les espèces suivantes :
Cryptolaemus "" est un genre de coléoptères prédateurs de la famille des coccinellidés, dont les larves et les adultes ont pour proies principalement les cochenilles sur les cultures ornementales. Liste d'espèces. Selon : Selon :
Chrysopa Chrysopa (les chrysopes) est un genre d'insectes prédateurs de la famille des Chrysopidae et de l'ordre des névroptères, dont les larves et les adultes ont pour proies principalement les acariens, les cochenilles, les psylles, les pucerons, les thrips, les œufs de lépidoptères et d'aleurodes sur les arbres fruitiers, la vigne, les grandes cultures, les cultures légumières et les cultures ornementales. Liste d'espèces. Selon ITIS : et Espèces européennes selon Fauna Europaea :
République du Congo Le Congo, en forme longue la république du Congo, ou de manière informelle Congo-Brazzaville (pour le distinguer du Congo-Kinshasa), est un pays d'Afrique centrale, situé de part et d'autre de l'équateur. Ses voisins sont le Gabon à l'ouest, le Cameroun au nord-nord-ouest, la République centrafricaine au nord-nord-est, la république démocratique du Congo au nord-est, au sud-est et au sud — dont il est partiellement séparé par le fleuve Congo puis le fleuve Oubangui — et le Cabinda (Angola) au sud-ouest. Le pays s’étend sur du nord au sud et d'est en ouest. La république du Congo est fréquemment appelée de manière informelle « Congo-Brazzaville » pour la distinguer de la république démocratique du Congo ou « Congo-Kinshasa ». Avant la colonisation française, le territoire actuel du Congo était occupé par plusieurs entités politiques, parmi lesquelles le royaume de Loango (fondé entre le ), le Kongo (fondé au ) et le royaume Tio (fondé au ). À la suite de plusieurs missions d'exploration, dont la plus notable reste celle de Savorgnan de Brazza (la capitale du pays porte aujourd'hui son nom), ce territoire est intégré au second empire colonial français à la fin du . Après de colonisation, le Congo prend son indépendance en 1960, avec pour premier chef d'État l'abbé Fulbert Youlou. Les deux décennies suivantes sont marquées par un grand nombre de tentatives de coup d'État, dont quatre réussissent (1963, 1968, 1977 et 1979). De 1969 à 1992, la république du Congo a porté le nom de république populaire du Congo. Le chef de l'État actuel est Denis Sassou-Nguesso, au pouvoir de 1979 à 1992, puis depuis 1997. En 1991, une conférence nationale souveraine est organisée dans le but de mettre fin au système du parti unique et d'installer la démocratie. À la suite de grèves générales, le président Sassou-Nguesso cède et des élections sont organisées. Pascal Lissouba est élu président de la République en 1992 pour un mandat de cinq ans, dont la fin est marquée par une guerre civile l'opposant à Denis Sassou-Nguesso, qui reprend le pouvoir en 1997. Depuis le début du , la stabilisation de la situation politique et l'essor de la production d'hydrocarbures assurent au pays une relative prospérité au point de vue macroéconomique, malgré des infrastructures et des services publics en mauvais état ainsi que de fortes inégalités dans la répartition des revenus pétroliers. Histoire. Histoire ancienne. Les Pygmées sont les premiers habitants du Congo. Le pays est ensuite cible de la grande migration des Bantous, venus du nord en longeant la côte et les cours d'eau. Plusieurs royaumes, dont on ne connaît pas encore bien les origines, se succèdent ou coexistent : Les Bantous introduisent le travail du fer et construisent un réseau commercial dans le bassin du Congo. Schématiquement, les structures géopolitiques précoloniales congolaises peuvent se simplifier en deux catégories : Des vestiges, ténus certes, mais assez nombreux, attestent de cultures assez avancées sur l'actuel territoire congolais : poteries, vestiges de fours à métaux, de grands travaux de génie civil (tunnel sous le mont Albert près de Mouyondzi) remontant à une période antérieure au , parfois avant l'an mille. Colonisation. Les premiers contacts avec les Européens ont lieu au , et des échanges commerciaux sont rapidement établis avec les royaumes locaux. La région côtière est une source majeure durant le commerce triangulaire, c'est-à-dire la traite d'esclaves transatlantique. Lorsque celle-ci prend fin au , les pouvoirs bantous s'érodent pour laisser place au colonialisme. En 1482, après les premières reconnaissances effectuées par des navigateurs portugais, l'explorateur Don Diogo Cão atteint l'embouchure du fleuve Congo. Les contacts avec le royaume du Kongo suscitent des tensions. La traite opère une grande ponction démographique et déstabilise considérablement les entités politiques et les sociétés d'Afrique centrale en général. La pénétration française débute vers 1875 avec Pierre Savorgnan de Brazza ; il atteint le fleuve Congo en 1879 en remontant le cours de l'Ogoué, jusqu'à l'embouchure de l'actuelle île Mbamou. En 1880, il fait signer un traité de souveraineté au "Makoko", le roi des Tékés à Mbé ( au nord de Brazzaville), et fonde un poste au village de Mfoa, (en référence à une petite rivière) à Nkuna qui deviendra Brazzaville en 1911. Dans le même temps, le lieutenant de vaisseau Robert Cordier (1849-1901) explore la région du Kouilou et du Niari. Il fait signer au roi Maloango un traité qui reconnaît la souveraineté de la France sur le royaume de Loango et fonde à son tour en 1883 Pointe-Noire, dont la gare ferroviaire CFCO est inspirée de celle alors existante à Trouville-Deauville en France. En 1885, le Congo devient l'un des quatre États de l'Afrique-Équatoriale française, et Brazzaville, la capitale de l'AEF. La colonie du Congo français est créée en 1891, l’actuel territoire gabonais en fait partie jusqu’en 1904. Dès 1899, le territoire est distribué en concessions trentennaires à des compagnies contre acquittement d'un impôt correspondant à 15 % des bénéfices auprès l’administration française. Elles exploitent les ressources naturelles, principalement le caoutchouc mais aussi le sucre, les bois précieux et l’ivoire. Les domaines de ces sociétés sont immenses, variant de à d’hectares. Le système est mis en place par Eugène Étienne, alors sous-secrétaire d’État aux colonies. Cependant, des abus sont enregistrés. Ainsi, Théophile Delcassé, autre sous-secrétaire d’État aux colonies, accorde sans publication officielle du contrat, une concession de d’hectares (soit 1/5 de la France), située dans le Haut-Ogooué. De mars à , Florent Guillain, ministre des Colonies, accorde quarante concessions au Congo français quant à lui par décret, comme l'indique le rapport Brazza. Ces concessionnaires ont pour investisseurs de nombreux actionnaires, dont Léopold II de Belgique. Ce dernier achète cependant ses actions sous un faux nom. Ce fait, découvert après la mort du souverain, choque les autorités françaises de l’époque, constatant l'exploitation incognito et à moindre frais de leur colonie par un pays étranger. Voie de l'indépendance. Les conditions très dures d'exploitation de la colonie (cf. chemin de fer Congo-Océan construit de 1921 à 1934) expliquent que le nationalisme se soit vite développé au Congo. En 1926, André Matswa fonde une amicale chargée de venir en aide aux anciens combattants des régiments de tirailleurs africains, ayant participé aux côtés de l'armée française à la Première Guerre mondiale. Cette amicale devient vite un mouvement de protestation. L'administration coloniale prend peur et fait incarcérer Matsowa, qui meurt en prison en 1942, dans des conditions restées obscures. Le mouvement se transforme alors en une église qui recrute surtout dans l'ethnie d'origine. Le nationalisme congolais prend réellement corps après la Seconde Guerre mondiale. Le , les Congolais élisent le premier député congolais, Jean Félix-Tchicaya, à l'assemblée constituante de Paris. Celui-ci fonde en 1946 le Parti progressiste congolais (PPC), section congolaise du Rassemblement démocratique africain (RDA). Tchicaya s'oppose à Jacques Opangault. L'un et l'autre sont pris de vitesse par l'abbé Fulbert Youlou, fondateur de l'Union démocratique de défense des intérêts africains (UDDIA), qui remporte avec éclat les élections municipales de 1956. En 1958, le référendum sur la Communauté française obtient 99 % de « oui » au Moyen-Congo. Le Congo devient une république autonome, avec Fulbert Youlou pour Premier ministre. En 1959, des troubles éclatent à Brazzaville et l'armée française intervient : Youlou est élu président de la République et le , le Congo accède à l'indépendance. La république du Congo. Le , l'abbé Fulbert Youlou, premier président de la république du Congo, est contraint à la démission sous la pression des syndicalistes et de l'armée. De 1963 à 1968, Alphonse Massamba-Débat lui succède à la tête de l'État. Il se rapproche de la Chine communiste en matière de politique internationale et se prononce en faveur du « socialisme scientifique ». Alphonse Massamba-Débat utilise l'expression de « socialisme bantou », instaure un parti unique, au lieu du pluralisme politique. Mais ce pouvoir civil et socialiste subit de nombreuses pressions et contradictions internes. Le , le président Alphonse Massemba-Debat dissout l'Assemblée nationale congolaise et tente d'écarter le bureau politique du Mouvement national de la révolution (le parti unique). Cette tentative de reprise en main reste sans lendemain, car le , l'armée prend le pouvoir"." Massemba-Debat "officiellement" « incapable d'imposer son autorité », se retire dans son village natal. Les officiers congolais créent un conseil de la révolution et abrogent la Constitution. Un gouvernement provisoire est constitué sous la direction du capitaine Alfred Raoul qui assume pendant plusieurs mois la charge de chef de l'État. Puis, le , un autre officier, Marien Ngouabi est désigné chef de l'État, tandis qu'Alfred Raoul, promu commandant, passe au second plan, comme Premier ministre puis vice-président. D'un point de vue idéologique, l'option socialiste est réaffirmée : la république du Congo devient même une démocratie populaire, la république populaire du Congo. La république populaire du Congo. Le régime est instable et doit faire face à de nombreux soubresauts. Au cours de cette période, le Congo reste dépendant de l'extérieur, en particulier en ce qui concerne les produits alimentaires et manufacturés. Son économie repose sur les exportations de matières premières brutes (bois, potasse, pétrole, fer, etc.), auxquelles s'ajoutent de modestes ressources pétrolières. Finalement, le , le président Marien Ngouabi est assassiné dans sa résidence. Dans les jours qui suivent, le cardinal Émile Biayenda, archevêque de Brazzaville (le ) et l'ancien président de la République Alphonse Massamba-Débat sont également assassinés. Le , le colonel Joachim Yhombi-Opango, devient président de la République, et ce jusqu'en . Puis le , le colonel Denis Sassou-Nguesso prend le pouvoir par un coup d'État, qu'il qualifie de « riposte résolue de l'ensemble des forces de gauche de notre pays contre le courant droitier » ». Il reste au pouvoir jusqu'en , avec un Parti unique et une centralisation du pouvoir. Denis Sassou-Nguesso se pose comme le seul héritier légitime de Marien Ngouabi. Confronté à une opposition de plus en plus forte, Denis Sassou-Nguesso organise une Conférence nationale, du au . En , la nouvelle Constitution est massivement adoptée par référendum. Elle entérine l'instauration d'une démocratie multipartite dans le pays et instaure un régime semi-parlementaire concentré autour de trois organes politiques : le président de la République, le Premier ministre et le Parlement bicaméral. Le président de la République est élu pour au suffrage universel direct, rééligible une fois. À l'élection présidentielle d', Sassou-Nguesso obtient 16,87 % des voix, en troisième position derrière Pascal Lissouba, ancien Premier ministre d'Alphonse Massamba-Débat et Bernard Kolélas. En position d'arbitre pour le second tour, Sassou-Nguesso s'accorde avec Lissouba pour le deuxième tour de la présidentielle et leurs partis respectifs signent un accord de gouvernement. Le Sassou-Nguesso effectue la passation de pouvoir avec Pascal Lissouba, et se retire. La situation politique reste toutefois tendue durant la présidence de Pascal Lissouba. Le , Sassou-Nguesso, installé en France, revient au Congo, et y est accueilli avec ferveur par ses partisans. La situation dégénère en guerre civile de à . Le , l'armée angolaise s'engage dans le conflit aux côtés de Sassou-Nguesso et fait pencher la balance en sa faveur. Le , les forces de Lissouba sont défaites. Pascal Lissouba et ses proches quittent le pays. Les forces de Sassou-Nguesso, appuyées, outre l'armée angolaise, par des soldats tchadiens et des mercenaires rwandais, contrôlent les principales villes du pays. Le nombre de morts de la guerre civile est estimé à environ . Des massacres sont perpétrés, en particulier dans la région du Pool. Sassou-Nguesso de nouveau président, d' à aujourd'hui. Le , Sassou-Nguesso se proclame président de la République et promulgue un acte fondamental qui aménage une transition de durée flexible. Il établit trois organes dirigeants : la présidence de la République, le gouvernement et le Conseil national de transition. En 2002 est adopté une nouvelle constitution supprimant le poste de Premier ministre, renforçant les pouvoirs du président de la République. Le président est élu pour un mandat de renouvelable une seule fois. La même année a lieu l'élection du président de la République : Denis Sassou-Nguesso est reconduit à ce poste. Le septennat de Denis Sassou-Nguesso de 2002 à 2009 est marqué par le retour à la paix civile. En 2009, Denis Sassou-Nguesso est de nouveau réélu président du Congo, avec 78,61 % des voix à l'issue du vote du . Le , une nouvelle constitution est adoptée par référendum. Elle entre en vigueur le , après sa promulgation par Denis Sassou-Nguesso. Fin , Denis Sassou-Nguesso est à nouveau désigné candidat de son parti (le PCT) à la présidentielle de 2021. Le , la commission électorale annonce que Denis Sassou-Nguesso est réélu dès le premier tour de l'élection présidentielle avec 88,57 % (résultats provisoires officiels). La participation est estimée à 67,55 % et son principal opposant, Guy Brice Parfait Kolélas, (mort de la Covid-19 le lendemain de l'élection), recueille 7,84 % des voix. Ses opposants annoncent former des recours. Le , la Cour constitutionnelle de la république du Congo a entériné la réélection du président Denis Sassou-Nguesso au scrutin du , après avoir rejeté les recours de l'opposition. Géographie. La république du Congo est située en Afrique centrale. Les pays limitrophes sont le Gabon à l'ouest, le Cameroun au nord-ouest, l'Angola avec l'enclave de Cabinda au sud-ouest, la République centrafricaine au nord-nord-est et la république démocratique du Congo à l’est et au sud. Le fleuve Congo, deuxième fleuve du monde par le débit moyen après l'Amazone, forme une partie de la frontière entre la république du Congo et la RDC. La forêt tropicale humide s'étend sur près des deux tiers du territoire de la république du Congo, ce qui en fait le quinzième pays au monde par la proportion de couvert forestier. L'équateur traverse le Congo ; son passage par la ville de Makoua, dans la région de la Cuvette, est matérialisé par une borne. Le pays possède une façade maritime sur l'océan Atlantique d'une longueur de . Population. Démographie. Avec à peine plus de cinq millions d'habitants, le Congo-Brazzaville est un pays à faible densité démographique, avec en moyenne ; les seuls pays moins densément peuplés en Afrique subsaharienne sont le Gabon, la République centrafricaine, le Tchad, la Mauritanie, la Namibie et le Botswana. La majeure partie de sa population est urbaine (62,2 % de la population) ; elle est concentrée dans les deux principales villes du pays, Brazzaville et Pointe-Noire, situées dans la partie sud du pays. On peut parler de « macrobicéphalie », Brazzaville et Pointe-Noire comptent respectivement environ , alors que la troisième ville du pays, Dolisie, atteint tout juste . Le tissu urbain est très peu dense, avec une quinzaine de villes de plus de pour un territoire de . Les régions rurales du sud sont relativement densément peuplées (entre 5 et ), le maximum étant atteint dans la région de Boko (Pool) et aux alentours. En revanche, la partie septentrionale du pays peut être qualifiée de désert humain, avec des densités le plus souvent comprises entre 0 et , en particulier dans les régions marécageuses du nord-est. Peuples. On distingue quatre grandes composantes au groupe bantou (97,9 % de la population, sur les estimés en ) Autres groupes : Mbere/Mbeti/Lokele 4,4 %, Échira (dont font partie les Punu, les Loumbou et les Bouissi) 4,3 %, Pygmée 1,6 %, Oubanguiens 1,6 %, Nzebi 1,5 %, Maka 1,3 %, autres et non identifiés 1 %. N.B. : les Bobangi, Moye, ou encore Kouyou ne sont pas des sous-groupes Mbochi. C'est un abus de langage de les classer comme des sous-groupes Mbochi. Le terme Mbochi sert juste à regrouper ces peuples car ils ont des liens de parentés mais ne sont pas tous Mbochi. Réfugiés au Congo. Selon le "World Refugee Survey 2008" publié par le Comité américain pour les réfugiés et les immigrants, la république du Congo abritait environ et demandeurs d'asile à la fin de 2007. Près de provenaient de la république démocratique du Congo (Congo-Kinshasa) mais environ ont pu retourner chez eux au cours de l'année 2007. Les autres réfugiés et demandeurs d'asile au Congo proviennent du Rwanda et de l'Angola. Pauvreté. Le taux de pauvreté dans le pays est passé de 50,2 % en 2005 à 36 % en 2015. Entre 2005 et 2011, 18 % des ménages sont dirigés par une personne sans emploi. Dans la même période, le coefficient de Gini sur les inégalités est passé de à . Cette réduction de la pauvreté s'explique en partie par la forte croissance économique enregistrée par le pays (+5,4 % en moyenne par an). Une étude de l'Unicef réalisée en 2014-2015 a relevé que chez les enfants de moins de dans le pays, entre 63 % et 75 % d'entre eux n'avaient pas accès aux services de santé, de protection et de développement. Ce rapport établi que d'enfants dans le pays vivent en dessous du seuil de pauvreté. Langues. La langue officielle de la république du Congo est le français. Le français est parlé par 56 % de la population congolaise (78 % des plus de ) soit par le pourcentage le deuxième plus élevé d'Afrique en 2010, derrière celui du Gabon. Environ 88 % des Brazzavillois de plus de déclarent avoir une "expression aisée" à l'écrit en français. Les autres langues sont essentiellement des langues bantoues. Ainsi, les deux langues nationales véhiculaires du pays sont le kituba et le lingala, viennent ensuite les langues kongos dont le lari fait partie, les langues téké, et plus d'une quarantaine d'autres langues dont les langues pygmées qui ne sont pas des langues bantoues. Selon l'université Laval, Politique. L'actuel chef de l'État est Denis Sassou-Nguesso, qui après une première présidence de 1979 à 1991, est revenu au pouvoir à l'issue d'une guerre civile probablement au moins en partie financée par la compagnie française Elf, du au , au cours de laquelle il l'a emporté sur le président sortant, Pascal Lissouba. La constitution du Congo, adoptée par référendum le , a établi un régime présidentiel. Denis Sassou-Nguesso a été réélu en 2002, puis le avec 78 % des voix. D'après le ministère de l'Intérieur congolais, le taux de participation aurait été de 66 %, un chiffre peu crédible d'après les observateurs indépendants locaux et internationaux. La constitution du Congo, adoptée par référendum le , établit un régime présidentiel. Le président de la République, Denis Sassou-Nguesso, est arrivé au pouvoir à la suite de la guerre civile de 1997, guerre civile qui se déclencha à la suite de l'attaque du (soit quelques mois avant la fin du mandat de Pascal Lissouba). Le , Denis Sassou Nguesso sort triomphant de cette guerre civile durant laquelle il a bénéficié d’un soutien financier provenant de la compagnie française Elf et de certains États étrangers notamment l'Angola de José Eduardo dos Santos (lui aussi financé par Elf). Après une période de transition, des élections présidentielles sont organisées en 2002. Sassou remporte ces élections en l'absence des grands ténors de la politique congolaise. Sept ans plus tard, Denis Sassou-Nguesso gagne de nouveau les élections qui le conduisent jusqu'en 2016. Il est de nouveau élu le dans des conditions jugées suspectes par ses opposants. Le régime est qualifié d'autoritaire, voire de dictatorial. Subdivisions. Le Congo est divisé en douze départements : Les communes urbaines sont : Celles-ci sont elles-mêmes divisées en 86 sous-préfectures. Brazzaville est composé de neuf communes (arrondissements) qui sont : Économie. Le Congo est un pays en développement, inclus dans l'Initiative pays pauvres très endettés (IPPTE). Le point d'achèvement de l'initiative PPTE a été atteint en , avec l'approbation de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international. L'économie congolaise repose principalement sur l'exploitation des hydrocarbures le long de la côte Atlantique ; cette activité représente environ 90 % des exportations du pays. La production est de l'ordre de par jour, dont la plus grande partie est assurée par les sociétés Total (champs de Nkossa, Libondo, et surtout Moho Bilondo, entré en production en ), Eni et Maurel & Prom, en partenariat avec la Société nationale des pétroles du Congo. L'exploration et la production pétrolières, concentrées dans la périphérie de Pointe-Noire, en font la capitale économique de la république du Congo. Le bois représente une part importante des exportations du Congo, dont la surface est couverte de forêts à près de 60 %, pour un total de vingt-et-un millions d'hectares. On peut distinguer deux grandes zones d'exploitation forestière, l'une dans le Sud du pays (massifs du Mayombe et du Chaillu), où l'on trouve notamment de l'okoumé et du limba, et l'autre tout à fait au Nord (sapelli, sipo), notamment autour de la ville de Pokola, centre des activités de la Congolaise industrielle des bois. La plus grande partie de la production agricole (manioc, fruits et légumes) est consommée localement ; néanmoins, la Société agricole et de raffinage industriel du sucre (SARIS), implantée à Nkayi, dans la Bouenza, commercialise ses produits dans d'autres pays d'Afrique centrale. L'activité industrielle, peu développée, repose sur la production de biens principalement destinés à la consommation locale : cigarettes, ciment, textile, savon, boissons alcoolisées, chaussures, etc. Étant donné les projets d'exploitation du fer, de bois, et autres, on peut croire à un bon développement du Congo au cours des 10 prochaines années. Revenus pétroliers. Les ressources pétrolières du Congo sont gérées par une compagnie pétrolière d’État (la Société nationale des pétroles du Congo ou SNPC), dirigée en 2008 par Denis Gokana. Les revenus pétroliers de l'État congolais se chiffrent à environ six milliards US. Depuis 1976, le raffinage du pétrole est effectué à Pointe-Noire, la capitale économique du Congo. Il fournit 90 % des recettes de l'État, et constitue le même pourcentage des exportations. Avec une croissance annuelle du PIB de 5 %, l'un des taux les plus forts d'Afrique, au début des années 1980, la forte croissance des revenus pétroliers a permis au Congo de financer des projets de développement à grande échelle. Par la suite, la chute des cours du brut a réduit de moitié le PNB. La dévaluation de 50 % du franc CFA, le , a provoqué un taux record d'inflation de 61 % la même année. Dette. L'enlisement dans la mauvaise gouvernance et le manque de stratégie pour le développement économique et social ont fait inscrire le Congo, malgré la richesse et la diversité de ses ressources, à l'initiative de Pays pauvre très endetté (PPTE). En 2010, le Club de Paris (groupe informel de créanciers publics) et le FMI annulent une partie de la dette d'un Congo au bord de la faillite, lui permettant de revenir à un endettement équivalent à 20 % du produit intérieur brut congolais. En , le gouvernement annonce un endettement équivalent à 77 % du PIB, réévalué par le FMI à environ d’euros, soit 110 % du PIB. À la fin de l’année 2017, la république du Congo est ainsi pour la seconde fois en sept ans au bord de la faillite. Cette situation est due à l’effondrement des cours pétroliers mais aussi aux détournements de fonds massifs opérés par les cercles du pouvoir. L’allègement de la dette par le FMI est soumis à un certain nombre de conditions, parmi lesquelles la renonciation aux préfinancements pétroliers (emprunter de l’argent contre la promesse d’un remboursement à moyen ou à long terme grâce à la production d’hydrocarbures) car ces prêts gagés sur les produits pétroliers sont souvent coûteux pour le pays, ne permettent pas de gérer sainement les comptes publics et servent souvent d'instrument au détournement d'une partie des revenus pétroliers (comme l'a notamment démontré l'affaire Gokana en 2005). Les autorités sont donc sommées d’engager des « réformes de gouvernance audacieuses et immédiates ». Culture. Le Congo, par la disposition même de son territoire, possède une grande variété de paysages naturels, des savanes de la plaine du Niari aux forêts inondées du nord, de l'immense fleuve Congo aux montagnes escarpées et forestières du Mayombe et aux de plages de la côte atlantique. La présence de nombreuses ethnies et jadis de diverses structures politiques (royaume du Kongo, royaume de Loango, royaume Teke, chefferies du Nord) a doté le pays actuel d'une grande diversité de cultures traditionnelles et d'autant d'expressions artistiques anciennes : « fétiches à clous » Vili, statuettes bembes si expressives qui atteignent malgré leur petite taille à une sorte de monumentalité, masques étranges des Punu et des Kwele, reliquaires Kota, fétiches Téké, cimetières curieux, avec leurs tombeaux monumentaux, du pays Lari. Il faut y ajouter un patrimoine architectural colonial considérable, que les Congolais redécouvrent aujourd'hui comme faisant partie de leur héritage historique (et de leur capital touristique) et restaurent plutôt bien, du moins à Brazzaville. Le tourisme demeure pour l'instant au Congo une ressource très marginale, faute d'infrastructures d'accueil hors de Pointe-Noire et Brazzaville, et faute d'un réseau de communications suffisant et cohérent. Beaucoup de sites sont difficiles à atteindre et, paradoxalement, le Sud plus peuplé et plus développé est souvent le moins accessible : le massif du Chaillu par exemple est presque impossible à parcourir. En outre, de nombreux chanteurs congolais ou d'origine congolaises ont acquis une certaine reconnaissance tant au niveau national qu'international : le rappeur franco-congolais Passi évoluant en France à qui l'on doit la sortie de plusieurs albums à succès à l'instar des "Tentations" avec le titre "Je zappe et je mate", la chanteuse M'Passi de l'ex-groupe Melgroove, les rappeurs Calbo du groupe Arsénik, Ben J des Nèg' Marrons, le groupe Bisso Na Bisso et Casimir Zao. Avant eux, des stars du soukous telles qu’Aurlus Mabélé et Mav Cacharel, membres fondateurs du groupe Loketo, ont contribué à faire connaître la musique congolaise dans le monde. En revanche, d'autres genres artistiques tels que le cinéma congolais peinent à faire leur percée. Après des débuts prometteurs dans les années 1970, le contexte politique troublé et la fermeture des salles de cinéma ont rendu la production difficile. Le pays ne produit aucun long-métrage par an et les cinéastes diffusent directement leur production en vidéo. En définitive, au Congo-Brazzaville la culture est restée jusque-là le parent pauvre des investissements des différents gouvernements successifs Enfin, la république du Congo compte plusieurs écrivains reconnus en Afrique et dans le monde francophone : Alain Mabanckou, Jean-Baptiste Tati Loutard, Jeannette Balou Tchichelle, Henri Lopes et Tchicaya U Tam'si. Religion. La population de la république du Congo est en grande majorité chrétienne (d'après "The World Factbook" : catholiques 33,1 %, Églises de réveil 22,3 %, autres églises protestantes 19,9 %). L'évangélisation du pays a commencé au et s'est faite pour l'essentiel au , même si la région côtière a été touchée par la première vague d'évangélisation menée dans le cadre de la colonisation portugaise dès la fin du . Les Églises de réveil se sont sensiblement développées à partir du dernier quart du et jouent un rôle de plus en plus important dans la vie sociale et politique du pays. Les religions traditionnelles perdurent. Elles font appel à une large gamme d'intermédiaires tels que les mânes des ancêtres, qui sont sollicités pour obtenir des conseils, la guérison et de bonnes récoltes. L'Église catholique compte neuf diocèses en république du Congo, dont l'archidiocèse de Brazzaville. En , lors de la venue du secrétaire d'État du Vatican le cardinal Pietro Parolin, le pays a été consacré à la Vierge Marie. L'acte de consécration s'est déroulé lors de la cérémonie religieuse du dans la basilique nationale Sainte-Anne à Brazzaville. Environ 1,6 % de la population, dont une part importante de résidents étrangers venus d'Afrique de l'Ouest, sont de confession musulmane. Presse. Émergence et développement de la presse congolaise. Les médias au Congo ont traversé toute une décennie troublée où la guerre s’est profondément inscrite dans leur environnement immédiat, dans la ville de Brazzaville. Les médias audiovisuels ont été à la fois le lieu et l’instrument des règlements des comptes politiques, et la presse écrite a traversé une période d'extinction. Ivresse de la liberté. Lors de la libération du secteur de la presse à partir de 1990 et de la suppression de la censure préalable, des dizaines de nouveaux titres ont vu le jour, particulièrement durant la Conférence nationale de 1991, la période de transition et les élections présidentielles de 1992. Ainsi l’hebdomadaire "Madukutsiékélé", surnommé "Maduku", animé par des étudiants, a été le premier à user d’un ton très satirique, remportant un grand succès pendant la Conférence nationale. Il a été suivi, dès 1991, par "La Rumeur" (qui deviendra ensuite "La Rue meurt") et "Le Choc", puis par "La Colombe", "Le Forum", "Maintenant" et "La Ruche" (nés en 1992). La presse écrite évoluait dans une grande précarité qui se traduisait « par l’irrégularité de leurs parutions, la confidentialité de leurs tirages, la modicité de leurs dividendes et… la mendicité de leurs agents ». Malgré cette fragilité, ces titres, qui ont atteint la soixantaine, ont apporté un ton nouveau en ce qui concerne les médias audiovisuels d’État (le journal gouvernemental "Mweti" ayant disparu) et la présence d’un seul titre privé « historique » lié à l’Église catholique. "La Semaine africaine", hebdomadaire créé en 1952 a eu un grand succès jusqu’en 1990. L’apparition des publications privées d’opinion a souvent entrainé une chute de moitié du tirage de "La Semaine africaine" dont le lectorat s’est brusquement détourné. En 1993, lors de la première guerre civile les titres se sont rapidement rangés entre « pouvoir » et « opposition ». Après cette guerre, la presse est demeurée extrêmement politisée : ainsi, "Le Temps", "La Corne enchantée" (1993), "L’Alternative", "L’Espoir", "Le Canard de mercredi" (1994) étaient proches de Pascal Lissouba et son parti, l’Upads. "La Rue meurt" (1991) soutenait le MCDDI de Bernard Kolélas. "Le Choc", "Aujourd’hui", "Le Rayon", "Le Flambeau", "La Référence", "La Liberté", "Le Messager", "Le Gardien" (1993), flirtaient avec les FDP (Forces démocratiques et patriotiques) de Denis Sassou-Nguesso. Ces titres, menant l’un contre l’autre des batailles rangées, vont poursuivre leur dialogue de sourd jusqu’à l’éclatement de la seconde guerre en 1997. À la fin de la guerre, après la victoire de Denis Sassou-Nguesso, presque tous les titres ont disparu. Seuls subsistaient "Le Choc", "La Rue meurt" et "Le Flambeau", favorables au nouvel homme fort du pays. Est également resté le titre "La Semaine africaine", qui a dès lors été taxé, par certains proches de Sassou-Nguesso, d’organe d’opposition. À partir de 1999, de nouveaux titres sont apparus, marquant un deuxième printemps de la presse congolaise : "Le Pays", "Les Échos du Congo", "Cocorico, le Coq", "L’Autre vision", "Vision pour demain", "Les Dépêches de Brazzaville", "Thalassa", "L’Éléphant", "L’Humanitaire", "Lumière équatoriale", "Présence économique", "Le Paysan", "L’Observateur"…Le régime soigne son image à travers l’hebdomadaire gouvernemental "La Nouvelle République", qui a recommencé à apparaitre de manière très irrégulière et surtout "Les Dépêches de Brazzaville", , éditée par une agence privée à vocation régionale du même nom créée en 1998 par un journaliste français conseiller à la présidence. L’ACI (Agence congolaise d’information), née en 1960, a recommencé à fonctionner et édite un bulletin quotidien, après avoir souffert tout particulièrement de la guerre de 1997 au cours de laquelle ses infrastructures ont été pillées. Le paysage audiovisuel quant à lui est des plus réduits. Jusqu’en 1998, le secteur était sous monopole étatique, malgré la libéralisation du secteur proclamée lors de la Conférence nationale et se limitait donc à Radio Congo, Télé Congo et leurs quelques stations locales, notamment à Pointe-Noire. L’Agence intergouvernementale de la Francophonie (ex-ACCT) avait en outre aidé à l’implantation de quatre stations communautaires locales à Nkayi, Moussendjo, Etoumbi et Sembé. Pendant la guerre de 1999, le mouvement rebelle du pasteur Ntumi a, à son tour, monté une station clandestine, Radio Royale, qui émettait de façon épisodique dans la région du Pool. Elle a aujourd’hui cessé d’émettre. Quelques autres initiatives ont vu le jour ces dernières années : YAKALA FM, Radio Océan à Pointe-Noire, Radio Louvakou à Dolisie, Digital Radio Number One à Brazzaville. Cette dernière, propriété d’un officier des Forces armées de la république du Congo, complétée par une station de télévision privée (DRTV), a une vocation essentiellement commerciale et se mêle peu de politique. La radio nationale a également développé une station de proximité, Canal FM, issue de l’ancienne radio rurale. Le réseau des radios communautaires locales s’est aussi élargi avec la création, généralement par des ministres ou des autorités préfectorales, de Radio Moka, Radio Nkeni et Radio Lekena. Quant à l’Église catholique, elle a ouvert une station à Pointe-Noire (Radio Kintouari). Codes. La république du Congo a pour codes :
Côte d'Ivoire La Côte d'Ivoire, en forme longue république de Côte d'Ivoire (RCI), est un État situé en Afrique, dans la partie occidentale du golfe de Guinée. Elle présente sensiblement la forme d'un carré d'environ de côté. D’une superficie de , elle est bordée au nord-ouest par le Mali, au nord-est par le Burkina Faso, à l'est par le Ghana, au sud-ouest par le Liberia, à l'ouest-nord-ouest par la Guinée et au sud par l’océan Atlantique. La population est estimée à en 2021. La Côte d'Ivoire a pour capitale politique et administrative Yamoussoukro mais la quasi-totalité des institutions se trouvent à Abidjan, son principal centre économique. Sa langue officielle est le français, mais quelque et dialectes sont parlés au quotidien. Sa monnaie est le franc CFA. Le pays fait partie de la CEDEAO, de l'Union africaine et de l'Organisation de la coopération islamique. D'abord protectorat français en 1843, puis colonie française le , le pays acquiert son indépendance le , sous la houlette de Félix Houphouët-Boigny, premier président de la République. L'économie, essentiellement axée sur l'agriculture, notamment la production de café et de cacao, connaît au cours des deux premières décennies un essor exceptionnel. En 1990, le pays traverse, outre la crise économique survenue à la fin des années 1970, des périodes de turbulence sur les plans social et politique. Ces problèmes connaissent une exacerbation à la mort de Félix Houphouët-Boigny en 1993. L'adoption d'une nouvelle constitution et l'organisation de l'élection présidentielle qui, en 2000, porte au pouvoir Laurent Gbagbo, n’apaisent pas les tensions sociales et politiques, qui conduisent au déclenchement d'une crise politico-militaire le . Après plusieurs accords de paix, l'élection présidentielle de 2010 voit la victoire d'Alassane Ouattara face à son opposant Laurent Gbagbo. Réélu en 2015, Alassane Ouattara relance la croissance économique par une politique libérale et interventionniste tout en étant critiqué pour sa gestion de l'armée et de la justice. En 2016, une nouvelle constitution est adoptée, marquant l'avènement de la Troisième République. La Côte d'Ivoire est en voie de développement et se place en selon son indice de développement humain (IDH) en 2021. Étymologie et toponymie. La dénomination de « Côte d'Ivoire » est la traduction en français du nom portugais de "" donné par les commerçants navigateurs en route vers l’Inde, qui apparaît sur les portulans portugais à la fin du . En octobre 1985, le gouvernement ivoirien a demandé à tous les pays d'utiliser comme dénomination officielle le nom en français de (de manière similaire aux noms de certains pays qui ne sont pas traduits comme "Costa Rica", "Sierra Leone"). Ce nom officiel s’écrit sans trait d'union, faisant exception, comme certains autres noms de pays, aux règles de la typographie française qui prescrivent habituellement, pour la graphie des noms d’unités administratives ou politiques, des traits d’union entre les différents éléments d’un nom composé, et une majuscule à tous les éléments (sauf articles…) ce qui donnerait normalement (voir l’article trait d'union#Noms des entités politiques et administratives). Hors des pays francophones, les médias et les populations continuant à s’exprimer usuellement dans leurs propres langues : "Elfenbeinküste" en allemand, "Ivory Coast" en anglais, "Costa do Marfim" en portugais, "Costa de Marfil" en espagnol, "Costa d'Avorio" en italien, "ساحل العاج" en arabe, "Бе́рег Слоно́вой Ко́сти" ("Béreg Slonovoï Kosti") en russe (avec "Кот д’Ивуа́р" ("Kot d'Ivouar") comme transcription phonétique du nom français), "Elefántcsontpart" en hongrois, ou encore "象牙海岸" en chinois (avec aussi "科特迪瓦" comme transcription du nom français). Depuis 1985, le pays a donc, dans les pays non-francophones, deux noms : le nom officiel en français sans trait d’union, et un nom vernaculaire selon la langue et les règles de chaque pays. La Côte d’Ivoire a aussi communément été appelée la , qui désigne la partie forestière du pays. À l'indépendance, des propositions avaient suggéré de remplacer le nom de Côte d'Ivoire, considéré comme trop colonial, par celui d'« Eburnea ». Langues. Le français est la langue officielle de la Côte d’Ivoire et plus de 80 % des habitants du pays le comprennent et le parlent. Selon l'OIF en 2009, 99 % des habitants de la plus grande ville du pays, Abidjan, savent lire, écrire et parler français. Aujourd’hui, plus du tiers de la population du pays a le français comme langue maternelle, surtout parmi les jeunes générations. En plus du français parlé par la majorité des Ivoiriens, plus de langues sont parlées au quotidien, principalement dans les zones rurales. Parmi ces langues, les plus parlées dans le nord sont le sénoufo () et le malinké, mais on y compte aussi d'autres langues régionales, par exemple le mahouka et le koyaka (). Plus au centre, le baoulé () et le bété () sont les plus parlées. Le yacouba (), l’agni (), le gouro sont aussi des langues beaucoup parlées. Le dioula est la langue la plus parlée au pays du fait de son utilisation universelle dans le commerce. Le dioula appartient au groupe ethnique Mandingue, il est essentiellement utilisé par les commerçants et les artisans du commerce transsaharien dans le but de faciliter les échanges commerciaux entre les grands groupes ethniques du nord de la Côté d'Ivoire, ainsi qu'avec les pays frontaliers, dont le malinké est la langue officielle ou la plus parlée comme au Mali, en Guinée et au Burkina Faso. Géographie. Topographie. Le territoire de la Côte d’Ivoire présente l'aspect d'un quadrilatère, dont le sud offre une façade de sur l'océan Atlantique, dans la partie occidentale du golfe de Guinée. Le pays est caractérisé par un relief peu élevé. Les terres sont constituées en majeure partie de plateaux et plaines. L’ouest du pays, région montagneuse, présente toutefois quelques reliefs au-delà de mille mètres (le mont Nimba culmine à ). Hormis cette région, les altitudes varient généralement entre 100 et , la plupart des plateaux se situant autour de 200 à . Ceux-ci présentent différents aspects. Les plateaux les plus élevés sont rigides dans leurs formes ainsi que dans leurs matériaux ; ceux de niveaux intermédiaires ont assez souvent des formes émoussées ; les plus bas présentent quant à eux une certaine rigidité, mais sont constitués de matériaux meubles. Des étendues énormes et verticales rigoureusement tabulaires et horizontales sont parfois présentes dans les régions de savanes, mais également sous les petits accrocs de savanes incluses dans la forêt dense. L’élément dominant de ces plateaux est constitué par une cuirasse ferrugineuse visible en surface sous forme de dalles de teinte rouille, mais parfois voilées de sables, de gravillons ou produits plus fins. Littoral et fleuves. Les eaux, qui couvrent environ , soit 1,38 % de la superficie totale du pays, sont constituées au sud par l’océan (Atlantique), les lagunes dont les plus célèbres sont les complexes (d'est en ouest) Aby-Tendo-Ehy, lagune Ebrié, Grand-Lahou-lagune Tadio-Makey-lagune Tagba, ainsi que d'eaux mortes. La grande houle du sud qui vient battre la plage rend l'accès par mer très difficile. Le bord de mer en Côte-d'lvoire est une longue suite de plages qui ne s'interrompent qu'aux embouchures de fleuves, quand elles existent (en saison des crues). De nombreux cours d’eau avec souvent des débits extrêmes, drainent tout le territoire. Au nombre de ceux-ci figurent quatre grands fleuves qui sont le Cavally (), le Sassandra (), le Bandama () et la Comoé (). D'autres cours d’eau importants sont tributaires de ces derniers ou forment des bassins versants indépendants en tant que fleuves côtiers comme le Tabou, le Néro, le San-Pedro, le Bolo, le Niouniourou, le Boubo, l'Agnéby, la Mé, la Bia. À cet ensemble s'ajoutent des ruisseaux et plusieurs étendues marécageuses. Géologie. Les sols présentent la même apparence que ceux que l’on rencontre en grande partie en Afrique de l’Ouest . Ils sont souvent meubles, parfois indurés, d’un matériau dont la couleur se situe habituellement dans la gamme des rouges, allant de l’ocre au rouille sombre. Toutefois, l’empreinte des milieux équatoriaux sur les sols ivoiriens est proportionnellement plus marquée que dans la quasi-totalité des territoires qui se situent au nord du golfe de Guinée. Tout comme le relief, les sols sont influencés de manière souvent déterminante par la composition des roches. Le soubassement rocheux de la Côte d’Ivoire est diversement constitué et presque invisible, à l’exception des dômes cristallins. Il est formé en quasi-totalité par des roches de socle, cristallines ou phylliteuses, présentant divers degrés de métamorphisation. Les formations cristallines occupent environ les deux tiers du pays et sont subdivisées en cinq grandes familles par les géologues : les migmatites et les gneiss (anciennes roches plutoniques, volcaniques ou sédimentaires métamorphosées), les charnockites (granites à hypersthène) et norites, les « granites baoulé » qui elles-mêmes comprennent plusieurs variétés de roches, la catégorie des roches riches en minéraux noirs (diorites ou granodiorites) et les « granites de Bondoukou » (fréquemment granodioritiques mais parfois alcalins également). Quant aux roches phylliteuses, elles sont essentiellement composées de schistes, qui divergent en fonction des caractères des sédiments originels qui les ont formés et des degrés de métamorphismes qu’ils ont subis. Mais elles comprennent également quelques quartzites et grès-quartzites. Sont assimilées à cette famille les roches communément appelées « roches vertes » en Côte d’Ivoire (métamorphiques mais d’origine non sédimentaire). Le socle ivoirien est bordé par une minuscule couverture sédimentaire constituée surtout de sables argileux d’origine continentale, d’argiles, sables et vase d’origine marine. Les sols ferralitiques couvrent la majeure partie du territoire ivoirien. Ils sont notamment présents dans l’Est, l’Ouest, le Sud, les zones forestière et pré-forestière, les zones de savanes soudanaises ou sub-soudanaises, les aires septentrionales Les sols ferrugineux tropicaux qui se rencontrent sur des roches granitoïdes ont leur extension majeure dans le Nord-Est du pays, autour de la localité de Bouna et dans l’interfluve entre le haut N’Zi et la haute Comoé. Les trois dernières classes citées sont beaucoup plus étroitement localisées ; elles sont situées en topographie accidentée et se rencontrent dans les régions de buttes du Yaouré et de Bondoukou, de la haute Comoé et dans les chaînes des localités de Sifié, d’Oumé à Fetékro. Climat. Compris entre 4° et 10° de latitude nord, le territoire de la Côte d’Ivoire est distant de l'équateur d'environ sur ses marges méridionales, et du tropique du Cancer d’environ sur ses frontières septentrionales. Le climat, généralement chaud et humide, constitue dès lors une transition entre l’équatorial et le tropical. Équatorial le long des côtes, il est semi-aride à l'extrême nord. Le pays connaît en général des variations importantes de température entre le nord et le sud, mais également le long de l’année en fonction des saisons. Les températures oscillent autour de en moyenne. Deux grandes zones climatiques se côtoient : le climat équatorial et le climat tropical de savane, lui-même plus ou moins sec. Le climat subéquatorial est caractérisé par des températures de faibles amplitudes de ( à ), un fort taux d’humidité (de 80 à 90 %) et des précipitations abondantes, qui atteignent à Abidjan et à Tabou . Cette zone connaît deux saisons sèches et deux saisons humides. La grande saison sèche, chaude, est entrecoupée de quelques pluies et s’étend du mois de décembre au mois d'avril. La petite saison sèche couvre les mois d'août et de septembre. Quant aux saisons de pluie, elles s'échelonnent de mai à juillet pour la grande et d’octobre à novembre pour la petite. Le climat tropical de savane humide couvre le nord de la zone forestière du sud et le sud de la région des savanes. Les températures, à amplitudes plus importantes, y oscillent entre et avec une hygrométrie de 60 % à 70 % et des précipitations annuelles de à Bouaké. Cette région climatique connaît également quatre saisons : deux saisons sèches, de novembre à mars et de juillet à août et deux saisons pluvieuses, de juin à octobre et de mars à mai. Le climat de savane sec concerne principalement la Région des Savanes. Les amplitudes thermiques quotidiennes et annuelles y sont relativement importantes, de l’ordre de , le taux d’humidité, inférieur à celui du sud du pays, varie de 40 % à 50 %. La zone considérée est caractérisée par la présence intermittente entre les mois de décembre et février d’un vent frais et sec, l’harmattan. On y relève deux saisons : l’une sèche, de novembre à juin, ponctuée par quelques pluies au mois d'avril, et l’autre pluvieuse, couvrant la période de juillet à octobre. Les précipitations moyennes enregistrées sont de à Korhogo. Ces climats induisent quatre grands types de biomes différents, que le WWF désigne par écorégions. La savane soudanienne occidentale, au nord du parallèle, recouvre près du tiers du territoire. Le tiers sud du pays est lui à cheval sur deux écorégions : à l’ouest l’écorégion de forêts appelée « forêt de plaine de l’ouest guinéen » ainsi qu’au centre sud et au sud-est l’écorégion de la forêt de l’est guinéen, séparée par le Sassandra. Entre ces deux zones, la mosaïque de forêt-savane guinéenne, entrecoupée de zones ripariennes et de zones humides au centre du pays, présente de nombreux points de forêt sèche assez dense. En outre, le centre ouest du pays abrite une petite écorégion de montagne appelée forêt de montagne ouest-africaine. Ces trois zones sont incluses par la Conservation International dans le point chaud de biodiversité de l’"Upper Guinean forests" (littéralement de l'anglais « forêt haute-guinéenne »). Il existe aussi deux mangroves, de l’écorégion des mangroves guinéennes, une à l’ouest d’Abidjan, à l’embouchure de la Bia et l’autre à l’ouest à l’embouchure du Boubo. Le climat d’Odienné, une ville du nord-ouest, est lui, influencé par la présence des montagnes, la pluviométrie y est plus élevée avec et les températures y sont plus basses, que plus à l’est. La pluviométrie de cette zone est même de à Man. Faune et flore. Le couvert végétal s’est considérablement modifié au cours des années. Le paysage de base était constitué par les forêts denses, globalement subdivisées en forêts hygrophiles et forêts mésophiles, qui occupaient à l’origine un tiers du territoire au sud et à l’ouest. Il est complété par les forêts claires ou savanes arborées ou boisées, qui s’étendent du Centre au Nord, avec toutefois de nombreux points de forêt dense sèche. De petites mangroves en outre existent sur la côte. Depuis la période coloniale, les surfaces de forêts denses ont connu, par le fait de l’homme (plantations arbustives, exploitations forestières), une importante réduction. Depuis l'indépendance, la superficie couverte par les forêts est passée de à aujourd'hui, en raison de la déforestation massive au profit de la culture du cacao, dont la Côte d’Ivoire est le premier producteur mondial. La faune présente une richesse particulière, avec de nombreuses espèces animales (vertébrés, invertébrés, animaux aquatiques et parasites). Parmi les mammifères, l’animal le plus emblématique reste l’éléphant, dont les défenses, constituées d'ivoire, ont jadis été une importante source de revenus. Espèce autrefois abondante en forêt comme en savane, l’éléphant a été intensément chassé et braconné. Aussi ne subsiste-t-il que dans les réserves et parcs et en quelques points des forêts. La Côte d'Ivoire abrite aussi les deux espèces d’hippopotames, celle de savane répandue dans toute l'Afrique, et l'espèce pygmée, localisée aux forêts du pays et du Liberia voisin, l’hylochère ou sanglier géant, les antilopes et céphalophes, des buffles, des singes encore nombreux, des rongeurs, des pangolins et des carnivores, parmi lesquels le lion, la panthère et la mangouste. Les oiseaux, dont plusieurs centaines d’espèces ont été identifiées, embellissent les paysages. On trouve également de nombreux reptiles (serpents, lézards, caméléons...), batraciens et poissons d'eau douce, et d'innombrables espèces d'invertébrés comme des mollusques, insectes (papillons, scarabées, fourmis, termites...), araignées et scorpions, etc. Certains animaux, célèbres dans la zone plus humide du Sud, deviennent, à l’image de quelques sous-espèces du chimpanzé commun, plus rares. Bien d’autres espèces sont en voie de disparition. Aires protégées. Le gouvernement ivoirien a multiplié la création et l’aménagement d'aires protégées pour préserver l’environnement, notamment le couvert forestier qui a connu une régression exceptionnelle depuis l'indépendance, ainsi que certaines espèces animales rares ou en voie de disparition. Le ministère ivoirien de l’Environnement assure la mise en œuvre de la politique de gestion de l’environnement et des aires protégées. De ce ministère dépend l’Office ivoirien des parcs et réserves (OIPR) qui gère la faune et la flore protégées du pays. La Société de développement des forêts (SODEFOR) est une agence d’État dépendant du ministère des Eaux et Forêts qui s'occupe notamment d'expulser les agriculteurs occupant illégalement des zones protégées. En 2021, on dénombre huit parcs nationaux et 234 forêts classées en Côte d’Ivoire. Ces forêts sont des terres de l’État mises de côté pour la conservation, dont quinze réserves botaniques. Six zones protégées sont inscrites à la convention de Ramsar, trois le sont au patrimoine mondial et deux sont des réserves de biosphère. En juillet 2014, la Côte d’Ivoire a adopté un nouveau code forestier dont les objectifs étaient notamment de restaurer au moins 20 % du territoire du pays à la forêt. Des plans de réintroduction d’animaux, notamment pour le rhinocéros noir et la girafe qui avaient disparu de certaines zones ont été menés à bien, par exemple dans la nouvelle réserve d’Aboukouamékro. Le gouvernement doit aussi faire face, comme ailleurs, au problème du trafic d’animaux. Démographie. La population ivoirienne, comme dans la quasi-totalité des pays africains, connaît une croissance rapide. Au cours des derniers recensements effectués en 1975, 1988 et 1998, elle s'élève à , puis . Elle est estimée à en 2017. La population de la Côte d'Ivoire est estimée à d'habitants en 2021 dont d'étrangers selon le recensement général de la population et de l'habitat (RGPH). La population compte 52.4 % d'hommes et 47.8 % de femmes. Le taux d'accroissement naturel est de 2,6 % en 2014 selon l'Institut national de statistique (INS). Cet accroissement rapide est en partie imputable à l’immigration continue de populations étrangères venus en partie des pays limitrophes comme le Mali et le Burkina Faso. En effet, durant les trente premières années de son existence, la Côte d’Ivoire avait produit un véritable creuset en accueillant environ 26 % d’étrangers des pays limitrophes. Le recensement général effectué en 1998 révèle ainsi un taux d’étrangers de 26 %, soit plus du quart de la population totale. Ces immigrés, en quête de mieux-être, sont attirés par le développement économique rapide et la stabilité sociale et politique que connaissait le pays avant le début des crises sociopolitiques et militaires. Ils proviennent majoritairement des pays voisins membres de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO). Malgré la crise politico-militaire de 2002, le pays compte encore en 2008 de nombreux étrangers originaires de la CEDEAO dont des Burkinabés, de loin les plus nombreux (environ deux millions), des Maliens, des Guinéens, des Sénégalais, des Libériens, des Ghanéens, des Nigériens. À ceux-ci s’ajoutent les Libanais essentiellement commerçants, quelquefois industriels. Les Libanais seraient , soit la plus grosse communauté libanaise en Afrique. Le pourcentage d'étrangers naturalisés est de 0,6 %. La population ivoirienne autochtone est en outre multiethnique. Cinq grands groupes ethniques, comprenant environ une soixantaine d'ethnies, constituent les nationaux d'origine : Composée d'une forte proportion de jeunes (en 1998 les jeunes de moins de représentaient 43 % de la population totale, contre 4 % pour les personnes âgées), la population ivoirienne est inégalement répartie sur le territoire national. Les variations s'observent d'une région à l'autre, mais également entre zones rurales et zones urbaines. Au détriment de la zone du nord, le sud, l’ouest et l’est sont en effet, en plus des étrangers, fortement peuplés d’allogènes dont le déplacement est dicté par la recherche de terres arables ou propices au développement des cultures de rente comme le café et le cacao. Le taux de peuplement est également élevé dans les zones urbanisées, compte tenu de l’exode des populations rurales constituées en majorité de jeunes en quête d’emploi. La crise déclenchée en septembre 2002 a pour sa part accéléré le clivage entre les zones nord et sud. Sur l'ensemble du territoire en 1998, la densité moyenne est de . En zone sud, zone forestière, elle varie de 53,3 (district du Bas-Sassandra) à (région des Lagunes). 57 % de la population vit en milieu rural, les zones urbaines en abritent quant à elles 43 %. Le taux de croissance de la population urbaine est évalué à 4,2 % entre 1988 et 1998. En 2010, le taux de croissance annuelle de la population était de 2,6 % selon l'Institut National de la Statistique. Sont considérées comme villes les localités semi-urbaines de au moins, agglomérées, dotées d'une fonction politique et administrative et au sein desquelles la population active non agricole est supérieure ou égale à 50 %. Sur cette base, sont dénombrées par le dernier recensement général de la population (1998). Abidjan reste le principal centre urbain et économique du pays, avec en 1998. Yamoussoukro (), Bouaké (), Daloa (), Korhogo (), Gagnoa (), Man () et San-Pédro (), sont également de grandes villes. Par ailleurs, le pays abrite environ et demandeurs d'asile en 2007, dont provenant du Liberia et ayant fui la guerre civile qui y a sévi entre 1989 et 2004. En , il y a eu une très forte croissance des réfugiés car on estime en 2010 le nombre de réfugiés de plus à . Religions. Selon le recensement RGHP 2021, la répartation des différents groupes réligieux sont les suivants : Histoire. Terre de migrations. La date de la première présence humaine en Côte d’Ivoire est difficile à évaluer, les ossements ne se conservent pas dans le climat humide du pays. Cependant, la présence de fragments d'armes et d'outillages très anciens (haches polies taillées dans des schistes, débris de cuisine et de pêche) découverts sur le territoire national est interprétée comme la possibilité de la présence d’hommes, en assez grand nombre, au paléolithique supérieur ( avant le présent) ou au minimum, l’existence sur ce terroir, d’une culture néolithique. Les plus anciens habitants connus de la Côte d’Ivoire ont toutefois laissé des traces disséminées à travers tout le territoire. Les populations arrivées avant le sont aujourd'hui des groupes minoritaires ayant plus ou moins bien conservé l'essentiel de leurs civilisations. Ce sont les Agoua et Ehotilé (Aboisso), Kotrowou (Fresco), Zéhiri (Grand-Lahou) et Ega ou Diès (Divo). Mais le pays est surtout une terre de refuge et de migration qui reçoit, en provenance de la zone du Sahel, entre le et le , les Mandé forestiers (Dan, Gban et Kwéni) mais également aux et , d’autres groupes venus du nord (Ligbi, Numu et quelques clans Malinké), ce qui provoque des déplacements limités de populations plus anciennement établies (Krou sur la côte avant le et Sénoufo). Les et consacrent l’arrivée au nord de plusieurs clans Malinkés ou mandé-dioula (Kamagaté, Keita, Binate, Diomandé) et Sénoufo et au sud-est, des peuples en provenance de la basse vallée de la Volta (Efié, Essouma, Abouré, Alladian et Avikam). L’un de ces groupes akan (Abron) s’installe dans la région de Bondoukou à l’est du pays. Le consacre les grandes migrations akan (Agni, Baoulé, Atié, Abbey, Ébriés, M'Batto, Abidji) dans le sud-est et le centre du pays ainsi que celle d’autres groupes malinkés (en provenance des rives de la Volta noire) et du sud des territoires actuels du Mali et du Burkina Faso. Ces migrations sont causes de conflits entre les populations, mais permettent surtout de tisser de nombreuses alliances politiques et matrimoniales ainsi que des parentés à plaisanterie. Premiers contacts avec l’Europe. À l’initiative du prince Henri le Navigateur, les Portugais João de Santarém et Pedro Escobar découvrent le littoral ivoirien en 1470-1471. Ils seront pendant plus d'un siècle les seuls Européens présents sur le littoral ivoirien, avant d'être rejoints à la fin du par les Hollandais, puis au par les Français et les Anglais. Établissement sans lendemain de Français. En 1687, des missionnaires et des commerçants français s'installent sur le site d'Assinie, à l'extrémité est de l'actuel littoral ivoirien, vers la côte de l'Or. Bien qu'ils aient construit et occupé le fort Saint-Louis à Assinie de 1701 à 1704, ils repartent en 1705 car le commerce des esclaves (achetés contre des céréales) n'est pas assez rentable. Parmi eux, le chevalier d'Amon et l'amiral Jean-Baptiste du Casse, directeur de la Compagnie du Sénégal, principale société de la traite négrière française, débarquent, intéressés par le trafic de l'or, et sont reçus à la cour du roi Zéna. Dans le rapport que Jean-Baptiste du Casse remet aux autorités françaises, il insiste sur la nécessité de créer des établissements fixes dans la région, et propose trois lieux pour élever trois forteresses : Assinie, Commendo et Accra. Mais les Français sont plutôt établis à Ouidah, l’un des deux ports qui, avec Lagos, ont concentré 60 % des deux millions d'embarquements d'esclaves de la baie du Bénin. Ils ramèneront en France le jeune « prince » Aniaba et son cousin Banga, lesquels seront présentés au roi de France et se convertiront au catholicisme (Aniaba sera baptisé par Bossuet, évêque de Meaux). Ils deviendront officiers dans le Régiment du Roi avant de retourner à Issiny vers 1700. Aniaba serait devenu en 1704 conseiller du roi de Quita (actuel Togo) sous le nom d'Hannibal. Traite négrière. Ces Européens tentent d'évangéliser et parfois d'entretenir des contacts politiques avec les populations du littoral ivoirien mais les relations sont surtout commerciales. L’abondance de l’ivoire dans cette partie du territoire africain va lui valoir le nom de « Côte de l’ivoire » — mais aussi « Côte des mal gens » en raison des relations difficiles avec les habitants. Le commerce porte sur divers produits tropicaux, mais il est surtout dominé par la traite négrière. Ces esclaves sont des captifs des guerres tribales, les résultats d’une mise en ou d’une décision judiciaire, ou sont tout simplement esclaves de naissance, ayant hérité du statut de leurs ascendants. La Côte d’Ivoire, qui est jusqu’au , un espace de traite secondaire comparé au Bénin ou au Nigeria, subit toutefois également les conséquences négatives du phénomène : nombreux morts, diminution de la natalité, rapide diffusion d’épidémies et de famines qui n’épargnent ni les sociétés lignagères, ni les empires ou royaumes établis sur le territoire. . Monarchies dans le pays. La zone forestière dans le sud est par excellence une zone de développement de sociétés où l’autorité du chef de lignage s’exerce généralement au niveau d’une tribu. Elle connaît une mutation sociale significative caractérisée par la multiplication et le développement de diverses alliances d’où naissent des confédérations tribales, claniques ou régionales. Cette évolution ne se retrouve pas au nord dans les différentes branches du groupe sénoufo. S'étant développé à l’origine selon un schéma proche de celui des sociétés lignagères, le groupe sénoufo se constitue par la suite, peu à peu, en chefferies sur le modèle du « Kafu » malinké (un territoire restreint sur lequel s'exerce l'autorité d'un chef : le "Faama") qui se consolident pour faire face notamment à l’expansionnisme de l’empire de Kong. Les autres sociétés vivant au nord, mais également celles du centre et de l’est, se présentent de manière encore plus hiérarchisée avec une organisation confortée par le renforcement de pouvoirs monarchiques ou l’apparition de nouvelles structures traditionnelles de type étatique. C’est le cas du royaume Abron de Gyaman dont l’autorité s’étend sur de nombreux peuples de l’est du territoire (Koulango de Nassian, Goro, Gbin, Ligbi, Huela, Agni et Dioula de Bondoukou) et qui s’affranchit du pouvoir Ashanti en 1875. Après une période d’expansion, ce royaume est cependant affaibli par des dissensions internes qui le fragilisent face aux conquêtes de Samory Touré et à l’impérialisme européen. Le Royaume du Sanwi tire le meilleur parti de ses relations avec l’extérieur et consolide son pouvoir sur les peuples du littoral du sud-est. La monarchie baoulé est dominée par les Warébo et les Faafoué jusqu’à la dislocation après 1850, lorsque plusieurs groupes se constituent en entités indépendantes ou en nouvelles confédérations militaires aux contours plus ou moins précis. Dans le nord, les conquérants se multiplient mais sont tour à tour vaincus par Samory Touré qui soumet également tous les royaumes (Kong, Bouna, Koulango, Gyaman...). Ces conquêtes et guerres tribales sont fortement exacerbées par la traite négrière qui accentue la déstructuration des systèmes politiques et sociaux traditionnels en raison notamment de l’apparition de nouvelles hiérarchies sociales constituées par des personnes qu’elle enrichit. Le apporte ainsi de profondes mutations au niveau des organisations sociales traditionnelles et la création de nouvelles valeurs fondées sur la richesse, qui s’apprécie à la quantité de produits détenus (produits vivriers, cheptel, vêtements, poudre d’or, armes à feu) et au nombre d’individus sur lesquels l’autorité est exercée. Ainsi, les femmes, les enfants et les esclaves qui dépendent d’une même personne constituent pour celle-ci non seulement des ouvriers agricoles et des défenseurs du lignage, mais également une possibilité d’accroissement des alliances avec les autres familles par le mariage. L’abolition de l’esclavage en 1815 au Congrès de Vienne, réaffirmée en 1885 au Congrès de Berlin, ouvre la voie au développement de nouvelles relations commerciales entre les populations ivoiriennes et les nouveaux acteurs européens qui font leur apparition. En dépit d’une concurrence anglaise tenace et parfois l’hostilité des populations locales, des comptoirs français sont installés à Assinie et Grand-Bassam (Côte du Sud-Est) en 1843 et, en 1857, le fort de Dabou est édifié. Colonisation française. Les causes. Après avoir réussi à conquérir l'Algérie et les quelques conquêtes à motivations commerciales réalisées sous le Second Empire, la France encore convalescente de la guerre de 1870, se lance, à l'instigation de Léon Gambetta et de Jules Ferry, dans la colonisation d’une partie majeure de l’Afrique occidentale et équatoriale et de la péninsule indochinoise. Le prétexte affiché est au début de « civiliser » ces régions, avec bientôt l'espoir que ces colonies offrent un jour des débouchés voire qu'on puisse en tirer des dividendes. Mais, en réalité, la motivation est davantage la rivalité avec les autres puissances coloniales. L'établissement des négociants marseillais. La France est déjà présente sur les côtes d'Afrique occidentale depuis très longtemps et l'installation des négociants marseillais entre le fleuve Sénégal et le delta du Niger remonte aux années 1840, motivée par le commerce des arachides, de l'huile de palme et des palmistes. En 1833, les frères Victor et Louis Régis sont ainsi le premier négociant marseillais à envoyer l'un de leurs navires explorer les rives du golfe de Guinée, organisant de nombreuses expéditions vers la Gambie, la Guinée ou encore au Gabon. Ces entreprises (rassemblant des comptoirs commerciaux, une flotte et des huileries) connaissent un développement remarquable dépourvu de volonté de coloniser la zone. En effet, pour garantir la sécurité et la prospérité de leurs échanges, les Marseillais préfèrent s'entendre avec les grands chefs africains qui contrôlent le littoral. C'est ce que fait Victor Régis en Côte d'Ivoire (Grand-Bassam) avec le roi Peter. Autour de l’année 1840, le gouvernement français incite les négociants français à implanter des factoreries, c'est-à-dire des installations fixes pour récolter, pendant toute l’année, et stocker, les produits livrés par les Africains, en certains points de la côte. L'objectif est de renforcer la présence pour contrer les Anglais qui sont de plus en plus présents dans la zone. En 1842, Edouard Bouët, récemment promu gouverneur du Sénégal, reçoit l’ordre de Paris de construire des comptoirs, notamment à Grand-Bassam et à Assinie, et d’y attirer des commerçants français. En 1844 et 1845, seuls les Frères Régis acceptent d'ouvrir des factoreries, sans enthousiasme, surtout par amitié pour Bouët. Toutefois, la plus puissante des puissances coloniales du , le Royaume-Uni, agit déjà sur le Niger inférieur. Joindre les possessions françaises du golfe de Guinée à celles du bas Sénégal via ce qu'on appelle à l'époque le « Soudan » (aujourd'hui « Sahel ») paraît la parade adéquate à l'entreprise anglaise qui s'annonce à partir de l'est. Mais sur route se trouve un obstacle : l'empire construit par le chef de guerre Samory Touré, le plus grand commerçant d'esclaves de l'Afrique occidentale, et contre lequel les populations assujetties se révoltent à la fin des années 1880. Ces populations animistes refusent l'islam imposé par Samory et finissent par espérer leur libération par les Français. L'exploration de l'arrière-pays. Parallèlement, la méconnaissance de l’arrière-pays ivoirien amène les Français Édouard Bouët-Willaumez (1837-1839), Paul Fleuriot de Langle, Marcel Treich-Laplène (1887-1890), Louis-Gustave Binger (et, dans une moindre mesure, les Anglais Lonsdale (1882), Freeman (1888) et Lang (1892)) à lancer de nombreuses missions d’exploration. Après la signature de divers traités de protectorat, un décret, le , crée la Côte d’Ivoire en tant que colonie française autonome. La France qui y est déjà représentée par Arthur Verdier (1878) puis Treich-Laplène (1886) en qualité de Résidents, désigne Louis-Gustave Binger comme gouverneur avec résidence à Grand-Bassam. L’autorité française commence à s’établir dans l’ensemble du pays au moyen d’un système de quadrillage hiérarchisé qui comprend les villages, les cantons, les subdivisions et les cercles. Elle établit des liens de subordination à travers l’instauration de l’impôt de capitation, la prestation gratuite de travail (travail forcé), le service militaire obligatoire, l’application d’un code de l’indigénat et l’exercice d’une justice indigène. Pour sa part, l’administration française doit procéder à la mise en valeur du territoire, à la mise en place de services sociaux de base, à garantir la libre circulation des personnes et des biens en mettant un terme définitif là où elle s'exerce à l'esclavage. La résistance locale s’exprime dès la phase d’exploration (guerre de Jacqueville et de Lahou en 1890, guerre de Bonoua en 1894 et 1895, guerre en pays adioukrou en 1897 et 1898). Paris rentre en guerre ouverte avec Samory en 1896, qui est enfin vaincu à Guéouleu (Guélémou) en 1898. Quelques années plus tard, pour asseoir rapidement et définitivement l’autorité de la France sur le territoire, le gouverneur Gabriel Angoulvant opte pour l’accélération forcée de la colonisation : De fait, la conquête de ce qui deviendra la Côte d'Ivoire a été, de par la résistance rencontrée entre 1893 et la Première Guerre mondiale, l'une des plus longues et sanglantes que la colonisation française ait eu à affronter en Afrique de l'Ouest, et presque aucune des régions de la future colonie n'a été acquise « pacifiquement », même si les formes d'opposition ont été différentes, échelonnées dans le temps et rarement coordonnées entre elles. Les résistances à la colonisation. Des résistances apparaissent notamment dans l’ouest forestier (siège de Daloa en 1906, siège de Man en 1908, siège de Sémien en 1911) ou chez les Abés (attaques des postes d’Agboville et d’Adzopé en 1910). Elles sont intermittentes mais longues en pays Baoulé (1893-1912), en pays Gouro, Dida et Bété du Centre-Ouest (1907-1914) et en pays Lobi (1898-1920). En dépit de quelques défaites françaises, toutes les résistances sont définitivement vaincues en 1920. Les chefs de la résistance sont tués ou déportés et les pertes en vies humaines sont importantes chez les populations locales. La mise en place d'une nouvelle économie. Une nouvelle économie peut s'installer progressivement. De 1905 à 1930, des maisons de commerce dont le siège est en Europe (SCOA, CFAO, CCAF, Peyrissac) s’installent et réalisent la collecte des produits locaux et l’écoulement des produits importés. De même, les Européens encouragés par la politique française et aidés par le recrutement pour des travaux forcés dans les plantations, développent des exploitations agricoles privées, notamment des plantations de café et de cacao à partir de 1930. Ces cultures d’exportation supplantent très rapidement les produits de cueillette (cola, graines de palmes, bois, caoutchouc). Parallèlement, des infrastructures et des équipements sont réalisés pour soutenir l’exploitation économique. Le réseau routier s'étoffe et un chemin de fer est construit grâce au recrutement obligatoire des jeunes. Des écoles et des postes médicaux sont également ouverts. La Côte d’Ivoire apparaît dans les débuts des années 1920 comme l’une des colonies les plus dynamiques de l’Afrique occidentale française. Sa part dans le commerce extérieur de l’AOF passe de 11 % en 1925 à 18 % en 1929. La mise en valeur de la colonie est freinée de 1930 à 1935 par la crise économique. Malgré de réels efforts du gouverneur pour redresser l’économie, la crise laisse des séquelles. Le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale accroît les difficultés économiques et financières locales. Outre l’impôt de capitation, les prestations obligatoires se multiplient et les populations versent des « dons pour la défense de la Côte d’Ivoire et de la France ». Mais l’effort de guerre est surtout militaire avec des milliers de recrues mobilisées et envoyées sur les champs de bataille en Europe et en Afrique du Nord. Après la défaite de , ce sont de nombreux volontaires ivoiriens qui s’engagent aux côtés du général Charles de Gaulle dans la Résistance. Vers l'émancipation. Avant la fin de la guerre 1939-1945, les populations encore inorganisées commencent assez timidement une lutte pour l’émancipation politique, sociale et économique. Mais à partir de 1944, en Côte d’Ivoire comme dans toutes les colonies françaises d’Afrique, un processus est lancé avec la Conférence de Brazzaville suivie deux ans plus tard par les grandes lois d'émancipation des colonies, véritable « nuit du 4 août de l'Afrique noire ». L'Union française supplante l'empire coloniale en 1946. Les Ivoiriens participent à leurs premières élections municipales (Abidjan et Grand-Bassam) et législatives, les territoires d’outre-mer devant désormais, par décision de l’autorité coloniale, être représentés à l’Assemblée nationale constituante française. En dépit de l’opposition de l’administration locale, Félix Houphouët-Boigny, qui a impulsé le noyau de la contestation avec le Syndicat agricole africain en 1944, se porte candidat en Côte d’Ivoire devant le collège des non-citoyens. Il devance son adversaire de plus de et, au deuxième tour le , est élu député avec sur exprimés. À la seconde Assemblée nationale constituante, il est réélu plus facilement au Parlement français avec sur exprimés. Plusieurs partis politiques (souvent soutenus par des syndicats) sont créés à partir de 1946. Ils sont de simples prolongements de la diversité des formations politiques de France ou la concrétisation de la liberté d'initiatives locales : Parti démocratique de Côte d'Ivoire (1946), Parti progressiste de Côte d’Ivoire (1947), Bloc démocratique éburnéen (1949), section ivoirienne de l’Internationale ouvrière (1946), section ivoirienne du Rassemblement du peuple français. La Constitution de la Quatrième République (France) et les lois anticoloniales (suppression du travail forcé, suppression du Code de l'indigénat ou extension de la citoyenneté française), sans changer véritablement le système colonial local, provoquent à la fois la colère des colons et la déception des populations colonisées qui durcissent leur lutte pour l’émancipation à travers des actions de plus en plus violentes conduites par les partis politiques. Parallèlement, Félix Houphouët-Boigny ne cesse de renforcer sa légitimité, devenant successivement conseiller général de la Côte d'Ivoire, conseiller territorial de Korhogo, et maire d'Abidjan. Il siège également dans plus dans les trois Assemblées, constituante, législative et nationale, qui se succèdent dans le pays. La loi-cadre Deffere de 1956 ouvre de nouvelles perspectives en Côte d’Ivoire par l’introduction de la décentralisation, l’autonomie interne des colonies et l’extension des pouvoirs des Assemblées territoriales. Elle instaure également un collège unique d’électeurs et le suffrage universel. La voie s’ouvre ainsi pour l’instauration, de prime abord, de la Communauté française après le référendum du puis, par la suite, pour l’accession de la Côte d’Ivoire à la souveraineté internationale le . L'indépendance et le régime de Houphouët-Boigny. Miracle ivoirien. La première élection présidentielle en Côte d'Ivoire a lieu quelques mois après l'indépendance. Elle est préparée avec soin par Félix Houphouët-Boigny qui part grand favori et obtient logiquement 98,7 % des voix à l'issue d'une élection où l'abstention reste faible. Cinq ans plus tard, en 1965, le plébiscite se reproduit dans des proportions similaires. Félix Houphouët-Boigny n'a jamais caché ses « regrets » de quitter la « grande famille française » pour conquérir l'indépendance et manifeste dès 1960 sa volonté de maintenir des liens étroits avec la France. Cette volonté se matérialise notamment par l'appel à de nombreux ressortissants français pour participer à l'économie et à l'administration du pays, qui passent ainsi de à durant la décennie de 1960. Entre 1960 et 1980, le développement de l’économie ivoirienne est spectaculaire dans tous les domaines, notamment agriculture, industrie, commerce et finances. Il est le résultat d’une politique qui fait jouer un rôle éminent à l’État, à l’investissement privé et aux capitaux étrangers. La société ivoirienne connaît au cours de cette période une profonde mutation provoquée par la hausse du niveau de vie des habitants, les équipements sanitaires, éducatifs et sociaux, mais également du fait de l'augmentation de la population avec un taux de croissance annuel moyen de 3,8 %, la faisant passer de en 1960 à d’habitants en 1988. Cependant, depuis le milieu des années 1980, l’économie stagne, conséquence de la dégradation des termes de l'échange avec l’extérieur, de l’accroissement des dettes de l’État et d’erreurs de gestion. L’âge relativement avancé du président ivoirien suscite des ambitions de plus en plus affichées que le chef de l'État éteint reprenant en main le gouvernement. Pour ce faire, il renvoie tous les neuf ministres en 1977, dont des figures de premier plan : Henri Konan Bédié (Économie et finances), Mohamed Diawara (Plan), Abdoulaye Sawadogo (Agriculture) et Arsène Usher Assouan (Affaires étrangères), sous prétexte de la lutte contre la corruption. Cette mesure ne manque pas d'affaiblir l'efficacité du gouvernement. Philippe Yacé, inamovible secrétaire général du PDCI, et qui avait imprudemment manifesté son désir de succéder à Houphouët-Boigny, tombe aussi en disgrâce. En 1980, le président Houphouët-Boigny lance une réforme des sociétés d’État radicale. Sept d’entre elles seulement sont maintenues telles quelles tandis que quinze sont dissoutes, onze changent de statut, et trois fusionnent. De plus, les salaires sont alignés sur ceux de la fonction publique, le cumul de responsabilité de député et de membre de conseil d’administration est désormais interdit ; les contrôles de tutelle sont renforcés. Fin de la Guerre froide et libéralisation politique. Félix Houphouët-Boigny avait su avec prudence éviter tout conflit ethnique dans un cadre de parti unique et avait même permis l’accès aux postes de l’Administration publique à certains immigrants venus de pays voisins, réussissant à réaliser un melting-pot original et économiquement efficace. Cet équilibre reposait aussi sur une division écologique et sociale du travail : dans le nord, les Dioula dominent le transport et le commerce, les Burkinabè travaillent dans les plantations comme manœuvres, les propriétaires fonciers coutumiers sont les propriétaires rentiers des plantations. "Grosso modo", les nordistes vivent ainsi de l’économie informelle tandis que les sudistes se retrouvent dans l’administration et la gestion du pouvoir. Les nordistes qui avaient acquis une qualification professionnelle suffisante sont envoyés dans les ambassades ou dans les institutions internationales pour représenter le pays ; certains accèdent à des ministères, mais politiquement marginaux. Toutefois, le passage au multipartisme en 1990 à la suite du sommet France-Afrique de la Baule permet aussi l’affirmation identitaire des communautés ethniques dans l’espace politique et l'ouverture de débats sur la construction nationale. Les tensions entre les gens du nord et du sud, jusque-là cantonnées au champ économique, se transfèrent dans le champ politique. L’arrivée inopinée d’Alassane Ouattara aux portes du pouvoir ne fait qu'aggraver la situation. Alors que ce nordiste avait été nommé Premier ministre pour résoudre la crise économique, celui-ci entend bien se positionner pour accéder au pouvoir, bouleversant les plans d'Henri Konan Bédié, le successeur désigné du président Houphouët-Boigny, ainsi que de Laurent Gbagbo, l'opposant historique, qui tous deux pensent leur tour venu. Le péril politique constitué par des gens du Nord suscite un sentiment d’autodéfense violent chez les gens du Sud et radicalise leur position contre les communautés du Nord. Difficile succession. En 1993, le président Houphouët-Boigny décède. En octobre 1995, Henri Konan Bédié remporte à une écrasante majorité (96,16 % contre 3,84 % pour le candidat Francis Wodié) contre une opposition fragmentée et désorganisée qui avait appelé à boycotter cette première élection présidentielle organisée après le décès de Félix Houphouët-Boigny. Il resserre son emprise sur la vie politique, obtient assez rapidement une amélioration de la situation économique, avec une diminution de l’inflation et engage des mesures pour réduire la dette extérieure. Vers la crise. Trois mesures consacrent l'orientation tribaliste de la libéralisation politique entre 1993 et 2003 : Finalement, malgré leurs profondes inimitiés ethniques, tous les groupes du Sud, les Krou et les Akan notamment, s’accordent pour refuser aux migrants ivoiriens d'accéder au pouvoir politique local sur leur territoire (sur lequel se situent Yamoussoukro, Abidjan, San Pedro) et "a fortiori" briguer la présidence de la République. Des problèmes de gouvernance sont mis au jour lors de l’exécution de projets financés par l’Union européenne. En outre, différents faits, notamment l’exacerbation des tensions politiques et sociales par la presse, les actes de défiance à l’autorité de l’État posés par des opposants, l’incarcération de plusieurs leaders de l’opposition politique, instaurent un climat délétère qui conduit en décembre 1999 au renversement de Henri Konan Bédié par des soldats mécontents. Ceux-ci placent à la tête de leur groupe le général Robert Guéï qui devient, de ce fait, chef de l’État de Côte d’Ivoire. Henri Konan Bédié s’exile en France. Le régime issu du putsch est marqué durant son éphémère pouvoir par des troubles militaires et civils. Le pouvoir militaire réduit néanmoins la criminalité et la corruption en usant de méthodes parfois expéditives. Il fait procéder à la rédaction d’une nouvelle constitution par les partis politiques et la société civile et organise, en octobre 2000, l’élection présidentielle. De nombreuses candidatures à la présidence de la République dont celles de Henri Konan Bédié et de Alassane Dramane Ouattara sont éliminées par la Cour suprême. Le général Robert Guéï qui se proclame vainqueur du scrutin est chassé par des manifestations de rues. De violents affrontements opposent également durant quelques jours des militants du FPI à ceux du RDR. Ces troubles se soldent officiellement par plus de . La Cour suprême proclame les résultats et déclare vainqueur Laurent Gbagbo. Celui-ci initie un forum de réconciliation nationale puis nomme un gouvernement d'union nationale. Crise politico-militaire (2002-2007). Le , des soldats rebelles tentent de prendre le contrôle des villes d’Abidjan, Bouaké et Korhogo. Ils échouent dans leur tentative en ce qui concerne Abidjan mais sont victorieux dans les deux autres villes, situées respectivement dans le centre et le nord du pays. Robert Guéï est assassiné dans des circonstances non encore élucidées. La rébellion qui se présente sous le nom MPCI crée plus tard le MJP et le MPIGO et forme avec ces dernières composantes le mouvement des Forces nouvelles (FN). Il occupe progressivement plus de la moitié nord du pays (estimée à 60 % du territoire), scindant ainsi le territoire en deux zones : le sud tenu par les Forces armées nationales de Côte d’Ivoire (FANCI) et le nord tenu par les Forces armées des forces nouvelles (FAFN). Les pourparlers entamés à Lomé permettent d’obtenir le , un accord de cessez-le-feu qui ouvre la voie à des négociations sur un accord politique entre le gouvernement et le MPCI sous l’égide du président du Togo, Gnassingbé Eyadema. Ces négociations échouent cependant sur les mesures politiques à prendre, en dépit de réunions entre les dirigeants de la CEDEAO à Kara (Togo), puis à Abidjan et à Dakar. casques bleus de l’ONUCI dont français de la "Licorne" sont placés en interposition entre les belligérants. Dans une nouvelle initiative, la France abrite à Linas-Marcoussis du 15 au 23 janvier 2003, sous la présidence de Pierre Mazeaud, président du Conseil constitutionnel français, secondé par le juge sénégalais Kéba Mbaye, une table ronde avec les forces politiques ivoiriennes et obtient la signature des accords de Linas-Marcoussis. Cet accord prévoit la création d’un gouvernement de réconciliation nationale dirigé par un premier ministre nommé par le président de la République après consultation des autres partis politiques, l’établissement d’un calendrier pour des élections nationales crédibles et transparentes, la restructuration des forces de défense et de sécurité, l’organisation du regroupement et du désarmement de tous les groupes armés, le règlement des questions relatives à l’éligibilité à la présidence du pays et à la condition des étrangers vivant en Côte d’Ivoire. Un comité de suivi de l’application de l’accord, présidé par l’ONU, est institué. Appliqué avec beaucoup de difficultés, l’accord de Linas-Marcoussis est suivi par plusieurs autres, conclus en Afrique et mis en œuvre par les gouvernements successifs de Seydou Diarra, Charles Konan Banny. L’accord politique de Ouagadougou conclu en 2007 avec Laurent Gbagbo, sous l’égide du président burkinabé Blaise Compaoré, qui fait office de facilitateur, offre aux Forces nouvelles le poste de Premier ministre. Les Forces nouvelles désignent leur secrétaire général, Guillaume Soro, le 26 mars 2007 pour exercer cette fonction. Gouvernement Soro. Guillaume Soro entre en fonction le 4 avril et son gouvernement est installé trois jours plus tard. Le gouvernement doit mettre en place notamment deux points clefs de l'accord politique de Ouagadougou : la préparation d'élections devant se tenir dans les dix mois à compter de mars 2007, puis l'unification des Forces armées des Forces nouvelles (FAFN) et des Forces armées nationales de Côte d'Ivoire (FANCI) Dans le gouvernement Soro I composé de , la formation militaro-politique de celui-ci (les Forces nouvelles de Côte d'Ivoire) et le Front populaire ivoirien (FPI), formation politique dont est issu le président Laurent Gbagbo, disposent chacun de huit portefeuilles (le Premier ministre y compris). Les autres portefeuilles sont répartis entre divers autres partis politiques. Ainsi, le Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI) en détient 5, le Rassemblement des républicains (RDR) 5, le Mouvement des forces d'Avenir (MFA) un, le Parti ivoirien des travailleurs (PIT) un, l’Union démocratique de Côte d'Ivoire (UDCI) un et l’Union pour la démocratie et la paix en Côte d'Ivoire (UDPCI) un ; deux autres ministres sont réputés proches du président de la République et un ministre est issu de la société civile. Concrètement, outre la gestion des affaires relevant de ses compétences traditionnelles, le gouvernement coordonne la mise en œuvre du processus de sortie de crise au moyen de programmes spécifiques. Il s’agit d’un dispositif technique comprenant notamment le Centre de commandement intégré (désarmement des combattants), le Programme national de réinsertion et de réhabilitation communautaire, le Comité national de pilotage du redéploiement de l'Administration (restauration de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire et reprise du fonctionnement des services publics), l’Office national d'identification (identification des populations et des électeurs) et la Commission électorale indépendante (organisation des élections). Élection présidentielle en 2010 et crise. À l'issue d'une élection présidentielle sous tension, les deux candidats arrivés au second tour, Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara, se déclarent vainqueurs et prêtent serment comme président du pays. Alassane Ouattara a été déclaré vainqueur par Youssouf Bakayoko, le président de la Commission électorale indépendante, au siège du camp de Ouattara contrairement aux dispositions de ladite CEI, et a reçu le soutien du Premier ministre Guillaume Soro et d'une partie de la Communauté internationale. Laurent Gbagbo a été déclaré vainqueur par le Conseil constitutionnel et a reçu le soutien du général Philippe Mangou, commandant de l'armée. La Côte d'Ivoire se retrouve alors avec deux présidents tentant de s'imposer sur l'ensemble du pays. Mais Alassane Ouattara bénéficie du soutien de la plus grande partie de la communauté internationale, ainsi que celui d'instances économiques et financières tant régionales qu'internationales. L'économie ivoirienne est paralysée par les sanctions et les finances de l'État ivoirien asséchées, notamment les zones encore contrôlées par Laurent Gbagbo. Les combats éclatent à Abidjan à la fin du mois de février 2011 entre le « Commando invisible » hostile à Gbagbo et l'armée régulière. Puis, début mars, la tension gagne l'ouest du pays, où les Forces nouvelles prennent le contrôle de nouveaux territoires. L'ensemble du front finit par s'embraser à la fin mars, et les forces pro-Ouattara, rebaptisées Forces républicaines de Côte d'Ivoire (FRCI), prennent Yamoussoukro, la capitale politique du pays, le 30 mars. À partir de ce moment-là, les événements s'accélèrent : le sud du pays est conquis en quelques heures et les troupes pro-Ouattara entrent dans Abidjan sans rencontrer de réelle résistance (mais non sans commettre de nombreuses exactions sur les populations civiles). Laurent Gbagbo et son épouse se retranchent à la Résidence présidentielle, protégés par un dernier carré de fidèles dont la Garde Républicaine dirigée par le colonel Dogbo Blé Bruno. La Résidence est assiégée par les forces pro-Ouattara qui ont du mal à accéder à la Résidence malgré plusieurs tentatives. Un assaut final est lancé contre le domicile le 11 avril avec l'appui des forces onusiennes et surtout de l'armée française (en application de la résolution du Conseil de sécurité de l'ONU). Laurent Gbagbo (accompagné de sa famille) est fait prisonnier, puis placé en état d'arrestation à l'hôtel du Golf. Il est ensuite transféré à Korhogo dans le nord du pays, où il est placé en résidence surveillée. Quelques jours plus tard, son épouse, qui n'a pas été autorisée à le suivre, sera placée quant à elle en résidence surveillée à Odienné, une autre localité du nord ivoirien. Depuis le 30 novembre 2011, Laurent Gbagbo est incarcéré à la Cour pénale internationale où il est inculpé pour quatre chefs d'accusation de crimes contre l'humanité. Les forces pro-Ouattara sont soupçonnées de s'être livrées à des exactions sur des populations supportant Laurent Gbagbo (massacre du camp de Nahibly et Duekoué). Dans le cas de Duekoué, l'ONU explique que les forces pro-Gbagbo seraient aussi impliquées. Réélections d'Alassane Ouattara (depuis 2015). À la suite de l'élection présidentielle du , le président Ouattara est réélu pour cinq ans. Il souhaite consolider les efforts de réconciliation nationale et rédiger une nouvelle Constitution. Cette nouvelle Constitution, qui entraine la création d'un sénat et d'un poste de vice-président, est approuvée par référendum le . La troisième République ivoirienne est proclamée le 8 novembre 2016. En novembre 2020, Alassane Ouattara est réélu pour un troisième mandat avec 94,27 % des voix lors d'un scrutin très critiqué puisque l'opposition avait demandé à le boycotter, contestant la constitutionnalité d'un troisième mandat. Finalement, seuls 53,90 % des électeurs se sont rendus aux urnes pour élire le président sortant. Institutions et vie politique. Dès son accession à l’indépendance, la Côte d’Ivoire, État unitaire, opte pour un régime présidentiel. Reconduit par la deuxième république, le régime présidentiel est caractérisé par la séparation des pouvoirs au sein de l’État : le pouvoir exécutif, le pouvoir législatif et le pouvoir judiciaire. Le paysage institutionnel ivoirien se compose des organes exerçant ces trois pouvoirs et d’autres institutions comme le Conseil économique et social et le médiateur de la République. À l'indépendance, Félix Houphouët-Boigny avait su avec prudence éviter tout conflit ethnique dans le cadre d'un régime de parti unique. Cet équilibre reposait aussi sur une division écologique et sociale du travail avec, dans le nord, les Dioula qui dominent le transport et le commerce tandis que les sudistes se retrouvent dans l’administration et la gestion du pouvoir. Les nordistes qui avaient acquis une qualification professionnelle suffisante sont envoyés dans les ambassades ou dans les institutions internationales pour représenter le pays ; certains accèdent à des ministères, mais politiquement marginaux. Toutefois, le passage au multipartisme en 1990 permet aussi l’affirmation identitaire des communautés ethniques dans l’espace politique et l'ouverture de débats sur la construction nationale. Les tensions entre les populations du nord et du sud, jusque-là cantonnées au champ économique, se transfèrent dans le champ politique. Pouvoir exécutif. L’organe chargé de l’exercice du pouvoir exécutif, originairement monocéphale, est depuis 1990 caractérisé par un bicéphalisme apparent : il a à sa tête le président de la République, chef de l’État, et un premier ministre, chef du gouvernement. Cette caractéristique, empruntée au régime parlementaire, n’entame en rien le caractère présidentiel du régime. En 2016, la nouvelle Constitution a prévu l'élection par le Parlement d'un vice-président, mais des amendements de mars 2020 sont revenus sur ce point, le vice-président étant désormais nommé par le Président « avec l'accord du Parlement ». Le président de la République est élu au suffrage universel direct, au scrutin majoritaire à deux tours pour un mandat de et est rééligible une fois. Il est le chef de l’exécutif et est détenteur exclusif du pouvoir exécutif. Il est garant de l'indépendance nationale, de l'intégrité du territoire, du respect des traités et accords internationaux. Il est chef suprême des armées, veille au respect de la Constitution, assure la continuité de l'État. En sa qualité de chef de l'Administration, il nomme aux emplois civils et militaires. Le président de la République détient également, en période de crise, des pouvoirs exceptionnels. En cas de décès, de démission ou d’empêchement absolu, l’intérim du président de la République est assuré par le vice-président, ou, en cas de vacance du poste de vice-président, par le Premier ministre, et ce jusqu'à la fin prévue du mandat. Le Premier ministre est nommé par le président de la République devant lequel il est responsable, et qui met fin à ses fonctions. Le Premier ministre ne détient, au regard de la Constitution, aucun pouvoir exécutif propre. Il supplée le président de la République lorsque celui-ci est absent du territoire. Contrairement à la pratique prévalant en régime parlementaire, le Premier ministre ivoirien n’est pas issu de la majorité parlementaire. Les membres du gouvernement, placés sous son autorité, sont nommés sur sa proposition par le président de la République. Il dirige et coordonne l'action du gouvernement et peut déléguer certaines de ses attributions aux ministres. L'élection présidentielle qui s'était tenue le 26 octobre 2000 fut remportée par Laurent Gbagbo, qui resta en fonction pendant sans qu'aucune autre consultation électorale n’ait eu lieu en vue de la désignation du président de la République. L’exercice du pouvoir exécutif était, dans ce contexte, influencé par les accords politiques conclus depuis le déclenchement de la crise politico-militaire en septembre 2002. Dans le cadre de l’exécution du programme de sortie de crise, des missions spéciales liées à la réunification du pays et de l’armée, à l’identification des populations et à l’organisation des élections furent assignées au premier ministre. Pouvoir législatif. L'organe parlementaire investi du pouvoir législatif est bicaméral, avec l’Assemblée nationale et le Sénat (dirigé par Jeannot Ahoussou-Kouadio). L'Assemblée nationale compte aujourd’hui et comprend un bureau, des commissions techniques et des groupes parlementaires. Les députés qui la composent sont élus au suffrage universel direct pour un mandat de cinq ans. L'Assemblée nationale vote la loi et consent l’impôt. Elle a également, de par la Constitution, un pouvoir de contrôle sur les actions de l’exécutif. Pour assurer l'indépendance de l'Assemblée nationale à l'égard des autres pouvoirs et renforcer la liberté du député, celui-ci bénéficie de certains privilèges juridiques que sont les immunités. Ces immunités protègent le député dans l'exercice de son mandat parlementaire en le mettant à l'abri des poursuites civiles ou pénales à l'occasion de votes ou opinions émises par lui dans l'exercice de ses fonctions. En dehors même de l'exercice de ses fonctions, les poursuites pénales engagées contre le député pour des faits qualifiés crimes ou délits doivent être autorisées par l'Assemblée nationale ou le bureau de celle-ci. Les dernières élections législatives se sont tenues le . L'Assemblée nationale est depuis 2019 dirigée par intérim par Amina Kamara Tounkara. Le Parlement ivoirien a joué un rôle actif dans la gestion de la crise politico-militaire en Côte d'Ivoire. En dépit de la désapprobation affichée par le Président Mamadou Koulibaly vis-à-vis des accords de Linas-Marcoussis, l'Assemblée nationale de Côte d’Ivoire a examiné, durant ses sessions ordinaires et parfois lors de sessions extraordinaires convoquées à cet effet, une série de domaines visés par l’accord. Au total plus d’une douzaine de projets de lois ont été examinés et votés par le Parlement ivoirien dans ce cadre. Mais la poursuite de son mandat après l'expiration de celui-ci s'est avérée problématique car, selon la Constitution ivoirienne, « les pouvoirs de l'Assemblée nationale expirent à la fin de la deuxième session ordinaire de la dernière année de son mandat. Les élections ont lieu vingt jours au moins et cinquante jours au plus avant l'expiration des pouvoirs de l'Assemblée nationale ». Aussi bien la Constitution ivoirienne que le code électoral n’ayant pas prévu le cas où les élections des députés ne se tiendraient pas dans les délais prescrits, le pays a dû faire face à un vide juridique qui a suscité une polémique et des opinions controversées des acteurs locaux et non nationaux. Le Conseil de sécurité des Nations unies (CSNU) dans sa résolution 1633 sur la Côte d’Ivoire note que le mandat de l’Assemblée nationale prend fin le et le Groupe de travail international tire la conclusion que ce mandat n’a pas à être prolongé. En se prononçant contre la prolongation des mandats parlementaires échus le , le Groupe de travail international (GTI) a « mis le feu aux poudres » et ouvert un « bras de fer international », selon certains observateurs. Le président de la république de Côte d’Ivoire, après avoir sollicité l’avis du Conseil constitutionnel sur le point de savoir si le défaut d’élections, dû à la situation de crise que connaît son pays, entraînait la dissolution et la fin des pouvoirs de l’Assemblée nationale, a obtenu l’avis de cette institution selon lequel l’Assemblée nationale demeurait en fonction et conservait ses pouvoirs. En définitive, l'Assemblée nationale a continué ses activités. Cette disposition est intégrée pour les deux chambres dans les amendements de mars 2020 visant à modifier la Constitution de 2016. Pouvoir judiciaire. Avant l’indépendance de la Côte d’Ivoire, deux ordres de juridictions cohabitent : des juridictions françaises appliquant le droit français et une organisation judiciaire de droit coutumier ou local. Cette dualité est la résultante de la dualité de législation, qui elle-même repose sur une distinction des statuts régissant les différentes couches de la population. En effet, la France « offre » aux ressortissants ivoiriens la possibilité de conserver un statut personnel particulier, par opposition au statut de droit commun reconnu aux Français et assimilés. Au lendemain de l’indépendance, il est procédé à une refonte de l’appareil judiciaire hérité de l’époque coloniale. L’objectif est de mettre en place une organisation judiciaire moderne et adaptée aux besoins du pays. La réorganisation concerne le recrutement, la formation de magistrats et auxiliaires de justice (juges, greffiers, officiers ministériels, avocats, huissiers de justice, notaires, etc.), mais également les structures. Trois principes gouvernent cette opération de modernisation : la justice est rendue au nom du peuple ; les juges ne sont soumis dans l’exercice de leurs fonctions qu’à l’autorité de la loi, leur indépendance étant garantie par le président de la République ; l’autorité judiciaire est gardienne des libertés individuelles. Les juridictions, ainsi que l’administration pénitentiaire, connaissent alors plusieurs évolutions à partir de 1960. Toutefois, comme dans bien des domaines, l’organisation judiciaire ivoirienne reste encore influencée par le droit français. Le pouvoir judiciaire est exercé présentement par des juridictions de premier et de second degrés, sous le contrôle de la Cour suprême. Le Conseil constitutionnel forme, avec la Haute Cour de justice, des juridictions spéciales. Organes consultatifs et de médiation. Le conseil économique et social est un organe consultatif prévu par la Constitution ivoirienne. Il assure la représentation des principales activités économiques et sociales, favorise la collaboration des différentes catégories professionnelles entre elles et contribue à l’élaboration de la politique économique et sociale du Gouvernement. Les projets de loi de programmes à caractère économique et social lui sont soumis pour avis. Le président de la République peut consulter cette institution pour tout problème à caractère économique et social. Le droit de saisine du Conseil économique et social appartient au président de la République et au président de l’Assemblée nationale. Les membres de l’institution sont nommés pour cinq ans par décret parmi les personnalités qui, par leurs compétences ou leurs activités, concourent au développement économique et social de la République. Le Conseil économique et social comprend . Sa présidence est vacante depuis le décès de Charles Koffi Diby en décembre 2019. Le médiateur de la République est un organe de médiation créé en 2000 dans le cadre de Constitution de la . À l’image du médiateur français et des ombudsman le médiateur de la République de Côte d’Ivoire est une autorité administrative indépendante, chargée d’une mission de service public, plus précisément d’assurer la médiation entre l’administration et les administrés, mais également entre les administrés eux-mêmes, en vue d’harmoniser les rapports de ceux-ci. Il ne reçoit d’instruction d’aucune autorité. Le médiateur de la République est nommé par le président de la République, après avis du président de l’Assemblée nationale, pour un mandat de six ans non renouvelable. Il ne peut être mis fin à ses fonctions, avant l'expiration de ce délai, qu’en cas d'empêchement constaté par le Conseil constitutionnel saisi par le président de la République. Le médiateur de la République ne peut être poursuivi, recherché, arrêté, détenu ou jugé à l'occasion des opinions ou des actes émis par lui dans l'exercice de ses fonctions. Les fonctions de médiateur de la République sont incompatibles avec l’exercice de toute fonction politique, de tout autre emploi public ou de toute activité professionnelle. Mais en pratique, depuis la création de cette institution, Mathieu Ekra est l’actuel médiateur de la République. Son intérim est actuellement assuré par Lamine Ouattara, médiateur de la région du Zanzan. Partis politiques. Peu avant l'indépendance du pays, pour désigner l'Assemblée territoriale et des conseils municipaux en 1956-1957, des élections pluralistes sont organisées. Tous les sièges sont remportés par le Parti démocratique de Côte d'Ivoire, section du Rassemblement démocratique africain ou PDCI-RDA dans lequel peu de temps après, l'ensemble des autres formations politiques décide de se fonder sur la base d'un nouveau « consensus national ». Le PDCI-RDA devient l'unique parti du pays. Une assez éphémère tentative de création d'autres partis politiques est notée entre 1958-1959 et des crises politiques plus ou moins préoccupantes jalonnent la période de 1960 à 1990 (Affaire du Sanwi de 1959 à 1966, complot en 1963-1964, affaire du Guébié en 1970, putsch manqué en 1973), mais la vie politique ivoirienne reste manifestement dominée durant cette période par le seul PDCI-RDA. La rupture du « consensus national » est formellement constatée en 1990 après des manifestations populaires. Elle ouvre immédiatement la voie du retour au multipartisme avec en particulier, l'émergence du Front populaire ivoirien (FPI). Ainsi, bien que reconnu par la constitution ivoirienne de 1960, le multipartisme n’est effectif à nouveau en Côte d’Ivoire qu’en 1990, année au cours de laquelle plusieurs partis politiques sont créés. En 2008, plus d'une centaine de formations politiques sont déclarées dans le pays mais les partis qui participent à la vie politique sont, pour l'essentiel, le Front populaire ivoirien ou FPI, socialiste, dirigé par Pascal Affi N'Guessan ; le Parti démocratique de Côte d'Ivoire – Rassemblement démocratique africain ou PDCI-RDA, droite libérale, dirigé par Aimé Henri Konan Bédié ; le Rassemblement des républicains ou RDR, centre libéral, dirigé par Alassane Dramane Ouattara ; et, dans une moindre mesure, l'Union pour la démocratie et la paix en Côte d'Ivoire ou UDPCI, dirigé par Albert Mabri Toikeusse ; le Parti ivoirien des travailleurs ou PIT, socialiste, dirigé par Francis Wodié, le Mouvement des forces d'avenir ou MFA, dirigé par Innocent Anaky Kobéna. Divers groupes de pression animent également la vie politique. Le mouvement des Forces nouvelles qui est une composante politique (et militaire) majeure du pays ne s'est pas constitué en parti politique. Organisation territoriale. Centralisation forte à décentralisation poussée. L'organisation administrative territoriale de la Côte d’Ivoire est tributaire de celle mise en place par le gouvernement français pendant la colonisation. Fortement centralisée et de simple gestion, elle s'articule, en fin de période coloniale, autour de primaires appelées « cercles » et administrées par un commandant de cercle, secondaires ou « subdivisions » dirigées par un chef de subdivision, auprès duquel est placé un conseil des notables, organe quelque peu représentatif des intérêts des populations locales. L'administration municipale reste également rudimentaire avec, en 1959, de plein ou moyen exercice. Pour se rapprocher davantage des populations et ainsi assurer un encadrement efficace de celles-ci, l'administration territoriale de la Côte d’Ivoire, qui repose sur les principes de la déconcentration et de la décentralisation , connaît, au niveau du découpage territorial, une évolution constante . Les départements, au nombre de quatre en 1959, passent progressivement à six, 24, 25, 26, 34, 49, 50 et 55 au cours des années 1963, 1969, 1974, 1975, 1979, 1985, 1987 et 1996, avec un total de 187 sous-préfectures. En , on dénombre , deux districts, , , plus de et environ . La Côte d'Ivoire étant organisée par régions, communes, départements, conseils généraux et districts avant la fin de la crise post-électorale, ces attributions donnaient lieu à des conflits de compétences. Selon les nouvelles autorités ivoiriennes, il était impératif de mettre fin à ces conflits de compétence entre entités administratives. Les raisons du nouveau découpage administratif : Par le décret du portant détermination des circonscriptions électorales pour la législature 2011-2016, la Côte d’Ivoire comptera trente régions, quatorze districts dont deux autonomes. Le nouveau type de région sera doté d’un conseil régional avec à sa tête un président élu. Administration territoriale déconcentrée. L'administration territoriale déconcentrée se réalise autour des circonscriptions administratives que sont la région, le département, la sous-préfecture, le village et le quartier. Entité administrative de base, le village est composé de quartiers, constitués eux-mêmes par la réunion des membres d'une ou plusieurs familles et, éventuellement, de campements qui lui sont rattachés. Il est dirigé par un chef qui, pour être reconnu par l'État, doit être librement désigné par les populations villageoises selon des règles coutumières, par consensus ou par tout autre moyen. Le chef du village est l'auxiliaire de l'Administration préfectorale. Il est assisté dans sa mission par un conseil de village. La sous-préfecture, administrée par un sous-préfet, est la circonscription administrative intermédiaire entre le département et le village. Elle est constituée par plusieurs villages. Tout comme le préfet sous l'autorité duquel il est placé, le sous-préfet représente l'État dans sa circonscription, coordonne et contrôle les activités des agents des services administratifs et techniques placés sur son ressort territorial ; il supervise en outre l'action des chefs de village. Le département, échelon de relais entre la région et la sous-préfecture, comprend en général plusieurs sous-préfectures. Il est administré par un préfet chargé du suivi des actions de développement, de l'exécution des lois et règlements, du maintien de l'ordre, de la sécurité, de la tranquillité et de la salubrité publics dans sa circonscription. La région qui regroupe plusieurs départements, constitue l'échelon de conception, de programmation, d'harmonisation, de soutien, de coordination et de contrôle des actions et opérations de développement économique, social et culturel réalisées par l'ensemble des administrations civiles de l’État. Par délégation du ministre chargé de l'Intérieur, le préfet de région, comme le préfet de département, exercent un pouvoir de tutelle et de contrôle à l'égard des collectivités décentralisées. Abidjan et Yamoussoukro sont des Districts autonomes et regroupent un ensemble de communes et de sous-préfectures. De création relativement récente, ces deux districts autonomes sont dirigés par des gouverneurs nommés par le président de la République, nonobstant le principe de la libre administration des collectivités territoriales. Pour l'exécution de sa mission, le gouverneur du district est assisté par le conseil du district, le bureau du conseil du district et le comité consultatif du district. La commune est un regroupement de quartiers ou de villages. Ses organes sont constitués par le conseil municipal, le maire et la . Administration territoriale décentralisée. Les collectivités territoriales, entités administratives dotées de la personnalité morale et de l'autonomie financière, sont constituées par la région et la commune. Elles ont pour missions, dans la limite des compétences qui leur sont expressément dévolues, d'organiser la vie collective et la participation des populations à la gestion des affaires locales, de promouvoir et réaliser le développement local, de moderniser le monde rural, d'améliorer le cadre de vie, de gérer les terroirs et l'environnement. Commune. En Côte d'Ivoire, la commune est une division administrative correspondant généralement à un territoire constitué de quartiers ou de villages, et dont la superficie et la population peuvent varier considérablement. La commune a pour missions, dans la limite des compétences qui lui sont dévolues par la loi, d'organiser la vie collective et la participation des populations à la gestion des affaires locales, de promouvoir et réaliser le développement local, de moderniser le monde rural, d'améliorer le cadre de vie, de gérer les terroirs et l'environnement. Le conseil municipal, le maire et la municipalité constituent les organes de la commune. La politique de communalisation démarre en Côte d'Ivoire par la création, aux termes de la loi du , des trois communes de plein exercice d'Abidjan, de Bouaké et de Grand-Bassam. Limitée au double plan spatial et fonctionnel, la capacité de telles structures et organes à imposer un rythme au développement local, s'avère très peu significative et conduit en 1978 à une réforme qui voit le jour en 1980. Celle-ci se poursuit en 1985 par un accroissement considérable du nombre de communes autant que de leurs champs de compétences. En 1995, les pouvoirs publics ivoiriens prennent l'option d'élargir un peu plus l'expérience de la communalisation par l'érection de tous les chefs-lieux de sous-préfectures en communes. La création de communautés rurales est même envisagée mais elle sera abandonnée avec l'adoption d'une nouvelle constitution en 2000 qui préserve toutefois le principe de la libre administration des collectivités territoriales. En 2006, le territoire national est entièrement subdivisé en circonscriptions communales. Économie. Une croissance remarquable depuis la fin de la crise. Le taux de croissance de sa production intérieure brute est de 10,2 % entre 1960 et 1965 et de 7,2 % entre 1965 et 1975. Entre 1970 et 1975, alors que ceux de l'Afrique subsaharienne et des pays riches occidentaux sont respectivement de 4 % et 6 % en moyenne, le taux de croissance du PIB en Côte d’Ivoire est de 6,8 % par an. Cette performance particulière s'explique en partie par la stabilité politique qui la caractérise, contrairement à bon nombre d'États africains. L'économie présente toutefois des symptômes révélateurs d'une faiblesse structurelle : elle est en effet caractérisée par une forte dépendance extérieure et présente des inégalités de productivité dans ses différents secteurs. La chute des cours des produits agricoles de base constitués par le café et le cacao, principaux produits d'exportation qui dominent l'économie du pays, entraîne une récession économique à la fin des années 1970. La crise économique perdure encore au cours des années 1990, produisant des conséquences sociales néfastes. En , la dévaluation de 50 % du franc CFA ramène un taux de croissance positif de 6 % pendant deux années consécutives, grâce notamment aux mesures d'accompagnement adoptées par la communauté financière internationale. Les programmes d'ajustement structurels mis en place par les partenaires extérieurs que sont le Fonds monétaire international et la Banque mondiale, conduisent à l'adoption de mesures drastiques de restriction budgétaire et de redressement économique par le gouvernement, sans grand succès. Les arriérés de paiement des dettes contractées auprès de ces institutions, ainsi que les problèmes de gouvernance liés à l'exécution des projets financés par l'Union européenne, conduisent, à la fin des années 1990, à une rupture du partenariat avec lesdites institutions. L'impact négatif de cette situation de gouvernance sur l'économie est aggravé par le coup de force militaire de décembre 1999 et l'instabilité politique qui en résulte. Le taux de croissance de l'année 2000 est négatif : -2,3 %. Le pays va connaître une décennie de guerre civile, puis des affrontements armés et sanglants après l'élection présidentielle de 2010. Depuis 2004, la Côte d’Ivoire enregistre des taux de croissance réelle positifs (+1,6 % en 2004, +1,8 % en 2005 et 1,2 % en 2006) qui restent toutefois en dessous du taux de croissance de la population, estimé à 3,3 %. Le taux d’inflation oscille entre 1,4 % à 4,4 %. Le service de la dette réglée qui représente 10,68 % des exportations en 2000, est réduit à 5 % des exportations en 2003, 3,3 % en 2004 et 1,45 % en 2005, traduisant ainsi les difficultés de l’État à tenir ses engagements extérieurs. Ces difficultés persistent malgré la hausse du niveau des exportations, passées à 37,9 % en 2000 et à 47,8 % du PIB en 2005. Le nouveau président Alassane Ouattara est un économiste international reconnu. Le pays, encouragé par une nouvelle stabilité politique, peut espérer retrouver d'abord la confiance en lui-même pour mener les nombreuses réformes nécessaires puis la confiance des grandes organisations internationales et des autres pays. Parmi les points les plus urgents, la compétitivité de ses activités principales, la création d'un environnement administratif et bancaire propice aux affaires, la réhabilitation et la modernisation des infrastructures (réseau téléphonique, routes et port, énergie). Avec le redémarrage des activités, la prévision de croissance du PIB est passée de 4,5 % à 8,6 % en 2012, après une baisse de 4,7 % en 2011. L'agriculture vivrière, l’élevage, l’extraction minière, l’exploitation pétrolière et la compétitivité des exportations connaissent certes une embellie, mais les performances du secteur productif sont contrariées par l’accroissement de la dette intérieure. Cependant en juin 2012, le FMI, la Banque mondiale et le Club de Paris ont approuvé une réduction de la dette extérieure de 64,2 % soit de dollars. Par la suite, et sur la période de huit années allant de 2012 à 2019, période suffisamment longue pour pouvoir établir des comparaisons internationales (hors micro-États), la Côte d’Ivoire a réalisé la plus forte croissance au monde dans la catégorie des pays ayant un PIB par habitant supérieur ou égal à , avec une croissance annuelle de 8,2 % en moyenne. Par ailleurs, elle se classe deuxième toutes catégories confondues, pays à très bas revenu inclus, faisant ainsi mieux que 30 des au monde qui avaient un PIB par habitant inférieur à début 2012. La Côte d’Ivoire n’est alors dépassée que par l’Éthiopie, qui a connu une croissance annuelle de 9,2 % en moyenne (une performance à relativiser car elle résulte essentiellement du très faible niveau de développement de ce pays d’Afrique de l’Est). Cette progression a permis à la Côte d'Ivoire de devenir le pays le plus riche de toute l'Afrique de l'Ouest, avec un PIB par habitant de fin 2019, devant deux pays particulièrement riches en richesses naturelles que sont le Nigeria (pétrole) et le Ghana (pétrole et or). Parallèlement, la Côte d’Ivoire est devenue le premier pays africain au sous-sol pauvre à devancer en richesse un pays d’Amérique hispanique (hors très petits pays de moins de d’habitants, majoritairement insulaires). En 2022, la Côte d'Ivoire est classée en pour l'indice mondial de l'innovation. Une économie dominée par l'agriculture. L’économie ivoirienne reste dominée par l’agriculture. Le secteur agricole représente ainsi en 2018 28 % du PIB, emploie un peu moins de la moitié des actifs et fait vivre les deux tiers de la population. Il représente aussi 60 % des recettes d'exportations du pays en 2022. Le cacao constitue à lui tout seul 10 % du PIB ivoirien, 40 % des recettes d'exportation et fait vivre de personnes dans le pays. Cacao. La Côte d’Ivoire est toujours le premier producteur mondial de cacao, avec 40 % du total, devant le Ghana. La production nationale atteint de tonnes en 2003-2004, la part des exportations étant de de tonnes pour la même période. On surnomme la Côte d'Ivoire la « République du cacao ». Anacarde. La Côte d’Ivoire est le producteur mondial de noix de cajou en 2018. Huile de palme. La Côte d’Ivoire est le producteur mondial d’huile de palme ( producteur africain) en 2018. Caoutchouc naturel. La Côte d’Ivoire est le producteur mondial de caoutchouc naturel ( producteur africain) en 2018. Café. Après avoir été troisième producteur mondial de café pendant près de trente ans, la production ivoirienne a baissé, de en 1990 à en 1994, pour ensuite remonter à en 2003-2004. Elle n'était plus en 2016 que quatorzième producteur mondial de café, malgré une récolte caféicole en hausse d'environ 10 % entre 2011 et 2016, et elle se plaçait en 2016 derrière les cultivateurs de café d'Amérique centrale, pourtant nettement moins peuplés, comme le Honduras, le Nicaragua et le Costa Rica. Coton. La Côte d’Ivoire est parmi le quatrième producteur de coton africain en 2018. La filière coton, comme dans beaucoup de pays producteurs africains, a aligné d'excellentes récoltes, même si sur le marché mondial, le cours de la livre de la fibre était en 2015 autour de , relativement bas comparé au pic des la livre qu’il avait atteint en 2011. Le pays était à la troisième place du palmarès des sept premiers producteurs africains de coton au milieu des années 2010. Le pays produit également de l'hévéa et a également la particularité d’être le premier producteur mondial de noix de cola avec une production totale de . Bois. La principale ressource naturelle de la Côte d'Ivoire est le bois, d'ailleurs le pays en exporte plus que le Brésil. Le rythme de la déforestation, peut être le plus important du monde, risque de poser à court terme des problèmes importants, tant écologiques, qu'en perte de matière première indispensable, qu'en termes de perte de revenus d'exportation. En 2008, environ 10 % seulement des terres sont arables, mais ce chiffre est en constante augmentation depuis l'indépendance jusqu'au début des années 2000. Il l'est même d'une façon quasiment linéaire depuis le début des années 1970 où il n'était que de 5 % jusqu'en 2003 et stagne depuis cette date. Autres ressources. Outre le cacao et le café, la canne à sucre, l’ananas, la banane, la noix de cajou et l'huile de palme jouent un rôle important dans les exportations en Côte d’Ivoire, malgré la remise en cause des quotas par l'Organisation mondiale du commerce. Ils sont exportés en grande partie vers l’Europe comme le sont les productions fruitières (mangue, papaye, avocat et agrumes de bouche). La pomme de cajou (anacarde), essentiellement localisée dans le nord du pays, s’étend depuis quelques années au centre et au centre-ouest du pays. En 2006, les productions de noix de cajou sont de et les exportations de . Les cultures vivrières restent un appoint économique important pour le pays qui produit notamment dans ce domaine du maïs ( sur ), du riz ( sur ), de l’igname ( sur ), du manioc ( sur ), de la banane plantain ( sur ). Les productions de citron, de bergamote et de bigarade sont également notées, mais en quantité plus faible. Le développement de l'élevage reste un objectif pour le gouvernement, mais des importations sont encore nécessaires à la satisfaction de la consommation nationale en produits animaliers. Malgré la fermeture de la chasse, décidée en 1974 pour permettre la reconstitution du potentiel faunique, le gibier occupe toujours une part importante de cette consommation. Pour combler le déficit en produits halieutiques, L'État encourage la création de piscines aquacoles, mais doit procéder à des importations de poissons, dont la quantité s'élève en 2000 à . Industrie. En 2005 l'industrie ivoirienne constitue seulement 23,1 % de la production intérieure brute (contre 24,5 % en 2000). Elle affiche un déséquilibre structurel caractérisé par la domination numérique des petites et moyennes entreprises. Toutefois, en dépit des difficultés auxquelles elle se trouve confrontée, elle reste la plus diversifiée dans la sous-région ouest-africaine et représente 40 % du potentiel industriel de l’UEMOA. La Côte d'Ivoire encourage la transformation sur place des produits de l'agriculture (café, cacao). Industrie minière. En 2011, les intérêts miniers canadiens en Côte d’Ivoire étaient évalués à de dollars et un accord a été signé le 27 septembre entre les deux pays pour fournir une protection accrue aux entreprises canadiennes menant des activités en Côte d’Ivoire. En 2020, le secteur minier constitue 5 % du produit intérieur brut (PIB) de la Côte d'Ivoire, atteignant de FCFA ( d'euros). Outre l'or et le diamant, on trouve également en Côte d'Ivoire du fer, du nickel, du manganèse, de la bauxite et du cuivre. Or. La production d'or de la Côte d'Ivoire est passée de en 2009 à en 2018, puis en 2019. Environ 30 % de la production actuelle viennent de la seule mine de Tongon, propriété du groupe aurifère canadien Barrick Gold. Il existe en tout neuf mines : Parallèlement, plus de auraient été extraites de manière illicite en 2019. Diamants. Il existe en Côte d’Ivoire deux grandes zones diamantifères, Séguéla et Tortiya. Infrastructure. Réseau ferroviaire. Le réseau ferroviaire de la Côte d'Ivoire est constitué d'une seule ligne, celle reliant Abidjan à Ouagadougou. La ligne est utilisée à 80 % pour le transport de marchandises et est exploitée par Sitarail, une filiale du groupe français Bolloré. Elle est considérée comme l'« une des voies ferrées les plus vétustes d’Afrique de l’Ouest ». En juillet 2021, les gouvernements de Côte d'Ivoire et du Burkina Faso ont menacé l'opérateur Bolloré de lui retirer sa concession s'il n'investissait pas d'euros dans la réhabilitation et l'entretien de la ligne Abidjan-Ouagadougou, comme il s'y était engagé. Six mois plus tard, en janvier 2022, Bolloré a annoncé qu'il vendait ses activités africaines à l'armateur MSC, devenu en 2022 la plus grande compagnie maritime de conteneurs au monde. Éducation. Cycles primaire et secondaire. Le système éducatif ivoirien fondé sur le modèle hérité de la France institue dès les lendemains des indépendances, une école gratuite et obligatoire, afin d’encourager la scolarisation des enfants en âge d'aller à l'école. Ce système intègre aux cycles habituels du primaire, du secondaire et du supérieur, un niveau préscolaire couvrant trois sections (petite section, moyenne section et grande section). En 2001-2002, avant la crise politico-militaire, 391 écoles maternelles, aussi bien privées que publiques, fonctionnent sur toute l’étendue du territoire. En 2005, sur la seule zone contrôlée par les forces républicaines, il est enregistré maternelles animées par qui encadrent . Le cycle primaire comprend six niveaux (cours préparatoires et année, Cours élémentaire 1re année, Cours élémentaire 2e année, cours moyen 1re année, cours moyen 2e année) ; il est sanctionné par le Certificat d’études primaires élémentaires et un concours d’entrée en classe de des lycées et collèges. En 2001, le ministère de l’Éducation nationale compte primaires publiques tenues par pour et privées qui emploient pour la formation de . En 2005, l'on dénombre écoles primaires dont 86,8 % sont publiques, avec et . 55 % de la population de et 61 % des filles de ce groupe d’âge sont en dehors de l’école. Le faible taux de scolarisation des filles conduit l’État à développer, dans les années 1990, une politique spécifique pour la scolarisation de la jeune fille. En mars 1993, en collaboration avec le ministère de l’Éducation nationale, la Banque africaine de développement met en place un projet dit « Projet BAD éducation IV » pour améliorer la qualité de l’enseignement, accroître le taux de scolarisation en général et celui des filles en particulier. En ce qui concerne l’enseignement secondaire subdivisé en deux cycles, il comprend quatre classes pour le premier cycle et trois pour le second. Ce niveau d'enseignement est « caractérisé par une nette domination du privé ». En 2005 en effet, sur les secondaires que compte le pays, 370 appartiennent au secteur privé. Le ministère ivoirien de l’Éducation nationale enregistre au total un effectif de pour en 2005, secteurs privé et public confondus, contre pour en 2001-2002, avant le déclenchement de la guerre. Le taux de scolarisation au secondaire ivoirien est de 20 %. Les études secondaires sont sanctionnées pour le premier cycle par le Brevet d’études du premier cycle (BEPC) et pour le second par le baccalauréat. Enseignement supérieur, technique et professionnel. Avant 1992, l’enseignement supérieur est presque entièrement l'affaire de l’État, avec 24 % de taux de scolarisation. Depuis quelques années, plusieurs universités et grandes écoles de formation technique privées ont vu le jour. En 1997-1998, l’enseignement supérieur compte trois universités publiques, quatre grandes écoles publiques, sept universités privées, privés, et supérieurs de formation post-baccalauréat rattachés à des ministères techniques autres que celui de l’enseignement supérieur. Au cours des années 1960, l’État ivoirien crée plusieurs établissements d'enseignement secondaire et supérieur technique, pour assurer la formation de cadres spécialisés. En 1970, l’ouverture de l’Institut national supérieur de l'enseignement technique (INSET) et plus tard de l’École nationale supérieure des travaux publics (ENSTP) à Yamoussoukro permet de former sur place des techniciens de niveau supérieur . Aujourd’hui, ces écoles sont regroupées et forment l’Institut national polytechnique Félix Houphouët-Boigny (INPHB). Un grand nombre d'établissements d’enseignement technique et professionnel privés sont implantés sur l'ensemble du territoire. La question de la compétence et du niveau de qualification des enseignants chargés de la formation et de l'encadrement des élèves fréquentant ces écoles privées s'est maintes fois posée. Il y a lieu toutefois de relever qu'elles apportent un soutien indispensable à l’État, les équipements publics en matière d'éducation étant à l'heure actuelle insuffisants et parfois inadaptés pour la couverture totale des besoins. Une loi votée en 1995 réglemente le secteur de l'enseignement supérieur privé et institue des mesures en vue de renforcer les établissements concernés. Les réformes touchent certaines structures existantes comme l’Institut pédagogique national de l’enseignement technique et professionnel (IPNETP), l’École normale supérieure (ENS), l’Agence nationale de la formation professionnelle (Agefop) et le Fonds de développement de la formation professionnelle (FDFP). En 2004-2005, le nombre d’établissements de l'enseignement supérieur et de la recherche scientifique est de 149 avec , dont 35 % de filles. Ces établissements, dont les installations sont devenues vétustes, ont toutefois une capacité d'accueil limitée, eu égard au nombre d'étudiants. L’école ivoirienne connaît des remous récurrents depuis 1990. Les tentatives d'explication des crises qui affectent l'enseignement se réfèrent à la vétusté des infrastructures et équipements, à l'insuffisance de l'effectif des enseignants, mais également à la formation jugée inadaptée au marché de l’emploi. Le nombre de jeunes sans formation et sans-emploi est évalué en 2008 à plus de . Pour résoudre ce problème crucial de l'emploi des jeunes, plusieurs pistes sont explorées par les pouvoirs publics : la création d'emplois, ou l'exhortation à la libre entreprise. Adapter le système éducatif aux contraintes du marché de l’emploi, mais également former des formateurs capables d’assurer la relève du corps enseignant, constituent des objectifs à court terme pour la politique de l'éducation en Côte d’Ivoire. Santé. Personnel et infrastructures. La Côte d’Ivoire dispose sur le plan des infrastructures d’une couverture sanitaire relativement importante en comparaison aux pays de la sous-région de l'Afrique de l'Ouest. Toutefois, seules deux régions administratives (sur les dix-neuf que compte le pays) possèdent des centres hospitaliers universitaires (CHU). Il s'agit des CHU de Cocody, Treichville et de Yopougon à Abidjan (Région des Lagunes) et du CHU de Bouaké (Région de la Vallée du Bandama). Les autres régions sont dotées de centres hospitaliers régionaux (CHR) tandis que, dans les autres agglomérations, sont installés des centres de santé soit urbains, soit ruraux dans les cas des communautés villageoises. À ceux-ci s'ajoutent des formations spécifiques dont les plus connues sont les hôpitaux militaires de Bouaké et d’Abidjan, l’hôpital des fonctionnaires au cœur du Plateau, les léproseries de Manikro (Bouaké), de Daloa et Man et l’hôpital psychiatrique de Bingerville. Ces formations sanitaires publiques, qui sont appuyées par un faisceau assez diversifié d'hôpitaux et de cliniques privées, sont cependant confrontées à de sérieux problèmes s'agissant du matériel médical, mais également des effectifs qui restent encore faibles : un médecin pour , un infirmier pour , une sage-femme pour en âge de procréation. Chaque année de nouveaux cadres supérieurs de la santé formés dans les universités de Bouaké et d’Abidjan et de nouveaux agents de santé issus des Instituts de formation des agents de la santé (INFAS) sont mis à la disposition des formations sanitaires du pays. Pourtant, la situation sanitaire du pays est jugée préoccupante et l’accès aux soins de santé difficile. Impact de la crise. La pauvreté s’est aggravée depuis 1999 avec le début des crises politico-militaires. En Côte d'Ivoire l'indice de pauvreté humaine – la proportion de personnes en dessous du seuil de développement humain admis – atteint 40,3 % en 2004, classant ainsi le pays au rang sur en développement. Cette situation a un impact négatif sur la santé des populations : le nombre de malades s’est accru, passant de en 2001 à en 2005. La situation épidémiologique est caractérisée par une prépondérance des maladies infectieuses, à l'origine d’un taux de morbidité de plus de 50 à 60 % et d’un taux élevé de mortalité estimé à 14,2 pour ; ce sont essentiellement l’infection à VIH/SIDA, la tuberculose et le paludisme. La première cause de consultation chez les adultes et de décès chez les enfants de moins de demeure le paludisme. Les efforts engagés par l’État depuis 1996 dans le cadre du programme national sanitaire, visant à améliorer la santé des populations pour l’adéquation entre l’offre et la demande des services de santé, ont été annulés par la guerre ; et, du fait de la guerre, les ressources de l’État ont diminué, limitant celles allouées à la santé à seulement 7 % du budget national. La couverture vaccinale reste cependant bonne et a permis l’éradication de plusieurs maladies endémiques. La situation reste par contre assez alarmante s'agissant des IST et MST pour lesquelles la frange de la population la plus touchée est féminine. Il a été observé que 7 % de la population ivoirienne était infectée en 2003, soit vivant avec le VIH, pour par an. Ces chiffres sont en hausse et demeurent une préoccupation pour le Ministère de la lutte contre le SIDA, spécialement créé pour faire face au fléau. Le coût des soins de santé et des médicaments, l'absence ou la vétusté du matériel médical et parfois le déficit en personnels soignants, conduisent les populations pauvres vers les thérapies naturelles et la médecine traditionnelle axée sur les plantes. Ces mêmes raisons expliquent le phénomène de plus en plus inquiétant des « pharmacies de rue », constituées par des vendeurs ambulants de médicaments souvent prohibés . Le taux de croissance de la population est estimé en 2008 à 1,96 %, celui des naissances à 34,26 pour , le taux de décès à 14,65 pour et l'espérance de vie à , dont pour les hommes et pour les femmes. Société. La forte poussée démographique enregistrée dans les zones urbaines, l’exode des populations allogènes et étrangères vers des terres propices aux cultures de rente notamment, ainsi que la jeunesse de la population ivoirienne, contribuent à l’émergence ou à l’exacerbation des problèmes liés à l’emploi, aux conflits fonciers, à l’habitat et à l’environnement. Constituées en vue d’apporter un appui aux pouvoirs publics pour la conduite d’actions de développement en faveur des populations, les organisations non gouvernementales peinent à remplir leurs missions. Religion. La Côte d'Ivoire est un pays membre de l'Organisation de la coopération islamique. D'après le recensement de 2014, les religions les plus pratiquées en Côte d’Ivoire sont l'islam avec 42,9 % et le christianisme avec 33,9 % (dont catholicisme 17,2 % et christianisme évangélique 11,8 % (une partie est regroupée dans la Fédération évangélique de Côte d'Ivoire). L'animisme (religions traditionnelles), qui maintient une influence assez forte sur toutes les autres croyances, représente 3,6 % de la population. En marge de ces grands courants, 19,1 % des habitants n'ont pas de religion. Les missionnaires catholiques sont arrivés à la fin du grâce à la Société des missions africaines de Lyon. La préfecture apostolique de Côte d'Ivoire a été érigée en 1895. Aujourd'hui le pays est subdivisé en 4 archidiocèses (dont le plus important est l'archidiocèse d'Abidjan) et en 12 diocèses. Le christianisme et l'islam sont pratiqués dans une variété de formes dans tout le pays. Les missionnaires chrétiens sont arrivés sur le littoral ivoirien au , mais le catholicisme a commencé à s'implanter à la fin du . Les fêtes chrétiennes et les célébrations musulmanes sont librement organisées par les fidèles de ces religions et reconnues par tous. La tolérance est l'attitude générale envers la pratique de la religion et les communautés religieuses coexistent en général pacifiquement. Cette tolérance religieuse fait également partie de la pratique des pouvoirs publics. La Côte d’Ivoire est certes un État laïc, mais des fonctionnaires sont souvent désignés pour représenter l'État à des cérémonies religieuses et certaines écoles confessionnelles reçoivent des aides financières de l'État. Emploi. En 2012, la population active en Côte d’Ivoire est estimée à sur une population de . Le taux d'actif est alors de 65,1 %, soit . Au cours de cette même année, il est dénombré après les mesures de dégraissage de la fonction publique mises en œuvre une décennie plus tôt, en exécution de la politique d’ajustement structurel prescrite par le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale et ce, pour réduire l’impact des salaires sur le budget de l’État. Cet effectif qui a très peu varié au cours des dernières années laisse une place plus importante au secteur privé qui emploie quant à lui en 2002, contre en 1998, la baisse enregistrée étant la conséquence des crises à répétition que connaît le pays depuis 1999. De nombreuses entreprises ont fermé ou délocalisé leurs activités, notamment dans le gros domaine de l’industrie touristique, du transit et de la grosse banque. Les structures publiques ou privées, pourvoyeuses d’emplois salariés, ne peuvent toutefois absorber qu’une proportion relativement faible de la population en âge de travailler. Or, celle-ci connaît une augmentation en rapport avec la croissance démographique et la structure de la population ivoirienne, constituée d’un fort pourcentage de jeunes. Le nombre de sans-emplois (population en quête d’un premier emploi) et de chômeurs générés par la crise économique reste donc important et la question de l’emploi demeure en Côte d’Ivoire, un problème crucial de développement. L'une des solutions envisagées pour remédier au problème du chômage réside dans la diversification des emplois, par la création d’activités indépendantes génératrices de revenus, en complément des emplois salariés. Il est noté une multiplication des petits métiers et emplois précaires. Le secteur agricole, animé par avec 7,5 % de salariés, comprend 52 % de travailleurs indépendants, 40,2 % de travailleurs familiaux ; 0,3 % est constitué par d’autres intervenants. La population agricole représente 2/3 de la population ivoirienne active, avec 45 % de femmes plus actives dans le domaine maraîcher, pour 55 % d’hommes plus présents dans l’agriculture d’exploitation. Le secteur informel présente également un certain dynamisme et concerne tant l’agriculture, les services que l'industrie. Il occupe en 2002, contre en 1995, soit une augmentation de 142 % en . Cette forte croissance est due à la politique d’auto-emploi prônée par le gouvernement ivoirien depuis le début de la crise économique, mais également à la saturation du marché du travail salarié. En dépit de ces évolutions jugées positives, le taux de chômage reste élevé. En 2002, il représente 6,2 % de la population active, soit sur une population active de . Conflits fonciers, habitat et environnement. La forte poussée démographique dans les zones forestières, propices au développement des cultures d’exportation que constituent le café et le cacao, n’est pas sans conséquence sur l’évolution des zones d’accueil. Le couvert forestier et les terres arables connaissent une réduction rapide et importante, due à l’exploitation massive. La pression s’accroît inévitablement autour des terres disponibles, entraînant des conflits entre autochtones et allogènes issus d’autres régions du pays, mais également entre autochtones et étrangers. Plusieurs régions du pays sont concernées par ces conflits, qui mettent souvent à mal la cohésion sociale. Ils font, dans la quasi-totalité des cas, l’objet de résolution pacifique, grâce à l’implication des autorités administratives, politiques et coutumières. Dans certaines régions de la Côte d'Ivoire, la femme n'a pas accès à la propriété foncière selon la coutume. Dans ces mêmes zones, la forêt est l’une des principales victimes de la croissance démographique du pays. Elle subit des agressions multiples dues à la mutation du mode de production agricole évoluant d'une agriculture de subsistance vers des cultures commerciales ou pérennes, dévoreuses de terres et d’arbres, mais également défavorables à la biodiversité. Le surpeuplement des zones urbaines dû aux migrations de populations depuis les campagnes, affecte également l’environnement dans les villes. Les actions des autorités décentralisées se révèlent inefficaces face aux problèmes liés à l’hygiène et la salubrité publique en zone urbaine. Abidjan, capitale économique du pays, croule sous le poids des ordures ménagères et doit faire face à une pollution de l'air et des eaux lagunaires. Un ministère chargé de la salubrité et de la ville a été spécialement créé en avril 2007, pour aider à la résolution de ce problème qui se pose dans un contexte de déficit de logements. Dans les grandes agglomérations urbaines, l’offre d’habitats à loyers modérés demeure nettement en deçà des besoins exprimés. La situation précaire de nombreux immigrés, la guerre et l’exode des populations fuyant les zones de conflits ont conduit à la prolifération des bidonvilles, caractérisés par des habitats insalubres notamment à Abidjan et dans sa banlieue. Problèmes sociaux et ONG. Le mouvement associatif, marqué au début des années 1990 par un accroissement rapide du nombre des Organisations non gouvernementales (ONG) connaît à nouveau une recrudescence depuis le déclenchement de la crise armée en septembre 2002. L'action des ONG couvre des domaines variés de la vie sociale tels la sensibilisation et le soutien aux personnes vivant avec le VIH-SIDA, l’aide aux victimes de la guerre, l'encadrement des orphelins ou des enfants de la rue, l'aide aux femmes battues. Certaines associations mènent plutôt des actions à caractère politique, orientant leurs opérations vers le soutien aux formations politiques, la défense des droits de l'homme ou l'animation d'espaces de discussion de rue. Considérées par les citoyens comme des recours fiables contre les dysfonctionnements des programmes sociaux et politiques mis en œuvre par le gouvernement, ces organisations essaiment l'ensemble du territoire national et semblent traduire une certaine vitalité de la société civile ivoirienne. Toutefois, une observation de la vie des associations révèle, pour certaines d'entre elles, que la perspective de financements et d'appuis matériels intérieurs ou extérieurs, constitue la principale motivation. Des cas d’extorsion de fonds et d’escroquerie ont pu être enregistrés. Criminalité. La Côte d'Ivoire, avec 56,9 meurtres pour , arrive troisième au niveau mondial juste derrière le Honduras et le Salvador et en tête de l'Afrique pour le taux de meurtres. Des données que n'explique pas uniquement la crise post-électorale des premiers mois de 2011. Ce nombre d'homicides aurait depuis beaucoup diminué avec un taux de 10,4 pour en 2012. Ce taux est remonté à 11,63 en 2015. Culture. La Côte d'Ivoire est membre de l'Organisation internationale de la francophonie. De plus, les villes d'Abidjan, Bouaké, Grand-Bassam, Yamoussoukro de même que l'Union des Villes et Communes de Côte d'Ivoire sont membres de l'Association internationale des maires francophones. Littérature. La Côte d’Ivoire présente une littérature abondante, riche de sa diversité de style et de ses proverbes, soutenue par des infrastructures éditoriales relativement solides et des auteurs de différentes notoriétés. Les plus célèbres de ces auteurs sont Bernard Dadié, journaliste, conteur, dramaturge, romancier et poète qui domine la littérature ivoirienne dès les années trente, Aké Loba ("Kocoumbo, l'étudiant noir", 1960) et Ahmadou Kourouma ("Les Soleils des indépendances", 1968) qui a obtenu le Prix du Livre Inter en 1998 pour son ouvrage devenu un grand classique du continent africain "En attendant le vote des bêtes sauvages". À ceux-ci s'ajoute une deuxième génération d'auteurs de plus en plus lus dont Véronique Tadjo, Tanella Boni, Isaie Biton Koulibaly, Maurice Bandaman, Camara Nangala...Une troisième génération se signale déjà avec des auteurs tels que Sylvain Kean Zoh ("La voie de ma rue", 2002) et ("Le printemps de la fleur fanée", 2009) ou Josué Guébo ("L'or n'a jamais été un métal", 2009) et ("Mon pays, ce soir", 2011). Bande dessinée. Le neuvième art ivoirien est caractérisé par plusieurs genres : réaliste, semi-réaliste, humoristique, science-fiction, etc. L'humour est le plus prisé par les Ivoiriens. Les thèmes abordés par les auteurs ont trait à leur vécu quotidien. Les faits comme le chômage, le banditisme, la pauvreté, le système D (débrouillardise), l’infidélité sont traités sur un ton léger. Les auteurs qui animent cet univers culturel ivoirien sont nombreux : Gilbert G. Groud, Marguerite Abouet (scénariste), Benjamin Kouadio, Lassane Zohoré, Lacombe, Bertin Amanvi, Hilary Simplice, Kan Souffle, Jess Sah Bi, Atsin Désiré... Les personnages ivoiriens de bande dessinée sont Cauphy Gombo, John Koutoukou, Tommy Lapoasse, Zézé, Dago, Sergent Deutogo, Jo Bleck, Les sorcières, Petit Papou... Le journal satirique Gbich, fondé par le caricaturiste, Zohoré Lassane, est pour beaucoup dans la vulgarisation de ce médium qu'est la bande dessinée en Côte d'Ivoire. Arts visuels. Arts traditionnels. L'art ivoirien se caractérise par de nombreux objets usuels ou culturels (ustensiles, statues, masques, etc.) réalisés dans diverses matières et dans diverses parties du pays par chacun des groupes culturels qui témoigne de son art de vivre par ses réalisations. Ainsi, des matériaux tels le bois ou le bronze, le raphia ou le rotin ou encore le bambou permettent la réalisation de vanneries, sculptures, meubles d’art, statues et masques. Les masques Dan, Baoulés, Gouros, Guérés et Bétés sont les plus connus. L’art du tissage est également partagé par les Baoulés et les Sénoufos qui sont en outre reconnus pour leur peinture sur tissu. Des figurines de cuivre servant autrefois à peser l’or sont aujourd'hui utilisées comme ornementation, particulièrement dans l'aire culturelle Akan. Mais la danse, soutenue par une variété d'instruments de musique (tam-tams, balafons), reste une pratique largement partagée par tous les peuples ivoiriens traditionnels. Certaines danses ont acquis une célébrité nationale : le Temate de Facobly, la danse des échassiers de Gouessesso et Danané, le Boloye du pays sénoufo, le Zaouli du pays gouro. Il convient également de citer les poteries artistiques fabriquées notamment par des femmes, et entièrement réalisées à la main. Les poteries de Katiola sont les plus célèbres du pays. Ce patrimoine culturel est abondant et disponible. De nombreuses œuvres traditionnelles (surtout les sculptures) sont vendues aux touristes de passage dans les villes balnéaires comme Grand-Bassam ou Assinie. D'autres encore sont exposées dans des galeries d'art ou au musée des civilisations d'Abidjan. Peinture. Des peintres tels que Gilbert G. Groud ou Michel Kodjo exposent fréquemment des œuvres de notoriété. Cinéma. Le cinéma ivoirien compte des réalisateurs comme Désiré Ecaré, Philippe Lacôte. Musique. La musique ivoirienne revêt deux aspects : la musique traditionnelle et la musique moderne. Les grandes villes. Voici la liste des plus grandes villes de Côte d'Ivoire de plus de , selon les données du recensement de 2021 du gouvernement ivoirien. On y denombre 44. Patrimoine architectural. La Côte d’Ivoire possède une grande variété de monuments historiques. Grand-Bassam, première capitale de la Côte d’Ivoire, abrite le palais du Gouverneur, siège du premier gouvernement à la colonie des Français à la république de Côte d’Ivoire, préfabriqué en France, avant d'être reconstruit et amélioré en Côte d’Ivoire en 1893. La ville compte également au nombre de ses bâtiments pittoresques de style colonial, la maison Varlet et la maison Ganamet appartenant à l'époque à de riches commerçants et dont l'architecture intègre des matériaux locaux de construction. À Abidjan, la cathédrale Saint-Paul présente une architecture très particulière et contient deux pans entiers de vitraux représentant l'arrivée des missionnaires en Afrique. À Yamoussoukro, la basilique Notre-Dame-de-la-Paix de Yamoussoukro inaugurée et consacrée par le pape en 1990, est une réplique de la basilique Saint-Pierre de Rome et peut accueillir, dans sa partie centrale dont , debout sur son parvis et plus de debout dans l'espace compris entre les colonnes de son esplanade. Elle est d'autre part considérée comme l'un des édifices religieux les plus grands et les plus vastes au monde, respectivement en termes de hauteur et de superficie , et a nécessité environ de dollars pour sa construction. Mais le bâtiment de la Fondation Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix est également remarquable. Dans le nord du pays, des édifices religieux musulmans de style soudanais caractérisés par un type d'architecture introduit dans l'Empire du Mali au sont également remarquables. Les plus significatifs sont la mosquée de Kaouara (département de Ouangolodougou), la mosquée de Tengréla, la mosquée de Kouto, la mosquée de Nambira (sous-préfecture de M'Bengué), les deux mosquées de Kong ayant, selon les spécialistes, une triple valeur architecturale, historique et patrimoniale. Sports. De nombreuses disciplines sportives sont pratiquées dans le pays. Des possibilités diverses de pratique de golf existent avec les terrains de golf d’Abidjan, de Yamoussoukro et de San-Pédro qui offrent quatre parcours de 9 à 18 trous. Chaque année un open international doté du prix Félix Houphouët-Boigny est organisé et enregistre des participants de notoriété. Les plans d’eau lagunaires et la mer offrent aussi de véritables possibilités sportives dont notamment la pêche sportive, la plongée et la chasse sous-marine, le surf, la voile, la planche à voile, le canoë-kayak ou encore le beach-volley. L’équitation ainsi que les sports mécaniques (rallye du Bandama, moto-cross) sont également pratiqués dans le pays. Le handball, le basket-ball, le volley-ball, le rugby, l'athlétisme et le tennis figurent parmi les disciplines sportives également pratiquées en Côte d’Ivoire. Cependant, le football reste le sport roi en Côte d’Ivoire. Néanmoins la plupart des clubs professionnels font face à des difficultés financières. Ce sport populaire jusque dans les contrées les plus profondes du pays est largement pratiqué. Chaque ville et même chaque quartier organise ses propres tournois de "maracana "(Il faut souligner au passage que la Côte d'Ivoire a une équipe nationale de Maracana qui a été championne à la Coupe d'Afrique des Nations de Maracana en 2012 et 2013). La Fédération ivoirienne de football organise et encadre la discipline dominée à l'échelon national par les équipes de l'Africa Sports National et l'ASEC Mimosas dans le temps. Mais depuis deux ans, le Séwé Sport de San Pédro règne sur le championnat national. De nombreux footballeurs évoluent hors du pays dans des formations sportives prestigieuses. Ils sont pour la plupart, sélectionnés dans l'équipe nationale – les Éléphants – lors des compétitions sportives internationales. Autrefois emmenés par des joueurs comme Ben Badi, Gadji Celi et Alain Gouaméné, les Éléphants connaissent également un franc succès avec la génération Didier Drogba qui a notamment été la première à avoir été qualifiée pour la Coupe du monde de football 2006. Le paysage médiatique est animé par les organes audiovisuels, la presse écrite, les organes de régulation de la profession, en l'occurrence la Commission nationale de la presse remplacée en 2004 par le conseil national de la presse (CNP) et le Conseil national de la communication audiovisuelle (CNCA) et un organe d'autorégulation : l'Observatoire de la liberté de la presse, l'éthique et de la déontologie (OLPED). Depuis 1991, les médias en Côte d’Ivoire sont régis par la loi. La Radiodiffusion télévision ivoirienne (RTI) est l'organisme de diffusion radiophonique et audiovisuel de l'État ivoirien. Elle est financée par la redevance, la publicité et des subventions. Elle comporte deux chaînes de télévision et deux stations de radio : La Première, généraliste ; TV2, thématique dédiée au divertissement en majorité et émettant dans un rayon limité à autour d'Abidjan ; Radio Côte d'Ivoire, généraliste ; Fréquence 2, chaîne de divertissement ; Radio Jam, première radio privée du pays ; Africahit Music TV. Des journaux de diverses audiences paraissent également principalement à Abidjan. Hormis les journaux du Groupe Fraternité Matin (Presse d'État, , quotidien), la quinzaine d'autres titres est détenue par des entreprises privées. Musique. La musique ivoirienne comporte plusieurs courants qui peuvent se répartir entre les précurseurs (Ziglibithy, Gbégbé, Lékiné...), ceux de seconde génération (Zouglou, Meiway, Mapouka, Youssoumba...) et les courants modernes (coupé-décalé). Elle intègre également de nombreuses danses. Les animateurs des courants précurseurs sont, pour les plus connus : Amédée Pierre, roi du Dopé (nom bété du rossignol), Allah Thérèse, Tima Gbahi, Guéi Jean, Zakry Noël, n-zi (r&b). Les moins traditionalistes sont Anouman Brou Félix, Mamadou Doumbia, François Lougah, Ernesto Djédjé et Justin Stanislas. Une vague d’artistes modernes peut être citée. Il s’agit pour le reggae, de Alpha Blondy, Tiken Jah, Ismaël Isaac, Serges Kassi, Fadal Dey ; pour le zouglou : Serges Bilé, Yodé et l’enfant siro, Magic System, Soum Bill, Espoir 2000, pour le Youssoumba, Aboutou Roots ; pour la musique mandingue, de Aïcha Koné, Mawa Traoré, Kandet Kantet, Affou Kéïta ; pour la musique des Disc-Jockeys, de Douk Saga, La Jet Set, DJ Arafat, Debordo Leekunfa, DJ Lewis, Don Mike le Gourou, DJ Jacob et bien d'autres ; pour les variétés, de Meiway, Les Reines-Mères avec Werewere Liking et N'serel Njock, Bailly Spinto, Johnny La Fleur, Luckson Padaud, Betika, Affo Love, Mathey, Tiane, Nigui Saff K-Dance, Sothéka, Alain de Marie, Joëlle-C ; pour le jazz, Luc Sigui, Paco Sery, et Isaac Kemo saxophoniste talentueux, pour la musique religieuse, de Schékina, O’Nel Mala, Pasteur Adjéi, Constance, les frères Coulibaly... et pour la musique sentimentale, de Daouda Frost. RTI Music Awards récompense les meilleurs artistes ivoiriens et africains de l'année. Ce trophée est décerné par la RTI. Cinéma, théâtre et télévision. Le genre théâtral est dominé par la troupe panafricaine du centre culturel Ki-Yi Mbock de Werewere Liking et de nombreux humoristes dont Digbeu Cravate, Zoumana, Adjé Daniel, Gbi de Fer, Jimmy Danger, Doh Kanon, Adrienne Koutouan, Marie Louise Asseu, Adama Dahico, Bamba Bakary et le duo Zongo et Tao qui, tous, se produisent à la fois dans les salles de spectacles, à la télévision et dans des films. Le cinéma ivoirien, depuis l'avènement du numérique, a connu, dès 2004, de nouvelles sorties de films comme "Coupé-décalé" de Fadiga de Milano, "Le Bijou du sergent Digbeu" de Alex Kouassi, "Signature" de Alain Guikou ou "Un homme pour deux sœurs" de Marie-Louise Asseu. Actuellement on assiste à la sortie d'un film tous les trois mois en moyenne. Ces films connaissent souvent des défauts techniques (image ou son), mais leur rythme de production représente, grâce au numérique, un nouveau départ pour le cinéma ivoirien. Le Marché des arts du spectacle africain (MASA) créé en 1993 par l’Organisation internationale de la francophonie, est devenu depuis mars 1998 un programme international de développement des arts vivants africains. C'est un projet artistique panafricain comprenant un marché de spectacles, un forum de professionnels et un festival qui se déroule à Abidjan tous les deux ans. Faya Flow est le plus grand concours de hip hop de Côte d'Ivoire. Il est organisé depuis 2005 par l’association Jeunesse Active de la Culture Hip hop (JACH, lu « jack »). Consacrant l’usage de la parole, du corps, et de la scène ; notamment à travers les chants et textes poétiques, la danse et la chorégraphie, ce concours révèle le potentiel artistique des talents en herbe qui sont par la suite récompensés et encouragés. La série télévisée "Ma famille" a rencontré un large public dans toute la sous-région. Relations internationales. En Afrique, la diplomatie ivoirienne a privilégié l'option d'une coopération par paliers. Elle forme, en 1959, le Conseil de l'Entente avec le Dahomey (Bénin), la Haute-Volta (Burkina Faso) le Niger et le Togo ; en 1965, l’Organisation commune africaine et malgache (OCAM) ; en 1972, la Communauté économique de l’Afrique de l’Ouest (CEAO) ; et en 1975 la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO). Membre fondateur de l’Organisation de l'unité africaine (OUA) en 1963, puis de l’Union africaine en 2000, la Côte d’Ivoire y défend le respect de la souveraineté des États ainsi que le renforcement de la coopération et de la paix entre les pays africains. Dans le monde, la diplomatie ivoirienne milite pour des relations économiques et commerciales équitables, notamment la juste rémunération des productions agricoles et la promotion de relations pacifiques avec tous les pays. La Côte d’Ivoire entretient de ce fait des relations diplomatiques avec de nombreux pays d'Afrique et du monde. Elle a notamment signé la Convention relative au statut des réfugiés, son protocole de 1967, et la Convention de 1969 gouvernant les aspects spécifiques des problèmes du réfugié en Afrique. Ses représentations diplomatiques à l'étranger sont installées sur tous les continents et ce pays, membre de l'ONU, entretient des rapports plus ou moins étroits avec plusieurs nations. Relations avec la Chine. Selon Xavier Aurégan, doctorant à l'Institut français de géopolitique, de 1983 à 2013, 174 projets de coopération (aide publique au développement) et investissements chinois ont été réalisés en Côte d'Ivoire. Sur ces 174 projets, 112 représentent environ d'euros. Le projet le plus coûteux est le pôle urbain à Abidjan ( d'euros). En outre, les infrastructures constituent 86 % de l'aide publique chinoise. La majorité de cette dernière fut accordée durant la crise politique ivoirienne entre 2002 et 2010, soit, 69 % ( d'euros) sous la présidence de Laurent Gbagbo. À Abidjan, les ressortissants chinois sont environ . Ils exercent principalement dans le commerce, à Adjamé, ou la restauration, à Cocody. Ils ont créé environ . En 2022, la Chine accorde des bourses pour aider a la scolarisation d'élèves ivoiriens. Ordres et décorations. Ordres nationaux (2) : Ordres ministériels/spécifiques (10) :
Croatie La Croatie, en forme longue la république de Croatie, et , est un pays d'Europe centrale et du Sud, indépendant de la Yougoslavie depuis sa violente dislocation en 1991. Sa capitale est Zagreb, la ville la plus peuplée du pays, qui compte plus de . La Croatie est membre de l'Union européenne depuis le , de l'OMC depuis 2000 et de l'Otan depuis 2009. Elle a intégré la zone euro et l'espace Schengen le . Le pays s'étend depuis les confins de l'extrémité orientale des Alpes au nord-ouest et depuis les plaines pannoniennes au nord-est, jusqu'au littoral de la mer Adriatique au sud-sud-ouest, en passant par le massif montagneux des Alpes dinariques au centre. La Croatie est entourée par la Slovénie au nord, la Hongrie au nord-est, la Serbie à l'est, la Bosnie-Herzégovine au sud-est et le Monténégro à l'extrême sud-est et par la mer Adriatique à l'ouest. Histoire. La Croatie fut, tout au long de son histoire, au carrefour de quatre grands espaces culturels, ce qui confère une richesse à son patrimoine, tant architectural qu'artistique. Outre le caractère slave de ses habitants qui remonte à la fin du , la Croatie a subi les influences vénitiennes sur la côte dalmate d'une part, et les influences austro-hongroises dans les plaines du Nord de Slavonie et dans le bassin du Danube d'autre part. Cet héritage vient se superposer à celui préroman — romain et byzantin — plus diffus mais auquel elle doit sa tradition chrétienne. Le voisinage immédiat de l'Empire ottoman, du au , dont l'expansion s'est arrêtée en terre croate, a également eu son importance. Premier peuple slave christianisé, dès le début du , les Croates sont encore aujourd'hui très majoritairement catholiques. La Croatie contemporaine est également l'héritière du royaume croate médiéval, d'abord indépendant puis associé en 1102 à la couronne hongroise puis intégré, en 1527, aux terres des Habsbourg, devenues l'Autriche-Hongrie de 1867 à 1918. Au début du , la province côtière de Dalmatie devint vénitienne pour quatre siècles, puis française de 1809 à 1814, au sein des Provinces illyriennes qui mirent fin à la république de Raguse. Les Croates aspirèrent à la formation d'un royaume de Croatie-Slavonie-Dalmatie, dans le cadre de la monarchie austro-hongroise, mais l'accord austro-hongrois de 1867 laissa le royaume de Dalmatie à l'Autriche, tandis que le royaume de Croatie-Slavonie demeura en union personnelle avec la Hongrie, relation spécifique respectant les subjectivités politiques des deux royaumes, et comparable au lien unissant l'Écosse et l'Angleterre. La côte adriatique a longtemps été peuplée de colons italiens qui érigeront des villes en républiques indépendantes avant de se soumettre à Venise. Néanmoins ces Latins resteront principalement sur les côtes, s'aventurant peu à l'intérieur des terres peuplées de Slaves. Si les Croates ont toujours lutté, depuis la fin du , pour conserver leur autonomie, le sentiment panslave et yougoslave s'y développa à partir des années 1830. Le voit, pour la première fois, la Croatie unie à ses voisins slaves. De 1918 à 1941, c'est sous la forme d'un royaume centralisé sous le sceptre d'une dynastie serbe, au sein du royaume des Serbes, Croates et Slovènes, renommé royaume de Yougoslavie le . Dans les années qui suivent la Première guerre mondiale, de 1918 à 1921, la Croatie est au bord de la révolution sociale : les grèves ouvrières se multiplient, des comités de déserteurs tiennent des régions entières de Dalmatie et de Slavonie, et le Parti communiste triomphe aux élections municipales de 1920, ce qui lui vaut d’être aussitôt interdit. En 1941, après l'invasion de la Yougoslavie par les forces de l'Axe, l'État indépendant de Croatie est mis en place par les envahisseurs et confié au mouvement indépendantiste et fasciste des oustachis, dirigés par Ante Pavelić. Les collaborateurs mettent en place une politique de persécution des populations serbes et juives et des résistants antifascistes croates, qui causa des dizaines de milliers de morts. Par rapport à la Croatie actuelle, cet État était amputé d'une partie de la Dalmatie et de l'Istrie (annexées par l'Italie), mais englobait la quasi-totalité de la Bosnie-Herzégovine. Parallèlement, et à la suite de l'insurrection antifasciste du, a été mis en place un (ZAVNOH). Véritable gouvernement de la « Croatie libre » contrôlant de vastes portions de l'État indépendant de Croatie, il rassemble la résistance croate au sein des partisans de Josip Broz Tito. De ce fait, concomitamment à la retraite allemande, la Croatie est libérée en 1945 par les Serbes de Croatie et de Bosnie qui formaient 90 % de l'armée des partisans et seront pour la plupart amenés à soutenir ou à rejoindre les Partisans après avoir été chassés de leur maison par les Oustachis. Dès novembre 1943, les partisans annoncent leur projet de mettre en place une nouvelle Yougoslavie qui serait fédérale. La république socialiste de Croatie devient un État fédéré au sein de la république fédérative populaire de Yougoslavie (de 1945 à 1963), puis de la république fédérative socialiste de Yougoslavie (de 1963 à 1990), composées de six républiques. Dans la foulée de la chute du mur de Berlin et de l'effondrement du bloc communiste, les premières élections multipartites de Croatie sont organisées en avril-mai 1990. Elles voient la défaite de la Ligue des communistes de Croatie et la victoire du parti clandestin et nationaliste qu'est l'Union démocratique croate, emmenée par l'ancien-communiste, dissident et négationniste, Franjo Tuđman. À partir d'août 1990, une rébellion armée conduite par des citoyens yougoslaves majoritairement serbe éclate dans des régions yougoslaves majoritairement peuplé de Serbes : de vastes zones du territoire yougoslave sont soustraites au contrôle des séparatistes croates, avec l'appui de l'armée yougoslave qui s'interpose en protégeant les citoyens yougoslaves. Une République serbe de Krajina est proclamée le sur près d'un tiers du territoire yougoslave, et son maintien au sein de la Yougoslavie est proclamé le . Le , les premières rixes armées éclatent dans le Parc national des lacs de Plitvice avec leur annexion par la Région autonome serbe de Krajina : deux citoyens yougoslaves et un séparatiste croate sont tués. Puis, lors de la bataille de Borovo Selo, douze séparatistes croates et trois soldats yougoslaves sont tués. Ce sont les premiers morts de la guerre qui va suivre, le , le dernier président de la Youglosavie, Stjepan Mesić, quitte ce poste pour prendre part à la présidence fédérale de la RFS Yougoslavie, en tant que vice-président. Le plus de 94 % des Croates se prononcent par référendum en faveur de la transformation de la Yougoslavie en confédération d'États souverains (proposition slovéno-croate), ou, en cas de refus de Belgrade, de l'indépendance pure et simple de la Croatie. Belgrade ayant rapidement rejeté toute proposition visant à démocratiser la fédération yougoslave, le la Croatie est amenée, tout comme la Slovénie, à déclarer son indépendance. Le gouvernement fédéral yougoslave ne reconnut pas cette déclaration et, au nom de la préservation de l'État fédéral et de la minorité serbe de Croatie, mena une guerre avec l'armée yougoslave et des groupes paramilitaires serbes. La Croatie fut reconnue internationalement le . La nouvelle armée croate mena des opérations contre les forces de la République serbe de Krajina soutenues par l'Armée populaire yougoslave (JNA), notamment en 1995, les opérations Éclair ("Operacija Bljesak") en Slavonie occidentale et l'opération Tempête ("Operacija Oluja") pour reconquérir la République serbe de Krajina. Ces opérations militaires se sont accompagnées de l'exode de , principalement vers la Bosnie-Herzégovine et la Serbie, provoqué par l'évacuation forcée de la population civile ordonnée par les responsables séparatistes croates. La Slavonie orientale et la Syrmie occidentale furent rendues pacifiquement à la souveraineté croate, en 1998. L'élection du modéré Stjepan Mesić, en 2000, à la suite du décès de Franjo Tuđman qui avait dirigé le pays au cours des dix années précédentes, a constitué un tournant politique et économique majeur. Le pays s'est démocratisé et s'est ouvert sur l'Europe ; les auteurs d'exactions pendant les conflits militaires ont été poursuivis. Le pays a mené une politique de privatisations et s'est ouvert aux investisseurs étrangers. Cela s'est fait, toutefois, avec de fortes résistances internes du fait de la présence de nationalistes extrémistes dans certaines structures de l'appareil d'État (défense) et dans certaines régions (Split). La Croatie s'est officiellement déclarée candidate, le , à l'adhésion à l'Union européenne et le statut d'État candidat lui a été reconnu officiellement lors du Conseil européen des 17–. L'ouverture des négociations d'adhésion avait, toutefois, été retardée jusqu'au du fait de la coopération jugée insuffisante de la Croatie, avec le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY), en ce qui concerne l'arrestation de l'ancien général Ante Gotovina finalement arrêté en , pour en fin de compte être acquitté en appel en 2012. Le pays a rejoint l'OTAN dès 2009, soit seulement onze ans après le départ du dernier casque bleu (de Slavonie orientale). Politique. La Croatie est une république parlementaire, démocratique et multipartite. Elle a déjà connu trois alternances depuis son indépendance, même si la décennie 1990–2000 a été dominée par l'Union démocratique croate (HDZ) et Franjo Tuđman. La déclaration d'indépendance a eu lieu en 1991. Le président de la république de Croatie ("Predsjednik") est le chef de l'État ; il est également le chef des armées et il a le devoir de désigner le président du gouvernement (le « Premier ministre ») avec l'accord du Parlement. Il a également une certaine influence sur la politique étrangère. Le président de la République est élu au suffrage universel direct pour un mandat de cinq ans, renouvelable une fois. Le Parlement croate, la Diète ("Sabor") est un Parlement monocaméral composé de ( dans dix circonscriptions, 10 par les minorités ethniques, 3 par la diaspora) élus pour une législature de quatre ans. Les sessions ordinaires se déroulent du 15 janvier au 15 juillet et du 15 septembre au 15 décembre. Le gouvernement croate ("Vlada") est dirigé par le président du gouvernement (couramment qualifié de « Premier ministre » dans les médias croates et étrangers) et se compose de vice-présidents et de ministres en nombre variable. Le pouvoir exécutif a la charge de proposer des lois et un budget, de veiller à l'application des lois et de guider la politique intérieure et étrangère. En 2000, le social-démocrate Ivica Račan devient président du gouvernement, tandis que Stjepan Mesić est élu président de la République, ce qui marque la première véritable alternance. Bien que la HDZ revienne au pouvoir dès 2003, le virage proeuropéen pris par son président, Ivo Sanader, marque une nouvelle alternance. Lors de l'élection présidentielle du 16 janvier 2005, Stjepan Mesić a été réélu au second tour pour un second mandat présidentiel face à Jadranka Kosor avec plus de 60 % des suffrages. Celle-ci a succédé à Ivo Sanader à la tête du gouvernement en 2009. La Croatie a obtenu, le , le statut de candidat à l'Union européenne et le Conseil de l'Union européenne a reconnu, le , qu'elle remplissait l'ensemble des conditions pour lancer les négociations d'adhésion. Ceci n'a été possible qu'après que le gouvernement croate a accepté de mieux coopérer avec le TPIY. La Croatie est également membre de l'OTAN. Elle a par ailleurs obtenu au Sommet de Ouagadougou en novembre 2004 le statut d'observateur au sein de l'Organisation internationale de la francophonie, malgré le faible nombre de personnes parlant le français. Le , la Croatie entreprend une élection présidentielle. Les résultats sont connus le , Ivo Josipović remporte le second tour avec 60,29 % des voix, contre le maire de Zagreb, Milan Bandić (39,71 %). Environ deux ans plus tard, aux élections législatives du 4 décembre 2011, une alliance de centre-gauche conduite par le Parti social-démocrate de Croatie (SDP) remporte la majorité absolue des sièges, permettant la nomination de Zoran Milanović comme président du gouvernement. L'élection présidentielle croate de 2014 – 2015 s'est déroulée les et . Au premier tour, le président sortant Ivo Josipović obtient 38,56 % des suffrages contre 37,08 % à Kolinda Grabar-Kitarović, ancienne ministre des Affaires étrangères. Au second tour, Kolinda Grabar-Kitarović est élue avec 50,4 % des voix contre 49,6 % à Ivo Josipović. L'élection présidentielle de 2019-2020 est remportée par Zoran Milanović le 5 janvier 2020 ; il prend ses fonctions le 18 février. La Croatie est réputée conservatrice et les personnes homosexuelles y sont exposées aux discriminations. Adhésion à l'Union européenne. Après la clôture de ses négociations d'adhésion à l'UE, le , le référendum du a donné le feu vert à l'intégration dans l'Union européenne. Le traité d'adhésion, que la Croatie et l'UE ont signé en décembre 2011, fut approuvé par le Parlement européen et ratifié par chacun des vingt-sept États membres et par le Parlement de Croatie, entérinant son adhésion à l'Union européenne, qu'elle intègre officiellement le . Le 12 juillet 2022, l'Union européenne valide l'adhésion de la Croatie dans le Zone euro dès le ; elle intègre le même jour l'espace Schengen. Le processus d'adhésion, qui a duré dix ans, a abouti le , faisant de la Croatie le , marquant une étape importante pour ce pays dont le PIB par habitant représente 61 % de la moyenne du continent, lui ouvrant la voie au marché commun européen et la poussant à renforcer ses exportations et son attractivité. Géographie. Géographie physique. La Croatie a une forme particulière semblable à un croissant ou un "fer à cheval", ce qui explique qu'elle ait des frontières avec de nombreux pays : la Slovénie au nord-ouest, la Hongrie au nord-est, la Serbie à l'est, la Bosnie-Herzégovine au sud-est, le Monténégro au sud-sud-est, et une frontière maritime avec l'Italie dans la mer Adriatique. Le bout de son territoire continental est divisé en deux parties non contiguës par le port de Neum en Bosnie-Herzégovine. Le relief est assez diversifié et comprend : Il y a plusieurs climats en Croatie. La partie nord-est du pays est de climat continental alors que le climat du littoral est de type méditerranéen, et que celui de la partie centrale et sud-est montagneux. Le pays contient huit parcs nationaux : trois en zone montagneuse (Paklenica, Plitvice, Risnjak) et cinq en zone côtière (Brijuni (Brioni), Mljet, Kornati, Krka, Parc national de Sjeverni Velebit) représentant une superficie de , soit 7,5 % du pays avec comme projet de doubler l'étendue des espaces protégés dans le cadre de parcs nationaux ou d'autres régimes de protection de l'environnement. La côte croate est très découpée si bien que la Croatie compte , et . sont habitées. Parmi les lacs de Croatie, Omladinsko jezero et les lacs de Plitvice sont remarquables. Le sommet le plus élevé en Croatie est le pic de Dinara, culminant à d'altitude. La Croatie est composée de cinq régions : L'Istrie : région proche de la Slovénie et de l'Italie. Un ferry relie l'Istrie à Venise. Cette région possède des villes connues pour leurs influences italiennes. Le Golfe du Kvarner : région qui comporte différentes îles, comme l'ile de Krk, connue comme étant une île sauvage. Zagreb et sa région : Zagreb étant la capitale de la Croatie, cette région est connue comme la Croatie centrale. La Slavonie : c'est la région la plus éloignée de la mer et la plus reculée de Croatie. La Slavonie est frontalière de la Hongrie, de la Serbie et de la Bosnie. Elle comporte une grande ville : Osijek La Dalmatie : cette région se trouve le long de la mer et correspond à une des plus grandes régions de Croatie. De nombreuses spécialités culinaires sont issues de la Dalmatie. Cette région comporte également plusieurs grandes villes connues comme Dubrovnik, Split et Zadar. Préservation de l'environnement. Réseau européen Natura 2000. Le réseau Natura 2000 rassemble des sites naturels ou semi-naturels de l'Union européenne ayant une grande valeur patrimoniale, par la faune et la flore exceptionnelles qu'ils contiennent. En décembre 2018, la Croatie comptait 779 sites dont : Géographie administrative. La Croatie est une république unitaire. L'organisation territoriale du pays comprend deux niveaux. Décentralisation et autonomie locale. Aux termes de l'article 4 de la Constitution, l'exercice des pouvoirs de l'État se trouve limité par l'autonomie accordée aux collectivités territoriales et régionales, définie au titre VI de la Constitution. En outre, à chaque niveau d'organisation territoriale (municipalité, villes, "županije") correspond un transfert de compétences de l'État vers le type de collectivité considérée, régi par la Loi sur l'autonomie locale du . Membre du Conseil de l'Europe, la Croatie est aussi signataire depuis 1997 de la Charte européenne de l'autonomie locale laquelle vise à garantir l'autonomie des collectivités territoriales. Les collectivités territoriales ont la charge de fonctions très variées et d'une importance primordiale pour la vie collective : Les comitats ou "županije" et les villes de plus de disposent, en outre, de compétences propres quant à : Les citoyens peuvent également prendre une part active dans les affaires de la collectivité locale par le biais de référendums locaux. Comitats ("županije"). Le comitat ou "Županija" est caractérisé par un territoire qui se veut le reflet d'une unité géographique, historique, économique, défini dans l'intention de favoriser le développement coordonné de la région dans son ensemble. La capitale, Zagreb, constitue à elle seule une "županija". De manière analogue au rôle rempli par le conseil municipal à l'échelon inférieur, l'assemblée régionale ("Županijska skupstina"), élue pour quatre ans, constitue l'assemblée représentative de la "županija" et règle par ses délibérations les affaires de celle-ci. L'assemblée régionale, composée d'un nombre impair de membres, compte de 31 à . Son président, élu parmi les conseillers régionaux, est secondé par deux vice-présidents. Au moins une fois par trimestre, le président ("predsjednik Županijske skupstine") convoque les sessions de l'Assemblée régionale, qu'il préside et représente. Ses autres prérogatives sont fixées par l'Assemblée régionale. L'assemblée régionale est compétente pour : Municipalités (communes) et villes. Les municipalités ou communes, au nombre de 423, comprennent généralement plusieurs localités habitées, dont le nombre sur l'ensemble du territoire croate s'élève à quelque . Elles comptent au maximum . Le statut de ville est attribué aux chefs-lieux des "županije", aux agglomérations de plus de et, à titre exceptionnel, aux cités qui peuvent y prétendre pour des raisons historiques, économiques, urbanistiques, etc. De statut comparable, les communes et les villes sont des municipalités. Les principales villes sont Zagreb, Split, Rijeka, Osijek, Zadar, Slavonski Brod, Pula, Karlovac, Varaždin, Šibenik, Sisak, Vinkovci, Velika Gorica, Dubrovnik. Conseils municipaux. Le conseil municipal est, aussi bien dans le cadre de la commune ("opcinsko vijece") que dans celui de la ville ("gradsko vijece"), l'assemblée représentative de la municipalité qui règle par ses délibérations les affaires de celle-ci. Élu pour quatre ans, il est composé d'un nombre impair de membres : Son président, élu parmi les conseillers municipaux, est secondé par deux vice-présidents. Au moins une fois par trimestre, le président ("predsjednik opcinskog vijeca / predsjednik gradskog vijeca") convoque les sessions du conseil municipal, qu'il préside et représente. Les autres prérogatives du président sont fixées par le conseil municipal. Le conseil municipal est compétent pour : Dans les municipalités de moins de , les fonctions relevant de l'exécutif municipal sont remplies par le Conseil municipal tandis que le président du conseil municipal exerce la fonction de maire. Autrement dit, une même personne exerce alors les fonctions de président du conseil municipal et de maire. En revanche, les communes de plus de , ainsi que les villes, disposent généralement d'un exécutif municipal propre ("Poglavarstvo") dont les membres, élus par le conseil municipal parmi ses membres, renoncent alors à leur mandat de conseillers municipaux (cette fonction étant incompatible avec l'appartenance à l'instance exécutive locale). Le maire, élu par le conseil municipal est, quant à lui, traditionnellement choisi parmi les têtes de liste des partis représentés. Il préside l'exécutif municipal, composé de membres également élus pour quatre ans. Toutefois, dans les communes de à , le conseil municipal a la possibilité de s'investir du droit d'exercer les fonctions d'exécutif municipal, en l'inscrivant dans le Statut municipal. L'exécutif, composé d'un nombre impair de membres, compte : L'exécutif municipal est en premier lieu chargé de : Économie. Le processus de transition d'un système d'économie planifiée vers une économie de marché a commencé à la fin des années 1980, mais la désindustrialisation et les dommages dus à la guerre d'indépendance ont ralenti cette mutation. Les privatisations commencées pendant la guerre d'indépendance ont été entachées de scandales politico-financiers. Le pays s'est engagé dans un vaste programme de reconstruction mené par le gouvernement : depuis 1996, la moitié du parc immobilier détruit a été rebâtie quasiment sans aide internationale, tandis que la croissance du PIB a atteint une moyenne de 6 %, et l'inflation annuelle moyenne sur cinq ans demeure inférieure à 4 %. Depuis la fin de la guerre, le pays connaît une croissance économique assez rapide. En 2022, le pays est classé en pour l'indice mondial de l'innovation. La situation macroéconomique de la Croatie est plutôt bonne, avec une inflation contenue (estimation 2005 : 3,3 %) et une croissance assez soutenue (2005 : 4 %), mais depuis 2009 suivie de quatre années de récession (prévision 2013 croissance négative -1 %). Le déficit public est important (2004 : 4,2 %, 2005 : 3,7 %, 2012 : 4,3 %). Le niveau de la dette externe est élevé (85 % du PNB) soit de $ par habitant, même si l'endettement public est plus modéré (65 % du PNB). La Croatie a conclu en août 2004 un accord avec le FMI, lui accordant un prêt de d'euros, sous réserve d'une réduction sensible du déficit budgétaire consolidé et d'une stabilisation de l'endettement externe. Il devrait être prolongé. La monnaie est la kuna. Les échanges extérieurs sont fortement déséquilibrés, le taux de couverture des importations n'étant que de 43 %. Les revenus engendrés par l'industrie du tourisme (17 % du PIB) compensent en partie le déficit de la balance commerciale. La balance des paiements croate est caractéristique de celle d'un pays en transition. La balance commerciale est très déficitaire mais le déficit des paiements courants n'est que de 5 % grâce à l'importance des revenus touristiques (officiellement le tourisme représente 25 % du PIB). Le PIB par habitant (2009) est de l'ordre de par habitant et de (soit 59,3 % de la moyenne de l'Union européenne) en termes de parité de pouvoir d'achat par habitant. La Croatie a une économie principalement fondée sur les services et un peu sur l'industrie légère. Le problème économique principal est un chômage structurel important (19 % en 2012). La poursuite des réformes structurelles est programmée. La BERD, la BEI et la Banque mondiale jouent un rôle essentiel dans le financement des projets et des entreprises. En remplacement de la kuna, la Croatie adopte l'euro comme monnaie officielle au . Peu après avoir adopté l’euro, le pays est confronté à une forte hausse des prix, notamment des denrées alimentaires, qui suscite la colère des citoyens et des groupes de protection des consommateurs. Démographie. Au dernier recensement (2021), la Croatie était peuplée de .La population de la Croatie est en lente diminution depuis la dernière décennie (de d'habitants en 2007 à en 2017). Le taux de natalité est faible (environ ) ; la transition démographique a été atteinte il y a environ cinquante ans. L'espérance de vie moyenne est d'environ (hommes : , femmes : , en 2005) et le taux d'alphabétisation est de 98,5 %, ce qui est assez élevé. En outre, le taux de fécondité était en 2006 de pour une mortalité infantile de . Depuis la fin des années 1990, ont émigré de Croatie. La population du pays a chuté de 9 % entre 2011 et 2021. Les inégalités, la corruption et le manque d’opportunités constituent les raisons principales expliquant ces départs. La Croatie est habitée principalement par les Croates (89,6 %). Il y a également une vingtaine de minorités, dont la plus grande sont les Serbes (4,5 % de nos jours, 12 % avant-guerre, selon le recensement de 1991), tandis que les autres ont moins de 0,5 % chacune. La religion principale est le catholicisme (87,8 %). Il y a aussi des minorités chrétiennes orthodoxes (4,4 %) et musulmanes sunnites (1,3 %). Toutes les autres religions ensemble couvrent moins de 1 % de la population. La langue officielle est le croate, une langue slave, qui utilise l'alphabet latin étendu par quelques signes diacritiques. Moins de 5 % de la population utilise une autre langue comme langue maternelle. L'italien est également langue officielle en Istrie, notamment dans les villes de Pola/Pula, Rovigno/Rovinj, Umago/Umag. Le droit à l'avortement est reconnu depuis la période communiste. Dans les faits toutefois, ce droit est remis en cause depuis plusieurs années sous la pression de l’Église catholique, proche du gouvernement conservateur du parti HDZ. En 2019, 59 % des praticiens invoquaient la clause d'objection de conscience, le plus souvent pour des raisons religieuses, pour refuser de pratiquer un avortement. Langues. La langue officielle de la Croatie est le croate qui est une langue du groupe méridional des langues slaves, de la famille des langues indo-européennes. Même si les linguistes utilisent le terme de "serbo-croate" (peu à peu remplacé par BCMS) pour définir la langue parlée en Croatie, en Bosnie-Herzégovine, en Serbie et au Monténégro, officiellement le "serbo-croate" n'existe plus, chaque pays nommant sa langue "croate", "bosniaque", "serbe" ou "monténégrin". Il n'y a pas d'isoglosse entre ces langues (les locuteurs se comprennent, sans faire appel à un traducteur dans la plupart des cas), leur définition est historique et politique. En revanche, il y a des différences de lexique (certains mots, certaines conjugaisons ou déclinaisons varient) et une différence d'alphabet : il est latin en Croatie et dans la fédération de Bosnie-Herzégovine, tandis qu'en Serbie, au Monténégro et dans la République serbe de Bosnie cohabitent les alphabets cyrillique et latin. L'anglais est beaucoup parlé par les plus jeunes, surtout dans les secteurs du tourisme et du commerce, et l'italien est tout aussi présent, surtout vers la côte dalmate où il est même la langue officielle de quelques municipalités à égalité avec le croate, mais aussi dans le reste du pays. Pour des raisons historiques, l'allemand est aussi parlé (la Croatie est une ancienne région de la monarchie austro-hongroise, et aussi, l'allemand est une langue pratiquée par une partie de la diaspora croate qui travaille en Allemagne et en Autriche). Le hongrois, lui, est parlé dans les régions de l'Est de la Croatie en Baranya. Culture. La Croatie s'est associée à la candidature de la diète méditerranéenne à la liste du patrimoine culturel immatériel en 2013. Les vertus de la cuisine croate pour la santé avaient été observées dans les années 1960 en Dalmatie dans le cadre de l'étude des sept pays. Religions. Le catholicisme est la religion la plus répandue en Croatie avec 87,8 % de la population qui se déclare catholique. Cependant la plupart des autres religions sont présentes sur le sol croate dont certaines comme l'orthodoxie, le judaïsme ou l'islam. Sport. La Croatie est vice-championne du monde de football en 2018. L'audience de la finale a cumulé de téléspectateurs. Le , l'équipe de tennis de Croatie remporte la finale de la Coupe Davis face à la France tenante du titre 3-1, c'est la seconde fois qu'elle remporte cette compétition de son histoire. Le combattant Mirko Filipović surnommé Mirko Cro cop (contraction de Croatian Cop, du fait de son passé de policier et de ses origines Croate) est une légende du K-1 et des arts martiaux mixtes, et a par ailleurs exercé la fonction de député durant un mandat Découvertes. Plusieurs scientifiques et inventeurs proviennent de Croatie. Tourisme. Importance économique du tourisme. Le tourisme est une source de revenus importante, grâce à la beauté du pays et des diverses activités culturelles et de loisirs. La Croatie, qui ne compte que d'habitants, a reçu de touristes en 2017. Le tourisme représentait 18,4 % du PIB en 2018. Cependant, "Le Courrier des Balkans" indique que « le poids réel du secteur est encore bien plus élevé, si l’on prend en compte les revenus de l’économie grise, des jobs au noir, des chambres et des appartements loués sur la côte sans être déclarés, ce qui fait de la Croatie le pays européen le plus dépendant de la mono-activité touristique ». Dès le début des années 2000, le Fonds mondial pour la Nature (WWF) avait souhaité l'émergence en Méditerranée du tourisme durable, en estimant qu'au cours des vingt prochaines années, un groupe de pays méditerranéens comme le Maroc, la Tunisie, la Grèce, la Turquie et la Croatie, subiront une montée du tourisme étranger, totalisant environ 350 millions de visiteurs par an, avec de plus en plus de constructions sauvages et non concertées d'hôtels, stations balnéaires et villages de vacances. Il avait appelé l'industrie du tourisme à adopter et encourager des pratiques plus responsables afin de renverser la vapeur en défendant des programmes de développement écologiques et en sensibilisant la clientèle au respect de l'environnement. Codes. La Croatie a pour codes :
Clié Le Clié (acronyme de "") est un assistant personnel de marque Sony. Il utilise une version modifiée du système Palm OS permettant d'utiliser des fonctions multimédia (telles que "jog-wheel", slot Memory-Stick, lecture MP3, vidéo, affichage haute résolution ...). À l'été 2004, Sony annonce son intention d'arrêter la production de sa gamme PDA pour le monde entier (hors Japon) et au printemps 2005, Sony annonce la fin définitive de la ligne Clié. Les derniers modèles sortis furent les TJ-27, TJ-37 et TH-55. Au Japon ce fut le VZ-90
Contre-culture Une contre-culture, aussi orthographié contreculture, est un mouvement culturel contestataire. Il peut en exister plusieurs simultanément au sein d'une même société<ref name="www.futura-sciences.com/philosophie/la-culture-reflet-dun-monde-polymorphe_227"></ref>. Étymologie et usages. Ce néologisme est généralement attribué au sociologue Theodore Roszak, qui publia en 1969 "". On trouve cependant le terme « contraculture » sous la plume de en 1960 dans la American Sociological Review éditée par l'association américaine de sociologie. Yinger publiera en 1982 "Countercultures: The Promise and Peril of a World Turned Upside Down". Dans les "Cultural Studies", une contre-culture se définit comme une sous-culture partagée par un groupe d'individus se distinguant par une opposition consciente et délibérée à la culture dominante. Pourtant, selon le sociologue britannique Dick Hebdige «aucune sous-culture n’échappe au cycle qui mène de l’opposition à la banalisation, de la résistance à la récupération ». On ne peut définir le terme de contre-culture, sans se référer à la polysémie du concept de culture, c'est-à-dire comme « l'ensemble des connaissances, des savoir-faire, des traditions, des coutumes, propres à un groupe humain, à une civilisation. Elle se transmet socialement, de génération en génération et non par l'héritage génétique, et conditionne en grande partie les comportements individuels ». Si la culture populaire se réfère à la tradition, à l’héritage, le terme contre-culture se définirait plus comme un phénomène émergeant d'une opposition à la culture dominante, formée d’éléments de la culture populaire. Pour Roszak, la contre-culture se base sur des principes rejetant la « culture typique » ou la « culture majoritaire » grâce à un ensemble de valeurs, de codes, de manifestations culturelles et artistiques. Le terme « contre-culture » désigne l’ensemble des cultures « alternatives » des jeunes de la classe moyenne – les hippies, les « flower children », les yippies – émergées au cours des années 1960 et ayant connu leur apogée pendant la période 1967-1970. Comme le soulignent Hall et al. (1976), la contre-culture peut être distinguée des sous-cultures [...] par la forme explicitement politique et idéologique de son opposition à la culture dominante (intervention politique, philosophie cohérente, rédaction de manifeste), par la création d’institutions « alternatives » (presse underground, communes, coopératives, boulots alternatifs). Critiques du concept. Le concept a été soumis à un certain nombre de critiques. Ainsi, pour le chercheur en sciences sociales Peter Clecak le fait d'identifier l'idéologie contre-culturelle à un mouvement de jeunes hippies blancs et bourgeois est une manière étriquée de comprendre le phénomène. Un des présupposés de cette idéologie repose sur l'idée de former une communauté alternative (basée par exemple sur le partage de certains goûts musicaux), mais dénotent d'une «vision relativement idéaliste et romancée du changement social» voire d'une idée romantique de celui-ci qui a pu voir le jour dans les écrits de la fin des années 1960 et au début des années 1970. A contrario, peu de preuves empiriques vont dans le sens que des sous-cultures comme le punk ou le goth étaient uniquement constituées de membres de la classe ouvrière, leurs membres ne pouvant être assignés à une classe sociale unique. En effet, les personnes se réclamant de cette idéologie appartenaient à une grande variété de groupes sociaux et culturels. Pour Clecak, le terme contre-culture relèverait plus d'un mot fourre-tout, car il se réfère à un grand nombre d'activités et d'idéologies, qui a peut-être fédéré les aspirations d'une jeunesse en une voie commune, mais seulement pendant une brève période (la fin des années 1960). La contre-culture a vu naître un large éventail de groupes différents qui ont ainsi pu trouver le moyen d'exprimer leurs identités et de «trouver des formes symboliques pour leurs mécontentements et espoirs sociaux et spirituels ». De plus, Sheila Whiteley a pu monter que Selon Andy Bennett, de telle sorte qu’ils font désormais partie d’une « mémoire reçue et négociée ». Néanmoins, « la notion englobe l’utopique mais aussi le dystopique et, bien que des festivals comme ceux de Monterey (1967) et Woodstock (1969) y soient associés, le décès de personnalités aussi iconiques que Brian Jones, Jimi Hendrix, Jim Morrison ou Janis Joplin, le désordre nihiliste d’Altamont ou le spectre de Charles Manson jettent un voile sombre sur la question ». Selon Heath et Potter ; la contre-culture est un mythe contre-productif, qui propose de s’évader et d’échapper au conformisme, mais en proposant une solution trop radicale : « Rejeter la culture entière », pour « former une contre-culture fondée sur la liberté et l’individualité. Dans leur livre ils annoncent l’idée que si des décennies de rébellion contre-culturelle n’ont rien changé, c’est parce que la théorie de la société sur laquelle repose l’idée contre-culturelle est fausse et ne propose aucun modèle de société viable. « Il y a une façon simple de formuler l'idée essentielle de la contre-culture : elle a aboli la distinction entre déviance et dissidence. [...] La liberté de résister à la tyrannie, de lutter contre une domination injuste, n'équivaut pas à la liberté de faire tout ce qu'on veut, de faire prévaloir ses propres intérêts. La contre-culture a systématiquement saboté cette distinction. » — Une citation de Extrait de « Révolte consommée : le mythe de la contre-culture », de Joseph Heath et Andrew Potter Genèse. Dans les années 1970, le terme est utilisé pour caractériser l'explosion des mouvements contestataires de la jeunesse du monde libre envers la domination culturelle de la bourgeoisie. L'extrême gauche idéaliste et le maoïsme vont récupérer ces mouvements et l’insurrection des jeunes sera canalisée pour aboutir, en France aux Accords de Grenelle de 1968. La conscience et la contestation du puritanisme sexuel, l'interdiction de l'avortement, entraînent des luttes pour la révolution sexuelle. Il s'agit de courants nés dans les années 1960 aux États-Unis (culture hippie notamment) et qui éclosent après Mai 68 en France. En France, la contre-culture fut représentée par des organes de presse comme le magazine "Actuel" (première et deuxième époque), le quotidien "Libération" (première époque) puis Catalogue des Ressources, la librairie Parallèles, le "Novamag" et les Éditions Alternatives, les premières radios libres, les labels de musique indépendants, les Éditions des femmes, etc. Selon l'époque, on peut aussi associer le terme "contre-culture" : Histoire. Si l'on peut dater le début de ce mouvement à partir de The True Believer en 1951, il se développera surtout quatre ans plus tard en 1955 avec Rosa Parks et le Boycott des bus de Montgomery. C'est en 1960 avec l'élection John Fitzgerald Kennedy que ce mouvement se lance réellement et culminera en 1968-1969 pour régresser après la fin de la guerre du Viêt Nam en 1972-1973 et l'arrivée de Jimmy Carter à la Maison-Blanche en 1977. L'assassinat de John Lennon par Mark Chapman le 8 décembre 1980, dernière personnalité connue incarnant ce mouvement : Brian Jones, Jimi Hendrix, Janis Joplin, Jim Morrison et Phil Ochs étant décédés les années suivantes clôturant donc cette période de liberté enchantée quasi-absolue et d'un certain idéalisme.