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Acier Un acier est un alliage métallique constitué principalement de fer et de carbone. Il se distingue des fontes et des ferroalliages par sa teneur en carbone comprise entre 0,02 % et 2 % en masse. C’est essentiellement cette teneur en carbone qui confère à l'acier ses propriétés. Histoire. L’Âge du fer se caractérise par l’adaptation du bas fourneau à la réduction du fer. Ce bas fourneau produit une loupe, un mélange hétérogène de fer, d’acier et de laitier, dont les meilleurs morceaux doivent être sélectionnés, puis cinglés pour en chasser le laitier. En poussant le vent, on attise la combustion et la température de fusion du métal est atteinte. On extrait le métal par vidange du creuset : c’est la production au haut fourneau. On obtient alors de la fonte, le fer liquide se chargeant de carbone au contact du charbon de bois. En effet, deux phénomènes complémentaires se déroulent dans le creuset du haut fourneau : le fer se charge de carbone lorsqu’il arrive au contact du charbon de bois, ce qui abaisse son point de fusion. Puis ce métal fondu continue à s’enrichir en carbone, en dissolvant le charbon de bois. Les premières coulées de fonte ont été réalisées par les Chinois durant la période des Royaumes combattants (entre -453 et -221). Ceux-ci savent aussi brûler le carbone de la fonte, en le faisant réagir avec de l’air, pour obtenir de l’acier. Il s’agit du procédé indirect, car l’élaboration de l’acier se fait après l’obtention de la fonte. En Europe et en Asie, durant l’Antiquité, on produisait également de l’acier en recarburant le fer avec des gaz de combustion et du charbon de bois (acier de cémentation). Réaumur, en réalisant de très nombreuses expériences et en publiant les résultats de ses observations en 1722, fonde la sidérurgie moderne : il est le premier à théoriser le fait que l’acier est un état intermédiaire entre la fonte et le fer pur, mais les connaissances du temps ne lui permettent pas d’être scientifiquement précis. Il faut attendre 1786 pour que la métallurgie devienne scientifique : cette année-là, trois savants français de l’école de Lavoisier, Berthollet, Monge et Vandermonde présentent devant l’Académie royale des sciences un "Mémoire sur le fer" dans lequel ils définissent les trois types de produits ferreux : le fer, la fonte et l’acier. L’acier est alors obtenu à partir du fer, lui-même produit par affinage de la fonte issue du haut fourneau. L’acier est plus tenace que le fer et moins fragile que la fonte, mais chaque transformation intermédiaire pour l’obtenir augmente son coût. La révolution industrielle apparaît grâce à la mise au point de nouvelles méthodes de fabrication et conversion de la fonte en acier. En 1856, le procédé Bessemer est capable d’élaborer directement l’acier à partir de la fonte. Son amélioration par Thomas et Gilchrist permet sa généralisation. Ces découvertes mènent à la fabrication en masse d’un acier de qualité (pour l’époque). Enfin, vers la seconde moitié du , Dmitri Tchernov découvre les transformations polymorphes de l’acier et établit le diagramme binaire fer/carbone, faisant passer la métallurgie de l’état d’artisanat à celui de science. Composition chimique. L'acier est un alliage à base de fer qui contient une teneur en carbone comprise environ entre 0,02 % et 2 % en masse, et qui peut contenir d'autres éléments chimiques volontairement ajoutés (éléments d'addition, éléments d'accompagnement) ou non (impuretés). Les "éléments d'addition" sont ajoutés de manière intentionnelle pour conférer au matériau les propriétés recherchées. Il s'agit principalement du manganèse (Mn), du chrome (Cr), du nickel (Ni) et du molybdène (Mo). Les "éléments d’accompagnement" sont utilisés par l’aciériste en vue de maîtriser les diverses réactions physico-chimiques nécessaires pour obtenir un acier conforme à la spécification. C’est le cas d’éléments comme l’aluminium, le silicium, le calcium. Les "impuretés" sont des éléments originellement présents dans les ingrédients de haut fourneau qui serviront à produire la fonte qui servira à fabriquer l’acier. Ce sont le soufre (S) et le phosphore (P) présent dans le coke mais aussi le plomb (Pb) et l’étain (Sn) qui peuvent être présents dans les aciers de récupération ainsi que nombre d’autres éléments à bas point de fusion comme l’arsenic (As) et l’antimoine (Sb). La teneur en carbone affecte fortement la dureté de l’alliage. On modifie également les propriétés des aciers en ajoutant d’autres éléments, principalement métalliques ; on parle alors d’aciers « alliés ». On peut encore améliorer grandement leurs caractéristiques par des traitements thermiques (notamment les trempes ou la cémentation) ; on parle alors d’aciers « traités ». Teneur en carbone. Le carbone a une importance primordiale car c’est lui qui, associé au fer, confère à l’alliage le nom d’acier. Son influence sur les propriétés mécaniques de l'acier est prépondérante. Par exemple, en ce qui concerne l'amélioration de la propriété de dureté, l’addition de carbone est trente fois plus efficace que l'addition de manganèse. La teneur en carbone a une influence considérable (et assez complexe) sur les propriétés de l’acier : en dessous de 0,008 %, l’alliage est plutôt malléable et on parle de « fer » ; au-delà de 2,1 %, on entre dans le domaine de l'eutectique fer/carbure de fer ou bien fer/graphite, ce qui modifie profondément la température de fusion et les propriétés mécaniques de l'alliage, et l'on parle de fonte. Entre ces deux valeurs, l’augmentation de la teneur en carbone a tendance à améliorer la dureté de l’alliage et à diminuer son allongement à la rupture ; on parle d’aciers « doux, mi-doux, mi-durs, durs ou extra-durs » selon la « classification traditionnelle ». Dans les manuels de métallurgie un peu anciens, on peut trouver comme définition de l'acier un alliage fer-carbone où le carbone varie de 0,2 à 1,7 % ; la limite actuelle a été établie à partir du diagramme binaire fer/carbone. Toutefois, il y a des aciers avec des concentrations de carbone supérieures à ces limites (acier lédéburitiques), obtenus par frittage. On distingue plusieurs types d’aciers selon le pourcentage massique de carbone qu’ils contiennent : La limite de 2,11 % correspond à la zone d’influence de l’eutectique (lédéburite) ; il existe toutefois des aciers lédéburitiques. Les aciers non alliés (au carbone) peuvent contenir jusqu’à 2,11 % en masse de carbone. Certains aciers alliés peuvent contenir plus de carbone par l’ajout d’éléments dits « gammagènes ». Éléments d'alliage. "L’aluminium" : excellent désoxydant. Associé à l’oxygène, réduit la croissance du grain en phase austénitique. Au-delà d'un certain seuil, il peut rendre l’acier inapte à la galvanisation à chaud. "Le chrome" : c’est l’élément d’addition qui confère à l’acier la propriété de résistance mécanique à chaud et à l’oxydation (aciers réfractaires). Il joue aussi un rôle déterminant dans la résistance à la corrosion lorsqu’il est présent à une teneur de plus de 12 à 13 % (selon la teneur en carbone). Additionné de 0,5 % à 9 % il augmente la trempabilité et la conservation des propriétés mécaniques aux températures supérieures à l’ambiante (famille des aciers alliés au chrome). Il a un rôle alphagène. "Le cobalt" : utilisé dans de nombreux alliages magnétiques. Provoque une résistance à l’adoucissement lors du revenu. "Le manganèse" : forme des sulfures qui améliorent l’usinabilité. Augmente modérément la trempabilité. "Le molybdène" : augmente la température de surchauffe, la résistance à haute température et la résistance au fluage. Augmente la trempabilité. "Le nickel" : rend austénitiques (rôle gammagène) les aciers à forte teneur en chrome. Sert à produire des aciers de trempabilité modérée ou élevée (selon les autres éléments présents), à basse température d’austénitisation et à ténacité élevée après traitement de revenu. C’est l’élément d’alliage par excellence pour l’élaboration des aciers ductiles à basses températures (acier à 9 % Ni pour la construction des réservoirs cryogéniques, acier à 36 % Ni dit « Invar » pour la construction des cuves de méthaniers et des instruments de mesure de précision). "Le niobium" : même avantage que le titane mais beaucoup moins volatil. Dans le domaine du soudage il le remplace donc dans les métaux d’apport. "Le phosphore" : augmente fortement la trempabilité. Augmente la résistance à la corrosion. Peut contribuer à la fragilité de revenu. "Le silicium" : favorise l’orientation cristalline requise pour la fabrication d’un acier magnétique, augmente la résistivité électrique. Améliore la résistance à l’oxydation de certains aciers réfractaires. Utilisé comme élément désoxydant. "Le titane" : pouvoir carburigène élevé (comme le niobium) et réduit donc la dureté de la martensite. Capture le carbone en solution à haute température et, de ce fait, réduit le risque de corrosion intergranulaire des aciers inoxydables (TiC se forme avant et évite donc l’appauvrissement en chrome au joint de grain). "Le tungstène" : améliore la dureté à haute température des aciers trempés revenus. Fonctions sensiblement identiques à celles du molybdène. "Le vanadium" : augmente la trempabilité. Élève la température de surchauffe. Provoque une résistance à l’adoucissement par revenu (effet de durcissement secondaire marqué). Structure cristallographique. Types de structures. La structure cristalline des aciers à l’équilibre thermodynamique dépend de leur concentration (essentiellement en carbone mais aussi d’autres éléments d’alliage), et de la température. On peut aussi avoir des structures hors équilibre (par exemple dans le cas d’une trempe). Les différentes microstructures de l’acier sont : austénite, bainite, cémentite, ferrite, martensite et perlite. La structure du "fer pur" dépend de la température : La structure du "fer + carbone" évolue d’une façon plus complexe en fonction de la température et de la teneur en carbone. Les règles diffèrent selon que l’on est hors de la « zone d’influence » de l’eutectoïde (entre 0 % et 0,022 %), entre 0,022 % et 0,77 % (hypoeutectoïde) ou entre 0,77 % et 2,11 % (hypereutectoïde ; au-delà, il s’agit de fonte). Voir l’étude du diagramme fer-carbone. D’une manière simplifiée, pour un carbone compris entre 0,022 % et 2,11 % : Évolution de la structure lors du refroidissement. Lors du refroidissement d’un lingot, l’acier se solidifie à l’état austénitique. Au cours du refroidissement, à , l’austénite se décompose, soit en ferrite + perlite, soit en perlite + cémentite. La vitesse de refroidissement ainsi que les éléments d’alliage ont une importance capitale sur la structure obtenue, et donc sur les propriétés de l’acier. En effet : De manière générale : Certains éléments chimiques peuvent « piéger » le carbone pour former des carbures (par exemple le titane ou l’aluminium). Ils empêchent ainsi la formation de cémentite. On peut modifier la structure de l’acier par des traitements thermomécaniques : La métallurgie des poudres consiste à compacter de la poudre d’acier et de la chauffer en dessous de la température de fusion, mais suffisamment pour que les grains se « soudent » (frittage). Cela permet de maîtriser la structure de l’acier et son état de surface (en particulier pas de retrait ni de retassure), mais introduit de la porosité. Familles d'acier. Il existe des aciers faiblement alliés, à faible teneur en carbone, et au contraire des aciers contenant beaucoup d’éléments d’alliage (par exemple, un acier inoxydable typique contient 8 % de nickel et 18 % de chrome en masse). Classifications. Chaque pays a son mode de désignation des aciers. Le schéma ci-contre indique la désignation européenne selon les normes EN 10027-1 et -2. Cette norme distingue quatre catégories : Aciers non alliés. Aciers non alliés d'usage général. Ils sont destinés à la construction soudée, à l’usinage, au pliage On distingue : La désignation de ces aciers comprend la lettre indiquant le type d’usage, suivie de la valeur de la limite élastique minimale ("R") exprimée en mégapascals (MPa). À noter qu’il s’agit de la valeur à faible épaisseur, les résistances décroissant avec l’épaisseur. S’il s’agit d’un acier moulé, la désignation est précédée de la lettre G. La désignation peut être complétée par des indications supplémentaires (pureté, application dédiée). Exemples : Aciers non alliés spéciaux (type C). La teneur en manganèse est inférieure à 1 %, et aucun élément d'addition ne dépasse 5 % en masse. Leur composition est plus précise et plus pure et correspond à des usages définis à l’avance. Leurs applications courantes sont les forets (perceuses), ressorts, arbres de transmission, matrices (moules) Leur désignation comprend la lettre C suivie de la teneur en carbone multipliée par 100. S’il s’agit d’un acier moulé, on précède la désignation de la lettre G. Exemples : Aciers faiblement alliés. Certains aciers sont alliés et (E4340 par exemple) ont une excellente résistance à la fatigue mais doivent être protégés de la corrosion alors qu'un acier inoxydable n'a pas ce problème mais est moins homogène. La teneur en manganèse est supérieure à 1 % et aucun élément d’addition ne doit dépasser 5 % en masse. Ils sont utilisés pour des applications nécessitant une haute résistance. Exemples de désignation normalisée : Aciers fortement alliés. Au moins un élément d’addition dépasse les 5 % en masse, destinés à des usages bien spécifiques, on y trouve des aciers à outils, réfractaires, ' (très haute résistance, utilisés dans l’aéronautique et pour la fabrication de coque de sous-marins), ' (très grande résistance à l’usure), Invar (faible coefficient de dilatation). Un exemple de désignation normalisée est « X2CrNi18-9 » (il s'agit d'un acier inoxydable). Les aciers rapides spéciaux (ARS, ou ", HSS) font partie de cette famille. Aciers inoxydables. Ces aciers présentent une grande résistance à la corrosion, à l’oxydation à chaud et au fluage (déformation irréversible). Ils sont essentiellement alliés au chrome, élément qui confère la propriété d’inoxydabilité, et au nickel, élément qui confère de bonnes propriétés mécaniques. Les aciers inoxydables sont classés en quatre familles : ferritique, austénitique, martensitique et austéno-ferritique. Les aciers inoxydables austénitiques sont les plus malléables et conservent cette propriété à très basse température (). Leurs applications sont multiples : chimie, nucléaire, alimentaire, mais aussi coutellerie et équipements ménagers. Ces aciers contiennent au moins 10,5 % de chrome et moins de 1,2 % de carbone. Aciers multiphasés. Ces aciers sont conçus suivant les principes des composites : par des traitements thermiques et mécaniques, on parvient à enrichir localement la matière de certains éléments d’alliage. On obtient alors un mélange de phases dures et de phases ductiles, dont la combinaison permet l’obtention de meilleures caractéristiques mécaniques. On citera, par exemple : Propriétés et caractéristiques. L’acier est un alliage essentiellement composé de fer, sa densité varie donc autour de celle du fer (7,32 à 7,86), suivant sa composition chimique et ses traitements thermiques. La densité d’un acier inox austénitique est typiquement un peu supérieure à 8, en raison de la structure cristalline. Par exemple, la densité d’un acier inoxydable de (X2CrNi18-10) est environ 8,02. Les aciers ont un module de Young d’environ , indépendamment de leur composition. Les autres propriétés varient énormément en fonction de leur composition, du traitement thermomécanique et des traitements de surface auxquels ils ont été soumis. Le coefficient de dilatation thermique de l'acier vaut généralement . La soudabilité des aciers est inversement proportionnelle à la teneur en carbone. Toutes les nuances d’acier n’ont pas la même aptitude au soudage et affichent des degrés de soudabilité différents. Certains aciers sont d’ailleurs intrinsèquement non soudables. Pour qu’un acier soit soudable, il est primordial que les aciéristes se préoccupent de la soudabilité des aciers qu’ils produisent dès l’élaboration dans le souci d’optimiser la mise en œuvre ultérieure. À titre d’exemple, un volume du code (équipements sous pression) exige que l’attestation de conformité d’un acier mentionne sans ambiguïté la qualité d’« acier soudable » pour toute pièce à souder d'un ouvrage soumis au code. Dans certaines circonstances (dans l’industrie nucléaire notamment) l'exposition aux alliages de plomb peut contribuer à la dissolution, l’oxydation et la fragilisation d’aciers Fabrication. Le traitement thermomécanique est l’association : Le traitement de surface consiste à modifier la composition chimique ou la structure d’une couche extérieure d’acier. Cela peut être : Applications. Comparativement aux autres alliages métalliques, l’intérêt majeur des aciers réside d’une part dans le cumul de valeurs élevées dans les propriétés mécaniques fondamentales : D’autre part, leur coût d’élaboration reste relativement modéré, car le minerai de fer est abondant sur terre (environ 5 % de l’écorce) et sa réduction assez simple (par addition de carbone à haute température). Enfin les aciers sont pratiquement entièrement recyclables grâce à la filière ferraille. On peut néanmoins leur reconnaître quelques inconvénients, notamment leur mauvaise résistance à la corrosion à laquelle on peut toutefois remédier, soit par divers traitements de surface (peinture, brunissage, zingage, galvanisation à chaud, etc.), soit par l’utilisation de nuances d’acier dites « inoxydables ». Par ailleurs, les aciers sont difficilement moulables, donc peu recommandés pour les pièces volumineuses de formes complexes (bâtis de machines, par exemple). On leur préfère alors des fontes. Enfin, lorsque leur grande masse volumique est pénalisante (dans le secteur aéronautique par exemple), on se tourne vers des matériaux plus légers (alliages à base d’aluminium, titane, composites, etc.), qui ont l’inconvénient d’être plus chers. Lorsque le prix est un critère de choix important, les aciers restent privilégiés dans presque tous les domaines d’application technique : équipements publics (ponts et chaussées, signalisation), industrie chimique, pétrochimique, pharmaceutique et nucléaire (équipements sous pression, équipements soumis à l’action de la flamme, capacités de stockage, récipients divers), agroalimentaire (conditionnement et stockage), bâtiment (armatures, charpentes, ferronnerie, quincaillerie), industrie mécanique et thermique (moteurs, turbines, compresseurs), automobile (carrosserie, équipements), ferroviaire, aéronautique et aérospatial, construction navale, médical (instruments, appareils et prothèses), composants mécaniques (visserie, ressorts, câbles, roulements, engrenages), outillage de frappe (marteaux, burins, matrices) et de coupe (fraises, forets, porte-plaquette), mobilier, design et équipements électroménagers, etc. Production. Coût de production. Sept facteurs au moins déterminent le coût de production d’un acier : L’impact des six premières exigences peut avoir une incidence de quelques dizaines d’euros la tonne à plus de 50 % du prix de base (le prix de base étant le prix de l’acier standard conforme à la norme et sans aucune option), d’où l’importance, avant toute passation de commande, de consulter le vendeur ou l’aciériste (qu’on appelle aussi « forge » ou « fonderie ») sur la base d’une spécification technique d’achat rédigée en accord avec les exigences techniques contractuelles et/ou administratives. Le quant à lui n’a pas de limite rationnelle. Recherche et développement, prospective. De nouveaux types d'aciers spéciaux pourraient être bioinspirés, par exemple en imitant le principe constructif de l'os. Ainsi en 2016-2017, des chercheurs ont produit un acier imitant l'os. Au sein de l'os, des fibres nanométriques de collagène forment une structure stratifiée, dont les couches sont orientées dans des directions différentes. Aux échelles millimétriques, l'os a une structure en mie de pain organisée en treillis (ensemble ordonné) qui le consolide en empêchant la propagation de fissures dans toutes les directions et à partir de n’importe quel point. Des métallurgistes s'en sont inspirés pour produire un acier nanostructuré incluant des alliages différents (avec des duretés différentes). Pour s’y propager, une fissure doit suivre un chemin complexe et vaincre de nombreuses résistances, car les nano-parties souples de l’assemblage absorbent l'énergie des contraintes, même répétées, pouvant même refermer les microfissures juste après leur apparition. Des aciers légers (éventuellement « imprimés en 3D ») deviennent envisageables pour créer des ponts, robots, engins spatiaux ou sous-marins ou véhicules terrestres ou des structures qu’on veut rendre plus résistants aux fissures ou plus exactement à la propagation de fissures risquant de conduire à une fracture de l’ensemble.
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Albert King Albert Nelson, dit Albert King, est un guitariste, compositeur et chanteur de blues américain né le et mort à Memphis, Tennessee, le . Il est, avec B. B. King et Freddie King, un des trois "« king »" de la guitare blues et il est également surnommé "The Velvet Bulldozer" ("le bulldozer de velours") à cause de son physique imposant ( pour ). Biographie. Albert Nelson est né dans une famille modeste à Indianola dans le Mississippi près d'une plantation de coton où il travaille pendant sa jeunesse. Ses premières influences musicales lui viennent de son père, Will Nelson, qui joue de la guitare. Pendant son enfance, il chante également à l'église dans un groupe de gospel. Il commence sa carrière professionnelle avec un groupe appelé "In the Groove Boys" à Osceola dans l'Arkansas. Son premier succès est la chanson "I'm A Lonely Man" sortie en 1959. Il doit cependant attendre 1961 et la sortie de "Don't Throw Your Love on Me So Strong" pour devenir célèbre et atteindre la quatorzième place des classements de R&B. En 1966, il signe pour le label Stax pour lequel il sort en 1967 son album "Born Under A Bad Sign". La chanson titre de cet album (écrite par Booker T. Jones et William Bell) devient le morceau le plus connu d’Albert King et il sera repris par de nombreux artistes, entre autres (de Cream à Jimi Hendrix). Le , King est embauché par Bill Graham pour ouvrir le spectacle au Fillmore West devant John Mayall et Jimi Hendrix. Albert King est le premier musicien de blues à avoir joué au Fillmore West (il y rejouera plusieurs fois au cours de sa carrière). Albert King meurt le d'une crise cardiaque à Memphis. Style. Albert King était un guitariste gaucher qui jouait généralement sur une guitare de droitier (les cordes n'étant pas inversées) car les guitares pour gaucher n'existaient pas à l'époque. Albert King est également connu pour avoir utilisé des accordages peu communs, comme un accordage de Do (Do-Si-Mi-Sol-Si-Mi) ou de Fa (Do-Fa-Do-Fa-La-Re) lui permettant de réaliser de plus grands bends. Adepte de la guitare électrique, il est associé à sa guitare la plus célèbre qui est une Gibson Flying V (avec une forme triangulaire très caractéristique) qu'il avait appelée "Lucy", à ne pas confondre avec la guitare "Lucille" de BB King. Même s'il représente le Chicago blues, il enregistra ses meilleurs albums, pendant les années 1970, sur le label de Memphis au service de la Soul et du R&B, Stax records, alors principal concurrent de la Motown (Detroit) au style si différent. Il métissa son blues du meilleur R&B de l'époque, en s'inspirant du rock et du funk naissant (James Brown, Curtis Mayfield, The Meters, The Mar's Keys). Son influence sur le blues, le rock, la soul et le funk contemporain est déterminante et de plus en plus reconnue après vingt ans d'oubli de la part du grand public : rythmes funky, suramplification, voix lente, posée, même son style si particulier est copié par de nombreux jeunes bluesmen et rockeurs d'hier à aujourd'hui. En France, il a influencé de nombreux chanteurs, des musiciens comme Paul Personne, Jean-Jacques Milteau ou Bill Deraime. Parmi les musiciens anglophones qu'il a influencés, on peut citer les plus connus Steve Cropper, Keith Richards, Ron Wood, Jimi Hendrix, Eric Clapton, Jeff Beck, Mike Bloomfield, Gary Moore, Buddy Guy, Johnny Copeland, Johnny Winter, Robert Cray, Angus Young. Tous rendent ou lui ont rendu un hommage de son vivant, ou de manière posthume. De nombreuses critiques musicales retrouvent de ci et de là quelques notes, un bend, un refrain, un arrangement qui rappelle son style, sans forcément le copier. Mais de tous ses nombreux héritiers, Stevie Ray Vaughan a sans doute été le guitariste le plus fortement influencé par Albert King comme on peut l'entendre sur ses blues lents ou rapides, et les nombreux hommages qu'il a pu rendre à son aîné. On peut noter par exemple, que le solo de guitare d'Eric Clapton sur la chanson "Strange Brew" de Cream en 1967 est une reprise note pour note du solo d'Albert King sur "Crosscut Saw". Albert King avait lui-même invité le guitariste irlandais Rory Gallagher à venir jouer avec lui, pour la plus grande fierté du bluesman irlandais ; Stevie Ray Vaughan a par ailleurs fait paraître un CD qu'il avait enregistré avec Albert King : "In session -1989-" où l'on peut entendre les deux hommes, quelques années avant leur mort. Moins connu que BB King, John Lee Hooker ou Muddy Waters, Albert King reste donc comme l'un des grands "bluesmen" du . Il a profondément influencé la musique contemporaine, beaucoup de chanteurs et musiciens, amateurs ou professionnels, de célèbres guitaristes ou restés inconnus, ont été inspirés consciemment ou non par une œuvre encore largement méconnue du grand public. Son style a profondément été influencé par les valeurs et les croyances d'un Sud si différent du reste des États-Unis, par les traditions liées au gospel, à la méditation et à la prière, enfin par les précurseurs dès les années 1930 et 1940 du jazz et du blues (Howlin' Wolf) alors naissants. Il faut attendre les années 1960 pour qu'à son tour il mâtine son blues de soul, de rock et de funk, et poursuive l'œuvre de création entreprise par des pionniers tels Sam Cooke, Bob Dylan ou Otis Redding, souvent aux frontières des genres. Discographie. "Album sortis post-mortem :"
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Architecture L'architecture est l'art majeur de concevoir des espaces et de bâtir des édifices, en respectant des règles de construction empiriques ou scientifiques, ainsi que des concepts esthétiques, classiques ou nouveaux, de forme et d'agencement d'espace, en y incluant les aspects sociaux et environnementaux liés à la fonction de l'édifice et à son intégration dans son environnement, quelle que soit cette fonction : habitable, sépulcrale, rituelle, institutionnelle, religieuse, défensive, artisanale, commerciale, scientifique, signalétique, muséale, industrielle, monumentale, décorative, paysagère, voire purement artistique. C'est pourquoi l'architecture est définie comme « une expression de la culture ». Elle est reconnue comme le premier des arts majeurs dans la classification des arts, communément admise, du , des 9 arts majeurs et fait partie des beaux-arts. L'Architecture désigne également l'ensemble des connaissances et des techniques de cet art de concevoir et de construire des structures complexes, englobant les édifices terrestres, les espaces et les paysages modifiés par l'homme répondant à des critères architecturaux, les artefacts habitables naviguant sur l'eau et sous l'eau (architecture navale) et dans l'espace (architecture spatiale), que l'humanité a pu imaginer et réaliser au fil des millénaires. L'architecture intègre le domaine de la planification spatiale et met en pratique les méthodes de la planification au service de l'aménagement du territoire et de l'urbanisme. On distingue différentes échelles de la planification spatiale : C'est ainsi que dans le cadre des études d'aménagement et urbanisme, on retrouve l'architecte le plus souvent autour des réflexions de la composition urbaine via la pratique de la conception urbaine. Architecture. Définition de l'architecture. On voit dans les "Dix livres de l'architecture" de Vitruve que l'architecture comprend l'édification de toutes les sortes de bâtiments civils ou religieux, les ponts, les aqueducs, les ports, ainsi que les villes. Le terme architecture (en latin ""), est issu du grec , de , « maître » et , « ouvrier, charpentier ») ; l'architecture désigne donc la notion de commander aux ouvriers; et l'architecte, celui qui les commande (avec ou sans dessins établis). Dès le Moyen Âge, différentiés des dessins d'architecture, les dessins de construction sont qualifiés de technique. À partir du , les architectes spécialisés dans la conception des bâtiments, des fortifications et des machines pour la guerre ont pris le nom d'ingénieurs. Au , certains architectes occidentaux, par exemple Eugène Viollet-le-Duc, s'attachent fortement à l'aspect constructif. Ils se concentrent en particulier sur les charpentes métalliques et participent au développement de la mécanique statique. Le terme "architecture" peut alors avoir une étymologie sémantique basée sur le grec Techné, la force, la structure, la charpente. À partir du , en Occident, dont les conceptions de production d'objet sont alors devenues globalement techniques et productives, il est possible de définir l'architecture comme l'art de diriger la construction, de concevoir les structures, de donner finalement une apparence avec des matériaux. L’« art de bâtir » s'ajoute à la simple construction des édifices. Dans certaines autres parties du monde, on peut formuler que cet « art de bâtir » comporte toujours une ritualisation, qui a existé dans le passé en Occident, distinguant l'architecture de la construction simple. Applications de l'architecture. L'architecture s'occupe des bâtiments, des espaces publics, des villes et villages, des paysages, mais aussi d'ouvrages d'art, de navires (architecture navale). Étant donné l'ampleur de ses applications et la volonté d'expression mise sur la construction d'édifices, l'architecture dans toute son histoire est une activité plus proche des arts et métiers qu'une activité scientifique rigoureuse qu'elle est plus ou moins devenue. L'architecture fait d'abord appel à des savoirs organisés en un ensemble qui lui est particulier par son application à la construction tels que la composition, la géométrie, la morphologie, l'ornementation, l'harmonie (à base religieuse ou non), en même temps que le métré, la statique et le droit de manière habituelle pour la construction d'édifices. L'architecture va puiser d'abord dans les savoir-faire des différents beaux-arts et des différents métiers du bâtiment. Mais l'architecture va aussi puiser dans les ressources de différentes disciplines scientifiques : la géologie, la résistance des matériaux ainsi que dans les différentes sciences humaines comme l'anthropologie, la sociologie, la psychologie (ergonomie), l'écologie ou la géographie. L'architecture se formalise aussi en puisant dans l'Histoire. L'architecture se différencie de la construction en ce que l'architecture apporte une dimension particulière de réflexion et de planification de la part du concepteur, lorsqu'il envisage l'ensemble du cycle de vie d'une construction. Cette réflexion est à la fois esthétique, sociale, environnementale et philosophique. L'architecture naît de besoins fonctionnels tels que habiter, traverser un fleuve, travailler, se soigner, faire du sport, se divertir. Des réponses formelles spécifiques sont apportés à ces besoins concernant l’organisation, la structure, la technique de construction, tout en répondant à des objectifs notamment esthétiques et sociaux. L'architecture naît de besoins de représentation des idéaux et de la mémorisation des faits passés. La corrélation entre la variété des besoins, la variété des réponses possibles, et la variété des sensibilités esthétiques donne une infinité d’architectures différentes et de nombreuses interprétations par des architectes. On peut néanmoins les regrouper par périodes, par courants de styles (formels ou bien éthériques), par type de structure, par type de technique, par fonctions ("voir « Le Patrimoine architectural » ci-après"). On utilise l'architecture aussi bien pour la création que pour la restauration ou la transformation (rénovation) des édifices. Il s'agit parfois simplement d'une action d'ornementation du bâti, sans autre opération. Et pour des constructions anciennes, il peut s'agir de réornementation avec retour à l'aspect initial ou à l'inverse d'ajout de différences qui les modernise. Dans certains cas cela concerne la mise en ensemble des édifices, par exemple la constitution de "cité". Depuis l'Antiquité, l'objet sur lequel se pose l'acte architectural est quelquefois la ville même prise dans son entier, l'agglomération de constructions, lorsque par exemple il s'agit d'une "ville nouvelle" aussi bien antique que contemporaine. L'histoire de l'urbanisme est totalement liée à l'histoire de l'architecture, histoires existant déjà avant la fondation de l'Égypte au millénaire avant l'âge des métaux. La caractérisation formelle des édifices fait partie des contraintes d'urbanisme, dont le domaine d'application est la ville et les territoires associés et pour ces domaines les données sociales et politiques ont une importance certaine. Constitution de l'architecture sur l'édifice. L'architecture est nécessaire pour produire des marques dans la mémoire des peuples organisés sédentaires dans la quasi-totalité des sociétés existantes. La prise de position solennelle concernant les lieux remarquables est faite par ce moyen. L'architecture traduit pour les lieux de rassemblement leur nature et leur fonction sociale pour le public. Il s’agit par l'architecture dans un ordre de priorité qui dépend de l'époque considérée : Des choses matérielles et immatérielles sont mises en accord convenable par la disposition des éléments. L'Harmonie correspond à la civilisation et l'époque considérée. L'architecture produit des codes à lire dans l'espace aménagé. Ces codes des formes et des matières traduisent le cosmos tel qu'il est appréhendé. Par exemple l'« architecture de ruine » apparue au est une construction neuve réinscrivant temps et culture. Dans l’aire occidentale moderne, l'architecture intervient à de nombreuses échelles depuis la conception et la réalisation d'éléments constituant les membres de corps de bâtiments, jusqu'à celle de villes entières conçues comme un tout. L'architecture est ressentie comme un moyen de traduire l'espace entourant le corps humain par la philosophie associée à la psychologie de la sphère intime, de la sphère privée, de la sphère publique qui se définissent selon la société. Cette modélisation des espaces contient en facteurs les importances différentes données par l'individu à la conscience de soi et à la conscience de l'extérieur. L'espace contenant est détaillé graduellement en pièces, en locaux pour l'abri de l'individu, de la famille ; puis en espace public commun ; et enfin en espace « naturel ». L'activité de l'architecte selon sa motivation personnelle est censée produire de l'architecture lors de la commande de structure collective (État…) ou d'individu. À partir des formes de constructions funéraires ancestrales, l'activité s'est centrée sur celle des formes habitées. Elles sont devenues « classiques » depuis le Moyen Âge : il s'agit de maisons d'habitat, écoles, hôpitaux, en plus des tribunaux, lieux de culte (églises temples…), ateliers, « mairies »… Se sont ajoutés depuis le Néolithique au fur et à mesure du temps au patrimoine des éléments venant de la modernisation de l'activité humaine et de l'organisation de la société où le côté pratique se mêle au côté rituel devenu aspect culturel. Il s'agit des éléments respectant les besoins militaires avec rassemblement (places, forts et châteaux), de besoins structurels de réseaux de transport (ponts, ports, gares ferroviaires, aéroports) et de commerce (boutiques antiques, halles, hypermarchés), besoins d'espace de rassemblement et de loisir (théâtres, stades, gymnases, piscines, patinoires, résidences balnéaires et de montagne) et parfois de besoins exprimés pour la production pré-industrielle et industrielle (manufactures usines construites selon certains modes de gestion des ressources humaines, mode de gestion de l'image publicitaire). Après la Renaissance, le projet architectural à l'occidentale aboutissant à l'Architecture exprimée sur l'édifice d'habitat ou autre prend une formulation technique de la procédure de conception définissant la présence d'Architecture. Ce qui est voulu est d'établir-procurer des sensations chez l'observateur. Dans l'histoire de la construction en Occident, la construction "sans" formulation architecturale est passée de la majeure partie des bâtiments à son inverse : une formulation architecturale de la majeure partie de la construction d'édifice. La formulation architecturale de l'édifice pour l'aspect et l'organisation des volumes a été associée avec la formulation de l'aspect et l'organisation des terrasses pentes et circulations de la parcelle de terrain qui reçoit l'édifice. Patrimoine architectural. L’architecture désigne le "corpus" de tous les édifices construits, c'est-à-dire leur classification et leur étude, qu'ils aient été conçus par des constructeurs affichant une intention esthétique ou non. Le terme « architecture » suivi d'un qualificatif permet aussi de spécifier un ensemble générique du patrimoine bâti. Cette classification permet une identification de l'objet bâti. La possibilité est que l'édifice comporte une volonté d'acte architectural. Mais aussi il peut y avoir une absence de déclaration qu'il s'agit d'acte architectural, et que c'est de l'architecture par le fait (voir architecture vernaculaire). Le terme « architecture » permet ainsi de spécifier, pour l'objet créé par l'acte de bâtir, l’ensemble des caractéristiques telles que la forme et la symbolique ou les propriétés d’usage. Pour cette classification, on ajoute en général un qualificatif distinctif de la mise en ensemble par style, par usage, par époque, par matière (exemples : architecture militaire, architecture chrétienne, architecture romane, architecture bois). Mais on utilise aussi techniquement des noms qui sont plus spécialisés et moins parlants : exemples « Bauhaus », « Roccoco », « École de Chicago ». Ces noms n'ont par ailleurs pas un sens universel : ainsi si l'époque baroque correspond à l'architecture baroque dans l'Europe partie Est, elle ne correspond pas à l'architecture baroque en France mais à l'architecture classique (les guerres de religion n'ayant en France pas permis un développement de l'architecture autre que celle des grands personnages du pouvoir établis en conflit religieux). Les méthodes originelles utilisées pour bâtir les édifices ainsi catégorisés "a posteriori" ne posent pas fondamentalement la différence entre les multiples "styles". Histoire et styles de l'architecture. Préhistoire. Il existe des maisons et des villages en bois dont les restes n'ont subsisté qu'en milieux aqueux, lac, mer ou rivière. Les plus anciens connus sont postérieurs au Paléolithique. Un site de la fin du Néolithique a été bien étudié à Charavines sur le bord du lac de Paladru en Isère. La construction existe depuis l'âge de la pierre, elle est le support de l'architecture. Cet art est un des rares regroupements d'autres arts, dont les arts qui lui sont antérieurs, la chasse, la guerre, la peinture, qui la servent pour établir sa symbolique où le feu a une place notable. Le monolithisme de la structure initiale qu'est la grotte devient symbolique. Les tout premiers édifices porteurs d'architecture sont outre les grottes aménagées, les tumulus. Ce qui concerne à la fois les populations nomades et les populations sédentarisées. Et partie de la construction de ces tombes, une partie de l'architecture religieuse s'établit en utilisant l’élévation vers le ciel pour la construction, une autre partie s'établit en creusant la terre. La différenciation des constructions nécessaires à l'organisation sociale des sédentaires fait naître l'architecture par les édifices spécialisés restant dépendants du climat local et des ressources disponibles. Les arts de la peinture et de la sculpture qui sont antérieurs à l'art de construire-architecture lui sont intégrés. L'aspect conventionnel apparaît localement avec le temps et s'ébauche dès lors des « "styles architecturaux" ». Antiquité. Dans plusieurs civilisations antiques, comme l'Égypte ou la Mésopotamie, l'architecture et l'urbanisme reflètent constamment le divin et le surnaturel. De plus, elles ont recours à la monumentalité dans l'architecture pour symboliser le pouvoir politique des dirigeants, de l'élite, ou de l'État lui-même. L'architecture et l'urbanisme des civilisations telles que la Grèce antique et la Rome antique évoluèrent à partir d'idéaux civiques plutôt que religieux ou empiriques, et de nouveaux types de constructions émergèrent. Des textes, les « "traités d'architecture" », ont été écrits depuis l'Antiquité. Ces textes contiennent à la fois des conseils généraux, et des prescriptions et des canons formels. Certains des plus importants exemples de l'architecture canonique sont religieux. Architecture occidentale après l'antiquité. Après la disparition de l'Empire romain, puis le schisme entre l'église byzantine et l'église romaine au , l'aristocratie et le clergé chrétien prennent des initiatives architecturales et artistiques. L'invention d'une nouvelle symbolique viendra ultérieurement, entre le et le . Entamant l'époque moderne au , l'« architecture classique » marque déjà la prééminence de la symbolique architecturale non sacrée sur la symbolique architecturale sacrée. Dès le la période moderne aboutit en occident à la fin de la définition de l'architecture comme espace défini par des rituels, mais comme espace défini par la population aristocratique et bourgeoise avec art et contenant de l'art avec re-codification des éléments de l'histoire antique qui sont réutilisés. L'architecture reste un moyen d'affirmer l'identité de la population par « nation ». L'évolution de la technique de construction se conjugue avec la création de nouveaux objets architecturaux « modernes » porteurs des nouveaux styles architecturaux au . Époque contemporaine. Dans l'époque contemporaine, l'architecture reste un moyen d'afficher la splendeur, entre autres par le gigantisme dans la hauteur des édifices verticaux ou le gigantisme dans la portée horizontale. Mais elle devient aussi un élément du domaine économique pour des raisons politiques. Les progrès techniques des et ont largement étendu les possibilités de réalisation qui doivent suivre les besoins démographiques et les normes d'hygiène nouvelles. La construction en métal et la construction en béton font leur apparition avec leur esthétique dite « moderne ». La modélisation de l'usage est faite. Les architectes adopteront intégralement les technologies nouvelles et la « standardisation ». L'architecture est depuis le milieu du une composante de la « promotion immobilière ». Théorie de l’architecture. Un traité d'architecture est un ouvrage théorique présentant les règles de l'architecture savante. Les traités d'architecture sont le vecteur de transmission de l'architecture européenne se référant à l'Antiquité gréco-latine (du au ). Un dictionnaire d'architecture est un ouvrage pratique présentant les définitions des termes utilisés pour désigner des éléments d'architecture. Ils peuvent prendre une forme de récapitulatif historique. Place des femmes en architecture. Julia Morgan (1872-1957) est la première femme admise à l'École des Beaux-Arts de Paris. est la première femme architecte au Canada en 1914. Esther Hill (1895-1985) est la première femme à être diplômée en Ontario en 1920. Flora Crawford (1899-1991) est la première femme à obtenir son diplôme en 1923 à l'EPFZ. En Suisse, Lux Guyer fait partie des premières architectes femmes ayant monté leur cabinet d'architecture en 1924. Parmi les pionnières en architecture on trouve : Eileen Gray (1878-1976), Lilla Hansen (1872-1962), Charlotte Perriand (1903-1999), Renée Gailhoustet (1929-2023), Marion Tournon-Branly (1924-2016), Édith Girard (1949-2014), Maria Deroche (1938-) . Les architectes canadiennes Phyllis Lambert (1927-), Blanche Lemco (1923-), Cornelia Hahn Oberlander et Denise Scott Brown (1931-). Depuis 1979 le Pritzer Price a été décerné à Zaha Hadid (2004), Kazuyo Sejima (2010), Carme Pigem (2017), Yvonne Farrell et Shelley McNamara (2020), Anne Lacaton (Lacaton et Vassal) en 2021. En France, si on trouve environ 60 % d'étudiantes en architecture, seules 25 % de femmes sont inscrites à l'Ordre des Architectes. Acteurs de l'architecture. Les concepteurs, réalisateurs d'architectures sont communément appelés architectes, qu'ils soient professionnels ou pas, néanmoins le titre « architecte » est généralement attribué à des professionnels diplômés d'une école d'architecture. Ils sont quelquefois regroupés en corporations appelées ordre des architectes. Le nom du diplôme et des spécialités sont généralement accolés à ce titre. Toutefois selon l'objet, l'architecture est aussi le domaine des architectes paysagistes, des architectes d'intérieur, des urbanistes, des ingénieurs civils, voire de plasticiens, de designers et d'artistes divers. Architecte-urbaniste. L’architecture est exercée, dans le respect des procédures administratives du lieu d'édification, par des architectes dont le titre professionnel est protégé juridiquement, ou des spécialistes assimilés à des architectes. Par distinction scientifique d’avec la construction qui serait le fait d’assembler différents éléments en utilisant les matériaux et les techniques appropriées, la pratique de l’architecture se caractérise par une intentionnalité établie dans le « projet ». ("Voir « définition » ci-dessus"). Le projet se définit ainsi en des plans, des représentations symboliques diverses qui lui font intégrer temps de construction et d’usage. Aussi, cet effort conscient et préalable propre à la conception architecturale a-t-il pour objectif de concilier l’utilité, la beauté et la solidité de formes, d’espaces et de structures (habitées ou non). Par ailleurs, la visée fonctionnelle inhérente à l’architecture, l'aspect pratique à l'usage dont découle l'aspect économique la distingue dans l'histoire également des autres arts dits décoratifs que sont le dessin, la gravure, la peinture et la sculpture qui y ont été originellement intégrés. Bien que de racines historiques antiques, la conception des villes en tant que discipline spécifique est désignée dans l'aire de la pensée occidentale depuis le milieu du par le terme d’« urbanisme ». Le terme ' (littéralement « urbanisation » dont l’acception française correspond au concept « urbanisme ») a été employé pour la première fois par l’ingénieur barcelonais Ildefons Cerdà dans sa ' (1867), un ouvrage considéré comme précurseur de la discipline. L'activité de l'architecte est mesurée par référence à l'édifice simple et complet. Et l'architecte a une action qui recouvre aussi bien l’élément de mobilier que la ville entière. L'urbaniste non-architecte ne peut avoir sur les édifices une action autre qu'organisatrice de l'ensemble. La maison, l'immeuble est le niveau « normal » d'objet traité, ce sont les unités de référence d'activité d'édification pour le droit en usage. Les établissements, résidence, cité, monument, ville correspondent à l'échelle d'activité au-dessus de la « moyenne ». Les mobiliers, édicules qui sont des objets à l'échelle d'en dessous de l'édifice sont la plupart du temps intégrés à l'activité normale, cependant ils composent l'activité spécifique de l'architecte d'intérieur qui ne peut avoir une action de conception au-delà de l'intérieur sur les édifices. Ingénieur-architecte. L’architecture portant sur les ouvrages militaires, les fortifications, les engins de siège a été à l’origine de la profession d’in"génie"ur à partir du . La technique du "génie" militaire comporte un ordonnancement: un arrangement des tâches aboutissant à la mise en forme de l'ouvrage. Parmi les acceptions de l’"architecte", celle qui correspond davantage à la notion actuelle d’"ingénieur" lui a ainsi longtemps été confondue. Vitruve, auteur d’un traité célèbre, était lui-même constructeur de machines de guerre et architecte. Un autre exemple d’ingénieur militaire bâtisseur est le maréchal de Vauban manifestant également ses préoccupations d’ordre esthétique. Vauban, commissaire général des fortifications de Louis XIV, illustra ses talents de bâtisseur avec le souci d’un langage formel pourvu de réelles qualités esthétiques. Il a dirigé l’aménagement de plus de 160 forts ou places fortes et en a construit 9 "ex nihilo", faisant appel à certains éléments tels que les échauguettes, non pas tant pour leur utilité défensive (devenue obsolète), que pour leur intérêt esthétique. Il a en outre réalisé des travaux d’aménagement du territoire, notamment le perfectionnement du canal du Midi. Actuellement, l'édification de bâtiment esthétique faisant appel au savoir scientifique élaboré a recours à l'ingénieur architecte. Paysagiste. Sur les bases de la technique du jardinage établie à la Renaissance par les jardiniers est apparu le métier de concepteur paysagiste qui s'apparente aux métiers d'architecte et de dessinateur-projeteur dans le BTP. Avec l'invention du "bosquet", le jardinier devient un concepteur. Dans les parcs créés, la verdure est aménagée de chemins et allées (viabilisée) et domestiquée pour son arrosage. Elle donne une esthétique d'encadrement de l'espace de vie bâti ou non. Elle utilise principalement la perspective puis fait usage des terrasses et sauts-de-loup vers la bâtisse, puis des haies, des broderies de buis, d'étangs et de cascades et puis des fabriques. Dans la période moderne de la ville du , les parcs et jardins sont établis par les paysagistes comme des lieux réintroduisant la nature dans les lieux de vie devenus très denses en édifices. À partir du , les parcs et jardins sont conçus par des paysagistes en relation avec les urbanistes pour les villes où sont créés les « espaces verts » ou en relation avec les architectes pour les immeubles à jardin. Au , les paysagistes composent les murs végétalisés dans des espaces sans emprise au sol. Aspects juridiques. L'architecture est conditionnée par l'autorisation des instances locales et le respect des directives. Particulièrement, l'architecture religieuse est conditionnée par les lois internes des pays. Et concernant l'architecture militaire, elle est conditionnée par les lois externes imposées par les vainqueurs. Pour l'exercice de l'architecture, il y a un code déontologique. (pour plus de détails, voir l'article « Architecte »). Par ailleurs, les œuvres architecturales sont protégées par le droit d'auteur, ce qui signifie qu'en Europe toute copie ou reproduction même partielle peut être interdite jusqu'à 70 ans après la mort de l'auteur selon les pays concernés ; d'autres durées peuvent s'appliquer dans d'autres pays. Par ailleurs dans un certain nombre de pays ne garantissant pas la liberté de panorama, il est également proscrit de photographier une œuvre architecturale protégée par le droit d'auteur. En France un projet de loi sur "", prévu pour mars puis reporté à septembre 2015 devrait clarifier le droit des espaces protégés avec, selon le gouvernement un souci d'efficacité et d'intelligibilité mais sans renoncer au niveau de protection, en suivant plusieurs recommandations du rapport Bloche « Pour une création architecturale désirée et libérée » publié en juillet 2015 et rassemblant 36 propositions réunies par Patrick Bloche. Institutions. Prix et récompenses. L’un des plus prestigieux prix internationaux d’architecture est le prix Pritzker, décerné annuellement depuis 1979 par une fondation privée. Autres prix : Enseignement. D’un point de vue historique, les écoles d’architecture les plus célèbres ont été : Voir aussi. Articles connexes. Généralités : Divers :
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Anarchisme Lanarchisme , ou idéologie libertaire, regroupe plusieurs courants de philosophie politique développés depuis le sur un ensemble de théories et de pratiques anti-autoritaires basées sur la démocratie directe et ayant la liberté individuelle comme valeur fondamentale. Le terme libertaire est souvent utilisé comme synonyme d'anarchiste, notamment dans le monde francophone. L'anarchisme, à la différence de l'anomie, ne prône pas l'absence de loi, mais milite pour que son élaboration émane directement du peuple (initiative populaire par exemple), qu'elle soit directement votée par lui (référendum ou vote par des assemblées tirées au sort) et que son application soit sous contrôle de ce dernier (mandat impératif, forces de sécurité dont les officiers sont élus, révocabilité des élus). Fondé sur la négation du principe de domination d'un individu ou d'un groupe d'individus dans l'organisation sociale, l'anarchisme a pour but de développer une société sans classe sociale. Ce courant prône ainsi la coopération dans une dynamique d'autogestion. Contre l'oppression, l'anarchisme propose une société fondée sur la solidarité comme solution aux , la complémentarité de la liberté de chacun et celle de la collectivité, l'égalité des conditions de vie et l'autogestion des moyens de production (coopératives, mutuelles). Il s'agit donc d'un mode politique qui cherche non pas à résoudre les différences opposant les membres constituants de la société mais à associer des forces autonomes et contradictoires. L'anarchisme est un mouvement pluriel qui embrasse l'ensemble des secteurs de la vie et de la société. Initialement théorisé par des penseurs socialistes, il est habituellement classé à la gauche voire l'extrême gauche du spectre politique bien qu'il refuse par essence de s'inscrire dans le cadre de la démocratie représentative. Concept philosophique, c’est également « une idée pratique et matérielle, un mode d’être de la vie et des relations entre les êtres qui naît tout autant de la pratique que de la philosophie ; ou pour être plus précis qui naît toujours de la pratique, la philosophie n’étant elle-même qu’une pratique, importante mais parmi d’autres ». En 1928, Sébastien Faure, dans "La Synthèse anarchiste", définit quatre grands courants qui cohabitent tout au long de l'histoire du mouvement : l'anarchisme individualiste qui insiste sur l'autonomie individuelle contre toute autorité ; le socialisme libertaire qui propose une gestion collective égalitaire de la société ; le communisme libertaire, qui de l'aphorisme « De chacun selon ses moyens, à chacun selon ses besoins » créé par Louis Blanc, veut économiquement partir du besoin des individus, pour ensuite produire le nécessaire pour y répondre ; l'anarcho-syndicalisme, qui propose une méthode, le syndicalisme, comme moyen de lutte et d'organisation de la société. Depuis, de nouvelles sensibilités se sont affirmées, telles l'anarcha-féminisme, l'écologie sociale (et son application, le municipalisme libertaire). En 2007, l'historien Gaetano Manfredonia propose une relecture de ces courants sur la base de trois modèles. Le premier, « insurrectionnel », englobe autant les mouvements organisés que les individualistes qui veulent détruire le système autoritaire avant de construire, qu’ils soient bakouniniens, stirnerien ou partisans de la propagande par le fait. Le second, « syndicaliste », vise à faire du syndicat et de la classe ouvrière, les principaux artisans tant du renversement de la société actuelle, que les créateurs de la société future. Son expression la plus aboutie est sans doute la Confédération nationale du travail pendant la révolution sociale espagnole de 1936. Le troisième est « éducationniste réalisateur » dans le sens où les anarchistes privilégient la préparation de tout changement radical par une éducation libertaire, une culture formatrice, des essais de vie communautaires, la pratique de l'autogestion et de l'égalité des sexes, etc. Ce modèle est proche du gradualisme d'Errico Malatesta et renoue avec « l’évolutionnisme » d'Élisée Reclus. Pour Vivien Garcia dans "L'Anarchisme aujourd'hui" (2007), l'anarchisme « ne peut être conçu comme un monument théorique achevé. La réflexion anarchiste n'a rien du système. […] L'anarchisme se constitue comme une nébuleuse de pensées qui peuvent se renvoyer de façon contingente les unes aux autres plutôt que comme une doctrine close ». Selon l'historien américain Paul Avrich : « Les anarchistes ont exercé et continuent d'exercer une grande influence. Leur internationalisme rigoureux et leur antimilitarisme, leurs expériences d'autogestion ouvrière, leur lutte pour la libération de la femme et pour l'émancipation sexuelle, leurs écoles et universités libres, leur aspiration écologique à un équilibre entre la ville et la campagne, entre l'homme et la nature, tout cela est d'une actualité criante ». Définition et sens commun. Le terme « anarchisme » et ses dérivés sont employés tantôt péjorativement, comme synonymes de désordre social dans le sens commun ou courant et qui se rapproche de l’anomie, tantôt comme un but pratique, car l'anarchisme défend l'idée que l'absence d'une structure de pouvoir n'est pas synonyme de désorganisation sociale. Les anarchistes rejettent en général la conception courante de l'anarchie utilisée par les médias et les pouvoirs politiques. Pour eux, « l'ordre naît de la liberté », tandis que les pouvoirs engendrent le désordre. Certains anarchistes useront du terme « acratie », du grec « "kratos" », le pouvoir, donc littéralement « absence de pouvoir », plutôt que du terme « anarchie » qui leur semble devenu ambigu. De même, certains anarchistes auront plutôt tendance à utiliser le terme de « libertaires ». Pour ses partisans, l'anarchie n'est justement pas le désordre social. C’est plutôt le contraire, soit l'ordre social absolu, grâce notamment à la socialisation des moyens de production : contrairement à l'idée de "possessions privées" capitalisées, elle suggère celle de "possessions individuelles" ne garantissant aucun droit de propriété, notamment celle touchant l'accumulation de biens "non utilisés". Cet ordre social s'appuie sur la liberté politique organisée autour du mandatement impératif, de l'autogestion, du fédéralisme intégral et de la démocratie directe. L'anarchie est donc organisée et structurée : c'est l'Ordre moins le pouvoir. Étymologie. Le terme d'anarchie est un dérivé du grec "ἀναρχία", "anarkhia". Composé du préfixe privatif "an"- (en grec αν, « sans », « privé de ») et du radical "arkhê", (en grec αρχη, « origine », « principe », « pouvoir » ou « commandement »). L'étymologie du terme désigne donc, d'une manière générale, ce qui est dénué de principe directeur et d'origine. Cela se traduit par « absence de principe », « absence de chef », « absence d'autorité » ou « absence de gouvernement ». Dans un sens négatif, l'anarchie évoque le chaos et le désordre, l'anomie. Et dans un sens positif, un système où les individus sont dégagés de toute autorité. Ce dernier sens apparaît en 1840 sous la plume du théoricien, socialiste libertaire, Pierre-Joseph Proudhon (1809-1865). Dans "Qu'est-ce que la propriété ?", l'auteur se déclare « anarchiste » et précise ce qu'il entend par « anarchie » : « une forme de gouvernement sans maître ni souverain ». Précurseurs de l'anarchisme. Pour de nombreux théoriciens de l'anarchisme, l'esprit libertaire remonte aux origines de l'humanité. À l'image des Inuits, des Pygmées, des Santals, des Tivs, des Piaroas ou des Mérinas, de nombreuses sociétés fonctionnent, parfois depuis des millénaires, sans autorité politique (État ou police) ou suivant des pratiques revendiquées par l'anarchisme comme l'autonomie, l'association volontaire, l'auto-organisation, l'aide mutuelle ou la démocratie directe. Les premières expressions d'une philosophie libertaire peuvent être trouvées dans le taoïsme et le bouddhisme. Au taoïsme, l'anarchisme emprunte le principe de non-interférence avec les flux des choses et de la nature, un idéal collectiviste et une critique de l'État ; au bouddhisme, l'individualisme libertaire, la recherche de l'accomplissement personnel et le rejet de la propriété privée. Une forme d’individualisme libertaire est aussi identifiable dans certains courants philosophiques de la Grèce antique, en particulier dans les écrits épicuriens, cyniques et stoïciens. Certains éléments libertaires du christianisme ont influencé le développement de l'anarchisme, en particulier de l'anarchisme chrétien. À partir du Moyen Âge, certaines hérésies et révoltes paysannes attendent l'avènement sur Terre d'un nouvel âge de liberté. Des mouvements religieux, à l'exemple des hussites ou des anabaptistes s'inspirèrent souvent de principes libertaires. Plusieurs idées et tendances libertaires émergent dans les utopies françaises et anglaises de la Renaissance et du siècle des Lumières. Pendant la Révolution française, le mouvement des Enragés s'oppose au principe jacobin du pouvoir de l'État et propose une forme de communisme. En France, en Allemagne, en Angleterre ou aux États-Unis, les idées anarchistes se diffusent par la défense de la liberté individuelle, les attaques contre l'État et la religion, les critiques du libéralisme et du socialisme. Certains penseurs libertaires américains comme Henry David Thoreau, Ralph Waldo Emerson et Walt Whitman, préfigurent l’anarchisme contemporain de la contre-culture, de l'écologie, ou de la désobéissance civile. Remonter si loin dans l'histoire de l'humanité n'est pas sans risque d'anachronisme ou d'idéologie. C'est donner une définition extrêmement vague de l'anarchisme sans tenir compte des conditions historiques et sociales de l'époque des faits. Il faudra attendre la Révolution française pour découvrir des aspirations ouvertement libertaires chez des auteurs comme Jean-François Varlet, Jacques Roux ou Sylvain Maréchal. William Godwin (1793) apparaît comme l'un des précurseurs de l'anarchisme. Pierre-Joseph Proudhon est le premier théoricien social à s'en réclamer explicitement en 1840. Principes généraux. Absence d'autorité hiérarchique. L'anarchisme est une philosophie politique qui présente une vision d'une société humaine sans hiérarchie, et qui propose des stratégies pour y arriver, en renversant le système social autoritaire. L'objectif principal de l'anarchisme est d'établir un ordre social sans décideur (des dirigeants peuvent exister, dans le sens où ils s'occuperont de l'organisation générale mais ils ne sont pas propriétaire et ils n'ont pas plus de pouvoir décisionnels que ces camarades). Un ordre fondé sur la coopération volontaire d'hommes et de femmes libres et conscients, qui ont pour but de favoriser un double épanouissement : celui de la société et celui de l'individu qui participe à celle-ci. Selon l'essayiste Hem Day : « On ne le dira jamais assez, l’anarchisme, c’est l’ordre sans le gouvernement ; c’est la paix sans la violence. C’est le contraire précisément de tout ce qu’on lui reproche, soit par ignorance, soit par mauvaise foi ». La pensée anarchiste s’oppose par conséquent à toutes les formes d’organisation sociale qui oppriment des individus, les asservissent, les exploitent au bénéfice d’un petit nombre, les contraignent, les empêchent de réaliser toutes leurs potentialités. À la source de toute philosophie anarchiste, on retrouve une volonté d'émancipation individuelle ou collective. L'amour de la liberté, profondément ancré chez les anarchistes, les conduit à lutter pour l'avènement d'une société plus juste, dans laquelle les libertés individuelles pourraient se développer harmonieusement et formeraient la base de l'organisation sociale et des relations économiques et politiques. L'anarchisme est opposé à l'idée que le pouvoir coercitif et la domination soient nécessaires à la société et se bat pour une forme d'organisation sociale et économique libertaire, c'est-à-dire fondée sur la collaboration ou la coopération plutôt que la coercition. L'ennemi commun de tous les anarchistes est l'autorité, sous quelque forme que ce soit, l'État étant leur principal ennemi : l'institution qui s'attribue le monopole de la violence légale (guerres, violences policières), le droit de voler (impôt) et de s'approprier l'individu (conscription, service militaire). Société sans État. Les visions qu'ont les différentes tendances anarchistes de ce que serait ou devrait être une société sans État sont en revanche d'une grande diversité. Opposé à tout credo, l'anarchiste prône l'autonomie de la conscience morale par-delà le bien et le mal définis par une orthodoxie majoritaire, un pouvoir à la "pensée dominante". L'anarchiste se veut libre de penser par lui-même et d'exprimer librement sa pensée. Certains anarchistes dits « spontanéistes » pensent qu'une fois la société libérée des entraves artificielles que lui impose l'État, l'Ordre naturel précédemment contrarié se rétablirait spontanément, ce que symbolise le « A » inscrit dans un « O » (, Proudhon). Ceux-là se situent, conformément à l'héritage de Proudhon, dans une éthique du droit naturel (elle-même affiliée à Rousseau). D'autres pensent que le concept d'ordre n'est pas moins « artificiel » que celui d'État. Ces derniers pensent que la seule manière de se passer des pouvoirs hiérarchiques est de ne pas laisser d'ordre coercitif s'installer. À ces fins, ils préconisent l'auto-organisation des individus par fédéralisme, comme moyen permettant la remise en cause permanente des fonctionnements sociaux autoritaires et de leurs justifications médiatiques. En outre, ces derniers ne reconnaissent que les mandats impératifs (votés en assemblée générale), révocables (donc contrôlés) et limités à un mandat précis et circonscrit dans le temps. Enfin, ils pensent que le mandatement ne doit intervenir qu'en cas d'absolue nécessité. Les anarchistes se distinguent de la vision marxiste d'une société future en rejetant l'idée d'une dictature du prolétariat qui serait exercée après la révolution par un pouvoir temporaire : à leurs yeux, un tel système ne pourrait déboucher que sur la tyrannie. Ils sont partisans d'un passage direct, ou du moins aussi rapide que possible, à une société sans État, celle-ci se réaliserait par le biais de ce que Bakounine appelait l'. Pierre Kropotkine voit pour sa part la société libertaire comme un système fondé sur l'entraide, où les communautés humaines fonctionneraient à la manière de groupes d'égaux ignorant toute notion de frontière. Les lois deviendraient inutiles car la protection de la propriété perdrait son sens ; la répartition des biens serait, après expropriation des richesses et mise en commun des moyens de production, assurée par un usage rationnel de la prise au tas (ou ) dans un contexte d'abondance, et du rationnement pour les biens plus rares. « La propriété, c'est le vol ! ». Dans "Qu'est-ce que la propriété ?" (1840), Pierre-Joseph Proudhon expose les méfaits de la propriété dans une société. Ce livre contient la citation célèbre « La propriété, c'est le vol ! ». Plus tard, dans "Théorie de la propriété", Proudhon se ravise et paraphrasant sa célèbre formule, il déclare : « La propriété, c'est la liberté ! ». Par la suite ce refus de la propriété évolue selon les différents courants d'anarchisme, individualistes ou collectivistes. Il sert de base à l'illégalisme en France, et à l'anarchisme expropriateur, quoique ce dernier encourage le vol des bourgeois dans le but de financer des activités anarchistes, et non sur la base d'une opposition à la propriété en tant que telle. Courants et modèles. Lors du dernier tiers du et du début du , l'anarchisme est l'un des deux grands courants de la pensée révolutionnaire, en concurrence directe avec le marxisme. Avec Mikhaïl Bakounine, qui joue un rôle déterminant dans la Première Internationale dont il est évincé par les partisans de Karl Marx en 1872, l'anarchisme prend un tour collectiviste face à la tendance mutualiste et respectueuse de la petite propriété privée défendue par Pierre-Joseph Proudhon. Sous l'influence des communistes libertaires, dont Pierre Kropotkine et Élisée Reclus, émerge ensuite le projet d'une réorganisation de la société sur la base d'une fédération de collectifs de production ignorant les frontières nationales. Dans les années 1880-1890, sous l'inspiration notamment de Errico Malatesta, l'anarchisme se scinde entre insurrectionnalistes et partisans d'une conception gradualiste à la fois « syndicaliste et éducative […] fondée sur le primat pacifiste des solidarités vécues ». Typologie. En 1928, dans l"'Encyclopédie anarchiste", le Russe Voline définit « les trois idées maîtresses » : « 1° Admission définitive du principe syndicaliste, lequel indique la vraie méthode de la révolution sociale ; 2° Admission définitive du principe communiste (libertaire), lequel établit la base d'organisation de la nouvelle société en formation ; 3° Admission définitive du principe individualiste, l'émancipation totale et le bonheur de l'individu étant le vrai but de la révolution sociale et de la société nouvelle ». En 2007, l'historien Gaetano Manfredonia propose une relecture de ces courants sur la base de trois modèles. Courants socialistes. Les socialistes libertaires, selon les tendances, considèrent que la société anarchiste peut se construire par mutualisme, collectivisme, communisme, syndicalisme, mais aussi par conseillisme. L'abolition de la propriété lucrative et l'appropriation collective des moyens de production est un point essentiel de cette tendance. Par « propriété », on n'entend pas le fait de posséder quelque chose pour soi, mais de le posséder pour en tirer des revenus du travail des autres (différent de la propriété d'usage). Ces courants, composés initialement de Proudhon (et de ses successeurs), puis de Bakounine, étaient présents au sein de l'Association internationale des travailleurs (Première internationale), jusqu'à la scission de 1872 (où Bakounine et Karl Marx se sont trouvés opposés). Le socialisme libertaire établit un pont entre le socialisme et l'individualisme (notamment par le biais du coopérativisme et du fédéralisme) combattant tant le capitalisme que l'autoritarisme sous toutes ses formes. Les cinq tendances (socialiste, communiste, syndicaliste, proudhonienne et insurrectionnelle) se rejoignent et coexistent au sein des différentes associations. L'ensemble de ces courants se caractérise par une conception particulière du type d'organisation militante nécessaire pour avancer vers une révolution. Ils se méfient de la conception centralisée d'un parti révolutionnaire, car ils considèrent qu'une telle centralisation mène inévitablement à une corruption de la direction par l'exercice de l'autorité. Courants individualistes. Selon E. Armand dans l'Encyclopédie anarchiste : « Les individualistes anarchistes sont des anarchistes qui considèrent au point de vue individuel la conception anarchiste de la vie, c'est-à-dire basent toute réalisation de l'anarchisme sur « le fait individuel », l'unité humaine anarchiste étant considérée comme la cellule, le point de départ, le noyau de tout groupement, milieu, association anarchiste ». Les individualistes nient la nécessité de l’État comme régulateur et modérateur des rapports entre les individus et des accords qu’ils peuvent passer entre eux. Ils rejettent tout contrat social et unilatéral. Ils défendent la liberté absolue dans la réalisation de leurs aspirations. Courants féministes. L'anarcha-féminisme ou féminisme libertaire, qui combine féminisme et anarchisme, considère la domination des hommes sur les femmes comme l'une des premières manifestations de la hiérarchie dans nos sociétés. Le combat contre le patriarcat est donc pour les anarcha-féministes partie intégrante de la lutte des classes et de la lutte contre l'État, comme l'a formulé Susan Brown : « Puisque l'anarchisme est une philosophie politique opposée à toute relation de pouvoir, il est intrinsèquement féministe ». Un des aspects principaux de ce courant est son opposition aux conceptions traditionnelles de la famille, de l'éducation et du rôle des genres, opposition traduite notamment dans une critique radicale de l'institution du mariage. Voltairine de Cleyre affirme que le mariage freine l'évolution individuelle, tandis que Emma Goldman écrit que « Le mariage est avant tout un arrangement économique […] la femme le paye de son nom, de sa vie privée, de son estime de soi et même de sa vie ». Le féminisme libertaire défend donc une famille et des structures éducatives non hiérarchiques, comme les écoles modernes inspirées de Francisco Ferrer. L'anarcha-féminisme peut apparaître sous forme individuelle, comme aux États-Unis, alors qu'en Europe il est plus souvent pratiqué sous forme collective. Autrices : Virginia Bolten, Emma Goldman, Voltairine de Cleyre, Madeleine Pelletier, Lucía Sánchez Saornil, l'organisation féminine libertaire "Mujeres Libres". Courants écologistes. Pour l'écologie libertaire, les ressources ne sont plus déterminées par les besoins de chacun mais par leur limite naturelle. Ce courant se situe au croisement de l'anarchisme et de l'écologie. Selon Robert Redeker dans la revue "Le Banquet", un des éléments constitutifs de cette rencontre est « le développement de la question nucléaire, qui a joué un grand rôle en amalgamant dans le même combat milieux libertaires post-soixante-huitards, scientifiques et défenseurs de la nature ». L'écologie libertaire s'appuie sur les travaux théoriques des géographes Élisée Reclus et Pierre Kropotkine. Elle critique l'autorité, la hiérarchie et la domination de l'homme sur la nature. Elle propose l'auto-organisation, l'autogestion des collectivités, le mutualisme. Ce courant est proche de l'écologie sociale élaborée par l'américain Murray Bookchin. Très critique envers la technologie, elle défend l'idée que le mouvement libertaire doit, s'il veut évoluer, rejeter l'anthropocentrisme : pour les écologistes libertaires, l'être humain doit renoncer à dominer la nature. Courants chrétiens. L'anarchisme chrétien entend concilier les fondamentaux de l'anarchisme (le rejet de toute autorité ecclésiale ou étatique) avec les enseignements de Jésus de Nazareth, pris dans leur dimension critique vis-à-vis de l'organisation sociale. D'un point de vue social, il se fonde sur la « révolution personnelle », soit la métamorphose de chaque individu au quotidien. Léon Tolstoï, Søren Kierkegaard, Jacques Ellul, Dorothy Day, Ferdinand Domela Nieuwenhuis et Ivan Illich en sont les figures les plus marquantes. Selon Ellul, « Tout cela, que l’on voit (le conformisme, le conservatisme social et politique des Églises ; le faste, la hiérarchie, le système juridique des Églises ; la « morale » chrétienne ; le christianisme autoritaire et officiel des dignitaires des Églises…), c’est le caractère « sociologique et institutionnel » de l’Église, […] ce n’est pas l’Église. Ce n’est pas la foi chrétienne. Et les anarchistes avaient raison de rejeter ce christianisme ». Par ailleurs, l'anarchisme est pour Ellul « la forme la plus aboutie du socialisme ». L'« anarcho-personnalisme » exprimé par Emmanuel Mounier et les « pédagogues de la libération » comme Paulo Freire au Brésil et Jef Ulburghs en Belgique partagent des racines avec ce courant. Simone Weil y fut sensible. Aux États-Unis, le mouvement s'inscrit dans cette mouvance. Courants non violents. L'anarchisme non violent est un mouvement dont le but est la construction d'une société refusant la violence. Les moyens utilisés pour arriver à cette fin sont en adéquation avec celle-ci : écoute et respect de toutes les personnes présentes dans la société, choix de non-utilisation de la violence, respect de l'éthique (la fin ne justifie jamais les moyens), place importante faite à l'empathie et à la compassion, acceptation inconditionnelle de l'autre. Apolitique, profondément humaniste, il vise à rassembler les hommes et les femmes pour construire une société où chacun puisse se réaliser (la société est au service de l'individu) et en même temps incite l'individu à collaborer, à contribuer au bien-être de tous les acteurs de la société (l'individu est au service de la société). Personnalités marquantes : Léon Tolstoï, Louis Lecoin, Barthélemy de Ligt, May Picqueray, Jean Van Lierde. Courant de droite. L'anarchisme de droite est un courant littéraire français qui regroupe des auteurs s'opposant aux formes gouvernementales traditionnelles comme la démocratie, le pouvoir des intellectuels et le conformisme. Il s'agit d'une attitude et d'une esthétique plutôt que d'une idéologie structurée, qui se cristallise autour de valeurs « de droite » telles que l'anti-égalitarisme aristocratique, l'individualisme et l'esprit « libertin » (auteurs : Louis-Ferdinand Céline, Paul Léautaud, François Richard, Michel-Georges Micberth). Anarcho-capitalisme. L'anarcho-capitalisme est un mouvement issu de la pensée libérale et libertarienne américaine. Il veut rendre à l'individu tous les droits usurpés par l'État, y compris les fonctions dites « régaliennes » (défense, police, justice et diplomatie). L'anarcho-capitalisme défend la liberté individuelle, le droit de propriété et la liberté de contracter (auteurs : Gustave de Molinari, Murray Rothbard, David Friedman, Hans-Hermann Hoppe, Walter Block). Crypto-anarchisme. Le crypto-anarchisme qui s'intéresse à l'étude et au combat de toutes les formes de cyber-pouvoirs de domination engendrées par le statu quo technologique de l'internet militarisé actuel. Les crypto-anarchistes prônent la démilitarisation et la libération totale du cyber-espace et de l'ensemble de ses technologies, de telle sorte qu'ils ne produisent plus de cyber-pouvoirs de domination sur les peuples. Ainsi, le crypto-anarchisme est réellement un prolongement naturel et transverse de tous les courants de pensée anarchistes, qui furent tous inventés et conceptualisés dans un contexte historique où le cyber-espace et les réseaux de télécommunication n'existaient pas, c'est-à-dire dans un contexte où la notion de cyber-pouvoir n'existait pas. Autres courants. Au , des courants nouveaux apparaissent, moins connus ou ayant leur autonomie propre, et n'entrant pas dans le cadre des tendances existantes. Ces différents courants/tendances se rejoignent dans la volonté de mettre en place une société libertaire, où la liberté politique serait la règle. C'est surtout après la Seconde Guerre mondiale qu'apparaissent d'autres courants dans différents domaines : politiques, philosophiques et littéraires. Ils se démarquent parfois assez radicalement des doctrines anarchistes classiques. Conflits entre courants. Les tendances de l'anarchisme historique (socialiste, syndicaliste, proudhonien, communiste et individualiste stirnerien) sont également les plus actives politiquement et idéologiquement, et les mieux organisées. Elles peuvent en outre revendiquer un héritage historique très riche, qui s'est construit au fil des décennies autour d'un militantisme et d'un activisme très vivaces. Elles constituent encore de nos jours le noyau dur de l'anarchisme actif, et une majorité d'anarchistes considère que ce sont les seuls mouvements qui peuvent légitimement revendiquer l'appellation d'anarchisme. Ce sont ces mêmes courants qui s'associent parfois pour faire front commun au sein d'organisations synthésistes. Au sein du mouvement libertaire, d'autres courants non traditionnels sont plus ou moins bien accueillis (selon les tendances), certains étant considérés comme un enrichissement de l'anarchisme, d'autres non. Néanmoins, les diverses tendances se rejettent parfois mutuellement, les individualistes pouvant rejeter la composante socialiste et réciproquement (notamment dans le cas d'une organisation politique de type plateformiste). Pour les courants libertaires traditionnels, les courants tels que le national-anarchisme, l'anarcho-capitalisme et l'anarchisme de droite sont rejetés, considérant que les idées de ces mouvements sont extérieures à l'anarchisme politique et historique et qu'elles n'ont aucun point commun avec les leurs, voire qu'elles leur sont fondamentalement opposées. Les nationalistes anarchistes sont pointés du doigt pour leur promiscuité politique avec l'extrême-droite (pour la branche proche du néonazisme) ou l'incompatibilité de défendre le nationalisme et l'internationalisme. L'anarchisme de droite est critiqué pour son incohérence et son inexistence en tant que mouvement politique. Les critiques à l'encontre des anarcho-capitalistes contestent la possibilité de combiner l'anarchisme et le capitalisme, ce dernier étant considéré par eux comme une source d'exploitation. L'anarchisme chrétien est critiqué par ceux qui estiment que la religion est source d'oppression et d'aliénation. Expériences historiques au et avant-guerre. Organisations primitives apparentées. De nombreux peuples dits primitifs, généralement des chasseurs-cueilleurs comme les Aeta, mais aussi des agriculteurs comme les Papous, sont dépourvus de structures d'autorité et le pouvoir de coercition n'y est pas considéré comme légitime (voir les travaux de l'anthropologue et ethnologue français Pierre Clastres). Propagande par le fait. La « propagande par le fait », à ne pas confondre avec l'action directe, est une stratégie d'action politique développée par certains anarchistes à la fin du en association avec la propagande écrite et verbale. Elle proclame le « fait insurrectionnel », moyen de propagande le plus efficace et vise à sortir du terrain légal pour passer d'une « période d’affirmation » à une « période d’action », de « révolte permanente », la « seule voie menant à la révolution ». Les actions de "propagande par le fait" utilisent des moyens très divers dans l'espoir de provoquer une prise de conscience populaire. Elles englobent les actes de terrorisme, les actions de récupération et de reprise individuelle, les expéditions punitives, le sabotage, le boycott, voire certains actes de guérilla. Bien qu'ayant été largement employé au niveau mondial (sont notamment assassinés le président français Sadi Carnot, celui des États-Unis William McKinley ou encore l'impératrice Sissi), le recours à ce type d'action est resté un phénomène marginal dénoncé par de nombreux anarchistes. À la suite d'un bilan critique, cette pratique est abandonnée au début du au profit de l'action syndicale. En périodes révolutionnaires. Les « Enragés » pendant la Révolution française comptent peu d'anarchistes, à l'exception de quelques individualités, notamment Jean-François Varlet. Durant la Commune de Paris en 1871 on mentionne parfois Louise Michel, qui n'était alors pas anarchiste mais blanquiste. La collectiviste Nathalie Lemel, Élie et Élisée Reclus, ou encore d'autres militants n'étaient pas anarchistes à l'époque. Ce n'était pas le cas non plus d'Eugène Varlin, Gustave Lefrançais, Charles Ledroit, Jules Montels, François-Charles Ostyn, ou Jean-Louis Pindy, même si certains anarchistes comme Maurice Joyeux voient un lien avec l'anarchisme. En 1873, la Révolution Cantonale pendant la première République espagnole eut une forte influence sur le mouvement anarchiste espagnol. Révolution mexicaine. En 1911, Le , le Parti libéral mexicain (PLM) d'obédience anarchiste, planifie l'invasion du territoire de Basse-Californie du Nord, pour en faire une base opérationnelle dans la guerre révolutionnaire. Le parti déclare alors la création de la « république socialiste de Basse-Californie ». De février à il prend contrôle, notamment grâce aux frères Flores Magón et avec l'aide d'une centaine d'internationalistes armés membres du syndicat Industrial Workers of the World (Travailleurs Industriels du monde), de la majeure partie du district nord du territoire de Basse Californie, notamment des bourgades de Tijuana (), Mexicali (), et Tecate. Les magonistes incitent le peuple à prendre possession collectivement de la terre, à créer des coopératives et à refuser l'établissement d'un nouveau gouvernement. Durant cinq mois ils vont faire vivre la 3Commune de Basse-Californie3 : expérience de communisme libertaire avec abolition de la propriété, travail collectif de la terre, formation de groupes de producteurs, etc. En 1914, le mouvement Ghadar, animé par l'anarchiste Lala Har Dayal, développe une idée de société anarchiste enracinée dans les écrits védiques. Révolution russe. Pendant la Révolution russe, en Ukraine, Nestor Makhno conduit la "Makhnovchina" pendant trois ans (1918-1921), une armée anarchiste de guérilla organisée sur la base du volontariat, et qui comptera jusqu'à ayant pour objectif de protéger le nouveau modèle révolutionnaire libertaire mise en place dans le sud de l'Ukraine. Cette dernière combattit avec succès les armées blanches au côté de l'armée rouge, avant d'être trahie par Lénine et Trotsky qui se retournèrent contre elle (voir : Armée révolutionnaire insurrectionnelle ukrainienne). Par ailleurs, en Russie, la pensée libertaire était fortement présente lors de la Révolte de Kronstadt () et plus généralement dans les Soviets jusqu'à leur mise au pas par le parti bolchevique. En Bavière, en 1919, les anarchistes Gustav Landauer et Erich Müsham participent activement à la république des conseils de Bavière. En Mandchourie, en , sous l'impulsion de Kim Jwa-jin et de la Fédération Anarchiste Coréenne en Mandchourie, se forme une administration à Shimmin (une des trois provinces mandchouriennes). Organisée en tant qu'Association du Peuple Coréen en Mandchourie (APCM), elle se présente comme « un système indépendant autogouverné et coopératif des coréens qui rassemblent tout leur pouvoir pour sauver notre nation en luttant contre le Japon ». La structure était fédérale allant des assemblées de villages jusqu'à des conférences de districts et de zones. L'association générale mit en place des départements exécutifs pour s'occuper de l'agriculture, de l'éducation, de la propagande, des finances, des affaires militaires, de la santé publique, de la jeunesse et des affaires générales. Révolution sociale espagnole de 1936. Lors de la révolution espagnole de 1936-38, des régions entières (Catalogne, Andalousie, Levant, Aragon) se soulevèrent contre le coup d'état franquiste, et, par l'impulsion du prolétariat armé et organisé en milices révolutionnaires sous l'égide de la CNT et de la FAI, instaurèrent un régime politique et économique communiste libertaire. La ville de Barcelone, ou l'anarchisme se trouve particulièrement bien implanté, deviendra alors le symbole de la révolution, avec des centaines d'usines, de transports, de restaurants, d’hôpitaux, d’hôtels, ou d'autres entreprises collectivisées passant au modèle autogestionnaire. Plusieurs colonnes de combattants anarchistes seront également formées pour partir au front, la plus célèbre sera la Colonne Durruti qui regroupât . Cette expérience reste à ce jour la plus importante mise en place d'un système politique libertaire à grande échelle. Durant la guerre 1939-45 en Italie, création par des résistants d'une république libertaire près de Carrare. Sur ces diverses périodes expérimentales. L'échec de ces expériences sera dû, selon les anarchistes, à plusieurs facteurs, externes ou internes au mouvement anarchiste, dont la situation politique internationale défavorable, le trop faible soutien populaire ou international, la répression, les contraintes inhérentes à une situation de guerre révolutionnaire, les entraves de jacobins, de bolcheviks (pour les Soviets en Russie), de staliniens lors de la Guerre d'Espagne. Ces expériences parviennent toutefois à réaliser, selon les anarchistes, de nombreux principes anarchistes, en particulier en matière d'éducation libre, de libre collectivisation des terres et des usines, de liberté politique, etc. Expériences historiques Après-guerre. En France. Plusieurs militants de la révolte étudiante de mai 1968 en France ayant participé au Mouvement du 22 Mars et au Gauchisme dans les années qui suivent ont été d'abord anarchistes ou le sont restés, comme Jean-Pierre Duteuil. La Fondation de l'UGAC en 1965. La création en 1960 de l’UGAC (Union des Groupes Anarchistes Communistes), d’abord comme une simple tendance de la Fédération anarchiste, puis comme un groupe autonome en 1964 fait augmenter fortement l'implantation des anarchistes mais aussi les tensions internes à ce courant. La Fondation de la LEA en 1963-1964. Créée, la même année universitaire, en 1963-1964, a LEA (Liaison des Étudiants Anarchistes) n'apparaît que plus tard, en , à l’université de Nanterre. Elle débute à la Sorbonne : l'anarchiste espagnol Tomás Ibáñez s'inscrit en 1963-1964 à la Sorbonne au département psycho, place forte parisienne des lambertistes, le Comité de liaison des étudiants révolutionnaires (CLER) y étant dirigé par Claude Chisserey. Ce dernier le présente à Richard Ladmiral, membre de "Noir et Rouge", ami de Christian Lagant, que Tomás Ibáñez avait connu au camping libertaire international de Beynac. Tous deux décident d’imiter les lambertistes, en créant eux aussi une « liaison étudiante », mais anarchiste cette fois, la Liaison étudiante anarchiste ou LEA. Richard Ladmiral et Tomás Ibáñez entament une collaboration assez étroite avec la « Tendance syndicaliste révolutionnaire » impulsée par les lambertistes de l'UNEF,sur le modèle de l’alliance tissée dans la région de Saint-Nazaire entre anarcho-syndicalistes – dont Alexandre Hébert était la figure de proue – et lambertistes . En Mai 68 à Nantes, des ouvriers "lambertistes" seront aux débuts du mouvement de grève générale de Mai 68. La LEA décide à la fin de l’été 1964 d'acquérir une envergure nationale, par un communiqué dans "Le Monde libertaire" convoquant une réunion, en octobre, à son local de la rue Sainte-Marthe: une douzaine d’étudiants, y viennent, pami eux, Jean-Pierre Duteuil et Georges Brossard – fraichement inscrits à la nouvelle université de Nanterre. Venu du lycée de Nanterre, Jean-Pierre Duteuil participé à l’envahissement de la pelouse lors d’un match de rugby à Colombes entre la France et l’Angleterre devant les caméras de télévision mais a aussi rencontré des militants anarchistes italiens en Italie. La LEA Nanterre prône l'interruption de cours, le refus systématique de tout pouvoir, fût-il symbolique, et la critique virulente du contenu de l’enseignement. Au niveau national, la LEA est proche de la revue "Noir et Rouge", animée notamment par Christian Lagant, Frank Mintz, Richard Ladmiral, Jean-Pierre Poli, Pascale Claris et Pierre Tallet. La création du Comité de liaison des jeunes anarchistes. La création du Comité de liaison des jeunes anarchistes fédéra des militants de diverses organisations (FA, UGAC, Noir et Rouge, inorganisés) et Jean-Pierre Duteuil entra en 1966 au comité de rédaction du "Monde libertaire" et édita l’Anarcho de Nanterre, ronéoté. Congrès de 1965 et 1967. Entre-temps, la Fédération Anarchiste avait adopté à son congrès de 1965 une motion en faveur du Mouvement Libertaire Cubain en Exil, critiquant ouvertement le régime castriste, pourtant une référence parfois même chez les communistes libertaires de la Fédération Anarchiste. Cette dernière a procédé à l’expulsion de nombreux groupes et individus proches du communisme et du situationnisme au congrès de Bordeaux de , en particulier ceux de LEA (Liaison des Étudiants Anarchistes), ou encore le CLJA (Comité de Liaison des Jeunes Anarchistes) qui fédérait LEA et d'autres groupes. Ce congrès de Bordeaux voit le départ d’une douzaine de groupes. Alors que la FA était passée de en 1966 à l'année suivante elle revient, à la suite de ce congrès, à . Les expulsés, parmi lesquels Jean-Pierre Duteuil, se fédérèrent pour un temps sous le nom de « l’Hydre de Lerne » . Ils vont alors se rapprocher, en particulier au sein de l'UNEF puis du Mouvement du 22 Mars, des trostskystes des JCR (Jeunesses Communistes Révolutionnaires, trotskystes), et des maoïstes de l’UJCML (Union des Jeunesses Communistes Marxistes-Léninistes). L'UGAC défend ainsi alors une politique « frontiste » fondée sur des alliances avec des mouvements maoistes ou trotskystes . C'est aussi l'époque du départ des JAC (Jeunesses Anarchistes Communistes), créées en 1967, très actives dans les lycées parisiens, fin 1967 puis début 1968 via les Comités d’Actions Lycéens (CAL). L’UGAC produit de son côté dès 1966 une "Lettre au mouvement anarchiste international" affirmant sa conviction que l'anarchisme doit être une simple composante du mouvement révolutionnaire et elle publie à partir de 1968 le journal "Tribune Anarchiste Communiste" (TAC). Un premier "Groupe anarchiste de jeunes", avait été fondé au lendemain du camping international libertaire organisé par la FIJL en 1965 à Aiguilles, dans le Queyras. Au Danemark. Le mouvement des communautés libertaires se poursuit, notamment à Copenhague au Danemark, avec la commune libre Christiania, un squat autonome/autogéré au niveau d'un quartier. La mise en place d'Écovillages : agglomérations, généralement rurales, ayant un projet d'autosuffisance variable, reposant sur un modèle économique alternatif telle la Coopérative européenne Longo Maï. L'écologie y est prépondérante. Dans les années 1980, des libertaires sont présents dans le mouvement des radios libres, en Belgique comme en France avec Radio libertaire. Dans les années 1990, Hakim Bey introduit le concept de Zone autonome temporaire (Temporary Autonomous Zone - TAZ) interprété comme une forme d'organisation permettant d'accéder à l'anarchie. Mexique. En 1994, au Mexique, insurrection zapatiste du Chiapas. Sur des bases idéologiques d'orientation socialistes autogestionnaires l'EZLN prend les armes contre l’État mexicain et déclare l'autonomie des territoires indigènes de la région. À partir de , les zapatistes constituent peu à peu des communes autonomes, indépendantes de celles gérées par le gouvernement du Mexique. Ces communes mettent en œuvre des pratiques d'autogestion et de communalisme tel que des services de santé gratuits, la socialisation des terres, des écoles là où il n'en existait pas et un système de justice et de police communale. Selon Roy Krøvel, « les anarchistes internationaux et les Zapatistes ont formé un mouvement global de solidarité qui est devenu, à son tour, une inspiration majeure du mouvement global contre le néolibéralisme ». Le zapatisme a été influencé par la pensée de Michel Foucault, bien connue du sous-commandant Marcos. États-Unis. En 1999 à Seattle, lors du contre-sommet de l'OMC, un black bloc est médiatisé au niveau international. Un black bloc désigne autant une tactique de manifestation, une forme d'action directe collective que des groupes d'affinité aux contours éphémères. Avant et après une action, un "Black Bloc" n’existe pas. Sans organigramme, ni porte-parole, il est principalement constitué d'individus tout de noir vêtus pour se fondre dans l'anonymat, c'est un espace décentralisé, sans appartenance formelle ni hiérarchie. Il est formé principalement d'activistes issus des mouvances libertaires. Kurdistan. En 2006, à la mort de Murray Bookchin, le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) s'engage à fonder la première société basée sur un confédéralisme démocratique inspiré des réflexions du théoricien de l’écologie sociale et du municipalisme libertaire. Le , les cantons du Rojava, dans le Kurdistan syrien, se fédèrent en communes autonomes. Elles adoptent un contrat social qui établit une démocratie directe et une gestion égalitaire des ressources sur la base d’assemblées populaires. C’est en lisant l’œuvre de Murray Bookchin et en échangeant avec lui depuis sa prison turque, où il purge une peine d’emprisonnement à vie, que le dirigeant historique du mouvement kurde, Abdullah Öcalan, fait prendre au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) un virage majeur pour dépasser le marxisme-léninisme des premiers temps. Le projet internationaliste adopté par le PKK en 2005, puis par son homologue syrien, le Parti de l'union démocratique (PYD), vise à rassembler les peuples du Proche-Orient dans une confédération de communes démocratique, multiculturelle et écologiste. En 2007, une est créée dans le monde virtuel de "Second Life" par des militants de divers pays. Période actuelle. Aujourd'hui, les anarchistes se sont organisés dans une multitude de groupes (, collectif, groupe d'affinité informel, organisations, journaux, syndicat, international, etc) et sont présents dans plusieurs mouvements sociaux non spécifiquement libertaire, sur des terrains aussi divers que : Art, culture et esprit anarchiste. L'anarchisme a depuis longtemps des liens avec les arts créatifs, en particulier la peinture, la musique et la littérature. L'influence de l'anarchisme dans l'art n'est pas qu'une question d'imagerie spécifique ou de figures publiques propres à l'anarchisme, mais peut être vue comme une approche vers l'émancipation totale de l'homme et de l'imagination. Dès le , des liens sont tissés entre artistes et anarchistes. Gustave Courbet est l’ami de Pierre-Joseph Proudhon. Entre 1880 et 1914, nombreux sont les artistes et les écrivains qui s’intéressèrent à l’anarchisme. Ils collaborent à des revues ou font parfois don de certaines œuvres. On peut citer les noms de plusieurs peintres : Camille Pissarro, Paul Signac, Maximilien Luce et Henri-Edmond Cross, ou le critique d'art Félix Fénéon. Plus significativement, l'esprit libertaire se retrouve dans les œuvres du mouvement dadaïste et du surréalisme. Dans le monde francophone, des personnalités comme Albert Camus, André Breton, Jacques Prévert, Boris Vian, Robert Desnos ou Étienne Roda-Gil marquent le champ culturel d'une empreinte libertaire. Il en est de même dans le cinéma, avec Jean-Pierre Mocky ou Luis Buñuel. De manière plus directe, c'est en Espagne que la propagande artistique au service de l'anarchisme et de la révolution sociale connaîtra un immense essor pendant la période de la guerre civile, à travers de très nombreuses affiches syndicales et militaires, ou encore même, par le théâtre libertaire et le cinéma de reportage. L'anarchisme ne s'exprime pas uniquement à travers un mouvement structuré ou une œuvre. Il peut aussi se manifester dans un état d'esprit, qu'on retrouve dans l'engagement libertaire de Georges Brassens ou à la rédaction des journaux satiriques comme Hara Kiri ou encore Charlie Hebdo. À propos de ces derniers, Michèle Bernier, la fille du Professeur Choron, définit cet esprit anarchiste de la manière suivante : "Des mécréants, de joyeux anars sans Dieu ni maître. C’était l’humour à plein pot fait par des gens extrêmement drôles et intelligents.". On peut aussi évoquer l'esprit anarchiste de militants plus ou moins anonymes, comme Constant Couanault, ouvrier des cuirs et peaux en région parisienne, secrétaire adjoint de la Confédération générale du travail - Syndicaliste révolutionnaire (CGTSR) dans les années 1930 et qui a sauvé des enfants juifs pendant la Seconde Guerre mondiale. Indépendamment de son militantisme, son attitude peut s'interpréter sous les traits de l'esprit anarchiste : "Constant (Couanault) envoie bouler tel voisin antisémite, Constant bouffe du curé et du patron, Constant houspille les gosses froussards.". Critiques. Selon le philosophe et historien des idées politiques d'orientation libérale Philippe Nemo, une société anarchiste est impossible à la fois sur le plan théorique et dans la pratique. Il constate que, tout au plus, on a pu observer uniquement « de brefs exemples historiques » mais aucune réalisation durable. Il estime que cette impossibilité est définitive en se basant sur les questions posées au par Lord Acton concernant la politique : qui doit exercer le pouvoir et quelles doivent être ses limites. Selon lui, la réponse anarchiste, en particulier des anarchistes socialistes, qui réunit un pouvoir sans limitation, exercé par le peuple dans son ensemble, sans que ce pouvoir soit confisqué par un individu ou un groupe d'individus, est fondamentalement instable. Pour Nemo, cette solution ne peut pas durer car elle tend à devenir soit un système totalitaire (prise de contrôle du pouvoir par un individu ou un groupe) soit une démocratie libérale (limitation des pouvoirs exercés par tous). À l'inverse de la réponse anarchiste, selon Nemo, ces deux réponses sont stables puisque, dans le premier cas, les pouvoirs de l'État sur tous permettent facilement son maintien au pouvoir, tandis que dans le second, le « libéralisme rend possible l'existence d'opposants politiques, faisant vivre la démocratie ». Le politiste Édouard Jourdain, indique que . Ainsi selon Jourdain, des auteurs tels que et se réclamant du postanarchisme critiquent des conceptions de . Une d'entre elles concerne la conception essentialiste de la nature humaine et de la subjectivité : celle-ci étant par essence bonne, l’abolissement du pouvoir en réalisant l'humanité "naturelle" permettrait une société harmonieuse. Bibliographie. Textes théoriques. "(classement par apparition des auteurs)"
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Afrique L’Afrique est un continent qui couvre 6 % de la surface de la Terre et 20 % de la surface des terres émergées. Sa superficie est de avec les îles, ce qui en fait la troisième mondiale si l'on compte l'Amérique comme un seul continent. Avec plus de 1,3 milliard d'habitants, l'Afrique est le deuxième continent le plus peuplé après l'Asie et représente 17,2 % de la population mondiale en 2020. Le continent est bordé par la mer Méditerranée au nord, le canal de Suez et la mer Rouge au nord-est, l’océan Indien au sud-est et l’océan Atlantique à l’ouest. L'Afrique est traversée presque en son milieu par l'équateur et présente plusieurs climats : chaud et humide au plus près de l'équateur, tropical dans les régions comprises entre l'équateur et les tropiques, chaud et aride autour des tropiques, tempéré dans les zones d'altitude. Le continent est caractérisé par le manque de précipitations régulières. En l'absence de glaciers ou de systèmes montagneux aquifères, il n'existe pas de moyen de régulation naturelle du climat à l’exception de la flore (forêts notamment) et de la proximité de la mer. Les terres arides représentent 60 % du continent, dont l'environnement est néanmoins très riche . Le continent abrite le second massif forestier continu de la planète : la forêt du bassin du Congo, mais qui est menacé par la surexploitation, la déforestation la fragmentation forestière et la baisse de la biodiversité, conséquences de la pression anthropique, exacerbée par le changement climatique. <br>En 2020, les indicateurs climatiques montraient une élévation continue des températures en Afrique, une accélération de l'élévation du niveau de la mer, et des événements météorologiques et climatiques extrêmes plus fréquents (ex : inondations, sécheresses, et leurs effets dévastateurs). Le rétrécissement rapide des derniers glaciers d'Afrique de l'Est, qui devraient fondre entièrement dans un avenir proche, signe aussi la menace d'un changement imminent et irréversible du système Terre. Le continent est considéré comme le berceau de l'humanité, là où sont apparus les ancêtres de l'Homme, puis, il y a environ, l'homme moderne qui s'est ensuite répandu sur le reste du globe. Le Sahara, le plus grand désert chaud du monde, a créé un hiatus, conduisant à des évolutions historiques distinctes entre le nord et le sud. À la période historique, la civilisation de l'Égypte antique se développe le long du Nil, l'Afrique subsaharienne voit naître ses propres civilisations dans les zones de savanes ; l'Afrique du Nord, rive sud de la Méditerranée, subit quant à elle l'influence des Phéniciens, des Grecs et des Romains. À compter de l'Afrique connaît l'expansion bantoue. Il s'agit d'un mouvement de population en plusieurs phases, orienté globalement du nord, depuis le grassland du Cameroun actuel, vers le sud, jusqu'en Afrique australe, atteinte aux débuts de l'ère chrétienne. L'expansion bantoue explique la carte ethnolinguistique actuelle de la zone subsaharienne. La religion chrétienne s'implante en l'Afrique dès le , essentiellement dans l'Afrique romaine du nord du continent puis en Éthiopie. Le voit les débuts de l'islam en Afrique, lequel s'installe sur la côte est et dans le nord du continent jusqu'à la frange septentrionale de la zone subsaharienne. L'Afrique du nord est, dans le même temps, arabisée. En Afrique subsaharienne, à partir du et jusqu'au , de puissants et riches empires se succèdent. Vers la fin de cette période, au , les Portugais, suivis par d'autres nations européennes, installent sur la côte ouest un trafic d'esclaves, la traite atlantique, qui s'ajoute à la traite intra-africaine et à la traite orientale qui sévissent déjà sur le continent. Le marque le début des explorations européennes, suivies par la colonisation massive du continent entre la fin du . La traite esclavagiste cesse au début du , mais l'Afrique est presque entièrement sous domination coloniale jusqu'au milieu du , ce qui modèle jusqu'à aujourd'hui les frontières et les économies des pays concernés. La plupart des États obtiennent leur indépendance entre la fin des années 1950 (Maroc, Tunisie, Ghana…) et le milieu des années 1970 (Angola, Mozambique…). L'Afrique indépendante est constituée essentiellement de « démocraties imparfaites » voire de « régimes autoritaires » et les conflits y sont nombreux. Depuis l'accession à l'indépendance du Soudan du Sud en 2011, l'Afrique, comprenant Madagascar, compte 54 États souverains (non inclus la RASD et le Somaliland). Les pays du continent présentent la croissance démographique la plus importante de la planète et une situation sanitaire qui s'améliore nettement tout en progressant moins vite que dans les autres pays en développement. L'Afrique repose sur une organisation sociale fondée sur la famille élargie et l'appartenance ethnique ; on recense un millier d'ethnies sur le continent lequel possède en parallèle la diversité linguistique la plus élevée du monde avec près de vivantes. L'Afrique contemporaine est dans une situation où le poids de la démographie est délicat à gérer (chômage, financement de l'éducation…) car le continent reste celui qui est le moins développé économiquement malgré une forte croissance depuis le début du , laquelle a permis l'émergence d'une classe moyenne, moins féconde, aux revenus plus élevés. Elle est en outre confrontée aux violences terroristes parmi les plus meurtrières de la planète. Économiquement, le commerce intercontinental est soutenu depuis l'époque antique et, à l'époque des grands empires, le continent est le fournisseur d'or de l'Occident et de l'Orient. Plus tard, la colonisation entraîne une spécialisation massive des économies coloniales qui deviennent presque exclusivement extraverties, dévolues à l'exportation des matières premières, minérales et agricoles, vers les métropoles. Sachant qu'elle possède encore d'importantes réserves minières et pétrolières, cette situation perdure au , avec, en corollaire, des États rentiers et des oligarchies qui captent les revenus au détriment de populations restées pauvres. Sa place dans la mondialisation économique actuelle est minime, au contraire des siècles passés. Certains pays ont cependant amorcé un tournant économique durant la période récente grâce à la diversification économique, le développement du secteur tertiaire et la « croissance inclusive ». Étymologie. Les Grecs de l'Antiquité appellent le continent (« Libye »). Quant au terme "Afrique", il dérive directement du latin "Africa". De l'Antiquité romaine jusqu'au Moyen Âge, le terme ne désigne que la partie de l'Afrique du Nord entourant Carthage, le sud à majorité noire étant appelé Éthiopie (du grec ). Ainsi, dans le livre V de "Histoire naturelle", Pline l'Ancien mentionne le fleuve Niger, qu'il nomme "Nigris", comme délimitation : et mentionne également les qui vivent à ses abords. L'étymologie d"'Africa" a fait l'objet de nombreuses hypothèses : Les étymologies antérieures au ne sont plus aujourd'hui que des curiosités historiques : Isidore de Séville tirait ce nom du latin "aprica" (« ensoleillée »), Léon l'Africain invoquait un mot grec fictif "a-phrike" (« sans froid »). Selon Michèle Fruyt, le terme "Africa" est apparu dans les langues européennes par l'intermédiaire des Romains qui désignaient ainsi la partie nord du continent car, en Campanie, "africus" qualifiait le vent pluvieux provenant de la région de Carthage. Selon l'hypothèse de Daniel Don Nanjira, le mot latin "Africa" pourrait provenir soit du nom "Afridi", une tribu berbère qui vivait en Afrique du Nord près de Carthage, soit du terme phénicien "Afar" signifiant « poussière ». D'après d'autres chercheurs, le mot "Afrique" provient de la tribu des Banou Ifren (tribu Amazigh), dont l'ancêtre est "Ifren", appelée aussi Iforen, Ifuraces ou Afer (terme signifiant également « grotte » ou « caverne » en langue berbère selon Ibn Khaldoun). Ifri, la forme au singulier du mot "Ifren", désigne également une divinité amazigh. D'autres encore désignent les Banou Ifren comme étant les habitants de l'ancienne "ifrīqīyā" qui désignait jadis en arabe l'actuelle Tunisie et que le nom d'Afrique découle de la nomination de la tribu des Banou Ifren. De plus, les Banou Ifren seraient les Ifuraces, tribu qui rassemble les Afar. Les Ifuraces habitaient l'ancienne Tripolitaine et sont des Zénètes berbères, que Corripus a désigné dans son livre par Ifuraces. Géographie. Géographie physique. Avec une surface émergée de , l’Afrique est le troisième continent par sa superficie ; cela représente 6 % de la surface terrestre et 20 % de la surface des terres émergées. Séparé de l'Europe par la mer Méditerranée, il est rattaché à l'Asie à son extrémité nord-est par l'isthme de Suez (traversé par le canal de Suez) sur . De son extrémité nord, à Ras ben Sakka (37°21' N) en Tunisie, à son extrémité sud, au Cap des Aiguilles (34°51'15" S) en Afrique du Sud, le continent s'étend sur environ . Du Cap-Vert (17°33'22" O), à son extrême ouest, à Ras Hafun (51°27'52" E) en Somalie, à l'extrême est, il s'étend sur . Ses côtes, peu découpées, sont longues de . L'absence de profondes entailles de sa rive est remarquable ; en effet, par comparaison, l'Europe, qui s'étend sur , soit environ un tiers de la surface de l'Afrique, présente un littoral de , plus long de . Le Sahara, le plus grand désert d'Afrique et le plus grand désert chaud du monde, couvre à lui seul une superficie de près de . Le Sahel, bande continue de savanes tropicales semi-arides située juste au sud du Sahara, couvre près de . Ainsi les régions hyper-arides, arides et semi-arides du Sahara et du Sahel couvrent à elles seules environ un tiers de la superficie totale du continent africain. Climats. Traversée presque en son milieu par l'équateur et comprise pour une majeure partie entre les deux tropiques, l'Afrique est un continent chaud, avec une température moyenne supérieure à neuf mois sur douze ; l'intensité du rayonnement solaire y est constamment forte. Les climats et la végétation qui leur correspond se définissent en fonction des variations pluviométriques plutôt que thermiques. La pluviométrie est essentiellement dépendante des mouvements atmosphériques se produisant dans la zone de convergence intertropicale (ZCIT). Il s’agit, dans une zone comprise entre les tropiques et l'équateur, du mouvement ascendant d'un air humide apporté par les alizés. La montée en altitude rafraîchit l’air et l’humidité est relâchée sous forme de précipitations à hauteur de l'équateur, ce qui détermine des climats humides, climat équatorial au plus près de l'équateur et climat tropical de part et d'autre. L'air asséché converge ensuite vers les tropiques nord et sud, ce qui crée un climat aride à ces endroits, aux alentours des nord et sud. Cela correspond au Sahara au nord, et au Kalahari au sud. Les déserts et les plaines arides prévalent également dans la corne de l'Afrique. L'allongement de la saison sèche, quand on s'éloigne de l'équateur, caractérise le passage du climat équatorial accompagné de forêt dense au climat tropical, qui s'accompagne de forêts claires, puis de savanes lorsque la saison sèche est intense. Lorsque la saison sèche est largement dominante, la savane prend un caractère semi-aride avec, néanmoins, une saison des pluies intense mais très courte. C'est le cas du Sahel, notamment, où la savane domine. Ensuite, les déserts apparaissent près des tropiques. Enfin, le climat méditerranéen caractérise les côtes de l'Afrique du Nord et la pointe sud de l'Afrique du Sud. Les saisons, alternance entre les saisons sèches et humides, sont liées aux oscillations annuelles de la ZCIT. Ces oscillations sont un phénomène majeur pour le continent car il est dépourvu de chaînes montagneuses assez haute et longue pour influencer le climat à grande échelle. Comme la majeure partie du continent est sous l'influence de la ZCIT, il est extrêmement sensible aux perturbations de celle-ci, notamment en Afrique de l'Ouest, même lorsque ces perturbations sont faibles. Ainsi, d'une année à l'autre, la saison des pluies peut varier en durée jusqu'à 30 %. Les amplitudes thermiques annuelles et journalières sont faibles en climat humide équatorial et tropical ; elles s'accentuent lorsqu'on s'éloigne de l'équateur et diminuent à proximité des côtes ; (et bien plus au sol où la température peut localement dépasser 70°C plusieurs jours par an, sans toutefois atteindre les records mondiaux enregistrés dans le désert de Lut ou au Mexique ; l'Afrique détient cependant le record d'étendue désertique chaudes, en surface absolue). Le record officiel de température atmosphérique est de mesuré le 7 juillet 1931 à Kébili, Tunisie. D'après une étude scientifique réalisée par plusieurs universités européennes, un Africain citadin sur trois pourrait être soumis chaque jour à des températures avoisinant les en 2090. Environnement. L'Afrique est une mosaïque de climats et de biomes ; deux de ses principales caractéristiques sont, d'une part, qu'il s’agit du continent le plus chaud et le plus sec de la planète et, d'autre part, d'un des endroits au monde les plus sensibles à la variabilité climatique. Les terres arides représentent plus de 60 % de la surface du continent ; il est donc particulièrement sensible à la pluviométrie et à ses variations qui conditionnent fortement le niveau de production agricole et la biodiversité. En effet, quoique l'eau souterraine soit abondante, la difficulté à l'exploiter fait que l'Afrique est et restera encore longtemps dépendante de l'eau pluviale et de l'eau de surface dont l'exploitation est peu rationalisée : 20 % seulement du potentiel d'irrigation du Sahel est exploité. La prévalence de l'onchocercose (cécité des rivières) explique sans doute l'absence d'une tradition d'irrigation (à la notable exception du Nil) sur le continent, malgré la présence de fleuves parmi les plus puissants du monde. La problématique de l’eau conditionne largement les conditions du développement humain. Le stress hydrique, défini par l'ONU comme concerne, par ses conséquences en matière de sécurité alimentaire et de santé, jusqu'à de personnes. Des conflits, parfois armés, tels celui du Darfour en 2003, sont causés au moins partiellement par l'accès à l'eau ou, plus largement, aux changements climatiques. Même lorsque l'eau n'est pas rare au sens strict, comme en Afrique de l'Ouest, laquelle, globalement, dépasse le volume de d'eau disponible par habitant et par an, seuil retenu pour caractériser le stress hydrique, le contexte de la disponibilité de l'eau rend la région . Ce n'est pas l’abondance de la ressource qui est en cause, mais sa variabilité et, par conséquent, la possibilité de l'utiliser au bon endroit et au bon moment. Autre caractéristique, l'Afrique abrite le second plus grand massif forestier continu du monde : celui du bassin du Congo. Pour l'ensemble du continent, le couvert arboré représente 21,8 % de sa surface quoi qu’avec une répartition très inégale, de zéro pour les déserts à 85 % pour le pays ayant le couvert forestier le plus important. Mais la déforestation est considérée comme la plus grave menace environnementale car les forêts régressent ; le continent a perdu plus de 10 % de ses forêts intactes (paysage « naturel » considéré comme à la fois non artificiellement morcelé et non dégradé) entre 2000 et 2013 et il a perdu d’hectares de couvert boisé par an entre 2000 et 2010 même si l'attrition s'est ralentie (la perte était de d'hectares par an dans les années 1990). La pression démographique, l’extension des villes et l'agriculture itinérante, dont la culture sur brûlis, participent largement à la régression des milieux naturels. La déforestation a, elle aussi, une influence limitative sur le développement humain puisqu'elle est une des principales causes de dégradation des terres. Celle-ci va jusqu'à la désertification, sachant que 63 % de la population d'Afrique subsaharienne et 40 % de celle d'Afrique du nord est rurale et que 90 % des Africains dépendent du bois et de la biomasse pour leurs besoins énergétiques. Cette utilisation massive de combustibles solides est, de plus, une cause notable de morbidité du fait de la pollution de l'air à l'intérieur des habitations qu'elle entraîne. Un autre aspect environnemental du continent est celui de sa biodiversité, très importante (le PNUE qualifie le continent de ) mais menacée. Huit des trente-quatre points chauds de biodiversité, zones possédant une grande richesse de biodiversité particulièrement menacée par l'activité humaine, sont situés en Afrique. Trente-quatre pays (sur cinquante-quatre) voient leur biodiversité régresser. Essayant de limiter le phénomène, les pays africains ont créé aires protégées, recouvrant ( d'hectares). L'ensemble se conjugue pour dessiner une situation où le continent, soumis à la est l'un des plus fragiles et des plus en danger. Le car , aggravant les causes environnementales de l'insécurité alimentaire qui touche déjà le continent. Gestion des déchets. Malgré la convention de Bamako, l'Afrique reçoit des déchets occidentaux mais produit également plus de de tonnes produites par an depuis 2016. Les déchets subsahariens avoisineront les en 2050. Si les États africains travaillent à construire leurs propres systèmes de gestion et traitement des déchets, le chemin est encore long avant de voir émerger des filières de traitement performantes. À Bamako, les riverains abandonnent leurs déchets en pleine rue avant de les brûler. Impuissants, ils subissent les conséquences : détritus, fumées , odeurs nauséabondes, ainsi que des rats, cafards et mouches. Géographie politique. Le plus grand pays d'Afrique par sa superficie, le dixième mondial, est l'Algérie tandis que l'archipel des Seychelles, au large de la côte est de l'Afrique, est le plus petit et le moins peuplé (env. ). Le plus petit État continental est la Gambie. Le plus peuplé est le Nigeria ( d'habitants en 2015), au septième rang mondial. États et dépendances en Afrique contemporaine. En 1914, du fait de l'essor des empires coloniaux, le « continent noir » ne comptait plus que deux États souverains, l’Abyssinie (ou Éthiopie) et le Liberia. Depuis la Seconde Guerre mondiale, le nombre d'États africains indépendants n'a cessé d'augmenter, passant de 4 en 1945 à 27 en 1960, pour atteindre 53 en 1993 et 54 en 2011 (non inclus le Sahraouie et le Somaliland). Les frontières des États africains sont en grande partie issues de la colonisation. Quant au regroupement des différents pays en sous-régions, il est plus utilisé dans un souci pratique qu'en référence à une réalité historique. On distingue généralement : États, frontières, économie et conflits. Les États africains s'inscrivent dans des frontières largement issues de la colonisation, avalisées et sanctuarisées par l'OUA en 1963. Elles sont souvent qualifiées d'artificielles et, du fait, considérées comme causes de conflits, d'incohérentes car délimitant des espaces politiques structurellement déficients du point de vue économique et d'illégitimes car ne correspondant pas à des réalités ethniques ou historiques antérieures, sachant qu'en outre, , notamment dans les sociétés à « pouvoir diffus » qui présentent un mode d'organisation sociale où le gouvernement n'est pas centralisé mais partagé, où la terre n'est pas un bien que l'on possède et pour lesquelles l'État-nation à l'occidentale est un concept importé. Certains font cependant remarquer que ces frontières ne sont pas entièrement artificielles, la frontière Niger-Nigeria suivant, par exemple, à peu près les contours d'un califat antérieur. La malédiction économique des frontières est, elle aussi, relativisée : L'appartenance ethnique et les langues véhiculaires partagées sur des territoires qui ne coïncident pas avec les délimitations "de jure", causent une intense circulation interne, notamment des commerces transfrontaliers opérés par les membres d'une même ethnie et qui profitent aux États formels grâce aux recettes douanières qui peuvent représenter jusqu'à 30 voire 70 % du budget de certains États. Le manque d'infrastructure conduit cependant à des « temps d'attente à la frontière » et donc à des coûts de transaction élevés. En définitive, les frontières africaines sont poreuses, faciles à franchir, de manière légale ou illégale, et constituent des opportunités pour les opérateurs économiques. Quant aux conflits ethniques, ils sont largement indépendants des frontières, restant tantôt internes à un pays, tantôt transfrontaliers au gré des configurations locales. Entre 1963 et 2022, la Cour internationale de justice a statué sur huit conflits frontaliers en Afrique, tels que la bande d’Aozou au Tchad en 1994 et la péninsule de Bakassi au Cameroun en 2002 alors que d'autres dossiers s'accumulent comme la question de la souveraineté de l'île de Mbanié déposée en 2021. Dans les années 2010 et 2020, des conflits frontaliers voient le jour pour le contrôle de ressources naturelles comme entre le Kenya et la Somalie à propos des ressources en poissons ou entre la Guinée équatoriale et le Gabon à propos des hydrocarbures ainsi que des conflits sécessionnistes comme celui concernant le Soudan du Sud. En 2022, de larges territoires n'ont toujours pas de statut définit comme le Triangle d'Ilemi, le Triangle de Halayeb et le Sahara occidental. Les anciennes puissances coloniales sont parfois encore en prise avec leurs anciennes colonies. C'est le cas de l'Espagne et du Maroc à propos des villes de Melilla et Ceuta, de la France et de Madagascar à propos des îles Éparses ainsi que du Royaume-Uni et de Maurice à propos de l'archipel des Chagos. En 2021, en Afrique du Nord et de l'Ouest, 60 % des victimes d'évènements violents se trouvent à moins de d'une frontière, notamment en raison de la présence de groupes armés transnationaux, tels que les djihadistes. Plus on s'éloigne de ces zones, plus les morts baissent. Histoire. Préhistoire et protohistoire. Naissance de l'espèce humaine. L'Afrique est considérée comme le berceau de l'humanité, où sont apparus la lignée humaine puis la seule de ses espèces qui survive aujourd'hui : l'être humain moderne, "Homo sapiens". Dans le courant du , les paléoanthropologistes découvrent un grand nombre de fossiles et de preuves d'une occupation par des hominidés précurseurs de l'être humain, datés, par datation radiométrique, de d'années avant le présent pour l'espèce Sahelanthropus tchadensis (fossile Toumaï), de d'années pour Orrorin tugenensis, de d'années pour le fossile Ardi de l'espèce Ardipithecus ramidus, de d'années pour l', de à avant le présent pour Paranthropus boisei et d'environ à avant le présent en ce qui concerne . Après l'évolution d"Homo sapiens", il y a environ 200 à , le continent est principalement peuplé par des groupes de chasseurs-cueilleurs. Selon la théorie de l' (""), ces premiers humains modernes quittent l'Afrique et peuplent le reste du monde entre 80 et avant notre époque. Ils auraient quitté le continent en traversant la mer Rouge via le Bab-el-Mandeb, le détroit de Gibraltar et l'isthme de Suez. D'autres migrations de ces humains modernes, à l'intérieur du continent, datent des mêmes époques, avec des traces de peuplement humain précoce en Afrique australe, Afrique du Nord et au Sahara. Hiatus géographique. La taille du Sahara a considérablement varié au fil du temps, essentiellement du fait des conditions climatiques. À la fin de la glaciation qui a lieu aux alentours de , le Sahara était redevenu un territoire vert et fertile. On trouve, dans le Tassili n'Ajjer, des peintures rupestres, datant d'environ , représentant un Sahara fertile et largement peuplé. Plus tard, l'échauffement et l'assèchement du climat, vers 5000 , font que le Sahara devient de plus en plus chaud et hostile. À l'occasion d'une évolution qui dure jusqu'aux alentours de 3900 , le Sahara connaît une période de désertification. Une récession climatique importante se produit, entraînant une diminution des pluies en Afrique de l'est et du centre. Depuis cette époque, ce sont des conditions sèches qui prédominent en Afrique de l’Est. Le Sahara devient un . Cela réduit la quantité de terres propices au peuplement et provoque des migrations des communautés agricoles vers le climat plus tropical de l'Afrique de l'Ouest et vers la vallée du Nil, en dessous de la seconde cataracte, où s'établissent des implantations permanentes ou semi-permanentes. Cette émigration a permis l'émergence de sociétés complexes et hautement organisées durant le , comme en témoigne le site de Nabta Playa. Ce hiatus climatique est un obstacle à la circulation nord-sud ; Pierre Gourou parle de . La vallée du Nil devient le couloir privilégié de circulation et l'Égypte suit un processus de développement distinct du reste de l'Afrique. Domestication du bétail et agriculture. La domestication du bétail en Afrique précède l’agriculture et existe parallèlement aux cultures de chasseurs-cueilleurs ; ainsi le bœuf est-il domestiqué depuis à av. J.-C. en Afrique du nord. Dans l'aire nilo-saharienne, de nombreux animaux sont domestiqués, dont l'âne. L'agriculture apparaît selon un processus complexe et multipolaire vers Il s'agit d'abord d'une adoption par l'Égypte de plantes venant du sud-ouest asiatique ; ensuite, vers , il s’agit d'une agriculture autochtone avec la domestication du mil, du riz africain, de l'igname et du sorgho. Organisation des habitats humains. Des entités politiques notables s'établissent dès avant la période historique. Ainsi, le site de Nabta Playa, à l'ouest du Nil, dans le désert de Nubie, est peuplé, quoique de manière saisonnière, depuis le jusqu'au La cuvette où il est situé était, à ce moment, beaucoup plus arrosée et fertile. Le site comporte un important champ mégalithique à vocation astronomique, daté de 6000 à Les populations, qui pratiquent l'élevage, présentent des signes d'une organisation d'un niveau élevé, plus que celui de l'Égypte à la même époque. On retiendra comme exemples des constructions en pierre, au-dessus et en dessous du niveau du sol, des villages construits selon des plans établis à l'avance et des puits profonds, capables de retenir l'eau tout au long de l'année ainsi, bien évidemment, que les connaissances, notamment astronomiques, nécessaires à l'érection des mégalithes. Un peu plus tard, contemporaine de Nabta Playa entre et , la culture de Nagada (période prédynastique égyptienne) voit apparaître les premiers hiéroglyphes à Abydos. Les tablettes d'Abydos permettent d'attester l’existence d'une organisation politique en royaume ; elles évoquent le roi Scorpion qui aurait régné vers sur l'ensemble de l'Égypte, voire au-delà. Apparition et généralisation du travail du fer. Aux alentours du , le travail du fer, apparu sur le continent au , se répand rapidement en Afrique du nord et dans la partie septentrionale de l'Afrique subsaharienne. Vers , le travail du fer est monnaie courante en Afrique de l'Ouest. Des objets en cuivre, datant de , provenant d'Égypte, d'Afrique du Nord, de Nubie et d'Éthiopie ont été découverts en Afrique de l'Ouest, suggérant l’existence d'un commerce transsaharien à cette époque. Civilisations anciennes. Aire nilotique et premières civilisations subsahariennes. Vers s'ouvre l'ère historique avec l'émergence de l'écriture dans la civilisation pharaonique de l'ancienne Égypte. Cette émergence est probablement liée à la forte concentration de population ainsi qu'au degré d'organisation politique qui en découlait. À cette époque, les autres zones de peuplement du continent sont beaucoup moins denses, ce qui n’entraine pas les mêmes besoins en matière d'organisation sociale. La civilisation égyptienne est l'une des plus anciennes et les plus durables : elle perdure jusqu'en . L'influence égyptienne s'est fait profondément sentir dans les territoires qui correspondent à la Libye moderne, au nord de la Crète et de Canaan et, au sud, dans les royaumes, qui lui furent contemporains, de Koush (Nubie) et d'Aksoum (actuelle Éthiopie) notamment. Au moment où l'Égypte atteint son apogée, vers , plus au sud, dans l'actuel Nigeria, se développe la culture de Nok, l'une des plus anciennes cultures d'Afrique subsaharienne. Elle est connue pour son art des poteries en terre cuite, mais aussi parce qu'elle atteste de l'utilisation conjointe d'outils lithiques (Later Stone Age) et d'outils en fer, situation représentative de la transition vers l'âge du fer dans cette région. Elle disparaît de manière brutale peu de temps après les débuts de l’ère chrétienne, vers 200 ou Elle a cependant eu une descendance, notamment artistique, au travers par exemple de la civilisation d'Ife, dont la ville éponyme est peuplée dès le Expansion bantoue. Tandis que prospèrent et se développent les civilisations de l'aire nilotique, vers ou , commence la première migration bantoue vers les forêts tropicales d’Afrique centrale, à partir d'une localisation située au sud-est du Nigeria et du Cameroun actuels. Il s'agit probablement d'un effet de la pression démographique des populations du Sahara qui fuient l’avancée du désert. La seconde phase de migration, environ mille ans plus tard, vers -1000, les amène jusqu’en Afrique australe et orientale. Les bantous, éleveurs et semi-nomades, dans leur mouvement vers le sud, se métissent et s’affrontent aux populations locales de chasseurs-cueilleurs, jusqu'à atteindre l'aire des locuteurs khoïsan, en Afrique australe. Ces évènements expliquent la carte ethnolinguistique de l'Afrique actuelle. Berbères, Phéniciens, Grecs, Perses, Romains. L’Afrique du Nord est peuplée à l'époque antique par les peuples libyens (Berbères) dispersés dans le vaste territoire de la Libye antique (Maghreb actuel). Elle est dans l'antiquité partagé entre les royaumes de Numidie et de Maurétanie. Des sites archéologiques tel le Medracen et des inscriptions en alphabet Tifinagh témoignent de cette époque. Cette région est en contact avec les autres civilisations de l'aire méditerranéenne, comme les Phéniciens, les Grecs et les Romains. Sur la côte, la cité-état d'Utique (située dans l'actuelle Tunisie) est fondée par les Phéniciens en ; Carthage, base d'une civilisation importante sur la côte nord, est fondée par des colons phéniciens de Tyr, en 814 av. J.-C. Utique est, plus tard, absorbée par Carthage au fil du développement de cette dernière. Cyrène, en actuelle Libye, est fondée en par les Grecs. Elle deviendra le centre politique de la Cyrénaïque qui finira englobée dans l'Égypte ptolémaïque. En , Alexandre le Grand est reçu comme un libérateur par l'Égypte, alors occupée par les Perses. Il fonde Alexandrie, qui deviendra la prospère capitale du royaume ptolémaïque. La prospérité de la civilisation carthaginoise repose sur le commerce méditerranéen, mais aussi sur celui avec l'intérieur de l'Afrique, avec notamment les villes de Sabratha et de Leptis Magna (en actuelle Libye), situées au débouché des pistes transsahariennes. Du point de vue de l'organisation sociale et politique, Carthage ne forme pas un « empire » aussi solide et structuré que celui des Romains, ce qui expliquerait sa défaite. Progressivement, à partir de , après la victoire de Rome sur Carthage à l'issue des Guerres puniques qui donnent naissance à la province romaine d"Africa", toute la côte nord du continent est incorporée dans l'Empire romain. Civilisations anciennes au sud du Sahara. En Afrique subsaharienne, les habitats humains s'établissent et se structurent notamment en fonction de critères géographiques. Les zones de savanes donnent naissance à des organisations qui, partant de la chefferie, croissent jusqu'à devenir des État-nations voire des empires. Les habitats des zones de forêt dense sont plus petits et plus isolés. Certaines de ces zones ont d'ailleurs joué le rôle de refuges pour les populations chassées par les États en expansion : Malgré le hiatus du désert, le nord et le sud du continent ne sont pas totalement isolés et leur développement respectif est, en partie, lié. Une forme de commerce transsaharien est attestée depuis, au moins, l'époque de la civilisation carthaginoise ; à l'époque historique, il utilise le dromadaire, animal mieux adapté aux conditions climatiques que le cheval. L'Afrique subsaharienne fournit ainsi au monde antique, via les commerçants carthaginois, les plumes d'autruche, l'ivoire et les esclaves. Aux deux extrémités des routes de ce commerce, à de distance, Carthage et les premiers royaumes africains prospèrent simultanément, connaissant croissance démographique et développement agricole. Mais les échanges ne sont pas seulement transsahariens, le commerce transcontinental et intercontinental du cuivre, du fer, de l'or ainsi que celui du sel est la base du développement économique et démographique de l'Afrique subsaharienne. Empires. Conquête arabe du nord de l'Afrique. En Afrique du Nord, après une courte occupation vandale (439 à 534) puis une emprise byzantine (Exarchat de Carthage, env. 590-642), la conquête arabe commence au début du sous le règne de la dynastie des Omeyyades : En 641, alors qu'ils viennent de conquérir l'Égypte, ils y fondent la ville d'Al-Fustât (aujourd'hui Le Caire) et construisent la première mosquée d'Afrique. En 670, le général arabe Oqba Ibn Nafi al-Fihri établit son camp sur l'emplacement de ce qui deviendra la ville de Kairouan (actuelle Tunisie), où commence, la même année, la construction de la Grande Mosquée de Kairouan. Malgré de nombreuses résistances, particulièrement celle des autochtones Berbères (avec les figures historiques de Koceïla et Kahena notamment), et celle des royaumes de Nubie, christianisés depuis le , l'arabisation et l'islamisation du Maghreb progressent rapidement. Au moment où les Arabes conquièrent l'Afrique du Nord, grâce au commerce de l'or et du sel, la plus puissante et la plus riche entité politique au sud du Sahara est l'empire du Ghana. L'influence de l'islam s'y fait rapidement sentir ; les commerçants sont majoritairement musulmans et il se crée une élite politique islamisée autour d'un roi resté cependant, comme sa population, animiste. La zone du fleuve Sénégal, où domine le royaume de Tekrour, est en partie islamisé dès le et le sera plus massivement au ; le royaume du Kanem, qui deviendra le royaume du Kanem-Bornou au , établi depuis le au nord de l’actuel Tchad, est islamisé dès le . Les Songhai, métissés avec des Berbères qui fuyaient l'avancée arabe, s'installent au début du le long des rives du Niger ; ils fondent un petit royaume, islamisé au , qui deviendra le puissant Empire songhaï (dont l'apogée se situera aux ). La côte est du continent, baignée par l'océan Indien, est depuis longtemps tournée vers l'Arabie et, au-delà, l'Inde et la Chine ainsi que vers l'Europe. Au moment du développement de l'islam, la culture swahilie, métissage culturel entre l'Afrique et le monde arabo-musulman se déploie concomitamment ; l'islamisation de la zone est attestée dès le , des cités commerçantes musulmanes sont fondées ou développées. Mais L'islamisation de l'Afrique subsaharienne est essentiellement pacifique et, pour une part, superficielle. Il s'agit d'une acculturation et pas d'une colonisation ou d'une conquête. La propagation de la religion est d'ailleurs le fait des Africains subsahariens eux-mêmes (Haoussas, Peuls, Dioulas), qui répandent la religion tout en commerçant. On utilise parfois le terme d'« islam de cour » pour parler des élites musulmanes du commerce, de la science et de la politique qui cohabitent avec les populations restées largement animistes. Au sud du Sahel. Plus au sud, dans une région peuplée dès le , au sud-ouest de l'actuel Nigeria, la civilisation d'Ife (ou Ifé), se développe autour de la ville éponyme, laquelle devient une cité importante à partir du et jusqu'au . Elle restera un centre artistique majeur jusqu'au . Encore plus au sud, dans la région des actuels Zimbabwe et Mozambique, les Bantous, arrivés dans la zone vers , chassant devant eux les autochtones San, construisent, entre le , le Grand Zimbabwe, capitale de l’empire Monomotapa, renommé, voire mythique, grâce à son or. Il atteint son apogée au . Les Portugais essaient de dominer l'empire dès le , attirés par l'or, mais ils n'y parviennent qu'en 1629 ; le Monomotapa de cette époque a déjà fortement décliné, ses sources d'or tendent à s'épuiser et le commerce des esclaves est passé sous la domination des États côtiers et insulaires de la côte est. Poussée berbéro-musulmane. Au , l'expansion de l'islam en Afrique connaît une deuxième phase, plus guerrière, car justifiée par le Djihad, lorsque les berbères islamisés de la dynastie Almoravide partent à la conquête du continent, vers le nord et le sud. Au nord, ils fondent Marrakech vers 1062, prennent Fès en 1075 et Tlemcen en 1080. Au sud, ils s'emparent, en 1076, à l'issue d'une , de la capitale de l'empire du Ghana, Koumbi Saleh, avec l'aide du royaume de Tekrour ; le roi du Ghana se convertit à l'islam. L'influence de l'islam ne dépasse pas, dans son expansion vers le sud, le parallèle nord, où commence la grande forêt équatoriale, difficile à franchir et peu propice au peuplement dense. On attribue aussi parfois un rôle à la mouche tsé-tsé, vecteur de la maladie du sommeil, dangereuse pour les chevaux des cavaliers arabes. Mais l'arrêt de l’expansion géographique s’explique aussi par le souci qu'ont les successeurs d'Abou Bakr ben Omar, le vainqueur de l'empire du Ghana, de consolider les possessions almoravides en Afrique et ailleurs. Lorsqu'au les Almohades succèdent aux Almoravides, la carte de l'islam en Afrique est fixée ; cette religion est présente et dominante au nord du continent jusqu'à la frontière septentrionale de la forêt tropicale ainsi que dans la zone côtière Est. Traite intra-africaine et traite arabe. À l'instar d'autres organisations sociales de la même époque, les communautés africaines sont inégalitaires et fondées sur l’esclavage et, à certains endroits, sur un système de castes en lien avec les métiers (castes de forgerons, tisserands, griots…). La traite esclavagiste existe depuis longtemps en Afrique : Avec la poussée islamique, le commerce transsaharien s'intensifie, faisant circuler entre le nord et le sud du continent, l'or, le sel et les esclaves. Ces derniers forment une part importante des caravanes. La traite arabe prend une dimension supplémentaire en accentuant, outre la traite intra-africaine, un trafic intercontinental soutenu, longtemps avant les Européens. C'est ainsi, par exemple, que la côte est de l'Afrique alimente l'Inde et la Chine en esclaves noirs depuis au moins le . La traite arabe a concerné environ dix-sept millions de personnes déportées. Trois grands empires. Ghana. Le premier des trois grands empires subsahariens, l'Empire du Ghana, puissant au moment de l'islamisation de l'Afrique, est affaibli par les attaques des Almoravides au et commence à décliner. Il est progressivement réduit à son noyau originel, correspondant au Royaume du Ouagadou. Plusieurs autres royaumes (Royaume de Sosso, Royaume de Diarra…) se partagent la domination de la région contrôlée par le Ghana à son apogée. Mali. Vers 1230, Soundiata Keïta, roi du Mandé, région correspondant à peu près à l'actuel Mali, coalise les Malinkés afin de contrer les attaques du roi du Sosso, Soumaoro Kanté. En 1235, à la bataille de Kirina, il défait son adversaire. Il poursuit ensuite ses conquêtes, reprenant ainsi Koumbi Saleh, ex-capitale de l’empire du Ghana, des mains du roi du Sosso. Il crée le second des trois grands empires, le très riche et puissant empire du Mali, qui est élargi, organisé et géré par ses successeurs. L'empire du Mali est aussi connu pour la « Charte du Manden », datant de 1222 ou de 1236, correspondant au serment prononcé par Soundiata Keïta à l'occasion de son intronisation. Considéré comme l'un des plus anciens textes relatifs aux droits de l'homme, il s'agit d'un contenu oral, « constitutionnel », relatif aux droits de l'homme et à l'organisation formelle et légale régissant les rapports entre les hommes. Il ne fera l'objet d'une transcription écrite qu'au . Après le règne de Mansa Moussa II (vers 1387), l'empire connaît une période de troubles de succession qui l'affaiblissent ; dans le même temps, les berbères touareg, restés durablement rebelles, lancent des attaques contre les villes de la zone sahélienne, notamment Tombouctou dont ils s'emparent en 1433. Les Portugais, quant à eux, arrivés sur le continent au début du , commercent avec l'empire tout en participant à son affaiblissement car, pour favoriser leur négoce, notamment d'esclaves, ils soutiennent les petites communautés côtières et les poussent à s’émanciper. Songhaï. La domination touarègue dans la zone septentrionale est de courte durée. Sous l'impulsion de Sonni Ali Ber (« Sonni Ali le grand »), considéré comme un grand stratège, le royaume du Songhaï, tributaire de l'empire du Mali depuis 1300, met en place une politique de conquêtes territoriales, rompant avec l'économie de razzia qui prévalait jusqu'alors. Il combat et vainc les Peuls et les Touaregs ; il reprend Tombouctou en 1468. C'est l'avènement du troisième empire, l'empire songhaï, lequel se développe durant le et le , la conquête territoriale s'appuyant sur une organisation politique largement inspirée de celle de l'empire du Mali. Sonni Ali, musulman « de façade », reste fidèle aux traditions songhaïs. À sa mort, le parti musulman l'emporte et l'empire Songhaï est dirigé par une dynastie musulmane, la dynastie des Askia, qui porte l'empire à son apogée au . À la fin du , des guerres civiles se conjuguent aux assauts des Saadiens, qui lui contestent la possession des mines de sel de Teghazza, au Sahara, pour affaiblir l'empire. La bataille de Tondibi, perdue contre les Saadiens, le 12 avril 1591, marque la fin de l'empire et son allégeance au sultan du Maroc. Traite atlantique. Le commerce des esclaves (traite négrière) se développe massivement avec l'arrivée des Portugais, suivis des autres Européens, qui organisent une « traite atlantique », outre la traite intra-africaine qui continue à emprunter les chemins caravaniers et la traite arabe laquelle transite par la Méditerranée (vers l'Europe) et par l'Océan Indien (vers le Moyen-Orient, l'Inde et l'Asie). Cette traite atlantique prend la forme du « commerce triangulaire » en Atlantique nord : les navires venus d'Europe, chargés de marchandises (tissus, armes, alcool…) débarquent sur les côtes, échangent ces produits contre des esclaves qui sont ensuite vendus aux Antilles et en Amérique. Les navires rapportent ensuite, notamment, la mélasse issue de la canne à sucre, destinée à fabriquer le sucre et l'alcool dans les distilleries européennes. Dans l'Atlantique sud, c'est le « commerce en droiture », pratiqué par les Portugais, qui domine ; les navires relient directement les côtes africaines aux côtes américaines et antillaises. Ce sont les Portugais qui mettent en place la traite au . Des esclaves africains, venus d'Arguin (île de l'actuelle Mauritanie), sont vendus dans la ville portugaise de Lagos dès 1444 et . Les Portugais découvrent les îles du Cap-Vert en 1456 puis celles de Sao Tomé-et-Principe en 1471, désertes à l'époque, s'y installent et commencent à cultiver la canne à sucre grâce à des esclaves venus du continent. Ils instaurent ainsi une économie de plantation rapidement transposée aux colonies américaines ; en 1505, le premier circuit triangulaire se met en place, à destination de Cibao et d'Hispaniola. Les circuits sont, dès leurs débuts à la fin du , contrôlés et organisés ; le roi du Portugal accorde des droits exclusifs de navigation ou des droits de commercialisation en échange de redevances. Cette traite atlantique s'accélère lorsque l'exploitation du continent américain par les Européens s'accompagne d'une forte demande de main-d'œuvre pour les plantations de canne à sucre, café, cacao, coton, tabac… qui se développent massivement dans la seconde moitié du . La demande concerne aussi, dans une moindre mesure, l'exploitation des mines d'argent et d'or du Pérou et du Mexique. Les implantations portugaises puis, plus largement, européennes, de la côte ouest-africaine deviennent les plaques tournantes de la traite tandis qu'à l'intérieur du continent de complexes circuits d'échanges s'établissent, la traite atlantique européenne se conjuguant aux circuits antérieurs qui perdurent, ceux de la traite orientale de la côte est et ceux de la traite transsaharienne orientés vers le nord. Les autres puissances européennes s'engagent dans la traite aux , impliquant les Français, les Anglais, les Néerlandais et même les Danois et les Suédois. Ces autres nations européennes suivent la même voie que le Portugal, créant des compagnies « à charte » (bénéficiant d'un monopole ou d'un privilège accordé par un État). Cependant, au fil du temps, elles sont progressivement remplacées par des compagnies d'initiatives purement privées ; vers 1720, ces dernières dominent le commerce, profitant de la dérégulation progressive concédée par les gouvernements européens. La place des pays dans la traite fluctue au gré des luttes et des rapports de force entre nations européennes. La fin du est marquée par la domination française, et c'est l'Angleterre qui domine la traite atlantique à son apogée, au . Les Européens ne pénètrent pas encore à l'intérieur du continent. Implantés sur le littoral, ils commercent avec les ethnies et les royaumes côtiers qui livrent les esclaves capturés à l'intérieur des terres. Des royaumes africains, à la fois guerriers et commerçants, prospèrent ainsi grâce à ce commerce , tels le Royaume de Dahomey, le Royaume Kongo, l'Empire ashanti ou le Royaume du Kanem-Bornou, au détriment notamment de l'Afrique intérieure, . Le nombre d'esclaves déportés depuis l’Afrique au titre de la traite atlantique est évalué à douze millions environ en . Colonisation. La colonisation effective de l'Afrique est précédée par une période de grandes explorations. Abolition et fin des traites. Le est en France le siècle des Lumières. L'encyclopédie de Diderot et d'Alembert, qui paraît entre 1751 et 1772, propage les idées humanistes. Un peu plus tard se créent en Angleterre, où l'influence de l'intelligentsia française était loin d'être négligeable, des organisations abolitionnistes qui militent contre la traite et l’esclavage telle l'Anti-Slavery Society, établie dans le premier tiers du . Ces idées conduisent à une « révolution morale » et à un qui amènent le Danemark à abolir "de jure" la traite en 1792, suivi par l'Angleterre en 1807, les États-Unis en 1808, la Suède en 1813, la France en 1815 (à l'occasion du congrès de Vienne), l’Espagne et le Portugal en 1817, et le Brésil en 1850 seulement. L'Angleterre, à la pointe du mouvement abolitionniste et , s'attache, dès 1807 et surtout à partir de 1833, à faire respecter l'interdiction de la traite dans les eaux ouest-africaines avec plus ou moins de bonheur. La traite atlantique ne s’arrête évidemment pas subitement, elle se poursuit illégalement jusque vers le début du . Ainsi, quoique Cependant, dans le même temps, les traites arabes et intra-africaines se poursuivent et s’amplifient. La traite intra-africaine augmente même au car les cultures d'exportation (huile de palme, arachides, miel, clous de girofle, caoutchouc, coton), utilisatrices de main-d'œuvre servile, se développent dans le cadre du commerce avec les Européens. La traite de la côte orientale profite de la baisse de la traite atlantique ; à la fin du le plus important marché négrier du continent est celui de Zanzibar, à l'époque sous contrôle du sultanat d'Oman. Quant à la côte nord de l'Afrique, elle voit les corsaires sévir jusqu'au début du . La pénétration européenne fera cesser les traites arabes et intra-africaines qui auront perduré jusqu'aux premières années du . Explorations. L'Afrique a, aujourd'hui encore, la réputation d'être un « continent insalubre », touché par des maladies comme le paludisme (malaria), la filariose, l'onchocercose (cécité des rivières), la trypanosomiase (maladie du sommeil), la lèpre, ou encore la fièvre jaune. Les voyageurs, avant de se risquer à l'exploration, s'entraînent et s'endurcissent. En 1854, la découverte de la quinine contribue à faciliter la conquête et la colonisation de l'Afrique. À la fin du , l'esprit du moment en Europe, outre l'abolitionnisme, est aussi celui de la curiosité scientifique et celui de l'impérialisme culturel ; c'est la À côté des sociétés abolitionnistes, des sociétés d'exploration (l'African Association par exemple, fondée en 1788 en Angleterre) et des sociétés missionnaires (ainsi la London Missionary Society, créée en 1795) apparaissent à ce moment. Dans les débuts du , l'intérieur de l'Afrique reste largement inexploré et les informations géographiques ou ethnographiques concernant le continent sont très anciennes ; lorsque René Caillié part à la découverte de Tombouctou, qu'il atteint en 1828, Sous l'impulsion anglaise, la fin du puis le voient donc de grandes expéditions se monter, financées par les sociétés missionnaires, les sociétés d'exploration, les grands journaux et les États. Parallèlement, les missions chrétiennes s'implantent massivement dans tout le continent ; il en existait quelques-unes au début du , elles se comptent par dizaines à la fin du même siècle. Les explorations et les missions n'ont pas que des visées désintéressées, scientifiques et évangélisatrices ; dans les faits, une exploration Notable exemple du phénomène, à la fin du , Léopold II de Belgique commandite plusieurs expéditions, dont une menée par l'explorateur Henry Morton Stanley, lequel crée l'État indépendant du Congo, en 1885, qui sera la propriété personnelle du roi. Domination coloniale. En 1880, à l'aube de la colonisation massive, moins de 20 % du continent est aux mains des Européens. Il s’agit, à l'ouest, de zones côtières, tandis que l'Afrique orientale est exempte de présence européenne. Seule l'Afrique australe est significativement occupée, à l'intérieur des terres ainsi que l'Algérie, conquise par les Français en 1830. Entre 1880 et 1910, en un laps de temps très court du fait de la supériorité technologique des Européens, de l'histoire du continent se produisent et la quasi-totalité de son territoire est conquise et occupée par les puissances impérialistes qui instaurent un système colonial. La période après 1910 est essentiellement celle de la consolidation du système. Ce déferlement entraîne des frictions entre les nations européennes ; c'est notamment le cas pour la zone du Congo où les intérêts belges, portugais et français se confrontent et pour l'Afrique australe, où se combattent Britanniques et Afrikaners. Afin de traiter la situation, les États européens organisent, en l'absence de tout représentant africain, à la fin de 1884 et au début de 1885, la conférence de Berlin qui débouche sur un traité fixant les règles auxquelles les signataires acceptent de se soumettre dans le cadre de leur processus de colonisation. Cela a pour effet d'accélérer la colonisation et donc le déploiement des « 3 C » (commerce, christianisme, civilisation) au nom du « fardeau de l'homme blanc ». Deux pays échappent au partage de l'Afrique, le Liberia, créé par une société de colonisation américaine en 1822 et ayant proclamé son indépendance le 26 juillet 1847 et l'Éthiopie, État souverain depuis l'Antiquité, qui parvient à repousser la tentative de colonisation des Italiens auxquels elle inflige une défaite à la bataille d'Adoua, le mars 1896. Il s'agit de la première victoire décisive d'un pays africain sur les colonialistes. Ce que les francophones nomment « partage de l'Afrique », mettant ainsi l'accent sur les conséquences pour le continent, est appelé "" (« la ruée vers l'Afrique ») par les anglophones, qui mettent ainsi en exergue les causes. Ce terme est corrélé avec l'analyse économiste qui avance que cette colonisation est déclenchée par les besoins en matières premières des économies européennes, engagées dans la révolution industrielle et dans le commerce international. Le terme fait aussi référence à la compétition économique que se livrent les nations sur le sol africain. Pour l'acception économiste, inspirée par John Atkinson Hobson, l'impérialisme et la colonisation sont les conséquences de l'exploitation économique pratiquée par les capitalistes et le résultat des rivalités entre les nations. La plupart des régimes coloniaux mettent fin, "de jure", à l'esclavage dans leur zone d'influence , assumant ainsi un rôle de « mission civilisatrice ». C'est un second volet explicatif de la « ruée » : le sentiment de supériorité de l'Europe vis-à-vis de l'Afrique, conforté par les théories du darwinisme et de l'atavisme social ainsi que par la période de la traite négrière, laquelle avait vu la montée du sentiment raciste et l'idée de hiérarchie entre les races (courant de pensée dit racialiste, incarné par exemple par Gobineau, auteur d'un Essai sur l'inégalité des races humaines en 1855), tout cela justifiant d'apporter la civilisation et le christianisme aux peuples du « continent noir », via le « sabre et le goupillon ». Enfin, le sentiment nationaliste des pays européens joue aussi un rôle, la compétition pour la domination de l'Afrique en étant un des aspects. L'économie coloniale qui se met en place repose principalement sur deux secteurs : l'extraction minière et la traite de produits agricoles. L'activité commerciale internationalisée (économie de traite) est aux mains des Européens via leurs firmes pratiquant l'import-export, lesquelles disposent du capital nécessaire à l'investissement local. Plusieurs dispositifs structurent cette économie : l'impôt de capitation, qui contraint les Africains au travail salarié pour le compte des colons afin d’acquitter l'impôt, les plantations obligatoires, l'« abject » travail forcé et le travail migratoire, le déplacement des populations, la saisie des terres, le code de l'indigénat sous ses diverses variantes qui excluent les colonisés du droit commun, l"'indirect rule" britannique. Cela déstabilise fortement les structures sociales en place ainsi que le système productif, ce qui conduit à la pauvreté, à la sous-alimentation, aux famines et aux épidémies. Ces pratiques, déjà brutales par essence, s’aggravent de répressions sanglantes contre les soulèvements et les résistances. La répression des Héréros (1904-1907) est ainsi qualifiée de « premier génocide du ». Les pertes humaines sont telles que la démographie du continent en est affectée : La Première Guerre mondiale mobilise de combattants africains et, au total, de personnes sont touchées, d'une manière ou d'une autre, par l'effort de guerre. La période qui suit, jusqu'à l'aube de la Seconde Guerre mondiale, est qualifiée d'« apogée » de la colonisation ; les puissances coloniales construisent des routes, des voies ferrées, des écoles et des dispensaires. Néanmoins, L'Afrique s'intègre de plus en plus à l’économie mondiale et le continent bénéficie jusqu'en 1950 environ, date à laquelle culminent les profits des entreprises, de la reprise qui suit la crise de 1929. Autonomie politique et indépendances. Même si l'Éthiopie ne fut jamais colonisée et malgré des indépendances précoces (le Liberia en 1847 et l'Union d'Afrique du Sud en 1910), les prémices de l'émancipation de l'Afrique remontent à la Première Guerre mondiale. Pour les Européens, ce conflit est l'occasion de côtoyer des « frères d'armes » africains (plus d'un million d'Africains sont mobilisés), ce qui change leur regard sur eux. Le tirailleur sénégalais et le tirailleur algérien voisinent avec le poilu dans le livre des images d'Épinal militaires françaises. Pour les Africains, la guerre permet de rompre avec le rapport déséquilibré du colonisé à son « maître », à tel point, par exemple, qu'en Le traité de Versailles de 1919 dépouille l'Allemagne de ses colonies, que les vainqueurs se partagent, ce qui trace à peu près les frontières de l'Afrique actuelle. Le sentiment anticolonial continue à se développer en Afrique après la guerre, ainsi que, modestement, dans les pays occidentaux. Le président américain Woodrow Wilson, dans son programme de paix (les Quatorze points de Wilson), rédigé en amont de la conférence de paix de Paris (1919), mentionne explicitement l'auto-détermination des peuples, ce qui inspire et légitime les mouvements anticolonialistes et nationalistes africains. Ces mouvements se font entendre, comme le Wafd, délégation égyptienne qui souhaite participer à la conférence de Paris pour y plaider l'indépendance de l'Égypte et dont les membres sont déportés par les autorités anglaises. Certains obtiennent d'être entendus par la Société des Nations, tel le National Congress of British West Africa, mouvement indépendantiste de la "Gold Coast" (actuel Ghana), représenté par J. E. Casely Hayford, qui obtient une audition internationale au début des années 1920. Dans le prolongement, les années 1930 voient la montée des formes de résistance et de syndicalisation qui déboucheront ultérieurement sur les indépendances. Cependant, dans le même temps, en 1931, en France, s'organise l'exposition coloniale, symbole de l'unité de la , faisant suite à la British Empire Exhibition de 1924. À cette époque, à l'instar de la France, les métropoles ne sont pas prêtes à se détacher de leurs colonies. Les empires ont permis de gagner la guerre, grâce aux hommes, mobilisés de force, et aux ressources, réquisitionnées pour alimenter les mères-patries. En 1935, l'Italie fasciste décide même d'envahir l'Éthiopie, où elle se maintient jusqu'en 1941, faisant preuve de persistance dans l'idéologie colonialiste. La Seconde Guerre mondiale est un tournant crucial. Durant le conflit, les « coloniaux » s'illustrent à nouveau sur les champs de bataille, mobilisés par centaines de milliers, essentiellement par la France et l'Angleterre. En , Winston Churchill et Franklin D. Roosevelt, signent la Charte de l'Atlantique, laquelle préfigure la Charte des Nations unies (1945) ; ce faisant, L'évolution des modes de pensée consécutive à la guerre tend à rendre insupportable l'idée même du colonialisme : L'année 1945, fin de la guerre, est aussi la date du congrès panafricain de Manchester, qui marque le début du panafricanisme militant. L'après-guerre voit des élites africaines, formées aux États-Unis ou en Europe (Julius Nyerere, Jomo Kenyatta, Kwame Nkrumah, Nnamdi Azikiwe…), prendre en main la contestation du modèle colonial, dénoncé comme étant au service exclusif des Blancs. Des partis politiques sont créés, tels le Convention People's Party ("" ou Côte-de-l'Or, actuel Ghana, 1949), le Rassemblement démocratique africain (fédération de partis politiques des colonies françaises, 1947)… dont les dirigeants seront les principaux hommes politiques des futurs États indépendants. Les revendications d'après la Seconde Guerre mondiale sont plus affirmées : les L'après-seconde guerre mondiale est aussi le moment où le monde voit les centres de pouvoir se déporter nettement de l'Europe vers les États-Unis et l'URSS. Succédant à la SDN, La tonalité anti-coloniale de sa charte dérive de l'influence de l'URSS, alors qu'aucun pays européen n'est, à ce moment, sur la même ligne politique. Au contraire, les puissances coloniales se raidissent, effrayées, dans le contexte de la guerre froide, par une possible « subversion communiste » ("sic"), et elles répriment violemment toutes les manifestations politiques (par exemple l'insurrection malgache de 1947 ou celle du Kenya dans les années 1950). Les États-Unis, pour leur part, encouragent discrètement les mouvements indépendantistes, à condition qu'ils n'aient pas partie liée avec le communisme. L'URSS soutient elle aussi les mouvements indépendantistes, en lutte contre « l'Impérialisme, stade suprême du capitalisme ». Les années 1950 voient une évolution politique mais aussi l'émergence, en France, du cartiérisme, mouvement de pensée qui expose que les colonies, au lieu d'être source de profit, coûtent cher et qu'il vaut mieux financer la mère-patrie. L'analyse se prolonge par la notion de complexe hollandais, qui entend démontrer que l'abandon des colonies dope l'économie de la métropole, en prenant l'exemple des Pays-Bas, qui perdent leur colonie d'Indonésie à la fin des années 1940 et qui connaissent une forte croissance économique dans les années 1950 grâce à une réorientation des dépenses publiques et de l'investissement. C'est dans ce contexte que débute le mouvement de décolonisation, que le premier ministre britannique Harold Macmillan appelle en 1960, le « Vent du changement ». En 1951, l'Italie vaincue est forcée par l'ONU d'accorder l'indépendance à la Libye dont le territoire est occupé par les forces françaises et anglaises. Les protectorats français au Maroc et en Tunisie accèdent à l'indépendance en 1956. L'Afrique subsaharienne suit, avec l'indépendance de la Côte-de-l'Or, devenue Ghana en 1957, début d'une vague d'indépendance, relativement pacifique et négociée, qui dure jusqu'en 1960. À son issue, plus d'une vingtaine de pays ont obtenu leur émancipation politique, dont la majeure partie des colonies françaises. De 1960 à 1965, ce sont essentiellement les possessions britanniques (Nigeria, Tanganyika devenue Tanzanie, Kenya, Ouganda, Rhodésie du Nord devenue Zambie) qui sont concernées. Les négociations y sont plus compliquées du fait de la forte présence de colons blancs (Kenya) ou d'une grande diversité ethnique ou religieuse (Nigeria). Certaines indépendances sont cependant plus arrachées que négociées. Pour l'Algérie, l'indépendance arrive en 1962 après une guerre commencée en 1954, la Rhodésie du sud devenue Rhodésie puis Zimbabwe-Rhodésie puis Zimbabwe, déclare unilatéralement son indépendance en 1965. Les possessions portugaises (Guinée-Bissau, Cap-Vert, Sao Tomé-et-Principe, Angola et Mozambique) font l'objet de guerres qui ne se terminent qu'avec la fin du régime de Salazar, en 1974 et 1975, date qui est aussi celle à laquelle l'Espagne abandonne le Sahara espagnol (quoique pour un statut contesté). D'autres territoires obtiennent tardivement leur indépendance de pays non européens. La Namibie doit attendre la fin de l'apartheid en Afrique du Sud et l'année 1990 pour devenir indépendante. L'Érythrée, réunie à l'Éthiopie à la fin de la Seconde Guerre mondiale, s'en détache en 1993, à l'issue de trente ans de guerre et le Soudan du Sud fait sécession du Soudan en 2011. Afrique contemporaine. Les nouveaux États indépendants ont des tâches urgentes à accomplir ; ne voulant pas se lancer dans une recomposition aventureuse, ils décident de conserver les frontières coloniales que l'OUA, nouvellement créée, décrète intangibles en 1963. Ils font de même avec la langue du colonisateur, idiome commun à des citoyens aux parlers nombreux. La situation diffère cependant en Afrique du Nord, où l'arabe reprend le pas sur la langue du colon ainsi qu'en Afrique de l'Est où le swahili l'emporte. Les frontières font fi des réalités ethniques et géographiques du continent. L'unité nationale des nouveaux États ne peut donc pas se fonder sur une base ethno-culturelle ou une histoire commune, elle doit plutôt se baser sur des considérations politiques et économiques, constitutives d'un projet commun. Beaucoup de ces pays prennent, de ce fait, le chemin du parti unique, voire de la dictature, les héros de l'indépendance se transformant en despotes tels Sékou Touré, Léopold Sédar Senghor, Léon Mba, Fulbert Youlou, parfois à la suite de putschs comme Gnassingbé Eyadema et Mobutu Sese Seko par exemple ; il s’agit d'imposer à marche forcée une unité à des nations qui en sont dépourvues à l'origine. L'idéologie sert ainsi de vecteur. Certains adoptent une voie « socialiste » ou « marxiste-léniniste », comme l'Algérie, la Tanzanie, le Sénégal, la Guinée, le Mozambique… et les diverses républiques populaires, du Congo, du Bénin… Ailleurs, c'est la religion qui sert à souder l'unité nationale comme en République islamique de Mauritanie. Politiquement, l'idéologie panafricaine, qui inspirait les mouvements de libération en tant que principe unificateur de lutte contre les puissances coloniales, décline après les indépendances malgré la création de l'OUA en 1963. Par ailleurs, dès 1955, l'Afrique était représentée à la conférence de Bandung, fondatrice du mouvement des non-alignés et base de la naissance du concept de tiers monde. L'« imaginaire identitaire » africain se construit ainsi de manière composite, entre panafricanisme et volonté d'échapper à la logique des blocs de la guerre froide (non-alignement). Les nouveaux États ne sont cependant pas débarrassés des structures économiques héritées de la colonisation et les liens avec les métropoles ne sont pas rompus. Beaucoup sont signataires d'accords politiques, économiques et militaires, parfois secrets, qui les lient aux anciennes métropoles et la majeure partie des anciennes colonies du Royaume-Uni rejoint le Commonwealth. Les anciennes métropoles entendent conserver ainsi une position privilégiée en échange d'assistance technique et d'aide au développement. De fait, l'immédiat après indépendance est une période dite de « néocolonialisme », concept clé des relations nord-sud à cette époque : les Européens, mais aussi les États-Unis, l'Union soviétique, Cuba, la Chine…, protagonistes de la guerre froide, s'ingèrent largement dans la politique et dans l'économie du continent. Entre 1960 et 1980, le PIB des pays africains triple sans pour autant que les conditions de vie des Africains ne s’améliorent sensiblement. La gestion de l'économie, qu'elle s'appuie sur une idéologie libérale ou socialiste, ne permet pas de « décoloniser » le tissu productif des nouveaux États. L'agriculture de subsistance continue à cohabiter avec l'agriculture de rente destinée à l'exportation, et les matières premières sont massivement exportées, sans produire de valeur ajoutée locale. Les débouchés se trouvent dans les pays développés qui, dans le contexte des « Trente Glorieuses », ont besoin des ressources du continent pour nourrir leur croissance. Le continent s'endette massivement durant les années 1970 , auprès des banques qui recyclent ainsi leurs liquidités en eurodollars puis pétrodollars. Les investissements sont pharaoniques et comprennent quelques éléphants blancs ; le montant de la dette atteint près du quart du PIB africain en 1980. Mais, alors que depuis les indépendances les recettes d'exportation croissaient, Simultanément les taux d'intérêt augmentent de manière « vertigineuse ». Les recettes d'exportation baissent, les taux d'intérêt grimpent ; prise ainsi dans un effet de ciseaux, l'Afrique s’engage dans une spirale de crise. Les possibilités d'investissement décroissent drastiquement, les déficits budgétaires se creusent et la dette devient un boulet financier. En 1990, elle représente 106,1 % du PNB en Afrique subsaharienne et de 52 % (Algérie) à 126 % (Égypte) en Afrique du Nord. Il n'y a plus d'argent pour les projets et l'aide publique au développement sert avant tout à soulager les banques occidentales de leurs créances devenues douteuses. Les bailleurs de fonds internationaux (le FMI et la Banque mondiale essentiellement) accordent des prêts en les conditionnant à la mise en œuvre de politiques d'ajustements structurels visant à réformer l'ensemble de l'économie des pays ou, au minimum, des secteurs entiers (énergie, éducation), ce qui en modifie profondément le fonctionnement. Inspiré par une pensée économique libérale, l'ajustement structurel consiste notamment à privatiser, le plus souvent au profit d'entreprises étrangères, des pans entiers de l'économie, à lever les barrières aux échanges commerciaux, à réduire le poids de l'État y compris les aides aux plus défavorisés. En 1992, presque tous les pays du continent sont concernés par l'ajustement structurel. Au regard des critères libéraux l'économie s'en trouvera assainie, mais il faudra plus de vingt ans pour cela et le bilan social en est « terrifiant » : chômage, mise à mal des systèmes de santé et d'éducation, accroissement des inégalités… Politiquement, les pays sont soutenus même lorsque leurs fondements démocratiques ne sont pas en place, confortant "de facto" des régimes autoritaires ou des démocraties imparfaites. Au début des années 1990, à la suite de la chute du mur de Berlin, les aspirations démocratiques du continent s'amplifient. C'est la période du discours de La Baule, des « conférences nationales » en Afrique francophone , de la fin de l'apartheid, de l'indépendance de la Namibie et de l'Érythrée. La démocratie ne progresse cependant pas massivement dans un contexte de tensions ethniques et régionalistes et de conflits armés. Cela fait qu'encore aujourd'hui le continent présente un visage contrasté, « les jeunes démocraties cohabitant avec les tyrans sanguinaires ». D'un point de vue économique, profitant d'un retournement de cycle, la dette des pays d'Afrique subsaharienne baisse de moitié en quinze ans et redescend à un niveau plus soutenable, passant de 85 % en 2000 à 40 % du PIB à la fin des années 2010. La croissance économique du continent est soutenue depuis le début du , aux alentours de 5 % par an pour la production réelle et de 4 % pour le PIB. Conflits. Le continent reste fortement touché par des affrontements violents : et . En 2008, sur 35 conflits graves répertoriés dans le monde, 13 sont situés en Afrique, où sur 53 sont concernés par une « crise d’intensité moyenne à haute ». La situation ne s'améliore pas au fil du temps ; en octobre 2015, sur seize opérations de maintien de la paix menées par l'ONU, neuf se situent en Afrique et, en mai 2016, sur dix « situations sous enquêtes » à la Cour pénale internationale, neuf concernaient l'Afrique. De même le conflit du Rwanda a été juridiquement qualifié de génocide. S'il est possible de caractériser globalement les conflits africains (ils sont locaux ou transfrontaliers mais pas inter-étatiques), l'historiographie moderne échoue à trouver des explications partagées à ce sujet, chaque situation étant, "in fine", considérée comme particulière. Il existe néanmoins des facteurs de contexte fréquemment évoqués : la faiblesse voire la défaillance des États (Burundi, République Centrafricaine…), phénomène souvent corrélé à un faible niveau de revenu et à une répartition inégalitaire des revenus sur des bases ethniques ou géographiques. Cela nourrit les antagonismes ethniques (Côte d'Ivoire, Rwanda, Touareg au Mali…) lesquels, parfois, traversent les frontières (Liberia et Sierra Leone, Rwanda, Burundi et Ouganda, Guinée-Bissau et rébellion casamançaise…). Ces inégalités économiques, pour l'aspect géographique, entraînent des luttes pour l'appropriation des zones où se situent les ressources naturelles, sources des richesses (Soudan du Sud, Somalie, République démocratique du Congo…) Ces facteurs se conjuguent de manière complexe, d'autant que dans un monde globalisé, les diasporas jouent un rôle, par le financement, l'appui à l'organisation des rébellions et la propagation des idéaux dans les pays extérieurs au continent (Érythrée…) et que l'Afrique s'inscrit aussi dans une des Cette mondialisation a aussi pesé de tout son poids dans les printemps arabes de 2011 en Égypte et en Tunisie, ainsi que, conjuguée à la problématique terroriste, dans le conflit libyen, à dimension internationale. Insurrections djihadistes. Depuis la fin du , l'Afrique est massivement concernée par les insurrections djihadistes. Dans les années 1990, l'Algérie sombre dans une guerre civile. À partir de 2003, les troubles commencent à s'étendre au Sahel. En 2006, les islamistes s'emparent de Mogadiscio, la capitale de la Somalie. En 2009, une insurrection éclate au nord-est du Nigeria. En 2012, le nord du Mali passe sous le contrôle de groupes liés à al-Qaïda. Les principaux groupes salafistes djihadistes en Afrique sont les shebabs du mouvement Al-Shabbaab (opérant en Somalie et au Kenya), Boko Haram (opérant Nigeria, au Niger, au Cameroun, au Tchad), AQMI (opérant en Algérie, Mali, Mauritanie, Niger, Tunisie et Libye) et divers autres groupes sahéliens liés à al-Qaïda (Ansar Dine, le MUJAO, Les Signataires par le sang, Al-Mourabitoune, Ansarul Islam et le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans). L'État islamique apparaît également sur le continent au milieu des années 2010 avec notamment le ralliement d'une partie de Boko Haram qui forme l'État islamique en Afrique de l'Ouest, le ralliement d'une partie d'al-Mourabitoune qui forme l'État islamique dans le Grand Sahara, et les ralliements du Majilis Choura Chabab al-Islam en Libye, d'Ansar Baït al-Maqdis en Égypte, de Jund al-Khilafah en Algérie et de quelques autres groupes en Tunisie, en Somalie et au Mozambique. La montée en puissance des mouvements djihadistes et la multiplication des conflits armés sur le continent entraînent plusieurs interventions internationales, notamment celles de la France (au Sahel avec l'opération Serval puis Barkhane) et des États-Unis (opération Enduring Freedom - Trans Sahara). Ces interventions visent à soutenir des gouvernements alliés mais aussi à affaiblir des foyers djihadistes susceptibles de constituer des bases pour des attaques terroristes contre l'Europe. Selon le Global terrorism index, entre 2014 et 2015 le Nigeria est après l'Irak le deuxième pays le plus touché au monde par les attentats terroristes islamistes, en nombre de morts. L'Afrique subsaharienne possède en outre le sinistre record du plus grand nombre moyen de morts par acte terroriste () et Boko Haram est le groupe terroriste le plus meurtrier de la planète en 2014. Démographie. Pyramide des âges. La société africaine est extrêmement jeune. En 2012, 70 % de la population du continent avait moins de et 44 % de sa population avait, en 2006, moins de , ce qui en fait . Évolution de la population. Croissance de la population. Historique. L’estimation de la population africaine avant 1950 est un problème complexe en raison de l’absence de données fiables pendant la période coloniale et, plus encore, pendant la période précoloniale. Tous les chiffres avant 1950 sont des estimations basées sur des données plus ou moins lacunaires et sur des projections. Il a longtemps été pensé que la densité de population africaine avant 1850 était faible comparativement aux autres continents et avait augmenté rapidement à partir du début de la colonisation au milieu du . Certains chercheurs pensent aujourd'hui au contraire que la population était assez importante et que son taux de croissance était faible. De d’individus en 1850 la population aurait peu varié jusqu’en 1920 puis elle aurait augmenté plus rapidement pour atteindre en 1960 et en 2000. L'impact de l'esclavage en Afrique jusqu'en 1850 a été différent suivant les régions. Selon Patrick Manning, la croissance de la population africaine s'est globalement ralentie et dans les régions les plus touchées l'esclavage a entraîné le déclin de sous-populations. Toujours selon Patrick Manning, les taux de croissance relativement faibles au et les estimations plus élevées de la taille de la population africaine à la période précoloniale impliquent que l'impact négatif de l'esclavage sur ces populations a été moins sévère que précédemment estimé. La nature des populations victimes de l'esclavage souvent jeune et majoritairement des femmes permet d'expliquer l'impact sur la croissance des populations. La fin du commerce des esclaves coïncide avec la conquête coloniale. Il est estimé que les régimes coloniaux, en particulier français et belge, ont provoqué des déclins de population, en grande partie à cause de la propagation de maladies, en particulier par les fonctionnaires coloniaux africains et européens. Dans certaines régions, comme les régions côtières, l'augmentation de la productivité a entraîné une augmentation de la croissance de la population. Lors de la période coloniale, les Africains ont connu des changements dramatiques de leurs conditions de vie, des taux de croissance accélérés, de brusques changements dans les modèles de migration et les débuts spectaculaire de l'urbanisation. L'espérance de vie, bien que faible par rapport à celle des autres régions et changeant peut-être avec un certain retard, s'est néanmoins allongée de façon impressionnante. Entre au début du , l'espérance de vie à la naissance était passée à pour la période 1950-1954. et. L'Afrique est le continent dont la population en pourcentage a le plus augmenté depuis le début du et dont le taux d'accroissement naturel, avec 2,5 % en 2015, est le plus élevé. Estimée à d'habitants en 1900 soit 8,1 % de la population mondiale, la population de l'Afrique est passée en 1950 à soit 9,1 % puis à en 2000 soit 13,2 %, et à 1,1 milliard en 2012 soit 16 % de la population mondiale. Selon les estimations de l'ONU, la population de l'Afrique pourrait être de en 2050, soit 25 % de la population mondiale, et de en 2100, soit 39 % de la population mondiale. Le Nigeria, la République démocratique du Congo et l'Éthiopie seront, en 2050, parmi les dix pays les plus peuplés de la planète. Cela n’est cependant qu'une forme de rattrapage puisqu'en 2030 la population du continent retrouvera la proportion, environ 20 % du total mondial, qu'elle représentait au avant les traumatismes démographiques de la traite négrière et de la colonisation. Conséquences. Cette croissance démographique est susceptible d'avoir des effets contrastés selon que l'on adopte un point de vue malthusien et afro-pessimiste ou non. Ainsi la Banque mondiale présente-t-elle en 2015 un rapport intitulé « La transition démographique africaine : dividende ou désastre ? » Le rapport expose qu'une partie de l'Asie a connu une situation similaire avant sa transition démographique et le décollage économique des tigres asiatiques. On peut citer comme exemple positif le fait que la concentration des populations en ville crée des marchés solvables pour les agricultures locales. Ou bien encore constater que l'accroissement démographique est un bienfait pour le développement du marché de la téléphonie mobile, ce qui a été à la base de la « bancarisation » ("") fulgurante du continent qui permet à l'Afrique d'être la . La croissance de la population est donc aussi celle de la consommation domestique et du développement économique qui l'accompagne notamment grâce aux « classes moyennes » qui croissent plus vite (3,1 %) que la population dans son ensemble (2,6 %). Dans ce contexte, la transition démographique du continent, entamée dans certains pays (Kenya, Sénégal, Botswana…), si elle se confirme, est une chance potentielle grâce à la baisse du taux de dépendance qu'elle entraînerait avec une population active plus importante que celle des inactifs. Quelques pays (Ghana, Côte d’Ivoire, Malawi, Mozambique et Namibie) ont déjà été identifiés comme étant sur cette voie. Les positions malthusiennes, à rebours, invitent à considérer la croissance de la population comme un fardeau en parlant de « suicide démographique », avançant que la transition démographique est loin d'être globalement acquise et que les taux de dépendances sont, pour l'heure, extrêmement élevés. De même, les investissements, notamment en éducation, qui devront accompagner la transition démographique pour la transformer en vraie chance, sont considérables. La population, en tout état de cause plus nombreuse, devra s'entasser car même si la densité globale du continent est faible (), certaines zones sont inhabitables ce qui fait que l'on constate, en certains endroits du Nigeria, pays le plus peuplé du continent, des densités de l'ordre de et de au Rwanda, et que 62 % des urbains d'Afrique subsaharienne vivent dans des « quartiers précaires ». À l'inverse, l'Afrique du Nord est la région qui connaît la plus faible proportion de population urbaine vivant dans des bidonvilles (13 %). Une caractéristique principale du continent est que son indiscutable croissance économique ne bénéficie que peu à ses populations. C'est le concept de « la croissance sans le développement », proposé par George Ayittey. Natalité et mortalité. La croissance démographique est évidemment liée au taux de fécondité lequel, en Afrique, est le plus élevé au monde avec par femme pour la période 2010-2015, contre une moyenne mondiale de 2,5. Si la majeure partie des pays africains ont un taux de natalité élevé, ils font également face à une mortalité infantile très élevée. En 2013, deux pays africains avaient un taux de mortalité infantile supérieur à et 34 un taux supérieur à . Par ailleurs, les quatre pays ayant l'espérance de vie la plus faible dans le monde en 2012 étaient tous africains. Le sida est devenu la première cause de mortalité en Afrique à la fin du . C'était encore le cas en 2007, où ONUSIDA estimait à le nombre de personnes infectées en Afrique. En 2013, sur de personnes infectées, vivaient en Afrique subsaharienne, dont 58 % de femmes. Le VIH a fait 1,3 million de morts sur le continent en 2009, mais il en faisait 1,4 million en 2001. Entre 2005 et 2013, les cas de nouvelles contaminations ont cependant baissé de 33 % en Afrique subsaharienne. La mortalité infantile a chuté de 30 % en et l'espérance de vie s'est accrue de depuis 1950. Mais, en Afrique subsaharienne, 1 enfant sur 8 meurt avant ses contre 1 pour 143 dans les pays développés. Les conditions sanitaires sont largement indépendantes de l'économie. Malgré un niveau de revenu cinq fois inférieur, l'Éthiopie, (), grâce à sa politique en la matière, présente de meilleurs indicateurs sanitaires que le Nigeria () : mortalité infantile ( au Nigeria), mortalité maternelle ( au Nigeria). De la même manière, l'aridité est correlée avec la malnutrition mais, pour des raisons politiques, cette dernière sévit lourdement en République démocratique du Congo, pourtant un des pays les plus arrosés de la planète. Mouvements de population. Les migrations volontaires de l'Afrique subsaharienne sont massivement internes, ce qui est sans équivalent sur les autres continents. Les trois-quarts, voire plus, des migrations d'Afrique subsahariennes sont intra-continentales. Elles concernent de 20 à de personnes selon les sources. Les migrations volontaires extra-continentales sont donc fortement minoritaires et, "a fortiori", ne représentent qu'un flux et un stock très minoritaire des immigrés dans les pays de l'OCDE : l'Afrique subsaharienne représente . En ce qui concerne l'Afrique du Nord, les migrants qui en sont issus représentent 7 % du stock total de migrants de la zone OCDE. Du fait de la conflictualité du continent, aux migrations volontaires, essentiellement économiques (travail, commerce), s’ajoutent les déplacements forcés ; les personnes déplacées internes (dans leur propre pays) et réfugiées (personnes déplacées ayant franchi une frontière internationale), étaient en 2014. Urbanisation. La croissance de la population s'accompagne d'un exode rural massif et d'une croissance vertigineuse des villes : Il s’agit, là encore, d'un phénomène de rattrapage, car l'Afrique est le continent le plus faiblement urbanisé de la planète. L'urbanisation est massive, rapide et mal contrôlée, d'où la prévalence des bidonvilles ; les nouveaux urbains sont essentiellement des « pauvres », issus de l'exode rural. En ville, les habitants tendent à se regrouper par communauté, région ou village d'origine, tentant de préserver une solidarité dans le nouveau contexte urbain. La société africaine est donc de plus en plus constituée de jeunes urbains, lesquels développent une culture spécifique qui, notamment grâce à l'internet, se diffuse au niveau international ; cela concerne principalement la danse et la musique, zouglou, kuduro… Les jeunes sont aussi les premiers concernés par les intenses mouvements de population intra-continentaux qui caractérisent l'Afrique. Mais, exaspérés par le chômage et le mal logement, ils sont aussi les acteurs d'une préoccupante violence urbaine. Société. Éducation. La jeune population africaine souffre d'un manque d'éducation. Les programmes d'ajustements structurels ont eu tendance à mettre à mal les politiques en la matière du fait des coupes claires effectuées dans les budgets des États concernés : . Les taux de scolarisation secondaire ont, eux, progressé, passant de 14 % des scolarisables à 27 % entre 1980 et 1996. Les disparités sont cependant importantes entre pays et, globalement, ces chiffres sont nettement supérieurs en Afrique du Nord. Pour ce qui concerne l'enseignement supérieur, il y a, selon l'Unesco, en 2012, d'étudiants dans des établissements d'enseignement supérieur des pays subsahariens, soit près de vingt-cinq fois le chiffre de 1970. La poussée démographique et les moyens déployés par les États pour améliorer l'accès à l'enseignement primaire et secondaire expliquent la hausse de fréquentation des campus africains. Le continent reste en retard sur le reste du monde, avec un taux de scolarisation dans l'enseignement supérieur de 6 % selon l'Unesco, contre 13 % dans le sud et l'ouest de l'Asie et 72 % en Amérique du Nord et en Europe occidentale. Classes moyennes. Le continent est pauvre, 47 % des Africains vivent en dessous du seuil de pauvreté, avec moins de par jour. Mais, contrepartie de l'urbanisation, le continent voit aussi émerger une classe moyenne de plus en plus importante en nombre et en proportion des habitants, aspirant à la démocratie et à la bonne gouvernance, soucieuse de s'inscrire dans la mondialisation culturelle et économique. Elle fut d'ailleurs un acteur important des printemps arabes. Cette classe moyenne est au cœur du changement de l'Afrique, d'abord par l'effet d'entraînement économique lié à sa consommation. Ensuite, moins féconde que la moyenne, elle participe à la transition démographique qui permettra peut-être de concrétiser le « dividende démographique » lié à la baisse du taux de dépendance (ratio inactifs/actifs) qui ferait de la démographie africaine un atout et non pas un boulet. Une des conditions du dividende démographique est que le niveau d'éducation s'élève ; les classes moyennes et aisées ont, bien évidemment, plus accès que les autres à un enseignement de qualité, notamment grâce aux établissements privés en plein essor. Gouvernance politique et liberté de la presse. Malgré quelques progrès depuis la chute du mur de Berlin et les conférences nationales sur le continent, 12 % de la population d'Afrique subsaharienne vit dans un pays considéré comme libre selon "" ; les autres Africains vivent dans des pays « non libres » ou « partiellement libres ». L'indice de démocratie, avec des indicateurs différents, donne des tendances très similaires. Quant à la liberté de la presse, elle n'est que très partielle sur tout le continent, sauf quelques rares contre-exemples telle la Namibie, à la place mondiale (Canada , France ) sur étudiés par Reporters sans frontières. Structure sociale. Organisation sociale. La famille et l'ethnie sont les deux piliers de la sociologie du continent. L'Afrique est souvent présentée comme une mosaïque de peuples et de cultures (on compte plus de ethnies sur le continent), c'est la principale caractéristique de sa sociologie car l'ethnie est le fondement de la solidarité et de la cohésion communautaire bien plus que l'État-nation. L'aspect clé du fait ethnique est le sentiment d'appartenance : ; elle est la base de l'identité à laquelle se réfèrent les individus, sur le fondement d'une ascendance commune revendiquée, réelle ou mythologique. Multiséculaire ou inventée par le colonisateur, revendiquée par les individus quelle qu'en soit la réalité scientifique, elle peut être mobilisée militairement, comme ce fut tragiquement le cas au Rwanda, ou pour bénéficier de soins à l'hôpital ou, plus pacifiquement encore, pour traiter d'une tradition musicale. L'ascendance commune est relatée dans de grands mythes fondateurs, qui existent sur tout le continent, certains étant communs à plusieurs ethnies. Ces mythes cosmogoniques servent encore de références à l'époque contemporaine ; ils se transmettent de nos jours au travers de la littérature écrite après l'avoir été oralement. En parallèle, les systèmes de parenté, famille élargie, clans et lignages, sur les mêmes fondements d'ancêtres communs, en principe réels dans ce cas, complètent les bases sociales fondamentales : . Les structures sociales pré-coloniales et les modes de gestion qui les caractérisent coexistent aujourd'hui avec les États modernes. Les relations sociales se régulent selon des étages sociaux distincts : ; les régulations sociales, y compris dans certains aspects juridiques, échappent à l'autorité étatique. En effet, l'État-nation et les concepts relatifs ont été brutalement importés via la colonisation, sans qu'il y ait eu un temps de maturation historique, particulièrement dans les sociétés segmentaires et lignagères : . Même là où existèrent de puissants royaumes ou empires, l'organisation politique ne suivait pas le modèle occidental, la différence essentielle étant l'absence de recouvrement systématique entre le royaume ou l'empire et un territoire délimité. Cette importation ne s'est pas faite sans heurts, y compris dans les consciences individuelles et les institutions préexistantes ont perduré "de facto" mais aussi "de jure", les États actuels confiant souvent et officiellement des fonctions aux chefs traditionnels aujourd'hui encore. Les deux systèmes ne fonctionnent pourtant pas sur les mêmes bases, les fonctions du chef coutumier étant culturellement très éloignées de celle d'un fonctionnaire d'administration centrale ou locale. Le rapport à la terre et au pouvoir sont notamment très différents de la conception purement juridique et il existe une composante sacrée évidemment absente des bureaux administratifs. Castes. En certains endroits, l'Afrique de l'Ouest, dans une quinzaine de pays (Mali, Guinée…) et autant d'ethnies (Malinkés, Bambaras…), connaît aussi un système de castes liées au métier, hérité de l'Empire du Mali du . Les castes les plus typiques sont celles des forgerons (considérés, même dans les sociétés sans castes, comme ayant des relations particulières avec le monde spirituel) et des griots, porteurs de la culture orale traditionnelle. Rapport au pouvoir et à la terre. Le rapport africain à la terre et les formes d'organisation productives agricoles se distinguent de leurs homologues des autres continents. Concernant la production agricole, le lot commun, y compris en Afrique, est l'étape de la société paysanne, organisée autour de l'auto-production familiale. Mais la distinction fondamentale avec les autres parties de la planète, c'est que la terre n'est pas un bien matériel susceptible d'être possédé formellement par un individu, qu'il soit simple citoyen ou dirigeant d'une organisation politique (chefferie ou empire). Même la monarchie d'essence divine ne s'accompagne pas pour autant, en Afrique, d'une possession formelle de territoires délimités. Le « chef » africain n'est pas essentiellement un dirigeant politique gérant des terres, il était (et reste dans ses formes traditionnelles), un intercesseur entre le sacré et le profane ; dans la conception africaine, Les figures du propriétaire terrien et de l'aristocrate foncier sont absentes du système de production africain : De ce fait, la « tenure » africaine, y compris contemporaine, est originale au regard des conceptions occidentales et asiatiques, et complexe par le fait. Cela ne fut pas sans causer des difficultés au moment de la colonisation. Ainsi, la pratique de l’"" britannique, consistant à s'appuyer sur des leaders indigènes, conduisit à fabriquer des chefs là où il n'y en avait pas. Ce fut le cas au Nigeria par exemple, pour les Igbos ; leur système social décentralisé, inadapté aux conceptions européennes et aux visées coloniales, lesquelles nécessitaient un chef territorial, amena la création de chefferies artificielles. De cette conception du rapport à la terre découle une problématique foncière. À l'époque actuelle, le droit coutumier et le droit foncier moderne sont encore et toujours en concurrence, le premier étant frontalement attaqué car considéré comme empêchant la modernisation et le développement de l'agriculture sur un continent en proie à l'insécurité alimentaire. Les femmes représentent jusqu'à 70 % des exploitants agricoles en Afrique subsaharienne mais le droit coutumier fait qu'elles n'ont pas de titres de propriété sur les terres qu'elles exploitent, la coutume ne concédant que des droits d'usage. Sachant que, par ailleurs, 10 % seulement des terres rurales africaines sont enregistrées, 90 % sont donc gérées de manière informelle et coutumière. Le développement de la propriété foncière et la prise en compte de la place des femmes sont donc considérés comme des leviers indispensables au développement agricole du continent. Religions. Religion de l'Égypte antique. La religion de l'Égypte antique, polythéiste, date au moins du et disparait avec son interdiction par l'empereur romain chrétien Théodose à la fin du . Elle plonge ses racines dans la préhistoire : le panthéon égyptien zoomorphe ne contient que des animaux correspondant au biotope prédynastique. Aucun dieu n'est représenté sous la forme d'un animal appartenant à une espèce apparue plus tardivement. Cette religion mêle le culte des génies de la nature (génie du blé, déesse des moissons…) à des dieux cosmiques d'importance supérieure, qui se manifestent sous forme de phénomènes physiques (Rê, le soleil, Geb, la Terre…). Les Égyptiens anciens représentent leurs dieux sous une forme zoomorphe, incarnés dans des animaux ou sous des formes mixtes, en partie anthropomorphes. Horus, par exemple, est représenté comme un homme à tête de faucon. Les rituels sont pratiqués par des prêtres, délégués de Pharaon, dans des temples qui deviennent monumentaux lorsque leurs constructeurs commencent à utiliser la pierre au lieu de la brique. Les différents dieux sont en général propres à une zone donnée, autour d'une ville principale dont ils sont la divinité tutélaire. Ces zones correspondent à peu près aux nomes (subdivisions administratives) quoique certains cultes aient rayonné plus largement. Dans la civilisation égyptienne, la religion joue un rôle de tout premier plan. Pharaon, roi, est aussi l'intermédiaire entre les hommes et les dieux, il est lui-même assimilé à un dieu vivant. Le thème de la vie après la mort, particulièrement important dans l'Égypte antique, conduit à la construction des mastabas puis des pyramides, tombeaux monumentaux, ainsi qu'à des rituels de momification (réservés aux couches sociales les plus élevées). Tout cela s'inscrit dans le contexte d'une société fortement stratifiée, l'une des premières de l'histoire à atteindre le stade de proto-État. Cette religion connaît une résurgence dans la deuxième moitié du sous la forme du kémitisme, le terme désignant soit une revendication politique radicale panafricaniste où le kemet égyptien est considéré comme à la base de toute civilisation, thèse qui se prévaut de celles de Cheikh Anta Diop, soit un mouvement spirituel de la mouvance du néopaganisme. Religions traditionnelles. Le fait religieux africain autochtone est vulgarisé typiquement comme une forme d'animisme monothéiste. Cependant, la définition même de l'animisme, due à Edward Tylor dans "" en 1871, le fait que l'animisme puisse être une religion ou que la définition s'applique aux pratiques africaines sont encore débattus. Symbole de cette difficulté à caractériser ce fait culturel et religieux, la terminologie actuelle de « religions traditionnelles africaines » n'est apparue que récemment, en 1965. Les traits communs des religions traditionnelles africaines sont qu'elles postulent l'existence d'un être suprême, créateur et organisateur de l'univers. Il est en général décrit comme éloigné des hommes et inaccessible. À côté, il existe des esprits, dont ceux des ancêtres, ainsi que des divinités mineures, en lien avec la nature (génie des eaux, par exemple), plus accessibles, qui sont fréquemment invoqués car susceptibles d'intervenir sur Terre pour favoriser ceux qui l'invoquent ou pour rétablir l'ordre troublé (maladie, mauvaises récoltes, etc.) et l'harmonie du monde. En effet, les difficultés de la vie et de la société sont considérées comme causées par la violation des tabous et des règles sociales : Les rituels, entre autres d'initiation, nombreux et fortement codifiés, sont pratiqués sous l'égide d'experts religieux (oracles, guérisseurs…). Il n'existe pas de corpus dogmatique (« textes sacrés ») écrit, à l'inverse des religions du Livre, et la transmission des savoirs afférents est orale. Y sont associées de nombreuses et diverses représentations sous forme de statuettes, masques… classiques de l'art africain. Les religions traditionnelles sont le plus souvent propres à une ethnie et à une aire géographique donnée ; cependant les ethnies itinérantes peuvent les propager sur de vastes territoires. Certaines religions ont même essaimé, essentiellement via les esclaves africains, tels le vaudou à Haïti, la santeria à Cuba, le candomblé au Brésil. La religion traditionnelle conduit à une conception du monde où l'imbrication du sacré et du profane est forte : ; il n'y a pas de distinction entre religion et culture puisqu'il est toujours possible d'interpréter ce qui se passe dans le monde prosaïque comme étant causé par l'action des divinités ou des esprits. Ainsi, il est coutumier de dire qu'en Afrique on ne meurt jamais de mort naturelle : Entre pratique cultuelle et pratique culturelle, le statut de certains rites est d'ailleurs parfois difficile à définir. En 1972, le bwiti était défini par certains auteurs comme une Cette conception du monde a un impact politique. Le dirigeant porte simultanément l'aspect politique, profane, par exemple la gestion des conflits ; dans le même temps, il est intercesseur avec le sacré et il partage le plus souvent son pouvoir avec d'autres intercesseurs. Cela reste vrai à l'époque actuelle, notamment dans les sociétés rurales, quoique pas uniquement. Cette intrication explique les syncrétismes apparus en Afrique subsaharienne à l'occasion de l'implantation des religions importées, islam et christianisme. : christianisme primitif. Le christianisme est présent dès le en Afrique romaine et en Égypte et s'y développe rapidement. Au , l'Église d'Alexandrie est un des piliers du christianisme oriental où naît le monachisme chrétien et son Didascalée une des plus grandes écoles théologiques. La communauté chrétienne d'Afrique romaine est numériquement, à ce moment, la plus importante du christianisme latin. En est issu Augustin d'Hippone, père de l'Église dont la pensée a eu une influence déterminante sur l'Occident chrétien au Moyen Âge et à l'époque moderne. Déchirées par des conflits théologiques, ces communautés ne subsistent pas longtemps lors de la conquête musulmane de l'Afrique du Nord. Un christianisme orthodoxe sous la forme monophysite existe à l'heure actuelle en Éthiopie, Érythrée et Égypte depuis l'Antiquité tardive. L'Éthiopie se considère comme la seconde plus ancienne nation chrétienne au monde, après l'Arménie, faisant remonter cette tradition à l'an 330. : expansion de l'Islam en Afrique. L'islam s'installe en Afrique du Nord à partir du et se diffuse ensuite vers l'intérieur de Afrique de l'Ouest et la côte d'Afrique de l'Est. Le commerce caravanier et l'expansion islamique permettent de nouer de nouvelles relations entre l'Afrique du Nord et le reste du continent. L'islamisation se fait de trois manières : volontaire (les croyants le deviennent par conviction, pacifiquement), contrainte (les populations se convertissent pour ne plus être prises en esclavage et pour échapper à la double-imposition) ou forcée (lors des conquêtes militaires, les vaincus n'ont parfois d'autre choix que la conversion ou la mort). L'islam sunnite se répand surtout au Maghreb, l'islam chiite dans certaines oasis sahariennes et en Égypte, d'où il sera supplanté ultérieurement. Les prêtres et « sorciers » des nombreux cultes animistes sont parfois les premiers à se convertir, afin de sauvegarder leurs positions sociales et leurs savoirs traditionnels ; ils forment de puissantes confréries comme les Mourides et les Tidjanes en Afrique occidentale. De ce fait, le christianisme et l'islam présentent parfois des particularités syncrétiques et initiatiques typiquement africaines, que les intégristes de chaque religion et les missionnaires combattent. : missionnaires chrétiens. Au , la papauté concède au Portugal l'exclusivité du commerce avec l'Afrique mais aussi l'activité de mission par le principe du "padroado". Les Portugais évangélisent quelques rois, ce qui facilite les traites négrières, notamment dans l'empire Kongo où le fils du Manikongo devient le premier évêque noir, mais la christianisation touche surtout les esclaves déportés aux Amériques et non les Africains. Les efforts des missions chrétiennes qui interviennent au lors du partage de l'Afrique ne rencontrent pas un grand succès ; au début du , seuls 9 % des africains sont chrétiens. Les religions traditionnelles africaines, qui dominaient historiquement les régions d'Afrique de l'Est, d'Afrique centrale, d'Afrique australe et la région côtière d'Afrique de l'Ouest restaient très pratiquées. : essor du protestantisme évangélique et des nouvelles religions. Au , un nouvel essor du christianisme apparaît en Afrique, surtout dans la partie subsaharienne où foisonnent de multiples confessions. Il est dû en partie au prosélytisme des protestants évangéliques, mais aussi à l'émergence de prophètes créant de nouvelles Églises. Ces Églises d'institution africaine, évaluées à près de en 1968, étaient estimées à plus de en 2004, la plupart étant totalement inconnues en dehors de l'Afrique. Au début du , l'Afrique est le continent où le nombre de chrétiens augmente le plus vite. Contexte religieux contemporain. Les religions traditionnelles africaines ont moins de pratiquants aujourd'hui qu'avant l'arrivée des Européens, mais elles restent importantes dans certains pays, par exemple au Bénin et au Togo. Les pratiques religieuses africaines sont syncrétiques ; la chose est du reste parfaitement revendiquée, à tel point que l'Afrique subsaharienne a inventé l'aphorisme « 50 % chrétien, 50 % musulman, 100 % animiste » pour caractériser la répartition des religions dans la région. Dans les pays du Maghreb, l'islam, très majoritaire, est religion officielle. La Tunisie et la plupart des pays d'Afrique de l'Ouest ont une constitution laïque qui garantit la liberté de religion. Une minorité juive est présente essentiellement en Afrique du Sud, où l'on compte plus de juifs, pour la plupart des ashkénazes d'origine européenne. Dans la partie nord du continent, la présence des séfarades « Tochavim » remonte à l'ère phénicienne. Les séfarades dits « Megorashim », contraints à l'exil à la suite du décret de l’Alhambra, arrivent quant à eux après 1492. Les Beta Israel, dont la présence remonte, dit-on, à l'ère du roi Salomon et de la reine de Saba, sont présents en Éthiopie. Certains peuples, comme les Lemba et les Abayudaya, se revendiquent aussi du judaïsme. Il existe un pays africain où l'hindouisme est la religion majoritaire, Maurice. Langues. Les linguistes recensent environ langues vivantes sur le continent africain (soit environ le tiers des langues du monde), regroupées en quatre grandes familles, exclusion faite des langues de souche non africaine. La famille afro-asiatique (ou chamito-sémitique), composée de 366 langues vivantes dont 299 parlées en Afrique, totalisant de locuteurs, n’est pas exclusivement africaine. Elle s’étend également sur la péninsule Arabique et ne couvre que la partie nord de l’Afrique de l'Ouest. Elle inclut notamment le berbère, la langue originelle des habitants de l'Afrique du nord, ainsi que l’arabe qui est la première langue d'Afrique en nombre de locuteurs. La famille nilo-saharienne (env. 200 langues vivantes et de locuteurs) couvre une partie du Sahara, le haut bassin du Nil et certains hauts plateaux de l’Afrique de l'Est. Selon les auteurs, elle est composée de six, dix-sept ou douze groupes de langues dont seulement deux sont localisés en Afrique de l'Ouest : le songhaï (Mali, Niger, Burkina Faso, Bénin) et le Kanuri (Niger, Nigeria, Cameroun et Tchad autour du lac du même nom). La famille khoisan (22 langues vivantes et locuteurs) est la plus petite famille linguistique africaine. Elle est centrée sur la Namibie et l’Angola, elle rayonne également sur le Botswana et l’Afrique du Sud. Dans le passé, les langues khoisan étaient parlées dans la majeure partie de l’Afrique australe et orientale. Elles ont été progressivement évincées de maints endroits par les langues bantoues puis européennes. La famille Niger Congo compte près de langues vivantes, ce qui fait d’elle la plus grande famille linguistique du monde (22 % des langues de la planète et 71 % des langues africaines). Elle couvre la plus grande partie du territoire ouest-africain et concerne l’immense majorité de la population de la région. Elle compte en son sein un groupe, le bantou, qui couvre à lui seul la quasi-totalité de l’Afrique sub-équatoriale à l’exception de l’aire khoisan. On retrouve dans cette famille la langue swahili (parfois appelée kiswahili). Beaucoup de spécialistes estiment que le foyer originel des Bantous se situe au sud de la Bénoué, à la frontière du Cameroun et du Nigeria. Il y a de cela , les Bantous entament une longue migration vers l’Afrique centrale, sans doute poussés par l’aridification du climat et le développement de l’agriculture et de l’élevage. Cette expansion prend près de trois millénaires. Les Bantous n’atteignent le sud du continent qu’aux , fuyant les Massaï venus de la haute vallée du Nil. Les nombreuses similitudes entre les langues bantoues ainsi que leur remarquable extension géographique en font une zone linguistique spécifique très souvent distinguée du reste de la famille nigéro-congolaise. Il existe d'autres familles linguistiques présentes sur le continent : Le français joue actuellement un rôle important en Afrique, servant de langue véhiculaire ou de langue maternelle (au Gabon, Côte d'Ivoire, République du Congo, République démocratique du Congo, Cameroun et Bénin notamment) dans un grand nombre de pays, et son utilisation s'intensifie. Entre 1992 et 2002, le nombre d'apprenants du et en français en Afrique subsaharienne et océan Indien a augmenté de 60,37 %, passant de à de personnes. On peut observer une tendance similaire au Maghreb. Cependant, les chiffres fournis par l'Organisation internationale de la francophonie pour le Maghreb ont été réunis avec ceux du Moyen-Orient, le décompte exact pour les pays du Maghreb n'est donc pas possible mais on observe une augmentation de à d'apprenants pour cet ensemble, quand bien même le français n'est pas langue officielle (cas de l'Algérie par exemple). D'ores et déjà, il y a plus de francophones en Afrique qu'en Europe. L'Académie africaine des langues a été créée en 2001 afin de gérer ce patrimoine linguistique. Économie. Histoire économique. L'échange de biens économiques apparaît avec le passage de l'économie de prélèvement (ou de prédation) à l'économie de production, au moment de la révolution néolithique et de la sédentarisation. Dès l'Égypte antique voit la naissance d'un État puissant ; à sa tête, le Pharaon contrôle le commerce et l'exploitation des mines. Le bois, rare dans la région, est un élément important des échanges. En Afrique subsaharienne l'échange de biens est attesté au néolithique récent et aux débuts de l'âge du fer, durant le Il porte sur le fer et la pierre (pour les outils et les armes), le cuir, le sel, les céréales, le poisson séché, les tissus, la céramique, les bois travaillés, les noix de cola et les parures en pierre et en fer. Durant le et les premiers siècles de l'ère chrétienne, l'Afrique du nord avec les comptoirs phéniciens, grecs, romains et l'Afrique subsaharienne prospèrent aux deux extrémités des routes du commerce transsaharien tandis que se continue le commerce vers le Proche-Orient. Un peu avant le début de l'ère chrétienne, l'Afrique du nord, notamment la Cyrénaïque, est le grenier du monde antique. Au début de l'ère chrétienne le royaume d'Aksoum est une puissance de premier plan du commerce mondial ; les textes font allusion à une large gamme de produits exportés : obsidienne, ivoire, cornes de rhinocéros, peaux d’hippopotames, singes, tortues, poudre d’or, parfums, animaux vivants et esclaves. Dès le , l'Afrique subsaharienne est qualifiée de « terre de l'or ». À partir du , l'expansion arabo-musulmane en Afrique s’accompagne d'une intensification du commerce intra et inter-continental de l'or, du sel et des esclaves. Grâce à cela, l'empire du Ghana devient une grande puissance continentale à partir du . Le commerce de l'or africain passe quasi exclusivement aux mains des musulmans et la traite arabe s'organise. Les grands centres du commerce de l'époque, Ouadane, Chinguetti, Tichitt, Oualata, Djenné, Gao, Tombouctou, Ségou, Mopti, etc., sont situés en zone sahélienne, zone de contacts entre l'Afrique des arabes et le pays des Noirs. L'empire du Mali, à partir du , le royaume du Kanem-Bornou et l'empire songhaï, à partir du , se développent sur les mêmes bases économiques. Avec l'arrivée des Portugais au , commencent l'économie de traite (exportations de biens agricoles et de produits miniers), l'économie de plantation (utilisation de main-d'œuvre servile sur les plantations destinées à l’exportation) et la traite esclavagiste atlantique. Progressivement, les centres d'activité se déportent du Sahel vers les zones côtières. Les royaumes côtiers commercent avec les Européens et l'économie devient celle de la razzia. Cela, poursuivi par la colonisation, entraîne un collapsus démographique tel qu'il ne commence à se combler qu'aux . Le continent, colonisé au et jusqu'à la fin du , voit ses richesses agricoles et minières se diriger vers les métropoles, au bénéfice quasi-exclusif de ces dernières. L'Afrique ne connaissant globalement pas une colonisation de peuplement, le nombre de colons est infime au regard de celui des autochtones. Le développement économique interne et l'accumulation locale du capital ne sont donc pas à l'ordre du jour. Par conséquent l'économie africaine coloniale est essentiellement extravertie et, dans une logique de tirer profit des avantages comparatifs, fortement spécialisée pour chacune des colonies. Ces deux caractéristiques perdurent jusqu'à aujourd'hui. Les nouveaux États, indépendants à partir des années 1960, reprenant les frontières coloniales, sont majoritairement des États rentiers où des oligarchies captent la rente (pétrolière et/ou minière) mise en place au moment de la colonisation. Les richesses africaines ont permis l'accumulation du capital en Europe, préalable à son industrialisation, mais le continent africain en a été privé. L'économie de l'Afrique reste donc rentière, extravertie et la logique redistributive l'emporte sur celle d'accumulation. Contexte macro-économique contemporain. La caractéristique la plus générale du continent est que son économie et ses exportations reposent sur les industries extractives : Cela entraîne une forte dépendance aux cours internationaux des matières premières. À titre d'exemple, 80 % des exportations de l'Algérie sont constituées de produits pétroliers. En 2014, pour l’ensemble du continent, le pétrole et ses dérivés ajoutés au gaz naturel liquide ou gazeux, représentaient 53,3 % des exportations. S'il est riche en pétrole et le plus riche de la planète en matière de minerais avec 30 % des réserves minérales mondiales, il l'est aussi en terres agricoles disponibles, ce qui crée une nouvelle « ruée sur l'Afrique » notamment de la part de pays du Golfe et d'émergents comme l'Inde et la Chine, qui achètent des terres sur le continent. Environ 5 % de la surface du continent appartient ou est louée pour une longue durée à des pays étrangers. Ce phénomène est appelé « accaparement des terres ». Profitant d'un supercycle haussier des matières premières, la croissance du PIB de l'Afrique, notamment subsaharienne, est continue et soutenue, supérieure à la moyenne mondiale, depuis le début du : . Les disparités entre pays et entre sous-régions sont cependant importantes ; en 2011, le PIB/ en parité de pouvoir d'achat de l'Afrique du Nord () est presque le triple de celui de l'Afrique subsharienne (). L'inégalité sociale est également très forte. La croissance a marqué le pas en 2015 du fait de la baisse du cours des matières premières, principales sources de revenus pour le continent, comme cela avait été le cas en 2009 du fait de la crise mondiale. La forte demande des classes moyennes émergentes devrait malgré tout entretenir la croissance et les perspectives de long terme sont bonnes. Cependant, le continent est « en retard » (34 des 48 pays les moins avancés se situent en Afrique) et présente de faibles performances ; en 2014, le PIB par habitant en parité de pouvoir d'achat est de pour l'Afrique subsharienne, alors que la moyenne mondiale se situe à . En 2018, le PIB du continent africain est estimé à par le FMI, cela représente 2,8 % de l'économie mondiale. Partant, de nombreuses études existent sur les causes de ce phénomène, que d'aucuns appellent la « malédiction des tropiques ». On a ainsi mis en avant les facteurs démographiques (fécondité…), politiques (faiblesse des États de droit…), historiques (influence de la colonisation…), infrastructurels (production d'énergie insuffisante…), ou invoqué la malédiction des frontières (États trop petits, enclavés…) ou bien encore, constatant le poids des industries extractives, le syndrome hollandais (ou « malédiction des matières premières ») et le phénomène d'État rentier qui l'accompagne (captation des revenus de la rente par une oligarchie au détriment de la population). Il existe néanmoins quelques « miracles » économiques permettant d'éviter une généralisation abusive. Le Botswana, riche en diamant, mais sans accès à la mer, a réalisé aux une performance économique exceptionnelle, à l'encontre du syndrome hollandais et du handicap lié à l'enclavement, tout en ayant une gouvernance et une transparence sans égales à comparer du reste du continent. On déplore cependant une prévalence du SIDA très élevée avec un taux de 25,2 % pour la tranche d'âge 15-. Maurice, partant d'une situation où le sucre représentait 20 % du PIB et plus de 60 % des recettes d’exportations, a misé sur l'industrialisation dans le secteur textile, puis sur les services dont le tourisme. Sa croissance a été de 5 % par an pendant et son revenu par habitant qui était de au moment de l’indépendance s'établit aujourd'hui à (estimé à en 2014). Son système éducatif est performant et son rang dans le classement "" (climat des affaires) de la Banque Mondiale () est meilleur que celui de la France (). Le Rwanda est un autre miraculé. Après le génocide de 1994 qui le laisse en ruines, le pays, fermement repris en main depuis par Paul Kagame, a su se développer fortement malgré une densité de population extrêmement élevée de , plus de dix fois supérieure à la moyenne du continent. Atteignant la transition démographique et misant sur l'éducation de sa population, outre les aides internationales, il est devenu un modèle de redistribution et de croissance inclusive en Afrique, attestant que le retard économique n'est pas une fatalité. Le continent n’a donc pas de handicaps géographiques, culturels ou structurels indépassables, de malédiction qui l'accablerait, c'est la politique qui a créé la "" (« l'Afrique montante ») et qui lui permettra de prospérer à l'avenir. Pour l'heure, le retard est bien réel, l'usage même du terme « miracle » indiquant qu'il ne s'agit que de contre-exemples dans une Afrique qui reste le . Même si la pauvreté recule, la proportion de pauvres vivant en Afrique est malgré tout en croissance, montrant que ce recul est moins rapide qu'ailleurs sur la planète. Parmi les objectifs du millénaire, les indicateurs concernant l'insécurité alimentaire et la pauvreté sont ceux qui progressent le moins. Investissements étrangers. D'après les Nations Unies, en 2016, les cinq principaux investisseurs étrangers sur le continent africain, en termes de stock d'IDE, étaient les États-Unis ( de dollars USD), le Royaume-Uni (), la France (), la Chine () et l'Italie (). Les flux d'investissements étrangers à destination du continent ont chuté de 21 % en 2017 par rapport à l'année 2016. La valeur totale des flux IDE vers l'Afrique pour l'année 2017 s'est élevée à de dollars ( vers l'Afrique du Nord et vers l'Afrique subsaharienne). Les flux d'IDE intra-continentaux ont en revanche progressé de 8 %, essentiellement grâce aux entreprises marocaines et sud-africaines. Dette. Les années 1980-1990 sont marquées par la crise de la dette ; le relèvement des taux d'intérêt et la baisse des revenus d'exportation plongent le continent dans une crise financière qui amène la mise en place des programmes d'ajustement structurels. Dans le même temps l’aide publique à l'Afrique diminue notablement, réorientée vers l'Europe de l'est ; c'est l'époque de « Adieu Bangui, bonjour Varsovie ». L'organisation politique et économique des États est drastiquement revue notamment par le démantèlement des appareils étatiques jugés coûteux et inefficaces et celui des entreprises para-étatiques à la compétitivité critiquable. Cette purge libérale crée la « génération ajustée » ou « génération déflatée » ; mais, conjugée au retournement des cycles internationaux en matière de taux d'intérêt, à une reprise des aides publiques vers l'Afrique et à une reprise des investissements directs étrangers depuis l'an 2000 (avec notamment une forte implication chinoise), cela conduit à une baisse de la charge de la dette dans les finances des États. À la fin de la première décennie du , l'Afrique est moins endettée que les pays occidentaux développés, même si sa dette reste sous surveillance : . Infrastructures. Le continent souffre d'un déficit d'infrastructures (électricité et transport essentiellement) qui lui coûte le chiffre énorme d'environ deux points de croissance annuelle ; or l'investissement en infrastructures est nécessaire à la croissance économique, aux entreprises, mais aussi au bien-être des populations grâce à un accès à l'eau, à laquelle 65 % des africains sont reliés, et surtout à l'électricité, qui présente un taux d'accès de 29 % seulement, sachant que en 2005, dont pour la seule Afrique du Sud. Gouvernance. La gouvernance est, avec les infrastructures, l'autre point d'amélioration majeur de l'Afrique. Depuis 2007, l'indice mis en place par la fondation Mo Ibrahim évalue l'efficacité de l'action publique des États africains et, avec les notes obtenues (de 1 à 100), établit un classement. La note moyenne du continent a faiblement évolué, passant de 49,9 en 2007 à 50,1 en 2016. La meilleure moyenne régionale se situe en Afrique australe : 58,9 ; et la plus faible en Afrique centrale : 40,9. L'Afrique est l'un des continents où la corruption est la plus répandue selon l'ONG Transparency International : Économie informelle. En lien avec la gouvernance, l'économie informelle est une caractéristique importante de l'économie du continent. L'économie informelle est définie par le Bureau international du travail depuis 1993, avec une révision en 2003, ce qui permet d'avoir des mesures comparables d'un pays à l’autre. Son poids dans l'économie du continent est considérable, compris entre 40 et 75 % du PIB (20 à 37 % en ne considérant que l'activité hors agriculture), causant notamment un manque à gagner fiscal important. La pression fiscale est cependant, en Afrique, une des plus basses du monde et elle est probablement insuffisante. Selon la Banque mondiale Macro-économiquement, l'économie informelle est un moyen de la résilience sociale et économique face à une croissance qui n'entraîne pas la création subséquente d'emplois. La proportion d'emplois relevant du secteur informel est estimée à 66 % en Afrique subsaharienne. Au niveau micro-économique, outre l'évitement de l'impôt, l'économie informelle existe aussi par la volonté des opérateurs de contourner la corruption de l’administration et de se désolidariser de la mauvaise gouvernance et du mauvais usage systématique des fonds publics. Pour autant, les entreprises du secteur informel sont soumises aux mêmes mécanismes de corruption que les entreprises du secteur formel, essentiellement le . Mondialisation. L'Afrique est inscrite dans la mondialisation économique depuis toujours notamment par sa façade méditerranéenne et orientale. Durant l’antiquité, la puissante civilisation égyptienne est, grâce à sa position géographique à la jonction entre le monde méditerranéen et l'Arabie, ainsi qu'au Nil, par lequel transitent les marchandises, au centre d'un important commerce ; ses villes sont les têtes de pont du commerce intercontinental. À la suite, les cités marchandes phéniciennes installées dès le (fondation d'Utique en , de Carthage vers ) sont les vecteurs de l'intégration économique du continent dans la « première mondialisation » ; ainsi et par exemple, au , les Carthaginois commercent-ils l'or du désert « au-delà des colonnes d'Hercule ». Un peu plus tard, Carthage vaincue est redevenue une grande ville, une des premières cités de l'empire romain. Le Périple de la mer Érythrée, récit de voyages datant du , atteste d'un commerce intercontinental depuis une zone allant de l'Égypte à la Tanzanie, en direction de la péninsule arabique, de l'Inde et de la Méditerranée et portant sur des produits tels que l'ivoire, les épices, la cannelle, l'encens, le styrax, le lapis-lazuli, les topazes, les turquoises, la soie, l'indigo, sans oublier les esclaves qui se retrouvent en Inde et en Chine. Au , le royaume d'Aksoum commerce avec plusieurs « contrées » de l'océan indien et de la Méditerranée. Le commerce, notamment d'ivoire, profite au développement du royaume par la création de villes-marchés. À l'autre extrémité des routes commerciales l'autre partie prospère aussi ; dans les premiers siècles de l'ère chrétienne, le royaume d'Awsân (actuel Yémen) doit son essor au commerce avec l'Afrique. À partir du , l'islamisation de l'Afrique subsaharienne lui permet de s'intégrer encore plus fermement dans le commerce international, les arabes servant d'intermédiaires avec le monde occidental. Dès l'an mil l'or du Monomotapa part vers l'Inde via Kilwa dans les ports duquel s'échangent cotonnades et verroteries. La période qui correspond au Moyen Âge européen est l'âge d'or de l'Afrique avec les grands empires du Ghana, du Mali et Songhaï. C'est aussi l'âge de l'or. Kanga Moussa, dixième "mansa" (roi des rois) de l'empire du Mali dans le premier tiers du , considéré comme l’un des hommes les plus riches de l’histoire de l'humanité, contrôle "de facto" tout le commerce du métal précieux dans le bassin méditerranéen. À partir de la fin du , le continent connaît la traite atlantique puis la colonisation au , formes les plus tragiques d'intégration mondiale. Les déportations d'esclaves alimentent le développement de l'Amérique et les pays européens enclenchent leur processus d'industrialisation grâce aux ressources coloniales ; le volume du commerce entre l’Afrique et l'Europe décuple entre 1820 et 1850. Après les indépendances l'Afrique ne prend cependant pas le virage de l'industrialisation. La part en valeur de son économie et de son commerce décroit mécaniquement dans les échanges face à des productions incorporant plus de valeur ajoutée. À l'époque actuelle, la place du continent dans le commerce mondial est minime, environ 3 % en valeur et il ne représente que 1,6 % du PIB mondial (4,5 % en parité de pouvoir d'achat). Le continent est donc souvent présenté comme « périphérique » ou « en marge ». Cependant, on le considère aussi comme globalement (même historiquement) marginalisé alors que l'étude du temps long montre l'évidence du contraire y compris à l'époque récente : . Intégration régionale. L'Organisation de l'unité africaine (OUA), créée au lendemain des indépendances en 1963, devenue Union africaine (UA) en 2002, regroupe l'ensemble des pays africains. C'est l'instance la plus large de tout le continent. Il s'agit essentiellement d'un organe politique visant à favoriser la coopération entre les États. À un niveau plus restreint, l'intégration régionale est considérée comme une des clés du développement économique du continent. À cet effet, le continent s'est doté depuis les années 1970 de diverses institutions régionales à vocation intégrative (CEDEAO, UMA, UEMOA, SADC, CEEAC, EAC, IGAD pour les plus importantes) : unions douanières, marché commun, zones de libre échange, etc. Essentiellement tournées vers l'action économique, ces institutions ont aussi, plus tardivement, pris une dimension politique et diplomatique en contribuant notamment à la résolution des conflits ; ainsi, l'ECOMOG, sous l'égide de la CEDAO, est-elle une force d'interposition régionale similaire aux casques bleus de l'ONU. L'intégration est cependant très en retard ; le commerce intra-africain ne représente que 10 % des échanges et est polarisé autour de quelques pays (Afrique du Sud, Côte d'Ivoire, Nigeria, Kenya, Zimbabwe et Ghana) et porte pour un tiers sur le pétrole, sachant que, par ailleurs, les échanges informels créent des zones de libre-échange "de facto". Le projet panafricain « MAEP » (mécanisme africain d'évaluation par les pairs), quant à lui, vise, sous l'égide du NEPAD, à promouvoir la bonne gouvernance. Ressources naturelles. Industries extractives. L'Afrique possède les réserves minérales les plus importantes de la planète, globalement 30 % des réserves mondiales, dont 75 % des réserves mondiales de platine, 50 % de celles de diamant et de chrome, 20 % de celles d'or et d'uranium, 85 à 95 % des réserves des métaux du groupe du chrome et du platine, 85 % des réserves de phosphate, plus de 50 % des réserves de cobalt, 33 % des réserves de bauxite ainsi que du charbon, du cuivre, du minerai de fer… et aussi 10 % des réserves mondiales de pétrole et 8 % de celles de gaz naturel. Qui plus est, le continent est et, aux réserves prouvées, pourraient donc s'ajouter d'autres découvertes futures. Ces richesses ont été exploitées durant la période pré-coloniale, notamment le sel, l'or et le cuivre, contribuant à créer des empires riches et puissants. Puis, durant la période coloniale, les économies ont été fortement spécialisées pour créer des rentes minières coloniales, léguant aux nouveaux États d'après l'indépendance des économies de rente extraverties et peu diversifiées (État rentier). À l'heure actuelle, la majeure partie (60 %) des exportations de l'Afrique concernent des matières premières ; elle en est donc fortement dépendante. En outre, elle exporte ses richesses sans les valoriser, faute d'industries locales. C'est le syndrome hollandais (ou « malédiction des ressources naturelles ») : la rente procurée par les matières premières tend à mettre à mal les industries locales, notamment manufacturières. Le niveau de formation des ressources humaines joue aussi dans la spécialisation africaine car des ressources abondantes et une main-d'œuvre relativement peu qualifiée poussent à exporter des matériaux bruts (ce qui est d'ailleurs aussi le cas pour l'agriculture). Entre les années 1990 et la première décennie du , l'activité du secteur a nettement augmenté (87 %) ; en conséquence, à l'inverse de la tendance globale, la part du continent dans l'extraction mondiale est en légère croissance : 7,5 % en 1980, 7,8 % en 2008. Les investissements directs étrangers (IDE), qui sont en hausse après avoir atteint un point bas dans les années 1990, et qui représentent une part notable du PIB des pays concernés, la proportion allant de 3,5 % pour les pays pauvres en ressources à 2,4 % pour les pays riches en ressources, concernent principalement les industries extractives. Mais cette orientation des investissements en direction de l'exploitation des matières premières ne produit pas les effets de développement dont le continent aurait besoin, notamment en ce qui concerne les créations d'emplois. En Afrique du Nord, l'Algérie et la Libye ont des économies qui reposent massivement sur le pétrole. Agriculture et pêche. Contexte. Le continent est caractérisé par une insécurité alimentaire persistante. Liste non exhaustive, en 1967-70 le Biafra (Nigeria), en 1983-1985 le Lesotho, en 1972-74 et 1984-85 l'Éthiopie, en 2004 le Darfour (Soudan), en 2005 le Niger, en 2011-2012 la corne de l'Afrique… ont été touchés par la famine ou la malnutrition ; en 2016, elles sévissent encore, en République démocratique du Congo, en Éthiopie, au Malawi… Les deux causes principales sont les événements climatiques et les conflits. Ainsi la sécheresse atteint-elle la corne de l'Afrique tandis que, en République démocratique du Congo, ce sont les conflits qui sont responsables de la situation. Et, parfois, les événements climatiques sont eux-mêmes causes de conflits comme au Darfour… Quoique l'Afrique du Nord soit épargnée et que la prévalence de la sous-alimentation diminue (27,6 % en 1990-92, 20 % en 2014-2016), du fait de la croissance démographique, le nombre de personnes touchées augmente ( en 1990-92, en 2014-2016), alors qu'à l'échelle planétaire les deux valeurs décroissent. Dans ce contexte, l'agriculture africaine est au centre des préoccupations des économistes et des hommes politiques, car la rendre moins dépendante aux variations du climat et plus performante permettrait de diminuer l'instabilité politique, d'améliorer la santé des populations et de fournir des millions d'emplois. Face à une croissance démographique sans égale, à une population rurale représentant 60 % de la population totale et en croissance constante en valeur absolue ainsi qu'à un secteur agricole proposant 65 % des emplois en Afrique subsaharienne, elle est considérée comme une des clés du développement africain. Selon les estimations des Nations unies, un réchauffement de du climat diminuerait de 10 % le rendement agricole en Afrique subsaharienne. Agriculture et élevage. L'agriculture africaine n'a cessé de croître, triplant en valeur depuis les années 1980 ; cela s’est fait essentiellement par l'extension des superficies consacrées à la production vivrière, prises sur les forêts et la savane : , ce qui pose des problèmes environnementaux notables, sachant qu'en outre les terres s'appauvrissent. Elle est caractérisée par sa faible productivité avec une quantité d'intrants (engrais…) très basse, l'absence d'irrigation et de mécanisation et des exploitations de faible taille. À côté de l'agriculture vivrière, il existe des agricultures de rente et d'exportation (café, cacao, arachide, coton…), reposant sur des exploitations de taille et de productivité largement supérieures. Globalement, les produits agricoles représentent 20 % du commerce international africain en 2006, et 30 % du montant des exportations. Les pays les plus urbanisés sont ceux où la valeur ajoutée et les prix payés aux producteurs sont les plus élevés, les marchés urbains denses créant une demande solvable permettant l'écoulement des surplus. La pauvreté et l'insécurité alimentaire concernent donc plus particulièrement les populations rurales des pays où le poids de l'agriculture dans l'économie est le plus élevé ; les agriculteurs pauvres des pays ruraux ne peuvent valoriser leur production et sont insérés dans un système d'échanges faiblement monétarisés et, par conséquent, peinent à avoir accès au marché des intrants qui permettraient d'augmenter leur productivité. Contrairement à une idée reçue, globalement, le continent . Même les agriculteurs pauvres des pays ruraux ont vu leur disponibilité alimentaire augmenter. Les « émeutes de la faim » qui touchèrent le continent (et le reste de la planète) en 2008 étaient dues à des hausses de prix, pas à des quantités disponibles insuffisantes. Ce sont les politiques de prix et de distribution ainsi que les droits fonciers qui sont en cause dans l’insécurité alimentaire africaine. Pour ce qui concerne les prix, les politiques libérales ont mis l'agriculture africaine en concurrence avec celles des pays développés, largement subventionnées et l'ont soumise à une instabilité des prix qui fait que le continent, faute d'intégration régionale qui permettrait une répartition intra-continentale, en vient à importer des produits qui sont en concurrence avec ses propres productions. Quant au droit foncier, le droit coutumier qui concerne 90 % des terres agricoles exclut les femmes de la propriété de la terre alors qu'elles représentent la majorité, jusqu'à 70 % des exploitants agricole d'Afrique subsaharienne. Depuis le début du , on assiste à l'exploitation des ressources naturelles par de nouveaux intervenants, notamment les pays asiatiques dont la Chine et l'Inde ou les États pétroliers en manque de place ; des terres agricoles sont achetées ou louées. Certains parlent de recolonisation de l'Afrique à ce sujet. Pêche et aquaculture. L'Afrique est le deuxième continent, loin derrière l'Asie, par le nombre de bâtiments de pêche mais cette flottille est la plus faiblement motorisée de la planète, des embarcations seulement possèdent un moteur. Le continent ne place donc qu'un pays, le Maroc, à la place mondiale des représentant 82 % de la pêche mondiale. Il s'agit, de la part des Africains, d'une pêche vivrière et artisanale occupant de nombreux actifs ; en 2014, les pêcheurs et aquaculteurs d'Afrique sont et Cette activité montre cependant de faibles performances : l'offre de poisson par habitant (en kg/an) est la deuxième plus faible du monde à alors que la moyenne mondiale s'établit à 19,7. La performance n'est pas meilleure en matière de transformation : La pêche continentale quant à elle, hormis pour partie dans les grands lacs d'Afrique de l'Est (lac Victoria, lac Tanganyika et lac Malawi), est peu industrialisée. À l'instar de la pêche en mer, la pêche continentale voit le nombre de captures baisser, du fait de la pollution, de la dégradation de l'environnement et d'une tendance à la surexploitation. Quant aux produits aquacoles, leur production, exprimée en kg/personne est, en Afrique, la plus faible du monde. La zone la plus productive de ce point de vue est l'Afrique du Nord, avec un peu plus de ; les autres sous-régions de l'Afrique étant à moins d'. La pêche en mer est, elle, industrialisée. Mais l'exploitation est le fait de compagnies européennes et chinoises qui tendent à épuiser les ressources. Ainsi, Outre le problème de la surpêche industrielle, se pose celui de la pêche illégale qui représente un manque à gagner important pour les économies africaines. La pêche concourt au solde positif des échanges car, Le poisson est très important dans la sécurité alimentaire du continent. Il représente 22 % des apports protéiques animaux en Afrique subsaharienne et ce taux peut atteindre 50 % lorsque les autres sources de protéines sont rares ou chères et, dans les pays côtiers d'Afrique de l'Ouest, . Pour l'Afrique intérieure, c'est la pêche continentale qui est vitale : Plus étonnamment, le poisson est aussi un aliment clé pour les zones arides du continent. Industries de transformation. L'industrie de transformation manufacturière est, de tout temps, le parent pauvre de l'économie africaine. L'accumulation du capital ayant manqué, car le continent a vu ses ressources servir à l'accumulation européenne mais pas à la sienne, l'industrie de transformation ne s'est jamais vraiment mise en place. Pire encore, au cours des décennies allant des années 1990 à 2010, la part de l'activité manufacturière dans la valeur ajoutée produite n'a cessé de baisser, passant de 13 % en 1990 à 10 % en 2011. Quelques pays ont cependant réussi, partant d'une situation de rente minière ou agricole, à créer des filières de transformation significatives, générant plus de valeur ajoutée : la Côte d'Ivoire avec la transformation du poisson et du bois, le Sénégal et la transformation du poisson, le Botswana, riche de ses diamants, avec la transformation de la viande, le traitement de peaux animales, les aliments pour animaux…, Maurice avec l'industrie textile, la Tunisie, pour laquelle l'industrie représente 30 % de son PIB… Il convient de faire une place particulière au géant économique qu'est l'Afrique du Sud, qui représente à elle seule entre 20 et 30 % du PIB continental et est dotée d'une industrie diversifiée qui emploie près du quart de la population active et représente près de 30 % de son PIB. La désindustrialisation n'est cependant peut-être pas inéluctable car, faute d'accumulation locale, le capital pourrait provenir de l'étranger. Les investissements directs à l'étranger, qui reprennent en Afrique au début du , notamment ceux en provenance de Chine, sont plus diversifiés qu'auparavant ; ils concernent moins le secteur primaire (agriculture et industries d'extraction) et plus l'industrie manufacturière ; ainsi, depuis 2008, le principal investisseur dans le secteur manufacturier éthiopien est la Chine et, au Rwanda, les IDE chinois ont comme cible, après le secteur tertiaire, les activités de transformation. Pour l'heure, cependant, l'industrie manufacturière est globalement , selon l'expression employée par le forum économique mondial en 2015. Services. Quoiqu'on caractérise l'Afrique par l'abondance de ses ressources naturelles, les services représentent plus de 50 % du PIB des pays concernés et le secteur est en croissance constante. Le continent présente un profil de transformation structurelle atypique. Contrairement aux économies occidentales et à celles de l'Asie du Sud et du Sud-Est, la régression tendancielle de l'agriculture n’a pas profité à l'industrie puis aux services ; il y a eu « de moins en moins d'agriculture » et « de plus en plus de services » dans l'économie africaine sans qu'elle passe par une phase intermédiaire d'industrialisation. Au contraire, l'activité manufacturière a décliné alors que croissait la part des services. Les services accompagnent principalement les activités d'exportation y compris agricoles ; par exemple, Mais, parmi les exportations, ce sont celles des biens manufacturés qui sont le plus associées aux services ; pour le Lesotho et la Tunisie, exportateurs de tels biens, le poids des services dans leur économie (61,7 %), est supérieur à la moyenne. Les pays les moins concernés sont les exportateurs de pétrole, chez qui les services représentent 33,9 % du PIB (mais c'est dans ces mêmes pays que la croissance des services est la plus forte). Certains petits pays sont fortement dépendants de ce secteur, car essentiellement tournés vers des services de voyage et de tourisme ; en 2013, les services représentaient 75 % du PIB du Cap Vert et 74 % de celui de Maurice. La croissance des services, outre les exportations, est aussi causée par la consommation intérieure. L'accroissement démographique a entraîné une forte demande, notamment en matière de télécommunications, malgré l'insuffisance des infrastructures. Le secteur des télécommunications a attiré 74 % de l’investissement privé dans les infrastructures durant la période 1990-2013. En termes de ressources humaines, le secteur des services représente 32,4 % de l’emploi total en Afrique au cours de la période 2009-2012 (56,5 % pour l’agriculture et 11 % pour l’industrie) soit largement moins que sa proportion dans le PIB. L'importance de l'emploi informel en est la cause, sachant que l'essentiel des services est assuré par de petites entreprises informelles, notamment dans les sous-secteurs du commerce de gros et de détail ainsi que dans la restauration et les transports. Les pays africains sont quelques-uns à avoir identifié explicitement les services comme priorité économique : le Botswana pour la saisie et l'analyse de données informatiques ; le Cameroun mise sur les centres d'appel et le télétraitement des données à l'instar du Rwanda, lequel promeut aussi les services financiers ; la Namibie vise à devenir un hub régional de transport. Enfin, certains pays sont massivement dépendants du tourisme : Cap Vert, Comores, Ghana, Kenya, Lesotho, Seychelles… Sur le plan international, l’Afrique est un acteur mineur du marché des services ; elle représente 2,2 % des exportations mondiales de services, et 4 % des importations totales mondiales ; sa compétitivité est faible, freinée par des réglementations et des politiques inefficaces et par le déficit d’infrastructures. Tourisme. Le tourisme en Afrique ne cesse de croître. Les visiteurs internationaux du continent étaient en 2003, ils sont en 2014 ; le chiffre d'affaires correspondant est de en 2013. Les premières destinations touristiques du continent sont, dans cet ordre, le Maroc, l'Égypte, l'Afrique du Sud, la Tunisie et le Zimbabwe. Arts et littérature, loisirs. Perspectives socio-historiques. Pensée symbolique et art. L'Afrique est le « berceau de l'humanité » et, peut-être, le berceau de l'émergence de la pensée symbolique chez l'homme moderne. Le continent abrite environ sites préhistoriques, grottes et abris sous roche ; c'est le plus riche de la planète en la matière. Des représentations artistiques parmi les plus anciennes qui soient, tels que des objets de parure et des gravures abstraites, marqueurs de la pensée symbolique, y ont été trouvées. Ainsi, au début des années 2000, dans la grotte de Blombos en Afrique du Sud, on découvre des perles d'ornement, faites de coquilles de "Nassarius", datées de à ainsi que des plaquettes d'ocre gravées, datant de . Il s’agit des représentations artistiques parmi les plus anciennes au monde avec celles d'Oued Djebbana, en Algérie, qui recelait aussi des perles ornementales datées de , et celles de la grotte des pigeons à Taforalt, au Maroc, qui a livré des perles de "Nassarius gibbosulus" datant de . Cela tend à faire reculer la date de l'émergence d'artefacts artistiques d'au moins trente millénaires car . Art et architecture proto-historiques et historiques. L'Égypte antique, puissante et durable civilisation dans laquelle la religion occupe une place importante, produit de nombreuses œuvres dont beaucoup représentent des divinités ou des pharaons, sous forme de peintures, bas-reliefs, hauts-reliefs, sculptures, poteries décorées, bijoux métalliques… L'écriture y apparaît vers et sa littérature, faite de textes religieux et profanes, est l'une des plus anciennes qui soient, attestée dès par des textes complexes sur papyrus. L'architecture est aussi un témoin majeur de l'art égyptien, surtout l'art des pyramides qui lui confère une réputation universelle. La pyramide de Khéops (vers ) est l'une des Sept Merveilles du monde antique, la seule qui soit parvenue jusqu'à nous ; elle fut la plus haute construction humaine durant . L'Afrique du nord, sous l'influence de l'aire méditerranéenne puis de l'Islam à partir du , abrite l'art de l'Antiquité tardive (périodes punique, romaine, vandale, paléochrétienne et arabe) puis l'art musulman, avec la grande Mosquée de Kairouan en Tunisie, érigée en , qui en est l'un des symboles. Dans la partie islamisée de l'Afrique subsaharienne, l'art musulman cohabite avec l'art indigène. L'Afrique subsaharienne livre des artefacts caractéristiques des cultures (au sens archéologique du terme) qui la peuplent au fil du temps. Ces objets sont d'abord des objets d'histoire ; l'absence de sources écrites indigènes sur l'Afrique ancienne au sud du Sahara fait qu'ils sont presque les seuls témoins du passé ; même les bâtiments sont souvent absents, et les sources écrites, arabo-musulmanes, ne traitent pas du sujet de l'art. Ces artefacts, historiquement précieux, acquièrent aussi, au , le statut d'œuvres d'art, ce qui leur vaut une place de choix dans les musées, sur le marché international actuel et génère aussi un commerce illicite florissant. Arts du. Arts visuels et architecture. grâce aux premiers explorateurs portugais qui rapportent des pièces d'ivoire sculptées, dont certaines réalisées à leur demande. Les pièces rejoignent les cabinets de curiosité puis les musées qui leur succèdent à partir du . Mais l'art africain n'est pas reconnu en tant que tel, les Européens de la Renaissance, férus d'art gréco-romain, considèrent les productions africaines avec mépris, utilisant le terme « fétiche » , lequel connote la notion d'artificiel, de magique et de grossier. Ces connotations persistent pendant au moins cinq siècles, jusqu'au début du ; ainsi, David Livingstone, dans ses relations de voyage datées de 1859, écrit, à propos d'un « fétiche », qu'il s’agit de l' et le "Grand Larousse" du , dans sa définition du mot « fétiche », utilise l'expression « culte grossier des objets matériels ». La pénétration coloniale, à la fin du et au début du , permet de découvrir des artefacts, et les objets recueillis commencent à être étudiés sous l'angle archéologique et ethnologique. Ainsi et par exemple, l'art rupestre des grottes de Tsodilo au Botswana (site occupé depuis ) est-il connu depuis le milieu du ; l'art rupestre du Sahara () est étudié depuis la même époque. Les premières sculptures d'Ife (avant — ) sont mises au jour en 1911, à peu près en même temps que les têtes sculptées de la culture de Nok ( — ), lesquelles commencent à être étudiées dans les années 1910 et 1930. Parmi les premiers à rédiger des monographies sur le sujet, Marcel Griaule étudie les masques dogon dans les années 1930… C'est la sculpture, notamment la sculpture sur bois , qui mobilise l'attention au détriment d'autres représentations, considérées comme subsidiaires. Marcel Mauss disait : . C'est donc à la même époque, vers 1906, que les arts africains commencent à être traités en tant que tels sous l'angle artistique et esthétique : , lorsqu'ils commencent à intéresser, sous le vocable d'« art nègre » , Picasso et Guillaume Apollinaire, notamment, et qu'ils inspirent le fauvisme et le cubisme puis, au début des années 1920, le sculpteur Alberto Giacometti. Même si le jugement artistique a évolué, l'« enchantement » de Livingstone continue à être invoqué au car l'intrication du sacré et du profane, caractéristique de la culture africaine, se retrouve bien évidemment et tout particulièrement dans l'art, tel celui des masques et des sculptures qui intéresse particulièrement les Européens : ; on considère donc que L'Occident postule en conséquence qu'on ne peut étudier un objet sans examiner son contexte socio-historique. L'art africain est donc analysé par les Occidentaux sous le double angle esthétique et ethnologique : Des expéditions ethnologiques, telle la mission Dakar-Djibouti qui, en 1931-1933, ramène objets, partent étudier la culture africaine "in situ", filmant les danses et les chants qui accompagnent l'exposition des masques et consignant des témoignages de la culture orale. À l'instar du regard esthétique, le regard ethnologique sur l'art africain n'est cependant pas toujours dépourvu de préjugés ou de biais méthodologiques. L'association entre l'art et le sacré renvoie l'art africain au « primitif » : , surtout lorsque les connotations (relation avec la mort, sacrifice…) véhiculées par les objets sont prises au pied de la lettre : Réappropriation. Le discours sur l'art africain est monopolisé par l'Occident depuis sa découverte par les Blancs ; le discours africain sur l'art africain apparaît avec des mouvements tels que celui, littéraire, de la « négritude » qui émerge durant l'entre-deux-guerres et les mouvements politiques de l'afrocentrisme et de la Renaissance africaine , ainsi que via la reconnaissance croissante de la spiritualité traditionnelle au travers de la décriminalisation du vaudou et des autres formes de spiritualité, qui visent à faire (re)découvrir et (re)valoriser les cultures africaines traditionnelles. D'un point de vue plus directement artistique, des rencontres mettant en avant la culture et les artistes du continent sont organisées dès 1956 avec le congrès des intellectuels noirs. En 1966, à Dakar, le premier festival mondial des arts nègres est un symbole de la volonté d'appropriation de l'art par les Africains eux-mêmes ; la problématique de la restitution aux pays d'origine des œuvres présentes dans les musées et chez les collectionneurs occidentaux y est déjà présente. C'est aussi l'occasion de montrer la diversité de l'art (peinture, sculpture, littérature…) au-delà des masques et des fétiches. Il est suivi du premier festival panafricain d'Alger en 1969, considéré par certains comme le symbole de la . Marché de l’art et spoliation de l'Afrique. Outre les pièces proprement historiques, les masques, statuettes, sculptures et autres ont acquis le statut d'œuvres d'art. Il ne s’agit pas d'objets très anciens, , le bois, le raphia et les tissus qui les composent ne se conservant pas. Citons, comme pièces représentatives valant des sommes importantes sur le marché, les statues de Nok au Nigeria ( - ), les têtes en terre cuite d'Ifé au Nigeria (), les bronzes du royaume du Bénin, actuel Nigeria (), la statue en métal du dieu Gou, venue du Bénin (), les reliquaires des Kota du Gabon, les masques Gouro, les masques-cimiers ciwara des Bambaras du Mali, les statues Sénoufos du Burkina Faso et de Côte d'Ivoire, ainsi que celles des Luba, les masques Fang du Gabon… La présence de ces œuvres africaines dans les collections et musées occidentaux pose, par ailleurs, le sujet de la spoliation des pays africains. Les puissances coloniales ont prélevé de nombreuses pièces archéologiques et artistiques à l'époque de la colonisation et le florissant marché contemporain de l'art africain contribue à entretenir des pratiques contestables qui amènent la communauté internationale à légiférer. Acte marquant, durant l'été 2016, le Bénin dépose auprès de la France une demande officielle, une première pour une ancienne colonie d'Afrique francophone, celle de lui restituer les œuvres emportées à l'époque de la colonisation ; la demande porte sur environ . Musique et danse. Outre les masques, les danses et les chants qui, souvent, les accompagnent, ont conféré à l'Afrique subsaharienne une identité propre. Avec mille ethnies et un milliard d'habitants, l'Afrique est culturellement multiple, mais les musiques et les danses africaines partagent quelques traits distinctifs. Dans la culture traditionnelle, musique, danse et exposition des masques forment fréquemment un triptyque. La musique est essentiellement rythmique et centrée sur la transmission orale, d'où la grande importance du texte. Les instruments sont très divers mais la rythmique fait la part belle aux percussions et, notamment, aux tambours. Malgré une rencontre « traumatique » entre les cultures, l'Afrique a aussi influencé certaines musiques occidentales, tels le jazz, directement inspiré par les rythmes de l'Afrique de l'Ouest et créé par les esclaves noirs déportés en Amérique, l'afrobeat (années 1970), créée par Fela Kuti, le highlife (années 1920)… Ses propres musiques de l'époque contemporaine, rumba congolaise, soukous, coupé-décalé par exemple, s’exportent dans le monde entier à partir des années 1960, et encore plus avec les métissages croisés de la world music qui naît en 1986 avec l'album "" de Paul Simon. L'Afrique du nord, quant à elle, propose essentiellement la musique berbère, prolongement de la culture des premiers habitants libyques, suivie de la musique arabo-andalouse. Littérature. . Dans la culture typique de l'Afrique, la parole est considérée comme possédant une puissance qui permet d'agir sur le maintien ou la rupture de l'harmonie du monde. Il y a donc un Dans des sociétés aux langues non-écrites, l'oralité est donc un élément culturel, notamment pédagogique, fondamental. Le récit oral africain prend les deux formes principales de l'épopée et du conte. L'épopée raconte la vie de héros fondateurs, plus ou moins historiques, comme dans l'épopée de Soundiata et celle de Silâmaka et Poullôri, ou bien relate le mythe fondateur d'un peuple, comme dans le Mvett, légende des origines du peuple Fang. Le conte, quant à lui, véhicule une morale et un système de valeurs. Les deux mettent l'accent sur le poids des actes mais aussi des paroles qui peuvent changer le monde pour le bien ou le mal. L'épopée (chant épique) et le conte sont le plus souvent chantés. Certains récits sont consignés par écrit assez tôt, dès 1828, et d'abord examinés sous l'angle de l'ethnologie (le texte considéré comme « reflet de la culture ») et de la linguistique (phonologie, commentaires linguistiques). Il faut attendre longtemps, jusqu'aux alentours des années 1970, pour qu'apparaisse l'étude critique, au sens « critique littéraire », des œuvres (stylistique…). C'est ainsi que paraît, en 1970, "Oral litterature in Africa" de Ruth Finnegan, ouvrage important en la matière. Cette évolution dans le regard porté sur la littérature orale se produit au moment où la littérature négro-africaine, écrite dans la langue du colonisateur, commence à obtenir de la visibilité, avec, par exemple pour l'aire culturelle francophone, Léopold Sédar Senghor, Mongo Beti, Ferdinand Oyono, Ousmane Sembène, Guillaume Oyônô Mbia… Certains auteurs, tel Léopold Sédar Senghor, se déclarent, du reste, explicitement héritiers de la culture orale africaine et, en particulier, de sa poésie. La littérature, qui commence à émerger avant les indépendances, présente d'abord un aspect protestataire à l'encontre des colonisateurs ; après l'émancipation politique, à partir des années 1960, elle traite des difficultés internes aux nouveaux États, notamment la critique des dictateurs. Mais le , quant à lui, voit les auteurs déclarer vouloir s'affranchir de leurs identités africaines et revendiquer une identité artistique purement littéraire. En 2016, l'Afrique compte trois lauréats du prix Nobel de littérature : Wole Soyinka, 1986, nigérian, d'expression anglaise ; Naguib Mahfouz, 1988, égyptien, d'expression arabe ; Nadine Gordimer, 1991, Sud-Africaine, d'expression anglaise. J.M. Coetzee, d'expression anglaise, originaire d'Afrique du Sud, naturalisé australien en 2006, reçoit le prix Nobel en 2003. Spectacle vivant. La représentation publique est commune en Afrique depuis longtemps ; les mascarades au sens premier, c'est-à-dire des spectacles où l'on montre des masques, avec accompagnement de danses et de chants, sont consubstantielles à la culture africaine. Même dans le cas d'initiations secrètes, certaines parties des rites sont publiques comme dans la mascarade Makishi en Zambie, inscrite au patrimoine culturel immatériel de l'humanité, tout comme est publique l'invocation des esprits (danse de la pluie…), occasion typique des mascarades. Les danses et chants traditionnels ont même été promus par les colonisateurs car leur potentiel touristique a été perçu dès la fin de la seconde guerre mondiale. La littérature orale, quant à elle, par définition, est destinée à un public écoutant le texte en direct. Les acteurs, danseurs, chanteurs, conteurs ne sont pas nécessairement des professionnels du spectacle et les troupes de danseurs professionnels rémunérés se créent pendant la colonisation dans les années 1930. Le théâtre est absent de la culture traditionnelle. Propre à la culture urbaine, il est importé par les Occidentaux et s'implante progressivement à l'époque moderne. Arts corporels. L'art des costumes, des bijoux et parures diverses, des coiffures, des peintures corporelles et des scarifications est aussi varié que peut l'être la culture africaine aux mille ethnies. L'art corporel servait à matérialiser l'appartenance à une ethnie, une religion, était typique d'un sexe, d'une classe d'âge, d'une situation matrimoniale, de la situation sociale… Le régime colonial était fortement opposé à ces pratiques et d'incessantes campagnes furent menées pour mener à de « saines habitudes de décence » en matière d'habillement et éliminer tout art corporel. Les études sur le sujet sont donc rares et tardives. Les gouvernements d'après l'indépendance n'ont pas eu plus de tolérance de ce point de vue, certains régimes créant même de toutes pièces des « costumes nationaux » dont le port était censé refléter l'adhésion à l'identité nationale du nouvel État. Contexte artistique contemporain. Aucun domaine de l'art n'échappe à l'Afrique au , sculpture, peinture, bande dessinée, littérature, cinéma, mode, cuisine, danse, musique… L'art et les artistes africains sont présents partout, thématiquement et géographiquement, dans un marché de l'art devenu planétaire. Les influences croisées sont innombrables et très anciennes : les premières cuillères sculptées en Afrique datent du , elles étaient inconnues avant l’arrivée des Portugais qui les commandèrent aux artisans locaux et, en sens inverse, l'Afrique inspira l'Occident en matière de peinture, de mode, de musique… Les artistes contemporains sont, pour beaucoup, porteurs d'une culture « hybride », certains tournant même les stéréotypes culturels en pastiches afin de s’en démarquer. L'art africain n'est plus et ne veut plus être celui de la tradition, de la contestation coloniale, de la critique sociale ou de la négritude, mais un art « inséré dans l’art contemporain universel », qui veut être jugé uniquement sur ses qualités à l'instar de tous les autres. Depuis les années 1990, il est constaté « une mondialisation de la scène artistique qui se traduit par une extension multiculturelle de l’offre ». Les espaces de diffusion connaissent donc une plus grande expansion geographique et des manifestations culturelles de rang international, telles que la Biennale de Dakar, les Écrans noirs, le MASA et bien d’autres, se multiplient chaque année et attirent des milliers de visiteurs ainsi que des experts et acteurs culturels originaires du continent africain et d’ailleurs. Cinéma. Les premières séances de cinéma en Afrique datent de 1905 en Égypte et des années 1920 en Afrique subsaharienne ; les séances ont lieu dans des théâtres urbains et sous forme de projections itinérantes dans les zones rurales. Concernant la création, . Malgré ces débuts pionniers, les réticences des gouvernements coloniaux et le manque de moyens font cependant que la majeure partie du continent ne voit réellement émerger des réalisations locales qu'à partir des années 1970 et il est, jusqu'à nos jours, financé par des fonds occidentaux ; son développement reste cependant modeste. Dès les années 1990, la production cinématographique s'effondre, tandis que les salles de cinéma ferment au point que certains pays n'ont actuellement plus aucune salle de cinéma sur leur territoire. Le Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO), un des plus grands festivals africain, dont la édition s'est tenue en 2015, tente de préserver et promouvoir le cinéma africain. Il existe cependant l'exception nigériane de Nollywood. Le Nigeria produit près de deux mille films par an, et est ainsi le deuxième producteur mondial en quantité, derrière l'Inde et Bollywood et devant les États-Unis. Il s'agit de sorties directes en VCD de productions à petits budgets, pour plus de la moitié en langues locales, dont la qualité artistique est jugée « contestable » et la qualité technique trop basse pour une exploitation ne fût-ce qu'à la télévision. La production africaine est cependant capable de briller sur la scène internationale, comme dans les autres domaines artistiques, lorsque , comme en témoigne sa présence dans les festivals internationaux tel celui de Sundance. Sports. Les cinquante-quatre pays souverains du continent ont une équipe de football faisant partie de la Confédération africaine de football. L'Égypte a remporté sept fois la coupe d'Afrique des nations, suivie par le Cameroun (cinq fois) ensuite le Ghana (quatre fois). L'Afrique du Sud accueille la coupe du monde de football de 2010, devenant le premier pays africain à le faire. Les clubs et les championnats locaux sont cependant confrontés au manque d'infrastructures et de financement. Le rugby à XV est populaire en Afrique du Sud, Namibie, Zimbabwe et au Kenya. Neuf équipes africaines figurent parmi les cinquante premières du classement World Rugby. La compétition continentale est la coupe d'Afrique de rugby à XV, créée en 2000 ; en 2016, les équipes les plus titrées sont la Namibie (6 titres), l'Afrique du Sud (3 titres, mais n'a participé qu'à cinq reprises en raison de sa trop grande supériorité), le Maroc et le Kenya (2 titres), l'Ouganda et le Zimbabwe (1 titre). Il existe aussi une compétition, l'Africa Cup 2, pour les équipes de seconde division. Le cricket est populaire en quelques endroits. L'Afrique du Sud et le Zimbabwe jouent au plus haut niveau (respectivement et places mondiales), le "Test cricket", tandis que le Kenya était l'équipe africaine leader au niveau inférieur, le One-day International. Les trois pays ont conjointement accueilli la coupe du monde de cricket de 2003. La Namibie est l'autre nation africaine à avoir participé à la coupe du monde en 2003. Le Maroc a accueilli un tournoi de cricket en 2002, mais son équipe nationale n'a jamais été qualifiée pour un tournoi majeur. Les Jeux africains, reconnus par le Comité international olympique, sont organisés tous les quatre ans par l'Association des comités nationaux olympiques d'Afrique ; ils ne mobilisent cependant pas nécessairement les meilleurs athlètes africains. La place du continent sur la scène sportive internationale est mineure si l'on considère sa place aux Jeux olympiques. Le sport, moderne et codifié, se développe sur le continent à l'initiative des États plutôt que de celui de la société civile (à l'inverse de l'Occident). Sous la coupe des politiques, il sert de levier et est, par exemple, un moyen du panafricanisme. Le sport est aussi un élément de politique internationale en Afrique, par exemple via la construction de stades par les Chinois. Un exemple, parmi les plus connus, de la rencontre du sport et de la politique est le rugby, qui fut un outil de l'unité de l'Afrique du Sud post-apartheid en même temps qu'un symbole du rayonnement international du pays, avec l'organisation de la Coupe du monde 1995. Le sport est par ailleurs considéré comme un moyen du développement social de la population et, à ce titre, bénéficie de l'aide internationale.
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Andalousie L’Andalousie (), est une communauté autonome composée de huit provinces, située dans le Sud de l'Espagne. Elle constitue l'une des dix-sept communautés autonomes du pays : la communauté autonome d'Andalousie (). La Junte d'Andalousie est l'institution qui exerce le gouvernement de la communauté autonome. Le préambule du statut d'autonomie du pays reconnaît l'Andalousie comme une « réalité nationale ». Elle est située dans le Sud de la péninsule Ibérique. Elle est bordée au nord par l'Estrémadure et Castille-La Manche, à l'est par Murcie, au sud par la mer Méditerranée, l'océan Atlantique et à l'ouest par le Portugal. La province fut le dernier bastion de la période de domination musulmane de la péninsule ibérique, Al-Andalus (dont l'Andalousie actuelle qui en tire son nom, n'en a longtemps été qu'une petite partie), et la Prise de Grenade en 1492 marqua la fin de la "Reconquista". L'Alhambra y reste le plus important témoignage architectural de cette période. Géographie. L'Andalousie est la deuxième plus grande communauté autonome d'Espagne et la plus peuplée avec une population totale de pour une superficie de , avec une densité de . L'Andalousie se divise en huit provinces (capitales provinciales) : Le Guadalquivir, de l'arabe "Al Ouad Al Kabir" ou "le grand fleuve", long de , est l'un des grands fleuves d'Espagne. Ses principaux affluents sont le Jándula, le Yeguas, le Guadalmellato, le Guadiato, le Genil et le Bembézar. Le Guadalquivir coule entre deux chaînes de montagnes, la sierra Morena et le système Bétique. Son bassin communique au nord avec la Meseta par le défilé de Despeñaperros qui franchit la sierra Morena. La sierra Nevada se trouve dans le système Bétique. On distingue l'Andalousie méditerranéenne, des provinces d'Almería, de Malaga et de parties des provinces de Grenade et de Cadix, de la vallée du Guadalquivir (provinces de Jaen, Cordoue, Huelva, Séville et parties de Malaga, Cadix et Grenade). Les deux entités sont séparées par le système Bétique qui forme une barrière naturelle. Les points de passage principaux sont le col du Soupir du Maure et la ville d'Antequera. Histoire. Antiquité : des Phéniciens aux Wisigoths. Pendant l'Antiquité, l'Andalousie est peuplée par les Ibères, les Phéniciens (venus de l'actuel Liban), les Carthaginois (de l'actuelle Tunisie), des Grecs et Phocéens et les Tartessiens. L'Andalousie reçoit des colonies grecques et des comptoirs phéniciens. Elle est ensuite sous l'obédience des Carthaginois, des Ibères, puis des Romains. Dans ce territoire se sont également établis les Vandales et Wisigoths. À partir de la conquête du royaume wisigoth de Toulouse par les Francs de Clovis en 507, les Wisigoths établissent leur royaume dans la péninsule ibérique autour de leur capitale Tolède. Les débuts de la conquête musulmane et le comte Julien (710). Au-delà des légendes qui entourent les circonstances assez obscures dans lesquelles se déroulent les premiers épisodes de la conquête musulmane de la péninsule Ibérique, plusieurs documents indiquent assez clairement (« au-delà de tout doute raisonnable », selon l'historien espagnol Pedro Chalmeta) que le débarquement des forces arabo-berbères placées sous le commandement de Tariq ibn Ziyad a bénéficié de l'aide d'un chef byzantin, connu dans les sources arabes sous le nom « Youlyân », et dans l'historiographie chrétienne sous celui de « comte Julien ». L'existence de ce personnage de religion chrétienne mais d'origine incertaine — chef wisigoth, byzantin ou berbère ? — reste cependant mystérieuse : il semble qu'au moment de la conquête du Maghreb par le wali omeyyade de Kairouan, Musa ibn Nusair, qui étend ainsi l'autorité du califat de Damas jusqu'au détroit de Gibraltar, Julien était gouverneur de quelques villes de l'Extrême-Sud de l'Andalousie pour le compte des rois wisigoths, et, en Afrique du Nord, de Tanger et de (Ceuta). Fidèle vassal des rois Égica (687-700) et Wittiza (702-710), il prend, après la mort de ce dernier, le parti du prince Agila, écarté du trône de Tolède au profit du prétendant Rodéric. S'étant soumis aux musulmans, qui lui enlèvent Tanger, mais laissent momentanément Ceuta sous son gouvernement, Julien a alors pris part aux tractations engagées par Agila avec les Arabes, les incitant à franchir le détroit de Gibraltar pour aller soutenir dans la péninsule les prétentions de ce prince. Julien a notamment apporté une aide appréciable aux Arabes en leur fournissant des navires permettant, en juillet-août 710, le succès du raid de pillage dirigé par Tarif ibn Malik, puis celui, infiniment plus décisif, du débarquement des forces arabo-berbères placées sous le commandement de Tariq ibn Ziyad, en , aboutissant à la bataille de Guadelete en . Des sources chrétiennes et arabes expliquent par ailleurs l'attitude de Julien par le fait que sa fille, Florinde, présente à la cour du roi Rodéric à Tolède, aurait été violée par ce dernier. La jeune fille aurait averti son père de cette humiliation en lui faisant parvenir un œuf pourri; ainsi prévenu, Julien livre la péninsule aux Arabes pour venger l'affront fait à sa fille. Cet épisode est généralement considéré comme légendaire. Durant le haut Moyen Âge, le détroit de Gibraltar est le point de passage des armées omeyyades en Europe occidentale, à compter de 711. L'Andalousie au Moyen Âge (710-1492). L'époque du califat de Cordoue. L'Andalousie devient une partie du territoire sous autorité politique musulmane, qu'on appelle généralement Al-Andalus. Ce territoire se constitue sous la forme d'un émirat dans le cadre du Califat omeyyade de Damas, puis, lorsque le califat passe aux mains des Abbassides, Cordoue devient la capitale d'un califat indépendant. Sa population est diverse, se composant de juifs (séfarades), de chrétiens de rite mozarabes et de musulmans (en majorité des convertis, ainsi que des Berbères et des Arabes), tous unis par la langue arabe et la culture islamique et arabo-musulmane. Au , Cordoue est la plus grande ville d'Europe et brille pour l'essor scientifique. La période des royaumes de taifas et des Almohades (1031-1248). Mais le califat disparaît en 1031, ce qui ouvre la voie à des royaumes indépendants (dits taïfas), autour des grandes villes, Séville, Grenade ou Almérie, trop faibles chacun pour résister à l'expansionnisme des royaumes de Castille, de León et d'Aragon, ainsi qu'aux dynasties Almoravide et Almohade qui vont intégrer l'Andalousie dans leur empire. Les villes n'en continuent pas moins leur développement économique, notamment Séville. L'Andalousie entre le royaume de Castille et le royaume de Grenade (1248-1492). L'effondrement des Almohades au favorise la conquête par Ferdinand III de Castille de Cordoue (1236) puis de Séville (1248). Le reste de l'Andalousie devient le royaume de Grenade, où se développe une culture assez brillante, avec les palais de Grenade notamment. Les années 1480 sont marquées par la reprise de la guerre de reconquête menée par le royaume de Castille et le royaume d'Aragon, unis par le mariage des Rois catholiques, Isabelle et Ferdinand : le 3 janvier 1492, les chrétiens s'emparent de Grenade, ultime étape de la "Reconquista" commencée dès le dans le nord de la péninsule. Les Temps modernes (1492-1807). Les conséquences de la chute de Grenade. Les juifs de Castille et d'Aragon sont aussitôt forcés à la conversion ou à l'exil par le décret de l'Alhambra. Les musulmans sont dans un premier temps , avant de subir le même sort en 1502. La plupart se convertissent, mais leur fidélité à leur mode de vie et à la langue arabe les rendent suspects et on les désigne sous le nom de morisques, ils subirent l'inquisition . Ils sont finalement expulsés en 1609 par un édit de Philippe III. L'Andalousie et la conquête du nouveau monde. Le 17 avril 1492, les Rois catholiques signent les capitulations de Santa Fe (lieudit proche de Grenade) missionnant Christophe Colomb pour atteindre les Indes (l'Asie) en traversant la mer Océane. C'est du port andalou de Palos de la Frontera que part la première escadre (3 navires et 90 hommes) de Colomb le 3 août 1492. En octobre, croyant être arrivé aux Indes, il atteint quelques îles des Caraïbes, notamment Hispaniola, première étape de la découverte et de la colonisation du nouveau monde. Le deuxième voyage de Christophe Colomb, qui commence en septembre 1493, part de Cadix avec 17 navire et 1500 hommes : c'est le début de la colonisation d'Hispaniola ; par la suite, des liaisons entre la Castille et Hispaniola ont lieu de façon régulière. Dans les décennies qui suivent, l'Andalousie fournit nombre de conquistadors : on peut citer Vicente Pinzon, originaire de Palos, qui a participé au voyage de 1492 et qui devient gouverneur de Porto Rico en 1505. En 1503, l'administration des colonies espagnoles dans le nouveau monde est établie à Séville avec la Casa de Contratación. Après la conquête de l'empire aztèque (Mexique) puis de l'empire inca (Pérou), l'Amérique devient une source de richesses pour l'Espagne, notamment grâce aux mines d'argent. L'Espagne connaît un afflux considérable d'argent-métal et Séville devient un grand pôle du commerce européen du . Autres événements. En 1704, la couronne espagnole perd Gibraltar qui devient une possession britannique. L'époque contemporaine. Les révoltes paysannes et l'anarchisme andalou. À partir des années 1850, de grandes révoltes paysannes secouent l’Andalousie. Elles se placent bientôt sous l’étendard de l’anarchisme, à la faveur de la diffusion des thèses de Mikhaïl Bakounine dans la région. Les débuts de la guerre civile (1936). La proximité avec les colonies espagnoles du Maroc redevient un fait géographique et historique majeur lorsqu'éclate la guerre civile espagnole : l'armée de Francisco Franco débarque en Andalousie. Dès le début de l'insurrection elle s'empare de Séville, et le fusille Blas Infante, principal instigateur du mouvement nationaliste andalou, ainsi que Federico Garcia Lorca le 19 août à Grenade (« le crime a eu lieu à Grenade »). Soutenue par les bombardements italiens, les nationalistes s'emparent de Malaga le . L'Andalousie dans l'Espagne post-franquiste. L'Exposition universelle de 1992 a lieu à Séville. En février 2007 les Andalous adoptent par référendum un nouveau statut d'autonomie, qui remplace celui de 1981. Dans le préambule la communauté autonome est définie comme une « réalité nationale ». Le statut est comparable à celui de la Catalogne sur de nombreux points, qui renforce les prérogatives régionales et modifie le mode de financement de l'administration régionale, notamment en lui accordant la moitié du produit de l'impôt sur le revenu (IRPF). Politique. Les pouvoirs d'autogouvernement de la communauté autonome d'Andalousie sont exercés par diverses institutions regroupées au sein de la Junta de Andalucía. La capitale de l'Andalousie est la ville de Séville : la présidence du gouvernement est installée au palais de San Telmo, et le Parlement autonome occupe l'hôpital de las Cinco Llagas. Le siège du tribunal supérieur de justice d'Andalousie est à Grenade. La Constitution espagnole de 1978 reconnaissait que les communautés autonomes pouvaient disposer d'une certaine autonomie dans le cadre indissoluble de la nation espagnole. Le premier statut d'autonomie de l'Andalousie entra en vigueur en 1981. Depuis lors des élections sont organisées régulièrement pour renouveler le parlement andalou. Un nouveau statut d'autonomie a été approuvé par le peuple andalou le . Le gouvernement est confié à la "Junta de Andalucía", institution regroupant les différents pouvoirs propres de la communauté. Le parlement est composé de . Un président est à la tête de la junte d'Andalousie, et dirige son gouvernement. Le socialiste Manuel Chaves González a été élu pour la première fois président en 1990. Il a par la suite été réélu à ce poste en 1994, 1996, 2000, 2004 et 2008 avant de céder sa place à José Antonio Griñán Martínez en à la suite de son entrée au gouvernement. Le , Susana Díaz devient la première femme à occuper la présidence du gouvernement andalou. En , Juan Manuel Moreno est le premier président investi à n'être pas membre du PSOE. Économie. Même si elle a connu un spectaculaire développement économique dans les années 1990 et 2000, l'Andalousie reste la seconde région la moins riche d'Espagne. Elle a comme atout d'en être la région la plus peuplée et d'être très touristique avec plus de de visiteurs chaque année. Elle est devenue la troisième région d'Espagne pour les nouvelles technologies de l'information. Mais malgré cela, les emplois restent peu qualifiés, la région reste très dépendante du tourisme et de la construction. Éloignée des grands marchés européens, elle souffre aussi d'un manque de tissu industriel et d'investissements étrangers. Avec la crise économique de 2008, l'Andalousie a atteint jusqu'à 37 % de chômage en . L'Andalousie est la première région productrice d'olives en Europe (notamment dans la province de Jaén). Les autres productions principales sont les fruits et légumes (du Campo de Dalías ou encore les fraises de Huelva), les céréales et les oléagineux (tournesol) dans la plaine du Guadalquivir, l'élevage bovin et porcin (jambon ibérique et jambon de la marque Jamón Serrano), l'industrie du cuir (notamment à Campillos), le vin (le vignoble d'Andalousie comprend notamment les appellations de malaga, de xérès ou de montilla-moriles). La canne à sucre est également cultivée de manière marginale près de Motril et Malaga. L’Andalousie a été surnommée le « jardin de l’Europe », en référence aux dizaines de milliers d’hectares qu’elle consacre aux cultures de fruits et de légumes et qui permettent à son agriculture de représenter à elle seule 25 % de la production espagnole. Près d'Almeria, sont couverts de bâches plastiques, visibles depuis les satellites. La majorité des légumes sont cultivés hors-sol, dans des sacs d’argile expansée arrosés par des solutions agrochimiques minérales. L’eau provient principalement de la nappe phréatique qui s'épuise et devient saumâtre. Les sols de la région se saturent rapidement en sels, même dans le cas des cultures hors-sol à cause des rejets de ces eaux de culture. En analysant les différents sous-secteurs, l'industrie alimentaire représente, dans l'industrie andalouse, plus de 16 % de la production totale. Par comparaison avec l'économie espagnole, ce sous-secteur est pratiquement le seul qui ait un certain poids dans l'économie nationale avec 16,16 %. Loin derrière, la fabrication de produits destinés à l'exportation représente un peu plus de 10 % de l'économie espagnole. Des entreprises comme Cruzcampo (Groupe Heineken), Puleva, Domecq, Renault-Andalousie ou de Santana Motor sont des exemples de ces deux sous-secteurs. On notera le secteur aéronautique andalou, en seconde position au niveau national, derrière Madrid et qui représente environ 21 % du total quant au chiffre d'affaires et à l'emploi, et qui met en lumière des sociétés comme Airbus, Airbus Military, ou Alestis, nouveau venu sur ce marché. Au contraire, le peu de poids, au niveau national, de l'économie régionale dans des secteurs aussi importants que le textile ou l'électronique est symptomatique. La région est l'une des plus pauvres d'Espagne. En 2018, l'Institut national des statistiques (INE) indique que 21 % de ses habitants vivent dans la pauvreté ou la précarité. Culture. Architecture. Dans le domaine de l'architecture, l'Andalousie se distingue par la présence de vestiges de l'époque d'Al-Ándalus. Nombreux sont les châteaux et forteresses (château de Baños de la Encina, forteresse d'Alcalá de Guadaíra, alcazabas de Malaga et d'Almería…), les palais (Alhambra de Granada, Alcázar de Jerez de la Frontera, site archéologique de Madinat al-Zahra), les mosquées (Grande Mosquée de Cordoue, mosquée d'Almonaster la Real, Giralda de Séville) et les bains publics (Jaén, Grenade, Cordoue) à être parvenus jusqu'à nos jours, du fait de la présence prolongée des musulmans dans la région, qui ne fut conquise qu'entre 711 et 1492. Après la conquête, les Castillans reprirent les canons de l'art hispano-mauresque dans l'architecture mudéjare, dont la plus brillante réalisation est l'Alcázar de Séville. Ils introduisirent par ailleurs l'architecture gothique, mise en œuvre dans des ensembles castraux (Alcazar de Cordoue) ou dans des constructions religieuses. À partir du , l'architecture de la Renaissance va connaître un certain succès en Andalousie. Le palais de Charles Quint à Grenade, les cathédrales de Cordoue, Jaén et Grenade, la Casa de Pilatos et l'hôpital des Cinq-Plaies de Séville en sont les meilleurs exemples. Par la suite, l'architecture baroque va se diffuser sur tout le territoire andalou qu'elle va profondément marquer de son empreinte, notamment à Séville. Les témoignages de cette époque sont nombreux et se retrouvent dans toutes les villes de la région. Les églises (San Luis de los Franceses, Salvador…) et palais (palais de San Telmo, palais archiépiscopal…) de Séville et la chartreuse de Grenade figurent parmi les chefs-d'œuvre de cette période. Les époques successives verront, entre autres, l'apparition de l'architecture néo-classique, bien représentée à la fabrique royale de tabac de Séville, et l'architecture régionaliste, chère à Aníbal González. L'Exposition ibéro-américaine de 1929 à Séville donne lieu à la construction d'un large éventail de constructions de ce type : Plaza de España, Plaza de América ou encore hôtel Alfonso XIII. Littérature. Des auteurs andalous ont fait connaitre l'Andalousie et le castillan qu'on y parle à travers leurs écrits : Luis de Góngora, Tirso de Molina, Juan Ramón Jiménez, Federico García Lorca, Antonio Machado, Rafael Alberti, Miguel Hernández ou encore Antonio Muñoz Molina. Aussi, l'Andalousie est le théâtre principal ou secondaire de nombreuses œuvres littéraires ("Fuente Objeuna" de Lope de Vega, "Don Quichotte" de Cervantes, "El Buscón" de Quevedo, l'œuvre de García Lorca ou de Muñoz Molina), et a vu naître des personnages romanesques, tels que Don Juan et Carmen, largement diffusés dans la littérature européenne. La région occupe une place singulière dans les récits européens de voyage du : Chateaubriand, Théophile Gautier, Prosper Mérimée, Alexandre Dumas ou encore Washington Irving ont ainsi consacré une partie de leur œuvre à cette contrée du Sud espagnol. Beaux-arts. Artistes d'origine andalouse. L'Andalousie a donné de grands noms à la peinture, spécialement à l'époque baroque. Diego de Velázquez est né à Séville où il a fait ses premières armes. Par la suite, Bartolomé Esteban Murillo, Francisco de Zurbarán, Alonso Cano, Francisco Pacheco et Juan de Valdés Leal vont faire la gloire de l'école sévillane. Parmi les sculpteurs, Juan Martínez Montañés, Juan de Mesa, Pedro de Mena et Pedro Roldán. Représentations de l'Andalousie et de ses habitants. Julio Romero de Torres, peintre réaliste né à Cordoue en 1874, représente dans la plupart de ses tableaux des femmes andalouses. Pablo Picasso redonne au une certaine notoriété à la peinture andalouse. Musées d'arts. Les musées d'art les plus importants d'Andalousie sont le musée des beaux-arts de Séville, le musée Picasso de Malaga et le Centre andalou d'art contemporain à Séville. Certains musées provinciaux, ainsi que les églises et les monastères, conservent également de belles collections. La Huerta de San Vicente, maison-musée consacrée à Federico García Lorca, dirigée sa nièce par Laura García Lorca, se situe à Grenade. Cinéma. Festivals de cinéma et cinémathèque. Le festival du film espagnol de Malaga récompense les meilleurs films d'origine espagnole de l'année. Cines del Sur est un festival international de cinéma ayant lieu à Grenade. Il présente des productions de pays asiatiques, africains et latino-américains. L'Andalousie possède également une cinémathèque depuis 1987. Située à Cordoue, elle a pour mission de préserver, archiver, diffuser et mettre en valeur le patrimoine cinématographique d'Andalousie. Films et séries tournés en Andalousie. Le désert de Tabernas, rappelant les déserts nord américains, a servi de lieu de tournage à des westerns dans les années 60 et plus récemment à la série Game Of Thrones. Le château de l'Alcazar de Séville a accueilli le tournage du film Lawrence d'Arabie. Films et séries se déroulant en Andalousie. Certaines villes d'Andalousie sont le théâtre d'œuvres cinématographiques, comme par exemple : Assassin's Creed, Violettes impériales ou encore Quién te cantará. Culture populaire. Danse et musique. L'Andalousie est la patrie du flamenco, d'où il est originaire. Cet art appartient au patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO depuis 2011. De nombreuses académies de danse et de chant flamenco existent en Andalousie, notamment à Séville, Grenade et Jerez. Elevage de chevaux et corrida. C'est également la région d'origine du cheval de pure race espagnole, et un des hauts-lieux de la tauromachie. Les arènes de la Real Maestranza de Séville et les Arènes des Califes de Cordoue sont deux places de première catégorie. Qui plus est, une bonne part des élevages de "toros bravos" est implantée dans les provinces de Cadix, Huelva et Séville. Fêtes annuelles. L'Andalousie est le théâtre d'un très grand nombre de fêtes tout au long de l'année. Les fêtes religieuses les plus importantes sont la Semaine sainte (particulièrement fastueuse à Séville et à Malaga) et le pèlerinage d'El Rocío, à la Pentecôte, qui rassemble plusieurs centaines de milliers d'andalous. Les ferias sont les fêtes profanes les plus courues ; chaque ville et village en organise une, souvent à l'occasion des festivités liées au saint patron de la localité. Les plus célèbres sont la Feria de Abril de Séville, la Feria de Nuestra Señora de la Salud de Cordoue et la Feria del Caballo de Jerez de la Frontera. Le carnaval de Cadix attire également des touristes du monde entier. Éducation. L’Andalousie est un territoire monolingue. Il y a des accords entre la France et l’Andalousie et entre l’Allemagne et l’Andalousie pour la mise en place de programmes bilingues entre ces pays. L’Andalousie a créé bilingues à travers son territoire, dont espagnols français, ainsi que 8 espagnol allemand.
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Acide désoxyribo-nucléique
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American Standard Code for Information Interchange L' (Code américain normalisé pour l'échange d'information), plus connu sous l'acronyme ASCII (, ), est une norme informatique de codage de caractères apparue dans les années 1960. C'est la norme de codage de caractères la plus influente à ce jour. ASCII définit 128 codes à 7 bits, comprenant 95 caractères imprimables : les chiffres arabes de 0 à 9, les 26 lettres de l'alphabet latin en minuscules et en capitales, des symboles mathématiques et de ponctuation. ASCII suffit pour représenter les textes en anglais, mais il est trop limité pour les autres langues, dont le français et ses lettres accentuées. Les limitations du jeu de caractères ASCII sont encore sensibles au , par exemple dans le choix restreint de caractères généralement offerts pour composer une adresse électronique. L'ASCII est une des variantes de la norme ISO/CEI 646. Il est inclus dans plusieurs dizaines de normes couvrant plus de caractères, qui sont parfois informellement appelées ASCII étendu. Celles-ci peuvent être régionales (ISO/CEI 8859), nationales (GB 18030) ou internationales (Unicode). Avec l'avènement de la mondialisation et de l'internationalisation des systèmes d'information, les limitations de l'ASCII ne sont plus acceptées que dans des domaines techniques qui requièrent la compatibilité avec des protocoles de communication ou systèmes anciens. Histoire. Avant la standardisation, de nombreux codages de caractères incompatibles entre eux existaient. Chaque matériel avait son propre codage, lié aux techniques qu'il utilisait. Tout ordinateur, comme l'IBM 1130, était livré avec ses sous-programmes et ses tables permettant de transposer les codes d'un matériel à un autre. D'autres standards, comme l'EBCDIC d'IBM, étaient utilisés, notamment pour les cartes perforées. En 1960, l'ISO a créé le "Technical Committee on Computers and Information Processing" (Comité technique pour les ordinateurs et le traitement de l'information). Il a été divisé en six groupes de travail A à F : L'American Standards Association (ASA, aujourd'hui ANSI) était chargée du standard des États-Unis. L'ASA a reconnu le consortium ' (BEMA, puis, CBEMA) comme le parrain du travail de standardisation du traitement des données. En 1960, BEMA a formé un groupe de traitement des données des partenaires, dont Minneapolis-Honeywell. Ce groupe a formé un ', qui à son tour a formé l". L' a formé le comité X3, qui a été reconnu par l'ASA comme "". Parmi les membres du comité, Bob Bemer est parfois présenté comme "père de l'ASCII", ce qu'il ne faut pas comprendre comme inventeur de l'ASCII, mais comme grand artisan de la diffusion d'ASCII. En 1961, le DoD met au point un code standard de transmission de donnée sur 8 bits. Ce standard 8 bits est une variante des standards FIELDATA sixbits utilisés dans la décennie précédente par la défense. Il a eu une influence notable sur la première version de l'ASCII. En 1963, la première version publiée de l'ASCII apparaît. La liste des caractères à considérer et leur position ont été débattues. Sa dernière version stabilisée a été normalisée par l'ANSI en 1986 sous la désignation ANSI X3.4:1986 (après deux autres versions en 1967 et 1968, historiquement normalisées par l'ASI, devenu ANSI mais qui ne normalisait pas encore toutes les positions). C'est également la variante américaine des jeux de caractères codés selon la norme ISO/CEI 646 avec laquelle on la confond souvent (d'où sa désignation également comme US-ASCII pour lever l'ambigüité, désignation préférée dans le registre IANA des jeux de caractères codés). À l'époque elle a été en concurrence avec des standards incompatibles. Par la suite, l'existence de nombreux codages reprenant les conventions de l'ASCII l'a rendu très populaire. IBM, qui utilisait sur ses mainframes un autre codage, l'EBCDIC, ne commença à utiliser officiellement l'ASCII sur ses matériels qu'avec l'IBM PC, en 1981. Principes. L'ASCII définit 128 caractères numérotés de 0 à 127 et codés en binaire de 0000000 à 1111111. Sept bits suffisent donc. Toutefois, les ordinateurs travaillant presque tous sur un multiple de huit bits (un octet) depuis les années 1970, chaque caractère d'un texte en ASCII est souvent stocké dans un octet dont le bit est 0. Aujourd'hui encore, certains systèmes de messagerie électronique et de SMS fonctionnent avec des bytes ou multiplets composés de seulement sept bits (contrairement à un octet qui est un byte ou multiplet standardisé à huit bits). Les caractères de numéro 0 à 31 et le 127 ne sont pas affichables ; ils correspondent à des commandes de contrôle de terminal informatique. Le caractère numéro 127 est la commande pour effacer. Le caractère numéro 32 est l'espace. Le caractère 7 provoque l'émission d'un signal sonore. Les autres caractères sont les chiffres arabes, les lettres latines majuscules et minuscules sans accent, des symboles de ponctuation, des opérateurs mathématiques et quelques autres symboles. Limitations. L'absence des caractères des langues étrangères à l'anglais rend ce standard insuffisant à lui seul pour des textes étrangers (par exemple en langue française), ce qui rend nécessaire l'utilisation d'autres encodages. Lorsqu'il est employé seul pour la langue anglaise, il interdit l'usage des accents dans la langue anglaise. Quelques-uns des caractères graphiques ASCII ont provoqué une polysémie. Ceci est en tout ou partie lié au nombre limité de codets dans un jeu à sept bits. Ceci se retrouve notamment dans les symboles de ponctuation et l'utilisation des guillemets. L'ASCII a été conservé parce qu'il est omniprésent dans de nombreux logiciels. Cet héritage se retrouve dans Unicode où ces signes sont dans un bloc disjoint des autres symboles similaires, se trouvant pour la plupart codés à partir de U+2000. Internationalisation. Les limites du standard américain ASCII ont conduit, sur trois périodes différentes, à trois approches de l'internationalisation : Les standards régionaux à caractères mesurant un octet ont l'inconvénient de ne permettre la représentation que d'un ensemble réduit de caractères, comme les caractères d'Europe occidentale. Avec cette approche, l'encodage doit être donné par le contexte. Les standards extensibles ont l'inconvénient d'être contextuels. Il se peut que des logiciels utilisant certains algorithmes de recherche manquent d'interopérabilité à cet égard. Standardisation. Le jeu de codage ASCII est défini quasiment identiquement par plusieurs standards différents, a de nombreuses variantes et a donné naissance à une foison (des dizaines ou des centaines) d'extensions plus ou moins incompatibles entre elles. Les principales extensions sont justifiées par le fait que l'ASCII ne répond pas aux divers besoins régionaux. Elles sont proposées par des organismes de normalisation, ou par des fournisseurs de produits et de services. Les standards ASCII. "N.B. —" Ne pas confondre USASI X3.4-1968 ou ANSI X3.4-1968 et ANSI X3.4:1986. Standards ASCII des États-Unis (les standards hérités, et le standard en vigueur) : Les standards internationaux suivants sont généralement considérés compatibles (quasi identiques) avec le standard ASCII en vigueur de 1986 à 2011, tout en constituant une normalisation internationale officielle : La désignation US-ASCII, ASCII É-U ou ASCII des États-Unis est un mélange des désignations précédentes. Le registre IANA lui attribue la dénomination US-ASCII, sans en définir le codage. Approximation, variantes et extensions. Trois types de codages de caractères se rapprochent de l'ASCII : Alias. En , le RFC 1345 et la chambre d'enregistrement de jeux de caractères Internet Assigned Numbers Authority ont reconnu les alias suivants, insensibles à la casse, convenables pour l'utilisation dans des protocoles Internet : L'IANA promeut plus particulièrement la dénomination « US-ASCII » pour Internet. Variantes. ASCII a donné naissance à certaines variantes qui conservent la plupart des caractères, mais en remplacent une partie. Dès lors, il ne s'agit plus d'ASCII à strictement parler. Outre ISO/CEI 646, on trouve d'autres variantes dans l'histoire de l'informatique. Par exemple, le circonflexe (#94) est remplacé par la flèche vers le haut et le soulignement (#95) est remplacé par la flèche vers la gauche, dans l'ensemble de caractères intégré des puces Motorola 6847 (VDG) et du GIME, qui équipaient les adapteurs vidéo du TRS-80 Color Computer et d'autres anciens ordinateurs des années 1980. Mais plusieurs années plus tôt, les ordinateurs Xerox équipés du langage de programmation Smalltalk incluaient les mêmes deux caractères (en mode graphique). Par ailleurs, certains anciens ordinateurs n'étaient équipés que du deux tiers d'ASCII, c'est-à-dire les caractères 32 à 95 plutôt que 32 à 126. C'est alors à proprement parler une variante à 6 bits. Sur le TRS-80 Color Computer, on mettait dans les fichiers les codes 32 à 127, mais ceux de 96 à 127 étaient des versions en couleurs inversées (vert sur noir plutôt que noir sur vert). Ces blocs de 32 caractères étaient échangés au moment d'envoyer au VDG, pour lequel les codes ASCII 32 à 63 étaient numérotés 96 à 127, tandis que les 0 à 63 étaient en couleurs inversées (en soustrayant 64). En outre, les codes 128 à 255 encodaient des formes de blocs en couleurs. Le GIME était capable de fonctionner soit comme le VDG, soit en mode ASCII, avec circonflexe #94, soulignement #95. Il avait aussi en option sa propre extension 8-bit pour les lettres accentuées minuscules et majuscules, compatible avec probablement aucun autre ordinateur. Certaines extensions 7-bit ont un caractère #127, comme les premiers Apple, qui y avaient un quadrillé, et les cartes vidéo PC (Page de code 437) qui y avaient une sorte de pentagone, en plus de remplir les cases 0 à 31 de flèches, cercles et signes divers. Naturellement, on ne pouvait pas utiliser ces codes dans les contextes où ils avaient une signification de contrôle ; et inversement, lorsque des codes de contrôle n'étaient pas interprétés comme tels, comme quand le #27 est censé signifier commencer une séquence VT100 (ANSI.SYS) mais apparaît comme une flèche vers la gauche (par exemple, ). Huitième bit et augmentations. De nombreuses normes de codage de caractères ont repris les codes ASCII et ajouté d’autres caractères pour les codes supérieurs à 127. Parmi les nombreuses extensions 8 bits de l'ASCII, le Multinational Character Set créé par Digital Equipment Corporation pour le terminal informatique VT220 est considéré comme à la fois l'ancêtre de l'ISO/CEI 8859-1 et de l'Unicode. Extensions mono-octets. En particulier, beaucoup de pages de code étendent l'ASCII en utilisant le bit pour définir des caractères numérotés de 128 à 255. La norme ISO/CEI 8859 fournit des extensions pour diverses langues. Par exemple, l'ISO/CEI 8859-1, aussi appelée "Latin-1", étend l'ASCII avec les caractères accentués utiles aux langues originaires d'Europe occidentale comme le français ou l'allemand. Par abus de langage, on appelle souvent « ASCII » des normes qui étendent l'ASCII, mais qui ne sont pas compatibles entre elles (et parfois même ne sont pas compatibles sur leurs 128 premiers caractères codés). En particulier, les standards Windows-1252 (couramment utilisé sur Microsoft Windows dans les pays occidentaux), ISO/CEI 8859-1 (couramment utilisé sur Internet et Unix) et les pages de code pour PC numéro 437 et 850 (couramment utilisées sur DOS) ne sont pas la norme ASCII. Cet abus de langage ne va pas sans causer des confusions causant des incompatibilités, souvent rendues visibles par le fait que les caractères non ASCII comme les « lettres accentuées » (éÈç) s'affichent mal. On écrit parfois « ASCII de base » pour différencier l'ASCII d'un standard plus étendu. Extensions asiatiques, à base de séquences d'échappement. Afin d'unifier les différents codages de caractères complétant l'ASCII et y intégrer les codages complètement différents (le JIS pour le japonais par exemple, qui bien que développé aussi sur la base de l'US-ASCII, en diffère dans l'assignation d'un des 128 premiers codets), la norme ISO/CEI 10646 a été inventée (et aussi développée au départ séparément par le Consortium Unicode dans une version de sa norme Unicode 1.0 initialement incompatible avec ISO/CEI 10646). Voir notamment ISO/CEI 2022. Extensions Unicode. La version 1.0 a été abandonnée depuis la version 1.1 afin d'unifier et fusionner les deux répertoires dans un jeu universel de caractères codés. ISO/CEI 10646 codifie des dizaines de milliers de caractères, mais les 128 premiers restent compatibles avec ASCII (dans sa dernière version X3.4-1986) ; la norme Unicode y ajoute des sémantiques supplémentaires. Dans la norme Unicode, le standard ASCII est défini sous le nom de « C0 Controls and Basic Latin ». Toutefois, certains pays d'Asie orientale (la République populaire de Chine, les anciens dominions britannique et portugais en Chine, de Hong Kong et Macao, qui sont devenus depuis des régions administratives spéciales de Chine, la République de Chine à Taïwan, et le Japon) ont choisi de continuer à développer leur propre norme pour coder le jeu de caractères universel, tout en choisissant de les maintenir entièrement convertibles avec l'ISO/CEI 10646 ; parmi ces normes asiatiques, seule la norme nationale japonaise continue à maintenir une différence dans ses 128 premières positions avec le jeu ASCII, en codant le symbole monétaire du yen à la place de la barre oblique inversée (comme c'est aussi le cas dans la variante japonaise de la norme ISO/CEI 646). Influence. L'ASCII a eu une influence importante dans le monde informatique. En particulier, il a longtemps limité les caractères disponibles aux caractères latins non accentués, notamment dans le monde de l'Internet, que ce soit pour les noms de domaine, les adresses de courrier électronique, les caractères disponibles dans le BIOS, ou les caractères dans lesquels peuvent être écrits des programmes informatiques. Description. Table des 128 caractères ASCII. On peut présenter la table des caractères ASCII sous une forme condensée qui met en évidence une organisation fondée sur la base 16. Dans la table détaillée suivante, les 32 caractères de contrôle (codes 0 à 31 et 127) et l'espace (code 32) sont présentés avec leur nom en anglais suivi d'une traduction entre parenthèses. Groupement par type de caractères. Caractères de contrôle. ASCII réserve les 32 premiers codes (nombres décimaux de 0 à 31) pour les caractères de contrôle : codes destinés non à représenter des informations imprimables, mais plutôt à contrôler des périphériques (tels que des imprimantes) qui utilisent ASCII ou à fournir des méta-informations sur les flux de données, tels que ceux stockés sur bande magnétique. NUL. : nul. Il est à l'origine une NOP, c'est-à-dire un caractère à ignorer. Lui donner le code 0 permettait de prévoir des réserves sur les bandes perforées en laissant des zones sans perforation pour insérer de nouveaux caractères "a posteriori". Avec le développement du langage C, il a pris une importance particulière quand il a été utilisé comme indicateur de fin de chaîne de caractères. SOH. : début d'en-tête. Il est aujourd'hui souvent utilisé dans les communications séries pour permettre la synchronisation après erreur. DEL. : effacement. Lui donner le code 127 (1111111 en binaire) permettait de supprimer "a posteriori" un caractère sur les bandes perforées qui codaient les informations sur . N'importe quel caractère pouvait être transformé en DEL en complétant la perforation des 7 bits qui le composaient. LF, CR. "Line Feed" : saut de ligne, "Carriage Return" : retour chariot. Dans un fichier texte, la fin d'une ligne est représentée par un ou deux caractères de contrôle. Plusieurs conventions existent : Ainsi, lorsqu'on transfère un fichier ASCII entre des systèmes ayant des conventions de fin de ligne différentes, il faut convertir les fins de ligne pour pouvoir manipuler le fichier confortablement sur le système cible. Autrement, il faut utiliser un éditeur de texte capable de gérer les diverses conventions de fin de ligne, ce qui n'est par exemple pas le cas du classique Bloc-notes de Microsoft Windows. Les programmes utilisant les fichiers ASCII ne sont en général pas perturbés par un changement de type de fin de ligne. SUB. "Substitute" : remplacement. Il est souvent associé à la combinaison de touches Ctrl + z et est utilisé dans les communications séries pour permettre l'envoi des données en lieu et place de la touche entrée. Caractères imprimables. Les codes 20hex à 7Ehex, appelés caractères imprimables, représentent des lettres, des chiffres, des signes de ponctuation et quelques symboles divers. Il y a 95 caractères imprimables au total. Le code 20hex, le caractère espace, désigne l'espace entre les mots, tel que produit par la barre d'espace d'un clavier. Le caractère espace étant considéré comme un graphique invisible (plutôt que comme caractère de contrôle), il est répertorié dans le tableau ci-dessous et non dans la section précédente. Le code 7Fhex correspond au caractère d'effacement (DEL) n'est pas imprimable et est donc omis de ce tableau. Il est inclus dans le tableau de la section précédente.
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Abréviations en informatique V
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American National Standards Institute L’ (ANSI, « Institut national de normalisation américain ») est un organisme privé à but non lucratif qui supervise le développement de normes pour les produits, les services, les procédés, les systèmes et les employés des États-Unis. Ces normes sont proposées à partir d’une démarche volontaire et consensuelle. L’organisation coordonne également la définition des normes américaines avec les normes internationales afin que les produits américains puissent être utilisés à l’étranger. Par exemple, la normalisation garantit que les possesseurs d’appareil-photo trouveront des pellicules adaptées partout dans le monde. L’ANSI est le représentant des États-Unis à l’ISO (Organisation internationale de normalisation). L’ANSI valide des normes développées par les représentants des organisations normalisantes telles qu’organismes gouvernementaux, associations de consommateurs, sociétés et autres. Ces normes garantissent que les caractéristiques et les performances des produits sont cohérentes, que chacun utilise les mêmes termes et définitions et que les produits sont testés partout de la même façon. L’ANSI accrédite également les organismes qui délivrent des certifications sur les normes internationales pour des produits ou des personnes. Le quartier général de l’organisation se trouve à Washington, alors que le bureau des opérations est situé à New York. En France, l’ANSI est connu par les normes qui ont franchi l’Atlantique. On lui doit par exemple l’ASCII, le SCSI, l’ATA et la normalisation du langage C. Historique. L’ANSI a été créée en 1918 par cinq sociétés d’ingénierie et trois organismes gouvernementaux qui ont fondé la "American Engineering Standards Committee" (AESC). L’AESC devint l’"American Standards Association" (ASA) en 1928. En 1966, l’ASA fut réorganisée pour devenir la "United States of America Standards Institute" (USASI). Le nom actuel (ANSI) a été adopté en 1969. Participants. Les membres de l’ANSI sont des agences gouvernementales, des corporations, des organisations académiques ou internationales ou des individus. Au total, l’Institut représente les intérêts de plus de et de professionnels. La démarche. Bien que l’ANSI elle-même ne développe pas de norme, l’Institut facilite la normalisation nord-américaine, connue comme ANS ("), en validant les procédures des organisations qui développent de nouvelles normes. L’accréditation ANSI signifie que les procédures utilisées par les organisations normalisantes se conforment aux exigences de l’institut en matière d’ouverture, d’équité, de consensus et de procédé. Des normes adoptées par consensus volontaire sont acceptées plus rapidement par le marché et indiquent clairement comment améliorer la sûreté de ces produits pour la protection des consommateurs. Il existe environ américaines qui portent la certification ANSI. Les étapes de normalisation de l’" sont : L'ANSI ne dispose pas toujours des standards qu'elle a pu émettre ; par exemple il est possible que l'ANSI n'ait plus accès au standard X3.4-1967. Participation aux activités internationales de normalisation. En plus de faciliter la spécification de normes aux États-Unis, l’ANSI fait la promotion à l’étranger des normes américaines, défend la ligne d’action et les choix techniques, dans les comités internationaux comme sur le continent américain, et encourage l’adoption des normes internationales lorsqu’elles sont appropriées. L’Institut est le représentant officiel des États-Unis pour deux organisations majeures par le biais du Comité National U.S (U.S. National Committee ou USNC). Ces deux organisations sont : l’Organisation internationale de normalisation (ISO) et la Commission électrotechnique internationale (IEC). L’ANSI participe à la plupart des programmes techniques à la fois de l’ISO et de l’IEC et dirige de nombreux comités et groupes de travail. Dans de nombreux cas, les normes américaines sont apportées à l’ISO et à l’IEC, au travers de l’ANSI ou de l’USNC, où elles sont adoptées en tout ou partie comme normes internationales. Exemple de normalisations réalisées sous la direction de l’ANSI. L’Institut administre quatre groupes de normalisation : Chacun de ces comités travaille à identifier, coordonner et harmoniser les normes liées à leurs domaines. L’"" a contribué à :
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Atome Un atome est la plus petite partie d'un corps simple pouvant se combiner chimiquement avec un autre. Les atomes sont les constituants élémentaires de toutes les substances solides, liquides ou gazeuses. Les propriétés physiques et chimiques de ces substances sont déterminées par les atomes qui les constituent ainsi que par l'arrangement tridimensionnel de ces atomes. Contrairement à ce que leur étymologie suggère, les atomes ne sont pas indivisibles, mais sont constitués de particules subatomiques. Ils comprennent un noyau, qui concentre plus de 99,9 % de leur masse, autour duquel se distribuent des électrons, qui forment un nuage à plus étendu que le noyau lui-même, de sorte que le volume d'un atome, grossièrement sphérique, est presque entièrement vide. Le noyau est formé de protons, porteurs d'une charge électrique positive, et de neutrons, électriquement neutres ; l'hydrogène fait exception, car le noyau de son isotope H ne contient aucun neutron. Les protons et neutrons, également appelés nucléons, sont maintenus ensemble dans le noyau par la liaison nucléaire, qui est une manifestation de l'interaction forte. Les électrons occupent des orbitales atomiques en interaction avec le noyau "via" la force électromagnétique. Le nuage électronique est stratifié en niveaux d'énergie quantifiés autour du noyau, niveaux qui définissent des couches et des sous-couches électroniques ; les nucléons se distribuent également selon des couches nucléaires, bien qu'un modèle approché assez commode popularise la structure nucléaire d'après le modèle de la goutte liquide. Plusieurs atomes peuvent établir des liaisons chimiques entre eux grâce à leurs électrons. D'une manière générale, les propriétés chimiques des atomes sont déterminées par leur configuration électronique, laquelle découle du nombre de protons de leur noyau. Ce nombre, appelé numéro atomique, définit un élément chimique. chimiques sont reconnus par l'Union internationale de chimie pure et appliquée (IUPAC) depuis le . Les atomes d'éléments différents ont des tailles différentes, ainsi généralement que des masses différentes, bien que les atomes d'un élément chimique donné puissent avoir des masses différentes selon les isotopes considérés. Les atomes les plus lourds, ou dont le noyau présente un déséquilibre trop important entre les deux types de nucléons, tendent à devenir plus instables, et sont alors radioactifs ; le est l'isotope stable le plus lourd. La théorie atomiste, qui soutient l'idée d'une matière composée de « grains » indivisibles (contre l'idée d'une matière indéfiniment sécable), est connue depuis l'Antiquité, et a été notamment défendue par Leucippe et son disciple Démocrite, philosophes de la Grèce antique, ainsi qu'en Inde, plus antérieurement, par l'une des six écoles de philosophie hindoue, le vaisheshika, fondé par Kanada. Elle fut disputée jusqu'à la fin du et n'a plus été remise en cause depuis lors. L'observation directe d'atomes n'est devenue possible qu'au milieu du avec la microscopie électronique en transmission et l'invention du microscope à effet tunnel. C'est ainsi sur les propriétés des atomes que reposent toutes les sciences des matériaux modernes, tandis que l'élucidation de la nature et de la structure des atomes a contribué de manière décisive au développement de la physique moderne, et notamment de la mécanique quantique. Structure. Ordres de grandeur. Le diamètre estimé d'un atome « libre » (hors liaison covalente ou cristalline) est compris entre () pour l'hélium et () pour le césium, tandis que celui d'un noyau atomique est compris entre () pour l'isotope H et () environ pour le nucléide U : le noyau d'un atome d'hydrogène est donc environ plus petit que l'atome d'hydrogène lui-même. Le noyau concentre cependant l'essentiel de la masse de l'atome : le noyau du lithium 7, par exemple, est environ plus massif que les trois électrons qui l'entourent, l'atome de Li ayant une masse de l'ordre de . Pour fixer les idées, la masse des atomes est comprise entre pour le protium et pour , en s'en tenant aux isotopes qui ont une abondance significative dans le milieu naturel — il existe des noyaux plus lourds mais aussi bien plus instables que le nucléide U. Cette masse est généralement exprimée en unités de masse atomique (« uma », ou « u »), définie comme la douzième partie de la masse d'un atome de C non lié, immobile et à son état fondamental, soit dans cette unité, la masse du nucléide U vaut . Une unité alternative également très employée en physique des particules est l'électron-volt divisé par le carré de la vitesse de la lumière (eV/c), qui est homogène à une masse en vertu de la fameuse équation de la relativité restreinte, et qui vaut ; dans cette unité, la masse du noyau U est égale à /c. Compte tenu de leur taille et de leur masse singulièrement réduites, les atomes sont toujours en très grand nombre dès qu'on manipule une quantité de matière macroscopique. On définit ainsi la mole comme étant la quantité de matière constituée par autant d'unités élémentaires (atomes, molécules, électrons) qu'il y a d'atomes dans de , soit pas moins de élémentaires, ce qu'on appelle le nombre d'Avogadro. Particules subatomiques. Bien que son étymologie signifie « indivisible » en grec ancien, un atome est en réalité constitué de particules élémentaires plus petites, et peut donc être divisé ; mais il constitue bien la plus petite unité indivisible d'un élément chimique en tant que tel : en brisant, par exemple, un atome d'hélium, on obtiendra des électrons, des protons et des neutrons, mais on n'aura plus un corps simple ayant les propriétés de l'hélium. Le modèle standard de la physique des particules décrit les nucléons comme des baryons composés de particules élémentaires appelées quarks : Les électrons, quant à eux, sont des leptons qui constituent, avec les quarks, le groupe des fermions. La grande différence entre quarks et leptons est que seuls les premiers connaissent toutes les interactions élémentaires, y compris l'interaction nucléaire forte, dont les médiateurs sont des bosons de jauge appelés gluons ; les leptons ne connaissent que l'interaction faible ("via" les bosons Z et W) et l'interaction électromagnétique ("via" les photons). Toutes ces particules connaissent "a priori" également l'interaction gravitationnelle, mais cette dernière n'a pas pu être intégrée au modèle standard de la physique des particules ; son intensité à l'échelle atomique est, quoi qu'il en soit, insignifiante comparée à l'intensité des trois autres interactions. Nuage électronique. L'essentiel des propriétés physiques et chimiques des atomes est dû à leur nuage électronique. C'est la compréhension de la nature et de la structure de ce nuage électronique qui a ouvert la voie à la compréhension de la structure de l'atome et, "in fine", a conduit au développement de la physique des particules. Le noyau atomique étant chargé positivement, il forme un puits de potentiel pour les électrons, qui sont chargés négativement. Ce puits de potentiel est constitué de niveaux d'énergie définis par des nombres quantiques dont la combinaison détermine des orbitales atomiques conférant aux fonctions d'onde correspondantes des dimensions et des formes caractéristiques. Introduction au modèle de Schrödinger. L'électron manifeste, comme tout objet quantique, une dualité onde-corpuscule, en vertu de laquelle il se comporte tantôt comme une particule géométriquement délimitée occupant une position déterminée, tantôt comme une onde susceptible de présenter, par exemple, des phénomènes d'interférences. Ces deux aspects de l'électron coexistent dans l'atome, bien que le modèle de Schrödinger soit exclusivement ondulatoire : Par conséquent, un électron ne peut pas « tomber sur le noyau » comme un objet tombe par terre, car cela signifierait que l'extension spatiale de sa fonction d'onde serait réduite à un point, ce qui n'est le cas d'aucune fonction propre de l'équation de Schrödinger : cette dernière impose, au contraire, qu'un électron, au voisinage du noyau, se « dilue » dans un volume (une orbitale) à la géométrie déterminée par les nombres quantiques qui satisfont cette équation. On peut donc considérer qu'un électron dans un atome "est déjà tombé sur le noyau", dans la mesure où il est confiné dans son voisinage par le puits de potentiel électrostatique. De surcroît, la fonction d'onde d'un électron n'est pas nulle à l'intérieur du noyau, bien que sa probabilité de s'y trouver soit faible, car le noyau est de taille très réduite comparée à celle des orbitales atomiques. Les fonctions d'ondes possibles pour les électrons d'un atome étant centrées sur le noyau, on peut donc dire que l'électron est en fait tombé "dans le noyau", bien qu'il ne s'y trouve que très rarement : du point de vue quantique, plusieurs particules peuvent en effet occuper le même espace en vertu de leur nature ondulatoire. Une façon imagée — mais approchée — de voir les choses est d'imaginer, par analogie, que la fonction d'onde de l'électron serait comme « diffractée » par le noyau atomique, ce qui lui donnerait différentes formes, selon son état quantique, par lesquelles la probabilité de présence de l'électron atteindrait son maximum en certaines zones plus ou moins éloignées du noyau — typiquement, plusieurs dizaines de milliers de fois le rayon nucléaire. Principe d'exclusion de Pauli. Chaque électron est décrit, dans un atome, par un quadruplet de nombres quantiques (, , , ) satisfaisant l'équation de Schrödinger et appelés respectivement : Le principe d'exclusion de Pauli stipule que deux fermions appartenant au même système de fermions (ici, au même atome) ne peuvent avoir tous leurs nombres quantiques égaux en même temps. Ce principe est fondamental car il est à l'origine de la configuration électronique des atomes : les électrons qui « s'empilent » dans l'atome doivent avoir chacun un état quantique distinct des autres, ce qui explique que toutes les orbitales atomiques sont progressivement occupées de la plus liée à la moins liée au noyau au fur et à mesure qu'on ajoute des électrons à l'atome ; c'est le principe d""' (« édification » en allemand) matérialisé par la règle de Klechkowski (appelée aussi "règle de Madelung"), qui sous-tend l'agencement du tableau périodique des éléments chimiques en blocs et en périodes : Orbitales moléculaires. Sa structure électronique confère à l'atome ses propriétés chimiques et magnétiques. Ainsi, les éléments chimiques sont communément classés dans un tableau périodique organisé en fonction de leurs propriétés chimiques et dont l'agencement est en réalité déterminé par la distribution des électrons sur les niveaux d'énergie des atomes. Le recouvrement de deux orbitales atomiques appartenant chacune à un atome distinct peut conduire à la formation d'une orbitale moléculaire constituant une liaison chimique entre deux atomes ; si les orbitales atomiques en recouvrement appartiennent au même atome, on dit qu'il y a hybridation. Une orbitale moléculaire est dite "liante" lorsque les phases d'électron des orbitales atomiques sont de même signe (interférence constructive) ; elle est dite "antiliante" lorsque les orbitales atomiques ont des phases de signe opposé (interférence destructive). Noyau atomique. Protons et neutrons forment un noyau atomique de dimension femtométrique. Le rayon nucléaire d'un atome dont le nombre de masse est "A" vaut environ formula_1 fm, alors que l'atome lui-même a un rayon de l'ordre de la centaine de picomètres (environ plus grand). Les protons étant chargés positivement, ils se repoussent au sein du noyau, mais l'intensité de cette répulsion électrostatique est très inférieure à celle de l'attraction entre nucléons induite par l'interaction nucléaire forte à des distances inférieures à 2,5 fm. La géométrie des noyaux atomiques est généralement sphérique, bien que certains noyaux stables suffisamment massifs adoptent également des formes sphéroïdes étirées en ballon de rugby ou, au contraire, aplaties. Certains noyaux instables, dits noyaux à halo, sont caractérisés par un ou plusieurs nucléons aux fonctions d'ondes très distendues, qui donnent au noyau des contours flous et un volume apparent très augmenté ; ces noyaux ont une cohésion nucléaire à la limite extrême du champ d'action de l'interaction forte. Dans le modèle de la goutte liquide, les protons tendent à se repousser les uns les autres et, par conséquent, à se concentrer vers l'extérieur des noyaux (aux « pôles » ou à l'« équateur » dans le cas de sphéroïdes), tandis que les neutrons tendent à s'accumuler au centre du noyau. Des dizaines de modèles ont été proposés afin d'expliquer les données expérimentales sur la nature et la structure des noyaux atomiques, mais aucun, à ce jour, ne suffit seul à rendre compte de l'ensemble des observations. Le volume nucléaire, estimé expérimentalement par des techniques de diffraction de faisceaux d'électrons, correspond à peu près à l'empilement de sphères dures représentant les nucléons, avec une densité nucléaire constante, ce qui se conceptualise très bien avec le modèle de la goutte liquide. Néanmoins, certaines propriétés quantiques de la structure nucléaire semblent mieux décrites par le modèle en couches, élaboré par les physiciens allemands Maria Goeppert-Mayer et Hans Daniel Jensen, qui ont obtenu le prix Nobel de physique en 1963 pour cette avancée. Leur modèle considère les nucléons comme des fermions soumis au principe d'exclusion de Pauli et répartis sur des niveaux d'énergie quantifiés — les « couches nucléaires » — de façon similaire aux électrons à l'échelle de l'atome. Dans le noyau, protons et neutrons constituent deux populations de fermions distinctes vis-à-vis du principe d'exclusion de Pauli. L'analogie avec les électrons a cependant ses limites, car, si les électrons interagissent entre eux et avec le noyau "via" l'interaction électromagnétique, les nucléons interagissent entre eux essentiellement "via" l'interaction nucléaire forte et l'interaction faible. Les niveaux d'énergie au sein du noyau ont ainsi une distribution différente de celle des niveaux d'énergie des électrons d'un atome. De plus, les phénomènes de couplage spin-orbite sont bien plus sensibles pour les nucléons que pour les électrons, ce qui redistribue les sous-couches nucléaires en fonction du spin (indiqué en indice dans le tableau ci-dessous) : La saturation d'une couche nucléaire confère au noyau atomique une stabilité supérieure à celle calculée par la formule de Weizsäcker, issue du modèle de la goutte liquide — ce qui n'est pas sans rappeler l'inertie chimique des gaz rares, caractérisés par la saturation de leur sous-couche électronique "p" périphérique. Le nombre de nucléons d'une population donnée correspondant à la saturation d'une couche nucléaire est appelé « nombre magique » ; le noyau du plomb 208, qui est le plus lourd des isotopes stables, est ainsi constitué de 82 protons et 126 neutrons : 82 et 126 sont deux nombres magiques, ce qui explique la stabilité de ce nucléide par rapport à ceux qui n'en diffèrent que d'un ou deux nucléons. Classification. Chimie et physique se rejoignent sur ce point, de sorte que les notions relatives à ces deux domaines des sciences se recouvrent à leur sujet. Ainsi, en physique nucléaire, on appelle "nucléide" un noyau atomique défini par un nombre déterminé de protons et de neutrons, terme souvent confondu avec la notion équivalente d"'isotope", qui relève davantage de la chimie. Un "élément chimique" se définit comme l'ensemble des atomes et des ions dont le noyau comporte un nombre donné de protons. Ce nombre est le numéro atomique, noté "Z", de l'atome ou de l'élément chimique correspondant. Ainsi, tous les atomes n'ayant qu'un seul proton dans leur noyau correspondent à l'élément chimique "hydrogène". Il en existe trois variétés principales : le protium 1H, couramment appelé "hydrogène" (seul nucléide stable dépourvu de neutron), le deutérium 2H (stable, dont le noyau est constitué d'un proton et d'un neutron), le tritium 3H (radioactif, dont le noyau est constitué d'un proton et de deux neutrons). Ces nucléides sont des "isotopes", car leur noyau compte le même nombre de protons mais un nombre différent de neutrons. La classification des atomes suit celle des éléments chimiques, dont les propriétés chimiques — mais aussi physiques — présentent une périodicité découverte au et à l'origine du tableau périodique des éléments. On emploie indifféremment les termes "isotope stable" et "nucléide stable", "radioisotope" et "radionucléide", ou encore "élément superlourd" et "atome superlourd". Propriétés. Noyaux atomiques. Moment magnétique nucléaire. Les particules élémentaires possèdent un nombre quantique appelé spin, analogue à un moment angulaire et mesuré en unités de constante de Planck réduite (parfois appelée « constante de Dirac ») désignée par le symbole ℏ, qui se lit « h barre ». C'est également le cas des protons et des neutrons du noyau atomique, dont la résultante des spins se manifeste par un moment magnétique nucléaire. La valeur de ce dernier est spécifique à chaque noyau ; à l'état fondamental, elle est nulle pour les nucléides ayant à la fois un nombre pair de protons et un nombre pair de neutrons. Cette propriété est mise à profit en imagerie par résonance magnétique (IRM), fondée sur la résonance magnétique nucléaire (RMN) : un matériau soumis d'une part à un rayonnement électromagnétique, et d'autre part à un champ magnétique intense (de l'ordre du tesla) qui oriente les noyaux atomiques dans une direction privilégiée (mais en les séparant en deux populations correspondant aux deux sens de cette direction), absorbe une partie du rayonnement électromagnétique à une fréquence déterminée par le rapport gyromagnétique du noyau ciblé, ce qui permet de déterminer par spectroscopie la concentration spatiale de ce noyau — typiquement dans le domaine des radiofréquences pour les champs magnétiques ne dépassant pas . Énergie de liaison nucléaire. La liaison nucléaire est généralement décrite comme une manifestation résiduelle entre nucléons de l'interaction nucléaire forte qui maintient ensemble les quarks constituant les nucléons. L'énergie de liaison nucléaire est définie comme l'énergie nécessaire pour arracher un nucléon quelconque au noyau considéré. Elle est de l'ordre de quelques mégaélectron-volts par nucléon, partant de 0 (par définition) pour le protium H pour atteindre /A avec l' en passant par un maximum à /A pour le . Cette propriété fondamentale explique pourquoi ce sont uniquement les atomes légers qui libèrent de l'énergie par fusion nucléaire tandis que ce sont uniquement les atomes lourds qui libèrent de l'énergie par fission nucléaire : Stabilité nucléaire. La physique des noyaux atomiques est gouvernée par les trois interactions fondamentales du modèle standard de la physique des particules : l'interaction forte, l'interaction faible et l'l'interaction électromagnétique. Chaque noyau atomique est défini par le nombre de protons et de neutrons qu'il contient, ainsi que par son énergie totale, l'ensemble définissant les différents « arrangements » des particules selon lesquels l'énergie totale du système peut être distribuée. Plus il y a d'arrangements possibles et plus le système est stable : l'état présentant le plus grand nombre d'arrangements possibles est appelé état fondamental ; c'est celui vers lequel tendent tous les autres états de ce système. Toute transition d'un état du système vers un autre requiert une énergie d'activation, fournie, dans le cas des noyaux atomiques, par les fluctuations du vide quantique. Lorsque de telles fluctuations suffisent à faire basculer un noyau atomique d'un état donné vers un état d'énergie inférieure, ce noyau est dit instable : on a affaire à un radionucléide. Jusqu'au calcium ("Z" = 20), les éléments chimiques ont des isotopes stables pour lesquels le nombre "N" de neutrons est à peu près égal au nombre "Z" de protons, tandis qu'au-delà de "Z" = 20 le ratio "N"/"Z" tend vers 3/2. Les isotopes instables, appelé radioisotopes, connaissent une désintégration radioactive qui leur permet de se rapprocher d'un état de plus grande stabilité. Radioactivité. La radioactivité désigne l'ensemble des phénomènes physiques par lesquels un nucléide instable réorganise sa structure nucléaire afin de gagner en stabilité. Ces phénomènes de désintégration radioactive peuvent être les suivants : Chaque radioisotope est caractérisé par une période radioactive, qui correspond au temps nécessaire pour que la moitié des atomes de cet isotope se soit désintégrée. Un même nucléide peut connaître plusieurs modes de désintégration, la proportion relative de chacun de ces modes étant appelée rapport de branchement. Îlot de stabilité. Certaines théories extrapolent les résultats du modèle en couches et les propriétés des nombres magiques en prédisant l'existence d'un îlot de stabilité parmi les nucléides superlourds, pour un nombre magique de et — selon les théories et les modèles — 114, 120, 122 ou 126 protons. Une approche plus moderne de la stabilité nucléaire montre toutefois, par des calculs fondés sur l'effet tunnel, que, si de tels noyaux superlourds doublement magiques seraient probablement stables du point de vue de la fission spontanée, ils devraient cependant connaître des désintégrations α avec une période radioactive de quelques microsecondes Un îlot de relative stabilité pourrait néanmoins exister autour du darmstadtium 293, correspondant aux nucléides définis par Z compris entre 104 et 116, et N compris entre 176 et 186 : ces éléments pourraient avoir des isotopes présentant des périodes radioactives atteignant quelques minutes. Limite à la taille des noyaux. Le plus lourd des nucléides synthétisés jusqu'à présent est l'isotope Og et les recherches se poursuivent au GSI afin de produire l'isotope 120. On ignore précisément jusqu'à combien de nucléons un noyau atomique peut contenir : on estime habituellement la limite d'observabilité expérimentale à environ Z ≈ 130 et la limite théorique à Z = 173 : un proton (ou neutron) conférerait à la couche nucléaire 1s1/2 une énergie de , égale à la masse au repos d'un électron ou d'un positron ; un tel noyau serait donc instable par rapport à la désintégration β. Nuage électronique. Si les propriétés nucléaires de l'atome (masse, énergie nucléaire, radioactivité) relèvent de la physique, et particulièrement de la physique nucléaire et de la physique des particules, les propriétés des nuages électroniques des atomes (taille, énergie d'ionisation, conductivité électrique, valence) relèvent essentiellement de la chimie et de la science des matériaux. Taille des atomes. Le nuage électronique d'un atome n'a pas de dimensions bien définies car il consiste en une superposition d'orbitales atomiques de nature probabiliste. Il n'existe donc pas de définition unique ni de mesure définitive de la taille des atomes : celle-ci est généralement définie en termes de distance moyenne entre noyaux d'atomes liés entre eux, mais cette distance varie en fonction de la nature chimique des atomes environnants, du nombre et de la géométrie des liaisons dans lesquelles l'atome est engagé, ou encore de la nature de ces liaisons (métallique, covalente, ionique). Une valeur théorique de l'extension des orbitales atomiques peut néanmoins être calculée pour chaque noyau atomique, ce qui donne une valeur en excès par rapport aux méthodes empiriques fondées sur la géométrie des mailles cristallines, ou aux mesures effectuées sur des molécules : Au-delà des valeurs numériques, qui ne doivent être vues ici que comme indicatives, ce tableau permet d'illustrer deux tendances : La contraction des lanthanides illustre bien ce dernier phénomène, et est à l'origine du fait que les atomes des métaux de transition des cinquième et sixième périodes ont des tailles à peu près égales : à peine deux picomètres de plus pour le hafnium et le tantale que pour le zirconium et le niobium ; il s'ensuit une augmentation sensible de la masse volumique des métaux correspondants, par exemple 6,5 et 13,3 g/cm respectivement pour le zirconium et le hafnium — soit plus qu'un doublement. Liaisons chimiques. L'une des propriétés les plus remarquables des atomes est leur propension à former toute une variété de liaisons chimiques avec d'autres atomes, afin de constituer des édifices moléculaires, des cristaux, voire des agrégats atomiques ("clusters", « superatomes »). Ces liaisons résultent du recouvrement d'orbitales atomiques appartenant à deux atomes pour former une orbitale moléculaire occupée par deux électrons provenant chacun d'un des deux atomes engagés dans la liaison (on parle dans ce cas de liaison covalente), mais peuvent aussi provenir de l'attraction électrostatique entre atomes de charge électrique opposée (un cation positif et un anion négatif : on parle alors de liaison ionique). La réactivité chimique des atomes dépend du nombre d'électrons qu'ils possèdent dans leurs sous-couches électroniques périphériques (sous-couches "s" et "p") — les électrons de valence. En vertu de la règle de l'octet, chaque atome tend en effet à atteindre un état où ses sous-couches "s" et "p" périphériques sont saturées d'électrons : deux électrons dans la sous-couche "s" et six électrons dans la sous-couche "p". Par exemple, l'hydrogène n'a qu'un unique électron dans sa sous-couche 1"s", de sorte qu'il s'associe avec un autre atome pour acquérir le second électron qu'il manque à cette sous-couche pour être saturée : on dit que l'hydrogène est "monovalent". L'oxygène, lui, a quatre électrons dans sa sous-couche 2"p", et s'associe donc avec deux autres atomes pour acquérir les deux électrons qui manquent à cette sous-couche pour être saturée : l'oxygène est donc "divalent". Le carbone, ayant deux électrons dans sa sous-couche 2"p", est "tétravalent". Les gaz rares les plus légers tels que l'hélium et le néon, avec respectivement deux électrons dans la sous-couche 1"s" et six électrons dans la sous-couche 2"p", sont à peu près inertes chimiquement car leur configuration électronique est déjà saturée d'électrons de valence — mais il existe une chimie des gaz rares concernant les gaz rares plus lourds, qui présentent une réactivité chimique non nulle en raison de l'écrantage du noyau par les électrons de cœur qui rend les électrons périphériques plus mobilisables. La liaison covalente est une liaison forte : celle qui unit les deux atomes d'iode de la molécule n'est que de 151 kJ/mol, mais atteint pour la molécule , pour , et pour . Un autre type de liaison chimique s'observe dans les métaux : la liaison métallique. Les atomes métalliques ont en effet la propriété, lorsqu'ils s'assemblent, de faire apparaître, par recouvrement de leurs orbitales atomiques périphériques, une « bande de conduction » qui peut être occupée par des électrons délocalisés (on parle « d'aromaticité métallique ») issus des orbitales les moins liées de ces atomes ; la conductivité électrique des métaux résulte du fait qu'il existe un nombre bien plus élevé de configurations électroniques possibles (on parle de densité d'états électroniques) qu'il y a d'électrons dans cette bande de conduction, de sorte que ces derniers y constituent un « gaz d'électrons ». Des atomes appartenant à des molécules distinctes peuvent également interagir avec leur nuage électronique autrement que par liaison covalente ou ionique. Ainsi, un atome d'halogène déficitaire en électrons et facilement polarisable peut former une liaison halogène avec les atomes ou groupements fonctionnels riches en électrons, tels que des dérivés oxygénés ou azotés. De même, une molécule ayant un atome d'hydrogène acide peut former une liaison faible (de 5 à ) avec un atome électronégatif ayant des doublets non liants. Enfin, l'interaction des moments dipôlaires de deux atomes est à l'origine de la force de van der Waals, dont la force est du même ordre de grandeur que celle de la liaison hydrogène. Électronégativité et affinité électronique. Compte tenu de leur configuration électronique, certains atomes auront davantage tendance que d'autres à attirer des électrons en formant des liaisons chimiques covalentes. Cette propriété est appelée l'électronégativité d'un atome. Elle dépend en premier lieu de leur nombre de masse et, corrélativement, de l'intensité de la liaison entre le noyau atomique et des électrons de valence. Elle est généralement évaluée à l'aide de l'échelle de Pauling, du nom de Linus Pauling qui la mit au point en 1932. D'autres méthodes d'évaluation donnent des résultats légèrement différents, mais toutes révèlent les mêmes tendances à travers le tableau périodique. La lecture de ce tableau permet de dégager deux tendances principales : Le cas des gaz rares eux-mêmes est particulier car les plus légers d'entre eux sont chimiquement inertes, une véritable chimie des gaz rares n'existant que pour le krypton et, surtout, le xénon — le radon est trop radioactif pour présenter une chimie significative. L'électronégativité n'est pas une notion atomique absolue, mais plutôt une propriété chimique relative aux atomes engagés dans une liaison avec d'autres atomes. La propriété atomique "stricto sensu" correspondant à l'électronégativité est appelée affinité électronique et correspond à l'énergie libérée par l'adjonction d'un électron à un atome neutre pour former un anion. Il s'agit donc d'une grandeur physique mesurable, contrairement à l'électronégativité. Les valeurs représentées par un astérisque dans le tableau ci-dessus sont voisines de zéro d'après l'interprétation quantique de la configuration électronique des atomes correspondants. On note que l'affinité électronique ne présente pas la périodicité régulière de l'électronégativité, mais qu'elle est tout de même la plus élevée pour les halogènes et sensiblement plus faible pour les métaux alcalins et, surtout, alcalino-terreux. Magnétisme. Comme les nucléons, les électrons possèdent un spin, analogue à un moment angulaire, intrinsèque à chaque électron, auquel se superpose un moment angulaire orbital, représenté par le nombre quantique secondaire, généré par la distribution probabiliste de l'électron dans son orbitale atomique, qui s'assimile à un « mouvement ». Ces deux moments angulaires se combinent pour constituer un champ magnétique autour de l'atome. Lorsque deux électrons occupent une case quantique de l'atome, ils ont chacun un spin opposé en vertu du principe d'exclusion de Pauli, ce qui annule le moment angulaire résultant ; mais les atomes et les ions qui ont un nombre impair d'électrons ont par conséquent un moment magnétique résultant non nul provenant du spin de leurs électrons. Les matériaux ferromagnétiques ont la particularité d'orienter dans la même direction les moments magnétiques de leurs atomes par interaction d'échange, ce qui crée un champ magnétique macroscopique : c'est le cas, par exemple, de la magnétite . Certains matériaux orientent au contraire les moments magnétiques de leur atomes dans des directions alternativement opposées, ce qu'on appelle « antiferromagnétisme ». Les matériaux paramagnétiques révèlent leur magnétisme intrinsèque uniquement sous l'effet d'un champ magnétique extérieur, qui aligne le moment magnétique de leurs atomes tant qu'il est présent (susceptibilité magnétique positive) ; dès que ce champ magnétique extérieur cesse d'être appliqué, la magnétisation d'un matériau paramagnétique disparaît. Les atomes ayant des électrons non appariés dans leurs sous-couches "d" et "f" ont des propriétés magnétiques intenses car ces électrons sont fortement localisés ; en particulier, les lanthanides font des aimants particulièrement puissants en raison de leur moment magnétique induit par jusqu'à sept électrons non appariés — notamment le néodyme et le samarium. Il existe une méthode d'analyse spectroscopique sous champ magnétique analogue à la résonance magnétique nucléaire (RMN) qui fait intervenir le spin des électrons au lieu de celui des noyaux : la résonance paramagnétique électronique (également appelée de façon plus propre « résonance de spin électronique »). Le diamagnétisme, quant à lui, est un phénomène assez général dû au moment angulaire orbital des électrons et non au spin de ces derniers, qui consiste en l'apparition d'un champ magnétique de direction opposée à tout champ magnétique extérieur ; c'est un phénomène généralement de faible intensité, hormis quelques cas particuliers tels que, par exemple, l'or, le mercure, le bismuth et surtout les matériaux supraconducteurs (effet Meissner). Fluorescence et phosphorescence. Un électron d'un atome peut être excité par absorption d'un photon incident, ce qui le fait occuper une orbitale atomique d'énergie supérieure à celle de son état fondamental. De nombreuses molécules aromatiques ou présentant des liaisons π conjuguées sont susceptibles d'être ainsi excitées simplement par éclairage ; leur relaxation vers l'état fondamental se traduit alors par l'émission d'un ou plusieurs photons, selon deux mécanismes distincts : Raies spectrales. L'interaction d'atomes avec un rayonnement électromagnétique peut également se traduire par l'apparition de raies d'absorption ou d'émission à certaines longueurs d'onde particulières sur un spectre par ailleurs continu. Ces longueurs d'onde correspondent à l'énergie de transition entre couches électroniques et sous-couches électroniques : lorsqu'un atome est atteint par un photon ayant une énergie égale à l'une de ces transitions entre niveaux d'énergie électroniques, un électron peut absorber ce photon et passer à un niveau d'énergie supérieur, laissant une longueur d'onde déficitaire en photons, ce qui se matérialise dans le spectre par une raie d'absorption. Chaque atome, chaque ion, et même chaque molécule ou radical libre, possède ainsi une signature spectrale caractéristique, très employée par exemple en astrophysique pour détecter leur présence et déterminer leur concentration dans le milieu interstellaire, voire l'espace intergalactique : la disposition des raies spectrales, leur éventuel décalage (décalage vers le rouge), leur largeur, leur netteté et leur éventuelle séparation en plusieurs composantes (ce qu'on appelle leur structure fine) sont ainsi des paramètres riches d'informations sur le milieu traversé par le rayonnement analysé entre sa source et sa détection par les instruments de spectroscopie. États de la matière. La matière baryonique peut exister à l'état solide, liquide ou gazeux selon sa température et sa pression : les transitions entre ces états surviennent à des niveaux de température et de pression directement en rapport avec les propriétés des atomes et de leurs arrangements moléculaires qui constituent chaque matériau. Les états solide et liquide sont qualifiés d’"états condensés", tandis que les états liquide et gazeux sont qualifiés d’"états fluides". Les cristaux liquides (une mésophase) sont un état intermédiaire entre solide et liquide. Il existe par ailleurs des états de la matière moins courants sur Terre et qui dérivent des précédents : Formation et évolution des atomes. Les atomes constituent environ 4 % de l'énergie totale observable de l'univers, avec une concentration moyenne d'un atome pour quatre mètres cubes. Dans le milieu interstellaire d'une galaxie telle que la Voie lactée, la concentration d'atomes varie selon les régions entre cent mille et un milliard d'atomes par mètre cube, bien que l'environnement immédiat du Soleil soit bien plus ténu : à peine cinquante mille atomes par mètre cube, ce qui définit précisément la bulle locale comme une cavité dans le milieu interstellaire formée par l'explosion de supernovas voisines il y a deux à quatre millions d'années. Les étoiles se forment à partir de nuages denses, et les réactions de fusion nucléaire qui se déroulent en leur sein conduisent à la formation d'éléments chimiques plus lourds que l'hydrogène, l'hélium et le lithium produits à la suite du Big Bang. Plus de 95 % des atomes de la Voie lactée se trouvent dans les étoiles, et les atomes « visibles » de notre galaxie représentent environ 10 % de sa masse : le reste de cette masse serait constitué d'une mystérieuse matière noire. Nucléosynthèse. Dans les premières minutes de l'existence de l'univers, les quatre éléments les plus légers se sont formés au cours de la nucléosynthèse primordiale : environ 75 % d'hydrogène H, 25 % d'hélium He, 0,01 % de deutérium H, et des traces (de l'ordre de 10) de lithium Li. Cette nucléosynthèse aurait été trop brève pour permettre la synthèse d'éléments plus lourds que le lithium et pour permettre la fusion du deutérium. Les atomes proprement dits, avec leur nuage électronique, se seraient formés lors de la recombinaison, environ après le Big Bang, et les premiers quasars et étoiles se seraient formés après d'années. La nucléosynthèse stellaire aurait alors pris le relais pour former tous les éléments chimiques jusqu'au fer par fusion successive de noyaux d'hélium : À ce stade, la fusion cesse d'être exothermique et des réactions nécessitant un milieu très énergétique interviennent pour former les éléments plus lourds : capture neutronique (processus "r", processus "s"), protonique (processus "rp"), et photodésintégration (processus "p"), qui interviennent tout à la fin de vie des étoiles, même peu massives, et surtout lors de l'explosion de supernovas. Sur Terre. Selon toute vraisemblance, la grande majorité des atomes qui constituent la Terre étaient déjà présents dans la nébuleuse solaire, dont l'effondrement gravitationnel aurait engendré le système solaire. Les atomes apparus depuis proviennent le plus souvent de la désintégration radioactive d'éléments primordiaux instables, et les rapports isotopiques des éléments correspondants offrent le moyen d'évaluer l'âge de la Terre par datation radiométrique. Par ailleurs, l'abondance naturelle de l'hélium 3 sur Terre par rapport à l'hélium 4 des gisements de gaz naturel permet de déduire que 99 % de l'hélium 4 terrestre provient de la radioactivité α. D'autres atomes, qualifiés de « cosmogéniques, » proviennent de l'interaction des rayons cosmiques avec l'atmosphère terrestre : c'est le cas bien connu du carbone 14, mais aussi, par exemple, du béryllium 10. Enfin, de très nombreux atomes synthétiques sont produits en laboratoire à des fins essentiellement scientifiques, parfois militaires, rarement industrielles (en raison du coût prohibitif des matériaux ainsi produits), tels que le silicium 42 (pour valider certaines hypothèses sur le modèle en couches décrivant la structure nucléaire), le plutonium 239 (matériau de choix pour les armes nucléaires), le technétium 99m (très utilisé en médecine nucléaire) ou encore l'américium 241 (employé industriellement dans les détecteurs de fumée). Atomes de Rydberg. Sous certaines conditions, il est possible d'exciter des atomes, par exemple avec un laser à colorant, pour placer certains de leurs électrons dans des orbitales atomiques correspondant à un nombre quantique principal "n" égal à plusieurs dizaines d'unités, voire supérieur à 100. De tels atomes sont appelés "atomes de Rydberg". Ils ont des propriétés remarquables, telles qu'une très grande susceptibilité électrique et magnétique, une relative stabilité, et des fonctions d'onde électroniques approchant, dans une certaine mesure, l'orbite décrite par un électron en mécanique classique autour du noyau. Les électrons de cœur écrantent le champ électrostatique du noyau du point de vue de l'électron périphérique, pour lequel le potentiel du noyau est identique à celui d'un atome d'hydrogène. Le comportement de cet électron particulier est particulièrement bien décrit par le modèle de Bohr, pourtant très insuffisant pour modéliser les atomes « conventionnels ». Les atomes de Rydberg ont une taille très supérieure à celle des atomes à l'état fondamental : l'état d'excitation jusqu'à "n" = 137 d'un atome d'hydrogène correspond à un rayon atomique d'environ , soit cinq ordres de grandeur au-dessus du rayon d'un atome d'hydrogène à l'état fondamental (). Ils ne peuvent exister dans le milieu naturel terrestre car leur énergie d'ionisation y est bien inférieure à l'énergie thermique, mais représentent une partie importante de la matière du milieu interstellaire, où ils peuvent persister longtemps sans interaction avec d'autres atomes ni avec des champs électriques ou magnétiques susceptible de provoquer leur retour à l'état fondamental. La raie spectrale à révélatrice de la transition de nombre quantique principal entre et de l'atome d'hydrogène est ainsi très fréquemment observée par les astronomes. Compte tenu de leur susceptibilité électrique et magnétique très élevée, les propriétés électriques et magnétiques des milieux contenant une proportion significative d'atomes de Rydberg sont sensiblement altérées par leur présence. Formes atomiques rares ou hypothétiques. Différentes formes d'atomes exotiques ont été conjecturées, et parfois observées. C'est le cas, par exemple, des atomes muoniques, dans lesquels un électron est remplacé par un muon : ce dernier étant plus massif qu'un électron, il présente des orbitales plus proches du noyau, ce qui donne des « atomes » plus petits. De la même façon, un électron peut être remplacé par un hadron, tel qu'un méson, une particule Σ−, voire un antiproton. Le seul atome exotique ayant une durée de vie significative est le muonium, résultant de l'interaction d'un électron avec un muon μ+ servant de « noyau ». Ces formes d'atomes sont utiles pour vérifier certains aspects du modèle standard de la physique des particules, notamment les interactions élémentaires. L'interaction d'un positron avec un antiproton donne un atome d'antihydrogène, qui est un atome d'antimatière. Il existe "a priori" un « antiatome » pour chaque atome ; la production d'antimatière demeure néanmoins une expérience particulièrement coûteuse en énergie, et seul l'antihydrogène a été synthétisé à ce jour. Il existe également tout une variété d'atomes « conventionnels » mais néanmoins absents du milieu naturel et donc produits artificiellement. Ces éléments synthétiques sont, à deux exceptions près, des transuraniens, qui sont de plus en plus instables à mesure que leur numéro atomique augmente. Histoire du concept d'atome. La notion d'atome est particulièrement bien admise par le grand public, pourtant, paradoxalement, les atomes ne peuvent pas être observés par des moyens optiques et seuls quelques rares physiciens manipulent des atomes isolés. L'atome est donc un modèle essentiellement théorique. Bien que ce modèle ne soit plus aujourd'hui remis en cause, il a beaucoup évolué au cours du temps pour répondre aux exigences des nouvelles théories physiques et rendre compte des résultats expérimentaux obtenus au fil du temps. Antiquité : un concept philosophique. Il est possible que divers peuples aient développé la notion de « grain composant la matière », tant ce concept peut sembler évident lorsque l'on morcelle une motte de terre, ou en regardant une dune. Dans la culture européenne, ce concept apparaît pour la première fois dans la Grèce antique au , chez les philosophes présocratiques, notamment Leucippe (environ 460-370 av. J.-C.), Démocrite et plus tard Épicure. La théorie atomiste sera ensuite magnifiquement exposée par le Romain Lucrèce dans son œuvre "De rerum natura", qu’il résume en affirmant que « les corps premiers sont [...] d’une simplicité impénétrable, et forment un ensemble homogène et étroitement cohérent de particules irréductibles [...] dont la nature ne permet pas qu’on puisse encore rien retrancher ni soustraire. » Un des arguments majeurs développé par les atomistes est la permanence de l'univers qui suggère l'existence d'objets ultimement insécables rendant nécessaire une certaine quantité d'énergie pour disséquer la matière. Dans le cas contraire, toute énergie non nulle suffirait à dégrader la matière et userait l'univers qui prendrait peu à peu la forme de poussières impalpables. L'univers étant pensé ancien par les Grecs, cette idée d'une continuité de la matière était donc incompatible avec la stabilité du monde observée. Il s'agit d'une conception du monde qui fait partie de la recherche des principes de la réalité, recherche qui caractérise les premiers philosophes : on suppose que la matière ne peut se diviser indéfiniment, qu'il y a donc une conservation des éléments du monde, qui se transforment ou se combinent selon des processus variés. La décomposition du monde en quatre éléments (eau, air, terre, feu) peut donc compléter cette thèse. L'atomisme est une solution concurrente, qui naît de l'opposition de l'être et du néant : l'atome est une parcelle d'être qui se conserve éternellement, sans quoi les choses finiraient par disparaître. Les atomes sont indivisibles ; ils composent la matière comme les lettres composent les mots. Ce fut sans doute un tournant philosophique majeur, à l'origine du matérialisme et de la séparation de la science et de la religion. Cependant, même si l'empirisme épicurien tente d'établir cette hypothèse sur des bases scientifiques, l'atome demeure une intuition sans confirmation. La chimie du — les éléments. Depuis des millénaires, on a remarqué que les produits se transforment : le feu, la métallurgie, la corrosion, la vie, la cuisson des aliments, la décomposition de la matière organique Par exemple, pour Empédocle, les transformations de la matière s'expliquaient de la manière suivante : il y avait quatre types d'éléments (eau, air, terre, feu) qui s'associaient et se dissociaient, en fonction de l'amour ou de la haine qu'ils se portaient — les fameux « atomes crochus ». Au Moyen Âge, les alchimistes ont étudié ces transformations et remarqué qu'elles suivent des règles bien précises. Vers 1760, des chimistes britanniques commencent à s'intéresser aux gaz produits par les réactions, afin d'en mesurer le volume et de les peser. Ainsi, Joseph Black, Henry Cavendish et Joseph Priestley découvrent différents « airs » (c'est-à-dire gaz) : l'« air fixe » (le dioxyde de carbone), l'« air inflammable » (le dihydrogène), l'« air phlogistiqué » (le diazote), l'« air déphlogistiqué » (le dioxygène)… (Le terme « phlogistique » provient de la théorie du chimiste allemand Georg Ernst Stahl, au début du , pour expliquer la combustion ; cette théorie fut balayée par Lavoisier.) Antoine Lavoisier énonce en que : (formulé d'une manière légèrement différente à l'époque) signifiant par là que : Cette observation marque la naissance de la chimie. Les scientifiques commencent donc à recenser les éléments dont sont composées toutes les substances et à créer une nomenclature systématique — oxygène : qui produit des acides (οξυs signifie « acide » en grec) — hydrogène : qui produit de l'eau… Par exemple, en , Lavoisier, en suivant les travaux des chimistes britanniques, établit que l'air se compose d'« air vital » (dioxygène) et d'« air vicié et méphitique, mofette » (diazote) ; en , il décompose l'eau (en faisant passer de la vapeur d'eau sur du fer chauffé au rouge) et montre donc que ce n'est pas un élément, mais que l'eau est décomposable en éléments (c'est en fait une pyrolyse). Le terme d'« analyse » provient d'ailleurs de cette notion de décomposition, "lusis" (λυσιs) signifie « dissolution » en grec : on décompose les produits (par attaque acide, en les brûlant, en les distillant) jusqu'à obtenir des substances simples reconnaissables facilement (l'hydrogène, l'oxygène, le carbone, le fer). On a donc la première constatation expérimentale de la décomposition de la matière en substances élémentaires. La physique du — les particules. Un autre pas, fait en parallèle, vient de l'étude des propriétés des gaz et de la chaleur (thermodynamique). Les fluides (liquides et gaz) sont étudiés en Europe depuis l'Antiquité, mais c'est au milieu du que l'on commence vraiment à cerner leurs propriétés, avec l'invention du thermomètre (thermoscope de Santorre Santario, ), du baromètre et du vide pompé (Evangelista Torricelli, ), l'étude de l'expansion des gaz (Gilles Personne de Roberval, ), la pression atmosphérique (Blaise Pascal et Florin Perrier, ), les relations entre pression et volume (Robert Boyle en , Edme Mariotte en ), la notion de zéro absolu (Guillaume Amontons, ) René Descartes (mathématicien, physicien et philosophe français) émet l'idée, en , que les gaz sont composés de particules tourbillonnantes. Mais il ne s'agit là encore que d'une conception imagée, sans appui expérimental ; dans le même ordre d'idées, Descartes pensait que c'était aussi un tourbillon de « matière subtile » qui entraînait la rotation des planètes (ceci fut mis en défaut par Isaac Newton avec l'attraction universelle en ). Cependant, cette notion de corpuscules inspire d'autres scientifiques. Les mathématiciens suisses Jakob Hermann () et Leonhard Euler (), mais surtout le physicien suisse Daniel Bernoulli (), effectuent des calculs en supposant que les gaz sont formés de particules s'entrechoquant, et leurs résultats sont en accord avec l'expérience. C'est la conception « cinétique » des gaz, c'est-à-dire l'explication de la température et de la pression par des particules en mouvement. Une autre science se développe à la fin du : la cristallographie. Ce qui intrigue les scientifiques, c'est l'observation des formes géométriques des cristaux naturels, et leur capacité à se cliver selon des plans lisses respectant ces symétries. Reprenant l'idée de classification des êtres vivants de Carl von Linné, on commence à rechercher et classer les minéraux (Jean-Baptiste Romé de L'Isle, ). L'abbé René Just Haüy, en , suppose que la forme des cristaux reflète la symétrie d'une « brique élémentaire », le cristal étant un assemblage de ces briques. On retrouve ici cette notion de composant élémentaire de la matière. — le triomphe de l'atome. À ce stade, ressortent trois notions : Ces notions ont en commun le fait que la matière homogène est composée de corpuscules tous semblables entre eux, mais trop petits pour être visibles. Les découvertes du permettent de faire converger ces trois notions, et d'établir les notions de molécule et d'atome. John Dalton, en , mesure les masses des réactifs et des produits de réaction, et en déduit que les substances sont composées d'atomes sphériques, identiques pour un élément, mais différents d'un élément à l'autre, notamment par la masse de ces atomes. Il découvre également la notion de pression partielle (dans un mélange de gaz, la contribution d'un gaz donné à la pression totale). Il fut le premier à émettre les idées de la théorie atomique. En , Joseph Louis Gay-Lussac, établit la loi reliant la température et la pression d'un gaz. En , il établit que les gaz réagissent en proportions déterminées ; les rapports des volumes des réactifs et des produits de réaction sont des nombres entiers petits. Le fait que ce soit des nombres entiers, a induit fortement à penser que la matière n'est pas « continue » (pensée dominante à cette époque), mais faite d'éléments discontinus. Amedeo Avogadro (physicien italien), en , énonce, sans preuve, que pour une température et une pression fixées, un volume donné de gaz contient toujours le même nombre de molécules, et ce quel que soit le gaz. Il fait également l'hypothèse que les gaz sont polyatomiques, et définit nettement molécules et atomes. André-Marie Ampère (1814), Jean-Baptiste Dumas () et William Prout () arrivent à la même conclusion. En 1813, Jöns Jacob Berzelius inventa et fit admettre universellement des formules chimiques analogues aux formules algébriques pour exprimer la composition des corps ; le système actuel de notation fut adopté grâce à lui qui le proposa. En , publie une théorie cinétique des gaz pour expliquer la propagation des sons, les changements de phase (vaporisation, liquéfaction) et la diffusion des gaz. Robert Brown, en , observe le mouvement de particules à l'intérieur de grains de pollen ; ceux-ci vont en ligne droite, et ne changent de direction que lors d'un choc avec un autre grain ou bien contre une paroi. C'est de ce comportement, le « mouvement brownien », que s'inspireront les physiciens pour décrire le mouvement des molécules de gaz. Gabriel Delafosse, en , suppose que l'on peut dissocier la composante élémentaire du cristal et son organisation ; ainsi, la brique élémentaire de Haüy pourrait être un réseau aux nœuds duquel se trouveraient des « molécules » ; ce serait la forme du réseau qui donnerait la forme au cristal et non pas nécessairement la forme des molécules. Louis Pasteur, en , établit le lien entre la forme des molécules et la forme des cristaux (en fait, la molécule donne sa forme au réseau, et le réseau sa forme au cristal). Auguste Bravais, en , détermine les 32 réseaux cristallins possibles. En , Stanislao Cannizzaro insiste sur la distinction, précédemment émise par Avogadro sous forme d'hypothèse, entre le poids moléculaire et atomique et montre comment le poids atomique des éléments contenus dans des composés volatils peut être déduit de la connaissance de leur chaleur spécifique et comment le poids atomique des composés dont la densité de vapeur est inconnue peut aussi être déduite de la chaleur spécifique. La même année, Rudolf Clausius (physicien allemand) définit le libre parcours moyen d'une molécule dans un gaz (distance moyenne parcourue entre deux chocs). Partant de là, en , James Clerk Maxwell introduit la notion de dispersion statistique des vitesses des molécules dans la cinétique des gaz. Ceci permet à Ludwig Boltzmann, en , d'estimer la taille des molécules et de définir la répartition statistique des vitesses dans un gaz. En 1863, John Newlands publie le premier tableau périodique des éléments, ordonnés en fonction de leur masses atomiques relatives, et émet l'hypothèse, en , de la « loi des octaves » selon laquelle les propriétés chimiques d'un élément de la table se retrouvent tous les huit éléments. Personne n'y croit à l'époque. Dimitri Ivanovitch Mendeleïev (chimiste russe), en , classe les atomes par masse croissante, et remarque qu'il y a bien une périodicité dans leurs propriétés chimiques. Il établit donc un tableau classant les éléments ; les trous dans ce tableau donnent l'élan à des scientifiques de rechercher les éléments manquants. Bilan. La notion d'atome et de molécule a donc permis le succès de la thermodynamique statistique, de la chimie et de la cristallographie. À cette notion, vont correspondre des modèles qui seront affinés au cours du développement de la physique et particulièrement précisés par les découvertes de la physique quantique durant le , et notamment : Historique des modèles de l'atome. Dans l'histoire des sciences, plusieurs modèles de l'atome ont été développés, au fur et à mesure des découvertes des propriétés de la matière. Aujourd'hui encore, on utilise plusieurs modèles différents ; en effet, le modèle le plus récent est assez complexe, l'utilisation de modèles « anciens » ou partiellement faux, mais plus simples, facilite la compréhension, donc l'apprentissage et la réflexion. Depuis l'antiquité grecque, on supposait que la matière pouvait se fractionner en petits morceaux jusqu'à obtenir des grains indivisibles, qu'elle était comme « de la poussière dans la lumière ». C'est avec l'expérience de Rutherford que l'on atteint enfin ce grain : les particules α, en traversant la matière, voient leur trajectoire perturbée, ce qui va permettre enfin de savoir comment est organisée cette « poussière »… Modèles obsolètes. Les modèles présentés dans cette section sont trop éloignés de la réalité pour pouvoir être utilisés. Ils ne sont présentés ici qu'à titre historique. Modèle de J.J. Thomson ou modèle de l'électron élastiquement lié à l'atome. Avec la découverte de l’électron en 1897, on savait que la matière était composée de deux parties : une négative, les électrons, et une positive, le noyau. Dans le modèle imaginé alors par Joseph John Thomson, les électrons, particules localisées, baignaient dans une « soupe » positive, à l’image des pruneaux dans le far breton (ou dans le "plum-pudding" pour les Britanniques ou encore comme des raisins dans un gâteau). Ce modèle fut invalidé en 1911 par l'expérience d’un de ses anciens étudiants, Ernest Rutherford. Modèle planétaire de Rutherford. L'expérience de Rutherford met en évidence que les charges positives ne sont pas « étalées » entre les électrons, mais sont concentrées en de petits points. Il bombarda une fine feuille d'or par un faisceau de particules alpha (particules de charges électriques positives). Il observa que les particules étaient déviées faiblement, ce qui ne correspondait pas au résultat prévu par le modèle de Thomson, pour lequel, elles n'auraient pas dû la traverser. Rutherford imagine donc un modèle planétaire : l'atome est constitué d'un noyau positif autour duquel tournent des électrons négatifs. Entre le noyau et ses électrons, un très grand vide existe. Ce modèle fut très vite mis en défaut par les équations de Maxwell d'une part, qui prédisent que toute charge accélérée rayonne de l'énergie, et par les expériences montrant la quantification des niveaux d'énergie d'autre part. Modèles approchés couramment employés. Modèle des sphères dures. Le modèle le plus simple pour représenter un atome est une boule indéformable. Ce modèle est très utilisé en cristallographie. Une molécule peut se voir comme plusieurs boules accolées, un cristal comme des boules empilées. On utilise parfois une représentation « éclatée » : les atomes sont représentés comme des petites boules espacées, reliées par des traits, permettant de faire ressortir les directions privilégiées, les angles et de visualiser le nombre des liaisons. Ce modèle correspond bien à certaines propriétés de la matière, comme la difficulté de comprimer les liquides et les solides, ou bien le fait que les cristaux ont des faces bien lisses. En revanche, il ne permet pas d'expliquer d'autres propriétés, comme la forme des molécules : si les atomes n'ont pas de direction privilégiée, comment expliquer que les liaisons chimiques révèlent des angles bien définis ? Modèle de Bohr. Un modèle fut développé par Niels Bohr en 1913 à partir des propriétés mises en évidence par Planck et Rutherford. Dans le modèle des sphères dures, l’atome est un objet entier, indécomposable. Or, on sait depuis le milieu du que l’on peut en « arracher » des particules portant une charge électrique négative, les électrons. Dans le modèle de Bohr, l’atome est composé d’un noyau chargé positivement, et d’électrons tournant autour, les rayons des orbites des électrons ne pouvant prendre que des valeurs bien précises. Le noyau est très compact, d’un diamètre d’environ 10 à 10 m, c’est-à-dire que le noyau est cent mille à un million de fois plus petit que l’atome ; il porte une charge électrique positive. C’est aussi la partie la plus lourde de l’atome, puisque le noyau représente au moins 99,95 % de la masse de l’atome. Les électrons sont ponctuels, c’est-à-dire que leur rayon est admis quasi nul (tout du moins plus petit que ce que l’on peut estimer). Ils portent une charge négative. Pour des raisons de lisibilité, le schéma ci-dessous n’est donc pas à l’échelle, en ce qui concerne les dimensions du noyau et des électrons, ni aussi pour les rayons des différentes orbites (on notera ici que le nombre d’électrons sur les orbites n’est pas prédit par le modèle). Cette vision permet de décrire les phénomènes spectroscopiques fondamentaux, c’est-à-dire le fait que les atomes absorbent ou émettent seulement certaines longueurs d’onde (ou couleur) de lumière ou de . En effet, le système {noyau+électrons} étant stable et confiné, d’énergie négative, il ne possède qu’un ensemble discret d’états (et donc de niveaux) d’énergie : c’est le passage d’un état à l’autre de l’atome qui provoque une émission discrète d’énergie, ce qui explique donc les raies spectroscopiques des atomes. Le modèle de Bohr, décomposant l’atome en deux parties, un noyau et un nuage d'électrons, est plus précis que le modèle des sphères dures, pour lequel la surface de la sphère correspond à l’orbite des électrons extérieurs. Cependant, très vite, le modèle de l’atome de Bohr ne permettra pas d’expliquer l’ensemble des observations (effet Zeeman). Il faut attendre 1924-1926 pour qu’avec Schrödinger, les orbites deviennent orbitales avec des énergies stationnaires : la mécanique quantique est née. Modèle actuel : modèle de Schrödinger. La naissance de la mécanique ondulatoire de Louis de Broglie en 1924, généralisée par Erwin Schrödinger en 1926 amène à proposer un nouveau modèle, dont les aspects relativistes furent décrits par Paul Dirac en 1928 ; il permet d'expliquer la stabilité de l'atome et la description des termes spectroscopiques. Dans ce modèle, les électrons ne sont plus des billes localisées en orbite, mais des "nuages de probabilité de présence". Ce point de vue, révolutionnaire, peut choquer en première approche. Cependant la représentation que l'on pouvait se faire d'un électron — une petite bille ? — était dictée par les formes observées dans le monde macroscopique, transposées sans preuves dans le monde "microscopique". Il faut bien se douter du fait que ce que l'on connaît de l'électron ne repose que sur des manifestations indirectes : courant électrique, tube cathodique (télévision)… Depuis les années 1930, on modélise ainsi l'électron par une « fonction d'onde », généralement notée Ψ, dont le carré de la norme représente la densité de probabilité de présence. Pour représenter fidèlement les propriétés de l'électron, on ne dispose que de fonctions mathématiques compliquées ; cette abstraction rebute encore bien des physiciens. Nous essayons ci-dessous de donner une image de la notion de fonction d'onde, image nécessairement imparfaite. De manière un peu plus exacte : un électron, hors d'un atome, est représenté par un paquet d'ondes, qui peut être considéré, dans certaines limites, comme une petite bille. La mécanique quantique démontre qu'un tel paquet d'ondes s'étale au cours du temps ; au contraire, un électron d'un atome conserve la structure de la fonction d'onde associée à l'orbite qu'il occupe (tant qu'il n'est pas éjecté de l'atome). La mécanique quantique postule donc, non la conservation de la forme (non connue) de l'électron, mais la conservation de l'intégrale de la probabilité de présence. Dans le modèle de Schrödinger, les "nuages" correspondant aux différents électrons s'interpénètrent ; il n'est pas question de se donner une représentation individuelle des électrons chacun sur son orbite, comme cela était dans le cas du modèle de Bohr. Cela est d'autant plus vrai que les électrons sont des particules identiques "indiscernables". Les effets d'échange amènent à considérer que chaque électron de l'atome est à la fois sur chaque orbitale occupée (correspondant à une configuration électronique donnée). L'ionisation de l'atome (l'arrachement d'un électron de l'atome) peut alors être représentée par le schéma simplifié ci-dessous. Pour éviter des complications inutiles, on considérera l'atome le plus simple (l'atome d'hydrogène) afin de montrer quelques schémas dévoilant les points fondamentaux du modèle : Soit formula_2 la densité de probabilité de présence de l'électron au point de coordonnées sphériques formula_3. Par définition de cette densité, la probabilité que l'électron se trouve dans l'élément de volume formula_4 entourant le point formula_3 est formula_6. Dans l'état fondamental, la densité de probabilité est de symétrie sphérique, c'est-à-dire que ne dépend pas de ni de : on peut la noter plus simplement formula_7. On montre que formula_7 est maximale pour formula_9 (et décroît jusqu'à 0 quand formula_10) ; autrement dit, le point où l'électron a le plus de chances de se trouver est au centre de l'atome. Considérons maintenant la densité radiale de probabilité de présence de l'électron, formula_11. Par définition de cette densité, la probabilité que l'électron se trouve dans une couronne sphérique d'épaisseur formula_12 autour de la distance radiale , de volume formula_13, est formula_14, donc formula_15. On montre que formula_11 est une fonction croissante puis décroissante de , nulle pour formula_9 et formula_10 et maximale pour formula_19 où formula_20 est le rayon de la première orbite du modèle de Bohr (). Autrement dit, la distance du centre de l'atome à laquelle l'électron a le plus de chances de se trouver est formula_20. En fonction de l'état quantique de l'électron (fondamental, excité…) ces nuages peuvent prendre différentes formes, qui sont décrites en particulier par les harmoniques sphériques. La forme la plus simple est la symétrie sphérique, montrée en particulier, ci-dessus, dans le cas de l'état fondamental, |1s>. Des combinaisons linéaires de fonctions d'onde, utilisant des harmoniques sphériques distinctes, permettent l'apparition d'une anisotropie qui va devenir essentielle pour le passage de la notion d'atome à celle de molécule. Le schéma ci-contre montre une coupe de la densité de probabilité de présence de l'orbitale hybride |formula_22 > de l'atome d'hydrogène, coupe contenant "Oz" axe de symétrie de l'orbitale atomique. Pour cet exemple, l'axe "Oz" devient une direction privilégiée, mais de plus la densité de probabilité de présence s'étale plus loin pour une orientation donnée. Ce modèle permet d'expliquer : On notera pour terminer que des corrections relativistes sont à apporter, dans le cas des atomes de numéro atomique élevé, pour la détermination des niveaux internes (les vitesses des électrons sur les orbites du modèle de Bohr sont alors importantes). Noyau atomique. Si la mécanique quantique permit d'expliquer rapidement les caractéristiques spectroscopiques des atomes et des molécules, le cœur de l'atome, son noyau, fut plus difficile à comprendre. Les difficultés sont ici de deux ordres : l'une correspondant à l'importance de l'énergie des particules sondes permettant d'atteindre les dimensions de l'ordre du fermi, l'autre à la nécessaire invention d'au moins une interaction supplémentaire permettant la stabilité d'un noyau constitué de protons (qui se repoussent électriquement) et de neutrons. Cette compréhension de la cohésion du noyau devait aussi expliquer les phénomènes de radioactivité alpha, bêta et gamma, dont les premières observations dataient de la dernière décennie du . La décennie qui précéda la Seconde Guerre mondiale mena à la découverte des deux interactions maîtresses de la stabilité du cœur : l'interaction forte et l'interaction faible. La petitesse de la portée de ces deux interactions, respectivement 10 m et 10 m explique les difficultés expérimentales rencontrées. Les difficultés théoriques ne manquent pas, non plus ; il ne s'agit pas de lois physiques aussi "simples" que celles de l'électromagnétisme, même compliquées par la mécanique quantique, mais de la compréhension de toutes les particules élémentaires… L'invention des quarks et des gluons donne ainsi la vision actuelle de l'interaction qui maintient ensemble les nucléons. Cette physique nucléaire mène aussi à l'explication de la nucléosynthèse, expliquant les aspects nucléaires du tableau de Mendeleïev. On se retrouve là dans le foisonnement de la "naissance" de l'univers et de la dynamique des étoiles. Notation. Un atome est couramment désigné par son symbole chimique, complété par son nombre de masse A (égal au nombre de nucléons de l'atome) placé en haut et à gauche du symbole. Exemple : le carbone 12 de nombre de masse 12 est noté formula_23. Il est d'usage de compléter cette écriture par le numéro atomique Z, placé en bas et à gauche du symbole, pour décrire une réaction nucléaire dans laquelle intervient un isotope. Le carbone 12 est ainsi noté formula_24. Ainsi, le carbone 14 formula_25 et le carbone 12 formula_24 sont deux isotopes.
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Abréviations en informatique U
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Agriculture en Arabie saoudite L'agriculture représente approximativement 2 % du produit intérieur brut du Royaume d'Arabie saoudite et emploie près de 5 % de la population active. L'État est très engagé pour la production agricole du pays, qui doit cependant importer 70 % de sa nourriture. Les exportations sont principalement constituées de dattes, œufs, poisson, volaille, fruits, légumes et fleurs. Caractéristiques générales. L'Arabie saoudite dispose de 3 millions d'hectares de terres arables. Mais l'économie du royaume est quasiment fondée sur l'or noir et la dégringolade des tarifs pétroliers a dirigé à un relâchement du développement. Dès qu'ils ont atteint 3,5 % du produit intérieur brut il y a 1 an, la marge de progression économique saoudienne s'est clairement diminuée en 2016, n'atteignant que 1,2 % du produit intérieur brut en fonction des évaluations. Le gouffre de la dette est allé jusqu'à 14,1 % du produit intérieur brut, en augmentation importante face à 2015 mais inférieur aux estimations. Le déficit public (14 % du produit intérieur brut) a clairement amélioré mais demeure soutenable en raison des grandes stocks saoudiens. Les états financiers 2017 stoppent la politique de rigueur et envisagent des relevés de soutien à la marge de progression. Production traditionnelle. La production traditionnelle se limite à de rares zones arables fertiles (3 % de la superficie, surtout dans les hautes terres du sud-ouest, en raison du passage de la mousson, et un peu dans le Nord-Ouest (Al-Hudud ach-Chamaliya) à ressources hydriques suffisantes (collines, montagnes ou vallées recevant de faibles précipitations, nombreux oueds, et absence de rivières et de lacs), essentiellement pour la survie du groupe sédentaire (clan, tribu), et accessoirement de vente aux villes, agglomérations, ou autres tribus, par l'intermédiaire de clans (semi-)nomades. Outre les hauteurs de l'Asir (Abha), du Jizan, de l'Al Bahah et de Najran, la basse plaine côtière de la Tihama (ouest) supporte une agriculture de subsistance, pour une population peu nombreuse. À l'intérieur, au centre, au Nord et à l'Est, rares sont les zones à eaux souterraines permettant une agriculture limitée. Les rares grandes oasis sont sur sols passablement fertiles et nappes phréatiques élevées : Al-Hassa (Al-Hufuf), Al Khardj, Al-'Ula (Dadan), Haïl, Khaybar, Qatif, Sakaka, Tabuk, Tayma, pour les dattes et les agrumes. L'élevage de bétail (ovins, caprins, bovins, camélidés), par des populations bédouines, est possible uniquement de manière semi-nomade, selon les zones et saisons (ou annés) de disponibilité de fourrage et d'eau de pluie (sources et puits à entretenir, développer et partager), en accord, complémentarité et coopération (et parfois/souvent en conflit) avec les populations plus sédentaires. Les commerçants itinérants (route de l'encens et de la myrrhe) et les pèlerins (Hajj) circulent en caravanes avec approvisionnement et sous protection contre rémunération. Les bédouins eux-mêmes, généralement en petits groupes indépendants, familiaux, se protègent contre les incursions d'autres groupes, à l'intérieur de fédérations tribales, en développant des relations complexes intra-tribales et inter-tribales. Cette économie de subsistance tient jusque dans les années 1930. La population du pays dépasse rarement deux millions d'habitants pendant près de deux millénaires. Elle atteint 3 millions vers 1950, 4 vers 1960, 20 vers 2000, 35 en 2021. La démographie du Yémen suit à peu près la même courbe, de même que la démographie des Émirats arabes unis cumulée avec celle d'Oman, de Bahreïn, du Qatar. Au total, la péninsule arabique abrite environ 10 millions d'habitants en 1950 et 90 en 2020. Histoire récente. La part de l'agriculture dans le PNB saoudien ne cesse de décroître depuis 1960 jusqu'à atteindre moins de 3 % du PIB au milieu des . Bénéficiant d'aides gouvernementales, le secteur reprend peu à peu de l'importance jusqu'à représenter 13 % du PNB vers 1985. Il retombe pourtant à 7 % en 1990 et à 2,7 % en 2014. En revanche, le nombre de personnes employées par l'agriculture, l'élevage et la pêche est en augmentation ; il équivaut en 2005 à 6,7 % de la population active. Le gouvernement encouragee vigoureusement les efforts en matière agricole dans les à 2000, poursuivant à long terme un objectif d'autosuffisance alimentaire avant d’abandonner cet objectif. La surface cultivée passe de dans les à un pic de hectares à 1991 à une moyenne de d'hectares entre 1995 et 2006 avant de baisser à un million d'hectares en 2013. L'industrie agroalimentaire est en essor, utilisant surtout des produits de base importés, passant de 460 firmes en 2002 à 732 en 2012. En 2014, l'Arabie saoudite importe des ingrédients alimentaires et des produits en vrac pour un traitement ultérieur pour une valeur d'environ 4,5 milliards de dollars américains. Elle exporte une partie importante de sa production de produits alimentaires transformés, estimée à 2,9 milliards de dollars en 2014. Culture du blé (1973-2016). La production céréalière saoudienne repose massivement sur l'irrigation, à part dans les montagnes de l'Asir où les pluies de la mousson pourvoient aux besoins des cultures grâce à un système de rétention des eaux impliquant l'usage de terrasses. Depuis 1973, l'objectif numéro un a été l'extension de la surface cultivée, en particulier dans les régions où le blé en culture irriguée domine. Cette surface cultivée est passée de en 1973 à en 1990 et en 2000, la majeure partie de l'expansion venant des terres à blé. Le gouvernement offrant plusieurs fois le prix du marché pour le blé produit dans le pays, la surface consacrée au blé a littéralement explosé, passant de en une dizaine d'années. En 1954, la production est seulement de , mais le royaume devient autosuffisant en 1981 et en 1989, elle passe à de tonnes. Le record est atteint en 1991 avec de tonnes de blé qui ont donné lieu à de ryals saoudiens ( de dollars valeur 1991 soit milliards de $ actuels) de subvention agricole. Les besoins domestiques se limitant à , l'excédent est alors exporté ou donné, faisant de ce pays le exportateur mondial en 1992. Sous le règne de , la région du Nadj se métamorphose : les Saoudiens font pousser du blé dans le désert ; le sable cède la place à des centaines de cercles de blés verts au centre desquels des arroseurs automatiques font jaillir l'eau : les fermes circulaires. Celle-ci provient de sources surexploitées depuis les et désormais en voie de disparition. L'agriculture consomme plus de 80 % de l’eau du Royaume, alors qu’elle ne fournit que 20 % de son alimentation. L’Arabie Saoudite décide pour limiter cette consommation excessive d'eau d’arrêter sa production de blé en 2016. Politique agricole. L'Arabie saoudite a mené une politique agricole volontariste à partir des années 1970, visant à être autosuffisante. Cet objectif est abandonné en 2008, en raison de sa trop forte consommation d'eau. Le royaume vise dès lors à « délocaliser » cette production agricole, notamment par l'achat de terres dans les pays voisins. Productions agricoles et animales. L'Arabie saoudite est un pays grand comme 4 fois la France, essentiellement désertique, excepté une frange semi-désertique (< 200 mm de pluies) située au nord à proximité de la frontière jordanienne, et une petite chaîne montagneuse au Sud-Ouest (500 mm) à proximité de la mer rouge et du Yémen Les principales productions agricoles sont par ordre décroissant, les céréales, les fruits (dattes principalement), les fourrages et les légumes. Les principales productions animales sont les vaches laitières, la volaille (poulet de chair et œufs), les chameaux, les petits ruminants, l’aquaculture. L’essentiel de la production est concentrée autour de quelques grandes entreprises intégrées, allant de la production agricole jusqu’au produit industriel fini. Les plus grandes d’entre elles ont été publiques avant d’être progressivement privatisées. Leurs productions étaient principalement les céréales, le fourrage et le lait, avant de diversifier leur production agricole et industrielle. Une part de plus en plus importante de leurs productions se fait en dehors du pays, Afrique et Amérique pour la production agricole, Moyen-Orient pour la production agroalimentaire. Seuls les élevages de chameaux et de petits ruminants sont majoritairement le fait de petites exploitations, le plus souvent bédouines. L'Arabie saoudite a produit, en 2018 : En plus de petites productions d'autres produits agricoles. Échanges commerciaux. Malgré une production agricole et agroalimentaire significative, l’Arabie saoudite importe près de 80 % de ses besoins alimentaires, 22Mds€ en 2015. Les principaux postes sont les céréales (premier importateur mondial d’orge), les préparations alimentaires et les viandes (volailles principalement). Au cours des 10 dernières années la croissance moyenne des importations agroalimentaires a été en moyenne de 12 % par an, et même de 15 % en moyenne pour les préparations alimentaires, la viande et les fruits et légumes. Ce taux de croissance exceptionnel résulte d’une forte hausse de la population et de son pouvoir d’achat. Elle a, par ailleurs, récemment réformé ses politiques agricoles en faisant des choix drastiques sur les productions qu’elle souhaite développer. Elle veut limiter l’utilisation de ses ressources en eau. L’Arabie saoudite souhaiterait développer ses exportations de dattes vers l’Europe et la France notamment. Malgré un triplement de ses exportations en 10 ans, sa part de marché n’est cependant que de 4 %, au , loin derrière le Brésil, l’Inde et les États-Unis, à égalité avec l’Allemagne, l’Irlande et l’Égypte. À noter la présence des émirats arabes unis à la , qui correspond pour l’essentiel à des réexportations en provenance des mêmes pays d’origine précités. À noter la faible part de marché des céréales françaises dû aux conditions défavorables de la campagne 2014/2015 et pour le blé, à un taux de protéine, 11 %, ne répondant pas aux conditions des appels d’offres. Les perspectives de développement des exportations concernent tous les secteurs tant la croissance du marché saoudien est importante et tant la notoriété des produits est bonne. À noter que le fonds souverain saoudien spécialisé dans l’agroalimentaire, la Saudi Agriculture and Livestock Investment Company et les entreprises saoudiennes en général sont très intéressées par la création de partenariats avec des entreprises françaises sous la forme de joints venture, de franchise, d’investissements croisés ou plus simplement de fourniture d’expertise. L’expérience récente dans les secteurs des céréales et de la viande notamment, montre que l’accès au marché des sociétés étrangères est très largement facilité, lorsque ces dernières acceptent des prises de participation de la part d’investisseurs saoudiens. Accords internationaux. Adhérent de l'organisation mondiale du commerce depuis 2005, exportateur international, membre du G20, l'Arabie saoudite endosse une fonction majeure dans la finance internationale ( économie internationale). Élaboré sur la proximité des dispositifs stratégiques, culturels et économes, ce groupe prenne son temps pour réaliser ses ambitions, à la représentation de la conception d'un marché commun et d'une union monétaire qui paraît s'éloigner (retrait d'Oman et des EAU), malgré l'élaboration deux ans plus tôt d'un Conseil Monétaire commun et d'un coût douanier incroyable. Ce maillage bilatéral, régional et multilatéral permet à l'Arabie saoudite de rendre plus simple grandement ses transactions et l'extension de ses sociétés dans un autre pays, surtout dans les pays du golfe. Relations Bilatérales. Cette relation s'est accélérée avec la consultation au cours du mois de mai à Riyad de Nicolas Sarkozy, qui a abouti à l'approbation d'un programme d'action très audacieux, comportant plusieurs programmes. Le déploiement de ce schéma a été engagée sans attendre avec le triomphe des deux Honoraires conjointes qui se sont tenues coup sur coup dans le courant de l'année 2015 dans la capitale, ensuite au mois d' à Riyad en simultané qu'un important Communauté d'histoires. La quasi-totalité des protagonistes saoudiens admettent la qualité et le savoir-faire française dans le marché, mais regrette le pas beaucoup de visibilité de la proposition française sur le secteur saoudien. D'autres seraient susceptible de suivre dans les secteurs de la management des ressources marines, des recherches agronomique, de la fabrication animale.
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Abréviations en informatique X
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Abréviations en informatique, caractère non alphabétique
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Amharique L’amharique ( ; autonyme ) est une langue chamito-sémitique de la famille des langues sémitiques, une famille au sein de laquelle elle occupe, en termes de locuteurs, la deuxième place après l'arabe. En raison de la politique linguistique avant la chute du Derg, la langue est parlée en Éthiopie par une majorité de la population, soit comme langue maternelle , soit comme langue seconde ou véhiculaire. Depuis l'entrée en vigueur de la Constitution de 1994, l'amharique a perdu son statut de langue officielle unique, l'article 5-1 affirmant la reconnaissance par l'État du même statut pour toutes les langues éthiopiennes ; toutefois, l'article 5-2 accorde à l'amharique le statut de langue de travail du gouvernement fédéral. En dehors de l'Éthiopie, l'amharique est parlé par environ 2,7 millions de personnes vivant en Égypte, en Israël, à Djibouti, au Yémen, au Soudan, aux États-Unis, ainsi qu'en Érythrée par une partie de la population ayant connu la période antérieure à l'indépendance en 1993. L'amharique s'écrit à l'aide de l'alphasyllabaire éthiopien. Transcription. Il n'existe pas de romanisation standard de l'amharique, la graphie employée varie sensiblement selon les ouvrages et les langues. Il en existe cependant une transcription scientifique qui permet de rendre les caractères ge'ez de façon univoque. Elle exige des caractères spéciaux rarement disponibles sur les systèmes informatiques courants. On la rencontre donc peu en dehors des ouvrages de linguistique. Écriture. Différences avec l'alphasyllabaire éthiopien original. L'amharique s'écrit à l'aide de l'alphasyllabaire amharique, dérivé de l'alphasyllabaire éthiopien. Plusieurs lettres ont été ajoutées aux 26 de base : Outre les ajouts, l'alphasyllabaire amharique se distingue par la prononciation identique de quelques lettres différentes : Historiquement, ces sons ont été distincts. Ainsi, አ (ʾ) et ዐ (ʿ) sont à l'origine un coup de glotte et une pharyngale fricative sonore. Ces consonnes sont devenues des « porteurs de voyelles ». Lecture. Tout comme l'alphasyllabaire éthiopien, l'amharique se lit de gauche à droite. Les caractères sont séparés et n'ont pas de forme initiale, médiane, finale ou cursive, ou de différenciation majuscule - minuscule. Chaque caractère se présente sous sept formes, appelées « ordres », correspondant à la voyelle. Les ordres portent tous un nom en ge'ez, indiqué entre parenthèses : La lecture ne présente en général pas de difficultés ; par exemple, le troisième caractère de la première ligne se lit « "hi" ». Néanmoins, certains éléments sont sujets de réflexions. L'alphasyllabaire amharique n'indique pas les géminations, ce qui peut prêter à confusion ; አለ peut se lire "alä", « il a dit » ou "allä", « il y a ». Seul le contexte permet un choix. Dans la retranscription, la gémination est indiquée par un redoublement de la consonne. Un deuxième problème se rapporte au sixième ordre "ə", qui peut être la consonne suivie de la voyelle ou la consonne uniquement. La connaissance du terme et de sa prononciation se révèle indispensable. Le mot ደንበር, « frontière » pourrait se lire "dänəbär", mais la lecture correcte est "dänbär", la consonne "n" étant prononcée sans la voyelle. Le sixième ordre n'est presque jamais prononcé à la fin du mot. On dira, pour le mot ስንት, « combien », "sənt" et non "səntə". Une des rares situations où ce sixième ordre est prononcé est la récitation de la poésie.<br> Enfin, les lettres suivantes sont lues avec un "a" au premier ordre et non un "ä" : ሀ (ha), ሐ (ha), ኀ (ha), አ (a) et ዐ (a). Orthographe. L'orthographe est également peu compliquée, encore en raison de la nature de l'alphasyllabaire. Un questionnement existe autour du choix dans les lettres prononcées de manière identique. Celles-ci portent d'ailleurs des noms spécifiques pour bien les distinguer. La lettre est nommée en référence à un mot dans lequel on l'emploie. Ainsi, on parle du ንጉሡ ፡ ሠ, "nəgusu sä", ce qui signifie « le sä de nəgus », c'est-à-dire celui employé pour écrire le mot « nəgus ». <br> Le choix d'un caractère ne modifie en rien la prononciation. Toutefois, la décision d'écrire avec une lettre au lieu qu'une autre renvoie généralement à l'étymologie ge'ez, défendue par les traditionalistes. Un exemple est celui du mot ንጉሥ, "nəgus", qui s'écrit avec le "sä" ሠ et non ሰ. Pour ce terme, l'écriture d'origine est généralement respectée et connue, ce qui n'est pas toujours le cas. Il y a des débats entre traditionalistes sur les étymologies afin de justifier le choix d'un caractère. Au premier ordre, les lettres ሀ, ሐ, ኀ, አ et ዐ sont lues avec une voyelle "a" identique au quatrième ordre. Phonologie. Consonnes. Les consonnes éjectives correspondent aux consonnes emphatiques du proto-sémitique. Elles sont transcrites avec un point suscrit. Dans les tableaux ci-dessous, les symboles qui ne font pas partie de l'Alphabet Phonétique International sont indiqués entre parenthèses.
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André Gide André Gide est un écrivain français, né le à Paris et mort le à Paris. Il obtient le prix Nobel de littérature en 1947. Après une jeunesse perturbée par le puritanisme de son milieu, jeune Parisien qui se lie d'une amitié intense et tourmentée avec Pierre Louÿs, il tente de s'intégrer au milieu littéraire post-symboliste et d'épouser sa cousine. Une rencontre avec Oscar Wilde et un voyage initiatique avec Paul Albert Laurens le font rompre avec le protestantisme et vivre son homosexualité. Il écrit notamment "Paludes" qui clôt sa période symboliste et, après la mort « libératrice » de sa mère, ses noces avec sa cousine Madeleine en 1895, il achève "Les Nourritures terrestres", dont le lyrisme est salué par une partie de la critique à sa parution en 1897 mais qui est aussi critiqué pour son individualisme. Après des échecs au théâtre, il s'affirme comme un romancier moderne dans la construction et dans les thématiques et s'impose dans les revues littéraires. Si André Gide y soutient le combat des dreyfusards, mais sans militantisme, il préfére les amitiés littéraires , amitiés qui s'effacent parfois avec le temps comme celle de Pierre Louÿs. C'est avec ces amis qu'il fonde "La Nouvelle Revue française" ("NRF"), dont il est le chef de file et joue dès lors un rôle important dans les lettres françaises. Parallèlement, il publie des romans sur le couple qui le font connaître, comme "L'Immoraliste" en 1902 ou "La Porte étroite" en 1909. Ses autres romans publiés avant et après la Première Guerre mondiale l'établissent comme un écrivain moderne de premier plan auquel on reproche parfois une certaine préciosité. Les préoccupations d'une vie privée marquée par l'homosexualité assumée et le désir de bousculer les tabous sont à l'origine de textes plus personnels comme "Corydon" (publié tardivement en 1924) où il défend l'homosexualité et la pédérastie. Puis "Si le grain ne meurt" (1926), récit autobiographique relate sa petite enfance bourgeoise, ses attirances pour les garçons et sa vénération pour sa cousine Madeleine, qu'il finit par épouser tout en menant une vie privée compliquée. Son œuvre trouve ensuite un nouveau souffle avec la découverte des réalités du monde auxquelles il est confronté. Ainsi, le voyageur esthète découvre l'Afrique noire et publie en 1927 le journal de son "Voyage au Congo", dans lequel il dénonce les pratiques inhumaines des compagnies concessionnaires mais aussi celles de l'administration coloniale et l'attitude de la majorité des Européens à l'égard des populations colonisées, déclenchant une crise politique. Au début des années 1930, il s'intéresse au communisme, s'enthousiasme pour le régime soviétique, mais subit une désillusion lors de son voyage sur place à l'été 1936. Il publie son témoignage la même année, "Retour de l'U.R.S.S.", qui lui vaut de virulentes attaques des communistes. Il persiste cependant dans sa dénonciation du totalitarisme soviétique au moment des procès de Moscou et s'engage, parallèlement, dans le combat des intellectuels contre le fascisme. En 1940, accablé par les circonstances, il abandonne "La Nouvelle Revue française" et quasiment l'écriture en se repliant sur la Côte d'Azur, puis en Afrique du Nord durant la guerre. Après le conflit, il est mis à l'écart de la vie littéraire, mais honoré par le prix Nobel de littérature en 1947. Il se préoccupe dès lors de la publication intégrale de son "Journal". Il meurt le . Biographie. Enfance. Paul Guillaume André Gide naît le à Paris. Il est le fils de Paul Gide, professeur de droit à la faculté de Paris, et de Juliette Rondeaux. Le premier, originaire d'Uzès, descend d'une austère famille huguenote qui cultive le souvenir des dragonnades et l'esprit de résistance. La seconde est la fille de riches bourgeois rouennais, anciennement catholiques et convertis au protestantisme depuis quelques générations. L'enfance de Gide est marquée par une alternance entre des séjours en Normandie et des séjours chez sa grand-mère paternelle à Uzès, dont il aime passionnément les paysages. Il attachera beaucoup d'importance à ces influences contradictoires, quitte à exagérer leur caractère antithétique. Il est aussi le neveu de l'économiste Charles Gide. À Paris, les Gide habitent successivement 19 rue de Médicis, puis rue de Tournon (à partir de 1875), à proximité du jardin du Luxembourg. Non loin d'eux, s'installe Anna Shackleton, une pieuse Écossaise jadis placée auprès de la famille Rondeaux comme gouvernante et institutrice de Juliette, qui s’est liée avec elle d'une amitié indéfectible. Anna Shackleton, par sa douceur, sa gaieté et son intelligence, joue un rôle important auprès du jeune Gide. Évoquée dans la "Porte étroite" et dans "Si le grain ne meurt", sa mort, en 1884, le marque profondément et douloureusement. Enfant, André Gide commence l'apprentissage du piano, qu'il redécouvrira dans les années trente au contact de Youra Guller, rencontre qui réorientera le dernier tiers de sa vie. Interprète sensible à l'analyse fine et originale, il regrettera de ne pas avoir connu assez tôt les professeurs qui eussent fait de lui un véritable musicien. En 1877, il intègre l'École alsacienne, entamant une scolarité discontinue. En effet, il est bientôt renvoyé pour trois mois après s'être laissé aller à ses , c'est-à-dire la masturbation. Peu après son retour en classe la maladie l'en éloigne à nouveau. Malgré les objurgations médicales et parentales, l'onanisme reprendra plus tard sa place parmi ses habitudes, ce qui lui fera écrire à qu'il a vécu jusqu'à cet âge . Le décès de son père, le , l'écarte un peu plus d'une scolarité normale. Déjà marqué par la mort d'un petit cousin, Émile Widmer, qui provoque chez lui une profonde crise d'angoisse, baptisée, d'après Goethe, du nom allemand de "Schaudern", André perd, avec la mort de Paul Gide, une relation heureuse et tendre, qui le laisse seul face à sa mère : . Juliette Gide, souvent présentée comme une mère rigoriste et castratrice, n'en éprouve pas moins pour son enfant un amour profond, tout comme celui qu'André Gide lui porte. Elle aura toujours à cœur de l'accompagner dans son cheminement intellectuel – quitte à y porter la contradiction – et montrera une souplesse d'esprit bien supérieure à celle que l'on pouvait attendre d'une jeune fille Rondeaux. Il n'en reste pas moins que son amour étouffant, sa a souvent excédé son fils. Durant l'année 1881, Juliette Gide l'emmène d'abord en Normandie où elle confie son instruction à un précepteur peu inspiré. Puis elle le conduit à Montpellier, auprès de l'oncle Charles Gide. Persécuté par ses condisciples, Gide échappe au lycée grâce à une maladie nerveuse plus ou moins simulée. Après une série de cures, il réintègre l'École alsacienne en 1882, avant que des migraines ne l'en chassent. Suit une alternance de séjours entre Paris et Rouen, où le jeune André est confié à des professeurs particuliers à l'efficacité variable. Vocations. Durant l'un de ses séjours à Rouen, à l'automne 1882, il surprend le chagrin secret que sa cousine Madeleine entretient à propos des relations adultères de sa mère. Dans son émotion, il découvre . Là naît une relation longue et tortueuse. Gide est fasciné par la jeune fille, par sa conscience du mal, son sens rigide et conformiste de ce qu'il faut faire, une somme de différences qui l'attire. Il se construit peu à peu de sa cousine une image parfaite dont il tombe amoureux, de façon purement intellectuelle et néanmoins passionnée. À partir de 1883, il suit pendant deux ans des cours particuliers chez M. Bauer. Auprès de celui-ci, il découvre, entre autres, le "Journal" d'Amiel, qui l'incitera bientôt à tenir son propre journal intime. Son cousin Albert Démarest, par son attention bienveillante et ouverte, joue également un rôle important auprès de lui, obtenant par exemple de sa mère réticente l'accès à la bibliothèque paternelle. Entre 1885 et 1888, le jeune André vit une période d'exaltation religieuse qu'il partage avec sa cousine grâce à une correspondance nourrie et des lectures communes. Il puise abondamment dans la Bible, les auteurs grecs, et pratique l'ascétisme. En 1885, il fait connaissance à La Roque-Baignard de François de Witt-Guizot, qu'il associe un temps à son mysticisme. L'année suivante, c’est le pasteur Élie Allégret, précepteur d'un été, qui devient son ami. André Gide pour rattraper son retard scolaire est placé à la pension Keller, maison d’éducation protestante ouverte au 4 rue de Chevreuse en 1834 par Jean-Jacques Keller (1809-1889, pédagogue zurichois anciennement sous-directeur au collège Sainte-Barbe-des-Champs à Fontenay-aux-Roses) et par Valdemar Monod (1807-1870, frère du prédicateur Adolphe Monod), lequel quittera rapidement cette institution pour prendre une charge de courtier maritime. À l’époque de Gide, l’institution était dirigée par le fils Keller, Jean-Jacques-Édouard (1837-1913), le « Monsieur Jacob » dont parle "Si le grain ne meurt". Les comptes de la mère d’André Gide permettent de préciser les dates du passage de son fils dans l’institution : de à . Mais aux dires d’André Gide lui-même, il venait suivre un cours avec M. Jacob à contretemps des autres élèves qui quittaient la pension pour le lycée, quand lui-même arrivait pour suivre des cours avec des répétiteurs particuliers (surtout avec monsieur Jacob). Il ne vint ensuite (après 18 mois de présence effective) qu’un jour par semaine (le mercredi) prendre un repas dans l’institution. Ce régime fut très bénéfique au jeune garçon selon Jean Delay : « l’auteur de "Si le grain ne meurt", connut une croissance intellectuelle rapide, et rattrapa en 18 mois le retard…, et il allait entrer en classe de rhétorique... il devint un excellent élève. » En 1887, il réintègre l'École alsacienne en rhétorique et y rencontre Pierre Louÿs, avec lequel il s'engage dans une amitié passionnée, qui gravite autour de la littérature et de leur commune volonté d'écrire. L'année suivante, en se préparant au baccalauréat de philosophie (au lycée Henri-IV), il découvre Schopenhauer. Après le baccalauréat (1889), il se met à fréquenter les salons littéraires, rencontrant de nombreux écrivains. Son premier recueil, "Les Cahiers d'André Walter", grâce auquel il espère obtenir un premier succès littéraire et la main de sa cousine, rencontre la faveur de la critique, à défaut d’attirer l'attention du public. Les "Cahiers" lui permettent de rencontrer Maurice Barrès (celui du "Culte du moi", non celui des "Déracinés", auquel il s’opposera) et Mallarmé, au contact duquel son mysticisme religieux se transforme en mysticisme esthétique. Alors que naît avec Paul Valéry (qu'il rencontre par l'entremise de Pierre Louÿs) une amitié durable, ses relations avec Pierre Louÿs commencent à se détériorer. Quant à Madeleine, elle refuse de l’épouser et s’éloigne craintivement de lui. Commence alors une longue lutte pour vaincre sa résistance et convaincre la famille, elle aussi opposée à cette union. Dans l’ensemble, cette période de fréquentation assidue et vaine des salons le déprime. Tentation de vivre. En 1891, peu après avoir écrit le "Traité du Narcisse", il rencontre Oscar Wilde. L’homme l'effraie autant qu’il le fascine. Pour Gide qui commence à se détacher d’André Walter, de son idéal ascétique et du rejet de la vie, Wilde est l'exemple même d'une autre voie. Au printemps 1892, un voyage en Allemagne, sans sa mère, est l'occasion d’approfondir sa connaissance de Goethe. Gide commence alors à penser que . Dans les "Élégies romaines", il découvre la légitimité du plaisir et il en découle pour lui une . C'est aussi le début des tensions avec sa mère. Celle-ci cependant décide de soutenir son fils dans la conquête de Madeleine, contre le reste de la famille Rondeaux et la jeune fille elle-même, qui reste fermement opposée à une union avec son cousin. Durant l’été 1892, il écrit le "Voyage d'Urien" qui sera cosigné avec le peintre Maurice Denis qui réalise à la demande de Gide, et par l'intermédiaire d'Edmond Bailly, trente lithographies originales. À sa sortie, le livre est ignoré par la critique, et les encouragements des proches sont peu fournis. À l’automne, après un bref passage en caserne et cinq conseils de révision, Gide est réformé. L'année suivante est marquée par la naissance d’une nouvelle amitié avec Francis Jammes, que lui a présenté Eugène Rouart. C’est cependant une autre amitié, celle de Paul Laurens, qui va jouer un rôle décisif. Le jeune peintre, dans le cadre d'une bourse d’étude, doit voyager durant un an et l’invite à se joindre à lui. Ce périple, rapporté dans "Si le grain ne meurt", va être pour Gide l’occasion d’un affranchissement moral et sexuel qu’il appelait de ses vœux. Ils partent en pour un voyage de neuf mois, en Tunisie, en Algérie et en Italie. Dès le départ, Gide est malade et son état empire à mesure que les deux jeunes gens descendent vers le sud de la Tunisie. C'est pourtant dans ce contexte, à Sousse, qu’il découvre le plaisir avec un jeune garçon, Ali. Paul et André s'installent ensuite à Biskra en Algérie, où se poursuit leur initiation, dans les bras de la jeune Mériem. L’intrusion soudaine de Juliette Gide, inquiète pour la santé de son fils, vient rompre leur intimité, avant que le voyage ne reprenne sans elle, en . À Syracuse, brièvement aperçue, succède la découverte de Rome que Gide toujours maladif apprécie peu. Il séjourne alors deux semaines dans la petite ville thermale d'Acquasanta Terme dans la région des Marches, avant de gagner Florence. Alors que Paul Laurens rentre en France, Gide poursuit vers la Suisse pour y consulter le docteur Andreae. Celui-ci diagnostique une maladie essentiellement nerveuse et lui redonne foi en sa santé. Après un passage par La Roque-Baignard, il retourne en Suisse et s’installe à La Brévine, qui servira de décor à la "Symphonie pastorale". Il y achève "Paludes" tout en songeant aux "Nourritures terrestres". Mariage. L’année 1895 débute par un second voyage en Algérie. Gide rencontre à nouveau Wilde, flanqué de Lord Alfred Douglas (), et connaît une autre nuit décisive en compagnie d'un jeune musicien. La correspondance avec sa mère accuse une opposition de plus en plus véhémente. Cependant, à son retour en France, les retrouvailles sont sereines. Madeleine, qu'il revoit au même moment, se rapproche enfin de lui. La mort brusque de Juliette Gide, le , semble précipiter les choses. Les fiançailles ont lieu en juin, et le mariage, qui ne sera jamais consommé, le au temple protestant d'Étretat. Suit un voyage de noces de sept mois durant lequel André, désormais en pleine santé, se sent sans cesse freiné par une épouse maladive. En Suisse, il travaille aux "Nourritures terrestres", commencées à Biskra. Il écrit également une postface à "Paludes", qui fait de l'ouvrage une préface aux "Nourritures", "Paludes" clôturant de manière satirique la période symboliste, et les "Nourritures" ouvrant une voie nouvelle. Gide gardera l’habitude de considérer ses œuvres comme des jalons sur son chemin, écrites par réaction les unes aux autres et qu'on ne peut comprendre que dans une vue d'ensemble. Le voyage des jeunes mariés se poursuit en Italie, puis, de nouveau, en Algérie, à Biskra, où les Gide reçoivent la visite de Jammes et Rouart. De retour en France au printemps 1896, Gide apprend qu'il a été élu maire de La Roque-Baignard. S'il exerce consciencieusement son mandat, il refuse de s'engager en politique, de même qu'il refuse de s'enrôler dans une école littéraire. La même année, il fait la connaissance de Philippe Berthelot, le secrétaire général du Quai d'Orsay, qui restera ensuite son ami. Durant l'été, il écrit "El Hadj" (publié dans la revue du "Centaure") et achève les "Nourritures". Publié en 1897, le livre reçoit un accueil élogieux, mais également des critiques tant sur le fond (Francis Jammes et d'autres lui reprochent son individualisme et sa joie indécente) que sur la forme, les critiques peinant à comprendre la structure de l’œuvre, à l'exception notable d’Henri Ghéon. Entre les deux hommes se noue une amitié profonde qui dure jusqu'à la conversion de Ghéon au catholicisme en 1916. Pédophilie. Madeleine Rondeaux, sa cousine, devenue sa femme, n'apprend ses aventures pédophiles qu'en 1916, en prenant connaissance d'une lettre sans ambiguïté adressée à son mari. L'historienne Anne-Claude Ambroise-Rendu note dans son livre "Histoire de la pédophilie", en parlant de Gide et de Montherlant : Julien Green dans son journal non expurgé publié en 2019 parle abondamment du tourisme sexuel de Gide en Tunisie avec des « petits garçons » et des enfants de dix, onze, douze ou treize ans (, , , ). "L'Envers du journal de Gide et les secrets de sa sincérité" de François Derais et Henri Rambaud parle d'avances faites (et repoussées) à un garçon de 15 ans. Gide a alors . Une autre fois, il confie une attirance (non sexuelle) pour un enfant de huit ans ("Journal" 1918, ). Théâtre et chroniques. Durant l'hiver 1898, Gide commence à s'intéresser à l'affaire Dreyfus. Il signe la pétition de soutien à Émile Zola mais refuse de rompre le dialogue avec ceux qui, dans son entourage, prennent le parti inverse. Sans transiger, il s'efforce de comprendre, sinon de convaincre, ses adversaires. Un séjour de dix semaines à Rome est marqué par la découverte de Nietzsche. Il retrouve chez le philosophe ses pensées les plus secrètes : . Il travaille à "Saül". Contrepoint aux "Nourritures", l’œuvre doit traduire le danger d'une trop grande disposition à l'accueil, le risque de dissolution de la personnalité. Une fois la pièce achevée, Gide s'obstine vainement à la mettre en scène, ce qui explique sa publication tardive (1903). L'année 1898 se traduit également par une activité de critique et de chroniqueur de plus en plus soutenue, notamment dans "L'Ermitage", revue qu'il ne dirige pas, mais à la tête de laquelle il a placé son ami Édouard Ducoté, tout en y jouant un rôle prééminent. Il y parle de Nietzsche, y fait l'éloge funèbre de Mallarmé, y répond aux "Déracinés" de Barrès… C'est cependant dans "La Revue blanche" qu'il publie "Philoctète" qui constituera sa contribution littéraire et intellectuelle au cas du capitaine Alfred Dreyfus. Peu après, la sortie du "Prométhée mal enchaîné", incompris par la critique, passe inaperçue. Au printemps 1899, Gide se lie avec les époux van Rysselberghe. Les "Cahiers de la Petite Dame" (Maria van Rysselberghe), commencés en 1918, à l’insu de l’écrivain, et poursuivis jusqu’à sa mort, constituent pour les biographes un témoignage précieux. L'année suivante, Gide entame une collaboration régulière avec "La Revue Blanche". Enfin, en 1901, il parvient à faire monter une de ses pièces. Mais la première du "Roi Candaule" (écrit en 1899) est un désastre. La pièce est éreintée par la critique. Gide prend alors le parti de snober le grand public et le théâtre. De "l’Immoraliste" à la "Porte étroite". En 1902, "L'Immoraliste" obtient plus de succès, mais l’auteur, trop vite assimilé par la critique au personnage de Michel, se sent incompris. Selon lui, Michel n'est qu'une virtualité de lui-même, dont il se purge en écrivant. Après "L'Immoraliste", il connaît un passage à vide qui se prolonge jusqu'à la publication de "La Porte étroite" en 1909. Entre-temps, il peine à écrire, ne publiant guère que "Prétextes" (recueil de critiques, en 1903), "Amyntas" (en 1906, sans aucun retentissement critique) et le "Retour de l'enfant prodigue" (1907). Il publie également un hommage à Wilde, en 1902 : la bataille ainsi engagée pour préserver la mémoire de l’écrivain contre les attaques sournoises de Bosie se poursuivra dans "Si le grain ne meurt". Pendant ces quelques années, de nouvelles amitiés se nouent ou s'approfondissent (avec Jacques Copeau, Jean Schlumberger et Charles Du Bos). D'autres se défont progressivement, avec Jammes notamment, converti par Paul Claudel, même si les dissensions entre les deux amis précèdent cette conversion. Gide également est entrepris par Claudel, qui se qualifie lui-même de et de . Ce dernier échoue cependant, car Gide est moins tenté de se convertir que de vivre l'expérience de la foi à travers Claudel, par empathie. C'est aussi durant cette période, après avoir vendu son château de La Roque-Baignard en 1900, qu’il fait construire sa maison à Auteuil, maison qu'il juge inhabitable et que Madeleine prend immédiatement en grippe, mais dans laquelle il vivra vingt-deux ans (1906-1928). La fin de la décennie est marquée par un retour à l'écriture, avec "La Porte étroite", et par la création de la "Nouvelle Revue Française". "La Porte étroite" est le premier livre de Gide à lui rapporter quelques subsides. La critique ne tarit pas d'éloges mais, une fois de plus, il se sent incompris. De même qu'on l'avait assimilé à Michel, on l'assimile désormais à Alissa, alors que son effort d'empathie envers son héroïne n'est en rien une approbation. La dimension ironique et critique de l’œuvre passe largement inaperçue. Quant à la "NRF", si Gide n'en est pas officiellement le directeur, il en est du moins le chef de file, entouré de Jean Schlumberger, Jacques Copeau… En 1911, le groupe s'associe à Gaston Gallimard pour adosser une maison d'édition à la revue. "Isabelle" sera un des premiers titres du catalogue. "Corydon". C'est à cette période que Gide commence à écrire "Corydon", essai socratique qui tend à combattre les préjugés envers l'homosexualité et la pédérastie. Sa décision d'écrire fait suite au procès Renard, qui voit un homme accusé de meurtre, moins en raison des charges qui pèsent contre lui que de ses . Les amis à qui Gide soumet l'ébauche du traité sont effrayés par le scandale et le rejaillissement qu'il pourrait avoir sur sa vie publique et privée, tant et si bien que Gide ne fait d'abord imprimer que les deux premiers chapitres, anonymement et en petit nombre, en 1910. Il complètera son œuvre en 1917-1918, pour ne la publier sous son nom qu'en 1924. Mais Paul Léautaud, lui, fait de Gide au contraire ce beau portrait, dans son "Journal littéraire" () : Deux ans après la publication de "Corydon", Paul Léautaud rapportera ce petit discours qu'il a tenu à Gide (24 et ) : 1912 est l'année de l'une des plus célèbres bourdes de l'histoire de l'édition quand Gide, lecteur à la NRF, refuse "Du côté de chez Swann", en raison du snobisme de son auteur. Il s'en repentira deux ans plus tard, dans un courrier adressé à Proust : Le brouillon de cette lettre révèle une autre raison, peu glorieuse, à la décision de Gide : ouvrant le livre au hasard, il était tombé sur une métaphore qui lui avait semblé dépourvue de sens (les célèbres vertèbres frontales de la tante Léonie). L'année 1913 est marquée par la naissance d’une nouvelle grande amitié, unissant Gide à Roger Martin du Gard (qui deviendra par la suite le dédicataire des "Faux-monnayeurs"), après la publication de "Jean Barois" par Gallimard. Ami fidèle et critique dénué de flatteuse indulgence, Roger Martin du Gard restera dans la garde rapprochée de Gide jusqu’à la mort de ce dernier. L’année suivante, la publication des "Caves du Vatican", conçu comme , est un échec. Le livre mécontente notamment Claudel qui y décèle des accents pédérastiques. Après avoir sommé Gide de s’expliquer, il refuse désormais toute collaboration avec lui. Progressivement évincé de la direction effective de la "NRF", laissée à Jacques Rivière et à Gaston Gallimard, Gide est désœuvré lorsque commence la Première Guerre mondiale. Du début de la guerre jusqu'au moins à la fin de l'année 1915, André Gide se sent très proche du mouvement contre-révolutionnaire et royaliste de l'Action française. Au cours de l'année 1915, dans une conversation avec son ami Jean Schlumberger, il dit à ce dernier : « "Ce que tu me dis de tes compagnons nationalistes m'intéresse puissamment ! As-tu su que je m'étais décidé à écrire à Maurras, il y a trois mois environ, au sujet de Dupouey" [un officier français tué au combat"], prétexte que j'étais heureux de saisir, une lettre qu'il a reproduite dans l'Action française ? M'y étant abonné, je la suis chaque jour avec une approbation à peu près constante" ». Par la suite, à la fin de la guerre, Gide développe une réflexion sur la complémentarité possible entre la France et l’Allemagne, vision d’une Europe culturelle, qu’il défendra après la guerre (rencontres avec Walther Rathenau). 1916 est l’année d’une nouvelle tentation de se convertir au catholicisme. La crise est provoquée par la conversion de Ghéon. Pour Gide, le problème est moins religieux que moral : il balance entre un paganisme qui lui permet de s’affirmer dans la joie et une religion qui lui donne des armes pour combattre son péché. Sa réflexion se traduit par l’écriture tourmentée de "Numquid et tu". Finalement, la conversion n’a pas lieu, par rejet de l'institution ecclésiastique, par refus de substituer une vérité institutionnelle à une vérité personnelle et d'abandonner son libre examen. Le dogmatisme des catholiques qui l'entourent, comme Paul Claudel, l’écarte également de cette voie. Pour poursuivre son cheminement, il commence la rédaction de "Si le grain ne meurt". L’année suivante est bien différente. Tandis qu’il reprend "Corydon", Henri Ghéon s’éloigne définitivement. En , Gide tombe amoureux du jeune Marc Allégret alors âgé de 16 ans et entame une brève liaison avec lui lors d'un voyage à Cambridge de juillet à . Alors que désir et amour avaient toujours cheminé séparément, le cœur et le corps vibrent cette fois à l’unisson. C’est alors que Madeleine se détache de lui : pendant qu’il voyage en Angleterre avec Marc, un hasard vient confirmer les doutes qu’elle réussissait encore à taire ; elle brûle toutes les lettres de son mari et se replie chez elle, à Cuverville. Gide, que cette destruction laisse inconsolable (), devient le spectateur impuissant du lent étiolement de celle qui constitue toujours l'axe de sa vie. Ce drame lui offre cependant une liberté nouvelle : celle de publier "Corydon" et ses mémoires. Gloire et rançon. Au sein d’une "NRF" divisée (la maison d’édition adossée à la revue devient la Librairie Gallimard), Gide garde la fonction symbolique de figure tutélaire. Auteur, il est également chargé de dénicher de nouveaux talents et de rendre possible la coopération entre anciens et nouveaux venus : Louis Aragon, André Breton, Henry de Montherlant. Dans les années 1920, sa réputation ne cesse de grandir. On écoute cette voix qui parle de transformer les esprits sans évoquer de révolution. On reconnaît également, avec enthousiasme ou consternation, son rôle de guide de la jeunesse. Lui conserve l’impression d’être célèbre sans avoir été lu ni compris. Son influence lui vaut des attaques virulentes de la droite catholique (Henri Massis, Henri Béraud). On lui reproche ses valeurs, son intellectualisme, la mainmise de la "NRF" sur la littérature française et même sa langue. Gide, fermement soutenu par Roger Martin du Gard, se défend peu mais défend la "NRF". Plusieurs intellectuels de droite (Léon Daudet, François Mauriac), qui l’admirent malgré leurs divergences, refusent de prendre part à cette campagne de dénigrement, sans pour autant le défendre. Gide va d’ailleurs donner à ses ennemis de quoi nourrir leurs attaques, en publiant enfin "Corydon", qui n’avait fait l’objet en 1920 que d’un tirage limité, destiné aux proches. Tous ses amis ont tenté de le dissuader, voire, une fois encore, de le convertir. Il préfère mettre en jeu sa situation, se remémorant le cas douloureux d'Oscar Wilde, qui motive sa volonté de faire tomber le masque. Finalement, la publication (en 1924) tombe dans l'indifférence, à la fois parce que le livre est mauvais, trop démonstratif, et parce que l'opinion, si prompte à lever d'autres tabous, n'est pas encore prête à affronter celui-là. Le scandale viendra deux ans plus tard, avec "Si le grain ne meurt". De la paternité au Congo. Entre-temps la vie de Gide a été bouleversée par un autre événement : la naissance de Catherine () le fait père, avec la complicité d'Élisabeth van Rysselberghe, fille de Maria, à qui il avait écrit : . Catherine Gide ne sera officiellement reconnue par son père qu’après la mort de Madeleine, à qui cette naissance est soigneusement cachée. Gide s’occupe également de l’établissement de Marc Allégret. Il compose ainsi une famille hors norme, qui s’installe avec lui rue Vaneau, lorsqu’il vend la villa Montmorency en 1928. Dans cette nouvelle demeure, une chambre est dédiée à Madeleine et à son absente présence, qui pèse sur lui. "Les Faux-monnayeurs", publié en 1925, est le premier livre qui n’est pas écrit en fonction d’elle. Malgré la modernité de la seule œuvre qu’il considère comme un roman, Gide craint d’être daté, souffre d’apathie. Son voyage au Congo, avec Marc Allégret, est l’occasion d’un nouvel élan. Durant ce voyage de onze mois, Gide retrouve le plaisir de l'exotisme et le goût de l'histoire naturelle. Mais ce qui devait n’être qu’un voyage d'esthète prend malgré lui une autre tournure, face à la réalité. Par-delà la monotonie des paysages et des gens jusqu'à la région de Bangui, il constate à la fois : les pratiques indignes des compagnies concessionnaires agissant en zone forestière, brutalisant et escroquant leurs employés indigènes, employés souvent recrutés de force ; le fait que les administrateurs coloniaux placés en dessous des gouverneurs couvrent la plupart du temps ces abus ; le travail contraint, commandité en général par l'administration elle-même pour des travaux d'intérêt général, mais mené dans des conditions inhumaines par les agents et les gardes. Il observe même que souvent les habitants des villages se cachent à l'arrivée de son expédition, par peur du travail forcé. De façon générale, il est frappé par le mépris sinon la condescendance de la majorité des Blancs pour les Noirs. Plusieurs fois, il mène l'enquête pour éclaircir des cas de mauvais traitement faits à des indigènes. Pour autant, il ne remet pas en cause le principe colonial. En revanche, il dénonce sans complaisance le régime des grandes concessions et la complicité des agents locaux de l'administration coloniale. Il va bientôt comprendre que les dirigeants à Paris sont avertis de ces pratiques par quelque administrateur courageux, mais aussi qu'ils font silence sur ces faits, y compris les plus graves. Il remet alors son témoignage à Léon Blum, qui le publie dans "Le Populaire" ("Voyage au Congo" sera publié par la "NRF" en 1927). La droite visée et les compagnies accusées dénient à l'écrivain Gide la compétence d'analyser le colonialisme. Pourtant, des enquêtes administratives corroborent ses affirmations. Un débat à l'Assemblée nationale s’achève sur de nombreuses promesses gouvernementales. Gide craint que l’opinion ne se rendorme mais il refuse de prendre sur la question coloniale une position de principe. Le temps de l’engagement politique n’est pas venu. Engagement et désillusion. Les conversions au catholicisme se multiplient autour de Gide (Jacques Copeau, Charles Du Bos). Beaucoup guettent sa reddition. Leur désir de voir tomber la citadelle imprenable est d’autant plus aigu que Gide a d’indéniables racines chrétiennes et qu’il s'avance sur le même terrain qu’eux, celui de la morale et de l’esprit. Lassé des attaques comme des tentatives de séduction, Gide réplique en publiant les "Nouvelles Nourritures terrestres" (1935). Malgré cette publication, il souffre dans les années 1930 d’un certain essoufflement, qui touche aussi bien l’écriture que les amours ou les voyages, pour lesquels il ressent désormais plus de curiosité que de fièvre. Sous l'influence de deux nouveaux venus, Pierre Herbart et Bernard Groethuysen, il s'intéresse au communisme, s'enthousiasmant pour l'expérience russe dans laquelle il voit un espoir, un laboratoire de l’homme nouveau, qu’il appelle de ses vœux. En s’engageant dans cette voie, Gide cède aussi à la tentation de sortir du purisme esthétique et de faire usage de l'influence acquise à son corps défendant. Sa prise de position n’est guère comprise par ses proches. Roger Martin du Gard accepte mal de voir se terminer par un une vie occupée à combattre les dogmes. D’ailleurs, si Gide met bien sa gloire en péril, il n’apporte à la cause que la caution de son nom et ne se sent pas vraiment à sa place dans les réunions politiques. Dans cette affaire, il n’engage que sa personne et non sa plume, refusant par exemple d’adhérer à l’Association des écrivains et artistes révolutionnaires (dont il va néanmoins présider plusieurs réunions et paraître au comité directeur de la revue "Commune", organe de l'AEAR, jusqu'en 1936) : il ne peut se résoudre à compromettre l’autonomie du champ littéraire, qu’il a toujours défendue. Beaucoup de ses nouveaux alliés regardent avec défiance ce grand bourgeois qui vient à eux, trouvant, à l’instar de Jean Guéhenno, que ("Europe", ). Rapidement, alors qu'il accepte de présider tout ce qu'on lui demande de présider, son esprit regimbe contre l'orthodoxie. Il développe pour lui-même une vision du communisme qui concilie égalitarisme et individualisme, évoquant dans son journal qui l'effraie. Il est particulièrement actif dans diverses actions antifascistes. En 1936, les autorités soviétiques l’invitent en URSS. Accompagnés de quelques proches (Jef Last, Pierre Herbart, Louis Guilloux, Eugène Dabit, Jacques Schiffrin), il accepte de partir. Ses illusions s'effritent : s'il est ébloui par certaines institutions et mœurs – il salue par exemple la beauté et l'activité des , où l'on « respire partout une sorte de ferveur joyeuse », ou encore la chaleur de l'accueil qu'on lui réserve – il déplore ce qui lui semble témoigner du culte de Staline et du contrôle de l'information. Il accepte progressivement l’amère déception que partagent ses compagnons. Puis il décide de publier son témoignage, "Retour de l'U.R.S.S." Le PCF, Aragon en tête, et les autorités soviétiques tentent d’abord d’empêcher la publication puis d’étouffer l’affaire par le silence. En réaction aux procès de Moscou, Gide revient à la charge avec "Retouches à mon retour de l'URSS", où il ne se contente plus de faire part d'observations, mais dresse un réquisitoire contre le stalinisme. . C’est alors un nouveau déchaînement contre lui. On le traite de fasciste, on le pousse vers la droite, dont il refuse de rejoindre les rangs. L’heure du désengagement a sonné. L’homme nouveau n’est pas en URSS, la politique ne lui a pas apporté ce qu’il attendait. Tout en soutenant la cause des républicains espagnols (il soutient notamment les militants calomniés du Parti ouvrier d'unification marxiste), il se remet vite de sa désillusion (sans verser dans l'anticommunisme haineux ou la mauvaise conscience) et essaie de se replonger dans la littérature. Il regrette d’avoir , lui qui . À ce deuil politique succède un deuil plus intime, celui de Madeleine, morte le . Après avoir maudit son époux, celle-ci avait fini par accepter le rôle lointain, mais essentiel qu’elle n’a cessé de jouer auprès de lui, ainsi que l’amour si particulier que Gide lui vouait. Amour dont il confesse l'étrangeté et les difficultés dans "Et nunc manet in te", dont le premier tirage est réservé aux intimes. Gide part à la recherche de sa sérénité perdue. Le contexte historique est peu favorable. La fin de la guerre d'Espagne emplit son . La vieillesse lui ôte également certains plaisirs : le piano que ses mains ne parcourent plus aussi souplement ; les voyages pour lesquels il ne ressent plus l’enthousiasme qu’il savait si bien faire partager ; le désir qui s'éteint. Seconde Guerre mondiale. Il ne faut que quelques jours à Gide pour passer de l’approbation à la réprobation du maréchal Pétain. Rapidement, il est accusé d'avoir contribué à la défaite en raison de son influence sur la jeunesse. Les journaux de la collaboration font son procès. Les Allemands reprennent en main la "NRF", désormais dirigée par Drieu la Rochelle. Gide refuse de s’associer au comité directeur. Il donne un texte au premier numéro puis, devant l’orientation prise par la revue, s’abstient de toute autre publication, à la manière de Mauriac. Malgré les pressions amicales ou inamicales, il publie dans "Le Figaro" sa volonté d'abandonner la "NRF". Il refuse également une place d'académicien. À l’atmosphère de Paris, il préfère un exil doré et serein sur la Côte d’Azur, publiant occasionnellement des articles de critique littéraire dans "Le Figaro". À partir de 1942, les attaques dirigées contre lui (et bien d’autres) s’intensifient, sans qu’il puisse se défendre, pour cause de censure. Seul, il s’embarque pour Tunis. Pendant l’occupation de la ville, il constate avec effroi les effets de l'antisémitisme. Plus que d'autres privations, il souffre de son isolement. Puis il quitte Tunis libérée pour Alger, où il rencontre le général de Gaulle. Il accepte la direction (nominale) de "l’Arche", une revue littéraire dirigée contre la "NRF". Le 7 juillet 1944, le résistant communiste Arthur Giovoni intervient à l'Assemblée consultative provisoire pour demander que Gide soit emprisonné en raison de passages de son Journal où il mettait en doute le patriotisme des paysans français. Après la Libération, il choisit de ne pas rentrer directement à Paris. Il craint l'épuration, non pour lui-même ou ses proches, aucun ne s’étant compromis, mais pour la dangereuse unanimité qui se crée à ce moment et qu'il juge totalitaire. Ses nuances et ses doutes lui valent de nouvelles attaques d’Aragon. Il laisse Paulhan, Mauriac et Herbart prendre sa défense. À son retour, en , il peine à trouver sa place dans un monde littéraire surpolitisé, lui qui a toujours voulu une littérature autonome. Alors que Sartre utilise volontiers sa notoriété à des fins politiques, Gide refuse d'assumer la sienne, cherchant à fuir ses obligations. Pour s’exprimer, il préfère la publication de "Thésée" aux tribunes. Prix Nobel. Après 1947, il n’écrit presque plus. Tout en affirmant haut et fort qu’il ne renie rien , l'écrivain scandaleux qu'il a été pour certains accepte les hommages des institutions conservatrices : Université d'Oxford ; prix Nobel de littérature en 1947, preuves selon lui qu’il a eu raison de croire à la qui finit tôt ou tard par l’emporter. Il réaffirme également le rôle de l'intellectuel détaché de l'actualité. C'est par la littérature qu'il s'est dressé contre les préjugés de son temps et son influence est moins redevable à ses engagements politiques qu’à son art. Jean-Paul Sartre décide de suivre une autre voie : sans cesser d’être littéraire, elle fait la part belle à l’engagement politique. Une émouvante rencontre filmée dans la maison de Gide à Cabris en 1950 rassemble les deux hommes pour une sorte de passage de témoin : Gide laisse à Sartre la charge de et l'auréole de haine qui l'accompagne. Mort. Sa principale préoccupation est désormais la publication de ses dernières œuvres, notamment son "Journal" (premier tome en 1939, second en 1950, avec quelques coupures à chaque fois) qu’il ne veut pas laisser à la charge de sa descendance familiale et spirituelle. En , il commence un dernier cahier, "Ainsi soit-il ou Les jeux sont faits", dans lequel il s'efforce de laisser courir sa plume. En 1927, dans "Voyage au Congo", il avait eu cette pensée, d’une plus haute tenue : . Malade despotique entouré de ses fidèles, il s’achemine vers une mort calme, dénuée d’angoisse et sans le sursaut religieux que guettaient encore certains. Il meurt à son domicile parisien au 1 bis rue Vaneau le , à l'âge de , des suites d'une congestion pulmonaire. Gide aura ces mots mystérieux sur son lit de mort : On l’enterre auprès de Madeleine quelques jours plus tard. Il est inhumé dans le petit cimetière de Cuverville (Seine-Maritime), village où l'on peut voir le château familial, près d'Étretat. L'ensemble de son œuvre est mis à l'Index par le Vatican en 1952. Cette nouvelle scandalise les admirateurs enthousiastes de l'écrivain. Quant à ses détracteurs, qui pourtant l'attaquent avec violence, ils ne sont guère convaincus de l'utilité d'une telle discrimination. Il repose à Cuverville, derrière le chœur côté gauche de l'église du village. Voir aussi. Bibliographie. La NRF a publié les correspondances d'André Gide avec : Il existe aussi une correspondance entre Gide et Charles Péguy , et une correspondance entre André Gide et le romaniste allemand et grand érudit Ernst Robert Curtius. Elle est publiée aux Classiques Garnier, coll. "Bibliothèque gidienne", n° 11, 2019. "Correspondance (1920-1950)" .
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Liste d'archéologues Cette page dresse une liste d’archéologues.
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Arthur John Evans Arthur John Evans (né le à Nash Mills dans le Hertfordshire et mort le à Boars Hill dans le Oxfordshire) est un archéologue anglais, qui a mis au jour le site de Cnossos en Crète et est à l'origine des découvertes du sur la civilisation minoenne. Biographie. Arthur John Evans est né en 1851 à Nash Mills dans le Hertfordshire, un comté d'Angleterre au nord de Londres. Son père est lui-même un célèbre archéologue anglais. Il commence par s'intéresser dans ses recherches scientifiques et archéologiques à la région de la Laponie et des Balkans. En 1882, il est expulsé de ces derniers par les Autrichiens "à cause de sa prise de position anti-turque (articles du "Manchester Guardian")". Au cours de ses voyages dans la Bosnie Autrichienne, il rencontre la famille serbe de Gavrilo Princip, il décrivit leur condition de vie qui était des plus misérables. Ensuite, il devient, en 1884, directeur de l'Ashmolean Museum. Puis, en 1900, il commence des fouilles dans les îles (la Crète en particulier). Il y découvre la mythique civilisation des palais crétois, à Cnossos (Crète minoenne de l'âge du bronze), qui avait déjà été mentionnée dans des textes anciens, mais dont l'existence jusque-là n'avait pu être prouvée. Le site avait déjà été effleuré par Heinrich Schliemann, mais Evans en dégage le palais, dont la conservation paraissait compromise. Il entame une reconstruction archéologique "in situ" (en termes archéologiques, une anastylose). Il s'intéresse tout particulièrement aux objets en terre cuite retrouvés sur les sites crétois : des fragments ou céramique entières. Il propose donc dès 1905 une chronologie de la civilisation minoenne en trois parties : La salle du trône a ainsi été entièrement reconstituée, mais ressemblant sans doute de loin à ce qu'elle a dû être dans les temps anciens : ses peintures ressemblent assez à celles de l'art moderne de cette époque. De plus, il est impossible pour les archéologues actuels d'accéder aux couches inférieures. Arthur John Evans est élu membre de la Royal Society le . Ses travaux lui valent la médaille Copley en 1936. Il est fait chevalier en 1911. Il meurt en 1941, le 11 juillet, à Boars Hill dans le comté anglais du Oxfordshire.
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Alfred Nobel Alfred Bernhard Nobel /'alfrəd 'bɛɳhɑ:ɖ noˈbɛ:l /, né le à Stockholm en Suède et mort le à Sanremo en Italie, est un chimiste, industriel et fabricant d'armes suédois. Dépositaire de plus de 350 brevets scientifiques de son vivant, dont celui de la dynamite, invention qui a fait sa renommée. Il fonde l'entreprise KemaNobel en 1871, et rachète l'entreprise d'armement Bofors en 1894. Dans son testament, il légua son immense fortune pour la création du prix Nobel. L'élément chimique nobélium a été appelé ainsi en son honneur. Biographie. Alfred Bernhard Nobel est le troisième fils d'Immanuel Nobel (1801-1872) et d'Andriette Ahlsell Nobel. Membre de la famille Nobel comportant de nombreux ingénieurs, il descend d'Olof Rudbeck (1630-1702), l'un des scientifiques suédois les plus connus du , auteur de l'ouvrage de science-fiction "Atlantis". À l'âge de neuf ans, il déménage avec sa famille pour Saint-Pétersbourg, où son père, qui plus tard inventera le contreplaqué moderne, fonde une entreprise de mines marines. Immanuel Nobel s'est en effet installé en Russie en 1838 après avoir subi un revers de fortune dans son pays à tradition pacifiste, ses inventions d'explosifs, telles les mines, obtenant peu de succès en Suède. À l'âge de 18 ans, Alfred part aux États-Unis, où il étudie la chimie pendant quatre ans et travaille pendant une courte période avec John Ericsson. En 1859, la direction de l'entreprise paternelle est laissée à son frère Ludvig Nobel (1831-1888), qui plus tard fonda, en Russie, la "Machine-Building Factory Ludvig Nobel" et Branobel, et devint l'un des hommes les plus riches et les plus puissants de Russie. Durant des siècles, la poudre à canon est restée le seul explosif puissant. En 1846, sont découvertes la nitrocellulose, puis en 1847, par Ascanio Sobrero, la nitroglycérine. En 1850, Alfred Nobel passe un an à Paris pour étudier sous la direction de Théophile-Jules Pelouze, collègue d'Ascanio Sobrero. Rentré avec son père en Suède, Alfred se consacre entièrement à partir de 1862 à l'étude des explosifs et en particulier à l'utilisation et la commercialisation sécurisée de la nitroglycérine. Homme de lettres frustré, il écrit à cette époque, en anglais, des poèmes de qualité littéraire médiocre et deux romans inachevés, "Brothers and Sisters" et "In Lightest Africa". En 1871, il fonde KemaNobel, une des entreprises à l'origine d'AkzoNobel. Plusieurs explosions ont eu lieu dans l'usine familiale d'Heleneborg, dont une particulièrement désastreuse qui, le , coûta la vie à cinq personnes dont Emil, le frère cadet d'Alfred. Il s'attelle donc à rendre l'usage de la nitroglycérine moins dangereux, et est le premier à réussir à maîtriser sa puissance explosive. Alfred Nobel découvre accidentellement, par sérendipité, que, lorsque la nitroglycérine est mélangée à un solide inerte et absorbant appelé Kieselguhr (terre diatomacée), elle devient beaucoup plus sûre à transporter et à manipuler, l'explosion nécessitant l'usage d'un détonateur. Il met au point le « détonateur breveté Nobel » en 1865. La dynamite fait l'objet d'un brevet d'invention du en Angleterre et du en Suède. Il l'utilise pour la première fois, le 14 juillet 1867, dans une carrière à Redhill, en Angleterre (Surrey). Alfred Nobel réside à Paris à partir de 1875. En 1876, il rencontre une jeune femme de dix ans sa cadette, Bertha von Suttner, qui est sa secrétaire pendant deux semaines. Il entretiendra une correspondance avec la future pacifiste. En 1881, il acquiert l'ancien château de Sevran en Seine-et-Oise (actuellement Seine-Saint-Denis). Le , il acquiert le château dit « La Maison du Fayet », une maison caractéristique du . Cette propriété historique à Sevran était consacrée par Alfred Nobel pour ses recherches sur la dynamite-gomme, qui est utilisée dans les travaux sous-marins. Sevran était à l’époque un village de , qui abritait « d’éminents pyrotechniciens qui pratiquent leurs recherches dans les bâtiments de la poudrerie nationale ». Son laboratoire, construit pour ses expériences est situé derrière la maison. Sa « ballistite » à savoir, la poudre sans fumée, pour laquelle il a travaillé avec acharnement, est mise au point secrètement par la Poudrerie nationale. Dans son laboratoire français, il invente accidentellement, là encore par sérendipité, un nouvel explosif plus pratique d'emploi que la dynamite. Composée de nitroglycérine (93 %) et de collodion (7 %), la « dynamite extra Nobel » (brevet de 1875) ou gélignite ("blasting gelatin") n'est autre que la dynamite gomme ou dynamite plastique (à ne pas confondre avec le plastic qui est un mélange d'hexogène et/ou de penthrite avec une huile et un plastifiant). C'est la publication erronée par un journal français d'une nécrologie prématurée en 1888, condamnant son invention de la dynamite, qui le décide à laisser une meilleure image de lui au monde après sa mort. La nécrologie affirmait ainsi : « Le marchand de la mort est mort. Le Alfred Nobel, qui fit fortune en trouvant le moyen de tuer plus de personnes plus rapidement que jamais auparavant, est mort hier ». Fatigué par les lourdeurs administratives françaises et une violente campagne de presse contre lui qui lui reproche d'avoir vendu les droits de la ballistite au gouvernement italien, Alfred Nobel s'installe à Sanremo en Italie en 1891, ce qui ne fait qu'irriter les milieux nationalistes français, l'Italie étant l’alliée des ennemies de la France, l’Autriche-Hongrie et l’Allemagne. Le Alfred Nobel met un point final à son testament en léguant la quasi-intégralité de sa fortune pour la création d'un fonds dont les intérêts doivent être redistribués « à ceux qui au cours de l'année écoulée auront rendu à l'humanité les plus grands services » dans cinq domaines : la paix ou la diplomatie, la littérature, la chimie, la physiologie ou la médecine, et la physique : c'est la naissance du Prix Nobel. La fortune qu'il laisse ainsi est de de couronnes suédoises de l'époque, ce qui est estimé à 1,7 milliard de couronnes suédoises de 2013 (179 millions d'euros). Resté célibataire toute sa vie et sans enfant, saint-simonien prônant la récompense en fonction du mérite et condamnant l'institution de l'héritage qui abandonne l'utilisation des instruments de production au hasard de la naissance, Alfred Nobel lègue tout de même près d'un million de couronnes suédoises, réparties principalement entre les deux fils de son frère aîné Robert Nobel, mais aussi ses nièces, d’anciens employés et des amis. Alfred Nobel, lui-même de tendance mélancolique, avait songé à créer un établissement d'euthanasie pour les personnes désireuses d'en finir avec l'existence. Ainsi avait-il proposé à Eugène Crispi, président du Conseil italien, la somme de 3 millions de lires afin de créer à Rome ou à Milan un établissement d'euthanasie pour ceux qui sont fatigués de vivre ; là, au terme d'un repas somptueux, ils seraient définitivement endormis par des parfums agréables au son d'une douce musique. Il meurt d'un accident vasculaire cérébral le , dans les bras d'un domestique, à Sanremo et est enterré au cimetière du Nord à Stockholm. Postérité. Rues. On trouve des rues ou voies Alfred-Nobel dans plusieurs villes, telles que :
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Alcène Les alcènes sont des hydrocarbures insaturés, caractérisés par la présence d'au moins une double liaison covalente entre deux atomes de carbone. Ces liaisons sont toujours de types covalentes normales parfaites. Les alcènes non cycliques n'ayant qu'une double liaison possèdent une formule brute de la forme C"n"H2"n" où "n" est un entier naturel supérieur ou égal à 2. L'alcène le plus simple est l'éthylène (nom usuel de l'éthène). Le terme « oléfine » était le nom donné par le passé aux alcènes ; bien qu'encore employé (ainsi que le terme « polyoléfine »), il tombe progressivement en désuétude. Nomenclature. Nombre de doubles liaisons. Les alcènes ne comportant qu'une double liaison sont des "monoalcènes", les autres sont des "polyènes" : "diènes" (2 doubles liaisons), "triènes" (3), "tétraènes" (4) Alcènes non ramifiés. Il faut utiliser le même nom que celui de l'alcane portant le même nombre d'atomes de carbone, en utilisant le suffixe « -ène » à la place de « -ane » et en intercalant l'indice de position de la double liaison (voir ) dans le mot, avant le suffixe, et encadré par deux tirets. Si l'alcène non ramifié n'a pas sa double liaison en première position, alors il faut préciser s'il s'agit d'un alcène E (si les deux atomes H portés par la double liaison sont opposés) ou Z dans le cas contraire. C'est le cas du pent-2-ène, par exemple. Alcènes ramifiés. Voici les règles à suivre pour nommer un alcène "ramifié" : Règle 1 Dans la formule de structure, déterminer la "chaîne carbonée principale" (c'est-à-dire la chaîne la plus longue d'éléments contenant un C) comportant obligatoirement la double liaison. En pratique, cela revient à : Règle 2 Règle 3 La stéréochimie de la double liaison peut être déterminée selon les "règles" de priorité de Cahn-Ingold-Prelog : Propriétés physiques. Les alcènes ont des températures d'ébullition un peu plus basses que celles des alcanes correspondants car les forces de van der Waals sont plus faibles ; en effet, une double liaison prend plus d'espace qu'une simple liaison, donc les molécules s'empilent de façon moins compacte et les forces intermoléculaires sont moins importantes. Il en résulte qu'il faut fournir moins d'énergie pour les rompre : les températures d'ébullition sont plus basses. Ils brûlent avec une flamme claire. À température et pression ambiantes, les alcènes sont gazeux jusqu'au butène, puis liquides et enfin solides à partir de C16. Leur solubilité, médiocre dans l'eau, est bonne dans l'alcool et l'éther. Réactivité. La double liaison est formée d'une liaison "σ" ("sigma") forte ("E"L = ) et d'une liaison "π" ("pi"), appelée également liaison insaturée, plus faible ("E"L = ). La force de la liaison π étant plus faible que celle de la liaison σ, elle cède plus facilement. Les principales réactions des alcènes sont : Bien que les réactions suivantes commencent formellement comme des additions, il est d'usage de les considérer à part : Réaction d'addition. Lors des réactions, la liaison π peut se rompre : un réactif A-B électrophile va s'additionner sur la double liaison de l'alcène et il y a formation d'un produit saturé. La liaison π a donc été remplacée par deux liaisons σ. Action du dihydrogène. L'addition du dihydrogène sur un alcène donne un alcane : C"n"H2"n" + H2 → C"n"H2"n"+2 Cette réaction utilisera un mécanisme de cis-addition. Action d'un dérivé halogéné. Formation du produit Markovnikov. Cette réaction obéit à la règle de Markovnikov : dans une réaction d'addition de H-X sur un alcène, en l'absence de peroxyde et dans l'obscurité, l'atome d'hydrogène migre vers le carbone moins substitué (c'est-à-dire le plus hydrogéné, pour former le carbocation le plus stable). Formation du produit Kharasch ou anti-Markovnikov. Exemple : addition radicalaire du bromure d'hydrogène sur le 3-méthylhex-3-ène en présence de peroxyde de benzoyle. Le mécanisme réactionnel est séparable en trois étapes : un peroxyde est un bon amorceur radicalaire, il se coupe spontanément en deux radicaux, qui, à leur tour, attaquent une molécule de HBr pour former le radical de propagation Br• . L'amorçage peut aussi être réalisé par irradiation aux UV ; c'est dans l'étape de propagation que se forme le produit final, le 4-bromo-3-méthylhexane ; dans cette étape, M est une molécule quelconque du mélange réactionnel, voire une molécule du récipient, elle absorbe l'énergie issue du regroupement de deux radicaux. Cette réaction, en présence de peroxyde ou d'UV, donne au dérivé halogéné une orientation inverse de celle observée en l'absence de ces réactifs ; on parle d'orientation anti-Markovnikov, ou d'« effet Kharasch ». Action d'un halogène. → Halogénation : addition de H-X. → Dihalogénation : addition de dichlore ou dibrome (diiode trop peu réactif, difluor trop réactif). Action de l'eau (hydratation) en milieu acide. Un alcène ne réagit pas avec l’eau. On rend alors le milieu acide en ajoutant par exemple de l'acide sulfurique H2SO4 Cette réaction obéit à la règle de Markovnikov : dans une réaction d'addition de sur un alcène, en l'absence de peroxyde, l'atome d'hydrogène migre vers le carbone le moins substitué (c'est-à-dire le plus hydrogéné). Action d'un oxydant faible. Ces réactions d'addition "syn", désignées comme réactions de « dihydroxylation » parce qu'elles fixent un radical hydroxyl sur chacun des carbones de la double liaison, doivent être catalysées. Sur le plan théorique, on peut utiliser comme oxydant : Action d'une solution d'oxydant fort. Si R2 est un atome d'hydrogène, alors R1CH=O est un aldéhyde. Néanmoins l'aldéhyde est oxydée en un acide carboxylique par l'ozone présent dans le milieu ; si on désire conserver l'aldéhyde, il est nécessaire d'utiliser un réducteur (le zinc par exemple). Si R1 et R2 sont des groupes alkyles, alors R1R2C=O est une cétone. La même réaction est possible avec le permanganate, chauffé en milieu acide. La différence avec l'ozone est que dans le cas de formation d'un aldéhyde, on ne peut empêcher sa transformation en acide carboxylique. Hydroboration. Permet l'obtention de certains alcools primaires, là où l'addition d'eau conduit à un alcool secondaire, par exemple l'hydroboration du but-1-ène conduit au butan-1-ol, alors qu'une l'hydratation donne du butan-2-ol. Formation d'époxydes, obtention d'un diol. Un alcène mis en présence de dioxygène conduit à un époxyde. Il est nécessaire de chauffer en présence d'un catalyseur, l'argent par exemple. En industrie, on utilise des peracides (RCO-O-O-H), dont la liaison peroxyde est très oxydante, le plus utilisé étant le MCPBA (acide méta-chloroperbenzoïque). L'hydratation (réaction d'addition) d'un époxyde conduit à un diol. Réaction de Diels-Alder. La réaction de Diels-Alder est un cas particulier des cycloadditions entre systèmes π. Il s'agit d'une réaction d'addition entre un diène conjugué (les deux doubles liaisons sont séparées par une liaison simple) et un alcène (diénophile). L'exemple-type de cette réaction est la réaction entre le buta-1,3-diène et l'éthylène pour former le cyclohexène :
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Ange (homonymie) Ange est un nom propre ou un nom commun. Un ange, dans certaines religions, est un messager de Dieu. Prénom et origine. "Ange" est un prénom mixte. Patronyme. famille personnalités
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Amstrad CPC 464 L'Amstrad CPC 464 est un ordinateur personnel britannique de la gamme Amstrad CPC, à affichage couleurs ou monochrome vert, comportant de RAM, en ROM et utilisant le langage Locomotive BASIC 1.0, considéré par certains passionnés comme le meilleur BASIC ayant jamais existé. Historique. Cet ordinateur, conçu pour l'utilisation familiale (il coûtait FF), répondait au lancement des ZX Spectrum, Oric 1 et Commodore 64 respectivement par Sinclair, Oric Corporation et Commodore. L'Amstrad CPC 464 sorti en septembre 1984 en France a connu un immense succès : il s'en vendait par mois pour un total d'un million d'exemplaires. Il a fait disparaître beaucoup d'ordinateurs et a peut-être marqué la fin d'une époque. Son succès fut tel que plus d'une dizaine de magazines spécialisés furent créés, dont le plus fameux, Amstrad Magazine. Pour la première fois, une seule fiche secteur était nécessaire, écran et unité centrale s'alimentaient directement sans adaptateur encombrant et deux fiches seulement reliaient les deux éléments entre eux, la mise en fonction était immédiate. C'est peu après le succès commercial du 464 qu'est apparu AMSDOS. CP/M qui était antérieur au 464 a été transposé sur cet ordinateur. Il existe un projet de descendant de l'Amstrad CPC à base de eZ80 à près de , le CPCNG. Description. Il utilisait un processeur Zilog Z80A (8 bits) à et comportait un lecteur de cassettes intégré pour le stockage des données. On pouvait lui ajouter un lecteur de disquettes au format. Le programme Protext de traitement de texte n'était pas présent sur tous les CPC 464. Spécifications techniques. Processeur. Z80A à . De par le gateArray les opcodes prenaient tous 4 cycles au minimum. Dès lors certains estiment la perte de performance moyenne à 15 %. Cette estimation reste très statistique mais relativement acceptée par la communauté. Mémoire vive. de RAM, extensibles à (des extensions à existent également, ce sont cependant des matériels non officiels). Mémoire morte. de ROM, extensibles à . Lecteur de cassette. Le fait d'avoir un lecteur de cassette intégré n'avait rien d'anecdotique. En effet les débits depuis la cassette s'effectuaient sur le CPC 464 à 2000 bauds () en vitesse rapide ou à bauds () en vitesse lente. Il est à noter que ces vitesses étaient celles indiquées de base par le constructeur. Le jeu Bad Cat, de Rainbow Arts/Go! dans sa version pour Amstrad CPC cassette a été enregistré à 4000 bauds. Et l'Amstrad CPC lit les données à cette vitesse. César Nicolas Gonzalez, connu dans la communauté sous le pseudo de CNGSOFT a créé des versions compactées de jeux commerciaux, avec une vitesse d'enregistrement allant jusqu'à 6500 bauds. Un vrai CPC 464 est capable de gérer cette vitesse sans problème. Capacités graphiques. La machine est équipée d'un Motorola CRTC 6845 (ou clones), plus une puce spécifique à Amstrad, le Gate Array. Le CPC ne possède pas de mode texte en tant que tel. Les informations de modes texte qu'on retrouve régulièrement indiquent en fait le nombre de caractères (de huit pixels sur huit) que peut afficher le système dans les différents modes graphiques. Le CPC standard possède une palette de 27 couleurs, constituées des trois teintes primaires (rouge, vert, bleu) auxquelles on applique les coefficients 0 ; 0,5 et 1. À l'origine le CPC était annoncé avec une palette de 32 couleurs. Malheureusement les 5 couleurs supplémentaires sont identiques à certaines teintes présentes parmi les 27 sus-nommées. Elles sont accessibles directement en Basic, mais n'ont aucun intérêt pratique. Chose rare sous l'ère des 8 bits l'affichage est du full bitmap sans contrainte. Chaque pixel peut être adressé indépendamment et n'importe quelle couleurs de la palette définie (2, 4 ou 16 couleurs parmi les 27 selon le mode). Le CPC dispose de 4 modes graphiques de base utilisant de mémoire, dont un non documenté : Il était possible de créer des modes alternatifs via la programmation du CRTC, voire d'utiliser de mémoire pour l'affichage. Cette astuce était essentiellement utilisée pour certains écrans d'accueil en fullScreen en 192×264 (). Néanmoins les versions CPC de Donkey Kong et d'Arkanoid, par exemple, utilisaient des modes alternatifs permettant du 128×256 en 16 couleurs () leur donnant un aspect plus proche des bornes d'arcade à écrans verticaux dont ils étaient originaires. Inconvénient des modes bitmaps pour le jeu vidéo. Les développeurs de jeux d'arcade sur Amstrad ont souffert de la carence d'un mode tiles et sprites et d'un scrolling pixel par pixel et de mode graphique full bitmaps sans contrainte. En effet, pour faire, par exemple un scrolling horizontal pixel par pixel à cinquante images par seconde en plein écran, il fallait que le Z80A fasse cinquante compositions d'écran de 16 kilooctets par seconde, soit /s, sans compter les modifications d'image à faire pour positionner les « sprites » logiciels. En effet, bien que le CRTC permît d'effectuer des scrollings horizontaux hard, ceux-ci n'étaient disponibles que par incrément complet d'un octet, soit un pas de 2, 4 ou 8 pixels (mode 0, 1 ou 2) forçant bien des programmes à utiliser des scrolling soft pour éviter les saccades. C'est pour cette raison que la plupart des jeux d'arcade sur CPC présentent une surface jouable inférieure à leurs homologues sur d'autres plateformes. Il était par contre bien plus facile de gérer des scrolling verticaux en hard mais par incrément dont 1024 était un multiple plein. D'où de nombreux shoot verticaux dans des fenêtres de 128 pixels de large sur les 160 disponibles en mode 0 sur le CPC. Néanmoins, ici, le 128×200 avait aussi l'avantage de conserver l'aspect d'un shoot vertical. À titre de comparaison, à la même époque, le mode Tiles & Sprite sur la Sega Master System (également à base de Z80A) avec scrolling hard pixel par pixel nécessitait, pour un scrolling pixel par pixel, 50/8 (scrolling hard) * 1 k (taille de la table de tiles) soit par seconde à gérer par le Z80A. Pour le C64, grâce à des caractères redéfinissables en 4 couleurs et d'un scrolling hard d'un pixel en mode "texte", on pouvait simuler des "tiles" cette opération ne nécessitait donc que de traiter que de 50*/8 (scrolling hard) * 10 k (taille d'un 160x200 en 4 couleur + définissant les 4 couleurs utilisées par caractère) ⇒ /s, ce qui, avec une capacité CPU deux fois inférieure au CPC, prenait tout de même cinquante fois moins de temps CPU et permettait une réelle fluidité. De plus, il disposait de huit sprites hard monochrome ou multicouleurs. Le ZX Spectrum, lui, devait rafraîchir /s mais souffrait du Color Clash. Sur MSX, point de salut : les développeurs devaient se contenter de scrolling par pas de huit pixels et de sprite monochrome. Pour les jeux « 3D » fil de fer (dont le jeu spatial Elite) voire en fractales (Rescue on Fractalus!), ces /s (ici souvent du 320x200 en 4 couleurs) sont à comparer au 50x = /s du mode 256x192 16 couleurs avec contrainte du ZX Spectrum. Ici le C64 devait traiter 50 × = /s de son mode graphique 320×200 16 couleurs avec contrainte du C64. Capacités sonores. General Instruments AY-3-8912, 3 voies stéréo avec une fréquence de . Le même processeur sonore que les Oric, les MSX, les ZX Spectrum modèle 128 et successeurs, et l'Atari ST. L'AY-3-8912 possède aussi des ports d'entrées/sorties, qui sont utilisées sur CPC pour l'interrogation du clavier et du joystick. Clavier. AZERTY ou QWERTY suivant les régions, il existe aussi une version de 464 intégrant la touche « ñ » espagnole. Le clavier possède un pavé numérique. Connecteurs. Il n'y a pas d'interface RS-232, celle-ci est en revanche disponible séparément.
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Amstrad CPC 6128 L'Amstrad CPC 6128 est une évolution de l'Amstrad CPC 464 à l'intérieur de la gamme des Amstrad CPC. Il disposait du même processeur Z80 à 4 MHz, mais était doté de 128 ko de mémoire vive (dont de mémoire paginée) au lieu de , et de de mémoire morte au lieu de . En plus, il disposait d'un lecteur de disquette dont la capacité pouvait aller jusqu'à par face, beaucoup plus rapide que le lecteur de cassette, et intégrait le Locomotive Basic 1.2 en mémoire morte au lieu de la version 1.0 du 464. Il était livré avec des disquettes comportant deux versions du système d'exploitation CP/M (CP/M 2.2 et CP/M 3+) et de nombreux utilitaires. Dérivé du CPC 464, le CPC 6128 disposait en pratique de moins de mémoire vive accessible pour l'utilisateur BASIC que son prédécesseur. D'une part les de mémoire vive étaient en réalité constitués de de mémoire paginée, d'autre part son système d'exploitation chargeait le pilote du lecteur de disquettes en plus du pilote du lecteur de cassettes. Anecdote. En raison de son prix modique (avec un écran couleur, francs français ; à sa sortie ) et de sa capacité mémoire jugée énorme pour l'époque, le 6128 remporta un beau succès dans les hypermarchés, mais restait lié aux fameuses disquettes (et non 1/2) difficiles à se procurer. L'hebdomadaire "Hebdogiciel" annonça dans un numéro de la sortie imminente du CPC 5512, un 6128 équipé d'un lecteur de disquettes 5"1/4, accompagné d'une photo de ce prétendu nouveau modèle (en fait, un montage habile). Cela eut pour effet, selon le constructeur, de figer immédiatement les ventes du 6128 en France pendant une semaine… et de valoir à l'hebdomadaire en question un procès intenté par Amstrad. La crainte d'une pénurie de ces disquettes , qui n'étaient plus utilisées que par les ordinateurs Amstrad et Oric, a persisté longtemps chez les utilisateurs. Il était d'ailleurs possible, moyennant quelques modifications du câblage, de brancher un lecteur externe 5"1/4 sur le CPC 6128. Amstrad 6128 plus. L'Amstrad 6128 plus est sorti en 1990. C'est une évolution de l'Amstrad CPC 6128, celui-ci comporte quelques différences au niveau architecture : Le 6128 plus partageait avec le 464 plus et la GX 4000 la même carte mère, mais en étant équipé de plus de mémoire vive ( contre ) et en étant équipé d'un lecteur de disquette , contre un lecteur de cassette sur le 464 plus. La GX4000 étant quant à elle un 464 plus dépouillé de son clavier et lecteur de cassettes et se branchant directement sur une télévision ; une tentative commerciale ratée de rester sur le marché des machines orientées jeux en s'attaquant aux consoles vidéo de jeux de salon.
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Amphétamine L’amphétamine (DCI) est une substance sympathicomimétique aux effets anorexigènes et psychoanaleptiques. L'amphétamine est utilisée chez les enfants et adultes dans le traitement du TDAH, de la narcolepsie, de l'obésité, et des troubles de l'hyperphagie boulemique, mais son usage non médical est criminalisé dans la plupart des pays du monde. Ses usages non médicaux incluent l'amélioration de la performance sportive, et l'usage récréatif comme euphorisant et aphrodisiaque. L'amphétamine était utilisée en guerre pour améliorer la performance, principalement dans le cadre du privation de sommeil. Étymologie. Le nom "amphétamine" trouve son origine de ses noms chimiques et est une abréviation dont voici l'étymologie : l'amphétamine, c'est une "phénéthylamine" à laquelle a été ajouté un groupement "méthyle" (-CH3) en position α ("alpha") de sa chaîne, ce qui donne "alpha-méthyl-phénéthylamine" ; c'est la version développée. Du nom alpha-méthyl-phénéthylamine ne seront retenues par simplification que les lettres en gras, ce qui donne finalement : "amphétamine". Par extension, un grand nombre de molécules similaires, ayant pour point commun un groupement méthyle en position α, sont appelées amphétamines. Historique. La première synthèse d'amphétamines fut réalisée le par le chimiste roumain , qui lui donna le nom de "phénylisopropylamine" mais cette découverte tomba dans l'oubli. En 1914, un chimiste allemand re-découvrit cette molécule et l'utilisa durant la guerre comme sérum de vérité. Les recherches reprirent de nombreuses années plus tard et l'amphétamine fut à nouveau découverte lors de recherches d'un produit ayant des propriétés bronchodilatatrices. En 1932, après le rachat du brevet, elle fut lancée sur le marché par le laboratoire Smith, Kline & French sous le nom générique de "« »" et prescrite comme bronchodilatateur. En 1935, son action stimulante est constatée et utilisée pour des prescriptions concernant la narcolepsie. Elle fut largement utilisée pendant la Seconde Guerre mondiale pour améliorer les performances et surtout l'endurance des soldats (par l'ensemble des belligérants) et c'est alors que les premiers excès seront constatés, avec des effets d'accoutumance. Classée comme psychotrope par la Convention sur les substances psychotropes de 1971, elle fut progressivement déclarée illégale à mesure que les pays adaptaient leur législation, réduisant l'usage médical au traitement limité de quelques maladies. Leur usage, désormais clandestin, concerne principalement l'augmentation des performances en sport et la résistance à la fatigue (lors de soirées festives ou lors de période de travail intense). En France en 2010, parmi les personnes âgées de , 1,7 % déclarent avoir déjà consommé des amphétamines au cours de leur vie, mais seulement 0,2 % l’a fait au cours de l’année (usage actuel). Contrairement à toutes les autres drogues illicites, les femmes sont plus nombreuses à avoir expérimenté les amphétamines (1,5 % contre 0,8 % des hommes). Cette caractéristique des amphétamines correspond en grande partie à des usages ayant eu lieu à une époque où elles étaient encore présentes dans la pharmacopée et classiquement utilisées par certaines femmes dans la perspective de perdre du poids, grâce à leur puissant effet anorexigène. Groupe des amphétamines et diversité des dérivés. Les « amphétamines » (au pluriel) sont un groupe de molécules apparentées à l'amphétamine de structure phényléthylamine. On peut distinguer trois grands types de dérivés amphétaminiques selon leur effet principal, psychostimulant, hallucinogène ou anorexigène. En modifiant plus ou moins la molécule de phényléthylamine, il a été possible d'obtenir des produits dont l'un des effets (stimulant, hallucinogène ou anorexigène) est renforcé au détriment des autres. On a pu ainsi mettre au point des anorexigènes comme la fenfluramine qui ne présente pas d'effet psychostimulant ou des hallucinogènes puissants comme le STP. Les trois types de dérivés peuvent donner lieu à de l'abus et connaissent des modes de consommation différents selon la nature des produits et les effets recherchés. Jusqu'aux , le commerce illicite des amphétamines concernait essentiellement des dérivés psychostimulants. Depuis, des dérivés hallucinogènes s'y sont ajoutés, en particulier l'ecstasy qui fait l’objet d’une importante consommation. En outre, certains dérivés anorexigènes, dont l'effet psychostimulant n'est pas totalement absent, sont détournés de leur usage médical. Une autre classe de produits, celle des phénidates, dont le produit le plus répandu est la méthylphénidate (alias "Ritaline") est également dérivée de l'amphétamine. Chimie. L'amphétamine possède deux énantiomères, le terme "amphétamine" désigne le mélange racémique (mélange 50/50 de D-amphétamine et de L-amphétamine). La D-amphétamine est dénommée Dexamphétamine (ou dextro-amphétamine), la L-amphétamine est nommée lévo-amphétamine. Formule chimique : CHN Masse molaire : Pharmacologie. La structure chimique de l'amphétamine ressemble à celle de stimulants naturels produits par le corps : les catécholamines dont l'adrénaline, la noradrénaline, la dopamine. L'amphétamine inhibe la recapture de la dopamine. Elle a aussi une action libératrice de la noradrénaline et de la dopamine, par action du transporteur vésiculaire VMAT2 (présynaptique). Ce phénomène serait la cause de la perturbation de la production de dopamine. Usage médical. Elle est principalement employée en Amérique du Nord pour traiter les troubles de l'attention, la narcolepsie et parfois dans le traitement de l'obésité. Même si la forme pure est proscrite depuis 1959, elle reste utilisée sous forme de sulfate de dextroamphétamine. Son utilisation comme anti-fatigue dans l'armée est connue. Usage détourné et récréatif. L'amphétamine est utilisée comme drogue ou comme produit dopant, le plus souvent sous le nom de ". La drogue est aussi utilisée par certains pour une recherche de productivité accrue, lors de la réalisation d'un travail scolaire par exemple. Son utilisation est parfois comparable à celle de la cocaïne, mais cette dernière agit beaucoup moins longtemps et reste donc cantonnée à un usage festif. La drogue se présente généralement en poudre blanche, parfois colorée. On la trouve également en gélule, comprimé ou cristaux. Le produit vendu clandestinement sous le nom de " peut contenir ou non des amphétamines (notamment amphétamine, dextroamphétamine, méthamphétamine), d'autres produits actifs aux effets similaires ou non dont des psychotropes ou même des excipients parfois dangereux, comme la plupart des drogues obtenues de façon illégale. Effets et conséquences. L'amphétamine agit en libérant de la dopamine dans le cerveau. Elle bloque la recapture de la dopamine dans la synapse. Elle inhibe l'activité de l'enzyme MAO (monoamine oxydase) à forte dose. Elle agit dans le corps environ de après avoir été ingérée. Tout dépendant de la quantité prise et si elle est combinée avec d'autres stimulants, l'amphétamine peut s'avérer très dangereuse. Elle traverse la barrière placentaire et cause de nombreux dégâts au fœtus. Effets recherchés. L'amphétamine étant un produit psycho-actif, les effets recherchés peuvent parfois se transformer en "". Effets à court terme. Il arrive parfois que les amphétamines, du fait de leur caractère stimulant, induisent des hallucinations à forte dose ; cet effet ne doit pas être confondu avec celui des psychostimulants. La "descente" est souvent très difficile et peut s'accompagner de : La consommation d'amphétamines cause un effet d'indifférence ou un effet « sérum de vérité ». Effets à long terme. L'usage régulier entraîne une accoutumance. L'arrêt brutal d'une consommation régulière entraîne un syndrome de sevrage. Le sevrage des amphétamines peut résulter en une idée fixe qui peut amener à une irritation ou agressivité soudaine, ou un rattrapage de sommeil extrême (à ne pas confondre avec la fatigue chronique). L'absorption de fortes doses peut entraîner une action hallucinogène. Le mode de consommation entraîne aussi d'autres risques : Décès imputés à la consommation d'amphétamine. Les décès dus à la consommation d'amphétamine sont imputables à : Les personnes consommant régulièrement ou dépendant des amphétamines courent un risque élevé de diverses causes de mortalité, multiplié par 6, par rapport aux personnes ne consommant pas régulièrement ou n'étant pas dépendant des amphétamines.
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Amstrad Amstrad est une entreprise d'électronique grand public créée par Alan Michael Sugar au Royaume-Uni, et basée à Brentwood dans l'Essex, Angleterre. Le nom est une contraction de Alan Michael Sugar TRADing. Anciennement connue en France pour ses ordinateurs, elle appartient depuis 2007 à la British Sky Broadcasting (BSkyB). Dans les années 1980, l'entreprise a lancé la gamme d'ordinateurs personnels "populaires" Amstrad CPC au Royaume-Uni, en France et en Allemagne, et aussi la gamme d'ordinateurs professionnels Amstrad PCW, qui fut principalement un interpréteur sous le système d'exploitation CP/M. L'entreprise s'est adaptée avec le temps et a produit par la suite une gamme d'ordinateurs personnels bon marché tournant sous MS-DOS, dont le premier était l'Amstrad PC-1512. Initialement montée pour distribuer du matériel électronique bon marché, Amstrad développe aujourd'hui des récepteurs satellite numériques pour BSkyB et Sky Italia. Le CPC : un produit de consommation de masse. Amstrad Ltd Co. était au départ un constructeur présent sur le marché de la Hi-Fi. Son PDG, Alan Michael Sugar n'est ni un informaticien ni un novateur, mais un entrepreneur ambitieux et talentueux, apôtre de la consommation de masse. En 1984, sans doute inspiré par les succès de Sir Clive Sinclair, il se lance sur le marché de la micro-informatique domestique en commercialisant une machine qui réunit tout le savoir-faire anglo-saxon en la matière (une architecture à base de Z80, sur un marché alors déjà ancien). Les 8 bits sont alors commercialisés en grande surface depuis plusieurs années en Europe, mais Amstrad est la première marque qui s'implique vraiment sur ce créneau de distribution, notamment par un "marketing" agressif qui cible le grand public. Son succès rapide s'explique par l'essor que connaît alors la consommation de masse et par la multiplication des hypermarchés distribuant la marque. Parallèlement, A. M. Sugar est omniprésent dans la presse informatique. Une stratégie identique gouverne le "packaging" : le premier modèle d'Amstrad, le CPC 464 pour Colour Personal Computer, réunit pour la première fois et à un prix abordable tout ce qui est nécessaire à l'utilisateur, avec une qualité supplémentaire : l'intégration. Cette dernière est jusque-là demeurée l'apanage des seules machines de luxe (Apple ou IBM). Le CPC 464, quant à lui, est fourni avec un moniteur monochrome (noir et vert) ou couleur, un lecteur de cassettes, un confortable clavier mécanique doté d'un pavé numérique, et un petit haut-parleur. Il se démarque de la concurrence par un "design" harmonieux et coloré qui doit beaucoup à l'Oric Atmos. Le marché visé est d'emblée européen mais c'est en Angleterre et en France que les Amstrad CPC vont s'imposer comme machines grand public par excellence. Le constructeur sort rapidement deux nouveaux modèles équipés d'un lecteur de disquette 3" en lieu et place du lecteur de cassette : le CPC 664 au printemps 1985, au clavier bleu clair et blanc, sera remplacé dès l'automne suivant par le CPC 6128, au sobre clavier gris, doté de de RAM (sous forme de deux banks séparés, seuls étant adressables). En matière de programmation, le langage BASIC des Amstrad conçu par Locomotive Software est des plus rapides, souple et puissant à la fois, avec un éditeur intégré, malheureusement « ligne à ligne ». Autre facteur de succès, la documentation est correctement traduite et de qualité. Bien fourni en logiciels maison dès l'origine (ils sont signés AmSoft), c'est le volume de ventes et le soutien des éditeurs de jeux anglo-saxons qui vont faire des CPC les rivaux du Commodore 64 en Europe. Les PCW : Amstrad tente de gagner le marché des professionnels. Reprenant les principes qui ont fait le succès de sa gamme à usage domestique, Amstrad sort dans la deuxième moitié des années 1980 une gamme PCW, destinée à conquérir le marché à usage professionnel. Là aussi, le postulat est d'intégrer à un prix abordable un système d'exploitation éprouvé le CP/M et les outils de base (tableur, traitement de texte, imprimante, écran, clavier) à un prix forfaitaire abordable pour l'époque. Malgré l'arrivée des premiers PC compatibles, le PCW trouvera sa place avec 8 millions d'unités vendues. Amstrad est l'un des derniers constructeurs de micros 8 bits encore en lice en 1987, mais sa politique orientée produits grand public à prix cassés ne lui permettra pas de dégager des bénéfices suffisamment importants pour s'imposer sur le marché des compatibles PC, qui explose à la fin des années 1980. La marque existe encore aujourd'hui. Le succès (relatif) de sa première gamme destinée aux professionnels, les PCW, s'explique plus par la notoriété de la gamme que par leur réel intérêt. Du PC pour tous à la fin de l'aventure. Alan Sugar comprend très rapidement que le marché de l'informatique domestique finira par disparaître : le marché professionnel est porteur et à terme le PC s'imposera autant sur le marché familial que dans l'entreprise. Ainsi, Amstrad se lance dans les compatibles PC. Leur première machine est révolutionnaire dans sa conception (intégration des composants notamment) et son prix : c'est le PC-1512 qui sera bientôt suivi par le PC-1640. Amstrad capture jusqu'à 25% du marché du PC. Bill Gates et Andry Groove, les PDG de Microsoft et d'Intel se déplacent même en Angleterre pour rencontre Alan Sugar chez lui et pour comprendre comment il a réussi ce tour de force. L'innovation continue avec la série des PC-2000 : Amstrad ne pouvant copier le système IBM PS/2 car la licence est trop chère se doit d'innover. Or, des problèmes sur les contrôleurs des disques durs, problèmes dus à deux fabricants différents, entraîne le rappel des machines. L'image d'Amstrad est écornée et cette dernière obtiendra gain de cause en 1996 et touchera des millions de la part des deux fabricants américains en cause. En 1993, Amstrad lancera le MégaPC : un PC hybride intégrant une console de jeux mégadrive mais le succès sera modeste. Le dernier PC d'Amstrad, l'IntegraPC à base de Pentium, sortira en 1995. Au milieu des années 1990, le marché étant saturé, la marque doit renoncer à ses conquêtes et se replier sur son créneau originel : la Hi-Fi et la vidéo, puis les décodeurs satellites. À l'aune des années 2000, Amstrad lance le e-mailer, un téléphone capable d'envoyer des emails puis de nouveaux modèles jusqu'en 2004 permettant la visioconférence. En 1997, la société Amstrad Consumer Electronics Plc est liquidée par Alan Sugar assez subtilement : les actions de la firme sont scindées en deux et distribués aux actionnaires de deux entreprises possédées par Amstrad : Betacom et Viglen. Amstrad Consumer Electronics Plc est sorti alors de la bourse. Mais, quelques mois plus tard, Betacom qui est côtée change de nom et devient Amstrad. Tous les droits et marques d'Amstrad y avaient été transférées. Alan Sugar devient directeur de ce "nouvel" Amstrad. Mais, fournissant de nombreux équipements de réception satellite à Sky, c'est cette activité qui a motivé l'OPA amicale de BSkyB en , à qui Amstrad écoulait deux tiers de ses ventes. Alan Sugar restera à la direction de l'entreprise jusqu'en 2008 et gardera 28 % de son capital jusqu'en juin 2008, date à laquelle il quitte l'entreprise. Cette dernière, contrairement à ses recommandations (il souhaitait qu'elle reste une division autonome de Sky) a été intégré à sa maison mère et l'entreprise Amstrad en tant que telle a disparu en 2010. La marque Amstrad appartient quant à elle à Sky : Alan Sugar lorsqu'il a racheté ComTech M2M a voulu récupérer le nom Amstrad auprès de Sky mais n'a pas réussi : ComTech M2M - aujourd'hui l'un des leaders mondiaux de l'affichage digital pour SmartCities - s'est donc trouvé un autre nom : Amscreen. Anecdotes. Alain Juppé a été surnommé Amstrad dans un article de Christophe Barbier lors de la campagne pour l'élection présidentielle de 2017 en référence à sa carrière politique remplie d'échecs mais perdurant malgré tout. Alan Sugar fut souvent critiqué par le magazine "Hebdogiciel" (années 1980) en raison de son opportunisme dans le secteur de la micro-informatique et du jeu vidéo.
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Amsterdam Amsterdam () est la capitale des Pays-Bas, bien que le gouvernement ainsi que la plupart des institutions nationales siègent à La Haye. Sur la base des chiffres de l'année 2023, la commune d'Amsterdam compte un plus de , appelés Amstellodamois, ce qui en fait la commune néerlandaise la plus peuplée. Elle est située au cœur de la région d'Amsterdam, regroupant environ . L'aire urbaine, qui rassemble plus de fait elle-même partie d'une conurbation appelée qui compte . La ville est la plus grande de Hollande-Septentrionale, mais n'est cependant pas le chef-lieu de la province, ce dernier étant Haarlem, situé à à l'ouest d'Amsterdam. Le nom de la commune vient de l'ancien nom néerlandais "Amstelredamme" évoquant les origines de la ville : la digue ("") sur l'Amstel. Petit village de pêcheurs au , la ville connaît une très forte croissance au Moyen Âge, tardive au regard d'autres villes aux Pays-Bas, au point de devenir l'un des principaux ports du monde durant le siècle d'or néerlandais. Le quartier de De Wallen est la partie la plus ancienne de la ville, qui se développe autour d'un réseau concentrique de canaux semi-circulaires reliés par des canaux perpendiculaires, formant une « toile d'araignée ». Au centre de la vieille ville se trouve, sur la place du Dam, le palais royal d'Amsterdam, construit au , symbole de l'importance de la ville. Guillaume en fait sa résidence en 1815. Depuis , le quartier du , délimité par le Herengracht, Keizersgracht et Prinsengracht, figure sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO. Dans cette zone se trouve le renommé béguinage d'Amsterdam, cour arborée et bordée d'habitations anciennes abritant en son sein une chapelle anglicane. Amsterdam est l'un des centres économiques majeurs des Pays-Bas et l'un des principaux centres financiers d'Europe. Les sièges sociaux de plusieurs firmes multinationales (Philips, AkzoNobel, ING et TomTom notamment) sont situés dans la ville et d'autres ont leurs bureaux européens basés à Amsterdam (principalement Netflix, Uber et Tesla). La ville est également la première destination touristique et culturelle néerlandaise, notamment du fait de la renommée de ses principaux musées concentrés autour de la Museumplein : le Rijksmuseum, la fondation d'art moderne Stedelijk Museum et le Van Gogh Museum figurent parmi les plus visités au monde. D'autres lieux culturels d'importance sont le musée scientifique NEMO, l'Institut royal des Tropiques, le musée d'art Hermitage, l'institut du cinéma EYE, le musée maritime néerlandais et la Maison Anne Frank. Divers classements placent Amsterdam parmi les métropoles mondiales offrant le meilleur confort de vie, le magazine américain "Forbes" la positionnant à la première place en 2016 pour les jeunes adultes ; elle également désignée en 2016 comme capitale européenne de l'innovation. Selon l'Economist Intelligence Unit, elle est la ville la plus sûre d'Europe et la quatrième ville la plus sûre du monde en 2019. La majorité des déplacements en ville s'effectue grâce aux quatorze lignes de tramway, aux cinq lignes de métro, à pied ou à vélo. La ville est réputée pour ses événements festivaliers (Amsterdam Music Festival, Sensation, In Qontrol et Uitmarkt), ses discothèques (Paradiso et Melkweg) et ses salles de concert (notamment le Ziggo Dome, Concertgebouw, Heineken Music Hall et Stadsschouwburg). Amsterdam est aussi connue pour son quartier rouge, ainsi que pour ses nombreux "coffee shops" possédant une licence leur permettant de commercialiser le cannabis, reflétant le progressisme politique des Pays-Bas. En 2016, Amsterdam rejoint le mouvement Fab City, suivant l'appel lancé par le maire de Barcelone, Xavier Trias, à ce que toutes les villes du monde deviennent autosuffisantes pour 2054. Trois ans plus tard, elle accueille le nouveau siège de l'Agence européenne des médicaments (AEM) à la suite de son déménagement de Londres en raison du Brexit. Toponymie. Le toponyme du terme est seulement attesté avec sa graphie actuelle au . Le nom de la ville qui a connu une croissance urbaine assurée dès le s'est écrit de différentes façons par le passé : "Aemstelredam", "Aemstelredamme", "Amestelledamme" (1275), Amestelredamme (1285), "Amstelredam", et "Amstelredamme". Il existe une variante graphique "Amsteldam" attestée au et . Le toponyme originel signifierait la digue ("dam" en néerlandais) de terre (« erd » ou « ered » son persistant intermédiaire du mot) sur une rivière nommée autrefois Amstel. Il existe selon Deroy et Mullon une autre hypothèse apparemment précise formulable sur l'installation portuaire à la faveur de cette digue située au sud-ouest de l'ancien golfe du Zuidersee. Elle segmente arbitrairement le toponyme en trois parts ', interprétant la première ' en « cours d'eau ou rivière locale à eau vive », la seconde "Stelle" soit « une place portuaire, formé par une levée progressive de terre formant embarcadère ou un amas de terre de remblai, en partie creusé et aménagé, permettant le premier emplacement portuaire », la troisième "Dam" signalant toujours la digue en arrière, protégeant les habitations. Dans ce cadre hypothétique, la ville préserverait un nom signifiant approximativement la « digue du port fluvial ». Héraldique. Les premières armoiries se composent « de gueules au pal cousu de sable chargé de trois flanchis d'argent ». Ce sont donc des armes à enquerre. Les origines du blason ne sont pas claires, mais les historiens considèrent qu'il s'agit des armoiries de la famille Persijn, qui était propriétaire d'une grande étendue de terres situées sur l'emplacement de la ville. Un certain Jan Persijn est ainsi « seigneur de Amstelledamme » de 1280 à 1282 (on retrouve les mêmes couleurs et figures sur les blasons des villes d'Ouder-Amstel et Amstelveen qui furent, elles aussi, la propriété de la famille Persijn). Ces mêmes historiens estiment que la bande noire au centre du blason représente le fleuve Amstel (comme c'est le cas dans plusieurs autres villes néerlandaises, comme à Delft ou à Dordrecht, où la bande centrale stylise le cours d'eau principal de la ville). Les trois croix de saint André pourraient représenter les trois mots de la devise de la ville. Une tradition populaire voit pourtant dans ces trois croix les menaces pour la ville : eau, feu et peste. En 1489, la petite ville commerçante acquiert le droit d'ajouter la couronne du Saint-Empire romain germanique à son blason. Il s'agit d'une faveur accordée par l'empereur Maximilien pour remercier les habitants de la ville du soutien qu'ils lui apportent. Cette même couronne est également visible (sous une forme stylisée plus proche de celle de Rodolphe II) au-dessus de la Westerkerk, l'une des églises les plus emblématiques de la ville. Sous le Premier Empire, Amsterdam fait partie des bonnes villes et est autorisée, à ce titre, à demander des armoiries au nouveau pouvoir : elles sont modifiées par l'ajout d'un « chef de gueules chargé de trois abeilles d'or », qui est la marque présente sur les blasons des bonnes villes de l'Empire. Histoire. Moyen Âge. Fondation. La première mention du nom « » dans les documents historiques remonte à un acte de Florent V, comte de Hollande de 1256 à 1296. Le document, baptisé « Exemption de taxes d'Amsterdam » () et daté du dispense les quelques centaines d'habitants du « Barrage sur l'Amstel » du paiement des taxes sur le commerce de leurs produits à l'intérieur du comté de Hollande et sur leur pont-barrage sur l'Amstel, construit vers 1270. Ces habitants sont désignés en latin en tant qu'« ' (littéralement, les personnes vivant près du barrage de l'Amstel). En l'espace de quelques années, ce mot évolue sous sa forme quasi finale d', comme en attestent des écrits de 1327. À cette époque, Amsterdam n'est rien de plus qu'un village de pêcheurs rattaché à l'évêché d'Utrecht. Développement. Cette exemption de péage donne un avantage aux Amstellodamois pour le commerce extérieur et permettra à Amsterdam de devenir la première place commerciale de Hollande, et de poser les bases de sa richesse et de sa puissance futures. Le bourg d'Amsterdam, qui obtient le statut de ville en 1300 ou 1306, probablement de l'évêque d'Utrecht, Gui d'Avesnes, devient une importante place commerciale au , grâce à son port qui se développe sur le Damrak, en aval du barrage originel. Le commerce d'Amsterdam a lieu principalement avec les villes de la Ligue hanséatique. En 1345, un miracle présumé qui se produit sur la Kalverstraat fait d'Amsterdam un important centre de pèlerinage, qui durera jusqu'à la Réforme. Avant 1385, l'Amstel sépare la ville d'Amsterdam en deux parties de taille à peu près égale : la « vieille ville » (') où se trouve la « Vieille église » (), dont la construction avait débuté vers 1300, et la « Nouvelle ville » (') où se trouve la « nouvelle église » (), bâtie au début du . Afin de garantir sa protection, la ville se dote de canaux, complétés par une palissade (') composée d'un mur de terre surplombé par une palissade de bois. Lorsqu’après 1385, de nouveaux murs d'enceinte sont construits, le mur existant prend le nom de ' (avant-palissade) tandis que le nouveau est baptisé "" (arrière-palissade), et ce à la fois dans les vieille et nouvelle villes. On voit encore aujourd'hui, dans le centre historique, quatre canaux/rues portant les noms de , , et (devenu ). En 1421 et en 1452, la ville est ravagée par deux incendies majeurs, le second détruisant plus des trois quarts de la ville. L'empereur et comte de Hollande Charles Quint, décrète en 1521 que les nouvelles habitations devront être construites en pierre plutôt qu'en bois. Restée d'abord théorique, l'interdiction devient définitive à partir de 1669. Presque toutes les habitations en bois de l'époque ont aujourd'hui disparu, à l'exception notable de la "" (« Maison de bois ») du béguinage. Paradoxalement la reconstruction des bâtiments en brique et en pierre, plus lourde, nécessite encore plus de bois: Amsterdam est reconstruite sur des pieux, dont la longueur doit être idéalement d'au moins quinze mètres pour atteindre le premier banc de sable, sous-jacent à la tourbe fangeuse sur laquelle est construite la ville; on fait donc venir de la Forêt-Noire, flottés sur le Rhin, les milliers de « mâts », car il s'agit d'une industrie concomitante à celle du bois de mâture, les milliers de pieux sur lesquels la ville sera désormais bâtie. Temps modernes. Amsterdam à l'époque de l'apogée d'Anvers. Le commerce du Portugal et de l'Espagne avec l'Amérique, l'Afrique et les Indes orientales, fait d'Anvers la grande place commerciale et bancaire d'Europe à partir de 1500. Amsterdam reste confinée au commerce d'Europe du Nord. La situation change complètement à la suite des événements politiques des années 1566-1585. L'insurrection contre le roi d'Espagne (1566-1585). Depuis Charles Quint, le souverain des Pays-Bas, donc comte de Hollande, est aussi roi d'Espagne. Le successeur de Charles Quint, le roi Philippe II d'Espagne fait preuve d'une grande intransigeance en matière religieuse et politique, ce qui génère de fortes tensions avec la noblesse locale et avec les protestants. En 1566 commence la révolte des Gueux. La politique du représentant du roi à Bruxelles, Ferdinand Alvare de Tolède, notamment l'instauration du Conseil des troubles en 1567, fait que la révolte dégénère rapidement en guerre en 1568, dite guerre de Quatre-Vingts Ans Amsterdam se rallie à l'insurrection en 1578, après le renversement du gouvernement catholique de la ville au cours de l'épisode de l'Alteratie, qui voit les protestants prendre le pouvoir, sans effusion de sang. En 1581, les provinces et villes de l'union d'Utrecht (1579) proclament la déchéance de Philippe II de ses droits sur les Pays-Bas (acte de La Haye). En 1585, la limite entre les provinces insurgées, qui forment la république des Provinces-Unies, et les Pays-Bas espagnols est fixée de fait après la reprise d'Anvers par les troupes d'Alexandre Farnèse, gouverneur au nom de Philippe II. Le roi d'Espagne reconnaît l'indépendance en droit des Provinces-Unies en janvier 1648, par le traité de Münster. Un refuge religieux. Sous la direction du stathouder Guillaume le Taciturne, les Provinces-Unies deviennent un symbole de tolérance religieuse. Dans le contexte des guerres de religion qui ravagent d'autres pays d'Europe, nombreux sont ceux qui y cherchent alors un refuge pour vivre leur foi sans risquer de condamnation. Cette situation provoque l'immigration de familles juives depuis la péninsule Ibérique, de marchands protestants venus de Flandre, des provinces wallonnes des Pays-Bas ou encore de huguenots français. En particulier, de nombreuses et prospères familles, issues d'autres provinces encore sous contrôle espagnol, rejoignent Amsterdam pour y trouver la sécurité. En 1685, le revenu par habitant est ainsi quatre fois supérieur à celui de Paris, écart qui se creuse d'autant plus avec la deuxième vague d'exil de huguenots fuyant la France, à la suite de la révocation de l'Édit de Nantes en 1685. Les réfugiés protestants fondent l'église wallonne d'Amsterdam, dont le culte en français subsiste jusqu'à aujourd'hui. Parmi les réfugiés, on compte notamment des hommes de science tels que Comenius ou encore des philosophes tels que René Descartes. Par ailleurs, l'afflux d'imprimeurs flamands, provenant notamment d'Anvers, et la tolérance intellectuelle qui règne à Amsterdam contribuent à donner à la ville son statut de centre européen de la liberté de la presse. Le siècle d'or d'Amsterdam (1585-1702). Le est considéré comme l'âge d'or d'Amsterdam car elle devient à cette époque la ville la plus riche du monde. La reprise d'Anvers par les Espagnols en 1585, qui voit les bouches de l'Escaut bloquées par les Provinces-Unies se traduit par un afflux massif de bourgeois protestants qui apportent savoir-faire et capitaux. Amsterdam est alors au cœur d'un réseau mondial de commerce maritime avec les pays de la mer Baltique, l'Afrique, l'Amérique du Nord, le Brésil ou encore les Indes orientales. C'est ainsi que les marchands amstellodamois possèdent la majorité des actions de la première grande multinationale de l’Histoire, la Compagnie néerlandaise des Indes orientales, créée en 1602, mais également de sa rivale, la Compagnie néerlandaise des Indes occidentales (1621). Ces deux sociétés ont fait l'acquisition de plusieurs territoires outremer, par la suite devenus des colonies néerlandaises. Les bateaux revenant d'Indonésie chargés de précieuses épices font la richesse de la ville. Amsterdam rayonne à cette époque à travers toute l'Europe, tant au niveau artistique avec Rembrandt et Vermeer, que financier avec la création d'une « banque de change » initialement censée faciliter les échanges de monnaie, mais qui devient rapidement un pourvoyeur de fonds pour les particuliers et les entreprises, ainsi que de la première bourse de valeurs au monde en 1611. C'est également le cas en génie civil, avec la construction des célèbres canaux ou de l'hôtel de ville, achevé en 1655 sous la supervision de l'architecte Jacob van Campen, considéré par les Amstellodamois comme la huitième merveille du monde. Cette période faste se traduit par un accroissement important de la population dans la première moitié du , accompagné d'une expansion significative de la ville. Le nombre d'habitants passe ainsi de à au cours du siècle, en dépit de plusieurs épidémies de peste (de 1623 à 1625, 1635 à 1636, 1655 et surtout 1664). Les deux premières expansions majeures de la ville ont lieu à la fin du , avec le « Premier Plan » (', de 1566 à 1585) marqué par un développement en direction de l'est de la ville vers le , au-delà du , puis du « Deuxième Plan » (') (1585-1593) dans la foulée. Cependant, ces deux expansions ne permettent pas d'absorber la population croissante et de répondre aux besoins nouveaux créés par l'activité économique florissante de la ville. Un nouvel agrandissement significatif est ainsi approuvé par les États de Hollande et de Frise-Occidentale en 1609. Cependant, étant donné les coûts significatifs que le projet implique, et la nécessité de réaménager et rehausser les nouveaux quartiers, il est finalement décidé de réaliser l'élargissement en deux étapes. Le « Troisième plan » ("") est ainsi mis en place entre 1613 et 1625 et marque le développement de plusieurs quartiers situés à l'ouest de la vieille ville, comme le , les ou encore le . Mais le principal chantier du plan est la mise en place de la première partie du , entre les berges de l' et l'actuel , et d'un nouveau mur d'enceinte au niveau du . Les travaux de construction d'un nouveau port et du nouveau bastion débutent en 1611. Une fois celui-ci achevé en 1613, la destruction de l'ancienne muraille permet de commencer le creusement des canaux : le (1613), le (1614) puis le (1615). Au dehors des anciennes limites de la ville, de nouveaux quartiers émergent plus ou moins légalement. Alors qu'une partie de cette nouvelle « avant-ville » se retrouve dans l'enceinte des nouvelles fortifications, l'autre partie (correspondant au futur ) est volontairement laissée à l'extérieur, afin de réduire les coûts et de limiter le risque d'insurrection. Entre 1613 et 1620, la plupart des fossés sont transformés en canaux, et les chemins en routes. L'organisation des rues devient plus régulière et de nombreux immeubles sont construits. Alors que le sol est rehaussé dans la ceinture de canaux, celui du resté inchangé ; différence jamais réduite. Le « Quatrième Plan » ('), rendu nécessaire par la pression démographique et le développement de zones illégales aux abords du mur d'enceinte, est marqué par l'achèvement du ' et l'agrandissement du port. L'aménagement des , entre 1652 et 1660, permet à la ville de se doter de chantiers navals et d'un port de premier plan. Le projet d'élargissement des limites de la ville est approuvé en 1660 et les travaux s'étalent sur dix ans, entre 1662 et 1672. Les marchands et bourgeois les plus fortunés s'installent alors sur les bords des canaux parallèles du , du et du . L'architecte Daniël Stalpaert joue un rôle important dans cette expansion de la ville en 1658. Pour la réaliser, Amsterdam a naturellement besoin de renforts en main-d'œuvre. Des ouvriers, provenant à la fois du pays, mais également de l'étranger, affluent dans la ville et s'installent dans des taudis situés en périphérie des canaux, notamment dans le quartier alors marécageux du Jordaan. Leur présence contraste avec la . Du déclin à la modernisation (). Fin de l'hégémonie. Après l'hégémonie du siècle d'or, le voit le déclin de la prospérité de la ville. Les guerres contre la France (entre 1672 et 1713) et la guerre de Succession d'Autriche entraînent le développement d'une dette très importante, atteignant de florins en 1795, dont 450 rien que pour la Hollande. Les Néerlandais, qui étaient les principaux transporteurs des marchandises de l'Europe, voient leurs clients et leurs fournisseurs créer leurs propres flottes de commerce et passer de moins en moins par leur intermédiaire. Les Actes de navigation, votés en Angleterre à partir de 1651, interdisent l'accès aux ports et colonies britanniques pour les pavillons des autres nations. Ces dispositions visent particulièrement les Provinces-Unies. Une autre cause du déclin de la puissance commerciale néerlandaise est l'obsolescence progressive de ses techniques. Le développement d'un vaste marché en Europe de l'Ouest rend nécessaire la construction de navires d'un plus fort tonnage, afin de transporter davantage de marchandises. Si les chantiers navals néerlandais lancent des navires plus importants au qu'au , ceux-ci sont pourtant dépassés par ceux de leurs concurrents, tant pour ce qui est de la taille que du niveau technique. Les retards accumulés par les Néerlandais ont également pour conséquence un ensablement des chenaux des ports de commerce, à commencer par ceux du Pampus et du Marsdiep qui permettent d'accéder à Amsterdam. Dans les années 1770, quarante jours sont nécessaires pour que le navire de la Compagnie des Indes orientales "" puisse accoster à Amsterdam. La place est affectée, par ricochet, par la terrible Famine au Bengale de 1770, dans la zone conquise par les Anglais en Inde, déclenchant , dont celle de la Banque Clifford d'Amsterdam et de ses alliés. La Quatrième guerre anglo-néerlandaise, qui oppose les Provinces-Unies et leur allié, le royaume de France, à la Grande-Bretagne, de 1780 à 1784, permet à la puissance britannique de reprendre de nombreuses concessions coloniales dans les Indes néerlandaises. Cette défaite, couplée aux difficultés de la période franco-batave, marque la fin de l'hégémonie d'Amsterdam en Europe. Onze ans après son arrivée au pouvoir en France en 1799, parvient à étendre son empire jusqu'aux Pays-Bas, qui sont annexés durant le Premier Empire en 1810. Amsterdam acquiert ainsi le statut de troisième ville de l'empire, aux côtés de Paris et Rome. Cette nouvelle annexion survient seulement quinze ans après la naissance de la République batave, issue des Provinces-Unies en 1795, puis après l'instauration du royaume de Hollande par Napoléon en 1806. Ce contexte instable porte préjudice à la ville d'Amsterdam, touchée de plein fouet par le déclin du commerce et du transport maritime, consécutif à l'ensablement des voies d'accès maritimes à la ville, à la réduction des échanges avec les colonies. En outre, le conflit entre la France et l'Angleterre anéantit la majeure partie des échanges avec le Royaume-Uni, à la suite de l'instauration du blocus continental. Le frère de , Louis, imposé comme souverain du royaume de Hollande de 1806 à 1810, décide de faire d'Amsterdam sa capitale lors de son arrivée à La Haye, le . Le , il déménage vers la capitale et s'installe dans l'hôtel de ville dont il fait un palais royal. Le gouvernement l'accompagne. En dehors du déplacement du Rijksmuseum depuis La Haye, le mandat de Louis Bonaparte n'est pas marqué par d'autres faits majeurs pour la ville d'Amsterdam. Après l'éviction des troupes françaises par les armées russe et prussienne en 1813, le nouveau monarque de la maison d'Orange-Nassau choisit de nouveau La Haye comme lieu de résidence, et comme siège des États généraux du royaume des Pays-Bas. Amsterdam reste cependant la capitale du royaume des Pays-Bas de 1815 à 1830, aux côtés de Bruxelles. Bénéficiant de la volonté de Guillaume d'en faire un centre économique de premier plan, Amsterdam se voit attribuer le monopole du commerce avec les colonies, après la révolution belge de 1830. Dans l'optique de renforcer la puissance de son port sont lancés les premiers projets majeurs de canaux, comme le canal de la Hollande-Septentrionale, inauguré en 1825. Retour progressif au premier plan. Avec l'explosion de naissances durant plusieurs décennies, liée à un renouvellement des échanges, à l'émergence d'industries nouvelles et à l'apparition de nouvelles activités comme les services financiers, la population connaît une forte croissance, passant de en 1830 à en 1900. La ville n'est pas préparée à une telle augmentation, et se retrouve surpeuplée. Alors que les conditions de vie des classes les plus défavorisées de la population deviennent de plus en plus difficiles, les premières initiatives philanthropiques font leur apparition, notamment pour améliorer les conditions de logement et d'hygiène des ouvriers. Le médecin Samuel Sarphati en devient l'une des principales figures ; il joue un rôle important dans la création d'un système de gestion des déchets et, en 1847, obtient l'autorisation de collecter les ordures au travers d'une nouvelle entreprise, baptisée "Maatschappij ter bevordering van Landbouw en Landontginning". Cette dernière a pour objectif de collecter les déchets mais pas de nettoyer les rues, que leur insalubrité rend parfois impraticables. En 1852, il crée la ' dans le but de promouvoir le commerce, l'industrie et l'agriculture, ce qui conduit notamment à la construction du (traduisible en français par ). En 1855, il fonde la « Société de fabrication de farine et de pain » (') qui propose du pain à un prix 30 % inférieur à celui des boulangeries. Toutes ces initiatives contribuent à l'amélioration des conditions de vie dans la ville, notables à partir de 1870. En dépit de la dégradation des conditions de vie, la ville prospère à nouveau économiquement, et de plus en plus de gens déménagent vers la capitale pour y tenter leur chance. La très forte industrialisation à partir des années 1860 marque une nouvelle période d'expansion avec la création de nombreuses constructions et infrastructures. À cette époque sont construits deux musées, d'abord un édifice entièrement nouveau pour le Rijksmuseum (1885), puis le Stedelijk Museum (1895), mais aussi la salle de concert du Concertgebouw (1888) et la gare centrale d'Amsterdam (1889). À la même période, une ligne de défense est édifiée autour d'Amsterdam, sous la forme d'un réseau unique de quarante-deux forts et de terres inondables, afin de défendre la ville contre des attaques. Pour répondre à l'arrivée massive de travailleurs, des centaines de logements ouvriers sont construits dans de nouveaux quartiers périphériques constituant le ' (« ceinture du »), pendant populaire du Grachtengordel. Ces quartiers, parmi lesquels figurent De Pijp, le Kinkerbuurt et le Dapperbuurt, sont principalement financés par des banquiers et des spéculateurs et constituent la première expansion majeure de la ville en dehors des frontières adoptées au . Alors qu'ils concentrent essentiellement des classes moyennes inférieures, les classes les plus pauvres s'installent dans le Jordaan et dans les Oostelijke Eilanden. L'émergence de ces quartiers populaires contribue au fort développement du socialisme dans les années 1880 et 1890, lorsque de vives tensions avec les autorités émergent à un rythme quasi hebdomadaire, notamment lors de la manifestation du ', pendant laquelle sont tués par l'armée. Les années 1890 sont notamment marquées par la création de syndicats par les employés du port de la ville, désireux d'améliorer leurs conditions de travail. Après plusieurs décennies difficiles, la seconde moitié du est marquée par une nouvelle vie pour la ville, souvent considérée comme un second âge d'or. La construction du canal de la Mer du Nord en 1876, qui supplante le canal de la Hollande-Septentrionale contribue à faciliter les liaisons avec les grands ports et les grandes métropoles d'Europe, ouvrant de nouveaux horizons commerciaux à la ville. Avec le développement de la ville, les anciens ports du Damrak et des Westelijke Eilanden ne sont plus adaptés à la croissance des échanges. Un nouveau complexe portuaire, construit sur de nouvelles îles artificielles est créé et prend le nom de Oostelijk Havengebied ; les entrepôts historiques étant aujourd'hui reconvertis en logements. Celui-ci permet notamment d'accueillir les navires de marchandises desservant les Indes orientales néerlandaises, ainsi que des flux de population immigrée. À la fin du siècle, la rive nord de l'IJ est également aménagée pour accueillir des usines et des zones portuaires. Placée aux avant-postes des profonds développements économiques et sociaux de la seconde moitié du , Amsterdam acquiert le statut incontesté de capitale du pays. Vers 1900, près de la moitié de la population active de la ville travaille dans l'industrie. Permanences, reconstruction et renouveau (). Fin de la Belle Époque et Grande Guerre. Peu de temps avant la Première Guerre mondiale, la ville continue à s'étendre et de nouveaux espaces ruraux sont urbanisés, notamment au travers du proposé par H. P. Berlage en 1915 et approuvé par la commune en 1917. Même si les Pays-Bas restent neutres dans le conflit, Amsterdam subit une importante pénurie de nourriture et de combustible pour le chauffage. En 1917, les pénuries déclenchent des émeutes, connues sous le nom d"" (littéralement, la « rébellion de la pomme de terre »), au cours desquelles neuf personnes sont tuées et plus de cent blessées. À la suite de cette révolte, les magasins et les entrepôts sont pillés dans le but de trouver des provisions et des denrées alimentaires. Entre-deux-guerres. L'entre-deux-guerres est marqué par la volonté de mettre en place un nouveau plan d'agrandissement de la ville, le Plan général d'élargissement ("", AUP), approuvé par la municipalité en 1935. Ce dernier, développé par l'architecte Cornelis van Eesteren, se concentre autour de quatre axes forts : habitations, travail et loisir, avec comme dénominateur commun le réseau de transport. Les architectes et urbanistes mettent ainsi en avant des espaces qui privilégient « la lumière, l'air et l'espace », ce qui contraste fortement avec les précédents projets, dont les immeubles constituaient l'élément structurant. En raison des difficultés économiques, le plan n'est finalement réalisé qu'au lendemain de la guerre. Amsterdam mérite encore son surnom de , avec les chalands du Singel autrefois observé par le philosophe et lunetier Baruch Spinoza, son urbanisme central et régulier au long des canaux, avec son habitat caractérisé par un couloir d'eau et des portes étroites, au point qu'il faille opérer tout déménagement conséquent par les fenêtres, avec ses lieux de rencontre tardive, où la bière et la permettent de freiner la dérive du vague à l'âme. Les quartiers d'Amsterdam développent des identités distinctes, notamment celui des Juifs (Jodenbuurt), dans lequel s'activent les tailleurs diamantaires pour les commandes de leurs patrons, allant vers le Zeedijk, ainsi que les quartiers d'affaires près de la banque Amstel ou de la bourse, où s'échangent encore sous titres financiarisés du café, du quinquina, du cocotier, du thé, du caoutchouc, du poivre, des cigares et des ananas. S'imposent aussi les alignements rectilignes des quartiers bourgeois, dont les habitats sont marqués par l'idéal puritain, affichant d'emblée la hiérarchie par la naissance des bonnes familles et les marques de désignation quasi-seigneuriale de leurs personnalités ou individualités, exigeant la netteté et la propreté, la sécurité et la tranquillité, tout en gardant l'argent et les revenus du commerce. Le pouvoir municipal participe de cette rigueur, interdisant la danse le dimanche et imposant le silence religieux au moment du bénédicité. Seconde Guerre mondiale. Lors de la Seconde Guerre mondiale, l'Allemagne envahit et prend le contrôle des Pays-Bas le . Face à la politique de persécution et d'extermination du peuple juif menée par le régime allemand, certains citoyens d'Amsterdam tentent de résister en cachant certains d'entre eux, en dépit des risques que cela comporte. Au cours du conflit, plus de d'Amsterdam sont néanmoins déportés, réduisant presque à néant la communauté juive de la ville. Ces rafles font l'objet de protestations de la part de la population, notamment la grève de février 1941, qui conduit à la paralysie de la ville. Parmi les plus célèbres Juifs déportés, on peut notamment citer la jeune Anne Frank cloîtrée pendant avec sa famille et des amis au-dessus d'un magasin du centre d'Amsterdam, avant d'être déportée au camp de concentration de Bergen-Belsen. À la fin de la Seconde Guerre mondiale, toutes les communications avec le reste du pays sont coupées et la nourriture et le carburant s'épuisent dangereusement. De nombreux citoyens partent alors dans les campagnes à la recherche de nourriture. Pour rester en vie, certains habitants sont forcés de manger des chiens, des chats, des betteraves sucrières, ainsi que des bulbes de tulipes réduits en pâte. La plupart des arbres de la ville sont également coupés pour servir de combustible, de même que la plupart des meubles et des boiseries provenant des appartements des Juifs morts en déportation. Reconstruction et après-guerre. Au lendemain de la guerre, de nombreux nouveaux quartiers, tels qu'Osdorp, Slotervaart, ou Geuzenveld-Slotermeer sont construits conformément à l'AUP. Ces quartiers sont conçus avec de nombreux jardins publics et de grands espaces ouverts, ce qui leur vaut le nom de « villes jardin » (""). Les nouveaux immeubles offrent également un confort de vie accru avec des pièces plus grandes et plus claires, des balcons et des jardins. À la suite de la guerre et des autres incidents qui émaillent le , une grande partie de la ville a besoin d'être restaurée ou rénovée. Alors que la société connaît une évolution importante, des politiciens et d'autres personnalités influentes conçoivent des projets visant à dynamiser des parties importantes de la ville, notamment avec des immeubles commerciaux et de nouveaux axes routiers accessibles au plus grand nombre. Émergence d'une ville contemporaine. Les années 1960 et 1970 ramènent Amsterdam au premier plan de l'actualité, non seulement pour son rayonnement économique ou commercial de métropole d'un pays qui bénéficie pleinement de l'essor des Trente Glorieuses, mais aussi à cause de la tolérance de la ville envers l'usage des drogues douces, qui en fait une ville de prédilection pour la génération hippie. Amsterdam joue ainsi un rôle central dans l'émergence du mouvement contestataire Provo, initié dans les happenings de l'artiste Robert Jasper Grootveld, sur le Spui, à partir de 1964. Cependant, les émeutes et les affrontements avec la police se multiplient. Le , des bombes fumigènes sont jetées au passage du cortège nuptial, juste avant le mariage à la Westerkerk de la princesse Beatrix avec le diplomate allemand Claus von Amsberg. Le et pendant plusieurs jours, consécutive à une manifestation d'ouvriers du bâtiment vite rejoints par d'autres mécontents, notamment des jeunes, une flambée de violence ravage le centre historique, ce qui conduit au limogeage du bourgmestre Gijs van Hall par le gouvernement national. Selon un bilan qui aurait pu être encore plus grave, on comptabilise des dizaines de blessés, mais un seul mort, Jan Weggelaar, un ouvrier de cinquante ans décédé d'une crise cardiaque au début des troubles. Durant des années, de nombreux squatters sont expulsés par la force. En 1977, la ville est endeuillée par l'incendie de l'hôtel Polen, puis en 1980, alors que Beatrix prête serment lors de son accession au trône, des protestataires, composés en majorité de membres du « mouvement des squatteurs », affrontent la police à l'extérieur de la Nieuwe Kerk, au cours des « émeutes du couronnement ». Un projet de développement d'une voie express circulant au-dessus du métro est également envisagé pour faciliter le trafic entre la gare centrale d'Amsterdam et le reste de la ville. Les travaux de rénovation débutent dans les anciens quartiers juifs. Les rues les plus petites, telles que la sont élargies, alors que quasiment tous les immeubles qui s'y trouvent sont démolis. Les tensions liées aux démolitions atteignent leur paroxysme lors des travaux sur le Nieuwmarkt, qui donnent lieu à des émeutes (les « "" ») au cours desquelles les habitants expriment leur colère contre la politique de reconstruction de la ville. En conséquence, les travaux de démolition sont arrêtés et l'autoroute planifiée n'est finalement pas construite, contrairement au métro qui est développé selon les plans. Celui-ci est inauguré en 1977, entre le nouveau quartier de Bijlmer (situé dans l'actuel arrondissement de Zuidoost) et le centre d'Amsterdam. En définitive, seules quelques rues du quartier sont réaménagées et élargies. Le nouvel hôtel de ville est inauguré sur la Waterlooplein, place qui est quasiment intégralement démolie et reconstruite. Dans le même temps, de grandes entreprises privées, telles que la ' (« Redéveloppement d'Amsterdam »), sont créées dans le but de réhabiliter et restaurer l'ensemble du centre. Les résultats positifs de ces politiques sont visibles aujourd'hui et des initiatives visant à continuer le développement du centre sont toujours menées. L'ensemble de la ville bénéficie globalement de ces politiques, au point d'acquérir le statut d'aire protégée. De nombreux immeubles sont élevés au rang de monument national (') et le quartier de la Grachtengordel (comprenant notamment le Herengracht, Keizersgracht et Prinsengracht) est ajouté à la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO en 2010. Au début du nouveau millénaire, des problèmes sociaux tels que la sécurité, la discrimination ethnique et la ségrégation entre les groupes religieux et sociaux commencent à se développer. 45 % de la population d'Amsterdam est constitué d'allochtones, issus principalement d'Europe et de pays tels que le Suriname, le Maroc, la Turquie ou les Antilles néerlandaises. Amsterdam se caractérise cependant par son apparente tolérance sociale et sa diversité. De à , le bourgmestre Job Cohen et son échevin à l'intégration Ahmed Aboutaleb mènent une politique fondée sur le dialogue social et la tolérance, accompagnée de nouvelles mesures sévères contre ceux qui enfreignent la loi. La ville s'affirme au début du comme une capitale culturelle incontournable en Europe, avec des chantiers dont la liste est longue. De nombreux musées font l'objet de travaux de rénovation importants. Ainsi, le musée de la Marine néerlandaise est réinauguré avec une nouvelle scénographie en 2011, le Stedelijk se voit adjoindre un nouveau bâtiment contemporain surnommé en 2012, le Rijksmuseum subit d'importants travaux et est réinauguré par la reine Beatrix en 2013 et visité par le président américain Barack Obama l'année suivante, tandis que le musée Van Gogh, construit en 1973, s'agrandit en 1999 et se dote d'une nouvelle entrée sur la Museumplein en 2014. Le quartier résidentiel d'IJburg, construit à l'est de la ville sur des îles artificiellement créées, est un modèle de quartier durable que la ville expérimente face à la montée des eaux, ainsi qu'au besoin d'espace à proximité du centre-ville. L'Amsterdam Science Park est un autre exemple notable de nouveau quartier développé : construits à la place d'anciennes friches, les bâtiments abritent des laboratoires de recherche et une partie du campus étudiant de l'université de la ville. Dans un même temps, plusieurs voix se font entendre pour une piétonisation complète du centre-ville et des quartiers construits au , ce qui pourrait être réalisé dans la fin des années 2020, notamment à la suite de la victoire historique de la Gauche verte aux élections municipales de 2018. Géographie. Topographie. Située à l'ouest des Pays-Bas, Amsterdam fait partie de la province de Hollande-Septentrionale et est située à proximité immédiate de celles d'Utrecht et du Flevoland. Le fleuve Amstel vient se jeter dans l'IJ et est intégrée à un réseau de canaux qui parsèment la ville. Cette dernière est située à deux mètres au-dessus du niveau de la mer. Les terres autour de la ville sont plates et formées de grands polders. Au sud-ouest de la ville se trouve le bois d'Amsterdam, situé pour la plupart de sa superficie dans la commune d'Amstelveen. Enfin, la ville est reliée à la mer du Nord par le long canal de la Mer du Nord qui dessert son port. La ville d'Amsterdam a une superficie totale de carrés, dont de terres. La densité de population absolue est donc de par km, mais est en réalité de sur la base des terres habitables, avec une offre en logements de par kilomètre carré. Les parcs et les réserves naturelles forment environ 14 % de la superficie de la ville. Les espaces verts et récréatifs (parcs, jardins, terrains de sport) représentent à eux seuls 11,3 % de la surface totale, tandis que les bois et forêts en représentent 2,3 %. Climat. Amsterdam possède un climat océanique ("Cfb" dans la classification de Köppen) fortement influencé par la proximité de la mer du Nord à l'ouest et avec des vents d'ouest dominants. Amsterdam, ainsi que la plus grande partie de la province de Hollande-Septentrionale, se trouve dans une zone de rusticité de type 8b, correspondant à une moyenne de température comprise entre -9,4 et pour la température annuelle la plus basse atteinte au cours des vingt dernières années. Les gelées se produisent principalement lorsque le vent provient de l'est ou du nord-est depuis l'Europe continentale. Toutefois, du fait de sa proximité avec de grandes étendues d'eau et d'un effet significatif d'îlot de chaleur urbain, les températures nocturnes tombent rarement en dessous de , contre à Hilversum située à au sud-est d'Amsterdam. Les températures estivales sont modérément chaudes, avec une moyenne de au mois d'août, et quelques pointes à qui se maintiennent rarement plus de trois jours d'affilée. Le record pour ce qui est de l'écart de température annuelle va de à . Les précipitations à Amsterdam sont fréquentes avec en moyenne de pluie par an, la majorité des épisodes pluvieux se manifestant sous la forme de bruine ou de brèves averses. La moyenne annuelle de précipitations est de . Le mauvais temps (nuage et pluie) est surtout fréquent dans la période froide, d'octobre à mars. Démographie. Évolution de la population. D'après les chiffres publiés par la ville en 2013, Amsterdam compte , soit une hausse de 1,2 % par rapport à 2012 et de 7 % par rapport à 2008. Sur la base de ces mêmes chiffres, les autochtones ne représentaient que 49,4 % de la population, ce qui signifie que 50,6 % de la population est d'origine étrangère. Le Bureau central de la statistique avance quant à lui le chiffre de en 2013. Au et au , les immigrants sont principalement des huguenots, des Flamands, des Juifs séfarades ainsi que des Westphaliens. Les huguenots affluèrent massivement à la suite de la révocation de l'Édit de Nantes en 1685, tandis que les protestants flamands émigrèrent à la suite de la Guerre de Quatre-Vingts Ans. Les Westphaliens émigrèrent quant à eux pour des motifs économiques dans des flux qui continuèrent au et au . Avant la Seconde Guerre mondiale, 10 % de la population d'Amsterdam étaient de confession juive. Au , la première vague massive d'immigration arrive d'Indonésie à la suite de l'indépendance des Indes orientales néerlandaises au cours des années 1940 et 1950. Au cours des années 1960, de nombreux travailleurs immigrent en provenance de Turquie, du Maroc de l'Italie et de l'Espagne. La proclamation de l'indépendance du Suriname en 1975 attire également de nombreux immigrés qui s'installent pour la plupart dans le quartier de Bijlmer. D'autres immigrés, parmi lesquels des réfugiés demandeurs d'asile, mais aussi des immigrés illégaux affluent des Amériques d'Asie et d'Afrique. Au cours des années 1970 et 80, de nombreux « Amstellodamois de souche » déménagent vers des villes telles qu'Almere et Purmerend ou vers le Gooi, notamment à la suite du troisième plan d'aménagement du territoire proposé par le gouvernement. Ce dernier promeut le développement de zones suburbaines et propose de nouveaux projets dits de « centres de croissance » ("). À la suite de cette politique, de nombreux jeunes actifs déménagent vers De Pijp et le Jordaan, délaissés par les plus vieux habitants de la ville. Origines des habitants et diversité religieuse. À l'instar des autres grandes villes néerlandaises, Amsterdam est une ville multiculturelle dont la moitié de la population est d'origine étrangère. Sur la base des chiffres de 2013, les autochtones représentaient 49,4 % de la population. En outre, 34,9 % de la population totale et 52,6 % des jeunes de moins de sont originaires de pays situés en dehors de l'OCDE. En 2009, la ville recense 176 nationalités différentes, ce qui en fait la ville la plus diversifiée au monde. Au cours des dernières décennies, la nature de la démographie religieuse de la ville est fortement modifiée par des afflux massifs d'immigrés en provenance des anciennes colonies. Les immigrés en provenance du Suriname introduisent ainsi le mouvement des frères moraves, variante du luthéranisme et du protestantisme, de même que l'hindouisme. En outre, différents mouvements de l'islam issus de diverses parties du monde se développent également. L'islam constitue ainsi aujourd'hui la principale religion minoritaire à Amsterdam, le christianisme étant dominant. Les importantes communautés ghanéenne et nigériane mettent également en place plusieurs mouvements religieux nouveaux (parfois appelés « Églises africaines »), organisés pour la plupart dans des garages dans le quartier de Bijlmer où la plupart des populations originaires de ces pays sont installées. Un nombre important de mouvements religieux établissent des congrégations, comme le bouddhisme, le confucianisme et l'hindouisme. L'n des lieux les plus visibles de l'immigration aux Pays-Bas est le Dappermarkt, marché situé dans le quartier indonésien () et réputé pour la variété et l'exotisme de ses produits. En dépit de la réputation de tolérance des Néerlandais et des Amstellodamois en particulier, l’augmentation des flux d'immigration, et l'augmentation associée du nombre de religions, et de cultures à la suite de la Seconde Guerre mondiale, suscitent des tensions sociales et ethniques à plusieurs occasions. L'assassinat du réalisateur Theo van Gogh par un extrémiste musulman en 2004 en constitue l'un des exemples les plus frappants. La suppression de plusieurs chaînes en arabe ou en turc des bouquets de base proposés pour les abonnements au câble constitue un autre exemple du changement de politique des Néerlandais envers certaines minorités. Au cours des dernières années, des critiques se sont élevées contre les hommes politiques ayant pris la décision de mener une partie de leur campagne dans des langues « minoritaires ». En particulier, l'ancien bourgmestre de la ville Eberhard van der Laan critique vivement, alors qu'il est ministre de l'Habitat, des Quartiers et de l'Intégration, les candidats ayant distribué des prospectus dans des langues autres que le néerlandais. Certains dépliants sont saisis à cette occasion. Cette prise de position fait réagir les défenseurs du multiculturalisme et vaut à Van der Laan de nombreuses critiques, y compris au sein de son propre parti, le Parti travailliste. Pour autant, à la même période, la ville d'Amsterdam lance également un programme complet et gratuit de cours de néerlandais destiné aux immigrés, conformément à sa politique d'intégration par l'assimilation. Administration et gouvernance. Organisation territoriale. Jusqu'au , la commune d'Amsterdam, étendue sur près de , est divisée en quinze districts (", également transcrits en français en tant qu'arrondissements) répartis sous la forme de deux couronnes autour de Centrum. Ces quinze arrondissements présentaient une population très inégalement répartie (chiffres de 2007) : Depuis le , un conseil local gouverne chaque district dont le nombre est réduit à huit. Toutefois, la zone industrielle et portuaire de Westpoort fait figure d'exception, car ce district très faiblement peuplé conserve son intégrité à la suite de la réforme territoriale de 2010 et est placé directement sous le contrôle de la municipalité d'Amsterdam. À l'issue de la réforme, les nouveaux districts sont (avec les populations respectives au ) : Agrandissements de la municipalité. D'après le Bureau central de la statistique (CBS), la ville d'Amsterdam s'intègre dans différents ensembles statistiques à géométrie variable : la commune d'Amsterdam, l'agglomération métropolitaine d'Amsterdam, le Grand Amsterdam et l'aire métropolitaine d'Amsterdam. La plus petite entité, la commune, s'étend sur pour une population de en 2013. La commune s'étend ainsi au cours du temps via l'absorption des villages voisins de Bijlmermeer, Buiksloot, Driemond, Durgerdam, Holysloot, Nieuwendam, 't Nopeind, Oud Osdorp, Ransdorp, Ruigoord, Schellingwoude, Het Schouw, Sloten, Sloterdijk et Zunderdorp. L'agglomération métropolitaine (') intègre, en plus d'Amsterdam, les communes de Zaanstad, Wormerland, Oostzaan, Diemen et Amstelveen, pour une population de en 2013. La zone du Grand Amsterdam (') est une région dite « COROP » qui inclut pour une population de en 2013. Bien que possédant une surface largement plus étendue, le Grand Amsterdam ne possède une population que modérément plus importante que l'agglomération du fait de la non-prise en compte de la municipalité de Zaanstad ( en 2011). Enfin, l'aire métropolitaine d'Amsterdam ("") est la plus peuplée avec d'habitants. Par rapport au Grand Amsterdam, cette zone inclut les villes de Zaandam, Wormerveer, Muiden, Abcoude, Haarlem, Almere et Lelystad mais exclut la ville de Graft-De Rijp. Il faut noter par ailleurs qu'Amsterdam fait également partie de la conurbation de Randstad qui comprend notamment les villes d'Utrecht, La Haye et Rotterdam, peuplée par près de d'habitants. Commune. Si les décisions locales sont prises au niveau de chaque "stadsdeel", les projets d'envergure qui concernent toute la ville, les infrastructures notamment, sont du ressort de la commune (""). Un budget participatif permet aux habitants de chaque quartier de soutenir des projets de leur choix. La commune d'Amsterdam est actuellement dirigée par une coalition établie au conseil municipal entre la Gauche verte (GL), les Démocrates 66 (D66), le Parti travailliste (PvdA) et le Parti socialiste (SP). Ville fortement ancrée à gauche, elle est quasi-continuellement dirigée par un bourgmestre travailliste depuis 1945. Amsterdam est souvent présentée comme modèle pour sa bonne gestion. Outre la fonction de bourgmestre, il existe un poste de premier vice-bourgmestre, traditionnellement attribué à une personnalité du deuxième parti le plus représenté au conseil municipal. La branche exécutive du gouvernement de la commune est constitué d'échevins, avec chacun un portefeuille attributaire. Criminalité. Amsterdam est une ville globalement sûre, à l'image des Pays-Bas. Elle figure ainsi au sur le plan de la sécurité dans le classement mondial de la qualité de vie dans les villes réalisé par le cabinet de conseil Mercer en 2011. La ville possède également un taux de criminalité nettement inférieur à celui de la majorité des villes européennes. Cependant, selon le ', classement national réalisé par lAlgemeen Dagblad" sur la base de données collectées auprès de la police, elle est la ville la moins sûre des Pays-Bas, devant Rotterdam et Eindhoven. En 2012, le nombre de plaintes enregistrées par la police de la ville s'est élevé à , en hausse de 1,5 % par rapport à 2011. Les vols représentent la majorité des infractions commises dans la ville, avec environ 60 % des plaintes. Les vols de vélos/scooters et mobylettes (12,2 % du total), ainsi que les vols dans des véhicules motorisés (11,9 %) sont les délits les plus fréquemment relevés. En outre, le nombre de plaintes pour vol à la tire (10,3 % du total) a connu une forte augmentation entre 2011 et 2012, passant de à . L'amélioration de la sécurité dans la ville et la réduction de la criminalité constituent deux objectifs importants pour la municipalité. Dans le cadre du programme « Faire des choix pour la ville », approuvé par la coalition entre le PvdA, le VVD et la GL en , un volet consacré à la sécurité, le "Veiligheidsplan", est développé pour la période 2012-2014. L'objectif de ce programme est de réduire la criminalité en ciblant plusieurs quartiers et types de crimes, parmi lesquels la prostitution et la traite des êtres humains, la discrimination et les crimes racistes, ou encore la violence domestique. En 2007, la mairie lance également un programme de réhabilitation de l'hypercentre baptisé « Project 1012 », dont deux des principales cibles sont la prostitution et la vente libre de drogues douces. À partir de 2012, une série d'homicides liés à la mafia marocaine voit le jour dans les différents quartiers d'Amsterdam pour le contrôle du trafic de cocaïne provenant régulièrement des ports de Rotterdam et d'Anvers. Des dizaines de morts sont constatées, pour la plupart des jeunes marocains. Selon le journal "The Guardian", la ville d'Amsterdam serait la ville avec le plus haut taux d'assassinat ciblés en Europe de l'Ouest. Cependant, l'Economist Intelligence Unit estime qu'Amsterdam est la ville la plus sûre d'Europe en 2019, la positionnant au quatrième rang mondial. Statut de capitale du pays. À l'instar du Bénin, de la Bolivie et de la Côte d'Ivoire, la capitale des Pays-Bas n'est pas le siège du gouvernement. En effet, le siège du gouvernement, le Parlement (Binnenhof), la Cour suprême et le palais du Roi ont toujours été situés dans la ville de La Haye, dans la province de Hollande-Méridionale, à l'exception d'une brève période entre 1808 et 1810 sous Louis Bonaparte. Par conséquent, les ambassades étrangères s'y trouvent également. Amsterdam ne doit son statut de capitale du pays qu'à une seule et unique mention dans la Constitution néerlandaise, juxtaposant le terme de « capitale » et « Amsterdam ». Ainsi, à l'article 32 du chapitre 2 de la Constitution, il est fait mention que le Roi (ou la Reine) prête serment et est couronné dans « la capitale d'Amsterdam » ('). Les précédentes versions de la constitution ne mentionnaient que « la ville d'Amsterdam » ('), sans aucune mention d'une quelconque capitale. En outre, Amsterdam n'est pas non plus la capitale de la province de Hollande-Septentrionale, rôle tenu par la ville d'Haarlem. Amsterdam reste néanmoins la plus grande ville des Pays-Bas, ainsi que le centre économique et touristique du pays. Partenariats internationaux. La ville d'Amsterdam a développé un ensemble de partenariats et programmes de coopération avec plusieurs villes et pays au niveau mondial. L'objectif premier de ces partenariats est de renforcer le positionnement culturel et économique de la ville au travers d'un transfert de compétences et d'expertise. La coopération entre la municipalité et les villes partenaires s'adresse en premier lieu à trois grands groupes de pays : Les principaux partenariats sont listés ci-dessous : Économie et rayonnement. Centre économique et financier de premier plan. Amsterdam est la capitale financière et commerciale des Pays-Bas, et constitue la cinquième ville d'affaires d'Europe après Paris, Londres, Francfort et Bruxelles. La ville se classe également au cinquième rang du classement "" des meilleures villes européennes où s'implanter pour les entreprises, toujours derrière le même trio de tête, et juste derrière Barcelone. Les principales qualités de la ville qui ressortent du classement sont la diversité des langues parlées, ainsi que l'accès aux marchés et la qualité des infrastructures de transport, à la fois nationales et internationales. Beaucoup de grandes entreprises et banques néerlandaises y possèdent leur siège social, parmi lesquelles AkzoNobel, Heineken, le groupe ING, Ahold, TomTom, Delta Lloyd ou Philips. Le siège mondial de l'entreprise américaine KPMG, ainsi que celui de la KLM sont situés dans la ville voisine d'Amstelveen, où de nombreuses entreprises non néerlandaises se sont également installées, pour bénéficier de loyers moins élevés et se rendre propriétaire de leur terrain, chose rendue difficile par les tarifs prohibitifs appliqués à Amsterdam. Bien que de nombreuses petites entreprises soient toujours situées autour des anciens canaux, celles-ci se délocalisent de plus en plus à l'extérieur du centre-ville. Le nouveau quartier d'affaires Zuidas (« Axe du Sud ») est devenu le nouveau centre névralgique du secteur financier et juridique. Cinq des plus grands cabinets d'avocats et des cabinets de conseils des Pays-Bas y sont en effet installés, à l'instar de Boston Consulting Group ou d'Accenture. Il existe trois autres centres financiers secondaires. Le premier, situé au nord-ouest autour de la gare de Sloterdijk, accueille notamment le journal "De Telegraaf", Deloitte, l'entreprise municipale de transports publics (') et les services du fisc néerlandais ('). Le deuxième est localisé autour de la Johan Cruyff Arena, au sud-est, alors que le troisième est centré autour de la gare d'Amsterdam-Amstel avec notamment le siège social de Philips. La Bourse d'Amsterdam (AEX) est également un centre névralgique de l'activité amstellodamoise, située en plein le centre-ville entre la gare centrale et le Dam. La plus ancienne bourse du monde, qui fait maintenant partie d'Euronext, est restée l'une des plus grandes bourses européennes. Amsterdam est également une destination très prisée pour la tenue de congrès internationaux et de réunions d'affaires. En 2009, les hôtels et centres de congrès de la ville ont accueilli, selon le Bureau des Congrès d'Amsterdam, 515 réunions internationales de plus de quarante participants et d'une durée minimale de deux jours. Ouvert en 1961, le RAI Amsterdam, situé dans l'arrondissement de Zuid, accueille chaque année une cinquantaine de congrès internationaux et environ soixante-dix salons et expositions. Une douzaine de festivals complète la programmation. Au total, cela représente une fréquentation annuelle de l'ordre de 1,5 million d'entrées. Qualité de vie. Amsterdam est régulièrement citée parmi les principaux centres économiques mondiaux et parmi les villes les plus dynamiques et agréables à vivre. Selon la classification des villes mondiales établie par le groupe de travail ' (GaWC) de Jon Beaverstock, Richard G. Smith et Peter J. Taylor en 1998, Amsterdam se classe parmi les « villes alpha ». Elle figure toujours dans cette catégorie dans la version actualisée de l'étude de 2010 aux côtés entre autres de Milan, Pékin, Los Angeles, Francfort et Moscou. Dans le ' réalisé par ' de Tokyo en 2012, Amsterdam figure au mondial d'un classement reposant sur six familles de critères distinctes (Économie, recherche et développement, rayonnement culturel, habitabilité, environnement et accessibilité). En 2012 également, Amsterdam se classe au mondial du ' de l'Economist Intelligence Unit sur la base de la capacité à attirer les capitaux, les entreprises, les talents ainsi que les visiteurs. De même, le cabinet de conseil en stratégie A.T. Kearney fait figurer Amsterdam au de son "Global Cities Index" sur la base de cinq critères (activité économique, capital humain, échange d'informations, rayonnement culturel et engagement politique). Sur le plan de la qualité de vie, Amsterdam figure au mondial de l'étude "" de l' derrière Hong Kong et au du classement établi par le cabinet de conseil Mercer. Les deux études furent réalisées en 2012 et 2014 respectivement. Ce que mettent en avant les divers travaux sociologiques, c'est, au-delà de la richesse culturelle de la ville, et de ses atouts aquatiques naturels, l'engagement pris par ses habitants pour améliorer le cadre de vie de la communauté. Ainsi, à titre d'exemple, l'association citoyenne "Bankjescollectief", propose, chaque premier dimanche du mois en été, d'installer des bancs mobiles en bas des immeubles pour y créer un espace de voisinage. Cependant, certains habitants prennent eux-mêmes certaines initiatives, dont la plus connue reste, à Amsterdam, l'arrosage des plantes de la chaussée urbaine devant son logement. Activités portuaires. Le port d'Amsterdam est le deuxième des Pays-Bas, derrière celui de Rotterdam. Sur la base des chiffres de 2010, il se classe au européen sur la base du tonnage de marchandises, derrière ceux d'Anvers et de Hambourg. Il est situé sur le canal de la Mer du Nord et sur les rives de l'IJ. Par le canal de la Mer du Nord il est relié à la mer du Nord, tandis que Le Helder est accessible par le canal de la Hollande-Septentrionale ; par l'IJ il est relié au Markermeer et à l'IJmeer et à la Rhénanie par le canal d'Amsterdam au Rhin. L'un des avantages de la localisation du port est que la zone portuaire n'est pas soumise aux marées, étant uniquement accessible via les écluses d'IJmuiden qui se situent à l'est du port d'IJmuiden (qui lui est soumis aux marées). Il se trouve à un niveau inférieur de deux mètres aux grandes marées. Jadis grand port de mer pour les expéditions vers les Indes orientales ou occidentales, Amsterdam voit ses entrepôts gorgés de marchandises coloniales se transformer en monuments historiques à l'Entrepotdok. Les tableaux accrochés dans les demeures de riches marchands rejoignent au cours du temps les musées. Menacé par le voisinage du port géant de Rotterdam, Amsterdam réagit en modernisant ses vétustes installations d'ancien port colonial. Tourisme. Amsterdam est l'une des destinations touristiques les plus prisées d'Europe avec près de de visiteurs ayant séjourné dans un hôtel ou une auberge en 2012, contre en 2009. Il faut noter que ce chiffre n'inclut pas les quelque de personnes qui ne visitent la ville qu'une journée sans y séjourner. Au total, le secteur du tourisme concentre quelque (soit 9 % du total). Le nombre de visiteurs annuels est en constante augmentation depuis une dizaine d'années, ce qui s'explique principalement par l'afflux de visiteurs européens qui constituent à eux seuls 76 % des touristes. Au sein de cette catégorie, les Néerlandais (19 %), les Britanniques (13 %) et les Allemands (11 %) en constituent les principaux contingents. Sur la base de l'origine de la clientèle des hôtels, les Américains constituent le plus grand groupe de touristes non-européens avec 11 % des visiteurs. Après l’arrivée du Covid-19, la ville a élaboré un programme en sept points en faveur du développement d’un tourisme durable d’ici 2025, anniversaire de ses 750 ans, car elle sans respect pour les habitants, et recevoir plus de touristes dits « de qualité ». En 2023, la ville lance une grande campagne de dissuasion du tourisme festif, à destination en particulier du Royaume-Uni ainsi que de ses voisins européens. La municipalité interdit notamment la consommation du cannabis dans les rues du Quartier rouge, associant cette mesure à un renforcement des restrictions sur l'alcool. La ville est 8ème au classement des 20 villes les plus vertes établié en 2021 par le site spécialisé European Best Destinations. Au , elle comptait 398 hôtels offrant plus de et plus de . Les deux tiers des hôtels sont localisés dans le centre-ville avec un taux d'occupation des chambres de l'ordre de 75 % en 2011, contre 72 % en 2010. Cela représente une forte hausse par rapport à 2009 (69 %), mais toujours moins que le record de 2006 (78 %). Ces chiffres doivent cependant être mis en regard avec la forte hausse de l'offre en hôtels, le nombre de chambres ayant augmenté de 8 % entre 2011 et 2012. Les principaux hôtels d'Amsterdam sont l'Amstel Hotel sur la rive droite de l'Amstel, l'American Hotel sur la Leidseplein, l'hôtel de l'Europe près de la Muntplein, le Conservatorium Hotel en face du Stedelijk Museum Amsterdam, ainsi que le Radisson Blu, proche du Kloveniersburgwal. Quatre campings également situés dans l'enceinte de la ville, sur un total de 22 dans la région, attirent chaque année entre et . Drogues douces et prostitution. La prostitution, symbolisée par le « quartier rouge » d'Amsterdam, ainsi que la vente libre de drogues douces et principalement de cannabis dans les coffee shops, sont deux images traditionnellement associées à la ville d'Amsterdam. La prostitution légale est limitée géographiquement aux « quartiers rouges », qui consistent en un réseau de ruelles contenant plusieurs centaines de cabines louées par des travailleuses du sexe. Celles-ci offrent leurs services derrière une porte vitrée généralement éclairée de rouge. Le quartier rouge le plus connu d'Amsterdam est De Wallen, qui est devenu au fil des années une importante attraction touristique. Cependant, il est également possible de trouver des cabines dans le quartier du Spui et au sud du Singelgracht. En outre, Amsterdam n'est pas la seule ville des Pays-Bas dans laquelle il existe des quartiers rouges ; d'autres villes comme Rotterdam ou La Haye disposent également de leurs propres "". Premier coffee shop de la ville, le Bulldog ouvre ses portes en 1975. Le nom de « coffee shop » est alors utilisé pour désigner un endroit où il était possible d'acheter des boissons chaudes comme des cafés tout en pouvant fumer du cannabis. De nombreuses autres enseignes ouvrent leurs portes par la suite, avec une croissance exponentielle qui porte leur nombre à près des au début des années 1990. À la date de , Amsterdam comptait quelque , soit plus du tiers du nombre total aux Pays-Bas, qui est d'environ 650. Au cours de l'été 2007, la mairie d'Amsterdam lance un programme de réhabilitation de l'hyper-centre (partie délimitée par le Singel), avec le double objectif d'y réduire la criminalité, et de mettre ses ressources en valeur. Ce programme, baptisé « Project 1012 », en référence au code postal de la vieille ville (') englobe une multitude d'initiatives et mises à jour des textes de loi. La réduction de la prostitution, à la fois dans le quartier rouge du Singel, et dans celui de De Wallen, autour du Oudezijds Achterburgwal et des rues attenantes, ainsi que celle du nombre de coffee shops, constitue l'un des principaux axes du programme. L'objectif est ainsi de réduire de 40 % le nombre de vitrines, qui était de 482 en 2007. En ce qui concerne les débits de drogue, la municipalité s'est fixé pour objectif de fermer 26 coffee shops, en ciblant les adresses clés pour la réhabilitation du quartier, ainsi que les principaux axes de circulation. Pour ce faire, la ville dispose de la possibilité de ne pas renouveler les licences des propriétaires, qui sont octroyées pour une durée de trois ans. Les dernières licences ayant été délivrées le , la fermeture des coffee shops ne sera donc possible qu'entre le et le . À l'échelle de l'ensemble de la ville, la municipalité espère en faire fermer 70, ce qui ramènerait leur nombre à environ 150. La politique de restriction de l'accès aux coffee shops lancée par le gouvernement en 2012, et qui consiste à contrôler si les consommateurs sont résidents du pays, n'est pas appliquée à Amsterdam en date de . Les touristes étrangers peuvent donc y acheter librement des drogues douces. En , le bourgmestre de la ville, Eberhard van der Laan, s'oppose en outre à l'introduction d'une carte d'accès aux coffee shops (le ') en expliquant qu'un tel système ne ferait que favoriser les trafics et la vente illégale dans les rues de la ville. Boutiques et commerce de détail. Les commerces d'Amsterdam vont des grands magasins comme De Bijenkorf fondé en 1870 ou la Maison de Bonneterie, un magasin de style parisien fondé en 1889, à de petites boutiques spécialisées. Les boutiques haut de gamme se trouvent principalement dans les rues Pieter Cornelisz Hooftstraat (souvent abrégée en « PC Hooftstraat » ou « PC ») et Cornelis Schuytstraat, situées à proximité du Vondelpark. Deux des rues les plus animées d'Amsterdam sont l'étroite rue médiévale de Kalverstraat, située en plein cœur de la ville à proximité de la place du Dam et Nieuwendijk qui correspond à son prolongement au nord de la place. Parmi les zones commerçantes principales, les (littéralement « Neuf petites rues ») sont constituées de neuf ruelles étroites au sein du Grachtengordel, le système de canaux concentriques. Warmoesstraat, l'une des plus anciennes rues de la ville, est connue pour ses nombreux coffee shops, sex shops et pour être le centre névralgique de la communauté cuir de la ville. Les rues de Haarlemmerdijk et Haarlemmerstraat sont pour leur part désignées comme meilleures rues commerçantes des Pays-Bas en 2011. Alors que les sont majoritairement dominées par les boutiques de mode, Haarlemmerstraat et Haarlemmerdijk offrent une très grande variété de magasins : bonbons, lingerie, chaussures de sport, vêtements de mariage, décoration intérieure, livres, vélos, skatewear, charcuterie italienne, etc. Le Bloemenmarkt est un marché aux fleurs permanent. Situé sur le Singel et s'étendant entre la Muntplein et le Koningsplein, il constitue l'unique marché aux fleurs flottant au monde. Les boutiques sont situées sur des bateaux arrimés au bord du canal, ce qui est un héritage de l'époque à laquelle tous les arbres et plantes devaient être acheminés quotidiennement depuis l'extérieur de la ville via les canaux. La ville dispose également d'un grand nombre de marchés en plein air tels que le marché Albert Cuyp, Westerstraat, Ten Kate et le Dappermarkt. Certains de ces marchés fonctionnent quotidiennement, comme les marchés Albert Cuyp et Dapper, très prisés des touristes et reconnus pour la variété et l’exotisme des produits qui y sont proposés. D'autres, comme le marché de Westerstraat, sont organisés sur une base hebdomadaire. Brasseries : des artisans aux multinationales. La ville d'Amsterdam est caractérisée par la présence de nombreuses brasseries allant des petits établissements artisanaux indépendants aux plus grands groupes multinationaux. Le groupe Heineken International, troisième brasseur au niveau mondial (en 2011, part de marché mondial en volume de 8,8 %) derrière InBev (18,3 %) et SABMiller (9,8 %) et qui commercialise plus de 250 marques de bières et cidres est ainsi basé dans la capitale néerlandaise, à proximité de sa brasserie historique qui a fermé ses portes en 1988 pour laisser place au Heineken Experience. La brasserie historique de la marque grand public Amstel se trouvait quant à elle sur le Mauritskade avant de déménager à Zoeterwoude. Parmi les brasseries artisanales les plus populaires, la Brouwerij 't IJ, située à proximité du moulin de De Gooyer, propose une large gamme de bières biologiques. Elle brasse chaque année un volume supérieur à . Sur le même modèle, la Brouwerij De Prael, de plus petite taille, se destine en priorité aux amateurs de bières spéciales. Organisé chaque année au mois d'avril, le "Meibock Festival" permet aux amateurs de déguster les meilleures bières de printemps des Pays-Bas et des régions alentour. Mode. Des marques de mode telles que G-Star, Gsus, BlueBlood, Iris van Herpen, 10Feet ou Warmenhoven & Venderbos, ainsi que des créateurs de mode comme Mart Visser, Viktor & Rolf, Sheila de Vries, Marlies Dekkers et Frans Molenaar sont basés à Amsterdam. Les agences de mannequins comme Elite, Touche et Tony Jones ont ouvert des succursales à Amsterdam. Il est à ce titre important de préciser que les top-modèles Yfke Sturm, Doutzen Kroes et Kim Noorda y ont commencé leur carrière. Le point névralgique de la mode à Amsterdam est situé au World Fashion Center. Par ailleurs, des bâtiments du quartier rouge qui abritaient auparavant des maisons closes ont été convertis en ateliers pour les jeunes créateurs de mode tels qu'Eagle Fuel. Patrimoine et urbanisme. La ville d'Amsterdam possède l'un des plus grands patrimoines culturels et architecturaux d'Europe. Comme presque toute la ville, canaux compris, se trouve sous le niveau de la mer, les bâtiments anciens ou modernes sont posés sur pilotis qui s'appuient sur des couches de sable plus ou moins profondes. La majeure partie de la ville est bâtie lors du siècle d'or néerlandais, le long des nouveaux canaux concentriques qui sont construits en grande partie grâce à la richesse accumulée par le commerce triangulaire. Jusqu'au , la ville s'ouvre sur son port et sur le Zuiderzee, dont elle est séparée par la construction de la grande gare centrale posée sur . La ville des , presque entièrement préservée, témoigne d'un plan d'expansion urbain qui est le plus grand et le plus homogène de son époque. Il constitue en cela un modèle de développement urbain à grande échelle, qui fut utilisé comme référence dans le monde entier jusqu'au . Amsterdam est aujourd'hui considérée comme une référence en matière d'urbanisme. Cela tient au fait que la croissance de la ville s'est effectuée de manière continûment planifiée depuis le , ce qui demeure une exception en Europe. En particulier, la ville a échappé au développement urbain anarchique qui a accompagné la révolution industrielle dans de nombreux pays du Vieux Continent, en partie en raison du retard pris par les Pays-Bas dans ce processus. La demande en logements de la ville a ainsi connu une forte croissance dans le dernier quart du , à une période où l'urbanisme est devenu une préoccupation majeure. Par ailleurs, près de deux siècles se sont écoulés entre les plans d'agrandissement ambitieux du et la reprise démographique post révolution industrielle, ce qui a favorisé un développement harmonieux de la ville. Amsterdam compte également sur son territoire 8 moulins traditionnels, le plus connu mais non visitable étant De Gooyer. Architecture. Amsterdam possède une riche histoire architecturale dont l'une des meilleures illustrations est le bâtiment le plus ancien de la ville, la Oude Kerk (« vieille église »), située au cœur du quartier de "De Wallen" et qui a été consacrée en 1306. Le plus vieux bâtiment en bois remonte à 1425 ; il s'agit de la "" (« maison de bois » en ancien néerlandais) qui se trouve dans le Begijnhof. Il s'agit de l'un des deux seuls bâtiments en bois encore présents à Amsterdam et de l'un des rares exemples toujours visibles d'architecture gothique. En effet, les bâtiments en bois, trop vulnérables aux flammes, sont rasés au pour laisser place à des matériaux non inflammables. À cette même époque, de nombreux bâtiments sont construits dans le style architectural Renaissance. Les bâtiments de cette période sont très reconnaissables à leurs façades à pignons à gradins, caractéristiques de la Renaissance néerlandaise. Amsterdam développe même rapidement sa propre architecture Renaissance, qui repose sur les principes de l'architecte Hendrick de Keyser, à l'image de la Westerkerk, conçue selon ses plans. Au , à l'architecture baroque essaimant en Europe, symbole de la contre-réforme, est préféré le , quoique certaines églises baroques aient été édifiées et que le plan de certains palais aient subi l'influence du baroque. L'architecture néerlandaise connait alors son âge d'or, notamment grâce aux architectes Jacob van Campen, Philips Vingboons et Daniël Stalpaert. Vingboons conçoit notamment de splendides maisons de négociants à travers toute la ville. Largement influencée par la culture française, une architecture classique sur laquelle est greffée de nombreux éléments de style rocaille se développe tout au long du comme en témoigne la porte de Muiden construite en 1770 par . Vers 1815, les architectes rompent avec le style classique et commencent à construire des bâtiments de style néogothique. À la fin du , le style Art nouveau devient à la mode et beaucoup d'architectes optent pour ce nouveau style très populaire. Du fait de la très forte expansion de la ville d'Amsterdam à cette époque, beaucoup de bâtiments arborent ce style à proximité du centre-ville ou autour de Museumplein. L'œuvre architecturale la plus complète du réalisée à Amsterdam, à savoir la Bourse, construite de 1898 à 1903 et conçue par Berlage, ne se rattache pourtant pas au mouvement Art nouveau, mais plutôt à un rationalisme sans concession (ou presque) qui influencera grandement le cours de l'architecture néerlandaise à l'aube du . L'école d'Amsterdam prendra un essor considérable peu avant la Première Guerre mondiale, sous l'impulsion de Michel de Klerk. Ce courant peut se rattacher à l'architecture expressionniste, et prendra fin au début des années 1920, l'immeuble collectif "Het Schip" (construit en 1921) constituant tout à la fois la dernière réalisation de l'école d'Amsterdam et l'œuvre la plus aboutie de Michel de Klerk. L'une des caractéristiques notables du style de l'École d'Amsterdam est l'emploi purement décoratif de la brique en façade afin d'aboutir à une architecture scupturale. Dans l'entre-deux-guerres, de nombreuses réalisations architecturales inspirées par l'expressionnisme et par l'Art déco verront le jour notamment dans le quartier du Rivierenbuurt. Le vieux centre-ville constitue donc un vaste creuset qui regroupe tous les styles architecturaux d'avant la fin du . L'architecture à tendance expressionniste et moderniste (parfois teintée d'Art déco) se retrouvent quant à eux principalement à l'extérieur du centre-ville dans les quartiers construits au début du . La majorité des bâtiments historiques du centre-ville est constituée d'édifices à pignons, dont les grandes maisons de marchands qui bordent les canaux constituent la meilleure illustration. Les façades à pignons de formes différentes signent les architectures de chaque époque : Canaux concentriques. Le système de canaux d'Amsterdam est le résultat d'une politique d'urbanisme réfléchie. Au début du , lors de l'apogée de l'immigration, un plan complet est élaboré sur la base de quatre demi-cercles concentriques de canaux dont les extrémités émergent dans la baie de l'IJ. Les travaux s'inscrivent dans un programme de développement ambitieux impliquant l'assèchement de terrains marécageux. Trois canaux sont réservés au développement résidentiel : le Herengracht (« canal des Seigneurs » en référence aux "Heren Regeerders van de stad Amsterdam", les seigneurs régnants sur Amsterdam), le Keizersgracht (« canal de l'Empereur ») et le Prinsengracht (« canal du Prince »). Construits au cours du siècle d'or néerlandais, ils forment ce que l'on appelle la « courbure d'or » ('). Le quatrième et le plus périphérique des canaux est le Singelgracht, dont il est rarement fait mention sur les cartes dans la mesure où il s'agit d'un terme générique pour tous les petits canaux périphériques. Le Singel, ancien canal ceinturant la ville médiévale, est situé plus au centre de la ville, dans ce qui constitue l'hyper-centre ('). Les canaux sont longtemps utilisés pour la défense militaire, la gestion de l'eau et le transport. Les défenses de la ville n'ont, semble-t-il, jamais pris la forme de superstructures de maçonnerie, telles qu'une muraille par exemple, mais étaient plutôt composées de douves et de digues en terre percées de quelques portes aux points de transit. Si les plans originaux des canaux sont perdus, les historiens considèrent que l'arrangement en demi-cercles concentriques est davantage dû à des considérations pratiques et défensives, plutôt qu'à un but purement décoratif. La construction du système de canaux, dans un premier temps jusqu'au Leidsegracht, commence dès 1613. Celle-ci se fait d'ouest en est, à la manière d'une toile d'araignée, et non de manière concentrique en partant du centre pour rejoindre l'extérieur. Les travaux de la dernière portion du canal entre le Leidsegracht et l'Amstel débutent entre 1658 et 1662, mais ne sont toujours pas totalement terminés en 1679. La partie orientale du réseau de canaux, correspondant à l'actuel Plantage ne voit cependant jamais le jour, et la ceinture de canaux ne rejoint pas directement la baie de l'IJ à l'est. À partir de la fin des travaux, des quartiers résidentiels y sont lentement édifiés. Au cours des siècles suivants, des parcs, des maisons pour personnes âgées, des théâtres et d'autres établissements publics s'y installent de manière quasi-anarchique. Au fil du temps, plusieurs canaux ont été comblés et ainsi transformés en rue ou en place, à l'instar de Nieuwezijds Voorburgwal ou du Spui. Les canaux d'Amsterdam valent à la capitale des Pays-Bas son surnom de « Venise du Nord ». Ils s'étendent en effet sur plus de cent kilomètres, avec environ qui les traversent, reliant environ quatre-vingt-dix îles. Les quatre premiers canaux sont séparés par des bandes de terre de 80 à de largeur, tandis que la distance entre le quatrième et le cinquième peut aller jusqu'à environ (limite nord du quartier de Jordaan). Ces canaux sont également reliés par d'autres qui leur sont perpendiculaires, comme le Brouwersgracht, le Leidsegracht ou le Reguliersgracht. Le , les canaux d'Amsterdam obtiennent le label de patrimoine mondial sous l'intitulé « Zone des canaux concentriques du à l'intérieur du Singelgracht ». Expansions successives. Après le développement des canaux en deux phases au , la ville ne croît quasiment pas au-delà de ses frontières en l'espace de deux siècles. Au cours du , Samuel Sarphati conçoit l'idée d'un développement calqué sur le plan du Paris et du Londres de l'époque. Il envisage ainsi de construire de nouvelles maisons, des bâtiments publics et un ensemble de rues immédiatement à l'extérieur du Grachtengordel. L'objectif principal reste néanmoins l'amélioration de la santé publique. Bien qu'elle ne connaisse pas une forte expansion à cette époque, Amsterdam voit l'érection de plusieurs des grands bâtiments publics encore existant à ce jour, comme le "Paleis voor Volksvlijt" (« Palais de l'Industrie »). À la suite de Sarphati, Van Niftrik et Kalff conçoivent au un anneau qui englobe tous les quartiers autour du centre de la ville, tout en conservant la propriété de toutes les terres qui séparent ce nouvel anneau de la limite de la ville du , pour mieux en contrôler le développement. Par la suite, la plupart de ces nouveaux quartiers construits voient s'installer la classe ouvrière de l'époque. Le manque d'espace et l'entassement des habitants constituent deux freins majeurs au développement de la ville. Alors que les modèles développés en Europe visent à combiner rénovation des quartiers anciens et expansion périphérique, la priorité est donnée au second, en partie à cause de l'étendue du vieux centre, et du morcellement de l'espace par les canaux. La diversité et l'ancienneté des immeubles rendent quasiment impossible une « haussmannisation » du centre historique, sur le modèle de Bruxelles. Il est cependant décidé de gagner de l'espace sur les canaux en lançant des projets majeurs de comblement, comme sur le Spui, où il est également envisagé de développer les transports en commun. Ce processus sera maintenu jusqu'aux années 1950, le comblement du Rokin en constituant le dernier grand chantier. La fin du est marquée par la destruction de nombreuses habitations au profit de grands magasins comme De Bijenkorf, ou la construction de sièges d'entreprises comme celui de la Société de commerce néerlandaise. En réponse à la surpopulation de la ville, deux plans sont conçus au début du , en rupture totale avec ce qu'Amsterdam connaît auparavant : le « "Plan Zuid" » conçu par l'architecte Hendrik Petrus Berlage, et le « "Plan Ouest" ». Ces plans prévoient le développement de nouveaux quartiers composés de grands ensembles de logements en s'assurant d'une certaine mixité sociale. Après la Seconde Guerre mondiale, de grands quartiers sont construits à l'ouest, au sud et au nord de la ville, afin de soulager la pénurie de logements et de fournir des logements à prix abordable avec toutes les commodités modernes. Ces nouveaux quartiers sont constitués de grands blocs d'habitation entrecoupés par des espaces verts et reliés à de larges routes pour favoriser la circulation automobile. Les banlieues de l'ouest de la ville construites à cette époque sont surnommées les Westelijke Tuinsteden (littéralement, les « villes fleuries occidentales »), alors que la zone située au sud-est de la ville est connue sous le nom de Bijlmer. Témoins de la relance de la construction de logements, plus de la moitié des logements existants aujourd'hui dans la ville ont été bâtis après 1945. Espaces verts. La ville d'Amsterdam regorge de parcs, de grands espaces ouverts et de places. Les espaces verts représentent ainsi environ 12 % de la surface de la ville qui compte quelque à . Le Vondelpark, le plus célèbre parc de la ville, est situé dans le quartier de Oud-Zuid (« Vieux-Sud ») et tient son nom du célèbre auteur amstellodamois du , Joost van den Vondel. Chaque année, il attire environ de visiteurs. S'y trouvent notamment un théâtre de plein air, une aire de jeux, plusieurs établissements de restauration et des terrasses de café. Le Beatrixpark, du nom de la reine Beatrix, se situe dans le district Zuid, au sud de la ville. Entre Amsterdam et la commune d'Amstelveen, se trouve le bois d'Amsterdam, la plus grande zone de loisirs de l'agglomération. Chaque année, près de de personnes visitent le parc dont les correspondent à environ trois fois la taille de Central Park à New York. Au sud de la ville, à proximité du moulin à vent de Rieker, se trouve l'Amstelpark, qui renferme une galerie d'art, une roseraie, un labyrinthe et des animaux. Le quartier de Plantage abrite non seulement l'Artis, un parc zoologique de plus de avec également un aquarium et un planétarium, mais également le Jardin botanique d'Amsterdam, un jardin botanique qui possède plusieurs serres tropicales dont une avec des papillons en liberté. D'autres parcs d'importance incluent le Sarphatipark dans le quartier de De Pijp, l'Oosterpark et le Flevopark dans le district Oost, le Westerpark dans le quartier du même nom et le Rembrandtpark dans le quartier d'Oud-West. La ville dispose de quatre plages, la plage Nemo, Citybeach « "" » (Silodam), Blijburg et Amsterdam-Noord. De nombreux grands espaces ouverts sont également présents dans le centre-ville d'Amsterdam, au premier rang desquels on peut citer le Dam, grande place sur laquelle sont situés le palais royal et le "National Monument", ou encore Museumplein, une grande zone recouverte de pelouse où sont regroupés les musées du Rijksmuseum, le musée Van Gogh et le Stedelijk Museum. Parmi les autres grandes places d'Amsterdam, on peut citer également la Rembrandtplein, la Muntplein, le Nieuwmarkt, la Leidseplein, le Spui, la Frederiksplein et la Waterlooplein, toutes situées au centre-ville. Églises. La ville d'Amsterdam est caractérisée par une multitude d'églises aussi bien catholiques que protestantes, qui témoignent de l'histoire religieuse de la ville et du pays. Symbole de la lutte entre les deux cultes à la suite de la Réformation, la Krijtberg (1642), ancienne église clandestine catholique de l'époque des Provinces-Unies, constitue l'une des nombreuses églises de ce type (les "Schuilkerken"), qui se développèrent alors que les cultes autres que le calvinisme étaient tolérés à condition qu'aucun signe extérieur ne soit apparent. Ons' Lieve Heer op Solder est également dans cette situation : construite entre 1661 et 1663 dans un grenier par un riche marchand catholique, elle est clandestine. Les autorités ont vent de l'édifice religieux caché, mais appliquent une politique de tolérance, puisqu'elle est hébergée dans une maison et que les fidèles entrent discrètement par les ruelles pour y prier. La Oude Kerk (« vieille église »), construite en 1306 et ayant pour Saint-Patron Nicolas de Myre, est la plus ancienne église de la ville et constitue également l'un des plus anciens monuments d'Amsterdam. Initialement construite sous la forme d'une église romane catholique, elle devint une église calviniste à la suite de la Réformation en 1578. Elle est construite sur un ancien cimetière, et continua à accueillir les corps de citoyens de la ville jusqu'en 1865. Au total, elle compte où sont enterrés parmi lesquels Jacob van Heemskerk, Frans Banning Cocq ou encore Saskia van Uylenburgh, la femme de Rembrandt. Elle se trouve aujourd'hui sur la Oudekerksplein, en plein cœur du quartier rouge. Contrairement à ce que son nom pourrait laisser penser par opposition à la "Oude Kerk", la Nieuwe Kerk (« nouvelle église »), située sur le Dam fut bâtie seulement un siècle plus tard, et achevée en 1408. Construite dans un style gothique, elle est l'église nationale des Pays-Bas mais aussi un lieu majeur d'expositions. En particulier, elle est le lieu des investitures des souverains des Pays-Bas. Les reines Wilhelmine, Juliana, Beatrix et le roi Guillaume-Alexandre y sont intronisés. Le , y est célébré le mariage de Guillaume-Alexandre, prince d'Orange avec Máxima Zorreguieta. Située à proximité de la gare centrale d'Amsterdam, la basilique Saint-Nicolas d'Amsterdam est la plus grande église catholique de la ville. Elle est érigée entre 1884 et 1887 par l'architecte Adrianus Bleijs et constitue la troisième église de la ville à porter le nom de Saint-Nicolas. En outre, quatre églises datant du et désignées par un point cardinal, sont situées dans le centre de la ville. La Noorderkerk (« église du Nord »), construite spécialement pour les habitants du Jordaan, est de taille modeste. La Westerkerk (« église de l'Ouest »), située sur le Prinsengracht, constitue en revanche la plus grande église des Pays-Bas et est devenue l'un des symboles de la ville, notamment en raison de son architecture particulière, de la couronne de l'empereur Maximilien d’Autriche qui la recouvre et de son carillon ornant son clocher. La Zuiderkerk (« église du Sud »), située vers le Nieuwmarkt, est quant à elle la première église de la ville à être construite spécialement pour le culte protestant entre 1603 et 1611. Enfin, la Oosterkerk (« église de l'Est »), également de taille modeste, n'est plus utilisée pour les services religieux depuis 1962. Vie culturelle. Au cours de la dernière partie du , les "Rederijkerskamers" (« chambres de rhétorique ») d'Amsterdam, à l'image de De Egelantier, organisent des concours entre les différentes chambres de lecture de poésie et de théâtre. La création de l'Académie en 1617 permet à Amsterdam de compter les cercles littéraires les plus réputés des Provinces-Unies au . En 1637, Amsterdam bâtit son premier théâtre, conçu par Jacob van Campen, où des spectacles de ballet sont donnés dès 1642. Au , le théâtre français devient populaire. Il y a peu de productions nationales d'opéra au cours du alors qu'Amsterdam est sous l'influence de la musique allemande. Le "" est construit en 1888 pour y remédier et promouvoir l'opéra néerlandais. À cette époque, la culture populaire est centrée autour du vaudeville et du music-hall autour de la zone Nes à Amsterdam. Le métronome, l'une des avancées les plus importantes de la musique classique européenne, est inventé en 1812 à Amsterdam par Dietrich Nikolaus Winkel. À la fin de ce siècle, le Rijksmuseum, Stedelijk et le Concertgebouw sont construits. Avec le arrivent le cinéma, la radio et la télévision. Bien que la plupart des studios soient situés à Hilversum et Aalsmeer, la programmation est largement influencée par Amsterdam où vivent beaucoup de gens qui travaillent dans l'industrie de la télévision. Le zoo d'Amsterdam, Artis, tient son nom de la Société royale de zoologie "Natura Artis Magistra" (« La Nature est maîtresse de l'Art »). Il est l'un des plus anciens du monde (le bâtiment principal date de 1838), avec celui de Londres (1828). Situé en plein centre-ville, son ambiance contraste fortement avec l'agitation urbaine environnante. Il comporte un aquarium (bâti en 1882), des musées zoologique et géologique, un planétarium ainsi qu'une bibliothèque universitaire. La bibliothèque centrale d'Amsterdam possède des locaux centraux récents : ils sont gagnés sur l'eau, près de la gare, dans le quartier du Oostelijk Havengebied. Elle est ouverte au public et gratuite. Le marché aux fleurs de la ville, présente différentes fleurs venant des champs néerlandais. Visité en masse par les touristes étrangers, qui achètent le plus souvent des bulbes à emporter, le marché possède également ses habitués, qui viennent y acheter des fleurs à bas coût. Musées. Museumkwartier. Les musées les plus importants d'Amsterdam sont situés sur la place du Musée (Museumplein), dans le Museumkwartier. L'espace est créé à la fin du sur le terrain de la précédente Exposition internationale et coloniale de 1883. La place est presque entièrement recouverte de pelouse, à l'exception de la partie nord, couverte de gravier et au centre de laquelle se trouve un long bassin rectangulaire qui se transforme en patinoire en hiver. L'organisation actuelle de la place remonte à 1999, date à laquelle elle est entièrement remodelée à l'occasion de la construction d'un grand parking souterrain. Le nord de la place est bordé par le Rijksmuseum à l'architecture néogothique créée par Pierre Cuypers. Le musée ouvre en 1885 et subit une importante rénovation entre 2003 et 2013, pour un montant de d'euros. Le Rijksmuseum possède la plus grande et la plus importante collection d'art classique néerlandais. Sa collection se compose en effet de près d'un million d'œuvres de peintres et de sculpteurs néerlandais, principalement du . Le musée est fréquemment associé au nom de Rembrandt, dont le travail et celui de ses élèves, est largement représenté dans les différentes galeries. La pièce maîtresse du musée reste probablement le chef-d'œuvre de Rembrandt, "La Ronde de nuit". Il abrite également les peintures d'artistes tels que Johannes Vermeer ("La Laitière", "La Ruelle"), Bartholomeus van der Helst, Frans Hals, Ferdinand Bol, Albert Cuyp, Jacob van Ruisdael et Paulus Potter. En dehors des peintures, la collection se compose également d'une grande variété d'œuvres d'arts décoratifs : de la faïence de Delft aux maisons de poupées géantes du . Le nord-ouest du Museumplein accueille le musée Van Gogh, qui commémore le court séjour de Van Gogh à Amsterdam. Le musée est hébergé dans l'un des rares bâtiments modernes de ce quartier, conçu par Gerrit Rietveld, et accueille une collection permanente importante. Un nouveau bâtiment est adjoint au musée en 1999, « l'aile de la performance », pour accueillir les expositions temporaires. Cette aile du musée a été dessinée par l'architecte japonais Kishō Kurokawa. Le musée Van Gogh expose quelques-unes des plus célèbres toiles du maître néerlandais, telles que "La Chambre de Van Gogh à Arles", "Les Mangeurs de pommes de terre" ou "Les Tournesols", faisant de ce musée le plus visité d'Amsterdam. À côté du musée Van Gogh se trouve le plus important musée d'art moderne de la ville, le Stedelijk Museum. Construit à la même époque que la place, le bâtiment est inauguré en 1895. La collection permanente du musée se compose d’œuvres de Piet Mondrian, Karel Appel ou encore Kasimir Malevitch. Le musée rouvre ses portes en , après d'importants travaux de rénovation, avec une nouvelle extension composite surnommée « la baignoire » en raison de sa forme. Une offre annexe riche et variée. La ville d'Amsterdam accueille de nombreux autres musées, de toutes tailles et de tous types. Dans le registre des musées historiques, le Nederlands Scheepvaartmuseum (« musée maritime néerlandais ») abrite la plus riche collection consacrée à la marine au monde. On y trouve des peintures, des maquettes, des armes ou encore des cartes de géographie maritime. L'Amsterdam Museum (anciennement, "Amsterdams Historisch Museum") est quant à lui entièrement consacré à l'histoire de la capitale néerlandaise à travers des œuvres d'art et des documents divers. La Maison Anne Frank, où Anne Frank et sa famille se cachèrent des nazis avant sa déportation en , attire également des dizaines de milliers de touristes, à côté de la Westerkerk. Le musée historique juif, inauguré en 1987, occupe quant à lui quatre synagogues ashkénazes, tandis que le Bijbels Museum (musée biblique), situé sur le Herengracht, contient lui la première Bible imprimée en Hollande (1477). Le musée possède également des maquettes du temple de Salomon, d'Hérode et du tabernacle, et un grand nombre d'objets ainsi que des arbres mentionnés dans la Bible. Un autre musée, le Verzetsmuseum (« musée de la Résistance ») retrace la vie de la population néerlandaise sous l'occupation nazie. La synagogue portugaise d'Amsterdam, principal lieu de culte juif depuis plusieurs centenaires dans la ville, est désormais ouvert à la visite. Parmi les autres musées de peinture remarquables, il est possible de citer la maison de Rembrandt, qui reconstitue la vie de l'artiste à travers ses œuvres, ainsi que l'Hermitage qui est la plus grosse dépendance étrangère du musée de l'Ermitage de Saint-Pétersbourg. Le Tropenmuseum (« musée des tropiques »), qui fait partie d'une entité plus large, l'Institut royal des Tropiques est consacré à l'ethnographie et à l'étude des cultures tropicales à travers le monde. Le Cabinet des Chats présente des dessins, peintures, gravures et autres œuvres dédiées à cet animal. Dans le domaine des arts visuels et du spectacle, le FOAM, musée de la photographie fonctionne principalement sur la base d'expositions temporaires. Le Nederlands Filmmuseum est quant à lui consacré au septième art. Le EYE Film Instituut Nederland déménage en 2012 du Vondelpark à Amsterdam-Noord après une inauguration par la reine Beatrix. Plusieurs musées à vocation plus touristique sont également très populaires. On peut ainsi citer le musée de Madame Tussauds où sont présentées les statues de cire de nombreuses personnalités comme Lénine, Michael Jackson, Pelé ou James Bond, le musée des sacs Hendrikje, le plus grand musée du monde consacré au sac ou encore le Heineken Experience, consacré à la marque de bière éponyme et situé dans l'ancienne brasserie. Le NEMO, musée scientifique pour enfants et adultes semblable à la Cité des Sciences française, est conçu par l'architecte Renzo Piano et inauguré en 1997. Enfin, bien que n'étant pas un musée, l'Institut néerlandais d'études militaires ouvre l'accès à ses collections sur la Seconde Guerre mondiale au public. L'Académie royale néerlandaise des arts et des sciences, dont elle dépend, a également son siège à Amsterdam, dans la Trippenhuis. Musique. Amsterdam possède un orchestre symphonique de renommée mondiale, l'Orchestre royal du Concertgebouw, qui évolue au sein du Concertgebouw situé sur la Museumplein. L'acoustique de cette salle de concert est considérée par la critique comme l'une des meilleures du monde. Le bâtiment contient trois salles : la grande salle, la petite salle et la galerie des glaces. Près de huit cents concerts y sont produits chaque année, avec une fréquentation d'environ . L'opéra d'Amsterdam, le Muziektheater, est quant à lui situé à côté de l'hôtel de ville au sein du même ensemble architectural surnommé « Stopera » (mot-valise issu de "Stadhuis", « hôtel de ville », et d'opéra). Cet immense complexe moderne, ouvert en 1986, se situe dans l'ancien quartier juif de Waterlooplein près de la rivière Amstel. Il héberge les troupes du , du Nationale Ballet et du "Holland Symfonia". Ouvert en 2005, le Muziekgebouw aan 't IJ est une salle de concert située sur l'IJ, au nord de la gare centrale qui accueille principalement des représentations de musique contemporaine. Situé à proximité immédiate, le Bimhuis est plutôt consacré au jazz et à l'improvisation. Le Heineken Music Hall est une salle de concert située près de la Johan Cruyff ArenA et qui accueille les grands concerts d'artistes de renommée internationale. Il accueille également de nombreux festivals de musique électronique tel que l'Amsterdam Music Festival, notamment avec les disc-jockeys néerlandais Armin van Buuren, Hardwell, Martin Garrix et Tiësto. Toujours à proximité de l'Amsterdam ArenA, le Ziggo Dome ouvre ses portes en 2012, et accueille des artistes internationaux comme Pearl Jam, Madonna, Beyoncé ou encore Lady Gaga. Le Paradiso est une salle de spectacle et un centre culturel situés dans une ancienne église d'Amsterdam, bâtie entre 1879 et 1880 près de la Leidseplein, l'un des centres touristiques et culturels de la ville. Également situé près du Leidseplein, la Melkweg est un autre lieu alternatif multi-disciplinaire, né d'une organisation indépendante en 1970. Tous deux offrent une programmation éclectique allant du rock indépendant au hip-hop, en passant par le R'n'B ou et d'autres genres populaires. Parmi les autres lieux de musique plus axés sur les sous-cultures, on peut notamment citer les salles OCCII, OT301, De Nieuwe Anita, Winston-Uni et Zaal 100. Chaque printemps, se déroule le festival "5 Days Off" qui est hébergé pendant cinq soirs au Paradiso et au Melkweg. Pendant l'été, plusieurs grands concerts se produisent en plein air tels que "A Day at the Park". Théâtre, cabaret et cinéma. La ville d'Amsterdam accueille plusieurs lieux d'expression théâtrale. Bâtiment construit en 1894 dans un style néo-Renaissance sur la Leidseplein, le Stadsschouwburg héberge la compagnie du "Toneelgroep Amsterdam". Alors que la plupart des pièces sont jusqu'alors jouées dans la grande salle, le bâtiment voit la fin d'une importante phase de rénovation et d'expansion en 2009, afin de créer une salle de représentation supplémentaire qui est opérée conjointement avec le Melkweg voisin. Le théâtre royal Carré, construit sur la rive droite de l'Amstel en 1887 dans le même style néo-Renaissance en vogue à l'époque, avait vocation initiale d'héberger un cirque permanent. Il est désormais l'hôte de spectacles de cabaret, de comédies musicales et de quelques concerts. Le thêâtre royal Tuschinski sur la Reguliersbreestraat, ouvert en 1921, ainsi que la réouverture récente, en 2010, par la reine Beatrix, de la salle DeLaMar sur la Marnixstraat, refaite à neuf, permet de compléter l'offre en ce qui concerne les pièces de théâtre et les comédies musicales, mais aussi avec des représentations cinématographiques. Les Pays-Bas possèdent une forte tradition de cabaret, qui combine à la fois la musique, les contes, les commentaires, le théâtre et la comédie. Le genre du cabaret remonte aux années 1930 où des artistes comme Wim Kan, Wim Sonneveld et Toon Hermans sont les pionniers de cette forme d'art aux Pays-Bas. On trouve ainsi, à Amsterdam, une académie des arts de la scène spécialement consacrée au cabaret, la "Kleinkunstacademie". Parmi les artistes populaires contemporains se trouvent, notamment, Freek de Jonge, Herman Finkers, Hans Teeuwen, Herman van Veen, Youp van 't Hek, Theo Maassen, Najib Amhali, Raoul Heertje, Jörgen Raymann, Brigitte Kaandorp et Comedytrain. Médias. "Het Parool", créé comme journal de Résistance pendant la Seconde Guerre mondiale, devient au cours du temps un journal à tirage national, mais reste très centré sur Amsterdam. Le tirage quotidien est aujourd'hui de l'ordre de unités. Le journal hebdomadaire "De Groene Amsterdammer" (« L'amstellodamois vert »), marqué à gauche, est également très populaire dans la capitale. L'ancien journal "Algemeen Handelsblad", dont est issu le "NRC Handelsblad" (fondé à Rotterdam en 1970), déménage à Amsterdam en 2012, sur le Rokin. De très nombreux journaux nationaux ont également leur siège dans la ville, comme "De Telegraaf", "de Volkskrant", "Trouw", ainsi que "Het Financieele Dagblad". Les journaux gratuits "Metro" en "Sp!ts" tout comme la maison d'édition Elsevier, qui publie entre autres l'hebdomadaire éponyme, y sont également implantés. AT5 ("Amstel Televisie 5") est la chaîne de télévision locale. Elle est fondée en 1992 et révèle de nombreuses personnalités télévisées au niveau national, comme Sacha de Boer, Matthijs van Nieuwkerk et Fons van Westerloo. RTV Noord-Holland, SBS6, Endemol, MTV et plusieurs autres maisons de production ont également choisi Amsterdam pour implanter leurs quartiers généraux. De nombreux programmes télévisés et radio nationaux sont enregistrés dans les studios Desmet Studio's (ainsi qu'au Studio Plantage jusqu'en 2012), tous deux situés dans le Plantage. La Westergasfabriek abrite également les enregistrements de nombreux programmes télévisées, liés à la musique notamment. L'Amsterdam Internet Exchange (AMS-IX) est l'un des plus gros relais d'interconnexion internet des Pays-Bas, et même l'un des plus grands au niveau mondial. Sport. L'Ajax Amsterdam est le principal club de football de la ville. Elle est une équipe de la ligue première néerlandaise de football, plusieurs fois vainqueur de la Ligue des champions de football (1971, 1972, 1973 et 1995), et deux fois vainqueur de la Coupe intercontinentale (1972 et 1995). Le club possède le meilleur palmarès néerlandais avec, en plus de ses titres européens, 30 championnats nationaux remportés à son actif. En 1996, ils abandonnent le vieux Stadion De Meer pour emménager dans la nouvelle Johan Cruyff ArenA, au sud-est de la ville, à proximité de la gare Amsterdam Bijlmer Arena. Le stade olympique, construit pour accueillir les Jeux olympiques d'été de 1928, subit une importante rénovation à la fin des années 1990 pour désormais accueillir des événements culturels ou sportif, à l'image du marathon d'Amsterdam ou les Championnats d'Europe d'athlétisme 2016. En 1920, Amsterdam est l'hôte des épreuves de voile sur l'IJ, lors des Jeux olympiques d'été de 1920 qui se déroulent à Anvers. La principale franchise de football américain de la ville est les Amsterdam Crusaders. Du temps où la NFL Europa existait encore (ligue majeure dissoute en 2007), la capitale néerlandaise est représentée sur la scène européenne par les Amsterdam Admirals. L'équipe de basket-ball des "MyGuide Amsterdam", basée au Sporthallen Zuid, évolue au sein du Championnat néerlandais. Le baseball est quant à lui représenté par l'équipe des Amsterdam Pirates au sein de la Ligue Majeure néerlandaise. En ce qui concerne le hockey sur glace, on peut signaler l'équipe des Amstel Tijgers Amsterdam qui joue sur la patinoire Jaap Eden, alors que le très populaire hockey sur gazon est représenté par trois équipes : Amsterdam, Pinoké et Hurley, qui s'affrontent au Wagener Stadium d'Amstelveen. En plus du marathon d'Amsterdam se déroule chaque année la course "Dam to Dam", d'une longueur de (environ ), entre Amsterdam et Zaandam. Depuis 1999, la ville d'Amsterdam honore ses meilleurs sportifs par l"'Amsterdam Sports Awards". La première mouture de le prix est attribuée au boxeur Raymond Joval et à la milieu de terrain de hockey sur gazon, Carole Thate. Le rugby à XIII se développe également dans la ville, avec la création d'un club, les cobras d'Amsterdam, qui dispute le Championnat des Pays-Bas de rugby à XIII et le remporte en 2018. Vie nocturne. La vie nocturne d'Amsterdam est l'une des plus animées d'Europe. Les dizaines de boîtes de nuits ("clubs") branchées attirent nombre de jeunes de tous les Pays-Bas, ainsi que des touristes étrangers. La Melkweg et le Paradiso, mais aussi le Radion, le Club More, la Marktkantine, le Shelter et l'Escape sont parmi les plus fameuses. Ces clubs se trouvent dans tous les arrondissements de la ville, mais les deux principaux points de concentration sont la Rembrandtplein et la Leidseplein, ainsi que leurs alentours. Le terrain de festivals de Thuishaven, offrant une programmation variée notamment en fin de semaine, est également réputé. Amsterdam est aussi surtout connue pour son principal quartier rouge, De Wallen, bardé de nombreux lieux de plaisirs tarifés (Oudezijds Achterburgwal) et les "haschich hars" ou "coffee shops" répartis en ville, attirant de nombreux étrangers en quête de cannabis dans un cadre dépénalisé. Festivals. La ville d'Amsterdam est très dynamique dans le domaine des festivals, avec près de 140 festivals et événements qui s'y sont déroulés en 2008. Au premier rang des événements d'Amsterdam sont la fête nationale néerlandaise dénommée dorénavant "Koningsdag" (« fête du Roi »), précédemment "Koninginedag" (le « jour de la Reine »), en raison du couronnement de Guillaume-Alexandre le . La fête nationale correspond traditionnellement au jour de l'anniversaire du souverain sauf si celui-ci tombe un dimanche, auquel cas, le "Koningsdag" a lieu la veille. Ainsi, le premier "Koningsdag" du règne de Guillaume-Alexandre a lieu le et non le , jour de son anniversaire. Sous le précédent règne de Beatrix, la fête nationale ne coïncide pas avec l'anniversaire de la reine. Lors de son accession au trône, le , la reine Beatrix décide en effet de conserver la date anniversaire de sa mère, la reine Juliana, le au lieu de son propre anniversaire le , à la fois pour rendre hommage à sa mère mais également pour des raisons pratiques. Des festivités au plein cœur de l'hiver et donc dans le froid voire sous la neige aurait en effet probablement été moins propices aux festivités et à la liesse populaire. Chaque année, plusieurs centaines de milliers de personnes voyagent vers Amsterdam pour rendre hommage au roi (ou à la reine) avec les habitants de la ville. Des dizaines de milliers de personnes affluent alors vers la ville, que ce soit pour faire la fête en musique le long des canaux ou sur les concerts de rue, ou pour chiner dans les grandes braderies (les "freemarkets") aux quatre coins de la ville et notamment au Vondelpark. Parmi les autres événements majeurs, la "Stille Omgang", une procession catholique silencieuse se déroulant à la nuit tombée, un soir de mars. Le "Holland Festival", consacré aux arts de la scène attire quant à lui chaque année des artistes du monde entier au mois de juin, tandis que la marche des fiertés ("Gay Pride") et son fameux défilé de bateaux sur les canaux de la capitale ont lieu au mois d'août. Le "Prinsengrachtconcert", consacré à la musique classique se tient également pendant le mois d'août sur Prinsengracht, de même que le , qui ouvre chaque année la nouvelle saison culturelle avec des concerts, des récitals, des pièces de théâtre. Dans un autre registre, la Cannabis cup récompense au mois de novembre les meilleures variétés de cannabis. Sail Amsterdam est un événement qui se déroule tous les cinq ans et rassemble les plus beaux voiliers du monde ; la dernière édition a lieu en 2015. Amsterdam est également une ville très dynamique sur la scène de la musique électronique. Chaque année, l'Amsterdam Dance Event (ADE), organisé au mois d'octobre attire plus de , dont touristes. Il s'agit de l'un des plus grands festivals en clubs au monde, et tous les genres de musique électronique y sont représentés. La ville accueille également la majorité des festivals techno Awakenings qui attirent chaque année des dizaines de milliers de visiteurs, à la fois dans des événements en plein air (à Spaarnwoude) ou en salle (au "Gashouder" du Westerpark). Parmi les autres principaux festivals organisés dans la ville, se trouvent (le Premier ministre Mark Rutte y va danser en 2011), , (généralistes), (house) et Dekmantel et (deep house et techno). La ville est également l'une des premières villes néerlandaises à accueillir la musique gabber, dérivée de la scène house, au début des années 1990 ; le premier festival du genre internationalement reconnu, le Thunderdome, s'y déroule en 1992. Éducation. Enseignement universitaire. Amsterdam compte deux universités généralistes : l'université d'Amsterdam ("Universiteit van Amsterdam", institution laïque fondée en 1632) et l'université libre d'Amsterdam ("Vrije Universiteit", institution d'origine protestante fondée en 1880). L'université d'Amsterdam est celle qui bénéficie du plus grand rayonnement international, ce qui lui vaut d'être classée au du classement mondial des universités publié par le quotidien britannique "The Times" en 2012 et au en 2013. La ville comprend également d'autres établissements d'enseignement supérieur consacrés à l'art, comme le conservatoire d'Amsterdam et la "". L'université des sciences appliquées d'Amsterdam ("Hogeschool van Amsterdam") est une institution universitaire dite technique, tandis que l'Institut international d'histoire sociale est l'un des plus grands centres de documentation et de recherche en histoire sociale, en particulier sur l'histoire du mouvement ouvrier. Fondé au début du , le "Hortus Botanicus" est l'un des plus anciens jardins botaniques au monde avec de nombreux spécimens rares et anciens, dont le plant de café à l'origine de l'ensemble de la culture du café en Europe centrale et en Amérique du Sud. Enfin, la ville héberge également plusieurs facultés de politique et d'économie qui sont principalement à direction des étudiants étrangers. Enseignement secondaire. Amsterdam dispose de cinq écoles secondaires privées (appelées "gymnasium"), le "Vossiusgymnasium", le "Barlaeusgymnasium", le "St. Ignatius Gymnasium", "Het Gymnasium" et le "Cygnus Gymnasium", où un programme classique inclut des cours de latin et de grec ancien. Bien que considéré par beaucoup comme un concept anachronique et élitiste jusqu'à très récemment encore, les gymnases ont récemment connu un regain d'intérêt conduisant à la création d'un quatrième, puis d'un cinquième lycée. La plupart des écoles secondaires d'Amsterdam proposent différents niveaux de scolarité au sein de la même école. Quelques écoles primaires d'Amsterdam basent leur enseignement sur des méthodes pédagogiques particulières telles que la méthode Montessori. Le lycée le plus important basé sur cette pédagogie est le "Montessori Lyceum". Les autres lycées sont majoritairement basés sur des confessions religieuses, principalement catholiques ou protestantes, mais également des écoles islamiques et hébraïques, notamment dans le sud et l'ouest d'Amsterdam. Transports. La circulation en voiture dans le centre-ville est très fortement découragée via des initiatives de la municipalité, telles que des frais de stationnement élevés ou de nombreuses rues fermées à la circulation ou à sens unique. Afin d'encourager les automobilistes à laisser leur véhicule à l'entrée de la ville, la municipalité met en place un système de stationnement incitatif composé de sept parcs relais regroupés sous l'appellation . Ces derniers permettent aux automobilistes de bénéficier de frais de stationnement très accommodants à condition d'emprunter les transports en commun (tram, métro) pour se rendre au centre-ville. La municipalité favorise également les initiatives d'autopartage et de covoiturage. Les moyens de transport en commun et de transport alternatif sont ainsi largement favorisés à Amsterdam. Réseau routier et autoroutier. La ville d'Amsterdam possède deux boulevards périphériques qui permettent de contourner la ville ou de traverser rapidement l'agglomération. Le périphérique extérieur de la ville est l'autoroute A10. D'une longueur de , il permet de relier les 18 voies urbaines principales aux grands axes autoroutiers du pays, et en particulier à l'A1 (qui dessert l'est des Pays-Bas), l'A2 (qui rejoint Utrecht, Bois-le-Duc, Eindhoven et Maastricht) et l'A4 qui dessert l'axe tracé entre Amsterdam, La Haye, Rotterdam et la Belgique. Le second périphérique de la ville est connu sous le nom de « Périphérique intérieur » ("Amsterdamse binnenring") ou S100, et est constitué d'un ensemble de trois quais qui délimitent l'arrondissement de Centrum le long du Singelgracht, le Nassaukade, le Stadhouderskade et le Mauritskade. Initialement, lorsque les autoroutes sont imaginées en 1932, l'objectif est de faire d'Amsterdam le nœud central du réseau routier néerlandais, duquel partiraient les autoroutes A1 à A8. Cependant, le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale et le changement de priorités ont fait que seules les autoroutes A1, A2 et A4 débutent dans la ville. L'autoroute A3 vers Rotterdam est annulée en 1970 afin de conserver le Groene Hart au cœur du Randstad. L'autoroute A8, en direction du nord vers Zaandam, et le périphérique d'Amsterdam (A10), sont inaugurés respectivement en 1968 et 1974. Outre l'A1, l'A2, l'A4 et l'A8, deux autoroutes permettent de désengorger le trafic en direction de la Frise, au nord-est du pays, via la province du Flevoland (par l'A6) ou la Hollande-Septentrionale (par l'A7). Transports en commun. Le réseau de transports publics de la ville, géré par la GVB ("Gemeentelijk Vervoerbedrijf"), est très développé, combinant plusieurs modes de transport, à la fois ferroviaires (tramway et métro), routier (bus) ainsi que maritime et fluvial (ferries). Dans le centre, les tramways et les bus concentrent l'essentiel du trafic de passagers, tandis que les métros desservent les zones périphériques et les communes au sud (Amstelveen et Diemen). Les liaisons en ferry, gratuites, permettent de traverser l'IJ et de relier Noord et les communes alentour au reste de la ville. Des bus régionaux et certains bus de banlieue sont, quant à eux, exploités par Connexxion et Arriva ; ils desservent entre autres l'aéroport d'Amsterdam-Schiphol. En 2013, la GVB organise le transport d'environ de passagers. Chaque jour, empruntent ses 56 lignes de bus, 14 lignes de tram, 5 lignes de métro et 5 liaisons maritimes gratuites. La construction du réseau de métro, dont la première ligne est mise en service en 1977, est émaillée de plusieurs incidents et contestations de la part des habitants. Dans les années 1970, de nombreux bâtiments construits sur et autour du Nieuwmarkt sont détruits pour laisser place au projet de construction du métro (ainsi que d'une voie express), qui doit traverser le quartier. Le projet provoque des désordres majeurs (connus sous le nom de "Nieuwmarktrellen") en 1975, ce qui conduit à l'abandon du projet de voie rapide. Le métro est cependant construit et "Nieuwmarkt" en constitue aujourd'hui l'une des stations. Plus récemment, le projet de construction de la "Noord/Zuidlijn" (« Ligne Nord/Sud »), destinée à améliorer significativement les conditions de circulation dans le centre-ville et vers le nord, est marqué par des incidents majeurs (effondrement de bâtiments sur la Vijzelstraat, stations plus chères que prévu, inondations) qui repoussent de six ans sa date d'inauguration, de 2011 à 2017. De même, le coût total du projet pour la ville fait plus que tripler, passant de d'euros dans le plan initial à plus de 900. Le coût total de la ligne, inaugurée en 2018, initialement estimé à 1,46 milliard d'euros, dépasse finalement les . La carte à puce OV-chipkaart, lancée en 2005 et valable à la fois sur le réseau ferroviaire des Nederlandse Spoorwegen et sur les réseaux de transport en commun de plusieurs villes des Pays-Bas, est utilisable dans l'ensemble des transports en commun de la ville. Le bureau de la GVB, situé en face de la gare centrale, distribue gratuitement une carte du réseau de transport public. Cycles et deux-roues. 38% des déplacements se font en cycle. Plus d'un million de cyclistes circulent quotidiennement sur le réseau cyclable de la ville. Le vélo est le moyen de locomotion le plus populaire et le plus utilisé à Amsterdam. La ville offre ainsi de nombreuses infrastructures visant à faciliter les déplacements à bicyclette, telles que des couloirs spéciaux sur la majorité des rues, mais aussi une signalisation spécifique, permettant aux vélos (et plus généralement aux deux-roues) d'emprunter des voies à sens unique dans de nombreux endroits de la ville. La ville dispose en outre d'importantes infrastructures de garage, incluant d'immenses parkings surveillés dans certaines gares ("fietsenstallingen"), mais aussi des bateaux spécialement mis en place pour accueillir des vélos. D'après "I Amsterdam", au total, Amsterdam possède plus de de pistes cyclables. L'absence de relief favorise également l'usage de la bicyclette. Toutes les couches sociales utilisent ce moyen de transport, qui représente près de 38 % des voyages journaliers. Selon une estimation de la municipalité datant de 2012, la ville compte vélos. Selon cette même étude, environ 70 % des résidents trouvent que le vélo est un moyen de locomotion agréable pour s'y déplacer. Parmi les 30 % restants, seuls 11 % n'y prennent aucun plaisir, tandis que 19 % sont neutres. Parmi les principales raisons invoquées par les personnes enthousiastes à l'idée d'utiliser leur vélo, on retrouve en tête la facilité d'utilisation et la rapidité (50 %), suivies du fait qu'il permet de profiter de l'environnement urbain (19 %) et qu'il constitue un moyen de transport sain et bon pour la santé (17 %). La qualité des infrastructures et la gratuité n'arrivent qu'au quatrième et au cinquième rang (9 % et 6 % respectivement). Parmi les principaux points négatifs, l'étude cite le comportement asocial de certains usagers, la sécurité, ainsi que la gêne occasionnée par les scooters, également autorisés à circuler sur les voies réservées au vélo. En outre, les résidents de la ville mentionnent également la difficulté qu'ils rencontrent parfois pour garer leur vélo, en particulier aux abords de la gare centrale d'Amsterdam. Au cours de l'année 2012, deux-roues sont enlevés par la municipalité et conduits vers le dépôt du Westelijk Havengebied. À titre de comparaison, ce chiffre est de en 2011 et en 2010. Cette augmentation reflète le manque d'espaces de parking dans la ville, ce qui incite de plus en plus les gens à garer leur vélo dans des endroits non autorisés. La surabondance de vélos dans la ville a également des répercussions négatives. Le vol et le trafic de vélos restent ainsi des problèmes endémiques, même si la tendance est à la baisse. En 2008, environ de vélos sont enregistrés contre en 2001. Selon les chiffres 2012, un peu plus de plaintes pour vols de vélos, scooters ou mobylettes ont été déposées. Transport aquatique. Amsterdam et ses environs sont sillonnés par plus de 150 canaux, créant ainsi près de 90 mini-îles reliées par un réseau d'un millier de ponts. Pendant de nombreux siècles, ces canaux et voies d'eau sont utilisés comme principales voies de transport à Amsterdam, notamment pour le transport d'eau, de charbon, de nourriture ou d'épices. Aujourd'hui, ces canaux ne sont adaptés qu'aux petites péniches, aux bateaux de plaisance et aux bateaux-mouches. Ils restent toutefois toujours utilisés par la société de messagerie DHL, dont le bateau livre des colis à travers la ville. Trois ferries transportent gratuitement les piétons et les cyclistes sur l'IJ, entre la gare centrale d'Amsterdam et Amsterdam-Noord. Deux autres ferries payants permettent de parcourir l'IJ d'est en ouest, le long du port. Il est également possible d'utiliser des bateaux-taxis et des navettes fluviales, de louer des bateaux électriques ou encore d'effectuer une croisière fluviale sur les canaux de la ville. En sus de cela, le "Floating Dutchman", un bus également capable de naviguer sur l'eau, fait un circuit touristique dans le centre-ville. Réseau ferré. La principale gare de la ville, pour ce qui est de la fréquentation et de la quantité de trains, est la gare centrale d'Amsterdam, qui dessert à la fois le reste du pays ("Intercity" et "Sprinter") ainsi que les liaisons internationales (Thalys, Deutsche Bahn, SNCB, Nightjet). La gare centrale est la deuxième la plus fréquentée du pays après celle d'Utrecht, avec qui y transitent chaque jour. L'aéroport de Schiphol constitue également un nœud ferroviaire important où se côtoient lignes locales et internationales (liaison d'Amsterdam-Central à Amsterdam Zuid, Fyra, Thalys). La ligne d'Amsterdam-Central à Schiphol est ainsi la ligne de train la plus fréquentée du pays avec de voyageurs par an. En outre, Amsterdam-Central est située sur les deux autres lignes les plus fréquentées du pays (Utrecht-Central à Amsterdam-Central et Haarlem à Amsterdam-Central). Les gares d'Amsterdam-Sloterdijk (nord-ouest, par jour), Amsterdam-Sud, et Amsterdam-Amstel (est) desservent quant à elles principalement des liaisons intérieures, notamment vers La Haye, Leyde et Utrecht. Les gares de Lelylaan, Muiderpoort, Bijlmer ArenA et RAI complètent la desserte périphérique de la ville. Transport aérien. L'aéroport de Schiphol, situé au sud-ouest de la ville dans la commune de Haarlemmermeer, est relié par voie ferroviaire au reste de la ville, joignable en quinze minutes à partir de la gare centrale. <br>En 2019, plus de de passagers y transitent (en augmentation de 0,9 % par rapport à 2018), ce qui le classe quatorzième aéroport du monde et à la troisième place en Europe, après Londres-Heathrow ( de passagers ) , Paris-Charles-de-Gaulle ( de passagers ). <br>En 2019, l'aéroport accueille passagers, ce qui le place au troisième rang européen et au quatorzième rang mondial. <br>La flotte de la KLM, dont les avions volent vers près de 131 destinations dans différents, est basée à l'aéroport de Schiphol. Pour ce qui est du volume de marchandises, Schiphol figurait en 2012 au mondial avec un volume de marchandises de , et au européen, derrière Paris-Charles-de-Gaulle (), Francfort-sur-le-Main () et Londres-Heathrow (). Culture populaire. Littérature. L'action de nombreuses œuvres littéraires renommées se déroule totalement ou partiellement à Amsterdam. L'une des plus universellement reconnues est "Le Journal d'Anne Frank", livre composé du journal intime tenu par Anne Frank, une jeune juive allemande exilée aux Pays-Bas, lorsqu'elle se cache au-dessus d'un magasin situé près de Westerkerk, pendant vingt-cinq mois, avec sa famille et quatre amis, au cours de l'occupation des Pays-Bas par l'Allemagne nazie. Dans le roman "La Chute" d'Albert Camus (1956), l'histoire du principal protagoniste, Jean-Baptiste Clamence, se déroule à Amsterdam, où l'on apprend qu'il s'est exilé. L'écrivain néerlandais Cees Nooteboom choisit également Amsterdam comme décor de son roman "Rituels", paru en 1983 et qui raconte l'histoire de deux amis dont l'un a la fâcheuse tendance à violer la loi, tandis que l'autre s'y plie avec discipline. La ville est également le théâtre du roman "De hoogste tijd" de Harry Mulisch, paru en 1985, et qui brosse un portrait détaillé de la ville moderne en racontant l'histoire de l'acteur néerlandais classique Pierre de Vries. Dans "Sur l'eau", paru en 1998, H. M. van den Brink raconte l'histoire de deux rameurs d'un club nautique de l'Amstel, Anton et David qui est juif ; ces derniers voient alors leur destin basculer au moment de l'invasion allemande. Dans "Le Ministère de la Douleur", sorti en 2005, Dubravka Ugrešić dépeint les conditions de vie difficiles des immigrés d'Europe de l'Est dans l'un des quartiers pauvres d'Amsterdam, la ville ayant toujours constitué un centre d'accueil pour les réfugiés. Cinéma. Amsterdam sert de décor à de nombreux films et séries télévisées, à la fois néerlandais et internationaux. Parmi les films néerlandais qui mettent en scène la ville est notamment connu à l'étranger "Le Choix du destin" (' en néerlandais), réalisé par Paul Verhoeven et sorti en 1977. Le film, dans lequel joue entre autres Rutger Hauer, raconte l'histoire de six étudiants de l'université de Leyde, à l'approche de la Seconde Guerre mondiale. Insouciants au début du film, la guerre va changer leur vie ; alors que certains vont choisir la rébellion et résister à l'occupant, d'autres vont opter pour la collaboration. "Ciske le Filou", sorti en 1984 raconte l'histoire de Ciske, un enfant de vivant dans un quartier pauvre d'Amsterdam dans les années 1930. Le film est inspiré d'un roman pour enfants ; l'acteur Danny de Munk y interprète une chanson, « Je me sens tellement seul », devenue un morceau classique pour la ville d'Amsterdam. Toujours dans les années 1980, le film "L'Assaut", adaptation cinématographique du roman "" de Harry Mulisch, raconte l'histoire d'Anton Steenwijk qui essaie de comprendre les circonstances de la mort de sa famille dans une attaque allemande au cours de la Seconde Guerre mondiale. Bien que l'action se déroule principalement à Haarlem, le film, oscarisé en 1987, constitue une référence du cinéma néerlandais. Dans Amsterdamned, réalisé par Dick Maas et sorti en 1988, un dangereux plongeur sévit dans la ville, tuant sauvagement ses victimes à coups de couteau cranté. Le tueur utilise ainsi les canaux de la ville pour commettre ses crimes. Amsterdam est également apparue dans plusieurs grosses productions hollywoodiennes et internationales. Dans "Les diamants sont éternels", sorti en 1971, James Bond, interprété par Sean Connery, se rend dans la capitale néerlandaise pour y rencontrer Tiffany Case ; le film met principalement en scène les canaux de la ville, en particulier le Magere Brug. Deux ans plus tard, dans "Turkish Délices", la ville est le théâtre principal de la relation passionnée et tumultueuse d'Éric, sculpteur bohème, avec Olga, issue d'une famille conservatrice. Le film met ainsi en scène de nombreuses parties de la ville, comme la place du Dam et le Damrak, le Rokin, l'Oudezijds Voorburgwal et le Vondelpark. Dans le film "Pulp Fiction" de Quentin Tarantino, Vincent Vega (interprété par John Travolta) revient à Los Angeles après avoir passé trois ans à Amsterdam. La scène d'ouverture du film "Ocean's Twelve", réalisé par Steven Soderbergh, montre l'équipe de Daniel Ocean en train d'organiser un casse à Amsterdam. Pour ce faire, les bandits vont jusqu'à faire descendre une maison de plusieurs centimètres en affaissant les pilotis sur lesquels elle est construite. La comédie américaine de 2005 "Gigolo malgré lui" se déroule à Amsterdam et montre les méfaits de la consommation de cannabis et la prostitution, mais aborde également la thématique du racisme. Plus récemment, quelques scènes de "Nos étoiles contraires" (2014), film racontant l'histoire de deux adolescents atteints par le cancer, se déroulent à Amsterdam. Dans "Hitman and Bodyguard" (2017), une course-poursuite prend place à Amsterdam, notamment devant le Rijksmuseum ; d'autres scènes du film sont tournées à La Haye, mettant en vue la Cour pénale internationale (CPI). Musiques et chansons. La chanson "Amsterdam", interprétée par Jacques Brel, est l'une des chansons francophones consacrées à la ville les plus illustres. Le titre a souvent été repris, comme par le groupe Oi! orléanais "Komintern Sect", et notamment en anglais par Scott Walker, David Bowie et John Cale. Il a également été repris et modifié par le groupe Parabellum, qui en a fait une chanson contre l'usage des drogues. D'autres artistes francophones ont également chanté la « Venise du Nord » (surnom également donné à la ville de Bruges en Belgique), on peut ainsi citer Guy Béart ("À Amsterdam"), Maxime Le Forestier ("Petit Nuage sur Amsterdam"), Les Innocents ("Entre Amos et Amsterdam"), Graziella de Michele ("Vision d'Amsterdam"), Billy Ze Kick ("Bons Baisers d'Amsterdam") ou encore Oxmo Puccino ("Sur la Route d'Amsterdam"). Plus récemment, le groupe de rap Octobre Rouge a également rendu hommage à la ville et plus particulièrement à son fameux quartier rouge dans le titre "Week end a Meda". Dans un registre international, plusieurs chansons baptisées "Amsterdam" ont été interprétées par des artistes comme la chanteuse néerlandaise Maggie MacNeal, ou les groupes Coldplay, Van Halen, Peter Bjorn and John ou encore Mando Diao. Les chansons « ' » (« Aux canaux d'Amsterdam ») de Pieter Goemans ou encore « ' » du chanteur britannique Max Bygraves sont également devenues des classiques populaires.
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Abréviations en informatique J
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Aéronautique L'aéronautique comporte les sciences et les techniques ayant pour but de construire et de faire évoluer un aéronef dans l'atmosphère terrestre. Les sciences aéronautiques comprennent en particulier l'aérodynamique, une branche de la mécanique des fluides ; les techniques sont celles qui concernent la construction des aéronefs, leur propulsion ainsi que les servitudes. Les entreprises associées à ces technologies sont dans la catégorie . Piloter un aéronef permet de le faire évoluer et de pratiquer une activité. Les activités principales sont liées à la composante aérienne des forces armées d'un pays, le transport aérien commercial ou à la pratique d'une activité de loisir ou de sport aérien. On y associe les organisations et les compagnies aériennes gérant ces activités. Un aéronef est un engin qui, pour évoluer dans l'atmosphère, l'utilise pour sa sustentation. Les principaux aéronefs sont l'avion et l'hélicoptère. Les forces armées utilisent aussi des missiles et des drones dont certains sont assimilables à des aéronefs sans pilote humain à bord, en particulier les missiles de croisière et les drones d'observation. Le cerf-volant et le parachute ne sont pas des aéronefs. Toutefois, ce dernier est très lié à l'aéronautique par son utilisation comme moyen de sauvetage et son évolution qui en a fait un engin pilotable. Les activités aériennes sont réglementées sous l'égide d'institutions le plus souvent étatiques, à l'échelle mondiale, comme l'AITA pour les compagnies aériennes, à l'échelle régionale, comme Eurocontrol pour la gestion du trafic aérien dans la zone européenne, ou à l'échelle nationale, comme la DGAC pour l'aviation civile en France. Ces institutions organisent ou réglementent la formation dans les métiers de l'aéronautique, en particulier lorsque la sécurité des vols est affectée : c'est le cas pour les pilotes et le personnel navigant commercial, mais aussi pour le personnel chargé de la maintenance et les contrôleurs aérien. Ces formations sont assurées par des écoles spécialisées. La , la connaissance de l', la sont indispensables à l'aéronautique même si les bases ne lui sont pas spécifiques. La liste des aéronefs est le point d'entrée principal où chaque aéronef est classé selon son constructeur. Enfin, les articles des catégories « » et « » relatent les principaux événements intéressant l'aéronautique. Les biographies des aviateurs, des concepteurs et ingénieurs se retrouvent dans la catégorie « ». L'astronautique concerne le déplacement et la navigation hors de l'atmosphère terrestre. Distinction entre astronautique et aéronautique - Domaine de l'aéronautique. L"'astronautique" est le domaine des évolutions et de la navigation en dehors de l'atmosphère terrestre, éventuellement vers d'autres astres. Les engins utilisés traversent l'atmosphère mais doivent leur sustentation, et souvent leur pilotage, à un propulseur anaérobie. L"'aéronautique" est le domaine des et de la navigation au sein de l'atmosphère terrestre et utilisant cette atmosphère pour sustenter un engin. Le plus souvent, mais pas obligatoirement, ces engins utilisent l'atmosphère pour assurer aussi le pilotage (gouvernes aérodynamiques) et la propulsion (aérobie). L'aéronautique comporte deux classes d'engins : Les principaux aérostats sont les ballons libres utilisés surtout pour des activités sportives ou de loisir et les dirigeables. L'avion et l'hélicoptère sont des aérodynes avec pilote à bord. Leurs utilisations civiles ou militaires sont multiples. Certains missiles, en particulier les missiles de croisière, et les drones sont des aérodynes sans pilote à bord. Ils sont soit guidés à partir du sol soit préprogrammés. Les missiles emportent une charge militaire et sont détruits en fin de mission ; les drones sont utilisés essentiellement pour le renseignement ou la surveillance et sont généralement utilisés par les forces armées, de police ou de douane. Le parachute n'est pas un aéronef : il utilise l'atmosphère pour freiner sa descente sans effet de sustentation. Toutefois une nouvelle classe de parachute est apparue à la fin du comportant une voilure souple avec effet de sustentation ; ces engins se rapprochent des avions ultralégers à voilure souple tels que les deltaplanes. « Aéronautique » ou « aviation ». Les dictionnaires courants donnent des définitions quasi équivalentes pour les deux termes : le domaine des machines permettant de naviguer dans l'atmosphère terrestre. Le terme « aviation » recouvrant plus particulièrement le domaine des avions, le terme « aéronautique » est donc plus général et doit être employé lorsque le sujet recouvre l'ensemble des aéronefs. En anglais, le terme « "aviation" », bien plus usité dans cette langue que « "aeronautics" », recouvre quant à lui l'ensemble du domaine. Histoire. L'être humain aspire à voler depuis toujours. Si Léonard de Vinci, vers 1500, imagine des machines volantes, ce n'est qu'en 1783 que les premiers hommes vont pouvoir réaliser le vieux rêve d'Icare avec les montgolfières des frères Montgolfier, précédant de très peu les ballons à gaz de Jacques Charles. Ces engins sont tributaires du vent, l'aéronautique ne va vraiment prendre son essor qu'avec les ballons dirigeables, de Henri Giffard en 1852. En parallèle au développement des plus légers que l'air, d'autres pionniers se tournent à la fin du vers le plus lourd que l'air, qui deviendra l'« avion ». La paternité des premiers vols planés comme celle des premiers vols motorisés est contestée pour des raisons de définition : certains essais de vol plané (s'ils ont réellement eu lieu) sont plus proches du parachute que du planeur et certains décollages motorisés nécessitaient une assistance au sol. De plus les sentiments chauvinistes ne sont pas exempt de certaines revendications. Otto Lilienthal, en Allemagne, réussit plusieurs centaines de vols planés, et documentés, dans la dernière décennie du siècle. En 1890 et 1891, Clément Ader, en France, serait parvenu à faire décoller un avion équipé d'un moteur à vapeur devant témoins mais ses tentatives restent sans lendemain. Ce sont les frères Orville et Wilbur Wright, aux États-Unis, qui, à partir de 1903, peuvent non seulement faire décoller leur appareil mais parviennent à le contrôler sur des distances de plus en plus importantes atteignant en 1908. Ces vols sont documentés et font l'objet de démonstrations y compris en France. La seconde voie explorée est celle de l'hélicoptère. À masse égale il nécessite une puissance nettement plus élevée que celle de l'avion pour assurer la sustentation. Pourtant dès 1907, Paul Cornu, en France, réussit le premier vol libre mais les progrès seront ensuite bien plus lents que ceux de l'avion. Le premier conflit mondial qui survient à peine une décennie après les premiers vols voit le développement de l'avion en tant que moyen de renseignement sur les positions ennemies. Les avions s'équipent de mitrailleuses pour pouvoir abattre l'adversaire et l'empêcher d'accomplir sa mission. La construction aéronautique entre dans l'ère de la grande série puisque certains modèles sont construits en plusieurs milliers d'exemplaires. La fin du conflit met sur le marché un grand nombre de pilotes et d'appareils. Les premières tentatives d'utilisation commerciale de l'avion apparaissent et des compagnies se forment pour transporter le courrier, puis des passagers, sur des lignes régulières. La navigation aérienne utilise les méthodes issues de la navigation maritime et nécessite donc que la visibilité soit bonne : le vol reste tributaire de la météorologie. La concurrence entre l'avion et le dirigeable pour le transport des passagers se développe au cours du premier tiers du et se termine tragiquement avec l'accident du dirigeable Zeppelin Hindenburg en 1937. C'est la fin de l'aérostation qui n'est plus qu'une discipline destinée au sport ou au loisir. Les forces armées ont vu l'intérêt de l'avion pour le renseignement mais aussi pour le bombardement. La course à l'armement est lancée et les nouveaux appareils sont spécialisés : bombardiers, chasseurs, attaque au sol, etc. Il est tactiquement intéressant de voler de plus en plus vite, de plus en plus haut, de plus en plus loin. La course aux records en tous genres est lancée et c'est la période des exploits : traversée des mers, puis des océans ; survol des massifs montagneux ; croisières longue distance ; etc. Le second conflit mondial est caractérisé par une utilisation massive de l'avion pour les missions de bombardement et, en corollaire, des chasseurs et intercepteurs chargés de les protéger ou de les détruire. Sur le plan technique c'est aussi l'apogée du moteur à piston. Le développement du réacteur, vers la fin du conflit, et l'apparition du radar vont permettre, la paix revenue, l'essor du transport aérien commercial. De nouveau, à la fin du conflit, des pilotes entraînés et des avions se trouvent disponibles en grand nombre. Les progrès réalisés dans le domaine du radar permettent de suivre et de guider l'avion en vol sans visibilité. Les compagnies aériennes naissent et commencent à concurrencer les paquebots et les trains au moins pour le voyage en conditions luxueuses. La mise en service du Boeing 707 par la PanAm en 1958 marque le passage au transport aérien commercial de masse. La concurrence est vive entre les compagnies et s'intensifie encore avec la dérégulation lancée aux États-Unis en 1978. Les paquebots transocéaniques disparaissent et le train lui-même est concurrencé sur les trajets de durée supérieure à trois heures. Sur le plan militaire, la « compétition » continue entre les États-Unis et l'URSS pendant la guerre froide. Le mur du son est atteint puis largement dépassé, les bombardiers supersoniques volent à Mach 2 et les intercepteurs à plus de Mach 3. La nature du combat change avec les performances du radar de détection et l'utilisation des missiles air-air et sol-air pour empêcher la pénétration. L'accent se porte sur des performances nouvelles comme la furtivité et la pénétration basse-altitude, sous la couverture radar. L'aéronautique est, depuis ses origines, une lutte pour l'allègement des structures et l'augmentation de la puissance. Ce n'est qu'en 1977 que le premier vol utilisant un « moteur humain » sera réalisé à bord du Gossamer Condor, un avion de moins de . À l'opposé l'Airbus A 380 est en service commercial depuis 2007, ses quatre réacteurs développent une poussée supérieure à et permettent de faire décoller plus de . Activité aérienne et type d'aéronef. La pratique d'une activité aérienne est le plus souvent réglementée en raison de la nécessité de partager l'espace aérien entre les divers utilisateurs et en raison des risques ou inconvénients que la pratique de cette activité peut causer aux habitants ou à l'environnement. Dans la plupart des pays, États-Unis et Europe en particulier, on distingue trois grandes classes d'activités : Dans la majorité des cas un aéronef est conçu pour l'exercice d'une activité et configuré en conséquence. Les principaux types d'aéronef sont : Dans la pratique la frontière entre activité et type d'aéronef n'est pas absolue. Un avion de ligne peut, par exemple, être utilisé comme avion d'affaires ou être utilisé par les forces armées pour le transport des autorités gouvernementales. La distinction entre activité de loisirs ou sportive est imparfaite. Activités du domaine civil. Le développement d'un aéronef se fait en fonction de sa mission (terme utilisé par les forces armées) ou de son utilisation opérationnelle (terme utilisé dans les domaines civils). Cela conduit à des aéronefs de morphologie distinctes : l'aéronef est adapté à son activité principale. Le nombre d'avions, de toutes catégories, dépasse largement le nombre d'hélicoptères en service. Le terme « aviation », "de facto", recouvre l'ensemble des activités utilisant ces deux types d'aéronefs. Transport commercial de passagers. Plus de 900 compagnies aériennes proposent des vols réguliers chaque jour. La plus grande d'entre elles met en œuvre une flotte de plus de 400 appareils, les plus petites un seul. La flotte mondiale est estimée à plus de appareils en 2008. Les types d'avions utilisés sont : Aviation d'affaires. Un avion (ou un hélicoptère) d'affaires est un appareil semblable à ceux utilisés pour le transport commercial de passagers mais n'accueillant que quelques passagers dans des conditions souvent luxueuses. Ils sont la propriété de grandes entreprises qui les mettent à disposition de leurs cadres ou bien sont utilisés par des compagnies qui proposent le transport à la demande, l'avion-taxi. C'est le cas des hélicoptères souvent utilisés pour joindre les grands aéroports à des héliports situés au centre des grandes métropoles ou vers des destinations de prestige. Les avions utilisés sont : Travail aérien. Les avions de lutte contre l'incendie sont équipés d'un réservoir de soute pouvant contenir une grande quantité d'eau. Ils utilisent une écope pour récupérer l'eau en survolant un plan d'eau à très basse altitude. La plupart des travaux aériens sont réalisés en utilisant des appareils existants modifiés pour pouvoir emporter les réservoirs ou les équipements nécessaires. Exemples : L'hélicoptère est particulièrement adapté à certains travaux : Aviation légère. Ces avions sont le plus souvent des monomoteurs équipés d'un moteur à piston. Ils ne sont pas autorisés à pratiquer le vol sans visibilité et ne servent donc que pour les loisirs, l'apprentissage initial du pilotage, et plus généralement les activités ne nécessitant pas le respect d'un horaire. Quelques hélicoptères légers entrent dans cette catégorie, mais le coût élevé de l'heure de vol, 3 à 4 fois celui d'un avion comparable, restreint la diffusion de cette passion. Voltige. La voltige utilise des avions monomoteurs semblables à ceux de l'aviation légère mais spécialement équipés pour cette activité : moteur puissant, alimentation en carburant permettant le vol sur le dos, etc. Vol à voile. Le vol à voile est une discipline sportive où le pilote utilise les courants d'air ascendants pour prolonger la durée du vol. Les avions utilisés sont des planeurs, des avions sans moteur, dont le décollage est assisté par un avion remorqueur ou un treuil. Les moto-planeurs sont équipés d'un moteur qui leur permet de rejoindre un aérodrome en cas de nécessité; selon la puissance et le type de moteur, il permet ou non le décollage autonome. ULM. La réglementation aéronautique est contraignante et son application entraîne des surcoûts sur le prix des appareils qui deviennent de plus en plus sophistiqués, sur l'apprentissage du pilotage et sur les infrastructures. L'avion ultra-léger motorisé répond aux besoins de ceux qui veulent pratiquer le vol pour le plaisir, voire concevoir ou construire leur propre appareil, avec un minimum de contraintes. Si les premiers ULM ressemblaient souvent aux appareils des pionniers du , mais construits avec des matériaux modernes, aujourd'hui les meilleurs ULM "3 axes" ne se distinguent des avions proprement dits que par la réglementation particulière qui s'applique à leur construction, maintenance et licence de pilotage, en fonction de critères de poids et puissance du moteur notamment. Missions du domaine des forces armées. Bombardement. La mission de bombardement nécessite l'emport de charges lourdes. Le bombardier est le plus souvent un avion multimoteur doté d'un rayon d'action important. Les bombardiers stratégiques peuvent être capables de vitesses supérieures à M2 et d'atteindre les très hautes altitudes qui les mettent hors de portée de la défense sol-air « classique ». Chasse - Interception. Les missions de chasse et d'interception ont en commun de chercher à détruire les forces aériennes ennemies en vol. La chasse est plutôt destinée à la protection d'avions amis pendant l'exécution de leur mission, l'interception se fait à partir du sol. Dans tous les cas la mission nécessite des avions capables de performances élevées en vitesse, vitesse ascensionnelle, manœuvrabilité. Ils sont équipés d'armes air-air. Ces deux missions peuvent être effectuées à partir de porte-avions. Attaque au sol. La mission consiste à attaquer les mobiles ennemis au sol (ou en mer), en particulier les chars. Les aéronefs utilisés doivent être particulièrement maniables à basse altitude. Ils sont équipés d'armes air-sol (ou air-mer). L'hélicoptère est particulièrement adapté à cette mission à courte distance de la ligne de front. Reconnaissance. La mission consiste à pénétrer les défenses ennemies pour détecter et identifier les cibles potentielles. L'observation des mouvements ennemis est la première mission militaire confiée dès la fin du aux aérostiers. Les ballons captifs permettent l'observation au-delà de la ligne de front mais leur taille les rend vulnérables. Au cours de la Première Guerre mondiale la mission est assurée par les premiers avions. Des avions équipés d'appareils photographiques ou de caméras seront ensuite utilisés et le Lockheed U-2 spécifiquement construit par les États-Unis pour la surveillance stratégique des pays du bloc soviétique reste un épisode marquant de la guerre froide. Les satellites d'observation ont pris le relais de la mission pour le renseignement stratégique alors que les drones sont de plus en plus utilisés pour le renseignement tactique. Détection - Surveillance - Patrouille maritime - Ravitaillement en vol. Les missions de détection, de surveillance et de patrouille maritime nécessitent l'emport de moyens électroniques ou optiques et le maintien sur zone pendant une longue durée. Les avions doivent être capables d'une très longue autonomie et permettre à deux équipages de se relayer à bord. Ces missions peuvent être effectuées à partir d'un porte-avions, auquel cas elles sont assurées par des avions spécifiquement développés mais elles utilisent souvent des versions aménagées d'avions civils lorsque les appareils sont basés à terre. La mission de ravitaillement en vol est effectuée par des avions de transport civils ou militaires spécialement aménagés : réservoirs de soute et perche de transfert de carburant. Transport de troupes et de matériels - Largage. La mission consiste à transporter du personnel ou du matériel sur un terrain proche de la ligne des opérations. En dehors de ses capacités d'emport, l'avion doit pouvoir être chargé et déchargé dans un temps très court, capable d'atterrir et de décoller sur des terrains courts et peu aménagés et éventuellement disposer de portes permettant le largage en vol du matériel ou le parachutage du personnel. L'hélicoptère est particulièrement adapté à cette mission en terrain difficile. Il permet aussi la récupération de troupes précédemment déposées. École et entraînement - Patrouille acrobatique. La mission d'école de pilotage de base peut être assurée avec le même type d'appareil que pour l'aviation civile. Ses caractéristiques doivent permettre au moniteur de rattraper les erreurs de pilotage, en particulier permettre de sortir d'une vrille ou d'un décrochage, qu'ils soient volontaires ou accidentels. La transition vers les appareils monoplace du type chasseur ou intercepteur nécessite des avions biplaces avec des performances aussi approchantes que possible. On a alors recours soit à des avions spécialement développés pour cette mission, soit à des versions biplaces de l'avion « réel ». Les patrouilles acrobatiques sont des formations destinées à sensibiliser le public aux métiers et au rôle des forces armées. Elles participent aux cérémonies nationales et à des actions de promotion. Les avions utilisés sont souvent des avions d'entraînement. Spécificités des avions multi-missions. Le coût de développement des avions de haute performances étant très élevé et lorsque le nombre d'appareils à produire est relativement faible les constructeurs proposent des avions multi-missions. Ces avions sont équipés de pods et de rails d'armement interchangeables. En fonction de la mission l'avion emportera des réservoirs supplémentaires, des pods contenant des équipements électroniques ou optiques variés, des bombes ou des missiles divers. Spécificités des avions embarqués. Les avions embarqués à bord des porte-avions sont équipés d'une crosse d'appontage et d'ailes repliables. Spécificités des hélicoptères. Le domaine de vol des hélicoptères, plus restreint que celui des avions, les rend plus adaptables à l'exécution de missions multiples. Ils sont aussi capables de se poser sur des navires et donc d'assurer des missions de liaison, de détection ou d'attaque à leur profit. Institutions et organisations. L'aéronautique permettant le déplacement aérien et transfrontière de biens et personnes a très vite généré des entités chargées d'organiser cette activité sur le plan international afin de promouvoir des standards et des normes aussi bien au niveau des appareils qu'au niveau des équipages. L'activité aéronautique est aussi une composante de l'économie d'un pays et de nombreuses écoles ont pour but de former les cadres des usines de construction aéronautique, de l'industrie du transport aérien ou du contrôle de la navigation aérienne. Enfin, l'intérêt du grand public pour l'aéronautique a entraîné la création de nombreux musées qui lui sont dédiés ainsi que des salons et démonstrations aériennes. Plus récemment, bien que - comme le transport maritime - non incluse dans le protocole de Kyoto, la contribution du transport aérien aux modifications climatiques soit devenue un sujet de préoccupation international, en raison des émissions significatives de ces secteurs et en raison de leur forte croissance. Technologie. L'aérodynamique est une des applications de la mécanique des fluides. Les équations permettent de modéliser et d'expliquer pourquoi un aérodyne peut se sustenter et se déplacer dans l'atmosphère. La catégorie inclut aussi une présentation des différents éléments d'un aéronef qui permettent l'application pratique des théories de l'aérodynamique : ailes, empennage, volets, hélice et rotors, etc. Les deux aéronefs les plus couramment utilisés sont, aujourd'hui, l'avion et l'hélicoptère. La catégorie présente les concepts de "plus légers que l'air" et de "plus lourds que l'air" qui ont marqué l'histoire de l'aéronautique. Tous les aéronefs d'aujourd'hui sont propulsés soit par des moteurs à pistons (aviation légère), soit par des turbopropulseurs et turbine à gaz (petits avions de transport, hélicoptères), soit par des turboréacteurs (gros avions de transport, aviation militaire). La catégorie présente ces moyens et d'autres moins courants. Le déplacement d'un aéronef dans l'atmosphère fait appel à deux familles de technologies : celle permettant le pilotage, c'est-à-dire le contrôle de l'attitude de l'aéronef et, celle permettant le déplacement par rapport au sol, c'est-à-dire la navigation. Cette dernière catégorie n'est pas spécifique à l'aéronautique, nombre de technologies sont héritées de la navigation maritime complétées par les technologies les plus récentes, telle que la navigation par satellites (GPS), sont utilisées sur tous les types de mobiles. L'ensemble des technologies permettant à un aéronef de voler est regroupé dans la catégorie . L'activité aéronautique est dépendante d'autres technologies telles que la connaissance de l'atmosphère terrestre et la météorologie et son anticipation. Industrie. Les entreprises du secteur aéronautique incluent : Personnalités. La Catégorie rassemble les concepteurs, ingénieurs et techniciens, d'une part, et les pilotes ou membres d'équipage, d'autre part, qui ont marqué l'histoire de l'aéronautique.
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Art nouveau LArt nouveau (appelé très rarement ) est un mouvement artistique de la fin du qui s'appuie sur l'esthétique des lignes courbes. Né en réaction contre les dérives de l’industrialisation à outrance et la reproduction sclérosante des anciens styles, c'est un mouvement soudain et rapide, qui connaît un développement international : Tiffany (d'après Louis Comfort Tiffany aux États-Unis), Jugendstil ou Art nouveau (en Allemagne), Sezessionstil (en Autriche), Art nouveau ou Nieuwe Kunst (aux Pays-Bas), Art nouveau ou Stile Liberty (en Italie), Art nouveau ou Modernismo (en Espagne), style sapin (en Suisse), Modern (en Russie). Le terme français « Art nouveau » s’est imposé notamment dans le monde anglo-saxon et hispanique, en même temps que l’anglomanie en France a utilisé brièvement le terme "" au début du . S'il comporte des nuances selon les pays, ses critères sont communs : l'Art nouveau se caractérise par l'inventivité, la présence de rythmes, couleurs, ornementations inspirés des arbres, des fleurs, des insectes, des animaux, et qui introduisent du sensible dans le décor quotidien. C'est aussi un art total en ce sens qu'il occupe tout l'espace disponible pour mettre en place un univers personnel considéré comme favorable à l’épanouissement de l'homme moderne à l'aube du . En France, l'Art nouveau était appelé avec humour « style nouille » par ses détracteurs comme par l'homme de la rue, en raison de ses formes caractéristiques en arabesques, ou encore « style Guimard », à cause des bouches de métro parisiennes réalisées en 1900 par Hector Guimard. Apparu au début des années 1890, on peut considérer que le mouvement Art nouveau atteint son apogée à partir de 1905. Avant la Première Guerre mondiale, ce mouvement évolua vers un style plus géométrique, caractéristique du mouvement artistique qui prendra la relève : l'Art déco (1910-1940). Long cheminement pour se libérer du classicisme. Au , presque toutes les formes d'art s'inspirent du passé. L'imitation du gréco-romain cohabite avec celle des styles nationaux. Cependant, certains artistes ont espéré que le trouverait enfin un style qui lui soit propre. L'apparition d'un art nouveau s'explique notamment par le rejet de la prédominance des formes inspirées du passé. La source est très ancienne et la thématique de l'Art nouveau se trouve déjà dans les textes des théoriciens révolutionnaires. Ainsi, Claude Nicolas Ledoux est l'un des premiers à poser cette question d’un art qui ne soit pas l’imitation de quelque chose, mais qui aille plus loin en créant quelque chose de totalement original pour une civilisation nouvelle. On l'aperçoit aussi dans les formes les plus inattendues comme avec le retour à l’historicisme qui n'est autre qu'un moyen d’évasion. En étant l’un des premiers à dessiner une multitude de coquillages, fleurs, méduses, radiolaires, foraminifères, diatomées, etc., dans un but scientifique, Ernst Haeckel peut être considéré comme un autre précurseur de l’Art nouveau. Son travail a inspiré les grands lustres en forme de méduse de Constant Roux, pour le musée océanographique de Monaco. Les acteurs de l’Art nouveau feront souvent référence à cette réalisation, tant ce fut un choc pour eux, même si pour Haeckel il ne s'agissait que de copies du réel. De même, la porte monumentale de l'architecte français René Binet, à l'Exposition universelle de 1900, s'inspire du travail de Haeckel. Plusieurs sources nomment Viollet le Duc comme précurseur de l'Art Nouveau. En effet il combattait le classicisme antique qui monopolisait l’enseignement des Beaux-Arts à Paris. À l’instar de l’art gothique qu’il étudiait pendant ses restaurations, il milite pour que "la logique de la nature soit le modèle à suivre" en architecture et souhaitait l’unité des arts et l’abolition de la distinction entre art « pur » (ou architecture) et art « décoratif » De 1863 à 1872, Viollet-le-Duc écrit les « Entretiens sur l’architecture» un résumé de ses théories qu’il avait voulu enseigner aux Beaux-Arts de Paris. Ce livre, "considéré comme fondateurs de l'architecture moderne, sera presque une bible pour des architectes tels que Horta, Guimard, Gaudi". Les milliers de dessins, notamment naturalistes, des ouvrages de Viollet-le-Duc seront aussi une source d’inspiration pour la future génération de jeunes architectes partout en Europe : « "Nous avons tous copié les modèles de Viollet-le-Duc, même si neuf acheteurs sur dix de ses livres ne lisaient pas le français »". Aujourd'hui beaucoup considèrent que Viollet-le-Duc est celui qui "donne naissance à l'Art Nouveau." Précurseurs. Royaume-Uni. Les prémices de cet art sont perceptibles dans la dimension onirique de l'œuvre des peintres préromantiques. Le style d'Augustus Pugin (Angleterre, 1812-1852), classé parmi les artistes de style néogothique, préfigure l’extraordinaire saturation décorative de l’Art nouveau, la liberté des formes, la puissance de la couleur, la lutte entre architecture et décor, qui est l’un des grands combats artistiques de la seconde moitié du . Par ailleurs, le préraphaélisme s'éveille dès 1850 aux courbes et aux couleurs, inspirées des maîtres italiens du ou de la Renaissance florentine (Botticelli) en réaction à la révolution industrielle. Les fondements théoriques du mouvement Arts & Crafts, ainsi que les thèses de William Morris, de John Ruskin (lequel influence Arthur Heygate Mackmurdo) ou de Charles Rennie Mackintosh, architecte du nouveau bâtiment de la Glasgow School of Art de 1897 à 1909, définissent un nouvel art décoratif au Royaume-Uni. Ils se prononcent contre les et de qu'elle entraîne, ils prônent un retour à l'esprit des guildes médiévales, à l'étude du motif naturel, à l'emploi de formes épurées : la régénération de la société ne se fera que par la vérité des formes qui l'entourent et dont elle use. Dans la foulée se développe un courant assez proche appelé esthétisme et qui marquera des artistes comme Oscar Wilde, Edward Burne-Jones à partir de 1874 ou Aubrey Beardsley en 1893. Mais l'héritage Arts and Crafts sera renié par la génération des artistes avant-gardistes qui prônent un art intégré à l'industrie. Dans le mouvement Arts and Crafts, l’influence de Ruskin est supplantée dès les années 1860 et 1870 par celui de Viollet-le-Duc. Si l'architecte Arts and Crafts Eastlake admire son professeur, il est explicitement plus enthousiaste à l'égard de Viollet-le-Duc. Espagne. En Espagne, et plus précisément en Catalogne, le mouvement porte le nom de modernisme catalan à la suite de l'exposition universelle de 1888 de Barcelone. Il se construit durant les années 1870 à la conjonction de plusieurs facteurs tels que la rénovation artistique, la recherche de nouvelles expressions formelles et la volonté de se situer dans une modernité d’envergure européenne. Selon les mots de l’écrivain Joan Fuster, il a vocation à transformer . Les prémices de l'Art nouveau se retrouvent dès 1871 dans les cours de la nouvelle École provinciale d'architecture de Barcelone, alors dirigée par Elies Rogent i Amat (1821-1897) . "Admirateur et exégète des théories de Viollet-le-Duc, il obligera ses élèves à le lire" : Gaudi, Lluis Montaner et Puig i Cadafalch... futures figures emblématiques du modernisme catalan. "Pour Gaudi lui-même, l’œuvre de Viollet-le-Duc a été presque l’unique instrument de la théorie de l’architecture…c’était sa bible architectonique.". On considère généralement qu'en Catalogne, l'Art nouveau commence en 1888, lors de la première exposition universelle de Barcelone, à l'occasion de laquelle un grand nombre d'édifices modernistes furent construits. De cet évènement subsistent l'arc de Triomphe de Barcelone et le Château des trois dragons. "Les architectes Modernistes Catalans conservent une fidélité extraordinaire à Viollet-le-Duc.". Ce mouvement présente des similitudes conceptuelles et stylistiques avec diverses variantes de l’Art nouveau qui se développent en Europe à la même époque. Il se singularise toutefois par trois aspects : son développement dans la continuité de la renaissance catalane (1833-1880) ; le pressant besoin d’évolution et de rénovation politique et sociale revendiqué à son apparition, et, dans un moment d'accroissement de la plupart des villes de Catalogne à un rythme effréné inconnu depuis la Renaissance : Girone, Tarragone, Reus, Sabadell, Terrassa, Mataro et surtout Barcelone avec son plan Cerdà (lancé en 1859), qui offrait de terrains nus à l'imagination des architectes. En outre, et contrairement à d'autres pays d'Europe, l'art nouveau espagnol cherchait à créer un art national là où d'autres pays cherchaient à dépasser leurs frontières. Dès 1886 Antoni Gaudí est le principal représentant des nouvelles tendances de ce mouvement, avec notamment le Palais Güell (1886-1890) orné de ferronneries et pinacles ouvragés, qui succède à sa période orientalisante initiée en 1883 (El Capricho, Casa Vicens) et précède le Collège Sainte-Thérèse de Barcelone (1888-1889) aux accents déjà modernes, puis le plein épanouissement de sa période naturaliste à la fin du siècle. Belgique et France. En France, le propos se veut plus rationnel, moins tourné vers le passé et moins fermé aux matériaux nouveaux. Dans ses écrits théoriques, marqués par le rationalisme ("Entretiens sur l'architecture", 1863), Eugène Viollet-le-Duc ne rejette pas le matériau moderne (le fer notamment), et veut au contraire lui donner une fonction ornementale et esthétique, à la manière des structures gothiques du Moyen Âge. Paradoxalement connu comme le chef de file français du mouvement néogothique, l'enseignement de Viollet-le-Duc qui préfigure le mieux l’Art nouveau en France, notamment le mouvement «l’Art dans Tous» vers 1896 qui incluait Henri Sauvage qui avait été «nourri aux écrits de Viollet-le-Duc». En ce qui concerne Hector Guimard, il était et il utilisera directement des dessins de Viollet-le-Duc pour certains de ses œuvres comme ses édicules du métro de Paris ou l'École du Sacré Cœur à Paris. Par ailleurs, certaines des œuvres décoratives de Viollet-le-Duc, comme ses fresques à Notre-Dame de Paris ou celles du château de Roquetaillade, sont de parfaits exemples du lien de filiation entre le mouvement néogothique et l'Art nouveau. Avant de se répandre en France, les principes formels d'une architecture spécifiquement dénommée « Art nouveau » sont définis à Bruxelles à partir de 1892 avec Victor Horta, Henry Van de Velde et Paul Hankar, tous trois disciples de Viollet-le-Duc : L'influence considérable de Viollet-le-Duc s'étend aux architectures les plus divergentes telles que celles d'un Henry van de Velde… Ses écrits s'avèrent très marqués des idées du maître français. À Bruxelles, il existe un milieu d'avant-garde à la recherche de nouveauté capable de faire pièce à l'historicisme triomphant. Un ensemble de mécènes et d'artistes connu sous le nom de "Groupe des XX" qui organise à partir de 1884 des expositions regroupant des artistes refusés par les salons officiels. Ce groupe est peut-être le premier à intégrer au sein d'une exposition de peinture et de sculpture des objets d'art décoratif. Ce mouvement est très influencé par des penseurs et artistes anglais, tels que William Morris, James Abbott McNeill Whistler ou Aubrey Beardsley ainsi que par l'art japonais. Il poursuit la même activité après 1894 sous le nom de "La Libre Esthétique". Évolutions du mouvement. Le mouvement identifié en tant que tel est divisé en trois périodes, notamment par Paul Greenhalgh, historien de l'art britannique : une période d'apparition au grand public, très courte, entre 1893 et 1895 ; une période où le mouvement s'étend rapidement et prend place dans tous les milieux culturels, entre 1895 et 1900 et, enfin, un moment où le mouvement se stabilise, commence à faire des bilans sur lui-même et essuie de sévères critiques, avant de s'effacer durant la Première Guerre mondiale. Débuts de l'Art nouveau (1890-1895). Le mouvement en tant que tel naît et se développe dans toute l'Europe entre 1890 et 1895 avec une très grande rapidité. Il est ainsi très délicat d'identifier des initiateurs précis. Le fait que de très nombreuses disciplines s'emparent de ce nouveau catalogue de formes donne très rapidement l'impression aux contemporains qu'ils assistent à l'émergence d'un mouvement artistique à part entière englobant tous les aspects de la vie. Paul Greenhalgh identifie la phase initiale du mouvement entre 1893 et 1895, autour de quatre évènements se déroulant surtout dans de grandes capitales, Londres, Bruxelles et Paris. L'évènement initiateur est la publication dans le de la revue "The Studio" des dessins d'Aubrey Beardsley en 1893. Ce jeune illustrateur présente pour la première un style de dessin qui sera caractéristique de l'Art nouveau, et il devient instantanément le centre d'intérêt des avant-garde des deux côtés de l'Atlantique. La même année, à Bruxelles, Victor Horta achève l'hôtel particulier d'Émile Tassel, première réalisation architecturale Art nouveau aboutie. Horta exploite le premier la ligne courbe, symbole entre tous de ce mouvement. La fluidité des espaces fait écho aux courbes végétales qui investissent ferronneries, mosaïques, fresques et vitraux, éléments tant structures qu'ornements, dans la plus parfaite ligne d'Eugène Viollet-le-Duc. Horta conçoit un édifice inédit avec des meubles qui correspondent au rythme des murs et de l’architecture ; il dessine les motifs des tapis, conçoit les meubles : c'est la naissance d'un « art total ». L'année suivante, toujours dans la capitale belge, Henry Van de Velde publie un pamphlet "Le Déblaiement d'Art" qui prend du recul sur les évolutions artistiques contemporaines et fustige avec fougue le monde de l'art institutionnalisé. Cette réflexion est la première intellectualisation de deux idées fortes de l'Art nouveau : la valeur des arts décoratifs aux côtés des arts dits nobles et l'importance de l'harmonie générale dans tout travail de décoration. Le dernier évènement, qui clôt la phase initiale du mouvement, est l'ouverture à Paris en 1895 du magasin et centre d'exposition la Maison de l'Art nouveau par Siegfried Bing qui popularise le style dans la capitale et le fait connaître au grand public. À la fin du , les échanges artistiques s’étant intensifiés, le mouvement se diffuse rapidement. Des albums et revues d’art et d’architecture sont abondamment illustrées et propagent les idées nouvelles, comme "L'Estampe originale" (1888-1895), "The Studio" (1893), "Jugend" (1896), "Art et décoration" (1897), etc. Le développement des moyens de communication permet aux architectes de voyager ; ainsi des connexions s'établissent entre Bruxelles et Paris : Hector Guimard sera très influencé au cours d’un voyage qu’il a fait en 1895 pour voir les architectures de Victor Horta, ce qui l’amènera à intégrer certaines de ses formes dans sa propre architecture. De même, des liens très étroits se tissent entre Vienne et Glasgow, et un architecte comme Otto Wagner recevra la visite de Charles Rennie Mackintosh. Dénomination. L'expression « Art nouveau » est employée pour la première fois par Edmond Picard, en 1894, dans la revue belge "L'Art moderne", dans la lignée de "La Jeune Belgique", pour qualifier la production artistique d'Henry van de Velde. Cependant, le nom a été inventé par Van de Velde avec Victor Horta, Paul Hankar et Gustave Serrurier-Bovy. Elle passe en France, lorsque, le , elle devient l'enseigne de la galerie d'art de Siegfried Bing, sise 22, rue de Provence à Paris, sous le nom "maison de l'Art nouveau". En France, on utilise concurremment le terme "Modern Style" pour faire référence au rôle initiateur joué par l'Angleterre ou "style Nouille", dénomination populaire. Avec "Art nouveau", il existe les expressions "style Guimard", "style de Glasgow". Les personnes critiques envers ce courant artistique emploient volontiers les termes "style métro", "style Maxim's", "style ténia" ou "Yachting style", comme le nomme Edmond de Goncourt en comparant les présentations de Bing à l'Exposition universelle de 1900 à des cabines de bateau. En Angleterre, ce mouvement est également connu sous le terme de "Arts and Crafts movements", même si les personnes qui emploient cette expression l'utilisent pour désigner un mouvement plus large. En Allemagne, on emploie soit "Studio-stil" en référence à la revue "The Studio" qui a popularisé le mouvement soit "Jugendstil", du nom d'une autre revue défendant l'Art nouveau "Jugend". Les Allemands emploient également les termes "Belgischestil" ou "Veldeschstil" en référence à la Belgique ou à Henry Van de Velde. Apparaissent également outre-Rhin les expressions "Lilienstil" (style lys) ou "Wellenstil" (style vague). En Italie, en Espagne ou en Amérique latine, le terme de "style Liberty" est employé en référence aux magasins du même nom qui importent des produits de ce mouvement. Déploiements (1895-1900). La phase d'extension et de maturité du mouvement se situe entre 1895 et 1900. Ce style se répand dans toute l'Europe, chaque ville ou pays adaptant le mouvement artistique à ses propres caractéristiques et considérations locales. La Maison de l'Art nouveau de Bing est une des vitrines sur cette période de l'étendue de ce que propose le mouvement. Il expose ainsi des vitraux de Tiffany, des réalisations de Van de Velde, de Beardsley, Lalique, Colonna, Gaillard ou De Feure. Lors de l'exposition universelle de 1900 à Paris, le vitrail des apôtres de Józef Mehoffer a été récompensé par une médaille d'or. L'Art nouveau était ainsi arrivé dans l'art sacré. Ruptures et déclin (1900-1920). Entre 1900 et 1914, l'Art nouveau s'est imposé et il commence à faire l'objet de débats, de discussion, de critiques. Dès 1900, de nombreux critiques d'art s'attaquent à ce mouvement. Ils reprochent notamment de laisser obstinément de côté l'un des principes des arts décoratifs qui veut que l'ornementation d'un objet doit être subordonné à sa fonction. Dès l'exposition universelle de 1900, Charles Genuys, critique à "La revue des arts décoratifs" soulève ce point entre autres. L’Art nouveau est également violemment attaqué par les mouvements nationalistes, à partir des années 1904-1905, où les associations d’extrême droite française condamnent notamment Hector Guimard. Ces mouvances n'hésitent pas à employer la même rhétorique que pour les juifs, accusant ces artistes d'être contre la nation et devant être éliminés. Par ailleurs, les créateurs authentiques sont vite rattrapés par le succès d'une mode dont ils sont les inspirateurs, et qui triomphe à partir de l'exposition universelle en 1900, notamment dans une bimbeloterie envahissante qui ternit pendant longtemps la mémoire de l'Art nouveau. À partir de 1910, les salons des arts décoratifs sont inondés d'objets quelconques, reprenant des styles anciens et ne laissant plus de place aux objets art nouveau, que le public délaisse. De fait, la production d'objets Art nouveau après la Première guerre mondiale se poursuit avec un certain succès de nombreuses années, mais ceux-ci sont la plupart du temps de simples copies n'intégrant pas de nouveautés. Le déclin de l'art nouveau se constate notamment par l'éloignement d'une partie de ses créateurs, lesquels se reportent vers d'autres styles (dès 1905-1906) qui, eux, se maintiennent en vie. Par ailleurs, comme les représentants les plus influents de ce courant sont dispersés dans toute l'Europe, ils n'ont pas pu élaborer de système formel, ni s'inscrire au sein d'une institution officielle qui aurait légitimé et porté le mouvement. Toutefois, cette vision est l'héritière d'une historiographie qui, pendant un temps très important, a peu étudié la fin de ce mouvement. La vulgate de l'histoire de l'art a longtemps considéré que les mouvements artistiques postérieurs ont rompu radicalement avec l'Art nouveau. Il ne faut toutefois pas omettre que de nombreux artistes pleinement membres du mouvement ont d'eux-mêmes et très progressivement fait évoluer leur pratique, et que les nouveaux artistes s'insèrent la plupart du temps volontairement dans la continuité des avant-gardes précédentes. Les treize vitraux de Mehoffer à Fribourg couvrent une période allant de 1896 à 1936. Ils ont une importance qui dépasse le simple intérêt local. Ils sont remarquables du fait que, entre autres, ils traduisent des tendances stylistiques qui vont de l'historicisme au réalisme, avec des signes du style moderne, en passant par l'Art nouveau. Le cycle fribourgeois se distingue également parce qu'il a influencé le développement de l'art du vitrail monumental qui - après avoir connu un regain d'intérêt dans la première moitié du - se trouvait encore au stade expérimental à l'époque de la création des vitraux de Józef Mehoffer. Devenir (depuis 1920). L'utilitarisme généré par la Grande Guerre puis la reconstruction dans les régions dévastées avait porté un coup fatal au goût "modern style", dès lors généralement déconsidéré. Ses détracteurs, qui n'avaient pas désarmé, l'avaient toujours tenu pour futile ; il était désormais suranné aux yeux du grand public. L'Art déco lui avait succédé, qui dans sa version colossale des années 1930 en était devenu la négation. Dès 1926, on commença même à en démonter les réalisations, à commencer par certaines stations de métro parisien : station Place de l'Étoile, station Pereire. Par nécessité et manque d'intérêt pour ce style, les démolitions s'accélérèrent après la Seconde Guerre mondiale jusqu'aux années 1970, lors desquelles une prise de conscience en Belgique comme en France permit finalement d'épargner les constructions survivantes, puis de les protéger et enfin de les restaurer. Caractéristiques de l'Art nouveau. L'Art nouveau est un mouvement artistique d'une extrême richesse, qui ne s'est pas déployé de la même manière selon les lieux, les moments et les techniques. Ce mouvement se reconnaît toutefois à un certain nombre de caractéristiques communes, même si tous les artistes n'ont pas exploité les mêmes thèmes ni intégré les mêmes influences. Thèmes. La grande variété inhérente au mouvement Art nouveau empêche d'isoler un nombre fini de thèmes explorés par les différents artistes mais certains d'entre eux sont fondamentaux : la femme, la nature, les lignes courbes et l'asymétrique. Femme. L'image de la femme est extrêmement présente au sein de la production artistique Art nouveau. Que ce soit en femme éthérée et mystérieuse, en femme symbole de la nature, en femme active et pleine de vie ou en femme fatale, matinée d'érotisme, ce thème est récurrent dans la grande majorité des tendances, des lieux et des mouvements internes. L'image de la femme fatale est déjà très présente dans la littérature fin-de-siècle. Ainsi, le nu féminin est traditionnellement limité aux scènes mythologiques et il est très codifié, expurgeant ainsi tout érotisme. De nombreux artistes Art nouveau s'en emparent et l'utilisent en n'hésitant pas à rompre avec l'image académique de la femme. Ils réinterprètent ainsi les Salomé, les sphinx féminins et autres mythes similaires. L'image de la femme est également importante dans le mouvement Art nouveau pour son aspect naturaliste. Un grand nombre d'artistes montrent les femmes actives, fortes et maîtresses de leur destin, là aussi à rebours des codes classiques des représentations réalistes de la femme. L'époque est celle de l'émergence des femmes de théâtre célèbres, de chanteuses à succès et de courtisanes. Les femmes artistes ont les faveurs des peintres et sculpteurs Art nouveau, qui voient dans ces femmes l'exemple des femmes fascinantes qu'ils se plaisent à imaginer et représenter. Nature. En tant qu'objet scientifique en plein essor, la nature représente à la fin du la modernité. Modèle de beauté parfaite, la nature est donc largement exploitée comme thème par le mouvement Art nouveau, mais en dépassant le naturalisme traditionnel. Si les artistes Art nouveau sont nombreux à sortir des ateliers pour aller voir la nature de plus près, ils s'emparent également largement de nombreuses publications scientifiques qui décrivent et représentent le plus précisément possible la faune et la flore pour non pas en reproduire l'image le plus fidèlement possible, mais pour en trouver une forme esthétique nouvelle. D'ailleurs, un certain nombre de créateurs Art nouveau ont fait des études scientifiques et publient dans des revues universitaires. Ainsi, cette idée de dépasser les représentations traditionnelles de la nature en exploitant avant tout les formes proposées par la faune et la flore apparaît très tôt via le mouvement "Arts and crafts" et est théorisée par plusieurs figures du mouvement tels Owen Jones ou van de Velde. Les artistes s'emparèrent largement de l'ouvrage de Ernst Haeckel "Formes artistiques de la nature" qui, publié entre 1899 et 1904, est pour eux comme un immense répertoire de formes. Josef Maria Olbrich déclare ainsi : . L'exploitation de la nature est pour nombre des premiers artistes Art nouveau également un rejet des thèmes traditionnels historicistes de l'art (scènes de guerre, portraits d'hommes célèbres, scènes religieuses, de la mythologie grecque ou romaine), tout autant que de leur forme. Influences. Malgré la volonté affichée de rompre avec le passé, les artistes de ce mouvement ne rejettent pas entièrement les héritages du passé. En revanche, ils les mélangent avec d'autres influences, absentes des styles qui les ont précédés. Par exemple, l'Art nouveau viennois procède parfois à un emprunt au classicisme en réintégrant la mythologie dans ses œuvres. Ou encore la Casa Milà en Espagne, qui mélange à la fois archaïsme (baroque) et modernisme, dont l'inspiration est puisée dans la nature et le style byzantin. Naturalisme. Inspirés par les planches des encyclopédies et ouvrages illustrés médicaux, d'anatomie, de zoologie, d'entomologie, ornithologie, de botanique ou par observation directe, notamment lors des études d'anatomie des écoles d'art, plusieurs artistes « nouille » ont intégré à leurs œuvres les éléments observés. Les efflorescences végétales très décoratives leur sont communes et on trouve chez Gaudi ou chez Guimard la présence de pièces en forme d'ossements (manifeste pour certains montants des stations du métro parisien). Modernisme. Ces artistes ont baigné dans un flot d'images imprimées qui touchaient pour la première fois toutes les couches sociales. Les illustrations des livres d'anticipation d'Albert Robida ou de Jules Verne ont introduit un nouvel imaginaire et la figuration de machines de science-fiction ou d'inventions récentes dans des décors dantesques ou exotiques se retrouve dans la création "modern style." Exotisme. Comme d'autres artistes inspirés par des civilisations lointaines et très différentes, les membres de l'Art nouveau ont été nombreux à être inspirés par l'art asiatique, japonais notamment, ou islamique. En cette fin de siècle, des images et des œuvres arrivent de ces contrées et surprennent les Européens, qui s'emparent des formes et thèmes utilisés. L'exposition universelle de Paris en 1867 les ayant révélées aux Français comme à d'autres Européens, les estampes japonaises envahirent les intérieurs bourgeois, et même rapidement bien des logis urbains modestes (japonisme). Mythes et folklores. Dans la veine de la redécouverte des anciennes civilisations européennes, de nombreux artistes Art nouveau s'emparent des motifs et formes des images qui leur parviennent. Cela concerne surtout les civilisations celtiques ou Vikings. Styles antérieurs. Même si les artistes tenant de l'Art nouveau critiquent les excès de l'historicisme duquel ils veulent s'extraire, cela ne signifie pas qu'ils rejettent indifféremment les formes des styles antérieurs. Ainsi, il se retrouve de nombreux exemples, mêlés de manière plus ou moins complexe à leur propre style, de réemploi de motifs gothiques, renaissance, classiques et même rococo dans leurs œuvres. Le rejet du classicisme formel, l'inspiration naturaliste et la rupture des lignes droites qui en est le corollaire au profit d'ornements contournés et une certaine (sur)abondance décorative, avaient conduit aux à l'évolution du gothique vers le flamboyant et au du classicisme vers le baroque puis le rococo en un mouvement comparable. En ce sens, l'art nouveau est "baroque". Symbolisme. L'art symboliste a une influence importante sur de nombreux artistes Art nouveau, surtout en France. C'est ainsi que de nombreux postimpressionnistes, pointillistes, synthétistes ou membres du groupe Nabi se retrouvent pleinement dans la mouvance Art nouveau. Nouvelle manière de s'exprimer. C'est à partir d'idées et d'idéaux communs que naquit l'aspiration à un style homogène qui trouverait son expression non pas dans l'uniformité, mais dans la diversité. L’Art nouveau contient l’acceptation des différences de genre et d’esprit entre les êtres, il procède d’une très grande générosité de pensée. Ainsi dans la même ville, Bruxelles, trois architectes de renom ont pu cohabiter : Paul Hankar, Henry van de Velde et Victor Horta. Plutôt que de s’enfermer dans un style, les artistes ont avant tout la volonté de trouver de nouvelles manières de s’exprimer. Art de la jeunesse. L’Art nouveau apparaît un peu partout au même moment. L'historien Mario Praz parlera de « déflagration », « d'explosion de la jeunesse ». Ce courant est le fait d'une génération d'artistes, souvent jeunes (Hector Guimard a moins de trente ans lorsqu'il dessine le métro parisien), et qui sortent de leur tour d'ivoire pour prendre en main le décor de la vie. L'objectif est de rompre avec l'exploitation des styles du passé, afin de proposer une alternative à un historicisme officiel qui empêche le renouveau des formes. Le terme allemand "Jugendstil" signifie explicitement « style de la jeunesse ». L’Art nouveau vient en réaction à l’obligation de faire ce qui est convenable, codifié. Ainsi, la lecture de la baronne Staffe, qui a écrit un traité des bonnes mœurs pour faire l’éducation des classes moyennes, permet de mieux comprendre la société de 1900 : tout y apparaît codifié, de la longueur du voile de deuil à la carte de visite en passant par le type de chapeau… Ces règles seront insupportables aux artistes de la mouvance Art nouveau, tout comme celui-ci paraîtra insupportable, en tant qu'art non convenu, dans lequel il est impossible de se repérer par rapport aux styles et aux conventions de l’époque. Dans l’Art nouveau, il y a liberté de jouer, de s’amuser, d’être non conventionnel : c'est un art sonore, joyeux, musical, ce n’est pas un art du silence, de l’austère. Plus encore, la sensualité et l’érotisme de l’Art nouveau font scandale. S'il porte une charge érotique manifeste, la sensualité des formes végétales comme la sur-utilisation de l’image de la femme dans le répertoire ornemental sont intimement liés à ce sentiment de vie que les artistes cherchent à restituer dans le décor quotidien. Art dans la vie. Réaliser l'unité de l'art et de la vie, tel était l'objectif déclaré de l'Art nouveau, qui estime qu’il faut un cadre de vie qui correspond aux exigences de l’homme moderne du début du . Un autre objectif est de réagir contre une dérive liée à l’industrialisation à outrance et dépourvue de toute capacité d’invention. Prendre la nature comme référence, c’est alors réagir contre le rationalisme du début de l’ère industrielle, sa froide efficacité et sa morale puritaine. Les motifs habituellement représentés sont des fleurs, des plantes, des arbres, des insectes ou des animaux, ce qui permettait non seulement de faire entrer le beau dans les habitations, mais aussi de faire prendre conscience de l'esthétique dans la nature. Si la référence à la nature est une constante, la façon dont ces artistes vont aborder les modèles naturels varie. Émile Gallé est un artiste naturaliste qui s'inspire de la nature en la stylisant très peu, il utilise ses formes dans les décors et dans les dessins de ses meubles. D’autres artistes vont plus loin et restituent dans les formes qu’ils inventent le sentiment de la sève qui circule dans le monde végétal. Naissent ainsi des formes qui suggèrent plus un organisme en croissance qu’un modèle précis. C'est par exemple le cas de Guimard, de Gaudí et de certains artistes allemands, comme August Endell, qui partent de la nature pour évoluer vers un phénomène d’abstraction. Les artistes vont créer des formes originales, inédites, inventer un vocabulaire nouveau tout en tenant compte de la possibilité de les reproduire industriellement. C'est une réaction à la fois contre une industrialisation mal pensée, tout en intégrant cette volonté de modernité. Avec l'utilisation des matériaux nouveaux et des moyens de production modernes, l'un des buts poursuivis, pour lequel il a échoué, était de s’adresser au plus grand nombre. C'est dans cette optique que les anciens matériaux, comme le bois ou la pierre, ont été élégamment mariés avec les nouveaux, comme l'acier ou le verre. Pour chacun d'eux, des artistes ont poussé leurs recherches à l'extrême pour en tirer le meilleur parti. C'est ainsi que les pâtes de verre multicouches, les rampes d'escalier à entrelacs de ferronneries, les meubles aux ondulations de bois ont permis de mettre l'art à disposition de tous, pour un coût abordable, tout en gardant une volonté d'innovation formelle, inspirée de la nature. Cet art est tout de même lié à de nombreux mécènes et se propage dans un premier temps dans un milieu élitiste bourgeois. Les clients sont nombreux pour les vases Gallé, dans les milieux mondains parisiens, entre 1896 et 1899. Mais, très vite, le succès populaire notamment dans le domaine de l’affiche, en fait quelque chose qui manque de classe et l’Art nouveau sera assez vite assimilé à l’émergence des classes moyennes. Très vite dévalué, puis mis en cause par les nationalistes, il devient totalement inexistant dans les milieux supérieurs en quelques années. Au contraire, dans les classes moyennes françaises, l’Art nouveau a une très longue durée, et se prolonge jusque dans les années 1920, comme en témoigne l’Exposition des Arts Décoratifs de 1925, où son influence est encore sensible. Art dans la ville. Si le qui se profile se rêve nouveau et moderne, on se rend aussi compte que cette modernité risque de couper l'homme de la nature. Tout se passe comme si celle-ci risquait de s'échapper et que les artistes devaient essayer de la réintroduire le plus naturellement possible dans le cadre de vie. L’Art nouveau est un art essentiellement urbain, citadin qui trouve un écho dans des villes comme Barcelone, Glasgow, Vienne, Paris ou Bruxelles. En France, l'Art nouveau se décline en deux écoles : Paris et Nancy. À Paris, Samuel Bing, marchand d'art, ouvre en 1895 une galerie : la Maison de l'Art nouveau. Précurseur français du mouvement, qui sera baptisé, comme son magasin, l'Art nouveau, Bing expose des designers, tels Van de Velde, Colonna ou de Feure. À la même époque, la construction d'un immeuble, le Castel Béranger, rend célèbre, malgré les critiques, son architecte Hector Guimard ; le « style Guimard » est aujourd'hui indissociable des entrées du métro parisien, réalisées en fonte industrielle. À Nancy, c'est autour d'Émile Gallé, verrier et ébéniste, qu'est créée en 1901 l'École de Nancy. Par ce courant résolument novateur, Nancy s'affirme comme la capitale de l'Art nouveau en France. Des verriers, ébénistes, architectes ou ferronniers de renom en étaient membres. À titre d'illustration, un immeuble aujourd'hui monument historique, sis au 22, rue de la Commanderie, à Nancy, est le fruit de la collaboration entre l'ébéniste et ferronnier d'art Eugène Vallin, le verrier Jacques Gruber et l'architecte Georges Biet. Parmi les architectes nancéiens, citons encore Émile André, membre du comité directeur de l'école de Nancy avec, à son actif, une douzaine d'immeubles Art nouveau dans cette ville. De même Reims, ville reconstruite après la Première Guerre mondiale, peut être considérée comme une ville de l’Art nouveau tardif. En Alsace-Moselle, on remarque la présence du Jugendstil (équivalent germanique de l'Art Nouveau) dans l'architecture, du fait de l'annexion allemande, notamment à Strasbourg et à Metz. S'il existe des maisons de campagne d'inspiration Art nouveau, elles sont souvent commanditées par les mêmes personnes qui font construire leur hôtel particulier, ou hôtel de rapport, en plein cœur de la ville. L'Art nouveau inspire bien sûr l'architecture de nombreux immeubles parisiens, mais surtout celle, parfois très soignée, de nombreuses villas anciennes en meulière, construites pour la plupart au début du , et que l'on peut découvrir en périphérie de Paris, notamment dans les villes de banlieue du Val-de-Marne, de l'Essonne et de la Seine-Saint-Denis. Celles-ci se caractérisent par leurs audaces en fer forgé, leurs décors de briques et de faïence, leurs pignons et parfois leurs petites tours. C'est dans ces banlieues que des architectes français expérimentent de nouveaux matériaux et de nouveaux styles inaugurant l'Art nouveau qui, par opposition à l'académisme, se veut total. En Catalogne, après l'Exposition universelle, l'Art nouveau est surtout un fait bourgeois. Il fleurit sur l'avenue du passeig de Gràcia, à Barcelone, et dans les principales artères de l'Eixample, à la faveur de concours d'architectures organisés par la ville. Il conquiert rapidement tous les domaines et devient un art officiel avec les commandes publiques de bâtiments de grandes dimensions (le palais de la musique catalane, l'hôpital de Sant Pau, le conservatoire de Barcelone) et pour l'aménagement urbain (des luminaires, places ou bancs). Pensé pour accueillir un quartier de la ville entièrement moderniste, le parc Güell resta cependant un des rares jardins publics Art nouveau, avec la fin de la vogue de cet art comme avant-garde, et le retrait des investisseurs. Propulsé par de riches industriels, l'Art nouveau devient rapidement — contre ses idéaux d'origine — un style industriel. L'usine textile Casaramora ou le cellier Güell sont des exemples de ce modernisme appliqué à l'industrie et aux exploitations agricoles. Cette architecture est également appliquée à l'art religieux (Sagrada Família, crypte de la Colonie Güell, cimetières), aux bâtiments scientifiques (observatoire Fabra), voire scolaires (école de la Sagrada Família, collège Sainte-Thérèse). Art total. S'il est relativement polymorphe, l'Art nouveau concerne avant tout l’architecture et les arts du décor. Les connexions entre le mouvement et les arts dits nobles tels la peinture ou la sculpture sont plus éloignés et si des influences croisées apparaissent de manière évidente, elles ne permettent pas de parler d'un style Art nouveau en peinture et pourtant des chapitres entiers sont consacrés à la sculpture Art nouveau dans des ouvrages de référence. Architecture. Une partie des origines des réalisations Art nouveau en architecture vient des théories de Viollet-le-Duc qui, très tôt, utilise des formes nouvelles pour dépasser les styles anciens et surtout postule (sans la tester) la possibilité d'ériger des structures portantes en acier pour la recouvrir de maçonnerie. Cette nouvelle technique permet de penser différemment la construction des bâtiments par la suppression des ouvrages de renforcement obligatoire dans l'architecture traditionnelle tels les plafonds voûtés et les arcs-boutants. Cette idée est reprise lors de la période Art nouveau par tous les grands architectes du mouvement, Louis Sullivan, Victor Horta, Francis Jourdain ou Auguste Perret. Le premier architecte véritablement Art nouveau est Victor Horta. Il emprunte résolument la voie de l'acier au sein de ses constructions ; mais, contrairement à la norme adoptée par ses contemporains qui les cachent, il décide de montrer les structures en acier, de les intégrer hardiment à l'ensemble décoratif du bâti. Ce parti-pris à rebours des habitudes fait sensation et devient une marque de fabrique, qu'il porte au plus haut point avec la Maison du Peuple commandée par le Parti ouvrier belge, achevée en 1899. Mais le programme de l'architecture Art nouveau est tout entier contenu dans la première construction de Horta, l'hôtel Tassel. Édifiée en 1892, cette construction surprend l'ensemble de la profession, car elle porte l'architecture bien au-delà des arts décoratifs pour toucher à un domaine bien plus large. L'hôtel Tassel a un retentissement important, bien au-delà des frontières belges. Ainsi à Paris de nombreux architectes sont conquis par cette nouveauté et s'en inspirent plus ou moins largement. Le personnage emblématique de l'architecture Art nouveau dans la capitale française est Hector Guimard qui adjoint les courbes caractéristiques du mouvement naissant à son propre style, déjà original. Toutefois, il est une exception car la plus grande partie des constructions Art nouveau parisiennes est l'œuvre de professionnels peu célèbres, surtout pour des magasins et restaurants tel Maxim's ou la bijouterie de Georges Fouquet. En France, la principale ville où ce style se développe est Nancy où il s'insère dans le développement local d'un puissant mouvement artistique et industriel. Le projet artistique de Victor Horta est très fréquemment utilisé de manière partielle, mêlé d'inspiration plus classique. Ainsi, Charles Plumet mélange des éléments Art nouveau à des bâtiments de style et Jules Aimé Lavirotte avec des immeubles somme toute classiques dans leur structure générale. Les architectes qui reprennent le plus intégralement possible les fondamentaux Art nouveau sont peu nombreux. On peut citer en France Xavier Schoellkopf avec la maison de la chanteuse Yvette Guilbert. L'Art nouveau en architecture est également le prétexte pour faire preuve d'une grande capacité d'invention, tout en dépassant les formes initiales. Ainsi, la villa Jika de Louis Majorelle édifiée par Henri Sauvage à Nancy est construite dans un mélange d'architecture médiévale fantasmée et de formes typiquement Art nouveau. Quelques œuvres architecturales majeures. L'Art nouveau a été décliné selon la sensibilité de chaque pays. L'Art nouveau a également laissé de nombreuses œuvres dans les villes de Nancy et Bruxelles qui furent des centres de développement de ce mouvement. Également, Rīga contient la plus grande concentration d'Art nouveau en Europe. Mobilier. La conception du meuble de l'Art nouveau fait revivre l'artisanat : il est le style du concepteur individuel, remettant en son centre le travail de l'artiste et éloignant celui de la machine. L'innovation majeure dans le domaine de la décoration intérieure se situe dans la recherche d’unité. Toutefois, le style n’échappe pas à certains parallèles avec la tradition, en particulier gothique, rococo et baroque ; le gothique servit ainsi de modèle théorique, le rococo d’exemple dans l’application de l’asymétrie, et le baroque de source d’inspiration en matière de conception plastique des formes. De son côté, l’art coloré du Japon, par son traitement hautement linéaire des volumes, contribua également massivement à l’émancipation de l’Art nouveau de l’asservissement à la symétrie des ordres grecs. Le bois prenait des formes étranges et le métal, à l’imitation des entrelacements fluides de la nature, devint tortueux. En effet, le style est très largement basé sur l’observation de la nature, non seulement en ce qui concerne l’ornement, mais aussi d’un point de vue structurel. Des lignes vitales, sensuelles et ondoyantes, irriguent la structure et en prennent possession. Chaises et tables semblent modelées dans une matière à la mollesse caractéristique. Partout où cela est possible, la ligne droite est bannie et les divisions structurelles sont cachées au bénéfice de la ligne continue et du mouvement. Les plus belles réussites de l’Art nouveau, au rythme linéaire marqué, relèvent d’une harmonie qui les rapproche de l’ébénisterie du . C’est à Nancy que les affinités entre rococo et Art nouveau apparaissent de la manière la plus convaincante. Moins fascinant, mais faisant partie des personnalités artistiques les plus en vue de l’époque, Louis Majorelle (1859-1926) est le deuxième chef de file du courant Art nouveau à Nancy. Les travaux d’incrustation de Gallé étaient le point fort, en variant beaucoup les motifs, en allant du végétal aux inscriptions littéraires à contenu symbolique. Typique pour la production de ce maître est la transformation d’éléments structurels en tiges ou en branches se terminant en fleurs. Contrastant avec l’école de Nancy, l’Art nouveau parisien est plus léger, plus raffiné et austère. Les motifs d’inspiration naturelle présentent un degré de stylisation plus grand, parfois même une certaine abstraction, et apparaissent de manière marginale. Arts graphiques. Des couvertures de livres aux illustrations de revues, des affiches publicitaires aux panneaux décoratifs, de la typographie de presse aux cartes postales, l’Art nouveau a laissé sa trace. Dans le cadre du renouveau de l'estampe dans les années 1880, soutenu notamment par Auguste Lepère et sa revue "L'Estampe originale" (1888-1895) illustrée par Henri de Toulouse Lautrec ou Pierre Bonnard qui s'inspirent du japonisme, l'un des précurseurs du nouveau graphisme a été Jules Chéret. Fils d'un typographe, il suit des cours à la Petite École, future École nationale des arts décoratifs, et développe une nouvelle technique plus économique pour la reproduction de la lithographie en couleurs et plus adaptée à la reproduction de masse de l'affiche publicitaire. En outre, il a amélioré la nature esthétique du manifeste, en lui fournissant des motifs décoratifs, le transformant en un art décoratif de forme autonome. Il a été appelé « le père de l'affiche Belle Époque », et a inspiré et encouragé d'autres artistes à explorer le genre. Des nombreux auteurs qui s’y adonnèrent, le plus influent étant sans conteste le Tchèque Alfons Mucha. Ses créations gagnèrent une renommée internationale, grâce à la délicatesse de ses dessins qui incluaient le plus souvent la figure féminine comme figure centrale, enveloppée par des arabesques d’éléments naturels et soulignée de lignes rappelant la mosaïque ou le vitrail. Son style, principalement utilisé dans les œuvres à caractère commercial, fut imité par les illustrateurs de son époque. Ce fut, par exemple, le cas de Gaspar Camps, surnommé le Mucha catalan. Aubrey Beardsley fut l'un des plus originaux artistes Art nouveau, malgré l’irrévérence érotique et la polémique issue des thèmes qu’il choisit d’illustrer en noir et blanc pour l'édition, la ligne tant sinueuse qu'anguleuse qui délimite des plages sombres sur un fond blanc, évoquant la gravure érotique japonaise Shunga. D’autres affichistes célèbres sont Privat Livemont, Koloman Moser, Charles Rennie Mackintosh, Eugène Grasset, Franz von Stuck, Cesare Saccaggi ou encore Ramon Casas qui est un artiste du modernisme catalan. En typographie, de nombreuses créations de caractères se font dans l’esprit de l’Art nouveau, avec, entre autres, Eugène Grasset, Ernest Lessieux et George Auriol (polices "Auriol", "Française légère") en France, Otto Weisert (police Arnold Böcklin, 1904) en Suisse… Peinture. . Ainsi, de nombreux éléments propres au mouvement Art nouveau sont expérimentés par des peintres avant-gardistes avant d'être repris par des artistes d'autres disciplines. Les caractéristiques les plus significatives communes à la peinture de l'époque et constitutives de l'Art nouveau sont : Il n'existe donc pas réellement d'école de peinture Art nouveau, mais le mouvement est si protéiforme, il touche tant à tous les aspects des représentations graphiques qu'il a une influence sur un grand nombre d'artistes et d'écoles, quelle que soit leur orientation finale. À la fin des années 1880, la recherche d'un dépassement de l'impressionnisme pousse de nombreux peintres a . Initiées par deux associations d'artistes novateurs, les Vingt de Bruxelles et la Société des artistes indépendants à Paris, les écoles de peinture européennes de la fin du siècle empruntent beaucoup au mouvement Art nouveau, que ce soit les symbolistes, les préraphaélites anglais, les expressionnistes allemands, les Nabis et les Fauves. Peintres notables. Henri Bellery-Desfontaines, Jules Chéret, Georges de Feure, Victor Prouvé et Théophile Alexandre Steinlen, tous artistes peintres qui se dédièrent tout autant à la peinture, à la lithographie et à l'affiche, refusèrent la séparation entre arts nobles et arts mineurs : la peinture devient un élément du décor. En Suisse, on peut aussi citer les noms d'André Evard et Charles L'Eplattenier. Bijouterie-joaillerie. L’art de la joaillerie a été revitalisé par l’Art nouveau, la principale source d’inspiration étant la nature. Cette rénovation fut complétée par la virtuosité atteinte dans le travail de l’émail et des nouveaux matériaux, tels que l’opale et autres gemmes. L’intérêt généralisé porté à l’art japonais et l’enthousiasme grandissant pour les différentes techniques de la transformation du métal, jouèrent un rôle considérable dans les nouvelles approches artistiques et les thèmes d’ornementation. Durant les deux siècles précédents, la joaillerie fine s’était centrée sur les pierres précieuses, particulièrement sur les diamants. La préoccupation du joaillier consistait principalement à former un cadre adapté, afin que la pierre resplendisse. Avec l’Art nouveau, un nouveau type de joaillerie voit le jour, motivé et dirigé par le concept du dessin artistique, ne donnant plus l’importance centrale du bijou à la pierre sertie. Les joailliers de Paris et Bruxelles furent les principaux instigateurs de ce revirement, donnant un nouveau souffle qui se traduira rapidement par une large renommée du style Art nouveau. Les critiques français contemporains étaient unanimes : l’art de la joaillerie traversait une transformation radicale, et le joaillier et maître verrier René Lalique se trouvait en son centre. Lalique glorifia la nature dans ses créations, amplifiant son répertoire pour y intégrer des éléments peu conventionnels — citons les libellules et herbes — inspirés par les dessins de l’art japonais. Les joailliers désiraient se démarquer tout en inscrivant ce nouveau style dans une tradition, puisant leur inspiration dans la Renaissance, pensons notamment aux bijoux en or émaillé et sculpté. On voit réapparaître à cette période des techniques anciennes remises au goût du jour, telle que la technique du plique-à-jour, qui permet d'obtenir des bijoux traités en cloisonné et émail translucide, semblable à du vitrail miniature. De très nombreux joailliers de la période en firent usage, comme René Lalique, Henri Vever ou encore Eugène Feuillâtre. Dans la majorité des créations émaillées, les pierres précieuses cédèrent leur place prédominante, les diamants étant relégués à un rôle subsidiaire en combinaison avec des matériaux moins habituels comme le verre modelé, l’ivoire et la corne. La perception du métier de joaillier évolue, considéré par ses créations comme artiste et non plus comme artisan. Verrerie. Dans le domaine de la verrerie, la France connaît une révolution artistique dès les années 1880. Cette évolution importante s'ouvre au grand public via l'exposition "La pierre, le bois, la terre et le verre" qui a lieu à Paris en 1884. Cette exposition présente les deux pionniers du mouvement, Eugène Rousseau, inspiré par le japonisme, et Eugène Michel. Cette nouvelle vague est immédiatement rejointe par celui qui deviendra le symbole de la verrerie Art nouveau : Émile Gallé. Émile Gallé révolutionne l'art de la verrerie durant ses vingt années d'activité, autant par l'immense inventivité des formes déployées que par le travail sur de nouvelles techniques et des combinaisons de techniques inédites. Il est connu ainsi pour ses « verreries parlantes », sur lesquelles il inscrit des vers. Son inspiration de prédilection est la nature, que ce soit via la botanique ou l'entomologie. Il bénéficie dès ses premières productions d'un immense succès critique et public. Rapidement, des imitateurs voient le jour et satisfont une demande croissante pour ce type d'objets décoratifs. Certains présentent de belles réussites artistiques, tels les frères Auguste et Antonin Daum, qui s'associent pour certaines réalisations avec Louis Majorelle, ou les frères Muller. De très nombreuses sociétés s'engagent donc dans l'Art nouveau, certaines avec une certaine originalité, les plus nombreuses en produisant des copies à moindre coût. Parmi les sociétés dignes d'intérêt sont Schverer & , H. A. Copillet & , Legras & ou les frères Pannier. Cette vague dure jusque dans les années 1930, s'éteignant donc bien après la mort de Gallé en 1904 et bien après la transformation de l'Art nouveau. Cet essor de la verrerie porte également le renouveau de la fabrication d'objets en pâte de verre, avec deux vagues d'artistes, les premiers entre les années 1890 et 1900 (Henry Cros, François-Émile Décorchemont ou Georges Depret) et les seconds durant les années 1910 et 1920 (Gabriel Argy-Rousseau, Jules-Paul Brateau, Albert-Louis Dammouse et Amalric Walter). À l'étranger, la verrerie Art nouveau se développe largement en Bohême. Une des entreprises majeures de ce mouvement est la verrerie . ; elle est également connue pour des verres iridescents aux incrustations d'or, proche de la production de Tiffany, ou l'application aux vases d'anses aux formes graciles et grimpantes. Outre la verrerie Loetz, les quelques autres sociétés à travailler ce style ne le font que de manière superficielle et pour une petite part de leur production : Ludwig Moser und sohn, ou la Glasfabrik Blumenbach. En Allemagne, le Jungendstil s'empare de la verrerie avec des motifs floraux chez Karl Köpping ou issus de la mythologie germanique dans la verrerie . En Scandinavie et en Russie, peu d'entreprises se lancent dans la fabrication d'objets de style art nouveau. En Suède, les entreprises Kosta et Orrefors, en Russie, la manufacture de verre de la cour tsariste, procèdent à quelques imitations Art nouveau, bien après les débuts du mouvement en Europe de l'Ouest. Les verriers du Royaume uni sont très peu réceptifs à la stylistique Art nouveau, préférant les motifs classiques ou mythologiques. Seules les sociétés Thomas Webb & Sons et Stevens & Williams, domiciliées à Stourbridge, osent itmidement quelques réalisations aux motifs floraux, tout en restant assez conventionnels. En Amérique du Nord, la production d'objets en verre est dominée par Tiffany. Celui-ci, tout en réalisant toujours des gammes d'objets conventionnels, se tourne vers des thèmes floraux proches de l'Art nouveau européen. La mise au point d'un procédé de fabrication industriel nouveau lui permit de développer un commerce à destination des classes moyennes, étant ainsi en phase avec l'une des aspirations des artistes Art nouveau. On peut citer également la société (à Corning) et Philip Julius Handel (dans le Connecticut). L'immense succès de Tiffany incite de nombreuses compagnies à l'imiter, et à poursuivre même lorsque le mouvement s'essouffle dans les années 1920 et 1930. Principales tendances. Autriche-Hongrie. Au sein de la monarchie Austro-hongroise, l'Art nouveau est dénommé mouvement sécessionnisme et est mené par Otto Wagner et ses élèves Olbricht et Hoffmann. La première période de ce mouvement, entre 1895 et 1904, voit apparaître des bâtiments colorés, plein de courbes, fantaisistes et même facétieux. Par la suite, ils évoluent vers des formes plus épurées et un retour à la tradition. L'exemple le plus significatif de cette école est la maison d'Adolphe Stoclet à Bruxelles, réalisé par Hoffmann entre 1904 et 1911, et qui à elle seule expose une grande partie du savoir-faire des artisans viennois. France. Si Nancy et Paris concentrent à elles deux la majorité de l'Art nouveau architectural en France, de nombreuses villes abritent plusieurs réalisations de cette époque et de ce style. Paris. À Paris, comme ailleurs en France, mais en plus foisonnant, l'Art nouveau se développe à la suite de deux mouvements majeurs de la société française : l'esprit fin de siècle, esthétisant et décadent et dont les initiateurs sont les poètes Rimbaud, Verlaine, Baudelaire ou Gautier et le triomphe du modèle social bourgeois sous l'Empire et surtout la Troisième République. L'Art nouveau spécifiquement parisien est défini par les réalisations d'Eugène Gaillard et Georges de Feure, qui mettent en avant au-delà d'autres motifs les arabesques élégantes et la féminité. Le mouvement artistique Art nouveau s'exprime dans la capitale dans tous les arts et se déploie pleinement dans tous les aspects de la vie quotidienne, architecture, orfèvrerie, ébénisterie et arts visuels. De nombreux artistes tel Hector Guimard ne se limitent pas à tel ou tel aspect mais explorent leurs idées au travers des réalisations très variées. Paris découvre l'Art nouveau essentiellement grâce aux efforts et au talent de dénicheur de Siegfried Bing. Celui-ci, mécène et revendeur passionné d'objets d'art ouvre en 1895 une galerie appelée Maison de l'Art nouveau qui fait connaître tout autant les productions d'un très grand nombre d'artistes du mouvement qu'il ne popularise le terme auprès du grand public. Bing investit également une forte somme pour aménager le pavillon de l'Exposition universelle, dont il confie la décoration de la façade à André Arfvidson, et qui lui assure, à lui tout autant qu'à l'Art nouveau, une très large renommée. Nancy. Mais c'est Nancy qui va constituer le plus bel ensemble d'Art nouveau français. La ville a accueilli à partir de 1871 de nombreux lorrains qui souhaitaient rester Français, après l'annexion d'une partie de la Lorraine par l'Empire allemand. L'Art nouveau y devient le moyen d'expression d'un régionalisme revendiqué. Émile Gallé, Daum Frères, Jacques Gruber et bien d'autres, créent l'École de Nancy. Belgique. Bruxelles. Les prémisses de l'Art nouveau se retrouvent dans les serres royales de Laeken, construites à la demande du roi Léopold II. Mais c'est le Parti ouvrier belge qui lança véritablement l'Art nouveau en Belgique, en confiant la construction de la Maison du Peuple à Victor Horta, en 1897. Parmi les influences de Victor Horta, on peut nommer Paul Hankar et Gustave Serrurier-Bovy, inventeurs du style à membrures. Pour Klaus-Jürgen Sembach, la maison de l'ingénieur Tassel incarne toute la complexité de l'Art nouveau : L'utilisation des structures d'acier permet d'assurer la transparence, concept central dans l'œuvre d'Horta, et donner une illusion d'espace dans une ville où les parcelles constructibles sont étroites. L'artiste le plus célèbre de Bruxelles est Henry van de Velde, sans doute grâce à son talent dans le marketing personnel. Il commence sa carrière par la construction de sa propre maison, la villa Le Bloemenwerf, sans formation de design ou d'architecture. Suisse. En Suisse, sous l'impulsion de Charles L'Eplatenier, une variante locale de l'art nouveau s'attache à évoquer la végétation propre aux régions montagneuses du Jura. Il s'agit du style sapin visible dans la région de La Chaux-de-Fonds. Le musée des beaux-arts de cette ville conserve un important ensemble de meubles, peintures, ainsi que de créations horlogères. Espagne. Catalogne. À l'opposé des autres tendances de l'Art nouveau en Europe, les artistes, en Catalogne et en Hongrie, cherchent à créer ou à mettre en valeur une architecture nationale réelle ou supposée. Lorsque Lluis Domènech i Montaner déclarait, en 1878 : L’Art nouveau en Catalogne est donc l’occasion comme l’écrit l’écrivain catalan Joan Fuster de créer « une culture nationale moderne. Elle s’exprime notamment à travers l’architecture, spécifique à l’art nouveau catalan et spectaculaire dans l’espace urbain comme à Barcelone où s’exprime « la libération des couleurs et des formes » : Hongrie. En Hongrie, Ödön Lechner (1845-1914), s'inspirait de l'architecture indienne et syrienne, récupérait et intégrait les éléments et techniques de construction et de design traditionnels hongrois. Suivant un style différent, le Groupe des Jeunes (Fiatalok), qui incluait Károly Kós et Dezső Zrumeczky, s’inspira de ses méthodes et créa un autre style trouvant ses racines dans l'architecture de Transylvanie. Cette démarche fait clairement écho à la réutilisation du néomudéjar, puis à la récupération des techniques traditionnelles par les architectes catalans pour créer un art national. Si dans l'un et l'autre des cas, ces démarches aboutirent à des tendances originales, d'autres artistes s'inspirèrent des autres mouvements. Principaux représentants. L'Art nouveau est surtout un mouvement répandu en Europe, mais il existe aussi quelques développements aux États-Unis et en Tunisie. Voici les principaux pôles et intervenants de l'Art nouveau à travers le monde : Postérité de l'Art nouveau. Le temps du déni des historiens (années 1920-1940). Dans les grandes histoires de l’architecture européenne du , à partir des années 1930 et tout au long des années 1940-1950, les principaux historiens, à l'instar de Nikolaus Pevsner, Sigfried Giedion ou encore , ne prennent pas en considération l’Art nouveau. Ainsi, les premières versions du "Génie de l’architecture européenne", de Pevsner, ne mentionnent ni Guimard, ni Gaudí. En fait, ces auteurs peinent à situer l’Art nouveau dans une perspective historique et acceptent difficilement la remise en cause de l’affirmation d’une structure (acier, verre…) claire, franche et très affirmée. Dans les années 1930, les surréalistes ont une part très active dans la réhabilitation de l’Art nouveau. Salvador Dalí publie un article dans la revue "Minotaure", organisme de diffusion de la pensée surréaliste, qui s'intitule « De la beauté terrifiante et comestible du Modern style ». Cet article est illustré par les photographes les plus modernes, comme Brassaï, à qui Dalí commande un reportage sur les entrées du métropolitain nocturne de Guimard. Un autre reportage est commandé à Man Ray pour les architectures de Gaudí. André Breton partageait cette appréhension de l’Art nouveau à la manière de Dalí qui évoque les « formes libidineuses de l’Art nouveau ». Mais surtout Dalí y voit un formidable moyen de lutte contre Le Corbusier, car l’Art nouveau présente une architecture onirique, érotique et beaucoup plus proche du rythme de l’homme. À la même époque, Dalí découvre l'œuvre du peintre Clovis Trouille , qui l'enthousiasme par son absence d'autocensure et ses références récurrentes à l'Art nouveau. C'est aussi au cours de ces années 1930 que le designer finlandais, Alvar Aalto, conçoit des formes sinueuses, libres et expressives, évocatrices des créations les plus abstraites de l'Art nouveau. La chaise Escargot, de Carlo Bugatti, préfigure la chaise Floris de Günter Beltzig, ou encore la célèbre Panton Chair, créée en 1959 par le Danois Verner Panton, et devenue depuis un grand classique de la décoration contemporaine. Quant aux créations de Carlo Mollino, dans les années 1950, elles rappellent les ossatures du mobilier de Gaudí. La redécouverte et la reconnaissance (1950-2000). La parution des premiers grands ouvrages traitant de l’Art nouveau se fait à la fin des années 1950, avec Johnny Watser. Rétrospectivement, ce sont surtout les reproductions des affiches qui ont séduit et le matériel Art nouveau devient accessible aux gens qui font du design. Les motifs seront repris dans les années 1960 par les jeunes artistes graphistes designers. Deux dates expliquent cette connaissance : l'organisation en 1963, au Victoria and Albert Museum de Londres, d'une exposition Mucha et, en 1966, une exposition consacrée au dessinateur Aubrey Beardsley, deux évènements essentiels dans la redécouverte de l'Art nouveau. En 1966, le sculpteur François-Xavier Lalanne renoue avec le projet de l'Art nouveau de saisir la nature pour améliorer le cadre de vie de l'homme moderne. Cette même année apparaissent à San Francisco les premières affiches psychédéliques dont les graphistes reprendront certains thèmes de l'Art nouveau tels que la chevelure, le paon ou les formes féminines. Entre les années 1980 et 1990, le très nombreuses institutions muséales ont recherché et acquis des éléments art nouveau. Elles ont consacré à ce mouvement de nombreuses expositions et rétrospectives. Enfin, de nombreux ouvrages parus montrent l'intérêt que le public porte à l'art nouveau sur cette période. Patrimoine mondial de l'Unesco. Les principaux bâtiments classés par l'Unesco comme patrimoine mondial se trouvent à Barcelone et Bruxelles. La première ville abrite des monuments classés du modernisme catalan des architectes Antoni Gaudí et Lluís Domènech i Montaner. Pour le premier, il s'agit du parc Güell, du palais Güell, de la Casa Mila, de la Casa Vicens, du travail de Gaudí sur la façade de la Nativité et la crypte de la basilique de la Sagrada Familia, de la Casa Batlló et de la crypte de la Colonie Güell. Pour le second, il s'agit de l'hôpital de Sant Pau et du palais de la musique catalane. À Bruxelles, ce sont des bâtiments de Victor Horta et Josef Hoffmann. Du premier, ce sont les quatre habitations majeures : l'hôtel Tassel, de l'hôtel Solvay, de l'hôtel van Eetvelde et de la maison Horta, maison-atelier de l'architecte, devenue musée Horta. Du second, c'est le palais Stoclet, réalisé entre 1905 et 1911 par l'architecte autrichien Josef Hoffmann, l'un des maîtres de la Sécession viennoise.
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Aurélien Sauvageot Aurélien Sauvageot ( à Constantinople - à Aix-en-Provence), est un linguiste français fondateur des études finno-ougriennes en France. Biographie. Aurélien Sauvageot est né à Constantinople, où son père travaillait comme ingénieur au service du sultan de l'Empire ottoman. Le jeune Aurélien, qui parle français à la maison, étudie au collège britannique et apprend aussi rapidement le grec et le turc. Il devient donc très tôt polyglotte. À quatorze ans, il arrive en France. Inscrit en section allemande au Lycée Henri-IV, il découvre Wagner et se passionne pour les langues scandinaves, qu'il rêve d'étudier. Il est encore élève à l'École normale supérieure lorsque Antoine Meillet, qui règne alors en maître sur la linguistique française, lui intime l'ordre de se consacrer à l'étude des langues finno-ougriennes afin de remplacer Robert Gauthiot, mort à la guerre. Il part donc en pour la Suède, où il suit des cours sur les langues fenniques. En , il gagne la Finlande, où il séjourne jusqu'en octobre. En , il se rend à Budapest pour enseigner le français au Collège Eötvös et étudier le hongrois. Il reste en Hongrie presque huit ans. Enfin, en 1931, après avoir soutenu sa thèse de doctorat, il inaugure à l'École des langues orientales la première chaire de langues finno-ougriennes en France. En 1932 sort de presse son "Grand dictionnaire français-hongrois", qui sera suivi en 1937 de son pendant hongrois-français. Sous le régime de Vichy, Sauvageot est démis de ses fonctions en 1941 pour appartenance à la franc-maçonnerie, avant d'être rétabli à la demande expresse des ambassades de Finlande et de Hongrie dans sa chaire en . Entre-temps, il traduit pour gagner sa vie des ouvrages finlandais notamment sur la guerre avec l'Union soviétique. En 1949, il publie son "Esquisse de la langue finnoise", description originale et personnelle très éloignée des grammaires traditionnelles. En 1951, il réitère l'expérience avec son "Esquisse de la langue hongroise" qui montre qu'elle dispose de mécanismes grammaticaux très réguliers. Dix ans plus tard, il publie "Les Anciens Finnois", initiation aux problèmes que posent les époques archaïques ayant précédé l'entrée des Finnois dans l'histoire. Parmi ses publications ultérieures sur les langues et les cultures finno-ougriennes, on peut citer son "Premier Livre de hongrois" (1965), son "Histoire de Finlande" (1968), "L'Édification de la langue hongroise" (1971), "L'Élaboration de la langue finnoise" (1973). Il est également l'auteur de nombreux ouvrages sur la langue française, notamment sur le français parlé et le français fondamental. On lui doit enfin des articles sur le tahitien, l'eskimo, le youkaguire ou les langues samoyèdes, ainsi que des traductions d'œuvres de la littérature hongroise. En 1964, il fonde avec Jean Gergely la revue "Études finno-ougriennes", revue scientifique consacrée aux langues et aux peuples ouraliens. Après 35 années d'enseignement, il se retire en 1967 à Aix-en-Provence. Il a 91 ans quand sort de presse son dernier livre publié de son vivant, "Souvenirs de ma vie hongroise". En 1992 paraît un ouvrage posthume qui résume ses idées sur la langue et la linguistique : "La Structure du langage". Ouvrages. Contributions. Dans cet ouvrage, publié pour soutenir la Finlande en guerre avec l'Union soviétique (Guerre d'Hiver), Aurélien Sauvageot a rédigé "Un regard sur l'histoire de la Finlande" et "Le problème des langues" et traduit l"'Ordre du jour du maréchal Mannerheim" proclamé à l'occasion du traité de paix mettant fin à cette guerre.
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Affixe En morphologie, domaine de la linguistique, un affixe (du latin "ad-fixus" > "affixus", « (qui est) fixé contre ») est un morphème en théorie lié qui s'adjoint au radical ou au lexème d'un mot. Des affixes peuvent se lexicaliser et donc devenir des morphèmes libres : c'est par exemple le cas pour le préfixe "ex-" dans une expression comme "mon ex", à savoir "mon ex-mari / -petit ami", etc. Définition. Selon la norme ISO 4:1997, un affixe est un . Elle distingue le préfixe, , du suffixe, . Les affixes sont principalement de deux natures : les affixes grammaticaux et flexionnels et les affixes de dérivation. Affixes grammaticaux et flexionnels. Les affixes grammaticaux et flexionnels donnent naissance non à un nouveau lemme mais à une autre forme d'un même radical : Affixes de dérivation. Les affixes de dérivation permettent de former, à partir d'un même radical, de nouveaux lemmes : Emplacement des affixes. Selon leur place par rapport au radical, les affixes se subdivisent en plusieurs types : Les affixes peuvent s'ajouter les uns aux autres ; un mot comme "anticonstitutionnellement", par exemple, s'analyse grossièrement ainsi : D'autre part, le jeu de l'évolution phonétique fait parfois que le locuteur profane ne peut distinguer les morphèmes d'un mot donné : dans le verbe "pondre", par exemple, "po-" représente un ancien préfixe que, déjà en latin (dans "ponere"), les locuteurs ne savaient pas reconnaître comme tel. De fait, n'étant plus productif en latin, il ne l'est pas plus en français. Il existe d'autres types de placements qui ne concernent plus vraiment une vision morphématique de la question mais considèrent que la flexion interne fait aussi partie des affixes : Affixes séparables et tmèse. Dans certaines langues, les affixes peuvent être reliés étymologiquement à des morphèmes autonomes comme des prépositions, c'est-à-dire étymologiquement des adverbes. C'est le cas dans nombre de langues indo-européennes. De sorte, il est parfois possible de leur rendre leur fonctionnement autonome en les séparant du radical : on parle alors d'une "tmèse" (du grec , « coupure ») qui est à ne pas confondre avec la figure de style du même nom et qui s'apparente à l'hyperbate. En grec ancien, la tmèse est assez rare et se limite surtout à des états anciens de la langue, lorsque la distinction entre affixe et adverbe n'était pas encore nette. Ainsi, chez Sappho : L'auteur utilise ... au lieu d'. Le préfixe , « (de) loin », est séparé du thème verbal , « tu transportes », et redevient grammaticalement, mais non sémantiquement, une préposition autonome. Un contresens ferait traduire par « tu mènes l'enfant loin de () la mère », en considérant que est une préposition ayant pour régime , « (à) la mère » ; on aurait dans ce cas , « loin de sa mère » (noter la différence d'accentuation). Il faut donc faire de un préfixe détaché du radical pour obtenir le sens, plus convaincant dans le reste de la phrase, d', c'est-à-dire « tu ramènes (de loin) ». Les tmèses sont aussi fréquentes chez Homère : ... , au lieu de , « il place à côté, il offre ». Ce cas de figure est cependant régulier dans certaines langues germaniques comme l'allemand où les « particules séparables » sont plus nombreuses que les inséparables (liste fermée : "be-", "emp-", "ent-", "er-", "ge-", "miß-", "ver-" et "zer-"). La position du préfixe, collé au verbe ou séparé, est régie par des règles strictes : an-ziehen" « serrer » mais "sie zieht die Schraube an « elle serre la vis », par opposition à "er-schlagen" « tuer » / "Kain erschlägt" Abel « Caïn tue Abel ». La mobilité relative du préfixe dans certaines langues indo-européennes est un reliquat lointain d'une langue, l'indo-européen commun, dans laquelle les prépositions et les préfixes étaient d'anciens adverbes, même les préfixes mobiles en l'allemand ("umfáhren" « contourner (avec un véhicule) » ["er umfährt den Baum" synonyme à "er fährt um den Baum" « il contourne l'arbre », part. : umfahren] par opposition à "úmfahren" « renverser (avec un véhicule)» ["er fährt den Baum um" « il renverse l'arbre », part. : umgefahren]). Poussé plus loin, le raisonnement permet de penser que les désinences flexionnelles elles aussi sont issues d'anciennes formes autonomes, ce que des langues très anciennes comme le grec d'Homère et le sanskrit du Rig Veda confirment en partie. Ainsi, la différence principale qui existe entre les langues agglutinantes et les langues flexionnelles se trouve réduite si l'on considère que l'existence de langues flexionnelles est peut-être le résultat de l'évolution d'états plus anciens, qui rejoignent le type agglutinant. Certaines désinences reconstruites de l'indo-européen montrent en effet des liens implicites avec d'autres types de suffixes : c'est le cas pour le celui de formation de mots féminins que l'on écrit "*-ih2" (on lit « /i/ laryngale 2 ») et qui donne en grec des noms principalement féminins en -ια /ia/, équivalents aux noms latins surtout féminins en "-ia" et en sanskrit aux noms féminins en "-ī" (résultat phonétique attendu de "*-ih2"). Ce suffixe devient dans les langues en question une désinence, celle de nominatif singulier féminin (sauf pour quelques cas). Étymologiquement, ce n'est qu'un suffixe de formation de noms dérivés d'un masculin indiquant la possession. Morphème zéro. En morphologie, un morphème zéro est un morphème qui n'a pas de réalisation phonologique. En termes plus simples, un morphème zéro est un affixe « invisible ». Le morphème zéro est représenté avec l'ensemble vide ∅. Ce concept est utile pour l'analyse, car on peut contraster les morphèmes zéros avec des alternatives ayant une réalisation phonologique. Même si les morphèmes zéros ne peuvent pas être prononcés, ils remplissent toujours la fonction de morphème en fournissant des informations sémantiques où ils peuvent jouer un rôle grammatical pour le mot. Un morphème zéro est un morphème qui est marqué par un silence au lieu d'un son ou un groupe de sons qui portent une signification. Par exemple, de nombreux exemples de morphèmes en français sont réalisés phonologiquement. Par exemple, considérons le morphème (–ons) en français, qui indique la première personne du pluriel au présent indicatif. C'est-à-dire le morphème (-ons) est un suffixe en français qui rattache au radical d’un verbe au présent quand le sujet d’un verbe est la première personne du pluriel (nous). Dans ces cas, on peut voir clairement une forme morphologique, que l’on rattache au radical et qui est prononcée par les locuteurs. Cependant, si l’on considère un mot anglais comme « sheep » on verra que le pluriel de ce mot sera toujours « sheep » et jamais « sheeps ». Le mot « sheep » (sheep + Ø = sheep) s’attache à un morphème pluriel zéro, qui change le sens mais n’est pas exprimé phonologiquement. Cela signifie que même si la prononciation n’altère pas après l'ajout de ce morphème à la racine, le morphème zéro change sa signification au pluriel. L'environnement syntaxique et le contexte sont les seuls moyens d'obtenir l'interprétation du pluriel pour ces types de mots. La même chose est vraie pour les morphèmes comme -e, -es, -ent, qui sont souvent employés dans la conjugaison des verbes réguliers du premier groupe au présent indicatif. Le morphème -e est un suffixe flexionnel en français qui s'attache au radical d’un verbe au présent indicatif afin d’indiquer le sujet d’un verbe est la première personne du singulier, -es est un suffixe en français qui rattache au radical d’un verbe au présent indicatif pour marquer le sujet d’un verbe est la deuxième personne du singulier et -ent est un suffixe en français qui s'attache au radical d’un verbe au présent indicatif qui désigne le sujet d’un verbe est la troisième personne du pluriel. Ces morphèmes n’ont aucune réalisation phonologique même s’ils ajoutent des informations grammaticales. Par exemple, les conjugaisons « mange, manges et mangent » sont toutes prononcés de la même façon [mɑ̃ʒ]. Selon Henriette Gezundhajt, « Lorsque les distinctions de catégories de genre, de nombre, de temps, d'aspect ou de mode ne sont pas marquées par un morphème spécifique, on parle de morphème Ø (morphème zéro) à condition que ce morphème soit perçu comme opposé à des marques possibles sur le même axe paradigmatique. ». Elle ajoute, « Dans mange à l'impératif, le morphème Ø de la terminaison verbale s'oppose sur un axe paradigmatique au morphème marqué /ons/ de la forme au pluriel mangeons. ». Donc, comme le mot anglais « sheep » l’environnement syntaxique et le contexte sont les seuls moyens de distinguer à l’oral entre ces trois conjugaisons. L'existence d'un morphème zéro dans un mot peut également être théorisée par opposition à d'autres formes du même mot montrant des morphèmes alternatifs. Par exemple, le nombre singulier de noms en français est souvent indiqué par un morphème zéro qui contraste avec le morphème pluriel -s. En outre, le genre d'un nom en français est souvent indiqué par un morphème zéro qui contraste avec le morphème feminin -e.
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Adessif En linguistique, l'adessif est le cas grammatical exprimant la position en un lieu ouvert (par opposition à l'inessif) ou à proximité immédiate de quelque chose. Exemples: De plus, en finnois, ce cas est aussi utilisé pour exprimer la possession : "minulla on" ↔ "j'ai". On pourrait même dire que cette utilisation prime sur le sens positionnel figé dans l'étymologie du nom du cas, sans qu'on puisse clairement établir le sens d'une éventuelle dérivation.<br> Cette relation entre deux interprétations (position superficielle et possession) se retrouve avec cohérence dans les cas voisins, allatif et ablatif.
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Abessif En linguistique, l'abessif est le cas grammatical exprimant l'absence d'une chose. On le désigne également sous le nom de caritif. Il correspond à la préposition française "sans". Exemple : en estonien (suffixe "-ta") : "isa" « père » → "isata" « sans père ». Le même exemple utilisant l'abessif en finnois serait "isättä", mais ce cas tombe en désuétude, remplacé par la préposition "ilman", régissant le partitif. L'abessif se maintient cependant dans certaines expressions bien implantées : "Mennä ulos pipotta / hatutta" (« sortir sans bonnet / sans chapeau »). Ce cas sert surtout en finnois moderne à la construction « sans + verbe »: "puhumatta" « sans parler ». Il a aussi donné des expressions comme : "lukuunottamatta" (littéralement « sans prendre dans le nombre ») = « excepté ».
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Allemand Lallemand (autonyme : , ) est l'une des langues indo-européennes appartenant à la branche famille des langues germaniques. Du fait de ses nombreux dialectes, l'allemand constitue dans une certaine mesure une langue-toit (""). Son histoire, en tant que langue distincte des autres langues germaniques occidentales, débute au haut Moyen Âge, lors de la seconde mutation consonantique. Au , ses locuteurs, appelés « germanophones », se répartissent principalement, avec près de 100 millions de locuteurs, en Europe, ce qui fait de leur langue la plus parlée au sein de l'Union européenne (UE). Histoire. Première mutation consonantique. Avec la première mutation consonantique ("erste germanische Lautverschiebung") aux environs du , naissait le germanique commun à partir d'un dialecte indo-européen. Cette transformation explique des différences entre les langues germaniques (plus l'arménien) et les autres langues indo-européennes. On peut, pour simplifier, présenter les faits ainsi : Seconde mutation consonantique. On commence à parler de langue allemande (ou, en linguistique « haut allemand ») lorsque les dialectes parlés dans le Sud-O de l'Allemagne subirent la seconde mutation consonantique ("zweite germanische Lautverschiebung" ou "hochdeutsche Lautverschiebung", que l'on situe autour du ), période au cours de laquelle la langue commença à se différencier des dialectes du nord ("Niederdeutsch", bas allemand). Cette modification phonétique explique un certain nombre de différences entre l'allemand actuel et, par exemple, le néerlandais ou l'anglais : pour résumer, *k / *p / *t ➜ "ch" / "pf" (ou "f") / "ts" (ou "s") Les dialectes du nord qui n'ont pas ou peu subi cette seconde mutation phonétique sont qualifiés de bas allemand. Cette appellation est jugée abusive par certains linguistes, notamment néerlandais (qui ne sont pas « allemands », du moins depuis les traités de Westphalie). Mais le terme « allemand » n'est ici qu'un terme linguistique, un peu comme « roman », « slave » ou « scandinave ». Moyen Âge. Entre le et le eut lieu une diphtongaison dans les parlers du Sud-Ouest concernant l'articulation en deux phonèmes de "ei", "eu" et "au". Cela explique à nouveau certaines différences entre l'allemand standard et, par exemple, le néerlandais (les lettres dans les parenthèses expliquent la prononciation en utilisant la langue française): Contrairement aux États voisins, les contrées germaniques sont restées morcelées ("Kleinstaaterei") au cours de l'ensemble du Moyen Âge, ce qui contribua au développement de dialectes très différents et parfois mutuellement inintelligibles. Un premier pas vers une langue interrégionale correspond au "Mittelhochdeutsch" poétique des poètes de cour vers le , bien que l'influence sur la langue vulgaire fût quasiment nulle, en raison de la faible alphabétisation. Aussi les régions germaniques restèrent-elles longtemps coupées en deux régions linguistiques : Influence de la Réforme. La période de « l'allemand moderne » . Martin Luther traduisit la Bible en « allemand » à l'adresse de « tous les hommes », "alle mannen" (étymologie germano-latine du mot « allemand »), c'est-à-dire à l'adresse des « Allemands », afin que le peuple des chrétiens « laïcs » ait accès aux textes religieux, réservés jusque là aux clercs. Il peut être considéré en ce sens, historiquement celui de la Réforme, comme le créateur de la langue allemande moderne. L'allemand moderne est de ce fait une langue écrite, le "Schriftdeutsch" (« allemand écrit ») : ce sera « la langue de Goethe » — selon l'expression consacrée, dans laquelle écriront en particulier les poètes ("Dichter"), écrivains et philosophes du « temps de Goethe » (ainsi qu'on désigne habituellement la large période littéraire du romantisme allemand qui s'étend de la fin du au ). Luther traduisit le "Nouveau Testament" en 1521 et l'Ancien Testament en 1534. Bien qu'il ne fût pas pionnier dans l'établissement d'une langue interrégionale — en élaboration depuis le — il n'en reste pas moins qu'avec la Réforme protestante, il contribua à implanter l'allemand standard dans les administrations et les écoles, y compris dans le nord de l'Allemagne, qui finit par l'adopter. En 1578, Johannes Clajus se fonda sur la traduction de Luther pour rédiger une grammaire allemande. Jusqu'au début du , le "Hochdeutsch" resta une langue souvent écrite, que beaucoup d'Allemands, en particulier dans le sud, apprenaient à l'école un peu comme « une langue étrangère », à côté des dialectes demeurés vivaces jusqu'à aujourd'hui (notamment en Suisse alémanique). Au milieu du , concernant la diction, les Allemands conviennent que c'est à Dresde et surtout à Leipzig que l’on parle le mieux allemand. À l'inverse, la Westphalie et la Basse-Saxe sont les deux régions dans lesquelles on parle . L'allemand en Europe centrale. Avec la domination de l'Empire austro-hongrois en Europe centrale, l'allemand y devint la langue véhiculaire. En particulier, jusqu'au milieu du , les marchands et, plus généralement, les citadins y parlaient l'allemand, indépendamment de leur nationalité : Prague, Budapest, Presbourg, Agram et Laibach constituaient des îlots germanophones au milieu des campagnes qui avaient conservé leur langue vernaculaire. Normalisation de l'orthographe et de la grammaire. Johann Christoph Adelung publia en 1781 le premier dictionnaire allemand exhaustif, initiative suivie par Jacob et Wilhelm Grimm en 1852. Le dictionnaire des frères Grimm, publié en seize tomes entre 1852 et 1860, reste le guide le plus complet du vocabulaire allemand. La normalisation progressive de l'orthographe fut achevée grâce au "Dictionnaire orthographique de la langue allemande" de Konrad Duden en 1880, qui fut, à des modifications mineures près, déclaré comme référence officielle dans la réforme de l'orthographe de 1901. Classification. Alors que l'anglais constitue avec l'anglo-américain le groupe des langues germaniques occidentales, l'allemand constitue en compagnie du néerlandais leur branche sud. Les autres branches sont la branche nord (dite scandinave) avec le suédois, le danois, le norvégien et l'islandais, et la branche est, éteinte aujourd'hui. Aussi l'allemand présente-t-il une assez grande similarité lexicale avec l'anglais. Bas-allemand. Le bas-allemand comprend trois branches principales situées dans les plaines côtières à l'ouest et au nord de la zone germanophone européenne et bordant le sud de la mer du Nord et de la mer Baltique : Haut-allemand. Le haut-allemand comprend peut se diviser sommairement du nord au sud en deux sous-zones continentales de l'aire germanophone centrale européenne : Écriture. L'allemand s'écrit avec les 26 lettres de l'alphabet latin, trois voyelles surmontées d'un "Umlaut" (sorte de tréma) "ä", "ö" et "ü", et un symbole graphique spécial "ß", "Eszett" ou "scharfes S" (ligature de S long et de « s » ou « z »), utilisé en lieu et place de "ss" après une voyelle longue ou une diphtongue). La Suisse n'utilise plus le "ß" depuis les années 1930. Jusque dans les années 1940, l'allemand était imprimé en écriture gothique ("Fraktur") et écrit en sütterlin, ces écritures étant différentes versions de l'alphabet latin. Orthographe. L'orthographe allemande se déduit en général de la prononciation et d'un minimum de connaissances. Mais les fortes disparités régionales dans la prononciation peuvent rendre la tâche ardue. Les principales difficultés orthographiques de l'allemand résident dans : Afin de supprimer une partie des difficultés décrites ci-dessus, les représentants allemands, suisses et autrichiens convinrent d'une réforme de l'orthographe. Elle est entrée en vigueur en 1998 en Allemagne et est devenue obligatoire à partir de la mi-2005. La dernière réforme datait de 1901 et portait entre autres sur la suppression du "h" dans "Thor" et sur l'ajout du "e" pour les voyelles longues et accentuées dans la conjugaison des verbes, par exemple "kritisirt" ➜ "kritisiert"). Les principaux changements concernent : Cette réforme rencontre une forte critique en Allemagne. Le Land de Schleswig-Holstein a voté le retour à l'orthographe traditionnelle en 1998 (décision annulée pourtant par le parlement régional)? et certains journaux et éditeurs ont depuis décidé de revenir à la graphie conventionnelle. Prononciation. Contrairement à des langues telles que l'anglais, l'allemand standard ("Hochdeutsch") se prononce de manière assez conforme au texte écrit et contient très peu d'exceptions (les sons se prononcent souvent de la même façon), hormis pour les mots d'emprunt. Presque toutes les voyelles se prononcent clairement, voire longuement, même sans être suivies de lettre muette servant à insister sur la lettre précédente. Toutefois, les francophones qui apprennent l'allemand rencontrent généralement quelques difficultés, listées ci-dessous. Tous les sons n'y figurant pas se prononcent toujours de la même manière qu'en français (a, b, d, f, i, k, l, m, n, o, p, ph, q, r, t, x). Lettres à Umlaut (le tréma français) Les umlauts indiquent également l'accentuation. Ils marquent souvent le pluriel ou le diminutif des noms (avec « -chen » et « -lein »). Lorsque les Umlauts ne sont pas accessibles (clavier étranger, Internet…), ils sont représentés par « e » : ae pour ä, oe pour ö, ue pour ü. En Alsace-Moselle, on remplace habituellement les umlauts : "Koenigshoffen, Haut-Koenigsbourg, Hœnheim" (dans ces exemples, c'est le ö qui est remplacé), ou encore "Schweighaeuser". Sons composés. Il faut bien veiller à ne prononcer qu'un son et pas deux sons distincts pour les combinaisons de deux voyelles : par exemple, pour la combinaison [ei], il faudra prononcer ail (ou le [i] du mot anglais knife) et non le [aï] de na|ïf. Le son français [oi] en est l'exemple même : il ne se prononce pas directement [ou|a]. Notes : Grammaire. L'allemand est une langue flexionnelle comportant des conjugaisons et des déclinaisons. Conjugaison. Le principe de la conjugaison allemande est assez proche du principe de la conjugaison française. Les différences notables sont : En ce qui concerne la morphologie, les trois principaux types de verbes sont : Les six auxiliaires de mode (', pouvoir ; ', avoir le droit , etc.), qui sont employés dans un nombre important de contextes différents, et le verbe "wissen" (savoir) sont des verbes à conjugaison spéciale (irrégulière au singulier : "ich kann", régulière au pluriel : "wir können"), mais ils se comportent aux temps du passé pratiquement comme des verbes faibles : "konnte", "gekonnt". Déclinaison. La déclinaison allemande comporte quatre cas, le nominatif, l'accusatif, le datif et le génitif, auxquels se combinent trois genres grammaticaux, le masculin, le féminin et le neutre ainsi que deux nombres, le singulier et le pluriel. Le porteur essentiel de la marque de déclinaison est le déterminant, secondé par l'adjectif épithète si le déterminant est absent ou bien sans désinence (marque de déclinaison). Le nom porte également la marque de déclinaison au datif pluriel à tous les genres, au génitif singulier masculin ou neutre. Les déclinaisons sont employées : Syntaxe. L'allemand a pour particularité syntaxique principale de placer des éléments importants, soit en première position dans la phrase, soit en dernière position. L'inversion du verbe et du sujet a lieu quand un complément vient en tête de phrase ; « ' = aujourd'hui il va bien » ; le rejet est le renvoi du verbe en fin de subordonnée « ' = lorsqu'il boit du vin » Autre exemple : Il a mis cette machine en service hier malgré toutes les difficultés. Sont mis en valeur : Avant l'action et l'objet sont énumérées les circonstances. L'ordre de la phrase peut être modifié pour insister sur un des éléments, que l'on place alors en tête de phrase : (C'est) hier (qu')il a mis cette machine en service malgré toutes les difficultés. Malgré toutes les difficultés, il a mis cette machine en service hier. C'est cette machine qu'il a mise en service hier malgré toutes les difficultés. Structure linguistique et usages sociaux. La conséquence du renvoi du verbe en fin de subordonnées est que, dans ces cas, il n'est pas possible de couper la parole d'autrui, sous peine de ne pas comprendre ce qu'il dit. Il en résulte des manières de s'exprimer, d'organiser et conduire les réunions, d'élaborer et tenir un ordre du jour, d'exprimer une autorité (jeu des préséances et protocole). Ce formalisme et rythme ne sont pas toujours compris par les locuteurs d'autres langues dans lesquels on peut facilement se couper la parole, avec l'effet d'échanges vivants et moins structurés. Ce point éclaire aussi la psychologie et la sociologie : la langue installe des usages sociaux et professionnels qui perdurent même en cas d'usage d'une autre langue de travail. La conscience de ce fait peut aider des partenaires franco-allemands à mieux se comprendre, et à ne pas s'exaspérer réciproquement. Surcomposition. La langue allemande peut se passer d'article au génitif en juxtaposant deux éléments (déterminants + déterminé) — ou même beaucoup plus. L'allemand est même connu pour sa capacité à former des surcomposés de grande longueur que les Allemands eux-mêmes appellent par dérision " « vers solitaires »… Exemples : Certains des exemples ci-dessus sont fictifs (ils sont morphologiquement corrects, mais n'ont pas été employés de façon réelle). D'autre part, quand un surcomposé est très long ou peu courant, on peut le diviser par un trait d'union : ", « conventions-programmes pluriannuelles ». La composition à multiples éléments ne se limite pas au couple objet possédé-possesseur (du type " « casquette de capitaine ») mais aussi à toutes sortes de relations : En français, la possession marquée par « de » a plusieurs sens qui se rendent en allemand de trois manières distinctes : Il faut savoir avant tout qu'en allemand le premier mot dans un composé est, comme l'adjectif qui précède le sujet, moins mis en avant que s'il est placé "après" le sujet. Prenons le titre du de la bande dessinée "Broussaille", "La Nuit du chat". Dans le titre (et dans l'histoire), l'élément (et le sujet) important est le chat, connu et recherché. C'est la nuit du chat, qui « appartient » au chat. On va donc préférer la traduction ' ("La nuit du chat) à Die Katzennacht (La nuit à chats"). Dans cette dernière formulation, c'est l'élément nuit (') qui est visé. Autre exemple plus rapproché de la syntaxe française : Dans « Nuits dans les jardins d'Espagne », la traduction correcte est ' et non '. La traduction de "" est « Nuits dans les jardins espagnols ». Lexique. Noms de la langue allemande. La langue allemande (ainsi que le peuple) a la particularité d'avoir des appellations très différentes d'une langue à l'autre (par exemple "German", "Deutsch", "alemán", "német", etc.). En effet, six racines différentes entrent en jeu : En hébreu classique, les pays allemands sont connus sous l’appellation de "ashkenaz" (אשכנז), par généalogie populaire d'après Gen. 10:3. Pour l’hébreu moderne, voir plus haut. Emprunts. Un nombre important (environ 400) de mots franciques existent en français moderne en ayant traversé le roman et l'ancien français (par ex. "heaume", "guerre, griffe, agripper, éperon", "cible", "fauteuil") ; seuls les mots d'origine plus récente sont encore discernables en tant qu'emprunts lexicaux (frichti, ersatz). Exemples de mots allemands. Exemples de phrases : Vivacité de la langue. L'allemand a toujours la possibilité sémantique de former de nouveaux mots par les procédés de composition et de dérivation. Tout comme le français a créé le verbe "se pacser" à partir d'un sigle administratif de l'état civil (PACS), l'allemand peut adapter dans le langage courant des termes nouveaux adaptés à l'actualité. Ainsi, le mot "apprenti" s'est dit pendant des siècles "Lehrling," du verbe "lehren" « enseigner » signifiant donc « celui à qui l'on enseigne quelque chose », suivi du diminutif "-ling". Son maître était le "Meister". La réforme administrative au début des années 1970 a remplacé le terme "Meister" par deux termes précisant que l'un enseigne effectivement ("der Ausbildende", gérondif de "ausbilden" « former ») et que l'autre a le droit et la responsabilité de la formation ("der Ausbilder" « le formateur »). L'apprenti devint logiquement "der Auszubildende" (c'est-à-dire celui qui doit être formé), en abrégé l'acronyme "AZUBI". La forme féminine se réalise avec la terminaison habituelle -"in", Azubin. Spécificités de l'Autriche. Prononciation : certaines lettres se prononcent différemment en Autriche, mais de façon analogue à la Bavière. Le « R » a tendance à être roulé comme en Bavière, les Autrichiens étant de la même tribu germanique que les Bavarois (sauf les habitants du Vorarlberg, qui sont des Alamans). Les deux premiers mois de l'année diffèrent (Januar/Jänner, Februar/Fäber), mais il n'y a pas de lexique spécifique à l'Autriche, contrairement au cas de la Suisse. Spécificités de la République démocratique allemande (RDA). D'une manière générale, dans la République démocratique allemande la langue s'était enrichie de termes officiels, spécifiques au régime politique tout comme sous le régime national-socialiste. Dans le langage courant, de nombreux termes tournaient ces derniers en dérision. Par exemple, l'abréviation VEB (pour "Volkseigener Betrieb", usine propriété du peuple) devenait "Vaters ehemaliger Betrieb" (l'ancienne usine de Papa)... De très nombreuses abréviations tirées de l'idéologie communiste avaient cours, les étudiants devant tous suivre des cours de ML (marxisme-léninisme), parfois en compagnie de camarades venus de VRP (Volksrepublik Polen), voire de VRM (Volksrepublik Mongolei). On retrouve des néologismes ou de nouvelles expressions dans un nombre important de domaines, notamment :
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Allatif En linguistique, l'allatif (du latin "allatum", participe passé de "affero" « apporter ») est un cas grammatical exprimant le lieu non clos vers lequel se produit un mouvement. L'allatif est complémentaire de l'ablatif en exprimant le mouvement en direction opposée, et l'adessif se situe entre les deux en exprimant la position en un lieu non clos sans mouvement. Dans certaines langues, notamment les langues finno-ougriennes, l'allatif est un cas à proprement parler, utilisé régulièrement et de manière productive. D'autres langues, par exemple l'hébreu, n'y ont recours que dans quelques cas en tant que forme fossile, tandis que le mouvement vers un lieu est exprimé en général au moyen de prépositions sans flexion ni agglutination. Langues finno-ougriennes. Exemples en finnois (suffixe "-lle") : Dans l'acception possessive, c'est le cas de l'acquisition en finnois: "anna minulle" « donne-moi » ; c'est-à-dire dans d'autres langues le datif, qui n'existe pas en finnois : "Annan kirjan tytölle" « Je donne le livre vers la jeune fille » (littéralement) = « Je donne le livre à la jeune fille ». En estonien (suffixe "-le") : En hongrois (suffixe "-hoz/hez/höz") : Il est à noter que l'allatif finnois correspond à un allatif ("-hoz") en hongrois quand il signifie « auprès de » (par exemple "menen Pekalle" «je rejoins Pekka») et à un sublatif ("-ra") quand il signifie « sur ». Autres langues. Exemples en basque où le cas est utilisé régulièrement : En lituanien, l'allatif est l'un des quatre cas de lieu dits secondaires, c'est-à-dire apparus plus tardivement et probablement sous influence finno-ougrienne : par exemple "miškop(i)" « dans la forêt », "jūrosp(i)" « dans la mer » (mouvement vers un lieu) ; aujourd'hui il n'est plus utilisé que dans des formes figées, reliques du passé de la langue, qui ont une valeur adverbiale, par exemple "vakarop" « le soir » (adverbe), "velniop" « au diable ! ». En grec ancien, quelques mots comme : Ἀθῆναι "Athēnai" « Athènes » → Ἀθήναζε "Athēnaze" « à Athènes » (mouvement vers un lieu). En hébreu, l'accusatif du proto-sémitique est devenu de fait le cas directif dans quelques formes fossiles : הבית "ha-báyt" « la maison » → הביתה "ha-baytáh" « à la maison » (mouvement vers un lieu).
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Ablatif En linguistique, l’ablatif est un cas grammatical exprimant notamment un déplacement à partir d'un lieu (ouvert). Il peut également exprimer la séparation. En basque. En basque, l'ablatif indique la provenance, l'origine, qui peut se traduire en français par « de ». Le cas grammatical de l'ablatif est nommé ' et se fait par l'ajout de suffixe ' au pluriel : "," je viens de Bilbao. En finnois. L'ablatif finnois correspond à un ablatif hongrois lorsqu'il signifie "de" ou "à côté de" et à un délatif lorsqu'il signifie "du dessus de" : ', je suis tombé du toit ; ', de la cour. Dans l'acception possessive, c'est le cas de la dépossession : "", prends-lui. En latin. En latin, l'ablatif désigne le lieu d'origine (après des prépositions comme ') : ', des profondeurs ou du fond de l'abîme. Il exprime aussi la provenance ou la matière dans laquelle est faite une chose. Employé seul, il équivaut à l'instrumental disparu du proto-indo-européen et a une valeur de complément de moyen : ', « il tue l'ennemi par le glaive »"'. Avec la préposition "cum", l'ablatif prend une valeur d'accompagnement. Il a également une valeur de locatif, peu utilisé en latin (après la préposition "in"), et permet de désigner le lieu où l'on est (par opposition à l'accusatif, qui désigne le lieu où l'on va). L'ablatif peut être employé également pour une localisation dans le temps : "." Il peut aussi être utilisé comme ablatif absolu.
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Alberta LAlberta (prononcé en anglais canadien : ) est une province du Canada. Située dans l'Ouest du pays, elle constitue une des trois provinces des Prairies. Elle est bordée par la Colombie-Britannique à l'ouest, la Saskatchewan à l'est, les Territoires du Nord-Ouest au nord et l'État américain du Montana au sud. Sa partie orientale est occupée par les Grandes Plaines, tandis que la partie occidentale borde les montagnes Rocheuses. L'Alberta possède un climat à prédominance continental, mais connaît aussi des changements de température rapides en raison de l'aridité de l'air. Les variations saisonnières de la température sont moins prononcées dans l'ouest de la province, en raison du vent Chinook. L'Alberta est la sixième plus grande subdivision du Canada, avec une superficie de . Elle est la quatrième plus peuplée, avec d'habitants. Sa capitale est Edmonton, et Calgary constitue sa plus grande ville. Les deux métropoles dépassent le million d'habitants, et sont les plus grandes aires métropolitaines de la province. Plus de la moitié des Albertains vivent dans l'une d'entre elles, ce qui contribue à perpétuer la . L'anglais est la langue officielle de l'Alberta. En 2016, 76 % des habitants sont anglophones, 1,8 % sont francophones, et 22,2 % sont allophones. L'industrie pétrolière et gazière fait également partie de l'identité de la province. L' est basée sur les hydrocarbures, les industries pétrochimiques, le bétail, l'agriculture, et les hautes technologies. L'industrie pétrolière est un pilier de l'économie albertaine depuis 1947, lorsque d'importants gisements de pétrole ont été découverts aux puits Leduc . L'Alberta étant la province la plus riche en hydrocarbures, elle fournit 70 % du pétrole et du gaz naturel exploités sur le sol canadien. En 2018, sa production s'élève à 338,2 milliards de dollars, soit 15,27 % du produit intérieur brut du Canada. Par le passé, le paysage politique de l'Alberta a accueilli des partis comme les libéraux, de gauche, le mouvement agraire des fermiers unis, le Parti Crédit social, de droite, et les progressistes-conservateurs. Aujourd'hui, l'Alberta est généralement perçue comme une province conservatrice. Les progressistes-conservateurs ont occupé le poste de façon continue de 1971 à 2015, ce qui constitue le plus long mandat ininterrompu au niveau provincial ou fédéral, dans toute l'histoire du Canada. Avant de faire partie de la Confédération canadienne, l'Alberta abritait plusieurs nations amérindiennes, et son territoire était utilisé par les marchands de fourrures de la Compagnie de la Baie d'Hudson. Les terres qui deviendront l'actuelle province ont été acquises par le gouvernement du Dominion dans le cadre du Territoire du Nord-Ouest, le . Le , la Loi sur l'Alberta entre en vigueur, et elle est désignée comme la 8 province de la Confédération. De la fin des années 1880 jusqu'au début des années 1900, de nombreux immigrants européens sont arrivés, dont la plus grande vague a été poussée par Wilfrid Laurier, afin d'empêcher les Américains d'annexer les Prairies. L'Alberta est réputée pour sa beauté naturelle, sa richesse en fossiles et pour abriter d'importantes réserves naturelles. Elle abrite six sites du patrimoine mondial de l'UNESCO : les parcs des montagnes Rocheuses canadiennes, le parc provincial Dinosaur, le précipice à bisons Head-Smashed-In, le parc international de la paix Waterton-Glacier, le parc national Wood Buffalo, et le parc provincial Writing-on-Stone. D'autres sites populaires incluent Banff, Canmore, le musée royal Tyrrell de paléontologie, le parc national de Jasper, Sylvan Lake, et le lac Louise au sein du parc national de Banff. Étymologie. L'Alberta, qui est devenu officiellement une province en 1905, doit son nom au Marquis de Lorne, gouverneur général du Canada entre 1878 et 1883. En effet, celui-ci a proposé le nom d"'Alberta" en l'honneur de sa femme, la princesse Louise Caroline Alberta, qui était la fille de la reine Victoria. Histoire. Le territoire de l'Alberta était originellement peuplé par les Tsuu T'ina, les Niitsítapi, les Cris, les Tchipewyans, les Danezaa, les Dene Tha' et les Nakotas. La province moderne d'Alberta jusqu'à la latitude 53°N a été pendant longtemps une partie de la terre de Rupert. Les Français furent les premiers colons au Nord-Ouest en 1731 où ils établirent des communautés sur les cours d'eau et les postes de traite (aujourd'hui, autour du lac la Biche (Alberta) et du lac Sainte-Anne ainsi que dans la région de Saint-Paul, Bonnyville et Athabasca). La Compagnie du Nord-Ouest de Montréal a occupé la partie nord du territoire d'Alberta avant que la Compagnie de la Baie d'Hudson ne prenne finalement possession du territoire. Le premier explorateur européen en Alberta, Peter Pond, visita la région du lac Athabasca au nom de la Compagnie du Nord-Ouest et il construisit fort Athabasca près du lac la Biche en 1778. Roderick MacKenzie, construisit Fort Chipewyan près du lac Athabasca dix ans après, en 1788. En 1789, son cousin, Alexander Mackenzie, accompagné par des trappeurs franco-canadiens et d'une famille de Dénés suivit la rivière Saskatchewan Nord jusqu'à son point le plus au nord, près d'Edmonton, puis continuant à pied vers le nord, il atteignit la rivière Athabasca qu'il suivit jusqu’au lac Athabasca. Il a alors découvert le fleuve qui porte son nom, le fleuve Mackenzie. Il le suivit jusqu’à son embouchure dans l'océan Arctique. En 1792, retournant au lac Athabasca, et accompagné par des trappeurs franco-canadiens et d'une famille de Dénés il suivit la rivière de la Paix et, finalement, atteignit l'océan Pacifique en 1793. Il sera ainsi le premier Européen à traverser le continent au nord du Mexique. La région d'Alberta a été créée comme une partie des Territoires du Nord-Ouest en 1875. Des privilèges additionnels et une législature locale ont été ajoutés en 1905 avec l'Acte de l'Alberta quand l'Alberta a été agrandi et a reçu le statut de province avec sa capitale à Edmonton. L'assemblée législative compte . L'Alberta a été l'hôte des Jeux olympiques d'hiver de 1988. Développement du territoire. Abstraction faite des Premières Nations, l'évolution du territoire a été liée à son exploration et son utilisation par les Européens à partir du . Géographie. Territoire. L'Alberta est une province située à l'Ouest du Canada et occupe une superficie de . Elle est située entre la Colombie-Britannique à l'ouest, la Saskatchewan à l'est, le Montana (États-Unis) au sud et les Territoires du Nord-Ouest au nord. La province compte des centaines de rivières et de lacs idéaux pour la natation, le ski nautique, la pêche et une gamme complète d'autres sports nautiques. Il y a une multitude de lacs, tous de moins de . Il y a les deux lacs plus grands : le lac Athabasca, (dont une partie se trouve en Saskatchewan), et le Petit lac des Esclaves, d'environ . La province possède un grand nombre de parcs naturels dont 5 parcs nationaux : Banff, Elk Island, Jasper, Lacs-Waterton et Wood Buffalo. La frontière de l'Alberta s'étend sur du nord au sud, et sur environ de l'est à l'ouest. Il est normal que le climat change considérablement entre les parallèles de 49° et 60° nord et également entre 110° et 120° ouest. Le climat est également encore influencé par les différentes altitudes de la province. Le nord de l'Alberta a beaucoup moins de jours sans gel que le sud, qui est presque un désert sans pluie en été. L'ouest de l'Alberta est protégé par les montagnes Rocheuses, aussi, en hiver, des vents chauds et secs provenant de l'ouest et appelés Chinook apportent des périodes de chaleur aux hivers au demeurant plutôt froids. L'est de l'Alberta est une prairie plate et sèche, où il peut faire très frais ( en hiver) ou très chaud (+ en été). Le centre et le sud de l'Alberta sont les endroits du Canada les plus sujets aux tornades en raison de la chaleur et des orages violents qui sont communs en été. La capitale de l'Alberta, Edmonton, est presque exactement au centre de la province, et la plus grande partie des réserves de pétrole de l'Alberta s'y trouve. Le sud de l'Alberta, là où est situé Calgary, est connu pour son ranching et l'élevage du bétail. En général, l'Alberta a des hivers frais, avec une température d'environ pendant la journée, et des étés chauds, avec une moyenne d'environ . Hydrographie. L’Alberta dispose, en général, d'une bonne quantité de ressources hydriques. Tout d'abord, une grande quantité de ruisseaux traversent un grand nombre de vallées pour s'unir et ainsi former la rivière Oldman ainsi que la rivière Bow. Lorsque ces deux rivières se croisent, elles s'unissent pour continuer sous le nom de la rivière Saskatchewan Sud pour continuer sur une distance de . Plusieurs barrages installés sur la rivière Saskatchewan Sud forment le lac Diefenbaker, un immense réservoir qui fournit de l'hydroélectricité à l'ensemble du sud-ouest de la province de la Saskatchewan. Dans le nord de la province, un ensemble de petits ruisseaux se rejoignent pour créer La Biche, mieux connue sous le nom de "Red Deer River." Cette rivière rejoint la rivière Saskatchewan Sud. Un peu plus loin, on aperçoit un peu plus au centre de la province la rivière Saskatchewan Nord qui commence dans le champ de glace Columbia, elle coule ensuite jusqu'à Rocky Mountain House où elle reçoit les eaux de la Clearwater River. La rivière traverse la ville d'Edmonton Beaucoup plus à l'est, hors de la province de l'Alberta, dans la région de Prince Albert, les rivières Saskatchewan Nord et Saskatchewan Sud s'unissent pour créer la rivière Saskatchewan. Celle-ci continue son chemin jusqu'au lac Winnipeg pour finalement se jeter dans la baie d'Hudson. Dans le nord de la province, l'ensemble des eaux convergent dans l'océan Arctique. En effet, à partir du mont Athabasca, la rivière Athabasca se dirige vers le nord pour atteindre le lac Athabasca. De plus, à partir des montagnes Rocheuses, la Peace River se rend jusqu'en Alberta pour se déverser dans un affluent du lac Athabasca. L'eau coule alors de la rivière des Esclaves jusqu'au grand lac des Esclaves qui se trouve dans les Territoires du Nord-Ouest. Le cours d'eau devient ainsi le fleuve Mackenzie qui termine sa course dans l'océan Arctique. Pour ce qui est des lacs, seul le lac Athabasca a une certaine importance avec une superficie dont une certaine partie se trouve dans la province de la Saskatchewan. On peut aussi noter la présence du petit lac des Esclaves qui a une superficie de . Outre ces deux plans d'eau, tous les autres lacs de l'Alberta ont une superficie inférieure à . Climat. L'Alberta est un très grand territoire et détient un climat qui diffère selon les différentes régions de la province. Tout comme l'ensemble des provinces du Canada, l’Alberta profite de 4 saisons qui se succèdent soit : l'hiver, le printemps, l'été et l'automne. Ces saisons sont différenciées principalement par la température, le temps d’ensoleillement et l'alternance de pluie et de neige selon ces saisons. L'Alberta a d'ailleurs connu des records de températures impressionnants au cours de son histoire. En effet, le record de chaleur enregistré dans la province est de à Bassano Dams le . Complètement à l'opposé, la température la plus froide jamais atteinte est de à Fort Vermilion le 11 janvier 1911 La province est la cible de plusieurs tempêtes de grêle en période estivale, particulièrement dans les régions entre Red Deer et Calgary. C'est pourquoi l'Alberta Research Council et Environnement et Changement climatique Canada subventionnent des programmes d'étude comme l'Alberta Hail Project et d'ensemencement des nuages pour contrer ce fléau. Environnement. Les émissions de gaz à effet de serre de l’Alberta ont augmenté de 18 % entre 2004 et 2017, et représentent 40 % du total du pays. Paléontologie. L'Alberta possède plusieurs sites fossilifère et contient l'une des plus grandes quantités de fossiles du Crétacé supérieur au monde. Les taxons qui peuvent être retrouvés ici sont souvent découverts sous forme de squelettes fossiles complets, de matériel isolé, de restes de microvertébrés ou même sous forme de lit à ossements. Au moins 38 spécimens types de dinosaures ont été recueillis dans la province. Bien que les strates riches en dinosaures sont largement réparties dans l'ensemble de l'Alberta, ce sont les formations Foremost, Oldman et Dinosaur Park qui sont les strates à dinosaures les plus étudiées. Économie. L'Alberta est la province la plus riche du Canada (par habitant). Industrie. L'Alberta est le plus grand producteur canadien de pétrole (l'Alberta possède la deuxième réserve mondiale de pétrole brut, derrière l'Arabie saoudite), de gaz naturel et de charbon. À Red Deer et à Edmonton, un grand nombre de compagnies fabriquent des produits de polyéthylène et de vinyle pour des clients du monde entier. Les raffineries de pétrole fournissent les matières premières pour une grande industrie pétrochimique à l'est d'Edmonton. Mais l'exportation pose problème, car il n'y a pas d'accès du pétrole de l'Alberta à un port de mer. La compagnie canadienne Enbridge projette d'investir près de quatre milliards d'euros pour construire un oléoduc sur de l'Alberta à Kitimat. Le double pipeline convoierait du pétrole vers l'ouest et du condensat - liquide qui sert à diluer l'épais pétrole brut - vers l'est. Les pétroliers géants, chargés de condensat ou d'au maximum de barils de brut, devraient alors naviguer à travers un chapelet d'îles. Le projet de l'oléoduc est si important que le gouvernement fédéral a mis en place une commission mixte d'évaluation chargée de superviser le bilan environnemental et les modalités d'autorisation pendant deux ans. Elle devrait s'achever à la fin 2012. Les sables bitumineux de l'Athabasca ont des réserves de pétrole estimées à 2 trillions de barils. Avec l'amélioration des méthodes d'extraction, le bitume et l'huile synthétique sont produits à des coûts s'approchant de ceux des méthodes d'extractions pétrolières conventionnelles ; cette technique fut d'ailleurs développée en Alberta. Fort McMurray, une des villes les plus jeunes du Canada, a grandi entièrement en raison des grandes entreprises pétrolières multinationales. La région est aussi l'une des plus polluées du pays (par capital), avec un taux de cancer élevé, des pluies acides et une pollution des eaux souterraines et superficielles. L'extraction du pétrole est également coûteuse en énergie et nécessite de grands volumes d'eau. L'activité économique fait reculer la forêt et affecte la faune de cette partie de l'Alberta. Le boom pétrolier de l'Alberta a attiré des milliers de personnes en quête d'embauche immédiate et de salaire élevé. Mais, été comme hiver, les conditions de travail sont dures. Chaque soir, les ouvriers doivent dîner et dormir sur place, dans des préfabriqués qu'ils ne quittent qu'en fin de semaine. Bien qu'Edmonton soit considéré comme le centre de raffinage de la province, la plupart des compagnies pétrolières ont leur siège social à Calgary. Le bœuf et l'agriculture tiennent également des positions significatives dans l'économie de la province. Plus de de têtes de bétail passent par la province à un moment ou un autre et le bœuf d'Alberta a une renommée mondiale. Avec l'appui du gouvernement provincial, plusieurs industries de pointe ont trouvé naissance en Alberta, notamment l'invention et le perfectionnement des systèmes d'affichage à cristaux liquides. D'une économie croissante, Alberta a plusieurs institutions financières gérant plusieurs fonds civils et privés. Grâce à ses sources thermales très répandues, l'Alberta pourrait profiter de cette chance et utiliser la géothermie pour produire de l'électricité. Pour une utilisation à plus petite échelle comme pour les domiciles, il est également possible de profiter de l'occasion et utiliser la géothermie afin de climatiser, chauffer, chauffer l'eau chaude et purifier l'air de la maison. Gouvernement. L'Alberta est une démocratie parlementaire avec une Assemblée législative de . Le lieutenant-gouverneur représente la reine et le cabinet est dirigé par le Premier ministre. La ville d'Edmonton est le siège du gouvernement albertain. Les revenus de la province proviennent principalement des ventes de pétrole, de gaz naturel, de bœuf, de bois et de blé. Ils incluent également des concessions du gouvernement fédéral, principalement pour les projets d'infrastructures. Les villes et les villages albertains ont leurs propres gouvernements municipaux qui travaillent en coopération avec le gouvernement provincial. La politique de l'Alberta est bien plus conservatrice que celle des autres provinces canadiennes. L'Alberta est aussi la province la moins favorable envers l'interventionnisme économique. Par conséquent, elle est la province avec le niveau de taxation le plus bas au Canada. L'Alberta a traditionnellement eu trois partis politiques, les progressistes-conservateurs, les libéraux et le Nouveau Parti démocratique. Un quatrième parti, fortement conservateur, le parti du crédit social, était puissant pendant plusieurs décennies, mais a disparu de la carte politique quand les progressistes-conservateurs sont arrivés au pouvoir dans les années 1970. Pourtant, un autre parti politique est apparu lors de la dernière élection en Alberta, l'Alliance albertaine, par la suite devenu le Parti Wildrose, qui a fait élire à la dernière élection avec 34 % des voix. Bien que les sondages donnaient ce parti gagnant aux élections, il n'a pas réussi à déloger les progressistes-conservateurs du pouvoir depuis 1973 en Alberta. Pouvoir exécutif. Le pouvoir exécutif en l'Alberta est détenu par le Conseil exécutif de la province essentiellement dirigé par le Premier ministre et le lieutenant-gouverneur. Premier ministre. Le premier Premier ministre de l'Alberta a été Alexander Cameron Rutherford, un libéral, de 1905 à 1910. Depuis le , la Premiere ministre de l'Alberta est Danielle Smith, du Parti conservateur uni. Lieutenant-gouverneur. Le premier lieutenant-gouverneur de l'Alberta est de 1905 à 1915. Depuis le , Salma Lakhani est lieutenante-gouverneure de la province. Pouvoir législatif. Ce pouvoir est surtout entre les mains de l'Assemblée législative du territoire. Assemblée législative. Officiellement ouverte en 1912, l'Assemblée législative de l'Alberta est composée de . C'est l'endroit où les membres se rencontrent pour discuter et débattre des politiques publiques en Alberta. Elle est ouverte par an aux visiteurs. Pouvoir judiciaire. Il est détenu par les principaux tribunaux de la province : Démographie. Langues. Selon la Loi linguistique, l'anglais est la langue officielle de la province. Les francophones se voient accorder quelques droits linguistiques, notamment devant les tribunaux. Éducation. Au Canada, l'éducation est de juridiction provinciale et l'Alberta a établi son propre système éducatif. Depuis 1905, le gouvernement albertain dirige les conseils scolaires laïcs et religieux, les universités, les collèges, les écoles techniques, les "charter schools" (école innovatrice), les écoles privées et les écoles à la maison. Historique. Les premières écoles albertaines furent des écoles de paroisses, ce qui signifie qu'elles étaient dirigées par le clergé, aussi bien catholique que protestant. Les élèves devaient payer un dû (dîme) afin d'assister aux cours. Les premières écoles gratuites (donc publiques) ont été établies à Edmonton en 1881. À cette époque, aucune loi ne régissait ces établissements : les habitants élisaient des représentants qui dirigeaient et administraient l'école. Une taxe informelle basée sur la solidarité locale permettait à l'école de s'autosuffire. Entre 1883 et 1905, une éducation publique se développe en Alberta, lancée dans les communautés par la population locale. Une école à vocation religieuse pouvait être créée subséquemment, sous certaines conditions. Ce système qui assurait l'éducation publique universelle et l'éducation religieuse conditionnelle a été officialisé en 1905 par la loi qui a créé l'Alberta ("Alberta Act"), par le gouvernement de Sir Wilfrid Laurier. Regroupements scolaires. On dénombre 42 regroupements d'écoles publiques ainsi que 17 regroupements scolaires privés. Seize de ces regroupements privés sont de confession catholique romaine et un, St-Albert, est de confession protestante. De plus, un district scolaire indépendant, Glen Avon, existe dans la région scolaire de St-Paul. La ville de Lloydminster chevauche la frontière entre l'Alberta et la Saskatchewan et tant les écoles publiques que les écoles privées suivent le système scolaire de la Saskatchewan. En 1982, la Charte canadienne des droits et libertés amena l'émergence d'une éducation francophone en Alberta. Il existe cinq regroupements francophones, publics et privés, qui couvrent la province entière, mais ils n'ont l'obligation de créer une école francophone que lorsque la demande est suffisamment élevée. Financement des regroupements scolaires. Avant 1994, les regroupements scolaires albertains avaient le pouvoir de lever une taxe scolaire (foncière). En 1994, ce droit fut supprimé pour les regroupements publics, mais pas pour les regroupements privés. Le gouvernement provincial décide le taux de taxation, les autorités locales collectent la taxe puis la renvoient au gouvernement provincial. Le gouvernement redistribue cette taxe à travers la province aux regroupements publics, privés et francophones. En plus de la taxe foncière, le gouvernement accorde des enveloppes à partir du "General Revenue Fund" afin de soutenir le projet éducatif "K - 12" qui vise à donner une scolarité de à tous les jeunes Albertains. Les "charter schools" ne demandent pas de frais de scolarité et reçoivent la même somme gouvernementale par élève qu'une école publique. Les écoles privées et les écoles à la maison reçoivent un certain financement, mais les parents défrayent une bonne partie des coûts. Depuis 1994, tous les regroupements (publiques, privés et francophones) peuvent également permettre aux écoles de demander un montant pour les livres, le matériel spécialisé, les programmes et services particuliers, etc. Ces coûts vont de par an par élève. À titre indicatif, en 2007, 29,7 % des revenus des commissions scolaires albertaines venaient des impôts locaux, 60 % du Fonds consolidé du gouvernement et 10,3 % d'autres sources. L'Alberta compte environ . Programme d'études. Tous les élèves albertains suivent le "Program of Studies" (programme d'études) et le curriculum approuvé par le ministère de l'Éducation. Tous les enseignants sont certifiés par le ministère, administrent aux élèves des tests d'aptitudes provinciaux et ont le pouvoir d'accorder les diplômes d'études secondaires. Enseignement post-secondaire. La plus ancienne et la plus grande université albertaine est l'Université de l'Alberta, située à Edmonton. L'Université de Calgary, autrefois affiliée à l'Université de l'Alberta, est devenue autonome en 1966 et est maintenant la en importance dans la province. L'université Athabasca est spécialisée dans la formation à distance. La quatrième université de la province est l'Université de Lethbridge. Il existe 15 collèges et deux institutions techniques (Northern Alberta Institute of Technology et Southern Alberta Institute of Technology) financées par l'état. Dans les dernières années, l'augmentation des frais de scolarité post-secondaire a engendré la controverse. En 2005, le premier ministre Ralph Klein a promis de geler les frais de scolarité et de chercher des solutions afin de réduire les coûts en éducation. Jusqu'à ce jour, aucun projet de loi n'a été proposé à cet effet.
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Asthme L'asthme du grec ancien , via le latin "asthma" signifiant « respiration difficile », est une maladie du système respiratoire touchant les voies aériennes inférieures et notamment les bronches, définie comme étant une gêne respiratoire. Définition. L'asthme est défini par des épisodes récurrents de symptômes respiratoires tel le sifflement expiratoire, l'essoufflement, l'oppression thoracique, et/ou la toux, variables en intensité, et par une limitation expiratoire variable qui peut devenir persistante aux stades plus avancés de la maladie. Ils peuvent être déclenchés par de l'exercice, certains allergènes, des substances irritantes, un changement de temps, ou des infections virales. Ils sont généralement réversibles au traitement ou spontanément. L'asthme est généralement associé à une hyperréactivité bronchique aux stimuli directs ou indirects, et à une inflammation chronique. Ces caractéristiques généralement persistent même à l'absence de symptômes ou même quand la fonction pulmonaire est normale, mais peuvent se normaliser avec le traitement. Physiopathologie. La maladie s'explique par quatre mécanismes caractéristiques : Histoire. Homère, dans l'Iliade, au chant XV, employa pour la première fois le mot (ἅσθμα, ατος (το) : courte respiration), pour désigner la dont souffrit Hector étendu dans la plaine. Le mot ἅσθμα fut repris au sens de et d', par Eschyle, poète d'Eleusis dans , et par Platon dans . En terme médical de ou d', il fut employé la première fois par Hippocrate dans les . Le médecin et philosophe juif Moïse Maïmonide fait également mention de cette maladie au . Pour l'époque moderne, le de John Floyer, publié en 1698 et qui se base, en partie, sur sa propre expérience, serait le premier manuel médical traitant intégralement de l'asthme. Phénotypes. L'asthme est une maladie hétérogène avec différents processus pathologiques. Des groupes reconnaissables de caractéristiques démographiques, cliniques et/ou physiopathologiques sont souvent appelés « phénotypes d'asthme ». Il demeure qu'aucune association forte n'a été établie entre des caractéristiques pathologiques, cliniques ou la réponse au traitement. Il convient de préciser que le terme « asthme d'effort » ne définit pas un phénotype particulier d'asthme. On lui préfère le terme « bronchoconstriction induite par l’effort », car l'ancienne terminologie suggère à tort que l'exercice est la cause d'asthme, alors que ce n'est qu'un déclencheur entre autres de la crise asthmatique. Et ce, d'autant plus que la bronchoconstriction induite par l'effort peut être ou pas associée à un asthme. Ici on présente les phénotypes les plus fréquents. L'asthme allergique. Il débute généralement pendant l'enfance et est associé un terrain atopique personnel ou familial ( rhinite allergique ; eczema, allergie alimentaire ou médicamenteuse). Ces patients ont généralement une bonne réponse aux corticostéroides inhalés. L'asthme non allergique. Aussi dit non atopique ou intrinsèque : quelques patients présentent un asthme qui n'est pas associé à une allergie, avec des tests cutanés négatifs pour les aéroallergènes et des concentrations d'IgE sériques totales et spécifiques normales. Une production locale d'IgE a pourtant été identifiée chez quelque patients de cette population. On distingue l'asthme neutrophile, éosinophile et paucigranulocytaire (avec peu de cellules inflammatoire). Les corticoïdes inhalés sont généralement moins efficaces chez cette population. Ce phénotype est généralement plus grave que l'asthme allergique. L'asthme à apparition à l'âge adulte. Chez quelques adultes et particulièrement chez la femme, l'asthme apparait la première fois à l'âge adulte. Chez cette population l'asthme est surtout non allergique. L'asthme professionnel est une possibilité qui doit être éliminée dans ce cas. L'asthme à limitation respiratoire persistante. Quelques patients avec un asthme de longue date développent une limitation respiratoire persistante ou incomplètement reversible. Ceci serait dû à un remodelage de la muqueuse bronchique. Du fait de l'installation lente et progressive de l'inflammation, celle-ci peut passer inaperçue, notamment parce que le malade a le temps de s'habituer à la gêne respiratoire et perd progressivement la notion de « normalité » respiratoire, jusqu'à ce que la gêne devienne trop envahissante dans la vie du malade. Il existe des facteurs de risque : L'asthme associé à l'obésité. Chez quelques patients obèses asthmatiques, les symptômes respiratoires sont importants avec peu d'inflammation éosinophile. Causes. Causes environnementales. Allergènes et pollution. Au début des années 1960, on a mis en cause les allergènes comme les acariens, les graminées et autres. L'évolution de la corrélation entre asthme et allergie n'est pas toujours symétrique : cette corrélation a été démontrée en Grande-Bretagne, mais ni en Allemagne, ni en Italie, où la fréquence des allergies a augmenté mais pas celle de l'asthme. Ce qui tend à prouver que l'asthme aurait des causes intrinsèques comme une réaction auto-immune ou une prédisposition génétique, bien qu'il n'y ait à ce jour aucune étude le prouvant formellement. Cependant, certaines études tendent à prouver que l'asthme est aussi fortement développé dans les endroits soumis à la pollution atmosphérique. Au début des années 1990, il fut démontré que les particules de diesel dans l'air endommageaient le cœur et les poumons et dans tous les cas créaient une forme de pollution dangereuse pour la santé. Une étude néerlandaise précise la relation entre l'exposition aux polluants atmosphériques et l'augmentation du risque d'avoir un asthme chez les enfants. Des études scientifiques montrent que la pollution atmosphérique est une des causes de l'asthme, notamment les COV (composés organiques volatils) et les NOx (oxydes d'azote : monoxyde et dioxyde d'azote) présents aussi bien dans l'air que dans certains produits industriels de nettoyage ou de réparation. Par ailleurs, l'UFC Que Choisir a récemment soulevé le problème de la pollution domestique et des impacts de la pollution dans les espaces intérieurs. S'ajoutent aux NOx, à la poussière et aux COV présents dans l'air, des produits industriels polluants utilisés pour la rénovation des moquettes encollées, polluants dont l'impact pour la santé est dénoncé par les associations de consommateurs, au même titre que les peintures industrielles, les colles et les produits nettoyants comme étant directement responsables de l'asthme chez les enfants et les personnes fragiles. Tabac. Stephen Holgate considère que la fumée de tabac est de loin la principale cause identifiée de l'asthme. Lui et son équipe ont prouvé que la fumée de tabac modifie les gènes de cellules pulmonaires de souris, et pourrait causer des changements génétiques dans les poumons des fœtus, les rendant ainsi vulnérables à l'asthme. La même chose pourrait être vraie pour les régimes alimentaires malsains et même pour le paracétamol (un antalgique lié à l'asthme par une étude parue dans The Lancet). Le tabagisme aussi bien actif que passif peut être en cause. Aspects hormonaux. Les hormones sexuelles joueraient un rôle dans la prévalence de l'asthme. En effet, la prévalence change radicalement à la puberté. Alors que l'asthme est plus répandu chez les garçons que chez les filles durant l'enfance, il devient plus fréquent et plus grave chez les femmes que chez les hommes après la puberté. Elles joueraient également un rôle dans la sévérité de l’asthme : un indice de masse corporelle élevé est associé à la sévérité de l’asthme chez les femmes ayant eu des règles précoces (deux facteurs susceptibles d'avoir comme cause une perturbation hormonale). Il existe ainsi des associations statistiques entre des marqueurs d’allergie (éosinophiles, IgE, atopie) et des évènements hormono-dépendants (asthme prémenstruel, ménopause et contraceptifs oraux). Un test effectué sur des souris a permis de montrer que les œstrogènes augmentaient l'inflammation des voies respiratoires tandis que les androgènes diminuaient cette inflammation. Causes génétiques. Ces dernières années des chercheurs ont démontré que les voies respiratoires des patients souffrant d'asthme chronique sont altérées de façon permanente par la maladie ou — possiblement — se développent différemment dans l'utérus. Stephen Holgate, un des chercheurs sur l'asthme en Grande-Bretagne, a publié dans le journal "Nature" les résultats d'une recherche de cinq ans mettant en cause le gène "ADAM33". Ceci est le premier gène découvert pour l'asthme, et contrôlerait la façon dont le muscle se développe dans les voies respiratoires. Holgate pense également que les facteurs environnementaux pourraient influencer les choses bien plus tôt qu'on ne le pensait dans le développement de la maladie : ils pourraient influencer l'expression des gènes dans le développement du fœtus, contribuant ainsi à une modification génétique favorisant la maladie. Holgate et son équipe ont déjà démontré la modification du gène "ADAM33" par la fumée de tabac dans des cultures de tissu pulmonaire de souris. En octobre 2005, ils ont aussi publié un compte-rendu démontrant que, lorsque les tissus des voies respiratoires des asthmatiques sont inflammés, ils produisent une molécule appelée TNF alpha, ou "tumor necrosis factor alpha". Or le gène "ADAM33", impliqué dans l'asthme, se comporte de façon très similaire au gène "ADAM17" responsable de la production de TNF alpha. On trouve aussi cette molécule TNF alpha dans les tissus enflammés des patients souffrant d'autres maladies inflammatoires chroniques, comme la polyarthrite rhumatoïde ou la maladie de Crohn. Après six années de lutte auprès des industries pharmaceutiques pour réaliser ces essais, Holgate a réussi à les convaincre de réaliser une expérience qui va à l'encontre d'une tendance générale à prendre l'asthme pour une maladie allergénique. En octobre 2004, lui et son équipe ont injecté de l'etanercept à , un récepteur soluble pour TNF alpha qui intercepte cette molécule et l'empêche de se lier avec les cellules des tissus et d'irriter les bronches. Les résultats sont pour l'instant très satisfaisants, avec des améliorations nettes et persistantes chez chacun des . À cette date de novembre 2005, trois de ces patients n'ont utilisé aucun stéroïde depuis les d'injections hebdomadaires, un peu plus de douze mois auparavant. D'autres gènes sont corrélés à la maladie asthmatique. Une mutation du gène codant la protéine YKL-40 (une chitinase) augmente ainsi sensiblement le risque de développer un asthme. Épidémiologie. Selon l'OMS, en 2016, près de de personnes souffrent d'asthme dans le monde. Ce nombre, en constante augmentation, est souvent sous-estimé à cause de mauvais diagnostics. En France. En France, les dernières enquêtes nationales montrent une prévalence cumulée de l’asthme de plus de 10 % chez l’enfant âgé d’au moins dix ans, cette prévalence diminuant avec l'âge pour atteindre 6 à 7 % chez l’adulte. Une enquête nationale réalisée par la Caisse nationale d'assurance maladie (Cnam) pendant l'année 2007 sur tous les patients de traités pour un asthme, retrouvait que bénéficiaient d'un traitement régulier, avec trois prescriptions ou plus de médicaments antiasthmatiques. Sur ces , 27 %, la plupart, dans la tranche des 20-29 ans, avaient un asthme insuffisamment contrôlé, nécessitant au moins quatre fois par an de recourir à un médicament destiné uniquement à traiter la crise. En France, il y a environ par an pour une crise d'asthme, et . Une cause allergique est retrouvée chez 70 à 80 % des adultes asthmatiques et chez 95 % des enfants atteints. Le coût de cette maladie est important pour la société car elle est responsable de d'hospitalisation et de 7 millions de journées d'arrêt de travail par an. Dans ce pays, la surveillance de l'évolution de l'incidence est effectuée par le réseau Sentinelles de l'INSERM. Expansion récente de l’asthme. On note une expansion rapide de la maladie depuis les années 1960 dans les pays développés. Il est surtout présent dans les pays connaissant une forte industrialisation ou une industrialisation en développement rapide. Il est par exemple peu connu en Afrique subsaharienne. En 1999, des chercheurs de l"'International Study of Asthma and Allergies in Childhood" ont quantifié quelques données concernant l'asthme, en mesurant le pourcentage d'asthme et d'allergies parmi les 13-14 ans dans différents pays : Des études récentes corrèlent l'augmentation de l'asthme avec le Bisphénol A, interdit en France dans la fabrication des biberons depuis 2010. Disparités des facteurs environnementaux. Peu de temps après la réunification allemande en 1989, une étude est menée conjointement à Munich (RFA) et à Leipzig (RDA) sur la prévalence de l'asthme de plusieurs milliers d'enfants d'âge préscolaire. Il s'agissait de montrer l'effet de la pollution environnementale sur la prévalence de maladies respiratoires d'origine allergique (asthme et rhinite allergique), en particulier l'effet du dioxyde de soufre (). Les résultats obtenus sont les suivants : Le résultat concernant la prévalence des bronchites était attendu, mais celui de l'asthme ne l'était pas. L'étude conclut, pour les troubles respiratoires à caractère allergique, que les déterminants sont surtout des . Plus tard, cette observation sera confirmée sur d'autres comparaisons de populations de cohortes génétiques équivalentes mais aux modes de vie éloignés, entre la Pologne, l'Estonie et la Suède. Ces écarts se comblent après la réunification et l'égalisation progressive des modes de vie entre la RFA et la RDA. Facteurs favorisant, déclenchant ou aggravant une crise. L'asthme est sensible à plusieurs facteurs : Manifestations cliniques. Les bronches ont notamment pour rôle de protéger les poumons des agents étrangers ou des agressions extérieures, notamment par la restriction du diamètre bronchique. L'asthme se manifeste par une réaction disproportionnée des bronches par rapport au milieu. Ainsi, les bronches d'un asthmatique sont inflammatoires et voient leur diamètre réduit. Le mucus produit en réaction à l'inflammation et la bronchoconstriction viennent réduire encore le diamètre des bronches, rendant l'expiration difficile ; on parle d'obstruction bronchique expiratoire. Dans tous les types d'asthme, on retrouve les symptômes suivants : Seules l'intensité, la durée et les causes de ces symptômes varient d'un type à l'autre. Plusieurs crises d'asthme répétées sur une courte période de temps définissent une exacerbation d'asthme (autrefois dénommée attaque d'asthme). Asthme allergique. En général caractérisé par la survenue d'une ou de plusieurs crises causées par une réaction excessive des bronches du malade à un agent extérieur (le plus souvent allergisant). La crise d'asthme allergique se manifeste par une obstruction soudaine et de progression rapide des voies bronchiques, le malade en crise s'étouffant par suffocation (l'impossibilité d'expirer correctement empêchant une nouvelle inspiration) et manque d'oxygène dans le sang (l'impossibilité d'expirer empêchant l'apport d'oxygène dû à l'inspiration, et saturant l'organisme en dioxyde de carbone). Cette forme d'asthme peut évoluer en asthme chronique, notamment si l'exposition à l'allergène est constante et de longue durée. Les facteurs déclenchants de cette forme commune d'asthme sont en général les allergènes inhalés comme les acariens, les poils d'animaux, les spores de moisissures et les pollens. L'asthmatique allergique, sans doute sensible à une combinaison de plusieurs de ces allergènes, présente également une rhinite allergique (rhume des foins) et/ou une conjonctivite allergique. La crise d'asthme est toujours une urgence médicale engageant le pronostic vital et nécessite une prise en charge spécifique. L'asthme donne des palpitations. Troubles associés. Un certain nombre d'autres affections surviennent plus fréquemment chez les asthmatiques, notamment le reflux gastro-œsophagien (RGO), la rhinosinusite, l'apnée obstructive du sommeil, l'eczéma atopique, la rhinite allergique, la polypose nasosinusienne et l'intolérance à l'aspirine. L'association de ces deux dernières avec l'asthme définie le « syndrome de Widal ». Les troubles psychologiques sont également plus fréquents, avec des troubles anxieux survenant chez 16 à 52 % des patients et des troubles de l'humeur chez 14 à 41 %. On ne sait pas si l'asthme cause des problèmes psychologiques ou si les troubles psychologiques conduisent à l'asthme. Ceux qui souffrent de l'asthme, surtout s'il est mal contrôlé, courent un risque accru de réactions d'hypersensibilité aux produits de contraste. Les caries surviennent plus souvent chez les asthmatiques. Cela serait dû à la diminution de la sécrétion salivaire par les agonistes bêta 2 adrénergiques. Ces médicaments peuvent également augmenter le risque d'érosion acide des dents. Classification selon la sévérité. Les asthmes par crise sont également classés de la façon suivante : L’asthme intermittent qui est défini arbitrairement par la survenue, au maximum, de deux crises brèves par semaine, et/ou deux épisodes nocturnes par mois, et un DEP (débit expiratoire de pointe ou Peak Flow) supérieur à 80 %. L’asthme persistant qui est défini lorsqu'il existe plus de deux épisodes par semaine, et/ou plus de deux épisodes nocturnes par mois, avec retentissement sur les activités courantes. Il peut être léger, modéré ou sévère. L’asthme aigu grave ou état de mal asthmatique qui met en jeu le pronostic vital. Il s'agit de la forme d'asthme la plus grave sur le court terme, le degré de réaction bronchique pouvant être particulièrement important et parfois mortel. Il nécessite une prise en charge urgente en milieu hospitalier (par exemple, en France environ par an meurent d'asthme, soit pour ). Cliniquement, il existe au moins un des signes suivants : Il convient d'en dissocier l’asthme du nourrisson, qui se définit par l'apparition d'au moins trois épisodes de sibilance avant l'âge de trois ans. Un asthme du nourrisson disparaît le plus souvent avant l'âge de cinq ans. Diagnostic. Quatre principales méthodes sont utilisées pour diagnostiquer l'asthme : Chez les jeunes enfants de moins de cinq ans, l'exploration fonctionnelle respiratoire n'est pas possible ; le diagnostic repose donc exclusivement sur la clinique et l'évolution des symptômes : → Attention, l’existence de symptômes particuliers doit faire rechercher d’autres diagnostics que celui d’asthme (mucoviscidose, corps étrangers bronchiques, séquelles de viroses respiratoire, bronchodysplasie, etc.) Traitements. Le salbutamol en inhalateur ( Ventoline) est le médicament le plus utilisé pour traiter de l'asthme en France, où plus de 65 % des personnes atteintes de l'asthme utilisent ce bronchodilatateur. Pour traiter l'asthme chronique, l'ajout de corticostéroïde est nécessaire afin de contrer l'inflammation des bronches. L'échec de ces traitement de fond de première intention peut conduire à recourir aux biothérapies pour contrôler les asthmes sévères (anticorps monoclonal, anti-TNF…). Pharmacologique. Traitement de fond. Le traitement par bêta-2 mimétiques à longue durée d’action peut être utilisé dans le traitement chronique de l’asthme. Ces médicaments sont pris tous les jours et toujours associés aux médicaments anti-inflammatoires, les corticostéroïdes inhalés (par exemple, Flixotide qui est du propionate de fluticasone). Depuis quelques années sont apparus les antagonistes des récepteurs des leucotriènes (par exemple, montélukast, zafirlukast), permettant un traitement de fond de l’asthme. Traitement de la crise. Le traitement de première intention est un bêta-2 mimétique de courte durée d'action (par exemple, la Ventoline qui est du salbutamol). Ce bronchodilatateur permet de soulager au quotidien le malade et aurait un impact sur la balance bénéfices / risques du traitement. Si la consommation de bêta-2 mimétique dépasse un aérosol doseur par an (soit 2 utilisations par semaine), il convient d’entamer un traitement de fond. Recommandation particulière concernant les allergies. Il est recommandé de surveiller les allergies et éventuellement les traiter par antihistaminique. Les personnes souffrant d'asthme d'origine allergique doivent éviter le contact avec les allergènes les plus fréquents : poils de chat, poussières, pollens Impact sur la balance bénéfices/risques des bronchodilatateurs bêta-2 mimétiques. Les effets secondaires à la prise par voie inhalée sont rares. Il peut s’agir de tremblements avec sensation d’excitation, de crampes musculaires ou de palpitations du cœur lorsque de grandes quantités de médicament sont inhalées. À fortes doses, ils peuvent entraîner des complications cardiaques avec des troubles du rythme chez des personnes âgées ou ayant une maladie cardiovasculaire. La balance bénéfices / risques des traitements est donc favorable. Crénothérapie (cures thermales). Sur prescription d’un médecin, le patient souffrant d'asthme peut bénéficier d'une cure thermale. Certaines stations françaises grâce aux propriétés curatives spécifiques à leur eau thermale, à leurs techniques de soins, et à leur environnement permettent de traiter les maladies asthmatiques telles que l'asthme lui-même ou la bronchopneumopathie chronique obstructive. Les patients asthmatiques représentent 8% de la totalité de la patientèle curiste. Les principes actifs naturels de l’eau thermale, au contact des muqueuses respiratoires, améliorent ou restaurent la qualité des tissus, protègent l’organisme contre les agressions et renforcent le traitement de fond. Les douches et les bains apportent des effets analgésiques, relaxants, circulatoires et ventilatoires. Les argiles médicinales augmentent la température des muscles et en améliorent la performance musculaire, notamment diaphragmatique. Même si les effets thérapeutiques d'une cure thermale pour l'asthme sont moins documentés que pour les maladies rhumatismales, la cure réduit les symptômes des crises et permet au patient d’apprendre à maîtriser leur apparition. Crise d'asthme. « Courante ». La mesure thérapeutique dans la vie de tous les jours est l'administration d'un bronchodilatateur, le salbutamol ou la terbutaline, provoquant une « détente » des muscles bronchiques et la réouverture des bronches (bronchodilatation). L'administration se fait essentiellement par inhalation : aérosols doseurs ou poudres. La technique d'utilisation des aérosols doseurs doit impérativement être connue par le patient pour une efficacité maximale. L'utilisation de dispositifs spécifiques, « chambres d'inhalation », facilite grandement l'utilisation des aérosols doseurs, en particulier chez l'enfant mais également chez l'adulte. Toute crise qui ne cesse pas rapidement face à la médication doit être traitée comme une urgence médicale. Aigüe grave. L’asthme aigu grave (AAG) est une urgence vitale. Du point de vue du malade, toute crise inhabituelle doit être considérée comme un possible AAG. Une crise est considérée comme grave si l'inhalation d'un bronchodilatateur n'a pas l'effet escompté et ne dilate pas les bronches. On note alors des difficultés à inspirer et à expirer alors qu'une simple crise d'asthme est caractérisée par la diminution du débit expiratoire (VEMS). Un transfert médicalisé et une hospitalisation en urgence sont indispensables. Le traitement de première intention repose sur une oxygénothérapie, associée à la prise de bêta 2-stimulant d'action brève inhalé, à posologie élevée, et l'administration de corticoïde par voie orale ou intraveineuse. En effet, le principal risque est ici une asphyxie. Par ailleurs, comme dans plusieurs cas de ventilation difficile, l'hypercapnie permissive est une approche préconisée par plusieurs auteurs. Éducation thérapeutique du patient. L’asthme étant une maladie chronique, un accompagnement personnalisé sur le long terme est nécessaire afin de mieux gérer sa maladie. Une éducation thérapeutique du patient peut permettre l’amélioration de la qualité de sa prise en charge. L’éducation thérapeutique est une démarche qui comprend des activités éducatives d’information et d’apprentissage proposées et dispensées par des professionnels de santé : médecins généralistes et spécialistes, infirmières, kinésithérapeutes ou pharmaciens. Ces activités permettent d’acquérir les compétences utiles pour mieux comprendre et gérer l’asthme au quotidien et savoir comment réagir face à des situations difficiles. Celle-ci est basée sur différents domaines de compétences que le patient doit acquérir : Breathing Games est un Communs de santé canadien en libre accès (édition scientifique) qui distribue des jeux et du matériel diffusés sous licence open source et copyleft, pour promouvoir la santé respiratoire et prévenir l'asthme, la mucoviscidose / fibrose kystique et d'autres maladies respiratoires chroniques. Conseils thérapeutiques pour le patient. Adaptée dans l'asthme par crise, elle repose sur les mesures suivantes avant de prévenir la survenue mais aussi l'intensité des crises : Alimentation. D'après plusieurs essais cliniques, une augmentation de la consommation de fruits, de légumes et de céréales permet d'arrêter la progression de l'asthme. Les compléments d'antioxydants (vitamine A, C, E), de vitamine B8 ou d'acides gras polyinsaturés (oméga 3 et 6) n'ont en revanche aucun effet prouvé. Traitements alternatifs. Les thérapies alternatives sont particulièrement utilisées dans le domaine de l'asthme : selon plusieurs études, environ 50 % des patients utilisent une forme de thérapie non conventionnelle. Toutefois, la plupart de ces traitements alternatifs n'ont pas démontré leur efficacité. Par exemple, les données ne permettent pas de recommander l'utilisation de compléments en vitamine C dans le traitement de l'asthme. Plusieurs sources, dont les "National Institutes of Health" (NIH), déconseillent l'usage de l'acupuncture, qui ne semble pas apporter de bénéfices thérapeutiques ; il en va de même pour l'homéopathie. Les purificateurs d'air par ionisation n'améliorent pas non plus les symptômes asthmatiques. Enfin, les techniques de manipulation, telles que l'ostéopathie, la chiropraxie, ou la méthode de manipulation thoracique dite "méthode Gesret", sont également déconseillées puisqu'elles ne procurent aucun bénéfice objectif. Vaccin. Un projet de vaccin contre l'asthme allergique donne des résultats encourageants sur l’animal (notamment chez la souris). L'asthme allergique se caractérise par une hyperréactivité des voies respiratoires, une surproduction de mucus et une éosinophilie causée par une cascade inflammatoire impliquant des cytokines de type 2 (notamment les interleukines IL-4 et IL-13) et des immunoglobulines E (IgE) en réponse à une exposition allergénique. Les laboratoires de l'Inserm Infinity (Toulouse) et Immunité Humorale (Institut Pasteur, Paris) associés à l’entreprise française Neovacs, ont mis au point un vaccin conjugué, nommé Kinoïde, qui induit une production durable d’anticorps ciblant l’IL-4 et l’IL-13. Les essais précliniques sur modèle murin montrent une forte diminution des symptômes (dans un modèle d'allergie aux acariens) et une efficacité plus durable que les actuels traitements par anticorps monoclonaux thérapeutiques. Diagnostic différentiel. Voir l'équivalent asthme, pathologie associée s'exprimant par une hyperréactivité bronchique, provoquant toux spasmodiques et nocturnes, sans provoquer de diminution cliniquement décelable du volume d'air expiré. Évaluation de la gravité d'une crise d'asthme. Une crise d'asthme aigüe se caractérise par une exacerbation aigüe de la dyspnée, de la toux et du sifflement respiratoire, et s'accompagne d'une détérioration (passagère) de la fonction pulmonaire. L'évaluation de la gravité d'une crise d'asthme peut se faire par l'évaluation de la fonction pulmonaire (débit expiratoire de pointe ou DEP, volume expiratoire maximal par seconde ou VEMS). L'évaluation clinique de la gravité de la crise est encore plus importante que l'évaluation de la fonction pulmonaire, entre autres parce que les résultats des mesures de la fonction pulmonaire pendant une crise d'asthme aigüe ne sont pas toujours fiables. En fonction de la gravité de la crise, il convient de décider si le patient peut être traité en première intention à domicile (avec hospitalisation en l'absence d'amélioration) ou s'il doit être hospitalisé immédiatement. Les critères sur base desquels une crise d'asthme grave doit être suspectée et une hospitalisation immédiate envisagée sont les suivants : En cas d'asthme mettant la vie en danger, une insuffisance respiratoire peut survenir avec diminution de la fréquence respiratoire. Les signaux d'alarme suivants indiquent un épuisement et la nécessité d'une admission immédiate dans un service d'urgence : Chez les patients suivants, qui ont un risque élevé de décès lié à l'asthme, une attention particulière s'impose, et une hospitalisation plus rapide est de rigueur : Asthme et grippe. La plupart des asthmatiques, comme d’autres personnes fragilisées, peuvent être victimes de complications exacerbées et graves en cas de grippe. Le vaccin anti-grippe saisonnière leur est recommandé (à partir de 6 mois, pris en charge à 100 % pour les asthmatiques) en France par le Conseil supérieur d'hygiène publique de France, et par des organismes équivalents dans la plupart des autres pays industrialisés d'Europe et d'Amérique du Nord. Chez l'asthmatique, la vaccination diminue le risque d’hospitalisation et de besoin accru de médicaments. Cependant, sur les trois millions de Français victimes d'asthme (surtout des enfants et adolescents), seuls 32 % se sont fait vacciner durant l’hiver 2006-2007, et moins d’un quart des moins de ont été vaccinés (et 14 % seulement des moins de ), contre 77 % chez ceux de et plus. L'allergie à l'œuf (rare et détectable par test cutané) est la seule contre-indication, si le sujet est indemne d'infection évolutive, de fièvre et/ou d'instabilité de l'asthme. Les asthmatiques vaccinés n’ont pas d’effet secondaire significatif ou particulier dans les quinze jours qui suivent (aucune modification de débit respiratoire, ni besoin accru de bronchodilateurs, ni augmentation des consultations médicales ou de consommation de corticoïdes). Recherche de nouveaux médicaments. Pour aider certains patients dont l'organisme répond mal aux traitements actuels ou qui souffrent d'effets secondaires la recherche de médicaments se poursuit Une piste explorée est un inhibiteur sélectif de la protéine Gq dit qui a donné de bons résultats en laboratoire chez la souris, le porc et chez l'homme ex vivo, sans effets aigus sur la pression sanguine ni sur le rythme cardiaque ; il peut être délivré par inhalation et pourrait aussi aider à traiter d'autres maladies obstructives des voies respiratoires. Il doit encore être testé chez l'Homme.
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Arts visuels Les arts visuels sont les arts qui produisent des objets perçus essentiellement par l'œil. Ils englobent les arts plastiques traditionnels (les anciens beaux-arts dégagés de la notion restrictive d'esthétique, comme du « beau »), auxquels s'ajoutent les techniques nouvelles : la photographie, le cinéma, l'art vidéo et l'art numérique, mais aussi les arts appliqués, les arts décoratifs (art textile, design, marqueterie…) et l'architecture. Origine et utilité du concept. Le concept d'arts visuels vient de l'allemand : « Bildende Kunst » attribuable au philosophe Emmanuel Kant qui, dans "Critique de la faculté de juger" a considéré la réception des œuvres d'art par les sens (ici, celui de la vue). Le mouvement moderne, mais surtout l'art contemporain, l'introduction de collections d'arts non occidentaux ont nécessité d'élargir le champ de l'art aux nouvelles formes qui ne cessaient d'apparaître à partir des années 1960. La critique de l'usage des termes hérités de la culture occidentale et appliqués indistinctement à l'ensemble de la planète, tous temps confondus, a beaucoup participé à répandre l'usage du concept d'« arts visuels ».
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Arvo Pärt Arvo Pärt (), né le à Paide en Estonie, est un compositeur estonien. Créateur de musique classique, de musique religieuse et de musique contemporaine, il est souvent associé au mouvement de musique minimaliste. Biographie. Arvo Pärt naît à Paide, ville située à environ au sud-est de Tallinn. Ses parents, August Pärt (1899 - 1972) et Linda-Annette (née Mäll ; 1907 - 1991), divorcent alors qu'il n'a que trois ans et sa mère l'emmène vivre chez son nouveau compagnon à Rakvere, dans le Nord-Est de l'Estonie. Là, entre sept et huit ans, il suit des cours de musique après l'école et apprend les bases du piano et de la théorie musicale. À la maison, il ne dispose que d'un vieux piano à queue dont seuls les registres extrêmes peuvent être joués convenablement ; cela le pousse à l'expérimentation et à inventer ses propres œuvres. Adolescent, Arvo Pärt écoute toutes sortes de musiques à la radio mais il est plus particulièrement intéressé par la musique symphonique. Il écoute notamment les programmes de la Radio finlandaise qui pouvaient être captés assez clairement dans le nord de l'Estonie. On raconte même qu'il tournait en rond sur la place de la ville alors que les concerts symphoniques y étaient diffusés via des haut-parleurs, à vélo, pour ne pas rester statique et ne pas éveiller les soupçons. Bien que le piano soit son instrument de prédilection et qu'il en joue parfois en concert comme accompagnateur, il pratique aussi le hautbois dans l'orchestre de son école, les percussions dans un groupe de danse et chante dans le chœur de son école. Progressivement, il passe des improvisations au clavier à des compositions plus formelles qu'il commence à noter vers quatorze ou quinze ans. Vers ses dix-sept ans, il présente "Meloodia", pièce pour piano qu'il compose pour un concours de jeunes artistes. Sa pièce est remarquée mais, sans doute à cause d'un manque évident de racines ou d'influences estoniennes, il ne remporte aucun prix. Arvo Pärt se rappelle qu'elle était dans le style de Rachmaninov mais qu'elle n'avait rien de personnel. Arvo Pärt entre en 1954 à l'École secondaire de musique de Tallinn et compte parmi ses professeurs Harri Otsa. Il y étudie la théorie musicale, la composition, le piano, la littérature musicale, l'analyse et la musique populaire. Cet apprentissage est interrompu après quelques mois seulement par le service militaire obligatoire au cours duquel il joue de la caisse claire et du hautbois dans la fanfare. Ces deux années sont vécues comme une souffrance et il contracte une maladie rénale qui compromettra sa santé pendant plus de dix ans. Il retourne à l'École secondaire de musique de Tallinn pour l'année scolaire 1956-1957 avec Veljo Tormis pour professeur et assimile facilement toute idée nouvelle (dont le dodécaphonisme), particulièrement le peu de musique occidentale qu'il peut entendre. Il fait déjà preuve d'un talent évident et naturel pour la composition ; un de ses compagnons d'étude, Ave Hirvesoo, déclare même qu'il « semblait secouer sa manche et des notes en tombaient ». Il entre au conservatoire de Tallinn à l'automne 1957 où il étudie avec Heino Eller. Les programmes obligatoires comportent également l'économie politique, l'histoire du Parti communiste et la « science de l'athéisme ». Parallèlement, il trouve un emploi d'ingénieur du son à la radio estonienne, poste qu'il occupe de 1958 à 1967. En 1962, l'une de ses compositions écrite pour chœur d'enfants et orchestre, "Notre jardin" (1959), le fait connaître dans toute l'Union soviétique et lui permet de remporter le Premier Prix des jeunes compositeurs de l'URSS. À cette époque il est quelque temps directeur musical du "Théâtre des Pionniers" de Tallinn et compose de la musique pour le théâtre, particulièrement des pièces pour les enfants et les marionnettes ("Quatre danses faciles pour le piano", "Cinq chansons enfantines") ; il reçoit également de nombreuses commandes de musiques de film. Quand il sort diplômé du conservatoire de Tallinn en 1963, sa carrière professionnelle de compositeur est déjà bien amorcée. Au début des années 1960, Arvo Pärt s'initie à la composition sérielle, dont relèvent ses deux premières symphonies ; cela lui attire immédiatement d'importantes inimitiés, la musique sérielle étant considérée comme un avatar de la décadence bourgeoise occidentale. Tout aussi incorrectes politiquement dans le contexte soviétique, ses compositions d'inspiration religieuse, ainsi que sa technique du collage un temps utilisée, limitent considérablement le rayonnement de son œuvre. En 1968, en proie à une crise créatrice, et à la suite de la censure par le régime communiste de son œuvre "Credo", Arvo Pärt renonce au sérialisme et plus globalement à la composition elle-même, et ce durant une dizaine d’années, temps qu'il consacre à l'étude du plain-chant grégorien et à celle de compositeurs médiévaux français et flamands tels que Guillaume de Machaut, Ockeghem, Obrecht et Josquin des Prés. Ces études et réflexions aboutiront à l'écriture d'une pièce de style intermédiaire, la "Symphonie 3" (1971). Son évolution stylistique est notable en 1976 avec la composition d'une pièce pour piano devenue célèbre, "Für Alina", qui marque une rupture avec ses premières œuvres et qui pose les jalons de son nouveau style, qualifié par lui-même de « style tintinnabuli ». L'auteur l'explique ainsi : « Je travaille avec très peu d'éléments - une ou deux voix seulement. Je construis à partir d'un matériau primitif - avec l'accord parfait, avec une tonalité spécifique. Les trois notes d'un accord parfait sont comme des cloches. C'est la raison pour laquelle je l'ai appelé "tintinnabulation" ». L'année suivante, Pärt écrira dans ce nouveau style trois de ses pièces les plus importantes et reconnues : "Fratres", "Cantus in Memoriam Benjamin Britten" et "Tabula rasa". En 1980, accompagné de sa famille, il quitte son pays où il est en proie à la censure pour Vienne où il obtient la nationalité autrichienne. L'année suivante il part pour Berlin-Ouest. De fréquents séjours le conduisent près de Colchester dans l'Essex. Il revient ensuite en Estonie et vit désormais à Tallinn. Son succès jamais démenti dans tout l'Occident, et particulièrement aux États-Unis, a pour inconvénient de le ranger dans la catégorie des compositeurs « minimalistes mystiques », avec Henryk Górecki et John Tavener. En 1996, il devient membre de l'Académie américaine des arts et des lettres. Créateur d'une musique épurée, d'inspiration profondément religieuse — il est de confession chrétienne orthodoxe, et les chants orthodoxes ainsi que les chants grégoriens ont influencé son style sur la modulation lente des sons —, associée par certains à la musique postmoderne, Arvo Pärt creuse également le sillon du style tintinnabuli. Ses œuvres ont été jouées dans le monde entier et ont donné lieu à plus de 80 enregistrements, ainsi qu'à de très nombreuses utilisations pour l'illustration sonore de films et de spectacles de danse. Inspiration et style. Elle se caractérise par l'écriture minimaliste de Pärt, une musique épurée qui donne une impression de simplicité. Le premier élément est l'utilisation de rythmes simples tels que « noire, blanche, noire, blanche » ou « blanche, noire, blanche, noire ». Le second élément est le style tintinnabuli. Chez Arvo Pärt, cette écriture s'inspire ainsi du son de la clochette, lorsqu'un instrument - quel qu'il soit - articule son jeu entre trois notes principales, celle de l'accord parfait d'une gamme. Cette simplicité se retrouve également dans l'utilisation de notes récurrentes et d'une certaine stabilité de la gamme. Pärt, contrairement à beaucoup de compositeurs des époques baroque, classique et romantique, n'utilise pratiquement jamais de modulations. Œuvres complètes. Liste chronologique des œuvres complètes d'Arvo Pärt : Travail pour le cinéma et utilisation cinématographique. Dans les années 1960 et 1970, Arvo Pärt compose, sur commande, plusieurs musiques de film. Cette production est estimée à près de quarante bandes originales dont les plus notables sont "Des diamants pour la dictature du prolétariat" (1975) de Grigori Kromanov et "L'Enquête du pilote Pirx" (1979) de Marek Piestrak. Le style est imaginatif, mais manque d'unité. Ce travail n'a pour le compositeur qu'une fonction lucrative et reste sans rapport avec le travail de recherche qui l'occupe à la même époque. Bien que la musique d'Arvo Pärt à partir de 1976 soit composée spécifiquement pour les concerts, le succès des enregistrements discographiques pousse de nombreux réalisateurs à utiliser, à partir des années 1990, des extraits de ses œuvres en leur assignant une fonction critique et narrative importante. L'estimation actuelle regroupe une vingtaine de pièces, présentes dans plus de cent-cinquante de longs métrages. Parmi ses œuvres sont utilisées le plus fréquemment "Für Alina", "Fratres", "Cantus" et, plus particulièrement, "Spiegel im Spiegel" qui apparaît en surimposition d'une variété de thèmes, notamment la guerre, la maladie en phase terminale, le terrorisme, la compassion et le pardon. D'une manière plus générale, y compris dans son utilisation au cinéma, l'œuvre d'Arvo Pärt peut être considérée comme l'agent esthétique de quelque chose qui est « inaccessible, oublié ou dépossédé » propice à l'introspection et à la réflexion mystique. Spectacle vivant. En 2015, le concert-spectacle "Adam's Passion", mis en scène par Bob Wilson, est joué dans une ancienne usine de sous-marins à Tallinn. Principaux enregistrements. La plupart sont parus chez ECM dans la collection "New Series" et Harmonia Mundi : Distinctions. Arvo Pärt est docteur honoris causa de plusieurs universités dans le monde dont celles de Sydney (1996), Tartu (1998), Durham (2003), Fribourg (2007), Liège (2009) et Saint Andrews (2010). Membre de l'Académie américaine des arts et des lettres (département musique) depuis 1996, il a reçu le prix Léonie-Sonning de la musique en 2008 et a été nommé chevalier de la Légion d'honneur en 2011. Il est également membre du Conseil pontifical pour la culture depuis 2011. En , il reçoit la distinction d'Archonte du patriarcat œcuménique de Constantinople. Arvo Pärt a reçu en le Praemium Imperiale dans la section « musique », attribué par l'Association japonaise des beaux-arts. En 2017, il reçoit le prix Ratzinger pour sa contribution significative dans le domaine de la musique sacrée. En 2023, il est lauréat du prix Polar Music, récompense considérée comme le « Nobel de la musique ». Hommage. Est nommé en son honneur (4087) Pärt, un astéroïde de la ceinture principale découvert en 1986.
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Akseli Gallen-Kallela Akseli Gallen-Kallela de son vrai nom Axel Waldemar Gallén (né le à Pori, en Finlande, et mort le à Stockholm, en Suède) est un peintre et graveur finlandais de la fin du et du début du . Il fut l'un des artistes finlandais les plus connus internationalement. Son œuvre est associée aux styles nationaliste romantique, symboliste et réaliste. Biographie. Jeunesse. Axel Waldemar Gallén naît dans une famille suédophone. Axel est le troisième enfant du second mariage de son père avec Anna Mathilda (née Wahlroos en 1832). Il a 12 frères et sœurs. Son père Peter Wilhelm Gallén (1817–1879) est employé comme caissier de la Banque de Finlande à Pori, il est aussi propriétaire à Tyrvää d'un élevage de chevaux et de deux autres terrains, soit en tout environ 150 hectares. Axel Waldemar passe sa jeunesse dans le domaine de Jaatsi. Ensuite, son père est successivement chef de police rurale, avocat, dans les années 1850, il met en place une bibliothèque, puis la Caisse d'épargne de Tyrvää et une vingtaine d'années plus tard la première école publique. Le père d'Axel meurt à l'âge de 62 ans alors qu'Axel a 14 ans. Sa mère Anna Mathilda vivra en bonne santé jusqu'à 90 ans. Axel admire les agriculteurs de langue finnoise, il fait connaissance avec les paysans et apprend le finnois avec son père et avec les domestiques. À l'automne 1876, Axel, avec son frère aîné Cleas Uno et son cadet Hugo Walter, sont envoyés au lycée normal suédois d’Helsinki. Axel ne se plaît pas au lycée, les cours de latin et de religion sont les plus ennuyeux. Il se passionne pour les exercices de dessin. Déjà dans sa période scolaire, Axel n'accepte pas entre autres la théorie raciale de August Sohlman et de Peter Andreas Munch sur l'origine asiatique des Finlandais auxquels les Suédois auraient apporté la culture. Au cours des années 1870, Axel commence à lire le Kalevala, ce que n'apprécie pas du tout sa mère Mathilda, qui est porteuse de la théorie suédoise du Scandinavisme et perçoit les Finlandais comme un peu grossiers et péquenots. Formation artistique. Dès 1878, Axel commence, après ses journées de lycée, à fréquenter l'école de dessin de l'Académie des beaux-arts d'Helsinki. L'automne 1879, son père, Peter Gallén, meurt brutalement. L'été suivant, à l'âge de 15 ans, Axel voyage pour la première fois en dehors des frontières du Grand-duché de Finlande pour Tallinn, où son demi-frère Peter Wilhelm Gallén est vétérinaire en chef. Au printemps 1881, Axel peut enfin abandonner ses cours au lycée, ce que son père n'avait jamais accepté et ainsi il ne passera jamais son baccalauréat. La même année, il s'inscrit au cours de l'école de dessin de l'association artistique de Finlande. Il a d'abord comme professeur "Carl Jahn" et l'année suivante, il peut changer pour la classe modèle dont le professeur est Fredrik Ahlstedt. Il reçoit aussi des leçons particulières de "S. A. Keinänen". Selon ses dires, ce sont les enseignements d'Adolf von Becker qui l'ont le plus influencé. Le décès de son père a mis la famille dans une situation économique telle qu'il cherche à financer ses études en faisant des agrandissements pour la librairie Edlund, et des illustrations de livres pour A. A. Granfelt. Ce faisant, il commence à s’intéresser de plus en plus au travail d'illustration. En 1884, après ses études à Helsinki, il part étudier à Paris, à la fois à l'Académie Julian de 1884 à 1889 et en même temps de 1887 à 1889 à l'Atelier Cormon. En 1888, il exécute le portrait du peintre suédois Nils Forsberg qui vivait à Paris depuis 1868. Il fait des voyages d'études à Londres et à Berlin en 1895 et en Afrique de 1909 à 1911. En 1898, il participe à Saint-Pétersbourg à l' "exposition d’artistes russes et finlandais" et à l' "Exposition artistique internationale" organisée par l'association Mir Iskousstva en 1899. À Paris, il habite avec Emil Wikström, Albert Edelfelt leur a donné son vieux poêle. Dans les milieux artistiques nordiques de l'époque, on trouve des peintres et des écrivains comme les Suédois August Strindberg et Ernst Josephson, les Norvégiens Bjørnstjerne Bjørnson, Edvard Munch, Frits Thaulow et Adam Dörnberger. Un de ses bons amis est le céramiste français Henry Dehaulme de Vallombreuse. Ils fréquentent les cafés de Montmartre et du Quartier latin. Wikström et Gallén tombent tous deux malades de la diphtérie au printemps 1886. Carrière artistique. En 1890, Gallen-Kallela se marie avec Mary Helena Slöör. Le jeune couple fait son voyage de noce à Kuhmo et en Carélie. Il commence son célèbre triptyque "La Légende d'Aïno". C’était l’époque de la , du carélianisme et les débuts du romantisme de la Carélie du Kalevala, qui de sa façon donnait réponse à la fuite de Gauguin vers le primitivisme. La tendance était au style Romantisme national dans tous les domaines artistiques. Dans les années 1890, le couple aura trois enfants Marjatta, Kirsti et Jorma. Marjatta mourra de diphtérie à l'âge de quatre ans, ce qui marquera un tournant dans la carrière de l'artiste en 1895. Dans ses années d’études à Paris, Gallen-Kallela peint la vie de bohème, mais peu à peu la nature, les paysages sauvages et la population de Finlande le rappellent. Et les thèmes mythiques du Kalevala le séduisent. Au tournant du siècle, Gallen-Kallela contribue fortement à la lutte contre la russification de la Finlande. Il contribue à l’essor d’un art national et en démontrant sa vitalité culturelle, il défend la légitimité de la Finlande à exister en tant que nation. À cette époque, les cercles artistiques finlandais sont majoritairement dans la mouvance du Parti jeune finnois (en ). Dans le tableau "Symposion", il peint les rencontres de son cercle du Parti jeune finnois à l’hôtel Kämp. Dans ce cercle, on trouve entre autres Jean Sibelius, Eino Leino et Robert Kajanus. L'hiver 1905–1906, le révolutionnaire Maxime Gorki se cache à Helsinki dans l’atelier Pirtti de Gallen-Kalella, qui peindra son portrait pendant son séjour. En 1907–1908, Akseli Gallen-Kallela voyage en Hongrie. En 1908, une exposition de près de 500 œuvres de Gallen-Kallela est organisée à Budapest. Dans cette ville est érigé un monument à la mémoire de Gallen-Kallela dans un parc de Buda proche du Danube. En 1918, juste après l’Indépendance de la Finlande pendant la Guerre civile finlandaise, Gallen-Kallela rejoint les troupes blanches (en ) du Gouvernement de Pehr Evind Svinhufvud dirigées par Carl Gustaf Emil Mannerheim. Il est d’abord cartographe des Forces armées finlandaises puis s’installe au siège de l’armée blanche comme Aide de camp de Mannerheim. À l’exception de la croix de Mannerheim, les médailles de l’ordre de la Croix de la Liberté sont créées à l’époque par Gallen-Kallela. Après la guerre, Gallen-Kallela est adjudant de Mannerheim et conçoit les uniformes de combat de l’armée finlandaise et les médailles de l’ordre de la Rose blanche. En 1911–1913, Gallen-Kallela conçoit et construit son manoir Tarvaspää à Espoo. En 1961, il est ouvert au public sous le nom de musée Gallen-Kallela. En 1894-1895, il avait déjà conçu et construit un autre atelier nommé Kalela à Ruovesi, qu’il a habité avec sa famille de 1895 à 1900, l’été 1905 puis de 1915 à 1921. Kalela est aussi un musée. En 1922, pendant qu’il travaille à Porvoo pour WSOY, il commence à travailler sur son projet de "Suur-Kalevalaa". Pendant plusieurs années, il recherche des ornements et une typographie. Mais c’est pendant un voyage au Mexique et en Amérique du Nord qu’il trouve comment illustrer en rendant l’esprit des poèmes du Kalevala. Il peut alors terminer son Suur-Kalevala de 75 pages. En 1931, il est invité à Copenhague pour parler de son œuvre et pour rencontrer d’autres artistes nordiques. Sur le chemin du retour, il meurt d'une pneumonie, le à Stockholm pendant son sommeil. Il est enterré au Cimetière de Hietaniemi à Helsinki. Œuvre. Après avoir débuté par une peinture réaliste en puisant ses sujets dans la vie rurale, Akseli Gallen-Kallela se forge un style personnel d'inspiration néo-romantique, caractérisé notamment par des contours marqués et des couleurs vives. Il est célèbre pour ses grands tableaux illustrant des épisodes du "Kalevala", l'épopée nationale finlandaise ("La Défense du Sampo", 1896 ; "La Mère de Lemminkäinen", 1897).
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AOL AOL, originellement , est une société américaine de services internet, ancienne filiale du groupe diversifié de médias Time Warner, cotée à la Bourse de New York (New York Stock Exchange) sous le symbole AOL. Après quinze années d'utilisation de la marque aux États-Unis, la société a décidé le de renommer la société AOL LLC afin d'adopter la marque AOL qui était jusqu'alors principalement utilisée pour communiquer sur ses services en Europe. Le , Time Warner annonce sa séparation d'avec AOL, après neuf ans de collaboration. Le , la presse annonce que Verizon rachète AOL. En mai 2021, Verizon annonce la vente de sa branche médias au fonds d'investissement Apollo Global Management. Histoire. À la fin des années 1990, AOL fait partie avec ses compatriotes Amazon, Yahoo et eBay des sociétés devenues célèbres grâce à une bulle des capitalisations boursières des jeunes sociétés sans équivalent dans l'histoire, qui finit en krach, phénomène touchant aussi des nombreuses petites sociétés de biotechnologies et des Sociétés minières junior. Le , AOL annonce qu'elle va se séparer de de ses employés dans les six prochains mois, soit le quart de son effectif, dont transferts d'emplois en Europe vers les sociétés qui reprennent ses activités de réseau d'accès à Internet. Le , la société diffuse sur son site web, et à l'attention initiale d'un public académique spécialisé en techniques de recherche, les mots-clés utilisés par de ses abonnés américains dans le moteur de recherche AOL. Ces recherches couvrent une période s'étalant sur trois mois, soit environ d'entrées, non censurées ni filtrées. Le fichier d'environ est rapidement retiré du site lorsque AOL s'aperçoit des implications relatives à la vie privée et émet une lettre d'excuse. La liste, dont l'importance sur l'atteinte à la vie privée a été immédiatement réalisée par plusieurs internautes ainsi que par plusieurs sites majeurs d'information technique (Digg, Slashdot…) est disponible sur plusieurs sites miroirs ainsi que sur le réseau P2P BitTorrent. Les recherches, bien que rendues anonymes par AOL avant la publication de la liste, permettent d'identifier certains utilisateurs (par exemple plusieurs personnes ont recherché des informations sur elles-mêmes), et certains internautes ont utilisé des mots clés de recherche « douteux », voire hors la loi. Une plainte collective est déposée le pour violation de la , entre autres charges. Une plainte a aussi été déposée auprès de la Federal Trade Commission (Organisme de protection des droits du consommateur) par un groupe de défense des droits, l'Electronic Frontier Foundation, le . Le , Time Warner annonce sa séparation avec AOL. Cette séparation est effective depuis le . Le AOL annonce avoir racheté le journal en ligne "The Huffington Post" pour de dollars. La fermeture d’Aol France et d’autres pays européens est prévue à partir de 2010. En , AOL acquiert l'entreprise "Gravity", spécialisée dans la personnalisation de contenu internet, pour 83 millions de dollars. En , Verizon acquiert AOL, incluant donc ses activités dans la publicité mobile, Huffington Post, TechCrunch et Engadget, pour 4,4 milliards de dollars. En , Microsoft annonce son retrait partiel du secteur de la publicité en ligne, au travers d'un partenariat avec AOL. Dans ce partenariat, les sites du groupe AOL utiliseront Bing comme moteur de recherche, en échange de quoi, AOL intègrera les activités de régie publicitaire de Microsoft, sauf pour le moteur de recherche Bing, en Allemagne, au Brésil, au Canada, en Espagne, aux États-Unis, en France, en Italie, au Japon et au Royaume-Uni. L'accord intègre également un transfert de emplois de Microsoft à AOL. En mai 2021, Verizon annonce la vente au fonds d'investissement Apollo Global Management de ses activités dans les médias incluant les marques AOL, Yahoo ou encore TechCrunch pour 5 milliards de dollars, soit près de la moitié du montant qu'il avait déboursé pour les acquérir, tout en gardant cependant une participation de 10 % dans cet ensemble. AOL France. AOL faisait partie des premiers fournisseurs d'accès à Internet (FAI) avec CompuServe. Les filiales européennes (France, Royaume-Uni, Allemagne) étaient à l'origine issues d'une coentreprise entre America Online et Bertelsmann appelée AOL Europe, chargée de vendre en Europe les services et produits sous licence AOL. Ces produits comprennent notamment la connexion et l'accès à l'internet, la messagerie électronique, la messagerie instantanée et des contenus exclusifs accessibles via un logiciel propriétaire. Celui-ci avait la particularité d'être offert sur des CD distribués gratuitement dans les magazines informatiques, dans les boîtes aux lettres (pratique très courante à l'époque)… En 1998, Vivendi entre dans le capital d'AOL Europe à hauteur de 55 % via les groupes SFR-Cegetel et Canal+. La société devient la star du bas débit illimité en lançant une offre à (environ ) à partir du . Il fallait s'abonner sur une période de deux ans pour bénéficier de l'offre à par mois ; sinon, le prix du forfait était de par mois. AOL proposait déjà une offre d'accès illimitée depuis le début de l'année 2000 (offre AOL Gold), pour par mois). L'offre à par mois a augmenté le nombre d'abonnés de façon significative, ce qui a provoqué des ralentissements et des problèmes de connexion dus au trop grand nombre d'utilisateurs sur les points d'accès. Les utilisateurs étaient d'ailleurs déconnectés à intervalles réguliers, afin de soulager la charge des serveurs. Le second problème étant que de nombreuses personnes prenant un abonnement illimité se sont retrouvées avec un abonnement limité, facturé à la minute. Cet incident a conduit à des factures élevées pour les premiers mois de certains clients (la cause étant une erreur de numérotation de connexion par les abonnés car seulement certains numéros étaient reconnus pour accéder à l'illimité) qui se sont très vite retirés de l'offre : AOL a d'autant plus terni son image après l'augmentation de ses prix, après deux ans, passant de 15 à . L'apogée de la société a donc été de courte durée sur le territoire hexagonal. Finalement, le groupe français a pris beaucoup de retard dans le haut débit et ne s'est pas positionné à temps pour proposer un accès internet rapide en 2004, alors que de nombreux fournisseurs commençaient à proposer ces accès à des prix attractifs. Vivendi se désengage d'AOL France, mais malgré tout, AOL se modernise et propose des services associés (sécurité, antispam, antivirus, contrôle parental et autres) le tout inclus dans le prix du forfait. AOL abandonne également peu à peu le modèle d'accès à ses services via ses logiciels propriétaires : de très nombreux clients se plaignaient en effet de devoir se connecter à internet via le logiciel AOL et non avec leur propre navigateur, se retrouvant bloqués. Cette obligation était aussi mal vue d'un point de vue légal que d'un point de vue pratique. C'est ainsi qu'apparaissent la possibilité de se connecter au réseau ADSL via n'importe quel modem routeur ou logiciel d'accès réseau à distance compatible PPPoE ou PPPoA, des accès aux services via le portail web (par exemple, webmail) et aux boîtes aux lettres AOL via tout logiciel compatible avec les protocoles SMTP et IMAP4, et la possibilité de configurer d'un logiciel de messagerie tiers pour l'accès aux boîtes aux lettres AOL. Mais hélas, il est déjà bien trop tard, et AOL se retrouve seul à imposer de telles restrictions à ses clients : le prix et la technique étant contre elle, la société perd de plus en plus de clients. En 2005, AOL France propose une offre de téléphonie fixe, simple présélection sur la ligne téléphonique, sans offre illimitée. Fin 2005, AOL propose une Box ADSL et téléphone. En , AOL a vendu son activité de fournisseur d'accès à Internet (FAI) au groupe Neuf Cegetel. AOL conserve ses activités de Média en France via sa filiale AOL France SNC, se recentrant sur le métier de fournisseur de contenu, par exemple la mise à disposition d'un portail « clé en main » à l'instar de ceux réalisés par AOL pour Neuf Cegetel et DartyBox, tout en continuant à proposer ses services de courrier électronique et messagerie instantanée. Le , le portail d’Aol France ferme, redirigeant les internautes vers le portail de sa société-sœur Yahoo!. Utilisation. La plupart des logiciels édités par AOL n'existent que pour les systèmes d'exploitation Windows et Mac, à quelques exceptions près, comme AIM pour GNU/Linux. Les utilisateurs d'autres systèmes d'exploitation, tels que les autres variantes d'Unix, peuvent néanmoins accéder à certaines fonctionnalités du service AOL telles que le courrier électronique via tout logiciel de messagerie traditionnel supportant les protocoles SMTP et IMAP, ou plus généralement via le webmail, AIM Express. AOL propose AOL Explorer, surcouche à Internet Explorer. En , il a été révélé que AOL faisait partie du programme de surveillance PRISM de la National Security Agency.
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Alphabet phonétique international Lalphabet phonétique international (API) est un alphabet utilisé pour la transcription phonétique des sons du langage parlé. Contrairement aux nombreuses autres méthodes de transcription qui se limitent à des familles de langues, l'API est conçu pour couvrir l'ensemble des langues du monde. Développé par des phonéticiens français et britanniques sous les auspices de l'Association phonétique internationale, il a été publié pour la première fois en 1888. Sa dernière révision date de 2005 ; celle-ci comprend 107 lettres, 52 signes diacritiques et 4 caractères de prosodie. Histoire. L'API a été développé au départ par des professeurs de langue britanniques et français sous la direction de Paul Passy dans le cadre de l'Association phonétique internationale, fondée à Paris en 1886 sous le nom de "Dhi Fonètik Tîcerz' Asóciécon". La première version de l'API, publiée en 1888, était inspirée de l'alphabet romique de Henry Sweet, lui-même élaboré à partir de l'alphabet phonotypique d'Isaac Pitman et Alexander John Ellis. L'API a connu plusieurs révisions en 1900, 1932, 1938, 1947, 1951, 1989, 1993, 1996 et 2005. Principes généraux. La transcription phonétique en API consiste à découper la parole en segments sonores supposés insécables, et à employer un symbole unique pour chacun de ceux-ci, en évitant les multigrammes (combinaisons de lettres, comme le son "ch" du français, noté // phonologiquement, ou le "gli" italien, transcrit // phonologiquement). Le nombre de caractères principaux de l’API est de 118, ce qui permet de couvrir les sons les plus fréquents. Ces caractères sont pour la plupart des lettres grecques ou latines ou des modifications de celles-ci : , , , (tirés de r) ; , (tirés de e). Les sons moins fréquents sont transcrits à partir des précédents en indiquant une modification du mode ou du point d'articulation par le biais d'un ou plusieurs signes diacritiques (au nombre de 76) sur le caractère principal : par exemple, le b du castillan "caber" (« tenir, rentrer dans ») est transcrit [] pour indiquer une spirante au lieu de la fricative bilabiale sonore [β]. Il existe également des symboles spéciaux pour noter des phénomènes suprasegmentaux, comme les tons mélodiques ou l'accent tonique : [], transcription de l'allemand "dulden" (« supporter, tolérer ») indique un accent tonique d'intensité sur la première syllabe (ˈ) et un n final vocalisé ( ). Barres obliques (phonologie) et crochets (phonétique). La plupart du temps donc, les notations phonétiques exactes (indépendantes de la langue) sont rarement notées, au contraire des transcriptions phonologiques. Description de l'alphabet. Voyelles. L'API possède des caractères principaux pour les voyelles orales les plus courantes qui sont classées selon : Table des voyelles. Ce tableau classe les voyelles selon les critères ci-dessus, comme le fait le triangle vocalique ou le trapèze vocalique. Le classement de ces voyelles peut aussi se faire avec une représentation en trois dimensions qui met en évidence les trois critères de classification : Les autres voyelles sont transcrites à partir de celles-ci par adjonction d'un ou plusieurs diacritiques modifiant son articulation : Table des diacritiques affectant les voyelles. Par exemple : Quantité (allongement ou amuïssement). La quantité des voyelles est indiquée comme suit : Notes : Par exemple, "Pose cette rose !", phonologiquement //, est souvent réalisé en français du nord-ouest parisien [], en français du sud-ouest [], en français de Corse [], en français picard [], en français de Lorraine/Champagne/Bourgogne [] (ces réalisations régionales sont des occurrences courantes mais elles peuvent aussi varier légèrement de personne à personne, selon l'âge, l'humeur ou l'intention, c'est pourquoi il est rare de les utiliser comme référence terminologique, les dictionnaires se contentant de l'analyse phonologique sans marquer chaque différence possible dans la réalisation phonétique des phonèmes). L’amuïssement de voyelles phonémiques longues n'est pas noté phonétiquement : on utilise le symbole usuel en ôtant son signe d’allongement phonétique. En revanche les syllabes courtes sont notées phonologiquement par un accent bref et les voyelles amuïes sont soit supprimées de la notation phonémique soit marquées entre parenthèses. Tonèmes. La transcription des tonèmes suit le procédé ci-dessous. La faille tonale est représentée par ꜜ , le haussement tonal par ꜛ . Notes : Consonnes. Segments. L'API classe les consonnes selon trois critères : Comme pour les voyelles, des diacritiques permettent d'indiquer une modification du point ou du mode d'articulation afin de transcrire des consonnes qui n'ont pas de symbole principal. ◌ᶿ : désocclusion fricative dentale sourde ◌ˣ désocclusion fricative vélaire sourde Par exemple : Quantité / Gémination. La quantité des consonnes (leur éventuelle gémination) est indiquée de la même manière que pour les voyelles. Le hongrois "Mit mondott?" (Qu'a-t-il/elle dit ?), phonologiquement /mit mon.dotː/, pourra être transcrit phonétiquement []. Vocalisation. Une consonne vocalisée, c'est-à-dire servant de sommet à une syllabe, comporte un trait vertical souscrit dans sa notation phonologique ; en revanche la vocalisation (par exemple un schwa bref) devrait être explicitée dans la notation phonétique, séparément de la consonne mentionnant l’articulation exacte : Syllabes et accentuation. Le fait que la fin d'un mot et le début du mot suivant forment une seule syllabe est noté par ‿ entre les 2 mots. Un point sépare les syllabes pertinentes dans la notation phonologique ; de même les mots restent séparés par des espaces. Ces deux signes phonologiques sont généralement omis des transcriptions phonétiques, sauf pour indiquer la présence effective d’une pause. Par exemple, l'allemand "Rindfleischetikettierungsüberwachungsaufgabenübertragungsgesetz" (loi sur le transfert de responsabilité de la surveillance de l'étiquetage de la viande bovine) se transcrit phonologiquement : Les syllabes accentuées sont précédées d’une courte barre verticale : Les réalisations phonétiques des accents syllabiques peuvent varier suivant les langues et les locuteurs, entre la mutation de la consonne d'attaque, l’allongement ou la diphtongation de la voyelle au sommet de la syllabe, le changement de ton, la gémination ou la mutation de la consonne finale : ces réalisations possibles ne sont pas toujours distinguées clairement, et nombre de transcriptions phonétiques gardent la notation phonologique de ces accents avec les mêmes symboles. La brève inversée souscrite (ou suscrite en cas de manque de place ◌̑ ) signale qu'un élément est à rattacher à la syllabe courante et ne constitue pas un nouvel élément syllabique. Par exemple : /po̯.ˈeta/, transcription phonologique du mot espagnol "poeta" signifiant « poète ». (exemple tiré du "Handbook of the IPA", ). Au contraire, la syllabicité est notée par la ligne verticale souscrite ◌̩ (ou suscrite en cas de manque de place ◌̍). Intonation : la rupture mineure est notée par | , la rupture majeure par ‖ , la montée globale par ↗︎ , et la descente globale par ↘︎ . Unicode. Le jeu de caractères Unicode permet d'écrire l'ensemble de l'API. Les symboles et diacritiques se situent dans les blocs de caractères suivants : Certains caractères précomposés (avec diacritiques) sont accessibles dans les blocs suivants :
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Anarchie L’anarchie, ou société libertaire, est une société fondée sur la démocratie directe sans système de pouvoir vertical tel qu'un gouvernement non soumis au peuple (les anarchistes prônent le mandat impératif et le référendum d'initiative populaire), une économie d'exploitation (refus de l'existence du salariat, des monopoles, des cartels, du capitalisme d'État) ou une religion d'État. C'est la situation d’un milieu social où il n’existe pas de rapports de pouvoir verticaux et qui est de ce fait dépourvu de classe sociale. Il existe toujours une organisation, un ordre et une loi, mais ces derniers émanent directement du peuple et non d'une entité de domination distincte qui serait dotée d'un pouvoir de coercition hors de la société elle-même. Le terme "anarchie" provient du grec / , composé de ', préfixe privatif : absence de, et ', commandement, pouvoir, autorité. De nos jours, il est polysémique au point d'avoir des sens non seulement différents, mais absolument contradictoires. Employé péjorativement par ses détracteurs, il y est synonyme de désordre social, ce qui est plus justement désigné comme "anomie". À l'opposé, pour les anarchistes, l'anarchie est un but à atteindre désirable et . En 1840, Pierre-Joseph Proudhon est le premier à se réclamer anarchiste, c'est-à-dire partisan de l’anarchie, entendu en son sens positif. À l'origine, ne faisant que se réapproprier l'insulte qui était proférée à l'égard des républicains de son époque : « La liberté est anarchie, parce qu'elle n'admet pas le gouvernement de la volonté, mais seulement l'autorité de la loi, c'est-à-dire de la nécessité ». En 1987, Jacques Ellul précise : « plus le pouvoir de l'État et de la bureaucratie augmente, plus l'affirmation de l'anarchie est nécessaire, seule et dernière défense de l'individu, c'est-à-dire de l'Homme ». Pour les anarchistes, l’anarchie est l'ordre social absolu, grâce notamment à la socialisation des moyens de production : contrairement à la norme capitaliste de "possessions privées", elle suggère celle de "possessions individuelles" ne garantissant aucun droit de propriété, notamment celle touchant l'accumulation de biens "non utilisés". Cet ordre social s'appuie sur la liberté politique organisée autour du mandatement impératif, de l'autogestion, du fédéralisme libertaire et de la démocratie directe. L'anarchie est donc organisée et structurée : c'est l'ordre moins le pouvoir. En 1850, Anselme Bellegarrigue publie "L'Anarchie, journal de l'ordre". Pour ses partisans, l’anarchie est un système bien organisé et structuré : c’est selon les mots d’Élisée Reclus . Anarchie et anomie. Sens courant. Le mot "anarchie" est souvent employé avec une connotation péjorative. Le dictionnaire des synonymes de référence du Centre de recherches interlangues sur la signification en contexte de l'université de Caen Basse-Normandie indique que parmi les 9 synonymes les plus proches, 7 relèvent du désordre ("désordre", "chaos", "confusion", "gâchis", "trouble", "émeute" et "pagaille") et deux des principes politiques de l'anarchisme ("égalité" et "liberté"). Cette proximité avec le champ lexical du désordre tient, dans les discours politiques dominants, d'une nécessité positive du principe fondamental d’autorité : dans ce sens "anarchie" sert à désigner une situation de désordre, de désorganisation, de chaos, sur la base de l’hypothèse implicite que l’ordre nécessiterait une hiérarchie. C'est ainsi que l'on trouve déjà dans le Littré (le mot est très peu usité avant le ) la définition de l’anarchie comme « absence de gouvernement, et par suite désordre et confusion ». Par extension ce sont toutes les formes de trouble et de désordre qui sont appelées anarchie ; c’est cette façon d’employer le mot qui prévaut dans l’usage courant, comme dans la plupart des dictionnaires. En 1869, l"'Encyclopédie générale" rédigée sous la direction de Louis Asseline précise : « Pour les uns, c'est l'absence de gouvernement, d'autorité, de principe, de règle, et par conséquent c'est le désordre dans les esprits et dans les faits. Pour les autres, c'est l'élimination de l'autorité sous ses trois aspects politique, social et religieux, c'est la dissolution du gouvernement dans l'organisme naturel, c'est le contrat se substituant à la souveraineté, l'arbitrage au pouvoir judiciaire, c'est le travail non pas organisé par une force étrangère mais s'organisant lui-même, c'est le culte disparaissant en tant que fonction sociale et devenant adéquat aux manifestations individuelles de la libre conscience, ce sont les citoyens contractant librement non pas avec le gouvernement mais entre eux, c'est enfin la liberté, c'est l'ordre. » Le poète Armand Robin (1912-1961) définit « l'anarchiste » comme celui qui est « purifié volontairement, par une révolution intérieure, de toute pensée et de tout comportement pouvant d'une façon quelconque impliquer domination sur d'autres consciences ». Anomie. Le mot correct pour une situation de désordre social, sans lois, sans règles, où les différends se régleraient par la seule violence physique (armée ou non), est l’anomie. L’anomie, néologisme durkheimien, est une dissolution des normes sociales, règles, lois et coutumes : cette situation peut être liée à une volonté de domination réciproque de plusieurs pouvoirs concurrents, à une réaction de désespoir ("L'anarchie est la formulation politique du désespoir", Léo Ferré) face à une société moribonde. Anomie (en grec ἀνομία, "anomia") a néanmoins un usage plus ancien, notamment dans le Nouveau Testament. Les exégètes lui donnent communément un sens similaire à ceux d'iniquité, d'injustice et d'impiété. Repères historiques. De nombreux exemples historiques illustrent cette confusion avec l'anomie : il ne s’agit pas de situations qui puissent s’apparenter à l’anarchie au sens strict, auquel cas il n’y aurait plus de pouvoir, ni d’autorité, mais d’une désorganisation liée aux pouvoirs concurrents, d’une période politique troublée. Ainsi, les historiens désignent par "Anarchie militaire" la période de 235 à 284 durant laquelle l'Empire romain subit la première grande crise de son histoire. "The Anarchy" définit la guerre civile anglaise qui oppose deux concurrents au pouvoir, Mathilde l'Emperesse et Étienne de Blois entre 1135 et 1154. Durant la Première Révolution anglaise (1642-1651), le mouvement des Niveleurs est stigmatisé par ses détracteurs comme « Switzerising anarchists ». Lors de la Révolution française, pour Camille Desmoulins en 1789, « despotisme, anarchie, ou droit du plus fort, sont synonymes et emportent l'idée de l'absence des lois ». Tandis que pour le girondin, Jacques Pierre Brissot, la ligne des Enragés, qui revendiquent l'égalité civique, politique mais aussi sociale, mène à l'« anarchie ». Utilisation péjorative du terme. Bien souvent, le terme « anarchie » est utilisé pour décrire le chaos, les guerres civiles et les situations de désordre social. Les anarchistes rejettent en général cette conception courante de l'anarchie utilisée par les médias et les pouvoirs politiques interprétée comme l’absence d’ordre, de règles et de structures organisées, bref : le chaos de l’anomie sociale. Pour eux, l'ordre naît de la liberté, tandis que les pouvoirs engendrent le désordre. Certains anarchistes useront du terme « acratie » (du grec « kratos », le pouvoir), donc littéralement « absence de pouvoir », plutôt que du terme « anarchie » qui leur semble devenu ambigu. De même, certains anarchistes auront plutôt tendance à utiliser le terme de « libertaire », inventé par Joseph Déjacque, en 1857, pour affirmer le caractère égalitaire et social de l'anarchisme naissant. Par ailleurs, l'utilisation péjorative du terme provient des actions de certains anarchistes au tournant des et en Europe. À cette époque, les "illégalistes" qui ignorent les « lois » considérées comme illégitimes et les partisans de la "propagande par le fait" mettent en œuvre des moyens, y compris violents, dans le but de hâter l'avènement de l'anarchie. Concrètement, ces anarchistes illégalistes escroquent, volent et tuent "au nom de leur idéal", avec comme victimes des puissants (présidents, rois, princes, ministres, riches, compagnies d’assurances, etc.) ou des serviteurs de l’État (juges, douaniers, policiers, etc.). Quelle qu’ait été l’importance réelle de ce courant, il a énormément frappé les esprits. Ces actions provoquent la mise en place des lois anti-anarchistes (« lois scélérates ») à la fin du dans de nombreux pays et stigmatisent l’ensemble des anarchistes, tandis que les termes « anarchiste » ou « Ravachol » deviennent des injures. L’usage du terme "libertaire" se répand en France avec l’interdiction des mots de l’anarchie, pour des raisons sociales et juridiques (être l’auteur de « "propagande anarchiste" » est resté passible de prison jusqu’en 1992). Absence de commandement comme but des anarchistes. Anarchistes face à l’anarchie-anomie. Les anarchistes rejettent en général la conception courante de l’anarchie (utilisée dans le langage courant, par les médias et les pouvoirs politiques). Pour eux, au contraire, l’ordre naît de la liberté, tandis que les pouvoirs engendrent le désordre (voir termes historiques). Certains anarchistes useront du terme acratie, du grec / (le pouvoir) donc littéralement « absence de pouvoir », plutôt que du terme « anarchie », d’étymologie grecque lui aussi, qui leur semble devenu ambigu, porteur d’un aspect positif mais d’une trop grande connotation négative pour pouvoir être employé comme synonyme d’un objectif désirable. De même, certains anarchistes auront plutôt tendance à utiliser le terme de « libertaires » pour se désigner, ou indifféremment ceux de « fédéralistes », « anti-étatistes » ou « anti-autoritaires ». Il est arrivé à Bakounine lui-même d’utiliser « anarchie » au sens de désordre, et l’on retrouve cette acception dans les écrits du Comité central de l’Internationale genevoise. Ces formulations ne se retrouvent toutefois plus chez les anarchistes actuels. Société libertaire. Cependant, les anarchistes utilisent encore le terme, porteur d’une histoire indissociable d’autres notions qui s’y rattachent comme l’anarchisme ou l’anarchie positive de Proudhon (qui est d’ailleurs le premier à donner un sens précis au mot anarchie, utilisé auparavant en guise d’insulte dans les milieux politiques sans avoir jamais été véritablement défini). L’anarchie aux yeux des anarchistes n’est pas un chaos, mais la situation harmonieuse résultant de l’abolition de l’État et de toutes les formes de l’exploitation de l’humain par l’humain, « c'est l'ordre sans le pouvoir », « la plus haute expression de l'ordre » (Élisée Reclus). Fondée sur l’égalité entre les individus, l’association libre, bien souvent la fédération et l’autogestion, voire pour certains le collectivisme, l’anarchie est donc organisée, structurée, sans admettre pour autant, aux yeux des anarchistes anticapitalistes, de principe de supériorité quelconque de l'organisation sur l'individu. Au début du , ces principes rejoignent les valeurs propulsées par l'Internet : confiance et autonomie, et que certains libéraux suggèrent d'appliquer aux entreprises et aux administrations. On peut noter que chez tous les anarchistes la qualité indispensable est la responsabilité individuelle (associée au droit naturel) qui permet d’agir dans l’intérêt personnel sans pour autant attenter à la liberté des autres. Les seuls mandatés le sont, par volontarisme et sans durée précise, dans un but et sur un mandat précis, et il n’existe ainsi nulle forme de domination ni de gouvernement. Expériences historiques (bref aperçu). En périodes révolutionnaires. En France : En Espagne : Au Mexique : Aux Etats-Unies et au Canada : En Ukraine : En Russie : En Bavière : En Mandchourie : En Espagne : En Italie : Annexes. Bibliographie. Sur le sens d’ « anarchie » :
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Astéroïde Un astéroïde (du grec ancien , « qui ressemble à une étoile ») est une planète mineure composée de roches, de métaux et de glaces, et dont les dimensions varient de l'ordre du mètre (limite actuelle de détection) à plusieurs centaines de kilomètres. L'appellation « en forme d'étoile » vient de l'aspect irrégulier des astéroïdes au télescope, différent du disque parfait des planètes, lors des premières observations astronomiques. En 1801, le premier astéroïde découvert est nommé Cérès. C'est le plus gros astéroïde de la ceinture principale, groupe d'astéroïdes le plus important en nombre d'objets connus (plus de en avril 2019 ou environ en comptant la périphérie immédiate), situé entre les orbites de Mars et de Jupiter. Les astéroïdes géocroiseurs (environ connus en avril 2019) constituent le second groupe en nombre, ils croisent l'orbite de la Terre. Les deux groupes rassemblent plus de 95 % des planètes mineures connues. Les planètes mineures situées au-delà de Neptune sont parfois considérées comme des astéroïdes mais aussi, de plus en plus souvent, distinguées et désignées comme objets transneptuniens. Leur composition est plus riche en glace et plus pauvre en métaux et en roches, ce qui les apparente à des noyaux cométaires. Contrairement aux comètes, les astéroïdes ne présentent pas d'activité cométaire. Cependant, quelques-uns ont été observés avec une activité partielle et sont qualifiés d'astéroïdes actifs. On suppose que les astéroïdes sont des restes du disque protoplanétaire qui ne se sont pas regroupés en planètes. Certains astéroïdes géocroiseurs sont considérés comme potentiellement dangereux à cause du risque de collision avec la Terre. Ils sont surveillés par des systèmes automatisés et des études sont menées sur les possibilités de les détourner en cas de menace affirmée. Histoire. Premières découvertes. Le premier astéroïde est découvert fortuitement par Giuseppe Piazzi, directeur de l’observatoire de Palerme. Le janvier 1801, alors qu’il mène des observations dans la constellation du Taureau afin d’établir un catalogue stellaire, il repère un nouvel astre. Le lendemain, il constate avec surprise que celui-ci s’est déplacé vers l’ouest. Il suit le déplacement de cet objet pendant plusieurs nuits. Son collègue, Carl Friedrich Gauss, utilise ces observations pour déterminer la distance exacte de cet objet inconnu à la Terre. Ses calculs situent l’astre entre les planètes Mars et Jupiter. Piazzi le nomme Cérès, du nom de la déesse romaine qui fait sortir la sève de la terre et qui fait pousser les jeunes pousses au printemps, et également déesse protectrice de la Sicile. Selon la loi de Titius-Bode, formulée en 1766 par Johann Daniel Titius et divulguée par Johann Elert Bode, une planète aurait dû graviter entre Mars et Jupiter. Une campagne d’observation, initiée par Joseph Jérôme Lefrançois de Lalande en 1796, avait été lancée afin de la localiser. Piazzi, sans le vouloir, avait devancé ses collègues avec la découverte de Cérès sur l’orbite de l’hypothétique planète. Entre 1802 et 1807, trois autres objets sont découverts sur des orbites voisines : Pallas, Junon et Vesta. Les quatre nouveaux corps sont alors considérés comme de véritables planètes. Le terme de "petites planètes" est généralement employé ; cependant dès 1802, William Herschel propose l’appellation d’"astéroïde", qui signifie littéralement « en forme d’étoile », à cause de leur aspect au télescope, différent de celui en forme de disque régulier des autres planètes. Avec, de plus, leur petite taille ou l’inclinaison orbitale élevée de Pallas, il s’agissait selon lui d’objets du Système solaire à distinguer des planètes. Il faut attendre 1845 pour qu’une nouvelle "petite planète" soit découverte, Astrée, par Karl Ludwig Hencke. Dès lors, les découvertes ne cessent de se multiplier et l’appellation proposée par Herschel s’impose. Au. En juillet 1868, cent astéroïdes sont connus. La millième découverte homologuée a lieu en novembre 1921 () et la dix-millième en octobre 1989 (). En règle générale, l’ordre des dates de découverte diffère de l’ordre de numérotation des astéroïdes, car l’affectation d’un numéro se fait après une détermination suffisamment fiable de l’orbite de l’objet. La majorité des astéroïdes connus sont situés dans la zone comprise entre Mars et Jupiter, dite ceinture d'astéroïdes (ou ceinture principale). Mais d'autres ont été découverts en dehors de cette zone, soit parce qu’ils possèdent une orbite qui les fait s’éloigner de la ceinture principale, soit parce qu’ils sont situés dans une tout autre zone du Système solaire (voir Principaux groupements). La plupart d'entre eux sont plus éloignés du Soleil, mais on en connaît qui sont moins éloignés que Mars (astéroïdes Amor et astéroïdes Apollon), la Terre (astéroïdes Aton et astéroïdes Atira) et même Vénus (). L’étude des astéroïdes fut longtemps délaissée par les astronomes. Nous les connaissons depuis maintenant plus de deux cents ans, mais ils étaient considérés comme les rebuts du Système solaire. On sait maintenant que les astéroïdes sont une clé importante de la compréhension de la formation du Système solaire et c’est pour cette raison que les astronomes montrent un plus grand intérêt envers ces objets. Composition et classification spectrale. La composition des astéroïdes est évaluée d’après leur spectre optique mesurant la lumière réfléchie, qui correspond à la composition de leur surface. Celle des météorites est connue avec l'analyse des fragments retrouvés sur Terre. Le système classique de classification spectrale des astéroïdes, élaboré en 1975, les classe selon un système basé sur leur couleur, leur albédo et leur spectre optique. Ces propriétés étaient censées correspondre à la composition de leur surface. Il faut noter, cependant, que certains types sont plus facilement détectables que d'autres. Ainsi, ce n'est pas parce que la proportion d'astéroïdes d'un type donné est plus importante qu'ils sont effectivement plus nombreux. Il existe des systèmes de classification plus récents, dont deux se démarquent : Tholen (de l'astronome David J. Tholen) et SMASS. À l'origine, la classification des astéroïdes se basait sur l'hypothèse de leur composition : Ceci a porté à confusion, car le type spectral d'un astéroïde ne garantit pas sa composition. Principaux groupements. Ceinture principale. La ceinture principale d'astéroïdes, entre les orbites de Mars et Jupiter, distante de deux à quatre unités astronomiques du Soleil, est le principal groupement d'astéroïdes : environ objets y ont été répertoriés à ce jour (avril 2019), auxquels on peut ajouter autres gravitant dans sa périphérie immédiate (groupe de Hungaria, groupe de Cybèle et groupe de Hilda notamment). L’influence du champ gravitationnel de Jupiter les a empêchés de former une planète. Cette influence de Jupiter est également à l’origine des lacunes de Kirkwood, zones quasiment vides situées au milieu et sur les bords de la ceinture et dues à des phénomènes de résonance orbitale. Astéroïdes troyens de Jupiter. Les troyens de Jupiter sont situés sur des orbites très proches de celle de Jupiter, à proximité des deux points de Lagrange L et L. On en compte environ en avril 2019. Le nom fait référence à la guerre de Troie : les points L et L sont associés respectivement au camp grec et au camp troyen et les astéroïdes y sont nommés, sauf exception, avec des noms de personnages du camp associé. Astéroïdes géocroiseurs. Au sens strict, les astéroïdes géocroiseurs sont des astéroïdes dont l’orbite croise celle de la Terre ("Earth-crosser asteroid" ou ECA en anglais). En pratique, en français, le terme est le plus souvent entendu au sens large et inclut également les astéroïdes dont l'orbite est « proche » de celle de la Terre (passe à moins de 0,3 unité astronomique) ("near Earth asteroid" ou NEA en anglais). On en dénombre environ (avril 2019). Ces astéroïdes sont classiquement classés en quatre groupes : L’intérêt médiatique parfois très fort porté sur les astéroïdes géocroiseurs est lié à la crainte de les voir entrer en collision avec la Terre. Voir section Risques d'impact avec la Terre. Centaures. Les centaures sont des planètes mineures qui gravitent entre les orbites des planètes géantes gazeuses. On en compte en avril 2019 entre 200 et 500 suivant le périmètre précis attribué à ce groupe (frontière non standardisée avec d'autres groupes tels que celui des damocloïdes). Le premier qui fut découvert est (2060) Chiron, en 1977. On suppose généralement que ce sont d'anciens objets transneptuniens ayant été éjectés de leurs trajectoires, suite, par exemple, à un passage à proximité de Neptune. Ceinture de Kuiper et autres objets transneptuniens. On dénombre en avril 2019 environ objets transneptuniens. Les principaux groupes de cette zone du Système solaire sont décrits dans l'article Planète mineure. Exploration par des sondes spatiales. Les premières images rapprochées d’astéroïdes sont l’œuvre de la sonde Galileo qui, lors de son transit vers Jupiter, put s'approcher de (951) Gaspra en 1991 puis de (243) Ida en 1993. La sonde est la première dont la mission principale concerne l'étude d'un astéroïde. Lancée le par la NASA, elle se met en orbite autour de (433) Éros, l’un des plus gros astéroïdes géocroiseurs. Après en avoir établi une cartographie complète entre avril et octobre 2000, et bien que cela n'ait pas été prévu initialement, la sonde se pose en douceur sur l’astéroïde le . Son dernier signal est reçu le 28 février. En 2003, la JAXA lance la sonde Hayabusa vers l’astéroïde géocroiseur (25143) Itokawa, avec pour objectif de s’y poser en douceur et d’en prélever des échantillons. Malgré plusieurs pannes et incidents, la sonde revient sur Terre le , sans que l’on sache si elle contient effectivement des échantillons. Finalement, le 16 novembre, la Jaxa annonce que l’analyse des particules récoltées a confirmé leur origine extraterrestre. Le Japon devient ainsi le premier pays à s’être posé sur un astéroïde et en avoir rapporté des échantillons. Deux missions en cours (avril 2019) prévoient également des retours d'échantillon : Hayabusa 2 (prélèvement réussi en 2019 et retour en décembre 2020) et OSIRIS-Rex (prélèvement d'échantillon en 2020 et retour prévu en 2023). En 2007, la NASA lance la sonde Dawn en direction de deux des plus gros astéroïdes de la ceinture principale, (4) Vesta et (1) Cérès. Elle se place d'abord en orbite autour de Vesta entre juillet 2011 et août 2012 puis rejoint Cérès autour duquel elle se met en orbite en mars 2015. C'est la première sonde spatiale à se positionner successivement en orbite autour de deux objets différents. Des études approfondies ont notamment concerné la géographie et la géologie des deux astéroïdes. Les principaux lancements planifiés concernent la mission DART (test de l'usage d'un impacteur pour dévier un astéroïde, lancement en 2021), la sonde Lucy (étude de troyens de Jupiter, lancement en 2021) et la sonde Psyché (étude de l'astéroïde métallique (16) Psyché, lancement prévu en 2023). Ces trois missions sont développées par la NASA. La sonde New Horizons est la première et à ce jour la seule à avoir exploré des objets transneptuniens (surlignés en jaune dans le tableau). Lancée par la NASA en janvier 2006, elle n'arrive au niveau de son objectif principal, Pluton, que 8 ans et demi plus tard en juillet 2015. Des résultats remarquables sont apportés sur la géographie, la géologie, l'atmosphère ou encore les satellites de Pluton. La sonde est ensuite dirigée vers qui devient ainsi le deuxième objet transneptunien photographié de près. Remarque : ne sont ici listés que les astéroïdes explorés "de près" par une sonde spatiale (a minima survolés à moins de ) ; quelques autres ont été survolés "de loin" tels que les astéroïdes de la ceinture principale (2685) Masursky et (132524) APL ou l'objet transneptunien (15810) Arawn. Observations à l'œil nu ou aux jumelles. Les astéroïdes sont presque impossibles à observer à l’œil nu. Ils sont bien plus petits que les planètes, et très peu lumineux. L’astéroïde en est l’exception, puisque c’est le seul qu’il soit parfois possible d’observer sans appareil optique. Sa luminosité n’étant toutefois pas très grande, il faut donc savoir où poser le regard. Un astéroïde ressemble plus ou moins à une étoile qui brille dans le ciel nocturne. Le meilleur moyen pour partir à la chasse aux astéroïdes avec ses jumelles ou son télescope est d’observer le fond étoilé, plusieurs nuits d’affilée, et de détecter les points lumineux qui se déplacent par rapport au fond, qui, lui, paraît stable. Certains catalogues répertorient la position des astéroïdes, et il est alors plus facile de pointer le télescope au bon endroit. Risques d'impact avec la Terre. Astéroïdes potentiellement dangereux. Au 27 avril 2019, la recense astéroïdes géocroiseurs au sens large (notion de ou NEA en anglais) dont géocroiseurs au sens strict (notion de ou ECA en anglais). Seule une petite partie d'entre eux sont classés comme objets potentiellement dangereux (notion de ou PHA en anglais). La définition classique repose sur deux critères : une distance minimale d'intersection de l'orbite terrestre (T-DMIO ou E-MOID en anglais) inférieure à (soit environ ou 19,5 distances lunaires) et une magnitude absolue inférieure à 22,0, ce qui correspond à un diamètre supérieur à 140 m dans le cas d'un albédo moyen de 14%. Le Centre des planètes mineures tient à jour quotidiennement une liste d'astéroïdes répondant à ces deux critères. La liste publiée le 19 novembre 2022 recense astéroïdes potentiellement dangereux. Les orbites de ces objets n'étant connues qu'avec une incertitude non négligeable, le risque est évalué à travers un calcul de probabilité. Deux échelles normalisées permettent de quantifier ce risque, l'échelle de Palerme et l'échelle de Turin. Cette dernière, reconnue par l'Union astronomique internationale depuis 1999 et couramment utilisée dans les articles de vulgarisation, quantifie le niveau de risque de 0 à 10 en croisant une estimation de la probabilité d'impact et une estimation de l'énergie d'impact. Ces évaluations évoluent en permanence en fonction des réévaluations régulières des orbites. Plusieurs institutions et programmes d'observation étudient ce risque en continu. L’agence spatiale européenne (ESA), par exemple, a initié en 2004 un projet à long terme de protection de la Terre contre les géocroiseurs. Chaque année, quelques astéroïdes sont un temps côtés au niveau 1 de l'échelle de Turin par l'un ou l'autre de ces programmes (le plus souvent durant les jours ou semaines qui suivent leur découverte ou une nouvelle observation), avant d'être rétrogradés au niveau 0 une fois l'orbite mieux connue. Entre 2002 et 2018, seuls deux astéroïdes ont dépassé le niveau 1 : (99942) Apophis (un temps côté 4 après sa découverte en 2004, puis resté côté 1 jusqu'en décembre 2006) et (un temps côté 2). Stratégies d'évitement de l'impact. Parallèlement au développement de programmes visant à mieux connaître les objets potentiellement dangereux (astéroïdes ou comètes), plusieurs stratégies visant à détruire ou dévier un tel objet ont progressivement été étudiées. Les stratégies visant la destruction sont généralement jugées non pertinentes (risques liés à la fragmentation de l'objet, retombée de matière radioactive, coût élevé...). Les stratégies de déviation les plus étudiées reposent sur un impacteur ou sur une explosion à distance de l'objet. La mission DART développée par la NASA (lancement réalisé en 2021) a permis de tester l'effet d'un impacteur sur la déviation d'un astéroïde. D'autres stratégies reposant sur une déviation lente ont également été proposées (sonde jouant le rôle de tracteur gravitationnel, utilisation de l'effet Yarkovsky, voile solaire, éjection de matière par une catapulte installée sur l'objet) mais restent conditionnées à une longue anticipation de l’événement. Impacts d'astéroïdes de petite taille. Régulièrement, des météoroïdes ou astéroïdes de petite taille pénètrent dans l'atmosphère terrestre, se transforment en bolide (phénomène lumineux intense généré par les frottements), et, finalement, impactent la Terre (généralement après s'être fractionnés dans le cas des petits astéroïdes). Le superbolide de Tcheliabinsk observé le 15 février 2013 est un exemple récent et célèbre de ce type de phénomène. Selon les estimations, l'objet à l'origine de l'événement était un astéroïde géocroiseur de type Apollon d'un diamètre compris entre 15 et 17 mètres. Cet astéroïde n'était pas connu avant son impact, ce qui est le cas le plus fréquent : la grande majorité des petits astéroïdes frôlant (ou éventuellement percutant) la Terre ne sont détectés qu'après leur passage ou moins de 24 heures avant. On ne compte en 2018 que 3 petits astéroïdes ayant été découverts (moins de 24 heures) avant leur impact (, et ). Ce chiffre est à comparer au 556 bolides de diamètre supérieur à 1 mètre s'étant désintégrés dans l'atmosphère terrestre entre 1994 et 2013 selon les observations de la NASA. Hypothèses d'exploitation minière. Dans les années 2010, des projets d'exploitation minière des astéroïdes sont lancés par des sociétés privées du secteur spatial, Planetary Resources (créée en 2010) et Deep Space Industries (créée en 2013). Les astéroïdes sont en effet riches en matériaux précieux, tels les métaux lourds et les terres rares, présents sur leur surface car ces corps sont trop petits pour avoir subi la différenciation planétaire : la valeur commerciale d'un km d'astéroïde, hors frais d'exploitation, est estimée à 5000 milliards d'euros. La NASA a également pour ambition de capturer un petit astéroïde (de 7 à de diamètre, avec un poids maximal de ) et de le mettre en orbite stable autour de la Lune. Les faisabilités et le coût de ces projets font l'objet de débats, seule la sonde Hayabusa ayant réussi en 2010 à ramener quelques poussières de l'astéroïde Itokawa. Astéroïdes notables. La plupart des astéroïdes gravitent de manière anonyme dans la ceinture principale. Quelques-uns accèdent toutefois à la notoriété, en particulier au regard de l'histoire des découvertes, de leur taille, orbite ou propriété atypiques, de leur dangerosité pour la Terre Des tableaux plus complets (avec d'autres caractéristiques singulières et prolongés aux centaures et objets transneptuniens) sont proposés dans l'article Planète mineure. Astéroïde et culture. La journée internationale des astéroïdes est organisée le 30 juin de chaque année Films catastrophe. Le genre cinématographique du film catastrophe a exploré plusieurs fois le thème du risque d'impact majeur. Les deux principaux représentant du genre sont : À noter que d'autres films du même genre mettent en scène une comète et non un astéroïde. C'est notamment le cas du film "Deep Impact" (1998, Mimi Leder), du film pionnier du genre "La Fin du monde" (1931, Abel Gance), ou encore plus récemment du film (2021, Adam McKay). Science-fiction. Les récits de science-fiction interplanétaires mettent régulièrement en scène des astéroïdes. Plusieurs thèmes sont abordés : traversée de champs d'astéroïdes, exploitation minière, implantation de bases militaires, colonisation, astéroïdes habités par des créatures extra-terrestres Voir aussi. Articles connexes. Généralités Principaux groupes orbitaux Types particuliers d’astéroïdes Les astéroïdes et la Terre Listes
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Albanais L'albanais ("" en albanais) est une langue qui constitue à elle seule une branche de la famille des langues indo-européennes, issue des langues paléo-balkaniques. Il est parlé par presque de personnes et comprend les variétés de l'arbërech, de l'arvanitique, du guègue et du tosque. Classification. La plupart des linguistes considèrent aujourd'hui que l'albanais appartient à l'ensemble thraco-illyrien des langues indo-européennes. On a longtemps considéré l'albanais comme une langue indo-européenne isolée puisque la langue antique dont il descend était inconnue et que sa phonologie et sa grammaire sont à un stade d'évolution atypique de l'indo-européen. L'albanais a pourtant de nombreuses caractéristiques communes avec les langues géographiquement voisines avec lesquelles il forme l'union linguistique balkanique. Comme en grec, certains termes sont pré-indoeuropéens comme "kok" (« tête »), "sukë" (« colline »), "derr" (« cochon »), que le paléolinguiste et bascologue Michel Morvan rapproche du pré-occitan "kuk, suk" (« hauteur ») ou du basque "zerri" (ou "txerri", « porc »). Cet ensemble est géographique plutôt que linguistique, et l'albanais, langue satem, comprend des éléments issus des deux branches, illyrienne (« satem ») et thrace (« centum »), langues mortes très peu documentées et ne permettant pas que l'on détermine avec précision sa position dans l'ensemble. Pour déterminer les liens que l'albanais entretient avec les autres langues indo-européennes, il a fallu reconstruire l'histoire de son phonétisme, afin d'isoler son fond lexical ancien des emprunts aux langues voisines. Sur cette base, on a pu clairement démontrer le caractère indo-européen particulier de l'albanais. Selon les travaux des linguistes Walter Porzig, Eqrem Çabej, Eric Hamp, Petro Zheji ou Bernard Sergent, l'existence d'un lexique commun à l'aroumain, au roumain (langues romanes orientales) et à l'albanais, ainsi que la toponymie côtière de l'Albanie, ont fait supposer une origine partiellement thrace (peut-être carpienne) des ancêtres des Albanais, qui auraient initialement évolué plus à l'est qu'aujourd'hui, dans les actuelles république de Macédoine du Nord et Serbie méridionale, au contact des aires linguistiques illyrienne et thrace. Cependant, comme l'illyrien appartient au même groupe de langues indo-européennes que l'albanais (classé comme formant un groupe de langues indo-européennes à lui seul parmi les langues indo-européennes d'aujourd'hui) les philologues protochronistes en déduisent que l'albanais descend « directement et exclusivement » de l'illyrien. Le rapprochement entre l'albanais et l'illyrien a été fait dès 1709 par Gottfried Wilhelm Leibniz, qui appelle l'albanais « la langue des anciens Illyriens ». Plus tard, le linguiste Gustav Meyer (1850-1900) déclara « Appeler les Albanais les nouveaux Illyriens est aussi juste que d'appeler les Grecs actuels "Grecs modernes". » La langue albanaise constituait pour lui l'étape la plus récente de l'un des dialectes illyriens. Les indo-européanistes modernes, par contre, ne souscrivent guère à l'hypothèse d'une filiation immédiate. Beaucoup de linguistes actuels soutiennent que l'albanais descend de l'illyrien et la parenté directe entre les deux langues est également admise dans divers ouvrages historiques. On avance même parfois l'hypothèse que la frontière linguistique entre les dialectes guègue et tosque trouverait son origine dans la limite entre les domaines des dialectes épirote et « illyrien proprement dit » de l'illyrien. À l'appui de ces théories, on mentionne que des anthroponymes albanais actuels sembleraient également avoir leur correspondant illyrien : c'est ainsi qu'à l'albanais "dash" (« bélier ») correspondrait l'illyrien Dassius, Dassus, de même l'albanais "bardhi" (« blanc ») correspondrait à Bardus, Bardullis, Bardyllis. Quelques ethnonymes de tribus illyriennes sembleraient aussi avoir leur correspondant albanais : c'est ainsi que le nom des Dalmates correspondrait à l'albanais "delmë" (« brebis »), et le nom des Dardaniens correspondrait à l'albanais "dardhë" (« poire, poirier »). Mais l'argument principal en faveur de cette thèse, officielle durant la période communiste, est géographique : les zones où est parlé l'albanais correspondent à une extrémité orientale du domaine « illyrien ». Conformément à ces positions protochronistes, une étude du "New York Times" classe l'albanais en 2012 comme une des plus anciennes langues d'Europe, apparue au même moment que le grec et l'arménien, et conclut que les langues albanaise et illyrienne sont issues « directement » l'une de l'autre. L'appartenance de l'albanais et de l'illyrien au groupe linguistique « satem » semble renforcer cette hypothèse. En revanche les chercheurs autrichiens Stefan Schumacher et Joachim Matzinger de l'Université de linguistique de Vienne ont conclu que les la langue albanaise ne provient pas de l'illyrien. Joachim Matzinger dit que les deux langues n'ont presque rien en commun quand on les compare. Répartition géographique. Trois millions et demi d'albanophones vivent en Albanie. Les autres locuteurs se trouvent au Kosovo, en Serbie dans la vallée de Preševo, en Macédoine du Nord, en Turquie, au Monténégro, en Italie et en Grèce. En Grèce, les Arvanites sont des albanophones chrétiens orthodoxes qui parlaient un dialecte tosque, mais tous parlent le grec. En Turquie, on estime le nombre d'albanophones d’origine à près de , mais la plupart d'entre eux parlent maintenant le turc. Il s'agit d'albanophones musulmans originaires de Macédoine, du Kosovo ou de la Grèce, qui ont été déplacés de force en Turquie après le traité de Lausanne et selon les dispositions de celui-ci. On les retrouve principalement à Istanbul, Bursa, Izmir et sur les côtes de la mer Égée. On trouve également une communauté albanophone catholique répartie dans une quarantaine de villages en Italie du sud et en Sicile, les Arberèches, qui descendent des Albanais émigrés au (à la suite de l'invasion des Balkans par les Ottomans). Il est enfin parlé par quelques petits groupes en Bulgarie, en Roumanie, en Ukraine, ainsi que par une diaspora nombreuse aux États-Unis, en Suisse, en Allemagne et en Australie, en Suède. Statut officiel. L'albanais est langue officielle en Albanie, au Kosovo et en Macédoine du Nord. En Italie, la langue et la culture albanaises sont protégées (statut de minorité linguistique). L'albanais a été interdit dans les écoles durant l'occupation ottomane jusqu'en 1909, lorsque le congrès de Dibër a finalement autorisé les écoles albanaises à l'utiliser. Écriture. Les plus anciens textes conservés datent du . Il s'agit d'abord d'une formule baptismale de 1462. La langue écrite standard actuelle, en caractères de l'alphabet latin, a été élaborée sur la base du dialecte tosque. Ordre alphabétique et valeur des graphèmes. La transcription suit les usages de l'alphabet phonétique international. Histoire. Cet alphabet est utilisé officiellement depuis la normalisation de 1908. Il utilise des digrammes et deux diacritiques, le tréma ainsi que la cédille (on peut aussi compter l'accent circonflexe servant au guègue, souvent remplacé par un tilde dans des ouvrages de linguistique). Les digrammes et les lettres diacritées comptent pour des graphèmes indépendants et non comme des variantes (ce qui est le cas pour , , et en français, variantes de pour le classement alphabétique). L'albanais était noté auparavant par divers alphabets originaux, comme l’alphabet turc ottoman, l’écriture de Todhri, l'elbasan, le buthakukye et l'argyrokastron, le grec, le cyrillique ou un alphabet latin modifié différent de celui qui est utilisé de nos jours. L'alphabet actuel est presque phonologique : dans l'absolu, toutes les lettres se lisent et toujours de la même manière, à l'exception du "e" caduc. On a donné dans le tableau ci-dessus les réalisations des lettres dans la prononciation standard. Il y a des variantes dialectales. Remarques. L'alphabet albanais compte 36 lettres : sept voyelles (A, E, Ë, I, O, U, Y) et vingt-neuf consonnes (B, C, Ç, D, Dh, F, G, Gj, H, J, K, L, Ll, M, N, Nj, O, P, Q, R, Rr, S, Sh, T, Th, U, V, X, Xh, Y, Z, Zh). Voyelles. Si le guègue possède encore des voyelles nasalisées, notées par un circonflexe au-dessus de la voyelle correspondante, le tosque les a perdues. La représentation du système vocalique albanais est alors assez simple. La voyelle "ë" [ə] (comme le "e" de « "je" ») est souvent omise dans la prononciation lorsqu'elle est en position finale et atone après une seule consonne : [- accent tonique] > Ø / C_#. Consonnes. La transcription des phonèmes de l'albanais selon la normalisation mise en place en 1908 peut sembler assez déroutante. En effet, plusieurs traditions orthographiques sont en jeu : La palatalisation des consonnes est notée par subséquent ( seul notant ) : = (comparable au hongrois dans "magyar") et = (français dans "gnon"). Quand il faut représenter et , on remplace par , afin d'éviter l'ambiguïté : s'écrit donc , notant déjà . La consonne affriquée sourde palatale est notée par . La spirantisation peut être notée par un subséquent, ce qui est le cas pour (anglais dans "then") et (anglais dans "thin"), mais pas pour (français dans "chien"), (approximativement le français dans "Djibouti") ni (français dans "je"). Dans ce cas, indique le caractère postalvéolaire des consonnes. Les affriquées sifflantes sont notées par , (français dans "tsar"), pour la sourde, et , (italien dans "zero"), pour la sonore ; les affriquées chuintantes par , (comme dans "tchèque"), et . Autres cas notables. Il existe encore deux digrammes à retenir : ("L sombre" de l'anglais dans "full") et (r roulé à plusieurs battements comme en espagnol "perro"), qui s'opposent à et (r battu bref comme en espagnol dans "pero"). On peut trouver une séquence "ng-" à l'initiale, qui n'est pas un digramme. Le jeu de la variation combinatoire fait qu'une telle séquence se prononce vraisemblablement (comme "ng" en anglais "finger").
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Arménien L'arménien est une langue qui constitue à elle seule une branche de la famille des langues indo-européennes, étant seule de cette famille à être plus agglutinante que flexionnelle. L'arménien classique (ou "Grabar" : en arménien "Գրաբար", littéralement « langue écrite ») est attesté à partir du et véhicule une riche littérature théologique, historique, poétique, mystique et épique. Aujourd'hui coexistent l'arménien oriental, langue officielle de la république d'Arménie, parlée par les habitants de l'Arménie et par les communautés arméniennes d'Iran et de Russie, et l'arménien occidental, parlé par la diaspora arménienne. le parlent en Arménie en 2013, pour un total de dans le monde. L'arménien présente des ressemblances nombreuses avec le grec ancien (parallèles étymologiques, utilisation de l'augment, traitement particulier des laryngales de l'indo-européen, etc.), comme l'a souligné le linguiste français Antoine Meillet. D'autre part, les consonnes du proto-arménien ont connu la première mutation consonantique (loi de Grimm), ce qui le rapproche plus des langues germaniques pour sa physionomie phonologique. L'arménien s'écrit au moyen d'un alphabet spécifique créé au . Histoire de la langue. Classification et origine. La langue arménienne appartient à la famille des langues indo-européennes tout comme le français. Voici une courte liste de mots ayant une racine commune avec le latin et le grec. Éléments de grammaire. On trouvera ci-après quelques caractéristiques grammaticales générales de l'arménien. L'ordre des mots est en général de type SVO (sujet - verbe - objet) mais reste assez libre. L'attribut se place entre le sujet et le verbe. Ponctuation et intonation. Le double-point [ : ] équivaut au point final du français, mais concerne aussi les phrases exclamatives ou interrogatives. Le point [ . ] équivaut au point-virgule ou au deux-points du français. La virgule [ , ] s'utilise comme en français. Le "bout" [ ' ] se place devant un mot ou un groupe de mots qu'il met en relief. Les signes d'interrogation et d'exclamation, qui ont des formes propres, se placent sur la dernière syllabe du mot concerné. Le "chécht" se place sur la dernière syllabe d'un mot mis en apostrophe ou en relief. L'accent tonique se trouve toujours sur la dernière syllabe du mot, avant le "e" final éventuel. Le nom et l'adjectif. Il n'y a pas de genre grammatical féminin ou masculin en arménien. La déclinaison des noms comprend 6 à 8 cas grammaticaux, selon les points de vue : Seuls le cas direct et le datif peuvent avoir l'article défini en fin de mot ; l'article défini s'applique également aux noms propres. Il existe sept types de déclinaisons, qui se partagent en deux catégories : Deux noms ont une déclinaison particulière : "aghtchik" (« fille ») et "sér" (« amour »). L'arménien utilise des prépositions, mais aussi un grand nombre de postpositions ; les unes et les autres régissent des cas particuliers. L'adjectif ne s'accorde pas avec le nom. Le verbe. Il existe trois groupes de verbes : L'arménien oriental a fusionné les groupes I et II. Il n'utilise plus le suffixe [-il] ; ("khosil"), par exemple, devient donc ("khosél"). Le pronom personnel sujet n'est pas indispensable devant le verbe. L'arménien connaît les modes personnels : indicatif, subjonctif, obligatif et impératif, plus l'infinitif, le participe (passé, présent et futur) et le concomitant, qui exprime une action accessoire à celle du verbe principal. Les temps sont voisins de ceux du français. Il n'existe pas de passé antérieur ni de futur antérieur, mais on trouve un passé et un futur de probabilité. L'obligatif présente un passé et un parfait. Les six personnes sont les mêmes qu'en français. Les temps composés se forment avec le verbe auxiliaire "ém" (« je suis »). L'auxiliaire suit normalement la base, mais il la précède si le verbe est négatif ou si l'on veut mettre en relief un terme de la phrase situé avant le verbe. Il existe deux autres verbes « être », l'un signifiant « être habituellement » et dont les formes complètent celles de "ém", l'autre signifiant « exister », « être (là) ». Le causatif est marqué par un suffixe placé avant la terminaison de l'infinitif, et le passif par l'insertion d'un [v] entre le radical et la désinence. Le verbe s'accorde en personne et en nombre avec le sujet ; dans les temps composés, c'est l'auxiliaire qui s'accorde. D'une façon générale, l'arménien préfère le participe, l'infinitif ou le concomitant aux propositions relatives ou conjonctives. Différentes formes d'arménien. L'arménien oriental et l'arménien occidental sont, normalement, mutuellement intelligibles pour des utilisateurs instruits ou alphabétisés, tandis que les utilisateurs analphabètes ou semi-alphabètes auront des difficultés à comprendre l'autre variante. Ci-dessous quelques exemples de différences de phonologie. Dialectes avant le génocide. En 1909, le linguiste arménien Hratchia Adjarian a proposé dans sa "Classification des dialectes arméniens" une répartition des dialectes arméniens en trois branches : Linguistique arménienne. Les plus grandes figures de la linguistique arménienne (par ordre chronologique) :
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Alfred de Musset Alfred de Musset est un poète, dramaturge et écrivain français de la période romantique, né le à Paris, où il meurt le . Il fréquente les poètes du Cénacle de Charles Nodier et publie à "Contes d'Espagne et d'Italie", son premier recueil poétique. Il commence alors à mener une vie de « dandy débauché », marquée par sa liaison avec George Sand, tout en écrivant des pièces de théâtre : "À quoi rêvent les jeunes filles ?" , "Les Caprices de Marianne" , puis le drame romantique "Lorenzaccio" , "Fantasio" et "On ne badine pas avec l'amour". Il publie parallèlement des poèmes tourmentés comme "" et "la Nuit de décembre" , puis "La Nuit d'août" (1836), "La Nuit d'octobre" (1837) et un roman autobiographique, "La Confession d'un enfant du siècle", . Dépressif et alcoolique, il écrit de moins en moins après l'âge de . On peut cependant relever les poèmes "Tristesse", "Une soirée perdue" (1840), "Souvenir" et diverses nouvelles ("Histoire d'un merle blanc", 1842, le livre de chevet de Lucie Merle). Il reçoit la Légion d'honneur et est élu à l'Académie française . Il écrit des pièces de commande pour . Mort à , il est enterré dans la discrétion au cimetière du Père-Lachaise. Redécouvert au , notamment dans le cadre du TNP de Jean Vilar et Gérard Philipe, Alfred de Musset est désormais considéré comme un des plus grands écrivains romantiques français, dont le théâtre et la poésie lyrique montrent une sensibilité extrême, une interrogation sur la pureté et la débauche ("Gamiani ou Deux nuits d'excès", 1833), une exaltation de l'amour et une expression sincère de la douleur. Sincérité qui renvoie à sa vie tumultueuse, qu'illustre emblématiquement sa relation avec George Sand. Biographie. Enfance. Né sous le Premier Empire, le , dans la rue des Noyers (incorporée au boulevard Saint-Germain au milieu du ), Alfred de Musset appartient à une famille aristocratique, affectueuse et cultivée, lui ayant transmis le goût des lettres et des arts. Il prétend avoir pour arrière-grand-tante Jeanne d'Arc (son ancêtre Denis de Musset ayant épousé Catherine du Lys) et être cousin de la branche cousine de Joachim du Bellay. Une de ses arrière-grand-mères est Marguerite Angélique du Bellay, femme de Charles-Antoine de Musset. Son père, Victor-Donatien de Musset-Pathay, est un haut fonctionnaire, chef de bureau au ministère de la Guerre, et un homme de lettres né le près de Vendôme. Aristocrate libéral, il a épousé le Edmée-Claudette-Christine Guyot des Herbiers, née le , fille de Claude-Antoine Guyot des Herbiers (dit Guyot-Desherbiers). Le couple a eu quatre enfants : Paul-Edme, né le , Louise-Jenny, née et morte en 1805, Alfred, né le et Charlotte-Amélie-Hermine, née le . Son grand-père était poète, et son père était un spécialiste de Jean-Jacques Rousseau, dont il édita les œuvres. La figure de Rousseau jouera en l'occurrence un rôle essentiel dans l'œuvre du poète. Il lui a rendu hommage à plusieurs reprises, attaquant au contraire violemment Voltaire, l'adversaire de Rousseau. Son parrain, chez qui il passe des vacances dans la Sarthe au château de Cogners, est l'écrivain Musset de Cogners. L'histoire veut que lors d'un de ses séjours dans le château de son parrain, la vue qu'il avait depuis sa chambre sur le clocher de l’église de Cogners lui ait inspiré la très célèbre "Ballade à la Lune". Par ailleurs, il retranscrira toute la fraîcheur du calme et de l'atmosphère de Cogners dans ses deux pièces de théâtre "On ne badine pas avec l'amour" et "Margot". En , alors qu'il n'a pas encore neuf ans, il est inscrit en classe de sixième au collège Henri-IV – on y trouve encore une statue du poète –, où il a pour condisciple et ami un prince du sang, le duc de Chartres, fils du duc d'Orléans, et obtient en 1827 le deuxième prix de dissertation latine au Concours général. Jeunesse. Après son baccalauréat, il suit des études, vite abandonnées, de médecine, de droit et de peinture jusqu'en 1829, mais il s'intéresse surtout à la littérature. Il fait preuve d'une grande aisance d'écriture, se comportant comme un virtuose de la jeune poésie. Le paraît à Dijon, dans "Le Provincial", le journal d'Aloysius Bertrand, "Un rêve", ballade signée « ADM ». La même année, il publie "L'Anglais mangeur d'opium", une traduction française peu fidèle des "Confessions d'un mangeur d'opium anglais" de Thomas de Quincey. Grâce à Paul Foucher, beau-frère de Victor Hugo, il fréquente dès l'âge de 17 ans le « Cénacle », ainsi que le salon de Charles Nodier à la Bibliothèque de l'Arsenal. Il témoigne de la sympathie pour Sainte-Beuve et Vigny, et se refuse à aduler le « maître » Victor Hugo. Il moquera notamment les promenades nocturnes du « cénacle » sur les tours de Notre-Dame. Il commence alors à mener une vie de « dandy débauché ». Poète. Il publie en 1829 son premier recueil poétique, les "Contes d'Espagne et d'Italie", salués par Pouchkine. Il est d'ailleurs le seul poète français de son temps que le poète russe apprécie vraiment. En 1830, à 20 ans, sa notoriété littéraire naissante s'accompagne déjà d'une réputation sulfureuse alimentée par son côté dandy et ses débauches répétées dans la société des demi-mondaines parisiennes. La même année, la révolution et les journées des Trois Glorieuses donnent le trône au duc d'Orléans et son ancien condisciple, le duc de Chartres, devient prince royal. Auteur de théâtre. En , il écrit sa première pièce de théâtre (seul ce genre littéraire apporte alors argent et notoriété aux auteurs) : sa comédie en un acte, "La Nuit vénitienne", donnée le à l'Odéon, est un échec accablant . L'auteur déclare , comme il l'écrit à Prosper Chalas. S'il refuse la scène, Musset n'en garde pas moins le goût du théâtre. Il choisit dès lors de publier des pièces dans la "Revue des deux Mondes", avant de les regrouper en volume sous le titre explicite "Un Spectacle dans un fauteuil". La première livraison, en se compose de trois poèmes, d'un drame, "La Coupe et les Lèvres", d'une comédie, "À quoi rêvent les jeunes filles ?" et d'un conte oriental, "Namouna". Musset exprime déjà dans ce recueil la douloureuse morbidité qui lie débauche et pureté, dans son œuvre. À 22 ans, le , Musset est anéanti par la mort de son père, dont il était très proche, victime de l'épidémie de choléra. George Sand. En , il part pour Venise, en compagnie de George Sand, dont il a fait la connaissance lors d'un dîner donné aux collaborateurs de la "Revue des deux Mondes" le . Mais Musset fréquente les grisettes pendant que George Sand est malade de la dysenterie et lorsqu'elle est guérie, Musset tombe malade à son tour, George Sand devenant alors la maîtresse de son médecin, Pietro Pagello. Ce voyage lui inspirera "Lorenzaccio", considéré comme le chef-d'œuvre du drame romantique, qu'il écrit en 1834. Chefs-d'œuvre. De retour à Paris, le , il publie la deuxième livraison de son « Spectacle dans un fauteuil », comprenant "Les Caprices de Marianne", parue en revue en 1833, "Lorenzaccio", inédit, "André del Sarto" (1833), "Fantasio" (1834) et "On ne badine pas avec l'Amour" (1834). "Le Chandelier" paraît dans la "Revue des deux Mondes" en 1835, "Il ne faut jurer de rien" en 1836 et "Un caprice" en 1837. Il écrit également des nouvelles en prose et "La Confession d'un enfant du siècle", son autobiographie à peine déguisée dédiée à George Sand et dans laquelle il transpose les souffrances endurées. De 1835 à 1837, Musset compose son chef-d'œuvre lyrique, "Les Nuits", rivales de celles d'Edward Young, James Hervey ou Novalis. Ces quatre poèmes : "la Nuit de mai "et "la Nuit de décembre" en 1835, puis "La Nuit d'août "en 1836 et "La Nuit d'octobre" en 1837 – sont construits autour des thèmes imbriqués de la douleur, de l'amour et de l'inspiration. Très sentimentaux, ils sont désormais considérés comme l'une des œuvres les plus représentatives du romantisme français. En 1836 il publie son roman autobiographique "La Confession d'un enfant du siècle" . Vie sentimentale. Après sa séparation définitive d'avec George Sand, en , il tombe amoureux de l'épouse d'un juriste et sœur de son ami Edmond d'Alton-Shée, pair de France, Caroline Jaubert, qu'il appelle "la petite fée blonde". Leur liaison dure trois semaines avant de reprendre à la fin de 1835 ou au début de 1836. Hôte assidu de son salon, il en fera sa « marraine » et sa confidente, notamment tout au long de leur correspondance, qui s'étend sur vingt-deux ans. C'est chez elle qu'il fait la connaissance, en , d'Aimée-Irène d'Alton, sa cousine, avec laquelle il entame une liaison heureuse et durable. Elle lui propose même de l'épouser. Abandonnée par Musset pour Pauline Garcia, qui se refuse à lui, elle épousera son frère Paul le . Alfred rencontre, le , à la sortie du Théâtre-Français, la comédienne Rachel, qui l'emmène souper chez elle, ils ont une brève liaison en juin. En 1842, la princesse Christine de Belgiojoso, amie de Caroline Jaubert, lui inspire une passion malheureuse. Retour au théâtre. De 1848 à 1850, il a une liaison avec la comédienne , qui avait découvert "Un caprice" dans une traduction russe de Alexandra Mikhaïlovna Karatiguine à Saint-Pétersbourg, et l'avait créé au théâtre Michel, le théâtre français de Saint-Pétersbourg, en 1843, dans le rôle de . Elle reprend la pièce au Théâtre-Français en 1847. C'est grâce à cette pièce que Musset rencontre enfin le succès au théâtre, Théophile Gautier qualifie la pièce, dans "La Presse", Bibliothécaire. Grâce à l'amitié du duc d'Orléans, il est nommé bibliothécaire du ministère de l'Intérieur le . Le duc d'Orléans meurt accidentellement en 1842. Après la Révolution française de 1848, ses liens avec la monarchie de Juillet lui valent d'être révoqué de ses fonctions par le nouveau ministre Ledru-Rollin, le . Puis, sous le Second Empire, il devient bibliothécaire du ministère de l'Instruction publique, avec des appointements de trois mille francs, le . Nommé chevalier de la Légion d'honneur le , en même temps que Balzac, il est élu à l'Académie française le au siège 10 du baron Dupaty, après deux échecs en 1848 et 1850. La réception a lieu le suivant. Il fête le même jour sa nomination comme chancelier perpétuel au bordel et ses débordements alcooliques lui valent, de la part d'Eugène de Mirecourt, la formule de « chancelant perpétuel » au « verre qui tremble ». Ces crises convulsives, associées à des troubles neurologiques, font penser à une syphilis au stade tertiaire qu'il aurait contractée dans un bordel à 15 ans. En 1852, il a quelque temps, une liaison avec Louise Colet, la maîtresse de Flaubert. Décès. De santé fragile , mais surtout en proie à l'alcoolisme, à l'oisiveté et à la débauche, il meurt de la tuberculose le à 3h15 du matin à son domicile du 6 rue du Mont-Thabor - Paris , quelque peu oublié. Cependant Lamartine, Mérimée, Vigny et Théophile Gautier assistent à ses obsèques en l'église Saint-Roch. On n’a révélé la mort de son fils à sa mère, qui était partie vivre chez sa fille Hermine à Angers, qu’après son enterrement. Le poète est inhumé à Paris, au cimetière du Père Lachaise, où son monument funéraire se dresse sur l'avenue principale. Sur la pierre sont gravés les six octosyllabes de son élégie "Lucie" : et sur la face arrière, le poème "Rappelle-toi" : En 1859, George Sand publie "Elle et Lui", roman épistolaire d'inspiration autobiographique. Elle y révèle en particulier l’héautoscopie dont souffrait Musset, forme de dépersonnalisation qui explique le caractère hallucinatoire de "La Nuit de décembre". Jugeant son frère calomnié par l'ensemble du roman, Paul de Musset lui réplique, six mois plus tard, en faisant paraître "Lui et Elle". Jugements de quelques contemporains. Charles Baudelaire. « Faculté poétique ; mais peu joyeux. [...] Mauvais poëte d’ailleurs. [...] Croquemitaine langoureux. De l’école mélancolico-farceuse. » Gustave Flaubert. « Personne n’a fait de plus beaux fragments que Musset, mais rien que des fragments ; pas une œuvre ! Son inspiration est toujours trop personnelle, elle sent le terroir, le Parisien, le gentilhomme ; [...] charmant poète, d’accord ; mais grand, non. » Edmond et Jules de Goncourt. « Musset ? Le jockey de lord Byron. » « Musset : Byron traduit par Murger. » Victor Hugo. « Musset est un poète charmant, léger, délicat. [...] Grand ? non pas. [...] Si Musset a atteint la grandeur, c’est exceptionnellement, comme Béranger a atteint la poésie, par un coup d’aile qui ne s’est pas soutenu. Il a beaucoup imité Byron. [...] Il est très inférieur à Lamartine. » Postérité. Redécouvert au , Alfred de Musset est désormais considéré comme un des grands écrivains romantiques français, dont le théâtre et la poésie lyrique montrent une sensibilité extrême, une interrogation sur la pureté et la débauche, une exaltation de l'amour et une expression sincère de la douleur. Sincérité qui renvoie à sa vie tumultueuse qu'illustre emblématiquement sa relation avec George Sand. Son frère aîné Paul de Musset jouera un grand rôle dans la redécouverte de l'œuvre d'Alfred de Musset, par la rédaction de biographies et la réédition d'un grand nombre de ses œuvres, comme "La Mouche" ou "les Caprices de Marianne". L'un des textes de son recueil "Poésies posthumes", intitulé "Nous venions de voir le taureau", a été mis en musique par Léo Delibes en 1874 sous le nom "Les Filles de Cadix". Édouard Lalo compose trois mélodies sur des poèmes d'Alfred de Musset, À une fleur, Chanson de Barberine et la Zuecca, Ballade à la lune. Son drame "La Coupe et les Lèvres" a été à la base de l'opéra "Edgar" de Giacomo Puccini (1889). En 1902, Charles Maurras consacre "Les Amants de Venise" à la relation que Musset entretint avec George Sand. Analysant avec bienveillance les affres de leur passion, il décèle dans son issue tragique la preuve des dérèglements du romantisme qui ne recherche l'amour que pour ses transports. Pour Maurras, les âmes éduquées par la société et élevées par la religion ne doivent s'adonner à l'amour qu'à des fins supérieures. Un monument intitulé "Le Rêve du poète", œuvre d'Alphonse de Moncel (1910), lui rend hommage dans le jardin de la Nouvelle-France (Paris). De nos jours, l’œuvre du poète est revisitée par d'autres poètes sur les réseaux sociaux tels que Yvon Jean et Tina Noiret. Voir aussi. Filmographie. En 1999, la liaison entre Alfred de Musset et George Sand a fait l'objet d'une adaptation cinématographique de Diane Kurys, "Les Enfants du Siècle". Les œuvres de Musset ont fait l'objet de plusieurs adaptations cinématographiques : Iconographie. Musset est l'un des cinq personnages du tableau "George Sand dans l'atelier de Delacroix avec Musset, Balzac et Chopin" réalisé par le peintre péruvien Herman Braun-Vega à la demande des Musées de Châteauroux, en 2004, à l'occasion du bicentenaire de la naissance de George Sand. Dans son commentaire du tableau, Braun-Vega évoque la relation entre Musset et George Sand. Le tableau est exposé pour la première fois en 2004-2005 au Couvent des Cordeliers de Châteauroux.
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Aïkibudo L' est un art martial traditionnel d'origine japonaise ("budō") essentiellement basé sur des techniques de défense et d’attaque. Il a pour origine l'Aïkido-Yoseikan selon le Centre International de l'Aïkibudo. Histoire. Morihei Ueshiba, fondateur de l'Aïkidō, a fait évoluer sa vision de l'art martial tout au long de sa vie. L’aïkido moderne correspond à la forme la plus récente de son enseignement. Avant d'arriver à cette forme épurée, la forme de sa pratique et le nom de son école ont connu des changements. Ueshiba avait ainsi nommé son école "Daitōryū aikijūjutsu", en référence au "koryu" (école traditionnelle ancienne) d'où il tirait ses techniques, puis "aiki budō" (1930), qui deviendra ultérieurement "aikidō" (1942). Certains de ses élèves créeront à leur tour leur propre style; l'un d'eux, Minoru Mochizuki viendra en France promouvoir l'aïkido d'alors. Par la suite, il le modifiera en fonction de ses recherches et développera le style "Aïkido-jujutsu du Yoseïkan". Il ralliera ainsi certains pratiquants français séduits par la pluralité des disciplines enseignées en son sein. L'un d'eux, Alain Floquet, initié à l"'aiki jūjutsu", et pratiquant lui-même d'autres arts martiaux, décide de l'enseigner en France. À la recherche des origines des mouvements Aïki, il se verra présenté à divers professeurs célèbres dans divers arts martiaux (Daïto Ryu Aïkijujutsu, Katori shinto ryu…), en plus de l'Aïkido-jujutsu du Yoseïkan appelé aussi Yoseikan Aikido. Plusieurs années après, avec l'autorisation de ses professeurs, il synthétise son propre art, qui ne prend définitivement le nom d'aïkibudo qu'en 1980. L'aïkibudo ne se présente pas comme un concurrent de l’aïkido, mais comme une perception alternative de l'enseignement de Morihei Ueshiba basé en grande partie sur l'enseignement de Minoru Mochizuki. Surtout développé et enseigné en France, l'aïkibudo est en développement et connait une croissance du nombre de ses pratiquants en Europe et à travers le monde. Description. Le terme aïkibudo est composé de quatre kanji signifiant approximativement : "Aïkibudo" peut donc se traduire par « la voie de l'harmonie par la pratique martiale ». Tout comme en Aïkidō, l'essentiel de la pratique consiste en des techniques de défense à mains nues, contre toutes frappes armées ou non, ou contre toutes saisies. Les mêmes principes qui forment la base des deux pratiques. On trouve en outre en aïkibudo des variantes plus anciennes de ces techniques, ainsi que des formes issues d'autres écoles, par exemple des variantes des "sutemi waza" proposées par le maître Mochizuki et bien connues des judokas. En outre, quelques armes sont étudiées, le "bokken" (sabre de bois d’entraînement), le "tanto" (couteau de bois), le "bō" (bâton long). Le pratiquant pourra également, dans le cadre de son étude, s'intéresser à d'autres armes traditionnelles telles le "tonfa" ou le "naginata" (hallebarde). La pratique des armes est issue du "kobudō". La philosophie dans la pratique. L'assaillant et le défenseur sont dits « partenaires » et non « adversaires » ; ils échangent régulièrement leurs rôles, qui sont déterminés à l'avance. Chacun est amené à tour de rôle à subir les techniques (Uke) et à les appliquer (Tori). Il n'y a donc pas à proprement parler d'affrontement. Ni vainqueur, ni vaincu. L'une des conséquences est qu'il n'existe pas de compétition dans cet art martial. Toutefois, absence de compétition ne signifie pas exclusion de tout travail spontané ni de travail en opposition ; si une partie de la pratique se fait en « partenariat » pour comprendre les techniques, un travail de randori permet de se confronter différents degrés d'incertitudes, première étape de l'acquisition de « réflexes combatifs » ; par la suite un travail de « kaeshi waza », permet de travailler et d'expérimenter les « contreprises » et les ripostes. Le « partenaire » devient alors « adversaire de travail », pour expérimenter sa progression personnelle et se tester soi-même. Les grades. D'une manière générale — même si dans certains clubs des ceintures de couleur sont attribuées — les "aïkibudokas" portent une ceinture (obi) soit blanche, soit noire. L'équivalent du changement de couleur de ceinture est un passage de grade "kyu", décerné par le professeur à l'issue d'un examen passé au sein du club. Le débutant, en ceinture blanche, passe successivement six grades kyu, du jusqu'au , qui correspond à la ceinture marron d'autres disciplines. À l'issue de cette progression, on prépare le grade de premier "dan", dont l'obtention autorise à porter la ceinture noire et le "hakama", et marque officiellement le passage de l'état de "débutant" à celui de "pratiquant". Les grades dan sont décernés par un jury fédéral après examen. Les pratiquants, portant la ceinture noire, sont appelés "yudansha". Lexique. Les commandements pour le salut. Le professeur n'est pas celui qui dicte directement les commandements. Le professeur est devant ses élèves et son élève le plus avancé dicte les saluts aux autres élèves. Les frappes. "Niveau "Tsuki-Uchi-Waza (poing et frappes)" "Keri-Waza (jambe)" 3 Kata existent pour les frappes : Les chutes - Ukemi. Les chutes "ukemi" (réception du corps) sont en fait des roulades utilisées dans la pratique de l'Aïkido et l'Aïkibudo pour éviter de se blesser. On les appelle conformément : "brise-chutes". Kobudo. Le programme de l'Aikibudo intègre également le maniement des armes, regroupé sous le terme Kobudo, qui signifie "art martial ancien". Le Kobudo de l'aikibudo est issu d'une école d'arme japonaise : le Tenshin Shoden Katori Shinto Ryu. La pratique des armes en Aikibudo comporte : Le Kobudo enseigné au sein de l'Aikibudo ne doit pas être confondu avec Le kobudo d'Okinawa qui est un art martial distinct. Daito ryu. Le Daïto ryu est l'art secret du clan des Takeda. Art de guerre au départ enseigné uniquement par ce clan, ce sont des techniques de clé de bras et de jambes très efficaces et mortelles. Le Daïto ryu est au programme de l'aïkibudo. Il fait partie de l'histoire martiale de Maître Alain Floquet qui l'a apprise de Maître Takeda Tokimune. Le pratiquant d'aïkibudo doit connaître un certain nombre de techniques de Daïto ryu pour son passage de grade du deuxième Dan pour lequel il présente les 10 techniques à genoux de la première série de cette école (Ikkajo). Le Ki. Le Ki représente l'énergie, la source vitale de chaque individu, il est donné à la naissance de chaque être. L'Aikibudo comme tous les autres arts martiaux, se sert de l'énergie de l'adversaire (son Ki) pour la retourner contre lui. Mais pas seulement, chaque pratiquant tout au long de sa pratique se voir enrichir son propre ki, le développer ou plutôt le canaliser, c'est là que prend tout le sens de Ai et Ki l'harmonie de l'énergie. Peu de pratiquants en prennent conscience, avant d'avoir atteint un certain niveau de pratique. Mais sa perception se fait de plus en plus grande avec le temps.
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Agriculture durable L'agriculture durable (anciennement soutenable, traduction alternative de l'anglais "sustainable") est l'application à l'agriculture des principes du développement durable tels que définis par la communauté internationale à Rio de Janeiro en . Il s'agit d'un système de production agricole qui vise à assurer une production pérenne de nourriture, de bois et de fibres en respectant les limites écologiques, économiques et sociales qui assurent la maintenance dans le temps de cette production. L'agriculture durable vise notamment à réduire l'impact environnemental de l'agriculture. C'est une agriculture qui protège la biodiversité, l'eau et les sols qui lui sont nécessaires et qui les utilise mieux via les auxiliaires de l'agriculture et les services écosystémiques. C'est aussi une agriculture multifonctionnelle. Les systèmes agricoles durables émettent peu de gaz à effet de serre responsables du réchauffement climatique. Objectifs poursuivis. L'agriculture durable vise une amélioration de la pérennité du système, en créant plus de richesses pérennes par unité de production, sur une base plus équitable. Ces principes sont basés sur la reconnaissance du fait que les ressources naturelles ne sont pas infinies et qu'elles doivent être utilisées de façon judicieuse pour garantir durablement la rentabilité économique, le bien-être social, et le respect de l'environnement (les trois dimensions du développement durable). Concrètement et dans l'idéal (rien n'assurant qu'une agriculture respectant simultanément toutes ces qualités soit possible) : Une agriculture durable est définie par Zahm et al., (2019). comme une agriculture économiquement viable, écologiquement saine, socialement juste et humaine (Landais, 1998). Elle contribue d’une part à la durabilité du territoire dans laquelle elle s’ancre par la multifonctionnalité de ses activités et d’autre part à la fourniture de services environnementaux globaux (lutte contre le changement climatique, qualité de l’air, sécurité alimentaire, etc.). Quant à l'exploitation agricole durable c'est une exploitation agricole viable, vivable, transmissible et reproductible inscrivant son développement dans une démarche sociétalement responsable. Cette démarche renvoie aux choix de l’agriculteur quant aux effets de ses activités et de ses modes de production au regard des objectifs propres à son exploitation mais aussi au regard d’objectifs externes à son exploitation renvoyant à des échelles socio-spatiales de niveau supérieur. Son développement repose sur 5 propriétés émergentes des systèmes agricoles durables : autonomie, robustesse, capacité productive et reproductive de biens et services, ancrage territorial et responsabilité globale (Zahm et al., 2019). Quelques principes d'agriculture durable. Pour être durable, l'agriculture doit respecter quelques principes : À ces principes de base, il faut ajouter la nécessité d'éviter les usages dispersifs des métaux en agriculture. L'étude de l'association des Centraliens sur la raréfaction des métaux recense un certain nombre d'usages dispersifs à éviter. Dans le monde. Agriculture familiale. Les deux premiers Objectifs de développement durable proposés par l'Organisation des Nations unies sont l' et . Pour remplir ces objectifs, l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) accorde une importance particulière à l'agriculture familiale. Ce modèle occupe une place prépondérante dans l'agriculture mondiale ; l'agriculture familiale produisait 80 % des produits agricoles en 2014. L'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture déclare l'année 2014 année internationale de l'agriculture familiale. En 2017, l'Assemblée générale des Nations unies proclame la période 2019-2028 décennie des Nations unies pour l’agriculture familiale. Elle décide de soutenir plus activement ce modèle qui semble le mieux répondre aux objectifs du millénaire pour le développement comme l'éradication de la faim, la préservation des ressources et la création d'emplois. Dans l'Union européenne. Développement rural. La Politique agricole commune de l'Union européenne a fait l'objet de révisions en 1999. Le premier pilier sur le contrôle des marchés a été complété par un deuxième pilier : le développement rural, qui fait référence au développement durable, sur la filière forestière. Le développement rural est décrit dans le règlement de développement rural (RDR) de la PAC qui peut financer des mesures agroenvironnementales via les États membres. Une première version de ce règlement a été établie pour la période 2000-2006. Une seconde version (règlement de développement rural II) a été établie pour la période 2007-2013. D'autre part, l'Union européenne a édicté des directives sur la sécurité alimentaire (paquet hygiène) qui concerne toute la filière agricole et agroalimentaire (« de la fourche à la fourchette »). Il existe aussi une série de normes internationales sur la traçabilité des denrées alimentaires : ISO 22000. Déclinaison dans les États membres de l'Union européenne. Le RDR européen se décline dans chaque États membres de l'Union européenne par un plan de développement rural national (PDRN). La loi d'orientation agricole du définit un cadre contractuel innovant entre agriculteurs et pouvoirs publics, devant permettre de répondre aux nouvelles attentes de la société civile en matière de multifonctionnalité de l’agriculture et de développement durable. Ce cadre est défini dans le Contrat Territorial d'Exploitation (CTE). Les CTE ont été modifiés par des Contrats d'agriculture durable (CAD) : le but est toujours de préserver les ressources naturelles en luttant pour la qualité des sols, de l'eau, de la biodiversité et des paysages ( décret 2003-675 du ). Conditionnalité des aides PAC. La conditionnalité soumet le versement de certaines aides de la politique agricole commune au respect d’exigences de base en matière d’environnement et de santé. La conditionnalité est mise en place depuis 2005. Elle garantit une agriculture plus durable et favorise ainsi une meilleure acceptation de la PAC par l'ensemble des citoyens. Ce dispositif soumet le versement de certaines aides communautaires au respect d'exigences en matière de bonnes conditions agricoles et environnementales (BCAE), de santé, et de protection animale. Mesure des impacts environnementaux. Les nuisances et pollutions peuvent être mesurées dans le cadre des mesures de prévention des risques. Il existe un modèle macroéconomique, développé par l'OCDE, qui sert de référence en Europe, pour la mesure de ces « pressions environnementales » : le modèle pression-état-réponse (PER). On peut donc transformer les mesures enregistrées sur le terrain en indicateurs du modèle PER. D'autre part, on peut agréger ces mesures par secteurs économiques, selon les nomenclatures officielles (NACE, secteurs institutionnels…). Cas de la France. Différentes utilisations du terme en France. Plusieurs organismes ont intégré le concept d'agriculture durable dans leur appellation : L'agriculture durable ne doit pas être confondue avec l'agriculture raisonnée, un concept qui s'appuyait sur un référentiel national certifié par l'État jusqu'en 2013 et a été remplacé depuis par un dispositif de certification environnementale. Le terme « agriculture soutenable », parfois rencontré, est une traduction du terme anglais "sustainable agriculture", qui a d'abord été utilisée bien qu'impropre parce que plus littérale. Organisation de l'agriculture durable. Le concept principal est celui d'une exploitation agricole constituée par un ensemble de sous-systèmes fonctionnant tous en interaction, un sous-système générant des entrées pour les autres, le système fonctionnant dans l'idéal en cycle fermé. Organisation en filière intégrée. L'agriculture durable doit être intégrée par tous les agents économiques de la filière, de la fourche à la fourchette (du producteur au consommateur), en incluant les parties prenantes concernées par : Le suivi en fonction des parcelles (agriculture de précision) nécessite l'utilisation de technologies de l'information, en particulier des systèmes d'information géographique. Une filière doit être évaluée selon des critères normés communs à tous les agents économiques de la filière, en cohérence avec le cadre normatif des comptabilités nationales. Prévention des risques. Listes de vérifications de risques environnement-sécurité, actions à faire, à mettre en œuvre dans les exploitations agricoles : Suivi à la ferme des produits phytosanitaires. Mise à disposition des agriculteurs d’appareils simples de lectures de codes-barres pour enregistrement et suivi de fournitures en magasin local (commandes, gestion des stocks, entrées / sorties…), avec possibilité de : Types d'action (acteurs) : Valorisation de la biomasse. Selon les principes de l'agriculture durable, la valorisation de la biomasse n'est pas réservée exclusivement à l'alimentation humaine. Il existe cependant une controverse sur la compétition possible entre alimentation et autres utilisations. Les produits agricoles, ainsi que les déchets et résidus de l'activité agricole, peuvent produire : Traçabilité. Assurer la sécurité sanitaire des aliments implique de mettre en place un suivi le long de toute la chaîne de production, « de la fourche à la fourchette ». L'agriculture durable s'appuie sur des preuves et une traçabilité apportées par des certifications crédibles, établies par des certificateurs indépendants. La mise en œuvre de filières intégrées d'agriculture durable met en jeu l'interopérabilité de systèmes hétérogènes, donc la cohérence et la qualité des données (voire leur sécurité), ce qui implique l'utilisation d'un cadre normatif global. La normalisation relative aux denrées alimentaires est constituée par la série de normes ISO 22000 sur la sécurité des denrées alimentaires. Outils d'évaluation. De nombreuses méthodes évaluatives font référence au concept d'indicateurs de durabilité à l'échelle de l'exploitation agricole. Cependant, ces méthodes n'intègrent parfois que la dimension environnementale, les dimensions sociales et économiques n'étant pas systématiquement prises en compte. On retrouve dans cette catégorie de nombreuses méthodes d'indicateurs agro-environnementaux ou d'autres outils développés pour une évaluation de la performance environnementale d'une exploitation agricole (Zahm, 2011). Les outils d'évaluation prennent différentes formes dans leur construction et approches. Il s'agit : En France, les travaux du projet PLAGE (2008-2014) ont permis d'identifier plusieurs outils d'évaluation de la durabilité selon les dimensions environnementale, sociale et économique. Les états de l’art complets (Schader et al., 2014 ; Lairez et al., 2015 ; De Olde et al., 2016 ; Chopin et al., 2021), de même que les travaux du réseau national sur l’évaluation de la durabilité des systèmes et territoires agricoles (RMT Erytage 4), montrent une diversité importante des méthodes d’évaluation de la durabilité en agriculture basées sur des indicateurs (une soixantaine recensées). Parmi celles-ci, la méthode IDEA est aujourd’hui l’une des quatre méthodes d’évaluation de la durabilité les plus utilisées dans l’Union européenne (De Olde et al., 2016) mais aussi en Afrique de l’Ouest, au Maghreb, au Mexique et en Amérique latine. La méthode IDEA (indicateur de durabilité des exploitations agricoles) est une méthode scientifique soutenue par le ministère de l'Agriculture s'appuyant sur les travaux d'un comité scientifique pour évaluer la durabilité d'une exploitation agricole. Elle est mobilisée depuis la fin des années 1990 à la fois dans l'enseignement agronomique (technique ou supérieur) pour son caractère pédagogique et transparent. Depuis, 2019 sa nouvelle version 4 a été publiée (ZAhm et al? 2019) .Elle est désormais utilisée par de très nombreux professionnels du conseil agricole et les collectivités territoriales pour accompagner des démarches de transition écologique ou dans des démarches individuelles de responsabilité sociétale des entreprises. Au plan théorique, la méthode IDEA dans sa version 4 s'est doté d'un nouveau cadre conceptuel enrichi d’une approche théorique par les propriétés des systèmes agricoles durables. Ce cadre conceptuel est basé sur la combinaison de deux approches évaluatives de la durabilité de l’exploitation agricole : l’une par les objectifs de l’agriculture durable et l’autre par les cinq propriétés des systèmes agricoles durables. Cette combinaison aboutit à deux grilles de lecture évaluatives, structurées respectivement selon les trois dimensions du développement durable (agroécologique, socio-territoriale et économique) et selon cinq propriétés de systèmes agricoles durables (autonomie, robustesse, capacité productive et reproductive de biens et services, ancrage territorial et responsabilité globale). Cette approche par les propriétés consolide la perspective systémique de l’exploitation agricole en introduisant une lecture transversale de sa durabilité. La méthode IDEA v4 s’ancre dans le courant de la durabilité forte (Daly, 1990) qui rejette l’hypothèse d’une substituabilité ou compensation parfaite entre ressources naturelles et capital manufacturé. Pour qualifier ce concept de durabilité d’une exploitation agricole, 12 objectifs et 5 propriétés ont été retenus. Les 12 objectifs concernent à la fois la dimension agroécologique des activités agricoles mais aussi la dimension socio-territoriale de l’agriculture et la dimension économique de l’exploitation agricole. Ils renvoient à deux niveaux de durabilité (Terrier et al., 2013) : (i) la "durabilité restreinte" qui qualifie les objectifs autocentrés de l’agriculteur correspondant à ses facteurs internes de durabilité et (ii) la "durabilité étendue" qui identifie les objectifs sociétaux d’une exploitation agricole contribuant au développement durable de niveaux d’échelles et d’organisations plus englobants (territoire, collectivité, pays, reste du monde). Les cinq propriétés se définissent ainsi : l’"autonomie" d’une exploitation agricole correspond à sa capacité à produire des biens et des services à partir de ressources propres ou collectives locales (humaines, naturelles, physiques, cognitives), à permettre à l’exploitant agricole de disposer de sa liberté de décision et de développer des modes d'action permettant de limiter sa dépendance aux dispositifs de régulation publique (aides, quotas, droits à produire…) et aux acteurs de l’amont et de l’aval. La "robustesse" d'une exploitation agricole correspond à sa capacité à faire face à des variations (internes ou externes) de différentes intensités (fluctuations, perturbations, chocs) et de différentes natures (environnementales, sociales, économiques), et à conserver ou retrouver un état d’équilibre. Elle intègre de façon englobante les concepts de résilience, d'adaptation, de flexibilité. La "capacité productive et reproductive de biens et services" d’une exploitation agricole correspond à sa capacité à produire et à reproduire dans le temps long, de manière efficiente, des biens et services, en dégageant suffisamment de revenu pour maintenir l’activité, sans dégrader sa base de ressources naturelles et sociales. L’"ancrage territorial" d’une exploitation correspond à sa capacité à contribuer à un processus de co-production et de valorisation de ressources territoriales. Il caractérise également la nature et l'intensité des liens marchands et non marchands que l’exploitation agricole construit avec son territoire, ses habitants, ses acteurs, son groupe social de vie. La "responsabilité globale" d’une exploitation correspond au degré d'engagement de l'exploitant agricole dans une démarche globale qui prend en compte les impacts environnementaux, sociaux et économiques dans ses choix de pratiques et d’activités. Cet engagement se structure autour de valeurs renvoyant à l'éthique et à l'équité (Zahm et al., 2019). Quelles données chiffrées. L'agriculture consomme un peu moins de 2 % de l'énergie en France, part voisine de sa contribution au PIB. La consommation d'énergie directe concerne essentiellement les tracteurs et autres véhicules agricoles (fioul, gazole et essence), les machines à traire des élevages, la réfrigération des produits, l'irrigation (électricité), le chauffage des séchoirs et des serres (fioul et gaz propane, butane ou gaz de réseau). Les dépenses consacrées à l'énergie directe étaient de par exploitation agricole en moyenne en 2007. Dispositions législatives. Le ministère français de l'Agriculture et de l'Alimentation a lancé à la suite du Grenelle de l'environnement un plan « Objectif Terres 2020 », dont l'objectif est de mettre en œuvre un nouveau modèle agricole français plus respectueux des exigences de développement durable. Ce plan se décline dans une dimension énergétique en un plan de performance énergétique des exploitations agricoles, qui commence par un bilan énergétique en agriculture. La loi de modernisation de l'agriculture et de la pêche de 2010 a mis en place le plan régional d'agriculture durable. Le décret d'application de cette loi relatif au plan régional d'agriculture durable, du , a modifié le code rural (article D111-1). Place dans le plan national d'adaptation au changement climatique. L'agriculture fait l'objet du chapitre V (éclairages sectoriels), première section du plan national d'adaptation au changement climatique (). La recommandation précise : Dans le monde. Fracture Nord / Sud. Il existe des positions assez divergentes dans les pays développés sur l'attitude à adopter vis-à-vis de l'agriculture des pays du Sud : Voir aussi. Articles connexes. Réduction de la contribution de l'agriculture à l'effet de serre Fédérations et réseaux Durabilité en agriculture Union européenne Sécurité alimentaire Types d'agriculture comportant des caractéristiques de durabilité Histoire de l'agriculture Articles liés à la mondialisation
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Alchimie L’alchimie est une discipline qui peut se définir comme « un ensemble de pratiques et de spéculations en rapport avec la transmutation des métaux ». L'un des objectifs de l'alchimie est le grand œuvre, c'est-à-dire la réalisation de la pierre philosophale permettant la transmutation des métaux, principalement des métaux « vils », comme le plomb, en métaux nobles comme l'argent ou l'or. Cet objectif se fonde sur la théorie que les métaux sont des corps composés (souvent de soufre et de mercure). Un autre objectif classique de l'alchimie est la recherche de la panacée (médecine universelle) et la prolongation de la vie via un élixir de longue vie. La pratique de l'alchimie et les théories de la matière sur lesquelles elle se fonde, sont parfois accompagnées, notamment à partir de la Renaissance, de spéculations philosophiques, mystiques ou spirituelles. Des pensées et des pratiques de type alchimique ont existé en Chine dès le et en Inde dès le . L'alchimie occidentale, quant à elle, commence dans l'Égypte gréco-romaine au début de notre ère, puis dans le monde arabo-musulman, d'où elle se transmet au Moyen Âge à l'Occident latin, où elle se développe à la Renaissance et jusqu'au début de l'époque moderne. Jusqu'à la fin du les mots alchimie et chimie sont synonymes et utilisés indifféremment. Ce n'est qu'au cours du qu'ils se distinguent et que l'alchimie connaît une phase de déclin, sans toutefois disparaître totalement, alors que la chimie moderne s'impose avec les travaux d'Antoine Lavoisier, et la découverte que les métaux sont des « substances simples ». Étymologie. L'étymologie du terme alchimie est discutée (""). Le mot « alchimie » viendrait de l'arabe , "al-kīmiyāﺀ" venant lui-même du grec ancien "khumeia / khêmeia". Le terme apparaît dans le vocabulaire français au , par le latin médiéval "alchemia". Les termes "alchimie" et "chimie" (en latin "alchemia" et "chemia", ou "alchymia" et "chymia") sont restés strictement synonymes jusqu'au début du , avec notamment l'ouvrage polémique d'Étienne-François Geoffroy, "Des supercheries concernant la pierre philosophale" (1722). Différentes hypothèses ont été avancées pour l'origine du mot en arabe. Le mot arabe proviendrait du mot grec "khemeia", désignant également la chimie dans son acception moderne, ou bien du grec , "khymeia" désignant un mélange, une mixture. Le philologue Hermann Diels, dans son "Antike Technik" (1920) y voyait la « fusion », du grec ancien "khumeia / khêmeia", signifiant « art de fondre et d'allier les métaux ». "Kimiya" pourrait également venir du mot copte kēme (ou son équivalent en dialecte bohaïrique, khēme), lui-même dérivant du grec kmỉ, correspondant au moyen égyptien "ḳm.t", désignant la terre noire, la terre alluvionnaire et par extension l'Égypte (). Historique. Alchimie gréco-alexandrine. Pour Michèle Mertens : Henri-Dominique Saffrey sépare les textes d'alchimie grecque ancienne et byzantine en trois groupes successifs : Liens avec l'Égypte pharaonique. Selon Zosime de Panopolis, l'alchimie telle qu'elle était pratiquée à son époque tirait son origine des cultes égyptiens. Dans un traité généralement appelé le « "Compte Final »," Zosime présente une courte histoire des techniques minéralurgiques et de deux types de « teintures » (βαφαί), les teintures « naturelles» (φυσικά) et les teintures « non naturelles » (ἀφυσικά). L'alchimie y est décrite comme un art ayant été jadis caché et monopolisé par les prêtres égyptiens et leurs « démons terrestres » (ϙϙ [c’est-à-dire δαίμονες] περίγειοι), que Zosime appelle aussi « gardiens des lieux » (οἱ κατὰ τόπον ἔφοροι). Il s'agit vraisemblablement des dieux égyptiens, qu'il présente comme des démons menteurs promettant le succès dans la pratique des teintures en échange de sacrifices. Zosime a manifesté un intérêt pour les pratiques des prêtres des temples égyptiens dans deux autres traités et semble les avoir considérés comme les derniers spécialistes de l'alchimie : dans "Sur les appareils et les fourneaux", il mentionne avoir visité « l'antique sanctuaire de Memphis » où il a vu un fourneau tombé en pièces";" une traduction syriaque d'un traité de Zosime "Sur le travail du cuivre" montre aussi son intérêt pour des pratiques métallurgiques liées à la fabrication et la coloration des statues du culte égyptien. Bien que Zosime attribuât les pratiques alchimiques de son temps à celle des prêtres égyptiens, il n'attribuait pas leur origine à un peuple ou à un groupe de prêtres en particulier, mais plutôt à l'enseignement des anges déchus, qui aurait été consigné dans un traité perdu intitulé le "Chemeu" . Plutôt que de suivre les traditions égyptiennes, qu'il croyait avoir été corrompues par l'influence de "démons", Zosime cherchait à reconstituer l'authentique doctrine alchimique par une exégèse méticuleuse des textes, et plus particulièrement, par l'interprétation des textes attribués à Démocrite, qu'il croyait être le seul à avoir fait allusion au "Chemeu". François Daumas voit un lien entre la pensée égyptienne et l'alchimie gréco-égyptienne, à travers la notion de pierre, pierre à bâtir ou pierre philosophale. Garth Fowden, cependant, juge l'interprétation de Daumas trop optimiste : . Shannon Grimes a émis une thèse semblable à celle de Daumas, Festugière et Mertens. Selon Grimes, Zosime de Panopolis (c. 300 ap. J.-C.), un des premiers commentateurs de textes alchimiques, aurait été prêtre d'un culte égyptien et aurait adapté les traditions égyptiennes concernant la création et la consécration des statues de cultes, notamment le rite de l'ouverture de la bouche, aux traditions hébraïques et chrétiennes. Liens avec les pratiques artisanales et la métallurgie. De nombreuses techniques artisanales sont connues dans l'Égypte hellénistique avant l'apparition de l'alchimie : fonte des métaux (seulement sept métaux sont connus de l'antiquité jusqu'à la renaissance : or, cuivre, argent, plomb, étain, fer et mercure), la fabrication d'alliage (bronze et laiton), différentes techniques de métallurgie et d'orfèvrerie, le travail du verre, la fabrication de gemmes artificielles, la fabrication de cosmétiques. Les différentes techniques de raffinage des minerais aurifères et argentifères sont particulièrement pertinentes à ce qui allait être appelé alchimie. Les premières techniques consistent à extraire les métaux précieux des minerais. Comme le mentionne Pline l'Ancien à la fin du , le mercure était utilisé pour séparer l'or du minerai. L'or et les argents se trouvant généralement mélangés l'un à l'autre ainsi qu'à d'autres métaux, la séparation de ces métaux était nécessaire à l'obtention d'or et d'argent de haut titre. Une première technique, la coupellation, permettait de séparer l'or et l'argent d'autres métaux, mais non pas l'or de l'argent. Pour ce faire, on utilisait plutôt la cémentation, technique consistant à calciner l’alliage d'or et d'argent avec d'autres produits, dont le sel, dans des vases d'argile. Sous l'effet de la chaleur, l'argent du mélange réagit avec le sel et se colle aux parois du vase. Cette technique fut décrite par Agatharchide de Cnide dans un ouvrage cité par Diodore de Sicile et maintenant perdu. Des fouilles archéologiques à Sardes ont aussi démontré qu'une technique de cémentation similaire à celle décrite par Agarthacide y fut utilisée. Un lien peut-être plus fort encore peut être fait entre l'utilisation de mercure pour la dorure (le mercure y servant à coller des feuilles d'or sur un objet), le rôle que cette technique jouait dans la coloration des statues et l'importance que le mercure revêt dans les commentaires alchimiques, notamment ceux de Zosime de Panopolis. Les livres de recettes. Les plus anciens textes grecs qu'on peut relier à l'alchimie sont les papyrus de Leyde et de Stockholm, écrits en grec et découverts en Égypte, et qui datent du . Ils contiennent 250 recettes techniques qu'on peut répartir en quatre catégories visant à donner aux métaux l'aspect de l'or ou de l'argent et à imiter la coûteuse pourpre et les pierres précieuses (émeraudes, perles…). Ces recettes sont claires dans la mesure où on parvient à en identifier aujourd'hui les ingrédients. Les papyrus recettes contiennent des tests de la pureté des métaux précieux et communs, ce qui indique que leurs auteurs sont parfaitement conscients de la différence entre l'imitation et l'original. Une de ces recettes par exemple, porte sur l'« eau de soufre », constituée d'un mélange de chaux, de soufre et d'urine ou de vinaigre, que l'on chauffe. Elle permet de donner à l'argent l'aspect de l'or par l'action en surface de polysulfures de calcium. Les premiers papyrologues ayant travaillé sur ces deux manuscrits s'accordent pour dire qu'ils sont l’œuvre du même copiste (ce même copiste serait par ailleurs l'auteur de manuscrits maintenant mieux connus sous le nom de "papyrus magiques grecs"). Considérés comme une seule œuvre, les manuscrits alchimiques de Leyde et de Stockholm portent sur l'imitation de quatre types de substances (l'or, l'argent, la teinture pourpre et les pierres précieuses). Cette même division se retrouve aussi dans la tradition des "Quatre livres" attribués à Démocrite, la plus ancienne tradition d'alchimie grecque que l'on connaisse. Le plus ancien texte du "Corpus alchemicum graecum" est le "Physika kai mystika" ("φυσικά και μυστικά", "Questions naturelles et secrètes"), que l'on peut dater du . Faussement attribué au philosophe Démocrite d'Abdère du avant notre ère (on parle du Pseudo-Démocrite), ce texte a souvent été considéré au , comme une version remaniée et interpolée d'un ouvrage plus ancien d'un auteur gréco-égyptien mal connu, Bolos de Mendès (entre −250 et −125) ; Les études plus récentes ont conduit à rejeter cette hypothèse. Synésius l'alchimiste, au , identifie le maître au mage Ostanès, et le temple à celui de Memphis. Le texte présente des recettes techniques très similaires à celles des papyrus, destinées à imiter l'or, l'argent, le pourpre et les pierres précieuses ; mais il possède des éléments qui deviendront caractéristiques des textes alchimiques : Pour Didier Kahn, c'est le premier traité d'alchimie connu, mais pour Lawrence Principe, il appartient encore à la littérature technique des recettes. Comme l'indiquait Robert Halleux : . Zosime de Panopolis. Selon Lawrence Principe, c'est vraisemblablement au cours du que l'idée non plus d'imiter l'or et l'argent, mais de les fabriquer réellement émergea. Après le "Physika kai mystika" du pseudo-Démocrite, on dispose d'une série de citations ou de courts traités attribués à des personnages mythiques ou célèbres (Hermès, Isis, Moïse, Agathodémon, Jamblique, Marie la Juive, Cléopatre, Comarius, Ostanès, Pamménnès, Pibechius…, pour la plupart cités par Zosime de Panopolis(Rosinus dans les publications latines postérieures), qui, vers 300, est le premier alchimiste pour lequel on dispose d'écrits et de détails biographiques substantiels. Ces détails restent essentiellement limités aux écrits de Zosime. La "Souda", encylopédie datant de la fin du , l'appelle un philosophe (appellation ordinaire pour un auteur de textes alchimiques grecs) d'Alexandrie. La "Souda" est la seule source identifiant Zosime comme un Alexandrin, et la plupart des chercheurs s'accordent maintenant pour dire que Zosime était originaire de Panopolis. L'encyclopédie lui attribue aussi une œuvre en 28 volumes « appelée par certains "Cheirokmêta" » et une "Vie de Platon". Aucune "Vie de Platon" nous est parvenue attribuée à Zosime et aucune collection de ses livres ne correspond exactement à la description faite des "Cheirokmêta". Les commentateurs. Deux autres auteurs de cette période sont restés célèbres pour leurs commentaires ou leurs recettes : Olympiodore l'Alchimiste, qui est peut-être Olympiodore le Jeune (un recteur de l'école néoplatonicienne d'Alexandrie, en 541) et Synésius, qui est peut-être Synésios de Cyrène, ami et disciple de la philosophe néoplatonicienne Hypatie. Olympiodore le Jeune, au , sur l'analogie planètes-métaux, donne un système de correspondances, qui sera classique en alchimie : or-Soleil, argent-Lune, plomb-Saturne, électrum-Jupiter, fer-Mars, cuivre-Vénus, étain-Mercure. Premières techniques alchimiques. Les alchimistes alexandrins utilisaient quatre types de techniques pour « produire » de l'or, techniques consignées dans des recettes : Alchimie byzantine. L’alchimie byzantine, très active à Alexandrie, regroupe les écrits et les pratiques métallurgiques de la dernière période gréco-égyptienne de l’alchimie. Elle recoupe une série de théories, de méthodes et de recettes concernant la coloration des métaux et la fabrication d’alliages. Bien que l’alchimie byzantine cherche entre autres à faire passer les métaux de valeur moindre pour des métaux plus riches, elle ne se limite pas exclusivement à cette fin. Elle hérite d’un ensemble de théories concernant la matière provenant des philosophies platoniciennes, aristotéliciennes, néoplatoniciennes et gnostiques, et qui proposent des buts purement spirituels et régénératifs. Elle s’inscrit aussi dans le monde militaire byzantin via des recherches liées à la production d’armes à feu que l’on reconnaît dans la fabrication et l’utilisation du feu grégeois. Passage de l’alchimie gréco-égyptienne vers les Byzantins. Il est largement accepté que l’alchimie à Byzance est une directe descendante de l’alchimie gréco-égyptienne qui semble prendre son origine dans plusieurs facteurs. D’abord dans les pratiques égyptiennes d'orfèvrerie qui, dans le but de s’arroger les moyens de fabriquer artificiellement de l’or, ou encore de tout simplement simuler le précieux métal, expérimentent déjà avec les différents alliages et les colorations métalliques. Ensuite dans la théorie ancienne qui postule l’unité de la matière et la nature composée des métaux, où toute substance est ultimement composée à partir d’une qui prend ses spécificités par la présence de différentes qualités qui lui sont imposées. Les métaux, composés de ces qualités, pourraient être transmutés par la simple variation des proportions des éléments qui les constituent. À ceci s’ajoute l’idée que pratique et technique doivent être opérées par l’imitation de la nature : la nature est l’athanor de la création divine, et l’alchimiste, par ses travaux, parachève la nature en imitant ses moyens. Cette concordance obligatoire entre les travaux de l’alchimiste et ce qu’il observe s’opérer dans le monde extérieur dérive de la doctrine universelle des sympathies qui postule que tous les éléments du cosmos sont connectés par des liens occultes ; la qualité de ces liens qui relient une chose à une autre par force d’analogie est déterminée par la sympathie ou l’antipathie qu’elles éprouvent l’une pour l’autre. "Corpus alchimique grec". L’alchimie a été connue des Byzantins à travers un corps de textes que l’historiographie nomme la collection alchimique grecque. Elle a été transmise à travers quelques manuscrits médiévaux, tous écrits en grec : "MS Marcianus graecus 299" (fin du ), "MS Parisinus graecus 2325" (), "Bibliotheca Apostolica Vaticana 1174" (entre les ) et "MS Parisinus graecus 2327" (copié en 1478). Ils furent apportés en France au , par , qui à l’époque faisait acheter de grandes quantités de livres en Grèce et en Orient. Marcelin Berthelot en proposa une traduction française partielle en 1888. Grâce à cette collection, les Byzantins ont eu accès aux écrits du pseudo-Démocrite par son texte nommé "Physica et Mystica", mais surtout à ceux de Zosime de Panopolis, qu'ils tenaient dans une très haute estime. Le corpus contient aussi des auteurs proprement byzantins tels que Synésios de Cyrène, Olympiodore l’alchimiste, Stephanos d’Alexandrie, le Chrétien, ainsi que le Philosophe anonyme. Selon Jacques Sadoul, comme il est difficile de remonter plus loin que les manuscrits grecs, Byzance doit donc être considéré comme un des berceaux des pratiques métallurgiques. "L’héritage de Zosime de Panopolis.". Zosime est le premier alchimiste pour lequel nous avons quelques détails biographiques. C’est particulièrement à travers le corpus alchimique grec, collectionné par les Byzantins, qu’il est connu. Penseur très éclectique. Il transmet entre autres des techniques qu’il attribue au Pseudo-Démocrite et à Marie la Juive, comme l’usage du bain-marie, qui tire son nom de cette dernière. Il est le premier à élaborer une interprétation spirituelle et cosmologique des pratiques alchimiques. Pour Zosime, le but final de la science hermétique est de spiritualiser la matière ; c’est-à-dire de transformer, à l’aide de diverses techniques, la matière physique en matière spirituelle. Il associe cette transformation à une régénération solaire au centre de laquelle se retrouve le symbolisme de l’or. Cette vision du travail des métaux est au premier plan des croyances alchimiques tout au long du Moyen Âge et au-delà. Elle favorisera aussi sa rencontre avec la symbolique du sacrifice christique en établissant un parallèle entre la transmutation du physique vers le spirituel et le mystère de la transsubstantiation eucharistique. Les chrétiens n’ont-ils pas imaginé la Cène comme un acte de communion où la substance du pain et du vin est radicalement modifiée par l’effet de l’action rituélique ? L’alchimie et l’Église chrétienne entretiennent toutes deux l’idée de la transmutation d’un élément en un autre, la première par le Grand œuvre et la seconde par la célébration de la Messe. "Alliages et imitations.". Malgré l’autorité que prêtent les Byzantins à Zosime, ses textes sont manifestement moins étudiés pour leurs perspectives transcendantales et mystiques que pour leurs aspects pratiques. La majorité des textes de la collection byzantine propose de nombreuses recettes concernant la coloration des métaux et la fabrication des alliages. Il faut donc en conclure qu’en dehors d’une certaine minorité, l’aspect spirituel de l’alchimie est beaucoup moins recherché que son aspect purement matérialiste. En effet, à Byzance, la production et le travail de l’or revêtent une importance à la fois politique et commerciale. La frappe des métaux pour la production des devises monétaires est une des spécialités de l’Empire et ce dernier n’hésite pas à employer des imitations sous forme d’alliage dans ce domaine. Dès le , l’empereur Constantin entreprend une réforme monétaire qui voit l’apparition d’une nouvelle pièce de monnaie en or quasiment pur, le Nomisma. Cette dernière prime dès lors dans les échanges internationaux et ce, jusqu’à ce qu’elle souffre d’une profonde dévaluation au cours du . Il est probable que la position avantageuse d’être un régularisateur des échanges commerciaux à travers l’Orient et l’Occident encouragea l’Empire byzantin à s’intéresser aux méthodes supposées de productions artificielles de l’argent et de l’or. "Autres productions". On trouve dans les textes plusieurs recettes qui ne concernent pas directement le travail des métaux, mais qui ont une grande importance pour le monde byzantin. Ainsi sont conservées des recettes pour faire de la chaux ; matériau essentiel dans le raffinement des métaux, mais aussi largement utilisé, entre autres, dans le domaine de la construction (fabrication du mortier), dans la fabrication des fresques et pour fertiliser les terres. Une autre matière de premier plan pour les Byzantins, fabriquée par les alchimistes, ou à tout le moins dont le secret de la confection fut conservé par eux, est le pigment de cinabre. Celui-ci entrait dans la fabrication de l’encre de couleur pourpre, essentielle au système bureaucratique de l’Empire byzantin pour permettre d’authentifier les actes de la chancellerie. La signature impériale, toujours autographe, était réalisée à l’encre de cinabre dont seul l’Empereur pouvait faire usage. La couleur rougeâtre du cinabre était associée à la pourpre impériale d’où dérive un des titres que porte l’Empereur : Porphyrogénète, du grec ancien porphýra, "pourpre". La fabrication des bières était aussi incluse dans le corpus de connaissance alchimique byzantine, et ceci probablement du fait que les alchimistes eux-mêmes voyaient l’œuvre alchimique comme le résultat d’une action en tout point similaire à la fermentation : Outre les produits précédemment mentionnés, la collection alchimique contient : un traité sur la fabrication des verres, un autre sur la coloration des pierres précieuses telles que les émeraudes, les escarboucles et les améthystes. Quelques recettes montrent comment créer des “perles” et comment les traiter. On y trouve aussi une recette pour la confection de la lessive et du savon, de la colle et des teintures pour la laine. Les auteurs anciens. "Olympiodore l’Alchimiste". Identifié à tort avec le philosophe et historien Olympiodore de Thèbes, Olympiodore d’Alexandrie, ou encore Olympiodore l’alchimiste, est un philosophe alexandrin et néoplatonicien. Il serait né aux alentours de 500 et décédé après 564. On lui attribue un commentaire sur le livre "“Sur l’action”" de Zosime, et d’une manière plus générale, sur les textes attribués à Hermès Trismégiste. Cette attribution est néanmoins questionnée et reçue par certains comme peu probable. "Pelagios le Philosophe". On attribue le traité alchimique "Sur l’art divin et sacré" à un certain Pelagios le Philosophe. Il est possible que Pelagios fasse référence à Pélagius, moine breton hérétique ayant terminé sa vie en Égypte, mais il est peu probable que le texte soit de sa main. "Jean l’Archiprêtre". Jean l’Archiprêtre en Évagie est un autre auteur présent dans la collection alchimique byzantine sur qui il est difficile de retrouver des informations. Il ne semble être que mentionné comme auteur du traité "Sur l’art divin". "Stephanos d’Alexandrie". Stephanos d’Alexandrie était un professeur public et philosophe ayant vécu sous l’Empereur Héraclius au . Il enseignait les écrits de Platon et d’Aristote et se spécialisait dans les sujets du quadrivium. On lui connaît des commentaires sur Platon et sur Aristote, ainsi que des travaux de nature astronomique, astrologique, médicale et alchimique. Pour ses travaux alchimiques, il légua un important traité qui n’a pas été inclus dans la collection des alchimistes grecs de Marcelin Berthelot. Le texte se trouve imprimé dans sa version grecque dans le "Physici et Medici Graeci Minores" de Julius Ludwig Ideler et se nomme "Sur le grand art sacré de faire de l’or". Les commentateurs. "Synésios de Cyrène". Un alchimiste du nom de Synésios (ou Synésius), est depuis longtemps associé à Synésios de Cyrène. Le rapprochement est déjà assumé chez Lenglet du Fresnoy en 1744. Le texte alchimique qui lui est attribué s'intitule de "Sur l’oeuvre des Philosophes" et on en a la traduction française dans la Bibliothèque des Philosophes Chymiques. Synésios de Cyrène serait né vers 370, à Cyrène, et décédé à Ptolémaïs aux alentours de 413. Il étudie la philosophie à Alexandrie et se situe dans le courant néoplatonicien. Il visite Athènes, se rend ensuite à Constantinople de 399 à 402. Il se convertit en épousant une chrétienne dont il a trois fils. Il retourne à Ptolémaïs, sur invitation, pour en devenir l’évêque en 411. "Le Chrétien et le Philosophe anonyme". Deux commentateurs byzantins majeurs et tous deux anonymes se trouvent dans la collection alchimique grecque : le Chrétien ("Philosophus Christianus"), auquel est attribué un traité de douze chapitres nommé "Sur la constitution de l’or" , et le Philosophe anonyme, auteur de trois courts textes : "Sur l’eau divine du blanchiment", "Sur la pratique de la Chrysopée" et "La musique et la chimie". "Cosmas". Cosmas est un autre alchimiste byzantin sur lequel les informations manquent. Selon le titre de son ouvrage, "Explication de la science de la Chrysopée par le saint moine Cosmas", il proviendrait du monde monastique, sans qu'on sache à quel monastère il se rattache. Selon F. Sherwood Taylor, la rédaction du texte doit être située aux alentours de l’an mil de par l’emploi de certains termes barbares. "Nicéphore Blemmydès". Un autre texte du corpus alchimique grec est attribué au constantinopolitain Nicéphore Blemmydès. Après la conquête de Constantinople, en 1204, il se réfugie en Bithynie où il poursuit de longues études dans l’ensemble des domaines de connaissances prisées de son époque. En 1234 il est ordonné prêtre et fait son entrée dans la vie monastique. À sa mort il laisse une œuvre imposante, à la mesure de la légende faisant de lui l’un des hommes les plus savants de son temps. Son traité alchimique s'appelle "La Chrysopée". D’autres auteurs et commentateurs alchimiques mineurs ont légué des textes à travers la Collection alchimique grecque. La plupart d’entre eux sont anonymes. Parmi ceux qui mentionnent leur nom : Héliodore, Theophrastos, Hierotheos, Archelaos. Feux grégeois et militarisation de l’alchimie. L’alchimie intéressait les élites pour les perspectives de richesses qu’elle leur faisait miroiter certes, mais aussi pour des raisons de pouvoir militaire. En tout point les Byzantins sont les héritiers des techniques militaires propres à la civilisation gréco-romaine, mais ils n’hésitent pas à utiliser les recherches alchimiques pour mettre en place de nouvelles armes de guerre. Très peu est connu de ce que l’on appelle le feu grégeois, mais son invention place sans aucun doute les Byzantins à l’avant-plan dans l’invention des armes à feu qu’on attribuait jusqu’alors aux Chinois. L’appareil était particulièrement utilisé sur les bateaux, comme pour repousser les invasions arabes, à deux reprises, lorsqu’ils assiègent Constantinople. Jean Skylitzès en donne un exemple illustré dans sa "Chronique" dont le manuscrit est conservé à Madrid. Il était aussi utilisé lors des sièges et parfois manié à l’aide d’un appareil portable nommé Siphon. L’aspect moderne d’une telle arme, malgré l’époque reculée à laquelle elle appartient, rappelle sans nul doute certaines technologies contemporaines telles que le lance flammes ou le napalm. Il est possible que l’invention du feu grégeois, ainsi que son secret si bien gardé, soit en relation avec la situation précaire de la défense du territoire à laquelle l’Empire byzantin doit faire face. Celui-ci est constamment menacé, de sa création jusqu’à sa chute, par diverses forces militaires : les Perses, suivis par les Arabes à l’est, les Avares au sud menacent les territoires en Afrique, les Bulgares à l’ouest et plus tard les chrétiens d’Occident avec les croisades. La possession d’une arme aussi impressionnante que le feu grégeois est un net avantage dans une situation aussi hostile. Bien que la technique du feu grégeois ait été en partie perdue, il reste quelques bribes de recettes dans le "Liber Ignium" ("Le livre des feux") de Marcus Graecus, conservé dans le manuscrit latin "arii tractatus de alchimia". Une version latine imprimée fut publiée en 1804 et Ferdinand Hoefer en donne une traduction française dans son "Histoire de la chimie depuis les temps les plus reculés" en 1866. La situation de l’alchimie dans l’Empire byzantin. L’intérêt que les Byzantins portent à l’alchimie est évident et se démontre dans leur désir de collectionner les écrits grecs anciens, la rédaction de commentaires et la production d’écrits originaux. Malgré les rapprochements éventuels entre les théories alchimiques et le dogme chrétien, l’alchimie qui fleurit à Byzance est essentiellement de nature païenne par ses aspects gnostiques et néoplatoniciens. Mais l’alchimie est officiellement une activité illégale à l’intérieur des frontières byzantines, depuis que Dioclétien, en 297, publie un édit la condamnant et ordonne de brûler les livres des anciens Égyptiens qui traitent de la fabrication de l’argent et de l’or. Ce statut d’illégalité explique peut-être que la quasi-totalité des alchimistes byzantins semblent cantonnés aux frontières de l’Empire et proviennent surtout d’Alexandrie en Égypte. Cela pourrait aussi expliquer que la majorité des écrits alchimiques sont anonymes ou pseudépigraphes. Malgré cet interdit, la transmission de l'alchimie byzantine ne se limite pas à quelques cercles d’adeptes. Joseph Bidez montre qu’elle jouit d’une diffusion relative dans les élites en citant la lettre du moine et écrivain du , Michel Psellos, adressée au patriarche Michel Cérulaire : elle traite de points concernant l’alchimie, l’astrologie et la démonologie dont le patriarche est curieux. Cette épître est suffisante pour que, plus tard, on considère Michel Psellos comme étant lui-même un alchimiste d’autorité. On retrouve d’ailleurs un sceau contenant son nom dans la collection latine de textes alchimiques Bibliotheca Chemica Curiosa de Manget imprimées en 1702. Mais malgré le fond résolument païen de l’alchimie à cette époque, l’ensemble des alchimistes byzantins sont essentiellement chrétiens, et l’art sacré semble jouir d’un certain essor dans le milieu monastique grâce à des auteurs comme Cosmas, Michel Psellos et Nicéphore Blemmydès. Alchimie en terre d'Islam. L'alchimie arabe naît en 685 quand, selon la légende, le prince Khâlid ibn al-Yazîd commande au moine Marianus (ou Morienus), élève de l'alchimiste Étienne d'Alexandrie (vers 620), la traduction en arabe de textes alchimiques grecs ou coptes. Aux VIII-x apparaît le "Corpus Jabirianum", attribué à Jâbir ibn Hayyân. Jâbir ibn Hayyân, dit Geber (vers 770), pose comme première triade celle du corps, de l'âme et de l'esprit. Il insiste sur l'élixir comme remède et panacée, et cet élixir n'est pas seulement minéral. Geber propose aussi le septénaire des sept métaux : or (Soleil), argent (Lune), cuivre (Vénus), étain (Jupiter), plomb (Saturne), fer (Mars), vif-argent (Mercure) ; un autre septénaire est celui des opérations : sublimation, distillation ascendante ou descendante (filtration), coupellation, incinération, fusion, bain-Marie, bain de sable. L’argyropée est une étape, non une chute : elle s’intègre dans l’œuvre. Les quatre éléments et les quatre qualités élémentaires sont autonomes. Dans toute substance des trois règnes, il est possible d’augmenter, de diminuer la proportion, voire de faire disparaître le chaud, le froid, etc. et ainsi d'obtenir une tout autre substance. On attribue à Geber la découverte de l'acide nitrique, obtenu en chauffant du salpêtre KNO3 en présence de sulfate de cuivre (CuSO4⋅5H2O) et d'alun (KAl(SO4)2⋅12H2O), et de l'acide sulfurique (le vitriol), et l'eau régale. Il a également isolé l'antimoine et l'arsenic de leurs sulfures (stibine et orpiment/réalgar). Un certain nombre de traités arabes médiévaux de magie, d’astrologie ou d’alchimie sont attribués à Balînâs Tûwânî (Apollonius de Tyane). Au (vers 825), en lien avec ce mage pythagoricien, le "Livre du secret de la Création. Kitâb sirr al-Khaleqa" donne en arabe le texte de la "Table d’émeraude", qui joue un rôle essentiel dans la tradition hermético-alchimique. Râzî (860-923), appelé Rhazès en Occident, a laissé un "Livre des secrets. Kitâb al-asrâr" de grande influence. L'encyclopédie des Frères de la pureté (Ikhwân as-Safâ, 963) contient une section sur l'alchimie. Le philosophe Algazel (Al-Ghazâlî 1058-1111) parle d'une alchimie de la félicité ("kimiyâ es-saddah"), mais il est plutôt opposé à la pratique alchimique. Alchimie durant le Moyen Âge. Traductions et influence de l'alchimie arabe. L'alchimie arabe, qui connaît son apogée entre le et le , va largement et rapidement se diffuser dans l'Occident chrétien sous la forme de traductions latines à partir du milieu du . L'une des tout premières est le "Morienus" : Robert de Chester, en 1144, traduit en latin un livre arabe de Morienus Romanus, le "Liber de compositione alchemiae quem edidit Morienus Romanus" qui dit : « Puisque votre monde latin ignore encore ce qu'est Alchymia et ce qu'est sa composition, je l'expliquerai dans ce livre. Alchymia est une substance corporelle composée d'une chose unique, ou due à une chose unique, rendue plus précieuse par la conjonction de la proximité et de l'effet ». Vers la même époque Hugues de Santalla traduit le "Livre du secret de la création" attribué à Balinous (le nom arabe d'Apollonios de Tyane qui comprend la première version latine de la "Table d'émeraude"). Et le franciscain Gérard de Crémone (~1114-~1187) traduit le "Liber divinitatis de septuaginta" ("Livre des septantes") de Jabir Ibn Hayyan (dont la plupart des textes qui lui seront ensuite attribués sont des créations latines) et des textes faussement attribués à Rhazès. Le passage du "Kitâb al-Shifâ’" (vers 1020), dans lequel Avicenne (Ibn Sīnā) s'oppose à l'alchimie, est traduit en latin sous le titre "De congelatione et conglutinatione lapidum" ("De la congélation et de la conglutination de la pierre"), par Alfred de Sareshel vers 1190. Mis en annexe du livre IV des "Météorologiques", dans lequel Aristote discute de la nature et de la formation des métaux, il sera attribué à ce dernier et influencera tant les alchimistes que leurs opposants. L’or est fait de Mercure et de Soufre combinés sous l’influence du Soleil. Une phrase célèbre marque les esprits : Cette vague de traductions se poursuit au et de nombreux textes arabes sont mis sous le nom d'autorités antiques, philosophes comme Socrate et Platon, Aristote, Galien, Zosime de Panopolis (latinisé en Rosinus, et lui effectivement alchimiste), ou figures mythiques comme Hermès Trismégiste, Apollonios de Tyane, Cléopâtre. Avec ce corpus traduit de l'arabe, outre un certain nombre de termes techniques comme alambic ou athanor, l'alchimie latine va hériter de ses principales thématiques et problématiques : l'idée que les métaux se forment sous la Terre sous l'influence des planètes à partir de soufre et de mercure, et que l'alchimie vise à reproduire, accélérer ou parfaire ce processus ; l'analogie entre alchimie et médecine, sous la forme de l'élixir, , la question de la diffusion ou du secret de la connaissance alchimique. Plusieurs traditions sont représentées dans ces textes : des traités pratiques et clairs, parmi lesquels ceux issus de l'école de Geber et de Rhazès, et le "De anima in arte alchemia" attribué à Avicenne, qui reflètent une véritable recherche expérimentale, des traités de recettes reprenant la forme du "Secretum Secretorum" (attribué à Rhazès et traduit par Philippe de Tripoli vers 1243, et des textes allégoriques dont le "Morienus", la "Turba philosophorum" et la "Tabula Chemica" de Senior Zadith (Ibn Umail). Le Pseudo-Geber (Paul de Tarente, auteur de "La somme de perfection. Summa perfectionis", 1260), le Pseudo-Arnaud de Villeneuve ("Rosarius", av. 1332), Gérard Dorn ("Clavis totius philosophiae chymisticae", 1566) reprendront l'idée de mêler pratique et allégorie. Alchimie médiévale latine. Vers 1210, le savant Michael Scot écrit plusieurs traités alchimiques : "Ars alchemiae", "Lumen luminum". Il est le premier à évoquer les vertus médicales de l’or potable ; Roger Bacon ("Opus majus", 1266 ; "Opus tertium", 1270), le Pseudo-Arnaud de Villeneuve ("Tractatus parabolicus", vers 1330), le paracelsien Gérard Dorn ("De Thesauro thesaurorum omnium", 1584) poursuivront dans ce sens. Vers 1250, Albert le Grand admet la transmutation, il établit l’analogie entre la formation du fœtus et la génération des pierres et métaux. Il défend la théorie du soufre et du mercure. Il est sans doute l'auteur de "Alkimia" ou de "Alkimia minor", mais pas des autres traités, tels que "Semita recta", ou "Le composé des composés (Compositum de compositis)". Thomas d'Aquin n'est pas alchimiste, quoiqu'on lui attribue le magnifique "L'aurore à son lever (Aurora consurgens)", qui présente l'alchimie comme une quête de régénération spirituelle, intérieure, en date de 1320. Roger Bacon s'est intéressé à l'alchimie dans son "Opus minus" (1267), dans son "Opus tertium", dans son commentaire au "Secret des secrets" (1275-1280) qu'il croit à tort d'Aristote ; mais "Le miroir d'alchimie (Speculum alchimiae)" date du s. : il est d'un Pseudo-Roger Bacon. Bacon ("Opus majus", 1266) soutient que la médecine des métaux prolonge la vie et que l’alchimie, science pratique, justifie les sciences théoriques (et non plus l’inverse) : le premier, il voit le côté double (spéculatif et opératoire) de l'alchimie. Pour le Pseudo-Roger Bacon : Les deux principes ou Substances étaient le Soufre et le Mercure, un troisième s'ajoute dès la "Somme de la perfection (Summa perfectionis)" (1260) : l'Arsenic. L'ouvrage est attribué à l'Arabe Geber (Jâbir ibn Hayyân), mais il est du Pseudo-Geber, ou Geber latin, Paul de Tarente. Les auteurs les plus caractéristiques sont Arnaud de Villeneuve (1245-1313), Denis Zachaire, le Pseudo-Lulle (début du ), le chanoine George Ripley, le prétendu Bernard le Trévisan. L'année 1330 est la date de "La nouvelle perle précieuse (Pretiosa margarita novella)", de Petrus Bonus, qui est un discours théologique. L'auteur distingue recherche scientifique et illumination divine. Il est le premier à faire une lecture alchimique des grands mythes antiques, comme la Toison d’or, Pan, les métamorphoses d'Ovide, Virgile, etc. ; il sera suivi par Augurelli, Pic de la Mirandole, Giovanni Bracesco (+ 1555), Dom Pernéty. Petrus Bonus soutient la théorie du mercure seul. Le premier, il compare la pierre philosophale au Christ : si le processus du Grand Œuvre correspond à la vie humaine (conception, gestation, naissance, croissance, mort), il correspond aussi aux mystères de la religion chrétienne (incarnation et passion du Christ, Jugement dernier, mystère de la Sainte-Trinité, etc.). Vers 1350, Rupescissa (Jean de Roquetaillade) ("De consideratione quintae essentiae") assimile élixir et alcool, comme un cinquième Élément, une quintessence donc, qui peut prolonger la vie. Il dit que l’on peut extraire cette quintessence de toutes choses, du sang, des fruits, du bois, des fleurs, des plantes, des métaux. D’où certains remèdes. Il fait une alchimie distillatoire, car, pour lui, la quintessence est un distillat extrêmement puissant qui peut s’extraire de l’alcool distillé mille et une fois. Cette théorie de la quintessence introduit l’idée du « principe actif » possédant au centuple les mêmes propriétés que les simples, dont Galien avait détaillé les effets bénéfiques sur le plan humain. Alchimie et christianisme. L'Église catholique n'a jamais condamné comme hérésie l'alchimie en tant que telle. Les condamnations ne sont faites que dans des cadres limités : celle des faux-monnayeurs et des magiciens, la discipline interne aux ordres mendiants (franciscains et dominicains), et au la dénonciation des libertins. L'idée de cette condamnation n'apparaît qu'avec les occultistes du . En 1273, 1287, 1289, 1323, 1356 et 1372, les chapitres généraux des Dominicains intiment aux frères de remettre à leurs supérieurs les écrits d'alchimie ou (en 1321) de les détruire. En 1295, la législation des franciscains leur interdit de détenir, lire, écrire des livres d'alchimie. Élie de Cortone, Gérard de Crémone, Roger Bacon, Jean de Roquetaillade sont des franciscains. Dans le "Tractatus parabolicus" du Pseudo-Arnaud de Villeneuve (milieu du ), pour la première fois, l’image du Christ (sa vie, sa Passion, et sa résurrection) est comparée à la pierre philosophale. L'alchimie devient, dès lors, chrétienne. Le Pseudo-Lulle : « De même que Jésus-Christ a pris la nature humaine pour la délivrance et la rédemption du genre humain, prisonnier du péché par la suite de la désobéissance d'Adam, de même, dans notre art, ce qui est souillé criminellement par une chose est relevé, lavé et racheté de cette souillure autrement, et par la chose opposée ». Toujours à la même époque (1350), Jean de Roquetaillade établit le lien entre Grand Œuvre et Passion du Christ. Alchimie durant la Renaissance. Le poème "L'ordinaire d'alchimie" (1477) de Thomas Norton. Denis Zachaire déclare avoir réussi à transmuter du mercure en or le jour de Pâques 1550 : Quand Rodolphe II de Habsbourg est empereur (1576-1612), la capitale de l'alchimie est Prague. Les adeptes de l'époque y convergent : Heinrich Khunrath (auteur d'un admirable "Amphitheatrum sapientiae aeternae", 1602), Oswald Croll, Michael Maier (auteur, entre autres, de "Les Arcanes très Secrets", 1613, et de l’"Atalante fugitive", 1618. Le fameux ouvrage sur Nicolas Flamel, "Le livre des figures hiéroglyphiques", qui donne une interprétation alchimique de l'arche du cimetière des Innocents à Paris, n'a pas été écrit par Nicolas Flamel, qui ne fit jamais d'alchimie. Le livre est daté de 1399, mais ne fut édité qu’en 1612 : il n'a pu être écrit que vers 1590, peut-être par l'écrivain François Béroalde de Verville (1558-1612). Il développe la notion d"'ars magna", une mutuelle délivrance de la matière et de l’esprit par la réalisation de l’œuvre, à la fois spirituelle et physique. Paracelse. Paracelse, comme l'a montré un de ses éditeurs, Johann Huser, n'a rien écrit d'alchimique au sens courant du terme (transmutation des métaux, production d'or), puisqu'il se concentre sur l'utilisation médicale et l'aspect philosophique. Dans son "Opus paragranum" (1533), il substitue aux quatre Éléments les trois Substances ("tria prima") que sont le Soufre, le Mercure et (c'est Paracelse qui l'ajoute) le Sel ; il assimile le processus de digestion à l’alchimie, science des cuissons et des maturations. Cette approche spécifique qu'avait Paracelse de l'alchimie donnera naissance à la spagyrie. Jean-Baptiste Van Helmont. Jean-Baptiste Van Helmont (1579-1644), alchimiste précurseur de la chimie, voulait démontrer que la théorie des quatre éléments alchimiques n'était pas valable. Van Helmont obtient d'abord un diplôme en philosophie avant de chercher une autre voie dans l'astronomie, puis dans la médecine. Se penchant sur les mystères de l'alchimie, il tente la transmutation des métaux et découvre l'existence des gaz, ce qui le situe à l'orée de la science moderne. Il en décrit plusieurs, dont le gaz carbonique. Ses œuvres ont été publiées par son fils François-Mercure sous le titre "Ortus medicinae, vel opera et opuscula omnia". Van Helmont a fait pousser un jeune saule dans une caisse de bois contenant 90 (200 livres) de terre séchée au four, et couverte d'une plaque de fer étamé percée de petits trous. Il dit ne pas avoir tenu compte des chutes de feuilles ni de la poussière ayant pu s'y déposer. Après humidification durant cinq ans par de l’eau de pluie filtrée sur tamis (ou de l'eau distillée si nécessaire), il a observé que le poids de l’arbre (169 livres et environ 3 onces) avait augmenté de , tandis que celui de la terre n’avait diminué que de 57 g. Bien qu'ayant compris ce qu'est un gaz, et qu'il existe un gaz carbonique, il ne comprend pas que l'arbre est capable via la photosynthèse de prélever du CO2 dans l'air et que des bactéries symbiotes peuvent aussi prélever de l'azote dans l'air au profit de l'arbre. Il déduit donc faussement que la terre ayant quasiment le même poids, c’est donc l’eau qui s’est changée en bois, en écorces et en racines. Pour les alchimistes, l'élément alchimique « eau » était ainsi transmuté en élément « terre » Cette hypothèse aura "un retentissement certain sur les spécialistes" de l'époque, avant d'être contredite par la science. Van Helmont en concluait que, s'il provient de l'élément « eau », l'élément « terre » n’est pas élémentaire, donc que l'élément « terre » n'en était pas un et que la théorie des quatre éléments n'était pas valide. Ces quatre « éléments » pourraient aujourd'hui correspondre aux états de la matière (solide, liquide, gaz, plasma). Alchimie au. Avec Gérard Dorn ("Clavis totius philosophiae chymisticae", 1566), Jacques Gohory ("Compendium", 1568), Cesare Della Riviera ("Le monde magique des héros", 1603) . Elle se prolonge par certaines œuvres de Giordano Bruno ou de Jean d'Espagnet. Une correspondance s'établit entre les stades du Grand Œuvre et les étapes d’une transmutation spirituelle. De grands alchimistes marquent encore cette époque dont le Basile Valentin, le Cosmopolite (Alexandre Seton ? Michel Sendivogius ?), l'Anglais Eyrénée Philalèthe (George Starkey). En 1616 paraissent "Les noces chymiques de Christian Rosencreutz", de Jean Valentin Andreae. L'alchimie est ici spirituelle, allégorique, et surtout relève de la Rose-Croix. Michael Maier, médecin de l'empereur Rodolphe II du Saint-Empire, donne dans son livre Themis Aurea les règles d'or des médecins alchimistes de l'Ordre de la Rose Croix. En 1677 paraît à La Rochelle un livre singulier, dû à Jacob Saulat : "Mutus liber. Livre muet" : « toute la philosophie hermétique est représentée en figures hiéroglyphiques », en fait quinze planches, sans texte, qu'Eugène Canseliet éditera et commentera. Le livre semble tenir la rosée pour un élixir. Alchimie au : de l'alchimie à la chimie. Robert Boyle qui croit à la possibilité de la transmutation des métaux, met en doute, dans "The Sceptical Chymist" (1661), la théorie des quatre éléments, ainsi que celle des trois principes paracelsiens (soufre, mercure et sel), et introduits l'idée d'élément chimique comme élément indécomposable, et non transformable en un autre élément. De 1668 à 1675, Isaac Newton pratique l’alchimie. Le 31 janvier 1712, l'alchimiste Jean Trouin meurt embastillé sans avoir transformé le plomb en or comme il le prétendait. En 1722, le médecin et naturaliste français Étienne-François Geoffroy, inventeur du concept d'affinité chimique, ne croit pas à la transmutation, mais ne pense pas possible de démontrer son impossibilité : En 1781, Sabine Stuart de Chevalier, une des rares femmes alchimistes, publie son "Discours Philosophique sur les Trois Principes, Animal, Végétal et Minéral, ou la Clef du Sanctuaire Philosophique". En 1783, Lavoisier décompose l'eau en oxygène et hydrogène. Le comte de Saint-Germain, célèbre en France entre 1750 et 1760, prétend être immortel et capable de produire ou de purifier des pierres précieuses. Alchimie au et au. Au , les quelques alchimistes résiduels sont considérés comme des curiosités, vestiges d'une époque révolue. Ceux qui pratiquent l'hyperchimie (Tiffereau, Lucas, Delobel, Jollivet-Castelot) veulent faire de l'alchimie de façon strictement chimique. Théodore Tiffereau fabrique de l'or à Mexico en 1847, et Gustave Itasse, un chimiste, découvre que cet or possède . Certains francs-maçons français, (Jean-Marie Ragon, Oswald Wirth), s'inscrivant dans la lignée de certains de leurs prédécesseurs du (notamment le baron Tschoudy), lient étroitement l'alchimie mystique et la maçonnerie ésotérique. En 1926, paraît l'ouvrage "Le mystère des cathédrales", écrit par un inconnu usant du pseudonyme Fulcanelli. Ce même auteur fait publier quelques années après "Les Demeures philosophales". Fulcanelli devient au une légende. Canseliet, qui aurait été son élève, souffle le chaud et le froid sur ce personnage, qui, selon la légende, aurait bénéficié du « don de Dieu » : l'immortalité (il aurait été vu en Espagne âgé de 113 ans) : « Eh bien, quand je l'ai revu, il avait 113 ans, c'est-à-dire en 1952. J'avais à cette époque 53 ans. J'ai vu un homme sensiblement de mon âge. Attention, je précise, Fulcanelli en 1922 et même avant, c'était un beau vieillard, mais c'était un vieillard ». Sont également des auteurs contemporains : Roger Caro, fondateur de l"'Église universelle de la nouvelle alliance", Kamala Jnana et Jean de Clairefontaine, qui ne sont peut-être qu'une seule personne. Jean de Clairefontaine n'est pas Roger Caro, mais son ami et mécène Maurice Auberger. Richard Caron fait état d'un regain d'intérêt notoire à partir du début . « On voit s'intéresser à l'alchimie non seulement des occultistes de tous horizons, mais également des écrivains, une certaine partie de la bourgeoisie qui fréquentait les salons littéraires, et particulièrement le milieu médical qui depuis la fin du siècle précédent a fait soutenir, dans ses facultés, un grand nombre de thèses en médecine ». Pour Fulcanelli, l'alchimie est « la science hermétique », « une chimie spiritualiste » qui « tente de pénétrer le mystérieux dynamisme qui préside » à la « transformation » des « corps naturels ». L'archimie poursuit à peu près un des buts de l'alchimie (« la transmutation des métaux les uns dans les autres »), mais elle utilise « uniquement des matériaux et des moyens chimiques », elle se cantonne au « règne minéral ». La spagyrie est « l'aïeule réelle de notre chimie ». « Les souffleurs, eux, étaient de purs empiriques, qui essayaient de fabriquer de l'or en combinant ce qu'ils pouvaient connaître de l'alchimie (bien peu de choses !) et des secrets spagyriques ». En 1953, René Alleau publie aux éditions de Minuit un ouvrage fondamental, "Aspects de l'alchimie traditionnelle", avec une préface d'Eugène Canseliet. Alleau, en 1948, prononçe une série de conférences sur l'alchimie auxquelles assiste André Breton, et qui eurent un profond retentissement sur le chef de file des surréalistes. On doit au même auteur la collection Bibliotheca Hermetica des Editions Denoël. En 1956 paraît pour la première fois en édition complète chez Denoël "Le Message Retrouvé", du peintre Louis Cattiaux dont le témoignage alchimique, comme celui de sa "Physique et métaphysique de la peinture", est fort évident. L'ouvrage sera réédité de très nombreuses fois dans sa langue française originale de même qu'en castillan, catalan, allemand, italien, portugais, anglais (en tout, plus de vingt éditions). Il a donné lieu à bien des commentaires alchimiques. Dans "Ces Hommes qui ont fait l'alchimie au ", Geneviève Dubois donne la parole à, ou dresse la liste de nombreux alchimistes contemporains : Louis Cattiaux, Emmanuel d'Hooghvorst, José Gifreda, Henri Coton-Alvart, Henri La Croix Haute, Roger Caro, Alphonse Jobert, Pierre Dujols de Valois, Fulcanelli et Eugène Canseliet. Selon Serge Hutin : Selon René Alleau (1953) : La première synthèse artificielle de l'or date de 1941 : elle consista à bombarder un à un des atomes de mercure avec des neutrons. Cependant, les isotopes d'or obtenus étaient tous radioactifs. Le coût de production étant bien plus élevé que le prix de l'or, cette méthode de production n'est pas viable commercialement. L'alchimie dans les civilisations orientales. Chine. La recherche des remèdes d'immortalité fait partie de la culture chinoise antique depuis la période des Royaumes combattants. Les souverains font confiance à la voie des magiciens et des immortels, et les pratiques de ces « magiciens » s'apparentent souvent à l'alchimie. Sur un plan strictement historique, un savoir de type alchimique est établi, pour la Chine, à partir du avant l’ère chrétienne. On trouve la trace, dans les "Mémoires historiques" de Sima Qian, d'un récit parlant de transmutation en or et d'allongement de la vie par des pratiques alchimiques lors du règne de Wu Di de la dynastie Han en 133 . On voit le magicien Li Shao-jun se rendre chez l'empereur et lui dire : « Si vous sacrifiez au fourneau, alors je vous enseignerai comment faire des vases en or jaune ; et dans ces vases vous pourrez boire et acquérir l'immortalité ». « C'est probablement, dit J. Needham, le plus ancien document sur l'alchimie dans l'histoire du monde ». À la lumière de travaux les plus récents sur l'origine de l'alchimie chinoise (Pregadio 2006, Campany 2002), les opinions de certains spécialistes français du comme Serge Hutin paraissent dépassées. Un texte fondateur, plus un traité de cosmologie que d'alchimie, est le "Cantongqi" ("Tcheou-yi san-t'ong-ki. Triple concordance dans le livre des mutations des Tcheou"), attribué à Wei Boyang (Wei Po-yang), un Immortel légendaire situé en 142. Le premier traité alchimique chinois connu est le "Baopuzi neipian" écrit par Ge Hong (283-343 ). Les alchimistes chinois font une distinction entre « alchimie extérieure » ("waidan", "wai tan") et « alchimie intérieure » ("neidan", "nei tan"). L’alchimie extérieure, telle que pratiquée par Ge Hong par exemple, cède la place à l’alchimie intérieure qui domine dès la fin de la Dynastie Tang en 907. Les premières traces écrites de cette alchimie intérieure qui s'inscrit dans le cadre du taoïsme datent du . Inde. L'alchimie dite « indienne » est hindouiste. Elle remonte à la période très ancienne des "Veda" ( millénaire av. J.-C.) et tire ses origines de l'Ayurveda. Cette connaissance alchimique est appelée "Rasâyana", qui signifie littéralement « voie du mercure ». Le "Rasâyana "amène à la préparation d'un élixir de longue vie nommé "Ausadhi". L'Ayurveda est divisée en huit branches dont l'une est le "Rasâyana : " Des rapprochement entre l'alchimie et les pratiques shivaïques et tantriques ont été effectués par plusieurs auteurs: Shiva, qui s'apparenterait au principe actif du soufre, féconde Çakti, qui s'apparenterait au principe passif du mercure. Dans la tradition tantrique, le corps devient un "Siddha-rûpa", "corps de diamant-foudre", se rapprochant du concept de "corps de gloire" de l’"Ars Magna" en occident. Malgré pléthore de sources archéologiques (anciennes et contemporaines) dont les "Veda "( millénaire ), les origines de l'alchimie hindoue sont toujours débattues.Une vision ethnocentriste, "pro-occidentale ou coloniale", aurait pu influencer les partisans de la thèse d'une « origine importée ou acquise » de l'alchimie en Inde. Mésopotamie, Babylone. Le sujet a été étudié par Adolf Leo Oppenheim et Mircea Eliade. « Robert. Eisler a suggéré l'hypothèse d'une alchimie mésopotamienne. En réalité, les tablettes dont Eisler faisait état sont soit des recettes de verrier, soit des rituels accompagnant les opérations de métallurgie ». Les Mésopotamiens utilisent, dans leurs recettes pour fabriquer de la pâte de verre coloré, un langage secret, mais cela relève davantage du secret de métier que de la discipline de l'arcane. Dès le en Babylonie et le en Assyrie on fabrique des gemmes de four, artificielles. Ce sont, à peu près, les mêmes recettes qu'à Alexandrie au : imitation des métaux précieux, coloration des pierres, production de la pourpre. L'étape mésopotamienne est un moment capital dans l'histoire de l'alchimie, car les métaux sont mis en correspondance avec les planètes. Ainsi s'établit le fondement ésotérique de l'alchimie : la mise en place de corrélations entre des niveaux différents de réalité dans un monde conçu sur base d'analogies (a est à b ce que c est à d). La Lune est liée à la couleur argentée, au métal argent, aux dieux Sîn (dieu Lune) et Anum ; le Soleil est lié à la couleur dorée, au métal or, aux dieux Shamash (dieu Soleil) et Ellil ; Jupiter : bleu lapis, étain, Mardouk et Nin-ani ; Vénus : blanc, cuivre, Ishtar déesse de la fécondité et des combats) et Éa ; Mercure jaune-vert, vif-argent (?), Nabou (dieu de l'écriture) ; Saturne : noir, plomb (?), Nirurta ; Mars : brun-rouge, fer (?), Erra (Nergal). Buts de l’alchimie. L'alchimie s'est donné des buts distincts, qui parfois coexistent. Son but le plus emblématique est la fabrication de la pierre philosophale, ou « grand œuvre », censée être capable de transmuter les métaux vils en or, ou en argent. D'autres buts sont essentiellement thérapeutiques, la recherche de l'élixir d'immortalité et de la Panacée (médecine universelle), et expliquent l'importance de la médecine arabe dans le développement de l'alchimie. Derrière des textes hermétiques constitués de symboles cachant leur sens au profane, certains alchimistes s'intéressaient plutôt à la transmutation de l'âme, c'est-à-dire à l'éveil spirituel. On parle alors de « l'alchimie mystique ». Plus radical encore, l'Ars Magna, une autre branche de l'alchimie, a pour objet la transmutation de l'alchimiste lui-même en une sorte de surhomme au pouvoir quasi illimité. Un autre but de l'alchimie, est la création d'un homme artificiel de petite taille, l'homoncule. L'alchimiste oppose ou rend complémentaires alchimie pratique et alchimie spéculative. Roger Bacon, en 1270, dans son "Opus tertium", 12, distinguait ces deux types-ci : But métallique : le Grand Œuvre et la transmutation. Le Grand Œuvre avait pour but d'obtenir la pierre philosophale. L'alchimie était censée opérer sur une "Materia prima", "première Matière", pour obtenir la pierre philosophale capable de réaliser la « projection » : la transformation des métaux vils en or. Les alchimistes ont développé deux méthodes : la "voie sèche" et la "voie humide". De façon classique la recherche de la pierre philosophale se faisait par la "voie humide", que présente par exemple Zosime de Panopolis dès 300. La voie sèche est beaucoup plus récente, peut-être été inventée par Basile Valentin, vers 1600. En 1718, Jean-Conrad Barchusen, professeur de chimie à Leyde, développe cette voie dans son "Elementa chemicae" . Selon Jacques Sadoul la voie sèche est celle des hautes températures, difficile, tandis que la voie humide est la voie longue (durant trois ans), mais elle est moins dangereuse. Fulcanelli écrit : « À l’inverse de la voie humide, dont les ustensiles de verre permettent le contrôle facile et l’observation juste, la voie sèche ne peut éclairer l’opérateur ». Les phases classiques du travail alchimique sont au nombre de trois, distinguées par la couleur que prend la matière au fur et à mesure. Elles correspondent aussi aux types de manipulation chimique : œuvre au noir = calcination, œuvre au blanc = lessivage et réduction, œuvre au rouge pour obtenir l'incandescence. On trouve ces phases dès Zosime de Panopolis. La phase blanche est parfois subdivisée en phase blanche = lessivage et phase jaune = réduction chez certains auteurs alchimistes, qui admettent ainsi quatre phases (noir, blanc, jaune, rouge) pour l'ensemble, au lieu de trois (noir, blanc, rouge). But médical : la médecine universelle et l'élixir de longue vie. Les Arabes sont les premiers à donner à la pierre philosophale des vertus médicinales et c'est par leur intermédiaire que le concept d'élixir est arrivé en Occident. Roger Bacon veut « prolonger la vie humaine ». La quête alchimique, de métallique aux origines, devient médicale au milieu du , avec le Pseudo-Arnaud de Villeneuve et Petrus Bonus. La notion de « médecine universelle » pour les pierres comme pour la santé (???) vient du "Testamentum" du Pseudo-Lulle (1332). Johannes de Rupescissa (Jean de Roquetaillade) ajouta, vers 1352, la notion de quintessence, préparée à partir de l’"aqua ardens" (alcool), distillée des milliers de fois ; il décrit l'extraction de la quintessence à partir du vin et explique que, conjointe à l'or, celle-ci conserve la vie et restaure la santé. Paracelse, en 1533, dans le "Liber Paragranum", va encore plus loin, rejetant la transmutation comme but de l'alchimie, pour ne garder que les aspects thérapeutiques. Il résume ainsi sa pensée : « Beaucoup ont dit que l’objectif de l'alchimie était la fabrication de l’or et de l’argent. Pour moi, le but est tout autre, il consiste à rechercher la vertu et le pouvoir qui résident peut-être dans les médicaments ». En un sens Paracelse fait donc de l'iatrochimie (médecine hermétique), plutôt que de l'alchimie proprement dite. Dès lors apparaît une opposition entre deux usages de la pierre philosophale : la production de l’or (chrysopée), ou la guérison des maladies (panacée). La iatrochimie (ou médecine hermétique) a eu « pour principal représentant François de Le Boë (Sylvius) et consistait à expliquer tous les actes vitaux, en santé ou en maladie, par des opérations chimiques : fermentation, distillation, volatilisation, alcalinités, effervescences ». L'alchimie médicale a été étudiée par Alexander von Bernus. La légende veut que l'alchimiste Nicolas Flamel ait découvert l'élixir de jeunesse et l'ait utilisé sur lui-même et son épouse Pernelle. De même, la légende du comte de Saint-Germain marqua l'alchimie : il aurait eu le souvenir de ses vies antérieures et une sagesse correspondante, ou il aurait disposé d'un élixir de longue-vie lui ayant donné une vie longue de deux à quatre mille ans. Aujourd'hui plusieurs laboratoires pharmaceutiques (Pekana, Phylak, Weleda…), revendiquant les remèdes spagyriques de Paracelse, de Rudolf Steiner, d'Alexander von Bernus, de Carl-Friedrich Zimpel, poursuivent cette tradition alchimique médicale. But métaphysique : ontologie de l'énergie et éthique du travail. L'alchimiste se présente comme un philosophe. Il prétend connaître non seulement les métaux, mais aussi les principes de la matière, le lien entre matière et esprit, les lois de transformation… Son ontologie repose sur la notion d'énergie, une énergie contradictoire, dynamique, une, unique, en métamorphoses. Il tire aussi une morale de ses travaux, l'éloge du travail et de la prière : « Prie et travaille ("Ora et labora") » (Khunrath). Il avance une grande méthode : l'analogie (« Tout ce qui est en bas est comme ce qui est en haut »). Sa notion-clef est celle d'origine, de retour, ou - comme le dit Pierre A. Riffard - de « réversion ». L'alchimiste veut retourner à la matière première, rétablir les vertus primitives des choses, rendre pure et saine toute créature : faire nature, pourrait-on dire. Différentes interprétations de l'alchimie. L'interprétation des buts poursuivis par l'alchimie est rendue plus difficile par les textes volontairement cryptiques laissés par les alchimistes. Cette difficulté d'interprétation a engendré de nombreuses thèses à propos du sens de l'alchimie. Théories physiques de l'alchimie. Les alchimistes se fondent sur une conception de la nature et de la matière première. Les théories s'opposent ou se combinent. Depuis le , la théorie atomique a relégué l'alchimie au rang de pseudoscience. Paradoxalement, la physique nucléaire a montré que les transmutations de métaux sont possibles, reprenant d'ailleurs le terme, même si les théories alchimiques ont été réfutées. L'interprétation positiviste : l'alchimie comme protochimie. Le laboratoire chimique doit énormément à l'alchimie, au point que certains positivistes (dont Marcellin Berthelot) ont qualifié l'alchimie de proto-chimie. Pourtant, l'objet de l'alchimie (la pierre philosophale et la transmutation des métaux) et celui de la chimie (l'étude de la composition, les réactions et les propriétés chimiques et physiques de la matière) sont réellement distincts. D'autre part le rapport entre l'alchimie et les mythes locaux, et les constantes archétypiques universelles présentes dans la philosophie sous-jacente à l'alchimie la distinguent également de celle-ci. Plusieurs auteurs du qui ont étudié l'alchimie de manière approfondie la présentent comme une théologie, ou comme une philosophie de la Nature plutôt qu'une chimie naissante, à ce titre, certains anciens alchimistes se donnaient le titre de « seuls véritables philosophes ». L'interprétation de l'alchimie comme relevant uniquement d'une proto-chimie proviendrait essentiellement d'une erreur d'interprétation de Marcellin Berthelot au . Françoise Bonardel retient également l'hypothèse d'une simplification excessive opérée par certains historiens du . L'interprétation psychologique de Jung. Herbert Silberer, un disciple de Freud, est un précurseur de l'interprétation psychologique de l'alchimie. La mise en évidence d'un symbole alchimique, similaire dans des civilisations éloignées dans le temps et dans l'espace, a conduit Carl Gustav Jung, très tôt, à valoriser l'alchimie comme processus psychologique. Il a particulièrement insisté sur l'intérêt psychologique ou spirituel ou même initiatique de l'alchimie. Elle aurait pour fonction « l'individuation », c'est-à-dire . Bernard Joly met en cause l'interprétation jungienne de l'alchimie qui la définit comme un ensemble d'aspirations spirituelles. L'inteprétation mythologique de Mircea Eliade. Mircea Eliade, mythologue et historien des religions, défend dans "Forgerons et alchimistes" (1956) l'idée que l'alchimie, loin d'être l'ancêtre balbutiant de la chimie, représente un système de connaissances très complexe, dont l'origine se perd dans la nuit des temps, et commun à toutes les cultures (surtout asiatiques). Il développe l'idée, selon l'analogie du macrocosme et du microcosme, que les transformations physiques de la matière seraient les représentations des modalités des rites ancestraux, dans leur trame universelle : . L'alchimie comme discipline préscientifique. Gaston Bachelard, philosophe et historien des sciences, s'inspire des concepts jungiens pour établir une de la formation de la pensée. Dans "La Psychanalyse du feu", il tient l'alchimie pour une rêverie préscientifique, qui relève davantage de la poésie et de la philosophie que de la connaissance objective. Ses arguments sont que certains alchimistes, comme Nicolas de Locques et d'autres anonymes au , utilisent un vocabulaire sexuel pour désigner les vases, les cornues et l'ensemble des outils techniques utilisés en alchimie. Ainsi, la vision en partie inconsciente qu'ont les alchimistes du feu est une rêverie animiste et sexualisée, ils considèrent le feu comme une entité vivante et génératrice. Dans "La lumière sortant de soi-même des ténèbres" (1693), il est même fait mention d'un feu masculin, qui est agent, et d'un feu féminin, qui est caché, or en psychanalyse est un . Par conséquent, Bachelard peut écrire qu' et qu'elle est . Déjà dans "La Formation de l'esprit scientifique", Bachelard tenait l'alchimie pour une discipline qui fait obstacle au progrès scientifique plus qu'elle n'y participe. Sa théorie historique repose de façon générale sur l'idée que l'homme est travaillé par des intuitions primitives, qui sont d'ordre affectif et inconscient, et qui poussent l'homme à se faire une représentation illusoire de la réalité. La connaissance scientifique se construirait alors en avec ces intuitions. En mathématisant le réel par exemple, nous passerions d'une rêverie vague et qualitative sur la matière à un savoir quantitatif et précis sur elle. L'alchimie serait plutôt une approche qualitative qui tend à substantialiser la matière. Bachelard écrit que . Ce rapport affectif à la nature est cependant inévitable en première approche selon l'auteur, qui ajoute que . Le sociologue Émile Durkheim écrit de même que l'alchimie, tout comme l'astrologie, repose sur des , c'est-à-dire des illusions subjectives qui répondent à des besoins pratiques de l'homme (la recherche de la pierre philosophale pour la richesse et la santé), et non sur des explications scientifiques qui auraient rompu avec ces illusions. Barbara Obrist et Bernard Joly contestent la lecture historique de Bachelard. Là où le philosophe cherche à établir une rupture entre l'esprit préscientifique et l'esprit scientifique, lorsque ce dernier surmonte la connaissance concrète et qualitative pour aller vers une connaissance abstraite et quantitative, Bernard Joly insiste plutôt sur la continuité voire l'indistinction entre l'alchimie ancienne et la chimie moderne. Il veut démontrer, en interprétant des textes d'Étienne-François Geoffroy et d'autres chimistes-alchimistes, que l'échec de la transmutation des métaux n'implique pas que ses pratiquants soient des rêveurs illusionnés. Au contraire, les alchimistes seraient des scientifiques au sens que prenait la science à leur époque, s'efforçant de connaître le monde objectivement et de construire des protocoles expérimentaux. Ce serait la physique cartésienne qui aurait tenté dès le de mettre un coup d'arrêt à la fois à l'alchimie et à la chimie non mécanistes, en les accusant d'être de fausses sciences pratiquées par des imposteurs. Pour Joly, l'alchimie est une démarche essentiellement rationnelle, ce qui n'exclut pas que çà et là des imposteurs et des charlatans se soient servis de cette discipline. L'enjeu est de ne pas cantonner l'alchimie dans une sorte d'ésotérisme irrationnel, ésotérisme qui serait la possession exclusive d'« adeptes » et d'« initiés » s'immunisant contre les critiques faites à leur propre interprétation de l'alchimie. Terminologie et modalités d'expression. En tant que connaissance ésotérique, les textes alchimiques possèdent la particularité d'être codés. Il s'agit d'un savoir qui n'est transmis que sous certaines conditions. Les codes employés par les anciens alchimistes étaient destinés à empêcher les profanes d'accéder à leurs connaissances. L'utilisation d'un langage poétique volontairement obscur, chargé d'allégories, de figures rhétoriques, de symboles et de polyphonie (voir langues des oiseaux) avait pour objet de réserver l'accès aux connaissances à ceux qui auraient les qualités intellectuelles pour déchiffrer les énigmes posées par les auteurs et la sagesse pour ne pas se laisser tromper par les pièges nombreux que ces textes recèlent. Matière aux mille noms. Le même nom peut qualifier deux « objets » ou « sujets » totalement différents mais l'on peut aussi avoir plusieurs noms pour désigner le même objet. Ceci est particulièrement vrai pour le Mercure mais également pour d'autres termes. Presque tous les traités d'alchimie commencent au début du second œuvre et « omettent » de préciser quelle matière première utiliser et cette énigme de la matière première est sciemment recouverte par l'énigme du Mercure selon René Alleau. Fulcanelli, par exemple, s'emploie à multiplier les indications tout en restant cryptique. Synésius semble plutôt décrire la matière dans son état avancé. La matière aux mille noms, terme employé par Françoise Bonardel, demeure une énigme à double fond. Cet auteur résume la problématique ainsi : « Car si la force de l’alchimie réside bien dans le seul mercure des philosophes, comme le proclama très tôt Albert le Grand (1193-1280), c’est que la substance mercurielle, par excellence protéiforme, est alors envisagée soit comme une "materia prima" en qui sont latentes toutes les virtualités (dont celle du soufre), soit, après préparation, comme mercure double (ou hermaphrodite) en qui a été consommé et fixé l’union des 2 principes ». Alchimie, symboles et signes. Le symbole allégorique ne se recoupe pas avec le symbole chimique et, par exemple, le mercure alchimique n'est pas le mercure chimique. Voici quelques exemples de symboles : Pour l'alchimiste les quatre éléments ne représentent pas des composantes de la matière, en effet l'unicité de la matière est un des principes philosophiques de l'alchimie, mais plutôt des états de cette matière unique se rapprochant plus du concept physique d'état de la matière. Ces quatre éléments sont avec leurs symboles associés : Pour l'alchimiste les sept métaux sont liés aux planètes et aux astres : Une partie des symboles typographiques particuliers utilisés dans des ouvrages imprimés d'alchimistes se retrouvent dans la table des caractères Unicode/U1F700. Interprétation des textes par les alchimistes. Lecture alchimique de la Bible. À partir du , va se développer une lecture alchimique de la Bible. Lecture alchimique des textes littéraires. La lecture alchimique de la fable antique va se développer à la Renaissance. Selon Serge Hutin, il existe une interprétation alchimique de la poésie au Moyen Âge, notamment du "Roman de la Rose" et de la "Divine Comédie". La Rose serait par exemple le symbole à la fois de la Grâce divine et de la Pierre philosophale. Apports de l'alchimie. Alchimie dans les arts visuels. Selon R. Halleux, « l'idée que des monuments ou des œuvres d'art contiennent un symbolisme alchimique n'est pas très ancienne. En 1612 paraît le "Livre des figures hiéroglyphiques" de Nicolas Flamel, qui se présente comme une explication alchimique des figures gravées par le célèbre adepte sur une arche du cimetière des Innocents à Paris. En 1636, un certain de Laborde interprète hermétiquement la statue de Saint Marcel au porche de Notre-Dame de Paris, et, en 1640, Esprit Gobineau de Montluisant écrit une "Explication très curieuse des énigmes et figures hiéroglyphiques physiques qui sont au grand porche de l'église cathédrale et métropolitaine de Notre-Dame de Paris". Cette tradition inspire les travaux d'hermétistes comme Cambriel, Fulcanelli, Canseliet qui prétendent reconnaître ainsi l'empreinte alchimique dans un certain nombre de monuments du Moyen Âge ou de la renaissance : Notre-Dame de Paris, chapelle Saint Thomas d'Aquin, Sainte Chapelle, cathédrale d'Amiens, palais de Jacques Cœur à Bourges, hôtel Lalemant à Bourges, croix de Hendaye, église Saint Trophime à Arles, château de Dampierre-sur-Boutonne, villa Palombara sur l'Esquilin à Rome, château du Plessis-Bourré, etc. Cette démarche aboutit à des résultats invraisemblables. » Des travaux historiques solides ont paru, dont Jacques van Lennep, "Art et Alchimie. Étude de l'iconographie hermétique et de ses influences" (1966) et Alexander Roob, "Alchimie et Mystique" (Taschen, 2005). Découvertes scientifiques par les alchimistes. Comme le dit Jacques Bergier, « l'alchimie est la seule pratique para-religieuse ayant enrichi véritablement notre connaissance du réel ». Marie la Juive (au début du ? à Alexandrie) a inventé le fameux « bain-marie », dispositif dans lequel la substance à faire chauffer est contenue dans un récipient lui-même placé dans un récipient rempli d'eau, ce qui permet d'obtenir une température constante et modérée. Dans la ville d'Alexandrie, on trouve une importante corporation de parfumeurs, possédant des alambics ("ambikos") pour distiller des élixirs, des essences florales ; Zosime de Panopolis, vers 300, présente une illustration d'un alambic pour métaux, raffiné. Geber (Jâbir ibn Hâyyan), mort vers 800, découvre divers corps chimiques : l'acide citrique (à la base de l'acidité du citron), l'acide acétique (à partir de vinaigre) et l'acide tartrique (à partir de résidus de vinification). Albert le Grand réussit à préparer la potasse caustique, il est le premier à décrire la composition chimique du cinabre, de la céruse et du minium. Le Pseudo-Arnaud de Villeneuve, vers 1330, ou Arnaud lui-même, découvre les trois acides sulfurique, muriatique et nitrique ; il compose le premier de l'alcool, et s'aperçoit même que cet alcool peut retenir quelques-uns des principes odorants et sapides des végétaux qui y macèrent, d'où sont venues les diverses eaux spiritueuses employées en médecine et pour la cosmétique. Le Pseudo-Raymond Lulle (vers 1330) prépare le bicarbonate de potassium. En 1352, Jean de Roquetaillade (Jean de Rupescissa) introduit de la notion de quintessence, obtenue par distillations successives de l"'aqua ardens" (l'alcool) ; cette idée d'un principe actif sera essentielle dans l'histoire de la médecine, car il introduit un grand nombre de médicaments chimiques, tels que la teinture d'antimoine, le calomel, le sublimé corrosif. Paracelse est un pionnier de l'utilisation en médecine des produits chimiques et des minéraux, dont le mercure contre la syphilis, l'arsenic contre le choléra. Il crée la médecine du travail, la toxicologie, la balnéothérapie. Vers 1526 il crée le mot « zinc » pour désigner l'élément chimique zinc, en se référant à l’aspect en pointe aiguë des cristaux obtenus par fusion et d’après le mot de vieil allemand "zinke" signifiant « pointe ». Basile Valentin décrit vers 1600 l'acide sulfurique et l'acide chlorhydrique. Jan Baptiste Van Helmont, « précurseur de la chimie pneumatique » (Ferdinand Hoefer), révèle vers 1610, d’une façon scientifique, l’existence des « gaz », comme il les nomme, et en reconnaît plusieurs. Il identifie l’un d’eux, le « gaz sylvestre » (gaz carbonique), qui résulte de la combustion du charbon, ou de l’action du vinaigre sur certaines pierres, ou de la fermentation du jus de raisin. Pour Van Helmont, le gaz constitue l’ensemble des « exhalaisons » dont l’air est le réceptacle. Alchimiste à Hambourg, Hennig Brandt découvre le phosphore en 1669 en cherchant l'alkaest dans l'urine. Isaac Newton s'intéresse aux pratiques alchimiques. Dans son "Optique" (1704), à la Question 31, il caractérise la chimie comme étant le lieu de forces attractives et de forces répulsives qui peuvent se manifester à courte distance. Cela lui permet d'expliquer le déplacement d'un métal dans un sel par un autre métal, et propose ce qui constitue la première échelle d'oxydoréduction des métaux. Il explique l'élasticité des gaz, la cohésion des liquides et des solides… La création de la porcelaine en Occident revient, en 1708, à un alchimiste, Johann Friedrich Böttger, qui prétendait pouvoir fabriquer de l'or à partir de métaux non précieux. Böttger parvient à percer le secret de la pâte de porcelaine. La notion de transmutation a semblé absurde aux positivistes. Pourtant, Ernest Rutherford, en 1919, réalise la première transmutation artificielle : en bombardant de l'azote avec les rayons alpha du radium, il obtient de l'oxygène. Postérité dans la poésie. L'alchimie est explicitement nommée et intégrée dans la poésie et la littérature par des auteurs symbolistes et surréalistes comme Stéphane Mallarmé, Joris-Karl Huysmans, Arthur Rimbaud, Maurice Maeterlinck et André Breton. L'écrivain et théoricien littéraire Roger Laporte explique que Stéphane Mallarmé compare la quête artistique du « Livre » à la recherche du Grand Œuvre alchimique. Pour Laporte, il ne s'agit pas ici de l'alchimie au sens de la transmutation des métaux en or, mais de la fabrication d'une œuvre d'art, quitte à (l'expression est de Mallarmé). Mallarmé a été initié à l'alchimie et à la kabbale. , il se sert du symbolisme alchimique dans son écriture poétique. Cependant, Mallarmé critique l'alchimie comme pratique réelle et ne se sert du terme que de façon métaphorique : . La réalisation matérielle de l'or ne l'intéresse pas, elle n'est pour lui qu'une question d'économie politique. C'est l'or poétique et littéraire qu'il faut chercher, selon le poète français. Le poète Arthur Rimbaud reprend la comparaison de la poésie à l'alchimie. Un poème du recueil "Une saison en enfer" s'intitule « Alchimie du verbe ». Michel Arouimi, spécialiste de l'œuvre de Rimbaud, parle d' et d', pour évoquer la façon dont Rimbaud marie les langues. Le jeune écrivain construit une poétique à partir de mélanges, entre le rythme et la violence par exemple. L'écrivain surréaliste André Breton parle d' dans les "Manifestes du surréalisme". Il affirme qu'il faut prendre l'expression rimbaldienne « Alchimie du Verbe » au pied de la lettre. La poésie surréaliste se veut alors une transmutation spirituelle et intérieure, grâce à la faculté de l'imagination qui dépasse le rationalisme et s'élève au sens symbolique des choses. Selon Anna Balakian, . Bibliographie principale. En 1906, le catalogue de Fergusson recensait alchimistes et , sur la base de la seule liste du docteur James Young. Serge Hutin précise (en 1951) qu'« il reste aussi un grand nombre de manuscrits inédits dans toutes les bibliothèques d'Europe ; un assez petit nombre seulement a été édité ». On estime le nombre des auteurs connus à plus et le nombre des traités, écrits et études à plus . Pour une revue des travaux sur l'alchimie, voir Bernard Joly, « Bibliographie », "Revue d'histoire des sciences", vol. 49, , 1996, . L'alchimie dans la culture populaire. Jeux vidéo. L'alchimie est un élément central ou annexe de nombreux jeux vidéo, notamment ceux de rôle dont la trame se déroule dans un monde médiéval-fantastique. Ainsi, pour ne citer quelques séries et jeux ayant acquis une grande notoriété, l'alchimie apparaît notamment dans :
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Anastylose L’anastylose (du grec ancien , composé de : « de nouveau » et : « ériger ») est un terme archéologique qui désigne la technique de reconstruction d'un monument en ruines grâce à l'étude méthodique de l'ajustement des différents éléments qui composent son architecture. La reconstruction est faite en utilisant les fragments trouvés sur place avec des matériaux modernes, de couleur et de qualités différentes, de sorte que l'on puisse distinguer à l’œil nu l'ancien du moderne et préserver les pierres antiques de l'altération (par exemple en utilisant des matériaux légers). Cette technique doit être appliquée avec précautions parce qu'elle s'appuie sur des hypothèses. L'anastylose obéit au principe de réversibilité, c'est-à-dire qu'on puisse démonter la reconstitution en cas d'erreur. Description. Il peut aussi s’agir d’éléments reconstitués en matériaux contemporains pour présenter un détail de construction donnant l’échelle d’un édifice, comme cela a été le cas pour l'anastylose du site de Glanum à Saint-Rémy-de-Provence, Bouches-du-Rhône (reconstitution de la partie frontale et sud-est du plus petit des temples géminés). Si l’anastylose est assez souvent possible pour les monuments antiques en grand appareil, où chaque bloc avait une place définie, il est beaucoup plus difficile à réaliser pour des monuments aux pierres interchangeables comme les édifices médiévaux. L’anastylose partielle de ceux-ci n’est possible que pour les parties trouvées en connexion (généralement en fouilles). Quand des éléments sont manquants, on peut avoir recours à des ajouts d'éléments modernes (ciment, plâtre, résine…). La prudence est cependant de mise pour retenir la solution de l'anastylose, et dans tous les cas le choix de cette technique doit être précédé d'une étude scientifique préalable collégiale. En effet elle pose un certain nombre de questions : Sites et monuments restaurés. L'un des premiers sites à avoir été restauré grâce à la technique de l'anastylose est le trésor des Athéniens, dans le sanctuaire oraculaire panhellénique d'Apollon Pythien à Delphes, par l'École française d'Athènes, à partir de 1901. Exemples d'anastylose :
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Andrew Wiles Andrew John Wiles (né le à Cambridge, Angleterre) est un mathématicien britannique, professeur à l'université d'Oxford, en Angleterre. Il est célèbre pour avoir démontré le grand théorème de Fermat (1994). Il est lauréat du prix Abel 2016. Biographie. Après avoir obtenu son diplôme de bachelor au Merton College de l'université d'Oxford, il entre au Clare College en 1974 pour y préparer un Ph.D. en mathématiques sur les lois de réciprocité et la conjecture de Birch et Swinnerton-Dyer, qu'il obtient en 1979. Il devient professeur à Princeton en 1981, poste qu'il conserva jusqu'en 2011. Il enseigne, entre-temps, à l'École normale supérieure entre 1985 et 1986 et à Oxford de 1988 à 1990. Il retourne finalement à Oxford en 2011. En ce qui concerne la , l'odyssée commence en 1985, quand Kenneth Ribet, partant d'une idée de Gerhard Frey, démontre que ce théorème résulterait de la conjecture de Shimura-Taniyama-Weil qui affirme que toute courbe elliptique est paramétrable par une forme modulaire. Bien que moins familière que le théorème de Fermat, cette conjecture est plus significative, car elle touche au cœur de la théorie des nombres. Cependant, personne n'a la moindre piste de travail pour la démontrer. Travaillant dans le plus grand secret pendant huit ans, et faisant part de ses idées et progrès à Nicholas Katz, un collègue de Princeton, Wiles démontre la conjecture de Shimura-Taniyama-Weil et, par conséquent, le théorème de Fermat. Comme toute démonstration de cette ampleur, elle est un tour de force riche en nouvelles idées. Pour expliquer (par Wiles) et vérifier (par Katz), pas à pas, cette démonstration sans éveiller les soupçons, Wiles et Katz ont l'idée d'organiser un cours de doctorat intitulé "Calculs sur des courbes elliptiques", ouvert aux étudiants et professeurs. Peter Sarnak avait lui aussi été mis dans le secret. Wiles annonce donc trois conférences (les 21, 22 et ) sans en donner l'objet, ce qu'il ne fait que lors de la dernière en précisant que le grand théorème de Fermat est un corollaire de ses principaux résultats. Dans les mois qui suivent, le manuscrit de sa démonstration circule auprès d'un petit nombre de mathématiciens. Plusieurs critiques sont émises contre la démonstration que Wiles a présentée en 1993, presque toutes de l'ordre du détail et résolues rapidement, sauf une, qui met en évidence une lacune. Avec l'aide de Richard Taylor, Wiles réussit à contourner le problème soulevé, en . Son travail met ainsi fin à une recherche qui a duré plus de 300 ans. Il est aussi l'auteur d'autres travaux importants en théorie des nombres. Avec John Coates (qui fut son directeur de thèse), il a obtenu plusieurs résultats sur la conjecture de Birch et Swinnerton-Dyer et a collaboré avec Barry Mazur sur les extensions cyclotomiques. Distinctions. Récipiendaire dès 1988 du prix Whitehead pour ses résultats innovants dans le domaine des courbes elliptiques, il reçoit plusieurs prix pour sa preuve du dernier théorème de Fermat, dont le prix Schock en 1995, le prix Ostrowski en 1995, le prix Fermat en 1995, le prix Wolf en 1996, le prix Cole en 1997, le prix du Clay Mathematics Institute en 1999 et le prix Shaw en 2005. Ayant dépassé l'âge de quarante ans au moment de sa découverte, il n'a pas pu être honoré de la médaille Fields, mais a reçu une récompense officielle de l'Union mathématique internationale lors de son congrès de 1998. Il est fait chevalier commandeur de l'Ordre de l'Empire britannique (KBE) en 2000. En , il reçoit le prix Abel « pour sa démonstration stupéfiante du dernier théorème de Fermat en utilisant la conjecture de modularité pour les courbes elliptiques semi-stables, ouvrant une ère nouvelle en théorie des nombres ». En 2017, il reçoit la médaille Copley de la Royal Society. En 2019, il reçoit la médaille De Morgan par la pour ses travaux en théorie des nombres, sa résolution du Grand théorème de Fermat et ses activités liées à la promotion des mathématiques. L'astéroïde est nommé en son honneur.
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Autorisation d'un produit phytopharmaceutique Dans l'Union européenne, l'autorisation d'un produit phytopharmaceutique est définie par la directive 91/414/CEE du , comme suit : un acte administratif par lequel l'autorité compétente d'un État membre autorise, à la suite d'une demande déposée par un demandeur, la mise sur le marché d'un produit phytopharmaceutique sur son territoire ou une partie de celui-ci. En France, le ministère de l'Agriculture et de l'Alimentation délivre les autorisations de mise sur le marché (AMM) des produits phytopharmaceutiques. Depuis le , en application de la loi d'orientation agricole du , l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments est chargée de l’évaluation de la toxicologie et de l'efficacité des produits phytopharmaceutiques et des adjuvants, préalable à cette autorisation.
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Alvar Aalto Alvar Aalto (, né le à Kuortane et mort le à Helsinki) est un architecte, dessinateur, urbaniste et designer finlandais, adepte du fonctionnalisme et de l'architecture organique. Présentation. Son travail comprend également le mobilier, les textiles et la verrerie, ainsi que des sculptures et des peintures, bien qu'il n'ait jamais été considéré comme un artiste : il considère la peinture et la sculpture comme les . Le début de carrière d'Aalto va de pair avec la croissance économique rapide et l'industrialisation de la Finlande, au cours de la première moitié du et bon nombre de ses clients étaient des industriels, dont la famille Ahlström-Gullichsen. L'étendue de sa carrière, des années 1920 aux années 1970, se reflète dans les styles de son œuvre, allant du classicisme nordique des premières années, au modernisme rationnel de style international, dans les années 1930, en passant par un modernisme plus organique, à partir des années 1940. Cependant, ce qui caractérise toute sa carrière, c'est le souci du design en tant qu' œuvre d'art totale (en , qui fait qu'avec sa première femme Aino Aalto, il conçoit non seulement les bâtiments, mais aussi les surfaces intérieures, les meubles, lampes, ameublement et la verrerie. Bien que la Finlande ne soit pas un pays scandinave, ses créations de meubles sont assimilées à du design scandinave design scandinave, dans le sens d'un souci de matériaux, en particulier, le bois, et de simplification mais aussi d'expérimentation technique, ce qui lui a valu des brevets pour divers procédés de fabrication, tels que le bois courbé. Le musée Alvar Aalto, conçu par Aalto lui-même, est situé dans ce qui est considéré comme sa ville natale de Jyväskylä. Nombre de ses bâtiments s'intègrent de façon harmonieuse dans le paysage, avec lequel ils forment un tout architectural. Le bois et la brique constituent ses matériaux de prédilection. Alvar Aalto a conçu lui-même les meubles pour la plupart de ses bâtiments. On lui doit entre autres la Villa Mairea à Noormarkku, la Maison Finlandia à Helsinki et le campus de l'université technique d'Helsinki. Biographie. Jeunesse. Hugo Alvar Henrik Aalto naît à Kuortane. Ses parents, Johan Henrik Aalto et Selly Matilda (née Hackstedt), sont respectivement arpenteur-géomètre finnophone et agente de poste suédophone. Alors qu'Aalto a cinq ans, sa famille déménage à Alajärvi, puis à Jyväskylä. Il y étudie jusqu'en 1916, et prend des cours de dessin auprès d'un artiste local du nom de Jonas Heiska. De 1916 à 1921, il fait ses études d’architecte à l'université technique d'Helsinki, puis entre dans la vie active. Carrière. Hugo Alvar Henrik Aalto est le plus célèbre architecte et designer finlandais. Il est aussi l’un des plus importants pionniers du design organique. Dès son plus jeune âge, ce fils de géomètre-arpenteur a manifesté de l’intérêt et des dispositions pour les arts. Il s’occupe d’abord de la conception d’expositions et fait de nombreux voyages en Europe centrale, en Italie et en Scandinavie. En 1923, il ouvre son cabinet d’architecture à Jyväskylä. L’année suivante il épouse sa consœur Aino Marsio, qui deviendra sa plus proche collaboratrice. S'intéressant aux arts décoratifs, il crée des modèles d'objet usuels et de meubles en bois laminés et courbés. Il met au point plusieurs modèles de sièges emblématiques du nouveau design des pays nordiques et le fameux vase "Savoy" qui reprend les formes de la nature de son pays. Il développe également une entreprise de design : Artek. Cette entreprise naît de son envie de rendre l'art accessible à tous. Cette enseigne existe encore aujourd'hui et on peut y trouver des meubles épurés, propre au style nordique. Néanmoins, c’est d’abord en qualité d’architecte qu’Aalto va s'imposer sur la scène internationale. En 1929, il dessine l’immeuble du journal "Turun Sanomat" à Turku (son premier bâtiment fonctionnaliste), et deux ans plus tard il participe à la conception de l’exposition du de Turku, c'est son premier projet complet de style moderne présenté au public finlandais. Ces débuts, déjà remarqués, seront suivis par de nombreuses réalisations architecturales largement saluées, la bibliothèque de Viipuri (maintenant Vyborg en Russie) (1927-1935), le sanatorium de Paimio (1929-1933) et le pavillon de la Finlande pour l’Exposition universelle de 1937 à Paris en 1937 et celle de 1939 à New York. Il joua un important rôle d'urbaniste en Finlande après la guerre (plans d'aménagement et plans généraux de Rovaniemi, Nynäshamn et Imatra). Dès la fin des années 1920, Alvar Aalto, architecte et designer, se démarque de ses contemporains Walter Gropius, Le Corbusier ou Marcel Breuer, dont le rationalisme renvoie à l’utilisation de matériaux industriel comme l’acier et le verre qu'il considère trop froids. Il propose une vision plus humaniste et plus proche de la nature : il fait alors du contreplaqué son matériau de prédilection. Dès 1927 le couple Aalto-Marsio mène, avec Otto Korhonen, directeur technique d’une fabrique de meubles de la région de Turku, des expérimentations sur le contreplaqué collé et courbé. Ces expériences vont conduire à ses sièges les plus innovants sur le plan technique, le fauteuil 41 (1931-1932) et le 31 (1931-1932), en porte-à-faux, l’un des contemporains, l’autre faisant partie de son projet de "Gesamtkunstwerk" (œuvre totale) pour le sanatorium de Paimio. Grâce à sa technique de cintrage du bois, qui va permettre, pour la première fois, d’ancrer les pieds directement sous l’assise sans faire appel à un quelconque châssis ou à une structure supplémentaire, Aalto conçoit, en 1933, des séries de sièges à piètements en L ("L-leg", 1932-1933), en Y ("Y-leg", 1946-1947) et en éventail ("fan-leg", 1954) dont le tabouret empilable à la demande de la bibliothèque de Viipuri. À la fois fonctionnel et séduisant, ce design va immédiatement signaler à l’avant-garde internationale la nouvelle voie ouverte par l’usage de contreplaqué et l’émergence d’un vocabulaire de formes plus douces et chaleureuses. En 1933, ses créations, présentées à la boutique Fortnum et Mason de Londres connaissent un succès international. Pour répondre à l'afflux de commandes, le couple Aalto-Marsio fonde en 1935 la société Artek, qui édite également ses luminaires et créations de verre. Aalto collabore aussi en indépendant avec les verres Riihimäki (1933) et Iittala (1936). Tout comme son mobilier et son architecture, ses créations en verre se caractérisent par leurs formes organiques. Le "Vase Savoy", aussi connu sous le nom "Vase Aalto", de 1936, est devenu un classique. La forme sinueuse de cet objet pourrait être aussi une allusion à son nom de famille : "aalto" signifie vague en finnois. Quoi qu’il en soit, les lignes rythmiques et asymétriques du "Savoy" expriment la quintessence de la nature et annoncent les formes fluides qui seront la marque du design finlandais d’après-guerre. Inspirée par la relation entre l’homme et la nature, la démarche globaliste et humaniste d’Aalto est le terreau philosophique sur lequel le design finlandais s’est développé et épanoui. Adepte convaincu de la vocation humanisante du design, Aalto refusait non seulement les formes géométriques rigides mais aussi les tubes métalliques et autres matériaux artificiels, qu’il jugeait trop éloignés de la nature. Son travail fut particulièrement bien accueilli au Royaume-Uni et aux États-Unis dès les années 1930 et 1940. Ses idées de « père fondateur du design organique » ont beaucoup influencé des designers d’après-guerre comme Charles Eames et Ray Eames. En 1952, Aalto épouse l’architecte Elissa Mäkiniemi, avec qui il collabore jusqu'à sa mort. Le musée d’art moderne de New York lui a consacré trois grandes expositions (en 1938, 1984 et 1997). Il a réalisé une œuvre abondante et très diverse dans le domaine de l'architecture collective industrielle ou privée (dortoir du MIT à Cambridge, Massachusetts, 1947-1949 ; maison de la culture à Helsinki, 1955-1958, etc.). Plus constructeur que théoricien, il a pris des partis fonctionnels et utilisé des éléments standardisés, mais il a surtout fait preuve d'une extrême liberté formelle. Évitant le recours systématique aux orthogonales, il a souvent préféré les lignes courbes ou obliques en rapport avec un plan libre et asymétrique, engendrant un espace continu aux subtiles articulations. Enfin, il s'est surtout préoccupé d'adapter ses constructions à la spécificité du programme et de les harmoniser avec le site environnant. Sa démarche s'apparente à bien des égards à celle de Frank Lloyd Wright.
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Anarcho-capitalisme L’anarcho-capitalisme ou capitalisme libertarien est un courant de pensée politique qui remet en cause l’existence de l’État. Il se distingue notamment des autres courants de l'anarchisme en faisant de la propriété privée la valeur cardinale de son système. Philosophie. L’anarcho-capitalisme est inspiré du libéralisme philosophique, selon lequel l’existence de l’État est illégitime et inutile. Ce courant est une branche du libertarianisme, différent du minarchisme, qui soutient quant à lui l'existence d'un État minimal pour tous (« État veilleur »). Il se sépare du libéralisme classique, lequel croit en la nécessité d’un État et ne vise qu’à limiter de façon stricte son domaine et ses modes d’intervention. Il s'oppose en outre à tous les courants (socialiste, fédéraliste, individualiste, etc.) de l’anarchisme par son acceptation sans limite de la propriété privée. Les anarchistes traditionnels considèrent que l'anarcho-capitalisme n'est pas un anarchisme, en dépit de son rejet de l'État car il ne partage pas avec l'anarchisme historique son . Spécificités. Anarcho-capitalisme et libéralisme. Les anarcho-capitalistes appliquent de manière stricte les thèses du libéralisme pour en tirer une philosophie politique qu'ils jugent seule cohérente pour organiser la société. Un anarcho-capitaliste est aussi appelé un « anarcap » (ou « ancap »). Une société humaine organisée selon les principes de l'anarcho-capitalisme est appelée une « anarcapie ». Comme le libéralisme classique, l'anarcho-capitalisme revendique un système où chaque être humain est pleinement propriétaire de lui-même, des fruits de son travail et de ce qu'il a obtenu par la coopération volontaire avec autrui, par échange ou par don. Tout être humain est aussi comptable de ses actes, tenu par les engagements qu'il prend, responsable des pertes de son travail et débiteur pour les torts qu'il a causés à des tiers non consentants. Les anarcho-capitalistes considèrent que seules les interactions entre adultes consentants sont légitimes. Toute atteinte à la personne et à la propriété perpétrée sans consentement constitue dès lors une agression, et toute forme d'organisation coercitive est illégitime, y compris l'État et ses multiples succédanés. Pour les anarcho-capitalistes, un État, comme toute autre organisation, ne saurait avoir de légitimité qu'auprès de ceux qui l'ont individuellement et volontairement accepté. En particulier, les contributions obligatoires (impôts directs et indirects, etc.) et les réglementations imposées (législation, décrets, mesures administratives, etc.) sont considérées comme illégitimes. Le soutien à la propriété privée. La mise en commun du capital, la répartition des tâches et des responsabilités, la spécialisation des compétences et l'échange des services sont des moyens complémentaires de produire davantage de satisfactions. Pour garantir que ces moyens profitent au plus grand nombre, chacun peut décider librement de participer ou de ne pas participer aux termes de l'accord, et d’en utiliser ou non les fruits. C'est le caractère volontaire d'un accord qui est garant tout à la fois et de sa légitimité et de son caractère bénéfique. Cela n'empêche aucunement l'existence de communautés pratiquant un socialisme volontaire avec propriété commune, tant que celui-ci n'est pas coercitif, mais est un système d'échanges entre individus consentants ou entre organisations volontaires (une entreprise étant vue comme un « ensemble de contrats »). Les anarcho-capitalistes récusent la nécessité de l'État pour garantir la propriété privée, voyant au contraire en lui le premier et le plus grand « criminel » contre la propriété privée. En revanche, ils font observer que, dans toute forme de propriété collective, une institution est nécessaire pour exercer les droits de propriété. Si tout est propriété collective, l’autorité de cette institution s’étend par définition à tout et à tous, et elle a de ce fait tous les attributs d’un État totalitaire, quel que soit le nom qu’on lui donne et quelles que soient ses modalités de fonctionnement. Par ailleurs, ils assimilent toute violation de liberté à une violation d'un droit de propriété (propriété de soi lors d'arrestations arbitraires, propriété de ses moyens de communication lors de censure, etc.). Pour ces deux raisons, ils accusent l’anarchisme socialiste – qui prétend combattre collectivement toute autre propriété que la propriété d'usage sur les biens – d’incohérence. Les tendances. On peut distinguer au moins deux tendances anarcho-capitalistes : Chaque tendance suit la même démarche, qui consiste à établir l'indissociabilité entre la propriété et la liberté, la désirabilité de ces droits, et la possibilité pratique de parvenir à une organisation de la société respectant ces droits. Mais elles montrent des disparités profondes dans l'application pratique de leurs principes, et ce même à l'intérieur de chacune de ces tendances. L'approche jusnaturaliste remet en question la légitimité des droits de propriété en usage actuellement en les limitant aux seuls droits acquis conformément au « homesteading » développé à l'origine par John Locke, propose des méthodes pour réviser ces droits au cas par cas pour rétablir la légitime propriété au détriment des propriétaires actuels, et érige sa définition de la liberté et de la propriété comme universelle (le droit naturel est prioritaire sur le droit positif). L'approche utilitariste part généralement de l'état actuel des droits de propriété sans chercher à établir de base absolue et universelle comme origine de ces droits, conservant la possibilité de justifier de manière utilitariste certaines violations de ces mêmes droits (la démarche utilitariste est alors prioritaire sur la liberté et la propriété). Une conséquence de ces divergences est que la première approche ne permet pas l'application de n'importe quel contrat, mais seulement de ceux qui sont des échanges de titres de propriété valables. Ainsi, l'esclavage contractuel est impossible dans cette interprétation, car le libre-arbitre humain est inaliénable et inséparable du corps de l'individu. La seconde approche n'a pas ces limites, mais s'appuie sur la catallaxie pour faire émerger des règles communes acceptables par tous en matière de contrats. Dans une situation où la violation des droits d'une personne permettrait assurément d'apporter plus en retour à une autre personne, l'approche utilitariste permet une telle violation, quand l'approche jusnaturaliste s'y oppose. Ainsi les utilitaristes peuvent justifier le sacrifice d'une personne pour en sauver plusieurs, mais pas les jusnaturalistes. Les utilitaristes justifient donc le modèle de société anarcho-capitaliste par le fait que ce serait le plus efficace économiquement et par conséquent le plus désirable, tandis que les jusnaturalistes le justifient par le fait qu'il serait seul capable de respecter tous les droits fondamentaux des individus. Une autre différence fondamentale se retrouve dans leurs conceptions de la justice : Programme. Voici quelques idées provenant de deux figures emblématiques de l'anarcho-capitalisme : David Friedman (dans "Vers une société sans état") et Murray Rothbard (dans "L'Éthique de la Liberté") : Mise en œuvre. De nombreux projets d'utopies anarcho-capitalistes ont été formulés. Le plus célèbre et le plus avancé est celui dit de Seasteading, développé par le Seasteading Institute, qui vise à bâtir des îles dans les eaux internationales pour les affranchir du contrôle de tout État. L'institut a été fondé par Patri Friedman (fils de David Friedman) et est financé notamment par Peter Thiel. Anarcho-capitalisme et anarchisme. Les anarchistes considèrent que la position anarcho-capitaliste est incohérente et contrevient à la définition historique de l'anarchisme. Tout d'abord, la propriété privée des moyens de production donnerait selon eux aux capitalistes un pouvoir, une autorité, de même nature que ceux d’un État. La propriété privée de l'outil de production devrait donc selon eux être rejetée au nom des deux positions définissant historiquement l'anarchisme : la défense du principe d'égalité et le refus du principe d'autorité. Les anarcho-capitalistes défendent l'égalité en droit et non l'égalité sociale. Or, cette égalité réelle ne pourrait, selon les anarchistes, être respectée dans une société qui accepte et valorise la propriété privée des moyens de production. De plus, pour les anarchistes, reprenant partiellement la théorie du contrat social, la propriété privée ne serait pas un droit naturel, mais une construction sociale qui exige l’action d’un État pour se maintenir. L'anarchiste Bob Black estime ainsi que le libre-échange ne peut exister sans État. Pour ces raisons, certains anarchistes refusent l’utilisation du mot « anarchisme » par les anarcho-capitalistes, pensée qu'ils déformeraient en la réduisant à l'anti-étatisme et à la défense de la liberté absolue oubliant au passage les valeurs anti-autoritaire, égalitaire et solidaire de l'anarchisme traditionnel. Certains comme Noam Chomsky vont même jusqu'à dire que l'anarcho-capitalisme tend plus vers l'anomie que vers l'anarchie. Enfin, l'implication d'anarcho-capitalistes au sein du Parti libertarien, qui se présente aux élections présidentielles aux États-Unis, contredit une tradition anarchiste opposée à la participation réformiste dans le débat politique institutionnalisé, lui préférant l'abstentionnisme. Pour l'agoriste Samuel Edward Konkin III, la participation d'anarcho-capitalistes à un parti politique est en contradiction avec l'anarchisme. Ceci ne s'applique en revanche pas aux anarcho-capitalistes qui ne se reconnaissent pas dans le Parti libertarien, tel David Friedman, et aux agoristes, qui rejettent les moyens étatiques pour parvenir à l'anarchie. Pour les anarcho-capitalistes, seule l'égalité des droits est possible et souhaitable, l'égalité des biens ne pouvant être réalisée que par des mesures qui s'opposent nécessairement à la liberté : par conséquent seule la hiérarchie de droit peut et doit être abolie, les hiérarchies de nature différente (hiérarchie sociale, culturelle, etc.) n'étant pas causées par la volonté humaine mais par la nature. Pour cette raison, ils considèrent que ce sont les anarchistes traditionnels qui sont incohérents et ne méritent pas le nom d'anarchistes, bien que ce soit leur courant de pensée qui ait inventé et défini le mot « anarchisme ». Il n'existe pas en France d'organisation ou structure anarcho-capitaliste d'ampleur comparable aux organisations anarchistes (comme la Fédération anarchiste, Alternative libertaire, l'Organisation communiste libertaire, la CNT ou la CNT-AIT) ; aux États-Unis, ce mouvement politique est en revanche relayé par quelques instituts tels que le Ludwig von Mises Institute. Ce mouvement se manifeste surtout sur Internet par le biais de sites personnels ou de blogs. Enfin, alors que les anarchistes sont opposés à l'anarcho-capitalisme, certains anarcho-capitalistes affirment que, dans une société qui fonctionnerait conformément aux principes anarcho-capitalistes, les individus qui voudraient vivre selon les principes anarchistes pourraient le faire — Hans-Hermann Hoppe en montre des conséquences peu conciliantes. Ils considèrent que les anarchistes pourraient refuser d'entrer dans toute organisation qui présenterait à leurs yeux un caractère hiérarchique, et pourraient également s'associer dans des organisations qui respecteraient les principes de l'anarchisme.
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Amblyseius Amblyseius est un genre d'acariens de la famille des Phytoseiidae, plus de 300 espèces sont connues. Description. Les espèces de ce genre sont prédatrices. Les formes mobiles ont pour proies principalement les acariens et les thysanoptères sur les arbres fruitiers, la vigne, les cultures légumières et les cultures ornementales. Plusieurs espèces sont donc utilisées comme agents de contrôle biologique de ces ravageurs.
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Arthropode prédateur des ravageurs
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Adalia Adalia est un genre de coléoptères prédateurs de la famille des coccinellidés, dont les larves et les adultes ont pour proies principalement des pucerons aussi bien sur les arbres fruitiers, les grandes cultures, les cultures légumières et les cultures ornementales que sur les plantes sauvages. Liste d'espèces. Selon : Selon : Selon :
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Aleochara Le genre Aleochara regroupe des espèces de coléoptères prédateurs de la famille des staphylinidés ayant pour proies principalement les diptères sur les arbres fruitiers, la vigne, les grandes cultures, les cultures légumières et les cultures ornementales. Liste d'espèces et des sous-genres. Selon : Selon : Selon :
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Aphidolète ', les Aphidolètes, est un genre d'insectes diptères prédateurs de la famille des cécidomyidés, dont les larves ont pour proies principalement les acariens et les pucerons sur les arbres fruitiers, la vigne, les grandes cultures, les cultures légumières et les cultures ornementales.
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Anthocoris Le genre Anthocoris comprend des insectes hétéroptères prédateurs de la famille des Anthocoridae dont les larves et les adultes ont pour proies principalement les psylles et les pucerons sur les arbres fruitiers, la vigne, les grandes cultures, les cultures légumières et les cultures ornementales. Les anthocoris vivent dans la majorité des cas en prédateurs non spécifiques sur la partie aérienne des plantes. En général ubiquistes, certaines espèces tendent à préférer des plantes particulières. Rares différences d'écologie entre les nymphes et les adultes. La femelle hiberne, le mâle l'imite parfois. on peut trouver les œufs sous les épidermes des feuilles et des tiges des plantes hôtes. Selon l'espèce et le climat, on compte de 1 à 4 générations annuelles. Ils se nourrissent d'aphides (pucerons…), de psylles, de psoques, d'œufs de divers insectes (lépidoptères, hyménoptères…) et de larves d'homoptères.
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Atractotomus Atractotomus est un genre d'insectes hétéroptères prédateurs de la famille des Miridae, dont les larves et les adultes ont pour proies principalement les acariens, les psylles, les pucerons et les thrips sur les arbres fruitiers, la vigne, et les cultures légumières.
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Aruba Aruba est une île néerlandaise de la mer des Caraïbes, située au large des côtes du Venezuela, faisant partie des Petites Antilles. L'île forme un État autonome (pays constitutif) du royaume des Pays-Bas à part entière, le Pays d'Aruba ( en néerlandais, en papiamento), depuis qu'elle s'est séparée des Antilles néerlandaises en 1986. En 2010, Aruba comptait , dont vivaient à Oranjestad, capitale de l'île. Géographie. L'île d'Aruba est située en mer des Caraïbes, au nord de l'État venezuelien de Falcón. Elle fait partie de l'archipel des Antilles. L'île se situe à au nord de la péninsule de Paraguaná, sur la côte septentrionale du Venezuela. Aruba possède peu de végétation tropicale et des plages de sable blanc qui font sa renommée auprès des touristes. Comme la métropole, Aruba est un pays plat dont le point culminant est le mont Jamanota à . L'île est orientée nord-ouest sud-est sur une distance de . La superficie d'Aruba est de . Son littoral a une longueur de . Les villes principales sont Oranjestad (capitale), Sint Nicolaas, et Noord. Climat. Aruba a un climat tropical chaud et très sec, voire semi-désertique mais cependant rafraîchi par des vents venant de l'océan Atlantique. Les températures sont quasi constantes, autour de . Très sèche, elle ne comporte qu'une petite part de la flore tropicale que l'on retrouve ailleurs dans les Caraïbes. L'île reçoit entre d'eau par an, ce qui est très peu par rapport au reste des Antilles et la végétation n'y est pas très développée. On compte seulement de pluie par an. En hiver, seulement à la mi-novembre, l'île est arrosée, avec neuf jours de pluie environ, alors qu'on ne compte aucun jours de pluie durant tout le printemps. La température moyenne est de . Histoire. L'île d'Aruba est d'abord peuplée d'Amérindiens , une tribu arawak venue de l'actuel Venezuela vers l'an 1000. En 1499, l'explorateur espagnol Alonso de Ojeda accoste sur l'île. Celle-ci devient un refuge de pirates et de boucaniers espagnols, puis un immense ranch où les Espagnols introduisent chevaux, moutons, chèvres, cochons. Contrairement à ce qui a pu se passer ailleurs, les Espagnols n’exterminent pas les Arawaks mais leur permettent d'élever du bétail. Encore aujourd'hui, beaucoup d'Arubais ont des ancêtres amérindiens. Aruba reste sous contrôle espagnol jusqu'en 1636, date à laquelle le royaume des Pays-Bas en fait une colonie. Après la cession de l'île par les Espagnols, des Juifs marranes fuyant les persécutions dans leurs pays (Espagne et Portugal) viennent s'installer dans l'île. Aruba change à plusieurs reprises de statut : propriété de la Compagnie néerlandaise des Indes occidentales, colonie rattachée à la Guyane hollandaise et même, à deux reprises, les Néerlandais doivent cohabiter avec les Britanniques (1799-1802 et 1805-1816) sans qu'il apparaisse clairement qui détenait le pouvoir effectif à Aruba. Le gouverneur néerlandais entre 1642 et 1646 s'appelait Pieter Stuyvesant : il deviendra ultérieurement le gouverneur de la province néerlandaise de Nouvelle-Néerlande jusqu'à son annexion par les Anglais en 1664 sous le nom de Province de New York. Pendant les guerres napoléoniennes, l'Empire britannique a pris le contrôle de l'île, entre 1799 et 1802, et entre 1804 et 1816, avant de la rendre aux Hollandais. Lors de la Seconde Guerre mondiale, les Pays-Bas sont occupés par l'Allemagne nazie à partir du . Le lendemain, les Britanniques placent l'île sous leur protection avant de la laisser aux États-Unis du jusqu'à la libération des Pays-Bas en 1945. Le , la Couronne néerlandaise accepte le principe de l'autodétermination pour Aruba. Les Antilles néerlandaises prennent leur autonomie le et Aruba fait partie de cet ensemble constitué des îles Sous-le-Vent (Aruba, Bonaire et Curaçao situées près de la côte du Venezuela) et des îles du Vent (Saint-Martin, Saba et Saint-Eustache situées à l'est de Porto Rico). Une constitution est établie en avril 1955. Désormais, le royaume des Pays-Bas est constitué de deux entités de droit égal que sont les Pays-Bas et les Antilles néerlandaises. Pour commémorer l'accord de 1948, la date du 18 mars est choisie comme fête de l'île (on ne peut dire fête nationale, puisqu'il ne s'agit pas d'une nation). Depuis le , c'est le « jour du drapeau », date à laquelle sont adoptés en même temps le drapeau et l'hymne « Aruba Dushi Tera » (qui signifie « Aruba, terre précieuse »). Au sein des Antilles néerlandaises, l'île d'Aruba ne tarde pas à exprimer sa défiance envers l'île de Curaçao, dominante et lieu de la capitale Willemstad. Elle exprime des velléités de séparation, qui reposent en bonne partie sur une démographie différente. Aruba est majoritairement peuplée d'habitants métis alors que Curaçao a une majorité noire et une minorité blanche. En outre, tout comme Curaçao, Aruba dispose d'importantes ressources grâce à la raffinerie du pétrole vénézuélien. Par ailleurs, une partie de la population est favorable à un rapprochement avec le Venezuela. Lors d'un référendum organisé en 1977, la population vote largement pour l'indépendance de l'île. Des négociations commencent. Le , des représentants de la Couronne néerlandaise, de chacune des îles des Antilles néerlandaises et des Pays-Bas acceptent au le principe de l'autonomie de l'île d'Aruba, autonomie vis-à-vis des Antilles néerlandaises et non du royaume. L'autonomie est effective le . Le royaume est alors constitué de trois entités. L'accord de 1983 prévoyait l'indépendance dix ans plus tard, en 1996, mais le gouvernement arubais a préféré demander en 1994 la suspension de cette clause. La stabilité politique offerte par le maintien des liens avec les Pays-Bas et, a contrario, les difficultés rencontrées par le Surinam depuis son indépendance en 1975 ont joué dans la décision de repousser "sine die" la perspective de la pleine souveraineté. Cela en dépit de l'émergence du tourisme comme source de richesse pour l'île. Politique. Gouverneur. Le gouverneur représente le chef de l'État néerlandais à Aruba. Depuis le , cette fonction est occupée par Alfonso Boekhoudt. Ministre-président. Le ministre-président est le chef du gouvernement d'Aruba. Depuis novembre 2017, cette fonction est occupée par Evelyn Wever-Croes, membre du Mouvement électoral du peuple. Parlement. Les États d'Aruba ("Staten van Aruba") est le Parlement de l'île. Il comprend élus pour quatre ans. Depuis les élections du , l'AVP et le MEP détiennent chacun neuf sièges, POR 2 et le RED 1. Démographie. En 2006, la population d'Aruba est de . Elle est composée à 20,7 % de personnes de , à 68,3 % de personnes de et de 11 % de personnes de ou plus. Sa densité est de . En 2003, l'espérance de vie des hommes est et celle des femmes est . En 2003, le taux de croissance de la population est 0,55 %, son taux de natalité est de en 2001, le taux de mortalité est de la même année et le taux de mortalité infantile est en 2003. Langues. En 2010, 69,4 % de la population parle le papiamento, un créole à base lexicale portugaise, 13,7 % l'espagnol, 7,1 % l'anglais, 6,1 % le néerlandais, 1,5 % une langue chinoise et 2,1 % une autre langue. Religions. Selon le Pew Research Center, en 2010, 91,9 % des habitants d'Aruba sont chrétiens, principalement catholiques (82,8 %) et dans une bien moindre mesure protestants (7,3 %). Économie. Avant l'arrivée des Espagnols, Aruba cultivait essentiellement l'aloès mais on ne sait pas grand-chose de l'économie de cette époque. En 1825, les Néerlandais découvrent de l'or. C'est le premier âge de prospérité de l'île avec l'ouverture de mines et l'afflux de chercheurs d'or. En 1924, Aruba profite de sa position au sortir du golfe pétrolier du Venezuela et du lac Maracaibo pour ouvrir une raffinerie de pétrole, c'est le deuxième âge d'abondance pour Aruba. En 1985, la raffinerie Lago qui appartient à une filiale d'ExxonMobil ferme : le gouvernement perd 30 % de ses recettes et entre en récession l'année suivante. En 1990, la raffinerie est rénovée puis achetée et rouverte par un autre consortium pétrolier américain, El Paso, mais en 2003 ce dernier indique son intention de vendre la raffinerie qui transforme par jour. Troisième âge d'or : le tourisme. Avec son régime politique stable, son climat quasi idéal et ses plages, Aruba offre aux touristes américains, vénézuéliens et néerlandais une destination qui correspond à la demande d'une île « paradisiaque ». En 2001, le tourisme représente 35 % des emplois et 38 % du PIB de l'île. Mais le gouvernement cherche d'autres ressources pour une île qui n'exporte que son pétrole raffiné. Il jette son dévolu sur les très rentables « services financiers off-shore » . Beaucoup de voisins antillais d'Aruba (Grenade, les Îles Caïmans, Antigua-et-Barbuda, etc.) ont déjà trouvé leur compte dans cet exercice. Mais la métropole et l'Union européenne exigent une plus grande transparence sur les transactions bancaires (en particulier via le GAFI). À partir du , les voyageurs avec plus de (le taux du florin arubais est fixé par rapport au dollar américain à 1,79 florin par dollar) en espèces doivent déclarer cette somme aux douanes arubaises. Aruba possède sa propre banque centrale, ce qui lui offre une certaine latitude dans ses politiques économiques, mais a dû promettre à l'OCDE d'aligner son système bancaire d'ici 2006. Aruba essaie toujours de développer ce secteur, sachant que le domaine est immense et flou. Après le , la fréquentation des Américains chute et les finances du pays s'en ressentent. Le pays entre en récession, son PIB se contractant de 1,2 % en 2001 et de 3,8 % en 2002 alors que lors du boom du tourisme (au début des années 1990), la croissance annuelle était de l'ordre de 5 %. Le budget de l'État doit faire face à un gros déficit et à une balance commerciale négative : d'un côté les touristes viennent moins, ce qui crée un manque à gagner important, de l'autre les Arubais ont, au cours de cette période de forte croissance (jusqu'en 2001), obtenu de fortes revalorisations salariales que les employeurs ne peuvent que difficilement assurer. Le chômage reste encore inexistant (0,6 %). Le FMI prévoit pour 2003 une reprise de l'économie arubaise et un taux de croissance de 4 %, mais toujours un problème de dette publique qui fin 2002 était estimée à 37 % du PIB. Aruba essaie de développer d'autres secteurs de service : relancer les raffineries, mais alors le tourisme risque de pâtir de la pollution de cette industrie. Une des perspectives mises en avant par le gouvernement sont les télécommunications et le développement de zones franches. Radio-communications. Les stations radio-amateurs de l'île émettent avec un indicatif utilisant le préfixe P4. Codes. Aruba a pour codes :
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Accusatif En linguistique, l'accusatif (abréviation : ; du latin grammatical "accusativus", « qui marque l'aboutissement de l'action »), est un cas grammatical exprimant le complément d'objet direct (COD), c'est-à-dire l'actant qui subit l'action exercée par le sujet d'un verbe transitif direct actif, dit aussi "objet patient". Dans les langues ergatives, cette fonction peut être assumée par le cas absolutif. Outre ce sens principal, l'accusatif peut également assurer différentes fonctions selon les langues. Par langue. Allemand. En allemand, l'accusatif s'emploie principalement pour indiquer le complément d'objet direct et son attribut mais aussi après certaines prépositions ("bis, durch, für, gegen, ohne, per, pro, um, wider") ou avec la postposition "entlang" : den Fluss entlang = le long du fleuve. Il sert aussi dans l'opposition entre les compléments de lieu locatifs et directifs après les prépositions « mixtes » pour exprimer une position ("an, auf, hinter, in, neben, über, unter, vor, zwischen"). L'accusatif s'emploie pour marquer le directif (le lieu où l'on va ; question "wohin ?"). Quant au datif, il exprime un locatif (lieu où on est ; question "wo ?"). Exemple : Il est aussi employé pour désigner une durée : La forme de l'accusatif est pareille à celle du nominatif sauf au masculin singulier. Anglais. L'anglais moderne n'a plus de déclinaisons sauf pour les pronoms : "whom" est l'accusatif de "who" (qui), "him" est l'accusatif de "he" (il, lui), et "her" de "she" (elle). Ces formes servant également de datif, on les range parfois sous la dénomination de cas oblique: Toutefois, en anglais parlé, on a tendance à utiliser "who" ou "that" au lieu de "whom", ou à supprimer le pronom : Espéranto. L'espéranto a fait le choix d'admettre le nominatif et l'accusatif comme seuls cas, l'accusatif y étant marqué par la désinence -n. Cela peut paraître un peu compliqué pour les personnes dont la langue maternelle ignore les cas, mais l'accusatif est nécessaire à une bonne compréhension: En espéranto, les adverbes dérivés peuvent se mettre à l'accusatif : En espéranto, l'accusatif remplace souvent (certains disent : « toujours ») une préposition : Français. Le français conserve dans ses pronoms personnels des traces d'un accusatif (cas régime en ancien français) : Toutefois, la distribution de ces formes ne reprend pas celle de l'accusatif puisqu'elles servent également d'attributs du sujet ("il l'est"). Latin. En latin, l'accusatif s'utilise aussi pour marquer l'attribut du complément d'objet direct et après certaines prépositions. Il sert à exprimer le lieu où on va et la durée et peut s'employer de façon exclamative : Certains verbes admettent la construction du "double accusatif" : Russe. En russe, comme dans la plupart des autres langues slaves, l'accusatif est le cas du complément d'objet direct : L'accusatif des langues slaves hésite souvent entre des formes semblables au nominatif ou au génitif. L'accusatif est généralement identique au nominatif pour les noms masculins inanimés ("билет" (billet)) et les noms neutres et se calque sur le génitif pour les noms masculins animés ("человек" (homme) devient à l'accusatif "человека"). Le féminin singulier a une forme propre : "роза" (rose) donne "розу". Cette règle est souvent compliquée par le remplacement de l'accusatif par le génitif dans un sens négatif et/ou partitif : Il s'emploie également après certaines prépositions, telles que "в" et "на" (dans, à, sur), avec une idée de mouvement ou de direction :
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Arthur Honegger Arthur Honegger, né le au Havre et mort le à Paris, est un compositeur français d'origine suisse. Biographie. Arthur Honegger naît en 1892 au Havre, dans une famille suisse et protestante. Son père, Arthur Honegger, exerce la profession de négociant en café, sa mère, Julie Ulrich, joue du piano. Sa famille baigne dans l'univers musical et il apprend le violon. Au duo mère-fils, se joint parfois un ami d'Arthur, également violoniste. Mais les œuvres pour deux violons et piano sont assez rares, et le jeune Arthur, qui admire Bach et Beethoven, est donc amené à composer pour cette formation des essais malhabiles. Il se lance également dans l'écriture d'un opéra et d'un oratorio. Il s'inscrit au Conservatoire de Zurich en 1909-1910, et étudie le violon et la théorie musicale avec Willem de Boer et Lothar Kempter), puis il est élève en 1911 au Conservatoire de Paris, où il étudie le violon et rencontre Darius Milhaud et Jacques Ibert. Il est élève de Charles-Marie Widor et Vincent d'Indy. Il quitte le Conservatoire en 1918, ayant déjà composé des mélodies, son premier quatuor et un poème symphonique, "Le Chant de Nigamon". Très attaché au renouveau du répertoire, il est influencé par Igor Stravinsky, sur lequel il écrit un essai en 1939. Compositeur prolifique et désireux d'illustrer la transformation de la société, notamment par la technique ou le sport, Honegger écrit pour le théâtre, la radio et le cinéma aussi bien que pour la salle de concert : ballets, chansons, concertos, musique de chambre, musiques de films, opéras, oratorios, symphonies. En 1921, il connaît le succès avec "le Roi David", pièce de René Morax, qu'il transforme en oratorio en 1924. Son œuvre la plus célèbre, créée en 1923, est "Pacific 231", premier de trois mouvements symphoniques et dédiée à la locomotive à vapeur éponyme. Les deux autres mouvements du triptyque s'intitulent "Rugby" et "Mouvement symphonique ". Sa première symphonie date des années 1929-1930. Plus tard, durant l'Occupation, il compose ses "Trois Poèmes" (sur un texte de Claudel), ses "Trois Psaumes" et sa "Symphonie" pour orchestre à cordes et trompette "ad libitum". Composée en 1941, ses mouvements évoquent la mort, le deuil, puis la libération. En parallèle il enseigne la composition à l'École normale de musique de Paris où il aura parmi ses élèves Yves Ramette, futur auteur de six symphonies. Sa "Symphonie", intitulée "liturgique", son oratorio "Jeanne d'Arc au bûcher" (1938) — d'après un texte de Paul Claudel — et son dramatique "Roi David" (1921) soulignent la religiosité de ce compositeur protestant. Durant la seconde moitié des années 30, il fera chez la famille Gosselin (au Manoir du Clap) une lecture de Jeanne au Bûcher. Parmi ses œuvres qui ont le plus compté pour lui, il citait aussi son opéra "Antigone" (1926). Sa symphonie n° 3 (dite « "Liturgique" », 1946) est très liée aux années difficiles que le monde venait de vivre du fait de la mondiale. Chacun des trois mouvements comporte un sous-titre d'origine liturgique. Elle est composée comme suit : En 1925, Arthur Honegger a une liaison avec la chanteuse d'opéra Claire Croiza, de laquelle naît un fils, Jean-Claude. En , il épouse la pianiste Andrée Vaurabourg (1894-1980) qu'il avait rencontrée au conservatoire de Paris en 1916 ; leur fille Pascale naît en 1932. Ils demeurent à Paris (tout en logeant dans des appartements séparés) durant la guerre, vivant notamment de commandes pour musique de film. Sa quatrième symphonie est sous-titrée : "Deliciæ Basiliensis" ("Les Délices de Bâle"). La cinquième est dite "Symphonie di tre re" (« des trois ré », qui ponctuent chacun de ses trois mouvements). Il est critique musical et professeur à l'École normale de musique de Paris. Il est également l'un des membres du groupe des Six, avec Georges Auric, Louis Durey, Darius Milhaud, Francis Poulenc et Germaine Tailleferre. Outre les Six, il a fréquenté Paul Claudel, Jean Cocteau, Guillaume Apollinaire, Max Jacob, Pierre Louÿs, Pablo Picasso, Erik Satie, Jean-Louis Barrault et Paul Valéry, dont certains lui ont fourni des sujets pour ses œuvres. Il est inhumé avec son épouse à Paris au cimetière Saint-Vincent. Honegger, critique à Comœdia. Honegger resta à Paris pendant la guerre, il réussit à faire jouer ses œuvres, fut critique musical à "Comœdia" et en même temps membre du Front national des musiciens, jusqu'à ce qu'il en soit expulsé en raison de fautes comme le voyage à Vienne (pour le Festival Mozart en novembre 1941) sa participation à une réception donnée par un haut responsable de la propagande culturelle à l'ambassade d'Allemagne à Paris, et des "critiques positives de la musique allemande contemporaine de Hans Pfitzner, Werner Egk et Richard Strauss", qui jetaient le doute sur sa fidélité. Après le numéro du 16 octobre 1943, Honegger ne publia plus dans "Comœdia", jusqu'au 8 janvier 1944. Ce silence pourrait correspondre au moment où il fut été exclu du FNM, après quoi il n'intervint plus que cinq fois. Dans son article du 22 janvier 1944 il tenta d'expliquer ce qu'il avait essayé de faire à "Comœdia", et admit son échec : "J'ai essayé d'intéresser les auditeurs de concerts aux compositeurs qui parlent la langue de leur époque, j'ai tenté d'exciter leur curiosité en faveur d'œuvres moins connues et peut-être injustement délaissées." Ce sont presque exclusivement les jeunes musiciens français qu'il a défendus : " J'ai surtout voulu montrer qu'à côté des grands maîtres classiques allemands il y avait maintenant une admirable école française digne d'être écoutée et qui maintient haut le renom et la gloire de ce pays." Il en voulait aux musiciens responsables de programmes, et aux auditeurs aussi : "Le quatuor Bouillon donne les quatuors de Jacques Dupont, J. Rivier, J. Ibert et ne remplit qu'à demi la salle Gaveau. Dans dix ans, trois mile personnes vous donneront des détails sur cette première audition du quatuor d'Ibert qu'il auront admiré les premiers. (Tout le monde applaudissait à la première de "Pelléas")". Il rappelle qu'il a par le passé déconseillé aux jeunes de devenir compositeurs (numéro du 7 août 1943), ajoute qu'il se sent coupable d'avoir donné des cours de composition, et conclut qu'il vaut mieux qu'il cesse de publier dans "Comœdia". Il garda ensuite le silence jusqu'au 19 février 1944, pour un hommage chaleureux à l'auteur de "Scemo", Alfred Bachelet, mort le 10 février ; réapparut le 29 avril (pour demander que l'Opéra-Comique mette à son programme les œuvres de Guy Ropartz, Sylvio Lazzari, Gabriel Dupont, Henri Rabaud ou Déodat de Séverac), puis le 9 juillet et finalement le 5 août, pour le dernier numéro de "Comœdia", dans lequel il se réjouit : "Au mois de juin 1944, la radiodiffusion nationale a commencé une série d'auditions publiques consacrées à la musique française" : Berlioz, Lalo, Chabrier, Fauré, Debussy, Ravel sont déjà passés ou annoncés, et Honegger espère y entendre des contemporains : Roussel et Florent Schmitt, Ibert, Claude Delvincourt, Poulenc, Messiaen, etc. Il était conscient de chanter toujours la même antienne. Dans l'article précédent, du 9 juillet, il rendit un bel hommage à Claude Delvincourt, au moment où l'Opéra commençait à travailler son "Lucifer ou Le Mystère de Caïn" (finalement créé à l’Opéra de Paris seulement en 1948). Honegger rappela que "Directeur du Conservatoire depuis trois ans, Claude Delvincourt s'est attaché à améliorer le sort des élèves en un temps où les conditions matérielles sont plus difficiles que jamais pour les jeunes. Il le fait avec une foi, une abnégation qui lui vaudront le respect et la reconnaissance de tous." (Delvincourt avait créé l’Orchestre des Cadets du Conservatoire pour éviter que les élèves soient envoyés au S.T.O. Leur premier concert eut lieu le 12 décembre 1943, sous la direction de Roger Désormières. A la fin de l’année 1944 les étudiants concernés par le S.T.O. et Delvincourt lui-même durent disparaître). En sus de ces nombreux articles écrits pour défendre obstinément les jeunes musiciens français et demander qu'on fasse moins de place aux œuvres qui envahissaient les salles de concert depuis trop longtemps, symphonies de Beethoven et autres "Tannhaüser", Honegger fournit à "Comœdia" quelques articles sur des musiciens allemands contemporains. Lorsqu'il parle (5 juillet 1941) du Festival Beethoven, c'est essentiellement pour louer le talent de Charles Münch et des exécutants, et de Marguerite Long qui a joué en première partie. Il montre plus de réserve quelques jours plus tard (le 19 juillet) quand il rend compte du concert du 16 juillet donné par l'Orchestre de chambre de Berlin à la salle de l'ancien Conservatoire, dans le cadre de la Semaine Mozart : il mélange louanges et critiques à l'adresse de W. Kempff et de Hans von Benda. Dans le numéro du 4 avril 1942, Honegger écrivit sur "Palestrina", l'opéra de Hans Pfitzner qui était monté à Paris : il exprima un point de vue mitigé et conclut en disant qu'il aimerait savoir comment réagirait le public allemand si la "Pénélope" de Fauré lui était présentée. Lorsqu'il entendit "Une vie de héros" et "Till Eulenspiegel" (de Richard Strauss), il ne put éviter de faire quelques compliments, mais il termina son article (30 mai 1942) en envoyant les spectateurs écouter … de la musique nouvelle française : il y avait justement un concert de Pierre Bernac et Poulenc, avec des premières auditions. Après avoir assisté à la création française de "Joan de Zarissa" ( de Werner Egk), il réserva ses louanges (18 juillet 1942) à Lifar, le "choréauteur" (qui avait créé le ballet à Berlin, et eut quelques soucis au moment de l'épuration). Le 21novembre 1942, il signala une exécution de la Symphonie domestique de R. Strauss, mais au milieu d'une liste d'événements musicaux ("Jeanne d'Arc" de Tony Aubin (son collègue à "Comœdia") donné à Rouen, "La Pantoufle de Vair" de Marcel Delannoy, les "Airs" de Poulenc, la "Habanera" de Louis Aubert et les reprises de Salammbo et de La Damnation de Faust. Il commit un nouvel article sur Strauss le 8 mai 1943, après la représentation d'Ariane à Naxos à l'Opéra-Comique. Son commentaire est forcément élogieux, mais il trouva le moyen d'en consacrer la moitié aux interprètes (Désormière, Lubin et Jouatte). Son dernier article consacré à un compositeur allemand date du 22 mai 1943, à l'occasion de la création à Paris de Peer Gynt de Werner Egk. L'article est descriptif et assez neutre. On peut ajouter qu'Honegger fit le voyage de Vienne en novembre 1941 pour le Festival Mozart organisé à l'occasion du cent cinquantième anniversaire de la mort de Mozart. Les manifestations avaient pour but la propagande, mais Honegger n'écrivit pas une ligne à leur sujet dans "Comœdia". Pour le reste, Honegger se montre ouvert aux nouveautés, il encourage l'emploi des ondes Martenot et du saxophone (numéro du 31 octobre 1942) ; rend hommage au travail des Discophiles français pour enregistrer des œuvres un peu oubliées (10 octobre 1942) ; milite en faveur de la méthode de notation musicale imaginée par Nicolas Oboukhov pour faciliter l'apprentissage de la musique ; encourage les musiciens qui jouent de la musique contemporaine (le Quatuor Bouillon (24 octobre 1942), ou le Quatuor Armand Parent (14 novembre 1942) ; signale les concerts de l' Association de musique contemporaine de Robert Bernard, du Triptyque (voir note sur Pierre d'Arquennes dans la page École normale de musique de Paris) et ceux de la Pléiade", en soulignant le rôle de l'orchestre de chambre Hewitt. Il se réjouit de la création des Jeunesses musicales de France, loue le travail de Charles Münch, Serge Lifar (son collègue à Comœdia) ou Pierre Bernac… Son style. Arthur Honegger est un compositeur qui, au premier abord, paraît difficile à cerner à cause de la diversité de son œuvre, allant de la tonalité à l'atonalité (pour "Antigone") en passant par la polytonalité, utilisant tous les registres, du quatuor à cordes à l'opéra, et respectant autant les acquis du passé que les apports de ses contemporains. Toute sa vie, il a été marqué par la double influence germanique (Ludwig van Beethoven, Johann Sebastian Bach, Max Reger) et française (Claude Debussy, Gabriel Fauré, Florent Schmitt), ce qui contribue à situer son œuvre en marge des courants musicaux. Si l'on peut lui attribuer un style personnel, il n'est en revanche d'aucune école ; lui-même ayant rejeté, comme son confrère et ami Georges Enesco, les systèmes de classification trop stricts en musique. La diversité de la musique d'Honegger reflète sa volonté de faire de la musique un moyen d'expression à vocation humaniste. Ainsi, il a souvent aspiré à une musique défaite de trop de formalisme, de trop de séduction et d'habitudes ("Cri du monde", 1931). La crainte d'une surmédiatisation de la musique se reconnaît dans sa recherche d'une musique authentique, capable de porter un message, parfois philosophique voire religieux ("Symphonie liturgique", 1945). Désireux de se renouveler à chaque œuvre, il a exploré différents genres et techniques en s'intéressant tout autant à l'harmonie de Claude Debussy, à la rythmique d'Igor Stravinsky, à la forme beethovenienne, au génie d'Arnold Schönberg (en excluant le sérialisme) et même à la musique électronique. L'apparente simplicité de certains passages de sa musique doit être examinée dans le sens de l'objectivité. Il ne répugna pas à la complexité lorsque cela lui semblait nécessaire, comme dans "Horace Victorieux" (1921) ou dans ses symphonies. Comme d'autres artistes de son temps, tels Albert Camus, il cherche à émouvoir, notamment au travers d'œuvres religieuses, ce qui explique le succès de "Jeanne d'Arc au bûcher" (1935) entre autres. Connu pour son humanisme, il a parfois émis des jugements sévères mais jamais durant son travail de critique. Au contraire, il a aidé les compositeurs des générations suivantes tels qu'Olivier Messiaen, dont il a confirmé après sa première écoute qu'il serait « l'un des plus grands compositeurs de son temps ». Œuvres. Un catalogue des œuvres du compositeur a été établi par le musicologue Harry Halbreich. Cette nomenclature est figurée par la lettre H. Opérette. Il participe à l'écriture en 3 actes de l'opérette "Les aventures du roi Pausole", livret d'Albert Willemetz d'après le roman de Pierre Louÿs. Albert Willemetz écrit des dialogues et des couplets extrêmement drôles. L'utilisation de l'alexandrin accentue le comique de ce vaudeville. Arthur Honegger joue à mélanger des styles musicaux sans pour autant céder à la mélodie facile. Oratorio et cantates. Arthur Honegger fut aussi l'auteur d'oratorios. En 1907, il compose un "Oratorio du Calvaire". En 1924, il crée à Paris une version retravaillée en oratorio du "Roi David". Puis en 1927, il révise en oratorio le "Judith" de René Morax. "Cris du monde", oratorio sur un texte de René Bizet d'après « Hymn to Solitude » de John Keats pour voix solistes, chœur d'enfants, chœur mixte, orchestre, est créé en 1930-1931. Deux nouveaux oratorios composés sur des textes de Paul Claudel dans les années 1930 obtiennent un vif succès : "Jeanne d'Arc au bûcher", oratorio dramatique, et la "Danse des Morts", livret de Paul Claudel basé sur des textes bibliques. À la suite de ces succès, il compose encore un oratorio dans les années 1940 : "Nicolas de Flue" sur un texte de Denis de Rougemont. Il est également l'auteur d"'Une Cantate de Noël", pour baryton solo, voix d'enfants, chœur mixte, orgue et orchestre, en 1953. Hommages et distinctions. Son portrait apparaît sur les billets de 20 francs suisses de 1995-1996. Un autre de ses portraits a été réalisé en 1944 à Paris par Serge Ivanoff. L'astéroïde (27846) Honegger, découvert en 1994, est nommé en son honneur. Le conservatoire du Havre porte son nom. Le réalisateur Georges Rouquier lui a consacré un court métrage ("Arthur Honegger", 1955). Une Fondation Arthur Honegger est créée en 1970, à l'initiative de sa veuve afin de perpétuer sa mémoire et associer son nom à ceux d'autres créateurs, sous l'égide de la Fondation de France. Cette fondation soutient la création musicale en attribuant un prix international de musique. Ce prix a pour objet d'honorer soit un compositeur pour une œuvre particulière, soit un compositeur pour l'ensemble de son œuvre, soit une formation musicale de quatuor à cordes.
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Alain-Fournier Alain-Fournier, pseudonyme dHenri-Alban Fournier, né le à La Chapelle-d'Angillon dans le Cher et mort au combat le à Saint-Remy-la-Calonne, est un écrivain français dont l'œuvre la plus marquante, restée célèbre, est "Le Grand Meaulnes." Biographie. Enfance. Henri-Alban Fournier est né à La Chapelle-d'Angillon, chef-lieu de canton du département du Cher, à au nord de Bourges. Son père, Augustin Fournier (1861-1933), habituellement appelé Auguste, jeune instituteur, vient d'être nommé à Marçais, où le petit Henri vit ses cinq premières années. Sa mère, Marie-Albanie Barthe (1864-1928), est également institutrice. Il vit l'essentiel de son enfance à Épineuil-le-Fleuriel, tout au sud du département. Il y sera, sept ans durant, l'élève de son père et aura pour compagne de jeux et de lectures sa sœur Isabelle (1889-1971). Dans une lettre à ses parents du , évoquant , il ajoute : . Les trois quarts des chapitres de son futur roman auront pour cadre et ses environs qui ressemblent à s’y méprendre au petit village de son enfance heureuse. Années de lycée. À douze ans, Henri part pour Paris, où il commence ses études secondaires au lycée Voltaire, récoltant presque tous les prix. Rêvant d’« être marin pour faire des voyages », il convainc ses parents, en , qu'il lui faut aller à Brest préparer le concours d’entrée à l’École navale : l’expérience sera trop rude, et il y renonce quinze mois plus tard. C’est au lycée de Bourges qu’il prépare le baccalauréat ; il l’obtient, sans mention, en . Comme beaucoup de jeunes provinciaux, comme Péguy et Giraudoux avant lui, il va poursuivre des études supérieures de lettres au lycée Lakanal, à Sceaux – « l’internat des champs » – de 1903 à 1906, puis au lycée Louis-le-Grand de Paris, où il prépare le concours d'entrée à l'École normale supérieure. C'est au lycée Lakanal qu'il rencontre Jacques Rivière, avec lequel il se lie d'une amitié profonde. Celui-ci étant reparti à Bordeaux en 1905, il entretient avec lui une correspondance presque quotidienne qui sera publiée en 1928. Jacques Rivière épousera sa jeune sœur Isabelle en 1909. Rencontre au Grand Palais. Le , jour de l'Ascension, à dix-huit ans, il croise à la sortie d'une exposition de peinture au Grand Palais une grande et belle jeune fille, qui lui dira son nom dix jours plus tard : Yvonne de Quiévrecourt. Mais cet amour est impossible : Yvonne est fiancée et épousera effectivement l'année suivante un médecin de marine, Amédée Brochet, dont elle aura deux enfants. Bouleversé par cette brève rencontre, Fournier ne cessera, huit années durant, de penser à la jeune femme et de l’évoquer dans sa correspondance. Il s'en inspirera pour le personnage d’Yvonne de Galais dans "Le Grand Meaulnes". Fin de la jeunesse. Après son échec à l'oral de Normale en , il effectue son service militaire d' à , d'abord à Vincennes et dans diverses casernes de Paris, de Vanves et de Laval, puis comme sous-lieutenant de réserve au d'infanterie à Mirande. Libéré à l'automne de 1909, il ne reprend pas ses études, mais est engagé comme chroniqueur littéraire à "Paris-Journal" en 1910. Il commence à publier quelques poèmes, essais ou contes qui connaissent quelque succès. Il rencontre alors plusieurs grands peintres et écrivains de son temps : Maurice Denis, André Gide, Paul Claudel, André Suarès et Jacques Copeau, et se lie d'une grande amitié avec Charles Péguy et Marguerite Audoux. Mais surtout il élabore lentement l'œuvre qui le rendra célèbre : "Le Grand Meaulnes", paru en chez Émile-Paul. Ce roman manquera de peu le prix Goncourt, mais sera salué presque unanimement par la critique de l'époque. Nouvelles amours. Le , présenté par Charles Péguy, il devient secrétaire de Claude Casimir-Perier, fils de l'ancien président de la République, et l'aide à mettre au point un gros ouvrage, "Brest, port transatlantique", qui sera publié en chez Hachette. Il fréquente dès lors l'épouse de celui-ci, Pauline Benda, célèbre au théâtre sous le nom de Madame Simone, et lui rend de multiples services. Simone révélera en 1957 la liaison passionnée, souvent orageuse, qu'elle a eue à partir de avec le jeune écrivain de neuf ans son cadet, dans son livre "Sous de nouveaux soleils" (Gallimard). Alain-Fournier est fréquemment reçu dans leur propriété de Trie-la-Ville, où sont également accueillis Charles Péguy ou Jean Cocteau. C'est sous les arbres du parc du château de Trie qu'il écrira, en 1914, plusieurs chapitres de son second roman qu’il appelle alors « Colombe Blanchet », mais qu'il ne pourra achever avant la déclaration de guerre. La correspondance des deux amants a été publiée en 1992, présentée et annotée par Claude Sicard. Il a également une liaison avec une jeune femme de chambre, Jeanne Bruneau (1885-1971), qui apparaît dans le Grand Meaulnes sous les traits de Valentine Blondeau, la fiancée de Frantz des Galais. Retrouvailles. Durant cette même année 1913, qui voit en le début de sa liaison avec Pauline Benda-Perier (Madame Simone), Fournier rencontre pour la seconde fois Yvonne de Quiévrecourt. Les chastes retrouvailles ont lieu au cours de l’été, sans doute du au , à Rochefort-sur-Mer, où la jeune femme, mère de deux enfants, est de passage chez ses parents. Le jeune homme est bouleversé mais sa vie sentimentale a pris désormais irrévocablement une nouvelle direction. Il échangera encore quelques lettres avec Yvonne de Quiévrecourt, mais ne la reverra pas. Guerre et mort. Lieutenant de réserve, mobilisé le , Fournier part de Cambo dans le Pays basque, où il était en vacances avec Simone, pour rejoindre à Mirande son régiment, le d'infanterie ; il est affecté à la . Partis d'Auch en train jusqu'au camp de Suippes, ses hommes et lui rejoignent le front après une semaine de marche jusqu'aux environs d'Étain. Avec sa compagnie, il prend part à plusieurs combats meurtriers autour de Verdun. Le , un détachement de deux compagnies, la , commandée par le lieutenant Paul Marien et la , commandée par le lieutenant Fournier, reçoit l'ordre d'effectuer une reconnaissance offensive sur les Hauts de Meuse, en direction de Dommartin-la-Montagne, à vingt-cinq kilomètres au sud-est de Verdun. Si l'on doit en croire les témoignages postérieurs, assez divergents, du sergent Zacharie Baqué et du soldat Laurent Angla, Fournier et ses hommes parviennent jusqu'à la Tranchée de Calonne où ils sont rejoints par le capitaine de Savinien Boubée de Gramont, qui prend la direction des opérations et décide d'attaquer l'ennemi. Entendant des coups de feu, ils veulent rejoindre la de Marien qui s'est trouvée face à un poste de secours allemand et a ouvert le feu. Après avoir fait quelques prisonniers, ils sont pris à revers par une compagnie prussienne à la lisière du bois de Saint-Remy et décimés par la mitraille. Trois officiers (dont Fournier) et dix-huit de leurs hommes sont tués ou grièvement blessés, tandis que Marien et le reste du détachement parviennent à se replier. Sur le "Journal de marche et d'opérations" du R.I., trois officiers, un sergent et dix-huit soldats des et sont portés au . S'il faut croire certaines sources, la patrouille dont Fournier faisait partie avait reçu l'ordre de , et avait obéi, ce que les Allemands auraient considéré comme un crime de guerre. Selon Gerd Krumeich, professeur à l’université de Düsseldorf, il est exact que la patrouille de Fournier attaqua une ambulance allemande, mais il est difficile d'établir les faits précis. Un documentaire vidéo cite trois mémoires rédigés plus tard par deux Français et un Allemand, qui éclairent la situation : les troupes françaises avancent, voient des soldats allemands chargés d'armes, et tirent immédiatement sur eux. Ces Allemands étaient des brancardiers qui avaient pour mission de regrouper des blessés autour d'une ambulance, et de ramener dans le même temps les armes de ces mêmes blessés, d'où une méprise des soldats français, accentuée par le stress et la fatigue. La fiche militaire de décès, publiée sur le site Mémoire des Hommes, mentionne que Fournier a été tué par l'ennemi le à Vaux-lès-Palameix (Meuse), commune proche de la Tranchée de Calonne. Le bois de Saint-Rémy se trouve entre la limite de cette commune et la Tranchée de Calonne (qui n'est pas une tranchée mais une route). Un monument lui est dédié, à l'intersection entre cette route et le chemin menant de Vaux-lès-Palameix à Saint-Rémy-la-Calonne. Fournier est mort sans avoir eu d'enfant. Gloire et vicissitudes posthumes. La disparition du lieutenant Fournier, rapportée par la presse, impressionne fortement ses contemporains, bien qu'il n'ait été officiellement déclaré « mort pour la France » qu’en . Il est ensuite décoré de la croix de guerre avec palme et nommé chevalier de la Légion d’honneur à titre posthume. Le lieu exact de sa sépulture demeure inconnu pendant plus de trois quarts de siècle. Dès 1977, Michel Algrain enquête sur la localisation probable des derniers moments d'Alain-Fournier et parvient à coordonner des recherches. Son corps et ceux de ses vingt compagnons d'arme, pour la plupart originaires de la région de Mirande, sont retrouvés par Jean Louis, le , dans les bois près de Saint-Rémy-la-Calonne. Ils avaient été enterrés dans une fosse commune creusée par l'armée allemande sur le lieu du combat. Après des fouilles archéologiques méthodiques et un examen approfondi des squelettes en laboratoire, ils sont ré-inhumés solennellement dans la nécropole nationale de Saint-Rémy-la-Calonne. La légende d'un écrivain mort pour la France en pleine jeunesse après avoir écrit un seul roman a sans doute contribué à assurer la fortune littéraire d'Alain-Fournier. Son nom figure sur les murs du Panthéon, à Paris, dans la liste des écrivains morts au champ d'honneur pendant la Première Guerre mondiale. Œuvres. Alain-Fournier est généralement considéré comme l’auteur d’un seul livre : son roman "Le Grand Meaulnes", publié en 1913 alors qu’il avait vingt-sept ans, n’est pourtant pas son seul écrit. C’est d’abord par des poèmes en vers libres qu’Henri Alain-Fournier manifeste à partir de l’été 1904 – il a dix-sept ans – son désir de devenir écrivain. Quelques-uns de ces premiers poèmes et nouvelles ont été publiés de son vivant dans diverses revues, connaissant un certain succès ; avec la plupart des autres, ils furent rassemblés en 1924 par son beau-frère Jacques Rivière chez Gallimard, sous le titre "Miracles". Dès le , au cours de son séjour à Londres, Henri Alain-Fournier déclarait, dans une lettre à son ami Jacques, former un autre projet, celui d’être romancier, à la manière de Dickens. Et sans doute peut-on dater de cette époque les toutes premières ébauches du "Grand Meaulnes". Brouillons et manuscrits. Recueillis et classés méthodiquement par sa sœur Isabelle Rivière, les brouillons du roman ont été, avec tous les autres manuscrits de l’auteur, donnés en 2000 par Alain Rivière à la Ville de Bourges, et ils sont aujourd’hui conservés par le Réseau des bibliothèques de cette ville (bibliothèque des Quatre Piliers), qui a réalisé leur mise en ligne. Ils avaient été publiés intégralement en 1986 dans la collection des « Classiques Garnier », formant la dernière partie du volume, sous le titre « Dossier du Grand Meaulnes ». Cet ouvrage est épuisé depuis plusieurs années, mais les brouillons du roman ont été reproduits en 2010 dans le "Bulletin des amis de Jacques Rivière et d’Alain-Fournier". Avant que le roman n’atteigne à la forme définitive au début de 1913, Alain-Fournier est passé par maints tâtonnements au cours des huit années précédentes. Ses manuscrits en témoignent, composés de notes rapides, de plans, de fragments de journal ou de lettres, d’ébauches, de reprises. Ni le manuscrit définitif du roman, ni le dactylogramme ne sont parvenus jusqu’à nous ; il parut d’abord dans "La Nouvelle Revue Française" sur les cinq numéros publiés de juillet à , avant d’être publié par Émile-Paul à la fin d’, quelques jours avant la parution du premier volume d"'À la Recherche du temps perdu" de Marcel Proust, "Du côté de chez Swann". Deux autres projets. Avant même l’achèvement du "Grand Meaulnes", Fournier avait entrepris l’écriture d’un second roman, qu’il voulait appeler « Colombe Blanchet », inspiré par les compagnonnages et l’atmosphère de sa période de garnison à Mirande : il espérait le terminer à la fin de 1914, mais la guerre l’en empêcha. Il nous en reste aujourd’hui sept chapitres inachevés et quelques esquisses et notes, qui ont été publiés en 1990. Au mois de , Simone l’avait pressé d’écrire une pièce de théâtre, et il avait, en une nuit, jeté sur le papier une ébauche de scénario en trois actes qu’il avait intitulée « La Maison dans la forêt », où passe le souvenir du conte "Boucles d'or et les Trois Ours" ; mais il abandonna bientôt ce projet pour reprendre celui de « Colombe Blanchet ». Correspondances et courrier littéraire. De son arrivée à Paris en 1898 à sa mort Alain-Fournier a entretenu une abondante correspondance, d’abord avec ses parents et sa sœur, puis avec ses condisciples du lycée Lakanal, Jacques Rivière surtout, qui deviendra son beau-frère – près de 370 lettres échangées en dix ans – et René Bichet – « le Petit B. » – le peintre André Lhote, Charles Péguy, son aîné de treize ans, et enfin Madame Simone, les trois dernières années. Elles ont été presque entièrement publiées par sa sœur et son neveu et couvrent huit volumes. La correspondance avec Jacques Rivière, en particulier, a nourri des générations de lecteurs et d’écrivains, de Simone de Beauvoir à Guy Debord, car elle donne un aperçu saisissant de la vie littéraire de la Belle Époque. Alain-Fournier fut également, trois ans durant, un chroniqueur littéraire très apprécié, dans "Paris-Journal" et dans d’autres revues de l’époque. Un choix de ses plus intéressants articles a été publié en 1990 par André Guyon sous le titre "Chroniques et critiques".
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Antonin Artaud Antonin Artaud, né le à Marseille et mort le à Ivry-sur-Seine, est un théoricien du théâtre, acteur, écrivain, essayiste, dessinateur et poète français. La poésie, la mise en scène, la drogue, les pèlerinages, le dessin et la radio, chacune de ces activités a été un outil entre ses mains, un moyen pour développer son art. Toute sa vie, il a lutté contre des douleurs physiques, diagnostiquées comme issues de syphilis héréditaire, avec des médicaments, des drogues. Cette omniprésence de la douleur influe sur ses relations comme sur sa création. Il subit aussi des séries d’électrochocs lors d’internements successifs, et il passe les dernières années de sa vie dans des hôpitaux psychiatriques, notamment celui de Rodez. Si ses déséquilibres mentaux ont rendu ses relations humaines difficiles, ils ont aussi contribué à alimenter sa création. Il y a d’un côté ses textes , de l’autre, selon Évelyne Grossmann, les textes fulgurants de ses débuts. Inventeur du concept de « théâtre de la cruauté » dans "Le Théâtre et son double", Artaud a tenté de transformer radicalement la littérature et surtout le théâtre. S’il n’y est pas parvenu de son vivant, il a certainement influencé les générations de l’après Mai 68, en particulier le théâtre américain, et les situationnistes de la fin des années 1960 qui se réclamaient de son esprit révolutionnaire. Il a aussi influencé le théâtre anarchiste "Living Theatre", qui se réclame de lui dans la pièce "The Brig" où il met en pratique les théories d’Artaud. Dans son œuvre immense, il fait délirer l’art (comme Gilles Deleuze, grand lecteur d’Artaud, fera délirer la théorie autour du corps sans organe). Son œuvre graphique est également importante. Il a fait l’objet d’un legs important au Centre national d’art et de culture Georges-Pompidou en 1994. Une partie de ses œuvres a été exposée en 2011. Biographie. Sur la question de la biographie, Florence de Mèredieu prévient que l’œuvre et la vie d’Artaud sont « un titanesque effort pour ruiner les balises et limites censées canaliser l’existence et l’être d’un individu. » Il se met en scène en continu, vivant comme à distance de lui-même. Il écrit « Antonin Artaud fut d’abord un modèle perverti, une esquisse essayée que j’ai reprise moi-même à un certain moment, pour rentrer chez moi habillé ». Il va passer sa vie à perturber toutes les données de ce que l’on dénomme, dans nos sociétés un "état civil". Jeunesse (1896-1920). Antonin Artaud est né le à Marseille. Il est issu d’une famille bourgeoise aisée. Son père, Antoine-Roi Artaud, capitaine au long cours, et sa mère, Euphrasie Nalpas, sont cousins germains : ses deux grands-mères sont sœurs, toutes deux nées à Smyrne (Izmir - aujourd’hui en Turquie). L’une, Catherine Chilé, a été élevée à Marseille, où elle a épousé Marius Artaud, l’autre, Mariette Chilé, a grandi à Smyrne, où elle a épousé Louis Nalpas, marchand de fournitures pour navires. Son oncle maternel, John Nalpas, rencontre la sœur de son père, Louise Artaud lors du mariage de leurs frères et sœurs, et ils se marient aussi. John et Louise s’installent à Marseille, les familles sont très proches, les enfants forment une tribu soudée. Antonin connaît à Marseille une petite enfance choyée dont il garde des souvenirs de tendresse et de chaleur. Cette enfance est cependant perturbée par la maladie. Le premier trouble apparaît à l’âge de quatre ans et demi, lorsque l’enfant se plaint de maux de tête et qu’il "voit double". On pense à une méningite consécutive à une chute. Déjà, on préconise l’électricité pour le soigner. Son père se procure une machine qui transmet l’électricité par des électrodes fixées sur la tête. Cette machine est décrite dans le "Traité de thérapeutique des maladies nerveuses" du docteur Grasser. Bien que très différent des électrochocs, ce système relève de l’électrothérapie et l’enfant Artaud en a beaucoup souffert. D’autres traumatismes suivront. À six ans, il aurait failli se noyer lors d’un séjour chez sa grand-mère de Smyrne. Mais son premier grand choc vient de la mort d’une petite sœur âgée de sept mois, bousculée par un geste violent d’une bonne. Elle apparaît dans les écrits d’Antonin Artaud comme une de ses « filles de cœur » : Cependant, Antonin a aussi le sens du jeu et de la mise en scène. C’est à lui que l’on confie la mise en place de la crèche à Noël chaque année. Pour les enfants de la famille son talent de metteur en scène apparaît dans ses "tableaux vivants" : reproduction de tableaux célèbres, ou spectacles familiaux montés avec ses cousins. Souvent, les spectacles d’Antonin ont des « résonances macabres » : un enterrement au crépuscule, (Antonin tenant le rôle du cadavre). Une autre fois il invente une mise en scène pour effrayer son cousin Marcel Nalpas. C’était, selon le récit de sa sœur, une mise en scène macabre avec installation de têtes de mort et de bougies dans une chambre. Antonin fait ensuite entrer Marcel en déclamant un poème de Baudelaire. D’abord effrayé, Marcel a ensuite bien ri, avec Antonin. (Marcel était ami de Marcel Pagnol, qui le cite dans « Le temps des secrets », sous son pseudonyme de « Nelps », abréviation de Nalpas). Dans ce "Théâtre de la cruauté", "Théâtre de la peur", Marie-Ange voit l’influence d’Edgar Poe. Artaud a quatorze ans lorsqu’il fonde, avec ses camarades du collège du Sacré-Cœur de Marseille, une petite revue où il publie ses premiers poèmes inspirés de Charles Baudelaire, d’Arthur Rimbaud ou Edgar Poe. Mais lors de sa dernière année de collège, en 1914, il est atteint de dépression, ne se présente pas au baccalauréat, et l’année suivante, sa famille le conduit à Montpellier pour consulter un spécialiste des maladies nerveuses. Il est envoyé au sanatorium de la Rouguière, en 1915 et 1916 et publie en des poèmes dans "La Revue de Hollande". Le conseil de révision le déclare d’abord "bon pour le service" avant que l’armée le réforme provisoirement pour raisons de santé, puis définitivement en grâce à l’intervention de son père. L’année 1914 est un tournant dans la vie du jeune homme, à cause de la guerre, mais c’est aussi pour Antonin sa dernière année de collège. Il doit passer l’examen de philosophie, mais son état de santé ne le lui permet pas. Artaud est en état de dépression après avoir connu sa première expérience sexuelle, qu’il décrit comme dramatique, comme un traumatisme sur lequel il reviendra souvent dans ses écrits. Il a le sentiment qu’on lui a volé quelque chose. C’est ce qu’il exprime à Colette Allendy en 1947, peu avant sa mort. Entre 1917 et 1919, il fait un certain nombre de séjours dans des lieux de cure et maisons de santé. Il peint, dessine, écrit. Plus tard, lors de son séjour à l’hôpital Henri-Rouselle pour une cure de désintoxication, il indique qu’il a commencé à prendre du Laudanum en 1919. Premières années à Paris (1920-1924). Théâtre : la période Dullin. En 1920, sur les conseils du docteur Dardel, sa famille confie Antonin Artaud au docteur Édouard Toulouse, directeur de l’asile de Villejuif, dont il devient le co-secrétaire pour la rédaction de sa revue "Demain". Le docteur l’encourage à écrire des poèmes, des articles, jusqu’à la disparition de la revue en 1922. En juin de cette même année 1920, Artaud qui s’intéresse au théâtre rencontre Lugné-Poë et il quitte Villejuif pour s’installer dans une pension à Passy. Il s’intéresse aussi au mouvement Dada et découvre les œuvres d’André Breton, de Louis Aragon et de Philippe Soupault. Il rencontre Max Jacob qui l’oriente vers Charles Dullin. Dullin l’intègre dans sa compagnie en 1921. Là, il rencontre Génica Athanasiou dont il tombe amoureux et à laquelle il écrit un grand nombre de lettres réunies dans le recueil "Lettres à Génica Athanassiou" avec deux poèmes. Leur passion orageuse va durer . Jusqu’en 1922, Antonin Artaud publie poèmes, articles et comptes-rendus à plusieurs revues : "Action", "Cahiers de philosophie et d’art", "L’Ère nouvelle", revue de l’entente des gauches. L’aventure théâtrale d’Artaud commence en 1922 avec la première répétition des spectacles de l’Atelier, où il joue "L’Avare" de Molière. Suivront d’autres rôles, toujours avec Dullin qui lui demande de dessiner les costumes et les décors de "Les Olives" de Lope de Rueda. Un exemplaire de ces dessins est conservé au Centre Pompidou. Toute l’année 1922 est occupée par le théâtre et par les nombreux rôles que joue Artaud malgré sa santé défaillante et malgré les difficultés financières de la compagnie. Il interprète notamment "Apoplexie" dans "La Mort de Souper" adaptation de la "Condamnation de Banquet" de Nicole de La Chesnayeet le rôle de Tirésias dans "Antigone" de Jean Cocteau dans une mise en scène de Charles Dullin. En même temps, il produit aussi à la demande de Daniel-Henry Kahnweiler un recueil de tiré à et il fait la connaissance d’André Masson, de Michel Leiris, de Jean Dubuffet et de Georges Limbour. Sa correspondance témoigne de l’intérêt que lui portent artistes et écrivains. Elle occupe une très grande place dans le recueil de ses œuvres. En 1923, il publie, à compte d’auteur et sous le pseudonyme d’Eno Dailor, le premier numéro de la revue "Bilboquet", une feuille composée d’une introduction et de deux poèmes : 1923 est l’année où Artaud ajoute le cinéma aux modes d’expression qu’il cultive (peinture, littérature, théâtre). Le , le cinéaste René Clair lance une vaste enquête dans la revue "Théâtre et Comœdia illustré", car, selon lui, peu de cinéastes savent tirer parti de « l’appareil de prise de vue ». Il se tourne alors vers des peintres, sculpteurs, écrivains, musiciens, en leur posant la double question : 1) « Quel genre de films aimez-vous ? », 2) « Quel genre de films aimeriez-vous que l’on créât ? ». Antonin Artaud répond qu’il aime le cinéma dans son ensemble car tout lui semble à créer, qu’il aime sa rapidité et le processus de redondance du cinématographe. Il aura par la suite l’occasion de tourner avec un grand nombre de réalisateurs parmi lesquels Carl Dreyer, G.W Pabst, Abel Gance. Le cinéma lui apparaît Le mois de est aussi celui de sa rupture avec Charles Dullin, au moment où l’Atelier crée "Huon de Bordeaux" mélodrame dans lequel Artaud a le rôle de Charlemagne. Mais il est en total désaccord avec le metteur en scène et l’auteur de la pièce sur la manière de jouer. Le , le rôle est repris par un autre acteur : Ferréol (Marcel Achard). Interrogé par Jean Hort, Artaud aurait dit : D'André de Lorde à Jacques Hébertot et à Pitoeff. Par l’intermédiaire de Madame Toulouse, Antonin est présenté à André de Lorde, auteur de Grand-Guignol, bibliothécaire de métier. André de Lorde a déjà mis en scène une adaptation d’une nouvelle d’Edgar Poe "Le Système du docteur Goudron et du professeur Plume" qui se déroule dans un asile d’aliénés. Et il a mis au point ce qu’il nomme le « Théâtre de la peur » et le « Théâtre de la mort », un style qui va inspirer Antonin Artaud pour le "Théâtre de la cruauté". Engagé par Jacques Hébertot, Artaud interprète le rôle du souffleur au Théâtre de la Comédie des Champs-Élysées dans la pièce de Luigi Pirandello : Six personnages en quête d’auteur montée par Georges Pitoëff, avec Michel Simon dans le rôle du directeur. Artaud et Simon ont en commun une grande admiration pour Alfred Jarry. La correspondance d’Antonin Artaud avec Jacques Rivière, directeur de la "NRF", commence cette année-là, en mai-juin, alors qu’Artaud joue au théâtre Liliom de Ferenc Molnár mis en scène par Pitoëff. Une correspondance que Rivière publie plus tard. L’essentiel de sa formation théâtrale est due à Pitoëff sur lequel Artaud ne tarit pas d’éloges dans ses lettres aux Toulouse ou à Génica avec laquelle il vit « un an d’amour entier, un an d’amour absolu ». Dans ses lettres à Génica, Antonin détaille tous les événements de sa vie quotidienne, même les plus infimes. Ces "Lettres à Génica" sont réunies en recueil, précédé de "Deux Poèmes à elle dédiés". L'entrée en littérature : la période surréaliste (1924-1927). En 1946, Antonin Artaud décrit son entrée en littérature ainsi : Sa véritable entrée en littérature commence dans les années 1924-1925, période de ses premiers contacts avec la NRF et de sa "Correspondance avec Jacques Rivière" qui est publiée en 1924. Jacques Rivière a refusé les poèmes d’Artaud, et c’est à partir de ce refus que s’est établie cette correspondance entre les deux hommes. Cette première publication fait apparaître le rôle très particulier que l’écriture épistolaire joue dans toute l’œuvre d’Artaud. La critique littéraire s’accorde à trouver les poèmes refusés assez conventionnels, tandis que les lettres témoignent, par leur justesse de ton, de la sensibilité maladive d’Artaud que l’on retrouve même dans les plus courts billets et aussi dans ses lettres à Génica, et ses lettres au docteur Toulouse. Dans ces années-là, si Artaud se plaint de la nécessité de prendre des substances chimiques, il défend aussi l’usage des drogues. C’est l’usage des drogues qui lui permet Dans les milieux de la littérature, mais aussi du théâtre et du cinéma, l’usage de l’opium est très répandu, vanté jusque dans les milieux surréalistes, le surréalisme se présentait lui-même comme une drogue dans la préface de "La Révolution Surréaliste" : . Cette métaphore indique que c’est à la littérature de jouer le rôle de stupéfiant. Mais Artaud préfère se heurter au réel et il vante les mérites de la lucidité anormale que la drogue lui procure dans "L’Art et la mort". L’opium constitue pour lui un territoire de transition qui finit par dévorer tous ses territoires. Bien que Jean Cocteau ait averti que , cela a justement tout pour plaire au grand anarchiste qu’est Artaud. Dès 1924, il adhère au surréalisme, et tout en se lançant à l’assaut de le "république des lettres" il entame une carrière de théâtre et de cinéma. Inspiré par les tableaux d’André Masson, il rédige son premier texte pour le de la revue "La Révolution surréaliste" paru en . C’est son admiration pour Masson qui le conduit à adhérer au mouvement surréaliste, en même temps que le peintre, le . Artaud, qui n’a vécu ni l’expérience Dada, ni les premiers temps du surréalisme, est tout d’abord circonspect sur la théorie de "l’automatisme psychique" chère à André Breton. Son passage par le surréalisme va d’ailleurs moins influer sur son évolution littéraire, que ce qui reste, dans le groupe, de l’anarchisme de Dada. De 1924 à 1926, Artaud participe activement au mouvement avant d’en être exclu. La permanence de la Centrale du bureau de recherches surréalistes, créée le au 15 rue de Grenelle, est assurée par Pierre Naville et Benjamin Péret qui en sont les directeurs. Le dynamisme des textes d’Artaud, sa véhémence, apportent un sang neuf à un mouvement qui s’étiole, et soutenu par Breton, il a pour mission de « chasser du surréalisme tout ce qui pourrait être ornemental ». Après "l’Enquête sur le suicide" parue dans le de la revue, Artaud rédige une "adresse au Pape" dans le de la "Révolution surréaliste" () qu’il remanie en 1946 lors du projet de publication des œuvres intégrales d’Antonin Artaud, ainsi qu’une "Adresse au Dalaï-Lama" qu’il remanie en 1946 toujours dans l’optique d’une publication d’œuvres complètes. D’autres textes sont encore publiés dans la revue. Mais le lien avec le collectif ira en s’amenuisant jusqu’à la rupture liée à l’adhésion des surréalistes au communisme. Des divergences sont déjà apparues dès le numéro un dans le groupe. Artaud a tenté de reprendre en main cette "Centrale Surréaliste" dont André Breton lui a confié la direction le . Cependant, au moment où Breton envisage l’adhésion au Parti communiste français Artaud quitte le groupe : À l’occasion de son départ, Louis Aragon, Breton, Paul Éluard, Benjamin Péret, Pierre Unik publient une brochure intitulée "Au Grand Jour", destinée à informer publiquement des exclusions d’Artaud et de Philippe Soupault du groupe surréaliste, et de l’adhésion des signataires au parti communiste. Artaud y est violemment pris à partie : Brochure à laquelle Artaud répond sans tarder en avec un texte intitulé "À la grande nuit ou le bluff surréaliste", en termes plus choisis mais non moins violents : Le cinéma (1924-1928). Déçu par le théâtre qui ne lui propose que de petits rôles, Antonin Artaud espère du cinéma une carrière d’une autre envergure. Il s’adresse alors à son cousin Louis Nalpas, directeur artistique de la Société des Cinéromans, qui lui obtient un rôle dans "Surcouf, le roi des corsaires" (1924) de Luitz-Morat et dans "Fait divers", un court-métrage de Claude Autant-Lara, tourné en , dans lequel il interprète « Monsieur 2 », l’amant étranglé au ralenti par le mari. Toujours par l’intermédiaire de son cousin, Artaud rencontre Abel Gance et sympathise avec lui, au grand étonnement de l’entourage du cinéaste, réputé d’accès difficile. Pour son film "Napoléon" (1927) en préparation, Abel Gance lui promet le rôle de Marat. Antonin Artaud commence à écrire des scénarios dans lesquels il essaie de « rejoindre le cinéma avec la réalité intime du cerveau ». Ainsi "Dix-huit secondes" propose de dérouler sur l’écran les images qui défilent dans l’esprit d’un homme, frappé d’une « maladie bizarre », durant les dix-huit secondes précédant son suicide. À la fin de l’année 1927, apprenant la préparation du film "La Chute de la maison Usher" de Jean Epstein, Artaud propose à Abel Gance de jouer le rôle de Roderick Usher : Après quelques essais, Artaud ne sera pas retenu. La même année, Artaud justifie auprès des surréalistes sa participation au tournage du film de Léon Poirier "Verdun, visions d’histoire", au motif que De la dizaine de scénarios écrits et proposés, un seul sera tourné : "La Coquille et le Clergyman" par Germaine Dulac. Artaud exprime ses objectifs : Engagé en même temps par Carl Theodor Dreyer pour son film "La Passion de Jeanne d’Arc", Artaud délaisse le rôle du clergyman qui lui était dévolu et ne suit que par intermittence la réalisation de "La Coquille". Le soir de la première projection au Studio des Ursulines, le , les surréalistes venus en groupe à la séance manifestent bruyamment leur désapprobation. Dès lors, la magie du cinéma n’existe plus pour lui. Il poursuit malgré tout une carrière d’acteur, pour subvenir à ses besoins. L’avènement du parlant le détourne de cette à laquelle il oppose . En 1933, dans un article paru dans le numéro spécial "Cinéma 83" "Les Cahiers jaunes" il écrit un éloge funèbre du cinéma : « La Vieillesse précoce du cinéma » En 1935, il apparaît deux ultimes fois dans "Lucrèce Borgia" d’Abel Gance et dans "Kœnigsmark" de Maurice Tourneur. Antonin Artaud a tourné dans plus de vingt films, sans jamais avoir obtenu le moindre premier rôle ni même un second rôle d’importance. Le Théâtre Alfred Jarry (1927-1930). Ayant quitté Dullin, Artaud rejoint la compagnie de Georges et Ludmilla Pitoëff installée à la Comédie des Champs-Élysées. Puis avec Roger Vitrac, Robert Aron et l’aide matérielle du René Allendy, psychiatre et psychanalyste, qui le soigne, il fonde le Théâtre Alfred Jarry en 1927. Il définit une conception nouvelle de l’art dramatique, publiée plus tard, en 1929-1930, dans une brochure intitulée "Théâtre Alfred Jarry et l’Hostilité publique", rédigée par Roger Vitrac en collaboration avec Antonin Artaud qui rappelle les objectifs du Théâtre Alfred Jarry , mais aussi de Le Théâtre Alfred Jarry présente quatre séries de spectacles : "Les Mystères de l’amour" de Vitrac, "Ventre brûlé ou la Mère folle" d’Artaud et "Gigogne" de Max Robur (pseudonyme de Robert Aron), "Le Songe" d’August Strindberg perturbé par les surréalistes (), le troisième acte du "Partage de midi" de Paul Claudel joué contre la volonté de l’auteur qu’Artaud qualifie publiquement d’« infâme traître ». Il s’ensuit une brouille avec Jean Paulhan et la reconsidération des surréalistes (). "Victor ou les enfants au pouvoir" de Vitrac sera la dernière représentation (). En 1971, Jean-Louis Barrault fera un rapprochement entre Alfred Jarry et Antonin Artaud : Dans sa biographie parue en 1972, Jean-Louis Barrault reconnaît tout ce qu’il doit à Artaud : Artaud au cinéma, au théâtre et en littérature (1930-1935). De juillet à , Antonin Artaud et Roger Vitrac élaborent la brochure qui sera intitulée "Théâtre Alfred Jarry et l’Hostilité publique", et il refuse de signer le "Second manifeste du surréalisme" qui attaque Breton. La brochure, qui parait en 1930, est un ensemble de photo-montages, mis en scène par Artaud, photographiés par Eli Lotar. Roger Vitrac, Artaud et son amie Josette Lusson ont posé pour les photos. Artaud rédige deux projets de mise en scène, un pour , l’autre pour "Le Coup de Trafalgar" de Roger Vitrac. Mais il décide de quitter le Théâtre Alfred Jarry. Il s’en explique dans une lettre à Jean Paulhan du : Artaud, qui mène de front ses activités littéraires, cinématographiques et théâtrales, a cependant déjà la tête ailleurs. En 1931, il assiste à un spectacle du Théâtre Balinais présenté dans le cadre de l’Exposition coloniale et fait part à Louis Jouvet de la forte impression ressentie : Poursuivant sa quête d’un théâtre du rêve et du grotesque, du risque et de la mise en danger, Artaud écrit successivement deux manifestes du "Théâtre de la Cruauté" : Sa première réalisation, "Les Cenci", jouée dans des décors et des costumes de Balthus, au théâtre des Folies-Wagram, s’arrête faute de moyens financiers. La pièce est retirée de l’affiche après (1935). La critique est partagée et l’article élogieux de Pierre-Jean Jouve dans la NRF arrivera trop tard. Artaud considère cela comme un « demi ratage » : Cette expérience marque la fin de l’aventure théâtrale d’Antonin Artaud, qui envisage déjà de partir au Mexique pour « se CHERCHER » ainsi qu’il l’écrit à Jean Paulhan dans une lettre du . Peu avant, il a assisté à la représentation du spectacle de Jean-Louis Barrault "Autour d’une mère", qui est l’adaptation du roman de William Faulkner " Tandis que j’agonise". Il écrit une note qui sera publiée dans le NRF du : Le , paraîtra un recueil de textes sous le titre "Le Théâtre et son double" comprenant "Le Théâtre et la peste", texte d’une conférence littéralement incarnée. Artaud y jouait sur scène les dernières convulsions d’un pestiféré Selon le récit d’Anaïs Nin, les gens eurent d’abord le souffle coupé, puis ils commencèrent à rire, puis un à un ils commencèrent à s’en aller. De voyages en dérives (1936-1937). En 1936, Artaud part pour le Mexique. Il écrit qu’il s’est rendu à cheval chez les Tarahumaras. Il découvre le peyotl, substance dont Son initiation se fait au cours de la Danse du Peyotl, après la douzième phase. De ce séjour dans la Sierra Tarahumara, on ne dispose que des témoignages d’Artaud et on n’a aucune certitude sur son initiation au rite du peyotl. On n’a pas non plus la certitude qu’il ait effectivement assisté aux danses des indiens, ou même qu’il soit réellement allé dans ce territoire d’accès difficile : s’est-il inspiré des récits d’explorateurs ? En 1932, il avait déjà publié dans le magazine "Voilà" deux articles sur des régions où il n’était jamais allé : "Galapagos et les îles du bout du monde "et "L’Amour à Changaï". Pourtant selon J.M. Le Clézio la question de la véracité anthropologique des textes d’Artaud n’a guère de sens : Outre le récit de son périple au Mexique, il y a encore beaucoup d’autres textes d’Antonin Artaud intitulés "Textes Mexicains", ainsi que les textes de trois conférences données à l’université de Mexico, reproduits dans l’édition Arbalète par Marc Barbezat en 1963. Le premier "Surréalisme et révolution" daté Mexico, , le deuxième "L’Homme contre le destin" daté Mexico , le troisième" Le Théâtre et les Dieux" daté Mexico . Les trois conférences ont été réunies sous le titre "Messages révolutionnaires" qui est le titre qu’Artaud donna à ses textes dans la lettre adressée à Jean Paulhan le et qui comprennent d’autres textes d’Artaud publiés au Mexique principalement dans "El Nacional", mais aussi dans "Revistas de revistas", notamment pour l’exposition de peintures de Maria Izquierdo et de sculptures d’Eleanor Boudin. Les trois conférences ont été traduites en français parce que Artaud les avait fait parvenir à Jean Paulhan. La conférence intitulée "Surréalisme et révolution" commence avec la présentation du tract du , au Grenier des Grands-Augustins rédigé par Georges Bataille. Artaud décrit ainsi le mouvement surréaliste et "Contre-Attaque" : Et pour décrire son retrait du surréalisme il déclare : Parmi les très nombreux articles d’Artaud publiés au Mexique, "L’anarchie sociale dans l’art" paru le sous le titre" La anarquía social del arte" dans "El Nacional" définit ainsi le rôle de l’artiste: Dès son retour en France, il retrouve sa fiancée Cécile Schramme, qu’il avait rencontrée en 1935 chez René Thomas. La jeune fille appartient à la bourgeoisie belge. Son père est directeur des tramways de Bruxelles et sa mère, une riche héritière flamande. Artaud contribue à organiser une exposition des gouaches de María Izquierdo en janvier-, mais dès le et jusqu’au , il entre en cure de désintoxication au Centre français de chirurgie, dont les frais seront réglés par Jean Paulhan. Cécile, qui était devenue la compagne d’Antonin avant son départ, a partagé sa vie quotidienne à Montparnasse, allant même jusqu’à l’accompagner dans sa prise de drogue. Artaud prend contact avec les milieux littéraires bruxellois. Le 18 mai 1937, il se rend à Bruxelles pour faire une conférence à la Maison de l’Art. Devant une salle comble, de , il raconte son aventure mexicaine. Il y a ensuite trois témoignages différents. Pris d’une crise, il aurait quitté la salle en criant : « Qui vous dit que je suis encore vivant ? » Selon le témoignage de Marcel Lecomte, qui assistait à la conférence, Artaud se serait écrié : « En vous révélant cela je me suis tué. » D’autres témoins racontent qu’il serait arrivé sur scène en disant : . En réalité, on ne sait pas avec certitude de quoi il parla : de son voyage au Mexique selon certains, de la pédérastie selon lui. De toute façon, il fit scandale. Artaud est hébergé dans sa belle-famille. Jusque-là, son beau-père se plaisait à lui faire visiter les hangars des tramways. Mais le scandale de la conférence met un terme au projet de mariage avec Cécile. Leurs relations sont rompues le . "Les Nouvelles Révélations de l’Être" paraissent le 28 juillet 1937 : cette plaquette de trente-deux pages, signée « Le Révélé », est imprimée par Denoël sans nom d’auteur. C’est un texte à tonalité apocalyptique fondé sur son interprétation des tarots et des horoscopes. Quelques jours plus tard, le , Artaud embarque au Havre pour un périple irlandais. Le il débarque à Cobh, puis il séjourne dans le village de Kilronan, dans l’une des îles d'Aran. Financièrement démuni, il demande de l’aide à Paulhan, à sa famille, au consulat de France. Il semble avoir quitté sans payer son logement chez un couple à Kilronan et dans un hôtel à Galway. Sa mère découvrira plus tard, lors de ses recherches, qu’il aurait été hébergé à l’asile de nuit Saint Vincent de Paul à Dublin où il est de retour le . Il avait écrit à sa famille qu’il était sur les traces de la culture celte, Le , Antonin Artaud est arrêté à Dublin pour vagabondage et trouble de l’ordre public. Le 29, il est embarqué de force sur un paquebot américain faisant escale au Havre. Dès son arrivée en France, le lendemain, Artaud est remis directement aux autorités françaises qui le conduisent à l’Hôpital général, entravé dans une camisole de force. On le place dans le service des aliénés. Jugé violent, dangereux pour lui-même et pour les autres et souffrant d’hallucinations et d’idées de persécution comme l’indique le certificat du , établi par le docteur R. avant le transfert aux Quatre-Mares : Il est transféré sous placement d’office à l’hôpital psychiatrique Les Quatre-Mares de Sotteville-lès-Rouen. Selon le certificat du , établi par le docteur U. de l’hôpital des Quatre-Mares, et reproduit, Artaud . Les premiers internements (1937-1943). Le , le préfet de la Seine-Inférieure déclare le sieur Antoine Artaud , de sorte qu’Artaud est interné à l’asile des Quatre-Mares. On dispose de peu d’informations sur cet internement. L’hôpital a été détruit pendant la guerre. On ignore quel traitement lui a été appliqué. Une partie de son dossier aurait subsisté après la guerre et aurait fait l’objet de demandes qui n’auraient jamais abouti. Mais comme il était déclaré dangereux, il était isolé dans une cellule et condamné à l’immobilisation par une camisole de force. Sa famille et ses amis, restés sans nouvelles, s’inquiètent. Sa mère Euphrasie entreprend des recherches. Elle s’adresse tour à tour au docteur Allendy, à Jean Paulhan, à Robert Denoël. Elle finit par retrouver son fils en . Antonin, qui pourtant ne la reconnaît pas, donne des détails sur son aventure irlandaise. Un litige oppose alors la famille Artaud et les autorités irlandaises, Euphrasie accuse la police irlandaise, dont les méthodes seraient responsables de l’état d’Antonin, les autorités irlandaises réclament le paiement d’une dette laissée par Antonin. Au mois de , Antonin adresse une lettre à , dans laquelle il déclare être l’objet d’une méprise, dit qu’il écrit sur les conseils du docteur Germaine Morel médecin chef de l’asile d’aliénés de Sotteville-lès-Rouen. En , les démarches de sa mère pour le faire transférer aboutissent. Artaud est admis au centre psychiatrique de Sainte-Anne où il reste onze mois sans que l’on connaisse les détails de ce séjour, à l’exception du certificat de quinzaine du , signé du docteur Nodet, qui indique : « Mégalomanie syncrétique : part en Irlande avec la canne de Confucius et la canne de St Patrick. Mémoire parfois rebelle. Toxicomanie depuis (héroïne, cocaïne, laudanum). Prétentions littéraires peut-être justifiées dans la limite où le délire peut servir d’inspiration. À maintenir. ». Artaud refuse toute visite y compris de sa famille. Il n’a cependant jamais cessé d’écrire, bien que l’on ne connaisse aucun texte de lui à cette époque, et malgré l’hypothétique déclaration de Jacques Lacan qui l’aurait déclaré « définitivement perdu pour la littérature », l’indication « graphorée » portée sur le certificat de transfert suivant donne une indication. Le certificat du , établi par le docteur Longuet de Sainte-Anne lors du transfert d’Antonin Artaud à l’hôpital de Ville-Évrard (près de Neuilly-sur-Marne, Seine-Saint-Denis) indique : À partir de cette date, il est interné à Ville-Evrard pour trois ans et onze mois. Considéré comme incurable, il ne reçoit aucun traitement. Mais il écrit de nombreuses lettres, et parmi celles-ci, une « Lettre à Adrienne Monnier », qui la fait publier dans "La Gazette des amis du livre" du , et qui reste le seul texte connu d’Artaud pour la période 1938-1942. En réponse au reproche que lui fait Jean Paulhan, Adrienne Monnier répond que ce texte témoigne de la grande richesse imaginative que les psychiatres appellent « accès de délire ». Pendant cette période, Antonin Artaud remplit aussi des cahiers d’écoliers de "gris-gris", qui mélangent écriture et dessins. Dès 1940, la situation des internés dans les hôpitaux devient plus difficile du fait du rationnement. Sa mère et ses amis lui envoient des colis, mais ses lettres comportent toutes des appels pour qu’on lui envoie des aliments, et aussi à Genica Athanasiou, pour de l’héroïne. Début 1942, Antonin est dans un état inquiétant : il a faim, il est d’une maigreur effrayante, après avoir perdu dix kilos. Sa mère alerte alors ses amis et persuade Robert Desnos d’entreprendre des démarches auprès de Gaston Ferdière afin qu’Artaud soit transféré dans un autre hôpital. La technique de l’électrochoc a été importée par des médecins allemands pendant la période d’occupation de la France. À l’époque où Artaud est interné à Ville-Évrard, le docteur Rondepierre et un radiologiste nommé Lapipe ont entrepris d’appliquer la technique de l’électrochoc. Ils font des essais sur des lapins, des porcs, puis sur des patients, la même année. En , ils présentent leurs résultats devant la Société Médico-psychologique. Artaud n’est pas encore soumis au traitement, mais tout se met en place. La mère d’Antonin, se souvenant des essais pratiqués sur l’enfant à l’électricité, demande au docteur Rondepierre s’il serait bon de faire appel à cette méthode pour son fils. Les éléments du dossier médical sont contradictoires sur ce point. Une lettre du docteur Menuau à la mère indique en 1942 « une tentative de traitement qui n’a pas modifié l’état du malade. » En contradiction totale avec une lettre, adressée à Gaston Ferdière par Euphrasie Artaud, dans laquelle le docteur dit qu’Antonin était trop faible pour supporter le traitement. L’usage de l’électrochoc a pourtant bien eu lieu, mais il s’est peut-être soldé par un coma prolongé, et pour cette raison Rondepierre a préféré taire l’incident ? En l’absence d’informations supplémentaires, cela reste une simple hypothèse. En , Robert Desnos prend contact avec le docteur Gaston Ferdière, ami de longue date des surréalistes et médecin-chef de l’hôpital psychiatrique de Rodez (Aveyron), situé en zone « non-occupée » où la pénurie alimentaire semble moins sévère. Mais les hôpitaux psychiatriques subissent les mêmes, sinon de pires, restrictions que l’ensemble de la population. Les démarches aboutissent et Artaud sera transféré le . En , la santé d’Artaud s’est encore dégradée, il pèse entre . Desnos entreprend des démarches pour faire sortir un Antonin Ce n’est que le que Desnos et le docteur Ferdière obtiennent son transfert à Rodez, où on l’installe le pour trois ans, jusqu’au . Entre-temps, Artaud fait un court séjour à l’hôpital de Chezal-Benoît où le certificat de vingt-quatre heures donne les observations suivantes : Le court séjour à l’hôpital psychiatrique de Chezal-Benoît est une étape administrative obligatoire en raison de la ligne de démarcation. Artaud y séjourne du au . À Rodez, le docteur Gaston Ferdière, un des pionniers de l’Art-thérapie, accordera immédiatement beaucoup d’attention à Antonin Artaud. Les années à Rodez (1943-1946). Au moment où Artaud arrive à Rodez, le , l’hôpital ne pratique pas encore l’électrochoc. Ce n’est que peu après son arrivée, en , que l’appareil du docteur Delmas-Marsalet est livré à l’hôpital par les ateliers Solex. Ainsi, même à Rodez, la technique de l’électrochoc est employée, cette thérapie étant supposée d’une grande efficacité. Artaud subit une première série en . Mais la deuxième séance provoque une fracture d’une vertèbre dorsale ce qui l’oblige à garder le lit pendant deux mois. Cela n’empêche pas les médecins de poursuivre le traitement dès le avec une série de d’électrochocs, dont ils se félicitent, jugeant qu’ils ont obtenu « moins de gesticulations et de confusion mentale. » Dans le cadre de l’Art-thérapie, Antonin Artaud avait écrit en septembre deux textes adaptés de Lewis Carroll : " Variations à propos d’un thème " et "Le Chevalier de Mate-Tapis". À partir du , Henri Parisot lui propose de publier chez Robert. J. Godet éditeur, un petit volume comprenant "Un voyage au Pays des Tarahumaras" qui était paru dans la NRF en 1937, et de l’augmenter. Artaud écrit "Le Rite du Peyotl chez les Tarahumaras". Dès le mois de , le docteur Ferdière donne à Artaud une chambre individuelle, où il écrit encore "Supplément au Voyages chez les Tarahumaras". L’artiste exécute aussi de petits dessins, écrit, adapte. Mais sa vie d’écrivain et d’artiste est mise en pointillés entre les séances d’électrochocs, qui reprennent dès le mois de , du au . Antonin Artaud écrit au docteur Latrémolière le : Le , il envoie une lettre demandant à sa mère de faire interrompre le traitement à l’électrochoc. À chaque série de séances, il perd conscience pendant deux ou trois mois. Il dit avoir besoin de cette conscience pour vivre : . Dès , Artaud commence à faire de grands dessins en couleurs qu’il commente ainsi dans une lettre à Jean Paulhan du : Le mois suivant, il se met à travailler quotidiennement sur de petits cahiers d’écoliers où il écrit et dessine. Ce sont les "Cahiers de Rodez", mêlant écriture et dessins. À Rodez, en quinze mois, Artaud en réalise une centaine. Après les de Rodez, suivront les dits" du retour à Paris ". 1945 est l’année de la renaissance créatrice d’Artaud. Inlassablement, il écrit, le sujet de ses textes est toujours la question d’un "autre théâtre" à inventer. En regard de ses grands dessins, l’artiste rédige des commentaires. Evelyne Grossman y voit Deux ans plus tard, dans une lettre adressée à Marc Barbezat, Artaud écrit : Cette même année, "Les Tarahumaras" sont publiés par Henri Parisot dans la collection « L’Âge d’or » qu’il dirige aux éditions Fontaine sous le titre "Voyages au pays des Tarahumaras". Des écrits d’Artaud sortent de l’hôpital malgré les protestations du docteur Ferdière qui protège les droits financiers et moraux d’Artaud au nom de la défense de biens des aliénés placés sous autorité administrative. Ce sont les "Lettres de Rodez" qui paraîtront l’année suivante, en En , Jean Dubuffet rend visite à Antonin Artaud. Il s’ensuivra avec Jean et madame Dubuffet une correspondance affective, d’autant plus que les recherches de Dubuffet le conduisent très souvent dans des asiles d’aliénés. En 1946, Dubuffet fait le portrait d’Artaud : "Antonin Artaud, cheveux épanouis ". Il fait part à Dubuffet et à Paulhan de son désir de sortir de l’hôpital. Dubuffet s’enquiert des possibilités de sorties. Peu avant, Artaud a lancé des appels à Raymond Queneau et Roger Blin pour qu’on vienne le chercher. Il dit avoir été libéré par le docteur Ferdière. Ferdière a en effet envisagé de le faire sortir mais il temporise car Artaud se déclare toujours la proie d’envoûtements, en particulier dans une lettre à Jean-Louis Barrault le . En février 1946, les éditions Guy Lévis Mano (GLM) publient sous le titre de "Lettres de Rodez" plusieurs lettres d’Artaud à Henri Parisot. Marthe Robert et Arthur Adamov rendent visite à Artaud le 26 et , Henri et Colette Thomas les 10 et 11 mars. Dès le 28 février, Artaud demande, dans une lettre à Jean Paulhan, qu’on le fasse sortir de toute urgence : De retour à Paris, les visiteurs d’Artaud, très impressionnés par l’environnement asilaire, considèrent qu’il est nécessaire qu’il revienne à Paris. Un « Comité de soutien des amis d’Antonin Artaud » présidé par Jean Paulhan, et dont Jean Dubuffet est secrétaire, regroupe notamment Arthur Adamov, Balthus, Jean-Louis Barrault, André Gide, Pierre Loeb, Pablo Picasso, Marthe Robert, Colette et Henri Thomas. Roger Blin et Colette Thomas s’emploient à organiser un gala au profit d’Artaud au Théâtre Sarah-Bernhardt. Retour à Paris et dernières années (1946-1948). Les amis d’Artaud obtiennent qu’il sorte de l’asile de Rodez et retourne à Paris dans une clinique « ouverte », celle du docteur Delmas, à Ivry. Le , Jean Dubuffet, Marthe Robert, Henri et Colette Thomas l’accueillent à la gare d’Austerlitz. Le de la même année, une séance d’hommage à Antonin Artaud est donnée au Théâtre Sarah-Bernardt, avec un discours d’André Breton en ouverture, et des textes d’Artaud lus notamment par Adamov, Jean-Louis Barrault, Rober Blin, Alain Cuny, Jean Vilar et Colette Thomas. Le , il enregistre à la radio" Les malades et les médecins", texte diffusé le , publié dans le de la revue "Les Quatre Vents". Le , la vente aux enchères de tableaux offerts par des artistes (Pierre Brasseur en est le commissaire priseur), lui rapporte assez d’argent, ajoutée à la faible somme recueillie au théâtre Sarah-Bernardt et à ses droits d’auteur, pour vivre jusqu’à sa mort. Durant la période où il est hébergé dans la clinique d’Ivry-sur-Seine, Artaud est libre de ses mouvements. Il y écrit sur plus de quatre cents cahiers d’écolier, dessine des autoportraits et des portraits de ses amis à la mine de plomb et craies de couleurs. Toujours souffrant, Artaud a repris sa consommation de drogues pour calmer ses douleurs. Il n’effectue pas un séjour de désintoxication, mais continue d’écrire. Il donne notamment au metteur en scène Michel de Ré le texte "Aliéner l’acteur". Il écrit également une "Lettre contre la Cabale" adressée à Jacques Prevel publiée en 1949 chez Aumont, et le , il signe deux contrats avec Marc Barbezat : pour "L’Arve et l’Aume" et pour "Les Tarahumaras". Du au , Artaud séjourne à Sainte-Maxime avec Colette Thomas (qui y possède une maison de famille), Paule Thévenin et Marthe Robert. Il y écrit "L’Adresse au Dalaï Lama" et "L’Adresse au Pape" et y termine "Le Retour d’Artaud le Momo". Il corrige aussi des textes de 1925 en vue de la parution de ses œuvres complètes chez Gallimard (celles-ci ne seront finalement publiées que de façon posthume). Le , devant une salle comble au Théâtre du Vieux-Colombier, Artaud fait un retour éclatant sur scène avec une conférence intitulée d’après l’affiche : "Histoire vécue d’Artaud-Momo", "Tête à tête par Antonin Artaud", "Le Retour d’Artaud le Momo Centre Mère et Patron Minet-La Culture indienne". Selon André Gide, À la fin de l'année 1947 paraissent coup sur coup "Artaud le Momo" (Bordas), "Van Gogh le suicidé de la société" (K éditeur) et "Ci-git" (K éditeur). En , Artaud enregistre pour la radio "Pour en finir avec le jugement de dieu" avec la participation de Maria Casarès, Paule Thévenin et Roger Blin. Programmée pour le , l’émission ne sera finalement pas diffusée, le directeur de la Radiodiffusion française, Wladimir Porché, s’effrayant du langage trop cru employé par Artaud (et ce contre l’avis favorable d’un jury composé d’artistes et de journalistes). Le texte fera l’objet d’une publication posthume en . Atteint d’un cancer du rectum diagnostiqué trop tard, Antonin Artaud est retrouvé mort sur son lit, dévêtu, en position assise, une chaussure à la main le matin du , probablement victime d’une surdose d’hydrate de chloral. Sur la dernière page de son dernier cahier de brouillon (cahier 406, feuillet 11), figurent comme dernière phrase : Quelques heures après sa mort, toutes ses affaires – notes, livres, cahiers, manuscrits, dessins accrochés aux murs – sont volées ou mises en sécurité, selon les interprétations. Antonin Artaud est enterré civilement au cimetière parisien d’Ivry par le cercle de ses amis. Sa famille fera transférer ses restes près de trente ans plus tard () au cimetière Saint-Pierre à Marseille. Artaud avait convenu par contrat avec les éditions Gallimard en date du , de la publication de ses œuvres complètes (composées d’au moins quatre tomes), dont il avait lui-même dressé la liste dans une lettre datée du à Gaston Gallimard. Ces œuvres complètes verront finalement le jour de façon posthume et sous une forme très différente, en vingt-cinq volumes, par l'entremise de Paule Thévenin. Artaud et le surréalisme : des rapports marqués d'ambivalence. L’esthétique d’Artaud se construit constamment en rapport au surréalisme, d’abord en s’en inspirant, puis en le rejetant (notamment sous la forme que lui donne André Breton). André Breton, dans son premier "Manifeste du surréalisme" (1924), mentionne Artaud en passant, sans lui accorder une importance particulière. Le second "Manifeste" (1930) arrive après la rupture d’Artaud avec les surréalistes, et Breton lui adresse une critique sévère, quoique esthétiquement peu développée (ses griefs sont surtout d’ordre personnel). Il dénonce notamment le fait que l’« idéal en tant qu’homme de théâtre » d’« organiser des spectacles qui pussent rivaliser "en beauté" avec les rafles de police » était « naturellement celui de M. Artaud ». Ce jugement qui paraissait irrévocable est corrigé par André Breton après l’hospitalisation d’Artaud : dans l"Avertissement pour la réédition du second manifeste" (1946), Breton dit n’avoir plus aucun tort à compter à Desnos et Artaud, à cause des « événements »(Desnos est mort en camp de concentration et Artaud passe plusieurs mois en psychiatrie à subir des électrochocs). Pure politesse peut-être ; reste que Breton, dans des entretiens publiés en 1952, reconnaît à Artaud une profonde influence sur la démarche surréaliste. Il dit également de lui qu’il était « en plus grand conflit que nous tous avec la vie ». Pour Jean-Pierre Le Goff, la démarche surréaliste est essentiellement ambivalente, « marquée à ses deux pôles par les figures d’André Breton et d’Antonin Artaud ». Ces deux visions du surréalisme sont comme opposées et complémentaires à la fois. Breton cherchait essentiellement la beauté et l’émerveillement dans la vie, il souhaitait dompter au moyen de l’art « l’altérité inquiétante » de l’inconscient, centrant sa pensée sur la « dynamique positive de l’Eros » aboutissant à la révolution. Artaud rompt avec cette vision de la poésie et de la vie, expliquant dans son texte « À la grande nuit ou le bluff surréaliste » qu’« ils [les surréalistes] aiment autant la vie que je la méprise ». La rage d’exister d’Artaud n’est pas caractérisée par la capacité de s’émerveiller, mais au contraire par la souffrance et l’angoisse incurables. Cela se ressent dans son esthétique littéraire : Artaud déclare dans "Le Pèse-nerfs" que « toute l’écriture est de la cochonnerie » . En fait, il refuse violemment toute parenté avec la littérature et les littérateurs. Toujours dans "Le Pèse-Nerfs" il poursuit : Artaud s’éloigne ainsi irrémédiablement de tout platonisme en art : Le regard posé par Artaud sur Breton était ambivalent. En 1937, au moment où il écrit les "Nouvelles révélations de l’être", il appelle Breton « l’Ange Gabriel ». Il s’adresse à lui de la même façon dans les lettres qu’il lui écrit depuis l’Irlande. Mais Breton est aussi celui dont Artaud dira (à son ami Jacques Prevel), vers la fin de sa vie, à Paris : ("En compagnie d’Antonin Artaud", de J. Prevel). Lors de l’exposition surréaliste à la galerie Maeght, en , André Breton lui avait demandé d’y participer. Le refus d’Artaud dans une lettre à Breton datée du , ne laisse aucun doute sur sa position vis-à-vis du surréalisme. Il écrit : L’influence d’Antonin Artaud. Antonin Artaud a eu une profonde influence sur le théâtre, notamment le théâtre américain, mais aussi sur les situationnistes de la fin des années 1960 qui se réclamaient de son esprit révolutionnaire. Pierre Hahn rapporte qu’en , au moment où les universités étaient occupées, la "Lettre aux recteurs des universités" d’Artaud était affichée sur la porte d’entrée. Artaud y disait entre autres : « Je me suis rendu compte que l’heure est passée de réunir des gens dans un amphithéâtre même pour leur dire des vérités et qu’avec la société et son public, il n’y a pas d’autre langage que celui des bombes, des mitrailleuses et tout ce qui s’ensuit - Antonin Artaud cité par Pierre Hahn ». Artaud ne pouvait évidemment qu’attirer vers lui des révolutionnaires extrêmes comme le sont les situationnistes. De même, le "théâtre de l’extrême" que fut le théâtre américain des années 1960, a pris au pied de la lettre les consignes données par Antonin Artaud dans le théâtre de la cruauté. Dans "The Brig" du Living Theatre, les acteurs sont enfermés dans des cages, humiliés, frappés, réduits aux "éléments passifs et neutres" dont parle Artaud : René Lalou rappelle que Christian Gilloux compare la réflexion d’Artaud sur ce que doit être le théâtre, avec l’interprétation qu’en a faite Peter Schumann dans le Bread and Puppet Theatre. La forme épurée, minutieusement façonnée, la lenteur des processions, ce jeu "artaudien" des Doubles que l’on retrouve dans le Bread and Puppet part de Le renouveau de la mise en scène par les auteurs du Nouveau Théâtre provient en grande partie de leur lecture d’Antonin Artaud et de la manière dont il a conçu l’écriture scénique. Postérité et hommages. Le Artaud reçoit le Prix Sainte-Beuve pour "Van Gogh le suicidé de la société" En 1973, le groupe de rock argentin Pescado Rabioso, mené par Luis Alberto Spinetta, nomme son "Artaud" en référence au poète. Spinetta consacre l’œuvre à Artaud après l’avoir bien lu. La thématique est une réponse au désespoir créé par sa lecture. L’album sera reconnu comme le meilleur album de rock argentin, dans une liste faite par le magazine Rolling Stone (Argentine) en 2007. En 1981, la chanteuse Colette Magny lui consacre toute une face d’un disque : Thanakan. En 1983, le groupe de batcave anglais Bauhaus consacre une chanson à l’écrivain dans son album "Burning From the Inside".’ En 1986, FR3 diffuse la conférence donnée par Artaud le au Vieux Colombier, . En 2003, l'écrivain Bernard Noël publie "Artaud et Paule" aux éditions Lignes/Léo Scheer. En 2010, du au au Théâtre de l’Atelier, Carole Bouquet a lu les "Lettres à Génica et autres poèmes" d’Artaud. Elle a réitéré sa performance à Rodez en 2011, invitée par "l’association Rodez Antonin Artaud". En 2013, L’association "Rodez Antonin Artaud" créée par Mireille Larrouy, professeur de français, a présenté une exposition : "Antonin Artaud, autoportraits". En 2014, du au le musée d’Orsay a présenté une exposition associant Vincent van Gogh et Antonin Artaud. Les œuvres de van Gogh était organisée dans un parcours qui mêlait une sélection de tableaux du peintre, des dessins et des lettres de Van Gogh avec des œuvres graphiques d’Artaud. Le texte d’Antonin Artaud Van Gogh le suicidé de la société a été lu à cette occasion tous les soirs En 2015, la Compagnie du Chêne Noir a repris la conférence du "Artaud le Momo", dans une mise en scène de Gérard Gelas au Théâtre des Mathurins sous le titre "Histoire vécue d’Artaud-Mômo" du au , avec Damien Remy dans le rôle d’Antonin Artaud. Le monde de la chanson lui a également rendu hommage en l’évoquant ou en le citant. Serge Gainsbourg en 1984, Serge Gainsbourg lui consacre un couplet de sa chanson "Hmm, hmm, hmm" de l’album "Love on the beat" : Une piste de l’album "Folkfuck Folie", publié en 2007 par le groupe de black metal français Peste noire, est un « extrait radiophonique d’Antonin Artaud ». Une chanson du triple album "Messina" de Damien Saez lui rend hommage en 2012. Intitulée "Les fils d’Artaud", la chanson évoque l’auteur : Hubert Félix Thiéfaine, célèbre pour ses textes flous et philosophiques, glisse un passage d’une conférence de Artaud à la fin de son morceau "Quand la banlieue descendra sur la ville" de la compilation "40 ans de chansons". Œuvres. Œuvre graphique et manuscrits. Le , par testament olographe sur papier simple, Antonin Artaud écrit : Remis en cause par les héritiers, le travail de Paule Thévenin a donné lieu à une « affaire des manuscrits d’Antonin Artaud » dont Libération s’est fait l’écho en 1995. Parmi ces manuscrits se trouvaient les dessins d’Artaud que la Bibliothèque nationale de France a exposés en 2007 avec l’ensemble des manuscrits. Les dessins d’Antonin Artaud ont été réunis par Paule Thévenin et Jacques Derrida dans "Antonin Artaud, dessins et portraits" paru le , réédité chez Gallimard en 2000. En 1994 Paule Thévenin a fait un important legs des dessins d’Antonin Artaud au Centre Pompidou, ce qui permet d’accéder à environ une quarantaine de ses œuvres que Jean Dubuffet, amateur de "l’art des fous" appréciait grandement lorsqu’il avait rendu visite à Artaud à Rodez. On peut consulter en ligne une grande partie des œuvres graphique dont dispose le Centre national d’art et de culture Georges-Pompidou. À titre d’exemple, pour éviter un copié-collé intégral, sont donnés ci-dessous la plus ancienne et la plus récente accessibles en ligne: Les dessins et peintures d’Artaud ont été exposés de son vivant par Pierre Loeb à la galerie Pierre du au sous le titre "Portraits et dessins par Antonin Artaud". C’est précisément Pierre Loeb qui avait conseillé au poète d’écrire sur van Gogh, après qu’Artaud, bouleversé par l’exposition Van Gogh du , au musée de l’Orangerie lui eut fait part de ses impressions, rédigées très rapidement et publiées sous le titre "Van Gogh le suicidé de la société". À cette époque, chez Pierre Loeb, Hans Hartung a manifesté auprès du critique d’art Charles Estienne, le désir d’illustrer les textes d’Artaud. Lorsqu’il apprend cela, Artaud réagit violemment dans une lettre adressée à « Mr. Archtung » auquel il explique crument qu’il ne saurait en être question. La lettre comporte une de ses formes noircies, brutes dont il a le secret, qui sont ses gris-gris. Beaucoup de ses œuvres sont conservées au Centre Pompidou, dont un autoportrait de et un portrait de Henri Pichette Bibliographie. ouvrages utilisés pour les sources
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Ampoule à économie d'énergie
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Lampe à incandescence Une lampe à incandescence, ou ampoule à incandescence par métonymie, est un luminaire électrique qui éclaire en portant à incandescence par effet Joule un filament de tungstène, le métal qui a le plus haut point de fusion (). Expérimentée au milieu du , la lampe à incandescence, perfectionnée au cours du , est devenue au cours de ce siècle la principale source d'éclairage. Au , sa mauvaise efficacité lumineuse fait préconiser officiellement d'autres procédés. Le filament de carbone sous vide des débuts a disparu après la mise au point du filament de tungstène sous gaz noble. Ce procédé, dit « classique », s'est maintenu après l'invention de la « lampe à incandescence halogène », plus chère, dont le gaz régénère le filament lorsqu'il se sublime sous l'effet d'une température élevée. Les lampes classiques durent d'autant plus longtemps qu'elles éclairent moins bien. Les industriels fabricants se sont entendus pour produire des lampes d'une durée moyenne de fonctionnement de . Cet accord entre les membres du cartel Phoebus, a suscité des soupçons d'une entente illicite, destinée à conforter les profits de l'industrie plutôt qu'à permettre la comparaison entre les produits. Historique. Les premières expériences d'éclairage électrique par incandescence datent du milieu du . En 1835, James Bowman Lindsay présente à Dundee une lampe électrique à lumière constante, probablement à incandescence, qui lui permet de (). En 1858 et 1859 les Français Charles de Changy et Théodose du Moncel essaient aussi des systèmes d'éclairage électrique à incandescence. En 1860, le britannique Joseph Swan démontre que l'incandescence peut être prolongée sans détruire le filament, sous vide d'air. La mise au point de pompes à vide efficaces à partir de 1875 lui permet de présenter en 1879 une lampe à incandescence fonctionnelle, avec un filament de carbone sous vide. La même année Thomas Edison conçoit et met sur le marché une ampoule dont le filament est une fibre de coton carbonisée. Il met au point un procédé de fabrication industrielle des ampoules. Dans un procès judiciaire, l'antériorité de Joseph Swan est reconnue, mais celui-ci ne propose pas de procédé de fabrication industrielle. Les deux hommes sont obligés de fabriquer leurs ampoules dans une société commune. Ils diffusent rapidement leur lampe, qui a des avantages évidents sur l'éclairage au gaz qu'elle remplace, mais le filament de carbone, en se sublimant puis en se condensant sur le verre de la lampe, opacifie assez rapidement le verre. Dans les années 1880, les fabricants d'éclairage électrique se livrent à une compétition acharnée. En 1884, Edison recrute Lewis H. Latimer, un ingénieur afro-américain autodidacte, pour déposer et défendre ses brevets et assurer la promotion de son système. En 1894, l'italien Arturo Malignani brevète un procédé efficace pour éliminer l'air des ampoules, exploité d'abord en Italie, avant que la compagnie Edison l'achète et le diffuse au monde entier. La méthode sert encore quand un gaz noble remplace le vide, quinze ans plus tard. En 1897, la lampe de Nernst remplace le filament de carbone par un filament de céramique, plus efficace. Ce matériau ne se sublime pas, éliminant la nécessité du vide ; mais la lampe ne s'allume qu'après un préchauffage de . En 1904, la firme hongroise Tungsram met au point une lampe à filament de tungstène, métal ayant le point de fusion le plus élevé, à ). Repris en Allemagne par Auer, puis par tous les fabricants, le métal élimine rapidement le carbone, grâce à sa lumière plus vive et à sa longévité accrue. En 1913, l'ampoule n'est plus sous vide d'air, mais sous gaz noble, argon puis krypton. En 1925, Marvin Pipkin invente pour General Electric l'ampoule givrée, ce qui rend la diffusion de la lumière meilleure et l'ampoule bien plus solide. En 1959, General Electric diffuse la lampe à incandescence sous iode. L'iode, un gaz halogène, et l'enveloppe de verre de quartz permettent de réduire la sublimation du tungstène du filament, permettant de le chauffer plus, améliorant le rendement lumineux et élevant la température de couleur. Les lampes sous gaz halogène, diffusées massivement d'abord pour les automobiles ("phare à iode"), ont de nombreux usages professionnels. Au , l'Union européenne et d'autres pays disposent le retrait de la circulation des lampes à incandescence en raison de leur mauvaise efficacité lumineuse face aux autres procédés d'éclairage, tube fluorescent, lampe fluorescente, lampe à diode électroluminescente. Descriptif. En présence de dioxygène, le filament porté à haute température brûle instantanément, c'est la raison pour laquelle ce type de lampe a été muni d’une enveloppe de verre, l’"ampoule" qui a donné son nom populaire au dispositif et qui permet d'isoler un milieu sans oxygène. L’ampoule est emplie d'un gaz noble caractéristique du type d’ampoule, le plus souvent de l’argon ou du krypton, ou, dans certains cas, d'un gaz halogène. Autrefois, c'est le vide qui isolait le filament dans son ampoule. Inéluctablement le filament surchauffé se vaporise et perd de la matière par sublimation, ensuite cette vapeur de métal se condense sur l’enveloppe plus froide. L’ampoule devient de plus en plus opaque et le filament devient plus fragile. Le filament finit par se rompre au bout de plusieurs centaines d’heures : pour une lampe à usage domestique, jusqu’à moins ou plus pour certaines lampes à usage spécial. La présence d'un gaz noble à l'intérieur de l'ampoule présente plusieurs avantages : certains atomes de tungstène devenus gazeux peuvent se déposer à nouveau sur le filament après un choc avec un atome de gaz noble, allongeant ainsi sa durée de vie. Le filament peut aussi être chauffé davantage. Enfin, cela limite le dépôt de tungstène sur la paroi de l'ampoule. Dans les lampes actuelles, le filament de tungstène est enroulé en hélice, afin d’augmenter la longueur du filament, et donc la quantité de lumière visible produite. La forme la plus commune de lampe à incandescence est l'ampoule « bulbe », mais on trouve également d'autres formes, dont celle de tube appelée linolite. Lampe halogène. Une lampe à incandescence halogène, ou plus couramment « lampe halogène », est une lampe à incandescence dont un gaz, ou mélange de gaz, halogène remplit l'ampoule. Ce gaz réagit chimiquement avec le tungstène sublimé, formant un halogénure de tungstène qui ne résiste pas à la haute température à proximité du filament, de sorte que le tungstène se redépose, à un emplacement aléatoire, sur le filament, le régénérant partiellement, ce qui augmente la durée de vie de la lampe. Ce cycle exige un filament très chaud. Pour résister à la chaleur, l'enveloppe de la lampe doit être en verre de quartz. En 2008, l'Europe interdit le renouvellement des stocks de lampes halogénés à compter du . Caractéristiques électriques. La luminosité d'une source dans une certaine direction est son intensité lumineuse. Comme cette luminosité varie selon la direction, on utilise pour comparer les lampes la somme des intensités dans toutes les directions, exprimée en lumens, unité de flux lumineux. L'efficacité lumineuse mesure le rapport entre ce flux lumineux et la puissance électrique (en watts) absorbée ; l'efficacité lumineuse s'exprime en lumens par watt (lm/W). Les lampes à incandescence halogènes n'ont été largement diffusées que dans le dernier quart du . Les consommateurs avaient pris l'habitude de comparer les lampes sur la base de leur puissance électrique : ainsi on choisissait une lampe de pour un éclairage intense, pour un éclairage d'ambiance, et pour une veilleuse Les différentes lampes utilisées comme alternatives aux lampes à incandescence classique ne présentant pas la même efficacité lumineuse, la puissance électrique ne correspond plus à l'éclairage. Il faut indiquer la quantité totale de lumière fournie en lumens. Le tableau ci-dessous reprend, de façon indicative car les valeurs varient légèrement d'un modèle à l'autre, la correspondance entre le flux lumineux et la puissance électrique d'une lampe à incandescence classique : Pourquoi pour une lampe à incandescence ? Le filament d'une ampoule à incandescence doit être chaud pour que l'électricité soit convertie en lumière visible plutôt qu'en chaleur. Mais en augmentant la température pour atteindre une bonne luminosité, on favorise la sublimation du filament, ce qui accélère sa dégradation. Les ampoules résultent d'un compromis entre une consommation d'électricité réduite et une durée de vie allongée, entre le coût de remplacement des ampoules et celui de l'électricité nécessaire pour les alimenter. L'ampoule centenaire ou « ampoule de Livermore » est souvent citée comme preuve "" de la mise en œuvre de l'obsolescence programmée dans la fabrication des ampoules modernes. Cette lampe de à l'origine, à filament carbone, soufflée à la main et fabriquée à Shelby (Ohio), par la Shelby Electric Company à la fin des années 1890, brillerait depuis 1901 dans la caserne des pompiers de Livermore en Californie. N'ayant presque jamais été éteinte, elle serait la plus vieille lampe à incandescence encore en fonctionnement au monde. L'augmentation de la valeur de la résistance de son filament (en carbone), avec le temps, explique sa durée de vie. D'une puissance nominale de en début de vie, sa consommation n'est plus que de (7 % de la valeur du début) et sa luminosité ne correspond plus qu'à 0,3 % de la valeur d'origine. Son rendement, quotient de la luminosité par la puissance consommée est , une . Le rendement est . Les équations qui relient la consommation, la luminosité et la durée de vie des ampoules peuvent être résumées comme suit : si la tension d'alimentation appliquée à l'ampoule est notée formula_1, la luminosité est proportionnelle à formula_2, la puissance électrique (la consommation d'énergie) est proportionnelle à formula_3 et la durée de vie est proportionnelle à formula_4. Ainsi, bien qu'une faible diminution de la tension augmente très fortement la durée de vie, elle augmente la puissance électrique consommée à luminosité constante. D'autres facteurs interviennent dans la durée de vie d'une lampe. Si l'on écarte les destructions accidentelles, par chocs sur l'ampoule ou surtension, un défaut d'étanchéïté de l'enveloppe peut causer la destruction de la lampe. Une lampe peut ainsi fonctionner jusqu'à son extinction, et brûler son filament à l'allumage, de l'oxygène ayant pénétré l'enveloppe dans l'intervalle. Les chocs thermiques et la dilatation différencielle des parties de la lampe favorisent le défaut d'étanchéïté. Un essai rigoureux des lampes évalue la résistance à un nombre de cycles d'allumage extinction. Le cartel Phœbus et l'obsolescence programmée. Le cartel Phœbus a regroupé à partir du les principaux fabricants mondiaux d'ampoules. Les industriels éditent une charte commune qui indique qu'il ne pourra plus être fabriqué d'ampoules ayant une durée de vie supérieure à . Ils se dotent pour cela d'une instance commune de vérification et de répression éventuelle au moyen d'amendes d'autant plus élevées que la vie constatée des ampoules est longue. En 1924, la durée de vie des ampoules était variable avec une moyenne de . En 1927, dans le monde entier, la durée de vie des ampoules des grandes marques était alignée sur . Cette situation provoque évidemment un plus grand renouvellement des ampoules par les consommateurs et le cartel Phœbus a été accusé d'avoir mis en place sur la lampe à incandescence le premier programme massif et mondial d'obsolescence programmée. Les pratiques du cartel de Phœbus ont fait l'objet en 1951 d'un rapport de la commission anti-trust britannique. Ce rapport dénonce principalement une entente sur les prix qui a conduit le consommateur à payer plus cher ses lampes avant la seconde guerre mondiale, mais rapport rejette l'allégation selon laquelle la durée de vie a été choisie courte afin d'augmenter le volume des ventes. Il explique le compromis technique entre luminosité, consommation, couleur et durée de vie, pour noter que la durée optimale des lampes dépend du rapport entre prix de l'énergie et prix du remplacement des lampes, et qu'il n'y a pas de valeur universelle. Des utilisateurs industriels, qui payent du personnel pour les remplacer, sacrifient l'efficacité à la longévité en réduisant leur tension d'alimentation. La spécification d'une durée de vie assure que les produits en vente sont comparables. En un état donné de la technique, une durée de vie entre équivaut à exiger une luminosité dans une certaine plage ; mais la spécification des mille heures, sans indiquer l'efficacité lumineuse, n'encourageait pas l'amélioration des lampes. Le cartel s'opposait à l'établissement d'une telle norme. Vers la fin des lampes à incandescence. Des alternatives aux lampes à incandescence existent, avec une meilleure efficacité lumineuse, au prix d'un moindre indice de rendu de couleur. Les tubes fluorescents sont en usage depuis longtemps, principalement dans les environnements de travail ; les lampes « fluocompactes » et les diodes électroluminescentes peuvent remplacer les lampes à incandescence dans les mêmes luminaires domestiques. La production de lampes classiques a été, comme quantité d’autres produits, largement délocalisée : les pays développés n’ont plus d’industrie locale à protéger. La réduction de la consommation d’énergie est passée au premier plan, pour des raisons économiques (prix croissant de l’énergie) et écologiques (la production d’énergie est une composante majeure au niveau environnemental). Les États de l'Union européenne ont approuvé le l’arrêt progressif de la vente des lampes à incandescence de à partir du (puis les modèles de le et ceux de le ), leur abandon définitif devant intervenir le . Le passage à des méthodes d'éclairage moins dépensières en énergie permettrait d'économiser à l'échelle européenne l'équivalent de la consommation électrique de la Roumanie (soit environ de ménages) et de réduire ainsi les émissions de dioxyde de carbone de de tonnes par an. Symbolisme. Dans la bande dessinée et le dessin animé, l'apparition d’une idée est souvent représentée par une lampe à incandescence qui s’allume au-dessus de la tête du personnage.
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Lampe à incandescence halogène Une lampe à incandescence halogène produit de la lumière de la même façon qu'une lampe à incandescence, en portant à incandescence un filament de tungstène, mais dans une petite ampoule en verre de quartz remplie de gaz halogénés (iode et brome) à basse pression. Cette ampoule fonctionne à de hautes températures où la convection des gaz halogènes permet la régénération en continu du filament, au moins partiellement, ce qui augmente la durée de vie de l'ampoule. Fonctionnement. La lampe à incandescence halogène fonctionne ainsi : Avantages et inconvénients. Les principaux avantages et inconvénients par rapport aux ampoules classiques sont listés ci-dessous. Avantages : Inconvénients : Utilisations et diversifications. , les lampes à halogène se sont multipliées dans les foyers : Les lampes à halogènes sont également très utilisées dans le domaine de l’automobile et de la motocyclette. Leur dénomination commence par la lettre H :
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Amplificateur électronique Un amplificateur électronique (ou amplificateur, ou ampli) est un système électronique augmentant la puissance d’un signal électrique. L’énergie nécessaire à l’amplification est tirée de l’alimentation électrique du système. Un amplificateur parfait ne déforme pas le signal d’entrée : sa sortie est une réplique exacte de l’entrée avec une puissance majorée. C'est donc un quadripôle actif à base d'un ou plusieurs composants actifs, le plus souvent des transistors. Un amplificateur idéal est linéaire sur toute sa plage de fonctionnement. Les amplificateurs électroniques sont utilisés dans quasiment tous les circuits en électronique analogique : ils permettent d’élever la tension d'un signal électrique vers un niveau exploitable par le reste du système, d'augmenter le courant de sortie d’un capteur pour en permettre la transmission sans interférences, de fournir une puissance maximale suffisante pour alimenter une charge comme une antenne radioélectrique ou une enceinte électroacoustique. Généralités. Concepts. Un amplificateur se définit par généralisation à partir de la perception de sons ou d'images. Lorsqu'on s'éloigne d'une personne qui parle, le son de sa voix est affaibli, mais il conserve son identité. On parle d'affaiblissement ou d'atténuation du "signal". Cette notion peut se généraliser à toute sorte de phénomènes. L'amplificateur effectue l'opération inverse : on dit qu'il a du "gain". L'amplificateur électronique respecte les lois de l'électricité. L'électricité circule dans des circuits composés d'au moins un générateur et un récepteur. Si l’on considère que l’alimentation d’un amplificateur est indépendante du signal d’entrée et de sortie de l’amplificateur, pour ne représenter que le circuit où circule le signal, l'amplificateur est un quadripôle. Cette « boîte » est le récepteur d'un circuit, et le générateur pour un autre. Puisque c'est un amplificateur, le générateur peut fournir une puissance supérieure à celle qu'absorbe le récepteur, et le rapport entre la puissance que le quadripôle peut fournir et celle absorbée à l'entrée est supérieur à un. Dans un circuit électrique, le récepteur détermine la puissance qui circule. Il absorbe une puissance égale au produit de deux grandeurs, la tension et l'intensité. Une seule grandeur suffit pour définir un "signal". Il y a donc, selon la grandeur qui supporte le signal à l'entrée du quadripôle amplificateur, et celle qui la supporte pour le quadripôle suivant, quatre sortes d'amplificateurs. Dans un amplificateur en tension, le signal est la tension à l'entrée et à la sortie ; dans un amplificateur en courant, c'est le courant, et la tension peut être identique à l'entrée et à la sortie. Les amplificateurs dont la grandeur d'entrée et la grandeur de sortie est différente sont plus rares. On peut décrire un amplificateur de tension idéal comme un amplificateur opérationnel : un amplificateur différentiel dont la tension de sortie est égale à la différence entre celle de ses deux entrées multipliée par l'infini, et dont le courant d'entrée est nul et le courant de sortie illimité. Ce modèle mathématique permet de constituer le schéma électrique correspondant des fonctions où du gain est nécessaire et de calculer les valeurs de leurs autres composants. Principe de fonctionnement. Un amplificateur électronique utilise un ou plusieurs composants actifs (transistor ou tube électronique) afin d’augmenter la puissance électrique du signal présent en entrée. Les composants actifs utilisés dans les amplificateurs électroniques permettent de contrôler leur courant de sortie en fonction d’une grandeur électrique (courant ou tension), image du signal à amplifier. Le courant de sortie des composants actifs est directement tiré de l’alimentation de l’amplificateur. Suivant la façon dont ils sont implantés dans l’amplificateur, les composants actifs permettent ainsi d’augmenter la tension et/ou le courant du signal électrique d’entrée. Le principe de fonctionnement d’un amplificateur est présenté dans le schéma simplifié ci-contre. Ce schéma utilise un transistor bipolaire comme composant amplificateur, mais il peut être remplacé par un MOSFET ou un tube électronique. Le circuit de polarisation assurant le réglage de la tension au repos a été omis pour des raisons de simplification. Dans ce circuit, le courant produit par la tension d’entrée sera amplifié de β (avec β » 1) par le transistor. Ce courant amplifié traverse alors la résistance de sortie et l’on récupère en sortie la tension formula_1. Avec formula_2 le courant d’entrée et formula_3 la valeur de la résistance. Les amplificateurs peuvent être conçus pour augmenter la tension (amplificateur de tension), le courant (amplificateur suiveur) ou les deux (amplificateur de puissance) d’un signal. Les amplificateurs électroniques peuvent être alimentés par une tension simple (une alimentation positive ou négative, et le zéro) ou une tension symétrique (une alimentation positive, une négative et le zéro). L’alimentation peut aussi porter le nom de « bus » ou « rail ». On parle alors de bus positif ou négatif et de rail de tension positive ou négative. Les amplificateurs sont souvent composés de plusieurs étages disposés en série afin d’augmenter le gain global. Chaque étage d’amplification est généralement différent des autres afin qu’il corresponde aux besoins spécifiques de l’étage considéré. On peut ainsi tirer avantage des points forts de chaque montage tout en minimisant leurs faiblesses. Caractéristiques. Le formalisme des quadripôles permet d’obtenir une relation matricielle entre les courants et les tensions d’entrée et de sortie. Il a été introduit dans les années 1920 par le mathématicien allemand Franz Breisig. Dans le cas d’un amplificateur de tension, les grandeurs électriques sont définis par quatre paramètres : l’impédance d’entrée Ze, l’impédance de sortie Zs, le gain de transconductance G et le paramètre de réaction G12. On a alors : Pour un amplificateur parfait, G12 est nul (le courant de sortie n’influence pas l’entrée), Zs est également nul (la tension de sortie ne dépend pas du courant de sortie), et le gain G est constant. On a alors le gain de l’amplificateur : En pratique ces conditions ne sont pas tout à fait respectées, entraînant de ce fait des caractéristiques altérées concernant la bande passante, le gain en puissance, le bruit dû au facteur température, ou encore la distorsion du signal. On évalue les performances d’un amplificateur en étudiant son rendement, sa linéarité, sa bande passante et le rapport signal sur bruit entre l’entrée et la sortie. La « bande passante à » (décibel) d’un amplificateur est la gamme de fréquences où le gain en tension de l’amplificateur est supérieur au gain maximum moins trois décibels. Si on ne raisonne pas en décibel, cela correspond à la gamme de fréquences où le gain en tension est supérieur au gain maximum divisé par racine de deux, ce qui correspond à une division de la puissance fournie à la charge par deux. La bande passante est habituellement notée B ou BP. Occasionnellement on rencontre des bandes passantes plus larges, par exemple la bande passante à , gamme de fréquences où le gain en tension est supérieur à la moitié du gain maximum. La linéarité d’un amplificateur correspond à sa capacité à garder constante la pente de la courbe donnant la tension de sortie en fonction de la tension d'entrée. Une limitation de linéarité vient de l’alimentation de l’amplificateur : la tension de sortie ne peut dépasser la tension d’alimentation de l’amplificateur. Lorsque cela arrive, on parle de saturation de l’amplificateur. La linéarité d’un amplificateur est aussi limitée par sa vitesse de balayage (ou "slew rate") qui représente la vitesse de variation maximale qu’il peut reproduire. Lorsque la variation du signal d’entrée d’un amplificateur est supérieure à sa vitesse de balayage, sa sortie est une droite de pente formula_6, telle que : La vitesse de balayage est exprimée en . Enfin, la caractéristique des éléments semiconducteurs n'est jamais totalement linéaire, et conduit à la distorsion harmonique. On réduit cette distorsion par la contre-réaction. Historique. Le premier amplificateur électronique fut réalisé en 1906 par l’inventeur américain Lee De Forest à l’aide d'une triode. La triode fut vite perfectionnée par l’ajout d’une (pour la tétrode) puis de deux grilles supplémentaires, palliant certains effets indésirables, notamment l’effet « dynatron » (zone où le tube présente une résistance négative). Ce tube pentode est ensuite rapidement adopté pour la plupart des amplificateurs à tubes, pour son meilleur rendement. Les amplificateurs à tubes sont aussi connus sous le nom d’amplificateurs à « lampes », en raison de la forme des tubes et de la lumière qu’ils émettent lorsqu’ils fonctionnent. La mise au point des transistors dans les années 1950 a fait disparaître progressivement les tubes, qui ne subsistent que dans des applications "" comme les amplificateurs audio, surtout ceux destinés aux guitares électriques, et des applications de forte puissance à haute fréquence pour les émetteurs de radio et de télévision. On préfère les transistors aux tubes car ils sont moins encombrants, fonctionnent à des tensions plus faibles, consomment et chauffent beaucoup moins et sont immédiatement opérationnels une fois mis sous tension, contrairement aux tubes électroniques qui nécessitent une dizaine de secondes de chauffage. Les circuits intégrés, introduits au cours des années 1960, regroupent sur un très petit volume un certain nombre de transistors. Plus petits, plus fiables, ils sont depuis les années 1980 les principaux éléments actifs de l'électronique pour les faibles puissances. Un circuit amplificateur peut employer plusieurs dizaines de transistors, et un circuit intégré peut regrouper plusieurs éléments amplificateurs. L'amplificateur opérationnel intégré, de caractéristiques proches de l'idéal, est devenu un composant d'usage général. Pour des fonctions particulières, on fabrique des circuits intégrés amplificateurs spécialisés. Le Fairchild μA709 créé par Bob Widlar en 1965 fut le premier amplificateur opérationnel intégré disponible en grande quantité. Le μA741 de 1967 l'a rapidement remplacé, avec de meilleures performances tout en étant plus stable et plus simple à mettre en œuvre. Il est devenu omniprésent en électronique. Plusieurs fabricants en produisent des versions améliorées, ou des circuits plus performants qui peuvent se substituer à lui dans un circuit de conception ancienne. Les premiers amplificateurs intégrés se basaient sur le transistor bipolaire. À la fin des années 1970, on en produit à JFET, et à partir du début des années 1980, à MOSFET. Leur utilisation a progressé de la basse fréquence et faible puissance vers tous les domaines. La distorsion dans les amplificateurs électroniques. Un amplificateur doit fournir une tension de sortie ayant la même forme que le signal d'entrée, mais d'amplitude supérieure. Si la forme du signal de sortie (à l'amplitude près) est différente de la forme du signal d'entrée, on dit qu'il y a distorsion. La distorsion d'amplitude. Cette distorsion a lieu si la bande passante de l'amplificateur n'est pas suffisante pour amplifier l'ensemble des fréquences (spectre) composant le signal. Cependant, si le signal d'entrée est sinusoïdal, le signal de sortie le sera également. La distorsion harmonique. Cette distorsion est provoquée par un défaut de linéarité de l'amplificateur. Si le signal d'entrée est sinusoïdal, le signal de sortie ne l'est plus. Cette sinusoïde déformée peut être considérée comme la somme d'une sinusoïde pure (fondamentale) et de sinusoïdes de fréquences multiples de cette fondamentale (harmoniques). Le taux de distorsion harmonique sera fonction du rapport entre ces harmoniques et la fondamentale. La distorsion de phase ou de temps de propagation. Le signal de sortie d'un amplificateur est composé généralement de plusieurs fréquences, qui devraient être amplifiées strictement en même temps. La forme d'un tel signal complexe ne sera plus conservée si le temps de propagation des fréquences qui le composent n'est pas le même. Ces retards sont peu audibles pour l'oreille. Cependant, si l'amplificateur doit amplifier des signaux numériques, cette distorsion devient très gênante et peut conduire à des erreurs sur les bits transmis et décodés. Pour cette raison, cette caractéristique est très importante pour les amplificateurs de signaux numériques. On quantifie cette distorsion en précisant les différences de retard en fonction de la fréquence. Il est aussi possible de préciser la courbe du déphasage en fonction de la fréquence. Cette courbe doit être une droite pour ne pas avoir de distorsion de propagation de groupe. Pour cette raison, les amplificateurs sans cette distorsion sont parfois qualifiés « à phase linéaire ». La distorsion d'intermodulation. Si des étages d'amplification sont non linéaires, on observera en plus de la distorsion harmonique, l'apparition de « fréquences parasites » qui sont des combinaisons linéaires des fréquences composant le signal à amplifier. Ce type de défaut est très gênant pour les amplificateurs traitant de signaux radioélectriques, car ces fréquences parasites peuvent perturber les liaisons radio (voir intermodulation). Cette distorsion peut également être gênante pour les amplificateurs audio, car l'oreille pourra percevoir ces fréquences parasites qui sont surajoutées au signal. Le bruit dans les amplificateurs électroniques. En électronique, le bruit désigne les signaux aléatoires et non désirés, voire parasites, se superposant aux signaux utiles. Dans un amplificateur ces signaux parasites peuvent venir de son environnement ou des composants le constituant. Il existe cinq types de bruit en électronique : le bruit thermique, le bruit grenaille, le bruit de scintillation (« bruit flicker »), le bruit en créneaux et le bruit d'avalanche. Il est possible de réduire le bruit dans un amplificateur en s’attaquant directement à ses origines (voir ci-dessous) mais aussi en limitant le plus possible la bande passante de l’amplificateur, afin d’éliminer le bruit présent en dehors de ses fréquences de travail. Le bruit thermique. Le bruit thermique, également nommé "bruit de résistance", ou "bruit Johnson" ou "bruit de Johnson-Nyquist" est le bruit produit par l'agitation thermique des porteurs de charges, c’est-à-dire des électrons dans une résistance électrique en équilibre thermique. Le bruit thermique est un bruit blanc dont la densité spectrale de puissance dépend uniquement de la valeur de la résistance. Le bruit thermique peut être modélisé par une source de tension en série avec la résistance qui produit le bruit. On caractérise le bruit thermique d'un amplificateur, par sa « résistance équivalente de bruit », ou, pour un amplificateur RF, par le facteur de bruit, qui dépend de la température de la source de signal. Le bruit thermique a été mesuré pour la première fois en 1927 par le physicien John Bertrand Johnson aux Bell Labs. Son article "Thermal Agitation of Electricity in Conductors" montrait que des fluctuations statistiques se produisaient dans tous les conducteurs électriques, produisant une variation aléatoire de potentiel aux bornes de ce conducteur. Ce bruit thermique était donc identique pour toutes les résistances de la même valeur et n’était donc pas imputable à une fabrication médiocre. Johnson décrivit ses observations à son collègue Harry Nyquist qui fut capable d’en donner une explication théorique. Le bruit grenaille. Le bruit grenaille a été mis en évidence en 1918 par Walter Schottky. Ce bruit apparaît dans les dispositifs où le nombre d’électrons est assez faible pour donner une fluctuation statistique détectable. En électronique, ce bruit apparaît dans les dispositifs à base de semi-conducteur (transistors, etc.) et les tubes électroniques. Le bruit grenaille est un bruit blanc dont la densité spectrale de puissance dépend uniquement de la valeur moyenne du courant traversant le composant bruyant. "Note :" Le bruit thermique et le bruit grenaille sont tous les deux dus à des fluctuations quantiques, et certaines formulations permettent de les regrouper dans un seul et unique concept. Le bruit de scintillation. Le bruit de scintillation, également nommé "bruit en 1/f", "bruit en excès", bruit de "flicker" ou "bruit rose" est un bruit dont la densité spectrale de puissance est en 1/f. Cela signifie que plus la fréquence augmente, plus l’amplitude de ce bruit diminue. Ce type de bruit existe dans tous les composants actifs et a des origines très variées, comme des impuretés dans les matériaux ou des créations et recombinaisons parasites dues au courant de base d’un transistor. Ce bruit est toujours relatif à un courant continu. Il peut être réduit en améliorant les procédés de fabrication des semi-conducteurs et diminuant la consommation de l’amplificateur. Malheureusement, la réduction de la consommation d'un amplificateur passe par une augmentation de la valeur de certaines résistances ce qui va augmenter le bruit thermique. Le bruit de scintillation se rencontre aussi avec les résistances au carbone, où il est désigné comme "bruit en excès" car il s’additionne au bruit thermique. Le bruit de scintillement étant proportionnel à la composante continue du courant, si le courant est faible, le bruit thermique prédominera quel que soit le type de résistance. Le bruit en créneaux. Le bruit en créneaux est également nommé "burst noise", ou "bruit popcorn", ou crépitement. Il a été découvert lors du développement de l’un des premiers amplificateurs opérationnels : le µA709. Il s’agit essentiellement de créneaux de tension (ou de courant) dont l’amplitude s’étend de moins d’un microvolt à plusieurs centaines de microvolts. L’intervalle entre les créneaux est de l’ordre de la milliseconde Le bruit en créneaux, dans un amplificateur audio, produit des « pops » qui lui ont valu le nom de "bruit popcorn". L’apparition de ces « pops » est aléatoire : ils peuvent se manifester plusieurs fois par seconde puis disparaître pendant plusieurs minutes. Les origines de ce bruit ne sont pas actuellement connues, mais il semble qu’elles soient liées à des imperfections dans les semi-conducteurs et à l’implant d’ions lourds. Les conditions les plus favorables à l’apparition de ce bruit semblent être de basses températures et la présence de résistances de forte valeur. Le bruit d’avalanche. Le bruit d’avalanche a lieu dans les semi-conducteurs : le champ électrique accélère certains électrons au point de déloger d’autres électrons de valence et de créer des porteurs de charge supplémentaires. Ce bruit devient important pour les champs électriques élevés, au voisinage de l’effet d’avalanche. Les autres types de bruits. On peut rencontrer d’autres types de bruits dans un amplificateur électronique. Ces bruits ne sont généralement pas dus à l’amplificateur lui-même mais à son environnement. On citera, par exemple, les bruits de quantification et d'échantillonnage engendrés par les convertisseurs numérique analogique et tous les bruits CEM attribués à la présence d’alimentations à découpage, d’émetteurs radio et de télévision et autres appareils sources d’interférences à proximité de l’amplificateur. La plupart de ces bruits peuvent être maîtrisés à l’aide d’un blindage électromagnétique et/ou d’un filtrage des signaux d’entrée et d’alimentation. Dans les cas les plus sensibles, il est parfois nécessaire d’avoir recours à de lourdes tables pour absorber les vibrations, des cages de Faraday, des chambres sourdes et des pièces climatisées. Rapport signal sur bruit. Le rapport signal-bruit est un terme utilisé en ingénierie, en traitement du signal ou en théorie de l’information pour désigner le rapport entre la grandeur d’un signal (information utile, significative) et celle du bruit (information inutile, non significative). Comme de nombreux signaux ont une échelle dynamique élevée, les rapports signal-bruit sont souvent exprimés en décibels. Le rapport signal sur bruit désigne la qualité d’une transmission d’information par rapport aux parasites. On définit ainsi la qualité d’un amplificateur, quel que soit son type et la catégorie de signaux qu’il traite. Plus le rapport est élevé, moins l’appareil dénature le signal d’origine. Classification des systèmes et étages amplificateurs. Il existe une grande quantité de classifications, elles découlent souvent des différentes caractéristiques du schéma d’un amplificateur. Toutes ces caractéristiques ont une influence sur les paramètres et les performances de l’amplificateur. La conception d’un amplificateur est toujours un compromis entre plusieurs facteurs comme le coût, la consommation énergétique, les imperfections des composants et, le besoin de rendre l’amplificateur compatible avec le générateur du signal d’entrée et la charge en sortie. Afin de décrire un amplificateur, on parle généralement de sa classe, de la méthode de couplage qui a été utilisée entre ces différents étages ainsi que la gamme de fréquences pour laquelle il est prévu. Classification par angle de conduction : les classes d'amplificateurs. Un amplificateur est généralement constitué de plusieurs étages d'amplification, chaque étage étant conçu autour d'« éléments actifs » (des transistors en général). Un élément actif n'est pas nécessairement polarisé de façon à amplifier le signal pendant 100 % du temps. Le système de lettres, ou classe, utilisé pour caractériser les amplificateurs assigne une lettre pour chaque schéma d’amplificateur électronique. Ces schémas sont caractérisés par la relation entre la forme du signal d’entrée et celui de sortie, mais aussi par la durée pendant laquelle un composant actif est utilisé lors de l’amplification d’un signal. Cette durée est mesurée en degrés d’un signal sinusoïdal test appliqué à l’entrée de l’amplificateur, 360 degrés représentant un cycle complet. En pratique la classe d’amplification est déterminée par la polarisation des composants (tubes, transistors bipolaires, transistors à effet de champ, etc.) de l’amplificateur, ou le calcul du point de repos. Les circuits amplificateurs sont classés dans les catégories A, B, AB et C pour les amplificateurs analogiques, et D, E et F pour les amplificateurs à découpage. Pour les amplificateurs analogiques, chaque classe définit la proportion du signal d’entrée qui est utilisée par chaque composant actif pour arriver au signal amplifié (voir figure ci-contre), ce qui est aussi donné par l’angle de conduction "a" : Les amplificateurs de classe AB se nomment ainsi car ils fonctionnent comme ceux de pour les signaux de faible amplitude, puis ils passent progressivement en au fur et à mesure que l’amplitude du signal augmente. Il existe d’autres classes pour les amplificateurs analogiques : G et H. Ces classes ne se distinguent plus des autres grâce à leur angle de conduction mais grâce à leur rendement. La classe G a été introduite en 1976 par Hitachi. Les amplificateurs de classe G possèdent plusieurs bus de tensions différentes et passent de l’un à l’autre en fonction de la puissance demandée en sortie. Cela permet d’augmenter le rendement en diminuant la puissance « perdue » dans les transistors de sortie. Les amplificateurs de classe H sont similaires à ceux de classe G, à la différence près que la tension d’alimentation « suit », ou est modulée par le signal d’entrée. À l’inverse des amplificateurs analogiques qui utilisent leurs composants actifs dans leur zone linéaire, les amplificateurs à découpage utilisent leurs composants actifs comme des interrupteurs en les amenant dans leur zone saturée. Quand ils sont utilisés ainsi, on peut distinguer deux modes de fonctionnement pour les composants actifs : passant (ou saturé) et bloqué. Quand un composant actif est bloqué, le courant qui le traverse est nul tandis que lorsqu’il est saturé, la chute de tension à ses bornes est faible. Dans chaque mode de fonctionnement, les pertes de puissances sont très faibles permettant ainsi aux amplificateurs à découpage d’avoir un fort rendement. Cette augmentation du rendement permet de demander moins de puissance à l’alimentation et d’utiliser des dissipateurs plus petits que pour un amplificateur analogique de puissance équivalente. C’est grâce à ces avantages en termes de rendement et de volume que les amplificateurs de classe D concurrencent les amplificateurs de classe AB dans beaucoup d’applications . Les amplificateurs de classe E et F sont des amplificateurs à haut rendement qui sont optimisés pour n’amplifier qu’une faible gamme de fréquences. Ils sont généralement utilisés pour amplifier les fréquences radio. Le principe des amplificateurs de classe E a été publié pour la première fois en 1975 par Nathan O. Sokal et Alan D. Sokal. Les amplificateurs de classe F reprennent le même principe que les amplificateurs de classe E mais avec une charge accordée à une fréquence et à quelques-uns de ses harmoniques, tandis que la charge des amplificateurs de classe E n’est accordée que pour la fréquence fondamentale. Classification par méthode de couplage. Les amplificateurs sont parfois classés par leur méthode de couplage entre l’entrée et la sortie ou entre les différents étages de l’amplificateur. Ces différentes méthodes incluent les couplages capacitif, inductif (transformateur) et le couplage direct. Le couplage capacitif permet d'isoler la polarisation des étages entre eux, par contre il ne permet pas d'amplifier le continu. L’utilisation d’un couplage direct permet de se passer des condensateurs de liaisons et d'amplifier le continu à condition d’utiliser une alimentation symétrique. Le couplage inductif permet de réaliser une adaptation d'impédance entre les étages ou de réaliser un circuit résonant, mais exclut l'amplification des très basses fréquences. La plupart des amplificateurs intégrés utilisent un couplage direct entre leurs étages. Caractérisation par gamme de fréquences. On peut aussi caractériser les amplificateurs en fonction de leur bande passante. Un amplificateur basses fréquences (BF), au sens habituel en France, est conçu pour amplifier les signaux aux alentours des fréquences audibles () ; mais dans le contexte des radiofréquences, les basses fréquences (, LF) vont de . Par opposition, un amplificateur hautes fréquences (HF) traite des signaux à des fréquences supérieures aux basses fréquences. Quand on découpe ce vaste domaine selon la terminologie du spectre radio, (MF) couvre de , (HF), de , (VHF), de Les amplificateurs hautes fréquences se caractérisent par largeur relative de leur bande passante. Ceux dont le gain est approximativement constant sur une plage importante se désignent comme à large bande ("wideband" en anglais). C'est le cas d'un amplificateur vidéo, d'un répéteur simple dans un relais de télécommunications. Le rapport entre les limites de la bande passante des amplificateurs à bande étroite ("narrowband" en anglais) est proche de 1 (par exemple de ). Ils utilisent en général une charge accordée. Les charges accordées sont des filtres passe-bande : elles ne laissent passer qu’une seule fréquence ou une bande de fréquences et permettent d’utiliser des montages de classe E ou F qui sont intéressant car ils possèdent de forts rendements. Classification des étages d'amplificateurs par leur électrode reliée au zéro. Une de ces classifications se réfère à « l’électrode reliée au zéro » : le schéma de l’étage amplificateur est alors décrit par l’électrode du composant actif qui est reliée au plus court au zéro. Ainsi, on parle d’amplificateur à émetteur commun, à "plaque commune" ou à "drain commun". Ces noms renseignent aussi sur le type de technologie utilisée. Par exemple, un amplificateur à émetteur commun utilisera un transistor bipolaire, celui à plaque commune un tube tandis qu’un amplificateur à drain commun utilisera un MOSFET ou un JFET. Quelle que soit l’électrode d’un composant actif, il existe certainement une application ayant amené à la création d’un montage où elle est reliée au zéro. Voir aussi : collecteur commun, base commune. Inverseur et non inverseur. Une autre façon de classer les amplificateurs est d’utiliser la phase entre le signal d’entrée et celui de sortie. Un "amplificateur inverseur" produira un signal de sortie déphasé de 180 degrés par rapport au signal d’entrée, ou une image miroir de l’entrée si on visualise l’entrée et la sortie sur un oscilloscope. Un "amplificateur non inverseur" produira quant à lui un signal de sortie ayant la même phase que l’entrée. Un montage émetteur suiveur (ou collecteur commun), est un type d’amplificateur dont le signal sur l’émetteur suit (même phase et même amplitude en tension) le signal d’entrée. Les montages qualifiés de « suiveur » sont des amplificateurs de courant : ils permettent d’obtenir un courant de sortie élevé tout en absorbant un courant d’entrée quasiment négligeable. Cette description peut s’appliquer à un simple étage ou à un système complet. Classification par fonction. Les amplificateurs peuvent aussi être classés par fonctions ou caractéristiques de sortie. Ces descriptions fonctionnelles s’appliquent souvent à un système complet et non à un étage unique. La contre-réaction. La contre-réaction soustrait au signal d’entrée une image réduite du signal de sortie avant de l’amplifier. Son principal effet est de diminuer le gain du système. Cependant, les distorsions dues à l’amplificateur sont elles aussi soustraites au signal d’entrée. De cette façon, l’amplificateur amplifie une image réduite et inversée des distorsions. La contre-réaction permet aussi de compenser les dérives thermiques ou la non-linéarité des composants. Bien que les composants actifs soient considérés comme linéaires sur une partie de leur fonction de transfert, ils sont en réalité toujours non linéaires ; leur loi de comportement étant en puissance de deux. Le résultat de ces non-linéarités est une distorsion de l’amplification. Le principe de la contre-réaction a été découvert par Harold Stephen Black le . Cette idée lui serait venue alors qu’il se rendait à son travail aux laboratoires Bell. Ses précédents travaux sur la réduction des distorsions dans les amplificateurs lui avaient déjà permis de découvrir les amplificateurs « "a priori" » ("feedforward" en anglais) qui modifient le signal à amplifier de façon à compenser les distorsions dues aux composants de puissance. Bien qu’ayant refait surface dans les années 1970 pour compenser les distorsions des amplificateurs BLU, dans les années 1920 la réalisation pratique des amplificateurs « "a priori" » s’avère difficile et ils ne fonctionnent pas très bien. En 1927, la demande de brevet de Black pour la contre-réaction fut accueillie comme une demande d’invention de mouvement perpétuel. Elle fut finalement acceptée neuf ans plus tard, en , après que Black et d’autres membres des laboratoires Bell aient développé la théorie relative à la contre-réaction. Un amplificateur de conception soignée, ayant tous ses étages en boucle ouverte (sans contre-réaction), peut arriver à un taux de distorsion de l’ordre du « pour cent ». À l’aide de la contre-réaction, un taux de 0,001 % est courant. Le bruit, y compris les distorsions de croisement, peut être pratiquement éliminé. C’est l’application qui dicte le taux de distorsion que l’on peut tolérer. Pour les applications de type hi-fi ou amplificateur d'instrumentation, le taux de distorsion doit être minimal, souvent moins de 1 %. Alors que la contre-réaction semble être le remède à tous les maux d’un amplificateur, beaucoup pensent que c’est une mauvaise chose. Comme elle utilise une boucle, il lui faut un temps fini pour réagir à un signal d’entrée et pendant cette courte période, l’amplificateur est « hors de contrôle ». Un transitoire musical dont la durée est du même ordre de grandeur que cette période sera donc grossièrement distordu. Et cela, même si l’amplificateur possède un taux de distorsion faible en régime permanent. C’est essentiellement cela qui explique l’existence des « distorsions d’intermodulations transitoires » dans les amplificateurs. Ce sujet a été largement débattu à la fin des années 1970 et pendant une grande partie des années 1980 Ces arguments ont été sources de controverses pendant des années, et ont amené à prendre en compte ces phénomènes lors de la conception d’un amplificateur afin de les éliminer. Dans les faits, la majorité des amplificateurs modernes utilisent de fortes contre-réactions, alors que les schémas utilisés pour les amplificateurs audio haut de gamme cherchent à la minimiser. Quels que soient les mérites de ces arguments sur la façon dont elle modifie la distorsion, la contre-réaction modifie l’impédance de sortie de l’amplificateur et par conséquent, son facteur d'amortissement. En simplifiant, le facteur d’amortissement caractérise la faculté d’un amplificateur à contrôler une enceinte. Si tout se passe bien, plus la contre-réaction est forte, plus l’impédance de sortie est faible et plus le facteur d’amortissement est grand. Cela a un effet sur les performances en basses fréquences de beaucoup d’enceintes qui ont un rendu des basses irrégulier si le facteur d’amortissement de l’amplificateur est trop faible. Le concept de contre-réaction est utilisé avec les amplificateurs opérationnels pour définir précisément le gain et la bande passante. Un exemple de montage amplificateur. À des fins d’illustration, on utilisera cet exemple pratique d’amplificateur. Il peut servir de base à un amplificateur audio de puissance modérée. Son schéma, bien que sensiblement simplifié, est typique de ce que l’on retrouve dans un amplificateur moderne grâce à son push-pull de classe AB en sortie et à l’utilisation d’une contre-réaction. Il utilise des transistors bipolaires, mais il peut tout aussi bien être réalisé avec des transistors à effet de champ ou des tubes. Le signal d’entrée est couplé à la base du transistor Q1 à travers le condensateur de liaison C1. Le condensateur permet au signal alternatif de passer, mais il bloque la tension continue due à la polarisation de Q1 par le pont diviseur R1-R2. Grâce à C1, aucun circuit antérieur n’est affecté par la tension de polarisation de Q1. Q1 et Q2 forment une paire différentielle (une paire différentielle donne un signal proportionnel à la différence entre ses deux entrées). Cette configuration est utilisée pour implémenter facilement la contre-réaction, qui est fournie à Q2 grâce à R7 et R8. La contre-réaction permet à l’amplificateur de comparer l’entrée à la sortie actuelle. Le signal amplifié par Q1 est envoyé directement au second étage, Q3, qui amplifie davantage le signal et fournit la tension continue de polarisation de l’étage de sortie (Q4 et Q5). R6 sert de charge à Q3. Un montage plus évolué utiliserait probablement une charge active, une source de courant constant par exemple. Jusqu’à présent, l’amplificateur travaille en classe A. La paire de sortie est câblée en "push-pull" de classe AB, aussi appelé paire complémentaire. Ils fournissent la majorité de l'amplification du courant et pilotent directement la charge à travers le condensateur de liaison C2 qui bloque la composante continue. Les diodes D1 et D2 fournissent une petite tension continue afin de polariser la paire de sortie, de sorte que la distorsion de chevauchement est minimisée. Celles-ci devront être couplées thermiquement avec Q4 et Q5 (souvent fixées sur leur dissipateur) afin de compenser leur dérive en température (accroissement du courant de polarisation dû à l’échauffement) et éviter ainsi l’emballement thermique. Ce schéma est simple, mais c’est une bonne base pour la réalisation d’un véritable amplificateur car il stabilise automatiquement son point de fonctionnement grâce à sa boucle de contre-réaction, qui fonctionne du continu jusqu’au-delà de la bande audio. Un véritable amplificateur utiliserait probablement un circuit supplémentaire faisant baisser le gain au-delà de la bande de fréquences utile afin d’éviter la possibilité d’oscillations non désirées. De plus, l’utilisation de diodes fixes pour la polarisation peut poser des problèmes si les diodes ne sont pas thermiquement et électriquement assorties aux transistors de sortie. En effet, si les transistors deviennent trop passants, ils risquent de se détruire par emballement thermique. La solution traditionnelle pour stabiliser les composants de sortie est d'ajouter des résistances d’un ohm ou plus en série avec les émetteurs. Le calcul des résistances et des condensateurs du circuit se fait en fonction des composants actifs utilisés et de l’utilisation future de l’amplificateur. Types d'amplificateurs. Les amplificateurs opérationnels. Les amplificateurs opérationnels (aussi dénommé ampli-op ou ampli op, AO, AOP, ALI, AIL ou encore CIL) ont été initialement conçus pour effectuer des opérations mathématiques en utilisant la tension comme image d’une autre grandeur. C’est le concept de base des calculateurs analogiques dans lesquels les amplificateurs opérationnels sont utilisés pour modéliser les opérations mathématiques de base (addition, soustraction, intégration, dérivation…). Cependant, un amplificateur opérationnel idéal est extrêmement souple d’utilisation et peut effectuer bien d’autres applications que les opérations mathématiques de base. En pratique, les amplificateurs opérationnels sont constitués de transistors, tubes électroniques ou de n’importe quels autres composants amplificateurs et ils sont implémentés dans des circuits discrets ou intégrés. Les amplificateurs opérationnels ont été initialement développés à l’ère des tubes électroniques, ils étaient alors utilisés dans les calculateurs analogiques. Actuellement, les amplificateurs opérationnels sont disponibles sous forme de circuits intégrés, bien que des versions sous forme de composants discrets soient utilisés pour des applications spécifiques. Les amplificateurs opérationnels sont disponibles sous des formats, brochages, et niveaux de tensions d’alimentation standardisés. Avec quelques composants externes, ils peuvent réaliser une grande variété de fonctionnalités utiles en traitement du signal. La plupart des AOP standard ne coûtent que quelques dizaines de centimes d’euros, mais un AOP discret ou intégré avec des caractéristiques non standard et de faible volume de production peut coûter plus de pièce. Les principaux fabricants d’amplificateurs opérationnels sont : Analog Devices, Linear Technology, Maxim, National Semiconductor, STMicroelectronics et Texas Instruments. Les amplificateurs d’instrumentation. Un amplificateur d’instrumentation est un dispositif électronique destiné au traitement de faibles signaux électriques. L’application typique est le traitement de signaux issus de capteurs de mesure. Son fonctionnement est basé sur le principe de l’amplification différentielle. L’amplificateur d’instrumentation est généralement réalisé à partir d’un ou de plusieurs amplificateurs opérationnels, de telle manière qu’il améliore leurs caractéristiques intrinsèques : offset, dérive, bruit d’amplification, gain en boucle ouverte, taux de réjection du mode commun, impédance d’entrée. Le gain idéal en mode commun de l’amplificateur d’instrumentation est minimisé. Dans le circuit ci-contre, le gain en mode commun est causé par les différences de valeur entre les résistances portant le même nom et le gain en mode commun non nul des deux AOP d’entrées. La réalisation de résistances appairées en valeur est la principale contrainte de fabrication des circuits d’instrumentation. Les amplificateurs d’instrumentation peuvent être réalisés avec plusieurs AOP et des résistances de précision, mais ils sont aussi disponibles sous forme de circuits intégrés dans les catalogues de plusieurs fabricants (dont Texas Instruments, Analog Devices, et Linear Technology). Un amplificateur d’instrumentation intégré contient généralement des résistances dont les valeurs ont été ajustées avec précision à l’aide d’un laser, et offre donc un excellent taux de réjection du mode commun. Les amplificateurs programmables. Un amplificateur programmable désigne un amplificateur conçu pour que son gain soit programmable à distance, généralement via une liaison filaire (RS, GPIB ou autre), à la différence des amplificateurs classiques nécessitant un réglage manuel via une molette par exemple.
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Liste de sigles en espagnol Voici une liste de sigles utilisés en espagnol. Vous trouverez à côté de chaque sigle le nom complet et une traduction en français
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Alcatel Alcatel (acronyme d'Alsacienne de constructions atomiques, de télécommunications et d'électronique) était une entreprise française spécialisée dans le secteur des télécommunications. Elle fusionne avec Lucent Technologies au mois de décembre 2006 pour devenir « Alcatel-Lucent ». Alcatel-Lucent est rachetée par Nokia en 2015 et n'a plus d'existence propre en 2016. À l'origine une petite entreprise basée à Mulhouse et appartenant au groupe SACM (Société alsacienne de constructions mécaniques) qui concevait et fabriquait des équipements de télécommunications, elle fut absorbée en 1968 par la Compagnie industrielle des télécommunications (CIT) menant à la création de CIT-Alcatel, filiale de la Compagnie générale d'électricité (CGE) conglomérat présent dans plusieurs secteurs économique industriels de premiers plans. Entre 1968 et 1998, aucune entreprise ne portait le nom unique Alcatel, qui était alors associé à CIT. En 1998, pour des raisons d'image, la CGE prend le nom Alcatel (après Alcatel-Alsthom en 1991). CIT-Alcatel devient Alcatel-CIT. Alcatel-CIT était un des leaders mondiaux dans la fourniture de commutateurs téléphoniques numériques (série E10), de câbles de transmission sous-marins, d'infrastructures mobiles (GSM, GPRS, UMTS), d'applications de réseaux intelligents, d'applications de centre d'appel, d'applications vidéo (fixe et mobile) ainsi que de satellites et de charges embarquées. C'était aussi le leader mondial des marchés des réseaux optiques, des équipements d'accès DSL et des routeurs ATM et IP. Alcatel fournissait aussi des services à ses clients depuis la conception de réseaux jusqu'à l'exploitation de ceux-ci en passant par la fabrication des équipements, le déploiement, l'intégration et l'installation. En 2005, Alcatel était présent dans plus de 130 pays, avec un chiffre d'affaires de 13,1 milliards d'euros. En 2020, la marque Alcatel, appartenant désormais à Nokia Networks France, subsiste encore à travers quatre entités : Histoire. Alcatel et CGE, deux entreprises différentes. Compagnie générale d'électricité. Le , la Compagnie générale d'électricité (CGE) est créée par Pierre Azaria et Paul Bizet avec Charles Herbault comme président. Pierre Azaria est alors administrateur délégué et Paul Bizet devient directeur général. L'ambition est de concurrencer des sociétés telles que AEG, Siemens ou General Electric. En 1913, la Compagnie générale d'entreprises électriques (CGEE) est créée en tant que filiale de la CGE. En 1914, un nouveau siège social de la CGE est inauguré, au 54 rue La Boétie, Paris. En 1925, la CGE absorbe la Compagnie générale des câbles de Lyon (la marque Les Câbles de Lyon étant préservée). En 1930, la CGE prend le contrôle de la Société des accumulateurs fixes et de traction (Saft). En 1946, la Compagnie industrielle des téléphones (CIT), filiale de la CGE est créée. En 1959, le centre de recherche de Marcoussis commence ses activités. En 1965, CGE acquiert la Téléphonie industrielle et commerciale (Télic). En 1966, les accords CGE-Hispano-Alsacienne sont signés. Société alsacienne de constructions mécaniques. En 1872, naît la Société alsacienne de constructions mécaniques (SACM), par la fusion des Ateliers André Koechlin et et de la Société anonyme de Graffendenstaden. En 1945, un département spécifique « électronique et télécommunications » est créé, remplacé en 1956 par le département ENTE (énergie nucléaire, télécommunications, électronique). En 1956, est créée à Lille la Société lilloise de mécanique et d'électronique appliquée (Solméa), dont les installations du boulevard de Belfort sont transférées en 1962 à Marcq-en-Barœul, sur le site du Château Rouge. En 1963, sont regroupées sur site du Château Rouge la Société alsacienne d'électronique et de mécanique appliquée (Saéma, filiale de la SACM), le département ENTE et la Solméa pour constituer la Société alsacienne de constructions atomiques et de télécommunications (Alcatel). En 1968, la SACM cède l'ensemble des activités d'Alcatel à la CGE. En 1970, elle est fusionnée avec la CIT (qui prend le nom de CIT-Alcatel) qui intègre l'usine de Marcq-en-Barœul au département « transmissions », avec le développement de l'infrastructure téléphonique en France. Alcatel, filiale de la CGE. En 1969, la CGE devient l'actionnaire majoritaire d'Alsthom, entreprise fabricant des locomotives et des moteurs créée en 1928 par le rapprochement de la Société alsacienne de constructions mécaniques et de la compagnie française Thomson-Houston. Il s'agit alors de se positionner sur le train à grande vitesse TGV 001 d'Alsthom, qui va sortir en 1972. En 1970, Ambroise Roux, vice-président du CNPF depuis janvier 1966, devient président de la CGE. L'année de sa nomination, en 1970, la CIT et Alcatel fusionnent, et le premier autocommutateur temporel est mis en service à Lannion (Côtes-d'Armor), le Platon. Il sera suivi en 1972 des commutateurs numériques. En 1971, la CGE prend le contrôle de la Société générale d'entreprises (génie civil, bâtiment, travaux industriels, service électrique), aujourd'hui Vinci. La CGEE est rebaptisée CGEE-Alsthom. En 1972, le train à grande vitesse TGV 001 (Alsthom), sorti en 1972, atteint En 1974, la CGE créée deux filiales, Electrobail, spécialisée dans les opérations de crédit-bail, et la Slet, Société de location d'équipements téléphoniques privés. En 1976, Alsthom absorbe les Chantiers de l'Atlantique, qui devient Alsthom-Atlantique. Alsthom-Atlantique étant contrôlé en totalité par la CGE. La Générale de services téléphoniques (GST) est créée, à la suite de la prise de contrôle de trois sociétés d'installation téléphonique. C'est aussi l'époque du début des surfacturations aux PTT puis à France Télécom. En 1978, sa filiale GST fait des acquisitions. En 1979, la société Téléphonie industrielle et commerciale est créée, elle est chargée de commercialiser les produits de Telic et de CIT Alcatel. En 1979, CGE prend une participation de 34 % au capital de Locatel, qui fournit au groupe CGE un réseau de de vente. En 1981, le TGV bat le record du monde de vitesse sur rail avec (rame ). En 1990, la rame portera ce record à . En 1982, CGE est nationalisée ; Ambroise Roux démissionne mais restera président d'honneur de la CGE jusqu'à son décès, en 1999. Jean-Pierre Brunet devient président de la CGE, qui prend le contrôle de la Sesa (SSII). Alcatel compte alors . En 1983, les activités de télécommunications publiques et de communication d'entreprise de Thomson-CSF sont regroupées au sein d'une société de portefeuille Thomson Télécommunications. En 1983, dans le cadre des accords CGE-Thomson, les sociétés Thomson Jeumont Câbles et Kabeltel sont acquises par les Câbles de Lyon. En 1983, La Transac est cédée à Bull, alors que ses effectifs dépassent . En 1984, Georges Pébereau devient président de la CGE. En 1985, Alsthom-Atlantique prend la dénomination Alsthom. En 1985, CIT-Alcatel et Thomson Télécommunications fusionnent ; la nouvelle société est dans un premier temps appelée Alcatel-Thomson puis prend le nom d'Alcatel (25 milliards de francs de chiffre d'affaires et environ ) sous la houlette de la compagnie générale d'électricité (CGE). En 1985, CGE annonce d'emplois, dont des licenciements « secs », ce qui est inédit pour un groupe nationalisé placé sur un « secteur d'avenir ». En 1986, Pierre Suard accède à la présidence du groupe. CGE entre à hauteur de 40 % dans le capital de Framatome. Les Câbles de Lyon deviennent une filiale d'Alcatel. En 1987, la CGE est privatisée. La Générale Occidentale de Jimmy Goldsmith est acquise, détenant notamment "L'Express". Alsthom participe à l'équipement du réseau TGV Atlantique et prend la tête du consortium d'entreprises françaises, belges et anglaises chargées du réseau nord du TGV. La SSII Sesa est vendue au groupe Cap Gemini Sogeti En 1988, Alcatel NV, une société de droit néerlandais, est créée à la suite de l'accord conclu avec ITT Corporation qui cède ses activités télécommunications à la CGE (filiale allemande : SEL (Standard Elektrik Lorenz), filiale belge : Bell, filiale espagnole : Sesa). La société choisit l'anglais comme langue de travail internationale. Alcatel NV est numéro 2 mondial des équipementiers Telecom. En 1989, Alsthom fusionne avec la branche GEC Power Systems du groupe britannique General Electric Company, la nouvelle entité, GEC Alsthom, est une coentreprise franco-britannique, filiale commune de GEC et de la CGE. CGEE-Alsthom prend le nom de Cegelec. En 1990, un accord entre CGE et Fiat Group est signé, Alcatel prend le contrôle de Telettra, filiale de Fiat, spécialisée dans les systèmes de transmission, et Fiat devient majoritaire dans la CEAC (Compagnie Européenne d'Accumulateurs). Les Câbles de Lyon acquièrent les Câbleries de Dour (Belgique) et des activités câbles d'Ericsson aux États-Unis. Un accord sur la composition du capital de Framatome est signé, la CGE en détenant 44,12 %. La CGE devient Alcatel-Alsthom puis Alcatel. En 1991, la Compagnie générale d'électricité prend la dénomination Alcatel Alsthom. Alcatel Alsthom achète la division systèmes de transmission du groupe américain Rockwell Technologies. Câbles de Lyon devient Alcatel Cable et rachète AEG Kabel. En 1992, Alcatel-Alsthom détient 42% de Framatome constructeur d'une grande partie du parc nucléaire français, le CEA est à 36%, les deux autres actionnaires étant EDF et le Crédit Lyonnais. En 1993, Alcatel-Alsthom acquiert STC Submarine Systems, une division de Northern Telecom Europe (qui deviendra Nortel). Alcatel Câble devient leader mondial du câble détenant environ 40 % du marché mondial des câbles sous-marins de télécommunication à fibres optiques. La capacité de production atteindra de câble optique par an. Le milieu des années 1990 est marqué par l'Affaire des surfacturations à France Télécom qui coûte son poste au PDG Pierre Suard. En 1995, Serge Tchuruk devient Président-directeur général d'Alcatel Alsthom. Il entreprend de réorganiser la société pour la recentrer sur les télécommunications. En 1995, un cycle d'investissements massifs commence dans les réseaux des opérateurs, ce qui fait le bonheur des équipementiers (Bulle Internet 1995-2000). La croissance rapide de l’Internet fait qu'une part non négligeable des achats des opérateurs se font dans l'optique et l'IP, les grandes multinationales des télécoms se livrent une guerre sans merci à coups de milliards de dollars pour prendre le contrôle de jeunes sociétés ayant les savoir-faire technologiques requis. Elles achètent souvent trop cher et, parfois, sans réelle stratégie, simplement pour imiter les concurrents. Le prix des acquisitions flambe. En 1995, Alcatel Alsthom vend l'Express à la Compagnie européenne de publications. En 1998, Alcatel Alsthom décide avec GEC de vendre en bourse la majorité (52 %) du capital de GEC Alsthom, chacun en conservant 24 %. Celle-ci, ainsi indépendante, décide de prendre le nom d'Alstom, sans h. Alcatel Alsthom, quant à elle, reprend le nom Alcatel. Elle ne compte plus alors que . La filiale d'électricité Cegelec est revendue à Alstom. Alcatel acquiert la société DSC pour 26 milliards de francs, fortement implantée auprès des opérateurs américains. En 1998, Alcatel acquiert les sociétés américaines Packet Engines pour 315 millions de dollars, Xylan pour 2 milliards de dollars. En 1999, Alcatel cède le contrôle de Framatome à la Cogema qui en devient l'actionnaire industriel de référence En 1999, Alcatel acquiert Assured Access pour 350 millions de dollars et Internet Devices, spécialisées dans les réseaux et solutions pour l'Internet. Alcatel porte sa participation dans Thomson CSF à 25,3 % et réduit sa participation dans Framatome à 8,6 %. En 2000, Alcatel acquiert la société canadienne Newbridge, un des derniers grands indépendants du secteur, leader mondial des réseaux en technologie ATM pour 7 milliards de dollars. En 2000, avec une part de marché de 56 %, Alcatel est le numéro un mondial dans la technologie d'accès réseau large bande ADSL, permettant la navigation internet à partir de la ligne téléphonique des abonnés des opérateurs historiques en premier lieu. Alcatel a investi, au cours des deux dernières années, 16 milliards de dollars en Amérique du Nord (y compris l'acquisition de Newbridge). Il vend l'activité modem DSL grand public à Thomson Multimedia. Il acquiert la société américaine Genesyslab, leader mondial des centres de contact, et la société canadienne Innovative Fibers, leader mondial des filtres optiques en DWDM. En 2000, la bulle Internet éclate, les équipementiers telecom sont surendettés par rapport à la capitalisation boursière en forte baisse sur les années 2000-2002. Dans le même temps, les chiffres d'affaires des équipementiers plongent, celui d'Alcatel de plus de 40 %. Comme les autres équipementiers, Alcatel est fragilisé, par la politique de crédit fournisseur aux opérateurs bousculés par la crise (2,5 milliards de dollars de risque). L'engagement peut être encore plus important par exemple pour 360networks dont Alcatel est à la fois le fournisseur et l’actionnaire à hauteur de 700 millions de dollars. 360networks fait faillite en juillet 2001. À la suite de l'éclatement de la bulle Internet, Alcatel est contrainte de passer des provisions et des dépréciations d'actifs de plus de 3 milliards d'euros (19,68 milliards de francs) en 2001 (stock et composants accumulés, dépréciation de la valeur de la participation dans l'opérateur canadien 360networks, survaleur des acquisitions de Xylan et de Packet Engines). En 2001 Alcatel introduit en bourse sa filiale « câbles de cuivre et composants » qui deviendra Nexans, tout en conservant dans son giron l'activité « câbles de télécommunications sous-marins » . Alcatel conserve 20 % du capital. En 2001, Alcatel cède de sa participation de 24 % dans Alstom. Le groupe acquiert 48,83 % d'Alcatel Space détenus par Thales portant ainsi la participation d'Alcatel à 100 %. Sa participation dans Thales est réduite à 20 %, via une cession de 4,2 % de sa participation dans Thales. Alcatel cède sa participation de 2,2 % dans Areva (ex Framatome). En 2002, Alcatel finalise l'acquisition d'Astral Point Communications, société américaine spécialisée dans les systèmes métropolitains optiques SONET de prochaine génération. Il cède ses activités microélectroniques à STMicroelectronics. Il sort du capital de Thomson (ex TMM). À la suite de la stratégie « "fabless" » du Président en pleine bulle Internet, l'usine de Brest est vendue à Jabil Circuits après un audit économique et social mené par Cluny Finance (« "due diligences" »). Alcatel prend le contrôle de 50 % d'Alcatel Shanghai Bell, finalise l'acquisition de Telera, cède 10,3 millions de titres Thales, ramenant ainsi la participation d'Alcatel de 15,83 % à 9,7 %, et cède de 1,5 million de titres Nexans, ramenant la participation d'Alcatel de 20 % à 15 %. À la bourse de Paris, le CAC 40 perd 60 %, entre son pic du 4 septembre 2000 et le octobre 2002. Il cède 18 % sur le seul mois de juillet. Les trois sociétés les plus touchées sont les trois plus endettées : France Télécom, Vivendi et Alcatel perdent chacune plus de 90 % en 2002. En 2003, Alcatel, vend 50 % de sa participation dans Atlinks, un fabricant de téléphones résidentiels, à Thomson. Alcatel acquiert iMagicTV, fournisseur canadien d'applications et de services qui permettent au fournisseur de service de créer, de distribuer et de gérer la télévision numérique et les services média sur les réseaux haut débit. Il acquiert également TiMetra société privée basée dans la Silicon Valley, qui produit des routeurs. Il vend sa division Composants Optiques à Avanex, la division Saft Batteries à Doughty Hanson. Alcatel et Draka créent le leader mondial du câble optique. En 2004, Alcatel vend Saft, une division du groupe spécialisée dans les batteries à Doughty Hanson. Alcatel et TCL Communication Technology Holdings Limited forment une coentreprise de téléphonie mobile. Cette nouvelle société est détenue à 55 % par TCL et 45 % par Alcatel. Alcatel et Draka ont combiné leur activité de fibres optiques et de câbles de communications. Draka détient 50,1 % et Alcatel 49,9 % de cette nouvelle société, Draka Comteq B.V. Alcatel a acquis la société américaine eDial, un leader dans la fourniture de services de conférence et de collaboration pour les sociétés et les compagnies de téléphonie. Alcatel a vendu 7,1 millions d'actions d'Avanex, ramenant sa participation sous 20 %. Alcatel a finalisé l'acquisition de la société américaine Spatial Communications (connu sous le nom de Spatial Wireless), un leader dans la fourniture des logiciels et des solutions de switchs mobiles multi-standard. En novembre, Alcatel rachète la société française Right Vision basée à Sophia Antipolis, leader dans le domaine des Internet Appliances. Le but de cette acquisition est la fourniture de solutions de convergence voix/données. En 2005, les entreprises chargées du déploiement du système de localisation par satellite Galileo sont désignées le : Alcatel, EADS, Finmeccanica et Thales. Alcatel et Finmeccanica créent le leader européen des satellites, et le mondial : Alcatel Alenia Space. Le désengagement total d'Alcatel du capital de Nexans est effectif en 2005. Le bilan du recentrage du groupe, durant la décennie 1995-2005, vers les télécommunications, est défavorable sur les plans industriels, valeurs, sociaux. En , Alcatel et l'Américain Lucent Technologies annoncent leur fusion, donnant naissance à un des leaders mondiaux des infrastructures de télécommunications. Au même moment, Thales acquiert l’activité spatiale et satellites d’Alcatel, contre une montée d’Alcatel à 21,6 % dans son capital, Thales récupère la participation des 2/3 d’Alcatel dans Alcatel Alenia Space et celle du 1/3 d’Alcatel dans Telespazio. Les parts complémentaires restent détenues par Finmeccanica. Le , l'achat de Lucent Technologies par Alcatel devient effectif, sous le nom Alcatel-Lucent. Patricia Russo devient directrice générale du groupe, Serge Tchuruk devient président du conseil d'administration - président non exécutif. Organisation et Direction. Filiales. Avant sa fusion avec Lucent en 2006, Alcatel possédait plusieurs filiales : Informations financières. Indices Développement durable. Alcatel était coté dans quatre indices développement durable majeurs : Dow Jones Sustainability World (depuis septembre 2005), FTSE4Good (depuis 2002), ASPI Eurozone (depuis septembre 2005) et Ethibel (depuis janvier 2005). Le groupe a été évalué par ces indices en termes de gouvernance d'entreprise, de politique de ressources humaines, de responsabilité sociale dans la chaîne d'approvisionnement, de gestion de l'environnement, de réduction de la fracture numérique, de dialogue avec les parties prenantes et de citoyenneté d'entreprise. L'entrée dans ces indices est la reconnaissance de l'engagement de l'entreprise pour concilier développement économique et responsabilités sociales et environnementales et mettre en œuvre des plans d'action efficaces en accord avec les principes du Pacte Mondial des Nations unies. Données boursières. Alcatel disposait dans ses statuts d'un système de limitation des droits de vote. Selon celui-ci, , voire 16 % s'il dispose de droits de vote doubles. Actionnaires. Actionnaires principaux Voir aussi. Arts et littérature. La CGE et son histoire sont au centre de "Comédies Françaises", un roman d’Eric Reinhardt publié en 2020. Le roman est consacré au lobbying et décrit comment Ambroise Roux, patron de la CGE, a obtenu du président Valéry Giscard d'Estaing en 1974-1975, au début des surfacturations aux PTT, l'abandon du plan Calcul, d'Unidata, de la Délégation Générale à l'Informatique, et du Réseau Cyclades.
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Juillet 2003
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Archaea Les archées () ou Archaea (du grec ancien , « originel, primitif »), anciennement appelés archéobactéries, sont des microorganismes unicellulaires procaryotes, c'est-à-dire des êtres vivants constitués d'une cellule unique qui ne comprend ni noyau ni organites, à l'instar des bactéries. D'apparence souvent semblable à ces dernières, les archées ont longtemps été considérées comme des bactéries extrêmophiles particulières, jusqu'à ce que les recherches phylogénétiques sur les procaryotes, commencées en 1965<ref name="10.1016/0022-5193(65)90083-4"> .</ref>, aboutissent, avec les travaux de Carl Woese et George E. Fox<ref name="10.1073/pnas.74.11.5088"> .</ref>, à la publication en 1977 d'un arbre phylogénétique fondé sur les séquences des gènes d'ARN ribosomique des organismes étudiés, arbre dans lequel les procaryotes étaient scindés en deux domaines distincts, celui des bactéries et celui des "archées"<ref name="10.1007/BF01796092"> .</ref><ref name="10.1038/441289a"> .</ref>. On sait aujourd'hui que l'arbre des eucaryotes prend naissance parmi des archées d'Asgård. Ainsi les archées forment un clade avec les Eukaryota mais constituent un groupe paraphylétique situé à la base de ces derniers. Du point de vue de leur génétique, leur biochimie et leur biologie moléculaire, les archées sont des organismes aussi différents des bactéries que des eucaryotes. Les enzymes réalisant la réplication de l'ADN, la transcription de l'ADN en ARN ainsi que la traduction de l'ARN messager en protéines chez les archées sont apparentées à celles des eucaryotes et non à celles des bactéries, de même que la présence d'histones dans le matériel génétique des archées rapproche ces dernières des eucaryotes et les distingue des bactéries. Par ailleurs, les gènes des archées possèdent des introns et leur ARN messager subit des modifications post-transcriptionnelles, ce qui est le cas également chez les eucaryotes mais pas chez les bactéries. D'autre part, certaines archées possèdent des voies métaboliques qui n'existent ni chez les bactéries ni chez les eucaryotes, comme la méthanogenèse chez les archées méthanogènes, tandis que les archées dans leur ensemble sont dépourvues d'acide gras synthase, contrairement à la fois aux bactéries et aux eucaryotes : elles font un usage très limité des acides gras, et leur membrane plasmique est constituée essentiellement d'étherlipides, à la différence des bactéries et des eucaryotes. Un autre trait propre aux archées est la présence chez certaines d'entre elles d'une paroi cellulaire constituée de pseudopeptidoglycane, ou "pseudomuréine". Les archées ont longtemps été vues comme des organismes essentiellement extrêmophiles présents notamment dans les sources hydrothermales océaniques, les sources chaudes volcaniques ou encore les lacs salés, mais on en a découvert depuis dans toute une variété de biotopes qui ne sont pas nécessairement extrêmes, tels que le sol, l'eau de mer, des marécages, la flore intestinale et orale et même le nombril humain. Les archées seraient particulièrement nombreuses dans les océans, et celles faisant partie du plancton constitueraient l'un des groupes d'organismes les plus abondants de la Terre. Les archées interviennent par ailleurs de façon non négligeable dans le cycle du carbone et le cycle de l'azote. On ne connaît pas vraiment d'exemple d'archée pathogène ou parasite, mais elles sont souvent mutualistes ou commensales. Les archées méthanogènes de l'intestin humain et des ruminants participent ainsi favorablement à la digestion. Descriptif. La taille et la forme des archées sont généralement semblables à celles des bactéries, bien que certaines espèces d’archées présentent une forme inhabituelle, comme "Haloquadratum walsbyi" dont la cellule est plate et carrée. En dépit de ces similitudes visuelles avec les bactéries, les archées s’en distinguent par certains caractères biochimiques, comme la constitution de la membrane cellulaire. De plus, elles présentent des gènes et des voies métaboliques semblables à ceux rencontrés chez les eucaryotes, notamment les enzymes impliquées dans le mécanisme de réplication de l'ADN, la transcription et la traduction. Les archées utilisent une plus grande variété de sources d’énergie que les eucaryotes : composé organique comme les sucres, l’ammoniac, les ions métalliques et même l’hydrogène gazeux comme nutriments. Les "Halobacteria" utilisent la lumière solaire comme source d’énergie, et certaines espèces d’archées peuvent fixer le carbone. Cependant, il n’y a pas d’espèces d’archées connues capables de réaliser ces deux phénomènes, comme le font les plantes chez les eucaryotes et les cyanobactéries. Les archées se reproduisent de manière asexuée et se divisent par fission binaire, fragmentation ou bourgeonnement. Par opposition aux bactéries et aux eucaryotes, aucune espèce d’archées identifiée à ce jour n’est capable de former des spores. Les archées sont extrêmement diversifiées. Certaines sont connues pour leur capacité à vivre dans des conditions extrêmes et occupent des niches écologiques qu'elles sont souvent seules à occuper (pH proche de 0, température supérieure à , salinité élevée par exemple), mais il existe beaucoup d’archées vivant dans des biotopes plus courants et très variés comme le sol, les lacs, la mer ou l’intestin des animaux. Ces procaryotes sont maintenant ainsi reconnus comme une part majeure du vivant sur Terre, ils peuvent jouer un rôle dans le cycle du carbone et le cycle de l'azote. Il n’y a pas d’exemple clairement reconnu d’archées pathogènes ou parasites, mais il existe des espèces mutualistes ou commensales. Par exemple, les archées méthanogènes du tractus intestinal de l’homme et des ruminants participent à la digestion des aliments. Les archées ont également une importance en technologie, avec par exemple l’utilisation des méthanogènes pour produire des biogaz ou leur participation au traitement des eaux usées. Par ailleurs, les enzymes des archées extrêmophiles, résistantes aux températures élevées et aux solvants organiques, sont exploitées en biotechnologie. Classification. Nouveau domaine. Au début du , les procaryotes étaient considérés comme un seul groupe d'organismes et classés en fonction de leur biochimie, de leur morphologie et du métabolisme. Par exemple, les microbiologistes essayaient de classer les micro-organismes sur la base des structures de leurs parois cellulaires, leurs formes, et les substances qu'ils consomment. Cependant, une nouvelle approche a été proposée en 1965 qui permet d’étudier les liens de parentés entre les procaryotes en utilisant les séquences des gènes de ces organismes. Cette approche, connue sous le nom de la phylogénétique, est la méthode utilisée aujourd'hui. Les archées ont d'abord été classées comme un groupe distinct des procaryotes en 1977 par Carl Woese (professeur à l'université de l'Illinois à Urbana aux États-Unis) et George E. Fox dans les arbres phylogénétiques fondés sur les séquences de l’ARN ribosomique 16S (ARNr) des gènes. Ces deux groupes ont été initialement nommés les eubactéries et archaeobactéries et traités comme sous-règne ou règne. Woese fait valoir que ce groupe de procaryotes est fondamentalement différent des bactéries. Pour souligner cette différence, et pour insister sur le fait qu’ils composent, avec les eucaryotes, trois domaines bien distincts du vivant, ces deux domaines ont plus tard été renommés "Archaea" et "Bacteria". Le mot archées vient du grec ancien , qui signifie « choses anciennes ». Pour leur part, d'autres comme Thomas Cavalier-Smith considéraient que les archées, alors appelées "Archaebacteria", ne sont qu'un embranchement ("phylum") des "Unibacteria" dans le règne des bactéries. Dans un premier temps, seules les bactéries méthanogènes, isolées initialement par Carl Woese, ont été placées dans ce nouveau domaine et les archées ont été considérées comme des extrêmophiles qui n'existent que dans les habitats tels que les sources chaudes et les lacs salés : Woese découvre en 1979 les hyperhalophiles (genre "Halobacterium") puis les thermoacidophiles ("Thermoplasma acidophilum", "Sulfolobus acidocaldarius"), Karl Stetter isole en 1981 une archée anaérobie hyperthermophile, "Pyrococcus furiosus". À la fin du , les microbiologistes se sont rendu compte que les archées sont en fait un grand groupe diversifié d'organismes qui sont très répandus dans la nature et qui sont communs dans une diversité d’habitats, tels que les sols et les océans. Cette nouvelle appréciation de l’importance et de l'ubiquité des archées a été rendu possible grâce à la réaction en chaîne par polymérase pour détecter les procaryotes dans des échantillons d'eau ou de sol à partir de leurs acides nucléiques. Cela permet la détection et l'identification d'organismes qui ne peuvent pas être cultivés en laboratoire, ou dont la culture est difficile. Classification actuelle. Ces organismes ont longtemps été regroupés sous le terme générique de « procaryotes » avec les bactéries par opposition aux eucaryotes. Pour les différencier, les microbiologistes avaient élaboré un système de comparaison et de classification fondé sur de petites différences visibles au microscope, ainsi que sur des différences physiologiques (capacité à se développer sur un certain milieu par exemple). Dès qu'il a été question d'élucider les relations généalogiques entre les différents procaryotes, les biologistes ont dû se rendre à l'évidence : les différences nutritionnelles et phénotypiques ne permettraient pas de classer correctement les différents organismes. Au cours des , les biologistes ont pris conscience de l'existence irremplaçable d'information, au cœur même des cellules des êtres vivants, permettant de déterminer la phylogénie, l'ADN. Le gène identifié dans une cellule est le variant d'un gène qui a existé il y a de très nombreuses années. La comparaison gène à gène entre deux organismes permet donc de mesurer le temps écoulé depuis la divergence à partir de l'ancêtre commun. Carl Woese s'est rendu compte que l'ARN ribosomique (ou ARNr, une des molécules contenues dans la cellule) des organismes qu'il étudiait permettait de mettre en évidence l'existence de deux groupes clairement séparés : les bactéries et les archéobactéries. Plus précisément, les ARNr des archées sont en fait aussi différents des ARNr des bactéries que de ceux des eucaryotes. Woese en a conclu qu'il ne fallait plus uniquement séparer en deux grands groupes le monde du vivant, en fonction de la présence ou de l'absence d'un noyau, mais plutôt en trois domaines primitifs : les bactéries, les archées et les eucaryotes. De nombreuses études confirment le caractère monophylétique de l'ensemble constitué des archées et des eucaryotes (mais pas des archées seules). Ces microorganismes ressemblent par leur forme aux bactéries, mais d'un point de vue moléculaire, si certains de leurs traits les rapprochent des bactéries, d'autres les rapprochent plutôt des eucaryotes. Il n'est donc pas possible de présenter les archées comme des ancêtres des bactéries. Le classement des archées, et des procaryotes en général, est à la fois en évolution rapide et un domaine litigieux. Sur la base de critères uniquement métaboliques, les archées ont été divisées en quatre grands groupes selon qu'elles sont méthanogènes, halophiles, thermophiles ou sulfo-dépendantes. Les systèmes de classifications actuels visent à organiser les archées en groupes d'organismes qui partagent des caractéristiques structurelles et des ancêtres communs. Ces classifications s'appuient fortement sur l'usage de la séquence des gènes de l'ARN ribosomique pour révéler les relations entre les organismes (phylogénétique moléculaire). La plupart des archées cultivables sont membres de deux principaux embranchements : "Euryarchaeota" et "Crenarchaeota". D'autres groupes ont été provisoirement créés. Par exemple, les espèces propres "Nanoarchaeum equitans", qui ont été découvertes en 2003, ont été classées dans un nouveau phylum : "Nanoarchaeota". Un nouveau phylum, "Korarchaeota", a également été proposé ; il contient un petit groupe d'espèces thermophiles inhabituelles qui partagent les caractéristiques des deux principaux embranchements, mais qui sont plus étroitement liées aux "Crenarchaeota". Récemment mises en évidence, d'autres espèces d'archées, tels que les "" (ARMAN), qui ont été découvertes en 2006, sont liées seulement de loin aux autres groupes antérieurement connus. Le superphylum "TACK" a été proposé en 2011, pour regrouper les "Thaumarchaeota", "Aigarchaeota", "Crenarchaeota" et "Korarchaeota" L'archée "Loki", identifiée en 2015 par son génome qualifié de "Candidatus" en nomenclature bactérienne, appartiendrait, du point de vue phylogénétique, à l'embranchement le plus proche des eucaryotes. De nouvelles lignées d'archées, apparentées à "Loki", ont été identifiées dans les sédiments aquatiques par analyse métagénomique. Les archées "Odin", "Thor" et "Heimdall", formeraient, avec "Loki", le super-embranchement "Candidatus" "Asgard", proposé en 2017 d'après le nom du royaume des dieux de la mythologie nordique. Une autre étude du NCBI indique que les archées d'Asgård et les Eukaryotes formeraient un clade monophylétique nommé Eukaryomorpha. Liste des embranchements. Selon LPSN et proposés Origine et évolution. Bien que les fossiles connus de cellules procaryotes aient été datés de près de d'années, la plupart des procaryotes n'ont pas de morphologies distinctives et les formes des fossiles ne peuvent pas être utilisées pour les identifier comme étant des archées. Par contre, les fossiles chimiques, sous la forme des lipides caractéristiques des archées, donnent plus d'informations, car ces composés n’existent pas dans d'autres groupes d'organismes. Certaines publications ont suggéré que des lipides fossiles provenant de procaryotes ou d’eucaryotes étaient présents dans les schistes datant de d'années. Depuis, ces données ont toutefois été sujettes à question. Ces lipides ont également été détectés dans des roches datant du Précambrien. Les plus anciennes traces connues de ces lipides isopréniques proviennent des roches de la formation d'Isua à l'ouest du Groenland, qui comprennent des sédiments formés il y a d'années et qui sont les plus anciens sur Terre. Une "fossilisation expérimentale" est partie du principe que les premiers fossiles (> ) se sont formés par silicification, c'est-à-dire via la précipitation de silice sur des structures cellulaires). On a fossilisé en laboratoire des souches différentes d'Archées (' et "Pyrococcus abyssi") et de Bactéries (' et "" sp.) jugées proches des micro-organismes (thermophiles, anaérobies et autotrophes) qui ont colonisé la Terre primitive (et proches d'organismes qui auraient éventuellement pu avoir vécu sur la Planète Mars). Leur observation en microscopie électronique (MEB, MET, Cryo-MEB) a donné des indications morphologiques utiles pour le repérage de vrais fossiles anciens (à ne pas confondre avec des structures prébiotiques de type sphères submicrométriques, tubules et éléments filamenteux ou d'apparence fibreuses possiblement issus d'une simple chimie organique) ; de même pour des analyses chimiques (GC, GC-MS, HPLC) ont apporté des données sur la dégradation/préservation de la matière organique durant ce processus de fossilisation par silicification. Ce travail a confirmé que certains micro-organismes qui ne se silicifient pas : ainsi l'archée "M. jannaschii" s'est rapidement lysée alors que "P. abyssi, Geobacillus sp." et "C. aurantiacus" se silicifiaient mais avec une intensité propre à chaque espèce. Certains de ces micro-organismes lors de la silicification tentent d'y survivre en produisant des EPS (Exopolysaccharides) ou via un mécanisme de répulsion de la silice. Les fossiles déjà découverts ne sont donc pas nécessairement représentatifs des espèces réellement présentes à l'époque (ni de leur nombre ou dominance). Woese propose que les bactéries, les archées et les eucaryotes représentent trois lignées séparées qui aurait divergé à partir d’une colonie d'organismes ancestrale. D’autres biologistes, comme Gupta ou Cavalier-Smith, cependant, ont proposé que les archées et les eucaryotes proviennent d'un groupe de bactéries. Il est possible que le dernier ancêtre commun des bactéries et des archées soit un organisme thermophile, ce qui soulève la possibilité que la vie soit apparue dans des conditions de températures élevées. Cette hypothèse n’est toutefois pas approuvée par l’ensemble de la communauté scientifique. Par ailleurs, le fait que les archées sont plus proches des eucaryotes que des bactéries, conduit à penser le terme procaryote n'a pas de pertinence phylogénétique et devrait être rejeté. La relation entre les archées et les eucaryotes reste un sujet d'importance. En plus des similitudes dans la structure cellulaire et les mécanismes biochimiques qui sont discutées ci-après, de nombreux arbres phylogénétiques groupent les archées et les eucaryotes ensemble. Toutefois, la découverte de gènes provenant d’archées dans le génome de certaines bactéries, telles que "Thermotoga maritima", complique l'analyse des relations entre organismes, étant donné l’importance des transferts horizontaux de gènes. Une théorie totalement différente, non basée sur les axiomes courants d'ancêtre commun d'une lignée et de différenciation arborescente, est la théorie endosymbiotique. Selon celle-ci, les eucaryotes se sont développés à partir d’une fusion entre des bactéries et des archées, fusion elle-même découlant de l'évolution d'une relation symbiotique. Cette théorie est aujourd'hui largement acceptée en raison de la variété de faits connus qui la soutiennent. Au sein des archées, le groupe le plus proche des eucaryotes est le superphylum des archées d'Asgård ("Asgardarchaeota"). Leur génome code une série de protéines identiques ou similaires à des protéines qu'on pensait spécifiques des eucaryotes, et notamment l'actine qui forme le cytosquelette. Les mitochondries proviendraient quant à elles de l'endosymbiose d'une rhodobactérie (une alpha-protéobactérie). Génome et génétique. Les archées ont généralement un seul chromosome circulaire. Le plus grand génome archéen séquencé à ce jour est celui de "Methanosarcina acetivorans" avec alors que le génome de "Nanoarchaeum equitans", le plus petit séquencé fait un dixième de cette taille avec seulement . Il est estimé que le génome de "Nanoarchaeum equitans" comporte codant des protéines. Les éléments extrachromosomiques, appelés plasmides sont également présents chez les archées. Ces plasmides peuvent être transférés entre les cellules par contact physique, dans un processus qui pourrait être similaire à la conjugaison bactérienne. Reproduction. La reproduction des archées a lieu de manière asexuée par division binaire, par fission multiple ou par fragmentation. La méiose ne se produit pas, tous les descendants ont le même matériel génétique. Après la réplication de l’ADN, les chromosomes sont séparés et la cellule se divise. Les détails du cycle cellulaire des archées ont fait l'objet de quelques études dans le genre "Sulfolobus". Ce cycle a des caractères qui sont similaires à la fois des systèmes eucaryotes et bactériens. Selon les espèces d’archées, les chromosomes sont répliqués à partir de un ou plusieurs points de départ (origines de réplication) à l'aide d'ADN polymérases qui ressemblent aux enzymes équivalentes des eucaryotes. Toutefois, les protéines de la division cellulaire, tels que la protéine FtsZ (""), qui forme un anneau contractant autour de la cellule, et les composants de la cloison naissante dans le cœur de la cellule, sont similaires à leurs équivalents bactériens. S’il existe des spores chez les bactéries et les eucaryotes, elles n’ont jamais été mises en évidence dans toutes les archées connues. Certaines espèces de "Haloarchaea" peuvent subir des modifications phénotypiques et croître avec différents types de cellules, incluant des parois épaisses. Ces structures qui sont résistantes aux permettent aux archées de survivre dans l'eau à de faibles concentrations en sel, mais ce ne sont pas des structures de reproduction et elles ne peuvent aider à la dispersion dans de nouveaux habitats. Diversité des archées, habitat. Caractéristiques cellulaires. Les archées sont très diverses, aussi bien d'un point de vue morphologique que physiologique. Ce sont des êtres unicellulaires avec une taille variant entre , mais certains se développent pour former des filaments ou des agrégats (filaments jusqu'à ). Elles peuvent être sphériques (coques), spirales, en forme de bâtonnet (bacilles), rectangulaires… Elles font preuve d'une grande diversité de modes de reproduction, par fission binaire, bourgeonnement ou fragmentation. Métabolisme. D'un point de vue nutritionnel, elles se répartissent en de très nombreux groupes, depuis les chimiolithoautotrophes (tirant leur énergie de gradients chimiques d'origine non biologique) aux organotrophes. D'un point de vue physiologique, elles peuvent être aérobies, anaérobies facultatives ou strictement anaérobies. Habitat. Les archées existent dans une large diversité d'habitats et sont une composante importante des écosystèmes de la planète. Elles peuvent contribuer jusqu'à 20 % des cellules microbiennes dans les océans. De nombreuses archées sont extrêmophiles, et les milieux extrêmes étaient initialement considérés comme leur niche écologique. En effet, certaines archées vivent à des températures élevées, souvent supérieures à , que l'on rencontre dans les geysers, les fumeurs noirs et des puits de pétrole. D'autres se trouvent dans des habitats très froids et d'autres en milieu très salé, acide ou dans l'eau alcaline. Toutefois, d'autres espèces d’archées sont mésophiles et poussent dans des conditions beaucoup plus douces, dans les marais, les eaux usées, les océans et les sols. Les archées extrêmophiles sont membres des quatre principaux groupes physiologiques. Ce sont les halophiles, thermophiles, alcalophiles et acidophiles. Ces groupes n’ont pas de lien avec leur embranchement dans la classification phylogénétique. Néanmoins, ils sont un point de départ utile pour la classification. Les halophiles, par exemple le genre "Halobacterium", vivent dans des environnements salins, tels que les lacs salés (Grand Lac Salé de l’Utah), le littoral marin, les marais salants, la mer Morte, avec des concentrations en sel jusqu'à 25 %. Les membres de l'ordre des "Halobacteriales" ("Haloferax", "Halobacterium", "Halococcus", "Halorubrum", "Natrinema", "Natronococcus"…) sont des exemples d’archées halophiles. Elles ont souvent une pigmentation rouge à jaune à cause des caroténoïdes et sont responsables de la coloration de certains lacs (Lac Magadi au Kenya par exemple). Les thermophiles se développent mieux à des températures supérieures à , dans des lieux tels que les sources d'eau chaude ; les archées hyperthermophiles sont définies comme celles qui se développent au mieux à une température supérieure à . "Pyrococcus", "Methanopyrus", "Thermococcus", "Sulfolobus", "Pyrodictium" sont des exemples d’archées hyperthermophiles. "Pyrobaculum" provient de réservoirs profonds de pétrole chaud. "Pyrolobus fumarii" est capable de se multiplier jusqu'à . Une étude récente a montré que la de "Methanopyrus kandleri" pousse à , ce qui est la température la plus élevée enregistrée à laquelle un organisme est encore capable de se développer. D’autres archées peuvent croître dans des conditions très acides ou alcalines. Par exemple, l'une des archées acidophiles les plus extrêmes est "Picrophilus torridus", qui croît à un pH de 0, ce qui équivaut à d'acide sulfurique. Des études plus récentes ont montré que les archées existent non seulement dans les environnements mésophile et thermophile, mais également à basse température, parfois en grand nombre. Ainsi, les archées sont communes dans les environnements océaniques froids tels que les mers polaires. Les archées sont en fait présentes en grand nombre dans tous les océans du monde dans la communauté planctonique (dans le cadre du picoplancton). Bien que ces archées puissent représenter jusqu'à 40 % de la biomasse microbienne, presque aucune de ces espèces n’a été isolée et étudiée en culture pure. Par conséquent, notre compréhension du rôle des archées dans l'écologie des océans est rudimentaire, de sorte que leur influence sur les cycles biogéochimiques mondiaux reste largement inexplorée. Certaines "Crenarchaeota" marines sont capables de nitrification, suggérant que ces organismes jouent un rôle important dans le cycle de l'azote océanique, bien qu’elles puissent également utiliser d'autres sources énergétiques. Un grand nombre d’archées sont également présentes dans les sédiments qui recouvrent le fond de la mer et constitueraient la majorité des cellules vivantes à des profondeurs de plus d'un mètre dans ces sédiments. Les archées méthanogènes (productrices de méthane) des marais sont responsables des gaz des marais (Poitevin par exemple). Beaucoup d’archées méthanogènes sont présentes dans le tube digestif des ruminants ("Methanomicrobium", "Methanosarcina"), des termites ou des humains. Des études portant sur la faune nombrilienne (les micro-organismes vivant dans le nombril humain) ont démontré la présence d'archées à cet endroit. Archées et santé humaine. Jusqu'à aujourd'hui, il n'y a pas de démonstration claire qu'il existe des archées pathogènes, bien que des relations aient été proposées entre la présence d'archées méthanogènes et de maladies parodontales. Bien qu’un grand nombre d’archées ne soient aujourd’hui pas cultivables en laboratoire, de nombreuses espèces peuvent être cultivées en utilisant des milieux de culture adaptés et en reproduisant au mieux les conditions environnementales de leurs habitats naturels. Les effets des archées présentes dans le nombril humain n'ont pas encore été étudiés. Comparaison entre archées, eubactéries et eucaryotes. Les archées sont semblables aux bactéries par beaucoup d’aspects de leur structure cellulaire et de leur métabolisme. Cependant, les mécanismes et les protéines impliqués dans les processus de réplication, de transcription et de traduction présentent des traits similaires à ceux rencontrés chez les eucaryotes. Les particularités des archées par rapport aux deux autres domaines du vivant (bactéries et eucaryotes) sont les suivantes :
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AND AND est un code qui peut signifier : AND est un sigle qui peut signifier : And est une abréviation, qui signifie : And ou AND peut aussi désigner :
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Ahmôsis II (ou , , ou encore Amasis, d'après Manéthon) est un pharaon de la (Basse époque de l'Égypte antique), régnant de -571 environ, à -526. Règne. Ahmôsis, général des mercenaires libyens (berbères), et d’origine "libyenne" lui-même, s'est couvert de gloire, dans l'expédition contre les Kouchites organisée par le pharaon . Après l'expédition désastreuse que son prédécesseur et chef, le nouveau pharaon Apriès, envoie à Cyrène, pour limiter l'expansion grecque en Cyrénaïque, Amasis est "mandaté" par le pouvoir en place pour tenter d'apaiser les nombreux mécontentements ; mais "la foule", au lieu de "se calmer", convainc Ahmôsis de renverser Apriès, et de lui succéder comme monarque, ce qu'il fait vers -570. Parallèlement, c'est à cette époque que , roi de Babylone, menace tout le Proche-Orient, au cours de nombreuses campagnes, qui l'ont opposé, entre autres "cibles", à Apriès ; ayant déjà attaqué en vain l'Égypte par deux fois, en -601, et sous le règne de ce dernier en -582, il reçoit plus tard ce pharaon déchu à sa cour, et le place à la tête d'une puissante armée pour essayer de (re)conquérir l'Égypte. Mais, à la bataille finale, en -567, écrase Apriès, et celui-ci est fait prisonnier. Babylone ayant cependant conquis toute la Judée (de là date l'exil des Hébreux à Babylone), Amasis mène alors une politique étrangère radicalement opposée au roi babylonien. À la mort de , il mène une campagne au Proche-Orient, et va même envahir Chypre, qu'Apriès avait attaquée la dernière année de son règne (-570) pour se replier en cas d'échec au Liban. C'est donc la première et seule fois, avant les Ptolémée(s), que Chypre se voit administrée par un pharaon égyptien. est alors le maître incontesté de l'Égypte, d'Éléphantine, île en amont du Nil, où il installe une sorte de "ghetto" pour les Juifs, jusqu'au delta, mais avec une zone d'influence bien plus large, de Napata en Nubie - ce dont il hérite des campagnes militaires de son prédécesseur , voire de la dynastie "koushite" ayant précédé la leur -, jusqu'à Byblos au Proche-Orient, sans oublier Chypre, du moins jusqu'en -545 : la renaissance saïte est alors à son apogée, et a donc réussi à élever l'Égypte presque au niveau de ce qu'elle était au Nouvel Empire, en étant parti de peu de chose et dans un contexte défavorable. Son long règne est propice à une intense activité architecturale. Dans le delta du Nil, outre à Saïs et son grand temple de la déesse Neith, dont se déclare le fils, dans sa titulature, il fait bâtir un temple à Athribis, et accorde à Naucratis un statut particulier, l'autorisant à fonder et à construire des temples. Il intervient également à Memphis, et procède à l'enterrement d'un Apis, en l'an 23 de son règne, au Sérapéum de Saqqarah. Il fait reconstruire le sanctuaire d'Osiris, en Abydos, et édifie une chapelle dans l'enceinte d'Amon-Rê de Karnak, conjointement avec sa fille Nitocris, qu'il fait adopter par Ânkhnesnéferibrê comme divine adoratrice d'Amon. Au sud de la première cataracte, des traces de son intervention sur l'île de Philæ suggèrent que, dès l'époque saïte, ce lieu sacré avait déjà reçu des monuments dédiés à la grande déesse Isis. Il est également réputé avoir fondé, ou en tout cas agrandi, le temple oraculaire de l'Amon, de l'oasis de Siwa, sanctuaire dont la célébrité ira grandissante par la suite. entretient de bons rapports avec les Grecs. Allié à Cyrène, à Crésus de Lydie, à Polycrate de Samos, il envoie des offrandes à Delphes, et finance la reconstruction du temple d'Apollon, détruit par un incendie en -548, noue de nombreux contacts avec les cités grecques, et accueille de nouveaux contingents ioniens et cariens. Ayant obligé Chypre à se soumettre à l’Égypte, il dispose aussi d'une flotte commerciale considérable. Son action philhellène ne se limite pas à des actions militaires ou commerciales, car il est réputé avoir invité à sa cour de grands penseurs, philosophes ou mathématiciens grecs, tels Thalès et Pythagore. S'opposant à l'hégémonie perse, il va jusqu'à s'allier à son mortel ennemi, Babylone, pour les contrer. Cette alliance est officialisée dans un traité entre Babylone, Pharaon (c'est-à-dire lui-même), et Crésus le roi de Lydie. Malgré ses efforts et son réseau d’alliances, même avec l’ancien rival babylonien, il ne peut contenir l’expansion perse et, peu à peu, tous ses appuis disparaissent, à commencer par Crésus, battu par Cyrus, roi des Perses, et finalement Babylone. Pour alimenter cette subtile politique d'alliances, Amasis fait lever des impôts, notamment en prélevant une part des revenus du clergé, ce qui lui attire une certaine animosité, et la défiance d'une partie importante de la société égyptienne. Quelques mois avant sa mort, a lieu une bataille perdue par l'Égypte contre les Perses, en -526, et l'année suivante sera porté le coup fatal et final perse essuyé par son successeur. Personnage haut en couleur d'origine plébéienne, il fut un souverain novateur et réformateur. Il conçut un grand nombre de lois régissant le droit privé, auxquelles on continua de se référer des siècles plus tard. Son fils lui succède, de -526 à -525. Sépulture. On sait, par Hérodote, que la tombe d'Amasis était située dans l'enceinte du grand temple de Neith, à Saïs, où l'auteur grec l'aurait vue. Elle aurait été violée par les Perses, à la suite de la victoire de Cambyse sur le fils d', , victoire qui ouvre la première occupation du pays par l'empire achéménide. De son viatique funéraire, seuls quelques débris d'ouchebtis à son nom sont apparus sur les marchés des antiquités, ou ont été trouvés lors de fouilles sporadiques qui ont eu lieu sur le site de Saïs. L'une de ces statuettes funéraires fragmentaires est exposée au Musée Petrie, à Londres. Le sarcophage du roi n'a jamais été retrouvé jusqu'à ce jour.
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Ammout Dans la mythologie égyptienne, Âmmout, , est la déesse qui, lors de la pesée du cœur, dévore les âmes des humains jugés indignes de continuer à vivre dans l'au-delà. Elle est représentée avec un corps d’hippopotame, une tête de crocodile et des pattes avant de lion. Après le règne d' (Akhenaton), elle figure sur presque toutes les scènes peintes représentant le jugement du mort par le tribunal d'Osiris. On la trouve attendant aux côtés de Thot et d'Osiris, dans la "salle du jugement des deux vérités", le verdict de la cérémonie de la "pesée du cœur", où le cœur du défunt est déposé dans une balance dont le contre-poids est la plume de la vérité (symbole de Maât). Si le cœur du défunt est plus lourd que la plume de Maât, c'est qu'il est chargé de trop de péchés, et Âmmout est chargée de dévorer son cœur, empêchant ainsi l'âme du coupable de retrouver son corps pour ressusciter dans le monde des morts. Elle est associée au démon Babaï.
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Ammut
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Ammit
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Aha Aha est un génie bénéfique de la mythologie égyptienne. Son nom signifie "le combattant". Ancêtre de Bès, il est représenté sous les traits d'un gnome au visage rond ceint d'une crinière, aux oreilles de félin, aux membres longs et à la large queue. Influent jusqu'au Moyen Empire, il est un génie protecteur des femmes enceintes et des enfants. Il est aussi représenté comme beaucoup de génies de la fécondité, comme un serpent avec une barbe tressée et coiffé de la couronne pschent.
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Amset Amset est un génie anthropomorphe de la mythologie égyptienne. C'est la divinité protectrice du foie des morts. Elle est représentée sous la forme d’un homme momifié. Son lieu de culte est associé à la ville de Bouto dans le delta du Nil. Il est l’un des quatre génies funéraires appelés « enfants d'Horus » qui avaient pour mission de garder les viscères du corps du défunt. À partir de la fin de la , les bouchons des vases canopes sont modelés à l’image des divinités qui les protègent. Le vase canope qui renferme le foie protégé par Amset, est coiffé d'un couvercle qui représente une tête humaine. Pour que le pouvoir s’accomplisse et qu’il protège les organes momifiés, ce génie doit être associé à une déesse et à un point cardinal. Pour Amset c’est le Sud et la déesse Isis. Les enfants d'Horus représentés sur les vases canopes :
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Aldous Huxley Aldous Huxley, né le à Godalming (Royaume-Uni) et mort le à Los Angeles (États-Unis), est un écrivain, romancier et philosophe britannique, membre de la famille Huxley. Il est diplômé du Balliol College de l'université d'Oxford avec une mention très bien en littérature anglaise. Auteur de près de cinquante ouvrages, il est surtout connu pour ses romans, dont "Le Meilleur des mondes", roman d’anticipation dystopique, pour des ouvrages non romanesques, comme "Les Portes de la perception", qui retrace les expériences vécues lors de la prise de drogue psychédélique, et pour un large éventail d'essais. Au début de sa carrière, Huxley a dirigé le magazine "Oxford Poetry" et publié des nouvelles et des poésies. Au milieu de sa carrière et plus tard, il a publié des récits de voyage et des scénarios cinématographiques. Il a passé la dernière partie de sa vie aux États-Unis, vivant à Los Angeles de 1937 jusqu'à sa mort. En 1962, un an avant sa mort, il est élu Compagnon de littérature par la Royal Society of Literature. Huxley était humaniste, pacifiste et satiriste. Il s'est également intéressé à des sujets spirituels tels que la parapsychologie et le mysticisme philosophique, en particulier l'universalisme. Vers la fin de sa vie, Huxley fut largement reconnu comme l'un des intellectuels prééminents de son temps. Il a été nommé sept fois pour le prix Nobel de littérature. Biographie. Jeunesse. Famille. Aldous Huxley naît le à Godalming, dans le Surrey (Royaume-Uni), fils de l'écrivain Leonard Huxley et de sa première épouse, Julia Huxley. Son grand-père, Thomas Henry Huxley, est un des plus importants naturalistes du , surnommé le « Bouledogue de Darwin ». Son frère Julian Huxley est un biologiste connu pour ses théories sur l'évolution. La famille de sa mère, quant à elle, est plutôt littéraire. Huxley est un enfant fragile, mais fin d'esprit et doué intellectuellement. Son père, en plus d'être écrivain, exerce le métier d'herboriste, et Aldous commence à s'instruire dans le laboratoire botanique de son père, avant d'entrer à l'école Hillside, dont sa mère fut directrice jusqu'à ce qu'elle tombe gravement malade. À l'âge de neuf ans, il entre dans un internat. Dès lors, il est préparé à défendre ses idées. Sa mère, Julia, meurt en 1908, alors qu'Aldous n'a que quatorze ans. Le même mois, sa sœur Roberta trouve la mort dans un accident dont les circonstances n'ont pas été relatées. Trois ans plus tard, Aldous contracte une maladie (keratitis punctata) qui endommage gravement sa vision pour deux ou trois ans. Son grand frère Trev se suicide en 1914. Études. Quasiment aveugle, Aldous est déclaré inapte au service lors de la Première Guerre mondiale. Une fois rétabli, ne pouvant plus devenir médecin, il étudie la littérature anglaise au Balliol College d'Oxford. Il porte un intérêt grandissant à la littérature. Cet intérêt est avant tout d'ordre intellectuel. Ce n'est que bien plus tard qu'il prend conscience de l'importance des sentiments dans son expression philosophique et littéraire. Alors qu'il poursuit son éducation au Balliol College, Huxley n'est plus entretenu financièrement par son père et doit gagner sa vie. Il donne des cours de français à Eton College, où étudient Eric Blair (plus tard connu sous le nom célèbre de George Orwell) et Steven Runciman. C'est un professeur incompétent, incapable de discipline, mais il impressionne par son langage. Pendant une courte période en 1918, il est employé à l'intendance du ministère de l'Air, mais ne désire pas faire carrière dans l'administration (ni dans les affaires). Son besoin d'argent le conduit à mettre en application ses talents littéraires. Écrivain. Il termine son premier roman (non publié) à l'âge de dix-sept ans et se tourne de façon décisive vers l'écriture à l'âge de vingt ans. Il publie alors des poèmes. Journaliste, critique musical et critique d'art, il voyage et fréquente l'intelligentsia européenne de l'époque. Musicien, ami du compositeur russe Igor Stravinsky, il rencontre aussi les surréalistes à Paris. Il écrit de nombreux essais littéraires sur ces thèmes. Profondément préoccupé par les bouleversements que connaît la civilisation occidentale, il écrit pendant les années 1930 de grands romans, sur les graves menaces que fait peser le mariage du pouvoir, du progrès technique et des dérives de la psychologie telles le béhaviorisme ("Le Meilleur des mondes"), contre la guerre et le nationalisme ("La Paix des profondeurs"). Adepte, comme de nombreux intellectuels et artistes anglo-saxons, de la technique mise au point par Frederick Matthias Alexander, il fait apparaître celui-ci dans "La Paix des profondeurs". Entre-deux-guerres. Déjà reconnu comme satiriste et chroniqueur pendant la Première Guerre mondiale, Huxley passe la majeure partie de son temps à Garsington Manor, propriété de Lady Ottoline Morrell où se réunissent les membres du groupe de Bloomsbury tels que Bertrand Russell ou Alfred North Whitehead. Plus tard, dans "Jaune de Crome" (1921), il caricature la manière de vivre à Garsington. En 1919, il y fait la connaissance de Maria Nys, une réfugiée belge. Cette même année, John Middleton Murry, le second mari de la romancière Katherine Mansfield et proche ami de D. H. Lawrence, lui propose de rejoindre l'équipe rédactionnelle du magazine "Athenaeum" : Huxley accepte immédiatement cette offre et épouse rapidement Maria Nys à Bellem, le 10 juillet 1919. Ils ont ensemble un enfant, Matthew, qui deviendra épidémiologiste. Au début des années 1920, le couple part vivre avec leur jeune fils en Italie où Huxley rend de fréquentes visites à son ami D. H. Lawrence. Après la mort de ce dernier, survenue en 1930, Huxley publie sa correspondance (1932). En 1926, il écrit un roman à fort succès "Contrepoint" (publié en 1928), où il donne une vision ironique de la "society". Certains de ses personnages se rapprochent des mondains de Balzac ou d'André Gide. Selon André Billy, . En 1936, il parraine avec Alexis Carrel, le Centre d'étude des problèmes humains fondé par Jean Coutrot, qui deviendra en 1941 sous le régime de Vichy la fondation française pour l'étude des problèmes humains. En 1937, Huxley s'installe à Hollywood en Californie avec sa femme et son ami . Heard initie Huxley à la philosophie védanta et à la méditation. Il devient alors végétarien et commence à pratiquer le yoga. Dans son livre "La Fin et les Moyens" (1937), Huxley affirme que dans les civilisations modernes la plupart des individus s'accordent dans le même désir d'un monde de liberté, de paix et de justice, d'amour fraternel, mais ne sont pas capables de s'accorder sur la manière d’y parvenir. Ce livre enquête ensuite sur les raisons de la confusion et du désaccord, et sur les moyens d'y remédier. Pendant la plus grande partie de sa vie, sa vue reste très basse (malgré la guérison partielle qui lui avait permis d’étudier à Oxford). Vers 1939, il entend parler de la méthode Bates pour l’amélioration de la vision naturelle, et d’un professeur, Margaret Corbett, qui peut lui apprendre cette méthode. Il révèle que sa vue s’est radicalement rétablie grâce à cette méthode dans "L'Art de voir", publié en 1942 aux États-Unis (1943 au Royaume-Uni). Il y déclare que pour la première fois depuis , il a pu lire sans lunettes et sans effort. À cette période, il gagne très bien sa vie en écrivant des scénarios pour Hollywood. Cet argent lui permet d'aider des Juifs, des écrivains et des artistes fuyant l'Allemagne nazie. Il écrit, notamment, l’adaptation à l’écran d"Orgueil et préjugés" (1940) et de "Jane Eyre" (1944). De 1945 à la fin de sa vie. Après la Seconde Guerre mondiale, Huxley demande la citoyenneté américaine, qui lui est refusée parce qu’il refuse d’envisager de prendre les armes pour défendre les États-Unis. Par la suite, ses écrits sont fortement influencés par le mysticisme et par ses expériences hallucinatoires avec la mescaline, que lui fait connaître le psychiatre Humphry Osmond en 1953. Les expériences psychédéliques de Huxley sont racontées dans les essais : "Les Portes de la perception" et "Le Ciel et l'Enfer", dont les titres s'inspirent directement de l’œuvre du poète visionnaire William Blake, "Le Mariage du Ciel et de l'Enfer". Selon Dick Huemer, Huxley a participé au début des années 1940 à la première des cinq réunions préliminaires à l'élaboration du scénario dAlice au pays des merveilles ("1951) et n'est jamais revenu. Pour John Grant, malgré le personnage la Chenille (qui peut rappeler les expériences d'Huxley en matière d'hallucinogènes), sa participation au film est inexistante. L’épouse d'Aldous Huxley, Maria, meurt d’un cancer du sein en 1955 ; en 1956 il se remarie avec , elle-même auteur, et qui écrit une biographie de son mari. En 1960, on diagnostique chez lui un cancer de la gorge. Durant les années suivantes, sa santé se détériore. Trente ans après sa contre-utopie "Le Meilleur des mondes" il écrit le roman utopique "Île", et donne des cours sur les « potentialités de l’être humain » à l’Institut Esalen. En 1959, Huxley, qui était resté citoyen britannique, refuse le titre de "Knight Bachelor" que lui offre le gouvernement Macmillan. Huxley, régulièrement invité à s’exprimer dans de prestigieuses universités américaines, développe des idées similaires à celles que J. B. Priestley, un écrivain qui lui est contemporain, expose dans son livre "Les Magiciens" : Dans un autre de ses discours, prononcé à l'université de Californie à Los Angeles le , Huxley expose en détail sa vision d'une société totalitaire et en profite pour comparer la vision de George Orwell dans "1984" avec la sienne, qu'il juge bien plus efficace et durable. Il note également que certaines des techniques de contrôle des populations imaginées trente ans plus tôt étaient dorénavant disponibles ou sur le point de le devenir. Mort et postérité. Sur son lit de mort, incapable de parler à cause d'un cancer de la gorge avancé, Huxley demande par écrit à son épouse : « LSD, , i.m. ». Il n'avait pas pris de psychoactif depuis près de deux ans et il faut savoir que le LSD est le plus proche équivalent existant du remède-moksha (psychédélique utilisé par les protagonistes de son roman "Île"). Elle lui fait une première injection de puis il entre dans un état de méditation et de béatitude extatique que sa femme identifie comme un état de complet amour. Après une deuxième injection, accompagné par sa femme et ses mots d'amour, il meurt paisiblement, le . L'annonce de sa mort par les médias est éclipsée par celle de John F. Kennedy, survenue le même jour, tout comme celle de l'écrivain irlandais C. S. Lewis. Spiritualité et engagements. Pacifisme. Militant pacifiste dans l'entre-deux guerres, il est membre de la . Il publie "Pacifism and philosophy" (1935), "Encyclopædia of pacifism" (1937) et la préface de l'édition anglaise de "Le pouvoir de la non-violence" ("The Power of non-violence") de Barthélemy de Ligt. Il est auteur de "The Politics of Ecology: The Question of Survival" (1963). Méditation. À la fin des années 1930, initie Huxley à la philosophie védanta et à la méditation. Il devient alors végétarien et commence à pratiquer le yoga. En 1938, Huxley se lie d'amitié avec Jiddu Krishnamurti, dont il admirait les enseignements. Il devient en même temps un « védantiste » dans le cercle de , et il introduit Christopher Isherwood dans ce même cercle. Huxley publie, en 1948, une anthologie des valeurs communes à certaines religions "La Philosophie éternelle", dans laquelle il discute des doctrines des grands courants mystiques. Psychotropes. Les écrits d'Huxley à partir de 1945 sont fortement influencés par le mysticisme et par ses expériences hallucinatoires avec la mescaline, que lui fait connaître le psychiatre Humphry Osmond en 1953. Il a décrit ces années où il s'est soumis aux psychotropes comme un paradis habituellement arrosé de bourbon. Il a été un des premiers à faire l'expérience des drogues psychédéliques sur lui-même, dans une quête d’illumination, et il est connu pour avoir pris de LSD sur son lit de mort. Les expériences psychédéliques de Huxley sont racontées dans les essais : "Les Portes de la perception" et "Le Ciel et l'Enfer", dont les titres s'inspirent directement de l’œuvre du poète visionnaire William Blake, "Le Mariage du Ciel et l’Enfer". Le titre du premier essai inspirera plus tard à Jim Morrison et à son groupe le nom de « "The Doors" ». Les écrits de Huxley sur les expériences psychédéliques seront des classiques pour les premiers hippies. À partir de cette époque, il fréquente beaucoup la région de Big Sur avec d'autres écrivains progressistes. Grâce à Gerald Heard, Huxley rencontre Huston Smith, qui devient plus tard un spécialiste reconnu et prolifique des religions. Les deux amis initient Smith au Védanta et à la pratique de la méditation. Plus tard, alors que Huxley est professeur invité au Massachusetts Institute of Technology, il présente Smith à Timothy Leary, ce qui amena des épiphanies que Smith présenta dans son dernier livre, "Purification des Portes de la Perception". Par ses expériences avec les drogues, Huxley ne cherchait pas seulement une exaltation indéterminée, vague, mystérieuse et individuelle, mais cherchait plutôt à atteindre ce qu'on appelle parfois le « haut mysticisme » ; il préférait le terme de "philosophie éternelle", qu'il donna à l’un de ses livres sur ce sujet. Pendant les années cinquante, l’intérêt de Huxley pour le domaine de la recherche psychologique ne cesse de croître. Pendant presque un an, au début des années cinquante, Huxley et le psychiatre Milton Erickson consacrent beaucoup de temps à préparer une étude commune sur les différents états de conscience. Leur projet prend fin lorsqu'un incendie de broussailles détruit la maison de Huxley à Los Angeles et leurs carnets respectifs pour cette étude. Ses idées seront à la base du Mouvement du potentiel humain. Science et conscience. Les idées de Huxley sur les rôles spécifiques de la science et de la technologie dans la société (tels qu'il les a décrits dans "Île") sont parentes de celles de penseurs britanniques et américains du , tels que Lewis Mumford, Gerald Heard (et, sous certains aspects, Buckminster Fuller et E. F. Schumacher). En France, son roman "Brave New World", traduit en 1932, a fortement influencé les « personnalistes gascons » Bernard Charbonneau et Jacques Ellul dans leur analyse du phénomène technique et du conformisme social (pour Charbonneau, il est un « romancier complet qui saisit l'individu dans la réalité de son environnement social »). C'est aussi par l'entremise d'Huxley que Jacques Ellul a pu faire paraître son ouvrage "La technique ou l'enjeu du siècle" en 1954 aux États-Unis. Ces idées trouveront un écho dans les générations suivantes chez des personnes comme Stewart Brand. Style et thèmes d'écriture. Parmi les penseurs humanistes, Huxley fut considéré comme un intellectuel pour les intellectuels. Bien que les contraintes financières l’aient souvent amené à produire des articles et des livres en abondance, sa pensée et ses meilleurs écrits lui valent une haute estime. Ses œuvres ont été régulièrement inscrites dans la liste d’étude des cours de philosophie britannique moderne dans les lycées et universités d’Amérique. Il fut l’un des penseurs du honorés dans "Leaders of Modern Thought" (« Les Grands penseurs modernes ») des éditions Scribner (un volume de biographie et de critique littéraire par P. Thody, "Aldous Huxley"). Œuvres. Romans. Les dates correspondent à la première publication en langue originale.
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Amenhotep III ' (né vers -1411/-1403, et mort à Malqata vers -1353/-1352), ou ' en grec ; Amāna-Ḥātpa en égyptien ancien, qui signifie "Amon est satisfait", est le neuvième pharaon de la (période du Nouvel Empire). Manéthon l’appelle Aménophis. Il règne trente-huit ans et sept mois, mais certains égyptologues pensent à une corégence avec son fils à la fin de sa vie. On situe son règne aux alentours de -1391/-1390 à -1353/-1352. est le fils de et de Moutemouia, une concubine de son père. Son règne est une période de prospérité et de splendeur artistique sans précédent, alors que l’Égypte atteint l’apogée de sa puissance artistique et internationale. Lorsqu’il meurt, son fils lui succède en tant que , mais change ultérieurement son propre nom royal pour Akhenaton. compte parmi les plus grands bâtisseurs de l’Égypte ancienne. Généalogie. est le fils de et de la reine Moutemouia, laquelle assume la régence lorsqu'il monte sur le trône à l'âge de dix / douze ans. Sa grande épouse royale est Tiyi, fille de Youya (Prophète de Min) et Touya (ou Tyouyou). Il l’associe étroitement au pouvoir et à la fin de sa vie, alors qu'il est très malade, la reine va l'aider énormément dans la gestion de l'État. Il épouse aussi, en l’ de son règne, Giloukhepa (ou Gilu-Hepa), la fille de l’empereur du Mittani . Il épouse ensuite la sœur du roi de Babylone, Tarhoundaradou, la fille du roi d’Arzawa, Tadukhipa (ou Taduhepa), la fille de Tushratta, nouveau roi du Mitanni autour de l’an 36 de son règne, une fille de , roi de Babylone, une fille du dirigeant d’Ammia (en Syrie moderne) et enfin ses deux filles Iset et Satamon. Tiyi lui donne sept enfants : le futur , Satamon, Iset, Henouttaneb, Nebetâh, Baketaton et Thoutmôsis dont l’existence est incertaine. Certains égyptologues pensent que Smenkhkarê (futur pharaon) pourrait être un fils qu' aurait eu avec Satamon. Ses filles apparaissent souvent sur des statues et reliefs durant le règne de leur père et sont aussi représentées sur des objets plus petits – à l’exception de Nebetâh. Nebetâh est attestée une seule fois dans les sources historiques, sur un groupe de statues colossales faites de calcaire de Médinet Habou. Cette immense sculpture, qui mesure sept mètres de haut, montre et Tiyi assis l’un à côté de l’autre « avec trois de leurs filles se tenant debout en face du trône – Henouttaneb, la plus large et la mieux préservée, au centre ; Nebetâh à droite ; et une autre, dont le nom a été détruit, à gauche. » élève deux de ses filles au titre de grande épouse royale durant la dernière décennie de son règne. Il était courant qu’un pharaon épouse des femmes royales de différentes générations afin de solidifier les chances de succession. La déesse Hathor elle-même était liée à Rê d'abord en tant que mère, puis comme femme et fille du Dieu. Ainsi, les mariages d’ à deux de ses filles ne sont pas invraisemblables. Des preuves que Satamon avait déjà été promue à ce titre en l’an 30 de son règne sont fournies par une inscription sur un vase découvert au palais royal de Malqata. Règne. mène l’Égypte à l’apogée de sa puissance. Ce n’est pas un guerrier. Durant son long règne, une seule expédition militaire est attestée en Nubie en l’an 5 de son règne, pour réprimer une révolte. va préférer maintenir la supériorité de l'Égypte par la diplomatie et il va chercher à renforcer les relations avec le puissant Mittani. Des accords commerciaux sont pris avec Chypre : un important quota de bois et de cuivre est fixé pour l'importation en Égypte, ce qui apporte à l'île une exemption de droits de douane. Quand en l'an 2 de son règne (-1406), il prend pour épouse Tiyi, qui devient la grande épouse royale, il commande une série de grands scarabées dont le verso relate l'événement et que l'on retrouvera disséminés dans tout l'empire. Le scribe du roi, Amenhotep fils de Hapou, favori, directeur de tous les travaux du roi (architecte royal) est un « Premier ministre » de fait. Mérymosé devient vice-roi de Koush après Amenhotep. Durant son règne, Bakenkhonsou est grand prêtre d'Amon. La fin de son règne est marqué par une dégradation de la situation internationale. Les princes mittaniens de Syrie, pourtant alliés de l'Égypte, sont attaqués par une nouvelle puissance venue du Hatti, en la personne de l'empereur des Hittites, Soupilouliouma. Amenhotep n'intervient pas pour venir à leur secours, malgré les appels des princes. L’Égypte, au contraire, signe un traité avec le Hatti. Le prince de Qadesh et le roi d'Amourrou (Liban) intriguent pour former une coalition de petits États : là encore, Amenhotep laisse faire. Ces négligences vont laisser à son fils un empire où le désordre s'est installé. Économie et société. L’Égypte, grâce à l’or nubien, est la première puissance financière du monde. On assiste à un développement des grandes villes en Égypte, surtout celles qui sont résidences royales (Thèbes, Memphis). Les Shardanes, peut-être originaires de Sardes, en Asie Mineure, sont employés comme mercenaires d’élite par . Arts, cultures et religions. Il entreprend de nombreux chantiers depuis la Nubie jusqu'au nord du pays. Il fait agrandir considérablement le complexe de Karnak en y faisant construire le temple de Louxor par son architecte Amenhotep fils de Hapou (qui, à l'instar d'Imhotep, l'architecte de Djéser, sera divinisé à titre posthume). L'élégance des formes architecturales et des proportions culmine alors (colonnes florales fasciculées à Louxor notamment). Il fait également construire un immense château de millions d'années en face de Thèbes, dont il ne reste aujourd'hui que les colosses dit « de Memnon ». On note sous son règne un raffinement des formes de l'art officiel (statuaire, relief, peinture). L'ouverture du pays se poursuit sous le règne d' et un syncrétisme religieux s'opère entre les dieux d'Égypte et ceux d'Asie. Le roi du Mittani envoie à Amenhotep la statue miraculeuse de la déesse Ishtar de Ninive. On considère parfois qu' est l'un des initiateurs de l'art amarnien. Il est l’introducteur de la religion d’Aton qui va être suivie par son fils. Sépulture. Sa tombe est située dans la vallée des Singes, un ouadi secondaire de la vallée des Rois. Elle fut découverte en 1898, dès les premières explorations de la vallée. Le tombeau, vidé de ses trésors dès l'Antiquité, a beaucoup souffert des nombreuses visites et du temps. Des parties de fresques ont été également prélevées, défigurant les parois du tombeau. Peu d'objets ont échappé au pillage en dehors de quelques ouchebtis exposés dans différents musées du monde. En janvier 2011, pendant la révolution égyptienne, des chercheurs de l’université de Bâle font deux découvertes dans la vallée des Rois. Un tombeau codifié KV64 contenant deux momies, une princesse de l’époque d’ et une aristocrate de la ; un second tombeau, codifié KV40, déjà connu mais jamais fouillé. Les archéologues y découvrent plus de quatre-vingt-dix corps – la plupart appartenaient à des femmes contemporaines d'. Ce tombeau est interprété comme pouvant avoir servi à recueillir les corps d’un grand nombre des femmes du harem d' surnommé le « pharaon aux mille épouses ». Titulature. Dans l'Égypte antique, la « titulature royale » est l'ensemble des noms officiels par lesquels un pharaon est désigné dans les textes légaux et les grandes inscriptions dédicatoires.
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Aviation civile L'aviation civile désigne tout ce qui est relatif à l'aviation non militaire. Cela englobe ainsi le transport civil de passagers et de marchandises, et en France les questions de . Le trafic augmente régulièrement (5,5 milliards de passagers en 2013) avec Atlanta comme premier aéroport (l'aéroport de Paris-Charles-de-Gaulle étant au mondial). Elle traite aussi de l'aviation d'affaires, du vol libre, de la voltige aérienne, des rallyes aériens, du parachutisme, de l'aéromodélisme et des autorisations concernant les drones ou des vols de ballons et d'ULM, de l'industrie aérospatiale et aussi dans certains pays de l'industrie spatiale . Le secteur de l'aviation civile est responsable de nuisances aériennes et a un impact significatif sur le climat. L'aviation civile allemande est gérée par le ministère fédéral des transports (Department for Transport ou DfT) aussi chargé des Infrastructures numériques (Bundesministerium für Verkehr und digitale Infrastruktur, BMVI), en lien avec une "autorité fédérale de l’aviation" (Luftfahrt Bundesamt - LBA) et la DFS (Deutsche Flug Sicherung Gmbh), société pour la sécurité aérienne allemande qui est l'opérateur pour la navigation aérienne (société de droit privé détenue entièrement par l’État et financée par des redevances), mais les Lands ont aussi quelques responsabilités dans l'aviation civile. Dans le monde. Au niveau international, c'est l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI), dépendant de l'Organisation des Nations unies (ONU), qui est chargée de l'élaboration de normes internationales pour le transport aérien civil. Le trafic aérien régulier mondial civil tend à former des alliances : trois alliances principales en 2013, avec la Star Alliance (créée en 1997) comme leader ont assuré 76 % des passagers kilomètres transportés (PKT) en 2013 (contre 75 % en 2012). Les deux autres grandes alliances sont SkyTeam (créé en 2000) et Oneworld (créée en 1998). Le trafic continue à croître : selon la DGAC, (5,2 % en Europe). Les attentats du 11 septembre 2001 puis la crise du SRAS et la crise de 2008 ont à peine influencé la courbe globale de croissance sur 15 ans. L'aviation est fortement détaxée et subventionnée, de sorte qu'elle compte aussi pour une part croissante des émissions de gaz à effet de serre dans le secteur des transports, avec un impact significatif sur le climat. Le trafic a atteint en 2013 3,1 milliards de passagers. Pour le trafic mesuré en "passagers kilomètres transportés" (PKT), il a 2013 atteint de PKT (+ 5,5 % par rapport à 2012). Et durant les neuf premiers mois 2014 le trafic aérien mondial a encore progressé de 2,7 %. Une partie de ces passagers ne font que changer d'avion dans l'aéroport : en Europe (27 % environ du trafic mondial), le trafic international représentait en 2014 3 fois le trafic intérieur européen. En France, comme aux États-Unis les fonctions d'opérateur de navigation et de régulation/surveillance sont assurées par la même entité (DGAC en France), ce qui est peu commun dans les pays développés ; selon la DGAC, ceci rend . En Europe. En Europe, l'aviation civile s'organise peu à peu autour de l'objectif du Ciel unique européen (projet SESAR) selon un calendrier fixé par le Parlement européen et le Conseil. Elle a généralement des fonctions de et le plus souvent d' clairement dissociées. Selon la DGAC (2014) . En 2013, le Royaume-Uni a connu le trafic le plus élevé avec de passagers (+3,1 % par rapport à 2012), et devant pays ayant compté plus de de voyageurs : Allemagne (171 millions de passagers, soit +1,2 % par rapport à 2012), Espagne (157 millions de passagers, soit -1,5 %), la France (138 millions de passagers soit +1,6 %), et l’Italie (115 millions, soit -0,7 %). Ryanair est pour l'Europe la première compagnie quant au nombre de passagers (82 millions en 2013), devant Air France-KLM (78 millions), Lufthansa (), et EasyJet (). Si le bilan est calculé en passagers kilomètres transportés, c'est Air France-KLM qui domine ( de PKT) devant Lufthansa() puis British Airways (), mais les bénéfices des compagnies low cost progressent (résultats d’exploitation : d’euros pour Ryanair et 591 millions d’euros pour EasyJet en 2013, alors qu'Air France/KLM était limité à d’euros). Aux États-Unis. La FAA gère toute l'aviation civile, y compris le contrôle de la navigation aérienne, qui en Allemagne, Italie, Espagne et Royaume-Uni a été confiée à un organisme indépendant. Hormis pour ce qui relève de la sécurité des personnels et des équipements de la FAA, la sûreté des transports aux États-Unis reste néanmoins assurée par une administration spécifique, la Transportation Security Administration (TSA), qui dépend du Department of Homeland Security. Elle inclut une entité dénommée Organisation du trafic aérien (ATO), et c'est la seule entité de ce type au monde à disposer en 2014 d'une structure consacrée au transport commercial spatial. Au Royaume-Uni. L'aviation civile est gérée par le département des transports (Department for Transport ou DfT) avec une “public corporation” : la "Civil Aviation Authority" (CAA) et la "National air traffic services" (NATS) qui est l'opérateur de navigation aérienne. En Allemagne. L'aviation civile allemande est gérée par le ministère fédéral des transports (Department for Transport ou DfT) aussi chargé des Infrastructures numériques (Bundesministerium für Verkehr und digitale Infrastruktur, BMVI), en lien avec une "autorité fédérale de l’aviation" (Luftfahrt Bundesamt - LBA) et la DFS (Deutsche Flug Sicherung Gmbh), société pour la sécurité aérienne allemande qui est l'opérateur pour la navigation aérienne (société de droit privé détenue entièrement par l’État et financée par des redevances), mais les Lands ont aussi quelques responsabilités dans l'aviation civil En Italie. L'aviation civile relève, sous l'autorité du Ministère des transports, de l’ENAC, qui a statut d'“entreprise publique non économique” (proche de l'établissement public français, et qui agit en lien avec l’ENAV (Ente nazionale per l’assistenza al volo), société par actions financée par les redevances, chargée de la navigation aérienne. En Espagne. C'est la Dirección General de Aviación Civil (DGAC) qui joue ce rôle sous tutelle de la direction du Ministerio de Fomento (Ministère du développement) chargé de la direction et la planification de la politique aéronautique civile, avec (depuis 2008) une "Agencia estatal de seguridad aérea" (AESA) sous le regard d'une autorité de surveillance (Agencia Estatal de Seguridad Aérea, AESA). L'opérateur national est ici l’AENA (Aeropuertos Españoles y Navegación Aérea) qui est le premier exploitant dans les principaux aéroports du pays ( espagnols et ). Dans le cadre de la libéralisation/privatisation des services, le gouvernement a confié le contrôle aérien à des entreprises privées pour aéroportuaires. En France. En France, c'est la Direction générale de l'Aviation civile (DGAC, en 2014) qui sous l'égide et la tutelle du MTES est l'organisme public garant de la sécurité du transport aérien français. , cette direction est aussi dont pour . Cette DGAC comprend Elle représente la France dans l'Organisation de l'Aviation civile internationale (OACI), l'Agence européenne de la sécurité aérienne, Eurocontrol. En 2013, 2,79 millions de vols ont été contrôlés (-0,7 % par rapport à 2012), ce qui fait de la France, pays très survolé, "". Il existe un « Observatoire de l'aviation civile » (OAC) qui publie annuellement un document d'analyse et de données statistiques, fournissant notamment des tendances d'évolution à court terme : En 2013, les aéroports ont accueilli de passagers (+ 2,1 % par rapport à 2012) dont à Paris ( de passagers, soit + 1,7 %) et avec de passagers dans les régions (+ 3,6 %) et de passagers en Outre-mer... avec des situations contrastée selon les aéroports, mais qui ont globalement bénéficié d'une légère baisse des prix du kérosène. Le nombre d'emplois directs (compagnies aériennes, entreprises d’assistance en escale, maintenance, gestionnaires d’aéroport) était en France en 2013 de environ, auxquels il faut ajouter les emplois du secteur de la sûreté aéroportuaire ( au ). L'industrie aéronautique employait en outre fin 2013). En mars 2021, l'Assemblée nationale approuve une proposition de la Convention citoyenne pour le climat visant à interdire les vols de courte distance, lorsqu'une alternative de moins de 2h30 en train est disponible.
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Auteur-compositeur-interprète Un auteur-compositeur-interprète ou, au féminin, une auteure-compositrice-interprète ou autrice-compositrice-interprète, en abrégé ACI, est une personne qui écrit les paroles et compose la mélodie des chansons qu'elle interprète. La musique est généralement finalisée avec l'aide d'un arrangeur. . Il s'agit d'un droit d'auteur qui lui confère des droits moraux (inaliénables) et des droits patrimoniaux (courant en France après la date de son décès et les années de guerre visées par la jurisprudence). L'œuvre est protégée si elle est originale, , et ce indépendamment de ses qualités artistiques ou esthétiques. Définitions et étymologie. Auteur-compositeur-interprète est une expression francophone constituée des mots : auteur, compositeur et interprète. Le terme dans sa forme complète composé des trois mots unis par deux tirets n’apparaît pas strictement dans le Dictionnaire de l'Académie française. Au mieux, l’Académie française reconnaît le terme « auteur-compositeur » qu’elle définit dans son "Dictionnaire" comme une "personne qui écrit des chansons et en compose la musique". "Auteur-compositeur, personne qui écrit des chansons et en compose la musique."Quant à l'interprète, dans le domaine de la musique, le mot désigne une personne "qui exécute une œuvre musicale"."Interprète, personne qui joue un rôle au théâtre ou au cinéma, qui exécute une œuvre musicale."En outre le fait pour l’Académie française de ne pas considérer ensemble les mots « auteur-compositeur » et « interprète » se retrouve dans le droit français, précisément dans le Code de la propriété intellectuelle, qui distingue d’une part les droits des auteurs (qui créent des œuvres de composition musicale) et d’autre part les droits des artistes-interprètes (qui chantent ou jouent les œuvres). Auteur. Un auteur est une personne qui est la cause première, qui est à l’origine de quelque chose ; initiateur, inventeur. Selon le Dictionnaire de l'Académie française, « La féminisation des noms de métiers et de fonctions se développant dans l’usage [...], il est à noter que les formes féminines autrice, auteur ou, moins bien, auteure se rencontrent également. » En étymologie, auteur est emprunté du latin "auctor" (), proprement « celui qui accroît », d’où « créateur, auteur d’une œuvre ». Compositeur. Dans le domaine de la musique, un compositeur ou une compositrice est une personne qui compose de la musique. Étymologiquement, compositeur est emprunté du latin "compositor" (), signifiant « qui dispose, qui arrange », « inventeur, auteur ». Du latin "compositor" (1274) (« qui pose avec »). Déverbal de "compositum", supin de "compono", avec le suffixe d’agent "-tor", de "pono" (« poser, placer »), avec le préfixe "com-" de "cum" (« avec »). Interprète. Un interprète ou une interprète est une personne qui joue un rôle au théâtre (par exemple dans comédie musicale) ou au cinéma (sur le plateau de tournage d'un film musical), qui exécute une œuvre musicale (dans un lieu public ou dans un studio d'enregistrement). En étymologie, interprète est emprunté du latin "interpres", "‑etis", (datant du ), signifiant « agent entre deux parties, intermédiaire », puis « interprète, traducteur ». Du latin "interpres", "interpretis" (« qui est entre le prix), de "pretium" (« prix ») et "inter- (« entre »)". Droit français. Un auteur-compositeur-interprète est une personne qui crée une composition musicale avec ou sans paroles et qui interprète elle-même cette œuvre en la chantant ou en la jouant par le moyen d'un instrument de musique. De ce fait, les auteurs-compositeurs-interprètes peuvent bénéficier du droit d'auteur prévu par les articles L111-1 à L139-1 du Code de la propriété intellectuelle, ainsi que du droit des artistes-interprètes fixé aux articles L212-1 à L212-15 de ce même code. Droit d'auteur. L’auteur d’une œuvre de l’esprit jouit sur cette œuvre, du seul fait de sa création, d'un droit de propriété incorporelle exclusif et opposable à tous . L'œuvre est réputée créée, indépendamment de toute divulgation publique, du seul fait de la réalisation, même inachevée, de la conception de l'auteur. Le droit de propriété sur l’œuvre comporte notamment des attributs d’ordre patrimonial . C’est-à-dire que l’auteur a le droit d’exploiter son œuvre. Le droit d'exploitation appartenant à l'auteur comprend le droit de représentation et le droit de reproduction . La représentation consiste dans la communication de l’œuvre au public par un procédé quelconque, et notamment : par présentation publique (par exemple, chanter sur une scène de concert) ; ou par la télécommunication de sons et d’images (par exemple, diffuser l’œuvre sur des sites Internet comme YouTube). La reproduction consiste dans la fixation matérielle de l’œuvre par tous procédés qui permettent de la communiquer au public d’une manière indirecte. Elle peut s’effectuer notamment par enregistrement magnétique (par exemple, enregistrer l’œuvre sur un disque dur d’un ordinateur). Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite sans le consentement de l'auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause est illicite. Il en est de même pour la traduction, l'adaptation ou la transformation, l'arrangement ou la reproduction par un art ou un procédé quelconque . Le droit de représentation et le droit de reproduction sont cessibles à titre gratuit ou à titre onéreux. L'auteur est libre de mettre ses œuvres gratuitement à la disposition du public, sous réserve des droits des éventuels coauteurs et de ceux des tiers ainsi que dans le respect des conventions qu'il a conclues. Droit des artistes-interprètes. Sont soumises à l'autorisation écrite de l'artiste-interprète la fixation de sa prestation, sa reproduction et sa communication au public, ainsi que toute utilisation séparée du son et de l'image de la prestation lorsque celle-ci a été fixée à la fois pour le son et l'image . La cession par l'artiste-interprète de ses droits sur sa prestation peut être totale ou partielle. Elle doit comporter au profit de l'artiste-interprète une rémunération appropriée et proportionnelle à la valeur économique réelle ou potentielle des droits cédés, compte tenu de la contribution de l'artiste-interprète à l'ensemble de l'œuvre et compte tenu de toutes les autres circonstances de l'espèce, telles que les pratiques de marché ou l'exploitation réelle de la prestation . Rapport avec certains fournisseurs de services de partage de contenus en ligne. Est qualifiée de fournisseur d'un service de partage de contenus en ligne la personne qui fournit un service de communication au public en ligne dont l'objectif principal ou l'un des objectifs principaux est de stocker et de donner au public accès à une quantité importante d'œuvres ou d'autres objets protégés téléversés par ses utilisateurs, que le fournisseur de service organise et promeut en vue d'en tirer un profit, direct ou indirect (par exemple YouTube). Cette définition ne comprend pas les encyclopédies en ligne à but non lucratif (comme Wikipédia), les répertoires éducatifs et scientifiques à but non lucratif, les plateformes de développement et de partage de logiciels libres, les fournisseurs de services de communications électroniques au sens de la directive (UE) 2018/1972 du 11 décembre 2018 établissant le code des communications électroniques européen, les fournisseurs de places de marché en ligne, les services en nuage entre entreprises et les services en nuage qui permettent aux utilisateurs de téléverser des contenus pour leur usage strictement personnel. En donnant accès à des œuvres protégées par le droit d'auteur téléversées par ses utilisateurs, le fournisseur d'un service de partage de contenus en ligne réalise un acte de représentation de ces œuvres pour lequel il doit obtenir l'autorisation des titulaires de droits, sans préjudice des autorisations qu'il doit obtenir au titre du droit de reproduction pour les reproductions desdites œuvres qu'il effectue . Exceptions. Lorsque l'œuvre a été divulguée, l'auteur ne peut interdire : Les reproductions ou représentations qui, notamment par leur nombre ou leur format, ne seraient pas en stricte proportion avec le but exclusif d'information immédiate poursuivi ou qui ne seraient pas en relation directe avec cette dernière donnent lieu à rémunération des auteurs sur la base des accords ou tarifs en vigueur dans les secteurs professionnels concernés. Les bénéficiaires des droits voisins du droit d'auteur tels que les artistes-interprètes ont des obligations similaires à celles des auteurs. Ces obligations sont prévues par l'article L211-3 du Code de la propriété intellectuelle . Par ailleurs, ils ne peuvent interdire les actes d'hyperlien . Rémunérations de l'auteur. En sa qualité d'auteur, une personne peut négocier des rémunérations dans le cadre de contrats conclus avec d'autres professionnels et avec des entreprises. Ces contrats sont encadrés par les règles du Code de la propriété intellectuelle. Par exemple : Un auteur peut exercer son activité avec le statut d'indépendant. Pour pouvoir se présenter officiellement comme professionnel indépendant, il doit avoir un numéro SIREN (système d'identification du répertoire des entreprises). Pour avoir ce numéro, il doit créer une entreprise en s'adressant au CFE (centre de formalités des entreprises) ou directement au greffe du tribunal de commerce le plus proche de son domicile. Après le dépôt, l'instruction et la validation de son dossier par les services administratifs, il recevra un numéro SIREN unique. Par la même occasion, il recevra son code APE (activité principale exercée) encore appelé code NAF (nomenclature d'activité française). Ce code est attribué en fonction des mots utilisés pour décrire l'activité exercée par l'auteur-compositeur-interprète. Selon la nomenclature d'activités française élaborée par l'INSEE (Institut national de la statistique et des études économiques) la sous-classe "90.03B : Autre création artistique" comprend notamment les activités des compositeurs de musique qui offrent leurs services des artistes indépendants et qui créent des œuvres originales d'auteurs et de compositeurs (morceau musical original et non la matrice sonore protégée par droit d'auteur faite à partir de celui-ci). Ces œuvres originales sont créées pour compte propre : elles sont réalisées pour être vendues, sans toutefois qu'un contrat ou un acheteur potentiel n'existe au préalable. Pour sa protection sociale, l'auteur cotise à l'Association pour la gestion de la sécurité sociale des auteurs (AGESSA). Rémunérations de l'artiste-interprète. Un auteur-compositeur-interprète peut également conclure certains contrats. Avec le statut de salarié. Tout contrat par lequel une personne s'assure, moyennant rémunération, le concours d'un artiste du spectacle (artiste de variétés, musicien, chansonnier, artiste de complément, artiste-interprète...) en vue de sa production, est présumé être un contrat de travail dès lors que cet artiste n'exerce pas l'activité qui fait l'objet de ce contrat dans des conditions impliquant son inscription au registre du commerce. La présomption de l'existence d'un contrat de travail subsiste quels que soient le mode et le montant de la rémunération, ainsi que la qualification donnée au contrat par les parties. Cette présomption subsiste même s'il est prouvé que l'artiste conserve la liberté d'expression de son art, qu'il est propriétaire de tout ou partie du matériel utilisé ou qu'il emploie lui-même une ou plusieurs personnes pour le seconder, dès lors qu'il participe personnellement au spectacle. La rémunération due à l'artiste à l'occasion de la vente ou de l'exploitation de l'enregistrement de son interprétation, exécution ou présentation par l'employeur ou tout autre utilisateur n'est pas considérée comme salaire dès que la présence physique de l'artiste n'est plus requise pour exploiter cet enregistrement et que cette rémunération n'est pas fonction du salaire reçu pour la production de son interprétation, exécution ou présentation, mais est fonction du produit de la vente ou de l'exploitation de cet enregistrement. Avec le statut d'indépendant. Un artiste-interprète peut exercer son activité avec le statut d'indépendant. Pour pouvoir se présenter officiellement comme professionnel indépendant, il doit avoir un numéro SIREN (système d'identification du répertoire des entreprises). Pour avoir ce numéro, il doit créer une entreprise en s'adressant au CFE (centre de formalités des entreprises) ou directement au greffe du tribunal de commerce le plus proche de son domicile. Après le dépôt, l'instruction et la validation de son dossier par les services administratifs, il recevra un numéro SIREN unique. Par la même occasion, il recevra son code APE (activité principale exercée) encore appelé code NAF (nomenclature d'activité française). Ce code est attribué en fonction des mots utilisés pour décrire l'activité exercée par l'auteur-compositeur-interprète. Selon la nomenclature d'activités française élaborée par l'INSEE (Institut national de la statistique et des études économiques) la sous-classe "90.01Z : Arts du spectacle vivant" comprend notamment les activités exercées par des artistes indépendants tels que des acteurs, musiciens, conteurs. Ces professionnels offrent leurs services d'artistes du spectacle vivant (services des acteurs, lecteurs, chanteurs, musiciens, conteurs, orateurs, et autres artistes du spectacle). Avec le statut d'associé d'une société. Un artiste-interprète peut exercer son activité professionnelle au sein d'une société en s'associant à d'autres personnes qui exercent également une activité d'artiste-interprète ou qui exercent une autre activité. Pour encadrer cette société, de nombreuses formes juridiques sont prévues par le Code de commerce. De plus, les associés d'une société peuvent y cumuler plusieurs statuts. Dès lors, en fonction de la forme sociale choisie, il y a pour eux de nombreuses modalités de rémunération (dividendes, jetons de présence, distribution de bénéfice, salaires...). Pour les aider, les associés peuvent être conseillés et accompagnés de professionnels du droit et du chiffre. Autres rémunérations. La personne physique qui exerce une activité d'auteur-compositeur-interprète peut également exercer d'autres activités génératrices de revenus. Ainsi : Dans tous les cas, la personne qui réalise ces opérations, à titre exceptionnel ou habituel, doit déclarer ses revenus dans la catégorie dédiée à la Direction générale des Finances publiques. Évocations dans les arts. Le chanteur français Jacques Higelin évoque les aléas de la composition et de l'écriture d'une chanson dans sa chanson "La fuite dans les idées", parue dans son album "Tombé du ciel" en 1988.
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